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                    <text>��(

T.

��L• I L LUSTRA TI O N

LA VISION EN RELIEF PAR- LES ANAGL YPHES
L'HYPER-ST~R~OSCOPIE

Si les vues stéréoscopiques possedent un charme tout particulier par le relief
qu'elles nous montrent, on peut toutefois leur fa1re un: reproche sérieux : c'es!
de ne pouvoir etre examinées simultanément par plus1eurs spectateurs, ce qm
a fait dire du stéréoscopiste qu'il est un égo"iste ; de plus, l'impression de ces
vues dans un texte est d'un emploi peu pratique, car il implique l'usage de
stéréoscopes a main d'u_n maniement délicat ;_ ~n outre, ;'obli~at_io,n, de f_aire
figurer rote a cote deua; unages d'un format vo1sm du carre et hID1te a env1ron
65 millimetres - a cause de l'écartement des ycux - leur doune un aspect peu
esthétique.
.
On a done cherché un remede a cet inconvénient; Ducos de Ha uron, le gémal
inventeur de la trichromie (dont les lecteurs de L'Illustration pem·ent souvent
apprécier la beauté dans nos tirages en couleurs et plus particulierement dans
nos numéros du Salon et de Noel), iniagina en 1891 un procédé fort ingénieux
pour obtenir la synthese du relief sans etre limité par les, dimensi?ns
_images..
Son procédé, qu'il baptisa anaglyphes (du grec 1V(t,yt.v1\ n, obJet c1sele, figure ·
en relief) est basé sur un phénomene de physique bien connu et que nous
rappeller~ns en quelques mots : il s'agit de l'abc;orption d'une couleur par sa
complémentaire.
Si nous examinons deux images colorées de nuances complémentaires (par
exemple rouge-orangé et .blen-verdatre) au travers ~•~m écran transp.arent
rouae-orangé l'image de meme couleur ne sera plus ns1ble, alors que l 1mage
"
' nous apparaitra en noir; réciproquement, s1. nous examrnons
.
1es
bleue-verdatre
deux memes sujets au moyen d'un écran bletHerdatre, l'image de cette couleur
disparaitra, tandis que l'image rouge-orangée se silhouettera en noir.
II suffira done, pour obtenir pratiqnement le relief stéréoscopiqne dans une
publication, d'iniprinier (en bleu-,·erdatre, par exemple) la perspective gauche
et de lui superposer relle de droite, tirée en rouge-orangé. Une telle image,
vue a l'reil nu, présente parfois un mélange inextricable et peu plaisant de ligues
et de couleurs; mais, examinée au moyen d'un lorgnon bicolore comportant un
verre ou une gélatine rouge-orangé pour l'reil gauche et bleu-verdatre pour
l'reil droit, chaque CPil ne pourra ,·oir que la perspective qui lui est destinée,
a l'exclusion de l'antre. Les conditions requises pour la vision stéréoscopique
se trouvant ainsi parfaitement réalisées, l'image résultante nons apparaitra en
relief et d'une teinte uniforme se rapprochant d'autant plus du noir que le
choix des encres sera plus heureux.

?es

LA VISION BINOCULAIRE

•

Pourquoi et comment voyons-nous en relief tout ce qui nous environne,
I1 est moius simple de répondre a cette question qu'on ne se !'imagine de
prinie abord, car ce probleme toucbe a la fois a la pbysique, a la physiologie
et meme a la psycbologie.
L'immense majorité des etres vivants possedent deux yeux ; sans affirmer
que ce nombre pair d'organes visuels résulte d'une impérieuse nécessité, on
doit cependant reconnaitre qu'il ne pent etre le fait du basard seul ; il constitue,
en quelque sorte, nn de ces moyens de « self-defense » mis par la nature a la
dispositiou des etres animés daos le bnt de leur faciliter la lutte pour la vie.
La vision binocnlair.-i permet de se rendre compte de la distance exacte d'un
obstacle, d'un ennemi on d'une proie, et, sans elle, l'écureuil qni saute de
branche en branche manquerait son but, l'oiseau en plein vol ne saurait saisit·,
avec cette précision qui nous étonne, l'insecte dont il se nourrit.
Est-ce a dire que, r¡ans le secours des deux yenx, il soit inipossible d'apprécier
le relief ~ Dans une certaine mesure, cette sensation peut etre éprouvée avec
un seul «.Pi!, et c'est un fait heureux pour tons cenx (trop nombreux, hélas !
depuis la grande guerre) qui ont perdu l'usage d'nn des yeux.
L'accoutumance intervient chez le borgne pour lui donner l'illusion du relief,
par la diminution progressive de la grandeur apparente des objets a,·ec leur
éloignement, par les modifications de forme et de positions relatives de ces
memes ob,iets lorsqn'il se déplace transversalement, par l'accommodation de
l'ooil (différente avec la distance), par la perspective aérienne diminuant la
netteté et les contrastes des objets lointains, tout en modifiant leur coloration.
Les memes phénomenes interviennent chez l'homme possesseur de deux yeux
normaux lorsqu'il regarde un tableau
ou, sur ur; seul plan, l'artiste, par l'observation des lois de la perspective, par
l'éclairage convenable du sujet et par la
dégradation progressive des contours
jusqn'a l'horizon, nous donne l'illusion
du relief.
Mais la .sensation réelle du relief,
l'appréciation exacte de la position des
objets situés daus plnsieurs plaus ne
peut etre réalisée que par la vision binoculaire.
Représentons en O,, O, les deux
yeux d'un observateur examinant un
point P situé devant un fond FF. Si
cet observatenr ferme alternativemcnt
les yeux, il verra successivement le
point P projeté vers la ganche, en G,
lorsqu'il regarde avec l'reil droit et,
inversemeut, en D, avec l'ooil gauche.
Il est évident que la sensation du
relief sera d'autant plus forte que le
point P sera plus rapproché des yeux,
c'est-a-dire que l'angle de com·ergence
O, P O,, appelé paralla.re, sera plus
grand.
Cet nng-le de com·ergence des yeux, joint a l'effort d'accommodation nous
donuc la sensatio11 du relief, et les rayons O, l', O, P eonstituent, en ~uelque

sorte. deux branches de compas-, ou deux mains immatérielles qui se referment
sur l'objet ponr en « palper » la forme et en apprécier la position dans l'espace.
La sensation du relief cessera lorsque l'écartemeut des points G et D
derieudra inférieur a la limite du pouvoir de séparation de l'ooil; il en résulte
que la distance a laquelle cesse la possibilité de voir les objets se détacher les
uns devant les autres varíe selon les observateurs. On admet généralement que
cette distance est voisine de 225 metres pour une vue normale : elle peut
atteindre jusqu'a 700 Jretres chez des personnes douées d'une acuité visuelle
exceptiounelle et poss{dant deux yeux de meme sensibilité.
Il est facile a chacun de nous, en se promenant, de faire une petite expérience démontrant les faits que nous venons d'exposer ; il suffit, daos une rue,
de regarder une perspectiYe d'arbres ou de réverberes en fermant alfernativement cbaque ooil pour voir se déplacer ces objets rar rapport a l'arriereplan. En fermant l'reil gauche, les objets observés par l'reil droit semblent se
déplacer brusquement vers la gaucbe, et inversement ; ces déplacements sont
d'autant plus importants que les objets sont plus rapprochés de nous : la
distance a laquelle ils cessent de se produire marque le point ou disparait la
sensation du relief pour l'observateur.
Si la vision binoculaire ne nous permet guere d'apprécier le relief an dela
de 225 metres, cela tient a l'écartement des yeux qui est en moyenne de 65 millimeh'es et varíe, selon les races et les individus, entre 54 et 72 millimetres ;
en adoptant l'écart moyen de 65 millinietreg, on voit qne la seusation du Te!ief
cesse a enYiron 3.440 fois cette distance.
Peut-on augmenter la portée du relief binoculairef Oui, dans une certaine
mesure et par di\·ers moyens.
Le plus simple consiste a examiner le paysage a l'aide d'nne jumelle de
campagne ; le seul fait de Yoir ainsi les objets plus rapprocbés augmente la
limite de perception du relief dans la proportion du grossissement de l'instrument.
Un autre moyen Téside dans l'augmentation artificielle de l'écartement des
yeux; !'examen de notre premiere figure démontre qu'en
,
1
agrandissant la base du
/
\I;
\\
triangle O, P O,, la paral' \\~\,
/
\
la.re, et, par suite, la distance
/
\
\
limite de la perception du
\\ ,.I
'1
,I
relief, se trouvent augmentées proportionnellement.
1
I \
1
1
I \
\
L'artifice le plus simple
/
\
1
,/
pour produire cet accroisse1
I
\
\
ment de l'écartement des
: / / \\
'\
I
ycux consiste a examiner le
/
I
\
1
1
I
\
\
paysage a l'aide d'un jeu de
I
/
'
\
miroirs disposés comme !'inI
/
\\
\\
1
I
dique la figure ci-contre ;
1
I
\
1
I
I
\
\
l'iniage est perl)ue comme si
: /
\
\
les yeux se trouvaient réel:/ I/
\ \
\
\
lement en O, et O,.
\1
\1
1'
/'
1
I
\
\
La combinaison de ces
1
I
\
\
/ ,'
\
\
deux procédés donne un
/
I
\
1
• 1
I
\
\
moyen encore supérieur, car
1
elle ajoute le grossissement
2
de l'image a l'accroissement
:-:_::::if:
M
de l'intervalle séparant les
yeux; cette combinaison -se
trouve réalisée dans les
Íí
~\
jumelles a prismes (dont
fi
~
~
l'emploi s'est pen a peu
a:il s_auche BASE._[il roit
substitué a celui des anciennes jumelles de campagne) et dans lesquelles
les objectifs ont toujours un écartement supérienr a celni des oculaires, maintenus obligatoirement dans les environs de 63 millimetres.
L'effet maximum est obtenu dans les jumelles dites « a ciseaux », ou l'écartement des objectifs peut atteindre 50 a 60 centimetres, et surtout dans les
télémetres de la marine, ou il atteint jusqn'a 3 metres.
S'il est difficile de dépasser cet écartement dans un appareil optique devant
servir a examiner le paysage, la rhotogra1 hie ,·ient ici a notro secours en se
montrant - comme en bien d'autres cas - supérienre a la vision directe.
Nous verrons plus loin qu'elle nous permet d'écarter a notre gré, et sans
aucune limite, la base de prise de vues d'objets éloignés, fussent-ils a des millions
de millions de kilometres, comme les étoiles et les nébuleuses.

/

M*//

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------(1)

LA STÉRÉOSCOPIE

La stéréosropie ne difiere en rien, comme principe, de la vision binoculaire;
elle consiste a réunir deux images d'un meme sujet, prises exactement aux
emplacements de chacun des yenx de J'obsen·ateur, puis a les examiner de
maniere a ohtcnir la sc.nsation du relief.
Tout dispo~itif permettant a l'reil gauche de ne voir que la vue de gauche
et a l'ooil droit la rne de droite (quel que soit le systeme adopté pour que cette
vision séparée se produise) réalisera la vision stéréoscopique par la fusion
cérébrale des deux images.
La sensation du relief donnée par la stéréoscopie communique anx images
un attrait incontestable. Nos lecteurs l'apprécieront particulierement dans les
jolies vues pri~es par :M. J. Petitot, aux musées du Luxembourg- et du Trocadéro,
6t par M. L. Robach, dans les Pyrénées. La stéréoscopie est susceptible, en outre,
d'nn certain nombre d'applications pratiques ; elle offre, entre autres, un moyen
original et infaillible de comparer deux textes ou deux gravures, en apparence
identiques, et d'en déceler les moindres différences par des reliefs inattendus;
ees reliefs sont dus aux plus ou moins grands intervalles sérarant les raracteres
cl'imprimerie ; il suffit d'un écart mieroscopiquc pom· que le:; yeux ne voient
plus les lettres se dessiner sur un meme plan de l'espace ; ce procéd:. est utilisé
dans la recherche des falsifications de billets de banqne, cheques ou titres
quelconques.
La sléréosco¡ ic a encorc trouvé une application des wlus remarquables et

�L'ILLUSTRATTON

Camille Flammarion.
'illustre auteur de \'Aslronom1e populaire est représenté ici a sa table de travail
dans la grande bibliotheque de l'Observatoire de Juvisy.

La comete de Morehouse, le 23 octobre 1908.
Hyper-steréoscopie de M. Quénisset faite a l'observatoire Flammarion, de Juvisy; les étoiles ont marqué
des tralnées tumineuses sur ta plaque pendant que l'a.stronome st•ivait la comete dans la lunette.

Pomte de

mi

Saint-1.ouis. Au loin, le Panthéon.

L'Ue de la Cité et Notre-Dame, vues du clocher de SJint- Gerv:;iis.

Avant la pluie.
Hyper-stérér.,;:copie de nuages (cumulus et cumulo-nimbus) obtenue par M. F. Quénisset
au moyen de deux appareils cistants de 160 metres.

Jne salle de sculpture au Musée du Luxembourg.
Au premier plan : u Malm, par Hector Lemaire; plus loin, agauche: &lt;Edipe d Colone, par Jean Hugues ·
a droite : Perste el la Gorgone, par Marqueste; Anacrion, par E. Cuillaume; Tarcisius, martyr,
par Falguiere. - Cliché de M. J. Petitot

Vue prise du sommet du Cambres d'Aze (Pyrénées-Orientales).
Hyper•stéréoscopie, prise par M. H. Allard a 2750 metres d'altitude avec une base de 30 metres, marquant
les plans successifs des sommets jusqu'2ux plus éloignés, distants de 8 kilometres enviren.

Tombeau de Fran~ois 11 et de Marguerite de Foix.
D'aprés le chef-d'muvre de Michel Colombe a la cathédrale de N:111t~
Cliché pris par M. J. Petitot
sur la réplique du Musée de sculpture comparée du Trocadéro.

Fontaine de l'Observatoire.
Monument de Davioud, avec chevaux marins et tort:ies, par Frémiet, et le célebre groupe de Carpeaux : les quatre parties au Monde soutcnant une :p here.

VISIONS DE PARIS EN RELIEF

Ces photographies, provenant de clichés stéréoscopiques, et imprimées en deux couleurs, prendront un relief saisi
l'effet de perspective des vues stéréoscopiques, pers'

Ar.aglyphes L. Gimpel et E. Touchet. -- Clichés P. Schulz. - Copyright by i..'Ihustration.

�L'ILLUSTRATION

L'lLLUSTRATION

Panorama de Dijon vu de la tour de l'Hotel de Ville.

La fayade du trésor de Cnide (C'elphes) et la Victoire de Samothrace.

AU MUSl!E DU LOUVRE. -

Salle des Caria tides.

A11ag1yphes l. Gimpel et E. Touchet. - Clichés P. Schulz. -

Copyright by L'lllustration

Ces
avec le
L'lllua
premiere
vier d
lecteurs

Semur-en-Auxois : les bords de

l'Armany0n.

VILLES ET PAYSAGES DE FRANCE
Anaglyphes L. Gimpel et E. Touchet. - Copyright by Illustration.

�L' I L L U S T R A TI O N

Mausolée de Marguerite d' Autriche.

L'ILLUSTRAT!ON

Une des statuettes latérales du mausolée.

Détails des mausolées de Marguerite d' Autriche et de Philibert le Beau.

Retable d'albatre.

a hauts reliefs, représentant les scenes de la vie de la Vierge.

CHEFS-D'CEUVRE DE LA RENAISSANCE DANS L'~GLISE DE BROU A BOURG

UN CHEF-D'CEUVRE DE LA RENAISSANCE DANS L':ÉGLISE DE BROU A BOURG

Anaglyphes L. Gimpel et E. Touchet. - Copyright by lllustration.

Anaglyphes L. Gimpel et E. Toucher. - Copv1 ight by lllustration.

�L' I L LUSTRA TI O N
L'ILLUSTRATION

Nantua et son lac,

a 475

metres d'altitude, entre les escarpernents abrupts des hauteurs de l' Ain.

Pont de pierre enjarnbant la Valserine,

a 64 rnétres de hauteur,

aux environs de Bellegarde.

VILLES ET PAYSAGES DE FRANCE
Anaglyphes L. Gimpel et E. Touchet. -

Copyrz"Rht by lllustratlon.

La galerie d' Apollon.

élre regardées
re offert par
lemps que la
hes, le 26 ;anos abonnés ou
·éderaienl pas,
!mplaire, sous
,¡dela somme

poste.

Sta tues de Vénus.

Venus rl• Mi!o.

$tatues de Vénus.

AU MUSÉE DU LOUVRE. J.naglyphes L. Gimpe/ et E. Touchet. -

S;ille de la Vénus de Milo.

Clichés P. Schulz. -

Copyright by L'lllustration.

�L'ILLUSTRATION

ATION

Le ·mouvement d'un chronographe.
Cet anaglyphe, oomposé de deux photographies prises a 130 millimetres !'une de l'at tre, accuse le reliet de tous les organes du mouvement
d'hortogerie ainsi que du boltier lui-meme. - Pholographies L Gimpel.

Na\ade.

V~nus.

Au MusÉE ou LouvRE. _ Salle de Melpomene : au fond, dans l'hémicycle, statue de la Muse de la Tragédie, en un seul bloc de marbre.
La Lune, telle qu'elle serait vue par deux yeux écartés de 45.000 kilometires.
Hyper-stéréoscopie oonstituée au moyen de deux photographies de l'Observatoire de Paris, prises par M. C. Le Morvan a deux ans d'lntervalle,
le 2 janvier 1902 et te 28 février 1904. La surface de notre satellite révéle la présence de chalnes de montagnes Ws élevées, de reg1ons orillanles, de
grands espaces sombres dénommés improprement • mers ,, de longs rayonnements lumineux et, surtout, d'un nombre oonsidérable de crateres et de c1rques.

La Mouche.
Pour ce dipttlre reprodui I par la microphotographie et grossi cinq fois,
14 millimetres de base ont suffi pour constituer un écartement anormal
des ye1 x, provoquant le relief ci-dessus. - Pholographies L. Gimpel.

Les Appennins lunaires vus par deux ye11x qui seraient écartés de 96.400 ki'ometres.

A L'EcusE SAINT-ETIENNE-ou-MoNT. -

Une des portes et !'un aes cotés du Jubé (1601-1609), entre la nef et le chreur
VISIONS DE PARIS EN RELIEF

Anaglyphes L. Cimpel et E. Touchet. -

Clichés P. Schulz. - Copyright by L Illustration.

Le massif des Appennins, au centre, mesure 550 kilomatres de longueur; le grand crattlre, en haut et a
gauche, est Archimade, son diamétre a 83 kilometres. Hyper-stéréoscopie réalisée au moyen de deux clichés
pris .\ l'O~rvatoire de Paris par M. C. Le Morvan a trois ans c!'intervalle, le 9 mai 1897 et Je 7 février 1900.

Neige et brume en montagne.
Vue prise par M. L Robach au bord d"une route des Pyrénées.

Anaglyphes constitués par MM. léon Cimpel et Em. Touchet.

AR LES ANAGLYPHES
au lorgnon bicolore joint a ce numéro; dans le cas ou certaines de ces gravures ne produiraient pas immédiatement
: les plans successifs apparaitront graduellement.

�L' I L L u s T R A T I o N
des plus utiles dans la ra~iographie. II e~t in~tile d'insist~r sur. l'avantage
que présentent, tant au pomt de vue de I ense1gnement qu au pornt de vue
cliniqne, des images radiographiques dans lesquelles les organes ou les corps
étran.,.ers peuvent étre situés dans l'espace.
No~s ne dirons ríen des appareils utilisés pour la vision en relief, ces
appareils dénommés « stéréoscopes » étant au~ourd'hui tres répa~dus ; nous
ajouterons cependant quelques mots sur la pr1se des rne_s en rehef.
.
Dans l'immense majorité des cas, nous ne photographions que des .obJets
rapprochés soit seuls, soit formaut les premiers plans d'un paysage s'étend~nt
jusqu'a l'h~rizon ; l'écartement normal de 65 millimetres entre les object1fs
(dans certains appareils il s'éleve jusqu'a 90 millimetres) suffit pour nous
restituer le relief donné par !'examen direct du sujet ; aussi les constructeurs
d'appareils ont-ils établi des instrume~ts formés de deux petite~ c~ambres
noires accouplées dont uu obturateur uroque commande les deux obJectifs pour
rendre possible la prise de vues animées.
L 'HYPER-STÉRÉOSCOPIE

Nous avons vu plus haut qu'a partir d'une distance voisine. de 225 metrE:S
la sensation du relief cesse pour l'homme ; pour la méme ra1son, l'appareil
stéréoscopique est incapable de traduire le relief au dela de cette limite, et
tout le monde a pu observer qu'a. partir de cette distance le paysage semble
peint sur une toile de fond.
A fortiori, tous les paysages vus d'un peu baut par les aéronautes ~t les
aviateurs leur paraissent absolument plats et les mouvements de terram les
plus accentués deviennent invisibles, a moins que la position du Soleil au voisinage de l'horizon n'en donne une vague idée par les ombres port_é~..
Ici, plus que jamais, l'appareil stéréoscopique, _avec ses de~x obJec!ifs acco~plés a faible distance, est incapable de nous reshtuer le momdre rehef ; _mais,
comme nous l'avons dit précédemment, nous a,·ons un moyen tres simple
d'allonger a volonté la longueur de notre base en augmentant de plus en plus
la distance séparant les objectifs : on accroit ainsi le relief d'une maniere considérable, on fait de l'hyper-stéréoscopie.
Point n'est besoin pour cela d'un instrument spécial ; il suffit, dans la
plupart des cas, d'un appareil quelconque et, pour les Yues animées, de deux
instruments munis d'objectifs semblables.
Dans le cas d'un paysage inanimé, on prendra successivement deux clichés
du méme sujet de deux points situés sur une meme ligne horizontale et i\ une
distance variable avec l'éloignement des premiers plans.
Lorsqu'il s'agit de reproduire un snjet en momement, te] que ce beau ciel
nuageux di'i a M. Quénisset, astronome a l'Observatoire Flammarion, de J uvisy,
deux appareils deviennent nécessaires ; cette vue a été prise aYec deux instruments placés a 160 metres l'un de l'autre et déclenchés a un signal con\'enu.
Dans un bateau longeant une cote, dans un ballon ou dans un av:ion, le
procédé est encore plus simple : il consiste a prendre successivement deux
clichés du méme paysage ; entre l'obtention des deux mes, l'opérateur s'est
déplacé d'une distance plus ou mo:ins grande qui constitue la longueur de la
base de notre hyper-stéréoscopie.
Pendant la derniere guerre, l'hyper-stéréoscopie, pratiquée en avion par le
Service photograpbique de l'Armée, a rendu des services inappréciables en permettant de déceler &lt;les trarnux de l'ennemi qu'il eüt été impossible de repérer
par l'observation directe ou par la photographie simple.
La jolie vue des Arenes de Nimes, que nous devons a la Compagnie Aérienne
Fran~aise et que reproduit notre planche bors texte, est un exemple - pacifique,
celui-la - de ces vues hyper-stéréoscopiques.
Est-il besoin de rappeler que l'aviateur a qui nous devons ces ,·nes ne ponvait lui-meme percevoir le moindre relief lorsqu'il survolait les Arenes? Mais,
en déclenchant successivement son appareil aquelques centaines de metres d'intervalle, il a créé une base suffisante pour nous donner cette extraordinaire Yision,
Voici maintenant un panorama des Pyrénées-Orientales pris rar M. II. Allard
du sommet du Cambres d'Aze, a 2.750 metres d'altitude, ayee une base de
30 metres ; cet écarlement des yeux nous permet de discerner le relief des
ruontagnes jusqu'a la ligue d'horizon, distante d'environ 8 kilometres, et nous
donne la sensation d'un plan en relief vu de tres pres.
Il est nécessaire d'ouvrir ici une parenthese pour signaler l'emploi particulierement précieux de l'hyper0 stéréoscopie dans le lever des plans et le tracé
des courbes de niveau.
La métrophotograph1e, que nous devons au colonel Laussedat, utilisait au
début la photographic « monoculaire &gt;&gt; pour les levers topographiques ; elle
n'a pas tardé a se transforruer en stéréophotogrammétrie, car l'utilisation de
clichés stéréoscopiques, pris sur une base plus ou moins grande, a fait faire
a la topographie des progres considérables, dans les détails desquels nous ne
pouvons entrer ici ; nom, devons, toutefois, mentionner qu'un de nos compatriotes, M. Prédhumeau, a créé récemment, sous le nom de stéréotopometre, un
instrnment aussi simple que précis dans legue! il suffit de suivre, au moyen
d'un index, les lignes et les reliefs d'une image nte dans un stéréoscope pour
que des bras de leviers (rappelaut tout a fait ceux du pantographe) inscri\·ent
sur une feuille de papier la configuration du terrain et les courbes de niveau.
Nous arnns vu que la surface terrestre parait uniformément plate a l'aviateur
qui la survole d'un peu haut; a plus forte raison les corpR e:élestes, aux énormes
distances qui nous en séparent, nous paraissent absolument sans relief; mais
l'hyper-stéréoscopie vient au secours de l'astronorne pour lui montrer la forme
r6elle des astres et leur situation relati\'e dans l'espaee. L'écartement des deux
images, ou, si l'on préfere, la base des photographies, prend ici des valeurs
insoup&lt;;onnées et la Terre n'est plus assez grande pour la contenir.
Voici une photographie de la Lune presque pleine ; elle offre une étonnante
sphérieité qui déconcerte tout d'abord ; cette \'lle est constituée au moyen de
deux clichés de l'Observatoire de París, mis aimablement a notre disposition
par son savant directeur :M. B. Baillaud; ils out été obtenus par M. C. Le
Morvan au grand équatorial coudé de 18 metres 05 de longueur focale et
ont servi a la confection du « Grand Atlas lunaire » de MM. Loowy et
Pniseux.
La Lune tourne constamment la méme partie de sa surface vers la Terre
et nous devons perdre tout espoir de savoir ce qu'il y a de l'autre coté ;
toutefois, le phénomene connu sous le nom de libration, en nous découvraut

tantot l'Ouest, tantot a l'Est, une petite portion de cet hémisphere mystérieux,
8
produit le meme effet que nous ressentons devant un globe en fermant successivement un reil, puis l'autre.
.
.
,
,
Cette vision de la Lune est celle qu'éprouvera~t u~ Titan aux 1eu~ ecartes
de 45.000 kilometres el regardant notre satellite a 384.000 kilometres de
distance!
1 · d J' h' ' ·
Mais l'ou peut faire mieux encore ... ; l'étonnante col echon e e i~ es reums
. M
Le Morvan l'Observatoire de Paris recele des merve1lles ! Deux
pai · ·
l ·
f · t d S I il llon"'e sur
clichés du premier quartier, alors que l'éc airage l'lSan u .º e a "'
le sol lunaire ]es ombres des moutagnes, donnent des e~ets -rna~tendus. AYe&lt;'
ce paysage des :Monts Apennins, nous sommes transpoi:tes en av1on au_-dessus
de notre satellite et, comme nos yenx se sout encore écartes d~rnntage -:-- ils sont
ici distants de 96.400 kilometres ! - nous percevons les morndres rehefs de la
surface lunaire.
.
.
Les applications de l'hyper-stéréoscop~e so_nt ,mnombrables en Astro~om1c.
Si nous profitons de la rotation du ,s?leil qm depl~ce les ta~hes, nous "º~ons
l'astre radieux ré\'éler sa forme spher1que; les planetes se detachent en a, ant
des étoiles · les satellites de J upiter sont distribués dans l'espace a des plans
différents ~utour de l'immense planete ; les cometes lé~eres et vaporeu~es sont
suspendues en plein ciel et laissent voir au travers de lenr queue drnpbane
le ridcau des étoiles, etc.

e

a

La grande base qui caractérise l'hyper-stéréosc~pi~ ~1'impliq_ue pas obligatoirement des longueurs importantes : tout est relat1f 1c1 has;. si nons nous. pcnchons sur les petits objets et a f ortiori si nous nous mumsso_ns, d'un m1cr~scope pour voir les infiniment petits, il suffira de quelques_ c~ntimetres - \'01re
méme de quelques millimetres - pour créer une base considerable, la rarallaxe
seule entrant ici en ligne de eompte.
.
Voici notre anaglyphe d'un mouvement de chronographe; exammon;--le_ arer
le lorgnon bicolore; nous sommes surrris de trom·er a cette montre une cpa1sscur
inusitée qui semble en interdire le port dans l(' gousset ; c'est r11r l'hyrerstéréoscopie que l'on a exagéré ici - volontail'ement d'ailleurs - l'écartc~~nt
des différeuts plans ; c'est la un excellent mo?en de ,nontrer d'une mamere
éYidente de minimes différences d'éraisseur ou de niYeau.
Si nous prenons un sujet plus retit, te! que la mouche g-_rossie cinq fois _et
vue avec une base de 14 millimetres seulement, nous obbendrons un rehef
non moins caractéristique.
Non seulement les images que nous publions pourront donner a toutes les
personnes qui les verront une sensation intense de relief, mais, en exécutant
ces mémes vues sur verre il sera possible de les projeter pour de nombreux spectateurs sous la seule ré;en·e que chacun d'eux sera muni d'un lorgnon bicolore
semblable a celui que nos Jecteurs auront facilement confectionné avec les
éléments joints a ce numéro.
L'un de nous a présenté a la Société Fran&lt;;aise de Photographie (1) une
méthode tres simple et tres süre d'obtention rapide d'anaglyphes au moyen de
la plaque autochrome Lumiere, dont les premieres applications out été exposées
dans L'lllustration du 15 juin 1907, et nous avons présenté a la méme Société,
le 25 janvier eourant, un nouveau procédé permettant a tous les amateurs de
projeter directement en relief leurs clichés stéréoscopiques.
L 'ULTRA-STÉRÉOSCOPIE

Apres ce rapide exposé du procédé des anaglyphes et de l'état actuel de la
stéréoscopie et surtout de l'hyper-stéréoscopie, nous dirons un mot de !'avenir
réservé a cette derniere branche de la photographie, appliquée a l'Astronomie.
11 faudrait la « Machine a explorer le temps » de Wells pour en imaginer la
réalisation immédiate et l'Humanité devra, en son absence, s'armer de beaucoup de patience.
On sait aujourd'hui, d'une maniere sure, que le Soleil se déplace rapidement
dans l'esrace, a raison de 19 kil. 500 par seconde, vers un point du ciel appelé l' « Apex » - situé entre les constellations de la Lyre et d'Hercule.
Ce rapide mouYement se poursuit en ligne droite saus que rien ne nous indique
une iucun·ation ou un changement de direction. Ainsi, lorsque chaque année
la Tcrre repasse a ce que nous croyons étre le meme point de son orbite,
elle se trou\'e en réalité a 6ló.000.000 de kilometres de la position qu'elle
occupait un an aupara\'ant. Ce déplacement, s'accumulant toujoun,, offre une
base indéfinie aux photographies hyper-stéréoscopiques stellaires.
Le résultat de ce mouvement intersidéral du Soleil est, en effet, un déplacement d'ensemble de toutes les étoiles d'avant en arriere - l'avant étant
l' « Apex »; tout le tablean céleste semble pivotei· autour des étoiles Joiutaines,
a la maniere du paysage qui, vu de la portiere d'un rapide, para,t tourner tout
d'une piee:e autour du clocher qui pointe a l'horizon.
La réunion stéréoscopique des clichés stellaires pl'is a des dates de plus en
plus espacées montrera des quantités d'étoilcs et de nébuleuses en avant d'autres
étoiles situées plus loin et, déja, la comparaison de clichés de la Carte du Ciel
exécutés en 1887 et en 1923 révele de nombreux effets stéréoscopiques.
Nous avons vu que le relief s'étend en profondeur a 3.440 fois la base
sépa~ant les deux clichés; ainsi chaque année nous gagnons 61.i000.000 x 3.440,
soit ..,,116.000.000.000 de kilometres vers les profondeurs sidérales.
_la comparaison de clichrs pris a des centaines ou a des milliers d'années
~•1~tervalle montrera des dispositions insoup~onnées dans la répartition des
ct,01les, dans leur groupement autour des nébulenses et dans la forme méme des
nebuleuses les plus rapprochées, - sauf perturba:j0,r, ;tpportées dans le relief
par les ~ouvements propres ~es étoiles. TI est_ réservé a l'ultra-stéréoscopie (2)
de l_1avemr de montrer le rehef de ces merve1l1eux paysaO'es lointains d'ou la
lum1ere - malgré sa prestigieuse vitesse de 300.000 kilom1tres par seconde met des siecles a nous parvenir.
LÉON GJMPEL et E~ULE TOUCHET.

(1) Bulletin nº 6, juin 1921.
( 2 ) Nous proposous le terme d'ultra-stéréoscopie pour désigner toute vue stéréoscopique
dont les ~lé~cnts sont détenninés uniquement par le facteur temps sans qu'il soit possible de
les _obten,r simultanément. Dewc vues prises d'un meme avían constituent une hyper-stéréos•
co~•e (on pourrait, a la rigueur, les prendre simultanément au moyen de dewc avions). Par
co, tére, to~tcs les vues astronomiques que, seul, le temps permet de constitucr sout des 11/lra•

ster oscop1cs,

�N" 3tb6 -

L'ILLUSTRATION

31 MAi 1913

LA SCULPTURE AU SALON

THÉODORE RIVl ÉRE. -

La capture du Roghi.

L.-H. MARQUESTE.
Buste de Mme Léon Bertaux.

L. PALLEZ.
Mlle

Cécile Sorel. de la Comédie-Fran~aise.

ANTONIN MERCIÉ. -

ANTONIN CARLÉS. - Dans les Gaules.

Mireille.

DENYS PUECH. - Enfant au dauphin.

H. LOMBARD. -

La Vérité.

521

�31

ó22 - N&lt;&gt;

J. LORIEUX.

&lt;,

M:Al

1913 - IS2~

3666

Jeu de main, jeu de vilain &gt;&gt;.

A. CARON. -

Un platre

(~o:,é1e Nat,onae).

P. LECOURTIER.

Un différend.

LANDOWSKI. - Aux gardiens du feu éternel.

A. ALLAR. -- ldylle.

La faute.

AUGUSTE RODIN. -

P. CURILLON.
La défense de Tournus {1814).

AUGUSTE CARLI.
Vers l'infini.

LE CLOU DE LA ~ECTION D' ARCHITE
Nous avons déj'.i montré, dans L' 1//ustration du 12 aoüt 1911. !"ensemble de cette
On s'étalt inqulét , 11 y a quelques mols, du sort dt

: PLAN DE ROME ANTIQUZ, PAR BIGOT
ion de la Rome impériale au ¡ye siecle, alors qu'elle était exposée aux Thermes de Dioclétien.
mlrable 01uvre arehéolo¡lque, que Parls possédera désormals.

E. DESCA. -

MARIOTON. -

La mort du lion,

M1gnon.

�;n MAr

L'ILL USTRATIO N

524 -

1913

•'

Nº 3ó6ó

M. FAVRE. -

E. L'HOEST. - M. Aristide Briand.

M. Gustave Mesureur.

R. DE SAINT-MARCEAUX.
Buste de Forain (So:iété Nationale).

E. PERRAULT-HARRY.
Le chevreau qui danse.

RAYMOND RIVOIRE.
Baigneus3.

R.-C. VERLET. -

•.
A. MAILLARD.
Dom Pedro 11, empereur du Brésil.

J•

La Jeunes.e et l'Amour.

VlLLENEUVE. -

Ronde printaniere.

H. ALLOUARD.

Uno ~ij,ale.

�</text>
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                    <text>Nº 361&lt; -

L'ILLUSTRATION

I" Jurn 1912

475

Sur la cheminée, l' lvresse du vin, de Clodion. Sur le panneau vo1sm (en commenyant par le haut) : Watteau, Hubert Robert, Fragonard.
Boucher, Perronneau (au centre), Watteau, deux Lespinasse, Hubert Robert, Fragonard, Hubert Roben.
Sur le panMau de droite: Boucher, Mme Vigée-Lebrun (Portrait de M1118 Grand), deux La Tour; au dessous : Saint-Aubin. Fragonard. Watteau. etc.

PETIT SALON. -

SIECLE

LA MAISON D'UN AMATEUR AU
djo

djo

djo

CHEZ M. JACQUES DOUCET
( Photo-Couleurs.)
Rue Spontini, a l'an~de Je h1
µetite rue de N"oisiel. est situé

!'hotel de M. Jacques Doncel,

mine oslentation, mais seulement

amateur d'art fastueux. De son
jardinet en terrasse, on nperc:oit,
a la fois, la résidence de l'économiste Raphael-Georges Lévy et

méditer au senil de sa demeure, ltll

soucieux de vivre en paix ra rmi
les belles choses qu'il aime. Et l'u11
ne peut se défendre de remarquer
ll. que! point ces rouncs d'art,
faites pour orner d'opulcntes demeures, prennent Ia un autre
caractfre qu'elles n'auraient si
elles étaient emprisonnées dans un
musée; comme elles conser\·ent une
vie qui leur fera bien souvent

qui n'avait vu dans la science des
nombres et du cnlcul que le mayen
de satisfaire, une fois terminée sa
carri€re d'affaires, une passion ardenle et éclairée pour les rouvres

gneront, étiquctées et numérotées,
le long de cimaises nationales.
Sur les paliers, quelques beaux
bnstes; dans une ni che, un vase

d'art.
Aucun Parisieu, mClé U.· quel-

&lt;lécoratif en plomb, orgueil, autrefois, de quelque pare seigneu-

que titre que ce soit au moll\·e-

rial, représentant le 'l'riomphe de

ment artistique, n'a manqué de

Galathée.

s'arreter, curieux, envieux, plus

L'impressiou d'inti.mité, de vie
personnelle, paisible, au milieu de

le petit hotel du dessinateur JeanLouis Forain. Ce double voisinage
contrasté dut plus d'une fois amuser le collectionneur passionné,
quand d'aventure il lui arrivait de

Buste de Richelieu,
. par Warin.

Ues l'escalier, ele belle pierre grise, simple eucore, on a l'impression qu'on
pén€tre dans la demeure d'un homme de gont parfait, s01gneux d'éviter toute

&lt;léfaut du moment

ou

elles s'ali-.

ou moins, d'en franchir le seuil,
devant celte imposante mah;on,
sobl'e d'arcbitecture, et oll tout le luxe, un luxe royal, par exemple, était

a peine

amoneelé

mnis il'nne élégan&lt;'e un peu froirle

a l'intérieur.

beautés de loutes sorles, se précise
dans le vestibule, baut,
La marquise de Rummy. par La Tour.

�..
I"' Jurn 1912

L'ILLUSTRATION

476 -

l" Jurn 1912

L'ILLUSTRATJ()N

~o lb\4 -

481

Nº 3ó&gt;4

et distante, en son ensemble. Pourtant, ce petit meuble « tJ.•ianonesque &gt;&gt;, aux
bois précieusement sculptés, babillés de soies discretes, esl bien engageant. On
ferait la longtemps anticbambre saos ennui, amasé a détailler les fines ciselures de ses acajous et ses lampas de camaieu viole!. D est Louis XVI, mais
sent déja un peu son Directoire; c'est, je crois, comme date, le terme qu'avait
du fuer a son gout M. J acques Doucet, épris surtoul des amvres d'art du
dix-buitieme siecle, qu'il avait collectionnées presque exclusiYement, avec un
cerlain nombre de raretés étrangeres ou exotiques qui faisaienl fureur a l'épo-

faisanl valoir !'une l'autre, elles devaient resplendir de tout leur éclat. Seule
peut-étre, Ja profusion fait hésiter un temps l'admiration. Elles semblent etr;
presque trop abondantes.
.
.
.
.
La porte qui s'oU\-re au fond d~ cl,ur vesbbule vous rnlrodu1t d'abord dans
le petil snlon, ou Salon des Dessms.
Cette porte, aux vantaux peints
do;és, e?cadrés de greles colonues, esl
elle-meme une délicate producbon d art decoratLf. Ma1s quand on !'a franchie
n'a plus qu'a peine le temps de la décom~·ir, tant l'atlention est de tout.,;

,et

---------------~---......,
00

tout autour, ii coté, en face, des piec0s rarissimes, dessins, pastels, peintures:
Watteau el Hubert Robert, Fragonard, - représenté notamment par l'une de
ses reuvres les p]us fameuses, les plus savonreuses aussi, le Feu gux poudres)·
Perronneau et Boucher, Saint-Aubin et Lespinasse Greuze et la Can·iera et
les ~eux gra,nds Anglais, enfin, Lawrence et Ro~ey. Et commeut citer ]'un
piulo! que I autre de ces cadres ou de ces toiles!
L'ameublement1 d'ailleurs, dans les miroirs oll se reflftent ces omvres si
aimables, répond a leurs som-ires.

tonnier surmonté d'une fine pendule en bronze1 d'époque Louis XVI, meuble
d'une délicatesse exquise atlribué a Philippe-Claude i\lontigny, maitre menuisier ébéniste. Et quand M. Doucet avait affaire de,-anl ce bureau. il s'asseyait
dans un fauteuil 8 poudrer sculpté, ciselé et fignolé rornme nn reliquaire, oll
quels charmes onl pris place, jadisY
Enfin, peut-etre, de tout cet ensemble, le plus exquis, c·cst, dans un retrait
exigu, sur quatre mftres carrés de parquet, un boudoir d'un indicible charme,
&lt;lont M. Jacques Doucet ne se séparera jamais - jnmais, quoi qu'il anive,

GRAND SALON. - En haut, deux La Tour (Portrall présumé d.e d'A_lembert et Portrait d'un inconnu) et un Perronneau (}acques-Charles Dutilliers);
au-dessous, entre deux autres Perronneau, un Portra1t de ¡eune femme, par Nattier. - Sur le meuble, deux bustes par Caffteri.
PETlT SALON . - En haut, apres un portrait ovale de l'Ecole frani;:.use. des portraits par Lawrence, Romney, Rosalba Garriera. - Au-dessous, ceuvres de Cochin,
Maréchal, Boucher, Fragonard, Saint-Aubin, Greuze, Prud'hon. Watteau. -- Sur le bureau, buste de Sabine Houdon, par Houdon.

'
'

1 '

que, laques, porcelaiue:;, bro~, et d'an&lt;;_iens inst!uments .de maLbéma~qu~.
Dans la salle a manger, touJOUIS la meme sobnété raffmée : des b01senes
blanches sculptées · un régulateur de Lepaute et de N. Petit, acajou et bronze,
au fronton couroO:.é d'un lournesol; une belle étagere de grauit rose montée en
bronze verl de la silhouette la plus fine, et, morceau de tout premier ordre,
une cheminée qui fut exécutée pour Marie-~toinette, - on e~ a la cerlitude
en voyant les deux aigles affrontées du mohf central; elle prov,ent tres probnblement du cháteau de Saint-Cloud.
Mais les deux salons surlout révelent pleinement les goiils, le caractere du
maitre de céans, dn passionné collectionneur qui, aprCS a'\'oir pntiemrnent accumulé de telles riches.ses, lenr a rlonné avec cette sfireté, ce tact, le cadre oñ. ge

parts sollicitée par des ceuvres plus précieuses, et si nombreuses, si aLLiranLes.
qn'on ne sait o. laquelle courir d'abord, a laquelle s'arreler. Des tapis ~yeux
de l'Odent qui chatoient doucement sur le parquet au haut plafond luID1neux
qui tami~e a toutes ces merveilles un jonr savamment dosé, c'est pour les yeux
l'encbantement.
L'énumération seule des noms que comporterait le catalogue d'un tel cabinel
constituerait une rc,:ne de toute l'histoire de l'art au dix-huilieme siecle.
, .1
C'est 8. ces murs, tendns d'une soie paille, que sourit de son air un pea pueri
M'"' Grand, peinte par Mmº Vigée-T.ebrun, que nous l'eprocluisons en hors te,:te.
Au-dessons d'elle, deux « préparations ,. de La Tour, denx teles de fcmm~s,
nvec ces yeux, ces 1Cvres que l':i,1mirable maitre se11l snt leur donner. Et puis,

La cheminée, de marbre gris, relevé de brom'..es expressifs eomme de belles
écritures d'aulrefois, supporte un groupe de Clodion, l'lvresse du vin, encndré
de deux sevres pñte tendre, ii couverte bleu marbré, montés en brule-parfums,
en bronze doré, sous Louis XVI. Le petit canapé d'alcOrn qui tend ses bms
aux reveries, a droite, babillé de velours rose fané, date de Louis XV par son
bois sculpté et doré, signé du nom de Philippe-Joseph Pluvinel, mailre ébéniste
en la rue de Cléry. Et le canapé, les bergeres, les fauteuils, les chaises épars
loul autour de la piece, sonl de bois sculpté el doré, Louis XVI, recouverts de
tapisseries de Reaurais a fond creme, décorées de bouquets et de corbeilles dans
la maniCre rle Salem\Jier.
FnrP au délicienx et illustre Fragonard, est une table-bureau avec un cal··

llui le suivra oU qu 1il réside - un joyau pur sous un étroit plafond en dOme
avec des boiseries décorées ainsi que de précieux: manuscrits.
,
l)u Grand Salon, on ne sanrait encore moins1 sous peine de se lancer dans
n~e longue et fastidieuse énumération de commissaire-priseur, dénombrer les
treSOl'S.
Les bolas peintres en sont F. Largillifre, La Tour, Lawrence encore, Hoppner
Reynolds, La Tour, Perronneau, Nattier, Chardin - représenté par des pa~~
i~signes - et, surprise aimable, Ma.ne~ et Sisley, cbacun avec une toile; ;ue
daulres encore, Les srnlpteurs, rnff1en, Ilomlon, Lemoyne ..Jcan "~nl'in enfiu
arnc le busle illnstre &lt;lu Cardinal de Rfchelieu, tiré nutrefoifl- ñ six éprem·es:
qualre par le fondear Ilubert Lesneur et deux par lienti Perlan, dont on ne

lci s'intercale une gravure hors texte avec feuille de garde.

�482 .-

L'ILLUSTRAT!ON

1" Jurn 1912

Nº 3bi4

a

GRAND SALON. _ Oevant la cheminée, écran du temps de la Régence. Sur le panneau, droite: en haut, un La Tour (Duval de l'Epinoy) entre un Largillii!re
et un Ducreux: au-dessous, portraits par Hoppner. Lawrence et Reynolds (Omiah. indigene de O'Tahiti).

cv1111ait plus 4ue 4ualre: bienlOt il
y en aura deux - avec celle que

M111 e Edouard Audré vieut, en mourant, de laisser a l'Instilut - de
classées daos les collections 1w tionales, la troisierne étant a l' Albertinurn de Dresde.
De,·ant la cheminée, de marbre
et de bronze, couronnée d'une monumentale pendule qu'eneadrent
des vases de Chine, bien fouetlé,
montés en brom-:e sous la Régence,
un écran de
bois sculpt(·
et doré, de la
Rég-ence aussi,
ten&lt;lu de vieux
velours bleu,
prolégeait le~
teiu ls délicats
contre

Marie-Madeleine Riggieri,
par Fragonard.

les

ardeurs

de

1'8.tre ;

et,

dans l' augle
opposé, il Y
avait une ta-

ble de jeu
earrée, c.hargée aux ang-les de flambeaux .d'argen~, proc~e
une belle bibHothl!que, a, liauteur d'appm, d'acaJOU treillagé ele bronze...
.
Enfin au lrnut bont ele ln picce, une table supportrul
des inst;·uments de matbémnliques, d'un travail curieux;
et l'hémicvcle
, , en atTiCre de sveltes colonnes de dchéne,
abrilait une bibliolheqne tonte cbargée de. cbau ~ et
intronvables relinres, rnaux pleins, maroqums détemts,
timbrés d'armoiries céll!bres.
D fant 1iarler a l'imparfait, bélas! 111. Jaeques Doucet
s'est décidé - par qnel caprice, qnelle lassitude invraisemblable ! - a se séparer de tout cela. La semaine pro-

clmiue weme, tablcau. x,
. des8ius,
pastel~, meubles, brorn:es, - tant
de merveilles vont se disperser aux
quatre vents. Et les derniers sonvenirs fidelcs qui eu resteront, qui
pourront les évoquer, aux yetu:: de

leur a11c·ie11 possesseur lui-mCme
comme Jes amis qu'iJ accueillait
en sa demenre hospit.aliere, ce seront les clichés ici reproduits, ol1
1;our la premiCre fois la photographie en coulenrs laisse une vision
exacte cl'nn
intérienr admirable, dont
les procédés
anciens eussent été impuissa n ts a
rendre !out le
charme, tontes
les nuances,
l'atmosphere
Portrait de jeune femme.
enfin.
par Nattier.
Et 111. Jacques Doncet
s'en va habiter, pro&lt;:!1e de la rue Spoutiui, un appartemeut m?derne,
- tres moderne, oll plus rien ne subsistera du gl~rieu_x et
magnifique passé, que la tradition qui doit reher a _e•
passé les menbles, les hibelots ou des artistes conlemporaws
vont s'efforcer d'imprimeL' leur cachet personnel. Car on
s'était trop pressé, paralt-il, de décréter que l'art no~veau, l'art du vingti€me siCcle, était morl avant ~'aY~
vécn. Nous allons - on nous Je prornet, du rnows d
assister a une renaissance inattendue .. AUendons-l~ét81-~
8
eonfiance ... Du moins l'intérieur merrn1lleux que
,~
,
.
t
le nonYenu
cree 111. Jacques Doucet nous est-,1 garan que
Sabine Houdon.
~era d'nn gout in·Pproehable.
par Houdon.
GUSTAVE BABIN-

�L ' lLLUSTRATlON
DiME ET AIGU11,lE DU (:;.oÜTU

~10NT fü.AMC

A IC UI LL.E D\! Mt»l

:

t

L_ _ __
Le Mont Blanc vu du sommet du BJvédere des Aiguilles Rouges

(z.966

m.).

Les deux glaciers qui descendent du Mont Blo.nc et du Dóme du Gollter sont le glacier des Bossons et le glacier de Taconnaz.
Aqunrtll~ dt P.11l'L llF.LJJRO.\'XF.R, puw· l'.rllbu111-A111u.w ,Je ,ra JJucni1lim1 q/omllriqut (Waillk Ju

lntérieur de

l'église

par

Saint-Nicolas

LOUJS-CJJ. CRESPIN.

ª Gaud

/Í!OlJ'

/rm1ra1,1u (lUJuelio11 nu.\· )i J),

�l¡

,.
A1c 1:11t.1..t N o 1u: DE Pt1'ÉRET

L1:s

T JO N

DAMEs ANCl,A!llEli

MoNT llt.ANC DE Couuun:uR

A1ct1ILL! BuNCHE DE PtTÉRET

AIGtlll,LE

o~:

LA BRINVA

Lever de SoleJ sur le MassiÍ du
/Íq11arelle oar PAUl llET,BROX,\rER, pour /'¡/{b111w A

vu du Col du Géant (3.36 9 m.),
l

geomél ,·iqu e te
'J. '¡ at'/1ée

Ut!,J
'1

Al¡,e.i franrai,l'!J (Ré,)uclion

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Les

P etites

et les Grandes

-

J orasses,

·,

,
~

lés Glaciers

de

T alefre (a

Aq"n,.e/1,, nnr P .ílUL 1-IRT, RRONN ER, no:1r

-

gauche) et de Lescliaux ( a droite ), vus du sommet d e
/' ✓J/b,11n-~411,u,.\·e ;J,, "ª D e.,.cripli:m, .'l•:o,n,-ffri'/111• ,)éfailf1t,. / ),,,, / //nt ·,, . 1i ·a11p11..o,•,, (Jf h}u,·l/t&gt;u

'

•

.

'
~-

l' Aiguille
au.-t·

¡/ i

).

rlu Moine { .'3.-4 • 2

m. ).

�'....'ILLUSTRATlON

UN

IMAGIER MODERNE

cotillon. )lais le mythe est admirablement rendu. On sent bien que c'est
une puissance d'En Haut. Tout le corps développé par le sommet,
délaissés depuis longtemps, qu'on croyait ajamais oubliés. reuaissent tout
par la base, semble suspendu dans l'air par les plis légers du voile
acoup. Témoin la délicieuse aquarelle, publiée aujourd'hui en hors texte, effilé
qui flotte. I1 pese a peine sur le bras de la Gorgone. On dirait qu'il prend
et la gravure reproduite ici, d'apres le meme auteur. Ces deux curieuses
appui sur sa gorge pour s'élancer, de nouvea.u, dans le ciel. II n'a pas
pages rappelleront a taus les amateurs d'art la fantaisie extraordinaire.
les talonnieres de Mercw-e, mais ses chevilles sont habillées comme les
les gaucheries touchantes et les procédés minutieux des lmagiers du
ergots d'un oiseau. Son casque extraordinaire doune l'idée d'un armet
mayen age. Elles sont dues a un jeune artiste de Nice, M. Gustav
magique. Son geste subtil et maniéré marque l'absence de tout effort.
Adolf Mossa, qui se révele, ainsi, le contin-.ateur des vieux enlumineurs
Choque trait de cette éblouisde missels ou de • Tres Riches
sante fantaisie ravit les yeux
Heures », sans autre prétention
par les somptuosités de sa couque de se distraire, et de nous
lt:ur et emporte fimagination
distraire aussi, des laideurs et
bien loin de la réalité, au pays
des banalités de la vie, en nous
de la Fable. C'est mie vision de
entra!nant dans le pays de la
poete.
Féerie et du Réve, par de rich""
De meme, l'image intitulée
irnages tirées de la Fable ou dea
Bruges-la-Morle. Nous ne sompienses légendes d'amour.
mes plus, ici, pa.rmi les dieux
Le sujet de l'aquarelle, le
c·ruels de la Fable antique, mais
Persée, est tiré de la mythologie
avec les ames douces et pienses
antique. 11 y avait, une lois, didu moyen age. Un poete airnait
sent les auteu:rs anciens, un horune princesse des Flandres ; il
rible monstre appelé MM.use, la
parvint a se fiancer a elle. Malplus redoutable des Gorgones.
heureusement, WlC nuit qu'elle
Sa tete était hérissée de serétait a sa fenetre, Wl bel oiseau
pents; elleavaitdesdentscomme
d' or lui apporta un message du
des défenses de sanglier, des
démon.Les démons s'occupaient
mains d'airain, des ailes d'or.
beaucoup des gens en ces temps
Persée, fils de J upiter et de
de piété vive, dans ces villes
Danaé. résolut d'en purger la
pleines d'églises. Celui-la proterre. L'entreprise était hasarmcttait a la jeune filie l'accom·
deuse, car cette figure féminine
plissement de tous ses désirs,
du Mal avait la propriété de
quels qu'ils fussent, gráce il. un
changerenpierrequiconqueosait
talisman dont il lui serait fait
la regarder. Mais Persée était
do11 , si elle avait le courage de
agréable aux dieux. Minerve lui
venir le chercher, seule, sur le
donna son bouclier, poli comme
q uai du Ros aire, lorsq ue le befw1 miroir, oll il pourrait voir
froi sonnerait minuit. Elle y
se refléter la Méduse sans la
alla: c'était un pii&gt;ge. Le démon
rega.rder. Mercare lui donna ses
ne lui donna point de taiisman,
sandales ailées qui le transpormais ]ui arracha lecreuret l'emteraient par les airs jusqu'au
porta, la laissan t inanimée sur
but. Pluton lui donnasonheaume
le pavé. Au matin, le poetevint
magiquequile rendrait invisible.
a passer avec sa lyre et son
Ap1'e8 cela, s'envoler au-dessus
lallrier d'or. U crut, d'abord,
de l'Océan. landre sur l'lle de
qu'elle était endormie et lui dit:
la Gorgone, la surpreudre endor&lt;i Levez-vous et allons-nous-en»,
mie dans une prairie émaillée de
mu.is, elle ne réponda.nt rien, il
fleurs, lui couper la tete et em&lt;·omprit qu'elle était mort.e ...
porter cette tete, avec taus ses
Regardez cette image. C'est,
serpents, collée a son bouclier,
du.nH un raccourci a. la fois
· . :.:t.
ne fut qu'un jeu pour lui. On
savant et naif, toute l'fi.me de
,econnait, ici, la prouesse ord.iBruges qui appara!t : son anl
:a :; . . .Ali&lt;_"
naire de ces héros de la mytho·
tiquité, ,es vieilles maisons
.
logie que la complicité des
assemblée::i . brique a brique,
dicux dispeusait de tout effort.
ses canaux plcins d'eaux
Ce fut pour le jeune Persée l'enmortes, ses ponts courbes, ses
BRUGES-LA-MORTE
trée dans la carriere héroique
fenetres a O!livrs. son beffroi,
D'aprts une aquar.1/c de Gus/av Adol/ Mossa.
et pour les artistes, depuis bien
ses toits poÚ1tns. oU deux escades siecles, un theme inépui•
liers montent l'un vers l'autre
sable a tableaux et a statues.
pour se rejoindre dans le ciel, puis sa richesse passée, la somptuosité
Ce theme si rebattu, M. Mossa. l'a renouvelé entierement. 11 ne de ses costumes, l'éclat de ses joyaux et de ses orfCvreries, cnfin la
s'astreint nullement a suivre la lettre de la légende, mais il en pénetre désolation de sa mort lente au ·milieu de ses µ:lorieux souvenirs. Tout
!'esprit avec cette vue directe d'un enfant qui entend conter wie bis• cela se lit dans le détail infuii de cette enluminure. Et, en méme
toire pour la premiere lois. Pour lui, la Gorgone n'est nullemenl une temps, la terreur de l'enfer, le sentiment de la puissance démoniaque se
femn1e horrible, repoussante; elle n'aurait pas eu la puissance qu'on voient daus ce petit gnome velu et comu qui dévore le crour tout dé·
dit de pétrifier les hommes, si elle avait été laide : tout au plus les gouttant de sang, et l'aspiration vers le ciel danl! ces clochers montant a
aurait-elle fait sauver .. . C'est une tres jolie femme, tout a fait dénuée de l'horizon au-dessus des héltels de ville, des hopitaux, des béguinages,
creur : sa monstruosíté est rriorale. Ses serpcnts sont simplement ses des trésors. Dans cet entassement de choses pittoresques et révélatrices
cheveu.x épars, profus, nombreux, répandus et mouvants autour de sa oll. se complait M. Mossa, nous reconuaissons la minutie et la conscience
tete ; ,es ailes sont m1e parure.
vieux maitres.
MaIB elle n'a pas d'§.me : c'est 18. qu'est l'horreur ; ses mains ne sont desCes
vieux ma!tres, les Priniiti/s comme on les appelle, ont été
pas de bronze, ma.lli elles ne sont pas bienfaisantes, protectrices; c'est 18, longtemps dédaignés. lls sont mis au pinacle aujourd'hui, et chaque
qu'est l'insensibilité. Ce n'est qu'une figure de cire et de métal... Quand pays se vante de posséder les siens. C'est que, s'ils Haient parfois
on la tue, on s'aper9oit qu'elle n'avait pas un atome d'humanité. Ses inexpérimentés, souvent gauches, toujours incomplets, ils rachetaient
cheveux deviennent des al~ues, elle a les bras désarticulés d'une poupée; ces défauts par une invention merveilleuse, une belle et pure couleur,
elle sernble éparse, émiettée parmi les herbes comme une jonchée de une ferveur appliquée aux moindres détails de lem táche. Leurs plus
plumes bleues, la dépouille du geai. Tout son etre a fondu. II n'en reste modestes artistes : les enlmnineurs des Heures, des Légendaires ou des
plus que la téte, -cette tete cruelle, cette tete sans expre.ssion de lemme Ymages du Mon&lt;IR., ne sont pas les moins divertissants. Travaillant en
sans creur.
marge de la grande peinture, serrés dans l'étroite bande de parchcmin
Aussi, Persée n'a-t-il aucun scrupule a lui enfoncer son inimense baste qui leur était concédée, ils s'estimaient heureux de récréer les lecteurs
dans la gorge. 11 le fait d'un air dur et justicier. Toutefois, comme c'est par leurs inventions fabuleuses, par leur !aire précieux et snbtil. Depuis
un amateur de belles choses - sans quoi serait-il le fils de Jupiter et longtemps, l'art s'est orienté dans de tout autres voies. II n'en est que
de Danaé 1 - il prend bien garde d'écarter, du bout de son fer, le collier plus curieux de voir, a notre époque, en fOein viugtieme siecle, un jeune
de la Méduse, afin de ne pas gater ses perles bleues ... Certes, c' est la un artist,e renouer ces vieille.s traditions, toumer le dos au Réa.lisme et nous
personnage íort invraisemblable ! Il commence comme w1 guerrier japo·
nais et finit comme un danseur de ballet. Sa lance interminable semble entra.iner en plein ~ve.
RoBERT DE LA SrZERANNK .
la hamue d'un étendard de gaze rose et son carquois un accessoire de
On voit parfois, en art, des reviviscences inattendues : des genres

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L' I LLUSTRA T!ON

VISIONS BIBLIQUES

Copyright t·uclcrwood , l'mlcrwoo&lt;l.

Tous droita réscrvés.

PREMIÉ.RE APPARITI0N DE RUTH A 8002
Lea plwlog,aphiu dofll "°"' com111et1""1' la publioation /urent pri,e, en
Tme Sainte, en ce, lieta ou, a cAaque pa,, ae dre,aent a la inétnoire et ata
yeuz du oroyant comme du lettré ou de l' artim le, figure, i111111ortelZ.. de la
plu, mm&gt;eilleuae hiatoire qui ait encllanté l'dme de, luitnmea. Leur ataeur 11'a
"" garde de mettre en aceM, de /aire poaer, a la /at;OII d'u11 opé,ateur de oinéma·
•-pli•, de, acteura complaisanta et bien atyléa. Soi11 inutile, ici, ou la d' au•
lre/m, la llie 1,iblique ,'eat 00111ert&gt;ée parcille, a traVffB lea aie&lt;JZ.., a ce qu'elle
flait au i-pa de, patriarchea, des propMtea, de, apotrea ; otl toua le, tableauz
IOUl'ltalier, aemblent l'illuatratiOII lliwnte dea Ecriture, ; otl le pa,aant le plua
déilué d'imaginatioo n'a qu'a regarder autour de lui, en koutant parler aes aou·
Nllira. Le, rapprochementa, i111péri&lt;U1ement, a'itnpo,ent a BOII esprit. ll ne tui

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reate plu, qu'a /euilleter le ,aint Liwe, a chercher le cllapitre, le ver,et ...
Voici l' apparitioo de Ruth la Moabite a Booi, da111 le cAamp /raí$ /auché
ou quéunt le, glaneuaea.
... A/ora .Booz dit a Ruth : • Ecoute, ,na filie, ne va point glaner da111 un autre
cAamp. Ne ,or, point d'ici. Ne bouge point d'aupru de me, aert&gt;allte8. Regarde
le cllamp ou elle, 1110iuonneront et apru elle,. Et, si tu as aoif, t&gt;a auz vaaea
et bois l' eau que mea serlliteurB auront puiaée... •
Bientot, "" le guéret d'or que borne au loin un 1110l horit1m de collinea, du
ciel /impide deacendra l' ombre, • 11upti.ale, auqu,te, ,olennelle •· Et la ooúmté
de l'Eternel s'acootnplira. Oa, de Ruth doitnaítre Obed, ¡,ere cl'lsa~, ¡,ere de
Dat'id.

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�L'JLLUSTRATJON
L' ILLUSTRA TION

Copyright Underwood

LES CE.ORES DU LIBAN
I! est rapporté au LitJre du Rois (chapitre V) que lorsque Salcm1on, fils de
David, eut en fin établi sa dominatioo sur tous les royaumes dont la conquéte n' avait
laissé ason pere nul répit, il dép&amp;ha des ambassadeurs OO"B Hiram, roi de
Tyr et Sidoo, ¡wur lui dire :
•Je prétends b&lt;Uir une maison au nom de l' Eternel, mon Dieu, car il a dit a
David, mon pere : * Ton fil• que ie mettrai a ta place sur ·ton tróne sera celui
• qui b&lt;Uira une maison a mon nom. • C'est pourqu-Oi commande qu'on coupe
dea cedres du lliban. Mes serviteurs tracailleront avec les tiens. Et je paierai a
tes serviteurs le salaire que tu auras fixé. Car tu sais qu'il n'y a point, parmi

nous, d' hommes qui s' entendent a couper le bois comme les Sidon ·
Hiram donna au roi de Juda et d' Israel tout le bois qu'il voulut, et ~
pentiers seconderent, pour l'édification du temple sans pareil, les ou
fils de David. De cette maison du Seigneur, il ne demeure pas m~ une
rien que l'incertain emplacement. Tout ce qui !'évoque d la mbnoire du
geur, ce sont trois a quatre cents cedres millénaires, cou,.,.ant de leurs
gigantesques quelques ares, au:t ff,ancs rocailleu:t de l'altier Liban,• la JI,
gne blanche •• dominant de .Bces cimes neigeuses ces vestiges d'ulll
!Ilustre.

t.

l'nderwOOl.l.

LES " TABERNACLES " SUR LES TOITS, EN SYRIE
Il_ est rapporté au !ivre d~ Néhémi_e (chapitre VIII) que les chefs d'lsrael, les
sacrifi,cateurs et les lémtes a assemblérent vers Esdras le Scribe afin d'apprendre
de lui les vomités du Seigneur.
« Ils trouverent écrit dans la loi que l' Eternel avait édicth par la bouche de
Moise que les m/ants d'Israel devaie,ú de,neurer dans des « tabemacles " pendatú
la /éJ,e solennelle du septiffiW_ mois... Le peuple alla done sur la mcmtagne. Il en
rapporta des rameaux tfol,me,·s et des rameaux tfautres arbres résineux, des rameaux de myrte, des rameaux de palmiers ; et chacun se construistt des tabernacles sur son toit, dans la cour de s, maison, dans les parvis de la maison de

Dieu. Et ainsi, tous ceux qui étaient revenus de la eaptivité firent des tabernacles. »
Qui sait si cette coutume qu'oot auiourd'hui les gens de Syrie tfédifier sur
/eurs toits, a la saison chaude, tf ombreuses eabanes de branchages n' est pas
une survivance de l~ /éte ?,blique d~• ~abernacles? Et si ces hu/tes éphimeres, que
le soleil aura bientot /anees et desseehees, ne sont pal imitées de celles que les
Hébreux construisaient, sur l'ordre e:tpres de l'Eternel, au-dessus de leurs terras~es, dans leurs cours, au seuil du te,nple? Les e:tégetes auraient ainsi re:r;plieatwn d~ ce mot « tabernacle » dont le sena de,neurait iadis, anos yeu:t tfen/ants,
st mysteneux.

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L' lLLUSTRAT!ON

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Copyri¡ht Undcrwood • t·udcrwood,

Tou, ilroits réservés,

LA BONNE MESURE
Déjd le Deutércmome prescrivait au peuple de Jého,;ah ,!:l.tre tres acrupuleux
da!lf les peaées et les mesures : • n n'y aura point dan, ta maison deux sortea
de boisaein&lt;z, un grand et un petit. » Le Nouveau Testament va plus loin encore:
« DIJ!\!!A bonne mesure, pressée et taeaée, en amoncelant le grain au-deaBUS
du boisasau, et il t'OUS ,era donné dana le aein mesure pareille ; car de la
m&lt;!me me,ure que vous vous aervez O'II vous mesurera. " Ainai parlait Jéau, a aes
disoiples le jour m&lt;!me ou il élut les douze apótres.
Áujourd'hui encore, cette recommandation est respectée de, Arabes, ainai qu'on
peul le wir sur ce marché auz graina de Bethléem, ou fut priae cette photographie.

La mesure est remplie d' abord de grain bien presaé, bien ta,sé, selon la

paroll

que recueillit saint Luc (chapitre VI). Puia, apoignées, on la comble eMOre "::.
ce qu'elle peut aupporter. Tout le grain qui demeure en cóne au-desBUB du
aeau appartient a l acheteur. Alors celui-ci emporte la proviaion qu'il vielN
quérir, non dana un panier ou dana un sac, maia dana une vaate poche .......,-.
dana son v&amp;ement, aur la poitrine. Et ceci encore se paeae comme au ~1'8 ol1
le Chriat enseignait en Galilée : « n vous sera donné aana le sein », dit ,a.m..!!;
ce iui semblerait indique, que les Israélites déja portaient ces poches dwr-,¡ l intérieur de leurs tuniques.

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L'ÉCOLE DU PROPHETE
A la we de cette école indigene d'un modeste village de Syrie, on pourrait évoquer plus d'une scene bíblique. Mais c'est ici récole de Rama, le lieu natal du prophete Samuel, et r artiste qui ra photographiée a ramené awsitót aa pensée vera
la ieunem édifiante de celui qui, sur r ordre du Seigneur, donna a Israel tour
atour aes deux pr~ier• roia. L'enfant a'éwitpréparé aaa misaion divine de, renfance i « n aervait en préaence de rEternel étant jeune gar9011, .etu d'un éplwd
de lin. Sa mere lui taillait et cousait de pet1U v&amp;ementa, qu'elle lui apportait
ckaque année, quand elle montait, auec son mari, pour olfrir 8® sacrifico solennel."
Il devait auivre ausai une école toute semblable ace/le-e,:, et, comme ces enfants,

psalmodier, au grand aoleil, a la bel/e aaiaon, les Ecritures, tandis que rou·
coulaient lea ramierB faiaant échc auz oo,x putriles. La 1°l le commandait :
« I natruia renfant au de'but de aa vie. "
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Les petits écoliera de Rama aont a préaent ~tus de laine et de eotonnade, avcc
de longues gandourae brunea rayées de blanc ou de petites vestes de calicot anglais
- a moina qu'il ne aoit allcmand - que leurs maman, ont cousuea au88i av,c
une attentive sollicitude, et la partie la plw origina/e de leur eoatume demeu,·e
le petit bonnet cocasse, décoré de rayurea amusantes, de desaina peut-hre tres aneiens d' origine.

�L'JLLUSTRATION

L'ILLUSTRAT!ON

C4)pyright LmlcrwooJ

Tous tlroits ré!lcrvés,

Copyri¡ht l'nderwood • Underwood,

•rous droit1 ré1ervés.

DAVID A LA TENTE DE SAUL
U,i aite dam rune des vallée8 aridea de la Judée. Des Bédouins ont campé
ld, dé-ployé leurs tentes sombrea atriéea de bandea claires, dam la régioo ,neme
ou la 1aloueie et la haine du roi Saiil poureuivaient David erran!, sor,, BucceBaeur élu
de Jéhovah.
« Saiil se campa au coteau de Hakila, qui est vu•a•via de J ésimoo ... Or, David
,e tenait au déserl, et il a¡,erput Saiil qui venaü pour le pourauivre. Et il envoya
dea espiooa gui lui coofirmerent que c'étaü le roi qui étaü lcl. Alors il se leva
et vint au lieu ou Saiil était campé... »
Le dúert est demeuré tout pareil, pierreuz, dpre, brolé par le simoun. Et ce

soot toufoura les mémes lentes brunea de poil de chevre qui abr,1ent les_ err~
au¡ourd: hui pacifiques. Sous un toit aussi /re/e, aussi groasier, reposau le :
plein de rage quand le berger prédestiné 8' en vint vers lui. Seulement, D
aujourd'hui, n'est plus armé d'une lance, ni d:un are, ni d:une fronde: un brefuail a la croase incruatée d:ivoire, rehaussée de cuivres luisants, pend ala le
te lle sur son épaule. Et e' est le changement le plus marquant, pem-ltrecl qRtllA
temps ait apporté a la vie de ces paya que parcourut, proscrit, le petit filsde e Les Arabes soot bien demeurés, en Judée, les dignes rempla~nts "
qui habitent sous les lentes », seloo r expressioo de la Geneae.

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1:

L"mkrwuoJ.

LES RAISINS DE LA TERRE PROMISE
Tandis que les Hél)reuz erraient ele désert en désert, regrellant lea poiBB011s
et les oign008 du Nil, l' Eternel ordoona a Moise d' envoyer au pays de Chanaan, qu'il destinaft a son peup_le,. douze. espior,,s, ~h.oisis, el r~is011 d'un par
tribu pour recoonattre la terre atnBI prom1se aux desirs d Israel.
• Vous verrez, leur dit Moise quand il les eut choisis, quel est ce pays-la et
quel peuple l'hal,ite, s'il est fort ou /aible, si le aol est gras ou inaigre, et s'il y
a des ar/)res ou non. Et prenez du /ruit du paya. •
Les douze ent'oyés monterent done vers le Midi, et allerent juaqu'a Hébron.
... • A"ivés au lorrent d' Escol, ita couperent la un aarment de vigne

avec une grappe · et il fallait deux h0111111es pour la porter aur une perche.•
La co11trée autdur d'Hé/)ron et deBetklée111, n'a rien perdu de sa /ertilité paB·
sée. Les vatlons ou les champs· a'étagent en gradim, comme cela se voit sou•
vent dans notre' Midi, sont admirablement cultivés. Les vignes y alternen! ai•ec
les olivettes. Le méme aoleil d:or y mt1rit des raiains magnifiques encere, mais
bien moins volmn!Meuz toutefois qu'aux i_ours lointains ou, d'aprea les No_mbres,
les espior,,s de Moise 71liaient sous le poiiu de leur butm. A la saisor,, ou • les
prerniers raisir¡a mtlriaaent •, les fréles cloigts aux o~gles teints ·cl'une /emme
ou d'une filie/te suffisent a cueillir leurs grappes verme1lles.

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l'ntknrooJ,

L'ANESSE DE BALAAM
De nos jours etlCOTe, l'árn, est l'a,nimal d, somme le ¡ilus com111uné111e11t employé
dat1.1 tout l' Orient.
C' élait sur une dnuse que voyageait le prophete Balaam de qui l' histoire
est oontée au chapitre XXII des Nombres.
Balac, roi de Moab, fils de Tsippor, avait /ait appeler ce saint homme afin qu'il
vlnt chez lui ,naudire les I sraélites échappés a: Egypte, qui lui semblaient dans
aes Elata des hotes encombrants. Mais Ba/aam, averti par Dieu que c'élait
la son peuple élu, re/usa longtemps de répondre aces invites. Pourtant, un matin,

il se décida asuivre les ambassadeurs de Balac. • Il se leva, sella son ánesae d
s'en alta avec les seigrn,urs de Moab. Ma,:s la oolere de Dieu s'enfiamma, ~
qu'il a'en allait, et l'ange de t'Eternd se tintdans lechemin poura'opposeralu:¡}
Dans l' équipage ou cette photographie représente ce Bédouin, juché sur •0~
cide ánon, on se représente le désobéissant prophele cheminant le long di
piste brúlée, et ce /ut au milieu d'un sentier pareil que se dressa aux yeux .
l'animal, plus clairvoyant que son maitre, l'ange tenant l'épée nue "' sa matR,
• Et l'ánesse se áétourna du cheinin et s'en alta a travers champs. •

�L ' !LLUSTRATION

UN ,Jfd!TRE JlfODERNE DU PORTRAIT AU PASTEL

Un coin iJe la villa J' E,te.

Francis Lainé par lui-meme,
d'apres son portrait par Roslin.

Portrait de Mm, Lilla:z.

Un ,·~in Je la ,,i[/11 Torlonia.
L'EXPOSITION

,\1.ARCEL BASCHET,

A LA GALERIE GEORGES PETIT

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PARIS GOTHIQUE
De,,.,i11.i J'w1 artit1tt américa in

A. C. ¡¡;r¡¡ B B.

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La grand'mere de

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Les Chimeres de Notre-Dame.

Le général Gouraud.

M. Maurice Donnay.

PORTRAITS AU PASTEL PAR MARCEL BASCHET

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La Rue et l'Eglise Saint-Severin.
Le Porclie de Saint-Germain-1' Auxerrois.
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par A. C.

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                  <text>Semanario francés ilustrado se publicó entre 1843 y 1944. Aborda temas políticos, económicos, sociales, científicos, artísticos, y deportivos. Fundado por los periodistas Jean- Baptiste Alexandre Paulin y Édouard Charton. Sus ilustraciones eran realizadas por los mejores dibujantes como Henri Valentin, Édouard Renard, Paul Gavarni, Janet-Lange y Cham.</text>
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                <text>Semanario francés ilustrado se publicó entre 1843 y 1944. Aborda temas políticos, económicos, sociales, científicos, artísticos, y deportivos. Fundado por los periodistas Jean- Baptiste Alexandre Paulin y Édouard Charton. Sus ilustraciones eran realizadas por los mejores dibujantes como Henri Valentin, Édouard Renard, Paul Gavarni, Janet-Lange y Cham.</text>
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                <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores.</text>
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                    <text>.-426
_, -

Nº 3612

18 MAl 1912

L'ILLUSTRATION

L.-H. MARQUESTE.
Pastorale.

A. TERROIR. -

BOURDELLE.
Pen6lope (Société Nationale).

PAUL AUBAN.
La source (fonlaine).

Vision antique.

H. LOMBARD.
(La Ville de Paris •·

L. CONVERS. - L' lnspiration et l'Har¡nonie.

PERRAULT-HARRY.
La mort du cerf.

CHARLES VINCENT.
Carmen.

�Nº JC&gt;12 •

18

)fAI

LA SCULPTURE AUX DEUX SALONS

19)2

H. BOUCHARD. - Le défrichement.

I

IN J ALBERT. - Muse consola trice.
(s,c Nat.)

E. FONTAINE. - Danseuses.

ALFRED BOUCHER. - • S'il le faut •·

A.-J. LE DUC.
Un compagnon de du Guesclin,

JEAN DE POUILLY.
Jeanne d'Arc a cheval,

a Cocherel.

G. GARDET. - • Hallah ,.

425

�L •I LLUSTRATION

•
•

Les Fetes de la Victoire,

il

y a un an : départ du Défilé Triompl1al, Avenue de la Grande-Armée.
Pei11t11re ,l fo ,901tacbe íJe CHARLES JJ/TVENT;

•

�Le Déillé Triomphal du 1 4 Juillet
º.

,

L

cemture a la gou/llflf

:

devant

l'Eglise de la Madeleine.

HdRr,Rs nur;,r;oNT.
r »

·

�I,

L' I L LUSTRA TI O N

L'JLLUSTR/\TION

Le Yang-Tsé-Kiang, pres de Chang-Ha1: c'est Londres et la Tamise. mais dans une atmosphere d'or...

Apres trois jours ele mer. loin encore ele J'estuaire clu Yang-Tsé-Kiang, la
multitucle des bateaux annonce l'approche de la grande voie fluviale; des ilPs
basses et grises émergent de tous cotés, se confondant presque 2.vec l'eau.
8i la Uhine o bien souvenl ins7Jiré de piUoresques descriptions d des voyageurs ~otre vapeur, le Sakio-,llaru, remonte depuis trois heures, de toute la puisou d des écrivains curicux d'impre.~sions exotiques, elle n'a pas encore lenté, comme sa.nce de ses machines, lorsque brusquement surgit ele la brnme, a.u loin, une
elle le méritait, le crayon ou le pinceau des artisles. Jll. Le Riche, le peintre et ville énorme. une cité européenne; et le spectacle qui s'ofíre a mes yeux me
dessinateur bien connu, qui a conc-u el réalisé l'heureu.c projel d&lt;' la visiter, l'an rappelle quelque chose de déja vu : c'est Londres et la Ta.mise, mais clans une
tlernier, en a rapporté une ample et be/le moisson de croquis don/ il ri défa, a atmosphere d'or... Tout accuse cette singuliere oppoRition de l'Occident a
r/pux reprise.~. distrail quelques-uns pour nos lecteurs
el des études plus pous- l'Orient : les cheminées des steamers crac:hnnt la. fumfr sm les hautes jonqtws
seés, a l' huile et d l' aquarelle, dans lcsquelles il a su rendre toutes les /antaisies .\ voiles earrées. cl\m rouge sombre, la merveilleusr h:irmonil' &lt;l&lt;' c:t's batea.ux
de la couleur, si diver.~es ld-bas, et les ieu.c intensPs de l&lt;i lu111iere orienta/e. C'est jaunes avan~ant a la voile ou que menent a la rnme les Rampagniers ,·etus
une suite de ces études que nous reproduisons ici, avant l'exposition ou elles de turquoise, produisent une étrange, indéfinissable impression.
1:ont étre, prochaine111e11t, réunies. Elles sont accompagnées de quelques notes
Dans ces tableaux mouvants qui se renouvellent sa.ns cesse, le Sakio-Jlaru
écriles, au couranl des impressions, 71ar le Nyayeur.
mancnuvre pour aborder. ll y a denx Yilles européennes a Cbang-Hai, la franExécutées au commencement de l'année 1911, avant la crise qui, en quelques l¡'aise et l'internationale. - ou, plus exactement, l'a.nglaise. Bien baties, percées
111ois, a transformé l'empire jau ne, ces co111positions fixenl des aspecls de la vieille de larges avenues, elles ne se différcncient gucre que par la police, faite, dans la
Chine, de la Chine traditionnelle, qu'il fallait Jieut-étre se háter d'enreyistrer. premiere, pa.r de petits Annamites eoiffés d11 chapean en galette, d'une remarquable correction, clans la seconde
CIIAXG·H.\i E1' SOX PORT
par de gi~antesques sikhs aux turA.pres avoir quitté )loscou.
bans multicolores. A coté s'éleve
t¡uatorzc jonrs de voyage a travers
la ville chinoise, qni a dépassé ses
les steppcs glacés de laSibéric m'ont
antiqncs limites, et s'étend it l'ouest
couduit au bord de la mer ,Jaune,
sur les borcls du Houang-Pou. Entre
dans cette triste et morne Dalny,
ces cleux cités, mitoyenncs et si disbanale et incolore. De n, jr pourrai
tinetes, il n'y a cl'autres barrieres
gagner la cote voisine, qui est a
matérielles qu'une vieille mura.ille
quatre jours de traversée. Car je
délabréc et un canal empuanti d'impréfcre abordcr la grande Chine par
moncliccs ; et cep&lt;'nclant la scission
Chang-Jfai, qui st'ra ma premiere
est extrnordinairement nette. Auétape.
cune pénétmtion d'un monde a
,Je quitte Dalny par un temps
l'autre. A peine franchie la porte
ra&lt;licux. Le froid cst vif ; eles ilots
bass&lt;' et sombre de la ville chinoisr.
ele gbcr, oú les moucttes viennent
on se trouve transporté a milll'
se poscr, errent da.ns le port. Bienlicues dl' tout !
t&lt;Jt les hautes montagnes, couvertes
Singulicre Yillc, construite suide ucige, qui portent, visibles sur
vant une eonception des formes exleurs flanes, les rudes balafres de
térieures qui 11ous étonn&lt;'. VisionH
la guenc russo-japona,ise, et le prou'une harrnonie xoutl'nuc par la
montoire &lt;l'un bien intense &lt;lenicn·
rutilance eles la1¡u&lt;&gt;s rougcti, le roux
ll'c¡ucl se clrvinr Port-:\rthur.&lt;lispasombre clPs l'll&lt;'lil'K :'t prine rchiirft's,
Assises sur le bord de leurs pimpantes charrettes, les fernmes mandchoues
rnissent ;\ l'horizon.
sont jolies sous le maquillage...
t'&gt;c·ht drs fa&lt;""~ !-1' cl{·t:whant &lt;'ll or

IMPRESSIONS DE

Les Fetes de la Victoire (14 Juillet 1919) : le Général Mangin, en tete de l'Armée Coloniale,
passe sous l'Arc de Triomphe et salue de l'Épée.
Peinlure

a

la gouache íJe CHARLES DUVENT.

CHINE

�L' 1 LLUSTRATION

L'JLLUSTRATlON

Le port d'Han-Kéou vu du haut des marches qui dévalent vers la berge du grand fleuve.
Le temple du Ciel se dresse, au milieu d'un pare, sur une vaste plate-forme de marbre ...
sur le fond rembrandtesque des boutiques ademi obscures... , tout est un émerveillement pour les yeux. Je commence ici ma moisson de souvenirs. Toute la
&lt;lifficulté réside dans le choix. Il faut essayer de faire percevoir le charme des
&lt;.:hoses vues, et faire le départ entre le beau et le bizarre, qui voisinent ici, et se
confondent bien souvent; il faut, en quelque sorte, controler, classer ses impres:;ions, et échapper aJasédnction d'une ambiance parfois troublante, déformante...
l'Í!KIX, LE TE)ll'LE DU CJEL
E1' LE PALAIS D'ÉTf;

.. . Pékiu, ville étrauge, d'un
tracé de grande capitale et d'une
saleté de village. Ici, tout est
contraste et bizarrerie : étincelantes et somptueuses devantures sculptées a jour, intérieurs
nauséabonds et délabrés; aveuues la.rges, d'une belle proportion, bourbeuses a la moindre
pluie et couvertes de poussiere
des qu'il fait sec. Et polll'tant
cette cité capricieuse est inoubliable. La clarté nacrée du ciel
ele Pékin se détache encore plus
vive sur ses gigantesques murailles, tandis qu'au loin le
cercle bleu des montagnes mongoles auréole l'borizon d'azur
sombre.
Les habitants sont d'un pittoresque de coulelll's et d'attitudes iuattendu. Qu'elles soient
a pied ou assises SUI le bord de
lcill's pimpantes charrettes, les
femmes mandchoues apparaissent jolies sous le maqt1illage,
élégantes de silhouette et d'a.1lure. Haut perchées sur leurs
:;O&lt;'&lt;]tlf'R, vetues de la longue robe

de soie blanche ou me.uve, toutes fardées et coquettement parées de fleurs,
séduisantes en leur grace un peu enfantine, elles vont par groupes da.ns les
pittoresques marchés, fumant leurs petites pipes, riant aux éclats, croquant
a belles dents l' odorant lin-soui, qui est leur friandise préférée.
L'impression la plus rare, celle qui reste, da.ns ma mémoire, la plus éblouissante, ce sont les temples qui me l'ont donnée. Le calme, le recueillement de ces
pares encadrant de vert les plus
beaux monuments d' architecture
chinoise qu 'il soit possible de
contempler, de ces vastes enceintes, ou des chemins de
marbre aux dalles disjointes
conduisent au temple élevé sur
sa blanche terrasse, sont infiniment doux et reposants. Tout
est ruine, ou presque tout, et
il faut se hater, avant l'effondrement définitif, d'enregistrer
cette admirable vision, de subir
l'enchantement des rouges jadis
éclatants, aujourd'hui estompés
par le temps, d'admirer les
grandes peintures mUiales aux
inlassables processions, les colonnes de bois d'un diametre
énorme, dont les sommets vont
se perdre dans la demi-obscurité
des plafonds.
Parmi toutes ces demelll'es des
dieux, le temple de Confucius,
le temple des Lamas, le temple
du Ciel surtout, m'apparaissent
comme les plus merveilleux. Le
temple du Ciel, d'une conception
grandiose, est le seul, je erois, de
son type au monde. Il se dresse,
au milieu d'un pare, sur une
Tout au bout de la piece d'eau du Palais d'Eté, la célebre jonque de marbre
vaste plate-formr el&lt;&gt; ma.rbre.
apparait comme une véritable demeure flottante ...

Petit et circulaire, il semble énorme, tant les proportions en sont heureuses ;
et cette impression de grandeur est encore accentuée par la disposition des toits
étagés, qui vont en diminuant a mesure qu'ils sont plus proches du sommet.
L'effet tres inattendu des tuiles bleues qui les couvrent sur le ciel bleu est d'une
délicieuse harmonie. Un peu plus loin, s'éleve une autre terrasse, qui supporte un
seul autel : c'est la que l'empereur vient officier en plein air, en communication
directe avec le Ciel, son
pcre.
On s' arra.che difficilement au cbarme exotique
de ces lieux, incomparables
dans tout l'Extréme-Orient.
En vérité, le peuple qui a
été capable de concevoir
et de dessiner Pékin et ses
temples, est un peuple de
grancls artistes.
... A quelques kilometres
Pékin, sur le
Houang-Chéou-Chan, &lt;&lt; la
montagne des dix mille ans
de longévité &gt;&gt;, le Palais
d'Eté, construit pa.r Youg
Tcheng au bord d'un lac
artificiel tout serti de marbre blanc, étage ses terrasses
couvertes de pagodes, que
couronne un vaste pavillon
aux tuiles d'uu jaune éclatant. Vu de la petite ile qui
surgit a.u milieu du lac,
I' ensemble ne manque pas
d'une réel!e grandeur. Tout
au bout de la piece d'eau,
la célebre jonque demarbre
- étrange fantaisie d'un
empereur qui ne voyage

jamais - apparait comme une véritable demeure flottante, dont les refiets
tremblent au moindre souffle. Plus loin s' éleve le délicieux pont impérial, ou
seul le fils du Ciel peut cheminer. C'est une élégante construction de bois
laqué, aux tuiles vernissées, posée SUI des piliers de marbre blanc.
Un pare parsemé de merveilleux animaux de bronze, aux formes hallucinantes et fantastiques, et planté de ces arbres il, fleurs dont raffolent les Chinois, environne cette somptueuse résidence, que l'on
voudrait voir peuplée de
ricbesrobesjaunes de cour...

a l'ouest de

Le pont impérial sur le lac du Palais d'Eté: c'est une élégante construction de bois laqué,
aux tuiles vernissées, posée sur des piliers de rnarbre blanc...

HAN-KÉOU,
LA CITÉ DU TRAFIC

... Douzecents kilometres
en bateau sur le Yang-TséKiang séparent Chang-Ha1
de Han -Kéou. )le voici
dans la grande cité de trafic,
aux rues encombrées d'une
active multitude. La ville
elle-meme domine le port,
auquel on descend par
d' énormes escaliers. Du
haut des marches qui dévalent vers la berge du
grand fl.euve, le regard
s'étend sur un des spectacles les plus étrangemcnt
colorés qui se puisse imaginer : c'est une invraisemblable agglomération
de jonques &lt;'t cl'hommes.
Je ne fais que passer u
Han-Kéou, mais j'en rapporte la curieuse vision de
ces quais grouillants, contre
lesquels s'aligncnt, en rangs
serrés, les na.vires jaunes...

�L'ILLUSTRATION

U;ie femme mandchoue, haut perchée sur ses socques.

Un acteur chinois en travesti.
COSTUMES

AtTEURS ET DAXSEUSES

DE

VILLE

ET

DE

Une danseuse chinoise sur la scene.

THÉATRE

La danse, peu agitée, est accompagnée d'une musique étrange aux moclulations
étonnamment caressantes.
Dans la salle, il n'y a que des loges découvertes. Plus de mystcrr : on cst, il
est vrai, entre Célestes, et les visages blancs sont rares. C'es sortes ele petits box
carrés sont occupés par de riches Chinois et leurs famillcs. Ici, les femmes sortent avec leur mari et leurs enfants : vetues ele longues robes, leurs cheveux
noir bleu plaqués sur la tete et parsemés de perles, ces gracieuses personnes
fument de minuscules pipes et boivent sans discontinuer clu thr, qui parfumc
l'air de son arome.
Tout ce monde est gai, poli, familier sans trivialité.
Combien ce public aimable et discret est différent de celui qui fréquente
certains théatres plus popu.laires, d'un moindre confort, ou se jouent, devant
une&lt;&lt; salle&gt;&gt; vibrante a souhait, des pieces héroiques illustrant sans art des épisodes de l'histoire nationale, ou des farces d'un comique tres appuyé, souligné par les gros rires des
assistant:,, - le tout présenté dans des décors aux
tons violents et durs,
et accompagné d'une musique assourdissante.clont
les éclats résonnent fa.
C'heusement aux orcille~
drlirates. .. ki, le sp&lt;'C·
tac le est plus ra ífiné, et.
s'il demeure étrange anos
yeux cl'Européens, notrc
sensibilité s'y adapte.
J'ai pu pénétrer dans
les coulisses, ou les actems et les figurants s'habillent et se cléshabillent
dans le plus extraorcli11aire tohu-liohu. Le chatoicment des étoffcs ele
soie a, la lumicre des lampes, l'éclat eles maquillages, tous ces ors, ces
rouges, ces jauncs, font
une gamme de couleurs
d'u11e éclatante harmonie... Et ma soirée au
théatre de Chang-Hat &lt;,'achcve sur cette inoubliable impression.

... Ce Reir, en compagnie d'un interprete chinois et d'un lieutenantfran~ais,
je suis alié eutcnclrc les acteurs les plus réputés et voir les meilleures clanseuses
ele Chaug-Hai.
Les Chinois sont grands amateurs ele spectacle.:;. II cst rare qu'un théatre.
ici, ne fassc pas recctte, et certains artistes sont payés a Wl taux qu'envierait
plus d'une vcdette de nos sccnes parisiennes. lis sont cependant, par une bizarre
contradiction, fort méprisés, et placés, dans la hiérarchie socia.le, encore audessous des perruquiers, qui doivcnt a l'obligation de se tenir debout aupres
de leurs clients - fussent-ils les plus infimes des coolies - une mésestime
générale. Car, en Chine, le fait d'etre assis, ou mieux, couché devaut quelqu'un
constitue une supériorité manifeste, dont notre Fígaro a natte sera toujours
privé, - sans pour cela avoir, comme son compagnon de disgriice, le coméclien, la chance d'une
compensation pécuniairc.
Le programme comporte deux parties
cl'abord, une piece moclerne. aux intentions génércuses, guia pour objet
de montrer la déchéa,nce
du fumcur d'opium et
d'exaltcr l'idée de patrie,
- nom; sommes en ¡anvier 1911. Ce sont des
hommes qui tiennent indi:;tinctemen t les roles
eles cleux sexes. Le principal artiste, qui n'a pas
de natte, est vetu a
l'européenne. Succes tres
vif.
La seconde partie est.
une sccne dans le mode
antique : splendides costumes, figuration nombreusc, sujet totalement
incompréliensible pour
moi. Les intermcdes, que
je prrfere au fatras chaotique clu spectacle, sont
rcmplis par d'adorables
clanseuscs, dont les robes
somptueuses se détachent
:-ur un foml de Roie unie.
Un marchand de volailles,

a Pékin.

II. Lis HlCHE.

�Venus entouree de petits Genies.

DeMin de la col/1clio11 Cbevrier.

au
On considérerait comme une faute de gout de ma part si, au seuil de
ces pages consacrées a la gloire centenaire de Prud"hon, que M. Henry
l.apauze célebre clignement au Petit Palais des Champs-Elysées en montrant
ses reuvres, je ne me pla&lt;,ais pas sous J'invocation de M. Anatole France. 11
publia ici meme, en effet, dans le numéro de N"oel de J'année 19u, les pages
les plus justes qu'on ait jamais écrites sur ce maitre de la sensualité et de
la tendresse. M. Anatole France nous donnait la, par avance, le sentiment
de ce que pourrait etre un jour le livre qu'il projetait alors d"écrire sur
Prud'hon et en vue de quoi il avait déja réuni beaucoup de notes. Les
amenera-t-il jamais, ces documents, a la lumiere !impide, a la forme tranquille
et détendue sans laquelle un volume, füt-il plein d'érudition, demeure un
volume et ne sera jamais un livre? 11 reste a !'historien de Jeanne d' Are, au
romancier de Jéro111e Coiguard assez de verdeur d'esprit, assez de graces
déliées de la pensée pour réaliser, entre autres, ce projet dont l'exécution nous
procurerait sans aucun doute les memes joies que les Dieux ont soif.
Dans les pages qu 'il confia naguere a L' Jllustratio11, il nous esquissait en
souriant la vie de cet artiste, fils d'un tailleur de pierre, sa naissance a
Cluny, pres de l'abbaye bénédictine, en 1758, ses études chez les moines
et chez le curé de l'enclroit, ses débuts encouragés par ceux-la memes qu'on
repré~ente souvent comme des iconoclastes, son mariage déplorable, mais
régularisant la situation d'une jeune filie qui avait pris en attendant, commc
eüt clit Saint-Simon. un pain sur la fournée, son apprentissage chez le
i&gt;culpteur Devosges qui fut aussi le maltre de Rucio'!, son arrivée a Paris et
son penchant pour M11• Marie, dont J'amabilité lui faisait oublier 1"11umeur
de sa femme, son séjour a Rome oú il copia, pour
ks Etats de Bourgogne, une « machine a fracas »,
le plafond ele Pierre de Cortone, son goút de la
~olitude, son retour a París avec íemme et enfants,
ges succes, sa décoration par l'empereur auquel
il se ralliait comme tant d'autres, apres s'etre rallié
á la République, son élection a l'Institut, ses
malheurs, la folie de sa femme, son amour pour
11 11 • Constance 11ayer, son él.!ve, le suicide de
celle-ci, enfin sa vie se trainant jusqu·a sa mort
en 1823, dans l"ohsession de ce souvenir tragique ...
Le triomphe lui était venu en 18o81 avec le
iameux tableau de la Justice et lo. Ve11gea11ce divine
pours11iva11t le Crime, que possede le musée du
Louvre. On raconte que l"idt'.e lui vint de ce
ta bleau en entendant un jour, dans un diner á
l'Hótel de Ville, cette citation des vers d'Horace :

Raro a11tecede11tem scelestum
Deseruit pama.
Dans cette langue concise, dont on comprenait
alors les finesses et qu'il n'ét1i, point ridicule de
savoir ni de citer au cours cl'un plantureux repas.
tout y est. Raro, rarement. 1'oujours. Fatalité.
lrrévocable avenement de la onnition pour le criminel. Etroitesses de la poursuite. JI entend derriere
luí le grand vol de l'archange punisseur, la
sombre malécliction qui lui remplit l'oreille ainsi
qu ·un bourclonnement, les ténebres qui obscurcissent sa vue et font vaciller a ses yeux la
1 éalité clu monde qui était si beau, si clair, quancl
lui-meme était pttr. A11tecedente1,1 sce/estum. Le
crimine! marche devant; il ne marche pas en avant,
mais il fuit, il fuit l'épouvante. Raro deseruit pa:na,
rarement la peine a manqué son homme. 11 a
beau fuir rapiclement, il s'essouftle, son pas s'alourdit, la terre l'appesantit, le retieut a elle pour se
faire la complice du chatiment. P(Cna, la justice
divine. Gorgone aux cheveux dénoués et flottant
au vent, emportée dans un vol de victoire ailée.

1

.Petit Palais .
l'reil agrandi par la colere, la bouche ouverte comme pour clamer une
Marseillaise, le' cou svelte et nerveux, le nez grec, le visage retourné en
arriere pour guider les coups de la Vengeance armée d'un glaive. Elle
evoque a mes yeux le souvenir de Lucile, sreur de Chateaubriand, fuyant
clevant la tempete sur la lande sauvage ele Combourg... A terre, le corps
d' Abe! assassiné, inerte, mais sur Jeque] la !une dépose, comme une touffe
de lis blancs, l'offrande paisible de ses rayons.

Malgré que Prud'hon donnat, pendant quelque temps, dans le travers un
peu naif des idées révolutionnaires et qu'il en eut contre « le gout de la classc
des hommes paresseux », il maniiesta toujours une prédilection pour les sujet,;
amoureux et aimables, et c'est par cela seulement, et superficiellement, qu'il
se peut rattacher au dix-huitieme siecle ot't il fait figure, réellement, d'isolé.
Zéphyr ; l'Amo11r caressé avant de blesser ; /'Amour réduit a la raison ;
l'A111011r séduit l/Jnnoce11ce, le Plaisir l'e11trafoe, le Repentir suit ; le Cruel
rit des pleurs qu'il fait ·verser ; Daplmis et Chloé : autant de titres qui, sans
que nous voyons ce qu'ils désignent, nous suggerent assez bien la galanterie
du dix-huitieme siecle dans ce qu'elle a Lle fade et de maniaque.
Mais pa~sez la barriere de cette formule, regardez l"reuvre. Comme le
vienx theme usé est rajeuni, excité, affermi par la sensibilité de l'artiste qm
recrée chaque mythe et l'éprouve avec une émotion si fraiche que celui-ci en
est cemme _renouvclé ! Le secret de cette résurrection, de cette renaissance
des ancicns dieux, il faut le chercher non pas au dehors, mais au dedans de
lui-meme. C'est une introspection qui régénere la fable et lui donne cet
accent tragique d'un roman vécu. Prud'hon n'a
qu'a regarder en lui-meme, dans sa vie douloureuse, dans ses débuts difficiles, dans son mariage
lamentable, dans sa tendresse passionnée pour _v
trouver le sens profond des parabolcs dom le
monde ne sait plus que balbutier machinalement,
1
du bout des levres, l'expression litté1 ale. A la
clarté de cette lampe intérieure, comme tout
s'éclaire différemment ! Au lieu d'une sentimení:alité pour dessus de pendule, d'une sensil,krie pour
gravurcs en couleur se faisant pendant de chaque
cóté d't:ne cheminée, de mignarclises pour pctits
contes Ebertins et licencieux, voila que nous
percevons Je frisson qui transforme et purilie la
lourde sensualité. On le dirait des cet instant
cotnme réchauffé a la Aamme de l'alchimie, allégé
par un culte ésotérique, dans un cerde d'initiés.
spiritualisé et concluit a l'extase par &lt;les paroles
magiqucs.
L'approche des etres destinés l'un a l'autre, la
subtifü¿ de leur premier contact, la délicieuse
fragilité de leurs impressions initiales, l'élan p:·ogressif et mutuel ele leurs corps, les reverie~ par
lesquelles une femme cherche a justifier un geste
contraire a ses habitudes de pudeur, h délicate
réserve qui donne plus ele prix a son abandon et
le rend plus désirable, la mélancolie des amants
séparés !'un de l'autrc, le nuage ,l'ombre qui
semble passer sur leur visage, cet aspect livide,
exsangue de leurs chairs, comme si .:!n effet le
sang ~e retirait ele leurs veines ou que leur
creur cessat de battre quancl un doute effleure leur
ame ...
Que nous voila loin des gestes de l'amour fixés
par un crayon complaisant dans l'arabesque un peu
riclicule de l'extase cl'tm instant ! Une émouvante
pulsation ennoblit les altitudes des amants et nous
1
croyons les voir, non plus tels qu'ils sont en général
clans la vie, mais dans l"image qu'ils se forment
par a vanee ele leur abanclon et aussi dans celle,
La Danseuse au triangle,
déja
Yoilée par le regret, estompée par l'oubli,
Colleclio11 Deli,¡,md.

-,

_.j

�L' lLLU~TRATlON
, C ,
d ·t D hnis pour se dévetir
ap
.
l' d
q u'ils en gardent. La caverne ou hloe con U1
·
E 'b
'est pomt on e
devant lui est aussi une caverne du n01r re e. e ~
,
fraiche d'un ruisseau !impide, a la clarté du jour des v1vants, ou elleb va
baigner comme dit le conteur, son beau corps, mais l'eau d'un fleuve som re,
déroula~t ses méandres au pays mystérieux de l'au-dela. Les corps nus ne
sont pas ceux des athletes vigoureux qui se découpe~t en ro~d~-~osse da~s
)e plein air et dont on peut circonscrire de tous P?_mts 1~ reahte palpa~ e,
mais celle des figures qui s'estompent dans la lum1ere pale des bas-rehefs
funéraires, sur le marbre a peine entaiilé des steles que ca~esse ,un~ ombr_e
envahissante et subtile. II semble que Prud'hon, dans son reve d arhste, ait
erré plus volontiers le long de la Voie ""."pp'.enne bordée de tom~eaux,. ~u
dans les cimetieres de l'Attique qu'envah1t I acanthe, que dans les mu~ees
011 triomphe la froide et trop énergique gesticulatio~ d'une_ f~ule de gymnast~s
bien portants. II se plait au crépuscule du souvemr et, s1 _l on pense parfoi~
devant ses reuvres aux petits poetes de l'école d'Alexandne, on songe auss1
que leurs poemes les pl~s p~rfaits ,é~aient écrits dans la forme courte,
ramassée et fixe qui conv1ent a une ep1taphe.

c

de langueur. Les Italiens ont un mot qui définit admirablement cet air
Junaire, sélénite : morbidezza.
Cynthie, pour Chateaubriand, n'était autre que Mm• de Bea~mo~t; Prud'hon
songeait a Constance Mayer; la méme pensée d'une fe~me mfimme~t ,tendre
et mélancolique emplissait leurs creurs, enveloppant d ~ne ombre legere les
formes du peintre, cependant qu'elle mettait une sourdme aux rythmes trop
éclatants de l' écrivain.
Mais l'imagination amoureuse et triste qui inspire pe~t-étre Chateaubriand
obsede et poursuit Prud'hon. II introduit _dans ~es mo1~dres choses de son
talent une note affectueuse qui vaut la peme qu on la s1gnale, par le temps
qui fuit, et l'on ne peut étre qu'étonné agréablei_nent, au~ourd'hui que
l'émotion n'a plus cours a la Bourse, quand on vo1t un arhste rapporter
tout dans la vie a ses plus cheres affections. II va jusqu'a composer pour
Constance Mayer, qui ne fut pas que son amie, mais s?n éleve, le ~rojet
du tableau le Reve dii bonhe11r qu'elle exécutera et qui est au musee du
Louvre.
J usque sur ses portraits d'hommes qui ont sou~ent cett_e . exp;ession
égarée qu'il admirait sur le visage de Jésus,. dan~ la Cene ~u d1vm Leona:d,
il réussit a projeter un peu de son ame pass1onnee. Quand 11 montre la reme
Hortense et ses deux fils, il met je
ne sais quoi de fébrile dans l'effusion
maternelle, et il n'a aucune peine
a célébrer l'Apothéose de Racine,
ce génie de la calme volupté, dont
la touchante figure d'Andromaque,
a jamais illustrée de nos jours par
Madame Bartet, a plusieurs fois
requis sa main et ses crayons. A
peine, oh I a peine pouvons-nous
découvrir une intention d'ironie
dans Vémts, l'Hy11um et l'A11101ir.
L'Amour est endormi sur les gcnoux de Vénus ; est-ce la faute
de l'Hymen, dieu du mariage ?
Prud'hon, mari malheureux, a-t-il
voulu se venger par un\! allusion
a peine indiquée ? Je préfere ne
voir dans cette reuvre, ainsi que
dans sa Marguerite, que l'adoration
de la nudité qui s'éclaire mystérieusement, ainsi qu'en un tableau du
Correge ou du Vinci, ses maitres
avoués et préférés...

Je ne sais pourquoi, ou plutot je sa1~ bien que c'est la une équivalence,
mon esprit rapproche invinciblement Prud'hon de son contemporain
André Chénier. Je dirais presque
volontiers qu'il fut l'André Chénicr
de la peinture. Il semble qu'a peu
pres a la méme époque, un méme
dégoüt ait envahi deux hommes
rares pour la rhétorique des assemlilées populaires, pour l'éloquence
citations, pour le psittacisme grécoromain des avocats de la Convention, qui se souvenaient encere de
leurs études classiques dans les
colleges religieux de la monarchie
expirante, pour les ci-devant qui
faisaient de la surenchere politique et dont le passé revenait
a chaque instant sur les levres,
comme un désaveu involonta1re.
Chez le peintre, ainsi que chez le
poete, il y a le méme joli et fin
sentiment de l'antiquité, non pius
verbale comme dans les discours et
les tragédies fabriquées de l'époque,
non plus formelle et canonique
Prud'hon fut avant tout un maitre
comme dans les tableaux de l'éccle
de la tendresse inquiete, mais cette
de David. L'ame de Virgile, surinquiétude meme qu'il ajoutait a la
tout celle du quatrieme chant de
sensualité du paganisme indifférent,
l'Enéide, revit dans ces composic'était une notion qui lui avait été
tions comme dans ces poemes a
inculquée tout jeune quand il était
peu pres contemporains. Oui, je
chez le bon curé de Cluny, puis
sais aussi que Chénier mourut sur
chez les moines de la grande abbaye
l'échafaud, tandis que Prud'hon se
donna entierement aux idées noubénédictine. Le musée de Dijon
velles. Au moins peut-on dire qu'il
possede précisément une tete de
les accréditait par son mysticisme
Vierge oú l'on surprendra, avec les
naturel et qu'il les embellissait de
secrets de sa facture, de sa techsa sincérité.
nique, de son travail, comme un
Il est un autre écrivain auquel je
souvenir de Léonard de Vinci, de
pense quand je regarde un tableau
sa grace énigmatique, de ses attiPortrait de M. de Mesmay, par Prud'hon.
de Prud'hon : celui de la Lettre
tudes penchées et fuyantes, et aussi
Collection Euouard Dedjodl!éd.
sur la Campagne Romaine, Chales plus subtiles intentions d'un
teaubriand. Rappelez-vous le début
esprit ou la sensibilité chrétienne
de Cynthie : « Que ce tombeau ne
s'unit aux effusions de l'anthologie
vous cause aucune épouvante, c'est celui d'une femme jadis aimée comme vous,
grecque. Point de ces clinquants de lumiere, comme il disait, qui fatiguent
Cécilia Metella reposait ici. Qu'elle est admirable, cette nuit, dans la campagne
l'reil et empéchent le spectateur de jouir doucement de l'objet qu'on lui
romaine ! La !une se leve derriere la Sabine pour regarder la mer; elle fait
présente. Au contraire, un ton tranquille qui plait sans éblouir et laisse
sortir des ténebres diaphanes les sommets cendrés de bleu d'Albane, les lignes
!'ame a ce qui l'affecte.
plus lointaines et moins gravées du Soracte... Asseyons-nous. Ce pin déploie
L'ame, ce mot revient sans cesse sous sa plume. ll voulait fair&lt;"
son ombrelle parmi des ruines. Une vapeur se déroule, monte et enveloppe
impression sur !'ame. Psyché, en grec, signifie le souffle des étre3
l'reil de la nuit d'une rétine argentée. Cynthie, ta voix s'affaiblit, il expire
vivants. Les Latins traduisaient par Anima, qui est encore la respiration.
sur tes levres Je refrain que t'apprit le pécheur napolitain dans sa barque
Nous en avons fait l'a.me. Rendre !'a.me, c'est exhaler le dernier souffle, cclui
vélivole. Va aux défaillances de ton repos, je protégerai ton sommeil. La
apres lequel rien ne ternit plus la glace que l'on approche de la bouche des
nuit dont tes paup1eres couvrent tes yeux dispute de suavité avec celle que
1::iorts. Prud'hon, dans son tableau de Psyché ettlevée par Zéphyr, exprime
t'Italie assoupie et parfumée verse sur ton front. Parques a la robe de lin,
l'immatérialité légere et délicieuse de l'ame.
cuvrez la porte d'ivoire a ces songes qui reposent sur un sein de femme
~yant preté tant de scrupules chrétiens a la beauté paienne, il n'a aucune
sans l'oppresser. »
peme, sur le tard de son age, a se réhgier dans la douleur apprise, avec le
m~sticisme, sous les voütC's de Cluny. Lorsque Constance Mayer, cette femme
N'ai-je pas décrit, rien qu'en citant ces phrases, l'atmosphere d'un tableau
qm lui avait tout sacrifié et s'était crue inutile quand elle n'avait plus trouvé
de Prud'hon ? Quels mots pourraient mieux en rendre le jour particulier ?
ti.e sacrifice a lui faire, se tue, lui, inconsolable, il s'obstine a ressaisir sur
Cette douce clarté noblement épandue, tombant de tres haut, convenait au
la toile les contours de ce tableau : la Famille 111alhe1ire11se, que son amie
type de femme qu'il affectionnait et en exaltait le caractere. i:arguerite,
avait laissé inachevé sur le chevalet. Quand son amour l'abandonne il use
son modele préféré, M 11• Constance Mayer avaient toutes deux ces arcades
les dernieres forces de sa vie a épaissir autour du Christ eti croix que
sourcilieres profondes qui se remplissent d'ombre, quand la lumiere est
c?n,serve, 1~ musée du Louvre, les ténebres qui naguere n'étaient que va~eurs
convenablement disposée, et aussi cette grande bouche qui préte
la fois
legeres, a I aube, sur le corps gracieux cíes amantes nues.
aux interprétations de la force, de la reverie, de la tendresse, et qui
communique a )'ensemble du visage une physionomie de douceur, presque
LÉANDRE V AILLAT,

a

a

L'lLLUSTRATlON

Les

(&lt;

Cent P ortraits

On commence a
s'émouvoir de la période d'art confuse ,
troublante, 011 nous vivons. On ne sait plus
ou l'on va. Par curiosité, par réaction contre
des formules qui semblent avoir trop duré,
ou simplement par snobisme, une partie de
l'opinion, méme éclairée, a suivi des novateurs dont les exces
l'inquietent tout de
méme un peu et heurtent son bon sens. Pour
ra ffermi r sa foi, elle se
&lt;lit que toutes les théor i es nouvelles ont
d'abord soulevé la méfiance, sinon d'ardentes
coleres, et elle s'entete
a marcher de l'avant,
par
peur de paraitre
Théodore de Banville, par Renoir,
rétrograde. ll est meme
des esprits tres sinceres,
tres pondérés, que trouble ce mouvemenl : ceux qui cherchent obstinément le
beau partout 011 il peut étre, qui s'efforcent de le pressentir jusque dans
les tentatives les plus inattendues. On ne peut avoir tout &lt;lit. II y a sürement
de la beauté inconnue, et il faut faire crédit aux chercheurs qui s'aventurent
en dehors de l'idéal en quelque sorte consacré. Mais encore faut-il s'assurer
de ne pas s'égarer tout a fait a la suite de ces initiateurs. N'est-il pas
temps de se ressaisir? Et, comme se retournent instinctivement vers J'horizon
d'o11 ils viennent ceux qui s'avancent dans l'inconnu, on éprouve le besoin
de jeter un regard sur le passé pour garder un contact qui rassure. C'est la
l'utilité des Rétrospectives et pourquoi en ce moment elles sont si favorablement accueillies.
Dernierement, les (&lt; Cent ans de Peinture frarn;aise » prétendaient nous
montrer toute J'évolution de notre art depuis Ingres et Delacroix jusqu'a
nos jours. On courut a cette exposition pour y chercher non seulement un
plaisir, mais une vérité. Et des les premieres salles, réservées aux grands
maitres du siecle, ce fut en nous comme un apaisement, un rassérenement.
Une fois de plus, on constatait !'admirable effort du génie frarn;ais pour
créer des reuvres claires, sobres, équilibrées, tenant toutes des qualités de
la race. On se battait aussi dans ce temps-la pour des idées, pour des
formules; 011 défendait avec véhémence sa fac;on de sentir, d'exprimer. Et
voila que ces reuvres, qui avaient déchainé tant de passion, se réconciliaient
dans le recul du temps, harmonisées, abandonnant ce qu'elles avaient pris
d'agressif dans le combat, ou leurs airs inaccessibles de choses immuables,
impératives et solennelles. Entre tous ces grands artistes existait un abime
de sensibilité, et l'on retrouvait en eux une sorte de fraternité qui révélait
une origine, une formation commune. II y avait done une tradition. Et ce
fil conducteur allait nous amener aux contemporains et permettre de nous
y reconnaitre ... Oh ! stupeur !... Etait-ce done la l'aboutissement de cette
belle école franc;aise, ces étrangetés, ces pochades, ces inventions géométriques auxquelles étaient réservées les dernieres salles ? Un théoricien
intelligent et subtil, M. Lhote, avait eu soin de nous prendre par la main
pour nous guider et nous expliquer que leurs reuvres, loin d'étre en dehors
de la filiation artistique, étaient en germe dans Ingres.
La manceuvre était bien conduite, mais n'a pas suffisamment convaincu.
Il faut savoir gré aux promoteurs des « Cent Portraits » d'avoir repris
l'expérience, bien que sous une autre forme et pour nous conduire a d'autres
conclusions. Ces expositions valent mieux que des manifestes.
Celle-ci a été organisée dans les Salons de l'Union interalliée par la
section artistique du cercle, présidée par l'actif comte de Beaumont, homme
de goüt et grand réalisateur. Des artistes, presque tous faisant partie de
l'Institut, y ont apporté leur appui et leur expérience, ainsi qu'un érudit
critique, M. Lucien Corpechot. MM. Léon Bérard, ministre de l'Instruction
publique, et Paul Léon, directeur des Beaux-Arts, s'y sont personnellement
intéressés. C'est dire l'importance de cette manifestation. Ses recettes iront
aux veuves des artistes tués a l'ennemi. L'exposition se double d'une bonne
reuvre.
Les « Cent Portraits » reprennent la filiation depuis les derniers temps du
second Empire et nous menent également jusqu'a nos jours. Antérieurement
l'histoire est fixée, les admirations consacrées. Mais est-ce par hasard ou
par occasion que ses organisateurs se sont adressés aux seuls portraitistes?

))

au Cercle lnteral1é.

Ne se sont-ils pas plutot rappelé qu'aux heures de crise ou de doute, c'est
presque toujours le portrait qui a tiré notre art du péril? II semble que,
désorientés, nos peintres viennent y puiser la force de résister aux engouements du moment, aux virtuosités, aux théories littéraires, aux attrayantes
nouveautés. II y a en eux un instinctif besoin de vérité, de sincérité, qui
les ramene a l'étude de la nature, a l'observation de la physionomie humáine.
Au seizieme siecle, ne sont-ce pas les Clouet qui, contre le prestige et les
séductions du style italien, opposent loyalement la concision, la pénétration
de leur art et s'entétent a continuer la tradition franc;aise? Ce sont encore
les Le Nain, de véritables portraitistes, puis les Claude Lefebvre, les Rigaud,
les Largilliere, qui, au cours du dix-septieme siecle, devant chaque nouvelle
invasion de la peinture étrangere, de leurs écoles décadentes, donnent le
coup de barre, pour éviter le maniérisme, les habiletés conventionnelles. C'est
encore, un siecle plus tard, David qui se dément lui-méme, oublie ses
doctrines rigides de chef d'école par lesquelles il risque d'immobiliser, de
paralyser la vie, d'imposer le goüt de la peinture lisse, pour créer, en
présence de la figure humaine, des chefs-d'reuvre d'un sobre réalisme,
puissants, expressifs, traités d'un large pinceau épris de belle matiere. C'est
alors qu'il donne ses grandes lec;ons.
II se peut done qu'en ce temps présent de désarroi, les portraitistes aient
quelque chose a dire, et il n'était pas inutile de les interroger.
De la vue d'ensemble des reuvres exposées se dégage, plus forte encore
qu'aux &lt;( Cent ans de Peinture franc;aise », cette impression d'harmonie,
de cohésion. Il advint tous ces artistes ce qui est arrivé a David. Lorsqu'il
s'agit, non pas seulement de saisir une ressemblance, mais d'aller au dela,
de pénétrer un caractere, non seulement de fixer une attitude, mais
d'exprimer les secrets d'une intelligence, d'une ame, avec ce qu'on a pu
surprendre de leurs vanités, de leurs faiblesses, de leur mystere, alors les
programmes d'école deviennent bien superflus et les théories bien embarrassantes. Les classiques, si souvent froids, compassés, si confiants en leur
érudition, vont droit au fait devant le modele, s'animent a surprendre
l'instant si fugitif 011 se fixe une physionomie. Les grands coloristes, sans
abdiquer leur liberté, enferment la lumiere dont ils ont fait leur grande
inspiratrice dans un dessin plus serré. Tous ils regardent avec franchise,

a

M. Arthur Meyer, par Weerts.
avec le dessein de tout voir, de tout dire, d'un trait décisif, d'un pinceau
qui perpétue de la vie. Un meme but, un méme besoin, un méme idéal,
faut-il s'étonner qu'ils paraissent si proches?
Quelle salle de musée l'on reverait de former avec un choix des ceuvres
qui figurent aux « Cent Portraits » ! Une des toiles de Ricard, cet inquiet,
poursuivi par la h:intise de la perfection, attiré tour a tour vers tous les
grands maitres auxquels il demandait leurs secrets, nature tourmentée et
raffinée ; un Cabanel de la bonne époque, de celle 011 il ne sacrifiait pas

�L'ILLUSTRATION
Victor Rugo, hiles Ferr)', ap¡.,artiennent a l'époque écoulée.
Elles sont de sa maniere rola Duchesse de Vallombrosa ;
buste, destinées a la durée.
de Delaunay, sa Mere, porEt puis ce sont les Dagnantrait si sobre, si pénétrant,
Bouveret, les Flameng, les
cu est racontée toute une vie
Gervex, les Humbert, les Besd'austérité' un peu triste ; le
Giraud de Baudry; de Jules Lenard et leurs cadets, parm1
febvre, sa S&lt;rur, ou a son délesquels il est di fficile de faire
faut Pelpcl; un de ces Fantinun choix sans s'exposer a des
Latour, méditatifs, concentrés,
omissions injustes. La chaine
pleins de pensée grave et pron·est pas rompue. Tous ils se
fon&lt;le ; 1111 Henner, ce pasresserrent autour d'un culte
sionné de lumiere; le Fra11rais
auquel if est difficile ele donde Carolus Duran, brillant,
ner un nom. C'cst le style.
lihre, spontané; le Théodore de
C'est aussi la raison, le goüt,
f/a11ville de Renoir, do&lt;lu, rose,
la mesure, le savoir. lis ont
au sourire mince, aux yeux
appris. II y a des jeunes que
vifs, pétillants de malice, une
cela fait sourire. Se rappelle111erveille d'expression; un
t-on que La Tour, déja lancé,
Carriere, sensitif, peureux de
en pleine vogue, s'enferma
toute violence qui effrayerait
dans son atelier, aban&lt;lonnant
les tendresses, les méditations ;
,,
sa clientele pour travailler,
Portr.1it de Rodenbach, par Levy-Dh1.1·mer.
une toile de Courbet, l'un de
pcrfectionner son art, frappé
1/!11,,./e tJi1 L11.wmbo11rg.
ces artistes inégaux, mais qui
par l'insistancc que mettait
arrivent a une heure nécessaire
Jean de Boulogne
luí dire :
pour bousculer la routine,
&lt;• Dessinez, jeune homme, dessinez longtemps » ? Que! exemple ! Ce culte
ouvrir des chemins nouveaux ; le Faure de Manet, qui n'est pas suffiest libéral, puisqu'il réunit parmi ses dévots des artistes de tempéraments si
samment représenté, si l'on songe la place qu'occupe ce peintre clans J'hisdifférents, comme pour n'en citer qne quelques-uns qui voisinent au Cercle
toire de l'art au dix-neuvieme siecle, et dont il faudra toujours regretter que
de l'Union, Marce! Baschet, Déchenaud, Chabas, Blanche, Simon, Forain,
le Bon Bock ait échappé a notre Louvre. On mettrait encore dans cette salle
Raffaelli, La Gandara ...
le Docte1ir, de Meissonier, un bon Hébert, la Comtesse Eugimc Postré, et
Les organisateurs n'auraient-ils pu faire un plus large accueil aux modernes,
cette ceuvre célebre qu'est Sarah Bernhardt, de Bastien-Lepage.
marquer
davantage !'extreme limite ou peut concluire la tradition fram;aise,
Sait-on que nous avons failli avoir une réplique de ce tableau? c·est
puisqu'il
faut
revenir a ce mot qui résume tous les autres? Elle n'empeche pas
un bal chez l'éditeur Charpentier que Bastien-Lepage rencontra la grande
les
affranchissements.
~fanet et d'autres l'ont prouvé. Elle n'empechera pas
artiste et lui exprima le désir de faire son portrait. Les séances commenl'fvolution
en
cours.
?llais
celle-ci ne doit pas se faire sans elle. Car cette
ct:rent. Mais Bastien-Lepage, tres exigeant, réclamait une immobilité absolue
lvolution
existe.
On
ne
peut
songcr la nier. On se sent la fin d'tm cycle.
pendant la pose. Naturellement peu communicatif, concentré, et tout a son
De
meme
que
la
génération
de la seconde moitié du dix-neuvieme siecle a
ceuvre, il ne soufflait mot. Sarah Bernhardt, dont on connait l'activité,
subí
l'influence
des
impressionnistes
sans toujours s'en douter, de meme les
réprimait son impatience, mais souffrait. Elle souffrait d'autant plus que,
artistes de notre époque n'échapperont pas au mouvement actuel. Déja les
sans contester la beauté de l'ceuvre, elle regrettait la pose choisie, de profil,
Salons annuels modifient progress1vement
le dessin trop accentué du nez, ces paulcur
physionomie. Nos g-outs, nos yeux
pieres baissées qui cachaient le regard
s'habituent
ces expressions nouvelles.
ou il y a tant de vie. On venait la
'l'outes les nouveautés, toutes les libertés.
,isiter et la distraire. Un jour, le grand-duc
c'est bien, mais
conclition qu'elles ne
Nicolas, frere du tsar, au ccurant des
sacrifient
pas
les
qualités
essentielles de cette
regrets ele la grande tragédienne, demanda
traclition
dont
les
portraitistes
nous montrent
au peintre : « Voulez-vou, faire pour moi
la
belle
continuité.
Ils
ont
re&lt;;_u
de leurs
un second portrait de Sarah Bernhardt,
devanciers
le
flambeau
qui
est
celui
de leur
mais celui-ci de face ? » - (&lt; Je réfléchifoi
artistique
;
ils
sont
prets
le
tendre
a
rai », répondit simplement Bastien-Lepage,
leurs
successeurs.
Encore
faut-il
que
ceux-ci
qui continua a peindre. Il hésita quelques
soient disposés
le pren&lt;lre.
jours, puis finit par accepter. Le prix était
C!nébre aux succes nlon&lt;lains,

' '

a

a

a

a

a

a

a

a

a

fixé a 30.000 francs. L'ceuvre fut commencée, mais ne fut jamais achevée. Bastien-Lepage ne voyait pas Sarah Bernharclt
de face.
Dans ses Conseils pom· la pei11t11re de
fortraits, 11"" Vigée-Lebrun disait : « Avant
de commencer, causez avec votre modele.
essayez plusieurs attitudes et choisissez non
seulement la plus agréable, mais celle... qui
peut ajouter a la ressemblance. Avec les
fcmmes i1 faut les flatter, leur dire qu'elles
sont belles, qu 'elles ont le teint frais... Cela
les met en belle humeur et les fait tenir
avec plus ele plaisir. » M'"" Sarah Bernharelt
navait pas besoin de tant d'encouragements.
:\fais Vigée-Lebrun, comme femme, s'y
connaissait. Bastien-Lepage était un grand
peintre, mais non un profond psychologue.
X ous connaissons des artistes de notre
tcmps qui, avant de commencer la pose.
aiment
regarder vivre leur modele, étudient ses gestes familiers, ses expressions,
et, clurant les séances, s'astrcignent, sans
meme demander la fixité de l'attitucle,
r1aintenir sur le visage qu'ils observent le
naturel ele la vie. Ceux-ci sont les portraifates nés.

Telle est la le&lt;;,011 que nous avons cru
entendre. Les ceuvrcs ttaient éloquentes, les
modeles ne l'étaient pas moins. C'étaient
Víctor Rugo, Goncourt, Rochefort, Gambetta, Puvis de Chavannes, Fantin-Latour,
D2rbey d'Aurevilly, Verlaine. Legouvé, Ribot, Banville, Edmond About, Gide, Léon
Dierx, Péguy, Roclin, Saint-Saens... Leurs
yeux, pleins ele pensée fran&lt;;,aise, plaidaient
pour la clarté. lis n'ont pas toujours poursuivi le meme icléal, mais leur accent personnel s'est accordé dans cette grande harmoriie a laquelle tend le genie de la race.
l·,t les femmes,
leur tour, grandes clames,
bourgeoises, comécliennes illustres, réclamaient pour le gof.•, le bon ton. Depuis les
primitifs, l'art les av1it gátées. Les peintres
sacrifiaient naturellemenf a leur grftce. On
a su de tous temps que la beauté a eles
arrangements "~ - '., avec ía vérité. Sans
doute le dix-huitieme siecle avait trop trahi
!'une au profit de l'autre. Mais :es femmes.
depuis, ont fait, elles aussi, un retour vrrs
le réalisme. 'l'out de meme, elles aiment a
sc:ntir que, dans l'c.-euvre dont elles sont
l'inspiratrice, il y a un hommage. Ce sont
des manieres traditionnelles qu'elles souhaiteraient Yoir ne pas trop oublier...
Il faut aller aux « Cent Portraits ». II v
regne une atmospherc propice aux sages ¡t
uti les réflexions.

a

a

a

a

Les artistes contemporains prfsents cette
exposition apparaissent clairement comme
les continuateurs de cette génération. L'un
&lt;l'eux meme, M. Bonnat, gráce
une verte
vieillesse, relie le présent au passé. Mais
~es ceuvres, par leur date, Madame Bomial.

a

M"'• Ida Rubinstcin, par La Gandara.

�L'ILLUSTRATION

Le pont sacré de Nikko. laqué de rouge et réservé
Phot. J. du Merle.

NOTES DE TOURISME AU JAPON
On sait quel grand voyageur est M. Brieux, et combien, surtout, il a été attfré
par l'Extreme-Orient. Apres avoir visité Oeylan et l'Inde, la Birmanie, l'IndoChine - d' ou il a rapporté ces &lt;&lt; simples notes d'un touriste &gt;&gt; que publia naguere
L'Illustration - il estallé aua:Indesnéerlandaises et au Japon. De son carnl't
de route au pays du Soleil Levant, il a bien voulu nous autoriser a détacher, avant
la publication en volume chez l'éditeur Delagrave, trois chapüres du plus vi/
intéret. Pour les illustrer, nous n'avions qu'a puiser dans l'abondante collection
cI'excellents clichés qu'il avail pris lui-mém&lt;&gt; au vérascope. Mais nous avons pu
augmenter encore l'attrait de c&lt;&gt;s 7&gt;ages 71ar la reproduction en couleurs de clichés
autochromes dus a M. J. du Merle, un distingué o/ficil'I' de marinP /mnrais,
qui /ut plusieurs /ois déja notrP collaborateur.

a l'Empereur

du Japon.

sage, de l'ardeur mystique des pelerins. Savez-vous qu'il en vient chaque
année, e tous les'points du Japon, plus de cinq cent mille? Une ville, Yamada,
s'est créée pour eux. - Lourdes? - Non. Les foules qui vont a Lourdes,
y vont implorer le miracle. Leur dévotion est intéressée. A Isé, on va adorer
les dieux créateurs de la patrie. Et adorer n'est pas le mot juste. On va se sauctifier un peu en les approchant. On va, pour mieux dire, y rafrakhir sa vanité
nationale, on y va renouveler sa provision d'orgueil japonais.
- Et dans le Saint des Saints, ou seul l'Empereur peut pénétrer, qu'y a-t-il ?

..
LES TEMPLES D'ISf ET LE SHINTOISME

Pendant que je préparais mon voyagc, quelqn'un, qui aimait le _Japon,
me dit : « Ne manquez pas d'aller a Isé. - Isé ?... - Oui ... Vous en 1gnorcz
memo le nom ! Beaucoup de tourist&lt;.'s omettent la visite d'Isé. lis ont tort.
Un voyage au Japon sanH Isé !... - Qu'_v a-t-il a Yoir ?... Des temples ? - ll
y a des temples, en effct. Mais on nr les laisse pas voir. - L'extériem ? - lis
sont cntourés de palissades. - Et ne peut-on obten ir l'autorisation ?... »
Jfon interlocuteur se mit a rirc: «Non. On ne peut pas. Les grancls dignitaires de l'empire franchissent la premierc cnceinte, la seconde pcut-ctre.
Hormis les pretrl's, srul, l'Emp('rrur pt'ut s'approcher du sanctuairc. - Alors?
- Et d'ailleurs, ces temples sont d1• simples cabanes de bois. - Pourquoi
done faut-il aller a Ist~ ?. .. Le puysage? - Le paysagr est joli, mais il rn cst
cent de plus bruux au .Japon memr. - ,Je ne comprends plus. - Allt'Z a Isr,
c'cst la seule petite chanre que vous puiRsirz rencontrer de co111prenclre. si pt•u
que ce soit, ]'ame japonaisC'. - Par quoi. si lrs trmplcs sont invisibles et sans
intéret? - ("est le liru saint du .Japon.
La l\lcrqur? - l\li&lt;.'ux.
.H-rnsalem ? - Autre chose. - 13énari\s ?
- Oui et non. L'&lt;.'ndroit, pour tout .Japonais, est tcllt•m&lt;.'nt sacré, qu'en
1889 un Japonais, le vicomte :\Iori, ministre de l'lnstmction publique vous cntendez, un ministre japonais - a_rnnt commis l'acte irrcspertueux
de soulevcr, du bout de sa rannc, le voile qui C'achc la porte ele la pr&lt;'mirrc
enceinte, fut, six mois apres, assassiné par un fanatiqut', un institutPur. Lr
meurtrier fut tué sur place, mais sa mémoirc t•st honorée dans tont le ,Japon.
- A que! Dieu t&lt;.'rrible ce temple est-il clone ronsacré ?
- Il est consacré a la déesse du i:;oteil, Amatérasou. Ce n'est pas parre
qu'elle cst la déesse du Soleil qu' Amatérasou cst vénéréc a ce point, c'est parrP
qu'elle est l'ancetre dcscmpereurs du ,Japon, de cette famille unique au monclc,
de cette d_ynastie ininterrompue qui, clepuis les ages préhistoriques, regne srule
sur l'cmpire du Soleil Levant. .. C'est, du moins, ce que croient les Japonai~.
- Je comprends. - Non. Si vous dcYcz comprendrc, vous compre11dn'z
la-has. En 1905, apres les victoires sur la Russie, l'Empcreur est allé a Isé
remercier les dieux du Shinto, ses ancetres, clu succes de ses armes. C''est- a
Isé que bat le creur du Japon. - l\Iais un Européen doit rester froicl dcYant
ces palissades, puisque vous me &lt;lites, n'est-ce pas, qu'on ne pcut voir que '
des palissades? - Allez a Isé. Une émotion se dégage de la grandeur du pay-

Les sonnettes a longs cordons des temples japonais, que tirent
les fideles pour appeler l'attention du dieu.

�L'ILLUSTRATION

L'ILLUSTRATION

- - ------------------------------- ---

- - - - - - - - - - ---------·- - -

Une statue? - Non. 11 n'y a rien. - Rien? - Rien qu'un embleme. Un
miroir pour la déesse Amatérasou, un sabre pour son frere Sousanou, dans
un autre temple. Chaque embleme est recouvert de voiles nombreux. Lor:i·
que la longu~ série des années a rendu yieille jusqu'a l'effiloche~ent Ia:,soie
du dernier voile, on place au-dessus un voile nouveau. Et cela depms des s1ecles
et des siecles. La religion shintoiste est la plus vieille du monde. Le miroir et
le sabre sont des emblemes femelle et male de la vie éternelle. Sousanou naquit
du nez d'Izanagui, Amatérasou de son reil gauche, et le dieu de la 1Lune de
son autre reil. Sousanou était violent : au cours d'une altercation avec sa
sreur, dans sa colere, il lui lan~a un cheval écorché sur le métier ou elle tissait. - Et ne vous parait-elle pas un peu ridicule, cette mythologie japonaise?
- Mais elle comporte d' autres éléments qui ne le sont pas. Je vous laisse le
plaisir de les apprendre sur placl3. »
Et c'est ainsi, que, par un soir de printemps, j'arrivai a Yamada ou se trouvent les temples d'Isé.
&lt;&lt; ATTRAPE·NIGAUDS » POUR TOURISTES
De la gare jusqu'a !'hotel, on suit une longue, longue rue. 11 est 10 heures
du soir. Nous filons dans des kouroumas, ces cabriolets pour un, huchés sur des
hautes roues, comme une araignée sur ses pattes longues et minces et qu'un
homme, le kouroumaya, traine pendant des heures, au pas de course. Les boutiques éclairées filent de chaque coté sans qu'on puisse voir ce qui s'y vend,
car la íoule est ~rande, malgré l'heure tardive. Ces boutiques sont presque
toutes des tirs qm rappellent trop ceux de nos foires. Et le nombre en est considérable. Toute cette rue de plusieurs kilometres est une kermesse.
... Il y a, pour les gens « qui veulent tout voir », une petite série de mystifications, je dirais d'attrape-nigauds, si je ne craignais de froisser la grande
majorité des touristes. Le guide fait comprendre au voyageur qu'on peut,
moyennant quelques yens (yen': 2 fr. 50), assister, la nuit, a des danses qui...
enfin a des danses... ou il vaut mieux ne pas conduire Madame. Elles sont
d'ailleurs mentionnées dans le Murray, qui met les honnetes gens en garde
contre elles en disant que ces spectacles sont donnés dans des maisons douteuses. Alors on conduit sa femme a !'hotel ; on lui parle de cérémonies sacrées
auxquelles les hoD?-mes sont seuls admis. Elle en croit ce qu'elle veut, on lui
P:omet de tout lm racont~r au retour, et l'on part avec la petite joie, pimentee de honte, de ceux qrn vont vers le scandale. Dans la nuit, on déambule,
on voit de plus pres les marchandages spéciaux, et l' on entre enfin dans une
maison ou de vieilles femmes vous re~oivent avec les courbettes ordinaires.
On paie beaucoup plus de yens qu' on ne s'y attendait. Mais le guide vous
fait comprendre qu' on en aura pour son argent, et on le suit, en se cherchant
des excuses. On traverse des salles tres larges et tres basses, dont les larges
planches brunes du parquet tres ciré, rc:fletent comme une eau sombre les
lumieres des lanternes de papier. Bien entendu, il a fallu se déchausser des
l' entrée. Enfin, on vous introduit dans une salle plus grande, mieux éclairée,
sur toute la largeur de laquelle on voit une galerie de bois qu'on devine etre
l'endroit ou vont se passer les choses... enfin, les choses que l'on vient voir.
Et l'on vous installe en face, sur une natte. On vous donne un éventail et l'on

vous laisse seul pendant quelques instants dont profite votre imagination
pour vagabonder. C' est alors que ceux qui sont capables de remords préalables en goíitent tout~ l'ame~e. douceur.
.
Bientot, entrent six mus1~1ennes, chacune avee ~ª, gmt_are a long 11?-anehe
et a trois cordes. Elles en tlrent quelques sons qw egratignent les ore1lles et
enfin, sur la galerie, apI_&gt;araissent six ~ºu huit perso~es tres fardées, vet;es
de la tete aux pied~, qm_ font sans grace et sa~s pla1sir, sans art e~ sans foi,
trois ou quatre pet1tes pirouettes. Elle les agrementent de gestes d ensemble
qui m'ont rappelé les répétitions du ballet au théatre des Arts a Rouen, les
années ou le direeteur était éeonome. On sent, a n'en pas douter, qu'on est
mystifié, mais, eomme on veut sauver la faee, on ne dit rien. Ces dames s'en
vont. Il en revient d'autres qui se livrent exactement aux memes exereices.
Le guide parait confondu d'admiration, et vous regarde eomme pour vous
prendre a témoin de la splendeur du spectacle. On hoche sileneieusement la
tHe, on s' en va, et l' on raconte a sa femme en rentrant qu' elle a bien fait de
ne pas insister pour venir.
CE QU'ON VOIT DES TEMPLES LES PLUS VÉNÉRÉS DU JAPON

Le lendemain matin, nous sommes allés aux temples par un beau soleil.
Je vais vous dire tout uniment ce que nous avons vu.
On sort de la ville ou regne Sousanou et l'on arrive a un pare. Est-ee bien
pare qu'il faut dire 1 On n'est pas enfermé dans des arbres, et la route gue l'on
suit est tres large. Tout autour de soi, cependant, on ne voit - maIB assez
loin - que les futs gigantesques des nobles cryptomerias. L'arbre qui porte
ce beau nom que je ne me rassasie pas de prononeer, est de la famille des cedres.
Peu a peu les pelerins, par pet~ts groupes, deviennent de plus en plus nombreux. A leur allure, a l'atmosphere qu'avec le paysage ils contribuent a eréer,
on se sent dans un milieu autrement saeré et autrement fanatique que celui
des temples bouddhiques. Des gardiens s'aper~oivent, assez fréquemment.
Ils portent !'uniforme des gardiens impériaux. Nous sommes, en effet, dans une
demeure impériale, dans la demeure des premiers aneetres du Mikado. Voici,
en contre-bas, un étang ou chacun va se laver les mains, en signe de purification. On passe sous ces grands ares de triomphe primitifs que sont les Torii.
Puis, sur le bord de la route, des petites eonstructions de bois, extremement
simples, servant d'abris a des marehands d'images saerées, dont nous reparlerons, et a des marehands d'almanaehs. Des eoqs blancs sont en liberté. Ils
sont vénérés parce qu'ils annoneent le lever de ce soleil, pere des souverains
japonais. Et on arrive devant une palissade trouée d'une porte. On entre,
pour se trouver devant une autre palissade, dans une eour interieure. Aucun
ornement d'aucune sorte. Un grand drap blanc voile une nouvelle porte qui
donne acces a une autre cour semblable que l'on entrevoit, et dans laquelle,
également, il n'y a rien. C'est ce voile que le vicomte Mori souleva de sa canne.
Des fideles, a genoux, prient et laneent, sous le drap, des pieees de monnaie
ou des papiers.
Nous sommes accompagnés par un Japonais qui est un homme fort instruit,
professeur, parlant anglais, fran~ais et qui a visité l'Europe. Depuis quelques
instants, il est resté sileneieux et sa physionomie s'est enveloppée d'une gravité
religieuse. Puis, a voix basse, et apres nous_avoir éloignés un peu du voile

Dans la premiere enceinte des temples d'lsé : les pelerins prosternés devant la porte interdite (1).
sacré, il nous explique que ses titres honorifiques lui donnent le droit de franehir une porte de plus que le commun des mortels et il nous prie de l'attendre.
II va a une petite guérite a gauche, parlemente avec des pretres et leur laisse
son ehapeau et son pardessus (il est vetu a l'européenne).
Notre compagnon pénetre par wie petite porte dans l'enceinte voisine. II
ne cesse pas d'etre visible po;1r nous, ~t, _la 011 il est, \1 ne voit rien de plus que
ce gue no~s voyo1~s nous-memes. 1!~1s 11_ est un petit peu plus pres du sanctua1re, et 11 en dev1ent tout rouge d emobon. A son retour, il est comme transfiguré.
Quand je &lt;lis qu'on ne voit ríen, d'ou nous sommes, j'ai tort. Au-dessus des
pa~issades, on, distingue p_lusieurs toits a double pente, en bois. Et les perches
q~1 _forment 1 angle
p1g~on se ,prolongent vers le ciel. C'est la cabane prim1t1:7e, la hutte pre_histonque. Chacun, autour ele nous, citadins, paysaus,
marms, montre un v1Sage grave et respectueux.
Et e'est tout. C'est tout ce qu'on voit dans le temple shiJ1to1ste le plus important et le plus vénéré.

?~

LA LÉGENOE ET LE SENS DU SHLNTOlSME

Groupe de pelerins se rendant aux temples d'lsé.

Qu'est-ce done que le Hhinto'isme l ~•~st la religion nationale du Japon.
E~e peut se s~perposer, ~ux autre~ relig10ns; on peut, parait-il, etre bouddh1ste, mahometan, chrehen et shmto1ste tout a la fois. Athée et shinto'iste
ég!l-lement. Mais, avant de vous répéter ce qu(' j'en ai appris pendant mon
sé¡our au Japon et apres, voulez-vous que d'abord je vous en dise la léaende
?
0
Je l'ai apprise sur deux kakamonos achetés a Isé.
- Y~ila, me dit notre aimable et savant compagnon, toute l'histoire de
1
nos ongmes. Ces
deux personnages sont Izanaaui et sa samr Izanami. - Les
P!emiers dieux l - Non. Avant eu_x, il y eut° de nombreuses générations de
dieux Sll1; l_esq~iels nous ne savons _rien, ou presg,ue ric!1. Izanagui et Izanami
furen~ designes par _eux_ pour creer 1arch,1pcl ¡a_pona1s. - Pourquoi regardent-ils ces deux pet1ts OJseatL"\'. avee tant d attenhon? - lzanaaui et lzanami
ignoraient l'amour, et_ e'est des oiseaux qu'ils l'apprirent.- Et quand ils lP
surent l_ - De leur muon sont nés les iles ~u Japon e~ beaucoup d'autres dieux.
lzanailll mourut en mettant a~ monde le dieu du feu. Son mari, tel votre OrphéC',
voulut al~er la rep,rendre au dtet~ ~es morts. Il la retrouva, apres bien des combats, ma1s, dans I ardeur de sa ¡01e et de ses embras:;ements il brisa une des
dents du peigne de son Eurydic_e, et s'aperyut alors, avec hor;eur, qu'il n'avait
plus dans les bras qu'un amas mnomrnable de chain; putréfiées. Pour se puri-

1
1

fier, il alla se baigner dans un torrent. De chacune des pieces de son vetement
laissées sur la rive naquit un dieu, et aussi Amatérasou d'un de ses yeux et
Sousanou de son nez. - Sousanou, si j'ai bonne mémoire, est ce dieu qui fit
a sa sreur de _s~ blamables plaisanteries, apres une dispute ? - Vous l'avaz dit.
... Et e'est 1e1 que se place un tres gracieux épisode de la mythologie japonaise.
Amatérasou, la déesse du Soleil, vexée de la brutalité fraternelle, alla bouder
dans une grotte d' 011 les supplications des dieux ne purent la faire sortir. L'un
d'eux cependant - qui connaissait déja le creur féminin - amena devant
la grotte une déesse d'une grande beauté. Les dieux s'assemblerent en un orch~s~re, ,et, aux: sons de cette musique, la déesse dansa. Et, tout en dansant,
vo1c1 qu e~e la1sse tomber successivement les vetements qui eouvraient son
corps adn:urable. A la chute de chaque voile, les dieux chantent, exaltent
la splendeur des charmes qui leur sont ainsi révélés. Amatérasou, du fond de
sa gr~tte, entend ?es louan~es. Piquée dans son amour-propre et un peu jalousC',
elle ecarte les p1erres qm fermaient son abri, afiu de voir s'il est réellement u~e fem'!le, autre qu'elle-meme, qui mérite de tels hommages.
Un dieu, qw l'attendait a ce moment, saisit les pierres entr'ouvertes, les
renverse, et Amatérasou se trouve ainsi en face de la déesse nue dont il lui
faut bien constater l'éclatante beauté. Mais aussitot on !ni présente un miroir;
et Amatérasou, apres s'y etre regardée, se reconnaissant comme la plus belle
cesse de bouder et consent désormais a éclairer la terre.
'
Son frere Sousanou fut banni du eiel. On lui donna l'empire des mers. II
tua un dragona huit tetes qui était la terreur du pays, et, apres bien des évé~1ements ou il est guestion d'un sabre enehanté et d'mie grue gigantesque,
11 fut, avec l'asseutiment de sa sreur Amatérasou, l'ancetre de Jimmutenno
le premier Mikado (2).
'
11 semble bien qu'il n'y ait pas la la base d'une religion. Et, en effet, ces dieux,
en tant que dieux, n'ont poü1t,_de fideles. lis ne sont adorés que parce qu'ils
font partte du Japon, parce qu ils sout les eréateurs du ,Japon. C'est le Japon
&lt;¡u'o~ ad?re e? e~1x. Nul autr~. peuple_ au.mond~ n'a eu l'idée de déifier sa propre
P,~tne, e est-a~due ~e _se de1~er SfL·meme. ~ach~nt cela. _comment peut-on
s etonner de I orgueil ¡aponais? (omment sen etonner, s1 l'on connait les
1 (_:t'll1· phulo¡.m1phi,• ¡wul i·ln· 1"1!11-i&lt;l,·1·i·t• ro111111.- 1111i1pw.

l,'app,11·,·il

d1111I ,,. ,,·rl

\l. lll"ll'U\, le d·rnsro1w lllrhanl, 1·,I d 1111 11,¡11•1·1 tli-1·11 1; 1• :x,·,1•· 111• 11nln· ilJ11,1rc 1·0111pn-

lri11II' prenonl son l'iil'lti' 111· ful flo1l1'

I"" 1·1•111arc¡11i·.

111ais il i·lail l"' "i-la11I an,,i ,lan¡.wrru,

lll'llh'ln· 11111· rPllli tlu I i1·n111l1• \l1ri.

t Lt• KfJjiki lpremi~re hi~lofre t/11 J11¡,u11, ,l'apri·, t:lw111h1•1·li11. Thi11y• J11¡11111ese, 1·1 W· ,11. J.a

"ºl~licrc·. Je Jnpon.

�de plus, shintoistes, c'est-a-dire adorateurs du J apon, du seul pays de la terre
qui soit l'émanation des_ dieu.,x, ~ont l~s. souverains soie~t les descendants_ des
dieux, dont tous les habitants s01ent divms par leur passe et par leur aven~.
Si l'on veut se faire une idée du sentiment que professent les Japona1s a
l'égard de leur empereur, il faut ~maginer_ celui qu'.éprouverai?_nt des ehrét.iens fervents devant un chef dont ils saura1ent certamement qu il est un descendant du Christ. Tout cela se résume dans cette phrase de Hirota : (e Les
ames des morts continuent d'exister dans le monde invisible qui nous entoure,
et tous deviennent des dieux avec des caracteres différents et différents degrés
d'influence... et, comme s'ils habitaient encore leur enveloppe corporelle,
ne cessent de servir leur prince, leurs femmes et leurs enfants. &gt;&gt;
Done, une seule loi : le respect des ancetres ... Et c'cst seulement lorsqu~,
apres un séjour a Isé, j'ai compris cela, que j'ai compris aussi que les Japon~1s
pouvaient etre des marchands déloyaux, et vendre leurs filies sans se croire
coupables. Comm~nt le seraient-~s, P!1isqu'ils ne fo~1t que répé~er les actes de
leurs ancetres, qui ne saura1ent sen facher !. .. et qm sont des dieux !

ero anees s iritualistes de ce peuple 1 Pou~ lui, les m?rts sont plus ".ivants
u!Ies viva~ts. Les vivants n'agissent pas, ils sont «ag1_s &gt;&gt; par ~es espn~s ~!~
lorts qui les entourent, et qui sont en train de de~emr d~ ~eux,_ qm ~
dans le chemin des dieux. Le « chemin des dieux » e est la s1gmficat1on meme
du nom de la religion : Shinto.
. S
d t
La foi du chrétien ne peut etre comparée a cclle d':_ J apona1S. a1;1-s oud:
le chrétien croit que !'ame survit au corps, ~t qu_e l_es ªD?es de son P~~e J!me
mere sont encore en communion avec lu1. Ma1s il rro1t cela sans rea
·
foi s'exerce dans un autre monde que ce~ui-ci. II dira, par e~emple, e~ pr·
lant d'un pere déíunt: « Si mon p~re me v01t. &gt;)_Pour le Japon~1s, ~a_si1;v{,e -~
morts est réellc matériellement, s1 l'on_pe~t ~e. A?t~n~ q? 11 cro1t a ex~s
de lu1-meme, 11 cr01t a l ~xistence des e~pnts
t ence de la terre, de l'air, du feu,
. . , mv1S1
. . "bl: de i::eux. qu_' 11 a vw moUilI
ou plus exactement a la contmmte
. · Et
ces morts ils ne vivent pas dans un empyree, au par~d1s, au pur&amp;atout' e_n
enfer1 c'e;t-a-dire tres loin. Non. lis sont la ~utour d~ lUI,_ dans la ma1son amiliale dans la tablette qui les représente, 011 üs sont 11~r1ts S?US un autre nor
que '1eur nom de mortels, sous leur nom d'éternels, de J(aini. On leur offre e
riz et le saké. On les consulte dans les cas graves. On les salue chaqu ~atin on les salue avant de partir en voyage, o~ les salue au retour. n es
re~ercie de ce qui arrive d'heureu.,x dans la ma1son, car c'est leur reuvre. Tout
est rapporté aeux.
.
.
'
.
.
Le Sbinto·isme est la dévotion a 1a mort, a d1t Lafcadio Hearn. C est mieux ·

s:

0

D'ISÉ A NIKKO

DE VEMPEREUR AU SHOGUN

Isé. c'est le temple de la déesse du Soleil, ancetre des empcreurs. Nikko,
c'est le tombeau des deux grands Sbogum qui, au dix-septieme siccle...

Le tombeau de Yeyasou.
Yomeimon, un _des portiques du temp.e de Yeyasou.
(en cst la néoation. Quellc import.incc peut avoir ce l¡uc nous appelons la vie,
l'n Lace de 1a"' vic éternellc? C'cst cette dernicrc seule qui cst réelle. Tous les
Japona1s morts sont des dieux ou sont dans la voie des dieux, en devenir divin.
Le Japouais qui vit aujourd'hui est un etre qui attend la vie ~~rita:t&gt;le, celle
ou l'on entre par la mort. On co!Uprend alor:; le peu_ ~e_cas qu 11 fa1t _de son
existence, et l'on s'expli_que la folie d~_son courage n~1~tan-e. On peu~_dire qu_e
le J aponais n'a pas de clieu11:, parce qu Il en a des nulliard~, _Pare~ qu ü es~ ~m;
meme un dieu futur. Les d1eux, ce sont toutes les humamtes qui ont precede
cclle qui vit aujourd'hui.
.
,
.
Le Shiuto1sme n'a pas de livres sacres, pas de dogmes, pas de 101s. Les
vivants ne sont que la manifestati?n des _K,amis, les di~ux n'ont pas be~oin
qu'on leur édicte une morale. Et HHata (cite par Lafcadio Hearn) a pu dire
« La dévotion a la mémoire des ancetres est le ressort de toutes les vertus.
Celui qui n'oublie pas ses devoirs envcrs eux _ne _Peut et!e irr~spectue~x des
dieux ni de ses parents. Un tel bonune sera fidele a son pnnce, a ses amis, bon
et dom&lt; envers sa íemme et ses enfants. &gt;&gt;
Est-ce a dire que tout J aponais raiso~n~ com1?1_c nou~ yenons de le faire,
et que chacun se fasse du Shinto1sme un~ idee auss1 m1ma~enelle 1 Non. Le peuple est pourri de superstitions. On le v01t frapper des mams devant un temple,
meme shinto1ste ou tirer les cordons des grosses sonnettes suspendues pres
de l'entrée, pou; appeler l'attention, du dieu. Il n'échappe pas ~ cet irrési~tible besoin de l'homme d'appeler a son sec?,urs une Toute-Pmssance 9u'.1l
croit pouvoir se rendre favorable par un~ pnere et pa~ 111?-e offran~e: D ailleurs, beaucoup de Japonais sont bouddh1stes ou confueiarustes. Ma1s 11s sont,

Fontaine sacrée
La porte d'entrée, en laque rouge, du temple de Yeyasou,
par temps de neige.

LES TEMPLES DE NIKKO,

ou

les fideles se lavent les mains avant de pénétrer
dans les sanctuai res.

DES DEUX GRANOS SHOGUNS

Qu(•lqu'un a qui je fais lire les éprcuvcs de ce livre: u Vous devriez bien nous
dire ce que c'est qu'un Shogun. -Tout le monde le sait. - Le saviez-vous avant
de partir ? - Non ... Enfin, vaguemcnt. - Alors l - Eh1 bien, le Shogun ...
- Vous nous diriez deux mots d'histoirc ... que certains vous en sauraient
gré ... - J'humilierais les autres. - Soyez bref, on vous excusera.
- Ce sera d'autant plus facile qu'on sait tres pcu de chose de précis sur
l'histoire du Japon jusqu'a l'arrivéc du bouddhisme, qui lui vint de Chine,
par la Corée, en memc temps que les doctrines de Confucius. en meme temps
que l'imprimerie, la boussole, etc... Une belle civilisation, aux huitieme et neuvicme siccles, fut suivie d'une décadcncc. On se battait bcaucoup entre clans.
Si bien qu'en 1192 le )likado d'alors confia a l'un des chefs la mission d'assurer
l'ordre et la paix du pays. Ce chef fut nommé Shogun, c'est-a-dire généralissime. Pendant cinq cents ans, les Shoguns régnerent sur le Japon.
- Et le Mikado ? - L'Empereur restait dans son palais de Kyoto, effacé,
ignoré le plus souvcnt. Respecté a l'égal d'un dieu, et comme tel laissé a
l'écart. - Mais le príncipe vivait... - Le principe vivait, et c'est grace a cette
petite flammc couservée dans un sanctuaire que la Révolution de 1868, qui
renversa le dernier Shogw1, put s'appeler Restauration. Quelque chose subsistait, qui empecha le pays de se trouver tout a coup désemparé eomme un
navire sans boussole. Le Mikado vivant alors prit le pouvoir, et comme il était
un homme de génie, ou que, tout au moins, il sut s'entourer d'hommes de grande
valeur...
- Mais vous a vez fait un joli bond, de 1192 a 1868... - A la fin du seizieme
siecle, le Japon s' ouvrit a la civilisation européem1e. JI accueillit les étran-

�L'ILLUSTRATION
L'ILL USTRATION

gers dont il re9ut les armes a feu et le christj3:nisme. - Le christia~s~e !
_ A un certain moment, il y eut 200.000 chret1ens au Japon, et les ¡esmtes
furent puissants. Yeyasou, un ~es deux gra~ds Shog~s ~ont, les corps
~eposent a Nikko établit des relat10ns commerciales avec l Asie, l Europe et
l' Amérique du Sdd. Il autorisa le prince de Send~·¡ ~ ~nyoyer une ambassade
a Rome. - Et comment ces bons rapports ont-1_ls ete 1?~errompus_1 - _Les
franciscains eurent avec les jésuites, qu'ils avai~nt su1v1s, de~ dissens10ns
assez crraves. Les jésuites voulurent établir trop vite l~ur pouv01r. Des clans
chrétiins se melerent aux guerres civiles. Les, Hollan~a1~ ':ºU:urent accaparer
le commerce, et dénigrerent les autres Europeens, qill derug!erent les Hollandais. Et l'on raconte q~'un jour, un bat~u esl?agnol a_yant fa1t naufr~ge sur l~s
cotes japonaises, le. pil~te, par orgueil castilla?, _dit q~e _son maitre a,va1t
asservi cent pays lo1Dtams, et que le soldat sU1va~t ordi~3:1rem~nt le p~etre.
L'autre Shogun, Yemitsou, sentit le danger, r~nd1t un edit q~1 chassa~t les
étrangers, persécutait les chrétiens, et ~éfe~da1t a tout J aponais de sortir du
pays, et meme d'apprendre les langues d Occ1dent.

endant si longtemps ! On met pres de trois heures a
ch ent presquc. Et Cela P
,
o . · d ul
aller
d'un bout a l'autre, a.upas de co~rse d un kouroumaya. n croise ~s m es
h ,
des pelerins avec leurs batons et leurs chapeaux en abat-¡our, et
cd arJgees, . s dont les yeux et la bouche sourient sous la lourde auréole de
es apona1se . De place en place des poteaux te'l'egraph.1ques irn
· ·tent le
, ,
leurs ch eveux nOlIS.
touriste qui aura.it voulu ne pcnser qu aux T~k_ugawa.
.
Et l'on arrive ainsi a une longue rue qm rnterrompt pa,r ses boutiques de
· 't's la noble enfilade des grands arbres aux troncs dores.
cur1os1
· · sur un t orrent . L' un
· e · · devant nous un pont deux ponts vo!SlllS
'
'
.
N l ,
L' t
P UlS voici,
~st de bois laqué rouge avec ~es orne~ents de ,cuiyre. u n y passe. a.u re,
banal, est celui que foule le pied vulgaue des ~elerms et ~es cur1eux. . .
Le pont laqué possede une légende. U~ samt bouddhiste c~_ercha~t, il y a
bien des siecles, pour y élever un sanctuaue, une _montagne qu il ~v~it vue en
,
Ar · é devant le torrent 011 nous sommes, 11 la trouva. Ma1s il ne poureve.
r1v
.
,
·
d h · T
vait franchir le torrent qui l'en sépara1t. ~l en e¡irouvait un gran ,C agrm. out
a coup un serpent bleu s'approche de lill et lm of~re de le,tuer d embarras. Le
saint accepte et, tout aussitot, le serl?ent bleu d~v1ent un, enorme dragon rouge
dont la queue se reposait sur une ~~ve, et la tete sur l autre._ ~e samt passa
eux et lorsqu il se retourna pour remeICier serpent ou
sur ce pont merveill , ,
,
,
,
dr ·
t
dracron tout avait disparu. Plus tard, on eleva, a ce meme en _01t, un pon
de boi; a la forme élégante, et qu'on laqua de roug_e en s?u".e.mr du drago!1
complaisant. Mais seuls le~ Shoguns, ava~e?t ,le droit de 1ut11iser, deux ÍOJS
l'an, et ce privilege est mamtenant reserve al Empere~. ,
.
Le pont franchi (le pont des mortels), on retrouve b1entot les ,cr_yptomeri~s.
lis couvrent la colline. Ils se pressent autour des temples et des edifices sacres,
qui sont placés pres les uns d~s autres, da.ns un d~sordre appa~ent. De nul
point il n'est possible de les voir tous ensemble. 11 n est pas poss1ble non plus
de p;endre du recul; l'architecte a voulu qu'on ne les découvre que lorsqu'~n
en est tout pres. Ce sont des bijoux, et n~n des monu~ents. (Une Pª~?de tres
haute est placée ~a comm~ ~'es_t le campamle deva~~ Sarnt-Marc, afin d 1mp?scr
a l'ceil une certame appremat10n de~ hau~eurs.) ~ 1ls .~e sont pas sur la memc
ligue, ils ne sont pas no_n plus a.u meme mveau ; ils s e~gent sru: ~e fl~nc, de la
colline. De larges escahers de quelques marches condmsen\ de l un a ~ autre
a.u milieu de lanternes de pierre et de bronz~, et sous la _lurruere verte gm passe
a travers les feuilles des hauts cryptomenas. Des rwsseaux, de mmusc~les
torrents s'écoulent en chantant par de petites cascades. Autour des fontames
de bronze et de pierre, des pelerins, dévotement, boivent l'eau que des gestes
rituels ont sanctifiée.
LA

SPLENDEUR

DANS

LA

GRACE

... Les temples ressemblent un peu, vus du dehors, a des arches de ~oé. Le
soubassement a l'indienne, est dissimulé par une galerie extérieure qm court
tout autour du sanctuaire couvert d'un toit double pente. Pas d'étage.
L'intérieur n'est guere plus 'haut ni plus grand qu'un salo~ parisien. M~is, dans
ce petit espace, l' artiste jap_onais a accumulé to_ut~s ~es ,d~lic~tesses, les nches~e~,
les ingéniosités. Pas un pomt des surfaces, qm n a~t ete_ pieuse~ent trava1l~e.
Le bord du toit abrite des groupes sculptes en plem bo1s, et pernts, et dores.
Ce sont des fleurs des animaux. L'un de ces groupes est célebre :
il représente trois peti!s singes; de ses ~e~ mains,_le _premier ferme sei;_yeux,
le second ses oreilles, 1 autre sa bouche, mdiquant 8,lllSi aux hommes qu il faut
se refuser a voir, entendre ou dire le mal. Les portes sont des débauche~ de
richesses décoratives. Sur le pilier de l'une d'elles on mon~r~ 1;0e imperfect10~.
On vous explique qu' elle est volontaire, que, de propos deliberé, on a commis
cette erreur, afin que l'ceuvre n'étant point sans défaut, les dieux n'e~
fussent pas trop jaloux. Partout l'éclat miroitant de la laque, d'un rouge qU1
sait n'etre pas offensant, et les brillantes ferrures d'or; le tout e~tretenu ª".ec
le plus g1:and so~. Tout parait neuf. 11 semble ~ue c,h~que matln ,d~s mams
pieuses a1ent poli toutes ces surfaces avec les soms delicats que_ mentent des
pieces d'orfevrerie. A l'intérieur, sur de larges panneaux, des ammaux fantastiques mais gracieux, des oiseaux géants, charment l'roil par les courbes élégantes de leurs longues plumes tombantes. Les plafonds ont été traités avec
le meme respect, la meme délicatesse, le meme talent. Des lanternes de bronze
montrent la finesse de leurs ciselures. De tout cela, on pourrait faire un inventaire, on n'en peut pas donner de description: c'est la splendeur dans la grace.
Sans qu'on s'en aper9oive, on est conduit a un escalier de pierres moussues qui monte, étroit, le long d'un mm: 011 l'humidité, qu'entretiennent l'om·
bre des arbres et les ruisseaux voisins, met la teinte verte des végétations
minuscules. Il faut monter longtemps, gravir deux cents marches. Puis on
arrive a une sorte de plate-forme sur laquelle s'éleve une petite pagode de
bronze : c'est la tombe du Shogun. Le contraste de cette simplicité et de ces
magnifi.cences provoque le respect et la méditation.
.
Les Tokugawa méritaient de tels honneurs. Lafcadio Hearn racQnte cec1
de Yeyasou : « Alors qu'il était virtuellement maitre de l'empire, ce conqu~rant - le plus grand des capitaines et hommes d'Etat japonais - fut surpris
un jour par un serviteur, secouant et lisant de ses propres mains un vieil ha·
kama de soie qu'endommageait la poussiere : « Ce que vous me voyez faire,
lui dit-il, n'est pas tant cause du prix que j'attache l'objet lui-meme que
pour toute la peine qu'il coute a produire. C'est le résultat du labeur d'Wle
pauvre femme, et c'est en cela que je !'estime. Si nous négligeons de réfié.chir,

a

a

Une gracieuse rencontre sur le chemin de Nikko.
- 11 forma le Japon. - A double tour, et ne laissa pas la clef sur la porte.
Si bien que pendant deux cent cinquante ans le Japon fut totalement isolé
du reste du monde. La civilisation s'y développa en vase clos. Les seuls étrangers avec lesquels on garda quelques rapports furent les Hollandais. - Tout
de meme. - Oui, ma1s de quelle fa9on ! Les Hollandais étaient parqués sur
un ilot de 175 metres de long sur 85 metres dans sa plus grande largeur, et
n'y furent tolérés qu'au prix d'incessantes humiliations. Et, pendant deux
cent cinquante ans, le Japon ignora la guerre. D'abord régna la plus grande
prospérité. Les lettres, les arts furent en grande faveur. L'éclat de la cour de
Shogun rappelle celui de la cour de Louis XIV, a qui, d'ailleru:s, le Shogun
fut souvent comparé.
- Eh bien, maintenant, parlez-nous de Nikko. &gt;&gt;
SOUS L'OMBRE DES CRYPTOMERIAS

ravais pris la résolution de ne pas ?iter, moi milliem~, le pr?verbe japonais : « Ne prononcez pas le mot merveilleux avant d'avou vu Nikko. » Mais,
vraiment, il est impossible de ne pas le répéter.
Une allée de cryptomerias géants qui se poursuit, ininterrompue pendant
40 ~ilometres, - _plus loin qu_~ de París a Ponto~e. Au bout, un groupe de
petits temples qill sont des b1¡oux de laque et d or, avec des merveilles de
sculpture sur bois. Et, au-dessus de ces temples, tres simples, les deux tombes
des Shoguns Yeyasou et Yemitsou, les Tokugawa. C'est pour ces deux tombes
que l'allée des dix lieues a été plantéc, que les temples-joyaux ont été laqués
dorés, sculptés.
'
~l ne faudr,ait pas qu'o~ s~ représentat une allée droite et large laissant
v01r, a la fin d une perspective llllmense, des temples dont on pourrait embrasser
l'ensemble d'un seul coup d'ceil. On se tromperait : l'allée est tout étroite
et son cours sinueux. Elle est encaissée. Lorsqu'on voulut honorer les dépouille~
des deux grands Shoguns, ce fut al'aide d'une sorte de souscription. Un daünio
pas riche offrit simplement de planter, le long de la route, de jeunes cryptomerias. On accepta, et lui, pour ne pas etre accusé de parcimonie, planta les
arbustes a tres courte distance les uns des autres. Mais depuis trois cents a.ns
ils ont grandi. Ils sont devenus énormes. lis lancent tout droit vers le ciel des
futs ro_bustes, orgueilleux, qui portent la-haut, a leur sommet, une abondante
fronda1son. On passe sous un tunnel de verdure. Les tronca resserrés se tou-

a

a

en usant de ces choses, au temps et a re/fort qu'elles e,xigent, notre manque de res·
pe,ct nous ravale au niveau de la béte. »

Nou~ savons encore qu'a l'heure de sa plus grande prospérité il résistait
au dés1r de sa femme qui, trop souvent a son gré, lui voulait offrir des vet~ments nouveaux: « Quand je pense, protestait-il, aux multitudes qui m'env1ronnent e~ aux générations qui doivent venir apres moi, je trouve qu'il est de
mon devou, par égard pour eux, d'etre tres économe des habits queje possede (1 ).&gt;)
Les deux Shoguns enterrés Nikko sont les véritables fondateurs de cette
d7ua~ti;, qui, ,Pendant deux cent c~nquante ~ns, ass~a la paix au Japon.
L amvee des et~ange1:5, vers. 1850, mterrompit cette ere heureuse et fut la
c~use de lutt~s mtestmes qm aboutirent au renversement du sho~unat. On
v1t alors le Mikado Mutsuhito se dresser de toute sa taille légendaue devant
l'étranger mcna9ant, et, comme un héros endormi depuis des siecles se réveiller
dans la _g~oire, s'im~oser a l'admiratio~ du m?nde. entier, comp~endr&lt;' a ver
une rap1d1té dont l Europe fut stupéfa1te la necess1té cl'emprunter aux bar·

a

(1 Lnf1•1111io ll,•111·11. nulwro. Trarl11t'lion 11,· ll•• 1.i·u11 ll«J 11«1.

-

bares d'O~cident leurs machines industrielles et guerrieres et de prendre
de leurs s~ie~ces, tout. ce q~ était nécessaire pour les repous;er.
'
~st-ce ª. dire que le derrue~ Shogun a vécu? Non, peut-etre. On peut prév?ir ql!,e, si ~e Japon se trouva1t sous l~ terreur d'une guerre civile ou la mena.ce
d une rnvas1on,_ l,Emp~~~ur, af½i de la1S~er hors de discussion le príncipe divin
dont la perenmte a deJa sauve _l~ patne, nommerait un généralissime chargé
de pren_dre to;1tes les _responsabilités et d'accepter la poss1bilité d'une défaite.
Ce sera1t la ,~esurrect1on du shogunat. Si cela devait arriver, souhaitons pour
le J apon qu il trouve alors un homme noble et valeureux autant que le furent
Yeyasou et Yemitsou.

LA DANSE DES DIABLES

a

E~ passant Nara, pres d'Osaka, nous avons vu ce qu'y voient tous les
~ounstes, la p~gode et les temples. Il nous a été donné d'y assister, en outre,
a un s~ctacle emouvant.
. A N~ra-Hotel ~ un des hotels les plus confortables que j'aie vus - on nous
dit c¡u'il y a, ce soir roeme, dans un villag~ voisin, deux lieues d'ici, une cérémome, celle de la danse des diabUJS : « Comment peut-on y aller ? - Ni chemin
d~ fer, ni voiture. Le kourouma seulement. - Va pour le kourouma. Comb!en de temps ? - Quarante minutes. - A quelle heure faut-il partir ? - Apres
diner. - A quelle heure serons-nous de retour? - Vers minuit. - D'autres
touristes y vont-ils? - Peut-etre des Américains. »
L'heure du départ arrive. Pas d' Américains. Allons-nous nous livrer tout
seuls, par la nuit ~oire, en pleine campagne, a ces deux traineurs de pousseDans les jardins du temple de Nara.
pousse 1 (Notez bien que nous sommes depuis peu au Japon). Est-ce bien
pru~ent 1_ N?us ne parlons pas japonais, ces hommes ne parlent que japonais,
et sil amva1t quelque chose... Et enfin... ces hommes...
Des conducteurs nous ont pris par le bras et nous emmenent plus qu'ils ne
J'avais déja remarqué, dans une excursion précédente, combien le voyacreur
nous dirigent. On oblige a s'écarter des gens, beaucoup de gens qui nous font
en ko1:11'ouma est a la discrétion de son conducteur. Et je m'étais dit qu'il
place sans hostilité. :Mais, tout de meme, il y a des regards qu' on voit tout a
suffira1t, en somme, en un endroit désert, que celui-ci laissat s'élever les brancoup, tout, tout pres de soi... des yeux si noirs et brillants que révele subitecards pour. que le voyag~ur fut a terre sur le. dos, les j ambes empetrées, sans
ment, devant les notres, l'éclat d'une lumiere qui passe ... On nous ernmene
défense. Rien de plus simple ensuite que de l'assommer avant qu'il ait eu
toujours dans la nuit. 11 faut enjamber des fl.aques d'eau, gravir des marches...
le temps de se relever, rien de plus facile que de le dévaliser, de le rouler da.ns
On arrive. Une porte s'ouvre, nous tournons un angle...
un fossé et de disparaitre. Pour les tres pauvres gens que sont les traineurs
Coup de surprise.
de poussc-pousse, la tentation peut etre forte.
. Nous so~es dans un temple... seuls, dans l'espace réservé, tout pres des
Nous partons tout de meme, a huit heures du soir, par une nuit sans lune,
dieux... Mais nous sentons une foule, nous entendons une foule frémissante ...
seuls, sans autres armes que ma canne.
Mais oui, tout autour de nous, il y a des souffles, des mouvements, des rayon~e ,ctoi~. qu'.il e~t ho~e~e de 'Yº:1~ dire tout d~ suite qu'il ne nous est rien
nements de vie. Nos yeux s'habituent la lumiere. Tout autour de l'espace
arnve, q~ il n cst ¡ama1s nen arnve a aucun tounste, et qu'on peut, a.u Japon,
réservé, ou nous sommes, derriere un grillage qui s'accroche de colonne en
voyager a toutc heure de la nuit, et dans les endroits les plus déserts sans
colonne et encadre le sJ1nctuaire, une foule ondoie et s' agite, toute une foule,
avoir l¡i piment d'aucun danger ni le mérite d'aucun courage.
'
serrée, pressée, s'étouffant, grouillant tout de meme, et impatiente, déja trouSeulement, pendant q~e nous roulions dans l'obscurité, je me distrayais
blée, escomptant la grande émotion de tout a l'heure, le spectacle qui ne se
d_e 1~ m?n~t?me du ?he~ en me racontant ces histoires de brigands. Et j'armontre qu'une fois l'an... Et, dans cette multitude, on pourrait deviner, a
nvais ams1 a me faire ¡uste assez peur pour ne pas m'y ennuyer. 11 fallait,
en effet, ti:ouvei; _en soi-ru.eme des sujets.. _qe distr_action. Ttrnt. ce que l'Qilpou~ . _leur air plus grave, les enfants co_nd1:1its ici pour la premiere fois.
Des gens venus _de tres_ loi!1 sont arrivés hier; "a pied, et, depuis ce matin,
vait voir en écarquillant les yeux, c'était le reflet de notre lanterne sur un
attendent, les mallls agnppees comme des grilles aux mailles du grillacre.
0
petit drapea.u, fi.xé a un brancard du kourouma, et, tout le long du chemin
L'heure approche. Les physionomies, de plus en plus, deviennent anxieuses.
tres étroit, les premieres herbes des champs invisibles et noirs au milieu desquels nous courions, dans le silence que rythmait le bruit mou et régulier des
LES PRÉPARATIFS DE LA CÉRÉMONIE
pieds nus battant le sol de nos Japonais.
Ap~es une demi-heur~, nous sentons que nous approchons. Des lumieres
L'espace vide 011 nous sommes entoure les dieux d'une sorte de couloir
se voient la-bas, tout la-bas. Nous traversons un village dont les maisons
rectangulaire.
On nous laisse et nous éprouvons une sensation d'étouffement
sont fermées et obscures. Et nous passons si doucement, sur nos roues caoutd'etre
ainsi
isolés,
avec cependant tant d'humanité autour de nous et d'etre
choutées, que c'est a peine si nous réveillons un chien. D'ailleurs, le silence
aussi
pres
de
ces
dieux
bizarres, grima9ants, de ces e,x-voto, et de' ces vases
nous donne en"'.ie de le rendre plus ~omple~, et nous nous appliquons a ne
étranges,
et
de
ces
cierges,
et de ces objets qui sont des objets de culte, certaipas farre de brmt. Avez-vous remarque comb1en le silence « se gacrne » et s'imnement,
;~
d~nt
n~u~
ne
pouvons
deviner l'~sage... A coté de la place qu'on
pose facilement et puissamment a notre respect 1
°
nous a designee, vo1ci des banquettes, des pet,tes tables, des livres.
Nous reprenons la campagnc... Nous devinons, plutot que nous ne les voyons,
Des pretres chaussés de galoches arrivent avec des clic clac de bois sonore.
des ombrcs frolées ... des hommes, des femmes qui se rangent et dont la silhouette
Sous
le~rs étole~ doré~s, ils s'avancent pr~s, de lampes antiques a l'huile, qui
apparait dans une vision rapide, sous l'incertaine projection de nos lanternes.
nous laIBsent vorr, mamtenant, une quantJte de fleurs artificielles.
Voici maintcnant quelques autres lumieres. On s'arrete, on parlemente.. .
_Un _pretre souffl.e dans un coquillage. C'est la conque grecque. Dans quel
Des gens s'agitent dans l'ombrn, et maintenant, au pas, nous roulons encore.. .
lo~tam
passé s_ommes-nous tout_ a cou.1_&gt; rejetés !. .. ~oici maintenant les globes
N ous croyons distinguer des murs, des statues de dieux... Nous voyons luire des
rut~ants et ga1s des lanternes ¡apona1ses. La mus1que est assez émouvante
feux dans des petites mares, restes de pluie, ou.s'éclaboussent les jambes des kouM3:1s elle a comme fond d' orchestre les palpitations de la foule qui la rendent
roumayas, et que coupent nos grandes roues minces ... Puis on nous fait despU1ssante sur nos nerfs.
cendre... Cette foiR, il nous le semble bien, nous sommes au milieu d'une foule ...
Les bruits des cloches de bambou battent la cadence des soupirs, des haletements, des murmures, des cris étouffés. De temps en temps un pretre passe,
en costume, et s'en va, donnant seulement l'impression de préparatifs.
On _allu,me. les brule-parfums. Un homme vient, vetu de rouge, et refait
le plem d huile dans les lampes. Je pense au moyen age, aux mysteres, au
moucheur de chandelles, a Notre-Dame de Paris.
... Maintenant, c' est commencé...
. Le gra_nd pretre s'ava1~c?, tr~s digne et tout pareil a un officiant catholiq~e un ¡o~ de grande ceremome. 11 y a des ensembles, puis un solo du grand
pretr~ repns en chceur par les autres pretres et que l'orchestre développe
amplifie. Les cymbales battent, aussi la grosse caisse, et les cloches sonnent'.
L'ensemble est d'une babileté un peu trop visible, d'un art un peu élémentaire, et cependant émeut.
V~ici maintenant le premi~r défilé. ]?~ns l' espace vide un bo~me surgit, costume de rouge, comme un diable. Relig1eusement, gravement, 11 entre par une
po~e, sort_ par l'autre en agitant un sabre ·avec des gestes mystiques, puis il
revient, fa1t un deuxieme tour, agrémenté cette fois de quelques pas de valse.
Des pret,res suive?t le meme chemin en so~ant da.ns des c_oquillages qui
font les memes brwts que les cornea des mardis gras d'autrefo1s. Et toujours
dans notre dos, et a coté de nous, et plus loin encore, tout autour, l'impression
énervante de cette foule énervée.
J?e longs moments s'écoulent encore. On apporte de l'eau dans une coupe.
Pu!S sur un feu on jette des herbes odorantes, mais on sent que le moment
solennel, appro~he. Les gestes des _pretres se font plus rarides. Les ~gures sont
p\us preoccupees. 11 y a des s1gnaux:, des appels qm se mult1plient de';;n~ent plus vibrant&amp;, plus fébriles, et, subitement, toutes les lu~ieres
s ete1gnent.
... Cela serait peut-etre sans émotion si nous ne sentions o.erriere
nous, tout pres dC' nous, la multitude anxieuse et palpitante s'agiter,
Les Bouddhas de Nara.

a

a

�L'ILLUSTRATION

UNE CÉRÉMONIE FANTASTIQUE DU VIEUX JAPON. - La danse des diables,
D'apres les documenrs de M. Brieux.

a Nara.

rnurmurer, onduler, soupirer, frémir, crier, puis, tout a coup, se taire I apparaitre ~out a coup, sous des lueurs dansa.ntes qui les rou~i~ent, 1 des ?endans un silence absolu. Si profond qu'il soit, nous sentons tout de meme,
taines de v1s~ges a_ux yeux ~rands o_uverts, aux bou?hes tirees d ango1sse,
et d'une fa9on si vive qu'elle en est presque douloureuse, la présence
ou tordues d un me qm hesite, qm se force, et qm souvent se change en
de ces bommes, de ces femmes, surexcités.
grimace d'épouvante.
Il y a des femmes et des enlants qui ont des
figures de damnés et qui hurlent comme les
UN SPECTACLE FANTASTIQUE
chiens a la mort... II y a des íuites !éroces ;
certains cherchent /¡ grimper le long du grillage
Une fois la nuit faite, le silence devient
ou le renverser pour aller prendre part la
vraiment, pour nous, lourd 8, supporter... Seules,
lutte ... D'autres, plus blasés, rient, mais aucun
des flammes, de courtes flammes intermittentes
de leurs rires n'est tout fait exempt de terqui viennent d'un grand brüle-parfum !ont
reur. Cette foule a réellement peur et lait sem·
briller les points d'or sur les statues et devI·
blant de se moquer de sa penr. II y a des éclats
ner les contours des colonnes.
de rire qui sont plus stridents et plus ango1s·
Un grand coup de gong. Sept ou huit hommes
sants que les cris d'effroi... Et c'est une parnmasqués de masques effrayants surgissent en
que, des enfants piétinés, des femmes pamées,
brandissant des torches et gesticulent comme
des hommes éperdus, lorsqu'un des démons lei11t
des damnés.
de vouloir franchir la barriere et menace la
Ce sont les diables déchaínés. Des pretres
[0túe, en faisant pleuvoir sur elle des gouttes
doivent livrer combat a ces diables et les ré·
brúlantes de résine enflammée. A certains moduire a rimpuissance. Des pre.tres, en cffet, sont
ments, dans une large place, il n'y a plus perentrés et les poursuivent. lis sont violcnts, brutaux; ils se rucnt sur les diables avec un ensonne debout; tout le monde, jeté aterre, s'eftrain qui s'exaspCre 8. chaque minute. Les diaforce se relever. On ne voit qu'une débacle
bles se déíendent. La lutte qui s'engage, si
d'humanité: comme des épis de blé murs couelle est la plupart du temps simulée et ino!chés, ravagés, enveloppés par un tourbillon ...
fensive, on sent qu'il !audrait peu de chose
Le jeu devient dangcreux pour tous. Un d1apour que le fanatisme des uns et des autres la
ble est a terre, blessé.. . Un pretre éteint son vé[lt dégénérer en une lutte réelle. Et déja les
tement en flammes. C'est fini. II était temps ...
coups se !ont violents, les cris de douleur aigus,
La lumiere réapparait.. . Les démons, vain·
les e!!orts d'attaque, de défense, de riposte de
cus, rentrent dans la coulisse.
plus en plus vifs. On voit que les diables et
La foule s' écoule, et, tout de suite, s' enfonce
les prétres se prennent a leur jeu, et on se
dans les ténebres, s' éloigne dans les profon·
demande, non sansanxiété, dans quelles fureurs
deurs obscures ...
leur !anatisme ne va pas les jeter touta l'heure.
Nos traíneurs de kouroumas viennent nous
Ce danger s'augmente d'un autre. Les bommes
chercher avec une hatesinguliere, et nous pres·
se poursuivent, se saisissent, se terrassent, chosent de nous éloigner avec une insistance,_ une
quant les unes contre les autres leurs torches
lébrilité dont je ne trouve pas l'explicatwn ...
d'ou jaillissent des étincelles, d'ou tombent
lis nous ont saisis par les poignets et nous lor·
des flammecbes ... Voici qu'une torche est jetée
cent courir. Ils sont muets et impérieux. Une
a terre, sous un coup plus violent... Un diable
fois aupres des konroumas, il faut y monter tres
la ramasse, s' en saisit, et, follement, la seco ue
vite, les hommes s'attellent et partent saos luau-dessus des tetes de la foule, fait plcuvoir
miCre, sans lanterne d'un train vertigineux ... Ils
sur elle des étincellcs qui ne sont pas sans dan·
ne se ralentiront que daos quelques minutes, lorsUn des quatre empereurs qui gardent la troisieme porte
ger. Dans ces moments, les spectateurs sont plus
que toutes les lumieres et tous les bruits seseront
intéressants regarder peut-étre que le spe?·
du temple de Yemitsou.
éteints dans l'éloignement...
tacle lui-meme. La lumiere des torches fa1t
Phol. J du MPrif
BRIEUX

a

a

a

a

a

1

a

d, l'Académie fran¡aise.

�L' I L L U S T R A TI O N

Un aspect de la soirée de gala du
donnée

par la

28 ma1 1924,

Croix-Rouge fran~aise dans les nouveaux Magasins du Printemps,
par RENÉ LELONG.

Supplémenl

a L'lllustration titt

19 J,ú//el 1924.

�</text>
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                <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores.</text>
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                    <text>11 ~far 1912

L'lLLUSTRATlON

HOLBEIN.
f enne homme en pourpoint brun.
(Col 1eclion di la reine_Wilhelmine.)

C:-0SWAY. - Portrait du prince Lubomirski.
(Co//ection du prince de Ligne.)

L'EXPOSITION DE LA MINIATURE.
A BRUXELLES

L'exposition de miniatures ou,·erte a Bruxelles,
en l'botel des barons Goffinet. est vraiment la premiere et peul-elre la derniere ele son espece. Celle
de Paris (1906) s'appliquait uniquement a la production du &lt;lix-huifieme siecle. Partielle encore celle
de Strasbourg (1910), consacrée aux seuls miniaturistes de l'Alsace-Lorraine, les meilleurs de France.
L'exposition de Bruxelles se distingue de loutes ses
ainées par son but et son caractere de synthese générale, jnxtaposant toutes les époques, écoles et styles
de l'art délicat et minntieux dont n'apparut ailleurs
q ne telle face on telle phase isolée de ton tes les
autres. Elle constitue, grace a une sélection méthodic¡ue parmi les principales collections européennes,
l'histoire graphiqne de cet art, dont beaucoup recherchent l'embryon dans les images des anciens
manuscrits ou psautiers, d'antres dans les figurines
des vases étrusques on des gouaches exhumés des
fouilles de Pompéi, réw1is dans la Maison des
Amours rlorés, et Yisiblement reflétés dans la maniere ele te! peintre moderne: Guérin ou Bourgeois,
par exemple, comme le fait observer M. René
Hteeus, le tres actif et a1·isé :;ecrétaire elu comité ele
l'exposition &lt;le Brnxelles.

Da11s toutes les sections, et notamment dans la
section frangaise, organisée avec le concours éclairé
de M. le comte Allard du Chollet, s'affirme la
volonté des organisateurs (l\Im.. les comlesses de
Flandre et ele Mérode, le baron Kervvn de Letlenho\'e, MM. Cardon el Lambolte) rl~ présenter
un tableau eoorclonné el Incide ele l' &lt;&lt; art mÍ&lt;'roscopique » en tous ses ages et dam, la snccession de
tous ses genres. Pour la Frauc·e. les empnmts faits
aux collections de M:II. Bernard Franck, Charlier,
Doistau, le comte Durrieu, le duc ele Vendome,
r'lamena-, le romte Allarel cln Chollet, Paul Garnier. Edgar Stern, le prince de la Moskowa, de
1\1""ª la duches.--e de Rohan. la duchesse rl'Uzes, la
comtesse Adrien de LéYis-1Iirepoix. Achille Foulrl,
Porges, ele., ne se bornent pas a nons fournir
des !ipéeimens typiques ele l'art miniatura! des
tlix-septieme et dix-huitieme siedes, pnis de l'époque romautique richement représentée par de pillo-

D'apres CAINSBOROUGH,
Princesse Elisabeth de Hesse-Hombourg.
(Co//ection Torok.¡

HOSKINS.
La princesse Henriette-Marie de France.
(Musée d' Amsterdcm.)

resl¡ues imag-es de M"'º Lisinska ele l\Iirbel, et de
nombrenx et &lt;'harmants portrails de Rochard, de
Boichar&lt;l, de Chalon, de l\I"• Deharme, etc. On a
eu souci, pai· surcroit, de choisir, clans l'reuvrc de
chaque maitre, eles peiutures exécutées u des age:;
elifférents, u chaqne lournant de lenr art, de !elle
sorte qu'a coté d'uue histoire globale de la minialure nous ayons sous les yenx les éléments de comparaison qni nous livreront l'histoire incfaiduelle
de rhaque esthétiquc et de ses lentes ou brust¡nes
éYolntions. Les organisateurs ont aecompli uinsi uu

CuÉRIN. -

Portrait de jeune femme en c.ostume grec.
(Col lec/ionl_Normand.)

tour de forre qui fait honnem· a leur au&lt;late, &lt;'omme
lenr splendi&lt;le détor de tapisseries, ele meubles, de
grands tableaux de maitres, de scnlptures et boiseries, contemporains de &lt;·haque groupe de miniatur&lt;'ll
et puisés, uotamment. clans les rolleetions ele
AL Cardon, du pri1a·e de Ligne, du duc rl'Arenberg,
fail honneur a leur seus de l'hannonie ambianle. On

SlcAKDI.
Portraits d"enlants.
(Co//eclion du comte Allard du Cho/le/.)

SMART. - Portraif de jeu:ie fille.
(Collection Stctti11er.)J

ton~oit toutes les perplexités dn thoix que nons
aYOllS eu a faire entre pres ele 3.000 minialurcli.

Pour les écoles étrangeres, nous a1ons dit nons
borner aux reunes que voiti: 1º Por/ rail du pri11C'e
Lubomirski (eollection du prin&lt;·e de Ligue, Bruxclles) par Cosway, le prinre ele l'art miniatura! aug-lais du clix-hnitieme siecle, exquii:;e imnge sur iroire
cl'nn bloud adolesl'ent anx tons si délirats, aux
chairs :-i lenclres, qu'on l'a prise cl'aborcl ¡,our l'effigie d'une filletle el étiquetée dans le catalogue proYisoire: « Prince~se Lubomirska »; loufes les qualités de poésie et de sentimentalisme particulieres
anx artistes anglais y apparaissent a,·ec ce eléfaut,
presque touchant, el'une anglicisalion inconsciente
des types les plus exotiques, ele telle maniere que
le charmant pelit prince polonais dont il s·a~rit
passerait aisément pour un g-racieux enfant d'Albion: 2º l:ne je1111e filie (collection Stettiner1 Paris), froire sur méclaillon (de 180-!) par ,Jolm
Sm¡ul. l'éleve ou l'alter ego &lt;le Coswa)·, dont le clessin, plus Yiril, ne s'enYeloppe pas moins de l'atmosphere de teintes vaporeuses, quasi élégiaqnes, qui
caractérise l'art de keepsake eles meilleurs miniaturistes d'outre-::\IanC'he; 3º la princesse Eli:,al:eth de
TIesse-11om bourg (collection Tiirük, de Bruxelles),
copie, par un anonyme anglais, d'un Gaiusborongh,
du chatean de Winelsor, dont le miuiaturiste a transposé le fascinant modele avec des scrupules de fidélité infinie; 4º la Prinresse JI enriette-Jlarie de Frrmc,i
(mnsée rl'Amslerclam ), par ,John IIoskins, le hrillaul
miniaturisle anglais du dix-septieme; rérituble tablean, ee portrait sur ,·élin, a (•:t1lre cl'émail, auquel
nons réservons la reprodud ion en f'onleurs; ;íº .Te1111e
homme 1'11 pour¡ioint lirun (&lt;·ollcl'!ion lle la reine
"'ilhelmiue), par le prestig·ienx Hans Ilolbein,
méclaillon a fond hlcu. &lt;'e porl rait. a peine plus
grnnd, arec son cadre &lt;l'or c·iselé, qn'nue piere &lt;le
t•ent sous, a la rnleur qu'en litlérature on ar,·onle
au plus parfait sonnel. En tui. dans l'iuteu;;e nulditation ele &lt;"e ¡rnn;:onnet aux ,Yenx pel'(lns 1lans on ne
sail que! re,·e. se co11cle11:,;e et se &lt;·ristallise lout le
génie portraictural du granel peiutre du seizieme
siecle qui exaspérait les ressemblances foncieres de
son modele a un &lt;legré e11rore inc•011m1. sa11s rien
sacrifier ele sn perso1111alité propre ou ele son impeccable techniqne. ,J'ai nt roug-ir el soupirer de
conrnifise, deYatit ce « morceau de reine ii, le pcin-

AU..;USTIN.
M11• Duchernois, de la Comédie.Franyaise.
• (Collection E. Stem.)

8oLRGEOIS.
Portrait de Mº'"},Vial,
(Co//ecllon H. de Cal/ias.)

�410 -

L' 1LLUSTRATlON

Nº 3;11

11 MAJ 1912

EcoLE FRAN&lt;;AISE. - Portrait d'une des filies de Louis XV{?).

(Colltdion Fitz-Htnry.)

GuÉRIN. - Portrait de Mme de Montbrison.
(Collection du comte de Buisserd de Blerenghem.)

tre Ji'lameng, don!, pourlanl, la propre collectiou
fnil teíleruent d'envienx. Abstraction faite de ses
mérites intrinsElques. cetie effibrie saisissante conslitue un des principaux prototypes ele l'art des miniaturistes anglais, antérienrement ~ l'inflnenee de Yan
Dyck snr lenr maniere.

En Ja rid1e cuntdbution fran~ai::;e a. l'expositiou
bruxelloise, nons avons cueilli quelques typiques
joyaux que nous désignerons dans 1eur ordre 3
peu pres chronologique. D'abord, une délicieuse
Je1&lt;ne Fen.,ne, a cheveux poudrés (collection FitzHenry), qui passe pour le portrait d'une des filies
de Louis XV, el qui esl dans lous les eas assimilable
a l'arl de Roucher, 011 mCme de Fragonard, par la
distinction du dessin el l'élégante combiuaison des
nuances tendres, tranchant sur le fond crépusculairn d'uu jardín aux sombres l'erdures. Puis (collection Flameng) 1 une bonbonniere ele laque bleue
d'oU se détache, avec un relief de médaille, la face
grassement malicieuse du fameux acteur Préville,
en un déshabillé blanc qui pourrait etre un des
costumes de Grispin ou de Figaro. La. délicatesse
des moindres dótajls de la figure, du bonnet blanc,
clu vetement luche, s'accompagne de la vigueur de
frait propre a Fragonnrcl. Et, pour l'histoire du
Théatre-Fran~ais, tJ_uel joli docnmenl que re portrait parlant du grand et spirituel comédien qni seul
réussit a dérider le maussacle Louis XY !
Perronneau, connu surtout comme pnstelliste, mais
aussi appréciable daos la miniature, est représent{&gt;
a Bruxelles (colleclion Flameng) par uu Porlrail
d'ltomme : un seigneur de la fin du rCf."110 de
Louis XVI, évldemment.. Toute la gamme des gris
s'harmonise. par un véritable tour ele force, en cette
image de quelquei:; centim0tres. D'un elessin trP!-.
poussé el d'un coloris peut-étre un peu trop frane.
le double Porlrait d'e,¡fants, par Sieardi (collection
Allarcl clu Chollet), rnais quelle gritee ingénne d'attitudes et cl'expres!-.ion, distraite chez le joli gar~on,
interrogative et infinimenl tendre chez sa mignonnP

1'

1

\

f,lfetlr!

,¡

Nos lef'le111"R seront ~l'dnits autant que nous
par le l'avissant Portrait de Af. 01 ª T'ial, de Bourgeois, (]lle l'exposition a emprnnté a M. H. &lt;lf'

Callias el donl les lignes pures, les tons de lys el ele
rose, accusanl si jolimenl le sang sous la pean, se
nh·Plent, avec un relief de camée, sur l'écaille noire
cl'une lahatiE!re, ehoisie pour amener les opposilion~
d'effet!-. clu !-.f~,Je pompéien. cher fl Bourgeois commc
a GnPrin.
U' nom ele ,1.-B. Augusiin évoque, comme aujourcl'hui relui de Bostand dans la poésie ou celui ele
Constantin :Mennier dans les arts plastiqnes, une
véritable famille ele miniaturistes abonclarument el
noblement représentée a l'exposition. Nous metton!hors de pair un chef-el'ccuvre du fondateur meme
de eetle pelite dynastie : le Porlrail d, M'" Du-

celui cl'une prelTesse, les cltereux flottants, Utl{'
main tenant une coupe, l1autre effleurant un vase
de feu sarré. C'es\ une merveille ele .grfi.ce, de mouvement, rle ehasle idéalité, ele poésie polycbrome.
comme ee non moins savomeux Portrait de jem,e
femme "'11 costume grec, de Guérin (collection Normanel), qui, traité aussi a &lt;&lt; la pompéienne ¡¡ 1
comme les meilleurs Bolll'g·eoi:;, apparnit sur s011
fonel noir et en son ravíssant cadre ovale comme
une figtll'e de b"'l.'áee antique, inlerprétée avec une
souplesse loule moderne. La collection dn cornte rlt•
Buisseret de Blerenghem (de Brnxelles) nous présente un Guérin probablemeni antérieur : un Portrait, sur ivoirn, ele j)fme de Montbtison, captivante
symphonie en gris et noir.
Et nous voici devant une profusion el'ceuvres
cl'Isabey, ele l'ondoyant mais presque toujoms génial lsabey. Nous y admirons un adorable Portrait
de femme, contemporaine, sans cloute, du Directoire
(colleclion Flameng), exéculé avec une scieuce raffinée de la earnation, et un joli et louchant Isabey
e&lt; elernifre maniere &gt;): Marie-Louise, reine des Belges,
en ,mwzone (coUection du duc ele Venclome), bu la
blonde et grncieuse silhouette de la filie ele LouisPhilippe cst présentée a l'heure de l'équilalion, en
habit bleu paon, le chapean voilé d'une écharpe de
dentelle noire clont les enroulements et les em·olements autour ele la tete et clu buste, comme la composition générale de l'c:euvre1 proclament clairement
l'avenement de l'école romantique ... CEuvre d'un
anonyme du dix-neuvieme siecle, le Porlrait de Garat (collection Doislau¡, qui complete notre cneillelte parmi le trésor de !'hotel Goffinet, est du style
antérieur. Outre sa valeur artistique, ce portrait sur
lsABEY.
ivoire, ornant. une bonbonnifr~ en racine de hui~.
Portrait de Marie-Louise, reine des Belges, e:n amazone.
a un réel intéret documentaire. Yoila bien, avec celle
(Collection du duc de Vend6me.)
chevelure noirei soignée comme celle d'une petitechesnois, de la Comédie-Fran~aise (&lt;·ollec•tion Stern). maitresse, sous cette large crm·at.e savamment mii:-e
en scene et dans cet élégani habii a boutons d'or,
admirable peintnre sur ivoire dont le cadre de
bronze doré, ciselé et encerclé d'une auréole de perles le beau Brummel d'Opéra, si épris de soi, et· donl
fines, rehausse encore l'harrnonieuse Béduction. L~ les fines levTes, au retroussis froniqne, s'ent r'ounenl
célebre ri\'ale de M 11 e Georges nous est représentée comme pour une réplique mordante ll quelque hanelans un appareil classique. le reg-al'fl inspiré, le! tnin insolent.
Que d'autres perles il nous faul négliger!
On en jugera par rell~ filie 11ons tirons de ee
\':tste écrin !
~
G&gt;ÍRARD TIARllL

ECOLE FRAN'1AISF..

FRAGONARD.

Portrait de l'acteur Préville, de la ComéJie.Fram;ais~.
{Collection F. Flamn1g.}

IsABEY. - Portrait de femme.
(Co/1,ction F. Flameng.)

PERRONNEAU.

Portrait d'homme

(Collfftion F. Flameng.)

Le chanteur Garat.

(Collection Doistau.)

��L'ILLUSTllATION
1

· comme 1111e s&amp;rie de tablean 1 la ~
ft ta aoie fanée des vieillea robes, des lt_oali!~
dñ, des abaye, rouges ou violettea, des l(ef,¡
liy" blaact ou jaJIJle&amp;, l'argenl: des jette-~
1 long col, des aiguilree, des plats, des arm•l
for des bijou Wdoaina aertiuaDt lea pierrea dí
couleur, jettot des tu_.. tant&amp;t br6lanUt ~
tant&amp;t cl'1111e douéeur inefable, et aurtoht ~
Dl'ardte 1 c,s visagea broDRI donl: le■ ;rélrii
brillent, cloát lea lmes rouges reinuent, bt
lea uarmea se tendent, et qvi devaient ata.
euctement lea llllmea quaad -Jéaut cbassait ~
marchanda du Temple et quaad. ,:eu-ci ~
iu{ent de lui un royamne ~ UD royaúl!le
d'dairet, ll n'eat pu pc,nible que· Rembr~
n'ait pu reDCODtzé lean parella dau le ~
el'Amaterd,.m. Són Ho~ ta Fiu.~• ~
je lea veía ici en chair et en os, aes ~
rartd &amp;flC Jeur teiDt IIW'qm des DlorllB!lit
du tempa, et leun yem: dont t. reprd t.éli
1'o8f: 1M dau les Úpel CODlpJiépl OU Ulii
18' m •• p i , ~ . OO.. 1111 eait pu •
justo...
f.l Wlff..mili,CU

De la , . . de Dam1i1 IIOIII '1 alloDI
c1a ....U. l cÜlt ...t ofi llOIII dmma,

~ ~ 1lDtl li,ule : Juifa

··~·

d e m n 1 ~ et rédmgotealll:m'el,m
..... ~ . - j. . ., Wdom
10l_.. aiigleie '11 liiacloa;, ~ toujouu des
d,1...l¡ .._,

a~

coueb6,, COIIIJIII a'il

uaifilli~ftllhet Klfffl, Toute une &amp;ip
cl'Orie.1tnitl6e l11111trlates &lt;:omllllll QC:éiden
...,.J)au ce .-llJllalt. ....,Jage de
-.lízl•qne 1-1lldel n'out pu 6parpa; il
11!18 Cllofe póUr ltipulor ~ • SOGt
•
11 ,._ au: F'11IIMl!O!ina, au:
~-•• au: Cogtes 19i a petit alltel

ap &amp;p.~ n'Ollt pre qu'uae pgre~
i,t ~ !IOJlt lea perti,, C:0111111~
~ - "te)i¡imil. Le Cln6, 1'il ~
aMJt&amp;ittoatel•ckÑCRV!~~,--hütoUI
me; 31 de .... 'IIPIJlltl.
•

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Je.

•

i.0a1. . '6t

.

..........

.....

. .,.

�L'Ii.LUSTRATION

L.

Wiecmfeble- Maia c'eat bien la couleúr qui eat ici la
i-· trola enceintes de fintmeur, divisées par des rangéet
de pilien (la plapart des colounes provieunent du temple
de Jlipitér blá par Adrien,
il y a 'ici, a1111111e a Roiiie,
~ de manumeots), aout baigdes d'une ombre
llJeue ilDe auui. n r.ut quetqa. lllstaDta poar ,'habituer
l cétte «Nllbte, Et puia l'on a tll'vie de crier de joie quaad
• clb11vre- la ,rp!mdtur dea wtquea et des vifrau,
~tci- ola ror et le ~ .. lllhit, .. coníoadeat, toDt
1111 ar nrt en faaioa quaml le aoleil le &amp;61e. Maia les vitralu,
11\Rl:o..t, t i ~ du pNdige: leur lle. eat ~ 1 cehii
dlla t.pú d'Orieát, et teat un eutre1ace invraiumblable de
-.iolets, d'mdigoa, de i-., de nrts et d'm. Le deeain a'iit
)¡, '.Hlllble-t-iJ, que pour ~ en valor c:o11 to111 diun,
JN1I lear ~ 1-- lee aucJac•~ tootea les fau(aielea,
~ I01'tir de la
d'Omar, Je l'oJeil 110U8 affllglé,
Noua regre1:toill la WeQr do111.11 et la- lumim tami,6e

cu

mo"'*-'

• rmtmear...

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Ja lllllli¡ue,
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dans le ck&amp;monial, plua de ráerve daas les gestea,
n'a cet air de Iolie llaCffil que les hommes vont noua
Cewt-ci, daDS UD i;ertain. ordre qui &amp;!pare lea sectes ~
·natiou, ofFrent toute la diversité des costmnes de l
et de YOccident melés. En voici, vetas de
. gotea, avec dea lavoris qui lelJl' doDDeDt im upect de
autrichielll et sur la téte le banal tarbouch rouge : cl'
avec lelJn robes de 09uleli1T lan&amp;ei, 10Dt pareile 1 ~
mardiuda de la ville: maia leJ Juifs pololiaia, rusa.,
cieu, tcMquee, hongroi, pertenb d" magnifi'Jllel ho1uppel&amp;l
de velouta violet, mordoÑ, indigo, et dee boDDeta de
Writege fr&amp;Dlmis 8&amp;D8 doute de pere ID fila dana les
. deiiuia un temps immmnorial. Un vieillard aorti cl'1111e
de Rembr9it, aalt et superbé, psalmodie une lituiie ~
· cluieur npread d'1111e voi:a: triste. Ces etrophes IUW!iq
composent UDt ~ ~ lugubre.
RieD De pejt i:eac1re.Í:.;¡;i;ii, de leur acctllt.
iL, ne a'arriteul!4 pu ~ Saiais d'un délire ~
d'au ~ d'hystuie, les uu cognmt leur ffle ~
~ et fon fttend le choc:. D'autna toUl'Dent aur
Jli8aiea - - dela, f.oapies on du derviches, D'autree
11!1 liVJ,,'ftt,1 1111 mouvelllellt de baacale ou de va-et.vieai
léiir (i11- peocher le '°1'le ID avant et qui &amp;irait Pl'-l'
·le mal Je 111er, Le W e a ~ de eoupirs et de
qui ~ la PliJlerie CIOlllllle si eJle 61;,ait 98M"'Jipáy aara.il pu Ji, ~ ailleura. w 011J&amp;Diettica aa
e t ~ t Lí D ~ n e e e ~ pu A'.tra'V!ml
de tiWeil tlU aveú- W. admiDi•bw et ce!íl'JiMt, N
oueedNjqiV!lla'~puleurfflJI~
aa mur del ~ T eo_, les plemeasel antiqliél
beau ~ .qid - - le ehllellr et - riües houp
dÍi Vihiua 1il eeraieat,.ilá pu coaq,arablea. 1 4es p, "
nielst ~ ----- la touré CJ1d a'ont pu be8®a de
eD Wile0llt4- ~IDOina brr'DallfN et JDdim l'égüli,a
Maia elhiS ~ en to\ite aia=it&amp; la deatnidioa:
Tlfl!lple et la ~ eles Juifs, POlll1 l'6motion et la
tuM de • pielU: ~ il ommeaf c l ' ~ avec

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tld 1161, la ~M/Qile ,o leve. C'e!!t Je qp:ill du

�L'ILLUSTRATION

SALON DE

1920

SOCIÉTÉ DES .ARTISTES FRANCAIS

C.-L. LÉANDRE. - La bonne malson

F. MARTIN-KAVEL. - Dans l'ate!ier.

J ULES GRUN. -

Lecture.

CH . GARRY.
En Artois

J.-8.-A. GUILLEMET.
Le Loing, a Moret.

CONSTANTIN FONT.
P,,rtrait de la marquise d'Orgeix.

PAUL ESCHBACH.
Histoire vécue.

HENRI BR!SPOT. - 'Le défilé

HENR I ROYER. - Au pays d'Ar Mor.

a la

sacristie.

JEAN GEOFFROY ..- La voiture

a iine.
Photographies Vizza¿·ona

�,,

STt DES AR'flfiTES FRAN\"AJS

L"!LLUSTRATION

HENRI MARTIN. -

S.HON JIE

1920

8ALON DE

1920

L' 1 L LUSTRA TI O N

La Moisson.

A. DAWANT.
f-'urtrait de M. A. D.

G. BRISGAND.
La favorite (pastel).

F. SABATTÉ.
Cathédnle d' Arras pendan! la guerre.

A. DE BROCA.
Riviere d'Hennebont.
A. TRONCET.
Portrait du général Curé.

JOSEPH BAIL.
La tap!sserie interrompue.

Mn" JULIAN BEAURY-SAUREL.
Portrait du Révérend Pere Sertillanges.

F. HUMBERT.
Portrait de M"" X.

MARCEL BASCHET.
Portrait de Mil• de La Rochefoucauld
(pasteÍ).

J.-M. DUVAL.
Portrait du général Cherfils.
CYPRIEN BOULET.
PAUL THOMAS. - Portrait dans un :ntérieur.
Photographies' VizzaV1Jna.

HENRY JACQUIER.
Portrait de Mm• de W.

EMILE ADAN. -

Les dernieres fteurs.

Femme

a sa

toilette.

A. CALBET. -

Pour le dieu.
Photor,aphies Vizzavona.

�Sri

L•ILLUSTRATION

DES ARTISTES FRAN911S

S.1L01 Df'.

19Z&lt;l
SALON DE

L'!LL USTR ATIO N

1920

Sn\

DES ARTISTES FRANQAIS

1918

GEORG ES LEROUX. - Partie centrale du triptyque • 1918 ! ,

G. LORAIN. -

M. BARTHOLD.
Le bon vivan!.

Automne.

AD. DÉCHENAUD.
Portrait de M. J acques André.

MAURICE GRÜN. -

G. BEFAN l. -

J.·A. MUENIER. -

Dans le pare.

Souvenir d'antan.

E. FOUGERAT. -

Le miroir.

En écoutant Mozart.

l

R. DEVILLARIO.
Chrysis.

A.-F. GORGUET. Photographies Vizzavona

Le verger de Pomone.

AUFRAY-GENESTOUX.
Arlette Dorgere (pastel).

FRÉDÉRIC LAUTH. -

Reverie.

FRAN~OJS FLAMENG. - Fete vénitienne.

EDGAR MAXENCE. -

Vendéenne.

�S"

L' l L LUSTRA TI O N

DES ARTISTES FRANQAU

SALON DK

1920

L•ILLUSTRATION

Mm• N. !NGLESSI.
Le baiser aux fleurs.
R. SUDRE.
Les trophées de Salem.

WILLIAM LAPARRA. - L'ouvroir.

ST•

DES ARTJSTES FRANQAJS

M11 • SUZANNE HUREL.
Le point d' Alen~on.

H. CORDIER.
• Gloria victoribus •·

P. LANDOWSKI.
Le pugiliste (G. C... )

ERNEST DUBOIS.
Paul Déroulede.

L. LEJEUNE.
Ephebe.

r

A. MA!LLARD. - Bacchante.
CL YDE DU VERNET HUNT
Fils de France

Buste de la comtesse de Pourtales.
ANTONIN CARL~ (185! 1919)
·
,

F. COGNÉ.
Victo!'!eux !

D
-

Eternelt:1" ,
li' ocme.

!UX BUST!S ET UN! STATU! FICURANT A L'!XPOSITION

Bust d I C
e e a "º Aimery de La Rochefoucauld·

t

R TROSP!CTIV! Dl! SON Cl!UVR!

PAUL GERVAIS -

H. PINTA.
Portrait de Mgr A. L. R.

Le jardín des Hespérides.

A. SALA-BRAITOU.
Marivaudage.

ANDRÉ MARCHAND.
M. André Calmettes dans le role de Metternich.
Phf'lfographits Vizzawna.

�STll

L'ILLUSTRATIO N

DES ARTISTES FRANQ.HS

8ALON DE

192P
SALON DE

JEAN-PAUL LAURENS.
Byzance.

LÉON BONNAT.
Portrait de Mm• Tsang.

192()

PIERRE LAURENS.
Portrait de M. Georges Diéterlé.
JOSEPH AUBERT.
1871. - Protestataires.

F. CORMON. -

Funérailles d'un chef.

G. ROCHEGROSSE. -

L"fLLUSTRATION

NILS FORSBERG FILS.
Strasbourg. le 14 juillet 1919.

DES ARTISTES Fa,NQAIS

JOSEPH AUBERT.
1918. - Libérateurs.

Du saug ; des !armes.

P.-M. DUPUY.
Portrait du général Pau.

P.-A.-J. DAGNAN-BOUVERET.
Portrait du maréchal J offre.
EMILE FRIANT. -

J EAN LEFEUVRE. - J eux marins.

8"

R. DU GARD IER. -

Lionne.

Les enfants et la mare.

GEORGES SCOTT.
La garde du drapeau.

A. MATIGNON.
Dune fleurie.
Photographies Vizzavona.

A. FAUGERON.
Donneurs de sérénades et beiles écouteuses.

F. ROTIG.
Lions a l'affut.

HENRY BATAILLE.
Le Phalene.

ANDRÉ DEVAMBEZ.
Bateleurs, avenue d'Orléans.

CHARLES LENOIR.
Sous les oliviers.
Photograph1fs V1uavon a.

�L'!LLUSTRATION

8ALON DE

1920

STé DES ARTISTES l&lt;'1tANQAIS

RIDGWAY KN!GHT.
Cendrillon.

FRANZ!Nl D'!SSONCOURT.
Portrait de Madame P. et de ses enfants.

DEN!S ETCHEVERRY.
La Femme aux bleuets.

'11
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L. DE JONC! tRES. -

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'

I

PAUL CHABAS. - Sirenes

Dans le coin chinois.

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JEAN-GABR!EL DOMERGUE
Fernande .Cabanel.
Photographies Vizzai1011a.

LUC!EN

JONAS.

-

« Le Sauveur ».

GEORGES-H. D!LLYÍ916-17).
Portrait de M. Duhem (otage

'

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$ALON DE

1920

L'!LLUS:rRAT.10 '

SALON DE

MAURICE DENIS.
Décoration pour la chapelle du Souvenir, dans l'église de Gagny.

BERNARD BOUTET DE MONVEL.
Boussigault et André de Ségonzac.

« Lily •·

RA YMOND WOOG.
Lieutenant-général Sir J. A.

V. COSTANTINI.
Romance d'autrefois.

P. MADELINE. -

A. PINOT. -

,_ 10/,ALE DE S BEAUX-ART S

BEAUX-ARTS

Jean

COUNTESS OF WARWICK AND
CHILDREN: BY R'OMNEY

i,

1920

SOCIÉTÉ NATIONALE DES

W. MALHERBE.
M11 • M. Lequien, de l'Opéra.

~ ,t

Paysage décoratif.

Mi" A. KARPEL E:S. -

Offrande.

VAN DONGEN. -

Mm•• L. G.

J.

Photo grapliies Vizzavona.

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N..\TJON.\LE

L•!LLUSTRATION

flALON ílF.

DE S BEAUX-ARTS

¡-

SALON DE

1920

L'ILLUSTRATION

VICTOR KOOS. -

A. BRUNELLESCH l.
Portrait de S. A. R. le duc d' Aoste.

L. SIMON.
Décoration pour l'église N.-D. du Travail.

P. URTIN.
Portrait de Mm•

J.

Mm• M.-L. COTTON. -

U.

Por\rait de Mm• Patrie.

8Tá NATIONALE DES BEAUX·ART8

Accords champétres.

V. GILSOUL.
La Maison de la grande dame, Béguinage, Bruges.

W. ABLETT. -

Portrait de Mmc X.

I

(
A. DAUCHEZ. - Sauzon.
R. MÉNARD. -

EUG. DAUPHIN.
Matin d'été a Balaguier.
Photogrnphfrs VUza1JOna.

J. CREALOCK.
Le Canapé jaune.

• ALBERT BESNARD~ !talle.
Un ruisseau dans la montagn '

RUPERT BUNNY. -

Courtisanes

a la

campagne.

Les Patres.

JEAN DUVAL.
Paons blancs (panneau décoratif).

CAMERON BURNSIDE. - Toilette.
Photog,aphies Vizzavona.

�L'ILLUSTRATION

Sri

8.UON DE

J92Q

NATIONALE DES BEAUX-ARTS

J.· J. ROUSSEAU. -

La Préférée.

J EF' LEEMPOELS.
Suivant la procession.

L. DAUPH IN. -

ALBERT GUILLAUME. - Le Jugement de París.

JACQUES SIMON.
Paysage avec vaches.

A. WILLETTE. -

L'Automne.

J .·F'. RAF'F'AELLI. - Menton.

AMAN-JEAN. -

lntimité.

Porte de Péronne.

RENÉ CARR ÉRE.
Portraits de Lord and Lady L.

C.-N. LAMBERT. - Belle journée d'été.
Photographits Vizzavona.

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L'ILLUSTRATION

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Da1u le Palais de la Belle au Bois dormant.
Eau,Jorle par DRIAN
pour le., • ConltJ de l'erraull •.

Le jeune pri~ce travene plusieurs cbambres ...

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Le Mariage de Peau-d'Ane.
Ra11-Jorle p11r DRIAJ\'
¡,,mr leJ 11 Co11fo1 ik l'trrmdl •,

Enfin, de tous les coins du monde d
U en debarque, et la cour en abon e.. ·

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L'ILL U ST R A. TION

GRAVURES DE MODES

A

1 .

.

cédés de reproduction autrement variés et fideles, des
Emile de Girardin, de qui la mémoire
ressources matérielles autrement completes qu'on n'en
demeure a jamais illuslre parmi les hommes
possédait voila un siecle, voila seulement \'ingt ans.
de notre métier, Emile de Girarclin, apr~s
Il n'en faut pas plus
un journaliste jeune, actif,
avoir débuté clans la earriere, en 1828, par
entreprenaut, pour se décicler. Alo1·s, vite a 11ooune !
la création d'un amusant recueil dont se
Et cl'abord, il serait puéril de songer a eréer un
dirnrtissaient eucore nos enfauces, a l'aube
&lt;&lt;
journal
de moeles » si I'on n'est en liaison a\'eC ceuxde la troisicme République, le r oleur, placé
1?~ mémes qui régissent la mode. M. Lucien Vogel eut
sous l'invocation double de Voltaii·e et de
la bonne fortune de rencontrer le plus sympathique
Pabbé Trnblct, fondait l'année sui\·ante la
accueil
aupres des priuces ele cet ernpire aimable et
JJiode, qui dm·ait Ctre, dans son esprit, 1&lt; le
frivole: je cite, d'apres la Gazelte et, selon sa forrégulateur du monde élégant ll,
mule, &lt;( par ordre alphabétique i&gt; Chéruit, Doonillel,
On 1ú1xait pas oublié déjU, nonobstant la
Doueet,
Paquin, Poii·et, Redfern et Worlh.
Charte, les sourenirs de Pancienne monarComme
illustratem·s, il pen~a a ceux qn'on a nomchie, du temps oU un coup d'rnil de Louis
Chapeau et voilette,
més plus ha.ut, plus quelques nutres, Antonio ele La
enfantait des merveilles et oU la plus éléGandara, Carlegle, Georges Barbier, Gosé, Ch. :Martin,
par Gosé.
gante, la plus policée des com-s, donnait
Aodré E. Júarly, Georges Lepape, Maggie ...
le ton a Puni,·ers, impérieusement; M. de
Enfin, les agrégés, les docteurs es élégances auxGirardin moins qu'un autre. Aussi, éditeur avisé, songea-t-il c1€s l'abord a
quels allaienl étre confiées les chaU:es de cetle univerplacer sa jeune feuílle sous un auguste patrouage: S. A. R. 1\Ime la duchesse
sité du bon lon, fureut non moíns soigneusemeut choide Berry daigaa accepler d'etre la protectrice officielle de la ]Iode; des armoisis: on déploya un raffinement de coquetterie a mCler
ries fleurdelysées en estampillerent la premiere page.
11. des éerivains aux précieux talents les amuseurs monHélasl M. de Gil'ardin, si clairvoyant qu'il fftt, n'arnit pu tout prévoir.
dalllS les plus &lt;lllment breretés.
Avant que son aimable gazette ent atteint un an d'Uge, sur.._ Croquis de Sacchetti.
Des proses futiles co=e des bavenaient les &lt;&lt; Trois Glorieuses &gt;&gt; ¡ la monarchie légitime était
,·ardages de boudoirs ou serlies
précipitée. Il devenait bien vain, sinon quelque peu périlcl'idées savoureuses qui y chatoient pareilles a des fils cl'or
leux, de se réc!amer, désormais, de la biem·eillance ele la filie
fin dans une trame de soie pure, sont signées tour a tour
des rois. Emile de Girardin, saus hésiter, veudit la Mode.
Marce! Boulenger et Gabriel Mow·ey, André de Fouquieres
Elle n'abdiqua point. Créée pour représenter, dans le doet Jean-Louis Vaudoyer. M. Benri de Régnier a donné a la
maine de la fantaisie, la rCgle, l'autorité, elle demeura fid8le
Gazette un conte exquis, et ce sage et souriant Henri Bidou,
a son principe initial: en face de l'esprit noureau elle incarna
le snccesseur, an grare rez-de-chaussée des Débats, du po€te
le vieil esprit. Elle se haussa a devenir un journal politique,
des Jlédailles d'argile, n'a pas cléclaigné de préfacer, de préun journal d'opposition farouche, et, par sa crU.nerie, consenter au public la jeune rente, d'en révéler les ambitions et
quit le ch-oit de vivre, de dmer daYantage meme que le régirue
d'en exposer la doctrine.
qu'elJe combattait, a\·ec une place em·iable dans l'bisloire dn
&lt;&lt; On voudrait, écri\'ait-il, recueillir dans ces pages cette
journalisme.
grfi.ce elu temps présent épm-se au Bois, a la comédie, aux
M. Lucien Vogel songeail-il a ce précédent fameux quancl,
courses, aux thés, a un cUner, a une féte, et la prenant toute
a Fautomne clernier, il fonclait sa Gazette du Bon 1'on ·?
\"ÍYe a l'esprit meme de ceux qui la créent, en conserver iei
Ecartons, s'il vous plalt, les arriCre-pensées politiqnes : ñ
la
fraicheur. ))
l'áge qu'a la Gazette, la Mode était descendue déja dans
Aimable programme, et digne qu'ou y applaudisse. Mais
l'arene des partis. Mais toutes les autres ambitions que réalisa
comment le Téaliserl D'une part, eu recueillanl cc les idées
sa devanciere de 1830 sont permises, du moins, la jeunesse
de toilettes inventées par des artistes )) 1 en leur demandant
de la nouvelle venue, aprCs les benreux débuts qu'elle a faits.
des « inventions de parures )) ; de l'autre, en les chargeant
Je vois tres bien son fondateur méditant, quelque soir a la
ele reproduire, en des planches so.igneusement exécutées,
lueur des lampes, sur !elles de ces feuilles volantes que des
Bonnet de voyage,1
&lt;&lt; les toilettes inveutées au contraire par les couturiers et
beautés disparues maniaient jadis d'un doigt inclifférenl, et
par Georges Lepape.
réalisées par eux n, en d'autres termes en lenr confiant le
qui décorent aujourd'hui des boudoirs raffinés, dessins de
soiu de faire « les po1traits de ces toilettes ».
Leclerc, de Denais, de Watteau, de Gabriel de Saint-Aubin,
Pour dire vrai, je n'ai clans la premiere formule qu'une demi-confianee. Si
pour la Galerie des Mocles, croquis enlumiués de Yernet ou planches arrach~es
eerlains
chapeaux imaginés - sans grand effort apparent - par Paul Méras,
au Journal des Dames de Ln Mésang-t'l·e, et se disant qu'a1)l'es tont rien n'emJ.
Gosé,
Louis Strimpl, GeoTges Lepape sont amusants, les quelqnes toilettes
pCche de refaire, pour la délec.tation des anrnteurs de i'aYenir - voire de ceux
sorties
toutes
parées clu cerveau de dessinateurs mC!ne en vogue. sans la collad 13. présent - aussi bien, sinon mieuxj qu'Abel Faivre, Pierre Brissaud, Berbmation
de
l'bomme
de métier, je veux dii-e du couturier, m'apparaissent tres
11
nard Boutet de Monvel, Mnurice l aqnoy, Brunelleschi, ringt autres ont, tout
inférieures en harmonie aux autres, con~ues paT les couturiers seuls. Les artistes
autant que les ce petits maltres &gt;&gt; du dix-huitieme, le sens des élégances francln pinceau et du crayon me semqaises, l'imagi.nation déliée, abonblent manifester pou~ les 1·éalifés
dante et légere, le crayon alerte
un trop superbe cléclain; le proet le pinceau souple ; que, par
céclé d'exéeutiou leur doit paraitre
aillem-s, un homme de gollt qui
assez contingent, - quand tout, au
vondrait tenter l'a\'enturei troucontraiTe, dépencl de lui. D'ahorcl
verait a sa disposition eles pro-

a

a

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e.a stlhouette nouvelle, croquis de Saccnett'.

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Robe tl'apres-midi de Pa.,iuin
JJc.\"sin de George.r Dnrhicr

�L'ILLUSTRATION

ils revent, puis griffonnent. Le Gilles, « grand mantean pour l'hh·er )) 1 de
M. Georges Lepape, de qui le talent est ici hors de conteste, n'est qn'uue ~ittoresqne fantaisie, et quant aux projets de M. Bakst, rien de plus labor1eux,
de plus saugrenu, de plus barbare, de moins f~an~ais surtont. On brftle de lui
crier, transposant :Moliere: (&lt; Watteau, avec deux traits, en dirait plus que
vous. ))
M. Bakst et ses émnles en ce genre onblient que dessiner, ce n'est pas seulement arreter d'un trait une forme, c'est modeler, c'est draper, sans cesse.
En ce moment, il me ressouvient de ces prodigieux cours de costume que
professait naguere, une ou deux fois J'an, a I'Ecole des Beaux-.A.rts, M. Heuzey.
Avec quel art souverain, ch.iffonnant un tissu vulgaire, le maltre dressait sur
l'eslrade Eos se clévoilant, une figurine tanagréenne ou une comédienne de
Pompéi ! Il pétrissait l'étoffe comme un
grand sculpteur la glaise. Or c'est ainsi
que je me représenle l'art du couturier
artiste i ainsi que je le vois, parant de
velours ou de taffetas, de gaze ou de
drap, suivant le caractere meme de la
forme féminine qu'il a devant lui, l'élégante qui se confie a son expérience, a
son tact. Que! peinlre, que! dessinateur,
a moins d'une miraculeuse prédestination, aurait ce don Y
Combien je préfere les spirituels croquis de M. Saccbetti synthétisant, juste
a la limite de la caricature, la Silhouetl{
,wuvelle, cette cocasserie, non dénu~
de charme, de la femme de cette saison
et des deruieres, cette démarche gCnée,
ces gestes bésitanls qu'entrave et retient
la peur de rompre facbeusement un
équilibre bien instable, - ou encore les
interprétations que donnent, de toiletles
eréées par les couturiers amis de la
Gazette du Bon Ton, les collaborateurs
attitrés
de la sémillante revue.
Coiffure de théatre,
Leur ingéniosité s'y révE!le jusque
par Paul Méras.
clans Je cboix des tilres, leur sens esthétique affiné, par la joUesse, Fharmonie, la grace des compositions oll ils p~ésentent les épbémeres chefs-d'muvre auxquels ils ont assumé d'assurer la surV1e.
Car c'est en cela que la Ga-zette d'aujourd'hui l'emporle sur ses devancieres,
et que ses gravnres de modes different de celles dont se contentait jusqu'ici
I'ame ingénue et modérément assoiffée de beauté des tailleuses et des lingeres,
et dont nous ne prononcions le nom qu'avec clédain : étre e, mis comme une
grav1u-e de mode ,,, quelle infélicité !
Ces gravures-ci s'intitulent Un peu d'mnbre, enfin! ... le Jeu des Grdces,
Je suis perdue l'Oiseau de Paradis, la Miniature ancienne, Sur la terrasse,
Ah! 1non beau' cháteau, la Caresse iJ, la rose, Lassitude, Soyez discret, Faites

•

•o
•

SUR LA TERRASSE

.,¡,.

Robes d'aprcs-midi de W orth
Drssin dr lamrs Gosé

entrer ! ... et done, elles ont « des sujets n, tont comme des tableanx. Et il en est
de purement exquises, - la Coquette surprise de Wortb et .A.ndré Marty, entre
autres. On jugera, par les quelques reproductions que nous en donnons, de
!'esprit qui les anime .
Je vois tres bien des pages comme les Tro-is 'Tobes neuves, reproduites ici,
oii M. Georges Lepape a évoqué, avec un narquois humour, la stupéfaction
d'une famille bourgeoise et un tantinet arriérée, devant les fantaisies d'aujourd'hui, comme le Mariage au chiiteau, parfait spécimen de l'art sobre et
aristocratique de M. Pien-e Brissaud, ou comme la Fenime au paravent,
« mantean de cour » par A.bel Faivre, pieusement recueillies par un &lt;e curieux »
de Pavenir, et, savamment encadrées, souriant aux murs ele quelque petit salon
intime...
L'art, le soll.1 avec lesquels sont exécutées ces images leur conferent tous les
litres a cet enviable houneur.
Si, pour l'interprétation des dessins, on a renoncé a la gravure sur bois,
on demeure fidele, a la Gazette, qnant au coloriage des planches hors texte,
qui abondent dans chaque numéro, au patron ou pochoir. Man.ié par des artisans experts, il produit des fac-similés étonnants de perfectiou, et appareote
un peu plus, s'il se peut, aux muvres du di.-x-huitiCme, ces produclions de
contemporains. Et si les harmonies en sont parfois un peu vives, c'est un
défant léger que se chargera bien de corriger le temps; quelques déjeuners de
soleil remettront tout au point.
Encore que cette aimable revt1e n'ait pas atleint le terme de sa premi€re
année, les premieres toilettes qu'elle fixa out déja je ne sais quelle mélancolique
saveur de choses désuetes, passées, - tant sont fugaces les caprices de l'éternel féminin ! Et déja l'on a le recul suffisant pour juger du style des coull)riers en vogue, comparer la maniere Uiéatrale, affectée, tarabiscotée de celu1ci, au genre simple, clair, logique, de pure tradition fraw;;aise, enfin, de ce!
autre.
Aussi bien, la Gazette prétend-elle ne point borner l'exercice du magistCrc
qu'elle ambitionne au seul royaume du chiffon. Si elle prom€ne son coup d'ceil
sonvernin sur l'une apres l'autre des provinces de ce capricienx empire, si tels
des exég8tes expérimenlés que j'ai nommés commentent tour a tour, avec le
sérieux qui sied, le dogme de l'ombrelle et celui du bonnet de nuit, discntent
l'évangi1e relatif aux pendants d'oreilles et celui qui a trait a la cravate, si
un esprit bardi, meme, s'aVenture jusqu'a consacrer un chapitre aux « alentours,
pourtours et dessous &gt;i - honni soit qui mal y pense - d'autres suivcnt 1~
1
fantas9ue mo~e au tbé&amp;tre, aux premiCres tapageuses, aux grandes ventes, q~
sont brnn auss1 de leur ressort. Et leurs consultations leurs arrets, leurs mom~
'
'
to1res, au nom du Bon Ton, sont imprimk, chaque ruois, dans la plus class1que
et la plus seyante typographie qni soit : car M. Lucien Vogel travaille bien plus,
peut-etre, pour les bibliophiles que pour les snohs. Et c'est cela qui recommande
a Pattention sa si jolie revue, c'est pour cela que L'lllustration toujours R
l'affj¡t _eles choses actuelles, neuves surtout, sympathique aux efforts vers la
perfection dans un dornaine qui l'intéresse entre tous puisqu'elle y a sa bonne
pl~ce, devait a ses traditions d'applaudir a ces capti;,antes images, a ce texte
élegant, a tant de « bel ouvrage n.
'

LA

....
MINI ATURE

ANCIENN E

Robe de diner de Redfern
D,.,.rin d, B,,rnard B d, Mon~,I

GUSTAVE BABIN,

�</text>
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                <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores.</text>
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                    <text>L'ILLUSTRATION,
IODDAL ·ua1, EBSEL.

Direction, Rédaction, Administration :

iie ANNÉE. VOL. lln.

N•

1140.

Abonnrmenls pour Paris el les Départements :

Tealts les communications relatives au journal, réclamations, demandes
de cbangements d'adresse , doivent étre adressées franco a

Aamedi 31 DéeemltNl 18•••

11. A.UG. IIIARC, DffiECTEUR-GÉRAIWT.
Les demandes d'abonnemcnt doivent étre accompagnéea
d'un mandat sur Paria ou sur la poste.

L'1dmiuistral1tn ue r,ponJ p~s J,s maousmh tt 1,1 1'1niag1 ¡ama,s á lts tnstm.
Vu les lrilitcs , 13. lraduclion et la. reproduclion 3 l'elrangtr ~ont inttrditcs.

BUREAUX : RUE RICHELIEU, 60.

SOMMAIRE.

ae,ue

politique de la semaioc. - L'mventaire de l'anr,ée 1864. - A
propo1 des étrenncs. - Combat de Majoma. - Co¡nbat de Simonouki, 1u Japon. - Caurerie dramatique.
- Lea Lilas blaocs (nou,elle), suite. Lel stations d'hiver : la •ille d'H1eres.
- Qucstions . poli1iques et littéraircs. tlablissement thermal de Vicby. - Cbe,eux blancs et noirs, cbaoson, paroles
el musique de M. G. Nadaud. - Je dine
• filie. - Gabriel Ferry,

r

1

Maintenant, le cabinet Narvaez va-t-il mettre a exécution le programme qu'il avait présenlé a la Reine, et
dont la non-acccptation par la couronne l'avait engagé
a donner sa démission : l'abandon de Santo-Domingo?
JI est difficile de le savoir, en
parcourant tous les commentaires de la presse espagnole. Certains journaux disent oui, d'autres non. L'Esprit public, consi••
déré comme l'organe confidentiel du maréchal Narvaez, se
prononce avee une grande vivacité contre le projet d'aban•
donner la colonie que l'Espa•
gne s'épuise a défendre. Cependant le journal la Correspondencia croit pouvoir annoncer que le projet de loi relatif a
!'abandon de Santo - Domingo
sera soumis immédiatement au
Sénat.
Il y avait, daos le discours
royal, un paragrapbe relatif a
l'ltalie. La presse italienue s'est
cmparée de ce paragraphe, et,
saos s'en étonner ni s'en émou..
voir, elle fait remarquer que ce
paragrapbe aura poar effet d'élvigner plulOt que de rapprochcr l'époque ou les relalions
politiques seront renouées entre
les deux pays. (( Permis a la.
reine lsabelle, dit l'ltalie, de
faire passer, avant les intérets
de son gouvernement, seit sympathies et son amour filial pour
le pere commun des fideles;
l'Jtalie, qui, jusqu'a ce jour, a
pu vivre et grandir saos la
reconnaissance de l'Espagne,
l'attendra bien encore. Les relations diplomati1ues ne se
comptent pas; elles se pesent
et s'apprécient a leur valeur. 1&gt;
On sait qu'en l832 parut la
famcuse encyclique de Gré~'-goire XVI, destinée a foudroyer
les erreurs roodernes. Le pape
\\'''
'
"
1\
Pie IX vient aussi de lancer, le
-.:_,
8 décembre i864, une nouvelle
encyclique, qui est une seconde
(Voir page 419),
édition de celle de Grégoire XVI.

daos une aventure qui peut mal tourner pour elle; elle
est tourmentée par les surexcitations du parti progressiste, qai représente les aspirations généreuscs de la
majorité de la nation.

Growru : Réception des troupes Cran~ai111 daos Durango; - Bataille de Majoma
(!I 1eplembre 1864); - Plan; - Enle,ement du Cerro de Majoma. - Combat
de Simonosaki, au Japou (31tra,ures) Les sl.tions d'hi,er : la ,ille d'lly~res
(1 gravures). - Élabhssemenl thermal
de Vicby. - Cbevcux blaocs et noirs,
puol•s et mu,iquo de 11. G, Nadaud Le moia de décemhre, - Écbecs. Rebus.

REVUE POLITIQUE
DE LA SEM.1I1\E.

La reine d'Espagne vient de
rompre avec to utes les tradi(ions
gouvernementales. Le discours
qo'elle a ré_cemment prononcé a
l'ou,erturc des Cortes espagnoles ~ distingue par un aveu auqoel l'optimisme habituel des
gouvernements ne nous a pas
habitués. La Reine a avoué que
l'&amp;pagne est daos une situation
JICU salisfaisante. C'est quelque
cbose que cet,aveu, mais ce n'est
PIS assez. ll fallait dire en quoi
eette situation laisse a désirer.
Adéraut du discours royal, qui
Glrde le silence sur ce point
délicat, ne pourrait-on soulever
le voile? L'Espagne n'a pas des
&amp;nances florissantes, el la preuve
ea est daos l'annonce faite par
lt Reine de la nécessité d'un
tmprunt. L'Espagne est écrasée
Plr les charges que lui impose
la ~ssion de Santo-Domingo;
elle est engagée avec le Pérou

3 mois 9 fr. ; - 6 mois, 18 fr.; - unan, 36 fr.; - le numéro, 75 ll.
la collection mensuelle, 3 fr.; le volume semestriel, t&amp; fr.
ADO~'NE~IENT8 POUR L'ÉTR~GER :
!\lemes prix; plus les droits de poste , suivanl les tariía.
Les abono. partent do fer n• de cbaque mois.

~~'\

RÉCE!'TIO.N DES TIIOCPES FRA'.'i~IS~S OANS DUR.\'.'iGO. -

�418

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

L' ILLUSTRATION, JOURNAL UN iVERSEL.

~a lui fait plaisir, il ce bon Maximilien ... Et puis ces exlecteur, déchu de ses droits de gou, erner, par un conscil
cellents lndiens sont si heureru: de l'événement, s'il laut
de famille.
en croire les correspondauces du Constitutionnel : c'était
Cet,exemple de la chamhre hessoise parait devenir
bien le moins qu'on cherchat a etre agréable a ces paucontagieu.,.' La dicte du petit duché d'Anhalt-Coelhen vres gens: depuis la découverte de l'Amérique, ils n'ont
a chargé une commission de rechercher les moyens de pas précisément eu des jours filés d'or et de soie. _
faire cesser la situation auormale du pays, dont resouve- Guerre du Danemark: Hurrah! hurrah! hurrah! pour
rain, saos respect pour la constitution, promulgue les les Prussicns ! lis sont br.ives, ils sont íorls, ils sont ¡0 _
lois rejetées par la chambre, en y ajoutant dérisoire- vincibles ! Quel bras pour terrasser leurs ennemis !
ment la formule conslitulionnelle : " L'avis de la diete Quelle voix pour célébrer leur vicloire! A dix contre un
entendu. • Les petits souverains allemands s'amusent. ils ne craiguent personnºe t Honneur U. ces audacieux
Cbaque année, une vente a lieu a !'hotel Lambert, au Gloire a ces intrépides! - ltalie : Florence, capitale du
profit des Polonais malheureux, Au moment oú cette royaume d'Jtalie, évacuation de Rome par les troupes
, ente allait commencer, on aµp renait la mort de la prinfranpises. ..
'
~esse Czartoryska, veuve do prince Adam Czartoryski.
1864. - Eh bien! allez-vous encore railler?
La vénérable princesse est morte subitement a MontQoELQU'UN. - Dieu m'en préserve! j'applaudis du
pellier, oú elle avail été conduite a cause de l'état grave meillenr de mon creur : le souverain pontife lui-meme
de sa santé. Un nouveau deuil a ajouter au1 autres n'a-t-il pas déclaré par sa propre bouche, ou loat au
damnée.
deuils de la Pologne: la princesse Adam Czartoryska moins par celle de son ministre, qu'il ne s'était jamais
« L'Église doit Mre séparée de l'État el l'État de l'É·
élait, en e[el, la Providence des malbeureux.
allendu a ce que no• soldats reslassent éternellement a
glise. » - Proposition condamnée.
Cependanl la vente se tiendra il l'hólel Lamber!, pen- Rome" - La qucstion américaine ... Ah'. pour le coup,
• 11 faul proclamer el observer le príncipe qu'on apdant tous les jours de celle derniére semaine de l'année. l'anoée 1861t, quel µas lui avez-vous fait faire a cctte
pelle de non-intervention. • - Condamnée.
Un service de dames polonaise, supplée la famille abmalheureuse question?
« JI est faru: que la liberté civile des coites et la liberté
sente. Toutes les dames de la Société parisienne qui
1864. - Vous me condamnerez quand vous aurez ,u
entiere garantie atoas de manifester publiquement tooavaient accepté les fonctions de vendeuses pour alléger
1865 a l'reuvre.
tes sortes d'opinions et de pensées conduisent a la cordes souffrances devenues plus pressantes a la suite des
QuELQu'uN. -Ceci n'est pas répondre. Enfin, passons.
ruption des mamrs et a la peste de l'indi[érentisme. »
récent, désastres de la Pologne, sont a lenr poste, et
Ecrivez,
monsieur Prudbomme.
- CondamnÚ.
nous espérons que la vente produira une ample recette.
Litltrature. Des livres bleus, rouges, Yerts, saumons,
« Le pontife romain doit se réconcilier 'et transiger
Les fonclioos que remplissait aupres de l'Empereur cbamois; des volumes, beaucoup de volumes, ríen q!.le
avec le progres, avec le libéralisme et avec la civilisation
M. Mocquard, donl nous donnions le portrait dans le des volumes; pas un livre. De la prose court.-vetue ,t
moderne. • - Condamnée.
dernier numéro de I' Jllustration, viennent dºetre divi- décolletée a scandaliser des hussards, fardée et maquilLe pape a fail son devoir ,en signalant aux fideles
sées. M. Conti, conseiller d'État, est nommé chef du caquelques-uns des écueils de la foi, mais les bommes binet impérial, et M. Franceschi Piétri, attachó au cabi- lée a réjouir toutes ces demoiselles ...
1864. - Telles mreurs, tels écrits.
,
voués a la cause.des príncipes sur lesquels reposen! les
net, est nommé secrétaire particulier de l'Emµereur.
QotLou'uN. - Eh! morbleu, voila une belle excuse;
sociétés modernes, n'auront-ils pas également il !aire le M. Conti reste cooseiller d'État en service extraordipourquoi vos mreurs n'ont-elles pas été meilleures!
leur en revendiquant les droits de la raison 1
EDMOND TEXLER.
naire.
Vous bais:-ez la tete, fort bien, cest la seule allitude qui
ll est bon de remarquer que la nouvelle encyclique

De méme q~e son prédécesseur, Pie IX s'en. prend
directement atu: príncipes sur lesquels, au point de
vue politique et administratif, les sociétés moderne,
sont basées depuis 1789 : liberté de conscience, liberté des coites, séparation du pouvoir temporel.
La seule société cbrétienne est celle ou les sujets
obéissent saos discuter a leurs princes, les princes au
pape, et le pape a Dieu seul, oú l'unique coite public
est celui de la religion catbolique, et oú le crime
d'bérésie esl puni avec toute la riguenr des lois.
Nous allons citer quelques-unes des propositions condamnées par l'encyclique.
« La puissance civile, méme exercée par un prince
infidele, possede un droit négatif en matiere religieuse;
elle a done non-seulement le droit d'("Cequatur, mais encore celui d'appe! comme d'abus. • - Proposition con-

!

vous conviennc.
do 8 décembre, non· seulement ne tient pas compte de
Tht!átrcs . Comédie-Fran~aise : Maitre Guérin, ou C.
LºINVllNTAIRll DE L'ANNÍlE 1864.
J'inOuence que les évéoements survenus depuis soixantequi
prouue que !'esprit ne fait pas la gaieté, et qu'un noquinze ans ont forcément exercée sur les esprits, mais
QuELQU'uN. - Hé ! madame l'année 1864, avant que taire malhonnite homme n' est pas beaucoup plus divertuqu'elle nous fait rétrograder jusqu'au moyen age. Si vous ne passiez le seuil de \'éternité, ayez l'obligeance
.~ant, pendant cinq aete.r;i, que ne poun-ait t'etre un notain
l'on suivait a la lettre le manifesle du saint-pere, il faude vous preter a une petile formalité.
vertuew,: et sans tache.-Académie lmpériale de musique:
drait recommencer les guerres religieuses, courir sus au
1864. - · Une formalité! la,¡uelle, s'il vous plait?
Roland á Ronce,,aux, Poéme héroiqu~, musique béhuguenot, rétablir l'inquisition ,. rééditer le décret de la
Qu,wu'uN. - 11 s'agit de nous aider toul simplement roique, chantenrs héroiques, recelles héroiques. Accarévocation de l'édit de N,.tníes; en un mot, raser coma procéder a votre inventaire.
blés de tanl d'héroisme, les abonnés supplient la d1rec•
plétement le grand édifice de 17K9. Saos examiner si
t864. - A quoi bon? Laissez-moi, je vous prie, me tion de changer un peu plus souvent le spcctacle. Láches
cela serait juste, est-ce possible 1
: recoeillir a ce momeo\ sGpreme, et ne me troublez pas
abonnés! - Cirque Olympique: Ltoiará et l'Écuyerqua11 parait que, tuul comple fait, le nombre des prétendaos mes réfl.exions.
drumane, bumiliation du singe par l'bomme : paum
dants, daos le Sleswig-Holstein, est aujo11rd'hui porté
QueLou'uN. - A merveille, je suis charmé de vous papion ! moins beau, moins souple, moins lesle, molos
a sept, - un cbi[re cabalistique: - le duc d'Augus- voir en de si sages dispositions; l'inventaire don! je
tenbourg, le prince de He~se, la branche Eruestine de prends la liberté de vons parler est précisément la cbose brave que M. Léolard, et pas bacbelier es-lettres. - Elil
la maison de Saxe, la Prusse, l'Autriche, et en dernier la plus propre do monde a vous fournir la matiere des de la revue au ThéátreJJéja,.t ·et aru: Fplies-Marign,.
lieu la Baviere, qui fait valoir les droits de la maison méditations oü vous avez le dessein de vous plonger. Que la revue bete s'éloigne, tant mieux ! Et que la reme
fine, spirituelle, railleuse et hardie la remplace: ce sera
Palatine. On parle, en outre, des revendications du Commen~ons done tout de suite, s'il vous plait.
pour nous une toute nouvelle conna1ssance qui noos
comte de Rantzau, qui a été exproprié par le Danemark,
186•De
grace
...
surpreudra
bien, et a laquelle nous trouverons mille
et de celle, du comte Styrum, qui se rattache a la maison
Qut:LQu·UN. - Commen~ons, vous dis-je; ce sera si
agréments.
Mouvement
de la presse .•.
d'Oldenbourg par des liens de paren té.
t&lt;it fait; !'affaire d'un quart d'heure, tout au plus.
1864.
Et
la
liberté
des théatres, mon éternel hon•
Du reste, il ne faut pas se dissimuler que plus il se
1864. - Allous, puisque vous l'exigez absolument, je
neur,
vous
l'oubliez?
produir&amp; de nouveaux prétendants, mieux cela fera !'afme résigne.. . lnventoriez done a votre aise.
QuELou·u•. - Ah! pardon, mille fois pardon : en,¡.
faire de la polilique prussienne, et c'e3t uniquement pour
QuELou"uN.-A la bon ne benre, vous etes une année tout
gagner du temps el laisser les prétenlions nouvelles se a fait raison nable. Hola!monsieur Prudbomme! approchez, rité, je ne sais oo j"avais l'espr1t. La Liberté des thldtra;
produire, que la Prusse demande !'examen le plus dé- je vous prie, calligraphe illustre, vous passez la fort il écrivez, monsieur Prudbomme, écrivez : la plus recoade
des libertés; grace a elle, nous avo ns vujouer Moliere ala
•
taillé de toutes les préteotions déja connues a la succes- propos. Prenez r.ette plume fraichemeot taillée. Voici
de Porte-Saint-!lartio el au Théatre-Déjazet; elle a fondi
sion des Duchés. La durée du temps qu'il faudra pour 'l'encre et du grand papier; écrivez de votre plus belle
examiner et pour classer ces diverses prétentions est ronde: Inventaire de l'an 1864 de l'ére chrétienns, dressé le TbéAtre-Saint-Germain, qui es\ resté ouverl pendan!
trois semaines ...
d'autanl plus difficile ii. calculer, que la Prusse entend pendant le dernier guari d'heure de ladit, ann~e :
186•. - Allons, voila que vous raillez encore.
soumettre aux jurisconsultes de la couronne le:i préReligion. Église catbolique : rien de nouveau. ProQrELQu'uN. - Eh! bien, j'ai tort, j'en conviens. Ld
tentions qu'elle met en avant pour son propre compte testantisme : grandes dissensions intestines : t( - Vous
plus
petites libertés oot du bon; celle-lá, un peu 11mide
au nom de la maison de Brandebourg. Par celte tactique ne precberez plus!- Nous precberons! - Vous eles des
au
déhut,
senbardira bientot. Que le gouvernemen~
habile, la Prusse aura tout le loisir désirable pour .pré- philosophes ! - Vous eles des oppresseurs 1 - • Les cagrands
diclll,
ne s'olfense pas de mes paroles, qu'il ne
parer les voies rt. ses mesures annexionistes.
tholiques regardent et écoutent attcntivement, en bénisLes a[aires de l'éleclorat de Hesse semblent prendre sant Dieu de ces benreuses querelles qui ne peuvent que nous la reprcune pas, cette innocente liberté, et quºil
daigne nous en octroyer quelques ·autres t
une tournure sérieuse. 11 est constaté que l'état mental
tourner a la gloire et au profit de l'Église.
.l1o&gt;;vemC11t de la presse : Création du Grand Jou,,,.L
de l'électeur ne lui permet plus de gouverner. Les Élats
Philosophie. En femme qui se respecte, la pbilosophie Un mctre carré de superficie, ou il peu pres. Rien o'embes;ois ont e1posé avec une vérité dé,olaule la situalion
n'a point fait parler d'elle.
pécbait d'olfrir aux lecteurs autant de matieres dans une
de ce petit pays, don\ le sort es! livré aux caprices d'une
Superstitions. On a vu, comme par le passé, beaucoup
intelligence maladive; on assnre que les agnats de la de gens croire a la mauvaise inlluence du veudredi. Le reuille pliée en quatre ou en buit : les articles o'au·
maison électurale vont faire des démarcbes aupres de spiritisme a continué a détraquer complétement de raient pas été moins bons et la lecture en eüt été pi•
la diete fédérale, ponr faire déclarer !'incapacité du sou- pauvres cervelles infirmes, et il grossir le chapitre de la commode; - mais les Parisiens voulaient du noutelll,
meme génant, on leur • dooné du nouveau. - Le p,.-¡
verain el la nécessité de ponrvoir • l'administralion dn
betise
bumaine.
Journal est arrivé au cbi!Tre de un m11liard d'abonnés-•
pays par un conseil de régence. On désigne déja, comme
1864. - Vousetes bien dur pour le spiritisme.
envi ron; je néglige les millions; c'est un peo plus que~
fulur régent, le prince de Hesse, héritier présomptif de
QuELQU'UN. - On ne saurait l'etre trop, et je le prou- population du globe. ll continue a ne poinl íaire deréla couronne électorale.
verai avant qu'il soit longlemps. Vous, l'année 1864,
Les précédents ne manquen! pas dans l'histoire recente vous ctes montrée beaucoup trop indulgente a ce Uéau clames, il ne point batlre la caisse, il repousser sans pitil
de, maisons régnautes d' Allemagne. Le grand-duc de ridicnle et f11neste, et vous anrez a vous en repentir ces aoecdoles impossibles qui s'ébaltent librement daJI
les colonnes de certains journaru:, sous le nom vulgail'
Bade a été longtemps régent du pays don! il esl aujour •
daos l'autre monde. Mais contínuons ...
de cana,·á.s, a ne ílatter aucune individoalité, ancll
d'hui le souverain, et le duc de Brunswick a été déclaré,
Politique. lntroni,ation d'un empereur au Mexique. Si
pour des faits moins gravea que ceru: qu'on attribuea l'é-

pouvoir'. ~u_cune cl~e de citoyens, á direa tous les plus
dures veriles, manier saos tr~ve ni repos le fouet sanglant de la sat1_re ... el a donner des recetles contre les
engelures.-Tnbunaux: Des empoisonnements descoups
. ' d.1es, des
.de~ couleau,
r .d des
d coups de poignard , des meen
in an tc.1 es, es étranglemcnts, les forfaits du Comité
des !re1ze, et antres crimes atroces. -Travaux publies .
Acbevemeut do Tribunal de Commerce' triompbe d~
style fol atre, achevement de la gare dlls Nord ...
lS 6•· - Ah! ah! qu'en pensez-vous?
QuE1.ou'_uN.- Un noble édifice, comme disent nos amis
les AoglatS. - Sciences: De grands efforts dwt l"année
1865 recueillera peul-&lt;ltre les résultats '
M p
.
.
. . Run_uo~11E, .. - Tultt alter honores, comme disait
le ¡enne Virgile.
~ uRLQu'uN. - Monsieur Prudhomme, vous etes ici pour
éc~1re et ~on pour parler; ne l'oubliez pas, et ne faites
pmnt de patés,- -Les naluralistes se disputen! sur la que•t10n des géneration, ,pontanées; les physiciens font fa
cour a~ sole1l pour ledécider a colorer ses épreuves pbotograph,ques; M. Matbieu (de la DrOme) se mcle de plus en
plus rndJScretement aux relatioos de la !erre et d 1
lu_ne, et n'entend pas qu'un orage éclate ni qu'un n:uv:
deborde saos que ces acc,dents soient autorisés par s s
cal cuis ; M. Nadar ne cesse pas de rever au moyen :
oou.s ~nvo.yer a tous les coins du monde sur les grande
cbemms de l'air, de proclamei- l'inanité du ballon et d s
promettre !'~venir A !'hélice. - Beaux-Arts : Le ,alon~
Grande bata11le. de la critique autour du Sphina: de
llor~au. Le v1eux moostre mythologique ne s'attendait guere, saos _doute, a passionner, au bout de trois
m1\le ans, des íemlletonistcs parisicns. ce rcoain de
dpularité
·
fdoit lui .paraltre assez doux, et', franºb
e ement,p~-,1
mt un ameux c1erge il M. logres et aM. Moreau. Grand
pru décerné á la statue ébaucb~e d'un sculpteur mort;

ª.

419

QUELQu'UN. - Eh bien! pourquoi 'crier au scandale des m é d' . .
lorsque je rapproche ce que les femmes mclentsi agréa'.
délu~ es aut1qmtés et de curiosités de toote sorle:
blement?
can a ~es, pendules, meubles fouillés, reliquaires
M. PRUDITOMME. - Au fait ce!~ me parait fort 1 ._ ::eux chmois et o,¡eux indiens, statuettes, crucifix, la~
que...
'
og,
eaux, v1e1lles et ¡eones éto1Tes .

I

Q11ELou'11N. - Monsieur Prudhomme veu·11
·p
'
1 ez nous
e argner fOS marques d'approbation aussi scru 1 menl que vos réllexion- critiques. A votre plome~~:~::
plume !. .. Mais non nous voic1· au bout d 1. .
e
.
.
'
e no re rnventa1re; Je n'aper~ois plus rien qui vaille la peine d'etr
noté. Je vous rend; votre liberté Votre
·1
e
.
.. .
serv, eur monS1enr Prudbomme. (A l'année
, ) Et
'd
186
l'année passée' je ne vous retiens ~as d:ºv:'i:1a;: a:e
revoir !
... u

b Souds les mains des successeurs de Boule, l'ébene le
o1s e rose se marient .,· h
·
'
s
J,
• .:il
armomeusement avec les
eto[:st les _métaux préc,eux, qu'il est difficile de songer a maliere en préseoce des miracles de l'arl.
Une consp · t'
f
t
1
. ira JOn est ormée pour attaquer !'ame par
~os es seos. Le soere, le caramel, les fruits confils la
pate tendre se pr t a I d
'
, .
•
ien · P us e mélamorphoses que
".:n. mven;a Ovide, á plus de changements que n'en
e,i ,~agm, ~rotée, il plus de combinaisons que la cbi-

1864 (souria11t tristement).- •Au revoirI vo '
,,, pas. Ce n'esl pas «Au revoir 1, qu"on dit ::;
années, c'est: « Adieu ! »
.
.
, es
QuELQu'uN. - Vous avez raison. Adieu done!
1864. - Vous m'en voulez beaucoup?
QuELQu'uN. - Moi 1 non en vérité pauvr .. ·u
née; peut-étre meme te 'regretterai-je a ;:/n1~sª~:
vestre procbaine.
Y
186, . - Je ne •eru: pas le soubaiter
QoELQu'uN. - Voila une bonne paro!~ ... Adieu, adi
encore !
. eu

;¡:~r

m1e nen eul fourm A Lavoisier daublé de Berzéliu,.
d 11 ne ~ut pas cro1re, ¡\ Athénien,! qu'il soit faci le de
on~er .e~ cadeaux d'étrennes; il ne .suffit pas d'avoir a
s::tpos1l1on le nerf do cadeau et de la gverre, l'arg ' il faut encore, - surtout • l'égard de certains
personnages, - fairc preuve de bctucoup d'invention
ou tout au moins d'.ingéniosité.
'
Q~ao d le feu prmce' de MetleraiclI était le ministre
~,mmpote_nt que vous savez, M. de Rolhschild celui de
d ,enne_ (11 y a des Rothscbild partout), fil 'a la filie
I u prrnce un cadeau qu, €SI resté célebre dáns

1864. - Adieu ! (Sur le point de pa.&lt;ser la po,t d l'
tcrnité II
e e •' e e se retourne, soupire d:une uoiz eteinte
Ohé! Lamber!! et disparalt. )
X. FEVRNrr.

tes anh•ales _germa mques du jour de l'an. Mil• de Metermc avait bu1t ans · le b
·
h' • ·
fil f b .
.
anqmer are i-m1lhonnaire
filie a riquer une poupée de la grandeur de lajeune
' tu1s il commanda pour la poupée un trousseau
comp et de prmcesse impériale, robes de brocart,
dentelles CD po1nt d'Angleterie et d'Alenfon; cbaque
';.ouc~o1r vala1t cent éeus, et au cou de la pou1eeLes enroelait
·
d un collier de perles de 40 , 000 francs.
pnnce, e Melternich n'aurait jamais permis qu'un
banq01er pr,t la liberté d'envoyer a la jeune princes•e
i-a fill_e un trousseau et un cnliier de perles ... Mais u~e
poopee,cela n'a pas d'importam:e, cela ne se refuse pas.
V~1la, certes, une /a~on dél icate at galante d'offrir a
w,e ¡e~ne filie de grande maison des robes et des bi¡oux. J a1 cité l'anecdote pour que le procédé p1it servir
A quelq_ue lecteor de 111/ustration qui se trouverait daos
la pos1t1on, - je nu dis pas embarrassée, mais emharrassante, - de M. de Rolhscbild.

1:

IL

A PR0P0S DES ÉTRE~JIES.

v ·· ¡ .
o1~1 e ¡our de l'an, et il ne faut pas se dissimuler
que I ant1que usage d'offrir des étrennes n'esl pasen-

ell: est adm1rable, cette statne, puisqu'on lui a donné le
pr1x. « 11. faut _enc~urager les vivants, récompensons les

core aboh.
Je suis pour l'échange des cadeau1. Que l'oo s'envoie
morts, • s est d11 le ¡nry. Tous les raisonnements sont daos au corr.mencement de l'année, ces brimborions qui cou'.
lanature. ~ -E~position d_'Eugene Delacroix. « Cet hom- tent s1cber, rien de mieux, a monavis.
~e-la mérite d,"ller en en fer, » disail un jour un des
Cette vieille habitude ne subsiste-t-elle pas en d , 'l
tnfreres de I illustre peintre, encore vivant alors de toutes nos révolutions, depuis que l'homm: quitt"P\
sortant de&amp; salons du boulevard des llaliens, plu; les forets, s'est constitué en personnage ci;ilisé an
d im pemtre contemporam serail volontiers alié dire a
gentleman, comme disent las Anglais 1
' en
char1table confrere : " Ah! monsieur accordez m . _u
est _done juste' il est coovenable qu'en ce jonr du
,ous prie, la faveur de me do.mner u~ peu. » - m, Je t Janv1er, les amis se rappellent au souvcnir les uns
.186•. - Vous oubliez encore quelque cbose au cha- des autre~, et fetent, par des présents o[erts el refus la
p1lre des Beau.,-Arts.
b,envenue de l'année nouvelle.
·
'
QuELQo'UN. - Quoi done?
Mais ce qu~ je ~omprends moin,, ce que je ne com1864. -;- La suppression do salon des Refusés.
P;ends pas' e est 1,mpót vexatoire (et il en est de plus
QcELou ""· - Ah I vous avez bien tort de 11i'en /air
d une espeee) contre lequel tout , le monde se récrie et
sou, emr : un de vos crimes madame Hél ,
' e que chacun acquitte religieusement.
•
'
·
as. nous na11 t d
nons pas tro~ de sujets de gaieté; pourquoi nous ravir
es es gens qui passent deux mois a !aire des
celm-l a? Esperons que l866 nous le rendra .-1UO
" des ,iou- courses
el des. démarcbes
pour que le total de 1eurs con-,
. .
1 ·b· f
" 11es : Chapeau1 saos bavolet pendants d'orei'le d'
ri a wns s011 redu1t de 5 francs.
d~_mi-pi ~d de ~ong, introducti;n du gigantesqu: d:as ~: . C~s mCmes gens distribueront volontairemcnt, le j er
b1¡outerie, avenement définitif de la bolle pour fe
. Jªº:'.er, de 200 a 300 francs a des etres qu'ils détestent.
apotbéose de la chevelnre rouge, entretiens et le:;:;
S II est un fonct1011naire civil qui ¡oit peu aimé de la
de la Sorbonne et de la rue Cadet
populat1on par1s1enne toute entiere, c'est cet etre omnilR6ó . .- Comment pouvez-vous-;approcber ainsi des polen\ et désagréable qui s'appelle concierge, et que les
cboses s1 graves et des choses si frivoles?
locata1res appellent portier.
M. Pnu~DOY&gt;IE. - Prolanation! profanation!
,suni~gt mille locataires, trouvez,m'eu dix, trouvezQu~wu_uN. - Encore une fois, monsieur Prudbomme m en tro1s, qm oseront s'a1Trancbir de l'impót du cordon.
:•~s eteSJc1 pourte~ir la plume ... Tenez-la, ettaisez-vous'. )101-~eme' qm en _ce moment excite mes concitoyens
oos, madame I année 180., je consens 11 répondre. a 1~ iévolte, ¡e sera, le premier, - je rougis de le dire
~1-II vra1 que les dames de 1864 ont coupé le bavolet - a doooe~, cette année, d1x francs d'étrennes de plu;
~ leur cbapeau, comme Alcibiade avait coupé la queue Amon, po~lier, pour qu'il n'insinoe pasa la noble dame
son cb1en, el par la meme raison, peut-etre?
dont J ai I bonne~ dºelre le locataire, que mon apparte186,. - Cela esl vrai.
~ent, - vu sa s1tuat1on élevée, - est susceptible d'une
UELQ '
E ·1
legere augmentation.
d' Q . uuN. - s1-1 vrai-uºellesportentdespendants
ore,lles plus longs que ceux des sauvages, et des bouCe q_ui manque le plus dans notre pays c'est le condes de ce,nture pareilles a des boucliers?
rage CIVIi.
.
'
l864. - Cela est vrai encare.
Cbez les Romams, - meme au siecle d'Au•ust Qu,Lou'UN - Est•il vrai qu'elle! se chaussent de bolles le cadeau d'élrennes était encore élémentaire.ºs; ue; ria,ec aggravation de glands?
' cbe .c,toye,n, un consul,_ un sénateur, recevaitsans honte .
1864 (baissant les yeux). - J'en conviens
la p1ece_ d o_r que ses chents lui meltaient daos la main
QuELQo'u,. - Est-il vrai que blondes et .b
les parl1cul1ers n'écbangeaient entre eru: que des olives'
daine
rones, sou- 1 des rubans des fig
d ·
'
. meut alteintes de la fievre du roux disent a I'
'
'
, ores e c1re' des dalles' des figues
•on1aque pouah, . F .
'
am- $eches et des rayous de miel
·••• • « a1s-nous rousses ' fais •no os
¡ e ne crois pas commettre· une énormité en
lles ?» .. •
't
he186, ,
dant q 1
··
pre en(a,une voia: faible). - Je ne puis le nier.
d d ue es patric,ens ~e l865 seraient assez mal vus
Qunou UN. - Est.-il vrai' en fin, qu'elles conduisent ~s ames p~ris1ennes, s ,Is se bornaient a déposef cbez
~nrs chapeaux sans bavolel, leurs pendants d'or ·11
e les, avec le _tribu\ de leurs hommages et de leurs
nrs boucles leurs bolles el !cu b
e1 es, vreu1, un pamer de figues seches.
ea~rie. s~ientifique
,
rs e evetu: rouges a la
voyez'. en eiiet, les somptueux étalages oú se déploient
de M, X... el Ala lecinre hilosoplnqqe, h1storique, économique ou littéraire d ~ Z • 1 :es robe, ondol_euse,, les chales tissés d'air et de soleil
, 1864 (triomphant). - Saos doute.
e . .... es préc1euses eto[es, les dentelles aériennes !
'
Le luxe de~ magasins a m~ toute!- voiles dehors. Voici

~

,!'.

EHMOND

Í l.XlER.

---~r----~w-------COMBAT DE MAJOMA.

Le journ_al ófficiel a publié le rapporl du comba! de
Ma¡oma, ou _le c_olonel !larlin a soccombé. Ce comba\ a
ca~1sé une vive impression au Me1ique · il éta·t 1
ra1t, la derniere espérance des troupes 'de Juar~;. i paJuarez, apres avoir concentré pres de Naz 1
lrounes
' rieres
· des généraux Ortega, Patoni et
as Nees
• , regu
grete, en forma le • corps d'armée d'Occide I r d
quatre
mille ·¡cinq cents con¡battants et de vmgt
n_ • ort
d
p1écese
e canon, et I en confia le commandement au gé é 1
Ortega.
n ra
Depuis la défense de Puebla, Ortega o'avait plus joué
un role aclif daos cette guerré II avait levé de no 1·
troupes ·1 t
·
.
·
uve 1cs
•
' t es vra1, ma1s lor~q ue le.~ Fran~ais se Prése terent devant. Zacatécas
n
,
' il évacua e" 1 , v,·11 e saos cornb
altre.
Pato01,
Negrete
s01virenl
la
meme
¡·
d
d · , D
1gne e con01 1e a urango el il Monterey. On atlribuait généralement cette _longue retraite il !'esprit de vertige ou de
~ramte, ma1S on appr1t avec surprise qu'elle était d
a un plan combiné.
ue
Ortega répétait, en eO'et, a ses intimes qu'il attendail
le _moment ou les Fran~a1s se seraieot affaiblis en dissémmant
lenrs forces .sur. une
ligue de 350 r1eues, pour
t t
.
en er conlI'e eux, d1sa1t-1l, « la manreuvre de K0 I O
sur Ka!
· pour se dérober et co uso
. ouga, » e,est ü, d1re
leur hgne de communicalions.
uper
Tous ces projrts furenl mis a néant par l'intrépidité
de la _colonne aux ordres do colonel Martín, cbar ée de
coumr
g
· d les
· abords de Durango. Cette colono e se composa1· 1d e cmq
compago•
de
zouaves
d'one
de
h
,
,
e asseurs a,
p'.e ' et d un escadron de cbasseurs de France; en !out
cmq ce~tlltr~nlde et un combattants, qui eurenl l'audace'
sans
art1 téembt· e campagne, d'auaquer. l'arm ée¡uar1Ste
. . '
¡
or1emeo ta ie, avec vingtpieces de canon sur I Ce '
de !la¡oma.
'
e rro
L'audace n'eilt pas suffi, si le commandant Japy do
2' de zouaves, qui prit le commandement aprCs la ~ort
du regreltable col_onel Martín, n'eüt dirigé l'atlaque snr
le défaut de la cu1rasse de la ligne ennemie. l'extre
bravonre filie reste.
'
me
Le oombat ful sanglant, mai, prompt et dÚisif. Le,

�L' !LLlJSTnATION, JOURNAL UNIVEllSEL :

L'lLLlJSTRATlON, JOUIU'c\L UNlVEHSEL.

BA'UlLLE DE MAJOMA (U septembre i8li4.)

'

juariste a perdu artillerie, bagages, munilions, et s'est débandée tout entiere.
Pour extrait : P. PAGET.

zouaves enleverent a la balonnette le Cerro de Majoma, clef
de la positioa; les cbasseurs ~e
France culbuterent l'infantene
juariste quaud elle voulut. reprendre l'offensive, et le~ ~hasseurs a pied la pourswv1rent
en l'obligeant a abandonner
ses dernieres pieces.
Nos pertes furent cruelles et
nombreuses : le colonel Martin,
le lieutenant Tramond, mouru-·
rent l'épée a la main, et no~s
eitmes un homme sur sept mis
hors de combat; mais la noble
courluite des docteurs Bintot et
Manoha qui prodiguerent indistioctement leurs soins a tous
les blessés sous le canon meme
de l'enne~i, prouva une fois de
plus combien, dans _l'armé_e
fran~aise, le corrs médic~I sait
unirle dévouement a la sc1ence.
Les résultats de la bataille
ont été importants : l'armée

COMBAT DE SIMONOSAKI
AU JAPON.

Les dessins que nous publions
sur le combat de Simonosaki se
recommandent par la plus
grande exactitude et par le ta•
lent du témoin ocula1rc auquel
on les doit. _ Le public nous
saura gré d'avoir reproduit les
principaux incidentsd'~nco~bat
dans lequel notre marme v1enl
de donner une nouvelle preuve
de tout ce qu'elle peut accom•
plir . ....,.. ll régoait au Japon,
moins toutefois dans la population japonaise que parmi les
princes de ce pays, un extreme
mauvais vouloir contre tous les

·

====

.

•iame au 18' bataiUon de chasseur&amp;

uropéens. Ces belles et riches
cantrées étaient fermées au commerce de l'Occident. L'un.de ces
princes da'imios, un des grands
feudataires de l'empire, celui
qui pa~sait pour le plus puissant, avait commis divers actes
d'hostilité contre les marines
étrangeres, et l'on sait qu1une
premiere fois l'amiral Jaures,
commandant les forces navales
íran~aiscs dans les mers de la
Chine et du Japon, avait été
ohligé,. pour venger une insulte
faite a notre pavillon, de donner
an prince de Nagato une sévcre
le~on; que plus tarcl, les Anglais
égalcment, s'étaient vus dans
l'obligation de chatier l'orgueil
de ce prince. - Cependanl ces
le~ons n'avaient pas produil les
résultats qu'on en attendait; les
mers rcslaient fermées,etl'oo ne
tarda lJas it reconnaitre que pour
les ouvrir, il fallaitfaire plus encore qu'on'.n'avait tenté jusquela. - On se décida des lors aune

a pied).

action commune de la part des
diverses marines européennes
représentées au Japon. - C'est
cette action commune combinée
entre les Fran~ais, les Anglais,
les Hollandais et les Américains,
qui a a·rnené le combat de Simonosaki, livré par les forces al.
liées, le 5 septembre dernier;
c'e-st a ce fait d'armes, auquel
notre marine a pris une part si
glorieuse, qu'est due l'ouverture
définitive des mers du Japon :
rérnltat comidérable, dont on
appréciera. plus tan! tous lr.s
avantages, soit au point de vuc
des iotérels commerciaux, soit
au point de vue plus élevé de la
civilisation de !'extreme Orient.
- Lesrap~orts officiels des dellx
amiraux Jaures et Kaper ont fait
connaitre tous les incidents de
. ceglorieux combat; nousn'avons
point a revenir sur ces détails et
nous nous bornons a les reproduire par la gravure.
H. CASTELMANS.

RAT1'ERIF. DR QUATORZE PIF.C.rs

LES ZOUAVES EMPORTllNT LA. POSIT!ON DE MAJOMA. - (D"aprei'..les croquis de M. Marque, cap1

,

ocn PlÍF.

PAR LES ALLIÉS.

�L' ILLUSTRATION , JOU RNAL UNIVERSEL.
L' lLLUSTRATION , JOURNAL UNlVERSEL.
La reprise, d11 reste a été, de' tout point, ce que pouvait
envoyait de longs extraits cités daos les Leqons franqaises soubaiter l'auteur, et ce qu'il avait droit d'attendre d'un
de litterature et de morale, entre une tirade de Corneille théa.tre qui lui doit tant de belles et franches victoires .
CU,\I\DIIHOIE Dlll&amp;ll§l&amp;TOQI\DI•
et de prétendus vers de M. Jouy.
.
décors nouveaux et pittoresques, mise 'lln scene riche e~
Meme alors, ceprmdant, les Truffes auraient dü se b.a- soignée, brillants costumes, halletE, cortéges, tout a été
Bien que l'anniversaire de la naissance de Racine et ter. Apres la Physiologie du gout, de Urillat-Savarin, prodigué a la Suite des Mousquetaires, et, brochant sur
les représentations auxquelles il a donné lieu aient été celte farce eüt paru un peu vieillotte.
le tout, ces habites et vaillants comédiens que vous sale fait capital de cette derniere quinzaine dramatique,
c:est que déja le temps était passé 011 l'on se faisait vez : Mélingue, Lacressonnicre, Clarence, Delaistre
on nous permettra d'en garder l'exposé pour la fin gloire d'avaler douze douzaines d'hu1tres avant déjeüner, W1• Adorcy, tous enfin, tous, et ce n'est pas moi qui Je'
d'un article qu'il envahirait tout entier, s'il paraissait 011 l'on pariait de grosses sommes a qui aurait mangé'le dis, c'est le public qui les acclame tou.s les soirs.
plus vite, et saos boire, vingt brioches ou trente biscuits.
aux premieres lignes.
Il n'est pas si chaud que cela, au Palais- Royal, le puDe Phedre, des Plaideurs, comment en venir, en eflet, Au Parasite des Barras, au Pique-assiette de l'Empire, ·au blic; il ne rit que du bout des dents a l'Histoire d'une
a Une femme, un melon et un hr;rrloger? Comment passer Ventru de ll Restauration, avait succédé le gourmet de patrouille de MM. Albert Monnier et Edouard Marlin el
.
'
des Freres ennemis, si faib\e que soi~ cet ouvrage, a l'En- l.830. Que peut done nous vouloir aujourd'hui le Goin- meme .aux e1centricités
dn Photographe, comédie-vaulevement d'Hélene, le dernier grand succes des Variétés, fre de im. Edouard Martin et Monnier? Aux yeux do deville de MM. Meilhac et Ludovic Halévy.
lorsque le nom, rien que le nom de Racine, nous fait Repu de i864, il n'est plus qu'un anacbronisme, cet
A:u commencement, il est cependant assez dróle, ce
rougir d'avoir seulement indiqué cette derniere insulte homme qui a encore faim, qui a toujours faim, et que photographe par amour , auquel Gil-Pérez prete sa
a la plus adorable création du génie antique.
Pradeau acheve de rendre, invraisemblable par la vérité physionomie de pince-sans-rire. Voila un comedien qui
Un autre motif, d'ail\eurs, nous interdit de nous éten- q11,'il lui donne. Car on partage l'agaccment du jeune n'a guere le don de se transformer. 11 dit a cela qu'on
dre sur cette longue et froide parodie : l'Enlevement ménage, qui, ayant comploté un petit souper a deux, l'aime comme il est, et que personne ne jone aussi bien
d'Hélene est une opérette dont la musique, tres-supé- finit par jeter une &lt;linde truffée, qui devait en faire les que lui les Gil-Pérez; a quoi j'ajouterai qu'avec lui, du
rieure aux paroles, échappe a notre compétence; aussi fraí3, a la tete de l'importun. Sans Berton et Mm• Célíne moins, on saít toujours a quoi s'attendre.
n'en avons· nous fait mention que pour signaler, non Montalaud, dont on se pique d'égaler au moins la paCe qu'on n'attend pas, je !'espere, c'estqueje raconte
sans r¡uelque regret, l'invasion de la musique sur un tience, le public se serait débarrassé plus tót, et avec ci, en détail, comment le jeune comte de Gardefcu s'éthéatre voué jnsqu'ici a l'observation des mreurs bour- moins de cérémonie, de ce Gargantua san~ vergogue, tant donné pour un photographe, attire dans un atelier
que l'exce\leníPradeau a eu l'unique tort de rendre trop improvisé la baronne de Gourdakirch, ni comment, tirée
geoises et populaire&amp;.
' C1est la, du reste, un fait que nous avions prévu et
d'une position si peu délicate par le baron, qui la prend
au naturel.
annoncé comme le plus probable des futurs résultats de
Si le lever-de-rideau de MM. Martín et Monnier a pour pourune a.utre, cette noble dame se jointa son mari pour
la liberté des théatres; nous le constatons aujourd'hui défáut de n'elre pas assez moderne, en revanche, les trois ínviter 6ardefeu a'Ses samedis. Un tel sujet indique déja
sans humeur, sans vouloir surtout, le moins du monde, actes de MM. Labiche et Delacourpechent par l'exces de trop les situations et \'esprit d'une piece 011 l'invraisemen faire un reproche aux administrations thM.trales; il la qualité opposée. Le réalisme le plus actuel, le plus cru, blance et la crudité du fond ne sont sauvées ni par la
nous parait seuleruent imputable a cet épuisement de la s'étale dans le Point de Mire, avec tout le sans-gene qui gaieté, ni par le naturel, ni par la délicatesse de la
veine dramatique que nous signalons chaque jour, distingpe ce ftls naturel et mal élevé du xrx• siecle.
forme.
tout en admirant qu'il ait pu etre retardé si longtemps.
Cependant tous les gotits sont dans la nature, et il n'est
Il y a pourtant la un détail qui a bien son prix, • '
Que\ aveuglement, en effet, quelle ingratitude n'y aurait- pas impossible que ce tableau vivant ne soit pas sans comme le~on de morale, et encore plus comme signe
il pasa en chercber la cause principal e ailleurs que daos attraits pour quelques-uns de nos lecteurs. Si done vous du temps : c'est le valet de chambre du susdit comte
!'admirable fécondité qui a fini par se produire? Chez etes curieux d'assister a un des lundis de M. etdeMm•Car- de Gardefeu, qui, élevé pour un moment a la dignité
tous les peuples dont le théatre a lieu d'etre compté, bonel naguere encore limonadiers a Courbevoie,aujour- d'aide-photographe, se met a tutoyer son maitre et a
sa période originale et active a rarement depassé le terme d'hui gros rentiers retirés je ne sais ou; si vous tenez a lui frapper sur le ventre. Cela rappelle, dans le fait side vingt--cinq années; en France, elle se poursuit, avec pénétrer dans cet intérieur infime, et a savoir comment non dans l'intention des auteurs, le jeune menteur de
plus ou moins d'éclat, depuis pres de trois siecles; et vivent, et quelles gens voient ces petits cafetiers, qui Corneille, réduit, pour soutenir ses impostures, a invoaujourd'hui encore, c'est-a-direen un tempso11 lesscenes ont fait fortune en vendant et en servant eux-memes quer le témoignage de son valet. Pourquoi pas, en effet!
des autres nations vivent d'emprunts faits a la nótre, on des demi-tasses de chicorée et des petits verres de Le propre du vice est de rapprocher les conditions, el
ne saurait parler du déclin de cette derniere qu'en la rhum Claparede ou autre; s'il vous intéresse d'appren- c'est par lui que nous arrivons, pas a pas, a cette égacomparaot a elle-méme, qu'en lui opposant son midi.
dre que, dans le salon de Mm• Carbone!, il gele si lité regardée comme la plus noble conquete du dix-neuL'honneur est done sauf, et, grace a lui, rien n'est la fenetre est ouverte, et il fume sí elle est fermée; vieme -siecle, par tant de laquais utopistes. Pas sí utopisperdu; mais, pour le moment, le fait existe; les direc- si vous aspirez a connaitre M. Duplan, ancien ha- tes, peut-etre. Déja, au Vaudeville, nous avons une piece
teurs l'aoousent, non-seulement daos les spectacles qu'ils bitué du café Carbone], resté fidele chevalier de des mieux tournées, des mieux écrites, ou un domestinous donnent, mais encore, et plus haut encore, s'il est l'ancienne dame du comptoir, et le fils de M. Du- q•Je se cro1t aimé de la femme de son maitre. Cela s'inpossible, dans leurs doléances privées. Tous se plai• plan, qui ne sait s'il aime Mil• Carbonel óu Mil• Pérugin; titule les Erreurs de"Jean; mais c'est la un faux titre, n'en
gnent de la faiblesse des nombreax ouvrages qu'on leur si, de plus, vous ne voulez pas mourir sans savoir p:ir doutez pas : Jean ne s'abuse pas autant que l'auteur
présente, et, devant une si stérile abondance, plusieurs, qui est enfin touché ce point de mire de deux meres veut bien nous le dire, par respect humain, je suppose.
- comment les en blamer? - s'appliquent le bénéfice aussi terribles que les Meres terribles de MM. Chivot et Allons, courage, messieurs les valets, le jour des gran·
du vieux dicton : Ce qui-ne vaut pas la peine d'etre dit, Duru, jouées cet automne a l'Odéon; alors, oh! alors, des saturnal" approche, et elles dureront plus d'un jour,
allez voir le· Point de mire de MM. Labiche et Delacour. celles-la. Aussi bien, puisque le maitre d'aujourd'hui
on le chante.
Alá bonne heure, mais qu'on le chante juste au moins !
Avec M. Labiche, d'ail\eurs, si peu gai que soit le sujet, était le valet d'hier, et vice versá, pourquoi y mettre taot
Qu'a défaut de !'esprit, les oreilles soient satisfaites. il y a toujours le mot pour rire dans la piece. Les situations de fa~ons? Embrassons-nou~, Folleville, et que tont
Qu'on ne nous donne pas des chanteurs pour la forme, plai5antes n'y manquent pas non plus, et l'effet en est
et des chanteuses pour l'unique plaisir des yeux. A dé- d'autant plus certain, qu'il s'est déja produit, avec soe- finisse!
Encore un moment, cependant, le temps de dire un
faút de voix de poitrine, ayons des voíx de tete, et meme ces, dans maint autre ouvrage , grace a des moyens mot du deux cent vingt-cin'quieme anniversaire de la
des voix de nez, passe encore; mais ne sortons pas de
nais~ance de Racine. Ce ne sera pas long, car déja vous
tout pareils.
ces régions é\evéei; c'est au go~ier, et non aux jambes,
Le Point de mire est en outre joué a merveille par savez comment le Tbéatre-Fran~ais a solennisé ce beao
de faire des trilles et des roulades; jamais un mouve- M119 Mélanie, par Blaisot et par Lesueur. Je nomme jour, et je ne vous apprendrai rien de plus en ajoutant
ment de hanches, si indécent qu'il soit, ne remplacera Blaisot avant Lesueur, parce que la pal~e du commun que Phedre, les Plaideurs et les deux derniers actes de la
un point d'orgue. Passons-nous, s'il le faut, de l'ut de lui appartient dans ce concours ou Menehand, Victorin, Thébatde, ont été joués dans la maison de Moliere avec
poitrine, ce n'est pas moi qui m'en plaindrai, mais ne Widmer, Frances et Boudier ont mérité, ex cequo, la troi- autant de perfection que de respect.
tombons pas daos l'ut de maillot.
sieme place. C'est au point que, Mm•• Montalarnl et PierJe m'étendrai un peu plus sur le Vaudeville, qui,
L'impresario qui s'abaisserait j usque-la serait absolu- son empruntent d'un tel voisinage une distinction qui seul, s'est distingué de cette ribambelle de théatres, si
men~ inexcusable, attendu que rien n'est pour l'y con- qui n'est certes pas dans l'esprit de leurs personnages. · prompts naguere a jouer Coroeille et Racine, et qui,
traindre, dans l'état actuel des choses. Les sujets ne Elles assainissent, elles parfuruent une piece ou l'on d'un si beau feu de paille, n'ont pas meme gardé de
manquent pas pour la muliique, s'ils sont rares pour la étoufferait sans elles; elles en bannissent l' odeur de cuiquoi a\li;mer un lamy,ion.
comédie. On trouverait, en ce moment, plutót vingt té- sine et de renfermé qui y rentre des qu'elles sortent;
Honneur done a la direction du Vaudeville et a ses
nors passables qu'un médiocre premier role de comédie, grace a elles, enfin, sous cette cloche a Béotiens, on excellents acteurs ! Eux aUS$i ils ont joué les Plaideurs, et
de drame, ou meme de vaudeville.
croit par instants respirer un double zéphyr venu de si je n'avais a parler que de Mm•• Lambquin et Laurence,
Malgré cette disproportíon dont il ne souffre pas moins l'Attique. - S11is-je assez galant aujourd'hui?
je dirais, ma foi, je dirais que nulle parl les Plaidelltl
qu'un autre, le .Gymnase ne s'écarte pas de la bonne
C'est sur un ton plus sérieux qu'il convient de parler n'ont été mieux joués.
voie ; sauf une ou deux erreurs qui ne. lui ont guere de Mm• Duverger, cette zélée comédienne, qu'une nouQuant a Saint.-Germain, Ariste, Ricquier et Colson, ils
profité, il est resté fidele au genre mine, qui a fait jus- velle création au théatre de la Porte-Sainf-Martin vient ne pardonneraient pas q~'on les pla~at au-dessus ni
qu'ici sa fortune et son bon renom. C'est. la une j ustict de fair~, ala fois, reine d' Angleterre et du boulevard, en meme au niveau de \eurs maitres, des maitres de la coque nous lui rendons volootiers, et c'est aussi une rai- attendant mieux. Passer du personnage de Marguerite médie, aussi dirai-je seulement qu'ils s'en sont montril
son ajoutée a bien d'autres, pour ne pas juger trop sé- Baudry (daos les Drames du Cabaret) a. celui d'Henriette
dignes éleves.
verement les deux dernieres pieces qu'il vient de nous d' Angleterre (dans Vingt ans aprés), ce n•~st pas !'affaire lesDe
Phedre, il va sans dire qu'il n'en a pas meroe élÍ
d'un simple changement de costumes; il y faut encore question : le Vaudeville a bien le droit de jouer la trt
donner.
La premiere, - un petit acte intitulé les Truffes, ce don de transformat(on qui est le signe &lt;les vrais artis- gédie, mais il a trop d'esprit, et il entend trop bien~
bien que signée de denx auteurs jeunes encore et d'un tes, des comédiens de race et d'étude. Oisons simple-· intérets pour jamais s'en avouer coupable. La tragédil
esprit habituellement tres-moderne, remonte, comme ment, et pour tout éloge, que, de cette décisive épreuve, n'est bonne que pour les théatres subventionnés, AD
inspiration, jusqu'au Directoire. Peut-etre eüt-elle fort Mme Duverger s'est ~rée avec éclat,
réussi a. l'époque 011 BercboITT écrivait sa Gastronomie, et

'

'

reste, lamo~estie du Vaudeville, si elle a lui cou~·t~é~dd'';un~e~cll;-~ilil~~~~~~~~~~i~~~;~;~:-----:------ - - - - -- ---~4~2~3
. ole
p_art,hooneu,
elle hn adepro~té
de l'autre,
en lui épargu:~t,le sté- et
elle,ésgnée.
s_embla s'absorber danst une reverie mélancooque
l'
dele,r,,
des Thébaidts.
::;;''.' m'est ':stée de ces instanIs; elle me f,app,
C'est une idée co~me une "Jtre que d'exhumcr, tous
les ans,'exune des m01ns
bonnes pieces de nos trag1ques,
.
e
P'"'.' ~n public, revue, co,cigée, et considé,-ablement
\ abregee; ll y a meme daos un te! p 'd,
t de
te d'ob t' t·
..
'
roce e, une
s '","ºn na,,e, que je contempleavec la "''"
de respect qua le sauvage pour l'innocenL
A cette simplicité pourt t ·
'f
'
an , Je pre ere encore celle de
M. _de BeanD10nt, qui, pow, l'anni,..,aire 'de Racine
''"' •~ut •mplement dema•dé • M. Edoua,d Fonrni,;
""' p.eee de ,u-constanee, ee clulrmant llaeim • U.~
'" r&lt;ls1'r~ de cireoostanee tant que Racine sera !u¡'
me1oedec1rconstanceetquelesfreresenne . l
m1sne e seront
pas.

le la '"mv&amp; si belle et si touchante aiusi, que les la&lt;tmees
vmre~t
rnermdeevant
ll aux yeux, et je fus tenté de me prose ,.
. Pour ~ésisler a l'émotion dont je me sentaís envah1
Je me detourna1· et '
h . ,
'
• . b
m apprnc " d un groupe qui causait
vo" ,sse; Emmanuel s'était remfa a feuilleter négli
gemment un album et pe d t .
tendit
. '
n an quelque temps on n'en• que le brmt des jetons et des""" paroles échangees par les joueurs, jouant le whisl avec tout le silence
sao-,mentel.
la - Schlem ! '.º~s !tes sehlem ! hem ! hem ' o-ia en fin
d petite ~01x flulee du vieux comte,etdans le transport
e. son triomphe
. . toute ·.,¡_
, . ' 1·1 se 1'"""un, ,mcrté
oans le séjouc de Racine a u,es, l'auteur a "' trou,e
en repet,nt "" satléW son o-1 de jole tan¿ que
,on-:eulemen_t un_ motif • apologue, mals encore le
a
dame Dmleux semblalt consterné.'.
iet
_d
une
vra1e
p1ece'
sino'n
d'une
piece
tout
a
f
·t
Ic1'.
idl
fut
~ncore
évident
pour moi que la comtesse
vra1e.
a1 vena1t
e fa1re
un coup
d'État.
S

'°'

su'.

ti'?

,.,.u,

_' ·'"' que ¡e pu,se me l'expliquer, et elle ne me
qmtta
plus depuis.
J'ai oublié
de dire qu'E
1
. .
.
.
mmanue ,~ mellent music~en, quand il ava1t vu que sa cousine et moi nous caus1_ons a part, il s'était levé négl1·aemment e·ta1·t alle' a
p,ano !et s' 't ·1 . •
'
'
u
e " m,s a promener doncement ses mains
su_r le_s touches. Une de s_es habitudes e'ta1·t de ne J·amai·s
ne~ ¡onc, de omnu, maos sa mémofre était telle et il
ami tant In de muslque, qu'il se Iaissait aller ad;s impro:•sat&lt;ons
pfil1alent sou,ent de, réminlseenees,
m'." '.º'.q?eiles ¡¡ sa,ait cependant donner un eaoh,t
qm lu! e_ta1t_propre: tandis que nous causions, Blancbe
et mo1' a.vo1x ba.c;se' ,·¡ sembla,t. prendre part • notr,
oin,ersabon par un areompagnement mélancollque ·et
.ague_- s:ns dépasm les homes de confiance que semblalt Just1fier la scene
qui avait
inauguré
. ,
Blanche
entrevoir
plutót
qu'elle cette
ne· mes&lt;nree,
tra·t l me laissaít
·
moo-

º"

ª:::

La pléee tout afait vral,, qui nous eúl montré R
a U~esd, n'eút p,s été fort amusante, tand~ que

.

1 ans prononeer un sen! mot, ,t felgnant de ,rolre en rol: es secretes ;m"tumes de sa sltuatlon, ,t mes pae '?yant ~ehout,. que le ,lellla,d voulalt se refuer ',u,
s, qumqoe p emes de résem, lul lalssalent com-•
sort1r e, la vraisernblance la plus exacte, l'aut:ur est dª;ªlt sonn~; un domestique était entré avec la pré;ision pren~e que JC les avais devinées; en échange, je luí
arvenu .. nous mont l
un serv1ce automafq
d . 1
parla1s a mon tour des épreuves que J''ava1·s sub1'es d
.
rer e g,and Racineen ge,me dans
.
.
, ne epms on,,aterups niglé et
é
e
an
'
ma m.re, de n°".e '.mour mutuel, de mes t,avau,: et,
P Racme adoleseent, et natureilement amoureux L pr~nla,t son hcas á son maltre.
plus doux intéret anime cette préface d'. 1 " ,
: e . L ivresse de s_on succes l'avait sans doute d1'spose' a· ""n- sans r1en d1r~ q?• put me faire croire que tout cela eut
. r .
.
ª ouee, qm est
tmu ¡
w
pour elle un mt et t· ¡·
a a ,ms ee le de l'homme fra•ile que 1n 0 .
.
er a parne, d~s . l'espoir d'un sue&lt;és nou,eau, '
parnn "'' elle aemhlait cependant
do1grand poete
1 qui nous domi~e.,. mais º:at~:ons, et quand, au moment ou il se disposait a se rasseoir il l éco~ter avec l i~dulgence d'une ame bonne et sensible.
·¡· r ,
'
ureuse- aper"ut le bras d
¡
'
Qm ne conna1t ces conve s t·
·
'
'"' a ,oree d'en reste, moi-m!me A la préfaee
.'
u "et toujours respectueusement et
.
r , rnns ou aueune parole
de eeueme,h_arma,te comédie, et d'en remettre la suite • patmnment tendu "" lul.
..
qu'un '"" ne pút entendre n'est pconon,ée, et eepenment
•• pro,hame causerie. Ra&lt;.in&lt; • U'"8 anr, paro alora
U regarda d'abo.-d cet homme ovec surprise, pu~ son dant au,ro~d desquelles on ,roit sentir palpite, quelque
~os. eette forme du llne a !aquelle ¡¡ dma un second rega.-d _gbssa de lui '1a comtesse; Blanehes'était "'"" chos, d mUme, detendreet de,oil!? Les femmes sur""'"' et Je pou,rai, en en tra¡ant le canevas laisser et tenaol ses yen, obsllnément bai~és, de sorte qo'll ne to~t "'"llent -~ans '.es eutreliens, tout composés de dede temps
causer le poéte lul-méme. '
pul les rencontrer. eomprit eette altltode saos d t
m_,-temtes, " ¡ ose run~ parler, et Blanche était femme

i'

~ "".'P'.

11

. Pour ,u¡ou.-d hm, faute d'espaee ou &lt;le mesure apeine car •~ns dlre un. mot, sans pousser le moi~dre he•~ e,
Je encore
~e dro1t def dire que l'interprétati¿n de la ilpr1t
?bel1t
1ece
est
e avec
bras la
du'passivité
do t· d'un enfant qui se sent doi:~·e;·'
.
vra,meut par aite, et que Miste, Saiot-Ge..mes ,que et se retira ,ans •
'."'n, Colson et y .. Derleus et Laurenee, leurs qualltés t,urnor la téte.
meme
P
etant données, y font assaut de talent et de zele.
Cett~dfois
e?core,
comme
plus
haut,
je
fus
convalneu
que, s1 espotique que fut l'empirc du .
.
·t · d
.
v1eux comte 1¡
e _a1t e certams moments oü, quand elle s'y vo ait
A. DE BE_LLOY.
cee, ~l~n~be savait utiliser son influence sur r!spr1·todreson v1e1l ep
L· d
. ne l'en plaignais
oux. om
l'en trouver
a pla'
Je
queedavantage
carmoins
pourun
. rndre,
ble comme ¡ ·
d
' •
eamenoLES LILAS BLANCS.
. .
a s!enne, e pareils redressements, loin de
po1ds ?e la servitude ordinaire, ne devaient
dauimmuer
( SUITB),
contraire que l augmenter, en lui faisant dé l

ª~:

¡

:e

. Je ne ~avais plus trop quelle contenance aarder· un
signe. qm tenait de la supplieation et de l?amíti/ me
lut fa1t par
. pas assez vite
.
. la comtesse '. elle se leva, ma1s
pour qu Emmanuel n'ait eu le temps d'ajouter:
- Calmez-vous, mon cousin, on ne dira pas de vers
avant que votre partie ne soit finie.
-:- Mais, hem ! hem • je !'espere bien, répondit encore
le v1e1llard en me lan~ant des regards fulminants.
d Toute
t .. cette
, scene m'avait honiblemelt gA.,ne. et 1a
e niere reponse du vieillard était bien pres de
: ~es e~treme_s limites de \~ politesse, si toutefoi:pe~~~
,. es depassa1t pas, ma1s Je sentís que j'aimais assez
deJa
tontes les hum·1·
dec pour supporter en silence
.
11at·1ons
. e genre, afio de resp1rer le meme air que celte belle
JeUDe íemme. Je ne pouvais m'empecher de l'admirer
:/e moment; el(e parlail has au vieillard avec cet air.
. J~ et tend~e, s1 naturel aux femnies qui se savent
aimees; auss1 ¡•orage finit-il par s' éteindre pe •
com
¡ d .
u .. peu
1. m~ • e~ erme~·s grondements de la foudre daos l;
omtam' il fut éVldent pour moi que la vo1·v d 1
· toute-puissante, en certains cas... sur
e cea
dcomtes·~e e't ait
~:~o~e; il fut évident ~our moi que ce vieillard ain1ait
1Je une femme; ma1s quel amour, mon Dieu '. et de
qoe martyre affreux il me semblait devoir etre la
!Oorce !
Un~ i~pressio? tres-vive fut produite aussi sur moi
~ ~ att1tude d tmmanuel; il paraissait plus désireux
· 1a co 1ere
. du VJeux
.
.de1c1ter
. que d'apatser
comte, si j'e
:f;ais ~ar la _malice qui pétillait dans ses yeu~ cett:
re 1amusa1t et le divertissait. J. e ne trou '.
eette co d ·t . ,
,
vais pas
ai . n ~ e ge~ereuse de sa part; n'augmentait-il as
ee~s1 les d1fficultes si grandes déja de la situation pde
cce!¡eune fem~e? N'y avait-il pas la un manque de
sem ~t de boote? Je me promis de lui en parler sérieuPo en ' ~t cependant, ~i ce soir-la ni jama is je ue l'osai.
urquoi? Je ne saura1s le dire.
je tº::t a B!an~he, je puis bien la nommer' ici comme
....-¡¡ ~rna1s s1 souvent daos mon creur son reuvre de
.....,i
, e11e revm
• t s•asseoir' saos regarder
pers cat1on achevee,
onne, pas meme moi, et, penchant un peu la tete

d,

'

au supréme degni.
1
Tout enrcSlait
me parlant
cependant,
en me répondant
Blanche
les yeux
fixés daostout
l'espace.
Em
'
1
. .
.
,
manue
¡ouao tou¡oocs, Que trahissait le regard r!,eur de 1
comie,se?
Qu'_entendalt-elle
aln&lt;Iqu'elle
chante,
dans lea· '?
~e ~on ame?
Eta1t-ce ses pensées
écoutait
Etait 1
.
ms1.
-ce a mns1que douce et vague d'Emmanuel?
Enfin, minuit sonna; Emmanuel cessa de jouer et
nous-memes de causer.
'
~ Minuit, l'heure des crimes, dit Emmanuel pa tons!
, r
J
l
e me evai sans répondre.
- ~dieu, me dit Blanche simplement en·me tendant

fon:

des efforts de ~évérité contraires a sa nat
p oyer
Quand le vieux comte eut disparu Bla:~
t
vers moi et me dit :
'
e se ourna

la marn.
Et n_ous la quittames saos ajouter un mot; n'avais-je
pas ra1son, et daos certains instants la politesse n'est-

- Mainten~nt, Monsieur, si vous voulezetre assez bon
pour
.
sante. nous d1re vos vers, je vous en sera·i reiwnna1s-

elle_pas l,lne hótesse importune qu'on oublie?
Bientot
Emmanuel
meduditsucces
:
-:J'espere
que tu as
! tu plais a Blanche et

Cette ph~ase fut ~rononcée d'un accent si doux et si
caressant, J y lus ou Je eros y Jire tant de mélan ¡·
chée et tant d'e cu . d'
.
co ie ca. la sexconde
ses m.
et discretement
que, ' pour
fo1s,irectes
mes yeux
se mou1·11e·voilées
t d'
!armes t ·
,.
ren e
' e Je sus gre a Blanche de n'avoir
. ,
mot a tout ce q_ue j'~vais cru trouver daos~:\~~º::ª:
et suavement timbre de sa voix.
º
. le me disposai • lui obélr sans lui cépondre ·
fi
~.1len~e, e_t je redis les vers qu'une premiere f¿isº~é.;
J ava1s fa1t entendre; ma1s mon creur n'éta·t l r J_&lt;&gt;
était do~iné p_ar un_e -~oésie_ autrement ré~ll: :: f~~t1~
que la ~uenne' auss1, J en sms certain, je dus mal d' .
que m'1mportait?
ire,
Cependant, quand j'eus fini il mes bl
fl
,
em a entendre
un
murmure
atteur,
mais
tout
fut
absorbé
par le geste que Blanche fit en se reculant sur po
l ur mo'.,

le v1eux pandour t'a pris en grippe.
L'occasion _était ?~lle pour luí faire des remontrances
sur sa co_ndmt_e ª. 1e,g_ard_ de_ celui qu'1·1 appela1·t le v1·eux
pand~ur' ma1s Je I a1 d1t, Je n'osai pas et il contin
du meme ton.:
'
ua
-;- Vieillard ~tupide ! je ne puis m'empecher d'espérer
qu un de ces Jours, daos une bienheureuse colere sa
de caco,hyme l'emportera; ce sera la preml!re'fois
qu elle ne m'aura pas été désagréable a entendré
Je haussai les épaules et répondís :
.
- Tais-toi ~onc, m?n cher Emmanue\' tu es un excel_lent cre~r, Je le sa1s, mais tu dis parfois des choses
qui pourra1ent en faire douter.
-Ah ~a! est_-ce que tu plainscet exécrable vieillard?
me demanda-t-11 avec surprise.

ou elle était assise, et pur lequel elle m'app Ie_tca,nape
·té II
e ª1 a ses
co
s.
.
me
sembla
qu'en
agissant
ainsi,
elle
possess1on de moi, et mon creur bondit d . . prenait
A
r d
e Joie.
par ir e ce moment, sauf Bianche tout di•p t a
me! yeux. _Comment s'en allerent les p:rsonnes·p:::en.
tes. que d1rent-elles en s'en allant? partirent-elles sans
prendre ~ongé? J~ !'ignore. J'étais tout entier envabi
par la vo1x, la presence et le sourire de Blanche. un
parfum suaTe et doux s'exhalait de ces d' .
b '
d •·a
mnes oucles
e¡ tantmes
vue~J0ues,
daos et
mes
parfois,
elles effleuraien;
pr~sque,
lareves;
sensation
de fraicheur
embaume
ll
e que es envoyaien~ a mon front eut suffi pour troubler un creur plus fro1d que le mien; je crus souvent
que, comme dans mes songes, elles allaient s'enlacer
aluto°:1' d~ moh_ cou et que j'altais mourir d'ivresse daos
eur etrernte b1en-aimée .
?n co~prendra que je ne puisse rendre en détail ce
qm se d1t entre nous; une seule impr!;lssion, nette

'°'.'

, - Je vois du ~oin~ la, dis-je sans lui répondre di1ecternent_, une s1tuat10n pénible, et qui ne me parait
pas un suJet décent de plaisanteries.
- Bon ! fi t-il en redoublant d'ironie te voila daos 1
!une! Poete n !
'
ª
S
·¡¡
d. ª. ra1 erie me faisait mal, ce soir la; je ne lui répon'is rie~, e~ ce fut avee plaisir q•e je vis s'approcher
l endro1t ou,_ parvenu,devant sa demeure, il devait me
q~1tter. Auss1, en face de sa porte, fis-je un temps d'arret comroe pour lai souhaiter le bonsoir; mais il continua a marcher en me disant:
-· Non, je vais t'accompa¡;ner jusque chez
1 toi j'ai t
te parler.
'
JULES DE

(La

WAJLLY

FILS.

suite prochainement.)

iDlerdite am ¡ournaux
·
desReproduction
gen, de lettres.
qui. n,ont pu traité avec la Sociélé

�L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRAT.ION, JOURNAL UNIVERSEL.

LES STATIONS D'HIVER.
LA VJLT.E o'nvtRES.

Tandis qae, dans le Nord,
la pluie a succédé a la pl uie,
depuis le premier jour du
printemps jusqu'aux derniers jours de l'automne, et
que l'hi ver prochain s'apprete /J. continuer l'hiver
dcrnier, il est en France
ooe délicieuse oasis ou ,
depuis le premier jusq1J'au
dernier jour de l'année, le
,oleil succede au solcil.
Cette oasis est la terre des
myrtes et des orangers,

-

,

LA PLACK DES PAU!IERS A IIYERF.S. - ll'apres les photograph1rs de .ll. féri~noH.

la ville d'Hyeres ,{ si favorisée d u ciel , et qui
mérite si bien le nom de
serre chaude de la Provence. llyeres n'est cependant connue dans le monde
que depuis que la ligne de
fer de la Méditerranée l'a
placée /J. quelques heures de
Paris. On l'avait rcgardée
;usqu'alors comme un mylhe, comme une lcgcnde faLuleusc, el cette jolie ville
de notre littoral, sreur aioée
de Toulon, dont elle est
un élégant faubourg, était
confondue avec les Hes peu

�L'ILLUSTRATION, JOUHNAL UNIVEHSEL.

L' ILLUSTRATION, JOURNAL UN IVERSEL.

__:_~=~~~~--.-::-~==::-:;:::-~::-:;:-;::;;:--;;;;;;;~~~~~
et les remparts qui prolégeaienl la ville d'autrefois el do- dans notre langue. Mais ce qu'il Ya peut-etre de plus

4!7

- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -proporlion
- - -considérable
--- -- - - le nomlire &lt;les visiteurs, qui a

¡ au commencemenl de la révolution, ni au milieu, • de chaque Élat, coro me aussi de !'ensemble des États
dépassé vingt el un mille en l 864, - la population d'une
¡ a la fin, ni daos les temps qui lui succédérent, il • et de chaque groupe de nalions, »
·,te'es aui
enlourent sa rade magnifique d'uue _gra- mineut encore la ville d'aujourd'bui.
bl e en ¡01,· e'est que sa v1·e a to u¡ours
·
· · un
0
'
remarqua
ete
bab
, ne témoigna de prédilection iustinctive pour une forme
A mes yeux, la 101 posée par M. Gervinus esl loin d'étre ville de second ordre. - La facilité des moyens de comintnre. Au¡·ourd'bui,les litlériteurs, lesart15tes,
n
t de ·sa pens ée, e· est que son systeme po1,·1,·q ne est
1
Hyeres
parait,
en
eflet,
occ,uµer
a
peo
pres
la_
p
ace
re
e
Ce
clellse
quelconqne de constitution bien déterminée, et que les complete. Les révolutions les plus profondes ne sont pas munication est certainement pour beaucoup dans ce
0
malades, en ont fait l'agréable découverle_,
de une consequence
·
·go•□r •use
de se• théories histor,·q ues,
1
l'antique
O!bia,
colonie
phocéenne
contemporarne
r1
les
Surtoul
et
différentes formes poliliqnes dont il fit l'essai, ne celles qui étendentJe cercle rles bommes qui bénéficient résultat; on y arrive commodément de partont; mais ne
ville n'est plus assez grande pour contenir les ri- de
Qne11 es son 1 donc ces tb eori
· ·e·, qui ont produit en Alie1
Massilia,
et
esl
située
a
quelques
kilometres
de
la
plage_
et la
• furent jamais mises en pratique d'une maniere com- de la lilterté; ce sont celles qui changent, transformcnt, faut-il pa; méltre surtout en ligne de compte l'extension
tñgers qui arrivenl d•y toutes parts lu_i'd_emander o\J fut la station navale romaine de Pamponiana, et ou magne une 51· v1·ve sensat1on?. Sur quels príncipes repoches étr
, yléle et avec esprit de suite. •
élargissent la liberté elle-meme; et peut-etre les pre- que prend chaque jour la vente des vroduits de Vichy,
. son soleil, et les convalescents q_"' vie_ nnenL Y
¡·
1 11 ? o· aboutJS·sent elles daos leurs conclus·1on
'on
retrouve
encore
les
vesti•
es
d'un
curieux
étab
1ssesen
-e
es·
u
s
place a
Puis, u.ne fois lancé dans ses variatiQns rnr ce beao miCres ne sont possihlcs et eff:caces que r,ar les secondes. qui peuvent, sans altération, parvenir dans les eontrées
0
l
chercber la vie et la sanlé. Les populaLlons
elégantes
pratiques?
.
ment thermal. C'est au meme lieu qn'un pelil bois de
tbéllle, l'historien reproche a la constitution de l79I , de II n'en est pas moins vrai que la formule bistorique de les plus éloigoées? La est surtout le secrct de cette merde Bade de Vichy de Bagneres, de Dieppe, etc., Y
•
Au fvnd, s'il fallait caractériser M. Gervinus, je l'an..
, n'avoir pas gardé quelques ménagements pour les M. Gervinus est bien plus voisine des idées démocra- veilleuse prospérité, et roo veul -achever a la source la
'
'
L ¡
d ·ns peo pins d'ltalie recouvre les murs écroulés de l'ant,_que
,
prennent leur quartier d'hiver. es Pus mon ª'
pellerais
volontiers
le
grand
doctrinaire
de
l'Allemagne.
guérison commencée au loin.
1
• priviléges les plus essenliels de la monarchie, » et tiques que la formule de M. Guizot et de ses disciples.
vent préíérer Nice, le plus beau Oeuron de la con- couvent des bénériiclins de l'Almanarre, remp ace dau
Comme M. Guizot, il penseque les fails s'éclairent
La cbimic, d'ailleurs, a.. t-elle dit son dernÍer mot sur
• d'avoir aboli toute distinctioll héréditaire des cl2.sses. »
Mainteaant, si l'histoire a un dernier mot essenJ.ielle.,fique. ,nnexion ·, les plus mala- treizieme siecle par un couvent de religieuses de l'or re par leur succmion elle-meme,
,
parce qu ,.1
• s sorteo\ les
les
parlies constitutives dm; eaux minérales? 1l serait
ronne de nolre Pac
11 reproche égalementa la constitulion de l'an lll d'avoir menl démocratique, que! sera ce dernier mot? lci, l'édes préféreront peut-etre Hyeres, la ville calme,. aux de s~int Berna rd ·
d 1
, d uns des autres par une loi de causalité directe et abpermis
d'en douter, en comparant les produits artificiels,
• exagéré la centralisation non-seulement du Gouver•• crivain de Heidelberg, plus habile aanal y., ~r les faits ex·ses ,-•des
Le l 8 ¡·uillet l254, la llotle qui ramenail ed a cro1Sa
. ¡usqu
.
,,• cctte proe et parfumées,· 1·¡ en sera de meme auss1 d_es
I de solue. 11 ne fouille done pas l'b'isto1re
composés
des memes éléments reconnus aux memes
brl .,s de1 la nature et des art·istes, qw· -,auronl appréc1er Louis IX, la reine et ses trois enfants, entra ans ara e
• nement, mais de l'administration. » Certes, íl y aurait térieurs qu'A. discerner les idees intimes dt.. 1a civi\isatiou
. et de la
·11
fondeur oi1 les idées fondamenta1es de 1a ra1Son
doses,
el
pourtanl
si diflérents comme résultats Jci se
am,, ce qn•·,¡ y a de µ·,ttoresque, de splendide et _de gran_- de Hyeres. La nouvelle eu fut donnée a la v1 e par un
bien des réflexious aprésenter sur ces critiques, au moins humaine, ~st assez embarrassé de trouver um. llolution;
.
. 1.1smt
. tran"'
t
¡ conscience bumaines se 1a1ssent
apercevmr;
,
trouve
encore
une
des
causes de la prospérité de Vieby;
1 daos ses ,·mposantes montagnes, ses colimes b01- pecheur. «Eh! Sire, dit Joinville, véez-wus pas e pav1 •
10·,ose
forl légerés. On pourrait faire observcr sorlout que la ou plulol il en a une toute prele daos son emJarras lui,.
· d
t l?
quillement le cours des événements e1ter1eurs,
et leur
par
la
cristallisation
des
seis qui composent ses eaux,
d 'es et ileuries, le soleil qui dore ses vastes horizons, el Ion de France qu'on a hiss é sur Ie don¡on u case , ·•
constitution de l'an lll, bien loin d'étre ultra-centralisa- méme, dans son indécision et dans l'iO.décision de se
. meme de 1eurenon
peut
obtenir,
che:
soi
et partout, de véritables haius
Adouc
le
roy
s'accorda
de
descendre
¡¡
Veres,
dont
la
loi
n'est,
a
ses
yeux,
que
l'expression
Se
trice, ne s'est pas hornée a proclamer le príncipe de dé- contemporains, qu'il éleve a la hauteur d'une sorte de
'1a roer qui se découpe entre les iles en gran ds Iaes azoh I chainemenl. Pour lui, comme pour M. Guizot, il y a une
minéralisés, dans les mcmes conditions qne pres de la
centralisation, mais l'a organisé de la fa~on la plus heu- doctrine.
'esl I' qu'au·.... rayons de ce chaud soleil qui ne royne et la compaignie furent tres joyeuxb... Au el a,;te évo}ution
.
. 11 e, dans 1es
spontanée, insens1'bl e, contmue
4
C
rés.
reuse daos son mécanisme admini,tratif. « Sous la
, Une meme loi, dil-il, régit en général la marche de source. Non licet omnibus... tout le monde ne peut
laisse pas de place a l'hiver' de fréles tempéramenls d'Yeres sejourna done le roy ... Apres ces e ouses, ~,roy sociétés; il n'y a pas de révolutions, du moins, de rév0• constitution de 1795, dit un écrivain peu suspect » l'histoire, mais le caractere particulicrdechaqueévé- aller a Vichy; le voyage est quelquefois impossible pollf
•·1ennenl
robustes, que des enfants faibles et palesre- .se partil d'Yeres et s'en vint en la •citéMd'Aix,
, ,
. , d.1re,
'
d 1 ·en ro~
qm lutions légitimes. Les peup1e:, epmsent,
pour arns1
de
• d'une tendresse exagérée pour lessoovenirs révolution- » nement dépend de la volonté des bommes. La victoire des persounes qui pourraient etre sauvées par l'usage
·•ches couleurs de la _san_té, et que les vence, pour l'honneur de la beno1le ag e ame'
de creer
, 1eurs élé ments
dans
leurs
origines,
la
puissa,
ce
Prennent les fra
, naires, M. de Barante, il y avait nne administratioo )&gt; appartiendra-t-cllc ala répuhlique ou ala monarchie, de ces eaux; aussi est•ce un bienfait de la science mo"aiescents
retrouvent leurs forces epmsées. Les pro
_- gi~•ait
~ne
petile
journée
pres.•
,
¡s restent, une rJIS
· ¡orm és, avec Ieur consr,.
'
es
Charles
IX
vint
a
Hyeres
le
28
octobre
1564,
accomessenliels;
i
COD
, municipale par ca~ton .. , Cette forrr.e a souvent été re- • a la forme constitutionnelle ou a la forme démocra- derne d'en avoir facilité l'usage aux plus éloignés. Le
, gres des maladies les plus graves y sontsouv~n1 enray ;
d
· d tution native, et leur premiere heure renferme déjale
• gretlée par des hommes éclairés et saus préventiun, » • tique? Un gouvernemenl libre sera-l-il établi tempo- bien qui n'est pas a la portée de tous m•nque a son
parfois, et sou1ent roéme, le mal est conJure.
'
pagné de la reine-mere' du duc d'Anfou. et ~ ro1 e secret de leur avenir.
Ue\t facheux que M. Gervinus ait rnéconnu des ra,ts si » rairement seulement ou d'une maniere permanente? devoir.
'on ne cro,·e pas, cepeud·•nt,
que la vue detres :l'avarre, qui fut depuis Henri IV. Cétait
1
,
d le ¡our de
Nous verrons bientot que cetle phºII osop h.,e générae
0
c·est surtout depois qu'une compagnie fermiere s'est
Que l ·,enne attr'1ster la populat·,on d'Hyeres. Au de_· la Touss•int. On avait planté sur le lieu e son passage
coosidérables. Mais son excuse, c'esl que les appréciations » La qualrieme classe ( la classe oú~riere ) doit-elle ob
.
des app1¡.
·
o·
,
ta·
de l'bistoire a recu, de la parl de !l. Gervmus,
mise
ala tete de l'exploilation de cetle stalion lhermale
Souflranls V
auxquelles il se livre sur les deux grandes constitutions » tenir des droits et des inRlitutions vis-8.-vis des autres
·
t ha mome deux rangs d'orangers eouverts de fruits. une ,on me
•
hor:,, tout est ,ie, force el sante, toul es en r . .
. ·lr .1
b
cations tres-hardies, quoique peut-étrcun peu flottantes,
que
son
extensi,~n s'est accrue daos des proportions jusde la période révolutionnaire, se retrouvent presque tex- &gt;1 classes, ou bien s'assilllíler a elles, former avec elles
avec la sérénité do ciel' la gaieté d'un paysage amme construile aupres de la grande porte ¡a1 1Ss11
a on- et qui se rapprochent singulierement des opinions déque-la
inconnues,
lles neul sources qui composenl !'entoellement daos les ouvrages de M. Guizot. Sans doute, » une seule et méme société? Ce sootautant de questions
et la douceur des teintes de lamer et des masscs de ve~- dance de l'eau de fleurs d'orangers ; un ro ine/, ~n mocratiqoes; mais enfin, considérée en-e1le~méme, elle semble
de
la
concessi,,n,
l'État est propriétaire de sept,
M. Gervinus ne parait ¡las s'en etre inspiré; il appartie,.L • dont la solulion dépend de l'babileté des autres classes
tao"ºes boisées. La ville' d'ailleurs, r_éunit forme d'arrosoir, faisait pleuvoir cette eau ~ar umee
é ºdé F
At l tr
mais
l'exploitalion
est
restée
sous le controle de l'autod
P
d
sur
le
roi
,t
sa
suite,
toutes
les
fois
qu'il
entrait
daos
la
est
la
philosophie
qui
a
pr
SI
en
rance
ous
es
ades
mºD
dure
,isiblement a eetle rare élile.d'esprits de premier ordre • et des pouvoirs politiques, de l'opportunité ou de la
peodant l'biver des gens do monde •~nus e aris,_ e
,aux les plus célebres de 110s bistoriens doctrinaires,
rité;
il
n'est
pas
un
des
rroduit5:
qui ne porte son estam1 1. f
i¡oi n'ont pas besoin de maitres et qui marchen! dans • folie de leur résistance. •
Londres, de Saint-Pétersbourg, de V,enne' de Berlm' ville ou qu'il en sortait. Les clefs de la ~il: "\ ur~nt
On ne s'étonnera done pas si M. Gervinus, comme tous
pille,
comme
les
cartes
et
le
tabac;
ce n'est pas un breleur indépendance; seulement, partan\ des memes prinOn voit par ce\te citation que M. Gervinus est prel a
'me de l'ltal1'e. Un the'a'lre, convenablement dm•oé, présentées par les consuls' accompagnes
. me'd.1ocremen t de
e
l
du e erget' et les doctrinaires de France, se souc1e
ve\
S.
G.
O,
G.,
comme
le
dil
spirituellement
le docleur
et
m
cipes qne le grand historien de notre école doctrinaire, accepter les combinaison, politiques les plus différentes;
y offre d'agréables soirées_; des bals _et des concerls y précédés de jeunes filies dansant des.o te~ el. es mar m- haler la marche si lente de la civilisation humaine, et
Daumas
daos
un
livre
sérieux
qu'il
a
publié
sur
les eam.
il about.it le plus souvent, s.ans le vouloir, peut-etre saos il n'y en a qu'une qui lui semble cornplétement odicuse
sont organisés. Les e1curs1ons en vmturt'.! ou par cara- galles. Le roi ne pouvait se lasser (Bouche; mst. de Pro~.; montre vis a vis des iniquités per.sistantes ou triomde Vichy; c'est une vérilable garantie; la fraude est
le
savolr,
aux
memes
conclusions.
et
abominable:
le
despotisme.
Seulement
il
juge
que
la
'cheval
.
. ré.signee:
,
•
'•''ne
• ou'• pied, emploient la plupart Denis, Frov. pitt., Hyeres) ¡d'admirer
·
·la beauté do ,ite pbantes, une palience deºd a1gneuse
malS
vªDes·o'urnées. La pre•qu",le
Le plus souveul, disons-nous, mais pas toujours, Et monarchie constitutionnelle elle-mcme, si elle prévalail, impossible, Ce n'est pas simplement, - pour employer
p1·t1oresque de Giens et les et la fertilité des jardins; i sy trouvait un orangerb que , L'bahitude, écrit-il, l'hab',tu de de me'd.1tcr sur l'b.IS t,
·
mre
des·nes
c'esl ici qu'apparait l'originalité de M. Gervinus et la ne subsisterait qu'il la condition de faire sa part a « la un gros mot scientiAque,- du carbonate de soude que l'on
J de son ··1eux
cha'teau' 1",le et le•. fortere_s_ses de le roi ' son frere el le roi de Navarre ne purent
'
•
• em
• •raso: du monde a, de bonne beure 1 re rou I'e en mot. ces rcves
expédie dans le monde entier sous la banderolle prolecrul
place curieuse qu'il mérile d'occuper dans l'école doc- quatrieme classe. •
es, 1e ¡·o,l. v1·11 a•0 e mari t1me de ser, et sur l'écorce duquel fut gravée cette mscriphon :
d 15 1 témé a·ires qu,· ag,·tent tant d'autres
~inaire.
11 y a peut- etre lieu de douter qu'une conclusiou aussi trice et sous le nom de ,seis de Vichy, c'estl'eau de Vicby
rorquerolles' el' Plus Pr
1
t Caroli regís omplexu glorior, Ce bel arbre.1)éril daos l'bi- " ar en e
r
Carqueiranne; les ruines romaines de _I' A manar~e e
, hommes ... elle nous apprend a ne pas nous bercer de
elle-méme, aussi pure, aussi minéralisée que pourraient
b au ver de cette meme année. limerveillée de la quaolité
!(. Guizot avail préparé ses théories en ayant sous les vague puis e donner a l'activité politique de l'Allemagne
de Pomponianá, la chartreuse de _Mont- R,eux, cae ee .
h.
, l'espoir impatient d'atteindre rapidemenl un résultat
,enx les éléments de la société fran~aise au commence- une allure nette, précise, triomphante, C'est le défaul la fournir les sources de la-Grande-Grille et des Céles'ond
, d'une dél·,c·,e,,se
.. valle'e bo·1sée-, la visite des hall- d'orangers' de palmiers' de ca_ prierseel debtc_arou
t d ,ers u politique, mais en roCme temps e11 e .nous a.ver t·t
I d' ac~ent de la Restauration; et, comme le passé et le pré- général des théories doctrinaires de systérnaLiser forte- tins, et l'analyse de ces seis donnerait les memes résul
'escadre qu·, sta1·1onne fre·quemment daos_ épars daos la campagne' la reme-m re o · m e son
. 1es triomp
.
bes et Ies su ec s
¡
, cueillir saos colere les ¡rivo
l
ments de
sent ne lui offraienl pas de différences absolues, sa syn- ment le présent au détriment de !'avenir. 11 n'en est pas iats que reau sortant de la source. 11 est deux manieres
de auss1 fils qu'li lui ferait batir en ces lieux une maison roya e,
la rade, sont autant ·de buts de promena 5
« momentanés des partís triomphants. •
lbese historique ne fut guere qu'un compromis entre moins vrai que l'ouvrage de M. Gervinus est un vérita- de préparer les seis naturels de Vicby : une, qui est ioagréables pour ]'esprit qu'utiles pour la santé. Partout
Hyeres est encore aujourd·hui ce qu'ell: était so:
On ne s'étonnera pas non µlos si M, Gervinus - toutoos les éléments contemporains, qu'il rejetait, pour ble monument bistorique. L'Histoite de la civilisation de eomplcte, donne des cristaux brillants qui sédoisent le
l'artiste trouve des motifs de paysages' le naturahste les Romains' do temps de sainl Louis el u leffmp~ e ¡·ours comme les doctrinaires de France, - incarne v.ainsi dire, dans le lointain des siecles. Son Histoire de M. Goi10t présente les mémeslaeunes, les mCmes erreors regard, mais qui ne contiennent, en effet, que le carbo·, , 1
tero Charles IX. Des générations d'bommes se sont e acees,
es su¡· ets d'étude, el 1~ touriste, mat1ere • a con lontiers les idées politiques de l'Europe moderne daos
la eivilisation e,t construite avec un art merveilleux, capitales que le livre du publicisle allemand, et de plus nate de sonde du commerce avec lequel on fail l'eau de
,
t Ieur des murailles antiques se sont écroulées; aux v,llas rodlation ¡ ¡¡ la fülnerie. Les mala es mero
es on
é 1 ses di verses races et soutient ce vieux theme,_aujourd'hui
d
8
mais en fin elle est construite sur le modele de la Charle. graves encore peut-etre. Ce n'en est pas moins uae reu- Vichy artificielle; ce moyen est plus économique el
p
t les maines el aux couvents du moyen Age ont succéd a
part de ces gracieux tableaux, car les beau1 s_pe~
remisa la mode par plus d'nn bel esprit qui se croit h1.&amp; méthode générale de M. Cervinos ressemble celle vre qui est assurée d'une immortalité légitime. On la dé- dúnne des produits plus considérables; l'autre, plus lent,
. de la nature les entourent, et viennent, pour a1nS1 dire, ville el les villas d'uoe eivilisatiou nouvelle; mais rnn béral, que les An•olo-Saxon, rcprésenlent dans le_ ru_onde,
brillant soleil lui est resté, el ,ses montagnes et ses
da grand historieu franfais: au fond, elle se ramene a passera, on l'a peut-étre dépassée déja; mais on la contem- ¡,los coOleux, est celui qui est employé par la compagnie,
trouver
, co- en vertu de leur nalure etbno•0 raphique, le prmc1pe de
un savant éclectisme; mais les éléments ~ue l'illustre plera toujours comme une des p\us graudes conceptions Les seis ainsi préparés contiennent taus les principcs
·
•
leaui Oeuris se mirent daos les mémes flots azures.
1es
Les belle, et confortables babitations mises par 1ª poliberté el les néo-latins le príncipe d'autorité.
dépulé de Francforl avail a combiner étaicnl bien diffé- de la science humaine. 11 en sera de mcmede l'ffis!oire du minéralisateurs des eaux de Vichy, et le praticien qui
·· d
éléga ts v1s1
Oepuis quelques années, l'administration m_ unicip_ ale
,
pulation de Hyeres a la dispos1t1on e ses
n ·b 11 1 11
On ne s'étonnera pas enfin si l'on trouve daos soo
rents de ceux qui s'étaient offerts aM. Guizot. Au lieu de di,:-neuviéme siecle de Gervinus, qui est moins originale les a ordonnés peut compler sur l'effel qu'il veul obletrangers, sont, en eflet, pres- a entrepris de grands travaux pour ero e ir a v1 e,
,
.
ble moé
des
'
el
1
t
les
Trois
boulevards
ont
été
percés,
unjardin
public
esl
oulivre
cette
idée,
développeeavec
une
SI
remarqua
méditer sous l'inlluence de la Charle, i1 dut méditer en que l'ouvrage de M. Guizot, mais qui est beaucoup plus nir. L'année derniere, 25,000 kilogrammes de ces seis
leurs des mal.des
que toules admirablemenl situé~s sn_r e~ peo es
.
,T
dération par M. Guizot, reprise avec tant de fougue par
flCe do grand mouvement démocratique qui a précedé large d'idécs. On est tenu de la lire si l'on vent connai- ont été expédiés de l'établissement, et ce chiffre, qui
·eux abr,.tées de la rr,onta•one ou la v1lle s étale au so- vert aux promeneurs. ·D'aulre part, des ma1sons se¡ e- la multitude banalc de ses successeurs, re'futée naguere·
d
!I suivi la révolution de l8ó8. Ce mouvemenl corres- tre á fond l'état actuel de l'Allemagne intellectuelle et s'accroit chaque année, est une prell\'C sans réplique de
m' en espal·,er . tels sont les grands botels ,deslles-d'Or ver,tde tous cotés el facilitent á. chaque position e ord d Q. ,
•
1
d
1
1
d
tune
le
choix
d'une
location
meublée;
les
villas
se
avec
une
éloquence
souveraine
par
M.
E
gar
orne,
pood a bien des idées. Al. Gervinus ( et en cela encore polilique; et on la lira encore dans la poslérité la plus leur efficacité.
lel1
et d'Orient, les maisons et les botes e a Pace .es
,
que la monarchie est une transition nécessaire entre le
C'est une curieuse statistique que celle de l'extension
il ~e montre doctrinaire) '! voit surtout l'avénement poli- lointaine, pour bien comprendre oll la. scicncc humaine
Palmiers' de la rue d'Orient, et du nouveau quart1er multiplient; l'élégance, le confort, préside~t a l'a~e¡?a- régime aristocratique, et le régime démocratique,et que
qu'a
prise la vente des bouteilles d'eau de Vicb y. En l853,
tique d'une classti, la dasse laborieuse, ou ce qu"il ap- en était au milieu de ce dix-neuviCme siCcle si agité, si
dont la ,plendide demeure de M. le duc de Luynes e,t gement iutérieur de toutes les constructions.? el II on les peuples, par une sorle de fatahté, ont besom d_e grandate de la mise en ferme de l'établissement, l'expédipelle
le«
quatrieme
Etat
))'
par
a.llusion
au
famcux
tiel'Sincertain
encare,
mais
qui
finira
certainement
par
prennue le centre, tels sont aussi' dans la dn·,ct100 de peut affirmer que l'étranger trouve' pour s ms a er, d·,r sous la tutelle de princes absolus µour de,·emr hbres
ital de 1789. Cel avénement, il ne le regarde pas sen- dre consciencc de lui-meme eu fondant le regne défini- tion íut 'de 380,150 bouteilles; l'année suivanle, el!,•
dev e
'
· · 1 ·11 d toutes sortes de íacilités.
5
er, abrités au tlanc des collin_ es bo1sees,
e_sttvi as
e
.
.
était de 487,750; en 1856, de 658,SOO; puis, suivanl une
¡
sqoe
La
proximité
de
Toulon
et
de
Marseille
est
une
ciret
ma¡eur
·
.
.
.
~ment comme inévilable, mais coro me dévoilantle sen, tif de la liberté complete,
la ro
'
Fatnta1c MomN.
Costebelle, ombragées de palmiers' et e_ pi ore
d
11 est inutile d'ajouter que' M. Gervmus, qm ne crmt
marche ascensionnclle rapidc, nous la trouvons, e11
intime de l'histoire. Sa conclusion diflere done cssenaux
journaliers
. 1 crmt
. asscz peo, en par-.
e c1'teau de sa·101-P·1erre-des-Borts, constrml el meuhlé constance heureuse, qui aide
·
,.besoios
déd
·
t
l'I
Al el pas aux révolutions en génera,
1860, de l,058,000, et quatre ans apres, en l864, de
h
liellement ici de celle des doctrinaires fran~ais, D'apres
'le'gant du moyen, a·ge' et_ dont les la vie, Les bolels n'y sont 1,pomt •
a,gner, e ,o e ticulier a la révolution fran~aise. 11 n' est pas trés-élOl•
1,700,000.
Ceci est tout un enseignemeut et une preuve;
e
, dªDs le Style le Plus
ieux-ci, le progres consiste tout simplemenl en ce que
tourelles et les hautes terrasses cré»elces dom1nent un des Iles -d'Or a une réputation qui s'étenéd ~uHio_in.
~né de 'ia ¡· u.•er comme M, Guizot. _11 en admet,,_ i1 en
mais
que
ne
peut-on, en memc tcmps que ces eau1, enETABL!SSEMENT THERMAL DE VICKY.
On assure que le jour n'est pas éloign ou yeres sera o
,
lts d1vers éléments de la société se pouderent d'une
,les plus beaux panoramas du mon de.
ti
01 ·,re mcrne certaius résultats, et il pense qu 11 serait •
voyer
avec
elles
leur air natal 1 Leur eflét serait encore
'
111
,
s aussi une station d'été. Sa plage est belle, en e el;
la¡on plus équitable. D'apres M, Gervinus, le progrts
Les jolies vues photographiques rl e Hyeres que non
la fois odieux et impossible de les supprimer. Mais i
Vichy, rendez-vous des estomacs délicats, - et mtlme bien plus puissant.
le se résume pas daos une reuvre d'équilibre; il est
publions donneront a nos lecteurs une idée exacte de la pourquoi ne s'y baignerait-on pas~
critique, avec une certaine amertume, dans
espnl
de ceux qui ne le sont pas, - rendez-vous de l'élégance
Qui ne connatl les pastilles de Vicby?[Qni n'a gouté,
iien plus vivant, bien plus fécond, et voici sa formule
beauté et do caractere tout oriental de ce beau pays,
GEnMAIN DE SAINT-PIERRE.
meme, c'est-a-dire dans ce qu'elle renferme dessenuel
et de la mode, de ceux qui viennent lui demander la une fois au moins en sa vie, un de ces bonbons au goOt
lelle qu'il l'expose lui-meme :
santé et de ceux qui ne recberchent que quelques se- légCrement acidulé et salio, et qui renferme, sous une
qu'un paravent de hautes m?nt~gnes sépare do No rd '
~
et de vraiment immortel:
.
• Du despotisme oriental au gouveroement aristocra··
et qui semble avoir re~u de 1 Afr1qu~ tropical~, a_vec sa
En premier lieu, il ne veul point que ce soit elle qw
maiues de villégiature dans un beau pays, avec lous les enveloppe agréable au gollt, un si puissant moyen d'ac•tique de l'antiquité et du moyen 8.ge, gouvcrneruent agréments do confortable, Vichy a cu de nombreux bisch ande tempéralure' sa belle végetallon d alo~s' de
ait inoculé a&lt;J monde l'idée do droil por, de 11 ¡usll&lt;t
tion? Voila encore un de ces produits auxquels le controle
• fondé sur l'esclavage et le servage, et de ce dernier toriens (!); la vertu de ses eaux a été constalée par lant
myrtes, de lentisques' de lauriers-roses et doranQUESTIOlS POLITIQUES lT LITTERlllES.
supérieure et antérieure á. toute institution établie. Celle
ile l'~tat vienten aide, pour combaltre la concuri-ence du
• gonveroement au systeme politique moderne encore eu
gers.
. . ,
idée, a l'en croire, aurait été le don magrnfique des
de succes, analysée plr tant de savants, que nous, qui carbonate de soude. 400,000 boites de ces µastilles sont
• Toie de développement, il faut constater le développe- ne le sonuncs pas, nous ne pourrions que redire a ce
Le séjour de Hyeres n'est pas romos mteressant po,ur
XVII.
litats-Unis a 1:t vieille Europe: bien entendu, il n'y an1t
sorties l'année passée des ateliers de Vicby; qui sail si
• meot régulier de la liberté intellectuelle el civile. Cettc sujct ce que tant de plomes aulorisées ont déja procla'archéologue que pour l'admirateur de la nature. L équ'un peuple anglo-saxon qui ful a mcme de trouver el_
daos dix ans il ne íaudra pas ajouter un zéro á ce chiffre ,
¡
t
Les théories h1st01·iques et politiques de M. Gervinus.
¡¡.
l
•double liberté, d'abord l'apanage d'un seul, devienl mé, et l'augu~te visite que retoit chaque année cette ré~
oque celtique s'y révele par les hac h es et es con eaux
de faire rayonner sur le monde l'image sublime de_ la.
formidable? Si ce précieux bonbon vient en aide aux
•ensuite le partage de quelques-uns, el finit, de nos sidence thermale est la plus éloquente preu\'e de reffi- estomacs délicats, n'est-il pas aussi un puissant 1péritif
pde silex que l'on rencontre quelquefois, entrainés par
berté idéale. Quant aux révolutionnaires fran~ais, ils
M. Gervinus a ¡·oué daos l'Allemagne politique et joue
_,_
•
joors, par elre le droit de tous. - Mais daos les pais
1
1
eaux dans le lit des toaents. L'époqne de ª co omont flotté asset misérahlement, - toujours d'ap...
pour les ,·igourcux 1 et ne ,•aut-il pas micux se préparer
cacité de ses eaux.
un role de pre.
les ion grecque a laissé des traces encore reconnaissa- eneore dans l'Allemagne intellectuelle
1 oú la liberté a accompli ses derniers progres, l'écbelle
d . .
d M. Ger,inus, - entre le désir de copier la constit_uuOII
Chaque
année,
d'aillcurs,
voit
s'accroilrc
da.ns
une
ainsi
il un bon repas 'qu'au moyen de ce poison décoré
ta mier ordre. 11 a été, en 1848, l'un es mspirateurs e
,.
Sat
• est redescendue, et la liberté redevient le privilégc de
daos quelques substructions eyclop éeones. Quan .
d'
d ·angla·,se etcelm d'acclimater sur les rives de la Seme"'
du
nom
d'absinthe?
d
l'assemblée de Francfort; il est l'auteur une gran e
d
bles
1 quelques-uns , pour elre, en dernier lieu, l'apanage
(t) Bau.:c mintralu d, Vichu, par M. le docl.eur f.u. Daumu. Ii.-18.
L'abondance des sourees de Vichy est eonnue, el
l'époque romaine, elle jouche encore le so1 e ses g,- Histoire du di:r.· neuvieme siecle qui est en cours d'exécu- constitution américaine. • Le caractére d'oscillation •
Cbei
Plou.
Cuide a VWhu, par C&amp;.stanié. Garnier rrcrea,
• d'un seul. Telle esl la Ioi du développement historique
ntesques débris' et la longue période do moye_o age
.
.
d'' t d ·15 " peuple fran•ais, dit-il, se manifesta surtout en ce que
Jé
tion, et dont plusieurs volumes viennent slrc ra m
•
,
ga
y révéle sa force et sa grandeur dans les tours crene es

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L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

Ca7mPnt.

j'éta1s amou.reux,

Et, porn· ma mat

Ca plus noire tresse.

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PlfisdWJ fil d'argent

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Da'ns ma pureé .be.ne

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J'ava1s vingt-cioq aos, j'étais amoureu1
Et, pour ma maltresse,
Je voulus cboim, parm1 mes cbeveux,
La plus noire trem.
Tout en la coupant, je fus bien forcé
De voH, non ians p,me,
Plus d'un fil d'argent qui s'était glissé
Dans ma pure ébene.
Alors je me d1s: Un aman! discret.
Feiait a sa belle
Un don qui toujours le 1appellerait,
Sans danger pour elle
Chaque cheveu blanc ful pns ason tour,
El, la mo1ssoo faite,
J'offris ce présent a ma belle un jour,
Le jour de sa féte.

---

..

Joffr1s ce pré.sent

TIEUGEL ET COMP. , ÉDITEURS,I

'

"""Cllaquecheveu blanc

¡; p# ....... ---==:::::
,.,,.,.
l

,R~,,_,.,..,

ama belle,un jour, Le jourde sa

fe.

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~

.

1

- .......... ...

t

1

--===
~

.f-

•••• - -

J'avais cmquante ans, j'étais amourelll
El, pour ma maltresse,
Je voulus choisir,' parmi mes cheveux,
La plus blanche lresse.
Tout en la coupant, je vis d'un cOté,
Non saos quelque gloire,
Plus d'un cheveu brun ancore meraste
Dans mon pur IVOHe.
Alors je me dis : Un amaot discret
' Ferall a1a belle
Un don q111 IOujours le rappellerait,
Saos danger pour elle.
Je pris un par un chaque cheveu noir,
Et, la moisson faite:
J'offiis ce présent a ma belle un soir,
Le soir de sa féte.

- ie~

1,,1,,,,1,,,j

--=====
Cre.,t

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Sans danger pour el .

¡.,¡...J

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ful prts son tour, Et, la m01sson fai •
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3

Ces deu1 souvenirs écrits en cbeveux,
La m~me personne
Tous deux les re~ut, les garda lous deux:
C,la vous etonne 7
Le temps est passé de la floraison
Argentée ou noire;
L'automne a détruil ma double toison
D'ébene et d'1voire
ltlais nous posséi:lons quslque chose la
Que rien ne déflore,
Un coour brnn donné. qui jad1s parla,
Qui bégaye encore.
El nous revoym nos jours et nos soirs,
La vendange faite,!
El mes cheveux blancs Et mes\cheveUI noirs,
Quand revient saJrnte.

�L'ILLUSTRATJON
L' 1LLl'ST 11 AT ION, .}()UH;'; AL
430

u~ n· En::;EL.
menti, collection annotée et doigtée par le célebre
professeur )loscbeles. L'reuvre matérielle était immeose.
11 a fallu, pour la mener a bonne fin, un soin, une persévérance, dont on se fera une idée quand nous aurons
dit que dix-buit cents planches ont été tirées, el que
pour que le tirage füt parfait, il a fallu que chaque no~
fut découpée séparément et appliquée sur des épreU\es
pour former une contre-planche en relicf qui permit de
snrpasser l'impression ordinaire. C'est a ce travail méticuleux, microscopique, 1nusilé jusqu'a ce jour, qui
exigeait une grande patience et un temps considérable
que nous devons d'avoir atleint a la perfection.
'
Cette collection complete est une des primes les plus
importantes qm puissent etre ollertes aux abonnés d'un
journal. L'édition annotée et doigtée par Moscheles
passe a bon droit, en Allemagne, pour la plus parfaite
de toutes celles qui ont été publiées; elle reste comme
l'édition définitive, et c'est parce que sa supériorilé est
unanimement reconnue, que l'lllustralion en a acquis la
propriété exclusive pour la France et la Belgique.
Elle forme I t volumr.s de t 60 pages chacun. Le prix
pour le public est de 87 fr., Qlais il sera rédo1t a 50 fr.
jusqu'au t5 janvier 1865, pour tout abonné qui adres~era sa demande avant celte époque. (5 fr. en sus pour
prb, d'emballage et de messagerie.) A partir du i5 jaovier, le prix de la co\leclion complete, pour les souscripteurs de l'll/ustration, sera irrévocablement fué a 60 fr.

le matlre et la mailresse de la maison. Cinq ou six
pourtant elles ne suffiraient peut-etre pas a l'immense autres invilés, - encore des inconnus, - arriveront
q11antité de bains qui se donnent journellement. Daos apres moi. A sept heures et quart, les óeux battants de
l'année qui vient de s'écouler, il y a tel jour oü l'on en la porte s'ouvriront, et le domestique prononcera les
a administré jusqu'a 3,500. Pour remédier a cet état de paroles sacramentellcs : &lt;&lt; Madame est servie. ,,
choses, poor que le service ne soit jamais interrompu,
Madame se levera et prendra le hras du convive le
la compagnie fermiére a fait constroire, soos les va~tes plus quali6é; Monsieur conduira la dame la plus consihatiments 011 sont renfermés l'expédition des bouteilles, dérahle par l'/ige ou par le rang ...; le reste suina daos
la lingerie, la buaoderie, d'immenses cilernes qui ne le plus bel ordre pO$sible, et l'on entrera processionnelcontienoent pas moins de 2,400 metres cabes d'eau mi- lement dans la salle a manger, du pa.~ soleonel d'un
nérale. Cioq jours suffisent a les remplir; cette opérarortége de grand opéra, mais sans musique.
tion se fait daos les premiers jours de mai. A compter
Le coup il'roil de la table sera magnifique: au mili en,
du IO aoO.t, époqne ou cesse la grande affluence, les un vase de Chine, g3rni de camélias rouges et hlaocs et
caux reprennent leur 1;ours naturel, les citerues sonl d'azalées, cioq verres devant chaque assiette: un verre
vides, et c'est un des passe-temps des baigneurs d'aller pour le vio ordina1re, un autre pour le vm de Madere,
les visiter. Poor donner une idée de l'affluence des vi- de Xéres ou de Marsala, un autre pour le vio de Boursiteurs de Vichy, noos ajouterons que, l'année derniére, gogne et de Bordeau1, le qualrieme pour le vio de
810,000 pieces de tinge sont sorties des vastes ateliers de Cbampagne, le· dernier et le plus petit pour le vio de
la buanderie.
Lunel ou de Malaga; la nappe sera damassée, agraods
11 y a deox choses essentiellement distinctes dans l'éramages. Les porcelaioes, les cristaux, l'argenterie étintahlissement tbermal de Vicby : d'abord tout ce qui a celleront a la O.arome d'une lampe et ,de quinze bougies
rapport aux bains, a l'eau bue aux sources mcmes, puis
la partie purement industrielle : la fabrication des seis suspendues.
.Cbacun s'asseoira a la place que lui indiquera un
et des pasti\les, l'expédition des eaux en bouteilles. Le
petit papier ports.nt son nom. J'alll'ai une dame a. ma
dessin pr\ncipal de la planche qui accompagne cet ar- droite ou a. roa gaucbe, et une demoiselle a ma gauche
ticle est la vue de l'usine qui renferme ces difl'érent, ou a ma droite, a moins qu'on ne m'ait mis entre deux
services. Tout -y est sur une grande échelle, tout y est &lt;lames ou entre deux demoiselles, ou meme entre deux
A.M.
fait en vue de rendre l'exploitation commode. llalgré les
messieurs.
dimensions, sera-t-elle toujours suffisante en regard de
Et je commencerai a maoger en silence le diner de
la prospérité croissante de cet étahlissementY A !'avenir
:M. et de ~m• X...
AVIS.
¡qipartient de résoudre cette question.
Le diner de M. et de Mm• X.1 Non, vraiment, mais le
Depuis que la compagnie fermiere a pris possession de
rliner de M. Chevet, ou dr ~rn. Pote! et Chabot, celui
Le renouvellement du i •r janvier, étanl le plus
l'établissement, Vicby a élé transformé ;TAllier qui sou- que j'ai mangé hier, celoi f(Ue j'ai m:rngé ·avant-hier,
considérable
de l 'année, occasionne dans nos
vent mena~aitjusqu'a l'existence de la ville, a été dompté, celoi que je mange depuis dix ans, celui que je mangeliureaux
un
travail
exceptionnel, qui serait trhgrace a de nomureux travaux exécutés par l'État ; sur rai daos dix ans encore, si Dieu me préte vie, car il n'y
long
a
accomplir
avec
une parfaite régularité si
la digue protectrice s'est construit un nouveau quartier a qu'un diner a Paris, toujours le meme, comme il n\
toulPS
les
demandes
arrivaienl
en m~me temps
toot couvert d'arbres et de 0.eurs, an milieu desquels s'é- a qu'un Pont-Neuf, un Panthéon et un dome des Invalevent d'élégants chalets; on remarque entre autres les lides. Et quand le domestique de M. et de ;-,rm• X... , aux derniers-jours.
L'exteosion loujours croissant.e.que prend l'Jllú,trois que l'Empereur a fait édifier pour sa résidence tbcr- de M. Chevet ou de MM. Pote\ et Chabot, voulais-je
tration
uous fait un devoir de rappeler ce fait a nos
male; celm du ministre des finance~, M. Foold; ceux de dire, ~·approchant de roa cba1se, murmurera ces mots
souscripteurs,
el de prier instammP11l ceux d'entre
feuM.ErnestAndréet de M. le comte de Clermont-Ton- amon oreille : &lt;&lt; Monsieur acceptera-l-il du turbot sauce
eux
dont
l'abonnement
expire au 3i décembre, de
nerre. La ville de Vichy doit alacompagnie un avantage aux capres, du filet madere, de la milanaise, de la
le
renouve!Pr
au
plus
tOt,
afio de n'éprouver aucone
pcut-etre aossi considérable ¡jusqu 'a préscu t, elle ne vi vait poularde truffée, du homard, du paté de foies gra~,
inlerruption
daos
l'eovoi
du
journal.
que pendant la saíson des eaux¡ du i•' octobre au des écrevisses bordelaises ou de la glace va[Ji\le et fram1:; mai suivant, semblable a cette ville des Mille et boise? j'aurai quelque peine a ne pas lui répondre :
une Nuits, oü tous les habitants étaient changés en pierre, « Merci, mon ami, merci, je connais. » Polll'lant, j'acil semblait que la vie s'était retirée d'elle; il n'en sera cepterai; les autres convives feront comme moi, et tout
CRÉDlT FONCIER DE FRANCE.
plus ainsi maiotenant, la saison durera toute l'année.
48• TII\AGE DES OBLIGATIONS FONCl€RE3 3 ET 4 0/0
se passer:i le mieu1 du monde.
C'est que la maladie o·attend pas, c'est que le secours
(tR53-t854).
Qu'uu vaudevilliste recommence le meme vaudeville,
donné atemps préserve souvent de graYes complications, M. Oennery le meme drame, M. Dumas le meme rom:rn,
Le 48° tirage des obligations foncieres 3 et 4 0/0 a en
et d'ailleors, bien des gens: les agriculteurs, les labouun peintre ou un rousicien le meme tableau ou le lieu le 22 décembre 1864.
rcurs, certains propriétaires terriens, etc., ne peuvent, meme opéra, un journaliste le meme article, le gouLe n• 42, i24, sorti le prcmicr, gagne I00,000 fr.
saqs léser leors intérets, s'absenter a \'époque de la vernement les memes fautcs, oous nous fücbons tout
50,000
Le nu i01,40i
2°
moisson; le doux climat de Yichy, l'abri parfait que ron rouge. On nous sert éterne!lement le meme diner, et
40,000
Le n• l 41 ,5,22
3•
a su ménager daos les établissements ele la Compagnie, nous le mangeons docilement, saos qu'une plainle ou
30,000
Le nº I00,43i
4°
20,000
permettenl cette beureuse innovation, et laCompagnie n'a qu'un murmure nous écbappe, si ce n'est quand il nous
Le n• i79,480
,5•
I0,000
certainement pas commis en cela la mcme erreur que ce arrive de ne lepas digérer. Étrange inconséqueuce !
Le n• 68,897
6°
Et les n•• 44,514, - !05,095, - 14,440,
mafre qui, voyant que les deux portes de la ville proDemain, je recevrai probablemenl un billet ainsi
- 8,568,-i51,137,-175,86t, - i25,538,
duisaient un octroi coosidérable, avait imaginé d'en oucon~u:
- t 57,875, sortis ensuite, gaguent cbacun
vrir deux autres... pour doubler ses revenus.
« ~lonsieur et madame Y... prient monsieur Henri Este 5,000 fr., ci ................... . 40,000
Mieux que nous ne pourrions le faire (et d'ailleurs les « de leur faire l'bonneur' de venir diner chez eux merTotal ....... 290,000 fr.
bornes de cet article ne_le permettraient pas ), les guides
« credi prochain, 4 janvier, a sept heures. »
spéciaux de Vichy diront la vertu de ses eaux, les mal3dies
Le mercredi, je recommencerai chcz M. et 1\111 • Y... le
qui viennent leur demander secours; ils diront aussi la ~iner que j'~urai f~it le mardi c~e_z M•. et M11 • X: .. et ¡¡• TlRAGE DES oBUGATIO'.\'S rn'.\'CltRES 500 rn. 4 0/0 (1863
beauté du pays, les agréments que l'on y lrouve, les pro- Je supportera1 cette epreuve avec res1gnat1on et 1e v1sage 1
\ Le 22 décembre t86i, a eu lieu le 5° tirage trimt.1·
menades charmantes de ses environs; nous avons voolu sooriant.
Seulement, il ne me sera pas désagréable de diner trie\ des obligations f?ncier~s de 500 fr. 4 0/0 (IR63).
envisager Vichy soos un autre point de vue plus pratiquc,
6 2
dire les efforts de la compagnie fermiere pour répandre le lendemain, a la fortune du pot, chez quelque vieil ·
. . ~• sortI : ,3 8. .
.
HE:sRt Esn:.
Les 40 obhgabons portant ce numero gagnent, ~
daos le monde entier le hienfail de ces eaux; nous avon, :i.mi... un peu gourmet.
vant la série a laquelle elles appartiennent, les lots 8111·
voolu surtout faire ressortir l'importance de cette gavants:
~
rantie tutélaire qui assure l'authenticité des produits, el
231 série, i00,000 rr.; - 2se sér1e, 30,000 fr.; - Seqni rend maintenant impossible toute fraudoleuse conries
27, 21, 31, 16, 13, 25, 2, rn; chacune 5,000 fr.;trefa~on.
P. Bu:-.i;s \Rll.
Et les séries 39, R, 37, 35, t, 33, 30, 34, 4, 36, 18, U,
PRIMES DE L'ILLIJSTB&amp;TION,
5, 28, 22, iO, 15, 3, 7, 9, 40, 38, 29, t7, t2, H, 11, !I,
32, 6, cbacune 1,000 fr. - Total, 200,000 fr.
C(,LLECTION co:JPLtTE
JE DINE EN VILLE.
DBS
La rste de5 numéro~ d'obligations sortis aUl tiragd
et){. et M,me X.•• prient M. Henri Este de leur faire l honprécédents
et qui n'ont pas encore été présentés au Id'
(IUVR!S SPlCIURS rorR VUNO ADRtx li\N8
boursement est adressée franco a toute personne halincur ue venir diner cbez eux, mardi prochain, 3 jaoBEETMOVEII, 1 OllRT, WEBER, HAYDI
1 tant les déparlements qui en fait la demande par leart
vier, a sept belll'es.
« R. S. V. P. ,,
1T DI
a!francbie.
J'ai accepté l'invitation de M. et de Mm• X.. .. Done,

..

SEPT SONATES CHOISIES de CLEMENTI

--------

mardi procbain, asept beures morns cinq minutes, mon C,11lectioo allem&amp;Dde, annotee et doigtc_e par le célebre professeur
Libraine V. lasSlln, place de r!cole de »édecme. - 1 ,ol. 3 ~
hahit noir, ma cravate blanche, mes gants paille, mes
MOSCUELES, formant U ,olumes de tlt pa¡;es cbacun, en moyenne.
MALADIES DE L'ESTOIIAC
bolles vernies et moi-meme, nous cntrerons daos un
Nous ,·enons de terminer la collection complete de~
Régime,
hygiéne et traitement
salon en satin jaune, 011 seront réunis déja qoatre ou reuvres spéciales pour piano a. deui mains de Beethocinq invités que je ne connaitrai pas, et qui cause- ven. \lozart, Haydn, Weber, et de i;ept .~onates de Cle- ll' CAR~ET, médf'cin consultant, a Paris et a VichJ·
1
ront a voix bas.,e et d'un air grave. Je ~ah1erai

COURRlER DE LA MODE .

U.Y a en ce moment daos la maison Dariez de
Ba1Z1eux (8, ¡,lace Vendome), qui a pour clientes des reines et_ tou~es les notabilités aristocratiqoes féminines
d~ux s1 rav1ssa~ts t:ou~_seaux, qu'ils semblent revés et
faits par une 1magmat1on et des doi&lt;&gt;ls de fée. toilette
de contra!, ~e mariée, de visites; j; voudrai; pouvoir
vous les deta1ll~r toutes; voici la toilette de contrat, qui
•~os donuera idée de ce que peuvent etre les autres.
Cest une robe Loute en tulle rose plissée, le corsage est
blanc, brodé de rose et forme tunique derriere· ríen n'égal: !e charme et l'él~?ante simplicité de cette toilette.
1refére~-vou_s les btJ_oux, pourvu qu'ils ne coutent pas
tr?~ cher. -~uivez-mo1 au premier étage du nº 7, rue
~menne. S1 Je ne vous disais pas : nous sommes ici a
1_Ombre du vrai, e~ ~e que vous voyez est mirage et féene, vo~s vous cromez poor le moins daos le boudoir
de la fce aux Perles_. Pre~ez vos vrais bijoux, et comparez-les a:ve~ ceux-c1, qui n'ont d'autre valeur que la
fa~on art'.stique avec laquelle ils sont taillés et fa~onnés
et vous n Y trouverez aucune dilférence.
'
Un mot qui parait aujourd'bui bien soranné c'est le
mot cors~t. Le m?t et la chose ont été avantage'usement
rempla~s, de~u1s plusielll's années, par la Ceir1ture-Rigente' mventee par Mm•• de Verlas 31
d 1
f.haussé
' ·grt1ce
' roe
e a
,
e-d'A nt·m. c_ertes, l'h!giene et la
plastiqoe
y ont gagné. _La Cemture-Regente ne comprime pas la
~lle; elle J:usse a la poi trine une entiere liberté et
n apport~ aucune entrave aox fonctions de l'app;reil
~sp1rat01r~. A~jolll'd:hui' pour qu'1me robe paraisse
bien réuss~e' ti est mdispensable de porter celte mi~onne ce1~ture' dont les avantages hygiéniques sont
tr_es-compa~1bles avec las graces d'une taille mince a ten1r entre dtx doigts.
UnT ca_deau d'étre~nes, signé Rimmel, 17, boulevard
des
· lalJens,
l · est louJours le bien venu • Cette parromene_ ang a1se~ adoptée par les f~mmes élégantes, a, pour
le 1our de I ao, les plu~ grac1euses innovalions. Outre
ses ~olfrels, ses éventa1ls, je recommande le bouquet
~•que, dont la tige recele des parfums qui ravivent
~~ote des fleurs, des jardinieres de salons garnies
a_r astes parfumés; enfin, des sachets pbotograpb1ques.
« _S'il es~ une _invention appelée a rmdre de grands
~rv1ccs, e es_t bien celle qui a pour but de garantir le
p~eds du fro1d ~t de l'humidité, cause de tant de mala~
d1cs. » - (Exlra1l du rapport du marquis D11ranty et do
D' B. Lunel, sur les semelles hygiéniques en crin au
colhydrofuge). Lacroix, breveté S. G. D.G. Passage Choiseul, 72; les seules réunissant ces qualités. Le pri1 est
2 fr. 50. c., pour dames, et pour enfants 2 fr. Envoi
eontre timbres-poste.
'
Par~i l~s substances employées depuis vingt ans pour
la fabr1cat1on de~ dmts artificie/les, il en est qui présentent de !raves mconvénients' comme cbacun sait. 11. G~orºes Fattet (255 ' rue Saint-Honoré), auteur do
Traite de Prothese de11tai_re et l'un de nos praticie11s les
plus en reno~, emplo1e depuis longtemps, loi, une
nouvelle malt~re' to~t a, la fois légere, diaphane' et
eo~p\étement macc~ss1bl_e a l'acidité des aliments et des
bo1,sous. Cette maltere imite parfaitement la teinte et
la lranspare~ce des denls naturelles; elle peut etre surnummée la r1vale de la nature.
A. DE C.

'

.JOURNAL UNIVERSEL.

d'apres_ des témoignages irrécusables - c'est l r1
d~s momes bé~édiclin_s de l'abbaye de Fécamp~ d
d_epOt est étabh a Paris, i9, rue Vivienne. Sa base spirit~eose re'1oit !'arome des nombreuses plantes ui
cro1ssent daos les falaises de la Normand·
t q
plan~es y sont infusées au moment de la sév~\ue de~!
~ora1son: Jugez ainsi d_e la saveur et des elfets de cette
1~ueur o· elle _est tomque, émioemment digestive et
d un go t exqms!
'

;;:~!

COMPAG~ll:. FRA.N(,AISE D'AUMENTATION,
Les ~ervi~es signalés que rend au public la Compagnie
fra~aise d Alimentation, par la fabrication spéciale de
s~s Légull?es et_ Joliennes conservés a l'état frais n'ont
~a~s besom auJoord'hui d'etre énumérés : ils Íui ont
~a fo_urmture du gouvernement fran~ais et lui ont
~1 o te~1r,_ aox expositioos de Londres et de París plusie°:5 meda1lles d'honneur.
'
L entrepot central des usines Chollet et c• ancienne°:1ent roe Marbeuf, a Paris, est transféré da;s les ma asm,s de la C_ompagnie fran~aise d'Alimentation. c•eila
e5l étabh le. centre de cette fabrication spéciale de
, gomes et Juhennes conservés a l'état frais pouvant
s e1porter, et se consommer sous tous les cl.m:ts.
Noos n avons pas besoin d'insister auprcs des ménageres sur le~ avantagcs que lcur olfre ceae espece de
Conserv~s .ª.h?1en,tairee; cbacun aoJoord'bui en a reconnu 1ut1hte : e est la plus économique de toutes les
C~nservcs, t'."lt po~r la consommation des familles, étabhsse~ents t~d_ustr1els ou religieox, cbil.teaux, etc., que
pour I approv1s~oonement des flottes et des armées.
La Compagme fran~aise d'Alimentation fabrique en
out~e, daos ses _P,ropres établissements, el fournil .iux
me11le~res cond1ttons, toutes especes de prodoits alimenta1res manufacturés, tels que Conserves de Viande et
Légumes en boltes, Bouillons, Laits Cafés coneentrés.
Chocolats,
Pates et Farines' Karoub;' etc., etc.
'
S' d
a re~er, pour le catalogue et les commandes a la
~pagnie fran&lt;;aise d' Alime11tation 4 tt.Le du Cygne 'quartter des Halles, París.
' '
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[ ·i°

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~

PnOTOSCULPTURE DE FRANCE (iO secondes de pose).
Statuettes - Bustes r Médaillons.
Avenue Wagram' 42' pres !'are de Triompbe.
L~ Gazette des ~bonnés, publication de luxe illustrée
para1ssant deux fo1s par mois, cst envoyée gratuitement
ad toutes les personnes qui char"ent
M· de V111emessant
o
e prendre leurs abonnements aux journaax de Par·s
pourvu que le m_ont~nt .~•un abonnement ou de plusie~~
abonneruents reurns s eleve au moins a i ~ r
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la France chez tous les libraires et débitan~ d&amp; tahac·
~ AIAISON Srn.u:D1:,, RCE DE LA Pux.
et pour recevoir vingt billets assortis, adresser (mandat
.M. Sir~udin, in~_ust~iel habile, natnre énergique de_ poste ou timbres-poste) Cl~Q francs au directeur du
aula~t qu homme d m1t1at1ve, a opéré une véritable ré- Bi:REAu-Ex..i.cTJTUDE, rue Rivoli, 68, París.
,~l~llon d_an~ le commerce de la confiserie, par des innoYattoos tres-m~é_meoses, dont ne s'était avise jusqu'ici
aucun des. prattc1ens de la profession. 11 a créé tout reGABRIEL FERRY.
~mment, e~tr~ autres merveilles, trois bonbons qu'il
IDlporte de decr1re, au point de vue de l'art...du coofise
l.
f.e sont =. 1º l'A(ric~ine, pour leqoe!M. Siraudin fait ve~f;
En i846, au deuxieme étage d'une des maisons de la
chaque JOOr d Afr1que des fraises (raíches afin de les
p~ace de la B~urs.e' se trouvaient les vastes bureaux
:ba~mer .?~os un_e suc~erie exquise : pr~bleme insod
une compagme d assurances marit1mes nommee l'E libi1e Josqu 1c1, ~r il ava1t été considéré comme impos•
.
s
é
p
'.anee; ~"t
e a1t
un grand foyer d'alfaires.' Du matin au
re e, en confiser1e, de conscrver la fraise : exposée au
le d1recteur de Jadite compagme _ un homm d
u, elle perd tout son parfum. - 2• le hlont-Carmel q . so1r,
36
.
'
e e
ans env1ro~, au front inlelhgent, qui, deux ans aude récipi~nt a la liqueur hygiénique des mome~. ~ ·
~andarins, dont les parois sucrées recelent la m~n- parav~t, ava1t fondé cet établis~ement, - recevait daos
au me. - ~t nous ne parlons pas, faute d'espace, des son cabmet des ,arm~teurs, des capitaines de vaisseau,
ftlres _créations de M. S1raudin, qui ont quinze J.Olll'S ou to~ les gens d alfa1res enfin ·avee qui il était en _
"" mo1s de date !
lalton.
re
ceocoL~rs-tTREMiEs. - De tous les objets ollerls au
Cependant, t?ut en causant, en écoutant oo e~ discu~ de I an, le Chocolat est, saos contredit le plus en tant avec ~es mterloeuteul'l1, il trouvait moyen d'écrire
Jue; 1~ mode l'a sérieosement adopté, et ;íen ne sau- que_lques hgnes, daos des pages eparses sur sa table .
•llil le detrOner, surtout quanj il s'appelle praline-mar- vra1s~mblableme,nt, on pouvait croire qu'il notait de~
..,. se, boochée duchesse ou honbon maltais et qu'il est
vuert
· · comme sait en' créer tooR rense1gne~inls celos daos le cours de la eonversalion.
les
andaos
. ce_s rm·11 e 1·~nta1s1es
.
.. pourtant trompé : ce que cet homme écn!re F 5 1a~c1enne ma,son L. Marquis, galerie du Tbéél.- On. se sera1t
va1_t, au quheu du _tumulte ~es alfaires, ce n'étaient pas
• ran'1ats 8 9 i O t t
u
' ' , ' .
bienº ~ordial _d'une nature tout hygiénique, et qui a des notes commerc1ales, ma1s bien des récits que la Ren mér1te' apres le repas' - nous en parlons 11U4 dts Deux-Mondes publiait. rlepui~ deux ans, a la

:f

u}5

11

grande_ satisfaction de ses lecteurs, sous le nom de ~
de _la v,e sauvage au Me:x:ique, et qui élaient signés : Gabriel Ferry.
~o e~et, _Gabr_iel Ferry, dont nous vous entretenons
ª?JOUrd hui, éta1t, en i846, directeur de la Compagnie
d_ assura_n~es maritimes l'Espérance ! - Nous devoo
aJOUler ,_c~ une particularité : c'est que Je che( de 1
comptab1hté de cet établissement était un jeune hom
ª, la figu'.e spirituelle, le propre neveu du directeur. U
s appell_a,t Paul Duplessis, - c'était le futur auteur
Douc~t~$, des Grandsjours d'Auvergne .... Nous croyodf¡
to~te ep,1grammc a part, qu'on trouverlit difficilement
auJoord_ hui: sur la place de la Bourse, une compagnie
composee d un pareil personnel.... Elle avait raison de
s'appeler l'Espérance !
Mais revenons a Gabriel Ferry.

¡.;

TI.

Ce fut vers i845 qu'il ouvrit sa carriere d'écrivam
dans la Reuue des Deu:.c-Mondes, par les Scénes de la
sauvage au Me:i:ique.
_Ces récits, d'un style ferme et coloré, étaient l'bisto1re de ses voyages, de ses aventures, ne ses impressions
p_e~·son~elles.: c1r, dans sa jeunesse, par goúl et parpos1t1o_n, ti ava1t énormément voyagé; il avait parcouro le
~ex,que d":°s to utes ses parties : du nord au sud' de
l Océan Pacifique a l'Océan Atlantique.
~aos une excursion qui dora un ao, ou ¡¡ ne 6t pas
moms de qu~~rze cents lieues a cheval, il avait pénélré
daos ces _pra1r~es ~uvages, daos ces déserts illuslrés par
Cooper; il ava1t vmté la Californie presque déserte, et a
son ret,our en France, le tourbillon des affaires l'avait
abs_orbe; et quand, plus tard, il prit la plume ce fut
m01ns _µar vanité littéraire que par désir de fher des
souven_irs qui, loi étaient ehers. Toutefois, le succes l'engagea a persevérer daos la voie qui s'onvrait devant loi
et d~ns les années 1847-1848, la Reuue des De11:i:-Mo1 de;
publ~a les émouvanles Scenes de la vie mexicaine; vint
~nsuite le Coureur des bois ! Popularisé par des édittons
mccssantes, traduit daos presque toules les langues ce
roman -est reg~rdé com_me le chef..d'reuvre de l'aut:ur.
E~p~rons qu un dermer succes lui est réservé : la consécration de la sceue. Costal l'lndie11, Tancrede de Cllat~au_brun, la Chasse au:c Cosaques, les Scenef de la vie milttatre au Mexique, les Squatters, la Clairiere du bois des
Bogues, ~oila les Oeorons de la couronne littéraire
de Gabriel ~err~, en moins de ciuq ans. Que n'eút-il
pas e~c?rc f,ut, s1 la destinée, lrop avare bélas ! ne l'etit
enleve a la v1e !
A ~ous ces grands ouvrages, Ferry mélait des travaux
quobd1ens daos les jouruaux.
, ll rendit compt~ de l'exposition de peiuture de 185i'
l I~lu~trat,on pnblta des notices biograpbiques sor les
prmc1paux personnages politiques du Mexique : SantaAnna, Alaman, Tturbide, Bustamente. Jointes a de nouvelles études, elles forment la matiere du nouveau volume posthume de Gabriel Ferry, paru derniereme11t
avec tant d'éclat.
. Si la famille
. de Ferry avait livré a la pub11·c1·té ses cur1eux pa~1ers, - journal' correspondance notes nous a1mons eu la pbysionomie complete de ~e de '.
et pe. u.t etre !'aur1ons-nous estime autant pour cern1er,
qiúl
a !a1sse qu~ pour e~ qu'il comptait faire . Quoi qu'il en
so1t? en 18al, Gabriel Ferry, qui ne trouvait pas dan~
l1ttérature un aliment suffisant il. ce besoin d' .
t é
1.
¡¡· .
agir'
~n en m, _s? ,cita un poste diplomatiqoe en Amér1.que; .sa pns1t1on, ses connaissances lui permettaient
~ y asp~rer .. Le gouvernement répondit a ses sollícitations : ti lu1 confia la mission d'aller recevoir a S
Fa .
é .
'
an,~ neis~, nos . m1grants, - on était daos le fort de
l e_m1~rallo? cahfornienne, - et de veiller a leurs beso1_ns Jnsqu a, ce qu'ils eosscnt troové des ressources. Gabnel Ferry s embarqoa, le 2 ,·anvier 1852, &lt;1• South ampton, sor le paquebot l'Amazone, pour se rendre ,
~~a~
T:ente-six beures s'étaient a peine écoulées le
~avire venait a peine de perdre de vue les cote; de
1~ngleterre, que, daos la nuit du 4 au 5 la cloch
d alarm_e retentissait a bord, el le cri :' .A.u feu!'~
reve1lla1t
..
. . en surs·aut les passagers· Ali oro ée, on ne
sot .J~rna1s comment' la flamme dévorait la partie
superieure du bél.timenl. Au dire d'on passager échappé
a cet affreox désastre, I' Ama:one présentait un aspect
d~passant les bornes de l'borreur : c'étaiL une scene
digne en toot point de l'enfer. - 11 faisait complétcment

t:i;

!ª

�L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
nuit; la mer était orageuse;
........
on ~tait a trente lieues de
la terrc la plus voisine, et les
Jfammcs sanglantes, activéc~ par le ventd'hiver, faiient, · de minute en mi,
..
ute, d'effrayants progres.
u dire ciu mcme passager, la
clbntenance de Gabriel Ferry,
-,,,,~
,,...
au ®ilieu des vertiges et de
___,,
)J terreur de tous, ful admirable de sang-froid : il s'enveloppa sto"iquement dans
son mantean, et s'appuyant
contre un bordage, il contempla tranquillement l'incendic rugissant autour de
lui; il rassasia ses régards
de la derniere scene que sa
destinée aventureuse lui
réservait. Invité par le capitaine a descendre daos
une barque, ,il s'y refusa :
Mourir pour mourir, mieu:c •
vaut mourir ici, lui répondit-il, - et il continua a regarder l'effrayant spectacle
jusqu'a la fin. Cette mort
pathétique, déja passée a
l'état de légende, selon l'expression de George Sand,
émut l'opinion et acbeva de
mettre en lumiere le nom
de Gabriel Ferry; c' est une
si admirable. artiste en re·
nommées que la mort!!! Lesouvrages de l'écrivain se répandirent; les éditions s'en
multiplierent; aujourd'bui
cncore, la vogue est attachée
aux reunes de Ferry comme
si elles venaient d'éclore.
- U y a quelques mois,
la presse accuei\lait avec d'unanimes éloges le dernier de
ses livres posthumes : les Reuolutions du Mexique, livre
que George Sand enrichit
d'une éloquente biographie
sur son auteur.
Aujourd'hui, la libr¡.irie
Charpentier publie une nouvelle édition des Scenes de
fa uie sauvage au Mexique,
édition rajeunie par une
notice circonstanciée sur
Ferry, qu'on lira avec plaisir, meme apres celle de
George Sand.
Une anecdote sur ce der..

-~

--

nier ouvrage, pour terminer.
On était en i 847; Ferry, encouragé par le succes qu·avaient obtenu les récits de la
vie sauvage, venait de les
réunir en un volumc. Un
jour, comme il sortait des
bureaux de la Reuue des
Deu:e-Mondes, il !fut accosté,
daos la rue Saint-Benoit,
par un homme agé, grand,
maigre, de la plus parfaite
dislinction dans ses manieres, qui sortait égalementde
la Revue, et qui avait halé
le pas pour 1e rejoindre.
- Vous etes bien M. Gabriel Ferry? fit-il en abordant
celui-ci.
Ferry s'inclina affirmativement.
- En ce cas, laissez-moi
vous remercier d'u~ double
plaisir que vous m'11vez procuré : j'avais lu avec intéret
vos récits, je viens de les
relire avec un nouvean
charme réunii en volume.
Ferry s'inclina derecher.
- Mais mon suffrage eat
peu de chose, ¡;oursuivit son
interlocuteur, il en est 1111
autre queje ne veux pa~oos
raisser ignorer : hier, j'étais
a l'Abbaye-au-Bois; la cooversation est tombée sur votre
ouvrage : M. de Chateaubriant en a parlé avec
éloge.
- Votre nom, monsieur!
exclama Ferry, ravi de l'idée
que rauteur du Génie da
christianisme avait loué SOi
Jivre.
- Je suis le comte llolE
de Champlatreux! répondil
le vieillard en saluant et ea
se retirant.
~ I \1.1/' ~.I
...._ --~,
11 était daos la clestinée de
........ '--.__.::._...
:~·
Gabriel Ferry d'etre goüté
par des juges ill ustres.
,",.........:a~~
Dernierement, Alexandre
Dumas disait a celui q ·
écrit ces lignes, en lui mo
trant un volumt: des Revol
tions du Mexique :
&lt;' EZ : ~- - Gabriel Ferry est WI
; : . ..
de ceux que j'aimé le mie
a la lecture !!
Fuvms.

'-:,.._

~

..

~

~

~:
~

Nº i82,

FIN DE PARTIE PAR

~
~

LB MOIS 01! DBCl!l!BPJ!,

SOLUTION DU PROBLÉME Nº

ÉCHECS.
PROBLÉME

'\-."

M. Srmmz.

RÉBUS,

i8L

1. T 4• F D
2. R 2" F

P pr. T (a)
R 4• D

(a)
2. R 3• R
3. F pr. P R éch!lc

R 4' D variante
R pr. T

3. F ~r. P F écheé

mat.
mat.

SOLUTJONS EXACTES DU PROBLÉME Nº

i8L

Café Suisse, boulevard Sébastopol; cercle de Pont-a-?l~ousson, A. Thionville, L. Lefrancq, cercle des Eche~s ~e Ltége,
cercle de Chambéry, G. Baudet, H. Frau 1 cap1ta_me Charousset, C. Fassin d'Engis, L. Mulhuon, F1scher a ~ouen,
Urbain-Bernard de Nantes, café du Grand_ Balcon, a Vmcennes, Rombaut, cercle Labor\e de Perp1gnan, cercle -~~ ·
Montr-euil-sur-Jler, A. Meflre, Sttennon de_ Meurs, caíé M1h
taire a Versailles Jules Bunel, Ch. Fran~01s-Dertelle, Gran~
c:1fé de la Comédie :i Périgueux, E. Frau, Café Mu~seau, a
Napoléon-Vendée, E. de Vaueelle, A. Damolte, Fcbyr_et,
J . M. a Lyon, Dégiron, _E. yall~t, D' Revel, cercl~ Doua¡s1en
aDouai Société de l'union a Samt-Geor¡¡es-sur-Lo1re, D Radot, caié Duriaux, Versailles.
J. A. de R.

a

·-----.---~

AuG. M.uc, directeur ..géranl.
Eox. TllllR, rédacteur m chef. '

-------~

'
l\llP· de L' ILLUSTRATION, A. ~tare,

Les blancs forcent le mal en quatre coups.

22,

!'lit

de Verneuil.

EIPIJCATION DU DKRNlE.1:1 RÚlUS.

Mathieu (de la Drome),

cette année, aura prédit faux,

TABLE GÉNÉRALE
AN ALYTIQUE

ET

\

\

ALPHABÉTIQUE

DU ·TOME XLIV

DE L'ILLUSTRATION

AenAYE ll! l\loNnlAJOOR. 259.
Auo-EL-KADER fran,:-mac;on. 35.
.tbsents (les). - Representation de cette
pillee A l'Opéra-Comique. 315.
AcclllENT du Grand Trunk-Railway (Cauada).
66.
ACHE~B1cn (M.) au Salon df 1864. 39.
.lciion de Jésus su1· le monde, par M. D. namée. 21 5.
.bFICHES (les) le premier jour de la lil&gt;: rté
des ú1éAtres. 18.
Afhcai11e (/'), de Meyerbeer. 83. 332.
AtGUES-MOnTES. 195.
Ai,· (l') et le monde aétie11, par M. A. Mangin. 318.
\uuzst (~l.). - Ses presses mécaniques. 74,
.4/cade (/'). - Représentation de cet opéra
au ThéAtre-Lyrique. 182.
ALEUNDnE II A Nice. 274. 278. 291.
Awén1E. - Nouvelle organisation. 66.
ALLtl\GES (les) et le Pelerinage de saint Franc;ois de Sales. 299.
Auu-TADENA (111.) au Salon de 1864, 38.
.lmbass11de (urte) fi·a11raise en Chine, par M.
le mm¡uis Ferriilre le Vayer. 2.
.lmer (I') de la planta/ion. - Modele de réclame. 163.
IIÉRICAl:'IE (la grande). 403.
A1t~o (Just). - Courrier de Londres. 250.
.lmnu,•s (les) de Jlem·i IV, par M. de Les' cure. 118.
.b m ASt (\1. ). - Un orage dans J'Obcrland.
61. - Carpentras. Le saint clou. Ch2pellc
miraculeuSl'. Chapiteaux. Translntion de~
reliques. 1bs. - Ses talileaux au Salon de
1864. 37.
.hGLBTBnne. - Message de prorogation du
Parlement. 82. - Mouvement de réforme
électorale. 386.
.\~TUROPOGLOSSOS (l'), 82.
.\PPUEIL 1J'tCLAlRAGE SOVS·llARIN de M. Bazin.
267.
,\VPAREIL DE L!COURAGE A VAPELR, 2j5,
.lpl'es le Cirq1Je, aux Folies-l\larigny. 7.
A PR0POS DES ÉTRllNNES, 419.
.haovtLLB (M. d'), dentiste. 345, 399.
.\1cutoLOGIB CO&amp;IPARtE. 395. 410.
.\nus IIORT ET Anus Vll'A:--T. 2j0,
.\111tE MEXICAINE. - Régimcnt belze Impératrice Chadctte. 225. - llrigade autrichieune. 363.
.hntrií relatif /J. l'entréo des nrtbtes /J. l'Opéra
en 1800. 51 .
AnQl\'ÉE DB t'AGUA Eoo1N an camp de Cha• ref (Algéric). 164.
-hRtVÉE DU MARÉCIIAL Mtc-ltwo:-. a Alger.
230,

DU 1rr JUILLET AU 31 DÉCEJIB ll E 1864.

Ann1vllE ou PRtNCE Hu1,1nr.11r a Cherbourg. 108.
AnttSTES (deux) EN ESPAGliE. 83.
ASCEl'iSIOli ou Géant A BruxellPs. 246.
AssASSl~ATS du cMteau de Btullard. 135.
ASSOCIATIONS CATII0LIQUES ALLEMAl'ilJES AWurzbourg. 194.
AsSOLANT (M). - Hístoire fantastique du célebi·e Pierrot. 360.
Asso»PrtON (1'). - Démolition de ~on dr,mP.
211.
ASSURANCES (les) sur la vie. 223. 383.
ATIAQUI! DE St&amp;IOliOS.\KI. 335, 420.
ATTnAPEuns (les) DE nATS A Londres. 134,
AUDITION DES l:'ISTRUilENTS ré~emment inventés par M. Sax. 47.
Aunuc (M. d'). - De la wwigaiionaérienne.
1'11.

AUTODIOGRAPIIIE D1 UN
1C. 5t 70. 86.

POETE,

par 1\1. l\lartin.

Ave11fr (l') et les Ronapai·te, par M. Duveyrier. 370.

Arniir (l') du spil·itisme. 333.
A~1mtui·es d'u,1 ariiste drms le Liban, par
M. Cortaml&gt;ert. 288.
D

8ACCALA~RÉAT. - Rapport et décret du 27
novembre A ce sujet. 3118.
BADE. ._ Ex pul.ion des da mes seules. 82.
füDtN (».). - Voyage d'un Parisien a la recherche de la naturt). 167.
BAtNS (les) d'Arc~clion. 88.
Bms (les) d'Ems. 95. •
8AL donné par le vice-roi d'f:gypte dnns le
palais de Ras-el-Tio. 1O.
BALFOIIRtEn (M.) au Salon de 1864, 39.
BALLET (le) au Thé:ltre-ltalien. 122.
BA:-. (le) des vendanges. 218.
BANQUBT oíl'ert, A Versailles, il In 1" battcria
du 1" régiment d'artillcrie de la garde. 21,
B.1.no:-1 (M.) au Salon de 1864. 27.
BIROT (~l.). - Ses Lctlres sur la pltilosophie
de 1'11istoire. 1711.
BAnnALLT (M, ).-Le Cllt'ist, dialogues théologiques. 344,
IlATZ (Théophile). - Tubleaux du Morvan.
234, 266.
BAV0VX (M.) au Salon de 1864, 39.
BAYAnD (M.). - Le général de division Létang. 333.
fü.zAt~E (~l.) nommé maréchal.178.
nm:i (M.). - Son appareil d'éclairage sousmarin. 267.
BEcnn (~t.) au Salon de 186'1. 27 .
flégaiemenls (les) d'amour. - Premierc rcprésentation. 406.
IlsLEZE (M). - Dictiormaire de la víe p1'alique a tu vi/le et a la campagne. 31.

BELFAST (Irlande). - Désordres ayant cu lieu
daos cette ville. 130.
BELGIQOB. - Les élections. 114.
BEuor (M.) au Salon de 1864. 39.
BELtOY (de). - Ch,·istophe Colomb. 359. (Voir Causerie dramatique. )
BELLY (M.) au Salon de 1864, 26.
BilNARD(l1. ). - Diclionnaire universel. 415.
BiNtmcrlON de la chapelle de Notre-Dame
d'Afrique. 217.
BENOIT RACLBT. - Inauguration de son buste.
254,
BtnANGER. - Projct de statue a lui élever. 67.
IlERCEAU (le) SAUVEUUR. 211.
BEncui::nE (M.) au Sa!on de 1864 . 27.
BERCY (ch:l.teau de). 99.
Il.enNAno PALISSY. - Sa statue A Saintes et a
Pari&lt;, 187.
BEnnYER -(M.). - Sa réception A Londres.
322. 345.
8ERTALL (M ). - Les victimes de la mode.
72. 73. 201 . 237. 338. 339. - Quelques réflexions sur la mode. 338.
BERTR 1:1D (M. Léon). - Les Sangliers. 407.
BtzlERS. 227.
Bíble (la) de l'humanité, par Michelet. 340,
Bihle (la) populaire, par M. l'abbé Drioux.
349•
filBI.IOGRAPIIIE, 62, 79. 127. 144, 174, 208.
222. 230. 255. 280. 344, 349. 414.
Brntiotui::QcE de La Pommerais. - Sa vente.
102.
Bm:111N1E (la) rue de la Paix. 403 .
BtSllARK (M. de) et le baron de Werther. J.eurs dép~ches publiée:i par le MorningPost. 17.
Bt.ANcurnD (M.). - Consécration de l'église
Sainte- Perpétue. 12. - Banquet otTert il
Versailles a rartillel'ie de la garde . 21. Arril'ée des eaux a Cann~s. 28. - Vue du
thélltre de la guerre en Virginie. 36. - FCte
du Courban-Bair·am. 60. - Accident arrivcl
sur la Saóne. 65. - Régates du HRl•re. Arrivée de M. de Lcsseps. 85. - Vue gér.érale d'Arcachon. Casino. ButTet-restauraot.
88. 89. - Flotte de l'amiral Porter. Llgnes
d'attaque. 101. - Panorama de PortoNovo. Maison du l\1iughan. 104. 105. Le pnpe visitant la caserne. 140. - Jlot
de Sacrificios. 176. - Cavalier pahuenche.
Étrier de Pahucnche. Volr,an d'Osorno. Le
lac de Tous les Saiuts. 184. - Glacier de
'fl'onador. Vue du Desague. 185. - Ascension du Géanl. 245. - Station de Rodtio.
252. - Expériences d'éclairage sous-marin
(2 gravures) . 268. - Vi la Peillon. :176. Bataille de Fishers'hill. 377. Arrivée du czar
:m Grand-llótel. 289. - L'Empereur sur
le quai des Paltniers. 203. - Buenos-,\yres.

296, 297. - LL. MM. 11. de Russie assi,tant au service divin. 309. - Ouragan ,\
Calcutta. 324, - Pie de Goudjilah. 334. - .
Camp d'observation du colonel Legrand.
347. - Vue prise du rivage de Seelporc.
351. - 1'he Thunde1·er. Le Stationnaire de
police. 354. - Travaux du Dntch-Gap canal Exposition de Dubliu. 373. - Palais d!'
la Seigneurie. Cour du pnlais de la Seigneurie. Cour du palais de Médicis. 392. 393 .
- Incendie de la manufacture de tabacs
A Madrid. 400. - Attaque de Simonosaki'.
421 . - Grand temple. 424, La phce des
Pulmiers. 425. - Etablissement deVichy.
428.
IlLAVET (1'11.). - Féte de Notre-Dame-de-Samé
A Carpen tras. 106.
BLONDIN a l'Hippodrome. 19.
llODillER (M.). - Un terrier de rennrds. 24.
25. - Le rennrd en chasse. 125, - Un-i
source sous bois. 168. 169. - Le combat.
204. 265. - Le retour du vaincu. 328. 329.
Les Sangliers. 408••
Bout111zNs (les). 102.
BoNNET ET CoutELIER (MM.).-.\rt de l'ornementatioo en zinc. 191.
IlORDIGUEI\A. 274.
lloRIE (M.). - (Voir la Cié des Champs. ) Daubcnton. 398.
.Botor (maison). ;¡99_
BooFFt. - Sa représcntation de retraite. 322.
Boocy (M. de). - Les Allinges. 209.
BoGLET (Je) de S. M. le roí de Portugal. 67.
BooRDEt.JN (M.). - Labourage A la vapeur
(3 gravures). 256. - Chemin de fi·r d,•
Bayonne A Madrid. 260. 261. 301. 316. Hydro-extracteurs ButTaud. 412.
BRANDT (M.) et son enseignement international. 211.
BRAVO (M. Gonzales). - Sa circulnire au\
préíets. 258.
BnEtON (M.) au Salon de 1864. 27.
13REVAL (M). - Ses ateliers de cou,truction
de machines. 335.
8ntGADB AU~TRO-AIEXICAINE, 363.
na10N (M.) au Saloa de 1864. n

e
CAnAT (M.) au Salon de 1864. 39.
CAF~ (un) a Constantinopla. 207.
CAFÉ ¡le) DE F'oY. - Sa mise en vente. 19.
GAISSF. CbÉRALE DES AIANCES sur ti tres. 159.
175. 191.
CA1ssE ct~tl\ALE des chemins de fer. 31. i().
Campagnes et stutio11s sur les cótes de l'Ame1·ique du Nord, par 111. du Hailly. 222.
Cu1PAaoo, (M . ). - Proces du collier, 11 8.
C,N\ES, 274,

�TABLE ANALYTIQUE ET ALPHABÉTIQUE DES MATIERES.

4:H

TABLE ANALYTIQUE ET ALPHABÉTIQUE DES MATlERES.

DuMAS (M. A.). - Ses causeric~ sur Eug~ne
DANICOURT (M.) et l'hybridation du froment.
COMPAGNIE FRAN~AISE o' ALlllENTATION, 43 t.
Delacroix. 307.
218,
Do~JAS (M. Victor) au Salon de 1.864, 27.
COIIPAGNIE IRLANDAISI!', 63,
r.uucUIS (les} A LONDRES, 251,
DANSEUR (le) monopode. 403 •
Du PAY&amp; (M. ) . - Salon de 1866. 26. 38. 91.
CO}IPAGNIB DE NICE, 127,
DANTE, _ Monument qu'on doit Jui é_lever a
~atlll (M.), de Rodez. 340,
COMPAGNIB TRANSATLANTIQ0E entre le Havre et
DcPONT (M11' ). - Sa mort. 290.
Florence. 114, - Illustré par Dofé, 330. ~-•· 5 (nouvelles) A ,ou1R. 372.
New-Yo1k. 31. 95. 175. 223. 30.3. 301. ·
DuMND (G.). - Bohémiens disant la bonne
'LI (l':1bbé) chez M. Bertall. 323.
DARCEL (M.). - Excursion sur . J_es cOtrs de
aventure. - Halte de Bohémiens. 192.
Compognons (les) de la Marjolame, par M.
Normandie. 92. 124 - Expos1tion des reu~ (M.) au Salon de 1864, 39.
DoRIEZ DE BA1zrnux (maison ). - Dentelles.
Maret. 267.
vres
de
Delacroi
x
au
boulevard
des
Itnr.u rBOl'HES (les récentes) • 66.
COIIPTOIR DES INDES, 63, 143 • 255. 3o3. 360 '
431,
ll\lB DRUIATIQEE, 7 • 42, 72 • 102,139, 165,
liens. 202.
.
DuRoY (l\1.). - Son discours a la distribution
383,
DAnJOU (M. }. _ Don Quichotte. 76.-Les Fli03. 230. 262. 294, 326. 352. 394, 422.
du conr.ours général. 08. - Sa circulaire
CoMTE (M.). au Salon de 1864, 27.
st111B du Wauxhall. 307.
busliers de la Sonore. 165.
aux facultés de prnvince relative nux lcCo11Pn-Cmx (M.) au Salon de 1864. 27 •
~
IITUBB RÉGENTE, 63, 95, 143, 191, 255. 360,
DAUBAN ("61. ). _ Récits historiques. 391 ,
Co1ITES (les} o'EGMONT ET DE HORNES, - Leur
~ons an1logues a celles de la Sorbonne; 242.
DAUBENTON. - lnauguration de sa statue.
Duvuu
(M.) au Salon de 1864, 27 ·
monument
a
Bruxelles.
395.
' C4J.tBamoN
43f
· p·ierre, 1t. In
de la fete de sa~nt
322. 398.
DovenGIER oE HAUIIAN~z (M.) etl'Alhambra.83.
Comtesse Cla) d'Escarhognas. - Reprise. 42.
DAVID ("M..). _ Ses débuts a l'Opéra. 13,
cbapelle Saint-Louis de Tums. 52.
Gomtesse (la) Eva. _ Représentation de cet
DuvEYRIER (M). - L'Avenir et les Bonaparte.
DAX (vicomte de). - Incendie de la manuCBTTE et se&gt;changements. 243,
opéra a Bade. 160.
,
370,
facturo de tabac~ A Madrid. 399.
CHURB n'ÉCONOIIIIE P0LITIQUE créée a l'École
CONCOURS INTERNATIONAL DE IIUSIQUZ. DHARIIODEJARDIN
(M.).
_
Son
opuscule
sur
l'bygiene
de droit. 194, 210.
NIB a Arras. 178.
des denta. 63,
CHAIRB D'HOM&lt;EOPATHIE, 210,
E
CONCERTS DO CmQUB•NAPOLÉON, - RéouverDELACROIX (Eug.). - Cavalier arabe. 200.CHA1x-o'EsT-A~GE (M.), - Son poignard· ~87•
ture. 316,
CuALONS (de) A PARIS. - Études comparauves
Un lion. 272.
CoNcouRs AG111coLE de Korn-er-Bouet. 111.
DEUTRE (M.). _ Canti e pianti. 115. f.AO D! DtJAIIDlN, 127, 319. 334, 360.
sur les grandes armées du con~inent. 354 •
CoNcouns au Théltre-Lyrique. ~07.
Journée du 22 ao0t il. Geneve. 153. - La
}i!U DB LA FLOIIIDB, 63. 95. 143. 101. ll55.
Ceu1 (M.} . ~ Revues trimestr1elles. 44, 45.
CoNFÉRH~CB DE LONDRES, - Sa derniere séannouvelle ca pitale de l'Italie. 375. - Les
2114, 285. .
.
303. 360.
ce. 1.
.
nouteaux ministres italiens. 392,
EAU DE MÉLISSB des Carmes. 31. 63. 127, 101.
Cau1P1GNONS (les} proscrits par arr~té mumConfére11ce-~ ~e M"'' N..._349,
.
16
DEMBINS~I (général). - Sa mort.. ·
223. 271, 303. 360.
CoNGRBS de l'Association internat1onale pour
_cipal. 3(3M3. ) - O•age daos l'Oberland. 61.
De par le Roi. _ Représentauon de cette
EAU ET POIIIIADE virifiques. 255, 319. 360.
,,
c, BAMPOD
le progrés des sciences morales. 162.
EAUX (les} DE u D1101s a Paris. 172.
_ La Grande cave a Berne. 41o.
piece a Bade. 68.
CoNGJIBS de Mali~es. 130. 162,
331
298
DEPPING (M.). _ Bibliographie, 287.
283
Échos du passé, par M. Delorme. 46, .
CBANSON (la) DE RoLAND, •
·
'
CoNS!ILS oÉNÉRAUX: - Discours politiques.
Di\PnET (M. ). _ Giulia (nouvtJlle). 4, 22, 43,
(,cLAIRAGI! PAR LB scmsn de MM, Gu11lemont
CuAPELlt (le général). 326.
I a
146,
51,
.
CuAPITRE ANNUEL de l'ordre de Charles II '
et Heu. 190.
CoNSÉCRATION de I' Église Sainte-Perpéme a
DEnocooes (la maison). - Ses pecheries aux
Écou (1') DE DESSIN de la rue des Tournellet.
Madrid. 370.
Nlmes. 12.
!les Lotfoden. 335.
147,
CHAIILBS (le roi) de Wurtemberg. 2•
Con/es aNinon, de 1\1. Zola. 360.
DERO~ (M.). _ Vue de Matehuala. 56._ m•)
Ses
débuts
au
ThéMre-LyÉcoLE DE DussELDOR•· (!') au Salon de 186'1,
eHARRY (M • Con/es (les) de Pel'rault illustrés par G. Doré.
Dieppe. _ Abbaye de Saint - VandÉr1l!e·
27,
riq11e. 14,
330,
Fécamp. Yport. Sainte - Adresse. gl'.se
Éco~Ollll!S (les) de mesdames de la _Halle. m.
Cu~SEURS (les} D'ÉGOUT a Londres, 78,
Contes slaves, par 111. Cbodzko. ~3 .
,
Saint-Léonard . 94. - CM.teau du Mesml.
ÉGLISB 01 Bi.IDAH, _ Sa eousécrat1on. 333.
CHATEAU DE LA füSTIDB-BESPLAS, 160.
.
CoNTI (M.) nommé chef du cabmet de 1 EmAbbaye-aux-Dames. Cathédral~ de Ba.~eux.
ÉGOUTS (les) DE PARIS, 371.
Cu.1.nAUBR1AND. - Projet de ~tatue a lu1 élepereur. 419,
Cherbourg. Notre-Dame•de-Samt-Ló. GranÉLECTIONS dans la Cbarente. 370.
ver a Saint-Malo. 192.
CoNTREXÉVILLE (Eaux de)• 15.
ville.
:Église
SaintGermain.
Cathédra~e
Elisir d'amore. _ Reprise de cet opéra au
CeAu»oNT (les buttes). 3;1,
CONVENTION du 15 septembre entre la France
d'tvreux. 124. - Palais de l'Iudustr1c
., )• _ Les romanciers grecs et laThMtre-Italien. 315.
.
CHAUVIN (1U,
et l'ltalie. 194, 209. 241. 257, 306. 321,
d'Amsterdam. 148. _ Réservoir des eaux
ELWART (M,). _ Audition des nouveaux ins•
Hu . n
115
_ Discussion au parlemeot italien a ce sude la Dhuys. 172. - L'Augustt.um a ~nBAYONNB A MADRID,
•
truments de M • Sax. 47,
CBBMIN DB FER DB
,
jet. 274, 290. 322. 332, 370.
.05 _ San-Miguel-Allende. Cóté
E11BELLISSEIIENTS (les) DE NAP~ES, 237 ,
.
cyre. • ,
d a
138. 262 . 301, 316.
.
Sn
COQUILLE (une) D'mPRIIIIERIE, 147·
u ) _ Manuel prat1que de I e:rplo1ouest de San-Miguel. 212. - Rolan
CHEIIIN DB FER DON PÉDRO 11 (Brésil). - O
1110N
(
lU,
•
E
CORMESPO,XDANCE o'ALGtRIE, 3.19, 34. 54, 23
Roncevaux. 24t, _ Forft de Calabl'e, tata/ion des chemins de fer. 135,
inauguration. 251.
. .
254, 258. 333.
blean de M, Gérard. 2fi4. - Pont du cheM)
_
Le
général
Dembrnsk1.
16,
ÉNAOLT (?ti.). _ Le tac des Cygnes. 239.
(
eHENO · ·
CORRESPONDA1"CE DES ÉTATS-UNIS, 102. 278.
e lonel -. baron
min provisoire. 252. - Saltillo. ;,12. ENcYCLIQUE du pape Pie lX. 417 •
Comte Wonsowicz. 33, - .. 0
M
372. - Siége de Ricbmond. 372. - DesMise en liberté du docteur ~em~e. 325
Encyclopédie de d1·oit pénal' par M. Ad.
Aymard. 56. - Général MéJ1a. 57. - S. .
truct,onde l'Albemm·le. ¡,.74,
Arbres brisés sur la route c1rcula1re. Arb1·e
. d d'Assi·se • 81 • - Hachette.
Franck. 192.
..
Marie-F!lrd1nan
CORRESPON0ANCE italienne. 140, 249 ·
arraché aur lt. promenade. 35/¡. 355 •
Encyclopédie militafre et mal'il1me. 155.
112. - Desmarets, 141. - Le_ comnlanCo1111ESPONDANCES de Nice, Toulon et MarDes femrnes, par une femme, par 111m• Dora
. 160 Litta Gavazz1. Meazza.
ENFANTIN (le Pere). - Sa mort. 162. 165.
deur Négri.
..'
Statue
seille.
278.
307.
Enli!vement (t') d'Rélene. Premie!'(\ représen•
.
d'Istria. 301.
164 _ Prosper Enfantrn. 165. . Con11ESPONDANCE de Valachie. 67.
DES»ARETS (M.). 142. - Son discours a la
de Gasparin. Anvers couronnant Ten~er_s.
tation. 422 •
Conor (M.) au Salon de 1864, 39.
,.. d' t 93 · _ Fac-s1m1le
rentrée de la Conférence desavocats. 414 ,
ENTRBIIETS (les) ET LBS ÉPICBS, 190,
\S8, _ Murad-Euen 1.
·con·espondance de Napoléon Jer, 308.
DESPOIS (M.). _ Les satiriques latins. 171.
du portrait de la princesse de Parme. 236,
ENTRETIENS et lectures. 402 •
CoRTAMllERT (M.) . - Aven tw·es d'un nrtis/e
Deux (les) filles de M. Plicho'l , par André
- Mm• de la Grange. 245, - Narvaez. ~48,
ERCK!UNN-CHATRIAN, - Ses romans. 26,
dans le Liban. _ Peuples et voyageurs
EsCAL!ER DE CRISTAL (maison de I'), 14~- Jasmin. 268, - Rossioi. 2_81._ - Srenrs
Léo. 344,
conlemporains. - Jmp1·essions d'un Japo. ·o 364 • - Ministere itahen (9 gra•
Deux (les) Reines, de M. Legouvé: 333.
ESCAYRAC (111. d') de Lauture. -Mémoires sur
Mareh1s1 •
nais en France. 287 •
_ Véuus et l'Amour. 359. Deuin (le) du village. - Reprise de cette
ta Chine. 414,
313
)
vures.
·
'd
CosMllTIQUE AU RAISIN, 143,
piece au Vaudeville. 182 •
EsPAGNB (l') telle qu'elle est. 147 •
Comte Mensdortr-Pouilly. Génénl Shen an.
CooR (la) DO HARLAY. 3 •
Dictionnai"e des communes de France , par
ESQUIMACX daos la tune. 349,
Général Sherroan. 312,
CooRONNRIIENT du roi de Cambodge. 115.
ESTE (M. l. _ Je dlne en vi/le . 430 • .
M. Ad. Joanne. 62. 19\.
Cheualier (le} dusilence, par·M. de Lavergne,
COURRIER D' ALLEMAGNE, 68 •
Esther a.vec chreurs au ThMtre-Franc;a11. 18.
Dictionnaire univel'sel de Larousse. 14, 62.
Courrier du dimancl,e. - Sa suspension.162.
126.
('' ) - Ses cours prép~ratoires
223,
40. 42.
CHBV ALLIER u1, •
COURRll!II DES EAUX, 31,
_ De Bénard. 415.
.
EsTHÉTIQUB (J' ), 349,
.
au baccalauréat. 191.
CouRRIEB DE LONDRES, 250.
ETABLISSEIIENT TBERMAL de la frégate la V1//1Dictionnafre de la vie pratique a la v1lle et
CazvÉ ~l.). -Sa mort.147,
CouRRJER DE PARIS. -(Voir cha.que numér~.)
ala campagne, par M. Beleze. ~1. .
de-Paris. 240,
CmNTRB0IL (M.) au Salon de 1864.' 39.
CouRs o'tcoNOMIE POLITIQDE a l'École de dro1t.
_ Campement de C1rcass1ens t.
ETAT SANITA(Rt DE L' ARMÉE. - Rapport du
_
Contcs
slaues.
23,
DIDIER (M •) ·
9
eUODZKO (M•)·
Troubles a l'ouvertur?. du cours. 370 •
marécbal Randon. 227 •
Erzúoum. 40. 41,
Chrislophe Colomb, par M. de Bell;;/51;4,
CouRSES
1)8 PRINTEIIIPS A PÉKIN, 10 ·
DmoT (M. A.·F,), _ Histofre de la gravure
Etats (les) de la Platc. 295.
CHRONIQ0B IIUSICALB, 13. 39, 94,
C0DRSl!S DB LA PROVINCE D' ALGER. 258 •
tTATS (Unis). - Siége de Pélersbourg. 18.sur bois. 319.
,.
182 246, 286. 315. 340. 374, 406,
.
CooRSES DE TAUREAUX a Nim~s . _194,
L'armée fédérale devant Richmo~d. JS. ·.
t Ugendes des rues de Par1s ,
DIRECTEUR (le) DE THÉATRE, 122,
Chromques e
Cousin (le) Babyfos. - Prcm1ere représen•
Inv11Sion du llfaryland. 50. - P:1se de Jilo,
DiscouRS (le) LATIN du concours géntiral. 67.'
ar
Ed.
Fo1,1rnier,
3.
.
P
le nord du l\lex1bile. 146, - Convention de Clu_cag~. 1?8,
DISTRIBUTION
DES
PRIX
au
collége
franc;a1S•
tation.
406
•
d
C1110T. - Expédition ans
CoNTY (M. de). _ Ses Guides pratiques. 63.
- Prise d' Atlanta. 104. - V1cto1res di
arabe d' Alger. 84 •
que. 55, 2l1, 311,
Sbelidan. 258. 278. 386. - Armemen~ des
DISTRIBUTION
DES
PRIX
de
l'école
arabe-fran131.
CID (le) CAMPEADOR, 302.
Couu (le prince) et la loi rurale. 178.
negres daos le Sud. 306. - _Les éle_cuom.
c;aise, a Tiii-Ouzon. 161.
.
.
l {le) par M. A. Guillemin. 301. 383.
eie '
_ 332__ Message du prés1dent Lmco!D.
de ¡• avénement
Cozic (M.). -Appareil Rumkborff et_le théAt_re
D1STRlBUTION
DES
PRIX
au
Conservatoire.
82.
323
CINQUANTIEMB ANNIVERSAIRE
Roliin.
.
_
Les
ea.ux
de
la
Dhms
a
Par1s.
63
du prince Frédéric Gunther de Scbwarzburg05.
é
401,
d
roéfl
Do11 Giovanni. - Reprise de cet op ra au
ÉTUDBS COIIPAR.lTIV!S sur le• gran es ar
171, _ Caisse générale des avance~ sur
Rudolstadt. 348,
titres. 159. 175.-Statue de Bernard Pahssy a
du continent. 354,
ThéAtre-Italien. 340 •
.
CrncASSIENS (les) EN BXIL, 41, 50.
Don Quichotte _ Représentat1on de cette
ÉTUDB DBS UNGUIS VIVANTBS daus les collége5,
Saintes et a Paris. 187.
Débuts
des
éléphants.
290,
) CIRQUB (1e•
CRÉDIT FONC!ER DE fRANCE, 15, 143,223. 360,
- Nouvelle mesure a cet égard. 370, .
piece au Gymnase. 102.
Cié (la ) des champs, 59. 218, 310.
Etude sur la signifi.cation des noms de l1tlff
Don Pasquale au ThéMre-Lyrique. 18_2.
·son) _ Ses chaussures. 334, 360.
430.
¡
CLl!RCX ( ma
·
Creme de la Mecque de Mme Dusscr. 345.
DonÉ (G.).-L'Aiguilleur. 96, - Le lrv,·e fa_en France, par M. Honzé. 144,
CLUB (le) DES BtBtS. 50,
vori. 173. - L'eslomac. 269. - le Portrait
EuGtNJB (l'lmpératrice) a Schwalbncb. 178,
CRICKET·CLUB, - Ses statuts. 3.
Coc1. (111. de} au Salon de 1864, 39 .
de Toinon. 343 . _ Cheveux noirs et blancs.
CRITIQUE (la} ARTISTIQUB contemporaine. 91.
Europe (l') en 1864, brochure. 146,
Coco. _ Son histoire. 147,
CnozB (Ferdinand de) . 235 •
429 . _ Talent de cet artiste. 327, .
CoFFRB \le) A QUATRB CORNES, 142,
Eu.. 274'
Normandie. t2Curieuses (les). _ Représentation de cette
DORÉ (M. P.). _ Le Roman de dell$ Jtunes
ExcuRSION~ sur les cotes de
Con.IN (M. J.) et les chceurs d' Esther. 41,
pii!ce au Gymnase. 294,
.
fi./le.~. 288.
124,
) - Composition de Bodmer. 263 •
Co11BAT ()e.
CuRIOSITÉS et réhabilitations histr&gt;r1ques. 118 •
DonA D'ISTRIA (Mº"). - Des femmes, par une
EXÉCUT!ON DE LOUIS XVI. 411.
Combat (le) de l'honneu", par lit. A. Roberr.
Cz,1.RTORYSKA ( princesse douairiere ). - Sa
EJPtDITION daos les provinces nord du
femme. 391.
·
.
267.
. ) 290
Di·ac
(le).
_
Représentation
de
cette
p1ece
mort.
419.
que. 211. 311,
.
Col!BAT DB L'OUED·DBRMBI. (Algér1e.
.
ExPOSITION Dl!S BEAOX-AIITS dr Berlm. 341:
au Vaudeville. 230.
.
CoMBAT DU P.I.B DORAKAU a la Nouvelle•Z~lande.
E'lros1r10N des reuvres d'Eug. Delacro11
DRioux (l'abbé). _ La Bible populaire. _349 •
D
DROUOT (l'rl.). _ s()n pétrisseur méc1m1que.
08.
ss (Alexis de} ' -Son Thédtre.
103.
boulevard des ltaliens. 202.
.
70
llBEROUS
.
Co
EXPOSITION !1"TBRNATIONALE de Dubhn. 3 •
C 'd ·e (la} humaine et Balzac. 203. .
60.
V
DAGRON (!11.). _ Photographie microsco~ique.
ExPOSITIONS (les) du mois d'octobre. 290,'
DROU!N DE LHUYS (111. ) au lycée de anves.
de la maison des Invalides polona1s,
191.
__ Sa dépcche a "M. Je comte de SarExtmvctgances (les) du hasa1·d, par M, d
102
Zuricb, 274,
.
DAMES SEULES en troisieme classe.. 179.
tiges. 226.
ricault. 267,
Co1n11ss10N instituée pour exam1~er les ques·
DANSE (la) au Thélttre•ltalien. 83,
tions relatives ala ville de Pans. 306.

C&amp;ffA'I&amp; de l'Jnstitut a l'Opéra. 333. 340,

i

º•

0

c::Tt1

a

F
r,,rsr (M ). - Sa prothese dentaire. 143.
271, 319 . 431.
FAYOT (M.). - Le Duelliste. 35.
Femmes (les) sérieuses. - Représentation de
cette piece au tbé:Ure du Palais-Royal. 42,
fu111s (une} iníestée par le gibier. 157.
fEBBAlliDll (M.} au Salon de 1864, 22. 27.
fERRIBRE LB VAYBII (marquis de).-: Sa mort,
2,

fBRRY (Gabriel). 431 .
fERVILLE. - Sa mort. 130.
fiTES ART!STIQOES o'ANYERS, 187,
FtTB (la) DES BERGERS a Markroningen. 156,
Féns DU 15 .lOUT i. Paris. 114.
ftTB DO 15 AOUT au camp de Ras-oued-elAnceur. 179.
JAT1 no 15 AooT a Rio-Janeiro. 253.
FlTE DII couRBAN·BAiRAII ABrousse. 60.
FtTB INAUGURAT!VB des chemins de fer vicinaux du Bas-Rhin. 406.
FiTB IIOIIARRA'!I a Bombay. 218.
Fét1 DI NoTnE-Dui1-oE-SANTt a Carpentras.
106,
Ftus A Vr;amtLH pour le roi d'Espagne. 114,
132.
FÉVAL (M. Paul.) - Ses romans. 23.
FBYINET (X.). - (Voir Cou1·rier de Pa,·is et
de Voyage. ) - Renard et perdrix. 26. · La fuite d11 renard. 126,
Fiancée (laj d'Abydos, de M. Bordier. 307.
F1caoT (M.). - Aéroscaphe Cbarvin. 48, Cérémonie d'inauguration du Palais de !'Industrie a Amsterdam. 1/¡9, - Monument
des comtes d'Egmont et de Hornes. 396.
F1i:VRE (la) DO PLAISIR : Autrefois et aujourd'hui. 130,
f1GUIBR (M. ). - Ses ouvrages scientifiques.
345, 383.
Pille (la) du maltre de chapel/e. - Représentation de cette piece aiu Bouff'es. 94,
Fils (le) de la Nuit.- Reprise de cette piece.
353.
FINANCB (la} autrefois et aujourd'bui. 207.
Finance (la) journal financier. 15.
FLAVIUS. - Gabriel ferry. 431 ,
Fuo11s msTORIQDES des dames. 70.
FLEURY (M'".). - Son concert. 407.
Flibustiers de la Sonoi·e (les). - Représentation de cette piecP. a la Porte Saint·Martin.
166.
Flore latúie des dames. 78.
FLOIIZNCE, 375.
FONDS MEUCHNS. 63,
FONTAINE (la) DE VAUCLUSI, 188,
FouRNl!R (Ed.). - Ch1·oniques et légendes des

rues de Paris. 3.
FuN~us (M.) au Salan de 1864, 30.
Fra11ce (la') a11cienne et moderne, par Mary
Laíon. ;i98.
FuNCK (1\1. ). - Encyclopédie d~ droil pénal.
102.
FRAN~OIS D'ASS!S&amp; (S. M.) a Paris. 82. 146,
FREDOL (M. ).-Le .!tfonde de la me,·. 391. 399.
Fa1ouL (le). - Insurrection dans ce pays.
290. 332.
F&amp;O!IENTIN (U.) au Salon de 1864, 27.
fUITB (la) DU RBNARD. 126,
FctntRT·DOMONTHEIL (M.). - Une nuit du
docteur Rémus. 150.
G

GmnRAu (M.). -Dieux asteques. 16. - Redoute rose. 20. - Audition des instruments
de Sax. Instruments de Sax. 48. - !11esse
célébrée a la. chapelle Saint•Louis de Tunis.
52. - Théátre Robin. Bloc de-verre. 64.Catastrophe sur le Grand Trunk-Railway.
69.-Presse de M. Alauzet. 76. - Coocours
de Korn-er-Houet. lnstallation de .111. Bernrx. 112. - Piece principale du feu d'artiíice. 113. - Décoration de la place de la
Concorde 116.-Fétes données a Versailles.
132. - Le coffre a quatre cornes. 141. A1c de triomphe des usines. 148. - Tete
du pont du Mont•Blanc. Prise de !'arsenal.
153. - Le cháteau de la Bastide-Besplas.
Cour intérieure du chUeau. 160. - Féte
uu camp de R1s-oued-el-Anceur. 180. Monuments du camp de ChAlons (5 gravures). 196. - Dolores Hidalgo. Vallée de
San-Francisco. 213.-lncendie de GresbamStreet. 216. - Entrée de Mac-Mahon aAlger.
228. Statuedu général Pajol.2/¡0.-Monument
de Benoit Raclet. Macbine a fabriquer les
tuiles. 253. - Manreuvres sur la place
d'armes a Nice. 293. - Départ de Sa Majesté de Nice. 309. - Élections a New-

York. 324. - Péchcries sur les cótP,s de
Norwége. 336. - Consécration de l'église
de Blidah. 334, - Navires brisés pres du
chemin de fer. Maison du colonel Birch. VuP
sur la place du Gouvernement. 354. 35~. Visite du roi de Cambodge a S1igon. 388.
-Palais Médicis. 392.-Bataille de Majoma,
Les zouaves emporteot la position. 420.
GuunAN (M.). - Sacrificios. 175.
GANOILLOT (le muséP.). - Dentelles. 383.
GAVOT (11.). - Affaire de Blagnac 2~3.
GAZET'fE DU P.1.LAII /¡6. 61, 110. 135, 345, 413.
Gazet/e de la poupée. 147:
Gazette (la) de Québec. 35.
GBNBVE. - Troubles ayant eu lieu duns cette
ville. 130. 178.
GéRARD (Gust.). - Études comparatives sur
les grandes armées du colltineni. 357,
GtaARu (J ules). - Sa mort. 349.
GERMAIN DE SAINT-PIERRE (M.). - Les statio11s
d'hiver. 425.
GÉR011z (M.•) au Salon de 1864. 26.
GIRARDET (K. ). - Un tir dans le Tyrol. 109.
- Pyramides de Ritten. 128.
GIRARorn (M. de), auteur dramatique. 291.Sa brochure le, Droits de la pensée. 347.
GrnAuo (M. Eug.) au Salon de 1864, 27.
GwLIA (nouvelle) de M. L. Dépret. 6. 22. 63.
57.
Goo11,LOT (maison). 03.
GonTSCHAKOFF (le prince) et la question révolntionnaire. 130.
GRANDE (la) CAVE A BERNE, 610,
GRANDE IIAISON DE BLANC, 143, 345, 383. /115,
GRANDE JIAISON (la). - Confections pour
hommes. 335.
.
GRANO 1'SSORTIIIBNr · de dieux et de demidieux. 19.
GRAND PRIX DE L'EMPEREUR pour les artistes.
115.
GRANOS PRIX et Envois de Rome. Concoura
pour les grands prix. 243.
GasuZE. - Projet de statue a lui t\lever. 51.
GRIIIARD (M. ). - Les Plan tes. 301.
Gnosso (M11• Bencditta). - Ses débuts a Nice.
259.
GaussELRACK (M.). - Son serpent. 322.
GoERLAIN. - Parfumerie. 383.
Go1LLEMIN (M.). - L'air et le monde aérie11,
par A. Mangin. 318. - Le Ciel, 361. 383.
- Histoire des Plantes. 383.
Gu1LLAVIIE l" de Wurtemberg. - Sa mort. 2.

D
HACHBTTB (M.). - Sa mort.111.
H.1.1LLY (M. du). - Campagnes et stations
sur les cotes de l'Amérique du Nord. 222.
HAMMAN (M.) au Salon de 1864, 27.
HAMON (M.) au Salon de 1864. 38.
HARAS (question des). 59.
HASTREL (d'). - Costumes du Paraguay. 2go,
HAUDOUART (M.). - Distribution des prix a
l'école de Tizi-Ouzou. 161.
HAoSSMANN (M. ). - Son discours a la séance
d'i nstallation de la Commission municipale.
386.
RAYE (M._de la). - Voyage dans les régions
septentrionales de la Patagonie. 184,
HEBRARD (maison). - Sa Jiquidation. 383.
HEMBNT (M.). - Premieres notions d'histoire
naturel/e. 110.
·
HENRI (maison). - A la Pensée. 345,
RENRYS. -(Voir Gazetle du Palais,)
HÉQUBT (M. ). - (Voir Chronique musica/e, )Bulletin bibliograpbique. 127. 144, 191.
222. 239. 287. - Progres du systeme métrique a l'étranger. 271. - Rossini. 281, Les sreurs Marchisio. 303.
He1·be (I') aux tui·q1Joises d'Alpb. Karr. 371.
414,
HtR1cAULT (M. d'). - Les Exfravagances du
hasard. 267 ,
HISTOIRE (une) de la famille Bonapartc. 83.
Hisloire fantastique du célebl'e Pierrot, par
M. Assolant. 360.
Histofre de la g,·avu1·e sur bois, par 111. A.-F.
Didot. 310,
Histoire des Plantes, par L. Figu1er, 383.
HoL11Es (MM.) violonistes anglais. 375.
H?mmes et choses de divers temps, par 111. Ch.
Romey. 208.
HOl,UIB (1'} VOUNT , 322.
Ho:-ionINB (MI'•). - Ses d~buts au PalaisRoyal. 74,
HooiHnENCK (M.). .:... La fécondation artificielle.
218.
Hon~EIIANN (M.) au Salon de 1864. 27.
HOTEL DES Po~Tss. - Son changement. 211.
Hoozl? (M.). - Eludes sur la significatia11
des noms de lieux en France. 144,

Hoco (Victor) . - Une lettre de lui en 1828.
19.
HuGoNNET (M.). - Encyclopédie mili/aire et
maritime. 155. - Correspondancc d'Algérie. 254.
HuMB!RT (le prince) 11 Paris. 178.
HrnRO·EXTRACTEURS de MM. Buff'aud. 411.
HYERES, 425.
HYGIBNB IT llltDBCINB, 63, 127, 191. 223.
1
DB LA NOUVELLB GBNÉRATION INTBLLECTUl!LLE. 16.
lLIADE (1') FIN!E, 403.
lmpressio11s d'un J11ponais m France par
M. Cortambert. 288.
INAUGURATION DBS DOCKS DB SAINT·ÜUEN·P.ll\1S,
336.
INAUGURATION du Palais de )'Industrie a Amsterdam. 150.
INAUGURATroN des statues de Barthez et de La
Peyronie. 352.
INAUGURATION de la statue de Franc;ois Jtr a
Cognac. 337.
lNADGUR.lTION de la statue dr. Larrey a Tarbes
et de la rue lmpériale A Marseille. 151.
INAUGURATION de la statue de M. de Gasparin
11 Orange. 186.
fllAVGURATION de la statue du général Pajo!,
240,
lNCEN 011 D! LONDRES. 217,
INCENDIH de la manufacture de tabacs a Madrid. 390.
INDUSTRIES (les} INCONNUES DB LONDRES. 78,
134, 219.
INFIORATA (l'} de Genzano. 8.
INSTALUTION de M. Bernex, nc,uveau maire de
Marseille. 112.
lNSURIIECTION D'ALGtRIE. 3, 50,
INSURRECTION (1') DE TUNIS. 27.
INVE1"TAIRE DE L' ANNÉE 1864, 419 .
lsABELLE u (S. M.). - Son discours a l'ouverture des Cortes. 417 .
IsTHIIE DE SuEz. - Décision arbitrale de
l'Empereur. 82.
IDÉBS

.,
LAi-.GE (M. ).-Arabes enlevant le corps
du sbérif Si-Lazereg. 1. - Combat contre
les Flittas. 4. - Procession de l'lnfiorata .
8. - Charles, roi de Wurtemherg. 17. Bal au palais de R.as-el-Tin. 20. - Vue
d'El•Abiod. 33. - Arrivée de l'empereur
Maximilien a Vera-Cruz. 49. - Combat
d'Ain-el-Sueta. 52. - Combat de Matehuala. 56. 57. - Le sultan recevant le
prince Jean. 68, - :Épisode des inondations
a Bucharest. 69. - Le marabout AbdelAzis. 84, - Prise du fort Orakau, 97. L'empereur Maximilien dans les rues de
Jllexico. 100. - Couronnement du roi de
Cambodge (2 gravures). 117 . - Fétes a
Varaovie. 129. - Régates II Toulon. 141.
- Visite de l'Empereur a Montlu~on. 145,
- lnauguration de la statue de Larrey a
Tarbes. 152. -Passage de la manifestation.
153. - Distribution des prix de l'École
arabe-franc;aise. 161. - Arrivée de l'agba
Eddin. 164. - Bal donné dans le Partbénon. 181. - M. Cox. 184. - Funérailles
du sénateur Vaisse. 197.-Le Maréchal Bazaine. 209. - Place Saint-Charles II Turin
le 22 septembre. 216. - Féte célébrée a
Bombay. 220. - Un tahout, 221. - Affaire
de Blagnac. 224, - Colonne sous les ordres
du colonel Pécbot. 229, - Statue en bronze
doré découverte a Rome. 248. -Prisonniers
arabes a Tiaret. 251. - Distribution de
croix a Toulon. 273. - Salle a manger des
officiers russes a Nice. 292. - Armét: de la
république argentine (2 gravures). 296. 297.
- Le grand-duc héritier Nicolas. 305. Arrivée de l'Empereur II Toulon. 308, L'Amiral Romaiu-Desfossés. 320. - Passage
de l'Empereur a Lyon. 321. - Général
Chapelié. 325. - Emigration de Circassiens.
350. - Passage du défilé de Reddade. 389.
- Rentrée des troupes a Berlín. 404. Spécimen des pieces. Batterie occupée par
les alliés. 421.
hNIN (Jules). - Les Oiseaux bleus. 23. Rouget de l'I~Je. Exécution de Louis XVI.
411.
J.&amp;no1N DES PLANTES. - Les noureaux pensicnnaires. 178.
JASMIN. - Projet d'une statue a lui élever.
287.
Je dlne en ville . 430.
JANET

¿

Jérusnlem et la Terre- sai,¡te par l'abbé

~

D. 398.
JBUNB (le) ÁNCLA!S (nouvclle). 182. 10. •
Jeunesse (la) de Mfrabeau. - Preniier~J
sentation de cette piece au Vaudevill/
JoANNE (M.). - Dictionnafre des C071,
1
dela France.191.-Le Ciel, pa.r .M. A
lemin. 36t.
Josn (M.). - Une ferme tnfestée par·
bier. 157.
JosBPH II a11 café de la Régence. 3.
JouRDAIN (M. ). - Testament politique d'Au•
guste (2 gravures), 204. - Plan de la bataille de Majoma. 420 ,
Journal (le) des chemins de fe,·. 319.
Jounial (le) des petites filies. 80.
JooRNAUX (les nouveanx). 306.
JOURNÉE (la} D'UN ÉLÉGANT de Calcutta. 3.
JO0RNÉB (la) DU 22 AOUT a Geneve. 153.
I[

•
KAROUBA (le). 31. 111,

KAZAN, 38.
Ksncaorr (maison de confection). 334,
KHLEB-SOL (le). - Pain sel. 3/¡6,

L

Lac (le) des cygnes par L. Éuault. 238.
LACOlrBE (M. de). - Monuments du camp de
CbAlons en 1864, 105.
LALLEMAND(M. ) . - Jnauguration des chemins
vicinaux du Bas-Rhin (5 gravures). 405.
LA M¡1R'!t0RA (cabinet}... - Son programme.
226.
Lamhertl Ohé! Lambe,·tl 130.
LAIIBRON (M.) au Salan de 1864, 38.
LANDAIS (M.). - M. Rouviere, maire de Marseille. 32.
LANDAUBR (M.). - Féte des bergers a Matk•
groningen. 156.
LAN0°UB (M ) an Salon de t 864. 39.
Lara. - Reprise a l'Opéra-Comique. 214,
LAROUSSE. - Son r,rand dictionnafre. 14, Cl2.
223.
LAURENS (M. J.-B.). - Fréjus et Cannes
{3 gravures). 29. - Grands pins de Cannes.
Villa Alexandra.. Vue de Cannes. 77. - lle
Sainte•Marguerite. lle Saint-Honorat. Le cap
d'Antibes. Antibes. Puits et jarres. Oliviers
de Napoléon Jer, Les Alpes-Maritimes. 120.
121. - Fontaine de Vaucluse (2 gravures).
189. - Rieges (3 gravures). 280,
LAORENS (J.).-Le musée de lllontpellier. 380.
LA VARBNNB ( M. de). - Nouveau ministere
italien et M. Visconti V11nosta. 313.
LAVERGNE (M. Alex. de). !... Le Cheualier du
silence. 126.
LAvo1x (M.). - Cbemin de fer de Bayonne a
Madrid. 262. 302. 316.
LEBRBT0.'t (M.. ). - Arrivée du prince Humbert
dans la rade de Cherbourg. 196. - Visite
de l'empereur du Brésil a I'Aslrée. 252. Les escadres for~ant le passage de Simonosaki. 335. - Destruction du navire l'Albemarte. 372.
LBFEVRB (André). - (Voir Reuue littéraire.) Publicalions nouvelles. 174, 192. 208. 255.
349, - La littérature béarnaiae, 90.
LBFEBVRE (M.). - Correspondance d'Algérie.
334,
L1coovÉ (M.). - Recueil de ses lec;ons. 414,
LEGRAND (M,) . - Le probleme de la vie. 208,
LELeux. (M.) au Salan de 1864, 27.
LELIO (M. ). - Correspondance ilalienne. 140,
249,
Ls111.1.rnE (M. Gust, ). - Fétes artistiques d'Anvtln. 187. - Monument des freres Van
Eyck. 219. - Régiment mexicain-belge. 225•
- Le général Chapelié. 326. - Monument
des comtes d'Egmont et de Homes. 392.
Lfo (André). - Les deux filles de Al. Plichon.
344,
LÉONTINE (Mm•). - Ses modes. 143,
LEREBOURS (Pierre). - Sa mort. 7.
LESCURB (!11. de). - Les Amours de Henri IV.
118.
LETANG (le général baron). 334,

Letlres (les) sur la philosophie de l'histoire.
par M. Odysse Barot. 174,
LBVERRIER (M.). - Féte qu'il a donnée a
l'Observntoire. 66.
LlBERTÉ DBS THÉATRES. - Son premier jour.
18. - Ses conséquences. 103. - Premiere
représentation de cet\e pi~ce aux Variétés.
139.
LIEUTAOD (Ch.). - Ferdinand de Croze. 235.
LILAS (tes) BLANCS (nouvelle). 214. 230. 278.
336. 379. 387. 423,
LIIIE SULFURIQUB pour les cors. 191.

�TABLE ANALYTIQUE ET ALPHABÉTIQUE DES l\lATlERES.

TABLE ANALYTIQUE ET ALPHABltTIQUE DES MATIEl1ES.
et émoluníents des divers ~eprésentants

du nouvel ero pire a l'étrang~r. 130. - Soumission du général Doblado. 274 . -- ComChamounix.-Reprise de cet opéra.
bat de Matehuala. 34, 55. - Combat de
Majoma. 419,
'). - Perfectionnement daos l:\
M1c11EL (M.) au Salonde 1864, 39.
ion des serrl'.s. 311.
M1ceELET, - La Bible de l'humanilé. 349,
). - Les entremets et les épices.
?.'.l1cmELS (Alf.). -Histoire de la gravure sur
bois. 319.
E, Ses discours. 62,
M1ttET (M.) au Salon de 1864, 27.
1\ DES BÉNÉD(CTINS de Fécamp. 83. 360 .
J',1INISTERE ITAUEN (nouv.eau). 313.
M1N1STERES (les~ du royaume d'Ita.lie. 302.
TEB (:d.), - Distribution des prix au colMireille. - RPprise de r.et opéra.. 406.
lége franc;ais-arabe d' Alger. 84,
ltiisanthrope (un vers du). 51,
LtffiRAT0RE (la.) BÉARNAISE, 90 ,
MocQ0ARD (M.). - Sa. mort. 387: 402.
LtVINGSTONE (M.) en Europe. ,82.
MODE (la). :~38.
L1vRES (!Ps beuux ). 327.
· M&lt;EqRs ET TYPES 0 1AOJOIJRD'no1, par Maret.
L1VRES d'étrennes. 415122. 238. 340,
Livre (le) de la ferme et des maisons de camMohicons (les) de París, - Représenta.tion
pagne. 398.
de cette pi~ce a l' Ambigu. 166.
LONDRES. - Ses tranRformatious. 250.
Mo1GNO (l'abbé). - Ses entretieos. 51.
LOSTALOT (M. de). - Les ~ta.ts de la Plata,
Moise. - Reprise de cet opéra. 406.
294.
MOLIERE AU BOULEVARD. 18,
LOTERIE DES BNFANTS pauvres et incurables.
MoNACo. 274,
319.
Monde (le) de la mer. par Fredol. 391. 399.
Lorz (M.) de Nantes. - Son a.ppareil de laMoNNIER {M.). - &amp;enes populaires. 111.
bourage a vapiiur. 255.
MoNTALIVET (M. de). - Rien, dix-huit années
Lm11Nus (M.) a.u Salon de 1864, 27.
d11 gouvernement pa?'/ementaire. 18.
MoNT•BLANG (le) . - Les ascensions. 115.
MoNTPELLIER. 178,
MoNOIIENT (le) n'ANCYRE, 206.
MACIJINES A COIJDRE pour familles. 127.
MoNl'lolENTS DO CUIP DE CBALONS en 1864, 195.
MACBINB A FABRIQUER LES TIJILES, briques
M0No11ENT (le} des frercs Va.n Eyck. 219.
creuses. 254.
Mon1N (i\l. Fréd.). - Questions politiques et
MAc-J',úTION (le maréchal) nommé gouverneur
•littéraires. 14, 426,
de l' Algéric. 162 .
MoRIN
(M.). - Juillet. SO. -Aoílt. 144, ?.hDELENR (~!. de la). - Théories completes
Septembl'e. 208. - Octobre. ~ss. - Node l'art du chant. 155.
vembre. 346. - Décembre. 432,
M.i_os1.ENF. (H. de la.). - Notre-Dame-de-fin
MonN,1ND (~l.). - Courrier d'Allema.goe. 68.
des-Terres. 107 .
Mouclte N• 4, - Accidenta Lyon. 35,
~SEN (M 11• Camille de). - Ses débuts a
MoLLEn. - Dénoil.ment de son proces. 291.
l'Opéra. 13. 182.
MoNTZ (1'1!, -)- - le jeune Anglais.182, 198.
MAGASINS (les) DU LorVRE. 239.
Munrn-EFFENDI (S. A.). 193.
MAGUELONE, - Son église. 243.
MosÉE DE MONTPELLIER, 380.
MAGY (M.) au Salon de 186/1, 27,
MuSICIENS (les) EN ANCLETERHE. 307.
J',1A1suT (i\1.) au Salon de 1864. 3.

•

quet du lord-maire. 322, Banquet de l'association agricole de Romsey. 402,
Paris (de) a Montpellier. 178.
Paris (de) a Constantinople. 126.
Parthéno11 (le) de l'histoire. 32.110.128, 411.
PARVILLÉ (i\1.). - Féte du Courban-Bairam
•60.
PASTELOT (M.), - Fruits cueillis, tablea.u de
M, Maisiat. 13.
PAoQUET (?.l.). - Paysans formant le tapis
de fleurs. s. - Exposition des restes de
M. Rouviere. 32. - Le Livre de Ruth, tablP.a.u de M . Fauvelet. 37 - (Edipe et le

sphinx. Un dimanche au musée du GrandDuc. 92. - Arrivée del! pom¡iiers de Périgueux. Arrivée des pompiers de Cbateauroux. Incendie de Limoges. 133. - Inauguration de la rúe Impériale. 152. - Statue
de Van Ryswick. 188. - Monument des
freres Van Eyck. 221.. - Régiment beige
Impératrice CharlottP.. 225. -Cél'es rendant

la 11ie aTripfoleme. Ulysse courbe l'urc. Homere dar.s l'ile de Scyros. Argus e11dormi
par ltfercu1·e. 244,· - Chambre a couchP.r

02 . - Osiris I fíla (M.) contre le Figarop,.ogramme 3~5. - Proces du collier, par
M, Campardon. 118. - Proc~ des Treize.
66. 110. 370. 378. - Progres (le) de Lyon
contre le Pl'ogres de París. 46. - Ropiquet (M.) cootre Mm• Osmond du Tillet.
345, - Tonnens (M.) , son proces. 346.
- Trümpy (proc~). 326.
PROJET DE FÉDÉRATION entre les diverses provinces britanniques del' Amérique du Nord.
·332.
PnOMENADB AIJ JARDIN DO Mm!. 30. 75. 119;
PnoPHETES (les) du temfS, 67.
p,.ovincial (le), revue publiée a Dijon: pal'
M. Charles Brugnot. 19.
PnovosT (M.). - État des travaux dn Palais
de J ustice. 5. -Thé:\tre des Burattini. Vi !la
Eugénie. SS. Villa. Marguerite. Villa. Bremoutier. 89. -1\fascaret oe Caudebec. 176.
- Distribution des prix au:x orphéon~
' d' Arras . 177. - Bénédiction de la cbapellc
de Notre-Dame d Afrique. 217. -'- Palai,
del'exposition a Naples. 236, - DJfilé de In
Ang,ostura. 312. ~ lnaugiiratioo'des docks
de Saint-Oueo. 335. - Ruines du théatro
Saint-JamPs. 354, - Vuti d' Hyeres, hOtel
des Cle'.s-d'Or. 425.
Pµél'iculttwe (la). 333.
PYHAMIDES (les) de Ritten. 128.

de LL. MM. a Lyon. 292. - Procession de
saint FranQois de Salles. 300. - Napoléon a
l'Hótel-Dieu de Marseille. 308. - Banquet
offP.rt aBerryer. 332. - Statuede Francois I••
11 Cognac. 31!7. -Inaug'urntion dessta.tues de
Bartbez et de La PPyronie. 351. - PstJché.
358. - ·Chapitre annuel de l'ordre da Charles III. 376. - Le roi de CambodgE\. 3!15. QoELQIJES RÉFLEXIONS, par l\1. Eo, Texier. 337.
M. Mocquard. 401. - La grande cave de
QoESTIONS l'OLITIQUES ET LITTÉRAmES, 14, 426.
Berne. 409. - Réception a Durango. 417.
QUJNQUlNA LAROCIIE. 95, 143, 270, 319.
PAYS\GB (le) au Salon de 1S6i. 38.
PtRou (le). - Difficultés. entre ce pays et l'EsR
pagne.18,
PenceMENT de l'isthmE: de Suez. 84,
RACINE. - Célébrati on du' 225• anniversail·c
PEIICREno~ (maison 111élanie). 398.
de sa naissance. 422.
PsRnoT (M.). - Le monument d'Aocyre. 206.
RAMBAU, - Projet de statur. a luí élever a
·Psns1GNY (t.l. de) -Sa réponse aM. de Gil'arDijon. 122;
di:1 a p, ops de la. brochure de ce dernier,
RA11tE (111. D.) - Action de Jésus su,. /¡,
les Droils de 1,, pensée. 3~7.
monde. 255.
PERSIL (M.), ~énateur. 322.
RAlIONEURS ET llÉDAILLÉS, 333,
Petit sorciei- (le). - Son exécntion. /J.
RAousSET•BooLBON (le comte). - Sa. vie. 166.
Pelife (la) pl'incefse Ilsée, pa.r Stahl. 391.
]¡\ATOPIIAGES (les) en Angleterre. 82.
MaUre Guérin. - Premi~re représentation.
Peuples et voya_qeurs contemporains, par M. R.
RATs (le.&lt;) de París. 3.
N
290 . 294. - Publication dti l.~ pi~ce. 352.
Cortambert. 288,
RATTJER (M.). - Jupon mnltiforroe. 345,
MALO.N (111. ), construcieur du cMtenu de
PnoTOGRAPUIB Bayard et Bertall. 270.
Nain jau11e (le). - Sa transformation. 52.
RAVEAIJ (M.J. - Correspondance d'Algérie.
PuNOS de la mnison Mnury et Duma.s de
Bercy. 99.
NAJ&gt;OLto:-.-Lou1s-JosEPn-J tROME (naissance du
258,
MANET (M.) au Salon de 1864. 38.
t-lmes. 3L.
REBOISBMENT et gazonnement des montagnes.
prince). 50.
MANGIN (A.).-L'afr et le monde aérien. 318.
P1En1.0T (maison). -Son cosroétiqne. 360.
NAP01.foi; III. - Sa. visite :\ l'empereur &lt;le
- Décret du 10 novembre. 3i8,
Manuel pratique de l'exploitation des chePrnnr.oN (?.1.). - Un café a Constaotinople.
Russie a Nicc . 200.
REnooL. - Projet d'uoe sta.tue a lui élever.
mins de fer, par M. Emion 135,
205,
N,\,R0ONNE, 227.
51.
MAQIJART (al.). - lncendi!l de Limoges. 127.
Pierrot posll111me. - n~présentatioo de cctte
NARl'ABZ (cabineL). 194, 401. - Le roaréchal.
Récifs histo1·iques, par Dauban. 391.
b'IARAND (M.). - S. A. Murad-E!Tendi. 193.
piece a.u V~udeville. 166.
218.
Rtco1.TE en 1864. ~9. 310.
MARC (L.). - Inaug11ration de la statue de
Pinceaux (les) d' Héloise. - Représentntion
REFUSÉS (le.5), - PlllS de Salon pour eux
Navigrdion
(la)
aérienne.
110.
M. de Ga.~parín. 186.
de cetle piece aux Vai-iétés. 43.
NeGRI (le commandeur). 160.
l'exposition. 386,
MAnc (Aug.). - Grands prix et envois de
PipéP. (la) d!IIIS le Morva11. - Correspondan ce
Nemea. - Ballet a l'Opéra. 38. 94.
RtcATES
du Havre. 83.
Rome . 243,
a ce sujet. 375.
HEtCIIBERG (le comte de). - Sa retra.ite du
NicE. -Ses embelli53ements. 259.
MARCHAL (M.) au Salon de 1864. 27.
PinoDO~ (U.) . - Les Sept péchés copilaux.
Nicous (le grand-duc) et la princesse Narie
min;stere. 290.
MARcms10 (les sreurs). 303.
156.
RE1CHSRATH (session du). - Discours de l'emDagmar. 305.
MARET (H.).--Mreurs et types d'nujourd'hui.
P1ven (1\1.). - Sa. fabrique de parfums i1
NrnEs. - Les Arenes. 194,
pere.ur d'Autriche. 322.
122. 238. 34_0. - Les compagnons de la
Grnsse. 303.
RELIQOAIRE (nonveau) de Saint-Laurent. 303.
Norma au Théatre-Ly1·ique et a la. PorteMarjolaine. 267.
Plantes (les), par Grimard. 391.
Reliure (l'a1·t de la) en Fmnce. 337.
Saint-Martin. 39.
MAR1E-ANTOIN&amp;nE.-Ses nouvelles lettres. 99.
Plumes (h's) du paon. - Premiere rcprésenRENARD. (1\1.). - L'insurrection de Tu nis. 27.
NotnE-DAME•des-Fin-des-Terres. 107.
Mmni-Cen1sT1NE (la reine). - Sa reotrée a
ta.tion de cette piece a l'Odéon.166. 203.
- Royaume de Porto-Novo. 103. 13 5.
Point (le) de mire, prcmi~re représemation
Madr:d. 200.
RENARDS ET PERDRIX. 26.
o
Jllarie Stuart et le comte de Botl.well, par
au Gymnase. 422.
RENTRtE DES THOUPES ,\, BEnLIN. 403,
Poltc!tinelle. - Journal des jeunes garc;ons.
M. Wiesener. :MS.
ÜBSEQOES de la. princesse Czartoryska, 130.
Respeclability en. Anglelerre. 337.
lllAnQuIS. - San chocola.t. 431.
271.
Onsi::Quss de l\I. le sénateur Vaisse. 198.
Résumé compa1•atif des mnrcltundises imltlarquis caporal (le). - Représentation de
PoLOGNE (la). - Nombre des victimP.s de la
Ocrno1s (les). - Bruit de leur suppressi on.
portées et exportées en 1861, 1862, 1863 c1
cette pioce a la Gaité. 263.
derniere gnPrre. '130.
194.
1SM. 59.
MARTIN (M .). - Autobiographie d'un poete.
Pommes (les} d,i voisin . - Représeotation de
Ooto:,i. - Insuífisance de la troupe de ce
lletou,· Qe) du vaincu. 327.
10. 54, 70. 86,
cett8 pi~ce au Palais-Royal. 262.
REvoE LITTtRAlllE. 23, 118. 170. 267. 327.
théatre. 231.
MARTIN (l\UL) et C', banquiers. 143 ,
l'onTo Novo (roy:1uroe de). 103 135.
CE1L
(1')
témoio.
323,
390,
MARY L4FON (~1. ). - La France ancierme et
PoRTRAITS (les) nu Salon de 1864·- 91.
CEoFS (les) . - Lour conservation 311.
REvoEs (les) 11ttéraires en 18611, 390.
modeme. 398.
PosrE DU PIC DB GoVDJILAH (Algérie). 33~.
Ciseaux hleus (les), par J. Janin. 23,
RevoE des modes, des arts et de !'industrie.
MASCAnET de Caudebec. 175.
Po;TES (le~). - Réformes dans l'organisation
ÜM6RE (1') DO VRAI. - Bijou, faux. 360. 431.
63. 95. 143, 190. 255. 303. 334. 360, 383,
MATHIESEN (maison). 163.
de cettc adminisu·ation. 386.
On demande des Pw·isiens. 402.
398.415. 431,
Mne1eu l~f.) (de la. Dróme) et ses prédictions.
J&gt;oonTALES (ventti de la galerie). 143. 162,
ÜPtRA. - Lettre de S. ?.1. l'Empereur au suRevue
Qa.) de Pa1·is. 323.
Premieres
notions
d'histoire
naturelle,
par
311,
jet de la comtruction de ce théritre e'. de
REVU B POL!TIQOE DB LA Sfl!AINE, - (Voir cha·
MAUR (maison). 383. 399.
M F. Uément. 119.
relle de l'H0tel-Dieu. 82.
que numéro).
MAzoN (M.) au Salon de 186~. 39.
PRESSES 11téANIQUES de 11-1. Alnuzet. 74.
ÜPÉIIA·BOFFA (!'), 13.
Revue (la) des provinces. 19.
Mémoires sur la Chine, par M. d'Esca.yrac de
P7'11bléme (le) de la vie, par M. Legrand.
REYBAOD (111'"' Charles). - ,Valdep~iras. 2••
OnAGE dans l'Oberlanrl. 61.
Lauture. 414,
208.
ÜRNANT td'). - M. Desmo.rets. 142. - InauREYMOND (William). - Exposition des beaux•
MENIER (M.). - S011 usine a Noisiel. 319. Pnocts Cnurns. - Affaire de B\agoac. 223. guration des statues de Barthez et de La Peyarts a Berlin. 341. 357. - Rentrée des
·son chocolat. 300.
Aumalc (M. le duc d') contra le préfet de
roniP, 352,
troupes a Berlín. 403.
MENJAIJD. - Sa mort. 349,
police. 6l. - Cornpagnie (la) do publicité
Otro-Wrnen (M.) au Salon de 1864. 27.
Rl!YN,1.IJD (M.). - Les ruin~s d'Ani. 250.
Ménage (un) er1 ville. - Représcntation de
di11rne
11t nocturne. Sou proc~s avec la. ville.
OonAGAN du 5 octobre a Calcutta. 325. 353.
RIBRS (~l.), acteur de l'Od,\on. - Sa mort. 7,
cette piece au Gymnase. 294.
46. -Cnm1spond11nces (prods des) ala. cour
Ouvriere (I') de úmdres. - Premiere repréRrnoT (l\1.) au Salon de 1864. 27.
MENSDORFF-POUILLY (M, ). 370,
de ca.ssation.413.-Crouy-Chanel (M. de) conscntation de cette piece. 353.
Riclwrd If, par M. Wallon. 118,
MÉQOILLET (M.) etla réha.bilitation de Lesurtre le dnc de Modcne.62 -D,•lprat (M.) contre
füt:CES. 280.
qucs. 51.
M.
Clrnrpc,itier. 135. - DPribeaucourt (M"')
RIMMEL (parfumerie). 63. 9:i. 143, 191. 223,
p
,Meres (les) terribles. - Représentation de
contre le théatre du Palais-Royal 62. -Gama
303. 360. 431
cette pi~ce a l'Odéon. 230.
Machado (le commundenr). Son prot~ en
RoBAUT (l\l.). - Pac-simile des des:;io,
PALAIS DE JUSTICE (nouveau). 3.
MERILLE (Aristide). - Archéologie comparée.
appel. 3:;, 46. - Grand-Oricnt (lt·) conPAu1s Mfo1c1s a Florcnce. 392.
d'Eug. Delacroix. 222.
395. 410.
tre le Ca.sino. 345. - Juppel (111.} contre
PALAIS DE LA SEICNE0RIB a Florence. 392.
RooeRT (M. A.). - Le Combat de /'lto11neut,
llERLES (1\1. Hugues) au Salon de 186/t. 27.
MM. Vinet et Roze, 46. - Lacordaire
Palamede (le) franfaís. 255. 290.
267.
Messe de Sainle-Céci/e b. Saint-Eustache. 287.
(M. Léon) contre l'abbó Perrcyve. 372.
PALAVAS. 179,
Rom N (théatre). ()3.
Mex1QoE. - Arrivée de l'emperenr Maximi- Nevcux (MI'') co::tre le théillre Déjazet.
PAL!JEr,StO:'i (lord). - Son discours au banlien. 18, 311. 49. 50. - Attributions, titres

•

Ronnn (maison). 360.
RoLAND (Mm•) a Bercy. 09.

a Roncevaux. - Représentation de
cette piece a l'Opéra. 214. 246,
I\Oll.1.IN-DESPOSSÉS (l'amiral). 320.
ROYAN (le). 23.
Roman (le) de deux jeunes filies, par M. p.
Doré. 289.
Romanciers (les) grecs et lalins, par M. V.
Chauvin. 23.
ROMEJ (M.). - Hormnes et clwses de divers
lemps. 208.
RooN (M . de). - Sa visite a CMlons.162.
RoQIJEBRIJNE, 274,
Ross1N1. - Ina~uration de sa statue 11 Pesaro. 1~4- - Sa biographie. 281.
ROUGET DB L'lSLB. HL
RoussEAo (M.; a.u Salon de 1~64. 139.
ROOSSELET. (11'.I.). - Fl!le moharram a Bombay.
219,
Rouv1imE (M.), maire de Marseille. - Sa mort.
32.
Ru1r-ES (les) o'ANI. 250.
RuuK11011FF (l'apt,areil) et la. science a.u thé:ltre Robín. 63.
•
Rossrn (la) en flammes. 210.
RotN DE FrÉ (lit) et son théAtre. 67.
Roland

s
SACRIFICIOS, 175.
SAINT-HJLAIRE (Mm•), dentistepour dames. 334 _
383.
SAINTINE (M.). - La Seconde vie. 267.
• SAINT-NAZAlllE, 227.
SAJNT-PIBRRE (Louis de). - Correspondancc
de Nice. 278. 307.
SALON de 1864, 26. 38. 91.
SALVIONI (Mll•). - Ses débuts. 33 a.
SANGLIERS (les) 407.
Satiriques (les) latins, par M. Despois. 170 .
SAX (M.). - Nouveaux instruroents. 340.
Sce11es populaires, par u. i\lonnier. 11 1.
ScnnEYER (M.) au Salon de 1864, 27.
Scu_o11AN. - Éxécution d'une de sessymphomes au concert Pasdeloup. 340.
SCIENCE (la) ATTRAYANTE. 349.
ScuDo. - Sa mort. 287.
ScoLPTORE (la) au Salon de 1864. 91.
Seconde (la) vie, par Saintioe. 267.
• Sept (les) péchés capilaux, tableau de Jadin.
156.
Serpent (le) a plumes. - Premicre représentatíon aux Bou!Tes. 407.
SERRET (M.). - Son volume de romans. 23.
SeERJDAN (général). 374.
S1mnMAN (général). 3'74.
S1eG (M,). - Exécution ;de sa cantate a l'O·
péra. 340,

SmAODIN (maison). 431.
SrnoP DE RAIFORT 1oot de i\1. Grimault. 63.
SLESVIG HoLSTEIN (question du). 1. 18. 34, 50.
60. 81. 98: 113. 1:10. 177. 274, 200. 380.
402. 418,
Soc1ÉTIÍ DIJ CoxsE~VATomE. - Son premier
concert. 375.
Socll'.TÉ FRA~~AISE DES Atft05CAPHES. 48,
Soc1ÉTÉ GÉNÉRALi anonyine d'entrepl"ises
industriellesen Italie. 239.
Socuhií 111uon1ui-:ne du boulevard du Temple. 15. 79.
Soc1ttÉ muomL1i:ne de Limoges. 79.
Soc1ÉTIÍ INTERNATIONALB des courses de Porchefontaioe. 127. 130.
Sources du Ni/ (les) , traduit de Speke par
Forgues. 391.
SOORCE \U0e) SOUS BOIS, 170.
SPIRITISME (le) 67,
SPORT (le) NAIJTIQ0E. 130,
STAnr, (i\l.). - L'1 petite princesse Ilsée. Le nouceau Robinso11 suisse. 391.
STATIONS (les) D'lllVER, 425.
STATOB EN BRONZE DORÉ trouvée a Rome. 249.
$TATUES DE DIVlNITÉS exposées au musée de
Mexico. 16.
Supplice (le) d'une femme, par M. de Girardin. 387.
Su1'cuuf (Robert). - Premiere représentation
de cette piece au théá1re Beaumarchais .
394.
SrsTili1E MÉTn1QuE. - Ses progr~ a l'étran ~
ger. 271.
SweRTCHKOW (i\1.) au Salon de 1864. 27.
T

TAnLEAUX DU MonvAN : A pro pos de la pi pée.
234. 266.
TABLEAUX. (les) VJVANTS. 51.
TA111N (maison) 415.
TAINE (M.J. Histoire de la littéi-atw·e anglaise. 114. 287.
Tarlufe ou 1'a1·tu(fe. 51.
l'urtuffe an théó.tre Saint-Pierre. 3;;,
TEINTURERIE E0ROPÉENXE, 334, 398,
TsmR (Edm.). - (Voir Revue politique de
la semai11e) . - Promenad\l au I ardin du
Midi. 30. 75. 119. - Quelques ré!lexions.
337. -Cllristophe Colomh. - Histo ire fa11
la$lique de Pierrot. 360. - L'A.ven fr et
les Bonapurte, par M. Duveyrier. 370. Le Tow· de Mame. 382. - On demande des
Parisiens. 402.
·
TEXTOR DE l\AV1S1 (i\l.). - Leco!Tre a quatre
cornes. 142.

Thédtre d' Alarcon. 3 52.
TUÉATRE BEAIJfüRCIUIS. 394,

Sil réouverture.

THÜTIIE (le) INTEnNATI0N.11.. 66. 72.
TnÉATRE•lnus~. · - Sn réoul'erture et sa
troupe. 182 - Les ballets. 290.
THÉATRE-LYIHQUE . - Sa réouverture. 182.
Thédlre de Nollant, po.r M"" Sand. 74_
T11BATRES (les) en projet. 13.
•
TntATRES (les nouveaux) EN Pf.OVINCE. 67.
T11t ATRE RELtGIEIJX, 291.
Tl!ÉATRE SAINT·GERllAIN, 333. 376,
THIÍATRB &lt;le Saint-Germain-en-Laye. 203.
TnÉATRE Saint-PiPrre. 203.
TIIÉODOSIE DE CRLMÉE, 282.

Théorie complete de l'al't du chant, pal'
M. Stéphen de la Madelene, 155.

Théories histo,·iques et politiques, 'dr. M. Gervinus. 426.
Tnu1ttER (MM.) . - Nouvelles machines il
Coudre. 345.
TIREORS (les) TYROLIENS, 108.
ToMBOLA (la) des artistes dramatiqu~ . 291.
Tou Poucs et sa farnille. 3ó9. 37 t.
Tour (le) de Marne, par mf. de la Bédollicre
et Rousset. 382.
Trésor (le) de Pierrot. - Représeutntion de
· cette piece a l'Opéra-Comique. 315.
'I'.Roovt (M.). - Cours qu'il fa.it a Passy.
211.
Truff~s (les). - Preroiere représentntion o.u
Gymnase. 422.
Toeun (1~) de puuaises de la reine d'Angleterre . 219.
TunrN. - Collisioos meurtrieres d11 24 septembre. 209.

UNE N0IT DO D09fE0R Rélws. - Nou1·ellc.
150.
UNION {I'). - Compa.gnic d'assuranccs sur la
vie. 255. 318.

"

VA1sss (M. ) . - Samort. 178.
Valdepeira}, par M••• Ch. Reyl&gt;aud. 23.
VALtRIANATR ,D'AMMO:'IIAQUE de Pierlot. - De
son emploi. 175.
VANNUTELLI (M.) au Salo:1 de 186'¡. 27.
VENCE-CAG!IE. 259.
VBNISE A PARIS, 387.
VENTE DES BIJOUX de MIi• ***. 386,
VENTES (les) de ces dames an siecle dcrn ier.

n,

V1u.E (la)
LroN. - l',lngasi
menterie. 255. 303. 300. 1115.
Viole/fa. - RP.p1·ésentation de e
Théátre-Lyrique. 315.
Virginia. - Valse bril 'antedc M,
122.
VTSC0NTI-V EN0STA (M.), 313.
V1s1TE de S. i\1. l'Empereur a
1110,

V1s1TE du roi de Ca.mbodge a Saigo
VoLTAIRE. - Son creur a la Bibliot,
périale. 402. 403.
'
VoVAGE D'ui; PARISrnN a la rrcherchr dt
tme. 167.
VoYAcs dans 163 régions septent'rionalcs ~
Patagonie. 184,
VoYAGEUHS (les) 11',\I.IE\ S dnns le Kanat
Bo11kara. 163.

(1

w

...
Wm.1.v (Jules de). -Les Liladla11cs. 214.
230. 278. 336. 370. 387. 423.
Wm;o~ (M.). - Riclta1·d Jf.118.
WAnNOTS (M.). - Ses six ~orceanx de salo».
287.
.
W1ESENER (111. ). - Marie Stum,t ,et le comle
de Botl1well. 118.
·
W1LLE&amp;1s (M.) au Salo:i de 1864, 27.
W0Nsuw1cz (le comte Dunin). 33.
WonMs PI. l. - Courses de printemps a Pekín. 9. - Le Tribunal des eauxde Valence.
tableim de M. Ferrandiz. 21. - Coup de
vent dans les plaines d'Alfa, tablean de
M, Fromentin. 37. - Les chefs des Flittas
demandant !'aman. 53. - Convoi de prisonniers dlnois. 8/¡. - Lagune de PortoNovo. Maison des feticl.leurs. 104. 105. Porto-Novo (12 gravures) .136. 137. - F.:pisorle de la défense du camp de l'Oued-Dermel. 300. - Un camp de Bédouins, tablean
de M. Gentz. 358, - Unirormes de la brigade austro-mexicaine. 363. - Arrivée d11
roí de Cambot'ge 38S. - Arrivée .\ AinMadhy . 389.
WORMS (M.) au Salon de 1854, 27.
WunreunEnc. - Onvertnre des chambrcs dn
royaume. 50.

z

3.

VERMOREL (J',I. ). - Les industries inconnuc~
de Londres. 78. 134, 219.
VETTER (M.) au Salon de 1864, 27.
V1c11r. 427.
VicNs (H.). - La finance autrefois et aujourd'hui. 207. 415,

ZEI,ANDE (nouvelle). - lnsurrection. 98.
ZmnERG (magasin). - Né~essaires ce toilettr.
360,
Zo (M. Achille} an Salon de 1864. 27.
ZoLA (l',l.). - Contes a Ninori. 360.
ZwARLEN (M.). - L'lnfiorata de Genznno. 8.

..

�TAilLE ALFHAilÉTIQUE DES GRAVURES.

.

Petitti (général) .. • .. • .. .. • ..........
Pbra-Norodon, roi de Cambodge ...... ..
Romain-Drsfossés (amiral) .............
Rossini. Médaillon de M. Cbevalier. . . . .
Rouget de l'Isle .......................
Sella (M.) ...................... . ....
Sheridan (général) •.••.... ............
Sberman (général) .. ... . ..............
Sodji , roi de Porto-Novo. . . . . . . . . . . . . . .
Torelli (M.) .......... .. ........ . . . ...
Vacca (M.) ...........................
Van Ryswyck (Théodore). Statne ........
Viscooti Vcnosta (M). .. .. .. . . .. .. .. .. .
Won1owicz (le comte Dunin)...........

;

TABLE ALPHABÉTIQUE
DES GRAVURES

313
385
320
281
413
313
372
372
136
313
313
188
313
33

\

SINISTRES, -

Fabrique de M. Piver, a Grasse. • • ... • • 303
Distribution de croix et de mt!dailles sur
Hydro-extracteurs de MM. Buffaud freres. 412
Ja place, d'Armes de Toulon .•... • • 273
&amp;GBICIJl,TIJBE,
La.bourage a la vapeur (syste¡ie Lotz) .. 256
Distribution des prix de l'école arabe-íran•
Machine a fabriquer les tuilea, carreaux,
Concoura ae,ricole de Korn-er-Houe!._- •. H2
fran~aise de Tisi-Ouzou •.. ,. • •• • • 161
etc.................. •••••••••• · · 2~3
Distribution des prix aux orphéons du
a
va.peor portative de Bréval. .. .... 335
177
grand concours d'Arras ..........
ABCBÉOLOGIE,
Pecheries de la maison Derocques sur lea
Entrée du marécbal Mac-Mah(•n a Alger. !128
cotes de Norwége .... ............ 336
Archéologie comparée. Cro~lech. KistExposition (des· rest.is de M. Rouviere
(oouvelle) mécanique de
AlauVaeo. Men. Mut. Obéhsque... 396·412
32
Marseille ... • . • • • • • • • · • • · · · · · · · · ·
zet.... ... .. ........ . ... . ........ 76
Augusteum (l') a Ancyre....... • ....... 205
Féte des bergers a Markgroniogeo (2 graInstruroents (nouveaux) de Sax. • •. • • • • l8
Ruiues d'Ani (Arménie) ............ "· 240
v~res) ........................... 157
Ruines romaines, pres du Jac Valcares .•. 280
60
Féte du Courban-Bairam. • • • · · · · · · · · · · •
Statue; de dieux azteques (5 grav.)... . 16
LIVBE8 ILLIJ8TBÉS,
Fétes données a Versailles en l 'honneur du
Testament politique de J'empereur Au132
roi
d'Espagne
..
•
•
..
•
·
·
·
·
....
·
·
·
..
Polichinelle jouroal illustré .. ... .. • • • • • 271
guste ..... • .. • • • · .. • · .. " " · · .. • 2G4
Féte du 1? aout, célébréc au camp de Ras,
L' Air et le :nonde aérien, de M. Mao~io
180
Oued-el-Anceur • • • •• • · · · · · · · • · · · ·
• (4 grav.) ................ • .. • • • .. 317
BE&amp;IJX■.l.BTS,
Féte du 15 aout a Paris. - Piece princi•
Christophe Colomb, par M. de Be~loy • • • 350
113
pale du feu d'artifice. • • • · · · · ·: · · · ·
Canlier (un) arabe, dessin d'Eug. Dela•
Histoire fardastique du célebl'e Pierrot , .
- Décoration de la place de la Con200
par M. AS!olant (4 grav.) • •: • • • • • 1b.
croix... • . •.. · • .. · .. · .. " · · · " .. ·
116
corde...... •••••··· ·· ···· ···· :···
Envois et prix de Rome ( 5 grav.) ....... 244
Le Ciel, par M. A. Guillemin (3 grav.). 362
Féte
'musulmaoe
(Moharram)
célébré(l
a
Exposition de Berlin. - Les Sept péchés
La 1Jible populaire, par l'abbé Drioux ( 3
Bombay ......... · · · .. " · · · .. · · " 220
capitaux' tablean de M. Ewald ..• 342
grav .) ...... .. •• • • • • • • • • • • • • · · • · 377
Fétes
a
varsovie.
_
Le
gouverneur
pas•
- Les Bords de la Seine, tablean de .
Histoire des plantes, par L. Figuicr (10
129
aaot sur la place de Saxe. • • • • · · · · ·
M. ·weber........... .. "··"... ib.
grav.) ......................... 384
Funérailles de M. le sénateur Vaisse. • • • 197
- Un Camp de Bédouins, tablea u de
Le Livre de la fe1'1ne.. .... • ...... · .... · 397
Inau1turation des docks de Saint-Ouen3 8
La Révolution fran,aise' de 1. Jaoin.. . 413
M. Geotz.......... •.... · " " • " • ~
335
Paris....... • · .. · · · · · · " · · · .. · · "
- Psyché, statue de M. Sussmann... . . . ib.
Mémoires sur /a Chine, de 1\1. d'EscayInauguration de la rue Impériale a Mar- Yénus et l'Amour, groupe de M. Be•
rac de Lauture, ................. 416
. ib•.
seille ................ .. ... . ...... 152
gas . . ................... ... ··•:t
Inauguration de la statue de Larrey a Tar•
Exposition des Beaux-Arts. -:- .Frui s
MIJSIQIJB,
bes..•........................•.. 152
cueillis, tablean de M. f)la1s1at.. .. 13
Inauguration
des
statues
de
~arthez
et
de
- Tribunal des eaux de Vale11ce (le),
L'Aiguilleur, chanson de Nadaud ... • !16
La Peyronie a_Montpelher • . • • • • · · · 351
tablean de M. Ferrandis •• • · · · · · · • 21
Le Livre favori ....... •.id .. "· ...... · 173
Infiorato. (l') a Genz3no. - Paysans for_ Le Livre de Ruth, tablean de M. FauL' Estomac .. .. • .. • .. · · .. id· · .. · · · · " • · 260
mant un tapis de fieurs. - Proces•
37
Le po.rtrait de Toinon •.. id._. .......... 343
velet...... · · · · · · ... ·" .... ·; · · · ·
sion de l'Infi1irata .... • .. · " .. ·: · g
- Coup de vent dans les pl~ines d Alfa,
Cheveux noirs et blancs • • • • · · · · · • · · · · · 4~9
Installation de lit. Bernex, nouveau ma1re
tab'eau de M. Fromenuo. .... .. .. . ib.
de Marseille ... • .. · .. · .. " .... "· 112
- (Edipe et le Sphinx, tablean de 112
PORTR.I.ITS, - ST.I.TIJES,
M.aximilien
(l'empereur) et l'impératrice
M. Moreau ..................... .
Cbarlotte daos les rues de Mexico. Do
- U11 dimanche au musée du Grand·
Abd-el-Azia (marabout) • • • • • · • · · · · · • · · · 84
Messe célébrée a la chapelle Saiut-Louis
Duc tablean de M. Jundt. · · · · • · · ib.
Aymard (le colonel) • .... • .. · ...... "· · 56
52
(Tur.is) .•. • • • · · · · · · · · · · · · · · • · · ·..
Lion (le) e~ la Tortue, dessin d'Eug. DelaBazaine
(marécbal).. •.. • .... • .. · .. · • .. 209
Napoléon III passant sur le quai des Pal.
• ..... 272
cro11 .. • ... • · .. • · · .. · · ... ·
Chapelié (général).. • .. • .. ": .. " "·" · 325
miers a Nice.... • • .. · .. · · · · .... · · 293
Musée de Montpellier. - Repas dans un
Charles (S.M.), roi de Wurtemberg. •. • 17
80
Napoléon lII arrivaot a !'arsenal de Tou•
appartement, par J. Steen. •• • ·' · • 3 .
Cox (M. ), voyageur dans les Pampas du
loo .. . ....... .. ................. 308
- Le Petit pai·esseux par Greuze...... ib.
Chili. ...........•....•...... . ... 184
FtTES ET &lt;:ÉBÉMONIES
_ visitant l'HOtel-Dieu de Marseille. · · ib.
- Le Jeune Samuel, par Joshua Rey- .
Dagmar
(princesse) •····· ··· ·:···;···: 3o'S
PIJBLIQIJES.
Napoléon III a Lyon. - Distributio.n de
nolds ........................... ib.
Daubentoo. Sa statue au Jardrn d acchrécompenses sur la place Loms•leSept (les) péchés capitaux, tablean de
matation .... • • .. • · · · • · " .. · " · · · 397
321
156
Arrivée des eaux a Canñes. •;: .. • · "•... 28
Grand
.... • • • •• · · · · · · · · · ·" · · · · · ·
1\1. Jadio ...... •""·" ... · .. " ..
Dembioski
(géoéral) .. • .. • .. · .. · .... " 16
Arrivée de l'empereur et de 1impératrice
1
Statue de bronze doré récemment découDeamarets
(M.)
..... ........... .... " '141
du Mexique a Vera-Cruz.••••····.· hO
.ª_c~~.-~ 140
. 248
verte ..• Rome ......... · • •...•.
·
Eofaotin
(Prosper)
• • • •· · · · · · • · • · · · · · · • 165
Arrivée de la famille impériale de Russ1e
Procession pour b. f~te de saint Frani;o1s
Ville (la) d' Anvers couroooaot Teniers
Tranvois
¡er.
Sa
statue
a Cogoac .. • .... · 337
au Grand HOtel de Lyon ......... · 280
300
de Salles, au . cba.tcau des Allinges.
b
(;asparin
(comte
de),
Statue
de M. Héhert. 188
(groupe) .. ....... • • · .. .. •• . ... .•• 188
Arrivée de M. de Lesseps au oeuil d'El
Réception de 111. Berryer a Lond~ : an164
8
Gavazzi
(M)
•
"
'
..
·
""
"·
.. " · · """
332
Guisr ... • • •• .. · · • · • · " .. " · • · · · · ~
queta Middle-Temple. • • • • · • · · · · · ·
Graoge
(!!tm•
de
la)
...................
245
&lt;:.IBIC&amp;TIJRES,
Arrivée du prince Humbert dans la rade
_ Des troupes frao~aises a Duraogo. . 4~~
112
Hacbette
(M)
•
•
.
•
•
·
·
·
·
•
·
•
•
·
·
·
·
•
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·
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·
·
de Cherbourg .... • .......... · .. .. 196
Régates (grandes) du Havre. • • • • • • · · • · ·
.. (M}......... ........... . ....... . 313
Revue trimestrielle, par Cbam. 44•45·28k-285
Jacm1
1
14
Arrivée de S. M. le roi de Cambodge a
Régates a Toulon .... • .. · .. · · · .. · · : " ..
261
Victimes (les) de la mode, caricatures par
388
Jasmin .. • , .. •.... · · · .. • "" • " • " • "·
Roi (le) de Porto•N.,vo doooant aud1ence
Saigon
..
•
•
•
•
•
•
·
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·
·
·
·
·
·
·
·
·
·
·
·
·
·
·
·
313
llertall•..•...•.. 72.73.201-237·338-330
Lanza (M) ... • .. • · · .. · • " .... " · " · • · •
Ascensiou du ballon le Géant a Bruxelau consul de Fraoce . . ......... 136-137
333
Létang
(général
de
division)
..
·
..
·
.....
•
les . ............................. 245
Service divin dans la chapelle russe ?e
Litta (M.) .. : · " ................ " " .. 164
c.aaTES ET PL&amp;NS.
Bal donué au palais de Ras-el-Tia. . . . . . 20
Nice devant LL. MM. 11. de Russ1e. 3C9
304
Marchisio (les sreurs) • • • • · •. · ·: · • · · · · · •
Bal donné dans le Parthénoo par M. le
St:ltao (le) recevant le prin~e Couza . .' 68
Marguerite
de
Parme.
Fac-sunile
du
por•
~arte de la communication entre le Pavicemte Hamelot. •• • · • · · · · · · · · : · 181
Translation des reliques de sa1nte Véromtr.iit desainé par la duchesse de
cifique et l'Atlantique ..... • .... " 184
Banquet offert, a Versailles, a la bMter1e
que a la viei!le église de Soulac ... 108
Parme ..... • .. • • .......... · " · · • 236
C:r.rte des excursions sur les cotes de Nor•
d'artillcrie de la garde a son rev· .\e de l'Empereur a Montlui;on (2 ¡;ra•
Marie-Ferdinand-Fraoy0is
d'Assise (S. M). 8l
maodie et de Bretagne......_. .. _." o~
21
1s1 vures) ........................ 145·148
tour du Mexique ... · • ...... · .. "
Carte d'une partie de la commu01cat'.on
Marmora
(génMal
de
la).••
• • • • • · · · · · · · 313
Bénédiction de la cbapelle de Notre•
Visite de l'empereur du Brésil a bord de
16
du Paciflqueau lac Nabuel-Huap1 .. 185
217
252
Meazza
(M).
•
•
•
•
·
·
·
·
·
·
·
·
·
·
· · · • · · · · · · · · 57&amp;
Dame d'Afrique . .. • · .. · .... : .. "
l'Astrée .......... "· · · "· " .. "·
Plan aénéral d'un quartier nouveau sur
Mejia (le général) • • · · · · · · · · · • • · · · · · · • · 372
Cérémooie d'inauguration du Pala1s de
Visite de S. M. le roi de Cambodge ll l'éta•
la colline de Chiaja a Naples ...... .236
Meoadorff-Pouilly (comte de)•••••·······
149
!'Industrie
d'Arnsterdam.
·
·
•
•
·
·
·
·
·
blissemeot.des
sceurs
de
Saint-Paula
420
Mocquard (M) ....... • .... " .... " .. ·" 401
p¡ d la bataille de Majoma. · • · · · · · · ·
388
Chapitre
aonuel
de
l'ordre
de
Charles
111
.
1~
133
Saigon
....
•
•
•
•
·
·
·
·
·
·
·
·
·
·
·
·
·
·
·
·
·
·
d~ quartiers ioceodiés a Li~og~s ..
Murad-Effend1. • •. • • • • • • • • • • • • • • · • • • · •
a Madrid .... • .. " .... • ...... "" 376
248
Plan des terrains de la Compag01e im·
Narvaez
(martlchal)
..
•
•
..
•
......
•
·
·"
·
Consécration de l'église de Blidab •... .. 334
7
Natoli (baroo) ........ • .. • .... " .. .. .. 313
mobiliere de Limoges. • • • • · • · • · · · · si
INDIJS1'BIE.
Consécrati()n de !'église Sainte-Perpétue
Negr1. (le commandeur) •• • • • · · · · • · · · ·. • • 1~
aNlmes ......................... 12
Nicolas (grand-duc héritier) et la prm·
Él'ÉNEMRNTS B18TOBIQIJE8,
Couronoement du roi de Cambodge (2
.. 305
Aéroscaphe Charvin ........ · .... · : " " 48
cease Dagmar. • • • • • • • · · · • · · • · • ·
grav.)............ . .. _. ... ........ 11~
E de Mélisse des Carmes. Magasrn .. . 271
Pajo! (général). Sa statue a Besao~on .. 240
AdieUJ de Louis XVI a sa famille ....... 413
Courses de Priotemps aPékin. " ..... "
t:~rage électrique de M. Bazio (2 grnv). 268
Campement de montagaards du Canease
Départ de Nice de S. M. Alexandre n.... 309
dans Je cimetiere d'Erzeroum ..... 40-41
Élection présidentielle aux États-Unis.
_ Manifestation dans Broadway • · · 32 4
Escadres (les) alliées fori;ant la passe de Simonosaki ... • .. • .... • · .. · · "· 335• 421
Guerre aux États-Unis. - Vne avol d'o!, seau du tbé!tre de 1-tt-guerre en Virgioie •..••.. • •. • • • ·· · · · · · · · · · · · • · 36
_ Flotte de l'amiral Porter passan! les
Rapides ..... • ... • •· · " .... ·" · · · 145
_ LignllS d'att3que devant Pétersburg. • • 101
_ Bataille de Fisber's Hill (2 grav.) .. " 277
·_ Destruction du navire l'Albemarle. • • 372
_ Travaux du Dutch-r.ap canal .. • .... 373
Guerre du Mexique, combat de Matehuala . .. .. .. .. • .. .. • .. .. .. .. .. 56-57
Bntaille de Majoma. • • • • · · · · · · · · · · · · · ·. 420
Guerre du Slesvig- Hol~tein. - Con;.01
de prisonniers dano1s ameoés de 11le
d'Alsen a Reodsbourg ........ ·.... 84
_ Rentrée des troupes prussiennes b.
Berlín •••..... ••••··············· 404
Insurrection d'Algérie. - LesArabes enlevant le corps de Si-Lazereg • • • · · · • • 1
_ Combat livré contre les }'littas. • • • • · 4
- Redoute Rose .. • ........ · .. ·" .. " 20
_ Vue de la ville d'Ei-Abiod. • • •• · • · · · 33
_ Combat d'Ain-el-Sueta .. • .. ".""" 52
_ Les chefs des Flittas recevant 1aman• 53
- Arrivée de l'agha Eddin au camp de
Charef ..••• • • • • • • · · · · · · · · · · · · · · • 164
_ Colonne. opéraotcootre les Ouled-sidi•
l\laosour •..•.• .• ...........•.... 220
- Prisonniers arabes internés a Tiaret. 257
- Épisode de la défense du camp de
J'Oued·D~mel .... • • .. · " · " .. ·" 3oo
_ Pie de Goudjilah, poste d'éclaireurs
334
frani;ais ... . • .. • • • · · · · · · · · · · · · · · ·
_ Camp d•observatioo sur l'Oued-Saida, 347
_ Arrivée a Ain-Madhy de la colonne du
géoéral Martineau. Passage du défilé
38
de Reddade. · • · · · · • · · · • · · · • · • · · ·•
Insurrection a Geneve (3 grav.) ........ 153
Iosurrection a Turin . ........ ·" ...... 216
Prise du rort Orakau (NouvelleZélande) • • 97

ª·

Presse

ilCCIDENTS,

Accident de lu Mouche n• 4, t. Lyon . . . . 65
Catastrophe du Grand Truok - Railway
(Canada).. . . . • . . . . • . . . . . . . • . . . . . 60
Éplsode des inondations a Bucharest . .. ib.
Incendie de Limoges (3 grav.) ......... 1SS
- de Gresham-street, t. Londres ....... 2111
- de la msnu1acture de tabacs de Madrid ......•............•.. . ...• 400
Ouragan a Calcutta .•.....• 324·351-354-355
Orage dans l'Oberland.. . .. .. .. . .. .. .. 61

M.

TBÉ.I.TBES.

Don Quichotte . . . . . .. • .. . .. .. . .. . . . . . .
Les Flibustiers de la Sonare . . . . . . . . . .
/1.oland a Roncevaux ...... .............
Théritre Robín.. .. .. .. . .. .. .. .. .. . .. ..

76
165
241

64

TIP.ES. - SCENES DE IIICEIJRS.
Armée mexicaine. Régiment beige Impé•
ratrice Charlotte ............... .. 225
- Brigade austro-mexicaine . . . . . . . . . . . 363
Armée de la république argentine. .. 206-2117
Bobémiens disant la Loone aventure. . .• 192
Cavalier pahuenche.. . .. .. • .. .. .. . . .. .. 184
Costumes du Paraguay ................ 206
Émigration de Circassieos.. .. .. .. . .. .. 350
Halte de Bohémiens ................... 192
Tir (un) dans la campagne du Tyrol .... 100
Types d'habitants de Porto• Novo ( 10
grav. ) ....... .... .... . ... . ... 136-137

'\'&amp;RIÉTÉS.

Abbaye•aux•Dames, A Caen ............ 124
Abbaye de Saint-Vandrille. . . . . . . . . . . . . 93
Alpes (les) Marilimes ................. 121
Audition des nouveaux instruments d'Ad.
Sax..................... ... ... .. 48
Bains (lr.s) d'Arcachon (7 grav. ) ..... . 88·80
'Blagnac (affaire de). Attaque de la maison Guimbaud ........... . ....... 224
Bloc de verre traversé par l'étincelle de
l'appareil Rumkhorff.............. 64
Café (un) i Constantinople........ . .... 205
Cap (le) d'Antibes ..................... 120
Cathédrale de Bayeux ................. 124
- d'Evreux ......... . ................ 124
Cbambre a coucher de l'impératrice de
Ruasie au Grand HOtel de Lyon ... 292
Cbapelle miraculeuse de Notre-Dame-de•
Santé, a Carpentras. . . . . . . . . . . . . . 108
Chapiteaux de l'église de Soulac .... . ... 108
ChAteau de la Bastide-Besplas (2 grav.) 160
- du Mesnil•Guillaume. . . . . . . . . . . . . . 124
Chemin de fer de Bayonoe á Madrid ... 260
261-300-316

- don Pedro II (2 grav.) ............. 252
Coft're (le) a quatre corues ..... . ....... 141
Combat (un) de cerfs. Dessin de BodroPr . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 264-265
Église Saint-Germaio, a Argentan . . .... 124
- Saint-Léouard, a Honfleur. . . . . . . . . . 93
Escorial (l') .......................... 316
État actuel des tral'aux du Palais de
Justice................... . ...... 5
Étrier de Pahuenche .... .'............. 184
Fontaioe de Vaucluse (2 grav. ). . . . . . . . . 189
Glacier d11 Tronador................... 185
Grande (la) cave a Berne.. .. .. . .. .. .. . 409
Grands (les) pins de la plage de Cannes. 77
HOtel des Clés d'or, a Hyeres.. . . . . . . .. 425
HOtel-Dieu de Carpentra8. . ........... 108
Khleb-Sol présentt! a Nice a S. M. l'impératrice de Rus, ie .............. 346
Lac (le) de Tous les Saints (Chili) ...... 184
Manreuvres des chasseurs a pied de la
garde sur la place d'Armes a Nice. 203
Mascaret (le) de CaudPbec ............. 172
Mise en liberté du docteur Demme a
Berne .....•..... . ....... . ....... 325

•

Mois (les). Dessios de Morin. J uillet .. . 80
- Aout.. . , .. . . . .• ... .......... . ..... 144
;.... 'eptembre.................. . ...... 208
- Octobre .. .. ....................... 288
- Novembre............. . ........... 346
- Décembre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 432
Monui'nent de Benoit Raclet ............ 253
Monumeots du camp de ChAlons (5 grav.) 196
Notre•Dame de Saint-Lo ...... ......... 124
Oliviers oil Napoléon s'est reposé le 1••
mars 1815, pres d' Aotibes ........ 121
Palais d'exposition a construire sur la
colline &lt;le Cbiaja, a Naples ..•..... 236
- de l'exposition ioternntionale de Duhlin .... . •, .............•....... 373
- de !'Industrie d' Amsterdam....... .. . 148
- (les) de Florence. Pnlais Mérlicis. Palais de la Seigneurie. . . . . . . . . . . • . 392
PancarLo. Viaduc et tunoels ........... 301
Place des Palmiers, a Hyeres . . . . . . . . . . 425
Porte dorée A Fréjus.................. 20
Puits et jarres de la campagne d' Antibes ............................ 121
Pyramides (les) de Ritten ......... : .... 128
Reliquaire (nouveau) de Saint-Laurent .. 304
Renard (le) en cbasse. Dessin de Bodmer 125
Réservoir des eaux de la Dhuis A Méni!montant. .. . . .. . . .. . . . . . . . . . . .. . . 172
Retour (le) du vaincu. Dessin de Bodmer ..... .................... 328-329
Roble~o (viadnc de).. . . • .... . .. .. .. .. .. 316
Saint clou (le) a Carpentras ... . . ...... 108
Salle a maoger des dignitaires et orticiers
de la suite de LL. MM. II. de
Russie au Grand Hotel de Lyon .. . 292
Sangliers (les) . Dessin de M. Bodmer.. . 408
Source (une) sous bois. Dessin de Bodmer ......................... 168·169
Tabout exposé dans les rues de Bombay
pendant les fétes de llloharr,1m ...• 221
Temple de Simonosaki . . . . . . . . . . . . . . . . 424
Terrier (le) du renard. Dessin de Bod-

mer ......... . ........ .. .. . .... 2/1-25
Tunnels de Guadar·rama ........ . .....
Tunnel d'Osina . , . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Van Eyck. Leur monument. . . . . . . . . . .
Viaduc d'Ormaiztegui . . . . . . . . . . . . . . . . .
Vicby ....... .... ....................
Villa Alexandra a C111mes. . . . . . . . . . . . . .
- Peillon a Nice ........... . .........
Volean d'Osorno ......... .............
Vue du Desagne de Limay ......... . .. .

316
261
221
261
428
77
276
184
185

"l'IJES. -

Ani (vue €éoérale) ......... .
Antibes ....•... .•. .•... . ...
A!ila . .................... .
Barr ..... , ... ....• ..•......
Bayonoe1 .......... .. .. .... ,
Bizerte. Régence de 'funis..... .
Buenos-Ayres ..... . .•.. . . ..... .
Burgos.... . .............. . .. . .. .
Cannes et la plage de la Croisette . .
Carpentras .......... . . . . . ......... .
Cherbourg..•... ...... ........... . ... .
Dieppe ......... . ......... . ..... . ... .
Fécamp ............. .., . . . . . . . . . . . . . . . ib. ...
Florence... .. .. . . .. . .. .. .. .. .. . . .. .. . . 233
Fontarabie ... : . .•.•.................. 260
Fréjus et les restes de l'aqueduc romain 29
Granville.................. .. ........ 124
Hyeres•...... . ........ .... ....... .. .• 425
lle Saint-Hooorat .•............... . ... 120
- Sainte-1\farguerite. ................. ib.
Kazan (3 grav.) ...................... 381
Madrid ............................... 316
l\iexique. San-Miguel Allende. Dolores
Hidalgo. Vallée de San-Francisco.. 212
- Saltillo. Défilé et fort de la Angostura ........ .. . . ...... . ......... 312
- Matehuala.-. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56
- Ilot de Sacrificios, pres Vera-Cruz ... 176
l\1olsheim ..... .. ...................... 405
Napoule (le) et le golfe de Cannes...... 29
Obernai ....... . . ..... .......... ...... 405
Pasages (los). .. . . . . . . . . .. .. .. . .. .. . . 260
Portazgo. . . . • . . . . . . • . . . . . . . . . . . . . . . . . 261
Porto-Novo. Panorama de la ville. Laguoe de Porto-Novo. Maison du
mingham. Maison des féticheurs. . . 104
Rieges (3 grav.) ....................... 280
Sainte-Adresse.. .. . . . .. . .. . . . .. .. .. .. 93
Saint-Sébastien . .. .. . . .. .. . .. .. .. . .. .. 260
Tbéodosie de Crimée .... . .. ........... ~81
Turin ....... .•.. ...... . ...... ... ..... 232
Vallée de Segama ..................... 261
Vittoria.. .. .. .. . . .. .. . . . . . . . . . . . .. .. ib.
Yport................. .. ............. 93
Zumarrega et Villa-Réal. ......... .. ... 261
Wasselonne............. . ... ......... . 405

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1·tLLusrnn11i,, Aug. liare, 2~, ruede 1·eroeuil.

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                <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores</text>
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                    <text>L'ILL·USTRATION,
lOUDAL URIVIBSEL.

·.:- ,

-==---- &gt;

~~~ .

Direction, Rédaction, Administration :

22e ANNÉE. VOL. l11l

Toute• les communications relatlves au journal, réclamations, demandes
de chan~ements d'adresse , doivent étre adressées franco a
11. AUG. IIIARC, DIRECTEUR-GÉRANT.
Les demandes d'abonnement doivent etre accompagnées
rl'nn manrlat sur París ou sur la poste.

N•

&lt;:......:.,;..&gt;

ti 39.

lamedi ~• DéeemlH'e t

tt••·

L'.,J:niuistrat 011 ue reponJ vas Jes manusmt, et ,.e s"e11~age ¡ama11 á lrs cii,rr.
Vu les traites , la traduclion et la reproduclion

- - - - - - - - - - - -- -······-- -

a l'ctran;er &lt;:onl inlerdites.

DUREAUX : RUE RICHELIEU, 60.

Abonnemenls pour París et les Déparlemenls :
3 mois, 9 ír. ; - 6 mois, 18 ír. ; - unan, 36 ír.; - le numéro, 15.:.
la eollection mensuelle 1 3 ír.; le volume semestriel, t~ fr.
ABONNEIIIENT8 POUR L'ÉTRANGER :
Mémes pnx ; plus les droits de poste , suivant les tariís.
Les abono. partent du I er n• de chaque mois,

- - - -,--- -- - - -·---·---- - -···-- -- - -- - - ~--- - -- -

SOMMAIRE.

nombre
des taner leur
Du.

1e,ue politique de a semaine. - On demande
des Parisieus. - Co~rri•r de Paris. - La rentrée
des troupes pru,siennes de I• campa~ne du
Sl,swig-Holstein. - Fete d'inau~uration des
ebemms de fer vicioaux de St•asbourg á IIArr,
lolsbeim et Wa,selonee. - Cbronique musicale.
- Leo sangliers. - La grande cave, il Berne. Arehéolo,ie comparée (2' article). - Hy,tro- F.1tracteurs de MM. Bulfaud íréres, construct•urs.
- La Révoluti,,n írau~sise, par M. Jules Janin.
- Gazette du palai,. - La Chine.
Gr11111re1 : M. Mocquard. ,énateur, cheí du cabinet
de l'Empereur. - llentrée df l'armée du SlesvigRolst•in a 8,rhn. - Fete rl',n•u~uralion des
ehemios de f r v1c111au1 de ~tl'8shourg a Barr,
Molsheim et Wa1Fclo1,n~ 5 (;!'•avur,•!l,i. - Lf&gt;S sanJlien. - La ~ranrl• r.ave, á Derue. - Archeoio,ie comparée. - Hyrlro-E,t•acleu,sde I IM. llufhud íret't'F, CoOSUUClCUn. c,1ur, d'H rb,u,illt',a
Lyon. - La Révolutiuu rran~,ise, par Jules
Jauin (2 Fravures¡. - La 1.1,iuc 12 ~ravures.• keltu1
1

-rr-'

on.

REVOE POLITIQOE
DE LA SEM,1 INE.

l:nc dépecbe télégraphique de NewYork a apporté l'analyse du mc~sage
adres,é par le président Lincoln au
tongres dont la session vicnt de s'ootrir. Le président donne des explica!s delatil. tions au sujet des bruits répanclus sur
les prétendues démarches paci(i,¡ues
dont il aurait pris l'iuilia1i1·e auprcs
ies États confédérés. Cls démarcltes
ville,t.llil De pouvaient etre faiLtl~, pÜisque entre
,rousseli1 ~ Nord et le Sud toulc co11ciliation cst
Perpigdi
Cbambiti illpossible, le but po1Jrsuivi par le Sud
:her et lit étant la rupture de l'Union, et le Nord,
q¡ Café~ IOcontraire, voulant le maintien comL. Bo
plet, absolu, de la Confédération.
tede ~
s-sur-Loil'i l Lincoln déclare done que ponr le
~d, il n'est qu'un seul rnoyen d'!tLleDtr la paü, c'est de se soumetlre purelleot et simplement a l'autorité fodérale
Quant ala queslion de l'cscla I age, le
~résident Lincoln reproduit et mainn·c,
~ot sans résene le programme que
loo connait déja, 11 prop~se et il re-

--

---

M. MOCQUARD, SÉNATEUR, CHE~' DU CABlN~T DB L'flMPEREUR. - D'apre, uné phot,,¡;.

ª" M. Cremiere,

commande au congres l'adoption d'un
amepdement a la Constitution, ayant
pour objet l'abolition de l'esclavagc
daos tous les Etats de l'Union. Sur la
question relative a la guerre, Ioin de
laisser percer la meme défiance et le
méme décCiuragement que le prér,idclit
Jafferson Davis, il affirme que le gouvernernent de l'Union lrouvera dans
les ressources du pays, qui sont ioépuisables, les moyens de coutinucr la
lutte indéfiniment.
Sur le .Mexique, M. Lincoln dit aus~i
son mot. 11 annonce que le Mexique cst
toujours le théatrc d'une guerre civilc,
et les aernieres nouvelles publiées par
Je Moniteur confirment malheureusement cetle assertion du président; mais
il déclare que, sans ríen changer a ses
relalions avec le Mexique, le cabinet
de Washington conserve aYec le nouveau gouvernement daos ce pays une
attitude de neutralilé.
On sait que, par suite du refus fait
par la reine d'Espagne de consentir a
l'abandon de Saint-Domiogue, lemarécbal Narvaez et ses collegues avaient
donné leur démission. Pl usieurs tentatives avaient été faites pour constituer un nouveau cabinet, mais aucune
n'avait réussi. Tout a coup une dépécbe télégraphique annonce la fin de la
crise ; le cabinet Narvaez tout enlier
reprend possession du pouvoir; mais
cette dépeche ne donne aucune explication. Le marécbal Narvaez a+il
cédé sur le point capital qui élait l'objet du clissentiment du cabinet avec la
reine, sur la résolutiou d'abord arretée
par luí d'abandon ner Saiot-Domingue?
Est-ce au contrai::-e la reine qui est revenue sur son premierrefus et qui s'est
ralliée a la: politique ministérielle?
Constatons le fait en attendant qu'il
nous soit donné de l'expliquer.
S'il faut s'en rapporter a tout ce qui
se dit, l'Espagne traverserait en ce
rnoment quelque cbose de plus qu'une
crise m¡nislériellc. Bien qu'il ne faille
pas ajouter complétement foi aux journaux légilimistes quand ils parlent desaffaires intérieurcs des Monarchies de

�402

, L'ILLUSTRATION,

L'ILLUSTRATION, JOURNAt UNIVERSEL.

.IOURNAL UNIVERS~'.L.

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4Q:~

le8q_uels avait plaidé M. Léon Duval, e:-iir_e_n~t-:d~on_ a_u- - -- - - - - - - - -- - - ~--:..::_
lointain aux regards effarés des vaincus de la vie Q .
M- Lissagaray a pensé que la causerie étant désormais sp1r tu 1
'f
Th_éátres aux Variétés, que les clowns anglais soot les
branche cadelte, nous croyons devoir menlionner les \ En dehors de ses fonctioos, il était l'homme du monde en douLe1 N'est-ce pas le sort, non-seulement de Panº'
. , e arncat. " . Léon Duval a pensé qu'une si pré-- ¡
N1
ce qu'on v!en.t de voir, º? ne saurait lui donner tro; •CJCose
rehque devait ctre le trésorde la France et non '.eres 'e son,,qui ontfait courir lotlt Paris, que le ballet
ioformations qu'uo correspoodanl adresse a l'Ur1io11 et ¡,ar excellence, doux, affable, aimable, ,ouriant il. tous, mais des autres grandes eapitalei, de recueillir les ép::
d'écho, et i1 vier.t de pubher le premier ouméro du Bul- cehn d'un particulier, et mardi dernier le crear' de Vol- d cn:ants ~ debulé devant le public de la capital,, que
qui montreut l'Espagne, et surlout l'armée, envahies mCme aux adversaires. - ll avait ce qui est si rare en ves de tous.les nauírages 1 N'est-ce pas sur ces gre,e,
letín rlei Entretien_s et Lectures: une revue qui chaque di- t
élé d. ,
le r_o_le prmc1pal esl tenu par une actrice des Bouffespar les sociélés secretes. L'Union s'attend a voir bieatlit France daos le monde des fonctionnaire, el de l'admi- immenses que viennent s'échouer toutes les ambitions
epose
a
la
Bihliothcque
impériale.
111anche, reprod_u1ra les plus intéressantes canseries de la aire
Celas esi,ra11 saos broiL et saos pompe; µas de déµu- pans1ens, et qu_e l'auteur de la revue esl !l. Guénée, rééclater quelque pronunciamiento mililaire.
\ nislration, il avait le liant, qnalité précieuse, - c·est le el tons les reves 1 Mais Londres ne com¡,te pas moins
rue Cadet, et t1eodra le public au courant do mouve- taüon de _I Académ1e' pas de discours, pas meme la g1sscur du Pal_a,s-Royal; mais, a cela pres, la piece esl
On sail, du reste, que l'Anglelerre a reconou comme miel donl parlait llenri IV; - malheureusemcnt, pres- d'ambitieux, d'aventuriers, de naufragés, de hohémes
ment de la causerie en france.
·
momdre p1ece de ve~' rien qui puisse scandaliser le toute_rouenna1se. Done, soyons sur le qui-,·ive et poussons
belligérants les Dominicains; l~s journaux de Loudrés que tous nos hauts ronctionnaires n'ont que le vinaigre. de fmits secs que Paris, et cependant Londres a tous l~ ·
M. Lissagaray a pris la parole, i1 y a quelques jours,
Monde, l'Union, la Gautte de France et le Correspondant. ~\::s~our oous tenir en éveil: Parisiens, prenons garde
o'ont point encore annoncé celle nouvelle, mais ils trai- - M. Mocquard était né a llordeaux eo li9I.
droils municipaux des aulres c,Lés d'Angl~lerre. Allei,our causer_ sur le programme des soirées de la rue
1
donc ,Jire a un Londonnien que Londres élant un gou[11 faut avouer que l'incrédulilé fete assez pauvrement
tent forl légerement les litres de l'Espagne sor la petite
EoMONO TE:&lt;.IER.
C,ade_t, et le Bul/,~in, qui sténographiait tandis que
Qu'opposer_on, nous a 11 provinee? JI y a a Londres,en ·
fre, un abime, un oc~ao, etc., il n'a plus, lui, l'bomme
)l. L1!-!-agaraycausa1t, m'apprend que la critique contem- ses samts.
républiqoe de Saint-Domingue. Celle allitude de l'Ande la Cité, le droit de oommer son lord-maire et ses alparaine ¡iarlée a sa plaee dans ce programme. Voila ,. C'e'.t peut-etre qu'a cerlains incrédules d'aujourd'bui, ce momenl•c1, une jeune Américaine qui parle toutes
gleterre doit douner beaucoup a ré0échir aux journaux
ON DEMANllE DES PAR!SIENS.
les_ langues du monde, y compris l'héLreu, qui est mudermen, et il vous rira au nez, s·il ne. vous envoie tout
nnr no~"~auté... pr~sque une nouveaoté, voulais- je 1,ncreduhlé de Voltaire parail bien timide.
de Madrid. La Epoca, nolamment, lrou,ve que la situalioo
s1c1enne
de premier ordre, qui est 11orte commeLamardroit
a
Bedlam.
Est-&lt;:e
la
faule
des
Parisiens
si
la
popudire, ~ar Je 111~ souv1ens qu'un homme de beaucoup . Uu jour, on cilail Vollaire devant nn membre de l'lnsde l'Espagne, dans celte affaire, devient tres-délicate.
Espérons que le chef uu cabinet restauré lrouvera quel11 íaut bien avouer qu~ jamais discours n'a obtenu, lation nomade y est plus nombreuse qu'a'Versailles ou ¡
tine,
Vir.tor
Hugo et Musset réuuis; qui fait des armes,
l1lut
qm
ne
croya1t
pas
ep
Dieu.
fespr1t tenta, ti y a deux ou trois an~, de causer sur le
que moye n honorable de tirer son pays d'embarras.
je oc d1s p1S plus de succés, mais plus de notoriélé. On !lelun1
monte
a
cheval,
danse et joue la tragédie a donner
~h
!
je
vous
en
prie,
répondit-il,
ne
me.parlez
pas
5alon, et causa si spirituellement qu'on lui ferma poliCord Palmerston vicnt de présider le banquet de l'as- ne parle que de ce discours. OiJ ~u'on ,oit, - au club,
enm
a!!.
Ponsard
d'ecrire un pendan! aLucréce on ne dit
- Mais, interrompit quelqu'un, vous savez bien qn'il
des
momer1es
de
ce
cagot
de
Vollaire,
menL la bouche.
sociafion agricole de Romsey. 11 a profilé de la circons- dans la roe, a la Bourse, au lhéalre, il ne saurait etre o'y a plus de Parisiens.
Je connais des gens a qui cette boutade semblerait la pas _qu'elle_sache l~s malhématiq•es, la phJsiqu~ et la mé·
Espérons que la crilique contemporaiue parlée aura
t:ince pour porter un toast a la presse britanniquc, sou- question d'autre chose. AÍlez dans un salon, - le 1iredccme, qu elle marche sur la tele, qu'elle rende des points
- Et les innombrables maisons alignées de cbaque
de mrilleures destinées daos la salle do Grand-Orient. plus naturelle &lt;lu monde.
tien de la liberté civile etreligieuse, digne de l'admiration mier ven u de la rive droite ou de la rive gauche; si coté des rues et des boulevards, croyez-vous done qu'elles
A pr~pos do procés que je rappelais tout a l'heure, on a Léot~rd au lrapeze et a lllondin sur la corde raide,
Xe sera- cepas charmant et piquant d'entendre ju•er
dn monde enlier par son indépendance, par la noblesse vous essayez de g\is:;er un mot, un seul, sur la derniere apparlienneot a des lroquois1 EL ces terrains sur les11comédie de M. Augier, de M. Ponsard de M. Du;a, raconta1tque crem· de Voltaire avait passé, cbez M. de ma1s c est extrcmemenl probable. Elle e,t belle par-dessus
et l'é\évation des príncipes qtli la dirigent. Un ministre mode, le bonbon nouveau, le dernier scandale, le livre quels se dresse Paris, et qui représentent des milliard~
Hls, de !l. Barriere ou de M. Sardou, qu'~n aura vu re- V1llelte.' par d étranges vicissitudes. Le marquis avait le marché, comme nn ange et un démon toutensemble et
qui boit il la liberté de la presse, avouez que cela ne se en renom, la picce en vogue, - halle-la! on vous arre le. sont-ils la µrop¡iété des oomades de M. le préret? Et ces
présenter la veille, ou le dernier livre de M. de Lamar- en m_at,ere de religion, des opinions tres-bésitantes : u~ sa _ver\u esl plus _saoYage que la cliute do Niagara. Élle
voit qu'en Angleterre.
-11 ne s'agit plus, vous dil-on, de ces cboses rrivoles ... uégociants, ces manufacturiers, ces détaillants, ces hour-lloe, de M. Víctor fü1go ou de M. !lichelet, dont onaura ¡onr 11 éLait s,ceptique it outrance' le lendemain la foi a e'.é autrrfois a1de de camp d"un général de l'armée
Naturellement, daos cette réunion a•ricole, lord Pal• !lais d'abord eles-vous ParisienY Nous sommes a la re- geois, et méme ces ouvriers logés daos les faubourgs,
lu le matm _le dermer chapitre, surtout si Je juge s'ap- 1~ plus v1,·e l emhrasait, Je surlendemain il se rejetait féderale ou de J'armée confédérée, je ne sais pas-au
merslon a beaucou¡, parié d'agricullurc el un peo de cherche d"un Parisien; il oous faut, coule que coute, quj vivenL honnclement du labeur de la journée, pcnpelle !l.' Sa_rnte-Beuve, !l. Théophile Gaulier, ll. Paul v~olcmme~1t _dans l'incrédulité' et ces seutiments si dií- Juste, et pour le moment, elle émerveille les Anglais en
politique. La charrue avanL l'épée, mais a la con.Jition no Parisien. N.ous sommes d'auLanL plus désireux de s~z-vous qu'ils funt égalemeot partie de la foule des
de Samt-Victor, !l. Édouard .Fournier, M. Sarcey 00 ferents fa1sa1ent au cmur de Voltaire na sort différent remphssant, _daos une piece intitulée Mazeppa, le role
pourtani que l'épée ne sera pas trop loin de la charrue. voir, de coulempler ce phénoméne extraordinaire, que aventuriers et des lénébrcux? Qu'est-ce done, s'il vow.
a_uss1. M. de V1llette était-il daos un acces de scepti- do Jeune hcros emporté a travers les bois et les plail. Jouvin 1
" L' Angleterre, a-t-il dit, est heureusement en paix avec ll. le ha ron llaussmann, qui doit s'y conuaitre, affirme plail, que celte bourgeoisie de Paris, qui a sou hisloire
c1sme, i_l en~ou~ai~ de soins et de respects ce cre1Jr véné~ ncs sur un cbeval nu. Voir pour le costume du personLa roe Cadet promet un accueil cordial aux voya-- rabie' 11 Ju, fa,sa1t un sanr.tuaire daos l'endroit le plus ,nage la gravure qu'oo trouve dans toutes les cbambres
toutes les puissances; mais cette paix ne sera que plus que ce curieu.x animal a, pour ainsi dire, cessé d'exister. a part, et qui méme, sous la mona.rchie absolne, avait
ge_nrs qui voudront bien raconter leurs voyages au pu- honorable de son appartement, il lui rendait un culte d'hótel garni.
[acilement maintenue, taol que nous donnerons 1~ spec- Si, par hasard, vous éles i'animal en queslion, votre for- ses franchises et ses droits qu'elle exer~ait libremenl!
J,hc_- La roe de la Paix n'entend pas ctre moios hospi- ~1cu~; r~devenait-il enfant soumis de l'Église, aussitOt
tacle de notre armée, de notre marine, de notre mil ice, tune est raite. Naos nous emparons de vous, nou.s vous Quoi! sous l'empire du suffrage uniYersel, Paris serait
On assu~e que M. Marc Fouroier est alié engager une
1ahere
que la roe Cadet: elle annonce une série de lec- ,1 élo1gna1t avec horreur ce creur détestable, il ne voulait per~onne si bien douée : voila déj:l une bon ne affaire.
de nos volontaires, toujours prel:! a déíendr, les iotérets, mettons en cage et nous vous montrons pour deux ,ous. r~duit aregrelter l'ancien régime ! les Parisiens ne ro,.
. wres sur la llirmanie par un homme qui y a séjourné pl_us le vo,r, 11 le reléguail, dil-oo' jusque dans legrel'honneur et 1• dignité du p1ys, contre quiconque auraiL • Spectacle extraordinaire ! Un Parisien ! race éteiote meraient plus qu'un peuple d'ilotes au milieu desdépu¡iendant deux aooées.
Mais je ne me consolerai jamais qu'on ne n~us fasse
l'idée d'y porter atLeinLe. • EL maintenant, parlons done comme le carlin '!! 11 n'y a pasa douLer que les t,800,000 temeots émancipés ! 11 ne leur resterait plus qu'un senl
met' po•1r le tirer' tout repentant, de l'exil"quand la
Peut-etre vous souvient-il qu'il y a un an l'll/us- pénode dévote était passée.
de congrés et de désarmement de ce coté du détroit.
habitants de Paris, qui ne sont pas des1 Parisiens, vou- priv1légc: le privilége de payer un budget colossal, pas la galanterie du danseur a une seule jambe, qui
~ion. entr~tenait ~es lecte~rs des sourfrances et des
Nous ~ommes encere forcés de revenir aujourd'hui sur dront voir, - depuis le premier jusqu au deroicr, - ce un budget, qui dépasse celui des royaumes secondairei
Oan_s son nouvel asile, 1~ crear de Voltaire, si agité de pa:t~ge avec la jeuoe Américaine les fa,·eurs de nos
di&lt;ept109s d une pelite colo•ie fran~aise qm étail partie s,m v1vant' _gollt~~~ saos doute eníln le repos que la v01sms. Un daoseu~ ~ une jambe! 11 ne restait qu'une
les iuiquités, le despolisme, les bouleversements dunt le íossile, ce mastodonte, ce ptérodactyle qui avail le droit de I' Allemagíle !
pour la Biru1anie pleine d'ardeur et d'espérances.
Le discours de M. le baron llaussman est trés-éloquen~
Sleswig-HolsLein est le théil.tre depuis que ses libéra- de concourir a l'élection, d'un conseil municipal droiL
ressource a la provmce, c'était de se procurer un danmort méme, Jusqu iCJ, ne lui avait pas donné.
Le ch~f de 1:expéd1tion étail M. Thomas Anquetil, neteur, le tienneot sous lenr prolect,on. On ne permet complétement supprimé depuis que, par suite d'une suc- ma.is la tbéorie qu'il soutieut a l'inconvéníent de u'étrt
seor saos jambes, et elle courait risque de le chercher
'!º del l11stor1en et d'Anqurtil Duperroo l'oricntalisle
plus méme aux populations con~uises de regretler le cession de révolutions démocratiques, le Ool toujours mon- pas sérieuse. Comment admettre qu'un gouYernement
Une assemblée des lsraélites de Paris a voté l'érection lon?temps,. ce _qui nous aurait toujours donné quelque
petit-fils d'Anquetil de Briancourl, consul général chef d~ d~ux synagogues : l'une au Marais, l'autre rue de· la rép,Ue sa1s bien qu'on annonce un poete .allemand qui
gouvirnement danois et l'ad01inistr~tion danoise. Daos LanL des populations hétérogenes acomplétementrnbmer- qui repose sur le su[rage universel, qui !'exalte atol1I
1
de ,I• nat,o~ [ran~aise daos l'lnde, un des fond~teurs '1cto1~e.
propos, puisse songer a supprimer l'élection 1
le Sleswig du nord, ootamment, un corps spécial de gé l'aurocthonie parisieone. Ceci a toé cela, et voila 1
Cent ans plus tót' un pareil événement anrait a ~crit _une tragédie intitulée l'l11ade ~nie, qu'il déclame,
- Amen! dit un auditeur, et puissions-nous revenir
el I agenl genéral de la compagnie des lndes fran~aises. remph le creur de Voltaire de deux émolions bien &lt;liffé- qu 11 m,m~ et~_u'il joue a lui tout seul; c'est bien quelque
gendarmerie est ehargé de sévir, saos le moindre mé11 existe encore une cerLaine liberté daos les salons;
. Revenu de la 8Jrma01e avec les nolions les plus pré- rentes: ,1 s'en serait réjoui pour l'amour de la tolérance chose, .mais o importe, Je regrettera1 toujoors Je danseur
nagement, conlre toule manifestation de ce genre. elle va' meme quelqueíois jusqu·au barbarisme, - té- le plus 101 possible a ce graud príncipe des peuples maaeu~~
sur ce cur1eux pays rnventeur d'un procédé pour il, s'en serait _afiligé po_ur l'amour de la philosopbie. 1Í it une ¡alllbe . .
Quant a la question allemaode propremenL dile, le parli moin ce mol auloctbouie, qui n'est admis par aucuo jcurs : que les dépenses doiveot etr~ voléeset conWléel
le
de,1dage
do ver a soie tussor, qui donne des cocoos n Y a pas de ¡01e parfa1te en ce monde.
L'lliade ~nie me rappclle un joli mot d'uo président
féodal redouble d'efforts en Prusse el anssi en Autriche. d1ctionnaire . On s'empare du discours de M. le pré[etde par ceux qui les supportent.
Et
c'est
ainsi
que
la
politique
s'est
faufilée
daos
les
~nl
la
grosseur
égale presque celle d'un reo[ de poule
Le cabineL de Saint-Pétersbourg serail, dit-on, disposé la Seine, el on le disseque bel et bien, - non le préfet,
plem d'humour
cest M. Thomas Anquetil qui nous parlera de l'histoir;
On appelait devaot lui une ailaire de séparation de
a favoriser les teodances envahissanLes de la poliLique mais le discours. - !loi, dit un homme u'un cerlain salons a la suite du discours de M. le baron llaussmann!
'Si passionnés que nous soyons pourles causeries, nous
Dllorel!e, de l'bistoire polilique, de l'art m0IJomental n a_voos pas encore renoncé a la musique. Les premiers corps : Ménélas était le nom des époux.
EDMOND
TEXU:R.
prussienoe, parce q1i'il comple lui-méme élre secoodé a.ge, je ne suis pas d'humeur chagrine, et j'avoue qu~
do com?1erce et de !'industrie, et en fin de )'avenir de I; fro,ds ont fa1téclore la premiere opérelte . elle s'appelle
" Ménélas contre Ménélas ! • criait l'huissier.
par la Prusrn daos la q11eslion polonaise.
les grands travaux qui ont saccagé le vieux Paris ne
B1nna01e.
11
melera
a
ces
intéressants
sujets
le
réeit
de
Stella,
_un
litre
poétique
el
charmanL.
'M.
Montini
a
.
,1 Comment, cette affaire-la n'est pas encore finie ! •
Or, l'AoLriche se rapprochauL de plus en plus intime- m'ont pas Lrouvé indifférenl. 11 est quelquefois bon que
!!S cbasses al'embouchure de l'lraouadi; or je vous laisse
é?nt
le
l~brello,
et
M. O'Kelly la parliLion; une parlition d1l le_ spirituel magistral avec le plus grand sérieux. .
menl de la Prusse, il semble bien que les Prussiens du les villes changenL de peau. C'est nn avaotage qu'elles
COllBBIEB DI! PA.818,
apenser _qucl gibier on chasse daos ce pays-la. Pour d ~o gout ac~ievé, d'une grace et d'une fraieheur ex!101, Je croyais l'Jliadt fioie, comme l'aflaire Ménélas.
nord s'acheminent vers la triple alliance que l'on 1le- ont sur l'espeee humaine. O'ailleurs, en dépit des arlisIOD prem1er entretien, qui aura hcu dP.main dimanche
quises, chaotee a ravir par 11m• Peude[er, par M. Ar- 11 paralt que je me trompais.
mandait si fort, il y a peu de temps encore, a Vienne et Les, des écrivains et autres gens mal balis, noLre pays Ce que causer veut dire en 186i. - Le Bulletin des Entrttiens et Lectures. - f..e programme de la rue Cadet. l. Anquetil nous promet uue chasse au tigre ... Un joli chamhau et par M. M... Un auditoire qµi avait le
aPSaint-Pétersbourg.
est passionné pour l'alignemenl. La roe de Rivoli avait
X. FEYRNET.
Le feuilleton parlé. - La Birmanie a la rue de la PaiL
dlbut,
n
'est-ce
pas?
dr01t
d'elre
diffi'.ile,
car
les
musiciens
de
talenl
y
élaient
Le ministre de l'inLérieur d'ltalie ,ienl d'adresser eu tant de sucées sous les Bourboos el sous Louis-Phi- Qu'est devenue la propriété litléraire? - Le creur lit
nombreux, a_ tres-br1llamment feté, daos le salon de
nne circulaire a toas les préíets do roya11me. Tout en lippe, qu'on a pu la reproduire a peo pres partouta la ssVolta1re 3. la Bil,liothéque. - Vicissitudes de ce CIIII'
Ne vous ap~rr.~vez••VOUS pas, au milieu de ce grdnd
dt!i le marquis de Vtllette. - Les Jeux ·synagognes. 11 · Aug. Wolff, cetle sourianle et louchante Stella qui
constatantque la derniere insurrection tenLée dans la Vé- tisfaolion générale. Toas les nou&lt;'eaux boulevards ne soot
LA RENTRIE DES TROUPES PRUSSIENNES.
aouvcmenL sc1enl1fique el lilléraire qui don ne la fievre
La premiCre opérette de l hiYer. - La revue en province.
pourrait bien elre pour !l. O'Kelly la premiere éloiie du
nétie a été complétemenl réprimée, le ministre &lt;le l'inté- que des rues de Rivoli revues et augmenLéeS. ll me sem- La grande Américaine. - Le d!mseur a une jambe, ~ Par1siens et qui déja commence a gagner la France,
succes.
rieur, en s'appuyant s•1r les rapports qni lui sout parve- blait bien qu'on allait un peo vile daos la démolition et
DE LA CAMl'AGtirE DU SLESWJ~ -IIOLSTElN ,
- L'Jtiade finie.
'1&lt;1 Y a bien longlemps qu'on n'a parlé de la propriété
nos, croit savoir que le parli d"acLion songerait a faire la conslruction; mais, plus ou ira vite, pensai-je, plus tliL
lillira1re !_ Depois tanllil deux ans, elle était de•anL le
Mercredi, 7 décembre, a eu lieu la rentrée wlrnnelle
Décidémeol, la proYioce se donne des airs d'indépeoune oouvelle levée de boucliers au prinlemps procbain. on aura fini. Un conseil municipal n'aurait pcut-etre
Done, causo ns, puisque causer est le grand plaisir ella
DJll~1l d_'Etat, cette pauvre propriété, cxamioée, interde
l'armée prussienne dans la. capitale, apres une camLe gouveroemenl iLalien s'opposera a toute folle enLre- p11s permis l'éventrement de lant de quartiers, le sac de grande affaire de Paris en ce moméot-ci, puisqu'ca
rogee, d1scutée, approuvée par les un,, attaquée par les da?ce tout ~ fail alarrnants; on lui alantdil qu'il fallail
p~gne
de pre~ d'u'.1e année, et un résultat 'qui cst Joiu
qu
elle
se_
decentrahsdt
et
,ecouat
le
joug,
qu'elle
a
pris
prise, et il [era bien, mais nous croyons que le parti de tant de maisons; il aurait certainement procédé avec cause rue de la Paix, puisqu'on cause rue Ca.del, puisllllres. Cependant le llot des brochures s'était tari les
d
e_tre
proporlionne
aux sacrifices d'une pareille expéses
~onse~l.leurs
au
mot
et
que
la
voila
en
pleine
insurl'actiona Lrop d'iulelligeuce et de patrioLisme pour ue pas plu, de lenteur dans le renou•ellement de la toileLte qu'on cause a la Sorbonne.
~lk:3ts, pour et contre, qui avaient plaidé avec 'tant
d~t1on.
s_,
les
tro~p~s
fu~sent rentrées il y a six mois, on
rect,on.
si
cela
conlinue,
elle
est
capable
de
se
meltre
cumprendrequ'ildoit atlendre et se réserver ponr l'avenir. de Paris; mais, puisque la cbose est presque faite, le mal
Soit diL en passant, ne vous avisez pas d'ouvrir Jediollldeur daos les salons et ailleurs se taisaient audans l'idé? d'opprimer Paris a son tour, de nous traitcr lt.s. aura1t accuc11\1es avec un ,,éritable enthousiasme
A. l'iotérieur, rien de nouveau. On parle de décrets o'est pasgraud. L'reuvre termiuéc, nous rentrero'ns en Líonnaire au mol eaiiser, vous y trouveriez, j'en ai peor,
lears ~t éJiteurs, a bouL d arguments: n'écrivaien: plus
plus cavaherernent encore que M. le préfet de la Seine Mais la diplomalie ne leur ayant pas permis•de quitte;
devant bientót parai\re, et qui súpprimeraient le mono- possession du droitqu'a chaque conlribuable de contróler une défiuition qui ne s'accorderait guere avec ce q•
lle hgne el ne souíllaient plus mot; on altendait en siet de nous réduire loas au rang d'iloles.
' plus ~0t le champ de bataille, elles onl du faire lem·
pole de l'irnprimeric et de la librairie, comme a été sup- les dépenses, et nous aurons en fin le mcme privilége q11e nous appelons causer depuis deux ou trois ans.
111,ce la décisioo de la grave assemhlée : or, cette décircn!rre en pleine paíx et en plein refroidissemcDL. En
E)le
o'a
point
encore
rompu
politiquement
et
adminisprimé le monopole de la boucherie et de la boulange¡ie. nos conírcres les bourgéois d'Orléans et de Pontoise.
Causer, a présent, signifie 'monter snr une estrlÜt 1111, elle est conoue a présent, et je o'aurais pas mans'asseoir daos un rauteuil en face d'uoe table cou•erll llé de vous en informer, n'étaient deux lignes in- trall\'ement avec la métropole, elle ne s'esl pas fédéralisée dép1t de ces circonstances défarnrables les choses se
A déíaut do Panthéon qui n'exisle plus, la place do Voila ce queje me disais.
elle n'a pas ses armées, ses généraux, ses ministres et u~ sont passées forL coovenablernent. Seul;meot au li
crenr de VolLaire, oilert ~ M. le ministre de l'inslructiol).
- Et vous vous trompiez, inter~mpit une jeune d.'un tapis vert, et, ala lumiere de deux bougies, hre,,..
l!rées. l'aotre JOUr
.
au Mo11ileur, qui me rappellent amoi
d' une arm é.e en tenue de campagnc, brunie et' déchiréc
eu
publique par les hériliers du marquis de Villette, n'était- femme qui avail écouLé avec la plus vive atteotioo. Or- citer, rarement improYiser, devant cent, deux cent-=~ cill: llllme a· tous que le compte-rendu de ce qm se passe b_udgeL :. mais elle joue des revues-freries qui sonl aelle,
nen qua.elle, comme les Pommes de ten·e ma/ades et le par la ~ata,lle, cou,erte des glurieu, haillons de la vic- elle pas a l"Académie [ran~aise1 llais l'Académie n'a pas léans est une commune, Poutoise est une commune; cents persono es, un discours sur un sujet arfiché daos
::: les séances ~•1 cooseil d'État est interdit. Me voilil.
Bant
d'h,ultres ~laienl an Palais-Royal, Ohe! les Petits to1r~, e est une troupe rcposée, fraiche et pimpante, qui
jugé a propos de réclamer ce dépót. Le gouvernement a ma1s, si je dois m'en rapporter au discours de M. Hauss- Paris depuis buit jours, ea s'interrompant de tempf
contramt, bien malgré moi, d'c\Lre discret et dé
agn.eattx.
~m ,ar1étés, comme Zut au berger! est aux a defilé en parade par la porte monumeolale de Brandonc décidé que le don des héritiers de Villelte serait mann, Paris sera tout ce que vous voudrez, exccpté cela. temps pour boire de J'eau sucrée.
len tenir a.• ma. bonne mtenuon,
·
·
'
en vous priant
de
Tol,es-Mang11y.
Vous comprenet qu'apres cela (out est debour~- et _le long &lt;le la splendide ,roe des Tilleuls.
porté a la Bibliolhi\que lmpériale, oiJ il figurera desor- C'esl un goulfre, un abime, un o&lt;:éan, un égoul, uu préciEt qu'un au1re que le causear a l'estrade n'ai!le
•en
savoir.gré.
poss1ble.
C'esl
le
Tbcillre-des-Al'ls , de Ruuen , Gui· le pre- Auss1, 1,llus'.on do danger el de l'héroisme étant depui,
.
mais a coté de la grande mappe-monde, parmi les curio- piee, un marais; or,je n'aijamais entendudire qu'un ma- s·aviser de causer a son tour, on crierail a l'iocoD
1111er
~
eu
cctte
incroyable
audace. La premiere repré- longlemps evaµorée, le public o'applaudissaiL-il que
Oú
es!'
le.
corps
de
Voltaire1
JI
me
semble
que
la
sités que les élrangera et les provinciaux viennent ,isiter. rais, un précipice, un égout, un océan, un ahime, un gouf- nance, et l'on meura1t l'indiscret a la ¡iorte; s, le
Nous donoons a la premiere page du numéro de ce [re, ·ou tout autre Lrope de ce calibre, íut une commune. lui en d1L, i1 eausera le lendemaio saos que pe
~olem1que qui _a fait couler t_ant d'encre réeem- scntat1on est tout bonncment une date révolulionnaire colllme on applaud1t il. un heau spectacle. Toutes les fe-. na pas complelem,-nt écla1re la qncstion. Au nn rn aoiil déparlemental. Et remarqucz bien qu'il n~ ~et'.es, tous les loits, toas les tilleuls de la rue regorjour, le ~ortrait de M. Mocquard, che[ do eabinet ,ie
- JI est vrai, reprit l'interlocuteur, que M. le préíet ail le ·dr~it de mettre un mol daos sa cau~er1e, car,
,,;:.s n'a-t-oo jamais ignoré_ oú était _le creur de ce ma_nque r1en a cette revue de Rouen: cinq acles, ,ingt- ºc~1ent de monde. Les corporations des métiers forl'Em~ereur, et qui esl mort il y a peu dejours.-M. Moc• de la Seine a, daos un tablean tres-largement peint, sa nouvelle accepliou, le mol f! causer )) veut dire, a
d homme. Un legs en avait transmis la propriété tro1s tableaux, une footaine en diamante; au second acle ma1enl la haie de la porte de llrandebourg jus1u'a. la
quard avait toujours été honoré de l',mitié de l'Empereur représenté Paris comme le reíuge des chercheurs de la Lout : « Parler seul devant un nombre indetermin•
11
. lll~quis de Villette, et il y a quelque temps, a la un l1allet rl'enfants et des. clowns angl:,is. Je sais bie~ slatue du grand Frédéric. Les mnsiques militaires faiet il avait tout fait pour la mériter. Tres-actií, i1 expédiait pierre philosopbale, des coureurs d'aventures, des pour- personnes. • Que les auteurs de dictionnaires en P
d un proces célebre, les héritiers du marqm"l, pour qnr la fontainc de diamante; e~I cclle ,te la Liberte de~ sa1ent cntendre lelJl's pas rcd11•1hlés les plus helliqnem.
les affaires dont il était chargé avec une sitreté ex- suivaots de la fortune, des déclassés de toas les départe- ration ne l'oublient pas.
tr.anrdinaire.
' ments el de tous les pays. Paris est l'étoile qui luil dans le
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L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATlON, JOllRNAL UNIVERSEL.

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WASSELONNI!. - te maire présenle au préfet le service olfert oar les souscripteurs.

�L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

400

' L'ILLUSTRATION, JOURNAL UN IVERSEL.

beaucoup trop vite la priere : Des cieu/e oti tu résides
Aussi les habitants de Wasselonne l'ont bien compris, dont il détruit par ce mouvement guilleret l'onction et 1'
Toutes les ba'ionnettes étaient ornécs de couronnes, en inscrivant sur l'arc de triomphe construit a l'entrée
.
d
a
toutes les poltrines de médailles. Des ma'ts couverts de de la place principale de la ville, ces mots : t&lt; M. Migne- ma.1estueuse gran eur.
- Je ne sais, me di~ait un jour un dilettante peu mubanderolles et de drapeaux flottaient au vent; la plupart ret, création; M. Coumes, exécution. »
sicien, pourquoi ce U,l\rceau ne fait plus sur mon Ame
des maisons étaient pavoisées de g11irlandes, de conOécrire tous les détai\s de la fete, dépeindre le bon- la meme irnpression qu':iutrefois.
ronncs, de drapeaux ou de tapis. En un mot, la mise en heur général, raconter cecharmant voyage et les inci- ·
- C'est que les temps sont changés, lui répondis-je
scene ét:üt-telle qu'on pouvait la désirer. Ajoutez a cela dents officiels; rendre compte ·des discours, d'autres -Comment! que voulez-vous-dire av.ec vos temps? .... J~
un temps superbe et un air ticde. Et, cependant, \'en- l'ont déja fait. Qu'il nous suffise de signaler surtout
veux dire les temps de la mesure.
tbonsiasme n'était guere P,lus chaud. A part quelqnes . combien cette ínauguration se.diflérenciait des cérémoM. Naudin a fait ses adieux, le i7 décembre, au pufemmes élégantes que la vue de¡: uniformes électrisait nies ordinaires, ou t0ot est prévu, calculé d'avance,
blic du Théatre-Italien, dans la Traviata. Le voila, juset qui agitaient au'&lt; fenet~s leurs mouchoirs de den- soumis a une sorte de réglementation, meme en matiere qu'a nouvel ordre, a l'Opéra, tout entier aux répétitions
telles, la foule ne paraissait point emportée par un élan d'enthousiasme. Rien de tout cela dans la journée du
de l'Africaine. Plus on étudie cet ouvrage, et plus on v
généra\. On sentait qne la fete arrivait trop tard !
25 septembre : une joie na'íve, expansive sur tous les décou vre-de beautés. ll sera pret, dit-on, vers la fin d~
Sur la place de Paris, entre la porte de Brandebourg visages; dans tous les creurs, de la reconnaissance pour
févrjer ou du commencement de mars. Si Meyerheer
et les '.l'illeuls, le corps municipal atteudait, _sur une les travaux passés, de confiantes espérances pour la était encore vivant, \'affaire, assurément, n'aurait pa~
estrade pavoisée de drapeaux, le passage de l'armée. Le
prospérité a venir.
marché si vite.
Roi, suivi de la Reine et des Princesses, ouvrit la
Nous vi mes"Molsheim et s011 hótel de ville, d'une re·
Je retourne au Théatre-Italien, ou M. Brignoli a íait
marche. Puis vint \'ar·mée, ayant a sa tete le prince marquable architecture, orné d'un escalier que jalou- son seconrl. début daos Don Pa~qiiale, et le troisieme
Frédéric-Charles de Prnsse, en costume de hussard. Le sent les anliquaires. Nous traversames le Kronthal dans Linda di Chamounioo. Chaque épreuve a confirmé
bourgu!)mestre Seydel \ui adressa ,une allocution daos (vallée de la Couronne), dont les carrieres ont fouroi, et accru son succe~, ·_ malgré la ressemblance de sa
laquelle il félicitait le prince de ses victoires, en lui rap- en grande partie, les pierres employées a la construc- voix avec celle de Mario. - Cette ressemblancc, apres ·
pelant le mot du roí Frédéric-Guillaume lll : t&lt; Ce que tion de la calhédrale de Strasbourg, pour nous arreter tout, est plus apparente que réelle. Si les deux virluoses
la Pmsse a su conquénr doit étre une conqwite pour l' Al- quelque temps dans Wasselonne; la, MM. Migneret et étaient la, l'un a coté de l'autre, on apercevrait bien vite
Coumes re~urent, au milieu des acclamations les plus
lemagne. )&gt;
ditférences.
Le prince remercia au nom de \'armée, sans répondre chaleureuses, les rnuvenirs (deux magnifiques services lesC'est
Mil• Patti qui joue le role de Linda. Elle y met
a11x allusions politiques du bourguemestre. Ce qu'il y a a thé en argent ciselé) que leur avait préparés la recon- tonte sa spontanéité, toute son originalité, toute sa grace,
de singulier, en effet, dans la situation actuelle, c'est naissance publique, au ·moyen d'une souscription a et, clans le bel air qui termine le second acle : Nó, IIOII
que le gouvernemenL et la nation se trouvent en plein laquelle petits et grands avaient voulu prendre part.
ever, mentirono, tradil'mi tu non puoi, elle déploie un
malentendu. Le gouvernement prend pour un retour
Puis, nous saluames la ville de Rosheim et ses belles tres-grand talent d'expressiou dramatique. Je ne crois
monarchique \'enthousiasme produit dans la nation par églises, la vi lle d'Obernai, située au pied de la célebre pas c¡ue ce morceau .i.it jamais été mieux rendu, meme
la derniere guerre. Celle-ci, a son tour, parait croire mont.agne de Sainte-Odile. Vers le soir en fin, Barr, la, par Mm• Persiani, qui nous l'a fait connaltre en 1842.
que le gouvernement a fait une concession aux ten- cité industri{\use, nous apparut, entourée de ses vigncs Elle y exprime la doÚleur la plus intense, - une doudances germaniques, en enlevant les Ouchés au Dane- et de ses forets, dominée par les ruines des :rntiques ma- leur qui lui fait perdre la raison !· - sans efforts, sans
mark. Tous les deux se trompent, et l'avenir n'en esL noir3 que l'on rencontre si souvent en Alsace ...
cris, ~ans contorsions, presque sans mou vement, et la
Une henre du matin sonnait a Strasbonrg lorsque le so11ffrance se peint sur sa physionomie sans altérer un
pas moins gros d'orages.
A l'autre bout de la splendicle rue des Tillenls, le roi convoi d'honneur rentrait daos les murs du chef-lieu
seul instantl'harmonie des ligues.de son gracieux visage.
attendait l'armée. Apres avoir rassemblé autour de lui du département du Bas-Rhin, ramenant les nombreux Le grand art de ; ~ricieng, dont la sublime tete de:Niobé
tous les officiers et les so\dats décorés, il les félicita ~ les imités, qui se rappelleront longterops cette journée, si
tist un monument inr, · ;,sable, a été retrouvé par l'insremercia de leur courage el de leur bonne conduite, et chere anx amis de la décentralisation.
L...
tinct d'une enfant de gé'llie, qui ne calcule rien peutles troupes renlrerent dans leurs quartiers.
etre, et qui devine tout. Elle a obtenu dans Linda,
Le soir, grande illumination. Une foule immense remqu'elle jouait pour la premiere fois, et ou probablement
plissait l'es rues, et, par une aberration inexplicable de
elle n'avait vu aucune de ses devanciere-, un .de Sei
la police, les voitures circulaient plus nombreuses que
plus beaux triomphes.
jamais. De la, a ious les coins de rue, des rixes, &lt;les
Cet air du seeond acte de Linda di Chamouni:e ést
cris, le danger po1Jr les piétons d'étre littéralement
On a rcpris Moise a l'Opéra, - si tant est qu'on ait d'ailleurs un des morcealL'I: les plus heureusement insp~
étouffés, et pour les gens en voiture l'ennui de circuler le droit d'appeler reprise la représentation d'un ouvrage
rés et en meme temps les pl11s habilement calculés de
au petit pas ou ele rester stationnaires au milieu des qui avait été écarté pendant quelques mois seulement
Oonizetti. Est-il rien de plus dramatique que ces mots
clameurs d'une multitude irritée. '
du répertoire. Rien n'a été changé, d'ai\leurs, dani; la entrecoupés, ces sons interrompus, ces pbrases sans liai. Les illuminations ne sont pas encore le fort des Ber·· distribution · des roles. C'est toujours Mil• 13attu qui
son, ces contrastes frappants entre les notes les ples
linois. Peu de gaz, peu de lampions, beaucoup de bou- chante la partie d' Ana1 la belle juive, cause de toutes
aigucs et les plus graves, et cet éclair de gaieté fébrile
gies; tel en est le menu. En revancbe, on voyait partout les tribulations rl.'Israel. Son talent n'a rien perdu, et il
qui vient tout a coup se meler aux g~missements de la
!lamber dans les rues le fameux papier-feu d'artifice, semble que sa voix ait quelque peu gagné : la sonorité
pauvre filie trahie? Était-il possible de peindre avec ples
appelé papiel' de Duppel, fabriqué par l'inventeur cié la en est plus forte, plus pleine, et en meme temps plus
de vérité et plus d'éoergie les tortures d'un coour qui se
no.uvelle poudre a canon, le capitaine Schultze. C'est le douce, ce qui veut di1 e qu'el\e en a légerement modifié
-déchire, le désordre d'un esprit qui s'égare et d'une raífeu d'artifi~e populaire par excelleuce, el mis a la portée le timbr·e. M. Warot devrait bien suivre cet exemple, et
son qui s'éteint'? Et tout cela, sans que la mélodie soil
de tous; et, celte fois, ce fut la fo11le qui en fit les frais. rendre son organe moins guttural. 11 se fatiguerait
un seul instant suspendue, sans que le discours musical
WTLI.IAM REYMOml,
moim, et serait beaucoup plus agréahle a ses auditeurs. perde i-ien de son unité ! C'est le comble de l'art! 1ll
M'1• de Tai~y continne a luí vocaliser 1es consPils d'une pare.il morcean fait pardonner bien des rémi~iscenees,
sage belle-mere avecautantde correction que d'élégance. bien des cantilenes sans couleur, bien des contre-sens,
- &lt;&lt; P()'ll,r vous j'ai le creur d'une mere, mais songez a bien des défaillances. On en pourrait relever ~n asset
Ft.TE INAUGURATIVE
l'État, ,1 etc. - Comme cette politique fait bien en si bon nombre dans cette partition que l'anteur paralt avoir,
de la
naturel
majeur! et comme M. de Iouy comprenait ce qui suivant son habitude, jeté.e trop précipitamment sor le
PREMIERE SECTION DES CHEM1NS DE FER VICINAUX
convient a la musique! Cet air, plein de passion et d'an- papier. Mais a quoi bon insister sur les négligences!Ot
de Strasbourg a Barr, Molsheim et Wasselonne.
goisse dans l' ou vrage ital ien, est froid comme glace daos blions-les plutot, et jouissons des beautés qui les ral'imitation fran~aise; mais M11• de Taisy sauve tout par·
Le di manche, 25 septembre t864, restera un jour mé- l'habileté de son exécution. M. Obin s'est fait une superbe chetent, de l'élégante mélodie chantée par Ant,onio ·
morable dans les annales alsaciennes : cel11i de l'inaugu- tete de Mo'ise, il est ma~nifiquement drapé, il dit tout Ambo nati in q•.Lesta valle, de la fraiche et piqttante t.lvatine de Linda : O luce di quest'anima, du gracieux d•
ration de la premiere ligue des chemins de fer vici- son róle avec un grand style; mais cette fon este habiqu'elle chante avec son amant, et du brillant col
naux.
tude de forcer la voix que tout le monde contracte a d'nne instrumentation qui répand de l'intéret jusque
Transformer les chemins viciaaux en chemins de fer l'Opéra, ote a son chant le portamento, l'onction, les
vicinaux, introduire les bienfaits de la locomotive a la nuances. En vérité, c'est grand dommage. Si M. Faure les idées qui, par elles-memes, ont le moin!l de val
On a repri~ Mireille au Théatre-Lyrique, avec
Tapeur dans le sein des carnpagnes, faciliter a \'infiui n' ¿st pas encore arrivé, dans cette voie, au point ou est
modifications
qui me paraissent assez bien enten
les moyens de communication, n'est-ce pas une reuvre parvenu M: Ohin, il y court- peut-etre, hélas! saos le.
Le troisieme acte, qui était funebre, a disparu too\
grand1ose et de la plus grande utilité, si l'on songe sur- savoir. Le courant l'entraioe, et les applaudissements
tier. De denx petits airs et d'un duo du qnatrieme
tout a11x ressources~ employées pour atteindre ce ré- de ce public intelligent et pléin de go1it qui n'a plus
combiné avec le finale du cinquieme, on a fait nn
d'admiration que pour les grands gestes et les grands sieme acle en deux tableaux, qui n'est pas trop long,
sullat'r
Ce ne sont ni les ricbes compagnies financieres, ni les cris. - Non m'applaudisconoche quandourlo, disaitFraspiece.ainsi allégée court d'un pas leste au déno
importantes administrations des chemins de fer qui ont chini, l'homme du monde qui avait le moins besoin de
qui était lamentable, et qui est devenu consolanL
coopéré a cette belle entreprise; les intéressés seuls, les crier. C'est done le public qui est le vrai coupable, et
reille mourait l'hiver dernier : maintenant Mire
communes, y ont travaillé.
l'on ne peut accuser les artisles : mais il est permis de marie, ce qui vaut mie11x pour elle, ainsi que.
Grace, en eflet, a\'initiative et a l'infatigahle éner-Vincent, et ce qui d'ailleurs réjouit les ames se
gie de M. Migneret, préfet du département; grace a la lesM.plaindre.
Georges Bainl a scnsiblement ralenti la rapidité La partition étant moins chargée, on apprécie mie
science expérimentale de M. Coumes, ingénieuren chef, excessive qu'il avait imprimée, dans l'origine, a certains
bonnes choses r¡ui s'y trouvent, \'introductlon,
aidés par le conseil général, et, on peut le dire, secon- ruorceaux. Peut-etre a-t-il r2~n a ce sujet quelques
exemple, la ballade et le finale du second acte; lé
&lt;lés par la population entiere, six années out sufft pour bons conseils. Écouter les· conseils est un mérite rare :
air : Heure~ pet~t berger, etc. Le duo de ~ireille
mener a. bonne fin UIJ'l enlreprise ~usqu'alors incon- il faut l1+i en tenir compte. Cepen4ant, il m~ne toJJjour~
pJie,

..-------

------"""~

Vincent,. mieux ch_anté cette fois, a été beancoup plus
g~uté. Cest M. _M1chot qui joue a présent le rote de
vrncent. Le serv1ce de l'Opéra l'avait fati'gue' : sa v01x
. a
recouvré toul~ sa fralcheur et tout son éclat. II chante
saos effor,t, et, p~r coaséquent, H fait plaisir. JI a dll
goO.t, de I express1on,
, . quelquefois ducharme• On a donne,
le, role
e
la
bohemienne
a Mme lJaalde
qu1,· pom. qu,on
d
bl'"
, . •
.
o
,
1
n ou iat pas or1f;IOe or1eotale de son personnage s'e t
íait
, le1teint
. cuivré d'une bayadere. On se donoe, .au'thé·~él·
tre, . e _te,mt que l'o~. veut. Que ne peut-on se donner
auss1
. h.a1~ement dla vo1x
. .qu'on voudrait avoir,. L'au teur a
enr1~ i 1e ro1e e M1re1lle d'un nouveau morceau. C'est
un air de bravoure, une valse avec des paroles, un peu
r~cherchée, un peu contournée, mélodiquement parlant,
ou les .manrouvres
de la basse étonnent l'oreille, dieran,
h bº
gent ses a i_tudes, l'in~uiétent, la tonrmenteot. Malgré
cette
affectallon et cet mconvénient, la cant•¡;..
,,
1 "ºe a de
eclat, elle esl- piquanté, et Mm• Carvalho l'ex"cu
,. te avec
u~ aplo~b, _Qne hardiesse, une légereté, une sóreté
dintonallón mcroyables .. Daos tout le reste du rote, elle
est, comme
partout,
éleoante
.
.
"
, graci·euse , doucernent
express1ve,
de
, pleme
..
, finesse et •de gout, Tou t Ie mon de
voudra l y vo1r, ou l y revoir.
.
.Mm• Faure-Lefevre a gardé le róle.du petit berger, role
bien court pour son taleut· Elle en a un pl us 1mportant
.
daos les Béga'iements
,
. , d'amour
.
, opéra en un act e qm. a pre1 de q~elques Jours la reprise de Mireille. La, elle est
cedé
veuve, - Jeun~ veuve, bien entendu, - frisée, poudrée,
pórlant
a talons bauts' et "O'rands falbalas • Bour· , mules
1
ge01se
"
a
mode
du temps de LouísXV, elle
•
t
. a toutes 1es
graces, OIJS 1es c~ar,µles, avec un seul défaut: elle bégaie
un _peu. Son pretendu bégaie aussi. On devine ce q .
arri~e l~ur premiere entrevue lis se· croient tous de:~
pers1fles, ms~ltés, pufs la vérité se découvre, et touts'arrange. _Ce 3UJet ne donnait qu'une scene. Les auteurs se
so~t mis !'esprit a la torture- pour en faire une piece.
lla1s,
·1 • comme
t • &lt;&lt; on
, ne 'peot
. .tirer
, du sano-o d' un ca1·11ou, ))
1s n on . rnvente auc'Un
rnc1dent
qui mérite, o• lec1eur
,
'
de Ious P.tre raco nte.
M. Grisar a bro~~ sur ce canevas quelques petits airs.
On .! tro~ve. sa facilité, son _naturel .ordio,aires. Il y a, a
et la, Je JO hes phrases, ma1s ríen de saillant ~
t 1· ,., d'
• vi;uvre
rop e~cre un homme de talent, d'uo compositeur élégaot, a1mable, et habituellement mit:ux inspiré.
11 _Y a. plus de fonds plus d'idées, et meme plus de
savo1r f~1re dans le Cousin JJabylas, bou1fonnerie en un
acle qui accompa?nait les Bégaiements l},'amour. Piece
extravagante, m~1s tres-gaie. Musique d'un assez bon
s.tylc houffe, ~ab1lement écrite et bien instrumentée ou
1 applaud1t en riant rleux duos, un quatuor, e~ de
ohs couple_ts. Ceux du cousin Babylas : Lorsque j'étaís
dans ~on uillage, sont surtout tres-droles. Deux Caspers
~1s au ~onde cette amúsaote bluette, deux freres
q01, a ce qu il semble, s'entendent a merveille m la ,
le prove~be l~titl. M. Émile Caspers a fait les p;rol:s":~
M. Henr1 ~as~ers la partition. Qu'ils perséverent d~os
eette. assoc1at10n frateroelle, pu,isqu'elle leur as·1 bº
réuss1 !
1en

~

=

º?

ºº!

Un~ autre bouffonnerie plus folle encore, c'est le Serp~t a plumes, que notre spiritucl collaborateur Charo

YJent de donner au:x Boutles-Parisiens. - Charo d1·tes

m,

,ou~?
' dont·
I"
.. :-- O · Ch am en personne. L'enfanl de Noé,
. imag1pat1on fantaisiste ne connait pas le repos
changé cette fois son crayon cootre une plume et c~tt
plum e a donné le jour au susdit serpent dont J.'
e
raeo t •
. .
e ne vous
o era1 pas I h1stoire, parce que ces histoires-la ne •e
raconten~ pas-Qµ'il vous suffise de savoir qu'on rit &lt;lis
l~s preq11eres scenes, que vers le milieu de la piece o
~t a1Jx écl~ts, q~•a l'_app_roche do dé11oument on rit au~
armes, et il s~ait d1rficile de dire jusq u'ou irait ce rire
en crescendo si la chute du rideau ne donnait fort a P pos un peu_de répit aux spectateurs. lis n'ont pas tr:~
pour se calmer, de toute la durée de l'entr'acte et d'u '
promenade hygiénique dans le passage Cboise'u1.
ne
Ce~te fol!e litléraire est doublée d'une folie musicale.
•:,Leo Deh~es est un musicien fort habile' et qui a étodie tr_e~-sér1eusement son métier. Rien n'égale les ex~otr1c1tés de ces ~ens sérieux, lejour ou il leur arrive
~ se mettre en goguutle. Ríen de plus léo-er de plus
'1f
' ·
" de
' M. De. , de plus reJOUlssaot
que toutes ces mélodies
!1b~s- Je ne cilerai aucun morceau en particulier, parce
qn il fau~rait les citer tous. Et pourtant, comment ne
pas ment10nner cette marche en style barbare a grand
reníort
de tambourm,
· ou· l'on s,eíforce de charmer
' le red
v:utaLle serpent que l'on cherche partout et que l'on ne
uve nulle part?lSoyez certain que cette marche pas-

sera la roer, et que les Psylles de la vallée du Ni\ en
feront bientot teur profit.
•
MI'• Valentine Fleury est une belle jeune personne a
la figure nobl? et s~vere, a la voix grave et profondément accentuee, q01 se dssline a l'ensei&lt;&gt;nemeot du
chao:, ?t q~i ~mploie pour se faire connaitre le ~eul
procede_ qm reussisse. Elle s'est fail entendre il y a
quelques jours, daos un concert donné dans 'ta salle
Herz au profit, des asiles du cinquieme arrondisrnment.
E_lle y a chante en Cran~ais et en italien - d'abord un
a1~ d' Al,ceste, puis le Brindisi de Lucrece n'orgia. Elle a fait
vo1r qu el\~ eomprenait aussi bien la musique ancieone
que la ~oderne, que Glnck n'avait pas pour elle plus
~e ~y&amp;~eres que Donizetti, et les applaudisseroenls de
l aud1to1re luí ont montré qu'elle n'avait plus qu'a marcher to~t droit devant -elle, et qu·elle pouvait s'avancer
saos cramte daos cette carriere épineuse mais honorable, ou e_lle ñasardait avec une émotion ,bien naturelle
ses prem1ers pas.
.
G. liJ.lQUE1',

LES

SANGLIERS.

~~res le cerf et le daim, ces aJiimaux innocents et
pa1s1~lea, qui tiennent a juste litre le premier rang
~arm1 les hOtes de nos forets, et doot la chasse sera tou.
JO~rs, quoi qu'on en dise' le passe-temps favori des
prmces et des rois, il n'est pas, a coup sor, de proie
plns noble et plus Lelle que cet animal redoiité et redoutabl?, qui a su racheter, par la terreur de son nom
par la v1gueur de. ses moyens de défense, par sa brutal;
et farouch~ énerg1e, une parenté grossiere et trop réelle
dont on lm a souvent fait un reproche.
Le laisstr-c~urr_e du sanglier est un des plus fatigants
et des plus_ d1ffic1les, au dire meme des meilleurs piqueurs; ma1s comme on est beaucoup moins exposé au
change que daos toute autre chasse une fois !'animal
attaq~é et bien donoé aux chiens, il ~st rare de ne ¡¡as
réuss1r, surtout si l'on distribue bien ses rel:tis.
_On se sert de différents termes pour connaitre des sanghers, et ces terQ.Ies varient a mesure qu'ils avancen!
en age. En naissant, ils s'appellent marcassins - ils
ga'.dent ce ~om jusqu'a six mois, époque· a laquell~ ils
gmtteot la• hvrée. Depuis six mois jusqu·a un an , on tes
no_mmc betes rousses, a cause de la couleÚr de leurs
~Oles. Pendant leur seconde annee, comme ils ne se séparent pas encore les uns des aut.res, on les désigoe
sous _le nom de beles de compagnie. De deux a· trois
ans, 1ls preonent celui de ragots et abaodonnent leurs
camarades pour vivre seuls. Lorsque !'animal a ses trois
a~s révolus, on le dit sanglier a son tiers-an; quartanrner de quatre a cinq ans, époque a laquelle il se défend avec succes contre toute espece d'attaque meme
contre celle de plusieurs loupsréunis; et enfin, 'passé ce
temp~, on ne le no~me plus que vieux saoglier, grand
~angher, quelquef01s sanglier miré ou solitaire. Quant
a la femelle, chacun sait que, jeunc on vieille on la dit
laie a tout age.
Le sanglier tient de oien pres a une famille immonde
avec laquelle il ne fait évidemment qu'une seule et
me_me espece; et, .malgré l'opinioo de certains auteurs
qui_ opl!osent dans la c~n~ormation externe du saoglier
et du cocbon quelques d1fferences assez sensibles comme
le naturel de ces animaux se rapproche beauco;p, ·qu'ils
on~ a peu de chose pr_es les rr.emes mreurs, les memes
gouts, les memes habitudes, et qu'enfin ils produisent
en s'accouplant ensemble, ?es mdividus capables d'en~
~endrer a leur tour, caractere qui, au dire des naturahstes, constitue l'unilé et la constaoce d'une race il fa t
bi~n se d~cider a, les_ placer sur la meme ligne. 'Diso:s
m1eu_x: l un est l ammal sauvage, l'autre !'animal domestique. Tous deux ont les memes imperfections quant
aux formes; seulement l'un a conservé daos l'état de
nature les qualités que donnent en partao-e l'indépend~n?e et la ,liberté, taodis que l'autre a tellement dégénere dans l esclavage, qu'il est devenu, pour ainsi dire,
le plus brut et le plus grossier des quadrupedes.
. L?s sangliers sont plus ou moins répandus daos les
diiierentes contrées de l'Europe et de t'Asie: ils sont
tres-~ommuns en Afrique, puisque daos les diverses
provmces de l'Algérie, on en rencontre des compagrnes
ent1eres tres-nombreuses, que les cbeiks arabes cbassent
a ch~val, a'i~C leu_rs_ lévriers, et tuent, une fois qu'ils
parv1ennent a les ·omdre, soit au fusil soil a coups de

407

lance. Les demenres qu'ils affectionnent le plus dans
~os pay,s ,ou; nous sommes plus A meme d'apprécier au
Juste_ leurs gDOts et leurs hal.Jitude~, sont les grands
ma~s1_fs de forets entrecoupés ~-\ et la de marais, de
prames et de plaines; ils aimenl surtout les hautes futaies ot\ croir,sent beaucoup de fougeres et de houx et
c:est la qu'ils se tiennent d'ordinaire en bauge, au :Uiheu des plus épaisses broussailles. Leur nourriture au
bois se compose d'herbes, de champignons et de diverses
P,speces de fruits agrestes. Ils rechercbent beaucoup les
ver~ blancs_ et les racines de carottes sauvages, qu'ils
fomllent av1dement avec Lcurs boutoirs; ils apprécient
encore tout particulierement les chataianes les faioes
l
.
" '
,
es, ~o!seltes,. les_ glands; et, quoiqu'ils ne soient pas
pre~1sement carrnvores, ils se jettent quelquefois sur la
cha1: m?rte, sans doute alors par nécessité, plutot que
par mstmct, et dévorent jusqu'aux jeunes animaux tels
que levra~ts, lapereaux et'jeunes faons, qu'ils ren~ontrent sur leur passage. Daos les chasses peuplées en
faisans, ils nuisent beaucoup, par la quantité de nids
~u'ils_détruisent, A la propagation de l'espece. En été,
1ls qmttent les forets pour s'approcber des bordures et
s~ ~enir_ plus a portée des blés, des seigles et des avoines,
ou 1ls font la plus grande partie de teurs nuits. En automne,. ils ~onnent aux: pommiers, noyers et autres
arbres a fru1ts, aux champs de sarrazin, de pommes de
terre, de belteraves, et principl!,lement aux vignes daos
lesque_lles ils commette11t d'autant plus de dégats que
tres-fr1ands de raisin, ils goütent, pour ainsi dire, Á
chaque grappe, abandonnant un cep pour en entamer
un autre.
·
Grace aux habitudes no~ades de ces animaux, qui
v~yagent presque toutes les nuits, beaucoup de_bracon0_1ers: e_t m~me d'honnetes propriétaires que la loi autorise a s armer pour protéger leurs récoltes, en tuent un
bon nombre a l'afl'Ot, surtout par les beaux clairs de
lune; mais il fa~t avoir soin de bien se placer au-dessous du vent_ et d'observer le plus profond silence, parceque 1~ s:rngher a l'ouie et l'odorat si fins, qu'il rebrousse
chemm au plus petit bruit et a la moindre émanation
suspecte. 11 est bien rare, du reste, que !'animal reste
sur le coup, a moins qu'il ne soit tiré de fort pres et en
belle place.
·
Un jour, dans la Champagne, il y a de cela plusieurs
années, j'étais alié coticber en foret, che1 un o-arde avec
lequel je comptais chasser le lendemaiu. Nou; fumes
réveiHés de grand matin par 1rn sabotier du v'oisinage
qui venait, disait-il, de faire coup double sur deux san:
gliers, comme il était a l'affut dans sa vigne. Mais ni
\'un ni l'autre n'étaient restés. Nous nous levames aussitot, et, arrivés avec lui sur les lieux, nous vérifiames
le fait.
&gt;.. en juger par le pied, ces animaux devaient
etre tres-forts; l'un mrtout, qui nous sembla faire sanoº
des deux cotes, par cooséquent avoir été traversé.
A ta maniere dont il avait gravi la cote pour rentrer
au búiS avec son camarade, l'autre devait avoir une
cuisse _cassée, celle de gaucbe; il ne marcbait plus que
sur tro1s pattes, et de larges caillots indiquaient de toin
en loin les endroits ou les deux fugitifs s'étaient arretés
pour_ souffler et reprefülre vent. Entrés en forl!t, nous
peos10ns trouver le premier animal mort a cent pas tout
au· plus, tant les rougeurs auxquelles nous le suivirns
étaient abondantes; mais au sortir d'une mare daos
l~~u~lle les. d~ux sangliers, s'accompagnant toujours,
s etatent somlles, nous perd!mes tout a fait leurs traces.
Ce ne fut que cinq jours plus tard que le garde dont
l'attention avait été attirée par un vol nombre:U de
corbeaux, tournaot au-dessus d'une des enceintes les
plus fourrées du bois, puis s'y abattant en croassaot
les retrouva tous deux a plus d'une lieue de l'endroit oü
ils avaient étftirés.
yun, ~?rt de~uis quelque temps, entrait déja en
decompos1t1on; l autre, en_eore vivant, était baugé
pres du cadavre du prem1er, mais il était dans un
état de faiblesse tel, qu'il ne put pas mtlme se Jever
et se laissa achever a bout portant. Le plus gros de ces
deux ani~a~, c~lui malhe~reusement gaté, pesait plus
de t 75 k1L_,c_ éta1t un tres-Vleux solitaire, l'un des plus
forts que J a1e vus de ma vie. 11 avait une hure monstrueuse,' et ses défen_se~, armes formidables que j'ai
c_onservees corome cunos1té, mesuraientjusqu'a 24 cen..
t1metres de longueur.
LeoN BERTIIAND:

�408

L' ILLUSTRATION, JOURNAL UN IVERSEL.

L'ILLlJSTRATION, JO URNAL UNIVERSEL.

409

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L'ILLUSTRAJION, JOURNAL UNIVERSEL.

Dans quelques cas, la tri¡¡.de est représentée sous ¡
2° La matiere inorganique (Dharm:r) représentée par
forme
d'un fer a cbeval, et la matiere organisée sous
un cercle, ou par un monogrammé formé des initiales ·
forme d'11ne poule (fig. x). ·
ª
LA GRANDE CAVE A BERNE
des iíléruents de la nature;
Une
troisieroe
variété
de
la
déité
spirituelle
est
11
3° La matiere organisée ( Sangha ), par uo troisieme
11 existe a Berne, dans le centre meme de la ville, un
carré sculpté, ou une fourche oblongue, modification dn
cercle, lequel, quand il est orné, se forme de la combivaste établissement, une brasserie,' connue sous le
naison des symboles de !'Esprit et de la Matiere. Sur les la croix ou saeté labyrinthe d~s buddbistes. I,a fig. 9e
nom de la Grande Cave, ou les amateurs peuvent trouver,
trouvée sur_des poleries phéniciennes, est ia croix co~
en sus des mets et des boissons de toutes sortes, le pit- moonaies on VClit seulement un corps organisé.
En examinant les formes de ces symboles on doit s'at- pliquée des buddhistes; elle est aussi considérée comme
toresque le plus complet : c'est priacipalement les jours
tendre a ne rencoatrer que dans les dessias les plus étant la lettre tau des Phéniciens (fig. b), symbole de la
de fete ou de' marché que cet immense établissement
simples, l'idenlité cberchée entre les obélisques d'Asie et vie divine. On la trou:e aussi sur les monuments chrémérite l'honaeur d'une visite.
tiens et sur le _vetement d'ua fossóyeur des catacombes
Deux entrées au niveau du pavé de la rne, et sembla- les pietres levées de l'Écosse. Sur les monnaies buddbistes de Rome. En Ecosse, cette croix se présente SQr la quala triade est dessinée par trois hémispheres qui ne sont
bles a deux énormes soupiratix, conduisent a la cave, qui
trieme ligne de la pierre de Newton (fig. y). On voiten.
semble un goutTre ténébre1u quaud on y pénetre par un probablement mis la que pour des cercles. Daos le core des modifications du labyrinthe buddbiste sur les
grand temple d'Ellora et dans plusieurs autres excavabeau solei\. Celte cave n'est autre qu'un colossal caveau
pierres de Maiden, d'Abernetby et autres (fig. o p).
tions
buddhistes, ces trois cercles soat tracés dans le
vouté, et soutenu a droite et agauche par des P!liers derOn trouve également en Écosse d'autres symboles rle la
meme ordre r¡ue sur les coins: deux sont a" la base,
riere lesquels soat alignés d'immenses tonneaux, confoi hut!dhiste. La vénération qu'ils avaient pou'r certains
un au sommet ( voir fig. L); c'est le symbole de la
tenant ou pouvant conte'nir un nombre fabuleux de bouarbres semWe avoir donné aux pretres de cette religion
teilles! Le chiffre que chaque tonneau contient es;t inscrit triade buddhiste. Ce symbole _est nettement et ex-ac- leur nom occidental : Druides. Dru, en sanscrit, IJrut
iement tracé sur la pierre levée de Kinnellar, daos' le
sur le devant; c'est par i5,000, 25,000, etc., que l'oa
en grec, deru, en gallois, dair, en erse, signifient 0;
compte. Autour de ces chiffres sont peints les écussons comté d'Aberqeen. Senlement, pour marquer d'une fa~on arbre ou un cbene, Dans l'Orient, certains arbres étaient
plus intelligible la triade, les trois cercles-sont inscrits
des cantons suisses. L'on est servi par de je unes Bernoisacrés pour différentes sectes buddhistes, suivant que
dans un plus grand. C'est la forme la plus simple de la
ses, presque toutes fort jolies, en costume national, c_ortel ou tel ~ai nt révéré était né, avait fait pénitence, avait
~riade dans l'unité. L'ornement en croissant qui se trouve
set de velours noir, manches blanches, jupe de couleur.
au dessous de ceite'formule graphique prouve l'identité preché ou étaiL mort sous ses rameaux. Tels étaient le
Quand la vue s'est bahituée a l'obscurité, on voit alors
de la pierre de Kinnellar avec les autres pierres sculptées ficus indica, 1e ficus glomerata, 1e ficus religiosa, le mitoutes les tables garnies de consommateurs, bommes,
de l'Écosse, sur lesquelles la triade se montre sous une mosa sericha, etc. Ceci explique la variété des arbres qui
femmes, éclairés par la lumiere vacillante des ~handelles;
forme embryotique d'animal ou de végétal quelconques parais,eot sur les moanaies et médailles buddhistes; la
tout cela boit, maf!ge, avec un appétit a faire eovie, puis
dynastie régnaate, adoptant tel ou tel saint pour patron
un va et vient de curieux, de bourgeois, de touristes, dans un cercle .imparfait.
Cependant, la forme la plus usitée de l!Í. triade bud-- acloptait en meme temps te! ou te! arbre pour emblem:
de militaires, de cbasseurs, de paysans, rappelant les
Dans les Indes, les arhres isolés semblent avoir été choidhiste sur les pierres écossaises se compose de deux cerintérieurs de tabagie des peintres flamands.
sis; en Europe, au contraire, le chene des forcts les plus
cles (!'Esprit et la Matiere), unís par une ceinture et traÁMÉDÉE Ce:AMPOD.
sombres avait la préférence. La fig. l.2 est un exemple
versés par une barre, .aux extrémités de laquelle Jeux
d'arbre s'élevant d'uu vase ou d'une espece de haie et
cercles se joignent pour indiquer le p:mvoir su,
'
la üg. 9 est uu arbre semblahle copié d'apres la pierre
pre111e de la croyan~e buddbiste, principc coordonné et
d'Eassie. La pierre de Faroell (fig. r) est la représenta.
ARCHtOLOGIE COMPAREE.
origine de tout ce qui est. Ces rleux cercles sont désignés
tion
d'un arbre sacré et de deúx pretres célébrant, saos
sous le titre pittoresque d'ornements en lunettes quand il
(i• article).
doute,
Tes mysteres de leur religion, pendant que deux
s'agit des pierres d'Écosse, tandis que le dessin représerpents versent sur eux leur divine influence.
ser1tant Sarigha, ou la nhture organisée, emprunte le
Les Asiatiques furent idolatres des les temps primitifs.
Outre les lions (fig. u), les chameaux (fig. ,,), les ser.nom de croissant de sa forme.particuliere.
Comme ils eurent quelques connaissances des arts et
pents
et les taureaux de sacrifice (fig. s), les centaores
Quelquefois, le croissant est traversé par des sceptres
d'immen~es ricbesses, ils construisirent dans leur pays
figurent
aussi sur les pierres levées de l'~cosse. Peo.tpour indiqner la souveraineté des lois que suit la mades temples magnifiques et des idoles splendidea de
etre
sont-ils
dus a quelques mystérieux Pélasgiens, ado,;
tiere organiqne. Cette ioterprétation se confirme souvent
Buddha, tandis que pour l'usage des rudes tribus de la
rateurs
druidiques
du chene? Le centaure était le type
par deux yeux placés pres de l'endroit ou la barre transBretagne an.glaise, ils se bornerent a ne tracer que des
du
dévastateur
barbare,
et il est représenté sur les 1lanet
versale jolnl les sceptres, lesquels yeux ont déja été vus
de
la
croix
avec
d'autres
monstres, coro.me sur la pierre
symbole~.
sur leR topes indiens. Voir la pierre d'Aberlemno, c'est
Voici l'énumération des ruines actuelles des monude Gla.mmis. Sur celle de Meigle et d'Aberlemoo, let.
un bon exemple d'yeux surles pierres écosFai~es (fig. 10
ments de l'Inde; elle servira a la comparaison de celles
centaures tiennent une·hache d'armes dans chaque main
et ka).
d'Écosse :
'
Mais les cercles ( fig. i ) et le iroissant (fig. a, a') (fig. t) et trainent apres eux des brancbes d'arbres peor
iº Temples superbes excavés d:ms le roe vif. Plusieurs
ne suffisant pas a donner une idée claire du troisieme rappeler la destruction des bocages druidiques par les
d'entre eux sont élégamment décorés de peintures et
troupes romaines. Ces arbres semblent avoir été respecmembre de la Triade, les artistes buddbistes sur les
tés par les Calédoniens apres l'iatroduction du christiade sculptures;
pierres d'Ecosse le représeuterent par un embryon 011
2º Utts, ou obélisques de pierre siEceuse, portant des
nisme. On les voit a coté de la croix de Jésus, taodis que
par un animal quelconque. C'est ainsi que sur la pierre
inscriptions d'édits royaux sur les préceptes, les céréles centaures occupent la partie inférieure et la plusdéde Dunnicben, la matiere organisée est représentée par
monies et les observan ces de la religion ;
une fleur a deux tetes (e) gracieusement inclinées vers le graciante des pierres druidiques ou buddbi.stes.
Ces monuroents sont nombreux sur la cote d'Écos.,e.
3º Vastes monasteres;
symbole de Dieu; que sur l'ornement d'argeot tronvé a
Les
auteurs nationaux de la Grande-Bretagne conlien4° Muts ou Topes (édifices religieux ).
Norrie's Law, un jeune chien (f), et, sur la pierre de
Ceux-ci, en forme &lt;le domes hém\sphériques, ne soot,
neat sur eux de curieuses et alJsnrdes légende~; c''51
un éléphant a peine formé, re~oivent de !'Esaproprement parler, que des cairns régulierement batís ; Kiatore,
prit l'influence créatrice. La meme idée est exprimée de tout ce qui reste de leur hisloire.
C'est probablement apres la persécution dQRomain Sl&amp;leur nom ne signifiaat que mont ou· tumulus. Les topes la mcme maniere sur les coins buddbistes, et les fig. 5
tonius (50 ans avant J.-C.) et la destruction des foretsde
sont funéraires, mémoriaux ou dédicatoires.
et 6 montrent l'union des deux membres de la trinité,
Lá grande doctrine du buddhisme consiste dans une
l'Ecprit et la Maliere (a, ] ), et d'un petit d'élépbant, ou Mona et autres places sacrées qne les druidcs rejoiglitriade ( tri-ratna ), les trois joyaux ou les trois pierres monstre placé ea dessous (5) ; tandis que la matiere or- rmt leurs freres d'Eco~se et que le buddhisme compl&amp;
précieuses. IJuddha est !'esprit de Dieu; Dharma est la ganisée est représentée par une m¡¡.in, un embryon (7), le plus d'adorateurs enthou,iastes. Le climat de l'EéoíM
Joi; et Sangha, la communauté buddhiste ou les initiils. un serpenl (7), un breuf (8), etc., sur d'antres coins. ne permettaot pas la création de nouvelles forets sama
- Buddha pent etre aussi considéré, suivant une autre
C'est en.core une preuve de l'identilé de ces symboles pour iadiquer les lieux des réunions, y tracer leurs &amp;111"
interprétation du sens mystique de la triade, comme étant
boles et célébrer leurs myster.es, ils planterent les cerdes
iadiens avec les pierres de l'Ecqsse.
la spirituelle ou la divme essence du monde, 011 la cause
Ou pourrait citer des modificatioas norobreuses; on de pierres. Les mens remonlent sans doute a la meMe
efficiente incréée de tout ce qui est. Dharma comme l'es- cite ~eulement l'exemple du rocher de Galloway. L'or- é·poque. Plus tard et peu a peu, les croyants druidiques
sence matérielle d1t monde, la cause incréée et plastique; nement en lunettes s'y voit pres du so111met du rocher se convertireat au christianismé, roais, encore attacMs
et Sangba, cause dérivée et composée des deux autres, avec la matiere organisée sous la forme d'une corae, a leurs superstitions, les monument$ chrétiens gardtlll
quelque temps les signes buddh1stes enlacés a ceux,de,
comme étant l'énergie collective de !'esprit et de la nadont la base, extremement ornée, est tournée vers la
ture dans l'état d'action; ou bien, en d'autres termes, la tléité. Du ventre de cette corne, deux ligues divergentes l'Evangile. Les conversions commencerent, seloo Teri,\·
lien, vers l'an 209 de Jésus-Christ. C'est au,si vers ctUe
création embryotique, le type et la somme de toutes les
s'échappent et se terminent en cercle, l'embryon d'une
époque que les premieres. crbix du Fils de l'Hommes'ériformes spécifiques spontanément aées de l'union de
tete (fig. m), tandls q]Je beaucoup plus has, une autre
gereat, mais ce ne fut qne vers le vme siecle qae ~
13uddha et de Dharma.
tete, mieux formée, et considérée saos doute comme huLes anciennes races asiatiques ont cru, et les modernes
crucifix deviot un objet d'adoration, d'apres la ,doctriBC
maine, est rounie de deu:x; anteones, organes du touchet,
croient encore a quelques modifications pres, a cette pour communiquer avec le monde extérieur. L'embryon de saint 1ean de Damas.
doctrine. Elles ~dorent aujourd'hui une .déité spirituelle,
Les dessins entrelacés des pierres levées d'ri-e
se trouve ainsi développé et complété dans la pensée de
ont une grande ressemblance, se Ion le docteur O.•
une terre féconde, un príncipe male et femelle, l'enten •
et du spectateur.
dement et la matiere: Osiris et Isis, Vénus- Génitrix et l'artiste
Le serpent est gravé sur plusieurs pierres d'Ecosse, son, avec les ornements, dragons, serpents et mol#
Phallos, Pater .iEther et Mater Terra, Liogam et Yoni, comme symbole de la déité ou Esprit; il y est done re- indescriptibles des ancierismanuscríts irlandais. Plusidl8
Brabma et Sarsaswete, et autres diéux avec leurs sacktes
belles initiales des manuscrits. d'Irlande du v1e siecl.,.;oprésenté comme transpercé par la. barre transversale
tamment
ceux du l1vre de Kells, sont presque semblélel
ou épouses; Yang et Yin (a laChine),etc. .
uaissant les deux extrémités des deux sceptres (fig. n1,
Les missionnaires buddhistes, pour fixer les croyances
aux sculptures buddhistes. Il en e,t de roeme du id'
comme sur les pierres de Belutheron et de Meigle: sur
en Asie, employerent les symboles suivants :
lesquelles un éléphant a l'état d'embryon typ1fie la ma- veil!eux bouclier de saint Maído, qui date du vuftÍt'
i O L'Esprit (Buddba) représenté par un cercle ou roue,
ele.
•
type du passage de l'~me atravers le cercle de l'existence ¡ tiere organ!sée.

t'

Concluons cet article en supposant que la religion
buddhiste de l'Inde est identique avec cE)lle des druides.
o·autres faits nomltreux corrohoreraieat au besoin cette
bypothese, qu'on soumet au j ogement du public.
Les monuments intéressants de l'Ecosse, si l'ori n'en
prend soia, o'exisleront bientol plus. II serait a désirer
que le gouveracment aaglais prit des mesures conservatrices a leur égard.
ARISTIDE MERILLE.

HYDRO-EXTRACTEURS
DE MM. BOFFAUD FRÉRRS, CO:'ISTRUCTEORS

C'.ours d'Herbou,ille, a Lyon.

Les industries qui ónt besoin de sécher des matieres
tle toute nature, doivent dooaer la préférence aux turhiues essoreuses ou hydro-extracteurs de MM. Buffaud.
Les teinturiers de laine, de cotoa, de soie, de lin, les imprimeurs sur étoffes, les fabricants de tapis, dr drap, de
cotonnades, .de produits chimiques, de couvertures1 de
sparteries, d'étoupes pour la marine, les laveurs de \aioes, le~ mégissiers, les foulonnicrs, les décatisseurs, les
blanch1sseurs, etc., etc., ont l'emploi de ces machines
qui sont __devenues de véritables modeles. MM. Buffaud
oJt seuls le. prívilége de l'essorage des carbonates et
sulfates de baryte et de soude, du séchage des "ªrances, du dépot rapide des fécules, des terres a pote~ies
et afa'ieuceries.
Les établissements thermaux, les buanderies les bopitaux, les colléges, etc., etc., ont intéret a :mployer
ces appareils pour le sééhage du tinge. Une de ces turbines, établie a la Salpétriere, a París, essore par jour
4,500 kilogramm·es. Voila pour la rapidité du travail. Le
linge cst a~ssi beaucoup plus hlanc. L'action énergique
alaquelle 11 est soumis, chasse jusqu'aux dernieres traces de lessive et d'eaux savonneuses conteaues dans les
tissns. Les hospices de París, de Lyon, de Roubaix, l'établissement de Vicby, etc., obtienuent d'excellents résul-tats de l'emploi de ces machines. Dans les sucreries et
les raffiaeries, on se sert des hydro-extracleurs pour le
clairgage et la purge des sucres. Le choix du systeme
d'ap pareils employés est ici tres-importaot.
MM. Buffaud ont donaé a leurs essoreuses pour ces
.md1Jstries, un perfectioanement qui réal ise une
' économie sérieuse, comme rapidité d'opératioo et comme ren~ement. La facilité avec laquelle peut etre changé le
t1s~u mét:illique des tambours est un progres évident,
qm permet pe varier la grosseur des trous de la toile
suivaat les matieres a traiter. Ces industriels construiseot quatre systemes de turbiaes (voir notre dessin).
Le nº 1, a moteur direct, supprime toute transmission,
et par cooséquent les inconvéoients qui en résultent.
Oo l'emploie dans les étahlissemeots possédant un générateur de vapeur. Sa vitesse est variable. Un frein arréte instantaaément la marche du tam bour, doat le démoatage est facile, grace a la disposition du palier supérieur. Un godet circulaire empeche 1a· projection de
l'buile a graisser, et évite toute táche aux matieres
soumises a l'essorage. Le pivot de la crapaudine, enlierement a l'ahri des eaux d11 séchage, peut etre graissé
régulieremeat. L'appareil marche saos bruit, tantsa construction est parfaite.
L'essoreuse nº 2, a coúrroi¡ et a friction, possede,
comme perfectioanement , un débrayage instantané
substitué a la poulie folle ordinaire. Ce débrayage es~
la propriété de MM. Buffaud. 11 produit l'arrét absolu et
supprime l'iaconvénieut de la mise en marche inopportuoe peudant le chargemenl et le déchargement du tambour.
L'appareil nº 3, ou essoreuse anglaise, a mouvement
e_n dessous, satisfait a certaiaes exigences d'iastallallon. MM. Buffaud ont simplifié cette machine en arigmeotant sa solidité. lis y ont appliqué .un frein qui arrete
le tambour saos altérer aucun orgaae. Ces essoreuses
o'oat aucun mécanisme au .dessus de la cuve : garantie
de plus de propreté pour les matieres.qn'oa y traite.
L'essoreuse a bras, nº 4, est la reproduction exacte
des deux preroieres. Elle est destinée aux ateliers qui ne
font aucun usage de force motrice.
Les dimensions de ces appareils varient de om,40 a
l•,20 de diaroetre. Leur roanreuvre est simple, et assure
Dne grande rapidité dans le travail, doot l'opérateur
peut régler a volonté 1e degré de perfe.ctiQn. Oo estime
~ cinq minutes \e t~mps d'action pour une opératton,

U~ seul hommé avait trouvé la musique et les paroles,
la :1~ et le mouvement, la majesté, la grandeur, l'au.
tor1te de cet hymne aux accents si divers. Un seul homme
avait réuni, dans un couplet de chansoa cette verve
' !armes, ces
e·¡.º.~uente, cet héro'isme inou1, ces cris, ces
p1t1es, ces vengeanc¡is. Ah! r¡ue c'est beau, LaMarseillaise,
et quel malheur que, triomphante a tant de frontieres
elle ait été hurlée au pied de tant d'échafauds!
'
Le mo11de entier vous dira le nom du ·poete et du mnsiciea a qui la France est redevahle de ce chaat de
guerre. JI n'a fait que cela ( et c'est bien assez ) da.ns
toute ~ne longue vie. En vain pendaat quarante ans
É~IILE 8 0URDELIN,
p~cte et musi&lt;.ien, il a couru apres quelque inspiralio~
lngénieur civil.
aouvelle, il n'a plus ríen trouvé dane son ame impuissant_e, et . diso~s mieux, épuisée. 11 s'appelait Rouget
r
de I Isle ; ti ava1t vmgt ans a peine, il était officier d'artillerie en garnison a Strasbourg. Poiite et musicien ,¡¡
était d_oublement l'éleve et le disciple de Jean-Jacqu~s;
RÉSERVÉE AUX AllONN;ÉS DU JOURNAL L'ILLUSTRATIO~ 11, ~av_a1t par creur le Devin au village et le Contrat social.
C e~a1t au commencement des m~uvaises journées. i792
plem de menace et de tristesse; la famine était partont
meme dans ces opulentes et paisibles maisons de la vieill;
Alsace, ou l'hospitalité fut si longtemps une reli"'ion. Q e
1e~ ehoses e'ta1eat
.
u
ehangées' Quelle misere apreso tant d'aPAR M. JULES JANIN
bondance ! A peine oa mangeait du pain neir, roais on
Un mngniOque "olume roral iu-4o, Pnpier
le
man?eai~ en pleine jeu_nes~e, et l'eau fraiche, a vingt
extra-fin de Jeand'henrs
. ans, emvre a la fagon Ju vm d AI, quaod le je une bomme
ENHICH l DE 453 GRAVURES
et la Jeune fil ie, son hotesse, ·ont bu dans Je meme
verre.
' « A~i, di~ait mademoi~elle Dietrick au jeune officier,
PAi\ L'IÍLtTE DES GR!VEURS BT DES DESSl NATBURS
e est bien 1_heure ou jamais, d'inventer une éloquente
Splendidement relié
ch~nson qm no_us console en ces jours de tristesse, et
dos en maroquin du Levant, plaques en or fin
q~1 ~orle ~u 101~, comme un écho de nos espfrances. ))
trancbes dorées, gardes en moire
A10s1 pa:la1t 1~ Jeune ~lle, et le jeune homme, a l'en( rnPRIMERlE GENÉRALE DE en. LAIIURE)
te~dre_, a la vo1r, se senllt lo ut rempli de l'inti1De émotion
~Ul fa1~ les cbefs--d'reuvre. Un seul jour lui suffit pour
Prix : 35 fr .. pour París
et 31 francs pou r les Départements im_p~ov1_ser ces paroles brulantes, et daus la nuit qui
su1V1t, il trouva la note iacendiaire. Au point d .
I'
au licu de 1'll5, prix de la hbrairie
reuvre e'ta1't compIete, et le matin veau tout le cau JOUr,
f
retenfissa1·t dans 1a grande cité
. si voisine
' du vieux nRh.
ique
Adresser un mandat de 37 francs au directeur du
10
L'h
d
J
•
,
journal, pour recevoir le volume, franc de port ren- (( _ymne ~ ap~tr'.e etait trCluvé! )) vous diraM. de La-martme. «Helas, d1_t-1l_ encor~, il devait etre au~si l'hymne
fermé dans une bolle en bois.
'
de la Terreur! n Ams1, de v1lle en ville, l'reuvre de Rou-~
get de l'Isle envahit toutes les ames. Marseille ent
Nous n'entreprendrons pas ici l'éloge du célebre écri- toutes les cités révolutionnaires, \'adopta pour etre'chan~:
vain connu de tout le,monde; nous nous bornerons a au commencement et a la fin des séances de ses el b
citer une des pages de ce remarquable Jivre pr'ise au Les Marseiilai_s le répaadirent en France en Je cban~a:~
sur les chemms. De la lui vi1Jt le nom de Marseill .
hasard.
-·
L · ·11
, d
aise.
_a_v1e1 e.mere e, M. Rouget de L'lsle, royaliste et relig1eus~, _ep_ou~antee d~ retentissement de la voix de son
LA · MARSEILLAISE
fils,
: « Qu est-ce done que cet hyn1n e revo,
1 · lui ecr1va1t
•
ut10n
ua1re
que
chante
une
borde
de
brigaads
qni
traROUGET DE L'lSLE.
; erse la France et ~uquel on rnele notre nom? » De L'Isle
Mais la plus grande et la plns éloquente inspiration de a son_tour, proscr1t en qualité de royaliste, l'eatendit,
ce temps-1~, c',é~ail uue chanson immortelle; uq c~ant en fr1s~oaoant, retentir comme une menace de mort a
de guerre 1mper1ssable appelé: LaMurseillaisc. Elle eni- ses ore1lles lor,qu'il fuyait dans les sentiers des Hautesvrait d'enthousiasmc et d'ardeur militaire les fédérés ~lpes. « ?ommeat appelle-t-on cel hymae? demanda-t-il
les ga~des nationales, la province et París, les société~ ª,son ~m~e.-; La Marseillaise, )) lui répondit le paysan.
e~t ams1 q_u _11 app;it le nom de son propre onvragt. 11
popula1res, les femmes, les enfanls, les vieillards. Elle
e~
~1t
ro_urs~m par 1enthousiasme qu'il avait semé der-présidait aux enrolemeats militaire~, elle allait pieds nus
r,ere
lm. II echappa, non sans peine, a l'échafaud. L'1rme .
a la _froatiere, et mal armée, en haillons, elle prenait
des vil les, elle gagaait des·batailles, elle rejetait l'eaaemi assez souvent se retourae contre la mai n qui l'a fo ué
La R'evo 1~fion en demence
,
e.
ne reconnaissait plusr0 sa
daos ses remparls. La Marseillai~e étai t une armée • elle
était _la fete et l'émotion de ce grand peuple • en: en- propre vo1x !
M. ~ouget de l'ls!e eut l'honneur d'as~ister a la réfantait des miracles, et nos jeunes soldals la chantaient
de la Marseillaise en l 830. 11 était vieux, pauvre,
allant a l'enuemi:
' surrect1on
bl"
é
ou
.
ie,
ru
connu, ch~ncelant sous sa propre gloire. 11
Allons, enfants de la patrie,
~va1t de_ux graads amis qui l'aimaient d'une vive amitié :
Le jour de gloire est arrivé...
1 un é~a1t le, plus grand poe!e de son siecle, il s'appelait
P_uis, cette strophe éloquente, égale a ce que les poetes Béranger; 1autre était un grand statuaire David (d'A ant1ques ont en~anté de plus hardi, ue plus glorieux:
gers). Sans ces deux hommes l'honneu; de le
nt
l'auteur de l"hymne ¡e plus
' illu5t~e
'
url'aar ,
qui
ait
fanatisé
Amour sacré de la patrie,
des peuples,
serait mort daos la rrÍisere
m~
.
. et l'aban don,
Conduis, soutiens nos bras vengeurs.
d
que
isons-nous?
dans
le
suicide.
C'est
au
ro·
L
.
Liberté, liberté chérie,
~ PhT
1 OUJS1ippe que Rouget de l'lsle fut redevahle enfi d
Combats avec tes défenseurs 1
calme et du bien-etre de ses derniers jours.
n u
Sous nos drapeaux que la victoire

En comptant six a sept minutes pour le chargement et
le décha.rgemeat, oa arrive a douze minutes pour un essorage complet.
Les hydro-extracteurs Buffiud ont re~u une v'éritable
sar!ction de la pratique inrlustrielle. Trois cents esso·reuses ont été livrée~ déja par les constructeurs. Il a été
constaté daos áes essais sérieux de ces machines, r¡ue Ir
rendement variait de 75 a 00 pour cent, suivant la nature
matieres soumises a l'essurage. Les jurys des
expos1t1ons de Roaane, de Chambéry , de Nimes et
de Bayonne oat décerné a ces 3J&gt;pareils plusieÚrs médailles d'argent et d'or.

?~s

PRIME EXCEPTIONNELLE

LA RÉVOLUTIO~ FHA~~AISE

?

a

Accoure tes males accents;
Que tes ennemis expirants
Voient ton triomphe et notre gloire l...
Auxarmes, citoyens I formez vos bataillons 1
Marchons I qu'un sang impur abreuve nos sillons J

EXÉCUTION DE LOUI3 XVI.

ª.

Le 20 ja.avier, deux heures, s'ouvrirent les portes
du Temple aux c,toyens Garat minis&lt;re de la .
'
"'
JusS'il est vrai que cha.que époque a sa chansoo, son t'1ce ;. L. ebrun' des· affaires étrangerés;
Grouvelle
hymoe ou son cantique, il élait impossible en efiet de secr~ta1re du Conseil, et plueieurs membres de la Con~
signaler par un chant plus noble, aux. accents plus vi- ve_nt1oa deva~cés par Santerre. lis furent re~us par le
brants, le passage de la ~évolution fran~aise a trav~rs ro1 sur le seu1I de sa chambre, et Garat fit au roi Já 1
le mon~e épouvanté.
ture de l'arret qui le condaQlne. Le roi l'écouta

S:;

�L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

L' lLLUSTRATION, JOURNAL ONIVERSEL.

412

7

palir; il prit-le décret,
le plia et le mit dans
o . '
son porteíeuille. 11 avait
é~rit a !'avance une let12
'{¡
tr.i adressée a la Convenlion. U demandait
X
un délai de trois jours
y,
pour se préparer b. paraitre devant Dieu, le
droit de resler seul et
de voir sa famille sans
,r
témoios, et que la Convcntion se souvint de ses
serviteurs qu'il laissait
sans récompense et sans
forlune. 11 dcm1ndait
surtout la permission de
voi r son confesscur, et
d'uoe main íerme il écri'7lt
v:iit l'adresse de M. l'abbé Eúgeworth de Fir-e D O O
01011t, n• 483, rue du
Bac. A cette demande
00
la Coovention répoodit
O ºo oº O O
qu'il était libre a Louis
d'appeler un ministre
de sa religion, de voir
sa íamille saos témoins;
m,
Ll nation, daos sa jusw
tice, aurait soin de ses
créanci ers; enfin, que
le sursis de trois jours
était refusé. Louis XVI
écouta silencieusement
cet ordre su prcme, et
parut satisfait quand
Garat lui annoo~al'abbé
Edgeworlh de FirmJnt.
M. l'abbé Edgcworlh a
r~.conté celte grande
7~
scime, dont pas uu incidcnt ne dut échapper
a sa mémoire.
Au moment de s0n
J
11,
C1,
et
N,
C1,
et
entréc, le roi venait
d'entendre le fatal &lt;lél!{}J
cret qui lixait sa mort
pour le lendemain. 11
était calme et presqne
souriant. D'uil geste, il
congédiasún entourngc,
et resté sei1I avec l'abbé
Edgeworth qu'il fit as/U
seoir en face de lui .
&lt;&lt; Me voici done arrivé, tui dit le condamné, a la grande et
senle affaire qui doive
m'occuper daos la vie:
la quitter pur ou parARCBÉOLOGIE CO!!l'ARlÍE (Voir la page 410).
donné, devant Dieu,
A peine il achevait la lecture de l'acte solennel de sa ' Apres un instant de silence (il en avait grand besoin
afio d'en préparer a
inoi et aux miens une meilleure ... Accordez-moi quel- volonté derniere, un municipal lui vint annonce.r que rn ·\ pour rappeler toutes les forces de son ame en ce su1
ques moruents de répit, et laissez-moi vous lire mon tes- famille descendait vers lui. Lonis XVI, tres-érnu : « Ne pre me accablernent), le roi reprit la parole : &lt; Hélas !
tarnent. ))

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1)

J

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vous montrez pas, dit-il
a l'abbé Edgeworth
'
votre presence
leur fe-'
rait trop de mal. n
11 était. huit heures
et demie; la reine. entra
tenant son fils par la
main; venaient ensuite
-Madame Élisabcth ~t
Madame Royale... En ec
moment d'une pareille
douleur, il y cut un silence ineffable. On n'entendait que gémissements élouffés, sanglots interrompus, paroles entrecoupées. C'était une de ces douleurs
íncomparables, sur laquelle le pcintre antique eut jeté son voile
fQnel1re el) désespérant
de la reproduire.
La reine et le roi s'assirent l'un pres de l'autre; le roi tenait son fils
entre ses genoux, sa
filie a sa droite a coté
de Madame Élisabeth.
On pleurait, on se taisait; to utes ces graces
et toutes ces miseres se
contemplaient comme '
on faít en reve. 11 racontait son proces, il
pardonnait a ses juges,
il donnait a ses eníants
ses bénédictions dernie•
res, recommandant le
pardon. lis furent sept
quarts d'heure accablés
de cette agonie. Enfin
le roi se leva, les prianl
1 de le laisser seul dans
un recueillement dont
1
il avait grand besoin.
1
11Je vous revcrrai de_\ main, je vous le prof mets, adieu. )) 11 dit ce
mot adieu! avec l'accent du martyr. Alors
Madame
Royale tomba
1
évanouie aux pieds de
son pere qu'elle tenail
embrassé. Cléry et Madarne Élisabeth la rclcverent. «Adieu ! adicu: »
leur dit le roi une derniere fois. Il rentra dans
la tourelle, ou l'attendait le ministre de Jésus-Christ.

~ ~ ~ ~~

l

~

BYOIIO·EXTRACTEURS Uf! MM, BUFFAUU FRERES, CONSTRUCTBURS, COURSi· D'HERBOUVILLl!, A LYON,

isait-il a l'abbé Edgeworth,
quelle e_ntrevue et quelle séparati?n ! ~tre,aimé si tendrement,
avo1r s01-meme en son creurtoutcs ces tendresscs, et mourir
emain ! Pardonnez ..moi, monsieur, un instant ·de faiblesse
.
cL mamtenant
aidez-moi a tout'
oublier, pour ne songer qu'a
mon salut. Voila désormais toute
01a pensée et tout mon devoir. )&gt;
Cependant il revenait, péni hlement préoccupé, a la douleur de la reine ,et de ses enfants, au deuil de tous les siens.
Peu a peu s'apaisa cette impression funebre, et, plus calme, il
s'inquiétait de ses derniers moments: « Occupons-nous de l'étcroité. )&gt; Pour prendre un peu
de force, il but un doi"t de vio
0
'
il mangea un morceau ae pain.
Le prctre, attentif a tout ce couragc, eul alors une généreuse
pensée. 11 savait que ce -chréticn qui va mourir élait/ privé
dcpuis longte1nps dessaints mystcres, et il lui proposa de fui
dir~, une heure avant soµ ·der·•
oier départ, la messe des mort~.
Le roi, a cette heureuse pensée, ~ut un moment de joie; il se
• eontmt cependant; il se disait
qu'il exposait a de grands dangcrs, a des vengeances prochaincs, l'abbé Edgeworth; mais
celui-ci, sans attendre la réponse
de cet infortuné, descendit en
toule hate dans la salle·du Conscil, ou se tenaient le ministre
Garat et les représentants de la
Convention. 11 exposa, non sans
peine, a ces représenlants d'un
si terrible pouvoir qu·ils seraient
vrai~ent impitoyables s'ils s'opposaient aux dernieres volontés
du condamné.
Quelques -uns hésiterent par
rc~pect hurnaio .... ; ils avaient
pcur d'ctre accusés de f~M1 ismc; un d'eux exprima la crainte
qne l'hostie et le
1 in &lt;lu sacrifice
russent empoisoanés : 11 Je les
11rendrai de votrc main ! n s'écria l'abbé Edgeworth. A la fin,
la permissiuu fut
accordéc, el GatJl répu111l1L a1 1
niessagt' I' d1!
l.ouis : (l Citoye11
minis1rc d11 c11l te, le Cu11,l'il a
pris votrc ticmande en cunsitlér~tiun, ¡11,11r1u que vo1Js signiez votrc rc•1uetc . et o: uc
10111 Lcxcrcice ·d,!
1otrc religion soil
3chcvé dernain a
icpt heurc~. A
h_uit hcurcs pré•ciscs, Louis Capet . doit partir
]lOur le li').i de
son exécutio11. »
. Cette pcrmisiion étan t accordée, il fallait
llOunoir saos re-

413
tard atous les objets nécessaires
au culte, oublié deja, depuis si
longtemps, daos la prison du
Te,!D ple. Or, tres-heureusement
nous avons retrouvé (c'est un
détail qui jusqu'ici avait échappé a l'histoire) la lettre autographe de l'abbé Edgeworth
adressée aM. le .curé de SaintFran~ois d'Assise, qui. était le
curé de la tour du Temple en
i 793. Nos lecteurs jugeront
comme nous, que le plus vif in. térét se raltache a cet autographe du dernier confcsseur du
roi. 11 se compase de deux gran•
des pages pleines in-folio, avec
l'entete imprimé de la Commune de París.
J ULES JANIN,

GllETTE DIJ P.IL.118,

Si je comptc bien, c'est pour
1~ quatriemc fois qu'il est ques-

tion, daos ma Gazette du Palais

du proces des correspondan ces:
,'

...1,:

. ,\
. •'li 11

Ll!S ADIEUX DE LA FAlllLLE ROYALE. - Gravum e1traltes de la•'lltvollllion
,.
(ra,lf'n
.,,...11e, par J . J anon.

n~ vo1ts plaignez pas encore
nous ne sommes pas au bout. '
Le fait de jeter a la poste a
l'adresse de quatre ou cinq directeurs de journaux de provin·ce, une letlre manuscrite ou autog_raphiée qui sera peut-etre .
reproduite daos ces 'journaux
constitue-t-il, par lui seul 1;
!)ublication d'un écrit tra1ta;t de
matieres politiques?
- Oui, avait dit le Tribunal de
police correctionnelle de la
Seine.
. - Oui, avait dit la Cour impér1ale apres le tribunal.
- Non, avait dit la Cour de
Cassatiqn apres le Tribunal ~l
la Cour Impériale.
- Oui, ,·ient de dire la Cour
de Rouen, devánt laquelle le
proces avait été ren voyé.
•
La Cour de Cafsation est de nouveau saisie. Celle
fois, elle jugera
en chambres réunies, et, si l'arret
de la Cour de
Rouen est cassé,
la cour chargée
&lt;le statuer au
fond sera tenue
de se conformer
a l'opinion de la
Cour de Cassation.
Et rnoi qui me
íigurais naivement qu'\I ne
pouvait entrer
&lt;lans !'esprit de
personne qu·un
écrit, mis sous
cnveloppe, cacheté, confié a la
poste et adressé
a des personnes
déterminées, pul
ctre un écrit public: Voyez commc on peut se
tromper, et comme ce qui parait
tout simple aux
uns peut ne pas
paraitre tout
simple aux au-

�L'ILLUSTRATION
414

L'JLLIJSTRATION . .IOUHic\L · UN IV U-tSEL.

sions ardentes avec une voix mélodieuse poúr en expritres. Q1_1and je pense que pendant des 'années j'ai eu
mer les désirs, cet ensemble relevé par d'excellentcs mal1lI~ n»l11-CT~ IID~l1l1~~ i1rmu~~~I~
la tén1érité d'affirmer a tout venant que deux et deux
nieres,
faisait
de
M.
ae
Martignac,
un
bomme
fort
faisaient quatre; on ne m'y prendra plus a ]'avenir,
PRIMES DE L'ILLUSTRllTI0N,
séduis¡rnt, pendant que les entralnemertts de la jeuo.esse
aussi longterops du moins qÜe la conr de cassation ne
le livraient a toutes les séductions. &gt;1
1
COLLECTION COMPLETE
l'allra pas déciaé en cbambres réunies.
11 me semble, en vérité, qu'on ne sa.urait mieux dire :
DES
Aujourd'hui les cau~eries et les lectures publiques Root
voila
un
portrait
ou
l'on
sent
la
vie.
URUVBBS SPRCIUBS POUR PIANO A DBUX IAlNS
si fort a la mode, qu'avant peu, un homme ne lisanl
A propos de discours, laissez-moi revenir un peu en
DI
pas ou ne causant pas devant ses concitoyens et ses conarriere. Je ne vous ai poiot parlé des bar-angues prononBEElHOVEN
,
111
OZART,
WEBER , HlYDII
citoyennes sera une rareté. Peut-etre a+on oublié
&amp;T DI
cées a l'ouverture de la nonvelle année judiciaire, garqu'uu d·es premiers qui importerent a París ce délasseSEPT SONATES CHOISIES de CLEMENTI
dez vous bien de croire que les magistra(s aient manqué
¡pent ut1le, depuis longtemps r.n vogue en Angleterre et
a l'antique usage, et que la Justice n'ait pas re~u son Collettion allemande, annotée et doigtée par le célebre pro!llflear
aux Élats-Unis, fot M. Leroy, un des fondateurs du salon
llOSCBELES, forman! U volumes de 168 pa~es cbacun, en moyenne.
trilrnt accouturné d'éloquence. C'est justement parce que
de la rue de la Paix.
les riles ont été accomplis suivant le cérémonial ordiCette collection, que nous rnettons en vente au prix
Comme tous les novateurs, M. Leroy n'eut pas sujet
naire, que j'ai omis de vous cntretenlr des audie11ces de 87 fr., au lieu de ioo fr. au moins qu'elle coiitede s'applaudir beaucoup de son ionova'tion. On trouva
de rentrée. J'ai eu tort cependa1it; j'aurais dti. signaler, - rait,s'il en exislait une édition fran~aise aussi parfaite,est
quelque part un peu trop d'a·ccent aux lectures et aux
celte année encore, la tendance de plus en plus mar- réservée en prime au prix de GO fr., et 50 fr. seulP.causeries de la rue de la Paix, et l'autorilé prudente, qui
quée des orateurs de ces sólennités a sortir du sentier ment poJJr ceux de nos abonnés qui en feront la ueveut épargner aux citoyens les émotions violentes, ferrna
trop battu par leurs prédécesseurs. On commence a mande avaut le tº' janvier prochain.
le salon dont un public intelligent commengait i con••
Comme pour le Gavarni, ajouter 5 fr. en sus pour
s'apercevoir, daos 13. magistrature, qu'il y a ruieu~ a
frais de port et d'emballage.
naitre le chemin.
faire que de re·commencer sans ccsse d'Agucsseau et de
M. Lcroy, qui est licencié cs-leltres, sollicita alors l'au~
torisation d'ouvrir un établissement d'instruction secon- discourir acadérniquement, une henre durant, sur l'impartialité, sur la modération, sur la gravité et autres
&lt;EUVRES NOUVELLES DE GAVARNI.
dajre. Cette autorisation lui fut refusée. J'ai lu qu'entre
verlus ohligatoires du 01agistrat. On s'attaque a des suautres motifs, la décision alléguait les antécédents poliPar-ci, par-la, et Physionomies parisiennes, splentiques de M. Leroy, et cette circonstance qu'en lS52 il jels plus vivants, plus nouveaux, pln~ féconds en aper- dide collection de l.í O sujets, tirés sur chine par Legus originaux et plus hardis; en un mot, qu'on me parn'avail pas voulu préter serment : je vous demande un
mercicr, formant I mogni~que volume grand in-4° colomdonne la familiarité du terme, on renonce aux poncifs
peu si cela %1 poss1ble. 11 y a des gens, en vérité, qui
bier, relié en maroquin et doré sur tranebe :
du genre. Pour moi, je pense qu'on ne saurait trop
calomnie:ot bien légerement le pouvoir.
10 fr. AU LIRU DI t so Ir,
louer de leur audace ceux qui ne craignent pas, en dépit
Non, si l'autorité ne perroit poínt a M. Leroy d'ensei5 fr. en sus pour l'envoi franco daos une caisse,
des prr.cédents, de s'engager dans cette heureuse voie.
gner, il est évident que c'était pour de toutes autres raiJ'ai appris tout réce~rnent, par hasard, qu·un magistrat pour la France continentale. Les souscripteurs de
sons ... Seulement, par honbeurpour M.Leroy,c'étaientdes
M. Lespinasse, premicr avocat général a la Cour de Pau, l'Étranger devront le faire réclamer par leurs corres-.
raisons mauvaises, el le conseil d'Éta'l vient d'annuler la
avait osé prendre pour theme ce sujet palpitant : La pondants.
décision contre laquelle lejeune professeur s'était pourvu.
Je ne dirai pas précisément qu'on a causé, il y a lmit fcmme dans la famille et dans la société.
A la honne heure ! Je ne puis ríen dire do disco\lrs, ne
A.'\'18,
. jours, a la Bibliolheque ~es avocats, a l'occasion de la
l'ayant pas lu encore; mais l'exemple est excellent, et l'on
rentréP. de la conférence; le mot serait un peu cavalier,
Le renouvcllcmenl du i •r janvier, élanl le plus
ne saurait trop, amon sens, féliciter celui qui le donne.
eu égard a l'import~nce de la.solennilé. Je diraí qu·on y
1
considérable
rle l'année, occasionne dans nos
II y a quinze ans, un homme d initiative, un éerivain
a parlé fort élégamment et fort éloquemment.
lmreaux
un
travail
exccptionnel, qui serail tresplein d'ardeur, mon'taitdans une des chaires du Collége
M. Desmarest; batonnier dé l'ordre, a parlé sur la
long
a
accomplir
avec
une parfaile régularilé si
de France et prenait pour sujet de ~es éloquentés leprofession d'avocat, et, bien que le sujet ne fut pas tout a
loutes
les
demandes
arrivaient
en mflme lemps
~ons, l'Histoire mora/e des femmes. Apres avoir raconté
fait nouveau pour l'auditoire, personne ne s'est plaint :
anx
clerniers
jours.
leur role daos les sociétés anciennes et dans les sociétés
la modestie s'e!Iarouche d'un éloge personnel; mais,
L'extension toujours croissanle que prend 1'/llmmodernes, il concluait en réclamant pour les filies : la
-si délicale et ombrageuse q11'elle soit, elle ne s'oftrat-ion
nous fai l un devoir de rappeler ce fait a nos
réforme de l'éducation, une loi sur la séduction, un age
fense point des louanges décernées 'in abstracto,
plus avancé, pour le mariage, l'intervention réelle dés souscripteurs, et de prier inslamment cenx d'enlre
commll on dit en philosophie; ou plutót la modestie est
fiancés dans la rédaction du contrat, J'abolition des eux. donl l'abonnement- expire au 31 décembre, de
i.ne vertu a l'uFage des; particuliers' non a l'.usage des
sommations respectueuses, t&lt; qui pcsent sur les peres le renouvelcr au plus tOt, afio de n'éprouver aucune
corporations, ce qui est fort beureux, rar c'est la fierté
cornme une injure, sur les enfants comme une injus- inlerruplion dans l'envoi du journal.
' qm fait la grandeur de celles-ci. tt Je suis-- beau, je suis
tlce &gt;1; pour les épouses : úne majorité, J'administration
fort, je suis grand, &gt;1 voila. uu singulier insupportable.
d'une portion de leurs biens particuliers et le droit d'en
et Nous sornrñ.es beaux, nous sornmes forts, nous sommes
JARDlff D'ALPHONSE KARR A NICE.
disposer; le droit de p&amp;raltre en justice sans l'au-grands, ,, voila un pluriel qui n'a rien de choquant;
LOrisation du mari, la limitation du pouvoir du
HERBE AUX TURQUOISES
aussi, parrni les nombreux avocats auxquels s'adresFait
mari sur la personne de la fernme, la création d'un conM• Desmare,t, n'en est-il pas un qui se soit fait scrupule
POLYGONATUM ANGUSTIFOLlU.M
seil de famille chargé de contróler la part du pouvoir
d'applaudir lorsque !'honorable batonnier a prononcé
qui lui serait laissée; pour les meres: le droil de direc-,
Des touffes serrées d'un gazon d'un vert vigoureUJ
ces paroles :
tion, le droit d'éducation, le droit de consentement au sortent, vers la fin de l'automne, des épis composés de
&lt;&lt; La lutte des &lt;leux príncipes, les triomphes succe~sifs
rnariage des enfants, une loi sur la recherche de la pa- six a dix baies de la grosseur d'un pois et du plus beao
de la justice sur la violence, constituent l' histoire meme
ternité, la création d'un conseil de famille pour juger ble u céleste, produisantcompléternent l'effet d'une grappe
-du progrcs; et, si les aspirations de !'esprit moderne ne
les di!Iérends graves entre le pere et la mere ; pour les de turquoises orientales.
sont pas une déception, nous pouvons,. en promenant
En envoyant a M. Alpb. Karr, a Nice, un bon de diz
femmes, en &amp;énéral, r admi$sion a la tutelle et au connos regards sur la carte du globe, assister aux dernieres
f,·ancs
sur la poste, on re~oit, franco, et a domicile dans
seilde famille,J'admission aux professions privées et aux
toute la France, soigneusement emballés dans une peconvu)Fions du regne de la force, et entrevoi:r al'horizon
professions social e~ dans la limite de leurs facultés et de tite boite ell bois, DIX PIE.OS DE L'HERBE AUX TUKQUOTSES, l'ombre grandissante de la justice. Ce qu'il m'importe
25 plantes ponr 20 francs.
surtout de procl.amer, c'est que daos ~e conflit qui dure leurs devoirs.
(( Les réformateurs absolús trouveront que nous deUne petite note sur la culture ·de cette plante accom·
encore, la place de notre drape:w est marquée a )'avance.
mandons bien peu; les ado!'ateurs du passé, que nous pagne les cnvois. M. Alpb. Karr continue l'expéd1tionde
Nous sommes 11:s adversaires-nés de l'arbitraire et de la
dem:indons beaucoup : cela nous fait espérer qHe nou~ ses magnifiques houquets contre un bon de poste de
force. Nous sommes du bon colé de la vi&amp; et du bon coté
d~mandons assez, 11 disait M. Lcgouvé en terminant sa 20 francs. - Boite,. ernballage et port compris, daDI
de l'bistoire: nous sommes du colé de la justice. En effet,
derni~re lcgon. La jeunesse applaudissait, mais ceux qui toute la France.
notre role commznce !iVec la civilisation; oü. regne la
n'étaient plus jeune~ n'en pom•aient croire leurs oreilles
barbarie, nous n'existons pas. &gt;l
et ils étaicnt biert pres de crier a l'utopie.
L'éloquence ne gate rien a la louange, le díscours de
B 1 18 L D@@ lll &amp; P 11-0 D!E.
Apres qua1orze ans, M. Lego1Jvé puhlie une nouvelle
M. De~marest l'a prouvé une fois de plus.
édition du recueil de s~s lc~ons. Dans l'intervalleT des !tlémoú·es sw· la CT,ine. - Histoire, religion, gouvernem~
Le batonnier s'est tu, et denx stagiaireg, choisis par le
coutume·:,. par Je comle d'E~ca)•rac de Lauture. LibraJnl
rcrivains éminenls ont lraité ce grand sujeta leur tour.
du Moga~in 7,ittoresque, quai des Grand$-Augustins 29,
conseil de l'ordre, ont pris la parole. Ainsi, dans les céré11 cft, comme on dit, aJ'ordre du jour, et les magistrats
monies sacrées, la voix desjeuneslévitesalterne aveccelle
On n'a point encore oubl1é les aventures du comte
rux-memes s·en préoccupent; beaucoup d'étonnements
dn prétre consacré depuis l_ongtemps au service dés autels. ~r ~ont di&amp;sipés, IJcaucoup de préjugés se rnntévanouis, d'Esca-:,rac de Lautnre pendant la. campagne de Chi~
M. d'Escayrac de Lauture, attaché a l'état-major génélW'
M. de Fallois a parlé de la publicité judiciaire;
d le probleme rn µose a chaque imtaut plus pressant en qualité d'iuterprcte, fut pns par les Chinois, comlllt
M. Toussaint a fait l'éloge de Martignac. Une aimable et
et plm, grave. En relis3nt les pages dn livre de M. Le7 les Chinois savent preudre, c'est-a-dire traitreusemenl:
cbarmante figure a retracer que celle du ~inistre libéral
gouvé, pages émues, éloquentes, toutcs pén-étrées d'un ll suliit le traitement le plus é¡,ouvantable~ les plfl
de la Restanration, et je nll sais s'il était po,sible de la dc~fouífie généreux, plus d'un de ce.ux qui les traitaient insupportaliles tortures; et ses poignets, liés par •
siner d'un crayon plus fin, plus délicat et plus vrai; je n'en
jadis de vaines tbéories se &lt;lira : cela pourrait bien cordes qu'on arrosait de temps en temps pour les f:
puis, et je le regrette, montrer íci que quelques t.raits :
gonOer, témoignent encore aujou.rd'hui des odi
ctre la 'l'érilé.
t( ll était dans la fleur de lajeunesse, écrit M. Tomsaint.
C'est qu'au dix-neuvienle siecle, les esprits font hien traitements au1quels il a été soumis. La trace des co
Une taille un peu élevéll, mais bien prise, des cbeveux
se voit encore el forme comme deux. bracelels, au·
do chemin en quatorze ans.
sus de ses mains. Rendu a la liberté, apres trente ouq
bouclés, de~ yeux bleus tres doux, sur lesquels retomA. KAEMPl'l!.N,
rante jours de captivité qu'il passa dans une prison,
baient avec mollesse des paupieres légerement aba issées,
une physionomie mobile, beauco11p de finesse, des pas-

compagnie · des derniers crirninels du Célesfo Empire
M,. d'Esca~rac de,L~utu~e ue se remit qu'au bout de plu~

sieurs mo1s du reg1me epouvantable qu'il avail subi en
dehors de toutes les lois humaines, puisqu'il avait été
s:üsi pendant la durée légale d'un armistice.
M. d'Escayrac de Lauture a payé cber le droit de bien
connaitre_la C~i_ne, et il la connait, en eff~t, mieux que
personne : reltg100, mreurs, administration ressorts du
~ouverneme~t, bistoire, ríen ne_ lui esl étrauger. Son
1tvre est le hvre le plus neuf, on peut dire le seul VTairoent original q1ii ait été publié sur cet immense pays
qui nous apparait en-core aujourd'bui comme a traver~
un nuage de réCits fabú.leux. Les seuls récits antérieurs
sur la Chine nous viennent des missionnaires qui secopiaient les uns les aulres, d'e sorte que la narration du
dernier reproduisait les erreurs, les contradictions les
préjugés du premier. Celte publtcation de .M. d'Esc~yrac
demande a etre examinée sér1eusement, et non en quelques mots, comme_ nous faisoos aujourd'bui; aussi y renendrons-uous: Nous montrerons, le livre de M. d'Escayrac ~ la 11ia1n, qnel partí on peut tirer de ce grand
pays qm nous est ouvert, au double point de vue de noire inUuence politique et eommerciale.
Ces Mémoires sur /.a Chine 'sontornes de planches et enricbis dll cartes qui facil1tenl singulierement la lecture de
l'~uvrage d_e M d'E~cayrac,en cesensqu'elles placentl'objet
11s1ble a c..ote de. I obJet
decrit.
Typograph1e' buravures et
' •
,
pap1er, nen na ete negltgé pour fa1re de ce volume
un ouvrage de_ luxe; les gravures sont faites tl'apres des
pe1Dtures or1grnale:1, exécutées en Chine s011S les yeúx
de l'auteur, et pourtant !'t.euvre ser1eu~e de M. d'Escayrac est une de celles qui pourraient le mieux se pas~er
de ces brillanlS accesso1res.
P1ERRE ·PAGET.

JOURNAL UNIVERSEL.

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About, X.-B. Saintine, etc.; des ouvraues divers de
voyages, de littérature et d'éducation; enfin les soixante
et q11elques volumes de la Bibliotheque rose, écrits pour
les enfa~ls et les adolescents, par Andersen, Th. Barran, Beleze, Berquin, Mmez. Carraud, Mayne-Reid Perraull, Mm• la comtesse de Ségur, etc., et illustrés par
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DICTIONNAIRE UNIVERSEL
Francais, historique,_ biographique, mythologique ' géographique et étymolog1que,
Par 1'4. Th. BÉNARD,

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DIXIEME tomoN. Présentant : lo· Les acceptions propres, figurées et familiéres des mots JUSTIFIÉES PAR DES
,EXEMPLF.S; - les termes techoiques et scienl1fiques · LA c,ONJUGAISON DES VEl\BES IRÍ\ÉGULIERS OU DEFECTUEUX '. les etymologies; - l'explication des locutions latines 'rréquemment employées dans le discours.
2° DEs NOTICES msTORIQUES sur les peuples anciens et
mo~ernts, sur les guerres, traités de r,aix, conciles, ele.
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marquahle~, un aquarium du plus pittoresque effet • il
se com~ose tl'un vas~ de cristal, monté sur bois sculpté
et garnt en bronze; il est de forme tres-simple; dans ce
v~s~ on d1spose des fleurs, et au-dessous un cspace in.
gemeuse~ent réservé' permet de voir frétiller de vifs et
geot1ls poi_ssons. Puis c'est un coffret a bijoux, avec moulures eu ebene et colonnes en or vif. 11 est orné d'émaux en grisa1lle, représentant Psyché et ses sreurs • il y
a la enfin, entre mille autres objets d'étrennes du ~eilleur goO.t artistiq ue, une eoupe sur.rnontée d'un corn,et
en .cristal incrusté d'or, dont le pied représente un
rav1ssant groupe d'enfants enlacés de guirlandes.
LA MA.ISON SIRA.UDI.N.
Depuis i860_ que s'est établie la rnaison Siraudin, la
c_onfiser1e a fa1t de notables pro 11rcs auxqnels son initiallve ~ con~ribué pour une large° pa;t, et qu'elle a étendus Josqu aux plus pet1ts deta1ls. Pour s'en convaincre il
n'~ a,qu'a voir les sacs a bonbons qui ont été faits de-·
p~1s_l ?uverture de cette maison, et surtoi¡t celui qu'elle
a edtt~ cetle année.
~uis le boo~~n, cette cbose qui s'est si longtemps résumee e~ un senllment de défiance pour la santé vu l'ins_ulubnt~ de_s ~atiéres qui entraient dans s; colorat1on, qu est-1l devenu? U y~ des noms qui servent dejalons p_our r~tourner en amere d~ns le passé si coul't de
la ma1son S1raud1n, et qui fait époque,
Les bonb~us ~reférés sont : le Ma!tais, la Praline du
club, la Pralrne L1vry, au sacre de violette · l'Émélie l'Orangme, puis les Ganaches, qui eurent p;esque le s~cces
de la p1é_ce de yictor1en .s~rdou, etc., etc. Cette liste, a
l~quelle 11 se_ra1~ faclie d aJOUttr bien des noms, prouve
1ardeote aclt~1~e de l'homn:ie pratique qui a pris les renes de cette elegante et ar1stocratique maison.

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tonnage, 3 fr.

LIVRES D'ÉTRENNES.

La librairie Hacbette annonce aujourd'hui sa collection de livres d'etrennes, qui comprend la série la plus
eumplete qu'on puisse lrouver, tlepws le volume m-18
¡es~Jusqu'au volume in-follo: ed1L10n de grand luxe.
Xuus remarquous cvmme llvres uouVll:iUX : 10 Le
Jlomte de tu Jlfo·, par A. FreduJ, reu vre d' esprit el de
sc1ence, daos laquelli; l'autew· uous donne le resultat de
ses lougues eLuues sur la structure, la v1¿ et llls wreurs
des p1autes et des ammaux marws, des plauchlls cu10nces y pe1guent aux yeux les merve1Jles de l'oceau •
to le Uiet, par A. Gu11lemrn, notions d'astronomie a !'u~
~ge des geus d_u monde el de la Jeunesse, tablean fidete et p1ttore_sque des phénomenes que le télescope
decouvre au sern des espaces influis; onze planches t1rees en couleur et de n._¡mtJreuses vi.,nettes oruent ce
magnifique -.:olume; 3° t'Hi~totre des Pl~ntes, par M. Lollis
F1gu1er, dans laquelle il a presenté l'h1slo1re ries veo-euux avec le charme litteraire et la préc,sion scie;tifique; 4° les Sources du Nil, journal de voyage du capitaine Speke, qui nous cond111t de page en page a la de~u~erte. géograpbique la plus 1mpo1·tante de l'époque;
ªº t annee l 804 du Tour du ,donde qui contient eulre
•
' G. Doré et Ch.
' Daaotres rec1ts
de voyage, ceux de MJ\I.
tiUier en Espagne, de M. et Mm• de B.:&gt;urboul6n en
Chine, de M; P. Marcoy dans l'Améi;ique du Sud, de
l Chamey a Mad..tgascar, elu., etc., a1us1 que les auaees de ptusieurs autres publ1cat10ns per1uu1ques · 60
IQl nouvel a.luum Tr1m, le bon Totu et te me~hw,t 1'om ·
.,. d
,
1 • e~x nouvelles b11Jl10Lheques: la BtbtwthetJue áes mertalfos des sciences, des arts et de l'in ..tu-st/'ie et la lJibltotie¡ue des jeuiies filies de quaturze a dtx-1:uit uns, qu'1uugurent d1tferenles reuvrea, les Me,·veilles de la méf«lrolugie, [)ar AHJ. Zurcher et ,\largollé; les Merveilles
le l'archüeGture, par A. Lefevre; la 8ibél'te, par F. de
Lanoye; Pom¡,éi e, les Pompéiens, par Marc Monnier · les
ll~ore, shotsies de 13ernarJ10 lle Saiot-P1erre et de
'1er de Ma1stre; 8° entin tro1s nou veaux volumes de la
liótiothequ.e rose, F,wi~ois le Bvssu, par ium e la comtesse
de Se0u1·; les Mémoires d'un pettt gar9on, par Mll• Jul1e
Gouraud, et les Gr,mpeurs de rochets, par le capitaine
layne- l{eid.
Ces ~omb_reuses,_publications seront ajoutées a un
~ods ~1en ricbe de~1.1, daos l_equel on distingue, au prelle~ :~ng, les Lro1s grands o~ vrages illustrés par G.
~~ .1 E,ifer, Atala et Don Quichotte, splendides publieations da.ns lesquelles le crayon du de~sinaleur a lutté
l~ec la plume des poetes; puis viennent lés livres de
populaire de _M. Lou~s Figuier, qui forment déja
~~u1 sculs une pel1le b1bl1otbé4ue; les quatre pre1/teres années du Tour du Monde, un recue1l qui v&lt;lus
ne ~ans tous les pays, vo~s décrit tous les paysages;
~ ~a1tconnait~e tous les peuples, sans que vous aiez
peme de qu1tler votre fauteui l; une collection de
. ds Diclionna1res, , érilable encvclopédie des c11nssances bumaines; toute une colleclion d'Albums
les enfants de trois a six a06' qui les diverllssent
t
. .
en co~men~_ant leur educat1on morale et intellece; une série d'reuvres in-4° et in-So, illustrées par
Doré, &lt;l!uvres signées des nom.s de H. Taine, Ed.

Envoi franco au regu du prix en timbres-poste.
M. L. CuRMER _vie~t de terminer le livre le plus magni-

,fique ~t le plus 1oteressant qui ait jamais été tenté. Les
É_vangtles des d-imanches et fétes contiennent 500 paues
d'.lferentes ~ imprin:iées ~n co•1leurs, reproduisant les
p.us splend1des manuacrits du moyen aue depuis le vn•
Jnsqu'au xvrr• siecle, et de tous les pavs. L/~uvrao-e forme
deux ou tr_ois volumes, avplonté, et i·on trouve°un tresg_r_and cbo1x des reli 11res les. plus riches et les plus var1ees dans ses salons, rue de Ricbelieu, 47.
MAISON TAHAN.
Tahan, _l'ébéniste de l'Empereur, vient d'ouvrir a la
foule, touJours empressée chez lui, ses magnifigues sal~ns de la rue .~e la Paix, 34, au coin du bo'ulevard.
Cest une expos1lion féerique; les chefs-d'reuvre de 1·art
et de la fantaisie y sont amoncelés. Cambien nous reg~et~o~s de _ne pouvoir leur consacrer une descriptiou
det:ullee ! C1tons pourtant, parmi les objets les _plus reLA'

; G

QI"

~

RÉBUS.

•

Xa-

, Po~r les étrennes spécialement deslinées aux dames,
e _est a la,. Grande Mcnson 'de Blanc, boulevard des Capucines, qu 11 faut les cboisir.
Ou admire ~ur~out, daos ces vastes galerie~, les plus
mer~e1lleux_ cho1x. de dentelles. C'est une exhibition
anm. plend1de que le fameux palais de dentelles, qui a
f,ut ~poque, 11ag11ére, tlans un dt:s décors les mieux
reuss1s de Rothumago.
Toutes ~es v1lles célébres par la fabricalion de Jeurs
dentelles s_y trouvent représentées. La lingerie~ les trousse~ux, le hoge de table, depuis le plus somptueux. jus. ~u a cetu1 qui sert dans les menages les plus modestes,
s Y font remarquer par un choix t'abuleux d'articles de
tout genre; et _les mille futilité; qni tiennent tant de
place da~s la toilette férninime, y out aussi un tel cachet
tle, magmfi_cence, ~u·on éprouve une hallucination, et
qu_on en v1ent ~érieusement a se demander si l'on n'esl
pornt transp?rte dans un palais de lees, et si toutes ces
merv~tlles n alttndent point le réveil de quelque Be/le

au bois d-01-mant.

·

On ~a aussi chercher des objets d'étrennes dans les
magasms de ~JJI., Ransons et Yves, a la Ville de Lyon, rue
~e la _Chaussee-d Antrn, 6. lis sont nombreiu et variés;
J _e_n ~1te _quelques-uns: gants Joséphfoe, auoptés par l'aristocratie; ~011fures et res1 !les catu!unes en tous gen res;
cerntures elegantes pour toilettes de. soirées. en rubans
d~ntelles et passeuie_nteries; boucles de cei~tures; gar~
n:tur~s de _bou.ton~ r1cbes Lo~is XV' Renaissance ou gardcs-franfaises, bu1tes assorties en merceries et ouvra"'es
de_~c1mes; Jupo ns élégauts, petits cbapea11x de velou~s
~odettes loups, aumonieres et une foule d'ebjets d'un;
elegaoce hurs ligne.
On sait, de reste, que la Ville de Lyon a le monopole
de tou,~ les ge,11:es de garnitures pour robes qu'on peut
obten11
1· avec
d I a1dc de
, la passementerie • C'est e11 e, en sa
qua i~e e passementiere de S. M. l'lmpératrice, qui a
duane la vogue, cette année, aux perles d'acie.c aux
perle_s de cora1I, au jais, aux chamarures, a tout ~e ui
m1roite et produít de l'effet. Elle a combiné tous ces ~éments, et elle en a pr~duit le choix le plus varié et le
p~s art1stique, _en f~1t de garnilures pour robes,
q
s; puisse . imagmer. On peut dire justement
que c est la Vi/le de Lyon qui occupe aujourd'hui
toutes les coutures des vetements de nos elégautes.
UN TIBilGE DEFINITIF P0UR LES ÉTREN.NES.

:ence

\

COURRIER DE LA .MODE.

P~ur recevoir_, par retour du courrier, Vingt billets as-

sortis des loter1es Saint-Cloud, - E,ifants Pauvres, A_ndelys, - actres_ser ( mandat de poste ou timhres-poste )
Crnq francs ~ d1recteur du Bu.reau-Exuctitude, rue Ri- .
EXNJCA.TION DU DERNlEI\ RÉBUS.
Le 5 mai 'rappelle la mort de Napoléon.

AUG. MARC, directeur-gérant.

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                  <text>Semanario francés ilustrado se publicó entre 1843 y 1944. Aborda temas políticos, económicos, sociales, científicos, artísticos, y deportivos. Fundado por los periodistas Jean- Baptiste Alexandre Paulin y Édouard Charton. Sus ilustraciones eran realizadas por los mejores dibujantes como Henri Valentin, Édouard Renard, Paul Gavarni, Janet-Lange y Cham.</text>
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                <text>Semanario francés ilustrado se publicó entre 1843 y 1944. Aborda temas políticos, económicos, sociales, científicos, artísticos, y deportivos. Fundado por los periodistas Jean- Baptiste Alexandre Paulin y Édouard Charton. Sus ilustraciones eran realizadas por los mejores dibujantes como Henri Valentin, Édouard Renard, Paul Gavarni, Janet-Lange y Cham.</text>
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                <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores</text>
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                    <text>ne,

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L'ILLUSTR,
__
ATION,
IOUB:NAL URlVBBSEL.

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d'un mandat sur Paris ou sur la poste.

22 8

ANNÉE.

VOL. lLIV.

N•

tf 38.

lamedi 11 Déee1nbre IN,.
L'adminislralion ne ripouJ pas des manuscrill el ne Í'cn~age ¡amai1 á lcs inserer,
Vu lts trailCs, la lraduclion el la reproduclion

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Les abono. partent du t er no de cbaque mois.

quais et se pressait autour de l'escorte qui cnlourait un coups de canon. Cette visite était un événement important pour la Cocbinchine, et rappeiait aux indigenes
la voiture du gouverneur.
stupéfaits
les antiques splendeurs de Saigon.
Un
silepce
solennel
régnait
quand
le
jeune
roi,
porVilile de S. M. le roi de Cambodge a Saigon. - Revue polilique de la se11
y
a
pres
de quarante ans que Je célebre vice-roi
tant
le
costmue
national,
a
débarqué,
au
bruit
de
vingtlll&amp;ine. - Courrier,de París. - Les 1 ilas blancs (nouvelle), suite. - Revue
lilléraire. - Les ministeres du royaume
Ta-Coun avait re~u la visite des
d1talie, a Florence. - Causerie dramadeux prétendants au trone du
:-.:
... -·· ~ . ..,_ ~ ::::,'~,,
bque. - Les comtes d' Egmont et de
Cambodge, qüi venaient se souBornes. - Arcbéologie comparée. mettre a son arbitrage. Depuis,
Dlllbenton. - Le Livre de la Ferme et
aucune démarche aussi imporu, Jfai8011s de campagne. - Incendie
de la manufacture royale des tabacs~ a
tante n'avait eu lieu.
-~~
lallrid.
Le roi a été re~u par M. le
,..,~~
chef
d'état-major général de
Gmures : Visite de S. M. le roi de
,_
Jonquieres, et est monté en voiCllnbodge a Saigon (3 gravures). i luurrection d'Algérte. - Arrivée a
ture découverte entre deux hai&lt; s
Ain-llladry de la colonne du général
de soldats et de curieu.x. Tout
lartioeau, aprés la soum1Ssion du
le
monde a remarqué l'élégance
Djtb-el-A.mour; - Passage du défilé
de ses manieres, son air satisde Reddadc, par la coloune du géoéral
lutineau. - Les ministéres du royaume
fait et souriant, la richesse de
d'llalie, a Floreuce (4 gravures). - A.rson costume.
cbéologie comparée (3 gravures). - AloAu Gouvernemcnt, tous les
llllJl)eot des comtes . d'Egmont et de
officiers de l'expédition ont été
Boroe1, a Bruxclle,, .- Statue de Dauprésentés par l'amiral de la
benton, ioaugurée au Jardín d'acclimalatioo. - Le Livre de la Ferme et des
Gran diere au roi, qui a demandé
lairon., de campagne (t 8 gravures¡.
ensuite a voir les portraits de
- Incendie de la manufacture des
l'Empereur et de l'Impératrice.
tabae1, a Madrid.
Écbecs. - Réhus.
Pendant trois jours, le jeune
prince a parcouru, avec une ardente curíosité, nos établissements principaux. 11 a visité les
YlfilTI DE S. l . LK ROI DK CUBODGK
écoles de nos missionnaires et le
bel établissement des sreurs de
A SAIGON,
Saint-Paul de Chartres; il a vu
S.M. Phra-NorÓdón, écrit-on
nos machines, notre hópítal,
de Saigon, vient de se rendre
nos magasins, questionnant sur
toutes les cboses nouvelles qu'il
dans cettc ville pour protester de
·voyait, et s'informant surtout de
son dévouement envi:rS la
tout ce qui pourrait etre. utilisé
France et de sa reconnaissance
rlaQs son pays. L'imprimerie
PGnr la nation, qui garan ti t ses
impériale et le télégrapbe ont
droits au trone. JI a pu se conparticulierement attiré son at'aincre, par ses propres yeux,
tention. 1
que ses protecteurs actuels
Le 26, dans la matinée, le roi,
étaient a meme de le soutenir
suivi d'une nombreuse escorte,
eo6tre tout empiétement de ses
s'est rendu a la ville chinoise,
Toisins, et il regrette amereou il a été re~u avec les bonlllent la convention sans valeur
neurs accoutumés. Une députaqu'on lui a imposée.
tion de notables est venue saLe 25 octobre, a neuf heures
luer Sa Majesté, et lni expridnmatin, la canonniere 32, pormer, au sujet de l'extension de
lant le pavillon royal du Camleur commer::e, des vreux qui
bodge, a mouillé dans le port,
ont
été écoutés alee bienveil:tlieu de l'escadre pavoisée.
lance.
S.
M,
Pllll!-NORODON,
ROi
DB
CAMBODGE.
D'apr~1
une
pbotograpbie
de
M.
Gillet,
pbotographe
•
8aigon.
foule immense counait lM
SOMMAIRE.

�•
L'ILLUSTRATIO~, JOURNAL IJNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNlVERSEL.

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nombreux préparatifs de meetings pour répondre al'ap.
Le territoire de la France est divisé en six grandes
pel de l'a55ociation de la réforroe.
inspections postales. Cbaque inspecteur, résidant au
Au vote du sénat d'ltalie, sanctionoaot le lrao,fert de
chef-lieu de sa circonscriplion, aura pour mission de
la capitale a Florence, succede maintenant l'approbation
surveiller toutes les parties du-service et de prendre 1es
des diverses mesures proposées par le gouvernemeot
mesures propres a assurer de la maniere la prus prompte
potJr accorder des compensations a la ville de Turin. Cea
la transmission des correspondances tant sur les voies
compensationscoosistent: t O en une inscription d'uo milferrées que sur les voies de terre, et de régler la coini ion 67,000 fr. de rente au grand livre; 2° daos le transfert
cidence entre ces différents moyens de \ransport.
de la cour de cassatioo de Milan a Turio, et 3° daos !'auto.
Une note qui accompagoe ces décrets expose \'extenrisation accordée a diverses grandes sociétés industrielles
sion considérable, depuis la réforme postale, du mouve~t commer.ciales d'y conserver le siége de leurs opératiom.
ment des correspondances et des envois d'imprimés, de
D'apres les deroieres nouvelles de New-York, on ne
fa~on que, malgré la réduction des taxes, les recettes
s'occupait daos cette ville que des opératioos de Sber.
out suivi une progression sensible. En t847, elles s'éleman. Leur déhut a été des plus heureux. Ne rencontrant
va,ent a 53,287,190 fr. Leur total, en !863, a dépassé
qu'une résistance impuissaote, ainsi qu'il l'avail pré,o,
72 millions.
le général fédéral avait déja dépassé Macon et pris llilLe gouvernement, ajoute la note, s'est constamment
ledgeville, capitale de l'État et siége de la législatnre.
préoccupé de réunir les améliorations désirables; les
Celle-ci s'était dispersée a son approche. Gordoo, un de
services maritimes ont pris une grande extension; des ses lieutenants, était en route pour Savannah. Le~ conconventions postales ont été négociées avec les gouverfédérés réunissaient leurs etforts supremes cootre le
nements étrangers , et un traité a été conclu entre la
danger qui les mena~ait. La levée en masse a été décréFrance et l'Italie pour l'échange des mandats d'argent.
tée en Georgie; toutes les milices disponibles daos les
Pour satisfaire les vreux de quelques conseils génédeux Carolines ont été envoyées dans l'Etat voisio, poor
raux, des améliorations ont aussi été réalisées daos un arreter le mouvement si hardi de Sherman. Bood guergrand nombre de départements : la transformation des
roye conlre Thomas s•1r le Tennessee el l'a forcé a rebureaux de distribution en directions, l'augmentalion
culer; Early, daos la vallée de la Shenandoah, a défait
des facteurs de vi lle et des facteurs ruraux, etc. , etc. la cavalerie de Sheridan; mais ces succes partiels, remEolio, l'organisation des bureaux ambulaold vient d'ctre
portés loin du terrain ou se décideot les deslinées de la
récemment l'objet d'une réíorme importante, par la
Confédération, ne peuvent exercer aucune influeo~ dé~ubstitution des bureaux stationnaires aux wagons. Des
cisive sur la marche des évéoemeots.
le commencement de l'aonée prochaine, les communes
EDMOND TEXID.
annexées a Paris seront dotées de sept distributions par
.;;._--- --~C&gt;CI_.----jour. Cent nouveaux établissements de poste seronl égaH. CA.srEülANS.
lewent créés daos le courant de t865.
COllBBIEB DE P&amp;BIS.
L'.ordre du jour, adressé par le roi de Prusse a son
armée, commence par ces mots : &lt;&lt; La guerre glo1'ieuse
Plus de salon des reíusés. - La décentralisalion postale. contre le Oanemark est terroinée; elle a été mivie d'une
Vente des bijoux de yn, '". - Que nous sommes done
REVUE POLITIQUE DE LA SEMAINK
paix gl,rieuse. » Qui se serait douté qu'il y e~t tant de
vertueuxl - L'Arl de la reliure e11 France. - Pri:t de cerGrande émotion causée daos PariS' par le discours de gloire dans un combat de dix contre un? Cette triste cotaines reliures, - Le comte de Caumont, relieur t Londres, et Delille. - Clause du testament d'un bibliomane.
M. le préfet de la Seioe, a la séance d'iosta\lation de la médie, sifllée par le public européen, ne prouve qu'une
- Le Supplice d'une (mime. - Venise a Paris - M. lloccommission municipale. M. le préfet de la Seioe ne voit chose, c'est qu'en fait de gloire la Pmsse n'est pas diffiquard, avocat. - Le poignard de M• Chaix d'~l-An¡¡e.
rien, ·dans la coroposition de la vi lle de Paris, qui puisse cile a satisfaire.
Les arroées austro-prussiennes sont rentrées daos les
justilier la préteotion qu'aurait cette cité d'etre une comLe Moniteur nous a donné, celte semaine, une trille
mune, au meme litre que les autres villes de l'empire. deux capitales, couvertes de lauriers. La force a triomphé nouve\le : il n'y aura pas de Salon des refu.scs en 1865.
Paris est le lieu de réuoioo, le centre de tous les étran- sur toule la ligne. Les ares de triorophe se dressent. Les Les amis de la gaieté en sont tout afOigés. Nous ne les
gers riches, le point de mire de tous les déclassés, de plus grandes journées de l'histoire ne sont rieo a cóté verrons done plus, ces tapleaux de haute fantai,ie qlli
tous les naufragés de la fortune, - population immense d'Alsen et de Duppel. La Prusse, qui avait, on ne l'a pas nous avaient si fort réjoui cette année et l'année der•
accourue de partout, el au mi\ieu de laquelle il serait oublié; déclaré, au début de la guerre, qu'elle n'élevait niere. Plus de paysages inouls, plus d'odalisques abra•
di[ficile de recoonaitre le vrai Parisien. A ce litre, Paris aucune prétentioo sur les Ouchés, a complétement chaogé cadabraotes, plus de chevaux bleus, verts ou lilas. Oh!
ne saurait etre administré comme Orléans, Blois, ou d'avis. L'appétit vienten mangeant, et le roi de Prusse les chevaux ! je les regrette surtout; nous en avioos ea
toute autre ville. París, en un mol, n'a pas le droit d'a- invoque aujourd'hui nous ne savons quels vieux par- de si cbarmaots, de si joyeux, de si exhilaranls ! 11 n'évoir un conseil municipal, c'est-a-dire de s'administrcr chemins, qui prouveraient ( les parchemins prouvent tait pas de mélancolie si profoode qm tinl devaolC!S
lui-meme : unci commission noromée par le chef de l'E- tout ce qu'on veul) qu'il a des droits incontestables sor chevaux-lA. Je supplie tres-humblement le jury de 1'11
tat et collaborant avec M. le préfet de la Seine, telle esl le Holslein et la partie annexée du Sleswig.
prochaio d'admettre quelques-uns de ces prodigiem
On pourrait se demander, maintetJant que les visées chevaux, daos l'intérel de la bonne humeur el de la
la seule administration qui lui convieone.
Nous ne nions pas qu'il n'y ail aParís beaucoup1\'étran- de la Prusse sont connues, si le roi Guillaume, avant saoté publiques.
gers riches et pauvres, beaucoup de déclassés, beaucoup d'entrer en campagne, n'aurait pas du faire connaitre
de gens tentés par l'ambitioo et accourus pour chercber les parcbemins qu'il juge a propos d'exhiber a¡ires coup,
pour appuyer ses droits a la succession des Duchés. Oo
II n'en faut pas trop vouloir au Moniteur; un jour a
fortune, mais a qui fera+ou accroire que le Parisieo
comprend, a Berlín, la loyauté de la méme fa~on que la nous plonge daos la douleur, le lendemain il nous cacse
n'existe pas? A qui appartieonent done les cent mille gloire.
les plus agréables surprises. Que de fois, nous •~
maisons qui cooslituent la cité colo se? N'y a-t-il pas de
Les litres en vertu desquels la Prusse revendiquerail libérau.t , n'avons-nous pas poussé ce cri : &lt;&lt; Déc~ntnli15
contribuables, daos París, et, s'il y a des cootrihuables,
la succession des Duchés, seraient les stipulations consi- sation ! décentralisation ! ll Or, un décret tout fra P""
n'ont-ils pas le droit, comme rous les cootrib.uables, de
goées daos l'actc de mar1age entre la princesse Élisabeth, mulgué divise la France en grandes inspections.15potveiller par délégatiou a la bon ne adroinistratioo de leurs
fille du roi Jean de Danemark, qui a épousé en t500, tales comme un aulre décret la divisa autreío •
deniers? La théorie de M. le préíet de la Seine. est nouJoachim 1u, électeur de Braodebourg, fondateur de la grands commaodemeots militaires. Le jouroal otftci~,
velle, et, de plus, elle est fausse de tous poiuts. Si Paris
dyoastie prussiennc aujourd'hui régnanle. Un journal de daos l'article qui accompagne l'acte émané du souie1111,
n'a pa.s le droit d'avoir des const!illers muoicipaux, il ne
Vienne trouve plaisaol d'opposcr a. cetle revendication déclare que la déceotraliEation est faite ... daos les poetet,
• doit pas non plus avoir le droil d'élire des députés.
Voyez ou nous conduirait cette théorie ! Le gouverne- celle de la maison d' Autriche, foodée, elle aussi, sur le Done, chaotons Alleluia !
mariage de la priocesse Cbristine, filie du roi Christian ll,
Le meme décret transforme les directcurs des~
ment proclamera1t le sutirage uoivcrsel, mais il supprisuccesseur de Jean 1er, laquelle ayanl épousé Fran~ois daos les départements en receveurs, el les iospectelll
merail l'élection.
de Lorraioc, est la mere et l'aicule de tous les princes départementaux qui les survei\lent en directeurs. Cea
0
Le Monit,eur a publié, daos sa partie officielle, des déde la dynastie impériale. Est-il possible de prendre au est puremeot et simplemeot une approprial ~ plll
cret.s qui apportent des 1 éformes importantes daos l'orsérieux de pareilles préteotions, qui remootent Aplus de exacte des mots aux choses. L'article auquel je vieDI •
ganisation des postes.
trois siecles?
fa,re allu.sion nous !'explique tres-bien. Ces métalllf'
Les chefs du service des postes, daos les départeroeots,
En Aogleterre, le mouveroeot de réforme électorale phoses ne flattent done ni ne blesseot nos opioioos; !Dd
qui porteot aujourd'hui le titre d'inspecteurs, preodront
preod des proportions de plus en plus importantes. Les ce grand amour de l'auturilé pour la logique nous d'
celui de directeurs. Tous les établissements de poste du
départeruent daos lequcl ils exercent leurs fonctíons feuilles liberales constatent le succes des meetings en chante.
faveur de cette réforme. Chacuoe des objections présen- 1
.sont placés sous leurs ordres.
tées contre cette grande mesure est réfutée d'arnnce, et
Quillons les hauteurs el laissons 1~ ~oniteur ",
La dénominalion actuelle de directeur des postes sera
la seule pla•1sible, la seule qui ait fait vivre peodanl les pour ces feuilles légeres que la poltt1que ne préd
remplacée par celle de rcJceveur des postes. Les di recdeux deroieres aonées le ministere actuel, l'apathie po- pas et qui semblent ne pas songer beaucoup aux teurs comptal,les preodront le titre de receveurs pri11ci . 1.
p1ux. Les receveurs des postes reroplisseot leurs fooc- pulaire, trouve sa réíutation daos les grandes assemblées \ nées des empires.
de Manchesler, de Rochdale et de Bradford. La guerre ne
Oans ces feuilles-la, qui parfois ne _sont 01 m~ ~
tions sous l'autorité des directeurs chefs de service.
fait encore que commencer, et les escarmouches sont vives rituelles ni moins amusaotes que _s, elles _traitat
Le service des postes, daos le département de la Seine, daos les journaux · mais elle ne s'arrctera pas IA, et on Cond, une fois par semaine, la quesllon dano1se, la
recevra une organisalion semblable a celle des autres ne doute pas que les fetes de Noel ne soient l'occasion de tion américaine et lar uestion romaine, j'ai lu que~
départements de l'empire.
La fin de cette journée a été employée par le roi a
faire exécuter sa photographie et a parcourir les priocipaux magasins de ootre ville. Sa Majesté a fait l'emplctte de plusi~urs produits de !'industrie européeooe,
au nombre desquels nous citeroos quelques articles de
modes, destioés saos doute a rehausser la beauté des dames de la cour deHoudon.
Le 27, il a visité le paquebot ~es messageries ~mpériales le Tigre, et a v1Vement 1dm1ré ses grandes d1mensions et son splendide améoageruent. Sa Majesté a également visité le Duperré.
Le soir, toute la société de Saigoo était réunie au
Gouvernement, et le roi Norodóo a eu le rare bonheur
d'assister au premier quadrille et a la premiere polka
qui aient été dansés en Cochiochioe.
.
Parmi les souveoirs qu'il emportera, le plus riant et
peut-etre le plus cruel, sera celui des charmantes invitées, qui représentaient si bien, rualgré leur petit nombre, nbs gracieuses compatriotes.
Le lendemain soir notre royal allié et notre plus
' Or1ent
' remonta,t. a bord du
fidele ami daos !'extreme
.
Gia-dinh, reconduit avec les honneurs souve¡ams.
Cette visite, qui resserre nos liens avec le Cambodge
el qui a une si grande importance pour la sécurité de la
colonie, a eu un grand retentissement parmi la population.
Aucun événement ne pouv:1it mieux attester l'a.~cendaot irrésistible d'une marche droite, ferme et honnete
sur ces cours corrompues, ru5ées et cauteleuses de
l'Orient, qui ne respectent d'autres engagements que
ceux qui sont maintenus par la force.

.

l

avail :eodu ses diamaots : il y a des demoiselles qui ont

des d1aro~ts. Au feudes cncheres, une ceinture avait
atleint le cbitfre de 3, iOO fr., un bracelet était monté a
4,625 fr., un pcigoe a 4,080 fr., une paire de boucles
d'oreilles a5,400 fr., une autre a ll,700.
Et les bons bourgeois de s'ébahir et de crier au
scandalc, en faisant l'addition des émeraudes des
saplurs, des i-ubie et des brillaots de cette d;moiselle !
Et l'on dit que nous ne soromes point naifs ! Point
oaifs, grands dieux ! Lisez un peu la chronique du siecle
dcrnier, et vous verrez que les écrins de M11 • ••• étaient
de ¡,au1rcs petits écrins modestes qui auraient bien fait
rire les jeuncs personncs auxquelles les gentilshommes
et les fioanciers de ce temps-la avaicnt coutume d'ofTrir
leurs horomages. Ah ! quels pleutres que nos financiers
d'a présent, et quels ladres que nos gentilshommes !...
El quelle époque que la nolre, ou une iofortuoée jeune
pers?noe, dont la beauté est célebre a. Paris dcpuis cinq
oo s11 aos, peut-etre plus, trouve a peine, en fouiHant
dans tous ses tiroirs, 40,000 francs de bijoux Avendre
lej?ur ou il tui plait de rcnouveler ses parures ! Ogéné~
rat1on vertueuse que nous sommes !
On assure, il est vrai, qu'il y avait fuuJe de femmes du
meilleur monde ~ l'expositi~n des diamauts de M\1• ~,
regardant, cxammant, adm,rant toutes choses avec l'attentioo la plus hienveillante, et croisaot, avec les éclairs
qui jaillissaient
des boucles et des bracelets, des reaards
.t
,,
as.scz express1ts. Beaucoup de jeuoes filies avaicnt été
~eoées la par leurs meres. Ah! tant micux ! Voila qui
ra,t un peu compensation et releve ce temps-ci daos mon
tsprit.
Xoas verrons bientot d'aulres ventes : les grands
juurs de la salle Sylvestre approchent : M. Edouard
Fourníer, qui nous en a dil fort long autrefois sur les
offrandes que les mortels du dix-huitieme siecle mettaieot aux ~ie~3 d~ leurs divioités, vient de publier, au
profit des b1bl1opb1les, sous ce litre: l'Art de la ,·eliure en
France, úo vol~me plein d'a propos, digne, par la beauté
dntexteeilasc1ence aimable autantque sure qui en rempht les pages, dt: la plus richc et de la plus éJéaante
0
reliare.
•
Et saos etr~ bil:liophile, ou bibliomane,on y trouve tant
dechoses qu II estagréable d'apprcndre et bon de savoirl
J'y ai luque des livres qui ne valent pas graod'chose par
enx-meu:ies, s~ v~ndent trois ou quatre mi lle francs pour
ltnr hab1t, quin esl cependant orné ni de perles ni de
dJamants, ni de rubís, roais qui sort autbentiq:ement
~ l'atelier d'un tailleur célebre.
J'y ai vu encore qu'en l 835, le prince Ogioski exilé de
Pvlogoe, se lit relieur a Paris, comme le comte'de Cauaont, émigré, s'était fait relieur aLondres.
_11. E~ouard Fournier raconte, en rappelanl. l'extrémité
ou ava,t été réduit un des plus grands seigneurs de la
tAlW' de Fra~ce, une jolie anecdote. L'abbé Delille, peodaot so~ séJour aLondres, lui avait donné arelier un
~empla1_re de ~on pocme des Jardins : le prix de la re~ore cta1t de nngt-qualre louis et sembla un peu cher a
labbe. Aquelque temps de la, il allalirc au comte quelqnP~ fragments de ~on poéme de la Pitié. Lorsque de
• ' 011 la plus émue, il déclaroa ces quatre vers: '

.M. de Girardin devait lire, la. sernaiuc dcrniere sa comédie au comité du Théatre-Fran~is; au derni~r mo11'.ent, le ~~le?'.c publ!ciste a demandé un sursis. Soyez
surs que s 11 s eta,t ag1 d'un voluroe sur 11 politique europ_écnne, M.•d~ Girardin aurait eu fini au jour dit;
ma1s une comedie est une reuvre autrement importante
et autrement diflicile !
Yous savez que la piece du rédacteur de laFresse s'appclle : le SupJ)lice d'une femme. Ce titre fait travailler
toutes les teles féminines : le supplice d'une femine,
qu'est-ce que cela peut étre?
C'est de ne point etre aimée de son mari.
C'est d'en étre trop aimée.
C'csl de ne le point aimer.
C'est de ne point ctre belle.
C'est d'ctre trop belle.
C'est de n'aller ni ABade, ni a Trouville, ni a Biarritz
quand son amie intime y va.
C'est de n'avoir qu'un coupé quaod l'amie intime a
une caleche.
C'esl de s'étre fait faire une délicieuse robe bleue
pour un bal, parce qu'on est blonde, et de s'apercevoir
4ue la délicicuse robe bleue cst verle aux lumieres.
C'est mille autres choses encore, dont pas une saos
dvute n'est celle que M. de Girardin a eu l'idée de mettre a la scene.

Rome et Venise, tel est le litre d'une plaquette qui
depuis une quinzaine, esl dislribuéc a des millie~
&lt;l'ex!lmplaires. Que Sa Sainteté et le sacré collége se rass1,1'.ent,, que les A_utrichiens ne s'eflraieot pas, il ne s'agit
pomt d une solullon nouvelle de la qucstion italicone·
. personne ne songe a metlre Rome .et Vcnise sur un trai~
de chemin de fer et a les diriger sur París. M. Ponti a
eu tout simplement l'idée de mootrer aux Parisieus les
, ues les plus intéressantes de ces deux admirables, ílles
photographiées el grossies a l'aide d'un instrument don;
il ~st l'inventeur. Vous voyez qu'il n'y a rien la dont
pu1ssent prendre ombrage les diplomates et les princes
de l'Eu'.ope abs~lutiste. Vous plait-il de voir le panorama
d~ Vemse, depms_ le Campanile, la place Saint-Marc, la
P1azzetta, le pala1s Ducal, l'escalier des Géants, SaintMarc, le quai des Esclavons, la Bibliotheque, le GraodCanal, le poot du Rialto, la Ca-Doro, le palais Cavalli
!'Arsenal, San-Zanipoli, I Frari, le palais Vendramin I;
Rio dei Santi-Apostoli, le pool des Soupirs, l'ile Sa~lGeorges-Majeur, eolio toutes les beautés de Venise
partez
. pour. le boulevard des Capucines, eotrez daos 1~
ma1soo qm porte le oº 39: places, palais, égli5es, ouvriroot a vos regards leurs perspectives barmonieuses
dres~eront et développeront devaot vous leurs ligoe~
grac1euses et cbarruaotes, vous réveleroot toutes Jeurs
ricbe~es, toutes leurs splendeurs, tout leur irrésistible
et poctique allrait : en un mol, la ville cnchanteresse se
montrera a vous, ruisselante de soleil ou baignée de la
douce lumiere de la !une, avec ses teintes cbaudes sa
spleo~ide luroiere ou ses ombres mystérieuses ... , et le Íen..
dema,?, :ous prendrcz votre passe-port et vous partirez
pour Vemse alin de la revoir.
M. Ponti nous a donné Venise, íl nous promet Rome:
grace a s~n alétoscope, nous aurons saos doute avant peu
les plus belles v11les du monde réunies a Paris.

Oue dis-je, ce poeme ouje peins vos miseres
Do't
· . a· des mams
· noblement mercenaires
'
1 1e JOW
·

~ son

vétement d'or un Caumont l'embellit,
'
Et de son luxe hew·eux mon art s'enorgueillit,

~~ jusqu'aux_!armes,_ le comte prit l'exemplaire de
~lí4 que le pocte tc11a1t a la main, le luí rendit ma~uement relié, et ne voulut jamaia recevoir Je prix
la reliure des Jardins.
_Voolez-vous, de plus, un traitadmirable de bibliomalle; c'~t encore M. Fournier qui nous le fournit:
"4M. Gaignat, receveur des consigoations des requctes
..:alai~, avail une magnifique bibliotheque. &lt;&lt; Tout,
. 1Grimm, y est d'un clioh. e1quis, et l'on n\ trouve
lleade me·d·wcre. » Gaignal en 6tait si fier qu'il
• voulut
JOGird'
.
'
. avauce de la glorrt' posthumc que lui vaudraie1 t
e&lt; L'espoir de ce bonbeur, raconte M. Fou1
_,; ut un des grands charmes de sa vie. Pour en ellll
11,;.. assuré, pour n'avoir pas a douter que sa biblio--,oeu scr~_it· mise
· en_ venl~ et illustr~rait
,e¡
nom par
lle q e grande bata1lle d encheres, 11 écnv1t a ce sujet
'llie claus_e spéciale daos son testament. )) Voila une
Paa1on, j'espere.

:rli7es.

~º-º

Tout le ruonde savait que M. Mocquard Je secrélaire
partic_ulier de l'Empercur, qui a succombé, il y a quelques JOurs, a une pleuro-pneumooie, avait écrit un ro..
man intitulé Jessie et des drames, et qu'il était un des
aut~urs de la Tireuse de cartes et des Massacres de Syrie;
ma1s beaucoup de gens ignoraient qu'il avait élé souspr~f~t a Bagneres-de-Bigorre sous le regne de Louis~~1hppe, qu'.11 avait donné sa démission pour aller reJomdre le prmce Louis a Londres, et qu'avocat au barrean de Paris pendant la Rcstauration, il siégeait au
banc de la défcnse daus les proce~ de l'Épit1gle noire
&lt;le la Souscription nationale et des Quatre sergents de ¡~
Jloche/le.

•

s_ans peur _et saos reproche ait eu recours a des suggeslions auss1 taches, aussi ctiminelles?
.- II cst alié jusqu'A se dire carbonaro, répood Pomn11er...
- Que diter,-,,ous la? reprend le président.
- Oui, cootioue Pommier, Despinois, pour m'arracher
&lt;lis aveux, m'a dit que lui-merne était carbonaro, qu'a, a~t un mois, il linerait Mantes, et que je n'avais ríen a
cramdre de lui .
- C'est une monstruense absurdité, dit le président.
11 cst lrop invraisemblabfe qu'un brave guerrier qui a
tuujours bien servi stm roi, soil descendu a de !elles basscsses, a de si monstrueuses perfidies.
A ces mots, M• Mocquard se leve et·s'écrie:
- 11 y a une d:stinction a faire e·ntre l'impossible et
1·1nvraiscmblable. Quelle nuc soil Mon~ieur le présidenl
•
·1
'
'
~ cten.~ue de votre pouvoir discrétionnair'e, il ne va pas
Jusqu a reculer les bornes de l'impossible. 11 est des généraux fideles il l'honneur, il en est aussi qui ont forfait
al'bonneur.
M. de Marchangy se leve el déclare qne de parcilles
ei pressions sonl un oubli de toutes les convenaoces.
- Ce ne sont que des géuéralités, répond M• Mocquard.
L'avocat général re,uiert contre l'avocat; tous ses
confreres se levent pour le défendre, et le président
charge M• Mérilhou, avocat de Dories, de présenter des
obscrvations pour luí. M• Mérilhou s'acquitte de cette
~nissioo, et la Cour se conteule d'engager M• Mocquard a
ctre plus circonspect a J'avenir.
·
On accusait le capitaine Massias d'etre carbonaro.
' 11 1ci en quels termes M• M
ocquard répondit a l'accuba•
tino:
&lt;&lt; Massias est carbonaro ! Voila le grand mot, celui
sur leq~el on fonde tant d'espérances I On n'allend pas
un méd1ocre effet de la terminaisun italienne : elle vient
a propos_ ra¡eunir ce qui vieillissait déja et rompre la
m~ootome de ce genre d'accusation. ll en est trop qu'on
vo1t échouer; le caractere frau~ais, 011 le sail trop n'est
pas celui du conspirateur; le sileuce profond la résolut1on solitaire ne tui convie11nent pas... »
'
Aiosi s·exprimail celui qui devait etre plus tard !'ami le
plus dévoué du prince Louis Bonaparle.
Un i,11cident assez piquant marqua la plaidoirie de
M• Cbaix d'Est-~ge, alors un enfant éloquent, cbargé
de la défense de Blcheron. II avait été question aux débats de serments pretés sur des poignards.
« S! Bicberon a preté des serments, disait-il, ils sont
a•surement moios terribles que ceux des fraocs-ma~ons.
s'il possédait u~ p~ignard, les ma~ons en ont aussi; j'e~
pu,sede un mo1-roeme, el le voici. »
Et M• Cbaix d'Est-Ange, - raconle le Recueil des causes
célebres,-:- brandissaitgentiment un joli petit poignard.
Quand 11 se fut assis:
- M• Chaix d'Est-Ange, tui dit le président la cour
vous a entendu avcc intéret, el je n'ai pasvoul~ vousint~rrompre. Mais a présent, je dois vous rappeler que
1art. 3t4 duCode pénal punil d'une amende de l6 fr. a
200 fr. tout porteur d'arroes prohibées, car vous venez
'.le vo~s avouer possesseur d'un poignard; je vous invite
a le deposer sur le bureau.
- _Je vai, v~~ donner une explication bien simple,
Mons1e°: le pres1dent, répond M• Chaix d'Est-Ange. Mou
pcre éta1t franc-ma~on, je le sui~ moi-meme ...
- Nous pcnsons I.Jien, interromptle présidenl en sour1ant, que vous ne faites pas un usage habituel de cette
arme.
- Oh! saos doutc, dit M. Chaix, je ,ne l'ai apportée
que pour le besoin de la cause.
Et M. de Monmerqué se borna a ioviter le jeune avocat a ne faire usage de son po1goard que daos l'intérieur
des oges.
X. FEYRNET.
------,---■...ll.&gt;-1~r.--.:::Jff!!tc~-&lt;ICI&gt;&lt;=------

LES LILAS BLANCS.
(1u1n).

D_ans celle derniere affaire, M• Mocquard défendait le
Je me ré,·~il(~i le lendemain tout re,eur, et le precap1tamc Massias, a i'égard duque! ll. ¼larchaogy aban- ~1cr mol q111 s echappa de mes levres avec un long soudonoa a pcu pres l'accusation et qui fut acquillé.
pu· de soula~cruent ful le doux n~m de Blanche, qite
~e ~eune avoca~ se uwotra lres-vif: Pommier, un &lt;les jC murmura1 presqu'a mon insu et comme s'il faisait
pr1_~c1~aux accuscs~ ~yaut _affirmé que le général Dcspi- partie dé~ormais du souflle de mou ame.
1101s I ava1t cugagc a des1gucr Massias comme carlioEu déjcunant, je parlai amamerc avec détails de ma
uaro:
~01rée de la ,eille, dcsvers que fav;is récités de'l'ama- Comrueut ercz-\om,cro1re, dit le prcsidenldc Mun. bilité_du IJarun, de l'el~gance &lt;le la broderie 'a Jaquelle
merqué a Po11lID1er, qu un general frao~ai~, qu·un oflicier trava11la1t Hortense, de l'air vraime11t digne et bon que

�•
388

L'lLLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

L' lLLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

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389

··--- -~

ARRCVÉE DB S.~. LE ROI DE CAMBODGE A S,UGO:I, LE 15 OCTOBRE.

. ux, de 1el ma mere respecta. mon. d'
silence.
l · une des dames Derv1e
••avaistrouvédans lapusJe
.
•
A..lafindurepas,¡elu1 1s:
..
htrange accueil que m'avait fait le comte, et Je ne d1s
- Ie crois q~e la politesse exige que j'aille lu1 fa1re
pas un mot de la comtesse. d' . tant parlé je me tus une visite jeud1.
Puis, fatigué, sans doute, avo1r
'

--.,-,~

- e-'
-~

- -:;_l'

,;a _¿_.

-

1

_
_
_

A qui? dit ma mere; au vieu1 corote ,
Non, a la comtesse.
T'y a-t-elle invité ?
Oui, sans doute.

l:i'SURRECTION D'ALGÉRIE .A.RRIVÉE A A!N-IIADBY DE LA~COLONNE OU GÉNÉR.A.L IIIARTINEAU, APRE.S LA SOUIIIJSSION DU llJBB-RL-A.MOUB:

- C'est done certainement ton devoir.
Je me remis a mon travail ' avec acharnement, mais
Le' temps vole ou rampe, selon ce qu'on' attend de I'aAlors, je ne remarquai ríen, mais il me semble au- l'auteur grec que je traduisais n'avait pas, j'en suis bien
venir;
aussi, les quatre jours qui me séparaient dujeudi
joord'hui, en retra~ant ces paroles, entendre un écbo sur, intercalé dans son texte les blondes spirales que je
me
parurent-ils
d'une longueur invraisemblable; lccmalicieux de la voix de ma sainte mere.
voyais a cbaque instant se dérouler devant mes yeu:r.
pendant, quoiqu'il nous semble ramper ou voler, comme

·~- - ~--r-

. •
::E A. L'ÉTABLISSKM¡NT DES SOEURS DE SAINT-PA.UL, DB CllA.RTRES.
VISITE DE S. M, LE ROI DE CAMBO
.
. és par le Ministere de la Marine,
D'apre• les cr~u11 commu111qu

PASSAGE DU DÉFILÉ DB REDDADE, PAR LA COLONN, DU GÉNÉRAL MARTINEAU. - D'apret les croquis de M. lefebvre,

�L'ILLUSTRATION, JOURLQAL UNIVERSEL.

390

L'ILLUSTRATION. J0URNAL ONlVERSEL.

gnant il me sembla, erreur sans do11le, que j'entendais
&lt;e Je ne \e permets pas, je le désire, ,, avait-e\le dit;
le temps I.Ilarcbe toujours de son pas réglé, mais sur, quP.\ texte inépuisablc de réflexions; cent fois je me r~- comme un soupir.
Je pressai le pas, comme si j'eusse ~té en retard, et
\'heure de ma visite arriva.
pétai ces mots sans parvenir a en ép~iser le charro~; Je pourtant il était a peine neuf heures. Etait-ce done qne
Pourtani, bizarre effet des incertitudes• du creur, a1~ ne sais qui a dit qu'un sonnet vala1t tout un poeme,
je me croyais attendu, ou seulement que toute mon Ame
moment d'entrer chez b. comtesse, je fus presque tente mais quel poeme peut lutter avec une _phrase de la
était depuis longtemps déjala oii je me rendais?
de m'enfuir.
.
femme aimée, \orsque dans cette phra~e et dans la rr.aLorsqu'on m'annon~a chez la comtesse, le salon olTrait
Quand on m'annon~a, la comtesse écoutait ª:tentive-: niere dont elle a élé prononcée, un tamant peut trouver
apeu pres le meme aspect que le premier jour, sauf que
ment, en brodant, lalp\us vieille des dames 'oerv1e~x, q~1 un secret encouragement a ses espérances? ll était im·· le vieux comte était assis a une table de whist, en train
Jui exp\iquait \es tracas éprouvés par elle dans !l aelm1- possib\e, il est vrai, de croire que \e creur de la com- de raire un mort avec les dames Oervieux. '
nistration d'une société de cbarité dont elle éta1t dam_e tesse put enrien etre le complice du mien,et cependant
Au moment ou je passais le seuil du salon, j'entendis
patronesse. Mon entrée n'arreta pas un instant le récit pourquoi ce long regard en dessous p~ur ép_ier le elépart
\a voix d'Emmanuel qui s'écriait :
du oomte comme fait l'enfant ~ourno1s qui trouvc un
de la viei\\e dame.
.
- Arrive done, mon ami; tu fais comme les poctes
La comtesse me fit un simple geste de bon accueil, mal in plaisir a tromper le tyran redouté? C:ainte_ gé~é- vainqneurs, tu te fais attenelre. Ces dames ont tant parlé
et le comte, assis a quelque distance sur ur¡. canapé, e_ut rale l me disais-je, habitude de réserve v1s-a-v1s d un de tes vers ce soir, que tout le monde iei brule du d~sir
u·n léger tressaillement nerveux et un acces de sa petite vieillard morose et ja\oux l Ooux ménagemept peut-etre de les entendre de nouveau.
d'une ame noble et bonne, qui veutépargner méme !'omJe m'inclinai vers la comtesse, et j' ali a.is demander a
toux seche et irritée.
Je m'assis et m'absorbai en aµparence dans \'atten- bre d'un chagrín a un etre qu'e\le plaint sans l'am~~r. Emmannel s'il élait réellement \'interprete du vreu gétion \a plus ~crupuleMse pour le récit de la vieille dam~; Oui, cela devait etre; cette précaution était tout entiere néral, Jorsque la voix secbe P.t irritée du vieux comte
elle 'daiana me prouver, en se retournant qnelquefo1s a l'adresse du vieillard, sans que j'y fusse -personne\les'éleva.
vers !11~, que cette preuve d'intéret n'était pas per~ue ment -pour rien; elle eut agi de meme pour _tout autre
- Pardon l hem l. .. hem l. .. monsieur de Trrville,
que pour moi ; mais alors, encore, pourquo1 ce ton de mais ii est impossible, hem l.. hem !. . de con ti :1uer a
pour elle.
. ..
.
Elle allait recommencP.r, ponr \a d1x1eme fo1s -peul- confidence et presque d'intimité en me · parlant? Po\'.r- jouer, hem l.. avec le bruit que vous faites, henr!...
etre l'histoire de ses effroyab\es µetites miseres, le tour- quoi snrtout ce regal'd obstinément baissé? Lorsqu'o~ in- hem !. .. Vous venez de me faite commettre 1:ne faute,
me;t de sa vie, quand le vieux comtc \'inte-i:rompit en vite quelqu'un, \'usaj!'e, la politesse, l'in1l!~érence memc hcm! .. . 'lUi me fera perdre la µartie, hem !. .. C'est tresvous forcent a le regarder ·en face pour JOmrlre la gr_;¡.- désa.rrréablel heml ... et mon excellente amic, )[m• Der•me lancant un regard.
_ H;m l hem !... je vous demande pardon, ma chere cieuseté du regard a \a gracieuseté de l'invitation. Com- vieu;, n'a pas manqué, hem l. .. d'en profüer, bem !...
amie,.mais, hem !. .. je me sen~ \a tete un peu \ourde, ment se faisajt-i\ que la comtesse, si au courant de tonentre parenthese, hem !. ..
hem 1 bem 1••• Je prie la comtesse de me permettre tes \es Jois du savoir-vivre, y eut manqué de la sorte a
Ici \'acces de toux devint si fort, qu'il fut obligé de
hem l ... de me retirer un instant chez moi,
mon égard? N'était-ce pas que la oii le creur co~m:nce s'arreter.
'
Et Je sonffreteux viei\larel se leva, et prit en cbancelant a parler, la aussi cesse la politesse banale? N etatt-ct
- Dam ! mon cher comte, au jeu, chacun pour soi,
le chemin des appartements intérieurs; mais ce ne fut pas un muet accord de nos pensées secretes? Et ~ans dit \a plns vieille des deux clames, évirlem!,Dent de \'espas sans se retourner µ\usieurs fois vers moi en poussant mcme croire que la comtesse eut conscienc~ de to~t ~e pece des mauvais joueurs qui se fachent lorsqu'i\s ~erqu.3 j'avais vu; en admettant que tous ces s1gnes_d mtl·· dent, et rail\ent \ors,:¡u'ils gagnent; nous_ a_vons le tri et
son éternel hem ! bem !. ••
.
,
Lajeunesse a des prud~nces_qui sont, ~ans_ qu'elle s'e~ mité, pin~ grande que ne 1:1.justifiait notre con~a1ssa~ce deux d'bonneurs, ajouta-t-elle avec ga1eté, cela n~os
doute de véritab\es ind1scrét10ns. Je n ava1s -¡ias bouge si nouvelle encore n'eussent pas étñ la mamfestat1on fait quatre, entendez-vous, ma. smnr; marquez bien
quand le comte avait -¡iarlé, mais ses fréquents re~ard~ volontaire d'une s~pathie naissante, n'avaient-ils v_as
quatre.
..
me donnerent apenser qu'i\ serait -¡ieut-etre sage de me été arrachés a .Ja comtesse, a son insu, par une -¡iuisCette réponse, faite d'un ton ,moqueur, av~1t donn_é
retirer aussi; je me levai done; i~ sembla le rem-arquer sance secrete plus forte qu'elle-meme? ~'éta~t-ce ~as au vieux comte le temps de reprendre haleme, ma1s
a-.ec plaisir au moment de dispara1tre, et \a comtesse ne cette puissance qui avait insliDGtivement fa1t ba1sser s~n n'avait fait qu·augmentrr sa fureur comme le chant dé
fit rien pour me retenir.
.
.
. regard et qui l'avait empeché de se relever sur ~01'. triomphe d'un ennemi; aussi ajouta-t-il avec un redouCela était bien dur, cependant, partir sans . lm ~vo'.r N'était-ce pas ceúe puissance qui avait rendu sa vo1x s1
d'aigreur:
.
avoir entendu \e son de sa v01x; \ mte- douce? Et ne ·m'était-il pas permis, sans vaine infatua- blement
- Quatre ! qnatre l hem l. .. sans doute, cela fa1t q~apar\é' Sans
.
.
. .
.fl l
ret seul de \'avenir pouvait me fa1re ams1 sacr1 er e tion, de penser que quelque chose de\~ préoccupation tre, hem !. .. je \e sais bien, je suis incapab\e de le mer,
déja si tendre de mon creur avait -pu s·e~parer d: ~a bem !. .. mais il m'est permis ele croire, hem l. .. que saos
-présent.
•
Quand je m'avan~ai vers la comtesse pour prendre comtesse et \a ,lominer secretement, par suite de ce d1vm M. de Terville vous n'eussiez pas fait l!! tri; c'est forl
, d'el\e J. e remarquai pourtant qn'elle rele".a lente- maanétisme de deux ames qui sont faites pour s'entencon ge
,
¡ · ·n d
désagréabfe !
.
.
ment les yeux dans la direction prise Pª: e _vie1 ar , dre0 un jour et se devinent avant m~me d'y songer?
_ Je vous demande -pardon, mon cousm, d1t Emma•
comme ponr s'assurer qu'i\ était bien parti, pms elle les
Sa douce voix ! Était-il possible qu'elle \'eut si douce nuel que semblait seu\ divertir cette scene, mais il faul
rebaissa sur sa broderie, et me dit, sans me regarder un en par\ant a d'autres? Hélasl la raiso1l me répondait: pard~nner quelque chose ii. \'enthousiasme et a l'amour
seul instant, mais d'un ton dont \e diapason me parut oui; mais que pcut la froide raison contre un creur qui
des vers.
·
baissé comme -¡iour une confidenee :
- Les vers ! \es vers ! hem !... bem !. .. sans doute, reespere?
_ Vous verrá-t--on samedi soir?
On comprendra que de semblab\es réflexions, sans prit !'obstiné vieillard qui semblait s'animer de plus~
_ Si madame la comtesse me le permet.
~esse reprises, sans cesse interrompues, sans cesse _exa- plus -¡iendant la donne. Monsieur est poete, heml... J1
_ Je ne vous le permets pas, je le désire, fit-e\le de minées sous toutes \eurs faces, aient rempli ma v1e. et le sais, bemk. mais je ne co~nais -pa_s de vers, hem! ...
fait bater la marche d'un temps que j'étais toujours d1s- bem 1... qui vaillent une -partte de wh1st.
meme.
.
Je m'inclinai et sortis un peu soulagé. J'emporta1s sa
JULES DE WAIT,LY FILS,
p0eé atronver trop long.
, .
. , ,
douce voix dans mon creur et dans mon orei\le~ c?m~e
Ma mere depuis qu'elle m ava1t conse1lle d aller le
(La suite pl'ochaineJ)lent.)
le souvenir d'une mélodie bien aimée. 1\ est vra1, Je n ~- samedi che; la corotesse, ne m'en avait plus aucuneme~t
Reproduction inlerdile aut jourrumt qui n'ont pas traité ..ec la Seeilll
-.ais pas une seule fois rencontré son beau_ regard, ma1s reparlé, et moi je n'ouvrais -¡ias _la boucb~ de ce conti,des gen&amp; de lellres.
ne peul avoir tous les bonheu~s en_ un JOur. . .
nuel objet de mes pensées; c'éta1t le prem~er secret que
00
Au moment ou je sortaia de l'botel,Je me heurta1 con- j'eusse pour ma mere; je me \e re'proc~~1s s_ans_ doute,
REVUE LITTÉRAIRE.
mais une certaine pudeur, a laque\le J obé1ssa1s sans
tre Emmanuel.'
_ Ah i c'est toi, dit-il; y a-t-il quelqu'un chez ma en bien comprendre \a cause, m'interdisait de -¡irononL'année 186\. Les revues; la philologie. - Les S011rct1 ~
Ni/ traduit de ~peke par Forgues; in-,.8, Har_hel~:_
cer tout baut le nom erra.nt sans cesse sur mes levres;
cousine?
De; Femmes par une femme, par Mm• Dora d'lstria;
,_ Les dames Dervieux.
j'étais encore trop jeune pour_savo~'. qu'on fa_it d'autant
in-8, Librairie internationale- - Le Monde de lamer,,.
Il fit une moue significative.
mieux de taire ces secrets-la, qu 1\s se trab1ssent touFrédol (grand in--8 illustré), Ha::hette. - Les Pf~n/eS'. ,.
_ Et 1e vieux comte y est-il encore?
Grimard (2 vol. in-18 i\lt1strés), Hetzel.-Récits_ hist~:
jours bien assez d'eux-memes. . .
.
.
_ Non, il est-rentré cbez \ui au moment ou je me repar Dauhan (in-18 grav.), Tandou. - ÚI pelile P ~
Le samedi soir vint, et je m'haln\\a1 pour partir; ma1s
Jlsée; le nouveau Rohinson suisse, par P.-J. Stahl (2 ,ol.
au moment oii j'allais embrasser roa mere, on sonna, ~t
tirais.
.
,
_ C'est ¡usley fit-il en consultant sa montre, c est son ma mere introduisit le commis du libraire pour Jeque! Je
Hetzel.
heure.
,
.
,
travaillais. Jl venait me faire une commission de 1~ pa~t
L'année qui s'acheve ne périra pas tout entiere;~llel
Je ne remarquai pas a\ors cette observat1on d Emma- de son ma1tre et m'a¡iportait une lettre a laquelle,J ét:us
produit
quelques reuvres qui annoncent ,~~e vé~1
•
'
ab3oJument ;bligé de faire une réponse im~édiate. La renaissance intellectue\le; les unes ont deJa passe .
n~L
,
1
_ Les viei\les da'mes Dervieux, hem l hem. comme sueur me vint au front, je rong~ai m~n fr,:m, et ~orce
· 1es yeux de nos lecteurs; ce sont: la Littérature GIIO
fait mon Musi~, c'est rude ;' enfln, puisque j'arrive just~ me fut híen d'obéir a la nécess1té qm m 1mposa1t ce ele Taine monuroent systématique dont les
pour te relever de faction~ íl f~ut se dévou~~ •
lignes ne'nuisent pas a la ~érité ~es _-peintures ~\.
retard.
Et il me quitta apres m avo1r serré \a marn.
vons connaissez, n'est-ce -pas? c~s taquineries du ha- statues qui le décorent; plus1eurs ltvra1sons du
Quand je rentrai, ma mere me dit:
sard qui viennent juste, a point nommé, pour enlraver naife de Littré; et tout récemment la_ Bible de l'
- Oéja revenn !
, .
vos désirs les plus cbers~ On dit que le hasard es~. aveu- de Michclet. En dehors do cadre bab1tuel de ceUe
_ Oui • la comtesse avait do. monde, et, d a1lleurs, gle. A défaut de clairvoyance, il fant avouer qu.~l posnous citerons l' Histoire élémentaire et cri1,ique di
·•ai cru ~e devoir faire q1,1'une apparitioii; d'autant, sede un instinct bien infaillible. Les ohstacles qu 1I vous
ar Peyrat livre définitif que \es intéresscs se sonlli
Jajoutai-je apres une pause, qu'elle m' a mv1
. ·t'e pour sa'
·
ce ••ont .
oppose sont aux passions ce que l~s digues sont aux P
rrardés d'allnqucr.
Philosopb.1e, h.1st01re,
m~.
. eaux • ils les arretent un instant, ma1s pollr rendre en- fetes de la liltérature, de cetle puissance qne p~
_ Tu as bien fait, dit ma mere, et tu feras bien auss1,
suite '1eur cours plus rapide et plus dé.; , ~on~.é.
. appelleraient Mgion, et dont le multip\e essor finitl
1
je crois, d'accepter ~a nouvi:Ue iuvitation.
Enfln, je terminal 1l. la bate et j :! pirt1s ;_ J embr~ss~ doute pílr décourager les ténebres' en quelque
Et en passant pres de moi, elle m'embrassa doucement rapid~ment ma mere, qui ne dit •:10t; ma1s en mélo1•
au front,
1

391

Chontaquiros, Conibos, dont les types hideux sont fide- nous semble µarfois que Mm• Dora d'Jstria va un peu loin
lement représentés par te Tour du monde de 1864.
1 dans ses vreux d'émancipation. Mais on aime a voir une
La femme est le fond et le pivot de nos sociétés mo- femme demander beaucoup pour les fcmmes. Pour nous,
I
dernes; sur elle tourne la vie privée, qui, bien mieux nousnous b.ornons encore a leur souhaiterune instruction
que la vie publique, indique a \'historien attentifles pro- 1 plus conforme a la notre. Qu'elles lisent un peu moins
gres de l'ame humaine et la m_arche de la civilisation. certaines productions ha.tardes et un peu plus des lívres
La négr~sse ou la squaw rouge est une bete· de somme, sains et vrais, comme leur en offren\ les étrennes de
l'Européenne est un~ reine mineure, protégée et domi- cette année, le Ciel, de M. Guillemin; le Monde de la
na trice. Elle a tort peut- etre de se plaindre d'une tutelle m.er, de M. Frédol.
~arfois genante, qui la préserve des affaires et des intéCes deux superbes cuvrages ont trouvé ou trouveront
rets desséchants de la vie, pour \ui laisser pleine liberté ici meme des appréciateurs plus compétents que nous.
da11s l'empire des sentiments tendres. Nous le croyons Toutefois, nous devons louer au moins leur belle
fermement, \orsque le divorce aura remplacé l'immonde exécution typographique, leurs 11elles planches en cou-•
séparation de corps, \orsqu'une instruction moins bornée, leur. La li\]Jochromie reproduit avec toute leur trans~oins fansse, luí permettra de comprendre les aspira- paren ce P.t leurs formes fantastiques ces etres de la roer;
Dans son sein, que n'épuise aucun enfantement,
twns modernes, quand certaines barrieres de routine gélatines vivantes offertes en pature aux poi~sons de
' Les futures moissons trembler confusément.
auront été enlevées de son chemin, la femme n'aura que proie et a la gourmandige humaine. Nous avons Ju avec
Il faut désormais que les esprits les plus frivoles, -¡iour peu de chose a demander aux lois : quelques réformes plaisir, dans le livre de M. Frédol, les pages consacrées
n'etre pas dépaysés, d'ici a dix ans, dans les conversa- et point de révolution ; elle obti~ndra tout du temps, a certain mollusque cher aux gourmets. On y reconnait
!'esprit fin et érudit d'un savant illustre, qui a voulu se
tions intelligerítes, se tiennent au courant des découvertes non par des cris démagogiques, mais par des sourires.
Nous
avons
entre
les
mains
l'intéressaut
ouvrage
de·
cacher
sous un pseudonyme : modestie posthume que
de la critique. Qu'ils en suivent la marche claris les
Mm•
Dora
d'Istria
:
Des
Femmes,
par
une
femme.
On
y
nous
devons
respecter. Ce cbapitre est enricbi d'aneclivres, les jouroaux, surtout dans les revues : soit sous
verra,
notamment
tome
l",
pages
67-78,
combien
les
dotea
et
de
citations
: en voici une empruntée a Monforme académique et par trop uniforme daos la Revue
utopies
de
Fourier,
de
Saint-Simon,
de
Cabet,
sous
prétaigne
:
«
Étre
sujet
a la colique ou se priver de mandes deua; mondes (ou l'ordre prévaut un peu sur la liberté),
texte
de
libérer
les
femmes,
les
rabaissent
en
réalité.
ger
des
buitres,
ce
sont
deux maux pour un; puisqu'il
soit daos le langage moins arrondi mais plus personnel
Certes,
la
loi
ne
peut
rien
sur
les
passions,
et
s'il
suffi•faut
choisir
entte
les
deux,
basardons que\que ehose a
de la Revue germanique. on· leur conseillera meme, s'ils
sait
de
reglements
pour
supprimer
les
amours
illicites,
la
suite
du
plaisir.
&gt;i
ne veulent suivre l'er¡seignement de la Grammaire comLa botanique asa part dans les publications illustrées.
parée, si brillamment inauguré, lundi dernier \5 dé- nous n'applaudirionsjamais, pour notre part, a ces cha in es
violemment
imposées
aux
élans
des
creurs;
mais
la
biM.
Figuier nous donne l'Histoire des plantes; et, bien
C'erobre), par notre ami Michel Bréal, de lire daos le
zar.re
théorie
de
Fourier
ne
nous
conviendrait
pas
daqu'i\
se préoccupe trop peut-etre d'étab\ir un accord
Journal asiatigue le rapport oii M. Mohl expose avec tant
vantage
Laissez
aller
toutes
les
chQses,
et
ne
nous
parinutile
entre la seience et les données bibliqu.es, l'ingéde lucidité les travaux des sociétés sav3ntes et des orien-.
lez
pas
~e
Favoris
et
Favorites
en
titre,
Géniteurs
et
Génieuse
distribution de son livre et l'abondance des gratalistes. Ils y verraient se découvrir tout un coin du cie\
nitrices,
Époux
et
Épouses,
encore
moins
de
simples
vures
qui
font passer sous nos yeuxlasériedenosgrands
que le moyen age avait chargé de brume, et paraltre au
Possesseurs
l
JI
ne
faut
ni
légitimer
ce
qui
peut
nuire
a
arbres
et
Ies portraits des botanistes fameux depuis
jour l'histoire de nos origines et les pensées de nos aieux.
la
société,
ni.
interdire
tout
ce
qui
est
irrégulier,
sous
Tournefort
jusqu'a Candolle, ne manquerout pas de lui
. Les yeux ouverts sur un plus vaste horizon, ils pourp'eine
de
paralyser
la
vie.
Bornons-nous
a
instrtiire
attirer
de
nombreux
lecteurs.
raient attrihuer a certaines doctrines, a certains faits,
les
femmes
et
a
leur
faciliter
le
cboix
raisonné
d'une
Nous
préférons
toutefois
l'reuvre, d'un format plus
une importance plus limitée, et s'apercevoir que les
carriere et d'un époux. Déjii. est levée, en grande par- modeste, mais d'une allure plus personnelle, que
croyances, résultat d'une science incomplete, changent
tie et pa_rtout, cette interdiction civile, physique et reli- M. Grimard vient de publier chez Betzel. L'auteur n'a
avec les ages. Mais quittons ces régions encore étrangieuse dont elles furent frappées par le christianisme du pas uniquement cboisi la Plante (tel est le titre de ~on
geres et qui bientot seront l'ordinaire terrain de l'histoire
moyen a.ge; d~ia leur vo\onté erpresse est requise pour livre) comme sujet de vulgariaation; elle s'est i.mposéea
et de la critique, voire de la causerie; mieux vaut mener
la célébration du mariage. En somme, la vie s'ouvre lui : on sent qu'il l'aime et qu'il lui a consacré les meilnos lecteurs par des chemins plus attrayants, bien
pour elles bien plus facile que pournous. Qu'ont-elles a leures heures de sa vie. JI lui éleve avec bonheur et taqu'aussi peu explorés, et qui les prépareront insensifaire? Elles ont a trouver un homme qui les nourrisse. lent un monument de reconnaissance. C'est, chose rare,
blement aux- études que je le11r recommand-e. Les voyages
ému.
forment la jeunesse, &lt;lit la sagesse poncive, et je- crois . C'est a nous, en général, de cbercher de quoi les un«savant
Les végétaux jouent dans notre existence un role
nourrir.
qu'elle a raison : au moins donnent-ils lieu a de perpéMm• Dora tl'Jstria n'a point fait un livre de discussion. tout autrement important qu'on ne le croit peut--efre au
tuels retours sur nous-memes, a des coroparaisons fépremier abord. Qui ne se souvient, avecune sorte de biencondes entre les races, les aptitudes et les destinées Elle veut nous présenter le tableau de la société fémi- veil\ance amicale, de tel vieil arbre, o,me, tilleul, acacia
nine, cbez les peuples latins, germaniques ou mixtes, et
humaines.
les
di verses tribus orientales, juives, indoues, hongroi- ou platanc, qui, a la campagne, devant la porte de la
11 est impossible de marcher avec le malheureux camaison paternelle, a ombragé ses premiers jeux! 1l est
pitaine Speke ii. la découverte des Snurces du Nil, sans ses, ql}.e les migrations ont implantées sur le sol de l'Eu- tels de ces arhres de famille qui résument des mondes
s'écrier a chaque page : Non, la nature du negre n'est rope. On se laisse aller au plaisir d'une lecture ou la
ele souvenirs. ,,
pas celle do blanc ! Non, Monsieur Quatrefages, vous curiosité est sans cesse éveillée par une foule d'anecdoEt tous les souvenirs antioues de l'humanité ne se rat•aurez beau dire et beau faire : i\ y a un abime entre les tes anciennes et contemporaines, ou les -¡irincesses cou- tachent-ils pas plus étroitement enrore a l'arbre, a la
doient
les
aventurieres,
oii
Lola
Montes
trouve
place
deux peaux, et aussi entre leurs doublures, les intellicomme la dnche~se de Berry, Rache! comme Mm• Bee- p!ante qui \'a précédée sur c~ globe, comme la vie végégeuces. Ce ne sont pas la les variétés d'un meme type.
tale a précédé la vie des animaux?
« On netµeut se demander sans étonnement comment cher-Stowe. Ici ce sont les Fran~aises, mystiques, philo« Ce dut etre :un étrange spectacle que celui de ce
la race negre est restée immobile depuis tant de siecles, sopbes, politiques, socialistes, souvent frivoles, toujours · monde primitif qu'évoquent nos talculs et nos reves.
lorsque le µrogres a pris une marche comparativement aimables, a moins qu'e\les ne soient dévotes; la, au con- Oes iles, géné:ralement plates, dormaient sur l'universel
si rapide dans tous les pays qui environnent \'Afrique; traire, les Germaines, froides, cbastes en dessus, molles océan, comme 'de gigantesques feuilles de nénuphar.
par la meme on est conduit a cette bypothese que, si les et dures a la fois; plus loin, l'ltalienne cnflammée, l'E~- De grands troncs de fougeres, couverts de mousses, se
races africaines ne sortent pas bientot des ténebres ou gnole ignorante et voluptueuse, la Gypsie bizarre, l'Israé- croisaient, s'enebevetraient, élevant vers la lumiere
elles sont plongées, leur sort inévitable est d'etre rem-- lite dévouée, la Beige raisonnable, la grasse Hollan- voilée du ciel leurs grands éventails de feuilles ailées,
placées par des etres d'un ordre supérieur. ,, Et Speke daise et l'Américaine insolente. Rien n'échappe au coup brodées et frémissautes comme d'énormes panaches de·
ajoute, avec une naiveté toute brita.nnique : «Lenr salut d'reil perspicace et pourlant indulgent de rauteur, asa · plumes ... Nul chant d'oiseaux, nul bruissement d'inserait assuré si on pouvait lear imposer un gouvcr- longue expérience du monde e! des cours. Elle sait beau- secte. Ríen d'autre que l'écoulement des vapeurs, qu.e le
nement pareil a celni que l'Inde a re~u de nous ! i&gt; coup du présent et du passé, surtout du présent, si bien chuchotement mystérieux d'mT monde nouveau-né qui
Triste avenir a leur souhaiter, mais enfin préférable a que son livre esta la fois bistorique et contemporain, et s'essayait a vivre l i&gt;
!'horrible état d'animalité ou ils végetent. « Ce que ses plait en meme temps qu'il instruit.
Mais déja, dans l'avidité de la racine, se révélait la
L'examen des législations qui rcglent la condition des
freres ont fait, le negre le faít a son tour. Comme eux,
loi
de la nutrition; dans l'élan des tiges, des feuillages et
il force sa femme ii. travai\ler, vend les enfants qu'elle femmes donnera Jieu a p!Ús d'une curieuse comparai- des ileurs, dans la féconditédes fruits, apparaissaientl'insluí a donnés, réduit en esclavage tous ceux sur lesquels son. Les Fran~aises, par exemple, sont plus -favorisées tinct du dévcloppement, le désir qui constitue la volonté
il peut mettre la main, et, hors du temps oii · il combat par le Code que leurs voisines d' Angleterre, de Suisse et et la vie. Déja la cellule végétale est la sreur de la celainsi pour s'asservir les autres, il se contente de boire, d'Ita\ie (la Lombardie et la Vénétie exceptées). Les lois lule vivante, et les granules qui s'agitent dans les sede chanter, de danser, pour tromper l'ennui qui le ronge, sur le divorce ne sont pas plus uniformes : ici, comme crets réservoir~ des fleurs sont les globules du sang. On
menant a peu dé chose pres la vie du singe, ,, mais plus comme en Russie, il sufflra du consentement mutue\; la, peut dire enfin que e&lt; les plantes sont le reve de la napernicieux a lui-meme et aux autres que les plus féroces comme en Angleterre, les causes les plua graves seront ture, dqnt l'homme est le réveil. ii
betes des jungles -et des pampas. DeS' idiots en liberté; nécessaires. Les questions financieres ne se pretent'pas
Que de bonnes cboses a citer dans le livre M. Grimard,
telle est l'impr'essíon qui reste des peuples que Speke · a des solutions moins différentes : en 'Hongrie, les fem- en se restreignant a ce qui intéresse les idées générales !
a rencontrés entre la cote de Zanguébar et les grands lacs mes administrent leurs biens; en Suisse, les veuves ne On les découvrjra sans peine dans les chapitres intitulés:
de l'Afrique centrale. l,e negre est l'ébauche du blanc. peuvent ríen décider sans le consentement de leur tu-• Coup d'reil général, le Poeine silencieux, l'(Eil et le mi•·
Entre la négresse et la blanche, il n'y a guere que deux teur. Est-on -¡ilus d'accord en matiere d'1mseignement? croscope, Géographie botanique. Un second volume conre!lSemblances, le sexe et la superstition; mais tout le L'Espagne craint que ses filies apprenoent a Jire; a Lau- tient des clefs analytiques résumées d'apres le systeme
reste, lout ce qui f~it le charme, de nos femmes, beauté, sanne, on punit séverement les parentsqui n'instruisent de Lamarck; c'était le complé!Ilent indispensable d'\rne
Propreté, pudeur, amour, dignité, ne se rencontre pas pas les leurs.
Que fauHl changer a tout cela? Beaucoup et peu. I1 Botanique s(mplifiée.
une fois sur dix mi\le chez ces Vouahoumas1 Vouagandas1
qu'elles se réfugient. Nous verrons, daos tpeu d'années,
le roman, la poésie, reprendre le baut rang t¡úi•leur appartient dans la série des \ettres et luire tl'un éclat noüveau. Le premier nous a donné déja des reuvres accomplies, telles que Madarne Therese et l' Ami Fritz, par
Erckmann-Cbatrian; l'autre, intimidée par l'indifférence,
reste un peu en arricre, mais elle est prete, nous le sa•ons, a peindre de couleurs fraiches le monde extérieur
et les sentiments de l'homme.
Ne prenez pas ces perspectives pour de simples vooux
de bon ne année; je n'annonce la que les conséquences
nécessaires du mouvement qui se 'déclare; un champ
oouveau est préparé, et ce siecle rajeuni sent déja

�392

L'f~LUSTRATION, JOURN AL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JOUR0AL UN IV ERSE L.

393

blaEons. Ce sont les écussons des divers quartiers de ·1a de Vérone et de Camerino, les républiques de Pise et de
ville et des divers gouvernements auxquels larépublique Raguse, le grand-maitre de Saint-Jean-de-Jérusalem et
a été soumise. On y voit l'écussón des guelfes, lis blanc le grand kan de Tartarie.
sur fond rouge; celui des gibelins, lis rouge sur fond
Apres la chute de la république de Florence, Come J•r,
blanc; les armes du duc d'Anjou; d!i roí Robert de comme nou~ l'avons déja indiqué, fit rebatir l'intérieur
Naples; du Saint-Siége; du duc d'Athenes; les outils de du palais par Vasari et en 1540, il vint y habiter luicardeurs de laine qui furent maitres de la ville pendan t meme. 11 y resta jusqu'en i549 ou il acheta le palais
six jours; les six halles des Médicis, et enfln les abeillcs Pitti qui a toujours été, depuis lors, la résidence des soude Napoléon et les aigles des grands-ducs de la maison verains de la Toscane, et qui va devenir celle du roí
tle Lorraine.
d'Italie.
Ce palais a vu l'élévation et la chute rapide de GauLe palais Médicis, plus généralement connu sous le
thier de Brienne, duc d'Athenes. Le 8 septembre i342, nom de son dernier propriétaire, le marquis Riccardi
les prieurs et les magistrats placés en ordre sur la ba- est destiné au ministere de l'instruction publique; mai;
lustrade de ce palais, firent donner lecture de la con- comme ce ministere n'en occupera qu'une petite parlie
vention par laque!le Gaulbier était nommé sei~neur de la il abritera en outre, et il abrite déjll, l'Jnstitut de perfe;
république pour unan. Tous les cardeurs de lainerassem- tionnement, la Caisse d'épargne, un corps de gai·de, et l'Ablés devant la balustrade se mirent acrier: Pour lavie! Qu'il ·adémie de la Gresca. Voila un ~ingulier amalgame!
soit notre seigneur avie ! A peine cette excl amation a vait- Ce palais fut élevé par Come l'Ancien, en 14'64, sur les
elle retenti, que les nobles cnlcvercnt le duc daos lenrs &lt;lcssins lle Michelozzo.
uras, le p:&gt;rterent en
triomphe dans les aplais fut fundé.
partemcnts du palais,
Les magistrats de
et hisserent .;a banla république étaicnt
niere au sommet de la
si fréquemment expotour. Mais on ne tarsés aux violences poda pas a se repcntir
pulaires, qu'il parut
de c-i choix. Le duc
indispensable de les
écarta des affaires
mettre a l'abri d'un
tous ccux qui avaicnt
coup de main, et de
favorisé son élection;
leur fonrnir méme les
fft périr sur l'échafaud
moyens de se défenles principaux cidre en cas d'attaq1Je.
toyens, et augmenta
Voici les paroles du
consirlérablement les
chroniqneur :.
gahelles. Trois cons(( En l'an 1298, la
pirations s'ourdirent
commune deFlorence .
contre luí et éclatecommtn~a la consrent a la fóis. Le 26
1ruction du palais tles
juillet 1343, les conPrieurs. Les disscnsions
LES PALATS DE FWRENCE, - PALAIS 1ÍD1111IJISTKRE OE L'll"iSTRUCTION PUBLIQUE.
jurés parcourureut la
qui régna1ent entre les
vil\e en criant: « Aux
gens du p·eupleetJles
armes! &gt;&gt; Le peuple se souleva aux cris de Mort au duc et
par
Bandinelli,
le
David
de
liil•
.\nge
et
le
Marzocco,
ou
grands, 1es désordres qui troublaient la paix publique
aux siens! On l'assiégea dans le palais de la Seigneurie;
a l'époque &lt;le l'élection des magistrats, furent les motifs !ion de la république, car la.blique de Florence avait,
les combats durerent cinq jouis. Au bout de ce temps, le
comme
celle
de
Venise,
on
li11aas
ses
armes.
de cette fondation. Les prieurs ne se trouvaient pas en
duc demanda a capituler. On lui accorda la vie sau.,e,
Plus l~in, est une fontaioenie de Tritons et de nymsureté dans la maison des Cercbi oú ils avaient coutume
rnais on mit en pieces deux de ses ministres et leurs enphes
en
bronze,
et
d'nn
Nepttrolossal
en
marbre.
Cette
de s·assembler. On acheta diverses maisons particulieres,
fants.
Le duc se retira sur le territoire romain avec les
fontaine occupe la place oo, le ti mai 1408, le moine.
entre autres célle des Toraboschi, et sur elles on éleva le
trésors
qu'il avait amassés par ses exactions.
Jérome _Savonarole, de Ferm, apres avoir été le grand
palais en question. On conserva la tour des Toraboscbi,
Quand
de l'extérieur du palais on passe a l'intérieur
qui avait 50 brasses de bauteur. Mais le palais resta sans meneur de la républiqoe de lnce, fut, par ordre de cetle
et qu'on entre dans la cour si élégante et si légere, on
meme
république,
brulélifc,ae
hérétique
et
factieux.
symétrie, parce qu'on ne permit pas qu'il s'étendlt sur
se croil raj euni de lrois siecles. Les colonnes aui forment
Le troisieme étage do plirst couronné de machiles terrains, a gauche, oú avaient existé les maisons des
le portique furent ornées de stucs par les meilleurs arcoulis, sous les arceaux dc911isont peinls vingt-qualrc
gibelins Uberti, que le peuple avait démolies. l&gt;
tistes de la Renaissan ce
Ain_si s'explique pouren i565, a l'occasion du
quoi la tour n'est pas au
mariage du prince Franmilieu de l'édifice. D'un
~ois, fils de Come J•r,
coté, se trouvait un emavec
l'archiduchessc
placement sur lequel il
Jeanne d'Autriche.
était défendu de batir, de
Au milien de cette cour,
l'antre, µne église qu'on
s'éleve une fontaine déne voulait pas abattre; il
corée d'une charmante
s'ensuivit que la fa~ade
statue en bronze, reprédut demeurer irréguliere.
sentant un enfani qui tue
En outre, l'origiue difféun poisson, par Verrocrente et antérieure de la
COUI\ DU_PAUIS DE U SKIGNEURIK.
chio.
tour explique pourquoi
LE PALA.IS 08 LA SEIG!iEURlE : Miuistere des Affaire• élrangéres et de l'Agriculture et du Commerce.
C'ist la Salle des l;inqles créneaux sont échanCents, qui servira aux séances du Parlement italien. Cette La la~ade, a vec ses dix-sept fenctres et ses cinq portes
crés,
c'est-a-dire
gibelins,
tandis
que ceux du palais sont
salle fut batie en 1404, apres l'expulsion des Médicis et ·1a offre un coup d'ceil imposant, m1lgré tous les défauts qu:
¡ivré de ses allures pé1antesques. Le texle est de Müller
restauration du régime républicain sous l'influence du moine lui reprochent les hommes de l'art. L'attique est
et Stahl, les vignettes de Yan Oargent. Moins l11xueux, parallélipipedes, c'est-a-dire guelfes.
Ce vaste édifice présente une masse quadrangulaire,
Savonarole. La construction avan~aitsi rapidement, que Sa- ¡ourd; les portes ne sont pas d'aplomb avec les fenetres.
moins cboyé que sa pelite sceur Ilsée, pour qui on ne
vonarole prétendait que les anges y mettaient la main. Au seizieme siecle, quatre portes furent murées et Michelpeut inventer de vétcments trop délicats, le nouveau divisée extérieurement en trois étages. La fagade n'a
Des qu'elle fut acbevée, le frere Jérome y convoqua les re- Ange fut chargé d'y pratiquer des fenétres dont le style
Robinson réunit cependant, dans une agréable mesure, que de tres-rares croisées et qu'une seule porte. Auprésentants du pcuple au nombre de mille. lis y siége- j 11re avec celui du reste de l'édifice. C'est un de ces anautile dulci, le charme a l'utilité. C'est la premiere ency- dessus de cette porte, on 'voit un médaillon contenant le
monogramme du Christ, accompagné de l'inscription
rent jusqu'a la prise de la ville par les Impériaux en 1531. chronismes et de ces solécismes qu'on ne remarque plus
clopédie de l'enfance.
.
Cette salle est enrichie d'un grand nombre de statues tant ils sont communs dans les palais italiens. L'époque
Nous ne voyons p~us rien a l'horizon des étrennes, s1 suivante :
Iesus Chrislus rex Florentini
allégoriques ou historiqucs. La volite est couverte de pein- actuelle, comme pour rivaliser de barbarie avec les préce n'est les monuments anciens, immortels, le Dante, le
S. R. Decreto electus
tures dont une est singulierement flatteuse pour Florence. céde_ntes, a affublé les fenetres du second :étage de
Pcrrault, l'Atala et le Don Quichotte.
ANORÉ LEFÉVI\E.
Elle oílrc la réception des douze ambassadeurs, envoyés pers1ennes verles. Proh pudor/
En- 1527, la république florentine, menacée de toutes
par diverses puissances a Boniface VIII poür le célebre
Tout l'extérie_ur cst incrusté de pierres en bossage qu
~
parts et ne sachanl plus a que! saint se vouer, se mit sous
jubilé rle l'an i 300. Tous ces ambassadeurs se trouverent vont en se rapet1ssant a mesure qu'elles se rapprochent du
la proteclion de Jésus-Christ et l'élut pour son roí, sur la
c:re Florentins, ce qui'fit dire au pape que les Floren- couronnement. Ces pierres ont pris avec l'aO"e une belle
LES MINISTERES DU R0YAUME D'ITALIE
.
o
proposition du gonfalonier Capponi. Cette nomination, faite
tios étaien t le cinquieme élément. Voici la Iiste des puis- temte sombre qui les fail resse1rrbler a du bronze. 11 en
A FLORENCE,
par les mille membres du Gr:i.nd Conseil Al'unanimité des
sances qui avaient choisi des Florentins pour les repré- est de meme de tous les édifices florentins de la meme
votes moins vingt, n'empecha pas la république de succomsenter aupres du Saint-Siége : c'étaient le roí de France, période, qui sont batís avec des gres de Fiesole. JI est
Le Palais de la Seigneurie et le Pabis Médicis.
ber quatre ans apres, sous les armes de Charles V et de
le roi d'Anglelerre, le roi de Bohéwe, l'empereur d'Al- entouré a sa base d'énormes bancs de pierre ou des bouClément
VII.
lemagne, le roi de Sicile1 le roi .'.de Naples, les seigneurs quinistes étalent leur marchandise. Aulrefois, au bon
Les monuments sont des documents. Dans les villes ou
COUll DU P!LAIS MÉDICIS Devant
la
fa~ade,
on
voit
le
groupe
d'Hercule
et
Cacns
le présent n'a pas dévo_ré le passé; chaque édifice est

cette remarque s'applique. La reine del' Arno a conservé,
L'histoire nous fournit a son tour le Christophe Colomb
comme un livre d'histoire. C'est surtoul a Florence que
de M. de Belloy; le nom de l'auteur et du héros suffisent
presque intacts, tous les anciens témoins de sa gloire
au succes. Sous ll.\ titre de Récits historiques, M. Dauban a
et de ses vicissitudes. Son Palais de la Seigneurie, vieille
réuni, sur les événements principaux de l'histoire rofurteresse, féodale, est comme le représentant de la rémaine, une foule d'excellents passages tirés et traduits
publique ; le palais Médicis, morne comme une prison,
des auteurs les plus divers; l'idée esl bonne el parl'aitement réalisée. C'.est un livre ·c1assique, mais intéressanl, est le digne berceau du despotisme.
A présent que ces célebres édifices.vont recevoir une
qui peut parfaitement convenir iJ. des enfants sturlieux.
nouvelle vie en devenant !'asile des nouvelles institutions
Aux adolescents moins sérieux, le tres-judicieux édide l'Italie, il est intéressant de feuilleter leurs pages a
teur Hetzel, doublé du bon, de l'ingénieux P.-J. Stahl, préla clarté de l'histoire, et de signaler les principaux évédente un bijou de tlélicatesse dans une enveloppe qui est
un chef-d'ceavre de bon gout .. Puisse la Petite princesse nements dont ils on t été le théalre.
Le palais de la Scigneurie, qui doit contenir le ParllséP. la petite source lütiere d'abord, si amoureuse de
lement italien et les ministeres des affaires étrangeres
sa :ureté qu'elle' s'isole dans des creux inaccessibles,
et de l'agriculture et du commerce, fut ha.ti en i 298 sur
puis punie de son orgueil et heureuse de répandre qans
les dessins d'Arnolpbe, restauré par Michelozzo d'apres
les plaines la verdure et la vie, enseigner aux jeunes
les intentions de Come l' Ancien, et refait intérieurement
lecteurs surtout aux lectrices, que l'utilité est le plus
'
. a l'usage de Come J•r, par Verani.
diO'ne but de l'existence, but noble et beau par lm, Le chroniqncur Jcan Villani nous apprend les raisons
m~me. Un mot encore au Robinson suisse, embelli et dépour lesquelles ce pa-

1

,

�394

L'ILLUSTRAT10N, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATlON, .IOURNAL UNIVERSEL.

vieux temps, les maitres du logis se tenaient la, les rnirs
d'été, a faire la causette avec leurs amis. La voie publique était leur salon, et ces bancs étaient leurs sofas.
11 y a deux cours. La premiere, supportée par des colonnes d'ordre corinthien, date de la fondation du palais.
Le marquis Riccardi fit orner les parois internes d'encadrements qu'il rcmplit d'inscriptions grecques ou latines,
de cippes fun éraire~, de fragments de bas-reliefs an-tiques. Daos la frise qui regne entre les chapiteaux des
colonnes et les feoetres du premier étage, on voit douze
médaillons, rlont quatre contienncnt les armes de la famille Médicis, et les hYit autres des bas-reliefs par Donatel10.
La secoode cour n'a de remarquable qn'une fontaine
surmontée d'•me statue d'Alexandre de Mrdicis, premier
duc de Florence. 11 est représenté ou, un sceptre daos
ll\ main droite.
Loms DEurnE.
(La suite prochainement.)
_ _ __ _ _ , , , - - ~ - - - - - -- CIIUIIERIIE DIIIA■lTDQIUII,

Une petite scene, qui, apres de brillants déhuts, donnait
depuis quinze ans, pour tout spectacle, celui d'une lente
et triste agonie, le Thédtre Deaumarchais, passe en ce moment par une de ces crises, et su bit une de ces médications qui sarivent un malade ... ou l'achevent.
L'argent, cela va saos dire, est la base, l'excellente
base de ce traitement énergique, et tout va dépeodre de
la fa~on dont il sera administré, autrement dit, du talent
du nouvel administráteur.
Le premier soin de ce docte 11r, qu'on dit habile, a été,
naturellement, de faire faire pean neuve au malade, et,
grace a la susdite base, le traitement a parfaitement
réussi. La salle du Thédtre Beaumarchais, daos ses dimen-sions re&amp;treintes, est aujourd'hui une des plus confortables et' des plus éléganles de Paris.
D'abord, on y entre ais~ment, et, ce qui est beaucoup
plus rare, on en peut ~ortir. Entendons-nous bien, cependant, quand je dis qu'on en peut sortir, c'est en ce sens
qu'a la fin du spectacle, la sorlie s'effectue avec moins
de difficulté que daos la plupart des autres théatres.
1
Ainsi, par exemple, supposé le cas d incendie, tandis
qu'au Gymriase, a la Porte Saint-Martín ou i l'Ambigu, le
quart au moins des spectateurs aurait chance de se
sauver, c'est tout au plus si, au 1hedtre Deaumarchais, le
merne nombre périrait dans les flammes.
Hassuré, dans cette mesure, sur un point que j'ai la
faiblesse de regarder comme important, le spectateur a en juger par moi - a l'reil réjoui, en entrant, par la
décoration rouge et or de la salle. On sait tout ce que
les toilettes, et méme mieux que les toilettes, empruntent
de retlets doux et chauds a ces toas aimés des Rubens,
des Van--Dyck et autres peintres· de la chair. Toutes les
couleurs ont été essayées pour la décoration intérieure
des salles de spectacle; mais il a toujours fallu en revenir a ce rouge-groseille, a ce rouge ardent et calin
également favorable a toutes les carnations du beau sexe,
a toutes les ébenes, a tous les. jais, a tous les ors des
chevelures féminines et meme atout !'argent des notres.
Malheureu~ement,au Thédtre Beaumarchais, lestoilettes
et les épaules ne brillent encore que par leur absence.
Les fonds et les accessoires sont supérieurement et richement traités, mais les personnages manquent d'éclat et
de relicf; quelquefois meme, par places, ils font tache,
ou restent a l'état de pure abstraction.
Je sais bien que le c!irecteur est un peintre habile, et
je comprends aisément qu'a ce titre, il n'ait pas d'abord
laissé s'éclipser, sous une foule de portraits vivants, la
splendide fraicheur des susdits fonds et accessoircs; mais
il y a un terme a tout, la figure hu maine, etje diraismeme
le nu, réduita. de justes limites, sont le plusdigneobjetde
tous les arts imitatifs, et moins que tout autre un théAtre
doit étre un tableau de natore morte.
Mais n'insistons pas davanlage sur ces détails. Que le
public, et la salle 011 il est parqué, soient la chose essentielle daos un théatre, je serai toujours le premier a en
convenir. Mais que les ouvreuses, l'orchestre, les décors,
les actrices, les acteurs et meme les picces aient aus,i la
quelque importance, on ne refusera pas de me l'accorder,
je suppose, ne f1it-ce que par politesse. En tout cas,
te lle est évidemment une d€s convictions de la direction
Beaumarchais, a ea juger par le soin qu'elle a mis a organiser toutes ces parties du service.
,
Disons done que rarement il nous a été donné de voir

des ouvreuses aussi heureusement choisies que celles du
nouveau Thédtre Deaumarchais : jolies et meme prévenantes jusqu'au degré, exclusivement, ou commeneerait
l'importunité; - uniforme élégamruent simple; - age
moyen, l'age de la r!iscrétion, de la prudence, de l'indulgence; trop de maturité pours'intéresserpersonnellement
aux faiblesses humaiues, trop de jeunesse encore pour
n'y point compatir; - physique du meme genre, et a•n
memes fins a peu pres: rico qui blesse une vue sensible,
rien qui puis~e amener d'encombrement daos les couloirs. - En un mot, comme vous le voyez, la perfection,
le type, l'idéal de l'ouvreuse parisienne.
L'orchestrt, moins indispensable peut-etre, mais qui a
bien pourtant, luí aussi, sa petite importance, l'orcheslre,
composé en grande partie dejeunes gens, accuse chez le
directenr une ambition qui pourrait un jour, saos désavaetage, s'élever jusqu'a l'opérelte. Pour le moment, il
accompagne les entrées et sorties des comédiens; il don ne
la clédu sentiment daos lequel doivent etre interprétées
les situations de la piece; il revc, il tente d'impossibles
accords avec les décharges de mousqueterie et les coups
de canon qui tonnent et détonnent dans les plus beaux
endroits du drame. Il charme aussi la longueur des entr'actes, par des airs variés que le public semble assez
vivement gouter. En fin il a donné devant moi une
preuve de modestie et de bon gout, en se refosant a rejouer un sohi de grosse caisse que toute la salle avait
bissé.
Passons maintenant aux décors: il n'y en a pas moins
de six ou huit daos la piece d'inauguration, et la plupart
sont fort jolis. .Peut-etre, et c'est la seule critique a ·ea
faire, représentent-ils des espaces trop vastes pour les
proportions exigucs auxquelles les réduit foreément le
peu d'étendue, et surtout de profondeur de la scene. Mais
ce défaut a son bon coté; il inilie aux artifices de l'art
décoratif un public toujours, et plus que jamais, curieux
des petits mysteres scéniques. A voir ces décors qui, de
loin, feraient l'effet de la nature meme, et qui, de si pres,
laissent compter tous les coups de brosse et toutes les
tfainées de balai de l'artiste, bien des illusions vont s'évanouir sans doute, mais l'éducation du peuple en profitera.
Et le voila ainsi presque résolu, ce probleme dont l'inventenr de Mattre Guérin cherchait la solution par la
mécanique; la voila obtenue, san~machines et sans gendarmes, obtenue par la seule grace de l'art, cette fameuse
instruction obligatoire; oui, obligatoire: le théatre aprésent, n'est-il pas devenu une nécessité?
Certes, on me pardonnera de m'échauffer un peu devant
la perspective d'un résultat dont je n'aí fait entrevoir
encore qu'une moitié de la grandeur; car, désormais,
quiconq11e aura vu les décors de Robert Sttrcouf, se dira,
si enveloppé qu'il puisse etre encore daos les vieux tanges
de la snperstition: - décidément, ils ne sont pas rnrciers,
ces peintres.
Et ce n'est pas tout : cet utile désenchantement, grace
au splendide éclairage de la nouvelle salle Beaumarchais, il s'étendrajusqu'a la personne méme des acteurs
et actrices, et ce s~ra encore aulant de gagné pour la
morale. En les voyant plus distinctement que partout
ailleurs, ces beaux jeunes-premiers, ces ravissantes ingénues, ces divines grandes coquettes, véritables déeors
vivants, en reconnaissant au premier coup d'reil ce qu'ils
doivent a la peinture, et tout ce qu'il y a chez eux de
postiche, ou se dira qu'eux non plus ils ne sont pas sorciers, ou que leurs charmes, en tout cas, relevent toutau
plµs de la magie blanche.
Heureuses alors celles qui n'auront cu qne peu de
chose a emprunter a l'art, telles que Mm• Aguillon, par
exemple, ou qui devront tout ala nature, comme Mil• Gérard ! Ceci nous amene a parler de la nouvelle troupe
donl cette toute jet.ne débutante est, jusqu'ici, la meilleure recrue.
Ce n'était ¡,as une petite affaire que de composer toute
une troupe dramatique, ne fut-elle meme que passable,
sous les yeux per~ants et entre le~ griffes agites de la
fameuse compagnie, Nantaise hier, Parisienne aujoard'hui, Universelle ... apres demain. Eh bien! ce coup de
maitre, il a été fait en un tour de caries par un homme
nouveau dans la carricre, M. Dufour; et, sur ce nom, de
grace, pas de mauvaise plaisante;ie : rien de plus sol
que de jouer sur des ooms propres; c'est bien Dufour
que s'appelle cet habite homme, et non du Four, comme
l'ont dit et le voudraient certains prophetes de malheur.
Robert Surcouf, la piece d'ouverture du nouveau théatre Beaumarchais, ne compte pas moins de vingt et un

1

personnages, dont la plupart ont une assez grande importance, el qui tous sont rendus au moins fort convenablement. De Jouanni, l¡iur chef de file sur l'afAche,
et auquel est échu le principal role, je dirai seulement
qu'il a fait ses preuves, tell es quelles, sur plusieurs de
nos grands théatres. Talent moins hardi, moins passionné que correct, le róle d'un corsaire tel que Surcouf
n'était peut-etre pas ce qui convenait le mieux a la taille
de Jouanni, et la direction doit a présent s'en rendre
compte; l'honnete, le bourgeois; le sage Jou;¡.nni, servira
toujours mieux daos un corps régulier que dans une
arme aossi exceptionnelle, aussi fantaisiste, dirai-je, que
celle de messieurs les forbans. Meme avec des Iettres
de marque, ce n'est pas la mer, c'est quelque chose de
moins vaste et de plns nourrissant que sauront t.:injours
le mieux écumer ces douces natures.
Cette campagne hasardeuse aura pourtant serví a
Jouanni : elle lui aura permis de révéler un don et un
talent qu'on ne tui savait pas encore, ét que la direction
pourra utiliser, si elle réalise ses prC1jets d'opéretle et
meme d'opéra-comique. Jouanni, au moment d'attaquer un galion anglais, chante fort agréablemeut une
chanson de bord dont les paroles et la musique ne manquent ni d'entrain ni de couleur maritime. Ce petit morceau, dont le refrain est répété en chreur par l'équipage
de Surcouf, anime un excellent décor représentant le
pont d'un navire, avec larges hunes et cfüijeau de poupe,
comme on n'en voit et n'en verra plus qu'au musée de
marine. C'est la qu'a la ronde succ~dent une manreuvre
et un abordage exécutés avec beaucoup de vérité et d'ensemble, le tout acclamé et applaudi avec non moins
d'ensemble et de sincérité.
Ce n'est pas pour rien que Paris porte un navire daos
ses armes : en attendant que cette ville soit devenue un
poh de mer, ce qui ne peut tarder, ses habitants ont la
passion de la marine, et montrent au besoin une aptitude innée a cette noble prClfession. La frégate-restaurant, en sa qualité de vraie frégate, n'a qu'un médiocre succes, j'en conviens, mais, en revanche, au thratre, les scenes navales n'excitent pas seulement; chez le
public, une ardente curiosité: elles sont encore exécutées avec la plus rare perfection. Robert Surcouf en offre
une preuve nouvelle. Jouanni semble bien un peu embarrassé de son grand porte-voix, qu'il tient, par instants,
comme une seringue; mais tout son équipage, Dumas
en tete, n'est composé que de matelots fin is, etM11 • Brache grimpe dans les haubans, s'afTale par le trou du
chat, et r.hevauche une vergue en mousse qui n'ignorP.
aucun des secrets du métier.
C'est a des titres plus féminins que se recommande
et se fait applaudir Mm• AguilTon, dans le róle de femme
le plus important de la piece. Cette agréable comédienne, dont on avait déja remarqué les débuts a je ne
sais plus que! théatre des boulevards, a fait des progrcs
depu_is cette époque. Elle a une tenue parfaite, et, généralement, elle dit bien; mais elle réussit surtout daos les
traits et les tiradiS de passion.
Citons encore Mm• A. Rolland, pour sa gaieté; Aimé
Gibert, pour sa distinction; Léon Nitscb, ¡,our ses costumes; Lava!, pour sa férocité; d'Eng!em et Brunet, deux
comiques, qui, le premier surtout, font honneur au
choix de la direction. Quant a Karl, bien qu'il vienne
apres Jouanni ~ur l'affiche, c'est lui qui, dans un role a
travest.issement, aurait les honneurs de la piece, saos
Mil• Gérard, déja nommée.
M11• Gérard est la fleur du panier dont nous terminons
ici l'inventaire. On n'a ni plus d'ingénuité, ni plus d'ame,
ni de plus Leaux yeux, ni moins d'art, 011, pour n1ieux
dire, moins d'habi_tudc. Elle ne sait encore, cette enfant, ni entr_er ni sortir, ni se tenir en scene, ni marcber sur ces tristes planches, 011 l'on glisse si aisémenL
Et cependant, que M. Oufour y prenne garde: la Compagoie universelle et les sept péchés capitaux couvent
des yeux cette enfant-la. Mais M. Dufour est hal&gt;ile, je
l'ai déja dit, je le répete, et, pour finir, je le prouve par
un seul trait.
Généralement, les directeurs de nouveaux théAtres
cherchent a se concilier la presse; du moins se croientils obligés de la convier a leurs débuts; eh bien! sen!
pe11t-etre jnsqu'a ce jour, M. Oufour s'est refusé a payer
ce tribut, qui rapporle plus qu'il ne coute; du moins
a-t-il été assez avare de ses invitations púur que l'Ulustrtr
tion et d'autres encore n'en aient re~u que d'indirectes
et de verbales.
C'est la que git l'habileté.
Mieux que tous ses confrerPs, M. Durour connait les

ivains; il sait qu'a un déni de billet , pas un cl'eux
est bomme a répondre par des attaqnes et qn'au
traire, en pareil cas, tous se feront un point d'bon..
ur de publier tout le bien qt¡'ils penseront de son
'atre.
0r, je vous le demande, n'e,t-ce pas la un excellent
lcul, et, de mcme que tous mes confreres, ne viens-je
d'en justifier l'habileté par mes éloges? Tout ce que
avais a dire du nouveau théatre, je l'ai dit, et de mon
iieux. Quant a la picce d'ouverlure, si je n'en ouvre
¡as la bouche, c'est qu'ayant 'peut-etre quelques. criti-¡oes a en faire, je craindrais que l'anteur ne les attrihuat
1a dépit.
Quand je vous disais que M. Dufour est nn habile
•1mme!
n voulez-vous une dernicre preuve? Lisez la spirille réclame par laquelle M. Dufour annence aujour~ui, daos tous lesjourna111, l'inauguration dunouvean·
ll'átre BeaumarchJis, et vous verrez si l'appréciation
'il Y.fait de Robfft Surcouf n'est pas, de tout point,
íorme a la mienne. Voici textuellement ce morceau
fine critique :
• Au Théatrc Beaumarchais, tous les soirs, Robert
Surcouf, drame iL grand spectacle, en cinq acles et
huit tableaux. Tout Paris voudra voir la uoovelle
;alle. Ríen n'est plus coquet, rien n'est plus gracie11x
que ce charmant théalre, qui est, a juste litre, regardé
comme le mieux réussi de tout Paris. 1&gt;

• Pour copie conforme : A .

DE BELLOY.

LES C0MTES D'EGM0NT ET DE H0RNES.
Bruxell•s. 14 déccmbre t 864.

de ses anciens compagnons d'armes qu'íl rencontrait sur
son passage; il était coiffé d'un chapeau orné de plumes; il portait un pourpoint dont il avait lui-meme
coupé le collet avant de quitter la prison, et une robe de
dam:is cramoisi, au-dessus de laquelle il avait jeté son
manteau. - Ce manleau se détache des épaules du
comte, et ainsi l'artisle est parvenu a vaincre une
grande difílculté du vide occasionné par l'écartement
des jambes.
D'apres ces memes relations, on sait que le comte de
Bornes tenait a la main une toque milanaise qu'il serrait violemment. L'expression de sa physionomie et l'attitude tout entiere de celte majestueuse figure réveleut
la fnreur concentrée qui dominait le noble comte·eo se
voyant conduire a la mort pour prix des services qu'il
avait rendus a sa patrie. Dans l'attitude d'Egmont, il y a
peut-ctre plus de calme et de résignation, mais aussi
moins de fierté que daos celle de llornrs.
Représenter groupées les figures d'Egmont et de
Bornes, c'est une licence saos doute, car ce dernier a
été exécuté une heure apres d'Egmont, mais les liens de
famille, autant que tous les actes de leur existence, et
surtout leur mort, ont rendu ces deux grandes victimes
de Philippe II inséparablcs daos la pensée d'un monument consacré a leur mémoirc.
Les deux statues consacrées a servir d'ornementation
au piédestal et a remplacer les bas-reliefs descriptifs par
une seule figure, représentent, sous les traits de vainqueurs de leurs mémorables batailles, la personnificatio_n de la gloire mililaire de ce, hé~os, lllartyrs de la
tyrannie espagnole. Pour l'une de ces statues, il a done
paru rationnel d'emprunter le costume de la cavalerie
légere commandée par le comte d'Egmont, et pour l'autre, celui de la grosse cavalerie a la tete de laquelle
était placé le comte de Hornes.
On ne peut nier que, pour qui invoque la fidélité morale de l'bistoire, on ne pouvait mieux faire que d'élever
le monument a l'endroit meme oú d'Egmont et de
Hornes tombcrent victimes.
·L'reuvre de M. Fraikin a une vigucur, une sobriété,
une puissance, que l'on n'osait point attendre de ce
ciseau si charmaut, si délicat. Si l'on songe au peu de
parti que l'artiste pouvait tirer du costume, tres-ingrat,
si, d'aulre part, on rétléchit aux difficultés de l'emplacement, jugé longtemps impossible, chacnn se plaira a
reconnaitre que M. Fraikin, en surmontant victorieusement tous ces obstacles, mérite de vif., éloges pour avoir
doté son pays et toute l'Europe d'uue oonvre aussi complete, aussi sagement exécuté, que sagement con~ue.
GusTAVE LE:ll,\JRE.

Le 74• anniversaire de la naissance du roi Léopold,
e l'Europe admire pour son bon sens et sa fidélilé a
parole jurée, ne pouvait etre célébré plus dignement
e par l'inauguration des statues de deux béros dont la
lgique a appris depuis longtemps a vénérer la mé1re : je veux parler des cooites d'Egmont et de Bornes.
lamentable histoire des deux victimes du despotisme
1-pagnol, popularisée par les beaux tableaux de M. Galbt, est trop présente a la mémoire de tous pour que
j croie nécessaire d'insister sur leur bravoure et leur
tn misérable. Disons toutefois que c'est a la place mcme
t leurs nobles tetes tomberent sous la hache dn bourun, que s'éleve, en ce moment meme, le monument
ipiatoire. Le choix de cet emplacement a donné lieu a
~ longues discussions; ce n'est qu·aprcs plusieurs
,anees laborieuses et apres avoir pris !'avis de plusieurs
l'listes du pays, que le conseil communal s'est enfin
noncé pour l'emplacement actuel. Vous connaissez
GOLLECTION COMPLETE
ns cloute, ainsi que vos lecteurs, la belle place de l'Hón••
de-Ville. D'un coté, se dresse l'antique hótel de
ffiUVRES SPÉCIALES POUR PI.UO A DEUX MAI~S
le, surmonté du célehre saint Mir.bel terrassant le
gon. Vis-a-vis dn vieux monument communal, vous
de Beethoven, Mozart, Weber, Haydn
uvez la maison du Roi, d'une importance architectuET DE SEPT S0:'&lt;ATES CllOISIES DE CLEllE:STI.
e tres-grande, et c'est devant eette derniere que s'ée le groupe dont je vous envoie le dessin.
Nous venons de terminer la collection complete des
En raison meme de l'importauce historique et monu- reuvres spéciales ponr piano a deux maiñs de Bcethontale que cette place possede, la tache de l'artiste ven, Mozart, Haydn, Weber, et de sept sonates de Cleargé d'exécuter le groupe d'Egmont et de Bornes of- menti, collection aonotée et doigtée par le célebre
·1 de tres-sérieuses difficultés. Il fallait d'abord rester professeur Moscheles. L'reuvre matérielle était immense.
s le ton, dans la couleur locale, que eette place con• 11 a fallu, pour la mener a bonne fin, un soin, une pere dans toute leur intégrité : toas de bronze et de sévérance, dont on se fera une idée quand nous aurons
. Le piédestal devait avoir assez d'élévalion pour que dit que dix-huit cents planches out été tirées, et que,
motif de la porte, montant jusqu'au deuxieme étage, pour que le tirage fut parfait, il a fallu gue chaque note
' lui servir d'encadrement.
fut découpée séparément et appliquée sur des épreuves
D'autre part, il fallait donner au piédestal la largeur pour former une contre-planche en relief qui permlt de
essaire pour éviter la lourdeur. Pour le meme motif, surpasser l'impression ordinaire. C'est a ce travail, mépanneaux clevaient recevoir quelque ornement léger; ticuleux, microsco!lique, inusité jus,qu'a ce jour, q1ii
n, la couleur des écussons devait servir a lier plus exigeait une grande patience et un temps considérable,
·mement le bronze avec la pierre. Bref, tout l'en. que nous devons d'avoir atteint a la perfection.
ble du monument devait etre inspiré par l'aspect de
Cette collection complete est une des .primes les plus
cien perron, dont la disposition avec fontaine et es- importantes qui puissent etre ofTertes au-c abonnés d'un
ier datail de la plus belle époque de la grande place. journal. L'édition annotée et doigtée par Moscheles
tes ces diffi6ultés, M. Fraikin est parvenu a les sur- passe a bon &lt;lroit, en Allemagne, pour la plus parfaite
nter fort heureusement : le nom de M. Fraikin était 1 ~~ ~o~les celle_s. qui ont, été publiées; elle rest~ ~o?1me
gage certain de l'reuvre qu'on lui avait confiée.
1ed1t1on déílmt1ve, et c est parce que sa supér1or1tc c~l
L'artiste a ch0isi pour sujet de son groupe le moment unánimement reconnne, que l'lllttstration en a acquis la
les comtes d'Egmont et de llornes, les deux héros ele propriété exclusive pour la France et la Belgique.
'felines et de Saint-Queutin, marchent au supplice.
Elle forme l l vo'umr.s de 160 pages chacnn. Le prix
Les relations hisloriques de l'époque constatent qu'au pour le puhlic est de 87 fr., mais il sera réduit a 50 fr.
ment 011 le comte d'Egmont fnt conduit au supplice, jusqu'au iº' janvier 1865, pour tout abonné qui adreslenait a la rilain un mouchoir et saluait du geste ceux sera sa demande avant celle époque. (5 fr. en sus ponr

---~

I

395

frais d'emballage et de mefsagerie.) A partir du 1er janvier, le prix de la collection complete, pour les souscripteurs de 1'1llustration, sera irrévocablement fixé a 60 fr.
A.M.

ARCHÉ0L0GIE C0MPARÉE.
Comparaison des monuments buddhistes de l'Asie avec le~
symboles drs anciennes pierres levées de l'Écosse.
Résumé d'un lllémoire de M. Thomas Wise, de la Société
Royale d'edimbourg, et de divers documents hindous.

Les anciens monuments de l'Hindostan, comparés a
ceux de l'Europe occidentale et méridionale, ont entre
eux de frappa-gtes analogies. Celles-ci suffisent a constaler un passage des raees asiatiques sur les littoraux
de la Méditerranée, de l'Atlantique et de la Baltique.
Les monument~ communs a la presqu'ile de l'Jnde et
a l'Europe celtique peuvent se diviser en quatre classes.
i O Les Cairns et les Barrows.
· Les cairns sont des monceaux de pierres. Les barrows,
des monceaux de terre. Pres d'Hiderabad, un de ces
cairns est environné d'un cercle de pierres, comme ceux
des pays européens.
2° Les Cromlechs et les Kist-Vaens.
Les cromlechs sont formés d'au moins de~x pii:rres
verticales recouvert~s d'une pierre tabulaire. - Les
kist-vaens se composent de plusieurs pierres verticales
surmontées d'une pierre horizontale. Les parois intérieures de ces constructions formentchambre ou coffre,
ainsi que !'indique le mot danois kist.
Une large dalle pave les kists et les cromlechs. Elle
est percée d'un orífice circulaire pour laisser aller et venir a volonté !'ame du mort, dont elle préservait la dépouille humaine. Sous cette dalle, on trouve des urnes,
Jes poteries rouges ou noires contenant les cendres purifiées par l'incinération, et des sarcopbages avec leurs
squelettes.
La forme des cromlechs et des kists varie : le eolonel Mackenzie en déc(luvrit pres de Rodroog, dans l'Jnde
centrale, ou l'on distingue les tentatives sculpturales
d'un art avancé. Comme les cairns, les cromlechs sont
quelquefois entourés de cercles de picrres.
3° Les Mens, les Obétisques et les Mut~.
Les mens sont des pyramides tron&lt;¡uées, en pierre
brute, debout et isolées. Elles sontconnues en France sous
le nom de pierres levées. En langue celtique, men signifie
pierre, el l'on trouve des meas partout ou cette langue a
régné. Les obélisques frustes de l'Inde centrale rappelleut les mens de l'Europe. Mais certaines parti~~ de
l'lnde ne fo~rnissant pas d'asse1 larges blocs ~e pierre,
on y a subst1tué des structures appelées Muts dans les
lndes. Elles sont comµosées d'Üne cbambre et d'une espece de clocher pyramidal. Ce ne sont que des modificatioos visibles de l'érection monolithique. •Les Hindous
construisent encore aujourd'hui des mnts.
Les mens celtiques ne sont, le plus souvent, que des
mémoriaux d'événements importants. Les obélisques, en
général, sont funétaires : tantot mausolées ils sont
•
1
'
halls sur les cendres d'uu mort regretté; tantot
cénotaphes, ils ne marquent qu'un souvenir. Ces muts
sont plus ou moins bien décorés ¡ ils consistent en une
o·u plusieurs pyramides en cloche. Les meas, ou pierres
lcvées, les ohélisqnes et les muts paraissent avoir été
quelquefois dédiés a la divinité.
4° Les Cercles de pie-tres.
Ces cercles semblent indiquer des lieux sacrés destinés
a. autre chose q·u•a signaler des tombes. Les cerclcs de
l'ln&lt;le centrale sont a peu pres de meme dimension que
ceux existant encore en Écosse. Ceux-la, formés de picrres arrondies p.1r le frottement des e4ux, mesurent de
7 mctres 80 a 9 metres environ. Un cercle ovale mesure
9 metres sur 7 metres 95.
En Europe, au fur et a mesure que le christianisme
et les arts firent des progres, on cessa de construire de~
monumenls de ce genre. Il n'en a pas été de mémedans
l'lnde. Les cercles de pierres s'agrandirent peu a peu
jusqu'a donner des temples aussi vastes que celui de
Depaldinna (la colline, la montagne de lumiere), dont on
admire les ruines magnifiques pres d'Amravatty. La gisent d'immenses excavalinns environnées de cercles concentrique$, formes d'innombrables pierres couvertes de
figures m,ythologiques et d'inscriptions en sanscrit des
trois idiomes. Les scul ptures-sout remarquables et les imcriptions supérieurement gr:1vées. Daos le voisinage, existent des restes nombreux de kists, de cercles et de barrows,

�396

par la distance et le temps. Les noms de rivieres d
montagnes et autres portions ,des . terres du sud e; de
l'ouest de l'Europe, portent temo1gnage 1de ce qu•i
ont appartenu a une race celtique antérieure aux pre.
mieres dates authentiques de l'histoire. Cette seule cir.
constance montre a l'archéologue une ligne de recher.
ches qui, suivie avec persévérance, renouerait le fil roD'. •
pu de la tradition entre les races antiques et les raccs
modernes.
Les races asiatiques envabirent l'Europe a des époqurs
différentes de civilisation. Il s'ensuit qu'il existe des di(.

Ces quatre classes de monuments s'élevent principalement dans les endroits retirés et d'un aspect sauvage
de l'Europe celtique et de l'Indostan.
Les traits essentiels des anciens cercles de pierres de
I'Inde centrale sont réunis a Culna, pres des rives de la
Bargaretla sacrée on riviEre Hoogly, dans deux structures
appartenanl au Maha Hajah de Burdwan. Dans le premier temple, il y a deux cercles concentriques de cent
buit blocs de marbre, portant chacun un temple. Le cercle extérieur a ses entrées nord et sud, etcelui
intérieur est et ouest, a peu pres comme Depaldinna.

39¡

L'ILLUSTRATlON, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

GRAIN DE RA!SIN FENDU
PAR L'OIDIUM.

KIST-VAEN.

CROMLfiCll.

férences dans leurs idiomes, leurs monuments et leui;
usages. Quelques remarques sur les peuples asiatiques et leurs religions feront comprendre les expfo.
tions des biéroglyphes des anciens obélisques de l'/:cosse, dont ce résumé s'occupe plus spécialement.
Un réformatenr du saba"isme et de l'adoration br!h•
minique du feu des anciennes races asiatiqucs donna
naissance a la forme actuelle de la religion buddhistc.
Celle-ci s'établit dans le nord de l'Inde, au vr• siecle ami
J.-C. Le buddhisme, inculqua la croyance d'une triade 011
trinité de la perfectibilité de la nature bumaine, de In
transrnigration des ames, de la vénüation des serpcnli
et de certains arbres, etc. La sainteté des pretres étail

Dans le centre de celui-ci est un grand bassin d'ran.
Dans le temple de Bengale, ou le culteestrégulierement
cfübré, il y a un puits appelé le Yoni, ou symbole de
Parvati, le principe fémiain de la création.
Cette identilé générale des anciens monumcnt,s du suJ
et de l'ouest de l'Europe et de ccux de l'llindostan se
prouve encore par la conformation pbysic¡uc des races
qui babitent les conlrées éloignée,, par le rapprochement de leurs lois, de leurs coutunies et les
affiaités extensives et décidées du ccltique et des autres langages de l'Europe occidentale avcc le sanscril.
Ce sont la des évidences prononcées d'une coanexiou
reculée entre des r¡¡ces a présent si largement séparécs

CH1RllON DU MAIS.

RIZ CO~IMUN.

FlTUQUE ÉLEVÉE.
STATUE DE. DAUBENTON, INAUGlRÉE ·AU JARDIN D'ACCLlliATATION.

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AGARIC CHAMPih'RE.

ABEILLE MALE. ABEILL~ l!RRE

l!O~U.füNT DES COMTES D'EGil!O~T ET DE RORNES, A DRUXELLES. - D'apres une ph, togrdpb1e ae

grande, Jeur zele actif, la bénévolence des doctrines efficace; la nouvelle religion s'élendit done avec rapidité
sur tout l'Hiadostan. Quelque temps apres l'invasion de
l'Inde par Alexandre le Grand (247 ans avaat J.-C.),
Asoka, le grand monarque buddhiste, régnait sur ce
pays; il propag_ea probablement la religion en faisant
graver ses édits et ses préceptes sur les rocbcrs et les
piliers (ldts) de son empire. On n'avait pu,jusqu'ici, déchiffrer le dialecle vernaculaire de cette période; Je génie de James Prinsep a pu seul y arriver. Ces inscriptions, modifiécs, sans doute, selon !'esprit des peuples
:i.uxquels elles s'adressaient, sont tres-nombreuscs dans
l'Inde. Elles enseignent l'honneur aux parents et aux
membres de la tamille, le respect et la libéralité aux
bons, et a leurs guides spirituels, la tempérance et la
modération daos les parol~s et les actions; enfin,
l'humanité la plus touchante e'nvers l'homme et les créatures inférieures. On cssaya de convertir a cette doctrine les contrées soumises a Alcxandre (satrape de Perse ); a Antigunus (souverain de Phrygic et de Lycie), a

.». C.

_:·· .~

--

-rH1EB,WL'1'

CHOU-RAVE.

MOISSONNEUSE DE MM. BURGESS;¡ET KEY.

LA COURTILIBRE.

ABEILLE OUVRIERE.

N,yt.

Magas (beau-fils de Ptolémée), a Philatlelpbus-Ptolémée
(soit le premier ou les quatre premiers princes de l'É·
gypte), et a Antiochus Je Grand. Ces noms ont été pré·
servés de l'oubli a cause de leur notoriété dans l'lnde.
Les buddhistes devinrent bientót une congrégation
ricbe et puissante, et, dans le v• siecle, le voyageur
cbinois Fa-He:i.n trouva le tiuddbisme la religion domi•
nante de J'Inde. Au vu• siecle, un autre Chinois (HwanThsang) la trouva déja une religion dégénérée. La richesse, l'ég&lt;&gt;'isme et l'hypocrisie l'avaient corromp11e. JI
en résulta une guerre CJJtre les Hindous et les brahmi·
nes. Les buddbistes, vainc11s et persécutés, se réfugic·
renta Ceyfan. Ceux qui mtcrent daos l'Hindostan
toujours, depuis cette rl~l'aite, été peu nombreux; ill
vivent encore aujourd'bui dans les austérités les plussé-!
veres et les plus monotoncs de la vie monaslique. OD
en compte dans toute l'Asie envirón trois millions.

~SR DU SRIGLl! GROSSIE (b¡
iT GRANDEUR NATUHFLLE a)

CHENILLE DE LA PHALENR EFFEUILU,¡TE

ºº'

ARISTIDE ME!lll,LE,
illEN.

OBÉLJSQUE.

(La suite prochainement )

TAURUU DE ll RACI! WEST-HIGHLAND (Voir page 398).

COSSUS GATE-B01S.

�398

L' 1LLUS'l'RATION, JOUílNAL UNlVERSEL.

L' ILLUSTRATlON , JOURNAL UNIVERSEL.

blage de petits traités saos ordre et saos lien, tandis qu'il
nous offre un tout ou les choses sout bien a leur place
IL.i ~ lFIL.lUf~ IIDl1ILIL~~
DAUBENTON.
et se rattachent naturellement les unes aux autres, comEN
La statue récemment inaugurée au jardín que possede me si elles étaieut l'reuvre d' un seul. Ce résultat surprela Société d'acclimatation au bois de Boulogne, est un nant n'est pas un des moindres mérites de la publicajuste hotmeur rendu a un des hommes les plus utiles, tion qui nous occupe, et quand on son ge aux efforts et RÉSERVEES AUX AilONNÉS DU JOURNAL L'ILLUSTRATIOX
les plus savants et les plus modestes a la fois dont la aux sacrifiees qu'il implique, on loue saos réserve ceux
France puisse s'honorer. Le dessin que publie aujour- qui se les sont imposés, en meme temps qu'on félicite
d'hui l'Illustration, do. au ciseau magistral de M. Godin, M. Joigneaux de les avoir obtenus.
Ce n'est pas en quelques lignes que nous pouvons
témoigne que l'artiste était digne de son héros.
donner
une idée de ce grand travail, oii l'on n'a rien
Daubenton, né a Montbard, en Bourgogne, en i7f6,
PAR M. JULES JANIN
omis
de
ce oo.\l importe de savoir daos une ferme et
est mort a la fin de t799, a \'a.ge de 83 ans, professeur
t mngoiftque 'l'olume royal in-4°. Paple,
d'bistoire naturelle au collége de France, membre du daos une maison de campagne: qualités nécessaires au
cultivateur
~t
a
la
ménagere,
étude
des
terrains,
engrais
extra-fin de Jeund'hcurs
Sénat. Son pere le destinait a l'état ecclésiastique. 11
de
diverses'sortes,
théorie
et
pratique
des
labours,
assai.vint a Paris, et,. au lieu de suivre les cours de théoloE Nl\,ICilI DE 453 GRAVUH 11S
gie, il se livra avec pasEion a l'étude de la médecine et nissement et défricbemcnt, constructions: ~oila pour le
BXÉCOTÉBS
particuliertment de l'ai:atomie. Apres avoir été re~u début; puis vient la culture des céréales, ou figurent néPAR L'IÍLITE DES GIIAVEORS ET DES DESSINATBORS
docteur aReims, il retourna aMontbard exer&lt;;er la pro - cessairement le ma'is et le riz, ainsi qu'une belle machine
a
moissonner;
celle
des
plantes
tubcrculeuses
avec
fession de médecin. Buffon était aussi de Montbard et
Splendidement relié
dos en maroquin du Levant, plaques en or fin
Daubenton était son ami d'enfance. Nommé intendant des considératious nouvelles sur la maladie des pommes
trimches dorées, gardes en moire
du Jardin du Roi, Buffon con~ut le plan du magnifique de terrc; celle des plantes racines, ou, pour la premiere
· ouvrage qui a illustré son nom; il songea aussitót au fois, nous voyons établir une distinction fort nette entre
( IMPRlllBRlE GÉNERALE DE
LAllURE)
jeune docteur de Montbard, lui fil donner la place de le cbou-navet, racine véritable, et le chou -rave, dont on
Prix : 35 fr. pour Paris
gardien-démonstrateur du cabinet d'histoire naturelle, n'utilise que le renflement de la tige. Les fourragesartificiels,
etnaturels
cultivés
pour
leurs
feuilles
et
leurs
ti
ges,
,
et
312
francs
pour l e s D é partemE;nts
qui devint, sous la direction de Daubenton, le premier
et
quelquefois
aussi
pour
leurs
graines,
cómme
le
pois
musée de l'univers, et associa son ancien camarade
au lieu de 125, prix de la hbrairie
a ses travaux: Daubenton se cbargea des détails de des- gris, occupent un.i large place daos le Livre de la Ferme, Adresser un mandat de 37 francs au directeur du
cri ption et des études anatomiques nécessités par ce~te et nous remarquons que l'attention du cultivateur est
journal, pour recevoir le volume, franc de porl, renvaste conception. Daubenton possédait, nous dit•on, les app_elée par de bons dessins sur les diverses graminées
fermé dans une boite en bois.
les
plus
recommandahles
:
paturin,
vulpin,
fétuque
élequalités 'indispensables pour ce genre d'étude: une
grande justesse d'esprit, une exaclitude rigoureuse et vée, etc., etc.
Les plantes industrielles diverses, en tres-grand nomune pa.tience a toute épreuve.
bre,
et les plantes nu\sibles, ont été l'objet de descripEn effet, '.la collaboration de Daubenton se reconnalt
&lt;EUVRES NOUVELLES DE GAVARNI.
tioos
d'une enctitude rigoureuse. Ces maticres intéresaisément dans les éditions d'ou elle n'a pas été enlevée,
Par -ci, par-la, et Physionomies parisiennes, splensantes constituent la premiere partie de l'ouvrage sous
et complete ainsi l'ceuvre cornmune aux deux savants.
dide
collection de ti O sujets, tirés sur chine par Lele
tilre
d'Agriculture
proprement
dite.
La
seconde
partie
Mais le titre le plus connu de Dauhenton a la recouest
consacrée
a
la
zootechnie
et
a
la
zoologie
agricole;
mercier
~ formant i 11agniMue volume grand in-4° colomnaissance du public fran~ais, e'est l'introduction en
bier,
relié
en m2roquiñ et doré sur tranches :
tout
ce
qui
a
trait
au
bétail
mérite
les
plus
grands
éloFrance de la race ovine espagnole de mérinos, sous
ges;
c'est
a
la
fois
l'ceuvre
d'écri,·ains
en
ren()m
et
de
10 Ir, AU LIBO DI J 10 fr.
Louis XVI. Ce fllt grace a ses soins que le troupeau
prospéra, et grace a ses conseils que la race se propa- dessinateurs habites, ainsi qu'on ·peut s'eo convaincre
5 fr. en sus pour l'envoi franco daos une cai~,
gea. La France lui doit done ses laines fines, c'est-a-dire par la figure du taureau de la race West,-Highland. Les pour la France continentale. Les souscripteur. de
une partie importante de sa richesse agricole. L'instrv.c- chapitres qui traitent des abeilles et des vers a soie sont l'Étranger devront le faire réclamer par leurs correstion pour les bergers, écrite par Daubenton, en i782, est pleins d'inléret; on lira également avec plai~ir et profit
pondants.
en~ore un chef-d'reuvre ou cultivateurs et agronomes le travail ou un habile entoroo:ogiste passe en revue les
insectes
nuisibles
et.utiles
dans
un
slyle
simple,
facile,
vont cbercher de sages et précieux enseignements.
Daubenton est done une des gloires de notre pays et soigneusement dégagé des expressions barbares qui héCOLLECTION COMPLETE
un bienfaiteur de la patrie ; a ce double titre, nous lui rissent d'habitude le vocabulaire des savants. Ajoutons
DES
devions une marque publique de respect et de recon- que les figures viennent en aide au texte et qu'elles ont
été bien exécutées; on en jugera d'ailleurs par celles de
OOUVRE&amp; SPEUUE&amp; POUR PIANO A DBUX IUINS
naissance.
DI
11 faut remercier la Société d'acclimatatiorí d'avoir l'oscine du seigle, de la courtíliere, de la phalene
acquitté, "is-a-vis de l'illustre naturaliste, la dette de la effeuillante, du cossus gate-bois.
BEETHOVEN, 111 OZART, WEBER , HAYDR
La troisieme partie du Livre de la Firme comprend
France.
V1cTOR BoRIE,
IT DI
l'arboriculture et l'horticulture. On ne saurait rien imaSEPT SONATES CHOISIES de CLEMENTI
giner de plus complet, de plus varié, de mieux illustré.
La vigne et ses produits occupenl, ajuste titre, la. place Colleetion allemande, annotée el dóiglée par le célebre profad
d'honneur; non-seulement les cépages ont été bien dé- · IIOSCllELl!S, formant U volumes de 168 pages ehacun, en moyeuae.
LE LlVRE DE LA FERME
terminés, les modes de culture bien enseignés, mais
Cette colleetion, que nous mettons en vente au prix
l'o'idium a élé aussi étudié avec une attention particude s, fr., au lieu de ioo fr. au moins qu'elle emite·
ET DES MAI,SONS DE CAMPAGNE (t).
1iere.' Viennent apres cela tous les arbres fruitiers de nos
rait,s'il en existait une édition fran~aise aussi parfaite,esl
Ce litre est celui d'une des publications les plus re- climals~ parmi lesq11els les pommiers et les poiriers sont réservée en prime au prix de 60 fr., et 50 fr. seule•
marquables de notre temps, par les sujets qu'elle em- assuremcnt en premiere ligne. On a eu l'excellente idée ment po11r ceux de nos abonnés qui en feront la de·
brasse, par les belles et lres-nombreuse3 gravures qui de figurer en regard de la description les meillcurs fruits maude avant le t5 janvier prochain.
les illustrent, par une impression irréprochable, et sur- .de chaque genre, et, sous ce rapport, le chapitre du poiComme pour le Gavarni, ajouter 5 fr. en sus pour
tout par une rédaction claire et presque toujours atta-• rier devi~nt un véritable musée d'au nous sortons la frais de port et d'emballage.
chante, meme dans les questions ou le public ne soup- poire Duchesse d' Angouléme.
~onne aucun attrait. Tout ce qui intéresse l'économie
Les arbres a cid re n'out pas été plus oubliés que les
l'Urale a été traité, dans le Livre de la Fe1,me, par des arbres des forets, et pour donner une satisfaetion légihommes spéciaux, forts de ce que la pratique leur a rn- time a tous les amateurs, il a été parlé aussi des arhustcs La France ancienne et moderne, par Mary Lafon, 1 beao •
in-8•. - Jérusalem et la terre sainte, par l'abbé G. D, •
seigné, surs de ce qu'ils avancent, et aussi heureux d'ornement, des pares et des serres. Un long et intéresvol. in-8•, Morizot éditeur, rue Séguier, n• 3.- Corresptll'
qu'on peut l'etre pour les explications théoriques daos sant chapitre a été atrecté a la culture potagere, mise a
dance de Nupoléon ¡er, publiée par ordre de Napoléon llli
l'état actuel des connaissances humaines. 11 est permis la portée des intelligences les moins exercées; nous y
16• volume. Pion édileur, rue Garanciere, 8.
de n'etre pas en tout et partout de !'avis des auteurs, avons ludes considérations tout a fait neuves en ce qui
rnais il uous parait difficile de les prendre en défaut sur concerne l¡s champignons; enfin, les plantes médiciComroen~ons par le plus pressé, par les publicatiolll
les points essentiels. Le gros inconvénient des livres en nales et la culture des fleurs completent ce~te troisieme illustrées. La France ancienne et moden1e, par M, Mll1
Lafon, se présente en un seul volume. Un volume PI"
collaboratiun, c'est de rnanquer d'ensemble, d'unité de partie.
vues, e'est de ressembler plus ou moins a ces encycloLa quatrierne embrasse, som la dénomination de con- faire tenir pres de dix-hµit siecles ! On ne dira pll
pédies ou cbacun Illarche asa maniere, sans s'inquiéter uaissances diverses, l'hygiene de l'homme, traitée de que M. Lafon abuse de la patience de son lecteur. Ad
de ceux qui suivent ou de ceux qui vont en avant. L'in- main de maitre, l'hygiene du bétail, lacomptabilité agri- ce livre, qui, du reste, est énorme, est-il plutóL un 11'
convénient a été prévu, et pour l'éviter, nuus ne dirons cole, la chasse, la peche et les re_cettes di verses._
bleau qu'un récit. L'auteur procede par résumés et af(f,
pas absolument, mais autant qu'on pouvaitraisounableLe Livre de la Ferme,. on le v01t, est une Ma1son rus- tant d'hábileté, qu'on est tout étonné de voir que
ment le désirer, Ja direction a du se roultiplier, tordre tique dans la plus large acception du mot. 11 aura plus entre daos sa narration , - le fait et l'idée. Le style
quelques résistauces, froisser quelques susceptibilités. Si \ qu'.u~ succes de l_ibr~irie, il aura un succes d'estime, ce vif. Ou sent que l'auteur s'efforce de courir pollt
cettc direction a'1ait monfré de la faiblesse et de l'.rré- qm n est pas a deda1gner non plus.
pas s'oublier aux petits détails. En somme, ce li
M. Mary Lafon, illustré de belles vignettes sur acier .
solution, le Lim·e de la Ferme n'etit été qu'un assemnos premiers artistes, es~ WJ vrai tour de force, U
~
11) C:bez Viclor ldasson, place rle l'École de Médecinr.
1

i ,rm~~~i~

PRIMES EXCEPTIONNELLES

LA RÉVOLUTIONFRAN~Al~E

en.

téresse, et l'on est tout étonné d'avoir franchi tant d'éiapes bistoriques saos avoir éprouvé la moindre fatiaue.
M. J'abbé G. D. est l'auteur de Jérusalem et la Terre
,ainte, un vol~me ou sont décrils, avec beancoup de
goiit et de vér1té, ces paysages célebres, ces scenes qui
sont daos l'imagination d~ tout le monde. De b~lles
gravures accompagnent également ce livre Jérusalem et
/a ferre sai~te. L'auteur, M. G. D., garde l'~nonyme, ou
plutót ne lme que la premiere leltre de son prénom et
de son nom; mais cela suffit pour qu'on reconnaisse en
tui un des prélats les plus éminents du clergé fran~ais.
Q~ant a ~a C?rr~spondance de Napoléon Je•, il n'est pas
de hvre qui so1t d un plus haut intéret. C'est l'bisloire
do Consulat_ et ~e _l'Empire écrile jour par jour par celuila meme qm fa1sa1t cette histoire. On reste confondu devant la prodigieuse activité de ce génie universel qui
prévoit tout, qui combine tout, qui embrasse tout. Nous
regrettons que l'espace 'ne nous permette pas de citer
quclque fragment de cette correspondance de .Napoléon
avec ses freres, avec ses généraux, avec ses ambassadeurs. L'homme apparatt tel qu'il est, sans pompe officielle, mais revétu de toute la splendeur du génie.
PIERRE PAGET.

c?m~arés entre eux : la vulcanite (caoutchouc), la dent
d ivoire (osanore); - rle l'influence des dents cariées
moyens de les conscrver; - les deux dentitions· - le~
~scla,es .d~s préjugés, a propos des dents artificieÍies;etude crtt1qu~ sur q_uelques dentistes contemporains.
To~~e crea~IOn ~u! con~titue un progres 4ans une bran-che d mdustrte merite d etre sianalée
et surtout si elle
0
est d'•une 1mportance
·
·
'
reelle
pour la santé
on ne 'saurait
trop 1~ recommander a l'attention du iuultc. Un des
p~odmts de la parfumerie dont l'utilité est aujourd'hui
ge.néraleme?~ reconnue, c'est sans contredit le vinaigre de
toil~tte Superieur de la maison Botot; ce vinaigre compose de s_ucs de plantes exotiques, possede le parfum le
~lu~ exqm~, et ses propriétés précieuses le rendent bientót
md1spensable aux personnes qui en adoptent l'usaae.
Qua~t aux ,dentifric_es, Eau, et Poudre de Botot, approuve,s par I Académie de Medecine et la commission
norom~e p~r .so.n Excellence le Ministre de I'lntérieur, la
perfe~l\On 1~mrutable de ces produits leur a valu la réputat10n urnverselle dont ils jouissent aJ. uste titre depu1·s
" 1e.
·
AotLE LEBARBIEn.
Plus d' un s1ec

1,E

DE

LA

MODE.

_Donner, a son début, l'adresse de la Teinturerie Europeenne, 26, boulevard Poissonniere au deuxieme étao-e
0
' ·
' daines; mais au-'
~''ta'l
e 1. re~dre un serieux
service aux
¡ourd h~ que pre~que toutes ont été aroeme d'apprécier
ses ad_m1rables te1~tures de taffetas et de moires antiques,_Je rappellera1 seulement qu'elle teint aussi les cacbem1res, et que la gaze de ChambérJ, rendue par elle
rose, ma~ve, etc., garde toute la fra1cheur du neuf.
La ~a1s~n Susse freres, 3i, place de la Bourse, vient
de fa1re I ouverture de son exposition générale des
elrennes. ~out ce que l'art et !'industrie ont produit de
plus parfa1t_ ~t de plus élégant en bronzes d'art pendales, f~nta~s1es _de ~~ut~ ébénisterie, papeLerie d; luxe,
maroq~mer!e, hbrame 1lll¼5trée et jouets d'enfants, se
lrouve réun,1 d~ns ces galer1es a la mode, lorsque l'on a
un cadeau a fa1re.
. P~ur faciliter le cboix de l'acheteu;, tout est marqué
a11r1x fi.xe et en chiffres connus.
Tout~. acquisition au-dessus de iO fr. donne le droit
de, cho1s1r, une des trois primes suivantes : un almanachb1Jou dore' o~ une carte enfantillage aquarelle' ou un
bon de portr~1_t en photographie. .
Pour les v1s1tes du jour de l'an, je ne puis trop recommander_ les ?ea~x et e~cellents,?ants de !fayer, 30,
m.e de la Pa_1x. Parm1 ses art1cles de fantaisie, on trouve a
la1~e le,cho1x de~_plus charmants cadeaux d'étrennes.
. U~e ~Lrenne d a propos, un cadeau utile et cbarmant
afa1re a une filie' a une sreur, a une épouse, c'est une
parure de fourrures. P~ur cette occru;ion, la fabrique de
!-Ourrures, 06, rue de Rtchelieu, met en vente le choix le
plo.s_beau et le plus complet de ces articles' qui, pour
íac1hter le choix de l'acheteur' sont marqués en chiITres
ronuus. C'est ainsi que nous avons vu dans cette maison
de confiance une parure' comprenant le col, le mancb~n et les manchettes, en vison d'Amérique, taxée au
\lrtl de 35 fr., au lieu de 80 fr., sa valeur réelle. D'autres
parares en ast~a~an ~ont offertes depuis 38 fr., au lieu
ír. Un_e d1mrnut1on aussi sensible que celle que je
~ cite ex1stant sur tous les produits vendus dans cette
lla1S00,_ explique l'affluence d'acheteurs qui s'y presse
cbaque ¡our.
!ien_ da ~lus gracieux que les chapea•u et coiffures de
1 Mel~n1e Percheron, 30, rue Vivienne. Le rang que
~ _ma1~0? ~onquis est du ala grace, a la distinctiou,
simphc1te r1che de ses créations se renouv~lant s2.ns
i:esse avec une prodigieuse imagination.
don~ ce temps d~ pluie ~t d'humidité, nous recomrnanetCo a nos lectr1ces le ¡upon multiforme de E. Rattier
, mp. (37, rue du Bac); c'est le seul qui se rétrécisse
1
,
dél 1onté, de fagon "'., ne pas gener
la marche par son
e1oppement.
,._~ Dar~ovill~, l'un_ de nos praticiens dont le cabinei
ltllabh ~ Par1s.deputs de longues années (actuellement
3
Scr1be), v1ent de pubher une brocb11re qui reu1\ i' les conse1ls les plus utiles a tous ceux qu'intéresse
~ene dentaire, aux gens du monde comme aux
.5 _classes de la société.
.!º~c•~estitresdes principaux chapitres de cet écrit: ils
llllorraités par ~. Darbo_~ille avec _une scfence qui fait
laetd té.~º. p~re11le mat1ere, et (llll n'exclut enrien la
Lese Iecr1vam de bonne compagnie :,
L. _dents au double point de vue de la santé et de la
-.:tOlé•
· cont1enl
·
,ro , ce ehap1lre
de {spirituelles remarques a
~es dents ~rtificielles; - la perte des rlents,
'-m ree success1vement chez l'homrne et chez la
e; - les divers systemes de dents artificielles

:so

.ª

'º

"'1:

~;é

DE

L.&amp;

MEB

temps : c'est l'ceuvre humoristique de Henri Monnier
les Scénes populaires, personnifiées par le type si conn~
de Joseph Prudhomme, illustrées pnr l'auteur de
qua~re-~mgts jolies vignettes. Ces tableaux animés de
la v1e reelle, d'une gaieté entraina.nte et communicative
~ont u~ v~ritabl_e spectacle dans un fauteuil, spectacl;
a la fo1s recréat1f et des plus variés. Ce beau volume de
640 pages, tres-bien relié, se vend to fr.
'
La_ Gazette des ~bonnes, ~ublication de luxe illustrée,
para1ssant deux fo1s par mo1s, est envoyée gratuitement
a toutes les personnes qui chargent M. de Villemessant
de prendre leurs abonnements aux journaux de Paris
pourvu que le m,ont_ant .~'un abonnement ou de plusieur~
a~onnements reums s eleve au moins ·a l5 francs par
tnmestre.
Adresser les mandats a l'ordre de M. de Villemessant
i 4, rue Grange-Bateliere, a París.
'

~i~rairie V. MAssoN. - Maladies de l'estomac, t vol.,
pr1x ._3 fr., par le docteur CARNET, roédecin consultant
a Par1s et a V1chy.
'
______
., ~-.;J!b,"'3o1-&lt;_,_ _ _ __

Dl~CBtPTlON, VII 8.T MO&amp;lJRS

DES

COURRIER

MONDE

399

PLANTES ET DES ANIMA UX J\IARLJ.'iS

380,000 FRANCS A G.\GNER.

par Alrred Fredol.

UN TIRA.GE DÉFINITIF POUB LES ÉTBENNES,

Un. magnifique volume in-8 jésus, ill ustré de2 I pl:mehes
TlllAGE DE LA LOTERIE MUNIClPALE DE SAINT·CLOUD.
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35 fr. - Liurairie de L. Hachette et é•.
,, A_ndelys, - adres_ser ( mandat de poste ou timhres-po~te)
~ la vue de cette immense masse d'eau qui couvre les Cm_q francs ~u dtrecteur du Bureau-Exactitude rur Ritro1_s quarts de la surface de la terre, on est tenté de vo~1, 68, Pans. - 0.n participe a toutes les ch~nces de
cro1~e que le globe a été créé . surtout pour les etres gam des t,068 lots. ~Gros lots to0,000, -50,000 fr.)
marms.
~
, P~rtout les mers sont peuplées, partout les rives de
1ocean ~t de ses pro~o?~eurs, se~ pJaines et ses montagnes,
INCKNDIK DE LA IIANUVACTURE ROYAL&amp; DES TABACS
ses vallees et ses prec1p1ces, meme ses ruines sont auimés
et embellis par des étres innombrables. '
A Madrid.
Ce sont d'abord des plantes solitaircs ou sociales
dre~sées ou penda_ntes, établies en prairies, groupées e~
AfJ Dif\ECTEUI\,
oasis ou rassemblees en immenses foréts.
.Madrid, 6 décerubre.
. Ces plan_tes protégent et nourrissent des millions d'arn~a.ux r¡m rampent, qui courent, qui nagent, qui volent,
Hie: matin, 5 décembre, le tocsin soirnait dans tous les
qui s enfoncent dans le sable, s'attachent a des rochers,
quartters
de Madrid: le feu venait d'éclater a la manuse !ogent daos des crevasses o.u se construisent des abrís,
fac~u~e
de~
tabacs., et, avant que les secours ne fussent
qm se recherchent ou se fwent, s·e poursuivent ou se
b~~t.ent, se caressent avec aroour ou se dévorent sans arn_ves, . e est-a-d1re en rnoins.d'un quart d'heure, ¡¡
pille.
a~a1t pns des proportions effrayantes. Les autorit~s ciL'eau, qui est l'éléroent de l'asphyxie et de la mort v~l~s e~ militaires, les directeurs de l'établissement,
est done, ponr des millions d'animaux un élément d; dm?eaient les efforts des tra.vailleurs. Les régiments
vie et de santé.
'
el~ hgne, deux bataillons de cbasseurs, les soldats du aéC'e~t ce mond.e merveilleux qui nous e~t décrit par
n.1e, la gar~e ~ivile, rivalisaient d'ardeur avec les po~A. Fredol avec sc1ence et poésie. L'auteur expose le développement et les métamorphoses des elres leurs ruses p1ers de_s d1str1cts et ceux des compagnies d'assurances,
e~ leur industrie, lenrs combats et leurs ai'nours. 11 in- et, tand1s que les uns cherchaient a sauver une partie
siste sur les produits de la mer, sur l'abondance de ses des tabacs en. magasin, a mettre a l'abri des flammes
une partie ~u mobilier des directeurs et employés habifruits, sur l'utilité de sa culture.
, Cette histoire naturelle de la mer, muvre posthume tant la_ fabrique, les autres, stimulés par leurs officiers,
d un savant dont 1.a trop courte carriere a été consacrée monta1ent sur les toits, pénétraient dans les salles enaux plu~ sé:ie~ses spéculations de la science, est splen-• flammées pour attaquer le dangereux élément dans son
d1dement ed1le. De nombreuses vignettes, intercalées f?yer meme. Malgré . tous les efforts, il a été imposda_ns le texte, et de magnifiques gravures coloriées s1ble de se rendre maitre de !'incendie, et a dix
pe1gnent aux yeux et daos tout leur éclat les plantes de
he~res du matin, moment ou j'ai pu arriver ·jusla mer, des buissons de corail, des touffes d'anémoues
qu
aux abord~ de la_ manufacture et prendre rapidedes vers marips aux couleurs de l'arc-en-ciel ou donnen~
dans toute leur vérité la chasse au poulpe géant pres de ment le eroqms que Je vous envoie, toutes les fenetres
aia_dere, la peche a' la tortue, le combat des morses au de la partie Est vomissaient de tels torrents de flammes
q~e leurs grilles étaient aussi rouges que si elles sorSp1tzberg, cte.
Le Monde de lamer, reuvre d'académicien fiaure dans la1en\d~s fom:n~aux d'une forge; la fa~ade nord, celle
les bibliotheques des savants et sur les tabl;s d°es salons que J a1 dessmee, présentait l'aspect terrifiant d'un
?,n ne saur~it ?onner tout ~ la ~ois un livre édité plu~ volean.
11chement, ecr!t avec plus d esprit et de variété, et préAu milieu de l'ardeur silencieuse déployée par chasentant un mterét plus attachant et plus instruclif.
cun, un sourd murmure annon~ait de loin un accident
GEORGES STENNE,
ou un ~ heur ; _bientót~ en etfet, du sei·n de la fu~ée,
appara1ss. 1t un tr1.ste cortége, soutenant un blessé, portant un 1;1for_tu_ne sans connaissance. Tout a coup, un
L'éditeur Deny1 a publié, cetle année, deux splendides craquemcnt sm1stre se fait entendre et des cris d'effroi
volumes pour etrennes que nous ne saurions trop re no_us remphssent de terreur: une longue colonne de fucommander. C'est d'abord le Panthéon des hommes utiles- mee, d_e ilammes et de cendres annonce que les plapar MM. Hippolyte Lucas et Gustave Chadeuil. Ce su: f~?ds _v,~nnent de s'écrouler, entrainant dans leur chute
pe~be volu~e, illustré de magnifiques gravures sur d m_trep1des soldats du génie que l'ardeur au travail
ac!e~, cont1ent plus de cinquante biographies des célé- ava1t trop longtemps retenus daos ce poste périlleux.
b~1tes .de tous les, pays qui se sont fait un nom comme
Par.un .bonbeur providentiel, le plancher sur lequel
b1enfa1t~urs de 1humanité et comme conquérants de
se
trouva1ent les militaires manquant sous Jeurs pieds
notre b1~n-etre. Ce s~perbe volume, qui ne coute que
12 fr., r1cbe~ent rehe en chagrín, est le plus beau assez lentement, leur avait donué le temps de fuir mais
et le pl 1Js ut1le cadeau qu'on puisse faire a des je1mes aveuglés par la fumée acre des tabacs en feu, trois d'entre
g~n~. - Le second volume est tout a fait un livre de eux tomberent évanouis, et de prompls secours purent
bibliotheque dont la réputation est faite depuis long- seuls les rappeler a la vie.

�L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

400

lNC&amp;NDl.8 DB LA .MANUFACTURE UR TAHAC.S, A MADR1D, -

D'apres un croqui1 de 11. le ,icomte oe Uu. •
1

L'incendie s'était propagé avec une telle rapidité, qu'a
six henres et demie les quatre faces des deux cours du
Nord brtilaient a la fois, et les eiforls des travailleurs
durent tendre a préserver le reste de l'immense para!-

•

-----~"~~-o..c----ÉCHECS,
PROBWE

Nº {8{,

PAR

M. H.

LEDNER,

tristes réllexions sur les pauvres ouvrieres, au nombre
lélogramme qui compose \'ensemble de la manufacture.
de trois roille, qui étaient occupées aux travaux des taDaos l'ane des dépendances, du coté de l'ouest, un
bacs et trouvaient la un moyen assuré de gagner leor
garde civil nommé Francisco Roncéros Sanchcz, occupé
Vt• Loms DE O.u.
asauver une partie du mobilier, voit touta coap la por.te pain quotidien.
d'entrée envahie par les flammes, le plancher miné laisse
.,-----échapper des torrents de ·fumée; en vain il cherche a
R.ÉBUS.
s'ouvrir un passage, i1 ne lui reste d'autre issue que la
fenétre ; i1 s'y élance, mais une grille s'oppose a sonsalut ; il appelle au secours, ses cris sont entendus, mais
t-0us les efforts du dehors sont impuissants a arracher
les barreaux auxquels il se cramponne; a la famée
succedent les flammes; i1 va périr, lorsqu'un lieutenant de son régiment a l'benreuse idée de lui faire
passer le tuyau d'une pompe, a l'aide duque\ il combat
les progres trop rapides de l'élément envahisseur el
donne a ses compagnons le temps d&amp; pratiquer daos le
mur de briques une ouverture par laquelle on pcut enfin
le sauver.
.
Un moment on avait espéré que le feu ne se communiquerait pas aux caves votitées dans lesquelles étaieot
renfermées de grandes quantités de tabac en feuilles,
des caisses pleines de cigares et de paquets fabriqués,
mais 011 reconnut bien vite qu'il n'y avait aucuo moyen
ElllJCATION DU DERNJEll Rtl!US.
de les préserver, et, en moins d'une heure, cts immenses
cryptes dont les soupiraux donnaient auras des cours et
Aimer el luller, ,oila les deux grandes nécessilés dela•
des rues adjacentes, ne présentaient plus qu'une immen&amp;e
~
et rouge fournaise, qui brule encore au moment ouj'écris
SOLUTIONS EXACTES nu PROBLtME Nº i80.
ces lignes.
Café suisse, boulevard de Sébaslopol; D. Thionville,
Malgré tous les bruits qui coureut, on ne sait pasencore a quelle cause attribuer ce funeste accident, favo- Frau, Cercle des Échecs, de Liége ¡ capitaine Charou~
Generes-Sourvillé, Rombaut, Cercle Laborie, de Pe~
risé par la na~ure mcme des matériaux entassés dans la Stiennon,
de Meurs; Ed. de Vaucelle; Cercle de CháJnWlli
manufacture, et qui, saos les secours prompts et effi· J. Planche, A. Besset, de Nimes; G. Naudel, Fischer et
caces qui ont été apportés a l'envi, aurait pu prendre pond ; Cercle de Montreuil sur mer; L. Lefrancq; Cal
Grand-Balcon, a Vincennes; G. K., H. Frau, L.
des proportions incalculables.
Damolle, Café Obozinski. a Maubeuge; Cercle de
On assure que la plus grande part1e des tabacs brulés A.
ville-sur-Sa6ne; Cercle de l'Union, aSaint-Georges-sur-Lailll
appartenait a M. Campo, adjudicataire d'une portion Roustan, A. Melfre.
des fournitures a faire a l'État, et que ces tabacs étaient
assurés, tandis que l'étahlissement de la manufacture ne
AuG. M.ARc, airecteur-gérant.
J'était pas lui-meme, car, pour une raison que nous ne
EDK.
Tnml, rédacteur en chef.
pouvons comprendre, l'État n'a pas un seul monument
public d'assuré.
Ce matio, la manufacture était entourée d'une popuImp. de L' ILLUSTRATIO;--;, A. ~tare,
lation immense, a peine contenue par de nombreux piU, rue de Vel'fleuil.
quets de garde civile, et de tous les groupes sortaient de

----~..

Le

r..:

Les blancs font mat en trois coups,
SOLCTION DU PkOBL~YE Nº

{80,

Noir1.
t.D5cD
ad /ibitum.

B/ancs.
1, De C R

2. C3• 'e R

3. D donne mat,
VARI.U."IE.

2. C 3 R
3. Dame

i.F5cD
2. F pr C
a la case dufou du roi fait mat.
AUTRE VA.RJANTE,

Blancs.
t. De C R
2. D 5 F D

3. C e F O fail mal.

Noirs.
i. D 3 CD
2. U pr U

fo
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tri

lio

les
do

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De

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�</text>
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                <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores</text>
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L'ILLUSTRATION,
lOUBRAL Ul'IVEBSBL.

22e ANNÉE. VOL. XLIV.

Direction, Rédaction, Administration :

r.- les communications relativos au journal, réclamations, demandet
de changements d'adresse , doivent etre adressees (r/1JU!o a
M. A.UG. MARC, DfflECl'EUR•GÉRA.NT.
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Allonuements pour París et les Déparlements :

ff 37.

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L'administration ne ripond pas des manamits et ne s'engage ¡amais ales insirot.
Vu ks traitd, la lraduction et la reproduction i l'élrange.r sont 1nlerdite&amp;.

BUREAUX: RUE lUCHELrEU·, 60.

Gravures: Uniformes de la brigade auslro-mexicaine. -

SOMMAIRE.
-.;pde austro-mexicaioe. - Revue polilique de la semaioe. - L'Avelir et la Bonaparte. - Courrier de Paris. - Correspoodaoce des
Dall-Unis. -

Chronique musicale. - Correspondance. - La nouGazette du Palais. - Les Lilas bienes
(lonelle) suite. - Le musée de Montpellier. - Kazan. - Le Tour
le lome. - Bistoire des plantes.

'lelle capitale de l'ltalie. -

¡

,

M. le comte
de llensdortf-Pomlly, ministre des atfoires étrangeres, en Autriche.
- Correspor..dance des Étali-Unis l 4 gravures). - Palais de l'Exposition interoalionale des arts et de l'iodustri•, a Dublio. - Cbapitte
anouel de l'ordre de Charles 111, tenu daos la thnpelle royalP., a Madrid, - La Bible populairt l 3 gran res). - Le musée de Montpellier (3 grnures). - Hifloire des plantes (l O gravures). Rébus.

S moi•, 9 fr. ; - 6 moi.s, 18 fr.; - unan, 36 fr.; - le oumóre, ,..,
la collection meosuelle, 3 fr. ; le volume semestriel, 18 fr.
ABONNEMENT8 POUR L'ÉTRANGER t
Momea pnx ; plus les droits de poste, suivant les tarifa,

Les abono. parteot d11 t•r no de cbaque moia.

BRIGADE AUSTRO·MEXICAINE.

La brigade autrichienne au service du Mexique, teute
composée de volontaires et dont une partie s'est déja embarquée a Trieste, est placée sous les ordres du général
comte Franz Thum et du lieutenant--colonel Zach. Elle
est organisée d'apres le systeme autrichien.

ur poutli
l écbl!C al

1 problellf

-

--

UNIFORMES DE LA BRIGADE AUSTRO-MEXICAJl'IE.

re,

Olficiers d'artillerie,

Cbirur¡ien en chef.

Hulana.

Olficier de busiards.

Oíficier de cbaaieurs.

Huisard.

Clairon, Offic'er supérieur. €líficicr en 1en~e da eamp•f(De,

Chasscur.

�370

..

L'J LLUSTRATION, JOURNAL UNIVEHSEL.

L' lLLUSTRATlON, JOURNAL UNIV~RSEL.

bourg, il re~ut le command~ment su~é:ieur de Banat.
Nous ne savons si la vie politique se réveille dans notre
Depuis i 862, il se tro11va1t en Galiic1e, dont il était
Pour l'équipement aes tru11pes, on a dü preo~re en pays; mais, dans tous les cas, ce ne sont _pa_s les cano-ouverneur
général.
considération la uature du climat et du pays o~ cette . didats qui _manquent daus la circonscr1ptt?n ?e la 0
11
fil
ré11ner
la tranquillité daos l~ province, en em.
brigade est appelée aservir. Les uniformes sont stmples Charentc-Infrrieure qui va bientót élire un depute. On
ployant
s~rtout
la douceur, de préférence a ~a violence.
et commodes a porter.
cite MM. Paul Belhmont, de Senneville, Renaud} _un
n est marié avec la comtesse Alexandrme de DieLes chasseurs ont le pantalon rouge, des guétres de vice-amiral; M. Lugeol; un contre-amiral, M. G~er,'n;
cuir, la blouse bieue, le sombrero gris avec plu~e de coq un général, M. Chardonneau; un insµectenr gcner~I tricbstein.
Nous donnons aussi une vue des batiments de l'expo.
noire· ilssontarmés d' une carabine avecsabre-\Ja1ono~tte. des prisons, M. Lothmeyer; trois membres du co?seil
Le; ofliciers portent a leur coi!Iure des plumes d au-- aénéral : MU. Gabiou, avocat; Omer Charlet, pemtre silion internationale de \'industrie et. des bealll-arts,
truche grises; ils ont une ceinture vert, rouge et ar~ent, d'histoire • Normand, ancien juge de paix; un introduc- qui doit s'ouvrir, en m:ü i8~5, a Dublm..
Ce vaste batiment, quin aura pas m01ns de 150,000
, avec plaque aux armes impériales, et soot tous armes de teur des ;mbassadeurs' M. Delajus; en tout, onze caupieds de superficie, est constmit_dans le ~!us beau quarre vol vers.
,
.
,
didats, saos compter M. Eruest Baroche, et M. Duf~ure,
Les chasseurs, la troupe de ligne, l état-~aJO~ n ont qui n'a pas encore déclaré nettement s'il se presen- tier de la ville, avec les fonds d une socteté par actlons
et d'apres les plans de M, Jo~~s, architecte _distingué.
pas le col militaire, mais une cravate de satm ~01r.
On recevra a cette expositwn les prodmts de tona les
terait.
blº
.
Daos la troupe de ligne, la plume de la co1ffure est
La Ga;.ette officielle de Turin contient la pu icat1on pa.ys. Les exposants jouiront gratis de l'espace qui leur
blanche · elle est rouge daos l'artillerie.
des listes des communes qui ont voté le pa~ement ~nLes h~ssards ont \'uniforme hongrois, culotte rouge, ticipé de l'impot foncier de l.865, des députatwos .~rovm- sera accordé.
Les objets destinés a la vente d_evront en porter l'indolmau bleu foncé, brandebourgs d'a.rgent, sa~re au- ciales qui s'eogagent pour les communes hors d etat _de
dication. Cinq pour cent sur le pr1x de vente seront retrichien et pistolets d'ar~on; leur coiffure est gr1se avec faire cette avance, et des syodics ou des simples propr1étenus par la société.
.
.
,
plumes d'aigle noire.
.
. taires qui o([rent de payer _perso~oell~men~ pour le
La troisieme gravure represente 16 chap1tre de l ordre
Les hullas ont le pantalon vert fooce avec passep01l compte des contribuables don\ la s1tuat1on n est_ pas en
de Charles III. Chaque année, le 7 décembre, dan~ la
rouge et la bolle de cavalerie. Leur coilfure {konfrederata)" rapport avec le patriotisme. Partout le m~me elan, ~e
chapelle royal e de Madrid, ce chapitre se réunit soos la
est blanche, avec plumes d'aigle comme les hussards.
meme dévouemeot a la cause national_e. Comme. le fa1- présidence de LL. MM. C'est pendant cetle cérémonie
PIERRE PAGET.
1. t remarquer deroierement les feu1lles aogla1ses, oo que se fait l'investiture des nouveaux membres de
sdª .:ºt t atteodre d'un peuple qui entend ainsi la solida01 ou
. .
' l'A t . h l'ordre .
·t , l'uoioo les devoirs du patr1ot1sme; auss1 u r1c e
Le secrétaire donne lecture des statuts aux nouvea111
r1 e,
'
d . ,
tac
commence-t-elle a compreodre que ?es estrnees son - membres, qui jurent de les ohserver, et qu! ~ont enREYTIE POLITIQUE DE LA SEMAINE.
complics en ltalie. On assure que M. de Ba~h, ~?1bassa- suite présentés a la reine par le grand patriarche des
deur d' Autriche a.Ro me, insiste aupres du samt-s1e~e i·our
L'événement de la semaine a été le proces dit des amener une transaction avec le gouvernement ita ien._ lndes.
Le costume des mem)&gt;res de l'ordre de Charles lll se
Treize. bes avocats les plus célebres, ceux qu'oo. appelle Espérons que le cabíoet de Vienne ne tar_dera pas .auss1 compose d'uu grand manteau en soie bleue orné d'éles princes du barreau, ont pris la ~arole _dans cett~ af- a compreJidre la nécessité d'une transaction au suJet de
toiles d'argent.
.
· qui a vivement occupé I attent1on, publique.
raire,
p· d la Vénétie.
L'ordre de Charles m (u'abord duc de Parme, putJ
.
MM. Berryer, Dufaure, Crémieux, Hébert, Grev!,. icar '
On sait que le transport de la capitale a Florence do1t roi des Deux-Sicilcs' et en fin roí d'Espa?oe) fut e~
Jules Favre, etc. Le proooncé d~ jugement ava1t eté re~- étre précédé du vote d'u~e l~i ~-u~ification de ,toutes les
par lui, le t 9 septembre i771' en souv~mr de la ~aisvoyé aú mercredi suivant : ce Jugement, on le conna1t législations qui ont survecu a I umlé. ~fi? ~e ~ eot_eo~re sance de son fils Cha.rles-Clément. Aboh en 1808, il fnt
aujourd'hui. et il confirme la sentence rendue par les sur cette mesure, les députés de la maJor1t_e, e est-a-dire rétabli en l.814. C'est un ordre spécial a la-ooblesse espremiers ju~es, qui condamne les préven~s en_500 francs presque tous les députés qui ont voté la 101. su: 1~ tra~s- pagnole et étrangere. 1l se divise en deux ~lasses: les
d'amende. Nous nous abslenons de toute reflex10n.
.
port de la capitale a Florence, se sont reums a Turm. grand'croix, soixante, en plus du souv~ram et de la
Nous avons signalé, la semaíne derniere, l'excel~ente La premicre réunion de l'assemblée él~it coi_nposée d'une famille royale, et deux cents membres qui touchent une
mesure prise par le ministre de l'instructiou pubhq,ue, éentaine de membres environ. M. R'.casoh a _spoot~n~pension de 375 ducats.
qui vient de simplifier les éprcuves du bac~alaureat. ment déclaré que l'unification des 1_01&amp; orgao~q_ues eta1t
EDMOND T.EXIEII.
M. Duruy a également rendu obligat~ire l'et~de des une nécessité pour toute l'ltalie, ma1s plus speciale¡nen~
laogues vivantes dans les colléges' et e est .u~e rnno_va- encore pour la Toscane. M. Ricasoli a également ~x_horte
tion a laquelle nous applaudisso?_s. Un a_rrete _tl_u mem_e les députés présents a avoir confiance daos le mmisl~re
· · tre a décidé q11e le cours d econom1e poht1que
fa1t
mmts
,
. actuel. M. R.a.tazzi a parlé daos Je meme seos et a IIl ·
L'AVENIR ET LES IlONAPARTE.
·e
de
l'enseianement
de
la
troisieme
annee;
ma1s
. t' comme M. fücasoli sur la nécessité de donner au
part1
e
,.
l d d .
SIS e,
'
\
.
des scenes regrettables ayant eu lieu a l Eco e e. ro1t' ministcre la faculté de metlre en vigueur les o1s orgaUn volume in-8•, par Charles Duveyrier•
.1 ' té décidé qu'on ne sera provisoire:nent adm1s a ce
i a e
d' . d.
d niques.
..
•
t
cours que sur la pr-ésentation d_'une carte . _etu iant. ~
Cette union des pa.rtis, si désirable, s1 impatte,mmen
Un livre vient de paraitre, l'Avenir et les Bonapart~,qui•
troisieme ou de qualricme annee. Cet arrele est motive atteudue par les amis de l'Italie, puisera sa ~uree et sa
a
quelque point de vue qu'on le juge, est appele a_on
i º sur les dimensions de la salle ou se fa1t le cours fa- stabilité daos les conditions except1onoelles ou se trouve
rand retentissernent. L'auteur, M. Charl~s Du;~yner,
cultatif d'économie politiquc : cette salle ne peut conaujourd'hui le pays.
.
.
~e placant en dehors de la sphere des part_1s, et s elevan!
. que six cents auditeurs, et deux mi lle personoes
Les vacan ces du parlement angla.is ne sont pas les v_a- dans 1~ pur éther des idées générales, _e1amrne sous ton~
•
.se.
t ernr
sont présentées pour etre ad mises;:º s_ur 1a ue~~ss1te cances parlementaires; on pron~n.ce be~uc~up de d1sses faces la situation présente. 11 vo1t un nouvel emp~
d'assurer successivement a tous les etu~1ant.s de I Ecole
. se fon de et il se demande si les bases de ce~ empire
cours, en ce mo ment, de l'autre cote du
. detro1t. Lesban,
de droit le bénéfice régulier de cet ense1gnement' et de quets remplaceront Westminster. Au lieu de parler a se~
~:~oseut sur' un terrain solide; il croit a \'avemr et a~
pourvoir en meme temps au maintien de l'ordre., ,
• es le député s'adresse a ses commeltants. Parm1 Bonaparte, mais a la condition que les_Bonaparte m~es
11 egu
'
·1
elu·
Nous trouvons juste et naturel que ~e c~urs d econ~- co
les discours des députés britanniq~es, nous c1 ~ron~cr·~ i
'un pied sur vers \'avenir; tout le hvre de )l. Char.
mie pol1tique soit obligatoire pour les etud1auts de tro1- de M. Layard, sous-secrétaire d'Etat au Foreian- ,~ce. ebentd
. . . d
ttepensee
sieme et ue quatriéme année; mais l'empress~ment té- M. Layard, en son noru et au nom de _lord_ Russell, s est Ouveyrier est contenu, pour a10s1 d1re, ~o~ ce d ·ec1e
de Napoléon 1lI: &lt;&lt; Marchez en avant des i~ees nsi~
moigné par le public en faveur du ~ouvel_ ense1gnement appliqué a démontrer que pour avo;r fa1t des remonelles vous soutienneot; marchez a leur smte' elles nt.,
e1igeait plutót un changement de d1menswns de la salle trances et plaidé la cause du droit ~ontre la force' sans
entrainent; marchez contre elles, elles vous renverse ar
u·une modi fication daos la nature meme du cours. . les appuyer d'une intervention arrnee, la ~raude-B~eta~
Nous n'avons malheureusei:nent ~as ass~z _de pla~~•~
q Dans une "rande ville comme Pans'
· ou· l' economi
'
e
gne n'avait rien perdu de son prest1ge; e est un po1~t a analyser, comme il le méritera1t, ce hvre orig10al, pe~
pohtique pet~t etre utile a tant de gen~' et ou tant de
.
11 a en outre déclaré que le chefdu Fne1gn- d' dont l'applicatioo de quelques-unes est pe~eat
,
,
.
''t
uous nous exammer.
Office n'avaitricn entrepris, dans cette aílalfe, sa~s se re
~M, en ef""t
~, s'intéressent a celle sc1cnce,
.
ene~eslable mais ou l'on sent circuler le souffte . J.
félicitons de voir l'étudiant et le pubhc se parlager le préalablerneut concerté avec les ca\Jinets de Par1s et _de Co
. n,est po1n
·tunenneDlluo
. M' Charles DuYeyrier
,..,d
bénéfice de l'enseignement. C'eut éte une b?nne chose Saint-Pétersbourg. Heureuse l'Angleterr~, dan~ ces cir- de la ful · ·
·
t c'est r-··
la dynastie nouvelle, tout au contra1~e, e
le
l'ét•1diant pour le public et pour le ma1tre, que ce constaoces délicates, d'avoir eu a sa tete de~ ~om~es
pour
'
.
, el
,
qu'il voudrait qu'elle prit de fortes racmes da~:. :
partage. Le haut enseignement perd touJ~urs ~ ~e se- fermes inaccessihles aux mesquines cons_tderatJons
qtt'il a tracé, saos se lai~ser arréter p~r des cons;oera ae
paré .. on ne tartlera pas a s'en apercev01r. N.est-tl
, pas d"hoon'eur et d'humanité, incapables de_ ceder_ a un d'un ordre secondaire, les grandes h?nes du P,.
1
reo-rettable que l'un des rares établissemen~ ou on ~n- mouvement d'entraioement pour les Dano1_s et les Polou'il soumet au puhlic. Toute dynast1e, pour si•~ tonda·
e
~ Paris l'économie politíque, ne s01t access1ble
.
1 1 . bé' : deux o1s ª'
. o.• une eo-uerre ruineuse contre les pmssances alle- q
se1gne, &lt;1
,
•
•
l'E. ¡ d oa1s,
daos les esprits, do1t, se on ~1, .º ir a
. que sur la présentation d'une ioscr1pt1ou a •cu e e
mandes et la Russie !
mentales: elle doit avoir u_n ideal et un fr,ein, leteJ'l'8 el
Daos les gravures du présent numéro, ~ous donno~s le Gui\laume IJl prit possess1on du treme d Ang réSell'
droit?
.
l' d Il t
On fait valoir la nécessite de mallllernr or re. es porlrait du nouveau ministre des affa1res étrangeres
fonda la dyoastie de Hanovre, il se _trouva e~ ~l. el
bien vrai qu'il y a eu, ces jours deruiers' ~uelq~e ta- d'Autriche qui succede a M. de Reichberg. M. le comte
' ne aristocratie dont il fallait consohder les priVI ~..t
page : on a crié, on a ri, on a méme cha~te ! ma1s t??t de Mensdo~íl-Pouilly est le fils d'une duchesse de Saxe- d u
·¡ f ll .t donner une I'"""
d'une bourgeoisie a laquelle i a ~1 ,
e o'il j,
cela n'aurait pasten u' tout cela se sera1t vite ~~a1se.
Cobourg-SaaHeld.
.
plus large d'iofluen_ce et d~ pouvo1r; e e:t ~sit~nr.ill
L'importance et l'utililé du nouveau ·co_urs cree rr
Né le 4 aout i8i3, a l'age de seize aos il entra1t dans Rassurer l'aristocrat1e, en 1~1 conserv_~t s p I fnt l'id#
M. Duruy auraient bientot paru au grand J?ur. ºº,:; eSt
b ·11 t a Co et aider la bourgeoisie a faire sa pos1t1on, te ~
trop promptement efi'rayé de quelque_s ~r1s? et_ 1on a l'armée.
En i843, il accomplit un fait d'armes _r1 an
- dynastique de Guillaume d'?raoge et d~ s~\: &amp;8_,¡,j
pris une mesure qui témoigne d'une irr1tat1on muttle. morn; re~ut, en i850, 1~ gr~de de maj~r-genéra.1, et fu~
L'Angleterre, si bien compnse dans ses ~nter 'eu¡,W,
La jeunesse a l'ine~tim~hle av~_ntage_ d'etr~ laje~esse; chargé ensuite de misstons importantes _pour_ le S~hles- vivre daos la personne de son souveram. Un p
elle est pleine de v1vac1té et d impauence . ce n est pas v,ig .. Holstein. Nommé ambassadeur a Samt-Peters
dans ses défauts qu'il faut !'imitar.

8;:w

Q_.

,oit ses intérets pour ainsi dire identifiés daos son prince
n'a pas de peine a etre layaliste.
Que! est, selon M. Charles Duveyrier, l'idéal dynastíque des Bon aparte? La noblesse n'existe plus, les monopoles, les priviléges, tout cela a été emporté par le coup
de veot de i789. JI ne reste en face de l'Empereur
Napoléon Jll que la bourgeoisie dont la position est faite,
et le peuple dont la position esta faire. - La bourgcoisie
en France tient la place occupéci par l'aristocratie daos
l'établissemeot de la dyoastie de Hanovre, c'e~t le peuple qui est l'élément en progres, c'est luí qu'il faut, sans
porter alteinte aux intérets de la classe arrivée, appeler ala vie poli tique et sociale, par l'iostruction, par la
liberté, par l'association, par des mesures a preodre qni
le conduiraient au bien-étre. M. Duveyrier énumere
longuement ces mesures, sur lesquelles nousne pouvons
insister, parce que la place nous manque, mais elles
prouvent que l'auteur est un homme de creur qui a
longtemps interrogé le spbinx social. Le livre de M.'
Duveyrier a des entrailles, c'est le plus bel éloge qu'oo
poisse faire d'un ouvrage politique.
Apres avoir montré que! est l'idéal dyoastique, l'auteor propose comme frein le régime parlementaire, &lt;(élémeot le pi us actif du renversement ou de la coosolidation
destrones. » Selon que le souverain marche ou ne marche pas au pas des idées et des iotéréts de la nation. Le
(rein cst nécessaire a tou( pouYoir humaio, autrement
le pouvoir le plus légitime, animé des intentions les meilleures, s'exagerc et sort de la voie. Les exemples ne
manquent pas a l'appui ~e cette vérité : quand nous ne
citerions que les successeurs d'Auguste !
Telle est, non pas résumée, mais a peine indiquée, la
pensée-mere de ce livrevraiment intéressaot, et j'ajouterai passionnaot, pour tons ceux que préoccupe le grand
probleme politique et social. Nous ne savons comment
il sera accueilli par le monde officiel, mais il n'est pas
besoin d'elre prophete pour annoncer qu'il produira une
profonde sensation daos le public.
EDMOND TEXlER.

COIJBRIEB DE P&amp;B18.

Les bulles Chaumont de ra··1nii;. - Le dessus et le des&amp;0118 de Paris. - L'¡;gout a ·ruer et l'égout d'aujourd·hui. En wago11 et en bateau. - Ce qui manque aux égouts. Visile au général Tom• Pouce et a sa famille.- Les bouquels de M. Karr et l'herie oux tu,·quoises. - Mise a la
relraite d'Alexandre, d'Argine et d llector.

J'ai rencontré ce matin un de mes amis :
•Ah! mon cher, allez voir cela, m'a-t-il dit, j'en suis
emerveillé, ce sera quelque chosed'unique au monde. Que
les anciens viennent apres cela nous parler des jardins
de Sémiramis ! Les jardins de Sém1ramis, la bel le affaire!
Nos enfants riront de leurs professeurs d'hisloire, quand
ceu1-ci leur raconteront ces vieilleries ! Allez voir cela
aoplus tot, vous dis-je.
- Mais quoi done?
-Figurez-vous des terrasses gigaotesques, des tapis de
gazon, des parterres de tleurs, des cascades, un lac, des
falaise@ a píe de quatre-viogts píeds de haut! Tenez, votre.
Sémiramis me donne une prodigieuse envíe de rire. Et quel point de yue : Paris tout entier avec ses domes,
!el tours, ses fleches, et ses beatJX horizoos de collines
W'lllonieuses. Pour voir Paris a vol d'oiseau, il rapait
i-.U'a présent grimper la butte escarpée de Montmarlre et se mettre a l'ombre du dernier des muulins a
11'1t; celll faisait venir des pensées mélancoliques. ll y
l'lit bien encore la chapelle du Pere Lachaise, mais ce
a'élait guere plus gai; a \'avenir, ce sera dn plus gran'• et du plus riant observatoire que les Parisiens
PGllrront contempler le splendide panorama de leur

tille.
- llais pour l'amour de Dieu, ou est-il, votre observa-

loile' '
- .lu buttes Chaumont, ne vous !'avais-je pas dit?

6loardi queje suis!
-Oh! ohl les buttesChaumont, mais c'est aux antipo'-,eela; c'est beaucoup plus loin que le Japoo et que

la~.

lnan, pour vous plaire, j'entreprendrai quelque jour
le Toyage : seulement, vous me parlez de falaises de
...._"fingts pieds, c'est bien mesquin; j'ai envíe d'at-

lenc!te, pour me mettre en route, qu'on aittransporté le
llont Blanc dans la plaine Saint-Denis : je trouve qu'il

serait temps d'épargner am. Parisiens l'eonui de faire
cent cinquante lieues pour voír des forets de sapins, des
glaciers, des neíges éteroelles, et la plus haute cime de
l'Europe. Que nos édiles, comme d1t M. Prudhommc,
me permetteot aussí de leur dooner un conseil, c'est de
débaptiser les lrnttes Chaumont quaod elles seroot traosformées et de les rcbaptiser d'un autre noru : bulles
Chaumont, quoí qu'on fasse, rappellera toujours a !'esprit quelque chose d'iodigent, de pelé, de galeux qui
gaterait l'aspect nouveau si magnifique qo'il fut. Et maintcnant, mon ami, puisque vous aimez les choses merveilleuses, !aissez moi vous cooseiller a mon tour UD voyage
dont vous ne vous repentirez pas: Vous avez vu la Suissc,
l'Espagne, l'Italie et la butte Chaumont, aller voir les
égouts de París.
Je l'ai fait tout récemmeot, cet élrange voyage; au
retour, je n'avais _guere plus de coosidéralion pour les
égouts de Tarquín que mo11 ami n'en aYait pour les jardios de Sémiramis en reveriaot des buttes Chaumont.
« Tortueux, crevassé, dépavé, craquelé, cou¡,éde foodrieres, cahoté par des coudes bizarres, montant et descendant saos logique, fétide, sauvage, faronche, submergé d'obscarité, avec d&lt;.s cicatrices sur ses dalles et
des balafres sw· ses murs, épouvaotable, tel était, vu rétrospectivement, l'aotique égout de Paris. Ramificatioos
en tous seos, croi~ements de tranchées, branchements,
pattes d'oie, étoiles comme dans les sapes, crecums, culsde-sac, vodtes salpétrées, puísards infects, suiotemeotR
dartreux sur les parois, gouttes tombant des plafonds,
ténebres, rien u'égalait l'horreur de cette vieille crypte
exutoire, appareil digestir de Babylooe, antre, fosse,
gonfTre percé de rues, taupíniere titanique ou !'esprit
croit voir róder, atravers l'ombre, daos de l'ordure qui a
élé de la splendeur, cette -énorme taupe aveugle, le
passé '. &gt;&gt;
Ainsi parle M. Víctor Hugo dans ses Misérables, et ríen
n'égale cette description des égouts d'autrefois, sinon
celle qu'il doone de l'égout d'aujourd"hui.
11 « est propre, froid, droit, correct. Il réalise presque
l'idéal de ce qu'on enteod en Aogleterre par le mot
&lt;&lt; respectable. l&gt; 11 est convenable et grisatre, tiré au cordeau, on pourrait presque dire a quatre épingles ... On
y voit clair. La faoge s'y comporte décemment... L'égout
actuel est un bel égout, le style pur y regoe ... L'égout
a pris aujourd'hui un certain air officiel. Les rapports
méme de police dont il est quelquefois l'objet ne luí
manqueot plus de respecl. Les mot~ qui le caractériseot
dans le langage admiuistratíf sont relevés et dignes. Ce
qn'on appelait boya u, on l'appelle galerie; ce qu'on appelait trou, on l'appelle regard. )&gt;
L'homme qui a métamorphosé ainsi l'égout, qui l'a rendu « respectable, » dans le seos anglais, comme dit heureusemeot l'illustre écrívaín, c'est M. Belgrand, le plus
modeste et le plus courtois des ingénieurs en chef, et,
düt sa modestie en souffrir, il faudra bien qu'il me permette d'ajouter qu'il a accompli le plus iigaotesque travail que les Parisiens aient peut-étre vu mener a fin .
C'est par un élégant escalier affleurant au sol de la
place du Chatelel que nous sommcs descendus dans le
Paris souterrain. au grand ébahissement de la foule.
No11s al'ons tout d'abord visité la chambre Notre-Dame,
une salle voutée magnifique, dans laquelle on donnerait
UD bien beau ba.l.
A quelque distance de la_. nous sommes montés en
wagon, et nous sommes partís, poussés par les égoutiers¡
la vapeur n'est point employée daos les égouts, mais
cela viendra.
L'égoutier s'est civilisé avec l'égout; j'ai trouvé en lui
un bomme du meilleur monde.
Ce n'est pas Dusautoy qui l'habílle, mais il porte les
bottes les plus cheres qui se fabr1quent a Paris : quarante francs la paire, pas un sou de moins; il est vrai
que si elles sont cheres, elles soot grandes. L'entrepreneur qui dépeos~ tant d'argent en bottes, n'en dépense
guere en gants, cela fait compensation.
Le train roulait au-dessus des fl.ots. Chaque wagon est
muni d'une vanne ¡ cette vanoe s'abaisse jusqu'il. un
·demi- metre du lit de l'égout, et la force du courant,
s'accroissant en meme temps que l'espace se resserre,
pousse devant lui le sable et la vase, et c'est l'égout luiméme qui se nettoie.
u Aujourd'hui, nous dit UD des inspecteurs, nous n'avous pas baissé les vannes, parce que c'est UD voyage
d'agrément. »
De gros tuyaux couraient le long des mun; : c'étaient

37t

les:conduites d'eau qui alimentent les fontaines; de temps
en temps, un tuya.u d'un moindre díametre venait s'y
adapter : c'était une prise d'eau particulicre. Des fils
minces tapissaient la voute: c'étaient les fils télégraphiques. Au-dessns de cette eau qui emporte leoteroeut au
néant tout ce qm est usé, flétri, fini, la peosée vivante,
féconde, qui porte !'avenir sur ses ailes et passe plus
rapide que la foudrc.
De dístance en dístance s'ouvraient des bonches 11ombres : c'était le vieil égout qui venait se perdre dans l'égout moderne, comme on voit des ruelles sales, infectes,
misérables, aboutir sur nos boulevards et nos avenues
triomphales.
Figurez-vous maintenant les lumieres du train plongeant dans l'immense voie souterraine, jetant lcurs reflets pales sur les voyageurs, et dessioant sur les murs
la silhouette des égoutiers, et vous aurez le coté pittoresque du voyage.
Le ruisseau devient riviere. Nous descendons de wagon
et nous montons en barque.
La riviere devient fleuve. Nous quittons la barque
pour un navire ou quarante persoooes tieodraient a
l'ai~e. L'égout a cinq mctres de large : nous passons
sous la place de la Concorde, sous la rue RJyale, sous
le boulevard Maleshcrbes.
Arrivé aux environs de la nom,elle église de SaintAugustín, la nostalgie de la lumiére me prend, je saute
du bateau sur le quai, je sors par un regard, et me
trouve nez a oez avec une víeille dame épouvantée.
J'ai visité les égouts de París un peu comme la plupart des voyageurs visitent la Suisse : ils se contentent
de l'Oberland bernois, du lac de Geneve, et du lac des
Quatre-Cantons : je m'eo suís teou a la chambre NotreDame, au pelit collecteur et au grand collecteur. Mais
que de courses et de découvertes a faire pour un touriste qu'embraserait le feu sacré ! Mettez hout a bout les
rues de la ville-cry¡.,te, et vous aurez un souterrain de
cinquante lieues de long. Cínquante lieues de long,
voila de quoi se dégourdir les jambes!
Je prendrai la liberté d'engager respectueusement
l'admini~ll'ation a installer, dans l'intéret des voyageurs,
quelques buffets et quel'}ues caloriferes.
Ne pourrait-on pas aussi décorer les collecteurs grands
et petils de peiotures murales? Quel vaste champ ouvert a l'imagioation et au talent des jeunes artistes qui
rcvenl la gra11de composilion !
Apres le gigantesque dans l'reu-vre de l'bomme, l'infiniment petit dans l'reuvre de la nature :
J'ai eu l'honneur de présenter hier mes hommages a
M. et a Mm• Stralton, a miss Minoie Slratton et a sa
jeune tante. M. Stratton s'appelait, il y a vingt ans, le
géneral Tom-Pov.ce ¡ aujourd'hui qu'il est UD noin arrive
(¡e ne dis pas un nain-partenu, ne vous y trompez pas),
il a mis de coté son nom et son titre d'empruot et se
contente d'étre ce qu'il est: « Moi, dis-je, c'est assez; &gt;•
il a voulu présenter sa femme et sa tille aux. Parisien~,
pour les remercier sans doute du bon acceuil qu'il
re~ut d'eux jadis. C'est daos un des plus graods salons de
!'hotel du Louvre que quelques centaines de privilégiés
ont eu la faveur d'etrc admis aupres du couple lilliputicn.
La pbysionomie de M. Stratton est vive et intclligente,
ses mouvements sont prompts et décidés, et je ne serais
pas étooné qu'il eut autant d'hurnour que bon nombre
de ses compatriotes de taille beaucoup plus haute que
la sieone.
Mm• Stratton a les yeux. uoirs les plus brillaots du
!llonde, des traits agréabler, et sympatb1ques, de tresbelles épau.les, qui semblent dorées par le soleil d'Jtalie
ou d'Espagne, et ses manieres sont tuut aíait gracieuses. ·
Le mari et la femme ont toute l'aisance ue gens habitués a vivre dans le monde élégant, et je o'ai jamais vu
de maitres de maison faisant avec plus de uaturel les
honneurs de leur salon. 8erai-je indiscrct si j'ajoute qu'a
certains petits a parte confidentiels il est facile de comprendre que l'astre qui préside au1 uoions bien assorties répand ses plus doux rayons sur M. et Mm• Stratton?
La sreur de celle-cí, jeune filie de dix-huit ans, a toute.
Ja réserve qui convient a une demuiselte bien élevée,
mais sans la moindre gaucherie.
Quant a miss Minnie, c'est un cbarmant baby; mais
si elle ne s'arrete, elle sera plus grande que pere et mere; elle a dix-huit mois, et je connais des enfants de
cínq ou six mois qui ne sont guere plus petits. Misli Minnie est gaie, tres-souriante et tres-care1,sante, et je me

�372

373

plus d'un valet, surtcut s'il est valet de Moliere
facbera de son rang subalterne, et voila les e~
brouillées.
X. FEVRNET.

\romper:ús bien ou ce 1sera une excellente personne.
Vous saviez qu'Alphonse Karr était jardinier,
et que pour 20 fr:i.ncs une femme pouvait ajouter
un de ses bouquets a sa parure ; 20 francs de
fleurs de Nice cueillies dans lejardin d'un bomme
d'esprit;ce sont des fleurs données.
Voici que, pour 20 francs, M. Karr vous enverra
vingt-cinq pieds d'herbe, pour peu que le cceur
vous en di,e.
- Quoi, de l'herbe?
- Oui vraiment, mais de l'Herbe aum Turquoises,
e'est-a-dire une-berbe qui pousse a l'automne une
belle grappe de baies semblables a des turquoises.
Qui ne voudrait transformer ses pclouses en[écrins?
Et quelle ressource pour les maris, au prix ou
sont les bijoux aujourd'hui !
Une invention toute nouvelle pourra bien faire
hausser les j0ux. de cartes, a l'Hotel des ventes.
Un homme h1bile a eu l'idée de remplacer les figures classiqn~s des rois, des &lt;lames et des valets par
eles portrails de comédiens et de comédiennes en
vogue. Ingéniense idée. mais pleine de nérils :
plus d'une Jame voudra l'emporter sur le roi,

L' ILLUSTRATION' JOURNAL UNIVERSEL.

L' ILL USTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

~

CORRESPONDANCE DES ÉTATS·UNIS.
AU DIRECTEUR.

New-York, 15 110,embre,

M. LE CO~ITE DE MENSDORFF-POUILLY,

Ministre des a!Taires étraogeres en !utriche ( Voir la Révue poliliq1U ).

Le grand événement est accompli: Lincoln est
réélu. Cette beureuse réélection avance plus
l'issue de la guerre que toutes les batailles que
nous pourrions gagner. L'Américain est pratique
et les démocrates, découragés comme ils doiven;
l'etre et comme ils le sont réellemeat, comprendront qu'ils n'ont rien a gagner a. soutenir la
cause de la rébellion, qui perdra ainsi son phJSsérieux appui. Cet événement produit déja ses
effets : les affaires ont pris une rccrudescence loute
nouvellc, et la construction navale, c"est la un indice bon a signaler, semble revenue aux temps
passés: nos chantiers sont pleins de navires dn
plus fort tonnage qui s'achevent et qui bient6t
prendront lamer.

Cependant, les operations militaires ne se ralentissent pas: le
siége de Richmond avance, malgré toutes les difficultés qu'il
présente; ríen n'arrete nos généraux ;, s'ils rencontrent une
montague, ils la percent ; s'ils
ont un circuit trop grandafaire,
ils l'abrégent en creusant une
route_ou un canal, témoin le
Dutch-Gap Canal dont , les travau,x \se poursuiveut avec rapidité, et qui permettra bientót a
nos canonnieres de s'avancer
bien pres de Richmond et de
coopérer avec l'armée de terre
a l'attaque de cette place. Ce
canal est percé a travers un
isthme appelé Dutch-Gap et rattachant la pre,qu'ile Farrar a la
rive nord d~ la riviere James.
L'isthme de Dutch-Gap a 300
yards de large (presque 300
metres) et 8ú pieds de hauteur.
C'est assezvousdire quelle masse

- - ··----.--- - É'f,ATS-UNIS: ~IÉGE DE RICHMOND; TRAVAUX DU DUTCH-GAP CANAL• - D'apres
' 1-ea croquis
- . de M. W.

s.

. la Ret111e politique d8 la scmaine',.
PALAIS DE L'EXPOSITION1 ¡LNTERNA.TIONALE DES ARTS ET DR L'INDUSTRlE, A DUDLIN • - D,apres un eroqu,s
. de M• D• Robertson. [Vo,r
ETA'fS- UN tS: lltSTJ\Ut:TlúN llU ~A.VlllE C~lKASl&gt;E CuNFEIJEHE L' ALl:J&amp;MAIIL&amp;

�L'ILLOSTRATION

I

374

L'l LLUSTRATION, .IOURNAL UNIVERSEL

oous. En France, il signifie la charge, et en lblie la
g~i~té, ce ~ui e~t bien difiérent.-La musique de M. Fréde terre il faut boule..-erser. Le canal traversera \'isthme
der1c Barb1er n cst pas assez lt1gere, assez vive, as.~ez fa•
diagonalement; notre tlolte aura alors sept milles dP,
CDHl@ll!IOOJi!JJI! llillU~D~iL!,
cilement mélodique, assez gaie, eofin, pour le sujet et
moins a faire, et évitera les innombrables oh~tacles, les
le ~tyle de la piece. Ce qu'on y a le plus applaudi, et en
formidables batteries que les rebelles ont accumulés
Le théAtre Saint-Germain a fait son ouverture si longsur ce point. Les travaux ont été commencés en aout et temps attendue, et j'ai sous les yeux une circulaire de cela on a e11 raison, ce sout deux morceaux oroés de ,ocalises élégantes, gracienses, que Mil• Mézeray fait ..-,.
sont a peu pres terminés; c'est immense, ce que peut la.
l'administratioo portant que 11 Son Excellence M. le Mi- loir par une exécutioo habile el brillante. M'1• Mé~ray
volonté du Yankee; et le canal de Dutch-Gap sera. cer- nistre ele la Maison de \'Empereur et M. le Préfet de poest une toute jcune filie, svelte, élancée, jolie comme une
tainement daos les annales militaires no des faits les
lice ll l'ont autorisée « en vcrtu du décret impérial qui tete de Greuze; - elle s'était gAté le visage, le p1·emier
plus curieux.
a proclamé la liberté des théatres.
jour, par d'alfreuses plaques de noir et de blaor, de bleu
L'Albemarle, le redoutable bélier cuirassé de lamaSi le décret impérial est réellement exécuté, si \'indusrine confédérée, vient d'etre détruit; il était a l'ancre trie théatrale est libre, il est assez rlifficile de compren- et de rouge, qn'elle aura saos doute mieux placées et
daos la riviere Roanocke, lorsque le lieutenant Easting, dre que le théatre Saint-Germain ait besoin, pour ou- mieux fondues aux représeotations subséquente~ _ Sa
voix est bornée. Les notes graves lui manquent ahsolude la marine féelérale, con~ut le projet de In faire sauter
vrir, d'etre « a.utorisé. 11 Qu'il ait été soumis a l'inspecau moyen d'un torpedo, monté daos un canot, et misen tion de M. le Préfet ele police ou de ses délégués, cela ment. Mais le registre aigu a une sooorité charmante
mouvement par une petite machine a vapeur; il choisit est tout simple. Mais un proces-verbal constatant tan-t qu'elle ne fait pcint c\'elforts. La mu~ique de 11. F'.
des matelots de bonne volonté de l'escadre de l'amiral que l'édifice est solide et oe s'écroulera pas sur les Barbier lui en demande quelqnefois, et c·est un malhenr
Porter, avec lesquels il s'embarljua sur le canot, et s'a- spectateurs, qu'il est suffisamment aéré, qu'on en peut pour M. Barbier comme pour elle. 11 faut absolument, si
van~a le long de la cote, garnie de nombreux piquets. Rortir facilement en cas d'incendie, qu'il est isolé et ne elle veul réu sir et si elle veut durer, qu'elle reoonce ¡
11 passa, saos étre apen:u par une balterie llolta.nte, peut compromettre la sécurité des édifices qui l'eotou- la force, qu'elle s'en tienne a la grace. Quels bons confranchit les barrieres de chaines qui défendaient I' Albe- rent, uo te\ proces-verhal n'est pas, a proprement par- seils lui pourrait dooner Mm• Damoreau, si elle était
marle; il fut découvertjuste au momant ou il allait al or- ler, une autorisation. C'est un acte semblahle a ceux encore la!
A coté de Mil• Mézeray, on éco1'e avec intérét un
der; il ne répondit pas plus aux qui-vive qu'aux som- par \esquels le Sénat déclare &lt;&lt; ne point s'opposer. ,,
,
jeuue ténor, M. Laglaize, dont la voif est fraiche, bien
mations de se renelre.
Quaot-a M. le Ministre de la Maison de l'Empereur,
Aussitot on ouvrit sur la coquille et son équipage de on ne saurait imaginer en quoi cette affaire a. pu le con- timbrée, sympalhique; puis no baryton et une bas.,e
treize h')mmes, un feu roulant d'ariillerie et de mous- ceroer. Le décret impérial du 7 janvier t8G4 a eu pour chao tao te forl convenables, que je prie de me pardonqueterie. Le lieutenant avait déji\ attaché la torpille aux but de sou~trairc a son autorité tous les théatres non ncr d'avoir oublié \eurs noms. Je crois que la basseflanes dt1 géant des mers; il mit \11i-mcme le feu a la subventionnés, de mettre les entrepreneurs dramatiques taille s'appelle Falchicri. Bref, il y a la de tres-bonR él~ 1
meche électrique; une seconde apres, une épouvantable daos la meme situation que tous les autres industriels, ments, dont un compositeur adroit pourra. tirer partí, si ~
explosion se faisait enteodre et fai~ait sombrer la frete de les faire rentrer dans le droit commun. A-t-on besoin la musique est mie1u accucillie cette fois qu'elle oe J·a
été jusqo.'il présent au quartier Latín.
embarcation.
d'une autorisation de ~l. le Ministr'l de l'Agriculture et
Le Lion deSaint-'\farc est une hoooe houfionoerie.Les intrépides Joups de mer n'avaient aucun espoir d'é- du Commerce pour ouvrir boutique daos Paris, ou pour
Un
vieux bourgeois de Venise, qui tremble et de,ient
chapper, car, des deux cütés du lleuve, ils recevaient batir unP ferme? La circulaire de M. Gérault est done
pale
a la seule idée des inquisiteurs d'État et du cooseil
une gréle de projectiles; 11 lueur de l'explosion le~ dé- iointelligible, ou il en faudrait cor!clure que la liberté
,les
Oix,
trouve chez luí un billet doux adressé asa
signait aux coups de leurs adverr,airei,.
proclamée en droit n'existe pas eo fait, car, ú M. le Mi- filie. Mais le poulet est rédigé en termes mystériem.
Le lieutenant Easting, qui avait eu le te~ps d'üter son nistre a accordé l'autorisation, il pouvait la refuser.
11 le croit écrit par un conspirateur, el va le jeter dans
uniforme et ses bolles, gagna la rive a la nage ainsi
Quaot atLl précautioos nécessaires a la sécurité publi- la guenle du \ion de Saint-Marc. Voila la police sor
qu'un de ses matelots, resta caché pendant douze heures que, je ne puts me dispenser de faire observer qu'on ne
daos les roseaux, et finit par rejoindre \'escadre de l'a- saurait accuser M. le Préfel de police de ~•etre montré pied , et le gonvernement en alarmes. Desceotes de
lieux, interrogatoire~, surveillance organisée, eRpioo,
miral Porter aprcs cet exploit héroiquc.
a cet égard trop exil!eant. Le théatre Saint-Germain
On a des nouvelles préci~es i;ur les opératioris de o'a qu'uoe issue. On y afllue de tous les points de la apostés, souriciere, menaces de proces criminel, ele.
Sherman en Géorgie. Ce général, ayant réuoi une armée salle par des couloirs et des escaliers trcs-étroil~. Si done Les terrcurs du bonhomme étaot toujours comiques, oa
qu'on évalue a 50,000 hommes et une grao&lt;le quantité il arrivait,je ne dis pas une catastrophe, mais un de ces rit depuis l'exposition jusqu·au dénoument. La piece
d'approvisionnements, cootinue son mouvement olfensif. accidcnts légers, qui suffisent quelquefois pour jeter la est bien conduite, le dialogue amusaot, la musique ra11 menace la ville de ~acon et semble vouloir porter la panique daos une salle de spectacle, on aurait certaine- cile, fine, légere, élégante, pleine d'entrain etde gaieté.
C'est \'heureux début el'un tout jeune homme, M. Legucrre au cceur meme des États confédérés.
.
ment des malheurs a déplorer. Deux issues latérales me gouix, qui évidemment a de l'avenir, car son stylenr
Beaucoup d'obscurité plane sur les mouvements paraissent indispensables. Elles ne seraieot pl!.s, _ic crois,
des généraux Hood et Beauregard. Le géoéral Magruder tres-difficiles a ouvrir a travers l'immeulile qui envelop- et san3 apprlt n'empcche pas qu'i.l ne sache le métier
a essayé de franchir le lleuve Mississipi, pour se jeter pe ia salle nouvelle comme une r.arapace, et qui en est tout aussi bien, si ce o'esl micux, que les composite1111
les plus forts sur le contrepoiot, les plus emµesés et les
dans l'État de ce nom et se rallier ultérieurement a
évidemmeot une dépendaó&amp;e.
plus \ourds. Ce pet1t ouvrage esl assez convenahlemenl
Beauregard: cette maoce11vre n'a pas réussi, et les conféLe théatre Saint-Germain u'est pas Je premier fruit de chanté d'ailleurs, et joué avec beaucoup de verve.
dérés oot du se retirer, apres avoir subi des pertes con- la liberté dramati'lue, puisque nous avons déja vu s'ouOn a dooné depuis deux autres pieces eo un acte aa
sidérables, ainsi que du Missouri, ou le général Sterliog vrir le théatre del&gt; Folies-Marigny, le théatre Saint-Pierre,
thMtre
Saint-Germain. Mais la presse n'y a pas été ~
Price a..-ait pénétré, et du Ten!1essee ou ils ont du éva- et qu'en ce moment mcme la petite salle de l'École
voquée,
et je n'en puis ríen dire.
cuer Johnsooville qui a été imméd1atement réoccupé par lyrique sert aux exercices préparatoires d'une troupe
Au ThéAtre-llalien, on marche de reprise en reprise,
le général fédéral Shnfield.
pour laquelle on construit, rue Lafayette, un théatre
A la suite de tous ces succes, les corps d'armée de nouveau qui n'a pas encore de nom. Mais c'est celui Marta, Un Bailo in maschera, Norma, ont défilé coop'81'
roup. Mil• Patti est daos Marta ce qu'elle est par\Oll
Sherman et de Sheridan seront sous peu réonis a. l'armée de tous ou la musique a obtenu la plus large place.
Que deviendrait le Théatre-Italien sans cette jeuoe filie
de Grant, et l'on portera le dernier coup a la rébellion, Les acteurs engagés sont des acteurs d'opéra comiqui porte toul le poids du répertoirc en se jouaat, el
a moins qn'elle ne se décide aimplorer la paix.
r¡ue, et c'est \'opéra-comique, eo, elfet, que l'on y riant, en sautillant, et saos se douter r~:1t-etre d11 W
Le général Philip Sheridan, qui vieot d'etre appelé au joue. Le spectacle d'inauguration se composait de trois
grade de major génér1\ a la place de Mac-Clellan, qni pieces: - le Libre échange, la Bouquetiere de Trianon, le de force qu'elle accomplit? M. Brignoli a elébuté ••
succes a coté d'elle. On a le droit de supposer qu'il •
apres sa défaite ékctorale ?. donné sa démission, et le Lion de Saint-M,,rc. Glissoos sur le Libre échange, triste
descend pas en ligne directe d'Adonis ou d'Antioo69- D
géoéral Shermao, sont tous deux éleves de Westpoinl. et p\:;.t vaudevi\le chargé, - je ne saurais dire orné, Philippe Sheridan est né en l83t daos l'Etat de l'Ohio. de quelques airs nouveaux et d'uoe ouverture préten- chante un pe•1 du oez, ce qui a fait dire a de 11'8111
critiques qu'il imitait M. Mario. Je crois qu'il a'illile
Sorti de Westpoint en 1853, il servit d'abord comme tie•ise. 11 est déji\ ouhlié. Que la tombe lui soit légere !
personne. Le timbre ele sa voix résulte apparemmdt•
lieutcnaot daos les territoires voisios de la Califoroie et La Bouquetiere de Trianon, saos avoir rien de bien noula forme et de la disposition de ses organes. L&amp; falJII
exposés aux incnrsions ind1ennes, pu_is daos le Tcxa~. veau, - le' nouveau est aujourd'hui, au théatre, une
en
est a la nature. Apres tout , ressem bler a )larie •
Des le début de la guerre actuelle, il ful fa:t capitaioe, denrée fort rare et de tres-haut pri1-otlra1t, du moios,
un malheur dont on peut se cousoler. D'autres lai 1t'
et ses scrvices émineols l'ayant mis en évidence, il fut une intrigue et quelques situalions. Si le sujet manque
prochent de chanter de la gorye , - toojour~ eóllll
placé a la tete de la division de cavalerie de l'armée ilu un µcu de vraisemblance, - il s'agit d'un vieux geotilMario. Quoi qu'il en soit, il a de l'acceot, du go6t, i
Mississipi. Sa cooduite aux batailles de Corinthe, de hommP, jadis officier de cavalcrie, qui, se voyaot ruiné,
sait chantcr a demi-voix, et il crie tres-rarement: eelli
Buell, de Rone-River lui valut le grade de géné- s'est fait pAtissier pour reco11struire sa fortune, racheter
par le temps qui court, me semble tres-original, et,.•
ral, et c'est le corps d'armée placé sous ses ordres qui, le maooir de ses aocetres et doter sa fille,- ..ettc clonnée
j' ose dire tont ce que j' en pense, héroique. 11 Can\_.
on se le rappelle, remporla les victoires d'Ag-uepan et est beaucoup moins extravagante que celle des Diamants
que je n'ai pas été tout seul de moo avis, et qo'oo 111•
de Fisbfr-Hill et balaya l'armée d'Early de !a vallée de de la couronne et de vingt autres opéras-comiques acsu gré de son courage, pnisqu'on l'a applaudi et~
Shenandoah. William Sherman est aui,si de l'Oh10. ou il ceptés et applaudis. Je conviens que les auteurs n'en oot
11 n'y a pas de claquenrs patcotés au Théatre-ltaliel,
naquit en t823. Sorli de Wcslpoint en i84t, il fit la cam- pcut-etre pas tiré tout ce qui en pouvait sortir. Mai~ enfio,
les
bi~ signifient la quelque chose.
. .1
pagne du Me1ique. Colooel au Mbut de la guerre ae- leur ouvrage esl d'ap\omb sur ses pieds, leste, ,·if et ele
Le Dal masqué a été forl hien rendu. M. Frascbill
tuelle, il prit part au siége de Vickshurg avec le grade joyeuse humeur. La musique en cst « bien fait~,» commc
M. Delle Sedie y font merveille. Mm• Charton •
de général. Sa helle campagne de Géorgie et la oo dita l'école, sérieusement écri~e, laborieusement insy déploie beaucoup de talen t. Comme la troup~ i ~
prise d'Allanta ont fait de lui, ajuste titre, un des géné- trumentée, et, en général, peu récr~ative. C'esl de la
n\;~t ja.mais complete, c'est le róle du page, au¡o
raux les i&gt;lus distingués de l'armée du ~ord.
musique boufie qu'il aurait fallu la : ce n·cs~ pa~ de la qui est sacrifié. Je pense bien que Mil• Van der Bect
musique boufie que l'auteur a faite.-Je prends ce mot, pas de gros appointements. On aurait done m
Pour extrait : P. PAGET,
musique boufie, dans le seos que lui dooneot les llaliens grAce a se montrer exigeant envers elle. C'e!!t UDe,,..
qui out inventé le genre, et oon daos le seos qu'il a chez

~

iatrice écooomique. Mais que ces économies-la coütent
cher!
Quaot a Norma, jouée par les deux sreurs Marchisio
JI•• c,arl~tta'. cru~~lemeot indisposée, n'a pu aller qu';
grand peme Jusqu a la fin du prcmier acle. C'est partie
re111i~J.e premier
de la Sociét'e dn
. concert
. extraorlimaire
.
eonserv1to1re a eu 11eu d1manche dernier. Jl était consacré il. la mémoire de Meyerbeer. On y a done exécuté
uois morceaux de ce grand musicien, un chceur de Marpente rfAnjou, l'ouverture du Pardon de Ploérmel t 1
..,.,~· 1·ton,de~ poignar
·
ds, daos les IIuguenots. Ce dern
'e ierª
..,_..,e
chceur a éte d1t un peu plus lcntemcnt qu'on ne le d" _
sait a l'Opéra du temps de llabeneck. Je ne vois p~s
qo'il ait beaucoup gagné a ce changement de rhythme.
- Je ~e parle que du ~orceau a. trois temps. - Il en
est m01ns mena~ant, moms furieux, moins féroce, et ce
u'est pas le résultat qu'on devait chercher.
ll est facheux qu'on n'ait pas commencé par le commencement, ~•est-a-dire par la sccne ou Saint-Bris ré,~le a ses amis les projets sioistres t&lt; protégés par les
e1eox, et des longtemps con~us par Médicis. » Il v a d
&amp;i _beaux effets daos la harangue fauatique de ·saint~
Bns aux « chefs dévoués de la cité fidele, &gt;• et ce mer,e11leux
orchestre
.
t· , les .ai;rait si bien rendus ! Personne,
¡e 1e garan 1s, n aura1t trouvé cela trop long.
L'ouverture du Parwm de Ploermel a été exécutée avec
un ensemble p1rfait, une énergie, un éclat et une verv
iDcomparab!e~. Rieo de pluF 'pittoresque, de plus vive~
ment colore que cette symphonie un peu étrange, et
dont la coupe ne ressemble a celle d'aucun autre mor
ceau de ce genre. On n'y comprend guere l'iotervention
de la harpe, et eocore moios Ja faofare de trompettes .
. tal'"
.
QUI
nen
improv1ste
se jeter au travers du chant reliaicux
de l'~rc~estre et du cantique chora\ qui lui répond. Ce
cap~1ce tattendu, qui n'a point de rapport au sujet, l'Ui
ne~app ique a aucun des incidents de la piece, semble
altérer le ca.ractcre général de l'reuvre et en détruire le
plan. ~~yerbeer, a _coup sur, n'avail pas be3oin, pour
étre or1gmal, de se·hvrer a de semblables fantaisies.
Verum uhi plura nitent in carmine non ego paucis

oll'endar maculis,
etl'ouverture du Pardon n'en est pas moins un ouvrage
d'lln mr.rite immensc, que Meyerbeer seul a pu écrire.
Le cbreur de Margullfite d.'Anjo,, est un morceau charlWlt, _dont le _chaot est plein de grace, l'harmonie tout
i la ro_1s tres-simple et tres-distioguée. La encore cepen~t, 11 Y a _des fantaisies orch~Lrales dont l'aut~ur aumt P~. se d1spenser. Mais il faut prendre chaque artiste
tel qu II e8t. Ses bizarreries mcmes coocoureot a-coostituer s_o~ individualité, et il a.rrive souvent que, toul en
les cr1t1quant, on les aime.
~ concert avait commencé par la symphonie en ,~
ma¡eor de Beetboveo, dont le premier et le dcroier
~rceau ont é~é dits. évidemmeol beaucoup trop vite,
~u~ les tra1ts rap1des n'y ont jamais été oettement
~es. L'orchestre du Conservatoire, autrefois, n'a1111 pas ce défaut-la, qui est aujourd'hui celui de tous
IOI orchestres. Est-ce a l"invention des chemins de ter
doit s'en prendre, comme le prétendait Jlo-

:1:00

M.

ne°:· ~lrred et Henry Holmes, qui viennent de donner
mtéressante séance de musique de chambre daos la

:• B_erz, soot deux violonistes aoglais ou irlandais qui

dtJa parcouru, l'archet en

main, toute l'Europe, et

,e {on a -ª~plaudis partout. M. Henry Holmes, prioci-

,al~nt, J010l a un brillant mécanisme et a une belle
de son, beauco11p d'accent et de vigueur. ll a
.._eoteodre un q~intetto de sa fa~on pour deux violons,
líes, altos et un v1oloncelle. JI est divisé en qua.tre paral aelon le ~rogramme classique. Le plan des morceaux
._w.. pu touJours tre_s-~ettement dessiné. La forme en
.111 peo vague. Ma1s 11 y a bea11coup d'idées. Les mé~y sont élégantes et expressives, et l'harmonie n·est
.._ ~late. C'est incontestablemeot un artiste de m1L
~u• pe~t aller loin, s'il s'exerce et s'il rétléchit. La
ava~t commencé par un quatuor de M. Erost,
11
,_•bre_ virtuo3 e 1Ju'une maladie cruelle a depu;s qurl-.,lllnees contraiot au silence. On a Mja fait grand
'-té daos certain~ jouroaux, de ce quatuor. Je J'ai
llo ITec une extreme atteotion . mais j'avoue - a
11
-.C ~te, - que je n'y ai rien compris. Je ne s~urais
ni le louer, ni le critiquer. Je me récuse.
G. HtooET.

:ité

'

37&amp;

JOURJAL UNIVEílSEL.

CORRESPONDANCE.

A propos de l'article : la Pipée dan~ le Morvan un
correspollllant a~onyme nous adresse des rétlexion; qui
ne manquent m de sens ni d'opportunilé. Nous ferons
cependant remarquer a notre corresponda::it que l'auteu~ de la ~ipee_, en racootant la chasse dont il a été témom, a ~r1s som de prolPster lui-meme contre ce massarre des mnocents. Aussi nous in,érons bien volontiers
celle \c~tre, qui n'arretera pas, nous le craignons, l'ar~
deu~ devastatrice des chasscurs, mais qui répond a un
s~nt1me~t humaio que oous parlageons completement.
Nous lwsons maintenant Ja parole a oot
·.
re corresPoodant
.
Mons1eur,
Permettez-moi de vo•Js le dire je n'ai a
1 sl~ns _uln
frémissement d'inelignation voil; le mol p1• sh?
.
,
dC e, art1c e
sur 1a Pipée, que contenait votre numéro d '&gt;2 t b
Je ne fais partie d'aucune société pour ~a~ o~ o /e.
des animaux; je .sais que pour se nourr1·r l'h pro ecd10?
.
,
•
, omme 01t
tuer;
. JC ne
. me sens ni délicates,e puérile, ni p·t·
1 1e. ma1a1ve; ma1s lorsqu'on me vient conter sur O l b d"
d
les tortures de beles iooffensives, lo;s~u·o~ m:ndé~•it~
plai,ir le supplice de pauvres oi,caux contorsionnl~ dans
les 7Y.ms lamentables que Dante donne á ses da é
.
g11ant~, ci demi dépl11més piteux a voir lo
' mn s, _.~aide ce~ agonies lorsqJon s'en dive;tit rJ~qu on se JOUe
,
, e vous avoue
que mon creur se souleve et que je me dtmaode ,¡ cett
école de cruauté fera de nos fils des homm s . . . e
lanl,, bien généreux, de nos jeuoes filies ed b1~0 va1Ibonnes et douc,is?
es emmes
Libre a l'anteur de la Pipé€ doot je ré
1 .
tioos et dont j'admire •ince:emcnt le h::;~ ~s i:~encriptif, libre a lui de céiébrer cctte hcurcuse mª e~tn esamor..
phose q~i transforme les al'tistes ailés qu'on 11ommait h-

noltes, pmsons, merles, rossignols, (auvettes, en rót excellent.
Ah! certes, je recoonais la haute importance du rót
excellent daos to11te socié_té bien ordonnile. Cependaot,
ne pensez-vous pas, mons1eur, que si l'on nons Jaissait
quelques rossigools et quelques fauvetles, la sociélé
ne •'en portera~t pas..plus mal? Ne peusez-,·ous pas ,¡ue
des chansons prmtan1eres daos les bois valent peut-,,tre
une bouchée de rliti, pow· friande soit-elle?- Et quand
~ous auroos dépouillé nos campagnes de ces harmooies
J~yeuses _qui en font le charme, quand il n)- aura plus
m_ ga1.ou1~lem~nts sous la feuillée, ni hruit d'ailei;, ni
tr1_olel~, m fusees de notes ]impides, ni de ces h~mnes du
so,r et du m:i.tin qui élevcnt Oútre ame et ta peoetrent
de bonheur, en serons-nous plus avancés? L'homme
e_nt~c uo r~ti d~ fauvettes et un salmis de ro,signols, 0 ;
s av1sera:t-,1l po1~t de reg-retter quelquejour le g-rand silence QUI s e~t fa1t autour de lni?
Tucz et maogez, il le faut bien; mai~ ne vous amusez
pas _des douleurs que vous imposez; surtoul ne venez pas
les etaler sous no, veut.
Ce ~·~st pas une ~aison, parce qu'une créature d~ Dieu
cst c~el1ve, qu'clle _ne pent ni se défendre ni ~e vengrr,
ce n est pas une ra1soo pour la tourmeoter saos merci, et
pon: ~e moquer de ses hlessures. L'agonie d'un animal
mut1lr peut sembler fort plaisante; ses membres ensanf!lantés, sa chair déchirée peuvent présenter un spectacle hurle~que; des g-ens peuvent ~e trouver qui s'en divertissent; quant a moi, une tcllc vue me révolte. j'ai
honte d'etre hornme, et il me prend une sauvaac :nvie
d'exercer sur ces beaui rieurs notrc honne vieille loi du
talion.
Au risque de l'absurde, je suis ponr les tués contre les
tueurs. Si le ridicule c'cst d'avoir compassion des bétes
qu'on supplicie, je snis ridirule.
~ecevez, monsieur, l'a~surance de ma haute con~idérat,on.

LA NOUVELLE CAPITALE DE L'ITALlE.

Les Tosca.ns sont les descendaots des Étrosque~. Le
nom de Tusci, par lequel les Romains les dési¡rnaiPnt
e.~t une altération de Trusci ou EtnLSci, Etrusques. Le~
Tusci s'éteodaient jusqu'aux environs di! Rome, ou ils
fonderent la ville de Tusculum, célehre par le ~éjour de
Cicéron et par ses Lettre.~ t•,~n,lanes. Le pávs des T11,ci
s'appelait Tuscania, d'ou Toscane.
·
A la chute de l'Empire romaio, la Toscane passa sou11

la dominalion des Barbares. Les Goths s'en emparerent
en 't:08, et y r égnerent 60 ans. En 56~, les Longobards
c~a.,scre.nt les _Goths et s'établirent a leur place. lis confi_erent I autorité politique a un duc et le pouvoir judic1a re a un comtc; un marquis fut chargé de uéfendre
les marches de la Toscaoe, c'est-a-dire les frontieres.
Ch:"~emagne ayant rem·er,é la mouarchie longoharde,
en , ,~, la ,Toscaoe pa,,a sous le sccpll e impérial el y
resta JUsqu_en 1074 ou elle était gouvernée par la comt_esse Malh1lde. Celle-ci, en mourant, légua tous ses
Et~ts au saint-sicge ; ~ai• les empereurs d'Allemagne,
ro1s. des Romains, ne reconnurent pas cette donation.
De la, un~ lutte qni dura deux siecles et qui divisa Je
pavs
. en deux
. . 1ac
r t·100s, ce11e ele l'empereur et celle du
P~P~· Phihppe de Souabc, descendant de la rnaison
G1bhng, se mit a la. tete des partisaos de l'cmpereur.
Othon i,su de la ro 1·
d w¡
'
.
' ·.
ª
e e phe, prit fait et cause
pou_r le souveram pontife. C'est la l'origir-e des dénominallons de Guelfes et de Gibel · c
·
·
.
·
tns. e~ guerre~ mtcstmes
re55erc11t avec les ~lédic!s, qui ne fnrPnt d'ahord que les
protecleurs de la Republ1q1Je llorentine, mais qui fioirent
par en devenir les maitre L FI
·
,
·a· . . · " · . . s.Lees dorentms
chas,erent
les
1 ,,1e 1c1s ¡usqu a tro1s fo1s
..
·
r
·
· · ur ern1erc expuls111n eut
i:~ ;en l527. lis en appclereot a leur parent Clément VII,
~e Flo~r.~ro~ura ~ne armée. _lis firent, en i531' ~e s!ége
é . e ce' a v11le ~~t cap1tuler, apres une hero1~ue
r :~1s1_ance' et le!' Méd1c1s y rentrerent. Cette famille s'étc1géu1ht en ii37. Alors la Toscane ful cédée a l'Autriche
en c an¡rc de la Lorraioe
·f t
· A¡
Le ~
, qm u _annexee d a France.
. . eco~1~ grand-•duc de cette rna1son, Pierrc-Léopold,
•~trodu1,1t en :rosra~e toutes les réformcs qui signalerent
p us tard la revolullon fran~aise. JI abolit les priviléges,
les mooopoles, la peine de mort, et il allait oi:troyer a
son pcuple une charte constitutionnelle, lorsqu" son avénc~ent a.u trone impérial l'obligea de renoncer a ce
proJct en meme tem
'a 1
cale. '
ps qu a couronne grand-duC'est en To,;caoe que renaquirent les sciences, les
~rts _et les lettres, apres la grande cata~lrophe qui livra
1~Lalie au_x barbares du Nord. Aucun pays au monde
na produ1t, sur une au,•si petite porulation IJO pareil
nombre d'hommes supérieur:; dam toutes le; branches.
Qu.~n: ~n élr~nger amve a Florence, la premiere chose
qu il .~1t est d aller aux l.'ffi.zi. Les vastes portiques de
cet éd1fice sont ornés des i,tatues des Toscans illustres.
Ce soot a'abord des renommées univpr,.r•lles, comme
D~nte, Boccace, Pé~rarq•1e, Giotto, Léonard ele Vinci,
M1~hel-Ange, Andre elel Sarte, Bcnvenuto Cellini Mach1avel'. Americ \ espuce, Guichardin, Galilée; puis: une
fo~le d autrrs hommes moin~ connus, mais non moins
estimables, tels que Nicolas de Pise, le perc de la sculptur~, daos les tcmps moderoes; Donatcllo, l'un des
~c1lleurs srulpteurr florentins; Léon-Bapti~te Alberti
1un des cré~teurs du s_t~le de la Rcn1issance; André
Orcagoa., ~emtre' orfevre et architecte de premier
ordre;. Gm Arétin, l'_inventeur des notes de musique;
Fra_o~o1s Red1, médecm et pocte, fondateur de l'entomolog1e. et aute_ur de sonnets exquis; Antoi11e Césalpin, natu_ral,ste, qui soup~oona la circulation du sang; Antoine
~l1chel, botaniste, qui a découvert et décrit, a luí tout
seul, plus de plantes que tous ses préMcesseurs et ses
su~ce:s,eurs ensemble. Et que de grands noms on pourr~1~ aJouter a cettc liste, déjil. si gloriPuse ! C'est ~larsile
F1cm, le prcmier traducle1Jr et commrntate•ir de Platon.
Ange '.olilicn, ~ro:ond érudit, pocte excellent en grec:
en latm et en 1tahen, Torricelli, l'inventeur du barometr~ ; Jcan ~illani, le chroniqnenr élPgant; Angelico
da F1esole, pemtre aogélique comme son nom; Fra Bartol~mmeo, l'un eles précurseurs ele Raphael ; Ghirlaoda¡o et Benoz10 Gonoli, qui ont Mcoré de fresques ad~irables les ég\i•es de Florence et le Campo Santo de
Pise ; Arn~l~he di Lapo, l'architerte qui a hati la plupar~ des eel1fices d~ 1~ Républiqne, le Dome, SainteCro1x, le Pala1s ele la Sci¡meurie, la halle de Saint-Michel ; Brunellesco, le créateur de la coupole du dóm
le véritablc fondateur du 11ouv;au stvle d'arch~~
tecture; les musiciens Lulli, Chrruhi~i et mille
autrPs de ccttc force. Ajoutez que Mirabeau et Napolilon sont d'origine tlorentine : Mirabeau descend
des Richetti /Riquety\ étahlis a Mar~cille; et Napoléon
d~s Buonaparte, qui, expul~és de Florence, se réfug1erent a Sao-Miuiato, puis en Corse.
. . Floreoce (Floreotia) était une colonie romaine sans
1mportance.. Son nom est formé du participe floren.~,
com°:1e celu1 de Valentía (Yalence) du participe oo.lens.
11 fa1t sans doute al!usion a la fertilité du sol. Florence

:ºº

i

�376

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
a, dans ses ar!Des, pon pas un
lis' comme,on1le
croit génera e!Dent, mais une
iris, tleur trescommune dans la
vallée de l'Arno.
i.aracine de cette
plaote, réduite en f~~ine,
fournit un cosmet1que
tres-estimé, dont la poudre de riz est une imitation et une contrefa~on.
Les Toscans sont maigres et petits. Cela ne les
empeche pas d'étre de
tres-bonssoldat~. Eni848,
les volontaires toscans se
batlirent comme des lions
aCantatone et a Monta-oara.
Le trail saillant du caractere toscan est l'indi,idualisme. Trois des plus
grands hommes de la Toscane, Dante, Machiavel,
llichel-Ange, étaient misanthropes.
&lt;t. Chacun
pour soi, chacun chez
soi » cst la devise des
Florentins.
On p~rle souvent de la
,ivacitéméridionale. C'cst
une de ces vieilles erreurs
qu'ilserait temps derectifier. Les Espagnols, les
ltaliens, et en particulier
les Toscans, sont les peuples les plus graves de
l'Europe. « Chi va piano
"sano » (Qui va lente..
meot, va surement);
• Stavemo a vedere l&gt;
loous verrons bien) ; «
abbiate pazienza l&gt; (prenez
patience) sont des adages
qoireviennent saos cesse
dans la conversat1on italieone. Les Toscans, étonnes de notre vivacité,
l'ont appelée furia franeae, comme nous pourrions appeler leur lenteur
~ toscan.
Quoi qu'on ait pu dire,
les Florentins sont une
des populations les plus
dé,otes de l'Jtalie. Quand
il ne pleut pas, ou quand
il pleut trop, 0D décou"' la Madone de l'Annoociade, et une foule
énorme court adorer l'i11age miraculeuse et Iui
demander le retour de la
~Die ou du Lean temps.
Cela n'empéche pas ce
pet¡ple d'étre le plus blas!lbémateur de la terre.
Lea noms de Dieu et des
lliats reviennent sans
le8Se sur ses lcvres, acCGI&amp; au1 épithetes les
plus in¡ur1euses.
llorence est lavil, e de!
doehes. Elles sonnent d11
lllin au soir et du soir
1U 111atm.11 y a des mailOQs oti on les entend telleinent, que les malheureq¡ babitants en devienllent presque fous. D'aillears, 1':imour des cloches
l'a rien d'étonnant dans
lne ville dont le plus !¡el
RID
'ORDRE DE CIURLBS Hl TBNU DANS LA CHA.PELLE ROYAL!!, A. MAD . CHAPITRE ANNUEL DR L
'

D'apres un croquis de M. Levasseur.

EW!LEllES DES TRIBUS IUIVES.

SCENE DU DELUGE.

BAS·RELIEF PROVBNANT DU PALAIS DE SARDANAPALR: UN CO:lVOI DE PRISON~IERS.
Gravures ti.rées de la Bib~ popt1laire illu:trü, de l'abbé Driou1, rub:iee pir Ch. !.1hure ( Yoir le dernier N').

:377
édifice est un
clocher, ce mcrveilleux campanille de Giotto
que Charles V
aurait voulu mettre sous verre.
Florence, qui
a de si belles
églises et de si beau1
palais, n'a pas un aque,duc qui luí fournisse de
1'eau potable. Les modernes ont toujours agi au
rebours des anciens ;
ceux-ci pensaicnt toujours au nécessaire; ils
s'occupaient ensuite du
superflu. J,'eau de puits
que l'on Loit a Florencc
est impure et fétide. Florence n'a point de baius
publics et pas un marché
en rapport avec sasplendeur et sa grandeur. Les
rues sont généralemont
étroites et d'un parcours
diíficile, acause des marches d'escalier~, des perrons, des bornes, des entrées de caves, qui Lordent les maisons et qui,
pendant le juur, sont de
facheux obstacles a la
circulalion, et, pen fant la
nuit, de véritables cassecous.
Les Toscans ont été nos
maitres dans !'industrie
comme dans les arts. Ce
sont des Toscans qui ont
introduit en France la
culture du ver a soie, le
tissage de la laine, la céramique, le dessin, la musique, le chant, et a peu
pres tout ce qni constitue
cette civilisation dont
nous sommes si fiers. Aujourd'hui, !'industrie est
vivante chez nous et morte
chez eux. Mais elle pourra renaitre, si le gouvernement italien le veut
bien.
En revanche, les arts
sont assez florissants. Les
quartiers nouveaux sont
batís ¡avec gout, et plusieurs anciens édifices
ont été restaurés dans la
perfection, entre autres le
palais de la Seigneurie,
le palais du Podestat, ou
Bargello, le palais Guadagni, le palais Feroni, l'église de Sainte - Marie
Nouvelle.
Plusieurs sculpteurs
méritent une mention
particuliere. M. Pio Fedi
a renoué la tradition de
Phidias. La sculpture moderne n'a ríen produit
de plus nohle que son
groupe représentant Pyrrhus qui, apres avoir terrassé Polydore, le dernicr
fils d'Hécub~, arrache des
bras de cette mere infortunée Polyxette, sa der••
, niere filie, pour aller
l'immoler sur le tombeau
d'Acbille. Ce groupe a
été acheté par une souscription nationale. 11 sel'a

�378

L' ILLUSTRATION, J0URNAL ONIVERSEL.

L'!LLUSTRATION; J0URNAL UNIVERSEL.

on a cité a l'audir.nce quelques fragments de ces Animé par ce beau regard qui ne me quittait pas et Je ne sais, je crois que je re~us d'autres félicitations en_ Quoi ! nous avons fait partie du comité et noos ne
¡ ttres que i\t. Léon Lacordaire ne jugeait pas dignes que je sentais, pour ainsi dire, passer sur moi caressant core, mais j'ai honte d'avouer que je m'en apergu:i apeine.
sommes pas coupables, demandait spirituellement
G.1.ZBTTE DIJ P.1.L.'18.
Enfin, l'heure de ~e retirer était venue; je ne le fis
et cloux, désireux de plair_e, surtout a celle qui m'appa••
; sérieux et grand esprit de son frcre; cclui-ci, entre
M• Crémieux, daos une &lt;les plus éloquentes plailfoiriea
0
pas
saos avoir demandé la permission de venir remer-utres, d'une lettre adressée par le célebre dominicain raissait si belle dans cctte pose d'abandon et d'intimité,
Belles semaines pour l'éloquence et pour la liberté qu'il ait prononcées. Est-ce que par hasard vous nou.\
cier
la
comtesse du charmanl accueil qu'elle m'avait fait.
j'élevai
peu
a
pe11
la
voix
et
mis
prcsque
involonlaire: un religieux qui avait monté a cheval daos la foret de
auriez épargné parce que, daos votre pensée, nous a1J.
que ces deux rl.eruieres seroaines !
Tous
les sameclis soirs, et tous les jeunis, a partir
ment
dans
roa
diction
une
chaleur
plus
grande
que
je
eoropiegne :
Les Treize ont comparu devant la Cour; ce grand pro- rions agi sans discerneUient?
de
deux
heures,
je re~ois mes amis, mes vrais amis,
ne
me
scrais
cru
capable
de
le
faire;
a
bien
¡irendre,
•
Croyez-vous
que
Jésus-Christ
soit
bien
aise
de
vous
A cette question, quelque peu embarrassante, M. l'a.
ou était en"'a"é
suivant l'heureuse expression deM.
c"s
"
0 o ,
d . vocat général·ne répondit point; et vraixyent, pour mon
,oira cheval,lui qui est entré a Jérusalem sur unane? .. c'était pour elle que je parlais, et il me semblait ne ajouta-t-elle avec une douce inflexion de voix; je vous
Hébert un autre client plus intéressant encore, le ro1t
serai reconnaissante, monsieur, d'en vouloir bien augQuand M. de Rancé se convertit a Dieu, il vendit ses parler que pour elle.
électo:al a été plaidé une seconde fois, et, daos l'en- compte, je le regrette.
Mais
je
crois
le
moment
venu
de
dépeindre
au
lecteur
menter le nombre.
bevaux,
ses
voitures,
quilla
les
habils
magnifiques
qu'il
Quoi qu'il en soit, M• Crémieux, M' Senaru et ceux qui
ceinte d¡ la juridiction supérieurt, le débat, si éclatant
Je m'inclinai et nous sortimes; Emmanuel m'accomla
'
c
omtesse
Blanche,
telle
que
je
la
vis
daos
sa,
premiere
·
:,ait
coutume
de
porter,
et
il
enveloppa
de
deuil
un
déja devant les premien1 juges, 'l ºpris une importance et réclamaient avec eux, n'ont point oblenu la faveur mo,
corps qu'il avait longtemps consacré au péché. N'est-ce soirée, ou elle devait produire sur mon creur une im- pagnait.
deste qu'ils sollicitaient; la Cour a joint l'incident au
une "randeur nouvel\es.
- Eh bien! que dis-tu de roa pelite cousine? me dit-il,
pression
si
vive
et
presque
inefía~able;
c'est
aipsi
que
je
pas
la
le
mouvement
d'une
ame
reC11eillie
et
pénitente?
•
No~s avons assisté souvent a des proces politiques, fond.
fetes.
'
eroyez-vous qu'un jeune incréclule qui vous verrait a l'ai revue longtemps daos tous mes revcs, quand j'évo- une fois dehors.
En premi~re instance, i1 vous en souvient saos donte,
Pl usieurs artistes étrangers ont fait a Flo:~n~e 1eur re- souvent aussi nous avons vu s'asseoir sur les bancs de
- Je &lt;lis que tu es un Welche, lui répondis--je, en
rbeval ;;crait tenté, le soir, de se mcttre a genoux de- quais sa pensée, c'est aínsi que je la revois encore lors-·
Mº
Jules
Favre
avait
stnl
plaidé
:
il
avait
été
si
logique,
putation et leur fortune. Tels sont_ W'• Fehc1~ de Fau- la police correctionnelle des malheureux entrai~és, fasaffectant a des,ein la franchise pour dissimuler le trouque
parfois
je
me
laisse
entrainer
comme
aujourd'hui
vant
vou
•
et
de
vous
décou
vrir
les
mi
seres
de
son
creur?
si
éblouissant,
si
entrainant,
qu'aucun
de
ses
confrel't8
veau, la gracieuse sculptrice fran~a1se, et M. Hlram Po- cinés, dupés par des habites, prude_mment re.stes,_ daos
ble étrange qui me dominait encore; comment, tu m'as
~on, je ne le pense pas. Un homme a cheval est trop vers les choses passées.
n'avait voulu prendre la parole apres lui.
wer~, le sculpteur américain.
.
la coulisse : personne, avant Je J0ur de l aud1ence,
La
comtes~e
pouvait
avoir
vingt-ciuq
ans,
mais
en
paparlé pendant une heure de la comtesse, et tu ne m'as
baut pour qu'on se melle a genoux devant· lui. 11 (aut
Cette fois, tous ont plaidé, tous ont voulu affirmer
Les peintres distingués sont nombreux. Nous nomme- ne savait ces noms obscurs, et perrnnne ne s'en souvenait
pas
dit qu'elle était tout bonnement une des femmes
raissait
a
peine
vingt;
sa
tete
était
couronnée
d'une
de
s'abais~er pour pouvoir obtenir des abaissements. i&gt;
hautement leur conviction, et cette conviction intime et
rons M. Ussl., auteur de I'.Expulsion du. duc d' Athenes
.,, ..; le lendemain; quelques-uns posaient betement devant
les
plns charmantes, si ce n'est la plus charmante
ces
épaisses
chevelures
lilondes,
dont
le
ton
fin,
soyeux
Eh
bien
!
je
ne
trouve
pas
cette
lettre
si
indigne
de
M. Pollastrini, auteur de la Sortie de Sienne de~ re,ugi~s lajustice, d'autres, interdits et tremblants, avo~aienla':~c ri"oureuse a donné a leur parole une énergie, une
femme
de París!
et
doux,
parait
garder
le
refiet
des
pensées
ch
astes
et
celniqui
l'asignée,
n'en
déplaise
a
M.
Léon
Lacordaire.
f!orentins; M. Ciseri, ,qui t:aite _avec talent les suJets reh- humilité, rl'autres enfin se disputaient du m1eux qu 1ls ro:"ue une ampleur, une éléva.tion qui ont saos cesse
Peste,
ílt-il, et l'autre, qu'en dis-tu?
pures
qu'elles
abritent;
elle
laissait
généralement
re-A.
KArnPFEN.
ém~ e~ souvent enthousiasmé l'auditoire. M. Berryer,
gieux; MM. Gatli et :sanes1, pemtres de genre. .
pouvaient avec la prévention._
.
.
,
. 1,{. Hébert, M. Oufaure, n'ont jamais été plus ardents a
- Que! autre? dis-je saos comprendre?
tomber de cbaque colé de son front deux de ces longues
Le dialecte toscan est devenu la tangue offic1elle de
Rirn de pareil daos l'afía1re qm a pass1onne Par1s
- Le mari. Est-ce que tu as déja oublié qu'il y a un
bouclas qui ont l'air, achaque mouvement de la tete, de
l'Italie comme le dialecte d'oil est devenu la tangue of- pendant quinze jours et qui le ¡;assionnera longtemps la lutte, plus vaillauts, plus triomphants; en toucbant a
se tordre, de se rouler sur elles--memes et de vivre enfin mari? demanda-t-il d'un ton g6guenard.
ces
grandes
et
immortelles
vérités
qui
ont
enfanté
le
. 11e'de la France. Ces dialectes doivent leur
LES LILAS BL!NCS.
. dsucces,
, . encore : des accusés qui sont tous d'honnetes gens et du
fi c1e
Eu effet, je l'avais oublié; c'est absurde a dire, mais
d'une vie qui leur est propre et qui n'appartient qu'a
non pas a leur mérite intrinseque, mais a ce 1m . es ecri- meilleur monde,des hommes quiontdignement gouverné monde politique nouveau, qui \'animent et l'éclairent de
ce
ressouvenir me fit mal; aussi ne répondis-je pas et
elles;
je
ero
is
que
l'on
appelle
ces
houclcs
des
anglaises,
(SUITB).
. qm. s'en •ont
servís cians leurs ouvrages.
S1,Dante, Jeur pays daos les moroents diffü:iles, ~t sont nobleme~t leu~s chauds et purs rayons, ils se sont sentis jeunes
vams
,
.
nous
continuames a marcher en silence.
je
ne
sais
trop
pourquoi,
car
aucun
ornement
ne
.pouBoccace, Pétrarque, Machiavel, a~ heu d~. ~a1Lre e~ descendus du pouvoir; d'anciens reprcsentants, des de- comme autrefois, roais plus forts, car les années et les
Apres
cette
définhion
empruntée
au
whist,
sa
derNous
parvinmes bientot au logement d'Emmanuel,
vait
mieux
alter
a
la
figure
de
la
comtessr
Blanche,
événements avaientjustifié leur foi et le~r avaient prouvé
·
e e'tai·ent nés en Sicile, Je d1alecte
, . s1c1hen snra1t putés, des candidats aux dernieres élections, des avocats: que ce qu'ils croyaient était vraiment bon, juste et
Tosean ,
niere et désormais son unique passion, mais couser- figure éminemment fran~aise par la grace, !'esprit et la a égale distance a peu pres de la rue du Bac et de !'hoaujourd'hui la langue classique de ~ Itah?.
. tous avouant franchement et Eimplement leurs actes et
vanl comme uu reflet de souvenirs moins innocents, la vivacité. Elle avait adopté ce genre de coiffure,je pense, tel de la comtesse; Emmanuel me quitta, et j'en fus
Les lettres ont fleuri en Toscane Jusqu en i859. La li- en revendir¡uant hautement· la responsabilité, car ils vrai.
vieille dame se prépara apartir au milieu du sour,re gé- pour se vieillir un peu, car sa figure excessivement bien aise, car j'avais besoin d'elre seul.
La Cour a repoussé l'appelpar l'arret le plus convainco
berté de la presse les a tuées. La politique a absorbé croient n'avoir fait que ce qui était leur droit et leur deJ'arrivai rue du Bac daos cet état étrange, qui n'est ni
néral, avec J'airsatisfait cl'une vie11le femme aqui !'a.ge n'a jeune et presque enfantine, faisait ressortir encore
et le plus affirmatif qui se puisse voir.
to utes les intelligences et accaparé t~utes les plum es. Les voir et beaucoup le pensent avec eux.
le
calme ni l'agitation, ni la joie ni la tristesse, mais qui
pas
fail
perdre
la
vivacité
de
son
esprit,
et
q•Ii
o
'est
pas
d'une
maniere
plus
choquante
le
disparate
qui
existait
Belles semaines µour la liberté que ces dernieres sedeux. infatigables éditeurs Le Monmer et Bar~era _ont
Jl~ ont pour défenseurs ce qne le barreau fran~ais
est
fait de ce quelque chose de vague, précurseifr des
fachée
d'en
fournir
de
temps
en
temps
quelques
preuves.
entre
elle
et
le
comte.
Son
front,
d'une
blancheur
de
cessé Jeurs publicatlons. Tous le8 _iournau: hlté~a1res compte :le plus illustre, et la plupart des avocats ont, maines, ai-je dit, et, apres l'arret, je le dis encore.
troubles
du creur.
Les
deux
dames
sortirent;
les
mes,ieurs
q11'Emma
ncigc,
avait
cette
élévation
pleine
de
lumiere
ou
semble
Ces puissantes voix se ~ont tour a tour élev_~es, pour atdont Florence était inondée ont fa!l place a des JOUr- comme leurs clients, représentl\ ou gouverné la
Ala
bonne
mere m'avait attendu; ,-¡uand elle me vitennnel avait qualifils d'hommes graves s'étaientretirés un rayonner l'intelljgcnce; c'éta,t un front que la nat11re
naux exclusivement politiques. Les principaux sont: la France, ou la représentent encore : ce sont M" Marie ~t tester les príncipes chers a tout ce que ce siecle a vu de
trer,
elle
me
dit avec empressement :
a
un
et
nous
restames
seuls,
Emmanuel
et
moi,
avec
la
paraissait
avoir
formé
pour
qu'on
y
posat
une
couronne
Nazione, organe de M. Ricasoli; la Gazzetta del Popo_Io, M• Crémieux anciens membresdugouvernementprov1- grands esprits et de grandes Ames s'éprendre du progres
Eh
bien?
et
pour({u'on
y
déposat
un
baiser.
Ses
yeux,
d'un
bleu
comtesse et ses deux amies.
de la meme nuance; le Zenuro (le gingembre), fe,11lle soire· M• Se;ard, ancien ministre de la République, an- et Iutter po•Jr lui; ces males accents ont re mué les creurs,
- Ah! roa mere, elle est charmante ! m'écriai-je, ·
Une observation que je ne pus m'empccher de faire vague et indéterrniné, étaient cependant pleins de prol'écho
en
a
retenti
daos
toute
la
France,
et
celte
belle,
de \'extreme gauche; le Firenze et le Contemporaneo, cien ;résident de l'Assemblée Constituante; M• H_ébe~t,
8ans m'aperr,evoir que je répondai~ a ma pensée plus
fondeur
et
de
reverie,
et
je
ne
pus
m'empecher
de
trouel
que,
je
crois,
tout
le
monde
eut
faite
comme
moi,
pacifique et féconde émotion ne sera pas éphémere.
.
feuilles autrichiennes.
. , . . . ancien procureur général, ancien ministre de la Justice
c'était le changemcnt immédiat d'aspect s1&lt;1bi par le ver entierement fa•ix le portrait qu'Emmanuel m'avait qu'a sa quest1on.
L'arret n'est point encore irrevocable: ce que la Conr
Il y a deux ans, on a fonrlé une revue ht~era1_re mt1·- sous le regne du roi Louis-Philippe; Oidier, M• Gré~,
Elle
n'eut
pas
l'air
non
plus
de l'avoir remarqué, et
tracé
de
sa
cousine.
Certes,
quoi
qu'il
en
eut
dit,
il
y
salon
depuis
la
retraite
d11
vieux
comte.
A
notre
arrivée,
impériale a lié, la Cour de cassation peut le délier, et si
tulée: le Borghini, du nom d'un cél~~re ant1qua1re. ~lle anciens représentants du peuple, M• Jules Favre et M• P1me dit:
avait
daos
ces
yeux
!'indice
certain
de
la
passion,
lachacun
causait
a
voix
basse;
on
s'observait,
pour
ainsi
publie aurtout des articles de cnt1que et de philo- card, députés au corps législatif; M• Arago, ancien secré- cette supreme juridiction proclamait que l'arret a exaclc- Allon~, tant mieux! car j'ótais plus inquiete que je
dire, et on sentait régner daos le ton général des con- tente et contenue, sans doute, mais réelle et sérieuse.
ment interprété la loi, eh I bien, nous avons un gouvernetaire
général
du
minist/\re
de
la
justice.
Seul
de
tous
les
u'osais
l'avouer; mais puisque tout s'est bien passé, je
Son
nez,
finement
modelé,
s.
u
rrnontait
une
bouche
un
msations
cette
apparence
de
contrainte
ou
se
trahit
la
logie.
.
·
t ·
ment pour proposer des lois nouvelles, et des législate'on
L'immense majorité de la populat10n florentme es s1~- défenseurs )1e Desmarest, un des avocats qui est comme
presence d'uue personne en désaccord de pensées et peu mélancolique, mais pres.que toujours entr'ouverte crois queje puis dormir tranquille.
.
.
cerement ralliée au nouvel ordre de choses. Les p~tri- l'atticisme, la grace et l'urbanité de la _democrat1e, n a pour les voter.
Et elle me souhaita le lionsoir sans m'inte:-roger dad'esprit avec ceux qui l'entourent; mais, en se retirant, par un sourire doux et tendre, qui creusait deux imperTandis
que
se
plaidait
ce
grand
proces,
le
Tnbunalétail
.
-merñes
sauf
un
tres-petit
nombre,
sont
Itahens
vantage.
ceptibles
et
mignonnes
fossettes
dans
des
joues
légerepas
rempli
de
fonctions
politiques,
ma1s
M"
Desmarest
le vieillard avait enlevé avec lui le froid manteau de
c,ens eux
,
d' . .
.
appelé a se prononcer sur les dernieres volontés d'DD
de creur, quoiqu'ils soient pour la plupart origme ger- est le batonnier de l'ordre des avocats.
Un des effe1s les plus étranges des émotions vives et
~ace qui paralysait chacun, et peu it peu, comme les ment renflées, comme celles de toutes les jeunes filies.
homme dont l'ame fut une de celles qui vibrerentle plus
anique · car les nobles toscans descendent des Longo.
Vous le voyez, c'était, passez-moi la familia~ité de l'e~- éloquemment aux souffles qui ont agité et pénétré laderfteurs qui se montrent une a une q11and la neige lond, C'était la, je l'ai dit, le caractcre distiuctif du visage de profondes, est une espece d'obscurcissement de la pensée
:ards, c~mme les nobles anglais desce~dent des_ Nor- pression, un proces assez bien composé; et J~ ne cr~is
les rronts s'étaient relevés, les sourires avaient reparu, la comtesse; cette figure composait ainsi un mélangc qui ne vous permet pas de voir bien clair daos votre
génération.
_
mands. 11 suffit de lire leurs noms pour sen colnd:ªh'~cr~)· pas qu'il y aiteu, pendant huitjours un endro1t a Par1s, niere
el
bieotot, les paroles aidant, une gaieté douce et com- enchanteur de l'enfant qui se souvient et de la jeune propre creur, avant que l'impre:ision ressentie n'v ait
Le R. P. Lacordaire a écrit un codicile par lequel il
.,
·c1· quetnues-uns: Alighieri (proprement A ig ,eri ' ou se soit trouvée réunie compagnie plus honnete, plus
été, pour ainsi dire, gravée plus profondément p~r un
mnnicative
avait remplacé la sombre réserve des pre- fille qui espere.
"'º VOi. h"eri· •¡ Berti Uberti Albert1,• Robert1.. Ghºb
.
d,spose au profit de M. l'abbé Perreyve &lt;( des papiers per1
ert1,
Son
cou,
un
peu
long,
mais
blanc,
rond
et
flexible,
eminstant de calme et presquc d'oubli: de meme quP. daos
brillante,
plus
illustre,
que
celle
dont
ces
mémorables.
miers
instauts.
,
• , . •
•
· •
•
Ben lmg 1 ,
sonnels que l'usage des ordres relig_ieux permet ?.et~
Baldi' Ubaldi' Garibald1' Sm1bald1' Schalch1' ~am- débats remplirent la salle d'audience des appels de poDe cette gaieté, la comtesse était évidemment le foyer, pruntait acette longueur meme une grace encbanteresse; les chocs physiques, l'engourdissement du coup empeche
mettre par voie de legs ou de donallon, parcde,qu 1ls nonl
. s·,m,·calchi
Udolfi' Pandolfi,
Ganclolfi,
Ridolfi, lice correclionnelle.
le centre et le rayonnement, et le bonheur émanait il semhlait fait expres pour se replier avec les douces de sentir immédiatement la blessure, daos ces grands
sehaIch1,
·
,
.
.
.
d'autre valeur appréciable que celle accor ee aux son•
Le général Salomon, qui serv1t autrefois l'empereur
Fridolfi (Ricasoli), Sismo~di, G~1sm?nd1_, L~nd1,. G~a4'elle
comme le cbagrin émanait de son vieil époux. C'é- ondulations des cygnes, et pour se relever a•1 hesoin chocs moraux qui bouleversent et renouvellent une ame,
venirs par une amitié fidele. il Quelques jours a~an~ de
landi, Bardi, Algardi, Riccard1, B1anc1ard1, Gmcc1ar- Soulouque, a suivi assidument l'a!fai_re : je n'ai jamais
tait
elle
que chacun consultait du regard apres avoir avec la majeslé des reines. Dans la molle et nonchalante il y a presque toujours un intervalle entre le moment oú
mourir il remettait entre les mains de cet ecclés1astiqoe
vu visa"e
d'ébene plus intelligent, plus énergique et. plus
parlé, c'était sur son visage qu'on cherchait cette muelle attitude que j'ai décrite, il se courbait un. peu, et cette vous avez été frappé et celui ou vous vous sentez dominé.
0
dini, etc.
.
.
d
l'é"l" d
les pa~ers inniqués daos le codicile.
11 y a quelques jours, Je su1s entré ans e ,se e noble : les plus beaux discours du monde, prononces en
approbation, si flatteu,e quand elle vient d'une pcrsonne courbure servait encore a faire roieux remarquer lt, O'abord il nait en vous une espece d'émoi, d"une nature
Un des freres de J'illustre préd1cateur conteste Al_'abW
Sainte-Croix, et je me suis arreté devant le tombeau du faveur de l'émancipation de la race noire, ne vaudraient
~nnue pour un sur arbitre d'esprit et de bon gout. finesse d'attache qui le liait a des épaules et a une poi- si confuse que vous ne savez quel nom lui donner: bonPerreyve le droit de publier aucnn des man~!iCrttsda
heur ou tristesse; puis un tra vail caché s'opere, et Je
poete Filicaia. Ce poete est l'auteur du fameux sonnet pas un regard jeté sur cette belle tete.
- Voyons, monsieur, dit-elle en se tournant vers trine sculpturalement modelées.
R. P. Lacordaire, et sollicite du Tribunal un J,ugemeal
Qu'on
se
la
représente
tell
e
que
je
l'ai
dépeiotc,
attenmoment
arrive ou vous vous trouvez face a face avec le
Devant
la
cour,
le
proces
des
Treizt
a
eu
un
prologue
aoi
avec
un
doux
~ourirc,
maintenant
que
nous
sommes
qui a lté considéré pendant longtemp~ comm,_e l~ ªs
qui interdise a!'avenir la vente d'un livre intitule:,~
fnnebre de l'Italie, et que les étrangers a1ment " rep ter assez piquant. Onze personnes, parmi lesquelles MM. Se- du R. P. Lacordaire a desjeunes gens, dont quatre editiOIII
en petit comité, ne consentirez-vous pas a payer votre tive et souriante, son menton doucement posé sur une fait accompli et avec l'irrésistible réalité.
main fine et blanc!-le, qui semhlait le scul appui digne
Ce ful la ce qui se passa précisément daos mon ame.
dans. .leur esclavage, nard et Crémieux dont le jugement avait inscrit le nom
•envenue cbez moi?
aux Italiens, soit pour les confirmer
.
déja épuisées.
.
, lé.
de cette tete charmante; qu'on se la figure, les yeux une fois rentré ch,ez moi, je voulus repasser une a une'
Comment
te
pourrais-je,
madame?
demandai-je
soit po•1r les stimuler a en so:t,r. Le vo1c1:
. dans ses considé:ants, sont venus réclamer le droit de sont
Un des arguments de M. Léon_Lacordaire est qu eD
a,ec un regard ou elle dut tire que j'étais pret a tout fixés sur moi avec un air de bienveillance et de bonté les émotions éprouvées par roon creur et les observa(( Italie I Halie ! 0 toi a qui le sort acco~fª un ~lagn 1- s'asseoir a coté des prévenus.
guant
des manuscrits n;ayant d'autre ~aleur _q~e ~
et ne cherchant pasa cacher une émotion trabie a peine' tions faites par mon esprit, mais ce travail d'analyse me
fique douaire de beauté, qui n'a servi qu" acero, re 1es
&lt;( Le Tribunal a déclaré que nous avions fait partie du
,oor
lui complaire.
qu'y peut attacher l'amitié, le défunt a mterd1t impliácomité, disait M. Senar&lt;l, parlant pour lui-meme et les
- Emmanuel a commis l'indiscrétion de nous dire par les faiblesondulationsde son corsage, et l'on m'excnse- fut impossible; quelque chose de vague flottait devant
malheurs inílnis que ro portes écrits sur ton front;
tement
au
Jégataire
d'en
tirer
profit.
.
!
, que n'es-tM moiQ.s belle ou plus forte, afio dque. dix autres mécontents, il \'a déclaré saos que nous ayo~s
qae ,ous étiez poete; et quoique vous prétendiez ne pas ra si j'avoue que, des ce premier moment, je sentis qu'on mes yeux, irritait roa pensée saos parvenir a la fixer, et
« Oh .
Mais quel est, dira-t-on, l'intéret de M. Léon Laco~811t
-aitre l'amour, ajouta-t-elle avec une fine intention ne pouvait voir cette femme et res ter indifférent pour elle. finit par m'engourdir comme ce roulis des vaisseaux
celui qui t'admire tr. craignit davantage et ne te con m- été cités devant lui sans que nous ayons pu nous deLe soin d'une cbere roémoire, que des reuvr~s_1mpa,
O jeunesse du creur, que ta puissance est magique, qu'on sent n'etre jamais en place, saos pouvoir jamais
fendre • nous avons'le droit d'interjeter appel d'une déde raillerie, il n'est pas possible que vous ne l'ayez pas
slt pas a la mort tout en t'adorant !
faites diminueraient daos le respect de la pos_terité. ill
'
.
.
puisqu'aujourd'hui
meme, en retra~ant ces lignes, je me dire exactement ou ils sont. Aussi bientot mes yeux se
,elqoeíois un peu revé; faites-nous partd'un de vosreves.
lors J. e ne verrais pas s'élancer du baut des Alpes cision par laquelle nous sommes attemts et convamcus
_ Eh quoi '. les manuscrits du Pere Lacorda1re sont(( A
'
.
sens
troublé
par
une
émotion, écbo des émotions de- fermerent-ils et je tombai dans un de ces sommeils aniJe
m'inclinai
en
signe
d'obéissance
et
apres
avoir
un
des torrents d'étrangers armés pour ta perte, Je º? ver- d'avoir violé une Joi. Nous pensons, nous, n'avoir usé
indi"nes
de
voir
le
jour?
.
.
puis
si
longtemps
passées
!
més ou l'on vit d'une vie iudécise, mais plus séduisante
1
IIOment
reflúchi,
je
récitai
a
demi-voix
et
avec
un
léger
rais pas le~ coursiers gaulois boire les ond~s du Po. , , que de notre droit, et nous entendons le pro~ver aujour~Non, pas tous peut--etre; mais c' est a r~éntier qu
Tout
en
parlant,
tout
en
tenant
mes
yeux
fixés
dans
l'esque l'autre. Toute la nuit je vis une forme divine, mais
hattement
de
creur,
une
de
ces
folles
improvisation~
de
d'hui.
C'est
d'un
acle
politique
qu'il
s'agit,
d'un
acie
« Et je ne te verrais pas toi-meme mamant ºº.~ epee
appartient de décider ce point, car il conlmue la '-1'
pace,
je
ne
l'avais
pas
un
instant
perrlue
de
vue,
et
cefugitive, deux grands yeux profonds et reveurs, un soultjennesse
ou
le
talent
manque
peut-etre,
mais
ou
l'on
dont
nous
nous
honorons;
mais
les
príncipes
sont
abqui ne t'appartient pas, combattre a~ec 1~ bras de I etr~ndu défunt.
. 1t
~ du moins pal pi ter la chaleur et la foi, et qui, a ce pendant je ne l'avais pas une fois regardée; mais quand rire doux et presquc tendre, et deux boucles de cheveux
ger pour etre toujours esclave, v1ctor1euse ou vam- solus, et si desjuge3 ont pu dire qu'un homme était cou- sonne
_ Mais les bénéficeo de la publication , qui les
les derniers mots eurent expiré sur mes levres, je ne pus qui me faisaient l'effet de s'enrouler autour de mon cou
ijt,e, trouvent grace aux yeux des femmes.
pable d'un délit politique saos l'avoir i_nterrogé, sa~s
cue. &gt;)
cueillera?
ré
n4lf
Des que j' eus commencé, la comtesse, pour mieux m'empecher de la regarder enfin, pour lui faire com- et de l'enlacer daos leurs anneaux soyeux avec la grace
Que doit dire le poete patrio!e,_ s!, du roya~me des l'avoir entendu, d'a11tresjuges pourront d1re, sans I avo1r
__ L'héritier, tout naturellement, vous Po
l'écouter saos doute, attira vers elle la chaise que j'a- prendre que ¡e n'étais ambitieux que de son sufirage; et le despotisme d'une caresse aimée.
ombres, ¡¡ voit son noble vreu reahse et _son amere ~:o- interrogé, saos l'avoir entendu, qu'il est coupable de
M. Léon Lacordaire: la loi_le _com~ande. ,.
1W •ais quittée, la don na pour point d'appui a son pied elle le compril saos doute, car elle me dit:
JUI.ES DE W AILLY FILS.
phétie démentie ! Que ne pe~t-11 re~emr a la lum1ere 'luelque délit honteux, de quelque crim~ iní~me. »_
Heureuse loi ! qui met s1 bien d accord I mtéré\
(La $1,ite prochainement.)
- Vous eles un vrai poete, monsieur, merci.
dtoi~ placa son coude sur son genou, son menton fin et
- Le jugement a déclaré que vous av1ez fa1t part1e du
pour cbanter l'hymne de la resurrecllon?
,.
Et elle me tendit sa blanche main, sur laquelle je
~e daos la paume de sa main, et parut s'absorber
comité électora.l poursuivi; soit, mais vous n'avez p_as morts et celni des vivants.
Reproductiou iulerdile au jou!'lllu1 qui u'Ollt JNII traite • - la Soei6té
Lou1s DELATRE.
11 est facbeux pour M. Lacordaire que les juges 11
m'inclinai
avec une émotion profonde.
dea geu• de lettres.
daos une entiere et sym~athique attention.
été déclarés coupables, a répondu le ministere pubhc,
pas pensé qu'elle put étre appli~uée dans la cause,
vous n'avez pas le droit d'etre jugés.

placé, dit-on, ~ous la Loggia d'Orcagna, pres du Palais
de la Seigneurie.
.
M. Jean Dupré, dont le grand-pere, ~tait Fran~a1s,
excelle daos les sujets bibliques et chretiens. Son ~-bel
l11i a valu une médaille de premiere classe a l'expos1t1on
universelle de i855.
11 faut citer encore M. Pazzi, auteur de l~ statue ~e
Dante qui sera dressée sur ~a pla~e de Sa_1nte-C~~1x,
au mois de mai prochain, a I occas1on du ~~x-ce~lle~,e
.
·re de la naissance du grand poete g1behn.
anmversa1
Nous reoroduirous eette statue en rendant compte des

'

•

•

1

f

1

�380

_______.:._::_=-=-:::-=-=~~-:.________________________v~=an-~O:sta:d:;:e:--,-:s:es~s;-_:-s;;ses Terburg, ses Gérard
Dow, ses Metzu et ses
Miéris surtout, ses trois
Berghem, ses Wouver.
mans, Cuyp, Karel-Dujar.
din, Paul Potter et 11.uysdael émerveillent encore
le visiteur le plus passion
né des galeries de La •
Haye, de Rotterdam et
d' Amsterdam. Comme valeur pécuniaire, on peut
se demander, aujourd'bui
qu'un Murillo se vend
600,000 francs, si la
charge d'un agent d~
change pourrait se troquer contre les richesi,es
du petit , salon carré,
transforme par Valedeau
en véritable tribune de
l'art du Brabant et de la
Hollande.
Depuis le~ gotbiques de
l'italie et -des Flaodres,
Giotto et Memling, conti..
nués par Raphael, Jules
Romain, Caravage, le
Josepin, Ribera, le Par.
mesan, Audré del Sarto,
etc., etc., jusqu'aux peintres de geure et aux paysagistes fantaisistes etréalistes de nos jours, Knaus,
Loubon, Lambinet, Bodmer, i. Héreau , de
Tournemine, on trouve
daos ce salon une collection complete des divers
types de la peinture, et la
pluparl d'un choixparfait.
Un contraste heureux y
réunit S. Bourdon, qu'on
rencontre ici d~ssinaie11r
,· sincere et fin, de meme

LK lUSll DK 11.0NTPKLLIKR.
Le musée de Montpellier est un des plus importants de la province.
Vers les dernieres années de la Restauration,
la ville de Montpellier ne
possédait, en fail de mu~
sée, qu'une collection de
dessins et quelques portraits qu'un certain
M. Xavier Atger, amateur
émérite et écrivain philosophiste (sic), avait léaués a l'École de Médeºcine de son pays natal.
. Un des premiers éleves de !David, le baron
!•'abre, natit aussi de Montpellier, est le fondateur
du musée actuel. 11 rapporta d'un long séjour a
Florence, au milieu des
circonstances les plus favorables, un premier
groupe de tableaux et de
dessins appartenant en
grande partie aux écoles
italiennes, etqui fut estimé des lors a la somme
d'environ 400,000 francs.
Vinrept s'y adjoindre, en
i 837, les donations en
nature de M. Valedeau,
agent de change, et de
M. Collot, ancien directeur de la Monnaie de
París. Celle de M. Valedeau, plus particuliererement composée de tableaux de l'école hollandaise, était estimée apres
de 600,000 francs. Ses
douze Téniers, ses deux

MUS~E DE MONTPELLIER: RBPAS DANS UN APPARTEMf;NT, par Jean Steen.

qu'on y trouve Girodet ver,eox et coloriste! 11 ya des
oavid pleins d'effet et un
~,ascassat humide de fraicbeur. (En passant, signalons a M. Courbet un torse
de Christ mort, par Louis
earrache, l'idéal du réalislDe.) 1l y a des paysages de
Moucberon et de Boguet, et
onJeune Samuel del'Anglais
Reynolds; on parle aussi
d'une galerie déja célebre
depeinture contemporaine,
formée par un hardi amateur dé la ville , comme
pounnt venir, d'un jnur a
l'autre, enrichir encore le
masée Fabre. Au musée de
iontpellier figurent aussi
qoelques échantillons de sculpture
plus ou moins ancienne, et des
marbres modernes, dus aCanova, a
rradier et a Gumery. Oeux salles
cootiennent des dessins, des sépias
el aquarelles (genres trop absents
do musée du Luxcmbourg), signés
Boissieu, Prudhon, Géricault, Bonoiogtou, Devéria, Gudin, Cbarlet,
Eog. lsabey, etc., etc. Un superbe
croquis a la plnme, de Raphael,
avec buit vers autographes de la
méme main se trouve la aussi.
Nous ne saurions donner ici le
catalogue complet de ce musée;
meotionnons au moins le Po1'tmit
d'a jeune homme, d'abord altribué
a Raphael, ensuite au Francia; la
nm de sainte Cécile, inscrite au
limt sous le nom de Nicolas Poussin, et, sous celui de Chardin~ un
F'ortrait de Jllm• Geoffrin. Ces trois
cheís-d'reuvre sont d'une valeur et
d'un intéret hors ligne.
L'original du Repas dans un
,ippartement, par Jean Steen, est
une toile dite de chevalet, mais
que recommandent, daos une scene
de genre plus que familiere, les
plus sérieuses et les plus belles qualités. C'est, comme gout et meme
amme style, par la science de l'arraagement, la sévérité et le soin
il dessin et la solidité simple du
-1é, fort au-dessus du caractere
~ l de l'art hollanfíia. La principale figure,
loe maitresse femme qui
&amp;e renverse, le verre en
lllin, dans un éclat de
rire, est admirable. On
lronve rarement réunies
llllant d'ampleur et de
Mhriété, autant de verve
etde convenance. A coté
se voit un autre tableau
petit, du meme

VIJK GENERA.LE DE KAZA.N.

Mtellerie; tout aulre chose que le précé~t. C'est d'une vérité
etoordissante d'exécution,
lliis dépourvu de caraetere et d'espritpittores-

KAZAN.

EGLISB SA.IN'f-PIKRl\11. E I' SAINT-PA.UL.

,f1111e

,e.

LE Pl!TIT PA.llESSl!UX, par- Greuze.

L'auteur du Petitpares• , Greuze, le peintre
llélodr:Mnatiquc· si próué
Pat Didcrot, a, au musée
Fabre, une douzaine de
toiles, compositions et
llorceaux d'étude. Daos
~ dernieres, l'artiste se
"'éle a ,ec des fi ncsses
des transpareuces de ton'
et avec un brio de touche'

tout a fait exceptionnels.
La peinture du Pctit paresseux brille par un carac••
tere d'heureuse improvisation en pleine pate. On la
prend sur le fait, comme
le peintre a pris lui-meme
son sujet. Lejeune Samuel,
par sir Joshua Reynolds,
est 'un des rares échantillons, en France, de l'ceuvre du maitre anglais, dont
il n'y a ríen au Louvre.
Daos ce tablean, a l'attitude na1ve, se joignent,
dans un contraste non
moins naturel, une émotion profonde et une expression inspirée. La verve
aristocratique de la brosse,
la vigueur du clair-obscur, le caractere portrait de la tete, peuvent
parailre se rattacher a la maniere
de Van Dyck, dont l'influence a été
si grande sur l'école anglaise, notamment, apres Reynolds chez ses
plus brillants représentants, Gainsborough et Lawrence. Cette simple
figure, touchante par le sujet et d'un
effet pittoresque tres-saisissant, a
été souvent et toujours mal gravée, alors qu'il faudrait au moins,
dan~ ce cas, le crayon prestigieux
d'un Mouilleron pour l'interpréter
dignement.
JuLES LAURENS.

Steen : Scene a la porte

LE JEUNE SA.MU&amp;L, par S. Jo&amp;bua Reynold&amp;,

381

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

L' lLLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

"

PALALS SERGREFFIU.

Le voyageur qui vient du sud, et
qui arrive au confluent du Volga et
de la Kama, voit se déployer devant luí les i¡nmenses plaines du
gouvernement de Kazan. Quelques
collines au borrl du Jleuve, et les
dernieres ramifications de la chaine
de l'Oural du coté de l'Orient, sont
les seuls accidents de terrain que
luí présente ce pays ondulé, coupé
en tous seos par des rivieres et des
lacs, qui se couvrent de glaces de
. novembre en mai. La clurée, plutót
que l'exces du froid, le retour fréquent des gelées matinales, la fraicbeur des printemps a11noncent le climat de la
Russie septentrionale. La
végétation a changé d'aspect : les píos, les bouleaux ont succédé aux
chaines des forets situées
au sud et a l'ouest du
Volga; le lin croit avec
peine, les vergers ne rapportentque despommes et
des cerises communes.
Pourtant cette contrée,
si pe u favorisée de la natu re, en apparence, est
!'une des provinces les
plus riches et les mieux
cultivées de la Russie
asiatique. Ces plainessont
fertiles en seigle, en orge,
en blé, en sarrasin, en
millet et en chanvre. Les
paturages nourrissent de
nombreux bestiaux ; les
!aes et les ri vieres abondent en poisson; les forets
offrent de beaux bois de
construction, et le sol
recele des mines de fer
et de cui vre et des carrieres d'albatrc. Au milieu

�L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

VI LLUSTRATION, .JOURNAL UN !VE RSEL.
les éleves. Il est accordé a cbaque enfant un espa;¡
de ces solitudes s'él~ve !'importante ville de Ka- ¡ vie, 66 fabriques de potasse,\i 8 savonneries et 39 tan ne
deux pas de long, ou il place son maletas, ses etlets ~
zan, séjour animé et brillant pendant l'hiver, et dont les ríe . La fabrication des cuirs de Russie, des peaux de
meme ses ustensiles de cuisine, qu'il doit porter a,
habitants rivalisent avec ceux de Moscou pour le luxe bouc maroquinées et des savons, a beaucoup perdu de
luí. Les jeunes Tatars sonl envoyés a l'école des l'Age;
de leur table et l'eclat de lcurs fetes.
son importance. Cependant les c,innaisseurs tirent en·
sept ans, el y restent cinq années. Ceux qui se destinen~
Kazan, c'est-a-dire le chaudron en langue tartare, se core dircclement de Kazan son fameux sav(ln d'reufs. Ce
a l'état ecclésiastique proloogeot leurs eludes au del'
présente en amphithéalre sur les bords de la Kazanka, produit, composé dejauncs d'ooufs frais, de beurre égalede cet intervalle. L'enseignement comprend les dogme~
qui, a une lieue et demie plus bas, se jette dans le Volga. ment frais et de drogues plus ou moins préc.ieuses, se
de la religion mahométane, la lecture et l'écriture
Elle est située par 55° 47' 51' de latitude nord, et par vend dans des boites en laque, ornées de peinture: il
a.rabes, et souvent le boukh:i.ro-persan et le russe, Les
47° O' 45' de longitude est, a t,519 verstes (275 licues) ,aut de 5 a 2:i rouhles la livre, tandis que le ~avon de
Tatars parlenl tres-puremeotle turc, leur laogue natal,
est-sud-est de Saint-Pélersbourg, et a 82i verstes (165 suif ne coute que 8 roubles le pain. Le1- Boukhares, les
quoiqu'ils ne la fassent point étudier a l'école, (( alteado'
lieues) est de Moscou. Ancienoe capitale d'un royaume Persans et autres Orientaux, en emportent annuellediscnt •ils, qu'il est superflu de paycr une instructio~
tatar, Kaz:m doit a plusieurs incendies considér:ibles meut une grande quantite. Ajoulons que le marché de
qu'on peut recevoir chez ses parents. » Le maitre n'est
d'etre aujourd'hui régulierement lialie et de posséder KazaH fournit aux ¡.,euplades qui l'entourent des poteJJOinl rétribué en argent~ mais en vetements et en denun grand nombre de beaux édifices publics. Son Krem- ríes, des toiles, des char1ots, des traineaux, etjusqu'a
rées que lui apportent les éleves sous forme de e&amp;·
!in, seul débris de son anti que splendeur, aux murs de des maisons en bois, que l'on peul monter et démooter
deaux.
briques üanqués de Cortes tours, semhle &lt;lomiuer encore a volonté.
Les négociants russes et tatars ont pour émules les
la ville moderne. 11 renferme les palais du goU\·erneur
La population qu'alimente ce grand mouvemeot
Boukhares, qui luttent avec eux de finesse el d'astuce.
et de l'archeveque, la cathédrale batie par Jvan IV et commercial el industrie! se compose d'éléments tres-diLa Chine, l'Jnde, la Perse et la Russie sont le terme des
surmontée d'une belle coupole dorée, la chancellerie, vers. En i827, le gou,ernement de Kazan comptait
voyages de ces marchands noma.des, dontles caravanes
les casernes, et de jolies maisons nouvellement cons- i ,028,150 babitanls, répandus sur une superficie de
de trois a quatre cenls chameaux, traversent pre!qoe'
truites. La partie de la ville qui s'élendsur la penle des i,123 m1lles carrés géograpbiques. Trois races compotoule I'Asie. lis apportent aKazan de la poudre d'or, d~
collioes est tout en pierres et en briques, et forme des sent cel ensemble : les Russes, les Tatars ou Turcs, et
monnaies d'or de Perse, du lapis-lazuli rarerueot por,
rues bien alignées. Les quartiers situés dans la plaine divers peuples 'finnois, tels que les Tchérémisses, les
des bérils, des rubis-balais, des turquoises et autre,
offrent des maisons de bois, des rues pavées en bois et Thouvaches, les Mordouins et autres. Les Russes s'y dipierreries de l'indc, du coton écru en fil ou travaillé, de
tous les défauts ordinaires des villes russes. Les üots dé- ,•isent, comme daos tout l'empire, en nobles, en bourmauvaises étoffes de soie, des peaux de brebis et d'abordés du Volga couvrent, a.u printemps, les prairies qui geois et en paysans ou artisans. Les Tchérémisses, que
gneaux a laine frisée, des peaux de tigre et de cbatbordent la ville et semblent l'entourer d'une mer. La nous prendroos comme type de la race finnoise, ont 3Utigre. Obligés de passer sur le territoite des Kirgbiz-e«r
circonfért:nce de Kazan est de trois licues. Cette vaste trefois invité les Russes a la conquete de Kazan. lis sonl
saques, ils payent a ceux-ci un tribut de deux ducals
euceinte renferme, d'apres les rapports olficiels, une cependant demeures fideles, pour la plupart, au culte
par cbameau, pour prix d'une escorie qui ne les protégt
population de 50,244 indh·idus, dont i5,000 n¡usulmaus mahométan, et exercent toujours leur p1 ivilége d'époupas toujours contre le pillag..:. Leur commerce est, d'ailbabitant les faubourgs. On ll.dmire daos les enviroos de ser qualre femmes a la fois. Quelques cércmonies pa'ienleurs moins actif a Kazan qu'/J. Orcmbourg, centre comla ville le joli palais de Sacqufka.
aes devant le féticbe de famille orécedent encore lemamun des caravanes russes qui se rendcnt en Boukharie,
Kazan possede, depuis i81\3, utte université qui, en riage, méme chez les Tchérémisses cbrétiens. Ceux qui
et des caravanes boukhares qui apportent en Russic :es
i 83!f, comptait 34 professeurs et 252 étudiants. A la sont restes ou,ertemeot paiens ont des pretres ou magimarchantlises d~ l'Orient.
H. CAm.LllA."i~.
meme époque, le gouvernement, dont cette ville est le ciens appelés moukehan. Le11rs temples sont des aires
chef-lieu, reofcrmait f98 écoleá, daos lesquelles 414 de terre ncttoyée, quelqueíois battue, au sein des foréts,
mai:res instruisaient 8,459 éleves. Destinée surtout a surtout au milieu des ¡.,ins hlancs. lis immolent un cherattacher a la ¡.,opuiation russe les tribus asiatiques qui val atezan a la (ele du primemps, et adorent la divinilé
LE TOUR DE MARNE
l'environnent, l'Université consacre des soins particuliers finooise Jouma et son epouse Ioumonava, auxquels ils
UN BE.A.U V0LU.IIE
a l'enseigoement des tangues arabe, persane, turque et offrent des pales frites dans la poele. lis ont pour toute
Par MM. Ero. de Labédolliere et lldefonse RousseL
mongole. L'académicien Schmidt a composé pour ce écriture quelgues entaillcs faites sur des batons, etpourdernier idiome la grammaire et le lexique qui lui man- tant ils asrnrent avoir possédé des livres écrits, (( que
Qu'est-ce c'est que le Tour de Marne? Est-ce seulequaient. Divers voyages scientifiques, entrepris daos personne ne comprenait, et qui ont été devorés par la
menl la descriptioo écrite et illustrée des rives de la
l'intérieur de la Russie, t~moignent d l l'excellent es- grande vacbe. » Resscrrés par les colons l'1Jsses daos des
Marne? Est-ce, en un mot, une succession de desaipprit de l'Uoiversité, qui dispose d'une biblotheque conle- limites plus étroites, les Tchérémisses, aulrefo1s chas- tions et de points de vue admirablement reproduits par
nant t,600 volumes el 3,000 manuscrits turcs et mon- seurs et pasteurs nomades, sont devenus d'eiellents l'appareil photograpbique1 C'est cela, el e L~l autrt
gols, d'un observatoire, d'un laboratoire de chimie, &lt;le agriculleurs. Les hommes se rasent la tele, tout en cho,e. Le Tour de Marne, grace a l'esprit d1,; :.;.E.~.
collect1ons d'instruments de pbysique, de méda1lles t:t de adoptant ¡.,our le reste le co,tume des paysans ru~cs. Lahédolliere, sera. tout ce que l'on voudra: uue his:u.rt,
mineralogie. Kazan est, en oulre, le siégc de l'unti des Les femmes tiennenl encore a leur enorme bonnet cylin- une rcverie, une symphonie, un aimable traité pbilOIUquatre académies ecclésiastiques de l'empire : cclle driquc, surchargé de pirres de moonaie, de Ycrrolcries
phique. Pourriez-vous me dire au juste ce qu'eft k
académie, fondée en t803, ~e compose de i6 profcsi:eurs. · et de frange~. !::lle, po1te11t, en eté, un ca.le~on el une l'oyage autour de ma chambre? 11 est des reuvres qo'aa
Dans le couvent de Silandovo, un séminaire forme des chcmise tres-rourtc, 01 ni'·e de lireloques qui annoncent
ne peut définir d'une fa~on absolue, et le Tour de Jlll'II
missionnaires parmi les enfants tatars, tchérérm~ses, de lum leur appri1che.
est une de ces reuvrei,.la.
rr,ordouins et aulres. On trouve aussi daos cette ville
Les mreurs des Tatars, vu, puur parler pl113 exacteMais ce qui est certain, ce qn'il est impossible de«un gymnase académique ou l'on enseigne toutes les ment, les Turcs de Kazao, se rapprochent iofioiment
tesler quand on a tu le Tour úe Marne, c'est la gr6ce •
tangues.de l'Europe, et qui a une bihliotheque de 5,000 plus de !a tivilisation européenne. Industrieux, riche,
récit, la belle humeur du conteur, le charme de cetes· volumes, 4 écoles normales, une école de clinique, un sobre et plein de vertus domestic:ues, ce peuple vaincu prit improvisateur qui voit les choses sous l'asped le
jardín botanique, une école militaire pour 350 fils de semble presque supc1 ieur aux Russes, ses vamqueurs.
plus favorable, et qui, - quelque atrabilaire que puilll
soldats, et une école navale. L'arsenalde la marine, l'un Malgré lcur taille, généralement peu élevee, u1.e phyetre le lecteur, - finit toujours par le dcrider, l'intedes principaux de la Rus~ie, contienl des maga~ios con- sionomie noble et intelligente, des yeux noirs et ¡.,erresser et lui prouver que le Tour de Marne est tout IIÍlsidérables el des chantiers pour la construction des ~nls et une longue barlie leur donnenl un air impoplerrent un livre ple in de délicatesse, de finesse et d'•
vaissseaux rle ha11t bord, des fregates et des bricks, saot. Leur costume est celui de l'Orient, avec les modique l'on fait descendre par le Volga daos la roer Cas- ficatioos que commande le climal; celui des femmes prit.
Le role de M. Ildefonse Rousset daos ce Ji,re n'd
pienne.
brille par le luxe des franges et des perles. Tout en conpas non plus saos importance. C'estlui qui, avec l'olljeOPlacée avantageusement pre's de deux grands üeuves, servant l'au,térité de leurs mreurs et leur exaclitude a
tif, a fixé sur le papier tous les points de vue, to111 III
dont les afüuents facilitent en toul temps !e transport remplir leurs de,oirs religieux, les Turcs de Kazan monsites, to utes les scenes mnettes ou vivantes de ce ~
des marchandises, Kazan était nalurellement appelée a lrent aux chrétiens une tolerance hosp1taliere, et
mant voyage au pays de la Marne et de la
devenir l'entrepót du commerce entre l'Europe et la M. Erdmann a pu relracer, comme témoin oculaire, le
Jamais encore nous o'avions vu quelque chose de pll
Sibérie. Elle communique a la fois avec Arkhangel, tableau de leurs cérémomes nuptiales. Quoique la polysuave, de plus gracieux, de plus réossi. MI. BIL •
Perm, Orembourg, Astrakban, Taganrog, Moscou et gamie leur soit permise, peu de Ta.tars épousent pluLabédolliere et lldefonse Rousset n'ont pas ee._.
Saint-Pétersbourg. En f 828, 1,851 marchands ont dé- sieul's femmes a la fois; seulement, si la premiere épouse
été babiles, ils ont été heureux. Il faut, en effet,
ciaré, cooformément a l'usage ru~se, un capital de a vieilli, une autre, plus Jeune, partage la couche du
du bonbeur pour réussir a ce point. Le Tour di_,,.
6,438,517 roubles. L'exportation cousisle surtout en fa- maitre, mais non pas les bonneurs domestiques de ,a
se présente comme un des livres les plus dignesderines, en bois, goudron et potasse, en bestiaux, cuir, maitresse. Le8 écoles frequentées, les mosquées bien tecourir au b'fand prix du jour de l'an.
cire, savon, etc. II rcgne daos le gouvernement de Kazan nues, et une grande activité daos les fabriques et daos
EDllOIID 'fd,
une industrie tres-remarquable, et les métiers y sont les ateliers domestiques, placenta un haut rang les Ta~
en activité dans les campagnes comme dans les villes. En tars du gouvernement de Kazan, qui ont dans cette ville
Ouverture des bals masqués de l'Opéra, sanredi lt
t830, i54 fabriques occupaient 3,522 0L1vriers. La roa- une typographie turqueetleurs principaux étahlissements
cembre 1864. Premier bal masqué, paré et travesli-t
nufacture de drap, fondée en l7i4 par Pierre le Grand, et industriels. II y a ordinairemeot pres de chaque moschestre, d1rigé par Strauss, exécutera le nouveao
qui est devenue une propriété particuliere, occupe a quée une école, dont le mollab, ou ministre, esten meme
toire pour le carnaval t864-65.
elle seule t,000 ouvriers. On tisse, daos tous les ména- temps profes:;eur. La maison, ordinairement donnée par
NoTA. - Les cavaliers ne seront re~us qu'en
ges, des toiles, des éto!Ies rle colon et de laine. Cilons, un riche Talar, tandis qu'un autre se charge de son enbal (habits et pantalons noirs ou costumés). Lea
parmi les autres établissements industriels, des fabriques tretien, se cornpose, en général, d'un pet1t vestibule et
costumées
ou dominos.
de passementerie, de fourrures, de colle-forte, de chan- d'une grande salle, dout le plancher est disposé en
On délivre des billets d'avance a la loeatiOD, I;
delles, des fonderies de cuivre, des verreries, des mou- pente. Cette salle sert en memo temps de logement pour
lins a. huile, 85 moulins a scier, 66 distilleries d'eau-de- le maitre, et de classe, de dortoir et de réfectoire pour Drouot.

I

r.--

Ji!.

COURRIER

DE

LA

UNE BIBLIOTHEQUE

MODE.

Ce courrier ser~ le point de départ de nolre voyage aux

1■0POSÚ

i,eaux pays des etrennes. Notre premiere stalion sera

Aux c,¡mmunes, aux ,ociélts, aux familles.

daos le musee G~nd11lol (15,. ~ue T?rgot), que la ~en~ée
d'une, bonne a,:llon_ ava1t fa1l naitre, que la grande
beaute de ses produits a. maintenu et fait prospérer.
p~es. de ces ª~~ira.bles guipure~ d'art, filet ou poinl
de ~eo1se, toute 1m1talloo est gross1ere; elless'emploient
90us toutes les formes que revél la mode actuellc : chapeaux1 voilet_les, robes d~ ~apierne. Aujourd'hui, j'indiquera1 ce qui est plus spec1alement pour étrenoes : sacs
¡ bonbons, boites a ouvrage, coiffures napolitaines ca
. pelotes, cbaocelieres, parures' 'file;
Pucbons catalaos,
tu po1nt de Vemse, mouchoirs a entre-deux de filet vé•
aitien, etc.
¡;pe autre station chez Guerlain. Je ne vous donne pas
ron adresse; il n'est pas une Parisienne pas une femme
de goüt qui l'ignore.
'
Demandez a voir ses sacbets velours ou soie rose
blanche, bleue, oroementés de üeurs, de perles ou
dentelles, si séduisants tous, qu'on ne sait auquel s'ar~r, si délicalement parfumés, soit a la violelte des
lloiil, au vétiver,
l'~éliotroye, a l'aubépioe, qu'il
semble que Guerlam a1t su derober au printemps ses
paríums et ses brises.
La clientele de Guerlain étant des plus sérieuses il
estimpossible de rien lrouver chez lui d'un gout dout:ux
ou d'une qualilé secondaire. Tout ce qui est compris
uos la parfumerie proprement dite : eaux de toilette
blao~ e! rouges p~ur le teint, dentifrices, est composé
lle prmc1pes saluta1res. Daos cette ruaison, il ne s'agit
p15 seulement de vendre, il s'agit surtout de s'attacher
ane clientele, de conserver la réputation attachee a ce
nom.
Les éventails, coffrets, miroirs de toilette, üacons, nécessaires de voyage, sont autant d'reuvres d'art · tous ces
aeneilleux accessoires de la toilette, si chers aux
femmes surtout, font vaguement rever d'Orient.
Pour cadeau d'étreones utiles, qui ne préferera donner quelqu'une des ravissantes robe.$ de foulards du
(',oaptoir des Indes (129, boulevard de Sebastopol) en
place de la bolle de bonbons la plus attrayaote? '
Tout ce que la fantaisie a creé de plus riche, de plus
aiquet, de ~lus nouveau en coiffures et résilles, ceintures,
tlt.,est touJours r,hez Mayer, 30, ruede la Paix; ses gants,
1e.1 era vates, sonl les seuls adoplés par la fashion.
Atoutes les meres, pour la secoode dent1t1on de leurs
enfaoL~, a toutes les femme~, pour les soins de la bouche
¡e. recommande Mm• Saint-Hilaire, dentiste pour dames'
!,place Louvois. Un talent sérieux, acquis par de lonuue~
mnées de pratique, la place aujourd'hui au pre~ier
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ASSURANCES SUR LA VIE.

L'atte~tioo p~blique s'est portée depuis quelq-ue temps
sur une _10s11tut1on dcJa anc1cnne, mais que des événemeots recents. et la polemique qui s'en est suivie ont
grandement mise en Jumiere.
C?mme pour toute chose ulile, la publicité a fait ressorhr les ~ombrem. avantages que presente cette institut1on, et 11 n'est pas aujourd'hui un pere de f'amille qui
ne sache que_, moyennant un prélevement anouel sur
ses ~evenus, il peut assurer apres lui la tranquillilé et
le ~1en•etre de ceux qui lui sont chers.
. Edifiés marntenant sur l'iQstitution en général, il reste
a c~u~ q~i _en rechercheot les applicalions a faire un
cho1x JUd1cieux de l'établissemeot auquel ils confieront
des rnt~rets aussi prec1eux, et nous croyons leur rendre
un serv1ce en leur indiquant une compagnie qui se recornmande par son anc1enneté et les garanties qu'elle
présente, tanl sous le rapport et l'importance de son
fonds social el de ses réserves, que par l'bonorabilité des
hommes qui l'admi11islrcot.
La compagnie l'U11ion, établie a París, rue &lt;le ta
13,anque, o• fa, compte aujourd'hui treote-cioq années
d em~ence, pendant lesguelles elle a fait ses preuvcs et
remph ses eog:i.gemenL~, noo-seulement avec l'exactitu~e que le pulilic est en droit d'allendre de tout étabhs5ement serieux, mais encore avec l'équilé et l'empressemeot qn'il désire trouver dans une administration
bien veillan le.
Cette compagoie revendique l'honneur d'avoir intro~uit la premiere en France le systeme de la participat'.on des ass11rés dans l~s ,béoéfices de la compagnie, et
c est la seule encore qui I applique en traitaot ses assurés comme s~s actionnaires, de te lle fa1,:on cependaot
que les prem1ers n'ont que les bénéfices de l'assotiation
sans jama.is pouvoir etre atteints par les perles auxquelle;
les seconds so~ exposés.
La P.articipati?n peut etre employée a l'augmentation
du capital assure ou a la réduction de la prime· et meme
les_ assurés ?ºt la faculté de recevoir en arge~t la part
qui leur rev1ent, de telle sorte que le contractaot retire
ainsi l'intcrét de ses versements et fait un placement en
meme temps qu'un acle de prévoyance.
La compagnie a, du reste, déja fait a ses associés
onze répartitions de benéfices dont les résultats onl été
des plus remarquables, comme on peul s'en convaincre
en consultant ses prospectus.

____

~ de

14 planches hrées en couleur et de 216 vignetlel msérées daus le texte. - Prix, broché, 20 fr.· relié
~ en chagrin, plats en toile, tranches dorées, 25 fr.)'.
Librairie Hachette.

----.---,.--~--,,__

RÉBUS.

.Décrire dans un style clair, noble saos emphase et
lllple sans trivialité, les merveilles du monde solaire
1 do monde sidéral, dérouler sous les yeux des perlllnes les plus étrangeres aux sciences, dans une série
•etableaux pittoresques, le panorama grandiose des phé-~oes que le télescope a révélés au sein de l'espace
illn1, le Soleil et ses taches, les tourbillons el les tem(liles qui sillonnent la surface de ce géant des astres ;
llllre Lune, ses montagnes, ses craleres volcaoiqnes ·
In et ~es póles ~lacés; Jupiler, ses bandes nuageuses;
~~lhtes; les smguliers anncaux qui cntonrent Sa•u_e de leurs zooes lumineuses; et les cometes, et les
•lliers d'étoiles, tantót dispersées, tantót groupées en
llaa prodigieux; raconter enfin, de maniere a intéresllt ~os les ages, tout ce qu'on sait de la constitutioo
~lque des corps célestes : telle a été la prétention de
Amt\dée
Gu'llemin
•• .'
.1
en écr1·vant Ie e·ie l .
Ell'UC..1.TI0N DU DER!l'lER RWUS
1
~
1llustratioos de ce beau volume, imprimé daos un
.
.
·
¡;;tde luxe et sur un papier magnifique, ajoutent a la
Samt Pierre est chargé de faire atout saint l'ouverture des
des descriplions du texte: 216 vignetles gravées portes céle5les.
llaiicb le~ ~ocuments les plus autbentiques, et onze 1 - - - - - . . - - ~ - - - - - ..._ ';8 t1rees en cou!eur, en font un spleodide caAuG. MARc, directeur-géra,ú.
~~-étrennes, en meme temps qu'un ouvrage de biEDK. Tllllll, rédacteur en ch,{.
--....que.

I

383

Pour ~a pr_emi_ere fois on va faire sur une grande
éc~elle l apphcation de la loi de 1863 sur les ventes publiques.
Par suite de la liquidation de l'ancieune maison
H~o~ARD et Com¡.,. aura lieu, daos la grande salle du
pala1s ~e la _Bourse, la vente d~ pres de 90,000 houleilles de vms v1eux authentique des premierscrus de Bourgogne et de Bordeaux.
Les vios de la haute Bourgogne provienneot des crus
de Clos-Vougeot, Romanée, Chambertin Musi"ny
C~ambolle, P~mard, Volnay et Beaune; tou~ soot de tl
recolte de t8a8, une des plus recherchées par les amateurs.
Les bordeaux rouges (récolte de i858) ont pour provenaoce : Chateau-Larfille, Chateau-Margaux, BranneMoutoo, Gruand-Larose, Pichon-Longueville
Cos
d'Étournelle, Margaux-Me&lt;loc, etc., etc.
'
Les bordeaux blancs, meme année appartiennent aux
crns du Haut-Preigoac, Haut-Batsa~~ llaut-Sauterne et
Bommes-Sauterne.
Parmi les vins vieux on remarque tout d'abord des
Rauzan et des Léoville (1848), pui» des Graves-Ludon
L~to~r, Pichon-Longueville, Cbateau-Laffitte Rauzan e~
Leov11le (1851 ).
'
Cette vente, la plus importante qui ait jamais eu lieu
sous le rapport de la qualité et de la quantité, commen~era. le t2 décembre et se continuera pendaot buit
J0Ul'S,
EII! aur~ lieu, d_e trois a cinq beures, par le ministere
de. M .~ube, courller de commerce, 53, rue Viv,eune,
qu! dehvrera ~es cartes pour etre admis a l'exposition
et a la dégustat10n d'un certain nombre de bouteil:es de
chaque sorte de vio, qui aura lieu le di manche t l courant, d~ deux a quatre, au palais de la Bourse.
Ces vms sont déposés daos les caves de MM. O. Degrand
el Comp.! 31_, port de Bercy; chargés des livraisons.
Les adJud1cataires n'auroot d'aulres frais a payer que
1 fr. tO c. 0/0 pour courtage et enregistrement.
Des catalogues sont distribués chez MM. Aubé courtier
de commerce, 53, rue Vivienne; O. Degrand Comp.,
négociants, 31, port de Bercy; et au secrétariat de la
13ourse.

¡t

Afl8.

Le_ renouvellement du t •r janvier élanl le plus
cons1dérable de l'année, occasionne daos nos
Lureaux un travail exceplionnel, qui serait treslong A accomplir avec une parfaite régularilé si
loules les demandes al'I'ivaient en méme temps
aux derniers jours.
L'extension loujours croissante que prend l'lllw.tration nous fait un devoir de rappeler ce fait a nos
souscripteurs, et de prier instammenl ceux d'entre
eux dont l'abonnement expire au 3t décembre, de
le renouveler au plus lót, afin de n'éprouvt!r aucune
inlerruplion daos l'envoi du journal.

HISTOIRE DES PLANTES,

PAR

M.

L0UJS

FIGUIER

(f).

&lt;( C'est en fait de scieoce surtout que nous étions autrefois peu savants; aujourd'hui encore, il y aurait bien
des choses a dire; mais, avant qu'il soit longtemps, oous
serons des chimistes, des physicieos, des naturalistes et
des astrooomes tres suffisants.... »
Ces ligncs, que j'empruote au dernier Courrier de Parí~ de l'lllustration, témoignent d'une espérance que je
n_e partage ~eut-etre pas au meme degré que notre spir1luel chromqueur. Assurément, on fait, anotre époque,
d_e_ louables ~!Iorts pour propager les connaissances posi~iv~s ~t deve~opper le gout de l'étude daos la jeune
generat100. Ma1s, de la a faire de chacun de nous des
sa_vaots, des physiciens, des cbimistes, etc., il y a
lom.
Ce qui, a mon seos, justifle la vogue des ouvrage@ qui
ont pour objet de populariser la science, c'est qu'ils répondent a un besoin de l'opmion, tres-ébranlée daos
ses _vieilles ~ro!ances et trop ignorante encore pour asseo1r ses prmc1pes nouveaux sur des convictioos 5olides.
Le surnaturalisme s'en ,a, il n'en faut pas douter; m:i.is
entre temps, le scepticisme qui regoe dégrade les carac~
teres et fausse les consciences. Le malaise qui résulte
d'une telle situation est le symptóme d'une régénération
(t) Un vol in-8• de !130 pages, illuotre de 415 •igoettes 1aaer. dua
le tute. Pana, L. Bacbette, 1865,

�L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

384
dont le caraclere sera tout a la fois intellectuel et moral.
L'intelligence de la nature, de ses pbénomenes, de ses lois, est une des bases nécessaires de la rénontion que nous croyons
en train de s'opérer, et c'est la ce qui
nous parail expliquer le besoin d'inslruction solide auquel les auleurs répondent,

.HISTOIRE DES PLANTES
PAR M.

L. FIGUIER.

« Bien que condensé en un seul volo-;dit M. Figuier dans sa préíace, l'ou~
que nous présenlons a la jeunesse em.
brasse le tablean complet de la botaniqu
Si nous º'.ª~~ns approfondi aucune d~
grandes dms1ons de cette science 11
moins figurent-elles toules daos no~ ca.
dre. De cette maniere, ceux de nos lee-

Tou

CBARBON DU MAIS.

PEUlLLES EN l!NTOIIIIOIR (Samceoia).

filite

Gmui
Camli
1

!PIN SYLVl!STRB.

saos avoir peutetre toujoursconscience du role
qu'ils jouent.
Ainsi, le mou-•
vementdontnous
UClll!ll D'ISLAIIDB.
parlons avorterait, s'il n'arrivait
qu'a ce résultat: créer des
capacilés spéciales, ingénieurs, naluralistes, etc.
11 aboutira, au contraire,
s'il parvient a faire des
bommes.
En attendant,nous nous
soromes mis pour notre
part a l'reuvre; et voila
pourquoi nous ne pouvons
qu'applaudir a ceux qui
se sont voués, soit depuis,
soit avant, a la meme
éroancipation intellectuelle.
Parroi eux, M. Louis
Figuier est un des premiers et des plus féconds.
Recommander ses reuvres
aux lecteurs de l'Illustration est peine superllue;
son style, sa maniere, sa
méthode d'exposition sont
BULBB 01! SAFRAN.
connus des longtemps du
public.
Celle année, il ·a publié une Hístoire des Plantes
dont le texte est accompagné de nombreux dessins cxplicatifs. L'lllu.stration reproduit quelques-uns des
plus remarquables.

luu

Ain-

leurs qui voudron t pousser
plus loin leurs
études, scront
préparés a abortler toutes les parINl'LORl!Sf.E~f.8 l!N GRAPPI! (grost1ller rl)IIJtl.
lies de la science
des végétaux .... 1&gt;
COROLLl! DU IIIUFLIEII •
L·Ilistoire des Plantes se
divi~e en quatre parlies:
t • l'Organograpliie et la
Physiologic des Plantes,
coroprenantla description
des organes essentiels qui
entrent daos la composilion des végétaux, et l'cxposé des fonctions qui
f.ALIC6 A AIGRETU Dl Us'exécutent par l'interméVALl!RIAIIE.
diaire de ces organes; 2° la
Classifi,cation des Plantes,
c'est-a-dire le développementdes principes sur lesquels repose la di~tribution des végétaux en gro upes parliculiers; 3° lesFamil/es naturclles; 4° la Géo!Jl'aphie botanique, c'est-adire la dislrilmtion des
plantes a la surface tlu
globe, selon les lieux oiI
CALICK IRRÉGLl.lil ..
on les rencontre.
L'ACOlllT•
Le public accueillera ce
nr.1! DI! CACTt:S. - Librairie L. H1cbelle et C'".
nouveau volume de rinfatig:i.ble vulgarisateur avec le meme empresseDleDI
ses publications antéricures, M. Louis Figuier n'eal
de ceux qui ont besoin des éloges de la critique.
Imp. de L'ILLUSTilATION, A. Marc,

.

-----r--~--,-.------

A.MÉDÉE Gi;tLI-

22, rue de Ver11euíl

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s.
des

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Fran
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                <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores</text>
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        <name>Brigada Austromexicana</name>
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                    <text>L';ILLUSTRATION~i
IOUBK.A.L URIVEBSEL.

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r..- les communications relati,·e, au ¡ournal, réclamat1ons, demande&amp;
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SOMl\1AlílE.
lene rnlitiquc de la Etmaine. - Courrier de Paris. - Publications nou.
ttl'el: la B1ble de l'h11manitl. de Michelet, ele - lnaugurat,on des
stal»e• de Barth•z et de La P,yronie, a Mnntpelli,r, - Oura~•n de
la~utlJ. - 11e f.halons á p.,;,, - L'Expositinn rlts B•aux-Arts, a
tulio I!' article). - Christup11e Colomb; - Bis1oire íantastique du
ietcb e Pierrot. - Lt C1el,
Cmuru: Iniurrection d'Alcérie : ramp d'ob,ervati1 1n de la colonne du
¡mnl I rgrar,d, sur J'Oued-Saída, pro,ince d'Oran. - Emig,ation de

22e

ANNÉE.

8amedi

VOL. lLll

Nº

t t 36.

3 Déeembre t " ' •

L'admini11ra1io11 ne ripond pas de1 manuserits et ne 11en~oge ¡amai1 i 111 i111i11c.
Vu les lraitel, la traduction et b reproduclion i l'elranger root inteNlit-.

BUREAUX : RUE RICHELJEU·, GO.
Circa,siens. - inaugura bon des ,tatues de Barthez et de La Peyronie, i
Montpellier. - Désutres causé• par le cyclone du 5 octubre, aGalcutta.
19 gravures). - L'E1.1,11sition des B•aux-Arts, á Berlin (3 gravures). Christoobe Colomb découvre le nouveau monde. - Bistuire fantaahqu•
du celebre Pierrot (4 gravurcs¡. - Le Ciet 13 gravures). - Échecs. Rébos,

REVUE POLITIQUE DE LA SEMAINE.
M. de Girardin a publié une brochure qui a pour
titre : les Droits de la pensee. Un exemplaire de ce lravail

AbonnrmPnls pour París et 1~ Dép~rlements :
S mois , 9 fr. ; - 6 mois, t 8 fr. ; - un an, 36 fr. ; - le numí,.., ll -.
la collection mensuelle, 3 fr.; le volume semestriel, 1~ fr.
ADO~NEIIENTS POUR L•ÉTRANGF.R t
Mémee prix ; plus les droits de poste, smvant les tarifa,
Les abonn. partent du I er oO de chaque mo11,

a été envoyé a M. le duc de Persigny, qui a répondu a
M. de Girardin. Daos celle réponse, M. de Persigny déclarait qu'il se sentait &lt;&lt; peu disposé a maintenir le ré~ime actuel saos de sérieuses modifications. »
11 parait que celte déclaration de M. de Persigny a
causé dans les hautes spheres une certaine émotion, el
le Comtitutionnel, invoquanl un nom que l'on n'a l'babitude de voir dans aucune polémique, a annoncé a la
France enticre que l'Empereur avait manifesté. a M. de

)fÉRA,-

re l86t,
é de la
lira l'or-

)cataires
son soot
;coupoos
re.
1, l'admiera.
1enl poor
,s), 50 fr.

alooatioa
nistratioo

)llOt,

~

,

·~~'1( 1

'lllsUIRECTION D'ALGHRIE: CAMP[D'OBSERVATION DE LA COLONNE DU GfNÉRAL LEGRAND, SUR L'OUHD•SAIDA, PROVINC:l! D'OltAN, -

J

D'arrcs un crtQuis Je &amp;1. R. n.. licutenanl d'F.lat-Major.

�348

L' 1LLUSTRATION. JOURNAL ONIVERSEL.

Persigny son mécontcntement a pro pos dP la lellre loi du 28 juillet i 860, i;ur le rehoisement des montaadmsée a M. de Girardin.
gnes.
COORRIUR DE PAR18,
Nous nous demandons comment le ConstiMionnel a
A l'extérieur, la politique n'est pas beaucoup plus inpu se croire aulorisé a se íaire le moniteur des satis-• téressante. A Turiu, la translation de la capitale a été Ce qui n'est pas le grand événement. - La cinquau'-e
factions et des non satisfactions impériales. L'Empereur votée presque silencieusement, et les projets financiers
politique de S. A. le prince de Schwarzburg-Rudolstadt.
pent certainement blamer tel ou tel ronctionnaire, mais de M. Sella ont été acceptés dans les deux chambres.
- La féte. - Des deux cótés de la rue de la Paix. _ L'-.
nous ne supposons pas que ,e Con.~titutionnel ait re~u L'llalie va tronver de rargent avec le paiement antithétique. - La sci~nce atlrayante. - Des Esquimautdaaa
lune. - Les conférences de Mm• N.... - Grands mota. la
l'autorisation de rendre ce blame public. Une pareille cipé de l'impót, avec l'aliénation des cbemins de rer,
Alphonse Karr promis. - Orphée aux Enfers a Lo~
autorisation, si elle avait été donnée au Constitutionnel, et avec la vente des biens domaniaux. Nous avons parlé
- Mort de Jules Gérard. - La famille Tom Pouce.
·
aurait de trop graves conséquences.
du magnifique élan des popula1ions italiennes pour
On a annoncé que les ministres se sout réunis en conjurer les embarras financiers de l'Etat. C'est par
Le grand événement de ces derniers jours, ce 8
conseil, dans le courant de la semaine, au ministere milliers qne l'on compte lés communes qui avancent
pas
la réélection de M. Lincoln ala pré:;idence des~
d'EtaL II s'agissait d'étudier la question ue l'extension la totalité de l'imp,it pnnr 11165. Le cercle du commerce
U
nis;
des pouvoirs des conseils municipaux et des conseils de Savone s'est chargé de payer pour les contribuables.
Ce n'est pas l'énigme que le docteur Demme et flo
généraux. Nous constatons le fait saos l'apprécier, ne A Pérouse etdans plnsieurs autres villes, l'administraTrümpy
ont do.cné adeviner a leurs contemporai111, ,asacnant pas la direction daos lnqaelle sont engagés les lion provinciale ou mumcipale avancera les fonds. A
travaux. S'agit-il rl'une transformation ou d'une réforme Sienne, les recteurs, les présidenl~ des dem facultés et certains s'ils doivent rleurer la mort volontaire 111
laissant subsister les attributions actuelles élargies ou les profes.,eurs ont voté, a l'unanimité, l'abandon des in- médecin calomnié et d'une jea ne filie romanesque, OI
bien admirer l'esprit inventif d'un couple adroit·,
réduites 'I
demnités auxquelles ils ont droit.
Ce n'est pas l'arrivée au jardín des Plante~ do•
Cependant, les préoccupations memes auxquelles
Unecorrespondancede New-York, adresséeauMoniteur,
Fourmilier,
du Mora de Patag,•nie, du Puma, Ju Griloa,
don ne lieu cette grave question, en révelent l'impor- constate que le général confédéré Sterling Price est rentré
du
Kamicbi,
d'un Lama sauvage, de deux Jaguan de
lance, et nous ne pouvons qu'applaudir aux travaux daos l"Arkan~as, apres nvoirsubi dr,s rertescon~idérables;
trois
Aulruches,
de deux lbi~ rouge~, de plusieursPeaedont elle est l'objet.
les confédérés ont égnlcment essuyé, daos le Tennessec
lopes
et
d'un
Pecari
a levres blanches;
M. le ministre de l'instruction publique aadresséit l'Em- occidental, un échec a la suite duquel ils ont du évacn&lt;'r
Ce
n'est
pas
la
nouvelle
d'un Gorille remelle altead,
pereur un rapport relalif a !'examen du baccalauréat es Johnsonville, qui a été immédiatement réoccupée par le
a
Londres;
lettres et es sciences. Ce rapport estremarquable a plus général fédéral Shrfield JI faut compter, pour com¡,léter
Ce n'est pas la lettre de M. le duc de Pers1¡,:ny ¡ l
d'Ltn titre et il répond a la satisfaction d'un vreu depuis ce succes, sur l'influence mürale '1Ue ne peut manqner
de
Girardin et la note du Constitlltionnel a 11ropo1 •
longtemps exprimé par tous ceux qui se sont occupés de d'exercer In déi:ision soleonelle des États-Unis. Ce n'écette
lellre ;
ln question.de l'instruction publique. Le ministre propose taient pas deux bommes qui se trouvaient en lutte, c'éCe n'est pas la liquidation un peu inopinre de la
de supprimer, daos !'examen du baccalauréat, tout un taient, d'un coté, le maintien de la -:on~titution et la
appareil formidable de programmes, de questionnaires, destruction de l'esclavage; de l'autre, le maintien de l'es- Banque des États;
Ce n'est pas la réouverture de la salle Beaumarehais,
etde tirage au sort; il propose de fortifier !'examen en le clavage et la degtruction du pacte fondamental. Malgré
toute
fraiche, toute pimrante, toute coqoette;
simplifiant, de le rendre plus paternel lout en le ren- les efforts désespérés ilu gouvernement esclavagiste de
Ce
n'est
pas le proces des treize et la démonstralicie
dant plus sérieux.
Ricbmond, on n'a eu a constaler, pendant la période élecde
cctte
proposition
surprenante, qn'en arithmetiqle
(( Le baccalauréat, dit avec juste raison M. le Ministre, torale, que des troubles rares et isolés. L'immense majocriminelle,
le
nombre
treize est égal au nombre TIJl8I
n'est pas un concours ou les plus dignes seulement em- rité des populalions a voté avec le plus grand calme et
un
et
le
nombre
vingt
un
au 1wmbre treize;
¡,ortentla cQuronne; ilest la simple constatation d'études a manifesté sa volonté de la maniere la plus imposante
Ce
n'e3t
pas
le
festio
ou
Lucullns-Yéro11 offre ila
bien faites, et a ce titre, le diplome doit etre accordé a et la plus significative. Leurs vreux si neltement exprimés
beauté
le
beurre-crevetle~sprotes
de Norwége, ,~ ftlm
tous ceux qui ont fait des études suffisamment bonnes donneront saos doute a réfléchir au1 Etats du Sud.
dll
poularde
pochée,
farcie
d'ortolans
et de trulles,~
poor mériter d'étre classés parmi les bommes d'éducaLa presse allemande reprodu1t le texte du projct d'asal
mis
d'tslomacs
de
caille
(pelit
gibier
a l'e~~ence, ~
tion libérale. » Cela est tres juste et tres bien dit. M. dresse de la Chambre des dépulés autrichiens, e11 réponse
rabie
de
jeune
lievre
sauce
au
sang,
et
vingt
autresmDuruy veut que dorénavant on fasse appel, dans les au discours du tróne. A pres avoir exprimé le regret que
examens, a l'intelhgence et non a la mémoire du candi- l'action constitntionnelle ne fonclionuat pas encore dans veilles gastronomiques;
Ce n'est pas l'organisation de la Confédératioo cmdat, et en agissant ainsi il tue toules ces officines ou tout l'Empire, la chambre recommande rarticulierement
l'on fabriquait en trois mois des bacheliers qui oubliaient, au gouvernement les relations fédérales avec les États de dienne;
Ce n'est pas l'apparition du journnl le Club, qui coale lendemain de leur examen, tout ce qu'ils avaient ap- la Confédération germanique, et le reglement des Duchés
plétera
k journal le Jockey, et du journal le Jockeyqá
pris par le procédé artificiel des préparateurs spé- daos le seos de l'autonomie. Le projet réclame ensuite
complétera
le journal le Club;
ciaux.
des économies et des réductions dans les dépenses de
Ce
n'est
pas
le retour des invités de Compiegne (3Un décret en date du 27 novembre, suit le rapport du l'armée et de la flotte. Les questions relat1ves aax chesérie),
annonfant
le commencement de l'hiver offlciel;
ministre et confirme toutes les dispositions énoncées mins de fer et a la nécessité d'une révis1on des traités
Ce
n'est
pas
le·
chignon
rempla~ant le bavolet, leatdaos ce rapport.
commercianx etfinanciers avec l'Allemagne, sont ensuite
rin
au
bord
de
cygoe,
et
le
pantalon sultanc en foullri
L'importance du reboisement et du gazonnement des passés en revue, et les députés terminent le projet d'aPoongees,
oa
en
;oulard
S"
ara
faisaut leurs débnll •
montagnes, démootrée par de nombreuses éludes, a dresse en assurant le souverain de leur fidélité et de
la
scene
de
la
mode
;
motivé les lois du 28 juillet {860 et da 8 juin t864-. ltmrrésolulion deconsacrer~outes leurs forces a l'reuvre
Ce n'est pas le rouge vénilien, remis en honoenrpir
Toutes deux laissaient a des reglements d"administra~ pour laquellP l'empereur a demandé le conseil et l'assisles
femmes lasses d'etre brLtnes ou l,londes, et la grame
tion publique le soin de déterminer le mode d'exécution tancP de la représentation de l'Empire.
dépense
d'ammoniaque qui en e~t la con.séquence;
et de conservation des travaux, le mode de constatation
Le général Berg a re~u de Saint-Pétersbourg l'in;oncCe
n'est
pas la mort du pere Lall,uille, qui mootra ■
des avances faites par l'ttat, les mesures propres a en tion de faire signer par les habitan Is une adres.se aa
assurer le remboursement en principal et intérets, en fin czar pour demnnder l'incorporation comrliitc du royaume monde qu'on pouvait faire un bo11 diner bors Parit,
les rl&gt;gles a suivre pour la cession ou l'abandon des ter- de Pologne a l'empire russe. Ce sera Pncore une source et qui appr1t aux gourmets le cbemio des Batignollel;
Ce n'est pas le vote du Parlement qui fait rle Flonll
rains dont les communes se dessaisiraient au profit de de persécutions et de mesurei! vexatoires; mais quand
la
capitale du royaume rl'Italie ;
l'Etat. Un décret en date du 10 novembre, publié par le meme des sigoatures seraient ex~or1·,ées par la conCe
n'est pas le projet de loi qui, s'il esl ,oté, ...
Moniteur de ces derniers jours, complete les disposi- trainte, le sentiment national protesternit contre ces réprimera
du jour au lendemain tous les usuriers ea fl"
tions de t860 et de tR6i.
titioos mensongeres.
clamant
la liberté de l'intéret de !'argent;
Les reboisements et gazonnements sont divisés : en
Pour préluder a la libre rMi•sion des vre11x de la poCe
n'est
pas le début prochain d'Arnal aux Boull
facultatifs, entrepris aux frais des ¡,ropriétaires des coro- pulation, on continue a lever des contribolionsarbitra1res,
Parisiens.
munes ou des établissements publics, avec subvention a déporter, a traduire les Polonais devant les commisde l'Etat; et en obligatoires, accomplis par les soins des sions d'enquéte, et a prndre de temps en temps les
Le grand événement, e' est la célébration do ciDqllll'
agents forestiers, de \'inspecteur des ponts etcbaussées hommes les plus dévoués a leur pays.
tieme
annivel'l:laire de ravénement du prince ~
ou des mines, du directeur général des foréts, et du j Notre premiere gravure représente la colonne du gépréfet du département.
néral Legrand, qui, apres avoir rejeté dans le Sud le Gunther de Schwarzburg-Rudolstadt. En ran 1866, •
Lorsque des terrains sont compris daos les périme- 1 marabout Si-Lala par son mouvement combiné avec le souverain fetant son mariage d'or avec la colJ!Gllll
tres déterminés par les décrets déclaratifs de l'utilité mouvement du général Jolivet, a gagné le Tell. CPtte N'est-ce pas la vraiment la cbosc la plus extrsordimirl
el la plus invraisemblable que pul voir notre génér#
publique, les communes, établissements publics ou par- colon ne est cam¡,éP- a Saida, sur les bords de l'Oued.
La princirauté de Son Altesse FrédéricGuntbern'afl
ticuliers auxquels ils appartienneot, ont un délai d'un
Nous donnons a1mi dans la seconde gravure un épisode
dix-huit
milles carrés, j'en conviens, et soixante••
mois pour déclarer s'ils entendent effectuer eux-mémes de cette grande calamilé, qui s'aprelle l'émigration cirbommes,
femmes, v1eillarrls et enfans composent •
les travaux ou en abandonner l'exécution a l'adminis- cassienne. Vaincus par les Russes, les malheureax
son
peuple,
j'en conviens encore; mais il n'est¡&gt;Plil'
tration forestiere.
montagnards sont contraints d'aller chercher un refuge
soin
de
soixante
mille personnes pour faire une riWllr
En cas de privation temporaire d11 piturage sur les n'1mporte ou. Dénués de tout, ils meurent par rentaines.
tion,
~t
sur
un
espace
de dix-huit milles carrés, il J
terrains communaux qui seront l'o1'jet de travaux de Cette population toute entiere, expulsée en plein dixbien
place
pour
des
barricades.
reboiAement ou de gazonnement, les décrets décla- neuvieme siecle, chassée de ses foyers et de son pays,
Ah! Son Altesse est un be11reu1 mortel, et le people
ratifs de l'utilité publique fixent des indemoités en rap- sera un des reproches les plus terribles que l'h1stoire
Schwarzburg-Rudolstadt
est un bon peuple!
port avec les ressources et les sacrifices de ces com- jettera éternellement a la face de la Russie.
Noas n'avons a'lcun détail sur les fétes qui
munes, et les besoins des habitants nécessiteux.
Em110No TEXIER.
marqué ce grand anniversaire, et je o.'ai point en
Est rapporté le décret du 27 avril t 86i, portant regledire que l'Illustration ait re~u le plus petil boot de
ment d'administration publique pour l'exécution de la

L'ILLUSTRATIO~, JO(IHNAL l'NIVERSEL.

fiis, Je

349

de 11 scrne, qui ramene tant de comédiens au public :
m'en étonne Pt je m'en afflige : il est !)ien
Mcnjaud
ne revintjamais, et sa mort seule a rappelé son
regrettable que la plum_e et le crayon ne puissent conc·est en fait de science surtout que nous étions
nom
peodant
un jour.
sscrer dignement la memolre d'uu événement si pro- autrefois reu Favants; aujourd'bui eucore, il y auraitbien
digieux.
des choses it dire; mais avant qu'il soil longtemps nous
Une lettre de M. le cnnsul de France a Sierra-LeíJne
_ ~ai~, me direz-vous, pourquoi l'lllu.stration n'en- serons des chimistes, des physiciens, de naturalistes et
annooce la mort du tueur de lions: M. Jules Gérard se
y0vait--elle pas a Rudelstadt ses rédacteurs et ses dessi- des astronomes tres-suffisants... Des plomes élégantes
serait noyé en essayant de pa%er un des fle11\eS de l'A¡1eurs!
et aimahles écrivent pnur nous des livreq scient1fir¡ues
0
frique centrale.
_ Eh! monsienr, qui pouvaitse douter d'nne pareille si chnrmanl~, que les éditeurs illustrent de si jolis
Jules Gérard avait passé des mois entiers, ~eul a l'aícbose; el puis on ne va pas a Rudolstadt comme on va de~sins !
fut, en attenrlant son terrihle gibier : il avait tué trente
¡ aome, a Vienoe, ou a Madrid; ce n'était pas le tout
Grace a )l. lfacé, asa Rouchée de paill et .\ses Serviteurs
lions. Apres s'ctre mesuré tant de fois avec celui que les
de pa~tir pour la principauté_, fallait la trouver, ce qui de /'~tomac, nous savons a peu pre• commént nous ~om- pot•les appellent le roí du désert, 11 lui avait pris fanpoo,a1t ne pas elre t~es-aise.
. .
mes fails et ce qui se passe en nous; M. Piguier nous a
taioie de se mesurer avec le désert lui-nicme et d'en
Do reste, a _défaut d _un compte rendu offic1el, Je me I raconté l'histoire de notre planl&gt;le, et nous a révélé
triompher. 11 était parti pour le Sénégal, méditant de
figure as~cz lnen 1~ petite fé~e :_ .
.
.
¡ toutes les heaul&lt;'S et toutes les 111erveilles de notre de- se rendre en Algérie en traversant le Sahara. 11 s'est
Le matm, r?cept1on des d1gmta1res, fonct1onna1res et meure ici-bas; mai• on ne peut pas vivre chez ~oi sans
noyé en essayant de traverser un fleuve a la nage.
bants em~loyes d~ gouvernement. Discours. Le doy_en mettre le nez a la fenetre pour regardrr un peu le sodeS conse1llers ba1se In main ~e Son Altesse, Son Altesse leil, la !une et les étoiles; M. Guillemin ra hien compris,
On attrnd aPari~ le ~énéral Tom Pouce, sn femme et
embrass~ le doyen des conse1llers. Larmes ver~ées de et c'est pourquoi il a écrit le~ Afondes, il y a deux ans, sa filie. Le ir«-néral, qui a vingt-huit ans aujourd'bui, a
partet ~ autre.
. .
&lt;'lle Ciel tout récemment. Le Ciel, un beau titre, et un épousé une jeune personne d:mt la taille était assortie a
Eosu1le, messe ou préche. Je ne sa1s s1 SonAltesse est livre hien utile, j'en ¡;ui, tres-convaincu depui, l"autre la •iennc. Dr cette union, que le ciel a béniP, est nile
catholique ou protestante.
soir.
une flllr qui ne pesait ras moins de nenf livres a un ao,
Apres la messe ou le pr&lt;'cbe, les députations des cor·
Je pa,sais sur le pont de la Conrorde : la nuit était sn- c·e~t-il-dire une géante, un colosse, si on la compare a
poration~ marchandes et hourgPoises de _la résidence perbe et la lune brillait. Un ouvrier ~t nn apprenti mar- papa et a maman.
91J11Udm1ses aupres de Son_ Alies ~- Autres rl1sco11rs. Pour chaient sur Je mcme trottoir c¡oe moi.
Frcle et chétif pygmée, diminutif de l'homme, hola bonne bouc_he, députation d~ Jeunes filies en blanc :
- Tu vois bien toules ces étoiles, disait l'ouvrier, eh m1,nru/11~ élevé PD serre chaude, le général Tnm Pouce,
e des ~eputees prend la p~ro,e pour adresser un com- bien! c'est des mondes comme le notre.
1111
qn'un enfant tnrasserait d'une cbiquenaude, se porte
pliment a Son Altesse · la Jeunc filie balbutie qualre
_ o, 1¡, oui, répondait l'appreuti.
bien, il est pere, un joar peut-etre il sera grand-pere.
mots, se trouble,. per~ la mémoire et reste court. Son
- Et la lune, contmua.l'autre, la tune a des montagoes,
X. FEYRXET.
AlteS-~ la remerc1e, 1embrasse avec prPsque autant de la lune a des babitanK
~aisir qu'Elle en a eu a embrasser le doyen de ses con- Mais oui, mnis oui, je le sais bien, dit le petit d'un
- - - - - - ~...=----!tillers, et dit a chacune des autres deputées une petite air capable. c'est des Esquima:ix.
PUBLICATIONS N0UVELLES.
cbose aimable qu'il accompagne d'ane petite tape sor
Au fait, M. Guiilemin serait peut-ctre bien embarrassé
de
pro
u
ver
a
mon
aprrenti
de
l'aLttre
soir,
que
les
habilajooe.
La Rihle de l'humanilt, par Michelet. - Chamerot, éditeur.
Acinq beures, grand diner a la cour : viogt couverts ! tants de la lune ne sont pa• des Esquimaux.
Un vol. in-1R. - LII R,hle pop11laire, pu M. l'abbé Drio 1x.
Asept heures, concert in~trumental : une symphonie
docleur en théologie. Lahure-Hachette, premiere partiein-4•.
A propo, d'enseignemeutet d'entretiens,j'ai lu biercette
de llozart, un qaatuor de Beethoven, une symphonie du
11 est doux, certes, et salutaire, de voir, au milieu
pbrase dan~ le Courr1er d•J Monde élégant d'un des jourmox Havdn.
d'une
alonie et d'une hésitation générales, s'aititer,
¡ r.euf beures, feu d'artifice; aneuí heures et deruie, naux hebdomadnires les plus sérieux et le mieux accr~memr,
d'nne vie un pen fébrile, un peu inégále, les
Son Altesse se met au lit. - Un prince qui vient de cé- dités de París aupres des gens les pi us difflciles: (t Mm• N...
pui••antes
intelligences toujo11rs éveillées. 11 est doux
léker le cinquantieme anniversa1re de rnn avénemcnt, « se met a la dispositiün de nos gracieuses lectricrs · Ses
de
Jire
des
re•1vres
parfois bizarres, excessives, arbitrair,e coucbe naturellement de bon ne beure. - Son AltPs,e &lt;( co11f&amp;ences ont lieu daos son entresol charmnnt de la
res, mais d'autant plns convaincues. Ne pas penser
ieodort en savourant les délicieuse3 émotions de la « rue de ... ll
jooroée, elle est toute préle a recommencer daos cinEt quel est le sujet des confére,ws de Mm• N... ? Une comme tout le monde, par un temp• oit la société ne
pense pas; parmi les plus hardis des écrivains et des
qoante ans.
ceinlure destinée a remplacer le corset.
Ah! nous nimons les termes nohles. et il ne nous dé- pionniers aventareu'f, prendre la place la plus lointainc a l'avant-irarrle, et s'il le -fant, en tirailleur; étre
La fievre d'instruction qui nous tient depuis quelque plait pas d'habiller les choses de grands mots.
le
plus ardent daos la voie juste, méme avant que cette
lemps est plus violente que jam1is, - a Diea ne pla,se
11 ~- a longtemps que nous n'avons plus de portiers, les
voie
soit complétcment déblayée; voila l'bonneur de Mique je m'en plaigne ! Ne prendra-t-il pas fantaisie a concier;res auront bientot disparu pour faire place aux
chelet.
~!que hahile homme d'enseigner publiquement cbez gérants et nux a,lmim~trateurs; il } a longtemps que lrs
Dn fover vérlique oii l'hymne reconnai•sant cbantait
llOIII l'art de régner cinquante ans de S!lite?
coilleur~, les tailleurs et les cnuturieres 11'ont plus de
Ir
bienfait du reu et de la clarté féconde, s'est écharpé
pratiques, mai~ dPs clients et des clic11/es, et voici que ces
ver~
lni un cbaud rPflet de la vérité, trait de fen par ou
fanis annoncé que les Eotretiens de la rue de la messieurs et cb dames ne se contentent plus de coifler,
l'rPil
pénetre rlans la nature des Dieu"&lt;, si vainement cherPaiJ émigraient, et voila qu'on m'apprend que de nou- de prendre mrsure, d'essaycr leurs babit~ ou leurs rohes,
chée
par Cicrrnn; sous l'ombre au•tere et saine d~ l'Ar1WII entretiens y vont etre prochainement inaugurés: ils ou elles ont avec leurs clients ou leur, clientes des
hre
lle
vie aux rruits divim, le voyageur s'est pencbé
plu~ieul'!! des hommes le~ plus spirituels et les rlus élo- co11ft}rences.
vers
l'eau
féconde, et il,nous en rapporte daos le creux
~ots de Paris y viendront Jire ou causer sur les sujets
de
sa
main
pour nous désaltrrer. Homere, E~cbyle l'ont
On annonce que M. AlrhoMe Karr va arriver aPari~:
de littérature ou de science les plus importants.
mené
aux
sanctu1ires
delphir¡ues, sur la montagne de
Tandis qu'une réunion intelligente et polie applau- qu'il viendra done a propos, ce génie du bon seos! Et
Phocide,
oú
l'homme
s'est
élanré dieu du bucber d'Herma nos poetes, nos romancie~, nos économistes, nos s'il lui plait de rendre l'esso1· a ses guépes, ah! qu'elles cule, et il nous revicnt amoureu't
de la belle Céres, fils
leurés, de l'autre cóté de la ruc, la foule s'étouffera de- lrouveront d'amusantes piqures a faire, les spirituelles
dévoué
d'Athenes,
ennemi
du
diea
-t)·ran, Zeus, et de
'IDt l'éhloui~sant étalage d'un joaillier a la mode, qui, petites betes !
Bacchus,
le
dieu-femme.
11
vons
a
fouillées,
nécropoles du
le aoleil couché, éclaire la nuit des feux de ses diamants,
lis
sont
bien
hPureux,
nos
excellents
voisins,
parfliteNil,
sombres
rituels
ou
le
malheureux
homme,
brulé par
de aes rubis, de ses grenal~, de ses topazes, de ses émetement
heureux
:
Sa
Gracieuse
~lajest{•
la
reine
Victoria
!e
soleil,
écrasr
par
les
fardcaux.
n
placé
la
vie
daos les
raades et de 11es sarhirs.
jouit
d'une
san
té
rarfaite,
le
prince
et
la
princesse
de
douces
ténehres
de
la
mc,rt;
et
vous,
bourbiers
syriens,
INos Parisiennes de l864 sont passionnées poar la
Galles
se
portent
aussi
a
merveille.
l'ln&lt;le
pst
tranquille,
couverl~
de
fleurc,,
dnués
d'haleines
factices
par
les
par,eesie, pour la chimie, pour la phy-iq11e, pour ou conles
Chinois
mangent
toujonrs
de
l'opium,
lord
Palmerfnms
qu'on
brula
sur
vos
bords,
comme
il
vous
retourne,
lltM. RP.nan, pour ou contre M. Augier, rour ou contre
la con,ention du 15 septernbre; ce qui ne les empéche ston rJjeunit tous les jours, le princire de non-inw.rvea- écarte vos voiles vol'lptueu'f, et, d'un sooffie, vos aro,. d'a~orer les grandes croix en or ou en brillants et les tion triomphe ... et l'on donne a Londres OrpMe aux mates mentenrs ! Et votre lie malsaine est amenée a In
surface, et de vos profondPurs immondes sortent des
,eadaots énormes qui tombent de ca,cade en cascade des Enfers, a comic opera of Jr. 1. Offenbach.
11 parait que sur la terre de la liberté et de l'h11bea.~ miasmpq pourris, comme d'un cadavre mal embaumé!
Gfeilles jusque sur les épaules. Ah! que !'esprit de nos
corpus, de grands obstacles s'étaient dresséR devaot Or- Yntre corruption doucereuse a u;agné le voisinage, et,
-mporaines est vaste, et qu'il y tient de cboses !
phée aux Rnfers, et rendant trms ans le peuple anf.!lais a rar une contagion rapide, s'est infiltrér dans toutes les
loos ,errez qu'elles demanderont, un de ces jours, soupirt\ arres Orphée, comme le cerr arres l'eau des doctrines, tous lessymboles du monde antique; plus enfontaines, comme les amis de In bellP architecture, en core : jnsque chez nous, jusqu'au sein d"une morale
• eoars d'esthétique.
L'estbétique : voila une cbose et un mot dont nous ne France, apres le courom1ement de l'édi{ice.... EnHn le j pnre, elle a rrnétrr, aussi difflcile a extirper que la lave
-dootions guere, en France, il y a une vingtatne penrle anglais a Or¡,Me miz Enftf"S, il ne désire plus refroidie d'un volean, apportanl daos ses ondes figées
l'orleur endormante du naphte, la fatale Grace, ennemie
fllllées; aujourd'hui, ni la ch ose, ni le mot ne nous ríen.
de la Loi juste, la morne résignation, le dédain de la
.._eot le moins du monde; il nous semble aussinatuMenjaud, ancien sociétaire du Théatre-Fra11~ais, vient vraie vie humaine, l'attente d'une douteuse félicité !
lll d'apprendre l'estbétique que d'apprendre l'histoire
de
mourir. - La tenue, l'élégance, la grace aisee et SJJÍ·
Que! tableau se déroule, el quels mysteres sublimes et
lllagéographie, et en voyant M. Taine nommé profesrituelle
des
maniere~,avaient
bien
vite
val
u
il.~enjaud
la
dé~olants
tour a tour!
- d'esthétique et d'bbtoire i,. l'École des beaux-arlq,
faveur
des
gros
les
plus
délicats
et
des
gourmels
de
La haut, sur les plateaux d'Asie, dans une lumiere
d~ nous, j'en suis sur, n'a eu besoin d'ouvrir son
bonne comédie. Jeune encore, en plem talent, en plein déja sereine et délivrée des mnl~ains brouillards ou s'est
naire ¡,our comprendre le premier des deux sujets
su~ces,
il _se déroba aux np¡,la,udissements et a la cél~-1 for1née la terre, s'épanouit la race flere et jeune du pa: l'en_seignement confié au brillant auteur de l'Histoire
br1té ; vainement on ei;saya d esperer en cette nostalg1e triarcbe-titan fapet. Et déja, durant leurs comset1 da111
11

!'

I

¡

t::

litllralure anglqise.

�350

L' 1LLUSTRATION, JO URNAL UN IVERSEL.

-

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UN IVERSEL .

¡esgraods paturages, durant leurs
éditalions oocturnes, nos pasto111
raus ancctres ont reconnu &lt;&lt; les
graods parents du monde, les deu:x
'ternels compagnons de voyage, »
:e Ciel et la Terre. L'un est Varouoa-Ouranos, l'étendue, on bien
il est Dpus-Zeus, la lumierc;
l'autre, c'cst Sri-Céres, l'abondance· puis Sita, le sillon. Le couple
primordial se confond en Ad,iti, le
co111 mencement et la fin, l'éternelle sub:,tance. Nulle conception
plus sublime. Il f~u~ maintenant
entrer daos les deta1ls : daos le
ciel tes astres, les vents, les nuages; · sur la tcrre , l'homme, les
eaux, les animaux. Parmi les astres, le soleil, qui ·est Sourya, celoi qui fécoude; Mitra, l'ami; Aryamao, le bon, qui est Indra encore,
lorsqu'il disperse les dragons de la
noe oragr,use. lci-bas, le lait des
1roupeau1, le suc des plantes. Et,
entre les régions célestes et le monde ioférieur, pour les unir, un intermédia1re éclatant: le feu! le fen
allumé par l'orage daos les grandes
(oréis, on créé par la patieace de
l'bomme, le feu du foyer domestique,Agni enfin (l'ignis latín), ideotique ala lumiere du soleil, l'es~euce
du monde, source du mouvement
et de la vie, qui circule a jamais
d¡¡¡s les veines des choses, visible
oo in,isible. La découvere du feu
est le grand fait de ces age~ primitiís, la gloire et le bien del'humanité
oaissantc, le lien entre le soleil et
ce qu'il a enfanté, le gage donné
par les cieux a l'homme. Aussi le
coite ne fut-il d'abord que la commémoration de cette découverte et
de ce bienfait. Chaque jour, a l'aurore, a midi et le soir, le pretre
créait Agni par le frottement de
deux morceau1 de hois, arrosa1t
.,gni de beurre clarifié et d'une

INA UGLKATIVN lll,,S l&gt;TATUS llE IIAIITHlZ ¡.,y DE LA PbYRONIE A 110:ITPtLLIER. - D'apr•1 ~ne pbol. de id. Rouet.

35t
liqueur fermenlée, le S6ma, céléliraii Agni par des chants pleins d'images saos nombre. La , oi1 n'a,ait
pas assez de sons, assez de mots
pour peindre l'éclat, la c!Jaleur,
les mérites et les exploits d'Agni.
Ainsi, deux choses en présence: la
parole humaine, le signe caractéristique de l'hvmme ; et le feu,
essence des etres, évocateur des
formes; ce qui divinise et ce qui est
divinisé : Le pretre et le dieu.
Voila le fond de croyances, 011,
pour mieux dire, d'idées métaphysiques, dont chaque race émigrante
emporte sa r,art; on le devine daos
les légendes celtes, germaniques,
scandinavcs et slaves; mais on le
retrouve lout entier dans l'lnde, la
Perse et la Grece antiques, sous
les broderies ingénieuses de leurs
mythologies. Ce culte de la lumierc
a pu s'amoindrir ou dominer, il n'a
jamais disparu ; il a 1aissé des traces
jusque daos l'époque choisie pour
certaines de DOS retes. Dans l'lnde,
reJeté au second plan par les conceptions subtiles des brahmanes et
des philosophes, il n'en demeurc
pas moins le grand purificateur :
les ascetes ne gagnent le ciel qu'en
passant par les feux de l'austérité.
En Perse, la lutte de la lum1ere
contre les téncbres, entre le bon
et le mauvais príncipe, Ormuzd
sans cesse victorieux et Ahrimane
toujours dompté, est l'unique sujet
de toute spéculation religieuse ou
philosophique. Le Ciel et la Terrc
l Ouranos et Ge, Zcus et Démétcr),
Apollon, Vulcain, Prométhée, ne
tienncnt pas les moindres places dans le Pan théon hellénique.
lléraclcs (la gloire de l'air), n'est
autre qu'un soleil humain, le peudant d'Apollon, l'intelligencc et
la force civilisatdce allant se placer par l'action, le sacrifice, le cou-

lliSASTRES CAIJSÉS PAi\ Lll CYCLO!il! DU 5 OCTOBBE, A CALCUTrA: \ UE PRISll SUR LE R!VAGE DE SEELPORE. - D'aprés les pbot. de 11, Pemoo Wallmoo, communiquées par M. Secondé, de Calculta.

�352

L'ILLUSTRATION, .JOlJRNAL UN I VE HSEL.

roais soit que son style rhytlimique et nerveux S:y tende régiment. Gentilhomme de la chambre de Louis ~
raoe au plus haut du ciel, jusqu'a se faire le
son premier chirurgien a~res le dé~es de Marécbat, ap..
de zeus. L'homme et le Dieu se coníondent chez les outre mesure ou que les idées qu'il y exprime ne nous pelé en consultation par Pierre l_e Gr~od ~t par ~tanislas,
Grecs; ils savent fort bien, malgré une réserve_ appa- soieót pas fa~ilieres, les six ou se.pt premiers chapitres fondateur de l'acad~mie de chll'urg1e, 1I eut I honneur
de laseconde partie nousont moins ch armé 1ue le reste_du
rente, que la divinité est un do_n de leur~. ruams, et
d'attirer a París Louis et Quesnay. Louis XV l'anoblit
qn'ils ont droit de donner aux heros ce qu 11~ ont dé- livre. Les deux derniers, au contraire, sont une merve1lle en 1.721. Ce savant, auquel l'art chirurgical dut son in.
cerné a des symboles. Leurs dieux sont leur _1mage, le de diviuation de logique; on ne saurait trop le redire: dépendance et sa constitution, (( commen~a comme Am.
porlrait en pied de leurs éphebes, de leurs v1erges, de les superstiti;ns extatiques de la femme ont triomp~é de broise Paré, vécut comme Mécene el finit comme Monleurs athleies. Les belles figures mythiques ne perdenl la raison bumaine, abrutie par la débauche as1at1que, tyon. ii Ainsi s'exprime M. Bouissoo, et ce rare éloge est
pas de leur grandeur, pour revétir d'admirables contours, l'invasion barbire et le pesant moyen a.ge.
On put croire un iostant que la Révolution avait ~our a tous éga1ds mérité.
et l'homme consacre son droit d'inventeur en les marLa Peyronie mourut en 1.747, aux Tuileries, ou nne
jamais mis en pieces le filet ténébr~ux . qui e~serra1t la
quaot de son effig1e.
. . , ,
,
décision
royale lui avait donné un lo~em~ot.11 existeon
Nulle cooception métaphysique du d1vm na depasse pensée • mais ce mouvement de react10n qui, fatale- buste de lui, par Pigalle, et un portra1t pernt par Rigaud,
la sublime alléoorie védique etl'anthropomorphisme grec. ment' ~uccede a tout élan incoosidéré,. rattacha, plus gravé par Daullé.
D'ORNANT.
Quant a l'antique morale de Japet, elle contenait celle sené que jamais en apparence, le reseau. que _nos
que nous pratiquoos aujourd'hui. Des l?~stant que l_e femmes et nos filies ornent de tant de broder1es, p1erpere et la mere, le fils, le frere et le v~1s1n ou\ existe, reries et fleurs artificielles. Si bien que le dix-neuvieme
la morale est fondée et le regoe du dro1t commence. 11 siecle, ce géant, est lié, comme Gulliver, ~ar une wultin'y a jamais eu que deux axiómes, axiómes fuodés sur tude de Lilliputiens et de Lilliputiennes qui menacent de
une expérience immédiate, générateurs de tout or~re lui crever les yeux, s'il fait un mouvement P?ur emporMaitre Guérin, la derniere coniédie cte M. Émile Aosocial : u Ne faites pas a autrni ce que vous ne voudr1ez ter ces toiles d'araignées; ce qu'il y a de pis, c'est q_ue O'ier vient de paraitre a la librairie de Micbel Lévy, et
pas qu'on vous fil. i&gt; - (( Faites a ahtru~ ce q~e vo~s le Gulliver rnoderne &amp;e soumet, ayant soin de ne fa1re le s~cces du hvre égale déja, s'il ne le dépasse, le sucvoudri1::z qu'on vous fit. i&gt; Sur ces den_x potes, l un 1!~- preter ses cbaines qu'autant qu'il e~t nécessa!re ~our ces toujours trcs-soutenu, de la piece représeutee.
oatif l'autre affirmat1f, tourne a jama1s le monde. Le- gagner de !'argent sans trop de peine. Ces precaut1o~s M. Émile Augier, si parfaite que soit généralement l'in~•litt\ et 13. bonté, voila les deux piliers oü ~•a_ppuie la finiront si l'ou n'y preod garde, par une paralysie terprétation scéni.::¡ue de ses ouvrages, e~t ~n -de nos
base de l'équilibre moral; pareils a cet ?llVle~ dont locale; ~t quelle? (pour parler comme Michelet) La ~ara- auteurs dramatiques qui gagnent le plus a etre lus. n
Ulysse avait fait le pied dé sa couche n~pt1a(e, 11s ont lysie de la libre pensée et des plus hautes facultes de doit ce trés-rart! avantage a la corr~ction hardie, ala
¡;ris racioe quand la premiére tr(bu pr1_t na1ssance, et notre cerveau !
fermeté a la vivacité d'un style qui, si je ne me trompe,
Tandis que Michelet tire des traditions japétiques _sa
nulle tempete ne les déracioera. S1ed -tl a nos code_s et
lui ser; compté uu jour comme !e premier et le moios
a. nos doctrines de tant s'enorgueillir de leur pm·ete ou Bible de l'humanite, 1\1. l'abbé Drioux offre au pubhc, contioaent de tous ses mérites. C'est par la qu'il vivra,
de lenr justice? Quand la justice et 1~ _purei~ maoq.ue- sous le nom de Bible populaii'e, une bistuire illustrée du Chose étranO'e et qui l'étonnerait lui-méme s'il en poupeuple juif. Le tissu de l'ouvrage consiste en morce~ux
0 '
,
rent-el'es? Quels mo"1eles de fratermte ou d arnou1 ne
vait etre témoin
: car le don de la forme etant
ehez lni
de l'Ancien Testament, rattichés par les commenta1res
sont égalés par l'lndien qui accepte p?ur ~reurs les ~él~s
presque •gratuit, il doit en fairc moios _de co'.°pte que_ de
féroces, par un Épamioondas et un Pelop1das, une Arria ou les bypotheses de l'auteur, et ran~és dans un ordre tant d'autres qualités qu'il a ou cro1t. av01r conqmses
a peu pres cl!ronologique. Tout ce qui, daos _la B1ble,
et un Pretus?
'
, .
.
est
illisible pour les enfants et les femmes, qm v~ulent par l'étude et la rétlexion.
Nos µeres de l'lnde out iostitué le foyer domestique,
A bon entendeur, demi-mot. Je ne m ex~hquera1 pas
etre respectés, a disparu sous les ciseaux. atten~1fs de
l'autorité réciproque du maitre et de la mailresse de la
davantaoe. Quan1 on se méle de prophét1ser, un peo
M. Drioux· mais il n'a pu enlever la triste legende
maison. Nos oncles de Grece ont fait l'éducatioo com ..
du péché ~riginel, la supercherie de Jacob, !'horrible de concisioo et meme d'o,bscnrité ne fait pas mal. C'est
plete de l'homme; ils ont créé la cité. NuLre avance sureux
assez, d'ailleurs, que la questioo d'opportu~it_é, ou d'a_cn'est pas grande, si m~me nous ne sommes en retard par cruauté des douze patriarches, le lévite d'Ephraim, pm~ t ali té pvur parler la tangue du jour, m a1t 10terd1t,
quelques points importauts. N'ayons_pas honte, au reste. toute cette série de rois, fous, sensuels ou 1neptes, qm d:us ~on deroier article, l'analyse que j'y voulais faire
Plus de mille aos, nous avoos recule; un courant ne se s'en va, descendant parSaül,David et Salomon jusqu'aux de la comédie de M. Augier; je ne veux pas aujourd'~ui,
Joas, aux Sellum et aux Jécbonias. Notons encore qu,e
remonte pas comme il se descend.
a propos de ses procédés _littér~ire~ et de ses doctrmes
)J. Drioux parait n'avoÜ' tenn que peu de_compte desdeReculé! mais que devient la théorie du pro?res? E_lle
sociales entamer une d1scuss1on a laquelle maoquecóuvertes moderoes. Mais quelles que sOient la valeur
n'est pas affectée de ées déchéar.ces temporaires i la1sraient l'~ir, l'espace, et peut-etre la liberté. .
sons-la done hors de cause. Oui, nous avons recule. Que et la portée de la Bible populaire, les éditeurs ~euveot
Laissaot done de coté la question de 1' eose1goemeot
peut la fourmi dont le vent ou le pied d~ tt'oupeaux a compter sur un rapide succes. J.:ouvrage est d ~n ~r1x obligatoire, et telles autres que M. Émile Augier a laodémoli la fourmili ere? En recoostruire une autre. E_h tres-modeste; les gravures abondent, et, parm1 eiles, cées daos sa piece avec l'a propos d'un mars en careme,
on remarque cinq ou six planches de Yan d'Argent et de
bien! le monde japétique a, d'un coté, croulé pour avo1r
Gustave Doré· enfin le style clair du narrateur et la je m'en 'tiendrai aujourd'hui a anno~ce~, pour la~mal assis ses foodemeots; de l'autre, sous l'ouragan,
conde fois et en y iosistant, la pubhcat10n de sa tréS·
sous les pieds des barbares. Pouvait-11 éviter la ruine, marche historlque adoptée par lui, donnent l'encyclo~ décousue 'mais tres-charmante comédie.
pédie hébra'ique l'attrait et surtout la coherence qui
écarter les deux causes qui se tienneot? Saos dout~,
Et par 'occasion, par pure occasion, car _certes 1•~trop
souvent y maoquent.
il le pouvait; rien n'est absolu, n'est fatal, ,dan_s.~es evelogie n'y est pour rien, je recommander~1 non ~o~s
ANDRÉ LEFÉVRE.
nements oü l'hómme, un étre libre, est de mo1t1e. _Sans
iostamment au lecteur une autre pubhcat10n due a le~
Alexandre qui a jeté le génie grec dans les bras enerditeur de Maitre Guerin: c'est le Theatre d'Alarcon, ~
vaots de l'~sie, l'effort de l'Hellade et de l'Jlalie, se conduit pour la premiere fois par M. Alphonse Roye~. De¡a
INAOGURATION
centrant daos l'Occideot et le Nord, eut civilisé le monde
nous devions a ce dernier une excelle~te tr~duction du
des
germaoique comme il fit des Celtes, e~ laissé l'Asie
théatre de Michel Cervantes et de ce~u1 d~ T1rs~ de_ Mo~
STATOES .l)E BARTHKZ KT DE LA PKYROHIE AIOHTPKLLIER
éléments de décompositioo qui trava11la1ent son sern.
lina, et on ne saurait trop le remerc1er d y av~1r a¡ou
Peut-étre méme le mal remontait-il plus haut. Par la
un travail analooue sur le fier et charmant géme auq~el
Montpellier a inauguré, il y a quelques jours, deux
Phéoicie la Phrygie et le commerce ionique, s'était
notre Corneille doit son Menteur, et qui doit a Corne1lle
statues dest;nées a rappeler la m~moire de deux de ~es
déja, ve;s la lin des ages falJuleux, insinué daos la Thesd'avoir
été présenté a la France.
. .
enfants le médecin Bartbez et le chirurgien La Peyrome.
salie et de proche en proche, un d1eu funeste, tr~uble·
Une autre piece cr Alarcon' le Tisserand de Seg""''' a
La vi~ accidentée de ces bommes illustres a des ti tres
raison, dieu de l'orgie sai;rée, de l'exta~e, ennem1 de la
eu les honoeurs d'une imitation en vers,. fort ~em~
ivers mais éaalement respectables, a été racontée a vec
d
science et du travail, enseignant que le bonheur est
quable pour le temps. Vers 1845' en pleme reactl
'
°
F
1
'
cbarme et compétence pardeuxprofesseurs de la acu te
dans i'oubl~ dans les l~rmes memes, né_es de l'ivresse du
de médecine, MM. Bouisson et Dupré. 11 suffira de rap- pseudo-classique' M. Hippolyte Lucas no~s donna, a~
plaisir ou de la douleur. Ce Baccbus, frere ~es Moloch et
Comédie-Fran~aise' tout ce que nous ét1ons de f~rce
peler ici les dates et les faits priocipaux. Paul-Joseph
des Baal des Adonis et des Sérapis, fut bien re~u des
supporter de ce beau géme espagnol, tour a tour s1 ~
femmes 'et les hommes durent plier. Le sto'icisme en de Barthez (ainsi est- il appelé par Desgenettes, ?arlant ~t si doux. Des tentatives plus hardies ont ass~z b1ea
'
.
devant sa tombe au nom de la Faculté de Pans) navain, prenaot pour type Héracles, vou_lu_t se Jeter_en traréussi depuis lors, pour que cette imitation' mem_e ~
vers · il fut débordé par les divimtes malsames de quita Montpellier, le t t décembre ti34., Fils_ d'u~ ~n~é- montée au ton du modele, eut encore chance de reu&amp;!ll
nieur de la province du Languedoc, medecm mtl1ta1re
l'Ég;pte et de la Perse dég~nérées. De ~a, un ~~aiss~aujourd'hui. M. Hippolyte Lucas ne ferait pas mal~
a l'armée de Normandie et a l'armée d'Allemagoe,
ment qui préparaii le succes et méme l efficac1te pa1 ºonger. En attendant, la prose de M. Alphonse Roy
collaborateur de l'Encyclopédie ou l'avait fait admettre º
-edratielle d'un culte nouveau, dont les origines ue sont pas
donne une idée presque complete de ce poem
l'amitié de d'Alembert, qui l'appelait familie~eme~t s~n
dégagées encore de tout nuage.
.
matique' un des plus beaux qui existent dans anC1JJll
Nous voudrions suivre Mi¡:helet dans son excurs1on puits de science, médecin du duc d'Orléans,_ pu1s m_e~ecrn
langue.
. .
is del!;
sur le terrain biblique et chrétien; mais nous dépasse- consultant de Napoléon Iº', associé de l'Institut, pre~1deot
Changer pour trouver mieu.:x et Acquerir des ,am ' nde la société médicale d'émulation, ai:chi-chanceher de
rions les bornes qui nous sont prescrites. Ce n'est pas,
comédies o11 abondent !'esprit et la gráce, ~ ont:.
d'11illeur~, a nos yeux, la meilleure partie de son livre. l'uoiversilé de Montpellier, il imprima a la sc1ence u_n daot moins frappé que le Tisserand de Ségovie, ce
Le don d'intuition qu'il possede a si baut point, don qui mouvement de réaction bippocratique dont les c?~se- si accidenté ou en raison méme du genre, se mon
parfois l'engage a lier des donoées disparates, t·~, quences dogmatiques, atténuées mai~tena~t, ont ete au davantage c;tte élégance dans la force quí est le .
début cousidérables, Barthez mourut a Par1s, le i 5 octocroyons-nous, partiellemeot égaré en Egypte! en Syne
tere méme du O'énie
d'Alarcon. A cette double qu
0
.
• ·
, l'auteur du Tisserand
1·t une féeoD
et en Iudée. Non qu'il n'y ait, dans le second t1ers de son bre HS06.
de Ségovie
¡01gna
Francois Gigot de la Peyronie apP,artint égale~ent a
livre des inductions excellentes, entre autres sur la bonté
ui ne nuisit J. imais a la perfection de ses oa~rages.
la méd;cine militaire. Chirurgien de l'armée de V1llars, q
· · d1
d'lsi;, l'évano11iss.ement de la force male sous l'influence
écrivit un nombre prodigieux de poes1es
_versd
.
aux Cévennes (i 704 ), et de l'armée de Flandre p~ndant
oroissante des Adonies, et surtout le véritable seos du
beaucoup de pieces de théatre, drames et comedies,
· la campagne de Fontenoy, il organisa les infirm1ers de
Clillltique des cantiques, qu'il entend mieux que Renan;

fil;

ª.

,mx

L'ILLUSTRATlON, JOURNAL UNIVERSEL.
tes plus remarquable~, traduites ou analysées par M. Alpbonse Royer, ont désormais leur place marquée et assnrée, une place... d'boonev, dans toute bibliotbéque
dramatique.
La meme abondance de matieres qui m'avait empeché
de revenir en détail sur Maitre G,.térin, m'a fait commettre, a l'endroit de l'Ouvriere de Londres, une omission plus facilement réparable. Le sujet de ce long
ouvrage n'est autre, en effet, que celui des Réprouvés,
volumineux roman de miss Braddon, traduit de l'anglais
par M. Bernard Derosne, et illustré acoups de sabre daos
rmustre Jour11al pour tous; or, comment supposer que
personne ignore ce qu'a publié le Journal pour tous?
Reste la petite anecdote qu'ont racontée et embellie
tous les jouroaux; mais, en la répétant, n'arriverai-je
pas eocore trop tard? Qui ne sait l'agréable surprise du
directeur de l'Ambigu, lorsqu'apres avoir re~u, les yeux
rermés, l'Ou1&gt;riere de Londres présentée par Mm• Marie
Laurent, il apprit que la piece était du directeur du Cirque; et son étonnement encore plus vif, lorsque, to11jours grace a Mm• Marie Laureot qui en joue le principal role, cette piece eut, ma foi, tres-passablcment
réussi?
Cvrsaires acorsaires ne font pas, dit-on, leurs affaires;
mais il parait qu'il n'en est pas de méme de directeurs
adirecteurs. Comme ex1::mple, c'est effrayant, j'entends
poor !'avenir des auteurs drama.tiques ne dirigeant
aocun théatre, et non pour celui du public, car, encore
nne fois, l'Om!riere de Londres a parfaitement réussi,
malgré des longueurs qu'on peut du reste s'épargoer
tres-commodément : la piec~, qui esl en cinq actes, ne
commencant réellement qu'au troisieme.
Les d¡nx premiers actes sont consacrés a• des préparatioos, a des récits d'une longueur et d'une na'iveté qui
étonneot de la part d'un auteur aussi expert que doit
J'etre M. Hostein. ll devrait savoir que le public, en général, et surtout le public tout spécial des théatres a
mélodrames, n'exige pas tant de précautions oratoires.
Pom· lui, une situation forte est toujours assez expliquée,
et d'autanL mieux que toutes les combinaisons dramatiques lui étaut aujourd'hui connues, sa memoire les
justifie quand ·elles sont justi6ables, ou leur pardonne
de ne pas l' étre, en considération de leurs longs étaL, de
service.
Le roman de miss Braddoo d'ou est tirée la piece de
11. Hostein, a pour sujet un assassin se substituant a
l'homme qu'il a assassiné; une bistoire vieille comme les
roes, et que cbaqne nouveau conteur, en -la l,rodant
poor la faire parilHre neuve, reud de plus en plus invraisemblable; c'est ce qu'a bien compris Tbéopbile
Gautier Jorsque, reprenaot cette vieille donnée en sousreuvre, il l'a judicieusement transportée dans la sphere
du merveilleux, et en a fait ce petit chef-d'reuvre de
seotiment, de narration et de style, qui a pour titre
Avatar.
L'auteur des Réprouvés n'est pas alié si loin que Théophile Gautier; cette demoiselle est restée tranquillement
enAugleterre et en plein dix-neuvieme siecle, c'est-a-dire
en un pays et daos un temps ou le meurtrier qu'elle met
en se/me n'aurait pu se substituer avec succes asa victime
peodant seulemeot vingt-quatre heures. Aussi est-ce une
mie pitié de voir avec quel art, digne d'une meilleure
cause, cette adroite miss prévient, élude, esquive, et je
dirais volontiers escamote, daos sa fiction, toutc:s les cirr.onstaJ1ces, toutes les rencontres, qui, daos la vie réelle,
aaraieat dénoncé son triste béros.
En cela seulement, M. Hostein n'a pas osé imiter son
mode!e, et pour prévenir tl'irréfutables objections, il s'est
eoofondu en explications préalables, quand il n'y avait
qae deux ¡iartis a prendre: ou ne pas commettre la faute,
- il est si aisé de ne point écrire un drame en cinq
Idea, - ou la commettre carrément. Quand vous avez
ilnné un fusil de bois a un enfant, et que celui-ci brule
4e partir pour la chasse, l'arreterez-vous pendant une
heure pour lui expliquer comment ce fusil, qui a l'air
d'an jouet de quatre sous, esi un fusil véritable, et que
Lefancheux vous l'a garanti? Évidemment non, ou bien
renlant, s'il est mal élevé, vous jettera votre fusil au
'2, en répondant que vous l'ennuyez a la fin, et qu'il
sait trop prudent ou pas assez riche pour lui donner
Trai fusil. Je sais bien que rien de semblable n'a enété répondu a M. Hostein; mais cela prouve-t-il r¡ue
· e de iondres est un vrai fusil? Non, cela prouve
ement que le public de l'Ambigu est un enfant bien

classique, et oü l'oo est bien mal assis, principalement
aux meilleures places; les fauteuils de balcon surtoutsont
de véritables brancards, et de la vient peut-étre que j'ai
trouvé si longues les explications de M. Hostein.
En pareil cas, pourquoi ne mettrait-oo passur !'affiche
a quelle beure commeoce véritablement l'action de la
piece représentée? N'y a-t-on pas lu bien des fois, en
grosses lettres, le moment précis• oü la Mer de glace
faisait irruptioo s•1r la scene? Le théatre de la
Porte-Saint-Martín, tout en se piquant de littérature, ne
prévenait-il pas aussi exactement les amateurs de l'apparitióo du Vaisseau fantóme? En fin la Gallé, aujourd'hui
meme et pour longtemps; si je ne me trompe, la Gallé
n'en fait-elle ¡,as de meme pour son fameux tableau de
la Corvette?
Ce deroier théatre, du reste, aurait pu sans trop de
vanité se dispemer d'une telle annonce, a propos du
Fils de la Nuit. Le tableau de la Corvette viraot deux
fois de bord, ioclinant son beaupré jusque daos l'orcbestre, et repoussant a coups de canon et d'espingards
une tentative d'abordage, tout cela sans doute est fort
intéressaot, et aucun autre spectacle du meme genre
n'en a égaléjusqu'ici la réalité graodiose: mais le drame
de M. Víctor Séjour eu.t Cort bien pu se passer de ce magnifique hors-d'reuvre.
Le Fils de la Nuit est une des plus heureuses créations
de son a uteur; bien que la pre miere représentation n'en
remonte pas plus baut qu'au i2 juillet ! 856, on y respire d'un bout a J'autre le souffle orageux mais vivifiaot
des belles gihoulées de 1830. La scene se passe daos une
sorte de monde a la fois italien, espagool et levaotio,
vu a la clarté de feux du Beogale, un faux Orient tressupérieur au véritable, et qu'on ne retrouve plus aujourd'hui que dans les Orientales de Víctor Hugo, les -poemes
de Lord Byron, la Namouna d'Alfred de Musset, et les
ioiles entlammées de Ziem, ce peintre fort peu ordinaire
des fétes galantes du soleil. Il faut savoir gré a M. Víctor
Séjour de nous avoir rendu un si juste reflet des belles
visions de notre jeunesse. J'aime son Ben-Leil, ce radieux
fils de la ouit, ce heau jeune forban, jetaut les sequms
a la volée, vivante paooplie toute rnissehnte d'émeraudes et de saphirs; je passe tout a ce charmant pirate
en faveur de son turban de crépe rose Jamé d'argent,
de sa petite veste en velours soutachée d'or, de ses larges
culoltes en gaze pailletée, de ses babouches en satín
brodé d'aljofar; et je soupire quand la boucle blanche
qui frise au milieu de ses cheveux noirs, le fait reconnaitre, en fin de compte, pour le dernier rejeton de l'illustre maison napolitaine des Scilla. Que m'impone la
joie de sa noble mere et de sa belle fiancée ! Tout est
fioi maintenant; ce héros, ce représentant de l'ancien
jeune romantisme, il va désortnais croupir dans une
belle position. II va devenir un simple honnete homme,
un bon époux, un bon pere comme tout le monde. Hélas ! &lt;( qu'est-ce que tout cela me fait a moa! &gt;J comme
disait cette pauvre cbere Dorval; Ben-Leil n'est plus BenLeil; (( nous n'irons plus ensemble voir l'équateur en
feu, Mexique oü le sol tremhle, et l'Espagne, et l'Espagne
au ciel bleu ! »
Ce mélancolique dénoument se produit, du reste, au
milieu des danses les plus échevelées et des fetes les
moins bourgeoíses, le tout sur un tbéatre qui surpasse
en splendeur tous les milieux 011 s'est déroulée l'action.
On peut se dire que le ruénage de Scilla ne sera pas trop
terre a terre, que le pot-au-fou y fera quelquefois sauter
son couvercle, et daos ce doux espoir on prend son parti
d'une déchéance laissaot une si belle marge a la fantaisie et au pittoresque.
Au demeuraot, le Fils de la Nuit Jaisse un sonvenir
tles plus agréables, et la réflexion n'atténue enrien eette
impression; elle la corrobore meme en la mettant d'accord avec les regles de l'estbét1que élémentaire. Ce n'est
pas que la piece de M. Séjour soit, plus que l'Ouvriere de
Londres, conforme aux lois de la vraisemblance absolue.
Jama1s, au coutraire, ces lois n'ont été aussi complétement méconnues que dans le premier de ces deux ouvragcs. Mais méconoaitre ou insulter n'est point du tout
la meme chose. On sent, ou du .moins on peut croire,
que l'a•1teur du Fils de la Nuit peche par ignorance, et
que, en donnant au public un fusil de bois, il croit lui
faire prl.;ent d'un vrai fusil. Aussi, point d'explic:itions
préalables et accusant le trooble d'une mauvaise cQnscience. En d'autres termes, M. Victor Séjour, contrairemeot a M. Hosteiu, aplacé une action invraisemblable
é.
daos un milieu de pure fantaisie. Des la preiniere scene,
PauTre enfantl il est pourtant a une école bien peu et a la seule vue du premier décor, on sent qu'en nage

:.153

en pleioes Mille et une nuits; arrive mainteua11t le fils
de la nuit, et il semblera tout simple qu'il ait taut de
peine a trouver sa mere.
Daos l'Ouvriere de Londres, au contraire, le rideau rn
leve sur une gare de chemin de fer, c'est-a-dire sur ce
qu'il y a de plus froid, de plus ponctuel, de plus rigoureux, de plus inflexible dans toutes les réalités de la vie
moderne. Et la-dessus, tout le monde de s'écrier: (( Oh!
comme c'est ~a, comme c'est bien ~a! ii - Eh ! oui.
parbleu ! c'est ~a. Mais, des que l'action commence a
s'engager sor ce terrain, ~a n'est plus ~a, plus du tout
ca. La réaltté ctu milieu choisi, e tte réalité !lggravée
par l'excellente exécution du décoJ\, fait réssort1r la
fausseté d'un dialogue oü des Anglais, s'exprimant entre
eux en fran9ais, conservent parfois l'accent britannique
pour faire rire le spectateur.
Et grace a tout cela, tandis que le Fils de la Nuit vogue
de Cythere a Catane, daos sa galére capitane, avec ses
quatre-viogts rameurs, et que la reine Mab fr:rnchit
l'espace bleu sur sa conque taillée dans une coque de
noisette, l'Ouvriere de Lond1·P.s manque le train.
Qu'elle s'en console, la pauvre filie! M. Victor Séjour
l'avait bien manqué, lui aussi, et de plus longtemps
qu'elle, avec son Jl!al'qui:s caporal; espérons que l'insucces de ce dernier ouvrage,joint a la secoode réussite du
Fils de la Nuit, rappellera ce tres.. estimable écrivain a
sa premiere mani~re : c'était la bonne, ou du moins la
meilleure; il a double motif d'en ctre aujourd'hui couvaiocu.
Le Fils de la Nuit est monté avec un grand luxe, et,
ce qui vaut mieux, avec beaucoup d'art et de soin. De
ses deux ballets, le premier, cepeodant, aurait mieux
figuré daos l'Ouvrit!re de Londres. Les danseuses anglaises
qui l'exécutent rappellent moios les almées ou les houris
de l'Orient que les dernieres baigneuses de Brightoo,
par une froide journée de septembre.
A cela pres d'un détail si peu important, l'interprétation est parfáite. Dumaioe, daos les roles de Scillupére,
de Scilla fi/s et de Ben-Leil, a tout le brío, toute la tendresse, toute la fougue que demande ce triple role. Son
embonpoiot meme le sert : qui s'est jamais figuré un
Turc maigre?
M11• Agar est belle· et bien disante, comme toujours,
mais un peu trop solennelle peut-étre; disons le mot, un
peu trop ro.6édienne, dans un personnage et dans une
piece qui procedent si peu d'Antigone ou de l'Orestie.
Mm• Lacroix est mieux dans le sentiment et daos la couleur de son role. Comment se fait-il qu'on voie si rarement une artiste si distinguée, si pathétique, si naturelle? Ah! le naturel, la seule grace qui manque a
Mw• Juliette Clarence, et le plus clair du talent si sympalhique de Perrin !
A. DE BELLOY.
~

OURAGAN DE CALCUTT A.•

Le dernier courrier des lndes nous apporte, en
meme temps que les pbotographies que nous publions,
de nouveaux détails sur le terrible ooragan qui a
dévasté Calcutta et ses environs dans la journée du
5 octobre.
Cette ville, par sa position géograpbique, est exposée
a des sinistres de ce genre, qui se renouvelleut périodiquement tous les dix ou douze ans; mais jamais, de mémoire d'bomme, elle o'en a éprouvé d'aussi violenl.
Pour comble de malhenr, l'arrivée de cette trombe a été
accompagnée de celle du bore ou cascaret, flot gigantesq ue
que les moussons du sucl-ouest amenent chaque année
des confins du póle, et qui vient s'engoutfrer dans _la
baie du Ben gale et se briser dans l'Hooghly, bras du
Gange, sur lequel Calcutta est situé.
C'est entre onze heures et midi que la trombe, accompagnée d'un bruit de tonnerre lointain, a éclaté sur la
ville. En quelq •Jes instants, les arb1 es ont été déracinés,
les toitures enlevées et les ruurs renversés. Les belles
allées de Fort--William n'existent plus, les jardins d'Eden
soot transformés en désert, la plupart des églises et des
ruosquées sont en ruines, le tbéatre James a disparo,
les grilles en fer meme n'ont pas pu résister a la violence du vent, et ont été presque toutes arrachées.
Quant aux misérables buttes des faubourgs habités par
les Iodiens, elles ne forment plus qu'un monceau de décombres.
Si terribles qu'aient été tous ces désastres, ils n'approchent pas encore de ceux: qui ont eu lieu dans le port.

�L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNlVERSEL.

355

L•ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

""'-~-------------__:~~=--=~----_:_----==-:=======:;::;;::;::;::=----:s;:ur:-;;d:eu~x;c:P~n~ts~n:a:v~ir:es;,:p:ou:r~~la-:p1:;:0f1Ut:=~
••~~1,e:---;,~:;;~FPrr~an~k~la~·"~,dd~e~i~,2;0lOO~to~n;n;ea~u~:r~;tle;;------------==--~__:...=_~~~=-~~:_:_~_:_:~--------- - - forl tonnage, qui se trouvaient en l'lde 1111 __..-,e, de i,357 tonneaux, et bien d'au· -. happe' d'11 saos anries, Le 1 il aes
...-r··
·
n'en a pas ec
rurent coulés en que1ques 1mtants.
Le
:=... _:-- - - - caret, qui n'a ordinai_rem~nt que cinq 1"": ;e:mer Bengal, de la Compagoie péninsu-_-___
pieds de hauteur, rodlS qui celte íois
wreet orientale; les steamer Thunclei·er et l'Ateint vingt-cinq a trente pie~s, secondé par .i,tl (;asey, navire fran~ais, furent lancés
ta violence du vent, enleva1t les 'aileeauz IJiell 1,aot dans les terres. Les nav1res amaravec leurs ancres et leurs bouécs, et lea iél eo!emble par rangée n'avaient pas le
gloutissait ou les rejetait sur ia terre ,-: lelDP5 de se détar.her, et étaient broyés l'un

••lit:

LE STATIU.V.VAIRI N IIISIIG stl U. PROllESADE.

~

NHIRES BRISBS PRES DR LA GAR8 DU CBElllN DE FER.

TI/E T/IUN;E/l8R, llB !,0u0 to~NEAUX. BNLEVÉ PAR LES LAMES ET l'ORTil. SUR LA ROUTE, PRES DE IIA GLACIERI!.

viere renommée par son poisson et ses e:xcellentes écrevisses. Mais c'est la son moindre titre. Ce qui tui assure une place hors
ligne, ce qui fait que son nom re,ient si
souvent an:x bulletins du camp, c'est que
dans toutes les pelites guerres, daos tous
les simnlacre$ ou frgurl! l'attaque et la défense d'un fleuve, la Suippe joue le role du
llhin ou du Danube. 11 en est des rivieres
com_me des hommes : pour faire quelque
liru1t 1ci-bas, il ne s'agit que d'etre en situation.
Je vis arriver et défiler successivement
t?ules les troupes : les unes pre~ant posit1on sur la rive droitc, les autres se massant
sur la rive gauche, de ce cóté-ci du camp.
11 pouvait etre eoviron six heures quand la
cavalerie et l'artillerie traverserent ta
Suippe agué, l'infanterie sur des passerelles
tant ce fleuve d'emprunt cst de bonn;

DI CIMlll PillB.

contre l'autre. Cette magnifique rade, qui
portait fierement une foret de mats, ornés
de~ pavil\ons du monde entier, n'oflre _plus
a \'reil qu'une masse informe de tristes
épaves.
On estime a cinq mille le nombre des
victimes de ce désastre; les premieres nouvelles avaient fort heureusement exagéré le
nombre des victi10es; mais qui sait si ce
chiffre, déja effra1ant, ne sera pa~ doublé
par les conséquences de cette terr1b\P. catastropheY Des milliers d'lndiens ~r;ent
sans paio et sans asile, e~ ~~ quaot,t~ d_e
cadavres charriés par la r1v1cre ou la1sses
saos sépulture dans les ruines fait redouter
sérieusement une épidémie.

tTt:DES COIIPW!llltllll WNDES AR~l~ES

•-'·

e._

11 y aun
mois bientót,
quelques alfailllflill ameoé a Chalons. Si pres ■ •l la teille meme
de la cltilan..,. ■aoamvres de
la campagne,~pu assister a ce
spectacle, ~ • • rail j'y po•.1,,ais etre _..,r.i.11ain, je me
trouvai done, llija da iour, sur les
bords de la•
Qu'est-c:e . . . ., me dernanderez-,ous.
La Suippe••OlO?Sd'.eau, aux
confios DON4~ ■e petite ri-

Pour extrait : P. P.

VUB PRISB SUR LA. PLACB¡DU GOUVBrummNT.

MAISON OU COLONEL DIRC.B, P•RK STREET. '.

:~
.-:.:==--~

-:=-==-~-==-~
-=--=_.;--

•

-=-·§-~

-,. -

ARBR8 ARRACUÉ SUR LA PROIIIENADE.
ARBRKS BRISES liT ARRACBts SUR U. ROUTB CIRCULAlRE.

D'apres les photographiu de 11. Purt00 Waltmoo, com-.~oiqoéts pir 11, Sec3odé, de Calculta.

DÉSASTRES

CAUSÉS

PAR

LE

CYCLONE

�'.156

L'ILLUSTRATION,

JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTHATION, JOUH l'lAL UNIVEHSEL.
111aniement des pieces. Des ,Qu'un officier arrive á un
commandemenl
.
,
•ct personnel,
. . a celui d'une batlerieou
d,uoe sect,on e bat1er1e ' 1¡ se borne a la ct 1rectrnn
· . génera 1•e, ·¡et ne commande
plus lui-méme les manmuvres
.
de deta, ,. 11 en resulte,
pour
les grades inferieurs,
".
1,ba,
bilude d ·un•tcoup d mtl plus hbre'"ulus exerce·, Pus
1 sur.
,
' ee o es pas seulement par son babi Jeté p 1
de son r
, ar aJus~e
. ir,_que se fait remarquer l'artillerie t'ranr11se, ma1s auss1 par sa direction savante 8Ur 1es champs
de bata1 11 e. Cec, ¡,ese beaucoup plus que toutl
,
sor qu'elle a pris
deputS les •uerres
de la ll?
reiste.
•
evo
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401 a1touJours
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en
progressant
elle
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¡tr C'
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,
e Olt surtout a
)apo eon ' . est ans ces combats de géant de mmpire qse ,1 on vo1t apparailrc, pour la prem,ere f'o1s ces
lllasses rl art1ller1e
qm vienoent, pa r 1eurs 1,eu.x concen'
.
tnqucs, dec1der
du
sort
d'une
Journée
•
, comme a Eylan
aFr1e, di an d,. a Wagram.' qm cban ooe OI une defa1te
. en,
-mil desastre ,mmense, comme a la Moskowa o . 1 R
, " es60 000
us"''· íoudro¡·és
,
pa~ 400 p,eces réun,es, perdirent
hommes.. o
Vos generaux excellent dans ces gran des 'mao~uvres. n peut dtre que jusqu'a present ti
1
os egaux d 1
s ::on restes
sa .
ans eur ~rme, leursémulateurs ne les ont
¡amais
. .
• f su1v1S
· que de bien Juin.J tanct ·I:). que vos 0 enerau.x
im anter1e et de canleric out f&gt;
agues émules.
_uuveot rencontré de

:is;

vi~ille Moscovie avec son Tsarisme n'existe plus; il faut d
«Vos générau, tiren\ bon parti de ces heureuses disl'::1i~echercbes plns g,lantes. Ce ,ont les femmes qui .
vo1r ce que sera la Jeune Russie.
France, c'est instincth·ement que le soldat demeure a ¡,ositions. Toujours préts a tenter meme l'impossible
.
ent, et, chez les femmes, particuliCrement les
composition. Amis et ennemis marcbaient en silcnce, et,
'
• Telle est sommairemenl 811 d
son
rang.
on
les
a
vus
prendre
des
villes
et
forcer
des
relrancbeetolfes,
de sorte qu'en parlant de ses tableaux on se d
a. voir la placidité de tous ces gens, on ne se 'Serait vrai;
de nationalité mon op· . Í,·
chors de tout esprit
« Yotre infanterie légere est fort supérieure aux autres
mande
· Préfé rcz-vous sa robe bleue ou sa robe' .a .,emenls
avcc
de
la
cavalcrie.
Les
généraux
allemandssoot
.
ment pas douté qu'i\s allaient se combattre avec achardes pui!!:)ance; contioe~~:~:~ ~:: ~:ª~~che sor les grantroupes de meme arme d'au dela du Rhin. Tout se réu- beaucoup trop méthodistes pQur se laisser aller a de tels
nement. Leur figure ne trabissait pas la moindre émocontrcr .sur les champs de bat:11·11 e.)&gt; rance peut ren- 11 est ;rai que ces robes sont admirables. Quaut a
nit ¡,our concourir a cette supériorité. Son armement risques; ils perdront un lc\llPS précieux acalculer, a pe'11erl, ~ est duo .enthou!-iaste de Meissonier, qui du· res:.
tion, pas la plus légere apparcnce d"boslilité.
A petoc avais-je en le t
d
.
est des meilleurs, son équipement commode et bien ap- ser toutes les chances po!l-sihlE:s, l .t o'aboutissent pas a
. a fort admiré, les petites,
de!lon intéressa l
e~ps e remercier le général e . 111 ren bien, car ce dernter
Au commandement de halte qui se fait entendre, les
proprié ; mais ce qui vaut beaucoup mieux que cet l'action. Ayant entré les mains un ¡pstrument de choix,
n econversation que
é•
.
1
1
:e M. ';erner, \ors de son passage a Berlín. C'est
faisceaux soot formés, les chevaux attachés au piquet,les
Je luí serrai affect
'
nous t10ns arr1vés.
accessoire matériel, c'est d'a,·oir en partage - corome ils ne savent pasen joueri la preuve, c'est que la cava.
ueusement la main en 1 . d
lentes dre;sées en un clin d'mil. Le feu s'allume et eréla
permission
d'
¡·¡·
,
Ul cmandant M \" ,"º qu elles out de grandes qualités. Seulement
u I tSer toul ce q •·¡
.
tous vossolJ.ats, d11 reste, - l'iotelligence et l'agiiité, la \erie allemande, conrluite par des officiers Íran~ais dans
· ,, e,
· dre et vise
• au plus haut'
11 n'y mit d'a 1
..
u I venatt de me dire. dan.:
pite sur toute la ligne, - feu tout pacifique encore ; il
1 ner • commence
. . • ,. a pem
présence d'esprit, qui sait tirer de toute circonstance les guerres de \'Empire, compte á son avoir des fails
·
u
re
cond1t100
q
11
,
a
spec,altte
qu
ti
s'est
choisie
Alle
nommer.
ue ce e de ne le pas
s'agit seulement de préparer le café. Avec que\ eutrain,
uelq
é
·
odons encore
donnée le meillcUI' µarli possiblc. Tandis que l'Alle- d'armes qu'elle n'eut jamais exécutés avec des chefs de
q
ues
ann
es
pour
le
placer
il
coté
des
ma ·1
quelle rapidité tout cela s·exécule ! La baguette d'un maJe m'y sws
. rormellement engagé.
Le genrc
bí é
, res.
mand, que le Russe surtout, se sortent fort mal d'une
.
'
com
n
avec
le
paysage,
est
une
Corm
sa nation.
·
gicien n'opere pas plus prcstcmrnt.
Gusuvt
GtR.ARD.
échaulfourée, le Fran~ais y a \'avantage.
pemture
charmantc
et
féconde
qui
se
fat
e de
tt
La
cavalerie
prussienne
ne
conserve
plus
que
des
1
Soudain part un coup de canon, signa\ de la batailic,
de to
¡ •
comprendre
&lt;( Les Russes, que l'on peut anéantir, mais qu'il est diftraces
loinlaines
de
cette
instruction
solide
qui
faisait
.
us,
p
a1t
en
méme
temps
a
\'esprit
et
a
l'ima
inaEn aussi pell ·de temps, les teutcs sont repliées et enleficile de rompre et de va1ncre en colonne serrée-,sont pres- jadis l'orgueil de ses régiments et de ses généraux. Elle
1100,
et
peut
se
preter
aUI
plus
poétiques
conce
tus
vées. Les fantassins courent a \eurs armes, les cavaliers
que nuls en tirailleurs. lsolé, le sold&gt;l russe perd énor- a adopte le syslCme d'instruction de la cavalerie rus!ie,
L'XIPOSITIOI DIS BIAITX-ARTS, A BKRLII.
M. G. Spa,1ge11berg y lient une place a part, si o~ n'es;
sautent a cbeval, les voitures de l'ambulance vont se
mément; il a. besoin de sentir le coude de son voisin, parce que celle-ci a bonne apparence, mais toutse borne
(!•
article
)
par
la t~cbnique, du moins par la tenJance lé endair
ra.nger a la suite, toutrs prCtes a. recevoir les bleesés.
d"enlcndre la voix de son chef. C'esl une machine qui a l'apparcnce. Les inspecteurs généraux se plaigneot
archa,lque
de son pinceau. Ses tableaux rcpr~duisen~
Déjala fusillade est engagée.
ne fonct1onne bien que daos son milieu, avec tout le beaucoup du déclin de la cavalerie prussicnne. Daos le
Tout ce qu'il m·a été donné de bien saisir au milieu
d,rour bl~ peinture de genre, M. K11aus marche a la tete
que qu'une des vieilles Sagas germarnques en .
son engrenage.
nord de l'Allemagne, il ne reste plus que le Hanovre
scom alla.nts, et, nouveau Léomda
.
o , ral avec un sentiment poétique trCs-profond pari:i~
des tonrhillons qui envahissaient l'atmosphCre, ce doñt jcu« de
L"iufanterie prussienne, beaucoup plus pro!lfe a qui ait une cavalerie bien instruite. ·
su1· v1cto1re Une F
s, remporte v1ctu1re a,ec un grand IJonheur d'e1pression.
je me sois paríaitemcnt rendu comptc, c'est que l'enl'allaque en tirailleurs que celle des Russes, est bien
t&lt; La cavalerie autricbienne, la cava\erie bongroise
d'intér1eur d·une harrnome
emme _enadora\ile
couches estqu un
M St rylaº sk·y, saos tra,tc_'r les mérnes snjets, assoc,e telnemi a été battu, eufoncé sur toute la ligne: le Fran9ais loin d'opposer la mlmc ténacité en colonne. Elle s'en· petit tablean
ll'
lcme.nt
est as~ez coutumier du fait. Ce que je puís affirmer en- gagera vivcmcnt, mais elle se fati gue vite. Plus manceu- surtout, est bien supérieure aux cavaleries prussienneet
coulcur' produit l' t11
de la réaltlé
' méme
,, par un
e
el
de
nature a ux scenes les plus s11nples de la vi
Q 1
,.
femmes
chucbollent
,u
pied
du
I
L
1
.
,
ue
qucs
qu
ti
les
rend
fantast,ques quand mcme A .
e,
core, en toute certitude, c'est que les voitures de l'ambu- vriCre que l'infantcrie autrichieunc, elle a plus d'entrain russe. Ce qui lui manque, ce sont des généraux qui sa, Les Russes,
qui
trainent
apres
eux
d
.
' es mas,~ for- le sem ason no
.
. i ' aJeune mCre dol.'.lne ele Gah-cie
t l
. rns1, les Juifs
lance sont revenucs a vide, et que le soir pas un seul aussi, mai-s moins d'baleine, moins de coosistauceréelle. cbcnt la conduire á la f,·a,u;aise. Je dois dire cncore que 11da.bl e!! d.artl
1
uveau
ne,
tand1squ'un
p
t
t
prim,
e
ans
mi
cimehere
se
détacbe
t
lcr1e,
ont
prouvé
simpl
b
ement que l'on
son armement n'a pas la légereté, la commodité ni la
t gar~on, lSSIS dfoend de dbrou1llard qui les emprei~t d'un c•racnt'rseuprleu,nn
~•l
bomme ne mauquait a l'appel.
. etre. ric e en canons et f'ort pa uvre daus l'arl de dco11tre le ltl' s"étellll· et bátll e. Une autreetotle
« Je ne sache guere que les bataillons de chasseurs solidité du vi'ttre; il esl de trop ancienne fabrication.
représente
gr
....
1,;
Victoire inoffensivc entl'C tant d'autres si sanglante~ !
1en
servir.
bes
pays,ns
tyroltens
sermonés
par
leur
curé
pour s'ct
an eur. M. Riefstahl, en mettant en scéne d
autrichiens qui puisseut soutenir .la comparaison avec
((
Avec
des
ressources
iuHnies
en
chevaux,
et
des
Celle-la au moins o·aura coilté de !armes a personne!
• Votre
.
L~~:~: i~,rorlc:l e~core les marques ,te lcur equipé:~ ~:i::a~ tyr;ltens prtant autour d'une chapclle sur ~:
r ¡ nouveau
r
•systeme d'at·tillerie est ven u opere,
les vótres. Soldats de choix, rompus aux exercices, ex- hommes que l'on peut pétrir et fa~onner asa gU1sc, la
ue
ev
0 •110n, .metamorpboser compl e·te meot la science
.
.
•
cellents tireurs, mais moins agites, moins hons mar- Russie n'ajamais eu qu'une cavalerie médiocre, qui n'a
s,eme
t:St 11.n~::r~o:tutre le bras en écbarpe, le tro1- ldont_s·7:~re_;;:oct~e:e:b~:~~::1;~~:~!~:spthic:,1.ee·,dceesrbealte_f
1ta1re. Les di verses
puissaucec.:. , se sont empressees
. de
JI,
.
cheurs, et aya.nt cncore ce dé!l-avantage vis-3.-vis de vos positivement marqué daos aucune des grandes lulles de adopte
lus
que Je soup~onne d'avotr porte les es c,m C
"
u
r, en y mtroduisant luutefuis certains chan"e. mau.va1&amp; coups. Mais la prmc1pale figure est un caes. est une peinture d'une v1oueur \
so\dats de ne point pratiquer l'escrime de la baionnette. l'Empire. Tout est sacrifié á la ¡iarade. L'alignement, la
P
o~. Leur
Le lendemain, pendan\ le trajet de Chalons á Paris,
. amour-propre natJonal bl esse eherchati.º a. ~~crn QUI asStsle le curé et dont la tete e,t un chef- et QUI ccpendant, gracc a l'harmoni; d Ictonnaote,
« L'usage de cctte arme, auquel votre bouillance de satisfaclion du coup d'mil sont, aux yeux des généraux
je me trouvai daos un compartiment seul a seul avec
e~uvnr au moins d'a.pparentes innovations. Ju:)qu'ici e muvre digne de tout ce que la petoture de cnre a donne l'illosion de ce calme sublime ' e a couleur,
sang s'adapte si hien, l'empressement a y recourir des russes, le nec plus ultra de la perfection. Les soldats mag
qu'a quelques millters de ptcds au-::s:~,ne rencontre
tatonnements
. n,ont guere ¡&gt;roduit, JamatS produtl de plus accomplt.
un bomme d'uo ;ige plus que mür, mais bien conservé ;
d
.
' tous ces e~sa1s
que l'occasioos·en préseote, sont encare une des causes nceuvrent tout d'une piece, comme ces jouets, comme
MI;
Knaus
a_urait
presque
un
rival
daos
la
personne
de
Un bae traversan! la Moselle, de M. Charles des platoes,
un de ces vieillards qui pla.ntcnt volontiers encorc, mal\ es. depense~ enorrees et tres-peu fructucuses .
relatives de votre supériorité. Les troupes allemandes ces soldats de bois ou de plomb qu'un ressort fait agir.
. . aut1cr st ce dern
d .
de Lausanne, eleve de l'éco\e de Du;scldoScfhles111ger,
!Doletcrre
en
sa1t
quelque
chose'
L'rnt
11
·
.
.
gré Je, •ns, comme l'octogénaire de la la~le. Sa phy~
,.
·
e 1gence crea- d\1 . d' '
ier, ess1oatcur adniirable était idylle
¡·
r' est une
n'únl jama is montré beaucoup de propension pour l'arme
oue une coulcur plus brillante M B V '. '
compele, toute plcinc de la poes1e d b
.
~Wt rarement I m11tatem·· el d'a'II
sionomie fran che et ouverte, son too, ses manieres, tout blancbe, les Russes encare moins. Ooués généra\ement lis sont accoutrés, équipés de 1, maniere la plus ge.
. . . au,ter est un d'cté, et qu, rappellc la .l/at'uriad'Hébe1·1 MesS ebalux so11·s
jvurs inventer3. nouveau. '
, eurs, elle peut Suiss F
próvenait en sa faveur. Nous etimes bientót lié conver- de plus de force musculaire que la race latine, les pen- nante, et de plus tres-mal armés, Mousquetons, sabres,
.· e- ran,ats, eleve de l'école de Dusseldorf qui d
el p
1
. . e csrn•er
lances, casques et cuirasses, tout ce matériel cst exces- • Ce qu'il m'a éte donné de vo1r ou d'appre d d
JIUIS quc_lques années, s'cst fait un nom en AIÍcm:•n:•, armt es petotres de genre de laJeune Ali
o
sation •
ples du Nord et les Germains se serviraient plus volonsivement défectueux.
r1enl!es sur les divers systemes d'a
n re . es ~omme illustratcur aussi bien que comrne peintr; d; un talent hors ltgne. JI se d1stto•u
emagne,
J"appris de mon compagnon de voyage qu'il avail
de ball
¡
rmes portat1ves
tiers de la crosse du fusil qne de la baionne~le.
lt Les chevaux sont superbes. Uans les régiments de
º º'.lfe. Ses SuJets renfermeot tous une ,·cte·e fine ou ,·- tunent prufond de la nature, pat°u:/gu;1:~t piar un sensuivi en amateur les opérations des Austro-Prussiens
. es, sur es canons et projecules, sur tous les oua
t
p
ce de des,m
.
e ,me seten(t Votre iníantcrie a done sur les autres. le double avancontre ce malheureux petit Oanemark. Ancien officier tage de l'emploi intelligent des feux de tirailleurs et du \a garde, ce luxe est poussé a l'extréme. On n'y admet
ectwnnemcnts de votre artlller1e, sur l'effrayantc ; . n e, et son. expression est toujours a la bauteur du 1 .
QUI .sera,ent plutol fran~atses si elles n'e
,UJet. On admtre surtout un coup\e d'amoure
aient avant tout les frmts d'un gente tout il. f ·1 . . lliJOD de son t1r : - ces pauneaux tro . .
supérieur au service de la Confédération du Rhin, sa mauiement de la baionnette. Vos petils soldats déploient que des chevaux d'une robe pure et sans tache, noirs, ao500
'l .
ues aJOUr O
blancs,
alezans,
ttc.
En
cela
comme
en
tout,
l'appame res par la boite a m1traille a i 200 .
visite au camp de Chil.lons était un dcraier hommage da.ns l1attaque en colonne une vigueur, une puissance,
~e btulit de la _porte qui s'entr'ouvre.
~l ortgrnal. M. Ernest 1I,/debrui1á a pour lni laª~.~;:~::~
l'obus a ball .
.
,
,
metres
. • e cst le ltlre du tablean. Les deux com ltces
exqu1Se expre sion du dessm. Uncjeune ~lle t t
rendo a \'armée fran~aise, dans les rangs de laquelle il que l'ou n'aurait pas cru attendre de leur constitution: rence d'abord, la qualité a !'aventure. Les petits cheu
. es' - tout cela demontre que la haute
vaux
cosaques,
qui
ne
paient
guere
de
mine,
sont,
l
Jellcnl
un
regard
inqU1el
du
cóté
d'oú
vicnt
le
I
enfunt
tandis qu'elle va putser de l'eau a la ,.
uR
se faisait hooneur d'a,•oir comb3.ttu : c'était comme le
i,on placee a la tete des travaux,entend liten ne pas
la furia francese supplée a ce qni leur manque.
mon
avis,
bien
préférahles.
Cette
cavalerie,
particuliere
l~•:dtS
qu'on
,pcr,o,t
plus
has
une
chevre
QUI,
cberc;~~;
a
notre
avts,
la
toilc
la
plus
sympath1que
du
•;:~
:\~st,
ccuronnement dt sa longue carriere, des études bienbni.r aux résultats acqu1s, et qu'elle s'm,renie sans
(t En définitive, il n'existe encorc qu'uoe seule infana. la Russie, a beaucoup perdu des avantages qui [aipa ure, a poussé la porte du bout de ses "Ornes U
une de ces muvres deslmées a étre reprodutles pan. 1
e a en obtemr de plus pos1lifs eocore º
aimées de toute sa vie.
terie de llquelle on puisse dire, cümme Napoléon á Lut- saient sa valeur, depuis qu'on l'a organisée, disciplinee
•UPour me, rérli mer, car Je
· vo.1•s que nous· approchons tre JOU?e petolre, JI. Paul Meyerlieim le ;adet
n ~u- lhographie ou par la gravure, et qui dev1enn~nt :e:e:e( Je n'étais pas ven u en France, me dit-il, depuis t852,
zen : (&lt; L'iufanterie fran~aise· doit savoir se suffire. 1i
a l'em·opéenne.
époque a laquellej'assistai a la grande revue du Champ• gare, 1armee franfaise, jugée dans l'eusemblc de mc1lllle d armtes, annonce déja un gr:nd maitre dunanºs laa- satrement populatres. La place nous man
(( Ots trois armes, infanterie, cavalerie, artiHerie, la.
P , e pemtn S M
deerire tous les tablcaux de •cnre qu,· me' ·t que pour
« Je ne roe s11is jamais expliqué cette miinie qu"oot
de-:.iars. Si j'avais été frappé déja des progres de votre seconde étail assurément celle qui donnait le plus de
orga~1sat1~n, est une des rneilleures, - et l'on peut l'e
"º:
ª énagerie est le tablean a succes de
d
o
rt era,ent enfüen n'est m1eux obf&gt;erve· pi
core e oous arréter. Je ne puis qu'cou é
armée, je puis dire que je l'ai été bien ¡ilus encore 'de prise a la critique de détai\s. On dirait qu'elle a lenu á. s'y tous les Allemands de déprécicr votre cava\erie. On
e.d1re, a tout prendre, la premiere armée du ,e xpos1tion.
l
1
•
•
'
us
sa•emenl
M
Otto
Becke
\'b
b
I
r
m
rer ceux de
m ' ni pus spmtuellement dess1né. Les sin;es 1
•
r, a I e ithographe etl'excellcnlcolo . t
ceux accomplis dans cette derniere période décennale., soustraire pour uue bonne partie. Quoique deja supé- croil avoir toul &lt;lit quand on a répété pour la milliéme
\
fois: « Les Fran~ais ne sont pa.s cavaliers, ils mónteot 'L'Autriche a seule
,.
« Vos troupes ont wie attitude bcaucoup plus faite
.
assez ·de ver1tables
re-=sources pcrroquets, un chameau, un lton méme, sont cara;té:,~ de M. Gr«ef, l'uo des peintres qui ont décoré de fre:is e,
rieur a celui des autres ·puissances, son armelllent of- mal a cheval. • D'abord, le reproche est loin d'avoir aoqu'a\ors. Elles manreuvrent avec un aplomb, avec une íensif et défensif a encore été perfectionné. Les régiments
:•!~:1r une \~ti~ contre la France. !lais l'¡utriche sés avec amou_r, et le mot n'est pas lrop fort, car le Jeune ~.!~s~e d~~erléin¡-' de MM. Guterbock, Lasch, Boscit::
b' t ud ie . w, eve d1strnguée d'Ary Scheffer et me
économie notoire de (au:r: (rais, un laisser-aller qui sont mieux montés que jamais; quelques-uus d'entre jourd'bui la meme portee qu'il a eue; ensuite, la cavale- ks ·ct· omogéne1te. L'op¡iosilion des races la di ver pemtre est, d1t-on, le vis,teur le plus assidu du J d
rie fran~aise demande a étre jugée daos son ensemble
·
ar m a e_r e passer au ¡iaysage.
'
i wmes la géneot t 1
,
- zoolog,quc · Au prern,er
n'apparticnt qu'a elles, qui dénote bien cellc confiance eux ont méme des chevaux de pure race. Les hommes
Pan
1 ' un bercule' á la ('igure
e a paralysent daus ses vulga1l'C expo
La surtout nous recoonaitrons cbez 1
et snr les hauts faits inscrits a son compte. Lord Welling- ements s' d
íllimitée qu'ell es ont en leurs propres forces.
con ·. i ans votre France les derniCres pro- d
'
se un gros serpent boa qut se roulc autour
,
es meilleurs
aussi ont bcaucoup gagné sous le rappurt de l'iostrucson cou et dont la tete erre sur lcsspectateurs ébabtS ¡etnlres allemands, l'tofluence de notre admirable écol
« Volre infauterie de ligne est belle et bien tenue. tion. lis manceuvrcnt mieux; a.ais ils n'oot pas en- ton, dont on ne récusera sans doute pas le témoigoage 111Cien:w54:s s?nt pour le moins aussi dévou.ées que
1.s•~-':1s de 1111, un pélican ouvrc le bec com,ne s',I vou-· ranp1!ie. C'est en etud1ant les reuvres des Corot R e
Sans doute, si on la compare, U.la parade, avec celles des care cette tenue tout d'un bloc, si l'on peut s'exprimer et l'autorité, a dit quelque part qu'il n'avait jaroais rien •••·· bes, ti nea est pas de rnCme de l'ao-ofoméra• a1t
t ¡ ¡
seau DaulJirrny T
F
, ousvu
de
plus
admirable
et
de
plus
terrible
que
oes
cbarg&lt;I
._,e
ienne
LeV
·
t
l
ºº
. '
º ' royon, ranpis, D1az, Lambíoet etc
grandes puissances étrangeres, on trouve qu'elle n'a ainsi, que l'ou remarque notamment en Autriche. lis ne
:
ene e, e Hongrois, le Gallicien 1 1.n11 er a aconde enrouée du dompleur. On admire
de
la
cavalerie
fran~aise
se
succédant
sans
relache
peoauss1, du
art1ste, un marchand de cb'"evres QUI qu
ont acqms UJle qualité fort neu
:'
point la.frontomanie, la rectitude automatique des Russes, savenl pas a.ssez mairrtenir l'allure de \eur béte, et pren' 1e Bohcme, le Setbe et le Transilvantcn s; al
d mCme
.
vete~Is Q'
, allemande.. ¡'•,. na,dant
pres
de
deux
heures
sur
le
p\ateau
de
Mont-Saiot.
orce_
e
v1vre
avec
sa
marchandise,
en
a
pris
la'
b
~
l'All.
u
oo
,ne
prenoe
pomt
ceci
pour
un
paradoxe
!
ot
rcbelles
a
to
·
d
.
'
des Prussiens et des Aulrichiens. Elle fera moins bien ncnl trop vite le galop. Cet tilan trop précipité a uui
u1 proJel e fus10n, et entendent
Jean. « Celle cavalerie, écrit-il daos ses dépecbes, noos , er 1eur nationalité.
s10nom1e. 11 y a dans les composilions de M. Meyer~eim ll ema?.d n cst pas plus nail qu'tl n'est enthou•1aste
l'exercice; ses feux de pelotons, de bata.11\ons, ne seront bien souvent a la cavalerie fra.n~aise, malgré lout son
entouraitcomroe si c'etit été 1, nótre. •
une force con:11que qui lui procurera bien des succe,.
peut s echauffer peu á peu pour une idee qu',l -a a .
Autricbe a ne' anmoms
· une grande force d · ·
pas aussi régulicrs, auas:i corrects peut-étre, qu'imDep ·
.
e res1s« Son élan fut incomparable. Des carrés chargésdix i
courage.
.!I.
Hoguet, pemtre tres-productif et tres-sµirituel (pcutet re_tournée auparavant daos tous lts sen~1
7
9
portel ;i le, halles frappent . plus juste! En général,
U1S
2
JUSQu'en
i815
on
l'a
en ¡¡r,,
.
,
vue presque
« Un autre reproche a tui adresser aussi, c'est de trai- douze fois, quelques-uns anéantis presque enlielf, , o est po111t primesaut1er, ¡¡ ne se ltvre jamais á s;
vos fautassins, quoiqu'ils la1ssent a désirer sons ce rap- tcr trop négligemmeot sa rnonture. Ce manque de soius
ºne, bien que bauue presque toujours étre lrop), M. Salentin, M. de Heyde11, M. Hiddemann
ment, d'autres taillés en pieces aux deux tiers: soixaote
les' pr~miere impression et n'ag1t qu'en vertu d'un system
port, tirent néanmoins beaucoup mieux a la cible que a été souveut la cau,e de perles considerables. C'est a
qu: \~ Prusse a failli etre rayée de la carte d; M. de 1Ville, et surlout M. Solm, chercheot a "agner
O
ratSonné et préeon~u. Avec cette tournure d'esprit e
piéces de canon, six drapeaux enlevés, la seconde lignl , pres la perle d'unc seule bataille. La Prusse sulfragcs~ non-s_eulement par de bonnes qualité,
a1·1·1st1·les fantassius étrangers.
lui que l'armee fran~aise a dú d'en éprouver de si in- anglaise atteinte, le désordre jeté jusque dans les ré&gt;tlues m
"
peut arriver a exé I d
on
.
. . cu er es compos1t10ns sa van tes de la
• Sur le champ de manceuvres, vo~ troupes n'appor- croyables pendant la campagne de Russie, tandis que
one valeur nominalc; elle n'a pas le poids voulu q . ~ a1s auss1 par l'intérét mCme du sujet de la comphtlosoph1que, de la sculpturc métapb;sique
pu1ssance de prem,er
· ordre. En prisc de toutes p0Stt1on .
teront pas autant de précision dans l'a.lignement, daos la cavalerie alhéc, qui marchait daos ses rangs, en ves; voila ce qu'une partie de la cavalerie fran ·
abandonnée a elle-méme, saos direction en chef, a
Au
contraire,
MM.
Carl
Becker,
Kraus
et
Werner
dé
d
l'
arch1tecture
archaique, mais on íera difficilcmen\
11
les conversions que les troupés allemandes ou russes;
e e re.ssemble /¡ un serpent dont les lon!?S
éprouvait de bien moins sensibles.
(ait a Waterloo ! Que l'on cite done une autre cavale ·
~a,gnent
cette
derniere
rechercbe.
lis
font
de
l'art
ou;
a
e
·at'\
or,g:nal.
Cependant
un grand nombre des jeunes
º
ma.is cette extreme précision a-t-elle jamais donné la
« Quelq ue regrettable que soitcetto négligence, elle n'in- capable d_e pareils elforts, de semblables prodiges!
dusera1ent C' coupés ' disioints
~
, a p1us1eurs
1
art,
el
les
sujets
de
leurs
tab\eanx
ne
sont
que
des
ppréo
rl1,tes
de
1
éco\e
de
Berlín
ont prouvé qu'avec le temps
victoi"re 1 On a done parfaitement rai!-ion de ne pas s'en Oue que snr la force et la vitalité Jes chevaux, saos donner
co_rps. eSl un pays d'enclaves avant plus
textcs
a couleur
des bouquets de fleurs saos paríum nin pouva,t se. débarrasser de ce doctrrnar1sme
· .
«
On
se
montre
beaucoup
plus
juste
a
l'égard
de
v
·
.
,
gcrmapulalton hostile, ou pour le moins fo~t peu afoccuper outre mesure en France. C'est faire preuve de toutefois la mesure de la valeur intrinseque de la cavaartillerie.
On
reconnait
volontiers
la
supériorité
de
1'
M.,
Karl
Becker
est
un
admiralile
coloriste
non
moin;
fr
~u:
el
se
hvrer
sans
arriere-pensée
a
l'impression
;
un
pays
enfin
dont
tout
le
passé
glorielll
tact militaire que de ne pas dépcoser en purc perle un lerie. Si le soldat, pris isolément ou en masse, n'est pas
qu un excellcnt dessinateur. C'e·t un Vé ·t·
a,c e et spootauee de la nature.
IU.r un seul borume.
temps précieux po&amp;r un médiocre résultat, que &lt;le tenir un cavalier parlait; s'il ~aspille parfois les forces de seignement que ses officiers rc~oivent a l'École, et d
.
.
:)
m ien pur sang
Les comp .f
b'b.
le développement pratiquc les suit daos toute Jeur
, os1 io~s I llques de J. W. Schirmer, direc·•
bataille d'léna sufllra toujours a le réduire a qui ne se pla1t que daos le velours, le satin et l.i our~ te r
compte de l'espl"it et du caractére nat,onal. Le Fran~ais son cheval; s'il ne le soigne pas toujours convenableriere. En vain a-t-on essayé partout d'établir de
pre. Une séa,ice du C,mseil présidée par le doge ne :epré- ui dée I Atdénne de Carlsruhe, mort en i863, formen!
est d'inspiralion vive, d'allore dégagée, impatient de ment, ces défaul~ sont singutieremcnt atténués par des
blables écoles, elles sont restées bien en arriere de 1
ta la R.uss1e,
. depuis le mo11,·ement qui s'est senle aul:e .chose que des prflals autour d'une taulc st ~es e"º ort rcmarqu;b\e de huit paysages de grand
toute entrave, de tout lien. L'Allemand, le Rus~e, au qualités innées, par son adresse a manier le sabre, a
dan
modele. ll en est de certaines institutions comme
contraire, sont lents, com¡)a.ssés, saos initiative person- faire le coup de pointe, par sa ré,olution et son impéd s les tdé_es' depuis le reldcbemenl de cette ca~sact, ecrivant ou cachetant des lettres. Mais quell; bi~toireºº~~.~ daos le veritable sentimcnt de la grande
quelques plantes, qui se dépaysent tres-difficilemenl.
couleur, qncllc opulence d'éloffes
1
:
qu t s retraccnt. La Fuite de Lntl, A•ar el,¡ 1
nclle: á chacun selon son aptitudc. Si ces deroiers n'a- tucuse témérité. ll a, en outre, \'avaotagc de rester
. e fe~, qui la tena1t enserrée comme daos un fum
brtllanlc
d' r . ,
,, que
par-- Desert le Sacrifice d'l
, '
,.. e
« Vos officiers d'artillerie se distinguent particult
an
iqmte
artistique!
C'est
de
la
grande
peintW'e
pe
/
.
_sw,c, sont de fort belles toiles un
. metta1t aux .mains de son autocrate toutes les
vaient pas plus de cohésion dam: les rangs que les groupé comme le fanta.ssin, lors mcme que daos la viment par la connaissance de la tactique de leur
ma1s d'u~ sévere et beau caracte1e.
es de la natwn, c'est l'inconnue a dégager. La saos but. M, Kraus a les qualités de ce genre avec M.uWi~:;:.1~rmer'
troupes frangaises, on n'y ver1·ait bientót que oonfusion vacilé de \'attaque, il rompt ses rangs et se .précipite
de 1Académ,e de Berlín, fait du
lis ne se perdent point daos les détails élémeotairtS
et désordre; car chez le Russe et l'Allemand, c'est le
cadre seul qui rattacbe et contraint les bommcs. En saos ordre.
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L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
style a grands efJets de lumiere. Son Matin dans le
golfe de Naples est un paysage plein de lumiere et
de grandeur. M. le comte Kalck-rev.th cherche daos
son Cháteau du Saint-Graal, dans son Poysage de montagne dans les Pyrénées, afra¡,per l'imagination, et ne
réussit qu'a produire un effet d'éblouissement, malgré de fort belles qualités. M. Eschke, luí, cherche
aussi les grands effets de lumiere, mais il les tro11ve.
Sa Baie de Saint-Aubin, et son Elisabeth-Castlc, dans
\'ile de JerS!!Y, sont de magnifiques paysages d'un
style tres-audacieux et tres-large, melé a d'excellentes recherches réalistes. M Ruths est un paysagiste original, d'une rare énergie de touche. ÜD admire aussi un vaste paysage demontagne de M. Rollmann, UD beau paysage d'automne de M. Dressler, un
Plateau norwégiw de M. Knor et un Bois de Chénes
de M. Louis Spangenberg.
Mais les peiDl.res vraiment a la mode sont les réalisles. Sous ce rapporl, M. Théodore Weber est un
véritalile Parisien. Sur les six tableaux qu'il a expo-•
sés, il ~ en a trois qui représentent les bords de la
Seine, ou les env1runs de París: et les autres qui
sont des marines de la cóte de Bretagne. Dans le
tablcau de tui, que nous avons reproduit daus
notre dcrnier numero, 011 découvrira un sent1meDt
na'if et profond de la nature, une couleur pleiDe
de vérité et cD mcme temps un grand style, du a la
siDcérité et a la s1mplicité de l'iuspiratioD. Quantaux
marines de M. Weher, elles soDt suffisamment connues a París, et l'oD n'a pas oublié son tableau du
dernier salon, intitulé la Derniére Vague. M . Bem1ewitz de Loefcn est un maitre tout a fait original, exact comme la photographi.e etdélicat comme
Daubigny. Personne n'a, je crois, jamais peint la
nature comme il la voit, et tout le monde trouve
que la nature est telle qn'il l'a reproduite. Tout le
charme de ses paysages consiste daos la vér1té de
l'accent, dans l'énergie plastique du dessin, dans
l'h'.\rmonie calme et naive de.la co1Jleur. M. Ockd
est aussi forl original, mais moins distingué el parfois un peu trop crii. Chez Af. de Schamplvllee.r on
trouve, outre la parfaite observation de la nalure,
un sentimeDt poét1que d('s plus délicals. Les freres

---

Aschenbach, de Dusseldorf, sont de grands maitres
•• P .
en
paysage. Oo conna1t a ar1s 1es ,·ues de Naples 18
clair de \une, cl'Oswald, vrai tour de rorce de coulell?
et d'harmonie. M. Gentz, le seul peintre qui ait eiposé
des paysages orientanx, se distingue aussi pár un réali&amp;me poig~ant, qui est le fruit naturel d'un long séjour
fait en Egypte, apres de solides études faites a Paria
M. Gentz a bien voulu nous permetlre de reprodu~
son Camp de Bédouins, dout on adroirera la vérité de
couleur et l'habileté de dessin. Ilien d'autres noma
mériteraient d'etre cités a c~té de ces maitres. Nous
rappellerons entre autres M. Brendel, le fameux peintre
de moutons, MM. Flamm, Leu, etc. L'espace dont DOUI
disposons daos l'lllv.sttation ne D0US permet pas de
détailler davantage, et uous craignons déja que nolle
compte-rendu n'ait parfois beaucoup trop de ressem.
blance aver. le livret de l'exr,ositioD. Nous n'avons pu

/

/

111THll'1' l.A~t:K LE CliAPON .l. PIERHo,T,

ri..us et l'Amo111·, de M. fir.inhol,l
Bega~, est un chcf-d'muvre de 010_
1 delé, de style, de naiveté et ele technique. L'Amour s'est blessé en vou~1, e~ blesser d'autres. C'est bien
~.'d1~a-t-ou, malgré lajolie moue
'111 ía1t et la grace parfai te de ses

LES Ul-.•uu~s HUQIJ~S l'All TIIISnMl'lLTE.

dr ~culpture, qui méritent d'ctre
nommées, mai~ elles sonl aussi a
cc111 pieds au-dessus de to1.1tes les
autres.
WILLl,1:11

CfllU~TOPIIK COLOJ\18 Ut.COL \ !lb

CHRISTOPHE

• n, 0 ,V Vháu
,.

l,..1:.¡

fiErno:-o.

.L\.luNuc,

COLOMB

PA~ M. AUGUSTE DE llELLOY.

- -J•,-r:::::--

-~~
......~

n

11 . . .

Ilustralions de Flameng. -Ducrocq, édileur.

Voici les livres illustrés qui nous annoncent les étrennes. Le mois de décembre est le mois des beaux volumes et des
bonbons. Un sac de marrons glacés 8•·1
1
est acco
" · d' un beau livre, n'en' est
. mpaone
que m1eux accueilli.
Le récit de la découverte du Nouveau
Monde, entrepris par M. Auguste de
Belloy sous ce tilre : Christophe Colomb
est un de ces sujcts qui tentent les hislo,'.
r1~ns et le, poctes. Ce récit il a déjil élé
1l et bien souvent; mais '¡¡ reste to _
JOUrs a l'aire, parce qu'il en cst peu q~i
~arlcnt anlaDt que celui-la a l'imaginat1on. Des aventuriers, conduits par un
ho1~~e d«: génie, et partant d'un port de
la v1cille Europe pour aller a la découverte et a la conq•1ele d'un contincnt,
On les suit il travers l'Ocfan on ¡1Jrtaa.
leurs
· ·Js' 1eur enthousiasme,
'
• leur
oe
.
JJ_cr1
de_sespo1r. On prend part a toutes ces
scenes préliminair1's, a loutcs ces aventures qui
. doiw nl aboutir "' l'e've· nement
le plus immensc des temps modernes
M. Auguste de Belloy ne s'est .pas
coute,,té de suivre ses deva11ciers. De sa
nalurc' il n'aime gucre les chemins
frayés. Pour
A
. peu qu'il. co·te' , ou lllcute
un peu loin de la graude route' il y

:ª

.-=::~
_---.::--e-

-:..:=-~·

-

PlERROT llliPE:i'O
&lt;
ROSltil! CONrHE liN TIGUE.

PIERROT PRIÍCIPIT8 LE~GÉAXT RABARDANTES AU PlllD DR LA MURAILLR.

�¡lier_ qui a pris yo~r .e~sei~ne al'Ombre d". 1:rai. c·e~t la ¡ (40, rue Mar.arine), n'a pas de moins précieul a,

ait un petit Rentier, - non encore foulé, - on
peut etre certain qu'il s'y jettera saos trop s-'embarras~er des cailloux ni des brous~ailles. 11 a d0nc
laissc de coté tous les récits antérieurs, et il a été tout
droit au\ sources, compul~ant, chercha11t et trou1ant, si
bien qne, dans son livre, il redresse bien des inexactitudes et des erreurs. M. de Belloy joint a l'érudition
une qualité qui n'cst poiot a déd:iigner: il s3it le grand
art d'écrire, il en possede toutes les fioesses et toutes
les graces, et c'est poorquoi son Christaphe Colomb surv1vr:i. aux jours cphém~res du i " janvier. Quand le
temps des étrennes sera passé, il restera toujours un
beau et bon livre.
·

I

re!~-i
~

I

..Pri:r des places :
Prem1erc,. ' ' • • • ~-~o
IV fr
Sccoudcs . . . . . . 400 ·
S'adre,scr (IOlll' pas~:J."C r el
esper,•s, et :our tous ~u· tr"e .' rct es marchandises, drs
,\ P· . 1
.
s ren"•J''111·me11t- .
. ar1s, au hnreau sperual di' la "c
. ,, .
levard de~ C~p,1cme~ (Grand-H;itcl). ompa,,111e, t2, bouAu Hane,a mi. William lseli t C•
A New-Yoi·k a. )l G M • k n e ~• ag-cnts;
'
· eo. ac enz1e, , , Brnad way.

Pl.iBLICATIO:\S MU\'ELLES

m:u~on de Par1s ou etmcehent le plus de_ chamants et ou ni moins efíicaces. D'un emploi facile agrrable~
ils C?utent le moins cher, car on n'ofí~e ic1 que l'éclat de il prévienl et guérit les ger~ures. So~ usage
la p1err~- rare, et non sa vale1~r elferyve. ~o_us avons vu levres leur fralchenr et leur coloration naturelles. CIIJ.
la des h1J0lU montés en ~n, d un gout parfa1t, entre au- dans de charmantes pelites boites a tiroir ~cellt&gt; el
tres, des houcles d'oreilles amí•ilailles d'or antiques; puis cachet et de la signature de l'inveuteur afi~ de I re·es
. d~ r~nta1s1e
. . rormé de _cro1s~anl~
·
' délivre' revenir
un co111er
plats dont 1~cen- t~utes les co,n~refa~vns nuisibles, que l'on
litre est_ écla,re par un pet1t br11lant; pms, la magmfique c1eux cosmet1que. 11 n'y a qu'une voix pour con~
collect1on des émni1JJ {lorP11li11~, disposés en peignes, son elficacité.
broches, croix, bracelel~, etc.; enfin des oroements de
M. J. Pierlot prépare aussi le véritable Thé de Sai
c?iff~res dans le style russe, qui sont adoptés aujour- Germain (thé de longue vie), ainsi appelé du nom n~
d hui p:ir toute_i; \ei; íem°.'es a la mode. .
famcux comte qui brilla pendant longtemps ala courde
. L~s -~~cessa1rr~ de toilette, caves a !Jqueur, coupes, Louis X\, et qui lui devait, disait-il, une longé,ilé 81_
Jard1meres de Z1mherg, passage des Panoramas, sont traordinaire.
,
chaqu_e année autant ?e ravis~antes !n~ovations; se~ corQuJ.Dt a Rimmel, il voit cbaque jour s·accroitre Je l'tfretsde,bene e.t ma\a~b1;e,éodr~es de v1e1\ ar!(ent, sont sur- nom de son étahlis~ement de parfumerie. C'est tnojoun
to~t un ~01_1t e~qu1s"' s mr~ tout amate~r, tous ceux au n• i7 du boulevard des ltaliens, qu'il íaut demander
HlST0IRE FANTASTJQUE DU CÉLEBRE PIERJl0T
Q?' ont rleJOl)es etrennes aolfr1r, et ceux qui ontde splen- l'EAtrait de ju, rle limons et la Glycerine, qui rermet de
d1d~s salons a orner.
.
.
conjurer l'apparition des rides rlu ,·isage. L'espace ._
PAR M. \I.FRED A5$0LA.'\"T,
~1mberg est du reste, dans sa part1e, un art1ste du plus manquerait pour énumérer les differPntes compositioae
sér1eux talent. ,
.
. rlu meme genre dont Rimmel a le secret; qu'1l noouarDessins d'Yan d'Argent. - Fume, éditeur.
Le foulard d_e l l~rle se porte ma1_ntenant en toute sa1- fise de dire que eet encbanteur c~mpte dans sa clieatele
M. Alíred Assolanl est aussi un écrivain et un écrivain son. E~ elTet, 11 coute be~ucoup m?m_s c~er que le taffe- de~ reinei;, des princesses et les &lt;lames de la plus haate
tres-vif, trei;-mordant; peu d'arehers, parmi les plus ha. tas, et 1\ ne le cede en r1en a celu1-c1, m comme étofTe ar1stocratie rle l'Europe entiere.
de luxe, ni pour \'éclat &lt;le ses couleurs.
Le choix d'un cordial, pour les cas d'indispositioo 111•
hiles, lancent d'une main aussi sure la fleche de l'éL':1sa!Xe ~e ce gen re de s?icrie s'est r~pide~ent ,rro- bite,. doit étre fait avec discernement. Tous, en rife~ ne
pigramme. JI a été a l'école de Voltaire, et je suis bien pa_ge depms q~elq~es annees, ~race_ a I attra1t QIJ a su conv1ennent pas egalemcnt hien a toutes les cont!titacertain qu'il sait par creur Candide, /'Homme aux qua- lu~ donner un etahh~sement de yrem1er ordre (le Comp- tions. L'un des plus univer~ellement adoptés est l'Eao de
rante éc,1s, l'ificromflgas, la prinwse de Babylone, tou~ ces to~r des Tilde~, i2!l, houlev_~r~ Seba,topol). On peut y ad- méhsse, et il est prudent d'en avoir tou¡ours un ftacon
chefs-d'reuvre d'esprit et de bon seos qui occupeot une m1rer unP charmante var1ete de robes aux_couleu~s cha- asa disposition. Quelquci; gouttes ~uífisent rour prodnire
de&amp; premiercs places daos le royaume de l'intellil'(ence. toyantei;; des foulards íond h\anc, a pet1ts dessms de rl'excellrnts effets, mais il faut, ici encore, chmsir son
M, Alfred Assolant est toujours armé en guerre, et par toutes nuances; les fouhrds corahs, les bandanos, les fournii;seu r ; car il en est qui vendent des produitsayant
ce temps de défaillance uoi1erselle, j'aime assez, je l'a- riches cache· nez de l'Inde et de la Chine, si utiles par la mélisse pour base, mais ne possédant aucone des
vone, les tempéraments batailleurs, pourvu qu'i\s ba- le tem~s de bise qui nous assiége. Le Comptoil' dfs Indes vertus de l'Eau de mélisse des Carmes de BoYer (14 rae
franco ses échantillons aux &lt;lames qui lui en foot Taranne).
•
'
tail\ent, comme f écrivain dont je parle, non comre expédie
la demande.
Celle-ci est d'assez vieille nohlesse : il n 'y a pas moim
les personnes, mais contre !Ps choses. Dans rnn dernier
Un mol qui parait aujonrd'hui bien suranné, c'er;t le de deux siecles que les Carmes la propa¡rüent sont le
livre, M. As~olant est parti po•Jr le beau pays du merveil- mol corset. Le mol et la chose ont été avanta1euseme11t patronage de leur ordre et de leur nom. Elle rend,dans
leux, et daos ce pays-la, nous retrou-vons, cbose étrange! reRlplacés, depuis plusieurs annéPs, par la Ceint11rP.-1lé- l'apoplexie, daos les maladies iles voies rrspiratoim
les abus, les préj ugés, les injustices des pays civi- gente, inventée par Mmu de Vertus, 31, ruede la Chaus- daus une mullitude d'affectioos, en fin, des sert~
lisés. L'Hisloirefantastir¡, ~ du cPUbre Pierrot n'en est pas sée-d'Antm. CPrtes, l'hygiime et la grace plastique y ont dout la médecine elle-meme s'est rendue garante.
Un autre cordial, hygiénique aus~i dans sa spécialité,
moins nne des histoires .~i; plui; amusantes et les plus ga¡rné. La Cei nture-Régente ne comprime pas la taille:
elle
laisse
a
la
poi
trine
une
entiere
libt&gt;rté,
et
n'apporle
c'est
la liqneur des moines bénédictini; de l'ahhaye de
ébourilfantes qui aient jamais été contées
enfants
petitr; et grands. Ce petit paysan sGrti de la chaum1cre aucune entrave aux íonctions de l'appareil respirat,1ire. Fécamp, dont le dépot est étahli aPar is, 19, rue \'i,ienne.
Anjourd'hui, pour qu'une robe paraisse birn réussie, il - Sa base spiritueuse (les eaux-de-vie de Cognac des
paternelle et devenant général, amiral et finale est indispensable de porter cette mignonne ceinture, dont meilleurs cru•) re~oit !'arome des nombreuses plantes
ment grand connétahle, il n'y a rieo la qui puisse les avanta¡;es hy!(iéniques sont tres-compatibles avec les qui croi•sent dans les falaises de la Normandie, et rts
nous étonner, nous qui avons vu des héros en sahots gra,•es d'une taille mince a ten ir entre dix doigt,.
plantes y sont iníusées au moment de la Eéve, ou de la
s'asseo1r tranquillemen t sur des trones; mais tout le
J'ai visité, boulevard Poissonnicre, 24, au fond de la 0orai,on. On peut juger ainsi de la saveur et des eft'eis
cbarme est daos la fa~on de l'auteur, daos son style ra- cour, de, maga,ins qui sont un vrai parad is des enfanls; de cette hqueur : elle est too.ique, éroioemmeot digespide et dans son inépuisable esprit. Seconde par le des- je parle de la maison Rohmer, qui fabrique les plus char- tive, et d'un gout exq uis '.
Les , er1tables élégants et les amateurs de belles et
sin:iteur M. Yan d'Argent, - un habile, - M. Atrred maules poupées articulées, depuis le ¡.rix de iO írancs,
tout
habillées;
on
y
trouve
des
trousseaux
complets,
bonnes
cliaussures nous sauront gré de leur appreodre
Assolant a fait un livre ch¡lrmant, pour ne pas dire
parmi
lesouels
il
en
¿st
de
riches
comme
cenx
d'une
que
la
maison
Clercx, fondée en i R24, rue \'1vieooe,
plus.
EoMo:-o TExu:R.
priocesse. Tout cela est si mignno qu'on prendrait plaisir vient de transíérer ses magasins et atcliers du houlenrd
~~
soi-rceme a habillcr ces jolis enfants de 11orcelaine. Que! des ltaliens au boulevard de la Madeleine, 19. Troi~ ~
ne doit doit done pas ctre celui de leurs petites meres dailles aux expositions de París, Londres et New-Yort,
COURRIER DE LA MODE ET DE L'INDUSTRIE.
de 6 a iO aos'I
ont co11sacré la réputation de cette ancienne mai50D,
Le chocolat, grace au progres industrie\, n'est plus
On n'a pas en('ore percé le m~•stere des initiales A.B.,
C'est la Ville de Lyon, pas~ementiere de S. M. l'lmpératrice (6, rue de la Chaussée-d'.A.ntin), qui a le mono- aujourd'hui un aliment de luxe: quelques kilos de ce sous \esquelles se dérobe le savant ch1miste qui aétabli
pole de toutes les garnitures artisti4ues qu'on peut ohle- précieux analeptique sont maintenaot tres-bien accueil - chez M. Binet (29, rue nichelieu), le dépot de son !al
nir avec l'aide de la passementerie; c'est elle qtri a créé lii; partout. Pour donner une idée de l'extension qu'a. et de sa Pommade 1&gt;irifique. Ces deul produil~ oot été
la collection la plus variée d'épaulettes de tout gen re, et prise cette fabrication depuis i825, nous d1rons qu'unc iovenlés pour comhattre la rhutP des cheveux, e', dalll
de to,it grade, de~tinées a agrementer les robes de nos seule usinP, celle de Noisiel, dont M. Ménier est le dircc- certains cas, pour les faire renaitre; ils donnent des reteur et le propriétaire, en produit an nuellement pres de sultaL, infaillihlcs et inconnus jusqu'ici. - Avis acelles
élégantes.
La vogue est acquise aux perles d'acier, aux perles de 5 millions de livres (8,000 kilog. par jour), c'est-a-dire de nos \ectrices qui seraicnt prématurément mend
corail, au jais, aux cbamarrures, atout ce q\li miroite vin¡rt fois plus qu'on n'en consommait en France il y a de se voir privéc, de ce~ indispensables avaotagP.s qu'en•
q11arante aos.
vi-e toutc jolie íemme.
et produit de l'effet.
Une vi~ite que nous avons faite, il y a pen de temps,
Pui,sent-elles aussi, daos l'occasioo, ne pas bésiter
Les galons ornés de boules de passementerie et de
corail, les plaques également µerices de corail, :i.vec a crt établissement exceptionnel, nous a laissé le meil- d'a,oir recours aM. Déjardin fils, pNíesseur de prothe9e
et de ch1rurgie dentaire (57, boulevard rle Sébastopol).
boutons assortis, etc., etc., constituent l'ensemhle des leur souvenir.
L'usine en áctivité a Noisiel-sur-Marne forme un Commc professeur, M. Déjardin est \'auteur de plusieo!1
ornements qui servent, a l'beure présente, aux garoiture!'I des robes et des confectioos J'hiver; demaio pe1Jt- vaste paral\élogramme réuni par dcux ponts solides traités spéciaux fort estimés, mais en sa qualité de p~etre ces ornemenl, feront place it cl'autres bigarrures et élégants, d'un coté a l'ile, de l'autre aux vastes dé- ticien, il a composé une Eau qui ro,sede la propnélt
d'un aspect plus original, ou d°un gout rneilleur encore. pendances qu'clle possede sur la rive gauche de la ri- d'eotretenir et de con,ervcr dans tout \eur éclat ces
Citons, parmi les créations les plus réccntes et les ,icrc, et une force motr1ce de 150 chevaux, marchant fretes orn ement~ de la boucbe dont la perle dépare kl
mieux appréciées, une charmantc coiffine pour entree nu1L et jour, met en reuvre un énorme out1llage de cy- plus gracieux visages. Que o·a-t-oo pas tenté sanssucdl
et sortie de théatre; elle se nomme la c::arine; elle est lindres en granit, de mouhns a sucre, de broyeuses, de contre de pareils maux !
Anti.E LEBARBIIII•
en laine cachemire, tricotée au point diamanté, avec
mélangen,es, etc.
bord de cygne faisant neige et poudre autour du vi~age;
Le soeces est la consécration de la suptlriorité de toute
puis la ceinture a/mtle, les gants Rtcamiu, le gant José- découverte utile, et celui de l'Eau de la Ploride est a,c;sez
La Librairie lnternatiooale, i 5, boulevard j .;n&amp;Jlllrlle,
phine, etc., etc.; - nous remplirions deux pagei; avec avéré aujourd'hui, puisqu'ellP estpassée dans le domaine vient de puhlier, dans la collection Hetzel-Lacroix, un tol' énumération des merveil\es créécs par la Vi/le de Lyon. de la mode. La précieuse eau de M. Guislain (112, rue lome de nouvellt&gt;~ qui, sous le litre de Co~,ES A ~
Les dentelles soot a la femme ce que le parfum e~l alc1 Richelieu) arrive, daos un temps donoé, a produire une contient huit rtlciLq : Simp/ice, le Carnet de J)llnU, ._
fleur: sous ces flol~ nuageux et transparents, elle semble co\oration natnrelle et persi,tante et avivifier les tissus, qui m'aime, la Fee Amourw~e, le Sa11g, Sreur-des-~
cent íois plus charmantc. Elles le ~avent si bien toutes, de ía~on a développer au moins de moilié la crue de la les Voleurs et l'Ane, les Aventul'es tlu grana Sidoinecl
qu'e\les la font enlrer aujourd'hu1, en général, dans la cbevclure. Elle agit « sagement et lentement, 11 comme . petit l',fédé,•ic (i vol. in-ill jésus, 3 fr. ). Ce ,oto~~
151
composition de leur toilette; c'eFt le hurMus en dentelle la nature, et son emt&gt;loi est des plus Rimples aussi bien l'reuvre de d~\11,t de M. Emile Zola, qui est ~n lt1 •
de yal dont on s'enveloppe an sortir d'un bal ou drs \la- que des plus efficaces. Constatons cependant que, mal- ture de la ramille des esprits \ihres, pa,,ionn~s t ' ~
liens; ce sont ce~ admirable~ jupes tnniques en dentelle gre ses propriétés incontestahles pour rendre aux che- ment railleurs; i1 procede de Mérimée, Yolta1re, ~
de yak ou cama'ieu, qui sont d'une si grande ma¡;nificence vcux blanc~ leur c,,uleur primitive, l'Eau de /" Fl ,1'ide de Mnsset, ~odit&gt;r, Murger, Heine. C'esl •lll eontear. ll
1
pour soirées; c'est enfin, pour &lt;lames agées, le hurnous, n'c~l point uue teinture; c'est une bicnfaisante lotion cause avec sa Muse selon son caprice d 1 mo~en~
les pointes, les ch,ller; doubles en d1'ntelle de lama.
exrlusivemeot composée des sucs de nombreuses plantes ce livre élr,ml-(e, oú chaque réc1t nait d'une in~
ll existe, rue Vivienne, 5, un quasi mystPrieu:\ et tout a ex&lt;ltiques.
1particuliere. Le soeces des Contes aNinon est ~
fait joli petit saloo, fréquenté par les l'emmes les plus
Le Cosmétique au Raisin, inventé par M. J. Pierlol pres de tous les gens de gout.
riches et les plus elegantes; c'est celui de l'habile joail-

ªº"

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- : - - : r - - - - - = : - - - -- L_'l_L.=
L_.=_U:__ST~R
:A~T ION' ,1OUH NA L UN l V ERS 1: L.

L'ILLUSTRATION, .JO U~AL UN IV ERS!&lt;:L. ,

.

En vente chez E. De11tu, éditew·, Palais-Rurnl .

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grand nombre de figures. . . . . . . . . . lO fr.
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pobh1•e sur les documenL~ ori¡(ina1Jt par
~- le comte P~ul Vogt cl'Hu11olstein, 3• édiüon augmeutee de l9 lettres, i vol. in-S. 7 fr.
LEIIOSDF.nES 01SEAux, ornithologie passioo ne lle
par A. To~ssenel, 3• édition, revue, augmen:
téeet orneedefigures, 1repartie,i volin-R. 6 fr.
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garde nat1011ale de Paris, texte par Alb t
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de 79 rle~sins de E. Morin
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Envois franco saos augmentatioo de prix.
ílE CIIATKAVURIANO,

~

¡;t3,iE~,¡e;J '

___ ,, J
Le. Gnu~~ o1~rnal, des son appar1tioo a obt

!Uctes_qm ne s est yo_int ralenti : a ca1~e de si~uf~J~

'!ªt gigante,qu~, d1~a1ent les amateur~ d'mnovatioos originale~: dmalg-re, son formal, disaient les mécontent•
Poor ne epla1re ~ personne autant que faire se peut et
=~~/our s_avo1r dans q_ue le;; pro¡,ortions se proct'u1s opG1mon~ contrad1cto1res, le spirituel rcdactcu1
eo eber d~ r:iwt J.mmat, ~r. Albéric Second
· ,
derecour,r au sufTraae universel
' a eu I idee
•
•
0
de vote insérédans \es 23 000 e·
1.
Uo Bu11,etm
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.
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irage
duJournal
permet'tous
les
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' ou la "'mod1ficat· eceurs
se dec1
er pour le mainl1Po
d , e
t t I
ion u 1or~• ac ue .' et comme on a cu l'inuémeuse précauti
d~aoch1~ ce b?lletin d'avaoce,
abstentions n'n~~
pomt de ra1s0~ d e~re. Al'hPure qu'il est, deux emplovés
:r;orotes depou11lent le scrutin, et les Yotants peuvent
••
~rs que le Grand Joul"llal aura le respect de la
..,onte.

1:s

CRÉDIT F0NCIBR DE FRANGE.

1:e 22 décembre 1864, aura lieu le 48• tira&lt;&gt;e d . 0bl'
galloos foncieres 3 et 4 0/0 de l'émission de s53~~ i-

1

Répartition des lots :
1 lot de . . . . . . . .
t lot de. . . . . . . . · · · · · · ·
t lot de. . . . . . . · · · · · · ·

rno,ooo rr.
50,000
40.000
30,000
20,000

l lot de. . . . .
. ... .
...... . . · ·
1 Jot de
d ...... . ..... • . ·
e. . . . . . . . . . . .
8 lots de 1&gt;,000 fr. ensemhle.
1 lot

T OTAL • • •

rn,ooo

40,000

- - - - - ~ ~ ~ - r - •- - - - L1&lt;; r:n.:L.

N'otions d'aslrouomie
:,1 t' u~age des i;ens du monde et de la
.
¡eunesse · par Amédée GuillPmin (1).
,

Le sous-t1tre de ce beau volume, dont nou, nous cm
pres,uns_ d'annoncer la mise en wnte, en rnd1 ue ,;
~ut spéc1aL. Comme il le ~onst:ite en outre dans s~ préacel, 1~ s_,naut et con•c1encieul autcnr ci1•s 5t011des n'a
vou• u, ecr1rt&gt;• que &lt;&lt; ponr 1es e.,pr1ts
• . cur1e11\
.
· •
de scienc1'
1 ;~1 n ont n1 la volonte' ni le tcmp, de devrnir des a,~
1 ~no~1~s. ,1 Ce hut, h.ltons-no1Js &lt;le l'ajoukr ~l. Amedce limll,!mm
a sn l'attemdre · 11 a cu assez' d,.111telli.
, d'
j
fence, e,p~1t, d'empire sur lui-meme pour ne pa• ",
. e
·eal'Ser11 entram1•r au dela des hornes· qu·1·1 ,s'e'ta1·t 1mp11~ es.
Vll'nt done de publier ' - c·est
le
pl11
1
1
·
""' tC v·¡ O'"C
que nous puis~ions en faire - un ou
., "
1 elem
·
.
'
Hag-e vra1mcnt
"enta1re, qu1'.1qne paría1temcnt informe de tous les
proorcs de la sc1ence modcrne, clair, conris, méthn&lt;l11 que, complet, d'nne lecture si agréalile et s1 fo.clic .·
compreodre que l , ,
,t
.'
es _u11anl~ eu\ -memc-, au1juel il n·.,,t
1 pas de_stme' en ct~dirront toutcs les pages avec autant
1 d_e íru1t q:1e de pla1-1r et d'interct. C'cst un pht:111,menc
s\ rare 'l'l un savant qui u'cst ui lourd ni ennu,eui ni
1 º. iscnr, m fier d'étaler a tout propns u~e scienc~ in;; s1hle po?r le vulg-a1re et memc pour les antrt•., ~ava'1:;''
1 Ren1erc1on, d'antant plus M. A. Guillemin d'
. I · '·
soigneu•ement de s
.
av~ir ianni
et de
l
. on _h, re to1Jte la part1e mathemat1que
mons rat1ve de I a,tron
t1on ph. .
,, , . .
om1e, i¡ue, dans sa descr1p,s1que uc I unl\, r· ·1
,
r1·
s, J a accortle une lar·'c ¡1lacr.
«au\- rtail·I·
¡
·
o
•
s es p us mtcre,,ants, relatif• a la coustitu
hon de· mond
.
· t
'
es qui peuplent l'etendue, et au\ oh,cn:1ions les p_lns nouvelles faite,, avec les magnifiques inst~um~n!~ rnstalles daos !es observatoirc~ rl'Europe ~t
d Amcr1que. l&gt;
unAJ_outons-le
hvre . ccpendant: .si le Ciel est, dans• 1a ~1ormc,
t 1 " E:1ementa1rc, redige tout expres pour lajt:urn•,,c
:, es oe~s du_monde, c'estau fond un livre tres-savant.
. A. Gu11lemm, doot le prem1er ouvrage' intitule les
Mondes, a obtenu un soeces si grand si mérite' s· d
ble a vo ¡
'
, · 1 ura. ,'
u u mettre cet essai de scicnce populaire comme
il I appelle trop modeslemeot, au niveau des plu~ récen~~s et de,; plus autbeotiques découvertes. 11 s'est adres~é
irectement aux vlus illu tres des astronomes des de~
~ondes. :ous lui _ont_ librement octroyé le conconrs de
e~rs lum_1eres: memoire~ origioaux, dessins' photo"raph1es, lu1 ont été envoyés de tous les centres scie~ifi ..

I

(t) Un •o•ume graort m- 18 . illuslré de 11 1 h .
et de 2t 6 •i~ne•lt-5 •m nmtt• da•
p anc es tirees en couleur
et Comp •o r
p
s le t,xte. Pari•, 1865, lLtcli•·tle
•, "' ranct..

290 11,10 fr

Le méme Jour
·
'
·
liacie
aura lieu le 5• tirage des obligations

res 4 0/0 de l'émission de {863.
Répartition des lots :

RÉBUS.

:::! ~:· ......... .

i00,000 fr.
30,000
~ lots de ·5;000 fr.' ~~s~~bie: : : : 40,000
lots de i,000 fr. ensemble . .
30,000
T OTAL• • •

COIIPAGNIE

&amp;l!NeRALE TRANSATLANTIQUE
lffTlce pol\al franQ&amp;la

ac.u.1
Par lu lllllgfli/lquu p~boll A l'OIIU
U.Ka

1'.amn,'CGTO
' '
.._
d ' . li, capitame
A. Duchesne, de 5,600 toni.,, e deplac~m~ot et 950 chevaux de force.
le4ép!Trm:, capitaJOP, A. Bocaodé de 5 600 tonneaux
¡._ ;ement et 950 cbevaux de orce. '
;.., laoparts se feront le mercredi, tous les vingt-huit
1 du Havre que d!l New-York.
I.et proclv.Jins départs auront lieu comme suit :

¡

DU DAVRE:

er Úlfayette.... Mercrcdi 14 décembre.

lleam

.

DE NEW-YORK :

er Washington. ~lercredi 7 décembre.
Lafagetú.... Mercredi 4 janvier l 865.

san

i1/

;~i~:~

;¡

ITRE LE B.4.l'RE ET IWEW-TORK

lleam

Happclon~--le d'ahorcl, M. Amérlée Guillemin ne ,
pas controle de pu1scr au ha,ard danº ¡··
. s est
e ·¡ d
' immen•e re
uc1 e, trav,1ux anciens et modernes ui , . :
les
archJ\•es ,i-tronom111ue,.
il a ch0 i~1 Ie•q ,,a1Ls
~onst.tuent
·
-,
)Ps plus
mcon 1estes, les oh,enat1ons le. plu ,
. ,
authentique~; il a discute co~ . : recentes et le~ plus
.
,
pare tous ces noml
'JUI, en astronnmic ont des swn·fi t·
. . ires,
t
.
'
,, 11ca 1ons s1 rntcre•
e~; 1I a sotnent refa1t lm-mcme (nou~ d~vo I' cro1re ,ur parole' nous, qu1· l',l rnns vu a l're• ns ) 1en
calculs qui y cooduisent · il a el. lo
uvrc es
pre,sions, muotrer, en ~résenc':' ~~1 n se~ propres ex011 i rage Pst destiné et q . '
pubhc auqoel cet
,
'
u1 n a pas toujours t l
ma ns '"' elements d'un contr il
;
en re es
pect de la vérit ·
. .t e spccial, avec quel resqnittP d'un tra:~i;;::~111~¡ s~1':i~::sciefnci2ux il s'est acLe e ¡
r1 · . •
'
rs, ort attray:int
. ,e est 1v1se en trois parties. Dans la r ..
qui a pour ti1re : le Monde solaire M A
em1~re,
mm énumere les astres q . t
' . m ee Guille¡ d'
u, orment le systeme solaire
1:ti~:ue le sens d~s ~ou.vements de rotation et de révo~
. ' pu1s les mchna1soos respectives du I d
btteF. !.es trois livres de cette premiere atan ~so~vent l rntrn luclion du \(onde sol
p t1e, qm su1prc111ier au soleil, le :ecnnd .au:ir~~.~~ntsconsacrc~_: le
aux cometes. ~l. Amé 1· G 11 . 1 ele.' le tro1s1e111e
,,.
,
&lt; ce u, emm termmc par un o
u reil d t:nst&gt;n,blc sur le •"" onde ~o 1aire.
.
e up
La d_eul1i'111e partie, ou le Monde sidéral est d' . .
:iretrdo1,l' IJ\ res : l~s. étoiles, les nebulcuse, 'et la
e u111vers v1s1hle.
_La tru1s1cme 1&gt;artie a ponr sujet : les lois d ¡· ,
m1e' les· mélhode ~ et 1PS m,trume11Ls.
.
e ast1 ono~e heau et interessant volume, mag-nifi urment . prime par Lahurt•, sur rm p,1pier de lu1e e~t illustré1m
1.1; planches
ti i·rcs. en coulcur, el
:
de
.
· de 21 G', v1¡inettes
gra1e• ,l\ec un " 1111 particulirr et 1w ·
·
1
N, ~
,erecs &lt;ans le texte
' L cra,t-1111 qul' re¡r1rder le Ci I d \I
, .
. .
sans ¡, r
e · · A. Gmllemm
1·•r€t ., ;fire, _ces gravures, qui offrent toutr.s un vifin:,
1 , su 1ra1e11t au l,e,11in pom donr . : I· .·
l'l au " . u
icr a ,l Jeunes•e
. \ ,.,e11s u rnondc une uotion "'énrrale 1' 1·
..
m1e cu 1,ui· · .
.
"
&lt;e a,trono.'
' rn-,11rnnt un irr,•,ist1t,1r dc,ir d' 't d'
r;c1cncr' r1¿Ji1 riche en oh~t)rvations e~ en r:s~1::; cett~
uons a ,revele,. comme par miraclt• , de.' f:u·,s que l'intel
s, qui
,.
,ig-ence ,1u111a111e semhhit el •, •
•
des ,iérle,.
'
cvon i:::nor¡•r Jusqu'a. la fin
1.

200,000 fr.

~

I

ques avec une généro,ité qui !'honore. P:i.rmi les astr
nome.~ étrangers. ' i·1 a du• des encoura"e111ents et des
ocon_,~11~ ª? i c111•ralilP patriarche tles a,trt~o111es contempor,uns, sir John lleNhel, ii l'amiral Smvl11 afül W
reu. d1• la Hne et l.a,scll en An"l!'lt'ne.
a:1·1·1'1,1 .'l. ·d. ar0
t,
1 1·
·
,
s re 1reccur,
&lt; e uhservatnire &lt;le Puulkowa Otto ~l
1l. · a
',
.., ru I.e en
uss1r.; : )~. P. G. l:lond, aux Etat,. Unis. En Fr;ncP
\l\f. Le \crr1er, Laustiedat, Chacornac Goldschmidt 1 ~
ont, tout en l'aidant &lt;le leur~ cooseils 'com~ . .' 111
observations inédites. Enfiu, il a mis l;r em nmque d~s
hnti1111 toutes les p11lilicati110, ancienr~s ;¡i~orlontr1· d'a,tronomic ' ¡es ou1Tagcs de, Schrreler drs La1 eroes
¡ ·
de, l:lt•ér et \l¡p(ller, des S11·1ne. les afia~ ct'·11· d. ' p acde,
1"11
·
' · , , ,ir 111g et e
dJ uRlrP
. 1, drl'ecteur de l'observatoire de Berne, Ar"elanrr. L rec11e1l spPc1al ,¡ ple in de fa't.
d A ,.. .
1
che -¡v l · ¡
'
s, es str/i11omi,' ac mr tle11, de Bcrlin; les l11Jlletini; et le. . .
r1's. de ta sor1e
· te· astrunomique de Londres. les mcmo1t .
tles A1ry. dP~ Hind, des lord Ro~se dPs 'u. st.. ravalux
1!' ·
'
.
.' '
.naCrdCr · e
pu ' '.~auons &lt;le l'Ac;i_dé1nie des sdeuces de Sai11t-I;1,i'er~~
tw_ur".' le f'A"m1i- ti Humboldt, le beau TruitP. d'ustro11~mie d Arago, et cnfiu toutes les notes pl'écicnscs é i ~
dans lt•s c11111ptc~-rendu~ de notr1• Acad; . d
_t ar. r.s
et signées ilt's norns d'Ararro de. s·10t1 ml1c Bes ~c1ences,
L'
"' ,
, ee alnnet d
c,1y1', rle Dclaunay, etc.
, e
- Ainsi, d'unc p&lt;ll't' •c1rnee profonde rt con, letP
sume rntelh;;cnt de toutes les certilud s t I p ' rethéJl'Jes de~ plus ,avants ~str~no
e de e e loutes les
.
·
mes mo croes· de l'a
tre, expos1twn sin1ple, clairi&gt; conci,e ª' ré 1-,,
. uI
dt• t - 1 .
1
'
· ' .{ a e mcme
ous e, re,u la!:, cerlains; tcls ~ont les r· .
'
merites de l'important ouv1"l"e
dont
·1
.
p
rnc1paux
'1 no1Js re,te .· r ·
c"nnaitre maiotenaot a
a aire
plan.
, nos 1fctcurs la methode et le

E~f!JCATIO:'( DU DERXIER Ri!BCS.

Maint romancier, par Je temps qui i:ourt, va tro .
cerveau l'emporte.
P ou

IOII

«. Éto1111a11tp pni-~ancc rJn' l'h omme I d'it \! A 'd.
G111ll1•111i11
. , . ·1.' la
. on1P,r Pe
• tlaus ,un l11trorlrrtion
'·
, 1•11c1lilllle
r1•· 1a 1 l'ITf• • 11 t,,mr. ,·ntell'1zent ,urrf&gt; "r· · rl ' . h .,u11ac1•
dan, ¡·l'~flat&lt;', il imentP c(ps a i - _,un ~ sa le Jll'rrln
la prn•·trat10n rl1• i::i 'lit" íl . Pilare, lis (j lll centu plent
. ¡,
·
·'
son, e e, proí11ntle
d
.
l a ,111,e l'thér" , J·au"e
· ~ I&lt;•·s d'tmenswn,
di• l'u • .ur,
.. 1 e
et ,1,:00111 lin• les mYriatle. 1· . .
. lll•t:~ v1,1 &gt;le
• ff
. ' ' e a~trcs qui en peu I t
.
P en
I 1' 1-;1,~11te étr•nd11r· il ltud'
les pl;i rt m 1· . ' e re l'n~u1te leurs mnuvcments
' p ,que,, mesure avec p é . .
l
.
sion, et les di,tances des lus
r c1s1on es d1111enevalue le
. · p , · rapproches de la Terre
urs masses, pms, decouvrant daos le péle-mel;

�L' 1LLUSTfiATION. JOURNAL UNlVERSEL.

••
l.hS PUAScS OK LA LUN~.

(IOUIE~SIO~S,t,,l!PARÉFS UlS PRINClPALI t O1PS DU '11o~uB SOi.AiRE.

tous les mouvcments célestes, et définit la onlure de la
des grourcs 3rtificicls les associations réelles, i1 arrilc a
force universelle qui équilibre les mondes. Tels soot les
recoor.ailre l'ordre au milieu d'one coníusion apparer.tc,
íruits de l'immeose labeur de viogt géoératioos d'astro11 íait plus: s'élevant, par un suprcmc cffort de la-penséc,
oomes. Elle est l'reuvre du géoie el de la patieote peraux plus abstrait(s spéculalioos, i1 trouve la loi qui régit
sévérance des bommes qui se votieot,

ÉCHECS.
PROOl.fil!E

l'\ iSO,
0

PAR

M. T.

S!.llTII.

depuis deux mille aos, a l'étude des
phénomenes dont le ciel est le théatre.,
ADOLPDE J OANNE,
~
SOLUTJON DU 1'RO8IBIIE Nº

i79,

)&gt;AR M, MILES.

"l\'oir1.

Blanc1.
1. D 2• F R

2. D pr F
8. D ¡ir p

4. C 2- ~ R érhcc.
5. D 2t T R éthec.

1..T2'CD
2. D 5• D
8. D 8• C R
.\. D pr C

VAIIIA!:'iTE,

8/anc,.
1.. 1) 2 t' R
2. U pr F
3. D pr D
.\. D e C R

Koir1.
1.. T 2 D
2. D 5 D
3. T 8 F R

Les Llancs foot mat en trois coups•

4. T pr D.

5. C 2 F R échec el mal.
SOLUTIO:&gt;S EUC.TES DIJ l'ROBUl!E

~

no.

A. Thionv11le, les membres du Caít!
llloltere, a Nantes; G. naudel. Sli~nnonde-~leurs, E. Frau el C. Durand, E. Wall.il
EJ. Je Vauccllcs. Cc1 d&lt;' Laboric, de Per1,ignan; A. F., du Ceicle des f:checs, de
l'aris ; L. Mu•liuon, L. 8011ni11, Romhaul,
Ar1s!it.le PPlieu, CerrJe de Montreuil sur
Mer; Joseph Schuhert, L. Leírancq, Jlenri
Frau, D• Re~el, Cercle l\lantoue, de Soissons; Cercle civil de Bougie, pour le probléme n• 178; A. F. de Généres-Sourvillé.

Réponse a M. Mm•tin. - Si Je pion noir de la tour~
arrí1er a dame, se chan¡¡eant en c:ivalier, il rerait écbeC •
roi IJlanc placé ala troisicmc ca,c du ~a\'alicr, et le prol,lltlt
se1ait nul.

AoG. MARC, direr.te11r-qtra11I.
Eow:. Tu:tER, rédarteur r.n cht.'.

Imp. de L' ILLUSTI\ATION, A. ~are,

�</text>
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                <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores</text>
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L'ILLUSTRATION,
-lOUBIIAL UK!ftBSBL.

Oirection, Rédaclion, Administralion :
r• lcs communications relati&lt;es au joumal, recla~at1ons, d~mandes
de changements d'adresse, doivent étre adressees franco a
AUG. MARC, DIRECTEUR-GER,~.I~T.
• Les demandes d'abonnement doi-.ent etre accompagnee,
d'un mandat sur Paris ou sur la poste.

■

~~e ANNÉE .

VOL. 11li.

Nº

i 135.

8amedi ~• Nove111bre IN,.
L'adminislralion ne répond pas des manuscrils et 11e s'engage ¡amais ales iosirer.
Vu Jts traitis, la lraduction et la reproduction i l'étranger sont 1Dlerditea.

BUREAUX : RUE RICHELTEU·, 60.

• Abonnrments poor Pafis et les Déparlements :
tmo1•, 9fr. ; - 6 mois, 18 fr.; - unan, 36 fr.; - l_e numiN 1 TI-.
la collection mensuelle, 3 fr.; le volume semestr1el, 18 fr.
"BONNEMENTl!I POUR L'ÉTRANGER 1
Mémes pnx; plus les droits de poste, suivant les. tarifs.
Les abono. partent du Jer 00 de chaque mota.

SOMMAIRE.
falagontiou de la statue de Fran~• ¡,, a Cognac. - Revue po1itique de la s,maine. - Courrier de
hris. - Cormpondances d'Algé•
rie. - Attaque de SimODO;iSki
¡Japon). - Ioauguration des docks
e Saint-Ouen-Paris, - Les lilas
blues lnouvelle}, suite. - Quelqllll réfleuons IIVJ. - Les victimes
de la mode (derniere série). Cbronique mu1icale. - M. Carrere,de
lodei. - Mamrs et lypes d'aujourd'hi \fin). - L'exposition des BeauxArll, aBerlín. -Le fortrait de Toi~cbansoude M. Gustave Nadaud.
- Gilllfle du palais. -Le Khleb-Sol.
Grafllrli : Statue de Fran~ois l",
i11ugurée le 30 octobre a Cognac.
- C.001écration de l'église de Bhub. - Le pie de Goudjilab, poste
d'édai,eun fran~is en avant du
fador. - Attaque de Simonosak1
ll1pon). - Jnauguration des docks
M Saiot-Ouen-Paris. - Lanceallll des magasin1 Oottants. - Les
1ictimes de la mode, par Bertall,
•iere série (10 gravures). - Expoiition de peinture de Berlin : les ,
Mp1 pécbés capitaux. - Les bords
4.. la lleu,e, - Le portrait de ToillOIL - Le mois de no•embre. Dhb&amp;I ( pain-sel) , présenté, a
l'iee, i S. M. l'lmpératrice de Rus•
ie. - Rébua.
~

INAUGURATIO.N

de la

lt!TUI DI rRANQOIS!•• ACOGNAC.
AU DIRECTEUR,

Cogoac, l novembre 1864.

. La Tille de Cognac, an mi-

líen de ses préoccupations
CO!nnierciales et industrielles,
1 conservé le culte des souvellirs historiques. Elle a voulu
ftndre hommage au vain'1ieordeMarignan, en meme
leinps qu'au promoteur de la
llenaissance, au pere des
Lettres et des Arts, au roi tres~is, Frangois lº', le plus
--u-e de ses enfants. Elle
lai aérigé, sur la place qui

ST1,'rU: DI! l'~AN(OJ$ ¡,,. INAIJGURÉE I E ~O OCTOBRE

A

COGNAé. - b'apris une photograpbie de MM. 1'ebas el Maury.

porte son nom, une statue
équestre en bronze.
Cette statue, ou plutcit ce
monument, est du au ciseau
du sculpteur A. Etex, qui a
imprimé a son ~uvre le cachet de vigueur et de mouwment caractérislique de son
talent. Le roi Frangois J•r cit
· représenté apres la victoirc de
Marignan, tete nue, l'épéc il
la main, calme et souriant.
Sa monture, puissante et vigoureusement lancée, fran ·
chit le corps de deux Casti liaos terrassés, dont l' un expire, et dont l'autre essaie de
frapper le poitrail de !'animal
avec son poignard.
Le groupe en bronze esl
supporté par un piédestal en
marbre d'Italie, sur les faces
duque! sontsculptéshuitbasreliefs retra~ant les principaux épisodes de la vie du mooarque. Sur le devaot, sont
les armes de Fran~ois Jer, encadrées par deux génies taillés
daos le bloc. Sur le coté opposé, sont les armes de Cognac, enlacées de ceps de vigne avec leurs fruits, et encadrées par deux petits vendangeurs également taillés
daos le bloc. - Des pltJmes ·
plus autorisées que la nótre
feront l'appréciation arlistique de ce monument, dont
l'effet est vraiment imposant.
Fiere, ajuste titre, et de la
grandeur du sujet et de la
grandeur de l'reuvre, la ville
de Cognac a voulu couronner
tous ses efforts par une fete
d'inauguration splendide, qui
a eu lieu le 30 octobre, et dont
la presse a donné les détails.
- Organisation intelligente,
discours remarquables des
notabilités du pays, festival
des sociétés musicales de la
Charente, décorations et il-

�332

L' ILLUSTRATION. JOURNAL UNIVERSEL.

L' ILLl'STRATION, JOU RN AL _UNIVERSEL.

fonction de conseil général du département de la Se'
Nous ne voyons jamais revenir ces décrets saos regre:·
que Paris soit placé en dehors du droit commun, et q t
les électeurs ne soient pa'&gt; appelés a choisir leurs
seillers municipaux, de meme qu'ils nomment leun députés.
Em1o~m Tr..........
...... .
~

luminations féeriques, artistement r,ombinées par la mai- Frioul? I1 ~erait difficile de l'apprécier; il ne serait pas
son Bavard, de Pari!I, feu d'arlifice, concours immense non plus facile de dire exactement quelle est la force
de toutes les populations environnantes, temps superbe de cette iosurrection, et quelles sont les ressources sur
rien n'a manqué au succes de cette solennité, qui res- lesquellcs elle peut compter. Tout se fait oaturellemeot
tera daos la mémoire de tous comme l'une des plus belles a,ec beaucoup de mystere; les nouvelles qui arrivent
sont confuses, et il n'est pas aisé de déméler si elles exdont nos contrées aient été le théatre.
priment une portion quelconque de vérité ou si elles
DEBAS et MAURT.
sont imaginées pour exciter l'esprit public en ltalie. Le
COIJBRIBB DB PABl8.
gouvernement italien a fait pu~lier, daos la Ga:.ette o{ficielle, &lt;( qu'il réprimerait énergiquement toute tentat1ve L'Africaine. - Les décors. - Le mancenillier de la fin. _
REVUE POLITIQTIE DE LA SEMAINE.
d'invasion snr le territoire autrichien. 11 Mais ces sortes
Mil• Salvioni. - La cantate de l'Institul a l'Opéra. _ Le
théatre Saint-Germain. - Les d= Reim.,. - La pw,;.
La question italienne vient d'entrer daos une phase de déclaratioos ne produiseot pas toujours l'effet qu'on
culta,·e. - Les champignons prosr:r1ts par arrtté mllbid'apaisement: 317 voix contre 70 ont approuvé le traité en altentl; elles amenent souvent l'elfet contraire. Cecipal. - Ramoneurs et médailles. - L'Avenir.
du l5 septembre; la majorité coosidéraule acquise a ce pendant, il n'y a pas a en douter, daos la déclaration
11vernement italien est certainement
qu'H
a
faite,
le
go
traité dans la Chambre des députés de Turin, alteste
Müller est pendu, M. Demme et Mm• Trümpy sont acassez que l'Italie a foi daos !'avenir que tui réserve la de bonne foi.
quittés,
on nejoue pas encore la comédie daos les salOIIS,
La meilleure preuve de sa bonne foi, la voici: un enconvention. Ce vote du Parlement italien est conforme
on
ne
dansera
que dans six semaines; nous avons done
aux espérances des amis de l'ltalie. Ses ennemis avaient gagement a eu lieu, sur la frontiere du T~ rol, entre une tout le loisir de parler musiqne a Paris, et l'A(ricain,ett
redoublé d'elforts pour animer les ltaliens les uns contre bande d~ volontaires et les troupes italiennes. Ceux de~ la grande conversation du moment.
les autres. Nous avions raison de ne pas croire au suc- volonlaires qui sont tombés entre les mains de la troupe
De la partition, je ne vous dirai qu'un mot : des geoa
seront livres a la just1ce. La Gazette officielle duRoynJ.me
ces de ces excitations.
calmes,
nullemententhousiastes a lroid, quionlentendu
Aprcs les explications elonnées a la tribune par le ca- l'annonce daos un article con~u en termes tres-nets. Le répéter le premier acte au foyer, a.~surent qu'il surbinet italien, apres l'échange des notes diple,matiques, langage tenu par le gouvernemeot suffira-t-il pour dé- passe le quatrieme acle des Huguenots.
les fausses interprétations soot impossibles. Le bon sc3ns tourner la jcunes,e italienne de s'engager en des échaufMeyerbeer n'était point homme a se tromper ~ur la,...
public est acquis, daos les deu.x pays, a l'acte 11ui vient fourées sanglaotes, qui ne sauraient avoir aucun bon leur de ses renvres : il n'ignorait done pa.q les beautéa de
d'obtenir, dans le parlement, une majorité si considéra- résultat?
Le nouveau ministre des affaires étrangcres d'Autri- I'Africaine : il l'a bien montré, d'aill~urs, en écri,ant le
ble. Maintenant qu'il est sanctionné par les représen •
testament r.u il entoure cétte filie de son génie de soin.,
tants de la nation, le traité du t5 septembre va recevoir che, M. de Mensdorlf-Pouilly, a communiqué a la Cham- si tendres et si respectueux.
son accomplisseme11t, sans rencontrer daos les esprits hre des seigneurs le pacte de famille signé par l'archiCependant, il a renoncé volontairement aux applaud'autre sentimeot que celui d'une patriotiqtle adhé- duc Maximilien, avaot d'accepter le tróne du Mexique. dissemeots, aux acclamations du public, a l'éclat qo'ar,e
Par cet acte, Maximilien renonce pour lui et sa deseensioo.
dance
a tout droit de succession a l'empire d'Autriche victoire nouvelle, la plus grande peut-ctre qu'il aorait
On sait l'exemple patriotique donné par le roi Victorremportée, ajouterait a sa gloire; il s'est privé de loal
Emmanuel, qui a renoncé a trois millions sur sa liste et aux dhers royaumes ou duchés actuellement possédés cela, sachant qu'il s'en privait. Or, dédaignail-il la
civile, et fait abandon, en faveur des eommunes, de par la maison de Lorraine-Hapsbonrg. L'archiduc Maxi- gloire? Non, assurément: il a voulu saos doute protrois ou quatre chateaux. Cet exemple, venu de haut, milien et sa descendance ne recouvreront les droits sa- longer sa renommée et l'accroitre encore par deli le
a été suivi. - Presque toutes les villes d'ltalie ont offert cri!1és par eux qu'au cas ou il ne subsisterait plus, en tombeau. Immense orgueil ! dira-t-on; soit, mais comau gouvernemeot italien !'avance de l'impót foocier de dehors de la famille de .Maximilien, aucun représentant bien en ser,lieot capables, combien, pouvant triompher
t865. Bre cia, qui a eu l'honoeur de commencer ce roa.le de la dynaslie de Lorraine. 11 faut remarquer ce- vivants, aimeraient mieux triompher morts?
mouvemeot, a été suivie par Naples, Caserte, Milan, pendant 11u'un article de ce contrat de famille réserve,
On s'occupe déja beaucoup des costumes et des décon.
Capone, Come, Ancóne, Livourne, etc. Ce désintércsse- en termes vagues et obscurs, certaines compensatio11s M. Lormier, penché sur des dessins pris sur les mona•
ment universel prouve une fois de plus que l'Italie est pécuniaires a l'archidur, Maximilien, si, d'aventure, il ments ou copiés sur les tableaux el les miniatures, élovenait a perdre le trt,ne du Mexique.
digne des grandes destinées qui l'attendent.
Le paquebot Ganada nous a apporté la nouvelle de la d:e les costumes portugais du quinzieme siecle. Le• d6Quant a la Cour de Rome, elle continue a garder le
corateurs hrossent déja leurs toiles.
silence. Les journaux qui, co'mme la France, ont voulu réélection de M. Abraham Linco!o. Le présideot des
On verra, au premier acte, la salle de l'lnqui~itioo; 111
expliquer la convention daos le seos le plus favorable Étal~-Unis a obten u la majorité daos tous les États, a d,euxieme, le cachot de Vasco de Gama; au troisieme,
au maintien du pouvoir temporel, sont reniés par le gou- l'exception du Kentucky, du New-Jersey, de New-York et un vaisseau, un víl,isseau superbe, a faire palir toa
vernement pontifical : « Nous regardons la France, elu Delaware. On sait quelle e~t la sig1.ification de cette les vaisseaux passés qui ont vogué sur la scene. Soudaio,
dit la Correspondance de Rome, comme plus dangereuse rP.élection : Guerre a &lt;16Jlrance contre le Sudju•qu'a son la roer se couvrira de pirogues de sauvages. Oo rera a
et plus hostile au saint-siége que les feuilles ouverte- entiere et complete soumi~sion. 11 esL probable que les ces insulaires, qui ne maoqueront pas d'étre des deu
ment ennemi'es. » La France avait prétendu que la Cour évéoements mihtaires onl lan~ui depuis quelque tempq; sexes, l'accueil le plus poli, et, pour reconnaitre tanl de
de Rome, tout en gardant une grande réserve au sujet cela tenait 1t ce que, de part et d'autre, on attendait le courtoisie, ils danseront un ballet a la mode de cbel
de la ~onvention du t5 septembre, paraissait de jour en résnltat du scrutin. L'énergie de la lutte va maintenant
eux.
jour plus disposée a envisager cet acte avec un senti- redoubler. On s'atteod a ce que Lee, a la tete de l'arLes· deux dcrniers actes se passeot daos une ile TOI•
ment favorable. La Correspondance de Rome maintient mée confédérée, fasse un mouvement offensif, et l'oo dit sine, et fourniront deux magnifiques sujet~ de paysaget
formellement que le gouvernemem pontifical u'a fait que le commandaut de l'c1rmée fédérale de Géorgie, Sher- étranges et grandioses.
counaitre a personne des dispositioos favorables a l'acte man1 ayant détruit Atlant11, qu'il ne jugeait pas possible
Quelle est cette ile voi~ine? 11 y a des gens qui af.
de défendre, marche sur Charleston.
du i5 septembre.
firment,
comme s'il n'y avait pas le moindre doolf~
Les correspondaoces du Nouveau-Monde nous entreLe Mémorial diploma/ique n'a pas été plus heureux. 11
dessus,
que
c'est Madagascar; pour moi, j'ai lieo de
avait avancé que M. de Bonnechose, cardinal et arche- tiennent d'un fait important. C'est le projet de fédéra- croire qu'iis s'avancent un peu trop, et que Scribe el
véque de Rouen, avait rendu compte a M. Drouyn de tion entre les diver,es provinces britanniques de l'Amé- Meyerbeer eux-mémes n'auraient pas osé se proooneer
Lhuys des bonoes dispositions daos lesquellcs il avait rique dn Nord. Ce proJet, d'abord di~cuté daos des réu- la-dessus aussi catégoriquement.
nions pr1vées, puis soumis a une convention de délélaissé le ~ouvernement pontifical, au sujet de la convenL'essentiel, c'est qu'il y aura, au quatrieme acte, •
gues
des colouies iotéressées, est sur le point d'aboutir.
tion. Mais la Corresr,ondance de Rome lui répond : « Un
cortégesuperbe,
et, si l'on s'en tient rigoureu..~menUI
prince de l'Église ne ment pas, et l'éminent archevéque La convention de Québec, ou figuraient des envoyés du libretto, des éléphants; mais la question des élépbaall
de Rouen ne peut avoir eu meme la pensée de donner bant et du bas Canada, de la 'ouvelle-Écosse, du Nou- est réservée: il parait que le testament de Meyerbeer •
aM. Drouyn de Lhuys l'assertion qui lui est prétée si veau-Brumwick, etc., etc., a posé les bases de la foture prescril rien, o. ce sujet, a peine de nullilé, comme on •
union. ll y aurait dan3 ces nouveaux États-Unis une
gratuitement. 11
chambrc
haute et une chambre basse, et le pouvoir exé- au Palais.
Si \'on a con~u des espérances sur la solution amiahle
Autre point d'interrogation : les naturels el les nallde la question vénitienne, les feuilles autrichiennes font cut1f serait exercé par un vice-roi ougouverneur général, relles de cette lle, doot on ne sait pas bien positivead
tous leurs efforts pour ruiner ces espérances. Ces jour- u¡¡mmé par la couronne d'Angleterre, et entouré d'un encore le nom et la situation, a quelques degrés de lolnaux déclarent que l'Autriche tieot absolument a ses cabinet responsable. Les mcmhres de la chambre gilude et de latitude pres, seront-ils noirs ou ~uld
possessions italiennes, et qu'aucune influence morale ne haute seraient choisis par la reine, c'est-a-dire par son cuivrés? S'il n'y avait que des messieurs, !'affaire senl
la décidera jamais a y renoncer. La Nouvelle Presse libre représentant; ceux de la ehambre basse seraient élus de médiocre importance, mais il y a des damet, CIII
semblait d'abord se rendre compte des embarras et des par le peuple.
Les six provinces qui teodent a l'union ont, a l'heure vaut la peine qu'on y réíléchisse.
périls que le maintien de la domination autrichienne en
A n'env1sager les choses qu'au pointde vuede 1'~,
Vénétie pourrait susciter au gouvernement de Frangois- qu'il est, 3,600,000 habit~nts, et daos une vingtaine mie, l'Opéra gagnerait a ce que ses naturels ne ÍIIWl!'I,
Joseph; elle se plait aujourd'hui a mettre en relief les d'années, si leur population continue a suivre la mcme ni noirs, ni cuivrés, mais tout si11.1plemenl blanca.
dispositions du parti libéral du Reichsrath daos le seos loi d'accroissement, elles en auront le double. Le Nou- elfet, un acteur teint coute plus cher a l'admi
de l'inféodation complete de la Vénétie a l'empire. 11 est veau-~londe va done compter nn État de plus, car le lien tion qu'un acteur qui ne l'est pas; elle est tenue ck
vrai qu'une fraction de la gauche a proposé de manifes- qui rattaehe le Canada a la Nouvelle-Écosse et al'Angle- payer des feux en dehors de ses appointements,
ter, daos l'adresse a l'empereur, le désir de voir les ins- terre ne sera plus que nominal.
c'est juste, le salaire est proportionné au tranil
Des décretq, en date du l 5 novembre, nomment les
titutions coostitutionnelles appli11uées a la Vénétie, mais
avec toute la complaisance imaginable, un blanc ne.
la Vénétie n'accepte pas le role que daigne lui réserver membres du Conscil municipal de Paris; ils sont a,1 métamorpho~e pas en negre ou en peau rouge,
la munificence de quelques députés autrichiens. C'est a nombre de soixante et formeront, a,•ec les huit mcm- se donner un peu de mal; mais l'Opéra est trop
Floreoce, et non a Vienoe, qu'elle veut étre représentée. bres nommés pour les arrondissemeots de Saint-Denis seigneur pour se décider par de sembtables consi
Quelle est au juste la portée de l'insurrection du et de Sceaux, la commission départementale faisant

co:~

ii

tío~~, et il en faudra de plus puissantes pour l'empecher
d'etre fidele ala couleur locale.
L'Africaine brouillera M. Desplrchin avec les hotaoistes; mais pourquoi le poeme lui demande+il deq
chostS iropossibles?
•
AU dernier ~e.te, l'héroine mcurt sous un mancenillier.
Or,_lemancemlh~r est un a~bre de la taille d'un pommier;
11111 le .m~yen, ~e vous. prie, de faire mourir le personoafl'C prmc1_ral d un opera en cinq acles, sous un petit
a,bre de r1en
.
. . du
d tout? Saos compter qu'il doit •v a,.01r
ooe appar1t1on aos le maocenillier de M. Scrilie . une
apparilion daos un pommier, comme ce sera,t imposanti
L'artiste a done pris bravemeot son parti en depit d~
Linnée, de J_ussieu, de Candolle, de tous 'tes savants
~ et presents ~?i se ~ont occupés du mancenilher :
il f11t un mancemlher énorme, gil{aotesnue, couvrant
la~cen~ to.ut entie~e de ses rameaux, et dont les parfums
poorra_1ent asphyx1er un régiment tout entier a Ja fois.
Taot pis pour la botanique !

prcndre, ignorer la maniere de former ppur la soeiété
des .hommes beaux, vertueux, sages, instr•JiL~ robustes
et bien portant•?
'
..Les puericulteurs n'ont pas manqué jusqu'a présent :
Xenophon, Rah~lais, Fénelon, Locke, Rousseau, Lanca~ter, Pestalom, pour ne citer que des noms fameux
se sont essayé, a cette grande tache, mais ils ont laissé
beauc~up o. faire apri&gt;s eux : puisse le docteur Caron
co~1plcter leur reuvre! Mais, me dira-t-on, c'est l'éducJt1on morale des enfants q•Je les hommes que j'ai cités ont eu surtont en ,ue. Saos doute; mais je me plais
a supposer que M. le docteur Caron eotend faire de la
puer~culture au complet, et ne pas se horner a la partíe
phy~1que e.t matér,elle, comme s'il s'agissait de l'espece
bovine, ovme ou porcine.
Nous avions déja la méthode mixte ou simultanée m~tuelle, la m~thode catéchistique ou socratique, la méthode polona1se, la methode lancastérienne et la méthode
Jacotot, et cent autres enrore; salut a la méthode Caron !
.D~n~ le Vieu:r-Neu(, cet excellent livre de M. Fournier
ou I a1mahle et spirituel érudit JJOus montre si bie~
qu;' nou.~ n'avons pas inventé grand'chose, je lisais hier
qu an F1ecle dernier une dame' qui se contentait de
révél.~r au. public.la letl:e initiale de son nom, avait
puhhe un hvre qui porta1t le titre suivant : CANTATRJCE

Uestquestion de reprendrc le ballet de laMaschP.rl! avec
une dao~ense
qui nous vient encore d'lta¡·1e,.
. . nouvelle,
C
1111• Sa1v10n1. omprenez-vous que l'Italie soit de to
.,
.
'
us
1~ pays peut-dre celu1 qui produit le plus de danseuses?
11 fait si bon y demeurer ass1~ , ou meme couché, •ans
se·
~ner le plus petit mouvement; comment y songer jallllS a da~ser? Je ~ais bien qu'il y a la tarentule; mais GR~IIYAIRJt:.,:-.E, 1l11 l'art d'apprerufre /'orthographe frandes oaturahstes sout1ennent que cette araignée ne pousse caise seul, sa~ le serours d'•m mattre, par le moyen de
pas dn tout a l'entrechat.
chansons érotiques, pastorales, a11acréontiques.
Je ne .sais si M. le docteur Caroo prend pour devise :
L'aotre s?ir, la cantate couronnée par l'Jnstitut a été i&lt;. Instrmre en amusant; i&gt; mais je suis sur d'avance 11ue
~tée a 1Op.éra : c'était la premiere fois qu'on appli- s1 pour enseigner l'orthographe o. ses jeunes éleves il :
1011t en ce point le nouveau re"'lement.
:ec~ur~. aux chansons de la Contatrice grammairienne,
L'lnsti~ut, ~ela va sans dil'e: était en force dans la ti sen t1endra aux pastorales, et encore ferait-il probasalle, et Jama1s on ne vit tant de peintres de graveurs blement un choix.
de ~ulpteurs et d'architectes écouter e~semble de 1;
J'empruote au Vieux-Nei1f, a l'intention de M. le doc■1111que.
te~r Caron, le moyen d'apprendre de bonne heure le
Quelqu'un disait en sortant : J'aimais mieux la can- ~ali~ a~x enfants. Rien de plus simple que e~ moyen;
111e. a l'lnstitut qu'o. l'Opéra. Apres deux disr.ours, elle ,t s a~1t seu.le?1ent de dooner aux nouveaux-nés des
a,11t la douceur de la rosée qui tombe a la fin d'une º?º~rices latm1s~es. L'idée est d'un ltalien, qui s'appelait
¡ournée étouílante, le ch11·me d'une pervenche a eóté G1gh. Un beau Jour, le bruit ~e répandit qu'il existait
~ed~~ soucis. Ah! si j'étais lauréat de l'lnstitut, comme daos ~a magni':iq~e. ville de Sienne un collége ou des
¡e dlJ'ais . « Qu'on nous ramene au palais Mazarin ! »
no~rr1c?s, a qm C1ceron et Virgile étaient familiers, donn~1ent a téler a leurs nourrissons le plus pur latín, en
rJeodi dernie~, le théatre Saint-Gerinain a ouvert ses ~eme te?1ps que le lait le plus saluhre. De plusieurs
portes au pubhc. La salle de concertsde larive gaucbe est i1lles arr1ve~e~t .amsitot des messages par lesquels des
de,en~esalle.d~ sp.ectacle; mais la musique n'a pas perdu pare~ts sclhc1ta1ent l'admission de leurs fils daos un
ses.~'~, et s11 onJoue un peu le vaudeTille et lacomédie étabhssement oú l'allaitement m«fme éta1t instructif.
le drame aussi peut-etr~, sur cette stene nou ~ ,. Par .mal?eur, le ~ollége de Sienne n'étaitbati que daos
' on Y, ~hant?_ra beaucoup I opera-comique et l'o- 11ma~inat1on _de G1gli. Mais je ne pense pas que M. Du,éreUe.•Je_ 1a1me d mstioct, ce théatreSaint-Germain, c'est ruy ~ oppose a ce que M. le docte•Jr Caron en Conde un
le fi~saioe de la liberté des tbéatres, et le premier soir de pare1l chez nous.
ta~ est une date historique :' que les dieux lui soient
Quel dom~age que l'~onorable professeur ne s'occupe
~ices, _et que les hommes d'esprit et de talent qui lui que de puer1c_~ltur~! S1 I~~ adultes étaient aussi l'objet
J.!I con6e le ~ort de leurs muvres, aient a se louer d'avoir
de ses cours, J aura1s pla1s1r o. lui rPcommander l'ouae aes parrams !
vrage su!vant, qJJe me signale eocorP l'ioépuisable
Tbédtre-Lyrique, les tentatives hardies ne nous M. Four~1~r : LE RON c•;1s1:-1ER, recettes de mets en couplets,
lliL~t ~a.•, et M: Carvalho .est un audacieux, chacun le pou,· faciliter au3: domes les moyens de faire des ragouts
"""-- opera-c~m1qu~ ne lm suffit pas; il joue le grand et sa•.iccs a leurs sujets subalterne~.
;:;._et le voila qui s'apprete a tenter le drame avec
Je vou~ a1 parlé, cet hiver, d'un ouvrage de
llél.as ! ~ue les dames de Rochefort ne prennent plus
1
pl~m de belles situations et de beaux vers, la peme d apprendre a « leurs sujets subalternes ,1 l'art
re titre était: Les dew: Reines. :&amp;f. Gounod acheve en de réussir la croute aux champignons ! M. le maire vient
...■:::~ des c~reurs ~ui méleront la musique au drame, de bannir le champignon des murs de Rochefort. Lisez
rt étud1e le role d'Ingelburge et M. Carvalho plutot:
IOII donnera sans doute Les deua: Rein~s au priotemps.
&lt;e Nou;, maire de la ville de Rochefort etc.
' de toute es1&lt; Arretons: La vente des champignons,
. . : : l'horticulture est ~e jolie chose, mais la pué- pece est interdite daos la commune de Rocbefort. »
- • est un peu plus ut1le, on en conviendra.
C'est a.•sez clair.
....~ est-c~ que la puericulture'I me demandez-vous
Les crypto~ames sont dans le ravissement den 'étre plus
- e.
.
' mangés, ma1s les Rochefortais trouv!'nt que M. le maire
vie~t du latm puer, enfant, et colere, cultiver; a un .peu trop,de sollicitudc pour eux. En cffet, vous penpnéncuJture est l'art d'élever les enfaol• comme sez bien que 1.honora lile magistrat muniripal ne proscrit
lture est l'art d'élever les poissoos. Ce mot, p~s les ~hamp1gnons tout simplcment parce qu'il ne tes
le docteur Caron qui l'a imagine, et il aspire a a~mc pornt l',on; des motifs d'un ordre plus élevé l'insle 11. Coste des petits gar~ons et des petites filies. p1rent, tt 11 ne prend son arreté qu'aprcs avoir consince~a son cours prochainement, si déja il ne déré que les ~hampignons ont causé beaucoup d'accince.
dents, que la v1e de pln,ieurs haHtants a éte récemment
~ croire que la salle ou il professera, si grande compromise, que beaucoup de champignons saisis sur
toit, sera trop petite pour contenir la foulc de le m_arché ont eté reconnus tres-dange¡eux, qu'il est imreront ses lc~ons.
. poss11Jle el~ fa1re une d1stinrtion exacte entre les bons et
la ilat~ bien des pec~es et des abricot~, produire les mauva1s champ1gnom, et enfin, que les champignons
les
ne ou le dabha vert, empoissonncr la mer ne ~ont pas des olJJets d'alimentation de premiere né,.::-set les étaogs? e.t créer des bancs d'huitres: cess1té. De premiere nécessite, non, monsieur le maire.
~:les tr:naux mé~itoll'e~, qui ont de quoi tenter mais , d'un go~t fort agréable, et voila pourquoi votr;
de gens, ma1s qw voudrait, pouvant l'ap- arrété contrarie un peu vos administrés.

:;ail.

&amp;!º

.t~'é,

~r

333

Un passag.e de cet acle mémorable m'inspire d'asse
grav~s réflex1ons; c'est celui ou M. le maire de Rochefort
('ons1dere qu'il est impossible de faire une distinction
eiact~ entre les bons et les mauvais champignons.
.Ma1s alors a quels épnuvantables dangers l'autorité qui
l~1sse vendre des champignons o. la ha!le ne nous
hvre-t-elle P.a.•, malheurenx habitan Is de París que nous
sommes ! ~diles p~ri.sie_ns 'vou~ ltes négligents ou traitres
~ vos devoirs, et J a1 bien en v1e de vous livrer &amp;. la jost,.ce de m~n pays... Oui, mai5 s'il y a de mauvais cham~1gnons, J! y eu a de bons, M. le maire de Rocbefort
l avoue lm-méme, et les bons champignons.. , c'est bien
hon. Apres tout, il y a des chances pour qu'on ne tombe
pa.s sur les mauvai.s; édiles parisiens, je vous épargne.
On a remarqué, de¡rnis l'arrété de ~l. le maire de Roche~ort, que le nombre des voyageurs entre Hochefort et
Par1s a augmenté. Cela ne m'étoone pas: les gourmets
rochefortais viennent saos doute manger des champignons chez nons. A quoi tiennent pourtaot les recettes
des chemins de fer!
Un autre maire, celui deGrenoble, vientde prendre un
arrelé portant que les habitants feraient a !'avenir ramooer le~rs cheminées deux fois par an, au commencement .et a la fin de l'hiver. M. le maire de Grenoble est
c•invamc~ de la vérité du proverbe que deux précautions
va.lent .m1eux qu'une. 11 exige en outre que le ramonage
so1t fa1t par un ramonenr médaillé. Je ne Tois pas de
mal cela au point de vue de l'utilité et de la séc~rité
publiques, mais au point ele vue poétique, hélas ! voila
un arrété désastreux. Comment voulez-vous mettre en
v~rs un petit Savoyard médaillé. Vous souvient-il du Petit Savoyard de Guiraud ? 11 vous fait venir les larmes
ª,ux yeu~, ce. pauvre innocent; donne1.-lui une médaille
e est fim, ad1eu l'émotion !
'

.ª

Je .m'avise, aumomentdefinir, qu'il y a bien longtemps
que.Je ne vous ai donné quelque preuve éclatante de la
sott1se et de la crédulité humaines. Vous vous imaginez
peut-étre q~e le bon sens regne sur la terre; une telle
er.reur sera~t trop dangereuse, et je ne veux pas vous y
la1sJer. U~ JOurnal qui vieot de me tomber sous la main
~e fourn,,t une belle o1:casion ele vous désabuser. Ce
JOu~·nal s appellc l'Atenir. L'Avenir ! lis oot osé prcodre
ce Litre, qu.e Lamenoa1set Lacordaire ont Ajamais associé
ª,u souve~1r de. leur nom éloqueot. Et savez-vous ce que
e estq_u~ ~ avenir de l864? C'est le mooiteurdu spiritisme.
Le' ~pm!1sme devenant la doctrine des temps futurs!
Qu en d1tes~vous? Une partie du journal est consacrée
au.x commumcat1011S7:1édia11imiques, ce qui sigmfieen fran~a1s, paroles adr1issees par les morts aux vivants par l'entremise d~s m.édiums, et daos le uuméro que j'ai sous
1es. yeux, Je vo1s une allocutioo aux freres, signée : Celui-

qui fut Bab1ze.
C'est trop bete ! c'est trop béte ! c'est trop béte !

-------

X.

FEYRNET.

CORRESPONDANCES D'ALGtRIE.

C0N!.'ÉCRATION

DE t.'~GLISE DE

BLIDAB.

Le di manche, O octohre deroier, la consécration de ta
nouvelle église de Blidah aYait lieu au milieu d'un
grand nomhre d'habitants de la ville et des environs.
L~ fete religie~se ~ été céléurée par Mgr Pavy, évéque
d Alger, qui n ava1t pas voulu céder a un autre te bonheur d'ouvrir les portes du nouveau temple élevé a la
rehgion chrétienne.
M. de Chao~el, sous-préfet de Blidah; M. Raüel de
Montagny, mall'e de cette ville; le conseil municipal et
tous les fonctionnaires civil~ et militaires, sont allés a ta
rencontre de .M~ Pavy, qui a été conduit processionnell~ment a 1éghse; tout le cortége était précédé de la
mu:-1~u~ du 3° régiment de hussard~ en garoiQon a
Blidab.
'
•
Apres avoir remis a Monseigoeur la clef de la nou:clle égli_se, M. le maire a prononcé un difconrs qui a
eté ~coute par toule l'assistance avec la plus grande atte~110n. S~ Gr~deur a répondu a ce discours par une
brillante allocut10~, daos laquelle il a rendu hommage
au zele des mag1strats et de l'arcbitecte, M. Gentil-

�334

L' 1LLUSTRATION, JOURNAL UN IVERSEL.

L' 1LLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

homme, qui ¡ont
mené cette reuvre a bono.e fin.
!8 octobre 1864.
&lt;&lt; La reconJe vous adres.
« naissance, filie
« du ciel, a-t-il
se un croquis
« dit, inspirait
de la position
occu_pée sur le
« votre parolel,
pie de Goudji&lt;&lt; monsieur le
lah par une frac.
« ~faire, quand
tion de la tribu
« vous avez évodes Guenadza,
&lt;( qué le souvenir
nos éclaireurs
• :t des
hommes
dans
le Sud.
« qui ont con~u
Si Mohamed« et réalisé le
ben·•IJamza le
" projet de la barepliant dnant
« silique que
les troupes do
u nous
venons
général Yusuf, a
« consacrer au-·
qui tté ses posi&lt;( jourd'hui.
ti ons au sud do
(&lt; Vosfélicitations
Djebel-Amour,et
&lt;( s'adressent au
concentre
en ce
(&lt; magistrat qui a
moment
ses
for&lt;( con~u
l'idée,
ces
sur
l'Oued&lt;&lt; au gouverneZergoun, point
(&lt; ment qui l'a acvers lequel se di&lt;&lt; cueillieetal'harige a marches
(&lt; bile architecte
rapides la colonu qui l'a exécune de M'. le gé,
« tée ... »
néral Oeligoy,
Apres ce disLe géol\ral
cours, qui a proMartineau
a pris
duit la plus propossession,
saos
fonde émotio!},
coup
férir,
da
Monseigrieur a
CO~SECRATION DE LA NOUVELLE ÉGLlSE DE BLIDAH, - D'apres une pbotographie de M. Portier,
ksar
de
Brizioi,
procédé a la coníiñ des centres de réserve des dissidents.
sécration.
. .
préfet, b!. le sous-préfet, M. le M~ire et M. de T~nna~,
Tout porte a croire qu'une rencontre sur l'OuedA midi, un somptueux banquet, auquel ass1staient
ancien président du Tribunal de Bhdah. Les c~n;1ves
M. Poignant, nouveau préfet d'Alger; ~: S~r~ande, sont séparés ensuite, emportant de cette ce~emo~1e, Zeruoun si elle a lieu, amenera la soumission de l'enmaire de cette ville,· était offert par la mumc1~altte, dans ainsi que la foule qui y avait assisté, un souvemr qm ne ne~i, dint le moral s'affaiblit de jour en jour.
les salons de !'hotel de la Régence' a Monse1gneur et a
Agréez, etc.
s'effacera pas de longtemps.
A. RAvEAU,
LEFEBVRE,
toutes les notabilités civiles et militaires.
Plusieurs toasts ont été portés a ce banquet par M. le

:e

~
ALGÉRll!: L.B PIC DE GOUDJIL.\H, POSTE D'ECUIRKllllS FRANG\IS E'.'I AVAIH llU '.'1-1.1)011. - ll'aprés w1 croquis de M. Lefebvre.

JAPON: LES ESCADRES ALLlEES FOBCAN'I.LA.,_PASSK DE SJMONOSAKC. -

ATTAQUE DE SIMONOSAKI
(JAPON).

Ao mépris de traités couclus entre les puissances européennes et le fapon, un des da'imios les plus puissants
de cet empire, le prince de Nagato, dont les forleresses
commandent le détroit de Simonosaki, avait fait tirer
1W' quelques navires marchands se rendant daos les

385

D'aprés un croquis de M, A. D., ensei~e de va1sseau.

mers de la Chine, et prétcndait interdire le passage ala
marine européenne.
Les réparations exigées a cette occasion ,n'ayant pu
etre obtenues, une expédition composée de navires frangais, anglais, hollandais et américains en station au Japon, fit voile, le 29 avril, pour Simonosaki, afin d'infliger
au prince de Nagato le cbatiment mérilé, et de ren&lt;lre
libre le passage des mers intérieures.
En trois jours de combat, les seize batiments compo-

sant la flotte ont détruit, malgré la résistance opiniatre
des batteries japonaises, l'apparei\ militaire accumulé
sur ce point depuis plus d'un an, et forcé l'ennemi a demander la paix.
Soixante canons en bronze de gros calibre ont été pris
et embarqués sur la flotte.
·
La perle des forces ·alliées a été relativement peu considérable; il y a eu dix-sept tués et environ soixante
blessés, parmi lesquels on compte le commandant de

....
INAUGURATION DBS DOCKS DE SAINT-OUEN-PARIS: LANCEAIBNT DlS !IAG!SlNS FLO'ITAN'IS.

�1 UNlv ERSE L.
L' 1LL UST RAT lO N, JO ll h.~N~A.::.__ _ -------:--:-:----=~~=7":-

.

.

cette fois, me fit rire ; de la gravité, de la tenue, le plus
Ces bases étant posées, il est évident que si le millionl'Euryalus, navire anglais, qui a eu le pied traversé par naire est mur, sa femme est de droit maréchale de possible ton menton dans ta cravate blanche, ~t si le
v'ieux pandour t'envoie quelques co~ps de bo~toll', reune baile.
.
.
France des femmes mariées.
yois-les comme un descendant .des :1eux cro1ses.
L'honneur de la conduite de cette _brillante alf~1re re- Et le comle 7 fis-je.
.
Ces recommandations une fo1s fa1tes, nous entrames.
vient en grande partie a notre am1ral. M. Jaures; nos
- Le comte, reprit-1l en redoublant d'ironie, est mur
Quand on nous eut annoncés, je pus reconnaitre ¡
trois navire~, la Sémiramis, le Duple1x e! le Tancréde se
a ce poiot qu'on peut t:spérer qn'il tomhera de l'arbre que!
point mes craintes ~ur le plus ou _moins d'attention
sont distingués. La frégate amiral~, parfa1tement emb,o~de la vie au premier sourtle de la mort.
sée a écra~é les batteri s ennem1es par son feu prec1qu'on pouvait faire ama p~ésence ~ta1ent mal ro.ndées.
- Et tu erois ta cousine capable d'a voir fait ce c~l.c'll?
Sauf la ma1tresse de la ma1son qm se souleva a demi
pitt 350 coups de cau( n environ en une heure.
.
dis-je, choqué, je ne sais pourquoi, de son scept1c1sme
pour nous recevbir, et un vieux monsi~ur, le comte sans
Les Anglais étaiur ten admir.a!ion devant notre ar~1\lea l'ég'ard de cette jeune femme.
.
doute, et qui, aux trois quarts ass?~p1 sur ~n fauteoil,
rie et les canon; Armstrong sont décidément en ba1sse.
- Elle? ... Non, la pauvre enfant, je ne \'en cro1s pas
,
.
p
redressa vivement la tete et eut l a1r de m envelopper
Pour extrait : P. A.G.ET.
capable; mais ses parents l'ont f~it P?ur elte, 'et comm_e
d'un coup d'reil rapide et per~ant, les au~r~s personnes
elle était une jeune filie bien elevee, elle na pas d1t
~
arurént ne pas s'apercevoir de notre amvee. J'entreTis
non, de sorle qu'elle est aujourd'~ui tres-suffisam~ent
:ans un coin deux ou trois messieurs, parmi lesquels je
comtesse, parfaitement millionna1re, e~ -~out ce q~ '.~ y reconnus deux académici~ns des plus cofln~s et des plus
!IUUGURA.TION DKS DOCK&amp; DK SA.INT-OUKI-PA.RIS.
a de plus malheureuse, unie a un Vletllard chaº1,m,
classiques. lis continuerent une conv~rsat1o_n grave ~t
docks bou,,on et jalolll'. Il est vrai qu'elle a la ressource desD.!IDanche' 13 octobre' a eu lieu l'inauguration '1es
savante, saos daigoer 3'occuper de qm ent:~1t ou SOrtail
·¡
d' d
de Saint-OÚen-Paris: A cette occasion, le conse1 . a - pér:r et d'attendre, et la consolation de penser que
S r un c:wapé deux femmes, jeunes et elegantes, traministration avait invité les notabilités de la ca~'.tale a raltente ne peut pas etre bien longue.
v;illaient a u~ ouvrage de broderie_. L'une ~iliblait
assister a11 lancement d'un magasin flottant, et a I irrup- C'est triste, mu.rmurai-je, d'at_tendre son bonheur
l'expl·iquer a l'autre, tandis qu'une pet1t~. demo1selle de
tion des eaux dans le grand bassin des docks.
.
de la mort d'un homme.
.
douze a.os suivait attentiYement ces exp icat1ons, et se
Les maoasins flottants, qui sont au nombre de cmq,
- Ce serait bien plus triste, dit Emmanuel, .si cet
montrait tres-désireuse d'en profiter pour son propre
présenten; chacun sous la forme d'un immense ponton, hommé s'avisait de ne pas mourir. .
..
le groupement de ~ent cuves pou:ant co~tenir 2,~oo,_oo~
- Et 'de quel reil . ton jaloux cousrn v01t-1l tes assi- compte.
Ce détail eilt suffi pour me leprouver,Emmanuel &amp;Yait
litres d'huiles, d'essences, d'espr1t8 et d autres hqmdes duités a1ipres de sa femme?
.
.
. dil vrai en m'aonon~aut que les soiré~s de la comtes..oe
- Oh! moi, tu sais, je suis sans pretentwns et Pª:fa_1volatils ou dangereux.
.
Blariche étaient bien réellement ce qu on peut appeler
La mise a l'eau de cette colossale masse de fer const1- tement sans conséquence, dit-il nonchalamment; pu1s J.e
,. . .
tuait done a elle seule un de ces émouvants spectacles irnis un pa.rent, presque un frere,. et le comtc n'osera1t des soirées intimes,
La comtesse, devaót laquelle je . m mchna1,, tandis
que la foule recherche toujours avec empressement, et a étendre son ostracisme j usqu'a mo1.
. qu'Emmanuel me nommait en me presentant, m ad~
- Es-tu done le seul jeune hommc pour lequel il
complétement réussi.
. ,
,
simplement·une de ces phrases d'u~age et de bon accueil
Le grand bassin, qui.vient d'etre termme, presente fasse exception? dis-je avec surprise. .
. . , que les femmes ont toujours_ en rese:ve, ~our ces oceaune superfi el·e de 2::u,000 metres et une profondenr
. de¡ Emmanuel eut l'air d'hésiler un mstant, p~1s il re- sions-la., et que je nommera1s volonl1er~ . phrases de la
7 metres, correspondant a un cube de 175,000 metr~s: I pondit :
,
.
..
pourrait recevoir les navir~s du.~lus f?rt tonnage,s1 Ja- Jusqu'ici, oui, je suis le seul repres~ntant de not~~ premiere minute.
Apres l'avoir saluée, je ~•ª:ª~~~1 ver~ 1~ v1~11lard qoe
mais la mer était amenée Jusqu a Par1s.
,
sexe qui put a la rigueur effrayer un Jaloux. 11 y a .ª mon arrivée semblait avo1r reve1lle, ma1s J~ n e~s p_as l_e
Le conseil d'administralion avait pris les mesures ne- qÚelques jeunes femmes aimables et charm~ntes; ma1s
temps de terminer le complime~tq~e je l~1 deslma1S; 11
cessaires pour que les quais du canal el ceux du grand sauf toi et moi, les hommes sont tous' so1t ~ar _leur
m'interrompit d'une petite voIX _se~e, ª. laquelle •1ne
bassin fussent débarrassés de tout obslacle et pu~~ent ª"e soit pl\r la gravité de leur caractere, a I abr1 dn
toux presque perpétuelle et l'hab1tude, des lo~gtemps
o '
. 2~"' 000 spectateurs admis sans. aucune
plus petit soup~on.
.
recev01r
. . ,cond1t10n.
.
contractée sans doute, de parailre finir pour_ lm seul la
Malgré le mauvais temps, la foule qui ass1stall a cette imS . t11 lui di•-je un peu surpris de cette ctrcons- ais- '
"
•
•·¡
de la géné- phrase commencée pour un autre, donna1t un cac~~t
portante cérémonie était considérable.
H. C.
tance saos comprendre pourquo1, qui y a
,. .
de familiarité grondeuse, assez déplaisant~ et plus ~oerosité a introduire un rival, si peu red?u.ca_ble qu tl s01t, trange. Si vous joignez a cela un regar~ v1f, sardom~
dans une société dont tu devais etre mev1tablement le
et percant, jaillissant comme un écla1~ de ~eux pelíll
/
• 'f\lants de malice seule chose bien v1vante dw
LES LILAS BLANCS.
roi?
.
.
't n yeux pe
.
s m'em- Oh! je te l'ai déjil. dit; d'~bord ¡e sms s~ns pre e ~ toute sa ipersonne, vous le, comprendrez, Je
ne pu.
.
(sum).
tions puis j'ai tant parlé de to1 aBlanche, qu elle ~eu~ pécher d'ctre de l'avis d'Emman~el et de le tralter, 11
d'en~ie de te. connaitre; or, ce que femme v,eut reuss1t
morose et chagrm.
.
La comtesse demenrait rue Saiut-Dominique-~aint- toujours; et quoique tu puisses t'atte_ndre a ~uelques Petlo' de vieil\ard
. sa1s...
. hem ,.... hero I.... , l'am1 de uotre beau
_ Ou1 Je
Germain, dans un petit hotel qui formait le coi~ d_e rebufades du vieux Cerbere, comme ¡e ~e ~ais, ~ss::
'
¡ h ro, Son alter ego' hem !. .. Oreste
,
cette ru~ et de l'esplanade des Invalides. 11 fa1s~1t d'esprit pour ne pas paraiire t'en aper~~vo1r, Je n a1 pi cousiu Emn,anue, e · ...
et Pylade, hem !. .. C'est tres-beau, sans doutei' hem ":·
un temps superbe, une de ces premiere~ belles SOi - cru devoir hésiter a risquer ce coup d Etat. Quant a a
Enchanté, monsieur, enchanté, hem ! hem .... e~p:
rées de printemps qu'on aime tant a tesp1rer au ~or- rivalité dont tu parles, elle ne peul exister par une
vous etes poete, je crois, hem ! hem !... Je vous e
tir de l'hiver, et pendant lesquelles on se_ se~t _re:anre. bonne raison, c'est qu'il n'y a PªS,(ieu a combat. Le sa. .
La course n'était pas longue, tout nous mv1ta1t mar: Ion de ma cousiue est un pays d mnoce~ce_ et de _can~ mon complimeot .. . hem !... sincere...
Je ne sais combien de temps il eut pu prolo_nger a•ns
cher; et je fus d'autant plus ~•avi,s. d_e nous .ren,dr~ a deur, ou l'amour existe pent-etre en theor1e: ma1s o
• ¡e
· sais IItoms encore
• ,n discours en phrases hachees,
.
pied a notre destination, que ¡e n eta1s pas rache da- il reste au ran" des cho&amp;es idéales et des utop1es.
~~
que j'aurais pu lui répondre, et mon attitude ne 1udresser quelques questions a Emmanuel et de prendre
Emmanuel ;e donna ces explications en ~yant pai:sait pas d'etre genée devan: ce ~etit vieillard doot:
un peu, comme l'on dit, l'air ~u burean.
faitement l'air de penser a autre chose; auss1 changea1-•
gard ne semblait pas voulo1r ro abandonner,. et p 1
- Voyons, dis-je a titon ami, causons un peu.
je la conversation.
.
·t m'inspecter d'un air méfiant et narquo1s, lo~.
_ Causons, dit-il.
•
.
.
_ Et ta cousine, lui dis-je, quelle attitude a-t-e11_e sa1
. .
ar une douce voll uc,
fot,
grace au ciel, mterrompu P . . . ,
. d'al- Tu ne peu.x m'en vouloir d'essayer .ª conna1tre le dans ce salon, ou je vois qu'elle reg~e peut· etre, roa1s
plus mélodieusement timLrées, qm lUJ d1t d un all'
terrain sur lequel je vais mettre les pieds. Tu ne me ou, a coup sur, elle ne gouverne pas.. .
trouveras done pas trop indiscret, je \'espere, de te poser
- L'attitude de son emploi, répond1t-1I avec un léger fectueux intérét :
- Sonnerai-je, mon ami?
it
une question.
siffiement dans la parole, vierge et ma1·tyre.
.
Je bénis a part moi cette voix. El~e roe par~~v=tpll
- Pose, dit-il.
- Mauvais plaisant! lui dis-je, ne peu.x-tu. cesser de
tervention cé\este ; et je dus le cro1re~ el\~ n tenr ti
_ Tu m'as prévenu que le mari de la co_mtes~e Blan-11
t
a railler?
·
, 1 moins d'influence sur mon étr~nge mter ocu '
che était de beaucoup plus agé que e; ~1~1 es -ce qui
- Je ne raille nullement; Blanche est la grace, a
d ·e détourna imméd1atement, et, sans pi,
.
. •¡ , dit :
pu décider ta cousine, jeune, belle ~t-~p1rl~uelle comme douceur et la placidité memes; ce qu'il ~eut y a~o1r de son regar ~
avoir
l'air
de faire attent~on a mm, i rep~n voila••
tu me l'as dépeinte, a épouser un v1e1 ar .
doulourenx et de pénible dans son ex1stence. mt1m~,
_ Hem! hem !... om. sonnez, hem .... ._
- Ah! mon cher, répondit-il en prenant cet accent
trahit chez elle que par une teinte de m~lancohe
11
, 11. est temps. •• Ces dames
Derfl•beures
passees,
.
as, 8111
railleur qui lui était propre, un de ~es confrcres, un de ~e~l::ent insais1ssable, qu'il faut bien la conna1tre pour
. . ? Hem I··.. elles ne v1endroot P iA tt
tes maitres en l,ittérature, je ne sa1s plu_s leq,uel, a d1·t, s'en douter. c'est du reste, de sa part, une preuve s~- sont pas arr1vees.
.
1 h 1 11 faut, done que, rbel
je ne sais plus ou, une bien grande :ér1té, c est que le 1reme de b~n goüt; un peu plus d'_animat(on, elle sera1t doute, ce s01r, bem · ero···· ,
1
nonce a roen mort; c'est fort desagreable . belll,
mariage était la seule carriere poss1ble pou.r les filies lnvraisemblable ... ou indiscrete, aJouta-t-11 en rendant
!. .. enfin !. ··
¡ poorP
de notre monde.
a sa voi.x son accent incisit.
, hem
Pendant cette phrase, qui pouvait passer p us.t
• - Oui, eh bien?
Je ne connaissais pas encore la comte~se Blanche: et
- Eh llien ! cela étant, tu m'avoueras d'abord que, cevendant je fus instinctivement cho_que de la mamer~ aparte que pour une réponse, la ??m.tesse a~ai res
un valet de chambre était entré, s eta1t place p
dans cett e carriere-la, épouser un milhonnaire, c'est légere dont Emmanuel parlait d'une ¡eune ~arente, qm
comte et lui offrait respectueusemenl son br¡lS. .
obtenir lu premier bond un assez .bel avancement.
devait au fond lui etre chere, car je le sa:1a1s ,natu~elleLe vieillard le prit, s'achemina vers la porte,
- SJit, lui dis -je en riant, j'avoue.
ment bon. Au%i gardai-je le sil en ce; Je n_ ~~ra1~ pu
milieu de l'appartement, JI se retourna cOtllme
- Si le millionnaire est vieux, il est convenu que d' e en uoi ses µaroles me déplaisaient, ma1s Je n_aud Bl
ses cheveux blancs équivalent pour sa. femme a la grosse \ i~
q I l'exoiter dans cette voie en le question- flexion, et dit :
ra1s pas vou u
- Hem ! hem !. .. ne veillez pas trop _tar '
épaulette.
.
. .
,
f • nant davantage.
' vous savez que cela vous est contrairc.
_,..
- Ou veux-tu en vemr? d1s-¡e, sachant qu une o1s
t nous étions arrivés a la porte de la hem •
d' ·¡
,'.ant an.,
.
•
i·
é
de
sa
Tout en causan ,
Et il me lan~a un dernier coup re1 per1
,
Emmanuel
ne
s'arreta1l
pas
saos
avo1r
ir
lanee,
.
. f
•
1 comtesse.
· ,
·
p'.aisanterie tout ce qu'elle lm pouvait our~1r.
.
h a, e dil Emmanuel avec une solennite qm, se remettre en marche.
- Rétléchis done, dit-il en prenant un air convamcu.
- A ~ .m
1

r:.

L'JLLUSTRATION, JOURNAL UNJVERSEL.
337
-------· - -- - - - - - - -- -- -- - - - - - -- Oui, mon ami, je vous le promets, répondit la com-

_
ieue avec une douce condescendance.
Elle alla vers luí, le reconduisit jusqu'au seuil du saloo, en lui parlant has, comme. on fait pour calmer les
enfants, et prit congé de lui avec un signe de tete amical et gracieux.
Je m'étais promis d'observer et je vis que le champ ne
manquérait pas a IItes observations. Je ne perdis pas un
des details de cette scene, nouvelle pour moi, mais qui
oesemblait pas avoir pour les autres personnes présentes le rneme allrait de nouveauté, carpas une d'elles Re
parut s'occuper de la sortie du comte.
seul, Emmanuel fixa sur moi des yeux ouje vis reluire
UD sarcasme et une malice qui ne le cédaient en. rien au
regard de son vieux cousin.
•
Quand la po'l'le se fut refermée sur lui, la comtesse
revint vers n~us avec le meme air de calme placidité,
mais j'y crus Jire cependant un muet soulagement, qui
se trabissait encore dans le geste plein de grace qu' elle
me fit pour m'inviter a m'asseoir irupres d'elle. Ce geste,
selon moi, signifiait clairement : Maintenant, nous som~
mes libres, causons.
J'obéis a ce·geste, et, tout en causant avec elle de ma
mere et de ces mille choses qui semblent banales, mais
oides femmes savent mettre tant d'intéret quand elles
le veulent, je ne pus m'empecber de me sentir 'le creur
serré en pen~ant a. l'étraoge union qui avait fait de cette
jeone femme la compagne de ce vieillard.
Notre conversation particuliere fut bientót interrompoe par une voix qui s'écriait gaiement :
- Peines perdues, baron; vous ne me persuaderez

pascela.
- Qu'est--ce done, ma cbere Hortense? dit la comtesse
¡ la plus agée dee deux jeunes femmes assises sur le canapé.
-C'est le baron qui,selón son habitude, prend congé
de moi en me j urant un amour éternel.
- Et pourquoi ne voulez-vous pas me croire, cruelle?
répondit gaiement un monsieur a cheveux gris, mais a
l'air aimaLle et jeune, qui se disposait a partir.
- Vous ne pouvez seulement pas me sacrifier une
heare de votre soirée, et vous ne· reutreriez pas un quart
d'heure plus tard chez vous, meme pour me convaincre.
Vous autrcs hommes, vous parlez beaucoup d'arnour,
mais pas un de vous ne pourrait seulement nous donne-r
une bo~ne fois pour toutes une définition de ce que vous
entendez par ce mot.
- Mais si, dit le baron en riant avec une aimable
malice, l'amour, c'est le bonheur.
- Nun, l'amour, c'est un mystere, dit la plus jeune
des deu1 dames.
- L'amour, e'est tout au plus un reve, dit en souriant
un peu la comtesse.
- Erreur, belle cousine, dit Emmanuel en prenant
alors la parole; l'amour est un petit monsieur qui, de
toas temps, a eu le privilége d'e1re méchant comme un
gamin, de voler comme un oiseau, de marcher comme
UD a,eugle et de mentir comrue une femme.
De violentes réclamations interrompirent ici Emmanuel, et la comtess,i, se tournanl vers moi, me dit:
- Voyons, monsieur, vous aurez peut-etre une définition plus neuve et plus aimable a nous donner que
celle deM. de Terville; nous n'espérons plus qu'en vous.
- Veuillez m'excuser, madame, dis-je en souriant,
l'amour, c'est encore pour moi l'inconnu, car je n'ai
rencontré jusqu'ici que celui de ma mere.
-Tartuffe ! dit Emmanuel.
Alors commen~a une de ces cunversations a batons
l'Olllpus qui ne sont possibles qu'a París; conversations
oi les questions sont effleurées avec une légereté si graieose et pourtant parfois si profon de; ou !'esprit fait
labre l'esprit, et pendant lesquelles une société de
ieanes femmes et de jeunes gens discutent gravetitent
tes éternelles questions du creur qui les occupent, méme
les plus sages, plus que tout autre chose sur terre;
lllour, bonheur, jeunesse, beauté, mysteres magiques
iont on cherche sans cesse le mot sans se lasser de ne
le lroover jamais !
An milieu de cette convcrsation dont chacun prenait
11 Part, selon son caractere, la comtessc, avec une
dooee mélancolie, les deux dames étrangeres, !'une
a,ec enjoucment, J'autre :i.vec un scepticisme un peu afl!eté, Emmanuel avec son ironie de parade et moilé111e avec la réser,·e d'un bomme qui Uilc le terrain et
le_se livre qu'apres etre sur d'etre a l'unisson de ceux
!Ui l'entourent, on annon~a: Mesdames Dervieux!

- Si tard ! fit la' comtesse en se levant pour aller audevant d'elles; le comte s'est retiré, ne vous espérant
plus.
- La! j'en étais sure, ma sreur; tu vois qu'il n'était
plus temps, dil la plus vieille des deux &lt;lames d'un air
contrarié.
- Qu'importe, ma sreur,.répondit l'autre, qui, quoique presque aussi agée qu'P,lle, laissait voir assez volontiers cette jeunesse de caractere qui rend si gracieuse la
vieillesse; nous aurons toujours eu le plaisir d'embrasser
cette mignonne, et D0!ls serons encore rentrées a temps
pour que les mauvaises langues ne s'am,usent pas trop
sur notre compte; mais de qooi cauiiez-vous done a
ootre arrivée? Vous sembliez d'une gaieté folle et d'une
animation sans pareille.
- Nous cherchions a nous tous une définition de l'amour, et nous n'en pouvions trouver une.
- Eh bien! moi, je vais vous la donner, reprit-elle
gaiement, ne fut-ce que po11r prouver que les vieilles
[emmes sont encore bonnes a quelquc chose.
. - Ah! voyons, fit-on a la ronde avec un ensemble
joyeux. On comptait évidemruent beaucoup sur sa promesse.
- L'amour, mes enfants, c'est une partie de whist ;
une jolie femme y a toujours les quatre d'honneur;
qu'ellejoue mal, elle perd le tri, une renonce lui fait•
perdre la partie, mais n'importe, au bout du compte, a
ce jeu-la, les hommes sont toujours sblems.

(La suite prochaínement.)

JoL&amp;s DE W.AJLLY

FILS.

Reproduction inlerdile aU1 journau1 qui n'oot pas traité avec la Sociéle
des gens de lettres.

QUELQUES RÉFLEXIONS.

VI.

S'il faut s'en rapporter aux revues et aux journaux
anglais, il parait qu'on se préoccllpe, a Londres, de certaines p11blications fran~aiscs qui ne montrent pas l'Angleterre sous son aspect le plu~ glorieux. Au dela de la
Manche, on s'eflarouche de ces histoires, de ces mémoires
publiés chez nous, et qui prétendent prouver que l'Angleterre, pas plus que la France, n'est a l'abri de ce
fli&gt;au moderne qu'on appelle le fléau des petitesdames :
le fait est que, depuis une quinzaine d'années, Londres
a vu dans ses mreurs des changements qui témoignent
que le. vieil esprit anglais s'aflaiblit ou se relache. L'Angleterre est peut-etre bien encore aujourd'hui une Chine
d'occident qui résiste aux influences de l'étranger, mais
la métropole a fait bien des concessions aux faux dieux
du continent.
A l'époque de la premiere exposítion umverselle,lorsque débarquerent a Londres les Prenchmen, ce fut dans
tollt le West-End un to/le immense. La longue barbe de
ces étrangers excita une stupéfaction générale, et le
Punch se crut obligé de traduire a coups de crayon les
épigrammes &lt;le ses compatriotes rasés. - D'ou viennent
ces barbares? disaient les belles &lt;lames. Sont-ils
nés sur les bords du lac Ara! 011 sur les rives de la Seine?
Soot-ce des Scytbes ou des Fraficais? Le shoking était
maoifeste.
Aujourd'hui, métamorphose complete! Les jeunes fellows, ceux qu'on voit caracoler entre trois et quatre
heures, a cóté des misses et des ladies dans l'allée de
Rotten-Row, ont des barbes qui semblent postiches, tant
leurs proport10os sont exagérées. Cbez nos voisins, si
cuirassés contre toute importation continentale, l'imitation succéda presque aussitót a la critique. Londres
nous prit nos barbes, et voila comme le résultat le plus
imméuiat de la premiere exposition universelle fut la
révolution des visages britanniques.
Les puritains protestcrent contre l'envahissement de
cette mode continentale, et le révérend docteur Cumming, qui a pris la douce habitude de prédire, tous les
six mois, la fin prochaine du monde, vit un nouveau
signe des temps dans cette floraison inattendue des
mentons britanniques. Et en effet, quelques années plus
tarrl, les gardiens séveres des vieux príncipes se confiaient a l'oreille des choses extraordinaires. On avait
vu s'élever, dans les environs de Regent's-Park, de petites maisons tres-élégantes, habitées par de belles jeunes
filies venues on ne sait d'ou, saos argent ni recommandation, et qui menaient l'existence a grandes guides. A
elles les plus riches voitures attelées a la Daumont, les
toilettes les plus fraiches, les chevaux les plus fringants.

Et ces créatures avaient leur logc au tbéatre de Sa Majesté et a Covent-Gardeo, et elles se montraient non
moins fieres et &lt;¡uelquefois plus be)les que les Jadies
dnns celte allée de Hyde-Park, ou l'on voit passer les
plus illustres blasoos de la Grande-Bretagne. Évidemment, la vieille Angleterre avait perdn la rigidité des
mreurs antiques. Regent's-Park devenait un quartier
maudit, un Breda londonnien, l'abomination de la désolation. 11 n'était plus permis de fermer les yeux iil. l'évidence. Le demi-monde, cette peste du conlinent, avait
·rrancbi le détroit.
Alors ce fut un déchainement dans les conversations,
les livres, sur le théatre et jusque dans la cha1re. De
toutes parts on tonna contre les anonymes qui causaient
un si grave préjudice non-seulement a la bourse des
gentlemen, mais encore aux lois les plus sacrées de la
famille. Un écrivain, pour complaire a l'aristocratie, fit
une comédie, et la représentation de cette comédi€, ou
les meres se plaignaient de ne pouvoir marier leurs
filies, s'éleva presque a la hauteur d'un événement national. Trente fois de suite le plaidoyer moral ful applau&lt;li; mais cette piece vertneuse ne 6.t que consacrer
l'institution qu'elle prétendait détruire. Les anonymes,
mises en relief par ce débordement d'attaques, ne furent
que plus recherchées, et leur triomphe définitifporta une
atteinte considérable a la respectability, ce mot et cette
chose qui ont tantd'importance daos les Trois-Royaumes.
11y a vingt ans, un gentleman eilt été rayé de la liste
des gens respectables, s'il eiit été soup~onné d'entretenir
des relations suivies avec une femme qui n'eut pas été
la sienne. Londres ne connaissait pas encore cet arrondissement vague, interlope, qui a toujours existé,
plus ou moins, a Paris. Les jeunes gens se mariaient de
bonne heure, ou, s'ils persistaient dans la voie scélérate
du célibat, ils ne donoaient aucune prise a la médisance.
lis observaient toutes les pre¡:criptions de la resp~ctability tant qu'ils étaient dans leur pays; mais comme le
diable ne perd jamais ses droits, c'était le continent qui
était annuellement le tbéatre de leurs galantes fredaines. On donnait a une miss légere rendez-vous a Paris,
a Bruxelles, ou sur les bords du Rhin. Chacun partait
de son coté, et ces deux . creurs réunis mangeaient une
lune de miel extra-légale a la barbe de l'étranger, qui
ne pouvait trop admirer la bonne harmonie et les délicates tendresses de ces jolis petits ménages britanniques.
Quand le tour était fait, le gentleman se collait sur le
visage un masque rigide en débarquant a Douvres, et,
e1it-il fait le diable a r¡uatre dans son voyage, eut-il,
comme cela est arrivé quelquefois, présenté cumme sa
femme, dans d'honorables fainilles et meme daos certaines cours, une femme q11i n'était souvent qu'une maitresse de rencontre, notre homme était le plus respectable des hommes. L'Angleterre n'avait pas le plus petit
mota dire.
Eh bien ! ce masque, ce faux-nez de la respectability,
que tout bon Anglais se croyait obligé de porter autrefois pour ne pas blesser la susceptibilité puritaine de son
pays, les jeunes Londonniens d'aujourd'hui l'ont déchiré
et en ont jeté au vent les morceaux. Les aventures de
voyage, les courses galantes a l'étranger ne leur s•1ffisent
plus. Les anonym~s ont pris la corde, et dans l'aristocratique hippodrome du pare, quand on voit passer
comme un éclair une de ces dames emportée sur un
cheval de dix mille francs, tout le monde sait a qui elle
apf)artient, ou plutót qui lui appartient. Comme dans
certains autres pays tant maudits du continent, ces
femmes sont devenues un des luxes de la classe riche.
Les genllemen ont une anonyme en titre. 11 n'aura pas
fallo plns d'une dizaine d'années pour que ce mot solennel de la langue anglaise, ce mot respectability, ait
re~n un de ces chocs qui écrasent.
Et maiotenant, les revues anglaises ont-elles bien le
droit de se plaindre si le continent, malmené et mépri11e
par l'Angleterre, décbire le voile de la vie britannique,
et montre que Londres n'est pas plus que Paris a l'abri
du fléau? Certes, ce n'estpas moi qui applaudiraiala publicalion de ce~ mémoires et de ces histoires licencieuses
qui sont l'apotheose des courtisanes. Je ne vois pas ce
que la moralité du lecteur peut gagner a apprendre que
certaines de ces &lt;lames dépensent par année plus de
douze mille livres sterling (300,000 fr.). Mais l'Angleterre
nous a assez longtemps reproché notre demi-monde,
qu'elle appelle une fnstitution parisienne, pour que nous
puissions lui dire, sans manquer aux lois de la cbarité,
que, plaie pour plaie, la sienne n'est pas moins grave que
la nótre.
EDKOND TElliR.

�L'lLLUSTRATION' JOURNAL UN l VE RSEL.

L'•ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

338

LES VICTIMES DE LA. MODE, PAR BERTALL
Le sceptre de la
mode échappe ala
France. Cette phrase, qui sent son
Prudhomme d'une
lieue, n'en est pas
moins d'une vérité
désespérante. Les
Italiensetles Espanols nous coifrent
et nous rasent,
l'A.utriche et la
Prusse font nos robes, les A.nglais
nous étriquent, et
lesA.llemandsnous
chanssent. Le goüt
fran;,ais n'est plus
pour ríen dans cette débauche du laid
et du prétentieux,
il laquelle nous assistons
chaque
jour. Que le c,ielen
soit béni !
:Mais cependant
&lt;ruelle tristesse de
voir les pauvres
femmes victimes
,le la conspiration
de tous ces marc:hands exotiques.
et par suite de tous
les marchands de
la patrie.
La femme 1&gt;sl
leur chose, leur
propriété : il s'agit
de la mettre . en
valeur le plus qu'il
sera possible. Vite,
entourez-la de batiste, de soie, de
velours, de dentelles, de fourrures;
plus il y aura de
metres,,plus l'opération sera belle.
Entassez les jupes,
les sous-jupes, les
cerccaux,lesrobes,

LES VICTIMES DE LA MODE1 PAR BERTALL (DERNIERE
.

8

(DERNIERE SÉRIE). -

Vozr les N° 1118, H26 et 1128. les

dessus et lea
par-dessus • multipliez les lé; et lea
plisi Que la nature
la _grace et lego~
so1ent offensés la
belle affaire I C'est
h_ien ees cilGleala qu on se soucie•
Mais la note
p~yer sera splen.
d1de, et messieors
les marchands rouleront carrosse.
Ces marchuida
le ~avent bien, lea
tr,a1tres ! Une jolie
femme est le plll
charmant cadeau
qu~ ~ous ait íaitla
creat1on. Pourquoi
done se géner? De
quelquela~qu•on
1:entoure, qu'on
1emballe et qu'oa
l'empaquette, 81
beauté saura bien
se faire jour el
garder a nos yen
son charme éter.
ncllement invincible. Marcbonsdone
sans crainle,se disent-ils, taillons,
coupons, rognons;
non, ne TOgllOlll
pas, rognons le
moins possible
mais varions, ctwi'.
gcons et bouleverson s, en sorte que
lPs francs, les thalers, les roubleset
les ¡iuinées vicn•
nent chanter dans
notre caisse lear
artistique concert.
Le reste nous est
de tout point indil"férent. ·
JI faut lo dire

?e

i

CRINOLINHAUSBN . .
Congre, des ttilleurs et coutW"iers pout dames, pour íavJriser l'augmentahon de la dépense et l'amé,ioration des prix con;acrés aux articles de la toilette des íemmes.

,oor ces,abominables 01archands, la
eriooline, avec ses
baff8Urs, est une
de ces créations
gipntes'IUeS qui
4o111inenttouteune
épO(!Oe. Si nous
sonimes bien inronnés,la crinoline
et sa carcasse de
fer sont un mal
d'origine anglaise.
,irUJ fatal qui s'est
propasé sur la surrace do globe avec
ta rapidité et l'in8eiibilité de la
foudre. C'étaitbien
1111 Anglais, race
d'aspect gauche,
mtrcantile et dégingaudé, qu'il apparl8l!ail de créer
ces cloches rigidel, tombeau de la
gnce et de la

- 1r1001ieur Ploumann, recevez toutes les íélicitations du congres pour avoir créé eette
étotfe mer,eilleuae, qui cotite remarquablement cber, se coupe de suite a tous les plis, et
présente des auances ai auaves et si délicates qu'il est impossible d'eu !aire une [robe qui
1e porte pm d'une foia.

Aussi l'été dernier, dans une ville
d'A.llcmagne que la
pudeur fran;,aise
nous défend de
nommer, les couturiers pourdamcs
et les marchands
de nouveautés se
sont réunis en congres pour agiter
les grandes questions de mode. 11s
voulaient décerner
des prix et récompenses aux inventions de nature :i
détenniner une
impulsion nouvelle
aux spéculationsde
la toilette féminine. L'inventeur de
la crinoline, acclamépar l"unanimité
de l'assistance, a
recu la grande
médaille d'honneur, pour services
exceptionnels rendus a la cause dE's
marcbands.
En réponse aux
aeclamations enthousiastes de l'in-térieur, les gens
de gout, les artistes et les maris,
_pauvres victimes 1
tous ignominieusement mis ala porte
de l'édifice, répétaient en choour :
« Qu' il soit maudit I et que pendant
l'élernilé, il roule
entrainé par Je;
spirales de fer de
ses ab¡¡urdes jupons, dans les
fournaises de l'infini 1 &gt; BERTAI.I.,

fo¡me.

Hélas I par l'effet
de cet engin déplorable, la robe
d'one femme, qui
jadis mesurait a
peine 6 métres ,
recouvre mainteDIDI 20 a 24 metres de superficie ;
inc:essamment on
espere arriver a
l'bectare.
Depuis celle inteDlion, lesaffaires
1111 décuplé, les
magasins de non,eautés occupent
militairement le
rez-de-chaussée de
toalel les grandes
'lilles, et leurs propriétaires gouveruol le monde.

/

,.~Jf

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1 '/ '

1

f.
I

~ auné•, M•" Hodde et Mélanie Brun ont
les bavolet• qui avaient íail leur temps.
1....Lueu1 ont prii la place, depuis trop
'""'11-P• u1urpéc.

Lea

•t/

'

)

\

'

UNE FEMM.E ~ONOMR.

Mon _bon _ami, je te réponds
Que ¡e sucs économe et sage:

J'ai tanl d'étotfe a mes jupons
Je n'en mets paa a mon coraage.

Un pcu de cbignoo oe íerait pas de mal.

PROJET DB TOILETTE l'OUR CBT HrYER, PROPOSÉ 'AU CONGRES PAR M. W .••
IRobe de Lampas'á ·37 fr. 75 le metre habit de meme élolfe. b~odé d'or au plumetis, boutons d'or ci1elé, relevé• de rubís, épaulettes de diamaot, jupe porta¡it l't metrea de queue, garnie de~peiotures de Meissooier,
• •
'
de Fiche!, de Plassan, ou Willems, suivant les fortune,; éventail peint;par Vidal, et cheveux btonds:d'Beosse.

- Mons1eur, nos reglements sonl íormels,
-vous n'etes ni tailleur ni coulurier, et vous
étes marié1 done vous n'eotrerez pu 1

SÉRTE).

.,

Deux heures de c¡uestion, par le fer et par le, feu.
Quellc réponse?

Quelques artistes s'étanl (au6lés daos l'eoceinle du coogres, aoat
priés loslamment de ne pll auister aux séances.

339

Quancl on penseque l'année derniere
· Déeidémeot, lps cneveu1,ldeviennent de
plus en plus • la mode. II y a beaucoup on av~il eneore la niliserie de porter
de bausse sur l_cs _cbeveux, ma1s oo al- ces atrreux bavolets qui garaotissaient
tead de procbains armages d'Amérique. le cou, et permettaienl de n'avo1r que
ses qualre cbeveuJ•

•

Cette année, on les porte blonds,
e~ ca~utcboue, creux a l'intérieur;
rien II est plus léger el n'accompa~ne mieux l'attacbe du cou quand
ti est un peu macgre.

Mais, en revanche. les chapeaux
étaieot élevé, en íorme de serr•
on Y exposait des oiseaux becque:
13nt des primeurs.

Un joli chigoon en c¡ueue de castor
mouble agréablemenl les épaules.

&lt;ln y Caisait des exoosltioos de papilloos

et d'borticullurP.
Que dira l'année prochaine !

�340

____ L'lLLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

L' ILLUSTRATION, JOURNAL ONIVERSEL.

membre de la commission des bospices et du hureau d
chante habilement et aYec assez d'expression l'air du
bienfaisance, et remplit les_fonctions de président de ~
premier acle : Or sai chi l'onore, etc. Je ne saurais lui
Chambre consultative des Arts et Manufacture~, et de
faire un crime d'avoir supprimé celui du second acle,
juge au Tribunal de com_merce.
qui demande une voix pure, facile et point fatiguée.
Ses ateliers d'imprimeur étaient soumis a une diaei.
Autrefois, - cet autrefois comprend toute la période M111 Van der Beck a beaucoup a apprendre encore pour
commen~ant a \'inslitution des grands prix et finissant dire convenablement la musique de Mozart. M. Baragli pline nécessaire, il n'en était pas rooins le pere de Bel
a l'année 1863, - les concours de peioture, sculplure, perd de jour en jour le peu de timbre que la nature lui ouvriers: il n'cn renvoya jam.ais un seul pendant lea
musique, ele., étaient jugés par I' Académie des Beaux- a donné. M. Oelle Sedie chante avec beaucoup de grace tem¡is de chómages.
La ville tout entiere a voulu honorer les funéraillesde
Arts. Les couronnes étaient distribuées sous la coupole le duo: Lá ci darem, el la sérénade: Deh! vieni al/a fidu palais Maiarin, et la cantate du compositeur lau- nestra, el il est plein de feu dans l'air: Pin ch'hun dal vino. cet homme de bien. Un immense concours a accompagné
P. P.
réat y était exécutée en séance publique. Quclques- Quel dommage que sa voix ne soit pas plus grave, et sa dépouille mortelle jusqu'au cimetiere.
unes de ces cantales, - celles de ·M. Fr. Bazin, par qu'elle disparaisse si souvent dans les morceaui d'en~,
exemple, de M. Aimé Maillart, et en ·dernier lieu, de semble ! Celle de M. Scalese a le meme défaut, qui est
M. Paladilhes, - furent chantées ensuite a l'Opéra: funeste daos Don Giovanni. ll y avait des basses-tailles
mais c'était une faveur exceptionnelle, et qui ne t1rait du temps de Mozart: il n'y en a plus maintenant. Est-ce
IHEURS ET TYPES D'AUJOURD'BUI.
pas a conséquence. Cette prérogative de juger les con- la faute de Mozart' Est-ce celle de la nature? Non. Mais
LE G.lR{:ON DE llUREAU.
cours ayant été tout récemment ótée a l'Inslitut, on a les ch 1teurs d'aujourd'hui font de tels efforts pour acdécidé que la cantate couronnée serait exécutée cbaque quéril n haut quelques sons !'riards, qu'ils déplacent
Voir le N• t t!8.
année a l'Opéra.
leur v 1let en détruisent le timbre. M. Mercuriali se tire
C'est ce qui a eu lieu, vendredi dernier, pour celle de assez i L'D du role de Masetto. 11 paraiL jeune, et pourra • Resté seul, le chef de division se remit a sonder la
M. Sieg, qui a obten u le grand prix au dernier concours. faire , aelq11e chose s'il travaille. Mais M. Antonucci, grave question qui lui était soumise, et dont la Fnnc:e
Un concours préafable avaic été ouvert pour les pa- qui chante toujours faux, s'est surpassé dans le role du s'inquiétait a si juste litre. II s'agissait d'une somme de
roles de la cantate. L'reuvre préférée, lvanhoe, 3. été Commandeur.
trois francs cinq¡¡ante, que réclamait un vitrier, et que
prise, comme son titre !'indique, dans le beau roman
Au dermer concert du Cirque Napoléon, M. Pasdeloup seize employés stupéfiés (de cinq a d1x francs par joor
de sir Walter Scott, etje ne doute pas que M. V. Rous- a faiL entendre puur la premiere fois une symphooie de louable éconumie) avaientreconnueetre indumentpo~
sy n'ait fait les plus louables efforl~ pour mettre dans ses Rohert Schumaon, coupée sur l'ancien patron, divisée, sur le comple de l'ébéniste.
alexandrins l'éloquence, le mouvement, la verve, la par conséquent, en quatre parties : Allegro vivace, Ríen ne prouve que dans le cas ou sir Edward eutea
passioo, et la merveilleuse poésie de l'écrivain écossai~. Larghetto, - Scherz.o, - Pinale. Seulement, le troisieme une arme en sa possession, il n'eut pas commis quelqae
II faut lui savoir gré de l'intentioo. S'il n'a poinl réuss1, morceau est lié au second, et le premier est précédé, monstrueuse action. ll s'était approché d'une grande ft.
comme le premier allegro de la sylnpbonie en ré de Mo- netre, et calculait avec férocité le nombre des pavésa,ec
ce n'est pas sa faute.
11 doit toujourt y avoir trois personnages daos ces zart et celui de la symphonie en la de Beethoven, d'une le carré des distances. Tout a coup, d:ms le paroxysme
sortes de picces, le programme !'exige, une femme et introduction a~sez largement développée. Cet ouvrage de sa rage, il poussa un cri terrible :
deux hommes afin que le ruusicien puisse faire chanter est tres-savamment écrit et vigoureusement instrumenté.
- J'irai chez le secrétaire général.
successiveme;t un soprano, UD ténor et une basse-taille, Malheureusement la mélodie n'y est pas abondaote. Beure11sement, sir Edward était bien mis. ll s'engapuis les accoupler dans un ou deux duos, et les .r~unir J'entends cette melodie claire, aux formes précises, a gea daos des galeries toutes brodées d'arabesques, et la
dans un trio, qui sert de couronnemeot a son ed1fice. l'allure Mgagee, au caractere franc et décidé, a l'ex¡,res- huissiers dai,rncrent l'aouoncer. 11 attendit longtempa¡
Les trois personnages de la cantate sont Rebecca, lvan- sion saisi~sante, que l'on trouve toujours daos les reu- les secrétaires génMaux n'aiment pas a etre importahoe et Brian de Bois-Guilbert. Ivanhoe, comme de rai- vres des grands maitres. Vous ne savez jamais quel sen- nés quand ils allument un cigare. Enfin on l'iotrodoilit.
son est le ténor, le faroucbe templier la basse-taille. timenl anime le compositeur, et vous cherchez vainement
Des les premiers pas, le gentleman s'aper~ut qo'il
Le ~ntraste de ces trois caracteres offrait évidemmeut ce qu'1l veut vous dire.. JI y a cependant une phrase as- avait quitté la puante atmosphere des bureaux, et qo'i
de grandes ressource, au compositeur, qui avait toutes sez agréable daos le $Cherzo, et de jolis eflets daos le fi,- parvenait a la région des hommes d'esprit. Entre a
\es occasions dés1rables de meter « le grave au doux, 1&gt; 1iale, qui est, je crois, le rri.eilleur des quatre morceaux. chef de division et un secrétaire général, il y a un lel
la teodresse a la férocité, les effets suaves aux effets vio- Bref, la symphonie en si bémol de Schumann est évi- ablme, que c'est un fo! espoir a !'un d'espérer detenir
\ents et les soupirs de la flute aux hurlements sauvages demment l'reuvre d'un tres-habile bomme, mais c'est le l'autre. L'administration étroite cesse au seuil de ce cadu t;ombone. La faiblesse poétique du livret n'était pas produit du calcul plutot que de l'inspiration. - Musiqne binet, et, coro me l'administration large n'existe pas, il
un obstacle, ni peut-etre un inconvénieul : c'cst juste- trcs-eslimab!o, mais trcs-peu délectable. Que de volonté, n'y a plus d'administration du tout.
ment le role de la musique de mettre daos une rouvre de travall tt de science dépensés en pure perle, faute de
II est bien entendu que nous parlons de l'homme el
cbantée la vigueur d'expression et la vivacité de colorís ce je ne sais quoi que la nature seule donne et que rien de la place,considérés relativement a eux-memes¡ relaqui ne sont pas dans les paroles. Comparez, par ext)m- ne peut suppléer '.
tivement aux employés, le secrétaire rénéral peut d'ailple, l'effet que produisent sur vous, a la lecture, ces vers
Dieu, apres avoir fait le monde en six jours, dit la Ge- leurs etre tatillon au dernier point. Ce n'est la souffll
ncse, se reposa le seplieme. Mais M. Adolphe Sax ignore qu'une forme, dont il rit lui-meme entre deu1 mon;i
de Guillaume Tell :
ce que c'est que le re pos. et cr monde d'instrumenls sait qu'il esl la pour géner les autres; il n'ignore pi
Déji Gessler, préludant au1 batailles,
nouveaux qu'il a créés s' accrolt cha que jour sous sa main que chaque employé est créé pour entraver quelqa
O'un vieillard a tranché les jours :
infatigable.
Dernierement encore, il a fait enteodre un chose; il tient a donner l'exemple et a remplir quelqae,
Cette victime attend des funérailles,
saxophone alto, un trombone et nne trompette acylindres, fois sa place. Plus d'un colon, qui fait donner le fooell
Elle a des dro1ts a tes secours,
un dernier-né dans la nombreuse famille des saxhorns. ses esclaves, est tres-philanthrope a dlner.
et \'impression que vous recevez du chaot énergique, so- Oo rie saurait imaginer la puissance, l'éclat de ces merCe secrétaire-la étail un coureur de ruelles ; fort I.W,
lennel et profondément passionoé que Rossini a écril veilleux agents de sonorite, et en mr.me temps leur dou- il s'habillait a ravir. 11 savait que les femmes regardell
ceur, leur extreme volubilité, leur justesse inahérable. rarement la tete d'un homme, mais observent toojOIII
· sous ce quatrain ridicule.
Je ne veux point opposer ici a M. Sieg, qui n'est en- CPstubesimmenses, autrefoissi rehelles,se preteotmain- ses gants. 11 y a si peu de belles tetes, il y a tanL dejtcore qu'un heureux écolier, Rossioi ou tout a11tre maitre. tenant a toutes les fantaisies du compo5iteur le plus ca- lis gants! C'était aussi, el par conséquent, un courtislL
Mais oo a le droitde chercher, daos une cantate couron- pricieux. lis nuancent la mélodie comme des violons. lis Au mieux avec la femme du ministre, il couvrait 11
née, quelles qualités, ou au moins quels g,ermes de t~- moJ.ulent,soupirent, papillonnentetmultiplientlestriples roaltresses de ce dernier. Comme ambition, il aspini
lent luí ont acquis les suffrages dujury. l avoue que Je croches comme des flutes. Le plus curieux de !'affaire, au conseil d'État.
'
' point tro11vés. Que l'haruio01e. en so1t. correcte, et
les ai
c'esl qu'une véritable flute se trouvait la, et qu'au milieu
Sir Edward eut quelque velléité de ne pas dire !lO"'
l'instrumentation réguliere, je ne le nie point. Mais don- de celte formidable tempate de sons cuivrés, pas une des quoi il était venu. :Mais sa colere, un instant LOmbét,
ne;ait-on le prix de l'éloquence ou de la poésie a une notes produites par le délicat instrument n'a été perdue. remonta a son cerveau, et il parla.
piece qui a•nait pour mérite principal d'etre exempte de Ce M. Sax est décidément un grand magicien.
Celle fois il comprit qu'il n'avait pas de ménageG. HtQuET.
a garder, et il accusa pele-mete garfon, em¡,loyés, e-'
solécismes? On y demande encore autre ch ose, des
idées par e1emple, et d~.ns une reuvre musicale quelde bureau et de divis1on.
- Mais c'est toute l'administration que vous,_
ques 'idées mélodiques .n'auraient pa~ été _de ~rop. ,L'aume dénoncer, fit le secrétaire général.
teur, dit-on, est tres-Jeuoe, et son 1magmat1on napas
M. CAIUIERE, DE RODEZ.
eu le temps d'éclore. A la honne heure ! cela !'excuse,
- Toute, répéta sir Edward.
- Écoutez, reprit le secrétaire, comme votre .,.,
mais ne j ustifie pas le jury, qui, en couronnant solennelleLa ville de Rode1. et la presse départementale vienoent
n'est pas une affaire administrative...
ment un long et pale tissu de lieux communs, semhle
de faire une perte regrettahle. M. Pitrre-Blaise Carrere,
dire aux éleves de l'école : Voila, mes amis, ce qu'il faut
- Mais si, cría sir Edward.
directeur et propriéta1re du Journal de l'A.,:eyron, est morl
- Comme c'est une aflaire personnelle, je ne
{aire pour réussir. On ne saurait donner ala jeunesse
au commencement de ce moi~.
qu'une chose pour vous : allez de ma part trollfl'
un plus mauvais conseil.
11 trouva dans le patrimoiue héréditaire le Joumal de
chef du personoel; portez-lui votre plainte, j'
Le Tbéatre-Italien a repris Don Giovanni. L'exécution
l'Aveyron, qu'avait créé son pcre. 11 sut donner a cette
instrumentalc est plus soignée de beaucoup, plus intellifeuille une importance et une vitalité e1ceptionnelles, en qu'il vous fera droit.
- Vous espérez... murmura sir Edward.
gente, moins décolorée qu'elle ne l'a été depuis l~n~la consacrant a la défen~e de la cause qu'il servait,
- Que voulez-vous que je fasse? Tout le monde
temps, bien qn'elle n'ail pas encore toute la nettele decelle de la liberté et de l'ordre.
peut pas tout faire dans une administration. Je
sirable, et les intentions du maitre sont mieux tendues.
11 fut maire de Rodez a deux reprises différentes, et
111
renvoie al'homme qui a la charge des personneli
L'exécution vocale est moins sat1sfaisante. M Palti est,
dépleya daos les fonctions municipales une intclligence
a \a vérité, une ravis~ante Zerline, actrice pfeine de
de plus?
Sir Edward alla trouver le chef du personnel.
grace, de finesse et de coquetterie naive, cantatrice d'une et une fermeté rares.
M.. Carrere fut egalement, pendant de longues années,
simplicité adorable et d'un gout exquis. Mme de la Grange

•

- Un gar~on de bureau, tui dit ce dernier... cela ne
pas. Voyez le chef du matériel.
Sir Edward alla trouver le chef du matér1el
- Bien, tui dit celui-ci, j'en causerai avec ie chef d
• 11 ement le gar~on est dans son tort u
boreau, et s1· ree
- Réellement? Moi, sir Edward, je vous le dis.
...
- Bien, bien, ~ien; j'en causerai ... je vous promet~
d'eo causer. _Ma1s l'heore sonne ... Ah! mon Dieu !
)l, Bayeu1 qui part. .. toujours avant la demie... Vous
rmettez?
.
peEt le chef courut apres
son employé.
C'élait a peu pres l'heure de la fermeture. Toutes ces
. t f d' ,
courses avaien re ro1 1 1ardeur de sir Edward, mais
ooo sa volonté. 11 se retirait lentement
- Eo causer, songeait-il. Et avec le ~hef de bureau..
C'est une affaire arrange~, le gar~on restera.
·
Unjuroo ful alors proféré. ll est intraduisible en tano ·
gage eur1.
n..aod sir Edward fut daos la rue
vu . .
.
···
- Ams1, contmua-t-il, j'aurai le dessous. Moi rrentl ~
.,
··t· 1 • · ,
,0
e
man, J aura1ere a mee
d un laquais' et toute sa vie
•
cel omme se 1vrera a 1a joie en pensant a moi Pe 1_
h
élre en cet instant il conte son exploit asa fem~e e~)
ses enfaots, s'il en a. Cette pensée m'Gst insupportabl ,ª
Qooi' serai-je forcé d'aller jusqu'au bon Oieu pour
ieoir justice, et pouvoir saos honte contempler roa st
111ette'
a11e regarde

o:~

Le soir meme, apres son dlner qui fut amer sir Ed
'
,
ward passa uu f rae et se rendit chez son ambassade .
Dl'avait connu a Londres et ce dernier le re,.ut
~

bien,

,

i

t'or

Poor la septieme fois, sir Edward récita sa mésaventare.

1( termina, ~n demandant a l'ambassadeur de lui obteDJr une aud1ence du ministre.

- Pour cela? dit l'ambassadeur.
- L'Aogleterre tout entiere a été iosultee dans ma
persoone.
- Goddam ! fit l'ambassadeur.
,:.,L'aff'airi:
. . prenaitd'immeoses proportions. L'entente cor-e eta1t en so~~ance. Nul doute que Baptist.e, sem~ble au Romam des guerres puniques, n'eut tenu la
pllX et la guerre daos les plis de son manteau.
A oeuf _h~ures, l'ambassadeur et sir Edward étaient
dtez le ministre,- II y avait petite réunion. Sept ou huit
lemmes, _don~ cmq ou six jolies, minaudaient et caque~eot: B1en~ot le sujet de la conversation générale fut
le~trée de l ambassadeur d'Angleterre. Ce dernier avait
pns_l~ ~ini~tre apart; que pouvaient-ils se dire? Grande
el leg1t1me emotion.
Ce~odant, quand les deux hauts personnao-es revinrt~~ ils paraissaient calmes; leurs allures étaicnt bien•e11l.ntes; aucun nuage n·obscurcissait leur front· auCIID
'
,
i . re~.le d'ecume
ne blanchissait leurs Jevres. Nrille
~d1SCretion ne ful commise; mais on remarq11a ces der~rs m~ts, d1ts par l'Excellence fran~aise a l'Excellence
bn1aD01que :
- Soyez certain que réparation sera faite.
laLe lendem~io, cette phrase avait couru daos París, on
com~ent~1t dans les cafés et les salons; quelques
gens bien mformés affirmaient qu'une collision san::te.avait eu lieu entre trois vaisseaux de la marine
.~se et quatre navires anglais· que les Fran"ais
ltllet"
.
,
'$
0 et~. v~mq~eurs
sur toute la ligne, et que la
: : ne s eta1t po1nt passée ailleurs qu'entre l'ile de
mé!y ~t le cap, de la ~og11e. O'autres accoururent ef.' disa~t qu 1_ls vena1ent du ministere, et que l'en"Jé angla1~ ava1t fait demander ses passeports.
'ti.Ouant ~ sir Edward, il s'était retiré plus tranquille; il
pouvait plus douter de l'accomplissement de sa ven~ · Une pensée néanmoins le chagrinait encore. Le
avait dit: «_ Des demain j'en parlerai au secre. g~néral. A quo1 me sert de gravir les échelons sonlllit 8lr Ed-~v~rd, SI· on me for~e a les redescendre
' de
r1111re
,
cote• Sir Edward aura1t vouli1 que le ministre
141 lui méme prendre Bapfate au collet et te
lai,- deho_rs. 11 commen~ait a comprendrc l'ulilité de
ueue dr,nte.
Sorto
,-~ouh
. ut, d'it-'i·1 en qu1ttant l'ambassadeur, ne laissez
llthés lier cette affaire. Mes yeux ne sont pas plus atCe ama téte _que ce de~ir ne l'est a moa creur.
~~.nu1t-la, sir Edward dormit mal. Tout au conun de nos compatriotes qui, le lendemain se
• é•eill
'
.._
~ ~· b·1en portant, ·11 se trouva le leodemain tout
lains u~eux qu~ la vei_lle. Sa fureur était peut-étre
demonstral1ve, malS plus intense et plus profonde.

:litre

.:!

341

Quand
,
~ - - - - ____ _
lais e~ne ~en~é~ ~ e~t lo~ée dans le cerveau 'd'un An- criminelle et l'a fait guillotiner. Je ne sais pas si je
gil . ~ en y v1eil11t Jama1s et n'en sort a aucun prix; pourrai quelque chose pour vou~.
I e _e_sl arrange la une P&lt;'tite case asa fanta1sie, y élit do- - Mais... fit sir Edwtrd.
m,c, e' paye ses contributio
•
..
os, v1·1 comme
elle peul et
- Je vais toujours essayer, inferrompit le roi.
ne rel~o1t p~~ de v1~1~es. Elle n'e,t nullement iocommodée
Et, ayant pris un papier, il écrivit:
~~:ce :su ~~;~me~. Si: ~.dward retrouva son idée a la
« Je prie M. le Ministre de .... de renvoyer sur l'heure
1 Ce endaot~a1t la1gsec la ve1lle.
,.
et_d~ ~e plus tolérer comine gar~on de bureau daos son
fi P
e_ ge~tl.eman co~pr1t qu 11 fallait sacri- mm1stere, le nommé Baptiste... , etc.
1 er queIq~es JOUr~ a la pat1ence. L'affaire était en
Et il signa:
bonnes mams • l' b
d
. .
.
.
, '
assa eur para1ssa1t y temr autant
~ LB Ro1. »
1
I que, ~1, e~ 1ambassadeur voyait le mmistre quand il le
vou.a,t vo1r.
-:- J,e ne r~ponds encore de rieu, dit-il en tendant le
11
·
•
,
fi Y ª heu de croire qu en efTet un grand travail ph a I Angla1s.
~~a~:r:~r cette ques~ion, qui ne fut pas, comme tant
. Celui-ci s'en empara, remercia, sorlil et vola au mia autr ~,1~baodonnee dan_s ~ coin du pamer. De temps nistere.
.
·re, am~assadeur d1sa1t au gentleman:
Commeot
t
ut-on
pu
résister a cet ordre venu de si
« out va bien. »
baut, et lancé a toute vapeur par la main de sir EdEL 1 • •
. .
ce ui-ci ne la,ssait pas d'espérer, tout en se de- "'_ard? Comme bien ,ous pensez, le gar~on de bureau
mandant
b' d
·
1, : 1 com ien e temps il falla1t pour rnettre un va- disparut et l'Anglais revint a sa statuette.
etaaporte
Parfois il souriait en songeant qu'il n'avait rien moios
r rms·. mo1s· · tro1s· lon"s mois. •· ¡·
t . ,. : '
. 0
s ecou crent amsi; et fallu ~ue. le sceau royal dans un plateau de la balance
a~tot e etait une difficulté, tantót c'était un retard. pour eq111hbrer la volonté de llaptiste.
..ous les _chef~ avaient été consulté~, les ordres don- Deux mois apres, le chef de bureau obtint de l'avanne_~ ~eve~a1ent ~ le_ur auteur; en fin une décision ful cero~nt. JI fut nommé chef de division et réintégra
pr~e, ;~ ement irrevocahle qu'on put la croire exPcutee. Bapt1ste daos_ son anlicharnbre. La chose :,e fit saos
ir ward attendit encore huit jours; pu1s n'ayant
bru1t: les pet1ts ayaot toujours raison.
dP~: revu la stalu~t~e depuis l'heure de l'atten~at, il se
L:égalité mod_erne, c'eit tout simplement l'infériorité
mgea vers le mmwtere
de I homme poh et la supériorilé du rustre.
11
•
. •
_Y belutra v1olct, ams1 que tout Anglais bien né; il en
&amp;'íl\Y MARET.
sort1t . anc, avec des taches noires, comme cette femlle
de pap1er.
Le premier visage qu'il avait vu, c'était le v1sage goL'KlPOSITIO! DIS BUUI-ARTS, A BKRLIJ.
gueoard et dédaigneux du gar~on de bureau.
. -;- Bien~ ru~it sir EJward, le gouveruement veut que
~e qui frappe au premier abord, daos le salon berli••
Je I assassme, Je l'assassinerai.
~01s de cette année, ouvert le 4 septembre, r,'est la pe~ir ~dward se plaignait sans raison. Si, au lieu d'a- hlesse des toiles et le progres évident de la technique.
vo1r éte msulté par un gar~on de bureau sir Ed d Sous ce :apport'. les peintres alleruands de Dusseldorf ou
' t ·1· 1 . •
,
war
eu e e ma traite par un officier de paix il eut été
t . td f . 1
'
con- ~e Mumch. ava,eut beaucoup a gagner. Les Berlinois
ra1~ e aire ui-meme des excuses. Pour que l'ordre 1ont compr1s, et, avant de fonder a leur tour une école
subs1~te danq unP. société, il est, parait-il, indispensable ~te que celle qui se forme actuellement sous nos yeux
que I ho?ncte bomme obfüse au faquin.
i s_ sont all~s, pour la plupart, il Paris apprendre Á
. La nmt ayant porté cooseil, l'Aoglais résolut un der- ~emd;e. Riches d'idées et de sentimen;, mais timides
01er efiort, avant d'en arriver au meurtre ou au suicide Jusqu ato~ daos l'exéeution et presque aveugles pour la
11 retrouva _son a~bassadeur, et, cette fois saos lui don~ couleur'. ils sont allés apprendre chez Delacroix Cout
ner de mot1fs, e11gea une audieoce du roi.
L. Cogmet, Gl~yre, Daubigny, Rousseau, aexp;imer ~::~
Daos ~e temps-la, un roí régoait sur la France.
gement leurs mtentioos et a représenter la nature
commentai~es ph·1I osoph1ques.
.
sans
-· .Ma1s pourquoi? elclama l'ambassadeur.
lis ont compr1s a temps
, -:- ?ites que je tieos a voir le roi aujourd'hui méme. que ~ornéhus et Kaulbach ne leur donnaient point le
J a1 decouvert une conspiration.
dermer mol de l'art allemand, et qu'il ne suffisait pas de
- Les détails?
concevo_1r des compositions colossales et apocalyptiques
- Nul ne les saura de moi que Sa Majesté elle- pour f~1re de la grande peinture. Ramenés, d'ailleurs
meme.
au senttment et au naturel daos l'invention ils
,
.
,
se sont
L'ambassadeur
aux Tuileries., et, quaod 1.1eut apphqués a· 1a ?emture
,
. courut
.
de chevalet et ont commencé
a rfi.rme la morahte
de son compatriote, le ro1·, t re·s-10- f~r~s de la tech01que fran~aise, a regarder le monde ex~
.
qu1et, se _pre~ar~ a le recevoir. II fit évacuer son cabi- tér1eur de leurs propres yeux.
net, et b1eotót sir Edward fut iotroduit.
en se d A part un~ magnifique étude de femme nue, couchée
- Mon cas est épineux, pensa sir Edward
ans un bo1s et de grandeui: naturelle de M V . t
voyant en présence du souverain.
Muller, de Francfort, large et solide peinture .
JI se jeta a corps perdu daos le péril.
~embres de l'Académie ont cru devoir par pud::re es
- Sire, dit-il, l'un des premiers jours de ma·
.
. Ed d ., . .
1, ruo1, 1.e~uer daos u~ corridor sans lumier~, une Léda'
sir war , ~ ~1 éte ~rossicrement insulté par un gar~on e~egamme~t pemte'. de M. Boutibonne, de Paris, un énera_e bureau. J a1 grav1 tous les échelons ile l'échelle so- g1que Clirist et Marie- Madeleine de PlockJw t t
ba
'
rs , e un asc1_ale pour ~~tenir j ustice; tous se sout brisés sous mon sez
b
e u groupe représentant les dett:t Marie au tomp1ed. M~ vo1c1 au plus élevé; je lui demande satisfaction.
eau, par ~m• Anna Schley, la grande peinture n'est
_Ce r~1-la eta1t, par hasard, un homme d'esprit. il se guere representée parmi les sept cents toiles d t
m1t a r1re.
'
compose l'exposition de Berlin. Une Graziella d
Rse
. - _L'échelon vous l'accorde, répondit-il. Mais, la cons- !olphe Leh7aim, de Hambourg, que nous croyoens ~vo:;
p1rat1on? ....
ue au_ ~a on. de Paris de i857, et qui rappeile daos la
- L~ voila, reprit sir Edward saos s'étonner. Daos le compos1t1on 1Improuisate11r de Léopold Robe t
.
s~ul fa1t que le plus bas commande au plus haut, n'y a une_ toile pleine d'intérel, si l'air et la lumie're :., :;:1t
t-11 pas conspirat10n cootre Sa Maj este?
q11a1ent presque absolument. Telle qu'elle est /
-. Vor1s ne conna1ssez rien aux soc1étés, dit le roi en n_ionotone, elle laisse a p~ine apprécier la fi~;rne et
sour1ant.
. . Ce dont vous vous plaignez est la base des ~1~usc et passionnée de lajeune Napolitaine, pe~ch:::~;
const1tut1ons.
Le senius servorum n'est pas seu 1ement l epaule du bel etranger qui le roman de Pa l t v:· .
.
vra1 pour ~e Pape, il l'est pour toru: les souverains. Ah! nie A la main, forme le cent;e du tableau Leu
irgis1 vous anez eu a vous plamdre de moi c'eu· t él . b'
ch~s
capit_
a
u.x,
de
M.
Ernest
Ewalcl
qui
v1·e·
nt
ds
-l't
P~d·fr
,
e ,en
'
e rentrcr
i crent; vous a_uriez partout trouve des protecteurs. dans sa \'t 11e natale aprcs un séJ·our
d
h
.
.
mt ans a Par1s
Pour se ve_nger, il ne faut pas monter, mais desceudre. et ~n 11.ª¡-ie, meritent de nous arretere davanta
e Nou8
Plus vous irez haut, plus vous trouverei de faibl esse. reprodu1sons cette compo•ition • 'd
· .
N
"
, evi emment ~msp1rée
ous ne commandons a personne tt tout le monde nous par 1a vuc des grandes reuvres rlass·
. qui.
·
•
.. .
· u¡ues ma1s
~ornmanile. Quand o~ veut punir un gar~oo de bureau, neanmoms a ete fort di5cutée Quo·
t·
.
'
¡,
t
·
iqne 1llen, Paul Véil n~ faut pas ecr1re a &amp;es ~upérieurs; la lettre reste au ron se e meme Raph'lel, a1ent traité des sujets analodossier.
Il faut aller trouver sa femme • Tenez, Je
. con- .g_ues, o~ se demande, en etfet si un pareil mofl'
.
1
a '
ne conna1s un _av_oc~t général qui a partagé YOtre infurtune; v1endra 1t pas da t
q 'a
.
van age la decoration architecturale
comme_ JI eta_it avocat général, il a fini par trouver un
1
u . a pemture, telle du ruoins que nous l'entendons d
stratageme: ti a compromis l'homme daos une affaire nos JOurs. Nous avons cessé de DOUi intéresaer aux type:

I
I

ª°'

'~¡°r

ro:;

;r.

!_..

�PGB~BAEI DI IGEBGB

•

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

342

M. G. NADAUD

PAROLES ET MusIQUE DE

~
UNE CHANSON PAR MOIS.

POUR CHANT ET PIANO.

-+--+--+Andantino.

p

CHANT.

Voici le portrait fi. de. le

PIANO.{

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. ._,

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-

•

...

...

11

p

Qui prendra,j'en ai bien peur,

1

.~

~ C'est la fil.le la plusi . blon.de
V

le

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_,. Ano · WCDUPLET;._,

De cel .

Du

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Vou.lez-vous savoir son nom? ,

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Toi . non.
111

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1

p

1

"'
EXPOSITION DE PE!NTURB DE BERLIN: LES SEPT PECBÉS CAPITAUX. -

abstraits ou allégoriques, et une gardeuse de dindons a
plus de cbarmes pour nous qu'une diviaité de J'Olympe.
Nous y avons gagné quant au naturel, mais nous devons
d'autant plus de reconnaissance a ceux qui," de nos
jours, ont le courage de ne pas désespérer de l'idéal et
mettcnt Jenr talent au service d'une pensét élevée. Le
tableau de M. Ewald est peint, d'ailleurs, avec beaucoup
de solidité et fait preuve d'une grande science de dessin.
Un fort remarquable -tablean de ·M. de Heyden, connu
aParís, ou il a valu ason auteur une troisieme médaille,

Tab,eau de Al, J!.w•ld.

représente une Sainte Barbara, apportant a un minwr
mourant ies derniers sacrements. L'auteur a été, dit-on,
mineur lui-meme, et c'est ce qui explique et excu.~e cette
étrange scene dans laquelle le costume moderne (c'esta-dire la veste et le pantalon) se rencontre avec l'apparition merveilleuse d'une sainte. Si nous ne croyons plus
a de pareils prodiges, qui, par conséquent, seront pour
nous sans intéret, nous croyoas toujours a la grande
peinture, et M. de Heyden est sur la voie qui y conduit.

Pour terminer la série des grandes toiles, je ne feni
qu'indiquer le tableau de Lessing: f!.uss de1Jant le büehtr,
reuvre consciencieuse, d'un beau caractere, quoique
· d'une touche un peu léchée, comme toutes les reuvres de
ce maitre et de l'école de Dusseldorf. Cette grande
composition est, du reste, déja connue par la gravure,el
je ne sais trop pourquoi elle a pris place a l'expositioa
de cette année. Personae cependant n'a le droit de s'en
plaindre, car elle est le seul véritable tableau d'bistoire
que l'on ait a mentionner.

Sa che.ve.lure in.do

ci. le

r

i

-

'

Os . cil .

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"',, Son nez
, . plein de hard"i . es. se

..

-,:¡

rr!f scc

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J

,

"
v

dres

-ti

p~. J

~

...
J

1

C'est la fille la plus blonde
Du monde·
Voulez-vous savoii son nomy
Tomon.
Sa cbevelnre rndocile
Oscille
Comme le seigle mouvant
Au vent.
Son nez plein de bardiesse
·
Se dresse,
Klle a des petits 1eu1 gris
Sonns,
Avec un reflet étrange
D'orangP.,
Ou se gh,sse un rayon pur
Dazur.
!

Ses levres semblent deux fraises
Fort mes
De voir les perles qm sont
Au lorid ·
Kl deu1 pEliles Íossettes
Soot pr~tes
Arire au premier bon mot
D'uo sot.
Sur sa peau !impide éclate
• L"agathe,
.
Kl, sous les tissus disrords
Son corps
'
Souple comme un cou de cygne
S'md1gce
De l'étrernte des corsets
rran~s.

~

. se,

r

r

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1

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Elle a des ,:Íetits yeux gris

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1 Ll

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Áve'c un reflet e. frange D'o. r~n .
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njf. J .J l .J J

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1
5

CbtnOIS,

Et quand sa main éléganta
Se gante,
Oo la pourra1t d'un baiser
Toisar
Elle est bien la plus mignonne
Personne
Et !'esprit le plus étroit
QUI SOlt.

Elle n'a pas deux idées
Soudées
Dans son tout petit cerveau
D'o1seau.

,:,,

Elle n~fait rienqui vaille
Et Mille
En arrangeant le matio
Son teint.
'
Et puis comme une aloue\le
Caquete,
'
Quand oo est dans son boudoir
La soir,
Elle dll des fariboles
Si folles
Qu'on les repele parlo1s
Au bois;
l!ais ella en rit la premiare
Bien fiare
'
De montrer ses dents et ses
Succes.

4.

-,
l

r

•

D'a. zur.

3

Elle a des pieds rid1cules ·
Ses mules
'
Chausseraient_au plu1 deux doigts

r

Rnll

o.u se' glisse,un rayon
, pur

. ge,

J

-.. ....-d!f",

r

1

,SIÚ l"eZ

'

k~

Ses lévres sernblentdeux

~

-~=
p

1

o Tempo

p

r

...

...

~

7. \

Adieu, rires, cbansonnettes
Fossettes,
'
Cbeveux, propos et regards
Epars 1
Voyez-vous celle amoure11se
Pleureuse,
Qui n'eut jamais de chagrín
Un grain 1
Sa nalveté fnvole
S'envole,
Le colorís de son teint .
S'étefot;
Elle n'est plus qu'une bonne
Personne
Eh bien, malgré' tout cela,
Voila.

6

Klle n'a jamais pu snivre
Un !me
Jusqu'au tro1sieme feuillet
. Complet,
Trava11ler. comme la pluie
L'enouie;
Réfiécbir, pas ne le peut
Qui veut.
Kntrepnmd-elle un ouvrageY
.Couragel
Vos do1gts sont de si gent1ls
Outilsl
M
a1s erar.! son aiguilla lasse
Se casse,
Ou son pet1t dé d'enlant
Se fend

Elle pleure une romance
Immense
Rien que ponr niootrer qu'elle a
Le La.
Klle crie un air a boire
lilstoire
'
De !aire apprécier, Chut¡
Son Ut !
Bref. elle est inim1tab!e
Atable·
lla1s si i?mais, qoelque jour,
Lamour
Eot1ait chez,ce:te poupée
Drapee
Dans des flots de falba!as
Lilas,

BEl:GEL ET COMP., ÉDITEURS,

0

REFRAIN.
Voici le portrait fidele
De cella
Qui prendra, j'en ai bien pe~r.
llon cmur.

�...

-

L'ILLUSTRATl ON , JOURN AL UNIVERSRL .

l'assistance du gouvernement fran~ais? la misere, lea
souflrances des Polonais récemment ~m1grés ~andill8ent
cbaque jour. 11 faut soul_ager ces m1seres, ti faut_~
b5traction de toute opinton el rle toute nuance pohüque
apour ne voir que la faim, qui· menace de morl ~1us1e
·
1111
centaines de Polonais, dont beaucoup sont gr,e,emeot
blessés. Ceci n'est point un appel banal a u~e charift
· ·t son heurc •, il faut que sans retard •11 so1t fait
QUI· CbOISI
face a ces bcsoins. Que cbacun donne ce qu 11 pourra.
. de la Poloane qui, par cetle note, font appel 1
Les ant1s
0
•
•
d
la France entiere, proposenl une souscr1pt1on ont le
mínimum est fu.é a 25 centime~. Les versemenls aeroot
re~us aux bureaux de tous les JOurnaux
· f . de Pans et des
départements. La distribution en sera a1te par u~e com. . pre'••i'dée par M· t'abbé Deguerry, cure de .la
m1ss1on
Madeleine, entre les mains duqu.el le~ sommes ré11Dies
par ehaque l.ournal seront versees. C est Psur cette
. .pa-.
roisse, a l'éghse de l'Assoruption, que Ihes o1od~a1s e~t a Paris se reun13Sent e aque 1man-.
grés rés1dan
d
AOn donnera commuuication des noms et ,ª ~e~saui
•blessé5 ou des familles qu'il est urgcnt d ass1ster
,
personnes qui. dés1reraient remettre e11es- mcmes 1eun

En revancbe, le genre bistorique est représen:é par
BIBLU@elU,PIOI l.
r t . téressantes a la tete desquelles il faut
des reuvres 1or m
·
'
éd · ·,
Jacer les scenes tirées de l'histoire du grand Fr e~u' Ler dett:.c filies de M, Plichon, par André Lto. -:" Librairie
p M W Camphausen. Son Prédéric le Grand, avec sa sutte,
.
Achille Faure, 23, boulevard Saint-)lartin.
par . .
oossant
une revue ...,. Postdam, esl a peine peint,
. . .tant la
,
leur en est gri-se et assourdie. Mais la d1spos1llon geToute la presse s'est occupée d'Un Mariage _scanilaleux,
~u le la correction du dessin, la ressembhnce des por- premier ouvrage d,Andre• L'eo, u n nom
. mconnu la
:;~~ '1a minulieuse e:-cactitude des coslume~, en ~ont
·11 et qui le lendemain fixait l'attent1on de tous. Le~
e,
" entant
une ~uvre des plus précieuses pour ceux qm étud1cnt ve1
Filies de M. Plichon juctifieront, en 1es au:m
.
cette époque ~¡ glorieuse de l'bistoire de la Prusse. d
encore les espérances qu'avaient fait con~c,01r les deUn bon tableau de genre historique, dont_ cepen an~ buts de l'auteur. Les Filies de M. Plicho~ ne sont
.
d . bien de vous envoyer un dessm, est celm
mieux c'est une étude pme sur le
Je me gar era1
. . M t ar pas un r ºman , c'est
·
'
J
nde
de M. Fritz. Schultz.e, intitulé : les Prussiens a on m if c·e~t la lutte de ce qui est, et que tout e mo
tre le soir du 30 mars t 814.
. .
:n~ens~ avec ce qui devrait étre et que tout le _monde
. ée n'est pas seulement la campagne de i8t4 qm a ms- raille; 1~ lutte de l'idéal et du positivisme. D'esp_r'.t, daos
iré les peintres allemands. Plusieurs tableaux du Salon
.
as l'ombre. et ue croyez pas a une critique de
ce l1vre, P
,
,. t a a place
~ont destinés a éterniser les hauts faits des armées com- notre part. L'esprit n'est bon que lorsqu t1es. s
.
binées de la Prusse et de l'Autricbe contre le. pauvre 11 cede le pas ici a des pages vraies, senties, émue~,
etit Danemark, et les lauriers de Dupp~l ont rr1s p!ace pleines de détails ravissants de tendresse et de chastte.
~ cóté de ceux de Waterloo. Cet enthous1a~me de fra1cbe On nous a dit que \'auteur est une femme; nous ª\l~
date n'a, du reste, pas produit de~ chef~-d reu~re. ~n ne rions devmé sans peine, a la délica~esse de touch~ ,qm
fait as de l'hiEtoire comme on fa1t du Journahs~e ·.
re ne dans tout l'ouvrage. Quest1onnn son é~1tl!ur,
d dé t meuts qui ....
Mp Pauwel d'Anvers, tient au Salon de Berhn I une co~me nous l'avons fait, il vous répondra comme ilnous secours.
(( Les journaux de Paris ou es par e .
'.,..
des .premier:s places. Son Retour des bannis duf d~c a répond11, par un sourire, et il ~ura r~ison. Que vous ouuli, n'auraient pas re~u cette note, sont mstamment
. eharma nte' peinte avec une
ra1- .
ffet~ Lisez le livre a1mez l auteur que! que priés de la reproduire. ))
d'Albe est une to1le
.
importe, en e ·
'
h roble
cheur et une légereté qui contrastent avec l_e_ faire un peu soit son sexe, et tout est dit. Le li vre_ po:te u~e i ueu a
---~,---1 d des écoles allemandes. Cette compos1t1on, dans la- et fiere devise : Paulatim crescam, Je "rand1r~ pi' .d'
o;;lle les épisodes sont' peut-etre un peu ra~assés les peu. Est-ce la devise de l'auteur? est.-ce celle e. e Jp B IME8 DE L' 1LLlll8TRA. TI ON.
q
I utres est néanmoins des plus habites, et ga- teur? Nous l'ignorons, mais tous d~ux en sont dignes.
uns sur es a
,
.
Jargeur
C0LLECTI0~ C0MPLÉTE
íondeur l'espace qui lu1 manque en
• Done bonne chance a tous deux, car nous ne sav~ns
0118
gne e\:roon voit les murs de la ,ille d'Anvers couverts . n de plus svmpatbique que l'intelligence des a[a1res
r1e
•
.
.
A gauc ' .
. balance a la vue des arrivants, mise au service d'un talent vra1.
OOOVRRS SPtCUliRS \lO\;R PlANO ADBUX IAIU
d'une foule Joyeuse qu,
'
l S h Id
'DI
JoLES
DE
\VAJLLY
FILS.
des étendards et des guirlandes. Au dessous, a _c e e
BEETKDVUI. 1 DZlRT, WEBER, HlYDI
bateaux
qui
ramenent
les
ex1lés.
est cou,ert e par les
d·
1T DI
distinguée sert dt pendant fort angereux
SEPT SONATES CH0ISIES de CLEMEim
Cette reuvre
h ader I' des
.
.
t
·
mais
trouvées
.
a un petit tableau du prolesseur Ju/es Se r '. un . Les questions rehgieuses ne se son Jª
L'Illustralion a mis en Tente deP,uis peu de jours la ,ene
chefs le l'école de Berlin, table,u qui, ~ous le litre de . lus inllmement qu'aujourd'hui m~lées aux que~t,o~s
Phili ine Welser préscntant 11n placet a l'empereur ~~r- politiques. De la cette tend~nce qui po_rte tant d ém : complete des sonates d'Baydn, 7• et 8• TOI. de la _collecdina:1 Jer' a Schanbnmn, rappelle beaucoup la mamere ~ents esprits a étudicr l'origme, la portee, les tran_sf~r tion des reuv1 t.S spéciales pour piano a deux mams des
mations possiblcs et les dcslinées probables du chr1st1a; maitrcs classiqucs, annotées et doig(ées par Ufosc~eles.
correcte de M. Comte.
·
Ces volumes paraissent a des intervalles ~sse.z elo,gnés
C'est une nouvelle incarnation de M. Schrader qui, nisme ..i"iés a une époque d~ transition et d'en~antemen '
dt:puis son beau tableau d'Esther, de!ª galeri.~ Wag;~~; nous assist.:&gt;ns ou nous coopér/Jn~ tous dans I ordre de_s les uns des autres; mais cette lenteur est ,_nd1s~ensule
idée· inséparaule de celui des fatls, a un grand tr~va1I pour la bonne exécution du tirage. Néa~mo1ns l oump
'/ton de l'exposition de Par1s de l805, se
et son M'
,
. .
lle et avec de r¡'novation qui s'opcre comme a tatons, san~ ~1rec- complet sera terminé avant la fin de l année.
chercber tous les jours une d1rect1?n no~ve ' .' .
Nous rappclons a nos abonnés que tous ~eux fl
un rand talent et un faire parfo1s magistral, n .ªm_ve tion universcllement acceptée. Chaque homme. tl son
reuvre
et
chaque
groupe
a
son
drapeau.
Parm1
es
redug
.
éellPment
originale
et
reuss1e.
souscrironl
d'avance a la collection complete n alll'Ollll
pas a une express1on r
.
Tout le monde n'a pas le bonheur d'ct_re un pemtre vres sérieuses, qm. resteront comme des ,monumcnts·vree payerque 50 fr. au lieu de 87 lr.
.
complet comme M. Knaus. Pour lui, des,m et c~~leur~ cette période de lutte, nous signalons a I av~nce le 1; t
O1 et dJil!'lée par le úlebre P,..Collection allemande, annl ee de Ut p••es cbacun. eu ..,-.
M Emilc Barrault va publier prochamemen ' e l~tte
MOSCRELES, formen U 'º umes
..,. .
lt
idée et exrcution, tout se fond dans un ensem e QUI
n~us avons été assez heureux pour enten~re u~e
on• les' ,olumes, 14 r,. au beu de n .
s'appelle : le succes.
d Berlín
les 1 ,olumes, 11 r,, au li_ea de 11 r,,
lecture presque complete. 1l est intitulé : le Ch!'ist, diaLe portrait est fort peu représenté au salon e
.
WIIIEI\ '
1~ I ,olumes, 11 fr. IU l~cu de 11 :
, ma1s
. t·¡ l'est du moins par
le prem1
~TD•,
les 1 ,olum11' 1O r, au beu de 14 .
de cette ann.-e,
.
é I er
s logue theologique entre des gens du monde. Noust~m::~
aLaNllllTI,
1 ,olume. G fr. •u liea de I r,,
intre de \'école, M. Richter, et par ses dignes mu e ' convaincu qu'il rrovoquera de la part de tous e p
Prix
de
la
COLL!CT1011
a11nzu de~ H volumes :
~M. Plockliorst, Schrader, E. ?Jildtbran~, Osear Bégas~ seurs un examen sérieux.
Gracfe, et Knaus. La supérior1te de M. Rt~bter a été r~
80 francs au lieu de 8'S, et 158
SE~!':
¡&gt;'lur ceux de nos abonnés qui soullCl'lront d avan~ reuaeall
connue au salon des Cbamps-Elysées, et Ion se ~appe _e
PUBLlCATIONS N0UVELLES ILLUSTRttS.
tion complete. Cette derni~re fnveur ne sera rigood • 11
JésUS· Christ res,uscitant la fi.1/e de Jaire, de_l expos1son
d
·
leur
brillante
et
accordée que aur l'envo1. de 50 rrancs en un man at
0
f
de 1857 Science de essm, e u
t
le
monde
va
pouvoir
acheter
les
Misérables.
~ne
poste, ou en une valeur sur Pari~.
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:o~érée tout .a la fois, exécution magistrale ~es acce~ou
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Les pri:.c ind1qtlés c1-des~s supp
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soires et, par-dessus tout, expression e~ sent1.ment, te - édition illu~trée para1t par 1v~a sofü,
un peintre éminent, Brion, qui s'est charg~ des_ dess1~s, dans nos bureal.lX; les frais de poa!e (OO ctnt. pa
les sont les qua\ités de cet artiste, quahté~ qo1 nous
nous donne toutes les quatre pages, 1 esq_u,sse d un ,ioyt i,ollmtnt) n'y ,ont fHJI compru.
etter de ne pouvoir l'admirer dans quelque grau e et
'
.
.. s011
· ante m1lle exemtableau Le succes
est immense
.
1111111
::;re bistorique. Sans etrc indiscret, je _crois p_ouvoir
laires.
vendus
en
peu
de
semaines,
pronvent
la
populaL'/llustration
a
fait
un
tirage
a
250
e~em~la1resd,;..
. ortante a laquelle il trava1lle
annoncer une to1·¡e 1mp
.
.de- P
,
.
. ¡ lettre, des eaux ,,ortes dé'a
J publiées et 10éd1tes
tés e i . 1 t mps et qui achevera d'asseoir sa reputat1on rité de l'reuvre et de l'art1ste.
Lá meme lihrair1c prépare, pour les é~ren;ei un~.~~~ 1 elles fonneront un~ ~e dd'alb:s :0:::;:ns de~~;'~e::t~eed'bi;toire. Plus de cent figures entrent dans
.
Robin~on suisse, avec des dessms e an
olTerts a la fin de 1ano e, ans .
cette vaste composition.
.
1 de cette t10:/~•est la ·une bonne fortone pour les enfants _et un I modiques, aux seuls abonnés du Journal.
M Knaus rivalise avec M. Rtchter au Sa ~n . ,
~~cc~s assuré. Le texte a été légerement remamé ~ar
, cer~1"8~ 4
et cerendant dans un portrait en p1ed, il sen
. bien délicate et amie de l'enfance; nous la..
:~i°tee~u encore aux dimensions de la p~inture:e
UM m~m nous memeavecun vif plaisir; et Falken-llorst,
MM. les souscripteurs dont l'abonn~men~:xpile
C'est une femme en robe blanche, admirable e
vons re u
; le singe l'autruche, la baleine el le boa,
30
novembre~ont priés de le renouveler immé .
la
grotte
au
se
,
'
•
d'
·
t
de
et d'effet se détacbant comme une statue sur un fond
.
fin ou tout se trou,e en fa1t ammaux e
s'ils
veulent n'éprouver aucun retard dans la
de tapis~erie, qui donne au portrait toute l'apparence ce pa)S en '
core paru e'excellent.5 intermérlantes nous ont en
,
du
journal.
d'un tableau achevé.
.
diaires 'entre le simple livre d'aventures et ce qu on apMai~ c'est le genre qui abonde, et c'est un ffibo~ lsl1gn~,I
pelle les ouTrages sérieux.
l
b .
1
•
ar cela
prouve que, rtaute de commandes o c1e .es,
OUVRAGIS SCIKRTIFIQUKS DX I LOUIS 1IGUlll
. e nous sommes entrés chcz M. He~e ' sou a1; a des acbete,.m sérieux ala pcrtée desquels les art1~tes,
Pmsqu l bonne année a la petite prmcesse Ilsée,
· · ier
·
.
d a préférer le
Les livres de science populaire de M. Lou1s ~1~
au risque de se faire petits, ne demandent pas m1eu1 tons eneore a
fraiche source orgueiUeuse qui ~p~r_en
,
beaucoup contribué a répan_dre _dans le pubh: ul
que de se mettre.
WILLIAM RJm1omi.
bien qu'elle peut faire a la purete o1s1ve de se~ eaux.
le
gout des connaissances sc1enhfiqucs, et a p ~
ANDJlt LEFtVRE.
(La R1J.ite prochainement.)
une foule de notions utiles. Tout le mond~ stift
~
d·a·111eurs, a reconnaitre la grande valeurdsc1en
uct1oos ..
On nous prie d'im:érer la note ci-jointe, que nous nous les qualités littéra1res des nomureu~es ~ro. en
. . . Les ouvraues de M. Lou1s F1gu1er
Le quatrieme numéro de la Gazette des Abonnés vient empressons de reproduire :
ecr1vam.
0
d'étreond
pour
une large pe.rt, dans les cadeaux
1( Malgré
de nombreux etlorts individuels, malgré
de paraitre.
.
Bureaux : ti, rue Grange-~atehere.

~~!t

:::~T '

~rane:-

fo:1

é

!:: ~é

L'ILLUSTRATION, JO URNAL UNIVERSEL.

--;;i an prochain, parce qu'ils s'adressent a plus d'un

8;.re de lecteurs, en raison de

leur diversité. Par ses
01 Tolumes illustrés, le Savant du foyer, les Grandes
_,,,.,¡ons, la Tme avant le Déluge, la ferre et les Jlfers,
etle oouveau volume qui vient de paraitre, )·mstoire des
p10tes, M. Louis Figuier instruit la jeunesse et lui inspire
le gout des lectures sérieuses. Par ses autres ou~ragrs,
l'Annte scienttfique, l'Alchimie et les Alchimistes, l'llist,ir, du merveille1;:c dans les temps modernes, etc., il s'ad,esse aux gens du monde et aux savants. Tous ces
oaYl'ages ont été puhliés par la librairie Hachette, 77,
bolllevard Saint-Germain, et se trouvent cbez les principaol libraires des départements et de l'étranger.

:e,

J45

Pensée tout ce qui constitue la toilette la mieux comprise, lui-meme, que ce nom était celui de M. Osiris-Iffia; et
celle qui a, daos ses momdres dét1lils, une distinction M. Osiris-Iffla fit un proces en diffamation au Figarode bon aloi.
Programme et a M. Naquet. Le Tribunal condamna

Car ce n'est pas seulement sa mise •i'un gout irréprochable, son ton réservé, qui désignent une femme du
monde; ses dentelles, ses rubans, sa parfumerie, etr.,
donncnt le cachet supreme a toute personn\l qui porte
une toilette bien composée. Vingt fois, a la promen:ide,
au bois, au tltéatre, coudoyant quelque helle dame, on
prononce le nom de tel ou tel fournisseur en réputation.
J'ajoulcrai qu'1l y a dans cette maison, et c'est la un
de ses meilleurs ti tres a la confiance, des traditions de tenue intér,eure, d'honneteté commerciale, aussi I ien que
de luxe et de bon gotit dont on ne se départ jamais.
Les hals, les ~pectacles, sont pour les femmes une
arene ou elles luttent de beauté et de grace, et pourtant,
en ce mois de novembre, le vent glacé d'hiver conspire
contre les teints les plus délicats, les gerce et les rougit.
Pour braver le froid, pour prévenir ou guérir les ger~ures, pour garder les roses de son teint, il faut employPr
la Créme de la ll1ecq11e, précieux produit dont un des príncipe~ est la magnésie, et qui a as.~uré depuis longtemps
a son inventeur, Mm• Dusser, (1, r ue de Grenelle
St-Hoooré;, la clientele de toutes les dames du moude
élégant.
Parmi les praticiens dont le cabinet de cbirurgie
dentaire reste célebre a juste titre, nous devons mentionner ici M. d'Arbovillc (3, rue Scribe ), qui, l'un des
premiers, a propagé en France l'usage des dents :.rtifidelles, si utiles sous le double rapport du bien-ctre et
de la conservation intacte des lignes du visagc. M. d'Arboville fait mage depuis longtemps, - pour supplcer ces
perles disparnes auxc¡uellcs tient tant toute jolie femme,
- d'une nouvelle matiere tout a la fois légere et diapbane, qui peut etre surnommée la rivale de la nature,
tant elle imite la teinte et la transparence des dents naturelles.
A. DE C.

M. Prével, rédacteur en chef, a 100 francs d'amende, et
lf. Naquet a un mois de prison; il ordonna en outre

l'insert1on du jugement dans le Figaro-Progrrimme.
El la Cour vient de confirmer la sentence.
Le 6-rand-Or,ent de France a-t-il diffamé M. Brouillet
et Mil• Durand? C'est ce que nuus saurons plus tard.
Pour le moment, il ne s'agit d'ailleurs que d'un proces
civil, el point correctionnel.
Le Grand-Orient a pour voisin, rue Cadet, le Casino,
et pour voisme la maison de M. Brouillet et de Mil• Du~
rand. 11 ne se plaint pas du Casino. Sans doute les plaisirs du lieu sont ('.Uelque peu bruyants, et, parmi ceux
N0UVELLES llIACHINES A COUDRE.
qui le fréquentent, il se glisse bien de temps en temps
des personnes qui ne sont peut-ctre pas « de vertu sinNoos veoons de voir une charmante petite couseuse
guliere; » mais le Gran~Orient fer me les yeux et se
mécanique, qui sera bientót entre les mains de toute
boucbe les oreilles. JI pardonne done ses fredaines au
dame qui voudra posséder une de ces ingénieuses et
voism, mais la voisine le trouve plus sévere... 11 a fait
aules machines.
bail a M. Brouillet et aM11 • Durand, et par la convention,
e.elles que nous avons vues cbez MM. Thuiller et C", o,
les
preneurs se sont engagés aJ0uir des lieux loués en
boulevard des llaliens (au 2m•), ont l'avantage de pouvoir
bons
peres de famille : or, le bailleur affirme qu'ils en
s'attacber a la premiere table venue et de fonctionner a
jouissent
en peres de famille trop indulgents, et qu'ils
la main au moyen d'une manivclle, faisant tres-rapidey
accueillent
certaines personnes avec une bonté vraimeot un joli point de chainette, absolument comme les
ment
excessive.
De la, demande en résiliation.
grandes machines. Le prix de cette petite merveille n'est
A l'audience, M. Brouillet et Mil• Durand s'étonnent
qae de 40 francs, a Paris, et nos lectrices des départeun pe11 de voir le Grand-Orient en meme temps si tolémeots peuvent la recevoir franco en adressant A MM. A.
rant et si prude. A quoi le Grand-Orient répond, en juTboiller et c• un mandat de poste de 45 francs.
rant ses grand3 dieux, qu'il n'entend et ne voit rien de
~
ce qui se past1e au Casino, tandis qu'il est bien forcé de
voir et d'entendre ce qui se passe cbez les sous-locaCOIJRRIKR DK LA IODX XT DX L'IBDU8TRil
taires de ses locatajres .
Le Tribunal a ordonné une enquete, et les cboses en
La Grande Maison de Blanc (6, boulevard des Capucisont la!
nes) est totJjours le Comptoir central de Lingerie des
Parlcz--moi du proces de M. Ropiquet et de Mm• Osmond
mufactures fran~aises; c'est aussi !'affaire commerdu Tillet : voila qm n'a pas trainé.
ciale la plus importante qui ait été créée jusqu'ici, a
M. Ropiquet est un ténor; et la Gazette rose va nous
París, dans cette 8pécialité. La, se trouvent réunis tous
dire,
bien mieux que je ne pourrais le faire, ce qu'est
les objets de luxe et d'utilité compris sous la dénominaMm•
Osmond
du Tillet et ce qu'elle n'est pM. Ouvrez le
GllETTE
DIJ
PALAIS.
tioo générale de blanc : linge de table ouvragé, linge
numéro du t0 mai dernier:
de toilette, de bain, liuge damassé, toiles, blanc de coVous connaissez les détails de cettegrandesoiréedans
« ...11 n·e,t bruit dans tout Paris artistique et élégant
too, immense assortiment de mouchoirs, linge ctmfec- laq 11elle le Barreau anglais a si cordialement conclu, que de lar •vélation d'une nouvelle cantatrice qui Ticnt
tionné, rideaux brocbés et brodés, guipures, trousseaux, daos la salle de Middle-Temple, uu pacte fraternel avec d'aborder Riooletto en cbanteuse qui connait la valeur de
layettes, dentelles et lingerie aristocratiques, telles que le Barreau fran~ais, en présence des premiers magis- la mélodie classique et qui brtile les planches comme
toiletleR en mousselines, broderies, coiflures) etc.,y sont trats, des orateurs les plus éloquents, de quclques-uns une coméditmne qu'elle n'est µas.
itlefflamment renouvelé.s, suivant les fantaisies de la des hommes politiques les plus célebres de l'Angleterre.
« Étiez-vous che1 ltm• Osmond du Tillet? ~e dellOde, ou dans le but de faire profiter le consommateur Vous avez Ju les discours prononcés par l'attorney géné- mande-t-on en s'abordant au concert des Champs-Élydes progres journaliers de la fabrication. Pour mettre ral, par M. Berryer, par M. Desmarl!st, batonnier de sées. &gt;&gt;
aiosi en contact le producteur et l'acheteur, il a fallu l'ordrc, par le lord cbief-justice, par M. Gladstone; vous
« Pourquoi cclte question ?
•
supprimer tous les intermédiaires, et chacun a déja. pu se avrz entendu l'écbo des toasts, des apµlaudiss1;menta.
« Parce que Mm• O,mond du Tillet a chanté le r61e de
!!odre compte de cctte vérilé, aujourd'hui bien aceréJI ne me reste done qu'a écrire une date qui ne sauGilda d'une facon tellement remarquablc, que l'oritée: la Grande Maison vena bon marché, afin de vendre rait etre omise dans ces cvlonnes1 ce lle de cette mémo- chestre du Théatre-Lyrique, qui l'accompagnait, s'est
ltaicoi,p. C'est la un probleme qu'elle seule pouvait ré- rabie soirée du 8 novembre, oú un si splendide hommage arreté pour l'applaudir.
roodre, grace aux relations de ses gérants et a l'impor.. a été rendu par nos voisins a la li bre parole, en la peru Et qu'est ce que cette Mm• Osmond, s'il vous plait ? »
taaee de ses affaires.
son ne du plus illustrede~ avocats fran~ais; il ne me reste
« Une lionne qui monte admirahlementa cheval et
L'on des accessoires indispensables de la toilette de nos qu'a me réjouir de voir un homme qui n'a ni rang, ni qui commence a tenir salon.
ilégaotes est aussi traité, avec tout le soin qu'il exige, fonctions, ni dignités, qui n'est rien que par son talent
« Et qu'est-ce qu'une lionne? me dira-t-on. La lionne
par une maison de premier ordre. Nous voulons parler et son caractere, honoré, loué, admiré, acclamé comme
est la fem~lle du lion, comme la gandine est celle du
'- Jupon multiforme de E. Rattier et C• (37, rue du plus d'uu souverain voudrait l'ctre.
gandin. Mais, entrr la lionne et la gandine, il y a la diflac). Sans ríen couper ni découdre, on peut, en quelEt maintcnant, causons un peu de nos petits proces... férence de la femrue du monde acceptée et de celle qui
fiel minutes, changer la forme et les dimensions de ce en atlendant qu'il nous en vienne de grands.
ne l'est pas. &gt;&gt;
~. ~t ces modifications n'alterent en rien l'harmonie
Done M. Osiris-lffla plaide contre le Figaro-Programme,
Ainsi M•• Osmond du Tillet est une cantatrice q:ii
"aon ensemble. En temps de pluie, il se releve gracieu- le Grand-Orient de France contre M. Brouillet et M1 1• Du- brtile les planches, c'est une lionne, autrement dit, une
lllent de cbaque cóté, ce qui produit un léger dégage- rand, Mm• Osmond du Tillet contre lit. Ropiquet,
femme du monde acceptée, et ce n'est pas une comé-~ et permet a celle qm le porte de prendre place Mil• Hazard contre S. M. le roi de Patagonie et d'Arau- dienne.
.. le parapluie, au bras d'un cavalier, sans que rien canie in partibus, et Jes ¡.•astilles de Yicby de Mlf'. Callas,
L'obligeante Gazette rose vient de nous apprendre que
llharrasse la marche de ce dernier et lui rende la pro- Blondeau et Roche cbercbent noise a celles de Mll. Mau- Mm• o~mond du Tillet avait chanté Gilda. Le proces nous
lltnade insupportable.
privez, Demurs et Boucher.
apprend qu'elle avait cnga¡.té M. Ropir¡uet pour cbanter
AParis, surtout depuis quelques années, on voit dans
De quel crimc le Figaro-Progromme s·e~t-il done rendu Rigoletto, et qu'au dernier moment elle avait donné le
~e branche d'industrie des établissements s'élever, coupable envers M. Osiris-Iffia, qui n'est point dieu, mais róle a un autre ténor.
._ des proportions immenses, et etre a~surés aussitot tout simplement capitaliste et millionnaire, ce qui rapEt dPVant les juges :
r11e clientele nombreuse Pt toujours croissante; on porte au moins autant d'adorateurs en ce temps-ci?
- Une indemnitl- m'est due; prononcez, me.~sieuNl,
-.rend, en effet, que créée daos de tell es conditions,
II vous souvient peut-etre que, le 25 janvier dernicr, le je m'en remets a vous, dit M. Ro¡&gt;iquel
~-aaison puisse offrir aui clienl~ des articles de pre- bruit courut daos Paris qu'un M. J. M..., qui s'en reve- Vous n'ctes pas venu a la répétilion générale, ré:reboix, a des ¡,rix hien plus avantageux qu'elle ne nait tranquillement cbez luí le soir, avait été attaqué pond M•• Osmond du Tillet, j'étais daos le plus grand
tollrrait faire étant d'un ordre inférieur.
rue Rossini) je crois, et fort maltraité. Le Figaro-Pro- embarra~, la représentation allait manquer par votre
i. ..ison Henri, 5, faubourg Saint-Honoré (A la Pen- gramme avait régalé ses lecteurs de la nouvelle, dans un faute, c'est vous-meme qui m'avcz mise dans la néccs.~ité
~ rondée depnis plus d'un demi-siecle, vient ainsi article intitulé Une ,;endetta, ou M. Paturot, - lisez ~a- de cbcrcber un autre chanteur : point d'indemnité.
"'lmenter ses magasins, qui occupent aujourd'hui trois quet, - assurait que le vol n'avait p~ été le rftobile des
- Madame, répliquc a, ec beaucour, de politi:sse M. Ro_: dentelles, bijoux, rubans, merceric,jupons, par- assassins, que la vengrance avait armé leur bra~, qu'on piquet, si j'ai manqué la répétition générale, c'est queje
, lout ce qui entre dans la toilette d'une femme, savait a la Bour;;e que M. J. M... avait des ennemis, et suis tombé dans l'escalier de M. Alexandre Dumas; mais
libe eiceptée, est compris daos ces vastes galeries que lajustice saurait découvrir et punir les vrais cou- j'ai eu l'honneur de vou~ fairc écrire presque aussitot, afin
pables, fussent-ils plusieurs fois millionnaires.
1 dissantes de lumiere.
de vous prl-venir de cet accident et de vous dire que je
~nés que soient sea gotits, si grandes que soient 1 11 y avait évidemment un nom sous-entendu dans cette comptais•bien elre en état de me mettre le surlende~
lligences, une femmP est assurée de trouver a la phrase-la; il se trouva, M. Paturot-Naquet en convient main avotre disposition.

�a,_-

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVEílSEL.

revendiqué le mooopo1e
Des &lt;leux cotés, les
ont rivalisé de science techo¡.
1p1e: ah! le superbe'toll?Qojt
lls o~t parlé chimie et
maete de ~a~on a réjonir la
ombres de Pelletier et de c.,
det-Gassicourt; et le Codex
a ten u, daos leurs plaidoiriea,
autant de place au moiosque
le Code.
Mais je n'ai pas le loisirde
rapporter, méme en gros,eea
belles discussions, et je lle
puis que vous dire: lesproaciens ont tr.iorophé !
Et penser que si le jap.
mcnt a troublé la digellia
,les défencleurs, les malbeareux seront obligés d'aller
acheter la guérison chez lean
ad versaires !

-

Et M.m• Osmond du Tillet
paiera 500 francs de dommages-intéréts a M.Ropiquet.
. -~,,(I
Bélas ! daos que\ siecle vi---1.
vons-nous, ou de royales infortunes ne préservent pas
.~~
. :....--::--....d'une citation en police correctionnelle !
/'
Celui qui fut Orllie Antoine
/
~~,~
Jer, et qui n'est plus que
,,,./&lt;....
M. de Tonnens, ex-roi daos
• ·• .. c.;;;:
l'Amérique du Sud, ex-avoué
a Périgueux, saos royaume
et saos étude, n'a pas pu
,,;ff,
acquitter ses dépenses de
nourriture et de logement d·,,
dans un hotel garni; il esl \ /.'(.'
prévenu d'avoir abusé de s011
ancien litre et d'avoir fait ,,
briller aux yeux de son hotesse de mensongeres espérances pour oblenir cré&lt;lit, ll
comparait devant la septie(
me chambre.
A l'aud1ence, tout cela s'é- l
,,
claircit. Quel roi détróo&lt;i
ne se croit pas majesté tout
comme devant? Quelle tete
découronnée ne Cait pas
des réves de restauration?
Les Chiliens se figurent
qu'Orllie Antoine 1°' va débarquer sur leurs cotes avec
trois vaisseaux, et les mal•·
heureux som tout tremblants
de peur. Comment M. de
Tonnens ne s'imaginerait- il
pas, lui, qu'il v9. trouver cinq
millions pour \ever une armee a la téte de laquelle il
reconquerra son royaume~
M.. le substitut a compris
les illusions d'un prince trahi
par la destinée ; la prévention est par luí abandonnée,
et l'histoire ne comptera pas
un souverain de plus gémissant dans les cachots.
Majestés et pastillesse heurtent daos le tourbillon judiciaire ! Étrange pays que le
Palais!
Les pastilles de Vicl1y sontelles ou ne sont-elles pas un
médicament? les pharmaciens ont-ils le droit exclusif
de les vendre, ou bien est-il
permis au preroier venu d'cn
faire comroerce? Telle est la
question. Et pour la premiere
fois elle se présente, les pharmaciens n'ayant pasjusqu'ici

p_,:

-·

/ '~-\~;§'

-~-

\

'

• -

;,,,'•/
•f.

llENRYS,

LE KBLEB-SOL.

L'usage, en Russie, ell
d'offrir aux nouveaux arri,és
le pain et le sel (khleb-tol)
sous forme ile préseots de
plus ou moins de valeur. C'ell
a cet usage qu'a obéi M, lorechtchenko (de Moscon), représenté a_Paris par M. Pedotty, qui a offert a S. M. l'impératrice de Russie, asoo mivée a Nice, un assortimeot tle
boites de thés, choisi parmlles
plus exquis, groupées sorle
· pain traditionneletentonréel
des ileurs les plus rares.

BALS MASQUtS DE L'OFw.-

\

Samedi, iO décembre 1~,
prcmier bal masqué de la
saison. Strauss conduira l'orcheslre.
Les personnes localains
de loges pour la saisoo IOII
priées d'en retirer les coopons
avant le i"' décembre.
Passé cette époque, l'adainistration en disposera.
Prix de l'abonnement pGlf
la saison (treize bals), SO t.
S'adresser, pour la loalil
des loges, a J'adminislrl&amp;MI
des bals, 3, -rue Dro1Jot.

,...........
f

. ' .

ll! IIOIS DI! NOVilYBll.E.

~

SOLUTION DU PROBL~M.E Nº

Blancs.
1. T pr P 6 T R
2. Fe CD
3. T 6 CD

l 78.

Nofrs.

RÉBUS,

1. P 5 D
2. R 4F D
3. R 4 D

4. T 4 C D échec el mal.
V.ARIA!iTE.

Bluncs.

Nths.
3• coup. P. 4 1)

4• coup. F 2 T D échec et mal
La Revue des Échecs et autres jeux est éditée
maintenant par M. Lahure, 9, rue de Fleurus, sous
la direction de M. Paul Journoud; cette nouvellc
publicalion est remarquable, el nous lui prédisons
un ~ucces mérité. En Allcmagne, il existe deux
feuilles apécialement consacrées au jeu d'écbecs; la
plusrécenteest celle publiée a Berlín par M. G. R.
Neumann; a Londres, M. Lowenthal ~e propose de
commencer une revue rlu meme genre, dont le premier numéro paraitrait en janvier prochain.
J. A. DE R.

Auc;. MARC, airecteur-gérant.
EDM. T1mE11, rédacteur en che(.

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_ r--'"--t:i __, '----"
KHLl!B-SOL (paio M'I} préseuté i S. 111. l'lmpénlrice de Hus,,ie
Par 11, Pedotty, repré1entaol de la Korecblcbeako, de llo1coo.

Imp. de L' ILLUSTRATION, A. )!are,
!12, rut de Yermmll.

/.:

.

· ~~

Át
llPIJC.lTION DU D&amp;J\NI.ER lltBUS,

Si quand un homme sent son tort, sa remm
conciliation esl difficile.

..

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..

..

...

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                <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores</text>
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                    <text>L'ILLUSTRATION,
URIVIBSBL.
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Direttion, RMaction, Administration :

.2.2e ANNÉE. VOL. lLIY.

y,.. les communications relati~es au joumal, réclamations , demandes
dr cbangements d'adresse, doivent etre adressées franco a ·
11. A.UG. MARC, DIRECTEUR GÉRANT.
J,es demandes d'abonncment doivent etre accompagnéeP
d'un mandat sur París ou sur la poste,

Nº

t 134.

Abonorments pour Paris et les Déparlemeuts :

8amedi 19 Novembre 18416.
L'adminislralion ne ripond pas dir manu1erih et ne 1'engage ¡amais a les insiru.

0

Vu Jes lraiti.•, 1a trad11ction et la reproduction 3 l'etranger 5c&gt;nl mlerdilea.

BUREAUX: RUE RJCHELTEU·, 60.

1111ois. 9fr. ; - 6 mois, 18 fr.; - un 'an, 36 fr.; - le numero, 1Sc.
la collection mensuelle, 3 fr.; le. volume semestriel, tk fr.
ADONNmlENT8 POUR L'ÉTR.ANGER ,
Memes pnx; plus les droits de poste, suivant les tariís,
Les abono. partent du I er n• de chaque mois,

COD·

ans,
oter-

1

is.
ssilol
cclui
1pro-

·~mi-

ialors

.a re-

1

Gravures: Pa~sage de S. 11. N•poléon

SOMMAIRE.
lletat polilique de la 1emaine. - r,Qurrier de Paris. New-York. - Ouragsn du 5 oclobre,

a Calcutta. -

m a Lyon:

Distribution d( ré-

compenscs sur la piare Louis•le-Granrl. - Éleclion présidenlielle aux
les élecli ns

~

,Le général Cha-

Élats-Unis: Maniíeslation daos Broadway tNew-York). du 5 octobre, i Calcutu. - Le général C:hapelié. -

REYUE POLITIQUE DE LA SEMAINE'.

Ouragan

Mise en liberté

pelié. - Le proc•s TrÜ!llpy, - Causerie dramatiquc. - Le retour du

du ·docteur Demme, Palais de Justice de BerILe. - Banquet dans Mirldle-

tlÍDC:u, - Revue littéraire. - La chan1on de Roland (fin l. - Le
géoéral baron Létang. - Ateliers de construction de machines de Bren!.

Temple. - Le général de division Létang. -

-Lea ~cheries de la maisnn Derocque, sur les cotes de Nor,ége .

tuées sur les cotes de Norvége. - Échecs. - Rébus.

Machi ne • vapeur por-

tative de Bre•al. - Les pecheries de la maison Derocque, de Paris, si-

On sait qu'au moment ou le Parlcment italien allait
délibércr sur la convention italienne, le j4mrnal l'Italie
publiait le texte d'une dépcche de M. le général La Marmora a M. le chevalier Nigra. Cette dépeche conticnt la
réponse directe et collective que le cabinet italien a cru

do

donbien
tour-

Lppelé
e par
1ttoral

.ppar•

oais-

acar·

miniseon
épnté,

is

,maio·

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n-Dd-

omao·

us 80D
idable,
port.&lt;,

acti'«,

oail le
:riboail
,temen&amp;

,GIT•

-

PASSA(;E DR S. M. NAPOLÉON lll, A LYON: DISTRIBUTION DE llECOMPllNS~S SUI\ LA PLACE LOUIS-LE-GRAND. - O'apres

un croquis

de M. Sleyert.

.I

�L' 1LLT.;STRATION. JOUR~AL U~IVERSEL.
devoir faire a la derniere dépeche de M. Dro•1yn de
Lhuys. Le cabin.it de Torio annonce la ferme résoh1tioo
d'exécuter loyalement la convention du i5 septembre,
parce qu'il est convaincu qu'elle est avantagcuse a
l'ltalie, eu ce sens surtout, qu'elle est fondée sur le
priocipe de noo-intervention, proclamé par les deux gouvernemeots comme la ba~e de leur politir¡ue respective.
En s'interdisant (l toute interprétation qui ne corrcspondrait pas ponctuellement au sens naturel du traiti\ pris
daos son texte, » le gouvernement italien (( ré,erve absolument toutes les questions aulres que celles qui
touchent ala fidele exécution des engagementsstipulés. »
Abordant les différents points sur lesquels ont porte\ les
commentaires de M. Drouyn de Lhuys, le général La
Marmor, croit pouvoir affirmer, sur le premier poiot,
qne l'ltalie ,1 a une foi entiere dans le5 forces de la civiJisation et du progres, doot la seule puissance suffira
pour amener le triomphe de ses aspirattons nationales. 1&gt;
Et quelles sont, en dehors du traité lui-meme, ces a~piratioos? Le ministre Cran~ais a voulu les définir dans sa
dépeche, mais le gourernement italien refuse de le
suivre sur ce terrain, et il déclare (( que les aspirations
d'un pays sout un fait qui a;ipartient a la conscience nationale, et qui ne peut, dans \'opinioo du callinet italien,
devenir, a aucun litre, le sujet d'un débat entre deux
gouvernements, quels que soient les li"ens qui les
nnissent. » Ainsi le gouvernement italicn dislingue
et sépare, avec autant de bou scns et de oetteté que de
d1gnité et de franchise, les qucsliou~ pratiques, celles qui
naissent du traité, et les queslions éventuellcs, cellcs qui
sont dans le domaine de !'avenir et des événements; il
s'eogage résoh)ment sur ie3 U1Jes et se ré;erve sur les

Ala 5uite d'une entrevue entre l'Empereur Napoléon
et le roí Victor-Emmanuel, a Valeggio, il fut constaté
que le rvi Victor-Emmanuel n'accepta les préliminaires
de p,iix, arrelés a Villafr&lt;!-11ca, qu'en ce qui le r.:gardait
per,onnel!ement.
1l Lors de la mort du comte de Cavour, l'f·n1crcnr
Napoléon reconnut généreu~ement l'llalie, ce qui rendit
pO$~~hle ~a re~onna1ssance par d'a~tres puissanrr•.
11 En 1862, 1 Emperenr des Frao~a1s envoya son r-c:idre
complimenter le roi Victor-Emmanuel a :'\ap1cs. L'Empcreur a peut-etre eu des doules jadis, comme plusieurs
d'enlre nous, sur la possibilité de ru11ité rlr l"ltalie, mais
aujourd hui, f en suis convaiocu, il peu•e qne l'unité cst
11

Daos un proces qui v:i. commencer (le proces des Tre~
le barreau fl'an~ais prouvera qu'il n':i. pas dégénére tze)
défendant avec fermeté les [raochises électorales. 'en
L'empereur d'Aulriche a ouvert la session du Reicb
rath par un JiscourR qui ne satisfera pas la curiosi:
publique. Il avait été question, on le sait, d'une entente·
de l'Aulriche avec la France au sujet de l'll:i.lie ma·
rempereur ~ran~ois-Joseph ne_ touc~e qu'incide~men~
, dans son d1scours, aux quest1ons rnternationales et
prend un soin scrupuleux d'écarter laquestion italie~ne
Le nom de l'llalie n'a pas meme pu trouver une tou~
petite place dans un des paragraphes du discoul'8 impérial.
EoMo:-.o TE~:tER.

¡

irrévocable.
------cc-i~:&gt;C&gt;•--« Nous ne ferons pas un pas en arricre, nous iron~ en
avant avec prudence et lenteur, mais saos reluche. La
counnma DE •~nis.
question de Rome n·est pas encore complétement éclairce
daos les esprits, en ce qui trrnche au mode de sasolulion; M. Persil. - Deux candidats érincés. - fieprésenta'ion de
il n'est done pas mauva1s d'avoir du temps ~cvant soi.
retraite de Ilouffé. - La staluc d" Oaubenton. - na..
llJ'a1 grao&lt;leconliance daos l'Empereur ~apoleon, qui
benton et Ilutfon. - Le berger Da•1benlo11. - Le serpeat
connait parfaitemtnl la question rumaine. Je crois aussi
de M. 1;rüsselba.:k. - L'homme vola•ll. - L'reil térnoin.
- L'abbé Caselli chez M. Ilertall. - La Revue de Pnril.
qu'il nous aidcra pour Venise. Je parle comme simple
- In vúio...
particulier et non comme ministre. Quelque solution peut
devenir possible a l'égard de Venise.
M. Persil vient d'etre nommé sénateur. On se ~onvient
«Je crois que !'esprit de l'enpereur d'Autriche pourrait
que
M. Persil ful un de ceux qui offrirent la lieutenan~
etre amené a des résolulions nouvelles sur cet ohjet.
générale
au d11c d'Orléans; les antécédents de M. Pem1
1tJe renouvellc l'expre$sion de mon désir que vous apferont done nécessairemrnt de lui, au Sénat, l'appui e1
prouvicz le lraité du 1:; SL•ptembre. 11
l'avocat de toutes les lois libérales.
Ce discours, dont nous ne donnoos que le résumé, a
En se rencontrant a•1 Luxembourg, M. Persil e1
fait tout l'intéret de la séance. Accueilii par les applauM. Oupin se rappelleront avec plaisir, sans doute, lenr
dissemenls de l'immen~e majorité, il aura pour résultat
démarche au chateau de Neuilly en !830.
d'abrégcr le •lébat, dont l'opinion publique atteod h conUn autre souvenir leur est commun et qui date de
clusion avec une si naturelle r,t si juste impatience.
plus
loin. En 1808, M. Dupio et M. Persil concoururent
autres.
Le banquct annuel du lord-maire a eu licu, le O notous dcux pour une chaire de droit a la Faculté de
Au Parlement, la discu~sinn a commencé et elle
vembre, a Guildhall. Lord P:i.lmerslon y a prononcé un
Paris. Toas deux furent évincés par les juges. Mais les
se poursuit avec beaucoup de calme; le discours prodiscours, dans lequel il Pxprime l"espoir que la guerre
noncé par M. le marquis Visr.vnli Veoosta, ministre des
éleves protestcreut, et une dép11tation alla leur porter
d'Amérique sera li1entot terminée par laconclusion d'un
affaires étrangeres daos le précMent cabinet, a produ1t
arrangement entre les partics belligérantes. Espérons l'expression des regrets de tous.
un g~and effet. Ce discours rélute viclorieusement les
qu'cllc cessera, dans tous les ca$, parla chute de llichmond.
Avant-hier a eu lieu, a l'Opéra, la représenlation de
arguties de ceux qui ont es,ayé d'exagérer ou de dimi ·
Les confédéres épuisent lenrs dernicres ressources; les
retraite de Boufié. C'est dans le role du pere Grandet, de
nuer la portée de la convention du t 5 septemllre. La resfedéraux en ont d'1mmenses. Nous ti~ons dans une pro11 Pille de l'Avare,que le Gérard Oow de l'artdramalique
pecter scrupuleusement et laisser les aspiralions nalioclamallon présidentielle, en date du 22 octobre, que la
nales s'affirmer, tel est le programme qui a été dévea fait ses adieux au public.
popul:ition libre des ElaL~ du Nord s'est augmentée par
Bouflé a soixante qualre ans : il débuta sur la sd:nt
Joppé par M. Visconti Vcnosla, d'accord avec ses anciens
l'émancipation et l'émigralion; que de nouvelle~ richesses
du
Panorama-Dramatique, ou on l'avait engagé am apcollegues. Les injures d,int les anciens ennemis de se sont ouverles; q11e les eflort~ de~ travailieurs ont trouvé
"Itahe les poursuivent nr, les détourneront pas de ce
pointements de ti:ois cents francs par an.
daos toutes les branches de !'industrie une aro ple récomLa prcmiere piece qu'il joua s'appelait Ismael d ..
programme; elles n'emr,echeront pas que le traité noupen~e. Ce sont des fai"ts que toule~ les corres¡iondances
ryan. Le liaron Taylor en était l'auteur. Bouffé ! reanau,qni sanctionM le~laitsaccomplis dcpuis Y1llafranca,
confirment, tandis qu'elles s'accordent a dépeintlre la
pl1ssa1t le role d'un Arabe qui venait raconter une ba·
ne soit la solennelle con~,·cration de l'unilé italienne.
des confédérés.
11 faut aussi signaler le discours du prési,lent du con- détresse
taine
perdue.
Ce qui vient de se pas~er en ºAngleterre est un beureux
Entre gens qui úiment, les adieux se prolongent, 11
seíl. Le général La Marmora a fait faire au débat un pas
symptome de concorde et d'alliance intellectuelle. Le
avant-bier tous les spectatcur~ oot dit a Bouilé: Al
tres-impartant, par sa p:irole empreinte d"une simplicilé
B:irreau d'Angletcrre a felé celui de France, daos la
et d'une franchise toutei- militaircs; il commeuce ¡iar déperc;onne de )f. Berryer et de M. Desmarest, hdtonnier revoir.
clarer qu'il était cootra1re a la convention avant qu'elle
de l'Ordre des avocats de Paris. Au hanquet qui leur a
Dimanche dernier, une statue élevée a Daubentoll&amp;
ne ful conclue; íl craignait qu'elle ne troublal l'union
été offert daos la grande salle de Middle-Temple, a•sisété inaugurée au Jardin d'Acclimatation.
déja cimentée des provinces italiennes, et n'occasionnal
taient lord Brl1ugham, lord Kingsdow, mt. Glad•tone,
Daubenton, qui eut le litre et les fonctioos de grid
le retour de conflit3 iulérieur~.
Hrebuck, Walpole, le lor/! chef de la just1ce du banc de
démonstrateur
du cabinet 1J.'h1stoire naturelle, un des bom« Étant en Francc,je l'ai dita l'Emperem· Napoléon et
la reine, et lcR plus haul~ dignitaires de l'ordrcjudiciaire
mes
les
plus
consciencieux
et les plu.~ modeste~ qui aiell
aM. Drouy11 de Lhtty~: de relour en Jlalie, je fus amené, tlans la Grande-Breta~ne. La réunion était présidee par
honoré, servi et accru la science, ful l'aide et le collabocontre mes inleolionc;, a accepter le ministcre daos une
l"attorney genéral, sir íl.oundell Palmer, qui a porté un
rateur de Bulfon et le compléta merveilleusemenl
situalion d1fflcile. Trouvant un traité 1mportant signé.
toast a l'al\iance des barreaux des deux peuples. Jl a préL'un éta1t la théorie, la synthese, le regard pui_.,
j'ai mis de coté loute appréhension et me suis prépare
une sorte d'a.ssociation fraternelle entre tous ceux
fix:mt orgueilleusement !'ensemble des etres, sou,en&amp;k
a le soutenir, d'accord avec mes collegues; je c0nstatai conisé
que leurs talents et leurs connaissances mettent a meme
divination, parfois !'aventure; l'autre, le bon sena, 1'1que, contre mes prévisions, il n'y avait pas de danger
de faire prévaloir la vérité, d'éclairer la justice, de souréel de discordes, pas de risque de renouvellement des tenir les faibles, de prendre la défense des libertés pu- nalyse, l'observation, l'exp~rience, la patieuce, le~
et la loupe, fouillant et iuterrogecmt minutieuselllellk
troubles.
bliques, toutes les fois qu'elles sout menacées.
«Je ns aussi que tous, en ltalie, prennent au sérieux
Les réponscs des deux botes de l'Angleterre ont été nature.
Différents au physique comme au moral, Co-rier 111
l'engagement rlu i5 st'ptembre, et que les sentiments
interrompues a plu.c;ieurs reprises par des applaudissemanifestés par le Parlement, a l'occasion du récent men~. ll. Berryer a parlé avee unP émotion profonde. peignait a10si :
11 Bufion, d'une taille Yigoureu~e, d'un a~pect _..
échange de dépeehcs avec la France, prouvent la loyauté
Naguere, ses confreres de París célébraient la cinquansant,
d'un naturel impérieux, avide en· tout d'one jolllqu'ils apportent a l'exécution de cet acte. No11c; avons
taine de sa profes.sion d'avocat, et il trouve sur la terre
sance
prompte, semblait vouloir deviner la vérité e&amp;II
done pu dire que le ministere aura la force de faire
étrangere un accueil presque fraternel. Quelle carriere
\'observer ... Daubenton, d'un te~pérament faible, '11
exécuter le traité, force qu'il a prise daos notre union
d'avocat pl11c; heureusement couroonée !
regard doux, d'une modération qu'il devait ala
et dans le concours moral du pay~.
~l. Oesmarest a eu aussi d'heureuses inspirations. «Je
autant qu'il. sa propre sagesse, portait daos toutdS
« La question de la translation de la capitale est délisigne avec vous, a-t-il rlit en terminaot, un traité d'alrecherches la circonspection la plu.q scrupuleose.., •
cate pour moi, qui sui.• Turinois.
liance qui servira a la conquete du progres. »
En fin, le superlle Buffon éta1t de nohle nais.~
« Turin, militair~ment, ne peut etre capitale, mais on
M. Gladstone a rappeli\ qu'il avait vu, aNaples, les loís
aurait du préparer les espr1ts a la nouvelle de sa dé- violées, le régirue parlementaire renversé, les municipa- l'humble Oaubenton était tout bonnement le ftll
notaire; sa mere s'appelait Marie Pichenot.
cbéance.
lítés détruites, la presse baillonnée, les cours de Justice
Jl était né a Montbard comme Buffon, il anit
« Je regrP.tte que J'on cherche a vous mettre en sus- envahies par des soldats, et qu'en face d11 despotisme,
avec
lui tout enfant. La destinée semblait d'avanct
picion cootre lll France. J'ai pu approcher plusieurs fois le barreau bravant l'arbitraíre et la violence, avait toul'Empereur Napoléon. Je l'ai trouvé disposé, des 1852, jours gardé son indépendance et sa dignité. 11 a passé mettre dans le meme chemin.
a s'occuper un jour de l'ltalie. 11 admit, rnalgré cer- en revue lesservices rendus par le barreau d'Angleterre, Tout faible de tempérament qu'il était, Daubentol
taines oppositions, qu'on s'occupat de l'Itahe dans le et il a payé au barrean de France un tribut d'éloges mé- vPcut de beaucoup au vigoureux et robuste suffon;
mourut que le 3t décembre i799, agé de qua
Congres de Paris.
rites. Nous avons vu, en effet, a toutes les époques, la
quatre ans. Nommé membre du Sénat conserT
,Vous vous rappelez la visite de M. deCa,onra.Plomliberté de la parole se réfugier sous la toge de l'avocat.
bieres et la gloríeuse guerre d'ltalie.

.

.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVER~EL.

(nt soudamement attemt d'une congestion cérébrale
daos
.. la, •3alle
- meme. du. Sénat' le J·our ou, pour 1a pre1111ere ,01~, 11 y venatl s1éger.
Promenant
· ·
,la main sur ses membres que la mort PD,ab1ssa1 1 peu .. peu, il indiqua avec uu sang-froid admira~le
· t les progres du mal aux personnes qui. 1,entoura1en .
Ses re~tes furent
. déposés daos un toro beau p1acé au
sommet du 1abyrmtbe
1
,. du Jardín dc.s Pla nes.
1
n
1703
,
a
ors
qu
11
avait
soixante
di
,
E
.
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..
x-sept ans, 11. séta1t vu 1orce e so 111c1ter un certi licat d . .
··11· bl' t I
e CIVlqme. Pour
qu. I o m p us
.
. facilement, ceux q01• s'éla1ent
e1 trem1s
. . dans celte c1rconstance avaient fa,·t de 1u1. un bern-er
\,11c1 en qucls termes et avec quelleorth
h
" :
fical lu1 rut délivré :
ograp e ce cerll-

« Appert que ,r~pres le rapport faite de la Société fra-

ternelle
..
, · de
d' la sect1on
. . des, sans culotle sur Ie bon C1v1sme
human1te
qua
touJ·ours
té
.
é
.
moign 1e berger
Oauben ton, l Asscmblée génerale arr'te
.
· 11 ·
d· · ,
'-' unanimement
qo i Ul •sera
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ce amallons ducs a un
'.™e modele d humanile, ce qui a été tém01·,, . .
mure reprise.
0°e par pluel 1a1L~

« R. G. 0ARDEL, président.
« Pour extrait conforme

'

~our se reposer de ses travaux sérieux' Dan benton li
~a1t
. les plus. des
l romans,
,
. des
. conles' et J·usqu'a
,
ux ¡·11res
fr"ºes; e est ams1 que, suivant son ex . . . .
.
son esprit a la diete.
preSSt0n, 11 metta1t
M•• Daullenton, qui vécut jusqu'&gt;

l'a

~:s

d
ruigt-~ix-sept ans, était une femme ~u
e quatreplus a1mable caractére et de la plns v1·vpe . t º1,~blc, du
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ID e 1aence ·
e11e a,a1 ecr1t un roman intitulé· Zél" d
º .'
litre naiment piquaot !
· te ans le désert. Ln
:";ous devions Lien une statue a Daub
•
que par ce molif qu'il a
. . e_nto~, ne ful- ce
1
·e
.
e prem1er rnd1que d'une roa
n1 re certame les diiférences qui d. r
,
de l'orang-outang.
is mguent I homme

321

Un malade eraint les hrouillards, le froid et la neiae si souvent ici. Mais, dessinalenr ou photo¡rraphc ne
- Bo~ docteur, je vo•Js en supplie, supprimcz l'hi;e; sacr1firz pas. tes fe mmc~ aux savants: contmuez
.
,
cette
pour
mo1' etrendez-mo·, le senl1meot aux premicrsra.vons ""ª1cric tle porlra·l
.
de
mai.
1s 81· &lt;1oux, s1• har1110111cul
s 1 J 'a
mrnt pos q
•
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e r,,am.
. r ' q111 scmlilr un homma~1: rendo a la "eaut .
" • ~·cmm1oes.
· •
·
u , e
Un souverain se voit a la veille d'etre renversé par et a la' rirac~
L'alihe Caselli ne sºrn formalison peuple.
·
s?ra pas_; n _e,t-il pas lrop ahsorhé danq ses contempla- D?cleur, in?omparalile docteur, la léthargie je vous t1ons sc1~nt1fiques pour voir quoi que ce soil autour de
en conJure, la lelhargie jusqu·a. l'he•1rr ou ils m'
. lUI? Et
. ces portra1Ls
. ra,issants,
" d a1lleuro·, sºil 1es voya1t,
pellcront.
· e rapqnrl ,,rand mal, a pres toul? i'\e sont-ils pas du plus noble
uJ/ten~s -~~- _In~es qui demande amter endormi tant et du me1lleur monde?
q .ª po tente n aura pas lacéréll's toiles dºE •· O
lacro1x • M v·
Uc ene e. . ' - . iennct, lant que le l1011rre1u n'aura as . Je YOUS ~arlais, .ta semaine dPrnicre, des fcuilles nouhrule sur_ la pl,1ce puhlique les reuvres du romanti-~e ,e_1lem~nt ~clmes a la publicité et de cPlles r¡ui s'appreet
repris• Arboaas/P.
. J'I • Gralller
. ' 1a1ent ~ na1lrr. "''.ici aujourd"hui •11w rcnai~sance, pasd le
C Theatrt&gt;•·F'ran~ais
O'
•
' e 3:ssaºnac, tant que ses contemporaios n'auront
mo1 le barloan,mc; la lícwe de l'a, t\ r1•11trée rnr la
trouve en lu1 l'étolfe d'un homme ,l"Etat. _ ,111, X lpas . cene ti y ~ q uclquc temps, virnt dºcnr,iler lrs plum es
que dan sera MIi• z
. '
··· anL
M ll
.
. •. - M. Coquille tant que vhra le~ plus vadlanlc~, les plus je unes el les plus céli'llrl'S.
~1- avrn' - M. Duve;t, tant qu'on jouera des drames de elle_ se ~ent _si bien en f''.1nds d'csprit, de vcrl"e, d'imagi~
' . Denncry; - M. '"agner, taot qu'on mctlra rles air~ ~al1o_o el d /111mo11r, qu cllP pri-lcud n'cn pou,oir asscz
daos les operas; - M. Vacquerie, taot que le porc aux
cptnser,
rt, . non conlrnle de narailrP.
. par
.
t''
. druv
., 1·OIS
choux n'aura pas ses franch1ses au theatrc. - 1'I C . , mo1s, comme Jadi~, clic a la hardtes~e de se transformer
ta t
~111• d
, ' • ous1n,
n 4ue :
e Longue, illc ne répondra pas il sa flamme· en reme hcbdomadairc.
-dº M. M1chelrt, tant que le monde ne •se pª11111era pas'
\"oule1-rnus ~onnailre son programme nouveau? Lisez
cxta~e de1 ant les amour• des mollusquts et des caillou,; crs quelr¡ues ll¡tnes de son brillaut ré,Jacleur en cheí
-11. Reoan ..tant que cetle itlylle qui n·estpas saos« agre- !ti. Hcnr1 de la Madelcne .
'
ment, » et r¡u on appelle l'é, angile, aura des admiraleurs;
(( f&gt;oint dºarli~I• s ex cathcdró, dogmatiqucs, guindés,
- ·11
)l. tDupanloup, tant que )l. Rcnan érrira., - .,'I . Gr an,J- pretrnllcux e~ nles, cn!1emis de toulc vcrvc gauloise et
gUI o , tant r¡ue ~l. Paulin Lima~-rac chaulPra ses h, mnes de t_uut sounrc_ ralirla1sien. Au r,nntraire, aulant que
au Consl1tulio11ne1, ~t M. Paulin Limayrar, tallt que 1~ poss1I,le, de~ arllclPs courts nep·eu:-. ~crrc·s dº
1
t
fl
'
, . . ,unccclyre de M. Granrlgmllot retcntira au Puy•· - \I "•d
ure
ac1
e,
dºun
a!'pccl
allra)ant,
de
la
forme
la
plus
lant
1
'
•. nn ar,
que es peuples ne seront pac; converlis Hhélice ... ,•n·e. »
E~t-c~ dirc que la ncvue dr Paris ne ~era pas une
L'hélice, m
_ aisc'rstune
vieillerie, l'hél1ºce·nous.
.
,
verrons r~, ue ~eneu,e? En aucune fa~on; dcp111s trop longlemps
avant peo h1en m1cux vra1ment, nous YCrrons un I1o
~n _oullhe chez. nous ,¡ue ja111a1q, au\'. bonnes l'poques
volanl... grace
· a• .,l.
, Van Grour; j't'·corche peut-elremme
un hllera1rcs, le ~cr1cu1 n·a cié en France 1
' ·
' e synonyme
~eus?1: Illlm, ~ue le hardi novatcur me pardonne. Si du peda11t1sn1e.
1exp('r1ence qu on no11s promet reussit, c·est done de l.1
\'i~e 1~ Rewcde Paris, r¡ui entrc)lrend de nous rendre
Hollande_qu~ nousvieudront les ailes. En vo~·ant ces lioos la memo1re !
Hollanda1s s1 graves, s1 rdlrchis, si économc~ de leurq
mouvemenl~
et les accomplissaot avec une SI. maJCS·
?ooc, ne soyons ni guindés ni prudes, et prenons !'est
I
ueuse enteur, parfois un pru lourds et un peu e· :
prit
ou nous le tro_u vous, dans lrs saloos, a. l"Académie
ti
d'
pa1s,
:-- va saos ire que c'est au physique seulemrnt que. 00 dans la roe, su1vaot l'occasiuu.
Jeueparle_, d- vous
~·'.lutrc jour, un de mes amis passait deYant une des
· sericz-vousdoutejamaisnuc
.
., c·est:
. ,tcux
q no,IJS e1T1ons un JOur de &lt;lennir oiseaux?
g~11les du ~u,cmbourg: un homme se prrsente qui avait
, )f. _\an _Groof apparail; mai, M. i'íadar ne connait pas la1sse son c1¡u1hllre daos la boutique dºuu marchand .d
·
e
1en_v1e =. a1les ou ~élice; n·e~t-ce pas toujour, l'espace \IOS.
trave~se, et la Sor.1cté de la navigatioo aerienne com- On n'enlre pas, dil le factionnairc.
mand1le noblemenDJ. Van Groof.
- Comment, on n'enlrc pas? Et pourquoi o·entre-t-on

:cz-

.ª

a!tC::~sFque le der_ni~r feuilleton scientifique de la
too dan rance aura1t Jeté le sage t.l prudent Daulleus un profond étonnement t
méme malgré la b dº
, e que Buffon luí'
ar 1esse de son gé ·
. .
quelque peu ébah · L
.
. nie, en aura1t eté
lanées
.
t. .ª quesl1on des générations sponlifiqu ~as,,1on~e depms ~uelque terups le monde scicnvo1c1 une qui soudaio s'é,·eille, bien plus
Ne sortons pas du merveillcux.
pas?
Vo
·
·¡
- Parce que ...
mo· d
encore, et dont la solution n'est pas d
• •J 5 sou\'Jeut-1 qu'il y a un an eoviron, il nous arri,a
ID re cooséquence pour le .
. ,. e
l!IT&amp;nls.
s ignorants que pour les d Angleter~e ou d'Amérique la nou,elle dºune décou- 131_-Ah! oui, je comprend,: ,·ou~ ne voulez pas me
verte phys1olog1quc smgulicre :
~:,er e~tr~r parce que je sui~ ... gri~.
~n
sa,·aol
ava1t
constaté
que
l'cril
d'un
mourant
garm~~~s
ecmons g, i.~, mais i'iiomme pronon~ait autre~ ~ee:et1_-lelellee ~tre lindéfiniment suspeodue daos les
a
vo
onte?
11
•
d
.
0
que cela v
· e s agit e nen moins da1t fixé sur la rét1ne., a pres la mort l'image du d . .
.
objct sur lcqucl il s"ctait arr•te'
'
.
ci mcr 1 :-- Eh bien! alors,. dit-il, ou est l'cntrée des bommes
. ous voyez que la chose en vaut la peine
. .
'-' .
gr1•?
.. .
,
.
·
l.On
G -raconte qu'un pro,esseur
a 1,Unt\'ersité
d'Hpsal
O~
vo1c1
~e
que
nous
apprcnd
un
journal
américain
:
X.
fEYRNET.
est p
·• •
Y
,
leqaelrusselhack
il d '
. r~pr1eta1re d'un petit serpent chcz 1~ rcllne d une fcmmc a~,a~sinte a ele ¡ihotoora1•hiui .
L'lli en ?r~ et _revctlle la vie comme il lui plait.
l cp~euYe grandie, qu'a-t-on vu ~oudarn apparailre? Un~
a,_omd_me ~ l ore1lle cassée, de M. Edmond About nous porlton de mage qui presente une rc~semlilancc frapLES ÉLECTlONS A NEW-YORK.
nerlls., et cha
leaun
dilait.
. cun, en ¡·isant ce charmant vol' ume· paote avee le v1.sa~e d un individu soup~onné du crime,
AU DlRECI'EUR.
,i. ingt'~~ En ,érité, 0~ ~e saurait imaginer une rabi; et sur lequel la Just1ce avait mis la mam
Ntw-York., 5 oclobre.
'-" . use et plus spmtuelle. JI Grace a M Grüssel . Le journal américain nomme la fe~me a.ssa,sinée
- , nous allons p t-e
·
· fllale o'était , eu. t~e apprendre que la preteudue ti n~omme le pho~ograpbe ... Certes, voila del! raisons d;
Nous sommes a la veille dujour ou le sort de l'Union
l'ian .
qu une b1stoU'C vraie; que M. About n'a cro1re a la vérac1té du récit. Elles nous s'uffisent amplev_a
se d~cider. C'est daos deux Jours que nous sauroos
·r· éta1t un colonel ment, a nous, gens simples etde bonne foi. Pour les scep- mventé
d b du tout, que son colonel
s1 le_s democrates, c'est--a-dire les sudistes, J'emportent,
,_.
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on
et
q •·1
•
,
·
,
C.dimin '
u 1 0 a aatt qu écrire sous sa dictée t1ques' dont elles n'entraineraient pas la conviction o~ s1 notre brave et ferme Lincoln est reélu. Je n'entre-.,,.,. . uera.fort la gloire de l'auteur de la Grece con~ pe~t• ctre auront-ils la sage,se de ne pas traiter tout d;
ra1 p_as !et daos l~s détails politiques a ce sujet; vous etes
ane, ma1S tant
.
de lasorte
. pis pour ¡w,· on n,en 1mpoi;e
pas smte _la oo~velle du jouroal américain de conte hleu, et au.,s, bt~n rense1gné que moi, et vous connaissez a fond
aupubltc.
se. d1ront-tls : &lt;' Apres tout, ríen ne démontre de les consequences qu'aura !'une ou l'autre de ces élections.
Qael heureux partiº- ne verrons-nous pa.c; tirer de la
~erte
pr1me-abord que le fait iioit physiquement impossible
ne vou~ parl~rai que ~~ la ~hysionomie de notre
lllt (ll'O,· ~e M. Grusselback, loraqu'il sera parvenu a atten don~. ,,
' i~le, ph~c;1onom1e fort agi.tee, amsi que peut vous le
,_ 4ea L'IOtrement et a ressusciter, a heure fixe, non
Ca1re. coruprendre, je !'espere, le croquis que je ,ous
d~;pents seulem_ent, mais des etres humains !
Allons, ph?togr~phes, a ,os objectif.~! et mettez vos ta- envo1e.
•
....
anee en esprtt aux pl11c; magnifiques appli- lenL~ au sernce de la science ...
?~puis plusieurs jours, toutes nos fenetres sont pa., ~a science est une llclle chose, assurémcnt; pourtant v?1sees de _hannieres, ornées des transparents les plus
~i_able ~eurt de faim, taodis qu'un oncle, J ~• presque envie d'engager MM. Bavard et BertaU 4~ qe li11.arre~, smvant l'usage, les uns, en l'honneu.r du « L1ttle
- Vite enter, fatt bon ne chere et vit joyeusement. reserv
L t'
·
•
. . , e_r pu
ot pour les savaol~. Le merveilleuxportrait
Mac '.&gt; les ~utre.s, tout ala louange de Lincoln. - Des
ildigeaa¡ , docte,ir, endormez-moi jusqu'a la suprcme que J a~ ,u rautre jour, dans leur salon de la. roe de la mamfestatJons comme je n'en ai J·arua'ts ,u
.
·•1 b'
, quo1que
00
Ua .
de mon oncle.
~adele~e, ~·un de~ plus illustres phys1c1ens de ce temps- J ,a tle le pays depuis bon nombre d'ann~es circulent
, . i:fllle homm~ est épris d'nne jeu.ne filie cbarmante, ~1, d~ 1abbe Caselh, qui a résolu le grand probleme de dans Broadway a tous momentc;, silloune~t la ville
- , P~nts hu refusent et marient a un vieillard
1~erit~e ~eproduite a dii-tanee par le télégraphe! c·cst en tous seos, ¡,réeédées de leurs gigantesques drapeaux
i....,~~ot' docteur
II qu,on sonne pour. la
--ewcti
. ' a m01·., voi·1~
~ten 1att1tude' le regard, l'hahitude du mage de et de bandes' ou muSiques,
·
dout la grosse ca1sse
.
fait
le llle on nu_pttale, faites-moi mourir en toute bate, et 1 homm~ de _pensée et de méditation. Le crayon vra1- l~s plus gros frais. De terops a autre, ces processions
lhaL ~itez que le jour de l'enterremeot de mon ment
n aura,t pas mieux fait , meme le v·tr
.
o e mon- s arretent, ou daos un carrefour ou dennt une maison
&amp;eur Bertall, dont I'esprit et la délicatesse nom charment quelconque, et la, haranguent la foule par la bouche

impo:t~:t~

:it

!~

,ra.

.:a':~

�L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
d'un orateur populaire, faisant partie
de la manifestation, ou sont haranguées, il. leur tour, par une voix sortant de la maison devant laquelle on
est arreté.
Tout se passe avec calme; dans le
quartier des Irlandais, il y a bien quelques gourmades d'échangées; mais il
n'y a pas plus de désordres qu'aux élections ordinaires, et malgré l'excitation
générale des partis, nous savons
qu'une fois l'élection terminée, bien
que ta guerre puisse durer quelque
temps encore, l'agilation cessera. Pendant les élections, on se promene en
procession, on s'e:xhibe, on crie, on se
111ontrc le poing; des que la voix de la
majorité s'est fait entendre, tout le
monde se soumet. En Amérique, il peut
y avoir du désordre le jour des élections, mais le lendemain, jamais.

Ji,;,-

OURAGA;'&lt; DU 5 OCTOHRE, A CALCU:J'TA. - D'aprés un croquis de M. L. RousselP.1,

315

rclracer toute la lugubre horrcur.
&lt;( On entendait de tous cótés
les
cris d'angoisse des malheureux qui s'étaient cramponnés aux débris qu'ils
avaient pu saisir, et qui disparaissaient
bientót dans l'abime en implorant ceux
qui ne pouvaient les secourir et qu'attendait peut-etre le meme sort.
« 11 faut renoncer a décrire l'effrayant spectacle que présentait le
fleuve, dont le flot montant entrainait
avec lui tout ce qu'il avait envahi sur
les bords, tandis que le ventrenversail
les arbres, qui s'enlevaient les racines
en l'air, abattait les maisons, dématJit
les batiments a l'ancre, cassait les
paratonnerres et ébranlait les édificcs
les plus solides.
« Al'embouchure du Gange, !'lle aux
Tigres, Sangor, a été subitemeo.t ceuverte par 22 pieds d'eau. La station de
la poste et du télégraphe, A l'entrée
Po1.i1· ea:tmit : P. PAGET.
meme du fleuve, a été presque enticrement détruite, et l'on a retrouvé des
cadavres dans les parties de l'établissement qui avaient résisté, mais ou l'eau
UURAGAN DU 5 OCTOBRK ! CALCOTTA
s'était engouffrée.
&lt;( Toutes les cases, tous les villages
Nous empruntons au !fessager du
riverains ont été rapidement emportés;
Jlidiles détails suivants, sur l'ouragan
rien n'a résisté. Archipoor, un beau
q•ii a ravagé une partie des Indes anvillage en aval de Calcutta, a été
glaises le 5 octobre dernier, et dont
complétement ruiné.
notre corresµondant nous a adressé 1111
« A Calcutta meme, le fleuve, enLB GÉNÉRAL CHAPELIÉ. - D'apr~ une photograpbie de MM. Gbémar fr~res.
croquis qui donne bien l'idée de cette
vahissant la partie basse de la ville, a
etfroyable catastrophe, plus terrible encore que celle ravagcs : i20 navires de commerce complétement surprís beaucoup de malheureux, et bien des maisons,
de l732 :
perdus, i2,000 persónnes tuées ou noyées (de nouvelles sapées par les eaux et ébranlées par le vent, ont ensc• f.alcutta, 10 octobre.
correspondances disent 50,000}, des villages eotiers veli lenrs habitants sous leurs décombres. 11 est peu
emportés par la 1ourmente, tel a été le résultat de cette d'habitations qui n'aient pas souffert.
« C'est le 5 octobre, le lendemain de la pleine !une, a épouvantable catastrophe, dont il est impossible de
«Chandernagor, cette petite ville fran~aisesi coquette et
l'époque des plus
si mélancolique a la
hautes marées, que
fois, a vusesjardin~
l'ouragan s'est déet ses arbres rencbainé. Depuis la
versés et noyés; un e
veille, le barometre,
partie de la ville a
baissant rapideété ravagée; mais
ment, annon~ait une
c'est sur le fleuve
tempéte prochaine.
meme que les elfels
Les navires avaient
de l'ouragan ont été
pris leurs précaueffrayants.
tions, et bien des
« Les na vires,
babitants renfortombant les uns snr
~ient leurs demeules autres, coulaient
res dans les villages
sur place, ou, s'enet les cantpagnes richevetrant par leurs
maines. l'llais on ne
matures et leurs
ponvait s'attendre iL
agres brifés, forl'effroyable tourmaient des masses
mente alaq uelle rien
que le mascaret souo'a résisté.
levait et poussait
« A ouze heures
dans toutes les dido matin, le vent,
rections;
rnasses
~éjil tres-violent au
dangcreuses qui s'éoord-est, est passé
cra:;aient entre elles
ao sud-s11d-est, et Ie
et dont l'abordage
cyclone s'est ahattu
élait fatal a tout ce
comme la foudre sur
qu'elles
renwnle Gange, depuis la
traient.
merjusqu'a i6milles
« Des navircs en
ao-dessus de Calfer, de tres-grandes
cutta.
dünensions, chargés
« En meme temps,
de 20,000 tonneaux
le mascaret atteignai l
de riz et plus, se
noe élévation de 22
crevaient les uns
Pieds au-dessus de
contre les autres et
la plus haute mer.
disparaissaient sous
C'e~t d'une heure a
les eaux. Plusieurs
trois que l'ouragan a
étaient jetés a terre,
étédanssa plus gransoit debout, soit
de violence; a troi~
couchés; d'an1r",,
heores et demie, le
dont la m,llü: e
Tent passait au suden tiere craqua!t :, u
00est etle barometre
raz du pont, étaie:it
remontait.
ouverts par la CilU le
1 Ces
quelques
mcmedr cette 1~::\t::heures ont sum pour
re, et lourno) a1u,t
eauser d'effroyables
au
gré du COL,r, 11t
MISE BN LlBERTÉ DU DOCTBUR DEM»B: PALA IS DE JUSTIGE OB BERNE. - ll'apré• un croquis oe M. Oidier.

�L'ILLUSTRATION, .IOURNAL UNIVERSE L.
- -- - - - - -- - jusqu'a ce qu'ils somhrassentou qu'ils fussent assez heu- Trümpy, négociant a Berne, mourait daos sa maison a velue. Voyez ses lettre~ a Sophie, voyez sa traduction de

326

Tibulle: c'est Polypheme voulantimiter Acis; ou le berWabern.
Le bruit d'un suicide s'étant répandu, l'autorité or- ger offre a sa belle des agueaux, le cyclope ollre des
oursons.
donna une expcrtise.
Ajoutez que tout en lui était m-:iins grand que colossal,
L'autopsie amena la découverte de plus de dix grains
de strychnine dans les intestins du cadavre. C'étaiL une meme ce qu'on appelle d'un nom trop doux et trop fai ble
quantité de poison plus que surfisante pour détcrminer son éloquence; il enlevait plulot qu'il ne persu:i.dait; ¡¡
ne parlait pa3, il tonnait.
la mort.
Ce Mirabeau a demi légendaire, mais dont l'histoire
Le médecin de M. Trümpy, M. Hermano Demme, dont
se
fait peu a peu tous les jours, M. Aylic Langlé, j'en
la famille est tres-considérée aBerne, avait passé la nuit
appelle
a tous ceux qui ont vu sa piece, ne nous en a
dans laquelle le malade avait rnccombé et celle qui l'adonné
qu'une
image matériellement incomplete et movait précédée aupres du lit du moribond.
ralement
apocrypbe.
Incomplete, elle devait l'etre pour
L'en~uéte judiciaire établit en outre que M. Demme
mille
raisons,
dont
la
meilleure n'est pas le titre de la
avait cnlretenu des rc1ationsadultcres avec Mm• Trümpy
picce;
mais
du
m.,ios
devait-on nous mon trer, dans
du vivanl de son mari~ et depuis la mort de M. Trümpy.
Ces deux circonstances inspirerent des soup~ons aux l'reuf, l'embryon de cet oiseau Rock qui en devait sorlir
un jour; or, nous n'avous vu qu'un moineau.
magistrats : )f. Oemme et ~1me Trümpy furent arrelés.
Et, Ju moins, si c'était un moineau franc ! .Mais un
lis
oot
comparu
devant
la
courd'assises,
d:rns
les
derLE GÉNÉRAL CHAPELIÉ.
nir.rs jours du mois d'octobre, sous l'accusation d'empoi- moine:i.u apprivoisé, un moineau fidele, un moinean
presque platoniqne !
La Bel&lt;&gt;ique
vient de perrlre un homme éminent, qui. sonncment.
o
Et encore G.ú&lt;l :Ois, notez bien qu'on ne blame pas ici
fut une des plus belles intelligences de l'armée, et qui
C'est le 5 nóvembre seulement que les jurés ont rend11
le poele d'avo1r tesumé la jeunesse amoureuse de Miraen sera nne des gloires les plus chcres.
leur verclict.
hcau daos sa passion pour Sophie de Monnier. lndbJean-Jacques-E l011arJ Ch1pelié, dont la mort inspire
M. Demme et Mm• Trümpy ont été acqnittés.
pendamment
des réserves qu'impose justement la scene,
des regrets universels, débuta rlans la carriere militaire
La loi suisse autorise la cour, en cas d'acquittement,
je
sais
qu'il
avait
affaire a ce p~éjugé _re~pectable, qui
en ~ervant gloriensement, pend:i.nt plu,ieurs années, la a accorder des dommages intérets aux accusés. Une in-·
de
tous
les
amoureux
illustres fa1t des eto1les, eussentFrance, son pays natal. Né a Marseille le 13 octobre demnité de t ,500 fr. a été allouée a Mm• Trümpy.
ils
été
réellement
des
constellations, des voies lactées.
i702 il entra le i er novembre l 812 a l'Ecole polytechniLe verdict du jury a élé accueilli avec une faveur
Au
Dante
on
donne
pour
unique amour Béatrice ; a
que,' dont il ful u.-; des éleves les plus di~tingués. Ad_- extreme; des applandissemetits ont éclaté da.ns la s:i.lle,
Pétrarque'.
Laure
de
Noves;
au Tasse, Éléonore d'Este;
et
M.
Demme,
mis
immédiatement
en
liberté,
a
été,
a
la
mis comme lieutPnant au corps d'état ma.1or en i8 IO, 11
fut employé da!1s ce grade a l'état-major général dn porte de l'Hótel-de-V1lle, ou les débats avaient eu lieu, aRaphael, la Fornarine; a Báranger, Lis~tte; a La~artine Elvire; enfin a Mirabeau, Sophie ; r1en de m1eu1,
4• corps de l'armée des Pyrénées, le 3 mars 1823, et l'objet de manifestations sympathiqnes tres-vives.
·
va done pour Sophie, mais que ce soit au moins la vraie
quelques mois plus tard au corps d'armée d"occupation
PIERRE PAGET.
Sophie, dut-on renoncer a lui donner pour interprete
en Espa"ne.
ll
se
fil
remarc¡uer
bientót
par
sa
tres0
MIi• Fargueil. •
grande activité, sa bravoure et une haute intelliLa vraie Sophie était blonde, potelée, le s1ng a lleur
gence. Il se distingua particulierement a la défense de
de
peau, swtimentale en paroles et par mode, mais
Vich .
charnel!e
par nature et par imagination; la volu¡1té inSes services en Espagne lui valurent la croix de la
caroée,
en
un mot, et, a ce titre, la seule fem me qu'ait
Légion d'honnenr,. le grade de capitaine au choix et
On savait depuis plusieurs mois que J'autcur d'Un
pu
vraiment
et longlemps aimer Mirabeau. ~lle n_'aima
les drcoralions ~e Saint-Ferdinand et &lt;le Charles III. 11 homme de rien un des plus légitimes succes de l'an derpas
d'ailleurs
que lui seul, comme le fera.1_t c~o1rc la
'
'
fit parlie de l'expédition cl'Afrique contre Alger. l\ trouva nier, travaillait a une Je,1,11esse de Mirabeau destinee au
nouvelle
piece,
et n'attendit meme pas. qu 11 fut ~ ort
l'occasion de s'y distinguer de nouveau. et dut a sa théatre du Vaudeville, et le sujet de la nouvelle picce
pour
lu:
donner
un successeur. On sa1_t ~nfin q11,elle
belle cond11ile rl"étre cité dans le rapport du général en n'in~uiétait pas sans de bons moti fs ceux qui avaienlle plus
courouna
une
vie
de
désordres par un sU1c1de qm n eul
chef, rn date du t•r avril 1830.
rrouté la premiere. J'avouerai qu'a. ce litre j'étais un des
.
.
Le 6 septemhre suivant, le capitaine Chapelié fut ~oins rassurés : l~ vraie jeunesse de .Mirnheau me parais- pas meme une grande passion p~ur ~xc~se.
Une telle femme, je l'avoue, n ava,t r1en de bien prenommé chef d'escadron d'état-m1jor, et ~uelques jours sant aussi peu digne ele la sccne que difficile a y prod11ire
plus tard il obtint le grade d'officier de la Légion avcc un succes de hon aloi. L'événement, si favorable sentable; rnais c'était la le vice d'un sujet que rien
d'hnnneur.
qu'il ail été, n'a pas donné torta mes c1·aiotes : la nou- n'imposait a M. Langlé, et contre le1;uel son ouvrage
Peu apres les événements poli tiques de i 830, Cha-- velle ¡iicce de ~1. Aylic Langlé a bien réussi en effet, et n'est, au fond, qu'une lutte perpétuelle et mal déguisée.
pelié fnt envoyé en mis,ion en Ilclgiqne, sr.ns les orrlres non sans un certain éclat, muis je crains qu'elle ne le Je doute fort, d'ailleur~, que le moraliste, meme le p~os
sévcre, n'eut pas. préféré la Sophie que je vie ns de pem•
du général Desprez. A son arrivée, il fut nommé lieute- ctoive a ses défaats bien plutot qu'a ses qualilés.
nant-colonel, et chargé des fonctions de sous-chef de
S'il en était réellement ainsi, le &lt;lrame aurait en, toute dre, - en buste, - a celle que l'auteur nous m_on~
l'état-major général, fonctions qu'il a rcmplies provisoi- proportion gardée, le meme sort que son héros, mais ce sur un piédestal, M11• Farguoil aidant. Quant a mo1, laremcnl pendant onze moi~, et r¡ui !ni furent officielle- serait le seul rapport qui existerait entre 1'110 et l'autre, voucrai-je? une franche loronne eut moins froissé mes
ment conílées par arreté royal du 12 octohre 1832. Ce car il n·y a. en somme, daos la Jeuntsse de Mirabeau ni sentiments conservateurs que celte élégiaque préside?te
qui plante liJ. son mari pour suivre son ~mant, ~t quon
grarle, il le conserva chns l'arméc fran~aise jusqu'en jeunesse, ni Mirabeau.
t8'tl, 1'poque a lar¡uelle il fut dérnissionnaire honorahleLe propre de la jeunesse, de la jeunesse amoureuse, veut nous faire non pas seulement plamdre, m méme
ment et promu au grade de commandeur de la Légion c'est qu'elle aime parce qu'elle aime, et saos chercher a excuser, ce scrait trop peu, mais admirer, mais r~spec·
d'honnenr.
ses erreurs d'autre excnse que la force meme de l'en- ter; qu'on nous présente enfi~ comme l'a_ng~ de l a~olChapelié avait su méritel' l'o.:slime dn roi Léopolrl, et la trainement qu'elle su bit. L'age mur est plus raisonne_ur: tere. J'en aimerais mieux le demon; celm-la, au moms,
.
Belf:l"ique était devenne sa p trie adoptive. C'est en il veut aimer tout autant et meme plus que la jeunesse, serait clans son role.
Ces anrres-la, d'ailleurs, ne sont pas une créat1on du
-1851-, qu'il accept:i. la mis,ion il'organi~er une école mili- mais :un aux dépens de sa propre estime, ni surtcut de
taire pour tontes le, armes. 11 se consacra tout entier celle d'autrui, et ~n vue de concilier la passion et le de- dix -huiti:me siecle; les ailes leur sont ven ues plus_tard~
asa tache. Grace a son 1ele infatigable, a son dévoue- voir chose trop souvent impossib1e, il plaide en casuiste et tandis qu'ils lis:i.ient en cachette, uon pas Volta1re DI
ment sans bornes , l'école militaire helge est élevée les dro1ts de la passion, sans prrj11d1ce des llroits de J.-J. Rou~sea:i, mais bien la plus éloq11ente éleve . de ce
maintenant, sous le ranport ,le l'organisation et des ré- l'homrne ... et &lt;le la femme . Or, le nouveau drame du dernier. La Sophie de ~1. Langlé procede bien morns de
sultatQ, a la hauteur des écoles les plu, cstimées &lt;le l'Eu- Vaudev1lle, et e'est ce que je lui reproche, n'est qu'une Mm• de Warens que d'Inrl.iana et de Vale11tine. . .
Quant a ce pauvre M. de Monnier, qu'il falla1t bien
rope. 11 a rendo il la Ilelgique, et en parliculier a l'ar- reprise en sous-ordre de cctte vieille plaidoirie. Voila
présenter
comme un monstre, pour faire de sa fe~me
mée beige, des services dont la grandcmr est inapprécia- en quoi surlout il manque a mes yeux de jcunesrn.
un
ange,
on
ne l'a pas swlement ravalé aux der~i~
ble, et dout le souvenir rend sa mémoire chere a tout
Quant a Mirabcau, le Mirabeau convenu a défaut du
derrrés
ele
l'échelle
humaine, on fa déporlé, en le ' 1~
jamais.
vrai il ne brille pas moins dans ce drame par son abLe lieutenant ~rnéral Ch:i.pelié était grand cordon de sen;e, bien que Febvre, a la voi1. pres, reproduise fort Jis;aot de plusi-:urs centaines d'années. Ce débonn~
l'ordre de Léopolrl, grand cordon de l'ordre de Saint- exactement 1'apparencc extérieu:-e du personnage. contemporain et collegue de l'auteur '1u Temple de
Stanislas de B.ussie, et commandeur de plusieurs autres Qu'est-ce, eu elle:, que \lirabeau,-je parle de l'et~e mo- est devenu daos la Jeunesse de Mirabeau, une sorte
orrlres.
ral et non de l'homme poli tique, elont il ne pouva1t etre podestat de tvranneau italien duquatorzieme siccle¡oa
Ses fnnérailles ont eu liru avec la pompc et les hon- ici 'questio11 scirieuscment, el clont le roete, son titre le se dema~de c~mment le Dante a pu l'oublier daos SOl1
neun réservés ala haute dignité dont il était revetu.
&lt;lit, n'a entendu donner que les prémices ou les pro- Enfer. Aus~i, lorsqu'a la fin de. la piece il ~ppo~ ~
grace de Mirabeau et de Soph1e, condamnes,_ l un
GusuvE Lrn.unE.
mes~es tout au plus'I
Mirabeau, c'est l'outlaw, le type meme du déclassé, mort l'autre a une détention perpétuelle, un fr1sso~18
l'homme extraordinaire, a la leLtro; quelque chose plutót répa~d daos toute la salle. - On est naif, au Vaude.ille,
que quelqu'un, mais quelque chose d"énorme; une force surtout les jours de premieres représentations ! -:-::
LE PROCES TRÜMPYanum1le et tout iod1viduelle, n'appartenant a aucun toutes ces dames comprennent et appr,&gt;U~ent l_e 1_su1C1 ll".
de Sophie: co'Tlme•-it réintégrera:t-elle un dom1c le co
Un granrl. proces crimine! vient de tenir, pendant ele genre, i1 e.ucun ordre, impossible a classer, un monslre,
jugal ou l'attendent, sans doute_, tous les ins!r~melonf:l"ues a11 licnce,, la ville,le neme en émoi, et les débats, enf:n ' comme l':i. dit Marie--Antoinelte.
.
des Borg1a •
de torture des Orsini' tous les. po,sons
En amour' M1rabeau n'est pas moins exorbitant, moms
publ1és par les journ:wx judiciaires, ont vivement excité
.
.
Pauvre
président
de
M
onrner!
11
ne
se douta1·1 gu~re
da
extravasé que daos to ut le reste. C'est tJlus et moms
Li curiosité en France.
que,
plus
de
cent
ans
apres
sa
mort,
sa
carogne
qu'uu tiomme1 c'est un dieu des jardins; il en a l'oreille
1 MUS la ouit llu 15 a.u iti févr1er 1804, M. Gaspard

reux pour s'arreter. Surun point moins agité, quelquesuns s'échouaient et se sauvaíent d'une destruction com-·
plete.
&lt;&lt; Le cyclone n'a pas plus épargné le golfe que le
fleuve. De tous les bricks-pilolcs qui étaient dehors, on
n'en a vu rentrer qu'uo seul, rasé comme un pon ton.
« Les sinistres du 5 octobre vienrlront augmenter la
crise qui pe~e en ce moment sur l'Inde. JI était impossible a la prudence humaine de prévoir une tourmente
aussi horrible, aussi ·suhite surtout, et qni semble avoir
choisi de préférence, pourthéatre de sesravages, la partie du district la plus riche et la plus•fréquentée. n
Pol),r extrait : H. C.

11

Gn:

L'!LLUSTRATION,

JOURNAL UNIVERSEL.

321

mettre sons les verrous un fils toujours prét a tomber sa douleur et pansé ses blessures, il se hasarde a sortirde
chez luí pour y faire de telles esclandres. Aujourd'hui sa retraite, il revient a pas lents et comme instinctivememe, en plein dix-neuvicme siccle, on ferait pour ment vers le sérail. Le célihat pese a.ce fils des solitudes,
moins enfermer les gens, quoiqu'il n'y ait plus de Jet- il a sentí pas1·er un air Liede qni lui apporte l'apre partres de cachet, dit-on. Mirabeau, d'ailleurs, lui qui pro- fum du tr011peau. 11 s'avancr., et il aper~oit le victorieux
clame si baut lesdroits du fils, méconnaissant ceux du pere, qni l'altend, fier, imposant, terrible. Cependant le vaincu
Miraheau devrait liien un peu se dire, qu'au demeurant, luttera encore sous le regard des belles, il luttera et
M01• du Pailly n'a fa1t que ce qu'il va faire faire lui-meme succombera une seconde fois.
toui a !'heme a Mm• Sopbie de Mon:.iier, aux bijoux pres,
Aprcs cette défaite supreme, il renoncera décidément
Nesle?
et encore ver rons-nous Sophie regretter, en Hollande, aux amours... jusqu'a la saison prochaine.
P. P.
Le début de la nouvelle piece promettait mieux que de n'avoir pas emporté ses diamant~.
de pareils anacbronismes. Le rideau se leve sur une
Mais, a défaut de ces diamants qui, dn reste, sont
L'lllustration a fait un tirage a 250 exemplaires, avant la
petite fetc champetre tout a fait dans Je ton des deroic- birn a Pile, elle a ses beaux cheveux qui ne lni apparletlre,
des eaux fortes déja publiées et inédites de Bodmer;
res ann,1es du dix-huitieme siecle. Le fameux marquis tiennent pas moins, et elle les vend pour fournir aux
elles rormeront une série d'albums numérolés, qui seront
de Yirabeau, le gentilhomme aux idées avancées, l'Ami besoins d'un petit ménage dont Gensonné fait parlie, on olTerls a la fin de l'année, dans des conditions de prix_ tres•
des hommes, une sorte de loup revetu rl'une peau de bre- ne sait trop pourquoi. Comment les deux amis, comment modiques, aux seuls abonnés du journal.
bis, re~oit les hommages de ses vassaux et prend le Mirabeau surtout, en sont-ils venus a n'avoir plus que
~
menton a ses vassales. Au nom de la nature et de la de tell es ressources dans le pa_ys des libraires par excel raison, dont les bannieres enrubannées s'inclinent de- lence? L'auteur nous l'apprend dans ce que.j'appellerais
REVUE LITTÉRA.IRE.
vant sa perruque, il couronne la Justice sur le front de la plusjolie scene de son ouvrage, sij'en pouvais eITacer
LES BEaUX llVRES.
M. de Monnier, et les graces daos la personne d'une ber- le nom de Mirabcau.
•
gerette tres-lestementaltifée en Vénus.
Da.ns cette sccne, un éditeur, dont Saint-Germain fait.
Un peu de temps a pa~sé déja sur les quatre grandes
Pour dater mieux encorc cette farce pastorale et hu- une crt\atiou excellente, demande a Mirabeau des 011- publications illustrées par Gustave Dor~: Le Dante, Permanitaire, on an nonce la mort &lt;l u Patriarclie de Ferne,1/: vrages dans le genre de ceux de Louvet; mais Mirabeau, ranlt, Atala et Don Quichotte; ma:is elles domineront
- Volt:i.ire, dit M. de Saint-Mauris, vient de rendre son le vertueux, le pudique Mirabeau, repousse avec hor- longtemps, comme des arbres puissants ou gracieu1,
Ame... - A qui? interrompt spirituellement &amp;1m• du reur une telle proposition, et met l'éditeur proxénete a toute cette végétation de vi.melles aimahles qui, par un
Pailly; et le mol est fort applaudi. Mais déja Mm• de la porte. Que &lt;lis-je? il fait bien pis que tout cela : avant contraste piquant, semble ileurir de préféren.ce au1 apMonnier se rlessine par un aparté mélancoliquem~nt vol- de chasser le libraire, il le raille, il l'insulte, tant il est ¡&gt;roches de l'hiver. Cette année, d'ailleurs, sera moins
tairien. Aurait-elle lula Pucelle? Quant a Mm• du Pailly, indigné : - Monsieur, lui dit-il, vous avez une filie; elle féconde que ses :i.inées; Doré lui-meme se repose, laissant
c'est tout simplement l'amie, comme on disait alors, du est jeune, elle est pure; eh bieu ! je vous fcrai le livre monter la séve jusqu'a. ce qu'elle dé borde et s'élance en
marquis de Mirabeau; elle tient ouvertemeot, dans le que vous rue demandez, a condition que M11• votre filie jets nouvea11x; on dit r¡u'il.•e prépare un cbamp immen~e,
creur et dans la maison de ce grand seigneur philan- cu corrigera les épreuves. - Avais-je tort de dire que qu'il défriche une terre antique pour la rajeunir, enfin
tbrope, la place de l'épouse qu'elle a ch:i.ssée, et du le Mirabeau de M. Langlé n'cst pas le Mirabeau des qu'il veut greffer son talent et 53. renommée sur des léfils qu'elle fait languir dans les prisons du chatean Lettres a Sophie, et de tant d'aulres pages non moin~ gendes saintes, et associer son nom aux plus impérissables
d'If.
galantes? Daos la scene que je viens de citer, il n'est souvenirs de l'humanité et du christianisme. Nous Je féAjoutons une chanoinesse rappelant les plus frais pas- méme plus le Mirabeau de M. Langlé, il est le Mirabeau licitons de sa noble ambition et du recueillement qu'il
tels de l'époque, et le sémillant avocat Gensonné, tour- des familles.
impose, devant une grande reuvre, a l'impétuosité de sa
nant le rouet de cette Omphale, etnous aurons indiqué les
Euíln, pour achever br;evement une analyse déjiJ. bien nature. Taodis que son inspiration murit daos le silence,
principales figures de ce tablcau, dont la vérité, encore lougue, et qui n'a plus gucre d'objet, diions que Mira- nous nous proposom de mesurer l'évolution déja connue
une fois, est saisissaote. Malh~ureusement, de tous ces beau arreté en Hollande, mais pouvant s·échapper, grace de son talent, le chemin qu'il a parcouru, les qoalités
personnages, les plus vrais, ou vont disparaitre, comme au dévonemcnt de Sophie, refuse encore une fois de qu'il possede et celles que nous souhaiterions lui voir
le marquis et sa maitresse, et nous ne les reverrons plus, partir sans elle. 1\ms deux, apres une détention de acquérir, et ce qu'il ajoute aux modeles qu'il interprete.
ou, tels que l'avocat Gensonné et la chanoinesse, ils tra- quatre ans, pendant laquelle furent écrites les fameuses
La conception de l'écrivain et celle de l"artiste obéissent
verseron~l'action pour l'orner, l'égayer, mais comme de Lettres a Sophie, ils se retrouvent au dernier acle &lt;levant a des conditions diflérentes, ou plutót, la premiere est
simples arabesques, etsans s'y rattacher par le moindre un tribunal militaire, présidé pal' l'odieux Saint-Mauris. ahoolumPnt libre daos le domaine du sentiment et de la
lien logique.
Les juges, malgré l'éloquence de Gensonné, et saos ég~rd pensée, dans l'espace comme dan~ le temps; la seconde
Mirabeau ne paraít qu'a la fin du premier acte, et, aux protcctions de sa chanoinesse, con damnent les deux est to11jours borné.e. Le raisonnement et la parole, tout
grAce a une entrée longuement et habilement préparée, il accusés. C'est alors que M. de Monnier oílre a Mirabeau ce qui est intérieur, tout ce qui est successif, échappent
yproduil l'effetdu lion tombantdans la bergerie. Mm• du une grace aux conditions de laquelle Sophie échappe en au peintre; il ne peut que faire supposer ce qui esl inPailly vient de le recommanrler a uu homma ele police qui se tuant d'un coup de poignard.
visible. II choisit un moment, une attilude, un sentiment,
doit le conduire du chateau d'lf au fort de Joux, et, au
Les dcux derniers acles du drame uu se relient les et laisse a deviner ce qui a précédé ou ce qui va suivre.
moment ou la scene se vide, un homme veto de noir y divers fils de celte intrigue peu histo;-ique, ne valent pas Celui qni v1mt peindre une pensée, une réllexion, une
pénetre furtivement par une porte latérale. Cet inconnu, les deux premiers comme détails; mais les situations maxime, tombe dans l'allégorie, qui est un procédé pardéja a mo1tié deviné, bien qu'on ne le voie que de dos, qu'ils présentent, bien que peu variées, font heaucoup tieulicrement lilléraire; il oublie que son art a pour but
va droit a un buste de la marquise, placé tout au fond d'effet. Le talent de l'auteur ne fait, du reste, pas ques- d'interpréter la réalité extérieure, et il échoue, comme
de la salle; mais, a peine s'est-il agenouillé devant cette tion, rnrtout au point de vue du style; b_izn pc11 de ses Ary SchefTer a échoué dans son tablean des Priéres de la
vénérable image, qu'un bruit de pas le tire de sa pieuse confrcrrs auraient mieux que lui élndé les dilílcultés terre s'r!le 1·ant vers l~ ciel. C'est a l'écrivain seul qu'il apreverie; il se releve, se retourne, et ron reconnait Mira- d'une tache que sa premicre faute est d'avo1r abordée. partient d'orner et d'animer eles abstractions..
beau.
Cette faute, il ne la rcconnaitra pas, sans doule, surtout
Mais si la plume cst un instrument plus complet que
On comprend la stupéfaction de M01• du Pailly a en présence de l'accueil fait a son ouvrage, non pas seu- le pinceau, si elle peut a la fois repréEenter le dessous et
l'aspect de son prisonnier se dressant ainsi devant elle, lrment par le pul1lic, mais par prcsque tout!! la presse, le dessus des choses, décrire la nature et les formes vilibre, menagant, terrible. L'attenle de la scene qui va et si ces lignes lui 1;assent sous les yeux, il pourra n'y vantes et peindre le fond des ames, il n'en faut pas moins
a'ensuivre est l'émution la plus vive de tout le drame; pas voir la sympathie cependant bien réelle que m'ins- reconnaitre son insuffisance relative dans la représenllais la scene n'y répond pas complétemeut, a mon avis. pire:1t a la fois son caractcre et son talen t. Ce sont la de tation du réel. ou triomphent la peinture et la statuaire.
faécepte difficilement Miraheau portant la main su r une ces choscs donton ne prencl qu'a regret son parti; il faut C'est ici que l'artiste va trouver sa place auprcs de l'éfemme, une femme indigne, sans doute, ruais qu'il sait cependant s'y résigner, et, dut-on ne pas etre écouté, crivain; il donnera un milie11 a l'action, il arretera les
,rotégée par la faih lesse de son pcre, et qu'íl rencon- s~voir au besoin crier gare a un galant hommc qm se contours des personnages, et les exigences du texte lais'lli sous le toit de ce méme pere. Si violent qu'il ful, je fourvoie littérairement et moralement.
seront encore a l'interprétation sa part d'origiualité,
De le reconnais pas arrachant du cou de cette femme un
La meille,:re preuve, au reste, que la piece de )J. Aylic puisqu'un s11jet rlonné peut se lraiter de cent fa~ons di'éllllier... qui, heureusemMt, ne tient guere. Un homme Langlé n'est pas a me~ yeux la prrmicre cliose venue, verses. L'expression des ílgures et des sites devra etre
ifihang et de l'éducation de Mirabeau, ne touche une c'est que pour elle j'ai noirci, ~ans m'en aperceToir, un rrt1et de l'écrivain; mais la composition, les attiturles,
lft!lnme que pour lui ba1ser la maio rn.. ou la tuer. Car tout l'espacc blanc qu'en comcience j'aurais du réserver le choix du momeat et du lieu, restel'ont la propriété
.11'onblions pas que Mirabeau, au plus fort de son répu- a d·autres, ne fut-ce qu'am excellenta artdes qui joucnt personnelle du dessinateur. Celle distinction est applillliean1sme, se rappela toujours et sut meme fort bien avec un si admirable ensemble la Jeunesse de ltfirabeau. calJle a toutes les estampes de Gustave Doré. Nul ne
?appeler aux au tres qui il était. N'est-ce pas du b,mt de
s'entend rnieux que lui a l'agencement d'un vroupe, a
A. DE BELLOY.
lllribnne révolutionnaire, que, parlant de je ne sais plus
l'exécution des paysages extraordinaires que Dante lui
'8!t grand personnage : - Le prince, ou le roi un te!,
a suggérés ¡ il cr~e une seconde fois, d'apres une vision
4-it-il, qui, par parenthese, était mon cousin...
intense,
les cercles de l'enfer, les contorsions des miséLE RETOUR DU VAlNCU.
Atec tout cela; la sce1:e est belle, mais qu'elle l'etit été
rahles, les escarpemenls hizarres de la région désolée.
Mtantage, si Mirabeau, par la seule magie de ~on éloNous les avons vus aux prises, ces dcux rivaux, nous Mais poJJr donner une tete a ses personnages, un sens
•uce, eut fait tomber du con de Mm• du Pailly cette les avons vus combattre, et l'on sait que] étail le prix de préci3 a lenrs acles et a leurs cris, il a besoin d'une ins•twicre de diamants, au lieu de la lui arracher ! Une la victoire. Le vainqueur s'est ficrement campé, - Salo- piration plus dirccle; encore ne réalise-t-il pas toujours
lelle violence, d'ailleurs, a l'inconvénien: de justifier les mon drs foréts, - au milieu de son troupeau de fem - la pensée du mailre ¡ en tout cas, il n'y ajoute ríen : le
"',lis,,"fiolentes mesures du marquis. Si coupable qn'ait mes. Quant au vaincu, brisé, écrasé. bonteux, il a fui modele est trop complet. Plus tard, nous le verrons cherélé celui--ci en donnant a sa maltresse les diamants de daos la profondeur des fourrés, pour cacher sa honte et chant a marquer ses figures de trails plus individucls,
11 femme, on pourrait comprendre, a la fin, qu'il fit sa défaite. Mais apres avo ir, pendant quelques jours, cuvé a les animer d'une vie plus particulieJe, au risque d'exafemme, comme dirait Moliere, le ferait honnir a ce poim
par·un fort honnete éerivain, devant les plus honnetes
gens du monde.
A l'endroit de M. de Saint--Mauris, la vérité historique
se trouvant c:tdrer un peu mieux avec la donnée du
poete, elle a été un peu moins travestie. Ce fut en e!Tet
un vilaio personnage que ce gouverneur du fort de
Joux, oú fut détenu Mirabeaa; mais était-ce une raison
pour faire de luí un pendant au G1tbetta de la Tour de

�VA.IN CU.

�L'ILLUSTRATlON, JOURNAL UNIVERSEL.
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330

L' 1LLl'~T RA TION, JO (1 RN AL UNIVER8EL.

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-----

- -·•--peu la téte et ne regardaot qu'autant qu'il faut pour mot descriptif, poétiqut1 en toutcas inutile, qui ralentigérer ou d'altérer l'intention de son auteur; partout tout mootrer a son compagoon; il porte en lui la paix rait 1'action; il se sent devant nn petit public curie11t
. .
··1 b i . .
1 1.
.
.d
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d A
nous le trouverons concevant mieux le groupe que la
es rcg1ons qu I autte au sein de a g 01re, pa1x que qui eman e es aventures et non es r1;veries. D'autre
d
Dante ne connaitra 1·amais, mcme daos le~v1sions exlati- I part, aucun de ses personna11es ne se ressemble. Dans
personne et la nature que l'bomme.
0
Peut-étre Dante (1) est-il le meilleur compagnon qu'il ques tlu Parad is; oui, meme au retour du foyer de la l'Enfer, bommes et femmes sont tous des maudils et des
ail pu choisir pour dis!imulerses défauts (qui n'en a pas?) théologie, Dante ne sera jamais que «. celui qui revient I desespérés. Dans la l'ie, dont les Contes im1tent la diveret mellre dans tout lcur relief ses vigoureuses qualités. de l'enfer. 1&gt;
silé, chacun a son c3.raclcre qui délermine sa de~tinee.
L:i variété n'est pas le caractcre de l'eofer dantesque;
Nous c1tions tout A l'heure trcs-franchement j usqu'a Le petit Chaperon rouge est tlél.neur et élourdi; le petit
livrés a la fiamme, aux glaces cuisantes, aux fourches et cinq compositions qui nous déplaisent; nous n'admirons Poucet futé comme un singe; le marquis de Carabas
aux fouets des démons, loQ.s ces troupcaux de damnés pas tootes les autces, m,;, H y en a plas de ,;ogt que homme • se laOSe, toujm, r.;,e Jo,sq,•;1 s'ag;t , ..;
courbeot le froot sous le méme joug de terreur et de nous tenons _pour accomplies. Dans &lt;( la forct obscure » bien immédiat; Ceodrillon, une résignée qui ne désesdésespoir; le mémc jour lugubre éclaire leurs supplices. qui obstrue « le rnilieu du chemin de notre vie, 1&gt; il faut pere pas, et qui a raison; Peau d'ane, une véritable
lis ne se distinguent les uns des autres que par leur nom, louer l'attitude naturelle du Dante, qui tourne la téte femme qui aime les belles robes et la vertu ,· la Belle ao
quand le poete !'indique.
avec précanlion et crainle (uº 1). Plus loin, on est péné- bois dorinaot, unejeuoe filie réveillée qui n'a plus guél'I:
Les groupes seuls et les tableaux ont un aspect et une tré par le froid de la peur en cette noire, a!lreuse besoin de sommeil. 11 y a a11ssi l'ogre Ala face luisante, a111
physionomie propre. Etc'est ce qu'il fallaita.Gustave Doré. ravinf, a peine. éclairée par un coiu de ciel pale, d)nt yeux ronds; la femme de l'ogre, grande et forte aussi
Toutes les foisqu'il a présenté une figure isolée ou prioci- la lueur argente faiblement les contours du grand et d'une beauté tranquille, comme H convieot a une'
personne qui voit manger sansdégoutde la_chair fralcbe ,
pale, l'inspiration l'a lrahi. Sa grosse tete de Dante, noire, lion a!Tamé (nº 3).
moroe et lourde, bien 'lu'elle reproduise des traits conLes deux pocles se rencontrent snus de grands arbres et puis les fées, tantót vieilles marraines rabougriea,
sacrés, accuse un ennm solennel plus qu'uoe amertume décharoés, tandis que les végétations plus humbles con- taotot belles reines, suivaot que la face du deslio se
vengeresse; le Mrnos, vu de dos, n'est qu'uo gros géant servent eocore leurs feuillages; A l'borizon, le soleil se masque de mal ice ou de solennité.
On a dit avec raison que Perrault est moins ,,roforrt
accroupi; le dragon ailé qui emporte les de1u poi!tes, cour.he avec une suave tristesse. La couleur mouraote
l'immense jouenr de cor et le vieillard aux longs bras, du jour prépare bien !'esprit a.u voyage sombre (oº 4); 'lUe Grethe, et moins réveur que Novalis ou Musreus: ..1
qui fait tant d'eflorts pour poser Alerre Virgile endolori c•e~t la nuit qu'il faut descendre aux enfers, ou du grande découverle ! et cependlnt il ne manque ni de
et Dlnte effaré, ne sont pas non plus de nos amis. Qu'oo moios a l'heure ou le crépuscule brunit l'air (nº 6), lors- porlée, ni dP. poésie. Est-ce que la Be/le au bois dorman,
nous permette encore de ne voir daos la Fran~oise de que les fantómes et les visions sorlent de la terre avec n'est pas une inventioo di,·ine? Est-ce que tous nous ne
Rimini (oº l5) qu'une forte fcmme nue, a la douleur les hrouillards des vallons. On n'aura plus qu'a. laisser \'Oudrions pas aimer des femmes qui eu•sent loujJurs
vulgaire; et nous en aurons fini avec la critique. 11 nous les etoiles aussi bien que l'espérance en franchissaot la dormí, en revant, s·entend? Et Riqnet a la Houpe, que
faudra méme cxcepter de notre jugement géoéral les porte ouverte dans une haute muraille de basalte (nº 8). son esprit emb,illit? Et la Olle polie qui re~oit pour don
tetes des deux poetes; suffisamment guidé par la tradi- JI -y a foule sur la rive de l'Achéron et l:t v1cieuse race de ne parler que par diamants et par rubís? Et la curiotion et les types qu'oot adoptés deja Raphael et Delacroix, d'Adam rn presse pour entrer dans la barque : ce ne silé, presqne mortelle, de la femme de 83.rbe-Bleue!
Doré a le plus souvent bien rendu la fierlé sereine de sont que bras jetes en l'air, cris aílreux, tetes cachées N'y a-t-il pas la des enscigoements et des consolatioos,
Virgile et la sombre tristesse de Dante. 11 possede a fond dans les maios qui se crispent, avant-gout de la douleur ponr parler en langage de prcche? Quant Ala poésie,
ces deu1 phy,ionomies et les maoie a son gré; qu'il les prochaine; l'aspect du groupe qui se développe en Ion- elle Mhorde; elle est hors du cadre; aussi, pour la senprésente de profil ou de face, tranquilles ou agitées, on gueur est ,;aisissant : hornmes et femmes sont drus tir et l'1maginer, faut-il laisser de cólé le te:\le et rever
les recoonall toujours. La réussile était ici absolument comme poissons daos un fllet, et lenrs gestes violeots, Ason propre comple. Chaque page nousouvre des échapnécessaire. Dante et Virgile sont, en somme, les seuls désolés, ne les arracheront pas au réseau d'ombre qui pées vers les boi~ et les champs; toujours la foret est l
personnages netlement caractérisés de celle partie de la les enserre (nº iO). Dante a relégué daos son en fer Ho- l'horizon; on comprend a chaque instaot que ces cootea
Divine Comédie; ils doivent etre le centre de toutes les mere, Horace, Ovide, Lucain; mais au moins ces grands si naifs sont un des plus antiques heritagesde l'humaoité,
scenes; c'est pour eux que s'est ouverte la porte fatale, hommP.s jouissent d'une paix relative sur la füiere qu'ils sont venus de bonne beure s'acclimater daos la
et le degré d'borreur des visioos funebres se mesure A d'une foréL profoode, sous des hétres au feuillage impé- terre cellique, et qu'ils se sont épaooui3, comme les
nétrable (n• 12). lis ne font point partie du tourbillon druidesses au1 faucilles d'or, sous les rameaux des graods
l'impression qu'ils en ressentent.
Le Dante a fait beaucoup pour Virgile; saos doute, il qui serpente au gré de l'ouragan infernal, environnant cheoes. Le pere de Pean d'ane, ce nouveau Cioyras, ne
a élé guidé par l'opinion du moyen a.ge, qni transfor- de SPS volules animées l&amp;. roche qtJ.i sert de piédestal va-t-il pas consulter un vieux druide qui mache rlu gui
mait le créateur de Didoo en bienveillant magicien; aux deux voyageurs (nº i4). Voici venir les victimes de de chéne, as.sis en tailleur sur un dolmen sacré? Depuis
mais il fut surtout sédmt par la descente d'Enée aux l'amour, consumées d'un feu intérieur, et les bea•1tés quaod n'y a t-il plus de poésie daos le clair de luoe,
enfers, ou se trouvait le germe de son triple poeme; il antiques et les couples modernes : « L'amour les a con- daos les robes couleur de temps, les tleurs de&amp; boia
se crut aussi obligé A une recoryiai,sance éclatante en- duits a. la mcme mort (nº i8) ! » Les étonnants rlccourcis cueillies peudaut que le l')up y est, l'amoureux inslinct
vers celui doot il voulait exploit€r et enrichir l'béritage. du nº 20 expriment autant de tortures que les visages qui guide l'une vers l'aulre les ames adolescentes, les
Il le prit done pi&gt;ur conducteur dans son voyage étrange, les plus défa1ts et les plus aoxieux. Un maudit veut moo- princesses deveoues bergeres et les clefs enchantées d'oü
et ce choix fut un trait de génie. Qui ne s'mtéresse da- ter dans la !,arque (nº 25), quelque assassin, quelque le sang ne peut s'cffacer? Relisez les Cantes de PerrauU
vaotage a Virgile, A un bomme divinisé, mais homme hypocrite. Un mépris souveraio assombrit la figure de avec le commentaire de Doré, et vous ne les accusere1 paa
encore, qu'a cette auslére Eihylle de Cumes, impassible V1rgile: &lt;( Va t'en d'ici, a-t-il dit, avec les aulres chie ns!» rl'une sécheresse et d'une vulgarité qui n'ela1ent qoe
compagne d'Énee? Béatrice, la vertu théologale, eut été lis vont, les ton!bes e111brasées s'ouvreot á leur aspect, dans votre imaa ination paresseuse.
0
Voyez le petit Poucet ramasser ses cailloux au bord
bien froide; d'ailleurs, il ne convenait pas d'imposer a et les éclairent de reflets blafards (oº 39); ils sont ínterson idéale clndeur l'affreux spectlcle de tous les vices rogés par de superbes ceulaures grassement dessinés, d'une source, aupres d'uo vieux saule éveolré; une fraiet des téoebres odieuses. Yirgile tempere et accrolt a la commc les ei.t revés Delacroix (nº 33) ·, f1tient les harpies, cheur vous viendra de ces bois ou respire la ro!tée. En•
{oís, par le conll·aste, l'épouvanie et l'amertume qui vautours a téles de vieilles, et les arbres humains; trl- trez a la queua leu- leu dans la foret, comme les buches'exhalent de ces régions inconnues. Quelle noblesse verseot la neige aux flocoos de feu; voient la grande rons et leurs eofants; le petit Poucet semant sa míe de
daos ¡,on maintien ! quelle mesure et quel cbarme daos Thaiset lly&lt;Tha 1•;m p;e, dootles nnmsetles e,; mes pé- p,;, ,u, ,;sem ,nos len pe; ne A,.;,. Que la na;~
ses paroles! quelle sécurité majestueuse au milieu de netrent Dante d'une chaste horreur (n•• H et G3); p10- au milieu des arbres, et la lamiere lointame, et le sentil'inlernal tourbilloo ! 11 n'a point de baine; les iofurtu- cession Je chapes de plomb, melée a deux étages de meot de 13. solitude, amenent de tristesse daos le crear
nes imméritées ne l'ont jamais aigri, et son ame peut misérables hvrés aux étrei11tes des serpents (53, 54-), af- des eofants ! lis risqueront plutót les denl5 de l'ogreque
garder b. toutes les miseres une pitié compatible avec le íreux mutiles sans tétes ou san~ jambes, mer ele glace celles des loups. Du haut d'un perron tombe sur les supsenliment de la juslice. Désintéressé par ll mort de ces ou suroageut des crancs qui se rongent (5!l, Gi), epuisent pliants le rayon d'une lanterne, et le pelit groupe re•
luttes de passi~ns sauvages qui ont a peine eflleuré sa enfin l'imaginat1on ferlile du pocte, et nous revoyons les commence a vivre : l'homme, surtout l'eofant, ne soot
pas faits pour la nuit.
vie, il voit de plus haut et plus grandemeot que l'ascé- éto1les qué nous avions perdues (75) !
Mais croyez-vous que l'ínfaligahle Doré va tlo?mir
O chateau moussu, discret, de la priocesse endormie,
tique exilé, qu~ le maiKfe gilJelio au menton dur et aux
narines pincées. 11 eovisageait autrement que lui l'exis- ongtemps apres cette cxcur~ion pénible de rocher, en ro- superbe allee de sycomore~ ou &amp;'avance le jeune chastence et la nature humaioe; cha~te jusqu'a étre appelé chers, de lac en tac, rt d'horreurs en horreurs? Que non. seur, fa~ade prestigieu~e ou la Renaissaoce succede l
la Vierge, il n'avait ,pas cepeodant réduit l'amour aux Aus~itót qu'1l f. r:ijour il r~taillera ses crayons, cette fois peine au gothique tlamboyant, éeuyers et pages im·
éllns mystiques et a l'adoration austcre. Un ioslant, a pour une r1ante fanlaisie qui le déla.,sera micux que le mobiles, enfio, chamhre envahie par les clématitese&amp;
son contact, s'attendrit le creur nlcéré Ju Dante. et Fran- srmmeil. 11 y a lom de Dante a Perrault, et c'est pour- les plantes qui grimpaient jadis autour des fenétres;
cesca trouve grace aux yeux de l'amant d'une morte. quoi Doré a deux fois réussi. S'1l avait tenté :a Bible somroeil riant qui appelle l'amour! Seulement la prin·
L'artiste a compr1s tout cela, et partout des nuances aprcs le Dante, il aurait risqué de se faliguer la main cesse a un bras hjen trop gros, a ce qu'il semhle; mais
tres-distinctes et tres-justes e1priment les sentiments aux figures sévi'res et aux sceoes solennc'lcs. ltais le ba~t! ru&gt;us l'aimons quand meme, puisque nous J'avoDI
tl11Térents des deux iMéparables devant les speclacles Chal botté, mais le pelit Poucet et Pean d'ane, esqu1sses réveillée.
~Peau d'ane descend l'escalier du pala1s; il fait clair uv
pareils qui se déroulent A leurs pieds. Le Romain est légeres et olives d'un contcor saos pretention, forcent
beau, ses tra1ts sont harmonie1u comme les plis de son son talenta serenouvcler. Au•si, touten produisantune !une; elle parl sur un petit chariot attelé J'un moutoa,
manteau; qnelquefois ses proportions prennent tJ.ne am- reuvre charmaole et bien digne de la délicie1?:e préface inquietr et belle, pre~que couronnée du croissant, pi"
pleur eicessive. L'autre, angulcux et ravagé, serr~ daos de Stah', il a.•souplit sa puis~ance, il prl'.lude au Don rei,le a. Dianc. Daus sa crainte d'un pere qui veut l'épcuser, elle se fait bergere, mais elle ne perd pas SI
une longue tunique étrcite, ~emble volootiers courhé Quicholt•.
Perrault (1) esta la lois tres.. simple et tres-varíe. Ses beauté. Avec un vague espoir, elle se regarde dansla
sous le poids de ses pensées. Quand celui-ci est terrifié
ou brisé par la douleur, celui-la est calme et mélanco- indicalions scéniques sont courles et ne donnent pas un ciaire fontaine, au pied des monlagnes. On est toojour'
filleule des fées, lorsqu'on a beauté, pat1ence et bon
lique, toujours droit daos sa riche stalure, retournant
courage.

I

11) .......... 11-Wio.

(1) lllbel, 11--folio.

33f

- - - - - - --

Quan d Fasaron,
l
f rere du roi Marsille voit- son -neve - I'- h- -t ·1
f .
'
u ene lnteur Siglorel, qui déja futf en enfer. (Iupiter l'y
mor ' J sort ur1eux de la presse, se met devant les
l'
1 .
mena par art magique}.
«
~~ JOur
~a perdre
l'honneur
de provoque
votre douce
France ! »
rang~,
pousse
e cri des
pniens et
les Franfais:
La melée cepeodant est devenue b orrible : Francais
01 11wr se Je lle sur Ie Sarrazin, lui brise l'écu, lui rompl 1et paiens se po_rtent d'affreux coups. Les uns frappe.nt,
1t' h au 1icrt, 1u1• plante atJ. corps son gonfanon et a pleine es autres
1 se defendent. Cornbien de lances rompues et
lance le desar~onne et l'abat mort.
ensang antées ! combien de gonfanons, combien1 d'eoseiLe roi· Cº. rsa bl.11 inlerpelle les autres Sarrasins: «Nous 1n_1es en_ lambeaux ! í'.ombien de t,ons Franra
J' ·s lai·•·ent
""
O
b
c leur Jeunesse ! lis ne reverront plus leurs meres •
pmoos ""
eombat, eu des F,aa¡,;s le leu" íemmes, ,; leu,s am• de Fmee, qo, les atten'.
t
nombr~
eS
misérable.
Nous
avoir en plS
mépris
ceux dent au pays. Aor.
q.u~ ~01la_. Le no__m de Charlesdevons
n'en sauvera
un seul.
I
,
1
1
La bataille est grande et terrible. Roland et Olivier
1
Turpm,
q u1 1~u
a. eotcndu,
et va frappent
. ;
rend les coups par
oici_ e JOU'.
leur faut éperonne
mourir ! &gt;son
MaischeVll
l'archevéque
rude ment . L'_are hev1;que
A
fra ppcr Ie Sarr3.s10
. avec tant de force .:¡u'il lui brise l'écu F
mill.ers. Les douze pa1rs ne sont point en retard. Les
et lu 1 fra_c3:~se Ie haubert. 11 lui plante au corps son
ran~a1s frappe_ nt tous_ensemble. Les paiens tombent par
g d é
cents et par m_ille ! Qui ne s'enfuit n'échappe pas a la
1
gl?n~on
la mort
poussiere,
il ne le Puis,
laissevoyant
pas sans
. o&lt;&gt;re ma Igré' ehacun y laisse ses aonées ! Les
ran g1sant
r•_eu etdaos
'abat
au chemin.
le mort. Don
01
h11 d1re: « Marau d paien, vous en avcz menti ! Charles, 01
Fr_an~a,s
CI 1 ne reverron_t plus leurs pcres teurs parents,
not
iar emagoe, qui le&amp; attend a l'issue des défilés.
, re SJre, e,t toujours notre rempart. Nos Franfais . Une tourmente effroyahle désole la France : l'orage
n ont pas le talent rle fuir. l'\ous clouerons sur place tous eclate, le tonnerre gronde, le vent mugit, la pluie, la
- - - - i\.',DRÉ LEft.vu.
v~s tcompagnoos !I, Je vous annonce cette nouv~lle, que grele tomhe Atorrents, partout la fo1Jdre et &amp;es ravae eS pour voiis heure de mourir! Frappez, Francais ! ~es, ~.t Ia terre qui tremble de Saiot-Michel de París
8
LA CHANSON DE ROLAN n.
nousnu:
: D,_
eu vo?s
so1t loJié
! » Et il! críe:
Mon/ioie!
• 11 . en.'
port de Wissanl! 11
que
de
ne s'ouhlie
Le premier
avantage ~st a JUSQU
s tle BesanfOD Jusqu'au
·
t.
"aupr1mes
de
Brigaut
est
occis
par
An&lt;&gt;elier
et
Salan
d
.
.
.
•r
'
n est abr1 dont les mnrs ne se crevent. .,L'o pte·m m1'd i,
vo YE DE rntRour.ot
emporte son ame. Et Gerer, le compa,,;on d:An&lt;&gt;elier
e n~ire~ tenebres; plus de lumiere au ciel que le feu
rraduJt :,ar Alexaudre de Sa..iut-Albiu.
frappe l'émir, lui brise l'écu, lni démaille le haub~rt e~ des eclairs. Pas un homme que ce spectacle n'épou1
lu1.. pou_ssant au creur son bon épieu, ('ajuste si droit
,
Et plusieurs de 11dire : « C'est la fin du monde ª
fivante.
1
&lt;Fio.J
qu_ 1~ lut traverse le corps. « Oh! la belle bataille ! 1, dit .n du siecle préser.t! lis ne le savent, et il n'y 0la
,
Ol1V1er.
rien de vra1 : c'est le grand deuil pour la mort de R _
1RolanJ,
fi
·
. e duc Sanche attaqne l'aumacour, et, apres lui avoir land
L!
quiI' voit. 1venir
le moment de la bataille, est
L
10
pu, erq~c 1011111 eoplrd.
· c1se
• 1é de fleurs et d'or, luí transperce le
_ es Fr_an~ais oot frappé avec courage et v ,,ueur. Les
. 11 inlerpclle Olivier: «L'Em- br isé son e_cu
ptre.ur
con fiie 1se_s1Fran(;ais, en a mis a part creur, Ie eo1e et le pou mon. Anséis 'ºº"e daos le corps de hpa,eos gisen_
t qui
11 nou~ ~ 1
d t morts par milliers, par troupeaux. u Nos
1
flO: mi e, _parmi esque s I ne connait pas un couard ! Turg1s de Tourtelouse la poiote de son bon c'p1·eu, et le
it Rolaod, soot de vrais preux. JI est e'cri·t au
Gommes,
Pour1sonh seigneur,
d I fon doit souffr1r graods mau1, endu- ,icr ressort par le dos. Angelier, le Gascon de Bordeaux . ts a Fra_ nconim_ .:¡ue notre empereur a les braves .' »
m e e ª11t et he . rnid extreme, on doit savoir perdre va rrapper Escrem1ze de Vauterne entre les deux ma-,
Le roi llars11le arrive sur eux, commiP.. sortaot de
0
11
tm ~ang e sa
e
a,r.
Frappe
de
ta
lance,
et
moi
de
Oo11
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•
1
lerre_
en vi·n~t
b
me es, e
P cine lance le renverse de sa selle mort b , avec sa grande armée. 11 l'a parta&lt;&gt;e'e
"
1
faD d I ma_ . onne épéP, que le roi me don ua! Si J·e Apr1;s
, quo1,· 11· lui d1t: « Vous n'avez pas de chance!
'
taillons.
Oo
voit
luire
les
heaumes
éma
·11e·s
d'or
et dºe
~
1
lle~"'• qm 1aura pourra d1re : • C'était l'épée d'un Am.
P ~1r1reries, et les écus, et les cuinsses frangées. Sept
"' ' ant.h1 »A
Le pa1en
- Es torgant est occis par Gautier, et Astramar,·z mi
b _e trompettes sonnent la fanfare et remplissent de
Lare ev.,que 11 Turpin
1 F pique son cheval, gravit une p1r Dcren,,er.
« Olivi
• 11 Des douze pa1rs
. du roi Marsille en voila
ru,t
touter la contree.
tm,~ence, Appe e e~ ranfais et leur t1ent ce di&amp;cours : dix de tue~, ¡¡ n'en reste plus ue de Ch '
e ' moo compagnon, mon frere, &lt;lit Roland
S barons,l' rour nutre roi no11s devons
.
·e le ,félon, a juré notre
. mort: sa trah'ISOil est'
• Seigneors
bien comte l1'1·ar"0 ar1z.
·
q
ux, ernuble et le Ganelon,
I e,~te. L empereur en t1rera une vengeance terrimoonr.. outen~z h~nneu: du nom chret1en. Bataille
Uans cctte melée merveilleuse e
man,
M, 'º.~5 en eles liu:n ~ur~, c~r s0~1s vo~ yeul voila laod ne s'epouvante oiot. 11 fra t con fu~~
I (e preux Ro- ble N~u~ all~ns avoir une bataille et rude et cruelle.
1
b Confes•ez
.
coup
.
fOn ne v1t Jama1s un tel rassemblemeot rl'hommes. 11e vais
s. Sarra~rns.
vos peches ' cr1cz a Die u merci , l'cp1eu
· · 1u1• dure. Aup qumzicme
. .
ppe
de l'epieu taot
.
O. que
0
0
·
•
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Je ,ous a soudrai pour le salut de vus ames Si vous p'-s JI
D
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' arme eIJSle rapper de mon épée Duraodal et vou- co
ourez,
vous
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h t tous 1qaiot~ martvr~·
. ' vos places soot che vaI et Ya frapper c'hernuble II lm 'br1•e son
h •a son ,ous
A rapperez
. de llauteclaire . »
es au P 1:s an parar is! ,, Les F!'a11~ais de3cendent oü luisent des escarbo ueles il. lui C d · 1 e ume . u ,,_remier raog des ennemis chevaucbe un Sarra. ~heval, s ageno~illent en terre, et l'archeveque les iert a fines mailles et tou; le
en . son .~ a,nc
1 hau- i:rn, ~bime, le plus scélérlt de la bande, le plus souillé
eo,~ au nom de Dieu. Pour pénitcnce, il l~ur commande chure sur la selle {ocrustée d'o~or¡t .JUS'lU ª enfour- d~ crimes et d'hombles félonies. 11 ne croit pas en
Le,
. 11' é
1·0· t 11le ~Dieu,
d le flls
I de la sainte Vier11e
o .I ll est no·ir comme po11
bienFrrapper.
ch eva'
1 1u1· tranche l'eprne
. . sans cherchcr
· epee lerencontre
.
ranfais, a eg s de leurs péchés, se retlres~ent et ahat morts sur le pré sur Í·h b d
I S iu ; e e on ue. I aime le meurtre ~t la trahison plus que tout
R sur. leurs deslriers agiles.
sa mon t ure.
m.
.ontent
'
er e rue, e arrlSID et l'or de Galice. Aucun homme ne l'a J·am a1s
· vu JOuer
•
5
olao&lt;l e~?age aux dcfllés d'Espagr'.e, sur Veillaot1f,
Le comte Roland chev3.uche A tr v
rire ! Br~~e
1 cepen~ant et follement téméraire, et c'est
bon cour~ier. 11 porte ses armes et !I leur préte taot randa! a la main O0 1
•t.
ª ers le camp, Du- par lit q•l 1 a su p\a1re au félon roí Marsille II porte¡
01·,v·ier non p1us ne
· se met
e voipasJeler
un mort
leur signe de ralliement.
·
e
t grace
. 1 '. 11 porte au poiog son épicu dont le fer rer·arde
o
en retard
d sur
f l'autre.
O0 dragon,
•
ae' _au so_mmet eSl lacé son go~faoou tout hlanc. Les n'a r,en a reprocher aux dollle a,r
e rap~er.
11archev~q~e ne peut_ pas nimer ce scélérat. Sitót
f,· es d or lu, baltent dtns la mam. II va majestueux pent d'cstoc et de taille le• -P s. .Les Franfais frap- Qll. le voit, ,1 son ge il. 1attaq11er. 11 se dit tranquille
'Qlmeet snuria?t.
lu, mmhesna eom pagoo,: uos ,·enoou;sseot. L';"h;~"::• ~e~""''
quelq~es- ~entálu;-~•me,.' Ce Sam,;n me pa,a;t "" fie, hé,.:
1
toos ces Frangais qui le proclameot leur prolecteur. notre nohlesse, » Et ¡¡ críe .
ti · 1«C~flet
b~en, tique. Le meilleur a faire estrl'aller l'occire. Je n'ai jamais
anee 0 ~ regar~ fier sur les Sarrasins, et lourne sur Charle~. Am.
·
JO e·
eS e cri de supporté couard ni couardise. » L'archevéque éperoone
Fran~ais un ~•I ~oux Pt modesle.
Ohvier chevauche a travers la mel .
b~avtlment son c~eval, frappe Abime sur son écu d'éLes deu~ armces 5 approchent et •e vont aborder. u Ce brbée, mais du tron .00 !I fra e le e~. Sa lance e~t11 ~ir, semé de diamanL&lt;, d'améthystes, de topazes et
pas I icure de parler! dit Olivicr. Vous n'avez pas Jui brise son écu cise~e d'or e/Je flen~a•~~ 1~:u;e.ro~,. 1 1 esc_arhoucles: Abime le re~ut de l'amiral Galafre, qui
~so~ocrvotre o_llf&gt;hant: vous n'aurcz aucun secours hr les deux yeui de la tete et la ce 1
bait
•
avait refu lm-méme d'un démon au Val Métas. Apres
f ar es. 11 ne ,ait mot de notre détresse: ce n'est pas pied,. JI le reuver,e mort a:ec scpt c;~~ ; tom e /~s le coup de Turpm, vaul-il encore un denier? ... Ce coup
ante,
brave! ...t \laintenant,
seigneurs barons, che- il occil Tur"is
. 1e tron~on
s arrasms.
ms travers~
hez dele toute
C
º et Estragns. pu1s
de ,a lance
Ce dAhime
t I deF l'uo a. l'autre llanc .
,
.
vo re orce e~ tenez ferme au champ. se brise et s'eclate jusqu'a la oirrnée . « Co '
p~n an es ran~a1, voient les paiens déborder de
00
ds ~o prie, au nom de D1eu, formez le fcrme pro- tui dit Rr,land '}ue faites-vous? ~oºtelle bat 1.1~pagooo'.
tous cotés. lis chrrchent Roland, Olivier, les douze pairs
11
e bien frapper, de bien recevoir et rendre. N'ou- 1 sert un ha.ton? Le fer et l'acie~ voila n ª e, 1 qu~, leur_ rempart. ~!ais l'~rchever¡ue leur dit: « Ne céde;
_pas le_ ~r• rle _Charle,!» A ces mot,, les Franfais est IJauleclaire, votre é ée au m~n·he d'os
_.~ ~u pls ª. un mauYm sent,ment! Ne fuyez pas! Mieux vaut
0 armes ..010
01. · MontJnie! Qui les eut alors eotendus, ne perdrait de diamaob? _ Je ne ~a p
.
d'
r
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mourird en .combattaot.
c'est ici
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s le souven d'
. bl
eux irer, it 0 1mer carnee
de nolre
.
•1 Nolre
. . compte est ré"lé:
º
nt .
ir une si no e arde_ur. Puis ils s'a- co1J;ner, j'ai trop a!la,re ! » Aor.
'
. ermer ¡our. ais, Je vous le gar:mt1s, le saint
' Du~u ·1 avec que lle audace I lis ¡nquent des deux
Et pourtant 1¡ la tire Sl b
é 11 f .
11 paradis1 e,l vou&lt;., ou vous siégerez parm1 les bienheu;~upe~ au plns court. Mais les Sarrasins ne reculen; Roland par un coup de vra¡°n~e e~. e, _1 1. 1ªf ait voir
reux ! &gt; Cette pensée rallume leur ardeur, et ils crient
I
an~ais
et
paiens,
les
voila
face
a
face
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a.• erre, • Ul parta0o-e la téte par le
U : Sllontjoie
. ! Ao1.c1·
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qui refut la foi de GaneI l imborm
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e orps sa cu1ra,,e a rao "e et Ion t
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rop~s _e nos •ran~a1s: 1&lt; 11 estfou, vo- sa IJonne selle, aussi émaillPe rl'or· il ourfend l'é .
'e_ par ami
e aisa sur la bouche, vient frapper
d 'qm vousª la,~,es llans ces defiles ! La France y du cheval il renversc morts
p• 1 S
c_hme Angeher de Gascogoe, le tr:iverse de son fer et le rerasa »renommée,
le bras droit de sa montur~· « Je vous'reconna1s
~urpour
e pre'
arrasm
et touroe
corps
Qu J • -etRCharlemagne
d .
mon efrcre,
tui &lt;lit
mo t A11 ba~,
J' mort.
° , dit Roland, vo·t•
111
1 &lt;&lt;.11Sire comparrnon
. •
an, 1ou,t OIan , Oieu ! quelle colerc il en íloland. C'Pst pour de tels cou 15 u l'
·
1
r nge ier, e mei eur chevaher de l'armée. - Dieu
11
soiique son cheval et le lance a br1dc ahattue sur aime. » Et de tous les c,ités on c~ie ~Ton~?'~e,r;ur nous me don ne de le venger ! » répood Olivier. Et presque
~nt. 11 lu_i rompt l'écu et lui ouvre le hau~ert, il lui
Gérin et son com¡,agnon Gerer ·brised/'i:~/~pieu :~ meme temps le Sarrasin tombe sous Hauteclaire. Les
ileu -:~ ~•, il lm délache l'echioe du dos, et de son daos le corps du paien T1mozel, et le reove;sent a:
:mportent son ame:
.
1 Ut arrache l'ame du corps.
beau mileu d'un guéret. L'arche,équeoccit aux pae tue le duc Alpha1en, décap1te Escababis, dé1ens sarme sept Arabes. Mais Valdabron, l'º"";en
--. gouverLe talentde paysagiste que Doré nous révélait dansle
t0le, ,'e,t accru et complété dan&lt;. Je Perrault. Mais ce
i c,t plus important, il 1 trés-sonvent réussi a donn('r
~ exprl•·•·on indi,iduclle a· ,es per,onna~e,. a~e d11re de cette uniform:té tlangereuse qui s'accordai·t avec
tri~tP.,se tmjonrs ég-ale clu peintre de l'Enfcr. l,a renilr~ dn loup et du Chaperon ·rouge, la rié,olation des
¡x bticherons ?iui n_e peuvent oourrir leurs e~fants, les
11 tetes de Cendr11loo et de sa marraine, du "iem
Jde, de Pe,u d'aoe, et de !'héroioe des Fi&lt;s, témo;· Sans doute il y a en•nt d"a
eJ d' ~n p~ogr_es certa1n.
-e un peu d exagerat,on daos l'énorme stature et les
11 sa1·nan t~ de l'og re ; trop,¡• au&lt;1acedan• le chat boll~
pas assez de r 11se; le ha!, dauc; Ccnrlrillon ' et la ciiur
1p~re de Peau d'ane sont de• char0rres un peu outre'es.
ais espérons que le don Quirholte aura sati•fait cetle
o1íd n burlcsr¡ue qu1· po~,ed e Dore'
· et qu'il acquerra le
!OÜI, scntiment e1quis, qui coomte a ne dépasser en
~ul la mesure 1111e juste assez pour donner am: clres et
,ull cbo,es le relief, le mouvement et la vie.

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�L'lLLUSTRATlON, JOURNAL UNIVERSEL.

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333

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UN IVERSEL.
r de Marsille, abat mort le duc San che. Mais Roland,
~:~andal au poing, fond sur Valdabron, et lui pourfend
~ ne cuirasse et corps.
J eT~rpin venge pareillement Anséis occis par Maucuidant. Un paien, Grandogne, fait sorlir l'áme du corps a
Gerin, a Gerer, ~ Bérenger, ~ G?y de S~int-Antoin~, au
duc Anstore. Ma1s Roland lm cr1e: 11 D1eu ,te maud1sse !
Je ,ais te vendre cher la vie de ceux que tu as tués ! »
Grandogne~ qui n'ajamais ,u Roland et qui le
,econnait d'abord .ª son
1 fier ,isage, est epou,aoté, ¡¡ veut fuir ... 11
est irop tard : Roland
lai apartagé le heaume
jusqu'au nez, et ensuite
le corps, malgré les
mailles du haubert.

Cependant il vaut mieux que le Roi vienne pour nons
venger. Les pafons ne doivent pas retourner daos leur
pays. Mais quand les Frangais descendront dans la vallée,
ils nous trouveront morts et mutiléE, ils nous emporleront
daos des cercueils, aux cimetieres de nos moustiers, a
l'abri des lou ps, des sangliers et des chiens! - Vous
avez bien parlé!» lui dit Roland. Ao1.
Roland embouche l'oliphant et son ne a pleins poumons.

~~

~~

III
LA MonT DES PREUX.
La bataille continue
terrible et fougueuse.
frao~is et paiens combattent pleins de fureur.
Que d'hommes morts et
blc~s! L'herbe verte
~t inondée de sang.
Toos Jeschevaliers fran¡ais sont tués, hormis
soi1ante, que Dieu a
épargnés et qui vaudront cherement leur
,ic!
Roland interpelle Olitier : &lt;l Cher compagoon,nouspouvons bien
laplaindre, notre douce
et belle Fran ce, qui reste
,eo,e de tels preux ! Hélas! notre bon Roi, que
n'etes-vous ici ! Olivier,
mon frere, qu'avonsooos afaire acette heure!- Mieux vaut mourir, dit Olivier, que de
troom son salut dans
la bonte! - Je vais, dit
Roland, sonner l'oliphant, et au fond des
déft!és, Charles l'entendra, et les Fran~ais reliendront. - Quand
j'en parlai, reprend Olitier, vous ne l'avez pas
1oolu faire. Et si vous
le faites a cette heure,
TOUS le ferez sans vigueur: vos bras sont
loot saignants ! - J'ai
llonné de si bons
!IOlps! dit Rolaud ...
Maiala partie est trop
lorté :jecornerai, je suis
lir qne Charles m'enlendra. - Ce ne serait
PIShrave! reprend Oli.Tier... Par rna barbe, si
Je rnois jarnais ma
lltor Aude, ma noble
seor, vous ne serez
iamaisson époux ! »Ao1.
•Pourquoi cette colert'ditRoland. - Camal'lde,c'estvolre faute. Si nos Franfaissont morts, c'e3tpar
~irnprudence; et nous sommes perdus pour Charles.
Si,0118 m'aviez cru, le Roi serait accouru, nous aurions
l_a bataille, et nous aurions pris Marsille morl ou.
""lais votre prouesse fait que nous n'aiderons plus
lravaux de Cbarlemagne, Je plus grand homme
OII ,erra jamais j11squ'au jugement dernier ! Vous
Jlérir ici, a la hontc de la France ! n Mais l'archese jette au milieu de leur débat : &lt;1 Sire Roland et
sire Olivicr, au nom de Die u, ne vous clisputez point !
er du corps ne peut plus nous sauver maintenant.

!Pé

Et le duc Neimes: &lt;l C'est un brave 'lUi son ne! 1l y a
bataille la-lias ! 11 l'a trahi, qui veut si bien vous donner
le change. Criez votre devise et volez au secours de votre
neveu. Vous entendez assez la détresse de Roland !i,
L'Empereur fait sonner ses hauthois. Tous les barons
de l'armée s'arretent, descendent, revetent leurs bauberts, se couvrent de leurs heaumcs, prennent leurs
épées, leurs écus, leurs lances longues et solides, puis
remontent sur leurs destriers et piquent des
~ :--.
:::----,,._
deux. Hcilas ! aquoi bon?
~~~~~
ils sont trop en retard.
Le Roí faitsaisirGanelon pat les garfons de
cuisine, et dit au maitre-quéux : &lt;.( Garde-le~
~~
moi comme un félon qui
"
a trahi roa Maison ! n Les
º::::S:.
1
gar~ons de cuisine arracbent au traitre la barbe
et la moustache, le frarpent a coups de poing, le
lientcommeun ours et le
jettent sur un sommier.
Le Roi Charles chevauche plein de fureur, et
avcc lui tous les barons
de France, qui déja voudraient etre avec Roland, qui a cette heure
se bat contre les Sarrasins d'Espagne.
Roland voit les landes
et les monts couverts
de cadavres fran~ais. 11
pleurc en nolile che,,a!icr : 1&lt; Seigneurs barons, Dicn VOUS ait en
sa grace ! Q1i'il ouvre a
toutes vos ámes son paradis ! que surles saintes fleurs il les fasse repo_ser ! Meilleurs guerriers que vo1Js, je n'en
vis ja!Dais. Terre de
Fr;¡,ncc, ó mon doux
pays, vous voila veuve
de tant de vaillants soldats ! Barons franfais
qui mop.rez par mafaute, je n'ai pas pu vous
sauver, que Dieu vous
aide, Dieu qui ne trompe jamais !... Olivier,
mon frere, je ne vous
faillirai pas. Je mourrai
de douleur, si le fer ne
me tue. Allons, sire compagnon, allons combattre encare! n
' 11 reparaitdans la melée, Durandal au poing.
Comme devant les chiens
fuit le cerf, ainsi fuient
les Sarrasms devant Rolan&lt;l. Voici cependanl
• Jllarsille qui arrive en
g1Jerricr. 11 tue Beuve,
sire de Beau ne et de Dijon, puis Yvc et Yvoirc
et Gérard de Roussillon.
Roland quin'cstpas loin,
cric au pa'icn : &lt;1 Dieu
te damne, toi qui viens
de m'occirc mes rompagnons ! Tu vas en recevoit· le prix avant que nous nous
séparions! tu sauras aujourd'hui lenom de mon épée ! &gt;&gt;
Et d'un revers de Durandal il lui tranche le poing droit.
Puis il prend la tete de Jurfalcule Blond, le fils de Marsille. c1 Au secours, Mahomet ! » crient les Sarrasins.
Puis ils se disent !'un a l'autre : &lt;&lt; Sauve qui peut ! ,,
Et cent mille hommes prenncnt la fuite. On peut bieu
les rappelcr : jamais ils ne rcvicndront.
Marsille en fuyant laisse sur le terrain son oncle Marganice, avcc ses Élhiopiens au noir visage, qui che-•
vauchent pleins de fureur en jelant le cri des pa'iens.

LE GÉNIÍR \L DE]lll\'iSlON LÉTANG.

A plus de trente licues, Charles l'entend avcc loule son
armée: «Nos gens livrent bataille ! » dit-iUfais Ganelon

vcut le détourner de cette pensée. Roland sonne encorc
avec un plus violcnt elfort, le sang jaillit de sa bouche,
et la tempe de son front e~t brisée. Charles dit: &lt;1 C'est
le cor de Roland ! Et jamais il ne le sonne qu'au milieu
de la bata1lle. - 11 ne s'agit point de bataille; réponcl
Ganelo11. Ne connaissez-vous ¡,as l'orgueil ele votre neve u?
Pour un seul lievre il va cornant toute une journée ! »
Mais Roland sonne toujours l'oliphant, avec des efforts
plus dollloureux: &lt;l Ce cor a longuc halcinc ! » dit le Roi.

�1

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSF.L.

L'ILLUSTRATION . .101 : n '.\.\ L U~lVERSEL.
«Voici notre fin, dit Roland1 mais félon qui ne vendra
cher sa vie ! Que le Roi, notre aire, trouve ici poar un
cadavre fran~ais quinze cadavres d'infideles, et il ne repartira pas saos nous bénir ! » Ao1.
Le Marganice vient frapper Olivier par derriere, il lui
traverse la poitrine de son épieu. Olivier, qui se sent
frappé a mort, abat l'acier bruni de Hauteclaire sur le
cimier d'or de Marganice et partage la tele jusqu'aux
dents : &lt;&lt; Maudit paien, ni ata femme, ni a aucune dame
au monde, tu n'iras te vanter de m'avoir frappé. ii Puis
il appelle Roland a son secours. Ao1.
Olivier profite de ses derniers iostants pour frapper
en brave, démembrer les Sarrasins, jeter un cadavre
sur l'autre. Il crie encore Montjoie ! de toutes ses forces.
Roland cependa~t le voit livide et pale et sans couleur,
et lui-meme se pame sur son cheval. Olivier, qui toujours 0-a¡,pe, ne reconnait plus personne. Le sang qui
coule de ses blessures lui obscurcit la vue. Il assene sur
le cimier de Roland un coup qui fend le heaume jusqu'au nasal, mais saos toucher la tete. Roland rouvre
les yeux et lui demande avec dciuceur : (\ Sire compagnon, l'avez-vous fait expres? C'est moi, Roland, votre
meilleur ami ! Vous ne m'avez pas défié, d'aucune fa~on.
- Je vous entends, mais je ne vous vois pas, répond
Olivier. Je vous ai frappé : pardonnez-le moi. EC que
Dieu vous protége ! - Je n'ai pas de mal, dit Roland, et
je vous pardonne ici et devant Dieu. ii - lis s'inclinent
l'un vers l'autre avant d'etre séparés.
Olivier, qui sent venir la mort, joint ses deux mains
qu'il leve au ciel. JI demande a Dieu de le recevoir dans
son pararlis, de bénir Charles et la douce France, et son
compa6non Roland et tous les hommes. Le creur lui
faut, son heaume se penche, le preux est mort! Roland
pleure et se lamente, et jamais vous n'entendrez sur
terre un homme plus désolé. &lt;&lt; Sire compagnon, dit-il a
son ami mort, nous avons pa~sé ensemble tánt d'années
et tant de jours, et cependant je n'ai jamais re~u de
chagrins de toi, ni toi de moi ! A présent que tu es
mort, ce m'est douleur de vivre. i&gt;
Cependant tous les Fran~ais .ont péri, hormis l'archeveque et Gautier de Luz, !{Ui parcourt la vallée, appelant Iloland a son secours : « Ou es-tu 1 Je n'eus jamais
peur aux lieux ou tu étais. l::'est moi, Gautier, qui vainquis Maiilgut et qui, pour ma valeur, étais ton favori.
&amp;la lance est brisée, mon écu percé, mon haubert tout
rompu. Un épieu m'a traversé le corps, je vais mourir,
mais avant je veux vendre cherement ma vie ! n Roland
accourt, frappant tout sur son passage. 11 renverse morts
vingt paiens, Gautier six et l'archeveque cinq.
Mais voici veDir mille Sarrasins a. pied et qnarante
mi lle a cheval. lis n'osent approcher des trois preur,
mais ils font pleuvoir sur eux, de loin, lances, épieux,
dards et ja.velots. Les premiers coups ont achevé Gautier. Turpin de Reims a une blessure a la tete et quatre
épieux daos le corps. Il tombe, mais il se releve, cherche
des yeux Rolan&lt;!. et va lui dire: &lt;&lt; Je ne s1-1is pas vaincu;
un bon soldat n'est jamais pris vivant. i&gt; 11 tire Al mace,
son épée, il Crappe les infi&lt;leles de mille coups et plus.
Charlemagne a raconté qu'il trouva autour de Turpin
quatre cents paiens, les uns blessés, d'autres coupés en
deux, d'aulres dé,;apités.
Roland, malgré ses blessures, sa1sit encore son olipbant et en tire un son plaintif. L'empereur s'arrete :
e Seigneurs, nos affaires vont bien mal! Roland se
meurt ! Qui Teut le revoir, se ha.te! 11 Les hautbois sonnent, les paiens qui l'eotendent se diseot : « Voici
Charles ! Que! désastre de nous ! Si Roland vit, la guerre
recommence, et notre Espagne est perdue pour nous ! &gt;l
Ils se jettent quatre cents sur Roland, ils font pleuvoir
sur lui dards et lances, épieux et matras empennés, puis
ils s'eníuient Ters l'Espagne.
Roland, qui ne peut plus les poursuivre, vient secourir l'archeveque Turpin. 11 lui délace son heaume, le
débarrasse de son ha11bert et lui bande ses plaies. 11 le
presse contre son cmur et le dépose mollement sur le
gazon. Puis il lui dit : &lt;&lt; Donnez-moi uJi peu congé, que
j"aille chercher les corps de nos compagnons, que nous
aTons aimés et qui sont morts. - Allez, répond l'archeTeq11e : le champ maintenant est a nous. » Roland rapporte un a un Gerer et Gerin et Berenger et Othon et
An~éis et le duc Sanche et Gérard de Roussillon. Lºarcheveque ne peut se défendre de pleurer. 11 leve lamain
et bénit les cadavres : « Que Die u re~oive vos ames!
qn'il les fasse reposer sur les saintes fleurs dans son paradis !... Si je regrette la Tie, c'est que je ne verrai plus
le puissant empel'!Jur! ll

Roland rapporte le corps d'Olivier, le serrant étroitement contre son creur. 11 le couche sur un écu aupres
des autres. L'archeveque les abs1ut et les bénit.
L'archeveque, qui voit pamer noland, saisit l'oliphant
et se traine vcrs une eau courante. Mais il a perdu tant
de sang, il est si faible, qu'il ne peut avanccr. Le creur
lui faut, et 11 tomhe la face contre terre. noland, qui reprend ses sens, voit l'archeveque gisaut. JI récite le Con~teor a mains joiutcs, et prie Dieu d'ouvrir aTurpin son
saint paradis. Puis il lui place ses belles mainsblanches
en croix sur la poitrine.
Mais ason tour Roland sent venir la mort. Sa cervelle s'en va par les oreilles. 11 prie Dieu pour ses pairs,
luí demanae de les appeler a lui, et invoque pour luiméme l'ange Gabriel. Puis il prend l'olipharit et Durandal, gravit une émínence en regal'd de l'Espagne, entre
daos un blé vert, et se laisse toniber sous un arbre, car
la mort est prochP.. Un Sarrasin l'épiait, couché par
tcrre, contrefaisant le mort; il se releve soudain et saisit Roland : « Vaincu le neveu de Charles! J'irai porter
son épée en Arabie! » Roland rouvre les ~·eux: « Tu
n'es pas des nótres? » &lt;lit-il au paien. Et d'un coup de
son oliphant, il lui fait jaillir les d~ux yeux de la tete et
l'abat mort.
Mais la vue de Roland s'obscurcit. 11 se dresse sur ses
pieds, il frappe dix coups de Durandal sur une roche
brune : il Youdraitla briser, sa L,onneépée, pourqu'clle
ne tombe point aux: mains des pa"ien~. Il frappe encore
sur une roche de sardoine : l'acier grince, mais saos la
moindre breche : « lla Durandal, si belle et si saintc !
quclles belles reliques as-tu dans ta garde dorée ! ·une
dent de saint Pierre, du sang de saint Basile, des cheveux de monseigneur saint Deni~, de la robe de la
vicrge Marie.! Un paico ue doit pas te po,séder, tu ne
peux etre que daos des mains cbrétie1rnes ! i&gt;
Le froid de la mort gagne le creur. Roland esl couché
la Cace tournée vers la gent paienne . il veut mourir en
guerrier! 11 demande a Dieu pardon de ses fautes. Et
tous les souvenirs du passé lui reviennent a l'esprit. Il
songP. a la douce France, a son lignage, a Charlemagne.
11 ne peut se défendre de pleurer. U tlit a Oieu: « Notre
Pere, qui n'avez jamais trompé, qui avez ressuscité Lazare d'entre les morts, et qu, avez $auvé Daniel de la
dent des lions, sauvcz mon ame, arrachez-la au péril
des péchés que j'ai commio, en ma vie ! » Sa tete s'incline sur son bra~, de la main droite il oílre il Dieu son
gant. Saint Gabriel le prend . .,Et l'ange chérubin etsaint
Michel du Péril se joignent asaint Gabriel pour em'porter l'aroe du preux en paradis.
ALE."I:. ,DE SAL'..-r-ALBIN.

LE GÉNÉRAL BAR0N LÉTANG.
~l. le général de division baron Létang,sénateur, grand~
croix de la Légion d'llonncur, dont nous reproduisons
le portrait, est mort a Ath, en 13elgique, l1: 10 SPptembre
dernier, a l'age de soixante-seize ans, apres avoir fourni
une carriere vaillammcnt remphe.
Geor~es Létang naquit a Mculan, le 2 mai 178~. Eleve
a l'Ecole milita,re de Fonlainebleau en tS0li, sous-lieutenant au fO• régiment de chasseurs a cheval en i807,
il arrive a temps a la Grande Armée pour entendre le
canon de Friedland.
De {8(18 a l 8t3, il combat en Espagne avec une rare
bravoure, s'empare de deux drapeaux ala bataille d'Ocaua
et a !'affaire de Baza, et sauve la vie a un sous-officier de
son régiment a la prise de Burgos; vingt ans plus tard,
quand il sera colonel du 2• de chasseurs d'Afrique, il
exposera plusieurs fois ses jours daos des circonstances
semblables.
Létang quitte l'Espagne avec le grade de capitaíne et
la croix d'honneur, payés par trois blessures, cinq chevaux tués sous lui, et une série d'actions d'éclat. JI fait
les campagnes de Saxe et de France dans les chasseurs a
cheval de la vieille garde impériale, se distingue a Dresde
et a Leipzig, re~oit une blessure grave a Breda; et a
l'heure ou Napoléon signe a Fontainebleau sa premiere
abdication, Utang, qui n'a pas encore vingt.six·ans, est
déja chef d'escadron et officier de la Légion d'Honneur.
Lieut«:nant-colonel en t82t, colon el en i829, il se
montre, en temps de paix comme en temps de guerre,
l'nn de~ ofSci~rs les plus brillants et les plus expérimentés de notre cavalerie légere.
En t 832, il organise le 2m• régiment de chasseurs
d'Afrique. Soldats et officiers se modelent sur leur éner-

•)'1 !!

-------- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - ~•10í)

gique colonel, et celui-ci ne tarde pas a le;;¡;ave~ or¡.rueíl romme une cohorte de béros.
ter
L'expédition de Mascara, daos laquelle il fut bl .
grievcment, valut au baron Létang le grade de maré:
dP cam~,. et I honneur de figurer dans une des beU
compos1t1ons &lt;!'llorace Vernet.
e!
11 ~e dist!ngua ensuíte. daos le commandement de~
provmcc d Oran et batht, dans plus1eurs rencontres
l'émir Abd-el-Kader; mais sa derniere bles,ure le íor~~
de renlrer en Franc!:, en l R3i, et, aprcs avoir command,
pen ,ant huit années le département du Pas-de-Calai
ou il a laissé le meilleur souvenir, íl obtint les étoiles:;
lieutcnant généra\.
Le général Létang exer~a successivement, de ms i
l 852, les fonctions d'inspcctcur général, de conimanda
1
des divisions territor!a!es de ~hal?~s, Toulou~e et Basti~
de membre du com11e de I Alger,e, et enfin celle~ d
présidcnt du comité de la cavalerie.
e
En 1853,_ il pril place dans la section de réserve do
cadre de l'EtaHJajor général, apres quarantMixa,isde
services et dix-sept campagnes de guerre; Dlais sa haoll!
expérience et son dévouement au pays furent encor, uti.
li~és pendant les guerres de Crimée et d'ltalie : il rem~¡
une mission uiploD1atique et militaire pres de l'empereu:
d'Autriche, en l854, et eut le commandement supérieor
de l'Ouest.en l8:rn.
JI avait été appelé asiéger au Sénat en {852, et élne
a la dignité de grand-croix de la Légion d'Honneor
en 185,.
Le général Létang n'tltait pas seulement un vaillant
milita1re : c'était un général habíle, d'une acti,ité et
d'une énergie peu comrutJnes, et plein de sollicitudepoor
¡e soldat. C'était aussi un cEprit eclairé, toujours ocrape
des choses qu'il aimait le plus, la cavaleric et l'Algérie·
il a traduit ses pensées dans des publications qui 00;
conservé toute autorité.
H. C.

C0URRIER DE LA M0DE ET DE L'INDUSTRJE.

Avant l'entrée de l'hivcr, nous engageons nos lectrices a faire, si elles ne l'ont déja faite, une vi~ite ala
Teinturerie Européenne {26, boulevard Poissonoiere,u
deuxicme étagE:), si rcnommée pour ses belles et brillantes teiotures de soieries, taffetas, velours et moires antiques, C'est la seule maison qui donble la force d!s
étoíles en les leignant.
On a dit souvent que París est la seule ville du mon4t
ou l'on sait s'ltaliller; il eut été plus juste de dire•
l'on sait habiller. Entre les premiers tailleurs de Paris,il
faut citer Kerchoff, 43, boulevard des Capucioes, el Ga·
lerie d"Orleans, Palais-Ro)al, qui s'cst fai t une repula·
tion sérieme, gr.ice a la fa~oo raisonnée avec laquelleil
habillc. Kerchoff n'imposr pas son gout a son clien~
ma,s il le guide súrement daos son choix, et on ~tqm
la premicre condition, pour etre bien babillé, esl de•
plairc;de se trouver a l"aise daos son vetement; ajoa·
tons qu'íl pos~cde l'assortiment d'étoffes le plus compld
et le plus choisi.
Les véritaliles élégants et les amateurs de belles 11
bonnes chaussures nous sauront gré de leur donoer•
naissance du changement de domicile d'une des pll
honorables maisons en ce genre. Nous voulons parter•
la maison Clercx, fondée en l 824, rue Vivienné,"
vient de transférer ses magasins et ateliers du bouietllll
des ltaliens au boulevard de la Madeleine, l 9. Troú •
dailles aux expositions universelles de Paris, LoDel
et New-York, ont consacré la réputation jllStementit
ritée de cette ancienne maison.
Mm• Saint-Hilaire, dentiste pour dames, 2, plau IMvois, a, pour la pose des dents, la plus rare babiieté.1111
premieres célébrités médicales ont constaté son tallS
daos de nombreux certificats. Nous la recomman-'
vivemen.t aux meres pour la seconde dentition de Jell
enfants.
Parmi les diverses substances tour a tour propoe,,
et employées depuis vingt ans pour la fabricati0• •
dents artificielles, il en est qui oflrent de nomb~
graves inconvénients. M. Déjardin fils, 57, bool
Sébastopol, l'un de nos praticiens les plus disti~ésiJ
sert depuis longtemp~, lui, d'une nouvelle ntatJere
a la fois légere et diaphane, et complétement ina~
a l'acidité des aliment.c, et des boissons; cette
peut etre surnommée la rivale de la nature, tant
imite la teinte et la transparence des den~ naturel'

-i:

•

La GRA.'IDE MAJSo~, cette vaste manufacture de veteroeots pour hommes et pour en,fauts, a , pris, cette
aonée une telle extens,on, qu elle a du s·annexer
les nº: 7 et 9 de la rue Croix-des-Petit~-Champs, pour
donoer ases magasins un développement en rapport
avec son chiffre d'affaires. - Cette vogue est d'autant
plu~ méritée, que la ~ra_nde Maison a adopté pour prmc,pe de vendre au deta,I au meme pr,x qu'en gros, et
cororne elle a ~o person_nel d'élite, on est sur de trouvcr
daos ses galer1es un chmx de vetements bie11 faits, d'un~
qoalilé supérieure et d'un bon marché tout a fa1t exceplioonel.

UN TlRAGE DÉFINITIF LE 28 N0VEMBRE
Bil/ets a25 centim1s dans toute fo. Prance

Cbez tous les libraires, débitants de tabac, etc.
La tres-importante et tres-in téressante
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603 lol~.-·Gros lot, t50,000 fr. ag:igner pour25 c.
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Poor recevoir a toute destin:i.tion, 20 billets assortis
(381,000 fr. il. gagner), - arlresser en mandat de poste.
ou en timbres-poste, cinq francs: au directeur du Bureau
EJactitade, rue Rivoli, 68, París.

!TILIKRS DX COHSTRUCTION DK IIACH!NfS DK L. BRKVAL,
Rue Vicq-d'Azyr, aoci•nne ru• C.hastillon, ~t. Paris.

C'e~ a M. Breval qu'appartient la priorité M l'invention de ce systéme de machines locomobiles, qui, rlepu1s
;epi anaér,, ont été im,tées par tant d'autres constructeurs avec ua ~ucces plus ou moins contestable.
Sa machine a vapcnr portat1ve, dont nous 1eprodnisons le dessin ci-coutre, est une de, plus rngérneuse~
combioaisons qui aient été applir¡uéesjusqu'ici · elle permel de concil:er l'emploi d'une force motrice ;missante
uec le.q exi~cnces, souvent impérieuscs, d'un local restreiol pour l'exploitation d'une grande rnda,trie. - Elle
íorme un ensemble d'une solidité atoule épreuve et d'une
~ande simplicilé : c'est la chaudiere elle-meme qui
sert de bali général ¡iour cette machine vertical e, et pour
tous ses accessoires sans exception. L,e foyer est disposé
de fafOD a pouvoir bruler toute espece de combustible,
~aos les meilleures conditions d'économie; car les deux
~ bouilleurs inlérieurs re~oivent le coup de feude la
méme maniere que les chaudieres fixes. En résumé,
cette machine n'exige aucuns frais d'inslallation, elle
tienl trcs-peu de place (une machine de la force de
i ehevaux n'exige que f m 30 cent. carrés, et elle peut
etre placée et autorisée parlout : daos une cave, daos
ooe arriere-boutique, dans un maga~in, et meme aux
étages supérieurs d'une maison); la manreuvre en est des
plus simples (le chatfffeur aya11t tout sous la main), et
luolidite de r appareil est extreme. De plus, elle ne laisse
rien adcsirer pour la régularité de la marche, ni pour la
facilité de l'entretien.
Pour donner une idée de sa régularité et de sa puissance de travail eflectif, nous dirons que c·est une macbioe a vapeur portative de M. Breval (de la !'orce de
qoatre chevaux), qui donne l'impulsion aux presses ser,aot aimprimer 1'11/u~tration.
Oo coostruit également daos les ateliers de M. Bre,a1 : des machines a úaprur {i.xes de toutcs forces,
uee ou sans condensatioo, nouveau condenseur a
double effet et détente varial,le, brevetés · - des mafiilla avapeur locomobiles avec ou sans train, a quatre
roaes et attelage de 2 a 20 chevaux de force; - des
~ ae mcuvements en tous genres; - des pom~ • ~ de toutes dimensions, pour épuisements et
IITígabons; - des pompes de compression et presses hy~ ; - enfin, des scieries circulaires pour le débit
bo1s.
Voici un aper~u des prix des machines a vapeur du
:ime de_ ce_ll~ ci-contre, co_mprenant : la chaudiere a
eurs rnter,eurs, la chemmée de 3 metre~, l'appar·eil
~ ~bauffer l'eau d'alimentation, une pelle, deux
lilenn1ers, deux tu bes en cristal de rechange pour le ni:/'eau, un paquet de clefs pour le semce de la ma. , ~atre boulons de fondation; en un mot, la ma'iae bien complete, entierement prete a fonctionner
IYee &amp;a poulie de commande.
·
'

PRIX

Ofte de t petit chev. saos régul. t,500 fr.

-

t cheval fort
i, 700
l
avec régul. t ,ROO
2
2,400
3

4
6

R

iO
l2
t5

~~º
3,400
4,600
5,800
7,000
8,000
9,000

POJD•.

700 kil.
l ,000
t,300
1,500
t,750
2,800
4,000
4,650
5,300
6,000

_;_ =. ,=~.., .-'. _; .~--d.""t~=c,ttt~~~~~~

~....;;:..::.::..--_-'-_-_.,[
___
,,..,,re----,,_~
__ ...,./~·-- ~==d:.~~=~g~~~§~~
lllACBINR A V!PBUR

l'ORTATIVB.DB_BREVAL.

11 reste en plu~ i\ la chargc de l'acquéreur, en dehors de ces prix, les frais de transport et d'embnllage.
Toutes les machines sont essayées au frein dans J'établissement avant d'etre livrées.
A. de C.

LES PECHERIES DE LA .MATS0N DER0CQUE,
DE

PARIS,

•

Situées sur les cMes de la Nnnége.

La peche de 13. morue est une de ces queslions qui
rappellcnt involootaíremenl l'aphorisme de Jacotot. 11 y
a en eflet un peu de tout daos la grande industrie organisée pour la peche de e~ précieux: poisson.
Calcnlez les intérels que cette peche importante met
en jeu ! La marine marchande, qui arme plus de quatre
cents batimcnts pour cette exploitation, la regarde avec
raison comme une des sources les plus certaines de sa
prospérité. - L'Etat, qui trouve dans ce grand mouvement maritimc de la marine marchande une ressource
importante pour son inscription maritime, n'hésile pasa
favoriser par des primes le développement de ses opérations. - Notre littoral du Nord, particulierement voué
acette peche, qui fait partir chaque année pour l'Jslande
et le Banc de Terre-~euve ses plus robustes marins, s'y
montre attaché comme au travail qui constitue l'un de
ses meilleurs revenm. - Les populations qui achetent
ces produiL~, s'en préoccupent sérieusement, car l'abondance ou la rareté de la morue est une des questions
avec lesquelles l'alimentation doit compter. - Les malades, enfin, sont peut-etre les plus intéressés de tous
a Toir prospérer la peche de la morue, car c'est elle qui
doit leur apporter en abondance cette hienfaisante Huile
ele foie de morue dont l'action énergique vivifie si puissamment le tempérament affaibli des générations présentes.
C'est a propos de ce dernier médicament que je tiens
a faire connaitre l'intéressante organisation que la maison Derocque, de Paris, vient de donner aux importantes pecheries dont elle a fait l'acquisition sur les cotes de
la Norvége, en vue d'améliorer toutes les opérations qui
servent a l'extraction de cette huile, aujourd'hui connue
et appréciée dan.~ le monde entier.
On sait comment, jusqu'a présent, s'obtient l'huile de
foie de morue. Dans les ateliers des pecheries de TerreNeuve et d'Islande, que les pecheurs appellent les chQ.,1f-

fauds, deux ouvriers spééiaux, appelés le trancheur et le
décolleur, préparent les morues qu'on leur apporte. L'un,
le décol/eur, leur coupe la tete, et l'autre, le trancheur,
les ouvre daos toute leur longueur pour les dépouiller
complétement. C'est pendant celle derniere opération
que le ·roie est arraché et donné a un aide qui va le jeter
avec des milliers d'aulres daos un tonneau a part, qu'on
appelle le cayeot.
Malheureusement, daos l'exploitation de cet(e industrie, l'huile n'est, comme on le voit, que le produit seconrlaire, et la mor11e reste, bien entendu, le produit
principal. Aussi qu'arrive-t-il? C'est que les foies, mal
prr.parés, mal conservés, sont parvenus a un degrf\ de
fermentation tres-avancée quand on commence a en
extraire l"hui!P. JI est clair qu·avec un systeme aussi primítif, aussi néglígé, cette huile ne s'obtient que dans les
conditions les plus détestables, et l'insupportable odeur
que les malades trouvent a ce médicament provient des
rr.atieres nauséabondes que l'on exploite. L'agent réparateur, c·est-it-dire J'iode que renferme le foie de la morue, reste bien ég-alement cont~nu dans l'huile, mais la
pratique médicale sait quelles répugnances invíncibles
elle provoqu,e; et c'est surtout pour cette médecine qu'il
faudrait songer a emmieller les bords du vase.
C'est la précisément la pensée qui a conduit la maíson
Derocque, de Paris, a faire l'acquisition des pecheries
dont nons donnons le dessin daos ce numéro. Cette maison, qui !'coule ce produit daos des proportions énormes
s'est dit avec raioon que si l'huile de monte était mau~
vaise, c'est qu'on n'avait rien fait jusqu'a présent pour
l'obtenir bonne, et que le progres avait, la comme partout, sa réforme a accomplir. Et le plus heureux succes
a couronné la teulative du réformateur. Un mot sur la
judicieuse organisation du service des pecheries, exploitées par l'acquéreur meme.
Et d'abord, J'ancien systeme est nalurellement renversé. La maison Derocque ne s'occupant pas de la morue, le foie seul de ce poisson et l'huile qu'on en ctoit·
extraire deviennent l'unique produit que l'on manipule
daos ses établissements d'cxtraction. L'huile de foie de
morue n'est plus des lors un produit de rebut, mais un
produit soigné, préparé comme une marchandise de
premier ordre. La situation exceptionnelle des établissements d'extraction, pres d11 lieu de peche, permet aux
opérateurs d'obtenir immédiatement de tous foies frais
et choisis, une huile dont la nuance n'est pas hl;nche
mais citrine, et la saveur de morue fraiche qu'elle con~
serve est une garantie de sa pureté.
De plus, la maison Derocque, avec son établissement
de pe~heu~-extracteur, vendant elle-meme son propre
produ,t, d1rectement et so11s sa responsabilité personnelle, préscnte une situation toute différente de celle de
la plupart des armateurs dont l'éqmpage, recevant pour
salaire, cha.cun suivaut son grade, une part proportionnelle par la~t (le last est de deux tonneaux), a tout intéret a ne s'occuper que de la quantité et non de la qualité d'huile a recucillir.
Enfin, la maison Derocque a inauguré dans ses pecheries un nouveau mode d'extraction par le vide, sur les
comhinaisons duquel il importe de donner quelques explications compara\ives, au sujet de la fabr,cation ordinaire des huiles de foie de morue.
Les huiles de morue du commerce, ¡:,réparées, autant
au point de vue industrie!, pour la préparation des cuírs
qu'au point de vue médical, sont de trois qualités : ]~
premiere, l'huile pale ou blonde, s'écoule spontanémeut
et sans l'aide de la chaleur, de la masse des foies déposés
daos le cayeot, avant leur putréfaction. Cette premiere
huile est un peucolorée, transparente, mais un commencement de fermentation lui a déja communiqué une
odeur de poisson désagréable. F.ientót la putréfaction
s'empare des foies, et il se sépare une nouvelle quantité
d'huile couleur de vin de Malaga. C'est la deuxieme qualité, l'huile brune du commerce et du pharmacieu. Son
aspect, son odeur forte de hareng salé, sa saveur
amere et a.pre a la gorge, en font un médicament tresdifficilement accepté des malades. Enfin la troi~ieme
qualité, l'h1úle noire ou rouge, est le produit des foies
complétement putréfiés et soumis a l'ébullition. Elle
est acide, d'une saveur acre, extremement rance et d'une
odeur nauséabonde.
M. Dubail avait déja perfectionné ce mode d'extraction
en s'appliquant a extraire son huile de toies frais qu'il
réduísait en pulpe, et qu'il faisait fondre au bain-marie
.
a' 65 ou 70° env1ron.
11 obtenait ainsi une huile blan-'
che, d'odeur et de saveur peu prononcées,

�336

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

PKCBllRIES DE U MAISON DllROCQUB. DE PARIS SITUÉES SUR LES COTFS DE NORVÉflE,

Le docteur Williams, en Aoglcterre, el en fin M. Mollrr par sa méthode d'extraction par le vide. Son appareil se
de Chrisliania, apporterent quelques modifications im- compose d'une chaudiere a vapeur, munie de dcux
portantes a ces divers procédés, qui, néanmoins, onl le tuyanx, portenrs chacun d'une certaine quantité d'autres doubles chaudieres en fer battu.
défaul de ne permellre d'exlraire qu'a l'air libre.
C'est a cet inconvénient qu'a remédié M. Oerocque
Daos les chaudic~s internes, on place, en les séparant
par des diaphragmcs, les foies parfaitement frais, bien
oettoyés, soigoeusemenl choisis; on lute l'ouverture par
-----C&gt;C&gt;~
un couvercle autoclave. L'un des deux tuyaux passe a
travers chacune des doubles cbaudicres, taodi!: que
ÉCHECS.
l'anlre décrit son parcours en spirale dans la partie rcsPilOBWJE N° ii9, PAR M. J.-A. MILES.
téc vi¿e, Le développemeot de chaleur produil par la
vapeur forme le vide,q ui, tout en produisant l'effet d'une
veotouse et en brisant conséquemment les utr:cules des
foies, provoque l'éconlement de l'huile. On laisse rcposer
1e produil pendant viogt-quatre hcures el on ol.Jtient
aiosi, sans le seconrs d'aucune combinaison chimique,
une huile de morue pure, citrioe, exclusivement médicinale, avec une odeur et une saveur trcs-pe11 prononcécs.
Aussi la réputalion des produits de la maison Derocque, bien vite établie daos toute la Norvége, n'a-t-elle
pas tardé a se répandre rapidemcnt en France et dans
tous les pays. Les aoalyses de la science justifient d'ailleurs celle bonne renommée. M. O. Henry, membre de
l'Académie de médecine et professeur agrégé al'école de
pharmacie, termine ainsi le rapport qu'il a fait sur les
huiles de la maison Oerocque: «Nous pouvons dire,d'apres
notre analyse dirigée dans un but thérapeutique, que
l'huile de foie de morue soumise a no:re examen est de
t1 es-bonne nature, et qu'eEe contient i 53 parties d'iode
sur l ,000.
Le docteur Homolle, ala suite de di verses expéricnces,
Les blancs fonl mal eu cinq coups.
s'exprime aiosi: «Ces essais, renouvelés comparativement
avec des échaotillons d'huiles de foie de morue médicinales prises dans les maisons les plus estimées, permetSOLUTIONS EXAC.TES DIJ l'ROBJ.tME Nº i 7R.
tent d'affirmer qu'elle est au moins égale aux meilleures
Les membres du caíé Moliere, a Nantes; M. llenri Fra11, huiles de nos bonnes pharmacies.
t;ercle de la Basse-Indre, Ed. do Vauccllc, de Générée-~our« J'ajouterai que, l'ayant expérimentée un certain
villé, Café mililaire, a Versailles; Émile Frau, JI. Bonnet,
nombre
de fois, j'ai pu constater: 1° qu'elle était prise
L. Bonniu, Cercle d'Ornaisons, L. Muthuon, L. Lefrancq,
saos
répugoance;
2° qu'elle étail I.Jicn su¡,portée par
G. N~udet, capilaine Gharousset, E. F., it P.uis; Ad. Darl'estomac;
3°
enfio,
qu'elle avait, apres un usage suffilouneuf, Baillif, G. ll., Cercle des Échecs de Liége, Ccrcle Laborie, de Perpignau; Cercle Mantoue, a Soissons; samment prolongé, produit une amélioralion évidenle
daos l'état des malades. 11 11 ne faut pas s'étonner des
Ccrclc du Creusot.

lors de voir l'huile de foie de morue de la maisoo llfrocque se répandre dans la pratique médicale. Elle ,iat
d'obtenir, en t 864, une médaille d'argent, et elle esl
aujourd'hui seule admise dans les hopitaux de Paris.
HENRI VIGNE.

RÉBUS ••

-

--::=.
- -

K.tÉLE6"l
PMILOSOPHE
'-LlEMAKO

..c.,, ll!2.l-\80A

Ki

ITA

EXPLICATION DU DEllNIEll RÉBUS,

Rien d'aussi raviss:ml que les bords de la Seine, de 1'11

a la roer.
AuG. M.u1c, directeur-gér1111t.
En11.

TBXIER,

rédacteur en chef,

Imp. de L'JLLUSTfiATION, A. Marc,
22, rue de Verneui!.

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                  <text>Semanario francés ilustrado se publicó entre 1843 y 1944. Aborda temas políticos, económicos, sociales, científicos, artísticos, y deportivos. Fundado por los periodistas Jean- Baptiste Alexandre Paulin y Édouard Charton. Sus ilustraciones eran realizadas por los mejores dibujantes como Henri Valentin, Édouard Renard, Paul Gavarni, Janet-Lange y Cham.</text>
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                <text>L’Illustration : Journal Universel, 1864, Año 22, Tomo 44, No 1134, Noviembre 19</text>
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                <text>Semanario francés ilustrado se publicó entre 1843 y 1944. Aborda temas políticos, económicos, sociales, científicos, artísticos, y deportivos. Fundado por los periodistas Jean- Baptiste Alexandre Paulin y Édouard Charton. Sus ilustraciones eran realizadas por los mejores dibujantes como Henri Valentin, Édouard Renard, Paul Gavarni, Janet-Lange y Cham.</text>
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                <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores</text>
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                    <text>L'ILLUSTRATION,

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Direction, Rédartion, Adminislration:
flllltl let1 communication• relati•e• au journ&gt;l, recla';"ations, demande~

de changements d'adres~e , do1vent ctre adressees franrG "
■· ~ U G . lllA RC, DIRECTEUR•GÉRA.NT.
leo demandes d'abonnement doivent etre accompagnee•
d'un mandat sur Paris ou sur la poste.

22e ANNÉE .
llamedi

t~

m. XLIV. Nº

t f 33.

N oTembre 1 it6.&amp;.

L'adminislralion ne ripond pas dei manuserils et ne 1'engage ¡amais i •les insírer.
Vu Jtt trait.é.111 , 1:1 lriduclion et b. reprodnction i l'cll'ilnger sont mterclita.

BUREAUX : RUE RICHELJEU-. GO.

1847, elle n'a done pas eo.core
dix-sept ans; le grand-duc
Nicolas, né le 20 septembre
1843, en a vingt et un. lis
sont l'un et l'autre remplis
de distinction, de bonnc gnire
· et d'élégance. La princesse ei t
de plus une tres-jolie pc1sonne.
uu asrnre que te grand-dr e
s·appliquc aacquérir une coi naissance approfondie des b, soins et des ressources de la.
Russie; qu'il n'ignore poi11t
qu'il manque a la. Russ,e
beaucoup de ces choses que
la civilisation apporle ave e
lle, et qu'il est convainm
qu'on doit pou.sser sans rclache la Russie dans la voic
des réformes ou elle est entrée depuis trois ans, si l'on
veut qu'elle se maintieone aLL
rang élevé qu'elle occupc
parmi les grandes nations de
la terre.
La samr ainée de la 1irineesse Marie-Dagmar a épousé~
au commencement de ":rnnée derniere, le prince Je
Galles, fils ai né et héritier óe
la reine d'Aogleterre, en sorle
que deux filles de ce roí Chri~tian IX de Danemark donl la
situatiou est aujourd'hu1 ~¡
pénible et si incertainP, sont
appelées a régner a Londr1s
et a Saint-Pétersbourg, et
que la maison royale de Danemark sen. le trait d'union
entre ces deux puissances que
tant de passions dive~es et

som1AIRE.

1ymoe
sainl
SIIODI

-¡,ere,
JeSaneene
laliu pa·

e, el
l.

m~
posté
tesqoi
.IIIS,

h Jrllld- duc Nic,las et la princ•sse
llrie llmnar. - Rnue politique de
la -••~- - Courrier de Paria. c.n-pondance• de Nice, Toulon et
llaneillt. - La cié rle&lt; cbamps. lspéditioo dan, les pro,inces du Nord
.. l,sique. - L• cab,o, t La Marmo•
n. - 1e marquis Vi,conti-Yeuosta.
- Clornniqu, music•le, - Le chf•
llio ~. ftr daru&lt; les Pyrénres (lllº
lllide). - L' Air el le Monde aérien.
- llsai typo~rar,hiq•oe ,ur I• ~,av,,rc
•boi1. - L'am•r-.il Ron1ain l)c,fu»é;.
Cltnrtl: 1e 1trand-dur.,hérifür Nicol•s
ft I• princes•c Mar~e na~mar. - for..
lflOOldances de Nice, Toulon et Mar.sle (4 ~r••ure•.)- Fxpéd,tion daus
In pnmnc,s ~u Nord du Me,iqu,
ti ~•uures,. - Le cabinet L• MarllOrl (9 gravurrs). - Le chemin de
ler dan l,s P!renee• (6 ~ravures ¡.
- L'Air 11 le llonde airien ( 4 grallffl). - S. Eic. l'amiral Romaiollafilél. - Rebus.

LE GRAND-DUC NICOLAS

ll la priocesse Marie Dagmar.
Le grand -duc Nicolas, fils
aioe de l'empcreur de Russie

Aleiandre II et son héritier,

'ª se marier avcc la princessc
r.¡, llaymm·, deuxicmc filh:

de Christian IX, roi de Oane·
lllrk. La ·nouvelle de ce mana«e, a11no11cé depuis si:&lt; se~ ' rst aujourd' liui offi9elle; les fian~ailles ont été
célébrées a Conenha&lt;&gt;ue et
r
,. º '
.on pense a préparer l'éducalio~?eligieusc de la princesse,
~. Bllivant l'usa&lt;&gt;e devra
t.:....
0
'
llll1l profession du culte orlhodose de l'Église catholique
8retqne.
La .
•
( prmccsse llfarie Dagmar
I) est née le 2G novemure
.:_1.e P~nom de Dagmar est d'oltt, dio,.,se 11 &amp;i¡¡nifie Vierqe du
~D n•,is 1• donnerent, au com1 du lre1w•u1e si,cle 8 une

'

Abonnrments poor Pilfis et. les Départements :

1 mois 9 fr. ; - 6 mois, 18 rr.; - unan, 36 fr.; - le numéro, n c.
la collection mensuelle, 3 fr.; le volume semestriel, 1~ fr.
A B O~
POUR L'ÉTRANG ER 1
Memes pnx ¡ plus les droits de poste, suivant les tarifa.
Lea abono. partent du I er no de ebaque mois.

LF. GRAl'lD-01:C UEHITIEH NICOLAS ET LA l'llt~t'FSS6 MAIIIK 1J1,. 11 di.

de leurs reiues, llarguerile de BoMme,
qui nait tpousé le roí Waldemar, d,t
le Victorituz. La reine Dagmar tient
une grande place dna lo "1lciennc1
lradillons du Nord ; elle étai,,. selon SIi
léitende, remarquahl,ment betle, et renommee pour 5' piélé, pour sa douceur et pour 10n inl&gt;puiubie cbarité•
L,s ptuple&amp; du NQrd snnt con•aincu•
que le prénom de Dnomm· porte bonheur a cellc• i. qni on t'a donné att momenl de leur uaiewoce.

�306

L' í LLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

novembre. Le roi, daos son message, a exposé les-;;:
ditions de la pau. Ses sentiments soot les memes que
ceux du peuple, au moment 011 il vient demander aux
députés de sanctionner la cession d'une partie dn territoire natiooal · mais il invite le peuple a conser1er la
'
.
force d'ame nécessaire pour s11pporter un grand malheur
et en éviter un plus grand encore. Le Oanemark, en et.
fet ne peut trouver son salut que d~ns !'intime cohésiQJl
de' toutes ses parties constitutives, auxquelles on ne
pourra certes plus reprocher maintenant de n'etre pas
homogeoes.
Les nouvelles de New-York signaleot un fait impor.
tant. Les gouverneurs des États du Sud auraieut tena
une conférence daos laquelle ils auraieot résolu, nonseulement de poursuivre la guerre avec vigueur, mais
encore de changer de politique a l'égard des negres, qu¡
seraient désormais employés pour le service public, c'es&amp;a-dire incorporés daos les armées séparalistes. Ríen ne
prouve mieux a que! exces d'épuisement est tombée la
Confédération du Sud.
A l'h.iure ou nous écrivons, le peuple américain, assemblé daos ses comices, nomme au suffrage universel la
électeurs chargés de choisir le futur président; les deux
seuls concurrents sérieux sont MM. Abraham Lincoln,
le président actuel, et le général Mac-Clellan.

307

restreirrnent daus d'étroites limites le sens des déclara-Comment! c'est bien simple; mais songez done mon- gloire, et, que notre génie ait enfanté un cbef-d'ceuvre
A propos de musique, un des derniers numéros de
tions de M. Nigra relativement aux aspirations natiosienr, qu'il y a le papier, l'impression, la commission aux ou que notrejockey soit arrivé premier aux courses de l'lntermédiaire, cet excellent moniteur des chercheurs
nales de \'Italie et au maintien de ses droits sur Rome
lllJ1Cband$ en détail, saos compter la rédaction .....
Loogchamps ou au steeple-chase de la Marche, c'est et des curieux, nous apprend qu'il y a en Angleterre des
comme sa capitale naturelle. lis ne vont pas cependant
_Ah! vous ne savez done pas? dit le monsieur com- de !'argent que nous gagnerons.
bacheliers et des docteurs en musique. Pour obtenir le
jusqu'a. détruire la légitimité de ces aspiration~. _Hs
Mon Dieu! j'entends bien que le génie, voire méme le grade de bachelier, il faut j ustifier de sept années d'éplaisant.
_ Quoi done? ....
établissent que l'ltalie renonce a aller aRome, auss1 bien
simpíe talent, ne dispense pas de mangar, et qu'au-des- tudes musicales, et présenter une cantate a cinq voix et
_ Eh bien, mais, ~ se fait dans les prjsons.
par les manceuvres d'agents révolntionnaires sur le tersous du cerveau il y a l'estomac, qui a ses exigences, a grand orchestre. Le grade de docteur n·est conféré
ritoire pontifical et pa!' toute excitation tendant a proque bon gré, mal gré il faut contenter; je sais qu'une qu'a¡;res un second stage de cinq ans : l'épreuve est 'lne
duire des mouvements insurrectionnels, que par le
Lesentretiens de larue de la Pau vontrecommencer... ceuvre de !'esprit n'en sera pas plus mauvaise parce cantate a six ou buit parties, qui doit etre executée publimoyen d'attaques dirigées du dehors contre les États du
ao wauxball.
qu'elle nourrira son auteur. Gilbert, Malfilatre, Hégé- qnement, tam 'VOcibus quam instrumentis etiam musicis.
pape; mais l'Italie ne se condamoe pas, et la Fraoce ne
)l. Alexandre Dumas ,ioit aussi causcr quelque part, sippe Moreau, et ce pauvre et doux Armand Lebailly,
C'est parmi les docteurs en musique qu'on choisit le
dit pas qu'elle veuille la condamner ~ renoncer ~ Rom~,
a&amp;'inre-ton.
qui vient de mourir a l'hospice Necker apres une vie si profcsseur de l'uoiversité d'Oxford, et c'est devant l'unimeme si les Romains. rendus aleur hbre volonte, se desnr quoi M. Dumas causera-t-il? Sur Benri lII, sur douloureuse, tous ces jeunes poetes qui eureot faim et versité que les candidai,s au baccalauréat et au doctorat
barrassaieot saos le coocours d'aucun élément étranger,
AntoDY, sur Schamyl, sur Garibaldi, sur les Bourbons qui eurent froid, moins souffrants et moins dénués, se présentent pour ohtenir leurs grades.
du gouvcrne~ent temporel, pour se donner a l'Italie.
de Naples, sur la Terre sainte, sur la chasse au fusil, au n'auraient été ni moins ínspirés, ni moins éloquents, ni
Le premier prol'esseur de musique d'Oxford fut, dit-on,
L'éventualité d'une révolution intérieure aRome est
temer ou a l'oiseau, sur les empereurs romains, les moins mélodieux. Que le labeur de la pensée rapporte installé en 886, au temps d'Alfred le Grand.
complétement réservée et reste abolument en dehors
coorses de taureaux, l'astronomie, les mathématiques, doncacelui qui lui consacre sa vie de quoi largement subDes bacheliers et des docteurs en musique ! Étonnezde la convention.
011 la cuisine? Ríen de tout cela. M. Dumas cansera sur venir aux besoins du corps, et que le paio quotidien de vous apre~ cela que l'Angleterre ait produit tant de grands
Une dépeche de M. Nigra au général L~ :Marmo_r~,
Eugene Delacroix. Je ne serai pas faché, je l'avoue, de l'écrivain soit abondant, a la bonne heure; mais est-ce musiciens.
éualement reproduite par le Moniteur, cont1ent le rec1t
r,onnaitre les opinions de l'auteur des Trois mousque- une heureuse idée que la prime introduite dans la littéVoila une institution que nous devrions nous hater
t;es-détaillé de l'entrevue de M. Nigra et de M. Drouyo
tairtS, en peinture. Évidemment il a sur cette importante rature? Voila qui est 'bien contestable. La digoité des d'emprunter a notre alliée.
de Lhuys. M. Nigra s'attache a constater que le contenu
maliere de grandes lumieres, comme sur toute autre écrivains, a coup sur, n'y gaguera rien. Les lettres y
L'lntermwiaire ne nous dit pas si les bacheliers et les
REVTIE POLITIQTIE DE LA SEM.AINE.
dlose, et il est dans le cas de nous prouver qu'il a con- gagneront-elles quelque chose?
de la dépeche du i5 septembre, cette dépeche qui ~
docteurs en musique portent perruque : J'aime a le
sacré la moitif\ de sa vie a l'étude des maitres anciens
Je doute fort que l'appat d'un prix de quinze ou de croire.
X. FEV"NIT.
La polémique soulevée par la convention du i5 sep- donné lieu a tant d'interprétations, a été reconnu vra1
~
et
modernes
.....
a
moins
qu'en
nous
parlaot
d'Eugene
par
M.
Drouyn
de
Lhuys,
qui.
a
tou~efoi~
ajouté
qu'~u
vingt
mille
francs
soit
capable
de
donner
a
ceux
tembre était a pen pres éteiote, lorsque les deux dépeEDMOND Tuw.
Delacroix, il n·oublie de nous parler de ses tableaux, ce qui ne seraient point devenus sans cela de grands
ches de M. Drouyn de Lhuys sont venue~ la raviver. Ces point de v'.le financier, il ava1t beso~n ~ etre c~mpleté
CORRKSPOND~CKS DK HICE, DK TOOLON KT DE IAI\SKILLK.
qui polll'l'ait bien arriver.
auteurs comiques, de la gaieté, de la verve, de l'observadeux documents, relatifs a la ..:onvention franco-italienne, sur plusieurs points. Reprenant les prmc1paux pomts sur
Nice, 31 oclobre.
llalgré tout le plaisir que j'aurai a entendre Eugene tion, des idées et du style. Si l'Europe a dit vrai, .nous
ont pour but d'en préciser le seos et la portée. Ils sont lesquels oot porté les éclaircissements résumés daos la
COUBRIIB&amp; DB PA&amp;l8.
dépeche
de,M.
Drouyn
de
Lhuys,
le
ministre
d'Jtalie
exDelacroix,
homme
ou
peintre,
raconté
par
M.
Dumas,
il
verrons bien.
datés du 30 octobre et du 2 novembre, et soot adres~és
Passons sur les hésitations, les contre-ordres et les
m'eot été plus agréable d'entendre M. Dumas raconté
La chance d'étre joué au Thédtre-Lyrique, de par le contradictions qui ont précédé le voyage de l'empereur
a M. le baroo de Malaret, ministre de France a plique et rectifie les interprétations don_nées, s_urchacu~ Tout pour !'esprit. - Feuilles d'hiver • - Le secret d'111
par lni-meme.
de ces poiots, aux passages de la prem1er~ depeche q~1
talent seul, saos sollicitations, saos présentations, sans Napoléon a Nice. 11 est venu, malgré qu'on ait d1t, et
journal a bon marché. - Les causeries du WaUihall. Turin.
M.
Dumas
sur
Eugéne
Delacroix.
U?e
anec~ote.
Le
Tont est possible a M. Dumas, me dira-t-on, et il ne démarches, ou se dépensent le courage et le temps, c'est tout ce quej'ai a vous raconter. En vertu du privis'y
rapporteot.
Qu'ou
nous
permette
de
c,t~r
les
exphOn se rappdle les interprétations données par les
prix de comédie. - Concours du Théatre-Lyr1que. - La
!andrait pas trop s'étooner qu'il lui convint de fa1re a nous donnera-t-elle un bon opéra? Nous le saurons lége dont semble jouir l'Empereur, le temps, qui était
journaux de toutes nuances a la dépeche de M. Nigr~, cations fournies par M. Nigra, sur un des pomts les plus
Fiancée d'Abydot de M. Bol'dier.-Pourquoi il y a tantde
son
aimable et sympathique figure, une petite place daos bientót.
importants
ou
M.
Orouyn
de
Lhuys
les
avait
provoquées.
aux averses diluviennes, s'est mis au beau le jeudi maen da1e du 15 septembre, dépeche daos laqnelle M. Nlgrands musicie?s en An¡¡leterre.
lecadre
ou il se propose de nous montrer le plus illl).Stre
«
M.
Drouyn
de
Lhuys
a
rappelé,
dit
M.
Nigra,
que
dans
Le Thédtre- Lyrique a mis un opéra au concours, sur tin, et peu s'en est fallu que l'Empereur entrat a Nice
gra disait que le gouvernement italien ré~.udiait tout
peintre de temps-ci 1
Qui done a osé dire que nous avions 1:e~prit exclusiTe' un poeme donoé, dont M. Adenis est l'auteur : tous les par un soleil éblouissant. Malheureusement, la nuit élait
moyen violent pour entrer daos Rome, et qu 11 ne corop- les conférences, il avait été déclaré, de parl e_t d'autre,
Plaise
au
ciel
qu'il
en
ait
l'heureuse
pensée
!
mentaux
cboses
matérielles,
etque
lesspmti;.ellesneno111
qu'on
ne
devait
pas
se
préocc~per
du
cas
ou,
~al~é
lauréats des prix de Rome étaieot appelés a prendre venue, et c'est a la lueur de milliers de lampions que
tait que sur les forces morales, le progres e~ la ci;ilisapréoccupaient
pas?
C'est
une
abominahle
calomnie._JaBah
!
bah
!
il
n'y
pensera
pas.
Cela
se
fera
saos
qu'il
\'exécutioo
loyale
de
la
convent1on,
de
la
part
de
I
Itahe
part a la lutte. L'age ne faisait rien a !'affaire; le seul Sa Majesté, en voiture découverte, ayant a ses cótés le
tion. Ces interprétatioos de la presse fran~a1se et etranypense.
point était de montrer une tete couronnée, blonde, brune, ¡,réfet du dé¡,artement, a traversé au pas les rues, ¡,laces
gere ont paru au ministre des affaires étrangeres de et de la France, le gouvernemeot pontifical ne pourrait mais au contraire, il n'y a eu un mouvement plus tif et
-A merveille. Quelle bonne fortune, s'ilallait... sans blonde ... ou ch:i.uve.
et avenues, qui l'ont conduit a la préfecture, ou e1istent
France nécessiter des explications réciproques, :i.fin de plus subsister par lui-meme et ~e r_endrait im~ossible; plus 'marqué vers les choses de !'esprit. T?u.t le monde
y
penser
... nousraconter lui-meme quelques-lllles de ces
s'en
mele,
et
c'est
vraiment
un
spectacle
ed1fiant
et
reLa récompense du vainqueur était le droit d'etre re- des appartements spécialement affectés aux souverains.
dissiper les équivoques, de prévenir les malentendus, et que cette év~ntualité aurait const1tue une s1tuat100 noumille anecdotes dont il est le sujet, que tout le monde présenté daos l'année.
velle, indépendante de la conveotion, et en dehors des confortant.
Le roí Victor-Emmanuel les a hahités, mais ils ont été
de constater enfin l'accord des deux gouvernements, sai~ mais qu'il mettrait si bien en scene. Celle-ci, par
Voulez-vous
des
faits
irrécusables?
Le poeme avait po'.lr titre : la Fiancée d'Abydos. Si.x rerr,aniés depuis cette époque. lis se composent de deui
accord qui, selon M. Orouyn de Lhuys, ne pouvait se con- prévisions des parties contractantes .•~es de~x .gouv~reiemple.
Une dame s'est fait inscrire sur le registre du seerélamusiciena sontentrés en !ice. Six ! etDieusait que les prix belles chambres a coucher, d'un salon, d'un cabinet de
cilier avec certaines divergeoces qui séparaient le com- nements se réservaient pour ce cas, s 11 veua1t a se reaUnjour, un de ses amis entre dans son cabinet, elle de Rome ne manquent pas ! Six ! Et les autres, pourquoi toilette et d'une longue galerie vitrée, plus reruarquable
riat
de
la
Sorbonne
et
va
subir
!'examen
du
baccalal·
liser
toute
liberté
d'action
de
part
et
d'autre.
Cette
rémentaire de la léuation
italienne
des
commeotaires
o
.
IIOue en manches de chemise, suivaut sa coutume, pen- se sont-ils abstenus? Est-ce modestie, P.st-ce timidité, par son ampleur que par le gout dudécor. Cette galerie,
aotérieurement émanés de la chancellerie franga1se. serv~ mentionnée par M. Orouyn de Lhuys, esl parfai- réat es-lettres daos le courant du mois.
dié sur sa table, et couvraot de sa belle écriture une est-ce saisissement en face du paradis entr'ouvert?
Un
nombre
prodigieux
de
journaux
sont
sur
le
poill
teme~teiacte,
etj'ai
eu
soin
de
la
faire
conuaitre,
en
son
que l'on avait toujours connue sous le nom de Galerie des
Une conférence a eu lieu, a cet effet, entre M. Drouyn de
feaille
de ce grand papier a lettres, sur lequel il aime
temps
au
uouvernement
du
roí;
mais
je
n'ai
pas
cru
Le jury vient de prononcer sa sentence : la partition Palmiers, a cause de la forme des colonnes qui soutiennent
de
parailre.
Lhuys et M. Nigra, et, apres qu'on se fut mi~ d'accord,
i ,oir sa plume courir en tra~ant une scene de drame de M. Barthe (de Bayonne) l'a emporté sur celles des cinq le plafond, a été débaptisée et s'appelle aujourd'hui, je ne
M. Peyrat, aucien rédacteur en chef de la~,•
elle ful renouvelée devant l'Empereur. Les dépecbes pu- devoi; ta r~ppeler daos une dépeche livrée a la publioade comédie, un cbapitre de roman ou d'impressionsde autres concurrents .
obtenu
l'autorisation
de
publier
un
jonrnal
quotídiel,
cité.»
11
résulte
done
de
la
note
de
M.
Orouyn
de
Lhuys,
sais pourquoi, et on serait embarrassé de me le dire,
.bliées par le Moniteur sont le résultat de cette double
,oyage.
dont nous ne connaissons pas encore le litre.
comme
de
celle
de
M.
Nlgra,
que
daos
ce
cas;
qui
n'a
Au moment ou le titre du libretto était publié, un Salle des Garetes. Elle sert de vestiaire, aux jours de réentrevue.
- Eh! quoi, toujours au travail, Dumas? lui dit le poete et un musicien, M. F. Dartol et M. Paul Bordier, ception du préfet.
M. Ernest Feydeau fon de le Bon sens. Le Bon sem, '~
M. Drouyn de Lhuys s'étudie surtout a préciser le pas été prévu par la convention, les d~u:x gouverne.~ents
tisiteur.
une
feuille
ou
Panny
n'a
guere
de
chance
d'etre
réía·
se
réservcnt
également
leur
liberté
d
act1on.
La
serie
de
écrivaient a plusieurs journaux, non pas pour protester
Les autres p1eces des appartements impériaux sont
sens de )a conventioo, dans la pensée du gouvernement
-Toujours.
contre le chou du sujet, mais pour revendiquer la prio- fort belles. Le salon, ou plutót le cabinet de l'Empereur,
fran~ais, et il formule une série de propositions qm ,le- ces nouveaux documents est complete, et l'on peut dé- primée.
-Ah! ~a, mon ami, quand vous reposerez-vou3?
On aononce un journal intitulé la Rive gauc/11.
sorruais les étudier et les apprécier daos leur ensemble,
rité de l'idée : depuis plusieurs aonées ils avaient une est tendu de damas de soie vert; on y remarque deux
mandent a etre reproduites :
- Qnand je me reposerai? dit M. Alexandre Dumas. Piancée d'Abydos en deux actes, toute prete a marcher a belles glaces de Venise, un tableau représentaot la place
Un
sol
iourat
et
fécond
a
la
fois
que
cette
rive
ganehe:
« t• Parmi les moyens violeots dont l'Italie s'est in- en toute connaissance de cause.
o
.
legarde1 bien.
Par un décret reodu su, le rapport du ministre de la les fruits précoces n'y murissent guere, ma1s
l'autel, ou a eotrer en scene, si vous l'afmez mieux.
et l'église de la Superga, le portrait de l'Jmpératrice et
terdit l'emploi, on doit compter les manceuvres d'agents
Et il onvre un tiroir daos Jeque! il y avait une pieee
Cette Piancée, depuis lors, s'est résignée a sortir de celui du prince Impérial, les bustes de Napoléon 1" et du
révolutionnaires sur le territoire pontifical, ainsi que maison de l'Eropereur et des Hcaux-Arts, une commission
S'ils tombent, ces jeunes journaux,
d'or et quelques pieces de monnaie blanche.
l'ombre du foyer paternel, ou elle abritait trop pudique- roi Louis. Le cabinet de toilette est d'une élégance digne
toute excitation tendant a produire des mouvements nouvelle cst instituée, qui aura aexaminer d'importantes
La terre en produit de nouveaux,
- Vous voyez cet argent.
questions
relatives
a
la
ville
de
Paris.
Plusieurs
édifices,
ment sa jeunesse. Pourparler en prose, M. Retlé a édité de l'impératrice Eugénie, aqui il a servi lors du voyage
Comme
eux
tout
préts
.....
a
disparaitre.
iosurrectionnels;
-Oui.
atlectés
aux
services
publics,
peuvent
ne
plus
répoodre
le
poeme de M. Dartol et la musique de M. Bordier, et de 1861; il est, comme les chambres a coucher, de style
« 2• Quant aux moyeos moraux dont elle s'e~t réservé
Ce qui n·empeche pas que nous ne souhaitio~s boDM
- r.omptez-le.
la
partition est aujourd'hui exposée a la vitrine de Louis XV.
au
beso
in
de
ces
services,
et
il
devient
nécessaire
de
les
l'usage, ils consisteot uniquement dans les forces de la
chance a la Rive gauche : le courage et la perse,~
L'ami compta.
M.
Brandus.
agrandir,
ou
meme
de
les
reconstruire
totalement.
C'est
L'Empereur, qui fut re~u a !'hotel de la préfecture
· civilisation et du progres;
ont parfois lassé la sévérité des dieux.
.•
~~y aquarante-trois francs cinquante-cinq centimes,
La Piancée de M. Barthe ira au Théatre-Lyrique, celle par le général commandant le département et par le
« 3• Les seules aspirations que la cour de Tw-in con- ainsi qu'on doit rebatir l'Hotel-Dieu, et remplacer par des
Nous avons encore le Contemporain, de MM. Benn
de M. Bordier irait un peu plus haut encore qu'elle se- maire de la ville, les garda a diner, et a peine le diner
sidere comme légitimes sont celles qui ont pour objet la abattoirs extra-muros ceux qui, depuis l'annexion de la
Lasserre
et Duboscq de Pesqu.idoux: un journal hebdomt
- Eh bien! dit M. Dumas, je me reposerai quaod il rait tout a fait a sa place : elle charmerait le vrai public, achevé, Sa Majesté, en habit de voyage, et accompagoé
banlieue,
se
trouvent
en
dedans
du
mur
d'enceiote.
La
réconciliation de l'Italie avec la papauté;
daire tout pénétré du soufOe catholique. La note légete• 1llra dans ce tiroir soixante francs.
et les abonnés eux-memes daigneraient l'accueillir avec du général Fleury, ;on aide de camp, sortit a pied pour
i&lt; 4° La translation de la capitale est un gage sérieux commission décidera quels sont les immeubles qui sont
sera
;ourtant pas bannie du Contemporain. 1'. Dans In cetemps-la, il gagnait deux cent mille francs paran. quelque bonté; car un opéra en deux a..:tes n'a jamais parcourir la ville sans que son incognito ait été trahi.
donné a la Fraoce; ce n'est ni un expédient provisoir_e daos te cas d'etre agrandis ou reconstruits, daos quel
salon, Rivarol aura le d~oit de_ rire et de d1re ~ ~
VÓUI .6gurez-vous cela accommodé par M. Dumas lui- empecbé qu'on dansat un ballet1e meme soir.
Le lendemain, 28, le v01le de l'incognito avait été levé;
ni une étape vers Rome. Supprimer le gage, ce serait ordre les travaux devront etre exécutés, quelles sont les mots, apres une dissertation pmssante de M. de Maislft.
l!ae,
a,ee sa belle humeur et son esprit?
J'ai
entcndu
l'ceuvre
de
M.
Dartol
et
de
M.
Bordier
au
propriétés
domaniales
dont
l'aliénati~n
pourrait
etre
au~
les
réceptions officielles commencerent, et bientót on
détruire le contrat;
Ainsi s'exprime M. Lasserre daos sen prograwme. i'
piano : une action bien conduite, pas une longueur, des aonon~a l'arrivée de l'empereur Alexandre, qui voulut
i&lt; 5• Les pro¡,ositions de M. lecomte de Cavonr,en i861, torisée daos le département de la Seme; elle aura auss1
Enfin le Diable vert..... dut le Nain jaune en creter
Le sénie íait le mort, on songe a l'obliger a secouer récitatifs d'une clarté et d'une rapidité.extreme, une poésie devancer l'empereur Napoléon. Les deux souveraios se
ne cootenaient point cette clause relative a la capitale; a donner son avis sur les moyens d'exécution. Tout cela
•Mlhargie.
dépit.
.
.
•
pleine de grace, d'élégance et d'élan; voila pour le li- retirerent daos ce salon tendu de damas de soie vert
est
fort
bien,
mais
beaucoup
de
gens
persisteront
acroire,
en outre, elles limitaient a un chiffre déterminé l'armée
Beaucoup de journaux, c'est un grand pomt; DIII
L'~ apprenu a ses confrer-es parisiens qu'il serait bretto, et c'est bien quelque chose, les plus difficiles en et y resterent enfermés plus d'uoe demi-heure. II y avai~
avec
nous,
que
toute
commission
de
ce
genre,
quelle
. du saint pere, et assignaient pour le dépar.t de nos tr?un'est pas tout, il faut que les jour.naux ne cotilent
'8eilion de rétablir le prix qui avait été créé par la se- conviendront. Daos la partition, les contrastes les plus de la cire aux trous des serrnres, et ¡:,as une parole
pes un délai de quinze jours. On ne saura1t méconna1tre qu'elle soit, ne saurait suppléer aux délibérations d'un
cher.
:
~publique pour la comédie la mieux écrite et la beureux et les plus habilement ménagés de douceur et échangée n'arriva au dehors. Un peu apres, l'empereur
véritable
conseil
municipal.
les différences considérables qui existent entre ces proVous savez a quels prodiges de bon marc~é D°!'9
-..
ltile
aux mceurs. Et ce prix, que serait-il? Une d'énergie, l'accent dramatique saos effort, les cótés ten- Napoléon, en uniforme de général de di,ision, se rendit
M.
Persil,
conseiller
d'État,
est
nommé
sénateur,
~t
positions et les arrangements du mois de septembre.
babitués certaines feuilles. 11 y a des gens qm ne 8
llb.l....~es
reuvres de Moliere, de Regnard, ou de Beau- dres et passionnés du poeme, rendus avec une suavité a la villa Peillon, ou l'empereur de Russie, en uniforme
M.
le
comte
Treilhard,
directeur
de
la
_presse
au
m1&lt;t 6º Le cas d'uoe révolution qui viendrait a éclater
quent
pas
qu'on
puisse
donner
tant
de
marc
-:-~T
Un buste de Plaute ou de Térence, ou tout infinie et une chaleur entrainante, et sur les accompa- de colonel du régiment de Lithuanie de sa garde, rc~ut
ºspontanément dans Rome n'est point prévu par la con- nistere de l'intérieur, passe au Conseil d'Etat. Il est propom·
si
peu
d'argent.
•
une couronoe de lauriers? Non, vraiment, gnements les plus riches et les plus variés, des motifs Sa Majesté, et s'enferma avec Elle daos un salon du
,ention. La Fraoce, pour cette éventualité, réserve sa bable que M. Treilhard n'aura pas de s~ccesseu~ au mi- Et penser que cela ne coute que ..... (mettez le
•
le
hebonnesomme
de quinze ou de vingt mi lle francs; 011 la mélodie ahonde toujours. Le piano vous montre rez-de-chaussée de la villa. L'entrevue dura encore
nistere de l'intérieur, et que les fonct10ns de d1recteur
liberté d'action.
qu'il
vous
plaira),
s'écriait
l'autre.jour,
en
_frappanl
i:-es-nous
pas
dans
le siecle de l'utile et du positif? tout cela, mais que de trésors perdus que l'orchestre et pres de trois quarts d'heure, tete-a-tete et portes closes,
« 71 Le cabinet de Turin maintient la politique de de la presse sont supprimées; mais le régime admioisson
jo•irnal,
un
brave
homme
qw
voyage:ut
en
IIÍlu1
les
temps
anciens,
daos les a.ges naifs, pour les voix releveraient soudain. La Piancée cl'Abydos a déJa avaot que l'empereur Jliapoléon se rendit au premier
M. le comte de Cavour. Or, cet homme illustre a déc~aré tratif auquel la presse estsoumise n'est malbeureuseme~t
de fer; n'est-ce pas inconcevable?
..
¡,,¡
~ ou pour réveiller le génie, on montrait a'.11. fait un pas vers le public; un autre, vraiment décisií étage, ou l'impératrice l'attendait.
pas
modifié.
Il
y
aura
un
bureau
la
011
il
y
avait
une
dtque Rome ne pourrait etre unie a l'Italie et en de,ernr 11
- Mais non, c'est bien simple, dit un voiSll
gloire en perspective et leur nom au Temple celui-la, lui reste a faire ... par malbeur, ce n'est pas de
A partir de ce moment, il n'y eut plus de mystere daos
capit1\e qu'avec le consentement de la France. » vision.
cieux.
; aujourd'hui, le billet de banque remplace la M. Bordier tout seul qu'il dépend de luí frayer le ehemin. les paroles, dans les cordiales poignées de n1ains, dans
Les
séances
du
rigsraad
danois
ont
commencé
le
5
Nous ne pouvons nous dissimuler que ces docuroents

tant d'intéréts opposés scmblent diviser profon~émcnt.
Mais on se tromperait si ¡'on croyait que le mariage du
grand-duc Nicolas a été dé~erminé p~r. de_s considérations politiques. Le jeune prmce a cho1s1 lm-meme pour
son épouse la princesse Marie Dagmar de D~nemark,
parce que c'est elle qu'il préfere. Du reste, eec1 es_t conforme aux usages de la cour impériale de Russ1e e~ a
ses traditions. Quand l'empereur Alexandre ll se maria,
¡¡ y a vingt-trois ans, avec la princesse ~ari~ de HcsseDarmstadt c'est que cette princesse lu1 ava1t plu entre
toutes les 'autres. Le mariage de feu l'empereur Nicolas
avec \a princesse Louise-Charlotte de Prusse ne se fit
pas autrement en 18i7. Les empereurs ~usses ont pour
babitude de laisser les princes et les prmcesses de leur
maison se marier a leur gré. lis considerent les ma-·
riaues non comme des allaires d'intéret public, mais
co~me des choses de la famille, 011 la diplomatie n'a aucune r:i.ison d'intervenir.

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�L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
308

L' ILLUSTRATION' JOURNAL UNIVEB.S~L.

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llil: I,~ DE RUSSJB ASSISTANT AU SRRVICK DIVIN DANS LA CHA PELLE RUSSB, A NlCR.

309

�3t0

L' ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, .lOURNAL UNIVER~EL.

------------- - - du Nord, la place des Fainéants, ou l'Empereur a
les sourires échangrs entre les deux souverains. Tout se guerre pré~ents sur rade, en meroe temps qu_'ils se cou- une députat.ion de l:i société des portefaix; le bo~
vraient
de
pavois,
et
que
les
hommes,
montés
sur
les
verpassa devant témoin~. Pourtant, pendant la visite a l'imv_ard Dugom'?i.er: la ru_e Noailles do~t les belles propo:.
pératrice, il ne resta dans le salon que les trois augu~tes gues, faisaient entendre les cris de: Vive l'Empereu_r!
t1ons ont att1re I attent1on de Sa ~laJesté, qui a exprilllé
L'Empereur,
apres
avoir
visité
la
Delliqueuse,
aiRsi
personnages. La pluie s'était de nouveau abattue sur la
a diverses reprises son admiration.
-.ille; elle cessa pour laisser l'Empereur passer la revue que le batiment bélier, le Taureau, et la seierie a -.apeur,
L'Empereur s'est arreté devant l'hOtel du·Lou'l'e et
de la garnison, y compri~ le bataillon des chasseurs de a fixé un momeot son attention su_r un are de triorophe de la Paix et est allé faire une courte visite au roi des
la garde. L'Empereur fut fort acclamé, par les milliers élevé par les ouvriers, au moyen des outils divers Belges. En quittant cet hotel, l'Empereur s'est dirigé
de curieux qui encombraient les abords du cours et cou- de charpentiers.
II s'est rendo ensuite a bord du 8-0/fér'ino, oü il a été vers la C&lt;tnnebicre et la rue Impériale, bordée déji de
ronnaient les terrasses longeant le bord de la mer. Promaisons gran dioses en -.oie de construction. 11 a décoré
menade daos les rangs, dislrihution de croix, défilé, toot re~u par M. le vice-amiral comte Bouet-Willaumez, a la de sa main, au_ milieu meme des chantiers, M. Chatelain
cela fut !'affaire d'une heure, apre~ quoi Sa Majesté par- tele des états-majors de l'escadre, et la, il a distribué les l'habile entrepreneur, entouré de ses quinze cents
til pour Villefranche, oü Elle visita les batiments de guerre croix de la fLégion d'honneur et les roédailles militaires vriers, qui applaudissaient a lile distinction si bien méru~~es et le yacht l' Aiqle, qui y sont encore mouillés. aux officiers et marins ; en passaot devant la frégate es- ritée.
A six heures, il y eut grand diner chez l'empereur de pagnole Isabel/e, qui se trouve mouillée sur notre rade,
Apres avoir parcouru cette magnifique rue, l'Empe.
Russie. L'empereur :'\apoléon était placé, a table, entre l'Empereur a été salué par to,1te l'artillerie de ce 'navire, reur s'est rendu au nouveau port, dont les ouirea,
qui
arborait
en
meme
temps
a
son
grand
mat
les
courempereur et l'impératrice. Les maisons des deux soucomme ceux du port intérieur, étaient tou_s puo~
verains a-.aient été invitées a ce diner. La, il y eut une leu_rs fran~aises.
LPs vaisseau_x et autres hatiments composant l'escadre sés et cou,ert.s de marins. Sa Majesté a -.isité d'abord le
distribulion de croix de la Légion d'honneur ,:t de croix
vaste établi~sement des Docks, création importante doot
de Russie. Des deux cótés, grands cordons et comm:10- se sont mis en mouvement pour exécuter au large uo on appréciera de plus en plus l'utilité, et qui est no des
deu~. - ríen de moins, - furent créés en nombre exercice &lt;le feo général, puis a eu lieu_ un branlebas et points remarquables du vaste bassin Napoléon IIJ.
assez respectahle. Le soir, il y avait spectacle de gala simulacre d'attaque contre les forts et batterie qui déSa Majesté a ensuite visité la cathédrale, oú l'atteodait
aux Italiens, offert par la municipalité. L'empereur ~a- endent l'entrée de la rade, et au milieu_ duque) de Mgr l'é-.eque, entouré de son clergé; Elle a parco1111
poléon, anivé le premier, a fait les honneurs de la loge nombreux tirailleurs, placés sur le pont, n'ont cessé de a-.ec intéret ce vaste et beau monument; ¡mis l'H&lt;\tela l'empPreur Alexandte, qui vint un quart d'heure aire entendre le bruit d'une mousq•1eterie a volonté.
Toutes les hauteurs de la c1ite étaient garnies d'une Dieu, qui vient d'etre reconstruit presque en eotier sur
apres lui. La salle accueillit avec enthousiasme l'empeles plans laissés par Mansard qui n'a-.ait pu qu'ébaocher
reur des Fran~ais, pendant que l'orchestre jouait l'air foule de spectateurs.
A cinq heures, les naYires revenaient, en petite rade, ce monument, a également re~u la visite de l'Empereur,
de la reine Hortense. Ou ne ménagea point les bravos a
auquel un malade, un pauvre petit enfant de cioq ana,
l'empereur de Russie, que salua l'hymne national russe. reprendre leur poste, et Sa Majesté, rentrée a la préfec- amputé du bras gauche, a remis un placet et une l'Ol!e.
ture marilime, réunissait, a sept heu_res, daos un grand
lis étaient tous deux en habit de ville.
C'est cet épisode que représente roon croquis.
Des fleurs a profusion garnissaient l'escalier et le dioer, les autorités maritimes,..civiles et militaires.
En rentrant a la gare, l'Empereur a témoigné UI. de
A huit heures, les salons de la préfecture étaient le
salon qui précede la loge impériale, richement ornée
de
Maupas tout son contentement pour la rapidité et te
pour la circonstance. Daos le salon, l'empereur Napo- rendez-vous des chefs &lt;le corps de toutes armes, des di- soin aYec lesquels a été exécuté le programme ~o'il
léon a admiré une corbeille, un vrai chef-cl'reuvre de recteu_rs des divers services administratifs et des nota- aYait tracé lui-meme, il y a quatre ans, pou_r la !'éoo,.,
flenrs et de feuillages, que la rounicipalité avait com- bilités de la ville.
Pour extrait : P. P.
L'excellente musique des équ1pages de la flotte, dirigée tion de Marseille.
mandée au seul jardinier capable de la con[ectionner
avec un tel gout et une telle éléganie; j'ai nommé Al- par son habile chef, M. Duchou_x, artiste d'une réputa-•
phonse Karr, a qui l'on commanda également, le lende- tion bien méritée et d'un zele infatigable, s'est fait enLA CLÉ DES CHAMPS.
main, un splendide bonquet que le train impérial ero- tendre pendant tout le diner.
L'Empereur
s'estmontré
a
trois
reprises
diflérentes
au
porta a la destination de l'Jmpératrice. Vous ,avez le se-•
De la dépouille de nos bois
cret que possede Alphonse Karr d'expédier daos toute balcon, et a exprimé a M. Montais, préfet du départeL'automne avait jonché la terre;
l'Eu_rope des bouquels qui arrivent frais comme au mo- ment du Var, le bonheur qu'il éprouvait de l'accueil qui
Le bocage était saos mystere,
luí était fait, et luí a témoigné, en méme temps, le
Le rossignol était sans voii.
ment oü on les cueille.
L'Empereur est partí samedi matin a huit heures, saos désir qu'il avait de donner a la popu_lation une marQuoi qu_'en dise le poele élégiaque, le rossignol o'll•
bruit et saos appareil. L'empereur 'Alexandre s'est mis que de sa sympathie, en la personne d'un homme que
tend
pas ordinairement la chute des feuilles pour peNlre
en rou_te, de son cóté, hier, dimanche, a onze ,heu_res du l'opinion publique et !'estime générale désigoeraient a
sa
voix.
Les feuilles jaunissent et tombent sur le MI:
matin, se dirigeant sur Pétersbourg. On m'assure qu'il une telle faveur.
on
les
ramasse,
- parlons en vile prose, -pourenfaire
C'est alors que le premier magistrat a nommé a Sa
reviendra a Nice a la fin de décembre ou_ ,lans les pred'excelleuts
composts,
quelquefois des litieres d1111
miers jours de janvier. C'est alors que pourrait bien s'ef- Majesté M. Pons Peyruc, président du Tribunal et de la
les
bergeries,
la
chasse
sous bois commence l de•
Cbambre de r.ommerce, président du conseil d'arrondisfectuer le voyage a París prématurément annoncé.
venir
possible.
La ville est revenue au_ calme. Je ne vous écrirai pin~ sement, ancien conseiller mu_nicipal. L'Empereur, en déLe rooment est ven u_ de faire le bilao de la prododial
corant M. Pons Peyruc, lu_i a adressé des paroles tres qa.'a l'occasion.
Lou,s nE S.uNT-P1ER11E.
agricole
de t864. L'année, en somme, n'a pas été mu•
flatteuses, et lui a dit qu'il tenait a honorer !'industrie,
vaise,
et
mal venu serait celui qui s'en plaindraiL D
en décorant \'un de ses représentants les plus distingués
faut
dir~
pourtant
que les fourrages naturels ou artifi.
daos notre pays.
Toulon, 31 octobre 1864.
ciels
n'ont
pas
été
abondants, et que la production de
A dix heures, tout était terminé et la foule s'écoulait.
la viande s'en est fortement ressentie. Daos les uDimanche,
30
octobre,
l'Empereur
s'est
rendu
a
pied,
Samedi 29 octobre, et vers une he1Jre de l'apres-midi,
nées seches, on éleve moins et on engraisse moins; par
l'Empereur arrivait a la.gare de Toulon, venant de Nice, a huit heures 6t demie, a l'église de Saint-Louis, pour y conséquent, la viande se vend plus cher, et tout ntllentendre la messe.
accompagné de M. le général Fleury.
Sa Majesté est montée ensuite en voiture pour se rellement, on s'en prend a la liberté de la boucberie,
Déja M. le ministre de la marine attendait a la gare
rendre a la gare. La, elle s'est arretée quelques instants pou_r luí reprocher de n'avoir pas fait baisser le l'ÍI
Sa Majesté.
d'une denrée dont on consomme de plus en plos 1'11
Apres que le wagon impérial se fut arre té, l'Empereur, au milieu_ d'officiers supérieurs, d'officiers et de sous-offi- les jou_rs, et qui devient plu_s rare quand la ¡.ai80I ei
en grand uniforme de lieutenant général, est monté en ciers de la marine et de l'armée de terre, auxqu_els ont
défavorable.
voit•ire, daos laquelle ont pris place M. Chasseloup- été remises des décorations.
Pour les blés, malgré tout ce qu'on a dit de la riL'Empereur e~t monté daos le train impérial et est
Laubat, roini~tre de la marine, M. le général Fleury et
coltf'
actuelle, il ressort de tous les renseignements ...
M. le vice-amiral Jurien de la Graviere, pou_r se rendre parti salué par la fou_le.
j'ai pu recueillir, - ils sont précis et nombrem, directement al'arsenal maritime.
~ue la récolte a été tres-ordinaire. - Mais les priull
Partout, sur son passage, Sa Majesté a été accueilhe
A l'arrivée du wagon impérial daos uotre gare, baisséY me dira-t-on. - Une récolte ordinaire, et 1M11
par les plus vives acclamations de la foule. 'routes les
écrit-on de Marseille, l'Empereur a été regu_ par M. le au-dessous de l'ordinaire. n'est pas une mauvaiM ""
fenetres étaient pavoisées.
coite, répondrai-je. Et puis, ne faut-il pas lenir coafl
L'Empereu_r a élé re~u a la porte de l'rseanal, par sénateu_r chargé de l'administration du département, des arri-.ages de l'étranger, et su_rtout du stock
M. le vice-amiral préfet maritime, vicomte de Chabannes M. le général commandant la division, Mgr l'éveque de gasiné chez les cu_lti-.ateu.rs on chez les négocill9i
et M. le vice-amiral, comte Bonet-Willaumez, com- Marseille, le roaire et le corps municipal. Sa Majesté s'est stock qui était considérable au moment de la récolllt
dirigée vers la salle d'attente des premieres, qui avait été
mandant l'escadre d'évolutions.
Il est probable que les prix ne baisseront pastocoovertie
en salon, et la Elle a re~u un grand nombre de
Les troupes de marine, se composant de la gendarL'effet de la liberté du commerce des grains, qui 1'1
merie, de l'artillerie, du 4e régiment d'infanterie, des fonctionnaires civils et militaires.
Apres la réception, Sa Majesté s'est rendue daos la pas permis que nous fussions affamés, il y a trois ..,
équ1pages de la J.ivision, formaient u_n vaste carré, sur
cour de la gare, ou stationnait u_ne foule immense, en se fera nécessairement sentir daos quelques sel!llilllt
la place de l'Rorloge.
La liberté, qui nous a sauvés de la disette, empecllll
Apres ,noir pa~é la revue des troupes, Sa Yajesté a tete de laquelle on remarquait les médaillés de Sainte- l'avilissement des cours. Daos ce moment-ci, l'AIP"
pris place daos le canot impérial, qui s'est dirigé a la Helene, les sociétés de secours mutu_els, et la société terre vit, comme on dit, sur elle-meroe. La crise e..
rame vers !'arsenal de Castigneau; sur son passage, Sa chorale !'Avenir.
Sa Majesté est ensuite montée en voit11re d a invité ciere qu'elle subit lu_i interdit momentanément .,,,Majesté a visité la petite canoonicre cuirassée et démonspécu_lation sur les céréales; elle est obligée d'entable, et la frégate cuirassée de 40 canons, la Provence. M. le sénateur d.e Maupas a prendre place a ~LS cótés. En son stock, et il parait qu'il est assez entamé, car les,..
De la, le canot impérial, trainé par deux chalou_pes a face se sont placés l'amiral Jurien de la Graviere et le tits ports de l'Océan commencent a demander des t ·
vapeur, s'est diri¡é vers les chantiers du Mourillon, et, général Fleury, aides de camp de l'Rropereur.
Le cortége s'est mis en marchepourentrer daos la -.ille. au port de Nantes, peur alimenter la consoIJllllllllf
a mesu_re qu_'il sortait de la passe, Sa Majesté a été saluée
Le cortége a pwé par les boulevards de la Liberté et courante.
par une triple salve d'artillerie, de ton~ le~ navires de

on:

e_.

Oo ne sup-pose pas que la crise financiere dépasse la

pant plus ~irecte~~nt le vitrage interne, il n·y a plus de

311
Les ménageres possedent une foule d'autres procédés

6JJ d•J roois &lt;le novembre. A cette époque, la liquidation condensation, el I a1rconserve toute l'humidité nécessaire. pour con~erver les reufs frais; seulement ces procédés

aura été faite, et les établissements ébranlés auront dis-

maison~ solides, les crédits a l'épreuve ré»isie,oot, et les aff:ures de spéculation reprendront leur
cours normal. Or, qu_'arrivera-t-il? Il faudra réparer tes
breches faites daos le stock pendant la crise; a qui s'ad,eSSera-t-on? Les glaces auront paralysé le mouvement
intérieur d~s marchandises américaines; on ne pourra
plus eipéd1er les blés ou les farines que la guerre aura
épargnés; la Baltique sera fermée, le Danube aussi. JI
faudra nécessairement s'adresser a la France dont les
ports soot voisins, dont les frontieres sont ouv~rtes.
~oc~¡ j'avais -~~ blé,. et que je n'eusse point trop
l,esOtn d argent, J a1mera1s autant « voir venir. »
Faut-il s'en rapporter a M. Mathieu (de la Dróme)?
Ses prédictions sont peu_ rassurantes pour i 865. Comme
il est interdit de les reproduire, meme partiellement
111t\me indirectement, et que je ne vtmx pas ex pose;
l'JU.Stration a un proces en contrefa~on de prophétie
je renvoie les lecteurs a. l'Annuaire de i865, au n,mhl;
j ~ h o~ au Triple Almanach; ils y verront que, si
J. Jlatb1eu (tl y a des noms prédestinés) dit plu~ vr~i
que son homonyroe Laensberg, on fera bien de gardrr
sa récolte; mais je n'en jurerais pru:, d'autant mieux
qu'on proverbe dit que « il ne faut jurer de rien. &gt;&gt;
AD reste, des que le mois de novembre arrive il fait
bon prédire le beau et le roauvais temps, parÍer des
récoltes et do prix du blé, aupres d'u_ne flambée de sarmeot, les p!eds su~ les chenets, pendant q11e la pluie
fooette les vitres rmsselantes. Le vigneron tire alo!'s une
boooe bouleille de derriere les fagots, car on peut bien
oe pas trop ménager le bon vio, l'ann¿e l81l4 a élé excellente. On ~ eu, chose rare, presque partout la qualité
"ec la quant1té. Dans quelques mois, quand le vio aura
(ait son travail, ce sera le moment de monter sa cave.
En Bourgogne, les vignerons se réjouissent de la récol~, et !Is P;.étendent qu'ils ne craigoent plus Ja
gelee~pmsqu 1ls espacent leurs ceps, et qu'ils donnent
ala ,1gne toutes les fa~ons dont elle a besoin. On n'a
besoin ni de paillassons, ni de toiles-abris ni de
íamée au printemps; la houe suffit a préserver Ía viaoe
des te~ibles g~lées d'avril et de mai. La vigne résiste
ID íro1d, produ1t davantage et produit de meilleur vio•
e'est tout bénéfice. II faut plus de travail le travail es~
~ox payé, et. tout le monde y trouve ;on a vantage,
1111tres et ouvr1ers. Je crois qu_'on peut appeler cela du

paro, Les

progres.
11 parait qu'aujou_rd'hui le progres pénetre partout.
En ce moment-ci, la construction des serres est a la
Yeil_le de subir, non pas une transformation, mais une
•éntable révolution, La révolution nous vient d'Angleterre, et c'est un célebre horticulteur anglais, M. le
11' Li_odley, qui esta la tete du roouvement. JI s'agit de
er111r les serres d'un double vitrage. Le double vitr1ge
reae~ble aux vetements de faine blanche, dont on nous
pul11t a la classe de physique; il garantit du froid et
4u ~a~d. Je m'explique. Le double vitrage repose sur
eepnnc1pe de physique, que l'air est maunis conducteu_r
a ealorique. Pourquoi nos vetements de laine épais
•lleUI, nous tiennent-ils chaud? Parce qu'ils empri~
llllllleot l'air daos leur épaisseur, et s'opposent ainsi a
la dé_~rdition du_ calorique. Mais, s'ils empechent la dé,erd1t1on du calorique daos l'hiver, les memes épais
1tleme_nts
laine, su_rtout s'ils sont blancs (A cause
•la refraet10n), nous isolcnt du calorique extérieur par
le méme motif. Les Arabes ne résisteraient pasa l'ar- du soleil d'Afrique, s'ils n'avaient pas la tele et Je
-,. cou,erts d'épaisses étolfes de laine blanche.
Le double vitrage produit absolument le meme elfet.
~ eouche d'air, interposée entre les deux parois des
lllra,_ est un écran que les rayo ns solaires ne traversent
..e d1fficilement, et avec lenteur, quoiq,1'ils soient pé-. Pai: le~ rayons lnmineux. La couche d'air qui enleloppe 110s1 la serre entre les deux vitrages met la
,._ l l'abri du froid, en meme temps qu'ell~ la met
,
•l fab~· d'un echaulfementexcessif,
produit par les rayons
IOletl. On peut done supprimer l'usage des paillassons
ett auss·I cette pemture
.
verdatre qu_i donne a l'intérieur'
lllle serre un aspect sépulcral, qui blémit horrible:-' le vi~age des visiteurs, et altere accidentellement
eoloration des fle11rs.
0n Bait aussi que, pendaut le froid, l'humidité conte~ d~s l'air de la serre se condense su_r les vitres, ce
obhge amultiplier les arrosages et les seringages.
'te le_ double vitrage, la fraicheur extérieure ne frap-

d:

r

Je n'ai pas besoin d'ajouter qu'il est absolument indispensable que l'air interposé entre les deux vitraaes
• .
o
n a1t aucune espcce de communication, soit avec l'air
exléricur, soit avec l'air intérieur. Saos cela tout le
bénéfice de la transformation serait perdu.
. On économise encore, par le ·double vitrag~, une quanltté ~ez considérable de combustible, l'air intcrieur
se mamtenant a peu pres uniformément a une tres-douce
températu_re. Le double vitrage est surtout un isolant •
c'est la le caractere particulicr qui lui donne tant d'a~
vantages pour la culture en serres. 11 est bien entendu
qu'il faut tout vitrer, les parois aussi bien que le toit de
la serre.
Je soumets cette innovation a ceux de nos lecteurs
qui possedent une serre et tiennent, tout en faisant des
économies, a conserver a leu~ plantes un a~pect agréable. « Pendant sept mois, écrit a ce &amp;ujet M. Naudin
membre de l'Institut, il n'y a plus a s'occuper du fou_r~
neau ni de ses accessoires, .mais ce n'est encare lil.
que la moinrl_re partie des bénéfices du nouveau systeme; ce q111 vaut bien mieux, aux yeu_x de l'horticultenr et de l'amateur, c'est la brillante santé, la vi¡rnrur et Ir rapide développement des plantes soumises
a re régime, qui sont lcls que, si on travaille pour Je
commerce, les produits peuvent devenir doubles de ce
qu'ils seraientavec une serre construite dans le svstcme
ordinaire. »
•
Je n'ai pas besoin d'ajouter que la serre a double vitrage a pour premier résultat de diminuer considilrablemPnt les arrosages. Un léger seringage le matin en
. . est suffi sant; on en donne deux ou ' trois par ' seete~
mame au príntemps et a l'a,utomne, et un seul tous
les huit ou dix jours en hiver.
Puisque nous nous occupons des serres, il ne sera pas
hors de propos de mentionner ici un remede contre les
pucerons, publié par un journal hortiMle. Que n'a-t-on
~as fait pou_r détruire les pucerons? f ,..rosages, fumigat1ons, le tout saos résultat, ou entminant des inconvénienls souvent pires q1-1e le mal. Les fumigations de tab~c, par exemple, qui tuent les pucerons, tuent quelquefo1s la plante, et, daos tous les cas, remplissent la serre
d'une atmosphere empestée. Un amateur, qui ne se
nomme pas, a eu l'idée de recueillir, daos son jardin
une vingtaine de cGccinelles; il les mil dans sa serre et'
en trois joúrs, les pucerons furent dévorés, et les pl~te~
attaquées reprirent leur vigueur. « 11 faudrait, ajoute
le narrateu_r de cette Saint-Barthélemy di! pucerons arrivera élever artific1ellement ces intéressants petits 'animaux. ,&gt; La domestication de la coccinelle, voila une
question qu'il faut renvoyer ala Société d'acclimatation •
mais la Société protectrice, qu'en dira-t-elle •
'
Un mol, eu terminant, sur une question qui intéresse
les cultivateul'8 et les ménageres. 11 s'agit des reufs. Un
petit journal auquel je suis fort attaché, la Ga:.ette du
village, vient de publier, sur les reufs de poules, une petite étude tres-intéressante. On y dit ce que pese un reuf:
son poids varíe de 50 a 88 grammes. Les plus gros nesont
pas lPs meilleurs. La qualite des reufs est tres-variable.
Les reufs ae voliere, bien soignés, $00t gén~ralement plus
délicats que les reufs de poules vagahondes, dont la principale nourriture consiste en vers et en lar\'eS. Quaud on
veut manger d'excellents reufs a la coque, il faut done
conserver les pondeu•es en bas•e-cour fermée, et les
nourrir exclusivement de grai11 et de verdu_re. Les reufs
de ponles qui ont glané le nouveau grain daos les champs
récemment moissonnés, sont de premiere quahté; dans
ce cas, le grain ahonde, et la poule dédaigne de rechercber les insectes. Les renfs de poules habitant les montagnes sont plus savoureux que les reufs de poule de la
plaine. Lorsqoe le jaune de l'reu_f est foncé, cela indique
une poule qui a mangé de l'herbe. Enfin, les poules
nourries au_ mo)'en de vermisseaux, de hannetons,
d'escargot.s, de vers a soie, roort.s ou malades, pondent
des reufs d'un gout détestable. On d1t que les reufs clairs
c·e~t-a-dire non fécondés, sont mal•ains; ilil valent au~
tant que les a11tres, mais ils se con~ervent moins bien.
Je ne connais qu'un seul mo)"en de conscrver les
reufs frais : il a été inventé par un négociant du Mans.
On en&lt;luit l'reuf d'une e~pece de Yerni~ a ba•e de térébenthine. J'ai conservé, ainsi préparés, des reufs pendant
huit mois. Mangés a la coque, la légere odeur de térébenthine qu'exhalait la coquille était assez dtlsagréable •
mais l'reuf était tres-frais. Sur le plal, ces mufs étaieu~
excellenL~.

n'ont qu'u_n seul inconvénient : ils ne conservent pas.
VJCTOR Bl)Rli:.
~

llP&amp;OITIOJ

om us PROYIWCKS DO XORD DO IIIIOOK
{NOEVO-LEON

ET COUABl'ILA.)

ISuit•.)

r

Sal hilo, !t aotlt I S64

[le Matehuala a Saltillo, la distance est

a peu pres de

60 a 70 lieues, a traver• une immense plaine inculte

imprégnée de sub~tances salines, et daos laquelle o~
trouve, en abondance, le carbonate de soude. On ne
peut, du reste, mieux comparer cette plaine qu'au dé~ert algérien : au loin, a l'horizon, s'étendent de hautes
montag-nes entierement dénudées, pas un arbre, et, a la
place des touffes de l'Alpha algérien, des toulfes d'une
grande bruyere a fleurs blanches, et d'une plante connue sous le nom de Saladilla.
~n sortant de Matehuala, du coté du nord, la campagne est encore cultivée en mais, ju_squ'a une lieue
c'est-a-dire jusqu'au petit et misérable village de Ojo
Agua. La, commence la grande plaine dont nous venons
de parler plus haut, puis, a cinq lieues plus loin on
trouve la petite vi lle de Cédral, jadis importante pa/son
minerai d'argent, mais aujourd'hui bien déchue. La ville
a pourtant des rues larges, droites, mais non pavées
des maisons a un rez-de-chaussée, quelques-unes gran~
des et autrefois belles, mais u'avant pour la plupart
'
d' autre ouverture que la porte, •laquelle
est toujours'
close : aussi croirait-on etre daos une ville dont les habitanls auraient abandonné leurs pénates! Du soir au
ma_ti_n, on ~encontre tout au plus quelques etres, pales,
cbet1fs, qm constituent la population de Cédral; - ils
sont tous employés a transporter le précieux métal, a le
broyer et a le laver.
Non loin de Cédral, mais tout a fait au centre des
montagnes de la Sierra Madre, est la ville de Catorce
qui, ~ans le principe, était tout simplement un gisement
de mme appelé Purissima Concepcion de Alamas de Catorce, en 1773. Sa découverte est due, sPlon les traditions, a un negre, iequel ayant couru inutilement tout
u_n jour, daos la montagne, apres un cheval écbappé se
trouva surpris par la nuit, au sommet du cerro de
torce Viejo (ainsi appelé parce qu'il avait autrefois serví
de refuge a une cuadrilla de quatorze voleurs). Ayant
froid, le pauvre ncgre fit un grand feu toute la nuit et
l'on peut juger de son étonnement, lorsqu'en remu¡nt
a la pointe du jou_r, son foyer, il y trouva un morcea~
d'argent.
En 1778, Don Dernabe Antonio de Cepada, apres avoir
recherché, pendant plusieurs mois, quelques veines de
p1inerai, en rencontra une, appelée Veta grande dont
il tira un million de pesos.
'
Le pr~duit moyen des mines de Catorce, a cette époque, était de 2 a 3 millions de pesos par an. Aujourd'~ui encorP, la principale mine est celle de Dolores, situee nu nord-est. Les de1u premiers mineurs furent
lldefonso Diaz Iéon et Javier Martin · leur filon atteignit
une extension de l 9,000 vares.
Les autres mines sont celles de Seceno, a 80 vares·
celle de la Escondida, a 240, el celle de S. Ramon a370'
La mine de la Purissima, située a l'est-sud-est'de Ca~
torce, antique propriété du colonel Obregon donnait un
produit annuel de 200,000 pesos.
'
La chaine de montagnes de Catorce est un rameau
de la Si11rra ]ladre : les richesses métalliques de cette
montagne occupent une superficie de 7 a 8 licues. On y
trouve, en outre de !'argent, l'amiante, la serpentine et le

d;

Ca-

cinabre.
La vi lle de Cato-l'ce est située ~ur une montagne aride·
elle ne p~ssede qu'u~ s~ul édifice : la Parroquia, qni
appartena1t aux franc1scams. - Catorce, situé a 2,füíOm
au-dessus d11 niveau de lamer, a un c!imat froid; il y
tombe pourtant rarement de la neige, mais il y gele
fortcment.
Oe Catorce, un chemin pavé comme les anciennes
voies romaines, parl a pie du haut de la montagne et
C')11duit a !'hacienda de Vantgas, remarquable surtout
p~1: ses sources d'ean thermale, dont les propriétés méd1c111ales sont nombreuses. Vanegas est situé aux pieds
d'un petit cerro en forme de cune isolé au milieu de
l'immense plaine qui conduit a Saltillo ': ce petit cóne
es• terminé par des colonnes en basalte. Unr i,oprce

I •

�L'JLLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
pcu rultivJes, mais nourrissent un grand nombre de

i,reur~ et de chevaux.

i1o1Jv1111u1 11111nsT1E1111 1T~Ul!N,

Le lcndcmain, l'cscadron se remettait a la poursuite
de la guérilla, prenant la route &lt;le Chihuahua, par
p,aras, tandis que le o• escadrou, apres une marche
de nuit de seize licues, arrivait a Agua Nueva, a sept
¡¡eucs de Sal tillo et ~ix de Buena-Vista, ou se trouve Je
quartier géneral d'Ortega. Cet escadron surprend, a
cinq hcures du matin, le régiment &lt;le los fieles de
l{'de1)1)-Leo11, lai tue vingt hommes et fait six ¡¡risonniers : un cha,&lt;,seur d'Afrique, nommé Vincmt, est
tué, et le capitaine commandant Micarcl gricvement
bles.,c,
Le 17, la division Castagny arrive a !'hacienda de
Apa .Xueva: la on apprend qu'un général de l'ancien
goo,erneur de Nuevo-Leon, Viam,ri, le général Quiroga est entré a Montel'ey, et qu'Ortega et Negrtte abandoooent au plus ..-ite leur posilion fortifiée &lt;le la Angostura, adeux lieues de Saltillo, position au moyen
de laquelle i's espéraient arreter l'armée fran~aise.
La Anaostura est un déíllé domin~ par 1me petitc
mootlgne, ~ur laquelle est un fortin : Ortega y avait
amuncelé des munitions et descanons f(U'il abandonna
daos sa fui te précipitée. - C'est a la An 0&lt;&gt;03tura, c1u'en

· ,. ALl'IIOXSR DR L4 MAII.\IORA, Pllli.SlllRNT Dll CO~SF.11..
LF. GKN~IIAL

i84&lt;l, un général américain b1ttit complétement les
llexicains rrlranchés.
Le 20, le général Castagoy fait son entrée· aSallillo
que venait d'abandonoer Juarcs pour se sauver &lt;lau;
le Chihuahua.
Saltillo, appelée aussi, par un décret de 1'État de Cohuhuil ,, Cuidad de Leona Vicaria, est une p~tite ville
proprette et assez bien située. Ses rues sont droites
et larges. Les maisons, excepté quelques-unes sur
la ~lace principale et daos la grande rue qui 'condmt a la route &lt;le Mon!erey, sont de médiocre construclion. La Parroquia et une maisoo appelee le Palais
&lt;lans laquclle résidaient les autorités de l'État, son;
a~ez remarquables.
Su/tillo est le point de transit du port de Matamoros
pour les vi lles de Monterey, Duranao et Zacateca&amp;. '
A l'ouest de Saltillo, et séparé seulement par une
gran?e rue, cst le pueblo de Tlaxcala. Ce pueblo fut
foode par un_e colonie de Tlaxcolie,is que les Espagnols emmenercnt au quatorzicmr. ~icele pour Jeur
gervir d'auxiliaircs contre les Thichimequcs,'qui avaient
détruit les établissements- fondés ¡&gt;ar les conquérauts
en 1582. - Ce ful le vice -roi Don Luis de Ve/asco
.
'
qui, en 1502, emmena cette colonie, composée de

ilPÉDITION DANS US l'ROVINCES DU NORD DU MEXIQUB. - ROUTE DE MONTER&amp;Y : SALTILLO, aiége do gounrnemeut de Juares, jusqu'au !O aoüt 18M.

abondanle et déhcieuse, chose si rare au milieu de ce
desert, sorl des tochers silués non loin de la source
d'eau thermale, forme un petit lac ombragé de vieux
trembles, et sert..a'abreuver les nombreux troupeaux de
breufs et de chevaux errants dans les montagnes.
Le 8 aout, toute la division du général de Castagny est
réunie a Vanegas. Un colonel polo1dis, du nom de Tabagensky, commirndant une guérilla de soixante-dix

hommes, fait défcction complete et ,adbere a l'empire. voirs d'eau; a une heure de la nuit, la petite colonne
Apres deux jours de repos, la colonne se porte au ran- arrivait a El Sal/lao, grande hacienda fortifiée, eotonree
d'eau salée; elle repartait trois heures apres, passait &amp;Q
cho de L·is Anim 1s. - Le méme soir, un e.;cadron de
chasseurs d'Afrique ainsi qu'une compagnie du 7° batail- petit village de S. Salva•.lor et arrivait a !'hacienda de la
lncarnatio11, aprcs quarante bcures de roare,he.
lon de chasseurs a pied, quittent suhitement le camp,
La Jncamation, que venait d'abaodonner au plus ,ite
pour aller tomber, apres une marche forcée de treute-trois
la guerilla de Naranjo, fait partie du territoire de C.·
lieues sur une guérilla commandée par Naranjo, lequel
hulla : c'est une grande hacienda dont les terres sont
a pour mission de détruire toutes les norias et les réser-

11. LANZA, IIINISTRE DE L'l:'lTRRIF.l'R.

l U B&amp;R0:'1 NATOLI, 111:"IISTR&amp; OE L'l:'lSTRt:CTION l'UBLIQUB,

)l. SELLA, MINISTRB DES FINANCF.S.

M. LE GENÉllH COllTE l'ETITTI, MINISTIIE llP. LA GUERRE.

Al. J. VACCA, IIINISTI\B DB LA J¡;sncs.

11. JACIXI, IIINISTRE DF.S TR, VAUX PUBLIC~.

quatre cents familles. Aujourd'bui, le pueblo de Tlaxcala est
coa,ert de jardins bien arrosés
et dans lesquels prosperent les
ubres fruitiers des terres froides et tempérées. Le climat de
Sollil/o est plutót froid que
~d : les hi vers y sont assez
hgoureux; daos les autres sailOns, le ciel est toujours pur.
Acmr.1.E Crnot.

LI CABlHKT LA IIARIIORA

r Le nou,·eau

ministere itaien, malgré son caractcre
'81entiellemeot transitoire
1'
_est formé daos des condi-'
lions lelles, et se trouve ap-

~

/

~-Y~
M. TOIIELLI, MINISTR&amp; U&amp; L'AGRICULTLRR llT IJU COIL\IBRCl!.

M, VISW~TI VENOSTA, t;X-MINISTRR DES AFFAIIIES i-:TIIANGERES

ll'aprea lea pbotograpbiea de IU. llurua, et llurer.

•

pelé a présider a des acles
d'une si haute gravité, que la
rcvuc des personnalités fort
diverses &lt;lont il se composP.
offre un intéret tout particulier
de circon,tance. - 11 ne faut
pas chercher ici un parti liicn
caractérisé, arrivaot au pouvoir a la suite d'une viotoire
parlementaire, et constitua11l
un grou¡ie compacl et homogcne. Appelés, dans un momcnt de tronble indescriptible,
par un général illustre, pour
sauver l'Etat en péril, cr~
hommes politique~, tri,·s I n
peu an hasard sur les 1,an, s
des deux chamhres, et nalurellement saos ¡?rancie cohésion
se sont cepcndant mis a l'ret.-'

�314

L' JLLUSTRATlON, JO lJ Rl', .\L UN l VERSE L.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

s~;

sion, etFerdinand TI le fitjeter en prison avec les
l'impot. Ali sujet d'un amendement pr~posé Pª: lui, et
vre :n-ec un zele tout a fait patriotique. lis ont a faire
que Je ministere refusa, l'ancien mimstre pnt feu et les Liborio Romano tt tant d'au.tres. Il n'en sorlit q,1
face a de grandes difficultés, d9nt les débats act~el\.ement
tlammes et attaqua M. Minghetti avec une force et une, pour J'exil, ou il resta dix ans, a Florence.
ouverts dans le Parlement ne sont que le prelude. -:-Rentré cbez tui en i860, quand la révolution de Silogique ~ui le désar~onnerent presqu~ et qui produisiEspérons, pour le bien de l'Jtalie, qu'ils sauron~ se temr
cile
eut contraint Fran~ois II a remettre en vigueur le
rent Je plus grand effet. A dater de cette mémorable
jusqu'au bout a la hauteur de la tache entrep'.1se.
statut
constilutionnel, M. Vacca re~ut l'offre du porte.
séance, M. Lanza abandonna la majorité et revint a ses
Le président du conseil, ministre des atfaires étranfeuille
de la j ustice, qu'il déclina pour travailler de tont
anciens amis du centre gauche (alljourd'hui le tiers-parti).
geres et de la marine, est ce meme gén~ra~ Alphonse de
son
pouvoir
au mouvement unitaire, qui entrainait
M. Rattazzi et tui :se donnerent de nouveau la main.
La Marmora dont les campagnes de Cr1mee et de LomNaples
a
l'annexion
avec le Nord. - ll accepta de la dicM, Lanza est un bomme tres-énergique et tres-integre.
bardie ont ;opularisé le nom dans l'Europe entie~e: 1~
tature
de
Garibaldi
la
charge de procureur générat pres
U possede une grande intluence danJ la chambre, q~i,
est issu d'une famille de tres-ancienne noblesse (lame
la
cour
de
cassation,
reprenant ainsi sa carriere judj.
depuis t862, Jui maintient la présidence de la comm1sportait le titre de prince de Masserano), et tou~e mili~aire.
ciaire,
si
longtemps
interrompue.
Appelé au sénat do
du budget. Reste a le voir a l'reuvre daus le poste
ny a eu \ongtemps, dans l'armée sarde, tro1s géneraux sion
royaume
d'Italie,
il
fut
nommé
aussitot
vice-président
si considérable et si difficile en ce moment de ministre de
du nom de La Marmora. Celui dont nous nous occupons,
de ce grand corps, 011 il exerce une grande influence.
arrivé a ce grade ¡)ar sa brillante conduite pendant ,la l'intérieur.
Sur le méme rang que M. Lanza, et d'une importance M. Vacca est auteur de plusieurs écríts, parmi lesquelg
guerre dei848, fut, au mois d'octobre. d~ l~ meme annee,
pulit1que et administrative au moins égale a la sieune, un opuscule tres-remarqué dans ces derniers temps:
appelé par le roi Charles-Albert au m1mstere de la guerse présente le commandeur Quentin Sella, chargé du sur la situation des provinces napolitaines.
re dans ce cabinet Rattazzi qui eut le courage, en mars
M. Jacini, ministre des travaux publics, est un des plus
portefeuille des finauces. Celui-la a fait preuve d'un déi84~ de recommencer les hostilités avec l'Autriche,
riches
propriétaires de la province de Crémone (Lombarvouement hors ligne en consentant a prendre l'héritage
plutót que de désarmer et de mettre le Piémont a sa
die).
11
se fit connaitre en i857 par un tra.vail sur la
de cet incroyable M. Minghetti, qui, apres avoir, en
merci, comme le conseillaient la France et l'Angleterre.
situation
de la propriété fonciere daos les provinces
outre des resEources du budget, dissipé un emprunt d'un
_ Apres Novare, ce fut le général Alphonse de _La Maritaliennes
de l'Autriche, qui lui valut d'etre rechercbé
milliard en unan et demi, laissait, au jour de sa retraite,
mora qui réorganisa l'armée et prépara l~s sohdes b~par l'a.rchidue Maximilien, lieutenant de l'empereur a
le trésor avec cinquante mille francs en caisse et tous
taillons de la Tchernafa et de San-Martmo. Au mo1s
Milan. En i859, M. de Cavour appela M. Jacini au poste
d'avril H\59, il quitta son portefeuille pour le comman- les services a découvert.
de ministre des travaux publics du royaume d'Italie.
M. Sella, arrivé tres-jeune au pouvoir (il n'a pas quadement en second de l'armée piémontaise, a la tete de
M.
Jacini ne garda ces fonctions que quelques mois. rante ans) par ses aptitudes exceptionnelles, appartient
laquelle s'était placé le roí. Apres l'armistice et les _conDaos la chambre, il était un des plus chaleureux partí.
a l'ancien Piémont. lngénieur tres-distingué, il fut d'aventions de Villafranca, M. de Cavour étant sorll des
sans du dernier minislere, qu'il a soutenu jusqu'a la fin.
bord professeur de mathématiques a l'université de ~u.affaires M. de La Marmora donna son noma l'adminisUn autre Lombard, M. Louis Torelli, est chargé de
rin. Sa carriere politiq11e ne date que de i 862, ou 1l
tration 'qui se forma alors, mais dont le p_résident réel
l'a&lt;&gt;riculture et du commerce. Ecrivain de talent, enaborda la députation. Plusieurs discours fort écoutés,
º mortel de l'Autriche, M. Torelli prit une part actile
fut M. Rattazzi, ministre de l'intérieur, q_m prépar~, p~r
nemi
sur des sujets spéciaux, un grand bon sens politique, une
son habileté et son énergie, les annex1ons de l ltahe
a l'insurrection de Milan, en mars i 8,48. ll fit ensuite la
remarquable facilité d'élocution, le signalerent a l'at- .
centrale, réali~ées au mois d'avril suivant.
campagne de Lombardie comme oíticier d'état-major.
tention de M. de Cavour, qui, peu de temps avant sa,
En i8M, l'ltalie ayant été partagée en grands comRéfogié en Piémont, apres tes revers, et naturahsé, il
mort, luí fit offrir un porteíeuille, qu'il eut certainement
mandements militaires, le général de La l\larmora fut
fit partie de la chambre des députés depuis iR49 jusqul
occupé saos la fin si soudaine de l'il\ustre comte. - En
pourvu de celui qui avait rnn siége a Milan. Quelq_ue_s
i86i, 011 il entra au sénat. ll parlait souvent, et était
i862, M. Rattazzi l'appela au poste de ministre des
mois plus tard, et sur la µriere pe~so~n_elle du ro1, 1\
toujours tres-écouté. Tres- lié avec M. de Cavour, qu'il
finances dans l'administration qu'il formait. M. Sella déalla remplacer a Naples le général C1aldm1 d:rns la ~eme
soutint envers et eontre tous, il prit une part active it. la
passa toutes les espérances que l'on avait fondées sur lui.
position. C'était l'homme qu'il fallait pour ces p,rovm~~'
rédaction du Risorgimento, journal de l'illustre homme
ll eslreconnu que s'il eut eu le temps de réaliser tous ses
fort peu gouvernables, et livrées aux tléa~ de 1~nar~h1e
d'Etat. Apres la guerre de i859, M. de Cavour l'envoya
intérieure et du brigandage.- En 1862, a la suite _d As- projets, la situation financiere de l'Italie ~erait, al'he~e commissaire civil en Lombardie. Depuis, il a été tour a
roruonte M. de La Marmora fut cauRe de la retra1te du actuelle complétement assurée, et la me1lleure peut-etre tour préfet de la Valteline, de Palerme et de-Pise.
p b·net R;ttazzi pour avoir fait illégalement arreter et de J'Eur~pe. 11 prépara. la concession des chemins de fer
Le département de l'instruction publique, enfin, a ponr
ca 1
,
f d.. napolitains a la maison Rothschild, si mal adroitementrefudétenir dans une prison de Naples les députés l or m1,
titnlaire M. le baron Natoli, de Messine (Sicile), sénateur
sée par la chambre (et la scandaleuse enquete BastoggiFabrizi et Calvino,. malgré les ordres réit~rés du minisdu royaume. M. Natoli, qui joua un role dans les événeSusani a suffisamment dit pourquoi et comment), celle du
tere, auquel il affirmait avoir entre les mams les preu:es
ments de i 848, fut un des citoyens exclus du bénéfice
crédit foncier italien au crédit foncier de France, et nomde la complicité de ces députés dans le mouve~ent mde \'amnistíe par Ferdinand ll, lors de la rentrée des
bre d'autres mesures de la meme portée. Les diverses plasurrectionnel : preuves que, le moment venu, Il ne pµt
troupes royales a Palerrue. ll resta en exil jusqu'en 1880,
ces italiennes avaient la plus entiere confiance en son
Revenu a la suite de l'expédition de Garibaldi, il occopa
cependant fournir.
.
Le général La Marmora est céleb~e _en Itahe par son haLileté, et il y eut trouvé un crédit illimité.
quelque temps, dans le cabinet du dict~teur,, le poste~
M. Sella fut un des députés appelés par M. Minghetti,
énergie, et par sa rudesse comm_e mm1stre de la guerre.
ministre des affaires étrangeres. Appele au senat, M. Ri•
apres la signature de la convention' du i5 septembr~,
C'est le Cr9quemitaine de~ parlls extremes. Il a re?r1s
casoli lui confia le portefeuille du commerce daos son
pour renforcer le cabinet. Aiosi que MM. Lanza, Bert1,
Genes aux Mazziniens apres Novare, et ~on nom ¡~~
administration. Depuis, M. Natoli a été préfet a Brescia,
Petitti, il refusa de s'associer anx ministres en charge.
pose singulierement a la m•Jl!itude. On sa1t que lo~squ 1l
et, en dernier lieu, a Mes~ine. C'est un homme de fa~m
_ Rentré aux affaires avec le général de La Marmora,
a accepté une consigne, il la fa1t respecter et executer
tres-courtoises, un parfait gentleman, dans toute l'a~
il est désormais le ministre des finances indispensable
jusqu'au bout.
.
,
.
de toute administration sérieuse, le seul capable de sau- tion du mot.
Sa spécialité militaire ne l'a pomt empeche de se fa1re
Tels sont les ministres actuels de l'Italie. - J'ai di~ ea
ver l'Ilalie de la ruine, et de procurer cet équilibre tant
commen~ant, que ce cabinet était essentiellement PtO_"
une place dans le Parlement.
désiré entre le budget des recettes et celui des dépenses.
M. Lanza, ministre de l'intérieur, est un gra~d-pr~visoire. En effet, son chef, le généri!.I LaMarmora,ad&amp;Le portefeuille de la guerre est confié a un officier de
priétaire de la province de Casal, qui a j~dis p~1s le diclaré, des Je premier jour, sa ferme intention de rela plus haute distinction, le lieutenant général comte
plome de docteur en médecine, pour avo1r un t1tre. I_l a
mettre le pouvoir en d'autres mains, aussitót que laconAugustin Petitti-Baglioni di Roreto. Né a Turin en i8t4,
vention du i5 septembre aura été votée et se trouten
cinqoante-six ans environ. Membre du Parlem~n: p1éd'nne des premieres familles du Piémont; sous-lieutenant
montais depuis la création, M. Lanza appartena1t a cette
en bonne voie d'exécution, du moin.s quant au transAen i8~i, major d'artillerie pendant la campagne de 1848,
fraction de la gauche qui, sous le nom de ~entre gauche
rement de la capitale. 11 est probable que la ruissioo de
qu'il fit brillamment, M. Petitti devint, en i853, secrét sous la direction de M. Rattazzi, fi.t al hance 'en i 852
constituer un ministere définitif sera confiée alors i
taire général de la guerre, sous M. de La Marmora, et
eavec uu,. de Cavour, et luí assura définitivement le pouM.
Ricasoli ou a M. Rattazzi, suivant les circonstaoees
. aida puissamment ce ministre dans son énergique revoir. Presque tous les bommes du centre gauche arr1qui
se seront produites d'ici la.
constitution de l'armée. Il fut chef d'état-major du meme
verent successivement aux affaires. M. ~anzadébuta ~~r
générat en Crimée et en Lombardie (1859). Apres cette
etre vice-président de la chambre. P01s, en i857, si_ Je
derniere
campagne, le général Petitti fut nommé présiLE MARQUIS VISCONTI · VENOSTA.
le portefe01lle
ne me trompe, M· Rattazzi lui fit donner
.
,
dent de la commission de délimitation des frontieres
de l'rnstruction publique. Des dissent1ments ayant eclat~,
Le marquis Visconti-Venosta, ministre des atl~
entre la Lombardie et le territoire resté a l'Autriche.
au commencement de i858, ·en_tre ~'. de Ca.vo.~r, ,P:és1étrangeres
daos le dernier cabinet italien, et signa~
L'année ·d'aprés, il remplit le meme emploi pour les
dent du conseil, et M. Rattazz1, mm1stre de
• ,,l mlerieur,
·
é frontiéres de la Savoie et de Nice. Il re~ut en outre di- de la convention du t 5 septembre, est Lombard de nmt:
ce dernier sortit du cabinet. M. Lanza, qm s eta1t rang
sanee et descend de cette illustre famille Visconti ..
verses missions diplomatiques, notamment en Russie.
du partí de M. de Cavour, en fut récompensé par la conLe général Petitti fut ministre de la guerre daos le régn¡ a }filan pendant le moyen a.ge et eut l'honneurdt
fi nce entiere du tout-puissant maitre de l'Etat. 11 cumula
cabinet Rattazzi. ll accomplit le grand acte politique de s'allier a nos rois.
mªeme bientot deux portefeuilles, en joignant'.a son déDévoué a la cau.~e nationale comme toute la noblell
la fusion des restes de l'armée méridiouale (volontaires
partement celui des finances.
.
\ombarde,
M. Visconti-Venosta, a l'exemple de ses coade Garibaldi) avec l'armée réguliere, acte anquel ses
Rentré daos la vie privée apres V1ll~franca, M. Lanza
patriotes
les'
plus distingués, quitta de bonne heure IOl
prédécesseurs s'étaient ob:tin~ment re~usés._ L'organisafut par les soins de M. de Cavour, le premier pré~ident
pays
devant
les persécutions de l'Autricbe. A.p~e&amp; aJ
tion militaire actuelle de l ltahe, que l on d1t excellente,
' se donna le Parlemeut italien. A la mort du celebre
assez
long
séjour
en France et en Angleterre, ou 1! éllque
l
. . é . lui est due en grande partie.
e
d'Etat
il
devint
un
des
cheís
de
a
maJor1t
qm
hom m
M. Joseph Vacca, garde des sceaux, né a Naples en dia avec profit les hommes et les instit~ti~ns, il ~ot ~
'
appuyait
le ministere
Ricasol!· Pl°:s tard' I·1 fiit une o~poi809, parcourut tous les degrés de la magistrature ju~ fixer a Turin, centre du mouvement 1tahen. Il sy
sition remarquée a l'admimstrat10n de M. Rattazz1,_ et
qu'en t848, époque a laquelle il fut nommé, par le m1- avec M. de Cavour, et étudia la politique ainsi que ladisoutmt
contr ibua fortement a sa chute. M. Lanza
.
. .
nistere constitutionnel, directeur au ministere de grace et plomatie sous ce grand maitre, qui, peu facile daos
. e dernier cabinet jusqu'au jour 011 M. Mmghe~t1 vmt
amitiés, avait cependant été conquis par le caractere _.
justice. Apres lesévénementsdu 15 mai, ildonnasadémisprésenter au Parlement la loi sur la péréquation de

¡

ll

érenx et la remarquable intelligence du jeune gent.il.
boonne milana1s.
On en vil la preuve au mois d'avril i859. - Le général Garibaldi avait été chargé de pénétrer le premier en
(.Olllbard1e, pour faire une diversion utile aux ¡,rojets de
)'état-major franco-sarde, et soulever les populations.
)(. de Cavour confia au marquis Visconti-Venosta les
importantes fonctions de eommissaire royal aupres de
ce corps d'a!'mée, avec mission d'organiser le pays au
(111' et a mesure de sa délivrance. M. Visconti-Venosta
s'acquitta de cette tache ardue avec un zele et un dé,ouement au-dessus de tout élogti.
Elu en t86i député au premier parlement italien,
)(. Visconti-Venosta fut appelé aussitót a faire partie du
comité diplomatique, sorle de conseil consultatif institué
aopres du ministre des affaires étrangeres. Il y déploya.
de telles aptitudes, une telle science du droit public, et
nne si parfaite connaissance des questions a l'ordre du
jolll' de la diplomatie européenne, qu'a la formation du
cabioet Farini (décembre i862), le nouveau ministre
desatlaires étrangeres, M. Pasolini, luí ofirit de devenir
son secrétaire général.
M. Visconti-Venosta accepta cette position, et le comte
pasolini s'étant retiré quelques mois ~pres, il lui succeda, et devint ministre titulaire des affaires étrangeres,
comme il l'était déja réellement de fait. - C'est en cette
qualité qu'il a présidé aux négociations avec la France,
el signé cette convention du t 5 septembre, que le Parlemeot italien discute en ce moment. Ca. DE LA VARgNNR.
o

CIIMl@faDCWJI fll\DIIIC&amp;LL

L'Opéra-Comique vient de se mettre en frais. Deu:x
pieces nouvelles en moins de deux semaines ! La premiere, a la vérité, n'a qu'un acte, et l'on voit peu d'aetes aussi l~gers. L'auteur a voulu montrer que les Ab,ents, quoi que le proverbe en dise, n'ont pas toujours
tort. Son béros, M. Eustache, que l'on trouve charmant
tanl qu'il apprend, a la ville, le métier d'avocat, arrive
comme un tourbillon, ravage le potager, casse les assiettes, apprécie mal les attentious de M11 • Suzette, et méconoail la délicatesse discrete de ses sentiments, en un mot,
blesse tout le monde. On voit alors ses défauts, qu'on
mil oubliés pcndant son absence Quant a M. Léonard,
qui est toujours la, et qui n'est qu'un sot, ces revirements
ne cbaogent rien asa pJsition. D'oi.t il suit que si les absen1s ont souvent raison, les présents ont toujours tort.
(!uelle que soit la valeur du théoreme de M. Daudet, il y a
daos sa démonstralion des scenes bien posées, et traítées
6nement. Son dialogue est naturel, vif, rapide, souvent
spirituel, sans que l'on puisse l'accuser jamais de faire de
!'esprit. 11 n'y a ríen, daos sa piece, qui ressemble a ce
qo'oo nomme au théatre une intrigue : mais elle passe
si lite qu'on n'a pas le temps de s'ennuyer.
L'auteur de la musique est M. Ferdinand Poise, un
des meilleurs éleves d'Adolphe Adam. 11 rappelle sou,enl son maitre par la clarté de l'instrumentation, mais
il o'a pas, a beaucoup pres, sa facilité, son natnrel et
son abondance mélodique. Tous les morceaux des AblOII.! sontcourts, lres-courts, et la partition ressemble fort
ho album de chansonnettes. La plupartsont vives etassez piquantes. Quelques-unes ont de l'originalité. A ce
point de vue, il faut citer en premiere ligne une chanson maritime intercalée dans un duo· entre M. Eustache
et l. Léonard, et les couplels cha.ntés par ce Léonard :
Coiament voulez-vous qu'on aime? M. Sainte-Foy y met
une expession touchante, que l'on a vivement sentie et
lpplaudie comme il. convenait. Le vieux jardinier ra")
r.onte la dévastation de ses légumes et de ses giroflées
daos 11D petit air plein d'entrain, et d'un tres-bon comi•oe. faime moins une romance a trois temps chantée
par Eustache, dont lajolie voix et la bonne exécution de
K. Capoul ne corrigent pas la banalité. Il y a, au commeniementde la piece, un petit trio dont le rhythme est vif,
~ ou les voix sont assez bien disposées. Bref, la partiliondes Absents ne fera pas de révolution daos l'art, mais
~~ des parties agréables, et personne ne regrettera de
entendue. Elle est, d'ailleurs, fort bien rendue par
•~Girard et Révilly, MM. Capoul, Sainte-Foy et Nathan,
~sachant, comme on dit, leur affaire, et dont le liretliste n'a pas moins a se louer que le musicien.
~. Tresor de Pierrot se trouve au fond d'un puits; mais
~ &amp;lait jeté? Je crois que c'est Jean de La Fontaine.
, t ne ressemble pas mal au savetier du bonbomme,
cela pres que les usages de l'Opéra-Comique et le dé••
COrQn¡ d'un tbéatre impérialont e:rigé qn'il futjardinier .

;voir

.315 ,

11 est fiancé a la jolie Lucette, et la cérémonie du ma- trine, et il y a beaucoup de la dans le r~le du comte
riage doit avoir lieu dans quelques heures. Avant de d'Essex. On comprend facilement, d'ailleurs, cette prépasser son bel babit, il tire un seau d'eau poiJ.r arroser dilection de M. Fraschini. Achaque la qu'il lance dans l'esses lleurs, et amene une cassette pleine de pieces d'or. pace, les applaudissements éclatent a la fois de tous les
Le voila riche! Et aussitot il devient avare, cupide, cotés. Décidément, le public aime cette note; des qu'il
foar-be, déloyal et sot. ll ne songe plus qu'iL augmenter l'entend, il est traHsporté dejoie, et M. Fraschini suit Je
sa fortune, et manque brutalement de parole ala pauvre conseil de Bilboquet. A Dieu ne plaise que je !'en blame !
Lucette, croyant épouser la filie d'un richard qui est son
D'ailleurs, il chante noblement et avec une helle exvoisin. Lucette pleure, et luí adresse de tonchants re- pression certaines parties de son role, notamment son
proches dont il ne fait que rire. Florise lui préfere un air du dernier acte, dont l'andante est remarquable.
dragon, le luí dit fort nettement; et lui notifie qu'elle Il y a dans le role Elisabeth un grand air qui ne l'est
le traitera en Georges Dandin. - N'importe ! JI s'obstine pas moins. ll y a encore un trio dont le mérite est ina ne voir que la dot, jusqu'au morr¡.ent ou Lucette, en contestable. Le reste de cet ouvrage est banal. La fachabit de noces, traverse le théati:e au bras du dragon, ture en est savante, sans auc11n doute. On y reconnait a
qu'elle feint d'épouser. Alors il n'y tient plus : la jalou- · chaque mesure la main d'un maitre, mais rl'un maitre
sie réveille en lui l'amour, et l'amour réveille ses bons pressé par le temps, et qui se passe de l'idée, quand
sentimentsd'autrefois. Pierrot redevient honnete homme l'idée se fait attendre. Si, au lieu de jeter sur le papier,
aussi promptement qu'il avait cessé de l'etre. Mais pour- avec uue rapidité déplorable, pres de quatre-vingts
quoi rejette-t-il dans le puits ce terrible coffret, qui a opéras, Donizetti se füt contenté d'en écrire trente, il
fait tant de mal? Un plus sage que lui se servirait de ce nous aurait laissé trente chefs-d'reuvre, au lieu de dix
qu'il contient pour rendre Lucette heureuse; mais les ou douze, qui, pour la postérité, composeront tout son
nouveaux convert1s poussent toujours le zele trop loin. bagage. A la véritél, c'est déja beaucoup, et tous les
Cette ceuvre légere de deux écrivains de talent et musiciens n'en pourraient pas offrir autant.
d'esprit, MM. Cormon et Henri Trianon, a fourni a M. EuL'Elisir d'arnore doit etre comptée, assurément, parmi
gene Gautier l'occasion d'écrire quelques bons mor- ses meilleures partitions. C'est la que les idées abondent,
ceaux, - un joli trio boufie : Toi qui guéris de l'amour, élégantes, gracieuses, piquantes, pleines de verve et de
charmante bouteille, etc.; un duo bouffe entre Pierrot et joyeuse humeur. 11 faut done féliciter l'administration
le dragon, duo p:us plaisant encore que le trio; un du Théatre-Italien d'avoir remis en scene M charmant
chreur de tailleurs qui viennent babiller Pierrot; un air , ouvrage, et d'en avoir donné le role principa a
du maitre tailleur, qu'on ne saurait écouler saos rire. M110 Patti. Aucune autre ne lui convient mieux. Elle est
Des gens qui aiment a faire parade de leur mémoire, la sur son terrain, comme dans Don Pasquale. Sa grace
diront peut-etre que le tailleur de Pierrot leur rappelle naturelle, son piquant minois, son regard expressif; son
celui du bourgeois gentilhomme, et que l'air qu'il geste mutin, tout ce qui caractérise son talent d'actrice
chante les fait penser a Grégoire. Mais je leur réponds est parfaitement a sa place daos le role de cette coque la scene n'en est pas moins gaie pour cela, ni la quette de vil\age, et il semble que ces cantilenes vives,
musique moins chantante. Enfin, il y a vers le dénou- légeres, sémillantes, et d'une élégance si peu étuiiée,
ment, lorsque Pierrot redevient raisonnable, un air : aient été écrites pour sa brillante voix. Quelle facilité,
Ainsi qu'u.n chien fidéle, ou l'auteur, qui est quelque peu quelle hardíesse dans les vocalises! quel!e justesse et
archéologue, a ressuscité les formes d'il y a un siecle quelles fines nuances dans l'expression ! Jamais cette enet demi, mais ou il a su mettre Ull chant expressif, des fant gatée de la na. ure et du public n'avait été mieux
harmonies distinguées et une couleur tres-originale. inspirée, et jamais elle n'aTait olas complétement réussi.
Tous les 111.orceaux u~ valent peut-etre pas ceux que je Tout París, - j'entends le·París dilettank, - voudra la
viens de mentionrier. Laissons-les en paix, et conseil- voir daos l'Elisir, et tout París l'applaudira.
lons a M. Montaubry de ne plus se charger de roles co1\1. Naudin la seconde bien. 11 ne trouve la que tresrarement l'occasion de forcer sa voix, et c'est tant mieux
miques, lesquels ne sont pas du toút son fait.
Le Théatre-Lyrique ne se lasse pas de traduire. JI a pour lui, comme pour ses auditeurs. M. Scalese (Dul~
pour cela d'assez boones raisons, que je ne dirai poiot, camara) parle son air d'entrée au lieu de le chanter, ce
parce que je ne veux désobliger personne. Violetta qui n'est pas agréable a tout le monde; mais il dit bien
vient done de remplacer Don Pasquale, dont le succes ses deux duos, quand il ne se laisse pas trop emporter.
élait épuisé. Violetta, c'est la Traviata de M. Verdi. On M. Antonucci n'a pas, tant s'eu faut ! une mauvaise v@ix.
l'avait chantée en italien le mardi, place Ventadour. On Quel dommage qu'il la mene si lourdement, et qu'il
\'a chantée en fran~ais le jeudi, place du Chatelet. Exécu- soit si souvent en mauvaise intelligence avec l'orchestre !
tion tres-soignée. Beaux décors, riches costumes. Chceurs Malgré ce petit inconvénient, l'Elisir d'amore a fait le
et orchestre manceuvrant a merveille, avec des nuances plus grand plaisir, et sera sans doute joué fréquemmen
et des finesses dont le Tbéatre-Italien ne se doute pas. cet hiver. 11 y a de tres-jolis chceurs. Or, les choristes
C'est M. Monjauze qui joue le role du ténor, qui s'ap- ont toujours chanté jusle, et n'ont pcrdu la mesure
pelle Germond dans la partition italienne, et dont j'ai qu'une seule fois. 11 faut prendre note de cettc amélio- .
oublié le nom franpis. M. Monjauze dit assez lourdement ration : depuis longtemps, le chreur du Théatre--Italien
\'a.ir a boire du premier acte, mais il a de la tendresse avait perdu l'habitude de ménager les oreilles du public.
dans la romance, ainsi que dans le duo du dernier acte,
Apres l'Elisir, on a vu le premier essai cborégraphi-•
et de la force dans le finale, 011 il commet les gros- que, - un divertiss,ment, si l'on en croit \'affiche. C'est
sieretés que vous savez. M. Lntz est chargé du role de une succession incessante de tab/ea'Ull) vivants, comme
Germond le pere, et l'on regrette vivement que ce per- on dit en All~magne, accompagnés d'une musique qui
sonnage ne tienne pas dans la ¡,iece une plus grande m'a semblé passablement monotone. Le tout a duré plus
place, car M. Lutz a une voix tres sympathique, un ex- d'une heure. M. Costa, l'auteur de ce divertissement
cellent style et beaucoup d'expression. M11• Nilsson, qui a prétendu, ne comprend-il pas qu'on cesse de se divertir,
débuté dans le role de l'héro"ine, est Suédoise, blonde, quand on se divertit aussi longtemps, et toujours de la
assez jolie, tres-distinguée dans toule sa personne. Sa meme fa~on? Dans cette immense quantité de tableaux,
physionomie révele du sentiment et de l'intelligence, sa il y en avait de fortgracieux: mais cela, autant que l'on
voix est fraiche, pure et d'un timbre charmant. Le mé- a pu en juger, ne se rattachait arien. Pas de fable dradium en est faible, mais le registre aigu a une sonorité matique, pas d'action appréciable, pas de seos, par contres-brillante, parce qu'elle ne fait jamais d'efforts. Elle séquent. J'ai bien vu une troupe de beautés a demi-nues,
vocalise avec facilité, correction, souvent avec beaucoup plus ou moins bien enjambées, et armées, qui d'une
de grace, et prononce nettement, - mérite qui com- harpe, qui d'une cithare, qui d'une palette, qui d·un
mence a devenir trés-rare, et qu'on ne saurait évaluer compas. Elles représentaient sans doute les Beaux-Arts.
trop haut. - Début tres-heureux et plein de promesses. Ces Beaux-Arts pre¡:¡aient des poses étranges, et levaient
M. Carvalho doit s'en féliciter a tous les points de vue. parfois les jambes bien haut -pour des Beaux-Arts. Au
J'offre de par1er qu'il ne fera point traduire Roberto milieu d'eux ou d'elles se promenait un homme barbu,
Devereux, qu'on vient dé reprendre au Théatre-Italien. portant pourpoint et haut-de-chausses, a la mode du
On y avait déja donné sans succes, en i 838, cette ceu- temps de Charles IX.... Que faisa.it-il la? Je n'ai pu le
vre hative de l'expéditif Donizetti, qui trop souvent deviner. Il m'a semblé ne songer qu'a boire. Je crois que
cueitlait le fruit ava.nt qu'il ne fut mur. Quelle in- Y. Bagier a été, cette fQis, assez mal serví par des arfluence s'est trouvée assez puissante pour la faire exhu- tistes qui connaissent ras encore le gout fran~ais. Il
mer apres vingt-six ans? C'est, dit-on, celle de M. Fras- nous faut des choses qui aient un sens. 11 nous faut une
chmi, et je n'en serais pas étonné, car M. Fraschini pa- piece, une action, une histoire quelconque. Autrement,
rait aimer pass1onnément a pousser des la de poi- les jambes les plus belles du monde et les plus agites

�L' lLLUSTRATION, JOURNAL UN lVERSEL.

316

1/ ILLUSTRATION, JO URNAL UN IVERSEL.

3i7
vrant au mouvement industrie! 'cteños jourS:et
se transformant d'une
fa~on si complete, nous
songions a ce fantome de
forteresse qui avait glissé
devant nos yeux. Derriere la Valladolid moderne,
nous avioos vu la ville de
Philippe U, et plus loin
cncore, dan~ le passé, la
vieille cité du moyen agc.
Nousévoquions dansnotre
mémoire tous nos souveoirs sur la vieille Espagne, toujours en armes,
couverte de castillos, luttant incessamment contre l'ennemi commun, le
\laure, qui l'avait envahie, et voyant combattre
sur tous les points de son
vaste territoirc ses barons
et ses comtes: lutte de dix
siecles et plus, qui fi t de la
péninsule une tcrre gucrriere, hérissée de villes
fortes et dech:Ueaux. Nous

U CHIIIK DK FER
¡¡..,NS t,ES PYRÉNÉES,

(111' article).

ont hicntot dit tout ce qu'elles avaicnt a
dire,ctnc peuvent plus queserépétcr. Done,
si Al. Oagier vcut absoment nons prendre
par les yeux, il fera bien, amon avis, denous
dunner de pelits ballets pantomimes courts
et amusants, comme le Marché des Innocents
ou Diatolina : mais il ferait mieux encore,
dans l'iotérel de sa Lourse, de nous pl'endre uniquemeul par les oreilles. On ne lui
demande que cela.
Les concerts dn Cirque Napoléon ont
recommcncé. . L'aftluence y est aussi

AVILA.

L'l!SCURIA L.

GRANOS TUNNl!LS DE GUADARRAIU,

avec un plaisir extreme l'ouverture des Joyeuses
commeres de Windsor, charmante composition de ce
Nicolai qui est mort, il y a peu d'années, apres
avoir été longtemps chef d'orchestre, puis directeur
du tbéatre italien de la capitale de l'Autricbe. L'ouverture des Joyevses commeres de Windsor est savammenl écrite, et néanmoins tres-chantante. C'est la
facture allemande appliquée a la mélodie italienne.
11 résulte de cette combinaison que la science n'est
amais lourde, et que la mélodie n'e~t jamai~ frivole.
L'assemblée a vivement applaudi cette reuvre charmante, et. l'a bissée tout d'une voix. Un tel soeces

grande que l'année derniere, l'auditoirt
aussi avide, aussi attentif, aU$Si entboosiaste. Ce sont toujours [les graods sym.
phonistes allemandR qui en fünt les frais,
et l'on comprend que 1:i. critique n'a plus
a s'occuper de la symphonie pastorale ou
de l'ouverture d'Oberon, sinon pour at.
testi:r que ces chefs-d'reuvre oot été dignement rendus. Mais elle doit applaadir
aux efforts que fait M. Pasdeloup poor
agrandir et varier son répertoire. C'esl
ainsi qu'an sccond conccrt on a cnlendn

Si Je platean pittoresqne et dénudé de la Manche el des deux Castilles
ne nous appelait a luí,
nous oous arreterions, au
sortir de Burgos, achacun
de ces Pueblos gracieuseDlentassis sur le penchant
des coteaux ou endormis
an fond de leurs vallées,
aQuintanelleja, a Estapar, a Quintana, a Torqnemada, dans tous ces
,illages situés au milieu
des jardins arrosés par
!'Hormaza et l'Arlanzon.
)lais il nous faut aller en
avant; aussi bien n'est-ce
pas la encore l'Espagne
,éritable, avec ses paysages séveres et gran dioses;
p85$0ns done, franchissons

LOPHORINll SUl'ERBI!.

VIADUC' DR RO8LllDO.

ARRIVIÍE A MADRID

encouragera sans doute M. Pasdeloup a ces tenla•
tives au:xquelles l'art a tout a gagner.
On m'annonce la mort réceute d'un digne artiste
que nous avons tous r.omm, et 11ui s'était retiré a
Bordeaux depuis dix-huit mois seulement. M. Rbeil
éíait un musicien tres-instruit, excellent barmoniste,
pianiste élégant, babi le accompagnateur et lecteuri•
perturbable, bomme aimable, homme de bien, el doal
le caractere était aussi correct que le talent. Tous 111
artistes parisiens qui ont eu avec lui qnelques relations personnelles le regretteront fincerement, el
honoreront sa mémoire.
G. HtouET,

JlUllAbE.

Cardenas en race de Rubens.
11 était tard quand nous
quittames Valladolid, et la
nuit se faisait lorsque nous
arrivames, quelqucs heures
apres, a :Médinadel Campo;
l'obscurité n'était pas tellement grande que IJOUS ne
pussions apercevoir devant
nous, comme une masse
noire, les ruines d'un castillo; c'étaient les restes de
la Mota, cette vieille fortcresse ou · César Borgia fut fait
prisonnier, et ou mourut lsabelle ¡re : la dernicre chose
vue dans une jtiurnée de
voyage et celle sur laquelle
s'arrete l'espri,t. Oubliaot
done Valladolid avec ses
monuments et son musée,
avec Philippe II qu'elle vit
naitrc et Christophe Colomb
qu'elle vit mourir, sentant
tomber une a une les pensées qui ava\ent plus ou moins longtemps séjourné ¡lan_s
notre cerveau a la vue de cette vieille capital(} envahie par l'activité et !'industrie modernes, s¡ou-

Duena, et Cabczon, et arretons-nous quclques hcures a Valladolid, l'ainée ~ apres Tolede, des capitales de l'Espagoe, la vi lle préférée des rois, jusqu'au moment ou Philippe II, nolez que ce rei est né a
Valladolid, - installa la
coor a Madrid. Le roi
temble avoir pris acreur
de se faire pardonner
toningratitude enverssa
filie natale; Valladolid,
reconstruite, réédifiée,
loteu grande partie son
ltD'fJ'e. Elle lui doit sa
cathédrale, dont Herrera avait voulu faire
llDe rivale de SaintPierre de Rome son
église de la Cr;z, sa
Plaza Mayor, aux vastes
galeries dallécs aux
. aquatre'étages
18aisons
de balcons, qui devaient
!enir de modeles a la
place de Madrid. Valladolid a un musée
tomme presque to ules'
les ,mes de l'EsP.agne,
lllle réunion &lt;les toiles
les plus médiocres et de
cbels-d'oouvre : Basch a
~ du Bronzino, RiGravures tirées de l'ounage de M.
'alta aupres de ~furillo,

Arlhur Man,in, t'Ai1· et le JC011.de aérie11, éJité par M.

•.

--

\. J!,, )?~c1)
e:
-

:..-&gt;

FULGOHK PORTE-CHA1illHLE \graua nat.)

nous eoJormlmes, et, r l vaot de ce passé; les imagcs du
Cid, d: Sanche le l•'ort, de Piene le Justicier, chargés de
leu.rs armures d'acier, traverscrcnt nos songcs.
La voix d'un cmployé
d'uoe statiou nous réveilla aux premiers
rayonsdujour: elle criait
Avila ! Lorsque. nous
evamcs les ycux, nous
crümes que notre revc
se prolongeait : devant
nous, daus un pli de la
moulagnc, sur· un sol
nu, s'élevait, avec toule
la mine imposante et
flcre d'une cité belliqucusc du treizicme
,iccle, nnc Yillc enser-•
n;e dans ses murailles
commc un chcvalier
dausson armure. Avila
' 5c drc~sait, élevant sa
tete au-dessus de ses
l'ortiflcations et coilfée
de sacouronne de tom·r,
Pas un mouvemcnt, pas
un bruit autour d'elle.
Nous nous arrctames,
laissant nos compagnoos poursuivrc leur
routc, et nous marchames seuls pendaot pres
d'une dcmi-heurc vcrs
Alfred Mane et fils.

�L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEt.
Ainsi, MM. Mathieu (de la Dróme), Raspail et co-;;;cette apparition qui s'était mootrée a nous aux premiers que s'éleve l'Escurial. L'endr9it est merveilleusement ponrroot se vanter d'avoir contribué, a leur mao·•1'11
choisi
pour
un
te!
palais
:
une
chartreuse
royale
daos
.
tcre,
rayons du soleil. Nous ne pouvions croire a une ville enaux progres de la sc1ence. Le malheur est qu'en me
un
désert.
Vous
avez
vu
saos
doute
quelque
beau
et
saichaotée, pourtantnous nous promenames quelque temps
temps ils propagent de nouvelles erreurs, des préjo:
sous ses murs, comme si nous n'avions devant nous qu'une sissant portrait de Philippe 11 par Titien; vous vous nouveaux sur un sujet déja si fécond en fansses idé
vision; no 11s tournions autour de cette enceiote, de cet rappelez ce roí terrible, énigmatique, qui garde, sous
De remede a cet engouement si stupide, je n'en ,:·
hexagone irrégulier,011 ni les hommes,ni le temps, n'ont son pourpoint de drap d'or, zébré de bandes d'argent, p_as d'autre que la diffusion, .trop lente hélas! des con~
encore ouvert une seule breche :nousregardions ces mu- sous sa toque noire que surmoute une aigrette de dia- naissaoces positives, elles-memes si imparfaites encore
railles, baties comme des murs cyclopéens en pierres poly- mants, sa physionomie sombre et ascétique; malgré le que la science possede sur les éléments du temps.
'
gonales; nous levions les yeux sur les tours arrondies, aux merveilleux talent du peintre, vous ne pouvez faire reL'air,
cette
enveloppe
mobile,
indispensable
a
la
vievécréneaux denticulés et profondément entaillés, sur ces vivre qu'a demi, daus votre pensée, le fils de Charles- gétale et animale, ce théatre _de tant de phénomenes ªllSli
murailles, portant en collerettes leurs machicoulis, nous Quint: pour le comprendre il faut entrer daos ce mo- mobiles et aussi variables que lui, est indispensable a
éloiguant avee un certain respect des gueules béantes de nument de granit, au corps de logis a six ou sept étages, connaitre pour qui veut se faire une idée un peu nette
ces forteresses, comme s'il en devait tomber encore le masse énorme, 011 le jour ne pénetre que par de petites des changements incessants du temps, et des causes
plomb fondu et l'huil~ bouillante. Quand nous nous fenetre~ écrasées: un couvent et une caserne. 11· faut probables de ces changements. Sa composition son
fumes bien assuré que ce n'était plus la une ville, mais marcher dans ces clo1tres a arcatures basses et tristes, poids, sa hauteur, la densité de ses couches, l'acti;n de
le cadavre d'une vi lle endormie, comme le Cid, &lt;lans son 011 l'ennui vous tombe sur les épaules, pénétrer dans la chaleur solaire sur les mouvementsde ses parties, etc...
tombeau, nous entrames, nous guidant nous-memes, cet intérieur d'église triste et nue, regarder, anpres des Voila autaot d'éléments dont il est impossible de sepastant bien que mal, dans l'écheveau de ces vieilles rues stalles du chreur, la place 011 s'asseyait le sombre roi ser, quand on veut, je ne dirai pas résoudre le probleme
et au milieu de ces constructions des temps passés. Apres d'Espagne. 11 faut enfin passer quelques instants daos mais se rendre compte de la difficulté de la solution. '
quelques détours, nous arrivames sur une place oü cette cbambre ou Philippe II rendit !'ame, les yeux fixés
Ce sont ces premieres notions qu'un vulgarisateur
s'éleve une église, église anx murs de granit. Des sur le sanctuaire de l'Église. Elle est comme prise dans bien connu des gens du monde ainsi que des homm~
lions'héraldiques, accroupis au portail, roogent les mors le mur de la uef; elle ne re~oit de jour que celui qui de science par ses précédents travaux, a voulu répande fer d'o11 partent des chaines qui les relient les uns lui vient de l'intérieur de l'église; ce n'est pas une dre sous une forme attrayante.
aux autres; deux statues, l'une d'uo homme, l'autre chambre royale, c'est une cellule.
Daos son nouvel ouvrage : l'Air et le monde Ufflll,
Depuis que Philippe II a fondé l'Escurial, le couvent
d'uoe fell!me sauvage, couvertes de poils, montent la
M. Arthur Mangin s'est proposé de mettre a la portie
est
resté
une
résidence
royale
pleine
des
trésors
de
la
1
garde de chaque coté de la porte. Les murailles, saos
des personnes qui n'ont pas de connaissance11 scienliflornements, auxquels ne sont appendus aucuns tahleaux, monarchie espagnole, d'ornements, de reliquaires, de ques étendues ouspéciales, tout ce qu'on sait de l'atmosont une nudité austere. Le sanctuaire est comme emhas- chasses, de lampes, de Uambeaux, de vases en or mas- phere, considéré aux points de vue physique, chimique et
tillé, le clocher est crénelé comme une tour. C'est bien la sif, ciselés et ornés de pierres précieuses. Bien que Ma•• météorologique. Tout ce qui, de pres ou de loio, touche
une église du douzieme siecle, digne d'avoir pour évéque drid ait en partie recruté les richesses de son musée na- a l'air, exige son intervention ou se manifeste daos son
tional de peinture parmi les tableaux que renfermait
~ de.ces pretres guerriers qui, auxjours de batailles, se
l'Escurial,
la galerie du palais n'en est pas moins en- milieu, est l'objet d'explications ingénieuses, rendues
c01ffa1ent du heaume et revetaient l'armure du checore fort précieuse; elle retient 1e voyageur bien des plus claires et plus attrayantes encore oar des fig•1res
valier.
beures devant ses toiles nombreuses. Quant a sa biblio- abondamment répandues daos le texte. M. Maogin n'a
Avila, perdue jusqu'a ce j"ur pour les voyaaeurs
theque, si riche en manuscrits orientaux, que la piété et point oublié la partie historique 011 anecdotique de son
éloignée qu'elle était de toute route suivie' est'oar&amp;ce a~
la magnificence des rois 1d'Espagne ont rendue •rne des sujet, et les chapitres oti se trouvent racontés, daos un
chemin de fer, comme retrouvée. Elle est l'idéal de la
plus précieuses du monde, si vous y etes conduit par la style vif, imagé, pittoresque, l'invention du baromelre, ·
place forte, de la ville inexpugnable du treizieme siecle.
curiosité, ou mieux encore par quelque sérieux iotéret les expériences aéronautiques et la découverte de la
Étrange contraste I C'est dans cette cité guerriere qu'une
d'étude, soyez plus beureux que nous, et que votre bonne composition chimique de l'air, offrent le plus réel intériL
sainte filie, !'ame pleine de l'amour éthéré et brulant
Une troisieme partie de i:e beau volume est consacrée
étoile vous mette en rapport avec quelque moine, nouvel
de la flamme céleste, vécut d'une divine extase. L'hon arrivé dans le cloitre, et qui sache vous guider au mi- aux habitants de l'air, Ji. ceux, du moins, parmi ces haneur, la gloire d'Avila, c'est une femme, sainte
lieu de ces trésors de la science, a travers cette biblio- bitants, que leur organisation a·plus spécialement destiThérese. Avila conserve de la sainte quelques restes
theque de manuscrits arabes, dont Casiri nous a donné nés a se soutenir et a se mouvoir daos l'air, aux oiseani
du mobilier de sa cellule. Sur l'emplacement meme
et aux insectes : c'est le monde aérien dont l'aotenr
un catalogue, devenu a ce qu'il parait inutile.
011 s'élevait sa maison, s'est fondé un couvent de
Une heure encore; passez les stations de Villalba, de passe en revue les individus les plus curieux, les types
carmélites placé sous son advocation. Le couvent a subí
Torreladones, de Las- Rosas et de Pozuelo, pueblos qui principaux. De sorte qu·apres avoir suivi des le~ns de
bien des transformations ; il a passé par les appropriapointent de temps a autre daos ce désert, et daos le physique, de chimie et de mécanique, le lecteur se
tions les plus di verses. Celle a laquelle Il est aujourd'hui
lointain vous apercevrez les palais, les clochers, les do- trouve avoir complété son instructiou scientifique par un
soumis n'est pas la moins singuliere de toutes. Il estdemes coupant la ligne de l'horizon de leurs silhouettes : cours, aussi agréable que savant, de zoologie.
venu un conservatoire de musique' et de déclamation.
11 n'est pas inutile de dire que l'Air et le.monde ahlM
c'est Madrid.
H. LAV@'..
Les ~utres établissements, !Ilis sous le nom de la sainte,
forme un beau volume, imprimé et illustré avec soin, el
~
ont été mieux respectés, tels celui de l'Incamation, 011
si, pour joindre la critique aux éloges qu'il mérite, j'asainte Thérese prit le voile, et de San-Jose, le premier
joute qu'uo certain nombre, parmi les gravures, me
L'AIR ET LE MONDE AÉRIEN (l).
qu'elle fonda.
paraissent un peu en dehors du sujet, ce n'e~t pas le
Nous reprimes a pied la route poudreuse qui mene
La pluie et le beau temps, le chaud et le froid, la public qui se plain dra de cet exces de désir de luí
d'Avila a la station du Ferro -Carril, 011 le train nous
A.lliDiE GUJLLDIJII,
neige et la grele, en un mot, tous les phénomenes mé- plaire.
prit apres une heure d'attente. La locomotive, a partir
~~
téorologiq ues, sont choses qui intéressent a peu pres tout
d'Avila, se lance daos la région du Guadarrama. Elle
le monde, et cela pour mille et une raisons que je ne
vole parmi ces roches amoncelées, ces montagnes jetées
prendrai pas la peine d'énumérer, par le motif fort sim- L'ALMANACH DE L'lu.usTRA.TI0N est en vente : s, pagel
daos les vallées, sur des remblais, dont quelques-uns
ornées de 78 gravures.
ple que tout le monde les connait aussi bien que moi.
mesurent jusqu'a cinquante metres dºélévation · elle
Prix
:
t
fr. broché et doré sur tranches.
Il n'est done pas étonnant que quelques prophetes a
s enfonce daos les tunnels forés daos le granit, bondist
fr.
25 par la poste.
longue échéance des variations et des vicissitudes atmossant de souterrains en souterrains de mille metres
pbériques, aient réussi a attirer l'attention de la foule
comme a Navel-Grande ou a Robledo, franchissant les'
sur leurs prédictions : un certain appareil scientifique,
sauvages et montagneuses contrées de la Castille.
un habile mélange des préj ugés populaires et des corrnaisASSURANCES SUR LA VIE.
Il_ est des pays qu'il faut visiter en voiture, 011 plutót
sances astronomiques; en fin, une imperturbable assua p1ed, lentemel'.l.t, relevant détail par détail chacune
L'attention publique s'est portée depuis quelque templ
rance devant les démentis infligés par les faits a leurs
de leurs beautés. Il en est d'autres sur iesquels il faut
sur une institution déja ancienne, mais que des événeprédictions hasar!olées, paraissent avoir détroné pour ja- ments récents et la polémique qui s'en est suivie OII
passer a vol d'oiseau, planer pour ainsi dire. La Castilla
mais les bons vieux prophetes des almanachs d'autrefois, grandement mise en lumiere.
Vieja, avec ses immenses horizons, ses solitudes coules Matbieu Laensberg de l'ancien régime.
Cómme pour toute chose utile, la publicité a fait ret'
vertes de roches bleues, bizarrement amoncelées, comme
Avouons, comme beaucoup d'autres l'ont fait déja, sortir les nombreux avantages que présente cette iJllli:
daos un cataclysme, avec ses vastes forets de sapins, est
que cette recrudescence de charlatanisme a eu du bon: tution; et il n'est pas aujourd'hui un pere de famille qll
de ce nombre. Nous doutons que les touristes les mieux
elle a secoué la torpeur des savants patentés, des météo- ne sache que, moyennant un prélevemeníannuel sur•
co~stitués, les enragés de couleur locale, ceux qui ne
rologistes de profession, etsi nous nesavons pasquel temps revenos, il pe11t assurer apres ·lui la tranquillité et 11
vo1eni pas saos quelques larIIles la vapeur s'emparer
il fera le t2 novembre {865, µar exemple, nous sommes bien-etre de ceux qui lui sont chers.
d~s pays classiques du pittoresque, regrettent ces temps
,Édifiés maintenant sur l'institution en général, il ~
arrivé~ du moins a connaitre, jour par jour, l'état du
a ceux qui en recherchent les applications, a faire
ou la vieille Castille se traversait en trois jours : tout ce
temps daos l'Europe entiere, nous pouvons prévoir la choix judicieux de l'établissement auquel ils con
panorama sauvage est de l'aspect le plus saisissant et
tempete qui éclatera demain. Grace a la promptitude des intérets aussi précieux, et nous croyons leur readlt
des plus curieux, mais a la condition de passer rapidedes télégrammes électriques, les cotes sont renseignées un service en leur indiquant une compagnie qui se 1P
ment
devant vos yeux. C'est d'un waaon
qu'il faut le
.
0
sur les mesures a prendre pour meltre les navires a commande par son ancienneté et les garanties qu'
vo1r, pendant le temps assez court qui sépare Avila
l'abri, et le nombre des sinistres va en diminuant de présente, tant sous le rapport et l'importance de
de l'Escurial : -quelques heures de plus, et devant ce
plus en plus, avcc le perfectionnement de !'admirable fonds social et delses réserves, que par l'honorabili\é
spectacle toujours le meme, vous sentez promptement
service météorologique aujourd'hui centralisé a l'Obser- hommes qui l'administrent.
aniver la monotonie et l'ennui.
La compagnie l'Union, établie a Paris, rue de la
vatoire de Paris.
C1est pourtant en face d'un de ces rudes et désolants
que, nº i5, compte aujourd'hui t.rente-cinq an
d'e:xisten ee, pendant lesquelles elle a fait ses pre11ves
paysages, s'appuyant sur le flanc du Guadarrama et
(1) Par Anhur .llangia. Ua vol. in-3•. - Toun, Alíred Mame, IH4,
regarda.nt sur la campa¡ne onverte devant 'lui
1

'

'

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

319

,empli ses engag?ments, non-seulement avec l'exacti- la rive gauche de la Marn u t
·
tude que le pubhc est en droit d'attendre de tout éta- 1 ch
. ~- ne orce motr1ce de i50,
blissement sérieux, mais encore avec t'équité et l'empreseva~Í marchant_nuit et JOur, met en reuvre cet énorsement qu'il désire trouver daos une administration ;e outi age de cyh~dres en granit, de moulins a sucre,
binveillante.
e broyeuses, de melangeuses, etc.

tout_a f~it remarquable, on inventait simulta11 ément la
fabmation du papier. Ce concours d'événements heure~- ª quelque chose d'extraordinaire, et semble prémed1!é pour annoncer une époque oti il était écrit que la
p~n~e~
pr~~dra1t des forces nouvel les, pénétrerait partout,
Cette com_pagnie revendique l'honneur d'avoir introu_n
cordial
d'une
nature
tout
hyaiénique
et
qu·
re?ene~era1t
en quelque sorte l'espece humaine. Les preduit la pr~m1ere en Fra~c? le systen'le de la participation a b
,.
º
'
i
des a..~ures daos le~ b;nefi~es de la compagnie, et c'est , ie~ son ~er1te, apres le repas, - nous en parlons m1~rs hvres imprimés le furent a11 moyen de tranches de
la seule encor_e qm_ l apphque en traitant ses assurés d apres_ des temo1goages irrécusables, - c'est la liqueur bo1s s~r lesquelles on avaitgravé enrelief et les caracteres,
comme ses act10nna1res, de telle fa,-on cependant 1
d~s .mome~ bé~édicti~s de l'abbaye de Fécamp, dont le et les 1~ages dont on voulait les accompagner. On ne
· ~'ont que 1~s benefices
' '
t ue
les P1:oners
de• l'association, saos
depot est etabh a Pans, i 9, rue Vivienne. Sa base spiri- se serva1t alors que de la brosse pour faire marquer les
jamais pouvo1r etre, attemts par les pertes auxquelles les tueuse re~oit l'ar?me des nombreuses plantes qui crois- lettr~,s et les dessinsenduits d'encre. On exécub. de cette
seconds sont exposes.
sent ~ans les fala1ses de la Normandie, et ces plantes y mamere la Bible aes pauvres en 40 planches, l'Ars moLa p~rticipati~n peut étre em_ployée a l'augmentation
riendi, t { planches de figures et i t planches de texte·
do cap1ta,I assure ou a la réduct10n de la prime; et meme sont mf~sé_es au moment de la séve ou de la floraison.
Jugez
ams1
_de
la
,s~:eur
et
des
effets
de
cette
liqueur:
le
Specu~u~ h~manm salv~tionis, 58 planches; l'Apoc:
les assures o~t la faculté de recevoir en argent la part
elle
~st
tomque,
emmemment
digestive,
et
d'un
gout
lypse
et 1Histoire de la V1erge. La presse inventée un
qui !e?.1" re~1ent, ~e telle sorte que le contractant retire
peu p!us tard, fut un grand progres. Le' premier ouains1 11ntéret de ses versements et fait un placement en exqms l
ou\me temps q_u'un acle de prévvyance.
vrage en caracteres mobiles date de l'année i454.
La ~o.mpagme ~' ?u reste, déja. fait a ses assoéiés onze
. A peine
, . ces. trois moyens de multiplier et d'orner 1es
HYGIÉNE PRATIQUE.
répartil!ons de benefices ~ont les résultats ont été des
l1vi:es eta1ent-11s découverts, que leur tendance a popaplus remarquables, comme on peut s'en convaincre en
_On n•~ pu percer encore le mystere du saYant chi- lariser
se manifestait. Les gens
, . les travaux de \'esprit
.
consaltant ses prospectos.
miste qm_ se cache so.us les initiales A. B. et qui a établi tres-r1ches, les grands se1gneurs pouvaient seuls achechez M. Bmet (29, 1'.º~ de Richelieu) le dépót de son Eau et ter les couteux manuscrits du moyen a.ge. 11 fallait une
de s~ Pommade vivifique. Ces deux produits ont été infortune royale pour réunir quelques centaines d'ouvra LEJouRNAL DES CREMINs DE FER publie chaque semaine ventes pour com~attre la.chute des cheveux et, au beges. Le texte, presque toujours écrit en latin traitait le
une corre~p?ndance financiere de l'un des plus émi- som,. pou~ le~ ~aire rena1tre; ils donnent des résultats
certams,_ mfa1ll~bles _et incounus jusqu'ici. - Avis a plus _souvent des matieres scolastiques, théoÍogiques et
nents pubhc1stes d'Angleterre.
,Cette corresp~n~ance, .qui, des son apparition toute nos lectr1c_es. qm sera1ent menacées de se voir prématu- ascét1ques i les_ poemes, les ouvrages d'imagination, les
de toute reuvres fac1les a comprendre formaient la minorité. Des
recente, a atttre 1attent10n de la haute banque vient ~é~ent pnvees de ces indispensable~ avantaaes
0
que typographie et l'art c\,e graver sur bois sont incompléter le cadre, déja. si complet, du JouRNAL D~s CeE- J0he femme.
Puissent-elles ne pas hésiter non plus daos l'occasion ve~tes, ~a ~roportion change. Les livres savants et absIIINS DE FER,
En effet, cette feuille, la plus ancienne de toutes co _ et s'empresser ~•avoir recours a M. Déjardin fils, pro: tra1t~ d1mmuent, reculent au second plan; les protient. ~es articles d'appréciatiou sur toutes lea v¡le! fesseur de prothese et de ch1rurgie dentaire (57, bou- d~ct1ons en tangue vulgaire, d'un intéret général, definanc1eres; e_lle donne également les rapports de toutes leva~d de Sébastopol); comme professeur, M. Déjardin v1en~ent plus nombreuses_, s'emparent de l'attention
les Compagmes et fournit tous les renseianements de est I auteur de plusieurs traités spéciaux daos soIJ art
et _nous n'avons pas ici asecommander ses ouvraaes' ~u~h_que. Cette révolution, comme le remarque tresBourse et de finances.
t&gt;
qui
sont t;es-répandus; mais en sa qualité de praticie~, iÍ Jud1c1eu~ement M. Didot, n'a pas eu seulement une
Des primes sont délivrées aux abonnés.
a compose u,ne Eau qui a la propriété d'entretenir et de {?'~nd~ importance au point de vue de la librairie et de
On s'abonne a Paris, 22, rue de la Banque.
10 fr. par an pour Paris; t2 fr. pour les départe- conserver daos tout leur éclat ces fretes ornements de la l ?1sto1re des beaux-arts, elle exer~a une influence cament~; i8 fr. pour l'étranger.
boucbe, d?nt l_a perl~ ou l'insanité déparent les plus p1tale ~u_r la htt~rature elle-meme. Tandis que les
grac1eux v1sage~; les resultats sont certains. Que n' a-t-on compo~1tLOns or1gmales, enfouies daos les bibliotbeques
~
~as te~té saos soeces contre de tels maux ! et quelle sa- des pr1_nces et des couvents, sortaient de l'ombre et de
t1sfact10n de rencontrer un remede presque infaillible ! la sohtude, les auttrurs furent conduits tout natuUN TlRAGE DÉFINITIF LE 28 NOVEMBRE
~elle~ent a s'occu_per, bien plus qu'ils ne l'avaient fait
Billets a25 centimes dans toute la Franoe
Jusqu alors, d~s suJets et des formes littéraires accessibles
LES Vrns ET srnoPs DE QmNQUINA ne contiennent jamais
Cb~z tous les libraires, débitants de tabac, etc.
l'ensemhl_e
~es príncipes que renferme le Quinquina; a tou~ le m~n~e, puisque tout le monde maintenant
La ires-importante et tres-intéressante
de ces prmc1pes, les uns manquent tout a fait quoique P?uv_a1t_ acquer1r leurs ouvrages. Les gravures sur bois
LOTERIE DES ENFANTS PAUVRES ET INCURABLES
sed~1sa1ent la foule, comme jadis les miniatures char~•une u~ilité abs~lue; les autres n'y sont qu'e~ proporma1~nt_les_ grands. Pour compléter cette métamorphose,
603 lots. - Gros lot, t50,000 fr. a gagner pour 25 c.
:10~ ~ou~ours variable et tres-restrei,nte. - M. LAR0CHE,
les ccr1v_ams _abandonnerent le haut style, renoncerent
LOTERIE MUNICIPALE VILLE DES ANDELVS
~ 1a1de_ de procédés dont il est l'auteur, est parvenu a
3!0 lots. - Gros lot, t00,000 fr. a gagner pour 25 c. mtrodu1re, daos un Élixir agréable et privé d'amertun:ie a 1~ vers1ficat1on; s'adressant au peuple, ils furent contramts d'adopter sa langue, la maniere la plus natu'
WTKRIE MUNICIPALE V1LLE DE SAINT-CLo'.lD et LoTERIE la totalité des principes actifs de cette précieuse ecorce.
relle de s'exprimer : ils parlerent en prose.
0RPBELINAT de l'Avenue au BEL-Arn d~nt le tirage
~'extrait ~ompl_et _de quinquina (ou Quina Laroche),
C?mme toutes les choses a leur début, l'imprimerie
de~tif est fixé au 28 novembre. '
presenté a 1Academie de médecine, a déja. valu a son
ava1t ª.~ors ~es procédés et des habitudes nahes. BeauLe BUREAu EXACTITUDE a placé ce qui restait de billets auteur, M. Laroche, les éloges les plus flatteurs. Aucune c?up d im_pr1meurs transportaient un faible matériel de
d'.one douzaine de loteries qui ne les pla~aient que diffi- pré~ar~tion gfticinale,,s~ ce n'est cet extrait, ne présente ';~le en v1lle pour le mettre au service des libraires, et
c'.lement, - et, tres-rapidement, ceux d'une vingtaine lareumon des plus prec1eux alcaloides des matieres rési- seJou_rna1ent daos uu endroit aussi longtemps qu'on ocda_ntres lo~eries dont il a eu la totalité des billets (32 lo- n~uses et _du tannin, substances auxquelles l'écorce du cupa1t leurs presses. Quelle différence entre ces typoPerou do1t ses vertus fébrifuges toniques et antiseptiter1es representant t5 millions de francs).
g~aph_es º?mades et ceux de nos jours, qui ont besoin
Il ~lacera aussi promptement les billets de ces quatre ques, et daos la thérapeutique son rang de remede in- d atel~er~ immenses' de nombreuses machines, d'un
tlemieres nouvelles loteries, surtout ceux des Enfants comparable. - Rue Drouot, t5, a Paris.
attu·a1l d1spendieux et de fonds considérables l
~es, loterie qui se recommaode par son but de bien~
Les ducs de Bourgogne, et surtoul Philippe le Bon
(IASallce genérale.
Parmi l~s diver~es ~ubstances tour a tour proposées encourag~rent ~es premiers le nouvel art. Pour enrichi;
Le BoREAu-EucrrruDE, qui a re~u sia: cent mille Jetet employees depms vmgt ans pour la fa bricatioIJ des sa. splend1de b1bliotbeque d'ouvrages en langue vultres de demandes de billets, re~oit de si nombreuses
dents artificielles, il en est qui offrent de nombreux et ga1_re, le fils de Jeau-sans-Peur avait fait traduire du
::mandes de _r~nseifnements, qu'il se voit dans la nécessité graves inconvénients. M. Georges Fattet auteur du latm plusieurs _liv_res célehres, notamment le Speculum
répondre 1c1 qu 11 est complétement étranger a toute
~raité de prothe~e. dentaire (255, rue Sain;-Honoré), et humana¡ salvationis, que Jean Mielot, chanoine de Lille,
antre _actuelle L0TERIE et a ces papiers a combinaisons
l un de nos prat1c1ens les plus distingués, se sert depuis translata _par son ordre enprose(ran~oise, des l'année i448.
~ s fra~tionnées, saos contróle ni limites, qui ont longtemps, lui, d'uoe nouvelle matiere tout a la fois Le Recueil des histoires de Troyes, composé par Raoul le
Paru le~ t1tres _les_ mots Crédit foncier, - Vi lle de légere et diaphane, et complétement inaccessible a l'aci- Fevre, son chapelain, en t463, sortit de sous la presse
.. , ma1s que na signé aucun des directeurs des ad?ité des aliments et des boissons; cette matiere peut vers i467. De tous les ouvrages écrits daos notre lanlllDistrations dont ils prennent le titre.
etre surnommée la rivale de la nature tant elle imite gue, c'est ~e premier qui fut imprimé. William Caxton,
le plus anc1en des typographes britanniques, employa les
la teinte et la transparence des dents n~turelles.
~emes c~racteres pour sa traduction anglaise de ce
~
llljGrice• a~ pro~es industrie\, Je chocolat n'est plus
hvre.Ilen commen~a l'impression aBrugesetlat .
t47t ' C
ermma,
Ollrd_hm un ahm_ent de luxe, et quelques kilos de
e~
' a ologne. En f475, le fameux Colard Mansion
ES5AI TYP0GRAPBlQUE ET BIJ!Ll0GRAPIUQUE
1C' précieux analept1que sont bien accueillis partout.
entreprit daos la vi!le flamande une série d'éditions tresSUR
dtp•. 1aune _fabrication qui_ s'est beaucoup développée
reche~chées ele nosJours par les bibliophiles et les curieux.
l,'HISTOIRE DE LA GRAVURE SUR BOIS
pazDIB f82? : une seule usme, celle de Noisiel, dirigée
Par1,s et Lyon devaoce,rent l~s autres villes du royaume
Par Ambroise-Fimun Didot (1).
,_,'Id M~mer, en prod~it annuellement pres de 5 mildaos I .usage des. caracteres mobiles et de la gravure
1
dire .e hvr~s (8,090 kllogrammPs µar jour), c'est-asur_ b~1s. La ca~1tale conserva un gout prononcé pour
~u m~m~nt 011 rart des miniaturistes allait ElispaD '1Dgt fo1s plus s¡u'on n'en consommait en France
la htterature latme et pour la littérature sannte en lanra1tre, ou 1on alla1t cesser de peindre lentement et
~ ~ quarante ans. Nous avons eu l'occasion de visi~ue vulga1re : c'étai~ le séjour de l'université; Lyon
pieusement des images sans nombre dans les livres
¡¡ Y a peu de temps, cet établissement exceptions
oc~upa _surtout ~es lmes populaires. Depuis les débuts
d'heures, les missels et les évangiles, le procédé nouL'~t nous en avons conservé le meilleur souvenir.
de
1emp~re , r?ruam, Lyon, comme le remarque M. Diveau, qui devait remplacer la vieille rnéthode,naissait en
paz de de Noisiel forme un vaste parallélogramme réuni
do~,. ~va1t ete un centre de civilisation pour la Gaule
meme temps que l'imprimerie, et, par une co'ineidence
,~ux ponts solides et élégants, d'un coté a J'ile de
mer1d1ona~e. «Favorisée par la supériorité de sa position
1
am vastes dépenaances qu'elle possede 'sur
(1) 1 vol. in-&amp;• i. deux eolonnes.
topograph1que, par sa condition de ville franche, elle

'.ª

ld

�L'ILLUSTRATlON, JOURNAL UNIVERSEL.
,-oyait, au quinzieme siecle,
ses foires attirer une afOuence
considérable d'aebeteurs. La
typographie, une fois introduite dans eetle intelligente
cité, y prit un essor extraordinaire; les chilfres en font
foi. Daos les vingt-huit aonées r¡ui se soot écoulées de
1473 a 1500, on y compte
quatre-vingt-trrize imprimeurs, tandis que, pour la
meme période, le nomhre ne
s'éleve, a Paris, qu'it soixante-rlix-huil Les livres frao~ais, sortis coup sur coup des
prr.~ses lyonoaises, ~on t extremt ment nombreux.
« La gravnre s·acclimat..,
sur les bords du Rhone pmqne aussi vite que la typographie. Bienlót les imprimeurs
lyonnais ne publierent plus
gucre de Iivrcs fran~a is 411 i
ne fussent orn11s de gravnrc~.
11 en cst ainsi a partir ele
1484 environ, meme pour
leurs édilions prin, eps; de
plus, des qu·un livre fran~a,s
avait étP. pulJlié ailleurs san~
gravures, l'imprimerie lyonnaise s'en emparait aussitót
et lui donnait une nouvelle ·
vie, une nouvclle destination,
cu le décorant de son imagerie. 11
Ces détails imporlants et
curieux, que nous ti rons
d'un seul chapitre, donncront une idée suffisante clu
volume de Al. AmbroiseFirmin Didot. C'est une
reuvre exécutée avec la patience la plus méritoire, oir
ahondent des rensei¡rnrments de toute especc. L&lt;'~
i•nprimeurs, les dessina
teurs et graveurs sur lJoi~,
l ·s historiens et les amnteu rs des beaux- arts 11\:
pourront guere s'en pa~srr
désormais. lis y ,·erront
lraitées une foule de r¡uc~tions intéressantes a divers
litres; ils y apprendront
:,, FXC, L'AIIIUAL
commcnt s'cst fondé, com menta grandi, quclles vici5~iturles a éprouvées un art désormais populaire. La gra..
rnre rnr bois a pris de tcls développements depuis un
quart de siccle, on l'a employée a tant d'usages, le pulJlic y est si bien accoulum~, qu'elle forme maintenanl
110 auxiliaire indispensable de la typographie, qu'on ne
renoncera jamais adécurer de ses travaux uoe foule de
puhlicalior.s. Tout ce qui la concerne, tout ce qui a rapport ason histo,re éveillc done immédiatcment la curiosité. L'ouna~e de M. Firmin Didot y réussit d'autant
micu\ qu'il suit en meme temps les destinées de 1·1mprimcrie et celle$ de la gravure. En caracteres ordinaires, il composerait un vol ume de six ou sept cents pages.
Nous regrellons sculement que l'auleur n'ait pas joint a
son texte un certain nombre de planches qui auraient
montré les di verses phases de l'art 1ylographique, pcrmis de comparer les différents styles. La gravure sur
lJois ne pou,·ait nulle part ctrc cmployée avec pl•Js d'i.t
propos. Le savant historien a sculement reproduit les
monogrammes et les marques des artistes; ce n'cst pas
assez. Mais comme l'ouvrage aura une scconde édition,
M. Ambroise•Firmin Didot comblera saos doute cette
!acune, _malgré les dépenses considérables qu'exigeront
les spéc1mens.
ALFRED M1cmE1..s.

IIOM.AIJ\•V~S~O~S►S. -

ll'apm u11 ¡,vrtml de 11.

RÉBUS.

mort le 25 octobre. Joserta
Romain - Desfossés élait .
• G
ne
a. ouesnau (Fmistere), le 8
decembre ii98; entré ao
service a l'tl¡;e de neuf lll
·1
.
,,
1 comota1t, sur une ciistea
ce de soixante-dix ans, pres
~•un dcmi-sieclc de naviga.
tJon.
11 Pcndant de longuc~ an.
nécs, dil l'Opinion natio,!ale,l
laquelle nous empruntona cea
lignes, l'existence militaire~e
celui qui devait ctre un joar
le premier de notre marine
ful aussi ru¡le que stérile, e;
déja il avait parcouru plus de
la moitié de sa carricrc sana
que ricn pul encore hn faire
prcvoir a lui-mcme 11ue le
b,lton de maréchal de Fr3nce
dut éLre un jour la ré1·ompense de 5es services.
« lleureusement, enfiu, les
qualités eiceptionnelles qui
distinguaient le jeune officier
attircrent sur luí l'attention
du prince de Joio~illc, qui
exer~ait, a cette époque, !Ur
notre marine une inOuence
si favorable ; et des lors íranchissant rapidement les gra•
• des d'officier supérieur, le
commandant Desfo~és se
voyait, en i847, nommé contre-amiral, a l'age de 4!1 am,
apres une série non interrompue Je serviccs utiles.
« Séparé presque au~itot
par les événements de celui
qui avait étéa la fois son protecteur et son ami, l':imi•
ral Homain-Desfosséssutalon
1
concilier les devoirs de la re•
con naissance a vec ceux do
citoyen et clu mililaire. don•
nant ainsi un exemple biel
rare au milieu ,le nos lour•
mentes populai1·es. 1&gt;
Peu de tcmps aprcs, appelé
a siéger a la Chambre par
nos populations du littoral
breton, auxquelles il apparlcnait de crour et de naissance, il commen~ait sacarriere politique et adminitJules lla,el,
tralive, qui ne ful pas !01
moindre litre de gloire. En effet, tour lt tour dépnti,
ministre, conseiller général, sénateur, l'amiral Homain:
Desfossés eut saos cesse a tache de se montrer l'apt9
et le soutien de nos gens de mer, dont il était a la fais
le représentant et le chef; et si, imbu des idées dt IGII
temps, il ne crol jamais possilile de les affrancbir ff
plus injusle des servages, au moins prit-il pour 1111&amp;
constant de sa vie et de ses etlorts ó'attircr les fueun
et la sympathie du pays sur ces victimes sacrifiées d'¡.
vanee asa prospérité et a sa puissance.
Au momcntde la guerre d'ltdlie, l'amira: Romain-Ddfossés, alors vicc-amiral dep•Jis l'année i853, coro_.
dait en chef l'escadre de la Méditerranée, et, soos •
halJile et énergique impulsion, une llotte formidJblr,
sortie en moins de deux mois tout armée de nos ¡iorlP,
se présentait devant Venise.
Depuis cette époque, il vivait retiré de la ~ie ~
18
quand, il y a quatre ans, la dignité d'amiral venall
trouver au sein de ce repos si bien gagné, et contribaal
a clore dignement une carricre si belle et si noble_.
rcmplie.
Pour extrait : P. PAG11'•

- - ~..~
Aoo. MARc, directeur-gérant.
Eo.11. Tu1rn, rédarteur r.n chef.

..

~~

L'AMIRAL ROMAIN-DESFOSSÉS.
EXrLIC!TIO:i' nu DERNIEII RÉJJUS.

S. Exc. l'amiral Romain-Desfos5é~, sénatcur, ancicn
C'esl aux bains de mer que les ciladins prcnncnl la
ministre de la marine, grand-croix de la Légion d'hon11eur, président du Conscil général du Finisterc, est el l.i santé.

Imp. de L' lLLUSTRATION , A. Marc&gt;
for&lt;'e

22, rue de VtnttMII

t

....

�</text>
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                  <text>Semanario francés ilustrado se publicó entre 1843 y 1944. Aborda temas políticos, económicos, sociales, científicos, artísticos, y deportivos. Fundado por los periodistas Jean- Baptiste Alexandre Paulin y Édouard Charton. Sus ilustraciones eran realizadas por los mejores dibujantes como Henri Valentin, Édouard Renard, Paul Gavarni, Janet-Lange y Cham.</text>
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                <text>L’Illustration : Journal Universel, 1864, Año 22, Tomo 44, No 1133, Noviembre 12</text>
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                <text>Semanario francés ilustrado se publicó entre 1843 y 1944. Aborda temas políticos, económicos, sociales, científicos, artísticos, y deportivos. Fundado por los periodistas Jean- Baptiste Alexandre Paulin y Édouard Charton. Sus ilustraciones eran realizadas por los mejores dibujantes como Henri Valentin, Édouard Renard, Paul Gavarni, Janet-Lange y Cham.</text>
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                <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores</text>
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        <name>Alexandre II</name>
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                    <text>L'ILLUSTRATION,
IOUDAL URIV .SBSEL.
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Direction, Rédartion, Administration :
1..1.. les communications relati,·es au journ,l, récla'!'at1ons, d~mande•
de changements d'adresse , do1vent ette adressees franco a
11. AUG. !IIARC, DIRECTEUR•GÉRANT.
l es dem~ndes d'abonnement doivent étre accompagoéeP
d'un mandat sur Paris ou sur la poste.

SOMMAIRE.
Reout politique de la semaine. -

Courrier de· Parí,. - Voya¡¡e en
Fl'lllce de Leurs Majeslés l'Empereur et l'lmpératrice de Russie. - Cau. ierie dramatique. - Les États de la Plata. - La Cbanson de Roland,
poeme de Tbéroulde lll). - Comba! de l'Oued-Derm•I. - Les A.llinges.
_ Le cbemin de fer dans les Pyrénées (i• article ). - Mª" Barbara
et Carlolla llarcbisio. - Nou•eau reliquaire de Saint-Lllurent.

22e ANNÉE. VOL. XLIV.
8amedi 5

Nº

f f 32.

No-ve111bre

L'admi11islralio11 ne ripond pas de1 manumits et

18&amp;.&amp;,
ne s'engage ¡amai1 ales iosirer.

Vu Jes trailC.~, la lraduction et la rcproduclion i. l'clrang-e.r ~ont interdites.

BUREAUX : RUE RICHELJEU·, 60.

Gravures : Voyage en France de Leurs Majeslés l'limpereur et l'lmpératrice de Russie (5 gravures). - Les Étals de la Plata (• gravures). Algérie : épisode de la défense du camp de l'Oued-Dermel, par le
3• tirailleurs. - Procession pour la féle de Saint-Fran~oi, de Sales, au
chaleau dea A(linges (Haul&amp;-Savoie). - Le cbem•n de fer daos les Pyrénées ( 8 gravures ). - Alª" Barbara et Carlotta Marchisio. - Nouveau reliquaire de .; Saiul-Laurent , exposé daos la l,a¡ilique de
Sainl•Laurent, a Rome. - Échecs. - Rébus.

Abonnrmenls pour París et les Départements :
lmois, 9fr. ; - 6 mois, 18 fr. ; - unan, 36fr. ; - le numéro, lSc.
la collection mensuelle, 3 fr.; le volume semestriel , 1~ fr.
ADONNEIIIENTS POUR L'ÉTRANGER 1
Memes pnx ; plus les droits de post&amp;, suivant les tarifs.
Les abonu. partent du l er no de chaque moi~.

REVUE POLITIQUE DE LA SEMAINE.
Les documents diplomatiques déposés sur le bureau
du parlement !italien ne permettent plus de douter
du sens qu'il faut donner •a la convention du i5 septemhre. Tout le monde a Ju les deux dépéches de M. Vis-

~cy,aersailm
ruit,11Nen

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AKRIVIÍE Ok LL. MM. 11. L'EMPERhlJR ET L'!MPÉRATI\ICE DE RUSSIE AU GRAND llUTHL DE LYON. - ll'aprPs un croquis.de M. Steyert.

�!20

L'ILLUSTRAT10N, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
_____________________________
____ _
_..__

-------------r---1--é-d-_fi_é____
b-.,-.-.-.---t-d'-lt_al___t_d-::-,A-:l~le_m_a~~La:--:To-mb-:-o:--la-d:-es-:--:art--::;-:is=:te:-:-s-:-,drama:=:=ti;:::qu=:es:-:-.-_-:Le-:46nol.,:--.._
conti-Vcno~ta il M. igra, remontant toutes deu! a 'o11 s i;ur ces ru11$, qui viennen
1e e
. l · d I' • 1
dn proces Müller.
rigine meme des nl\gocialions, et la dépeche dP. M. Ni- gne. Nous ne sommes pas opposés, b1eu om e 4 , "' a
gra au ministre des affaires étrangeres d'ltalie. Apres convocation d'une réunion pacifique, 011 les grands inté'Avant de rentrer dans le broubaba parisien,j'ai'fOalt
la lecture de ces documents, il n'est plus permis de se rets européens seraieol solennellement examinés. Que!
savourer une derniere fois, tout a mon aise, le cahnet1e1a
réfugier dans les équivoques. L'llalie a signé le traité, que ful le résultat d'un Congres, nous croyons que les
province, et je me suis arreté pendant trois jours a Dijoa.
mais en réservant ses aspirations unitaires. Elle s'inter- discussions qui s'engageraient éclaireraient d'une vive
J'ai parcouru, saos trop craindre les voitures, les rae.
dil tout moyen violent vis-a-vis (lü sonverain pootife, lumiere la situation si difficile et si compliquée des peutarges, bordées rl'hotels du xvn• siecle, auxq11els te1111
mais elle ne reoonce pas a l'emploi des forces morales. ples et des gouveroements.
grands toits d'ardoises, leurs hautes fenetres, leurs beU.
Elle n'entrera pasa Rome par la breche, mais s1 la porte
Napo\éon 111, en quittant Nice, s'est dirigé vers
portes cocheres ouvertes sur de vastes cours dollllenl
de la ville éternelle tui est ouverte par la volonté du T,mlon, 011 il a assisté aux grandes manreuvres de
un air noble, intime et hospitalier en meme tempg; i'li
peuple romain, elle n'hésitera pas a se rendre au vreu ta llotte cuirassée, puis de la il est partí pour Marétudié dans tous ses détails la belle fa~ade de Notre.
de la population. Tel est le seos qui res.~ort des docu- seille, ou il a visité le boulevard Dugommier, la nouve_lle
Dame, pleine de grandeur, de grace e~ ~·originalité; i'li
ments diplomatiques publiés crs jours deroiers, et apres rue de Noailles, la rue Impériale, les docks, le chantier
eu tout le loisir de m'étonner que la v1e11le tour du ~
ta ler.ture attentive de ces pieces, nous défions les ca- de la cathédrale et l'Hotel-Dieu.
teau des Ducs se dressél.l, apres tant de sier.les, si ferae
suistes les plus retors d'y Jire autre chose que ce qui
Le lendemain, l'Empereur était a Lyon, ou il passait
et
si droite encore daos le ciel ; j'ai admiré, saos ae
y est.
en revue l'armée de Lyou. 11 revenait mardi soir, a
presser, les tombeaux de Philippe le Hardi et de Jeaa,
Le parlement italien a nommé ses bureaux, chargés dix heures, a Saint-Cloud.
sans-Peur; seul au musée, j'ai longuement et libi.
de !'examen et du rapport de la convention. Ces buLe Moniteur annonce que les nouvelles du Mexique
mentessayé de retrouver le Téméraire, ce sauvage broal,
reaux se sont prononcés a une graqde majorité en fa- continuent a etre satisfaisantes. Un combat aurait été
loo qui donna tant de tracas au hon roi Louis XI, daa
veur de cette convention, et pour la traoslation du siége livré, daos le&lt;.'uel Je colon el Martín, tué daos cette jourle portrait le plus étrange et le plus inquiétaut qui du gouvernement a Florence. L'opposilion se concen- née, aurait vaincu et dispersé, a la tete de cinq cents etre ait jamais été peint; j'ai vu, saos étre déraogé par
trerait sur deux points principaux : lº sur la nécessité Fran~ais et de.cent Mexicains, les dernieres troupes de personne, tomber, au souflle du vent d'octobre, i.
d'ajouter, a. l'article relatif a la translation de la capitale, Juarez, fortes de quatre müle hommes avec vingt pieces feuille~ jaunes dans le pare aux allées majestueuses, ff
le mot provisoire¡ 2º sur la nécessité pour le parlement d'artillerie.
Jes plantes frileuses frissonner daos lejardin de l'Arqae.
de renouveler le vote du 27 mars ill6l, en proclamant
La paix est signée entre le Danemark et 1'Autriche et buse; j'ai vainement cherché ces dames au balcon da
le maintien absolu des droits de \'ltalie sur Rome.
13. Prusse. Pour l'échange des ratifications un délai de
théatre.
Parler de Florence comme capitale provisoire, ne se- trois semaines a été fixé~ a l'expiration duque! commenLes longues heures de pluie, - elles m'ont paru hiea
rait-ce pas altérer !'esprit de la convention et préjnger en cera un nouveau délai semhlable pour l'év:i.cuation du courtes, - je les ai passées dans l'atel_ier d'un scnlp,
quelque sortc Je résultat d'une expérience loyalement Jutland. Le principal point de la nouvelle frontiere est teur, un des meilleurs éleves de notre Ecole des beaai,
conseotie par l'ltalie? Le véritable caractere de la con- Christianfeld, ville du duché de Slesvig, située a huit ki- arl~, petit-fils par alliance du maitre de Rudde, mallre
vention est, en effet, de laisser le pouvoir temporel libre lometres du petit Belt. Les sommes exigées du Danc- a présent loi-meme dans sa vil le natale; et j'ai eu alle
en face des Romains, afio que, si Rome doit un jour mark ont été &lt;liminuées d'un demi-million. Ces vain- bonne fortune de rencontrer en M. Dameron un artistu
échoir a l'Jtalie, l'lta1ie ne doive Rome 4u'au libre suf- queurs sont bons princes.
modeste, qu'il semble ignorer lui-méme que son W.
fragc de ta population. Quant au renouvellement du
Il reste a savoir ce que deviendront les Duchés, que peut supporter la pleine lamiere de la publicité, et qae
vote dn 27 mars l 86l, c'est-a.-dire la &lt;léclaration réité- les armées austro-prussiennes avaient la prétention d'af- le jour ou son nom sera connu, il sera bien pres pea,
rée de Rome, capitale de !'avenir, a. quoi bou? Cette dé- franchir et qui ont été si peu conqu)tés sur leurs propres etre d'etre célebre.
claration pouvait signifier quelque chose avant le destinées. Des mesures seront-elles prises en faveur de
Des rues qui n'ont pas changé depuis deux siecles, •
1:¡ septembre; mais, formulée aujourd'hui, elle ne ser- cette importante portion de la P?Pulation qui a constam- l'on ue risque ni d'étre heurté ni écrasé, de belles proa,
virail qu'ajeter des doutes st¡r !'esprit de la convention, ment protesté de ses sympathies pour le Danemark et nades solitaires 011 l'on poursuit commodément se.~ pea,
saos ríen y ajouter en réali{é. Les bureaux se sont pro- qui en est séparée malgré elle~ Comment r~glera-t-on le sées ou ses reverie~, un vieux donJ0D et de vieiBI
noncés pour une simple déclaration de príncipes, et conflit entre les compétiteurs qui aspirent a gouverner églises qu'on ne songe ni a gratter ni it. récrépir, •
la convention sera définitivement sanctionnée par un le Slesvig et le Holstein? Consentira-t-on enfin a. con- salle de spectacle qui u'est peuplée que d'honnetes reaordre du jour motivé, rédigé d·accord avec le gouver- su\ter les babitants, a leur demander sous quel régime mes de, arti~tcs trop modestes !
nement.
il leur convient de vivre et quel est le duc de l~urchoix?
E~t-ce 1.,ien vrai que Oijon n'est qu'a soixante-dix-1111
La retraite de M. le comte de Reichberg, annoocée
Que devient l'insurrection du Frioul? On sait qu_e licues et trois quarts, et a si.t heures trente-quatre •
déja depuis une dizaine de joul'l-, est un fait accompli. cinq cents hommes environ, revetus du costume gar'.- notes de París!
C'est M. te comte de Mensdorfl-Pouilly, gouverneurde la baldien se sont lancés dans les montagnes pour entraiOui, soixante-dix-huit licues et troi~ 11uart~, ou llá
Gallicie, qui succedea.M. de Reichberg, comme ministre ner l'll~lie dans une levée de boucliers contre l'Autri- cent quinze kilometres, pa.~ davantage; voyez plutlJt
uesalfaires étrangeres et de la m~ison impériale. Daos les che. A Turin, on croit que cette insurrection a des chan- Livret Chai:J;; six heures trente-quatie minutes lout ■
circonstanres présentes, il est ~sez uaturel de supposer ces, et que si elle peut durer quelques jours seulement, juste, puisque je pars h1er a ome heures _cinq~anlHI
que cet événement n'est pas étraoger aux affaires géné- Garihaldi n'hésilt'ra pas a. prendre le commandement minutes du soir, et que j'arrive aujourd'hu1 a. s1x ben
rales de \'Europe. La Gazette d'Augsbourg,dénonce ou- des volontaires. Mais, d'apres des nouvelles qui arrivPnt et demie du matin.
vertement l'inconsistance et la versatilité de la polilique d'Allemagne, on serait porté a croire qu'on se fait beauA peine débarqué, je jette bien vi~e les_ yeux ~
suivie par M. de Reichberg, daos toutes les grandes ques- coup d'illusions en Italie sur la portée de cette insurrec- de moi, et je prete l'ore1lle a1u brmts qui se croilla
tions de la politique européenne. « Daos l'espace d'uoe tion. La petite troupe qui s'est lancée dans le Frioul et se cboquent daos les airs.
année, dit la feuille allemande, nous avons vu la po- serait bloquée par les troupes autrichiennes, et toutes
París, qu'as-tu a apprendre a l'enfant prodigoeqaialitigue autricbrenne accomplir les sauts les plus s~r- les issues seraient gardées. Du reste, si la conquete de vient9 Que\ est ton nouveau vice? Quelle est ta•
prenanL~. A t'improvisation habile du congres_des pr1n- la Vénétie doit se faire un jour, elle n'est possible que velle vertu? Que! est too dernier deuil et ton denil
ces a succédé la renonciation a. la réforme fedérale; a par l'armée italienne, l'armée disciplinée. De~ _volont_~i- éclat de rire? Ois-moi le succes d'hier et la mode
\'ho~tilité envers la Prusse, l'abandon aux vues de la res peuvent donner le branle, mais a la cond1t1on qu 1\s 'lJain, ta plus fraiche snttise et ton prochain. chef-d
rivale &lt;lu Nord,. a. l'accord avec la France et l'Angleterre soient suivis par une grande force organisée.
vre ta belle action la plus récente et ton recent
daos ta question polonaise, la conversion vers la Russie
Le roi des Hellenes vient de signifier a l'a.qsemblée dal~. De quoi te van tes-tu, de quoi t'indignes-tu, de
et les a,qpirations a. la sainle alliance. Le dernier revire- nationale, siégeant a. Atbenes, d'avoir avoter, dans le te moques-tu?
ment de celle politique mobile semble consister en un délai de dix jours, un projet destiné acompléter la consTrois expositions ont ouvert leurs portes aux
retour vers les puissances occidentales et daos un nou- titutioo, dont la premiere partie a déJa été d1scut~e ~ar qui ne se contentent pas du Louvre, du Luxembo~!f,
vel éloignement de la Prusse. » C'est a la convention du les représentauts du peuple. Ces derniers auront ega e- \'hotel de Cluny, du Conservatoire des Art~_ ~t M~\í
l5 septembre, d'une part, et a l'avantage remporté par ruent a voter, daos le délai de dix jours, la loi électorale du Muséum d'histoire naturelle: c'est l'expos1t10010
la PruSlle dans \a question douaniere, que la Gazette qui lcur est soumise en projet par le gouver~ement. tionale el permanente des heaux-arts, de l':,gri_
&lt;f Augsbourg attribue ce nouveau changement de front Daos le cas 011 l'assemblée nationale refusera1t de se et de !'industrie, l'exposition des beaux-arts apph
daos la politique autrichienne. M. de Schmerling serait rendre a. l'invitation du roí, Sa Majesté lui laisse la res- 1'ind11strie et l'exposition des arts industriels.
favorable a un rapprochement entre l'Autricbe et la ponsabilité de ce qui peut arriver, et se réserve toute
Je suis bien impatient d'aller voir l'exposition des
France, et Je comte de Mensdorfl-Pouilly partagerait l'o- liberté d'action. La Constituante atbénienne s'est con- vres d'Eogene Delacroix.
pinion de M. de Schmerling.
.
.
formée aux injonctions contenues daos la missive royal e,
On commence a. vendre a. !'hotel Drouot. L'autrt
L'empereur Napoléon lll est rentré seul a Par1s. Le et tout danger de conllit entre les deux pouvoirs semble c'était une collection de faiences persanes.
czar est repartí pour la Russie, et, sur cette entrevue a écarté pour le moment.
EmtOND TEXIER,
~ous avions les faiences italiennes, les faied
Ro1Jen,
les faiences de Marseille, les faiences de
Nice entre les deux souverains, on a ha.ti, a l'étranger
ttJ""4
CJ
T CI &amp;,n
surtout, un vaste éd1fice de suppositions. Que laut-il
tier. Salut et bienvenue aux faiences per~anes! V
nouveau moyen offert !lUX honnetes gens riches
croire t Ríen, puisqu'on ne sait rien et qu'on ne peut
COIJRBIBB DB PABl8,
rien savoir. Cependant, s'il faut s'en rapporter a. certaipenser agréahlement leur argent.
Changement de décoration sur la place de l_a
nes feuilles étrangeres, une entente complete se serait Recueillement avant París. - Aimei-vous les expositions?...
établie entre Napoléon 111 et Alexan&lt;lre 11 sur la conven- Autres faiences. - Les transíormations de la place de leine : les trotto1rs rétrécis, la chaussée élarg1e,
la Madeleine. - Ruines. - Modes nouvelles. - Le Pal11- arhres plan tés de char¡ue ctilé de la rue Royale.
tion d'un Congres. Ces journaux affirment merne quP les
medt. - MIi• Dupont. - Mallrt t;uérin. - Les deux éléPuissent le gaz et le bitume étre cléments aux P
négociations tendantes a cette convocation seraient
phants du Cirque. - La demiere de M. Sardou. - ~ bal~ de (a place de la Madeleine !
tres-a vancées; que la Prusse et l'Italie y adhéreraient,
let aox ltaliena. - Tbéátre religieu1. - Le ténor qu 11 hu
Grauds embellissements derriere
que l'Angleterre, et l'Autriche elle-meme, ne feraient
faudrait. - M. tmile • Girardin, auteur dramatique. que de faibles objections. Nous ne saurions tarder Utre
0

de•

foul un quartier tombé sous la pioche en moins de rien !
Ce n'est plus que monceaux de phl.tres et de moellons,
ors bonteux tout étonnés de voir le jour, mysteres de
111
uvres'vieux logis brutalem.:nt mis a nu. De loin, au
~lie•J do désert, on aper~it la Chapelle Expiatoire,
111
:ec sa funelJre architecture et ses mélancoliques om:rages. Cn étranger la pourrait croire consacrée au die u
des ruines.
11 y a une nouvelle coiffure q11i s'appelle Zingarella. La
robe dumoment est la robe Récamier, et le moucboir en
,ogue est le mouchoir Tallien. Cela sent bien un peu son
Directoire ; et pourquoi pas? le Directoire avait du bon ;
les mreurs y étaient peu séveres, et les costomes
légers: un joli temps, qui ne nous effraie pas du tout. ·
ties-,ous prude, Madame? prenez le loup en chenille,
00 mieux encore, le masque en jais, et l'on ne vous
recoooaitra que si vous le voulez bien; n'est-ce pas la
l'importanl !
Le t• novembre, les plus illustres coureurs de la
saison ont montré leurs talents a Porchefontaine. Porc.hefootalDe est, vous le savez, un nouvel hippodrome.
lloi, je m'étais figuré que c'était assez de Longcbamps,
de la Mar1he, de Vincennes, de Chantilly : une erreur
impardonnable ; Porchefontaine était néccssaire, Porcbefootaioe était indispensable. Saos Porchefontaine,
point de salut pour la race chevaline.
Une nouvelle Revue nous est née.
Ni politique, ni économie politique, ni &amp;eiences naturelle11, ni romans, ni finances, ni poésie, ni histoire, ni
géograpbie, ni arcbéologie, ni ,critique, ,ni peinture, ni
sculpture, ni musique, ni théatre, ni sport, ni escrime.
La re,ue nouvelle s'appelle le Palaméde.
Elle s'est donné pvur mission l'avancement des échecs,
du wbist et du piquet: une noble idée !
Une des bonnes soubrettes de la Comédie-Francaise
'
uoe de ces fideles servantes de Moliere qui ont fait tant
d'booneur a leur maltre, w•e DupJnl, vient de mourir.
En reoon~ant a la scene, elle n'a,·ait pas renoncé a la
comédie, et son grand bonbeur était de dire une des
bellPs scenes du vieux répertoire, n'eut-elle pour lui donuer la réplique que le plus inexpérimenté des Frontins,
des Orgons ou des Tartufes.
Je la vois encore, cette pauvre Mil• Dupont, avec son
sonrire franc et spirituel; on lui aurait preté bien des
&amp;nnées encore sur sa belle mine; je crois qu'elle n'avait
jamais dti etre plus jeune qu'en sa vigoureuse vieillesse;
les cbeveux les plus blancs et les yeux les plus noirs, et
jaillissant de ces yeux des regards dont ríen ne saurait
reodrP. la finesse et la malice.
Samedi dernier, a la Comédie-Fran~aise, premiere représentation de Maitre Guérin, une comédie en cinq
' actes, de M. Augier. Quelques personnes ont critiqué le
litre de la piece: c'est un litre qui ne signifie ríen, disaient-elles. Que fait ce maitre Guérin et que! est-il?
no avocat, un peintre, uu musicien o.u un avoué, 1mposmble dele deviner, a coup ~tir. Moi, je trouve que celle
iocertitude 011 M. Augier laisse les curieux est tres-sage:
il y a des gens qui, sur un titre, batissent une piece, et
si la piece de l'auteur n'est pas celle qu'ils ont élevée
daos leur petite imagination, ils la trouvent détestable
et la aifflent. M. Augier, qui est un homme d'esprit, a
,oulo coojurer ce danger. Pour accroitre les chances
• IUCffl, il a semé a pleines mains, daos son reuvre,
l'esprit, l'éloquence, la verve et les audaces beureuses: wit mieux !
Tout Pariscourt a Maure Guérin; ceux qui ne trouvent
PIS de place au Théatre-Fran~ais se consolent en allant
'ºir, au Cirque, les deux éléphants dres.~s et présentés
JlU' l. Moffatt; il faut aveir de la pbilosophie, en ce
~nde, et nous en avons beaucoup, nous autres Parimeos, Certes, c'est plaisir d'entendre de la honne prose
ldmirabtement dite, mais les- éléphants ne sont pas non
plus t.dédaigner.
Le Théatre du Palais-Royal a dtnné une comédie
ooa,elle de M. Sardou, intit11lée les Pommes du voisin.
~ement, il s'en est suivi quelque bruit. Les cri~ - et les confrcres de l'auteur ont trouvé que les
Ptallllea de M. Sardou étaient un peu beaucoup les
IIOaaeade son voisin, et qu'il avail eu mauvaise grace a
ne PIS nommer son voisin, Charles de Bernard, mor-t
dePlia quinze ansa peine. A quoi M. Sardou a répondu
qne lotiere avait emprunté a bien des gens qu'il n'avait
PIIIOllmés, qu'il avait, lui, abandonne d'avance le tiers
~~é8ees que luí rendraient ses pommes a l'éditeur
~OlliD,qo'enfin si la critique et ses confreres se monlrlient i~ point puritains, c'est que sa piece avait réussi.

.

Elle a réussi, c'est vrai. Avez-vous remarqué que les
pieces de M. Sardou réussissent toujours? On dit qu'il a
des relations avec les esprits; je le croirais volonticrs. 11
y a cinq ans environ, il fit une petite piece qui s'appelait les Pattes de mouche et qui n'etait pas un vaudeville,
puisqu'il n'y avait pas mis de couplets. Deux ou trois
scenes de cette bluette étaient charmantes. Depuis lors,
M. Sardou a écrit Nos Intimes, les Ganaches, la Papillonne,
et pourtant la 011 on le joue, il y a foule: il faut bien
que le diable s'en mele.
M11 • Tbérésa, pour ménager sa voix #licate et suave,
chante maintenant a couvert, elle est retournée a !'Alcazar, qui fut, si je m'en souviens bien, son berceau.
A M11 e Tbérésa, l'Eldorado oppose M11• Risette.
Le Théatre-ltalien n'a ríen a y voir.
Ah! si Mil• Thérésa ou M'1• Risette dansait ! Le ballet,
voila ce qui, pour le moment, préoccupe M. Bagier.
La danse, aux Italiens, est-ce une idée vraiment heureuse? J'ai peur que ~l. Bagier n'ait pas autant sujet de
s'en féliciter qu'il le croit. II me semble que les Italiens
perdront beaucoup it. ce qu'on s'y amuse trop. On y allait
pour regarder la salle et non la scene, pour y lorgner
le prochain et en médire gentiment et poliment, avec
accompagnement de bonne musique; quand il se passcra dcrriere la rampe des choses trop intéressantes,
cela distraira : adieu le spectacle clans la salle; de ce
jour-la, le Théatre-Italien deviendra un théatre comme
un autre, et sa fin pourra bien élre proche, car il n'aura
plus pour tui que Rossini, Bellini, Donhetti, Verdi, les
meilleurs chanteurs et les plus belles voi:x du monde, et
cela, je le crains bien, ne suflira pas aux alJoonés.
11 est toujours question de la création d'un théatre
religieux. Les lilJres penseurs se sont fort égayés a ce
sujet; reste a savoir si les spectateurs trouveront plus
tard l'idée aussi joyeuse.
Le clergé ne s'est pas encore expliqué sur et projet.
L'homme d'imagination qui l'a con~u se croit sans
doute stir de l'appui de l'Eglise ; il voit d'avance les
cardinaux se disputant ses avant-scenes, les éveques et
les archeveques louant a l'envi ses loges a l'année, les
curés se jetant a l'assaut des stalles d'orchestre, et les
simples abbés s'étouffant a la porte du parterre.
Si pourtant l'Église allait qualifie1 d'impiété la pensée
d'un théatre re1ig1eux?
Fb ! eh! il y aurait bien a celle sentence quelques
petits prétextes assez spécieux.
Puissent mes craintes etre chimériques! Si le théatre
religieux se fonde, je prends la liberté de recommander
des a présent, a M. le directeur, un sujet qui asa place
naturellement marquée daos une troupe édifiante et
chrétienne.
C'est un téoor qui s'appelait..... Quand M. le direct~ur
en témoignera le désir, je lui dirai le noru de mon ténor.
N... avait obtenu des débuts a l'Opéra. La redoutable
soirée était arrivée : le pauvre gar~on, qui deva1t remplir le role du Daupbin daos Charles VI, tremblait a
faire pitié. Ses camarades essayaient de l'encourager
daos le foyer, et il n'en tremblait que plu~ fort. Le spectacle commence; le moment 011 N..• doit entrer en scene
approche; il est venu.
- Entrez, dit l'avertisseur.
- N... ne bouge pas.
- Entrez done.
- N... s'appuie c0ntre un portant et sent ses jambes
fléchir.
- L'avertisscur court a. lui pour le pous.~er, alors N...
jette un regard vers la frise a défaut du ciel, fait un
grand signe de croix, s'élance sur la scene et entonne
bravement son récitatif.
Le ciel lui accorda de cbanter juste.
Le bruit court que M. Émile de Girardin va Jire au
Thédtre-Fran~ais une piece intitulée : Le Supplice d'une
femm11.

Jusqu'a présent, l'auteur dramatique ne pe~ait pas
beaucoup sous le polémiste; mais M. de Girardin rst
l'bomme de l'imprévu et des sorprises. Apres des années
d'alinéas, ou de style politique reuilleté, M. de Girardin s'est soudain mis a la pate ferme de la longue tirade. Des lors ríen ne saurait nous étonner du rédacteur
en chef de la Presse.
Une grande tombola s'organi¡¡e par les soins de laSociété
des artistes dramatiques. La liste des lots a été publiée.
Le Vaudeville, les Variétés, le Tbéatre-Lyrique, le.~
Folies-Marigny octroient a certains numéros gagnant~
une entrée d'UD an dans leor salle.

11 y aura un mortel favorisé de la fortune qui gagnera
111i°e entrée de deux ans il. l'Ambigu !

Une entrée de deux ansa l'Ambign!
Je vois figurer parmi les lots un portrait de Grassot
par Lhérilier... C'est plu~ drMe.
Muller, reconnu coupable d'avoir as,assiné M. Briggs,
vient d'etre condamné a mort : cet arret sera certaiaement blamé par Jud. J'aime a croire que cet bonnéte
hommr, donnera quelques )armes au sorl d'un confrere
infortuné; malheureusement, il est probable qu'il s'eíforcera de dérober ce mo•JVement de aensibilité a la police. . . . . . . . . . . . .
Et voila, un peu au bas.ird, les nouveautés que m'offre París a mon retour... saos compter les Sept Chdteaux
du Diable et la Tour de Nesle.
X. F&amp;VR.'iET.

VOY.A.GE EN FRANGE
0

DE LL. M~. L'EMPEREUH ET L 1111l'tRATRICE DE RUSS11t

Nous publions trois dessins dus au crayon de notre
correspondant, et rappelant le séjour it. L)'On de Leurs
.Majestés l'Empereur et l'Impératrice de Rus,ie. Parties
de Mnlhouse le i9 octobre, a lO beures du matin, Leurs
Majestés sont arrivées .a Lyon le l9 au soir, a 8 heures,
et se sont immédiatement rcndues au Grand hotel de
Lyon, 011 tout avait éte faposé pour la réception des
illustres voyageurs.
Le Grand hotel de Lyon est, comme chacun le sait, la
station habituelle des cours et maisons souveraines; disposé pour les besoins d'une clientele aristocratique,
il offre toutes les ressources d'un confortable exceptionnel et de bon gout.
Un envoyé de Sa Majesté l'Empereur l'iapoléon rn s'était rendu a !'hotel de Lyon dtlja depuis quelques jours,
pour aviser a toutes les mesures nécessaires.
Nous empruntons aux journaux de Lyon les &lt;létails
qui suivent :
« L'Empereur et l'Jmpératrice de Russie sont arrivés
le l 9 octohre a. la gare de Perrache, a huit heures du
soir, accompagnes d'une nombreuse suite.
« Leurs Majestés amenent avec elles a Nice leurs trois
eofants, la princesse Marie, agée de onze ans, le prince
Paul et le comte Serge.
(( Son Excellence M. le maréchal r.anrobert et M. (;bevreau, conseiller d'État, prMet du Rh&lt;ine, s'étaient rendus
a la gare pour salucr Leur~ Majestés Impériales. Une
vingtaine de voitures stationoaient dan~ la cour de la
gare pour recevoir les illustres voya~curq et leur
suite.
« L'Empereur et l'lmpératrice ont pri, Jllt~r &lt;lans la
prcmiere, puis le cortége a gagné le Grall · hotel de
Lyon, en suivant le quai Tilsitt, le quai Samt-Antoine
et la rue Grenette.
« t.:n piquct de dragons précédait les voitures, mais il
n'y a pas ea de déploiement de troupes; seulement rle
distance en distance étaient postés des sergents de ville
et des gendarme~. pour faire observer l'ordre.
&lt;( Les apparlemcnts destinés au czar el a la czarine
sont s1tués au premier étage, en face le grand escalier.
(( Le directeur du Grand hotel de Lyon a fait subir
a son étahlissement tous IPs embellissemenl~ dont il est
susceptible¡ des fleurs garnissent toutes les embrasures,
des lustres, partout allumés, répandent des flots dt: lu
miere ; on remarque colui qui est ~uspendu au plafond
de la piect&gt; d'honneor, qui est en cristal de roche le plus
pur. L'administration a déployé, en cette circon~tance,
un luxe de tapis et de tentures, qui ne pour,a manquer
de donner aux augustes voyageurs la plus haute idée
de l'industrie lyonnaise.
« Sa Majeste l'lmpératrice a été transportée JU~qu'a
son appartement en cbaise a porteurs. L'Empereur suivait la chaise et précédait les jeunes princes. Sa Majesté
n'a pu, a cause de son etat de soufrance, as.~ister au
diner. L'Empereur a done seul, avec ses enfanl~, pris
plaee a la table dressée daos le grand !la.Ion d'honneur,
et il a graci('Usement in.vité son Excellence le maréchal
Canrobert a s·as..c;eoir a cette table.
« L'lmpératrice et les dames dela suite n'ont pa.~ couché dans les lits du Grand hotel ; des meables les
ar..eompagnent. Ce sonl des lits en palissandre, d'une
forme simple et sévere, et n'ayant d'autres ornements
qu'llD filet d'or garnissant les aretes.
« L'EmperellJ' et l'lmpératrice de Russie étaient vetos
comme de simples mortels. L'Empereur portait une re-

�292

L1 ILtu·s rRATlON, j()lJtlNAL UNlVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

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IILI.JiOEUVRES EXÉCUTÉES PAR LE BATAILLON DIS CBASSEURS A PIED DE LA GARDE DEVANT S. M. L'RMPEREUR DE RUSSIE, SUR LA l'LACE. D'ARMES, A NJCE. - D'apre&amp; un croqua de H. Lieto."

« Quant al'Impératrice, nous pouvons dire qu'elle était
dingote nc.ire, avec un pardessus de nuance gris foncé,
d'une
simplicité qu'une bourgeoise eutpeut-etre dédaignée.
et avait sur la tete un de ces chapeaux de feµtre rond,
«
Alexandre
II est de tres-haute stature. 11 domine de
aailes étroites, que la mode a adoptés. Sa Majesté ne
toute la tete les personnes de sa suite; ses traits énerportait, d'une f~on apparente, aucune décoration.

S • E U 'R!t'IO HOTEL D~ LYU'.'i - D'apr~s les cr,¡4u1, Je tll. Sleyerl.
SALLll A MANGER DES OIGNITAIRES ET &gt;Oflllf.ll!RS C:OllPOSANT LA 1,UITE DE LL. MM. 11. L'EMPHREUR ET L'OIP.EltATRICE DE RU :;l · A 1,; '
• '

giquement accentués rcspirent la force calme froidement
impo8ante. Cette belle tete blonde et cette fiere physionomie contrastent étrangement avec le visage doux et
poli de l'impératrice Matie Alexandrowna.

LS. 11. L'EldPEREUR NAPOLÉON PASSANT SUR LE QUAI DES PALMlBRS, A NJC!,

�294

L'ILLUSTHATION, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JO URN AL UN IVERSEL.

faisait la le~on a une bonnete femme (fourvoyée), et la ils éclaireraient la femme légitime, si aveugle qu'on\
mariait, si j'ai bonne mémoire, ou du moins la récon- suppose. La piece toute entiere repose sur cette équi,~
voiture et a visité toute la ville. Sa Majesté est entrée a
que, sans laquelle point de dénoument. Mais ce dél'église Saint-Jean, dont elle a attentivement examiné les cilia1t avec son mari.
MM. Meilbac et Delavigne ne sont pas si séveres pour noument, qui n'en 6St pas un, fut-il admis par le bon
détails archéologiques.
les charmantes filies d'Eve ,qu'ils nous font voir aux sens, que dénouerait-il, en réalité? La femme abandon.
&lt;&lt; Leurs Majestés ont déjeuné a l'hótel, et sont parties
née se tiendra a l'écart, je le veux bien, elle en a pris
prises avec une situation encore plus délicate : elles se
un peu avant dix heures.
l'engagement, un engagement comme celui de Ninon 1
« L'lmpératrice a deux fois 1émoigné sa vive satisfac- font seulement \'une a l'autre une peur affreuse, par La Chatre; mais l'enfant, devenue la cousine de son Yrai
suite d'une double méprise, qui ne tarde pas, du reste,
tion des bons soins qui lui ont été prodigués a \'hotel de
pere, recevra-t-elle impunément le&amp; caresses de celni-ci!
Lyon; Alexandre 11 a également remercié avec beaucoup a s'éclaircir. La comtesse Ismail a bien vite reconnu que Que! intérieur nous est offert en perspective par cette
la baronne de Lauwereins n'est qu'une fausse Bébé-Patade grace et d'etlusion les administrateurs et les dames
comédie, qui a pourtaut des intentions de moralité! La
pouf et la baronne s'est doutée tout de suite que la comfemme
de Marcel vivra-t elle tonjours dans l'ignorance
de !'hotel.
tesse IsmaU ne pouvait etre une vraie Nina Patapon !
« La population l,vonnai~e, fort empressée sur le pasde \'indigne supercherie a laquel\e on n'a recouru, 80¡_
Mais comment se trouvent-elles, et toutes deux en
sage de LeursMajestés, a été calme et respectueuse, exerdisant, que pou.r \'empéeher de mourir? Mourir! qnelle
meme
temps, dans une position si fausse, étant donné
~nt dignement celte hospitalité que les grands peuples
plaisanterie. Tont au plus pourrait-ony croire, si M••Froce qu'elles sont? Mon Dieu ! ríen de plus simple, vous
doivent aux représentants des grandes nations. ))
mentin, qui joue avec une passion si vraie le role de la
allez voir. La comtesse Ismail, qui arrive de Pétersbourg,
ma1trese abandonnée, jouait celui de \'épouse trahie.
avait cbargé son intendant de luí retenir pour quelques
On nous écrit de Nice :
Mais a qui M11• Dortet, avec sa voix qu'on prendrait ponr
LL. M)f. II. de Russie et leurs enfants (excepté jours un appartement meublé; or, ce maladroit, par er- celle de Madeleine Brohan, sa tante, a qui cette lloris11
le prince héritier, qui ne sera ici que le mois reur, lui a limé l'hótel de M • Nina, partie de la veille sante ingénue fera-t-elle croire qu'elle va mourir, qu'elle
prochain), ainsi qu'une suite de soixante personnes pour le camp de Chalons. La comtesse, avertie, n'en va se tuer? E3t-ce qu'on meurt comme cela dans
environ, sont arrivées le 2t octobre, a cinq heures trouve que plus amusant de profiter, pendant une heure cette immortelle famille?
du soir, a Nice. Malgré l'ordre qui avait été donné de ou deux, de cette méprise, en recevant ceux des amis de
Mais uous avons trop insisté sur le fond d'une piece
respecter l'incognito de Leurs Majestés, la ville avait fait la maison qui peuvent ignorer le départ de la demoiselle. que la forme seule a sauvée. Ne prenons pas le pué dn
Parmi ces personnages, qu'elle retrouvera plus tard
décorer l'avenue du Prince impérial, la rue Masséna et
bon sens pour écraser la mouche de la fantaisie. A•ec
la rue Saint-Étienne de trophées et de drapeaux fran- dans ses salons, - et elle s'en fait d'avance une fete, tous ses défauts, et elle en est rousue, la nouve\le cose trouve un jeune bomme du meilleur monde, dont la
~ais et russes.
médie de M. Barriere est une des plus gaies, des plus
Le lendemain matin, Leurs Majestés ont fait une pro- cousine, la baronne de Lauwereins, se meurt d'envie de vivantes que nous ait données cet esprit incomplet, invoir l'intérieur d'uue Aspasie ahsente. On comprend que
menade en caleche découverte.
culte, bizarre, mais d'un mordant et d'une verve irréA midi, l'Empereur a passé la revue du bataillon de le jeune comte, a¡ant reconnu la comtessc, profite de
sistibles.
chasseurs a pied de la gartle impériale, envoyé de Ver- l'occasion pour mettre en présence les deux curieuses.
Le Ménage en ville est en outre joué a ravir par Numa,
Le
dénoument,
vous
le
savez:
le
cousin
emmene
sa
sailles, par l'Empereur Napoléon, pour le service de
impayable
dans le personnage de l'oncle Vaubernier, et
Leurs Majestés. L'empereur Alexandre, en costume de cousine tout attrapée, et le comte Ismail, qni venait pour par Landrol, qui mene toute la piece, daos un role de
général des chasseurs russes, était accompagné du tout autre cbose, se trouve arrivé fort a point pour offri:- beau-frere et d'ami dévoué. Ce dernier role est e.cellent,
comte d'Adlerberg et du comte Orloff Donizoff, ses aides son bras a sa femme, et la ramener a un bótel plus sé- du reste, et il fait honneur a M. Barriere, tandis que cede camp. A son arrivée sur la place d' Armes, la íanfare rieux que celui ou il l'a trouvée.
lui de Numa vaut surtout par son interprete. En d'anTout cela cst bien simple, comme je le disais, a l'exdes chasseurs a joué \'hymne russe; puis ont commencé
ception du caprice de nos deux dames: mais, la encore, tres mains, au lieu de faire en grande partie le succesl
les manreuvres, qui ont été suivies du défilé.
de la piece, il l'eut pent-etre compromis.
L'empereur Alexandre 11, avant de quitter la place se montre le tact des auteurs, et l'excellent gout du
Mm• Fromentin rend vraiment trop intéressante la
d'Armes, a demandé a M. le comte de Geslin, comman- Gymnase.
femme
délaissée qu'elle ne nous fait qu'entrevoir. c·est
Observez bien que nos curieuses appartiennent a cette
dant du bataillon des chasseurs, de lui présenter le corps
le seul reproche que je trouve a lui faire, et elle me le
des officiers, pour leur témoigner sa satisfaction. 11 a haute société cosmopolite, que sa grandeur n'attacbe pa,rdonnera d'autant mieux, qu'il s'adresse a rauteor
serré la main a M. le comte de Geslin, un héros de pas invinciblement aux memes rivages que la bonne autant qu'a l'artiste . .Luuise Vernon est une figure qn'il
Crimée, ou il a été grievement blessé, ce qui ne l'a pas compagnie franpise. Cette nuance explique tout, et fallait ou ne pas montrer, ou montrer tout a fait en
M11• Delaporte la rend avec la plus remarquable finesse;
empeché de se disting11er en Italie.
pied : telle qu'on la voit un instant, elle fait hair
L'empereur Napoléon III, arrivé a Nice le 26 octobre, la pbys1onomie, l'accent, le geste, la démarche, la mise, l'homme qui l'a séduite et abandonnée, tandis qne la
a visité la ville le lendemain : la foule se pressait par- tout fait d'elle non pas seulement une comtesse lsmaU, femme légitime, avec sa beauté réguliere, sa jalousie létout sur son pa.~sage. Nous donnons un croquis fait au non pas meme une slave, roa.is la slave, le slavisme, le gale, ses pleurnicheries de petite filie, palit devant ceue
moment ou Sa ~ajesté a parcouru le quai des Palmiers. panslavisme !
Mil• Pierson ne s'est peut-etre pa.c; aussi complétement nouvelle Hermione, une Hermione que Pyrrhus aurait
Agréez, etc.
Pour extrait: P. PAGET.
assimilé le germanisme de baut vol; mais elle est jolie rendue mere, et qui épouserait Thersite, pour faire na
sort a son enfant ! Voila, traduite en grec, la Louise
-----r--.-.W"""-----elle est blonde, elle ne prononce pas tres-bien le franVernon de M. Barriere et de Mm• Fromentin. On com~ais, et tout cela fait d'elle une cbarmante baronne de
prend a que! point une telle note fait dissonance dans
Lauwereins.
une partition aussi gaie que celle d'Un ménage en viU,;
Berton est la distinction meme dans le personnage
Le théatre du Gymna,,e a comvlétement et beureusec'e$t l'ut de poitrine de Tamberlick daos les GendarM
du
cousin; il joue son role comme ce role est écrit, élémenl renouvelé son affiche, ou se prélassaient depuis
de Nadaud ; la romance du Saule dans une opérette
trop longtemps des ouvrages dont la valeur n'égalait pas gammeot, aisément, simplement, en homme dn monde. d'Oíl'enbach.
Derval est parfait dans 1~ personuage d'une illustratoujours les prétentions, ni surtout les dimensions colosUne autre dissonance, mais celle-la est un mi
tion
financierc, que tout le monde reconnait, a la fasales. La piece en cinq actes et en vingt tableaux débo~
couac, c'est l'apparition de M. Ludov1c d'Orilly, dont le
dait par trop cetélégant et modcste pa5se-partout, taillé ~on dont il aboie et fait le chien.
role, a peine pl'lS long que le nom, serait supprimé a,ec
a la mesure des pastels et aquarelles de M. Scrihe et de Enfin, M11 • Céline Chaumont donne a un personnage avantage pour tout le monde, bien qu'il soit joué Cort
son école. Ne pouvant élargir le cadre, et vraiment, il aecessoire de femme de chambre une mal ice, une convenablement, du reste.
serait facheux qu'on le put, on a réduit les images, on gentillesse, un relief, je dirais presque une imporConvenable aussi est Nertann dans le personnage •
leur a donné beaucoup de marge, et le to!lt n'a fait qu'y tance, qui completent !'ensemble de cette remarquable sacrifié du mari infidele; impossible d'etre volage a,ec
gagner. C'en est meme au point que la plus réduite, les interprétation.
_
M. Barriere aime les tours de force, et c·en est un moins de légereté.
Curieuses, en est de bcauconp la mieux venue. M~f. MeilQuant a M11u Dortet et Samary, ces deux jeunes dé
bac et Delavigne en sont les auteurs, et je leur en fais qu'il vient d'accomplir au Gymnase, en faisant réu,sir a butantes n'ont guere tenu qu'a moitié les prome~es raíce théatre si régulier, une piece en trois actes, con~ue
mon bien sincere compliment.
tes en leur nom par la presse. Leur jeu dénote une pré,Cela n'est qu'une esquisse, mais on y reconnait, avec en dehors de toutes les regles, une piece hasée sur la coce expérience, mais ríen de plus jusqu'a. présent, el
la touche de l'arliste, le gout, le tact de l'homme corume coníusion de tous les genres, une piece enfin dont la cependant on ne saurait dire que la timidité ait paralJl6
il faut, ce sentiment des convenances, de la mesure, ce donoée est grave, pénible meme, et qui fait rire pres- leurs moyens.
je ne sais (JUOi de fran~ais, qui manque a beaucoup de que d'un bout a l'autre, mais rire comme on n'avait pas
Avec le Ménage en mi/e et les Curieuses, le GylDJllll
nos écrivains, et des plus en vogue, meme en des sujets ri depuis bien longtemps au Gymnase.
don ne depuis huit jours, et il donnera longtemps encort,
Cctte donnée, elle est tout entiere dans le titre, un tibien moins ~cabreux.
un charmant lever de rideau de MM. Barriere et LoriD:
tre
elliptique pourtant, mais que l'usage aide trop a faire
Celui qu'rnt abordé ~rn. Meilhac et Delavigne est de
Quand on veut tuer son chien... est le titre de ce pro,erbe.
ceux ou il faut parfois savoir plus de gré a l'auteur de comprendre : qui ne sait, en effet, qu'Un ménage en ~ous n'en dirons pas davantage sur une reprise doll
ce qu'il a tu et caché, que de ce qu'il dit ou fait voir. vil/e, c'est un ménage irrégulier, rival secret du foyer Landrol et M11u Pierson et Chaumont ont fait presqlt
Que ne verr1ons-nous pas, en etlet, que ne serions-nous conjuga!, et destiné tot ou tard 1l. y faire éclater la fou- une nouveauté.
pas exposés a entendre, si MMmu lsmail et de Lauwereins, dre; car un mari libertin ne trouvera pas tous les jo•:irs,
Au théatre de la Gaité, le Marquis caporal, apresquelune fois introduiles chez une de nos cydalises, y trou- comme le Marcel de M. Barriere, un oncle assez dé"oué ques représentations peo fructueuses, a fait place kla
vaient la millieme partie de ce q•1e, sans trop s'en rendre pour prendre sur lui tous les torts, pour épouser la femme Tour de Nesle, rajeunie par une splendide mise en dDI
compte, elles y sont venues chercher ! - 011 si seulement en ville, et recounaitre pour sa filie la petite-niece que et une nouvel\e interprétation. Dumaine y tient, a,ec
lui a donnée son neven.
elles s'y rencontraient avec la déesse du licu !
une autorité suffisante, le role du fameux Buridan, et 11
Et encore faudrait-il qu~ cet oncle impossible eut
L'énormité d'une telle rencontre, et de bien d'autres,
non moins fameuse Marguerité de Bourgogne a tro11•
en l'a vue se produire au Palais-Royal, da.ns un vaude- donné a son neveu et filleul tous ses propres noms de dans Mil• Agar la meilleure interprete qu'aitjamais elll
vil\e intitulé, je crois, Vente cfu11 riche fMbilier. La cu- famille, car, autrement, ces noms inscrits sur un acte ce personnage si éminemment dramatique. - Ce ..
riosité ét,,it la cruellement punie par une drólesse qui de donation ou la petite filie est implicitement reconnue,
« A huit heures, le lendemain, l'Empereur est sorti en

Nommé d'al,ord consul pour trois ans, don Carlos Anprouve, par parenthese, que meme pour interpréter
t?nio_ Lo_pez se vit proclamer président de larépublique a
LES ÉTATS DE LA PLATA.
)(11. Gaillardet et Alexandre Dumas, il n'est pas mauvais
1exp1rat1on de son mandat. Imbu d'idées, si.non plus libéd'avoir commencé par traduire Corneil\e et Racine.
Les contrées baignées par le Rio de la Plata formaient rales, au moins plus intelligentes que son prédécesseur, le
Le Vaudeville, lui aussi, a renouvelé son affiche
grace a une reprise de l'éternel Jeune homme pauvre e~ sous la domination espagnole, la vice-royauté de Buenos~ nouveau président s'empressa d'ouvrir les ports du Parade rleux nouveaux actes, dont nous parlerons la pro- A,vres. En 1806, les Anglais ayant déclaré la guerre a guay au commerce étranger. 11 eut le talent de savoir se
cbaine fois. Ce spectacle, bien composé et hien accueilli l'Espague, s'emparerent par surprise de Buenos-Ayres, faire rééliie plusieurs fois et de gouvcrner Jusqu'a sa
permettra d'attendre, saos trop d'impatience, la Jeunes~; et essayerent de soulever toutes les provinces · mais leur mort, tout en ayant refusé le pouvoir a vie, qui lui était
de Jlirabeau, de M. Aylic Langlé, l'heureox: auteur d'Un libéralisme suspect tronva tres-peo de partis~~s et loin otlert par un congres complaisant. A défaut de libertés,
de l~ur vemr
· en aide, l'opinion publique applaudit
' ' aux que sa prudence croyait ne devoir acco,der qu'il ues
Mfllme rle ríen.
L'Odéon, auquel le présent, meme le plus brillant ne s~cces de~ Es~agnols qui, commandés par Liniers, par- doses infinitésimales a un peuple trop jcune pour
pouvoir les supporter, don C.-A. Lopez a bP.aucoup fait
fait pas négl!ger !'avenir, a re~u une piece en qu;tre vmrent b1entot a reconquérir le terrain perdu.
Néanmoins, a la faveur de cet intérim de liberté de pour la prospérité intérieure du Paraguay. L'lllustration
actes de M. Edouard Plouvier; mais le succes toujours
croissant du Marquis de Villemer ne laisse pas prévoir pa~ler et d'écrire, les idées libérales avaient pu se pro- ª. déja parlé de ce personnage et de son fils, clon Franmeme approximativement, quand sera ouverte la suc~ d~1re et ger·mer, dans l'attente d'une occasion plus pro- cisco S. Lopez, qui luí a succédé, il y a deux ans, dans
cession d'un gentilhomme (JUi songe si peu ii mourir. Le p1ce a leur complete éclosion. L'invasion de l'Espagne h prés1dence; nous nous contenterons de di1e que don
Napoléon détermina une crise 0"énérale ' dont les Francisco marche dignement sur les traces de son pete.
,oila pourtant centenaire, et sa vogue n'a point faibli. par
.
v1oleutes
secousses agiterent simultanément toutes les Sous son administration éclairée, le Paraguayest devenu
Cette belle création de George Sand est de celles qu'on
colonies
espagnoles.
La métropole perdit en un msta:1t un État parfaitement organisé, dont l'importance s'accroit
,eut voir ~lus d'une fois, ne fut-ce que pour s'expliquer
ces
beaux
pays
qu'elle
avait conqnis au prix de tant de tous les jours. 11 possede des voies ferrées, des lignes téléeomment Brindeau, avec un art et des moyens tout
sacrifices,
mais
que
son
insatiable avidité lui avait graphiques, des canaux, et un service régulier de bateaw:
autres que ceux de Berton, soutient et fait meme valoir
aliénés
pour
jaruais.
a vapeur, lesquels descendent le Parana pour vemr corl'fÍéritage d'un si habile artíst~.
Apres
bien
des
péripéties
et
des
luttes
sanglantes
dont
resµondr·e
avec les steamers anglais et les paquebots des
Nous voici maintenant arrivé au plus grand événela
narration
demanderait
plusieurs
volumes
la
viceMessageries
impériales, qui, tous les quinze jours, apment de la quinzaine, et, qui plus est, de toute l'année
.
'
dramatique, a la premiere représentation de Mattre Gué- royauté de Buenos-Ayres en est arrivée a ~e fractionner portent alternativement de Southampton et de Bordeaux
rin, comédie en cinq acles et en prose de M. Émile Au- en tro1s républiques reconnues par toutes les nations le~ nouvelles d'Europe.
Le Paraguay est, relativement a sa superficie, la plus
gier. Le peu d'espace qui nous reste dit assez qu'on civilisées, saufl'Espagne, qui ne peut se consolerencore
peuplée des républiques hispano-américaines · il compte
trouvera uniquement ici une sorte d'avant-propos a de leur perle.
. i ,500,0&lt;,o habitants. Cela tient surtout' a ce qut&gt;
Seul des trois républiques, le Paraguay n'eut pas a envnon
l'étude q~e dem~nde un pareil ouvrage, interprété par
subir
de
guerres
intestines,
ponr
arriver
a
fixer
les
limites
la population n'a pas été décimée par les guerre~ civile~,
les prem1ers arllstes du premier théatre du monde.
Disons avant tout que Mattre Guérin a obten u un succes de son ~err1toire et a posséder un gouvernement unique comme dans les république&amp; voi~ines. Elle se composc
eomplet, et ajoutons, si on veut bien nous le permetlre dans l'Etat. Le docteur Francia, qui avait pris l'initiative de trois races distinctes et du produit des mélanges de
qu'a nos yeux ce succea est complétement mérité. L'au~ du soulevement contre la domination espagnole, confis- celles-ci. Ces trois rdces sont, comme dans toos les pays
teur s'est monlré paríois plus bril\ant, mais il n'a encore qua a son profit le pays qu'il venait de déltvrer. Les de l"Amér1oue : les lndiens, d'origine américaine; les
rien donné au théatre de si achevé, de si mur, au point Paraguayens ne firent que secouer un joug ponr en blan~, d'origine européenne, et les noirs d'ori"ine
0
prendre un plus lourd. Pendant 26 ans, de i.8l i a t 840 africaine.
'
de vue surtout du style.
Les indigenes font partie de la nation yuarw,ie la
Iaitre Guérin est une comédie de caracteres; c'est la la main de fer du dictaleur s'appesantit sur ce malbeu:
un point qu'il ne faut jamais oublier, pour la juger et reux peuple. 11 le séquestra du monde e-ntier pour le plus vaste de l'Amérique du Sud, car, daus le príncipe,
mém~ pour la bi_en gouter. De"ses buit personnag-es, pas mieux subjuguer. 11 n'était permis a personne de sorlir elle s'étendait de la Guyane jusqu'a la province de
un n est accesso1re, tous ont une large part dans J'ac- du Paraguay, et ceux qui parvena1enl a s'y introduire Buenos-Ayres, apres avoir traversé tout le Brésil. La
étaient obligés d'y rester. Le célebre naturaliste A. Bon- seule tribu qui soit restée a l'état sauvage est celle des
tion, et chacun d'eux asa pbysionomie propre.
De tant de caracteres cependant, aucun n'est neuf pla~d dut,.Y pa.c;ser les meilleures années de sa vie, pour Caaguas; ils vivent tres-pacifiquement dans le nord-est
absolument parlant, mais ils doivent tous au milieu tou~ avo1r eu 11mprudence de frauchir la frontiere a la pour- du Paraguay. Il n'en est pas de méme des lfbayas, qui,
afait actuel d'ou ils sont pris (la scene est en l 864), cette suite dequelque plante qui manquaita son herbier. Fran- ayant changé leurs flechPs contre les armes de la civ!lisation européenne, se servent de celles-ci pour donner
nouveauté de nuance, la seule peut-étre qu'il soit désor- cia le chargea de construire une route de commerce.
La
position
géographique
du
Paraguay
se
preta1
t
a
de temps en temps de rudes le~ons a leurs maitres. lis vimais possible de mettre en scene, soit daos le roman
mervei!le
a
son
isolement;
il
représente
a
peu
pres
un
vent sur les confins du Brésil et du Paraguay.
soit au théatre, sans sacrifier a la fantaisie, une déesse ~
triangle
dont
la
hase,
tournée
au
Nord,
est
défendue
par
Oans la capitale du Paraguay, a l'Assomption, on relaquelle M. Augier ne prodigue pas son encens il
d'infranchissables
foréts
peuplées
d'Indiens
saun11es·
trouve
les derniers restes d'une population toute locale
s'eo pique du moins; et pourtant si \'on eherchait bieL.
les_
cótés
s~n_t
óordés
par
les
rivieres
Parana
tt
Parag~ay'.
les
Payaguas;
ils vivent la comme a l'époque de la con~
~a n?~velle piece, quoi qu'on en ait dit, et malgré ce
qui precede, ne manque 1pas d'unité, mais ce n'est ni qm, se reJotgnant au sommet, forment une presou'ile. quéte, mais ils ne sont nullement a redouter. Ces bradans l'action, qui commence par ~embler double, ni dans (&lt; Le Paraguay dut se suffire a. lui-méme; son agriculture ves sauvaites ne demandent qu'a échanger leurs carle temps, ni daos le lieu ou se déroule cette action· c'est et son industrie devaient satisfaire a tous les besoins de quois inoffensifs contre la monnaie du voyageur ama'
dans le caractere de Maftre Guérin qu'il faut la 'cher- ses habitants. Le dictateur permit seulement des relations teur de curiosités.
Le Paraguay comp~ i i Oéglises, la plupart construites
cher, comme du reste le titre !'indique assez clairement. de commerce tres-insignifiantes avec le Brésil, par Jtapua, et encore n'accordait-il ces autorisations qu'a un su~ le méme mode, le mode des jésuites; c'est tout ce
Réduit a sa plus simple expression, le sujet de la
nombre
limité de pcrsonnes, auxquelles il donnait un qm reste des fils de Loyola. On sait que, sous Ja domi.
m~die de M. Augier c'eat l'honneur et l'argent, un sujet
permis
spécial
signé de sa main.
nation espagnole, les missions avaient réussi a fonder
qui porte bonheur, un sujet vieux comme le monde et
«
Francia
prenait
les
précautions
les
plus
minuune théocratie assez puissante pÓur lutter victorieusetoujours aussi neuf, aussi actuel que la lutte éternelle
tieuses
pour
empecher
toute
réaction
contre
sa
dicment pendant un siecle et demi, contre les reveudicade l'esprit et de la matiere. Ces deux pui$sances ennetature.
II
remplit
les
cachots
des
citoyens
les
plus
tions
armées ou diplomatiques de la métropole.
mies, l'auteur les a personnifiées dans Mo.itre Guérin et
respcctables,
et
sacrifia
sans
pitié
heaucoup
d'enlre
eux
Les
principales ressources du Paraguay provicnnent
fils, u~ notaire et un soldat, au-dessous desquels
peut-etre
pour
inspirer
la
terreur.
Saus
amis,
sans
con~
d~
\'agriculture;
seule, la yerba mate ou tM du Parayuuy
sétagent d1vers représeotants ou alliés des deux forces
qu'ils symbolisent. Le choix des deu1 professions a été seillers, il remplissait lui-méme toutes les fonctions du fa1t entrer tous les ansiO millions de francs dans les cai;
critiqué, mais quelle antre désignation d'état n'etit preté gouvernement, qui n'avait d'autre regle que sa volonté. ses de \'Etat, qui a le monopole de l'e1ploitation et de
davantage encore a la critique? Une autre hardiesse Personne ne pouvait l'approcher, le voir, ni lui parler. la vente. Apres viennent le tabac, qui y est e.xcellent
qu'oo peut louer, du moins, sans blesser persono e, et que 11 mourut le 20 septembre 1840 d'une attaque d'apo- les cuirs, les bois, les matieres tmctoriales, etc... Pou;
le s~cces a hautement sanctionnée, c'est ce jugcment en plexie, ne laissant ni pap1ers ui correspondance • il s'é- résumer en trois mots la richesse du pays, ou tout au
faonlle, dans lequel une heureuse interversion des roles tait toujours refusé a recevoir celle qui venait de l'ex- moins faire l'éloge de la perception de \'impot : l'Etat
·
n'a pas de dettes; au contraire, il compte a l'act1f une
fai~ applaud1r a la condamnation du pere par le fils. térieun (1).
Une
particularité
de
sa
mort
prouve
bien
a
que!
pcint
forte réserve métallique. La chose est as.se¿ rare pour
Quon se rassure cependant, Maltre Guerin n'est point
il
était
redouté.
Quelques
instants
avant
de
rendre
le
étre remarquée.
battu par l'ordonnance du colonel Guérin, son fils, corome
dernier
souvir,
il
ordonna
a
son
médecin
de
le
soulever
La République argentine est le plus grand des Etats
Géronte par Scapm; on ne lui vole pas sa chere cassette
un
peo;
ce
mouvement,
quoique
exécuté
avec
toutes
les
formés
par le démembrement de la vice--royauté de
eomme a l'Avare, de Moliere. Tout au contraire et a
l'bonneur des mreurs modernes, on la refuse, sa ca:sette, prccautions desirables, lni occasionna sans doute une Buenos-Ayrcs. Sous le sage gouvernement du genéral
et on le laisse seu! avec elle, et c'est la sa punition. Le sensation douloureuse, car il jeta un cri de fureur et se D. B. ~htre, elle commence a se remettn de l'épuisement
saisit d'une arme qui était a sa portée. C'en était fait du prodmt par des luttes de partís, aussi inatiles que san~ •
pere garde son argent, et le fils garde son honneur.
~t ce qui prouve que ce dénotiment, qui ~ent son Cor- malheureux médecin, si cet effort n'eut épuisé les der- glantes. l'i'étaient les périodiques invasions des Jndiens
ne1lle, n'est pas si étranger aux mreurs ou du moins au nieres forces du dictateur; le bras levé retomba lour- cur~e.ux de rev~ir leurs anciens domaines, et quelque~
lentimentmoral de notre époque, c'est ~u'il est applaudi dement, entrainant le reste du corps, qui gfüsa a bas du s~d_1ttons sans 1mportance a l'époque des élections, sélit. Le médecin rcndit graces au ciel aµres avoir cons- d'.t1ons dénommées pal' les journau1 du pays, Ma11ifestutous les soirs avec transports.
.
, Et maintenant, par quclle succession d'événemenl~ par ~té que son bourreau était bien mort; puis il fit signe t~o?5 de ~a tJref~de vitalité politique du pays, la tranquillopJ)Os1tion
· · de quels caracteres l'auteur a-t-il rendo
' ce a un des gardes de venir \'aider a relever le cadavre : lite sera1t parfa1te.
dénoument si naturel et si patbétique a la fois, c'est ce « Je n'oserais jamais le faire, répondit cet bomme en . Le sol es_t ~res-fertile, et la culture devient de jour en
J0Ur plus ser1euse, grace aux bras robustes et intelligents
que nous tacherons d'exposer d:rns notre prochaine tremblant, sans qu'il l'ait lui,meme ordonné ! »
de nos Basques. On en compte au moins 251000, et pres.
lll U 1Rlpu&amp;ltque au Parag11at, par le colouel A. du Graly,
eauserie.
A. DE B&amp;LLoY.

co.

'?º

�296

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

que tous dans la province de Buenos-Ayres. Le préfet des
Basses:Pyrénées essaye vainement d'arreter l'éroigration toujours
croissante. Les Basques sont bien vus, bien traités, bien payés
dans la République; ceux qui y sont, y restent, et font signe a
Jeurs faroilles, aleurs compatriotes de venir les rejoindre.
Nuus devons dire, a l'honneur de notre département, que ses
fils gagnent la petite aisance qu'ils vont chercher au dela des
mers, au prix d'un travail assidu, d'une honneteté et d'une
bonne tenue qui ne se démentent jamais.
La Républi~ue argentine compte une armée réguliere de 6,000
hommes qui, a l'occasion, peut etre portée a plus dudo uble; cette
petite armée est organisée al' européenne et surtout a la fran~aise,
car les instructeurs sont presque tous d'anciens officiers fran~ais.
On trouve chez les Argentins qui la composent toutes les vertus

du soldat: la bravoure, le respect de la discipline, et surtout une
admirable patience pour sopporter les privations et les intempéries des saisons, terribles sous leur climat. La cavalerie de ligne
compte dans ses rangs les fils de ces fameux hussards de BuenosAyres q11e commandait le colonel Rauch (un Fran~ais), et qui furent la terreur des Indiens Pampas; les descendants des lanciers
d'Olavarria, descuirassiersde Lavalle, descarabiniers de Brandzen
(encore un Fran~ais), et des grenadiers montés formés par le général Iosé de San-Martín. Tous ces noms, illustrés a l'époque de
la guerre de l'indépendance, appartiennent maintenant a l'histoire. Ces vaillants cavaliers, montés sur des chevaux indomptés,
firent alors une campagne prodigieuse. Apres avoir battu les
Espagnols a San-Lorenzo, sur la cote du Parana, ils traverserent
les neiges de la Cordilliere des Andes et délivrerent le Chili par

------

--~~~~

~"'("0""--

ARMÉE DE LA RKPUBLIQUll ARGllNTINll : IN'FANTERIE.

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L'ILLUSTRATION, JOU RN AL UNIVERSEL.
les victoires de Chacabuco et de Naypu ; puis, ayant aidé les Péruviens a expulser l'ennemi commun de Lima et du Callao, ils
s'unirent a l'armée colombicnne, commandée par Bolivar et
Sucre, et contribuerent puissamment a,u soeces desjournées de
Rio-Bamba, de Pichincha et enfin d'Ayacucho, qui acheva l'émancipation de la Bolivie. Ils revinrent enfin daos leur patrie,
mais non pour jouir d'un repos bien mérité; un nouvel ennemi,
le Brésil, venait de s·emparer de !'Uruguay. La cavalerie argentine le for~a a reconnaitre, apres la bataille d'ltuzaingo, l'indépendance de la Banda Oriental.
Buenos-Ayres, la capitale de la République, est incontestablement une des villes les plus éclairées de l'Amérique espagnole;
la seule rivale qu'on puisse lui npposerest Santiago de Chili. Elle
püssecie une université avec toutes ses subdivisions en facu lté~,

une bibliotheque de 30,000 volumes et un observatoire. On y
remarque plusieurs beaux monuments, entre autres : !'Hotel de
Vi lle Cavildo; Recova, immense bazar avec arcades, la cathédrale et les églises de San-Francisco el de la Merced, l'Hótel
des Monnaies et le palais du gouvernement. Les ru~s, Lirées au
cordeau et se coopant toules a angle droit, la font ressembler, comme toutes les villes de l'Amérique, a un vaste échiquier. Comme luxe, Buenos-Ayres peut rivaliser avec Mexico et~la
Havaoe; les voitttres les plus élégantes s'y croisent en tous sens,
transportant de charmantes senoras vetues selon les dernieres
modes de París. Une des particularités de cette ville est que
tous ceux qui n'ont pas de voiture vont a cheval; meme les
mendianls.
Buenos-Ayrcs n'a p1s d'industrie spéciale; il luí suffit

�L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

!:~9~8~-----~--------~~~~~~--=-~==-;-::-:::::::::-::::=-::::::;;~;;-;-IH~~~~¡;;z-;~w~;;;i~~~~~;
•
e personne.
Hauts sont les pies, et ténébreuses les vallées, et noirs
1 . t'

erde leurs écus etde leurs épieux deValence. Ils laist tes mules et tous les palefrois pour m_onter sur le_urs
•~tre
l'entrepAt
g1néral
des
produits
de
la
République
'
Le
Paraguay
apprécie
a
situa
ion
m1eux
qu
'
d
'filé
f
d
L
F
.
de
u
e
et comme il a tout intéret a ce que !'Uruguay reste ré,. les rocbers, et les e s pro on s. es ran~a1s passent triers, et ils cbevauchent serrés. L~ _Jour est cla1r et
qui consis_tent en cuirs, viandes salées, laines, e~c., ~te.... publique inrlépendante, il s'occupe ae porter sournoise- ce jour-la dans une sombre tristesse. Le bruit de leurs ·nant le soleil. L'or de ces armures etrncelle et flamtout ce que l'on peut faire avec l'immense béta1l qm erre menl son effectif militaire a 40,000 hommes. 11 faudra pas s'ente~d ~e qui?ze lieues ! Mais ils appr~chent de la ,ie. Et, pour que ce soit encore_ plus beau, ils font
dans les vastes plaines, nommées Pampas.
mere patrie, 1ls voient la Gascogne, domame de leur
tir roille clairons.
n manque a Buenos-Ayres un bon port; .il n'a malcomp ravec lui.
,
seiimeur.
n
leur
souvient
de
leurs
fiefs,
de
leurs
tenbru·it
en est tel que les Franrais l'entendent. Olíd
Ent. _., le gouvernement (ran~ais vient de donner 1orv
beureusement qu'une rade fortdangereuse, ª cause es
'd
biens,
de
leurs
enfants,
de
leu.rs
nobles
_épouses.
d'it
·.··
&lt;
Srr'
e compa.,anon,.nous pourrons bien,J·e crois,
o
dre a son représentant de presser vivement 1a 11qu1 ar
,
sables, et aussi des Pamperos ou vents des Pampas. n a tion des vieilles dettes montévidéennes. Que va-t-il sortir II n'en est pas un qui ne pleure d'at~endr1sseu_ient.' voir bataille avec les Sarrazins. - Dieu nous la
parlé, dans le temps, de foads a v~ter pou_r 1~ cons:ruc- de tout cela?
A. :nE Losr~or.
Mais, sur tous les autres, Charles est plem d'ango1sse; donne! répond Roland. Nous devons ici bien nous
tion d'une immense digue. Co proJet se reahsera tot ou
il a laissé son neveu au p_ays ~'Espag~e, et les ~ouze oontrer pour notre roi. Il fa•1t pour son seigneur satard et doublera l'importance de la vílle.
~~
pairs, et vingt mille Fran~a1s qm ne cr~1gnent pornt la voir souffrir détresse, endurer le chaud et le froid,
La capitale de l'Uruguay, Montevideo, est tres-a;,m~mort. Daos sa douleür, il ne peut reten1r ses !armes. 11 isquer sa peau et sa tete! Que cb.acUD s'apprete a
geu~ement située sur une petite péninsule de ª rive
LA CHANSON DE ROLANn.
.s'acbemine vers la France, cacbant. sous so~ manteau rapper de grands coups. Qu'on ne puisse pas chanter
gauche du Rio de la Plata. Elle possede un ·port qui est,
son visage baigné de pleurs. Le duc Ne1mes, qui chevaucbe nous une vilaine chanson ! Le tort est aux paiens,
saos contredit le meilleur, sinon le seul de tous ceux
PotME DE THEROULDE
a son coté, lui demande:)&gt; Qu'est-ce qui vous afflige! » ~ cbrétiens Je bon droit. Jamais vous n'aurez de moi
de ces parag;s ; ceci lui constituerait une _supérior!té
Traduit par Alexandre de Saiot-Albin.
Charles répond : &lt;&lt; Daos un si grand deui_l, p~is-je ne auvais exemple ! &gt;) Aox.
considérable si jusqu'a présent les révolutions ne 1a« pas gémir? Par Ganelon la France se~~ detrmte. C'est livier monte sur un grand pin, regarde a droite daos
vaient empe~hée de tirer complétement parti_ de sa_ posi11.
&lt;&lt; lui qui m'a fait mettre_Roland a l'amere-~arde._ Il me allon touffu, et voitvenir la borde paienne. 11 appelle
tion. L'Uruguay est celle des provinces-UDies qm ª le
&lt;&lt; l'a fait laisser en unétrange pays! Mou D1eu! SIJe le and son compagnon: e&lt; Voici venir du coté de l'Esplus soutfert pendant la guerre de l'iu dépeo dance. S?n
LA BATAILLE.
&lt;&lt; perds, nul ne me le remplacera ! &gt;'. A~x.
e un grand tu multe. Que de blancs h1uberts ! que
territoire a été sillonné alternativement par les armees
Le grand Charles ne_ peut retemr_ ses !armes._ Cent beaumes flamboyants ! Nos Franc;ais vont faire ici une
· nes sans
Le ¡· our s'enfuit, la nuít arrive; Charles s'endort, \e
.
brésiliennes, espagnoles et b uénos-ayrien
', .
éfil , d mille Fram;ais s'attendr1ssent avec lm et sont P1ems de rencontre ! Ganelon le savªit bien, le félon, le traiId
ts
d
Art,
puissant
empereur.
11
se
voit
en
son
ge
aux_
d
es
e
.
_
compter les ravages qu'y firent les terri bl es so ª , . -,
d f~
frayeur pour Roland.
qui· devant l'empereur nous l'a. préparée ! - Paix,
Cisaire. 11 tiententre les main, sa lance de b01s e rene.
fas un libérateur comme l'on en a tant vu en Amerique ·
Marsille mande les barons d'Espagne, les comtes, vi- ·,er'. dit le preux Roland. C'est mon beau-pere : ne
'
1· ·
· ·
Le comte Ganelon la luí prend, la secoue et la hrandit
Aujourd'hui encore, l'Uruguay est 1_vre en proi~ ª, un
comtes et ducs et aumacours, les émirs et lesfils de séna- ri·en de luí. »
·
1
general
si fort r¡ue J·usqu'au ciel en volent les éclats. Charlesdort
libérateur · voila bientot dix-hmt mois que e
teurs. En trois jours il en rassemble trois ~ent mille. Il Olivier est monté sur un pin, d'ou il peut bien voir le
Flores a e~trepris de délivrer un pays qui ne se plai~t si bien qu'il ne s·éveille pas.
fait battre le tambour dans Saragosse. Il fait exposer ~ur ame d'Espaime et cette si grande troupe de SarraApres celle-la, il reve une autre vision. Il est en France,
l ,
v
nullement des exactions de son gouvernement · Le Préslla plus haute tour l'image de Mahomet : i n est paien .11 voit les heaumes reluisant d'or et de pierreries,
· b
· s ' asa chapel!P, a Aix.Un sanglier mécbant lui mord le bras
dent, M. Aguirre, est un fort honnete omme, qm ~ · u~ceque cette vue n'enllamme. Puis ils chevauchent.tous e11 les écus, et les hauberts ciselés, et les épieux, et les
·
t
tt t
droit. Du coté des Ardennes, il voit venir un léopard
dé a M. Berro d'apres les regles fi xees par ª cons I u iou.
grande bate; a travers la Cerdagne, et les vaux et les aoons au vent. Mais il ne peut compter les bataillons:
11 d
,. btenus par qui l'attaque tres-rudement. De l'intérieur du palais
Un paquebot apportela nouve e essucc.,so
monts. lis voient les gonfanons de France et l'arriere- ¡¡yen a qu'il n'en sait la mesure. 11 en demeure
¡
M t
s'élance un lévrier qui vient a Charles, sautant et bonle général Flores : il est maitre de tout e pay_s; 00 evid
¡·
earde des.douze compaenons.
bti au dedang de luí. 11 descend du pin et vient aux
t b
dissant. Il arrache d'abord l'oreille droite u sang 1er, v
v
deo inv&amp;sti de tous les cotés, ne peut tarder ª om er en
· d'
Le neveu de Maroille arrive sur un mu_let: &lt;&lt; Bea_u sire ~ais leur rendre compte de tout : « J'ai tant vu de
'
b
· t
d q e le puis se J. ette furieux sur le léopard. Lr.s Fran~a1s 1sent :
,
son pouvoir. Par le paque otsmvan , 00 appren u
roi, dit-il a son oncle d'un air joyeux, ¡e vous a1 tant ns que J. amais homme ici-bas n'en vit davantaa-e !
• ¡·
d
¡ t
e&lt; Quelle grande bataille ! )&gt; Mais ils ne savent qui la gav
général Flores s'est retiré a vmgt ieues a_ns. es . err,es;
, 11
serví! J·'ai eu pour vous tant de labeurs et de fatigues l j'ai en aceot mille a l'avant-garde, avec leurs écus, leurs
.
bl
d
fa
te
¡
n
y
a
gnera.
Charles
dort
si
bien
qu'il
ne
s'evei
e
pas.
Aox.
sa retraite n'est explica e par aucune 8 1 ' 1
livré tant de combats et remporté tant de victoires ! Ac- mes lacés, leurs blancs hauberts, leurs lancesdroites,
t
L'ombre a fui, et l'auhe blanche apparait. L'empereur
ul · ·
l
bruns épieux luisants. Vous aurez une bataille
Pas eu de combat. Le généra a rec e umquemen ~our monte a cheval et promlme un regard de fi erte· sur son cordez-moi pour ma récompense l'honneur d'abattre
avoír la faculté d'avancer de nouveau; saos dout e I11 ui
Roland. Je le tuerai de mon épieu tranchant, si Mabo- me il n'en fut J·amais! Seümeurs fran"ais, demanarmée : e&lt; Seigneurs barons, dit-il, voyez ces défilés et
v
x
•¡¡
de met veut m'assister. Je délivrerai toutes nos provinces aDieu le couraee
! Demeurez fermes et ne soyons pas
Plait de continuer la campagne.
,
1·
&lt;&lt;
ces
étroits
passages
.
a
qui
me
conse1
ez-vous
v
Fatigué de ce manége, le pays en a appe le au,x na ions
d'Espa"'ne depuis les défilés jusqu'a Durestant. Charles eus! » Et les Pranc;ais: &lt;&lt; Malheur a qui s'enfuit! Pas
· ,. ,. ¡ f ·
L
&lt;&lt; donner l'arriere-garde? )) Ganelon répond : &lt;&lt; A mon
o
•
voisines qui ont aussi tout interet " e aire cesser. es
d b
d · se tassera, ;es Fran"ais se rebuteront. Vous serez délivre de nous pour mourir ne vous fera défaut! » Aox.
'
1·
·
d
t&lt; beau-fils Roland. Vous n'avez point e aron e s1
•
ministres d'Angleterre, d,e la Répub ique argentme et u
de la guerre pour le reste de vos jours. » Le roi Marsillt Les pa1ens ont le grand nombre, dit Olivier, et il me
·
&lt;e rare vaillance. &gt;) A ce mot, le roi le regarde durement
Brésil ont otfert leurs bons offices pour essayer de reconlui en accorde le gant. Svn neven lui dit d'un ton fier, la le que nos Franrais sont bien peu. Compaimon
~t lui dit : e&lt; Vous etes un vrai diable ! Quelle mortelle
•
v
cilier les deux partís, les blancos et 1es colora.dos.
main wuverte du gant qu11 vient d'obtenir ; « Beau d, sonnez votre cor : si Charles l'.entend, il rame-•
..
Apres bien des pourpar1ers, 00 e·tat·t t 0mbe' d'accord &lt;&lt; rage vous est entrée au corps! l&gt;
sire roi, vous m'avez fait une grande faveur. Ch01s1ssezson armée. -J'a.,&lt;&gt;irais comme un fou! répond Ro'
d I f t
Le comte Roland,qui s'entend ainsi reléguer al'arrierel
sur les termes d'un traité tout a avantage u P us or ,
moi onze de vos ·barons: je combattrai les douze pairs de . Je serais perdu d'honneur en notre France. Je vais
·
·
d
d
garde, parle en chevalier : &lt;c.Sire beau-p_er,e, q_u_e ne vous
le général Flores. Amnistie, reconnaissan~e '.es gra,. es
France ! )) Fanseron, le frere du roi Marsille, répond to
t frapper de grands coups de Durandal; la lame
¡
,
dois-¡· e pas, d'avoir demande pour mo1 1arriere-garde !
militaires conférés par le généra1; 1es lffipots qu 1 ª
le premier : &lt;t Beau sir e neveu, vous et moi nous irons, iera sanglante J. usqu'a l'or de la garde ! Félons pa'iens
'd' '
e Mais le roi n'y perdra ríen, j'en réponds! 11 n'y perdra
levés pendant la campagne seront consi eres comm
, •nous la livrerons, cette hataille ! L'arriere-garde de la mal venus dans ces défilés: je vous les garantís tous
· l d ni
·t ni palefroi, ni destrier, ni mule, ni mulet chevauchab,e,
&lt;&lt; entrés dans le trésor nationa •n ; e ~us, on reconnai
!rrande armée du roi Charles, nous la détruirons ! &gt;1 AoL · amort ! )&gt; Aox.
·
t t a ni roussin, ni sommier, dont nos épées n'aient aupara- o
lui devoir une petite note de faux fra,s mon an
b
,.
Puis viennent tour a tour le roi Corsalis, rempli d'as- 'Yier reprend deux fois encore: (( Roland, mon coro·¡¡·
t d ·d
t
vant fait payer la valeur! » 11 drt encore a.son eau-pere:
500 000 piastres, soit deux mi tons e emt e no re
fi
·
tuce, Mauprimis de Rigaut, plus prompt a la course on, sonnez votre oliphant. Si le son en arrive a
'
·
·
&lt;&lt; Ah! misérable fils de race maudite ! Tu te gura1s que
monnaie. C'était lort convenable; neanmoms, toutes
qu'un cheval, l'émir de Balaguer, fier 6t de beau vis3.ge, es qui passe aux défilés, il viendra nous secourir
,
t
t le gant me tomberait des mains eomme a toi le ha.ton
.
b '"
réflexions faites, Flores n'y a pas trouve son comp e, e
fameux par sa bravoure, et qui serait assez no le su ses barons. &gt;J Et deux fóis encore Roland lui réil a demandé en plus que le ministere fut changé et devant CharleSl )) Aoi.
était chrétien. Chacun dita Marsille: t&lt; J'iraijouer m : «Dieu me garde de faire a la douce France cette
,.
· ¡¡
t&lt; Droit empereur, dit le baron Roland, donnez-moi
composé de telles et telles personnes ; " ce prix, con•
·
corps a Roncevaux : si je trouve Roland_, ce sera sa fi. ! Que nul homme vivant ne puisse dire que 1''aie
· bl'
l'arc que vous tenez au poing. Je suis bien sur au moms
sentait a laisser le président de 1a repu ique exercer
·¡ et celle d'Olivíen, et celle _des douze pa1rs ! Les F_ran pour des paiens ! Mes parents ¡· amais n'auront a
,
h ·
·¡ r10
que je n'aurai pas l'affront de le laisser choir comme 1
..
L'
y périront! »
· ce reproche. Q11and J·e serai daos l'ardente melée,
Paisiblement le pouvoir jusqu aux proc a_me_s e ec_ .ºs
t
advint
a Ganelon quand sa main re~ut 1e b'atoo.»
emM. Aguirre a refusé ce qu'il croyait contraire ª sa digm e,
b
d
L'aumacour de Maurienne, le plus félon du pays d'
pperai et mille et sept cents coups de Durandal, roa
·
d ·t h t
ti · e pereur rembrunit son visage, tou_ rmente sa bar e et_ tor
et il a eu le bonheur de voir sa con ui e au emen oue
Ar
¡
paene,
et
Turgis
de
Tourtelouse,
et
Ecremis
de
Vautern
épée que J''ai ceinte a mon soté. Vous en verrez
'd
sa moustache, et ne peut retemr ses 1armes. r1ve e
.,
dans uue réUDion populaire tenue a MonteVJ eo.
d ? L et Esturganz et son compagnon Estramariz, tous de
sanirlant ! Les Fran"ais sont braves, et ils frappe·
d duc r-ieimes qui dit au roi : &lt;&lt; L'avez-vous enten u e
v
•
D'autres médiateurs se sont présenté8 avec aussi peu e
'
,
félons et fourbes, et traitres, et Margariz de Sibille, ,aillamment! Et ríen ne sauvera ces pa'iens de la
· ·
t · &lt;&lt; comte Roland
est dans une grande colere. L arrieresucces: le ministre italien et Urquiza, qm eut autre ois
qui les dames sourient, et Chernubles de Mont-Ni
!, Aor.
· ,.¡·
A
t' d d' t
(&lt; "'arde lui est adjugée: vous n'avez baron pour Ia conla gloire de délivrer la repuu ique rgen me u ic a- e&lt; "'duire mieux. Trouvez-lui qui le seeonde t·1en. )&gt;
dont les eheveux balayent les talo ns, et qui porte P De que! reproche parlez-vous? dit Olivier. J'ai vu les
teur Ro3as.
L'empereur appelle son neveu Roland : &lt;&lt; Beau sire s'amuser un faix plus lourd que celui de quatre mnle
· s d'Espagne si nombreux que les montagnes et
De .,auerre lasse, le plénipotentiaire brésilien ª pré- ct neven J. e vais vous donner la moiti é de mon armee
· : 1·1s 1,'ont tous au roí Marsille promesses pareilles : «
lées, les landes et les plaines en sont toutes cousenté un ultimatum dont les terllles ne sont pas encore
'
f · · , l · con.dui·ra1· ma compagnie a Roncevaux. Si¡· e trouve R . Gr•nde est l'armée de cette race étranee ! Et nous
,
é
(( prenez-la, c'est votre salut. - ~e_n'en era1 r1en. m
,.
v
connus,· on sait néanmoins qu'il n'a pas éte accept, ¡et &lt;( dit Roland. Dieu me confonde s1· ¡e dé mens ma race., land, J·e Je garantís mort! Charles ne passera plus
squ'une bien faible compagnie! - Mon ardeur
que les relations diplomatiques sont rompues 1:ntre ª
·¡¡ ts F
· p
¡·our sans Je pleurer... Ne vous tourmentez point! M·
lecroit, répond Roland. A Dieu ne pla1se, ni 4 ses
., · ¡
d · ¡ · t &lt;&lt; Je garde avec moi vingt mi11e va1 an_ . ran~a1s. ~république et le Brésil. De l¡,. a a, guerre ec
aree
e
t
met
est
plus
fort
que
saintPierre
de
Rome
:
Fhonneur
niasesan.,"'es,queparmoi laFranceperde sa.,0-loire!
·
• (( sez tes défilés avec assurance; et, mo1 y¡van , ne cra1surtout commencée, il Y a loin; si ¡ on en cro,t ce qu ª
la bataille nous restera! Les douze pairs sont tous ju
mieux mourir que de supporter cette honte ! L'Em-

te

dit le président du conseil devant le sénat brésilien, le
l
t
gouvernement diamantin se bor_n_erait, pour .e ru_om_en~t,
a user de représailles. Le Bresll ª· de grandts rliltere
s
·t
dans l'Uruguay, surtout daos les departemen s imi ro· 1 d
d0 S
Phes de la province du Rio-Grande- • ur, oula Pus e
28,000 de ses nationaux sont établis; c'est de · surtout
.
que viennent les réclamat1ons.
D'un autre coté, il ne faut pas perdre de vue que la
·¡
·
· t· d
république Argentine et le Brési ont touJours_ Je e es
1
t
1
regards de convoitise sur la Banda Orienta ; 1. s saven.
·
d
M
t
d
00
l'importance d'un port tel que celm e
evi eo, qui
té
voit forcément passer tout ce qui entre dans 1es con r es
·
d
de la Plata ou en sorl. L'Uruguay est la Belg,que u
·
· r t'•,.
nouveau monde· le Brésil peut Y voir aussi sa ron ii:re
'
d ¡• · l · ·
du Rhin, et l'on con~oit qu'il regretle e av01r a1sse
échapper en t828.

« gnez person~e ! ))

d · A1 · · · t
Le comte Roland monte silr son estrier. 111 se Jom
é.
t
Olivier son compagnon, et G rm, et 1e preux coro e
'
·1
,.
Gerer et Josse et Bérenger, et Jastor, et le vie1 Anse1s,
'
'
· b d G 'fi
et le fier Gérard de Roussillon, et 1e r1c e uc a1 er.
·
&lt;&lt; Par mon chef, dit l'arcbeveque Turpm, ¡·,·1ra1· auss1.· G ·
·
·
Et je vais avec vous, dit l_e ~omt~ . aut1er. : Je s_ms
l'homme de Roland, je ne lm do1s fa11lrr. » Et vmgt m1lle
chevaliers se désignent ainsi. Aox.
d
p
Le comte Roland appelle Gautier e Luz : &lt;&lt; renez
l
t
mille Franrais de France notre terre; occupez es mon s
•
,
d
et tes défilés si bien que l'empereur n y per e pas UD
d "
des siens. )) Avec mille Fran~ais de leur terre e r rance,
·
Gautier se J. elle sur les défilés et les monts. Si mauva1ses
d'
nouvelles qui arrivent, il n'en descendra pas avant avoirtiré aept centsépées.

Nous demeurerons inébranlables en la place. C'est de
nos bras que viendront et les coups et la mort! &gt;) Aor.
ALEX. DE SAINT-ALlllN.
(La suite prochainement.)

•

a· m"rt! Les Franr.ais mourront et la France seradése
nous aime davantage quand nous frappons
•
~
Nos e'pe'es sont bonnes et tranchantes, nous les fe
,
chaudes et vermeilles du sang de nos ennemis ! N
d est preux, et Olivier est sage : ils ont tous deux
vous ferons présent du royaume de France. Nous P
age étonnant! Des qu'ils sont a cheval et sous
dronsl'empereur Charles et vous le donnerons. LesF
s, ils n'esquiveront point la bataille ..:our
écb.ap"
"ais périront, et la Frauce sera honnie ! Le vi_eux Charl la mort. Les deux comtes sont braves, et leurs pa•
a la barbe fleurie, passera le reste de ses ¡ours dans &amp;~res!
deuil et daos la fureur. Avant un an, nous aurons P paiens chevauchent, animés ala vengeance: &lt;&lt; Ro.
la France et nous pourrons coucher au bourg de Sai dit Olivier, voyez : les pa'iens sont tout pres, et
Denis ! n
est bien loin de nous ! Vous n'avez pas daigné
Les douze pairs se sont réunis ·, ils menent avece Totre oliphant: si le roi était la, nous n'aurions
cent m1·ne Sarrazins qui s'entr'excitent et s'enflamme. mma.,ae. Regardez la haut, vers les défilés: vous
pour le combat. Ces pa'iens vont dans une sapiniere -Yétr oir dolente l'arriere-garde. - Paix! dit Roland,
leurs cottes de mailles sarrazines, Jacer leurs bons heau_ faire outrage! Maudit soit le creur qui faiblit!
mes de Sara¡osse, ceindre leurs épées d'acier vieDn018

C0MBAT DE L'0UED·DERMEL.

Camp de l'0ued-Dermel, 3 oetobre 1864,
La colonne commandée par le colonel de Lacroix,
du 3• tirailleurs algériens, a laquelle est venue se
joindre la. colonne du sud du colonel Séroka, apres
un assez long séjour a Bou-Saada, vint camper pres de
la fontaine, située vers la bouche de l'Oued-Dermel
(Foum-Oued Dermel), a quatre lieues du camp insurgé.
Le jour de son arrivée, elle eut une petite affaire avec
les insurgés, qui nous tuerent quelques chasseurs de
France; le 2, a midi enviroo, les cretes des I\1ontagnes et
les ravins qui entourent le camp, sur sa face occidentale, se couvrirent de fantassins arabes, qui ne tarderent
pas a venir nous attaquer de pres.
Quelques compagnies de tirailleurs et du 66• de ligne
habilement placées, et les grand'gardes ont eu raison
de cette agression. Malgré la vigueur avec laquelle elle
a été conduite par le ca'id Brahim, gentleman de BouSaada et membre du Cercle militaire avant sa défection,
- qui a été blessé daos cette affaire par un éclat d'obus, - le soir, quarante-quatre morts ont été recueillis
et transportés a Bou-Saada, ou les habitants de ce ksar
ont pu reconnaitre quelques-uns de leurs freres. Je ne
parle pas des morts et des blessés qu'ils ont emportés
en grand nombre.
Nous avons regretté de ne pouvoir faire razzia, a cette
occasion, sur quelques troupeaux oour améliorer l'ordinaire. Mais le 4 octohre, vers midi, nous nous sommes
amplement pourvus de viande de mouton. La colo1rne a
pris, daos cette journée, plusieurs milliers de moutons
ou de chevres, saos compter l'orge et le beurre enfouis
dans les silos.
L'ennerni est toujours retranché daos l'Oued-Medjedel, ou il est a l'étroit. Nous pensons en finir bientot
avec lui.
Pour ea;trait: P. PAG&amp;T.

LES

ALLINGES

(Haute-Savoie)
t

ET LE PÉLERINAGE DE SAINT-FRAN~0JS DE

SALES.

A peu de distance de la petite ville de Tbonon, - ancien chef-lieu de la province du Chablais, aujourd'b.ui
chef-lieu d'arrondissement, - surgissent, au falle de
deüx monticules escarpés, détachés de la chaine des
Alpes, d'immenses ruines féodales, reste du 'double chateau-fort des Allinges.
Ce site merveilleux, fréquemment visité par des touristes
profanes et par de pieux pelerins, jouit d'une célébrité
grande dans toute la contrée. Une tour de construction
moderne, haute et blanche, servant de clocher, s'élance
du milieu des décombres et annonce au loin la forteresse démantelée, enserrant l'oratoire d'un saint a qu¡
le catholicisme doit d'avoir reconquis sur le protestantisme le plus beau comme le plus fertile des cantons
lémaniques de la Savoie.
De Thonon, un chemin agreste, embelli par de fraiches prairies, des ruisseaux d'eau vive, les sources de la
Versoie - que la médecine songe a utiliser - et opulemment ombragé par des noyers et des chataigniers,
centenaires, conduit d'abord au village des Allinges,
commune et paroisse de la physionomie la plus rustique.
De la, apres avoir tourné le mont tout en le gravissant,
on pénetre, par une porte béante et croulante, daos
l'enceinte ravagée de l'antique fort. Les remparts se
présentent sous l'aspeét de rriurailles presque entier~ment éboulées, crevassées, pantelantes, couvertes de
ronces et de végétations sauvages.
Aucun batiment n'estdebout sur ces cimes ou sourflent
tous les vents,- surtout l'apre bise,-si ce n'est la chapelle et une maison, demeure des pretres desservants, ou
pour mieux dire, queteurs.
Au nord, on découvre Thonon et sa plaine, puis le lac
Léman, purs le canton de Vaud, et enfin la ligne bleuatre du Jura, formant fond de tableau..• d'un tableau Siliaissant.

Au midi, on embrasse du regard une partie du massif
des Alpes pénines avec leurs sapins, leurs roes, leurs
paturages d'un vert éclatant, et ce qui s'en détache le
mieux,c'est la croupe boisée du mont Hermone. Au pied,
sur le premier plan, des vallons aux luxuriants omhrages laissent entrevoir les villages de Fessy, de Périgny,
de Draillans et de la Rochette, semblables a des nids a
demi cachés dans d'épais buissons. Cette nature du
Chablais est essentiellement forestiere ... ou bocagere,
si vous aimez mieux. Elle fait penser aux toiles de Claude
Lorrain.
Je résume en quelques lignes une description qui,
pour etre complete, demanderait bien des pages, car,
ici, les sites exceptii:mnellement beaux et les lieux célebres ne se comptent pas.
Les deux sommets étagés du baut coteau des Allinges
portent chacUD une ruine. Il~ ne sont séparés que par
un tout pelit pli de terrain, ou un taillis s'est installé
saos fa~on, et qu'il n'est point facile de traverser.
Certains auteurs lo·caux peusent que les deux fiefs
jumeaux avaient des maitres différents qui, d'apres de
vagues traditions, étaient toujours en guerre, ou du
moins en état de rivalité; mais l'histoire n'en dit ríen.
Le nom des Allinges indique etfectivement la dualité.
Les chateaux rén.nis pouvaient contenir quime cents
hommes, garnison plus que suffisante pour ten ir en respect le Chablais. lis avaient titre de marquisat et ont été
l'apanage d'une illustre maison qui portait : de gueules

a la croia: d' or.
Le 14 septembre 1594,- c'est-a-dire soixante ans environ apres que les Bernois eurent introduit dans le
duché de Chablais le culte réformé, qui y régnait alors
saos partage, - a la chute du jour, deux étrangers,
simplement vetus et voyageant a pied saos aucun bagage, se présenterent devant la herse du chatean, qui
était plein de troupes et daos un formidable état de défense. Ayant décliné leurs noms, ils furent introduits
chez le baron d'Hermance, qui commandait les Allinges,
et pour lequel ils étaient porteurs de trois lettres de
recommandation. L'un de ces voyageurs, agé de vingtsept ans, avait une physionomie douce, reveuse, et l'allure bénigne : c'était Fran~ois, fils du comte de Sales,
gentilhomme savoyard de haut parage. L'autre était
Louis de Sales, son cousin. Tous deux avaient embrassé
par vocation l'état ecclésiastique, le premier, au grand
regret de ses parents.
Le baron re~ut avec joie ces visiteurs des qu'il eut pri~
connaissance des lettres dont j'ai parlé : l'une émanait
du souverain (le duc de Savoie), l'autre de l'éveque
d'Ann1Jcy, dit de Geneve, et la troisieme du comte de
Sales. Comme il s'agissait alors de la conversion du
Cb.ablais, définitivement abandonné a ses anciens maitres, ie duc ordonnait au gouverneur de la province de
preter aide et assistance aux missionnaires de bonne
volonté qu'il leur dépechait. L'évéque le priait de les
protéger; quant au eomte de Sales, il suppliait M. d'Hermance, son ancien ami, d'empecher que son fils et son
neveu ne s'exposassent, par exces de zele religiet.U:, a de
trop grands dangers.
Le gouverneur, catholique de creur et d'ame, n'avait
nul besoin de recommandation pour étre favorable a
une entreprise qu'il avait appelée de tous ses vreux. Il
félicita les deux pretres, les invita a souper et leur dom1a
UD appartement dans le redouté chatean. Le lendemain
matin, on célébra la messe,- ce qui n'avait pas eu lieu
depuis bien des années; - ensuite le baron fi t visiter a
ses botes la forteresse et ses moyens de défense. Les
ayant conduits sur la terrasse, bordée de cano11s qui
mena~aient le bas pays, il leur dit : - Nous n'aurons
pas besoin de tout cela si les calvinistes peuvent se résoudre a vous 011ir. Et cette parole peint on ne peut
mieux la brutale intolérance de ce convertisseur canonnier.
Pendant qu'il parlait, Frangois de Sales, accoudé sur
le parapet, restait abimé dans une coatemplation douloureuse; il découvrait de tous cotés, dans la campagne,
des croix renversées, des couvents et des églises en
ruines; enfin, n~us dit-on, il se prit a pleurer et s'écria :
- Seigneur ! les peuples ré-Yoltés contre vous et contre
tiotre Christ sont entrés daos votre héritage; ils ont profané vos temples, abolí votre culte, ruiné votre sanctuaire. Levez-vous, Seigneur'. Jugez vous-meme votre
cause, mais jugez-la dans votre misérieorde. La réfutation d'un pareil langage serait bien facile, mais nous
ne voulons ni ne devons faire ici de la controverse reli•
gieu.se.

�L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

301

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

300

PLAZA VLEJA, A VITTORIA.

Al.GÉRIR. -

ÉPISODE DE

u

DÉFENSI&lt; llU

cu,r DR L·ouED-DliRMEL, PAR

LE 3• TIRAILLEURS. -

D'aprés

Ull croquis

de M. E. Caillot.

l

Une autre version prete ce
laogage a celui qui a été
décoré du titre d'Apótre du
CJ¡ablais: «Voila done comme
le Seigneur a arraché la baie
de cette vigne autrefois si
chérie; voila comme il a
détruit tous les murs qui la
déíendaient; elle est exposée
au pillage et foulée aux
pieds... O Chablais! O Geneve ! O Jérusalem ! convertissez-vous au Seigneur votre
Dieu. »
Nous préférons, quant a
nous, cette version a l'autre'.
Si c'est le Seigneur qui a tout
fait, pourquoi attaquer les
Cbablaisiens et les menacer
ducanon? N'est-ce pas agir·
oootre l'reuvre meme de Die u?
Les deux cousins commeneerent immédiatement, d'apres les conseils du baron
d'Hermance, par ouvrir une
mission a Thonon. lls s'y
reodaient a pied quelque
temps qu'il flt, cbaque ma1io, ne portant qu'un ha.ton
et un sac dans lequel étaient
no bréviaire,- bien étonné
de se trouver en compagnie.
d'uoe Bible. - Le soir, par
précaution, les convertisseurs
reotraient aux Allinges et y
coucbaient.
lis eurent a surmonter de
grands obstacles, a vaincre
de vives répugnances, et
,~yant bien qu'attaquer de
frontle culte établi, c'etit été
s'eiposer a un écbee com~e~ ils procéderent par les finesses, les feintes,
les roses, les équivoques, et le saperent a petit
bruit, daos l'ombre, jusqu'au moment ou le prince,
Tiolant ouverlement le traité de Nyon, qui garan ·
lissait la liberté de conscience dans le Chablais,
preta a ses envoyés l'appni d~ la force militaire.
0n a reproché au quiétiste Fran~ois de Sales, a

liGLISR !JE P.HiCOl\110.

VIA IJUC APHKS MII\ANllA.

V!LLAGE DK l'ANCORllO

VIADUC DE PANCORJIO.

TUNNEL IJE PANCUl\llU.

!'ami de Mm• de Chanta!,
au doucereux apótre, de
tricher au jeu. Oans !'affaire
de la conversion du Chablais et du pays de Gex, il
fut fidele a ses habitudes
de joueur. Pendant qu'en
France Henri IV accorclait a
ses coreligionnaircs l"édit de
Nantes, l&lt;'ran~ois de Sales,
jetant en fin le masque, obtenail de son souverain l'expulsion du clergé proteslant,
et luí faisait déchirer un
trailé qui l'avait mis en
pcssession d'une province.
L'apótre écrivait ceci au
duc, entre aulres cboses :
&lt;( . .... II importe beaucoup
qu'eq obscrvant les articles
du lraité de Nyon, et laissant
la liberté de conscience a
ces peuples, vous favorisiez
principalement et ahsolument les catholiques. » Ce
conseil blesse les plus vulgaires notions de l'équité.
A en croire les hagiograpbes,
nos missionnaires eurcnt a
affronter mille périls, aévitcr
mille embuches t::ndues par
les protestan Is. Nous n'avons
pas besoin de dire que ces
assertions sont empreintes
d'une exagération manifeste.
L'bistoire des cxpéditions
di urneset nocturnes des deux
de Sales nous entra,nerait
trop loin. Et nous ne vouluns pas memela résumer.
Pendant que !'Apdtre du
Chablais rompait des lances
contre l"hérésie;lson pcre lui écrivait pourjle dissuader
de poursuivre cette reuvre ardue, lui disant qu'il fallait, en désespoir de cause, &lt;&lt; contraindre ces peuples
a recevoir la foi par la seule bouche /tu canon; » mais
le jeune lévite ne voulut point déserter sa táche,
resta sur la breche, et bientót l'ancien culte fut
rétahli per fas et ne.fas.

I\UlN~S OU CliATEAU 1J'ISAl!b1LE JI,

�L'lLLUSTRATION, JOURNAL UN IVERSEL.

303

L'ILLUSTRATION, JOUtlNAL UNI-VERSEL.
son chreur fermé par des grilles de fer, et au-dessus du- plus anciens romanciers ne nous le peig11ent paaLa chapell e, lieu de pelerinage tres-Créquenté, est
un jour plus favorable. Ecoutez-les :
80lls
d'ailleurs fort peu remarquable. Le chreur oflre quelques que! eslle dome, avec ses sculptures, ses colonnettes, ses
Ce fut malgré tui qu'il épousa Chimene; quand le .
traces de fresques, et on exhibe, sous un globe, le cou•• pendentifs; une vi~ion; elle a sa sacristie; un musée Alphonse exigea de lui ce mariage, il avait quar~
rempli des cbefs-d'reuvre de Murillo et du Greco, sa salle
vre-chef du bienbeureux.
de Juan Cuchille, qui ne contient qu'une chose : un quatre ans, et il était veuf, - j'en demande pardon l
Le petit et modesle temple, éclairé par des ouvertures
coffre retenu au mur par des crampons de er : lourd, la peésie, mais qu'elle s'en prenne, de tout ceci, al'Jii&amp;.
en forme de croix, porte sur sa fa~ade deux tablettes de
profond. Arretez-vous devant cette malle en bois ver- toire. « Seigneur, fait dire au Cid la Cronica rimada,
marbre ou sont deux longues inscriplioIJS latines dont je
vous m'avez fiancé contre ma volonté, mais je jure Plr
moulu, aux ais effondrés : c'est le Cofre del Cid. Vous en
vollS fais grace. L'un d~ ces échantillons d'épigraphie
le Christ, que je ne verrai pas cette femme avant d'~YOi
cléricale oflre le millésime de {836, date de son inau- savez l'histoíre, ou plutot la légende.
Le Campeador, manquant d'argent, fit venir en sa mai- remporté cinq victoires en bon combat. l&gt; 11 tint Parole.
Une autre fois, les vassaux du roi Alphonse t·accuae..
guration.
son, - la maison du Cid existe encore a Burgos, - l'usuCertain dévot personnage, qui s'est caché sous la dérent du meurtre de son pere : le roi fut humilié t ce
rier le plus honnete qui se pul trouver; c'est ce coflre qu'il
nomination de l'Ermite de Bange, a publié,a.Annecy, une
point que les chevaliel'1'1 castillans lui firent jurer, en1rt
oflrit aujuif pour nantissement, avec défense de l'ouvrir
petite brochure intitulée : Pelerinage aux Allinges ; en
leurs mains, qu'il était innocent de ce crime. Dans 80I
avant que lui, le Cid, n'eut remboursé la somme emprunvoici un extrait qui complétera cette trop courte notice :
indignation, il s'adressa a calui qui, plus audacieux que
tée. L'usurier y conseotit. - Remarquez que leschroni1&lt; Environ cent ans apres la mort de saint Fran~ois
les autres, avait exigé ce serment, a Rodrigue :
ques ne tiennent jamais compte des invraisemblances. &lt;t Tu as fait mal, ó Cid, de me faire jurer une telle
de Sales, c'est-a-dire au commencement du dix-huitieme
Quánd le Cid eut ten u ses engagements et payé lasomme,
siecle, le roi Victor-Amédée JI fit démolir la forteresse
chose, car, plus tard, tu devras me baiser la maiu.
on souleva le couvercle du coffre : il était plein de sable
des Allinges, et les matériaux furent vendus. La cba- Baiser la main du roi n'est pas pour moi un honneur.
et de cailloux. Le Campéador vit, dans un geste du juif,
- Éloigne-toi de mes terres, mauvais cheulier, a
pelle, on ne sait comment, demeura debout, environnée
comme un regret rétrospectif de son imprudente conet couverte de décombres, et exposée a toutes les inj ures
n'y
retourne pas d'aujourd'hui a un an.
fiance : - Que craignais-tuY dit froidement Bivar; ne
- Cela me plait, dit le Cid, que le premier ordre qae
du temps. Un siecle plus tard, a. l'époque de la Révolucontenait-il pas l'or de la paro/e du Cid?
tu me donnes soit celui de mon exil : tu m'ex1les pou
tion fran~aise, quelques vandales du philosophisme et de
Puisque nous voyageons avec toute la liberté, tout le
l'impiété l'aper~oivent et frémisst:nt de rage. L'ordre est caprice du touriste, faisant halte ou il nous plait de nous un an, je m'exile pour quatre. »
Lorsque le roi entendit cela, il dit : « Celui-ci n't11
donné de la raser entierement. Les hommes chargés de
arreter, permettez-nous de vous parler de ce fameux
cette inique mission arrivent sur la colline. A l'aspect Rodrigue Diaz de Bivar, de ce héroi- de l'Espagne; peut- pas un homme, mais il a la mine d'un démon.
C'était un terrible homme, en effet, que Rodrigue Dial
de ce monument religieux auquel se rattachent de si etre n'aurez-vous pas perdu votre temps a nous lire.
de Bivar, le premier de ces soldats indomptahles dn ODdou:c sm.wenirs, une foru surnaturelle semble enchafner
Le Cid était, au seizieme siecle, un des saints involeurs bras; ils s'en vont sans avoir osé toucher cet édi- qués du peuple. 11 faisait des miracles : la légende avait zieme siecle, toujours a la tete de leurs bandes terribles,
fice; mais effrayés par les menaces de ceux qui les sanctifié Rodrigue. Le Campeador, toujours en armes, ne reconnaissant ni la religion du Christ, ni la loi de laavaient envoyés, ils reviennent a la charge et se dispo- vei\lait, disait-on, couché au fond de son tombeau, dans homet, ou plutot les acceptant tour a tour, vivaiit de la
sent a renverser la cbapelle, guarid tout a coup un orage l'église de Saint-Pierre de Cardegne. 11 arriva un jour guerre et du pillagc, et ne relevant ni de Dico, ni a
roí, mais de leur épée. Voulez-vous encore un trait dece
des plus tet'ribles les disperse et les force a renoncer a
qu'un juif entra dans réglise, pour voir face a face ce
cette entreprise. Des lors ce projet odieux ful oublié et Campéador si redoutable. L'église était déserte. « Voila démon : je le prends daos un romancero du ldooziae
la chapelle demeura, comme auparavant, en hutte aux done, dit-il, ce Oiaz, dont personne, tant qu'il vivait, siecle.
Le Cid suit le roi Ferdinand a Rome, ou il "
iotempéries des saisons. La voute était ~urchargée, dans n'osa toucher la barbe. Si je la prenais a présent, que
toute son étend11e, d'un tas de décombres qui avait on1e me ferait-il, ce héros endormi depuis cinq siecles dans rendre hommage au pape. Daos l'église de Saint-Pierre,
pieds d'épaisseur. On a peine a coroprendre comment son cercueil?i&gt;Le mécréant s'approcba done du Campea- ou il entre avec son souverain, se dressaient les se,t
trónes des sept rois chrétiens. Le trone du roi 4e
elle n'a pas été écrasée sous ce fardeau. »
dor; mais au moment ou il étendit la main sur cette
Enfin l'oratoire fut déblayé, restauré et restitué au barbe vénérée, le Cid se saisit de son épée, et tira, comme Fra.nce était d'un degré au-dessus de celui du roí d'llculte en i836, comme il appert de !'une des inscriptions aux jours de combat, l'invicible Tizona hors du fourreau. pagne. « Le Cid alla a relui du roi de France et leraversa d'un coup de pied; puis il prit le trone de son ni
de la fa~ade, le l 4 septembre.
Le juif tomba a la renvel'!-e comme foudroyé d'une telle
et le posa sur le degré le plus élevé. Un duc Honoré,ct
C'est en mémoire de cette restauration que l'on céleapparition ; revenu a la vie, il raconta le míracle et
bre, chaque année, un triduum avec indulgence plénicre se convertit a la foi catholique. Apres un tel prodige, luí de Savoie, lui dit alors : u Soyez maudit, Rodri&amp;lt,
et excommunié par le pape, parce que vous avez déslleles i4, 15 et lGseptembre.
et bien d'autres encore, le roi Philippe II, répondant au
noré le meilleur et le plus noble des rois! .,, Quan,11
Les cérémonies religieuse~ et les processions autour
vreu du public, fit demander la canonisation du CamCid
cut entendu ces paroles, il répondit ainsi : • Lait
de la montagne, sous les chataigniers, attit'ent un grand
peador aupres du saint-siége, et quand on retira de son
sons
la les rois, duc ! Si vous vous sentez offen!lé, terlinombre de pelerios.
ALl'RED DE BouGY.
cercueil le héros chrétien, on le trouva enseveli dans ses
nons i'affaire entre nous deux. 11 s'approcha du dacfl
vetements arabes.
tui a.sséna un violent coup de poing. Informé de ce~
c·est qu'en effet le Cid, - notez qu'il porte un nom
s·était passé, le pape excommunia le Cid. Quand ~
arabe, - avait été, peodant sa vie, aussi musulman que
LE CHEMIN DE FER DANS LES PYRÉNÉES.
gue le sut, il se prosterna devant le pape: u DonneHli
chrétien, et avait passé les plus vaillantes .années de
l'absolutioo, pape, sinon, vous me le pai~rez cher. -u
sa jeunesse au service des rois mabométans de Sapape, en pere clément, tui répondit avec beaucoÍlp ■
Nous voila arrivés sur le platean de l'Espagne: A par- ragosse. Pendant que la chronique espagnole s'emparait modération : ti Je te don ne volontiers l'absoluúon, 11
tir de la, l'Alava et les Castilles vont dérouler devant trop tardiveroent de son personnage, pour bien juger j'espere qu'a ma cour tu seras courtois et tranqoille.J
nous leurs panoramas dfl cités pittoresques. C'est un sa personne et sa vie, des Arabes, ses contemporains,
Jly aloin dece CidauRodriguede GuillendeCastro.•01
immense musée de vieilles villes du moyeu age que écrivaient son histoire. Les premieres notes, les premiers homme, le fléau de son temps, a dit l'auteur arabe, tlll.
cette Espagne. Parcou.rez-la. dans toute son étendue, renseignements biograpbiques, viennent d'eux : on les par son amour pour la gloire, par la prudei\te Cel'911l
des Pyrénées a son Guadalquivir, de Valence a Ba- trouve dans lbn-Bassaro; elles sont curieuses a relever. de son caractere et par son courage héroique, oA ..
dajoz, plus que tout autrc pays du monde, elle montre, « Tel était, dit !'historien arahe, en réclamant son héros miracles du Seigneur. )1 C'est cette vaillance qui ••
orgueilleuse de son passé, ses cités pienses et guerrie- avec orgueil, tel étaitce chef terrible, dont la vigtoire sui- fait un béros populaire. Les jongleurs Pt les polll
res. Voici Vittoria, avec ses larges places, ses portes ma- vait toujours la banniere, qui triompha des barbares do moyen a.ge se sont emparés de éette gloire guerrilll
jestueuses, les vastes fa~ades de ses palais aux fenetres (des cbrétiens) a diflérentes reprises, qui combattit leurs La poésie a imposé silence a l'histoire. Suivant l'ialf
armées de grilles, et ses églises gotbiques. Miranda est chefs, tels que García, surnommé par dérision Bouche- changeante que chaque époque donne a ses héros,leal
plus loin, avec son chatean et ses murs qui l'enserrent Tortue, le comte de Barcelone et le fils de Ramire, s'est métamorphosé insensiblement. Soldat terribleaa•
dans leur triple enceinte. Le chemin de fer a jeté un qui mit en fuite leurs armées et tua, avec s'&gt;n petit nom- zieme siecle, gardantencore sa raideur ausiecle
immense viaduc de l'une a l'autre des rives de l'Elbe; il bre de guerriers, leurs uombreux soldats. »
s'épurant, s'ennoblissant avec les époques plus
Voila un puissant auxiliaire pour les Arabes: la nature
entre par un tunnel a Pancorho, que deux chateaux
plus nobles : type complet du temps ou on le chante
maintenant en ruines défendaient autrefois; il atteint de ses alliés séyait, du reste, a la nature du Campeador. des pocmes succes.~ifs; plus tard, loyal serviteur
Briviesia, entourée de ses murailles; la locomotive (role « On étudiait, ajoute lbn-Bassam, les livres en sa pré- son ro1, bon chrétien, rendant graces aDieu de ses
dans son •ol Quintanapalla, pauvre village qui vit, dans sence, on tui lisait les faits et gestes des anciens preux res; plus tard encore,génére1u, loyal, avec toute la
son humble église, le mariage d'un roi d'E~pa~e,-Char- de l'Arabie, et, quand on fut arrivé a l'histoire de Mo- rosité et la loyauté de l'Espagne du quatorzieme si
les 11,- et d'une niece de Loui~ XlV. Nous voici a Burgos. hallab, il fut ravi d'extase, et se montra rempli d'ad- au siecle qút suit, le modele de la galanterie castil1
Burgos, la capitale de la Castille, avant que Madrid miration pour ce héros. &gt;&gt;Quel étaitceMohallabY Un sol- beau diseur et amoureu~ comme les persono
n'eut éteint en elle la s1iprématie de toutes les villes es- dat rusé, qui ava1t pour surnom le Menteur. U agissait Cervantes. Le Cid n'est pas un homme, c'est un
pagnoles, n'a pas, i1 est nai, comme Saragosse, Tolede d'apres ces parole~ du prophete, qui disent : • Chaque Son hiRtoire est celle de l'Espagne, qui s'est peinW
ou Cordoue, cette physionomie du passé que le temps a men!\Onge sera compté pour tel, a l'exception de trois : son héros favori. Le peuple anglais s'est nommé loi
laissée a ses sreurs de l'Aragon, de l'Andalousie ou des le mensonge que l'on fait pour réconcilier deux per- John Bull, et le peuple fran~ais Jacques Bon
Castilles: mais elle a sa cathédrale aux fleches tailladées sonnes qui se querellent, celui de l'ilpoux envers son mais c'est la une simple dénomination; le
en scie, brodées et festonnées; avec sa tour, ciselée dans épouse, quand il lui promet quelque chose, et celui du sa vie écrite en un poeme tour a tour guerrier,
ses moindres détails, et son magnifique portail, fouillé, capitaine en temps de guerre. &gt;&gt;
valeresque et amoureux, en une légende dans 1
Voila le Cid des historiens arabes, celui que la Coi
décoopé comme une dentelle. Un peuple d'arehanges,
il se reflete a toutes les phases de la civilisation de rois, de moines suspPndus a. ses flanes, fourmille dans aucune religion, que le respect pour aucun pou- gloire de l'Espagne.
sur les bas-cotés et les pilastres, comme les légions di- voir n'arrete dans ses fureurs. Est-il done odieusement
Pardonnez-nous cette digression historique, et
vines dans la cité de Dieu ; elle asa porte en bois sculpté, transformé par les écrivains musulmans, ce héros de nant, en route pour Madrid.
H. wvOIJ.
qui clonne 1111' le doltre, un illcomparable chef-d'reuvre, l'&amp;,pagneY Non, il est vrai, soyez-en sur; du reste, les

soi•

4

COURRl&amp;R DX LA IODK KT DX L'IJDUSTRII.
1.,e5 rob~s que l'on portera le plus volontiers, désor191Í9, en biv~r comme e~ tou~e saison, sont celles diles en
~ de I Inde. Un etabhssement de premier ordre
le eo,,iptoir des _Indes (i29, boulevard de Sébastopol):
appetant a son a1de les plus charmantes dispositions de
•-~, a su donner un attrait inconnu jusqu'ici a cette
"'°reuse _étoffe, et l'usage de ce nouveau genre de
perie, qm ne le _cede en rien au tafletas le plus riche
et qui coüte un pr1x beaucoup moindre,
'
Ne trouve plus aujourd'hui de cruelles.
Ah! les belles variétés de robes dºautomne, les ravis•ts foulards a fond hlan.c, a petits dessins de toutes
Dllllces, que nous avons admirésau Comptoirdeslndes!
sans parler d~s corahs, des bandanos et des riches
eaehe-nez destmés a messieurs nos maris! On vous en
es¡,édiera, sur demande, les spécimens ou les écbanlilloDS le,s plus attrayants. (Nous parlons des foulards.)
Poor I ornementat,on des robes et des confections
d'biter, on emploiera princi~alement, cette annéc, les
dlalDll'ures et la passe_menter1e. Les garnitures artistiqaes e~ perles de corail et en perle~ d'acier, celles surtoot ~u1 sortent des !°agasins de la Ville de Lyon, passeaent1ere d? S._ M. l lmpératrice Eugénie (6, rue de la
(liaossée d Antm), ne peuvent manquer d'obtenír un
gr¡nd et légilime suc1-es.
Comme
primeur
pour la sailOlld'autom
oe, la Villt
•LiJon oflre aox belles étrangettS qui visittnt París,
eta nos Parisiennes elles-memes,
la ceioture
&amp;l■te, en
tres - large
rabaon°RO,
~é d'un
dlilé neigeuxse drapanl autour
• 1a taille,
!lit oouant
derriere par
un rbou relOmbanl en
1rois pans;
- pu1~ CI'.
IODI de lreslarges cemlatts en ruhn d'or, rappelaotde
loincellesde
•~pirants de_ 1~ marine;- puis des boucles en écaille,
• aaer _et en Jais, pour les hautes ceintures en roban
P'OI gram; - puis des gants Récamier s'enfilant
une mitaine de peau, sans bouto'ns ni man' - et enfin, le gant Joséphine, qui n'a pas de
~ le long du petit doigt, et qui moule a ravir le
'81gnet et la main tout entiere.
Yeilr:s', la Vi/le de Lyon, a qui l'on doit toutes ces mer. , n est pas pres de déchoir de sa haute réputation
1 llllle~ent acquise : elle sait la conserver, et y ajoute;
~eJour un nouveau lustre, par le bon gout qui dislllgae aes produits, et par l'activité qu'eUe déploie pour
• créer de nouveaux.
L'activ1t· é ! c'est la,, en effet, un des é!éments essen111a
• , : progres, ,. et ~ est surto?,t en m_at1e~e de toilette
Alllli ~ce qu 1I n est pas d mnovation msignifiante.
tlaee la Cemture-Régente de M11. . de Vertus a-t-elle sa
leQsetmat:'lºé~ dans touÚ: Rev1Je de la ~lode. _Bannissons
l1111re el~t1que, la pahssade de haleme, s1 contraires
ti.Me hygieoe, pour porter laCeinture-Régente qui a le
-.; a,antage de mettre en relief le talent de notre
et de n_o~s dégager les banches ainsi que la
6e&amp; • ~tte mmiature du corset ne se trouve que
~ames qui l'ont inventée (3i, ruede la Chaus~ti~); elles _n'en ont établi de dépót nulle part.
~ é Co,s, a la promenade, au bois ou au théatre, j'ai
quelque dame du monde, et le zéphir m'a re1161
ie a¡~~om d,e tel ou t~l_par_fu~enr en réputation. Celui
._. , el !11 ª poursume amsi pendant une soirée en11'11· c éta1t aux ltaliens, il est vrai, et c'est la surtout
lrouve rassemblée la haute clientele du fournis-

=

.,.:re,
._,lea

seur des reine~ et des princesses de l'Europe. Mai5 l'espace
11:1~ man~uerait pour énumérer seulement ici les compos1t10ns s1 nombreuses et si variées dont la. fée Beauté a
donné le secreta Rlmmel (17, boulevard des ltaliens¡.
U~e tell e no~enclature donnerait le vertige; il faudrait
avo,~ recours a quelque cordial pour le fa,re cesser. En
pare1I cas, quelq_uos gouttes d'eau de Mélisse produisent
un bon, effet,. et 11_~st prudent d'en avoir toujours un
flaco u a sa d1spos1tion. Mais il faut ici encore choisir
son fourniss~ur : 1I en est qui v~ndent des'produits
ayant la méhsse pour base, mais ne possédant auca.ne
des vertus de l'eau de Mélisse des t:armes de Boyer
(i4, rue Taran'ne). Celle-ci est d'assez vicille noblesse car
11 n'y a _µas moins de deux siecles que les Carmes la mi~ent
en lamiere sous le patronage de leurordre et de teurnom.
Elle _ren~, dans l'apoplexie, dans les maladies des vo1es
resp!rato1res, dans une multitude d'aflections enfin des
s~mces dont la médecine elle-rueme a recon~u l'efficac1t~ :_ elle guérira vos vapeurs et vos vertiges, elle les
prev1endra, pour mieux dire; que puis-je ajouter de
pIus apres cela?
~ous n'arrivons que trop tot a cette période tranchée
qui nous condamne a jouer le role de spectatrice dans
les fétes du monde, et il ne dépend que de nous de retard~r, cette h~ure fatal e. Oes qu'un pli accusateur
se _revele au v1sage, aussitot qu'un fil argenté s'introdmt dans une tresse blonde, et surtout urune, - comme

. Prim des p!aces :

Premieres. . . . . . 700 fr.
Secondes . . . . . . 400
S'adresser, pour passage, fret des marchandises des
especes,.et pour tous autres renseignemeots :
'
A Paris, au bureau spéollll de la Compagnie, t2 boulevard des C~rmcmes (G_rand-Hotel) ;
'
Au Havre,a. MM. Wilham lselin etc• agents ·
A New-York, a M. Geo. Mackenzie, Broad~ay.

1:

~--,,-_-

Nous donnons ci-contre la vue d'une des rues principa!es de Grasse (Al pes-Maritimes), ou est installée la fa~r.1que de_ri~rfums de M. L.-T. Piver. Nous n'avons pa.s
a ms,_ster ic1 sur cet éta,blissement, qui peut etre classé
parmi les gr~ndes usines de l'iudustrie fran~aise; il nous
suffira de d1re que la science du préparateur et les
moyens de _fabrication dont il dispose, ajoutent encore
a !ª réputat1on des produits qui sortent de son laboratoire ;_ réputation qui justifie le mouvement incessant
des cmq ~aisons de dét~il que possede, a Paris,
M.-L. T. P1ver, et de son importante maison de Londres, Regent-Street.
~

LES S&lt;EURS

MARCHISIO.

Nées a Turin, elles ont grandi ensemble, elles ont
fai t leurs
études musicales dans
lamémeécole, elles ont
débuté le
méme jour,
en t 857, sur
le meme
théatre et
dans le meme ouvrage. C'était
Matilde di
Shabran, ou

FABRIQUE 08 PARFU\1S n¡¡ L.-T. PJVER, A 1:IIASS~ (Alpes-.llarit,mes.

un juste ~hatime~t, sans doute, de nombreux péchés de
coquetter1e, - ,1 convient de s'adresser a M. Guislain
(H 2, rue de Richelieu), qui a le secret de l'Em, de /q_
Fl~rifL:,. et qui fera tout rentrer daos l'ordre. Ce n'est
pomt
t .
. 1c1, une emture ~our !es cheveux que je vous propose• e est ~e eau b1enfa1sante, cornposée des sucs de
plantes exot,ques: elle rend leur couleur naturelle
aux tresses qui l'ont en partie perdue, et leur donne, en
outre, une v1gneur de seconde jeunesse.
A. DE c.
~ --COMPAGNIE &amp;tNIRALE TRANSATLANTIQUE

••me• po1ta1 tren~
EN1'aE I..E RA.WRE ET NEW-YORK
l~I ISCALS

Pal' lu 111af11',4quu paqiubot, tl rouu

W&amp;sa.u;GroN, capitaine A. Duchesne, de 5,600 tonneaux de déplacement et 950 chevaux de force
LAFAYETIE, capitaine A. Bocandé, de 5,600 tonneaux
de deplacement et 950 cbevaux de force.
. Les départs se feront le mercredi, tous les vingt-huit
JOurs, tant du Havre que d!l 1'ew-York.
Les prochaim départs auront lieu comme mit :
DU DAVRE;

Steamer Wa.~hington. Mercredi i6 novembre.
Lafayette.... Mercredi i4 décembre.
DE NEW-YORK :

Steamer Lafayette.... Mercredi 9 novembre.
WaMington. Mercredi 7 décembre.
UJflJIJeUe.... Mercredi 4 janvier i865.

Carlotta
remplissait
le role de
Matbilde, et
Barhara celuí d'Odoardo. Leur
succ/os fut
hrillant, et
elles jouerent succcss i vt&gt; me n t ,
daos le cours
de cette saison, - toujours a Turin, - llfos~, Guglielmo Telt, Jl
Trovatore,
Semiramide,

'nfm t f t
II
ou l'union
, i e e r:i erne e de leurs voix donne un si grand
char~e au duo du second acte. Elles contracterent
ensuite, sans se. séparer jamais, des engagemeuts
avec les. entrepr1ses tbéatrales de Venise' Trieste '
Ale~andr1e, Rom~, Parme, Milan. Méry, voyageant en
Itah~, le~ en~end1t, et tes applaudit avec transport dans
Semtramtde; 11 parla d'elles avec enthousiasme a M. Alp~onse Royer, le directenr d'alors, qui envoya aux deux
v1_rt uoses deux. pté11ipotentiaires' i\lM. de Nuitter et
D1etsch. Le traite fut co:iclu a Alexandrie et c'est . .
. a pu en ten dre, en 1860, Sémiramis,
' élégamment
ams1
que Pa. r1s
t~aduit~, éleg~mment chantée, et mootée avec tout le lnxe
d un theatre impérial. Oepuis, les deux srelll'!, Marchisio
ont chanté ~n Italie, en E~pagne, en Angleter~e, en Allemague, et ~usques en L1vonie. M. Bagier nous les arendues au. prmtemp_s derni_er, et leur rentrée prochaine est
annoncee. Les dilettant, ne pouvaient recevoir une plus
heureuse nouvelle.
G. B.

NOUVEAU RELIQUAIRE DE SAINT LAURENT.

L~ reliquaíre oflert par M. 1~ comte de NédonchelChoiseul pour renfermer la tete de saint Laurent a été
ex~osé, par ordre du saint-pere, dans la basili~ue de
Samt-Laurent inDamaso.
La chromolitbograpbie pontificale a exécuté une l'th
1
"
h'ie co1or1'ée de ce beau monument; M. le chanoine
onrap.
8arh1er de Montault en a fait une de~cription détaill'
' M1
ee,
etde' d'é
I e .. . e comte Huyttens de Terbecq, qui la fit

�L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

304

publier en un splendide in-folio, imprimé a Rome par
Benri Sinnimberghi, et qu'il a généreusement oflert
a des personnes de
istinction et a ses
amis.
M. Je comte Georges de NédonchelChoiseul eut, il y a
deux ans, la pieuse
inspiration d'enfermer la téte de saint
Laurent daos un reliquaire vr:;.imentdigne du saint martyr
et de Rome. M. le
commandeur Poletti,
architecte de sainl
Paul, eut le talent
de combiner, dans
un harmonieux ensemble, les regsources di verses du bronzier, du statuaire,
du peintre el du mosaiste. Le dessin obtint la haute approbatio11 du saint-pere. ~...:::::
,--,
Le reliquaire, en
,,,
/¡.I
style ogival italien du
.'
/
treizicme sieclc, ap- 1
1/
partient a la catégo,11 /
rie des monslrances;
il est tout a jour et
laisse voir la relique
a tnvers le cristal.
/
'
11 esl en bronze coulé, ciselé et doré, el
'
"'-.,
pese 195 livres. Sa
hauteur est de 1 metre 25 cenlimetres,
et sa largeur, ala ba11ª" BARBARA ET f.ABLOTrA IIARCBISIO. se, de 55 centimctres.
11 se décompose en trois parlies : le souba.~sement, la
theque et le clocbeton. Le soubassement, baussé de trois
marches circujaires qui donnent acces au petil temple oil
sont conservées l_es reliques, dcssine un hexagone. Trois
écussons en mosaiques décorent trois des faces. La par•/

f

'/
j

---~,

__-.;::

tie supérienre eat
contournée par une
tahlette en saillie aa,
laquelle six statnet.
tes sont rangées.Une
se~nde tablette pina
é~a1sse, et ornée de
pterres précienaes,
forme, le socle des
si1 colonnettes de la
theque et le suPPGrt
du chef da saiot mu.
tyr. Si1 baies, 91
ogive treflée, COl'ftl.
•
pondent aux si1 pana
de la theque, etlOld
fermées par des lames de cristal. Aadessus de la téte de
saintLaurent,estune
volite divlsée par
pans et peintc sor
cuivre aux effigiesda
sauveur 1:t dessaints.
Le clochclon s'annoncc a l'intérieur
par une coupole, i
l'extéricur par une
fleche ; ses peotes
sontcouvertesdellOsair¡ues, et la &amp;tatue
du saint mart)l' e!l
aq sommet. Au pied
des pignons se tiennent debout, dus
l'attitude du recueilf
Jement,desanges~
chantent un bymne
ala louangedeaill
Laurent.
Les armoiries al
celles du saint-pen,
celles de Mgr le Sacrisle, qui comene
la reliq•Je danslalipsanotheque dupaD'apres une photograpbie de 11. Trinquart (Voir page 303),
lais apostoliqne, el
celles du donateur, M. Je comte de Nédoochel-Choisenl.
Le Pere Tongiorgi, de la compaguie de Jésus, a compá
les in~criptions du reliqu~ire, qni ferout parvenir ala pallé
rilé le nom du pieu1 donateur et ceu1 de tous les artisteslfÍ
ont concouru a son e1écution.
C. CAsrEUUIIS,

------=,,.., ~1-C&lt;&gt;,-.C=------

- - - - - - : = &gt; O - E l~ O

_,,i~~~p~t i
RÉBUS.

ÉCHECS.

PRoBLtM&amp; N• 178, PAR M.

ALBERT

ENsoR.

EULICATION

nu

111
(1
11r

DEI\NIER RÉBUS,

L'année se ferme, la chasse ouverle.
_ _ _ _ __,,_=. , . . , . ~ - - ~ - - -

nu PROBLDIE Nº t 77.
Cercle de l'Union a Saint-Georges-sur-Loire ..l. Laugé, de 11;
ziers; Café Moliere, a Nantes; Jose Librero, a Burgos;ME. f.,
Paris; flombaut, E. Vallet, Henry Frau, Sliennon de _.
Persoz, L. Ilonnin, Cercle de Pont-a-Mousson, cercle du .
ld. de Vaucclle. tmile Frau, Cercle de Duras, Café B~
Montrouge). Café des Écoles réunics (Paris); J. M. V._;a
Cercle douaisien, a Douai; P. Bartet, de Nantes; Moncel~•
Café de la Comédie, a Périgueux; Cercle du Commerr.e a.
t1éres; Cercle Jnduslriel de Douai; l.. Lefrancq, V. Th•
L_:ercle de Lezignan (Aude); Gazelle des étran¡:ers. G
Echecs, de Liége; (;ercle de la Sorgue, a l'lsle; Ded n
Sourvillé.
J. A. • p,
3OLUTIO:SS !.UCTES

Les bl:mcs font mat en quatre coups.

SOLUTION DU l'ROBWE

Blarm.

1.

c 6• c n

~- R ~• R
3. D 3• R rchec.

N°

~~~

AuG. MARc, directeur-gérm1t.
Eo11. TEXIER, rél}.actP.Ur en chef.

177.

1'ioirs.
1. R 5• R
i. R 5• D

3. mal.

NOUVKAU REf.lQt;.~lllf: DE SAJ!,T LAURENT,

l!xpolé dan1 la lluilique d mut Laurc, t, i Rome,

Imp. de L'ILLUSTRATION, A. Marc,
i.2, "'e de \'erntuil

t11

laa

._¡,
t.:....
11111:

�</text>
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                  <text>Semanario francés ilustrado se publicó entre 1843 y 1944. Aborda temas políticos, económicos, sociales, científicos, artísticos, y deportivos. Fundado por los periodistas Jean- Baptiste Alexandre Paulin y Édouard Charton. Sus ilustraciones eran realizadas por los mejores dibujantes como Henri Valentin, Édouard Renard, Paul Gavarni, Janet-Lange y Cham.</text>
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                <text>L’Illustration : Journal Universel, 1864, Año 22, Tomo 44, No 1132, Noviembre 5</text>
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                <text>Semanario francés ilustrado se publicó entre 1843 y 1944. Aborda temas políticos, económicos, sociales, científicos, artísticos, y deportivos. Fundado por los periodistas Jean- Baptiste Alexandre Paulin y Édouard Charton. Sus ilustraciones eran realizadas por los mejores dibujantes como Henri Valentin, Édouard Renard, Paul Gavarni, Janet-Lange y Cham.</text>
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                <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores</text>
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                    <text>-

..

.L'I.LLUSTRATIO·N,
~OUBRAL URIVEBSBL.

22 8 ANNÉE. VOL. XLIV.

Direction I Rédaclion, Administration :
Toutei les communications relatives au jou!"'al, réclai;nations, d~mandes
de ohangements d'adresse , do1vent etre adressees franco a

Nº

f 131.

Ahonnrmenls pour Paris el les Déparlemeuls :
3 mo;,. 9 fr.;- 6 mois, 18 fr.; -

unan, 36 fr.; - le numéro, 15 c.
la collection mensuelle , 3 fr.; le volume semestriel, 1~ fr.

· • AUG. JIIARC, DfflECTEUR GERANT.

t 864,.
L'adminislralion ne ripond pas des maouscrits et ne s'engage ¡amais a lea insircr,

l.es deman&lt;les d'abonnement doivent étre accompagnée~
d'nn mandat sur París ou sur la poste.

Vu les lraités, la traduction et la reproduelion a l'clran:;er ront 1nlerdite1..

ABONNE111ENT8 POUR L'ETR&amp;NGER 1
Mémes prtx; plus les droits de poste, suivant les tarifs.

BUREAUX : RUE RICHELIEU', 60.

Les abonu. partent du ter no de chaque mois.

0

8amedt 19 Oetobre

Gravure, : Distribution de croix et de médailles faite par M. ie ,iceSOMYAIRE.

amiral de Cbabanne,, le 16 oclobre, sur la place d'Armes de Toulon.
- V11la Peillon,

Rem politique de la semaine. duce de Nice. -

(nou,clle) 1uite. -

Courrier de Voya¡e. - Correspon-

Correspondance d'Amérique. Riéges. -

Rossini. -

La cbanson de Roland, poeme de Tbéroulde. La ,tatue de Jasmin. -

Bibliographie,

Les lilas blancs

Théodosie de Crimée. Revue musicale. -

a Nice :

Résidence de LL. MM. 11. de Russie. -

Événements des États-Unis : Campagne du général Sberidan, batailie
de Fisher's-Rill (i~ sep'.embre}, ! gravures. - Riéges (3 gravures).
- Rouini. - Tbéodosie de Crimée. - Re,ue trimestrielle. p•r Cham

( 14 gravures). - Le mois d'o~tobre. - Rébus.

REVUE POLITIQUE DE LA SEMAINE.
Nous sommes a. ce mtiment solennel qui est l'objet
d'une si vive préoccupation. Le 24, le parlement italien
s'est réuni a T11rin. La session qui commence n'étant
que la suite de celle qui a été prorogée il y a quelques
mois, ce n'est pas le roi qui l'a ouverte en personne, c'est

iuW!re,
1ta\11
dwa

1UET,

DISTRIBUTION UE CIIOIX Er UI! 111WAl1LES l'AITI:. PAII M. LE VlCti-AllllllAL DE CUAl!ANNl!S, LE 16 OCTOBIIE, SUR LA PLACE D'AJ\illES DI! TOULON. - llapré, un croquia de M. Letuaire.

�'t7 4

L'lLLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

le général La Marmora, président du conscil et ministre voit souvent. Quoi qu'il en soit, l'Autriche déclare ne
vouloir pas de privilége pour elle, mais elle n'en veut
COIJBRIBR DB WO'TAGB.
des afiaires étrangeres.
pas
non
plus
pour
la
Prusse.
C'est
a
ce
propos
que
la
Toutes les mesures avaient été prises pour le maintien
De Nice a Dordighera : Eza, Roquebnme, Monaco. _ 1de l'ordre, et nous devons a,ussi constater le concours Presse de Vienne invoque énergiquement, mais un peu
palmiers de Dordigbera. - L'obélisque d~ la place •
preté au gouvernement italien par toutes les classes de tard, les droits de la Confédération germanique, les prínVatican : Sixte V et le pécheur de Dord1¡¡hera. -n..
lasociété, pour assurer le calme et la pacification _des es- cipes constitutionnels de l'Allemagne. (( On peut, dit ce
di¡¡bera int1·a-muros. - Douaniers modeles. - Vinlimiatia,
prits. Le maire et le commandant des gardes nat1onales journal, faire de Kiel un port fédéral, et de Rendsbo_urg
- San-Remo.- Le palais Borea.-Une :ue de San-~
Les jeux de Monaco. - Enfer et Parad1s. - Une Tille•
~aient publié, la veille de l'ouverture du parlement, des une forteresse fédérale; mais cela regarde exclus1verepos. - La ¡¡arnison de Monaco. - Pourrai&amp;-je ,o1r le
proclamations. Des manifestes, émanant des sociétés ou- nfent la Confédération germanique. i, La meme feuille
¡¡ouverneur? - Cannes.- Le club. - Un hótel de pl111.
vrieres recommandaient l'ordre et la tranqu.illité, et in- s'éleve contre la prétention que montre déja la Prusse
vitaient' les ouvriers a prouver par leurs acles que le d'accaparer le Lauenbourg a litre d'indemnilé de guerre.
Les jeunes misses pales et languissantes ne sont PII
En atlendant, les exigences du gouvernement pruspeuple turinois ne dément pas son ancienne renommée.
encore venues respirer l'air vivifiant et tiede des tillea
sien
redoublent
daos
les
Duchés.
Quelle
que
soit
la
résiLa plus grande partie de la presse s'est associée a ce
d'biver, les lords anglais et les majors russes ne ch&amp;oi.
mouvement public, et son langage est empreint de con- gnation du Danemark a accepter les plus_ lourds s~crifices,
il ne parait pas qu'1l ait encore réuss1 a convam~re fent pas encore leurs rhnmatismes au soleil dn llidi, la
ciliation.
catarrheux de tous les p1ys ne toussent pas encore IOII
Presque tous les députés et les sénateurs étaient :mi- lesalliés de son sincere dé~ir de voir la paixse conclure.
les orangers et sous les citronniers chargés de mi.
vés depuis quelques jours a. Turin. Lundi, a deux heures L'occupation a chaque jour des rigueurs nouvelles. Non
déja jaunissants; la belle saison de Menton, de Mo11111o,
de l'apres-midi, les deux chambres italiennes étaient contents d'avoir ruiné le Jutland par la prohibition de
de Bordighera, de San-Remo, ne commencera guere._
réunies au grand complet. La Chambre tles députés était l'exportation des eéréales et du bHail, les élrangers
viennent de prendre une mesure qui annulle compléte- dans un 11\0ÍS; n'importe, profitons de ces quelques loiprésidée par M. Cassinis.
sirs qui nous restent, résignons-nous a nous passer des
Le président du conseil, général de La Marmora, a pré- ment l'article 6 de \'armistice, en vertu duque\ les excé-• misses, des lords et des majors,a ne rencontrer daaa la
senté la convention du i 5 septembre et la correspondance dants trouvés dans les caisses publiques, apres payement des fournitures faites aux troupes alliées, et des paradis terrestres de la Méditerranée que des gensfni,
diplomatique échangée a ce sujet.
dispos et bien portants, et faisons une petite promeDMe
Le ministre de l'intérieur, M. Lanza, a présenté le pro- dépeoses de l'administration, doiveot etre restitués au
sur
la Corniche.
jet de loi pour le translerement de la capital e du royaume Danemark' lors de \'év11.cuation du pays. Le général-com.
.
Aimez-vous
les longues montées en diligenceY Laroate
d'ltalie de Turin a Florence; M. Lanza a demandé l'ur- mandantde Falkenstein vient, en eflet, de fa1re para1tre de Nice a Menton jusqu'a la Turbie sera bien ,oin
un
arrété
duque\
il
ressort
clairement
que
bien
loin
gence pour ce projet.
affaire : vous aurez le temps d'admirer tout a,otte lile
Beaucoup de députés ont déposé des propositions d'avoir a toucher un excédant quelconque apres la con- le golfe de Villefranche et d'y rever un port magni&amp;qa
clusion
de
la
p1ix,
le
Danemark
doit,
au
contraire,
~•attendant a ordonner une enquete sur les événements de
tendre a payer une somme considérable pour acqu1tter t:e beau gol fe est si bien abrité, la roer y est si tranquille,
Turin.
il s'arrondit avec tant de grace, que c'est vraimeot doa,
La Chambre a accepté l'tnquete. Le président Cassi- toutes les dépenseR de l'occupation.
Quoi qu'il en soit, le Danemarka été contraint de céder mage de n'y pas voir toute une tlotte a l'ancre, ao PÍN
nis a désigné une commission de neuf membres qui sera
a la force. La question de délimitation des nouvelles d'une grande et s•Jperbe ville couvrant, comme C.,
chargée de cette enquete.
un des plus harmonieux amphithéatres que la 1111111
M. lE. général de La Marmora a fait au sénat les me mes frontieres et la question financiere ont été réglées coro me se soit plu a dessiner; je serais bien étonné si •
il a plu aux grandes puissances de les régler. Mais voila
tommunications qu'a la Chambre des députés.
ne nous laissions pas prendre quelque jour a la teotalill,
En dépit des rumeurs qui avaient circulé a Paris lundi maintenant les conquéraots aux prises, et \'on se rapQuand on a dépassé la Turbie, on descend, et si tila,
soir, et qui présentaient Turin comme en proie A une pelle les prédiction• des journaux aoglais, qui disaieot qu'en vérité c'est dommage; on voudrait qu'uo 4Wlla
vive agitation et meme a des troubles, la ville était par- récemmeot : (( Le Danemark sera vengé t6t ou tard par indirect du chemin ne vous cachat pas si tot Eza,le
faitement tranquille. Aucun déploiement de forces n'a eu ses spoliateurs, loraq:u'ils se retrouveront face aface apres vieux nid de pirates; les pirates ont disparo, mais le li,
la spoliation. »
.
lieu.
perché snr son rocher, a conservé toute sa pittoresq11111
La
Suisse
présente,
en
ce
moment,
un
spectacle
qui
Le paquebot transatlant1que, en retard de plusieurs
sauvage
physionomie; on voudrait jeter un regard ._
jours, est arrivé dimanche a Saiut-.Nazaire, apportant prouve a la fois sa prévoy1nce et son humanité. Le sau · rapide sur RoqtJebrune et deviner un peu ce qu'apea
vage
écrasement
du
Danemark,
apres
celui
de
la
Pol~goe,
des nouvelles du Mexique.
le prince de Monaco en consenlant a vendre les _dnl
Ces nouvelles sont datées de la capitale, i Oseptembre. lui a fait comprendre que! danger menace les nallona- qu'il tenait de ses ancetres, et que son peuple anit f11
Les opérations milit1ires, apres l'anéantissement des lités faibles en nombre et en territoire, devant la force soin de rendre quelque peu illusoires; on soubaileni
guérillas qui infestaient les provinces centrales, ont été brutale érigée en loi supreme. La Suisse montre l'exemple que la montagne ne se hatat pas tant de vous ma..-r
dirigées contre Juarei. lui-méme. Ce dernier n'a P~ at~ a plus d'un grand État par l'énergique et active sympa- Monaco lui-meme, mollement étendu sur son cblllllll
tendu l'attaque. ll aurait licencié son armée et pr1s, }ui thie qu'elle témoigne aux débris de la Pologne. En meme
promontoire.
troisieme, la route de Chihuahua, saos troupes, presque temps qu'elle tachait d'arracher le général Langi~wicz
Nous voici a Menton.
saos escorte, en fugitif. On attendait d'un jour a l'autre des mains de l'Autriche, en lui conférant les dro,ts de
La France, en ajoutant Menton a son territoire~ irl.
la nouvelle de la prise de Matamoros. Le général Zu- citoyen suisse, elle donnait asile a un grand nombre enrichie de vergers d'oliviers, d'orangers et de ~
loa"a ancien président de. la république, le général La de proscrits et les aidait généreusement a se créer chei. niers d'une avenue de platanes, d'une petite plaee l
Ga;r;, le géaéral Uraga et le général Doblado, ont fait elle des moyens d'existence. Elle pousse actuellement
peu ~res carrée qui ne fera jamai~ beaucoup. de bnl
leur soumission et ont adhéré au nouvel ordre de la réalisation d'un projet con~u par des bommes ém1- daos le monde de boutiques a ense1gnes anglaises, 111
nents de l'émigration. Un comité siégeant a Zurich s'occhoses.
cupe
de fonder une maison d'invalides pour deux grand h6tel d'Angleterre, et de quelques centaines d'lt
Une seule cbose nous inquiete : au moment ou la corbitant.-. dont l'occupation la plus importante paral&amp;*
respondance du Mexique publiée par le Moniteur annonce cents blessés polonais. Le comité de Zurich fait un de se sentir vivre agréablement en évitant de troulll
que le général Doblado a fait sa soumission, nous li- appel spécial aux artistes fran~ais et ~tra ng_ers, en _fa- cette douce quiétude par un geste trop brusque OI
sons le discours que ce meme Doblado vient de prCl- veur d'une loterie d'olijets d'arl qui se tiendra1t a Zur1ch mouvement trop rapide. Et pourtant, ces bravee
noncer a New-York, a l'occasion de l'anniversaire de au profitde l'reuvredes invalides polonais. 11 prie les ~r- ont fait leur révolution en i848. Oh! la bonne,
l'indép~ndance du Mexique, discours dans lequel il fait tistes qui seraient disposés a concourir a cette. fondat1on douce, la tranquille petite révolution que cela
enteudre les plus énergiques appels a la résist1nce contre de vouloir bien envoyer leurs offrande~, a Zur1ch, au se- etre !
Maximilien. La correspondan ce officielle nous représente crétariae a•; comité de la maison des invalides polonais, a
Peut-etre, quand vous vous serez promené une
Juarez ayant licencié son armée et errant saos troupes l'agence polonaise. Espérons que les artistes fran~ais, heure daos Menton et que vous saurez la ville sar
au hasard. Le fait peut etre vrai, cependant le gouver- toujours si sympathiques aux bonnes reuvres et aux bout du doigt, vous aviserez-vous de trouver_que ,
nement des États-Unis ne parait pas croire que lapo- belles causes, prendront une part digne d'eux a ce no- curiosité est fort désappointée. Regret de tonr1ste,_ ~
sition de Juarez soit si désespérée. La preuve, c'est ble concours, et qu'une telle entreprise rencoutrera_par- a-dire d'égoiste; ne fallait-il pas que pour votre_plaillf
que ce gouvernement vient d'accorder l'exequatur a tout, et ~ous toutes les formes, l'appui dont elle est digne. bon~ Mentonais se fatiguassent a batir des éghses
On sait que l'empereur de Russie a traversé une
M. José Solero Nieto, nommé par Juarez consul ASanpartie
de la France, accompagoant a Nice l'impératrice dioses et des pa\ais somptUt~ux, alors qu'ils pon
Francisco. Le gouvernement des Etats-Unis pourrait-il
etre parfaitement heureux sans cela?
reconnaitre l'autorité de Juarez, si celui-ci était errant, sa femme, a qui les médecins ont recommandé le doux
En contemplant du i;euil de l'h6tel d'Angleteffl
climat méd.iterranéen. L'empereur et l'impératrice ont
fugitif et sans domicile connu?
bonheur
si calme, je me suis sentí pris d'un lége!'.
u parait que la Prusse n'a pas beaucoup a compter été accueillis a Nice avec tous les honneurs que les villes Pissement; au lieu d'y céder, comme un Mentona1U
· J·•a1· secoué la
sur la complaisance de l'Antriche, au sujet des petits ar- d'eaux ne manquent jamais de rendre aux augustes per- certainement pas manqué de le faire,
sonnages.
On
nous
dit
qu'il.
quelques
stations,
entre
rangements que M. de Bismark se tlattait de conclure
et je suis partí pour Bordighera : le démon du
a la faveur de la constitulion du nouveau duché de Macon et Marseille, leurs majestés moscovites ont pu est impitoyahle.
. •
Slesvig-Holstein. Le cabinet de Berlin voulait, il est entendre beaucoup de voix crier : Vive la Pologne !
On sort de Menton par une avenue de launers,
L'empereur Napoléon est parti le 26 pour faire une
vrai laisser au gouvernement autrichicn une part
visite
courtoise au czar et a la czarine, et presque nous, cette avenue est un peu ruaigre, et pe~t.-é~
d'inlluence. On parlait de Rastadt, ou l'Autriche tienrait-il a propos de remplacer l'arbre de la vi
drait seule garnison, tandis que la Prusse aurait son tous les journaux de l'Europe se préoccupent, a _des un ombrage moins glorieux_ et plus_ touflu.
contingent dans le Nord, a Rendsbourg. Mais ce n'est points de vue difiérents, de cetle entrevue; les fewlles
A une demi-lieue de la v11le env1ron, la mon
point ainsi que l'entendent les journaux de Vienne : ils anglaises, tout en déclarant qu'une tclle.démarche ne peut déchire de la facon la plus sauvage; en avant dt
ont peu de coníiance daos les concessions de la Pr~_se, avoir aucune signification politique, constatent cepen- ravine escarpée ·une borne se dresse, qui porte
et beaucotJp de méfiance a l'endroit de la pos1tion dant qu'elle a provoqué dans les cercles une assez vive aur une de ses faces le mol frtutt,t, et sur l'autre le
qu'elle voudrait prendre en Allemagne. Les alliés d'hier inquiétude.
Italia.
EDlfOND Tllllll,
sont bien pres d'itre ennemis aujourd'hui, et cela se

.ª

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
- - -- - - - : . : - - - - - - - - - -- -- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -- -- - - - - - - -

Je ,ous engage beaucoup a passer la frontiere, ne
rut-ce que pour av~ir 1:oc~a..~ion de voir vos bagages
,isités par les douaniers 1tahens. Avec quel soin minutieus, quelle sage lenteur, ils font l'inventaire de ll
malle la plus innocente; certes, on n'aurait pas beau jeu
atenter la contrebandr; je félicite le gouvernement de
Sa Majesté Victor-Emmanuel d'etre si bien servi, et c'est
plaisir de rencontrer des gens qui remplissent si conscieocieusement leur devoir.
La route grimpe bientot sur la montagne, traverse,
au bout d'une heure, l1 citadelle de Vinlimiglia, puis
redescend pour s'engager daos la grande rne de la ville,
00 j'ai admiré la plus belle maison bleue que j'aie vue
de ma v:e.
Nous 50mmes arrivés a Dordighera, une pépiniere de
palmiers. \'ous savez qu'en Jlalie c'est avec des palmes
qu'on fete l'annivcrsaire de l'entrée du Sauveur a.Jcrusalem: ces palmes viennent de Bordighera, et voici l'anecdote qu'on raconte a ce propos.
Le pape Sixte V avait résolu d'éleYer un obélisque
sur la place du Vatican. Lejour fixé pour l'érection du
monolilhe était arrivé. La foule était immeose, et défense avait été faite, sous peine de mort, de pousser un
cri, de proooncer un mol j usqu'au moment ou l'obélisque serait debout sur son piédestal.
C,ependanl les ouvriers ~'épuisaient en vains efiorts;
la lourde masse demeurait immobile et les cables tendos allaient se rom pre.
- Mouillez les cordes, mouillez les corJes! s'écria
tout acoup une voix.
f.ette voix était celle d'un pécheur de Bordighcra.
• On suivit le conscil du pauvre pechcur, et bientot l'obélisquese dressait au milieu de la place.
Si1te,Quint, le terrible justicier, ne se souvint pas de
la déíeose qu'il avait faite, et meme il da.igna accorder
a Bordighera le monopole des palmes pour la fete des
Rameaux, en récompense de l'heureuse audace d'un de
ses enfants.
GrAce ases palmiers, qui étendent leurs parasols audessas des oli viers au pale feuillage, le paysage de Bor-digbera pent tres-bien passer pour un paysage africain :
le c1el sur legue\ ces beaux arbres découpent leur tronc,
élégamment élancé ou recourbé avec ~race, ne brille-t-il
pM d'ailleurs d'un éclat presqu'aussi radieux que le ciel
de l'Afrique, et n'est-ce pas la méme mer qui baigne
Bordíghera, Alger et Ceuta?
lléme aprés le paysagc, la petite ville assise sur sa
collioe a bien son mérite. Ne vous lai,sez pas décourager
par l'aspect banal de ces maisons peintes a la dctrempe
en bleu, en rose, en jaune ou en lilas; cherchez une
1'icille porte. ruinée et entrez dans la Bordighera du
temps pas~é. La petite cité républicaine Yaut bien une
mite: vous revieudrez amoureux de ses tours démanteléts, de son chemin de ronde, suivant le circuit dr. ses
f~rtes marailles, de ses roes étroites et pleines d'ombre,
ou passeot des femmes et des filies robustes portant sur
la tete un fardeau qui ne les fait pas plo)'er.
L'église vous gardera une surprise artistique dont vous
serez ra,i : imaginez-vous un autel en marbre blanc rcb~ d'or et de marbres de couleurs différentes, de
l'etfet le plus doux et le plus tranquille, et sur cet autcl
ooe statue de la Vierge, les hras ouverts, la face tournée
,en le cicl, d'un élan extraordinaire et d'une suavité infioie: cela ne dédomu.age-t-il pas de tant de fresques barbares,semées aYec une fécondité et une libéralité inépui~l~ daos les moindres eglises des villages de la cote
hgor1enoe,
.
~i ,ous couchez a Bordighera, soyez sur que le lendemam vous ire1 revoir tout cela.
Sao-Remo, apres Bordighera, c' est presque une
gra~de 1'ille. On y entre, ma foi, par une rue a peu pres
dro,~ et apeu pres alignée; et tout d'abord un 1mmense
Plbis Toos montre que San-Remo n'est point pour etre
lraité eavalierement. Ce palais est le palais Borea. JI
t1t loat l fait magnifique, mais le bon gout y a Rouffert
P1us d'une atteinte.
Lea de111 portes sont charmantes et ornées des sculpturea les plus Mlicates en marbre blanc; maís les feoh! il y aurait beaucoup a dirc contre les
¡nétres; franchcment, c•c~t du rococo, en avance de
eox 8iecles, mais du rococo éoormc, du rococo qui
lembl~ fait pour des géanl,. Le rez-de-chaussee, avec
DDe hien,eillance de grand seigneur, donne a..,ile aux
modeste~ industries. Aufond du vesliliule, qui raptes ,esubules des palais génois, se voit l'ecus_,. des Borea: un Borée souffiant a pleineR joues. CP

:étret;

::e

:estibule est bien le plus hospitalier qu'on p~isse voir¡:
1\ est ouvert a tout venant, et les San-Remo1s abusent
vraiment un peu trop de l'hospitalité ... dans les coins:
Borée sourtlerait au naturel, au licu de soumer en reinture, que les vis1teurs un peu délicats ne songeraieut
pasa s'en p aindre.
Otcz de San-Remo cette rue du palais Borea dont l'a..,pect est presque moderne, et vous aurez la vi lle la plus
encbevctrée, la plus étrange. la pl1Js bizarre, et aussi la
plus amusante qu'on se puisse figurer: c'est le dédale
le plu., incongru et le plus inextricable de ruellcs, qui
montent, descendent, se croisent, s'embrouillent et
grimpent les unes sur les autres en escaladant ou en
dégringolant une colline abrupte; achaque pas,"des arcades sombres, des escaliers, des ponts suspeodus, joignant deux maisons, et,jetés daos ce fouillis, deséglises,
des bouls de jardins, des débris de fortíficat1ons. Dans
les ruelles, des femmes assises sur les seuils, vons regardent avec curiosité, et une foule d'enfants Lruns
barbotJillés vous entourent familierement, vous interrogeant avec leurs grands yeux noirs, et parfois vous souriant d'un air en mcme temps ingéou et mutin.
Voila San-Remo.
Un brave homme a qnitlé son ouvrage pour nous engager a monter sur la terrasse de sa mai•on, d'oi.l l'on
découvrait la ville, la campagne et la mcr.
line vigue, la plus haute que j'aie vue, a coup sur,
tentée sans doute par la beaulé da spectacle, s'ét1mdaii,
d'un seul jet droit et vigourPux, a quara11te pieds du sol
en s'attachant au mur. Cette ,·igne avait donné trois récoites cette année . il fait bon étre vigneron a SanRemo.
Je suis entré dans une église de belle apparence ; par
malbeur, je ne puis guere YOIJS en parler: on l'habillail
pour la fete du soir ou du lendemain. Les Jtaliens croiraient faire une grosse impolites~e a Dieu, a la Vierge
ou aux saints, s'ils ne couvraient pas, daos les grandes
occasions, les plus beaux marbres de serge ou de percaline rouge.
J'avais vu, il y a trois ans, Mooaco; mais alors les jeux
étaient modcstemcnl logés dans un pav1llon donnant sur
un joli jardin : depuis lors, M. Blanc leur a hati une demeure digne d'eux, de l'autre coté du fort; Je suis retourné a Monaco pour voir le nouveau temple de la
déesse Roulette et du dieu Trente-et-Quarante.
La route de Menton a Monaco court au-dessus d'un
immense jardjn d'orangers, de citronniers, de fig11iers,
ele capriers, qui descend vers les eaux lileues de la liéditerraoée; il est impossible d'aller a la fortune ou a la
ruine par un plus joyeux chemin.
Le Casino s'é!eve au milieu d'un pare délicieux, planté
de beaux arbres, embaumé des plus doux parfums : il
domine lamer, au bord de laquelle on arrive par de
magmfiques escaliers en marbre blanc et des terrasses
ornées de supcrbes balustres.
L'édifice est d'une blancheur éblouissante, immaculée:
il vous vienten le contcmplant des pensers d'une pureté
virginale; oo se demande si l'on a l'ame assez chaste
pour y pénetrer, et l'on s'attend a trouver dans le vestibtJle une statue de l'Innocence.
Un pb1losophe, qui avait pcut-etre perd11 la ve1lle
quelques napoléons sur le tapis vert, me montra, d'un
geste tragique, la roer, dont le Oot chantait, et le contonr
harmooieux &lt;lu golfe, puis le Casino, que la Ju[¡e enveloppait de ses plus amoureuses caresses, et d'nne voix
sentimentalc pronon~a ces quatre mob : l'enfer dans le
paradis.
J'entrai l,ravement daos l'enfer, au bruit d'uue valse
de Strauss, que jouait l'orchestre.
Autour de la table il y avait trois croupiers, deux dames ou den, demoiselles, peut-étre l'uu et l'autre, OWJpéesa piquer gravement sur de petits cartons les numéros sortis, une autre dame qui jouottait sagement, prudemment, froidement; une demi-douzaine de messieurs,
pas tous tres-propres, qui risquaient bien quarante sous
a la fois, et une dizaine de curiem qui regardaient, ou
jouaient en esprit.
JI dut se pcrdre et se gagner, daos cette folle nuit, cinq
cenL, francs, au moins.
A d1x heurcs une cloche sonna; a la porté de l'enfer
quelques-uns des damnés montcrent en omnibus, et
s'en allerent preudre un joli petít batcau a vapeur qui
les ramena a Nice.
Je tenais a revoir Monaco, et je \'ai revu avec infiniment de plaisir. Enfin, j'ai rencontre une Yille qui, en
troisans, n'a pa..q percéunerue, creusé un égout, bAti une

¡ 1;1~ison : tellP elle ótait ~u l R6i, tell e elle est en i R64_
J a, retrouvé le méme chatc:iu, les memes fresques dans

¡1a cour, dignes de Rorrc ou de Flnrrnce, dont la restauration arnit étéwmmenc"e par ~lnrat, un peintre de talent que la mort nous a pris avant 11• temps; le meme escalier, daos le gout de celni de fontainehlean, et qui n'a
qu'un ioconvénient, celni d'ctre un pcu plus grand
qu'il ne serait nécessaire; les memes remparts, les
mcmes pieces d'artillerie : onzr canons d'un calibre formidable et deux ohusiers, les memes tas de bombes et
de bonletsrangés sur la place, et je crois, le meme factionnaire a la porte du palais.
L'importance eles forces militaires de la principa.,té
n'a point changé non plus; je me suis renseigné sur ce
point : toujours quatorze hommes de troupe, c'est bea,ucoup, car l'armée monégasque, si l'on tient compte de
la population, est aussi 110111hreuse que l'arm \e fran~aise.
Les soldats de Charles lil sont écrasés de bcsogne.
- Vous avez, disais-je a un habitant, des gendarmes,
des douaniers, des sergents de ville?
- Oui, monsieur.
- Partant, un nombre considérable d'employés et de
fonctionnaires?
- 'on, monsieur.
- Comment cela?
- Ce sont les quatorze hommes de troupe qui sont
douaniers.
- Et les gendarmes?
- Encore les quatorze hommes de troupe.
- Et les agents de police?
- Toujours les quatorze hommes de troupe.
- Et ils remplis5ent en méme temps tant de fonctions
diO'érentes?
- Oh! non, monsieur, successivement: celui qui
était gendarme avant-hier, douanier hier, est aujourd'hui sergent de ville, sera soldat demaiu, et redeviendra gendarme aprcs demaio.
- Et !'uniforme?
- L'unirorme, monsieur, change avec la fooction,
oaturellement.
Je désirais visiter l'rntérieur du palais, et j'avais songé
a solliciter une autorisation du gouvemeur.
- PourrJis-je voir le gouverneur? demandai-jc a
un scrgent de ville du jour, douanier de la veille.
- Voir le gouverneur!
Je n'oublierai jamais l'acccnt de stupeur avec lequel
ce lirave homme, bouleverse de mon audace, pronon~a
cctte phrase.
Un instan! je pensai que la Jangue m'avait peul-etre
tourné, et que j'avais demandé a contempler Dieu face
a face.
Quand l'honnete sergent dP ville fut un peu revenu
al11i, il ajouta :
- Monsíeur, le gouverneur a du monde.
J'exposai te motií de ma demande.
- Adrr.ssez-vous au commnndaot du pala1s.
Malheureusemcnt, le commandant du palais était sorli
et n'avait delegué ses pouvoirs a persvnne.
Je m'en retournai asscz dé~appointé. En passant devantles prisons, l'idée me vinl de dcmander la permission
de YOir les priso11niers; mais je craignis de commettre
une indiscrétion, et n'en lis ríen.
. . . . . . . . . . . .
Avant de dire adieu a la Corniche, je m'arrete deux
jours a Cannes, ou l'Angleterre m'offre la plus cordiale
hos¡,italité. I.'année derniere, j'annon~is la création, a
Cannes, du premicr cl1Jh méditerranéen. L'idée est de"enue, a l'beure qu'il cst, uu fait accompli, qui se manifeste á tous les yeux par un tres-gracieux édifice, élevé
en pleine vue de la mer.
M. Béchard, le vic~-présidcnt de la société, a bien
voulu me faire visiter, dan5 tous ses détails, les appartements du club, dont le conforLaLle ne le cede en ríen
a celui qu'on rencontre dans les étahlissements de ce
geme les mieux organi~és.
Autre nonveauté : un hotel immense et somptueux,
sorli de terre comme par enchantement, tout armé et
tout orné.
- Et Canncs aura, cet hiver, assez d'étrangers pour
peupler ce grand caraYansérail? demandai-je.
- Per.;onne ici n'en doute, m'a+on répondu.
11 en est, a ce qu'il parait, des hótels comme des journaux: ils multiplient les voyageun; comme les journaux
multiplient le., lecteurs.
X. fn¡¡r;1r.

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Gorges de la Sbenandoab.

BATAILLE DE FJSHER'S-BILL -

D'apres les croquis de W. S.

Lir;uc, rebelles.

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�CORRESPONDANCE DE NICE.
AU DIRECTEUR.

Nice, U octobre t 864.

L'empereur et l'impératrice de Russie sout arrivés ici,
hier a cinq heures du soir, daos le traiu impéria\. Une
foule considérable a stationné toute r apres-midi le long
de l'avenue du Prince lmpérial (une magnificence), qui
aboutit a la gare, et le long de~ rues par lesquelles devait passer le cortége impér1al pour se rendre a la résidence de Leurs Majestés. Toutes ces rues avaient été,
comme la gare, pavoisées de drapeaux russes et fran~ais, d'oriflammes surmontant des écussous aux aigles
noires.
L'empereur et l'impératrice ont été re~us daos l'intérieur de la gare par la colonie russe, nombreuse aNice,
par des personnes de distinction, Frao~ais et étrangers,
qui avaient été invités. L'incognito, que l'on avait si
fort recommandé, a été rompu au clernier moment. En
effet, quelques heures avant l';;.rrivée de LL. ~rn ., le
grand maréchal du palais exprima au préfet le plaisir
que l'empereur éprouvrrait a étre re~11 par les autorités.
Done, le préfct, le géntral commandant le département
et le maire étaient présents, en grande tenue, a l'arrivée d11 train ímpér1al.
L'empereur, en costume de voyage, paletot et petit
chapeau gris, est desceodu le premier du wagon, ét il a
offert la main a l'impératrice pour lui aider a descendre
le marche-pied. Le grand chambellan a présenté a
Leurs Majestés d'abord les &lt;lames russes, puis les hommes, groupés il. gauche; enfin, les autorités frangaise~,
qui attemlaient a l'entrée du passage conduisant a la
sortie de la gare. L'empereur a adressé la parole individuellement au préfet, au général et au maire, pour
les remercier de l'accueil qui lui était fait, el leur exprimer le plaisir qu'il éprouvait de visiter un si beau pays.
Cet accueil a été tres-digne et tres-respectueux. En ce
seos, l'incognito que désiraient LL. M.1'1. a été rigoureu••
seruent observé.
•
L'empereur et l'impératrice ont été recus a leur villa
par les dames de la halle, 'l ui leur out oÓ:ert des masses
de fleurs. L'impératrice s'est montrée tres-sensible a
cette atlention. Ce déluge de fleurs l'a .étonnée, et elle
en demandait toujours que les corbeilles étaient épuisées.
Les résidences impériales se composent de deux propriétés, dont l'on a réuni, par une élégante passerclle,
les deux pares splendides plaotés d'orangers, qui seront
couverts de fruits jaunes daos un mois, et magnifiquement plantés d'arbres de tous les pays. Les arbres tro, picaux se trouvent la comme cbez eux.
La villa Peillon, habitée par LL. MM., est une des plus
belles de Nice. Elle cEt située sur un versant de colline
et exposée en pleio midi. L'aspect de la maison est gran-•
diose avec ses trois étages, et son rez-de-chaussée ento•1ré d'une galerie a colonnes grises. Elle est flanq uée de
·deux pavillons bas d'un rez-de-chaussée, surmontés
chacun d'un groupe de statues; dans les niches creusées dans ces pavillons, se trouveot égalemeot des statues. L'intérieur de la villa répond a l'extérieur. C'est
tres-vaste, tres-áéré, trés-riche. Le salon impérial est
d'un gout excellent, et meublé comme peu de villas le
sont ici. Il s'y trouve, chosc encore asscz rare a N1ce,
des objets d'art a~sez bien choisis. Les tentures sont en
soie bleue; les ornementations en or, pas trop surchargé,
les meubles du style Louis XV rocaille. De la grille qui
ferme l'eolrée de la villa a la maison, on arrivc par di:ux
allées en pente douce.
A droile de cette habitation, en regardant le midi, et
séparée d'elle par quelques bouqnets d'arbres, se trouve
la villa destinée aux dncs. Cela a un peu l'aspect forteresse, avec des votltes colossales et une grantle et belle
terrasse sur laquelle s' élcvent trois jeunes palmiers, ce
qui donne un certai1. caractere a cette maisoo.
La villa Bermond, voisine de la précédente, se com. pose de quatre pavillons ou palais, comme on dit.aussi.
Ces babitatiuns, qui oot été la demeure de la grandeduchesse Hélene, ainsi que l'atteste une inscription gravée sur les portails en pierre de la grille d'entrée,
sont moios priocieres que celles de la villa Peillon; elles
sont échelonoées sur une propriété qui ne compte pas
moios de huit ou dix hectares, et sont cacltées daos une
véritable forét d'orangers et de citronniers. On y arrive
par une splendide avenue d'oraogera. Les villas Ber-

sur sa figure chérie; nous nous serrions la main dana
une muelle étreinte, qui nous prouvait que nous n
..
d
.
oaa
et,_ons tous eu1 c~mp~.1s saos ~ou_s parler, et je n'ypen.
. sa,s plus, ou du moms J y tacha1s s1 fort que je parvellaii
souvent a réussir.
Que de bonheurs mystérieux et tendres deux C«l!ura
qui s'entendent peuveut trouver ainsi da:is un regard, dans un sourire, daos un serrement de mains
sympathique et doux ! Ne me plaignez ·pas trop, lectenr
car en vérité, je le sens maintenant, je n'étais pas alo~
a plaindre.
Un de ces gran,ds bonheurs qui paraitra puéril peut,
ctre, mais que je veux rapporter, parce qu'il fut le premier, disons meme le plus grand, c'est celui qui inonda
mon creur le jour ou je remis pour la premiere fois ama
mere l'or gagné par son fils .
~'était le prix d'une traduction interlinéaire des rabies
d'Esope, aá usum paroulorum; elle n'était meme pas signée. O ~loire !
Eh bien! j'ai dit plus haut que l'or de ma mere me pa.
CORRESPONDANCE D'AMÉRIQUE.
raissait pleurer; il me sembla que cette fois je voyais le
mien sourire !
AU OíRECTEUR.
Done, j'étais heureux apres tout; et comme la riviete
New-Yorl.., 5 octobre t 86i.
un instant soulevée par la ternpete, redevient hmpi~
et calme, ma vie avait repris son niveau, moins enthonJe vous envoie deux croquis faits pendant la deroiere siaste et moins passionnée peut--étre, mais pure et hondes deux grandes batailles que le général Sheridan a néte, et méme un peu enthonsiaste encore, mais de cel
livrées au général Early, a Vinchester, le rn septembre, entbousiasme qui prend sa source dans les régions les
et a Fi,her's-hill le 23. 11 a cvmplétement battu ce gé- plus intimes de l'ame et qui l'éleve sans la troubler.
néral et presqne anéanti cette armée qui, il y a peu de
Il est temps maintenant que je présente au lecteor
temps, mena~ait Washington.
Emmanuel de Terville. Quoique effacé en apparence, le
En quelques jours, Sheridan a balayé la vallée de la róle qu'il joue daos cette simple hisloire eut un proíond
Shenandoab, fait six mille prisonniers, pris toute l'ar- retentissement daos roa vie.
tillerie confédérée et les drapeaux de la brigade dile
Emmanuel était mon ami des le collége, et sans que
Stooewall-Brigade, en sou venir de son général Stonewall cette amitié eut jamais trouvé l'occasion de se prou,er
Jackson. Ces drapeaux, déchirés et noircis par le feude par un fait particulier, elle portait cependant ames yem
vingt batailles, sont maintenant a Washington.
ce cachet de franchise et de sincérité qui fait présumer
Toute tentative d'attaque contre le Potomac esta pré- que, l'occasion venue, le dévouemeut ne fera pas déíao~
seot mterdite au général Lee, et la route de Lynchb11rg j'en a vais ainsi jugé, et je dus croire, auxjours du mal,
sur Richmond est ouverte. 11 ne reste plus aux confé- heur, que j'en avais jugé sainement. Ce qu'Erumanoel
dérés qu'il. réunir les derniers débris de leurs armées était pour moi la veille de ma ruine, il le fut le lendemain,
sous Tes murs de Richmood, .pour résister an choc que rien de plus, mais rieu de moins, et c'était beaucoop.
vont lui porter sur ce point toules les forces combinées La main tonjours loyalement oflerte, le regard toujoun
du Nord. M. Seward, dans un récent discours, compa- nettement et amicalement fixé sur moi, l'abord toujoun
rant la sécession il. la coquille d'un reuf, disait : &lt;&lt; 11 y a fr:mc et cordial, tels étaient les indices sur la foi deamai ntenant une pointe écrasée, le reste doit bientót quels s'augmeotait l'attrait qui m'avait toujours entomber en moreeaux. 11 Nous sommes tous de cet avis et trainé vers .Emmanuel. Aux yeux d'un homme qui, tMs
ootre enthou, iasme est immense; la démoralisation la que la fortune l'avait trahi, avait pu voir taot de jellllll
plus complete regne, au confraire, dans le parti en- gens traverser le boulevard a son aspect, afio de gagner
nemi. La lm de cette funeste guerre approche, il n'y a le cóté opposé et n~ pas suhir la géne d'une renconlre
plus a en douter, et l'Uoion sera rétablie. Nous écrase- importune; pour celui qui avait vu tant d'ingral~, mille
rons, s'il le faut, jusqu'au dernier débris de la résis- fois les obligés de sa famille, détourner avec atrectatiol
tance; nous servons une cause qui nous permet la ri- la tete et ne pas le saluer, on m'avouera que cette OOII•
gueur et que nous devons faire triompher a tout prix. duite d'Emmannel avait quelque mérite; cela est triste
Une révolutioo s'est faite déja dans les esprits et daos a dire, mais il fut le seul exemple d'un semblable héles mreurs a l'égard des negres; il était facile de la pré- roisme, car, daos notre société, l'homme riche qui res
voir. Dils qu'on permeltait a ces braves ~ens de verser connalt en pnblic un ami pauvre peut passer pourDI
lcur sang daos nos rangs sur les chamris de bataille, on héros de courage ou de singularité. Une chose m'ank
les relevait a leurs' pro pres yeux et aux nótres, et ils de- encore touché, c'était l'attitude d'Emmanuel envers ma
venaient forcémentnos égaux. Aussi voit-on maintenant mere; il semblait la saluer avec une nuance de respei
saos étoonement un blanc causer en pleine rue avec un plus marq uée encore dans sa mansarde de la ruc du Bit,
negre et lui donner la main; un négre monte dans une qu'il ne l'av~it jamais fait daos les salons aristocrali·
voiture publique ou sur un s'teamer et y occupe s.a place ques dont elle avait été si longtemps la reine; et cepet'
tout i::omme un aulre, et nous comptons par centaines daot il joignait a ce respect quelque chose qui, sans étre
des negres portant les épaulettes de capitaine et les de la familiarité, avait le bon parfum d'une affecliol
portant tres-bravement. Les espérances d'un abolitioniste vraiment sentie, et tout cela prelait, pour moi, a ceUt
n'anraient jamais osé s'élever jusque-la, il y a quelques unique courtisan de l'infortune, un ch arme irrésistible el
tout-puissant. Rien n'était d'ailleurs plus charad
années.
Pour
extrait:
P.
PAGET.
qu'Emmanuel quand il le voulait.
·
Agréez, etc.
Juste assez beau pour n'etre pas remarqué, justeallli:
simple pour ne pas sembler négligé, tout, chez Emllll'
nuel, paraissait réglé par le bon goi.tt et par une sort
LES LILAS BLANCS.
de gr-a.ce molle, qui, saos e1Iacer en lui le caractere df
l'homme, lm donnait cette espece d'attrait qui vientil
1sum ,).
la doucem·, et qui est particulier aux femme's; spiritoflt.,
mais d'un esprit mordant et vif, il semblait ordioaiJ1!l&gt;,i
N'importe, parl'ois eocore le vieil homme se réveillait
ment dédaigneux de montrer son esprit, et 1'ab1itít
en moi; le bruit d'un triomphe étranger arrivait jusqu'a
sous un masque d'insouciaoce .trop naturelle pour ,.,
nons; un succes venait de faire apparaltre s1Jr l'horizon
raitre a1Iectée; puis, soudain, quand un mot oo
littéraire un nomjeune et jusqu'alors inconnu; un autre
pensée venait a heurter plusvivement cetteinsouci&amp;D
avait touché ce but, un instant et vaioement entrevo
comme l'étincelle qui, s011s le choc, jaillit de la pie
1 par moi. Je pnis le dire, je n'étais pas bassemeotjaloux,
il laissait échapper une réflexion qui frappait juste,~ce sentiment n'est jamais entré daos mon creur, mais,
qu'il exprimait par une parole presque toujows inc
malgré moi, il m'échappait un soupir. A son tour, ma
et sceptique. Cela peut-étre m'etlt fait mal augurer
mere l'interceptait au passage, et je voyais alors un reson creur, si maintes fois je n'avais YU perler une l
gard anxieux et comme voilé d'une \arme s'arreter sur
dans ses yeux au récit de quelque souffrance 011
moi ; bientót je la rassurais d'un sourire qui se reflétait

mond sont'. occupées par la maison de l'impératrice. Le
jardin d'Alphoose Karr, ce nid de roses, cst limitrophe
avec la villa Peilloo.
Voila, au couraot de la plume, ce que je puis vous
dire aujourd'hui des demeures impériales et de l'arrivée
de LL. MM. a Nice. Cependant, voici deux faits caractéristiques. Comme je vous l'ai dit plus haut, l'impératrice a été enchantée des montagnes de flcurs qu'on a
répandues a ses pieds; et l'empereur s'est haté, ce
matio, de passer, sur la place d'Armes, la revue dubataillon de chasscurs de la garde, chargé du service
d'honneur.
Je vous tiendrai au courant. Et avant de terminer, je
vous dirai qu'on attend ici deux frégates russes pour
compléter une escadrille. Une fr~;;ate et une corvette
sont déja mouillées a Villefrauche.
Loms DE SAINT-PIERRE.

¡

.279

L'lLL UST RATlON, JOURNAL lJN IVERSEL.

L' 1LLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

etqoe belle action. 11 cachait cette !arme soit par res-

tu troubler notre bonne vie? Mes livres, ton amour et

qo bumain, soit par systeme, mais cela suffisait a me l'amitié d'Emmanuel, ne sont-ce pas les éléments d'une

~ croire

que l'attendri~se~ent, :ve~ait bien réelle- existence heureuse?
- Aussi ne s'agirait-il pas de l'interrompre dit-elle ·
:,
esprit paresseux qui se réveille a l'improviste et je suis désireuse de la conserver autant que !u peux e~
00
etre jaloux toi-méme; mais sans l'interrompre on peut
nijailüt san~ avoir eu le temps de mesurer son élan.
q Do reste, il m'eut été impossible d'expliquer alors le l'embellir; voila ce que m'a proposé Emmanuel et ce
.,
'
,éntable caractere d"Emmanuel ; il me serait encore que J approuve tres-fort. Assieds-toi pour mieux enimpossible de l'expliquer aujourd'hui que je le connais tendre.
arieDI, si l'on refusait d'admettre qu'il y ait des gens
- Voyons, dis-je, la séance est ouverte et je suis tout
tout ala fois sceptiques et croyants, bons et pervers, in- oreilles.
- Emmanuel a si souvent parlé de toi, de tóñ talent
capables de_ la m~indre indélicatesse, et fort capables de
ces petite, rnfam1es de creur, que le creur condamne, de votre amitié a sa cousine, la comtesse Blanche, qu;
mais que le monde absout. Ces apparentes contradic- cette dame désire te connaitre; présenté par Emmanuel
tions ne peuveot, je crois, se concilier qll.e par le mot tu_serais re~u par sa cousine comme un ami, et tu pour~
que j'ai déja prononcé plus haut, le mot : systeme ; on ra1s trouver dans son salon, sinoo des connaissances
est né boonete, mais il faut de la vertu, pas trop n'en qui plus tard te seraient utilés, au moios cet écbange
faut, dit le systeme, et l'on obéit au systeme. 11 y a tout de pensées et ce frnttement avec d'autres esprits qui te
un admirable code a l'usage des gens du monde, et dont sont, je erois, nécessaires. Il n ·y a pa.s de repos qui
oous nous taissons presque tons aller a respecter les dé- puisse valoir celui-la, et c'est, j'oserais le dire, le com.crets; la probité, dans certains cas, est chose inviolable; plément presque indi,pensable d'une existence de Jadans certains autres, elle passe pour duperie; une beurs et de fatigues intellectuelles.
Puis, voyant que je restais muet, elle ajouta :
mauvaise action qui tourne en élégante raillerie n'est
- Quelle objection peux-tu faire au projet d'Emmaqu'une plaisanterie spirituelle etgaie, et dont oo ne fait
plus que rire; c'est convenu, c'est entendu, et bien col- nuel?
- Mere, je ne sais, lui dis-je; je suis loin d'avoir de
Jet monté serait celui qui se gendarmerait pour si peu.
Tel était saos doute Emmanuel: une bonne nature, sots préjugés, et je ne crois pas que l'h.omme ruiné ait
gatée par un caractere incertain, et que n'avait jamais dtl perdre de sa valeur persnnoelle par le seul effet de
éprouvée l'infortune, cette grande maitresse. ~lais je sa ruine, mais j'bésite a la pensée de retourner dans ce
m'aper~o1s que je me laisse aller a juger Emmanuel avec monde ou j'ai vécu dans des circonstances meilleures ·
la lumiere que devait m'apporter !'avenir; au moment puis, je n'ai pas encore senti jusqu'ici le besoin de cette'
011 je le présente au lecteur, je ne le jngeais pa$ aiosi; diversion a mes pensées dont tu parles, et je craindrais
j'avais bien remarqué chez lui de nombreux disparates, que le travail ne me ftlt, au contraire, rendu plus pénimais je l'avais toujours vu linvariablement mon ami, et ble, si je m'exposais a gouter, ftlt-ce rarement, les plaicette ~délité, en ce qui me conceroait, compensait gran- sirs élégants d'un monde aimé jadis, mais qui ne doit
dement a mes yeux sa versatilité sur d'autres points. plus étre le mien.
- Tout ce que tu dis la serait sans doute fort juste
Bref, je l'aimais, et c'est tout dire; daos ma nouvelle
sitoatioo, les affections étaient rares ; je croyais a la interrompit Em~anuel, avec cette nonchalance grac1eus;
sienoe, et elle tenait une bien grande place daos le cer- dont j'ai parlé plus haut, s'il s'agissait de te laocer a
nouveau dans un tour~illon inconciliable, je le crois
cle restreint ou j'enfermais mes pensées.
comme1oi,
avec la vie sérieuse et digne que tu as adopAossi fus-je vivement peiné, et meme un peu froissé,
tée;
aussi
n'est-ce
pas la ce que je te propose; laisse-moi
lorsqu'un jour ma mere me dit, daos.une de ces causete
faire
un
court
historique
du salon de ma cousine et
ries coofidentielles qui composaient un de nos graods
'
tu
verras
les
choses
sous
un
tout autre aspect. Blanche
booheurs :
- C'est étrange, rien de ma part ne justifie ce senti- est mariée a un vieillard qui a qnarante-cinq aos de plus
qu'elle, qui ne sortjamais, et a de plus le ridicule d'étre
ment, mais je n'aime pas M. de Terville.
- Pourquoi? fis-je, avec un bond de surprise. N'est-íl d'une jalousie supérieure a celle d'Othello. Ces diverses
pas le seul de nos amis qui ne nous ait pas atandon- circonstances foot a roa pauvre cousioe une existen.ce
des plu!- décolorées, et son unique ressource contre l'ennés!
- Je sais tout cela, dit-ell~; je sens que je suis, que nui mortel qui la menace, est une société tout intime et
je dois elre injuste, mais c'est plus fort que moi, je ne composée de gens intel\igents et distingués, joignaot
aux recherches de l'esprit la simplicité de gout des
l'aime pas.
Ceue découverte me serra le creur, etje pensai que gens sages. Je recrute pour ce salon tout ce que je conma mere recoonaitrait elle-méme que cette répugnauce nais d'esprits jeuoes et brillants, capables d'animer ces
de sa part était saos cause, et, bonne et juste comme je réunions sans leur faire perdre leur cachet·de réserve et
la conoaissais, je ne doutai pas qu' elle ne fit tous ses de bon gotlt. A ces titres, tu m'as paru une recrue
a ambitiooBer, et j'ai plaidé cette cause, je te l'avoue,
eft'orts pour la vaincre.
Un jour vint ou je crus voir se réaliser cette espé- plus encore daos l'intérét de ma cousine que daos le
rance ; je rentrais d',me conrse, lorsque je trouvai tien propre, quoique je partage les idées de ta mere en
Emmaouel seul avec ma mere; ils semblaient occupés ce qui te concerne. Quant a Blanche, c'est le naturel et
d'une conversation qui les absorbait, car j'arrivai pres- la bonté mémes, et des que tu la connaltras, je suis etlr
que jusqu'au milieu de la chambre saos qu'ils eussent que tu l'apprécieras comme elle le mérite. Bref, en acl'air de s'apercevoir de ma présence. Enfin, ma mere se ceptant moo invitation, ajouta-t-il, ~u obligeras deux
personnes, Blanche et moi : Blanche, en lui donnant un
lourna vers moi et me dit :
ami;
moi, en ne me faisant pas subir l'affront de m'étre
- Je viens d'avoir avec notre ami Emmanuel une
targué
de plus d'influence sur toique tu ne m'en accordes
co~versation qui m'a charmée, car ses paroles réponréellement.
daient ades craintes secretes que je nourrissais depuis
- Et quel jour comptes-tn présenter a ta cousine le
quelque temps au fond de mon creur.
poete
que tu protéges? lui dis-je en souriant, a moitié
- Qu'est-ce done? fis-je, surpris et charmé de l'air
convaincu.
SOuriant de ma mere.
- Samedi, si t1J le veux bien, je lui présenterai l'ami
- Un complot infernal, dit Emmanuel avec cet air
ros:nenard, au moyen duque! il cachait quelquefois la que j'aime, répondit-il avec cette grace irrésistible, une
de ses séductioos les plus réelles.
vénté sous la raillerie.
- A samedi done, puisque vous le voulez tous deux,
. - Depuis longtemps, cher enfant, reprit roa mere,
J~ m~ demandais si ce bonheur si grand que je ressens a repris-je en me décidant.
Et Emmanuel sortit emportant ma promesse.
ta,01r tout a moi, n'était pas entaché d'égoisme, et .si,
- Tu es done un peu revenu sur le compte d'Emmaen conservant la bonne vie que tu me fais, il n·y aurait
nuel?
dis-je il. ma mere quand nous fumes seuls .
pas moyeo d'introduire dans ton existence quelquesOui
et non, dit-elle en souriant. Emmanuel a fait
unes de ces distractions, presque un besoin. pour qui
preuve
a
mes
yeux de deux déhcatesses dontje me plais
:llaille sans cesse; a force de se tendre la pensée se Cague, et peut demander d'autres ressources qu'un tele-a- a lui savoir gré; il o'a pas ignoré notre misere et n'a
~ avec une mere, bien tendre saos doute, mais qui jamais tenté de nous faire de ces offres de services tounest pas bien amusante, ajouta-t-elle en mettant une jours humiliantes, si franchcs qu'elles soient, et, je le
crois, cette abstention de sa part est le fruit d'une noble
IIU&amp;nce de coquetterie daos sa voix.
-.Oh! mere, luí dis-je avec élan, pourquoi crains-tu réserve ; car je le sais généreux et méme prodigue a
que Jepuisse m'ennuyer avec toi? Et pourquoi voudrais- l'occasion; de plus, il est fier de l'amitié de mon fils, et

ent du creur, et que la ra1llene n etall que le caprice

---------s'en pare hautement; voila une raison bien forte contre
l'espece de·froideur inexplicable et certainement injJ~te
que, malgré moi, je ressens po11r lui.
J'embrassai roa mere, doublement heureux, et de ce
qu'il y avait de caressant pour moi daos sa phrase, et de
ce qui s'y trouvait de flattenr pour un ami bien cher a
mes yeux.
Nous étions au lundi; c'était done dans cinq jours que
j'avais promis de retourner, pour la pre111iere fois depuis ma ruine, daos ce monde dont les portes jadis m'étaient ouvertes a deux hattants, et dont une crainte,
puérile saos doute, me faisait alors redouter iostinctivement le contact.
Ce ne fut pas sans quelqnes réflexions que je vis s'approcher ce jour, en lui-meme si peu solennel.
Un~ des ch oses dont se préoccupe le plus l'imagination
de l'bomme dans sa jeunesse, c'est la croyance de son
importan ce personnelle aux yeuxd'autrui; aucun horr.me,
Cut-ce le plus obscur et le plus iofime, ne veut se per-•
suader que ses pas, ses démarches, sa tenue, puissenl'
ne pas etre l'objet des commentaires et de la critique de
ceu.x sous les yeux de qui il passera; de la, une crainte
qui, parfois, lorsqu'on s'efforcc le plus de fuir le ridicule
Y0US le fait atteindre du premier conp et au grand com:
plet.
Si e'est la un sentiment naturel a tous, il faut avouer
que j'étais assez excusable de m'y abandonner· saos
. . ,
'
'
a,_01r J0Ue un role. br1llant avant ma ruine, puisque j'éta1s encore trop Jeune pour en avoir joué un qui me fút
personnel, cependant on n'avait pas ignoré daos le
monde élégant de París, et quelle avait été roa'situation
passée et quelle était celle dont les circonstances m'avaient fait une nécessité. Sans doute, depuis d.eux ans
déja, tout cela s·était accompli, et il aurait du etre évident pour moi que pas une ame au monde ne s'en souviendrait; mais l'bomme ne peut se juger avec les memes yeux que les indifférents; et lorsque ceux:-ci ont
oublié depuis longtemps son nom, son infortune et jusqu'a son souveoir, l'homme en est encore au lendemain
de ses malheurs et croit en trouver le reflet daos le regard ou daos la voix de chaqne personne qui !'aborde.
n,_en é_t~it ainsi de ~oi, et, pour bien expliquer le genre
~ rnqmetu~e ressent1e au fond de mon creur, je dirai que
Je ne sava,s trop si, dans le saloo de la comtesse Blanche, je devais prendre l'attitude d'un élégant ou celle
d'un homme pret a accepter le patronage des gens influent~ qu'~mmanuel_ avait nommés a n:a mere, et qui,
daos 1ave~1r, pouva1ent m'aider de leur suffrage ou de
leur appm. En un mot, que devais-je laisser prédominer en moi? L'homme du monde ou l'homme de \ettres !
Apres Y avoir beaucoup réflécbi, plus, je crains bien
q_ue cela n'.était nécessaire, je me décidai pour un troi~
s1eme part1, en eflet le meilleur: c'était de me mootrer
~urement et simplement comme un homme bien élevé
JU?eaoi, que c'était la le point de contact qui unit
m1eu1 l homme de lettres, l'homme véritablement digne
d~ e~ nom .d~ moins, a~ véritable homme du monde, je
d1ra1s au ver1table genttlbomme, si ce mot était de mise
de nos jours.
C'était la une délibération bien futile saos doute et
je n'en aurais certainement p11s rendu compte au J~cte~r, si je o'étais entré, en faisant ce récit, dans une
vo1e de franchise qui me fait désirer de relever un a un
jusqu'aux antécédents les moins 1mportants de mon iotroduction daos une société, sonrce des beures les plus
douces et les plus cruelles de roa vie.
Enfin, ce samedi, l'objet de tant de réflexions, arriva.
Emmanuel fut exact au rendez-vous, et vint me prendre
a huit heures.
, Ma ~ ere m,': ~br~sa'. qua~d ~ous partimes, aYec plus
d effus10n qu a I ordma1re; e éta1t, depuis la mort de mon
pere, la premiere soirée que j'allais passer loin d'elle .
puis, peut-étre, elle aussi, se préoccupait-elle de cett; •
nouvelle entrée de son fils daos le monde; puis, peutetre entore, qui sait? pressentait-elle, tremblait-elle
craignait-elle, comme craignent, ~omme tremblent:
co~me presseotent souvent les meres, saos, causes et sans
ra1sons appareutes.
Une fois dans la rue, Emmanuel congédia son coupé
et prit mon bras.
Juus DE WAILLY ms.
(La suite prochainement.)
,\

1:

Reproduction interdite aux j ournau1 qui n'oat pu traité uec la Société
le1 gens de lettm.

�280

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

,

1

RltGES.

Ce mot, qui
ne doit certainement exister sur aucun
dictionnaire
géograph ique, est le
nom d'un petit coin de
terre quin' est
pas saos intérét pour l'artiste, pour le
géologue,
pour le cbasseur, en un
mot, pourtout
ami de la nature, qui n'est
la ni mutilée,
nitransformée
par la main

des bommes¡
mais si les livres se taisent
a son égard,
les belles cartes dres.ws
pour la r..
margue, soil
celle de l.
Veran, d'Ar1es, soit celle
de M. Ílii·
líen Damll,
de Somllires,désigDellt
dans la parlie
méridionale
du vaste della
du Rhone,a
milieu des
étangs et del
0aques d'ea
qui sépared
l'étang de
Valcaresdela

,

armi ces bandes ·d'alluP
01er,
,r
Tions fluviatiles r écentes don t
vent de roer cbange ' les
un
t ..
dispasitions, tant ces e~rams
sont bas ., ces cartes, d1sonsdésignent une langue
S
ollU'
.
d'alluvions"ane1ennes, longue
de quatre kilometres et large
d'environ cio_q ~en~ metres.
Cette ile est md1quee comme
s'élevant de deux metres quatorze ceetimetres au-d.issus de
lamer : ce qui est une altitude énorme, daos un pays ou
la platitude est telle qu'elle
vous cause, a J'état de vertige,
la crainle, , sioon de tomher
daos un ¡1réci1)ice, ainsi que
cela arrivc lorsqu'on est a
la marge d'un haut rocber
taillé apie, du moins d'ctrc
envahi de tout coté par les
eaUI.
Qui connait ce pays, que
ces eau1 et la dislance placent
loin de toute hahitation et préscrvcnt ainsi de ton te dévastation? Des chasseurs passionnés et intrópidcs, des gardicns
de hreufs saurages parvicn- ·
ncnt sculs rlans cette solitude.
L~s arhrcs y poussent et y
rucurcnt san, y etre mutilés.
Les oiseaux aquatiques, des
troupes de 0ammants, des avoceles, rle~ goi\lands y vi venten·
pai1, el les pancl'atium épa-nouisscnt leur corolle odorante sans que les jardiniers
fleurisles vien nent arracher ala
terre qui- les nourrit • leurs
bulbcs recberchées. 1 Le bois
qui couvre toute la petite ile,
el qui s'appelle le bois de Rie- ·
ges, est done une vraie forét
,ierge. Les arbres qui la· composcnt. sont: le Juniperus phreaitea(legeucvriermurvan), qui
éleve son parasol, souvent élégant, sur dos toufles enchcvctréesdephyllil'ea.Au printemps,
les grands asphodeles éL'.llent
ROSSINI. - D'apres un médai!lon de M. H'• Chev•lier.
leur tige chargée de fleurs
blanches. Des cystes divers y
brilleut aussi err abondance. En été, les statices parcnt de d~lresse. Enfin, arrivé sur la terre forme, nous
le sable, et, au commenccmenl -de l'áutomne, l'aster avons tracé sur le papiér l'image de ces troncs morts,
11111ellus s'y montre, sinon plus fastueux, du moins renversés, desséchés, qui reslent debout au mi'ieu de
plus gracieux que
8'!S congéneres nombreux de l'Amérique du Nord, qui
sont, a la meme
époque de l'année,
la parure la plus
apparente de nos
parterres. Chasseur
de pittoresque aussi
passionné
qu'un
chasseur de gibier,
nous avons voulu •
connaitre le hois de
Rieges. Avec des
goides, nous avorrs
tra,ersé de grands
espaces d'eau; nous
a,ons troublé, pen- ·
dant nne matinée
de printemps, des
troupes de 0amlllants, craign an t
saos doute de voir
détruire lenrs ooufs
déposés-sur le sable;
des avocetes, planant sur nos tetes
.
'
IIOllllaieµl lle~ .9ri&amp;- - .

1 ••

la vigoureuse verdure des plus
jeunes, et nous reproduisons
ici deux de nos croquis exécutés d'apres nature.
Si le bois de Rieges et le
terrain qui le supporte sont
11ne antiquité, végétalement
et géologiquement parlant, il
n'en est pas de méme des autres parties de la basse Camargue. 11 n'y a guere que cent
cinquante ans que le cours liu
Hhóne a été grandement modifié, et il y en a deux mille
que l'étang deValcarcs h'avait
certainement pas la forme
qu'il présente aujourd'hui. On
trouve t.les prcuves 111atérielles
de ces changements incontestables clans le niveau de constructiun~ romaines, existant au
bord de l'eau et daos l'eau
meme de l'étang, a la bauteur
du grand dornaine appelé le
chatcau d'Avignon. Ainsi que
peut le faire comprendre notre
dcssin, une couche de deux a
trois metres d'alluvions fluviatilcs recouvre ces traces de
conslructions romaines. Est-ce
la trace de la ville de Natilia,
dont parle Strabon, comme
exislant aux emboucburcs du
Hhone? 11 serait bien difficile
cl'éclaircir ce point de géographie anciennc. Contentonsnous d'o~scrver, avec les ré0exions qu'ils doivent faire
naltre, ces spectacles imposants des pbénomenes de la
nature, a coté des témoignages de la fragilité des· choses
humaines.
J. B. LAUOENS.

ROSSINI.

Ce grand artiste est né a
Pesaro, pctile villc de la Romagne, le 20 février i 792.
Son pere, Giüseppe Rossini,
était tubatore, trompelte de
ville. C'était lui qui proclamait les arretés municipaux, qui annoncait les cérémonies publiques, les ven les aux encheres, ;te., etc. 11 était
en outre inspecteur dé la boucherie. :&amp;Iais les deux places
réunies ne produisaient qu'un assez
maigre revenu.
Sa femme, Anna
Guidarini, était filie
d'un boulanger de
Pesaro. Elle avait un
gotit tres-vif pour la
musique, et une jolíe voix, dont elle
tira partí un peu
plus tard, quand le
vent des révolutions
eut soufflé sur l' ltalie, et que Giuseppc,
victime de la réaction, fut hors d'état
de nou·rrir sa famille.
En i796, en effct,
le général Bona-•
parte, vainqueur de~
Autrichiens et maltre de la haute rta-lie, partil de Bologne, baltit J'armée
papale, et contraignit le saint-pere au

tr~ité qe Tol~M!!!ij,

�is3
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -- - -- = - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - L'ILLUSTRATION. JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
300,000 fr. Il n'a répondu que par un sourire, et l 1'11,
Il forma la république cisalpine,'puis la république ,fis.- filfreprésenter, dans le courant de l'année t8t2, six fermé son manuscrit avec cent autres ouvrages, gr._
padane, et une république anconitaine se forma bientót opéras, daos trois villes difiérentes: a Venise, l'Inganno ou petits, que ses amis seuls connaissent. Aprea llli
d'elle-méme. En t798, ce qui restait encore du domaine felice, Il. cambio della ualigia, la Seala di seta, l'Occasione
été toute sa vie au-dessus de ce qu'il produisai1, 11
de saint Pierre ful envahi, Rome prise, le pape exporté. fa il ladro, - a Ferrare, un opéra sérieux : Giro in Batrouvé moyen de se mettre au-dessus de sa gloire ea.;
Une république romaine fut organisée, et bientót apres bilonia, - a Milao, un opéra bouffe en deux acles, la
méme. Ce grand musicien est assurément un grand ,i.
une république ¡,artbénopéenne. 11 parait que ces grands Pietra del Paragone. JI y a daos l'Inganno un finale charlosopbe.
G. HtQun.
changements inspirerent a Giuseppe Rossini plus de maot, un trio qui est un chef-d'reuvre. La Pietra del Pasympathie que d'borreur, si bien que l'an d'apres, quand ragone mit en émoi toute la Lombardie. Oo accourait a
la chance tourna, il perdit ses deux emplois et fut mis Milan, pour l'entendre, de toutes les villes environTllÉ0D0SIE DE CRIMÉE.
en prison, ou il resta dix mois. Anna Guadarini se ré- nantes, et l'auteur ayant, sur ces entre!aites, atteint sa
fugia a Bologne, obtint de débuter au théatre Cit&gt;ico, vingtieme année, le prioee Eugene, vice-roí d'Italie,
Théodosie, CAFFA ou KtFt, port de laRussie d ~
réussit, et tint l'emploi de prima donna, pendant plu- l'exempta de la conscri¡,tion. Il justifia immédiatement
est
situé sur Je détroit de Caffa, qui unit la mer Noire ¡
cette
faveur
exceptionnelle
par
la
partition
de
Tancredi,
sieurs années, a Sinigaglia, Forli, Ferrare, Mantoue, etc.
celle
d'Azof. Cette ville ful batie en t266 par les~
executée
a
Venise
pendant
le
carnaval
de
t8l3.
Tancrede
Giuseppe, devenu libre, la suivait partout, et jouait
sur
les
ruines de l'antique Théodosia, qui devint alonle
est
plein
de
beautés
du
premier
ordre
et
d'inspirations
la partie de premier cor daos l'orchestre des théAtres
centre
du
commerce de leur république avec la
que
Rossini
lui-meme
n'ajamais
surpassées.
ou elle remplissait les premiers róles. Gioachino RoslaPerse
et
l'Inde. lis la conserverentjusqu'en ft75,é~
L'ltaliana
in
Algeri
~uivit
de
pres
Tancrede.
En
t8H-,
sini, leur fils unique, a done entendu chanter, répéalaquelle
Mahmoud
ll !es expulsa de la Crimée, etronia
Rossini
fil
jouer,
a
Milan,
A.ureliano
in
Palm!ra
et
le
ter, jouer du clavecín, etc., des sa plus tendre enfance.
de
cette
presqu'ile
un
Etat tartare dépendant de ta y.,
Turc
en
Italie,
puis
Sigismondo
a
Venise.
En
t8i5,
l'enll avait sept ans lorsqu'on pla~a tant bien que mal ses
quie.
Cet
État
passa
sous
la domioation russe en t7tt
trepreneur
des
théatres
de
Naples,
Barbaja,
s'allacha
le
petites mains sur un clavier et qu'on tui apprit le solfége.
sous Catherine JI. Mais avant d'abandonner Tbéodosie.;
jeune
et
triomphant
maestro
par
un
traitement
magni11 avait une voix charmante. A neuf ans, il commen~a
de chanter dans les églises de Bologne. A onze ans, il fique, t2,000 fr. par an. JI débuta, a Naples, par Eli- Russes, les Tur~ la détruiairent ~e fond en comble, 1
ne firent qu'un monceau de rumes de cette cité, 4(i
cbantait a merveille et exécutait a premiere vue, avec sabetta. Puis il y écrivit successivement la Gauetta et
était
panenue a un tel degré d'importance et de r i un aplomb imperturbable, tous les accompagnements Otello (t816), Armida (18f7), Mose in Egitto, Ricciardo e
qu'on
l'appelait la petite Consto.ntinople. L'étendne de•
qu'on tui présentait. Son pere luí avait appris a jouer Zoraide (t8t8), Ermione, la Donna del lago (t8iíl), et
ruines
et les vestiges de ses fortifications, attestent e-.
du cor. Un artiste de Bologne lui donna des le~ons de Maometto mondo (!820).
son ancienne grandeur et l'état llorissant daos leqael
Ces
grands
011vrages
ne
sont
encore
que
la
moitié
de
violon. Quand la mue vint lui enlever sa voix de soelle se trouvait, a cette époq11e, sous la domination g6,
prano, iJ tira partí de son talent d'accompagnateur, qui ce qu'il produisit daos l'espace de six années. ll
noise ou turque. Elle comptait alors une population d'•
trouva
encore
le
temps
d'écrire,
a
Rome,
Torwaldo
était fort remarquable. Des cette époque, il était déja
viroo t 5,000 ames, qui fut dispersée, et se comJIOIII
e
Dorliska
(1815),
Je
Barbier
de
Séville
(t8t6),
Cenerentola
d'uo grand secours a son pere, dont le métier ne valait
en grande partie de riches oégociants arménieos; cq¡.
(t8t7),
Adelaida
di
Borgogna
(t818).
11
partil
de
Rome
rien, et a sa mere, dont la voix s'était promptement faci, dirigés par leur esprit actif et industrieux, y avaleal
tiguée. 11 avait écrit déja quelques pieces de musique, apres y avoiT donné Cenerentola, pour aller écrire a
établi l'entrepot de leur commerce. On n'en sauraitdol,
Milan
la
Gazza
ladra.
11
retourna
a
Milan
le
lendemain
de
bien qu'il ne sut pas un mot de contrepoint. Son merla premiere représentation de la Donna del lago, pour y ter, si J'on songe que q~arante-deux églises arménie•
veilleux instinct lui révélait toutes les regles.
étaient élevées daos son enceinte.
Il y parut bien quand les Mombelli vinrent a Bolo- pire jouer Bianca P. Faliero. Cette accumulation de
Depuis une vingtaine d'années, Théodosie tend hegne, et que M"" Mombelli la mere, en lui donnaut chefs-d'reuvre improvisés coup sur couµ efiraie l'imagi- co11vrer son ancienne prospérité, depuis surtout qae 11
successivement les paroles d'un air, d'un duo, d'un nation.
Il revint a Rome en t82t et y donna !,(atilde di Sha- constructiou d'un chemin de fer, qui•la réunit l . .
quatuor etc., qu'on essayait des qu'ils étaient faits,
cou et a Saint-Pétersbourg, et qui relie, par suite, ta
Jui fit composer, de cette fa~ou, un opéra tout entier. l&gt;ran. Puis, Barbaja ayant soumissionné et obtenu l'en- mer Noire a la Baltique, est venue apporter nne vie•
C'est l'opéra intiulé Demetrio Polibio, ou l'on trouve des · treprise du théatre impérial de Vienne, il écrivit pour velle daos cette contrée, et donner au commerce •
inspirations du premier ordre, notamment un duo et un Vienne Zelmira (1822), ou il déploya des richesses d'har- impulsion extraordinaire. Plus de cinquante maia
quatuor qui sont des chefs-d'ceuvre. Depuis, Rossini a monie a éblouir les Allemands les plus exigeants sous ce nouvelles s'élevent tous les ans sur les ruines de l'•
été plus savant, mais il n'a jamais montré plus de rapport.
Semiramide, jouée a Venise en t823, fut sa derniere cienne cité, et la valeur territoriale s'est considérülagénie.
reuvre
italieone. Sa carriere de compositeur italien, com- ment accrue. Des que les communications entre Call&amp;II
C'est ce qui décida son pere a le mettre au lycée
mencée
a la fin de t810, emhrasse done douze années. l'ancienne et la nouvelle capitale de l'empire russe •
musical de Bologne, dans la classe du pere Mattei,
l&gt;endant
ces douze années, il avait mis au jour une qua- ront établies d'une fa~on réguliere et rapide par la 1li
professeur de contrepoint, alors en grande réputaferrée, eette ville deviendra le Dieppe de la Russie ella
tion. ll avait quioze ans. 11 y resta jusqu'a dix-buit ans. rantaine d'opéras. - Je n'ai pas mentionné tout ce qu'il rendez-vous de toute J'aristocratie. Déja, en effet, mllpl
- Trois ans consécutifs de contrepoint et de fugue! Se a produit.
On luí proposa un engagement pour Londres. Il l'ac- l'éloignement des autres points de l'empire, ses blil
figure-t-on bien tout ce qu'a pu faire, pendant une péde roer sont tres-fréquentés. Batie en ampbitbéatre •
riode aussi longue, et tout le chemin qu'a dü nécessaire- cepta, et passa par París, oti il revint apres quelques mois des collines chargées de vignes et surmontées de..,
ment parcourir un éleve aussi ¡,rodigieusement doné Y de séjour en Angleterre. Ces quelques mois, qu'il em- lins a vent, Théodosie présente un aspect des plus pilll
Les pédants, qui, pendant tout le cours de sa car- ploya moins a écrire qu'a se faire entendre et a se faire resques et jouit d'un air pur et sain. Du haut destf
riere, Jui ont reproché, on ne sait pourquoi, de ne pas voir, furent l'époque la plus lucrative de sa v1e d'ar- teaux qui l'entourent, on a devant soi une magmt,I
étre assez savant, ne soup~onnaient guere a quel tiste. C'est la qu'il amassa !e capital qui, tres-habile- perspective, et le plus riant tablean se déroule
ment administré et grossissant d'année en année, a propoint l'accusation était ridicule.
yeux. La vue peut se porter tour a tour sur de rielll
L'étude des procédés scholastiques ne lui faisait pour- duit la belle fortune dont il jouit aujourd'hui.
Le gouvernement fran~ais d'alors tenait a honneur campagnes ou sur la ville, ou bien elle s'étendra lit
tant pas négliger celle des maitres, sacrés ou profanes.
l'immensité de la surface de la mer Noire, de celle
Il dévorait toutes les partitions qui lui tombaient sous d'J\llacher nossini a la France. 11 s'y prit convenable-- zof, de la mer Putride ou Sivasch, le Putridum flMII
la main. 1l s'était pris de passion pour l'école allemande, ment, et il réussit. nossini, directeur du Théatre Italien
anciens.
dont les inveutions harmoniques ouvraient a son imagi- sans en avoir le titre, puis inspccteur général du chant
La population actueHe de Théodosie est d"en
'
titre
qui
n'était
qu'un
prétexte
a
appointements,
écrivit
nation des perspectives infinies. Il adorait Haydo et
t5,000
ames, parmi lesquelles on compte bon nomlllt
Mozart avec autant de ferveur que Paisiello et Cima- a París, de t825 a 1829, ll Viaggio a Reims, piece de Francais. Mais les Arméniens forment toujours une
rosa, et oo l'appelait, daos J'école, Il Tedeschino, circonstance pour le sacre de Charles X, le Siége de Co- grande partie de cette population. lis possedent, ootre
le petit Allemaod. C'est en se nourrissant de l'art alle- rinte, qui n'était que le Maometto s,condo, arrangé pour anciens temples ~nés, quatre nouvelle~ églisea
mand qu'il se préparait a transformer, a régénérer l'art la scene frau~ise et enrir.hi de morceaux nouveaux; ont fait édifler, et sont entrés daos une voie de p
Moise, autre arrangement oti la parlie purement franitalien.
~aise
avait encore plus d'importance; le Comte Ory, oti rilé qui rappelle l'époque ou ils faisaient de leurvilll
Il était d'usage, au lycée de Bologne, que Je meilleur
des plus riches entrepóts de l'Orient. Cette situatiOI
éleve fut désigné, chaque année, pour composer une les deux tiers du Viaggio trouverent leur place, et enfln fait que s'améliorer a la suite de la nominatioo de JI,
cantate, qui était exécutée en séance publique et en pré- Guillaume Tell, joué pour la premiere fois le 4 aout briel Aivazovski, un des directeurs du collége nation
sence des autorités municipales. Rossini, apres un an t 829. 11 avait alors trente-sept ans. Il était dans toute ménien de París, et frere du peintre qui fut
d'études, obtint celte récompense et cet bonneur. Sa sa force. ll pouvait faire encore, sans se fatiguer, vingt a notre expositioo universelle de t85!:(, au poste
cantate, intitulée: Pianto d'armonia perla morte d'Orfeo, chefs.-d'reuvre. Mais ces chefs-d'reuvre ne pouvaient cbeveque diocésain. Le R. P. Gabriel a toujOUJI
fut exécutée le R aout t808. 11 avait alors seize ans et guere ajouter a sa gloire, et leur enfantement aurait en effet, mériter la réputation qu'il s'est acq
certainement troublé le repos auquel il aspirait. - 11
quelques mois.
París, dans le monde savant, par ses qnalités n
Malgré le succes de sa cantate, i1 resta encore al'école est bien temps, dit-il, que je laisse la pl:ice aux au· et ses profondes connaissances linguistiques et th
pres de deux années. Ce ne fut qu'a la saiso~ d'au- tres.
C'est lui, en effet, qui a fait connaitre en France ques. O'apres ses conseils, un riche et patriote Arm
tomne de t8l0 qu'il débuta a Venise sur le petit lhéatre
M. Kbaliboff, a doté la ville de Théodosie d'un
San-Mose, par une partition boufie en un acle, intitulée Meyerbeer, Bellini, Dooizetti. Quant a lui, ríen n'a pu fique collége, dont la construction seule coute P
la Cambia/e di matrimonio. En t8t 1, il fil une cantate: tui faire rompre le silence. Son Stabat, composé Ala quatre cent mille francs, valeur représentant,
Didone abbandonata, et un opéra en deux acles: L'Equi- pricre d'nn chanoine espagnol, n'était pas destiné a conditions ordinaires, plus d'un mili ion en France,
,ioco strauagante. Ces trois premiers esssais ayant pleine- voir le jour, et n'est connu que parce que le manuscrit, ontété inaugurées une importante bibliotbeque et
ment réussi, tous les théatres de la haute Italie s'ouvri- mis en vente par les héritiers du chanoine, esl tombé primerie, qui sont en pleine prospérité, grAce aDI
rent devant lui. Or, il était assez Jaborieux, assez actif, entre les mains d'un spéculateur. L'an passé, pour amu- assidus et éclairés de l'archevéque.
et il avait l'imagination assez féconde pour faire face de ser ses loisir&amp;, il a écrit une messe qui est une merveille,
Pow adrlil: P. P.
ious,les wtés a la fois. Cbose incroyahle ! il écrivit et el l'a tait entendre une seule fois. On luí en a offert

-----r----~---·----

R-,

SOII•

perdre, nous, notre honneur et nos biens, et de nous
voir réduits a mendier. Le jour viendra de cette si
LA. CHANSON DE ROLANn .
grande fete de saint Michel, le terme passera, et Charles
PO.EllE DE rneROUI.DE.
n'entendra de nous paroles ni nouvelles. Il est fier et
son creur est cruel ; il fera trancher les tetes de nos ótaSi populaire que soit le nom de Roland, qui vient ges. Mais mieux vaut que nos fils y perdent leurs tetes
d'emprunter, pour ainsi dire, un iotéret d'actualité a la que de perdre, nous, notre belle Espagne, éclatante de
préstJotalion du bel opéra de M. Mermet, le poeme de lumiere, et d'avoir a supporter taot de maux et de souf;béroulde, qui cha11te ses gestes et sa mort, est a peu frances. »
res inconnu. Tout le monde ne peut pas lire un pocme F.l les paiens de dire : «11 a raison ! »
~u douzieme siecle, et tout le monde ne préfére pas a la
Le roi Marsille a leve son conseil. 11 appelle a lui dix
tangue d11 óix-neuvie~e siccle, qui ~~t pou~. nous la des rtus félons : « Seigoeurs barons, leur dit-il, allez
tangue vraimeot vulga1re, cclle du sememe s1ecle, que trouver Charlemagne. Portez daos vos mains des bran-·
• Génin a jugée mieux faite pour reproduire le~ gr.ices ches d'olivier, signe de paix et de soumi sion. Diles a
11
naives de la cbanson de geste. Ce n'est pas ici le lieu Charles que, pour son Dieu, il ait merci de moi. 11 ne
d·esposer tcutes les rai~ons ri me font préfér~r, pour verra point s'achever ce premier mois que je ne l'aie
la traductioo du poeme de Théroulde, la tangue que rejoint avec mille de mes fideles. Je recevrai la loi chréparlon~ a celle que parlaient nos peres il y a trois tienne, je serai son homme-lige par amour et par foi.
0005
cents ans. Une seule raison suffit : cette Chanson de Ro- S'il veut des otages, je luí en donnerai. Ayez assez d'a/atld, dont on ne sait presque plus rien que le nom, esl dresse pour nous mettre d'acord, et je vous comblerai
le ,ieux cbant oational de la France; tous ceux qui ont d'or et d'argent, je vous donnerai terres et fiefs autant
pu ta tire doivent vouloir qu'elle redevienne popu- que vous en voudrez. » El Blancardin de dire: « Vous
aurez a vous réjouir de notre message. » Am.
taire.
c·est la peosée qui me l'avait fail traduire il y a trois
Les messagers montent sur leurs mutes et vont a
aos. Mais le~ esprits étaient alors bien loin de notand, Charles, qui tient la France ~ous sa gouverne.
bien loio meme du roi Charles, notre grand empereur.
L'empereur est daos un granel verger. JI a aupres de
Une tentative bardie, couronnée par un brillant succcs, lui Roland et Olivier, le duc Sanche et le fier Anséis, et
a rajeuoi ces viei!les gloires de la France et de la che- bien d'autres encore. lis sont la quinze mille fils de la
valerie. Le jour de Théroulde est venu.
douce France. Ces cbe,ahers sont assis sur des tapis de
En offranl aux lecteurs de l'Illmtration la CuAxso;s- DE soie blancs, ils se divertissent au jeu de dames, les plus
RoLAND, j'ai du la débarras~cr de quelques rediles et de agés et les plus sérieux jouent aux échecs, et les jeuoes
quelqucs développements qui ne sont point saos grace bacheliers s'amusent a l'escrime. So11s un pin et a l'omdaos le poéme, mais qui ne pouva1ent pas entrer daos bre d'un églantier, brille un fauteuil tout fait d'or pur :
te cadre du journal. On ne trouvera saos doute pas la sied le roi qui gouvcrne la douce Fraoce; sa barbe
ici tout,le poeme de Théroulde, mai on ne trouvera ríen est blaoche et sa tete pleine de beauté, son corps est
que tui. En l'abrégeant, je ne me suis du moins jamais noble et bien pris, et sa contenance est fiere. A qui le
pennis de parler a sa place.
cherche, il n'est besoin de l'indiquer.
ALEX. DE SAINT-ALBIN.
Les messagers de Marsille descendent de leurs mutes
et vont saluer l'empereur avec empressemenl et respect.
Blancardin parle le premier, et dit au roi : « Soyez béni
de Dieu le glorieux que nous devons adorer! Voici ce
LA CILL'ISO:i DE ROLAND.
que vous mande le vaillant roi Marsille. Apres avoir bien
cherché des moyens d'arrangemcnt, il veut vous donner
une grande part de ses trésors. Vous avez été longtemps
La Trahison.
en notre pays, vous devez avoir bate de retourner en
Fr;mce. Mon maitre vous y suivra, il en prendl'engageLe roi Charles, notre grand empereur, est depuis sept gcment. »
ans en Espagne. 11 a conquis jusqu·a la mer ce nohle
L'empereur leve ses mains vers Oieu, puis, la tete
pays; il n'y a pas de chateau qui tienne cootre lui, pas pencbée, se met a réflécbir. 11 ne se presse point de réde mur ni de ville qui reste a forcer, hors Saragosse, pondre, accoutumé de prendre son temps pour parler.
mise sur la montagnc. La regne le roi Marsille, qui Enfin, il releve la tete, el montrant aux envoyés sarran'adore pas Oieu, qui sert Mahomet et invoque Apollon : zins un visage ple in de fierté, il leur dit : « Vous avez
~¡ son adresse ne pourra le soustrair~ au malheur. tres-bien parlé. Mais le roi Marsille est mon grand enAo1 (1).
nemi. f.,1mment pourrai-je m'assurer en ces promesses
Le roi Marsille est a Saragosse, dans un verger, coo- que vous venez de me faire? - Par des ótages, dit le
ché a l'ombre du feuillage, sur un perron de marbre Sarrazin, dont vous aurez, ou dix, o•J quinze, ou vingt.
bleo. Plus de vingt mi lle hommes J'entourcnt._11 s'adresse Au risque de sa vie, j'y mettrai un mien fils, et vous
a ses ducs, a ses comtes : u Eotendez, seigneurs, quel n'en aurez pas, je crois, de plus noble. Quand vous
mal nous encombre. L'empereur Charles est venu de serez en votre palais impérial, a la grande Cele de Saintson pays de France en celui-ci pour nous confondre. Je Michel-du -Péril, mon maitre vous rejoindra, il en prend
n'ai pas d'armee qui puisse donner bataille a la sien ne. l'eogagement. C'est la qu'il veut Jevenir cbrétien. »
f.onseillez-moi done et sauvez-moi de mort el d'afTront. » Charlemagne répond: «11 peut done se sauver encore !»
Pas un de ces paieos ne trouve un mol a lui répondre, Aor.
bo~ le subt1I Blancardin, qui lui dit : « Ne vous effrayez
Le soir est beau, et le soleil encore éclatant. Le roi
po1~L Feignez de vous soumettre a cet orgueilleux. Té- Charles fait conduire a l'etable les dix mulets. ll fait
mo1goez-lui une grande amitié. Eovoyez-lui quatre cents dresser daos le verger une tente ¡,our les dix ambassamnlets chargés d'or et d'argent, cinquante chars chargés deurs. Les Sarrazins y passent la nuit et resteot jus.de n:aéme,donnez-lui ours et lions, et chiens et chameaux, qu'au grand jour.
et antours déja grands. Mais c·est assez de guerre en
L'empereur se leve de grand matin. 11 entend messe
IIOlre pays: qu'il retourne en France. Promette1-lui que et matioes. JI va s'assec,ir a rombre d'un pin, et fait ap'º~ l'J rejoindrez ala fete de saint Michel, pour y rece- peler ses barons pour tenir conseil avec eux, car il veut
YOl? la loi des chrétiens et devenir son homme-lige. S'il en toutes choses marcher d'accord avec les Frau~ais.
,e~t des otages, vous tui en envoyez dix ou vingt. Pour Arrivent la le duc Oger et l'archeveque Turpin, le vieux
qnil prenne coofiance, nous lui envoyons les fils de nos Richard et son neve1.1 Henri, le preux comte Acclin de
femmes. Au ris~ue de sa vie, je luí envoie le míen. 11 Gascogne, Thibauld de Reitns et son cousin Milon, et
'1111 bien mieux qu'ils y perdent leurs tetes que de. Gerer et Gerin; avec elll arrivPnt le comte Roland et
le noble et preux Olivicr. JI y a la plus de mi lle Fran~ais
~I O. ••• PII PU bien 61,r le seos de ce mol, qui termine I• plupart de France. Arrive Ganelon, qui trahira. Le conseil s'ou~ - - •· Francisque Michel. le premier éd1teur de la Cha111on de
._ 4tJ l."'~ ••ee &amp;•M'z dA 1'1'111fmhhoce un cr, de guerre, une tnduc- vre, dont l'issue sera funeste. Aor.
191it en • elan 1ur l'ennemi, away. 11 •e dem•ude crpenda11t •• ce ne
L'empereur leur expose !'affaire, et lcur dit : « Le roi
. _ . : ane excl1mation du jon~leur pour urrur le n,eoelrier que la
Marsille
me rejomdra daos ma résidence d'Aix, il y recela do ft qa",l 111 a .-.r,éter. llllis ulle e1cl1m1tion de•ra1t se trou,er
111
_
, loa1ea lea llnd,a, et il en e.t, au contrlire. un graud nombre vra notre loi, meilleure que la siennP; devenu chré,- .. 1oot pu.
tien, il tiendra de moi ses domaines. Mais je ne sais
•.....,:Opcu
8::.iilllle no1e manuscr,te
que J'•i so111 le• y•uz, M, lilonmerqué relate
pas quel est le fond de son creur. » Et les Fran~ais de
l'op10100 de ll. Barrv,s, qui re~arde Ao1 co..,me une
liiiL Iba de ce qu, pr,cPde. uoe contracMu de Oui. 0111, c'elt bitn dire : 1( 11 nous faut prendre garde ! 11 Aor.
"""
combien de slaoces de la Challlllll ,u RD'4114 ,,,enoent conLe comte Roland, qui ne veut entendre a rien avee
._ iaterpnlatioJI !

.

le Sarrazin, se leve vivement et vient repousser les propositions : « Ne croyez pas aux promesses de .Marsille,
dit-il au roi. Voila sept ans que nous sommes en Es¡,agne, Marsille ne vous a fait que trahison. 11 envoya
quinze mille de ses paiens, chacun portant une branche
d'olivier et vous disant les me mes paroles qu'aujourd'hui.
Vous prites le conseil de vos Frao~ais, qui vous persuaderent d'accorder quelque treve. Vous envoyates au
paieo deux de vos comtes, Bazin et Bazile : il les fil décapiter... Poursuivez la guerre comme vous l'avez entreprise, conduisez votre armée a Saragosse, poursuivezen le siége, s'il faut, toute votre vie, mais vengez ceux
que le trailre fit périr ! 1i Aor.
L'empereur rembrunit son visage, il tourmente sa
barbe, il lord sa moustache, et ne réµond ni oui ni non
a son neven. Tous demeurent en silence, bormis GaneIon, qui s'avance et tient au roi ce discours : « N'écoutez ni moi ni d'autres, n'écoutez personne, n'écoutez que
votre avantage. Quand le roí Marsille veut se rendre a
mains jointes votre homme-lige, tenir toute l'Espagne
de vous et se soumeltre a notre sainte loi, celui qui vous
induit a rejeter ces offres ne se soucie guere, sire, de
quelle mort nous mourrons. Conseil d'org•1eil qui ne doit
pas prévaloir. Laissons les fous et tenons-nous aux
sages. 1i Aor.
Le duc Neimess'avancc pour parler au roi, qui n'a pas
de vassal plus fidele: 11Vous avez entendu !'avis du comte
Ganelon? 11 est plein de sages.~e. Le roi Marsille, vaincu
par vos armes, a vu tous ses chateaux rasés, ses remparts détruits par vos machines de guerre, &amp;es villes brulées et ses troupes défaites. Quand il se rend a merci et
vous offre des ótages, ce serait pécbé de vouloir faire
encore plus cootre luí. Cctte guerre terrible ne doit pas
etre poussée plus loin. Et les Fran~ais de dire : &lt;( Le
duc a bien parlé. » Ao1.
1&lt; Seigneurs barons, qui enverrons.-nous a Saragosse,
au roi lJarsille? » Le duc Neimes répond : 1( J'irai, si
vous daigoez m'en charger. Donnez-m'en le gant et le
baton. - Vous étes homme sage, lui dit le roi. Par ma
harbe et par ma moustache, vous n'irez pas si loin de
moi cette année. Allez vous asseoir... s~igueurs bar,ms,
qui pourrons-nous envoyer au SarrazioY » Roland répond : 1( J'y peux bien aller. - Non, ferez, certes ! dit
le comte Olivier. Votre courage est trop bouillant, vous
vous feriez qnelque affaire. Si le roi le veut, j'y peux
bien alter. - Ni vous ni luí n'y mettrez les pieds, répond
le roi. Par ma barbe blanche, les douze pairs y seront
malvenus! 1i
Tout le monde se tait... Turpin, l'archeveque de
Reims, se leve et dit : (( Laissez les reposer · depuis sept
ans que vous étes en ce pays, ils ont eu assez de peines
et de fatigues. Donnez-moi, sire, le baton et le gant, et
j'irai trouver ce Sarrazin d"Espagne, et connaitre un
peu l'air de son visage. » L'empereur lui répond d'un
ton faché : « Allez vous asseoir sur ce tapis blanc, et ne
parlez plus que je ne vous l'ordonne ... Fran~ chenliers
pouvez-vous m'indiquer un baron de mon domaine pour'
porter mon message a Marsille?
11 Celui qui vous convient, dit Roland, c'est Ganelon, mon beau-pere. 1i Et les Fran~ais : « JI s'en acquittera bien! Vous n'en pouvez trouver un plus habile. »
Mais le comte Ganelon tombe daos une grande angoisse. «Fou! dit-il a Roland, d'oti te vientcetterage? On
le sait bien, qne je suis too beau-pere ! Tu m'as proposé
pour aller chez Marsille! Si Dieu permet que j'en revienne, je t'en garderai un souveoir qui ne fin ira qu'avec ta vie. - Orgueil et démence ! répond Roland. On
le sait bien, si j'ai souc1 de vos menaces ! Mais il faut
pour cette mission un homme habite. Si le roi le veut,
j'irai a votre place. - Tu n'1ras point ama place. Si
Charles me commande pour son service, j'irai trouver
Marsillc a Saragosse. »
Ganelon lui dit encore : « Ne comptez plus sur mon
affect1on, apres avoir fait tomber sur moi ce sort
funeste ... Juste empereur, me voici devant vous, pret a
fa1re ce que vous me commanderez. Je vois bien qu'il me
faut alter a Saragosse. Et qui va la n'en peut revenir.
Apres tout, je sois le mari de votre sreur; j'ai d'elle un
fih1, le plns beau qui se puisse voir. C'est Beaudouin, qui
¡,romet d'etre plus tard un preux. Je lui laisse mes fiefs
et mes domaines. Veillez sur lui, mes yeu1 ne le verront
plus. » Charles répond : « Vous avez le ereur trop tendre. Puisque je vous l'ordonne, il faut partir. » Aor.
Quand il vint recevoir le baton et le gant, Ganelon
dit au roi : « Sire, c'est Roland qui a fait tout cela. Je ne
le luí pardonnerai de ma vie, ni a Olivier qui est son

�REVUE

TRIMESTRIELLE,

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L'lLLUSTRATlON, JOURNAL UNIVERSEL .

L'ILLUSTRATION , JOURNAL UNIVERSEL.

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Furmation de la marine allemande. - Le capitaine : Prenez
uu riz. Le matelot : un riz ! ~loi connaitre que cl,oucroule.

Préléranl n'avoir affaire qu'aux petits joueurs.

- Yous m'avez tout ralisié et ,·ous vous appelez un troupier !
Allons done, vous n'etes qu'un croupier.

_ Sergeut, c·eit done necessa1rP les manreuvret

pour gagner les batailles !. - pui: z·a~ ca••p de Cbáloot! parce qu'1I m'esl inltrd,t d y fa,re usage de ma
fourchette.

M. llillaud trouvant mo¡en de faire marcber son jourual.

. Vuu.s avei visité la Fraoce au mois d'aoül ! Qu~y disa,too '? Rh ! Lambert ! M•Jesté. - Mais, on dit cela aussi cbez
mo1 depuis I• 15 amit.

V,EME A

tl!EMEA
u

Ce négociant habite Turin et tu lui écris a Florence. • que je faia elt daos l'int~rét de l'ltalie.

Le capitaine confédé_ré Sen_&gt;mes ay~nt la gracicuseté d'altend t·e l'arrivée do train de pla1s1r parti de Paris pour commencer le branle-bas
de combat.

\__

- -~

Madame,' CP.

Les &lt;lames allemaudes rempla~anl lcurs bijoux par des saucissons de Strasbourg, afin de gagner l'Alsace a l'Allemagne.

l.

, Vous permelttz?, •

- Moosieur l'adminislration exige qu'on soit encbaioé daQs sa &amp;talle ponr
voir Roland? '.._ Oui monsicur, 1ou1 vous laisseriez entrainer par le chreur du
3• acle it. vouloir ta~r aussi sur les Sarrasins.

« Viens ici, ma filie, que je te mocche.

-=-11

.. THfATR.E D~fiAiELET j t

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LES JEpT
(' HATE

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~

Votre mari, - II est dans ma malle; l e douanier a perdu la clef,

L'Opéra el l'B/\lel• Dieu lout ~a le méme Jour. Les
malacJes qui ne trou,eronl pas de place A l'un,
iront se !aire soiguer a l'autt'e.

-

a B~de, cette année? Oh
pardon, ¡e ne pensais plus au nouveau reglement.

l{adam•i, aurai-Je le plaisir de vous voir

- Si ce n'est pas ■•• hurreur ! Le diab:e q111 a dea chateau1! Parbleu, c'est
M. Renan qui y aura fail u fortuue.

Do• Quichotte s'échappant du 1ivre de G. Doré pour
cnurir au G~mnase.

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THEATRE RHi

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4e s¡-per111a•11-1'4u11rrol•l - lrlPll1le11r1o'e1t poi~, !llOIPJ u11 qvart,

- Vuye•-vuu•, mauame Poch, 1, i\s cnaugeront les noms ~-e•

1'1111 ·puur des u,,rns d'hommes. JI o'y a pas de daoger qu lis

IIOtuient du now&amp; de cb1eos, lis n'aiwent pas asscz ces pauvres
béta pour ~-

- Allou:;, bon, voilt qu'il,

1

111 011l

chau..:e 1~ uum U~

111a

rue pendan! que ¡'étai• au ,pccl•cle; 1I t•I 1111ou11 el Je ne
sais plus ou je demeure.

Le tht:éltrt 1'd1~1cu1 (¡,rojct). - \'ous m'avcz vulllu cellc contnmarqu~ en ~e
d1saut qu'il y .vait eucore c1uq aelu, el 11 n'y en avait 4u'un. - Mons,eur, Je
voua ai dit &amp;al.lit acte.

�286

IL

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

éompagnon, ni aux douze pairs qui n'aiment que luí. Je
le~ défie tous, Sire, sous vos yeux. » Le Roi l11i dit .
« Vous avez trop de rancune. Mais partirez-vous, quand
je vous le commande ! »
Quand Ganelon veut prendre le gant que luí tend
l'Empereur, il le laisse tomber aterre. Les Frao~ais de
dire: e&lt; Oieu ! quel est ce présage ! II nous adviendra de
grands malheurs de cette ambassade. - Seigneurs, dit
Ganelon, vous en entendrez parler... Sire, donnez-moi
votre congé : puisqu'il me faut partir, je ne veux pas
attendre. » Le Roi lui dit: « Pour la gloire de JésusChrist et pour la mienne ! &gt;&gt; De sa main droite il l'absout
et lui donne le signe de la croix, puis il luí remet le ha.ton et la lettre.
Vous verriez tant de chevaliers plenrer, qui disent a
Ganelon : « Sire, emmcnez-nous ! - A Oieu ne plaise '.
répond-il. Mieux vaut périr seul que d'entrainer daos
ma perte tant de bons cbevaliers. Vous retournerez,
seigneurs, daos notre doux pays de France ; allez salner
de ma part roa femme et Pinabel, mon pair et mon ami,
et Baudouin, mon fils, que vous conuaisse1 bien. Aidez-le et le tenez pour votre seigneur. &gt;&gt; Il se met en
route et va ou le Roí l'envoie. Ao1.
II chevauche, il rejoint les ambassadeurs sarrazins
sous un grand olivier, car Illancardin a ralenti lepas pour
l'attendre. Ils s'abordent avecdes paro les pleinesd'artifice.
Blancardin dit a Ganelon : « Que! homme merveilleux
que ce Charles ! 11 a conquis la Pouille et toute la Calabre . '11 a passé la mer salée pour conquerir a SaintPierre le tribut de l'Angleterre. :Mais que vient-il chercher daos notre pays? - Telle est son humeur, répond
Ganelon; et jamais homme ne tiendra devant lui ! Les Fran9ais sont vraiment gentilshommes, repart Blancardin; mais ils font grand tort a leur seigneur, ces
ducs et ces comtes qui lui donnent de tels conseils : ils
tourmentent et ils désolent lui et les autres. - En vérité,
répond Ganelon,je n'ensais pas un qui mérite ce reproche,
si ce n'est Roland qui encore en aura honte. Hier matin
l'Empcreur était assis al'ombre daos une prairie, devant
Carcassoune; arrive son ncveu, vetu de sa cuirasse et tenant a la main une pomme vermeille: Tenez, beausire, dit
Roland a son oncle, je vous o[re les couronnes de tous
les rois de la terre. Mais son orgueille devrait bien confondre, car chaque jour il s'expose a la mort. Vienne le
coup qui le tuera, et nous jouirons d'une paix profonde.
- Roland est hien cruel, dit Blancardin, de vouloir réduire toutes les nations et mettre tous les pays en guerre.
Sur quelle nation compte-t-il pour faire de tels exploits?
- 11 compte sur les Fran~ais, qui l'aiment tant, quejamais ils ne luí feront faute. lis ont par lui tant d'or et
tant d'argent, et mulets, et destriers, et vetements de
soie et vetements de fer. L'Empereur meme doit tout a
sa valeur. Roland lui fera la conquete du monde d'ici
jusqu'en Orient ! » Aoi.
Tout en chevauchant, Blancardin et Ganelon s'engagent l'un a l'autre leur foi de travaiiler a la mort de
Roland. Et tant ils chevauchent par voies et par chemins, qu'enfin a Saragosse ils mettent pied aterre so•1s
un if. Blancardin, tenant Ganelou par la main, s'avance
aux pieds de l'Empereur et luí dit: ce Charles vous envoie un bomme a lui, un noble baron, !'un des plus
considérables de France. Vous allez savoir de lui si vous
aurez la paix ou la guerre. » Et Marsille de dire : &lt;e Qu'il
parle, nous l'écoutons. » Ganelon dit au Roí: « Voici ce
que vous mande le puissant Charlemagne: Vous recevrez la sainte loi de Jésus-Christ, et la moitié de l'Espagne vous sera donnée en fief. ·s¡ vous ne voulez pas
accepter cet JJ.ccord, vous serez pris de force et garrotté,
amené a•1 siége de l'empire, A Aix-la-Chapelle, et la un
jugement finira vos jours, et votre mort sera pleine de
honte et d'ignominie. &gt;&gt;
A ce discours, le roi Marsille, tremblant de colere et
d'eflroi, leve le javelot qu'il tient a la main et veut en
percer Ganelon. Ma1s ceux qui l'entoureut ar:etent son
bras. Cependant Ganelon a déja porté la main a son
épée, il en a tiré du fourreau la longueur de deuxdoigts,
et il lui dit : &lt;&lt; Ma belle et glorieuse épée, tant que je
vous porterai a mon coté en la cour de ce roi, jamais
l'Empereur de France ne pourra dire que j'ai péri seul
sur la terre étrangere: auparavant le sang des meilleurs
vous aura payée. » Et les paiens de dire : (( Empechonsles de se battre. &gt;&gt;
lis ont fait ra~seoir Marsille sur son fauteuil. Son oncle,
le calife, luí dit: « Vous avez mal conduit vos afiaires,
en voulant frapper le Fran~ais: vous devez l'écouter.
- Sire, dit Ganelon, cela ne m'a point otfensé. » Puis

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

s'approchant du roí: « A tort vous vous emportez quand
Un autre paien, Climorins, vient, d'un visa;:;Charles vous mande de recevoir la loi des chrétiens. 11 et riant, dire a Ganelon : e&lt; Prenez moa heaume ja ett
veut vous donner la moitié de l'Espagne a fief et donner je n'en vis un meilleur. Aidez-nous contre Rola;d 1111s
l'autre moitié a son neveu Roland: un arrogant compa- curez-nous le moyen de le couvrir d'opprobre. _: p~
gnon que vous aurez la! Si ne voulez accepttr cet accord, sera fait, répond Ganeloo. &gt;1 Puis ils se baisent a la::
vous serez assiégé dans Saragosse, pris de force et gar- che et a la j.:&gt;ue. Aor.
rotté, conduit en France et condamné par jugement a
Alors vie~t la _reine _Bramimonde : e&lt; Je vous airte
la décollation. Voila le bref de notre Empereor. » l\lar- beaucoup, sire, d1t-elle a Ganelon, car mon seigneoret
sille, rouge de colere, brise le sceau et en jette la cire. tous ses bommes vous ont en grande estime. A'Olre
Le fils du Roí dita son pere: (( Ganelon a parlé comme femme j'enverrai ces deux bracelets : voycz que d'4t
un fou. Livrez- le moi, j'en lerai justice. » A ces mots, d'améthystes et de jacinthes! Tous les trésors de
Ganelon brandit son épée, il va s'adosser a la tige d'uo ne valent pas autant. Votre empereur n'en eut ja11q
pin.
de si .ricbes. &gt;l Ganelon les prend et les met dallS
11
Le Roi est descendu dans le verger, emmenant avec botte. Aor.
lui ses meilleurs vassaux. Blancardin lui dit: ce Appelez
Marsille prend Ganclon par l'épaule et luí dit: 1 y11
le Fran~ais, il m'a engagé sa foi d'agir pour nous. &gt;, paroles sont belles et sages. lllai~, par cette loi que lOII
e&lt; Le noi luí dit : e&lt; Amenez-le vous-meme. 1&gt; Blancardin
tenez pour meilleure que la notre, gardez-vous de cb11prend Gane:on et le mene au Roi dans le verger. La, ils ger envers nous. Je veux vous faire de mes ricbtrament la trahison déloyale. Aor.
une large part. Jamais année ne se passera saos queje
,, ·neau sire Ganelon, &lt;lit lllarsille, j'ai été un peu trop vous donne dix mulets chargés de l'or le plus fin d'A.
vif. Je veux vous offrir, pour réparation, ces fourrures rable. Prenei les clefs de cette opulente cité, oll'rez-ea
de martre zibeline: c'est la valeur en or de plus de cinq tous les trésors au roi Charles. Mais faites-moi donner
cents livres. Tenez pour vrai que je suis disposé a vous l'arriere-garde a Roland. Si je peux le trouver dans 11
aimer beaucoup. Je veux vous entendre parler de Char- passage ou dans un défilé, je luí livrerai un comha
lemagne: il estsi vieux ! il a fini son temps. Si je ne me mortel! - M'est avis, répond Ganelon, que je tarde
trompP, il a deux ceuts ans et davantage. 11 a démené trop. » 11 monte a cheval et se rnet en route. Ao1.
L'empereur Charlemagne approche de son royanme.
son corps par tant de pays 1 11 a paré tant de coups sur
son écu bouclé ! ll a vaincu ou tué sur les champs de Déja il est arrivé a Gauna, la cité que le comte Rol._
bataille tant de rois superbes ! Quand done scra-t-il las a prise et démantelée. (11 y a cent ans de cela et elle
de faire la guerre? - Jamais, dit Gaoelon, tant que est restéc deserte.) C'est la que le roi attend des noa.
Roland vivra. 11 n'y a point de vassal pareil d'ici jus- velles de Ganelon et le tribut d'Espagne. Le matin, •
qu'en Orient. C'est encore un vaillant preux que son premiers feux du jour, le comte Ganelon arri,e •
compaguon Oli~ier. Les douze pairs si chers a Charle- camp. Ao1.
L'Empereur s'est levé de bon matin, il a enteadl
magne sont l'avant-garde de vingt mille Fran~ais. Bien
messe et matines. 11 est sur 'l'herbe verte, de,ant a
tranquille est Charles, qui ne craint homme vivant. Beau sire · Ganelon, j'ai mon armée: vous n'en verrez tente. Roland est avcc lui, et le-·brave Olivier, et ledac
pas de plus belle. Je peux avoir quatre cent mille the- Neimes, _et bien d'autres. Gauelon arrive, le fo urbe, Je
parjure ! Ses paroles sont pleines d'artifice. 11 dit •
valiers; je peux combattre Charles et les Fran~ais. N'ayez pas cette confiance ! vous perdriez grand nombre roi : « Que Oieu vous bénisse! je vous apporte ici 11
de vos pa'iens. Laissez la témérité folle, tenez-vous-en au clefs de Saragosse, je vous en fais amener de grana
savoir-fa1re. Donnez a l'Empereur tant de richesses, que richesses et vingt otages. C'est le roi Marsille qui•
tout Fran9ais en soit émerveillé. Sur la foi de vingt les envoie. Vous n'avez pas de reproches a luí Cairel
otages que vous lui enve_rrez, le Roí s'eu retournera ·daos propos du calife, car j'ai vu de mes yeux trois cent milt
le doux pays de France, laissant apres lui son arriere- hommes armés, vetus de le,urs hauberts, qnelques-a
garde, ou seront, je !'espere, son neveu Roland et Olivier. couverts de heaumes, ceints de leurs épées a la gut
lis sont morts, si l'on veut m'écouter ! Charles verra d'or niellé, qui se sont embarqués avec le calife. lis •
t.:&gt;mber son orgueil superbe, et il n'aura plus l'cnvie de voulaient plus vivre sous Marsille et venaient se réCu/1
vous faire jamais la guerre. - Beau sire Ganelon, que au milieu des chrétiens. lis n•étaient pas a quatre liew
Oieu vous bénisse ! par que! moyen pourrai-je tuer Ro- du bord, 4u'ils furent assaillis par une tempete furi
lis filrent engloutis, et jama!s vous ne les verrez. Si
land?
seul
avait survécu, je vous l'aurais amené. El q
- Le Roí sera daos les grands défilés de Fizaire, ayant
roi
pa'ien,
tenez pour assuré, sire, que vous ne
derriere luí son arriere-garde, ou seront Roland et Olipoint
passer
ce premier mois qu'il ne vous suift
vier. lis conduisent avec eux vingt mille Fran93is. Faites
marcher contre eux cent mille de vos paiens, qui d'abord royaumc de France, pour y recevoir notre loi chrétielllli
leur livrent une bataille ou ceux de France sont blessés 11 vous rendra hommage ses deux mainsdans lesv~
et tués. Je ne dis pas pour cela qu'il y ait un grand mas- et tiendra de vous le royaume d'Espagne. - Que Dií
sacre des votres. Vous livrerez de méme une autre ba- soit loué ! dit le roí. Vous vous en eles bien tiré,
taille. N'imporle daos laquelle, Roland y restera. Et de en aurez un grand proftt. »
Mille clairons sonnent parmi l'armée. Les Fr
toute votre vie vous n'aurez plus la guerre : car qui
pourra faire que Roland soit tué, fera perdre a Charles lcvent le camp. On cbarge les chevaux de somme.
le bras droit de son corps. Ce sera la fin de ses mer- tous s'acheminent vers le doux pays de France. Aoi.
Charles '1e Grand a dévasté l'Espagne; il en a pris
veilleux bataillons. Charles n'assemblera plus jamais de
chatea!lX
et forcé les villes. Le roí déclare la guerre
si puissantes forces. Et la France sera condamnée au
et
dirige
sa
grande armée vers le doux pays de Fr
repos. » Quand l\larsille entend cette promesse, il saute
Le
preux
Roland
plante au front d'une moutagoe
an cou de Ganelon et l'embrasse; puis il commence par
éteudard,
qui
llotte
sur le ciel. Les Fran~ais se cam
faire venir son trésoricr. Ao1.
par
toute
la
contrée.
Marsille dit a Ganelon (pourquoi tarderais-je plus a
Les pa'iens chcvauchent daos les profondeurs de
le redire?) e&lt; 11 n'est preux conseiller dout il ne faille
une assurance : Jurez-moi, s'il y est, que vous le trahi- vallées, vetus de leurs hauberts, couverts de leurs h
rez. &gt;1 Ganelon lui répond : « Qu'il en soit selon votre mes, l'épée au coté, l'écu au cou, les lances bien Ci
plaisir. 11 Sur les reliques de son épée Murglcis, il jure la bies, les étendards bien attachés. Quatre cent
hommes attendent le le ver du jour.
trahison. Et le forfait e&amp;t consommé ! Aor.
Dieu! quel malheur que les Fran~ais n'en •
Marsille fait apporter devant lui un livre ou est
écrite la loi de Mahomet et de Tervagant. Sur ce livre, rien ! Aoi.
(La .mite prochainerd-)
le Sarrazin d'Espagne fait le serment, s'il trouve Roland
a l'arriere-garde, de le combattre avec tous ses hommes,
et, s'il peut, jusqu'a la mort. Ganelon lui répond: &lt;&lt; Que
votre commandement soit béni ! » Aor.
CIXl:11.@flDQIWIE flll~IBCALI.
Un paien, Valdabron, qui éleva le roi Marsille, s'avance
d'un air riant et dit a Ganelon : ce Prencz mon épée,
Le succes de Roland a Roncevoua: a pris des pro
personne n'en a une meilleure. La garde en vaut plus I tions énormes. On le donne trois fois par semaioe,
de mille mangons. Par amitié, beau sire, je vous la qui, je crois, ne s'était jamais vu a l'Opéra. A ch_
denne, pour que vous nvus aidiez contre Roland, que représentation la salle est ple_ine, et les di~ett~ti
nous pmssions le trouver dans l'arriere-garde. - Bien ont leurs entrées, a quelque titre que ce s01t, J?
sera fait, tui répond Ganelon. » Puis ils sel baisent a la listes, auleurs, compositeurs, professeurs, abon_oes,
joue et au menton.
peuvent jouir que daos les couloirs. On court a

a-;

¡

d tons les coins de París et de tous les points de la
~ce, en attendant q_ue les théat~es d~ province
t1rent 8 leur tour ce festm de haut gout a l 1mpatience
~aJDée du dilettantisme départemental. Déja l'on répcte
Rolaod a Lyon, et c'est M. Dulaurens qui jouera le role
du Ci&gt;rmidable paladín. M. Dulaurens n'a pas tout a fait
la taille que notre imagination prele an propriétaire de
ooraodal. 11 faut, ce semble, un bras plus qu'ordinaire
pour manier une telle épée. Mais M. Dulaurens a un
laryDI d'airain, d'ou les la et les si de poitrine s'élanceot clairs et vibraotq comme ceUI d'une trompette, et
c'est la le point important. 11 renouvellera entre Rbone
et Saóoe toutes les prouesses de M. Gueymard. 11 ébran.
lera les combles du grand théatre. 11 fera frémir tous
les écbos de la rue lmpériale. Que faut-il de plus?
Le succes de M. Gueymard grandit de jour en jour,
00 de soir en soir, comme celui de Roland, et il est certaio que l'on concevrait difficilement l'un saos· l'autre.
11. Jlermet a écrit Roland pour M. Gueymard, cela est
é'fideot, et je ne serais pas étonné que M. Gueymard
elil été créé et mis au monde pour chanter Roland. Cette
prédestination est bien aussi vraisemblable qutl celle du
cauon chargé de toute éternité qui tua le maréchal de

rurenne.
La presse a été a peu pres unanime pour acclamer le
triomphe de M. Mermet. Oeux ou trois notes discordantes oot tenté vainement de troubler ce ooncert d'éloges:
on oe les a pas entendues. Que le poeme de Roland ne
soi1 pas une piece, qu'il manque de variété, que la note
béroique y sonne d'un bout a l'autre, et y couvre un
peu trop les accents de la tendresse, tout cela peut etre
vrai, mais il 11'en est pas moins certain que M. Mermet
a touché d'une main tres-vigoureuse la corde qui vibre
le mieux en France, et y réveille le plus d'échos. La est
le principe de ce succes si franc des le premier jour, et
qo'UDe ceuvre plus complexe n'aurait peut-etre pas
obteou.
1111' Patti a ramené la foule au Théatre-Italien. Son
meilleur role est, comme l'an passé, celui de Norina,
daos Don Pasquale. Pourquoi? C'est qu'il ne faut la que
de la ,erve, de l'audace, de la gaieté, de la mutinerie, et
l'éclat d'une vocalisation pour laquelle rien n'est diíficile. A cet égard, elle a gagné encore depuis ses débuts.
Sa ,oix est plus étendue, plus sonore, plus brillante
que jamais, et il n'y a pas d'exécution plus facile, plus
natorelle, plus spontanée, plus insouciante que la
sienne. c•~t un grand charme d'écouter une cantatrice
qui chante comme on parle, et qui ne fait jamais venir
a!'esprit l'idée de l'effort, ni meme celle du travail.
Elle est fort bien aussi d1ns la Traviata, surtout au
premier acte. 11 semble que le role de Rosine, daos Je
Bar6i,r, devrait lui convenir, et pourtant elle y a un
peu trompé l'attente du public. N'est-ce pas parce qu'elle
J 111et trop du sien? 11 esl dangereux de substituer aux
idées de Rossini ses propres idées.
M. Baragli n'a décidément pas assez de voix pour le
tbéatre. Personne n'en doute apres l'avoir entendu daos
le ~bier. M. Scalese veut trop bien faire. 11 charge le
couuque de ses roles. 11 Coree sa voix, et luí donne le
tim&amp;re ffatteur d'une crécelle. Souhaitons a M. Scalese
moins de zele et plus de gotit. M. Naudin a chanté la
2\&gt;aviata en homme qui va bientót passer a l'Opéra et
qui, d'avance, exhibe ses titres. Quels éclats de v;ix !
qnels Cormidables cris ! Et quelle lutte va s'engager, daos
qnelques mois, entre cet atblete et M. Gueymard !
~ai eu a peine, il y a quinze jours, la place nécesS&amp;ll'e pour annoncer l'heureux début de Mm• Gennelier,
i l'Opéra-Comique, dans le Songe d'une nuit d'été. Chaque représentation nouvelle a justifié les applaudisseme~ta du premier jour, et fait apprécier davantage l'inlelligence musicale de cette artiste distinguée, et l'élé81Dce de son exécution.
llon honorable confrere Seudo a succombé au mal
lerri~le qui avait brisé la plume daos sa main, et qui
l'n~t depuis deux mois éloigné du monde. 11 est mort a
Blo18, dans une maison de santé. Né a Venise et élevé
en Allemagne, Seudo écrivait notre langue avec une
srande correction et une remarquable énergie. 11 avait
na atyle tres-original, qui était l'expression firlele de
9:° caractere et de son tour d'esprit. Son gotit était sé' re~ et parCois un peu exclusif, et il e1primait ses antis~tout daos les derniers temps, avec úne vivallllguhere. Cette amertume, cette violence de lan~n'éhient que le symptome de sa maladie, et, s'il a
. quelques amours-propres, sa mort doit avoir
'Plilé leur ressentiment. Cet homme de talent était un

:es,

honnete homme daos la plus haute acception du mot. n
honorait la presse, et la presse doit honorer sa mémoire.
L'association
de!! artistes musiciens qui, chaque
,
annee, honore comme il convient sa patronne sainte
Cécile, prépare pour le 22 novembre prochain une solennilé religieuse et musicale digne de l'attention des
dilettanti. La messe de Beethoven sera exécutée a SaintEustache, avec tout le soin et tout Je respect dti a cette
reuvre sublime, par des chreurs uombreux et un orchestre immense. On a déja entendu cette messe l'année
derniere. Elle a produit un grand e[et. L'expérience
doit avoir porté ses fruits, et l'on ne peut douter que la
seconde exéculion ne soit encore plus satisfaisante que
la premiere.
M. Henry Warnots a une belle voix de ténor dont il
sait tirer un grand partí. On l'a en~ndu a l'Opéra-Comique, il y a trois ou quatre ans, si je ne me trompe;
daos Jean de Paris : mais ce role n'allait pas a la nature de son talent, et l'on se Terait de lui une tres-fausse
idée, si on le jugcait sur cet essai. M. Warnots n'est pas
seulement un chanteur de mérite : c'est un pianiste fort
habile, qui a un doigté brillant et délicat, beaucoup de
grAce et d'expression. C'est, de plus, un lecteur imperturbable, un musicien consommé. C'estcnfin un compositeur instruit, un contrepointiste exercé, un harmoniste
ingéuieux et hardi, dont les combinaisons surprennent
souvent, et charment toujours. L'éditeur S. Richault a
publié, il y a quelques mois, no échantillon tres--intéressant de son savoir-faire. Ce sont six morceaux de salon,
six mélodies pour voix de ténor ou de meuo-soprano,
dont le chant est gracieux et expressif, et dont l'accompagnement est d'une rare élégaoce. - Rappelle-toi, -

Nitella, - l'Écrin, - Sur terre on peut encore aimer, -

poétiques, U0,000 francs, qui furent consacrés au soulagement d'infortunes, a la réparation d'églises de village, a la dotation de pauvres orphelines. Le curé de
Vergt et ses paroissiens tui envoyerent un tableau représentant l'église de Vergt. Le curé de cette petite
commune avait eutrepris de batir une église a ses frais,
mais manquant d'argent pour élever le clocher, il s'étalt tout naturellement adressé a Jasmin. Celui-ci fit
une tournée, rapporta 20,000 francs, et l'église de Vergt
eut un clocher, qu'on appelle encore aujourd'hui le
clocher Jasmin.
Auch a donné au poete une coupe d'or, Toulouse un
rameau d'or, GaiUac une bague, Angouléme une tabatiere d'argent; Villeneuve-d'Agen lui a fait présent
d'un cachet, reuvre de Froment Meurice, et dont les
quatre faces, sculptées en relief, représentent des sujets
tirés des poemes de Jasmin. En me montrant toutes ces
belles choses, la femme du trouvere languedocien me
disait: e&lt; La muse a visité mon hom,n¿, il l'a re~ue
comme l'ange du ciel, et depuis ce jour tout a pr&lt;»!péré
dans notre maison. » Maison bénie, en etfet, ou l'on
respira1t les trois plus rares parfums de la terre : la
poésie, la bienfaisance et le bonheur.
On ditque le Midi, reconnaissant, vent élever une statue a Jasmin daos sa ville natale, et qu'une souscription
est ouverte a cet effet. Nous sourions parfois de la statuomanie qui s'est abattue sur la France, et qui improvise
des grands hommes meme ou il n'y en a pas. Mais Jasmin est une figure assez populaire, assez poétique,
assez inspirée pour se dresser, en marbre ou en bronze,
sur une place publique. Celui-la est vraiment passé
demi-dieu; il a droit a l'apothéose.
PI.ERRE PAGET.

~
la Neige, - la Fiiuvette. La Neige me semble mériter
une attention toute particuliere, pour le charme de la
M. H. Taine vient dP publier, a la librairie Hachette,
mélodie et pour la belle basse qui descend chromatile tome quatrieme et complémentaire de son Histoire
quement sous le rcfro.in. 11 n'arrive pas a tout le monde
de la littérature anglaise, contenant l'ét11de des auteurs
de faire d'aussi heureuses rencontres.
contemporains
: Dickens, Thackeray, Macaulay, CarG. Ü4QUET.
lyle, Stuart Mili, Tennyson. On sait que daos cet ouvrage, autour duque! il a été fait tant de bruit, M. Taine
appliquant a l'bisloire une nouvelle méthode, a cherché
LA STATUE DE JASIIIN.
les lois générales d'apres lesquelles s'accomplissent les
événements. Afin de donner de la précision a cette reNous avons déja dit, dans le dernier numéro, quel- cherche, il a pris une civilisation particuliere, et a suivi
ques mots de Jasmin; nous y revenons, et d'aulres apres daos les monuments littéraires la série comp,ete des
nous y reviendront encore, car Jasmin est du petit transformations par lesquelles le Saxon· barbare est denombre des poetes qui ne meurent pas. Le malheur de venu l'Anglais que nous voyons aujourd'hui. Le volume
Jasmin, aux yeux de nous autres, gens du Nord (est-ce que uous annou~ons contient done la dernicre phase
un malheur?}, est d'avoir été vraiment inspiré dans de cette transformalion, étudiée par l'écrivain avec tant
une languP. que nous ne parlons pas et que nous com- de vigueur et d'éclat. (t vol. in-8, broché, 7 fr. 50. L'ouprenons peu. Aussi, de ce coté de la Loire, ne connait- vrage complet, 4 vol. in-8, brochés, 30 fr.)
on guere de Jasmin que la gloire et le nom; son amvre
n'est vraiment appréciée que daos ce Midi aui le com-----=&gt;&lt;&gt;&lt;&gt;o&lt;:prend, qui l'aime et qui sait par creur tous ~es chants.
P RIME DE. L'ILLUSTRATION.
La, il regne et il est le roi acclamé de pres de dix millions
de sujets, car cette langue d'oc, que nous appelons dé&lt;EUVRES NOUVELLES DE GAVARNI.
daigneusement du pato is, est, sinon parlée, du moins
Par-ci, par-la, et Physionomies parisiennes, splencomprise par une population de dix millions d'indidide collection de tOO sujets, tirés sur chine par Levidus.
Cependant, Ja5min a fait sa tro11ée jusque chez nous. mercier, formant t magni~que volume grand in-4° colomce Vous etes l'Homere de notre temps, » lui écrivait bier, relié en maroquin et doré sur tranches;
M. de Lamartine. Les critiques les plus autorisés, Sainte•• r.. AU LIBU DI f aO fl',
Beuve en tete, se sont occupés de luí et l'ont traité avec
5 fr. en sus pour l'envoi franco daos une cais.se,
tous les honneurs dus a son génie. Ce qui distingue la
p~ur
la France continentale. Les souscripteurs de
poésie de Jasmin, c'est le tour gracieux, joint a la vil'Etranger devront le faire réclamer par leurs corresgueur de la pensée. 11 est original dans une langue
pondaots.
originale, mais on peut affirmer qu'il n'etit ríen perdu
de son originali té si, doué comme il était, il fut né a
París et s'il etit drapé sa pensée daos les plis majesMM. les souscripteurs dont l'abonnement expire le
tueux, mais un peu lourds, de la poésie fran~aise. 3l octobre, sont priés de le reuouveler immédiatement
Jamais pocte (j'excepte Béranger) n'a exercé sur le s'ils veulent n'éprouver aucun retard daos la réceptio~
peuple une inffuence plus directe. Tous les paysans du journal.
du Midi savent ses chants par creur, et lui demandaieut saos cesse des vers nouveaux. Un jour que
je causais avec Jasmin, daos sa boutique de coif.
a11L1oe1A PHI ••
four, entra un campagnard qui venait se faire couper
d'un Artiste dans le Liban, par M. Richard Corles cbe,-eux. 11 s'assit et dit aJasmin : - Moussu, dija Aventures
tambert. - París, Maillet, f86i, 1 vol. in-So.
nouss auna devise en me coupant lous piels (dites-nous des Peuples et voyngeurs contemporains, par le méme. - París
Gay, fSM.. in-1.2.
·
'
versen me coupantles cheveux). Jasmin était trop rbapsode par tempérament pour ne pas se rendre aussitot a Impressions d'tm Japonais en FranCI!, suil1its du imprt1tions
des Annamites en Europe. - Paris, Faure, 1.84», in-1.8.
la priere de la pratique. Sa conversation, d u reste, était
vive, colorée, pittoresque comme sa poésie.
Daos l'espace d'un mois, M. Richard Cortambert vient
11 avait chez lui un musée. La, il étalait glorieuse- de faire paraitre les trois ouvrages dont les titres sont
sement les prix que lui avaient décernés les villes ou il énoncés ci-dessus. Il y a des auteurs qui ne livrent leurs
avait promené sa muse populaire. Dans respace de dix productions que l'une apres l'autre, par a varice, parcoans, le rhapsode agenai$ avait récolté, dans se1 courses quetterie, et quelquefois aussi par d'autres motifs; il y

�288

L' 1LLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

en a d'aulres qui ap¡,ortent
leur gerbe toute faite. Au
reste, celle fécondilé s'explique dans la circonstance
actuelle: il y a plusieurs années quedeux de ces ouvrages étaient a peu pres terminés, comme nous l'apprend l'auteur.
Les Aventures d'un A!'tisle
dans le Liban forment un
agréable récit, rempli d'anecdotes piquantes et de
sccnes aémotions. C'cst ala
fois un voyage et un roman,
ou plutót unesnite d'aventures, comme les aiment les
Orientaux, mis en gout par
les Mil/e et ttne nuits, et
comme les aimeront aussi
les Occidentaux, dans l'ouvrage que nous citons. Eo
elfet, il y a de la chalcur et
de l'enthousiasme, qualilés
de pluseo plus rarcsaujourd'hui, dans toutes les pages
de ce livre,coloré des chaudea nuauccs du ciel oriental. On sent que l'auteur est
artisle; il a du manicr le
pinceau en memc tcm ps que
la plume. Nous signalerons
le chapitre ou est racontée
J'histoire complete de la vie
d' Abd-el-Kader.
Vous plait-il maintenant
d'affronter sans dang,·r les
glaces du pote et les sables
de l'Afrique, ou de vous
élanceren Australie ctdans
les savanes du Nouveau
monde? Parcourez Je volume intitulé: Peuples etvoyageurs contemporains ; vous
ferez le tour du monde saos
aucuoe fatigue. Le jeune
auteur y présente un résumé de toutes les grandes
explorations contemporaines, et fait déíller devant
nos yeux la plupart. des
peuples qui, depuis une dizaine d'années, out atliré
sur eux l'attcntion publique : les Chinois, les Japonais, les Annamites, les
Touaregs, les Mexicains, les
populalions voisines du
lleuve Amour.
Ce livre, écrit d'un style
facile et élégant1 se recommande de lui-meme aux
amis des voyages et de
l'ethuographie. C'est un annuaire exempt de pédantisme,
qui va droit au but et n'égnre pas le lectcur en d'inutiles
et fastiuieuses digressions. Non-~eulement il fait connattre la géographic contcmporaine, mai~ il sait aussi la
faire apprécier et aimer.
Le troisieme ouvrage a un vif intéret d'actualité; c'cst
le récit des lmpressions d'un laponais en France. Tout en
restant !'interprete indiscret et malin d'un certain docteur Kouen-fou, M. Richard Cortamhert a su remuer,
daos ce livre, bon nombre d'idées qui lui appartiennent. C'est done un savant Japonais, avide de connaissanccs, qui vienten France; il a pour guido une espece de Figaro, voyageur du nom séduisant de Francrour. 11 voit tout, il étudie tout: les musées, les bibliotheques, la société, les théatres, etc., ele. Aussi en rapporte-t-il une moisson de remarques caustiques, d'amusantes anecdotes. L'auteur n'est pas un moins aimable
causeur, sachant nous altacher et nous intéresser, daos
la relation qui termine l'ouvrage et qui retrace les
aventures réelles d'un certain truchemcnt annamite qui
a dernierement visité l'Europe. M. Richard Cortamhert,
curieux, lui aussi, de tout ce qui est étranger et élrauge,
a beaucoup connu ce jeune el docte personnage de l'ex-

~reme_ Orie~t durautaoal6,.
JOur a Par,s; ¡¡ peat ._

en parler en cono.._
de cause, et il en Parle hiea.
GUILLAUIIE DEPPII&amp;.

Le Roman de deux jelllltf ~'-i
par M. Pascal Doré (t).

i•-..

Elles ne se sont
vues. Aucune des deu 11
connatt le nom de l'llllrl,
El pourtant ce sont dela
amies intimes. Elles
fient leurs pensées et lela
aventures les plus - .
tes, - par COITelflldancc, · bien entcnda.....
Et il arrive que, sans '"
doulcr, elles viveot SOll le
mcme toit, se voient 'les jours, se haissentle,r.
cordialemcnt du monde,a
le discnt avec une rra..
chise qui va parfois ¡ la
brutalité. El il se lroate
que !'une de ccsjeDDell,
les en cst a son ~econd1t,
ri, qu'elle est la belle-llla
de l'aulrc, qui la c1'Git •
rivale. Ce bizarre imbNJgla
amene en foulc les iocidall
étrangcs, les complicai..
les scenes passionnées,a
dres ou violentes. Cetldi,
toire n'a point pour IWI,
tre le pays lointain des a
et une Nuits, mais la F!ace, et, daos la France,•
élégante, paisible et•
cieuse ville de ~ancy,•
pres de laquelle Venala
meme n'est que bruit,11multe et confusion. Ne•
pas a l'innaisemblanee,111
du moins ne tirez pai
cette invraisemblanee.•
conclusion fachease. L'lill!ur a le talent de IW
gue. ll sail l'art de lii
contrastar les car.-,
de préparer les situllillldc les scrrer, de les. ilt
nouer. JI a le dialogue 4
rapidc, vigoureux, oo""
de saillies selon l'ocellla
11 a to utes les qualilél •
font réussir au thMII
C'esl la que sa n . pousse, et je luí ~
fort de ne pas manq...
sa vocation.
Une nouvelle qui fait suite a. son petit roman el
¡,lete le volume, !'Intrigue masquée, olfre la réunica
memes qualités et des memes défauts. Le style de
Doré a besoin d'elre réglé, aussi bien que son i
tion. On peut lui souhaiter un peu plus de correcti
pe11 plus de goul. Mais cela lui viendra tout naturell
s'il est jeune, comme je le crois, et s'il travaille,

se-.

LB MOIS OOCrOBI\E.

RÉBUS.

(t) Paris, llicbel Lé•y Creres.
~

Nous avons indiqué le Lion et la Tortue 4'Eug,
croix, publié daos notre dernier numéro, comine
nant de la collection de M. Alíred Robaut, de
Nous ajoutons que ce fac-simile remarquable re
un dessio faisant partic de la collection de M, le
P. de l'Aage.

~.-

MAile, directeur-gh'ant.
En11. T&amp;11.ER, rédacteur m chef,
AUG,

~ - ,,_,.._...,.__ _ _"""!

ElPUCATION DU DEI\NlEI\ RE.BUS,

Les fédéraux el le; confMérés continuanl encore leur

lulle homicide.

Imp. de L'JLLUSTRATION, A. )!are,
22, rue de Vmitutl.

1...

et

�</text>
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                <text>Universidad Autónoma de Nuevo León</text>
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                <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores</text>
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                    <text>-

L'ILLUSTRATION,
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Direction, Rédaction, Administration :
Tealel les communications relatives au jonrnal, réclamations, demandes
de changements d'adresse , doivent etre adressées franco a
11. A.UG. MARC, DIRECTEUR-GÉRA.NT.
J.es demandes d'abonnement doivent etre accompagnée~
d'un mandat sur Paris ou sur la poste.

SOMMAIRE.
Rew• poli tique de la semaine. - C'.orrespood•nce d'Al~érie. - Courrier
de Voya¡e. - Le chemin de fer dana les Pyréoées. - Causerie drasubque. - Le comba!. - Tableaux du Morvan : A propo• de la pipée
(60). - Jacques Jasmio. Appar,il d'éclairage soui-marin de
l. Buin. - Revue Jilléraire. - L'estomar, parol•s et musique de
1. Gu&amp;tave Nadaud. - Bibliographie : Proores du 8!Jlleme métrique

a l'ttranger.

Gra"'re,: Iosurrecfion d'Algérie : Pri&amp;onniers ara bes inferné&amp; dans la

casemate de la porte du Sersou, a T,aret. - Chemin de fer de Bayonne
i Madrid ( 10 gra,urea ). - Le combat, - Le poete Jacquea Jasmin.

22 8

ANNÉE.

VOL. XLIV.

Nº

8amedi t~ Oetobre

t 130.
HUU..

L'adminislralioo ne ripond pas des maouscrils el ne a'engage ¡amaia á lea inserer.
Vu )es traite!, la lraduction el la reproduclion

a l'élra.nger sonl 1nterdite1.

BUREAUX : ROE RICHELIEU-., 60.

Abonnrmenls pour París et les Déparlcmenls :
3 mois, 9 fr. ; - 6 mois, 18 fr.; -

unan, 36 fr.; - le numero, 7~ c.
la collection mensuelle, 3 fr.; le volume semestriel, f ~ fr.
&amp;D0Nl''E~IENT8 POUR L'ÉTRANGER s
Memes pr,~; plus' les droits de poste, suivant les tarif•.
r.es abonu. partent du fer no de cbaque mois.

opinions les plus di verses se fassent jour daos les journaux et dans les réunions préparatoires qui se tiennent
au dela des Alpes. Le Parlement offrira tres-certaine •
~
ment un assortiment de toutes les nuances : nuance turinoise, nuance napolitaine, nuance to;canc, nuance
de Rome capitale quand meme, sans compter une foule
REVUE. POLITIQUE DE LA SEMAINE.
d'autres nuances, qui ne peuvent manquer de surgir
C'est toujours le traité franco-italien qui fait les frais au milieu des débats; Je parti de l'action, Je parti de la
de la polémicrue. Au moment ou vont s'ouvrir les débats résistance, le tiers parti, le parli du gouvernement,
de ce traité devant Je Parlement, 1l est natuiel que les échangeront certainement bien des paroles; mais on
- Appareil d'éclairage sous-marin de M. Bazin ( i gravurPS), - L'estomac, paroles et musique de JI. Gustave Nadaud. - Fac-simile de
dessins et croquia d'Eogéne Delacro,x. - Écbecs. - Rébus.

s d'un

. comn ,on-

1ec les

~laises

l. Lolz
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pbants,

INSURRECTION D'ALGÉRIE: PRISONNl~RS ARAB•S INTERNES DANS LA CASEMATE DE LA PORTE D11 SERSOU, A TIARl!T. - U'•prcs un croquis de 11. Lefc~vre.

�258

L'lLLUSTRATlOl',. JOURNAL UNlVEHSEL.

L'lLLUSTRATlON, JOURNAL UNlVERSEL.

2a9

I

Rien n'est venu contredire la nouvelle des succes
peut néanmoins considérer c~mme certain le résultat du ·
CORRESPONDANCE D'ALGÉRIE.
remportés par le général [édéral Sheridan contre le gévote. La convention du i5 septembre sera adoptée a
néral Early, aFisher's-Hill et aM.ount-Jackson. Ces deux
AU DIRECTEUR,
une grande majorité.
positions, déchrées imprenables par les journaux de
Alger, le 4 octobre 18'l.
L'ltalie presque toute entiere d'est prononcée d'aRichemond, ont été emportées au pas de course. Ainsi,
vance daos ce sen~; le traité franco-italien a été pour
peodant que Grant reste inébranlable devant Petersburg,
Les courses de la province d'Alger ont eu lieu, cette
elle une occasion de donner une nouvelle preuve de
d'ou il coodamne a l'immobilité Lee et la principale année, le dimanche 2 octobre, a 2 heures de 4taprescet instinct polit1que qui ne l'a abanuonnée daos aucune
'
des crises de sa laborieuse wüté. Que pouvait raisonna- armée du Sud, Sherman et Sheridan, par une série m~.
Ordinairement, ces courses commencent le samedi et
blement attendre l'ltalie du goavernement fran~ais? d'heureuses manreuvres, s'emparent successivement
Qu'il l:üssat le différend engagé entre elle et la papaulé des lignes ferrées et des voies fluviales, par ou_ la capi- se continuent le lendemain. La premiere journée est
se vider saos l'intervention étrangere, et que l'armée tale des con[édérés tirait ses renforts et ses subs1stances, réservée aux courses d' Arabes, et la deuxieme a celles
des Européens et a,u courses mixtes; une fantasía, e1éfran~aise évacuat Rome. Cette évacuation .est d~cidé~, et réduisent peu a peu les corps qu'on leur oppose.
Il semble évident que cette 1001,'lle lutte entre daos cutée par les tribus de la province et par les r~gimenta
et la question romaine est redevenue, ce qu elle n aura1t
jamais du cesser d'etre, une question itali~nne. _Le c?mte sa derniere phase. Nous ne voyons plus ces alternatives de la garnison, donne a ces f~tes un cach11t d"originalité
·
Cavour ne demandait pas autre chose, et il ava1t ra1son, de succes et de revers des campagnes précédentes, qui, locale qui n'est pas saos attrait.
Cette année, il a fallu se contenter d'une maigre
car du moment que l'ltalie n'entend pas rompre avec en prolongeant la guerre, faisaient presque douter de
la papauté, ce qu'elle doit souhaiter, c'est qu'u_ne force sa fin. Aux coups d'éclat et a la brillante tactique journée; les Arabes boudcnt, et les troupes sont emétrangere ne prolonge pas les résistances du sa1Dt-s1ege de Lee et de Beauregard, dont les armées du Nord ont ployées a mettre a la raison les insoumis. Aussi, rien de
contre une réconciliatiof.l qui est daos la force meme été victimes dans le príncipe, celles-ci ont répondu par uien saillant ne s'est fait remarquer pendant cette juurdes choses. Sur ce poiot, la convention doune pleineruent la résistance des masses, par les sacrifices de tous uée ; cependant le temps était magnifique, et chacun ne
genres, par la constance et par la patience; et c'est demandail pas mieux que de se divertir; mais l'occasion
satisfact1on a l'ltalie.
Fondé a la suite d'annexions di verses, dont quelques- .,.race a cette fermeté que le Nord a fini par trouver les manlJ.uait.
A deux heures précises, S. Exc. le maréchal gouverunes n'étaient qu'une série d'atteintes et presquc de dé- hommes qui ont su porter si haut la gloire militaire,
saos
compromettre
la
démocratie
américaine.
'
neur
Mac-Mahon, duc de Magenta, accompagné de
mentis a des stipulations diploruatiques signées récem··
Ce
qui
se
passe
en
Amérique
est
une
réíutation
des
M.
le
sous-gouverneur
Desvaux et d'un nombreux éLaLment par le gouvernement l'rau~ais et a la politi~ue
meme qu'il suivait a Rome, le nuuveau ruyaume 1tahen idées de M. de Tocqueville, lef{uel prétendait que les major, arrivait a la tribune réservée~ au milieud'acclaa.vait un pui$sant intérét a voir se régulariser un pareil grandes démocraties, comme celle des Ét.ats-Unis, étaient mations chaleureuses. Son Excellence a été re~ue, asoo
etat de choses; sur ce poiot encore, le traité n'est pas incapables de s'imposer des sacrifices pour une guerre, arrivée, par les membres de la corumission hippique,
moius satisfaisant; tout ce que l'ltalie possede en ~e pour un príncipe ou pour une idée, cumme les aristo- présidée par M. J. de Vassoigne, colonel dd t" régimen!
1Dument est bien a elle, le traité le lui garantit. C' est craties. Sur ce point, comme sur plusicurs autres, son ju- d'artillerie. Déja MM. les généraux commandant la diYicomme une seconde reconnaissance de la monarchie gement, si sagace d'ordinaire, s'est égaré sur des appa- siou et la subdivision, ceux commandant l'artillerie et
rences. Plutót que de s'ecarter d'un pouce du pact_e fonda- le génie, M. l'amiral et MM. les fonctionnaires de tous
italienne.
L'ltalie voit trop bien les choses, elle a un sentiment mental de i 787, libremenl accepté par les treize Etats, les corps civils et militaires, occupaient la tr1bune. On y retrup Juste de la s1tuation, pour ne pas se rendre compte Américains du Nord ont ex posé leur vie et leur prospérité marquah aussi un grand nombre de dames vetues des
de l'eteutlue dupas qu'clle vientde faire, et pour ne pas sans ex.emple pour le ruaintien de la constitution et l'aboli- plus fratches tuilettes d'automne.
De chaque coté de la tribune officielle se trouvaient
savoir s'en content~r. Que l'ltahe, daos cette nouvelle tion de l'esclavage. Réussiront-ils a atteindre ce double
but?
Nous
le
croyons.
Les
journaux
du
Sud
n'ont
plus,
placées
les tribunes publiques; elles étaient peu garnies.
crise ecoute done les couseils de ses amis; d'ici il&amp; voient
A deux heures et quelques minutes, le défilé des el&amp;·
peut~e1.re mieux les choses qu'elle-meme: l'Halie n'a comme l'année derniere, le ton triomphant. &lt;&lt; La prise
plus uesoin de ha.ter le pas en marchant _sur Rome; d'Atlanta dit le Co1irrier de Richemond, avait déja ré- Jons a commencé; c'était certainement la partie la plus
découragemeot parmi nous, et l'échec qu.e serieu&amp;e et la plus remarquable de la fete, car oa nous
Rowe s'a.vance en ce moment vers elle et hu epargne la pandu
nous venons d'éprouver (celui d'Early) n'est pas fait a fait voir des étalons de la plus helle race et de la plus
wo1lié du chemin.
Des bruits d'abdicalion du roi Victor-Emmanuel ont pour le diminuer. &gt;&gt; Ailleurs, le meme jour~al ~-énonce grande ueauté. M. le général Morris, commandanl lar&amp;
· circule daos presque tous les journaux europ~ens, et les Géorgiens, qui songent a rentrer daos l Umon, ou- monte, présidait cette exhibition, qui a produit peu _d'ef.
pourtant rien ne serait moins vrai que ce desir du roi hliant que ce sont eux qui ont entratné la Virgine ~u fet sur la plus grande panie des spectateurs; cec1, da
d'ltalie de déposer la cou.ronne. Si Victor-Ecnmanuel a combat. Ainsi done, les iléfections s'annoncent. Les V1r- reste, ne doit point surprendre, attendu qu'il faut plus
éprouvé quelques heures de fatigue, comme to~s. le_s giniens, de leur coté, feraient bien de ne pas oubli~r d'une qualité hippique pour pouvoir éprouver quelque
.
hommes sur qui pese une immcnse responsab1hte, 11 que Washington est né au lllilieu d'eux_, et que le vene- plaisir a regarder 110 beau cheval.
rable
vétéran
de
l'indépendance
d1sa1t,
dans
sa
lettre
A
deux
heures
et
demie,
la
cloche
a
sonne
pour la
paratt plus ardent que jamais, en ce moment, pour med'adieux
:
&lt;&lt; Si nous continuons a former une seule nacourse
de
cAVALIERS
INDIGtNES;
deux
chevaux
étaient
ennoc a bonne fur la grande reuvre de l'unite italienne.
tion
nous
n'aurons
,bientót
plus
ríen
a
craindre
de
pergagés.
•
Rien dans les circonstances présentes, ne motiverait
'
.
.
Zina, a Said ben Lounie, a gagné le prix de 200 fr.,
une abdication. Les actes de cette gravité sont la res- sonne. » lis devraient surtout _se souvemr, eux, qm se
sont
faits
éleveurs
des
negres,
que
Washington
avait
battant
Dr1fftJ. (3,000 metres en 4 minutes i7 secondes).
source supreme des dynasties, ressource quclqu~fois faindiqué
l'abolition
de
l'esclavage
comme
un
des
devoirs
PRJ:x:
DE
1.A VILLE n'ALGE11. (Européens). Pour poulda
tale et quelquefois heureuse, comme le delllontre
imposes
a
la
jeune
république
qu'1l
venait
de
fonder,
en
et
pouliches
de 4 ans, t,500 J,etres; i ,000 fr. et l'entrée,
l'exemple de Victor-Emmanuel lm-méme, appelé au
..
Trois chevaux étaient cngagés : .Etincelte, a M. Marc
tróoe par l'abdication de Charles-Albert, son jlere. Ma1s léguaot, par testament, la liberté a ses esclave8.
Une tlépeche télégraphique de Vienne annonce pos1t1- Bellard est arrivee ¡irermere, en 2 minutes 3 secoodt:S,
c'est préciséruent parce que l'abdication est uue r~svement
que dans laséancc du i7 octobre, la conféreuce en dist~n~ant 41.'une dcmi-téte Que,~adrw, q~i ~urad
source supreme, qu'on n'en use pa~ ~aus ra1son , io~L
de
Vienne
'a.urait adopté le traité de paix entre le Dane- probablement gagné, si le jockey qui le monta1t n avatl
«rave. Or, aucune de ces ra1sons n e1'1ste auJourd hm.
0
mark
et
les
deux puissances allemandes, tel 'qu'il a été pas manqué son départ.
Suivant les juurnaux autrichiens, l'áttitude de l'Aurédigé
par
un
de ses membres, M. le baron _de Bre~ner.
Prux DE L'füdPEREUll (course mixte), pour chevaux _el
tricbe en presence de la convention du i5 septembre ne
Un
journal
du
soir
a
parlé-d'une
convent1on
~Ul
~uj
uments
de ti ans et au-dessus, i ,400 fr. et les entreel
tart.lera ¡,as á revetir un caraclere clair. Sans s'ecarter
rait
été
signée,
le
23
juillet
&lt;lernier,
entre
les
tro1s
pmsues príncipes qui out d,rigé jus4u'a prés~nt la puht1qu~
(3,000 metres).
Trois chevaux out couru cette course : Me11brouk, 111
du cabinct de Vienne, da.ns toutes les affa1res relat1ves a sances du Nord, et qui contiendrait une clause aux terl'ltalie, le gouvernement autricl11cn aw·ait ¡,ris, para1t-il, mes de taquelle la Prusse ·garantirait a l'Autriche la pos- ca1dAdda ben Foudad, est arrivée premiere en 4 oun~
des uec1siuns qui cont1·iliuera1ent a donner pour long- session de ses provinces non allemandes. La Gazette de 8 secondes, uattant Vapeur, a M. Brossette, et Ctlt
.
temps a cctte affaire un aspect plua calme et plus ras- l'Allemagne du Noo-d, organe semi-officiel du c_abinet Heures, a M. Bellard.
prussien, donne un démenti positif a cette asserllon du
Le gagnant est un cheval arabe, bai lirun, d'une ~
surant.
robuste constitution ; il est a.ge de lO ans, et, depoll
Le cabinct de Vienne sera1t done a la veille d'inau- journal [rao~ais.
.
.
.
.
La Gaz.ette officielle de Madrid pubhe une cmula1re l'age de 3 ans, il a gagné 4 prix a Oran et_6 prix aAlger,
guret' une politique de prévenances envers le g?uverne_~
Prux DU MARÉCIU.L GOUVEllNEUR (course m1xte), i,000 rr.,
ment frau~ais, en ce sens que, sa~s r~no~cer ª. sa pol~- adressée par M. le ministre de l'intérie_ur, M. Gonza~es
Bravo
aux.
pré[ets,
pour
leur
tracer
la
hgne
de
condmte
pour poulains et pouliches de 4 ans (i,500 me~es).
tiq ue pass1ve dans les affaires de_ l Itahe, ü se dec1de_ra1t
Sii: chevaux. étaient engagés au départ, trolS seolea luí impriruer un caractere de b1enve11lante abstent1on. qu'ils'auront a suivre daus les prochainee_ élections de_s
députés.
&lt;&lt; A d'autres époques et dans plus1eu'.s pays, d1t
ment
se sont présentés. Mystere, a l'!L Péret Trémol, el&amp;
lndépendamment de la résolution prise par_ le goute
ministre
a
ses
agems,
to
u
tes
les
entrepr1ses
contre
arrivé
premier en 1 minute 59 secondes.
vernement autrichien de ne pas faire op¡,os1t100 a la
Le
i,rux
nu coNsEIL MUNTCIPAL (Européens), 2,000 Ir., a
te
libre
el.ercice
du
Jroit
électoral
ont
été
malheureuses.
conventivn du i5 septemlire, l'ambassadeur d'Autr1che
N'imitez
pas
ces
déploraules
exemples.
&gt;&gt; Voila une cirété
gagné
par Fusée, a M. Mare Bellard, qui a parcourtl
pres la cour de Rome travaillera activeruent a éclairer
culaire
qui
est
nouvelle
par
le
fond,
et
que
nous
vou~
3
000
metres
en 4 minutes 20 secondes.
le sarnt-siége pour qu'il ne se livre pasa de trop grandes
'La
cou¡¡sE
DES
CAIDS (3,000 metres), 400 fr. et les ea•
drions
bien
voir
mise
en
pratique
dans
tous
les
pays
ou
illusions sur la miss1on ne l'Autriche.
l'on
se
pique
de
constitut1onnalité.
M.
_Gonzale~
Br~vo
trées
a
été
"ª"née
par Menbrouck, qui a parcouru r,ellld
Le Journal la t'resse de Vienne nous apprend en
0 0
'
·
23 secon ,.._
rueme temps ce dont nous nous doutions uien un ¡,eu, atteste, par cette circulaire, son 1~tent1on de r~p_ud1er distance pour la seconde fois, en 4 mrnutes
Le PR~ DE LA PI\OVINCE (Européens), t,000 fr .. e_tle&amp;d"
que ~¡ l'Aut;iche réduit son armement, c'e.st qu'elle Y les pratiques et les traditions arbitra1r~s des adm1mstraest contrainte par l'etat de ses finances. Ce memeJournal tions précédentes. Que le nouveau cabmet espagnol per- trées, distance 2,300 metres, avait d'abord e~
pa; Fusée, battant Vapeur et Sans-Virryoyne, m~15 a:,,.
adjurc les autres puissances européennes de se cuncerter siste da.ns cette voie liliérale !
EDMOND TEX.I.ER.
part, le jockey muntant le ga~na~t. aya~tc~u~e la •
pac1fiquement, de se mettre d'accor~ sur les ~~ebtwn~
a Sans-Veryogue, le prix ava1t ete adJuge a Votpttl
pendaules, atin de rétablir la situat1on financiere, qw

1:

gas:

n'est satis[aisante chez aucune d'elles.

eornrne l'une et l'autre ont parcouru la distaoce en
3 minutes 20 secondes, la course a enfin été remise au
mercredi suivant.
La partie du programme qui a été la plus émouvaote
est, saos contredit, ce11e d·e la couttsE DES rurns, par
MM. les sous-officiers de cavalerie et un brigadier du
trllÍD_..

Huit coureurs sont partis a food de train, pleins d'espoir et de vigueur, mais a moitié chemin, cinq étaient
en arriere; trois seulement de ces messieurs som arrivés a destination.
Lti premier prix, 500 fr., aété gagné par M. Gaillard,
maréchal-des-logis aux. chasseurs d'Afrique, montant
Batave; et le deuxieme prix, un magnifique [usil dou••
ble, offert par M. le gouverneur général, par le brigadier Tournier.
A 4 heures et demie, tout était terminé, et chacun regagoait Alger conservant l'espoir d'une fete plus brillante pour l'année prochaine.
Agréez, etc.
A. RAVEAU.

____

~~---,,__

COUBBIEB DE '10"A.GE.

Arles mort et Arles vivant. - Les Arlésiennes. - Les taureaux. - L'abbaye de Montroajnur. - Une sociélé. - Trop
de géolo¡(Ues. - "Cience et théologie. - L'omoibus ne
Vence-Cagnes aNice. - Conqué(es des A11gldis en France.
- Le nouveau Nice. - Le Cuele des ALpe.,· tnui·itime•··
- Attente. - M11• Benedetlina Grosso : le lever d'une
étosle.
Arles est habité : jusqu'ici, j'en doutais presque. J'avais consciencieusement visité la vieille ville roruaine,
j'avais vu son théatre, une des ruines les plus élégantes
de la France·, ses arenes grandioses, que le temps, les
barbares et la guerre sembleut avoir pris soin de dévaster tout expres pour les plaisirs des pcintres et des poetes, sa fa~ade et son cloitre de Saint-Trophyme, deux
· O.eurs exquises de l'art roman et de l'art gothique, et ce
cimetiere des Alyscamps, avec ses tombeaux gallo-r_omains,
vraies hótelleries de la mort, d'ou les dépouilles des
chrétiens exilerent les cendres paiennes, et qui sont vides aujourd'hui, vides P?ur toujours; je m'étais promené dans ses rues pleines des débris de tous les siecles, et j'avais trouvé partout la solitude, le silence, l'immobilité, comme si le bruit, le mouvement, la vie, craigoaient de troubler tant de souvenirs, et de déranger
l'harmonie et la majesté du passé.
.
Pourtant j'avais bien aperc;u quclques boutiques, mais
de marchands, point; sur l'enseigne d'un épicier, j'avais
In ce nom: Polynice, mais je n'avais point vu Polynice, et je me figurais que c'était l'épitaµhe de quelque
Grec venu a Arles an temps d'Adrien ou de Marc-Aurele,
pour y veodre du miel et des raisins de Corinthe.
Je ne savais pas mauvais gré a Arles de faire aiosi la
morte pour mieux laisser les ~ll'angers en tete a tete
avec l'antiquité; je ne suis pas faché non plus qu'elle
res.suscite une fois par semaine : j'ai vu les Arlésiennes.
Sont-elles toutes belles? Non, vraiment, ce serait trop
dire; mais la plupart sont charmantes : un type qui est
bien a elles, une finesse de traits, une souplesse et une
•richesse de taille, et une grace noble dans la démarche
que des duchesses leur envieraient. Regardez-les,
admirez-les, elles ne vous en voudront pas, et daos
leurs yeUl'., qu'ellés arreteront franchement sur vous, il
n'y aura pas la moindre surprise; et le regard de ces
beaux yeUl'. vous dira tres-clairemeut: u Vous me trouvez
agréable a voir; je sais que je le sui3; vous me rendez
hommage, vous ne faites que ce que vous devez. ,1
On avait aononcé pour ce jour-la une course de tauraux daos les Arenes; mais une course toute nationale,
9Uls picadores , sans banderilleros, sans espada, une
COU18e oti le taureau ne court aucun danger; pour les
-.Oes, c'est autre chose. Le dimanche précédent, un
PlaYre diable avait été encorné, et quelques jours apres
il était mort.
La íoule se pressait contre les grilles de l'amphith~, qui n'étaient point encore ouvertes : il s'agisl&amp;lt de voir les taureaux entrer par une porte et dispa~ ' poussés par deUl'. cavaliers, sous l:t volite béante,
lautre extrémité du cirque, ou se trouvait la prison
dans taquelle ils devaient etre enfermésjusqu'a l'heure
du lpectacle.
Da ll'l'lverent : c'étaient six taureaux noirs de la Cale~ plus jolis qu'on puisse imabriner; ils traverd' 1 l ~~e; les deux cavaliers, dont l'un était armé
11D pet1L tr1dent, galopaient derriere em. et les empé-

:!°e',

chaient de s'écarter; ils s'engoufirerent de la meilleure
grace du monde daos l'ombre, et la foule [ut enchantée.
Je n'avais pas vu l'abbaye de Montmajour; une corne
de taureau n"était plus une nouveauté pour moi; je partís pour l'abbaye, qui u'est guere qu'a une lieue d'Arles.
A Montmajour, un bonhomme de concierge me montra, tout en fumant sa pipe, une église et un cloltre romans ruinés, une crypte entourée de cinq cbapelles, un
couvent du dix-septieme siecle tout démaotelé, uue
tour du moyen a.ge d'u.ne hardiesse et d'une · élégance
merveilleuses, a laquelle il ne manque pas une pierre,
et qui se dresse dans le ciel, en face des monticules oti
fut le camp des Maures, aussi fiere ffU'il y a cinq ou six
cents ans; une chapelle, élevée en l'honneur de Charles
Martel, environnée de tous cótés de tombes creusées a
fleur de sol, une petite ég'lise soutt:rraine, qui date du
temps de Childebert. Une grotte est au f0,1d de cette cha-pelle; c'était la demeure de saint Trophyme, le premier
é~eque d'Arles. Assis dabs un fa11t1,uil de p1erre, il y
confessait les pénitents agenouillés de~riere une paroi
de rochers, percée d'un troq par lequel ;;l voix repentante arrivait jusqu'a lui.
Dans un endroit otila g1·otte forme un défilé sumbre,
on vost, a dix pieds du sol, une e1'cavatson, qui est
comme uue secondc petité grottc au deuxicme étage. En
cati de visite inquietante, Trophyme s·y cacbait, et si les
visiteurs y mettaient quelque bonne volonte, il échappait a leurs regards: le métier de saint était, en ce tempsla, moins commode qu'a présent.
Je n'étais pas seul a Moutrnajotu·, et ce fut une lionne
fortune que je ne saurais trop bémr : j'y reucontrai une
société : uue mere, sa filie, un jeune hornme et un petit gar~on. La société visita l'abliaye avec moi.
Seul, j'aurais oublié que mua guide avait une figure
un peu trop jovial e pour la majesté et Id. tr1stesse du lieu,
je ne me serais point aper~u des petites plaisanteries
dunt il assaisonnait ses eiploratioos, - l'habitude des
cicerones permet de ne les pas voir et dé ne les pas entendre quand la fanlaisie vous en prend; - les fantómes qui haoteni les débris et lts pensers qui oichent
daos les vieux murs, n'auraient pas manqué d'envahir
mon imaginatiou; j'aurais eu des visioosusées de mowes,
de chevaliers, de soldats francs a barbe rousse et de gt1erriers sarrasins a barbe noire; j'aurais bu une fois de plus
la coupe éventée des souvenirs, l'espr1t des ruines m'aurait dit toutes les banalités qu'il m'a dites mille fois; la
mélancolie béte du passé se serait mise a faire des sienne&amp; et a me remplir la tete de ses ennuyeuses vapeurs,
et, qui sait, peut-etre le lendemain aurais- je noirci une
belle feuille de papier blanc sur un ponci[ de Volney.
Grace a roa société, il n·eu a rien été.
Nous visitions la crypte :
- Aux grandes fetes, nous disait notre garde, l'ablié
orficiait au maitre-autel, en meme temps que dans chacune des chapelles quis'ouvrent sur le chreur, un µretre
disait la messe.
- Eh bien ! il y a longte.mps 4ue prétr~s et abl.Jés
n'ont plus mal aul dents, fais:üt sp1rituelleme11t remarquer lajeune personne.
Daos un souterrain otiles momes, coupable6 de quelque faute ou de quelque infraction a la regle, étaient
emprisonoés, quelques freres ont inscrit leur nom sur
les murailles. On lit en plusieurs endroits celui' de Guillaume Piolenc, avec la date de i 627.
- Et Lamberl, n'a-t-il pas gravé son nomsur le mur?
demandait la jeune personne.
Vous comprenez qu'en si aimable cumpagnie, il n'y
avait pas moyen de se laisser alter a des révasseries poétiques.
Ce soir-la, je couchais a M.arseille, et le lendemam matin je partais pour Nice, sans m'etre donné la peine d'aller voir si les maisons neuves s'élevaient dans la rue
Impériale, si les vieilles maisons tombaient dans les vieux
quartiers, si les hótels monstres coniinuaient a pousser
comme des champignons apres la pluie, bien certain que
les ma~ons, les architectes et les entrepreneurs n'étaient
pas gens a perdre leur temps.
La gare de Marseille est pleine d'honnétes gens portant
en bandouliere des sacs de toutes formes. Ce sout les
membres d'un congres géologique, qui s'en vont casser
des pierres quelque part sur la route de füce; il y a des
jeunes gens et des vieiUards, de graves habits noirs et
des jaquettes de fantaisie; c'est plaisir de voir tant de
savants de tout a.ge et de tout costume réunis.
A Touloo, ce spectacle nous parait moms touchant.

Nous nous apercevons que l'amour de la science peut
avoir cies inconvénients pour les pauvres ig11oraots qni
ont faim. Le buffet n'a pas compté sur taotde géologues;
or, les géologues mangeant comme les simples mortels,
voila le déjeuner des simples mortels terriblemeut
réduit.
Nous restons s11r notre appétit et tacho ns de nous consoler, en songeant qu'il estbeau de souffrir pour l'avancement de la géologie.
Chemin faisant, nous prenons aux statioos un nombre
prodigieux de soutanes, qui s'eo vont assister aux conférences que préside Mgr de Fréjus.
Au sifflement de la vapeur et au bruit des rones sur
les rails se melent la récitatiou d•J ·bréviaire et des diticussions profondes sur la formatiou des couches terrestres.
La science et la théulog1c voyageant daus le mcme
train ! 11 est impossible que nous n'arrivions pasa bon
port.
En effet, nous voici sains et saufs dans la gare de
Vence-Cagues. Les wagons nous versent daos les omnibus de Nice. J'ai pow· compagnon de route six Anglaises
d'ages divers, mais de laideur a peu pres ¡iareille; un
Anglais, une Fran~aise, deui Fran~ais, dont l'un'res- .
semble a un Auglais a s'y méprendre, et un perroquet
gris taciturne : ce perroqueL a l'air tl'Up spleenétique pour
n'etre pas ne daos une colooie ang'laise. Ilurrah ¡iour la
vieille Angleterre ! Elle a perdu la Guieuue, mais elle
est en train de conquér1r le Var et les Alpes-Maritimes.
C'est pour elle que fleurissent nos oraugers et nos citronniers, que nos palmiers étalent leurs verts parasols,
pour elle que resplend1t notre soleil meridional, pour
elle que les flots de notre bleue Méditel'I'anee chautcut
leura plus douces melod,es eu deferlant mollemeut sur
les plus beaux de nos rivages.
Nice, dont M. le capitaine Carpeñtier et M. Hallo,
avocat et vaillant soldat de la pressc libérale, un vieil
ami et un ami d'hier, m'ont fait les honneurs avec une
boune grace charma.nte, l\1ce n'est pas resté 01s!r de-¡mis l'année derniere : il vient d'achever so'n chemin de
fer, qu'il inaugurera demaio, et dont la gare sera la
plus magnifiquequ'oo ait construiteen province; ila uuvert un nouveau boulevard, large cornrue le lioule,ard
Sébastopol, il a agrandi son jardín public aux dé.peus du
Paillon, ..¡ui tachera de se contenter du lit qu'on lui a
laissé; il a planté sur sou quai de droite des pa1miers.
- Pourquoi des palwiers? demandais-je, sans dc,ute, le
palm1er est un arbrll elégaut, mais l'ombrage en est
pauvre, et des acacias uu des platanes donneraient plus
de fraicheur et plus d'abri.
- Des acacias el des platanes, m'a-t-ou répoudu, mais
cela se voit vartout; des palmiers, c'est autre chose, et
il est bon qu'aux yem des étrangers l\ice prenne des
airs un peu afr1cains.
Soyez sur que M. Conte-Grandchamps, l'ingéuieur en
chef du département, un homme de icooceplion et d'act10n, prépare pour l'íice bien d'autres magnificences eucore.
Cependant il faut, dans une belle ville, passer agreablement ses loisirs : Nice a dem théalres, Ún théa1re
italien et un théatre frao~ais, et les cercles ne 11:1 i manquent pas. Le Cercle des AlJJes-1\faritimes, dout 'M. Hallo
est le vice-président, n'a guere qu'uu an, mais il cst
plein de vie déja et d'activité. Sa physiouomie, ses hal.Jitudes, ses allures sont toutes frangaises, mais son patriotisme n'a rien d'étroit; il appelle a luí les étrangcrs,
il leur fait le meilleur accueil, et, mérue a ceux qui
n'ont que quelques semaines ou quelques ruois a passer a
Nice, il offre lll. plus courtoise hospitalité et l'altrait de
ses fétes.
Au moment ou M. Tempel appreJ_lait au monde ~avant qu'il avait découvert, le 30 septembre, la 81•
planete du groupe entre Mars et Jupiter, je voyais, moi,
en iort aunable compagnie, se lever une étoile au Théatre-ltalien de füce.
On jouait la Sonnambula : le début de :M.11• Benedettina Grosso, da.ns le róle d'Amina, était annonce.
La chanteuse, une toute jeune personue, entra en
scene; ses preruieres notes gagnerent le public : une
voix. de vingt ans, jeune, pleine, sonore, facilE., est
chose si belle et si rare ! ll se trouva que cette voi1 c' ...u-mante était accompagnée d'une méthode eicellent et
du sentiment le plus délicat. Ala fin de son aiJ.• la d, t,utaote éta1t acclamée.
Apres le secoud acte, on la rappelait deux fois; a.1res
le troisieme, ce n'était plus M11• Grosso, mais c'tlait

�L' lLLUSTRATI ON, JOURN AL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

--

-

descendre et d'aller voir
un peo ce qui se pass~.

. : : : : : : : - - .... ~____!,__.._~

· La-~usique, c'est tout
simplement un régiment qui traverse la
,ille; quant aux drapeaui, ils alten?ent~'arrivée de S. M. I Imperatrice de nussie, qui sera
ici vendredi prochain.
vous voyez qu'on ne
veut pas etre pris aq
dépourvn.
Nice s'apprele a recevoir dignement les augustes hóles qui luí sonl
promis. La population
ouvre d'avance de

VIADUC D'ORMAIZTRGUI.

TUNNRL D'OSINA.

FONfARABIF.

la représentation a. un de
mes compagnons de voyage.
Six mois plus tard, le
Théatre-Italien se chargeait
d'accomplir ma prédiction,
J'ai bien envie d'etre prophete encore une fois, au
risque d'encourir les malé•
dictions des dilettantes de
Nice.
Au moment ou j'écris,
des drapeaux et des oritlam·
mes fl.ottent a la brise ma•
rine; sous rna fenétre, des
bruitq de tamhours et une
marche militaire me donneol
une ·. envíe irrésistible I de

la Grosso; si l'opéra avait
eu quatre actes, elle aurait été portée en triomphe.
C'est la seconde fois qu'il
m'arrive, en voyage, une
bonne fortuue de ce genre.
En ! 858, j" entrais, saos grandes espérances, au théatre
·de San-Gallo, a Venise, et
j'entenclais daos Norma les
&lt;leux sreurs Marchisio, alors
tout a fait inconnues en
France.
- Voila deux personnes
que nous vcrrons a Paris
avan~ un· an, dis-je [aprcs

VITTORIA.
SAINT-SFBASTIRN,

'i"

1

grands yeux pour con•
templer tant &lt;le maJestés ; le rouleau aplanil
les nouvelles promenad~s, une diva se révele
tout a point, les hótels
rafraichissent leurs tentures, déploient toutes
les magnificences de
leurs mobiliers, et j'ai
quelque raison de eroi-·
re, élcvent déja lcurs
prix a la hauteur de la
circonstance.
11 n'y a que !P. Paillon,
toujours philosophe, qtd
ne se donne pas la
moindre peine pour
faire la cour aux puis-

�U2

L'ILLUSTRATION, .IOURNAL UNIVERSEL.

hois qui s'élevent, s'abaissent el s'éparpillent a tous les porter la moindre pression a l'époque des pluies et de la
coins d!l l'horizon. Les lignes d'azur se prolong,ent rle- fonte des neiges. So11s tous les remblais et au voi~inage
puis le Jasquibelet le mont Saint-\1artial jusqu'a la mer. de toutes les tranchées, il a fallu exéculer des travaux
Behob,v, UruRne, Renda_ve, se dressent sur leurs colli- d'assainissement. Il a fallu ramasser, détourner et faire
nes : Fontarabie, la cité espagnole, an milieu de ses écouler les eaux, qui, s'infiltrant dans la rnasse du ter.
P.-S. - Dans un de mes derniers courriers, décrivant
remparls en ruine, éleve sa forteresse sur le cotean qui rain, auraient nécessairement a.mené des glissements et
deux fenetres de la Renaissance devant lesquelles je
domine la mer. Vous avez traversé cette petite riviere, des éhoulements; adopter un systeme de pente~, de
je m'étais extasié a Narbonne, je lonais les rariatiries
moitié fran~~, moitié espagnole, qui rappelle de bien tranchées a ciel ouvert, de galeries souterraines eucu.
qui les décorent : ces cariaticles se sonttransformées, a
grands souvenirs : la Bidassoa. L'ile des Faisans, la trées dans le rocher et bloquées en pierres seches. Force
l'impression, en earirafures : je tiens trop a ce que les
limitP des deux États, qu'ont rendue si célebre les ronfé- a été de créer un sable factice dans ce~ montagnes ou fe
-Narhonnais ne me considerent pas comme un Tartare
rcnces diplomatiques de Louis XI avec le roi de Castdle, sable n'existe pas; de construire des fours aupres de
pour ne point protester contre cette coquille.
X. F.
de Mazarin avec le ministre de Philippe IV, Louis de chaque chantier; de prendre de l'argile, de la faire cuire,
Haro, l'entrevne du r0i Louis XIV avec le roi d'Espagne, et de broyer a la mécanique un sable dont la fabrication
est au milieu de la Bida~soa. Les eaux la rongent chaque n'a pas employé moins de !2 m11lions de kilogrammes
de houille : c'est a J'aide de ce sable de nouvelle espece
jour: elle a presque entil&gt;rement disparo.
que toutes les ma~onneries et les ouvrages d'art ont élé
A
gauche
et
a
droite
se
montrent,
sur
les
pentes
des
u: rITEMIN DE FER DAN$ LES PYRÉNÉF.S.
colliues ou au fond des vallées, les villas au badigeon exécutés.
Voila, certes, un travail des plus gigantesques et dontil
Le chemin de fer n'avait pas mis encore Paris en éclatant, aux pignons et aux colombages du moyen Ag,e,
nous
faut faire honneur a!'importante compagnie qui l'a
communication directe avec Madrid, lorsqne nous par- Olt aux larges balcons et aux toitures ne chalets suisses.
entrepris,
a la maison Gouin, qui, se chargeant de cette
times pour l'Espagne, dans les derniers jours de juillet Vous voici a Renteria, placée sur son cours d'eau, non
immense
entreprise,
remplissait fidelement ses engagedernier. Un des ingénieurs de la compagnie voulut bien loin de l'Océan, bourg a !'industrie active, q11i vit la prements,
et
livrait
a
la
cornpagnie des chemins de fer do
nous servir de g,uine au milien de ces Pyrf\nées qui al- miere fonderie établie en E~pagne. Renleria dresse aunord
de
l'Espagne
cette
magmfique voie des Pyrénées,
laicnt hientñt s'ouvrir au public. Pendant que la loco- dessus des prairies ses murailles noires et rougeatres,
dix-huit
mois
apres
avoir
commencé cettP. reuvre comotive qui nous emportait volait bruissante, assourdis- ses maisons aux halcons brisés, aux fa~ades peréées de
lossale.
H. LAvo1x.
sante sons les souterrains, se suspendait anx ffancs des vastes ouvertures. Deux villes jumelles, Los Pasagos,
contreforts, s'enfon~ait de tunnels en tunnels et reparais- se mirent plus loin dans les eau,: de leur lac tomsait nans les tranchées, pendant qn'elle opérait, sacca- mun. Deux promontoires, en rapprochant leurs poindes pa1· sacra.des, convulsions par convulsions, son as- tes, ensetrent ce va.~te port etne laissent a lamer qu'un
ccnsion tlans la montagne, et qu'elle tonrbillonnait au- étroit p~ssage. L'Océan a ouvert dans une des ramifiC&amp;l!Jt,llRIIE lll&gt;lllb\111&amp;VDQUL
dessg,s des vallées ele l'Oria et &lt;le l'Urola, franchissant cations cette bouche géante. Vous voici a Saint-Sébasles rlix licues qui nous séparaient de Béasain a Oloza- tien.
Voici enfin une nouvelle piece de M. Victorien Sardoo;
Sur les ruines faites, au mois d'aoül 18i 3, par les bom- si je dis enfin, c'est ponr faire comme toul le monde,
. go"illi:., nous nous demandions quels rnoyens, quelles
forces humaines avaient frayé une voie a ce Titan de fe1J, bes anglaises, Saint-Sebastien a relevé ses murs : car plus un écrivaín produit et pl11s le monde parisíen
a ce Lev1athan qui nous entrainait sur ses a1les. Com- notez que l'Angleterre était alors unie a l'Espagne, que exige de lui de fécondité, et vice versa. ll me souvient
hien ,rannées avait-il fallu pour rénuire un tel obstacle? son alliée l'appelait a délivrer Saint-Sébastien, et qu'une que, jadis, lorsque feu Alfred de Vigny, apres un silence
Combien d'hommes 9 Oix-huit mois, nous répondit-nn, et fois la ville arrachée au pouvoir de l'armée fran~aise, de cinq ou six ans, sortait, un petit livre a la main, de
une armée de travailleurs de 12,000 hommes. Une colo- · elle la saccagea et la ruina de fond eu comble. Pour- sa fameuse tour d'ivoire : -Oh! oh! s'écriait-on, l'auteor
nie rl'ouvriers venue de partout, c1ui avait recruté ses quoi? Le commerce de Saint-Sébastien, sa prospérité d'Éloa prend le mords anx dents. - Au contraire, l'au• .
mineurs en Piérnont, ses charpentiers et ~es ma~ous en maritime inspiraient une jalousie profonde a l'Angleterre teur d'Eugénie (h-andet restait-il trois mois saos publier
Francc, ses terrassiers da.ns l'Aragon et les Castilles. et a son alliée. - N'attentlez done pa.s d'une vi lle recons- un roman ou une nouvelle ; - Eh bien! disait le prcCet effectif fornndable comptait 3,000 mineurs, i,000 lruite depuis cinquante :rns uu caractere bien pittores- mier venu, c'est done fini, Balzac ne fait plus rien~ ma~ons, 5,000 terrassiers, 600 liouviers ou charretiers, que. Ses maisons sont baties sur un modele uniforme, Quant a Alexandre Dumas, paraissait-il de lu1, en livre
1,ouu carriers et tailleurs de pierres, 400 forgerons et ses rues d'nne largeur invariable : ríen de curieux; et, ou en feuilleton, moins de trois romans a la fois,
ouvriers en mrtaux.
n'étaientces deux collines, surmontées, !'une, rl'une forte- on assurait de tous les cotés qu'il était entré a la
Pour fournir au,: besoins de cette cité laborieuse, il resse et l'au·tre d'une tour tclégraphique, a peine auriez- Trappe.
avail íallu fonder des magasins de vivres, apporter sur vous pris garde a cette ville toute moderne, assise au
Bien qu'aujourd'hui on s'occupe moins qu'en ce tempsla cote des approvisionnements, jeter dei villages sur la bord de la mer.
la des écrivains, il en est encore quelques-uns auxquels
montagne, improviser des etablissements de Louie
En quittant Saint-Sébastien, la voie ferrée abandonne l'impatient publie semble se faire un jeu d'interdire le
nature. Un tel service, joint a cehll des travaux, avait le littoral et se jette daos l'intérieur du territoire par la recueillement, tandis qu'il le pardonne et l'impose meme
necessite l'achat de 600 mules, tout équipées, venues vallée de l'Oria. Les montagnes se groupent et se rap- a tel ou tel de ses favoris les plus dééclarés : qu'un frere
rle Ca~tille, servant pour les transporls de route entre proch.enl, leurs pies se pressent, les lig-nes blanchatres ou une sreur, par exernplP, arrive daos dix ans i
le port de Saint-Sébastien, q1Jí rccevait de Franco et des torrents deviennent plus nombreuses; les pentes se Mm• Bovary et a ~1 11• Salammbó, et tout le monde dira:
d'Angleterre le hois, la houille et le matériel, et se pro- dressent plus ardues; les hautr.urs ne sont plus couron- - Déja? - Mais qu'un pendant soit donné, daos troil
curer daos le pays et aux alentours 500 paires de breuls n~es de villas ou de bourgs, les villages s'étendent dans mois, a la charmante Madeltm de M. About, et il n'y
occu¡,es aux transports daos les chemins de la mon- le vallon : Hern&amp;ni, Andain, Villabona, Tolosa, avec aura qu'un cri : - En fin!
tag11e.
Au théatre, M. Victorien Sardou est de ceux auxquels
son pont délendu par une tour, ses promenades qui borVoulez--Yous la liste des principaux matériaux employés dent l'Araxa~, ont sucessivement disparu. On arrive a la fécond1té est imposée, une fécondité sans bornes.
a cet immense travail, le nombre des outils et des clia- Béasain; la commence l'ascension des Pyrénées.
Aussi, voila déja bien des semaines qu'on se deriots? 11 est curieux de les relever; ils feront l'etonnemaudait
partout : - Que fait done le charmant autenr
Vingt kilometres a vol d'oiseau séparent Béasain d'Oment et la joie de~ passioonés de statistique.
des
Ganar.hes?
Que devient l'ingénieux créateur des
lozagoitia. les deux points extremes de la traversée.
Mais la voie ferrée, soumise a des courbPs et a des Intimes?
12,000 tonnes de houille.
Et des voix émues répondaient : -- Chut! il travaille,
ponles, double cette distance; elle compte 44 kilometres.
12,000 metres cubes de bois venus de France.
il
cherche
il feuillette, il accouche.
Elle trace ses méandres en cherchant le développement
En erre{, l'auteur des Pattes de mouche travaillait ase
2,000 tonnes de fer pour les viaducs.
surfisant 'pour atteindre le point d'altitude voulue. La
t,0U0 tonnes de fer pour les outils.
locomotive gravit une pente ménagée de 15 millimetres mettre au diapason du théatre du Palais-Royal; l'auteor
20,000 pelles et pioches.
par metre. Pendant plus de trois lieues, elle suit, sur de la Perle noire cherchait le la du crin-crin de la Moo460,000 planches.
le flanc droit, la vallée de l'Oria, en traversant, a l'airle tansier; l'auteur de la Papillonne feuillela1t Charles de
3,000 brouettes.
de tnnneis, de remblais et de víaducs, les contreforts de Bernard; J'auteur de Garat accouchait des Pommes dll
300,000 kilogrammes de poudre de mine,
la chainc. De la vallée de l'Oria a la vallée supérieure voisin.
La nouvelle reuvre de M. Victorien Sardou est, dil-oo,
et 3,000 kilometres, c'est-a-dire 750 licues de meches de l'Urola, elle passe a Zumaraya par un souterrain de
imitée
d'un roman de l'auteur de Gerfaut; j'ai bien lo,
pour allumer les mines.
720 metres; de la, elle contouroe, pendant i i kilometres,
autrefois,
ce roman, mais je ne !'ai pas sous la main, et
sur des courbes de 300 metres de rayon, les vallées seil
m'est
trop
peu prflsent a !'esprit pour je le compar~ i
Mais aussi quelle reuvre gigantesque ! Nous ne savons condaires et les contreforts. Elle atteint au pied de la
la
nouvelle
piece
du Palais-Royal; il me suffit qu 88
rien de plus beau et de plus 1mposant que cette voie a montagne de Mutilou, et par •m tunnel de pres d'une
travers les Pyrénees, ríen de plus gracieux et de plus lieue, celui de Oazuna, elle rentre dan!i la vallée de cette derniere rien ue porte les marques d'une adapta•
pittoresque que le chemin qui conduil de Bayonne au l'Oria,qu'elle avait abandonnée a Béasain. Apartir de ce tion inopport~e, ou maladro1tement opérée; or, les
·
l' · anee
p,ed de la muntagne, au milieu de ce grac1eux pays point, elle vole sur le flanc gauche de la vallée de l'Oria, Pommes ttu voisin ont bien les proportions et a1s .
basque, cdtoyant l'Océan, traversaot ces monts tapísses jusqu'a la source de la petite riv1ere, et traversant, dans d'une reuvre spontanée, a cela pres de quelques prepade fongere, constellés de rochers blancs, et portaut sur un parcours de 7 kilometres, onze tunnels, elle atteint, a rations superflues dans le premier acle, et,·~a etL'ala,
leurs flanes de grands chenes rares et clail'!-emés.
Otzaurte, le point culminant de son asccnsion. Songez quelques Jourdeurs sentanl leur roman de µro~rnce. •
L'Océan se montre de distance en distance; vous en- que nous voici a G00 metres au-dess1Js du niveau de la gilité n'était pas la qualíté dominante de Cha_rles dt
Bernard • je l'ai connu, il n'avait que deux ma10s, 811
trevoyez Biarr1tz, le rendez-vous de la population élé- mer.
'
'assu1·e-&amp;ut
game du Mid1, Guethary, Saint-Jeau-dc-Luz. Les PyréQue de difficultés a surmonter ! D'abord l'absence des somme, tandi~ que d'autres en ont quatre,_m
on,
mais
aussi,
parfo1s,
cela
les
embrou1lle,
surto_
nées vous apparaissent dans le lointain, dominant les res,ources locales, et puis la nature meme de ce terrain
colimes en amphitbéatre groupées a leors pie is. C'est argileux, détrempé par les eaux qui s'écoulent de toutes quand 1ls s'amusent a jongler avec les pommes du vot·
une confusion de montagnes couvertes de vignes et de parts des sommets de la montagne, et impuissant a sup- sin.
san('l'S de la terre; iln'a pa~ mi~ d1ns son lit une goutte
d'ea11 de plus qn'a l'ordinaire.
X. FEYRNET.

263

L'ILLUSTRATJON, JOURNAL UNJVRRSEL.
Et cependant, je comprends a merveille que M. Victo·en 5ardou, chez qui l'imagination n'esl qu'une éton" ante virtnosité de mémoire, ait cherché et trouvé son
:ien chez le meilleur éleve de Balzac; il devait s'y sentir porté par unr. secrete affinité de race et rle fonction
Uttéraire, étant a peu pres a M. Scribe ce que Charles
de Bernard est a Balzac.
Le défaut capital, mais non pas irrémédiable, des
p,¡mmes du voisin, c'est que la piece ne commence propremenl qu'a11 deuxiemc acle. ~e premier est une longue
exposition que Geoffroy se11I amme un peu de sa verve;
)l. Scribe n'en cut fait qu'une sccne, et surtout il n'aurait
eu garde d'y étaler deux personnages aussi semblables
J'nn ¡ J'autre, aussi inutiles, et, par parenthese, aussi faux
que Je sont M"'"' de Valembréche et de Parte-bfahon. Ces
~ provinciales, comme les eüt appelées Moliere, ont
bien pu fleurir a Carpentras, du temps que ce dernier y
tronvait, en se faisant faire la barbe, le type provincial
du Bourgeois gentilhomme; mais la graine s'en est perdue,
et on ne la retrouverait certes pas, de nos jours, dans
cette aimable ville de Dijon que M. Sarnou a donnée
pour cadre aux premiers tableaux de sa piece.
De tous les autres personnages, le principal et Je plus
comique est uu avocat nommé, avec intention, Larosiére.
M••• de Valembreche etde Parte-Mahon le destinent pour
époux a lenr nier.e, mais celle-ci a déja fait secretement
un autre choix, et le vertneux Larosiere, qui la trouve
(roide el commune, ne la recherche que pour faire,
comme on dit, une fin.
Mais, pour faire une fin, avoue-t-il au dernier moment,
faudrail• il du moins avoir commencé; et notre aspirant
substilut, repassant sajeunesse uniquement vouée a l'étude, en est presque au regret de l'avoir si sagement
employée.
Ce sentiment tres-humain, trop bumain, il fant bien
Je dire, et dont Balzac a fait, dans le Lys de la Vallée,
une analyse aussi profonde que malsaine, est pris au
comique, cela va sans dire, dans la nouvelle piece, et
l'auteur en a tiré, a ce poinl de vue, des etfets d'une
complication, d'un imprévu, d'une gaieté incroyables. La
morale meme pourrait, a la rigueur, trouver son compte
dans la série de catastrophes ou se trouve précipité le
candide Larosiere, des qu'il a, je ne dirai pas mordu,
- il n'a plus d'assez bonnes dents, - mais seulement
ré,é de mordre aux pommes du voisin.
Ce fruit défendu s'est offert a lui sous les formes d'une
jenne et fort avenante drolesse, venue a Dijon sous des
babits d'homme, pour rompre Je mariage d'un ancien
amant. Celui-ci, prétendant secret de la veuve destinée
i Latosiere, croit faire d'une pierre deux coups en mettlllt l'avocat aux prises avec l'aventuriere qui l'obsede,
et il le décide a se présenter en amant chez cette vindicative Italienne, qui a toujours un poignard a sa jarreüere. Cette dernicre circonstance acheve la défaite de
Larosiere, el ce tardif amant du pittoresque, ce romantique de la derniere heure, suit le perfide conseil de son
ami; il ose entrer chez Paola, mais avec des palpitations,
une gaucherie, des restes de pudeur vaincue, que Geoffroy interprete comme on peul se l'imaginer; et alors
commencent pour l'infortuné les tribulations a mourir
de rire, qui sont tout le sujet et font le succes de la
piece.
Le pauvre homme n'est pas depuis un quart d'heure
avec cette femme, qui avoue en aimer un autre, que
traqué par l'ancien amant, par le mari, par un laquais,'
par un gendarme, par toute la ville de Dijon, il a déja
enfoncé trois cloisons, brisé six portes, forcé je ne sais
comhien de serrures, volé une malle pleine de bijoux, et
lancé un homme du baut d'un toit sur le pavé : adultere,
,oleur avec effraction, homicide, il a accumulé sur sa
téte, naguere encore si iunocentc, ¡,our deux cent vingtsept ans de travaux forcés, plus une condamnation a
mort.
·
Ce eompte ne fait que s'accroitre pendant toute la durée du dernier acte, ou, passé a l'état d'outlaw, Laroliirt conrt lr,s champs avec l'ltalienne; il sera bientót
acensé de l'avoir fait cuire dans un four, apres avoir
empoisonné l'aubergiste qui lui avait d1mné asile; et
ríen, dans ce crescendo de folies sinistres, ne s'écarte
nn instant d'une vraisemblance... relative, bien entendu.
Tout s'explique de meme, dans un dénoüment leste,
opportun, bien amené, et aussi bouffon que ce qui précede, bien qu'imité d'Anne Radcliffe.
Geoff'roy est meilleur que jamais dans le role de La.ro-•
IUre, un role un peu monotone, s'il n'était nuancé par

le comédien avec autant d'art que l'autenr en a mis 11. le
composer.
Le personnage de Paola s'offrait comme une grave
épreuve a M11• Honorine; elle s'en est tirée avec éclat,
malgré la peur qui lui serrait la gorge, surtout dans les
premieres scenes. Ce n'est pas seulement une bataille
¡!'agnée, c'est une position conquise par cette aimable et
vaillante comédienne.
Le second rfile de la piece, comme importance, est celui de Lamouroum, l'infortuné mari de Paola; Lhéritier
en sauve les longueurs, et ce n'est pa~ un petit éloge a
luí faire.
Lassouche n'a qu'W1e scene et un monologue, mais il
y est sublime d'ahurissement. Les autres rtiles sont bien
tenus par Mmes Hinr,v, Delille, Dupuis et Dalonrle.
Bref, grace aux artistes qui n'ont jamais été meilleurs,
et a l'auteur, qui a pu avoir plns d'esprit, mais n'a jamais
été si gai, le soeces de la Cagnotte est atteint, sinon drpa~s¡I, Mais, encore une fois, il faut ahsolument, ~i re
n'est déja fait, allé¡rnr un peu ce premier acte, et ne pas
faire dire tant d'italien a W1• HonorinP.
Je ne rlemanrlerai pas de coupures au nouveau rlrame
de la Gaité : le Marquis - Caporal n'est pas un blessé
auquel on puisse sauver la vie par de légeres amputations; ses hlessures sont a la tete, et tout ce qu'on peut
faire de plus charitable pour lui, c'est de ne pac; empoisonner ses derniers moments par des opérations et rles
reproches inutiles. Ses fautes ont été de celles qui réu$sissent tous les jours a nos plus fameux généraux. Les
Anicet-Bourgeois, les d'Ennery, ont remporté de grandes
victoires avec des plans aussi absurdes que celni tlu
Marqnfs-Caporal. Peut-etre bien, cependant, avaient-ils
un peu mieux compris le cñtf\ faible de l'ennemi, et par
l'ennemi j'entends le pub!ic; pent-etre avaient-ils mis
celui-ci sous le vent, pour mieux lui jeter rle la poudre
aux yeux; peut-etre avaient-ils choisi un champ de bataille plus propice a la faiblesse de le1Jr style et au jeu
de leurs machines; peut-etre enfin est-ce toot bonnement le ha.~ard qui, seul, les a favorisés.
Quoi qu'il en soit, le Marquis-Caporal mérite d'etre
enseveli avec tous les honneurs mi\itaires; il a brülé
as.0 ez de poudre pour cela. Ajoutons, pour changer
d'image, que les dieux étaient contre lui, et, certes, il
n'en fallait pas moins pour terrasser un Briarée comme
Dumaine, un Encelade comme Clarence, une héroine
comme Lia Félix. Par Pollux ! la belle guerriere ! J'échapperai malgré les dieux ! - Rappelez-vous ce cri,
c'est tout le jeu, c'est toute !'Ame de cette vaillante sreur
de Rache!.
·
Mais Jupiter est Jupiter, et le public est le public: l'un
fronre le sourcil et l'autre baille, et le rocher s'abime
daos lamer, et le mélodrame, comme un navire qni fait
ea1J, descend lentement dans l'oubli.
Les théatres devraient bien s'entendre, afin de ne pas
si souvent donner, daos la meme soirée, les nouveautés
• que chacun d'eux veut bien soumettre au jugement de
la critique. Lundi dernier, - lorsque déja la grande
moitié de cet article était sons presse, - l'Odéon reprenait le Marquis de Villemer, avec une nouvelle et tresimportaute distribution de roles. Le Gymna.se donnait
un acte intitulé les Curiewes et un Menaae en ville, comédie en trois actes, pour les débuts de M11•• Camille Dortet
et Samary. Enfin, nous avions, a la Comédie-Fran~aise,
M"• Baretta, dans J'ancien et le nouveau répertoire,
sans compter la suite des débuts d'Étienne Maréchal
dans le Cia.
Naturellement, nous n'avons assisté qu'a une seule de
ces représentations, la derniere. Aussi bien étions-nous
tranquille sur le sort de Brindeau, et meme de Laroche,
rempla~ant Rerton et Rrbes dans les personnages du
Duc d'A/éria et du Marquis de Villemer; le succes pour
eux, pour Brindeau surtout, n'étail qu'une question de
plus ou de moins; et, en effet, le superlatif l'a tranchée,
a ce qu'on nous dit.
Les débutantes du Gymnase ne nous inquiétaient pas
davantage. Nous les avions vues et entendues, au printemps dernier, a la campagne : on les appelait Avril et
Mai, ces charmantes uieces des deux: Brohan, et nous
savions bien que si beau sang ne pouvait mentir. Ma1s
nous y reviendrons, et en détail, en meme ternps que
sur les nouvelles pieces du Gymnase, lesquelles n'ont
pas moins réussi que leurs interpretes.
En conséquence, et par respect pour la maison de
Moliere, et un peu aussi faute d'espace, nous terminerons cette revue par quelques mots sur les derniers débuts de la Comédie-Fran~aise.

En débutant dans le personnage de Rodrigite, Maréchal, on peut hien le nire, a attaqué le taurPau par les
cornes. C'était risquer beauco11p, car, en pareil r..as, c'est
trop peu d'1m demi-succes, et Maréchal n'a pas obtenu
davantag,e. Ce n'est pas qu'il soit dPpourvu de sentiment
ni d'étude, mais on ne sent en lni rien de spontané,
rien dr. supérieur. En outre, sa persono&lt;!, ses gestes,
son organe, manquent de l'ampleur qui a fait si longtemps l'unique succl&gt;.s ne )fauhant, aussi bien que du
charme et de l'élégance qui font accepter Delauna,v,
meme daos certains roles trag,iqnrs. La trag,édie, celle
de Corneille surtout, veut pour ses héros surhumains
des interpretes qu'on puisse prendre au moins pour des
hommes; or, a présent, et c'est pourquoi je touche tt un
point si nélir.at, dans toutes les école!i tragiques, a commPncer par le Conservatoire, s'il se trouve uu éleve
rachitique, grele, cag,neux, gringaht, et ils le sonl tous
plus ou moins, c'est ce pygmée, so_vez-en nien sur, qui
sera l'Oreste ou l'Agamemnon de la hande.
Pourquoi ne ferait-on pas 'pnur les acteurs comme
pour les cent-gardes? Je demande qu'on fi,¡e une taille
au-dessous rle laquelle il ne soit permis qu'au g,énie de
représenter Achille ou Marcean.
Disons, an reste, qne le jeune Guérin, charg-é du rtile
rle non 8anrhe, et qui s'en tire passahlement hien, n'est
pM d'une stature plu~ imposante que Marfrhal. Placée
entre ces deux rivanx, M11• Tordeus a l'air de jouer, un
peu tard, sur l'nncien thratre de Comte.
En somme, daos cette rPJlrésentation du riri, la scrne
n'est hautement tenue que par Maubant. J'ai df\jit eu
plusieurs fois a noter l'autorité croissante clP cet artiste,
chez lequel le talent s'est enfin mis au niveau des
movrns; j'ajoutr.rai aujourd'hui que, vieil hahitué des
Fran~ais, je n'ai jamais vu le prrsonnairn de nnn niegue
rendu avec autant de pathétique et de rlignité qu'il l'est
aujourd'hui par Mauhant.
Et, la-dessus, faule rl'espace, je rrmets a un autre
jour mes compliments de hie~,venue iL M11 • Raretta; elle
ne perdra pas pour attendre.
A. llE BEu.ov.

UE

COMBAT.

Un rude combat ! Iamais, aux temps rle!i ¡rrandes lnttes
chevaleresques, les paladins n'ont plus vil!'Oüreusement
combattu sous le re¡?ard rles helles, que res deux cerfs
qui se disputent la possession de re srrail atlentif a la
lutte, proie destinée au vainqueur. « S'ils sont d'r.gale force, dit Buflon, ils se menacent, fü irrattent la
terre, ils raient rl'un cri terrible et se précipitent l'un
sur l'autre, ils se battent a 0utrance, et se donrent des
coups de tete et d'anrlouillers si forts que souvent ils se
blessent a mort. » Le comhat ne finit qne par la défaite
ou la fuite de l'un des deux, et alors le vainqueur ne
perd pas un instant pour mettre a profit sa victoire, a
moins qu'un autre ne survienne encore, auquel ca~ il
part pour l'at.taquer et le faire fuir comme le premier.
Vie sauvage ! mreurs des premiers ag,r.s, combien vous
avez rté métamorphosées par l'action de la civilisation !
Les cerfs sont encore aujourd'hui ce qu'étaient les
homme~ aux premiers jours du monde ! la meme impétuosité, la meme fougue, le m&amp;me coura)!e. Les forets
n'ont pa.s chan¡?é, non plus que leurs habitants. La société a aus~i ses combattants, et hélas ! elle a meme ses
bichos, mais quel rapport entre les biches des taillis et
celles des cahinets particuliers ! Celles-ci, on les rPncontre aussi par groupes dans les forets peu sauvaires
du Chateau-des-Fleurs ou du hal Mabille, elles viennent,
comme leurs sreurs des fourrés, s'offrir a l'amour des
vainqueurs. Mais quels vai11queurs! et quelle victoire !
pas de lutte, pas de bataille. - Ah! monsieur ! apres
vous. - On sail le prix de la victoire, et l'on triomphe
a tour de rcile; et voila pourtant ou l'on en arrive, ~race
a la douceur des mceurs, grace, comme di~ent" les philosophes, aux bienfaits de la civilisation, qui en leve a
l'homme la rude et sauvage écorce des aieux. Ces fiers
habitants des forets qui ont garrlé tonte l'ardeur primitive et qui engagent leu~ vie au terrible jeu de l'amour,
ces rugissanl~ compagnons, si fierement camp(is en face
\'un de l'autre par Bodmer, comme ils doivent paraitre
ridicules aux galants cavaliers d'aujourd'bui !
PIERRE
~

PAr.ET.

��!67

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
L' 1LLUSTRATION, JOURNAL U~IVERSEL.

vaient deux navires, et de telle ~rte qu, pas un des déd'unc cruelle maladi&lt;'. On prut dire qoe l'inspiration l'a
~, piten'&lt; _a voir, gisaient a terre sans force pour
tails de ces navires, a l'intérieur aus.~i bien qu'a l'extétoé. Sa muse, a laquelle il eroyait avec une conviction
romaine; je l'ai a peine regardée. Savez-vous pour- chant du cygne, et un peu, je pense, du chant de lllO
rieur, échappait aux regards, et que daos les angles
(;'éta•l triste et grotcsque.
s1 ferme et si noble, laissait peu de repos a ce rude trades Templiers. Le pere Jeannet, qui est sensible aU:
quni?
~
raroa.~se les fugitifs, on détacbe du gibet ceux qui
meme il était facile de hre ,de l'écriture. Le soleil le
TABLEAUX DU MORVAN.
C'est que tout en face se déroulait un de ces tableaux pourtant, mais d'une to11te autre maniere, ne compre~ debattent encore; le couvercle d'un panier, qui re- vailleur. C'était en lui comme un continuel cbant inté- plus brillant n'eut pas mieux fait.
rieur, qui s'exbalait en vers d'une co•1leur étrange et
exquis qui embrassent un espace grand comme la main, pas et répete :
ntera pour eux le plus sombre, le plus desolé des
Un grand mat de signau.x, disposé pour la circonsA PROFOS DE LA PJFtE,
Ce
sera
une
bonne
pipée,
avec
la
plus
barbare
d'un saisi~sant relief.
traiteot un sujet modeste, et dont la sobriélé reste mieux
tance, fut éclairé par l'appareil. Divers signaux furent
se souleve et les engloutit.
Ja~min naquit a A~en, le 6 mars ii9R, d'une famille
gravée daos !'esprit que ces détails ambilieux qui visent satisfaction.
(llltlÍes reflexions éch~ngent-ils, tandis que la voiture
faits a J'aide de ce mat, et deux na vires ancrés, l'un a
l'io. d'artisans. 11 emhras~a la profession de perruquier, a laInsensi_b~em~n_t,
la
symphoni,e
gra?dit;
elJe
s'augmente
ausublime.
¡es emporte avec nou~ roule toute remplie des rires
700, l'autre a 500 metres, repéterent ces sigoaux sans
quelle il ne resta pas fülcle jusqu'au dernier moment,
Une picce d'eau, bien inattendue' sur cette cime, de fanta1s1es etmcelantes; e est I heure ou les Petila
des enfants, des causeries qui s'entre-croifo descends a grand'peine des hauteurs ou je trone,
commettre une seule erre•ir, tant la forme et la couleur
1
comme l'ont prétendu a tort l)lusieurs journaux; mais
chanteurs rentrent au logis . le jour bais.'!C, un demipour alter arracher asa tooífe natale un pied de hruye- deu-c grands arbres qui, inrlioés !'un vers l'autre, fordes pavillons se dessinaient nettement pour enx.
crépuscule enveloppe le bois." Bien doucement noQA ~t nuit est belle : prés et montagnes s'enveloppent de qu'il avait quittér, au contraire: depuis au rnoins vingtLa plus curieuse de ces expériences a été celle relative
res roses, d'une nuance idéale. 11 est la sur ma table, maient une sorte d'arceau, d'ou tombait un jour verdanous glissons daos notre abri feuillu; nous y voici toos
¡.ténehres qui les graodissent fantru.tiquement; on cinq ans.
oit il fait une figure étrange dans le vase qui essaie de tre sur des vaches en pature...
al'
éclairage sous-marin.
Ses premiers essais datent de i82R. JI débuta, a cette
Une autre vache, daos l'eau jusqu'a. mi-jambe~, la blottis, la porte close, et le rappel eoromence. C'estM. d
distingue bien que les petites sources auxquelles les
Un ploogeur est descendu r;.1us l'eau a 511,20 de
le contenir. La bruyere n'est pas plus née pour les vases
époque, par une piece intitulíe : Me cal mo11ri (Il me
Chiddes qui s'en est cbargé; au moyen d'une feuille de
profondeur et a 6 metres de distance de J'appareil.
de la \une, en s'y baignant, communiqnent leur
que le rossignol pour la cage; elle se tient gauchement tete fieremen, tournée vers le soleil; une bande n'oifaut mourir), qm revéla une nature poétique d'un ordrt!
lierre
percée_
au
milieu,
il
module
un
petit
cri
qn~
La, il a rama.,sé divers menos objets qu'on lui a jetés,
a cóté d'une rose épanouie, comme une villageoise sons éperdus qui !uyaient, les ailes ouvertes, devant nn
diamanté.
élevé, et attira sur lui l'attention publique. Puis ses
on ne C0D\:0tt trop comment, trompe les oiseaux. Le jdal
sans hésitation, saos tatonnemenl~, agissant comme en
l.t ciel est pur, sans étoiles; une seule s'allume
transportée daos le logis de quelque grande dame, et in- bambin au~si rose que déguenillé.
triompbes commcncerent, et chaque production nouvelle
Ce n'était rien, et c'était une toile de Potter ou de Doyen, debout a se!I cótés; Étienne, couché parterre
plein jour; et, de plu~, a distingué et montré la division
iement, a la pointe du Mont-)foux, ou elle sert s3.Jls
habile a l'imiter. N'importe, elle me plail ainsi, et lorsrépetent
le
méme
cri
av1!c
des
variations
infioie~,
et
d~
rehaussait l'éclat de son nom.
décimale qui lui était demaodée sur un metre qu·on luí
de fanal pour eclairer le camp de César.
que la rose sera ftétrie, elle me parlera encore du cadre Troyon.
Lis Papillottes (las Papillotos), recueil complet de ses
- Sur que! fond saisis.~ant tout cela se détache, s'é- gazouillements saos fin y répondent.
Kais le camp de César est a plus de 600 metres aupittoresque auquel je l'ai enlevée, de la feuillée qui \'abriprincipales oouvres, publiées en quatre volumes, ont été avait jeté.
Ce devait etre no spectacle bizarre que celui de ces
Que pouvait-on exiger de plus, et y avait-il a espé~ de nous, le Mont-Moux s'élcve bien loin daos le
tait, et surtout du grand pré, coupé de marécages, eria M. V. - Quel lointain immense' A l'extrémité de
myriades de petits percheurs sautillant de branche en laal-!llorvan, et Vénu~ brille plus loin et plus haut beaucoup lues en France et a l'étranger. JI en existe rer des épreuves plus significatives YII n'était plus possi-•
qu'elle a si longtemps regardé du haut de son banc de ces grandes plaines bourguignonnes, q•Ii s'étendent debranche, et décrivant un cercle de plus en pin! étroit .-ire; ne nous perdons pa'! dans la contemplation de meme des traductions en Angleterre, en Amérique et en ble de douter qu'une nouvelle application de l'électricité
rorhers. En les appelant marécages, j'ai calomnié CPS vant nous, voyei-vous cetle ma,;se blanche? C'est le
autour de notre cabane, attirés par ce cri perfide comme f'1lCCes~ible; voici devant nous le logis, la vieille grille Allemagne. Daos pre.~que toas les séminaires et lycées était trouvée, et que l'écla1rage sous-marin était décondeux petil~ !aes voilés de roseaux, sur lesquels tourbil-• Mont-Blanc peut-etre 'I
du Midi, elles sont devenues classiques.
le pbalcne par la O.arome qui doit le consumer. Mais
- Ou un nuage, interrompis-je.
• vatouze et les grands parenl~, qui viennent 11. la renlonnent dea essaims d'éphémeres, dans l'extase de la laEn l 846, le roi Louis-Philippe re~ut Jasmin en au- vert.
sous
cette
espece
de
ruche,
la
vue
est
fP.rmée
de
toos
Que nous importe? Notre imagination n'a ríen a
La lanterne électrique sous--marine de M. Bazin a la
1111ire des chasseurs.
miere.
dience particulicre et le nomma chevalier de la Légion
les ciités; on doit se conten ter d'entendre, et point n'est
.
.
.
.
.
.
.
chercher
au
dela
de
ce
petit
coin
si
simple
et
si
vivant.
forme
d'une sphere; a l'intérieur, se trouve unesuspenUne borne nous annnnce que nous franchissons les li. . . . . .
d'honneur. 11 était deja décoré de l'ordre de Saint-Grébesoin d'avoir le don oriental de comprendre la tangue Le' lendemain,
ll
aura
été
la
fin
véritable
de
notre
pelerinage
a
la
sion
a
Ta Cardan supportant une lampe du systeme
les
gazouillements
cristallins,
les
plumites du département de la Nievre. La route, en gades oiseaux, pour sai~ir le sens des questions eurieoses aa,es cbatoyants qui nous avaient charmés, subis- goire-le-Grand. En i856, ses compatriotes luí offrirent, Gramme, évitant tout 1·hoc et permettant la verlicalité
Pierre-Ecrite.
Combien
de
fois
n'a-t-on
pas
oublié,
pour
¡mant encore du et.té pittoresque, commence a perdre
et précipitées qui s'échangent entre eux. Les rouges-gor- 1111 nne bumihante transformation; ces artistes ailés, par souscription, une couronne d'or, que M.. Henr1
constante des graphites.
de son caractere d'isolement; des attelages ile breufs quelque détail de la route, le but qu'on se proposait au
ges sont les plus bavards et les plus aventureux; dn • nommait linottes, piosons, roerles, rossignols, Noubel , député au Corps lrgislatif, aujourd'hui
En outre, et c'est la oil réside l'invention de M. Bazin,
passent de loin en loin; quelques champs de seigle et de départ?
00
maire d'Agen, lui remit au milieu d'une magnifique so- C'est vrai, dans la vie comme en voyage, répon- moins, c'est l'avi8 du Doyen, et cet avis doit etre ilndé p1ettes, apparaissent sur la table, convertís en un
l'appareil est muni de deux t1.1bes en caoutchouc qa1
treOe ont remplacé les bois des Latois; ils sont clo~ de
lennité.
car le premier cri de détresse qui nous annonee
conduisent dans la lampe l'air nécessaire au refroidisseiit excel!Pnt, qu'arrose beaucoup de vio de Bourpetits murs sets, rustiquement formés de gros.~es pierres dil-il.
Nos plus grands critiques se sont pin a reconnaitre le
capture,
sort
d'une
de
ces
petites
gorges
empourprées.
Et nous restame~ en extase devant cette vache au
,ogne. 11 en faut borre des flots, et du meilleur, pour génie de Jasmin. MM. CbarlesNodier, Sainte-Beuve, Vil- ment, et partant a la neutralisation de la vapeur, qui,
gri~es, entre lesquelles le jour pas.'!e comme a travers le
11 est suivi de beaucoup d'autres; des qu'un inforsans cette précautioo, se forroerait sur les glaces, et ap·ttourd1r sur un pareil crime.
résP.au d'une dentelle, et qui 5'éeroulent ~a et la autour bain, jusqu'a ce que Jeannet fut venu nous avertir que
tuné est pris, il devient presque inutile d'avoir reCJIIJ'I Les eofaol~ me racontent que, parmi les captifs, il y lemain, Léooce de Lavergoe, Char\P.s de Mazade et portent en méme temps l'oxygene indispensable a la
d'une toufle de gPnel'!, décidée a garder la place quP le le cheval était ferré.
Armand de Pontmartin tui ont consacré d'importantes
Nous revenons trop vite, car la brave bete, impatiente a l'appel; ses freres, en s'abattant autour de lui, demeaavait trois, frais, dispos, a peine froissés, dont on a
combuetion.
Createur loi a faite. En revanche, la végétation des ro111
étude;;.
rent
prisonniers
a
leur
to)lr.
Le
roerle
et
le
geai
surtout
Le systeme de fermeture de cette lanterne, dite Tanliito voulu leur accorder la vie, et qui commencent, en
teaux est plus riehe; le va\lon s'est tout a coup élargi; sans doute de nous flire changer d'opinion sur son
Ja~min,
dont
l'existence
entiere
fut
vouée
a
la
cbarité,
soni bruyants; c'est une bonDe fortune quand J'an ue, une existeor.e embellie de grain, de mouron, de
teme
Jego-Bazin, car, di~ons--le, l'idée premiere en recompte,
se
sert
de
sa
chaussure
neuve
pour
emboiter
il s'ouvre sur nes abimes de verdure; les pPntes boisées
était d'un désintéressement absolu. 11 ne vivait que pour
d'eux se prend aux gluaux; alors Je succes de la chasae :ohficbets, d'e tout ce qui peut contribuer au bonheur. vienta
M. Jego d'Auray, est tel, qu'il est facile a l'opéun
bon
trot
régulier.
s'entrecroisent et se multiplient de telle sorte, que l'ooil
\"art et les bonnes oouv'res. Ses pérégrinations poétiques
est assuré.
rateur
de
remplacer sous l'eau les crayons producteurs
11
faut
varier
les
plaisirs.
Apres
celui
des
yem,
nous
Jo
me
cooduit
vers
eux.
lis
sont
la,
trois
rouge-gorges,
ne parvient plus a les compter. L'eau ne manque pas;
Depui1, un quart d'heore, les cavatines de bravome ~ 1•lus fiers, les plus sauvages, le, plus amoureux dans le Midi éta1ent autant de bienfa1ts.
de
la
lumiere,
ou de changer l'inclinaison du rayon lupassons
a
celui
de
la
causerie,
qui
n'est
point
a
dédainoo-seulement répaodue en ruisselets daos les prés,
Au~si Jasmin est-il mort pauvre. 11 ne laisse a sa faavaient fait place a des clameurs déséspérées, plusieon líodépendance de toute la gent des airs. Le dos hérissé,
mineux,
suivant
ses besoins.
gner
entre
deux
espril~
qui
s'enteodent.
mais sur les sommets les plus é.levés. Les glaces de l'higeais piaillaientencore autour de nous, et Odette ornait ue~tent blottis dans un coi o sombre; le gram, le mou- mille qu'un héritage de gloire, mais un des plus pur.,
Nou!i
reviendrons,
du reste, avec plus de détails, sur
M.
V.
a
beaucoup
vu,
ohservt'\,
comparé;
il
a
sur
moi
ver ou les ardeurs de l'été ont feod11 et broyé le granit,
dont notre bistoire littéraire offre l'exemple.
déja,
en
imagination,
son
plus
heau
chapeau
de
leun
cette
précieuse
découverte,
Qui fait le plus grand hon,o, si teotaol~, sont intacts.
creusé des vasques de formes irréguliP.res et b1zarres, milie supériorités; je le presse done de questions, et 11 y
Ja,min recevait de l'Etat le maximum de la pension
plumes
moirées,
lorsque,
soudain,
le
pas.~age
d'un
in•
neur
a
son
ingénieux
inventeur,
et dont la portee,
- Bah! ils se consoleront ! dit avec insouciance un des gens de lettres. Cette modeste rente suffisait a ses
qui ont re~u et qui cooservent les pluies. Ríen ne trou- répond si bien, que lorsque nous arrivons aux Latois, je
trus
vint
tout
gater.
comme
nous
le
disions
en
commen~ant,
est de la plus
~ petit,, dont je connais l'optimisme entelé.
ble la transparence du miroir bien dall!! lequel le S(lrbier crois a peine avoir quitte la Pierre-Écrite.
gouts simples.
Atlirée
sans
doute,
elle
aus.~i;par
les
siffiemenl~
delliLe M&gt;ir, deux de ces rouge-gorges se sont consolés
Chut, maintenant ! Nous approchons du tbéatre de la
des oiseaux contemple ses longues branches chargées
Un comité s'organise, sous la présidence de M. le haute importanee.
nés a d'autres, une as5e7. grosse couleuvre se glissa 80DI "9~ la mort. - Je vois, de ma fenetre, Odette, pensive,
Terminons en signalant une remarque assez curieuse,
chasse.
de fruits de corail, plus abondants que le feuillage.
maire
d'Agen, pour élever un tombeau monumental a
les branchages, et passa rapidement au milieu de no111. ~ant leurs petil~ corps raidis; elle bésite ... elle requi
a été faite pendant les P.Xpériences. On a observé
Doyen,
posté
sur
la
\isiere
du
bois,
met
un
doigt
sur
ses
Tandis qu'a dro1te et a gauche l'borizoo lointain a des
celui qm rut le deroier et le plus grand des troubadours,
- Étienne, dont elle avait frolé la main, retiot braveque
lorsque l'électricité illuminait les eaux, des bandes
e
íurtivement
al)tour
d'elle
;
personne
ne
la
blalcvres
et
nous
fait
signe
de
le
suivre.
Dix
minutes
apres,
profondeurs infinies, l'horizon du chemin lui-méme est,
a celui que Lamartine appelle &lt;&lt; le pocte le plus vrai dP. innombrables
ment un cri, mais je criai pour lui et bondis sur me1
de poissons venaient se jouer daos le
nous
sommes
sous
d'épais
taillis,
etje
commence
a
coma deux pas de distance, absolument fermé, tant ce chepieds. - L'éclat de rire qui accueillit mon époMYID\e Elle preod un grand partí. .. elle ouvre la cage ... sai- ce temps. ii
rayon lumineux. ll y avait la une véritable pécbe mira•
prendre
pourquoi
les
gardes
travaillent
depuis
lematin,
ll est certain,. en effet, que, malgré ses brillants soemio a de replis et de méandres.
m'eut fait mourir de honte, si la Parisieone ne f1it il l'oi,;eau palpitant... le pose a terre. 11 n'est pas
culeuse a raire. Les pecbeurs de profession ont pris bonne
On ne peut deviner oil il va, et il nous est aisé de croire et les cbasseurs depuis trois heures, aux apprets de la
ces,
Jasmin n'a pas été encore apprt&gt;cié asa juste valenr.
venue tres a propos en aide a ma faiblesse par l'éva- llop agile; ses ailes sont encore no peu engl uée~, et
notP, nous en sommes certains, de cette particularité, et
pipée.
Avant
de
l'appeler,
il
faut
la
tendre,
c'est-a-dire
On l'a svuvent comparé maladroitement a Reboul, qu'il
que ces montagnes, cC1nfusément entassées, forment
nouissement de rigueur.
sauroot en tirer partí. Voila l'électricité passée a l'état
pai~
il
úst
meurtri
aux
barreaux
de
fer
de
sa
prison
..
ramener
sur
une
étendue
considérable
toutes
les
brannn cirque sans is.~ué, au milieu duque! notre voiture,
dépas.~e de cent coudées.
Les femmes peureuses ont déeidément leur mérite;
Notre littérature perd en lui une de ses originalités d'appdt pour la peche.
placée sur une étroite plate-fnrme, n'a moyen d'avan- ches les unes vers les autres, les attacher solidement, ce beau trait me réconcilia avec elle. Je n'avais pas s'moler, il ne le peut eocore.
Pl!Rll PAHT.
A,aot
le
mouvement,
la
voix
lui
revient.
De
cette
les
couVTir
d'entailles
invisibles,
destinées
a
retenir
des
cer ni de reculer. Singulier et charmant effet des ontremblé seu 1, et je pouvais trouver un pretexte galant 1 ,oii claire, perlée, métallique, pleine sans doute de lar- les pi ns hautes et les plus fieres.
doiements et des sinuosités dn terrain, qui nous donne milliers de gluaux.
F. L.
A l'extrémité d'une clairiere s'éleve la butte de feuil- mon émoi ridicule, en laissant croire que j'avais trea- aesd'oiseao, il entonne - un hymne de reconnaissance,
encore l'illusion de la solitude, alors que la solitude
lage dans laquelle nous devons nous cachex; pour cette blé pour elle. - On la ranima assez vite, mais non 81111 -se dit la boune petite Odette, qui n'a pas encore reve
n'existe plU!' !
~
quelque bruit. Le Doyen regardait d'un ooil de mépril
Grace a Dieu, le Rouan se traille plutot qu'il ne mar- chas.~e, qui ne me parait etre qu'un guet-apens. On me et de culcre tous ces trouble-fete, la Parisienne, moi et beancoup a ce bien auquel nous aspiuns en vain, a ce
REVUE LITTÉRAIRE.
chP., et la compassion du teodre Jeannet est excitée de met entre les mains un paquet de minces baguettes en- les rieurs. Le péril le plus réel ne l'eut pas fait sortir, ~n que les oiseaux, plus heureux, possedent et ne
Al'PAREIL D'ÉCLAIRAGE R0US·MÁRlN
telle sorte, qu'il use d• consolations amicales plutot que duites d'une glu fétide, et j'essaie, maladroitement, d'imi. pour sa part, de son immobilité de Terme pendant nne ietmnt perdre saos mourir : la liberté!
La seconde vie, par X. B. Saintine (Hachette}. - w compa11 chante l'espace inRni, et puis il s'y élance, pour aller,
ter
M.
de
Chiddes
et
son
fils,
qni,
tous
deux,
en
mangnons de la !,Jarjt,laine, par Benri Maret (Hetzel-Lacroix).
de remontrances.
pipée.
Son
regard
semblait
dire
:
Odette en est stire, précher la prudence a ses freres des
DE )l. BAZIN,
-Les Extravagances du lw.sard, parCh.d'Hiricault (Dentu).
Malheureusement, ~ impressions les plus agréables ches de chemise, actifs, vigoureux, infatigables, sont les
- Mais pour des citadins, ríen n'est sacré !
Latois.
- Le Combal de l' honneur, par Adrien Robert (Baehette).
meilleurs ouvriers.
ont leur fin ; il faut arrinr tót ou tard : O miaere !
Jamais profanation, survenue dans un temple, 11
llo,, dans mon expérience, je lui soubaite seulement
Mais tandis que je m'acquitte de cette besogue, je
- NouveauUs.
Un pli nous cache encore le hameau de PierreM. Bazin est un de ces inventeurs dont la puis.~ance
scandalisa
un fidele plus que cette infraction aUJ loil de ne pas oublier les le~ons du malbeur sur la premiere
seos,
0
11 crois sentir, derriere moi le sourire un peo railÉerite; a la premiere descente nous l'apercevons : c'est
créatrice semble inépuisable. M. Baiin en est a sa
de la chasse ne scandalisa Doyen.
braucbe O.enrie!
vingtieme invention. Les plus récentes sont le lochome11 y a en nous deux existences qui, se croisant, se
une agglomération de cbaumieres des plus pauvres et leur de la comtesse. Je me retourne déconcerté : bélas !
Nous
pouvons
sortir
maintenant,
grommela-t-il.
Que les chasseurs me pardonnent de faire du senti- tre et l'avertisseur, qui portent son no~; l'Jllustrotion a continuant tour a tour, forment la trame coropliquée de
des moins propres, parmi lesquelles on distingue, au elle s'occupe peu de moi, meme pour me railler.....
Tout est fioi.
lllellt A propos de la p1pée!
déja yiarlé de ces deux instrumenl,. .M. Bazin a fait des la vie. De tout temps s'est manifesté le sentiment plus
premier plan, celle du forgeron que nous venons cher- présomptueux que j'étais!
En effet, nous nous étions trahis; en vain essaya-t-OI
Toute son attention est absorbée par l'arrangement
TnMPOJLE
BArz.
etudes toutes spéciales sur la lumiere électrique; esprit ou moios vague de cette dualité; les termes ame et corps,
cher.
de ramener les oiseaux par les sons les plus séducteorli
d'un
couvert
rustique
sur
la
mousse.
Les
patés,
les
jampratique avant tout, il a principalement étudié les ap- intelhgence et sensibilité, sont nés du besoin de l'expriLa pierre écrite n'est rien : une pierre tumulaire renun silence profond s'était établi, et apres quelques IIÍboos,
les
bouteilles
sortent
de
leurs
paniers.
plications de cette précieuse découverte, en a perf'ec- roer; mais peut-etre n'oot-ils servi qu'a introduire daos
versée, sur laque lle se détachent, en relief, des figures
On va diner ... on dine; - toujours sans mot dire, ou nutes de tentatives infructueuse:1, il fallut se ré.qigner 1
tionné quelques-unes, et a su créer un systcme d'éclai- l'opinion générale une confusion si inextricable que
d'un dessin grossier, dont il faut deviner les contours,
quitter l'embuscade. Je le fis, quant a moi, saos gra•
rage sous-marin, pour lequel des expériences viennent mieux vaudrait les avoir toujours ignorés. Ces distinctant le frottement des roues et des pieces de bois qu'un du moins en parlant le langage des éleves de l'abbé de regret, les jambes brisées par la fausse position que l'esiJACQUES JASMIN.
d'etre faites a Lorient.
tions subtiles ont dégénéré en séparations absolues,
charron du voisinage dépose sur elles, les a effacées et l'Epée.
Rien de plus curieux que d'observer les mouvements, guité de notre repaire m'avait fait prendre. Alors on •
ces
expériences
ont
été,
de
l'aveu
de
toutes
les
elles ont fait de l'homme un étre réellement double en
brisées.
partagea le bois; l'examen des gluaux commen~a.
POtTE )l~RJDIONAL.
personnes compétentes, anssi concluantes que possible. nature, et nous ont valu ces théories, ces conjectures
De l'in1eription, on ne retrouve qu'une trace illisible. les allées et venues, le travail de cette vingtaine de perHélas I sur chaque baguette étaient comme embrocMI
Le• paysanR qui n'oot pas su la relever, et qui tous les sounes, si muelles, que le hourdonnement d'une mou- les petits chanteurs de tout a l'heure; les uns, rete••
La nou,elle de la mort de Jasmin a fait le tour de la Gráce a J'appareil de M. Baiin, on peut éclairer les d'essences immatériellei; enfermées en des liens grossiers,
jour&amp;, au cootraire, tra,aillent a compléter sa destruc- che s'entend distinctement. De terops en temps un bruit par l'aile; les autres, suspendus par !P.s pattes; d'ao
hance, aceueilhe partout par les plus douloureux rl'- passes et les fonds pour les travaux sous-marins; c'est d'anges déchus et prisonniers, enfin toute la série plation, nous ont entourés avec cariosité pendant que nous d'ailes, un cri léger révcle que les innocentPS victimes encore la poitrine en l'air, le dos collé anx brane
Ptta. L'1llu~tre poHe méridional etait trcs-populaire. une découverte d'une utilité incalculable.
.
tonicienne et éclectiqne. A nos yeux, l'homme n'estyas
examinions leur monument, eten ont fait un éloge exa- ne sont pas loin et que rien ne trouble leur confiance. tous daos les poses lamentables et contorsioonées
Sa_]lenonnaltte caractcrist,que tui avait conquis une
Les expériences se sont faites par une ~mt de~ plus d?u.ble, et no~s ne ?lassons i;:s a~t~s en deux famil_les
lllll•eneue renommée.
noires et par un temps pluvieux. La machUJe a d al,ord d1strnctes que !ante den pouvo1r sa1s1r la complexe un1té.
geré, insinuant qu'ils savaient bien avoir parmi eux un On en aper~oit dans les braocbes quelques--unes qui, Dante donne a ses damnés. Quelques-uos s'étaient
le gosier gunilé, entoonent leur fanfare du soir; ces
trésor dont les connaisseurs denaient s'oecuper.
J11min
a
suceombé,
le
5
octobre,
a
Agen,
aux
suites
éclairé
un ba.%iU de plus de rno metres, ou se trou- C'est de la dissection pure. ~n fait, parmi les di verses
Jemment arracbés a la glu iaexorable, qui rete
Sehm mon compa,;non, la pierre écrite doit Mre un notes joyeuses fourni~ent a la sensible Parisienne le encore des paquets de duvet, et a demi-déplumés,
tombeau eeltique, postérieur cependant a J'invasion sujet d'une comparaison daos laquelle il est question du

'°ºs

.

. .

.

un;

-------~------

I

I

�268

L'ILL lJSTRATION , JOUR NA L UNlVERSEL.

que soient la complication et la variété de 008 OMta.
parties de la machine humaine, aucune n'agit isolétions intellectuelles, de nos sentiments et de
ment, et, lorsqu'ou les considere a part, i1 ne peut etre
~~u~e~ents, ils µe ~ont jamais exprimés que~1tt
queslión que d'un ordre factice introduit dans l'intmte v1tale de tro1s éléments organiques ro )e.
téret de la clarté.
une cbainti a anneaux distincts : l'élément D 'llllt
Ceci entendu, El supposant pour un instaot que
sensitif, l'élément nerveux moteur et l'élément ~
les deux faces principales de l'homme, le dehors et
laire. »
le dedans, puissent exister l'uoe sans l'autre, nous
Des paralysies ou des arrets momentaoés de 'rechercherons les principaux caracteres ·des deux
ou de l'autre de ces éléments suffiront A
existences que nous sigoalions au début. A l'une sequer les anomalies, les plus rares phénomenes de~
ront altribués les actes immédiat.~, ceux ou la méintérieure. L'engourdissement plus ou moins '
moire et la réflexion jouent le moiodrc role, depuis
de I'~lément nerveux motenr et l'isolement
les gestes instinctifs sollicités par la faim, la soif, le
ment nerveux sensitif, tels sont !'origine, la sui.t..
désir et la crainte, tout le coté passif, animal de.
et
le caractere du sommeil et de l'extase.
l'hommc, jusqu'au point délicat ou commence notre
Toutes
les sensatioos accumulées daos le cenea.,
réaction propre sur les éléments fournis par le detoutes
les
impressions partielles en chemin pour""
hors a notre rntelligence. L'autre, qui nait de la prerendre, fragmentées par la vie individuelle de~
micre ets'y rctrcmpe sans ccsse, réclameralaréflexion,
ces petits infusoires ou individus qui forment IIGi
l'abstraction, la méditatioo, la reverie, les citases et
organisme, délivrées du commun enchainement •
les reves. D'ordioaire, on ne· concede a la seconde
les coordonoe et les met au service de notre 11nitéltt
vie que ces deux dernicres manifestatioos extremes
ce moment rompue), toutes ces sensations, dis-je, 1
de notre puissance de conceotration. De la une
prenoent a jouer pele-méle, formant au hasard •
tres-grande difficulté pour les rattacher au jeu de
hymens incobérents d'ou sortent des visions 1enila
l'orgaraismc; il faut avoir recours· alors acet expédieot
LB POETB JACQUES JASIIIN, DÉCÉDIÍ A AGEN LR S OCTOBRE.
ou gracleai¡
d'ames libérées
Ajoutez aeee11par le somrneil
tions isoléa •
ou tout autre
fibrilles se11111.
stupéflant, et qui
ves, la pfellill
voltigeraicnt auet
le travail laliii
dessus de leur
cl'autres
'ill.
prisoo. C'est prédes
globolea
•
cisémeot la solnguins,
des•
tion, si l'on peut
les glandole•
appclcr aiosi une
et
de tout
tellc hypothcse,
vit
en 00111, •
que semble adopvous
aurez 1"1'
ter le plus volonla plus jlllle, 1
tiers M. Saiotiue
moins la ,i.:
daos son livrc
voisine du ~
charmant, intisur
le ré'8 ,
tulé : Réves et ,·el'hallucinaliol.
veries, visions et
Ici,M.SailJilj
cauchtmars; toului-meme,
tefois, elle n'est
venablemeld
pas absolue, meme daos son esprit, et il a soio
d'interroger de
tcmps en temps
eertain docteur
tf:nuesc
t1ui lui rend coruque la
pte avec assez de
ne nous
vraisemlilance de
plus, n
t'origine et du
croyoos
dévcloppeme11t
jamais;
de ses hallucinasont qu'
tions.
tbargie,
&lt;&lt; Nolre orgaséesles
EXPÉRIE:-lr:ES D'ÉC.LAIRAGB SOUS- MARIN DE i\l, BAZIN, A LORIFNT. - IÍCLAIRAGE DU POIIT.
nisme, » dit M.
des
autres,
les
unes
sur
les autres,
Claudc Beroard dans un réceot et
foodément
eufouics
sous
les
mervcillcux travail, « n'est qu'un agréinférieures
de
notre
cerveau
gat d'organismcs élémeotaircs innom-·
un amas de vaines reliques, com
brables, véritables iofusoires qui vidétritus
glacé, inerte; puis un
ve'nt, meurent et se renouvellent chaapres
!Jien
des années de sile
cun a sa maniere.... Notre corps est
d'oubli,
il
suf6t
d'un son daos
composé par des millions de milliards
du parfum d'une fleur, du cboC
de petits etres ou individ11s vivants et
nolre regard contre l'objet le pllll
d'espece dilféreote. 11 en est qui sont
signifiant, pour ressusciler I'une I
libres comme les globules du sang;
au fond de ses catacombcs. f.e
mais la plupart sont unis et soudés.
une fois en mouvement, eu é
Les éléments de meme espece se réu-d'autres, qu'elle tire asa suite.
nissent pour constituer nos tissus, et
toute une série de notre existeuce
nos tissus se mélangent pour former
sée qui renait, qui se ravive et
nos organes; les éléments d'espcce difvent nolls harcele ... » L'auteur,
fJrente se soudent entre eux, afin de
ce passage, cotoie la vérité de
pouvoir réagir les uns sur les autres et
pres que daos sa Grande dtcOtlt
concourir avec harmonie il. un meme
animules et les Cinq ,chelons de r·
but physiologique. Néaomoins, dans
Jerry, ou il refait asa maniere I
toutes ces réunions ou soudures, aucun
these de la statue de Condillac.
élérneot ne se confond avec son voisin;
Ce préambule presque philoso
ils s'unisseot et restent distiocts
est nn hommage rendu a un li
comme des hommes qui se donneraient
fait penser. Nous ne vouloos pll
la maio. Chaque espcce d'éléments redéfeodre davantage contre le
présente ainsi une espece d'iodividus
lres-délicat que nous a causé la
qui dépend d'un tout auquel elle est
de la Seconde vie, ni tarder plus
associée, mais qui a toujours son indéterr¡ps
a en signaler les s1,1rpriset
Lll!lRAGB ELECTRIQUE SOUS-MARIN, - D'apréa les croquia de 11, Julea Noel,
pendanee et u tvie propre ..,. Quelles

d:i:

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5

S01gnoos ce précie111 ,1scere
Comme la prunelle des ye111 ;
Le retablir, c'est nécessaire,
L'entretemr, cela vaut m1eu1

ce qu'il

1

..

~

•

L'estomac, c·est l'homme lu1-méme;
C'est par la qu'on nous a légué
L'espnt malsain et le teint bleme
Ou le temt clan et le crear gai.

llEUGKL ET COMP., .ÉDlT.l':URS.

est.

.

C'esl eR ef.
~

•

r.-

-

r.,

4

Les mécontents, les pointos et lu aigres,
Xspeces maigns,
llécbants oullls, pauvru tempéraments;
L'ambition, la lureur du ricbessu,
Paums espetes,
Grands appétits et mauva1s iostrumeots.

Connaissez-vous un hypocnte,
Un b1heu1 au teiot cumé 7
Vous conna1sse&amp; une gastnte
Daos un apparei l délabré
6

r.•

1

3

Certam man, gouverné par sa lemme.
Un jour. réclame
L'autonté, signe d'écbauff~meot ·
Un purgalll rétablit l'équthbre,
Kt, l'espnt libre,
ll redevtent mouton en un.moment.

..

:t

r.-

... ,.-,:t.tt-

Selon i'état du corps qui la vo1t naltre,
Klle peut étre
Triste ou riante alors qu'elle ja1llit,
Pare11le a l'eau qui va calme ou rapide,
Trouble ou !impide,
Selon le sol ou s'est creusé son ht.

L'eatomac dinge la tétt,
Kt la pensée est un ru1S1eau
Qui preod sa source daos la béte
Pour se filtrer daos le cerveau.

..
1

Et je vous di.raí

1

C'est en effet l'estomac qui te mene,
llachine humaine
Qu'un grand ressort amme el lait mouvo1r.
S'il marche mal, l'borloge la meilleure
Ne Mil plus l'beure
Kt prend toujours le matm pour le so1r.

ll seot toujours germer daos sa po1tnoe
La fleur divine,
fleur de gallé qut s·ouvre me le jour,
11 est beureux d'un ra1on qui l'emvre,
HeureUI de vim,
lnclm au bien et d1spos a l'amour.

:t

,,

1
ge.
re,

!

V01c1 ce dicton populaue
(C'est de l'bomme que l'on parla1l) :
1 D1te&amp;·moi comment 11 dtgere
lt ¡e vous d11a1 ce qu·11 e&amp;t 1

j

..

1

,. +

1

1

Ce n'est paa tout de mangér et de bom.
S'il en faut croire
Certain dicton tourné comme un refrain ;
Je n·en connais ml'auteur. ni la date;
Kst-ce Bippocrate,
Ou résaugiers ou Bnllat-Savann7

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ci ce die.ton po. pu . lai • r.e ( C'esl de

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Gnimem

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Voyez au contrure cet boro.me
Qui nt et chante en uu taud1s,

Rouge et poli comme une pomme,
11 d1gere, je vous le dts.
7

Hter, un pmson me lan~tl sa roulade :
a Ion camarada,
Lu1 d1s-¡e alors, te voua bien joyeu11 1
11 répood1t dans sa tnlle légere:
o L'oiseau digere
lltm que personne . 11 óott done cbanter
[mieux. n

�L' ILLUSTRATION , JOURNAL UNIVERSEL.
veilleuses, Psylla ou la Mangeuse d/fYr, la Chi,1e a París,

M. Saintine. Parlerons-nous, ne parlerons-nous ras des
vers qui se melent assez discretement a la prose? Il y a
un passage de Martial qui serait bon a citer ici. Insectes
et Ptwrs et la Prise de Ptolémaís sont despieces réussies.
Partout ailleurs, la facilité qui distingue la prose de
Ces lleurs qui croissent sans culture,
M. Sa.intine émousse sa poésie. Le vers veut plus de reEt, fier de sa conquéte, ~ surprendre en chemin
lief et des contours plus marqués. Trop pour trop peu,
Sous leur robe d'émail, d'albatre ou de carmín,
résume assez bien l'impression que laissent a !'esprit ces
Quelques secrets de la nature?
rimes improvisées.
11 assiste aux jeux et a la vie des insectes, carabes do-·· De la Seconde vie a. la Mariolaine de M. Henri Maret,
rés et demoiselles, répandus sur les nénupbars, ici cou- la distance n'est pas trop grande, par ce temps de vapeur.
chés comme des visirs sur les larges pétales, la dormant ll suffit de traverser la Manche; mais ce court trajet nous
dam les flots d'or des étamines, sous le vol des libellules, transporte de la gracieuse 1magination de notre climat
tventa,ls animés; mais bientot les combats terribles suc- tempéré a l'excentricité bizarre et triste de nos voisins.
cedent a la paix, et les insectes de proie font leur repas Bien que l'auteur ne oous averti~e point du degré de
aes convives.
realité de ses récits, n'en cherchons les héros que daos
Consolez-vous, ailes et corolles blessées ! Pourquoi ne un monde a peu pres imaginaire : cette Marjolaine qui
pas rever pour vous comme pour l'homme une justice fascine et réunit en club admiratenr une foule de jeunes
immortelle? Aux belles fleurs, aux plantes nourricieres, Lovelaces, cet Excentrique qui fait sauter un train pour
médicinales, religieuses, industrielles memes, le dieu se débarrasser de sa femme, (P pcureux sir John Pyke,
Foltey ouvre des vallées bienheureuses. La, vous vous li- tué daos une cheminée par un ami qui décharge son
vrerez a la danse des couleurs, mariant la blancheur i:_1,; 1-.:volver, ne sont pas des vivants de notre sieclc et de
jasmins au violet de l'héliotrope; et les papillons immo- notre nature; il y a bien en eux l'apparence humaine,
hiles regarderont vos évolutioos charmantes. Les sour- mais un ablme les sépare de!í etrcs raisonoants, appelés
noises, les épineuses, les vénéneuses expieot leurs cri- hommes.
mes daos un Tartare voisin. Une peosée juste et proL'&amp;ce11trique et les Compagno1is de la Marjolaine préfonde éclaire cette aimable descente aux enfers : Je vé- senteot de rée(les qualités de style et d'agencement. Si
gétal occupe un degré de la vie et peut, toute proportion nous insistoos perpétuellement sur ce coté des reuvres
gardée, demander réparatioo au destin aveugle; sinon, 1le )'esprit, c'est que ootre époque n'a pas de coté plus
cerlains rais¡)Unemeots soot argués de mensonge.
faible; c'estque, saus le style et la composition, il n'est de
Mais M. Saiotine, pareil aux iosectes qu'il a saisis au sal11t daos aucun art, et que daos l'expression de la penvol, efOeure les questions graves saos les agiter. 11 passe sée, la. forme passe le fond. Trahi par la forme, !'esprit
d'un sujeta l'autre avec une ravissaote iocohérence. La le plus profond ou Je plus ingénieux ue se préserve pas
veille et le sommeil s'entremeleot daos ses récits. De la de l'oubli. Oo le verra bien quand seront morts cclui-ci
Lune morte a la naissaote planete de M. Leverrier, son et celui-la, astres IJrillants duraot leur vie et qui laishippogriffe ne fait qu'un bond. Des centaines d'aor,¿es sc,ront a peine un nom. Notre critique o'est-elle qu'extienoeot daos une minute. Comment s'étooner, apres de térieure, et s'en va-t-~lle répétant avec Brid'Oison · la
si fantastiques écarts, que le céleste voyageur trouve l'Eu- f,,-orme, la-a forme? Loin de la; en personne charitable,
rope cooquise par la Chine, et París transformé en ville elle suppose toujours a tous ceux qui écrivent des idées,
a pagodes et a clochettes? Parti en 1860, il revient juste de grandes idées, de belles idées. S'il lui était démontré
un siecle apres, pour entendrc d'un fou, enfermé aCha- qu'un grand nombre de ses justiciables n'ont pas plus
rentoo, l'histoire de la grande invasion maodarine, la d'idées que de style, elle changerait de ton et ne leur
défaite du moucheron rouge (Albion !) par le lion fumeur deman&lt;ierait que le silen ce et la modestie. Eh bien!
d'opiuru, et la grande confédération des peuples ~ous la meme daos cette hypothese (purement chimérique),
protection du fils du Soleil.
M. Henri Maret est de ceux que nous encouragerioos a
Sommes-oous las de voyager daos )'avenir? Sautons demeurer fideles au bon style et a la belle langue. Sous
daos le passé; saccageons Ptolémais avec je ne sa.is que! ce rapport, tout le début de la Marjolaine est excelleot;
roi des croisada;. Pour si peu, que nous a-t-il fallu faire? les ali u.res sÓnt d'outre-Maoche, mais !'esprit et le laogage
Bouquioer sur le quai, en feuilletant Montmerqué, Mi- appartieooent a M. H. Maret.
chaud et Poujoulat. Bientot l'histoire, lasse de nos é14uiL'excentricité est parente de l'extravagaoce, et le hapées, nous renverra a la médecioe et a la fantaisie. sard est la plus extravagante des forces incoonues. Nous
Mordillez seulement les feuilles poilues de la jusquiame, arrivons done tout nat4rellement alll.'. E:dravag1mces du
cette plante farouche,aux fleursjaunatresveinées de pour- hasard, par M. Ch. d'Héricault, et nous lui faisons compre, et tout prend autour de vous la couleur de l'or pur. plimeot de son titre, attrayant et juste en lui-meme.
La nél.ture n'est pl•JS qu'orfévreric; les oiseaux ont des Mais est-ce bien le hasard qui réduit Alhert de Beralva.l
yeux d'or, des plumes d'or. Aux arbres ¡,endeot des a l'alteroative de l'opium ou du suicide, et qui le rapgousses giga.ntesques, laissant échapper des dryades aux proche de sa pareote, &amp;1110 de Morefeuilles? Certes, Becheveux dorés; une lumiere intense encadre ces tablcaux ralval est extravagant, mais le basard l'est moins que
vivaots. La maison aussi resplenciit; le malade preod lui, ce hasard (providentiel) qui lui offre toul d'un coup
des bains de piedsd'or liquide et deux grains d'émétique l'amour longtemps cherché en vain et la félicité d&lt;1ns
dans une pinte de limonade dorée; le lendemaio, le le ffidriage. 11 est beau d'aller combattre en Pologoe;
monde est eneore jauoe foncé; le surlendemain, jaune mais était-ce bien la le cas? surtout lorsqu'on risque de
clair; puis la vie redevieot terne et pale. O Joseph De- condamner a de mortels déplaisirs une fiancée veuve
lorme ! nous savons maintenant le secret des Rayons sans avoir été épouse? Espérons au maios que Beralval
;aunes!
en sera quitte pour un peu de gloire et quelques rhuL'or, mais non la jusquiame, joue encore le grand role matismes, et que Marie-Diaue-Rodolphioe de Morefeuilles
dans l'histoire de Psylla. Psylla est une petite couleuvre rachetera son caprice par une dose de bonheur qu'elle
a collier. ll Son corps souple scintille sous un merveillem eut vraiment pu accorder a moiodre prix. Le livre de
réseau d'ocre et de pourpre. » Mais ses riches couleurs M. d'Héricault. est fort amusant jusqu'a la page 2i2;
coutent cher ·: elle mange de l'or, elle boit du saog, le j'aime beaucoup son M. Fumart, qui fume l'opium de
sang de la poitrine de son maitre qu'elle a ruiné. II faut son maitre; mais je ne vois guere ce que fait en tout
que l'idéal, le véritable amour, entre daos la chambre ceci l'abhé Dutaillis.
d11 moribond et broie du talon la tete du reptile sédui11 nous reste a examioer le Combat de l'honneur, par
saot et funeste. Au lieu de Psylla, lisez Camélia. Cette M. Adrien Robert; et c'est la une tache agréable. L'aallégorie gracieuse et terrible est la perle du recueil, troce silhouette du cerote de Bresles, la belle tete loyale
une reuvre d'art accemplie.
de Paul Gonthier, et le profil olympien d'Aurélio, camée
Merci encore a la Seconde vie; il est si doux de loueri aux chevenx de pourpre, vivent eucore daos moo souUne laogue géoéralement pure, quoique familiere, un venir; j'affectionne surtout le D• Rolder, personnage
style coulant, facile, ou se reflete aussi bien l'éclat des bourru et sympathique, nalurel et original. L'intéret ne
glaciers que la verdure des prairies, une imagioation languit pas; les péripéties logiques courent au dénotiqui, de la pure fantaisie, s'élance au bord des profoods ment, doot les circonstances, au moins, sont imprévues.
ablmes de la pensée et du creur, un parfum de pureté La scene a demi fantastique du boudoir égyptien, malmorale, et, derriere tant de pages attristées e.u mélan- gré quelque érudition, est écrite avec brio; jamais la
coligues, un rayon de gaieté pareil a une tete d'enfant sablonniere du bois d'Aulnay n'a vu d'amours plus pasrieur qui souleve un coin d'une vaste draperie a person- sionnées que celles de Gérald et d'Aurélie. 11 y a de la
nages{; tout cela est daos le livre et dans le talent de grandeur et de la vérité dans les pages ou Gonthier fait

les Hallucinations du Docteur, le Paradis des f/,eurs.
Qui dépeindra mieux les fleurs que l'auteur de Picciola,
lui qui aime

L' 1LLUSTRATION, JOURNAL UNIVE RSEL.

comprendre au co~te de Bresles ~ u ' i l ~
le mépr1se. Enfiu, r1en de m1eux d1sposé aux galan ·"
réc1proques de deux futurs époux que cette Piaf~
Dieppe, doot les horizoos lointaius, guarid le SOi~ •
éclaire, peuvent figurer la plénitude du bonbeur . Ita
fini. Paul Féval, daos une lettre jointe au Présen~8'é,.
Jume, juge avec une équité bienveillante le talent"son ami, lui signale ses défauts passés, et applaudit~
leureusement au succes mérité du Combat de ri.o.....
On ne peut mieux dire, ni mieux faire ; et 00118 •
mercioos l'auteur du Bossu de nous avoir ici e~
une page de compliments : il y en a déja beaidans cet article.
-...,
L'espace noua manque pour nommer meme toos lii
!ivres que nous apporte l'autollíJle, moissoo mürie .._
rant l'été et cueillie en temps opportun. Poésies, ro
reuvres d'érudition, d'histoire, de politique, bourdo=
autour de nous comme un essaim bariolé, Pareil
1
ces ames que Virgile a vues voltiger au bord du ~
demandant la vie et le grand jour de la publicité. lai
beaucoup n'oot pas besoin de nous; d'autres ont dip
trouvé des issues daos le has des jouroaux, et a la tri,¡.
sieme page. Enfio nous en mettoos quelques-lllls 11
réserve pour le mois de janvier. Voici venir les li'1!1
d'étrennes nouveaux et aociens, mais anciens toojnan
nouveaux, les contes de PeITault, les Robiosons, et O.
Quichotte, et Dante; ils réclament impérieusement ._
place qui ne peut leur etre refusée.
Nous recevons a l'iostant le tome IV et compléJLeotlÍft
de la Wtérature anglaise, de M. Taioe. On pense biia
qu'il n'attendra pas longtt:mps nos éloges.
AND!\t
~~-

LEmU.

PHOTOGRAPHIE BAYARD ET BERTA~
i5

BIS, RUE DE LA MADELEINE

Au bout de la galerie, place de la Madeleine.

*,

sa"'

M. Bayará
!'un des iovente11rs et des plus
propagateurs de la science photographiQue, et M. Jt
tall, l'artiste observateur et fin que coooaissent.
lonb'lemps nos lecteurs et les collectionneurs de'illustrés, dirigent ensemble des ateliers construí\
tous les perfectionneroems indiqués par une Ion
périence. Leurs portraits sont remarqués pour 11.•
cherche et le gotit qui y président, et pour leur e1éallíll
irréprochable. - Emaux, grandissements, rep•
tions en tous genres.

La 9° livraison du París Nouveau Wmtré ell
ce moment en cours d'exé.:ution, et nos soosat
teul's ancicns et nouveaux la recevrQnl graLuileM
dan~ le cÓuranl de la seconde quim:aioe d'oclOllff.
Les soins arporlés aux gravures el au lexte der,f
publication, uous oot occasionné cetle fois
tard que nous n'avions pu prévoir.

u•

Au moment de la rentrée des classes, nous.
devoir apµeler l'attention des familles sur deux ou
qui oflreot a l'écolier studieux le plus utile seco
soot le Dictionnair~ d'histoire et de geographie et la
tionnaire des sciences, &lt;ks lettres et d~s arts, de 11.
inspecteur géoéral de l'instruction publique. Ott
eu effet, daos le premier, des notices aussi exacll'
succinctes sur tous les ,10ms de lieua: et de
célébres; dans le deuxieme, I'explication somm ·
toutes les difficultés qui se rapporteot aux chose,.
ces deux ouvrages forment une enc_yclopétlie co
Deux forts volumcs grc1nd in -8 a deux colonne.t,
L. Hachette et e•. Prix de chaque volume, 2i fr.

ne contienn
mais !'ensemble des principes que renferme le
quina ; de ces príncipes, les uns manquent tout
quoique d'unc utilité absoluc ; les autres n'y soai
proportion toujours variable et tres-restreinte. kocna, a l'aide de procédés dont il est l'auteur, ea&amp;
venu a iutroduire, daos un Élixir agréable e&amp;
d'amertume, la totalité des pri11cipes actifs d,
LES VINS ET SffiOPS DE QUINQUINA.

cieuse écorce.
L'extrait r,omplet de quinquina (ou Quina

~ d é m i e de Médecine, a déja valu a son
P r M. Larocbe, les éloges les plus flatteurs. Aucuoe
auteU
'
. (e, s1. cenes
' t cct extra1t,
. lie présente
·paration
officLDa
pre ·union des plus précieux alcaloides des matieres rél~ ~•es et du taonio, substances auxquelles l'écorce du
s)lle...,
''bri·ruges ton!q
. ues et anttseptiques,
.
. udoit ses vertus 1e
peroreste daos la tbérapeutique un remede iocomparablt:.
et
a Par1s.
.
aue orouot, l5,

du iO aout n'eut élevé sur les débris de la mooarchie la
dictature de la Convenlion. Le nouveau. systeme avait
Tous les esprits éclairés, tous les hommes d'affaires in- pour base le mécanisme de la numération. JI s'adaptait
telligents, d'un hout de l'Europe a l'alltre, voudraient naturellement a l'iostrument de tous les calculs. On ne
voir partout les mémes mesures de longueur et de capa- pouvait imaginer rien de plus simple, de plus rationnel,
cité, les mémes poids, les mémes monnaies. On pcut se de plus praticable, et cépendaot cioquante aonées ont a
dispenser de démontrer l'utilité de cette réforme : elle peine suffi pollr le faire eotrer, chez nous, dans les hasaute aux yeux. Tout le monde comprend combien les bitudes du plus grand nombre.
- ·Afi?tle
JI y a, daos les reuvres de Napoléon
1°•, une loogue et curie use dissertaPOLICHIN ELLE,
tion, écrite ou dictée aSainte-Hélene,
sur
l'applicalion du systeme déciJ.uoai 1U111tré des ¡elllles gar~ll8.
mal aux mesures et aux monnaies.
UIJ.111.lll'T DIDl POlS H.a XOJS,
Napoléon, qui a, toute sa vie, regardé le passé plutot que !'avenir,
critique ce changement avec une
extreme vivacité, et déplore amereoureaux : rue des Enfants rouges,
meot la violence faite aux habi2, a l'lmprimerie des Arts.
tudes des méoageres fran~aises. JI
París, un ao: iO fr.
insiste particulierement sur le peu
6 mois: 6 fr.
de
diviseurs que pré3ente le nombre
3 mois: 3 fr.
iO, sur la difficulté d'opérer sur ce
Départ., un an: !2 fr.
nomhre une divisioo mentale par 3,
6 mois: 7 fr.
µar 4, par 6, et en cela il n'a pas
3 mois: 3 fr. 50
tort. - C'est, en effet, le défaut du
systeme décima(; mais il faut bien
30 magnifiques primes de 200 a
croire que l'incoovénieot est plus
25 fr. aux 5,000 premiers souscripque compensé par les avaotages,
ieurs d'une aonée.
puisque la Belgique, la Suisse, le
Tous les souscripteurs ont droit a
Piémoot, la haute Jtalie, quaod
~o portra1l-carte chez MM. Susse frei Si 4 les eut affrancilis de notre
res, place de la Bourse, 3i.
domioation, malgré leur haine pour
La bande numérotée servira pour
nous, malgré les efforts de leurs
le tirage et le portrait.
gouvernements, gardereot obstil}éOn s'aboune également chez
ment nos mesures et nos moooaies.
MI. Susse freres.
Grace aux événements de i860, le
systeme décimal s'étendra saos doute
bieotot a l'ltalie tout entiere.
Parmi les diverses substances tour
Voila done un groupe de nations
a tour proposées et employées deassez considérable qui jou1t déja
pnis viogt ans pour la fabrication
de ce précieux avantage, l'uniforPOLI CH IN ELLE
des .dtnts arti/i,cielles, il en esi qui
mité des mesures et des moonaies.
JOUR.'iA.L II,LUSTRÉ DES JEUNES GAR~ONS, PAllA.lSSANT Dl!UX: FOIS PAR MOIS.
oft'rent de nombreux et graves inDaos d'autres pays on en comprend
convénients. M. Georges Fattet, auteur du Traité de opérations commerciales et meme les relatioos de la vie la valeur, et l'on cherche les moyens de se l'approprotAese dentaire (255, rue Saint-Honoré), et !'un de nos civile,- entre des contractaots appartenant ades nations prier. On y pense sérieusement en Allemagne. En Anpraticiens les plus distingués, se sert depuis lonatemps
différentes, -y gagneraient de facilité et de sécurité.
0
gleterre, on afait mieux. Ily a deux ans, la chambre des
lai, d'une no uvelle matiere tout a la fois legere et dia~
En théorie, personne ne fait d'ohjection. Mais il n'eo Communes a chargé un comité d'étudier la questwo.
¡,ÁQIIB, et complétemeot inaccessiblc a l'acidité des ali- est pas de meme daos la pratique. On recule devaot Apres deux mois et demi d'un examen approfondi, ce
ments et des boissons; cette matiere peut etre surnom- l'obstacle a vaincre. En effet, cet obstacle est énorme, et comité a conclu a l'adoptioo du systeme décima.l daos
mée la rivale de la nature, taot elle imite la teinte et il n'y en a pas de plus résista.nt, car c'est la routine. ~ un rapport dout l'Annuaire de l'ér.{)nomie politique de
la traospareoce des dents naturelles.
Déraoger les populations daos leurs habitudes! ... Et re- i864 (1) reproduit les passages les plus im¡,ortauts.
&lt;l Lal grande exposilioo de i85i,ditcerapE!U DE MÉLISSE
port, révéla soudaincDES C!.IWES.
ment l'état de dcsordre
et d'obscurité de notre
Laréputation séculaire
systcme de µoids et mede f Eau de Mélisse aes
sures, et fit rcssortir l'aCarmes a fait 011.itre une
vantage d'un systerue
foule d'imitations de ce
iuternalional et combieníaisant cordial. Les
mun. Le jury .de cettc
religieux qui la prépac&gt;.po~ition éprouva les
raieot ne dévoilerent
vlus t,l'aods embarns,
jamais le secre t de sa
¡,ar suite de la diversité
COlli~ition,ct M. Boyer,
des poids et mesures
leur successeur par acemployes par les eipole&amp; aotbentiques, possauts des divers ¡,ays. It
sede leUl aujourd'hui
pouvait difficilemeot arsa Ytritable formule.
rivel' il un étaloo comToos les composés qu'on
mU11. C'est pour ce mo,end sous ce nom peutif que la Société des Art.~
~ent bien avoir la méadressa une pétition a
lisse pour base, mais
la tré~orerie en faveur
cette plante n'est qu'uo
d'uo systeme uniforme.
dea éléments contenus
Le meme objet fut pourdans la véritable Eau
suivi par le coogres de
la plupart
statistique réuni a Bru,: ~ et les plus essentiels restent, avec sa mani- marquez, s'il vous plait, qu'il s'agit d'habitudes invété- xelles en i863 ..• )&gt; Le rapportajoute qu'en préseóce des mele ~ec~et exclusif dt: M. Boyer (! 4, rue Taranoe). rées, qui se sont établies d'elles-memes, et dont !'origine mes obstacles, les mémesidées se fireotjour a París eni 855,
lousl 8 une mteressante monograpbie, M. Boyera réuni se verd da.ns la nuit des temps 1C'cstle monde a soulever! a Londres en i861J, oti elles eurent pour orgaoe le prince
a . esdocuments concernant l'histoire du cordial qu'on Archimede lui-méme serait effrayé d'une tell e entreprise. Albert, a Londres encore en i86!, oti les chambres assonvent et si vainement cherché a imiter · ils consEn Fraoce, oo a demandé eu vain, pendaot plusieurs sociées de corumerce du Royaume-Uni votereot a l'una-niqn~ les ~o~~ et font connaitre les propriétés hygié- siecles, avec l'abolition des douanes rntéricures, l'unité nimité la résolutioo que voici : &lt;l II est tres-désirable
..,_:,' med1c10ales qu'ont résumées les auteurs de la des po1ds, des mesures et des monna.1es. 11 n'a pas fallu d'adopter le systeme métrique, qui a été introduit daos
di,e,s . contemporaine, dans un article reproduit par moins qu'une révolution pour faire ce miracle, qui n'au- beaucoup de pays de l'Europe avec grand profit, pour
Journaux de médecine.
D• Bu.
rait peut-étrejamais été accom¡,li, si la victoire populaire
(1) PAi is, Gudlau.wa et Comp.

t ~;
0:º•

ia:

PROGRÉS DU SYSTEME llÉTRIQUE A L'ÉTRANGER.

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L'ILLUSTRATIO.N, JOURNAL UNIVERSEL.

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FAC-SlllltR DR DFSSINS ET CROQUIS D'EUGENE Dl!LACROIX. -

l'économie de temps, dans les comptes de commerce et
autres. »
L'espace nous manque pour quantité de détails trescurieU.I, révélés par l'enquete dont ce rapport contient le
compte-rendu. Nous citerons seulement ces deux faits.

ÉCHECS.
PROBLOIE

N• l77,

PAR

M. A.

FERRANTE.

Les blancs font mat en trois coups.

SOLUTION DU PROBL~ME Nº

Blancs.
R 7• D
R 61 R
F 7• F échec
R 6• D
R 5t D échec et ma1.

f 76,

Noirs.
R pr. T

R 5• F du R
R 5' R
n 5• f du R

COLLECTION DE M. ALF. ROBAUT, DR DOUAJ. -

&lt;&lt; :M. Dickson dit qu'a l'aide du systeme. métrique,
qu'il oonsidere comme un des plus grnnds bienfaits qui
aient été octroyés ci la France, il peut mencr ses atfaircs
de commerce avec un nombre de commis moindre qu'il
ne le pourrait dans le systeme auglais. » - «M. Lorsont,
qui cst négociant et manufacturier en Belgique, en
France et en Angleterre, dit que si le systemc métrique
existait en Angieterre, il pourrait conduire ses aflaires
avec un nombre de commis considérablement diminué,
et eviter un grand nombre d'errem·s. Un bureau anglais
est encombré de prompts calcul0:teurs et de vade mecum,
choses parfaitement inconnues a l'étranger. Avec le
systeme métrique, ajoute-t-il, il est beaucoup plus facile et plus court de faire les comptes soi-meme &gt;&gt;.
Plusieurs des personnes entendues par le comité ont
insisté fortemeut sur la difficulté d'enseigner auxjeunes
gens le calcul des poids et des mesures usités en Anglelerre, de leurs divisions et subdivisions, - il y en a
pour chaque espece de deorées, - et sur l'économie de
temps qui résulterait, pour l'éducation, de l'emploi du
systcme métrique. On comprend saos_ peine combien
cet argument a dti frapper des Anglais. Bref, apres
avoir examiné la question sous toutes ses faces, le comité demande, en finissant, que le systeme metrique
soit adopté en Angleterre, qu'il soit institué par une loi,
sauf les attermoiements et les précautions nécessaires
pour ménager les habitudes ·de la population, adoucir
la transition et óter a cette meRure toute apparence de
violence, et que le systeme décima! soit appliqué aux
monnaies aussi promptement que faire se pourra.
Aucnne suite, que nous sachions, n'a été donnée
jusqu'a présent a ce rapport. Mais il ne faut désespérer
de rien. C'est surtout en Angleterrc que l'on se bate
lentement. C'est la, aussi, que tout vient a point a qui
sait attendre. Peut-on admettre que tant.d'hommes considérables, commissionnés par 111 Parlement, aient procédé a une enquete si consciencieuse, rédigé un documcnt si étendu et si complct, formulé des condusions si
bien motivécs, saos qu'il en résulte rieu? Cela répugne
au bon seos. La question, évidcmment, a fait un

(Voir les fi" 11!6 et IUi.)

grand pas. L'Angleterre qui hésite encorc, peoMM,

a passer de la th'éorie a la pratique, se décidera t/JI ■
tard, et son exemple entrainera irrésistiblement, dam■
ten1ps donné, tout le reste de l'Europe.

-----==otc-~ o&gt;-c=----RÉBUS.
1\

R RRH
R R
R B. 1\
R 1\
RI\R R RIU\

EXfLICATJON J)U DERNIEII RÉBUS,

Si les nations sont jamais réunies, c'est par l'ind
la ~cience moderne.
~

SOLUTIOl'iS EXACTES

nu PRODL~lE Nº {76.

MM. E. Frau, G. Baudet, Moriceau, de Gironde, J.
Baillif, Cercle de la Sorgue, a l'Isle, Metrre, Café
Petit-Montrouge, A. Thionville, Café des Écoles
E. Vallet, capilaine Charousset, L. Lefrancq, J.
Henry Frau, Stiennon, de Meurs, E. 'F., a Paris,le
L. Bonnin, Léa Ricardo, Cercle de Duras, Ed. de
Café Moliere, a Nantes, Becker s, Loge ma~onniqal,¡
Daniel Collet, G. K.
J. A. de lL

_______,-~.

AuG. MAiie, directeur-gérant.

EDK.

TEXIE!l,

rédacteur en chtf.

~.t.--~-_,,_---;
PAUIS.-WP. DE L'ILLUSTIUTION, !. IIARC:, !2, RUE DI

�</text>
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                <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores</text>
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L'ILLUSTRATION,
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1tre de
lac,de
ns, de
miné-

Direetion , Rédaetion, Administration :

22 8

ANNÉE.

VOL. XLIV.

Nº

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1129.

Toalll let communications relatives au joumal, réclamations, demandes
de changements d'adresse , doivent étre adressées franco a
&amp; A.UG. MA.RC, DIRECTEUR•GÉRA.NT.
Les demandes d'abonnement doivent etre accompagnées
d'un mandat ,ur Paris ou sur la poste.

t 84U.
L'admioistralion ne ripond pa1 des manuscrils et ne 1'engage ¡amais i les insérer,

SOMMAlRE.

Grav11re1·: Académie impériale de musique Roland a Roncevaux.
Grands Prix ,t eovois de Rome (5 gravures). - M•• L•~rang•, caola•
trice du Tbélitre-llalien. - A,cension du ballon le Géa11t, i,. Bruxelles.
- Les ruines d'Ani (3 gravares). - Le mar•cbal Narvaez, presiden!
du Conseil en Espagoe. - $tatue de brooze doré, récemment découverte a Rome. - Chemin de fer don Pedro JI (3 grRVures). Statue de Benoit Raclet, inau~urée le 3 octobre i,. Romaoécbe. - Machine a fahriquer les tui!es, carreaux, tuyaux et briques creases. Appareil de labourage vapcur . - Rébus.

lrnle politique de la semaine. - Courrier de voyoge. - Grand¡ Prix
ti ..,oi1 de Rome. - M•• Lagrange. - Ascénsion du Géant a
Bruullet, - Cbronique musieale. - Le maréchal Narvaez, duc de
V1leoce. - Corrupondaoc-. d'JIA!ie. - Les ruines d' Ani. - f.ourrier
de londm. - Cbemio de fer don Pedro II lBrésil) . - lnauguration du
buste de Beuoit Raclet. - Machine a fabriquer les tuiles, briques
ereuse', etc. - r.orrespnndance d'Algérie. - Le Palaméde fran~ais. Appareil de lahoursge a npeur.

8amedi t&amp; Oetobre

Vu les traite!, la. traduction et la rep,oduelion

a l'élranger !Ont Ullerdites.

BUREAUX : RUE RICHELJEU·, 60.

-1

a

S mois 9 fr.; - 6 mois, 18 ír.; - unan, 36 rr. ¡ - le numéro, 15 e,
la collection mensuelle, 3 ír.; le volume semestriel, lk ír.
A.BONNDIENT8 POUR L'ÉTRA.NGER 1
Mémes pnx; plus les droits de poste , suivant les tarifs,
Les abono. partent du I er n• de cbaque mois.

REVUE POLITIQUE DE LA SEMAINE.
Toutes les pieces diplomatiques relatives a la convention franco•italienne ont passé sous les yeux du public.
Le Moniteur a reproduit l'acte, son protocole, sa déclatíon, et les dépeches du ministre des affaires étrangeres

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IS pro-

1.démie
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ACADIÍAUB llll'ÉRIALB DE MUSIQUE ROLAND A RONCEVAUX, ACTB 3', SCENE 4 (voir la Chr011ique muricale,rpage 11'6).

�L'ILLUSTR¿\TION, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, .JOURN AL UNIVERSEL.

de France a ses ambassadeurs a Rome et a Turin. dans leurs foyers, et l'on assure qu'a la marine, l'ordre
CO(JBBIEB DE WO"IAGB.
On sait officiellement que le roi d'Italie s'est engagé a serait donné déja. de ralentir les armements.
Ces
mesures
seraient
évidemment
les
plus
propres
a
décréter la translation de la capitale de son royaume
ny a deux ans, je pa.~sai un mois aAix-les-Bains,
dans l'endroit qui sera ultérieurement cléterminé par ce rétablir rordre dans les fin anees et a faire renaitre le
crédit, que les dernieres agitations ont contribué a dé- Savoie. Je ne pouvais me mettre ama fenetre sans ª!letsouverain;
cevoir, de l'autre coté du lac de Bourget, - le lac. de
Qu'il ne Jaissera pas attaquer le territoire du saint-pere précier encore.
M. de Lamartine, - une cime apre et nue, qui te!'liA
Rome,
l'ordre
de
Malte
aurait
deman~é
a
e~e
et empechera, meme par la force, toute atteinte venant
chargé de l'organisation de la nouvelle armee pont1fi- nait désagréablement la plus maussade muraille de
de l'extérieur contre ledit territoire;
.
.
montagnes que j'aie vue de roa vie; oette cime s'appeUe
Que la France retirera ses troupes des Etats pont_1fi- cale. Bien des projets ont été retirés des cartons; ces
la
Dent-du-Chat. Si peu engageante qu'elle fut d'a.~!&gt;ed,
caux graduellement, et a mesure que \'armée du sa1~t- divers plans different des idées formulées, en t 860, par
je
me disais tous les jours en la regardant : demain,l)
pere sera organisée; que l'évacuation devr:i. néanmoms Je général Lamoriciere, en ce qu'ils proposen~ tous _un:
monterai.
,
sorte d'organisatiqn d'armée catholique, qm ~erVJra~t
etre accomplie dans le délai de deux :rn~;
,
Le
temps
se mit a la pluie, et je quittai Aix-lf.s_
Que le gouveroement italien s'int~rd1t toute recla.ma_- non-seulement aux États du pape, mais qui sera1t
Bains
saos
étre
monté a la Dent-du-Chat. Je l'ai toa.
tion contre l'organisation d'une armee papale, composée mise, au besoin, au service de la cause ireligieuse, par
jours
regretté,
surtout
d~pui:. qu~ des am!s, qui•en ont
meme de volontaires catholiques étrangers, suffi~a~te exemple, en Orient.
fait
l'ascension,
m'ont
d1t
qu 11 o y en ava1t pas de plus
Tous ces plans ont quelque chose de chevaleresque
pour maintenir l'autorité du saint-pere et la tranqmlhté,
ennuyeuse et de pli1s fatigante ... L'esprit de l'homme
qui
ne
va
guere
a
notre
temps,
et
sont,
par
coméquent,
tant a l'intérieur que sur la frontiere de ses États, pourvu
est vraiment quelque chose de bizarre.
que celte force ne puisse dégénérer en moyen d'attaque un peu chimériques.11 est probable qu'on s'en tiendr~ a
Je ne suis pas allé me promener une seule fois 11
ce
qui
s'est
fait
en
f
860.
On
ajo~tera
seuleme~t
une
lég1on
contre le gouvernementitalien;
Peyrou, - et quand on habite Mont?ellier pendant 111
polonaise,
qui
sans
doute
arr1vera
a
un
ch1ffre
respecQue l'Italie se déclare prete a entrer en arrangement
mois, c'est une promenade qu'on fatt souvent, - 11111
pour prendre asa cbarge une part proportionnelle de la table. u serait aussi question de former des ~orps par
Jangues, par nation : lé~ion frauco-belge, lég1on polo- que mes yeux s'arretassent longtemps sur une m1111e
dette des anciens État~ de l'Église;
sombre, qui semblait isolée au milieu de la me~, et qui
Que le délai de six mois pour la translation de la ca- naise, tégion irlandaise, légion espagnole, etc. Le pa~e
se détachait, imposante et gigantesque, sur le c1el bleu.
pitale de J'Jtalie commencera, .ªi?si que l_e délai_ de deux a toujours caressé l'idée d'avoir une larmée composee Et chaque fois je me disais, comme en fa.ce de la Dentans pour l'évacuation du terr1ton:e p?nti~cal, a ~a da!e de soldats de toutés les nations catbolique~.
,
D'apres les correspondances italienn.es, le _gouvern_e- du-Cbat: « J'irai voir cela de pres. n
du décret royal sanctionnant la 101 qui va etre presentee
C'était
l'église
en
ruines
de
Maguelone.
ment pontifical aurait résolu de para1tre, smon sattsau parlement italien.
.
nu temps que Montpellier était un petit village loll
Nous n'avons aucune observation nouvelle a fa1re sur fait du traité, du moins tranquille sur les conséquenc~s a fait inconnu dans l'bi~toire, Maguelone était lllle
~es nouveaux documents. Le texte officiel de la conven- de ce traité. n parait certain qu'il se dispose a orgam- grande ville tres-célebre. Elle eut, ~e ne sais trop poar
tion ne differe en ríen du texte télégraphiq•1e. La dépe- ser son armée, et qu'il agira et fera tous ses efiorts pour quene· raison, le malheur de déplaire a Ch_ar~es_ Mutel
che de M. Drouyn de Lhuys a M. de Malaret, m!n!s_tre de sauver sa périlleuse situation. «Ainsi, dit un correspon- Ce terrible homme ne badinait pas, quand 11 eta1t eaeoFrance a Turin, n'est guere qu'une seconde e~1t10n de dant, ni sortie des gonds, ni manche apres la cognt!e, tel est lere : il détruisit tout simplement Maguelone, et si biea,
la dépecbe adressée par le meme a M. de Sart1ges. La Je mot d'ordre qu'on semble avoir adopté .. 11 Le ?ºu:er- que les habitants, saos abri, vinrent se refugier a_llotllsituation reste done dans toute sa simplicité et sa clarté. nement romain, en •m mot, croit pouvo1r ~orl!r VJcto- pellier, qui devint une ville. Plus tard, cependant,_ 1I r~
L'armée frangaise sort de Rqme, l'armée italienne ?'Y rieux de la position qui lui a été faite par le traité du que Ma"uelone se soit relevée des coups que hu llll
entre pas, et le pape y reste. Le gouvernement pontifi- t5 septembre; et s'il réussit, tant miem: ! c'est qu'il aura
portés rude marteau des Francs, ~ar elle se batit ~
cal rentre dans la situation ordinaire de tous les_ gou- avec lui la population romaine.
tres-belle
église; celle qu'on aper~o1t du Peyrou, etq11
A l'intérieur, peu de cbose. La nomination .de nouvernements. U &amp;. une armée a tui, des fin anees a lm, une
tentait
ma
curiosité.
administration alui. S'il se·fait accepter des gouvernés, veaux sénateurs: M. le duc de Montebello, ancien amSi
je
n'ai
pas vu la Dent-du-Chat, j'ai vu l'église de
personne n'a rien a dire; si, au contraire, les gouvernés, bassadeur, M. l'arcbeveque de París, M~. Boinvilliers et
Maguelone.
,
.
.
mécontents, se soulevent et renversent le gouvernement, Godelle, vice-présidents du Conseil d'Etat, M. A~olphe
Le
voyage
est
plus
facile
que
l_ascens1on.
D_eux
lieaei
qu'y faire? Peut-on reprendre les arm~s pour _replac~r Barrot ancien ambassadeur, M. le comte de Sahgnac- en chemin de fer une lieue a p1ed ou en vo1t11re, 1111
les Romains sous l'autorité du souveram pont1fe? Ma1s Fénel;n, ancien mini~tre plénipotentiaire, M. Chabrier, traversée de dix ~in utes en bateau. Voila qui est l la
alors il aurait fall u les prendre pou'r faire rentrer les ancien conseiller-maitre a la cour des Comptes, et M. le
porlée de toutes les jambes.
Toscans et les Napolitains sous l'obéissance des Haps- comte de Nieuwerk.erke entrent au Sénat. Quelques
Le cbemin de fer traverse un paysage assez mo•
changements
aussi
dans
le
personnel
diplo~~tiq~e
:
M:
le
bourg-Lorraine et des Bourbons.
.
tone,
qu'accentuent seulement de temp8 en temps di
Voila ce qui ressort clairement de la convention du baron de Talleyrand, ministre plénipotentia1re a Berhn,
garrigues.
.
.
.
t5 septembre. Nous l'avons dit des le premier jour, et passe a Saint-Pétersbourg en qualité ~•ambassadeur, et
Les garrigues sont des mont1cules p1erreux, o~ poate
est
remplacé
a
Berlin
par
M.
lienedett1.
.
.
nous ne pouvons que le répéter aujourd'hui.
.
Nous avons dit un mot, la semaine dermere, de la c1r- une végétation sauvage, et qu'babitent volont1e~ d'6Autaut qu'on en peut juger par la lecture des_ f~uilles
normes araignées-mygales, qui sont bien les ¡,los msí:
autricbiennes, le pape, s'il 5'.adresse au cabm~t de culaire par laquelle M. le ministre de l'instruct!on pu- nieuses vilaines beles qu'on puisse imaginer. Elles 11•
Vienne, comme on \'avait donné a entendre, ne do1t pas blique étend le cercle de l'enseignement snpér1eur, en vent au fond d'un trou, fort proprement creusé: eecl
s'attendre a en recevoir une réponse bien satisfaisante; engageant les professeurs de Facult~s a f~i~e des le~?ns est l'enfani:e de l'art pour des araignées; mais ce INI
l'Autricbe se résigne a l'abstention dans la question daos le genre de celles qui ont eu lleu, 1h1ver de~mer, est entouré d'un fascinage de brins d'her~e~ 011 de rt
a la Sorbonne. L'État a le droit et le devoir d'enseigner,
romaine.
nous
ne saurions done trouver mauvais qu'il les exerce milies, travaillé a vec une adresse, une soltd1~, un 1011
LPs organes ministériels, daos un examen approfondi
tous
les
deux, mais nous ne pouvons l'approuver de merveilleux : les soldats du génie ne font r1en de plll
de la convention, déclarent qu'il est impossible de se
1A
faire
de
l'enseignement un monopole. Que les profes- achevé.
méprendre sur la signification réelle du traité. En déOn descend de wagon a la station de_ Villeneu,e.
seurs
dµ,s
Facultés,
les
membres
des
sociétés
savantes,
pit des circonstances, de~ ménagement~, ils_ ª:ouent
premiere maison du village est une ma1son toute !MIi
qu'une chose s'en dégage nettement : le prmc1pe du reconnues d'utilité publique, répandent la science dans et fort ornée. Sur la fagade est sculpté u~ persono~•
le pe1iple, rien de mieux; mais p?urquoi inter~ire l'!xerdroit national.
1
cice
des cours publics aux vocat1ons non offic1elles. Les costume d'alchimiste, tenant un alamb1c a la mam.O
On ne se fait done, a Vienne, aucune ill,usion s_ur la
personnage est Arnauld, un enfant de Villeneu,e,
convention franco-italienne. Dans les organes hah1tuels conférences de la ~alle Barthélemy auraient ouvert une
Je premier, distilla l'alcool.
.
.
du gouvernement autrichien, la portée et lei con~é- voie féconde dans laquelle toutes les villes de France
Au
moment
ou
nous
trave!'lHOns
V1llene11ve,
_des
quences de cet acte sont envisagées avec une cla1r- s'appretaient a entrer. N'est-il pas facbeux qu'on arrete
es
char"ées
de
vendange,
revenaient
des
v1gno~
voyance qui ne ce-le en rien a celle des fP.uilles ultra- cet élan, ou qu'on cherche a le confisquer au profit de tur '
. ·
les pressoirs" trava1lla1ent
a f~rce, ~t 1·¡ _Y av~_1·t dans
. 'od!'Ir
montaines, et la grande préoccupation des journaux de l'État? S'il est une concurrence que l'État devrait accep- une odeur de raisin foulé, qm aura1t bien reJolll l
,Vienne semble etre, pour le moment, d'écarter toute ter etsollicitermeme, c'est, a coup sur, celle du dévoue- du bon Arnauld, s'il avait pu la respirer.
idée que l'Autriche veuille prendre une attitude mena- ment individue! dans l'reuvre glorieuse de l'éducation
En vingt minutes, nous arrivames a l'étang de ._.
gante. A cet efiet, ils proclament a l'envi que la réduc- des ruasses.
lone. L'église se dressait devant nous_, et P~~ un
EoMOND TumR.
tion de l'armée autrichienne est imminente; que cette
lier pour nous faire passer l'eau; il fall~1t en
réduction projetée, d'aílleurs. bien avant la convention
chercher
un a Villeneuve, d'ou nous vemons, et
'
.
du 111 septembre,
s'étendra aux troupes de la Vénélle,
venir
a
l'étang,
et la journée était des plus c~audes.
PRIME DE L'ILLUSTRATION.
et que les arrangements pris a l'égard de Rome entre la
- Mais dira un géographe, ?tfaguelone n est pas
France et l'ltalie, n'en retarderont pas l'accomplisse' presqu'ile, et daos une presqu''lI e OD
&lt;EUVR.ES NOUVELLES DE GAVARNI.
ile c'est une
ment. ns ajoutent meme, - faut-il les croire? - que des
'
· saos doute, mais souvent
arriver a pied sec. - Om,
ordres ont été expédiés a ce sujet daos. le quadrilaPar-ci, par-la, et Physionomies parisi~nes, splen- un grand détour: il nous aurait fall11 deux beures
tere.
dide col\ection de too sujets, tirés snr cbme par Le- faire Je voyage par terre.
.
D'un autre coté, en dépit des bruits de g11erre qui mercier, formant t magnifique 1&gt;olume grand in-4º colomNous nous décidames a retonrner a V1lle?euTe,
commengaient a c\.rculer a Turin, le nouveau ministere bier relié en maroquin et doré sur tranches :
Le premier pecbeur que nous y rencontra~es se .
'
italien, qui semble ne pas croire a la guerre, est dégea de nous conduire par eau. Nous ne pouvio~ t
SO fr. J.U Lllm DI 110 fr.
cidé, assure-t-on, a réaliser immédiatement de fortes
tomber : c'était un brave homme, qui n'était polD t
5 fr. en sus pour l'envoi franco daos une cais.se,
économies. Or, les seules économies permises que l'on
qui lisait lorsque la pAcbe tui en laissait_ le temps, e
puisse opérer, consistent a réduire l'effectif de l'armée pour la France continentale. Les souscripteurs de tirait profit de ses lectures. 11 se nomma1t...
et aralentir les dépenses de la marine militaire. 11 se- l'Étranger devront le faire réclamer par leurs corresMais non, j'ai, pour ne pas vous apprendre son
rait ¡uestion du renvoi de cent cinquante mille hommes ponrlant~.

1:

~:t

raisons que je vous dirai plus tard. 11 prit pour maun marin de la marine impériale, qui avait fait
'expédition de Chine, ~~ q~i ne s'était _Pª~ assez enrichi
ies dépouilles du pala1s d Été pour deda,gner de gagner trente sois en ramant pour des Parisiens.
Noos nous emharquames, nous leva.mes l'ancre et
005 commen~ámes a voguer sur \'étang. Ie suis daos.
~e pays dn pr~térit défini, ma foi, j'en profi~e.
Cet étang de Maguelone est bien le plus malpropre
que je connaisse : cbaque fois que les avirons s'enfon~ent daos l'eau, une a_ffreuse_ vase noire montait a la
surface, qui •ous donna1t des 1dées de peste et de fie••
,re. S'il en hait ainsi du temps de Charles Marte!, ce
fot no service qu'il rendit aux Maguelonais, que de
leor ra.~er leur ville, et peut-étre l'histoire a-t-elle calomnié les intentions d'un bon prince.
Non~ abordames. La masse noire, que je voyais de
Montpellier, était, de pres, un édifice d'une teinte blonde
et dorée, qui s'harmonisait admirablement avec \'azur
roncé du ciel.
L'église de Maguelone est ruinée ; mais c'est mieux
q11•un débris. Le portail en marbre est entier, et les
scnlptures, dans le gout byzantin, semblent étre sorties
bier des maios de l'ouvrier. A l'intérieur, les voutes robostes, en plein cintre, et l'abside majestueuse, sont de
force encore a porter bien des siecles.
L'église était sombre; et c'était a grand'peine qu'on
pouvait distinguer les figures sculptées sur les pierres
ffépulcrales, enlevées de leurs tombeaux, et appuyées
contre les murs du transept.
La presqu'ile de Maguelone a été acbetée tout entiere
par un tres-ricbe négociant de Montpellier, qui est de,eou ainsi propriétaire de l'église : des réparations ont
été commencées par ses soins, et le bruit court que son
61s aurait dit : « Ie veux me marier daos l'église de
Maguelone restaurée. »
Ainsi soit-il.
Le toit de \'édifice, formé de larges et belles pierres,
est un tres-commode observatoire, d'ou le regard embra..c;se un admirable panorama, qui ne ressemble guere
ace qu'on voit ailleurs : d.'un cóté, la mer; de l'autre,
d'immenses étangs, la -plus riche campagne, Montpellier
daos le lointain, et a l'borizon, des montagnes aux belles
lignes et aux teintes superbes. •
En nous ramenant de l'autre coté de l'étang, notre
pécbeur nous donna quelques détails sur l'ancienne
Maguelone : (( C'était, nous dit-il, du temps que Montpellier et Villeneuve n'existaient pas. 11
dlontpellier et "illeneuve... 1&gt; Qu'en pense Montpel-

lier7
Cd ier enfant de Villeneuve nous raconta un bon tour
que joua jadis un éveque de Maguelone a un des grands
dignitaires de son clergé.
Ce pretre avait formé le projei de renverser le pouttir de l'évéque; il mit plusieurs personnes daos sa
conidence : un complot fut tramé.
Le prélat apprit ce 11ui se passait.
0n était a la veille d'un jour de féte.
Ce jour-la, le prélat donna la sainte communion a son
Le chef du complot était agenouillé avec les autres pretres au pied de l'autel. L'évéque s'approcha de
luí, tenant l'bostie entre ses doigts, il se pencha, et la
mil sur les levres de son ennemi.
D.se tronva qu'elle était empoisonnée : le pretre ambitieux mourut, la conspiration avorta, et l'adroit éve-•
que con~nua a gouverner paisiblement Maguelone.
Le second de notre pecheur est moins lettré que son
pa1ron, mais sa conversation, a lui aussi, est remplie
d"mtérét. 11 avait commencé a nous raconter la prise de
: « On trouva, nous disait-il, le diner de l'Empereur tout servi dans son palais, avec le fricot a /e,,r mallUre. » Je vous lai~ a penser si je souhaitai~ d'entendre la suite du re,t; malbeut!é1'ement nous étions
ll'l'ités ,a Villeneuve.
f
La chaleur nous avait donné
soif :
e Dn'y a guere, en ce moment,. que du vin doux a
Yilleneuve, nous dit notre pecbeur : il m'en reste ce)lelldant un peu de i'année darniere, si vous voulez bien
e&amp;lrerchezmoi ...
Jiella entrons, nous buvons d'un vin qui u'était pas
du tout, et nous noifs appretons a payer.
1 llessieurs, je vous ai in1&gt;ité1l... 11
Il n'y avait rien a dire, nous serrons la main de notre
Mte et nous partons.
:-Maispourquoi, medemanderez-vous, ne -..oulez-vous
PGmt nous dire le nom d'un si brave homme?

el•

gr4d

_,ais

Ah! voici:
J'avais pour compagnon de voyage un ami 1qui a un
faible pour la bouille-abaisse, et ne manque jamais l'occasion de faire sur ce mets de baut gout des études
comparées pratiques ... ou théoriques, a défaut de mieux.
Ayant un pecheur de Maguelone sous la main, il voulut naturellement connata-e la recette suivie pour la
bouille-abaisse sur une partie du littoral.
Quelles especes de poisson? Quels assaisonnements?
Que! mode de cuisson? Ses questions ríe souffraient pas
q~'aucun point restat dans l'ombre.
Le pécheur répondit sur toute cbose en docteur.
- Ainsi, demanda mon ami, voici les éléments et la
fa~on de faire votre bouille-abaisse:
Et il récapitula tout ce qu'avait dit le pecbeur avec une
fidélité de mémoire qui eut fait envie a to115 les gastronomes.
- C'est bien cela.
- Mais ce n'estpoint du tout la bouille-abaisse marseillaise.
- Oh! monsieur, aMarseille, ils ne savent pas faire la
bouille-abaisse.
«A Marseille, ils ne savenl pas faire la bouille-abaisse !ll
Vous comprenez maintenant r¡ue je n'aie pas voulu
vous nommer mon pecheur; c'e.ut été livrer ce pauvre
homme a la vengeance des Marseillais.
Et plaise au ciel que ce que j'ai dit n'attire pas un
orage sur Villeneuve !
Ie suis alié a Cette, la semaine derniere. Riquet, l'ingénienr du canal du Languedoc, a creusé le port de
Cette, et Vauban l'a corrigé. En dépit de Vauban et de
son génie, ce n'était qu'un port assez incommode; mais
la fortune le favorisait quand meme et lui amenait des
navires, malgré l'hospitalité pen sure qu'il leur donnait.
Aujourd'hui, les choses ont bien changé; le dix-buitieme siecle a donné une jetée a Cette, la Restauration
luí a donné un brise-lames, Louis-Philippe un second
bassin, et un canal qui joint un grand étang Ralé a la
roer.
Cette est devenu le septieme des ports de commerce
fran~ais, et personne n'a plus le droit de lui reprocher
d'etre au-dessous de sa position.
Entre la mer et un étang grand comme un lac, dont
les llols baignent pl1Jsieurs villages, Celte a de l'eau a
sa droite, de l'eau asa gaucbe; ce jour-la, une pluie effroyable le rendait plus aquatique encore.
Quelle pluie !... et quel vent! Ah! la Restauration a
vraiment été heureusement inspirée en faisant présent
a Cette d'un brise-lames. A en croire les peintres et les
poetes, la Méditerranée serait toujours bleue comme un
ciel sans nuages et nnie comme un miroir. Ne vous y
fiez pas; quand elle se mele de sortir de son calme, c'est
bien lamer la plus sombre et la plus violente qu'on
puisse se figurer. Comme elle écumait, comme elle se
tordait, comme elle rugissait, dans cette lugubre apresmidi, comme elle montait, furieuse, 11 l'assaut des rocbers,
et burlait de rage de ne les pouvoir ébranler !
Ce n'était guere un temps a courir la vi lle, aussi n'aije pu prendre, en la traversant a la bate, d'autres notes
que celles-ci : &lt;( Peu de monuments et beaucoup de
maisons peiotes en jaune; un tbéatre, si modcste en ses
dehors qu'on risquerait de le cbercber longtemps sans
Je trouver, si le café qui loge au rez-de-chaussée ne
s'était pompeusement intit1 lé: Café de l'Opéra; un autre café qui s'appelle le café Neptune; 1m boulanger
nommé Tbéodose. 11
Si j'avais eu a Cette le soleil au lieu de la pluie, je me
plais a croire que j'y aurais trouvé de superbes édifices
et toutes sortes de curiosités plus intéressantes les unes
que les autres.
Et Frontignan, la ville au vin parfumé et au nom
charmant, qui du cherr.in rle fer m'a paru si triste et si
maussade, Frontignan m'aurait semblé, a coup sur, la
plus jolie et la plus joyeuse ville du monde et du Languedoc_. C'est un voyage a refaire.
X. FEYRNEr.

GRANDS PRIX ET ENVOIS DE ROME

l'efiet produit par le décret du t3 novembre dernier. Ce
décret avait, on le sait, la prétention de tout changer et
d'obtenirdes résultats meille11rs, en retirant a la quatrieme classe de l'lnstitut la direction de l'École des
beaux-arts, ainsi que le jugement des concours pour
les granrls prix de Rome.
Des cbangements que ce décret avait d'abord opérés
daos les dispositions réglementaires de l'Ecole, il en est
peu resté, au grand· honneur des bommes ill11stre~ et
dévoué3 qui se sont succédé a la direction de l'École,
depuis sa fondation, et qui tous avaient constamment
cherché et trouvé les moyens émulatoires les plus propices a stimuler les jeunes éleves, en meme temps que
les plus conformes a !'esprit d'un établissement que
ces maitrcs considéraient, non comme une école primaire ou meme un lycée pour les arts, mais comme une
sorte d'arene olympique, ou de jeunes talents, acquis au
debors, chez des professeurs de prédilection, venaient
tous les ans lutter pour atteindre une récompense élevée, un brillant encouragement. De ces cbangement5,
disons-nous, il ne reste plus guere que des restrictions
pour l'age des concurrents, la durée de leur séjour a
Rome et le nombre des récompenses.
Nous n'avon~ done pas a nous occuper·maintenant de
l'influence de l'organisation nouvelle; nous ne ponvons,
comme les années précédentes, qu'analyser les différent~
concours, en appréciant la valeur de chacune des oouvres
récompen~ées.
Nous commencerons par reconnaitre que les concours
de cette année ont été généralement bien jugés, saos
en excepter celui de gravure, auquel le jury a refusé un
prix.
Le programme du concours de sculpture demandait
une figure ronde-bosse. Son sujet était ainsi 1mposé
aux jeunes artistes : Ulysse courbe sans peine l' are que les
prétendants n'ont pu ployer. L'interprétation de ce sujet
était facilitée aux éleves par la version fran~aise d'un
passage de l'Odys~ée que nous avons relu avec un plaisir
infini, plaisir qui nous entraine a reproduire ici cet admirable morceau.
11 Ainsi parlaient tous les prétendants; cependant
UlyssP., apres l'avoir considéré longtemps, se dispose a
courber l'arc immense. De meme qu'un cbanteur habite
monte facilement la corde de sa lyre, en adaptant une
clef d'airain au boyau préparé d',me jeune brebis, de
meme Ulysse, sans aucun efiort, tend l'arc magnifique.
Alors de sa main dro.te, faisant vibrer le nerf, il l'éprouve, et rend un son aigu, semblable au cri de l'hirondelle. Les prétendants sont saisis de crainte, tous
changent de couleur. 11
Les dix statuettes produite3 par les concurrent~ inspirés par ce théme, présentaient toutes quelques bonnes
qualités. Aussi }P jury a-t-il accordé deux prix égalll'.,
l'un aM. Delaplanche, éleve de MM. Jouffroy et Fabisch,
l'autre a M. Deschamps, éleve de M. Dúret.
L'Ulysse de ~[. Delaplanche, dégagé de son manteau,
qui forme draperie sur une stcle placée derriere lui, se
tient debout, maintenant de son pied gauche \'are piqué
en terre, tandis que la main gahche, avec une force
lente, mais irrésistible, il baisse l'extrPmité supérieure
vers le bout de la corde déja attachée par le has et raidie
par la main droite.
Le mouvementdecette figure est majestueux et calme;
il est bien celui qui convenait au héros dont la force et
l'ancienne habitude de manier cette arme devaient le
faire redouler des prétendants. Ce mouvcment vrai, en
rapport avec l'idée du sujct, pretait peu a l'aspect général de la statue, et il faut louer M. Delaplanche d'avoir
eu le courage d'y arreter sa pensée.
M. Deschamps, moins fin, moins judicicux dans l'idée
qu'il s'est faite du caractere a donner a Ulysse, a congu
!P. mouvement du héros plus développé, indiquant plus
d'efforts, mais plns avantageux pour l'agencemeot des
lignes; au point de vue de la composition sculpturale,
nous pré(érons sa statue; nous en donnons le dessin.

Un hospice sur une des hautes montagnes des A.lpes,
avec église, couvent pour les religieu:x, logements pour des
ou1Jfie,-s employr~ au déblayement des 1lelges pend1111t l'hi1&gt;er, salles et chambres pour les voyageurs, etc.; tel était le

programme donné aux ar.,hitectee; l'établissement pouvait etre, selon la fantaisie du concurrent, placé sur un
Le pnblic nombreux qui s'intéresse particulierement plateau ou sur un versant.
aux conctiurs de l'Ecole des beaux--arts pour les grands
Un prix a été obtenu par M. Guadet, éleve de M. Anprix de Rome, et par suite aux ouvrages envoyés dré, et un autre prix accordé a M. Dutert, éleve de
cha4ue année par les pensionnaires de l'école fran~aise a MM. Lebas et Ginain; ce dernier éte,e, entré dans la caRome, n'était pas encore appelé, cette année, ajul{er de tégorie de ceux qui sont soumi11 au nouveau reglement,
CONCOURS POUR LES GRANOS PRIX.

�244

plouer. - Pri1 ex-requo, M. Deschamps.

llNVOJ DE ROM!!. - Arg111 endormi par

PRIX DR ROME. - PEINTURE : Homere tlans t'íle de Scyro,. - Grand prix décerné

llercure, tableau de M. Micbel, élé,e de 3• anuée,

tiere est relégué
derriere et assez
loin du logis des
ouvriers. Une terrasse demi-circulaire, &lt;le chaque
coté et en dehors
des murs de soutenement qui servent &lt;l'enceinte,
sert a la fois de
lieu de repos et
d'observatoire. Le
style roman, adopté par M. Dutert,
ainsi que par M.
Guadet, est bien
en rapport avec la
destination d'un te!
édifice : ce style
est supérieurement
traité daos le projet
de M. Dutert; son
intérieur d'église
est un hijou d'une
grande simplicité.
Eu peinture, le
sujet dn conc-0urs,
pris daos l'antiquité, est resté
conforme a l'usige
adopté a l'école
des Beau1-arts depuis sa fondation,
usage que nous
sommes beureux
de voir respecté

a M.

Maillud.

Dieu dont rarc est d'argent, dieu de Claros,
[écóute,
oSminthée-Apollon, je périrai sans doute
Si tu ne sers de guide acet aveugle errant. »
C'estainsi qu'achevait J'aveugle en soupirant,
El prés du bois marchait, faible, et surune
[pierre
S'asseyait. Trois pasteurs, eníants de cette
(!erre,
Le suivaient, accourus aux abois turbulen•s
Des molo~•es gardiens de leurs troupeaux
[bélants.
Jls anient, retenant Jeur fureur indiscrcte,
rroté¡;é du vieillard la faiblesse inquiete.
Jlsl'écoutaient deloin, et s'approchantde luí:
e Qoel est ce vieillard blanc, aveugle et sans
[appui?
Serait-ce un habilant de l'empire céleste?
Ses traits sont grands et fiers; de sa ceinture
[agreste
Pend une lyre informe, et les sons de sa voix
Émeuvent l'air et !'onde etleciel elles bois.»
1

PRI.X DE ROME. - Sculpture : U/yi,e cawit
sans peine l'arc que lt1 prtlendant, n'0111,a

ENVOI DE ROME. - Céru rendant la vie
a Triptoleme. M. Cugnot, 5• aonée.

semble d'a peu pres qu'il a attiré l'attention du jury et conquis ses suffrageE.
En effet, le tableau de M. Maillard
(Diogene Vlysse-Napoléon), éleve de MM.
Cogniet, Cornu et Laemlein,semble etre
un vague rellet des différentes qualités
de ces professeurs. Nous croyons que le
degré d'avancement de cet éleve, qui n'a
que vingt-quatre ans, le rend propre a
l'expérimentation de la décision concernant I'age maximum des concurrentE,
age auquel il nous parait difficile d'avoir
acquis assez de science daos l'art pour
pouvoir profiter surement de quatre années de pension et d'uue large liberté.

. roposer, cette année, aux jeunes peinp
. an t'1q11e :
tres un suJet
• Homére dans l'ile de Scyl'os. - Trois
• unes bcrgers, apres avoir écarté lcurs _
Jebiensqui veulent se
''lancer sur 1u1,
. l' ac:ucillent avec respect et admiration. 1&gt;
Tel est le texte du programme. Nons
rappellerons _le~ beaux_vers d~ l'4v~ugle,
d'Aodré Chemer, qui le delerrrunent
el l'expliquent :

en· faveur de M. Dutert, luí rend son prix et place pour !'avenir la limite d'agc au
1er janvier précédant l'époquc des concours.
M. Guadet a étagé les vastes batiments de son hospicesur un plateaulégerementdéclive;
l'entrée, formée d'un pavillon a arcade basse, est flanquée de constr_uctions basses également, et servant de logements aux ouvriers. De cette entrée, on monte a une terrasse par
un escalier de face, et de coté par des ramp.es douces. Sur la terrasse, a droite et a gauche, se développen~ deux grandes ailes a deux étages, reliées par un porlique a jour qui
forme le centre de la facade. Ce portique donne acces dans une cour en forme de carré
long allant en profondeu~, les grands cotés forment les clollres, et au fond s'éleve l'église
avec sa tour quadrangulaire, puis derriere, un jardiu devant servir a la sépulture des
religieux.
Le plan de Al. Guadet nous a paru remplir parfaitemcnt les données du programme; il
est d'une exécution irréprochablc, fine, cbarmante meme, surtout daos la grande coupe
longitudinale,ou l'on remarque l'ornementation de l'église.
A ce plan, nous préférons cependant celui de M. Dutert; le partí de celui-ci est plus
franc, plus primesautier, Ees dispositions satisfont davantage les convenances; l'ageucement de ses batiments, destinés a des usages si divers, nous paraitde meilleur gout;
ainsi il aplacé daos une premiere et grande cour lés baliments destinés aux voyageurs;
ses logements d'ouvriers sont reculés au dela du j:i.rdin qui touche au cloitre, et son cin'te-

a vu un instant son prix retiré, pour
avoir compté douze heures ue plus
a ses vingt-cinq 1ns. Douze heures
de nuit, peut-etre ! et alors que la
limite d'age avait été fixée, saos réflexion, a l'éµoque de l'entrée en
loge, époque dont la fixité pouvait
varier chaque année pour des causes
relativement insignifiantes, comme
un jour de fete, par exemple. Une
récente décision , prise a la suite
d'une requete présentée au ministre,

245

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNlVERSEL.

L'ILLUSTRATlON, JOURNAL UNIVERSEL.

par le conseil supérieur d'enseigoe,
ment de l'école. Du reste, ce conseil,
composé d'artistes éminents, la plapart élevés dans les saines lraditiom,
ne pouvail, nous n'en doutions pas,
cherche1· un sujet ailleurs que daos
un thcme consacré, familier a chacon
de nous. Les sujets de l'antiquité, de
quelqJie genre qu'ils soient, amenent
toujours l'élévation de la pensée. C'est
done avec satisfaction que noas
avonR v11 le programme suivan~

Les dix concurrents admis en logc
oot été médiocrcment inspirés par ce
beau sujet, et l'heureux lauréat de cette
année ne doit assurément pas son succes au charme de son interprétation;
c'est plutot, pensons-nous, avec un en-

Envois de Ro,r.e.

--

-: : _ ¡p'r·

A

1t ;°/
•

{,_1

t/

' ..¡"/

l\l"' A, DE LA GRANGE, du Théatre-ltalieD, -

D'apre&amp; uDe phot, de M. Trioquart (voir page '54 ).

Plusieurs pensionnaires de l'Académie
se ~ont abstenus ou ont été empechés
d'envoyer, cette année, leurs ouvrages a
l'exposition de l'École des beaux-arts;
quatre peintres et trois sculpteurs seulement y figurent par leurs reuvres.
Parmi ces reuvres, qu'il convient d'examiner suivant le rang d'ancienneté de
chaque pensionnaire, il en est de tresremarquablcs.
M. Henner, qui termine son séjo1Jr
ele cinq ans a Rome; a envoyé uue
Suzanne au bain d'un attrayant et solide
aspect. Di!Iérents motifs ne nous ont
pas permis ele donner une gravure de
ce tahleau; avant d'en apprécier les qualités, nous reproduirons la cbarmante
description qu'en a faite M. Tb. Gauticr
fil~, dans le Moniteur du 4 de ce mois :
&lt;&lt; Elle a .laisEé ses vetements sur un
banc de pierre auquel vient eftleurer

llNVOI 01! RO:IIE. - Forlt en Catabre, tableau de 11, Gimd, eleve de I' wée,

EXPOSITION DES PRIX DE CONCOURS ET DES ENVOIS DE ROME,

ASGhNSlON \lU BALLON LE Gi:AN1', A IJIILXLI.LL··. -

D'ap1cs uric I hotogra¡,bie de .llll. Ghc,, ar frims, phutograµhcs a Oruiellci.

�246

L' lLLUSTRATf ON, JOURNAL UN IVERSEL.

l'eau, et elle va plonger son corps svelte et jeune dans
la piscine. Un peu saisie par la fraicheur de l'élément
qui serre son pieil droit d'un bracelet transparent,
elle hé~ite et tient encore son genou gauche posé sur le
banc. Elle se croit seule, et cependant, par un charmant
mouvementde pudeur, instinctive, elle cache son visage
derriere son bras qui la soutient, et ne laisse voir que
des yeux de gazelle inquiete.
&lt;&lt; Derriere le petit mur qui clót la piscine, daos l'ombre du feuillage qui s'était fait touliu p'our abriler cette
pudeur, on voit se glis~er les vieillards líbidineux. »
A part la draperie abandonnée de Suzanne, d'un
jaune ora.nge ne convenant pas au plan occupé par cette
draperie; a part la tete, cachée en partie, il est vrai,
mais dont le type paralt manquer de distinction, on
peut louer les autres parties de celte reuvre, qui dénote
de précieuses quahtés de palette et meme de crayon.
A ceux qui ont suivi les études de M. Henner, depuis
son entree a l'atelier de Drolling, cette reuvre, d'ailleurs
si digne d'altention, laisse le regret de ne pas mesurer
suffisamment le talent de l'artiste sous le triple rapport
de l'idée, du senliment et de la composition. Espérons
qu'aux procbaines expositions ~1. Henner se montrera
artiste autant que peintre.
Notre gravure nous dispense de decrire le tableau de
M. Michel, éleve de troisieme année : Argus endormi par
Mercure. Cette ¡ieinture est d'un aspect trompeur, d'une
exécution trop fgale; elle ne captive pas les regards; les
chairs, les draperies, le lerrain, la végétation et le ciel
sont de la meme pate épaisse, épaisse dans les ombres,
épai~se dans les lumieres. Avec la pensée d'etre utile a
M. Michel, nous tui signalons franchement un défaut
grave, rnais nous avons la conviction qu'il pot1rra facilemenl s'en corriger, en se rendaut meilleur compte de
la nature de chaque objet qu'il voudra représenter :
qu'il se rappelle que, dans une tete seulement, on
doit approprier la régularité ou l'imprévu de la toucl!e, l'épaisseur de la pate ou la finesse des glacis,
suivant qu'on peint des parties osseuses, charnues, mobiles, lurnineuses ou ombrées.
Les ouvrages de M. Lefebvre, éleve de deuxieme année, non moins exempts de critique que les précédents,
se présentent avec plus d'altraits. Une femme endormie,
vue de dos, est une étude excellente; un dessin correct,
une couleur vraie eL lurnineuse et un modelé parfait,
font de ce1te toile modes·e une sorle d'augure qui révele
un talent éléganl.
La Nymphe et 1Jacchus enfant, du meme peintre, a des
qua!ités moins solides que la Femme endormie; elle parait avoir élé peinte a la bate, pour etre envoyée a temps
pour l'exposition, ce qui est d'autant plus regrettable
que les reglernents n'obligeaient pas M. Lefebvre a deux
ouvrages de cette importance, et qu'il a ainsi sacr1fié
une trcs-gracieuse composition.
M. Ulmann, peosioonaire de quatrieme année, s'est
conformé strictemeot au reglement de l'école; il envoie une copie d'un fragment de la Dispute du Saint-Sacrement, de Raphael; étant donné le sujet, cette copie,
un peu mesq1line, est néanmoins poussée aussi pres que
possib'e &lt;le !'original.
ll. Girard, paysagiste de deuxieme année, envoie deux
toiles, l'une représentant la Val/ée de laCremera, daos la
campagne &lt;le Rome, l'autre une Forét en Calabre. Daos
la premiere, le motif tres-beau, bien arrété &lt;lans son
cadre, parail peint devant la nature, et cette toile est
agréable. Daos la seconde, au contraire, le molif, pris
en croquis, peint de souvenir, n'est pas assez étudié.
Parmi les envois réglernentaires, mais peu importants, de lfll. Monchablon, Niciol, Dubouchet et Huot,
consistant en &lt;:squisses, dessins, aquarelles d'aprcs les
maitres, el en Hguresacadw,cniques rlessinées, nous nesignalerons que l'esquisse pleine d'idée de ll. Monchablon,
le Sommeil a'un tyran, l'aquarelle de M. Dubouchet, l'Ano11ciation, d'aprcs André del Sarte, et un fragment de
!'Incendie du Bourg, de Raphaill, par M. lluot.
La sculpture n'est pa5 tres-sati5faisante. En quatrieme
année, M. Cugnot nous envoie un groupe plein d'indécision : Cerés rencl la t:ie á Triptoleme. Pourquoi pas la
Cha, ité '? La figure de femme expliquerait mieux ce litre
que le nom de la dé&lt;1sse d'Eleusis, protectrice puissante
et généreuse de l'agriculture. On est loin de retrouver,
daos ce groupe, le style franc, l'exécution ferme et correcte du Corybante, envoyé l'année derniere par ~f. Cugnot.
Que dire de la reproduction en marbre de l'Enfant,
d'apres un antique du Vatican, si oe n'e@t que M. San-

son aurait pu mieux choisir son modele? ~L Hiolle
(premiere année) expose un bon bas..relief• en platre":
représentant Sata,1 tramporta11t le Christ sur la montagne.
Cetle reuvre dénote du savoir, ses lignes se composent
bien, ses saillies sont bien calC1tlées; seulement, daos
son agencement, elle nous rappelle un peu trop le Mercure enlerant Psyché, de Flaxman.
La médaille de M. Lagrange, éleve de troisieme année
(Anne:cion de la Savoie et du Comte de Nice á la France),
est bien naivement composée; ou ne s'arréte pas, on
passe devant elle, malgré heaucoup de finesse dans les
figures qtJ.i personnifient les provinces annexées.
Onze dessins d'arch1tecture de M. Boitte, pensionnaire
de quatricme année, nous montrent les Propylées etl'Acropole d'Atbenes daos leur élat actuel, et uo projet de
restauration; ceux de ces dessins qui représentent les
ruines sont des plus iutéressants par leur exactitude;
nous trouvons moins satisfaisants ceux qui représentent la forteresse sacrée reconstruite: le gout romain
vient y altérer le style grec, la grande fa~ade semble
ineomplete, et présente, dans certaines parties, un genre
de toiture plus moderne qu'antique, qui nuit a l'unité,
a la grandeur de l'ensemble.
Louons, eu terminant, l'exécution des dessins envoyés
par M. Moyaux, éleve de seconde année: entablement du
temple de la Concorde, a Rome, une table trouvée daos
la maison, de Cornélius Rufos a Pompe'i, et une vasque
du musée Lle Naples.
M. Chabrol, éleve de premiere année, a reproduit des
détails du théatre de Marcellus.
Le Moniteur de mardi, H, publie l'arrété qui nomme
pensionnaires du gouvernement : MM. Maillard, Delaplanche, Oeschamps, Guadet et Outert, chacun pour quatre années, a partir du ter janvier 1865. A ces noms il
ajoute ceux des concurrents qui ont obtenu des accessits. Ce son t :
Pour la peinture, M. Leloir, t•• accessit; M. Thirion,
2• accessit.
Pour la sculpture, M. Comb"arieu, accessit.
Pour l'arcbitecture, M. Pascal, accessit.
Tout le monde applaudira a ce re tour aux encouragements secondaires.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

On assure qu'elle a fait, a son profit, une petite recetto ·
de cent mille francs, dont Nadar, en vrai Nadar qu'ü
est, n'a eu que la fumée. Sic vos non vobis.
Mais il ne s'agit pas de cela. - Douze ou treize voya.
geurs ont pris place aupres de Nadar snr la plate-forme
de la nacelle, mais le l.Jallon ne peut s'enlever, et apr~
quelques infructueuses tentalives, trois des passager9
sont jetés, en guise de lest, par dessus bord. Alors le
Géant prenrl son élan et son vol, il s'élance et plane aa
milieu des bravos et des acclamations. - 011 va-t-il!
Vers la France, mais le vent, soufflant tout a coup de
l'est, le pous;e vers l'Océan. Apres quatre heures de
voyage, la vue dee phares apprend aux intrépides aéronautes qu'ils ne sont plüs qu'a quelques metres de la
mer. On se résout a atterrir, et l'on descend a Ypres,
cette jolie ville beige que le souvenir &lt;le Jansénius a
rendue célebre. La descente s'opere dans le~ conditions
les meilleures. Le Géant, enfin dompté, consent, pour la
premiere fois, a ne pas casser les Lras et les jambes des
mtrépides explorateurs.
Pl.ERRE PA.GET.

-----r----~-·------CGO!ll@RIQ~~IE li'.i!MIDCAO.IE.

JI est venu, - il a été entendu, - il a vaincu.
C'est du héros de Roncevaux que je parle. Lui, qui
&lt;l'un seul revers de Durandal ouvrit jadis les Pyréoéea,
combien lui a-t-il fallu d'années pour se faire ouvrir la
porte de l'Opéra? M. Mermet seul en sail le nombre. De
guerre lasse, il y a quelque dix-buit mois, il était alié
frapper au Théatre-Lyrique. Mais il avait eu beau aiticuler la formule sacramentelle : Sésame, ouvre-tol! rien
ne s'était ouvert, et il éta-it retourné a son poste, rne
Le Peletier. On s'est décidé en fin il. ten ter cetle aventUJe.
Était-elle done si périlleuse?
Voici, en peu de mots, la fable dramatique qoe
M. Mermet a extraite de ce heau poen1e de Theroulde,
la Clumson de Botana, avec les modifications commudées par les convenances théatrales.
La lielle Alde, jeune comtesse orpheline, gémit d&amp;111
un chatean perdu au fond des Pyrénóes, a l'approcbe du
jour marqué pour son mariage avec son tuteur, le comte
AUGUSTE lliRC.
Ganelon. Ganelon n'a pomt su lui plaire. Mais le pere
d'Alde a ordonné, en mourant, cette un ion mal assortie,
et lajeune filie se soumet. Elleameme obtenudeGanelon,
pour cadeau de noces, la liberté de Saida, fil le de rémir de
La 9• livraison du París Nouveau illustré est en Saragosse, que le comte avait prise dansje ne sais quelle
ce moment en cours d'exéculion, et nos souscrip- chevauchée. Pendant que Saida se réjouit et qu'Alde
teurs anciens et nouveaux la recevront gratuitemenl s'affli'ge, un cbevalter inconnu, poursuivi par la temdans le courant de la seconde quinzaine d'e,clobre. péte, s'arrete a la porte du manoir, et demande l'hospiLes soins apporlés aux gravures et au texte de cetle talité. Alde est frappée de la noblesse de son mainúen,
publication, nous ont occasionné cette fois un re- de la fiert~ de son regard, et a l'aspect de la belle cbi•
telaine, l'inconnu sent Lattre son sreur. ll lutle contre
lard que nous n'avions pu prévoir.
ce sentiment nouveau pour lui.

ASCENSION DU "GÉANT" A BRUI):LLES.

On allait féter, en Belgique, le trente-quatrieme anniversaire de l'indépendance, et la municipalité de Bruxelles proposa a Nadar de concourir a l'éclat de cette fete
par une ascension qui attirerait un grand concours de
populations daos la capilale Lelge. Nadar ac.cepla. Le
Géant, encore malade ele la terrible descente de Hanovre,
fut tiré du hangar sous lequel il reposait depuis dix
mois, et dirigé vers la Belgique, 011, a peine arrivé, il
fut immédiatement remis sur pied. Les déchirureg, les
échancrures, les parois brisées de la nacelle, tout fut
raccommodé dans l'espace de vingt-quatre heures. A
l'heure dile, la foule était immense, - elle était accourue de parlout, de Bruges, d'Anvers, de ?tfalines, de
Verviers, de Liége. Le nombre des spectateurs dépassait
le chiffre de deux cent mi lle; corps diplomatique, ministres, bourgmestres, écbevius, 1'3 ban et l'arriere-ban,
tout le monde était la, meme le roi Léopold et la famille
royale de Belgique. Au rnoment 011 Nadar allait s'enlever pour la troisieme fois a bord du terrible Géant, le
roi le fit ,demander, et apres l'avoir compliruenté, il le
présenta a son fils et a sa belle-fille, Je duc et la duchesse de Brabant. C'est daos le Jardin Botanique de
Bruxelles que l'ascension allait s'opé¡er. Nadar, qui avait
re~u vingt mille francs de la rnunicipalité (a peine les
frais du voyage, dn raccommodage du ballon et des mille
détails accessuires), ne fut pas peu surpris de voir qu'on
faisait payer aUI spectateurs un droit d'entrée. C'était la
direction du Jardín Botanique qui avait eu cette idée.

Mon crear, mon creur, point de faiblesse 1
J'entends un ange me crier :
Roland, tu m'as fait la promesse
D'avoir toujours un creur d'acier.

Mais il lutte en vain. Sous le regard de feu de la
chatelame, l'acier est déja. fondo. 11 y parait bien lorsque
Ganelon se présente, et veut procéder a la célf\braúon
du mariage, malgré les pleurs de sa fiancée. Roiand in·
tervient du droit de ses éperons d'oi et de ses vreUI de
chevalier. 11 défie Ganelon. L'archtiveque Turpin s'interpose, et défend aux deux guerriers ce duel, dont GaneIon, je crois, ne se soucie guere. La partie est remi..ce
a la fin de la campagne qui va s'ouvrir contre les Sarrasins. Mais si Roland consent a ce coropromis, il y mel
pour condition que le mariage odieux sera suspenda.
Voila le premier acte.
Le seconJ se passe a Saragosse, dans le palais de
l'émir. Alde s'y est réfugiée aupres de son amie Saida,
pour échapper aux entrepr1ses du peu scrupuleux Ganelon. Pendant l'entr'acte, Charlcmagne a envahi !'Es·
pagne, forcé ,illes et chateaUI, occis des milliers de mécréants, el Roli.nd vient en arobassade portera l'émir
les conditions de l'Empereur. Elles sont peu courtoises.
La Prusse n'est guere plus dure, a l'heure qu'il est, envers le Danemark. Mais tout est perm1s avec les infideles.
L'émir, trop faible pour résister, se soumetil. tout. RoJand
repart pour le camp, chargé de la ran~on du pays con•
quis par dela lesPyrénées, - cent mi lle hesans d'or,-et,
de plus, emmene u la belle chatelaine &gt;l a la barbe de
Ganelon furieux, qui jure de ~e venger a tout prix, restB
a Saragosse, et suggere au chef arabe J'idée de l'elllhGt'

cade oil I'arriere-garde des Francs doit périr. TI est sur
qae RoJand s'y trouvera, car
Qoand les Franr,s partent pour la guerre,
Roland est toujours le premier,
Mnis s'ils repassent la frontiére,
C'est 101 qui marche le dernier.

Superbes Pyrénées,
Qui dressez dans le ciel
Vos clmes couronnées
D'un hiver éternel,
Pour nous livrer passage
Oovrez vos larges llancs, etc.

Quand les Francs se voient cernés, ils pressent Roland,
par
trois fois, d'avertir Charlemagne du danger qn'il
gorge de Roncevaux. A droite et a gauche se dres1
l!Ourt,
d'emboucher le cor enchanté dont le son porte
ant les flanes abrupts de deux montagnes géantes, dont
jusqu'au
bout du monde.
~ ne voit point la cime. Au fond s'ouvre, entre deux
~urailles de granit d'une hauteur formidable, l'étroit
Roland, sonne ton cor d'ivoire,
défilé qu'on appelle la Bréclte de Roland. Le gros de l'arEt vers nous reviendra l'Empereur triomphant !
lllée rranque l'a déjil. francbi avec l'Empereur. Roland
s'y arrete ¡;our y passer la nuit avec l'arriere-garde, pour
Par trois fois Roland s'y l'clu,c : ,1 se croirait désbodes raisons stratégiques que je suppose excellentes, noré, s'il ne battait pas l'ennemi tout seul. Ses compamais queje n'ai pu deviner. L'ennemi n'y est pas encore, gnons, moins présomptueux, ne se font pas d'illusion
et s'ils poursuivaient leur marche, le complot du traitre sur le sort qui les attend, et quand il Jeur dit :
Ganelon avorterait. Jls sont fatigués, apparemmenl,
A travers ces paiens condamnés a périr
et, d'ailleurs,. ils ne se doutent de rie~. Cependant, RoJe vous ouvre un passage,
land est inqu1et. Un sombre pressent1ment pese sur son
lis lui répondent
111agination. Un remords secret le tourmente. ll confie
sa peine a l'archeveque, et lui raconte d'o11 il tient son
11 ne t'en manquera pas un seul pour mourir.
jrrésistible Ourandal. C'est un ange qui l'a mise en ses
mains, et lui, Roland, a promis a l'ange « d'avoir touTurpm s'avance, les exhorte a faire vaillamment leur
oul'l! un creur d'acier, » de n'aimer jamais personne. devoir, et a s'y préparer par la priere et la confession.
S'il manque a ce serment passablement téméraire, Du- Tous s'agenouillent devant le pretre qui leve la main, et
r.mdal perdra aussitót sa vertu.
le&amp; bénit:
Le décor du troisieme acte est superbe. Il représente

e Hélas j'ai trahi ma promesse 1
Pardonne-moi, prétre, je m'en confesse,
L'amour est le plus fort, il me tient enchalné,etc.

On devine la réponse de Turpin et sa conclusion.
- Que la voix de l'bonneur rappelle ta vertlll
Le devoir te prescrit d'oublier cette femme.

n faut t'en séparer a l'instant... ,

Alde, qui entend ce conseil, le trouve d'abord tres-mauvais; mais quand elle sait de quoi il s'agit, elle prouve,
en s'1mmolant, qu'elle était digne d'épouser un paladio.
Elle demande a partir. Roland cesse de s'y opposer,
quand i1 apprend que les Sarrasins s'approchent. JI ne
songe plus qu'a faire une belle défense. Tous les Francs
accourent et s'arment pour le supréme combat, comme
les Spartiates aux Thermopyles, mais avec moins d~
calme. L'esprit cbevaleresque e~t moins recueilli que le
dé,ouement antique; en revanche, il est plus fougueux,
plns bruyant, plus propre a faire éclater les trombones
al'orehestre et l'admiration au parterre.
· La toile tombe sur le chant de guerre des Francs, et
on n~¡voit point la bataille.
.•. Il · est des objets que l'art judicieux
Do1t olfrir a l'oreille, et reculer des -yeux.

Le quatrieme act~ est fort court. Ce n'est qu'un tablean final. Toas les Francs sont morts et gisent étendns sur le sol. Parmi eux est Ganelon, dont la trahison
a été chatiée par Roland et Durandal. Rolaud seul est
encore debout; il a été mortellement atteint. En digne
héros d'opéra qu'il est, il chante, avant de mourir, une
petite romance. Alde re-vient avec Charlemagne pour
recnoir son dernier soupir et transporter son corps sur
la terre de France.
Comme on a pu le voir, Rolancl á Roncevau:e est plutót
nne &lt;lluvre épique qu'une reuvre dramatique. C'est un
poeme, mais un poeme plein de vie, tout brulant
de l'enthousiasÍne religieUI et guerrier qui inspira les
Cl'Oisades, et, a un moment donné, précip1ta !'Europe
80r l'Asie. L'ardeur chevaleresque du moyen a.ge
éehauffe les sccnes qu'a tracées M. Mermet; le soufOe
poétique des Chansons de Geste anime ses vers. J'ai déja
cité la stance 011 Ganelon apprend aux Sarrasms les
habitudes du héros des Francs, le ¡iremier daos l'attaque, le dernier dans la retraite. Au premier acte, un
IIAlredit:
..... L'empereur Charlemagne
,bec ses douze pairs arrive d'Allemagne,
Et nous, de nos yeux nous verrons
C. grands soldats de fer, ces comles, ces barons,
Et ce rude enfant de la Gaule,
Qui, chez les Saxons insoumis,
De la lance percait jusqu'a trois ennemis
Ou'il emportait sur i;on épaule .....

....._,

Superbes Pyrenées! chante Roland avant d'entrer en

Je vous absous. Ayez pour pénitence

D'e:derminer les S!ll'rasins!

Tout cela est mil.le, fier, et a une grande allure.
II y avait au second acle une tres-jolie ballade tirée
du Coran, 011 était contée, selon la version arabe, !'aventure de la reine de Saba. C'est la filie de l'émir,
Saida, qui devait la chanter. Mais Saida pronon~ait si
mal qu'on n'en enteudait pas un seul mot, et qu'il a
fallu y renoncer. On l'a supprimée apres la derniere répétition. N'est-ce pas dommage?
M. Mermet s'était révélé une premiere fois, en 1846,
par un opéra en trois acles, David, qui avait assez médiocrement réussi. Au lieu de se décourager, il s'est remis bravement a l'ouvrage, et, tout en écrivant le livret
dontje viens de faire l'analyse, il a complété par l'étude,
l'observalion et la réllexion, son bagage de compositeur.
A ce point de -vue, il y a de David a Roland de notables
différences, et d'immenses progres accomplis. La pensée
est devenue plus précise, le ¡,lyle plus ferme, l'harmonie
plus riche et plus hardie, l'instrumentation plus vigoureuse. On peut adresser encore a M. Mermet quelques
reproches sur la maniere dont il emploie l'orchestre. 11
abuse un peu des instruments graves, qu'on enlend trop,
et qui rendent sa partition épaisse, pesante. Elle est
Corte, ~ans doute, mais de la force du breuf, dont le pied
ne s'éloigne jamais du sol. Elle manque d'élasticité, et le
coloris en est un peu monoto!Íe. Grétry disait, a la premiere représentahon d'Uthal, 011 Méhul avait imaginé de
remplacer les -violons par des altos : &lt;&lt; Je donnerais un
louis pour entendre une chanterelle.1&gt; On entend les chanterelles dans Roland, mais pas assez, et l'oreille la plus
attentive réussit rarement a y saisir le son de la llute.
Les cors, les trombones, les bassons, les violoncelles,
les contre-basses y dominent et couvrent tout. Ces réserves faites, on doit reconnaitre qu'il y a daos Rolana
des dispositions instrumentales fort heureuses, et de tresbeaux eífets. lis se ressemblent un peu trop : voila tout.
Les parties vocales sont fort bien écr1tes. Les notes vigoureuses et brillantes de chaque voix y sont toujours
en dehors. C'est ce qui donne tant d'éclat aux morceaux
d'ensemble, et notamment am. finales du premier et du
troisieme acle. Une chose dont il fautsavoirun gré infini a
M. llermet, c'est le respect qu'il a pour la prosodie,etlesoin
qu'il prend, daos ses cantilenes, de faire toujours coincider la note forte du chant avec la syllabe forte de chaque mol. La plupart &lt;les compositeurs contemporains ne
s'en soucient guere, et c'est pour cela qu'on entend si
incomplétement les paroles daos les opéras d'aujourd'hui.
Daos Roland, pour peu que le chanteur se donne la
peine d'articuler, on ne perd pas un seul mot. Grande
jouissance pour l'auditeur, et grand bénéfice pour le
musicien comme pour Je pocte!
Je ne saurais parler de tous les morceaúx de cetle vo-lumineuse partition, et je dois me borner a mentionner
ceUI qui produisent le plus d'eífet, et qui me paraissent
avoir le plus de valeur. C'est d'abord, au premier acte,
la romance de Saida : Solll z, 6- tiel • IIOtr, Bepagne,

247

dont la mélodie est élégante et noble; c'est !'ensemble a
cinq voix du finate: Obonheurimprévu! etc., 011 le chant
est expressif, l'harm◊-nie excellente, 011 les cinq parties
sont disposées avec art, et manreuvrenl de la fa~on la plus
intéressante. Le couplet de Roland : Supe1'bes Pyl'tmées,
est plein d'énergie et d'audace, et quand le chreur des
guerriers francs le répete a l'unisson, il produit un efiet
grandiose.
Le chreur des esclaves : Au:c sav.les verts, prés lks
fontaines, a beaucoup d'élégance et de grace, et daos le
ballet qui vient peu apres, le second morceau se fait remarquer par J'originalité du rhythme, la voluptueuse langueur de la mélodie, et le coloris oriental de l'instrumentalion. L'air de Roland : Rayonnan!es beauléi, dou:c
parfums qu'onrespire, etc., n'a qu'une pbrase, mais cette
phrase est charmante. Je glisse sur le duo du héros avec
sa maitresse, qui ne me semble pas trcs-heureusement
inspiré, pour arriver au finale du second acte, aux couplets de Ganelon, au refrain du chreur : RoncevaU.'.C, vallon
triste et sornare, etc. Cela est petit de proportions, je l'avoue, mais le chant a beaucoup de caractere, un accent
~aineux, mena~ant et lugubre qui saisit l'imagination.
Le troisieme acte est le meilleur de beaucoup. JI dé~
hute par un petit air pastoral mélodieux, élégant, plein
de grace, de fraicbeur, de mélancolie, orné d'une instrumentation charmante, et d'harmonies qui sont des trouvailles. La marche des Francs arrivant au défilé a de
l'élan, de l'ardeur, et pas une formule triviale, rare mérite pour une marche! La Farand-0le qui suit n'est pas
seulement une mélodie franche et originale, qu'anime
un rhythme entrainant. L'auteur y déploie 1:1-ne grande
richesse de développements et une verve peu ordinaire.
La confession de Roland, les exhortations de l'archevéque,
le petit trio qui suit, entre ces deux personnages et la
belle Alde, qui défend énergiquement les intérets de son
amour avant d'en faire le sacrifice, ~ont écrits d'un style
mil.Je, héroique, pleins d'accent~ passionnés, que
M. Gueymard rend a merveillc, et le chreur des Francs
résolm, au comba! a une fermeté de rhythme, un feu,
une vigueur qui électrisent la salle entiere. 11 n'y a pas
la pourtant de mélodie saillaote et originale. C'est tout
simplement un effet de sonorité. Mais il est puissant et
grandiose, et l'on n'arrive point a de tels résultats si
l'on n'est passé maitre daos l'art de grouper les voix
et les in&amp;truments.
Je ne terminerai pas saos signaler encore, au quatrieme acle, les stances de Roland, mélodie élégante et
tres--expressive. On peut trouver que le héros, pour un
héros hlessé a mort, et Qui -va rendre l'ame daos cinq
minutes, a encore la voix biPn retentissante. Mais on
n'est pas Roland pour rien, et d'ailleurs M. Mermet peut
alléguer d'illustres exemples, le fils de Lucrece Borgia,
a qui le poison des Borgia ronge les entrailles saos gener
sa resp1ration; le sire de Ravenswood, qui se perce le
poumon gauche d'un coup de poignard, et recommence
immédiatement sa cavatine, etc., cte. Puisqu'a l'Opéra
on fait tout en musique, il est clair qu'un béros lyrique
manquerait a son devoir et ferait preuve de pusillani.mité, si son dernier soupir n'élait pas musical, et parfaitement d'accord avec les violons et les flutes.
Le succes de Roland a Roncevau:e, tres-brillant a la
premicre représentation, a grand( aux représentations
suivantes. ?tf. Mermet est bien vengé des injustes défiances qui l'ont condamné au silence et a l'inaction pendant tant d'années. ?tfais qui le dédommagera du temps
qu'on lui a fait perdre, et des reuvres qu'il aurait pu
produire, s'il etit trouve les théatres lyriquer. plu&amp; accessibles, et les directeurs plus intelligents?
Roland a été monté avec beaucoup de soin. On ne
saurait voir aujourd'hui, al'Opéra, une partition mieux
exécutée. L'orchestre et les chreurs y font merveilles.
M. Gucymard y montre une cbaleur et une verve singulieres : énergic¡ue et fier quand il arrete les noces de
Ganelon, vivement passionné quand il confesse a l'archeveque Turpin l'amour qui l'obsede et le rend infidele a son vreu, magnifique d'élan et d'enthousiasme
quand il anime ses compagnons au combat supreme, et
qu'il leur críe, en branfüsant Durandal : .&amp;terminons
les Sarrasins! C'est la que, de sa voix puissante et vibrante comme une trompette, il pousse des la et des si
de poitrine a mettre en fuite cent mille ennemis et A
faire crouler la salle. Il a une qualité fort rare aujourd'hui : c'est une prononciation correcte, énergique, et
d'une surprenante netteté. On ne perd pas un seul mot
de tout son role.
Les décors sont superbes, surtout celui du troi-

�sicme acle, dont le dessin, je l'ai déja &lt;lit,
a été pris sur les lietu memes, et qui fait
le plus grand honµ~ur a MM. Cambon et
Thierry. 11 méritait d'etre reproduit, et rn.
lustration lui a rendu cctte justice.
Le Théatre-Jtalien a rouvert, le i er septembre, par Rigoletto, dont l'exécution a été désastre11sc. Laissons M. Sarti tranquille, puisqu'il s'est rendt1 justice et ,n'a point reparu.
Aux: représentations suivantes, M. Naudin a
chanté ,Lucréce Borgia et la Somnambule, et
M. Fraschini Lucie de Lammermoor. On sait
que M. ,Naudin va quitter le Théatre-Italien
pour chanter, a l'Opéra, le role de Vasco de
Gama, dans l'Africaino, dont les répétitions
vienncnt de commencer. La voix.de M. Fraschini est aussi belle que l'an passé. Celle de
M11 • Patti semble plus fraiche encor:e, plus sonore, plus métallique.
~tm• Gennetier a débuté avec succes, a l'Opéra-Comique, dans le Songe d'une nuit d'été.
G. 8ÉQUET.
~

LE MARÉCHAL NARVAEZ,
DUC lll!1 VALll\'CE.

Un nouveau cabinet vient de se former a
Madrid, sous la présidence du maréchal Narvaez. Au dela comme en de~a des Pyrénées,
Je nom de Narvaez est depuis longtemps considéré comme
un symbole de résistance aux idées progressistes, pnur
tont dire, comme un symbole de réaction. Pourtant, le
programme de l'administration nouvelle est assez libéral, et, comme don de joyeux avénement, cette administration a proclamé une amnistie générale, a relevé
les journaux des peines dont ils avaient été frappés
sous le cabinet précédent, et elle a meme poussé la

Ll! MA!IIÍCHAL NAll.VUZ, PIIKSWEN'f IIU ¡;Q.~SE!L liN liSPA .. :'iE.

D'apr~ une photographie de M. Disdéri.

libéralité jusqu'a resliluer a ces journaux les ameudes qui leur avaient été imposées et que le fisc avait
per~ues. Le général Prim était confiné a Oviedo; le
maréchal Narvacz a levé ses arrets et tui a permis de
résider en tél lieu qu'il lui phirait, sans se soucier
autrement des complots qu'on prétend qui se couvent a l'abri de son nom. Nous ne voulons pas nous
laisser éblouir par les fausses lueurs d'un programme ,

politique; nous savons malheureusemenqtrtp
~ue les acles viennent le plussouvent déme11•
ltr les p,us belles promesses, et si nous co
. d
.
n.
su1tons 1e passe u ma~echal Narvacz, DOUs
ne sommes pas t~.ut a fa1t ~ans ~ppréhension
sur la marche qu II se propose d 1mprimer 111
go'uveruement espagnol. Toutes les préTen.
tions qu'éveille et que doit légitimemenl é,eit.
ler le nom de Narvaez, fauteur de C')Ups d'Eta~
ne peuvent etre dissipées par l'apparition d'n
simple programme.
A l'époque ou Narvaez fut créé duc de
Valence ({844), son administration ful 1lDt
réaction déclarée contre le parti libéral. H
rappela · Marie-Christine , et fit réviscr la
constitution de f837. Le principe de la son.
veraineté du peuple fut effacé; un ccns éleetoral ful établi, et le droit de nommer les Sónateurs fut conféré a la royauté. Ajoutonsque
'.'-larvaez restreignit la liberté de la prcfse e.t
l'indépendance des corporatious municipales.
Nous le retrouvons encore a la tete de
l'administration espagnole, en l8!í4. 11 a ponr
collegues MM. de Pidal, Nocédal, les géoéraux Urbistondo et Lersundi. A ce moment,il
travaille résohiment a la restauration pleine
et entiere de l'autorité royalc, elface les der.
nieres traces de la révolution dans les Ioil,
épure l'administralion, rend la condilion de,
journaux plus dure, et remet en vigueur, sar
le conseil royal, sur l'adminislration communale et pro.
vinciale, les anciennes lois qui semblent le complément
de la constitution de i845. Tel est le passé polili1¡ue et
administratif du duc de Valence, et l'on comprendra
que ce passé nous donne a ré'fléchir, malgré le programme libéral qu'il a cru devoir puhlier en prenani
de nouveau possession du pouvoir. Cependant, si Narvaez reste fidele a ses dernieres promesses, nous seroos

" 249

L' J LLUSTRATION, JOlJRNAL UNlVERSEL.

L'lLLlJSTRATION, JOURNAL UNlVERSEL.

248

1

surpris, nous l'avouons, mais nous ne demandous pas
micux que d'ctre surpris. La rentrée de la reine mere
en Espagne, qui est un fait accompli au moment oü
nous écrivons ces lignes, n'est pas faite non plus
pour inspirer confiance aux amis de la liberté. Nous
nons souvenons que presque toutes les mesures rétro-grades ont été priscs en Espagne par Narvaez, avec
la collaboration de la reine llfarie-Christine.
PJERRE PAGET,

CORRZSPOIDANCE D1TALIE.
AU DJl!ECTEUR.

_

Rome,

io septembre

186,,

événcment? Scrait-cc au tcmps oü les chrúliens détruisaient sans pitié tout ce qui leur rappelait le paganisme?
scrait-ce plutot lors de l'in vasion des haru:.ires? Curieuse
question, que les savants &lt;le profession résoudront sans
doute, lorsque les fouilles scront tcrminécs.
Quoi qu'il en soit de ce nouvcau monument de la splen~
deur des anciens; que ce bronze soit l'image de Titus
ou de Domitien, qu'il ait été sauvé de la destruction par
la rriain d'un artisle amourcux d'un chef-d'reuvre, ou
par celle d'un sujet fidelc a la mémoire de son maitre,
ce n'en est pas moins un trésor de plus a ajouter a1u
richesses incalculables accumulées dans Rome : tous
ceux qui se réjouissent de voir les merveilles de l'art
disp•Jtées au passé et sauvées de l'oubli, doivenl applaudir a la boune fortune de M. Righetti, et l'encourager a
continuer des fouilles.dont la réussite est certaine.
Jules U enrichissait l'homme qui découvrait le Laocoon, en t506, et luí accordait des lettres de noblesse;
Pie IX, qui s'est toujours montré curieu1 et jaloux des
antiquités de sa capitale, saura récompenser royalement
celui qui vient de ressusciter un ouvrage unique pour la
grandeur et la beauté.
L'on ne sait point encorece que deviendra la nouvelle
slatue. Jusqu'auJ pontificat de Pie IX,! le t·'uvernement
avait le droit d'expropriation,
c'est-a-dire qu'il pouvait forccr
les particuliers alui vendre les
objets découverts. Aujourd'hui,
il n'en est plus ainsi; depuis
¾820, l'État n'a plus qu'une
seule prérogative, celle d'avoir la préférence, en cas de
vente, sur tous les autres concurrents.
Chacun doil aouhaiter de
voir ce bcau bronze rester il
Hnme; mais, dans le cas oti il
~i:raiL mis ~nv enchcres, la
France doit songer a le disprt ·r al'Angletcrre ou a la Rpi,ie. Ce serait pour le Louvre
nue magnifique acquisitior.
L•)rsqu'on paie un tableaudorkux de Morillo plus lle si1 cent
111ille francs, on peut bien, ce
me semble, jcter les yeux sur
1ne reuvre de cette importance.
Je vous envoie une prerniere
photographie qui reproduit la
statue au milicu des ruiner,,
¡¡ ·, elle a été trouvée; bient,it dégagée de ses entraveF,
elle s'élcvera plus bella ene &gt;re et plus imposante; eh
bien! je n'éprouverai point, .
;,, coup sur, en la re,·oyant
ainsi, l'émotion que j'"ai re~-·
sentie en apercevant pour la
p~emiere fois ce grand cor1 s
di bronzo allongé daos sun
to-obeau de marbre.
Ur.10.
Agrécz, etc.

Je ,o,1s écris a la hate pour vous annoncer la plus importante découverte peut-etre qui ait été faite a Rome
depuis la renaissance. C'est une statue en bronze doré,
nne et colossale (quatre metres au moins de hauteur), qui
semblejusqu'ici d'une conservation parfaite. Cette découverte est due ¡au hasard d'abord, et puis a l'intelligente
direclion du chevalier flighetti, ancien sous-secrétaire
d'état du ministcre Rossi et propriétaire du terrain oü
J ORTE DU PALA IS des rois d'A.rménie. - D'aprés un dessin de~!. Ja:nes.
s'cxécutent les fouilles.
Le 3t aotit, des ouvriers, en
cherchant dan5 la c~ur du palais des assises solides et profondes pour de nouvene·s constructions, découvrirentle pouce
d'une main colossale. Averti
sur le ch:i.mp, M. Righetti accourut, semita diriger les travauxavectoutcs les précautions
possible.s, et bicntut l'on put
apcrcc,oir le hoste enticrd'une
magnifique statue.
Ce brome, aussi précieux
rar ~on exécution que par sa
rareté, est une rouvre grecque,
el représcnte, dit-on, un des
Flaviu~, Titus ou Domitien,sous
la forme d'Herculc. On avait
cm d'abord a une statue de
Pompée, les fouillcs ayant liet1
m l'emplacement meme oti
s'élevait le théatre du glorieux
,aincu de Pharsale; mais l'ab&amp;ence complete de draperies
1,endroil précis oü la statue a'
été découverte (un petit temple de Vénus victri1 au centre
40 lhéatre), tout indique un
empereur de la décadence,
divinisé par son propre caprice,
ooceluiplusextravagantencore
du penple romain.
A voir la statue c.luchée et
tnse,elie '!:Mime daus une
tombe, Uesta supposer qu'elle
~élécacbée la et enfouiea une
~oque de troubles et de bou,d ~ n t . Mais a quelle
IIIJINIIS u·t,:;i,; Jl,.,LISK, Slill u: B01\U llU ll. 1Vl~ DK L'AIIPA-TCHAI. - U'apre¡ un des,iu de
ate do1t-.on faire remonterceC

\

ll, J,meao

�L'ILLUSTRATION. JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
conduisait, par un chemin taillé dans le roe, a tonde élégante et assez hardie. La quatrieme sery .
un pont jeté sur l'Arpa-Tchai. Ce pont, d'une seule ar- dit-on, de sépulture aux rois d'Arménie. La cinquie:
LES RUINES'.;.:tD'ANI.
che, élait d'une hardiesse remarquable, a en juger par est la plus remarquable de toutes par l'élégance de la
Le!symptóme le plus frappant de l'indolence et de la la courbure des ares de cercle, qui sont resté/; attachés construction et la délicatesse de l'ornementation. L..
tataliste indiflérence des Turcs, est l'incurie déplorable aux culées apres l'écroulement du eiotre. La teti; en murs en sont presque tous couverts, a l'intérieur de
avec laquelle ils laissent s'accumuler les ruines daos les était défendue par un chateau, dont on voit les ruines peintures 1·eligieuses que voile a peine une couch; de
blanc de chaux. Ces peintures, daos le genre byzantin,
contréts soumises a lelll' domination, et leur peu de sur l'escarpement de la rive gauche de la riviere.
ne
sont pas des chefs-d'reuvre sans doute, mais en8a
Tel était l'Ani militaire, dont les restes attestent des
soin a entretenir toutes celles que le temps a faites.
elles
out une exp:res3ion naive qui ne laisse pas de pro.
Parmi ces ruines, il en est auxquelles se rattaclient de connaissances spéciales approfondies de la part de ceux
duire
un certain effet. Les dessíns des sculptures m'ont
bríllantes traditions historiques, de nobles et poétiques qui construisirent cette forteresse, formidable pour le
paru,
en général, plus corrects que ceux des peintures,
temps
ou
elle
fut
édi::ée.
L'Ani
civil
et
relígieux
n'est
souvenirs. ll en est d'autres qui, quoique plus obscures
J'ai
meme
remarqué, parmi les ornements de la frise
pas
moins
digne
d'attention
sous
le
rapport
architectoet moins connues, n'en sont pas moins de terribles chefs
une
tete
de
femme dont le caractere vaporeux et aénea'
nique.
On
voit
d'abord
le
palais
des
rois,
a
main
droite
d'accusation, par le contraste qu'ell_es établissent entre le
m'a
rappelé
ces délicieuses danseuses, gravées dans le
en
entrant
par
la
porte
de
l'isthme
ou
du
plateau,
a
l'anpassé et le présent. Telles sont les ruines d'Ani, ancienne
marbre, que l'on admire au musée Bourbon a Naples,
gle
formé
par
la
berge
del'
Arpa-Tcha'i
et
la
grande
excapitale de l'Arménie chrétienne. Elles gisent sur la rive
En descendant d'Ani vers le pont de l'Arpa-Tchai, 00
droite de l'Arpa-Tchai, daos le pachalik de Kars, a !'ex- cav:i.tion dont j'ai parlé plus haut. Les murs, toas en
laisse
a gauche, sur un réssaut de rocher, les rninea
grandes
pierres
taillées,
en
sout
d'une
épaisseur
remartreme frontiere turque, du coté des possessions moscovid'un
couvent
de femmes, fondé par le roi Sumbat, don1
quáble,
qui
rappelle
ceux
&lt;le
I'ancien
palais
des
papes
a
tes du Canease, a quelaues lieues au-&lt;lessous de la ville
la
filie
fut
la
premiere ahbesse. J'ºespere, pour ce11e
Avignon.
11
a
trois
étages,
qu'il
faut
compter
en
commenrnsse d'Alexandropol, qui s'éleve, pendant qu'Ani contipauvre
princesse,
qu'elle aura été lqgée daos l'ao.tre
~ant par le plus haut, lequel est de plain-pied avec le
nue a crouler.
monde,
plus
gaiement
qu'elle ne le fut dans celui-ci,
Au cinquieme siec.le, Ani n'était encore qu'un petit sol de la ville. C'est la qu'est la porte d'entrée que reLes
inscr1ptions
que
l'on trouve a Ani, en langue archatean de peu d'importance. Les princes Bagratides, en produit notre gravare.
ménienne
et
en
tres-grand
nombre, indiquent les prinDe la on descend, ou plutót on descendait, car l'escaayant acquis la possession des prínces Camsar, en firent
ces
qui
en
éleverent
les
monuments
et les dates de ces
une forteresse considérable, ou, daos le huitieme siecle, Jier est obstrué maintenant, daos les étages inférieurs,
constructions.
Une
d'
elles
a
une
portée
originale et pbion enferma le trésor roy¡tl, pour le mettre a l'abri des dont le plus bas se trouve presque au niveau de la rilosophique.
En
effet,
elle
contient
des
menaces et des
Arabes qui, a cette ·époque, commencerent a inquiéter viere. On voit une disposition aualogue au palais de
reproches
adressés
a
celui
qui
la
mettra
au
jour; or, no.
l'Arménie. En 96t, Acbat IIl y transporta la résidence l'ambassade de France, a Péra. Mais a Ani, les étages
tez
qu'elle
est
batie
daos
l'intérieur
d'un
mur qn'il a
des rois. Les grands et nombreux travaux qu'il y fit exé- ínférieurs du palais des rois d'Arménie m'ont paru avoir
fallu
démolir
pour
arriver
jusqu'a
elle.
C'était
ainsi 111
cuter le rendirent digne de cette destination. En i045, été surtout des casemates qui donnaient des flanqueanatheme
contre
le
génie
de
la
destruction.
Une
antre
ments
utiles
a
la
défense
sur
le
ravin
de
la
riviere
et
les Grecs le prirent par trahison; mais ils en devinrcnt
inscription,
celle-ci
en
langue
persane,
recommande
l'excavatíon
dont
nous
avons
déja
parlé;
au
palais
de
bientót légitimes possesseurs par la cession volontaire
qu'en fit a l'empcreur de Constantinople le roi Kakig II, l'ambassade, la bizarrerie de la construction n'est &lt;lue aux musulmans de respecter les chrétiens, rappelle qoe
a la condition que celui-ci défendrait l'Arménie contre qu'a un caprice malheureux de l'architecte ou a une plusieurs avaient déja émigré, au grand détriment dela
prospérité du paJs, et promet protection a ceux qui re.
les attaques des Musulmans. Cela n'empecha pas le sal- appréciation erronée des exigencts du terrain.
terout
ou qui reviendront.
Un
écroulement
a
mis
a
découvert,
au
second
étage
tan turc-seljoukide, Alp-•Arslan, de s·emparer d'Ani en
Le
style
dominant darls l'architecture des monuments
du
palais
d'Ani,
une
série
d"appartements
voutés,
dont
1068. Alors commen~a pour celtP. ville chrétienne la péd'Ani
est
bien
moins celui de Sainte-Sophie, de Consriode de sa décadence, lá plus grande partie de la popu- le plus extérieur a sa volite en contre-sens des autres,
tantinople,
que
le style du Domo de.Palerme et de l'églist
lation l'ayant abandonnée pour ne pas vivre sous le joug de sorte que la poussée de celle-ci est saos action sur
de
Mont-Réal.
11
se rattache un peu a celui de la Saint&amp;celle-la. Mais comment cette poussée se décompose-tmusulman.
Cbapelle,
qui
a
tant
de lien de parenté avec les monnEn t t24, David, roi de Géorgie, l'enleva aux Seljouki- clle ptrnr n'agir que sur les pieds-droits, qui ~out infiments
religieux
de
la
Sicile, et surtout avec la chapeDe
des, qui la reprirent deux ans apres; mais les Géorgiens niment plus minces que les murs extérieurs?
palatine
de
Palerme.
On
retrouve quelque chose de toal
Les églises sont les monuments les plus nombreux et
la leur enleverent de nouveau en H61. Ani continua~
cela,
mais
affaibli
et
pervertí
par le mauvais gout, dw
passer aingi de la domination géorgienne a la domination les mieux conscrvés d'Ani. La tradition est qu'autrefois
le
palais
neuf
du
Sultan,
a
Galata,
dont l'architecte était
musulmane, et réciproquement, jusqu'en f239, année il y en avait rnille; ce qui veul dire tout simplement
un
Arménien.
·
ou les Mongols s'en rendirent maitres. En f3t 9, un trem- qu'il y en avaít beaucoup. Maintenant on en distingue
La píerre des monuments d'Ani est tres-bonne el
blement de terre en renversa toutes les maisons, ne cinq. La principale fut longtemps la métropole du patres
dure. Elle est naturellement fortement colorée en
triarcat
d'Arménie.
C'est
un
magnifique
vaisseau,
d'une
laissant debout que quelques édifices publics, plus ou
ja•me,
comme celle de la belle cathédrale et meme de
architect1:1ve
noble
et
simple.
Ce
temple
est
d'ailleum
si
moins endommagés.
toutes
les
constructions de Berne, si ce n'est qu'elle tire
peu
dégra&lt;lé,
que
je
suis
certain
qu'il
ne
faudrait
pas
Des lors, la ville fut complétement abandonnée; cependant, quelques pauvres familles s'étabhrent daas les plus de cent mille francs pour le restaurer compléte- sur le vert.
Quand on arrive a Ani, apres avoir traversé, en ae
carrieres d'ou avaieot été tirées les pierres de ces monu- ment. On assure qu'apres que les malheurs d'Ani eubouchant
le nez, les amas de décombres infects, d'imments, dontnous allons essayer de faire connaitre au lec- rent fait transporter ailleurs le siége du patriarcal d'Armondíces
et de charognes en putréfaction que les Tura
ménie, quelques moínes y resterent et continuerent a y
teur les restes vraiment remarquables.
décorent
du
nom de villes, coro me Erzeroum et Kars,oa
Lorsque les Turcs Osmanlisse furent emparés de l'Ar- célébrer le service divin jusque vers le milieu du derse
dit
avec
tristesse:
combien, de toute maniere, estdar
ménie, sous le regne de Sélim I, Ani tomba daos l'oubli nier siecle, ou une invasíon de Lesguis détruisit leur
et
déplorable,
pour
un
pays, le vre victis de certains vainle plus profond. C'est a peine si, de siecle en siecle, de couvent.
queurs.
p. DE fu:YN!UD.
Non loin de la grande église s'éleve un monument
bien rares voyageurs en out connu et visité les ruines.
Cette ville était batLe sur une pre~qu'ile rocheuse for- musulman; c'est un minarct isolé, simple et élancé.
mée par une sinuosité de l'Arpa-Tchai, qui coule la au L'escalier est encore en assez bon état pour qu'on puisse
COURRIER DE LONDRES.
fond d'un ravin profond, a bcrges abruptes et en plu- rnonter sur la plate-forme,d'ou l'on a sous les yeux tout
sieurs endroits inaccessible. Cette presqu'ile est rattachée le panorama &lt;l'Ani.
Apres une assez longue absence de France, - sop,
Sur le bord du ravin de l'Arpa-Tchai, au-dessus du
a un vaste platean de meme niveau qu'elle par un
posons
dix-huit mois, - quittez Londres pour Paria;
pont,
a
peu
pres,
est
une
autre
église,
la
seconde
par
la
isthme ou out été entassés tous les moyens de défense
ou
apres
une égale absence d'Angleterre, quittez Paril
grandeur,
mais
de
construction
lourde
et
massive.
Les
que fournissait, avant le systeme moderne, l'art de forpour
Londres,
que d'aspects nouveaux, que de cbangttifier les places, poussé a sa plus extreme perfection. musulroans l'avaient eonvertie en mosquée. Elle a une
ments
profonds
ne trouverez-vous pas dans les cbosel;
C'est une ligne brisée de courtines peu lo'ngues, flan- galerie qui domine la riviere, et d'ou l'on jouit d'une
et
meme
chez
les
gens de ces deux villes en pleine trant'
quées de robustes tours, le tout précédé d'un chemin de assez helle vue. Nous fimes la un excellent déjeuner, oú
formatíon
!
ronde couvert par une bonne faussc-braie, ce qui cons- les conserves préparées a Paris et a Londres se méleEn partant de París, vous aviez laissé des Fran~ais f.l
titue une double enceinte; inutile de parler des cré- rent aux: gigantesques rótis bomériques encore en usage
des
Fran~ises, des enseignes écrites en fran~ais, on.l
en Orient. C'était le mudir du districl de Cheraguel qui
neaux, machicoulis, meurtrieres et autres détails.
peu
pres, et des rues a la frau!:aíse.
A l' est, l'enceinte est précédée d'un fossé large et pro- avait fait préparer ceux-ci et qui en fit le~ honneurs.
En
partant de Londres, vous aviez laissé, &lt;le mema,
fond; a l'ouest, une excavation naturelle, encore plus Apres le repas, je fis remarquer a ce digne homme un
des
policemen,
strictement vetus a l'anglaise, des Altlarge et plus profonde, un véritable abime auquel je ne pilier qui mena~ait ruine, et qu'il aurait été facile de
glaíses
coiffées,
empanachées a l'anglaise, des édifid
trouve de comparable que le ravin de l'Oued-Rummel, a consolider en glissant en dessous une des grosses pierres
batís
du
haut
en
bas a l'anglaise.
Constantine, tient lieu de fossé. A l'extrémité de la pres- de taille qui jonchaient le sol; mais luí, en vrai OttoA votre retour dans la capitale de la France, v
man,
me
regarda
d'un
air
profondément
~tupéfaít,
ne
qu'ile, vers le sud, s'élevent deux émiuences ou sont entassés les débris d'une double citadelle. Enfin, on aper-• comprenant pas que! intérét on pouvait mettre a em- troutez des Fran~ais singeant, plus que jamais, les
~oit, sur !'arete de la berge du v~llon encaissé de l'Arpa- pécher quel~ue chose de tomber. Cette inintelligence glaís, et des Fran~aises, ennemies irréconciliables
Tcha'i, des pans de murs qui attestent que nulle part on de toute resta:uration est poussée sí loin, en Turquie, la perfide et blonde Albion, portant le filet, la ch~
ne s'était assez fié sur la force naturelle de la pos1tion c¡ue les masses, ne pouvant se mettre daos la tete que sette garibaldienne, et le pork-pie-hat des Anglaisd
pour en laisser un point quelconque complétement a les pui~sances occidentales aient, de gaieté de crear, quant aux choses : des enseignes bariolées de mots
glissé des pierres de soutcnement sous les piliers crou · glais a faire mourir les Anglais de rire, des rues 1
découvert.
et longues comme des rues anglaises, mais appttées.
Ani avait deux portes, commo nolre Constantine; !'une, lants de la Sulllime-Porte, airnent mieux croire qu'elles
Jennellement
boulevards, et des jardins publicsl bap
dans le rempart de l'isthme, répon&lt;lait exactement a n'ont fait en cela qu'accoroplir un devo1r de vasselage,
,guares.
/
celle de la victoire ou de Coudiat-Atti de la ville gal- comme l'Égypte, Tunis et les Merdites.
De
retonr
dans
la
capitale
britannique,
voua
ren
La troisieme .Sglise que nous visitames est une rolo-'arabe l'autre, répondant a celle du Cantaro,

)

-;;~olicemen, coiffés d'une salade, saletl, a la
Voila trois ans bien révolus, qu'un beau jour, votre
trez sienne, des Anglaises en chapeaux de matelot, vernis serviteur se trouva investí des fonctions de ministre de
:~~rnés d'ancres d'or, des toitures a pyramide tronqué~ l'Il/ustration a Londres. 11 n'entrera pas daos le détail
mme celles d11 Louvre, et des raes et des ports a de ses labeurs. Qu'il lui suflise de dire qu'il faut passer
~milricaine, c·est-a-dire des chemins de fer daos lesrues, par les soucis d'une ambassade pour les bien connaitre.
de~ chemins de fer sur_les ponts,.des trains roulant sous Rapporter fidelement les péchés véniels et capitaux des
Anglais et &lt;les Anglaises, éviter soígneusement la men,os pieds.
randis, done, que París se londonnise, Londres s'amé- tiou de tout ce qui pourrait portera l'absolution on faire
·canise, et cela par l'eflet des chcmins de fer, destinés compensation en leur faveur, n'est pas une tache aussi
n
.
facile qu'on le r,roit, surtout quand les gens ainsi mis en
acbanger la face de l' umvers.
Le rait est qu'en ce moment, le sol de Londres, l'in-- cause sont des gens chez qui l'on dine. Pourtant votre
térieur aussi bien que la surface, est sillonné, trans- serviteur n'a pas cessé un seul instant de mcttre le mal
percé, tuhulé daos ~outes les directions, de lignes_ de en lamiere et de tenir le bien sous le boisseau. Pour
cbemins de fer, de V1aducs et de tunnels. Ces ch~mms, bien se convaincre lui-meme qu'il s'était convcnableune fois terminés, auront, avec ceux qui existent, une ment acquitté de ses patriotiques devoirs, il a dressé la
longueur totale de deux cent quatre-vingts milles, soit nomenclature suivante de tous les faits rapportés par
luí, et qui peuvent se classer comme il suit:
environ cent lieues.
Tel Anglais qui a passé par Londres, il y a seulement
six mois, poar aller achever son éducation par une tour- Faits a la gloire des Anglais, y compris les gens
o
de la Manche, en face de Cherbourg .....•
née sur le• continent, et que la chute des feuilles fait
5
acherniner, le ha.ton ferré a la mai11, souvenir des gla- Faits al'honneur des Anglais, en trois ans . ...
94
ciers de la Suísse, vers le pafaíble et libre home, cet An- Faits d'une nature indifférente ou équivoque ..
glais peut tomber dans les plus grands étonnements en Faits franchement scandaleux, tels que1. divorces,
enlevements, conversations illégales, etc., etc. 307
,oyant tout ce qui s'est accompli pendant son absence;
ses étonnemeots seront des plus légitimes. Que dir:lit,
qu'éprvuverait le Parisien qui, apres une pointe sur
Ces chi ffres, qui représentent la quintessence des
Constantinople ou PéterEbourg, verrait les locomotives nouvelles courantes, dans la périodesusdite de troisancirculer du nord au sud, et de l'est a l'ouest de Pa- nées, ont une éloquence qui .dispeose de tout commen rís, passer souverainement sur le pont Neuf et le pont taire. Votre servíteur appelle particulierement votre atd'Austerlitz, et des gares établies des deux cótés de la tention sur le dernier nombre. Eh bien ! parmi ses amis
riviere ! C'est le spectacle que Londres présente actuel- de France, il s'est trouvé des gens qui tui ont reproché
lement. Les trains vont et viennent sur ce qui ~lait hier de dlner un peu trop souvent chez les Anglais, tandis
le magnifique pont suspendo d'Hungerford, reuvre de que la plupart de ses amis d'Angleterre accusaient son
Brunei, et, dan!\ quelques jours, ils rouleront sur le estomac de ·u·avoir pas de mémoire. Ménager la cbevre
nouveau et gigantesque pont des 131ackfriars. Tout n'est et le chou, telle est la constante alternatíve d'un cb.argé
pas beau daos ces transformations; ce sont de nouveaux d'aflaires; aussi eut-il été pris, plus souvent qu'on ne
traits de force, ajoutés a la physionomie de Londres, pense, de !'envio do joter le manche apres... la fourmaís non des traits de beauté ! Quant a leur caractcre chette. c·est tout ce qu'il voulait dire, et il poursuit,
de grandeur, il est si frappant que les transformations apres avoir fermé la parenthese.
de París, dans ce qu'elles ofirent de plus h:i.rdi,.sont surJe viens de d1re cambien Londres est, depuis quelpassées par l'audace et la nouveauté destransformations que temps, remué, agité, enflammé, ébranlé meme jusde Londres.
· que daos ses fondements. Ces transformations et ce~ seLe Londonnien, en voyant tous ces rails s'allonger cousses matérielles ne sont ríen, si on les compare aux
sournoisement sous terre, on: effrontément a ciel ouvert, transformations et aux secousses morales et sociales qui
en lignes droites et courbes, en voyant ses plus belles se préparent non-seulement a Londres, mais sur toute
rues crevées daos leur milieu, et les édifices, et les mo•- l'étendue des lles Britanniques, pour un temps non éloinuments marqués par les viaducs, le Londonnien a été gné, et qui vont jusqu'a faire penser aux désordres dont
saisi d'une profonde inquiélude; cette inquiétude est Belfast a été dernicrement le théatre.
loin d'etre dissipée. 11 s'est demandé si Londres doit s'éEn ce moment, les protestants et les catholiques sont,
tanouir pour faire place a un filet de fer et de feu, dans par toute l'Angleterre, a l'reuvre avec un redoublement
les mailles duque! il se trouvera condamné a une tré- inexprimable d'énergie et de fiel, et il est diflicile de
pidation et a un toonerre continuels. Que deviendra la dire qui, des catholiques ou des protestants, mérite le
paix du home? Jusqu'ou faudra-t-il aller, a !'avenir, plus de bénédictions. 11 ne se passe pas de semaine qui
pour trouver une douce et poétique retraite? Si le Par- ne voíe l'érect1on d'une église catbolique, tantót ici,
lement maintient fermement sa derniere décision, s'il tantót la. Le catholicisme semble avoir des charmes
refuse la concession des 400 milles de chemins ferrés, j usqu'ici inconnus, pour les plus hautes et pour les plus
qu'on lui a demandé, cette année-ci, de construire dans humbles classes de la société anglaise. Les classes
Londres, les mailles du filet seront assez grandes pour moyennes regardeut, et, pour le moruent, laissent faire.
ne pas troubler la paíx du foyer de la grande majorité Encouragés par le succes interrompu de cette propades habitants. Puisse le Parlement demelll'er ferme ! gande, voila que maintenant les catboliques ne marEn attendant, les signes fatals de la transformation s'ac:.. chent plus daos le sentier tracé par la loi, mais en
cwnuleut. Que le tunnel sous-marin de la Tamise, jus- debors. Ainsi, des capucins irlandais, dits freres Augusqu'ici objet de curiosité, doive etre utilisé daos les bou- tins, viennent d'ouvrir un couvent au centre de Londres,
le,ersements nouveaux, ríen de míeux; mais qu'apres et cela en violation formelle des lois anglaises. Comme
&amp;Toir abattu la maison de Goldsmith et celle de Mílton, il fallait s'y attcndre, la presse anglaise, représentante
on s'attaque au Monument, cette colonne commémora- d'une race peu contemplative, s'occupe · activenient des
ti,e du grand incendie, et la plus haute, je crois, de freres capucins, et, qui plus est, irlandais.
Pendant que les catholiques, qui se prétendent les dél'Europe, c'est autre chose. Pourtant, selon toute propositaires
uniques de la parole de Dieu, se livrem a ces
h~bilité, le Monumeut est destiné a disparaitre, pour
envahissements, les protcstants, qui, de leur coté, se
laisser place libre a un cbemin de fer.
Le moment est assez mal choisi, car depais longtemps disenl obstinément les porte-lanteroes de la vérité, traon n'avait eu plus besoin qu'a présent de l'enseignement vaillent a la confection d'110 éteignoir qui n'a rien a en-,
q~'il porte jusqu'aux nues. Depuis un mois, les incen- vier a ceux des ferblantíers ultramontains. lis font cirdies se répetent presque journellement, avec une fré- culer, parmi les bommes pensants &lt;le la Grande-Bretaqnence et une vigueur telles, que le feu semble s'es- gne, une piece ou ceux-ci sont invités a déclarer, par
~ye~ arecommencer sa razzia de 1666, et comme si ce l'appositwn de leur signature, que to utes les &lt;lécouver~ était pas assez des conflagrations dévorant des mil- tes scientifiques auxquelles les cherchenrs modernes
lions de propriétés, voila que la poudre a canon s'en peuvent arriver, sont fausses, qui seraient en contradic~le, et que les vingt lieues carrées de maisons et de tíon avec les saintes écritures.
Cette déclaration a été adressée a sir John Herschel,
lilles qui composent Londres, sont ébranlées un matin
qui a refusé de la signer. Mais la confrérie protestante
Par l'explosion des poudrieres d'Érith.
le crois que j' en ai dit assez pour faire comprendre se con,olera assez facilement de cetéchec, 11 esta croire,
le Londres actuel commence a etre bien dilférent en songeaot qu'elJe a embrigadé le colonel Rawlinson.
Ains1 va l'Angleterre religieuse, voguant comme les
; _Londres d'il y a seulement quelques années. Et
u.::~nant, je demande la faveur d'ouTI'ir une paren- yeux fermés entre deux écueils également fatals a la
raison : la bigoterie protestante et l'obscurantisme catho-

re

lique. Qui saisira le gouvernail et poussera l'équipage
a la manreuvre?
Pendant que ces faits se passent et se discutent daos
les journaux, faits qui viennent d'etre enveuimés, en ce
qui concerne le progres du calholicisme, par l'enlevement mystérieux et le transport, semble-t-il par force,
d'une jeuoe Anglaise daos un couvent de Belgiqne, facheux auspice pour les freres•Augustins, le Congres de
la science sociale tient ses séances. Le cbamp est vaste,
certes, mais ce qu'il y a de bon, c'est queJes plus éminents comme les plus obscurs penseurs peuvent s'y rencontrer et y travailler de concert. Lord Brougham, entré récemment daos sa quatre-vingt-septieme année, a
ouvert la huitieme session du congres, le 23 septembre,
a York.
L'opmion publique est moins alarmée, a Londres, des
chemins de fer qui menacent de tout percer, de tout
renverser, des inceudíes qui se succedent saos reta.che
en faisant de désastreux ravages, et des explosions
meme de poudrieres qui sementia mortetlesruinesautour
d'elles, que de la constr11ctíon journalier0:: d'églises catboliques et de couvents élevés par des transfuges de
l'Églige anglícane et des moines irlandais; et il faut
bien convenir qu'un peuple fait comme le peuple anglais, et pensant comme íl pense, pourrait bien etre
alarmé a moins.
JusT .AMÉRO.

IIUUGURATIOI DU CHKIIH DE rER DK DOH PEDRO Il (BRiBIL).
La Cbambre des députés du Brésil vient d'adopter un
projet de loi relatif a la construction de chemins de fer
et a l'établissement de certaines ccmmunications fluviales.
Cette loi permet au gouvernement brésilien d'avoir
recours désormais· a des compagnies étrangeres, qui se
chargeraient, moyennant garantie d'intéret, de la construction et de l'exploitation de ces voies, qui donneront
a l'exploitation des ressources locales une tres-grande
extension.
Parmi les chemins de fer brésiliens, le plus important,
par sa position, son étendue, son utilité, dans le présent
et surtout daos !'avenir, car il doit réunir la province de
Rio-Janeiro a celles de San-P¡1oln et de Minas, par les
difficultés de terrain a vaincre, etc., est celui de don
Pedro 11.
L'lllustration a publié, dansson numéro i059, un premier article sur cette ligne. Notre correspondant nous
adresse, en date du 8 juillet, avec les croquis que nous
reproduisons, les détails suivants :
« Le souvenir que j'avais gardé de ma premiere excursion sur la ligne de don Pedro 11, me détermina a
m'enquérir, aussitót mon retour a Rio, de la sítuation
des travaux. Malgré ma haute.opinion Slll' le mérite de
M. le conseiller Ottoni, président de la compagníe, et sur
l'habileté bien reconnue de MM. Ellisson freres, ingénieurs, je ne pus cependant me défendre d'une certaine
incrédulité en apprenant que la voie ferrée serait avant
peu livrée a la circulation jusqu'au Parahyba.
M. le capitaine commandant du génie, Vlemincx, inspecteur général de l'exploitation, me propasa alors de
vérifier par·moi-meme l'état des travaux, et nous partimes, le 3 juin, pour Rodeio.
Rodeío est établi sur un point ~out a fait sauvage,
saos habitatíon aucune avant la construction de la voie,
mais o[rant aujolll'd'hui l'aspect d'une station importante,
pres de laquelle se sont élevés, comme par enchantement, des hótels, des magasin~, des gares, tout, ~nfin,
ce qu'entrainent apres eux un concours incessant de population et d'intérets, en mcme temps que la réunion
sur un meme point de tous les produits de provinces aussi
ricbes que celles de Río et de Minas.
Rodeio est situé a 85 kilometres enviran de Rio, et a
t,500 pieds au-dessus du niveau de la mer. On traverse, pour y arriver, onze tunnels. JI faut encore s'élever de t50 pieds pour atteindre le sommet de la montagne, avant de pouvoir descendre dans la plaine qui con•
duit au fleuve. Un tunnel de 2,230 mctres a été
nécessaire pour amener la voie ferrée au versant,
vers le Parahyba ; il est entierement percé, et sera li vré
a la circulation dans un an. D'ici la, il y avaít nécessairement un temps d'arret dans l'exploitation. Mais ne
pouvant traverser la montagne, l'entrepreneur, M. Humbird, un de ces Américains que ríen n'arrete, songea
a l'escalader. Il a fait établir une voie provisoire q11i,

�L'JLLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

PUNT IJU CBR611:i PROVlSUIIIE.

RRESIL. - CHEMIN DR FER OR

franchissant des peotes de 55 millimetres par melre et
d'une courbe de 70 et meme de ·60 metres de rayon, travcrse des ravins profonds sur des ponts en bois, fixés
par de simples chevalets, présenté un développement de
6,600 metres, et vient se rclier, a l'autre extrémité du
tunnel, apres avoir passé de¡.¡x fois au-dessus de Jui.
De puissantes Jocomotives américaioes, a quatre roues
couplées et munies de freins vigourcux, circulent sur
cette section, et c'est par ce moyen qu'on a pu transporter les matériaux nécessaires pour continuer la voie jusqu'au Parahyba, que·tra,·erse ur1·pont en bois de 1go me-

ro~

SHTION DE RODEIO.

PEOI\O 11. - D'apres tu croquis de M. Vlemi1&gt;Cl,

tres de long et de 37 arches. Pendant que nous nous
préparions a parcourir cette voie presque aérienne, nous
avons pu voir partir dix-sept wagons .ehargés chacun de
40 arrobes de café, soit environ 60 tonneaux. Ces wagons,
laissés sur la voie, sans locomotive, sont descendus jusqu'a l'embrancbement de Macocos, ou ils ont été reliés
au train des marchandises partant de ce dernier point
pour Rio.
Je terminerai en vous disant que de l'avis de tous les
hommes compétents, Je chemin de fer de don Pedro ll,par sa conslruction, les soins apportés a son entretien,

son ~ysteme d'e&gt;.ploitalion, l'activité que l'on remarqw
daos tous les scrvices, l'intelligence et la persévéran«
de son conseil de direction , el la haute aptitude 4e
M. le capitaine Viriato de Medeiras, commissaire di
gouvernemcnt, - est une des preuves les plus évidcnlls
de ce que peut la fcrme volonté de l'homme. Administrateurs, ingénieurs, em¡íloyés, chacun ici rinlilt
de zele et apporte Je tribut de son activité a l'acbetement de cet important travail. »
L'inauguration de cctte ligne a cu licu le 7 aout dernier; l'Empereur a fait le trajet de Saint-Christophei

-

----barre
de Pirahy, et a été trCs-satisfait
la
.
son excurs1on.
.
.. . . .
de
demain, un tralD spec1al eta1t mis
I
Le en
.l
.
d
d'15po"ition du corp, d1p omat1que, es
l la rs ~ des députés et du contre-amiral
sén~tellea~ commandant la station franCha1gn ,
.
·se de Rio-1ane1ro.
11
~ A]'occasion de cette 1~augura
·
t·10_n, 1e
.
Fluminense
a
donnc
un
magmfique
0
castnauquel
.. Leurs Ma¡esles
' ·1
ont ass1ste
m-.
ba,1
periales.
Le 12 aout, a dix beures et demie du
•un
écrit un des officiers • du navire
111a ,
·ral l'Astrée, au moment ou nous nous
a1111
.
.
l'
. .
ttendions le mo1Ds, pu1sque on etait
y atrain de faire la propreté du batiment
enur se préparer a célébrer la fete natio~e no officier brésilien est venu nous
o
'
. . de l'Empereur ; et, en
anooncer
la v1s1te
lle~ une demi-beure apres, le yacbt de
:, )lajesté stopait derriere nous. ~algré
cette surprise, car c'en était une véritable,
savions mis la frégate en état de rece000
voir son auguste visiteur.
« Au moment 011 l'Empereur a laissé
son yacbt pour embarquer daos son canot,
le grand pavois, pavillon brésilien au
grand mát, a été hissé et salué de trois
salves de toulc notre artillerie et de sept
cris de : « Vive l'Empereur ! » par les
bommes sur les vergues.
« Puis l'Empereur a accosté, et a été
re~u au has de l'échelle avec tous les booneurs dus aux souverains.
«Sa Majesté, avec sa suite, a visité tresminutieusement notre belle frégate, interrorreant
saos cesse et voulant tout connai- •
0
tre. La machine surtout, construite aux
rorges et chantiers de la Méditerranée, a
beaucoup attiré son attention, et Sa Majesté
avoulu en voir jusqu'aux moindres détails.
, Aussitot apres cette inspection, on a
commandé le branle-has de combat, pendantlequel l'Empereura porté la plussérieuse attcntion a l'artillerie, dont il s'occupe

SEG CONCliOVEr&lt;S
ACCD,,NAJSS~ns

MONUMENT DE BKNOIT RACLET, INAUGURÉ LE! OCTOBRE A ROM4NECHK.

-----= ___ _

VISITE J&gt;E S M. L'E.IIPEllEUK DU BIIRSIL A LA FllÉGATE L'ASTll/íE. - U'apl'l!I un cruq1111 ~e M.
•

¡

.,..

h.,,••1.
MACIIINK A FABRIQUBR LES TUILliS, CARREAUX, TUYAUX ET BRIQUES CREUSES.

253
beaucoup, et a paru tres-satisfait de l'exercice, qui a été terminé par le défilé de
tout l'équipage armé comme pour le combat. Enfin,. la relraite a été battue, et,
apres un exercice de m:mre.uvre, Sa .&amp;lajesté a bien voulu accepter une légcre collation, que l'amiral avait fait préparer, et
s'est retirée a deux beures de l'apresmidi, avec les memes honneurs qu'a son
arrivée, en témoignant a plusieu'rs reprises sa vive satisfaction po.ur la bonne tenue et la précision des exercices de notre
équipage.
« Le yacht s'estensuite dirigé vers la
corvette brésilienne Imperial •Marinheiro,
a bord de laquelle l'Empereur est monté
pour faire saluer de vingt et un coups de
canon le pavillon frangais, arboré au
grand mat de ce batiment.
« La fete de l'Empereur des Fran~ais
se célebre ici avec la plus grande solennité. Ce jour-la, indépendamment des salves
et des pavois, la compagnie de débarquement en a,rmes descend aterre, a !'arsenal, ou l"amiral la passc en revue; puis on
se meten marche avec musique et tambours, l'amiral en tele avec tout son étatmajor fl.apqué de mousses armés, et l'on
se rend a J'église d'Ajuda, 011 se dit la
messe et ou le Te Deum est chanté par
des cbreurs choisis daos l'équipage meme
de la frégate. Cet apparat produit toujours
la meilleure imprcssion sur la populátion
frangaise, heureuse de voir si loin du pays
et de suivre daos les rues de Rio•Janeiro
le drapean de la France.
« Cette année, la fete ne l'a cédé a aucune des précédentes, et, daos l'aprcs:.
midi, la population frangaise a été admise
abord, ou des jeu1 de toutes sortcs avaicnt
été organisés; en fin, la journée s'est terminée par un grand diner olficiel, auquel
l'amiral avait invité tous les personnages
marquants de la rade et meme quelquesuns de la ".ille. Le soir, la frégate a été

�L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVRRSEL.
illuminée, et les danees, tant parmi l'équipage que dans
l'état-m~or, avec les familles fran~aises qui avaient été
invitées a diner par les officiers, se sont prolongées jusqu'a minuit. »
Pour extrait: P. PAGET.

apres le banquet. Le soir, course anx flambeaux et bal,
ou l'on a dansé jusqu'au matin.
Pour extrait : P. P.

---~~--l!CHIH AJABRIQUKR LKS Tll1US, BRIQUKS CRKUSKS, KTC.

INAUGURATI0N DU BUSTE DE BEN0IT RACLET,
LE DES'IÍlUCTEUR DR LA PYI\AT,E PAR t'JÍCHAUDAGE.

llomanéche-Thorins, 3 octobre t 864.

Les tuiles diles Boulet et Buissart sont celles dont l'usage est actuellemcnt le plus répandu. Ce succes est du
a leur prix peu élevé et a leur légereté, r¡ni dépas,e celle
de l'ardoise, ~ans nuire en ríen a leur solidité. Elles sont
en outre d'on aspect agréable, qui leur vient de leur
couleur rouge ou rosée, d'on ton tres-heureux.
Ces avantages incontestables eussent été inutiles, si
un inventeur ingénieux n'avait su tirer partí, a leur
profit, des ressources immenses qu'offre la mécanique.
Le probleme a résoorlre était de construire des instruments a bon marché, d'une grande précision, et cependant d'une solidité a toute éprcuve, de fa~on a ce qu'on
put travailler lea terres sans les délayer dans l'eau, et
cependant obteni:- des produits tres-minces et tres-résistants. c·est a l'aide d'une de ces machines, inventée
par MM. Boulet et euissart, et dont le dessin nous a été
remis ¡,ar M. Ernest Kreutzer, construcleur, 4, rue SaintQuentin, a Pari5, leur représeutant, que se fabriquent
a la foiq, sans addition d'eau, et mé01e abras d'homme,
carrea1n:, tuiles, tuyaux de drainage, briques creuses,
et tous les produits céramiques creux servant dan;; la
construction et l'agriculture, et cela en proportions énormes, puisque certaines de ces machines peuvent donner
jusqu'il. six mille de ces produits par jour, el que d'autres méme font en terre dure sept mille brignes pleines,
et ayee un modele plus grand, quinze mille briques en
dix heures. Des fonrs annulaires intermittents, dont
nous publierons plus tard le dessin, donnent une écono•
mie de 60 0/0 sur n'importe quel combustible, et une
cuisson tres-uniforme. La qualité de ces prodmts est saos
égale, tous les rapports en font foi; jamais ils ne sont
altérés par la dessiccation, ce grand écueil pour les fabrications d'autre systeme; ils sont, de plus, d'une
régularité parfaite, et toujours également consistants.
Les résultats produits par ces machines leur donnent
une supériorité incontestable sur les machines anglaises,
qui cependant, a leur apparilion, furent prónées par le
gouvernement fran~ais lui- méme. Un nombre cons1dérable de nos machines se trouvent actuellement daos
les nsines d'Anglet.erre.
Tant d'avantages sérieux ont valu a MM. Boulet et
Bmssart, dont l'usine est une des plus importantes de
France pour les produits céramiques, 35 médailles et
primes dans les di verses exposilions ou ils ont fait figurer
leurs produits. Jamais récompenses ne nous ont paru
mieux méritées.
H. C.

Nous aimons tout ce qui a pour but d'élever les sentiments du peuple, de dégager de son ame les nobles aspiration~. Elles y sont souvent a l'état latent; il ne s'agit r¡ue d'en favoriser t•e~sor. C'est la rétlexion que nous
faisions hier, au milieu de la foule qui était venue rendre un hommage de tardive reconnaissance a la mémoire de Benoit Raclet. Cet homme, otile autant que
modeste, a découvert, vous le savez, les moyens de détruire la pyrale. Qu'est-ce que la pyrale? demandcront beaueoup de nos lecteurs. La pyrale est une chenille de deux millimetres, qui ronge la vigne au printemps et la stérilise. Elle apparait dans nos vignobles a
des intervalles inégaux. De l828 a t840, elle a ravagé
le Beaujolais et le Maconnais de telle sorte, que le~ vignerons, réduits a la misere et désespérés, avaient fini
par se décider a arracher le cep. Le seigle eut poussé
daos ce sol, dont le produit vinieole vaut cinq ou six
fois au moins le produit des céréales.
Benoit Raclet eut heureusement la pensée de combattre le fléau de la pyrale. Apres quatorze ans de tatonnemenls, il découvrit un moyen simple etpratiqoe de
l'anéantir. Ce moyen, c'est l'échaudage du cep a l'eau
bouillante. Des qu'il fut appliqué, on triompha du mal,
et l'abondance vrnt remplacer la stérilité et la misere.
Le Maconnais et le Beaujolais doivent a Raclet, apres
Dieu, les belles récoltes des vingt dernieres années,
e· est-a-dirP. plus de cent miIlions.
Raclet, comme cela n'arrive que trop souvent aux
bienfaiteurs de l'humanité, tout en enrichissant sa
contrée, ne s'est pas enrichi lui-méme. De plus, il a été
méconnu peudant sa vie par ses concitoyens et par le
gouvernement de son pays.
Un homme de bien, M. Charles Rolland, sympathique
a tout ce qui prodoit pour le peuple une amélioration
morale ou matérielle, s'est ému de l'ingratitude de ses
concitoyens envers Benoit Raclet. Depuis trois a.ns, aidé
d'un comité qu'il préside, il a travaillé a la réparer. 11 a
réussi.
L'inauguration du buste de Raclet a eu lieu avanthier, 2 octobre, par un soleil splendide, en présence de
plus de trois mille spectateu~. Ce buste est du jeune
sculpteur Brunet, r¡ui s'est fait remarquer, par des reuvres d'un mérite réel, aut dernieres expositions. 11 est
~
bien coo~u et dºune belle exécotion. Le nom de M. BruCORRESPONDANGE D'ALGÉRIE.
neta été fort applaudi lorsque M. Rolland a dit ~u public que cet artiste n'avait voulu accepter aucune rémuAU DIRECTEUR.
nération.
Le discours que M. Rollanrl a prononcé en cette cir-•
Rass el ain, !i septembre 1864.
constance contient un enseignement élevé : c'est que la
Le 23 septemhre, des le matin, la population oranaise,
démocratie moderue doit sortoot se prémunir contre
l'ingratitude, ce vice des démocraties antiques ! 11 démon- toute en émoi, occupe avec empressement les places, les
tre, l'histoire a la main, qu'elles se sont perdues par ce promenades, les avenues 4ui ont vue rnr la mer, et qui
vice, qui décourage les dévouemenlq et les empéche de se trouvent entre le port et le Chateau-Neuf. Notre nounaitre. Puis abordant la hiographie de Raclet, il a fait res- veau gouverneur, le maréchal de M1c-~Iahon, est atsortir la fatalité de sa mort. qui, dans l'antiquité, aurait tendu; déja l'on aper~oit, s'élevant vers le ciel, la fumée
été considérée comme une vcngeance des dieux contre du na vire qui le porti:. Le ciel est splendide, la roer,
un mortel assez audacieux pour leur déroher les secrets d'un bleu brillant, n'a pas une ride, le soleil donne aux
de la nature. Raclet est mort des suites d'une commo- collines qm séparent les eaux d'Oran de celles d'.Arzew,
des tcintes et des aspects qui cbarmenl l'reil.
tion causée par la foudre, tombée pres de lui.
Le vapeur approche du port; c'est l'E11ménide, au
La parole de M. Rolland est élégante et 1magre. Elle
corps tout noir et dont le nom, - auquel les Grecs
a une vibration qui fail tressaillir la fibre populaire.
Atrois beures, banquet de neuf cenl~ couverts. Dans avaient attribué une signification terrible, contra1recette agape fraternelle, ou le vigncron coudoyait le ment a son étymologie, - rappelle la série des batiments
bourgeois, le vio capiteux du cru n'a fait oubliPr a per- de l'État qui font 011 ont fait le service, le long de la
sonne la plus parfaite convenance. Daos sa réponse a cote algérienne, 4epuis plus de vingt ans, sous les apun toast a la comm1ssion, M. Charles Rolland n'a pas été . pellations sinistres de Styx, Achéron, Ténare, Cocyte,
moins brillant, ni moins ápplaudi qu'il ne l'avait été le Tartare, Gorgone, etc.
L'ancre est jetée, le navire se pavoise de nombreux
matin. Il avait trouvé un émule digne de lui en M. Vernette, sous-préfet de Villefranche. Macon était représenté pavillons, le maréchal de~cend dans un canot. En méme
a cette féte par un conseiller de préfecture, rempla~ant temps, les matelots, perché, sur les ver~ues, poussent
M. de La Guéronniere, empéché pour cause d'indi~posi- les acclamations qui sont leur salut militaire, et les calion, )}ar son maire, par une députation de l'Académie et nons du bord lancent des nuages de fumée blanche,
par son orphéon. Les sociétés de musique de Ville- qui ondulent et se déroulent grarieusement le long des
franche et des communes envirormantes, étaient venues flanes sombres de rEuménide.
A peine arrivé au quai, le gouvernenr général monte
se joindre Acelle de Romaneche, et ont donné un concert

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

a cheval, et se dirige verR le CMteau-Neuf,~
d'une population avide de revoir le chef ~
qu'elle n'a pas vu depnis que la campagne d'I~
venue accroitre si glorieusement sa réputation. ~
avons parlé, il y a quelques années déja, et dans r
tratio12 méme, des brillantes qualités du vainque~
Magenta, nons n'avons pas a reproduire ici tout ce
depuis quelque temps, du reste, se trouve a peu :
réédité par tous les journaux.
Un nomhre~x cortége, _f~rmé. des re_p:ésentanta •
toas les serv1ces et ad mm 1strat1ons m1htaires S\lit ~
.naréchal. A voir ces habits brodés, ces chape¡ux-1"gates, ces fonctionnaires au frais visage, on se croirait
pleine France, et cependant on nous reproche ..:
cesse de ne pas nous assimiler assez vite. Au te11¡11
de la conq uéte, les escortes de nos généraux 0,
vaient pas, il s'e~ faut, cette_ physionomie. On y ~o~
d~ ~odestes tumques, des cemtures de laine, de simpi.
kepis, surmontant des figures seches et brunies. 1'&lt;,
prét'frons ces dernieres, méme sous le rapport do
resque.
Le maréchal a convoqué, quelques instants apres 111
arrivée, les divers services adminislratifs; il lear 1
adressé une allocution qui a eu pour but de développir
le~, p:nsées déja exp_rimées daos sa proclamation, pu.
bhee a Alger, quatre J0urs auparavant. Nous lisons daai
cette proclamation du gouverneur, &lt;1 qu'il a toujourslJi
bienveillant pour les hommes qui cherchent le bien...,
qu'il a toujours cherch~ a suivre les inspirations de r6quité et de la juslice. » La fermeté et l:i. persistance •
duc de Magenla sont connues, il n'est done pas donlell
qu'il saura reconuaitre les hommes qui chercbent~
bien, et qu'il ne se laissera pas tromper par de Cq¡
semblants d"équité et de justice.
Le 22, veille de l'arrivée du maréchal, la ville d'Ona
avait re~u son nouveau préfet, M. Brosselard, &amp;allM
tres-connu par ses découvertes archéologiques et■
trava1u: sur l'hiEtoire du pays. Les 24 et 25, nous
eu les courses de la province. Elles ont été peo bri,
!antes, cette année : l'élément arabe, qui donne •
d'animation a ces fétea, manquait a peu pres compléle,
ment, par suite eles opérations militaires qui se po11,
suivent ou se préparent. Cependant, a la fin de !aj•
née, un petit go11m, composé de cavaliers, qui qoittaii
leur tribu pour se rendre daos le Sud, a défilé sur llip,
podrome. Ces Arabes, couverts de vélements sales, mi,
et disposés de la fa,on qui est la ph1s commode ach&amp;111
d'eux, pour les journées de marche Pt de razzia,•
ont paru éveiller l'inlérét et la curiosité, plus vivemei
que lorsqu'ils viennent parmi nous, préparés pour a
ter seulement a des réjouissances. La plupart avaiell
la figure sérieuse, rétléchie; leurs regards chauds
fonds retlétaient des préoccupations, causées soit pr
l'espoir d'aventures prochaines, soit par le souveni!•
années de guerre passées. Les allures indépendaall
des chevaux et des cavaliers nous ont rappelé ladicussion que nous avo.ns soutenue, daos un recueil aól
que celui-ci, et que nous reprendrons incessammen~•
les caracteres d'une véritable cavalerie légere.
Ma1s nous sommes sur une terre ou s'agitent des•
ciét~s bien dilférentes. Si, d'une part, nous assislal
a des chevauchées du moyen age, d'un anlre coté,•
préparons, a Oran méme, l'e1posilion ann11elle de l'Alli!
rie, pour les produits agricoles et industriels. Les
vois commencent a se caser. Et puis nous espérons
la compagnie des chemins de fer prescrira bienta
premier coup d&lt;' pioche, que la popution oranaise
tend depuis plusieurs années, et qu'on lui promet
trois mois en trois mois.
Les agriculteurs sont dans la désolation, a caoae
tres-bas pri1 des céréales.
F. HL"c.o11m.

*

a•

et,..

~

11•• ANNA DE LA GRANGE.

Cette remarquable artiste, qui n'a presqÓe j
chanté que le répertoire italien, est née a Paris, el
positi1n que sa famille occupait dans le monde ne
mettait pas d'imaginer qu·elle dut un jour monterSlf
théatre. Quand elle apprit la musique, on ne pe
qu'a lui donner un talent d'amateur. Elle re~nt del
~ons de piano,successivement, de différents maitres,
le plus ha hile et le plus célebre fut Kalkbrenner.
devint tres-habile, en quelques années, sur cet i
ment.
Tout en étudiant le piano, elle entendait chanter,

;¡--déepar son instinct,répétait
tout ce• •qu'elle
é d
,. avait
. . endo.
son
pere,
frapp
e
cette
facilité
d
1m1tation
ten
,
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,, •
, et
!abeaute
de
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vo1x,
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onna
Bordo
0 m pour ma1tre.
de
. • d b .ll
e d 1
.
Elle eut b1e~tot e ri ants succ s ans e m?nde. Pms,
des spéculations malbeureuses ayant anéanti, en f ~45,
la fortune. de M. de La Grange, elle prit la résolution
coorageuse de tirer partí de son talent, le perfectionna
d'abord en Jtalie, avec les conseils d'un des plus habiles
rofesseurs de Milan, et débuta comme prima donna a
~ ,~e. Son soeces fut éclatant, et sa réputation gran•0 .
EII h
.
dit rapidement. e e anta successivement a Varese, a
a
B¡
•v ·
C'
Torio, aR_orne, , o ogne, "- emse. est dans cette
dernie~ v1ll~ q~ elle r~ncontraM.le comte Stankowitcb,
qui devmt b1entotson epoux. En 184g, Meyerbeer songea
un moment a la fa.re engager a l'Opéra, pour jouer le
role de Fides, daos le Prophete. Elle le joua, en effet,
mais aVienne, quelques mois plus tard. Elle vint a Paris en f!l52 et sontint le ré¡,ertoire du Théatre-Italien
,ec un éci'at dont les dilettanti ont conservé Je souve3.
. .d .
•
nir. Elle a chante epms, avec le plus grand soeces, a
· · p th · s · t Pét b
,
Berhn, a es· , , aB arn - A ers ourg,
a New-York, a
,
Rio de _hne~ro, a ~enos~ yres, "- 1a Havane, et enfin
aMadnd, ou ll. Bag1er lm a passé au cou la cqaine d'or
d'un engagement de trois années.
PIERRE PA&lt;,ET.
r,-

LE PALAMEDE FRANCAIS.
REVOE DES

ÉCBECS ET DES AUTIIES raux DE COIDIITAIS0N.

Voici one revue qui ne s'adresse pas seulement aux
joueurs d'échecs, - pbalange a.ssez nombreuse, r.omme
on sait, - mais aussi a tous ceux qui aiment le jeu de
dames, le whist, le billard, etc. Cette revue est, en quelqoe sorte, une encyclopédie des jeux de combinaison,
une collection unique ou chacun peut pui~er, selon ses
gou~, les notions qui l'intéressent. Eufiu, le Palaméde
(ranrlli3 contient, en outre, une partie littéraire, et il se
propose de publier la galerie photographique des célébrités d'échecs contemporaines, accompagnée de notices
et de biographies. Avec de pareils éléments, il est
impossihle que cette revue des écbecs et des jeux de
combinaison ne se fasse pas, en peu de temps, une
place au soleil.
Ajoutons, pour ne ríen omettre, que l'exécution ty,.
pogra¡!hique répond complétement au titre et au car;c.
tere de cette revue, confiée aux presses d'une des meilleures imprimeries de París, l'irnprimerie Lahure.
P. P.
REVUB DES M0DES ET DE L'INDUSTRIE.

C'es~ daos le courant d'octobre, du l5 au 20, que les
mag~ms de l'OMBRF. DO VRAI, rue Vivienne, 5, pres le
Pala1s-Royal, ouvrent leurs salons du premier élaf.?e.
Cette inauguration aura lieu par une splendide exposition de bijout en imitation, réunissant toutes les comp~itio~s arlistiques les plus en vogue .. Le rayon de
p1errer1es sera assorti des plus merveilleuses parures ;
diademes, colliers, broches, boucles d'oreilles, etc.
Les v1trines des bijoux de fantaisie ne le cederont en
ríen acelles des premiers bijoutiers de la capitale. Nous
engageons nos lectrices a ne pas manquer d'assister a
cette eiposition, qui leur ofirira des ressources charmantes pour leurs toilettes de la saison d'hiver.
Cette année, on emploiera principalement, pour le décor et l'ornementation des robes et des confections d'hi,er, la passementerie et les chamarures.
~ Vil/e de Lyon, passementiere de l'impératrice Eugém~, 6, roe de la Chaussée-d'Antin, brode quelques
~"!1tnres artistiques en perles de corail et en perles
dac1er.
Comme primear pour la saison d'automne, la Vi/le de
~ orfre aux belles étrangeres qui visitent Paris : la
~mtnre almte, en trcs-larges rubans, n• 80, bordés
d~ eífilé neigeux, se drapant a l'orientale autour de la
tad.le, et 11e nouant derriere par un chou retombant en
lrois pans; de tres-larges ceintures en rubans d'or
rapdespelant les ceintures des aspirants de la marine; pui~
~ucles en écaille, en acier et en jais pour les hautes cemt~res en rubane gros grain; puis des gants RéCCl!der, s ~nfilant comme une mit11ine de peau, saos
~ntons DI manchettes, et le gant JosPphine, qui n'a pas
e coot~re le long du petit doigt et qui moule la main
et 1e po1gnet.
De toutes part,, !'industrie prouve qu'elle a travaillé
~~e la fourmi de la fable, pendant que les belles
-es étaient aux eaUI.

¡

Grace a l'attrait tout part·1cu11er
- qua
, su donner a J'étoffe dite 1"oulard
tin
ét
bl.
d
. ordre
1
'
•
a ssement e prem1er
(Te Comptoir des Jnrles
129 boufe"ard s,b t " 1•
. '
,
a.5 opo,,, usatie
de ce genre de soierie s'est rapirlement propagé depuis
quelques années. On pnrte maintenant le foulard de
l'Jnde en tout~ saison, car il ne le cede en rien au taffPt/.lS le plns riche, et .il coule un prix de beauconp inférieur. On pe~t ~dm1rer, au Comptoir des Inrles, une
c?armante variéte de rohe~ d'automne aux coulrurs
;;;~: ~t cdhabtloyant~s. N'.ouhlio~s nas non plus les fou· on
aJJC, a pet1fs rlessms de toutes nuances. Ce
g-enre de foulards est ,
•
.,
.
· · resnve a,n 11ames. Am: mes•1eurs
sont•destinrs les foulard.• corah~. 1P~ hanrlanos de~ 1 ~~
des et l~s riches cachP-nez &lt;le l'In rle et de la Chine. Le
Comptoii· rifs Inries expPdiP franco ses érhnntillons dr robes a_u,: clames qui lui en font la demande.
1tbis r¡uelq_ue soin ~u·on arinorte a la confection d'une
ro~e, i:nerv~ille _tl" ti••u et ~'élég-ance, pour que cette
~\ e aille 1en, 11 e5t e~sentiel rl'avoir un corset sans
l~nª:~-- La,st~e7: le ~0r:,et ~la~tiq~e, la palis~ade de ba1con ra1res a 111,vgiene, et portez la ceintltre régente qui vons dé,,arrera les lianches et 1
- • C
. .
.. ·
•
a poi 1rme. e1te
mrn1ature
du
co~Pt
ne
se
trouve
que
ruede
la C/
,
, wus•éed ~ntin, 31. chn Mm•s rie Vertus, qui J'ont inventée et
'lUI n'en ont étahli rle Mp&lt;it nulle part • ce qui pourtant
n'a poin_t empéché les contrefa~ons gro~sieres.
Par_mi les succes hi&lt;'n étahlis, il faut placer ans•i en
e~ qm con cerne l'hyg-iene, l'Ealf et la Pommade viv,dr¡ues
s1gnées des in.itial~s A. B, dont le dépót est chez M. BINET,
29, n1e de lt?chefiett. Ces denx prorluits donnent des rrsultats certains, inconnus jusqu'ici, des qu'il s'agit de
comhattrr. la chute des cheveux ou de faire renaitre
~e1!x qui auraient ahandonné la place. C'cst imrtout
1h1ver, pendant la saison des soirées, que t'on est le
plu~ exposé aux affections que combattent avec tant de
soeces l'Eai, et fo Pommade vi-vifiques.
En terminant, nous rappellerons quP l'Ea,1 rie la Fforirle renrl aux cheveux blancs lenr coulenr natnrelle. Ce
n'est point une trinture. c'est une eau bienfa.is,rnte composée des sucs de plantes exotiques. - (M. ft11i~lain,
rue de Richelieu, 112).
A. DE c.
•V

•

('.

?

les combinaisons les plus ingénieuses pour faire fructifier leurs économies.
~-UNio~. ·est arrivée a prouver a tout homme qui tra~adle qu 11 a, dans son activité méme, des ressources
mconnues dont il ne tirait JUsqu'a présent aucu.h profit.

PUBLICATIONS NOUVELLES.
Si la grandeur d'un sujet, l'étude sincere des éléments
qui le composenl, une foule d'idées justes avec cette
pointe d'exagératio11 qui marqoe chez un auteur la force
d'un sentiment personnel, si en fin l'opportunité l'utilité
d'un livre, étaient les rnules qualités exigées pa; la critique. nous n'aurions que des éloges a donner au nouvel
ouvrage de M. Daniel Ramée, Artion de Jésus sur le
monde, ou conseq,unce du christianisme. Mais ni la corre~~ion du langage, ni la viguenr du style ne répondent
a 11mportance de la donnt\e. La philosophie de l'histoire
est une science dont l'expression rrleve de l'art. RiPn
n'a plns besoin d'une forme nette et pure que les idées
générales. Au moins, a défaut d'ornemenl~, réclamentelles absolument la suite et l'enchainement logiqJJe. U
nons semble·que, dans l'reuvre de M. Daniel Ramée tout
ne se tient pas, que les idées dont l'auteur est assailli se
pressent aulour de sa plume dans l'encrier et finisscnt
souvent par s,y accrocher avant leur tour;' saos doute
elles ont leur raison d'etre, mais elles ne sont pas précisémPnt a leur place.
Malgré les impérfections que nous signalons, les personnes qu'intéresse l'histoire des religions, sauront faire
leur profit de tous les faits rassemblés par M. Ramée;
pour nous, une fois notre devoir de critique rempli,
nous devons remercier tout écrivain qui cherche a établir l'absence des causes surnaturelles dans la marche
des choses humaines, et qui renvoie aux tristessiecles du
moyen age l'anathcme que les fanatiques et les aveu,,les
lancent chaque jour contre la lumiere de la Ren;issance et de la libre pensée.
ÁNDI\E LEFtVM.

L 'UNJON,

APPAREIL DE LABOURAGE A VAPEUR.

COXPAG\]F. D'ASSURANCES SOR LA VIE.

Le systeme de lahourage a vapenr de M. Lotz fils
ainé est le fruit de longues études et de nombreuses
e~_périences._ Ne doutant pas de la possibilité d'apphquer prat1quement la vapeur a la culture, mais se
rendant compte de toutes les préventions et de toutes
les objections qui devaient accueillir cette idée et mettre
obstacle a son exécntion, c'est d'abord sur des terres
lui appartenant que l'inventeur a fait ses premieres
expériences; Lien certain alors des résultats il ne s'a. .
'
g1ssa1t plus que de combiner un appareil qui put ofirir
les garanties d'une application économique, d'une marche réguliere, d'une installation facile, et enfin d'un
prix relativement modéré.
Le premier appareil (ou du moins la mise a exécution
de l'idée, qui remonte ii i 859) laissait grandement a désir~r; le príncipe admis était celui de la fixité du motear et des treuils d'enroulernent, en faisant passer le
cahle sur des poulies fixées a l'aide d'ancres qu'il fallait rléplacer a chaque parcours de la charru~. L'installation était difficile, et la manreuvre nécessitait un personnel assez nombreux; il y avait une grande perte de
temps e? ~anreuvres accesrnires, et le résultat n'était que
tres-ordrna1re. Cependant cet appareil, présenté au concours régional de Vannes, en l860, obtenait une médaille d'or, et au concours universel, méme année, a París, apres des essais faits aVilliers, une mention luí était
accordée. Ces faits établissent une priorité qui, jusqu'a
ce jour, a été injustement contestée.
Un remaniement complet de tout le systeme eut pour
eflet de fixer M. Lotz sur l'avantage qui résulterait de la
mobilité des engins de traction, dont le premier et tressérieux avantage était de supprimer une installation
difficiie, et qui ne peut ctre bien faite que par des ouvners tres-exercés; de réduire le personnel des deux
tiers, et de n'employe.r que la quantité de cables nécessaire pour le parcours de la charrue entre les deux
points de rési~tance. Le motear était auto-mobile, et servait de moyen de traction pour les divers engius composant !'ensemble du systeme; seulement les treuils d'enroulement devaient étre reliés au motear, et, par leur
disposilion, donnaient un porte-a-faux. Le motear était
de la forc~ d~ _huit chevaux. La charrue a deux corps
do1ibles ag1ssa1t sur une largeur de 60 a 70 centimetres.
t;et appareil, apres des essais publics qui eurent

L'U1''lOX est une des plus anciennes rompaanies que
l'assnrance ait fonrlée en France. La date d; sa création re~onte a TRE\,E-QUATRF. A.'i's, et elle peut hautement
revend1quer le mérite d'avoir enraciné et popularisé
dans notre pa,vs une institution qui a révélé a l'homme
tout ce qu'il .V a de puissance daos 1'épargne, la prévoyance et le calcul des intéréts composés.
Apres avoir ér,argné au pays la perte de eapitaux
énormes par l'Assurance contre l'incendie, l'Union a répandJJ sur toute la France les bieufaits de )' Assurance
sur la. vie humaine, et sur ce point encore, l'Ul\'lON se
place rncontestablement au premier ran" des institutions de ce genre, par l'importance et 1~ variété des
avanta~es qu'elle a présrntés a ses assurés.
E~ effet, des le oremier jour, l'UN10:-; a pralir¡ué la
m~x_ime anglaise, qui consiste a ne rechercher qu'un
m1mme profit pour multiplier a l'infini les opérations.
. C'e~t ª!nsi que l'U:-.IO'I a été la premiere Compnanie qui
a1t prom1s a ses a~~uré, 110P parlicipation dans ses bPnéfices, et cette répartition vient de se faire pour la onziéme
fois, avec des avanta!;'es dont on peut se rendre compte
par les deux exemples suivants:
Un jeune hommf' a contrarti1, en iR29, une assurance
sur sa vie de 10,000 fr. Les arlditions failes asa poi ice
par suite de la réparlition des bénéfircs s'élevent ,
9,5112 fr., c'cst une augmentation de 96 O,'o.'
Un homme, 'agé de 37 an,, a fait, en i R30, une assurance de 30,000 fr., exigihle a son déces, moyennant
une prime de 900 fr., et il a pris part au,: 001.e réparti-tions faites par la Compagnie. Sa prime est complétement éteinte, et le capital assuré se trouve porté a
4l ,700 fr.
N~us ponrrions multiplier les exemples. C'est par la
praht'ue de ces fructueuses opérations que l'U:\,o:-; est
devenue une institution qui a sa place daos toutes les
familles. Le dernier exercice de l'U'l10:-; nous prouve que
la Compagnie a réahsé, en assurances sur la vie seulement, un chiffre d'opérations qui dépasse srx Yn,uoxs ET
DEMI DE CA PITA ox ASSURÉS en une se,iTe annre ! El le développement de ces opérations va chaque jour grandissant.
. Un éminent pnbliciste disait r¡u'il amorlirait le grandhvre de la dette publique avec les sous gaspillés et perdus par chacun en France. Eh hien ! ce sont ces mini mes
épargnes que l'U¡,,'Iox m_et tous les jours a profit, non
plus a l'avantage de l'Etat, mais a l'avantage des fa-·
milles qui trouvent ches elle, avec une sécurité absolue,

�2!i6
lieu a quelques kilometres
de Nantes, figura au concours régional de Cbar •
tres (mai t863), et au
concours régional de Rennes. 11 obtint, daos Ir. premier, une médaille d'or,
et, daos le second, la
grande médaille décernée
par le ministre de l'agriculture.
A la suite de ces concours, des expériences eurent licu a la Cerme impériale de Vincennes, au mois
J'aout. C'est apres ces nouvelles expériences que M.
Lotz Cut honoré de la
commande de l'appareil dont nous donnons les dessins, et
qui est acheté par
S. A. le vice-roí d'E-

L' 1LLUSTRATION, JOURN AL ONIVERSEL.

1 ABOUnAGE A U VA.PEOR. SYSTEME LOTZ¡ DB NANTES. - CHA RRUR A TRIPLE SOC

gypte.
Le nouvel appareil
compase : t 0 d'un
moteur locomobile, 2°
d'un chariot portant
la poulie de ren voi,
3°delacharrue.proprement dile, •• d'une
barrique a eau.
Le moteur, disposé
en locomotive, est de la
force de t 4 chevanx;
il peut marchersur une
¿-oute, ordiuaire aune
vitesse de O kilometres a l'heure.
Les treuils servant
a l'enroulement des
cables métalliquessont
montés sur le moteur
et entourent la chaudiere qui leur sert d'axe. Le moteur se place
sur le hord de la piece
a labourer; en Cace, a
l'autre extrémité, est
IIACBINB IIOTRICE.
le chariot portant la poulíe de renvoi; ce
chariot est auto-mobile.
La charrue,toute spéciale, esta deux ou trois
socs doubles, montés sur un méme axe, et formant deux corps équilibrés sur deux roues, a
l'aide desc;uelles on regle l'entrure des socs.
Elle est attirée alternativement vers le chariot
et vers le moteur ; achaque parcours, !'un de
ces appareils avance de 11 largeur du sillon
ouvcrt, Par ce moyen, le cable de traction se
trouve toujours dans la ligne droite du sillon
a ouvrir. Apres chaque sillon, les socs qui
viennent de travailler sont relevés, et l'axe bascule, en faisant une demi-révolution qui
dispose les socs opposés a repartir. Cette
manreuvre s'accomplit rapidement et saos
CBA RIOT DE RETOLR DE CA BLE.
peine.
Le personnelnécessaire pour le service de cet appaRÉBUS,
reilse composed'un mécanicien etd'un aide,d'un laboureur, d'un manreuvre pour le service du treuil.
Les avantages que présente le labourage a vapeur sont, entre autres :
La facilité de faire les opératious de culture en
toutes saisons; d'obtenir une culture bien plus proConde et bien plus efficace; d'ohtenir ainsi des récoltcs supéricures avec moins d'engrais; pour les
labours difficiles, d'avoir une force beaucoup plus
régulíere, et bien moins cbere que celle des chevaux et des breufs; de permettre aux fermicrs de
réduire le nombre des animaux de travail; d'agir
avec un personnel tres-restrei11t, qui ne retire aucun bra, a l'agriculture et qui ne force pas de
se procurer quand méme cenx qui manquent souvent
aux exploitations naissantes, et méme aux exploitaEXPIJCATION DO DERNIER RtBUS:
tions en pleine activité; de pou,oir employer l'appareil
C'est dans l'hi\•er que la charilé doit voler avec quelque
moteur a t1&gt;us les besoins d'une grande exploitation pour
raire marcber les instrumcnts d'intérieur, et l'utiliser zéle au secours des malheureux.

comme locomotive
.
cole i et moyen de :
tío~ sur les routes •
naires.
. Le prix de revicnt d'1111e
JOurnée de trav~l, a111or.
tissem_ent compris, est de
46 a 50 rr.
Cct appareil a été présq.
té au Concours internalio.
~al _de _labourage avapeur
1
mstitue par la Sociélé d'agricullure de Seine-et-llb,
ne, au mois de mai i86i •
• .
l
au concours regional de
Melun.
ET A DOUBLB EFFET.
La commission du q.
cours international 1
décerné a M. Lot&amp; 11.
né une médaille d'a,.
gent et une prime de
i ,ooo fr. Une médaiUe
d'or luí a été accordie
par le jury du COI·
cours régional de lle.
Jun.
L'appareil de labou.
rage a vapeur de 11.
Lotz est maintenaat
suffisamment perfec.
tionné pour etre employé avec succes. Des
essais récents, qui ont
cu lieu pendant bait
jours a Maisons-AICOll,
dans la belle forme de
M. Wallebled, ont cié
des plus concluants:
de l'avcu d'hommes
essenliellement coa,
pétents, le travail élail
irréprochable.
Cet appareil peal
soutenir hardimen~et
avec les chances d'ua
grand succes, la coaparaison que l'on ,011o
drai t établir uec les
machines anglailes
tant réputées; et nous souhaitons a M. Loll
de trouver daos le succes !ajuste récompena
des efforts et des sacrifices faits par luí poar
doter la France agricole du labournge o•
H. C.
peur.

Dimanche t6 octobre, il sera donné, •
PM.'C.ATELAN, une grande fete de bienfaisance
au profit de l'Association des Artistes mui•
ciens. - Pour la premiere fois, le puhlic d'élite de la capitale et les nombreux étraogen
qui se trouvent a Paris auront le privilége d'•
sister a ce spectacle unique, du a la bieave1llance de LL. Exc. les maréchaux Rsndal
et Magnan, et a la sollicitude toute pafer.
nelle du baron Taylor.
Organisé par les soins empressés d'une direclia
aussi active qu'intelligente, lepremier Festital di 'la
Cavalerie sera la solennité la plus imposante •
l'année i864c. M1LLE ARTISTES de toutes armes esécuteront les chefs-d'reuvre de la musique; et•
brillante Fantasía militaire avee les trompettead.
clairons couronnera, au bruit des salves d'a11illtric, cette Céte de I'Art et de la Charité.
Le cirque Napoléon a inauguré la saison d'IÍ'
,·er, le jeudi t3, par les débuts de deux élepbaiill,,
dont on dit merveilles.

Auc;. MAac, di~cteur-gérant.
Emit:. TEIIER ' rédacteur en wf.

-----,r-~

o

PABIS,-IIIP. DE L'ILLUSTR!TION, A, lfABC, U, RUB DE VBIN-

�</text>
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                    <text>L'ILLUSTR
.
.
ATION~
.
IOUBRAL UKIVEBSBL.

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Direetion , Rédaction , Administration :

,...,.1es
communications relatives au joumal, réclamations, demande•
de chan•ements d'adresse , doivent etre adressées franco a
... AUG.

0

Nº

1128.

Oetohre t 8tU.

L'adminislralion ne ripond pas des manuserils et ne s'en~age iamais ales insirer,

Les demandes d'abonnement doivent etre accompagnéea
d'un mandat sur Paris ou sur la poste.

Vu Jts traités, la lraduclion et la reproduclion i l'élrangcr sont ioterdite,.

SOMMAIRE.

Gravuru : Garde impériale me11ca10e : Régimen! beige Impiratrice
Gharlotle. - Bnlrée du maréchal Mac-Mahoo a AIJ:er, - Colonne sous

L'Ullée me1iuine. - Revue politique de la semaine. - Courrier de
TIIJ1ge. - Arritée du maréchal l\lac-!labon 11 !lger. - Correspond'Algérie. - Causerie dramatique. - Les lilas blancs ( nou•elle) 1uite. - Tableaux du Morvan: i propos de la pipée. - M. Perdioand de r.roze. - Les embellissemenls de Naples. - Mamrs et
lfpH d'au¡ourd'bui : Le gar~on de bureau. - Bulletin bibliograpbique.
- loau~uratioo de la stalue du général Pajol. - Établimmenl thermal
de la lrégate la Ville de Paris.

•uce

dellflt,
1outel•
ui ré-

JHARC, DIRECTEUR GÉRANT.

22e ANNÉE. VOL. XLIV.
¡samedi 8

BUREAUX : RUE RICHELIEU-, 60.

les ordres du colonel Pechot, opérant contre les Ouled.Sidi-Maosour. Torio. - Floreoce. - Fac•simile du porlrait de s. A. R. la jeune
princesse Marguerile de Parme. - Plan général d'un quartier nouveau
et d'un palais d'exposition sur la colline de Chiaja, a Naplea. - Palais
d'exposition a Naples. - Les vir.times de la mode, par Berlall (suite).
7 gravures. - Slatue du général éomle Pajo!, rnaugurée a Besan~on, le
!8 aoüt !86i - Échecs. - Rébus.

Ahonnements pour Paris et IMDépartemeots :
S moi• 9 fr.; - 6 mois, 18 fr.; - unan, 36 fr.; - Je numéro, 7&amp; c.
Ía collection mensuelle, 3 fr. ; le volume semestriel, 1~ fr.
A.DONNE~IENT8 POUR VÉTRANGER 1
Mémes prix ; plus les droits de poste , suivant les tarifs.
Les abono. parrent du I er no de cbaque mois,

L' ARMÉE

MEXICAINE.

GARDE IMPtRIALE.
IIÉGIMENT BELGE IMPtRATRICE CHARLOTTE,

Le régiment beige lmpératrice Charlotte, de la garde
impériale mexicaine, s'organise·aAudenarde, petite ville
de la province de Flandre orientale, célebre par son

l'S COll-

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~e tille,

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erroP'

GAROB WPÉRIALB Ml!llCAOO!: RÉGWBNT BELGB IMPÉRATRl{;B·GHARWTTE. - D'apres une pbotorraphie de 11111. Ghémar fr!res, p~otogrsphes du~Rol,

a Bruxellea.

�226

--

L'ILLUSTRATION , JOURNAL UNIVERSEL.

Hótel-de-Ville. Ce régiment est composé de deux hataillons a six compa~nies, l'un de grenadiers, l'~utre de
volti~eurs. Le cadre de ces compagoies, d'un effectif de
150 hommes, est celui des corps d'inf~nlerie de l'armée
helge sur picd de guerre: i capitaine, i lieutenant,
2 sous-lieutenants, í sergent-major, 5 sergents, i sergent-fourrier, 8 caporaux, 2 cla1rons et 2 tambours.
Grenadiers et voltigeurs ont, indistioctement, des tambours et des clairons a la fois. Ces derniers servent aux
signaux des tirailleurs.
Les grands et petits états-majors de bataillon et de régiment comprennent: pour le bataillon, 1 major, í capitaine-adjudant-major, í lieutenant ou sous-lieutenant
officier payeur, í médecin de bataillon, í adjudant, 1 adjudant-sous-officier, í caporal tambour, í caporal-clairon. Pour le régiment, í lieutenant-colonel commandant,
í major commandant en second, í capitaine quartiermaitre, í capitai ne administrateur d'habillement, í médecin de régiment, un lieutenant porte-drapeau, 1 lieutenant chargé de l'armement, un chef de musique avec
grade d'adjudant sous-officier, le nombre de musiciens
gagistes nécessaire a la composition d'un corps d'harmonie; i tambour-major, 1 sergent clairon.
Le régiment Impératrice Charlotte est commaodé par
le baron Alfred van &lt;ler Smissen, major daos l'arn1ée
beige. Cet officier clislingué, fils d'un officier général
qui servit sous le premier Empire, était aide de camµ du
ministre de la guerre, quand l'empereur Maxim1lien
l'appela au poste d'honneur et de confiance qn'il occupe
aujourd'hui. Le lieutenant-colonel, baron van rler Smissen, homme du monde accoropli, n'est pas étranger a
l'armée fran~aise. En 185-1, il fit, en volontaire et en
vertu d'une autorisalion royale, la campagne de la Kabylie. Attaché a l'état-major dn général Saint-Arnau&lt;l,
il fut décoré de la Légion d'honneur et mis a l'ordre rlu
jour de l'armée pour sa belle conduite a l'attaque du
col de Menazel, ou, daos une charge brillante des
chasseurs rl'Afrique, il tua deux Arabes de sa main.
M. le baron van &lt;ler Smissen est aussi chevalier de
l'ordre de Léopold.
L'01·ganisation du corps a été confiée a un lieutenant
énéral
en retra1te, M. Chapelié, qui fut pendant trente
6
1nnées gouverneur cte l'école militaire de Ilruxelles.
C'est a lui que cet établissement doit la haute renommée
dont il jc,uit en Europe.
Le recrutement s'est opéré dans l'armée et dans la
popnlation civile. L'armée a fourni les cadres, saos exception aucune, et un grand nombre de soldats. Parmi
les ~ous-officiers de toutes les armes s'est manifesté le
vií dé5ir de faire partie de l'expédition. Un grand nomhre ont abanrlonné leurs galons pour étre admis a l'incorporation. Ceux qui ont été mainten•Js daos leur grade
unissent anx aptitudes mililaires et a une condnite
irrilprochabte, les qualités physiques les plus développées, l'énergie et l'aclivité. Instructeurs accomplis, ils
ont promptement formé au maniement des armes et aux
manreuvres, les enrólés qui n'appartiennent pas a
l'armée.
Complétement équipé, armé d'une carabine Enfield
du calibre rle treize millimetres et d'une ba'ionnelte-sabre, le régiment lmprratricP. CharlottP. se rendra au
Mexique par tes bateaux a vapeur de Saint-Nazaire, en
trois df\tachements, échelonnés de mois en mois. Le
premier détJchement, composé de l'état-major du régiment, d'un état-major de bataillon, de !a musique, de
deux compagnies de voltigeors et &lt;le deux compagnies
de grenadiers, au grand complet de guerre, s'embarquera le 1G octobre prochain. Les homnws seront transportés a Saiot-Nazaire par chemin de fer et saos séjour. Des ralions alimentaires leur seront délivrées
dans les gares désignées a !'avance par l'admimstratJon
fran~aise.
Notre dessin. represente les uniformes de la troupe
daos les difft1rentes tenues de service et &lt;le ville. Les officiers, en petit uniforme, ont le ceinturon en cuir noir
et la tunique a brandehourgs et a olivPs noires sans
liserés, sans rouleur distinctive aucollet, aux parements
et aux pans. En tenue de campagne, ils ont la giberne
en handouliere, un revolver a six coups et des bottes
au-dessus du pantalon.
La giberne est aussi la marque de service pour les officiers.
Le bonnet de poi ice des sous-officiers et soldats, dont
le galon et le glan&lt;l, rle meme que les galoos de la tunique et le liseré du pantalon, sont rouges pour les grenadiers, verts pour )es lvoltigeurs, blancs pour les mu-

siciens, les clairons et les tambours, est orné d'un galon
de soie noire et d'nn gland &lt;l'or pour les officiers.
Officiers et soldats portent un plumet de plomes de
coq noires. Les tarr:bours, les clairons et les musiciens
ont le plumet blanc.
•
Les uslensiles de campemeot, marmites, gamelles et
bidons, outils, tentes, abri5, etc., ele., sont du modele de
ceu.x en usage daos l'armée fran~aise.
'
GusTAVE L ~WRE.
~

REVUE POLITIQUE DE LA SEMAINE.
L'Italie est calme, Tnrin est tranquille, et toutes les
correspondances s'accordent a dire que la convention
franco-italienne a été accueillie partout avec la plus
grande faveur. Le général La Marmora a mené a boniJC
fin la composition du nouveau cabioet, composé de gens
tres-honorables, et IJUÍ avaient déja pris part anx affaires : a peine iostallé, le cabinet a publié son programme, donl il est ioutile de faire ressortir l'importance daos les circonS\ances présentes.
« En assumant le gouvernemeot des affaires publiques
dans d'aussi graves circoastances, le oouveau ministere
se croit obligé de faire connaitre a la nation, de la maniere la plus claire et la plus explicite, ses intentions
sur la question prédominante qui préoccupe si vivement
les esprits et agite l'opinion publir¡ue.
&lt;&lt; Le cabinet accepte la convention récernment stipulée avec le gouvernement impérial de France, pour l'évacuation des troupes fran~aises du territoire pontifical,
ainsi que la eonditiori du Lraosfert de la capitale daos
un autre siége. Avec r,ette inleution et a cet effet, il soumettra, des la réouverture du Parlement, un projet de
loi aux Chambres.
« En meme temps, le cabinet a la conviction que des
motifs de haut~ coovenance politique et de stricte
équité imposent au gouvernement du roi le devoir de
proposer au Parlement' tous les tempéraments qui peuvent étre les plus propres a alléger les &lt;lornmages de la
ville qui cesserait d'etre capitale du royaume, sans
toutefois éloigner le délai fixé daos la couvention pour
l'évacuation des troupes fran~aises du territoire ponti0cal.
« Cette tres-nohle cité qui, au-dessus de toute pensée,
a toujours eu celle de l'avemr de la nation, saura donner a l'Europe, en cette circonstance, le splendide
exemple de ce calu,e digne qu'elle a toujours gardé
dans toutes les phases de la résurrect1on italienue, et
qui lui a valu les sympathies et l'approbation de toute
' la Péninsule et du monde civiltsé.
« Daos de teUes résolutions, qu'il se plait a croire
partagées par la tres-gr-ande majorité de la nation, le
ministere se presentera au Parlement avec la certitude
que les populations italiennes, péoétrées de la gravité
et des ,difficultés de la situatioo, attendront avec une
pleine confiance les votes de ce meme Parlement, et
sauront garder et cooserver cel accord de volootés,
cette foi inaltérable daos la couronne, qui ont été notre
force principale dans les événements glorieux accomplis
&lt;lepuis i 859 j us4u'a C'llte époque, et qui do1vant encore
étre le gage le plus sur de l'entiere réalisation des destinées de la oation. 1&gt;
On avait préten lu rue le Parlement, convoqué le
~4 octobre, se réuníra1t partout ailleurs qu'a Turin,
mais cela ne parait pas probalJle.
Le gouveroement italien est parfaitement en mesure
rl'assurer la liberte rles délibéralions du Parlement, a
Turin aussi bien qu'a11leurs. Le général de La Marmora
et ses collegues sout des hou111,es tres-fermes, qui ne
tolereraient pas des désordres daos la roe. De plus, il
n'y a pas a craindre que ta populat1on turiooise essaie
d'1mposer son opio ion au Parlement. D'ailleurs, les trouble·s du ~1 et du 22 septemhre n'ont éclaté que parce
qu'on ne les croyait pas poss1bles, et que la nouvelle du
changement de capitale, jetée com.me uue bombe, avait
troublé tous les espr1t.s.
Les termes de la discussion politique n'ont jamais étl\
mieux posés. Les ennemis de la convention déclarent
qu'elle est une renonciation formelle a R1me; mais la
masse du puhlic vo1t daos celte convention la chute,
daos un tem¡ls dooné, du pouvoir temporel.
Un document également tres-importaot a été publié
par le Moniteur. C'est la déreche de M. Drouyn de
Lhuys a M. le comte de Sartiges, ambassadeur de
France a Rome.

Le ministre croit que le moment est venu d'etaminet
lt. nouveau la position que nous occupons a Rome• U
r:ippelle les considérations qui ont conduit daos la
tale du monde chrétien le dr:ipeau de la France, ~
le gouvernement n'a jamais pensé que la situatioo que
la Fraoce ti,ent a-Rome depuis quinze ans dut étre permanente.
An commencement de í859, le saint-pere avait fait,
de sou cóté, la proposition de fixer a la fin de cette année l'évacuation du territoire gardé par nos troupes,
mais la guerre qui éclata alors en ltalie ne permit ~
de donner suite a cette proposilion. 11 fut conveou ce.
pendant IJUe les troupes se retireraient au mois d'aoot
1860, mais les troubles qui survinrent empéchereot encore une fois l'exécution de la mesure.
Cependaot le gouvernement fran~ais coní.inue a,oir
daos la présence de nos troupes a Rome un fait eicep.
tionnel. « Combien de raisons, en efTet, dit M. Drouya
de Lhuys, n'avons-nous pas de souhaiter que l'occupa.
tion ne se prolonge pas indéfi nimeut? Elle constitoe na
acte d'intervention contraire a l'un des príncipes food¡..
meotaux de uotre droit public, et d'autant plus difficile
a justifier pour nous que notre but, en prélant au Piémont l'appui de nos armes, a été d'affranchir l'ltalie de
l'interventioo étraugcre. »
Le ministre sigoale en3uite les inconvénients gra,es
qui résultent de notre positioo a Rome, inconvénie1111
que les agents fran~ais les plus sincerement dévonéR ao
saint-siége ne sont pas parvenus a écarter : conflits de
juridiction, différence des points de vue politiques, ete.
Les deux gouvernements n'obéissent pas aux mémes
inspirations et ne proccdent pas d'apres les mélllfS
principes. « Notre conscience nous ohlige trop souveoU
don ner des conseils, que trop souvent aussi celle de la
cour de Rome croit devoir décliner. &gt;&gt; Cependant, malgré ces ioconvénients, le gouvernement fran~ais n'a PIS
voulu se détouroer de la mission qu'il avait acceptée.
Tant IJUe le cabinet de Turin semblait vouloir tr.in~porler a Rome la capitale de l'Ital,ie, le go11vernemeot fra.
~ais pouvait craindre que le rappel de nos troupes ne
rut suivi de la chute du pou voir pontifical. Mais l'apaisement des esprits s'étant fait en ltalie, et le gouveroement italien ayant fait depuis deux aos Lous ses efl'olls
pour fa1re di,;paraitre les deroiers débris d'as5ociatiom
redoutables, en donnant a sa politique envers le ~aiotsiége une atlitude plus en harmonie avec les devnin
internationaux, et en choisissant Florence pour capitale
de l'ltalie, il n'y a plus de raison pour que l'occupalioa
de Rome par les troupes fran~aises se prolonge plm
longtemps.
)l. Drouyn de Lhuys ajoute qu'apres avoir obtenu de
l'ltalie les garanties en faveur do saint-siége contre les
attaques extérieures, le gouvernement fran~ais senil
heureox d'aider le gouvernemeut pontifical a former
une arrnée assez bien organisée et assez nom breuse J)'JW
faire respecter son aulorité il l'intérieur. Ses ressoul"lllil
actuelles ne luí permettant pas de subvenir a l'entreliea
d'un effectif considérable, des arrangements a premhe
déchargera1ent le saint-siége d'une partie de la delle
dont il a cru de sa dignité juaqu'ici de servir les intérets.
« Rentré ainsi en possession de sommes importaotes,dil
eu term111ant le ministre des afTaires étrangeres, défena
au dedans par une arrnée dévouée, protégé au deboll
par les engagements que nous áurions demandés a!'Ita•
lie, le gouvernement pontifical se retrouverait placé dus
des c,ooditions c¡ui, en assurant son indépendance el 11
sécurité, nous permettraient d'assigner un terme i la
préseoce de nos tróupes daos les États-Romains. »
pans celte dépeche du ministre des atfaires étrall·
geres, les convenances politiques sont observées anc
scrupule, les difficultPS et les écueils eludés avec adressei
les choses vives dites avec une paríaite modératioa;
~ais quelque grande que soit l'habileté de M. Drouya
de Lhnys, on ne peut se dissimG.ler que le documenl,
signé de luí, est ia condamnation la plus formelle d_l
pouvoir temporel. On se demande commeot, aprcs a,oir
dressé un pareil acte d'accusalion, M. Drouyn de LhllYI
peut croire encore qu'une armée, recrntée n'importe ~
et corn posée de mercenaires, sera assez forte pour maiDtenir l'autor1té rlu pouvoir temporel du souverain ~
tife? Daos te cas oú l'armée pontificale serait implllf'
sante, a qui reviendrait l'héritage de Rome, sinon l
l'unité italienne, et alors pourquoi le gouveroeinell
fran~ais signe-t-il avec le gouveroement italien une COI"
vention ou il est dit que Rome ne sera jamais la ~
tale de l'ltalie? ~ous ne prenÓns pas partí púlll' 81

dp¡

-

L'ILLUSTRATlON, JOURNAL UNIVERSEL.

·--- - -- - -

227

cootre la traoslatioo future de la capitale a Rome,' mais nemeotation sobre, a l'architecture robuste : une église- Jesté qui me l'a prouvé clairement. 11 y a, en province,

voudrions voir, dans les docnmcnts officiels, un
peu plus de logiq ue, ~t peu~-étre de siocérité.
Le Moniteur a auss1 pubhé un rapport du maréchal
Randon sur l'état sanitaire de l'armée. Lr. fait saillant
qui s'y trouve consigné est celui-ci : en 1846, la mortalité était, pour les troupes de l'iotérieur, de dix-neuf
déces pour í ,000 hornmes, et en Algsrie de soixautequatre, En {862 et en 1864, les deux chiffres soot tornbés
¡ dix ¡iour l'intérieur, a douze pour l'Algérie. M. Je marécbal Randon fait remonter le mérite de cette amélioralion daos la santé des troupes, au nouveau mode de
recrutement, qui date de la loi sur la dotation de I' armée, et qui a pour effet d'augmenter, daos une forte
proportioo, le nombre des hommes servant plus de sept
ans. Or, les tables statistiques, dressées par le service
de santé militaire, établissenLqne, parmi les hommes
.qui coruptent de un an a cinq ans de service, la proportion de la mortalité varíe entre treize et neuf pour
cent, 'taodis qu'elle n'est que de cioq pour cent r,armi
les sous-officiers et les soldats qui coruptent de sept a
quatorze a.ns de service.
L'extension de l'enseignement supérieur vient d'étre
l'objet d'une circulaire de M. le ministre de l'instruction
publique, reproduite également par le Moniteur. M. le
ministre pense que dans chaque circonscription rectorale ou se trouvent de populeuses cités, rapprochées du
centre par les chemins de fer, les professeurs de la faculté pourraient faire, hors du chef-lieu académique,
des le~oos daos le geore de celles qui ont ea lieu, l'hiver
deroier, a la Sorbonne. Nous reviendrons sur cetle circalaire de M. Duruy.
Les journaux de Madrid rendent comr,tent de l'arrivée
de la reine-mere Marie-Christine, et constalent la grande
cordialité qui a présidé a l'entrevue des deux reines
apres une si longue séparation.
0005

EDMOND TE.IIER.

COIJRBIER DE '1O'1'.A.GE.

Béziers. - Saint-Nazaire. - Le paysage. - Les bourgeois
de Béziers en 18li4. - Le Béziers neuf. - Le théAtre. Deux médaillons-énigmes. - Les r.afés. - Pas de citron. - Charlem,,gue. - Salon biterrois. - Narbonne.Un jeune musée d'avenir. - A propos d'une copie de la
Tr1msfiguratin,,. - Du danger de préter un tableau de
milre. - La cathédrale - Le tour des remparts. - Les
JWa de Narbonne. - La maison des Nourrkes. - Rue
lhw. - Carcassonne i.mpossible

11 y a dP.s noms qui vous attirent: j'avais toujours eu
eo'fie de voir Narbonne : le miel n'était pour ríen daos
mon désir, mais le souvenir de Rome y était pour beaucoup : il semble toujours qu'une colooie de l'immortelle
,me doit avoir gardé quelque chose de la mere patrie,
et e'est ce quelque chose qui séduisait mon imagination
et piquait ma curiosité.
Béziers était sur mon chemin : Béziers, lacouraaeuse
c_1te qui pr1t part1 pour les Albigeois, et plutót que de
livrer ses alliés, préféra encourir la colere du légat
pontifical; or les légats avaient la main lourde, en ce
temps-la.
Un eothousiaste écrivait jadis un vers latín qui signi6ait: • Si Dieu reveoait sur la terre il voudrait habiter
Béziers. » Je n'étais pas faché de savoir a quoi m'en teoir sur les agréments de Béziers, et je me m'y suis ar..
•

•

•

•

•

l)

rité.
La ville est batie sur le sommet d'une haute colline,
et nn faubourg y conduit'par une pente assez raide:
~oand le soleil chauffe a trente degrés, la montée n'est
PIS précisément un plaisir.
Des quartiers populaires et marchands, on peut dire
qoe ee sont de vieux quartiers, mais voila tout · des rues
étroites et tortueuses, pour la plupart, beaucou~ de paul?es boutiques et quelques magasins élégants, ce qu'on
troo,e partout en province, mais point ce qu'on aime
1 "! trouver, c'est-a-dire une physionomie originale, un
Clractere apart.
Saint-Nazaire, ou se passerent au moyen age de si
~glantes tragédies, esta l'e1trémité rle ces vieux quartiera et du plateau qu'ils couvrent, et qui, de ce cóté-la,
to~be presque a pie daos la plaine. Vue d'en has, l'égl11e, coostruite sur une terrasse soutenue par de gigan11.8qnes murailles, a tres-grand air: de pres, l'effet d1minue; c•e~t encore pourtarit un tres-noble édifice, admil'lblement conservé, au.x lignes males et séveres, a. l'or-

forteresse nu les créneaux ne manquent pas, bon ne ponr mainte ville ou un coiffeur, pour attirer la pratique, -la priere et pour le combat, et comme on en vo1t plus pardon, messieurs les coiffeurs, c'est clieotele que je
d'une daos le Midi.
voulais dire, - aurait tenté de séduire le public par ces
JI s'eo faut que l'intérieur soit simple comme l'exté- mots : Salon parisitm. Charlemagne, luí, connait ses
rieur; il a sacrifié ¡a la pompe du dix-septieme et du dix- concitoyens; il sait a merveille que le prestige des éléhuitiemesiecle: le chreur s'est alourdi d'une de cesflam- gances étrangeres ne les éblouira pas, et il écrit brave-•
boyantes décorations de marbre, le maitre-autel d'une ment sur son enseigne : Salon biterrois.
de ces gloires d'or qui font dire anx badaud~: « Queo'est
Narbenne n'est qu'a une heure de Béziers.
riche ! » et au.x gens de gout : &lt;&lt; Que c'est laid ! n
Je suis alié tout d'abord au musée, somptueusement
Qe la terrasse de Saint-Nazaire, le regard plane surune logé daos l'ancien palais des Archevéques, un tres-bel
campagne d'une fécondité merveilleuse; des monta1mes édifice du moyen age. Un des archeveques fit magnifid'une belle couleur et d'une belle forme termioent l'ho- quement décorer ce palais en 1634. Le plafond d'une des
rizon lointain : le canal du Midi et la rivicre d'Orb bai- salles a élé peint par un maitre italien, et vaut, a lui
gnent le pied de la colline, et on les suit a travers la seul, la visite.
plaine, ou ils couleut entre des lignes de graods arbres
Le musée de Narbonne est un jeune musée qui n'a
aux ombrages magnifiques.
pas plus de vingt-neuf ans; mais, grace a la libéralité des
La riviere d'Orb coulait a pleins bords, ce jour-111; habitants, au zele, a l'intelligence et aux soins de
comment le soleil ne buvait-il pas d'un coup cette eau M. Touroal, le directeur, il est en bon chemin de faire
transparente? il devait avoir si chaud!
parler tres-honorablement de lui. 11 renferme des débris
En voyant une des principales places de la vieille ville romains, une mosa'ique admirablement conservée, des
couverte de gens discutant avec animation, j'ai soogé bas-reliefs des premiers a.ges du cbristianisme, tres-diaux tumultueuses délibérations dPs bourgeoisde B.éziers, gnes d'etre étudiés, et des sculptures de la Renaissance
au temps de Raymond de Toulouse, et je me suis ap- d'un travail exquis.
proché d'un groupe animé; on y faisait des affaircs de
Parmi les tablean~, j'ai vu un chef-d'reuvre de Rubens:
vio : j'étais tombé au milieu d'une bourse vinicole.
Jés11s chez Marthe et Marie. Les accessoires ont été peints
Ailleurs, dPs paysms vendaient et achetaient des par un peintre de nature morte hollandais. H y a quelveaux et des cochons; et un marcband forain, trcs-élo- ques charmautes petites toiles de Téniers ou de son école,
quent, offrait aux Biterrois un hahilltment complet : et le portrait d'une demoiselle Catellan, maitresse des
paletot, gilet et pantalon, pour trente-six francs.
jeux ílorau:x, qui était bien la plus jolie et la plus graPres dela se tenail une fo,re: c'étaient,comme partout cieuse pocte qu'ou puisse imaginer.
ailleurs, des boutiqJJes ambulantes de confiserie a bon
Daos la grande salle est placée une bonne copie de la
marché, de petite bimbeloterie, de porcelaines commu- Transfiguration, destioée a consoler Narbonne de ne
nes : il y avait quelqnes baraq ues de montreurs de cu- point posséder l'origioal.
rio5ités et de ¡.,hénomenes. Sur la toile d'une de ces baC'était, en eifet, pour Narbonoe que le pape, qui vouraques, on voya1t, dads l'un des cornpartiments, un pho- lait du bien a la ville, avait commandé le tableau a Raque jouant du tambour de basq ue, et daos l'autre le phael; mais, l'reuvre achevée, il la trouva si belle IJu'il
meme phoque jouant de la harpe. Mais l'entrepreneur la gard a. Plus tard pour dédommager ces pauvres Nardu spectacle, en homme habile qui connait la province hoonais, il leur envoya une Resurrection de Lazare de
de nom, s'était bien gardé d'appeler son musicien tout Sébastien del Piombo, pour le maitre-antel de la cathé'
simplement un phoque : ce homme de mer ,, avait bien drale. Mais, voyez le malheur: il &amp;e trouva que le tameilleure tournure, et Buffon s'y prétant, c'était une hleau de Sébastien élait un chef-d'reuvre aussi; on le
lionne de mer qu'il pr~sentait au public.
demanda d'Angleterre pour le faire copier; Narhonoe
Des Albigeois, pas un mot.
le préta. On le copia, en effet, seulement, ce ne fut pas
Je vous dénonce Béziers : Iléziers a formé le projet de la copie, ce fut l'origin;¡l qui resta en Angleterre •
devenir le plus possible un petit Paris.
et voila comment, au lieu d'avoir un original de Ra~
ll batit, batit, batit sans treve ni repos, et dans ses pbael, Narbonne n'a que la copie d'un Sébastien del
maisons nouvelles, pas une pierre qui ne soit taillée, Piombo.
sculptée, ciselée; en Dléme temps qu'il hatit, il plante;
Je souhaite achaque musée de Franre un gardien
il a déja un square a la derniere mode, dont la statue de comme celui du musée de Narbonne; outre que ce n'est
Riquet occupe le centre, et je suis sur qu'il ne s'en tien- poiot un cicerone importun et havard, c'est un homme
dra pas la.
qui a l'amour de son musée et le gout des belles choses:
A l'extrémité de la promenade s'éleve le théatre, qui a il a créé une collection de céramique qui n'est pas une
vingt ans, et en parait deux 011 trois tout au plus. Point des moindres curiosités du palais rles Archevéques, et ¡¡
de colonnes, de larges escaliers, de frontoo triaogulaire, esta l'affut de toutes les bonoes occasions qui se présenrien qui rappelle l'Odéon. Un petit style coquet, gentil, tent de l'enrichir.
avenaut, qui scandaliserait fort, j'imagi'ne, les surviLa cathédrale de Narboone n'est pas finie : elle avait
vants de l'école nob/P.
été con~ue sur un plan tres-grandiose. On se mit a l'reu11 y a, sur la fa~ade de ce théatre, deux bas-reliefs en vre; on batit le chreur et une partie de la nef, et puis le
terre cuite; a droite et a gauche de ces bas-reliefs, un zele se refroidit, ou bien !'argent manqua; peut-étre
médaillon ; les deux médailrons de droite sont les pro- aussi les guerres et les dissensions, si communes au
fils de Corneille et de Moliere : en face de Corneille, un moyen age, tournerent les esprits ailleurs, et les piliers
contemporain, en face de Moliere, un autre contempo- commencés s'arréterznt daos leur élan hardi, et les ares
rain. Chacun de ces deux messieurs regarde son vis-a- des ogives ne se rejoignirent pas,et les courbes des voti.vis en face, et ne parait pas embarrassé du tout de sa si- tes demeurerent suspenclues daos les airs; au premier
tuation. 11 m'a été impossible de mettre un nom sur la moment, on croirait a une ruiue, ce n'est qu'un comfigure de ces de ux hommes iotrépides.
mencement; l'achevemeot viendra-t-il jamais?
D'JJ.n cólé &lt;ie la promena&lt;le il n'y a que des cafés; on
Non, sans doute, et ce sera grand dommage, car ce
se croirait sur le boulevard des Italiens ou sur le boule- qui est complet est d'une grace, d'm1e él~gance, d'une
vard Montmartre. Senlement, dans un de ces calés, qui a,udace facile et heureuse, qu'on ne saurait trop louer.
porte un nom fort reteotissant, j'ai demandé de la limoCherchez daos la pénombre de la nef la chapelle du
nade, et le cafetier m'a répondu : &lt;&lt; Je n'ai pas di:: ci- Saiot-Sépulcre, vous aurez plaisir, j'en suis sur, a regartron. »
der les deu:x soldats auxquels a été confiée la garde du
Cela m'a fait plais1r; il n'y a pas un café a París ou tombeau. lis ont l'air si ingénu et si naif, en dépit de
l'on ne trouve du citron Béziers a done encore quel- leur barbe et de leurs moustaches, il- ont une si honque chose a envier a París.
nete iigure, rouge et luislrnte, avec des yeu.x noirs si
Entre deux marquises de café, j'a1 ,u ces mots écrits étonnl!s! Ah! voila dtl braves gens, que ce qu'ils vont
en grosses lettres : Chal'lemagne, coitfeur.
voir ne manquera pas de surprendre beaucoup.
Ah ! pour le coup, voici qui nous humilie : nous
Je vous disai&amp; que le musée de Narhonne avait été
avons Mojesté; c'est quelque chose, certainement, mais il commencé il y a vingt-neuf ans seulement, je rue tromy a majesté et majesté, et je connais des majestés qui pais, et de beaucoup; c'est le roi J&lt;'ran~ois 1er qui J'a
ne sont pas IJien grosses; tandis oue Charlernague ! Que fondé, il y a plus de trois siecles, mais, je crois bien,
n'ai-je eu le temps de me faire accommoder par Char- saos le vouloir et sans le savoir, tout ami des heauxlemagne!
arts qu'il etait.
A Béziers, l'on est fier, et l'on trouvc que le gout de
Sa Majesté avait jugé a propos d'entourer Narbonne
Béziers en vaut-bien un autre: c·e~t l'enseignc de Ma- d'une enceinte de murailles, pour le mettre a l'abri

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L'ILLUSTRATlON, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

pas ni ne faisais paitre, mais je passais, cela était hors \ souci d'etre écrasé. - De temps en temps, vous re;d'une attaque. On creusa des fossés, et en les creusant
de doute, done j'avais encouru un proces-verbal. O ¡me odeur de vio nouveau; ce sont de braves gens~
on mita découvert une quantité prodigieuse de débris
contravention ! contravention ! qu'il est qif6cile de J¡e font la pressée en pleine rue,
41li
antiqucs, des tombeaux, des autels volifs, des fragments
pas t~ ren~ogtrer sµ,r 1~ ~Ql d~ mHre bel le fr;nrne 1
11 parait que les touristes sont plus rares, a Narbonne
de frise et de corniche, des bas-reliefs, des inscriptions.
,
d
,
~
- Ah! l'heulée de l'Ober.
• reuse pensée, me
land : un petit
direz-vous, qu'agar~on, devant
vait eu.e le roilequel je Passais,
chevalier de form'interpella poUt
tifier Narbonne !
me demander si
Et l'on ne man..
je n'avais pas de
qua pas , sans
lettres. A ma sadoute, de rascoche de voyage
sembler toutes
il m'avait p~
ces précieuses
pour un facteur,
trouvailles, et de
A moins qoe ce
leur donner asile
gamin narboodans quelque panais ne ftit 00
lais magnifique
jeune fárceur
que vous allez
qui voulait se me:
nous décrire?
quer de moi.
- Vous n'y
Au bout de la
eles pas.
ville , daos une
Les pierres de
rue solitaire, je
construction coume suis troové
tent cher : i l faut
en face d'un véles aller cbercher
ritable bijou da
seizieme siecle,
dans la carriere,
C'était une fenéJes.amener sur le
chantier et les
tre dessinée uee
un gout irréprotailler; on avait
sous la main des
chable, et seolptée avec une ft.
pierres, voire des
nesse et une sonmarbres touttailplesse de cisean
lés, et il ne resmerveilleuses: le
tait que la peine
vieux Louvre n'a
de les mettre en
ríen de plus riplace; c'était auche et de pl111
tant de travail
délicat. Une autre
d'épargné; on ne
fenetre voisine,
manqua pas de
d'une ornemeoprofiter d'une si
tation différente,
bonne aubaine.
est aussi un chef.
Et voila comment
d'reuvre. Lamailes murailles de
son sur laquelle
Narbonne sont
s'ouvrent
ces
tout incrustées
deux
ravissanta
d'aigles, dü guirfenetres s'appelle
landes, de che1
a M.aison da
vaux, de chars
Noumces : cinq
et de guerriers!
caricatures, qui
C'est plaisir de
décorent l'uoe
faire le tour de
d'elles, expli·
ces murailles-la.
quent ce nom.
La belle et puis
N'allez pas ,oos
sante végétation
figurer de grosses
des fossés vous y
fillP.s, coiffées ala
invite. Je n'ai
mode du pays de
point résisté a la
Caux, et donnaol
tentation. Pas un
a téter aun mai~
canon sur les
lot
; non, ce sont
remparls, pasune
áes
c.réatures
sentinelle, pas
moins
femmes
une barriere,
que
chimeres,
el
rien qn'un mouqui ne sont nourlin a vent qui ne
rices que partt
se donnait meme
que l'artiste les
pas la peine de
a fort libéraletourner ses ailes
ment pourvues
pour effrayer les
de ce qu'il faul
esprit~ faibles !
pour l'etre.
Oh ! les bonnes
En regardanl
et hospitalieres
ces
reuvres el•
fortifications, me
quim
d'un géqie
disais-j e, qui ne
mconnu,
j'avail
songent pas a
oublié
l'heure.
empecher Bles
Je m'engageai,
gens de faire une
ENTRÉK DU MARÉCH!L lll!C•lll!HON A. A.LGl!R. - D'apréi; un croquii de M. Houet.
pour regagnerla
agréable proroenade !
1e rentrai dans la ville : une bonne petite ville bien gare, dans une rue dont les nombreux méandres
Au moment 011 je me réjouissais de cette humeur inm'inspirerent quelques inquiétudes : en levant la úte,
dulgente, je me heurtai presque a un poteau ea avant tranquille, 011 personne n'a l'air pressé, ni affairé, 011 par hasard, je lus ces deux mots a une encoignure:
de la porte de Béziers; je levai la tete, et sur une plan- les femmes travaillent et causent, assises devant la roe Droite. 11 n'y avait pas a en douter, c'était la pi~
che je lus ces mots: (&lt; Défense de passer, de laver et porte des maisons, 011 les marchands attendent pa- administrative; et (&lt; Rue Droi(e » était officiel, en dépil
de faire paitre sur le terrain du génie militaire, sous tiemment la pratiq•1e snr le seuil de leur boutique, 011 des apparences.
peine de proces-verbal. » Je ne lavais pas, je ne paissais les voitures et les chevaux ne vous donnent pas grand

. .

m~-

I

,/

,

229

�L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

230

Done la ligne &lt;\roite n'est point du tout, a Narbonne,
ce qu'elle est a Paris. Ah! la belle cbose que les voyages, et comme on s'in~truit en courant le monde!
Je n'élais qu·a douze lieues de Carc~s~onne, et Dieu
sait si j'avais !'envíe de voir la cité du moyen age, célebre entre toules, r¡ue couronnent cinquante tours:
une ville gotbique sur une vi lle romaine ! Mais hélas !
ces ilouze lieues, il m'était interdit de les faire; j'avais
promis d'etre ailleurs ce soir-la.
Et je n'ai pas m Carcassonne 1

X.

FEYRNET.

ARRIV&amp;K DU l!R8CHAL DX IAC-IAH0!f AAl GXR
Le i 9 septembre, arrivait a Alger le marécbal MacMahon, nouv~au gouverneur de l'Algérie; des drapeaux
flottaient a to utes les fenetres; la rue de la Marine était
pavoisée d'un bout a l'autre; sur la place du Gouvernement, des mats s'élevaient, chargés d'oriflammes et décorés d'écussous aux armPs de France.
Un vaste pavillon tendt1 de drapeaux fran~ais, italiens,
espagnols, et surmonté d'un aigle immense, avait été
élevé en avant de la porte de France. Des couronnes
rle lauriers encadraient des écussons qui porlaient les
inscriptions suivanles : France, Algérie, Magenta, Malakof(, So/ferino, Kabylie, Crimée, ltalie.
La foule se pressait daos les rues. On voulait recevoir
dignement l'illustre maréchal auquel est confié le gouvernement général de l'Algérie.
A huit heures moins cinq minutes du malin, le stationnaire tirait trois coups de canon; le navire qui
portait M. le duc de Magenta était en vue d'Alger. A ce
signal, la milice prenait les armes, les troupes de la
garnison venaient se masser a la Marine, sur la place
du Gouvernement et devant le palais du Gouverueur.
Les autorités civiles et militaires se rendaient au lie 11 du
débarquement pour recevoir M. le Gouverneur gé..
néral.
A neuf heuri:s, la frégate la Thémis entrait daos le
port, saluée par une salve de quinze coups de canon.
M. le sénateur général de Martimprey, gouverneur
général par intérim, M. le général Oesvaux, sous-gouverneur, et M. L11p1ine, secrélaire général du Gouvernement, se rendaient a bord pour prendre les ordres du
maréchal.
A neuf heures et demie, les batteries de la marine saluaient le moment oti. M. le d1Jc de .Magenta mettait le pied
sur le sol africain.
Le maréchal a été re~u sous le~ voutes de l'amirauté
par les autorités civile8 et militaires. Le maire d'Alger,
M. Sarlande, a la tete du Conseil municipal, ayant a ses
cotés le maire de Blidah, attendait le Gouverneur général a la porte de la cité et luí a adres~é un discours.
Son Exc. a répondu en quelqúes mots.
« Vous me connaissez toas, a dit le marécbal, vous
pouvez compter sur mon concours dévoué. Mon passé
vous répond de mon avenir. ,,
L'escorte du maréchal était composée d'un peloton de
la milice acheval, de cinq brigacles de gendarmerie,
de spahis et de chasseurs d'Afrique.
Le maréchal était a cbeval, accompagné d'un nombreux état-major.
Sa marche a été une ovation. 11 a été accueilli partout,
sur son passage, par de chaleureux vivats et de vives acclamations.
Arrivé au palais du Gouvernement, le maréchal a
re~u l'éveque d'Alger, la Cour rl'appel et le Tribunal, les
chefs de service des administrations, et les fonctionuaires
musulmans.
Le m:i.réchal a eu un mot bienveillant pour tous.

CORRESPONDANCE D'ALGÉRIE.
AU DffiECTEUR.

15 septemhre.

Les dernieres nouvelles annoncent que le mouvement
combiné du général Martineau et du colonel Pechot
dans le Nador a eu le résultat qu'on en attendait.
Les Ouled-Sidi-Mansour, les marahouts des OuledKhelif, qui avaient amené les contingents ennemis dans
le Tell, une fraction des Harrars et la majeure· partie

rles &lt;lissidents d11 cercle d'Ammi-Moussa ont été atteints. nulle que le sien. Il n'y a pas que les dracs pour Pl'lliLeurs troupeaux, leurs teotes, 400 de leurs femmes sont quer le dévouement.
restés entre les mains des·troupes. Pres de 500 combatEncore un acte, encore un succes au théatre de ro.
tants, refugiés dans les parties dif'ficiles de la montagne, déon, et cette fois, du moins, nous ne nous plaindrons
ont été entourés par nos colonnes et ont succombé.
pas que le développemenl de la piece excede la valeur
Nos perles ont été insignifiante~, graee aux mesures du sujet. 11 y en avait long a dire sur les meres terribles
prises po~r faire concourir a l'opération, malgré les dis- opposées aux enfants terribles, et pri~es dans le mé~
tances et les &lt;lifficultés de toute nature, des forces con- sens. Mais toul le monde n'a pas, en pareille matiere
sidérables.
l'heureuse et brillante facilité d'un Gavarni.
'
Les
auteurs
de
la
nouvelle
piece
de
l'Odéon
ne
son
Agréez, etc.
Pour extroit: P. PAGET.
pas de l'école de ce profond et cruel observateur; ils ap.
partiendraient plutot a celle du bonhomme Picard, dont
leur comédie rappelle l'ordonoonce, le style et les Principaux procédés. De plus, c'est, comme ce dernier, dans
C.tll.DH:RDII lll&gt;HIJ~TDQUI,
le plus petit monde, qu'ils ont placé leur centre d'observation
et choisi leurs personnages, dont la trivialité ellt
Le théatre du Vaudeville vientd'emprunter au dernier
mieux
convenu,
peut-etre, a la scene des Variétés qn'au
ouvrage de George Sand l'idylle la plus poétique de ce
second
Théatre
•
Fran~is.
mcme Thédtre de Noha11i, que j'annon~ais dans un de
MM.. Dergeret et lJucoudray sont deux meres qui aimes derniers articles; et je ne faisais pas que l'annoument
leurs filies, mais qui les aiment comme peu,ent
cer, j'osais prédire que ce Théátre de Nohant deviendrait
aimer
des natures saos élévation, sans culture et IIIJll
avant peu le thM.tre de tout Paris; et voila, - sera is-je
tradition,
c'est-a-d1re sottement, aveuglément, terribleprophete daos mon pays? - '{Oila que le Drac, comédie
ment. Quand ces fllles étaient en has a.ge elles s'en sont
fantaslique en trois actes et quatre tableaux, est repréfait des poupées; plus tard, au lieu de príncipes, elles
sentée au Vaudeville, oti. il a, comme de juste, réussi.
Entendons .. nous bien, cependant: il y a succes et suc- leur ont donné des le~ons de coquetterie; elles les ont
ce~. Nous avons le succes d'élite, le succes immense, le bourrées de ces talents superficiels qui feront plus tard
succes fou, le succes de vogue, le succes de !armes, le damner leurs maris. Enfin, l'heure de chercber ces masuces de rire, le succes de scandale, le soeces d'estime; ris étant venue, les voila qui se livrent a cette chas.,e
sans pC1ursuivre une énumération qui pourrait etre in- avec cette fougue, cette impudeur sauvage qui, dans le
terminable, avouons fraochement que le Eucces du Drac grand monde, se dissimulent sous des formes décentes,
est un soeces de déférence, et, a ce titre, un soeces et ailleurs s'étalent avec une naiveté qui serait repoussante sur un théatre, si le talent ne la rendait gro~
mérité.
Ce qui a réussi, en effet, au théatre du Vaudeville, que, ou du moins n'en écartait l'odieux jusqu'au dénoument.
c'est, avant tout, le nom de George Sand. Qnant a la
Chez nos deux meres, le sentiment le plus respectable
piece, t•impression qu'elle me semble avojr généralede
tous s'est exalté, on le sent, par une émulation de
ment produite, a la premiere représentation, c'est une
vieille
date. Contemporaines, voisines, nées et grandies
sorte de désappointement, que j'attribue au changedans
un
merne milieu, elles ont pu s'aimer dans leer
ment qu'elle a subi pour passer du livre a la scene.
jeunesse,
comme s'aiment aujourd'hui leurs fillP.s; naiOans le livre, l'auteur explique, en avant-propos, et
vement, sans arriere-pensée; mais bientot, mariées l
~a et la, comme quoi son Drac est une sorte rle lutin deux imbéciles, - on en voit un échantillon, - l'aaquatique, qni, par amour pour une jeune Provengale,
mour maternel en quoi s'est fondue toute leur ame, a revetu la forme hnmaine, et s'est soumis anotre compeu de chose, - l'amour maternel, le plus absorbant
mune destinée. - Dans la piece, un prologne en vers
des amours, en a fait peu a peu des rivales de tous les
semble ajouter aux simples motifs du lutin des mes
jours, de toas les instants. De la, entre elles, une guem
abstraites a la hauteur desquelles l'action a le défaut de
s'&gt;urde toujours, une guerre ouverte souvent; des mines,
ne pas s'élever.
des contre-mines, des stratagémes, des éclats, que les
Ce n'est pas tout. Ce arac, si gratuitement amourP.ux
auteurs ont dtl étudier sur le vif.
d'une petite filie, bien moins intéressante dans la nouPeut-etre y aurait-il eu plus d'art a donner am
velle piece que daos l'ancienne, 11 n'est franchement ni
deux meres, et meme a1Jx deux filies, des caraeteffll
follet ni homme; il a conservé de sa premiere nature des
opposés P.ntre eux, mais cela nous eut jetés en pleioe
pouvoirs étranges, surnaturels : il endort celle-ci d'un
grande comédie, et nous n'avions pas de si hautes prégeste; ií fait prendre a celui-la des coquillages pour des
tentions. De caractere, Camille et Hortense n'en ont pas
lonis rl'or; il soufne au crear des hommes le courage
ombre, c'était plus vite fait; et leurs meres, physiqae
ou la lacheté; mais alors, se dit-on, que n'inspire-t-il
a part, se ressemblent si bien, qu'elles n'ont jamais que
tout bonnement de l'amour a celle qu'il aime? C'est
les memes plans, les memes idées, les memes rubriques
que l'amour n'obéit qu'a lui-meme. A la bonne heure,
pour faire valoir leur marchandise. 11 en résulte des
mais du moins fallait-il que cela fút dit, et la piece
rencontres de front tres-amusantes.
ahonde en !acunes de meme sorte. Pourquoi? parce
Inutile de dire que le méme prétendant est visé par
q1Je deux esprits tres-divers y ont travaillé, ce qui, par
Piles; mais ce prétendant ne dit pas- :\ qui il prétend.
parenthese, est d'un assez facheux exemple. On attenUn meme confident s'était bien chargé de lui délier la
dait mieux de ~i haut.
langue dans uue soirée chez les Bergeret, mais il n·en a
En fln de compte, le mot de dévouemeut, prononcé
obtenu, pour toute confidence, qu'un billet a remeure
devant le drac, éveille en lui des sentiments sous le secretement a une jeune personne qui n'est ni Camille
charme desquels il n'hésite pas a sacrifier sa vie; il s'éni Hortense.
lance &lt;\ans un gouffre marin, et son rival, qui s·y jette
Les deux meres arrivent sur ces entrefaites. L'one
apres lui, le raméne noyé, brisé, mais tenant daos ses s'empare du billet, l'autre le lui arrache, et n'y trouvan~
petites mains roidies un collier de perles qui sera la dot
non plus que sa rivale, lenom de celle a qui un rendez.
de Francine. Pendant que les deux fiancés, réunis par vous est demandé, chacune veut prendre pour soi !'oí·
ce sacrifice, donnent une !arme au jeune pccheur, le fense, comptant bénéficier de la réparation dans la perdrac, rendu a 5a forme premiére, s'éleve lentement ausonne de sa filie.
dessus de l'abime, el appelle sur eux la bénédiction du
Jusque-la, nous sommes daos les termes d'une plaiciel.
santerie d'a~sez mauvais ton, mais divertissante, et qui
Encore une fois, tout cela est joli, touchant, éloquent, n'a ríen d'absolument invraisemblable; mais oti. ces camais rien ne s'y tient, ne s'y déduit, mais l'idée et le racteres changent, c'est quand, le billet décbiré ~ur
fait ne s'y épousent pas assez étroitement, - pas plus mettre un terme a la contestation,Hortense et Camille el
étroilement que le talent de M. Paul Meurice et le genie re~oivent ch acune· un tout semblable, qu'elles s'empres·
de George Sand :
sent de se montrer en s'en moquant, et bien décidéel,
comme il va saos dire, a ne point répondre a cette sotte
Ne dérangeons pas le monde,
et injurieuse demande d'un rendez-vous.
Laissons chacun Cllmme it est.
Ce qui va moins de soi, c'est que les billets sont l'rea·
Cette sentencei ne s'applique pas, bien entendu, a vre des deux meres terribles, aspirant, chacune de SOi
Mil• Jane E~sler, qui, dans son double role, conserve coté, a voirsa fillecompr,omise publiquement, et parsoilt
la gra~ieuse ambigu'ilé de sa personne et l'unité de son mariée au comprometteur. Ceei, a notre avis, passe la
rare t:tlent. Parade, Delannoy et Febvre sont excellents permission; mais avant que le public ait le temps des'et
chacun dans son role, et Mil• Celliez-Fra11cine est aussi apercnoir et la critique de protester, les choses toUJ'Dtlll

L'lLLUSTR .\TlON, JOURNAL U.NIVEHSí~L.
de ía~n asauver une sit~a~ion !si scabreuse, par la leapea pres morale qm sen dégage.
~~e 'triple confident des meres terribles et du prétendant supposé a fait verbalement la commission que tui
,ait donnée par écrit ce dernier, et lorsqu'il 011vre
~ute grande la porte du petit salon, ou chacune des
deux meres croit surprendre sa filie en flagra"t délit de
conversation imprudente, le prétendant se montre, donoant Ja main a une troisieme larronne, qu'au grand désappointement des deux meres, il leur présente comme
(emme. Chacuue d'elles alors se rejette sur le confi51
dent: c'est luí, malgré ses cinquante ans sonnés, qui
épousera l'une des deux jeunes filies.
_ Mon Dieu ! ait-il, je ne demanderais peut-etre pas
JDieux, mais je suis moi-meme marié depuis dix-neuf
ans... et séparé de¡mis dix-huit.
Qu'il y ait dans tout cela ombre de sens commun, ce
n'est pas moi qui me cbargerais de le démontrer, mais
Je sujet, les intentions Pt les détails sauvent l'inanité du
fond. L'impression de la piéce est gaie, d'autant mieux
que ce petit acle sans préterition est joué a ravir, surtout par Mm• Picard-Bergeret, par Romanville-ltiba/lier,
Clerh-Bergeret, et j'ajouterais l\tm• Lemaire-Ducoudray,
si cette pétulante duegue n'exagérait un role qui demanderait plutot a elre un peu atténué. Mm• Du.cou.dray
est une tres-petite bourgeoise, sans doute, elle a meme
venda des pommes, mais que diable ! elle n'en vend
plus.
En résumé, le succes a été tres-grand; les acteurs rappeles, et les noms de \IM. Chivot et Duru salués par
es plos vives et les plus sinceres acclamations.
Avec les Meres terribles et une Défaite avant la Victoire
escortant les Plumes du Paon, l'Odéon a maintenant un
spectacleauquelje souhaite les cent représentationsq11'il
mérite.
Ce théatre n·a ríen perdu, on le voit, de son activité
honorahlement proverbiale. On luí en saurait plus de
gré, si ses nombreuses tentatives littéraires étaient serv1es par une troupe dramatique plus complete. Célle
qu'il possede aujourd'hui compte des sujel~ tres-distingués, sans doute, mais elle peche par trop de !acunes.
En femmes, il lui manque ,me gr,mde coquette, une due-•
gnemarquée et une forte pnmiere amoureuse(vieux style);
en hommes, un pt!re noble et un fort premier role. Aucun
des artistes qu'il nous a montrés jusqu'ici dans ces diters emplois, n·est, par le talent ni par le phys1que, a la
bautenr d'une scene qui tienta justifler son titre de second Théatre-Fran~ais.
C'est surtout daos l'ancien répertoire que ces !acunes
sont sensibles. Je ne parle pas seulement de la tragédie,
qui, partout, faute de sujets, faute de public, faule de
tout, n'esl plus que l'ombre d'une ombre, mais de la
comédie classique, dont l'interprétation supporte mieux
une certaine médiocrité. Ainsi, par exemple, dans les
Femme~ savantes, que l'Odéon donnait récemment pour
les débuts du jeune Laroche, on regrette d'avoir a dire
que le seul personnage rendu d'nne fa~on supérieure
est celui de Martine, joué par Mm• Picard. - A part
11•" Lemaire, Oebay et Mosé, dont il n'y a ni bien n¡
mal a dire,etle dP.butant qui cst froid, mais convenable
toot le reste, Sainl-Léon en tete, est d'une faiblesse, et:
qui pis est, d'une tristesse vraiment navrantes.
Cette insuffisance de la tro1Jpe de l'Odéon, je sais que
l'administration de ce théatre y suppléera, dans lts
fl'Glld,s occasions, en louant au mois des artistes d'élite;
mais ce procédé a le facheux effet de ranger dans les·
JJetiles occasions toute nouvelle piece otl ne figure aueun de ces artistes nomades qm s'appellent Berton,
Taillade, ek.. etc. Or, la foule ne se méprend pas a ces
Préíérences, et elle réserve prudemment son concours
aox seols ouvrages pour lesquels la direction lui parait
s'étre mise en frais.
De la, tant de p,eces qui, apres un brillant soeces de
Premiere représentat1on et une ovalion dans la presse
ne laissent a cette meme direction que l'honneur et 1~
?egret de les avoir re~ues et jouées.
Ajoutez que le répertoire classique ne profite en au~ ~ de ces extra, et qu'on ne songe pas meme a
faire pour Corneille, Racme, Moliere, Regnard, Mari'IDI, ce qu'on fait pour Sbakespeare traduit, ou pour
Georges Sand adapté.
, Au reste, ce reproche que nous faisons, dans son in~ au théatre de l'Odéon, nous ne l'épargnons a bien
d_aatres que }lar une préférence qui n'a pour ces derDlers ríen de 11.atteur.
Ce l'est pas, d'ailleurs, notre seconde scene littéraire

qui a donné l'exempl~ de ces marcbés a terme, qui,
Dieu merci, luí deviendront avant peu impossibles,
l'accaparement des élotles tendant de plus en plus a
devenir le mooopole d'une maison IT'oins noble sans
doute , mais bien plus riche que l'Odéon.
~ Parmi les dernieres acquisitions qu'elle a faites, au
nom des trois tbéatres appartenant a l\lM. Hostein, Harmant, Fournier et C•, on cite W1• Rousseil, une ingrate,
car elle se devait a l'Odéon, ou du moins a l'art sérieux
qui l'a faite ce qu'elle ... fut; et M'1• Duverger, engagée
a des conditions brillantes, pour créer un des premiers
roles des Drames iu cabaret, grandissime piece en répétition au théatre de la Porte-Saint-Martín, et qui, diton, va passer trcs-prochainement.
Tres-prochainement aussi, le 20 ou le 25 de ce mois,
au plus tard, nous aurons la comédie en cinq acles de
M. Émile Augier. Le litre provisoire de la piece est:
Un inventeur, - l'inventeur de la poudre, sans doute,
- et on tui donne ponr interpretes Geffroy, Got, Delaunay, Mm• Plessy et Mil• Favart, pour ne citer que la
fleur du panier.
En attendanl cette grande occasion, le meme théatre a
repris le drame d'Alfred de Musset, On ne ba,iine pas
avec l'amour. La distribution des roles est toujours la
meme, a l'exception du Baron, oti. Provost est remplacé
par Mirecour, lequel, par parenthese, ne plo1e aucunem~nt sous le fardeau d'une si lourde succession. Mirecour, il faut bien le dire, est aujourd'hui, cotnme distinclion, comme tenue, un des premiers sujets de cette
Comédie-Fran~aise ou, a ce point de vue, la tradition
va s'effa~ant de jour en jour. Personne n'y rendrait
aussi bieu que luí l'Oronte du .Misanthrope, et il en serait
ainsi de bien des roles dans lesquels il ne sera jamais
· remplacé. Singuliere carriere que celle de cet utile el
estimable artiste, qui ne sera bien apprécié qu'apres
sa retraite; present, l'éclat tui aura toujours fait défaut;
il ne commencera de briller qne par son absence. On ~e
dira: Comment! Mirecour, cet excellent Mirecour n'était pas sociéta1re, tandis que M11 •• ... Mais n'anticipons
pas sur un avenir qui, Oieu merci, est encore bien éloigné.
A. DE BELLoY.

------r---....,.....~-,...,- - - - LES LILAS BLANCS.
(SUITI).

Pour en revenir a moi, je fas atterré et morne devant
cette conviction acquise, que ma plume laborieuse n'avait pas et ne pouvait avoir la valeur de la plume que
je µossédais jadís, et que doraient les cinr¡ uante mil le
livres de rentes de mon pére. Je craindrais de me naire
par trop dans !'esprit du lecteur, si je tui confiais en détail les !armes ameres et les jours d'abattement qui furent le fruit de cette tri~te vérité. Je comprenais dans
toute sa cruelle étendue la valeur de ce mot : impuissance. J'avais vingt ans; j'étais lancé sur cet ociian de la
vie, otl chacun, humble ou brillant, trace ~on sillon, et
j'étais impu,ssant a rlir1ger ma barque au milieu de toutes les autres. - J'ava,s soif de gloire et de renommée,
et j'étais impuissant a r1en faire qui püt m'apporter
mcme le refl.et afJaibli de ce trésor que j'ambitionnais;
- j'avais une lllére adorée a soutenir, a consoler, je
m'étais vanté d'etre son orgueil et son appui, et j'étais
impuissant meme a lá nourr,r, impuissant a tenir mes
promesses, impuissant a tC1ut ! 11 y a des instants oti. l'espril de l'homme vacille au bord de cet abime qu'on
nomme la folie, et l'on se demande plus tard avec
surpr1se quel est le miracle qui l'a préservé de sombrer?
Cependant, nos ressources s'épuisaient; la misere
montait, montait, entiere, evidente, implacable, comme
la vague qui se bate lentement, sure de dévorer bientót
sa proie.
Un matin, ma mere entra chez moi; depuis six semaines que durait mon abattement, rien n'avait pu réveiller mon énergie si cruellement éprouvée ; ma mere,
qui n'avait cessé de me consoler et de me plaindre,
et qui m'avait caché sous un sourire incessant et bon les
anxiétés qui la dévoraient elle-meme, s'approcba du lit
oti. j'étais étendu dans l'attitude de la victime qui attend
le coup mortel, saos ríen faire pour l'év1ter, puis, de sa
voix douce elle me dit :
- Mon enfant, ce qui tue les grandsjoueurs, m'a-t-on
dit, c'e11t l'impo~ibilité oti. ilssont souvent d'attendre la

veine heureu~e; quelques minutes de sécurité de plus,
et la chance tournait, et le bonheur venait leur sourire
a leur tour. Eh hien ! cette conqucte de la gloire dont le
désir te tourmente et dont tu es digne, mon crear de
mere me le dit, esl une sorte de jea de hasard. Bien
souvent, devant ce tapis vert, comme devant l'autre_. il
ne faut au joueur que la possibilité d'attendre; cette
po~sibilitr., je te l'apporte; reprends courage et recommence la lutte.
Puis, elle posa simplement devant mo~ douze cents
francs en or, qui tinterent en touchant la table, et 4ui
rendirent un son rloux et vibrant qui me fit un eITet
élrange.
Je pressentis un grand sacrifice fait par l'i.mour de ma
mere a l'avcnir d'un fils dont les défaillances l'afnigeaient,
sans tuer dans son crear la sublime et naive confiance;
elle vit mon regard plein. d'une surprise anxieuse, le r.omprit et me dit, en y répondant:
- Je tenais a mes bijoux, mais je tiens p!us encore a
ton bonbeur. Je les ai vendos.
- Oh! mere, mere! fis-je sans pouvoir parler et le
crear plein ele sanglots.
Je savais, en eflet, quelle superstitie•1se affection ma
mere attachait a quelques pierres précieusesqu'elleavait
j usque-la sauvées de notre naufrage, et qui toute~ étaient
les clons de quelque main chere, les souvemrs de quelqnes-unes de ces amitiés, souvent éteinl~s, mais dont
on garde précieusemenl la mémoire embaumée dans
quelque·profond repli de son creur.
- Je n'ai réservé que les diamants r¡ui entourent le.
portrait de ton pere. 11 cut peut..étfe été plus sage de
faire le sacrifice entier, mais je n'en ai pas eu la force;
d'ailleurs, je suis tombée sur un honnete bomme qni n'a
pas trop abuse de la nécessité oti. j'étais de vendre ce~
bijoux, et q1Ji m'en a donné plus que tout autre n'eü.t
fa1t sans doute asa place; cela m'a meme ins¡;iré une
idée, ajouta-t-elle llpres avoir hés1té un peu; je l'ai rapporté la montre qui te vient de ton pcre, et que tu avais
eté oloJ1gé d'cngager, il y a quelques jours, pour faire
vivre ta mere. Autant que possible, il faut éviter de profaner ces sonveuirs-la.
En effet, j'avais été obligé a cela pour vivre.
Pendant que ma mere parlait, j'étais a ses genoux et
je l'écoutais en silcnce, les yeux fixés stir l'or qui scintillait toujours sur la table. lllusion saos doute, mais il
me semblait que cet or pleurait.
Soudain, je me relevai, je serrai passionnément ma
mere dans mes bras, et l'embrassant avec ivresse, je lui
dis :
- Je sais maintenant ce qu'il est de mon devoir de
faire !
J'avais pris mon partí; le courage, le vrai courage
m'était reveno.
Quelque temps auparavant, un libraire m'avait offert
un traite qui engageait pour plusieurs années ma plume
a son service; a son service est le mot; il s'ag1ssait de
compilations, de traductions, que sais-je, de ces mille
travaux de librairie, utiles sans dout~, mais obscurs et
toujours assez mal rétribués. Poursuivi par mes idées de
glo1re personnelle, et par une cerlaine flerté qui me
faísait considérer l'acceptali&lt;;m de cetle oflre comme une
dechéance, j'avais ref'usé; il m'eut semblé que d'arbste
je passerais manreuvre; ma mere, elle-meme, m'avait
conseillé le refus; son orgueil pour mo1 n'était pas
moins i-usceptible quP. mon pauvre orgueil; c'était a t·epoque ou je conservais encore quelques-unes de mes premieres espérances; Je courus chez le libraire, un éclair
m'avait montré mon vra, devoir, éclair qui n'était qu'un
reflet du sacrifice meme de ma mere; je foulai aux
pieds l'ambition et la gloire, ces sirenes trompeases, et
je me préseDtai, en tremblant qu'il ne füt trop tard,
devanl l'homme de qui dépendait la réalisation de mes
nouveaux projel~.
ll était temps encore; tout fut conven u en quelques
mots, et je signai. Moyennant cent vingt francs par mois,
j'appartenais pour trois ans, intelligenee et plume, a cet
homme.
Cela fait, je rentrai cbez moi, un peu triste peut-etre
au fond du creur, mais calme et résolu.
Quand ma mere eut lu le traité, ce fut a son tour de
s'atlendrir et de s'écrier :
- Oh 1 mon pauvre enfant! mon pauvre enfant!
Puis, eomprenant le sentiment qui m'avait pous.~é,
elle ajouta :
- Tu n'a,q done ríen voulu me devoir, et nous voila
quitte~ !

�232

L' IIJLUSTRATION, JO URNAL UN l VERSEL.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

!33

�--

L'ILLUSTRATION, .IOllRi~ J\L UN IV'ERSEL.
- Mere, luí dis-je, la premiere des gloir~s et des ambitions pour un fils, c'est de faire vivre sa mere et de
vivte pour elle.
Et l'étreignant dans mes hras, je l'embrassai doucement au front; mon parti était bieu pris.
Non, nou8 n'étions pas quittes, et cependant qu'il me
soit permis ici de faire une rétlexion ; .certes, le suicide
physique est affreux, et le sang se glace a cette idée
qu'une créature humaine en soit arrivée a ce point de
découragement et de misere, qu'elle n'ait trouvé d'autre refuge que la tombe, et qu'elle ait étreint face afllce
ce pale fantóme de la mort, toujours si terrible, mais
qui doit etre bien plus terrible encore quand on l'évoque soi-meme, et quand on cherche entre ses bras l'acre
et supreme volupté de la délivrance; c'est le fait d'une
minnte, minute de poignant dlchirement et d'amer désespoir ~ans doute, mais enfin, minute vite
écoulée, et si cet acte fut un crime envers Dieu, on peut
espérer que ce Dieu de miséricorde, de justice et de
bonté, daignera faire entrer en ligne de cumpte la faiblesse humaine et les souffrances passées, et que, dans
sa droite paternelle, la somme des douleurs épro•1vées
compensera grandement celle du crime lihérateur.
Mais i\ est un suicide qui, pour etre moins sanglant,
et pour n'etre pas coupable, n'en a pas moins sa face
douloureuse et poignante, c'est le suicide moral, celui
qui consiste a dire a sa pensée: Tu n'iras pas pb.1,.~ loin;
c'est l'avortement d'u[le idée qu'on a crue grande et
qu'on est forcé par les circonstances d'enfermer daos les
bornes étroites d'une obscurité cruelle. Qui n'a frémi en
lisant daos l'histoire ce cri de Galilée, contraint par les
tortures de se mentir a lui-meme, et laissaot échapper
malgré lui, de sa poitrine, cette sublime protestation :
Et cependant elle tourne ! Qui n'a frémi en entendant
André Chénier crier au bourreau cct adieu : Et pourtaot il y avait quelque cbose la!
Et qu'on me comprenne, je ne compare pas; certes,
jamais l'idée ne m'est veoue que je pouvais avoir quelque cbose adémeler avec d'aussi grands noms, mais il
est une vérité, qui est bonne a dire, parce qu'elle n·est
pas assez présente a !'esprit de ceux qui croient raisonner juste en écrasant l'homme a ses débuts sous le
poids des grands noms arrivés; c'est que la foi gans
!'avenir, quand elle ne prend pas sa source dans une
sotte vanité, mais qu'elle nait de la noble ambition de
bien faire, est toujours respectable. Daos l'inconnu qui
meurt, il y a toujours du grand homme qui avorte; et si
cela n'est pas vrai, aux yeux de la multitude, c'est du
moins vrai et justement vrai a ses propres yeux; ce qui
fait sourire la foule qui passe, fait saigner le creur de
l'etre qui ne peul avancer. Je n'irais que jusque-la., sans
doute, se dit-il, loin, bien loin des maitres, mais je me
sens la force d'atteindre au moins ce but modeste, et je
meurs de n'y pas aller. Devant un tel cri, la raillerie
doit se ta1re.
Galilée, du moins, avait la consolation de se sentir
écrasé par tout un siecle, et l'orgueil intime d'avoir
lutté contre quelque chose de grand; André Chénier, du
moins, pouvait se dire, en mourant, qu'il mourait de
cette mort des martyrs qui mene a l'immortalité; mais
le poete qui, succombant sous les mesquines nécessités
de la vie, saos se croire l'égal de Cbénier, s'écrie pourtant: Et moi aussi, je pourra1s chanter a mon tour, moi
aussi, je suis jeune et j'espere; moi aussi, je voudrais
bien ne pas mourir encore; que peut-it se d1re comme
consolation de sa gloire avortée? Ce que je me disais
moi-meme, moi qui ne suis pas un roete, moi qui ne
serai jamais un grand homme, mais qui me sens au
creur les facultés nécessaires pour souffrir et pleurer
autant qu'eux :
« Certes, il est doux de chanter; certes, il e8t beau
« d'entendre résonner son nom sur les Ievres de la foule
'.
« certes, il est grand d'etre l'écho cher et bien-aimé de
« maints creurs inconnus qui soufirent et qu'on con&lt;( sole; mais le devoir ordonne, et le devoir accompli
« peut avoir sa do1Jceur; mais la vertu commande, et
« la seule vertu, quoique obscure, peut avoir aussi sa
« beauté; mais le travail te réclame, et l'humble travail
« peut avoir aussi sa grandeur; ta pensée t'entraina1t a
11 courir, tu rappelleras ta pensée et rnarcheras d'un
« ras lent et cal me; tu voudrais etre illustre et grand,
« tu te feras volontairement modeste et petit; tu revais
« l'admiration de la foule, tu te contenteras de l'a« mour de ta mere, et plus tard, qui sa1t? de quelque
« femme aimée, et tu sentiras peut-etre, un jour, que
« cette humble deatinée n'est pas sans porter quelques

« fruits doux au creur et bons a !'ame; si.le monde ne
« t'applaudit ras, tu t'arplaudiras toi-meme, et cette
&lt;( approbation vaut bien l'autre; si tu n'es ras célebre,
« tu pourras encore etre heureux; immole-toi, et tu re&lt;( connaitras enfin que de certaines immolations ren&lt;&lt; ferment de secretes et douces jouissances, qui laissent
« bien loin derriere elles la gloire et ses fanlómes vains;
&lt;&lt; abdique, meme avant d'avoir régné, et tu éprouveras
« qu'uoe telle abdication n'est pas saos cbarmes. »
Tout cela était vrai, mon crear me le criait; mais, je le
répete, c'était le suicide, avec toutes les amertumes du
présent et tous les effrois de !'avenir, et cependant ce
suicide, en un seul jour Je l'accomplis, non sans douleur
peut-etre, mais du moins sans hésitation; non saos souffrances, mais sans faiblesse, et, qu'il me soit permis de
le dire, j'aurai bien assez a ro'accuser plus tard, je puise
encore aujourd'hui daos cette idée des coosolations
réelles, et un certain orgueil, que je crois juste et qui
m'éleve a mes propres yeux.
Du reste, l'imagioation humaine est ainsi faite, qu'elle
s'exagere de loin les difficultés et les épreuves de !'avenir: tel un enfant dont la pensée grossit la peur, la voit
se dissiper en grande partie, ou meme s'évanouir tout a
fait, s'1I marche droit au fantome qui la causait; tel
l'homme, ce grand enfant, s'étonne, en abordant de
front les situations qui lui semblaient les plus redoutables, des adoucissements et des facilités imprévues
qu'il y rencontre.
Amsi pour moi la récompense ne se fil pas trop attendre; certes, pour qui comprend la tyrannie d'une
idée, il sera évident que plus d'uoe fois, au moment ou
j'essayais de fixer ma pensée sur le sens d'uo auteur
étraoger qu'il me fallait traduire, cette pensée s'envolait malgré moi, sur ses propres ailes, vers des régions
~leues, quand un mot, un souvenir, quelquefois meme
une pbrase de l'auten.r que je traduisais, la ramenait
daos les sentiers librement parcourus; certes, j'eus des
iostants de reverie, pendant lesquels, uubliant le travail
présent, je me laissais emporter dans des songes saos
but, qui me retra~aient l'image de mon avenir un moment entrevu; mais, je puis le dire, ces instants furent
rares, cefl oublis de moi-méme furent courts, et lorsque
le hasard ramenait mes yeux sur ma mere, assise a
quelque distance de moi, qui me regardait et qui me devinait, la bonne ame'. j'avais vite secoué cetle apathie
dangereuse, et je reprenais aver. courage la tache interrompue.
Dois-je le dire? je trouvais une sorte de bonheur
a ces victoires secretes, victoires d'abord cheremeot débattues, mais qui, peu a peu, devinreot plus faciles. 11
me semblait que je m'affirmais ainsi ma puissance sur
moi-mcme; je trouvais un bonheur étrange et tout nouveau daos cette iotiine et muelle affirmation.
Puis, tout n'était pas servitude daos la chaine quej'avais acceptée; j'a,ais souvent des bonheurs, que jusqu'alors je n'avais pas compris; un travail de compilation, si mécanique qu'il par;¡.isse :i.11 premier abord, entraiue forcément une série de rechercbes, dans le cours
desquelles on est tout étonné oouvent de rencontrer un
intéret q11e rien ne faisait pressentir; créer est une belle
chose, mais souvent que de créations antérieures, celui
qui aspire a son tour a etre créateur, ignore et ne soup~onne meme pas! Que de surprises charmantcs et nouvelles l'homme intelligent découvre daos ce c!Jamp du
passé si souvcnt parcouru, mais qui vous tient toujours
en réserve quelques perspectives inconnues ! Je devenais
conscient d'une vérité, qu'aucun jeune auteur ne devrait
perdre de vue, c'est qu'avant de produire, l'homme le
plus savant peut avoir beaucoup encore a apprendre
dans les productions des autres.
Et quand je faisais part a ma mere de ces félicités impersonnelles, si je puis ainsi parler, quand je lui dépeignais le vif iotéretque m'inspiraient quelques-unes de mes
eludes, elle me regardait bien en face, et lorsqu'elle était
sure que ce n'était pas la un role que je jouais, et qu'en
e[et, je trouvais daos mon travail une compensation
réelle a mes reves envolés, elle m'emhrassait en silence
et je voyais passer dans ses yeux un regard de joie secrete et de reconnaissance enve!'ll le ciel; regard qu'elle
croyait incompris, mais que je saisissais au passage et
que j'interprétais comme une douce récompense de ma
soumission a11 destin.

1

(La suite prochaintment.)
Reproduction iolerdite
de. gen de lelnl.

&amp;IIX

JULES DE WAILLY FILS.

j ounaux qui n'oot pu traité uec la Société

!TABLEAUX ~ DU~' MORVAN.'~
'A

PROFOS DE LA Piri!E.

11 était midi; le soleil ruisselait sur les ;sommeu de
la chétine morvandelle; jamais la fraicheur paríulllée
des longues terrasses de Valouze n'avait été plus tentante; mais les chevaux piaffaient a la porte, et tous la
engins de la pipée avaient été transportés sur la grande
voiture de chasse, moitié mail-coach, moitié cbar-¡.
bancs, qui nous sert ~'ordinaire pour les parties d~ cain.
pagne.
En une seconde, nous l'avions escaladée : il faut donner ce nom d'escalade au genre d'ascension pérille111e
dont je veux parler: on monte a l'assaut; les jupes s'accrocbeot, les blouses se déchirent, puis, arrivés aa
sommet, le vertige vous prend, car vous eles a quinze
pieds au-dessus de la route, appuyés' a une barre de
fer, seul dossier de la banquette.
Sur le siége de devant, un peu plus bas que les autre.
s'était assise une Parisienne peureuse et un peu ma~
sade; le char triom phal ne la rassurait pas, le soleil loi
brulait les yeux et la pipée ne la tentait guere; j'ajooterai que notre automédoo lui inspirait une médiocre co1fiance. Bien qu'il·s'entende en chevaux autant qu'homme
de France, le comte de Chiddes a, par tout le pays, une renommée de casse-cou; on renonce a énumérer les voitures versées qui l'accusent. Sa voisine l'exhortait a étre
sage; il riait aux éclats et ne l'écoutait pas. Heureusement
son attelage ne secondait que fort peu ses projets téméraires; j'ai dit, par pure habitude descriptive, que les cAt,
vaux piatfaient dans la cour; ces coursie1 s fouguem
se bornaient a un seul, toutes les autres beLP.s de l'éca.
rie étant pour le moment fourbues, ou a peu pres. Encore
ce swl, n'était-il qu'un cheval de lahour, de taille gigantesque, fort comme plusieurs taureaux, lent a proportion, espece de colosse, sur la peau duque! les coopt
de fouet n'ont pas plus de prise que les paroles ·1es plus
énergiques. n'ont d'écho daos se&amp; oreilles; superbe animal, d'ailleurs, d'aspect antédiluvien, créé saos aneo
doute pour porter des cavalier&amp; de soixante coudées.
La jeune Parisienne, habituée aux choses mievres el
mignonnes, aux cascades artificielles du bois de Boulo,
goe, aux minces pur-sang britanniques, aux petil~ messieurs qui les montent, considérait d'un air d'effroi et la
grande nature environnante et le monstre a l'aide daquel elle aUait l'explorer. Cette physionomic troublee
contrastait avec le calme de la belle comlesse de Cbiddes, qui, aguerrie depuis longtemps contre les prouesses
de son mari, les courses folles et les chevaux de toole
esµece, souriait des terreurs de sa creintive amie et les
raisonnait sans les comprendre. - Si je ne m'étais dé•
fendu de raconter autre cbose qu'une pipée et la promenade archéolog1que a laquelle cette pipée don na lieu, je
décrirais ici Mm• de Chiddes avec sa grace si naturelle,
son esprit péti llant et son profil grec, qui se dessinait si
noble sous l'ombre d'un parasol ouvert; m:i.is le sujel
m'entrainerait trop loin, et puis il me couterait trop d'avouer les distractions dont je n'ai pu me défendre peo•
daot la premiere partie de notre excursion; auprés de
la comtesse, il est impossible de ne rien admirer, méme
le Morvan. .
Touristes, qui voulez mériter ce nom, gardez-vous de
la compagme d'une jolie femme! Vous aurez beau parcourir l'univers, au retour vous n'aurez vu qu'elle.
Par bonbeur peut-etre (c'est; a coup sur, un bonbear
que daos le moment meme je o'ai pas su apprécier), OI
ne m'avait point placé aupres d'elle, et de mon poste, sur
la banquette supérieure, l'aérienne banquette que j'ai
déjil.nommée, je ne voyais que sa mante et son ombreile.
En revanche, je voyais son mari, et j'élais forcé de 111
dire en étudiant, non sans envíe, les lignes de cette télt
impériale, que mon róleseraitajamais celui d'unamoare11x transi. Je laisse a penser les tristes rét1exions qui
s'ensuivaient ! - A peine en étais-je détourné par le
voismage d'un fort aimable homme, nouvellement arri16
a Valouze, et dont la conversation, pleine d'intéret el
d'or1g10ahté, avait déja conqu1s tout ce cercle de cbat'
seurs et de chatelames. M. V..., philosophe et artiste, a
voyagé en Suisse et en ltalie, a la fa~on de Toppfer; i
aime a causer et cause a ravir.
C'est sa simplicité surtout qui gagne et qui séduit; i
n'~st jamais professeur, si par la on entend un pédanl,lt
son école en plein air est pourtant la plus instrudi1t
qu'on pui$C fréquenter.

L'ILLUSTRATION, .JOURNAL UNIVERSEL.
Un marmot jouffiu, accroché d'une main a son bras, rigation seule rendrait productive. Ca et la, dans une
d rautre au m1en, se tenait entre nous tleux, mourant gorge, quelques groupes de maisonnettes forment un
d: peur et 1vre de plaisir, pret a pleurer et riant aux hameau qu'on appelle Palézau, Vaulchézeuil, etc., etc.
Le dernier que nous apercevons est celui des Latois.
édalS.
•
Al'arriere de cette longue plate-forme, les enfants de 11 est célebre par son dévouement a la cause napoléo1(. v..., deux beaux gar~ons intelligents, de dix a douze nienne. Lors de l'invasion des alliés, les plus chaud:1
-partisans de l'Empereur, dans le Morvan, s'y étaient
antienoe de Cbiddes., affublé d'une blouse grise et d'un rassemblés et avaient formé un camp q'ui se lit redouter,
bspean de berger kabyle; sa sreur Odette, pimpante bien qu'on n'y comptat qu'uo tres-petit nombre
\mme un pastel de Latour, avec sa jupe r~troussée, ses d'hommes.
\ e,eni au vent et son minois espiegle, préparaient des
Lors de lenr passage a Alli 6ny, auquel ce camp aTait
1
~ 0101, plus occupés de la chasse que du paysage. Leur donné une réputation de bonapartisme, les alliés en
jge seo! les_ excusait de ne point l'admi_rer, mais je n'en traiterent rudement les habitants.
,eOI rien dire encore. 11 me reste a pemdre auparavant
On s'attendait au pillage; il n'en fut rien cependant,
la Hgure la plus originale de la caravane, le garde Doyeo, et les plus mauvais procédés s'exercerent contre le curé,
11 Doyen, comme oo le nomme, d'apres l'usage du pays, a qui la persécution au~richienne valut la croix de la
00 tous les hommes des champs s'appellent encore, le Légion d'honneur dans les Centjours.
Jeao-Jean, le Paturiaux, le Lazare, etc., et au féminin,
Du chateau de Valouze aux Latois, la campagne ne
la Jeao-Jeanne, la Paturiande, la Lazarette.
varie guere; ce sont toujours les memes nappes de verLe Doyen, un des gardes de notre Mte, a été élevé dure, entre deux rangées de montagnes, du tlanc desa,ec lui. Petits, ils se sont battus a coups de poing; plus quelles sort une infioité de petites sources qui se répantard, ils ont chassé ensemble, buvaot a la meme gourde. dent en ruisseaux d'argent, réunis bic11tót eux-mémes
AU&amp;'i daos cette province, si entichée de vieilles coutu- en riTiere ou plutót en torrent. L'imprévu, pour nous,
mes et oil la féodalité est encore en vigueur, le Ooyen se c'était un jeune lapin qui traversait la route tout efTaré;
croit l'egal de tous, ayant été traité en égal par son un coup de fusil du Doyen, un concert de grillons daos
maitre. - Il a quarante ans, est grand et robuste, halé les genets, une piece de sarrazin dont la neige se marde ,isage, velu comme une bete fauve, avec des yeux brait déja des teiotes rouges de l'automne; un parfum
gris doot le regard estnoir, une physionomie moqueuse, de résine qui tout a coup nous enivrait. Et puis, le plus
des bras toujours nus, sur lesquels soot tatoués en bleu beau spectacle, c'était encore cette gloire de rayons audes chasseurs d'Afrique.
tour des cimes arrondies, les gerbes de feu qui étinceSon maitre et compagnon a bien compris l'apre et sau- laient daos l'eau et derriere le feuillage, cette vapeur
T&amp;ge nature de ce Nemrod rustique, lorsqu'il lui a pro posé, !impide de l'atmosphere surchargée des senteurs du
aolie•1 de l'emploi que sa famille briguait pour lui dans bois : car nous étions en plein bois depuis dix minutes.
la domesticité du chateau, les fonctions de garde, qui le
Les montagnes se découraient a l'horizon, mais notre
pla~aient dans son élément : les bois. - Au contraire véhicule venait de s'arreter sur une des plus élevées, et
de tous les Morvandeaux, le Doyen ne se soucie gue11e de au bruit des roues, les gardes, qui depuis le matin préM&gt;D enaret, de son cliocher, de sa mafoun; il est libre
paraient la pipée aux Latois, venaient saluer notre
peoseur, ne va pas a l'église, couche volootiers en plein arrivée.
air, et o'a que des parents éloignés, qu'il ferait griller vifs
Déja les jeunes chasseurs avaient disparu sous la
pour épargner un cheveu de son patron. Si la destinée feuillée d'un vert intense; a grand'peioe on leur impoo·eo avait íait un gar...te, ses instincl~ l'anraient fait bra- sait silence, en leur représentant qu'un cri, un éclat de
coooier. - 11 nous regardait de haut, le brave Doyen, rire, une branche froissée suffit a mettre la gent emplu,on,aiocu que la pipée a laquelle assistaient des Mes- mée en fuite, et alors.... adieu, carniers! la chasse est
sieors et surtout des Dames de Paris, ne pouvait etre faite! - Moi, je m'obstinais a rester perché sur mon
qo'ooe pipée manquée, le silence étant la premiere con- baoc. Durant le trajet, mon voisin J'érudit m'avait
dition de ce genre de chasse. Quelle opmion un sylvain conté des merveilles, et entre autres l'existence de cera des femmes! Mm• de Chiddes aurait du cependant le taine Pierre-Écrite, a deux Lieues ie la. J'étais décidé a
convertir a elles, mais malgré son iovitation, il refusa la voir, et la. pipée des oiseaux ne devant commencer
de prendre place aupres de 001Js. Le fusil sur l'épaule, qu'au coucher du soleil, il me semblait que nous avions
il marcbait daos le fossé du chemin, guettant un lievre encore quelques heures a employer. Grands cris et oboo une perdrix, tandis que son colle~ue, le pere Jeannet, jections de M. de Chiddes, qui me soutient que son chel'entretenait avec la volubilité qui le caractérise; - car val est en nage, comme si rareille machinc pouvait se
c'est un vrai type morvandeau, le pere Jeannet, tres-poli, fatiguer!
tres-buard, sanguin, prompt a s'emporter, mais calmé
Elle me paraissait, a moi, aussi impassible que le pallapresqo'aussitót, et plus sensible encore que colere.
dium troyen, qui, jadis, logea l'armée des Grecs daos ses
Le Doyen a l'habitude de siftler quand on lui parle, flanes de bois. Hélas ! ce calme était celui du martyre. Le
troo,ant inutile, comme il dit, d'écouter des paro/es. Les Rouan se conduisait en héros a notre insu; il était déseuls jaseurs avec lesquel~ il cause volootiers sont les ferré et marchait toujours, malgré les aspérités du chemin.
merles, les geais et les jacques (corbeaux), qu'il imite
Le pere Jeannet s'en aperfut le premier; aussitot ora a'y méprendre.
dre fut donné de faire remettre le fer absent au prochain
Voila toute la bande; les chiens étant aussi inutiles village.
que les íusils a la pipée, on avait bourré le coffre qui
En cette circonstance, je témoignai d'une incroyable
lenr est réservé, de vetements et de provisions.
dureté de creur: l'accident qu'on déplorait me lit hattre
Nous allons traverser en une heure deux départe- des mains, car le maréchal-ferrant le moins éloigné
ments : Saóne-et-Loire et la Cote-d'Or.
était celui de Pierre-.Ecrite. Le Rouan y allait, j'y pouvais
Qne ~rala Cóte-d'Or? Je n'en sais encorerien; Saóne- aller aussi, ma cause était gagoée; le hasard me servait.
et-Loire est splendide. Notre route, celle d'Autun a SauComme la curiosité rend cruel! Le philosophe et moi,
lieu, ondule au pied d'une chaine de collines graniti- nous restames sur ce char déja lourd, imposant notre
ques d'un aspect sévere, un peu pelées, toutes les mois- double poids a la victime, qui, avec une résignation
sons étaot faites.
stoique, continuait atrainer son pied nu, sous les coups
De l'autre coté, au fond d'une ravine, ('Oule un petit de fouct répétés du pere 'Jeannet, auquel j'avais acgue limpide, qui laisse scintiller les cailloux sous l'é- cordé les honneurs du siége. Nous allions au pas, au
eume transparente de ses eaux. 11 borde d'immenses petit pas. - Quel plaisir, quand le chemin 4u'on suit
Prairies, oü iles troupeaux de breufs blancs ruminent, ressemble au chemin de Pierre-Ecrite ! - Que lle beauté
IIIOllement couchés, les veux clos, tant ils sont accablés ont ces bois, retranchés derriere leur rempart de rochers,
P~ la pesanteur d'une ~pres-midi d'été. La lamiere, en couvert de mousse et de bruyere, - de bruyere sur~~uant sur eux, leur donne des reflets de marbre, tout, - ce manteau de pourpre qui déguise si magnifiIIDsi doivent briller, sous le ciel d'Égypte, les sphinx gi- quement la nudité du sol pauvrc, résistant aux intempérntesque.~, dont leurs poses alanguies rappellent le so- ries des saisoos, gaie, rustique, d'une poé~ie naive,
eunel re pos.
saine et fraiche encore dans la mort, séchantsursa tige,
C'est la le fond de la -vallée, fermée, a notre gauche, sans qu'aucune brise parvienne a l'en détacher jamais.
une triple chaine mamelonnée, que les sapins et les J'aime la bruyere, si bumble, ~¡ forte et si fidele; j'aime
loes de rochers revetent de tristesse. Toutes ces monta- l'harmonie de sa 11eur violacée et de son feuillage som~es sont uniformes, défaut du granit, qui, devenu bre. Comme je le disais a mon compagoon :
friable sous l'intluence de la température, se désagrege
« L'harmonie, me répondit-il, n'est-elle pas partout
et C&lt;)Q)e en pentes douces, lil'l'ées aune culture que l'ir- dans la nature? C'est la plus frap¡,ante supérierité de

r

l'reuvre de Dieu sur les reuvres humaines; aussi, c'est
la qualité la plus haute qu'on puisse apporter daoa l'art.
Comme elle est rare ! tout chante faux daos le monde
des hommes. La seule voix vraimentjuste estce!le de ces
etres inférieurs qui vivent par lacouleur, par le parfum,
et que nous foulons · aux pieds, insensibles a la lefon
qu'ils nous donnent. »
L'harmonie... c'est le charme supreme des paysages
du Morvan; on n'y trouve pas les grands effel~ qui,
daos les Alpes et les Pyréoées, bouleversent I'Ame : ce~
courbes molles, ces lignes inclinées de la montagne, ces
vallons humides, ces tableaux qui s'enchainent les uns
aux autres saos se heurter jamai~, vous laissent sous
l'intluence d'une paix indicible. Au pied des pies abruptes, en présence du chaos, des sublimes horreurs, .on
s'étonne, on tléchit le genou et on adore, épouvanté, se
sentant si petit, si faible, si impuissant a mesurer l'immensité. - Ici on voudrait rever, paresseusement couché sur la mousse, un de ces reves doux et faciles que
bercent les chansons bocageres, et dont tout le theme
est qu'une muraille verte se découpe merveilleusement
sur une voute bleue, que les ébats du moucheron, dans
1m rayon égaré, ont une grace inimitable, que la vie
est bien douce et Dieu bien bon.
Les Alpes et les Pyrénées le faisaient entreToir s
grand, qu'on n'osait plus l'aimer.
TntoPHILE Buz.
(La fin prochainement).
~

FERDINAND DE CROZE.

Plus connu a l'étranger qu'en France, M. Ferdinand
de Croze commen~, avec son pere, un des prerniers
professeurs de Marseille, l'étude du piano. Sous la direction d'un tel maitre, les progres de l'élcve furent si
rapides, qu'au bout de peu de temps il put se présenter
au Conservatoire, ou il fut admis.
Ses études a peine terminées, notre jeune pianiste, il n'avait que dix-sept ans, - se mil aussitót a courir le
monde, et visita successivement la Savoie, la Suisse,
l'Italie, ou il donna de nombreux concerts. A Turin, il
eut l'bonneur de jouer a la cour.
Apres avoir joué daos tous les théatres d'Italie, a
Parme notamment, ou le duc Robert lui conféra le titre
de pianiste et maitre de chapelle de la cour, Ferdinand
de Croze reprend :1on vol, et cette fois, c·est vers les
cours du Nord qu'il se dirige. Il visite tour a tour la
Russie, l'Allemagne, la Prusse, la Baviere. A Vienne,
l'empereur d'Autriche le complimenta publiquement; a
Munich, le duc Maximilien lui donna la médaille de
mérite; en un mot, tous les souverarns qui l'entendaient
lui faisaient un excellent accueil, et il ne tint qu'a lui
d'avoir a la cour de Russie une belle position daos la
musique de la chambre impériale, avec des émoluments
magnifiques. Mais il fallait pour cela renoncer a la
f'rance.
Ferdinaml de Croze sentait le hesoin de demander a son pays la consécration des lauriers cueillis a
l'étranger. Du reste, dans ses voyages multipliés, il avait
composé nne série d'reuvres remarquables pour le piano;
de plus son talent avait graodi, et il arrivait en novateur avec des arpéges et un doigté nouveaux. C'était le
moment de soumettre a la seconde ville éternelle, suivant l'expression de Victor Hago, et sa réputation et
ses travaux. Paris, qui aime les chercheurs autant que
les hommes de taleut, Paris accue11lit avec faveur l'art1ste voyageur, et lui accorda la Jettre de naturalisation
qu'il était venu y chercher.
11 n'est pas un virtuose qui, asa place, ne se ftit empressé, en récompense de la bienve1llance qu'on lui
accordait, de se fixer a Paris et d'y faire ample moisseo d'argent et de célébrité. Notre artiste, lui, n·eut
qu'une idée, celle de repartir, et de poursuiv-re son systeme de locomotion musicale, qui lui avait procuré ses
premiers succes. C'est qu'en etfet, Ferdioand de Croze
est le seul artiste fran~ais qui ait fait du voyage a l'étranger une quasi-specialité, et qui ait réellement propagé son talent, avec autant de persévéraoce que de bon•
heur, dans les plus lointains pays. Il est allé a Moscou,
dans le Canease, et jusqu'aux frontieres de la Sibérie.
Cette existence et ce mouvement continuel ne l'empechaient pas d'apporter a son art l'étude et les soins nécessaires. Ainsi, apres ses premieres explorations en
ltalie et avant de se rendre en Autriche, il venait a
Paris pour y étudier avec Ckopin les me"eilleuses

�!36

L'ILLUSTRATION~ JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

Btudes de ce maitre éminent. Disons, a
ce propos, que Ferdinand de Croze est
un des rares adeptes de ces admirahles
productions, si improprement nommées
Études, et qu'il les exécute de mémoire;
il suffü pour cela de les lui indiqucr
par leur numéro d'ordre.
, Ferdinand de Croze n'est pas seulement un piaoiste de premier ordre,
c'est aussi un chercheur qui a doté l'art.
d'effets inconnus avant luí. 11 a trouvé
d'abord une maniere de harper toute
nouvelle; sous ses doigts on croirait
entendre sorlir du clavier des sons véritablement éoliena. 11 est également
auteur d'un doigté d'octaves, approuvé
par Thalberg. 11 s'est aussi approprié
un systeme de sonorité imprimant a la
note une vibration d'une douceur et
d'un velouté des plus délicats, tout en
lui conservant la plus grande énergie a
l'attaque de la note.
Enfin, lout dernieremcnt, il faisait
connaitre un nouveau clavier dont le
mécanisme est si peu en rapport avec
le jeu ordinaire que l'ut, par exemple, au lieu d'etre sur une touche
blanche, se pose sur une touche noire,
ce qui n'expliquerait pas grand'cbose,
si nous n'ajoutions que les touches de
ce nouvel instrumcnt sont disposées
chromatiquement, c'est-a-dire une touche blanche, une touchc noire et ainsi
de suite. Cepcndant, malgré cetlc iné-

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YArrSIMILE DU PORTRAlT DE S. A. R. LA JEUNI! PRINCF.SSE MAI\GUERITE OR PARllE.
Drisiué par sa mi-re, S. A, R. feu la ducbesse de Parmc.

galité entre les_deux pianos, Fel'diuaiid
del Croze parvenait a jouer allernali,
vement,~dans la meme séance, lllr
111
et l'autre clavier, et avec un talent hOII
ligne.
Un mol sur i le· compositeur, llllia.
tenant. Ses reuvres comprennent
11
Concerto pour piano, avec accomp1g1e.
ment d'orchestre et de chreurs
11
Crescendo, devenu classique para:¡ lea
pianistes; di verses fantaisies, entr'q.
tres celle de la Pavorite, devenue claa.
sigue comme le Crescendo. Cinq albua,,
compósés 'chacun de six morceaox, •
caracteres tres-variés, et quelquea q.
tres morceaux d'une grande ,atear.
Ferdinand de Croze venail dernieie,
ment a Paris, pour faire entendre le
O.. album qui, dans un petit comité,
a obtenu tous les suffrages. Cet albra
cst un hommage a fcu la duches.,e tle
Parme, qui, de meme que M. le co111e
de Chambord, portait le plus gl'lli
intérét a son maitre de chapelle. ta
six morceaux de ce nouveau recod,
dont les ti tres sont : le ·Dernier adift,
élégic; Chanson hongroise; Brisn •
Danube; Pleurs du Rhin; DifllGlltl,1
idylle; Souvenir de lJellini, sont orná
d'un dessin, fait et signé de la maia
de la duchesse de Parme, pour lllle
composition de Ferdinand de Crw,.
C'est ce dessin que nous reproduisom,
Ca. L1iuun.

EMBELLISSEMENI . ,
du

DE

Quadie-.
CHIAIA

(N.APLE S)

LES VICTIMES DE LA MODE, PAR BERTALL (smrEJ. -

1,11

DI

'..:..'.,

NA.PLES,

L'édilité napolita!ne
décidé la coostrucllon
:.un quartier nouve~u,
en utilisant la collllle
de Chiaja, la plus agréable, la plus salu~re de
tontes celles qm entourentlaville. Ce qu~rtier, qui n'a pas m01ns
de '6!í,OOO met_res carrés en superficie, part
de la roe de Chiaja, a
la bauteur du palais
Francavilla, et va abou,
iir au corso Victor-Emmanuel, pres de l'église de Piedigrotla. 11
estdi,isé par une artere
priocipale de plus de
t,000 metres de longueur, presque parallele a la riviere de
Ckiaja, a l'extrémité
de Jaquelle un palais
de cristal sera construit,
en dil-huit mois, par
une société partic11••
liere, qui doit en outre
b&amp;tir toot le quartier
en douze années au

plus.
Cette importante entreprise est accueillie
lrel-faYOrab)ement, car

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LI m,rquis• cl'Eu1our,n,1LL1, - CberJmon1ieur Huotell,jesuis in•itée
cbtteau de Trois-Étoiles. Vous concne• que je tiens l avoir 'quelque

IIION de cllaraiant, de nou,eau, qui n'ait jamaisité ,u.

SLR LA COLLINE CHl!JA Al'iAPLES. - D'apre&amp; les pbctogr&lt;1phies de 11. Bernoud.

1

elle aura pour premier
résultat de calmer l'avidité des propriétaires,
qui depuis quatre ans
ont presque doublé
les prix des loyers. De
plus, elle sera la source
de travaui et de profits dont la partie industrieuse du pays a
tres-grand besoin ; et
enfin, cette idée d'un
palais pour l'exposition
des produits de !'industrie et de l'agriculture est heureuse, car
elle complete bien le
quar1ier, lui donne une
grande valeur , et se
trouve d'accord avec
un décret du Parlcment
italien, qui a décidé
que la premiere Ex_position
universelle
d~vait avoir lieu a
Naples.
P. PAGET.

L'ALMANACil DE L'ILT.IJSTRATION est sous
presse et paraitra dans
la premiere quinzaine
d'octobre.
Si pages, ornées de
78 gravures. - Pri:x: :
i f1·. lwoché et doré sur
tranches, t fr. 25 par

-== , =
la poste.
- 11111, moraieur, c'est horrible ce que vous lui mettez sur le dos á cette malheureuse. - llonsieur Alce,te, tpprenez que maiutenant l'art d'ltabiller
lea femmea n'est autre que de leur faire dépeoser beaucoup d'argent. D'ailleurs, daus trois mois, ce ne sera plus la mode, je m'eo charge.
~
comrB ~A. SE JOUE (liberté des tbéatres). - Per1011nagu: M. Hu11T1LL, couturier pour dames; C.Omtesse de K1.1NoL1Ns1&lt;0•; 1111• d'Bsnournttv1LL1, femmes a la mo1e

M

A CONSTRi;IRE

1

.

La comte11e de KaiNou.-110,. - Cher mon1ieur Huotell, je désirerai1 vous
COIIIUlter eu particulier pour une aft'aire de la plu1 baule importance.

PALAIS D'EXPOSITIO~

Vozr les N°s 1118 et t 126.

MESSIBURS LES COUTURIBRS l'OUR DAijES,

JIIJLLISSUBMTS

237

Recueillement proíond de M. Huntell. - Je sui1 iovitée au chAteau de
Trois-Étoilea. Vous cooee•ez que je tieos á ¡uoir quelque choseld• char111ant. de nou,eau, qui o'ait jam&amp;Js été ,u.

- lladame, pour •ous je vaia étre lindiscret : Vous conoaissez la belle
comtesse de Krmolinskof. Voici un magoilique eostume de réoéral mexicaio que je lui fai1 en graqd secr~t. Vous _aurez le pareil, mais plus
riche, et.de111joun uant eUe. _ ~ ...u.1\3Jllll

- Madame, pour vous je vais etre iodiscret: Vousconnais..-z la hclte marqu1se d'Ksbrouífeoville.Voilá un ra•
vissant costume d'amiral mexicam que ie lui fais en
~rand secret. Vous aurez le pareil, mais p'u1 ricbe, et
deux jours avant elle.
·

Le tour e,it fait !! lleasi~urs, •0111 ne trou,ea pu 91
joli, c'est pouible. llais ~- se paye l,too fr. Toutet cea
dames en •oudroot, j'en ftral ceiit dalla mon moia, Je
trone 91 tre►joli.

�L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

!38

I

L'I LLUSTRATION. JOURNAL UNIVERSEL.

Sir Edward traversa deux couloirs beauco-;-s'il entendit; Tmais il ne daigna pas tourner la téte.
sombres
qne le premier. 11 entra de plain-pied - ~
Apres une nouvelle explosion de oous, qui n'obtinrent
chef
de
hureau.
•
M&lt;EURS ET TYPES D'AUJOURD'HUI.
pas un meilleur succes, le gar~on de bureau, enfiévré,
Sir Edwartljouait de malheur. Ce chef de b~
prit sir Edward par l'épaule.
11
LE GARCON DE BUREAU.
Celle fois, celui-ci considéra son adversaire. 11 n'y trouvait etre précisément le protecteur du gar~
l'avait insulté. lis étaient attachés par mille liens. Qt'
Il y a des autorités inconnues; 11 y a des puissances avait pai a se le dissimuler, c'était bien un gar~on de a savoir lequel des deux cirait les bottes de l'antre : '
occultes dont l'intluence s'exerce avec une facilité d'au-· bureau qui se permettait de toucher sir Edward.
, •
« Voulez-vous sortir, vous? 11 est défendu d'entrer ici. ce a quoi nous devons reooncer.
tant plus grande, que l'ombre recouvre les chemins qui
Olie
désirez-vous,
monsieur?
demanda
le
cbet
leur servent de passage. On trouve, de ci, de la, certaines Allez-vous-en, monsieur; monsieur, je vous prie de vous
Sir Edward conta son cas, nous ferons grAce ¡ 1111
administrations qui ont pris atache de réaliser la parole en aller.
lecteurs
de sa narration, bien que l'indignation r
Sir Edward ne répondit pas davantage. I1 est vrai
de Jésus-Christ : Les dernier~ seront les premiers; sous
remplie
d'intéret.
•
leur toit hospitalier, serre chaude de l'imbécillité, ger- qu'alors sir Edward rétléchissait. Se battre contre un
Le
chef
de
bureau,
ayant
écouté,
s'étendit
sur
son
faQ.
ment, croissent, grandissent et fructifient tout un monde gar~on de burean était une chose complétement impos- teuil noir; et, comme il n'avait pas songé un seul ~
d'etres purement végétatifs, chez qui la pensée est une sible. C'était scholting, c'~lait ridicule. 11 n'y fallait pas taot a toucher a sa calotte verte, vous ne serez ,.
songer. La discussion devenait presque Je l'égalité. 11
bypothese, la réO.exion un mythe, et qui emhra&amp;ent de
étonné d'apprendre qu'il l'avait encore sur la tete.
leurs replis nombreux la grande famille des employés, n'y aurait eu qu'un moyen a prendre; c'eut été de saisir
Il faut bien que les chefs de bureau aient queiq..
réussissant parfois a en étouffer jusqu'a l'apparence, le gar~on tres-proprement et de le jeter par la fenetre, méoagements pour leur calotte, devant les ioférieon,
a peu pres comme un lierre épais cache le tronc du qui, précisément, se trouvait ouverte. Par malheur, les étrangers; n'est-ce pas déja assez de la rouler daai
chene qui le prvtége. Cettc espece singuliere excite ra- considérant ses bras et ceux du valet, sir Edward devint la poussiére quaud un supérieur se préseote~
rement l'attention des jeunes gen~, bien qu'elle ait droit sombre; il ne pouvait jeter le gar~on par la fenetre,
Le chef de bureau réO.échit murement ; pais 1
a tous leurs respects; plus d'un a vu changer sa destinée grace a cette raison, qui veut qu'a une patere ne sau- dit:
et s'envoler loin de lui le plns ardent de ses réves, rien ra1t etre suspendo 110 mo~llon.
-- Sans doute, monsieur ... Peut-etre, monsieur, ...
Le hasard voulut qu'un employé eut affaire, et passa.
que pour avoir oégligé les indispensables courbettes
tiste
aurait-il pu agir... s'y prendre d'une autre ~
que, dans notre société progressive, le maitre doit au va- Nnus disons le hasard, car il était rare qu'un employé Cependant, monsieur, permettez-moi de vous \e dit,
eut affaire, soit par la, soit ailleurs.
let, l'intelligence a la brute, et le tout au néant.
Sir Edward n'avait jama is adressé la parole a cet em- vous enfreigniez les reglements.
La femme n'a tant de pouvoir que parce qu'elle est
En réalité, les administrations n'ont aucune espece•
sotte : malheureusement, la femme est gracieuse. Le va- ployé, sous-chef ou commis principal; mais il l'avait vu reglements, et \'on scandaliserait fort ceux qui en ,..
Jet étant beancoup plus sot que la femme, et n'élant pas souvent. Il se leva.
lent, si on leur demandait ou ils sont. Mais il eatl•
- Monsieur, dit-il...
gracieux, conserve done un double avaotage; sa puissage que, quoi que fasse un étranger, il enfreiot UI liL'employé s'arreta.
sance est double. La proportion est mathématique.
Ayez done !'extreme ohligeance de dire a ce ..... do- glement imaginaire.
Dans un ministere que je ne nommerai pas, éta,t un
Sir Edward réponditque lesreglements l'avaient •
petit salon vert, embclli par qnelques statuettes, consa- mestique qne je n'ai pas \'habitude d'étre dérangé.
fert,
lui, sir Edward, pendant vingt ans, et que, i'ill •
- Baptiste, flt l'employé, qu'est-ce que vous diles
cré, je crois, aux séauces de quelque conseil d'architecréveillaient d'aujourd'hui seulement, cela seul proaa
ture. Aujourd'hui, on ne fait pas de l'art avec des artis- done a monsieur?
La scene aurait du finir la. C'était bien ainsi que \'es- leur flagrante inutilité.
tes, mais avec des conseils, tout comme on vote un imLa-dessus, le chef de bureau commen~a un ditae
pérait
sir Edvard, qui se rassit. Mais les gargons de bupot. Ce petit salon vert était devenu la résidence quotiacadémique
en 11uatre points, tendanta montrerBaplilli
dienne d'un Anglais riche et bien posé, nommé sir Ed- reau se souc1ent bien des sons-chefs et des commis prin- sous quatre jours également élogieux:
ward. Comment sir Edward avait-il pu péoétrer dans ce cipaux ! Leur puissance est autre. Celui-ci avait mis
t O Baptiste était laborieUI ;
sancrnaire, lni qui jamais n'avait fait partie d'aucune dans sa tete que sir Edward sortirait, et il fallait que
2° Ba¡,tiste était obéissant;
administration? Comment s'y était-il plu, lui, homme sir Edward sortit.
3° Baptiste était complaisant;
- J'ai des ordres, monsieur, dit-il d'un ton sec, qui
d'esprit et de gout? Ce sont deux énigmes dont le mot
i• Bapliste était économe.
restera introuvable. On peut simplemcnt présumer que ne permettait pas la réplique.
Le tout, sanpoudré de détails, embelli de preu,■ l
Cela signifiait évidemment :
sir Edward avait eu préalablement un ou deux amis en
l'aopui,
dura trois grands quarts d'heure.
11 J'ai des ordres de qui a droit de m'en donner, et
ce lieu, qu'il s'était habitué a y vemr, que l'babitudf',
Le chef de bureau termina en con~tatant avec plli!i
entraioaot tout homme, continuait a entraioer sir Ed- ce n' est pas vous. 11
- Cependant,glissa \'employé d'un ton patelin, mon- que Baptiste était moral et marié.
ward, ou que peut-etre il était amoureux d'une des staCe fut seulement en ramenant ses jambes
sieur vient habituellement ici... Monsieur est de la
tuettes de la cheminée.
ble a écrire que le chef s'ape~t au'il parlan
Toujonrs est-il que, depuis vin~t ans, sir Edward ve- maison ...
- Je ne connais ríen a cela, dit l'irasc1ble autocrate. muraiUe. Depuir, une demi-heure, sir Edwd
nait la chaque jour, s'installait adeux heures fiUr nn casorti.
napé, regarda1l la statuette jusqu'a quatre, et sortait im- J'ai des ordres. Oans ce salon, il ne doit y avoir perSir Edward était chez le chef de la division. JS01 ,_
sonne,
il
est
défendu
d'y
laisser
entrer
qui
que
ce
soit.
médiatement, cetle derniere heure sonnée.
exaspéré,
mais a peu pres en délire,l'Anglais n'availfl
Personne n'avait jamais pensé a s'occuper de sir Ed·· Je suis responsable, monsieur.•. Monsieur, eocore une un de ses cheveux qui ne labourat son era.ne ceaa
ward. Sir Edward était peu genant. On le considérait fois, je vous prie de sortir... Sortez, monsieur, s'il vous une pointe d'aiguille. Apres avoir fait aotichambre.généralement comme un meuble du salon; chacun était plait...
La Corroe y était a peu pres; mais l'air était impé- qu0s minutes, il trouva un homme a l'air affairé, prill,
fait a le voir la, tout aussi bien que la penilule et les
cupé, parfaitement vetu, et portaot sur son front si pn,
fauteuils; ceux qui avaient a entrer ou a sortir, en- rieux, la voiI mena~nte, le commaodcment formel. fondément gravée la convictioo de son importa,
traient ou sortaient saos lui dire bonjour, saos le regar- Sir Edward, se fiant a l'employé, s'était repris a regar- qu'on eut été fort impertineot d'oser seulement lui •
ner, saos l'inquiéter; c'était tout ce que demandait sir der la statuette.
ser la parole. 11 semblait que cet homme n'osAt
11 Du moment 011 il en est ainsi, dit l'employé..., ce ne
Edward.
la téte trop vite, de peur de laisser choir l'univers, qaiA la porte de ce salon, daos une embrasure arrangéc sont pas mes affaires.
videmment il soutenait comme Atlas. Un autre que*
Et il s'en alla.
en forme de niche, tronait, depuis vingt ans aussi, ce
Edward eut admiré cetle naive vanité.
Sir Edward regardait tranquil,ement a statuette.
Pharaon immob1le, vetu de grosse laioe bleue, qu'on
Mais sir Edward n'hésita pas a se jeter a corps
Tout a coup 11 se sent1t saisi par le bras, et poussé
appelle uo gar~on de bureau. Tete blanche, front r1dé;
sur cet impénétrable rocher. Il avait fait serment
ce gar~on-la mourut. Sir Edward ne s'eo inquiéta pas. violemment vers la porte.
tenir le reovoi du gar~on, et il aurait ce renvoi,
- Moosieur, dit-il, je m'appelle .....
Par une coincidence qui ne lui parut nullement singu11 n'eut aucun loisir pour achever. Le salon fut fermé, nourrir apres la famille de sa victime.
\iere, attendu qu'il était impossible a sir Edward d'en
Le chef de division lui demanda toutd'abord po
deviner les résultats, le gentilbomme anglais s'absenta le gar~on disparut, et sir Edward se trouva seul dans le il ne s'était pas adressé au chef du bureau.
deux mois. Le second mois écoulé, au ter m~i, par coulo1r.
Sir Edward répondit qu'il avait eu cette idée, qu1
Les couloirs de miuisteres sont tres-sombres ; cela tient
un gentil soleil de printemps, il revint prendre sa place
souvenait
meme de \'avoir mise a exécution; mail
a ce qu'on éleve ces maisons pour en faire des m01111accoutn-mée.
l'éloge
de
Baptiste étant indubitablement l'un des
ments, et nullement pour les rencire habitables. La nuit
A peine était-il la depuis un moment, et il venait seuproposés
pour
les prix de l'Académie, lui, sir Ed
lement de tourner ses yeUI vers la statuette, quand un couvrit done les changements de couleur par lesquels avait laissé ledit chef de bureau tres-occupé a co
passa le visage de ,;ir Edward.
bomme entra.
Quand il reparuta la lumiere,sa face était vert-pomme en cette matiere. Tout portait a croire qu'a ce
C'était le nouveau gar~on de hurean; un jeune et fort
la péroraison était eotamée; ce qui permettait l1ll
gaillard, insolent comme la paresse, convaincu comme et ses yeux tres-blafards.
Il se croisa les hras; et, tandis que ses pensées se suc- . faires publiques de se continuer saos encombre.
l'idiofüme.
- Monsieur, dit le chef de division non saos UDt
Sir Edward ne se retouroa méme ¡,as pour le regar- cédaient, chacun de ses chevcux se heri~sa1t subitement. taine majesté, je ne saurais m'immiscer dans ces o
- Il est incontestable, se disait- il, que je viens de suder. Qu'avait-il a faire avec ces gens-la~
bir
une grave injure. On m'a jeté a la porte. Je sms dés_ déta1ls de \'administration. Notre temps est p
tt Monsieur, cria une voix a son oreille, par 011 etesune grave question m'est soumise; ces sortes de
vous entré, vous? Que faites-vous la, vous Y Que deman- honoré. De plus en ¡,lus 1mpossible de me battre. Sir mations ne nous concernent point. Si j'avais su ce
Edward ne peut avoir un duel avec un gar~on de budez-vous, vous?
il s'agissait, il m'aurait meme, je vous l'avoue, éd
Ce ~ous était prononcé avec un dédain superbe. I1 y reau. Les offenses qui partent de bas sont les plus diffi- possible de vous recevoir... jP ....
avait daos ce i:ow toute une pbrase ainsi coo~ue : tt Je ciles a punir; je m'aper~ois que ce sont les plus redou- Comment? s'écria sir Edward , il se peut, m
ne vous conoais pas; je ne vous ai jama.is vu; done vous tahles. 11 faut rourtant que la mienne soit vengee, saos que cette affaire n'a1t a vos yeUI aucune impo
quoi il ne me resterait plus qu'a me bruler la cervelle.
n'étes pas estimable. ll
ma1:, tout ce qm concnne mon bonneur en a
Je ne ws pas si l'An,tais comprit cela, je ne sais pas Ce gar~on do1t etre deat,tué.

re•

me pour moi; et, quelle que soit la gravité de \a

qaq stion qui vous est soumise, je la considere comme
félu, relativement a cette petite chose,
Le chef de division se leva. Un sourire digne (un chef
de Jivision ne rít jamais) effleurait sa levre mince et
tooi a fait impo~ante ; il. reconduisit galamment sir Ed.ard, et il devmt certa10 pour ce dernier qu'il Jtait
l'objet d'une profontle pitié.
ÜE.'IRY lliRET.
(La ftTI prochainement).

81

~

BULLETIN BIBLIOGRAPIDQUE.
Lt [Ac des Cygnts; - Danitllt, par Ét. Énault (1).

l)eux nouvelle,. La seconde, ponr le fond, est assez
fll(Pire. Une filie de seize ans, orpheline, pauvre, ne
sacbant rien du monile, abusée, trah1e, lél.chement abandoonée, encore plus lél.chement accusée, et fort ínsolemment, par celui qui devrait rougir devant elle; uu amant
de bonne mai,on qui voit outrager celle qu'il aime ou
qn'il dit a1mer, et ne sait ni la défendre, ni rem:ttre
cho¡;es et gens a leur place ... Oevant la question morale
qu'il a soulevée, - question importarúe et délicate, _
rautenr manque de fermeté d'esprit. 11 voit la vérité
maisil n'ose pas la dire, ou du moins il se borne a l'in~
sinuer timiilement, tant il a de respect pour les "cooveolllees ! » Était-ce la peine de prendre la plome pour si
peu?
Daos le Lac dP,s Cygnes, aucune question morale n'est
enjeu, mais bien deux questions médicales, dont la solutioo fournit a l'auteur son denoument. M. Hermano
a un anévrisme au creur, ou pres du creur, et Mlle Wil-belmine e,t atteinte de phthisie pulmonaire. Celle-ci a
on tuteur avide, celui-la une cousine coquette et ruinée.
Les deux intrigants, chacun de son coté, obtieooent tles
imprudents jouvenceaux une promesse de mariage, avec
tesUment en pe~pective, ce qui manque •m peu de variéte. Mais la nature déjoue ces profondes combinaisons.
Les denx malades se prennent d'amour. Quand ils se
savPnl condacnnés a u11e mort prochaiue, ils ne s'en aimenl que mieux, et ils Cúnfondent si bien leurs ames
dans une premicre élreinte et daos un premier hai~er
qu'elles brisent du coup leur fragile eoveloppe, et s'en~
,olent en,emhle daos le pays des amours éternelles.
Grand desappointement ?Our M. le major et pour
11•• Freysberg, mais grand tr1omphe pour la faculté!
Cette dnnnée esl moins rebattue que l'autre. Et
M. Etienne Éoault, d'ailleur~, éi:rit facilement, correctemeol. 11 a le style élégant, et parfois le tour ipgénieux.
11 eonte avec gr.lee; ses personnages vivent et ont sou,ent de !'esprit. Bref, on le lit avec plaisir.
Cela dit_, il 01e permettra, je !'espere, de lui reprocher
qoelques maJvertances, comme de meltre en sclme un
usuri~r j_u1f qui s'écrie . « Par Isaac, mon patron ! » et
de f~re Jouer, daos un concert, un &lt;¡uintette ele Haydn.
Cn hl~rateur_n'est pas obligé de savoir que Haydn n'a
pas_ f~1t de quintette~. Mais il ne devrait pas oublier que
l~Jmfs son_t c1rconc1s et non haptisé,, qu'ils n'invoqnent
pomt les sarnts, e~ que, par conséquent, ils n'ont pas ele
pati:ons, - ce qui ne les empeche pas de faire assez
agreablemeot leurs aflaires.
G. HÉQUET.
(1) lllclielle el C,e.

--~
Les_ nomhreux souscripteurs au premier volume des
Gal_~e.~ publiques de I' f'11rope (Rome) apprendroot avec
plaisir que M. J. ARMENGAUD vient de partir pour l'Italie
afio _de mettre la derniere main au deuxieme volume d;
cet 11r.portaot o~vrage, si impatiemment attendu, qui

r.omprendra T1mn, Génes, ,!ilan, Parme, Veni,e Man•
tooe, ~logne, Pise, Florence, Naplés Hercui'anum,
~~ria, etc., etc., c'est-a-dire le complémeut de toute
-.ue.
_.;~o li.-re charmaot, appelé aun véritahle succes, le~
ires du Géant, par Nadar, vien t de paraitre chez
~tu. Cette reuvre humoristique, pleine de verve et
dim~révu, est rubliée daos son entier avPc une intl'o3
M. Babrnet. - i vol. de 450 pages. - Prix:

n::_par

Lo"":' En vente, cbez Oubuisson et CI•, 5;rue Co11-Héron,

l~s ~om~gnes, la Lombardie, etc., lui ouvrent le cbamp
d op~i'allons le plus vaste, et lui permetlent de ne pas
nPghger les enlreprises qui, daos toute l'Italie, recherD'ENTREPRISES lNDUSTRIELLES EN ITALIE
ch~nt en ce moment un établissement financier Slll' l'apAulllnS"t par decrela d•s t7 mars 1817 •• 10 oelobre •85R. c•&gt;ns•ituee
pm duque! elles pui,sent compter.
par acte 1t0larie du t9 ,eotcmbre 18-19. et n,a,ntenue dans tou, se• dro,t.
Les mines de cui vre, de fer et autre~, si riches et si
ea vertu de la l01 d'&amp;W1u1ou du !! mars 1860.
considérables en ltalie, la canalisation, dont l'utilité esl
si vivement réclamée par les besoins de l'agriculture et
SIEGE A FLORENCE
du commerce, les approvisionnements d'eau daos les
Avec succursales dans les principales villes de J'Itahe.
villes, les usioes et fabriques a créer les travaux d'utilité publique, les emprunts publics en un mot toutes
COlllTI&gt; l"T SJ;CCUR::,ALE A PARIS,
.
'
'
destinées a augmentPr
la richesse
du
1es entreprises
45, rue de Provence.
pays, seront le hut des opérations de la Société, et assureront a ~a ~ompagnie des bénéfices importants.
CONSEIL D'ADllINJSTRATION.
La Soc1été possede dans ses archives un certain nomPrésident.
bre d'affaires complétement étudiées dont elle entreSon, . Exc. ~e ma~q_uis Cosn10 RmoLFI, ancien ministre prendra immédiatement l'exécution. '
d Etat, v1ce-pres1dent du Sénat italien, etc. etc. a
~
Floren ce.
'
'
Directeur général.
Ll•: S MA:-GASINS DU LOUVRE
M. Cn. BuRuu, administrateur de la Banque du Sud et
L'.établissement des Magasins du Louvre a produit a
des Péninsules, a Florence.
Pam, daos le commerce de la nouveauté une véritahle
Vice-présiden Is.
~ra?sformation Tout en ne vendant q~e des produits
S. ~xc. le prince CnA11LES PoNIATOWSKI, graod-croix, etc., ir~~prochah_les, de qualité supérienre, et sortant des prea Florence;
m1eres fabriques de Fraoce, les Mogasins du Louvre ont
M. le baron de VrncE:-T, ~ommandenr de la Lérrion inauguré péri_odiquement des ventes qu'on peut citer
d'.honoeur , ancien préfet, aocien conseiller d'itat, comme des m,racles de hon marché et qui.ont fait date
3enateur, a París.
daos l'histoire de la nouveauté a Pa'ris.
Membres.
MM. P. A. m BAGN"ANO' comte M
.• ~e~ ~ aga~ins du Louvre ont ainsi montré la puissance
. ..,
ASETII, gonfalonier 1rr~s1st1ble. d'u.n établisseme,n_ t q,ui ne fait que les plus
(ma,r..,,, a Florf'nce;
Marquis A~DREA GARkEGA, des dncs de GALLIERA ;~:l:~~-perat,ons, parce qu il s appuie sur un capital
soc1trli GKNÉRALI!

ANO:ffllR

administrateur des chemios fer L1vournais, a Fl;
rence ;
Chevaher Cn. CERIASA (freres Ceriana), r¿gent de
la Banque nationale il'ltalie, baoquier a Turin;
Baron A!iTo;-110 CmARAMoNTE BoRDONARO, banquier a
Palerme;
Che,alier FENZI (Emm. Feozi et O•), banquier a
Floren ce;
Baron ~nENco (French et Ci•), banquier a Florence;
Chevaher A. 01 Lo11E:--zo (!rilres di Lorenzo), régent
de 1~ Ban11ue de Na1lles;
Marqms LorrtRJ:-Go DELLA STUFFA, chef de l'lnttindance générale de la liste civile dn roí. a Florencc ·
Chevalier füzzo:,¡1 (de la maison A. Uboldi et (;it)'
banquier a Milan;
'
N. PAcm1, hanqu,er a Ancone;
Ce. QoARTARA (Quartara frcres), ban'luier a Genes·
P. ~oooc.uucm (Rodocanacbi fils et Ci•), banquier ~
L1vourne;
Che~a~ier Cu. SMITZ (Smitz et Cappezuoli), consul
general de Prusse, adminislrateur des chemins
de fer Livournais, ¡,résiilent des chemins de fer des
Ma remones, hanr¡uier a Floreoce;
EsrnoE TAGLJA_BuE, banquier a Milan;
8AYVET, offic1er de la Légion d'honneur ancien
maire a Paris, ancien vicc-président de Ía C:hambre de commerce de Paris membre du ConseH
municipal de la Ville de Paris, censeur de la Baoque de France, a Paris;
Vic~m_te NAPOLEO~ OucnATEL, commandeur de la
Leg1on d'bon~e~r, ancieo préfet, ancien pa1r de
Francc, adm101strateur des chemins de fer de
l'Ouest, a Paris ·,
A. FERoT, Chevalier de la Légion d'honneur :inci~n directeur général de l'exploitation des'chemrns de fer de l'Ouest, a Paris;
LEFEVRE-OURUFLt, commandeur de la Légion d'honne_nr, ancien ministre-des travaux puhlics, de l'aChgr1c;~tture et du commerce, sénateur, a Paris;
eva 1er LE MovNE, comma01teur de la Léofon
d'honnenr, ministre plénip'otentiaire &lt;le Fra~ce
admini,trateur de la Société financiere d'Egypte'
a París;
'
Comte d'HAUTERIVE, officier de la Légion d'honneur
ancien député, président de ia Société financier;
d'Egypte, a París;
J. Rus~u~, propriétaire a Paris;
F. \AN-Dt-:N BROECK, officier de la Lé"ioo
d'hon0
• ;:~{;. consul général des Pays-Bas, banquier a

Secrétaire géwral.
Cheva~ier F. Bm.1.uLT, ancieo banquier,

a Florence.

· bl'1ssement a de capilaUI, plus il peut of.PI 1'.s un eta
fr1r d avantages a sa clientele:
Parce q1ie l'étendue de ses affaires lui permet de traiter avec les premieres fabriques pour des stocks entiers
de m_ar_chandises, que le fabricant peut lui vendre a des
con d1t1_ons pus
1 avantageuses, puisqu'il économise tous
ses frats de vente par une seule opération ,·
par~e q~e 1e capital disponible qu'il a toujours sous
la mam lu, permet de profiter des occasions Jes plus
heure1Jses que pPut ofTrir le va-et-vient des atraires.
Parce qu'en coocentrant sur un seul point tout un
ensemble d'opérations diverses il économise Jui .. meme
tous les frais généraux qui pes;nt sur 110 etablissement
qui ne tient qu'un certain nombre d'articles.
Les ,,•tagasins
· du Louvre ont ainsi inauguré pour le
commerce de la nouveauté, un systeme de ~ente et
d'achat qui se traduit ¡,our le· puhlic en un bienfait incontes_table; car ilans un temps ou chacun gémit sur la
eherte de toutes ehoses,_ Jes Magasins du Louvre, en annon~aot les plus beaux t1ssus, les plus splendides étofles
les pl~s helles soieries, etc., ont affiché des prix qui ont
prorlmt,dans la société parisienne, le plos vifétonnement.
Les marchandises étalées et examinées étaient unanime~ent Jrouvées de prl'mier choix; les chiflres ann?_nre_s éta1ent le plus bas prix qu'on eut J. amais vu.
Cetait le bon et le bon marché; c'était l'utile et t'agréable . TTtil, dulci.
C'est ainsi que, daos les premiers jours d'octobre les
Magasins du Louvre viennent de mettre en vente pour
tous les artic~es qui conceroent l'ameublement, ;n immense assort1'llent de m_archandises dont les prix vont
c;iuser la m_ éme sensat1on que les grandes mises en
vent,e an tér1eurement annoncérs par cet établissemeot.
N est:ce p~s la une bonne fortune véritable pour le
retou~ a ~ar1s de la société élégante, et pour tout ce
trava1l d ame u blement que nécessitent les nouvelles
constructions de Paris?
Cette mise en vente comprend:
_Les choix les plus riches et les plus variés de TAPIS
fa1sant partie des marchés que les Maqasins du I,,mvre
ont pa•sés, en mars dernier, avec les PRE!iJERES FABRIQUE:5
DE FRANCE ET o'ANGLETERI\E (douze mil/e .,ieces a 'ab"•quer
"
" ter septembre
'' ••
s,1r des ,,e~sins
exclusi/s), et livrables du
au 1" octobre.
Cette immense opération, qui présente sur les cours
actuels une d1fiér~nce nE FLus DE JO POUR Ct'iT, va perme~tre aux Magas,ns_du Louvre d'ofirir ces magnifiques
tapis aux plus ~as pr11 que cet article ait jamais atteints.
. A cct asso~t1meot de tapis, les Magasins du Lour·re
aioutPnt la m_1se en vente d'éto(fes pour meubles, et TROis
ll
d d
b dé
p~%~::e ::~li~:~1 ro s, brochés, et de guipure de

.:;n Marpon, libraire, 4 a 7, galeries lle l'Odéon Pt
Banquiers de la Socitté e,¡ ltalie.
Cette mise en vente sera, comme im¡,ortance et comme
,.,,_tous les lihraires: BrnuorneouE N!TIONALE. - Col- M~. Em1. FE~z• et Ci•, a Florence, et leurs correspon- extreme bon marché, la plus remarquable qu'on ait eu
dants.
eocore a con_stater jnsqu'a ce jo•.ll'. C'est le ntc plus ullt·a
.
des meilleur~ wdeurs anciens et modenie~, format
des comb10a1sons economiques .
'25 c. l_~ vol. (35 c. franco pour toute la France). PROSPECTUS.
. L_e~ Magasins du Lom:re, en organisant ces grandes et
. : · oot deJa paru. - Cette jolie collection obtient un
La Société généralp d'entreprises industrielles en Ita- JUd~c1euses operat1ons, rendent réellement a la société
de vogue, qu'elle mérite a tous égards.
líe a été décrétée pour développer le commerce et !'in- par1S1enne le plus signale des services. Ces bas prix
dustrie de la Péninsule.
fabuleux pré~entent, en efTet, une agréable compensation
L~s s~ccursales, a_gences ou corrrspondances qu'Plle avec la h~ussr cro1ssante des autres produits. L'étahliset 1:S,~irées daosantes et musicales du jardin '1ahille
lllo' 11d¡ardm des Fleura seront continuées pendant le v~ etahhr dans les cmquante premiáres villes de la Pé- sement a 10aug~é cette voie heureuse, et le soeces l'y
18 octobre.
mnsule en S1c1le, daos les Marches, l'Émilie, l'Ombrie, pousse plus hard1ment que jamais.
H. v.

:-32,

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L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

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L'UOG!JRATIO~

de la

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STA'fUE DU GtNtRAL PAJOL.

Dimanche, 28 aout, se faisait a Besan~on
l'inauguration solennelle d'une statue du général Pajo!, l'un des membres les plus brillants de celte pléiade de généraux que la
Franche-Comté a fournis a la Révolution et
a l'Empire. Ce beau morceau de sculpture, en
dehors de son mérite incontestable, présentait
un intéret tout particulier : i1 est l'reuvre
d'un ténéral de l'armée fran~ise, et ce
général s'est fait statuaire pour bonorer la
mémoire de son pere, et offrir celte noble
image au berceau de sa famille.
A trois heures et demie, heure annoncée
par le programme, les membres du Conseil
général du Doubs, ayant a leur tete leur président, Son Excellence M. le marquis de
Moustier, ambassadeur de France a Constantinople, et leur vice-président, M. LatourDumoulin, député du Doubs, entraient daos
le rond-point de Chamars et venaient pren-•
dre place sur une estrade située a droite de
la statue.
Quelques instants apres, arrivait le cortége
officiel. La statue du général Pajo! est digne
en tous points de l'accueil enthousiaste dont
elle a été l'objet. Elle tiendra, comme reuvre d'art, un rang distingué parmi les monuments analogues que possede ,a France.
Le général Pajol, l'un des plus beau:x hommes
de son temps, avait l'attitude ma,tiale; il portait haut la tete, et sa figure, d'une régularité par.faite, respirait la soudaineté d'intelligenee, unie au calme et a l'énergie : ríen
qu'a le voir, on devinait qu'il était né pour le
commandement. Tout cela est fort bien rendu
par la statue; le mouvement en esl simple et
expressif, le modelé consciencieux et vrai, les
acceuoires étudiés avec soin et arrangés avec
art.
H. CASTELMANS.

......

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VoLONTAIRE

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CENERAL EN ÜHEF 1812

tTilLISSEMENT TlIERMAL DE LA FRÉGATE
la Vllle de Parls,
S11r la &amp;int, 411 ponl Royal, quai d'Or,au. ... •

Les guérisons merveilleuses, obtenues par
les bains de roer et les établissements thermaux, onl popularisé en France l'usage des

____

'.0,1!.
..
STATUE DO GÉNERAL COllTB PAJOL, INAUGURÉE A BESAN{:ON LE t8 AOOT 1864,

~,...,...

ÉCHECS.
PROBLÓIE

r,¡•

no,

ACTEOR A.'iCIEN.

Les blanca font mat en cinq coups.

leurs príncipes chimiques, réduits a l'état de poussiere,
pénetrent dans tous les tissus du corps humain.
RÉBUS,
On peut done proclamer hardiment que Paris possede
désormais un vaste établissement tbermal, daos le sens
le plus étendu du mot, puisqu'il offre a la fois et les bains
de roer et les caux les ¡,lus renommées de l'Europc.
Et remarquez avec quels avaotages ! - Plus de déplacement, plus de fatigue, plus de dépenses extraordinaires de villégiature, plus d'absence pour les affaires
el les travaux ! Le m_alade, le fonctionnaire, le négociant, etc., etc., saos quitter París, oot l'eau de mer
et toutes les eaux sous la main. 011 reqoit méme l'ea,, de
mera domicile; chacun sait que pour le~ enfants d'une
faillle constituLion c'est la uo stimulant efficace. Ces conditioos économiques mettent ces baios a la portée de toutes les rortunes. C'est la un bienfait immense pour les
ramilles, et l'adminisration supérieure l'a parfaitement
rcconnu, car une décision ministérielle et un arreté
préfectoral ont immédiatemeotautorisé cette exploitation
El.FLICATION DO DERNIER RtBUS:
comme répondanl a un besoin d'utilite publique.
Lepatronage du corps médica! et les excellents résulLa littéralure est-elle appelée i gagner avec la libri
tats constatés par les praticiens les plus distingués, dé- théatres?
_ __,..,....,....--uile.&gt;--•---montrent d'ailleurs, par des faits, et le succes éclatant
SOLUTJO!'iS EXACTES DU l'ROBIDIE Nº { 75.
de l'établissement, et les immeuses services qu'il est apMM.
Henry
Frau, Bacquet, G. Baudet, Lea Ricardo,
pelé a rendre a la population parisienne.
H. V.

SOLOTION DO PROBWE Nº i7:i.

Blancs,
D pr. F
T i• c. du R échec

!l'oirs.
T pr. D (a)

P 5- c. du R
C Se c. du F du R écbec. Mat.

(4) 81 l'uoe des Toun se place sur a diagona,e, commaudée par a
J1u1e, (;atalier a• we du Fou du Roi et Dame matlt.

eaux. Toutefois Paris,qui représente seul
sa banlieue, le viogtieme de la FranCC:
sa population, avait été jusqu'a. présent
des avantages d'un établissement therm
et la capitale, qui aspire a devenir un gr '
port, ne pouvait prendre des bains de mer.
On sait, en effet, que cette pbrase stéréo.
typée de h chronique parisienne, u Tout Parfa
est au:i: eau:i: ! » représente a peine, ch141e
année, le départ de quelques milliers de pe,.
sonnes. La masse de la population, retenae
par ses travaux, par ses intérets, par ses ai,
faires, par ses obligations de toutes sor1e1,
reste sédentaire a Paris. Et c'est P0111'1111
cette foule immeose qui a le plus besoin •
régime fortifiant des eaux; car c'est elle q11e
le travail fatigue et aflaiblit, et c'est ¡ ..
que les propriétés bieufaisantes de l'eau •
mer peuvent donner l'énergie qui lui esi 116,
cessaire.
Cette !acune regrettable de la vie par.,
sienne est aujourd'bui comblée par l'ÉtaWfl.
sement .thermal de la Frégate la Ville de P--,
sur la Seine, au pont Royal.
u Quoi ! transporter de l'eau de mer ¡ París ! &gt;l s'est-on écrié toul d'abord. Et l'on 11
réflécbissait pas que c'est la, en définitne,
une idée toute simple et vieille comme le
monde. Les caravanes transportent a tmen
le dé~ert d'énormes quantités d'ean, et q.
jourd'hui on transporte a Constantinople •
l'eau du Nil, pour les dames de Sa Haulelt
le ·sultan.
Avec nos voies ferrées, ríen n'étaiL .t.
plus f:i.cile que d'établir des bains de me,
il. l'aris, et le succes de vogue obtenu ,l'organisation bien facile de ces bains sur la
frégate la Vil/e de Paris, démontre qui
surfisait d'organiser ce service pour réussir.
Bien mieux, un nouveau systeme de 6all
hydroféres de M. Mathieu (de la Drome), im,
tallé sur la frégate avec tout le confortaWe
désirable, permet d'administrer, au centre•
Paris, des bains de Vichy, de Condillac,•
Plombieres, des eaux-meres de Salins, •
Kreutznach, enfin de toutes les eau1 mini• rales connuea en Europe.
Et qu'on ne ~•imagine pas que ce soit lla
systeme de balnéation inefficace et sana profit. Le rapport de M. Poggiale a l'AcacNa
de médeciue a surabondamment prou,é q11
l'l1ydrofére, daos lequel le liquide ne íait ..
passer rapidement au contact de l'air, •
décompose pas les eaux minérales, et ..

AuG. MARc, directeu7'1lérant.
Em,. TnIER, rédacteur en ch8f.
PARIS,-1.Ml', DB L'ILLUSTR.lTION, A, IIARC, t!, RUE DE VBMEUlL,

Brezin, a Paris, L. Bonnin, Ed. de Vaucelle, Melfre, aN
stiennon, de Meurs, Rombaut, Cercle littéraire d'
E. Poucin, J. Planche, E. Frau, Capitaine Chuouaet.E.
let, Briquet, A. Damotte, D• Revel. Café de l'Europe, l
riol, F. Tillelongue et J. Castinel, Jules Borchard, t.erdl
Lezignan, Café Moliere, i Nantes, L. Lefrancq, V. Th'
Eugene )(or¡¡sn.
J. A. de R.

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                <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores</text>
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.tia.

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L'ILLUSTRATION,
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bien
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-e, et

, DODS

22 8

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Les abono. parten! du ter n• de cbaque mois.

BUREAUX : RUE RICHELJEU·, GO•

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I

SOMMAIRE:
f'tzlt : Re,ue politique de la semaine.
Courrier de Pari!. - Expédition dans lu
pro,ioc•s du nord du llexique. - Chronique
mo1ic1le. - tes Lilas blancs (nouvelle). Joc,ndie de Loutlres. - Bénédiction de la
ebapelle de Notre-Dame d' Afrique. - La
elédeschamps. - Pete Mobarram aBombay.
- Les industries inconnues de Londres (lll),
- Le monument des freres Van Eyck. Pac-1imile des dessins et croqu,s d'Eugéne
Delacreix. - Bulletin b1bliogrnphique. Afaire de Blagnac, pres Toulouse.

r e!ret

11Se de
/RI,

'S dont

n seple re111ent,
:r au.eplion

Granru: S. Exc. le maréchal Baraine. -

J!x_

pédition dans les provinces du nord du
Mniqae (4 gravures), - la place SaintCharlei, i. Turin, dans la soirée du U sep•
tembre - lnceudie de G1·esbam-Street, j
Londres. - Bénédiction de la chapelle de
JIOlre-Deme d'Afrique, sur le plateau de la
Boudzaréah, pres d'Alger. - Pete musul•
mane Mobarram, célebrée á Bombay le
I" jour de la lune de juin; - Lea
Tahoull sur la plage; - Tabouts exposés
uas lei rues de Bombay. - llonument des
lrerta Van Eyck. - Affaire de Blegnac :
llllque de la maison Gu,mbaud. - Rébu1.

------·-~~·--REVUE POLITIQUE
DE LA SEMAINE,

•

e style

C'est s11rtout sur les affaires d'Italie q11e s'est concentrée l'attention
publique. C'est le f5 septemhre que
a con,ention franco-italienne a été
signée, il Paris, par M. Drouyn de
Lhuys, au nom de la France, et au
nom de l'Italie par M. Nigra et par
e marquis Pepoli. Le 20, ont été
~hangées les ratifications définilins.
. Cette convention contíent plumeurs clauses. L'Italie se serait en•
gagée arespecter le territoire pontifical et a empecber par la force
loute attaque qui serait dirigée
du dehors contre ce territoire. La
Frauce retirerait ses troupes de
llome gráduellement, au fur et a
lDesore de l'organisatíon de l'armée
da saint pere. L'évacuation sei:ait

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S. EXC. Lll MAI\ÉCBAL BAZA!Nll. -

D'apres uue photographie de Al, C. L. Leblanc.

accomplie dans le délai de deux ans•
L'arméc papa1e, recrutée, s'il convenait au gouvernement romain, de
volontaires catholiques étrangers,
scrait suffisante pour maintenir l'autorité du saint pere et la tranquillité
de l'intéricur et de la frontiere de
ses États, sans que le gouvernement
italien élevat aucune réclamation
contre la composition ou le chiffre
de cette armée, pourvu qu'elle ne
dégénérat pas en moyen d'attaque
contre l'Italie. Enfin, l'Italie pren' drait asa cbarge la part de la dette
romaine afférente aux anciennes
provinces de l'Église.
A Tarin, on se dispose a transporter a Florence le siége du gouvernement. Ce déplacement projeté
de la capitale a produit, chez les
Turinois, une vive animation, qui
s'est traduite par des actes sanglants. Des collisions mcurlrieres
ont éclaté entre le peuple et la
troupe; le chi[re des morts cst
consídérahlc, et le ministcre, surpris par l'émcute, a du donner sa
démission. C'est le général La Marmora qui, appclé par le roi, a été
chargé de composer le r.ouvcau cabinet. Ce changement de cabinet
doit ctre interprété dans le sens
d'une satisfaction plns apparcntc
que réelle donnéc a l'agitation publique. Il n'implique nullement
l'abandon du traité du i5 scptembre, ni des mesure(qui en rnnt le
corollaire.
Onpeut présumerque Ienouveau
président du conseil apportera dans
le cabinet qu'il vient de constituer
un élément précieux dans les circonstances actuelles : une grande
fermeté de vues et de caractere.
Done, le traité franco -i talien va
recevoir son exécution. Le Parlement est convoqué pour le i5 octobre precbain. N'est-íl pas regrettable seulement, que, pour aller a
Florence, le .roí Victor-Emmanuel
soit obligé de passer sur le corps

�210

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

L'I LLUSTRATION. JOURNAL UNIVERSEL.

des gens tués dans la triste journée du 22 septem- leurs forteresses ceux d'entre les patriotes du Sleswig
bre, et ne peut-on pas faire retomher sur les mys- qu'ils acctL~ent de propager un mécontentement et des
teres diplomaliques les conséquences funestes de l'émo- déOances factices. Pour trouver insupportable la domition causée chez les Turinois, en appreoaot tout a nalion allemande, le Sle~wig nord n'a l,esoin de rececoup que leur vi lle cessait d'étre capital e? Si, par une in- voir l'impulsion de per$ouoe. On envoie des députatioos
telligente publicité, l'opinion publique, en France comme á Copenhague, et l'on proteste contre l'annexion a 1' Aleo Italie, avait rté préparée a la cnnvention du 15 sep- lemagne, rneme aupres des autorités germaníques. Une
temhre, on n'aurait pas eu tres-certainement a déplorer · adresse, couverte d'un grand nombre de signalures, a
les funebres événernents qui se sont passés a Turin.
été remise, en mains propres, aux commissaires austroLe gouveroement italien est décidé a indemoiser Tu- prussiens. Cette adresse contient, entre autres passages
rin, dans nne certaine mesure, du dommag-e que fna fort clairs, la déclaration suivante : &lt;&lt; Nous voulons reséprouver acette ville la translation de la capitale aFlo- ter unis au Danemark. Nous préférerions une division
rence. 11 transportera a la charge de l'État la dette muni- du Sleswig d'apres la nationalité, plutot que d'etre
cipale. Cette mesure est équitable. La dette turinoise pro- réunis au Holsteio pour appartenir al' Allemagne. '&gt; C'est
viP.nt, en grande partie, sinon en totalité, des sacrifice~ parler franchement, et nous verrons si la Diete, le roi
que Turin a du s'imposer depuis 1860, soit pour donner de Prusse et l'empereur d'Autriche, qui se sont armés,
son coneours a la cause nationale, soit pour se mettre a s'il faut ajouter foi a leurs déclarations, pour sauver le
la hauteur de son role de capitale provisoíre de l'ltalie. príncipe des oationalités dans le llolsteio, ponr briser
Quoi qu'il Pn soit, le traité fraoco-italien n'en reste les liens odieux qui unissaient les Duchés allemands aux
pas moins le fait le plus important de cette année.
iles danoises, enchaineront le Sleswig danois au HolsLes journaux semi-officicls ont annoncé que notre tein allemand. Apres l'ad.r:esse publique i:;ui leur a été
ambassadeur a Rome, M. de Sartiges, avait communiqaé adressée par le Sleswig nord, ils ne pourront pas arguer
au gouvcrnement da s:iint siége le texte de la conven- de leur ignorance.
tion italienne; mais ils n'ont pas soufllé mot des sen tiLe premier acte du ministere Narvaez, en Espagne, a
ments avec lesquels la population romaine, d'un coté, et été la dissolution des cortes. Les élections générales aula Cour romaine, de l'autre, ont pa accueillir ce docu- 1 root lieu le 22 novembre proehain, couformément a la
ment. Si nos renseignements parliculiers sont exacts, la · loi électorale en vigueur, et les cortes se réuniront un
convention du 15 septembre aurait été accueillie par le mois apres a Madrid, le 22 décembre.
monde officiel romain avec une excessive réserve, pour
Une correspoodanee espagnole aononce la rentrée de
ne pas dire une excessive froideur.
Marie-Christine a Madrid pour la fin de ce mois. On
Les jouroaux anglais, fort libres d'altures, comme on ajoute que plusieurs notabilités du parti progressiste se
sait, commentent le traité du i5 septemhre, et lears proposeraient d'aller au devant de la reine mere et de
commentaires se ressentent de l'ignorance des lerme~ faire, en son honoeur, une manifestation publique d'afmemes de ce traité. Le traosfert de la capitale de l'lta- fection, de respeet et de sympathie. On se rappelle que
lie, de Turin a Florence, est-il ,mposP par le traité ou ce fut la dictature d'Espartero qui, en 1840, détermina
par une disposition secrete annexée? Est--ce une mesure l'abdication de Marie-Christine, alors régente d'Espagoe,
de précaution pour uu état de guerre qui ne peut s·a- et que ce ful encore le retour du duc de la Victoire au
journer plns longtem¡,~, a moins de provoquer une explo- pouvoir qui amena son second bannissement en i 854.
sion? Rome reste-t-elle la capitale prédestioée de !'ItaUn revirement doot !'avenir nous indiquera le vérilie, ou sera-t-elle définitivemeot interdite au royaume table but, parait s'étre opéré dans la politique russe a
décapité? Toutes ces r¡uestions se prcsseot et restent na- l"égard cie la Pologne. Par un rescr~t du i 1 septembre,
turellement saos répoose. De plus, qu'adviendrait-il de Alexandre II déclare vouloir améliorer le systeme de
la conventio11 si, a un momeot, Rome et son peuple, l'instruction publique daos le royaume, de maniere il.
ainsi que le patrimoine de Saint-Pierre et ses popula- accorder a tous les habitants, sans distirrction de classe,
t1ons, se révoltaieot contre l'autorité temporelle da pape d"origine ou de religion, les moyens de donner a la géet son armée, composée de catholiques étrangers, armée nératioo nouvelle une bonoe et solido éducation.
perdue au milieu de ce débordement d'aspirations vers
En atlendant, on peut dire que la Russie est en flaml'ltalie unitaire? Victor-Emmanuel serait--il obligé de mes; elle brille; ies incendies partout. Ces incendies
rPster les hras croisé~ et de s'interdire une entrée triom- ont commencé a Viazniki; 54 maisons ont brulé daos la
phale daos Rorne, s'il y était appelé par la révolution provioce de Kalouya, 60 sur 204 étaieot détruites a
triompbante? Telles sont les q•1eslioos qu'on ~e pose de Okhansk. En meme temps, Sarapoul était la proie des
l'autre coté du détroit, questions que se sont, du reste flammes. A Serdohsk, il n'y avait plus trace de 561 haégalement posées, en se plagan! a un autre point dP.' bitations. La moitié de la ville de Mozyr, province de
vue, les jouroaux de la nuance du Monde e~ de l'Union. Miosk, a été inceodiée.
« Ce qui frappe ici les esprits, clit la Correspondance
Le 4 juin, c'était le tour de t,514 boutiques et de 148
générale de Londres, c'est moin~ le sens d'une conven- batiments diversa Nijni-Novgorod. Du 4 aÚ 23 juin, 6
tioo eoeore incomplétement connue qne le milieu daos sinislres ont eu lieu daos un seul district de la provioce
lequel elle s'est élaborée, etle momeot ou elle s'est pro- de Saratof. Le 16, la poudriere d"Okhta ~autait en l'air
duite. Elle a été sigoée par le ministre qui était veo u et le feu était mis a celle de Kazao. Le 30 juin et la
aux affaires étrangeres daos l'iotentioo officielle de ten- nuit suivaote, il se déclara a Riga en plusieurs endroits
ter le rapprochement des idées extremes de Turin et de a la fois. Le Ier juillet, Orenbo1Jrg était en cendres. Le
Rome. Des deux eótés, le non possumus iltail prononcé 4 et le 5, c'est la province de Kostronina qui est désolée.
alors. Est-il maintenu d'uo coté? Ce qu'il y a de eer- Le H a Arkhangel, le !3 et le 14 a Turnen et a Kourtaio pour le peupl~ aoglais, c'estque dans la plus grande gan, jusqu'en Sibérie, des milliers d'habitationssont départie de l'Italie on croit que la question de l'1mité ita- vorées. Le 26 juillet, quatre incendies éclatent a Péterslienne a fait uo grand pas vers sa solut~on. »
hourg, a la meme heure, daos quatre quartiers diITéA Vienne, le traité du 15 septembre a excité les in- rents. Le 18 aout, Serpoukhof est sur pied, puis Jaroslaf
quiétudes. La mesure de la translation de la capitale a a failli disparaitre, etSimbirsk, une des plus-importante5
Florence et les motifs stratégiques p:i.r lesquels le cahi- villes de l'empire, n'existe littéralement plus.
net de Turin la justifie, donoent d'autant plus de souci
A l'intérieur, nous n'avons a signaler que le r,hassé
aux hommes d'État de l'Autriehe. L'Autriche, disent les eroisé de M. Adolphe Vuitry, gouveroeur de la Banque
iournaux de Vienne, était si peu disposée a l'agression de France, qui passe a la présidence du Conseil d'État,
contre l'Italie, qn'elle s'apprétait a congédier une partie et de M. Rouland, président le Conseil d'État, qui dedes troupes stalionnées en Véoétie. La nouvelle de la vient gouverneur de la Banque de France.
convention franco-italienne a done éclaté a Vienoe
EDMoNo TEXIER.
comme un coup de foudre, et on croit communément,
~
en Autriche, que le t·oi Victor-Emmaonel, en transporCOURRIER DE P/lRl8.
taot la capitale du royaume derriere les Apennins, craint
moins d'et.e attaqué qu'il ne sooge a attaquer lui-meme Jadis et a11jourd'hui. - L'économie politique a l'école de
droit. - Chaire rl'Homceopathie. - École inter11ationale.
quand le moment sera venu.
- Les cours de Passy. - Vérité hier, erreur aujourd"hui.
- Le berce,rn sauvetPur. - L'lnventeu,.. - L'hótel des
Toutes les informations qui nous arrivent démontrent
postes et le dóme de l'Assomption. - Lettre d'une bonne
que les habitant, du Sleswíg nord ont pris leur parti.
dame a M. About.
lls aiment mieux se séparer du Sleswig méridional que
du Danemark, et, si oo les détache de la couronne daVive notre sicclfl! Que d'autres en médisent et louent
noise, ce sera par la violence et par la force. Les com - a.son détrimeot les siecles qui l'ont précédé; je ne me
mandants prussiens ont beau jeter daos les casemates de seos vraiment pas d'humeur, pour l'amour des cathé-

drales gothiques, des pourpoiots et des souliers ala
poulaioe, des feutres et des hauts- de-chausses, a exattep
le bon vieux temps, c'est-a-dire le ternps de !'ignoran
des baroos féodaux, des hastilles, des geoles, de la to~
ture, du carean, de la roue, de l'estrapadr, des Pl'Océdures secretes, des guerres de religion, de l'inquisition
du droit d'a1nesse, des corvées et autres menues ¡tentit~
lesses contemporaines de nos arriere-grands-perea.
Vivenl les chemins de fer, malgré les déraillements
les coups de tampon et les chauriieres qui sautent! Vi,;
la photographie, malgré les pbotograpbes ! Vi Ye le gaz
malgré les ophthalmies ! Vive le suffrage universel,
gré les gardes-champetres!
Oui, en dépit des.honnétes fakirs qui demeurent ab.
sorhés daos la contemplation du passé, le présent ne
manque pas de gloire et de grandeur.
11 m'est assez indifférent que chaque jour amene l'ioauguration d'un hirpodrome nouveau, et qu'aux der.
nieres courses de Chantilly Guillaume le Taciturne et
Vermout aient remporté la victoire; les vainqueurs s'ap.
pelleraient Fille-de-l'afr et la Toucques queje n'en seraig
ni plus ni moins fier; les femmes honoetes se donneraient un peu moins de peine pour ressembler aux da.
mes qui ne le sont pas, elles ne prendraient pas aox
Polonais leurs bottes, a Louis XIV sa canne et a mesdemoiselles telles et telles leur désinvoltore, leurs fa~ns
de parler et leur teint, que je n 'en aurais pas le moindre regret; DOUS aurions un peu rnoins de gout poor
Blondin, pour Léotard et pour M11 • Thérésa que je n',
verrais aucun mal, et si les Prussiens ont sifflé la dan~
de M11 e Rigolboche, ce n'est pas moi qui supr,lierai le
gouveroement de déclarer la guerre a la Prusse. 11 oe
me déplairait pas non plus que la fievre qui nous tieot
d'élever des statues se calmat un peu; nous allons eo
dresser une a Chateaubriand et une il. Franrois Arago,
mais ne risquons-nous pas de causer quelque embarras
a la mé'moire d11 modeste Hippolyte Flandrin, en lui décernant les honneurs du bronze ou du marbre? 11 ~- a
nne quinzaine d'années, c'était fort la mode des statuettes;
elle a tout a coup passé; j'aimerais a la voir rel"emr:
a chaque ta.lent u·ue récornpense a sa taille. Tous les
Franrais sont égaux devant la loi, voila un principe et•
celleot, mais déelarer tous les Franrais égaux dmn
la postérité, c'est aller bien loin.

mi

Ce qui me réjouit beaucoup, c'est le grand désirde
nous instrnire qui nous a pris depuis quelque temps.
On annonce déja \'ouverture prochaine des conférences de la rue de la Paix. Elles seraient, assure-t.on,
tranfportées daos un milieu plus populaire, et l'on parle
du quartier Poissonniere. Le quartier n'y fera rien; eUes
seront toujours pour le public les Conférences de la 1'111
dela Pai:.r,·
Un décret impérial vient de créer, a l'École de droi~
une chaire d'ér.onomie politiq11e. L'idée vient-elle de
M. Duruy, qui est, a coup sur~ un des ministresde
l'iostruction publique les plus actifs et les plus fécond.,
qu'aitjamals eus la France? Je ne sais; mais certainement \'idée est bonoe. L'imagination emporte quelqoefois M. Ouruy un peu loin, surtout quand il parle ala
distribution des prix du coocours général, mais on ne
pourrait que lui savoir gré d'avoir pensé a donner al'économie politique ses entrées a l'École de droit. 11 sem•
blait jusqu'ici que la science d'Adam Smith, de JeanBaptiste Say, de Frédéric Bastiat, ne fut, ehez noos,
qu'une science tolérée, bonne a étudier pour les geos
qui n'avaient rien de mieux a faire : désormais, on
pourra étre a vocal, magistral, auditeur au conseil
d'État, sous-préfet ou préfet, et avoir quelque connaissaoce des grandes lois d'ou dépend la prospérité ou la
ruine des sociétés moderoes.
Un autre bruit a couru : M. Duruy, disait-oDcesjours
derniers, avait congu le projet de créer une cbaire
d'homooopathie. Doutez encore, apres cela, que M. le
ministre soit un homme d'imagioation et d'initiative.PI
Peut-etre, au moment ou ces lignes paraitront, _ce
bruit sera-t-il démenti ou confirmé par un décret. Plaise
a Dieu qu'il soit confirmé! Les médecins allopathes sont
tout émus dit-on, a la pensée qu'on ouvrirait a Habne·
'
.
mann les portes du temple, et 1ls ne négligeront r1en
pour empecher la violatioo du sanctuaire.
Je supplie tres-respectueusement M. le ministre ~e
n"écouter ni leurs doléapces /ni meme leurs c~is d'indigoatioo. Sait-on jamais ou s'arretera le fanatisme do&amp;trinai? Que Son Etcellence persévere daos son idée, et
que nous ayons le plaisir d'entendre proclamer l'aiio~

- - - - - - - - - - - -- - - - - -

•,nilia ,imilibu.' curantur, et publiquement enseigner
• rooins forres sont les doses, plus puissant est le re~ed et qu'un grain de quinquina, dissous daos un
roe e,d'eau a beaucoup mOJns
. d'act1on
. sur I'organisme
.
,erre
,
d
. . d.
d
in qu'un gramme e qumqmna 1ssous ans une
buma
• · des clilq
·
quantité d'eau égale a ce11e des 11 euves reums
arties du monde.
.
p Eo attendant la création de la ehaire d'homooopathie,
Braodt prépare la réalisation d'une idée qui, plus
11
·e toute autre, porte le signe du temps.
qun va deux ans environ, la sous-commission frao~aise
d c~mité pour l'enseignement international, pré3idée
:r M. Dumas, et doot M. Eugene Rendu est le secré~ire-rapporteur, émettait le vrou que des étahlissemeots
~ sseot foodés dans les principaux pays de l'Europe, ou
;e métbode identique étant adoptée pour l'étude des
sciences et des lettres, un Frau~ais, un Anglais, un AlJemand, un Jtalien ptit séjourner succe~sivement et
arriver au terme de son éducation, apres avoir ajouté a
la connaissance et a la pratique de sa langue materoelle la conoaissance et la pratique de trois tangues
étrangeres vi van tes.
M. Brandt a ouvert, a Saiot-Germain-en-Laye, nne
école ou les éleves peuvent faire, soit en frangais, soit
en aoglais, soit en allemand, soit en italien, les études
qui leur permettront de subir les examens qui, daos
leur pays, ouvrent l'entrée de la carriere qu'ils se proposent de suivre. Cette anoée, un des éleves de M. Brandt
a été admis a l'école militaire de Londres, et un autre,
fils d'un pair d'Aoglcterre, a ohtenu le numéro f a
!'examen pour le mioistere des aílaires étrangeres.
Daos quelques mois, un établissement pareil s'ouvrira
en Angleterre, et un autre a Turio.
Et voila une idée lancée qui va marcber toute seule.
C'est en matiere d'idées, surtout, que le proverbe est
vrai : « JI n'y a que le premier pas qui coute. i&gt;
Quelques anoées encore, et quand, a la Sorbonne,
un aspirant bachelier auquel on adressera cette questioo : &lt;( Ou avez-vous fait vos études? » répoodra: « Au
collége de Pékin; » cette réponse n'étonnera personne.
Si oous nous apprr.tons a faire des bacheliers, des licenciés et des docteurs en toute langue, nous avons
aossi assez de galanlerie pour ne pas prétendre aujourd'hui que \'esprit d'une femme se hausse seulement
A connaitre un habit d'avec un paletot.

Il y aura des bereeaux a deux places pour les pcrsonnes qui aiment a se sauver en compagnie.

Le titre de la comédie que M. Émile Augier va donner
au Tbéatre-Franrais est l'Inventeur~ Ccrtes, le tiLre promet un sujet actuel. JI n'y a point de types nouvcaux de
ootre temµs, disait-on partont; il n'y en a point pour
ceux qui ne savent pas chercher et trouver.
L'invention, voila la grande passioo, et l'beureuse
passion de l'époque.
Je n'ai point !'él.ge d'uo patriarche, et que de choses
ont été inventées depuis que je suis au monde!. .. Que dP.
choses ont pafll'. Parfois il me semble que des sieeles
ont passé sur ma tete, ou que le moi d'aujourd"hui n'est
pas le moi qui a vu towtes les cboses qui ont cessé d'elre.
Est-ce bien lemoi de 18Gl-, qui, bien des fois, est demeuré houche béante devant le télégraphe perché sur
uo clocher, q11i faisait avec ses graods bras des gestes
faotastiques mystérieux? E$l-ce ce moi-la qui s'est ext¡¡.sié a la vue des plaques daguerriennes sur lesquelles le
soleil avait déposé un reflet si vague, si va~ue, qu·on
avait de la peine a \'apercevoir? Est-ce ce moi-la qui est
alié a Versailles en coucou et a Meaux par le coche, qui
a vu des po~tillons a bolles fortcs, qui a lu le journal
sous un reverbere en pleine place Louis XV, qui a porté
des pantalons a sous-pieds, qui a eu des picces de tren le
sous daos sa hourse, qui s·est serví d'un briquet phosphorique pour allumer sa ebandelle, et qui a cntendu précher l'abbé Chatel?
Et que de vérités de ce temps-la qui ne sont plus des
vérités aujourd'hui 1
En ce temps-la, il n'y avaitqu'une douzaine deplanetes;
Speke, qui vieot de mourir d'un acciuent a la cbasse aux
perdreaux, n'avait pas fait son grand voyage, et la
source du Ni\ était inconnue; on n'avait pas mesuré encore le Gaurisankar, le Deepsang et le' Kuochinjinga, et
les géographes les plus avances enseignaient bravement
que le Dawalajiri était la plus haute montagoe du globe.
En ce temps-la, il n'était pas question de faire déloger
J'admiuistration des postes de son vieil hotel de la rueJeanJacques Rousseau, et de lui en construire un plus vaste
et plus commode dans le voisinage des Champs-Élysées.
Les négocianls de la rue Saint-Denis, de la rue SaintMartin, de la rue du Sentier, de la rue Montmartre,
trouveront peut-élre que l'emplacement est mal cho1si.
On aura peut-ctre d'excellents arguments pour leur
prouver clair comme le jour qu'il ne saurait l'etre
mieux. Ce n'est pas mon affaire; mais le déménagement
des postes souleve une autre question.
L'église de l'Assomption occupe une partie du terrain
destiné au nouvel hotel, et sera supprimée; or, l'église
de l'Assomption a un dome. Que fera-t-oo de ce dóme?
La Ville voulait l'enclaver daos les constructions de
l'hótel; le clergé, assure-t-on, réclame cootre ce projet,
et l'oo suppose que l'on $e servira de ce dome consacré
pour en coiffer quelque église nouvelle.
I1 y a une autre autre faroo de sortir d'embarras, a
laquelle personne ne parait avoir soogé, et qui, a nos
yeux, ne serait pas saos avantage: ce serait tout simplement de démolir le dome de l'Assomption.
Nous avoos le dóme du Panthéon, le dome des Invalides, le dome de la Ralle au blé, le dome de l'Institut,
et le dome du nouveau Tribunal de commerce; nous en
faut-il absolument un sixierne? ou bien le dome de l'Assomption serait-il si joli, qu'il y aurait de la barbarie a le
supprimer du nombre des dómes existants?

Nous ne tenoos point a ce qu'uoe jeune filie sache le
Jatin et le gree, mais il ne nous fachera pas qu'elle
mette l'orthograpbe, qu'elle distmgue un ernpereur
d'Allemagne d'avec un roi de France, et qu'elle ne se
figure pas que le Soleil tourue autour de la Terre, et
que la Lune est grosse comme un fromage. Nous ne lui
en voulons pas non plus d'etre musicienne et de dessiner
un peu le paysage.
11 y a done des bommes qui daignent s'occuper de l'éducation des femmes.
La grande vogue est aux cours; j'en connais qnatre
oo cioq fort en réputatioo a París.
Admioistrativement, Passy est a Paris, cela est certain;
mai~, géograpbiquement, il y aurait bien des choses a
dire. Jusqu'a présent, il n'y avait, pas a Passy, de cours
poor les jeunes filies : c'était fort incommode pour les
mamans. M. Eugene Trouvé est venu a leur aide; la
maison de l'excellent peintre est devenue une académie
oit l'on enseigoe les lettres, les sciences, l'histoire, la
mosique, le dessin, la peinture et meme la danse.
Sur la liste des professeurs,je lis les noms de MM. SamAu temps dont je parlais tout a l'heure, le Petit jourson, de la Comédie-Frangaise, Ad. Le Carpentier, Renal n'existait pas, et c'était domrnage, - u'allez ¡,as croire
naud de Vilbac, Émile Duraod et Coralli, des noms anau moins que je ne parle pas sérieusement.
glais, italiens, polonais, pour les littératures étraogeres,
Chaque numéro du Petit journal est spirituel depuis
et ceh11 de M. Trouvé pour le dessin et la peinture.
la premiere jusqu'a derniere ligoe.
Bonne chance anx cours de la rue Vital ; ce ne sont
L'autre jour, une lettre de M. Edmond About apprenait
pas leR talents qui leur manqueront pour leur porter
au
\ecteur qu'une dame de province avait écrit a l'au-bonheur.
teur de Germaine, pour lui demander l'adresse du méUn esprit ingénieux vient d'inventerun appareil grace decin qui guérit l'béroine de ce romao, et qu'elle luí
aoque!, a \'avenir, on pourra faire naufrage sans aucun ª'"ait envoyé 1 franc en timbres-poste, /t titre d'honoinconvénient. Cet appareil est un berceau qui va sur raires, pour la peine qu'il prendrait de lui répondre.
M. About ajoute aux honoraires une offrande plus
l'eao, eomme le premier hateau ven u. Daos une traversée, le batiment que l'on monte menace-t-il de sombrer, ronde, et envoie le tout a la caisse du journal, qui l'apon se met daos son berceau, et l'on attend, le plus tran- plique a une bonne rouvre doot M. Timothée Trirn a
qui\lement du monde, les événemeuts. Le batiment pris l'initialive, puis il plaisaute agréablement la letlre
coole, on suroage tout naturellement, et J'on s'en va, de la bonne dame.
Si pourtant la bonne dame était un malin provincial,
nooveau Moise, aborder a quelque bord inconnu ou l'on
est reeueilli par une filie de roi ou par une borde d'an- rusant pour avoir quelques lignes de l'écriture d'un
hc,mme d'esprit?
X. F&amp;YRNET.
thropophages; e'est cbarmant.

KXP!DI?IOK DANS LIS PROVI!CXS DO KORD DO IEXIQUE
MONTE RE Y (iuite).
AU DlílECTEUJl..

Matcbual•, 8 aoüt 1864-.

Depuis ma derniere correspondance, datée de Matehuala, J'événement importaot, 1'événcme11t attendu
depuis si longtemps et depuis si longtemps en vain, est
enfin,arrivé ! Je ve11x parler du débarquernent &lt;le l'em-pereurMaximilien.Voscorresp·ondants de MexicQ vous auront bien eertainement eotretenu, rmeux que je ne pourrais le faire, de l'enthousiasme avec lequel l'ernpereur et
l'impératrice ont été regus ! Je me dispenserai done de
vous raconter les fetes et les bals donnés dans tout le
Mcxique, et j'entamerai, de uouveau, la question militaire, toujours et pendant loogiemps encore pendaote
au Mexique; car, si j'en erois la ténacité de Ju ares, il
faudra courrir pour pouvoir atlraper l'ex-président et
soo congres. Toutefois, a l'he1:re qu'il est, plusieurs expéditioos sont parties simultaoément dans les provioces
du nord du ~lexique, et déja le général Lbérillier a
fait son eotrée a Ourango; mais il n'est pas encore a
Chihuahua ni en Sonora, ou Juares pourrait bien nous
conduire. Quaot au général de Castagny, commandant
¡a. premiere division, il a quitté, le 7 juillet, Ron quartier
général de Queretaro, pour se diriger sur Monterey. La
route que le général a suivie, des Queretaro, estbien différente de celle de San-Luis de la Paz, doot j'ai entretenu dernicrement vos lecteurs; au5si je rn'empresse de
la faire connaitre, d'autant plus qu'elle offre deux points
tres-remarquables et peu conous : San--Miguel Allende
et Dolorés Ilidalgo !
San-Miguel Allende, appelée autrefois San-Miguel el
G-rande, fut fondée peu de temps apres la capitale de
l'État de Gtumojuato, État dont elle fait partie : son nom
nouveau luí a été donné en l'honnenr du vaillant compagoon du curé Hirlalao, l'illustre général Allende,
cornme lui, martyr de la liberté.
L'aspect de cette ville, vue de lavaste plaioe que l'on
traverse en venant de Queretaro, est an des plus beaux
qui puissent se produire aux yeux du touriste : en effet,
on domine, de la, toutes les ruaisons ornées de beaux
jar-dios dans lesquels croisseot de grandioses cypres, et
l'on est frap-pé d'admiration a la vue des superbes couvents dissémioés en grand nombre de toas les cotés, et
dominant de leur majestueuse hauteur toas les autres
édifices. On ne peut mieux comparer, du restP., la position de San-Miguel qu'a celle de la vil!e d'Alger, car,
ainsi que la ville africaine, elle est batie sur les flanes
d"uoe montagne, et les mai,;ons a terrasses, ainsi que les
cypres qui s'élevent a une hauteur prodigieuse, lui donnent tout a fait l'a~pect d'une ville d'Orient. Les rues
qui descendent presque a pie, pour aller aboutir sur la
place principale, ou se trouve le bel hotel d'Albmde, sont
droites, larges et ornées de belles maisons. Les édifices
les plus remarquables sont : la Parroquia, le couvent
des Franciscains, eelui de Saint-Philippe de Néri, ou
l'on voit un magnifique p'.)rlrait de ce saint, envoyé par
la cour de Rome; le couvent des nonnes de la Conception, avee un irnmense et beau jardín, et enfln, le collége de Santo-Domingo. On remarque aussi la belle maison du géoéral Allende, couverte, il y a quelques années encore, d'ioscriptions dédiées a la mémoire de ce
premier libérateur de l'Anahuac. C'est daos cette antique ville de San-Miguel, babitée par les desceodants
des Espagnols et des Tlaxcaliens qui conquirent ces régions, que se trouverent, apres le cri de liherté poussé
a Dolores, les premiers éléments de la révolution qui
devait renverser la tyraonie des vice-rois d"Espagne.
Non loin de San-Miguel est le grand et bean couvent ·
de Xochicalco, dans Jeque! trois a quatre milliers d'Jµdieiis viennent, tous les six mois, passer buit jours a
écóuter les instructions des prétres de l'endroit. Moyenoant 8 piastres, ils sont logés, hébergés et pa~sent tout
leur temps en pricres. On peut voir, a la fin de ces buit
jours d'instructions religieus_es, le sol maculé ~u sang
de ces pauvres ignorants, qui se tlagellent dPpms le matin jusqu'au soir, ce qui ne les empéche pas, lors de
leur retour dans leurs foyers, de vous dévaliser sans
aucnn serupule. Les femmes indiennes vieonent aussi,
apres les bommes, recevoir l'ins1.ruction religieuse; mais
elles ne paient que six piastres, et nul bomme ne peut
les voir dans leurs exercices pieux.
Apres San-Miguel, vient la charmante petite ville de

�.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSBL .

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

- ·- .
-=---~--=--·-

DOLORES HIDALGO.

EXPÉDITION DANS LES PROVJNCES DU NORD DU MEXIQUE: SAN MIGUEL AllENDE,

Dolorés Hidalgo, perdue daos un amas de verdure : ses

rues sont droites, larges, bien pavées et bordées de
bailes maisons avec cours et jardins daos J'intérieur.

Cette petite ville, si fraiche et si proprette, possede une
belle place, dont l'un des cotés est formé par une église
fort remarquable, malgré son architec.ture massive. Le

,.... __:==--,

..

l luxe intérieur est meme, contre l'habitude, au Me1iqae,
d'un fort bon gout, si l'on en excepte pourtant dem
chapelles dans lesquelles on retrouve, a profusion, les

l

sculptures en bois doré. Un grand tableau assez curieux le peintre ingénieux a cu soin de placer, non loin d'un
décore l'un des grands murs de l'église : il représente roi, toute la hiérarchie du clergé, depuis un pape juste paradis, le purgatoire et l'enfer. Oans ce dernier lieu, qu'au simple maine. Les étrangers ont aussi a voir la

--==~~

~!!,,,¡.;:::;;;;:;~~~~~~-......

~=¿Í"-~ . j., ~ -~~
COTÉ OUEST DK SAN H.IGUEL ALLE~DE:: VUK PRISK DE LA TERRASSE DEL COLLEGJO.

VALLl!E DE SAN ~'RANCISCO. - D'apres les croquis de M. Cibot.

maison du curé Hidalgo, et íls ne se font pas faute d'enlever quelque parcelle du bois de la porte cochere ! C'est
une maison d'assez médiocre· apparence : un des vieux

�compagnon~ d'armes du héros "de l'indépendance en
fait les honneurs, et vous prie d'apposer sur un registre
ad !toe votrc nom et vos qualités.
Sans rien vouloir diminuer ici de la gloire d'Hidalgo,
je vous dirai, en passant, qu'il n'était pas précisément
le modele des prétres orthodoxes, aimant asscz le jeu et
sacrifiant heaucoup au veau d'or et aux aulres douces
idolcs du siccle. Toutefois, on ne pcut s"empécher d'admirer son énergie dans la lutte grandiose qu'il avait
entreprise, et qui s'est terminée p1r une mort violente,
puisqu'il fut fusillé, le iO mai t8l0, a Chihuahua, ains1
que ses amis et compagnons, Allende et Abasolo, laissant
a ses successcurs la tache presque achevée de conquérir la liberté de leor pays.
Apres Dolores Hidalgo, vient la ville plus grande de
San -Felipe, maü, bien moins attrayante; puis, peu apres
avoir descendu une grande et pierreuse montagne ap-·
pelée San-Bartholo, on trouve, au milieu d'un bosquet
de superbes mesquites (mimosas), la magnifique et
royale hacienda de El Jarar, propriété du marquis de
Moncade, rapportant a son heureux maitre de 40 a
50,000 piastres par an. Enfin, apres la petite ville de
San-Francisco, oi.t l'on remarque une belle place ornée
d'une statue de l'Amérique, une belle église et une promenade pilloresque longeant les bords d'un ruisseau,
on trouve la grande hacienda de Pila, et l'on arrive a

San-Luis Potosi.
La colonoe du général Castagny s'arréte pcu dans
cette ville de San--Luis, dont je vous ai déja parlé, et
prend le chemin de Monterey, en passant par Matehuala,
Vanegas et Saltillo.
Mon prochain courricr vous mettra done au fait des
événements qui vont surgir, car on assure que Juares, a
la tete de 4 a 5 mille hommes, commandés par Negrete,
veut tenter la fortune des armes, dans un endroit tresfortifié, pres de Alonterey (t).
Recevez, etc.
AcmLLE Cruor.
(t) A la date ou notre correspondan! écrinit cette 1ettrc, 11 igoo•ait
le depnrt de Ju.rez pour les Etats- U1ois, 11 et1t orobablc que les e•e11emeu1s auiquels nutre corrc1po11d,nt faot allusiun ne se re,liseront pu.
lln quittant le lle.tique. Ju•res seruble avoir egalement qulllé la partie.

Cet intrépide et imperturbable Roland, que l'on a si
longtemps attendu, et n,rii s'inqu1ete si pcu de se faire
attendre, s'est montré enfin sur !'affiche de l'Opéra.
Avant huitjours, s··¡ ne sunient aucun accident fachPux,
on verra étinceler sous les feux du lustre son armet
d'acier poli et sa formidable épée. Tout le monde sait
déja q•1'il en est de cet ouvrage comme des Troyens.
Est-ce M. Mermet, le musicien, qui a demandé un livrct a
M. Mermet, le poele? Est- ce au poiite qu'appartient l'ioitiative? Je !'ignore. Mais il esl certain qu'en cette affaire
le musicien et le poete ne font qu'un. La réuoion de ces
deu.x. talents, la musique et la poésie, est assez rare pour
qu'on la remarque et pour qu'on en tieone compte. La
représentation de Roland á Roncevattx, que! qu'en soit
d'ailleurs le succes, est done, par elle- méme, un fait
tres-digne d'attention. Toutes les personnes qui s'intéresseut encore au.x. choses de l'art accourront sans don te
avec un vif empressement au rendez-vous que l'Opéra
va leur donner.
Si je suis bien informé, M. Mermet a suivi d'assez pres
la Chanson de Roland, ce glorieux poeme du moyen age,
dont l'érudition contemporaine a su, apres tant de siecles d'oubli, pénétrer le sens et apprécier la valeur. On
verra done en scene le comte d'Angers, et la belle Audc,
sa mailresse, IJUi, en apprenant sa mort, me•Jrt ellememe de doulcur aux pieds de Charlemagne. On verra
avec eux tous les héros de la légende, le lidcle Olivier,
l'archevéque Turpin, le traltrc Gaoelon, l'émir Marsille,
le général Baligant, etc. Sujet épiqne, s'il en fut jamais !
M. Mermet aura-t-il réussi a le renclre dramatiqui?
Tliat is the question, question qui sera résolue dans q uelques jours.
On dit que M. E. Perrin n'a rien négligé, rien épargné
pour rendre la mise en scene digne de l'mu1re. On parle
surlout d'un décor représentant le théalrc du combat,
décor peint d'aprcs nature par un artiste envoyé tout
expres dans les Pyrénées. Si les détails du pJcmesont fabuleux, le paysc1ge, du moins, sera confqrme a la réalité.
Voici tout ce que l'histoire nous &lt;lit de cclte aventure
de Roncevaux et de Roland lui-méme, qui n'y est nommé
qu'une seu.le fois, et n'y apparalt que pour mourir. -

Je me sers de la traduction de F. Génin, que j'extrais
de l'lntroduction á la Chanson de Roland, ce chef-d'reuvre
de critique historique et littéraire auquel on n'a pas
encore, ce me semble, rendu justice.
&lt;&lt; Charles marche coolre l'Espagne avec toutes les
forces qu'il peut rassembler, franchil les gorges des
Pyrénées, re~oit la soumission de toutes les villes et de
tous les cbateaux devant lesquels il se présente, et ramcne son ar 1 ée sans avoir éprouvé aucune perle, si non
qu'au sommet des Pyrénées il eut ttn peu á souffrir de la
perfidie des Gascons. Car, tandis que l'armée fran~aise,
engagée daos un étroit défilé, était obligée, par la nature du terraiu, de marcher sur une ligne énorme et
resserrée, les Gascons, qui s'étaient embusqués sur la
crcte de la montagne (a quoi se prete admirablement
l'épaisseur et l'étendue de la forét), descendent et se
précipitent soudain sur la queue des bagages et s1Jr
l'arriere-garde, chargée de couvrir tout ce qui allait
devant, et les culbute au fond de la vallée. La s'en&lt;&gt;aº
gea un combat opiniatre oi.t, jusqu'au dernier Frangais,
tout périt.
« Les Gascons, ayaut pillé les bagages, profiterent de
la nuit qui était survenue pour se disperser rapidement.
lis durent, en cette reocon're, tout leur succes a la légcreté de leurs armes et a la d1sposition des lieux .. .
Dans ce combat périrent Eggihard, maitre d'hótel du
roi, Alselme, comte du palais, et Roland, préfet des
marches de Bretagnc. (Eginhard, Vie de Clia1·lemagne.)
Eginhard consigne également ce fait daos ses Annales, avec les memes détails et les memes réflexions, ou
peu s'en faut. 11 ajoute seulement : &lt;t Ce revers effaca
presque entierement dans le creur du roi la joie d~s
succés qu'il avaitoLtenus en 'Espagne. »
Cette derniere phrase n·est guere d'accord avec le cu-•
rieux euphémisme cité plus haut: « ll eut 110 peu a
souffrir. » Eginhard ne peut se décider a avouer que les
Frang:i.is, - il vaudrait mieux, vu l'époque, dire les
Francs, - ont él~ battus. Qui aurait imaginé que le
chau1inisme, ou, comme disait Stendhal, le patriotisrue
béte, remonlat Ei haut?
La trace profonde que cette défaite des Francs a imprimée dans la mémoire des hommes, et les grandes
proportions que la poésie lui a donnécs a travers les
a.ges, prouvcnl que ce ne fut pas un événeruentordinaire.
A la vérité, elle se renouvela vingt-huit ans apres. Une
autre armée franque, aprcs avoir pénétré jusqu'a Pampelune, fut de nouveau exterminée dans ce meme défllé de
Roncevaux. Usque all mtemecionem de/eta. c·est encore
Eginhard qui le raconte,el commc,celle fois,Charlemagne
n'y était pas, on voit que l'his!or1ographe se gene moins.
Ces snldats bartlés de fer, q11i faisaienl trembler l'Eurnpe, qui ava1ent détruit les Lombards en Italie, les
lluns en Pannonie, qui avaient snbjugué les Saxons, refoulé les Slaves au nord et les Arabes au midi, avaient
succombé deux fois sous l'effort d'une peuplade perchée au sommet des Pyrénées. Quelle gloire pour les
Escaldunac! lis ont conservé la mémoire de leur triomphe dans un chant national pleiu d'enthousiasme et
d'orgueil, qui nous a élé conservé, et dont M. Ilenri
Martin a mis la traduction littérale a la fin de son
deuxieme volume. On ne me saura peut-ctre pas mauvais gré d'cn ciler une strophe :
« Qu'avaient-ils a faire dans nos montagnes, ceshommes du Nord? Pourquoi sont-ils venus troubler notre ¡,aix? Quaod Dieu fait des montagnes, c'zst pour que
les hommes ne les franchissent pas. .Mais les rochers, en
roulant, tombent, ils écrasent les bataillons, le sang
r11isselle, les chairs palpitent... Oh! combien d'os broyés!
quelle mer de sarig ! fuycz ! fuyez, ceux a qui il reste de
la force et un cheval ! fuis, roi Carloman, avec tes plomes noires et ta cape rouge! Ton oeveu, ton plus
brave, ton chéri, Roland est étendu mort la bas. Son
courage ne lui a serví a ricn ... » etc., etc.
Ce sont les roetes et les romanciers fran~ais du moyen
age qui ont substilué aux montagnards basques de~ Sarrasios innombrables, pour épargner aux paladios de
Charlemagne l'humihation de périr sous les coups d'un
trop faible ennemi.
Des que Roland sera joué, on commencera les répétitions de l'Africaine, sous la direction de ~l. Fétis, qui a
quitté Bruxelles et son Conservatoire pour remplir cette
tache, et rendre a la mémoire de lleyerbeer ce suprcme
et pieux dcvoir. 11 n'aura, d'ailleurs, qu'a déterminer
les mouvements, a indiquer les intentions du compositeur, et a régler les détails de l'exécution. L'reuvre est
complete, il n'y manque pas une note.

215

L'ILLUSTH,, TION, JOURNAL U~IVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
L'Opéra-Comique a repris Lara, qui est chanté tro·
fois chaque se maine, par les artistes du mois d¡ maIS
dernier : M. Moutaubry, M. Crosti, M. Gourdin :
Mm• Galli-Marié, a qui l'on fait toujours répéttr la 'ballade arabe. 11 est certain que cet air a un caractere
étrange, une couleur aussi vive qu'originale. Que! do111mage qne pour les autres morceaux l'auteur n'ait pas
ét_é. aussi heureusement iospi ré ! Sa partition serait, en
venté, un chcf-d'muvre. 11 n y a eu qu'un changement
daos la distribution de Lara. Mil• Monrose a remplacé
Mil• Baretti. Mil• Monrose minaude a peu pres autant
que M11 • Baretti. Elle a la voix plus forte, mais moins
jeune, moins fraiche, et fatiguée avant l'age, comme il
arrive a presque toutes les roix: de ce temps-ci. Brer
l'Opéra-Comique ne paralt pas avoir beaucoup gagné ~
change. ll se prépare la des nouveautés que l'on verra
éclore avanl peu, et dont les journaux amis disent par
avance des merveilles.
Le Théatre-Lyrique, au lieu de s'endormir sur le sor,.
ces de Don Pas1uale, qui est tres-réel et parait devoir
durer longtemps, a repris Fa11st, oi.t M. Michot, qui a
quitté l'Opéra, remplit le principal role. 11 y est un peo
froid, ma1s correct, et sa voix est charmante. Puisse-t-il
la conserver longtemps ! Les téoors deviennent plus ra.
res de jour en jour. Mm• Carvalho chante le role de Mar.
guerite avec la simplicité, le calme, le bon gout et l'hab~
leté d'exécution qu'on l11i connait. MM. Petit et Lutz complctent !'ensemble, et sont tres-j1.1stement applaudis tous
deux. 11 semble que le talent de M. Petit grandisse a
chaque róle qu'iljoue.
Une nouvelle société s'est formée, je croís, pour l'e1¡,loitation des Bouffes-Parisiens, mais le dirccteur est
toujours le me1ne. Sculement M. Varney, désormais af.
franchi de certaines entraves qui génaient un peu trop
ses mouvements, et rentré dans la jonissance de son libre arbitre, promet un réperloire plus varié, et annooce
un ai,aissement de tarif qui pcut av.:&gt;ir pour son théatre
les plus heureuses conséquenccs. Vendrc a bon marché
est le meilleur moyen de vendre beaucoup.
C'est probablement un théatre a b.:&gt;n marché qui va
s'ou·,rir sur le boulevard Saint-Germain. On n'en a pa.1
encore vu le~ affiches, mais les pieces d'ouverture se rép&amp;tent avec activité, et l'on prépare déja celles qui doiveot
leisuivre. Ces piecessontdesopéras-comiques. C'est done
sur la rive gauche de la Seine, et a cóté des Thermes
de Julien, que la lil:ierté des théalres aura d'abord fructiflé ! Tous les a utres projets, - il y en avait beaucoup,
et de g-igantesque~, - paraissent abandonnés pour le
momcnt, ou furieusement compromis. C'est que, pour
faire un théatre,.et surtoui un théatre lyrique, la boone
volonté ne suffit pas. JI faut encore de !'argent. - llille
cinq cent., li vres ne se trouvent pas dans lepas d'un che•
val, disait le bonhomme Géronte. - Or, ce n'est plus ici
de mi lle cinq cents livres, c'est de deux ou trois millioos
qu'il s'agit.
·
G. lliouEr.
0

LES LILAS BLANCS.
A .11..

CAROLINll BERTON ( oée Samson ).

Ruiné par son trop de confiance et de bonté, mon pere
ne put survi vre a son désespoir, a ses regrets, surtout i
la pensée incessante et fatale que la misere él.pre et rarouche allait s'abattre sur une femme chérie et sur un
fils adoré, ses seules affections sur terre, habituées par sa
tendresse a toutes les recherches du luxe et de l'élé·
gance.
11 languit quelque temps, puis expira, en nous disant
comme Jésns, si cette comparaison ne semble pas impie:
« Mere, voila ton fils, enfant, voila ta mere. 1&gt;
Et joignant nos dcux mains dans ses mains défaillantes,
il leva les yeux au ciel comme pour appeler sur nous sa
bénédiction, et rendit l'ame.
A ce lle époque, fa vais vingt ans.
J'étais bien je une, hélas ! et bien peu préparé a cette
lutte cruelle et corps a corps avec les difficultés de la vie;
nourri dans l'idée qu'uue grande fortune devait étre un
jour mon partage, je n'avais pris souci que d'efOaurer
toutes les conna1ssances humaines, sans croire utile
d'eo approfoodir aucune. Une des conséqucnces les plus
funestes dn la fortuoe qui vous sourit au berceau, c·e~t
cet -oubli total de son inconstance; elle vous a souri
vingt ans, la cruelle ! puis, un matin, son sourire se glace,
et vous voyez s'effacer avec elle toules ces chaleureuses
affections qui la flattaient en vous faisant cortége, el qui

- abandonnent pour la 0atter encore. Des lors, vous
,ous
. I'1te,
' qm. de"da1gne
.
de
,ous trouvez face a face avec 1a rea
her plus longtemps, sous un masque, son austere et
cae• itable vi•age, et l'a ou' vous etlez
' . hab'1tue' 'd 1·1re ces
vert.~ ravonnants de JOJe
· · : msnuc1ance
·
·
et l'b
1 erlé, vous
mo
. elez en. trcmblant, et 1e creur ~erre,. ces deux a11tres
epots terribles : trava1·1 et m1s1;re.
.'
111
Cependant, dans mes jours de prospérité, désireux de
rouver que j'avais quelque valeur personnelle, j'avais
rait quelques pas nonchalants dans cette carriere de la
littérature, si belle et si douce a parcourir quand on ne
tui demande que des bravos légers, des sourires et des
0eurs, mais si pleine de ronces et d'épincs lorsqu'oo lui
demande du pain. Quelques vers applaudis dans des sociétés intimes, imprimés dans une revue amie; une nouvellr, parue daos un journal dont mon pcre était un des
principaux actionnaires, d'autres succes du meme genre,
mais que je croyais de bon aloi, m'avaient facilement
persuadé que je n'avais qu'a vo11loir pour poutoif. Hélas!
avingt ans, sait-on le profond abime qui sépare ces deux
mots.
Aussi: lorsqu'aprcs les prcmiers jours donnés au désespoir, ma mere, ses grands yeux pleins de larmes, sa
figure bouleversée par la douleur, vieillie de dix ans en
un jour, vinl un matin a moi, rue mit les deux mains
auwur du cou et s'oubliant, comme s'oublient les mere~, me dit d'une voix altérée et tremblante : « Mon
pauvre enfant, que vas-t•J devenir? n Je la sais1s avec
tran~port entre mes bras, et daos une exaltation risible
au fond, mais respectable en fait, comme tout ce qui est
convaincu, je lui déroulai mes plans d'avenir,je lui parlai du bonbeur que j'aurais a etre -on soutien et sa consolation, je lui dépeignis mes projets, mes espoirs, cbateaux en Espagne, sans doute, mais illusions saintes,
co111me toutes celles qui viennent d'une source pure. Mes paroles disaient : gloire et fortune, - idées folle5
et vaiues, - mais elles signifiaient encore : énergie et
travail, - idées saines et bonnes a !'ame.
Ccux qui me lisent comprendront-its· ce que renferment les quelques mots suivants :
Ma rr.cre crut en moi 1
J'avais une mere! mais qu'on se figure un instant la
situation morale d'un orphelin, saisi par ce brusque réveil de la misere, qui venait imµérieusement s'emparer
de moi; avoir été riche etseretrouver non passeulement
pauvre, mais dénué de tout; avoir été insouciant, heubeux et gai, deveuir, en un momenl, sérieux, grave et
trtste; avoir d1ssipé toutes ses premieres heures de jeunesse dans des plaisirs que dorait un éternel sourire, et
vivre désormais en économisant chaque minute de sa
vie pour des travaux souvent assombris par une !arme
amere de tr1stesse et de découragement; avo1r gouté une
aune toutes les splendeurs de l'existence, et ne mordre
désormais qu'au pain dur et sec du travail; pour le gagner, ce pain, ne sentir en soi que des forces douteuses,
une energie, réelle sans doute, mais qui peutctre vaincue
par l'impuissance, et pour résister aux heures nombre uses
des défa11lances et des découragements, se trouver seul,
entierement seul, sans un creur qui vous comprenne,
saos un regard qui vous crie : courage: sans un baiser
qui vous releve, sans un trésor de confiance· et d'amour,
oil l'on trouve des forces nouvelles pour remplacer les
forces épuisées, saos un étre enfin, qui croyant a vous,
aveuglément, naivement, avec exces peut-etre, mais
ITiee bonne foi, vous communique ce bien si précieux,
8lllS lequel il n'y a ni grand homme, ni héros, ni conquérant, ni poete : la croyance en vous-meme. N'est-ce
pas horrible?
Te! est pourtant le probleme qui, presque chaque
oor, est posé a tant de jeunes et rares intelligences !
Qoelques-unes trouvent moyen de le résoudre, beaucoup expirent a la peine. J' eusse été, je crois, de cel-

les-ci.
,
llais ma mere était la, et je me crus sauvé. Combien
de Cois, en relevant mon front alourdi par une pensée
rebeUe, n'ai-je pas rencontré, posé sur moi, son !impide et bien regard, tout empreint d'une naive et
douce confiance! Combien de fois n'ai-je pas sentí qu"il
était impossible que je fisse défaut a cette foi maternelle
et aainte qui rayonnait dans ses doux yeux:, et combien
de fois - miracle divin des :úfections vraies ! - n'ai-je
PIS éprouvé que sa chere iofluence écartait les nuages
!¡ obscurcissaient ma pensée, et dégageait nette et pure
1•dée vainement cherchée par moi, et sans doute introulable sans elle.
llaia je me laisae entrainer trop tót a ces doux souve-

nirs d'une tendrcsse qui devait étre le seul bonheur de
ma vie laborieuse et so)itaire. Ce furent la les joies
aOJstercs et les saints enthousiasmes de !'avenir; je
dois parler d'a\Jord des rudes obstacles des débuts et
des douloureux désenchantements des premiers jours.
Sans elle, sans roa mhe encore, je ne les eusse pas wrmontés, et j'ai besoin de tl)ut dire, pour qu'on comprenne bien a que! point nos deux pensées n'en faisaient
qu'une, et nos deux creu1s n'en faisaieni qu'un.
Dans un récit aussi simple que celui-ci, je désirerais
dire le moins de banalités possible; qu'il me soit done
permis de regarder comme démontré que, des le jour
de notre ruine, nous n'avions plus ni parents, ni famille,
ni amis. Nous fimes bien d'abord quelques-unes de ces
demarches q-u'on tente souvent, plus par suite d'un
reste de respect et de croyance en la nature humaine
que par suite d'une espérance réelle et positive; mais
hélas !... il nous fut Lientot évident, a roa mere et a
moi, q11'ici-ba.s nous devions etre désormais tout l'un
pour l'autre; qu'il me soit encore permís de n'en pas
parler davaotage.
Des débris presque nuls de notre immense fortune,
nous retira.mes pourtant de quoi nous loger, bien a
l'étroit, mais suffisamment encore, au cinquieme, rue
du Bac. Trois pieces : deux chambres a coucher et une
salle a manger, ou, faute de place, j'installai roa bibliotheque et mes manuscrits - Spes ultima Troj(E - composaient tout noti e petit do maine. Ce ful la que je commcncai mes jours et mes nnits de laheur, et ma sainte
mer: son existenre de sublime abnégation et de dévoucmenl absolu, qui ne devait finir ,qu'avec sa vie
elle-meme.
Daos le principe, 11 m'étail resté une illusion; croyant
avoir fail mes pre uves, je pensais que les portes qui
m'avaient. été ouvertes au temps de ma prospérité se
regarderaient corrme engagée, a ne pas se reíermer
devant moi; je m'adressai done, mon manuscrit a la
main, au journal doot mon pere avait élé actionnaire.
La politesse est une des choses les plus exquises qui
soient au monde, surtout parce qu'elle ne coute' rien.
J'obtins des compliments de condoléance sur mon infortune. Le directeur de cette feuille, importante a tant de
titres, daigna me parler de mon pcrc d'un ton attcndri
qui me lit bien au cmur, prit mon manuscrit de l'air le
plus g1·acieux, et mP promit d'cn faire la lccture avec
l'attention et l'interet les plus vifs. Je sortis heureux et
touché; en rentrant, j'embr.assai ma DLeré avec transport; des les premiers pas je touchais au but; on avait
gardé mon manuscrit. .. On ,e garda si bien, que je
restai huit mois saos pouvoir obtenir de ses nouvelles.
Chaque fois que j'insistais pour connaitre mon sort, ou
le directcur était absent, ou le lecteur chargé du rapport r,tait malade, ou les événements politiques absorbaient tellement la rédaction, qu'on ne trouvail pas le
temps de s'occuper de simples muvres d"imagination.
Enfin, apres huit mois, mon insistance porta ses fruits.
Le secrétaire général du journal m'écrivit qu'il était, a
son grand regret, obligé de m'annoncer que l'administration ne croyait pas pouvoir se charger de la publication de mon ouvrage, d'ailleurs trcs-remarquable.
A la revue célebre, qui m'avait jadis ouvert ses colonnes, la fa~on de procéder fut diífer~nte. Quand j'eus
expliqué le motif de ma venue, et quand mon 1 manuscrit fut entre les mains de !'arbitre de ma destinée, il le
feuilleta, tout en disant: Comment done, jeune homme !
ma1s vous etes un de nos rédacteurs, vous le savez bien;
je lirai avec soin et: manuscrit; mais, j'en suis sur d'avance, ce ne sera qu'une question de forme. 'si nous
vous demandions quelques changements, quelques coupures, vous n'hésiteriez pasa les faire, n'est-il pas vrai?
Vous savez, ici nous avons l'habitude de conseiller no8
rédacteurs, et je me suis laissé dire, ajouta-t-il en
riant, qu'ils ne s'en trouvaient pas plus mal.
Je protestai que nul moins que moi n'était réfractaire aux: bons conseils.
- A merveille ! reprit-il en me tendant la main avec
un bon sourire.
- Puisque vous me promettez de Jire, lui dis-je en
me levant, je vous demanderai comme faveur de lire
vite.
- Soyez tranquille; j'ai, dans cet instant, quelque
chose qui m'occupe, sans cela j'y mettrais plus de bate
encore, mais je suis obligé de vous demander .quinze
jvurs.
Un. signe de moi trabit ma joie d'un délai plus court
que je n'aurais osé l'espérer.

- Eh bien! c·est entendu, dit-il; a quinzaine, comme
d isent les magistrats.
Je sortis, sur au moins de ne pas languir.
Quinze jours plus tard, j'étais exact au rendez-vous;
nwn j uge était fidcle a sa promesse.
- J'ai lu, dit-il, c'est bien, tres-bien, trop bien,
mcme.
Je fis un geste surpris.
- Je m·e~plique, reprit-il en souriant d'un air de
hienveillance; iI y a dans votre ouvrage des pages jeunes et fraiches, des scenes dramatiques, un ensemble,
en fin, satisfaisant au premier conp d'reil; mais apres
mur examen, on sent que c'est cela et que ce n'est pas
cela; c·est trop délayé, trop abondant; disons le mot,
c'est trop bavard !
- Croyez-vous, fis-je en l'interrompant, qu'un tra- 1
vail de retouche puis~e remédicr a ces critiques?
- Non, reprit-il; tPnez, je vo1Js parle franchement
et en ami; eh bien! certes, je ne vous refuse pas cet
ouvrage, mais de vous a moi je vous dis : faites-nous
autre chose; n'essayez pas encore le grana roman; faites-nous une nouvelle út apportez-nous-la.
Je m'en allai un peu triste, et cependant avec quelque espoir; ce n'était pas précisément cela que j'étais
venn chercher, mais enfln c'était deJa quelque chose.
Je fis la nouvelle demandée; la nuuvelle faite, je l'envoyai au bureau de la revue.
Trois semaines s'écoulerent; je me crus un iostant
ouhlié; mais au moment ou j'allais me rendré moiméme aupres de mon juge pour me rappeler a son souvenir, je re~us mon manuscrit timbré du sceau de la
Revne; le petit billet suivant y était annexé :
t&lt; Cette nouvelle est jolie, mais trop légere; on sent
« que l'auteur s'est préoccupé de faire court, el ne s'est
« pas aper~u que sous l'influence de cette préoccupation,
« il étriquait son muue et rétrécissait sa pensée. Du
« reste, il y a la de !'avenir, br.aucoup d'avenir, et nous
« croyons, sous toutes réserves, que l'auteur fera bien
« d'abandonner le genre nouvelle, et de tenter le grand
« !"omon; c'est la sa véritable voie, selon nous. ii
Ce billet était d'une écriture a moi tout a fait inconnue, mais il était forme!.
- Bienheureux ceux: qui pleurent, dit l'Ecclésiaste,
parce qu'ils seront consolés; bienheureux ceux qui se
font facilemeut illusion, pourrait-on dire, parce qu'ils
se consolent vite. 11 y a des gens qui ont l'esrrit ainsi
fait, et je les en félicite, qu'un échec ne leur canse,
pour ainsi dire, que le coup du moment, et que l'instant
d'apres, ils ne s'en ressentent plus. Ceux-la, si le présent est sombre, croient en !'avenir et ne se laissent pas
abattre par les circonstances~ soutenus qu'ils sont par
l'eternel mirage d'une perspeclive lointaine; cela est
bien, cela est beau, sans doute; mais il n'est pas donaé
a tout le monde d'avoir cette légereté de sensatiou qui
monte chez eux au niveau de la persévérance et du génie. « Le génie est la patience, a dit B•Jffon; mot vrai,
je vem. le croire, mais pas pour tous peut-étre, et bien
ccrtainement pas pour moi.
Aus,i je compris; l'illusion que je m'étais faite se dissipa, sans qu'il en restat la moindre trace dans mon
esprit. Je compris qu'en littérature, comme en toutes
choses dans ce monde, la meilleure chance, pour réussir,
est de commencer par n'avoir pas besoin du succes:
l'eau va toujours a la riviere, dit la sagesse des nations
pour gagner de l'argeut, il faut d'abord en avoir, dit la
sagesse du commerce. Les deux sagesses se rencontrent
dans la méme pensée, et Je compris que cela revenait a
dire : Qui veut vivre de sa plume doit en premier lieu
ne pas attendre apres sa plume pour vivre. Attendre,
pouvoir attendre, voila le grand mot, et tant d'économistes qui écrivent des livres bons et sublimes, sans
doute, sur le droit au travail, ont peut-étre tort de ne
considérer la question qu'au point de vue de l'ouvrier
proprement dit; qu'ils y songent: il y a peut-etre des
miseres plus poignantes encore que celles de cette classe,
lntéressante d'a1lleurs, dont ils se font les infatigables
avocats; ils le savent assurémenl, mais me répondront
que cette these est moins ferlile en popularité, et que
pour tant faire que d'etre philantbrope, il faut que la
philanthropie rapporte quelque chose; c'est juste, et je
m'incline avec respect devant cette quatrieme maxime,
non moins évidente que les trois premieres.
JULES DE W.,1.JLLY.

(La suite prochatntmtnt.)
Reproduction inlerdite aux journ•u• qui n'oot pas lraité avec la Soeiété

dee gem de lettres.

�\

!t7

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

L'lLLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

BtNED1CTI01'
UiJCENDlE

DI LA

DI

CHAPE LLE

LOIDR&amp;S.

!OTR&amp;-DAU D'ArRIQUE
A.U pIRl!CTEUR,

1,olldttl, io 1eptembre,

Lundi 18 septembre, éclatait a
Londres, dans une
des principales
rues de la Cité,
Gresham strect, oü
sont situées les premicres maisons de
banque, un incendie commc Londres
o'en a pas vu dcruis vingt ans.
Les maisons monumentales élevées dans cette
rue, il ]y a quelques annécs, ne
sooi plus que des
ruines. Le fcu a
commencé dans
une maison, occupecpar les hureaux
et magasins de
Mll. Tapling et Cie,
fabricaats de tapis,
et par ceux de mr.
Uellahy, fabricants
de aouveautés. Ce
batimeat, doni la
fa~ade était fort
belle, se trouvait
en Cace de la cor•
poration des orfe~
vres; il avait quatre étages et contenait d'immenses
quaptités de tapis,
de soicries, de toiles, de nouveantés,
etc.
Ce batiment était
allcnant a la corporation rles mereiers, Haberda~her's compa11y,dont
les richesses artisliqucs étaient bien
connues.
La salle de banqueta été délruite
daos !'incendie du
18. L'édifice des
merciers avait été
réparéaucommencement de cette
année. Les tableaux ont pu etre
sau,és, mais les
perles dépassent
de beaucoup, rlitoo, lcs250,00'.l fr.,
cbiffre de l'assurance.
11 est difficile de·
connaitre jusqu'ici
le chilfre total du
dés3slrc.
Un né"'o.
o
ciant pcrd a Iui
seul cinq millions.

Pour eJ:trait :
P.

PAGET.

~

INC~NUIE DE GRESHAM-STREKT, A LONDRES. -

É'l'ABLISSRMBN'f DE Mil. TAPLING ETC'•,

AU DIRECTl!UII,

Alger1 30 aoút,

Le 28 aout, le
pl:!.teau du premicr
contrefort de la
Boudzaréah, sur
lequel s'éleve, dominant de toutPs
parts la Médilerranée, la magnifique
chapelle élevée en
l'honneur de Notre-Dame d'Afrique, présenlaitl'afpect le plus animé.
C'cst que la plus
grande partie de
notre population
avait voulu assister
a la bénédiction de
la 11ouvelle basi.l1que qui, grace il
l'infdtigable acti,·ité, a la persévérante volonté de
Mgr Pavy, est es~enticllcment l'reuvre de la eolonic
algérienne.
A qnatre heures
précisef, la procession, dont le point
de départ avait été
fixé sur l'avenue
qui longe la partie
rnd de l'hcipital militairc, se mettait
en· marche, bannicrcs cléployécs,
et gravissait la
montagnc '
en
chantanldes hymnes et des canti •
ques que répétaienl des milliers
de voix.
Arrivée an carrcfour de~ Consuls oú
l'altendaicnt Mgr
Chalandon et Mgr
Pavy, elle traversa
la chapellc, oü
prircnt place le
nombrc1u clergé
qui l'avait accompagnée jusque-la,
les corporations
l'cligieuscs et une
partic de la fouk.
M. le Gouverneur général, vicomte do Martimprey, M. le Directeur général des
~ervices civil~, )f.
lo général comtc
de La Serre, M. le
?tlaire
d'Alger,
ainsi qu'un asscz
grand
nombre
d'uflicicrs supéricurs, de fonctionnaires et de
magistrats assista icn l aéctte cérémonie.

�L'ILLUSTRATlON, JOURNAL UNIVE RS EL.
A cinq heures et demie, la bénédiction extérieure du
monument fut faite par Mgr l'archeveque d'Aix et par
Mgr l'éveque d'Alger; puis, immédiatement apres, a
commencé la bénédictiou intérieure, a l'issue de laquelle Mgr Chalan don a remercié Mgr Pavy de sa louable
persévérance, et la population algérienne du concours
empressé qu'elle apreté jusqu'a ce jour a son vénérable
éveque. Mgr Chalandon a terminé sa trop coarte improvisation en faisant un nouvel appcl a 13. piété et a la générosité de la p')pulation, afin d'arriver promptement a
l'acbevement complet du monument que la religion venait de consacrer.
A sept heures, la cérémonie était terminé1:.
Pour extrait: P. PAGET.

LA

CLÉ

DES

CHAMPS.

Autrefois on croyait a la puissance des sorciers; aujourd'hui on croit a l'infaillibilité des reglements administratifs. On croyait que les alchimistes, avec leurs for. moles et lenrs alambics, pouvaient fabriquer de l'or; on
croit bien aujourd'hui que M. le maire, a l'aide rl'un
simple arret~, peut faire murir le raisiu; car si les magistrats municipaux n'avaient pas cette conviction, com. ment o~eraient-ils décréter que, dans telle commune,
tel jour, a tel heure, le raisin sera múr et que l'on
pourra le vendanger. ll y a des clos exposés au midi,
d'autres au couchaut; il y a des vignes sur les coteaux et
des vignes dans la plaine; il y a des cépages qui murissent vite, d'autres plns lentement, des variétés qui doivent etre vendangées avant la complete maturité, d'autres qui ont besoin d'etre tres-mures pour donner de
bon vio; peu importe : M. le maire a décrété que le rai ..
sin' serait mur te! jour, a telle heure; il faut que cela
. soit. Le bon Dieu s'arrangera comme il poúrra et le vigneron aussi.
On appelle cela le bao devendange, et comme on atrouvé
un mot pour l'exprimer, la chose devient respectable. 11
y a si longtemps, du reste, que le maire procl:i.me le ban
de vendange ! Autrefois, da.ns le bon vieux temps, c'était
le seigneur, quand il daignait, ou son suppléant; :iujourd'hui, c'est le maire on son adjoint. De quoi vous plaignez-vous? N'est-ce pas le repré,entant de la commune
qui dé~ide la chose; c'est comme si vous la décidiez vousmeme. 11 n'y a rien a répondre, en effet; du moment oü
on a démocratisé une absurdité, cette absurdité devient
inviolable.
Le maire qui décrete la maturité du raisin n'est ponrtant pas plus infaillible que le seigneur décidant le jour
de la vendange. Pourquoi ne pas laisser a chacun le soin
de fa:ire ses petites affaires comme il l'entend, et de couper son raisin quand il le croit mur? Ce serait probablement plus sage et certainement plus commode.
c·est ce qu'a pensé le maire d'une grande ville, située
au milieu d'un pays vignoble. M. le maire de Riom a décidé, par un arreté tout récent, que dorénavant, cbacun,
dans sa commune, vendangera quand bon lui semblera. Tous les maires ne se croient done pas omnicompétents et omnipotents. C'est la un bon exemple, et je
m'empresse de le citer. ll est vrai aussi que Riom est la
ville natale de M. Rouher, et l'ancien ministre du commerce est bien capable d'avoir développé la contagion
libérate daos ~on pays.
Et il faut d'autant plus le citer, ce salutaire exemple,
que, daos certaines communes, les magistrats, 'usant et
abusant de la faculté déplorable que la loi leur donne,
ont imaginé d'interdire aux vignerons d'entrer dans les
vignes, vous entendez, d'y mettre le pied, de s'y promener, d'y pratiquer les derniers travaux di) la saison. En
décrétant une I mesure aussi ahsurde, les maires outrepassent leurs droits. - D'accord. 11 y a quatre arr.3ts de
la Cour de cassation, en date de t 819, t84i, i855 et f 856,
qui dénienl au maire le droil de vous empecher d'en. trer chez vous. - Dire qu'il a fallu en ·appeler, pour
cela, a la Cour de cassation ! -· Néanmoins, daos beaucoup de communes, les arretés existent et persistent,
car les vignerons ne sont pas partout assez riches pour
faire réformer par la Cour supreme les sottises de Jeurs
magistrats.
Les partisans du ban de vendange n'ont qu'une seule
raison a donner; la voici, dans toute sa na'iveté : tous
les vignerons sont des voleurs qui, en vendangeant leur
vigne un jour plus tot, vendangeraient celles de leur
voisin; - meme si la vigne du voisin est située a une

demi-lieue. Mais si l'humanité agricole est si perverse,
pourquoi ne pas publier un ban de fauchaison, un han
de mo1sson, un bau pour la récolte du colza, un autre
pour celle rles pommes de terre, etc.? Les champs se
touchent tous par un bout, et en coupant son blé, qui
empeche mon voisin de couper le mien, - comme pour
le raisin?
A cet argument et a tous les autres, les maires fanatiques du réglement ne répondent pas un mot; ils décre-tent, et tout est &lt;lit. Heurcux magistrats, a qui la loi ne
demande pas compte de leurs iospirations ! Il y a pourtant l'-&gt;pimon publique, et il faudra bien, un jour 011
l'autre, compter avec elle.
En agriculture, comme en politique, l'opirtion publique est une puissance dont on reconnait tot ou tard les
arrcts. La fécondation artificielle des céréales, par la
métbode de M. Hoo1brenck, dont j'ai dP.ja entretenu nos
lecteurs, esl sur le point de comparaltre devant le tribunal supreme de l'opinion. Des commissions ont été nommées pour suivre les expériences officielles; de nomhreux agriculteurs out .expérimenté, proprio motu, les
franges de laine et le miel sur leurs récoltes;- les renseignements commencent a se produire.
· Je n'ai jamais eu le moindre engouement pour ce systeme, que la science me sembl:tit condamner, m.ais que
la pratique devait, disait-on, justifier. 11 faut s'incliner
devant les faits; c'est ,entendu. Seulement, jusqu'ici les
faits se montrent peu favorables aux fécondations artificielles. Est-ce que le compte-rendu de l'Empire en serait pour ses espérances un peu prématurément exprimées?
Je vous en fais juge. Un agronome habile, savant et
consciencieux, M. Adolphe Dailly, membre de la Société
impériale et centrale d'agriculture de Fl'ance, faisait
partie de la comrnission chargée d'examiner les expérieoces faites par M. Hoo1brenck chez M. Jaquesson, a
Epernay. On le sait, la commission ne voulut pas conclure; les deux champs d'expériences ne lui paraissaient
pas daos des conditions identiques. La partie fécondée
scmblait avoir re~u une part plus large de « charup et
ne soleil. ))
C'était a recommencer, et on a recommencé.
M. Oailly fait partie de la seconde cornmission. Non
content de suivre et de contróler les expériences d'autrui, il a voulu expé,rimenter par lui-meme, daos ses propr1étés. Afio tle soustraire ses expériences a tomes
chances d'erreur et de controler ses essais pa:r: lui-meme,
M. Dailly répete ses expériences dans deux charnps différents, consacrant, daos chaque champ, une part égale
de terrain a la fécondation artificielle, au rouleau de
M. Hoo'ibrenck et a la culture ordinaire.
Voici les résultats qu'il a obtenus. Je les reproduis
tels qu'ils ont été donnés, par !'honorable ~i. Dailly,dans
!'une des dernieres séances de la Société impériale et
centralé d'agriculture. Ces résultats frapperont surtout
ceux qui connaissent les soins minutieux, J'exactitude
et la précision que M. Dailly apporte daos les études
qu'il entreprend. Ríen n'y est laissé au hasard, tout est
prévu; les observat1ons sur le terrain empruntent, par
!'ensemble des précmtions, le caractere particulierernent rigoureux d'une expérience de laboratoire. La récolte, le pesage de la paille et dll grain, ont été exécutés
avec le meme soin et la meme impartialité que les travaux de préparation, d'ensemencement et d'entretien
du sol.
On remarquera que M. Dailly ne donne pas des appréciations, il apporte des chiffres. Ce n'est pas un agronome qui coQ1munique ses impressions; c'est une balance qui' parle.
Dans la piece nº f, désignée sous le nom de Clef de
saint Pierre, les parcelles fecondées 'a l'aide de la frange
emmiellée de M. Hoo'ibrenck, ont donné en moyenne
2,505 kilog. 50 de grain, ce qui représente a 80 kilog.
l'hectolitre, 31 hectolitres a l'hectare. Daos la meme
piece, la partie 110n fécondée a produit 2,807 kilog. 50,
ce qui représente a 80 kilog. l'hectolitre, environ 35 hectolitres a l'hectare.
On voit que l'avantage n'est pas demeuré ala fécondation artificielle.
Daos la piece n• 2, dite le Chemin des Charbonniers,
les parcelles fécondées accusent un produit moyen de
2,489 kil., tand1s que les parcelles non fécond.ées ont
donné un produit moyen de 2,~83 kil. 50.
L'avantage est encore ici aux blés non fécondés. On
annon~it, au nom du jardinier allemand, une augmentation de produit de 25 °lo, un gain de 20 a 25 millions

d'hectolitres pour la France, obtenu, pour ainsi?
sans bourse délier. Nous sommes assez loin de
M..Dailly a aussi expérimenté le rouleau cnnnelé ~
M. Hoolhrcnck. Les résultats ne sont guere plus h
,
. . d
1
en.
reux. 11s se resumeot ams1 : ans a premiere elp6.
rience, la récolte au rouleau cannelé a donné 2,662 kil
a l'hectare, tandis que le champ, suivant la culture O•
dinaire, produisait 2,651 kil., ce qui attribue un
tage de H kil. par hectare au rouleau cannelé. Dans~
déuxieme expérience, les roles sont renversés, et dans
des proportions autrement considériibles : la CUiture ordinaire fournit 2,670 kil., tandis que le rouleau
cannelé ne fournit ~ue 2,402 kil. C'est une perte de
268 kil., soit pres de trois hectolitres et demi par hec.
tare.
Je n'ai pas la prétent10n de dire que ces expériences
condamnent saos appel le systeme de M. Hooibrenck.
Suivant un axiome de droit : Teslis unus, testis n11U11,,
un seul témoignage ne prouve pas; il faut done atte~
dre avant de porter un arret définitif; mais je ne pllis
m'empecher de reconnaitre que la frange et le rouleao
cannelé sont bien malades, la frange au miel, surtoot!
J'aime mieux les expériences de mon vénérable ami
~J. Danicourt, un ancien confrere du Journal du Loir,/
qui a laissé la plume pC1ur la charrue. Daos son charmant'
dornaine des bords du Loiret, il a eu l'idée d'essayer
l'hybridation du fromerit, saos bruit, saos réclame, et
saos demander aucune espece d'encouragement ,HÉtal
Son mélange est composé de blé d'Australie, de ble de
Hongrie, de blé du Mesnil (sa propriété), de blé de Saomur et de blé de Noé. Toutes ces sortes ont des formes
bien accusées; cependant, aucun des épis obtenus par
cette hybridation ne ressemble aux sortes meres. 11 yl
huit ans que M. Danicourt poursuit patiemment ses précieuses recherches. En i 863, il obtint, en terre Corte, 36
hectolitres a l'hectare, malgré la rouille; cette annee, il a
obten u, en terre légere, 27 hectolitres. M. Danicourt a
envoyé des épis de sa derniere récolte a mC1n conírere
et ami, M. Jotgneaux, un maltre en ces matieres. « Le
développement extraordinaire des épis dont je vous eovoie un spé~imen, lui dit-il, me faisait espérer beaucoop
plus; mais l'échaudage, produit par des chaleurs trop
vives, a mis a néant cet espoir. Veuillez ex,aminer IJ\es
épis, vous y compterez 60 grains et plus; mais la moitié
sont mai¡;res, ternes, ridés, et la belle couleur jaoneclair, qui est propre a ce blé, a complétement disparo.
C'est une épreuve arecommencer, et je n'y manquerai
pas. Des épis géants, tels que ceux que vous voyn, doi,
vent donner 45 a 50 hectolitres a l'hectare. Uu tel résoltat mérite qu'on fasse quelques efforts pour l'atteindre. &gt;&gt;
En effet, les épis envoyés par M. Danicourt étaieot
magnifiques. lis mesuraienl om i i cent. de Jongueiir!
lis contenaient jnsqu'a 75 grains ! Comme le dit mon an•
cien rédacteur en chef, un te! résultat mérite les cfforl.l
qu'on fait pour l'atteindre, et j'ajouterai que de tcl~ eíforts méritent les encouragements, les sympatbies et les
applaudissements, non-Eeulement de ceux qui produiseot
le blé, mais aussi de ceux qui le conscmment.
Au reste, la France ne se montre pas toujonrs ingrate
envers ses Lieufaiteurs agricoles. Le -soeces rapide qu',
obtenu la souscription pour Je monument élevé ala mémoire de :&amp;1. Je comte de Gasparin, en est une pre!lff
que l'on aime a citer. En deux ans, la souscription a
été remplie, la statue a été modelée par un artiste de
grand mérite, M. Hébert, elle a été fondue et elle a été
inaugurée.
Je ne trouve pas mauvais que l'on éleve des moouments aux braves soldats qui tuent les hommes pourla
défense et la gloire de la patrie; mais il est bien templ
que l'on dresse, a coté d'eux, des statues en J'boonear
de ceux qui nous ont nourris.

com:•

a,;

VICTOft BoRIE,

FtTE MOHARRAM A BOMBAY.
AU DIRECTEUR,

Bombay, le t5 aoüt Id&amp;,

Ayant déja vu daos votre journal plusienrs des8ÍJIS
tres-intéressants sur différentes parties de l'lnde,jevoul'
envoie aujourd'hui deux croquis d'une de nos grandel
fetes annuelles musulmanes.

-;;e;,

L'lLLUSTltATION, JOURNAL UNIVERSEL.

!19

MM. Tiffin n'ont pas, a proprement parler, de conVicat et de Burnichon. Mais ils ne se contentent pas,
comme nos industriels parisiens, d'attirer l'attention des currents; il y a bien des gens qui vendent aussi dans les
passants en faisant promener des voitures-enseignes sur rues des paquets de poudre insecticide, en se les procules houlevards; ils ne clédaignent pas de prendre place rant de seconde main; mais c'est la un moyen peu réeux-memes daos leurs véhicules, et s·en vont déhiter par gulier d'existence, auxquels ils n'ont recours que tranles rues un boniment traditionnel qui ne le cede en rien sitoirement et quand ils ne peuvent rien faire autre
acelui de Iack Black.
chose.
II y a aussi les vendeurs de mort at/.3: rats; mais Jack
Les Timo sont daos les affaires insecticides depuis
Black
ne leur laisse guere a faire, et M. Mayhew, cet ini 695, époque a laquelle un de leurs ancetres, ouvrier
corsetier de son état, contrarié par une colonie de pu- fatigable investigateur ues industries misérables de
naises qui s'étaient introduite&amp; dans son babitation Londres, n'a pu recueillir que des renseignements tressaos sa permission, et qui s'obstinaient a ne pas vou- vagues a leur égard. Ces destructeurs de rats ont
loir déguerpir, fnt amené a étudier a fond la question. 11 cependant parfois des aubaines; c'est quand ils sont
engagea contre ces hotes importuns une lutte acharnée, chargés, a l'entrée d'un navire dans les docks, de le
jusqu'a ce que le hasard, ou ses recherches studieuses, débarrasser des rats qui l'infestent.
Puur en finir avec cette classe des destructeurs de verJui eussent fait découvrir une poudre qui causal leur
complete deslruction. Notre corsetier fit part de son spé- mine (the destroyers of vermin), nous wentionnerons encifiq ue a ses voisins pareillement in festés, et c' est ainsi core les enfants q1Ji vendent du papier a prendre les
qu'il en vint, par dévouement ponr l'humanité~ a se mouches (µy paper). Ils gagnent jusqu'a un shilling par
consacrer exclusivement a cetle utile profession, deve- jour et meme un peu davantage, mais seulement pennue héréditaire daos la famille, le pere transmettant au dant les trois mois de J'année que dure la saison des
fil.s ainé sa précieuse rccette. On peut oLserver, a ce mouches. La fabrication de ce papier est encore une hranpropos, que c'est apres l'inccndie de Lonclres, qui eut che d'industrie qui fait vivre, a Londres, un petit nombre
lieu vers le milieu du dix-septieme siccle, que furent de pauvres geus. Il s'obtient au moyen de vieux jourintroduites en Angleterre les premieres punaises, avec naux soumis a une préparation dont Je secret, comme
·celui de la poudre insecticide de M. Tiffin, se transmet
le bois importé pour reconstruire la Cité.
La maison Tifíln traite aussi par abormements an•• de pere en fils daos quelques familles, qui gardent ainsi
nuels, pour la destruction des punaises. lis ont ainsi des le monopole de cette mdustrie.lls n'ont pasacraindre la
clients pour lesquels ils travaillent, de pere en fils, de- concurrencll des fabricants de produits chimiques, parce
puis plus de cent cinqnante ans, et les noms les plus il- que leurs clients habituels sont les enfants qui vont enJustres de l'aristocratie anglaise sont inscrits sur leurs suite revendre ce papier uans les rues, et ces malhtluJivres. Une inspection reguliere est indispensable pour reux se soutiennent par une mutnelle solidarité.
tenir les lieux en état: les domestiques peuvent apporter
A. VERMOBEL.
des punaises daos leurs malles,etil suffit de deuxou trois
pour peupler un appartement. Les visites se font habituellement au·printem rs, avant que les punaises aient
pondu
leurs roufs, 011 au mois dejnin, avant que les roufs
LES INDUSTRIES INCONNUBS DE LONDRES.
soient éclos. Ces insectes ont surtout de la prédilection
LE MONUMENT DES FREI\ES VAN EYCK.
Li TL'EUR DES P~NAISES DE U REINE,
a s'installer daos les bois de lits. Si les lits sont en fer,
Maeseyck est une petite ville de 5,000 ames, situi\e
elles se nichent daos les boiseries, mais cela ne vaut
Nous avions promis a nos lectenrs de leur faire lier pas mieux, car, pendant la nuit, elles gagnent invaria- daos Je Limbourg beige, aux confins de la Hollande.
connaissance avec le tueur des puces de S. M. la reine blement le lit et harcelent les dormeurs.
C'est la, dans cette « petite ville du rude pays de Caro••
Victoria. Nous en sommes bien faché pour leur délicaNous allons laisser la parolc, si vous Je voulez bien, a pine, )&gt; comme dit Marc Van Vaernewyck, - l'auteur
tesse, mais les devoirs de notre véracité et les exigences M. Tiffin ainé lui-meme, dtmt M. Mayhew nous a trans- Je plus ancien qui nous fournisse ce renseignement, de la couleur locale nous obligent de modifier cetle dé- mis les confiden ces.
que sont nés les deux imruortels freres Hubert et Jea~
signation, suífisamment risquée déja, et de restituer a
« 1e pourrais citer le cas d'une punaise, qui, dans une Van Eyck.
nolre personnage le nom sous lequel il tient lui-meme tres-grande cbambre, faisait chaq11e nuit un parcours
On a essayé de contester a Maeseyck d'avoir été le
abonnéur de se présenler au public.
de 30 a 40 pieds, pour venir rendre visite a une vieille berceau de ces grands artistes, mais il existe en sa faLors de J'illumination pour la paix qui eut lie1J a Lon- dame. Il n'y avait qu'une seule bete, et elle contí- veur un ensemble de preuves suffisantes pour admettre,
dres, il y a dix ans bientot, apres la conclusion de la nuait depuis longtemps son manége. On me fit venir comme vérité historique, que c'est bien dans la cité oü
gnerre d'Orient, on pouvait lire, daos le Strand, a la fa- pour la prendre. Je cherchai Jongtemps. J'avais sondé ces hommes illustres ont vu le jour, qu'on leur a érigé
veur d'un énorme transparent, cette originale inscrip- vainement les boiseries de la chambre. La rusée s'était un monument, inauguré solennelle,nent Je 5 septembre
tion :
nichée dans l'erobrasure de la fenetre, et ce fut le der- dernier.
Mais, avant de parler du marbre destiné a éterniser les
nier endroit ou je songeai a la dépister, parce que ces inMAY TRE
sectes évitent avec soin la lumiere; mais j'appris que la traits des deux freres Ha.bert et Jean Van Eyck, qu'il
vieille dame ne se levait jamais avant onze heures, et nous soit permis de retracer ici succinctement Jeur his-DESTROYERS OF PEACE
que ses rideaux restaient toujours soigneusement toire, prenant pour guide l'éloquent discours, - si pleie
BE DESTROYED BY US.
clos, ce qui empechai( Je jour de pénétrer daos la de faits et de preuves, - prononcé par M. Schoolmeesters, bourgmestre de Maeseyck, a l'occasion de l'inauguchambre.
TIFFIN AND SON
ration du monument.
&lt;&lt; Oui, monsieur, on me fait souvent venir pour se déBUG-DESTROYERS TO HER MAIESTY
barrasser d'une seule punaise, et je fais souvent cent ou
Bubert, l'ainé, naquit vers l'année i366; Jean est venu
deux cents milles pour prendre au plus une demi-dou- au monde plusieurs années apres son frcre, et l'on peut
AND TIIE ROYAL FAMILY,
zaine de ces animanx.
placer sa naissance aux environs de J'année 1380. On ne
« Je visitai une fois le bois dn lit de la princcsse Char- sait rien de leur jeunesse. Cependaut leur maison pa-Traduction littérale : « Puissent les destructeurs de la
paiz étre détruits par nous, Tif{in et {ils, tueurs des punaises lC1tte. J'étais daos la chambre quand elle entra; elle me ternelle devait etre tout imprégnée de J'amour de l'art,
demanda si j'avais trouvé quelque chose. Je lui répon- dit Van Mander, car il y avait encore une sreur, nomde Sa Majesté et de la famille royale.
dis que non. Mais, au moment meme, je découvris une mée Marguerite, qui mania le pinceau avec beaucoup de
Nons lisions dernierement, daos le récit d'un voyage punaise; et la princesse pla~a sa main sur mon bras succes. Ce fut, a ée que l'on conjecture, Hubert qui fut
en Mantchourie, celte curieuse particularité sur les pour la regarder. - « Oh! la vilaine bete ! dit-elle; c'est le maitre de cette· sreur et de Jean. Mais, lui-méme, oiI
íemmes de ce pays, qne nous rappelle involontairement elle qui m'a tourmentée la nuit derniere. Ne la laissei avait-il appris les secrets de l'art? Selou les uns, ce fut a
l'enseigne de MM. Tiffin et fils : « Ces &lt;lames, petites pas éch3.pper. &gt;&gt; Néanmoins il me parut qu'elle la regar- Liege; selon les autres, a Cologne. Néanmoins, ce ne
maitresses, se peignaient religieusement au peigne fin, dait avec plus de complaisance, en songeant qu'elle sont la que de pures hypotheses.
Quoi qu'il en soit, le plus ancien document anthentique
eta chaque fois que le peigne sortait" de }'ondulante avait sucé du sang royal. C'était bien celle-la, du reste,
que l'on possede au sujet des Van Eyck nous montre
chevelure, elles regardaient, cherchaient, puis prenaient car je n'en trouvai pas d'autre.
« C'est daos le lit d'un homme de couleur que j'ai Jean, Je plus jeune, mais saos doute déjil. le plus céledijicatement, entre le pouce et l'index, ce petit animal
qui ne hante roint, chez nous, les tetes aristocratiques, trouvé les plus belles et les plus grasses que j'aie ja- bre, comme ayant été au service du souverain de son
Pnis se le posaient délicatement aussi sous la den t. J'en- mais vues. C'était le domestique favori d'un général in- pays, le fameux Jean de Baviere, prince-éveque de Liége.
11 portait Je titre officiel de peintre et varlet de chambre
tendais a chaque fois un petit: tac! et la Miinchoue me dien. »
M. Tiffin, d'ailleurs, ne se dérange que pour l'aristo- de Monseigneur le duc.
regardait en m'adressant un sourire, qui me causait un
Ce prince, apres avoir, en Hf7, résigné son éveché,
ébahissement qu'on n'aura pas de peine a coroprendre. l&gt; cratie. 11 est bien mis et a les aliares d'un véritable
Mais Londres est moins loin de Paris que la Mant- dandy. Jl a la prétention de traiter scienlifiquement ces pour aller conquérir la Hollande et la Zélande, s'était
cbourie, et si nos récits sont aussi réalistes qu'ils se,nt animaux pour opérer leur destruction, et il ne veut pas fixé a La Haye. Il est fort probable que Iean Van Eyck
réels, ils ne seront pourtant pas a ce point fantastiques. paraitre se borner a les massacrer. Sa profession l'o-- s'y établit également comme att:i.ché a la cour. Et c'est
llll. Tiífiu et fils sont de fort honnetes industriels, in- blige aussi a tuer les poux, quand l'occasion s'en pré- peut-etre a son séjour dans ce pays qu'il faut rattacher
venteurs et marchands de poudres insecticides, de la na- sente, mais c'est un travail dont, par gout, il se soucie les vieux maitres hollandais, dont la maniere a tant de
rapports avec celle de l'école des Van Eyc.k..
tnre de celles qui ont illustré, en France, les noms de peu.

appelée Moharram, est célébrée pompeuset par les sectaires d'Ali, en souvenir du martyre de
men n et Hossein, fils de Fatma et Ali, considérés par
uassa me Les succeseurs 1·eg1t1mes
..
du proph'cte ~,a•
elll eºOl
bOlllet.
1 i .
d 1 1
d . .
La rete commenc_e _e " JOUr e a une e JUID.
tabout.~, ou im1tat1ons du mausol~e de Hassan et
Des
· avec grand som,
· en
~ein a Kurbala, sont fb'
a r1ques
80
. ire ; 0 ébene, en santa!, et menie en argent, selon les
,vo '
.
. •
v,ins des religionna1res, et sont promenees a travers
rnoies les rues du quartier musulman, ou Bheudi-Bazar.
~ veille du Moharram, ces mausolées, qm. mesurent
L
:elqnefois dix pieds de haut, sont exposés daos les rues,
qt les fideles viennent devant eux réciter des prieres et
:ru!er des encens. Le lendemain, tous ces, tabouts, po~tés par des musulmans et accompagnés d une foule deguenillée, pouss.ant des_cris et brandissant de~ étendards
t des piques, s achenunent vers la plage, ou les attend
~ grand concours de peuple. Les plus fanatiques sont·
tout nus et pt:ints en tigre, et se li vrent a une série de
conto:r:;ions grotesques.
Sur la plage de la Back-Bay, les tabouts sont dépouillés des objets de grande valeur, et ensuite précipités
daos la mer au milieu des acclamations de la multitude.
Une centaine de tabouts sont ainsi sacrifiés chaq ue
année.
·
Cette fete, qui daos !'origine n'était qu'une cérémonie religieuse en l'honneur des .deux martyrs, a dégéoéré en un jour de mascarade fanatique, pendant lequel les Mabométans se livrwt a toute sorte d'exces, et
qui nécessite un grand déploiement de force de la part
de la police anglaise.
Loms Rouss&amp;LET.

�2!0
Car, a cette époque, ainsi que nous
l'avons dit, Jean
était déja célebre:
. il avait fait la grande innovation qui
est un de ses titres de gloire, celle de J'emploi de
la peinture a l'huile
dans les reuvres
d'art. · '
L'antiquité, pour
ce qui conccrne
la pcinture artistique, ne connaissait que les procédés de l'encanslique et de la fresque. Pcndant tout
le moycn agc, jusque -vera le commencement du xv•
sicele, le procédé
général était la
peinture a la détrempe, procédé
lent, difficile, dér~ctucux, et qui ne
pouvait donner
aux rouvres qu'uac
durée limitée. Par
ses opérations
uombrcuscs et
compassées, ses
manipulations délicates, il excluait,
pour ainsi dire,
la spontanéitr, ce
soutfle du génie
qui crée, et rendail difficile la retouche , cette action indispensable
a la raison qu'il
perfectionne. Anssi, daos les ceuvres, meme les
plus célebres, exécutées par cette
maniere imparfaitc, remarqnc-t-011
de la sécheresse,
de la dnrcté, de
la roidenr, un manque de rclicf et de
transparcnce, et,
pour le dirc en un
mol, l'abscncc de
la vic.
Tout a coup,
dans le prcmicr
quarl du xv• siectc, on vnit apparattre des tahleaux
d'une couleur vigourcusc et limpi-•
de, dans lcsqucls
les tons sont fondus et forment des
gammes d'une force et d'un éclat
inconnus jusqu'alors. La nature s'y
montrr, pour la
premicre fois, dans
toute sa splendeur,
les chairs prennent
de la vie, l'ombrc
et la lumicre s'y
jouent harmonieusement. Un procédé
nouveau, mis en
reune par un peintre de génie, opere
une
révolution

L' lLLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JO URN AL UNIVE RSEL.
da~s l'art. Apllall
dans un coin de
l'Europe, il se !é.
pand bientot de
peuple en peuple,
et l'école dont i
sortit fut la 11ft.
miere des grandes
écoles dont a'ho.
nore le monde IDoderne. Si les raita
n'étaient Pl! li
pour en témoigoer
.
'
on pourra1ttrou,er
peut-~tr~ quelque
exagerat1on daos
l'influence que
nous attribuons 1
uue simple décou.
verte toute malérielle. Mais n'ea
est-il ¡¡as ainsi de
toutes les décoo.
verles? Leur sim.
plicilé ne fait-elle
pas leur grandeor!
Qui oscrait affir.
111cr que l'art rut
j amais parveou ¡
la hauteur ou il
arriva un siccle
apres, si un homme inspiré, en essayant cette hanale
substitution de
l'huile a un ,ébicule de la coulcur, n'eut fail da
pinceau un instnJ.
ment mille fois
plus docile, plm
obéissant a l'impulsion du génie !
Les Raphael, les
Rubens, les Titien
auraicnt-ils puu&amp;cnler leurs pages
colossales, prodigiouses, au moyea
du procédé dont
se servaicnt les
Giotto, les FraAII•
gclico, ks Stepban
Lochcner?En 1-UO,
Jcan Van Eyckétail
dans la force de l1
jcunesse, et ce fut
peut-etrc la beaute
des reunes crééef
par le procédé nooveau, qui luí ,alut
la protection de
son sou veraio.
Jean de Baviert
mourut a La Haye,
le 6 j:rnvier U-25;
son peinlre quilla
la Hollande, Jivrée
aux déchircmenll
des factions, et entra au service de
Philippe le Bon,
duc de Bourgogne.
Par ordonuancedi
rn mai 1425, Jeau.
Van Eyck re~utsa
commission dt
peintre et varlet~
chambreduprince.
Son frcre Hu,
bert a cette épo-que'1 était établi •
Gan d, et y a,3il
commencé, a 1•
priere de JOIII"
Vydt, seigneur dr

- - -1; rameux rétable de Saint1e,
n.111e
ºd, bl ·¡
r...- Ce travail cons1 era e, 1
)lafOD,
b
t

t le terroiner. Hu ert mouru
. ne pu tembre H26, et fut enterré
le 18 seppas de son reuvre inache1 dent
daos un caveau de la cha,ée,
t t
lle fondée par son pro ec eur.
pe J'époque de la mort de son
A Jean résidait a Lille. Sa porrere,
.s1llúD
. a la cour, - , la· pr1ust bbri·11ante
de ce temps, - eta1t 1or onoraet son titre de varlet de cbamb1e,
.d, d
bre o'iropliquait pas• uneA I ee ••¡e
domesticité. 11 para1t m1;me ,qu 1
fut particulic_re~ent remarque par
1 duc qui a1ma1t les arts, car nous
1: ,oy~ns, peu apr~s ~a nomin_ation,
cbargé de deux m1ss10ns secretes ~t
importantes. Deux ans plus tard, _il
fil partie de l'ambassade que Pb1lippe le Bon envoya a Jean 1er, roí
de Portugal , pour demander la
main de sa filie lsabelle.
C'eEt apres ce voyage que Jean
s'établit a Brugcs, ou il exécuta di,ers chefs-d'reuvre qui nous restent
de Jui. 11 y achcva d'abord le grand
rétable de Gand. Pend:mt qu'il
s'occupait de ce magnifique travail,
Je duc Philippc, le bourgmestre et
le magistrat de Bruges se rendirent
ason atc11er pour admirer le chefd'reuvre, qui fut exposé au ¡.,ublic le
6 mai l432. L'inscription qui se
trouve au has de !'un des volets a
conservé cette date mémorable.
Selon les historiens, le soeces de
l'reuvre fut prodigieux, et elle fut
immédiatement entourée do plus
solennel respect. C'était la page la
plus éclatantc que la peinture eut
produite jusque-la. Ce saint respect
dura pres de quatre siecles. 11 était
réservé anolre époque d'ymettre fin.
En 18{7, le conseil des marguilliers de la
cathédrale, autorisé par un vicaire général, étranger au pays, vendit, sans honte
comme saos droit, a un hrocanteur beige,
et pour une somme ridicule, six des volets
de !'admirable composition. Aujourd'hui
ils forment un des principaux ornements
du musée de Berlín.
Apres avoir terminé cette page colossale, lean Van Eyck passa a Bruges les
dernieres années de sa vie, en y créant
des reuvres nou,elles, et en fondant, soit
par son exemple, soit par ses le~ons, cette
primitive école flamande qui brille d'un
si vif éclat dans l'bistoire de l'art, avec les
noms de Pierre Cristus, d'Hugo Van der
Goes,de Roger Van der Weyden, de Thierry
Bouts, de Memling.
En6n, le grand artiste mourut aBruges,
le 9 juillet 1440.
Voila, en résumé, ce que l'on connait de
l'bistoire de ces hommes illustres; et c'est
d'hier seulement que l'on a exhumé de la
poussicre des archives quelques extraits
de comptes, au moyen desquels il a été
permis de la reconstituer en partie. Ces
détails sont encore bien ngues, et satisfont
peu l'ardente curiosité des érudits.
Mais qu'importe, apres tout? Les reuvres
des Van Eyck sont la pour témoigner de
leur génie, et leur gloire est immortelle.
lis furent les premiers peintres de leur
siecle, les fondateurs de !'une des y,remieres écoles artistiques, les vulgarisateura d'un procédé de peinture qui a con-•
duit l'art daos la voie de la perfection.
Ces litres incontestables donoent a Mae-•
seyck, et ala Belgique en général, le droit
d'étre fleres de ces enfants.
Nons laisserons a la science le soin de
diseuter auquel des deux freres appartient
la Pl'éénunence. Si Jean a eu l'honneur

UN DBStTABOUTS llXPOSÉS DANS LES RUllS Dll BOMBA.Y.

MONUMENltOES FRERRS VAN JlYCK, SCULPTÉ PAR M. W!ENER.

2!1
d'obtenir de Giovanni Santi, le
pcre de Raphael, ce bel éloge :
1&lt;A Bruges, entre tous le plus digne
de louanges, c'est le grand Jobannes, ,i n'oublions point que c'est Hubert qui commen~a \'Agneau mystique de Gand. Pour exécuter ce sublime chef-d'reuvre, ils ont associé
leur génie, et pour les associer dans
son admiration, Maeseyck les a réunis sur le meme piédestal. Devant
la reconnaissance, leur talent et
leur gloire sont égaux et indissoJubles !
L'inauguration du monument
que 110us reproduisons, a eu lieu
solennellement le 5 septemhre. Le
roi Léopold, pour rendre un témoignage a la mémoire de ces deux
illustres citoyens, a voulu assister a
la cérémonie. Son passage daos
cette. partie du pays, qu'il visitait
pour la premiere fois, a été une
Jongue marche triomphale. Des milliers de drapeaux, d'orillammes,
llottaient le long d'une route de
plus de 28 kilometres, que S.M.
devait parcourir en voiture. A l'entréc, comme a la sortie de chaque
villagc, des ares de triomphe avaient
été dressés. Les habitants de ces
vastcs campagnes étaicnt accourus
de toutes parts pour saluer de leurs
acclamations enthousiastes leur
bien-aimé souverain.
Maeseyck a fait dignement les
choses. La ville avait organisé des
fetes Rplcndides en l'honneur des
deux freres Van Eyck et a l'occasion
de la visite du Roi. Quant a décrire
les décorations, c'est une ch ose a
laquelle nous devons renoncer. Jamais on ne vit ville en fete décorée
avec une telle prodigalité. Pas une
rue qui n'eut sa décoration particuliere,
pas une maison qui ne füt tapissée de ,erdure, de fleurs, d'écussons allégoriques.
Partout des drapeaux, dea oriOammes,
L'ensemble présentait un aspect charmant
et pittoresque. Mais c'est surtout dans l'ornementation de la grande place, ou s'éleve
Je monument, qu'on a fait preuve de véritable bon goul.
Le groupe des freres Van Eyck, du
au ciseau de M. Léopold Wiener, assure
a cet artiste, dont le nom brille depuis
longues années au premier rangde la gravure européenne, une place remarquable
parmi les statuaires modernes. C'cst la
une reuvre de vraie statuaire monumentale, et, en ce genre, l'une des rares
reuvres parfaitement réussies. Elle est en
marbre de Carrare, blanc clair, et composée de deux blocs iotimemeut soudés au
point de jonction des dcux persúnnages.
M. Wiener 3 pris pour sujet de sa
composition la révélation faite par Jean a
Hubert de la précieuse découverte de la
peinture a l'huile. Jean, appuyé d'un
bras sur l'épaule de son frere ainé, lui
montre le tableau qu'il vient d'achever, et
semble jouir de sa joie autant que de sa
surprise. llubert examine avec bicnveillance, avec bonheur, ce tablean, sur le
cadre duque! se trouve inscrite la devise
modesle et noble : Als ik Kan. Les portraits
sont conformes a la tradition, qui prétend
les reconnaitre dans les panneaux qui se
trouvent maintenant a Berlín. Les costumes rappelleni l'époque de Philippe le
Bon, et l'ampleur de ces costumes, leur
élégance et leur richesse ont admirablement serví le statuaire.
Rien de plus grand et de plus simple a
la fois. De tous les cótés, le groupe se
présente de la fa~on la plus favorable et

�L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
la plus harmonfeuse. 11 n'y a aucun aspect théatral

qui voit les r.boses de haut. n a fait plusieu;;;;
dans le maintien des personnages ; leur atlitude est
PRIMES DE L'ILLUSTRATION.
gnes ou stations, comme dit son titre, sur les cotes tan.
digne, sans exclure cette nuance de familiar1té que
En attendanl l'apparition de la 2e livrai,on de la orientales qu'occidentales de l'Amérique du Nord. ll 1
comportait, qu'exigeait le sujet. Tout daos ce gro upe est France nouvelle illustrée, qui paraitra vers le {.,dé- a visité les villes maritimes les plus i111portantes N en
naturel, noble et sympatbique a premiere vue.
cembre, nos abonnés recevront avec le numéro du York, Hllifax, San-Francisco. Son livre est le ~ ;
Le Roi, pour témoigner sa satisfaction a M. Léopold i5 octobre, la neuviéme livr:iison du Par-is nouveau des observations qu'il y a faites et des renseignementa
Wiener, l'a promu, prndant la cérémonie d'inaugura- illustré. ·cette livraison e;ontiendra des vues inté- qu'il y a recueillis.
tion meme, au grade d'officier de son ordre.
rieures du nonveau Tribunal de commerr.e, la fon11 es~ plein d'(ntéret, ce !ivre, et n'a guere qu'un déGusuvE LEMAIRE.
taine Saint-Michel, des vues extérieures et intérien- faut, e est de n etre pas plus gros. ll est écrit sans pfé.
res des Halles centrales, des morceaux de sculpture teution, - a partir de la troisieme page. - On,.011
' s' essaye, et ne sait paa
décoratifs de l'école des Mines, du Conservatoire et qu'en de'h utant, l' auteur se tate,
encore
quel
ton
il
va
prendre.
Mais son hésitation
du square des Arts et .l\létiers, etc., etc.
heureusement,
ne
dure
guere.
11
jette híentót de
FAC-SIMILE
' Ces livraisons sont, comme on sait, envoyées gra- le clinq uant descriptif et les oripeaux
aujourd'bui pas,
tuitement tout abonné ancien ou nouveau, ainsi
DI
sablement
faués
de
la
poésie
en
prose,
et se met adire
que les livraisons de la France nouvelle illustrée.
le fait tout rondement, comme le conseillait Voltaire
DESSINS ET CROQUIS ORIGINAUX n'EUGll.NE DELACROIX.
~
Aussitót il devient l'écrivain le plus agréable et le pi~
instructif tout a la fois que l'on puisse imaginer. Je ne
LE
PARTHÉNON
DE
L'HISTOIRE.
L'Illustration, dans son numéro de la semaine dersais ríen de plus piquant que le récit qu'il fait, page 10
Saos aucune interruption, LE PARTRÉNON DE
niere, a publié la reproduction de l'un des admirables
des incidents d'une lutte électorale a New-York. 11 8•ag¡;
fac-simile de M. Robaut, d'apres les dessins et croquis L'HlSTOlRE poursuit la publication de ses six volumes.
Les livraisons n•• 45 et 46, viennent de paraitre. de savoir qui sera maire de cette grande ville. M. Fer.
d'Eugene Delacroix, le peintre de génie, dont tant d'reuCet avis est donné a nos abonnés souscripteurs a cette nando Wood, dont le mandat est"pres d'expirer, a de111
vres, vendues apres sa mort, ont atteint des prix consic9ncurrents également redoutables : M. Gunther le dédérables. Cette reproduction, fort remarquée, nous en- publication.
mocrate, et M. Opdyke le républicain. Les électeurs se
~
gage, sur de nombreuses demandes d'artistes et d'adprononcent pour le maintien a tout prix de l'Union et
COLLECTION COMPLETE
mirateurs du grand peintre, a insérer daos nos colonpour l'aLolit100 de l'esclavage. En d'autres termes ils
DES
nes le prospectus de M. Alfred Robaut, l'auteur habite,
. a M. Opdyke. Mais le résultat'es¡
donnent la majorité
le courageux lithographe qui a entrepris la publication
OOUVRES SPRCIALES POUR PIANO A DEUX IAINS
longtemps inC'ertain, la bataille acbarnée, et M. du
DI
d'un volumineux al bum, divisé par séries de 25 a 30 desHailly, spectateur aussi curieux que désintéressé, en
BEETHOVEN, 1 OZlRT, WEBER, HATDI
sins de l'artisle si regretté,
décrit
les comiques périp~ties et les épisodes grotesques
1T
DI
A.M.
avec une vivacité charmante et une verve intarissable.
SEPT SONATES CHOISIES de CLEMENTI
L'Illustr11tion met en vente sous peu de jours la série. Ríen de plus pittoresque, rien de plus ani:ué que le
En vente, a París, chez M~t. A. CADART, éditeur d'escomplete dcGRonates d'Haydn, 7• et 8• vol. de la collec- tahleau qu'il trace de la rade de Ntw-York.
tampes, 79, rue de Ricbelieu; - DusAcQ et Cie, éditeurs tion des reuv1ts spéciales pour piano a deux mains des
Les usages, les mreurs de ce peuple, qui nous ressemble
d'estampes, t (), boulevard Poissonniere ;-MouREAU, mar- maitres classiqncs, annotées et doigtées par J. Moscheles. si peu, son organisation municipal e, ses pratiquesreligieuchand de curiosités, rue Fontaine, au coin de la rue DuCes volumes paraissent a des intervalles assez éloignés ses, ses institutions d'instruction publique etde charité,le
perré, et che1. l'auteur, Alfred RoBAuT, imprimeur-litho- les uns des autres; mais cette lenteur est indispensable mouvement prodigieux de son commerce et de son inpour la bonne exécution dn tirage. Néanmoins l'ouvrage dustrie sont pour M. du Hailly une source inépuisab~
graphe, a Douai.
complet sera terminé avant la fin de l'année.
de fines observations et de réflexiop.s judicieuses; ca,
Nous rappelons a nos abonnés que tous ceux qui
Premi~re aérie d83 Fac-Simile de Desaina et Croquia origina01
souscriroot d'avance a la collection complete n'auront a non-seulement il voit ce que d'autres ont déja vu annt
luí, mais il comprend parfaitemeot ce qu'il voiL On
payer que 50 fr. au lieu de 87 fr.
D'KUGENE DELACRO[X.
n'en pourrait pas dire autant de tous les voyageurs. D
Cette Collection allemande, annotée et dvigtée par le célébre professeur
n'a point cette faiblesse qui porte tant d'esprits élroiu
MOSCHI!LES, tormera H volumes de Ht pages chacUD, en moyenne.
(Toutu lu ¿preuvu ,om iur chínt.)
a censurer, a condamner daos les coutumes étrangeres
IEIITBOVJI■, le1 4 volumes, u fl'. au lieu de aa fl'.
IIOZART,
les 1 ,olDmes, 11 fl'. au liea de 17 fl'.
tout ce qui est contraire aux notres. 11 ne prend pas
WBIER
les 1 •olumes, 11, fl'. au licu de 11 fr,
TIRÉ
fRlX
BAYD■,
les 1 •olumes, 10 fl' au lieu de 14 fl'.
pour regle de ses jugements ses habitudes personnelles,
de la
du
ClLIIIUUITl,
1 •olume, $ fl'. au lieu de a fl'.
SUJETS.
mais les lois éternelles de la morale et de la justice. D
Prix de la CoLLECTHJII 111miu des H volumes :
ne repousse que ce qui les viole.
• c.
80 francs au lieu de 87, et 10 frane• SEIJI..EUNT
L'affreuse guerre qui couvre aujourd'bui de sang et
C:' Legentil.
1 •
Cnal,er •ube. - Fautasia.
P"ur ceiu de nos abonnés qui souscriront d'avance A la cellecB'" p. de I'A•ge. !
•
Lino reirardaot une tortue.
de
ruines ce qu'on appelait jadis les États-Unis luí~
tion compl~te. Cette derai~re faveur ne sera rigoureusemeni
Alf. Robaut,
t 50
Cavalier démonté.
pire
~a et la des réflexions fort j udicieuses, et quelqnes
Id.
!!
•
accordée que sur l'envoi de 50 írancs en ún mandat sur la
Jacob rec••it le manteau de loseph.
Id.
1 •
Li«nne déchiraot uoe proie,
poste,
ou
en
une
valeur
sur
Paris.
vues
dont la sagacité frappera tous les esprits sensés, Id.
t 50
t.:naher ar•be g"lnpant.
Pb. Burty.
i
•
Les prix indiqués ci•dess,, &lt; s'uppliquent aux volumes retirés Celle-ci, par exemple : l&lt; ••••• 11 serait puéril de se di&amp;
au repos.
B" de l'Aage.
! •
Lio11nes couchées.
dans nos bureaux; les frais de poste (90 cent. par volume en- muler que la lutte sera néces.,aireruent longue, si l'on
Alí. Rob11u1.
! •
l'ombat d'uD !ion et d'un tigre.
voyt i,oUment) n'y .sont pas compris.
'ieouer.
! •
Mo t de Lara.
veut obtenir un résultat sérieux, et je ne sais s'il n'est
B" de l'Aage.
!
•
f.avalier mameluck pas~ant UD gué.
Id.
!
•
C.valier marooluck au galnp.
pas mieux qu'il en soit ainsi, meme daos l'intérét des
Id.
!
•
Lion t•nant un liene aou1 se• p•ttes.
États-Unis. De ce rude enseignement de l'adversité, ill
Alí. Robaut.
t 50
Pyrrhus et Anoabal.
.
CEUVRES
NOUVELLES
PE
GAVARNI.
[rl.
1 50
Cornbat d un lion et d'un cavaher.
emporteront ce qui leur a manqué jusqu'ici, l'homogéPaul Tesse.
1 50
L1on emportsnt une femme.
Par-ci, par-la, et Physionomies parisiennes, splen- néité. De la guerre civile, par une de ces contradielions
f.'
Dutil•eut.
!
50
Panlhere attaqnant un cbenl renversé.
s•· de l'Aage. ! •
dide collection de !00 sujets, tirés sur chine par Le1 ion ass,s.
apparentes ou l'on reconnait le doigt de Dieu, ils feroot
Alí Rohaut.
!
•
Lioone atl&gt;Quant UD eavalier renversé.
mercier,
formant l magnifique volume grand in-4° colomB" de I'Aage.
! •
CM,bat d'un hoo et d'un bomme.
~ortir, vivace et profond, !'esprit de nationalité, dont ib
!
•
Id.
bier, relié en maroquin et doré sur traoches :
Rtud•s de tétes oc linos et de lionnes.
M.
! •
n'av:üent auparavant qu'une notion imparfaite et eonTigre bl•né ae désaltérant.
!
•
10 fr. AU LIIIU DI t 10 fr.
Id.
f,100 d•pouill&amp;Dl un oo.
fuse, et ils auront eu la gloire d'accomplir cette révoln41!.lloh•ut.
4 •
Lutte de Jacob et de l'An~e (St-Sulpice).
6 •
B.. de l'Aaee.
5 fr. en sus pour l'envoi franco daos une caisse, tion en assurant a tout jamais sur leur vaste coutinent
Eouc,tion d'Achille.
! •
r.,,mbat dan, la foste (sc•ne d'Hamlet . Alí. R,.b,ut.
pour la France continentale. Les souscripteurs de le triompbe de la dignité humaine. )&gt;
1 50
t:ba,se aux lions
( deux esQutJSes). Cb. Oesavary.
l'Étranger devront le faire réclamer par leurs corresLa Californie et San-Francisco ne sont pas pour M. da
pondaots.
Hailly une mine d'observations moins féconde.11 raconte
'
Une nouvelle série de 25 a 30 dessins est sous presse,
en une centaine de pages la formation de ce nou,el
L'ALMANACH DE L'ILLUSTRATION est sous presl\e et État, son rapide et prodigieux développement, malgri
pour paraitre prochainement.
paraitra dans la premicre quinzaine d'octobre.
Cette collection de fac-simile se continuera, grace a 84 pages, ornées de 78 gravures. - Prix : l fr. broché des obstacles sans nombre et des crises formidables, dont
l'énergie et l'indomptable tJnacité de l'Yankee pouvaient
la communication de nouveaux dessins du meme
et doré sur tranches.
seules triompher. Puis il retourne dans l'Atlantique, il
maitre, empruntés a MM. les artistes ou amateurs obliaborde a la Nouvclle-Ecosse, et fait de cette terre si pel
geants. - Des échanges auront lieu a cet égard.
connue, de cette terre jadis fran~aise, et ou végeteal
111 LIOelA, IU l.
Toute personne qui demande la collection entiere
encore tristeruent quelques milliers de Fran~ais, une
jouit d'un avantage de 25 ol°; elle paie 40 fr. toutes les Compagnes et stations sur les cótes de l'Amérique du Nord, peinture curieuse et touchante. Le croira-t-on, qn'íll
par L. du Hailly (1).
planchea ci-dessus, brochées, tandis que le prix par unité
tiennent encore a nous par les mreurs, par le langage,
produit 54 fr. - Les memes faveurs seront accordées
M. du Hailly est officier de marifie. C'est, de plus, un par le creur surtout, ces pauvres colons vendus par 111
par la suite.
homme tres-instruit, e~ je veux dire par la qu'il sait roi de France a l' Angleterre depuis un siecle et demiT
heaucoup de choses étrangeres a sa profession : littéraEnfin il double le cap Horn pour la deruiere fois, dil
Dans la bro&lt;'hure, les 0 08 l et 5 .sont réunis sur une ture, beaux-arts, histoire, philosophie, politique, fcono- adieu a l'Amérique, et va combaltre les Russes al'el•
mie politique, économie sociale; - il parle de tout, a trémité de l'Asie... Rien n'est moins connu ici que rex·
3 et 7
méme feuille.
(Cependant il a été fait pour chacun d'eux un tirage sé- l'occasion, en fort bons termes, et fort pertinemment. pédition anglo-fran~aise de 1854 au Kamtcbatka. Le íraparé, dont Je prix est celui porté ci-dessus, au tableau.) C'est de plus, chose remarquable, et assez rare dans nos cas des batteries de Sébastopol a couvert ce bruit lollarmées de terre ou de mer, - un esprit tres-libéral, et tain. Nations et gouvernements, victorieux sur la mer
(1) Puio1 Dento.
Noire, n'ont guere pri.s garde a un échec subi sur la

a

J

c¿J

-

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

(ükhotsk. 11 semble que l'on se soit donné le mot
IPer , n pas parler. Mais on a beau garder le silence
Pour nefait on n'empeche pas pour ce1a qu,.I 1 n, a1t.. eu
s~ un ~e le dérobe point a l'histoire. Et pourquoi

heU,. ººait--on'! A-t-on la prétention d'étre invincible?
re~aterérite aurait-on a· vamcre,
·
s1· 1'on ne coura1·11 a
1
Que md't\tre vaincu? Soyons de meilleure foi, et ne
chance
·
• ons pas d'avouer que la forteresse de Petropavroug1,s
d
h' .
été attaquée par une esca re com mee, que comJosk a
.
p .
.
daieotde concert 1es am1raux rice et 0 espo1ntes, que
man ·ttanue échoua, et que 1· am,ra
· 1 P rice,
· ehef supreme
•
cette" ·,
b
b·¡· ,
a I' xpédition, succom ant sou~ une responsa i 1te que
e ett·mentdº~ quelques fautes qu'il avait faites, - hésitaJe sen
.
. temps perdt1, fausses manreuvres, etc., - lm ren~~
.
d 1• ntpesaote, se donna la mort i.le sa propre mam, an
ª:ent meme ou l'action allait s'engager . Témoin de ces
roo
'
d
d
,eve•nements, acteur l&lt; ob~cur, » ace
qu,•·¡
1. d.1t,
. . e ce rame
·u oré M. du Hailly en raconte 1es per1pet1es avec une
1~ 0 '
. d d .
ticre sincérité et la rect,tu
e e Jugement qut. 1m. est
en
é.
.
.
1t '
babituelle, et ce c1t, succmct: ma1s _co~p ~ , n es: pas
la partie la moios mstructtve m la moms mteressaute de
son Jivre.
G. litQuET.

r

~

En vente, a la libraire Larousse et Boyer, rue SaintAndré-des-Arts, 49, a París, le 9• fasci~ule, d_u GRAND
Olc:nom!AJRE UNIVERSEL DU x1x• SLtCLE . S iJ eta1t perm1s
de bai1tiser chaque ra~cicule, celni-ci s'appellerait le
Fascic11/e des anecdotes: il n'en compte pas moins de 250,
ce qui n·usurpe aucunement la place des articles sérieux.
Les principautsont: Ane, Aned'or(d'Apulée), Ange, Angelo (de M. V. Hugo); Anyers, et surtont le mot Angleterre (!Ui a été l'ohjet d'nne étude approfondie et de développements qui sont de nature a satisfaire la curiosit,!
atous les points de vue. Aussi l'on pent dire que M. Larousse a réalisé, de la maniere la plus complete et la
plus heureu5e, le précepte du pocte latin : titile dttlci.
_ Prix de chaque fascicule, 1 fr. L'ouvraire en renfcrmera au moios 260. Souscription a l'reuvre complete,
100 fr. A partir du i º' octobre prochain. la souscription
sera élevr.e a 120 fr., et dans ces nouvelles conditions,
les souscripteu.rs bénéficieront encore d'une remise de
25 0/0.
- Le curieux journal de bord du capitaine Semmes :
Croisiei•e.~ de l' Alabama et du Sumter, est en vente chez
Dentu. Rien de plus émouvant et de plus instructif que
cette suite de récits de voyages et de combats livrés sur
tonles les mers par ces hard is corsaires. 1 vol. de 440
pages a,,ec portrait et vignetles, 3 fr. 50, franco.
LES ASSURANCES.

foods de garantie de 7l millions; pour les assurances
contre \'incendie, elles s'appuient sur un autre fonds de
garantie, entierement distinct du premier.
Aussi, les résultats obtenus par la 1'atinnale sont- ils
pleinemeot satisfaisaots.
Depuis trente-quatre ans qu'elle
1
existe, la com pagnie s'est constamment applir¡uée amettre la plus g-rande célérité et la plus scrupuleuse exactitude ·a remplir ses engagements. Elle a payé, ~ans réclamations, plus de soixante-douze millions d'arrérages
et plus de qnatre miflions de sioistres !
Mais ce sont les assurances sur· la vie qui prennent
mainteoant un prodigieux accroissement. L'exemple qui
nous a été donné par I'Angleterre commence a porter
chez nous ses fruits. On en arrive enfin a comptendre
en France que chaq1ie homme, par son travail, par son
acti vité personnelle, représente, en réalité, un capital
véritable, et que ce capital, comme le capital foncier,
cornme le capital industrie!, comir.e le capital maritime,
pe1Jt trouver daos l'Assurance deux forces nouvelles :
Une force résultant de l'exemption de tout risque et
de toute perte;
Une force résultant de la mise en valeur des plus minimes r ~ssources, que l'on regardait jusqu'a présent
comme perdues.
Les plus faihles capitaux peuvent, en effet, de nos
jours, produire des résullats profitables.
C'est daos le but d'étendre jusqu'aux limites extremes
de toute propriété cette heureuse application de l'Assurance, que la Nationale a répandu partout la connaissance des avantages qu'elle présente dans les opérations
multiples q11'elle embrasse.
Assurances sur la vie ;
Assurances en r.as de déces;
Assuraoces d'un capital fixé a l'avance, etc., etc.•
Toutes les combinaisons les plus variées et les plus
fécondes dont la pratique anglaise a démontré 1'11tilité,
oot été abordées dP. front et pratiquées avec les plus beureux succes par la Nutionale.
Les avantages de cette assuraoce sont aujourd'hui
compris de tout le monde. Ses formes sont si diflérentes,
que nous ne pouvons les reproduire toutes. Citons toute••
fois un ei emple :
En l 836, M. D... fait assurer sur sa tete, a l'age de
quarante-dem ans, un capital de 40,000 fr. payable a
son rléccs, et puur lequel il paye une prime annuelle de
l,400 fr. En i863, voici les résultats de l'opération :
t O M. D... conserve naturellement ses droits au capital
assuré de 40,000 fr.; 2° M. D... a re~u pour sa part de
bénéfice, aux différents inventaires de la Nationale, une
somme de 2fl, i 33 fr.; 3° si au lieu de recevoir ses bénéfices a chaque inventaire, M. D... les eut laissés a la
compagnie pour. uamenter le capital assurl!,ce capital se
serait accru de 48,350 fr. et Je capital assuré qui, dans
)'origine, n'élait que de 40,000 fr. se trouverait, en
!863, porté au chiílre de 88,350 fr., sans augmentation
de la prime aonuelle !
De pareils faits ont leur r.loquence. lis montrent tout
ce que peut produire la prévoyance unie au calcul des
íntérets. M. Dupin peut done attaryuer impunérnent ces
· eréations lécondes en hienfaits. L'exemple tle la Nationale nous prouve qu'elles enrichissent la société en la
moralisant. En frappant sur une telle institution, on obtient le meme résultat qu'en frappant sur un pie u; on
ne fait que l'enraciner plus profondément dans le sol.

Daos les récentes polémique~ que la question des assorances a soulevées, la presse a été unanime pour proclamer l'utilité de ces institutions, qui ne sont qu'une des
formes les plus ingénieuses et les plus profitables de l'assoeiation. Un des recueils les plus estimés, le Journal des
étonomistes, dita ce sujet, avec l'autorité qui lui appartieot: « La cais5e d'é¡,argne, la caisse des retraites, les
~ciétés de secours mutuels, les assurances sur la vie,
soot, en définitive, sous des noms et des formes diver.,es,
la mise en pratique d'une méme vertu, et de la vertu
HENRI VIGNE.
la plus uble aux sociétés humaines, la prévoyance. Rien
ne doit etre uégligé pour en Jouer les efforts, pour en
pnpulariser les bienfaits. On a vivement recommandé
HYGIBNE ET MÉDECINE.
le.~ caisses d'épargoe au moment ou elles se fondaient.
Les Anglais n'ont pas seuls le privilége de ces courtLes a.~R•1rances sur la vie méritent les memes éloges et
les mémes encouragernents. ,,
plaisters et de ces hasty-cordials, qu'on est si souvent
. Et les faits vienoeot heureusement légitimer les_prin- heureux d'avoir sous la main, en cas d'indi,position suc1pes. Prenons un exemple, et voyons, par les eomptes- bite. Nous avons aussi les notres, dont l'efficacité n'est
~:idus de la Nationale, a. quels puissants résultats ahou- pas contestable.
On sait que c'est a !'un des derniers moines de l'orüt l'application de l'idée de I' Assurance, sous toutes ses
formes.
dre des car mes, décédé en t83 I, que M. Boyer (14, rue
Ft1t-il jamais, dans une institution, garanties plus Taran ne), doit la·mystérieust! recette de ce cordial toutgl'andes que celles présentées par la _¡yationale? Au point puissant, que tout le monde conoait aujourd'hui SOU$ le
de vue moral, comme au point de vue financier, ces nom d'Ea•,1, de Mélisse des Carmes, et qui rend, dans une
multitude d'affections, des services doot la médecine
garanties défient le plus scrupuleux examen .
Au point de vue moral, la Nationale donne aux ioté- elle-meme a reconnu et consacré l'efficacité. L'usage
'7'1Sés, d'une maniere absolue, une double satisfaction. de cette bienfaisante liqueur préserve et guérit des vaDun coté, elle va au devant des désirs du public, par peurs, des vertiges, de l'apoplexie meme; elle facilite
nn~ publicilé si large et si claire, que l'assuré suit, en la digestion, soulage les maladies des voies respirapleme lumiere, et la marche de son capital et l'ensem- toires, en un mot, elle a des droits au titre de bienhle des opérations sociales. De l'autre, il sait que la faitrice de l'humanité.
Nationale opere avec un conseil d'administration formé
11 est un établissement de parfumerie de premier ordre,
des hautes nolab,lités financieres : MM. de Rothschild, dont nous croyons devoir de nouveau recomman&lt;ler les
Périer (Joseph), régent de la Banque de France; De- produits. - L'emploi de la Glycérine de Rirnmel, 47, hoú~ert (Benjamín), Davilier, de Germiny, Pillet-Will, levard des Italiens, est tres-efficace, surtout en cette saidallet, Hottinguer, etc... c'est-a-dire les premiers noms son qni voit le public abonder aux bains de mer. Les baius
nmonde financier.
de mer ont l'incoovénient de rendre les cheveux secs et
A,1 point de vue pécuniaire, aucune Compagnie n'of- cassants. Pour cornbattre cet effet nuisible, ríen n'est sufre de garanties aussi considérahles que la Nationale. périeur a l'E.ctrait de .ius de limons et a la Glycérine de
·~ . en effet, ce~ garanties de la Nationale sont doubles. Rimmel, qui neutralise le sel marin et laisse la chevelute
onr 11\S ,Assurances sur la vie, elles s'appwent sur un souple et brillante.

CRÉDIT FONCIER DE FRANCE .

47• Tirage trimestriel des obligations foncidres 3 et 4 0/0
.
(1853).

Le nº 638, sorti le premier, gagne. . • . !00,000 fr.
Le nº 83,344, sorti le deuxieme, gagne. • . 50,000
Le nº 97,142, sorti le troisieme, gagne. . . . 20,000
807 nurnéros, sortis ensuite, seront remboursés : les
4 0/0 au pair et les 3 0/0 avec une prime de 20 0/0.
4• Tirage trimestriel des Obligations fonciéres de500 fr. 4 0/0
(1863).
Numéro sorti : 5,879. Les obligations portant ce numéro
gagnent, suivant la série a laquelle elles appartiennent, les lots suivants :
24° série. . . . . . . . . . . . . . • . • . . f00,000 fr.
36• série. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30,000
Séries 4, - 34, - 2,-39, - 37, - 35, 25, - iO, - cbacune. . . . . . . . . . .
5,000
Et les séries 28, - 23, - 5, - 31, -8, 40, -32, -21 , -26,- 30,-19,13, - 17, - 9, - 38, - i8, - H, 20, - i5, - f, -7, - 27, - l2, - i6,
- 14, - 29, - 3, - 33, - ti, - 22, ch acune . . . . . . . . . . . . . . . . . .
f ,000
40 numéros sont en outre remboursés au pair.
8• Tirage semestriel des Obligations communales 3 0/0.
Lenº i 32,929, sorti le premier, gagne. . . hl0,000 fr.
Les nos 4i ,066, - i 94, - 4,62!, - 40,369
gagoent cbacun. . . . . . . . • . . . . . f0,000
Et les nos H ,996, -- 98,461, - !06,043, 122,045, - 74,696, - 75,446, - 139,039,
i29,536, - 81,536, - 28,865, chacun un
lot de ... , . . . . . . . • . . . . . . . .
t,000
397 numéros, sortis ensuite, seront remhoursés au paír.
La liste complete de~ numéros sortis achaque tirage
est adrPssée franco a toute persono e habitaut les département.~ qui en fait la demande par lettre affranchie.

COMPAGNIE &amp;ÉNÉRALE TRANSATLANTIQUE
semce poatal fran91la

ENTRE LE DA.l'RE ET NEW-YORK
U.NS BSC1.LB

Par lu 111agniflquu paqiubotl ll rouu

WASHINGTON, capitaine A. Ducbesne, de 5,600 tonneaux de déplacement et 950 chevaux de force.
LAFAYETTE, capitaio'l A. Bocandé, de 5,600 tonneaUJ
de déplacement et 950 chevaux de force.
Les départs se feront le mercredi, tous les vingt-huit
jours, tant du Havre que d~ New-York.
Les prochains départs auront lieu comme suit :
DU BAVR.E :

Steamer J,afayette.... Mercredi i9 octobre.
Steamer Washington. Mercredi i6 novembre.
Lafayette.... Mercredi,l4 décembre.
DE NEW-YORK :
Steamer Washington. Mercredi 12 octobre.
Lafayette.... Mercredi 9 novembre.
Washington. Mercredi 7 décembre.
J,afayette.... Mercredi 4 janvier l 865.
Pria: des places :
Premieres. . . . . . 700 fr.
Secondes . . . . . . 400
S'adresser, pour passage, fret des marchandises, des
especes, et pour tous autre~ renseignements :
A Paris, au bureau spécJal de la Compagnie, l2, boulevard des Capucine~ (Grand-Hotel);
Au Havre, a MM. William Jselin et e•, agents;
A Ncw-York, a M. Geo. Mackenzie, 7, Broadway.

AFFAIRE

DE

BLAGNAC,

Pres Toulouse.
AU

DI RECTE U R.
Toulouse, U aeptembre. .

Mardi 20 septembre, le village de Blagnac, un des
plus pittoresques de nos envirous, était le théatre d'un
drame terrible q11i venaitjeter l'épouvante dans la populatioo de notre ville, encore toute émue des crimes de
Laba.~tide-Besplas.
Deux hommes, Guimbaud pere, agé de 60 ans, et son
fils, agé de 36, apres avoir attenté a la vie de plusieurs
personnes, se barricadaient dans leur maison,et la soutenaient un siége de quatre heures contre la force
armée. Permettez-moi de vous di.re en quelques mots
quelle a été !'origine de cette triste scene et quelles en
ont été les pbases.
Un sieur Meilhorat, qui a,aii épp!JM il y lit qllelque

�L'ILLUSTRATION , JOURNAL UNIVERSEL •

..... ~-~ -

~
~

-._-

......:..·-

/~Ji~

L

,H'FAIRK DE BLAGNAC: ATUQUB DB LA IIAISON GUlllBACD. -

temps une femme dont ia réputation n'était pas, dit-on,
reproche, avait été, d'apres un usage
assez commun dans nos contrées, l'objet d'un charivari.
A la suite d'une plainte portée a ce sujet par Meilhorat, plusieurs individus, parnji lesquels se trouvaient
Guimbaud et son fils, furent condamnés, le i7 septembre, par le Tribunal de simple police.
Ces derniers résolurent de se venger.
Mardi, a midi, le fils Meilhorat passait devant l'habitation de Guimbaud pere, quand tout a coup il re~oit
une baile dans l'épaule; l'auteur du meurtre s'écrie
alors en brandissant son fusil : «Je vais en faire autant a
ton pere et a ta mere. » Ceux-ci travaillaient dans un
champ voisin; ils sont assaillis par Guimbaud. La femme
:Meilhorat re~oit un coup de baionnette dans le coté, et
~leilhorat ne doil son salu.t qu'a l"intervention de quelques personnes qui désarment et garoltenl le crimine];
mais celui-ci est presque aussitót délivré par son fils, qui
est accouru armé. Les deux criminels s'enfermerent alors
dans leur habitation, en déclarant qu'ils étaient prets a
se faire tuer et a vendre cherement leur vie. Les autorités locales furent obligées de se retirer pour demander
main forte. Snr ces entrefaites, un chasseur passant devant l'habitation, était arrété par les dcux Guimbaud,
qui l'obligerent a leur donner sa poudre et son plomb de
chasse. lis rentrerent de nouvcau, fermerent toutes les
issues, les barricaderent et se préparerent a soutenir le
siége. Daos la maison, se trouvaicnt déja deux femmcs
et un enfant de douze ans.
L'habitation est une maison d'un seul étage, blanchie
·a la chaux et surmontée d'une petite tourelle. Ou n'eut
pas mieux disr,osé ce batiment rustique, si, lors de sa
construction, on eilt prévu le siége qu'elle a soutenu. Elle
est isolée, elle n'a des ouvertures qu'a la fa~ade principale et qu'aux murs latéraux. Les ouvertures de la fa ~ade principale sont murées et percées de meurtrieres;
la tour a de•n étroites ouvertures, dont !'une commande
la fa~ade de derriere etl'autre cellc de devant.-Guimbaud pere et fils étaient deux intrépidcs chasscurs;
ils avaient dans leur mais1Jn pluEieurs fusils de cbasse,
un fusil de guerre, une canardiere, des pistolets, des
moules a fondre des halles. Le commissaire de police
de l'arrondissement, s'avan~ant bravement devant la
maison, Jlt sommation a trois reprises aux criminels

a l'abri de tout

D'apres une photor,1phie de 11. Pro,ost.

de se rendre. A la troisieme, Guimbaud pere ajuste le
commissaire en s'écriant : « Cochon de commissaire, tu
vas y passer ! » ~t lache le coup, qui heureusement ne
porte pas. On comprit alors qu'on allait avoir une lutte
acharnée a soutenir, et des renforls furent appelés. Bientót arriverent deux nouvelles brigades de
gendarmerie , commandées par un capitaine , que
rejoignit bientOt un commandant et une compagnie

du i 7ª bataillon de chasseurs a pied. Par prudena,
on se borna a cerner la maison, et de nooftl.
les sommations furent faites aux meurtriers, qui ripondirent par de nombreux coups de fusil; des lorscommen~a l'attaque. Le capitaine de gendarmerie fit aswllir
la fa~ade principale et battre en breche la porte banicadée; pendant qu'assiégeants et assiégés échangeaiell
une vive fusillade, plusieurs assaillants sont blessés. l&amp;
feu s'étant déclaré dans la maison, les deux fe1111111
se halerent de sortir; mais les Guimbaud, suffoqués par
la chaleur et la fumée, leurs vetements en flammes, ui,
RÉBUS.
més d'une sorte de rage, continuerent a décharger lem
armes de tous cótés. 11 fallait cependant se reodre •
chercher le salut daos la fuite. Guimbaud fils, ayul
quitté ses vetements enflammés, se présenta, nu, l la
fenetre du rez-de-chaussée du mur latéral qui bordela
route; il leva son fusil en criant: Je me rends! Un gea,
darme sort de derriere une embuscade pour l'arréts;
au meme instant, il re~oit a bout portant un coop •
l l'Sil qui l'étend sans vie. Mais un chasseur Apied, ~
avait vu le mouvement de l'assassin, le mettait en jOII
et le frappai t mortellement.
Guimbaud pere élait encore au milieu des flammes.
Sentant que le plancher s"abimaitsous lui, il sautesorlt
petit toit d'une porcherie en se tirant un coup de pittolet. En meme temps, il est atteint de plusieurs ball&amp;
11 est auc;sitót saisi et garroté. «Ah! dit-il, je suis eolN
les mains de la jJJstice, ce n'est pas ma faute : je•
suis tiré deux coups de pistolet et donné un coup •
poignard, et je n'ai pas pu me tuer. »
Telle fut l'issue de cet horrible drame, daos leqaei
il y avait eu deux tués, le gendarme Montaigut et Goillbaud fils, et neuf blessés, le commandant et le capitailt
&amp;XFLICA.TION DU DERNIER RÉBUS:
de gendarmerie, trois chasseurs, deux sergents de 'filll,
Ce ful a la suite des harangues de Desmoulins, au jardin Meilhorat et sa femme, et enfin Guimbaud pere.
du Palais-Royal, que commenca la Révolution de 89.
Ce dernier, ainsi que les deux femmes Guimbaa4 ll
leur jeune fils sont sous les verroux. Les inteJTOII"
toires ont déja commencé.
GAVOY,
Auc... M.1Rc, directeur-gérant.
EoM. TEXIBR, rédactcur en chef.
~

Imp. de L'JLLUSTRATlON, A. Marc,
22,

TIIC

de Vm14ui1.

La réouverture des Coneerts populaires de llutif'
classique sous la direction de M. Pasdeloup, aura '
au Cirque Napoléon, le dimanche 23 octobre.

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IOUBl'AL VRiVEBSEL.
,·
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22 8

ANNÉE. VOL. XLIV. :r,;o 1126.
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1

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de

SOMMAIRE.
lund· Effendi. - Revue politique de
se1111ioe. - Courrier de voyage. - Les

1, .l,
111

11C1111mtnll d11 camp de Cbaloo, en 1864.
_ &amp;rritée de S. A. R. le prinre numbert

¡ Cllubourg. - Obsequ,a de ll. le Sénateur
Vaialf, - Le jeune Anglaia ( onuvelle 1, fin.
- Espoliboo dn oouvrea d'Eugeoe Delaerois. - Cau&amp;erie dramatique. - Le mooulDtlll d' Ancyre, - La Finaoce autrefo11 et
llljoard'bui. - Un café a Con.stantinople.
- Poblications oouvelles,

'
~~
:,,:~'\

t:,aniru: S. A. Murad-l!fftndi, neveu du Sul-

Lea monumeots du camp de Cnali1111 ea 1861 (5 gruures). - Arri•ée de
S. A. R. le prince Bumberl dans la rade de
Qi,rbourg. - Fuoérailles de &amp;t. lo Sénaleur
T1ilat, admioistrateur du départemeot du
lh&lt;lllf. - Un canlier arabe, dessin d"EuJU• D.!l1croi1. - Les victimes de la mode,
' pu Berlall (suite): Essai 1ur lea beaulés de
la cnoolioe (15 grnures¡. - Testament
pohlique de l'l!mpereur Augustt, leste latin
4e l'Augusteum d'Ancyre (3 ¡ruures). Le IIOÍI de &amp;eptembre. - Écbecs. - Rebus.

• iu. -

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S. A. IIURAD-EFFENDI.

Les fréquents voyages de princes
européens appartenant a des familles régnantes font un singulier
eontrasle avec les habitudes sédentaires des princes ottomans. A la
vérité; ceux-ci ne sont plus tenus en
état de réclusion comme autrefois,
IIUis la liberté dont ils jonissent
ne peut etre appelée liberté. Elle
conaiste A pouvoir aller du palais
i11périal a quelque habitation de
plaisance situéc dans les environs
de la capitale. Mais il ne leur est pas
permis de choisir leur entourage.
11 en résulle que souvent leur bon
naturel est altéré et abatardi par
le contact de ceux qu'on leur don ne
ponr gouverneurs ou pour compagnons. GrAce a ce systeme, ils arri,ent au trone dépollrvus de lulllieres et d'expérience : ne connais~t ni les affaires de leur pays
tll celles de l'Europe , ils sont tres-

,,

s. A.

MURAD.EFFl!NDI, BERITIER PRÉSOMPTlP

nu TRONE OTTO)IAN,

souvent les dur,cs de flatteurs corrompus qui sacrifient la gloire du
souverain et le bonheur du peuple
a leur propre ambition.
Ce n'est qu'a partir du regne de
Soliman le Législateur qu'on a tenu les princes enfermé&amp;, ou qu'on
leur a fait une destinée bien pire.
Aussi est-ce de ce regne que les auteurs turcs font dater la déc:itlence
de l'empire ottoman. Les sultans les
plus célebres ont vécu en liberté, et
plusieurs d'eutre eux, avant de
monter sur le trone, ont occupé des
postes élevé,; dans l'administration
des provinces : c'était un utile apprentissage pour gouverner l'État.
Si l'inslruction était nécessaire
aux sultans ~ une époque oti lcur
pays était, en quelque sorte, isolé
du reste du monde, tille l'est hien
&lt;lavantage, aujourd'hui que la Turquie se trouve étroitement liée a
l'Europe par la politique, les finances et le commerce. C'est ce qu'a
parfaitcment compris le prince
Murad-Effendi, héritier présomplif
du trone ottoman.
Ce prince est dans sa vingt-qua' trieme année. Nous ne donnerons
pas beaucoup de louangcs aux premiers temps de son adolescence; il
pouvait mieux employer son temps.
Mais il est juste de dire qu'il n'a
jamais été libre de choisir le personnel de sa maison. D'ailleurs,
quels exemples avait-il devant les
yeux? Prodigalité au-dessus de lui,
dilapidation au-dessous.
Aujourd'hui, le jeune prince est
un homme réfléchi. 11 cultive son
esprit et cherche a se rendre digne
des hautes destinées aUiquelles sa
naissance doit un jour l'appeler.
S. A. l. Murad-Effendi se distingue par beaucoup de pénétration
et de tínesse : il s'exprime avec
une rare élégance en turc, et le
frangais luí est familier. Sa pby-

�L'J LLUSTRATION, JO URNAL UNJVERSEL.

194

síonomie esf pleine dP. distinction, et l'on vante¡la généro~ité de son caractere. Les idées de progres n'qnt pas,
en Turquie, de plus chaud partisan que luí: a ses yeux,
les habitants de l'Empire ne sont rlus des esclavesaveuglément soumis a la volonté du maitre, mais des hommes
qui ont des droits. Il se considere comme prince européen, et son vceu le plus cher serait de faire un voyage
en Europe. Mais quel est celui des ministres actuels qui
proposera ce voyage au sultan?
H. MAIWID.

REVUE POLITIQUE DE LA SEMAINE.
1.e fait important de la semaine, c'est la nouvelle confirmée aujourd'hui d'un traité r.onclu entre la France et
l'ltt•lie. La question romaine ~erait de nouvean posée
entre Paris et Turin. Le patriotisme italien appelait de
tous ses vceux la reprise de l'cenvre si douloureusement
interromrue par la mort du comte de Cavour. et il est permis de dire que l'ajonrnement du travail diplomatique
énergiquement roursnivi par le grand ministre italien,
a constitoé le principal ;rief du sentiment publie contre
ses successeurs.
On a done repris J'idée du comte de Cavour au point
juste ou l'avait laissée sa haute intelligence. Les discnssions parlementaires nous ont, Pn eífet, appris qu'au moment ou le grand ministre était ravi a son pays, il avait
noué avee la France, au sujet de la question romaine,
des nérociations reposant sur les hases snivantes:
l O La France, obéissant au principe de non intervention, s'engageait a évacuer, daos un délai déterminé, le
terr1toire romain;
2• L'Jtalie prenait envers la France l'engagement
forme) rle ne point attaquer ce territoire et de ne point
permettre que des bándes armées, quelles qu'elles fussent, tentassent d'y pénétrer.
Des articles spéciaux avaient trait a la dette publique
et aux troupes pontificales.
Avec M. de Cavour disparut l'reuvre commencée entre
Paris et Turin.-Elle vient d'etre reprise daos des conditions a peu pres identiques. Une convention, élahorée
a París, au sujet de la question romaine, a été apportée
a Turin par le marquis Pepoli, dans son dernier voyage.
Cette convention, discutée et examinée par le gouvernement it~lien, a été de nouveau transmise aux Tuileries
par l'intermédiaire du meme diplomate.
Un traité aurait done été conclu entre París et Turin,
et la durée de l'occupation de Rome aurait été fixée a
deux ans. Le gouvernement franpis se réserverait
meme le droit d'avanr.er ce terme, si les circonstances
le rendaient nécessaire. En donnant satisfaclion au principe de l'indépendance de~ nations, la France· lrouvera
en mrme temps dans l'Italie une alliée plus forte, si jamais les puissances du Nord coalisées prenaient une
attitude agressive.
Voila seize ans que la Franc" esta Rome. Elle n'avait
pu concevoir la pensée d'entretenir éternellement des
troupes dans cette capitale; aussi in~iquait-elle comme
époque de l'évacuation, le jour ou le gouvernement papal
serait a meme de fonctionner saos secours étrangers.
Une autre occupation qu'il serait urgent de faire cesser, c'est celle des Ouchés conquis par les Austro-Prossiens; si elle se prolongeait, les po¡,ulatioos qu'ils prétendent avoir affranchies s'uniraient, allemandes et danoises, daos une éclatante protestation. Les Duchés sont
soumis au doux régime de l'état de siége. Quicon1ue y
rédige 011 propage des pétitions PSt passible des luis de
la guerre. On cherche a étouffer toutes les plaintes;
elles méritent pourtant qu'on en tienne compte. Une
adresse présentée au roi de Danemark contieut le passage qui suit :
« Livrés il la merci d'un vainqueur orgueilleux, ¡¡
nous a falla supporter en silence toutes les calamilés de
la guerre, dévorer les larmes que nous arrachait la ciéfaite de notre patrie. Pendant ce temps, l'agresseur,
s'emparant rle nos foyers, iosultait a notre douleur par
ses jubilations, il croit déja nous tenir sous son joug; il
espere avoir, par ses mensonges répandus au loin, convaincu l'Europe que le Slesvig tout entier est dévoué a
l'Allemagne. 11 a arraché a Votre Majesté ces funestes
préliminaires dr. paix qui doivent pour toujours river
nos chaines. Faites-nons espérer que ces iniques clau- ,
ses ne seront pas sanctiopnécs a la letlre. Pourvu qn~
no_us ne soyo~s pas asservis a~•Allemagne, nous so.nmes
prets a souflr1r encore, malgre to11t ce que nous avons
déja enduré. ))

¡

Si l'on dispose aujourd'hui, d'un peuple contre 1' son
gré, il amvera un jour ou ce peuple pourra manifester
sa volonté, et alors il détruira d'uu mot ce frete édifice,
qui repose seulement sur la !orce. En ne tenaot aucun
cumple du suffrage des populations, on viole un príncipe
invoqué daos un seul but d'ambitioo, et on s'expose a
voir uo jour ce priocipe triomphaut renverser toutes les
comlJinaisons, faites par le despotisme, en dehors du
droit qu'ont les nations de disposer d'e:les-memes.
L'Espagne a eu sa crise mioistérielle. - L'ancien cabinet a fait place a l'administralion du maréchal Narvaez,
duc ele Valence. Quelle ¡,eut etre la sigoification de ce
nouveau cabinet? Déja appelé a la présidence du conseil, eo i84i, 49 et 59, le duc de Valence s'est fait remarquer par l'atteiute qu'il a portée a la liberté de la
presse et aux franchises municipales. Son nam veut dire
réaction, et son avénement S6ra accueilli avec une émotion douloureuse.
f
Déja les joornaux espagnols annpncent le retour a
Madrid de la reine-mere, Marie-Christioe. On se demande si c'est pour prendre parta quelque projet de
contre-révolution, que Marie-Christine rentre daos un
pa_ys qui l'a deux fois bannie.
Le ministre des aífaires étrangeres d'Espagne a notifié il tous les cabinets que l'Espagne garderait les iles
Chinchas tant qu'elle n'aurait pas obten u satisfaction de
la république péruvienne. Les emprunts que les commissaires de cette république pourraient faire sur le
guano des Hes ne seront pas reconnus par l'Espagne. Que répondront les puissances? Laisseront-elles l'Espagne entraver leurs relations commerciales avec l'Amérique méridionale, troubler la paix du nouveau monde
~t s'emparer d'iles importantes?
Les dépeches de New-York coofirment la nouvelle que
les fédéraux ont pris Atlanta, que l'amiral Ferragut et le
générat Granger continuent leurs préparatifs poar attaquer Mobile. Ces succes contribueront a ha.ter le terme
de cette guerre désastreuse, que prolonge seule maintenant l'obstination des chel's du partí séparatiste.
Les assemblées politiques se multiplient. Au congres
de Malines succede la réunion des associations catholiques allemandes, a Wurtzbourg. Elle a voté cinq résolutions qui tendent a recomman'rler l'emprunt pontifical,
a demander l'affranchisselI!ent des catboliques des Duchés, a soutenir l'archeveque de Fribourg dans sa lutte
contre la liberté de renseignement, et a déplorer les attaques rlirigées contre les ordres religieux du grand-ducbé de Bade, de la Hesse et du Wurtemberg.
Un nouveau décret vient de créer une chaire d'économie polilique et de droit public a la faculté de droit
de Paris. Comme le dit le rapport, dont les conclusions
ont été adoptées, l'école de droit donnera, sous une
forme scientifique et dans la généralité philosophique,
un enseignement dont le cours d'histoire con~emporaine, daos la derniere classe des lycées, présente historiquement les parties principales.
Une ordonnance royale de 1819 avait fondé une
chaire d'économie politique destinée a ceux qui se préparaient a l'administratioo, et qui n'était pas obligatoire pour l'obtention des grades de bachelier et de
licencié en droit. Une ordonnance de i822 divisa la
faculté de droit en deux sections, a chacune desquelleg
étaient attachés trois professeurs de code civil, un profes,eur de procédure civile et criminelle, et un ¡,rofesseur des lnstitutes de Justinien. TI y avait, en outre,
pour les deux sections, un professeur de code de commerce et un professeur de Pan&lt;lectes, ensPignés principalement dans leurs rapports avec le droit fran~ais;
le cours d'écononiie pohtique était implicitement supprimé; il est désormais rétabli. Le dévelop¡iement immeuse qu'ont atteint !'industrie et le commerce, l'équitahle répartítion des richesses, les relations du capital
et du travail, les lois de la production, de la consommalion et de la distribution, que de sujets d'étude intéressants! que de faits curíeux a signaler, de projets sérieux et d'uto¡,ies a juger, de problemes difficile~ arésoudre, pour celui qui enseigneral'économie politiquea
la jeunesse deE écoles!
Plusienrs journaux assurent que M. Rouher, de retour de Belgique, a présenté a l'Empereur un rapport
concluant a la suppression des octrc is. On préparerait
un projet de loi con~u en ce sens, et les choses marcheraient assez vite pour que ce projet put etre délibéré en
conseil d'État, et apporté an Corps légíslatíf durant le
cours de la prochaine session.
EDMOND Tlll&amp;I\.

L'ILLUSTRATlON. JOURNAL UNIVERSEL.
COUBBIER DE VO'Y.I.GE.

Arenes de Nimes.
TOROS

DE MUERTE.

« Deuxieme et derniere grande course de taureanx
(( espagnols, déja. annoncée, et qui aura lieu dim1ncbe
(&lt; i t septembre courant, a trois heures et demie.
'
&lt;&lt; Les habites toréadors qui composent la brillante cua.
« drilla sont déja. trop connus et· appréciés du pubtic
« dans les courses amérieures, pour qu'il soit néces,.
« saire de faire leur éloge dans le programme. Du reste
&lt;&lt; justice a été rendue a leur réputatíon émérite, aJe~
« habileté, adresse et sang-rroid, a en juger par les
,. nombreux applaudissements et les chale11reuses ova.
« tions dont ils ont été l'objet dimanche dernier.
« Les taureaux étaot des mémes manad.es que les Pl'é&lt;&lt; cédents, il est inutile de meutiooner leur faroocbe
« sauvagerie, qui justifie si bien leur réputation en
« E,;pagne. »
Suivaient les noms des toréadors et des taureaux.
Cette affiche était placafdée, la semaine Jerníere, sur
les murs de \lontpellier.
Une course de taureaux daos les Arenes de Nimes
cela valait bien la peine qu'on se dérangeat. Nos amis'
les Espagnols, a qui les Romains n'ont pas, que je sache, laissé un seul cirque dont on puisse lirer aujourd'hui le moindre partí, sont obligés de se conteotea
d'amphithéatres en planches. Voir tuer des taureau1 a
l'endroit meme ou s'entr'égorgeaient les tigres, les hoos,
les pantheres et les gladiateurs, n'était-ce pas une vraie
honne fortune? Pour rien au monde je ne l'aurais maoquée.
A une heure de_l'apres-midi j'étais a Nimes; la course
ne devaít commencer qu'a trois heures et demie, j'anis
done deux heures au moins pour revoir la porte d'Augoste, la Maison Carrée, les bains, le temple de Diaoe
et la fontaine de Pradier.
·11 n'est pas besoin d'avoir été a Nimes pour connaitré
la Maison-Carrée daos tous ses détails. Ce reste, merveilleusement conservé, de l'art romain, a été décrit et
dessiné tant de fois. que tous ceux qui ont quelqne
souci des cboses de l'antiquité le retrouvent dans leur
souvenir, et peuvent a loisir l'adm1rer en fermant les yeUI.
Rien de plus harmonieux que les grandes lignes de
l'édifice, ríen de plus délicat et de rlus charmant que les
chapiteaux des colonnes et les sculptures de la frise,
rien de plus chaud et de plus riche que la teinte doree
dont dix--sept ou dix-huit siecles de soleil ont amouren;
sement réchaaffé la pierre. Ces beautés, personne oe
les ignore; mais peut-etre beaucoup de ceux qui n'oot
vu la Maison-Carrée que daos les livres et les recueils
de gravares se figurent-ils qu'elle se dresse daos une
poétique solitude, au milieu des oliviers, des figuiers et
des muriers, et qu'on a eu le soín de luí épargner tout
prosa'ique voisinage.
Bélas!
Des hotels, des rlébits de tabac, des boutiques de pa•
tissiers, de coiffeurs, d'épíciers, voila ce qui entoure le
cbef-d'ceuvre.
La porte d'Augusle, qui fut batie quinze ans avant
!'ere chrétienne, n'a pas eu meilleure chance, mais je
m'en console plus aisément; cette rumen'est qu'un sonvenir h1storique, ce n'est point un chef-d'ceuvre. Elle a,
comme le temple, son nom familier: on l'appelle la poru
desCasernes; un nom qui n'entlamme gucre l'imaginatioo.
Les bains sont une perle antique sertie daos une mon•
ture moderne, si l'on veut bien me passer la comparaison ; et la montare, en vérité, ne gate point la perle;
les bassins et les terrasses de Philippe Maréchal n'ont
ríen en levé de leur élégance aux légeres culoonades qui
entouraient le vaste atrium et donnaient acces au1
chambres de bain. Pour ell~s, point de voisinage vul·
gaire ; ni hótels, ni cafés, ni boutiques; de beaux om:
hrages, des fleurs, des charmilles, un moniicule plante
d'arhres toujours verts, ou quelque dévote paienne s'é·
garerait pour príer Minerve ou Vesta, le prenant pour
un bois sacré.
Tout pres des Bains, on vo•1s montre une ruine sur la·
quelle les antiquaires ne sont pas d'accord. - Ces messieurs ont-ils jamais été nnanimes sur quoi que ce soit!
C'est un temple de Diaoe, disent les uns; c'est une nymphée, disent les autres. Temple de Diane ou nympbée,
c'est bien la plus jolie et la plus gracieuse ruine qu'ou
puisse voir. Les colonnes se sont brisées, _les volites se

Les spectateurs ont été ravis de voir les chevaux épar- hon vieux temps, une si grande déconflture de Bourguisootdémantelés, les pierres se sont disjo!ntes avec un
gnés
et six taureaux .martyrisés, égorgés et agonisants gnons, qu'il fallut saler les cadavres de peur de la peste.
't exquis et la plus rare entente p1ttoresq11e; un
gou • r amoureux de ce lieu charmant y a grandi et pro- daos une mare de sang : la multitude a des caprices; il Bourguignon salé vient done tout droit d'Aignes-Mortes.
On vous fera voir, scellé daos la muraille, un anneau
~gu•\00 ombre sur les heaux débris qui jonchent le sol. y a un sang qui la dégoute et un autre sang dont elle
Jette
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l
F
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ou
fut attachée, suivant la tradition, la nef de Saintaime
a
se
régaler.
En arrioot a Ni mes, e est a ontame e ra 1er qu on
Cependant, il se rencontre des gens qui n'ont de gout Louis, quand le pieux roi s'emba"rqua pour sa seconde
•t tout d'abord : elle s'éleve, blanche comme au preJ·our au milieu de l'esplanaoe, a laquelle a~outit a voir couler ni l'un ni l'autre ; cerlaines gens ne sup- croisade. Si vous etes un savant, vous hocherez la tete,
nuer
' part_ de la ~a~~- La vi·11e de N'1mes, ayant .ª. portent pas plus tous les spectacles que certains estomacs ~t vous direz : &lt;' La mer n'est jamais arrivée jus~u'a
ravenue qui
Aigues-Mortes, done Saint-Louis n'a pu s'embarquer ici. ,,
ieds les principales rtv1eres du département, tel étall tous les aliments.
ses Prouramme donne' au scu1pteur. Une v1·11e qui· se res11 y a deux a.ns, daos l'amphithéatre de Nimes, un gros A quoi l'on vous répondra que rien n'empéchait qu'il
1e P O
A
¡.
•
te ne doit se montrer que vdue ses conc1toyens. homme se trouva mal pendant la course. Ou s'empressa s'embarquat sur le canal, ce qni vous fermera la bouche.
Les maisons d'Aigues- ~lortes, a l'exception rl'une
pe:dierlesavait, et il a consciencieusement habillé sa vi lle autour de lui, on luí fit respirer des seis; a grand'peine
Pr
.
.
1
seule,
ont eu le hon esprit de se faire petites et de ne
il
reprit
ses
sens.
Ú Nimes; mais le costume conven~1t_moms qu? _e nu
poiut
regarder par-dessus les murs, de sorte qu'en
C'était
un
boucher.
talent de l'artiste, et sa stat•Je prmc1pale est mediocre,
maint
endroit
on n'aper~oit pas, ele l'extérieur, le moinLes
conseils
généraux
émettent
des
vceux
pour
le
re:dis que les rivicres, que leurs fonctions dispensent de
dre
ho•Jt
de
toit
moderne, et que ríen ne gate le plaisir
boisement
des
montagnes,
et
ils
ont
bien
raison
;
mais
tout voile, sont des chefs-d'ceuvre.
Mais voici les picadores a. la veste éblouissante de s'il est bon de se préoccuper des intérets de t·agriculture, de l'archéologue qui veot se croire en face d'uoe ville
broderies qui sortent de leur hotel; il est temps d'entrer ne serait-il pas bon aussi de s'opposer a la barbarie des du moyen a.ge. Le désir de s'agrandir ne tourmente pas
non plus Aigues-Mortes. O la ville exemplaire, a qui
mceurs?
daos les Arenes.
suffit
son enceinte du treizieme siecle ! Encore y ai-je
Qu'en pense le conseil général du département du
J'ai vu autrefois l'amphitbéatre vide : le soleil dorait
vu
~a
et
la des terrains vagues. On m'a dit que le maules gradins supérieur~ que le _temps n'~ pas ruinés, !es Gard?
vais
air
était
pour quelque chose daos cette modestie
Quand vous irez a Montpellier, n'en revenez pas saos
randes voutes de p1erre qm soutena1ent ceox quasingul
iere.
Oh!
les méchantes langues!
:aient délrnits les siecles, les barbares et la guerre, se etre alié a Aigues-Mortes.
Ce
jour-la,
toute
,a populatíon était en fete; on devait
Aprcs avoir quitté le ehemin de fer a Lunel, une pedressaieot im;1osantes et pleines d'ombre: c'était un macourir
les
taureaux
daos l'apres-midi, comme on l'avait
tite
ville
dont
le
nom
a
infiniment
de
douceür
pour
les
·est•ieux et mélancolique aspect. Mon imagioation refait
déja
la
veille,
la
surveille et le jour précédent. Qnoi!
gourmets,
vous
traverserez
le
gros
bourg
de
Marsillar!ulant dans le passé, reconstruisait sans peine le cercle
des
taureaux,
encore
des taureaux? Et toi aussi, Aiguesgues,
une
oasis
d'omhre
au
milien
de
vignobles
brulés
immense et le repeuplait.
Mortes!
par
le
solcil.
Les
anc:ens
seigneurs
de
l'endroit
étaient
Aujourd'hui, le spectacle u'est plus le meme, et mon
Soudain, une grande rumeur éclata; c'étaient les
esprit est un peu dérouté. C'est une foule vivante qui les descendants de e~ Nogaret, d'audacieuse mémoire,
taureaux
qui arrivaient, chassés par les picadores amaqui
osa
souftleter
le
pape
Ooniface
VIII.
J'ai
les
plus
remplit les Arenes, mais celle-ci ne ressem.ble guare a
teurs,
qui
étaient allés les cbercher daos la manade.
agréables
raisons
de
me
souvenir
de
Marsillargues
avec
celle qu'évoquait mon reve.
Au heu des tuniques et des toges, des blouses, des un plaisir extreme ou l'histoire n'entre pour ríen. Deux 11 y en avait neuf; on les fit entrer daos une écurie, ou
vestes, des paletots, au lieu de légionnaires de petits lieues plus loin, un vous montrera, sur la droite, un do- nous· eumes l'honneur de les voir : ils étaient tres-genfaotassins en pantalon garance; au lieu de patricicus maiue que l'hospitalité du maitre avait fait appeler Ta- tils et ¡,omt trop farouches.
Apres avoir déjeuné a l'hótel de -Saint-Louis, qui est
et de patriciennes, des messieurs et des dames sur des ble• Mise. Mérite-t-il encore son nom? Je l'igoore; apres
voisin
de l'hótel de la Macreuse, - une enseigne médío(baises de paille; au lieu de licteurs, des gendarmes et Marsillargues, je n'étais goere en disposition d'y aller
crement
succulente, - nons allames voir la course.
des sergents de ville; daos la loge du proconsul, mon- voir. Aprcs Table-Mise vous verrez, sur la gauche, une
Le
ruaire
voulut bien mettre a notre disposition le balsieur le maire de Ni mes et son conseil municipal; en ferme, et vous apercevrez de la route un buut de mnr
con
de
la
mairie.
plus
vieux
que
le
reste.
C'est
tout
ce
qui
subsiste
de
l'ab{ace, une douzai,oe de braves gens coilfés de cbapeaux
M. le maire d'Aigues-Mortes est un bomme du meilde paille et soufflant daos des trombones et des cor- baye de Psalmodie. Ne voila-t-il pas un nom merveilleuleur
monde et un tres-habile médecin : il est né a
sement
trouvé,
et
que
Rabelais
regretterait
de
n'avoir
nets a piston.
Smyrne,
d'ou il s'enfuit a quinze ans, survivant seul a
pas
imaginé?
Ou
p_
s
almodiaient
les
moines,
les
valets
de
O mon siecle, tu n'es pas majcsmeux '.
sa
famille,
massacrée par les Turcs. Son nom est Schilizzi
fcrme
chantent
en
engrangeant
les
blés
ou
en
vidant
Les portes de la lice s'ouvrent a deux battants. Les
Omérídes,
c'est-a-dire Schilizzi, descendant d'Homere.
la
vendange
daos
les
foudres,
et
les
servantes
babillent
braves gens a chapeaux de pa11le jouent une marche
triomphale. La Cuadrilla s'avance : trois picadores, mon- en remplissant la creche ou en préparant le souper: et Qui se serait attendu a voir un arriere-petit-fils rlu poete
pas la ferme d'un reil de l'Iliade ceindre l'écharpe municipale? Ce n'est point
tés sur trois haridelles aupres desquelles Rossinante Peut-étre Dieu ne regarrle-t-il
I
•
.
était obese, quatre banderilleros, la premicre et la se- moins paternel que l'abbaye; la sagesse des nations n'a- Bomcre, a coup sur.
Parlez-moi
des
courses
de
taureaü:x d'Aigues-Mortes.
t-elle pas dit: « Qui travaille prie? ,,
coodtl épée, le cachetero et le vétérinaire.
Des
bancs,
des
charrette~
pleines
d'hommes, de femmoJ,
Vous passez sous une porte fortifiée qui soutient vailCes personnages, en ¡,assant devant la loge municid'enfants,
des
trétcaux
sur
lesquels
trónent les dames et
pale, s'inclinent respectueusemeut, puis se dispersent lamment le poids de six siecles. A cbeval sur la routP.,
les
demoiselles,
en
hrillante
toilette,
entourent la place :
eile suffisait jadis a défendre Aigues-Mortes de toute surdaos l'arene.
dans
le
cirque
improvisé
on
lance
un
taureau, qui porte
prise,
car
ce
qui
est
plaine
aujourd'hui
était
ruarais
auLes trompettes sonnent l'entrée du premier taureau.
un
nreud
de
rubaos
entre
les
cornes;
aussitót qu'il patrefois,
et
c'était
par
la
chaussée
seulement
qu'on
pouLa course commence, ou plutót la boucherie.
rait,
on
8iflle,
on
críe,
on
l'apostropbe
énergiquement,
vait
arriver
a
la
ville.
Die u me préserve de vous raconter ces atrocités, de vous
.
afio
de
l'exciter;
les
plus
braves
passent
en courant deVoici
les
mnrailles
d'Aigues-Mortes
.
cherchez
daos
montrer cette malheureuse bete qu'on pique de coiips de
vant
t,¡j et cherchent a luí enlever sa cocarde; !'animal
to11te
la
France
du
moyen
a.ge
une
enceinte
plus
solide,
lance, dans la chair de laquelle on enfonce quatre ou
cioq paires de banderillas a fer recourbé, garnies parfois plus fierement dehout daos sa masse superbe, des bas- les charge, ils écbappent a ses cornes en se suspendant
d'artifices, dont la flamme la brule et dont les détona- tions, des voutes et des machicoulis a aretes plus unies, aux planches des tribunes, en se glissant mus les bancs
tions l'exasperent, qu'ou attaque enftn avec l'épée quand des tours se détacbant avec des proftls plus francs sur le ou entre )P.s roues des charrettes; et l'assistance d'apelle a mugi et hurté, qu'on ne tue presque jamais du pre- ciel; vous ne les trouverez poiot. Et cette teinte blonde, rlaudir; elle applauJit plus bruyamment encore quand
mier coup, et que vient achever le cachetero, une sorte chaud reflet du soleil du Mirli, vous ne la verrez nulle le taureau atteint quelque maladroit et le roule : il
l'endfrnerait, que jP, ne voudrais pas parier qu'elle n'apde valet de bourreau qui lui Lranche la moelle épiniere. part a11lenrs plus dorée et plus belle.
Une tour énorme, la tour de Constance, est comme la plaudit pas. La cocarde enlevée, le laurean est chassé
C'est horrihle et c·est ignoble.
sentinelle
avancée, la farouche gardienne de la ville; vers l'écurie et un aotre est lancé. Pendant la course,
Quand Domingo Mendivil, une des épées, un gar~on
el'.e
gardait
trop fidelement aussi les prisonniers qu'on !'animal re~oit bien, par ci par la, un coup de trique ou
plein rle saug-froid et d'audace, faisait reculer le taureau
y
enfermait.
Deux petites filies huguenotes, coupables d'aiguillon; mais la se bornent ses infortunes. Debout,
devant lui rien qu'en le regardant, et, mettant un ged'etre
allées
au
preche, y furent jetées, !'une acinq ans, au milieu de la place, le bon roi saint Louis, du haut de
oou en terre, le saluait avec grá.ce, on applaudissait. A
l'autre
a
sept
ans;
les pauvres créatures y grandirent, y son piéde&amp;tal, préside a la fete, et, le doigl levé, semble
merveille; mais quand il luí plongeait son épée jusqu'é\ la
vieilhrent;
quand
elles en sortirent, elles avaient dire : « Amusez-vous, mes enfants, mais ne faites point
garde daos le corps et la rctirait sanglante et fumante, on
applaudissait encore; c'étaient des battements de mains et soixante ans. Les prisons de la tour de Constance sont de mal a ces pauvres betes. ,,
Vivent les courses d'Aigues-~ibrtes!
X. FEYIINET.
des trépignements furieux; voila qui est épouvantable. d'immenses salles en ogive, de quarante pieds de haut,
Quand un taureau, piqué de banderillas a feu, frappait au milieu desquclles est un puits d'oubliettes. A travers
la terre du pied, ruaít, bondissait, rngissait, fou de dou- d'étroites meurtrieres, percées dans un mur de quinze
leur, d'épouvante et de rage, hommes, femmes, enfants, pieds d'épaisseur, on aper~oit l'azur du ciel, éternelle et
LES MONUMENTS DU CAMP DE CHALONS EN !864.
désespérante tentation de la captivité.
riaient aux éclats.
'
Le camp de Cbalons a offert, cette année, un vif intéLes portes basses des prísons soot ornées de fines
L'innocente et honnete gaieté !
ret a tous les points de vue.
11 estvrai que la foule, si cruelle aux taureaux, est rem- sculptures : l'art a coté de la barbarie.
Le nouveau systeme de manceuvres inauguré par S. E.
Montez
sur
la
to11relle
qui
couronne
la
tour,
vous
dépli de pitié pour les chevapx des picadores. A la course
le
duc de Magenta, la présence insolite de deux mille
couvr1rez
la
chaine
des
Cévennes,
la
campagne
semée
précédente, elle avait témoigoé, par de bruyants sifflets,
hommes
de nolre jeune réserve, l'arrivée récente de la
de
buuquets
rle
pins
maritimes,
les
trois
ranaux
qui
qo'il luí était désagréable qu'on laissat éventrer ces
division
de
clragons de Lunéville, les brillantes cuurses
vont
du
Rhóne
ala
mer,
la
ville
d'Aigues-Mortes,
les
mapauvres rosses. Dimanche dernier, le programme annon~ait qu'on prendrait « les précautions convenables, rais salants ')Ue bordent d'imrncnses tas de sel, qui res- du mois d'aout, naturalisées aujourd'hui sur ce turf guer•
et dans les limites du possible, aftn d'éviter la mort des semblent aux lentes d'un camp, et plus loin la Mérliter- rier, ont contril&gt;né a augmenter l'attrait qu'excite cette
chevaux. ,, Le fran~ais était mauvais, mais la résolution ra11ée, lileue comme le saphir, ou éblouissante comme le magnifi~ue école rles grandes opérations de la guerre.
Suivanl son he.ureuse coutume, l'Empereur, entouré
était bonne. La promesse faite au public a été tenue; il diamant.
du,
Prince Impérial1 de plusíe\ll'S person_na¡es augustes
C'est dans ,une des tours de l'enceinte qu'on fit, au
n'y a pas eu mart de cheval.

'º.'

(1

�197

L'lLLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
,,...

_,··,:·,
l.,.

\

,
.,;¡

- - , aux dont les doigts babiles ont tenu
SP.Ur Lecur alrt de s'armer de la carabine rayée.
le ciseaud av1·ane s'éleve une colonne d'un gout charA 25' e lo
'
u Une double
guirlande de lauriers et de cbene
rnant,
.
s'enroule en sp1•·
aJes coquettes

-

.., : .....

'

---...

............

'""

~~'."--.:
--..;

:-,.,_'

:utour du

ftit,

chiffres et de devises. - Parmi les travaux de sculpture
elle compte deux productions séduisantes_. .
La premiere qui appartient au 43•' se d1stmgue par u~
a propos plus ~aisissant que la précédente. Elle tradmt

'--~-'
~-

~
~

--~

~-~~

IIONU~IKNT DU 33• DE L!GNR,

Par M. le capilaine Meyrel,

pas toujours compte des
difficultés que présente
au ciseau la chaux carbonatée, friable a l'exces, et de la délicatesse
inoui'e de toucher indispensable pour en
fouiller les blocs.
Nous renon~ons a décrire ici to utes lesreuvres
qui surprennent par la
variété ou la richesse de
l'invention; nous allons
seulement, en parcourant le camp de la droite
ala gauche, nous arre ter
devant celles qui frappent le plus vivement.
A !'extreme droite de
la premieredi"Vision d'infauterie (général d'Autemarre, comruandant),
le H • bataillon de chasseurs a pied a érigé un

Par MM. Reynard, sergent, el Poly, greuaditr,

=---=-11,.-,,..,,...

s-

i' ,' 1J\.'V\·
/\'N\NII

MONUMENT DU 58' DE UGNE,
MONUMENT DU 90• DE L!G~E.

'Par le caporal Donne,.

IIONUMKNT DU t l'BA T. DE CBASSEURS

Par M, le eous-lieulenant Bertrand.

D'llpreSt,, lea photographiea de M. Dtlllplact,

A PIED, par M. Lécurau1,

~llflíl'IÍF. OE ¡;, Á. R, LE PRl:'i'CB ill!IIURRT llANS LA IIAOE DI! CHRRBOUHG. - D'aprés un c~oq11is de M, Adolphe G,

monument d'un grand
air et d'un rcmarquable
tra vail. C'est un aigle i
Ja vaste en vergure, au
regard superbe, majestueusement posé sur un
globe. On voudrait voir
la foudre olympienne 1
ses serres puissantes. Le
piédestal enregistre Je
nom des combats daos
lesquels s'est illustré le
i t• batai!Jon. L'une de
ses faces représente les
armes impérialcs, burinées daus la pi erre avec
une incomparable finesse; les autres sont décorées d'ornemenls en
ronde bosse d'un bean
style.
Cctte reuvre, qui a
quatre metres de hauteur, est due au chas-

~ ~

que couronne
e corbeille de
'
.
UJ1
'
8 ::--...
""-."'-.-...::,
neurs et de frmts.
Au 3t•, le buste
de l'Empereur,
d'une ressemblance parfaite.'
s'appuie sur t_ro1s
obus 011 la pomte
du stylet a buriné
les noms de trois
grandes victoires
de la guerre d'Italie : Marignan,
Magenta, Solferino. A la base on
,
lit : Nous le sui---&gt;
l)f'OIIS
partout.
C'estsimple, mais
la sévérité de l'é'
difice est en complete barrnonie
avec la pureté de
l'exécution, qu'il
raut rap¡iorter a
M. le lieutenant- ·
colonel Dupré.
Le monument
du 33• est colossal. M. le capitaine Schinck l'a
dessiné. Le sergent Reynard et
Je gren1dier Poly
l'ontfait sortir de
la matiere brute.
11 séduit, a premiere vue , par
l'idée ingéniense
qui l'a enfanté et
par un esprit d'a
propos qui lui
Ce ne son t que fesimprime le ca[tons, ce ne sonl
chet de la cou[qu'astragales;
leur locale. On se
souvient que du
a l'intérieur, ce
camp de Chalons
ne sont que parpartit naguere
terres
émaillés de
une division franfleurs,
inondés
~aise pour la Syd'arbustes,
011 le
rie, et les nobles
gout lutte avec
paroles tombées
l'étude du pittodes limes impéresque. Sur ce
riales, a l'o::capomt, l'activité
sion de cette gédu soldat a néglinéreuse expédigé l'ébaucboir et
tion, sont encore
le ciseau pour se
présentes a la
tourner vers la
mémoire:
beche.
« Partout auNéanmoins, on
• jourd'hui 011
doit
un éloge a
• passeledrapeau
l'aigle du 90•,
«de la France,
assis sur un fut
• une grand-e
de colonne en
• cause le précefeuilles d'acan~
«de, un grand
the, découpées
«peuple le suit. i&gt;
par M. le sousOr, l'édifice du
331 a pour but de
lieutenant Bertrand, avec une
les consacrer.
Une belle Renomfinesse
et une pa- .
FUNFRAILLES
DE M. LE SÉNATEUR VAJSSI!' ADMINISTRATEUR DU DÉPARTEMENT DU RBONE. - D'aprea un croquis de M, A, Sle}eri,
tience incompamée embouehe la
trompette comme
rables. C'est d'un
modelé
sans
rival
dans
le
camp.
Le
drapeau du réun
inoi
fameux
ei
d'une
aciualite
plus
recenle
é~core.
pour les redire au monde, et de sa main austere el!e
La France la main droite a la poignée d1:1 gla1ve, la g,ment repose en arriere, avec cette légende : 1&lt; Honmontre l'étendard lihérateur.
La 2• division (général Bourbaki) est haraquée . . Elle main g:mch¡ appuyée au drapeau, pose le pied sur le. neur a ceu~ qui l'ont défendu. » L'Empereu~, ~pres
avoir complimenté l'auteur de ce monument, ams1 que
n'a pas pour elle l'aspect poétique de la tente, ma1s la traités de 1815.
..
brique et le bois de ses babitations ont su prendre un
Heureuse pensée, dignement interprétée au m1heu le caporal Donnet, du 58•, leur a remis .ª chacun une
air de féte en s'habillant de guirlandes de verdure, de destentes fran~aises par M. le capitaine Meyret; Lasta- médaille en or al'effigie du Prince lmpér1al.

~

MONUMENT DU 43• DE L!GNE,

tue a peut-etre trop d'ampleur. - La seconde, au 58º
de ligue' est sans contestation le chef-d'reuvre ~u
camp. Elle réunit tous les suffrages et toutes l~s ad~1rations. Le caporal Donnet, un vrai statuaire, 1a t~a1tée
avec sent1ment
et avec amour. 11
y a dépensé un
talent digne de
nos belles expositions.
•
Son travail est
un groupe de
grandeur naturelle, qui offre
au ravissement
duspectateurl'allégorie de la
France armée de
l'épée et protégeant le Prince
impérial. L'au~guste en fan t est
~
revetu de son
costume popu-•
laire de grenadier et ticnt son
petit fusil.
~"~
U est hors de
doute que cette
reuvre magistraJe, reproduite par
la gravure ou la
photographie, atteindra la célébrité qui lui est
due.
La troisieme division d'infantcrie (général Dumont), adossée a
un bois, a fait un
prodigue et ingénieux usage des
richesses sylvestres mises a sa
disposition par la
nature. Sur le
front de bandiere,

~

"

~

~

~

�L'lLLUSTRATlON, JOURNAL UNIVERSEL.

19R

Mentionnons aussi le monument du 60•. Sur un socle
élevé gil un sergent frappé d'un coup mortel en défeudant le drapeau.
Ce symbole de l'intrépidité, vertu en bonneur chez le
soldat, ne pouvait non plus occuper une place plus digne qu'au seio d'une armée.
Le rno• de ligne fait miroiter aux rayons du soleil
une croix d'bonneur monumentale et métallique sur le
faite d'un échafaudage en mousse. L'exécution est a
la haute11r d'une telle idée.
Le train des équipages a érigé une pyramide surmootée d'un buste de l'Empereut bien réussi.
L"artillerie et la cavalerie ont des parterres coquets,
mais peu de sculptures. Daos ces armes, il est peu commode de concilier les exigences du service a cheval,
qui est de tous les instants, avec de rares loisirs.
Le jour de l'arrivée de l'Em¡,ereur, le camp avait une
teinte plus artistique encore, et une ornementation nouTelle preoait naissance sous les doigts des fées en pantalon garance.
La fete nocturne a été d'un effet prodigieux. Cherchez
done ailleurs une illnmination de six kiloruetres de parcours, prenant feu au conp de canon de la retraite, ou
des légions d'instrumentistes s'avanfant vers la lente
impériale, au milieu d'un cercle de flammes, et faisant
retentir les airs embrasés d"une harmonie puissante.
Ces scenes ét:-aoges, sous le ciel étoilé, dans le silence
de la nuit, dépasFent tout ce qu'on peut imaginer en fait
de visions faatastiques.
Nous pouvons, pour terminer, passer de la sculpture
au théatre, car entre les arts il n'y a qu'un trait d'union.
En Crimée, nos troupes avaieot fondé un théatre sous
le tir des obus, mais comme le Théd.tre- Impérial du camp
clt Chdlons siége a Mourmelon, ils ont amené Guignol,
qui n'y existait pas.
L'idée appartient au rno• de ligne, dont les artistes
éclipsent le Guigool traditionnel, le Guignol des bords
du Rhone.
Les bouffonneries y sont si amusantes, les lazzis si
imprévus, que tout le camp s'assemble dev,rnt ces marionnettes. Cette vogue l&gt;ruyante est arrivée jusqu'aux
oreilles de Sa Maje,té, qui a voulu voir Guignol avec
tous ses botes. Le Prince lmpérial y a pris un tel plaisir,
que l'Empereur a accordé l'exonération du service au
premier sujet de la troupe. Voila une place princierement payée.
C'est ainsi qu'apres les heures de service nos soldats
et nos officiers, toujours pleins de bon vouloir et de
gaieté, utilisent les heures de repos.
Chez enx ('esprit rle nos percs, !'esprit gaulois, ne dégenere pas plus que le courage, et ils bravent l'ennui
comme la mitrai lle.
FERDINAND DE LACOMBE.

-~--L..~_,_.___
ARRIV&amp;K DI S. A. R. LK PRINCK HUIIBKRT A CHERBOURG.

µ.u DffiECTEUR.
Cberbourg, U septembre.

Le Jérome-Napoléon, portant S. A. R. le prince Humbert, accompagné du prince Napoléon et de la princesse
Clotilde, mouilla1t sur la rade de Cberbourg, le i o septembre, dans la matioée. Aussitot que le yacht rut signalé, tous les ba.timents de la rade hissercnt les arands
pavois, le pavillon italien en tete du grand mil.~- tous
les équipages se rangerent sur les verbTJles, et l'a~lillerie de toute l'escadre salua d'une salve les augustes visiteurs. Le vice-amiral, préfet maritime, arcompa"'né
des
0
autorités du port, se rend1t aussitot aupres de Leurs Altesses, qui visitcrent la digne, la rade, le vaisseau a
éperon le Magenta et !'arsenal marilime. Le mauvais
te~ps, qui dura toute la jouroée, abrégea la visite du
prrnce Humhert a Cberbourg. Le lendemain, le JéromeNapoléon appareillait pour l'ile de Wight.
Agréez, etc.
Pour ea:trait: P. PAGET.
~

OB!!tQUES DE M. LE SÉNATEUR VAISSE
FRÉFET DU RHONE.

Les obseq•1es de M. le sénateur Vaisse préfet du
Rhone, ont eu lieu le 2 septembre, a Lyon.'
A neuf heures, un escadron de chasseurs a cheval et
un peloton de gendarmerie ont pris position daos la
1'1le de l'lmpératrit11, et formaient la tete de la colonne;

venaient ensuite la fanfare lyonnaise, les enfants de l'école mutuelle et des écoles chrétiPnnes A neuf heures
et demie, Mgr l'évéque de Torento a opéré la levée du
corps, et le cortége s'est mis en marche.
Le cercueil, recouvert de l'habit brodé du sénateur
avec toutes ses décorations, était porté par douze sapeurs-pompiers; les cordons du poele étaient tenus par
le marécbal Canrobert, M. le premier président de Gilardin, M. Devienoe et M. le procureur général Gaulot.
Derri~re le cercueil venait la Cour impériale de Lyoo,
les préfets de la Loire, de la Savoie, de l'lsere, de
Saonc-et-Loire et de l'Ain, et M. le secrétaire général
de la Loire, l'état-major de la place, et des officiers rlélégués par les differents corps de la garnison, le conseil
géoéral du département du Rhone, le conseil d'arrondissement, le conseil des prud'hommes, les membres du
barrean, les juges du Tribunal de commerce, les agents
de change et les courtiers de commerce, les sommités du
corps médica( et de l'enseignement, et les maires des
différentes communes du département.
La marche était fermée par un peloton de médaillés de
Saiute-Hélene et un détachementdes facteurs de la poste,
d'employés de la Compagnie des eaux et de la Compagnie du gaz.
Le corps étail précédé dn clergé de toutes les paroisses et du chapitre métropolitain.
Le cardinal de Bonald a refu le cortége sur le seuil de
la cathédrale, et au sortir de la messe funebre, qui a
été célébrée par M. Beaujolin, grand-v1caire, le cercueil
a été déposé sur un char somptueux, noir et argent,
orné de panacbes et tralné par six chevaux caparagonnés &lt;le housses noires a l&gt;roderies d'argent, et tenus en
main par des valets de pied.
Le cortége s'est mis en marche dans le meme ordre,
et s'est dirigé lentement, au milieu d'un immense con.
cours de population, vers la gare de Perracbe, ou un
salon somptueusement décoré avait été préparé pour la
réceptiori du corps de M. le sénateur Vaisse.
Parmi les nombreux discours qui ont été prononcés a
ce moment, on a particulieremeot remarqué ceux du
maréchal Canrobert, de M. de Gilardin et de lt. Cazan,
secrétaire général, chargé par interim de l'administration du départeme.ot du Rhone. A une beure, la cérémonie était complétement terminée.
H. C.

ment. Le vieux monsieur ne s'arréta. pas en si ~
chemin. Sa maniere de penser et de vivre semblait
com¡,létement changée. JI conduisa1t toas les jo1111,
apres diuer, son neveu a la cave taillée dans le roe de la
montagoe, ou les notabilités de la v11le buvaient de la
biere et s'amusaient au jeu de qnilles. Le neveu brillait par son adresse, il n'en abatlait jamais moio~ de
cinq ou six. Parfois, il est vrai, un esprit bizarre paraissait s'emparer de lui. 11 lui prenait fantaisie de se jeter
rapide comme un trait, et avec la b~ule, au milieu d~
quille.s, et de se livrer a des ébats excentriques. Lors.
qu'il avait renversé le roi, on le voyait soudain les jalQ.
bes en l'air, posé sur sa tete liien frisée; ou bien au ~
sage d'une voiture il s'élan~ait a l'improviste sur l'ilQ.
périale, d'ou il faisait forre grimaces. ll y restait un bout
de chemin, puis il revenait en courant.
A chacune de ces scenes, le vieux monsieur avait l'babitude de prier instamment le bourgmestre et les autrea
messieurs de vouloir bien excuser les iocongruités de son
neveu. Mais ils riaient, attribuaient le tout a sajeunesse,
et prétendaient avoir eu, a son age, la meme agilité. 11a
raffolaient du jeune étourdi.
11 était toutefois des circonstances ou il leur causait 1111
vif déplaisir, saos qu'1ls osassent l'exprimer; pmque
généralement, on tenait le jeune homme pour un modele d'éducation et d'esprit. Le vie•ll monsieur fréquentait régulierement, ainsi que son neveu, l'auberge dn
Cerf d,'or. Malgré sa jeunesse, le jeune homme avait les
allures des personnes plus agées; il s'asseyait derriere
son verre, mettait des luoettes monstres, sortait une
grosse pipe de sa p'Jche, et apres l'avoir gravement al111mée, il lau~ait d'épaisses l&gt;ouffees de fumée au plafood.
On discourait des nouvelles du jour, de la paix et de la
guerre. Le bourgmestre et le docteur émettaient des
opinions opposées, dont la profondeur faisait l'admiralion de la compagnie. Eb bien! le neveu avait la velléité
subite d'étre d'un avis différent. 11 frappait la table de sa
main, que les gants ne quittaient jamais, et il donoait
a entendre, saos ambages, au bourgmestre et au médeci n, qu'ils ne connaissaient pas les choses exaclement,et
qu'il possédait a cet égard des renseignements plus précis et une intelligence plus pénétrante. ll exposait en~uite,
en allemand entrecoupé, ses raisons, qu'au grand déplaisir du bourgmestre tous trouvaient excellentes. Ea sa
qualité d'Anglais, il devait naturellement tout sa,oir
mieu:x que le.~ autres.

LE

JEUNE
-

ANGLAIS.

Fin.

Le vieux monsieur était un homme digne et plein de
sens. 11 souriait un peu, il est vrai, a chacune &lt;le ses paroles, en sorte qu'on ne savait pas au juste si elles éta,ent
011 non sérieuses. Mais il causait du teu.ps, de la contrée,
des plais1rs ele l'été dans la montagne, avec tant de
raison et de profondeur, qu'il enchantlit tout le monde. Et
le neve u! ll était charmant, il gagnait tous les creurs. En
ce qui concnne son extérieur, on ne pouvait précisément
dire qoe son visage füt bcau. La partie inféricure, la machoire surtout, étail trorsaillante. Son teintétaitlres-brun,
et de temps en ternps il faisait de siogulieres grimaces en
fermant les yeux et en gri ngant rles dents. Néao moins on
trouvait sa physionomie fort intéressante. Bien que ses
habits ne s'adartassent pis bien a ses formes, tout tui allait a ravir. ll circulait daos les pieces avec une grande
vivacité. 11 se jetait tantot sur un sopha, tantót daos un
fauteuil, et étendait les jambes. Ces habitudes, que de la
part d'un autre on aurait traitées d'incouvenantes, passaient chn le oeveu pour un signe de génie.
- c·est DO Anglais, disait-on, c'est la leur genre. Un
Anglais a le droit de s'étaler sur un canapé et de s'y endormir, tandis que les dame.s manqueot de chaises et se
tiennent debout. Ce n'est pas chose a prendre en mal de
la part d'un Anglais!
Le jeune homme était eovers son oncle d'une grande
docilité. Lorsqu'il se mettait a gambader ou a ramener
ses pieds sur son siége, un regard sévere wffisait pour
le rappeler a l'ordre. Et comment liJi en vouloir, en enr
tendlnt l'oncle dire a la dame de chaque maison :
- Moa neveu n'est pas encore dégro~si, il manque de
formes, mais je me promets de la fréquentation de la
société les pi us heureux résultats. Son éducation s'v
fera parfaitement. C'est a vous, madame, que notam:
ment je le recommande d'uoe mauicre toute spéciale.
Telle fut la présentation du neven, et Grünwiesel ne
parla, cejour-lA et les jours suivants, que de cet événe ..

Si alors, pour faire diversion a leur colcre conteoue,
·le bourgmestre et le docteur se mettaient a une partie
d'échecs, le neveu se rapprochait tout au3sitot, regardait avec ses grandes lunettes par-dessus l'épaule dn
bourgmestre, critiquait les coups et indiquait au doc•
teur les pieces qu'il devait faire marcher. 11 les bourrait
tous deux d'un courroux intérieur. Qu'ensuite le bourg•
mestre, qui se croyait un second Philidor, lui proposit
une partie dan, le dessein de le battre a plate couture,
le vieux monsieur serrait la cravate du neveu, qui, re•
devenu calme, faisait son adversaire écbec et mat.
Jus~ue-la, l'enjeu des' parties de cartes, que l'on faisait
tous les soirs a Grünwiesel, n'avail pas dépassé un demi•
kreutzer. Le neveu trouvait cela mesí]uin, et il mettait aa
jeu des écus et des ducal~, prétendant que persoone
n'était de sa force. Habituellement il se réconciliait a,ec
les messieurs que ses fanfaronnades avaient froissés, en
perdant contre eux des sommes assez rondes. lis ne 8e
faisaient pas scrupule de gagner son argent, car ils se di·
saient : il n'y a pas de mal a empocher ses ducats, c'e11t
un Anglais, un Crésus de race.
Au bout de peu de temps, ses faits et gestes valurent
au neveu du monsieur étranger la coosidération de la
ville et des environs. De mémoire d'homme, on n'avait
vu son pareil a Grünwiesel. Rien d'aussi curieux ne s'y
était eocore produ1t. 11 aurait été difficile de citer ce que
le jeune homme savait en dehors de la danse. Le grec et
le latín étaient pour lui de l'algebre. 11 tui échut, un
soir, daos la maison du bourgmestre, d"avoir, aux petits
jeux, a écrire quelques mol~, et on s'apergut qu'il n'a·
vait pas appris a signer son' nom. 11 faisait les fautes de
géograpbie les plus choquantes, il transportait, saos en
avoir conscience, une ville allemande en France, ou un
fleu,e polonais au Danemark. 11 n'avait rien lu, rien
étudié, et sa grossiare ignoraoce fai~ait souvent bocher la tete au premier pasteur. NPanmoins, on trouváit
¡,arfait tont ce qu'il fai~ait ou disait; te! etait rucendant de son effronterie. 11 voula1t toujours avoir
raison et terminait chacun de ses discours en disant :
« Je sais cela mieux que personne. »

L'JLLUSTnATION, JOURNAL UNIVERSF.L.
-¡:;;er survint et fouroit au neven l'occasion__de h:il.l d'une gloire encore plus grande. Toute societé ou 11
;~quait tanguissait, et _les paroles d~ l'homme le plus
sé provoquaient des ba1llements. Ma,s lorsque le neveu
:~itait, en mauvais all_emand, les propos les plus abrdeq on était tout ore1lles. On fit la découverte que ce
suuoe.homme supérieur était poete, car il se passait raJe ment une soirée sans qu'il tirat des papiers de sa po~e et hit a la compagnie quelques sonneLq. Il y avait
:ien q1Jelques personnes qui préteodaient qu'une partie
de ces poésies étaient mauvaises, dépourvues de sens, et
qu"elles avaient vu ailleurs le reste déja tout imprimé;
mais te neveu ne se troublait pas, il lisait, il appelait
l'atteotion sur la beaulé de ses vers, et recueillait chaq ue
(ois de bruyaots applaudissements.
C'était aux bals de Grünwiesel qu'il remportaitses plus
beaux triomphes. Personne ne dansait avec autant de
constance et de rapidité, personne ne faisait des sauts
aussi bardis et aussi gracieux a la fois. En outre, son
oncle lui donnait la toilette la plus recberchée et du
deraier gout. Bien que ses vetements lui pendissent
quelque peu au corps, on trouvait néanmoins que tout
('babillail a ravir.
Peu importait que ses fafons déplussent aux cavaliers.
Autrefois, c'était toujours le bourgmestre qui ouvrait le
bisl. Les jeunes ger.s des meilleures familles jouissaient
do droit de conrluire les danses suivantes. Mai~, depuis
l'arrivée dujeune étr:rnger, tout cet ordre était dérangé.
De son autorité privée, il prenait par la main la premicre dame venue, se plafait en tete et faisait a sa faotaisie. ll était le seigneur, le maitre, le roi du hal.
Comme les dames trouvaient ces allures parfaitcs et
agréables, les cavaliers durent s'abstenir d'objections, et
le neveu conserva le rang qu'il s'était arrogé.
Ces bals paraissaient causer au vieux monsieur un
plaisir extreme. Son regard ne se détourna1t pas de son
neveu. Un ~ow·ire permanent accusait sa joie intérieure,
et, lorsque la foule l'accal&gt;lait de l'éloge du jeune
bomme, si coovenable, si bien élevé, sa satisfaction débordait en un rirejoyeux. 11 était comme ivre. Les gens
de Grünwiesel attribuaient ces manil'estations singulieres
au grand amour qu'il portait a son neveu, et les regar•
daient comme des démonstrations toutes naturelles.
,1Ct:pendant, il lui arrivait d'etre obligé d'user de son
autorité eovers son neveu : quelquefois, au milieu des
daases les plus gracieuses, il passait par la tete au jcune
bomme de s'élancer d'un bond prodigieux sur la tril&gt;uoe
de l'orchestre; il arrachait la basse a l'organiste et la
íaisait griocer d'une maniere horrilile. Ou bien, il Fe
mettait la tete en has et les jambes en l'air, et dansait
sur les mains. A ces incartades, l'oncle le prenait a part,
et le ramenait a la raisun par quelques paroles séveres et en tui serrant davantage le nreud de sa eravate.
Telle était la conduite du neveu en societé et au bal.
Les mauvaiscs habitudes se communiquent plus facilemeot que les bonnes, et une mode nouvelle:, si excentriquc et ridicule qu'elle puisse etre, a toujours quelque
cbose de contagieux pour les jeunes gens, qui n'ont pas
encore ré0échi sur eux-memes et sur le monde. Le ne ,eu ne mangua pas de produire cet elfet a Grünwiesel
me ses fagons siogulieres. Les jeunes gens ne se furent
pas plus tot apér~us que ses manieres débraillées, son
rire et son bavardage inconvenants luí attiraient !'estime des dames, qu'1ls se dirent:
- 11 me sera facile de devenir un polisson spiritueldu
m~me genre.
lls s'etaient jusqu'alors appliqués au travail, mais ils
6oirent par dédaigner les connaissances, lorsqu'ils virent l'ignorance conduire a plus de succes. lis ahandonnmnt leurs habitudes laborieuses pour flaner sur les
places et daos les rues. Jusqu'alors ils étaieot aimables
et p'llis envers tout le ~onde; ils attendaient qu'on leur
p&amp;rlat, et répondaient avec décence et modestie. L'exemple dujcune homme cbarmant cbangea tout cela. Bient6t, on les Tit prendre place au milieu des hommes faits,
et s'emparer de la converbtion. lis donnaient sur toutes
cboses leur aYis et prétendaicnt tout mieux savoir que
personne. Au lieu de leur ancieune horreur des allures
brutales et communes, ils s'exergaient a de ma11vaises
chansons, fumaient daos des pipes énormes et hantaient
les cabarets du plus has étage. Malgré leurs yeux excellen~, ils s'armaient le nez de grandes lunettes, et se
croyaient des gens accomplis du moment qu'ils ressemblaient au jeune Anglais.
Que ce fut cbez eux ou dans 1es maisons étrangeres,
ils ae couehaient sur les canapés aTec bottes et éperons;

il~ se balan~aient sur leurs chaises, ou offraient le spect:icle ravissant de coudes appuyés sur la table et de vi~ages encadrés daos les mains. Les observations de leurs
meres et de leuri; amis sur la sottise et l'inconveuance
de ces altitudes étaient peine perdue. lis invoquaient
l'exemple du neveu. On avait beau leur rlire qu'en sa
qualité d'Anglais, on devait tui pardonner une certaine
brutalité nationale, les jeunes gens de GrünwiesPI soutenaient avoir autant dP droit qu'un Anglais pur sang a
etre spirituellement sans gene. En un mot, c'était pitié
de voir combien J'imitation du neveu avait fait déchoir
les vieilles mreurs et les honnes habitudes.
Toutefois, le charme que le~ jeunes gens trouvaient a
cette vie de grossiereté et de licence fut de courle durée.
Un événement inattP.ndu amena tout d'un cou¡, un bouleversement totaJ.
Les plaisirs de l'hiver devaient se terminer par un
grand concert, auquel étaient appelés a concourir les
artistes et les amateurs de Grünwiesel. Le bourgmestre
jouait le violoncelle; le dor.teur était un basson de premiere force, et, nonobstant une embouchure dérectueuse,
le pharmacien faisait sa partie de flute. Quelques demuiselles avaient étudié des airs; tout était préparé pour le
mieux. Le vieil étranger, tout en approuvant les rlispositions déjil. prises, signala cependant une lacune : il
manquait un duo, etsans duo pasde concert complet!
CettP. observation embarrassa toutes les fortes tetes de
Grünwiesel. On avait bien le gosier de rossigool de la
filledu bourgmestre, mais ou trouver un c!Janteur? On
songeait déja au vieil organiste, excellente bas~e-taille
dans son temps, lorsque l'étranger dil qu'il n'était pas
besoin de recourir a cet expédient : son neveu chantait
á merveille. Quelle agréable surprise pour les dames, que
cette nouvelle qualité dn jeune homme charmant !
On le mita l'épreuve, et, sauf quelques singularités anglaisPs sans doute, il chanta comme un ange. Le duo fut
appris a la hate, et en fin arriva la soirée du concert, dont
les oreilles de Grünwiesel se promettaient tant de plaisir.
Malheureusement, le vieil étranger ne put assister au
triompbe de son neveu. Une ind1sposition le retPnait;
mais'il donna ses instructions au liourgmestre, qui vint
le voir une beure avant l'ouverture.
- Mon neveu, lu1 dit-il, est un creur excellent; mais,
par ci par la, il lui prend des idees baroques, et il se livre a des folies. Cette raison me fait regretter de ne
pouvoir aller au bal. Devant moi, il est sur ses gardes,
et il sait bien pourquoi. Je dois, du reste, dire a son
honneur que ses extravagances ne vienneot pas d'un
dévergondage d'esprit: elles procedeot d'une infirmité
pbysique. Auriez--vous la bonté, monsieur le bo•Jrgmestre, lorsqu'il tui viendra en tete de se placer sur un pupitre, ou de manreuvrer la basse, ou de se laisser aller
a quelque autre incartade,auriez-vous la bonté de lui desserrer un pea la eravate. Si le remede reste sans effet,
otez-la- lui entierement. Vous verrez comhien il redevieudra doux et raisonnable.
Le bourgmestre remerciale vieux monsieurde la confiance dont il l'honorait, et promit, en cas de besoin, de
su1vre ~es conseils.
La salle du concert était comble. Tout Grünwiesel et
les environs s'y étaient donné rendez-vous. Tous les
chasseurs, pasteurs, ba1llis, propriétaires et autres personnages, étaient accourus avec leurs nombreuses famillcs pour prendre part a la fete. Les musiciens de la
ville débuterent en exécutant quelques morceaux brillants. Ce fnt ensuite le tour du violoocelle du bourgmestre, accompagné de la flute du pharmacien. Puis un air
de basse-taille valut a l'organiste des bravos unanimes.
De bruyants applaudissements ne firent pas défaut au
basson du docteur.
La premiere partie du programme était remplie et
tout le monde attendait avec impatience la seconde, q~i
se composait du duo du jeune étraoger et de la filie du
bourgmestre. Le jeuoe homme charmant était habillé
avec une grande d1stinction. Il avait attiré tout d'abord
l'attentiou des assistants : il s'était renver~é saos fafOD
dans un magnifique fauteuil, tenu en réserve pour une
comtesse du voisinage. 1: allongeait les jambes et braquait sur les uns et les autres la lorgnelte énorme qo'il
avait ajoutée a ses lunettes. La comtesse a laquelle le
fauteuil était destiné était entrée saos qu'il eut fait un
geste pour se lever. Au contraire, il s'était installé encore plus a l'aise et personne n'avait hasardé une observation. La noble dame avait été obligée rle prendre
place au milieu des autres dames, s11r une simple chaise
de paille a siége. Jugez de son dépit.

199

Pendant le jeu admirable du bourgmestre, pendant
l'excellent air de hasse-taille de l'organiste, meme pendan! que le docteur improvi~ait sur le basson, alors que
tous retenaient leur respiration et ne perdaient pas une
note, le jeune Anglais causa1t a haute voix avec ses voisins. Quiconque ne le connaissait pas était stupéfait de
l'étrangeté de sa tenue.
On était d'autant plus curieux de voir comment il
s'acquitterait de son duo.
La seconde partie commenfa apres le prélude de l'orchestre: le bourgmestre s'approcba du jeuoe homme a,ec
sa filie; il lui présenta une feuille de musique et lui dit:
- Monsieur, vous plairait-il de chanter le duo?
Le neveu grinp des dents et se leva vivement. Les
deux autres le suivirent au pupitre : toute la société
était daos l'attente. L'organiste marqua la me~ure et fit
signe au jenne homme charmant. Celui-ci regarda les
notes au travers de ses monstrueuses bésicles, il ouvrit
sa grande bouche jusqu'aux oreilles, et poussa des sons
vraiment horribles. L'organiste lu_i criait :
- Deux tons plus has, cher monsieur, c'est en sol.
Mais au lieu de cbanter en sol, le neveu arracha un de
ses souliers et le jeta a la tete de l'organiste dont il fit voler lapoudre au loin. Ace spectacle le bourgmestre se dit:
- Ah ! voila encore un de ses acces !
JI se précipita sur le jeune honime, le saisit ala nuque,
et tui desserra la eravate. Alors ce fut bien pis :
Le neveu ne parlait plus l'allemand, mais une tangue
étrange, que personoe ne comprenait, et il faisait des
sauts vraiment prodigieux. Le bourgmestre était désespéré.
Pour remédier a la violen ce inusitée de la crise, il prit
le partí d'enlever la eravate du jeune homme. Cette opérat10n était a peine terminée, que le bourgme~tre resta
comme frappé de stupeur · au lieu de peau, le cou du
jeune homme ne présentait qu·un cuir brun et Telu. Ses
bonds redoublerent de force et de hizarrerie. Jl passa
ses gants glacésdans sa chevelure et l'arracba. Nou,eau
prodige, cette chevelure n'était autre chose qu'une per. ruque, qu'il langa au visage dubourgmestre, et sa tete
apparut brune et velue comme le cou.
Jl s'élan~ait par dessus les bancs et les chaises, Coulait aux pieds les violons et les clarinettes et ,e démenait comme un furie1u.
- Saisissez- le! cría le bourgmestre, hors de tui, saisissP.z-le ! 11 est enragé, saisissez-le !
Ce n'était pas chose facile, car il avait oté ses gants et
mootrait des ongles dout il der.birait cruellement le Tisage de ceux q11i l'approchaient. Enfin, un cha~seur
hardi parvint a s'en emparer et a serrer ses longs bras.
11 ne faisait plus quetrépigneren riantet en criant d'une
,oix enrouée. On se groupa autour de ce singulier cavalier, qui n'avait plus ríen de la figure bumaine. Un
savaot du pays, propriétaire d'un cabinet d'histeire naturelle d'animaux empaillés, s'approcha a son tour, regarda de pres et s'écria tout étonné :
- Mon Dieu, messieurs et mesdames, comment pouvez-vous introduire cet animal daos une société bonnéte ? C'est un singe, 1'Homo tl'Oglodites de Linnée. J'en
offre six écus et je rempaillerai pour mon cabinet. Qui
décrira la stupéfaction des gens de Grünwiesel a cette
révélation?
- Quoi ! un singe, un orang-outang d:..ns notre société? Ce jeune homme ne serait qu'un ignoble singeT
Et ils se regardaient, bébétés d'étonnement. On n'en
croyalt pas ses yeux, on n'en croyait pa., ses oreilles. Les
messieurs examinerent attentinment la bete. C'était
bien un singe !
- Est-ce possible ! exclama la femme du bourgmestre.
Ne m'a-t-il pas souvent récité sespoésies,n'a-t-il pas maintes fois diné ama table, ni plus ni moins qu'un autre?
- Quoi ! dit avec véhémence l'épouse du docteur,
comment, lui qui a pris chez moi tant de bonnes tasses
de café en fumant sa pipe et en s'entretenant uee 111.on
maride matieres savantes!
- Comment cela se peut-il T firent les messieurs.
N'a-t-il pas, a la cue de la montagne, joué avec nous
aux guilles et parlé politique comme nous antres?
- Eh quoi! n'a-~il pas meme conduit les danses de
nqs bals? Un singe, un singe! C'est surnaturel, il y a
la-dessous de la ~orcellerie.
- Oui, de la sorcellerie, un tour du démon, fit le
bourgmestre.
Et il montrait la crante du neTeu.
- Regardei ! ce mouchoir renferme tout le cbarme
qui éblouis.,ait nos yeux ; -voila une large,bande de par-

�200
"

!Ot

· L'JLLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UN IVERSEL.

LES VICTIMES DE LA MODE, PAR BERTALL

'

(smrE). -

Essai sur les beautés de la crinoline.

(VOIB LEN• 1118,'.

'

'

✓
1/

ldéal de la crinoline.

•

Toujours oo ne se plaiod,a pas que la crin?line aceuseI les ,formes quaod elles sonl
deíectueuses.

Mais au moins les plis sonl si souples el si
harmooieux, la démarche emprunte á la crino
lioe un si gracieux balallcement 1

EITet d'appui,

k:rée de M.adame en omo1bus.

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•
UN CAVALIER ARABll. - Denlo d'llugeue Delacroix, {«e si111!le par M. Robaud, de Douai.

Eft'et de porte.

Chinoi1erie.

Effet de marche.

Femme períectionnée en 188\, Le triwgle a tou¡ours peno••
nifié ta perfeelio11. - Pruhlemt de géomélrie : ét&amp;nl doOllé le
triangle ABC, délerminer au juate la poeilion que Madame occupe
dans le triangle,

�chemin couverte de signes cabalistiques; e'est du latín,
si je ne me trompe. Qui le déchilfrera?
Le premier pasteur, personnagc tres-savant, qui sou_vent avait été hattu anx échecs par le singe, s'approcha,
regarda le parchemin, et dit :
- Nullement, c'est de l'anglais; en voici la traduction:
- Recette pour faire un jeune homme charmant :
11 Prendre un singe, l'habiller a la dernicre mode, et,
pour le reste, s'en rapporter a la betise hu maine! »
- C'est une dupcrie de ce vieux coquin d'étranger,
continua-t-il tout pale d'indignation; il faut un chatiment
exemplaire.
Le bourgmestre partagea cet avis. Escorté de six sergents de ville qui portaient le singe, il se mit en route
pour procéder saos retarda l'interrogatoire de l'étranger.
lis arriverent a la maison déserte, suivis d'une foule
immense. Tout le monde vonlait voir le dénoument de
!'affaire. On frappa, on sonna, personne ne parut. Le
bourgmestre, exaspéré, fit alors enfoncer la porte et pénétra daos la demeure de l'étrauger. On n'y trouva que
de vieux menbles. Sur le bureau etait r,lacée une grande
lettre cachetée a l'adresse de M. le bourginestre, qui
s'empressa de l'ouvrir. Voici ce qu'elle disait :
c1

Chers habitants de Grünwiesel,

« Lorsque vous lirez cette letlre, j'aurai quitté votre
ville, et vous connaitrez la qualité et la patrie de mon
neveu. Acceptez, cumme une bonne le~on, la plaisanterie que je me suis permise. N'imposez plus votre société
a un étranger qui tient a vivre seul. Je ne me sentais
pas le moindre gout pour vos eancans et vos habitudes
ridicules; c'est pourcela que j'ai fait l'éducation dujeune
Homo troglodites que vous avez tant chéri a ma place.
Adieu, que la le~on vous profite. »

Les nabitants de Grünwiesel étaient confus de honte.
Ceux qui rougirent le plus, ce furent les jeunes gens
qui avaient copié les sottises du singe et sa détestable
tenue. A partir d., ce jour, ils cesserent de s'accouder et
de se balancer sur leurs chaises. lis gardaient le silence jusqu'au moment ou ils avaient a répondre a une
quest1on. Leurs lunt ttes disparurent, ils redevinrent
polis et bien élevés. Si, par exception, quelqu'un tombait daos des habitudes vicieuses onridiculee, on disa1t:
11 C'est un singJ. »
Quant a l'orang-outang, qui avait joué, durant plusieurs mois, le róle de jeune homme charmant, il fut
remis au naturaliste, q1J.i le laisse circuler dans sa cour,
le nourrit et le montre aux t'trangers comme une picce
rare. Vous pouvez l'y voir encore aujourd'hui.
MUNTZ.
(Tnduit de l'allemand de Guillaume Hautl).

EXPOSITION DES CEUVRES D'EUGENE DELACROTX
AU BOCLEVARD DES ITALIENS,

Ce n'est jamais saos un certain trouble que nous
abordons les reuvres d'Eugene Delacroix. Le plus souvent, elles nous saisissent et s'imposent; mais si notre
émotion veut se traduire en louange, quelque incorrection flagrante nous vient arreter. Parfois ellts nous choquent et nons repoussent, et si nous voulons exprimer
notre sentiment, quelque qualiLé éminente nous commande le respect. Trois fois déJa nous avons vu un
grand nombre d'reuvres d'Eugene Delaeroix réunies : a
l'exposition universelle, lors de la vente de son atelier,
et aujourd'hui daos les galeries de la Société nationale
des Beaux-Arts; et touJours les memes hésitations nous
dominent.
Que ceux qu'intéresse uniquement la question d'aspect daos les choses d'art; que les exécutants, saos
cesse aux prises avec les dimcultés de la couleur, admirent saos réserve, parce qu'ils se placent a un certain
point dé vue; nous le eoncevons. Mais que nous, qui
n'avons a examiner que le résultat d'ensemble, nous
nous livrions aussi facilement; cela nous est impossible !
Trop souvent, apres avoir loué, nous devons dire: bélas !
Cependant une considération nous arrete. Lorsque
Eugene Delacroix vivait, la critique, qui a foi en elleméme et en son efficacite, pouva1t avoir quelque action
sur lui, et lorsqu'elle luí disait, tantót de retourner aux
sévéritcs de la Bur ¡11e dn Dante, tantót de s·en tenir aux
splendeurd de la Prise de Constantinüple, elle avait raison de parler airui, si elle était dans cette eroyanee que

la forme et la couleur avaient fait dans ces•reuvres une
alliance suffisante : la forme l'emportait ici, la dominait
la couleur.
Mais que servirait aujourd'hui de renouveler des souhaits inutiles? Le peinlre n'est plus, et son reuvre est la,
telle qu'il l'a faite, telle q11e les évolutions de sa pensée, le
cours des années, et la main plus ou moins fiévreuse
l'ont fixée sur la toile; et c'est d'apres cette reuvre que la
postérité prononcera, faisant justice de cerlaioes exagératioos que nous croyons 1rréllechies, lorsque plusieurs
pretendent que l'amour-propre y était surtout intéressé.
Maintenaut que tout le bruit fait autour de la vente
d'EÚgene Delacroix est apaisé, et que l'on n'est plus
forcé de prendre d'informes ébauches pour des reuvres
achevées, et qui plus est, pour des chefs-d'reuvre, on
nous permettra de n'admirer qu'avec les réserves que
nous impose l'étude des vrais chcfs-d'reuvre de toutes
les époques.
.Comme le disait M. Ch. Clément, daos un article du
Journal des Débats, ou nuus sommes heureux de retrouver comme un écho de notre propre pemée : 11 A certains égards, Eugene Delacroix est un artisle de premier
ordre. 11 avait une imaginalion riche et poétique a un
&lt;legré tres-remarquable; le sentiment pathétique et
l'émotion. Son co1oris est admirable, puissant et harmonieux tout a la fois. » C'est par le colorís et par l'émotion que les reuvres d'Eugene Delacroix resteront.
Car non-seulement la beauté idéale leur fait défaut,
mais souvent la forme y est remplacée par la simple indication du mouvement. Indication tres-juste, il faut le
dire; suffisante daos une esquisse, mais qui ne saurait
satisfaire dans un tableau achevé. Aussi les toiles de ses
dernicres années, malgré une exécution tres-laLorieuse,
n'étaient plus guere que &lt;les esquisses.
Si l'on s'étonnait que cette exécution, qui semble pé oiele, n'eut pas éteint les splendeurs du colorís, l'incertitude du dessin laissait croire a beaucoup qu'Eugene
Delacroix manquait d'éducation premiere.
11 n'eo était rien, cepcndant. On l'a bien vu aux études d'atelier, et aux copies d'apres les maitres qui figu•raient a la vente, et on le voit encore mieux a l'exposiposition actuelle. 11 y a la une Tete de jeune filie, étude
contemporaine, saos doute, de la RorricadP., du mnsée
du Luxembourg, qui est d'une exécution admirable, en
meme temps que d'une tonalité soutenue. A cette époque, Eugene Delacroix était encore sous l'inlluence de
Géricault. Mais daos cette tete, dans r.ette poilrine maigre, étudiée dans tous les détails de sa forme et de ses
tons, il y a déja le príncipe de ces hacbures qui sont devenues depuis 1m ~ysteme, et qui ontajouté, daos les derniers temps, les incerLitudes du modelé aux incertitudes
d11 dessin.
La simplicité fut la moindre des qualités d'Eugene
Delacroix, et l'on ne peut s'empecher de sourire lorsqu'on le voit en ses commencements, alors qu'il s'ignore
lui-meme, contraint de peindre, pour l'hótel de Talma,
les figures des saisons sur un fond rouge uni, comme te
sont les murs d'une maison de PompeI. Cependant lorsquc, i11certain encore, il se dérobe a l'inlluence de Géricault pour subir celle de Bonington, un certain calme
se remarque encore dans sa peinture. A ce temps appartiennent Je Sa1·dan•rpale ainsi que le Combut du giaour tt
du pacha, celui qu'a exposé M. Malher, l'une des reuvres
les plus éclatantes el les moius discutables d'Eugene
Delacroix. Mais bienlót les fonds iocertains ou sacrifiés ne
sauraient plus s'allier a des figures et a des premiers
plans ou tout s'agite, la ligne et la couleur; E. Delacroix, introduisant le paysage dan~ ses tableaux, se
montre la l'égal des plus grands et des plus habiles. C'est
a la suite de son voyage dans le Maroc que cetLe qualité semhle s'etre développée chez lui, a en juger par le
paysage des .lllusiciens ou bouffes a!'abes, un chef-d'reuvre
de puissance et d'harrnonie dans la couleur, qui se
trouve au mu~ée de Tours. Dcpuis, une grande place ap·
parlient au paysage daos son reuvre; soit que d'un pin..
ceau ému 1I nous montre, dans un coin de la furét sombre, la blanche Ophelia, qui se retient encore a ia branche de saule, lorsque les eaux s'emparent déja de son
corps alourdi, - soit qu'il étage la ville, lamer et le ciel,
derr1ere les chefs des croises qui, les gonfanoos a,1 ,ent,
fotlleut du pied de leurs chevaux les dalles de marbre
du palais de Constantinople.
Si J'émotion pouvait remplacer ce sentiment surhumain qui, résultant de l'union de la forme avec la pensée, nous transporte daos un monde supérieur lorsque
nous centemplous les reuvres des maitres, Eugene Dela-

!03

L'lLLUSTRA'J'ION, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

~=

croix serait un peintre religieux. 11 est impossible
efTet, .de ne point contempler, sans en etre touché,
be lle Pieta dont I' lllttstration publiait naguere un dess·111
~,ac-s1m1
. ·¡e; de ne pomt
. trouver, dans le Saint SebastiQ
et daos le Saint Étienne, une grandeur morale qui gran,.
&lt;lit ces compositions au dela de leur cadre; mais ce SOnt
des sentiments de douleur ou de terreur humaines qu¡
s'en dégagent. Les acteurs de ces drames rnngent a 1
victime, aucun ne pense et ne fait penser au ciel. ~
douleur n'y est point anoblie par ce sentiment de l'infini qui nous semble constituer l'essence de la peinture
religieuse. Oans le drame huruain, Eugene Delacroix es¡
supérieur; que ce soit une ardente melée, comme cette
Bataille de Taillebourg; une orgie de tumulte et éelatante
d'ivresse populaire,comme le Boissy d'Anglas;unesombre
et sinistre justice monacale, comme l'Amende honorable·
mais le drame di vin lui échappe. Daos le Jés11s da.ns~
barque, nous ne vflyons que la mer; daos la Montée GIi
calvaire, une course hatelante, comme dans le Rubens
du musée de Bruxelles : quant a ses reuvres dernieres
l'IIéiiodo!'e et la Lutte de Jucob avec l'ange, nous n'en
vouluns point parler, de peur de trop en dire. Trop
fidele a la poétique moderne, Eugene Delacroi1 rem.
place volontiers le sentiment par l'action.
S'il est l'égal des plus grands par l'intelligence et par
la clarté de la composition, en meme temps que par l'imprévu du groupement des persoonages; si sa couleur
qui cherche l'harmonie des tons sans poursuine ¡~
ré~lité des choses, qui peint la draperie et ne traduil
point une étoffe, transporte des persounages en dehon
des vulgarités tangibles, et les rend bistoriques dansl'acception artiste du mot, il s'en faut de beaucoup, cependant, que l'antiquité ait été aussi favorable aEogcne Delacroix que le pourraient faire croire les oombreuses compositions ou il s'en est inspiré. L'antiquilé!
nous la sento ns v1 vre dans les marbres de la Grece et daus
lts fresques de Raphael. C'est un monJe jeune et beao,
surhumam par la pureté et l'harmonie des formes, p:ir
la sévérité plutót que par la profondeur de la pensée.11
nous est impossible de nous la figurer autre que l'ont
figurée ceux auxqaels la Cable s'imposait comme croyance
ou comme idéal. Cet idéal, Eugene• Delacroix le portait
en luí et le confessait daos ses ecrits, d'un dessin si sobre
et si net; mais c'était la seulement qu'il le dessinait
ainsi. La tournure de !'ensemble, la couleur, car 1I faut
toujours en revernr la, et l'aspect décoratif, tels soot, a
notre avis, les principaux m•érites des peintures du Sénat et de la Chambre des Députés; saos que nous voolioos fermer les yeux devant la fierté du dessin de quelques parties, comme la Guerre, du Palais Bourboo,
comme l'Éducation d'Achille ou les Jeunes fillts de Sparll
du Sénat, penden tifa dont les dessins figurent a l'e1position. Mais ailleurs les impcrfections de la forme el
l'absence de beauté nous choquent et nous empecheot
de reconnailre la véritahle anti4uité.
Nous parlions des dessins d'Eugene Delacroix. Dans
cr.s improvisations, dans ces indicat1ons sommaires, 011
les sous-entendus completcnt plus surement la pensée que
ne le ferait trop de• préc1sion, ses qualilés de mou,e•
ment se développent et s'exaltent. L'exagération et les
fautes elles-memes deviennent un accent de plus ajouté
a la vérité, si bien que le caractere général du dessin
s'affirme en faisant oublier les défaillances tle la forme.
On subit une impression avant q11e de sooger a pronon•
cer un arret, cbose bien soleunelle pour un simple ero•
quis. Aussi les dessins d'Eugene Delacroix forment-ill
une des parties les moins discutables de son reuvre et
de l'exposition du boulevard des ltaliens. Anssi, plut6t
• que d'essayer de traduire ici une de ses compositioos
par une gravure qui ser:iit c-irtainement une trahiaoo,
- E. Delacroix étant trop personnel pour n'avo1r pu
défié tous les graveurs, - nous préférons empruoter le
fac-simile de deux des dessins exposes par M. le baroD
de Laage a l'album ou M. Robaud, de Douai, a reproduit avec un grand bonhcur d'imitation un certain
nombre d'entre eux, faisant varier ses procédés suivant
que le maitre avait usé du crayon ou de la plume.
E. Delacroix fut le peintre inquiet d'une époque troublée. Tout ce qui avait passionné !'élite de ses contemporains l'a ému. Avec la littérature romantique il com·
mente le Dante, Sbakespeare et Grethe, et nous montre
un moyen age un peu sinistre et conventionnel, corume
celui que le drame mettait sur le théatre.11 se passionne
pour la Grece avec Byron, et pour la liberté avee AU·
guste Barbier. Ses études classiques et son propre sen·
timent le rappellent a l'a.ntiquité, non pas triste et figée

manque... que des idées et le don de les eiprimer. Or, la nouvelle comédie de M. Émile Augier passe décidétout a co1Jp, idées, taleols, lui arrivent comme par mira- ment vers le milieu du mois prochain.
La politique est, dit-on, complétement étrangere a
cle, a en juger, du moins, par un triomphe qu'il obtient
a la t:omédie-Fran~aise. Mais, au moment ou son nom cette nouvelle reuvre de l'auteur du Fils de Giboyer.
va etre proclamé, une voix, a la vérité un peu avinée, Est-ce bien sur? Ne nous llatte-t-on pas, nous qui serions
declare tout haut que M. Delahaye n'est qu·un plagiaire, si charmés de retrouver, apres une si longue absence,
et que la piece n'est pas de lui, mais bien de Paul Gé- l'auteur de la Cigue, de l'Aventuriere, de Philiberte, etc.?
Au théalre du Palais-Royal, nous avons eu la rentrée
rard, le jeune poete dont nous avons parlé tautót.
de
Geolfroy dans un des meilleurs roles de son réperOn en appelle a celui-ci, qui, engagé par un serment,
toire
: le fameux Pincebou!'de de Une Corneille qui abat
repousse l'honneur qn'on -veut I ui faire a trop bon droit,
des
noi:J;.
Geoffroy revient de son cougé chargé de couet DelahRye triompherait sur toute la ligne si un interronnes
provinciales,
et plus amusant que jamais. Les
médiaire, qu'il a sottement ofTensé, ne révélait le secret
honneurs
ne
l'ont
point
changé.
de certain marché, etne luí arrachait publiquement ((et
A
ce
meme
théatre,
ou
les Ficelles de Montempoiure
ses myrtes et ses lauriers, » qui retournent a qui de droit.
Voila, mais trop en raccourci, le canevas de cette se soutiennent a l'abri du répertoire de Geoffroy, un
piece, dont les m11le détails ont un éclat, un cbarme, une Tailleur pour dames, vaudeville en un acte de M. Jules
franchise, une jeunesse, dont nous ne saurions donner Renard, est tres-joliment joué par Priston et Luguet,
une idée. Il faut voir, il faut entendre les Plumes du Paon. ornés de M Keller et Damain; aussi a-t-il bien rr.ieux
11 le faut d'autant mieux que cette comédie est admi- réussi que feu Hé! Lambert. Le sujet, 1I est vrai; pretait
rablement rendue, surtout par tels de ses pe1·sonnages davaotage a une de ces légercs études de mreurs, ou
~
que nous n'avons ¡,u qu'indiquer. Thiron et Roman- études de mreurs légeres, dont le Palais-Royal s'est fait
ville y sont particulierement excellcnts, et quant a une si piquante spécialité.
C&amp;l!ll~IIRDIE DIRlllJUVDG)UI,
Les types du tailleur pour dames et de ses clientes
Mil• ~fosé, c'est a ne pas la reconn~ itre : la jolie statue
« Les Fran~ais n'ont pas la tete épique, 11 a dit quelmanquaient
a cet album des fantaisies parisicnnes;
que vo11s admiriez est maintenant une vraic femme; c'est
qu'un a propos de la Denriade, et certes, si la regle est
pc:urquoi
faut-il
qu'ils aient trouvé un portrait si timide,
tout ce qu'on tui demandait.
trOP absolue en ce qu'elle engage J'avenir, l'exemple, du
si
lioutonné,
la
ou
c'était si bien le cas de se mettre a
0
N'o1Jblions pas M' • Masson, parfaite daos un róle,
moios, était heureusement choisi.
l'aise:
qne
craignait-on?
L'on n'aurait jamais pu atsecondaire, il faut le dire, mais dont le pcrsonnage est
De toute fa~on, le mota fait fortune,et nul poete,que d'une vérité comique et aímable au possiule. Vite, un teindre au décolleté de !'original.
¡e sache, ne l'a encore fait mentir.
Le théatre du Chél.Lelet donne en ce moment avec
grand róle a Mm• Massou !
Un jour, cependant, qu'on le redisait chez Balzac, en
Avec les Pltlmes du Paon, le théatre de l'Odéon donne, succes une reprise des Sept chdteaux du Diable, grandisl'appuyant d'uo exemple plus récent que la Ilenriade, en Jever de ridcau, une comédie en un acte bien con- sime féerie qui ne date pas de moins de vingt ans. La
quelqu'un de ma connaissance la plus intime lan~a la
duite, bien écfüe, spiritnellement dialoguée, amusante direction avait fort a faire pour rhabiller de neuf cette
boutade suivante :
enfin, et tres-bim jouée, une picce a laquelle rien vieille carcasse, une des plus creuses, ma1s des plus so_ Mesbicurs, dit-il, vous eles bien séYeres pour volre
lidcmeot baties, qui soit sortie de main de carcassier.
ne manque ... que des spectate1ns.
pays; il me semble pourtant, qu'il. cela pres des divisions
A la voir aujourd'hui sous ses nouveaux costumes et
Le voila bien, ce théatre de l'Odéon ! Tout a coup, avec
régulieres et d'autres vains détails de forme, nous avons,
avec
ses nouvelles décorations, vous la croiriez née
une piece médíocre, ou meme mauvaise, avec une
nous aussi, un grand poeme, un poeme embrassant un
d'hier,
et ce prodige pourrait tout aussi bien se renouvieille tragédienne, 1111 pis encore, avec une nouvelle trasujet tuut aussi un et mille fois plus vaste que l'Iliade,
veler
tous
les vingt ans, tant le sujet se prete volontiers
gédie, il fera salle comble pendant trois mois; et une
t'Odyssée et l'Enéide réunics; car, si l'ltalie a le Dante
aux
modifir,ations
les plus étendues et les plus diverses.
autre fois, avec une charmante comédie, précédée d'un
a,ec sa Divilie Comédie, la France, daos les Fables de La
Les
Sept
chdtea11x
du
Diable, il va sans dire que ce sont
tres -joli lever de rideau, il jouera devant les banquettes
Fontaine, peut se vanter d'avoir produit la Comédie huvides, ou, ce qai est plus froid encore, devant les amis les sept péchés mortels ou capitaux, aulant de halles
maine.
que doivent traverser les deux filies d'un maria en dande la maison et autres eotrées de faveur.
La Comédie humaine! a ce mot, Balzac fit un bond vers
Je ne veux pas dire que les choses en soient a cette ger de mort. La vie de lcur pere est a ce prix.
le cooteur paradoxal, et, tui serrant avec effusion les
On devine ce que Satan, amoureux de l'une d'el\es,
derniere extrémité pour le spectacle avec lequel M. de
deux mains :
dépluie
de roses et de pompes pour les arreter ou les
La Rounat vient d'inaugurer la réouverture de son tbéa- Merci, mon- ami, luí dit-il, j'ai compris tout ce que
faire
broncher
en chemin. II n'y réussit pas, ce qui va
tre, mais seulement que ce spectacle est loin d'avoir le
l'allusion a de délicat, de llatteur pour moi. Grace a vous,
encorc
sans
dire,
et le~ deux sreur~, - Mm•• Esclozas et
j'ai trouvé ce que je cherchais vaioement depuis tant d'an- succes qui luí serait du, a mon sens.
Tautin,
escortées
de leurs fiancés, Colbrun et Rosier,
Car, enfio, si la piece de M. Leroy est un peu plus séne,es; la Comédie humaine, voila le tilre de mon reuvre !
parviennent,
sans
avoir
perdu la croix de leur mere, a
rieuse de fond, un peu plus dénuée d'amourettcs, un
Persoone, cela va rnns dire, ne songea sur le moment
la
crolX
de
Notre-Dame
de
Bon-Secours, oú elles tompeu plus rnasculine, si j'ose m'exprimer ainsi, que ne le
acootester la justesse d'une te lle a~similation ; moi •
bent
dans
les
bras
de
leur
per-e.
Sauvé, mon Dieu !
veut la derniere mode du jour, celle de M. d' Anthoine,
meme je ne soufflais mot : mon succes m'avait ahasourdi.
Tout
cela
n'est
paa
bien
neuf,
sans doute, mais c'est
en revanche, est aussi leste, aussi galante que possible;
Plu5 tard, cependant, saos avoir cessé d'admirer le
plus
qu'il
n'en
faut
pour
offrir
aux
yeux un merveilleux
elle peint des mreurs aussi libres que, par exemple, le
plus profond an3:lyste de nptre siecle et de bien d'autres,
spectacle.
Bonhomme Jadis, cet éternel lever de rideau du premicr
il me vint ce scrupule,que si la premicre condition d'nn
N'oublions pas Colbrun, - la gaieté de la piece, - ni
Théatre-Fran~ai$. Pourquoi done réussit-elle moins?
poeme est d'etre en vers, le fabuliste, ne ful-ce qu'a ce
La meilleure réponse, ce serait peut-etre de raconter MM. d'Ennery et Clairville, qu'ou dit en etre les auteurs.
seul litre, aurait plutót écrit un poeme que le romancier.
Un théatre nouveau, je croi~, le théatre Saintici tout au long Une D~fuite ai:a11t la victoire, et de mettre
Lui-ii1éme, d'ailleurs, - le Bonhomme, - s'il ne préainsi le lect'.lur a meme de trancher une question que Pierre, vient d'user de la nouvelle loi Pn donnant dans
tendit jamais avoir fait la Comédie humaine, dn moins
j'avoue u·avoir pu compreodre; mais, - heureusement, sa représeutation d'otiverture les Fréres a l'epreuve, de
nous a-t-il mis sur la voie d'un pareil litre en définissant
- l'lllustration n'a pas que des lecteurE, et, je le répetc, Pelletier-Volmérang'.!s. C'est, pour le moment, tout ce que
son muvre :
ta piece de M. d'Anthoi ne est un reflet de mreurs si ca- j' en sais, n'ayant pas été de la fcte, et si j'en touche ici un
Une ample comidie aux cent ac(es divers.
valieres, que les paniers, les mouches, la poudre, d'un mot, c'est que la tentative me parait avoir des chances
de succcs. Le répertoire classique du second et meme du
Aquoi on pourrait ajo uter que chacun de ces actes, et il cóté, et !'uniforme de mousquetaire de l'autre, en font troisieme ordre est inépuisable, et mieux que eelui du
y en a bien plus de cent, est lui-merne une comédie, pour seuls accepter les franches coudées au rigide public du prewier ordre, a la purtée de la grande masse du pune pas dire tout un poeme, tout un monde. La preuve second Théatre-Fran~ais.
Tout cet attirail préservatif est suffisamment bien blic; saos compter qu'il n'exige de ses interpeles ni de si
en est daos tout ce qu'en a t:ré le théatre : pas une des
porté,
du reste, par M11• Génat et sa soubrette, M11• La- heureux dons, ni des études si profondes.
rabies de La Fontaine qui n'ait fourni un ou plusieurs
A cela pres, l'agitation de la liberté des théatres s'asujets du comédie et meme de drame, a compter seule- maiilerée, ainsi que par Riga et Delacour, bien que le paise de plus en plus a Paris. On parle bien depuis quelpremier
manque
un
peu
de
légereté,
et
le
second
d'exmeut les auteurs qui ont avoué leurs emprunt~ en preques jours d',10 TJ.élitre religieWl), ou ne seraient reprépérience.
nantau maitre jusqu'a ses titres.
~entées
que des pieces conformes a ce titre, qui sonne
MIi• C:énat, une débutante a ce théatre, parait avoir
Tel est, entre autres, M. Louis Leroy, qui, sur la meme
faux;
mais,
d'autre part, il n'est plus question ni du
scene ou nous applaudissions naguere le Lieore et la Tor- une prédileclion pour Marivaux et son école, - un ha- Grand-Thédtre du Peuple, ni du 7héatre-foternational.
tue, de M. Paul Jnillerat, vient de nous donner les Plu- bite maitre, ma1s une bien dangereuse école, - elle n'a L'autorité a meme fait démentir le bruit qui donnait
mes du Paon. Nous avons déja mentionné le succes d'é- pas moins réussi daos la Sylvia du Jeu de l'amour et du
pour futur emplacement a ce dernier un des futurs pans
lite obtenu par cette comédie en quatre acles, ou, a dé- hasa,·d que daos l' An lrée d'Une füfaite auant la uictoire.
coupés de la future place de la Purte-Saint--Denis.
D'autrea
débuts
ont
eu
lieu
au
théatre
de
l'Odéon,
mais
faut de la bonhomie de La Fontaine, brille uo esprit
Daos les départements, en revanche, c'est autre
ils m'ont encore dit si peu de cho~e, que j'attendrai pour
dont la vivacité rappelle celui de Beaumarchais.
chose.
La, du moins, il n'y a si petite liberté qui ne soit
Un des priviléges des données comiques fournies par en parler qu'il y ait lieu.
prise au sérieux et ne provoq11e de généreuses tentatives.
Dans
ce
meme
Jeu
de
l'amour
et
du
hasard,
la
Coméle grand fabuliste, c'est qu'elles se pretent aux applicaAinsi, saos parler de Bordeaux, de Lyon, de Marseiltions, aux personniíications les plus diverses. leí, les die-FranQaise a vu, cette ~emaine, la rentrée de le, ou s'elevent de nouveaux théatres, voila Saint..Gerplomes du paon, ce sont les idées et le style d'un M11• Plessy, je veux dire de Sylvia, la vraie, l'unique
main-en-Laye, dont la pauvre petite salle est menacée
jeune poete que la m~re empeche seule de faire la Sylvia, ramenant avec elle la Célime11e, naturellement d'uoe redoutable concurrence. Tout récemment, a la féte
roue comme il voudrait, et comme le voudrait bien suivie d'Alceste, autrement dit Geffroy.
w1e Augustine Brohan vient, elle aussi, de rendre a de Saint-Louis et a celle des Loges, la tragédie de Jeanne
a~si une certaine Mil• Cumille. - Le geai, c'est un soid'Arc, le drame des Chévaliers du brouillard et autres
disant écrivain, auquel, pour mériter ce litre et s'en Regnard sa Ltsette. Enfin, toute la société rentre peu a
pieeee a grand spectacle, ont été représentéee a,ec un
Prévaloir, lui aussí, aux yeux de M11° Camillt, ríen ne peu au bercail: e'est qu'il n'y a plus de tempe aperdre;

--;;nds ácadémique, mais agissante et émue,
dan9 e daos ces études sur les tragiques grecs que l'on
comllla montrées au théatre. Eufin, l'Afrique l'attire au
pOU! du soleil et l'd
'ts
m onne des SUJe
ou,' tout en se
pays ant d'accord avec les préoccupations du moment,
trOU'
.
.
t eó peiunant des scenes actuelles, se cr01re transil peu,
0
rté dans le ~onde de s~s reve~:
.
.
PoEsprit cultive et fin, 11 eut I mtelhgence du succes,
en marchant inébranlable dans sa voie, et ce rare
1
tobou beur d'avoir été formé a cette forte école née de Dao
d .
,
'd dont il est l'avant- ern1er representant.
n,Apres tui et apres M. Ingres, des reuvres de qm.
urra•t-on faire une exposition qui rappelle celle-ci?
PoPeut-etre, apres l'affaissement d'aujourd'hui, va-t-il
aitre uoe autre école et d'autres maitres qui nous con~leroot de ceux qui disparaissent. Mais nous voyons se
ferlller une ere qui fut grande par ses promesses et par
ses reuvres, ere dont E. Delacroix fut un des plus illustreS représentants.
ALFRED DARCEL.

10

••

�!04

L'ILLUSTRATION, JOURNAL. UNIVERSEL.
TESTAMENT POLITIQUE DE L'EMP'EREU1R AUGUSTE.
TEXTE

.-,~~;

l.&amp;Tllf

DE

L'&amp;IJGIJSTEIJ!II

D'A.lf«l'W'BE,

i,
PREMillRE PARTlll A GAUCHE EN BNTRANT DA.NS LE PRONA.OS.

--

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

i111intnse soeces dans une
saiÍe de toile
,
peinte élevee
en une nuit sur
le cbamp de
foire,
tvidemment,
cette salle n'en
restera pas la ;
elle cst faite
pour voyager et
se susciter des
émnles : il est
plus aisé de
trouver des comédiens, que
des géan ts ou
des nains; des
vea111 a deux:
tetes ou des
hcrmles; d'au130! mieux que
la dernicre de
ces deux profPssions vient
J'etre considérablement disrréditée. Voila
1!onc tout un
avenirqui s'oune aune foule
&lt;l'artistes. Nous
allons voir reoaitre les beaux
jonrs du Roman
comique et du
Capitaine Fracasse, car s'il n'y
s ríen de nou•
veau sous le
soleil, il n'y a non plus ríen de vieux:. Nous tournons
daos un cercle ou tout, et prineipalement la liberté, se
déplace sans cesse, mais oü jamais ríen ne se perd.
Hicr, par exemple, Louis XIV faisait jouer Athalie et

L'AUGUSTEUM A ANCYRB (Galalie).

Esthir par les demoiselles de Saint-Cyr, et aujourd'hui
ce sont les Demoiselles de Saint-Cyr qui sont joaées sur
un vrai théatre par EstheretAthalie. Que! déplacement!
Que! chassé-croisé !

ATEIF j PARTHOl'JIJVM EXIR
MIHl•lVPPLICEl1lVE·AMICITIA1'o:POPVLl·ROMANI
,AINfiNEIMU~VCO'.IÍIN·TlMII0JIAP.TIS•VtTORIS

.HTEME fRIH&lt;IPEJl· POPVll·.R9~NI•EXER.&lt;I.,l•NVN
,oNEM (lVI-TVl&gt;HR~T-PRI R LEGAlV.fMI VS
O·PRólVLIQVE·IINISIL
FLVMINIS
M5 '.HX!RaTVSHll

VM•bVaVS-T-f

UN C4Fé A CONSTANTINOPLE.

!05

Et, a ce propos,en voici bien
un autre : Défense, - c'est
le Constitution•
nel qui l'annonce, - défense est faite a
tous les instituteurs et chefs
d'institution de
faire jouer des
comédies, réciter des morceaux ou lire
des compositio~s par leurs
élcves aux distributions de
prix.
_'.Comment?
Ce que l'Églisc,
si sévere pour le
théatre, a, rle
tous tem ps permis, et je dirai
méme autorisé,
l' Université
nous le défendra!
Dam !
Puisquele Constitutionnel le
dit:
Allons
done! un usa ge
auquel nous dcvons, sans aller
plus loin, les
deux plus purs
chefs - d'reuvre
de Racine, nous ne sommes plus libres de nous y ranger?
- Non; mais, en revanche, on est libre de vous le défendre. Ce u·est done, comme je le disais, qu'un simple
déplacement de liberté.
A. DE Bw.ov.

�i06

de lui emprunter, te! qu'il luí avait plu de le tracer, le
tablean
de ses propres actions.
LE MONUMENT D' ANCYRE.
On a trouvé, daos deux autres villes d·Asie Mineure,
.l U
D I R E e T &amp; U R.
sur les murs de temples détruit~, des fragments tresMayence, 21 aoiit.
courts de ce méme document; mais a Ancyre, cornme le
Le moment est venu ou tout le monde cbange de place, moutre la gravure si habilement faite d'apres une phoou les étrangers et les provinciaux s'abattent sur Paris, tograpbie de l'un de mes compagnons de voyage, M. Delpar gourmandes et bruyantes volées, oti les Parisiens bet, le temple de Rome et d'Auguste, l'Augusteum,
s'enfuient a tire-d'aile au moins jusqu'a Trouville ou comme on l'appelle quelqnefois, est encore debout; la
jusqu'a Bade. ll n'est pourtant point impossible qu'il y. cella du moins s'est conservée presque tout entiere. Or,
ait encore quelques bonnétes gens qui, par raison de snr les deux faces du pronaos ou vestibule, on avait transfamille ou d'argent, suient condamnés a restercbez eux, crit, en six colonnes, le texte original, dans son simple
et qui gardent la maison jusqu'au moment oti revien- et ferme latin. 11 est un mérite que l'on ne saurait refu •
dront au nid tous les oiseaux voyageurs. Or, si jamais ser a Auguste, c'est celui d'etre un excellent écrivain.
on a envie de courir les cbamps, c'est quand on se sait Sur la paroi extérieure du mur septentrional de la cella
enfermé sous une double cié. C'est a tous ces malheu- se développait, en dix-huit colonnes et demie, une trarenx, a tous ces prisonniers du travail et des a{Taires, a duction grecque de l'Index rerum gestarum. Le latín, qui
tous ces exilés a domicile, que s'adresse l'lllustration. parait avoir été tres-usité a Ancyre, des le second siecle
Un cbarmant poete nous donnait, il y a une trentaine de notre ere, n'y était encore parlé et compris que de
d'années, le Sp•ctacle dans 11n fauteuil; vous nous de bien peu de personnes, vers le temps d'A11guste et de
otfrez, chaque semaine, ce qui vaut encore mieux, le Tibcre.
Le texte latín, placé daos le vestibule de cet édifice,
voyage dans un fauteuil. L' Asie Mineure, oti vous
dont
les chrétiens firei:lt une église, et les Turcs, plus
m'engagez a pruu1ener vos lecteurs, n'est plus qu'a
tard
une
école, est exposé aux regards de tous ceux qui
cinq 011 six jours de París. 11 ne serait pas impossihle
visitent,
dans
l'enceinte de la mosquée d'Hadji-Bairam,
de parcourir le dimanche, emporté au galop d'un
ce
qui
reste
de
l' Augnsteum; il n'avait pourtant pas été
rapide coupé, res bruyantes allées du bois de Boulogne
et, le vendredi suivant, de s'asseoir, parmi les arabas que recopié depuis Tournefort, ce grand naturaliste qui est
trainent lentement de grands breufs blaacs, a coté des en meme temrs un hardi voyageur et un écrivain des
dames turques voilées, sur les riantes pelouses des eaux plus aimables et des plus vifs. Tournefort a fait de
douces d' Asie, d'oti on regarderait couler les eaux son mieux, ainsi que ses prédécesseurs Busbecq et Paul
bienes du Bosphore et voler ces bandes d'oiseaux qui ne Lucas, et ce sont leurs·copies qui avaient servi jusqu'ici
se reposeIJt ni jour ni nuit. Beaucoup pourtant de vos de base a toutes les récensions; mais a'1 seizieme et au
abonnés, j'oserai méme dire la plupart d'entre eux, dix-septieme siecle, on se cootentait lisément d'a peu
risquent lort de ne jarnais aller passer une seule de pres, en toutes ces matieres d'archéologie; il suffit, pour
leurs vacances en Galatie, en Phrygie ou en Cappadoce. s'en convaincre, de jeter les yeux sur la vue que donne
Une promenade a Angora, l'ancienne Ancyre, pourra Tournefort de l'Augusteum d'Ancyre et de sa belle
peut-étre done ne pas leur paraitre tout a fait dénuée porte: c'est l'reuvre d'un enfanl. Dan, sa copie, Tournefort, pas plus que ses devanciers, n'indique exactement
d'intéret.
Ce n'était pas, avouons-le tout d'abord, pour étudier la longueur des !acunes, malheureusement si nomla guestion des chats que nous. avions été envoyés a An- breuses, ~ui coupent sans cesse le texte latín. C'est
gora par le gouvernement fnn~ais, il y a déja trois qu'aussi il n·avait pas regardé la pierre d'assez pres et
ans; nous n'étions pas chargés de ramener un convoi en y revenant assez souvent. Deux siecles et demi de
de ces beaux animaux a longue soie qui regardent avec soleil, de neige, de pluie et de barbarie turque ont
tant de mépris, du lauteuil oti ils se prélassent, leurs passé, depuis Tournefort, sur ces pages de marbre, et
frcres, les habitués des gouttieres. Si telle eul été uotre pourtant, en nous y reprenant a plusieurs fois el a diffém1ssion, no11S eussions été liicn cruellement dégus; car rentes beures du jour, nous avons réussi a Jire des letil uous a fallu y regarder de bien pres pour reconnaitre Lres et des mota eutiers que n'avaient pas vus nos dequ'a Angora le poil des chats était parfois un peu plus vanciers. Daos quelques passages, nous avons ainsi
long qu'ailleurs. Oans tout Angora, nous n'avons pa:, vu arraché au marbre jnsqu'a deux ou trois ligues de suite
un angora vraiment digne de ce nom ! Si la Soc;été d'ac- que l'on avait jusqu'ici remplacées par des points.
Quant a la traduction grecque, donl l'existence avait
climatation cherche a se procurer de beaux individus
de cette race, c'est encore rue Vivienne que je lui con- été, deruis plus d'un siecle, signalée par un voyageur
seille de les chercher et de les envoyer prendre - sans anglais, R. Pococke, elle était restée, j usqu'en i 830,
cacbée derriiJre des maisons turques adossées au temple.
le dire au public.
Notre voyage avait un autre but, 'lU'il me soit permis 11 y a une trentaine d'années, un autre voyageur ande dire un but plus sérieux. Il s'agissait de donner un glais, W. Hamilton, réussit a acheter une de ces maisons
texte nouveau et plus complet de la célebre inscription et a la démolir; il lut ainsi cinq colonnes et demie,
connue sous le nom de Monument rl.'Ancyre ou de Testa- qui permireut déja de compléter a coup sur presque
ment politique d' Auguste, inscription découverte au sei- toute la derniere partie du texte original. Grace aux
zieme siecle par le Flamand Busbecq.C'est un résumé de circonstances, grace aux ressources libéralement mises
toute la vie et de tout le regne d'Auguste, écrit par lui- a notr&lt;' disposition par le gonvernement fran~ais,
roP.me a 76 ans, une année juste avant sa mort; c'est nous vons pu, pendant les deux mois et demi que nous
cet lnrlex retum a se gestarum dont parle Suétone, et avons passés a Angora dans l'été de i861, achever,
qu'il résume ou développe si souvent daos sa vie d'An- a tres-peu de chose pres, le travail si bien comguste. Mais, dira- t-on, comment un pareil document se mencé par M. Hamilton. Nous avons rapporté douze
trouve-t-il a Ancyre,et comment est-ce laqu'il faut l'aller colonnes de la traduction grecque; elles sont entiechercher? C'est que, daos les dernieres annéfls du regne rement inétlites, a part quelques mots de la dixieme
d'Anguste, les cités provinciales commencerent a se dis- et de la onz1eme, que :M. Hamilton avait pu lire en
puter l'honneur d'adorer l'empereur comme un Dieu et grimpant, comme un ramoneur, dans des chemide lui élever des temples. Auguste consentit, a condition nées dont la paroi du temple formait le fond. Ce que
que le nom de Rome serait associé au sien daos le culte nous avons transcrit nous conduit jusqu'au milieu de la
nouveau; aussi, sur un de ces temples, sur celui de ces cinquieme colon ne du lalin; viennent ensuite les cinq
monuments qui suh~iste presque entier a Ancyre, lisons- colonnes et demie de l'inscription grecque copiées par
nous encore, dans l'inscription qni e11 rappelle la dédi- .M. Hamillon. C'est en tout dix-sept colonnes et demie;
cace par les princes galat~s : (( Au Dieu Auguste et a la il en manque une seulement pour que nous ayons, telle
que l'ont faite le teLDps et des dégradations successives,
dées3e Rome. i&gt;
Apres la mort d'Auguste, le culte rendu a ce chef de toute la traduction grecque. Cette colonne, la neuvieme
la maison Julia, a ce fondateur de l'empire, ne fut pas du texte grec, est cachée derriere un gros mur dont
interrompu; or il parait que, sur les p:trois de plusieurs nous n'avions pas sour~onné l'épaisseur, perdus que
des temples qui avaient été consacrés a cetle mémoire, nous élions au milieu de ces maisons qui ne communion transcrivit 1'111d1x rerum gestar11m, tel qu'il avait été quent point les unes avec les autres. Nous n'avons fait
gravé, par ordrc du Sénat, sur deux piliers de hronze cette découverte qn'au moment oti le propriétaire de la
placés ~ Rome clevant ce ma•1~olée d'Auguste, qui scrt maison voisine, appuyée a ce gros mur, avait déja reaujourd'bui de théatre diurne, et ou l'on joue nos vieux cunstruit tout ce 'lUe nous avions abattu chez lui. JI se
drames, revus et corriges par la censure romaine. On trouve d'ailleurs beureusement que cette colonne corn'avait rien trouvé de mieux, pour louer l'empereur, que respond a une des parties les mieux eonservées du latín.

i07

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

L'JLLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

- ------------- ------- - -- -- -- --------------------------M. Mires a d'ailleurs montré, dans le maniement des

-;e temps en Étbiopie et dans l'Arabie qu'on appelle
: ureuse. En Éth1opie, les armes romaines furent por~ ¡usqu'a la ville des Nabatéens, et en Arabie, la pro. ce s'étendit jusqu'aux frontieres des Sabé~ns, et nos
parvinrent jusqu'a la ville de Mariba. &gt;&gt;
Le vieil empereur continue sur ce ton, racontant
mmeot il a su résister a toutes les tentations de con-•
co ete et donner a Rorne, au milieu de ces tribus barfares'qui s'agitaien1. sur ses fronticres, et de ces royauiés caduques qui s'usaient dans les intrigues de sérail et
tes guerres de famille, l'attitude de la force au repos.

Vous voulez bien donner aux lecteurs de l'Illua~
une copie du monument d'Ancyre, d'apres le beau rae.
simile qu'en a tracé, au dixieme de l'exécutioo lllOn
collaborateur, M. Guillaume. Je voudrais leur en'offnr
la traduclion; mais elle prendrait trop de place dana
vos colonnes, et d'ailleurs, dans bien des points, po1J?\
parties du texte latín qni ont le plus souffert, et qu'il 8,ag':
de rétablir a l'aide de la traduction grecque et desdOJI.
nées éparses dans les auteurs et dans les inscriptions,1e
travail queje -prépare n'est péisencore définitivementterminé. On secontenteradonc de quelques échantillons qu¡
A guisa di leone quando si posa.
suffiront a douner une idée du style d'Augqste, et de l'~u.,
tude dans laquelle avait voulu poser, pour les sieclesfnosos ce tableau des rapports de Rome avec le reste
turs, cet babilecomé.:lien, qui mourait quelquesmoisapreg
du monde, daos cette revue du passé, Auguste n'oublie
avoir écrit ce récit de sa vie, en laissant échapper ceUe
qu'ooe cho.e, l'échec douloureux de l'nn de ses lieuteparole : &lt;&lt; Applaudissez, amis, la piece est jouée. »
nant.s en Germanie, le massacre des légions de Varus.
Voici d'abord le litre, écrit en gros caracteres, et qu¡
Lui semblait-il que les succes de Tibere avaient effacé
avait été ajouté a l'reuvre d' Auguste, soit par le gouverioute ta honte de cette défaite? Avait-il réu~si a oublier
neur de la province, soit peut-étre par le sénat romam
ce que cette catastrophe avait d'inquiétant pour ('avenir,
quand il avait autorisé les cités provinciales atran~
ce qu'elle contenait de présages funestes et d'obscures
crire sur les parois des temples élevés a l'empereor le
meoaces? Je ne sais; mais celle omission me semble
document important qui formait comme le résuméofficiel
plus faéile a expliquer qu'il ne me parait juste de laisser
du premier regne impérial.
pas.~r sans protestation les _phrases hautaines de l'exor&lt;( Actions par lesquelles le divin Auguste a soumis l'o.
de, [Jar lesquelles Auguste cherche a donner le change
nivers a l'empire du peuple romain, et dépenses qo'il a
al'histoire, et oti il se vante, en termes froideoient Ci!.1-faites pour la répablique et pour le peuple romain; coculés, de ce que Rome avait presque oublié, et de ce
pie de I'acte authentique gravé sur deux colonnes d'ai.
qu'il avait tout intérét a ne point lui rappeler.
ram, qui ont été placées a Rome. &gt;&gt;
G. PEIIROT.
Auguste prend ensuite la parole :
« Agé de dix-oeuf ans, j'ai levé, sans autre cooteü
LA FINANCE
que moi-méme eta mes propres dépens, une armée nee
laquelle j'ai rendu la liberté a la république oppriméf
AUTREFOIS ET AU10URO'HUI.
sous la tyrannie d'une faction. En vertu des décrets honorifiques du séuat, j'ai été admis, sous le consulat d'Uir11 y a entre la finance, telle qu'elle a l\té entendue et
tius et de Pansa, da.ns cet ordre illustre, avec le druit
appliquée dans le passé, et la finance telle que nous la
de prendre rang parmi les personnages consulaire~, et
comprenons et appliquons aujourd'hui, autant de différeoce qu'entre l'ombre et la lumiere.
la république m'a décerné le litre de propréteur, aini
Qu'était autrefois la finance? L'argent, et rieu que
que l'imperium, partagé entre moi et les consuls Uir.
!'argent,
que l'on thésaurisait d'un coté, et que l'on
tius et Pansa. Cette méme année, le peuple m'ayant
gaspillait
de
l'autre, saos le comprendre.
élevé au c~sulat avec Q. Pédius, et atu fonctioos de
Comprirent-ils ce que c'étail que !'argent, ces
triumvir, chargé d'organiser la républiqne, j'ai puni de
grands usur;ers de Rome qui n'aspiraient qu'a preter
l'exil les conjurés qui avaient tué mon pere, tirant ,enHO ·nour iOO, et qui mouraient en laissant, comme
geance de leur altentat, en vertu de sentences légaleTrimalcion, l'épitaphe suivante : - &lt;&lt; Ci-git Trimalcion,
ment rendues. Leurs chefs portant ensuite les armes
qui laissa trente n,illions de ~esterces, et qui n'assista
contre la république, je les ai vaincus en bataille ran- , •jamais aux legons des philosophes? ,,
Et ces hauts-barons du moyen age, qui ne savaient en
gée. Plus tard, comme ils recommen~aient la guerre tiobtenir qu'en pressurant la gent taillable et corvéable a
vile sur terre et sur mer, je les ai défaits encore, et,
merri;
vainqueur, j'ai pardonné a tous les citoyens qui in,o,
Et ces granrls monarques, qui faisaient 4e leur trésor
quaient ma clémence. Ceux qui, depuis longtem¡Ís, Yiun véritable tonneau des Dana'ides, et se trouvaient révaient dans l'exil, j'ai mieux aimé, quand je pou,ais
doit~, comme Louis XIV, a implorer humblement la géles épargner sans danger, leur laisser la vie que d'ornérosité de Samuel Bernard;
donner leur mort.
Et meme ces grands miuistres, qui, désireux de bien
1l est curieux·de voir quel tour Auguste sait donner
faire, ne sureot,comme Sully, que prati([uer l'économie,
a cette scabreuse histoire de ses débuts et de son aveneet qui s'lmaginaient, comme Colbert, enrichir le pays en
prohihant \'exportation de !'argent.
ment au pouvoir. Sans doute, le parti qui lui était op,
Voila ce que fut autrefois la finance, une longue et laposé n'avait guere plus que luí. quoi qu'il en pul dire,
mentable abcrration, qui nous présente a peine, de loin
le respect de la légalité, et se füt montré, Octa,e eut~I
Po loin, quelques idées, quelques étincelles courant
succombé a Philippes, tristement impuissant, et tout a
~ et la sur le fond noir des catastrophes financieres.
fait incapable de ressusciter le fantome de la républ~
Aujourd'hui, il faut bien le recoonailre, un F,at /11x
que; on ne peut cependant s'empecher de faire un soo•
~ venu, non-seulement dissiper ces ténebres, mais P.llbresaut en entendant Auguste vanter la clémence d'Oe·
core íaire de la finance et de ('argent une science tout
tave, el en l'écoutant appeler sentences ltgalement rnaossi posittve, tout aussi arretee que les autres lois de
dues ces édits de proscription, dont le funehre et sanl'économie sociale.
•
L'argent n'est plus, comme autrefois, uniquement une
glant préambule no11s a été conservé par l'exact Appien.
charge pour les uns, uniquement une jou:ssance pour
On se sent plus a l'aise avec Auguste quand il pule
les autres; il est, avant tout, une force pour les gouvcrde sa politique extérieure, qui, a la prendre dans SOi
nemenL~ comme pour les peuples; et cetle force, en s'éensemble, a ét~ babi le et sage. 1l y a de la noblesse el
parpillant un pen partout, devient, au point de vue colde la modération dans ces lignes empruntées a la der·
lectif tomme au point de. vue individue!, une ruissance
niere partie du testament politique :
toujoors renouvP.lée et féconde en bienfaits. L'aritent de(( Toutes les proviuces qui touchaiimt a des nalioll
lient ainsi le molPur de la civilisation tout entiere.
non encore soumises a notre emp1re, ont vu reculer plt
Commei:it s'est opérée cette transformation? Lisez la
page sui,ante :
moi leurs limites. Les provinces de la Gaule et de l'Bt• Aujourd'bui, la cause d~ la grandeur et de la décapngne, que baigne l'Océan, et qui s'étendent depoi
• dence dP.s peuples réside principalement dans la disGarles jusqu'a l'emboucbure de l'Elbe, et tout ce paJI
1 position r\u capital, qui anime et vivifie tout, qui fait
qui occupe l'espace contenu entre la mer Adriatique el
1 les alliances des gouvernenieuts, en créant les rel ations
la mer Tyrrhénienne, ont été pacifiés et organisés par
« entre les peuples, quand les gou,·ernements ont l'inmoi, sans que j'aie jamais fait injustement la guerrel
1 lelligtnce de fa1re du Clpital un instrument de proaucun peuple. Partant de l'embouchure du Rhin, une
• gres et de civilisation. Ah! si l'on ne voit dans le callotte romaine a navigué, sous mes auspices, vers 1'0• pi~l que les satisfactions vulgaires qu'il traine a sa
1
rient, jusqu'aux dernieres limites du monde, vers del
!º•~e, comme, par exemple, le gout immodéré des
'Jouissances matériellcs, aulquelles on sacrifie parfoisles
lieux oti aucun Romain n'était encore parvenu, ni P'
1
vtus nol,les instincts, certainemenl on le condamnera,
terre ni par mer. Les Ambres, les Charudes, les Sell1
pa~ce qu'on n'aura considéré le capital qu'a un seul
nons, et d'autres peuplades germaniques de celle méllll
• pomt de vue.
région, ont, par des amh1ssade,urs, sol\icité mon amilit
1 Mais apres avoir prononcé cette condamnation, on
et celle du peuple romain. Par mon ordre, et sous 11111
1
se
trouve en présence du néant, parce qu'en proscriauspices, deux- armées ont été conduites a peu pres 11

:iées

,i

vant le capital on détruit l'instrument de travail sur
lequel reposent les sociétés modernes.
(&lt; Sur quelles bases est assise notre société, qui n'a ni
aristocratie mobiliere, ni aristocratie territoriale? Elle
&lt;( n·en a plns qu'une, qu'il faut bien se garder d.éhranler,
&lt;( si l'on ne veut pas exclure son unique point d'appui
« dans les sociétés modernes: le travail que le capital
(( seul peut fécondcr. &gt;&gt; •
Qui a écrit ces lignes judicieuses, qui anal_ysent, d'une
maniere anqsi simple que grande, la constitntion du
monde moderne? L'un des hommes qui ont le plus
fouillé la ~cience financiere, qui ont le plus remué les
i&lt;lées de crédit, et r¡ui ont le plus fait mouvoir les capitaux a notre époque, M. Mires.
La est, en effet, le secret r\e la révolution radicale et
profonde qui s'accomplit dans notre siecle. Le travail devient le premier et le dcrnier mol de toutes choses. Pour les gouvernements, pour les pel)ples comme
pour les indivirlus, le trav:ii\ est manifestement la premiere loi. Pellple ou individu, qui reste oisif marche a la
df\cadence, qui travaille marche a la grandeur, et dans
cette voie féconde le capital s'est fait lui-méme et se ¡,roclame hardiment le premier des travailleurs !
Et cela est si vrai que la tangue économique a consacré ces données dP la théorie et r\e la pratique. Qu'estce qae le capital? demandent les économistes, et ils
pronvent que le c1pital n'est que d11 t1·avail accvmnlé.
Voila done ce qu'est devenu !'argent: un travailleur.
Mais il y a mieux. La science financiere et la pratique
des affaires ont voulu communiquer a ce travailleur,
déja si actif, lá puissance que la. science et la mécanique
ont ajouté au travail des bras, et on lui a donné le crédit, que M. Mires appelle j ustement «une arme plus puis-•
(&lt;

&lt;&lt;

&lt;(

sante que tous le~ canons rayés. »
Mais remarque¡-le hien, - et c'est a11ssi l'observation
que faisait M. Mires en réfutant le point de vue erroné
qui a fait écrire les Manieurs rt'argent,- le créditesl et
doit rester le frere jumeau du travail, le compagnon
inséparable de son activité productive. Avec le travail,
le crédit est to1Jt; saos le travail, il n'est rien. En voulezvous la pre uve?
Au siede dernier, un hornme, par un éclair de génie,
comprit toul ce que le crédil ponvail dooner d'empire
aux gouvernements et aux peuples. Law, sachant que
('argent n'était qne le représentant du travail, créa immédiatement l'instrument oui devait etre pour tui le
levicr d'Archirnede. ll fonda des compagnies, il émit
des litres, des valeurs, et l'appui du ponvoir leur donna
immédiatement une vogue que la spéculatioo la plus effrénée n'aurait jamais osé rever. Mais comme ce crédit
n'avait ancune hase, cornme il n'av;iit rias pour fondement in&lt;lestructiblP le travail, le Systeme, c'est ainsi
qu'on l'appelait, croula, et la Fran~e fut ruinée. Total,
une gigantesque tlambée de pariillottes !
Pourquoi n'en a-t-il pas été ainsi pour les tre11te
milliarJs de valenr3 que nous avons vu créer sous 11os
yeux? Parce que le crédit, qui leur a donné la vie, ne
fait que mettre en mouvement les plus vastes entreprises que le génie de l'homme ait encore exécutées. Le
savoir et le travail ne nous font-ils pas assister a une
vfritable transformation du globe?
Et voyez comme les grandes idées sont simples et
s'enchainent facilement. Le capital u'étant que le travail, M. Mires se dit, en 1854, que les plus grandes opérations financieres, les emrrnnts d'Etat, pouvaient et
devaient se faire par le travail, c'est-a-d 1re par tout le
monde, et a la veille de l'emprunt de 1854, il proposa
hardiment d'inaugurer le systeme des souscriptions publiques.
C'est la un des plus grands progres de la science
financiere a notre époque, et il n'est pas sans importaix:e et sans intérét d'en hien préciser la date et les
circonstances. Oepuis plusieurs générations, l'in Uuence
financiere de MM. de Rothschild dominait l'Europe; ils
avaient, potJr ainsi dire, le rnonopole tout-pnissant des
emprunts. Eh bien! en tlépit de cetle autorité souveraine, M. Mires demeura convaincu qu'une idée ¡us.te
était plus{orte qu'une maison géante, et il soutint que
si tout le monde a plus d'esprit que M. de Voltaire, tout
le monde aussi devait avoir plus d'argent que M. de
Rothschild.
La tulle fut vive. Oes négociations étaien't engagées
entre M. Bineau, ministre des flnances, M. de Rothschild et le Crédit mobilier. Les conditions étaient méme
apeu pres arrétfies entre M. de Roth•child et le ministre
des fina.nces. 11 fallait se hater. M. Mires remita M. Tbibaudean une note qui démontrait clairement les avan-tages de la souscription publique, et la certitude de
réunir ains1, saos divisrr les iníluences fin:incieres ele
Paris, la haute l,anr¡ue, les capitalistes et les peliles
épargnes du pays. C'était le suffrage universel applique
a la finance. La logiqne et les uénéfices du systeme
commandaient de l'appliquer. MM. Mires et Thibaudeau
virent le ministre, et l'idée de la souscription puulique
triompha. Ce Cut un grand jour !

affaires, que la justesse d'uue idée étant une fois démontrée, il ne rec•1lait jamais devant l'application; et il a
fait sentir la pui3sance du capital et du travail dans les
pays les plus abandonnés par les grancls banquiers de
l'Europe. C'est ainsi qu'il a prouvé que l'Espagne, les
Etats de l'Église et la Turquie pouvaient, grace au travail et au crédit, entrer dans l'orbite de notre· civilisation industrielle et financiere.
Mais, en résumé, une vérité reste aujourd'hui surabonrlamment établie; c·est que la fin anee est une
science soumise a des lois générales et posit1ves
qu'on ne peut enfreindre, et les trois termes qui
forment les poi11ts culminant~ de celte science sont :
capital, travail et crédit. Certes, nous verrons encore
bien d'autres innovations et bien d'autr!)s réformes.
C"mme la science, comme !'industrie, la finance est loin
d'avoir dit son dernier mot. On peut méme constater que
jamais les idées financieres n'ont plus remué le monde,
et les esprits qui se sont montrés les hardis pionniers
de nos réformes, ne feront certainement pas défaut :\
l'heure des grandes batailles qui pourront encore se livrer pour le progrcs de nos inslitutions et le bien de
l'humanité.
En esquissant ce rapide parallele entre la finance
d'autrefois et ia finance d'aujourcl'hui, nos lecteurs s'étonneront peut-t\tre de voir le nom de M. Mires venir
souvent au bout de notre plume. C'est qu'en vérité tout
critique qui voudra sincerement se rendre compte du
progres de la science financiere se verra, comme nous,
dans la nécessité de rendre justice a l'initiative hardie
qui place le nom de M. Mires a la tete des plus grandes
créations du crédit de notre temps. L'impartiale histoire
nous commande de dévoiler le sic vos non vobis quand
nous le rencoCJtrons. Et quant a nous, nous rappellerions vo\outiers a M. Mires, au sujet des idées qu'on lui
a empruntées, le mot de Jeanne d'Arc a ses juges de
Rouen:
- Ponrquoi portiez.vous yotre banniere a Reims?
- Elle avait élé a la peine; il était juste qu'elle fut a
l'honneur.
HENRI

VIGNE.

UN CAFÉ A CONSTANTINOPLE.
(&lt; Le café Tnrc du boulevard du Temple a égaré bien
das imaginations deParisiens sur le luxe des cafés orientaux. Constantinople reste bien loin de cette magnifi.
cence d'arcs en coour, de colonnettes, de miroirs, et d'reufs
&lt;l'autruche. n Ainsi p.arle M. Théophile Gautier, l'écrivain frangais qui a le mieux vu Constantinople. Ríen
n'est, en effet, plus simple qu'un café turc; cela est simple comme un public house de Lonrlres, ou comme un établissement de bouillon hollanrlais de Paris. Une salle de
douze pieds carrés, peinte a la chaux, cutourée d'une
boiserie a h:rnteur d'homme et d'une sorte de di van recouvcrt a'uie natte de paille; voila la cbose. C'est la
qne se réunissent les fils du Prophete ; ils n'ont pas besoin, comme les Parisiens, d'un luxe de glaces et de do- ·
rm es qui tient lieu trop souvent du luxe de la consommation.
Le café turc n'est pas seulement une salle oti l'on
prend le café et oti l'on fume le chibouch au bouquin
d'ambre, c'est aussi une boutique de barbier. Oes étageres appliquées aux rnurailles sout chargées de rasoirs et
de petits miroirs oti les élégants se regardent pour voir
s'ils sont accommodés a leur gré. Ces memes murailles
sont ornées de maximes du Coran. d'images qui semblent
venir en droite ligne d'Épiaal, d'arabesques, 'tte portraits de souverains et de figures d'animaux; tout cela
péle-méle, et au hsaard. « Les sirenes, dit Théophile
Gautier, y nagent a coté des hateaux a va¡;eur, et les
héros 1lu Schah-Hameb y brandissent leurs haches d'armes au-dessus des grognards de l'Empire. ,i
Le calé noir est apporlé par un jeune dróle dans un
grand coquetier de filigrane d'arge~t ou de cuivre, découpé a jour. Mais le consommateur a eu soin, .s'il veut
fumer, de se précautionner de tabac, l'établissement ne
fournissant que le chibouch ou le narghiléh; le rrix de
la tasse de café est de vingt paras (a peu pres deux sous
et demi).
11 y a, sur la rive européenne du Bospbore, quelques cafés d'nne construction plus pittoreRque. Le café de Beschik-Tasch, entre autres, ombragé de touffes d'arbres, fait
de treillages et de planches sur pilotis, est baigné par le
courantrapide, et rafraichi par les hrises rle lamer Noire.
Vu du large, il prodl'il un effet gracieux, avec ses lumieres dont le rellet traine sur l'eau.
Les cafés turcs sont souvent égayés par des troupes de
mu3iciens, chantant et jouant sur des toas bizarres, que
les Orientaux écoutent pendant des heures entieres,
avcc des signes de plaisir que ne partagent pas les Euroréens. Parfois des almées dansent devant l1•s consomrnateurs, mais le cas eol rare, du moins a Con~tantinople.
P. P.lGET.

�L'lLLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

208
PU13LICATIONS NOUVELLES.

PUJlLICATIONS NOlJVELLBs,

Sous ce titre, Hommes et
rhoses de divers temps ( Dentu,
in-18), M. Charles Romey,
historien, bibliopbile et polygrapbe distingué, a réuni
d'intéressants articles sur le
Tasse, Cervantes, Saint-Cyprien, les autos-drvfe de l'inquisilion etde Calvin, Cbapelain, l'abbé Cotin, Q. Beu••
chot, M. Viennet. L'auteur est
souvent piquant, toujours
bien informé. La Phedre inconnue de Gabriel Gilbert, qui
ful jouée en i 646, trente ans
avant celle de Racine, est tresjustement réhabilitée par
M. Romey, si l'on enjuge par
la premiere scene ; a nos
yeux, les viugt-deux premiers
vers que prononce Phedre
sont parfaitement beaux.
Lisez done, si vous pouvez
dét!ouvrir ses reuvres, l'Hypolite (sic) ou le. Gar~on insensible de Gabriel Gilbert.
L'histoire d'un plagiat est
une amusante polémique engagée, en octobre 1841, entre
la Presseet le National, a propos du Val funeste, épisode
des mémoires de Cagliostro,
élucubralion du comte Poto~ki, reproduite mot pourmot
par un prétendu comte de
Courchamps. L'affaire fil du
bruit jadis, et elle valait bien
d'etre remise en lamiere.
Nous n'examinerons póint
si les Manuscrits d'un suicidé
ont été remisa M. Romey, ni
ou il les a trouvés; mais ils
ont de quoi plaire a des esprits libres; et la hardiesse de
cerlaines pages en fait, corome dit l'auteur ou l'éditeur,
« une curiosité psycbologique et un signe des temps. »
La métaphysique ne les remplit pas tout entieres : on y
voit des aphorismes tels que
ceux-cí : « Voler doucement
dans les aflaíres, de l'air le
plus bonnéle du monde, de
quoí avoir un grand traín de
maison, voíture, chevaux et le
reste, c'esl la probité a l'ordre du jour. » C'est dur, mais
cst-ce sí loín de la vérité?

Ce que nous avons lu du
livre de M. Jacques Legrand,
intitulé le Probleme de /a 8"
recherche dés bases d'une ~
losophie pratique (Ed. Dento,
in-l8, i864), nous a P8l'U
l'expression sincere d'une
raison éclairée qui voit plos
loin que les mots et ne se paye
pas volontiers de chimeNs,
L'auteur, a notre se118
n'aura pasa. regreller d'a,oit'
11 dirigéson esprit versl'en.
men des plus grands pro.
blcmes que se soient POSés
de tout temps les hommes. 1
ll est arrivé, sur plus d'on
point, bien pres de lasolution,
Pour M. J. Legrand, ao.
tant qu'il nous a semblé, le
but de tout élre vivaut est le
bonheur; le bonheur réside
dans la conservation et l'accroissement de nos facultés.
Rien n'est absolu. Le bien
el le mal ne sont que dea
points de comparaison creés
par l'homme selon les milieux ou il vít. ll n'y a point
de morale en dehors de la
société. Nés pour vivre, et
uniquement pour cela, nous
ne devons pas mépriser la
terre qui nous nourrit, et la
traiter de vile matiere.
Mais une citation fera
mieux connaitre !'esprit de
J'ouvrage : 1&lt; Ainsi que l'oot
répété tous 1es moralistes,
et les pbilosopbes (mais sans
en rien conclure), c'est la
pratique du bien qui prodoil
le bonheur : il y a en elle,
pour l'auteur lui-mcme une
sorte d'eifot en retour. L'io•
tention et l'effort, sans l1
rtsu ltat, ont aussi pour elTet
une satisfaction précieuse de
la conscience. i&gt;
ANDRÉ LEFtVRI,

MM. les Souscr1pteurs donl
l'abonnement expire fin septembre, sont priés de le re•
nouveler immédíatement,
s'ils veulent n'éprouver au•
cun retard dans la réceptíon
du journal.

LI! MOIS DI! SEPTEMl!RE.

ÉCHECS.
PROBLtME

N• 175,

PAR

:M.

ÁLllEllT ENSOR,

SOLUTIONS EXACTES DU PROBU:ME Nº

ii4•

Obozinski, Stiennon de Meurs, Rombaut, Émile 1''rau,
A. Damoll e, capitainc J. Gharousset, Moriceau, D' Rcvcl,
le Cerde des Échecs de Liége, E. Ponciu, Gérard Saturnin,
Joseph Pecoul, a Genes, E. Morgau, L. Lefrancq, E. et Js.
Toché, Henry Frau, Éd. de Vaucelle, Thionville, Burchard,
Lea Ricardo, J. Planche, Cercle littéraire d'Aulnay.

:º"I

Réponse -:i M. Rennesson :
Les noirs doivent jouer le roi.
J.A.deR.

Au&amp;.

MARC,

directeur-gérant. ·

Eim. TEXrnn, redactcur en chef.

-

999

~~
l!Il'LICATION DU DERNIER RÉBUS:

Imp. de L'ILLUSTRATION, A. Marc,
22, r11e de Vemeull ,

Les leltrcs de Mm• de Sévigné sont des modeles de
épistolaire, et unissent la grace au naturel.

stJle

�</text>
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                <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores</text>
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                    <text>-

L'ILLUSTRATION,
l.OUBKAL URlfiBSBL.

llOQ.•

!S lO.

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amn.

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natQ.
s'op.

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ablcs1

--

Direclion, Rédattion , Adminislralion :

Toata Jet communications relatives au joumal, réclamations, demandea
de changements d'adresse , doivent étre adressées franco a
11. AUG. MARC, DIRECTEUR•GÉRANT.
Les demandes d'abonnement doivent étre accompagnées
d'un manda\ sur Paris ou sur la poste,

SOMMAIRE.
politique de la Eemaine. - r.oncours internalional de musique
d'urmonie, de fu1fues et d'orphéons, a Arras. - Courrier de Paris. JMft du 15 aoilt, au camp de Ras-Oued-el-Anceur, - Chronique musí•
eate. - Le jeune Anglais
110U•dle). - Voyage
: -- ~ _
dul lts ré~l001 aepten•
triooale1 de la Pata¡:ooio.
- luugurati~n de la
1talae de M. de Gasparin.
- La llatue de Bernard
Paliuy, a Saiotes et il
Pari1. - F61es artisliques
d'Anen. - La fontaine
de Vaucluse. - Les entnmets et les épices. Bulletin bibliograpbiqqe.
- Les Bohémiens.

J,tae

22e ANNÉE. VOL. XLIV. r-;o 1125.
Samedi 11 Septen1 hre 1864,.
L'admioislralion ne répond pas dei manuseril! et ne s'engnge Jamai1 a les insírer,
Vu les traite.9, la lraduction el la reproduction i l'tfüanger sont inlerdites.

BUREAUX : RUE RICHELIEU·, 60.

pri1 au1 orpbéons du
grand coneours rl'Arras.
- Fétea du 15 aout, célébréel •• camp de RasOued-el-Aoceur (A lgérie),
par le si• de ligne. Bal donné daoa le Partbéoon, par 11. le vicoaite Ramelol, chargé
d'afaires de rraoce, a
S. l. le roi des Relléoes.
- Voyage dan, lea régio,,, septeotrionalea de
la Patagoo:e (9 gravurest.
- A.•E•• P. comte de
Cuparin : statue de
l. Pierre Hub•rt, inau111~ le ll "Pl•mbre, ¡
Orange. - Fétes artistiqoes d''°'º" (i ~ravul'ft). - la fontaine de
Vancluse (2 gravures), - Les llobémiens (i gra'lllres). - Rébus.
~

lmB

POLITIQUR

DE U SEMAINE.

splco-

1r Lt-

:olom-

La politique prend
Bes vacances. -

le
calme plat est par-toot. Lesconférences
de Vienne semblent
18 l'eSSentir de l'atonie générale : elles
marebent avec une

~

DISTRIBUTION DES PRJX AliX ORPHÉONS DU GRAND CONCOURS D'ARRAS, -

ABONl'\~IENTS POUR L'ÉTRANGER
Mémes prix; plus les droits de poste, suivant les tariís.
Les abono. parten! du I er no de chaque mois.

1

et d'Angleterre le traité élémentaire signé a Vienne, le
cabinet de Londres aurait répondu avec une amertume
que la feuille ministérielle de Berlin a relevée en la raillant. Le gouvernement fransais se serait borné a recommander aux cours alliées d'etre généreuses et de ne
pas écraser le Dnnemark sous des condi tions trop dures.
M. qe Goltz aurait
été avisé par son
gouvernement de
faire comprendrc
que les perles territoriales du Danemark étaient com•
pensées par l'exoné-ration des frais de
la guerre, mis a la
cbarge des Ducbés,
et par l'annexion au
Dancmark des districts de Ri be et de
l'ile d'Arroe, qui faisaiwt jadis partie
du Slesvig.
Maintenant, qui va
régner ·sur les Duchés? La Dicte est
actuellement saisie
des revendications
contradictoires du
duc d'Augusten1.Jourg et du duc
d'Oldenbourg. L'uu
et l'autre, ou le sait,
se &lt;lisputent le petit
tróne du Slesvigllolstein, et mettent
en avant une foule
de vieilles charles
qui établissent leur
droit it. l'empire. 11
nous cut paru plus
logique d'en appcler
tout simplement aux
suífrages des popu lations, qui ont quelquc intérct a choisir
lcur souveraiu, et
qui, seules, peuvent
prononcer en dernier ressort. Mais
D'apres un croquis de 11. Y, Boyennl,

remarquable lenleur. Les conditions imposées au Danemark sont terriblement dures, mais sa situation déses-•
pérée ne lui permet guere de disputer le terrain. En
réponse aux dépeches par lesquelles les deux grandes
puissances allemandes ont notifié aux cours de France

6rawre, : Distribution d•a

Abonnements pour París el 1~ Départcmonls :
3 mois, 9 fr.;- 6 mois, 18 fr.¡ - unan, 36 fr.; - le numéro, ,5 e,
la collection men.uelle, 3 fr.; le volume scmestricl, !~ fr.

�Go;;;

cette idée est trop • ralíonnelle pour etre íadoptée, sur- vue quiía eu lieu dernierement entre le président con•- Société·c~rale lyrique de Mons. et par la Société
tout en Allemagnc, 011 l'on aíme assez leg complíca- fédéré Davis et deux citoyens du Nord, M. Davis a posi- de Gossehes, et ceux des soetétés franQaises par !'U,_
tions.
tivement déclaré que le Sud ne voulait plus, a aucun chora/e de Cambrai, la Société chora/e de Boulogne-su,,.r.,
On a remarqué que le Constitutionnel a publié de longs prix, etre uní au Nord, et qu'il verserait tout son sang, et la Société chorale d' Aire-sur-la-Lys.
extraits des mémoires du cardinal Consalvi sur les évé- s'il le fallait, pour se constituer en dehors de l'ancíenne
Dans le concours de la divísion d'honneur, c'est l l
nements qui ont atfecté la papauté vers la fin dn derníer Uníon, comme État indépendant. Toute concessíon faite R~nion_ lyrique de Bruxelles qu'a été décerné Je
siecle. La coincidence de cette puhlication avec \'accueil au Sud par le Nord, pour rétablir l'Union, nous m1er pr1x.
sympathique et plein d'aménité que le fils de Victor- Remble inutile apres la déclaration de M. Davis. Ou
Pour le~ concours d'harmonie, la Garde cimqu, de
Emmanuel a rencontré a París, est considérée dans le il faut prendre son partí de la séparation, ou il faut, Tournay, laSociétéphilharmonique ele Quiévrain, l'Bani.
monde politique comme un symptome du resserrement si le Nord veut absolument poursuivre le rétablissement nie de Lens, les musiques d'Estaires et d'Avion ont re111des líens entre la France et l'Jtalie.
de l'Union, rester fidele a la politique du président porté les premiers prix; la Société ducale de Frameries et
Le prince Humbert a quitté París avec gon beau-frere Lincoln.
la Fanfare de Warquehai ont obtenu ccux des fanfa?es
le prínce Napoléon, et s'est embarqué pour l'Angleterre.
Cet échec que M. Lincoln a re~u de la convention de
Dans la division d'excellence, composée des mosi~
Le jeune prínce doít visiter l'Angleterre, l'Écosse et l'Ir- Chicago est un peu compensé par les succes que viennent d'harmonie et de fanfares ayant obtenu le premier Prix
lande, et revenir en France dans quelques semaines, en de remporter ses géoéraux. Aussi persévérantque Grant, des ?remieres divisions fran~aíses et étrangeres, Je P1'ix
passant par la Belgique et la Hollande. Le journal l'Ita- Sherman a pris en fin Atlanta, l'une des clefs de la Géor- cons1stant en une couronne d'or, offerte par les clames
lie donne une nouvelle tout a fait inattendue. La Cour gie, et l'amiral Ferragut, chargé du siége de Mobile, a de la ville d'Arras, a été décerné a l'Harmon¡,, de
d'Autricbe ne serait pas éloignée de reconnaitre le nou- occupé le fort Morgan qui le rend définitivement mattre Lens.
veau royaume italíen. Nous ne sommes pas dans le se- de la baie. Espérons que les succes de ce genre
Pour ea:trait : P. PAr.ET.
cret des dieux de l'Autriche, et nous n'accueillons ce se multiplieront assez rapidement pour rendre, avant
bruit qu'avec une extreme réserve. Et pourtant, bien les élections présidentielles, au nom de M. Lincoln
conseillée, l'Autriche reconnaitraitqu'elle a tout a gagner le lnstre qui assure la victoire dans les combats du
a mettre fin a une situation impossible. En reconnaíssant scrutin.
COIJBRIEB DE P.IBl!il .
le royaume d'Italie, l'Autriche, tournant le dos asa vieille
La mort de M. Vaisse, sénateur chargé de l'adminispolitique, entrerait dans le courant des idées et cesse- tration du département du Rhone, a amené un change- Courrier de Paris á Montpellier. -Le Peyrou. - Le Jardñ)
rait de résister au mouvement qui la pousse elle-meme; ment dans le personnel des préfeetures. La mutation la
des Plantes. -LePalais de .Tustice. -L'École de médecine.
elle supprimerait des défiances populaires et allégerait plus importante est celle de M. Chevreau, qui passe de
- La cathédrale. - Riches et Pauvres. - Les hótels. _
d'un grand poids se~ finances si embarrassées.
Les rues de Rivoli. - La sculpture d:ms les quartiers nen&amp;:
l'administration de la Loire-Inférieure a celle du dépar- Attaque de la citadelle de Montpellier. - Palmier, seorA Geneve, tout est en fin rentré dans le calme; l'instruc- tement du Rhone. La nomination de M. Chevreau, avec
pions et rqoustiques. - Les nouvea11x pensionnaires du. Jar.
tion se poursuit paisiblement. L'assemblée fédérale se le simple titre de préfet, permet d'espérer que l'aggloréunira extraordinairement, le 20 septembre, pour s'oc- mération lyonnaise rentre enfin dans le droit com- , din des Plantes de Paris. - Dames seules. - De Montpe1.
lier aPalavas. - Palavás. - Vieilles rues, nouveaux DODII
cuper du traité franco-suisse. Espérons qu'un des mun.
- Le Palavas de !'avenir.
membres du Conseil des États aura la politique pensée
Le général Bazaine, commandant en chef de l'expédid'élever la voix en faveur d'une amnistíe générale: dans tion du Mexique, vienfd'etre nommé maréchal de France.
Il n'y a rien de mieux, dit-on, que d'etre loill des
une Tille comme Geneve, dans une ville oú tout le C'est le deuxieme maréchal qu'aura fait cette guerre du
choses ponr en bien parler. J'en veux faire l'épren,e,
monde se connait, ce qu'il faut redouter le plus, ce sont Mexique. Du reste, le nouveau marécbal n'est pas seuet j'écris ce Courrier de Paris a Montpellier.
les conséquences 'd'un pror.es politique. Poursuívre le lement un militaíre de grand mérite, a qui ses talents
C'est une tres-belle ville que Montpellier; son nom Ioi
proees, e'est vouloír éterníser les haines et exciter les et l'éclat de ses services devaient naturellement faire
vient-il de mons pessulus ou pessulanus, de mom pv;u.
cítoyens les uns contre les autres. Les partís, il. Geneve obtenir la dignité qui vient de luí etre couférée, c'est '
ru.m ou de mo11s in pede Ledi? C'est ce que je me i,artte.
ne sont-ils pas déja trop excités? Une amnistíe serait aussi un homme dont tous ceux qui le connaissent airai bien d'examiner, m'en souciant d'ailleurs fort pea,
done une sage mesure, et nous espérons que le Conseil ment a louer le car'lctere loyal, le commerce sur, les
je l'avoue.
fédéral le comprendra.
manieres affables. La haute distinction a laquelle vient
Ce qui ne saurait ctre contredit par un seul antiquaire,
En présence du résultat peu satísfaisant des enrole- d'etre appelé M. Bazaine a été accueillie avec la plus
c'est que l\lontpellier tnbe royalement au milie1 des
ments etfP.ctués en Enrope pour le compte du gouverne- grande faveur par l'armée et par le public.
vignes et des oliviers, c'est que, du jardín du Peyroo,
ment mexicain, l'empereur Maximilien se serait adressé
L'lmpératríce des Fran~ais a quitté Paris et s'est diri- l'reil découvre les Cévennes et les Pyrénées, c'est que la
a la France pour luí demander d'autoriser les soldats gée vers Schwalbach, petite ville de bains, dans le du- ville porte tres-lisiblement la noble et quelque jieu. solibérés, ou sur le point d'etre líbérés, du corps expédi- ché de Nassau. L'lmpératrice, quoique voyageant incolennelle empreinte du siecle de Louis XIV, mais qa'elle
tíonnaire, prendre du service dans l'armée mexicaine. gnito, sous le nom de comtesse de l\lontereau, a été féfait de son mieux pour suivre les modes arohiteetnrales
On assure que le gouvernement fran~ais aurait accueilli tée par les habitants de Scbwalbach, rtlJi ont arboré aux
rlujour.
favorablement la demande de l'empereur du Mexi- fenetres les couleurs de France mélées aux couleurs de
Ce Peyrou a tres-grand air, je vous assure, avec ses
que.
Na.~sau. L'Impératrice a regu la visite du roi de Prusse balustres, ses escaliers a larges rampes, ses pal'temJ
Les correspondants de B11cbarest assurent que ta et du prince régnant de Nassau. La reine des Pays-Bas
dessinés daos le gout de Le Notre, et dont l'éclatante
fameuse loi rurale, promulguf\e par le prince Couza, n'a est également arrivée a Schwalbacb.
végétation du Midi réchauíle la froide symétrie; son ·chl,.
satísfait personne dans les Principautés-Unies, ni ceux
EnMoNn TEXTF.R.
teau d'eau, dont un magnifique figuier embrasse la bue
que dépouille cette loi territoriale, ni ceux qu'elle a la
tout entíere, et qui se relie a la ligne harmonieuse ·d'on
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prétention de doter et d'enrichir brusquement. Le régigantesque aqueduc, sa fiere statue de bronze du grand
gime antérieur au prince Couza laissait toute faculté aux
roi en costume héroiq•Je, dans une attitude rle demi•
paysans de devenir propriétaires en augmentant la somCONCOURS INTERNATJONAL
&lt;lien,
le bras levé comme pour dire: « Mortels, inclínez
me rle leur travail 'et en déboursant de leur argent se-DI
vos
fronts.
&gt;&gt; Le cheval a l'air tres-fier de porfor un i
loo leurs besoins et leurs désirs du moment. Le saae
superbe
cavalíer,
et aussi de se tenir sur deux jambea,
príncipe de la subordination de la dépense au reve;u IUSIQUXS D'HARIONIX, DK l!Nr!RKS ET D'ORPHiONS, A ARRAS.
par
la
force
de
l'équilibre, saos support placé soos "1
n'était pas violé. Au lieu de laisser agir la nature des
ventre
ou
sous
la
queue,
ce quin 'arrive guere a ses coachoses, le prince Couza a cru faire merveille en fabriAU DIRECTEUR.
freres
de
marbre
ou
d'airain.
Arr•s, i seplembre.
quant des propriétaires par décret. Qu'arrive-t-il? JI
Tout pres du Peyrou, il y a le Jardín des Plantes, DI
ruine les propriétaires, et il greve les paysansde cbarges
Les 28 et 29 aout, a eu lieu, a Arras, une so!P.nuíté mu- contraste : ici rien qui rappelle l'étiquette et le prüice
si lourdes qu'ils ne pourront les acquitter. 11 force en
sicale comme n'en avait vu jusqu·a. ce jour aucune vil!e que chante Boileau; beaucoup d'ombre, point de balosetfet, les propriétaires a céder une quantité considé;ahle
de France. Jamais, en effet, on n'avait pu réunir un pareíl tres, de vases, ni de statues, des plantes que l'art do jll!'de leurs biens fonds aux colons, moyennant une indemnombre de sociétés musicales d'noe véritable valeur; on clinicr n'a pas sophistiquées, des arbres qui poussentleort
nité qui est bien au-dessous de la valeur des terres céen a compté ici plus de cent. Les concours ont eu lieu a branches suivant le caprice de la nature, et qui gran·
dées. Mais cette indemnité, qui est si au-dessous cte ce
la fois au manége couvert, a la salle de spectacle et a dissent en toute liberté, des parterres que la science et
que le propriétaire aurait re~u dans une transaction la salle des concerts.
non l'art a semés, et qui plaisent aux yeux d'autant plus
librement consentie, reste fort au-dessus de ce que peut
Ce concours d'orpbéons a tenu toutes ses promesses, qu'ils n'ont point été arrangés pour leur piaire.
payer le paysan dans un pays pauvre en numéraire.
et la féte offerte en cette circonstance o:ir la ville d'ArDans le voisinage, le Palais de Justice : un temple
A~ssi, c~tte opu)ence subite, imposée pardécretau pa_vsan, ras a été des plus brillantes.
·
grec
avec des ailes en retour, le tout élégant plutot qu'imbien lom de lu1 profiter, l'écrasera.
Les prix ont été proclamés sur une estrade élevée au posant; il semble que dans ce pays de la lumiere et do
Une dépeche nous apprend que la convention de Chimilieu de la Grande-Place, au fond de laquelle s'élevait soleil, lajustice elle-meme, moinsrébarbative qu'ailleurs,
~ago a choisi pour son caodidat a la présidence des
un portique illuminé d'une fagon éclatante. Toutes les aime a se loger gaiement; l'École de médecine, un édi•
Etats-Unis, le général Mac-Clellan. C'est la paix qui forme
rues environnantes, ainsi que l'Hotel-de-Ville, étaient fice d'uo style robuste, qui sent un peu la forteresse,
le ~oo~ du programme de la convention, la paix avec le également illuminés.
comme pour mieux protéger les antiques traditioos de
rnamllen de l'Unioo. Les citoyens américains réunis a
Parmi les assistants, on a remarqué MM. Ambroise la célebre Faculté contre l'invasion des doctrines enne•
Chicago, désespérant des moyens violents ponr rétablir
Thomas, Bazin, Gevaertet plusieurs autres compositeul'R mies : l'École de Montpellier est encore la rivale de
l'a~cienne fédération, veulent négocier, et semblent distingués.
celle de Paris; elle continue a former d'il\ustres et sa•
cro1re a la possibilité de convoquer et d'obtenir un con. _A pres deux discours prononcés par M. Lecesne, ad. vants médecins, fermes daos la foi de leurs prédécefo
gres du Sud et d_u Nord qui restaureraient sur de nouJOmt cl'Arras, ei par le préfet du département, les prit seurs, préts a la confesser eovers et contre tous. A,er•
velles_ bases les_ Eta_ts-Unis. ,Nous craignons bien que ce
ont été prochmés. Pour les orphéoos, les premier~ ger pour elle le plus pur de leur encre, a exhaler pour 81
TI!l so1t la une 1llqs1on des démocrates. Dans une entr!)frix des ~ociétés étra11qéres ont été remportés pl\r 11\ qéfepse leqr dernier argument et leur dernier syllogislllfl,

p:.

'ª

179

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

- : ; ; la Faculté de médecine, la cathédrale : la
Aco ps ici )'ame. En ce moment, la catbédrale n'est
le ,core nef
' saos chreur, une mo1·t·1e· d'rg1·1se. Oo est en
qu .ººde tui donner ce qui lui manque. Le porche est
tra1n
.
. • al unique peut-etre. F1gurez-vous un auvent en
or1g10 ,
.
.
..
. re de style r,g1val, fa1sant sa1lhe surles faces du mop1er,
d.
' d
oument, aune hauteur e c1~~ua~te pie_ s, et r~p~sant
deux piliers énormes, co1fles d un to1t en po1vr1ere.
ªcºrrtes l'architecte était un fantaisiste qui se moquait
' des regles et des convent10ns.
.
Sa M'
. erment
aJesté
J~~is XIV aurait fait un bi~n mauvais P:U:ti a un homm_e
¡ se permettaít de pare1lles excentr1c1tés. Je ne sms
q~ bien sur que du haut de son piédestal du Peyrou, il
:'aper~oive pas ce terrible porche; cette vue doit le
reodre bien malheureux.
Aux alentours de la cathédrale, de l'Ecole de médecine du Palais de Justice, point de rues commer~antes:
des ;ues nobles et des rues populaires, la pauvreté et la
ricbesse, les plus grands et les plus petits voísinant d'une
ra~on touchante. Batis en picrre de taille, suivant une
simple et belle ordonnance, relevés par des ornerpents
sobres et d'un gout exquis, avec leur3 hautes fenetres,
leurs vestibules vastes et sombres, comme ceux des palais de Genes, les hoteis ont une grande mine. Comme
la fraicbeur et le calme sont d'agréables choses, et le
,ent et la poussiere de facheux désagréments, ces aristocratiques logis ont eu bien soin de choisir des rues
étroites, oti. ne pénetrent ni le soleil, ni l'autan, ni le
mistral, oil ne sauraient passer deux voitures de front;
~e temps en temps, atravers les arbres d'un jardín, glissent de joyeux rayons adoucis par le feuillage.
lfais le siecle est aux grandes rues, aux grandes arteres, comme on dit en style municipal, et dut-on etre
a,euglé, gelé, brulé, il faut en avoir : voila pourquei,
aux environs du débarcadere du chemin de fer et de
tr.splanade, - une admirable promenade ombragée de
platanes et bordée de jardins suspendus, - on batit, en
ce moment méme, deux ou trois arteres larges a faire
pleorer de joie M. Haussmann.
11 faut voir avec quel entrain mafons magonnent,
cbarpeotiers charpentent, couvreurs couvrent et sculpteurs sculptent dans le nouveau Montpellier: ah! quand
les lléridionaux s'y mettent, ils vont joliment bien, on
o'eotend que scies, marteaux et racloíres; on ne respire que platre, on ne flaire que bitume, on ne heurte
qo'arcbitectes : c'est a se croire en plein Paris : un
quart d'heure de promenade daos ces rues-la, et le Parisieo le plus nostalgique renaltra comme la fleur sous
la rosée du soir.
11 se pourrait bien, par exemple, que son amour-propre fut quelque peu blessé. Ah! que notre ornementation est avare et mesquine, aupres de celle ·qui frappera
ses regards : parlez-moi de cela, voila de l'abondance:
dn baut en bas ce ne sont que médaillons, mascarons,
astragales, arabesques, fleurs, fruits, légumes, génies,
amoors, cbimeres ... ; et les cariatídes ! Que! luxe humiliaot de cariatides, grands dieux ! Oil ! nous en mettrioos deux, ils en mettent sil:, et pourtant il faut nous
reodre cette justice que nous ne lésinons pas trop sur la
cariatide.
Que si vous me demandiez si toute cette sculpture est
correcte, délicate, élégante, je vous répondrais que les
• frises légeres, les balcons et les fenctres des hotels du
'fieox Montpellier sont travaillés a miracle.
11 y a une citadelle a Montpellier, et un régiment du
géoie y tient garnison. Dans ces derniers temps, des
trancbées avaient été ouvertes, des mines pratiquées,
des oovrages de campagne élevés dans le polygone.
Mardi, des détachements ont pris un des ouvrages et les
assiégés ont fait sauter des fougaces, en ayant soin d'attendre que les assistants fussent a distance respectueuse.
Une fougace est, r,omme qui dirait, un petit volean a
poodre qui lance une gréle de pierres au nez de l'ennemi : une ingénieuse invention, vous voyez. Hier au
soir, la citadelle a été attaquée avec des bombes d'artifice, des fusées et des serpenteaux; elle a répondu daos
les memes termes : cela n'a pas duré moins d'une
heure. Pendant ce temps-la., la musíque du régiment
jonait des airs de Guillaume Tell, des valses et des maznrkas: il y avait des fauteuils pour les &lt;lames. La place
a fait si' bonne contenance, quoiqu'elle n'etit qu'une
piece de canon asa dispositíon, qu'on ne s'est pas frotté
~ lui donner l'assaut. L'affaire a été chaude, cependant
11 n'y a eu ni tués, ni blessés.
Vous voyez qu'on passe agréablement son temps a
llontl)ellier,

Et le beau raisin, les figues savoureuses qu'on y
mange ! Tandis que j'écris, le vent agite les feuilles, qui
font, sur mes rideaux, des ombres mouvantes; ce sont
des feuilles de palmier, d'un vrai palmier, qui pousse
en pleioe terre daos mon jardin. I1 y a aussi, dans mon
jardin, des scorpions et des mo11stiques qui ne se genent
pas, les uns et les autres, pour entrer dans ma chambre. Les scorpions sont bons enfants, et il faut énormément abuser de le)ll' patience pour les décider a piquer;
quant aux mousti~ues, oh! oh! ils ont le caractere plus
vif, et n'attendent pas qu'on leur marche sur le pied pour
vous enfoncer leurs petites fleches barbelées dans la peau,
- et jamais fleches de sauvage ne furent pi us amoureusement empoisonnées. Je connais des gens qui n'hésitent
pas, le soir, a s'enfermer la tete dans des fourreaux de
mousseline raide, pour éviter ces infernales morsures.
Les moustiques voltigent autour de la mousselíne comme
les moineaux autour d'un sac enfermant une grappe de
précieux chasselas; ils sifflent, ils s'indignent, ils enragent, et, dans son fourreau, la tete se moque de leur
inutile colere : c'est bien fait !
Avouez que l\fontpellier est une ville passablement
méridionale, et que c'est charmant d'écrire un Courrier de Paris en face d'un palmier, sous les yeux d'un
scorpion et au frémissement des ailes d'un moustique.
Au fait, j'y pense, mon Courrier de Paris manque
peut-etre un peu de nouvelles de Paris, jnsqu'a présent:
vite, rattrapons le temps perdu.
J'ai tu, rlans les faits divers de la Patrie et du Petit
Journal, a l'ombre du grand micocoulier du Jardín des
Plantes de Montpellier, que le Jardín des Plantes de París allait recevoir des botes nouveaux, et entre autres
un tigre royal de la presqu'ile de,Malacca, qui, pendant
toute la traversée, a poussé des rugissements a faire venir la chair de poule aux passagers; un serpent d'eau,
dont la morsure produit une apoplexie foudroyante, et
un éléphant qui, en traversant Bourges, a tué un taureau, et enlevé avec sa trompe une charrette et une
porte co:here, dont il s'est fait un pont pour passer un
ruissean, de peur de se mouiller les pieds, je pense ..•
Eh b¡'en ! voila de gentils petits animaux que je ne m'aviserai pas de taquiner. Le Petit Journal m'assure, il est
vrai, que l'éléphant, si terrible aux taureaux, ne fait
pas de mal aux hommes; n'importe, je ne lui parlerai
qu'avec infiniment de politesse.
La Patrie me donne une autre nouvelle, c'est que
l'administration du chemin de fer de París a Lyon vient
de décíder qu'un compartimeut serait réservé pour les
femmes voyageant seules dans les voitures de troisíeme
classe. Voila done le bonnet admís aux mémes droits que
te chapeau, et la pudeur pauvre, comme la pudeur riche, va pouvoir se soustraire a un voisinage incommode
ou dangcreux; toutes les compagoies vont suivre l'exemple de la compagnie de Lyon avec le plus louable empressement.
Palavas est certainement un village qui ne ressemble
pas a tous les autres.
En sortant de Montpellier, on suit, pendant une lieue
environ, une avenue de platanes traversant des prairies plus vertes qu'on ne pourrait s'y attendre sous un
ciel qui est resté pendant quatre mois au bleu fue.
Bientot le cbemin cotoie le Liez, une jolie petite riviere
qui se permet d'avoir de l'eau comme une rivicre de
Bourgogne ou de Normandie. Tout a coup la route se
fait cbaussée, el court a travers des marais salés qui
sont comme la préface de la roer, dont !'azur foncé
ferme l'horizon. ~a et la s'élevent de grands monticules
de terre aux aretes régulieres. C'est un aspect étrange
que celui de ces marais entrecoupés d'llots d'ajoncs d'un
vert foncé, ou couverts de conferves d'un vert tendre. Le
soleil et le ciel colorent de tons superbes et de magiques
reflets ces eaux peu profoodes et cRs prairies marines,
sur lesquelles volent ou trottent des bandes de bécasseaux au ventre blanc. A droite, se dresse une ruine
noire colossale; c'est l'église de l\faguelonne, qui fut la
mere de Montpellier; a gauche, une ligne d'un blanc
éclatant semble sortir de la bleue Méditerranée; c'est
Aigues-Mortes. On traverse le canal du Midi, voici Palavas : un petit port étroit, terminé par deux jetées paralleles, et bordé de maísonnettes a un étage, dont le
rez-de-chaussée est ombragé par un large auvent en
paille a claire-voie, se continuant dans toute la longueur
du village. Beaucoup de ces maisonnettes sont peintes
en rose; sur la plage, a gauche, quelques constructions
plus élégantes et des cabanes de hains.
Palavas est le Trouville de Montpellier, un Trouville

naissant, tranquille, modeste, qui ne sait rien encore
des toilettes tapageuses, et ne connait d'autre mélodie
que cclle des flots déferlant sur son rivage au sable doux
et fin, tout semé de coquillages. Quel profane avait done
jeté l'autre jour, daos ces transparentes eaux, un ignoble tesson de bouteille, sans égard ~our les pieds hlancs
et roses dlls néréides?
Sur la plage de Palavas, qui n'a qu'une rue et pas
une place, j'ai lu, - toujours dans la Patrie, - le décret qui rebaptise cent quatre-vingt douze rues et places de Paris, qui avaient des bomonymes dans d'aulres
quartiers.
Bommes d'État, guerriers, savants, philosophes, poetes, peintres, musiciens, morts et vivants, n'ont qu'a se
louer de M. le préfet de la Seine, qui a saisi cette occasion de leur octroyer fort libéralement une faveur qui
ne coutera au budget de la Ville que le prix de cent
quatre-vingt-douze écritcaux nouveaux. Nous avons
maintenant, pour ne citer que les meilleures, une rue
Hérold, une roe Béranger, une rue Casimir Delavigne,
une rue Vernet, une rue Musset, une rue Boche, une
rue Talma, une rue Víctor Cousin, une ruc Paillet, une
rue Biot, une rue Delaroche, une avenue Ingres, une
rue Desbordes-Valmore, une rue et une avenne Cambronne : I'avenue pour la version noble du mot de Waterloo, la rue pour la version populaire.
Nous avons une rueDupin, sans prénom; M. le baron
et M. le procureur général s'arrangeront, c'est leur affaire. Les grands hommes étrangers n'ont point a se
plaindre non plus : Humboldt, Képler, Titien, Rubens,
Beccaria, Copernic, Beethoven, Cimarosa, Donizetti,
Bellini, Berzélius, Galvaní, Pétrarque, participent aux
générosités de M. le préfet.
Raphael a son avenne, ni plus ni moins que M. Ingres; enfin, il n'est pas jusqu'a. Vitruve qui a obtenu
l'honneur d'une rue, tout comme MM. Galleron, Rébeval, Brochant, Bayen, Lamande, Leblanc, Émeriau, Gozlin, Polonceau et Biscornet : il faut elre aimable pour
tout le monde, meme pour les Romains.
Palavas n'est pas encore a la veille d'épuiser la liste
des grands hommes pour baptiser ses rues; mais qu'oo
lui donne onze kilometres de chemin de fer pour le relier a Montpellier, oú les marchandises de Marseille arri veront saos passer par Cette, que les baigneurs, les
baigneuses et la mode y mettent un peu de bonne volonté, et vous verrez comme il grandira vite.
Palavas; d'ailleurs, a déja un café Voltaire; done Palavas a de !'esprit, et un village d'esprit a bicntot fait de
devenir ,ville.
X. FEYRNKT.

-----..--~---.~----Fíl:TF. DU 1.5 AOUT,

-' n camp de nas-oued-el-&amp;nceur.
AU DlRECTEUR.

Placé dans une situation magnifique, entouré de bois,
le camp de Ras-Oued-el-Anceur présentait, le i 5 aout,
l'aspect le plus pittoresque. Depuis huit jours, chac1m
mettaít a profit les heures laissées libres par le service,
pour contribuer a la célébration de la fete du souverain.
A cinq heures du matin, la féte était annoncée par •
la musique. Deux heures apres, les troupes, daos leur
plus belle tenue de campagne, étaient réunies en avant
de la face ouest du camp; la, dcvant une modeste chapelle de verdure, elles écoutaient un Te.Deum suivi du
Domine Salvum, chanté par les sous-officiers et les musiciens du 82•. Puis vint la revue, et le défil.é, qui se fit
dans le meilleur ordre.
A trois helll'es commenga la série des divertissements.
Quarante anes, fournis par les tribus voisine~ du camp,
et montés par des cavaliers en costumes originaux et
bizarres,se disputerent quatre prixaux applaudissements
de la foule. Puis, vint la course en sacs, le théatre, le
banquet, 011 se firent entendre de nombreux vivats, le
bal avec son enceinte ornée de lanternes véniliennes, et
enfin la retraite aux flambeaux, qui termina cette belle
journée, que n'oubliera pas de sitot le 82• de ligne.
Agréez, etc.

Pour ea:trait : P. PAGET.

~

��,,

L'lLLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
182

L'lLLUSTRATlON, JOURNAL UNIVERSEL.

Le Théatre-Lyrique a fait sa réouverture avec la

Reine Topaze, les Noces de Fígaro, Rigoletto, etc. 11 pelotait en attendaot partie. Puis, la partie s'est engagée. L' Aleade et Don Pasquale ont été donnés le meme jour. Glissons sur l'Alcade. Le héros de cet ouvrage remarquable
n'est rien moins que l'héritier présomptif du roí de Por••
tugal. Proscrit, - on ne sait pourquoi, - il s'eat fait
voleur pour passer le temps, et peut-etre aussi pour se
déguiser. 11 est capitaine d'une bande de vauriens qui
tantot infestent les grandes routes, dévalisent les voyageurs et les meltent a ran~on, tantot viennent a la ville,
ou ils pratiquent le vol a la tire, et font le plus agréablement du monde la bourse, la montre, la tabatiere, saos
dédaigner meme, a l'occasion, le mouchoir de poche.
Ces graves occupations n'empechent pas le duc de Bragance, - car c'est lui, - de courtiser la filie d'un vieux
coquin d'alcade qu'il a arreté dans la montagne, et
taxé a deux mille piastres, digne éleve de Fra-Diavolo,
qui prétend
Enlever a milord
Et sa femme et son or.
Seulement, Fra-Diavolo n'est pas prince héréditaire.
A la fin, le roi de Portugal trépasse, le brigand monte
sur le tróne sans la moindre difficulté, et la filie de l'alcade luí ayant montré les sentiments les plus tendres, il
!'en récompense en l'épousant.
JI y a un opéra-comique ou une reine de Portugal
cour, incognito la pretentaine, descend daos une caverne
de fanx monnayeurs, devient ce cheffe de bandits » pendant quelquesjours, et, au dénoument, épouse un gentilhomme que le hasard a jeté au milieu de ses aventures. Mais il faut avo ir prodigieusement de talent, d'esprit,
pour se moqner ainsi du public, et s'en tirer exempt d1étriv~eres. M. Émile Thierry, assez maigrement approvisionné, aurait échappé malaisément aux suites naturelles
de sa témérité, saos un ami qu'il avait au parterre, et
dont la présence d'esprit l'a sauvé.
Quand l'acteur Gabriel, chargé de déclarer les auteurs,
ou, si on le préfere, les coupables, apres la chute du rideau, quand M. Gabriel, dis-je, a prononcé son nom :
- Qu'il n'en fasse plus! a crié !'ami.
Et la-dessus, le rire d'éclater et la mauvaise bumeur
de disparaitre.
M. Uzépy, l'auteur de la partition, doit regretter de
n'avoir pas rencontré un meilleur compagnon d'aventure. U est mélodiste. 11 a jeté au travers de cette fable
insensée des chants faciles, gracieux, lestementtournés,
tres-bien accompagnés parfois. M. Uzépy manie habilementl'orchestre.JI sait l'art d'instrumenter légerement, et,
quand la cit'constance le demande, d'avoir de la vigueur
et de l'éclat sans dureté, saos vacarme. Les couplets qu'il
a fait ehanter a Fabien, le rival infortuné du bandit, et
que, par parenthese, M. Legrand débite fort agréablement, sont spirituels, et ont une coupe originale. Le
boléro de Juanna est absolument dépoUl'vu de nJuveauté:
n'en parlons pas. Le duo de Fabien et de l'Alcade, dont
les a pai·te de Lorenzo íont un trio, est adroitement arrangé, gracieusement mélodique a certains moments, et
l'orchestre y soutient le dialogue récité par de piquantes
ritournelles. L'ouverture est fort jolie. Enfin ce début
promet, - a condilion que M. Uzépy s'efforcera de rendre a !'avenir son harmonie plus intéressante. C'est par
la surtout qu'il peche.
Le début de M. Ambroselli promet beaucoup moins, et
moins encore celui de Mil• Estagel. Mauvaise voix, mauvaise méthode, mauvaise prononciation, et force intonations douteuses. - On dit douteuses par politesse. En
réalité, ríen n'est moins douteux que ces sons-la.
M. Gilland, qui a débuté dans la meme soirée par le role
d'Octave, de Don Pasquale, chante quelquefois un peu
trop bas, et se fatigue vite, parce qu'il a, comme M. Ambroselli, la funeste habitude de se servir constamment du
timbre sombre et de l'exagérer; mais sa voix, avec quelque travail, peut facilement s'améliorer. Elle est pleine,
sonore, pas trop mal posée. 11 ne chevrotte pas, ce qui
devient rare. On luí a fait répéter le second couplet de
la Sicilicnne, du troisieme acte : Come egenttl, etc., on ·me pardonnera de citer le vers italien, puisque.je
ne connáis pas le vers fran~ais, -malgré quelques notes
un peu faibles, lesquelles, par bonheur, ne sont pas revenues assez fréquemment pour gater cette charmante
cani.ilene. Comme acteur, M, Gilland est tres--insuffisant

eucore, mais on ne voit a11cune raison pOlll' que l'exercice ne le forme pas comme tant d'autres.
Je ne sais pour quel motif M. Troy a quitté l'OpéraComique. M. Carvalho s'en est vite emparé, et n'aµra
pas a s'en repentir. M. Troy chante fort bien le role du
Docteur. Sa vocalisat10n est brillante et tres· agile, peut-etre meme l'est-elle parfois un peu trop. 11 phrase
avec élégance, porte la voix, entle et diminue Je son
a la maniere italienne. Bref, il n'y a pas de cantabile dont
il ne sorte avec honneur. Le role du docteur Malatesta
demande, ce me semhle, plus de gaieté qu'il n'y en met, et
plus de malice. JI se s'amuse pas assez visiblement de
l'abominable tour qu'il joue a son malade. Mais 'it ne
faut pas etre trop exigeant aujourd'hui. M. Troy a pleinement réussi, et son succes me parait, tout compte fait,
tres-légitime.
M. Ismael n'a pas été moins applaudi et il ne le mé.
'
r1tait pas moins. 11 s'est montré, daos le role du bonhomme Pascal, excellent comédieri, et aussi franchement
Louffe que s'il fu.tné en Italic. Ala vérité) il est, jecrois,
Proven~al ou Languedocien. On reconnalt l'intluence
du soleil méridional a la verve de son exécution, a la
chaleur et a l'originalité de son jeu. On ne saurait etre
plus amusant que luí dans la scene ou Norine lui fait voir
par ün soufflet le cas qu'elle fait de son autorité maritale,
et dans celle ou il témoigne au docteur toute sa colere.
On a fait répéter la fin de ce dernier duo. Cette manie du
bis a outrance et atout propos commence a devenir passablement ridicule : mais les applaudissements étaient
bien gagnés.
M11 • de Maesen n'a pas cette rare ~exibihté de talent
qui pent se plier a tous les genres, a tous les styles, et
réussir daos les roles les plus différents. Au mois de mai
dernier, elle criait Bellini avec autai::.t de zele qu'elle
avait crié Verdi pendant tout l'hiver. Maintenant elle
críe Oonizetti; el 1e cha lle la musique bouffe avec énergie, et, pour peu que la phrase y prete, elle y met unll
solennité qui va parfois jusqu'a l'emphase. Elle la de
ces légeres cantilenes de traits de vocalisation ambitíeux,
lourds, et d'une correction suspecte. El)e a tres-médiocrement réussi dans ce role de maligne ve uve, ou
M11 • Patti est si espiegle, si mutine, si charmante. 11 ne
faut pas, pour cela, retirer a Mil• de Maesen un seul des
applaudissements qui lui ont fü juslaner~ prodigués
lorsqu'elle a joué Rigoletto. ll faut seulement se rappeler
le distique du bonhomme :
Ne fori,ons point notre talent,
Nous ne ferions rien avec grtlce.

Don Pasquale, écrit par Donizetti pour le Théatre-Italien de París, fut joué pour la premiere fois au commencement de janvier i343, par Mm• Grisi, alors daos tout
l'éclat de son talent et de sa royale beauté, et par Mario, Tamburini et Lablache. L'exécution en fut. me!'veil.leuse, et le succes proportionné au mé!'ite de l'reuvre,
dont pas une note ne manquait son effet. Ce n'est pas un
ouvrage du premier 0rdre. 11 ne faudrait pas le comparer au :Barbie1· de Séville, ni au MariageJecret. ~fais parmi
les ouvrages du second ordre, il n'y en a guere de plus
agréable. Les deux duos de Norine avec le Doctel!r et
avec don Pasquale ont une vivacité, une légereté,
une gaieté irrésistible, et celui du Docteur avec son malade mystifié ne leur cede en ríen. Le quatuor (andante)
du premier finale est un chef-d'reuvre de grace mélodique et d'harmonie vocale. La sérénade chantée par
Octave, au clair de la !une, est délicieuse. Elle est suivie, daos la partition italienne, d'un duo-nocturne qui ne
l'est pas moins. J'iguore pourquoi ce morceau charmant
a été exclu de la partition fran~aise. Le dernier air de
Norina est une merveille d'élégance, de finesse, et de
grace coquette. Ces qualités sont un peu amorlies,
daos la traduction fran~aise, par la pesanteur de
notre tangue, mais il en reste encore assez pour qu'on
en jouisse, et le public du Théatre-Lyrique y a pris un
vif plaisir. Le succes de Don Pasquale a été complet,
malgré les quelques criti1¡ues que je me suis permises
daos l'intérel de l'art, qu'il ne faut jamais sacrifier. Le
gros public n'y regarde pas de si pres. 11 est toujours
content quand il s'amuse, et il y a bien longtemps qu'on
n'avait donné au Théatre-Lyrique rien d'aussi amusant
que Don Pasquale.
Le Vaudeville a voulu faire, luí aussi, sa petite excursion dans le pays des doubles croches. JI a exhumé
le Devin du village, qui ent un si grand succes ala Cour
et a l'Opéra, il y a cent douze ans. L'reuvre de Jean-Jac-

ques a été exécutée, place de la Bourse, par trois élevesdQ
Conservatoire, engagés ad hoc: Mil• Laporte, M. Leroy, et
M. Troy. Celui-ci est le frere puiné du baryton qui chante
si bien, au Théatre-Lyrique, le role de Malatesta. u a,
comme son ainé, une voix de baryton qui parait belle, I!
est encore un peu emphatique, un peu lourd : c'est la
rouille de l'école.11 s'en dépouillera avec le temps. Desau,.
jourd'hui, il donne assurément beaucoup d'espérances.
M. Leroy, adolescent timide, na'if, fluet, délícat et rose
est parfaitement semblable aux Colins qui figurent ~
centaines sur le&amp; trumeaux et les dessus de porte des hri.
tels du siecle dernier. Mil• Laporte parait destinée •au
style tragique. Elle chante ces mélodies légeres et sans
prétention avec une voix sombre et le timhre qui con.
viendrait a l'air de Castor et Polltt:I! : Tristes aw,ei,,
páles flambeaux, etc. Ce n'est pas la, tant s'en faut!
ce qu'il faudrait dans la musiq ue du Devin du vlilage,
dont le principal mérite est une simplicité naive
pleine de charme pour qui sait oublier au besoin ses'
habitudes, et ~e reporter cent ans en arriere. Jean-.Jacques Rousseau n'avait pas la science harmonique de
Pergolese ni des autres compositenrs italicns qu'il avait
pris pour modeles, mais il avait de l'invention mélodique, du sentiment, l'instinct de l'expression, et une
grande intelligence qui pouvait s'appliquer a tout. S'il y
a dans le Devin des parties faibles, il y a aussi des traits
charmants; - que l'exécution actuelle, il faut l'avouer,
ne met pas suffisamment en saillie.
On parle, au Vaudeville, tout le dialogue que Rousseau avait mis en récitatif. Cela est a regretter. Ce récitatif est accompagné d'un violoncelle et du clavecio,
comme celui de tous les maitres italiens d'alors,
comrue celui de Cimarosa, de Mozart et de Rossini. C'est
un usage établi de tout temps sur nos théatres de ne laisser jamais la conception de l'auteur, et surtout du compositeur, arriver tout entiere au public. Chacun y veut
mettre un peu du sien, et Die u sait quelles reuvres batardes, saos unité, sans caractere, résultent, apres vingt
ou trente répétitions, de r;ette collaboration universelle!
L'Italie est peut-elre le seul pays du monde ou uae reuvre
musical e appartienne tout entiere au eompositeur qui la
signe, et qui en porte la responsabilité.
Le Théatre-Italien annonce sa réouverture pour le
t•r octobre prochain. Il y aura décidément de la danse,
des divertissements, des intermedes. Une amélioration
dont il faut, selon moi, se réjouir et remercier M. Bagier, c·est la suppression de deux rangs de fauteuils a
l'orchestre, suppression qui a permis d'écarter un peu
les autres. On y pourra désormais arriver a sa place
saos trop froisser les robes des dames, et sans marcher
snr les pieds de personne. Les premieres loges ont été
également élargies, et par le meme prócédé, qui est un .
sacrifice. La troupe engagée est tres-nombreuse. Noos
reverrons Mil• Patti, Mm• Charton-Oemeur, Mm• de
La Grange, Mil•• Marebisio. Mm• Penco reviendra, el
M. Fraschini, et MM. Naudin, Nicolini, Delle--Sedie, Zucchini, Scalese, etc., etc. le ne mentionue que les noms
les plus illustres. Nous aurons aussi un nouveau chef
d'orchestre, M. Bosoni. C'est un des points les plus
importants. Les bons chefs d'orcheslre sont tres-rares.
Espérons que celui-ci ne laissera ríen a désirer. Le programme que j'ai sous les yeux promet quantité d'ouvrages, tous les chefs-d'reuvre anciens, et quelques
picces nouvelles, ¡iarmi lesquelles figurent en premiere
ligue la Forza del Destino de Verdi, et Leonora de Mercadante. On ne nous donnerait que la moitié de tout
cela qu'il y aurait encore de quoi s'estimer tics• heureux, si l'éxécution était bonne.
G. filQUET,

LE

JEUNE

ANGLAIS.

La petite ville de Grünwiesel, ou je suis né, est située
dans la partie méridionale de l'Allemagne, et ressemble
a toutes les petites villes de ce pays. Au centre, se trouve
une place de marché, peu spacieuse, avec une fontaine;
d'un coté, le vieil et modeste hotel de villc; tout a l'entour du marché, les maisons du juge de paix et des principaux négociants; puis quelques mes étroites, habitée&amp;
par le reste de la populatiou.
Toutle mondes'y connait; chacun sait ce qui se passe
chez les autres. Qu'il. la table du premier pasteur, do
bougmestre ou du médecin, il y ait un plat en plus, toute
la ville en est instruite il. l'heUI'e du diner; c'est le grand
événement du jour; tout le long de l'apres-midi, les da·
mes ne parlent pas d'autre chose dans les réunions ou

183

L'oncle offrit, du reste, un écu par cachet, et le m.aitre
ne sait pas l'allemand, et vient de jurer dans sa langue,
de
danse s'empressa d'entreprendre l'instruction du neparce qu'il est contrarié d'etre forcé de s'arreter.
veu,
quelque rebelle qu'il put etre aux gr.ices frangaises.
-· Eh bien, si c'est le neveu de Votre Seigneurie, ré11 n'y avait, disait sous-main le vieux. professeur, rien
pondit le portier, il peut entrer saos passeport. Saos
d'iussi curieux que ces le~ons. Le nevi3u, jeune homme
doute, il descend chez vous?
- Certainement, répliqua l'étranger. 11 compte méme assez grand et élancé, mais dont les jambes étaient un
peu courtes, se présentait bien frisé, en habit rouge et
faire a Grünwiesel un séjour assez long.
en
pantalons verts bouifants.11 portait des gants glacés.11
roatades.
.
.
. .
e
Le gardien était a court d'objections, et le monsieur
vous pouvez vous 1magmer quel debo1re ce_ d~t _tre
parlait peu et son accent était celui d'un Anglais. Au déune ville organisée de la sorte, que de votr s y eta- étrauger et son neveu entrerent dans la ville.
La conduite du gardien fut loin d'etre apprduvée par but il était poli et docile, mais tout d'un coup il s'aban:~:un µersonnage mystérieux. D'ou il ven_ait, ce qu'il
do;nait aux. sauts les plus extravagants et dansait les
lait de quoi il vivait, personne ne le sava1t. Le bourg- le bourgmestre et ses administrés. JI auraittoutau moins figures les plus imprévues, avec des entrechats a stupévou ,
, .
l' .
é .
tre avait exammé son passeport et ava1t trouv re- du retenir quelques mots de la langue du neveu; ils eus- fier le vieux. Francais. Prié de se corriger, il ótait ses esmes
_ . IN'
.
lierement visé de Berlín pour Grunw1ese . eanmoms, sent serví d'indices pour découvrir quelle était sa patrie carpins, les lan~ait a la tete du professeur et se mettait
~vail insinué, en prenant le café chez le docteur, qu'il et celle de son oncle.
Le portier assura que ce qu'il avait entendu n'étaitni a quatre pattes. Le br°uit faisait alors accourir de son
~airait un secret et que l'étranger luí paraissait susdu fran~ais, ni de l'italien ; c'était, disait-il, pateux et cabinet le monsieur étranger, vetu d'une large robe de
chambre rouae,et coiflé d'un bonnet en papier doré etle
pecl.
· · 't .a Grunw1ese
- . l de 1a p1us guttural comme l'anglais. S'il ne faisait erreur, le jeune
Le bourgmestre JOU1ssa1
fouet tombaii° rudement sur le dos du neveu. Celui-ci
grande considération; il n't a done pas lieu de s'é~on~ homme avait lancé un Goddam.
poussait des hurlements effroyables, sautait sur les tables
Cette explieation tira le gardien de peine, et valut un
ner qu'a partir de ce jour I etranger passat po~r_suJet a
et les commo\les les plus élevées, s'élan~ait meme au
caution. Sa conduite n·était pas de nature a d1ss1per les nom au jeune homme, que depuis on n'appela que le haut des croisées et se lamentait dans Ulle tangue étranjeune Anglais.
doutes.
gere et bizarre. Mais le víeillard ne s'en émouvait pas.11
navait loué, an prix de quelques ducats, une maison Mais le jeune Angl:i.is, lui aussi, n'était pas visible. saisissait son neveu par une jambe, l'enlevait, le terrastout entiere, inoccupée jusqu'alors. On y avait déchargé 11 n'allait ni au jeu de qllilles, ni a la brasserie. 11 n'en sait et le rossait d'importance. Puis il luí serrait la erapas moins la population, dont il tenait l'attenune ,oiture ple ine d'objets singuliers: fourneaux, foyers intri(l'uait
ºen éveil pour d'autres raisons. Souvent, la ma1son
.
vate au moyen d'une bouele. Aussitot le jeune homme
tion
économiques et autres ustensiles de ce genre. 11 vivait
red:venait doux et maniable, etla le~on s'achevait sans
tout seul et ríen que pour luí. Il faisait lui-meme sa cui- de l'étranger, autrefois si silencieuse, retentissait d'un
nouvel incident.
sme, etil n1entrait dans sa maison ame qui vive, a l'ex- vacarme et de cris épouvantables, a te! point que la foule
Lorsque les progres du neveu furent assez avaneés
s'arretait
et
tachait
de
voir
ce
qui
se
passait.
ception d'un vieillard de Grünwiesel, chargé de ses achats
pour
que la musique dut accompagner la danse, un muOn entrevoyait le jeune Anglais, vetu d'un habit rouge
de pain, de viande et de légumes. Encore, celui-ci n'asicien de la ville fut pris a gage, et installé sur une table,
vait-il le droit de pénétrer que dans l'allée, ou l'étranger et d'un paotalon vert, les cheveux hérissés, et courant, daos le salon de la maison. Le ma1tre de danse faisait la
avec une rapidité incroyable, le long des fenetres, par
prenait réception des provisions.
dame. A cet effet, le vieux. monsieur l'affublait d'une
J'avais dix ans lorsque ce personnage mystérieux ar- toutes les chambres. Le vieil étranger le suivait de pres, robe de femme en soie et d'un chale des Indes. Le neveu
riva dans ma ville natale, et aujourd'hui encore je me un fouet a la main. Souvent il le manquait, mais parfois J'engageait et se mettait a valser avec luí. C'était un
¡¡ semblait au groupe que le jeune homme avait été atsouviens comme d.hier de l'ém.oi qu'il causa.
daoseur infatigable, enragé. 11 ne lachait pas le profesJI ne passait pas, comm,e les autres . messieurs, ses teiut, car on entendait des gémissements lamentables et seur · saos souci des cris et des gémissements du pauvre
ap~s-midi au jeu de quilles. 11 n'allait pas, le soir, dis- Je claquement des coups de laniere. Ce traitement bar- hom~e, il le tenait dans ses longs bras et le for:;ait de
cuter avec eüx, a l'auberge, les nouvelles apportées par bare excita si vivement la compassion des damos de la danser jusqu'a ce que ce dernier s'affaissat, ou que les
lejournal, et fumer sa pipe. Ce fut en vain que, tour a ville qu'elles déterminerent le bourgmestre a une bl'aS d11 joueur de violon tombassent de fatigue. Ces letour, le bourgmestre, le juge de paix et le pasteur prin- dém~rche. 11 écrivit au monsieur étranger un billet dans ~ons manquaicntfaire rendre l'ame au vieux. professeur.
cipal l'inviterent a diner ou a partager leur café. II avait lequel il lui reprochait, en termes fort durs, le régime Tous les jours il prenait la ferme résolution de ne pas
constamment des excuses a opposer. Aussi fut-il pris par inconvenant qu'il faisait subir as0n neveu,et mena~ait, remettre les pieds dans la maison de l'étranger; mais le
les o.ns pour un fou, par d'autres p0ur un juif. Un troi- en cas de récidive, de prendre le jeune homme sous sa vieillard lui payait si régulierement son écu et lui ve_rsait
sieme partí soutenait mordicus qu'il était magicien ou protection particuliere.
Juaez
de l'étonnement du bourgmestre, lorsque, pour de si bon vin, que toujours il revenait le lendemain.
o
sorcier.
Les habitants de Grünwiesel voyaient la chose avec
Un jour, il vint a Grünwiesel une troupe ambulante la premiere fois depuis des années, il vit entrer l'étran- d'autres yeux que le Fran~ais. lis trouvaient au je,me
d'animaux curieux : un chameau qui s'agenouillait, un 0crer dans sa maison. Le vieillard justifia sa condnite par bomme d'heureuses dispositions, et les dames de la ville
ours qui dansait, plus quelques chiens et quelques sin- les instructions formelles qu'il avait regues des parents se réjouissaient a l'idée de posséder pendant l'_hiver pr~ges, habillés en hommes, d'un effet assez comiquc sous du jeune homme confié a ses soins.
Garcon de sens et d'intelligence du reste, celui-ci, au chain un danseur dont l'intrépidité remédiera1t au petlt
leur accoutrement, et qui se livraient a différents exernombre des cavaliers.
cices. lis traversaient la ville en s'arretant aux: carre- dire d~ l'oncle, avait une peine extreme a apprendre les
Un matin, les servantes, au retour du marché, firent
lan11ues.
Il
fallait
cependant
qu'il
parlat
allemand,
pour
fours et aux places publiques. La, aux sons discordants
part a leurs maitres d'un événement qui tenait du rni-• •
d'un tambourin et d'un fifre, s'exécutaient les danses et queº l'oncle pu.t réaliser son désir bien vif de l'introduire racle. Devant la maison du jeune Anglais s'était arreté
les gambades. La quete formait la cloture. Le premier daos \a société de Grüuwiesel.
Malheureusement, le neveu opposait a l'enseignement une magnifique voiture a glaces, attelée de beaux cbesojet était un orang-outang énormé. Sa taille était presvaux et un domestique en riche livrée en avait tenu la
'
que celle d'un homme; il marchait sur deux jambes, et de cette langue tant de mauvais vouloir,qu'il fallait, faute portiere.
La porte de la maiEon s'était ouverte pour ¡·1de mieux, recourir au fouet. Cette communication satissavait faire les tours les plus amusants.
vrer passage a deux messieurs en grande toilette. L'un
Une représentation f'1t donnée devant la maison du lit pleinement le bourgmestre qui, pour la orme, recom- était le vieil étranger, et l'autre ne pouvait etre que le
monsieur étranger. Lorsque le tambourin et le fifre se manda un peu de modération. Le soir, il racontait a la neve u qui avait appris l'allemaod si péniblement et dan' tant de furie. Les deux messieurs avaiint pr1s.
firent entendre, on le vitd'abord, l'air mécontent, regar- brasserie que rarement il avait rencontré un homme sait avec
der derriere les vitres. ltlais bientót son humeur s'adou- aussi instruit et aussi aimable que l'étranger.
- C'est dommage, dit-11, qu'il voie si peu le monde! place daos la voiture, sur le derriere de laquelle le lac1t. A l'ébahissement général, il ouvrit la fenetre, et rit
quais s'était élancé, et qui s'était dirigée tout droit vers
de bon creur des jeux de l'orang-outang. II paya son Mais j'espcre qu'il sera l'un des assidus de nos réula maison du bourgmestre.
plaisir d'une si lourde piece blanche, que tout le monde nions, lorsque le neveu saura un peu s'exprimer en alleA cette nouvelle, les clames se haterent de remplacer,
mand.
en parla.
par
une toilette recherchée, leurs tabliers de cuisine et
Cet incident suffit pour modifierentierement l'opinion
Le lendemain, la bande d'animaux se rem.it en marleurs
bonnets dont la propreté était douteuse.
che pour d'autres localit.és. Le chameau eut a porter une de la petite ville. L'étranger fut regardé comme un
e&lt; U est sur, dirent-elles a leurs familles, pendant que
masse de paniers, dans lesquels les chiens et les singes homme aimable. On désirait lier avec luí dea relations tout le monde s'évertua1t aranger le salon de réception,
étaient installés commodément. Les conducteurs et plus intimes, et on trouvaitjustifiés les cris affreux. qui, qui n'était pas exclusivement affecté a cet usage, il est
l'homme des bois suivaient a pied. Quelques heures a de temps en temps, s'élevaient daos la maison dé- sur que l'étranger va introduire son neveu daos le
.
peine apres leur départ, le monsieur commanda une serte.
-•
Il
donne
une
le~on
d'allemand ason neveu, disaient monde. Pendant dix années, le vieux fou n'a pas eu l'atchaise de poste et des chevaux. ; il sortit par la meme
tention de mettre le pied daos notre maison, mais qu'il
porte que les betes, et prit le meme chemin. Toute la les passants, et ils ne s'arretaient plus.
Apres trois mois environ, ces le~ons parurent avoir soit pardonné pour l'amour du neve u, qu'on dit un jeune
Tille était contrariée de ne pouvoir ap¡,rendre le but de
abouti, car le vieillard fit un pas de plus. 11 y avait dans la homme charmant. »
son voyage.
Elles engagerent leurs fils et leurs demoiselles a se
ll ne revint qu'a la nuit close; mais il n'était plus seul ville un vieux maitre de danse fran~ais tout cassé. 11 fut présenter convenablement, lors de la visite des étrangers,
dans sa voiture. Une seconde perso11ne y était assise, le appelé par l'étranger,qui lui communiqua son intention ase tenir droits et ase servir d'un langage choisi. Leur
chapean enfoncé sur le visage, la bouche et les oreilles de faire apprendre a danser a son neveu. L'oncle donna sagacité ne fut pas en défaut, car le vieillard se fit cona entendre que l'éleve avait des dispositions, mais qu'il
enveloppées d'un foulard de soie.
duire avec son neveu, de maison en maison, en se reLe gardien ele la porte de la ville crut de son devoir était difficile a gouverner. U avait déja regules legons com~andant a la bien veillance des famille&amp;.
d'interpeller ce nouveau voyageur et de luí demander d'un autre professeur, qui malheureusement luí avait
Partout il n' était question 4:ue des deux étra.ngers, et
son passeport. 11 n'en regut pour toute réponse qu'un enseigné des tours si singuliers, qu'il ne pouvait se pro- J'on regrettait de n'avoir point fait depuis longtemps lcur
grognement brutil, proféré daos une langue inintelii- duire convenablement.
:MUNTZ.
Ce qu'il savait avait beau ne pas avoir laressemblance aimable connaissance.
gible.
(Traduit de l'allemand de Guillaume Haulf)
- C'est mon neveu, dit avec une amabilité parfaite le la plus éloignée avec la valse on le galop, danses du
monsieur étranger en se penchant vers le gardien et en pays, ni meme avec l'écossaise ou la frangaise, ilne s'en
(La suite prochtlinement.)
lui gliaaant un tlorin daos la main; c'est mon neveu; il estimait pas moins un danseur accompli.

nnent le café et mangent des gateaux. sucrés ;
elles pre ugurent que le premier pasteur a mis a la Jo ..
elles
. t'" un chre·1·1en,
. en a a gagné plus qu··¡I ne conv1en
1
teriele byougmestre s'est laissé graisser la patte, ou que
que e'd cin a re~u du pharmac1en
· que 1ques 1oms,
· en
:::~ des ordonnances conteuses qu'il prescrit a ses

�i84

niqués. S'il est dans l'ancien eontinent des contrées entiere.
r.1ent inconnues, corume, par exemple, l'intérienr de l'Ar,¡.
que, il s'en trouve daos le nouveau qui n'ont pas élé
explorées davantage. Daos l'Amérique du Nord, grace l
J'esprit cntreprenant des Yankees et des nombreux co10111
qui sont venus peupler les vastes déserts compris entre les
deux océans, tout est a peu pres counu. Mais il n'en est paa
de meme dans l'Amérique du Sud. - Dcpuis le 4te degré de
latilude S. jusqu'au cap Horn s'étend le pays appelé Pa14.
¡;onie, comprcnant &lt;les centames de licues carrées dont un

VOYAGE DANS LES RlGIONS SEPTENTRIONALES DE LA P!T!GONIK
AU DIRECTEl:íl.
Santiago (Chili), 18 janvier ! 86l,

Je vous envoie le compte-rendu de la relation d'un voyage
qui ,·icnt d'ctre exécuté, aux frai3 du gouvernemeut chilien,
daos les régions septentrionales de la Patagonie, et quelques
croquis que le chef de l'expédition, M. G. Cox, m'a commu•-

CAVALIEll PAHUEN Cllh.

seul point est occupé,
la colonic militaire de
Magellan. Or, maintenant qu'entre les questions a l'ordre d11 jour
dans le monde commercial et industrie!,
une de celles qui
préoccupent le plus
les esprits, en Europe
et en Amérique, cst
celle de la communication entre les deux
océans Atlantique et
Pacifique, la coonaissance la plus complete
de tout le continent
américain ne peut
qu'avancer la solution
du probleme. Le gouvernement des États• Unis a déja envoyé
de nombreuses expéditions, dans ce but,
daos l'Amérique du
Sud. Presque toutes
les nations hispanoaméricaines, tout entieres a leurs discordes civiles, ne peuvent
prendre intéret a la
question. Une seulc
entre toutes se fait remarquer par son
amour de I'ord re et du
::..- a::

M. COI, VOYAGEUR DINS LES PAllPAS DU CHILJ,.

A M P A

~ G

ÉTRIE!l DE PAHUKNCBE, GllA.NDEUll NATURELLR.

S

N I t

L

64

CARTK DE LA COMMUNICATION ENTRE LE PACIFIQUE ET L'ATLANTIQUR.

{85

L'lLLUSTRATlON, JOURNAL · uNlVERSEL.

VI LtUSTRATlON, JOUll.NAL UNIVEI\SEL.

progres, et par les pas
lents, maisstirs, qu'elle
fait daos la ,•oie de la
civilisation; c'est le
Cbili. Son gouvernement a été frappé des
avantages qui résulteraient, pour le com•
rnerce et !'avenir do
pays, si la communication inter-océanique
tra,ersait son territoire. Un jeune Chilien, M. Cox, Chilien
&lt;le naissance , mais
fils d'un Anglai~, \'un
des rné&lt;lecins les plus
distingués de Valparaiso, avait toujours
été préoccupé de cette
question de communication, qui, si elle était
résol ue par son ¡,ays,
luí ferait le plus grand
honneur. Sí l'on jette
les yeux sur la cartc,
011 voit q11e Puerto.Moutt e5t situé par le
4i O 30' latitude S. au
fond du golfe de Reloncavi, tout · pres du
lac de Llanquihué. A
quatre lieues a l'E. et
baignant le pied du
volean d'Osorno, se

--; le Jac de tous
trOU Saints alimenté
les une riv1ere
'- "
qu1·
par se le píed du col
arro
.1.. A
d la Cord11ere.
e tir de cette ri viere,
par
.
et en s'avan~ant tro1s
.
l.1eucs al'E,, on. francbit le col, et imme-·
diatementon trouve le
rand lac de Nahuel~uapi, d'ou sort _une
grande riviere q~1 va
droit a I'Atlant1que.
Jusqu'ici, diverse3 expéditions (entre autres
l)oe que fit M. Cox, en
iS:íO) s'élaient avaneces jusqu'au bord du
lac, mais aucune n'avait exploré ce lac, et
encorc moins la ri viere qui cnsort; et pourtant si cette ri viere
étaitreconnue navigable on avaít ur.e
' . . mar1-.
commumcalton
time toute trouvée entre les deux océans,
parce qu'a vec tous les
lacs du versant ouest

'·
3

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'.'.I

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Jcdu,,v tro:n,n¡e,r.,,,/,u

w

..limay penda,n.t; 11, /,,i,aw,
tÚ,JlJfl,COW.f

,ju,Iar;

CARIE IJ'UNE PARTIR DE LA COMMUNICATION DU PACIFIQUE AU LAC NAHUEL-HUAPJ.

ap,uJ(l;J'Olff.e/

et la riviere de l'autre versan!, cette cornrnunicalion par eau
traverse réellement
l'Amérique, et n'est
interrompue que sur
trois ou quatre lieues
de long. M. Cox ol'frit
de tenter l'exploration
du lac de NahuelHuapi et du río. qui
en sort. - Le gou-•
vernement ar,cepta ses
offres, et le nomma
chef d'une expédition
qui devait, sous ses
ordres, partir de Puerto-Moutt, traverser les
différents !aes, reconnailre iJ. fond le passage de la cordiliere;
enfiu, aprcs avoir exploré le lac de Nahuel-Huapi, descendre
par le rio Negro, qui
en sort, jusqu'a l'Atlantique. L'entreprise •
offrait de grandes dif •
ficultés, parce que des
Puerto-Moutt elle dcvait etre livrée a ses

L

VOLCAN D'OSORNO

LR LAC DE TOUS LBS SAINTS: CillPEMKNT A LA SORTIB DU PETROHUll

proprcs ressources : tout le
pays qu'elle avait a traverser
n'étant qu'un désert. Un de
nos compatriotes, un Fran~is, M. H. Lenglier, ancien éle,e de l'École polytechniqne, oITrit a M. Cox de partigcr ses dangers.
Nos voyageurs partirent, le
7 déccmbre 1862, de Puertollontt, petite ville allemande
transplantée sur les bor&lt;ls
du Pacifique, et chef-lieu de
lacolonie; ils s'étaient munis
de tous les iostruments néCCssaires, soit aux opérations ~.
topographiques et géodési-

- \ l R DU DESAt;UÉ

DU LIMA.Y. -

D'apres les crvquis de •1. Cvx.

ques, soit aux obscrvations
météorologiques, et étaient
accompagnés &lt;le dix-huit
hommcs résolus. Partis le
¡ décembre, íls arrivcrent
seulement le ter janvier sur
les bords du lac de NahuclHuapi, apres avoir franchi
le col. Nos voyageurs contournent ensuite, sac au dos,
le volean d'Osorno et arrivc11t sur les bords du lac de
tous les Saints, ou lacdesÉmcrantle~, aimi nommé it (·ame
de la couleur verte de ses
caux. L~, peodant que ses
hommes transporlent les vi-

�I

f86

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

vres de l'autre coté du lac, sur le canot que M. Cox anit
laissé dans son expédition précédente, nos voyageurs, continuent leurs observations. Le 25, M. Cox arrive au
pied du Tronador, montagne gigantesque couverte de
ueiges a son sommct et ayant a sa base un glacier immense, et dépeche les hommes en avant pour frayer,
la hache a la main, un passage dans la foret vierge qui
couronne le sommet fa col. Le 27, les J:¡ommes reviennent épouvantés par les neiges de la cime, qui, disent-ils, leur ont barré le passage. Alors, pour les encourager, M. Cox se meta leur tete et escalade les hauteurs. Arrivé au sommet, il apercoit la nappe ble11e du
lac de Nahuel-Huapi et les vastes horizons jaunatres des
pampas. Arrivé sur ses bords, en quatre jours, M. Cox
renvoie a Puerto-Moutt neufhommes, n'engardant avec
lui que cinq et son compagnon, M. Lenglier. Malgré
les périls que leur fait encourir un coup de vent terrible,
nos voyageurs traverserent en deux jours les dix-sept
lieues de large11r du lac; suivant toutes les présomptiom,
ils devaient etre en face du desague (débouché de la riviere). Le lendemain, la muraille qu'ils avaient devant
les yeux semblait rendre improbable l'existence de toute
issue, mais. au lever du soleil, M. Cox vit un point,
situé au milie\l des terres, s'élever comme une légere
vapeur. On se dirigea vers ce point; l'issue était bien
la; la premiere partie du probleme était résolue; nos
voyageurs releverent e:xactement la position du desague
et le fixerent sur leur carte.
Jls passerent ce jour en préparatifs pour l'exploration
de la riviere, et le lendemain, a sept heures du matin, la
troupe se confia a la fortune. La riviere se présentait
bien, rapide, il est vrai, mais d'une largeur suffisanle
et avec 4 ou 5 metres de fond. M. Cox et son compagnon, a l'aide du chronometre et de la boussole, releverent les distances pam.&gt;urues et les directions. Daos
la premiere partie de son cours, le rio Limay ou Limayleulu, riviere des s_angsucs en indfen, présente une section transversale reniarquable. 11 coule a mi-cote, puis
se divise en plusieurs bras. Apres cinq jours de navigation, les voyageurs rencontrent deux ou trois rapides,
parce qu'en cetendroitla rivicre coule au fonddu vallon et
est bordée, des deux cotés, par des rochers a pie. On
passe avec bonheur quelques rapides; il y a toujours du
fond, mais de temps a autre, des pierres montrent
leur tete a fleut d'eau; écueils cachés dont !'un, sur
les cinq heures, brise la quille du canot. « En moins
d'une seconde, dit M. Cox daus la relation de voyage
qu'il a publiée, l'e:iu qui entre par le fond nous arrive jusqu'a la ceinture; j'ordonnai de continuer aramer pour essayer de nous diriger a la rive, mais déja
l'eau avait fait sortir les rames des tolets. En ce moment,
une grosse lame prend, au milieu du remous, l'embarcation en flanc et la renverse, la guille en l'air. M. Lenglier, le peon Vera et moi, qui étions du cote opposé,
nous fumes littéralement coiffés par le bateau et précipités au fond. Ma ceinture me fit remonter, mais ma tete
frappant contre les bancs, je coulai de 11ouveau. Je me
sentais étouffer quand, tournant deux ou trois fois sur
moi-meme, je revins a la surface. Je vis alors a mes cotés Lenglier, luttant au milieu des flots, et un peu plus
loin le canot, qui s'en allait tranquillement la quille en
l'air, avec mes quatre autres mariniers, montés dessus.
J'offris a M. Lenglier une ceinture de sauvetage
que j'avais a la main, mais il la refusa, aimant mieux
se confier a son habileté de nageur, et se dirigea vers
le canol, ou les peons lui tendirent une rame, et il parvinta montera cheval sur la guille. Vera eut la meme
chance. Pour moi, des remous me pousserent a la rive,
ou je fus assez heureux pour aborder. Au bout de quelque temps, le canot s'arreta, enchassé entre deux rochers,
pres de la rive. Les hommes alors se mirent a l'eau et
vinrent a terrc. La profondeur de la riviere était, en
cet endroit, de 3 ou 4 metrcs, la largeur de 80, et depuis le matin nous avions fait comme 75 milles. » Voila
done nos pauvres gens a terre, presque nus et sans vivres. Par bonheur, &lt;les sacs de farine et de charqui
(viande seche) vinrent a terre, ainsi que le portefeuille
qui contenait papiers, croquis, notes, journal de voyage.
Nos voyageurs passent une mauvaise nuit, et le lendemain arriverent des Indiens qui les conduisireut au cacique voisin; celui-ci voulut d'abord les tuer, mais
un Chilien qui commergait avec les Indiens, feignit de connaitre M. Cox, le fit passer pour riche,
et grace a l'avarice du cacique, M. Cox put aller
a Valdivia, en laissant quatre hommes en· otage, dont il
devait rapporter la rangon. De plus, il eut la possibi-

bilité de pousser jusqu'a Puerto-Carmen, but de son
voyage; mais sur la routc, deux caciques ve11lent l'empecher de passer et cherchent a l'intimider dans un parlement (assemblée d'lndiens armés). Cox échappe a ce
nouveau péril, pai.se la cordiliere au col de Ranco,
meten sureté ses papiers a Valdivia, et revient intrépidement, toujours suiVI de son compagnon, M. Lcnglier,
dégager sa parole et ses otages. JI passa alors deux mois
au milieu des Pahuenches, étudia leurs mreurs et adopta
meme leur costume. C'est celui que porte M. Cox sur le
portrait que je vous adresse. 11 revoitle lieu du naufrage
dans une partie de chasse a11 guanaco et a l'autruche,
s'enfonce a l'est, et attend toujours le départ pour Puerto-Carmen deslndiens, qui, tous les ans, a cette époque,
vont dans cette ;ille vendre leurs plumes d'autruches et
leurs cuirs de guanacos; mais h présence des deux
Huincas a excité la jalousie et la défiance des caciques
voisins, et ils menacent de venir donner malon (saccager et tuer) au cacique qui donne l'hospitalité a nos deux
voyageurs. M. Cox, voyant qu'il ne pourra passer, revient
a Valdivia, et de la a Santiago, ou le gouvernement a
fait imprimer la relation de son vÓyage. Ce livre a paru
tout dernierement. ll contient un grand nombre de faits
relatifs a la géographie, a la météorologie de ces contrées,
et ce qui est le plus important, tousles éléments du probleme de la communication inter-océanique, a cette latitude de l'Amérique. Car M. Cox n'est pas arrivé
jusqu'a l'Atlautique, il est vrai, mais, par un heureux hasard, il a fait précisément naufrage au point
011 était arrivé le pilote espagnol Villarino, qui depuis
l'Allantique aváit remonté le cours du río Negro, et qui
nous alaissé une relation détaillée de son voyage. Villarino ayant trouvé partout la riviere d'une profondeur
suffisante, et M. Cox ayant trouvé également le Limay
navigable, on peut condure, ·comme le fait M. Cox,
que littéralement depuis la crete des Andes on a,
par Nahuel-Huapi, le Limay, le río Negro, une communication par eau presque immédiatement navigable.
Y a-t-il des difficulté~ a l'ouest? M. Cox ue le pense pas
non ·pi us. 1l y a trois lieues, en ligne directe, du
point le plus ouest de Nahuel-Buapi au point le
plus rapprocbé du Peulla, qui vient se jeter dans le lac
de tous les Saints, d'o11 sort le Petrohue, qui lui-meme
débouche dans le Pacifique, en face de Puerto-Moutt.
Ainsi, sur pres de 800 milles qu'aurait cette communication par eau entre les dcux océans, 790 existent déja
naturellement, et sur les 10 milles qui restent, se trouvent les trois lacs des Guanacos,. Canquenes et Cantaro,réservoirs naturels pour l'alimentation d'un canal, au point
de partage qui unirait Nahuel-Huapi au bassin du
Peulla. Ainsi, a cette latitude, la nature a tout fait pour
une communication inter-océanique. La république Argentine, colonisant les deux ri ves du rio Negro, est déja
arrivée jusqu'a l'lle de Chrelechel. C'est le tiers de la
distance du Nahuel-Hu:ipi a l'Atlantique par le Limay
et le río Negro. Le Chili, de son coté, aura d:ins peu des
colons sur les bords de Nahuel-Huapi; que les deux réhliques voisines s'unissent pour cette entreprise, que
les capitaux étrangers auxquels ell&lt;ls feront appel viennent se joindre a leurs ressources insuffisantes, devastes
contrées seront livrées alors a la civilisation, au commerce et a !'industrie, et ce siecle aura vu s'établir
une ligne de communication maritime qui permettra
d'aller, presque en ligne droite, d'Europe en Australie.
Agréez, etc.
G. DE LA HA.YE.
L'élrier que nous avous reprodu,t a la page l 84 est de graudeur naturelte : les cavahers pabuenches ne se servent de lcurs étriers que pour
poser l'urteil.

Ill'AOGORATION DK LA STATOK DK l. DE GASPARIK,
A ORANGE.

Dimanche dernier, i i septembre, a eu lieu, a Orange,
l'inauguration de lastatue élevée a M. de Gasparin, l'illustre agronome fran~ais. Nous pensons qu'il ne sera
pas sans intéret de rappeler, a ce propos, quelle a été la
vie de ce savant, qui a fait faire a l'agriculture de si
grands progres. Adrien-Étienne-Pierre, comte de Gasparin, naquit a Orange le 29 juin i783. Orphelin des
l'age de dix ans, il se faisait, a quatorzc ans, le professeur de ses deux sreurs et de son rrere, en meme temps
qu'il continuait seul ses propres études, brusquement
interrompucs par la mort de sa mere. A dix-sept ans, il
entra au service, et fit, dans l'état-majpr de Murat, les

-

campagnes d' Allemagne et de Pologne. En i 808, oblig6
de quitter la carriere des armes, il se maria, et
mena, jusqu'en i830, une existence paisible. 11 publia,
pendant cette période de retraite, une partie des on.
vrages qui élablirent sa réputation d'agronome. Apreg
la révolution, nommé successivement maire d'Orange
préfet de l'Isere, puis de la Loire, il montra, comme ad~
ministrateur, autant de talent que commc agricultenr.
Devenu préfet du Rhóne,il parvint, a force de patience
de courage et d'énergie, a calmer l'émeute terrible quÍ
éclata en 1834. L'année suivante, M. de Gasparin
nommé pair de France, fut appelé aux fonctions d;
sous-secrétaire d'État, ¡mis de ministre de l'intérieur
qu'il quilla bientot. En l 839, il reprit le porcefeuille de'
l'intérieur, qu'il avait déposé en !836, en y joignant celui de l'agriculture et du commerce; il signala par d'u.
tiles réformes son court passage au ministere. A partu,
de ce moment, M. de Gasparin rentre complétement
dans la vie privée, reccmmence a s'occuper d'agriculture, et entreprend la publication de son principal ouvrage, le Com·s a'Agriculture, cet art ou plutot Ct:lle
science si difficile, si étendue, si complexe, et qui en
comprend tant d'autres.
Jci, M. de Gasparin fait preuve, une fois de plus, de l'érudition la plus profonde, et en meme temps d'un remarquable talent d'écrivain. Pour entreprendre et mener a bonne fin un ouvrage si considérable, et qui doit
comprendre tant de parties diffél'entes, il ne fallail
pas moins que la multiplicité des connaissances de M. de
Gasparin et la merveilleuse facilité avec laquelle son
esprit se pretait a tous les genres d'ouvrages. Pour donner une idée de la variété de son savoir, il suffit d'un
simple rapproohement des litres de ses reuvres. Ce
sont d'abord des mémoires traitant de l'art vétérinaire,
le croisement des races, la gourme des chevaux, son Manuel de l'art vétérinaire, publié en 1817, et qui a eu le
plus grand et le plus légitime succes; puis un Gttide da
propriétaires des biens atfermés, un Gttide des biens soumi,
au métayage, une foule de Mémoires sur les diverses
branches de l'agriculture, et enfin son cours d'agriculture, qui est une vaste encyclopédie.
Outre le coté pratique et économique des questions
agricoles, M. de Gasparin sa vait ~oir aussi le coté noble
et élevé. 11 avait vu dans l'agriculture un puissant moyen
de moralisation des masses, il avait compris qu'en en
inspirant le gotit aux jeunes générations, on pourrail
retenir chez lui l'enfant des campagnes, qui va souvent
se perdre dans les grandes villes; aussi ne négligeait-il
rien pour répandre ce gout et pour attacher le culti vateur a ses champs. C'est pour cela qu'il prit constamment la défense du métayage et de la 'f)etite propriété. ll voyait la, en eífet, autre chose qu'une source
de profits plus ou moins grands ; il y voyait, comme
nous l'avons dit, un moyen de moraliser la classe des
cultivateurs en l'attachant au sol.
Si, quittant la vie politique de M. de Gasparin, on penetre daos sa vie privée, on ne trouve pas moins de sujets d'admiration. Au milieu de ses incessants travanx, de
ses préoccupations si multiples, il savait dépouiller toute
préteution, toute affectation. Gai, ouvert, naturel, plein
de bonté et d'abandon, il se mettait a la portée de
quiconque était en rapport avec lui, de quelque rang,
de quelque age, de quelque condition qu'il fut.11 aimail
les jeunes gens, les accueillait avec bonté et captivail
leur confiance. Les habitants des campagnes l'adoraient, et avaient trouvé en lui un pere et un protecteur.
La ville d'Orange, toute la province, sont remp\ies de
son souvenir. La cérémonie de dimanche dernier en a
été le touchant témoignage. Tous les habitants des environs étaient accourus a Orange pour assister a la fete,
et la place principale de la ville, 011 est érigée la statue,
était couverte d'une foule immense. Cet amour, ce respect des habitants pour M. de Gasparin, se sont repor•
tés sur ses enfants, et a la fin de la cérémonie il étail
toucbant de voir cette foule compacte s'ouvrir spontanément pour donner passage a M. et a Mm• Gasparin,
retournant a leur hotel. A l'ouverture de cette 'cérémouie, deux discours ont été prononcés par M. de La·
vcrgne et M. Barral, directeur du Journal d'agriculture

pratique.
Le soir, au banquet offert aux invités, M. Agénor de
Gasparin a pris la parole et a adressé de vifs remerciments aux souscripteurs qui ont contribué al'érection de
la statue. Enfin, la féte s'est terminée par une soirée
donnée chez M. de Gasparin.

--

c;, 0 1.::EL.
L'lLLUSTRATlON,- JOURNA L UNlv C.Ol.J

t87

et obtint du roi Philippe IV d'Espagne de voir créer a
Anvers l'Académie des beaux-arts.
FETES ARTISTIQUES D'ANVERS. .
David Teniers dit lejeune, fils de Teniers, &lt;lit le viet.1:t,
LA STATUE DE BERNARD PALISSY
naquit a Anvers'en t 6i0 et ful éleve de son pere. C'estun
SiAnvers est la métropole commerciale de la Belgique,
des artistes qui ont manié le pinceau avec la plus proA SAINTE3 ET A PARIS,
elle est aussi la métropole de l' art beige, et elle a voulu
digieuse facilité· dans sa jeunesse, il imitait tous les
se montrer digne de saréputation artistique en cél_ébrant
ville de Saintes, patrie de Bernard Pali_ssy' se dis- avec éclat J'anniversaire biséculaire de la fondat1on de maitres de son 'temps avec tant d'habile~é qu'on ¡•~
La a 'lever une statue a l'humble pot1er que la son Académie royale des bea'IJ,3J-arts, établissement dont nommé le Protee de la peinture; mais, quo1que apte a
pose he ore comme une de ses gloires les plus pures. Anvers peut etre fiere a juste titre, qui a conservé d~ns tout rendre, et bien que vivant au milieu des gran_ds
France ;~ ne portait-il pas un creur héroique' ce
et des princes (il fut !'ami des princ~s Léopo!d~ GmlEt, en e e \1 ur qui usa pendant seize années, son ses murs le siége de l'art flamand et mainten_u la glo1r: laume et Don Juan d'Autricbe, et la reme Chr1st_me de
rude 1ravtas1ae pensée a ~oursuivre la découv,erte des de son antique école. N'est-ce pas de son s_e1~ que ,son. Suede tui fit l'honneur de lui envoyer son portra1t attaécule e
·
· ·t sortis tous ces maitres dont les reuvres ont Jete un eter~ ux et qui, apres d'inexprimables ango1sses, arr_1va1 nr.l éclat, non-seulement sur Anvers, mai~ encore ; ur ché a une chaine d'or), il affectionna surtout le g~nre
ema j . r 011 ¡¡ jetait dans son fourneau le bo1s de
de son pere et le porta jusqu'a la perfection. Il a fa1t un
, .
. •
e~, ~ J?e?crier commeArchimede: Euréka ! J'ai trouve! toute la Belgique?
nombre incroyable de tableaux. Le Theatrum pictorum,
M. Nicaise de Keyser, - le peintre emment, d1~~cteur
son, ht,. ª·1 s marqué
'
' · ce chereheur
Anvers, f658, t660, i684, 245 pi. (en France, le gra~d
du sceau du geme,
N'eta1t-1 pas
bl' é . t actuel de l'Acatlémie, - disait. avec be~u~o?p d ~ pro. ble qui ne sachant pas lire, fut o ig 'smvan pos dans un discours qu'il a prononce a l occas1on de cabinet de tableaux, f755, in-folio) n'offre qu'une part1e
0 ' '
iníat1"a
· avec ¡es dents,
de J'reuvre de David Teniers; il y a encore d'innom". e parole' d'a-1·endre
la science
i;0n éner01qu
-rrl ·
l'in~uguration de la statue de Teni~:s, l&lt; que la d~u.ble
brables estampes gravées d'apres lui par Lebas et au.
a laissé des ouvra"es que l'art et a science
el q111 nous
º
'
? N' t ·1 gloire dontjouitAnversde~uis ?es_ s1ecles rar,pelle al esJ
t ¡·ustement comme des chefs-d reuvre
es -1 prit le souvenir de deux v11les itahennes, dont le nom tres.
regaruen
l
d'et
t ,
Parmi ceux de ses ouvrages que possede le musée
d'
de monter sur un piédesta ' et
re mon re est impérissable daos l'histoire, et don~ la renommée arpas igne mple le lutteur endolori de travail et de
du
Louvre, on remarque l'Enfant pl'odigue, une Tentaconune exe
,
é tistique et commerciale n'était pas mo1~s grande autretion
de saint Antoine, la Chasse au héron, le Joueur de
.sere,
. qui. nous a léaué
cette
belle
parole
:
e&lt; - Povret
o
.
1111
fois que ne l'est celle de la cité anverso1se ;nous voulons
cornemuse,
la f-/oce de village.
n'empesche pas les bons esprits de parvenir 1_ »
,
dire Pise et Venise. l&gt;
Teniers
mourut
en 1694.
La ville de Saintes n'aura pas, la prem'.ere, él~vepun_e
Lorsque, au treizieme siecle, ces deux cél_ebres répuEn
célébrant
l'anniversaire
de la création de son aca'honneur
du
célebre
potier
de
1
Ageno1s.
ar1s
statue en l
, ,
.
bliques eurent étendu leur puissance en ?r~ent:. on _les
a déja rendu un éclatant hommagde a 1h?mm~ qm a vit s'éprendre du gout de l'art, et leu: gem~ s i~sµ~rer tlémie, a laquelle se ratta1:hent tant d'illu~tratio.ns, ~nréalisé !'un des plus grands progres e 1a ce:am1que en des marbres antiq ues dont leurs galeres depo_u1lla1en: vers a, en meme temps, voulu payer son t~1but d ad1~uraration et de reconnaissance a David Temers, au pemtre
rrance.
T
l'empire byzantin, o11 ils n'avaient pl~s que fa1re et ou
célebre: d'admiration pour son lalent aussi original et
Le 9 aout 1860, sur les bords de la Marne, au_m1 ieu
1eur beau té n'était meme plus compr1se. Ce .fut surtout
d l' t aussi spirituel que varié; de reconnaissance, pour l'inde villas qui portent le nom de ~ernard ~ahssy' a Pise
qui se distingua par lasplendide rénov~t10n e. ar
Joinville-le-Punt, une foule immense maugura1t, par une grec, dont elle fut le premier centre _en Itah~, et qui eut fati"able dévouement avec lequel il se consacra a l' Acarete artistique et industrielle, une gran_de et hel'.e statue pour premier interprete l'illustre Nicolas Pisano. Grac~ dé;ie dont il fut le créateur. Et l'administratioo commuqui rendait un pulilic hommage au poller de_ Samtes.
a cet artiste éminent, grace a son discipl_e Arnolfo ch nale se faisant !'interprete de ce noble et profond sentimen~ dont la population anversoise est animée pourtout
Deux parlicularités intéressantes donna1_ent e~core
Lapo, l'architecture prit ce style_ grandiose, majestue~x
lus de relief a cet ouvrage, devenu popula~e au!our- et éié"ant a la fois qui caractér1se les monuments rel~- ce qui touchc aux beaux-arts, a décrété qu'une statue se:'hui. El d'abord, ce n'était ni _le bronze' ,m 1~ p1erre, gieuxO dont la To;cane put s'enorgueillir des le tre1- rait élevée sur une des places publiques d'Anvers a cet
artiste illuatre. Elle fut confiée a l'habile ciseau de M. Duni le marbre qui avaient fourm, com~e d_ h~b1~ude, ~a
zieme siecle.
caju, mais on était trop pres de l'époque d_es fetes P?ur
111atiere de la statue. L'inventeur de I email eta1t_ gloriPresqu'en mcme temps' Giotto' a Fl~rence' ro,mfié par un travail digne de lui. Sa ~aute et pmssante pait avec cette froide et ignorante pratique de 1_a~t que l'artiste put exécuter son reuvre; auss1 les autor1tés
statue représentait un bloc de porcelame,- Le pro_moteur byzantin, qui se mourait déja depuis loug~emps,_ e~ revm- chargerent M. J. Van Arendonck, - pour p~rmett~e a
O,iet ~1. Gille, propriétaire des villas
. Pahssy,
. . , et fiait l'art du dessin par l'étude appro~on?1~ et s_e~ieuse, de la ville de rendre un hommage public a David Temers
duprJ,1,
lui-meme fabricant de porcelaine, mo~tra1~ ams1 ,"' son la nature. C'est a ce~ trois grandes mdLV1dual~tes ¡qu est en meme temps que se célébrait l'aniversaire de lacré~illt1Stre prédécesseur que l'art de la cera~tque na pas due la renaissanc~ de l'art en Italie, c'est-a-due la fon•: tion de \'académie, - de l'exécution d'une statue alle. é éré en France. La statue de M. Gil,e est un ou- dation de cette belle école toscane qui devait jete~ un st gorique représenlant la ville d'Anvers couronnant le
deg
' t' t
vragen remarquable, hardi, bien con~u, b'ien execu
e'. e ·vif éclat, .et dont Venise devait recueillir plus tard ~es buste de Tenier$.
•
qui fait honneur cheznous al'industrie de la porcel ame.
C'est cette reuvre que nous reproduisons, d'apres
splendides traditions pour les dé':elo~per et leur fa1re
La manufacture de Sevres n'eut pas fai~ mi~u~, et ce atteindre grace au Titien et a Veronese, leur expres- une photograpbie de irn. Janssens_ et Stalins. Elle
est on ne peut plus réussie et fa1t le plus grand
n'est pas UD mince mérite pour l'indu.&amp;tr1e privee q~e d~
sion la pl~s haute et la plus réelle.
s'élever a la hauteur d'un établissement subvent10nne
Ce que Pise fut pour l'Italie, Bruges le ful pour la honneur a M. J. Van Arendonck. Aussi la commission
des fetes s'est-elle empressée de décider que la statue,
par l'État.
,. . . .
Belgique.
.
El puis, chose remarquable, en France o11 1m1t1at1v~
De meme que l.a noble cité transalpme fut le ber- destinée d'abord a figurer seulement pendant la féte
individuelle est si rare, ce n'était ni le gouvernement, m ceau de l'art italien, la noble capitale de la Flandre inaugurale, serait consl9I'vée et placée a d~meure daos
l'administration des Beaux-Arts, ni le conseil municipal
une de ces magnifiques promenades qm entourent
fut celui de cette grande école, que les noms ~es Van
d'une commune qui avait mis a exécution c~ projet. Eyck des Roger V:inderwyden et des Hemel'.ng o~t Anvers.
L'espace nous manque pour raconter en détail le_s
Le projet du monument, son exécution, son maug~- rend~e si illustre. Et, comme si l'histoire elle-rueme eut
ration tout était la pensée d'un seul homme. M. Gtlle voulu compléter l'analogie que présente la marche s_m- cérémonies artistiques, les fetes véritablement spl~nd1avait ~ut congu et tout exécuté. C'est la assurément un vie par l'art italien avec celle de l'art fla~and au q~m- des orgahisées par la ville a l'occasion du deu~ cent'._em_e
noble usage de la fortune, et cet exemple ~st trop _r~re- zieme siecle, Anvers, cette Venise septentr1o~ale, dev1ent anniversaire de la fondation de 8on académie (comc1ment imité que nous nous ref11sions a hu payer 1c1 UD a la fois héritiere de la splendeur comme~c1ale et de la dant avec l'exposition triennale des beaux-arts, a lajuste tribut d'éloges.
gloire artistique de Bruges. Quinte Metsys maugure cette quelle nous consacrerons un, artic)e spéci~l), et p~r la
n est done équitable de reconnaitre et de proclamer ere nouvelle. Puis s'ouvre le grand siecle auquel Rubens société royale d'Harmonie, a I occas10n du cmquant1eme
que M. Gille est, en réalité, le promoteur du d?uble devait donner son nom, et o11 l'on vit l'école flamand~ anniversaire de son existence.
projet qui, a París et a Saintes, va consacrer la glo1re de
Malheureusement, la pluie cst venue contrarier les
répandre un éclat non molns resplendissant que cellll
l'inventeur des émaux en France.
cérémonies et les réjouissances publiques. Une cavalcade
dont brillait la ville des doges.
, . .
,
Chose étrange ! Les hommes qui font de la céramiq~e
sl' est historique la fete vénitieune, le feu d'artifice et l'inaudant, si, apres cette époque, l art Jtalten
C
epen
d
un des lustres de !'industrie fran~aise, sont tous part1s .
s1'blement endormi il n'en est pas de meme e art guration de la statue du pocte ~a~and, !héodore V~n
'
, · hé ·
de bien bas, pour s'élever bien haut. Bernard Pal_issy msen
Ryswyck, ont du etre etre rem1s a des JOurs plus cle-stter
d. A la vérité, ¡¡ a pu sommeiller par101s,
.
¡¡
accom¡,lit, pendant plus de seize ans, d~s prod1ge~ fl aman
ments.
ans .sa mar·he
t: , tenter de s'ouvrir des vo1es. nouve es,
d'héroisme. Charles Avisseau, de Tours, qm trouva, lm dlutter pour le maintien des traditions don t 11 est le dé:
Jean-Tbéodore Van Ryswyck, a qui Anvers vient
a11Mi, comme Bernard Palissy, de belles fi,gulin~s, en fu.t
d'élever
la statue que nous reproduisons ci-contre, na·t .
mai·s, dans chacune de ces c1rconstances
. s1
rédnit, pour trouver l'alliage de l'_or et des emaux, a pos1 aire,
quit
a
Amers
le 8 juillet I SH. Des son j~une age, son
diverses et souvcnt si critiques, c'est Anver~ qm eut
jeter daos son creuset l'anneau nupttal de sa courageuse
gout
pour
la
poésie
se fit jour dans plus1eurs producl'honneur de relever avec énergie et de temr haut et
íemme. · M. Gille, enfin, le digne continuatew· de ces
tions
oubliées
aujourd'hui,
mais qui lui valurent la coferme l'étendard de l'école flamande.
, .
grands artistes, a commencé par vendre dans_ les rues,
Les maitres formés sous l'influence du geme de R~- lere de ses p:irents. 11 est presque superflu de dire q~e
de maison en maison, les plus humbles poter1es, et ce bens continuaient encore, de la maniere la ~lus b~il- les aspirations littéraires de Van Ryswyck ne rencontre,endeur, perdu dans la foule, ce modeste trafiqu~ut de,!~ . 1 t ' marcher dans la route qu'il leur avalt tracee, rent dans sa famille aucune espece d'appui, ou, pour
an~"'
'
rue, a force de patience, de courage et de travall, a ete lorsqu'un
grand artiste, dont l' écol~ fla.~an~e s enor- roieux dire furent vivement contrariée!!. Tel fut le sort,
décoré, a l'UDe de nos expositions, comme ~n de_s pre- gueillit a juste titre, con~ut la pensee d etabhr dans sa _ pour n; parler que des poetes néerland~is, - de
miers fabricants de France. M. Gille appartient mcon- ville natale une institution semblable a ce~le don_t R~me Tollens, de Van Duyse, de Ledeganck, de plus1eurs ~uteslablement a cette glorieuse pléiade de travailleurs
et París possédaient déja des modeles, etqm co~st1~ua1ent tres encore. Il n'est pas étonnant, apres cela, qu on
qui a donné a notrc siecle les Jacquart, les Richard-Ledes centres o11 non-sculemeut l'art fut ens_e1gne da~s trouve Van Ryswyck tour a tour dans un atelier de
noir et les Joly d'Argenteuil. Le travail ne rend-il pas ses multiples manifestations, mais encore ?u les trad1~ sculpture ou chez un peintre de décors, ou enfin, en
au centuple ce qu'on lui donne?
tions de \'école pussent se maintenir en, enller. Ce grand l'an 1830 volontaire daos l'armée de l'indépendance.
RENJ\I Coz1c.
artiste fut David Teniers, le jeune. D accord. avec_ ~es Cettc der~iere période de lajeunesseagitée du chansoncollegues, les doyens de la gilde de Saint-Luc, il sol1Ic1ta nier flamand, il íaut la Jire dans une jolie nouvelle de

�f88
son compagnon d'armes, le célenre romancicr Henri Conscience.
11 faut plulot s'applaudir que se
montrer allristé des. vicissitudes
auxquellcs a été soumise l'insouciante j cunesse de notre poctc.
C'est dans cette vie d'aventures
mem_e que son espritsarcastique, et
porte tout naturellement a la satire,
a pu récolter cette riche moisson
d'obse'rvations que plus tard nous
rcncontrons d_ans ses gaies et pimpantes chansons, fixées par le burin
d'un maitre immortel.
Ubéré du service militaire il
trouva a s'occuper en qualité' de
commis du Mont-de-Piété, et, heureusement pour la poésie flamande,
cette espece de sinécurc lui laissa
le temps de s'appliqucr avec ferveur il des études qu'il n'avait jamais pu faire dans sa jcunessc, JI
débuta par un volume de poésie~,
et prit en meme temps une part
trcs-large a la renaissance de la
Chambre de rhéorique: l'Olivie,·(de
Olyftak). 11 ¡,ublia successivement
des recueils de chansons qui ont
fondé sa gloire d'une maniere durable, et dont l'énumération Dous
enlralnerait trop loin.
Toutes ses poésies se distinguent
par la clarté et l'énergie; jamais
pocte n'a mieux démontré la vérité
du mot de Béranger, que : « La
ehaoson est l'iospiration du moment. » Sans précéder jamais le ·
peuple dans ses vreux parfois téméraircs, il comprenait admirablcmeut ridée qui était d'actualité
s'en cmparait d'uoe autorité souvc-'
raine, et trouvait pour l'exprimer
des acccnts doDt l'empire est io1périssable.

--111ente
encore l orsq~' on

Théodore Van Ryswyck exp~
7 mai 1849. Il mourut comme e
80111
morts tant
. de .poetes fran~ais,ceui
du moms qm tr uvent un asile
dans les maisons du docteur BI
. I'
an.
c.he. Ses am 1s entourerent de SOins
p1eux, et 1e gouvernement fil un
. ~
e
pens10n "' . sa veuve et a ses en.
fants. Le Jugement de la poslé 'té
. attcndrc pour rt .
ne s' est pas fa1t
1
·1
auss1 ongtemps que !)Our beaucou~
d't:mres; c'est Ice que prouve
statue qu'on vient de Jui éle,/
daDs sa chere vi lle d'ADvers.
r

t

GusTAVE LEMAIRE,
~

LA FONTAINE DE VAUCLUSE.

A. E. P. COl.lTE DE GASP.lR!:i: STATUK llE .U. PlEI\I\E HÉULIIT, INAl:GURÉE LB II SEPTEMBRl!, A ORANGB.

STATUE lm TRÉIIOORE VAN ílYS\HLIL

affeclions du crem humain sont
des sujets toujonrs jeunes, et
offrent une mine inépuisable a
l'art comme ala philosophie. Et
nous dirons avec Schiller : La
source ou puisaieot les ancieus
coule pour les vivants avec la
meme fralcheur, et le solcil qui
éclairait Homere est celui qui
brille a nos ycux.
Des qu'on a pénétré daos le
vallon de Vaucluse, la verdure
des arhres, le cours si vif des
eaux de la Sorgue, la siogularité
de forme des rochcrs, répondent
bien aux imagcs que l'on s'est
faites de Vaucluse par la leclure
des poésies que ces lieux ont
inspirées; mais des que l'on
monte plus haut que le village,
en se dirigeant vcrs la source
l•aspect d11 site prend un carac-'
tere de grandeur et de sévéri té
qui impressioDne plutot de terreur que d'un autre sentiment.
Ces rochers, si siugulierement
déchirés, fendus, crcusés de ca.
vernes, allongés en pain de
sucre et en aiguilles, renvcrsés
pcle.. mele, forment un tableau
qui ne peut manquer de donncr
une sorte de frissonnement aux
visitenrs, a ceu.x surtout qui ne
vivent gucre qu'au milieu des
ville~, et qui ne contemplcnt
or&lt;linairemeot cl'autre spectacle
&lt;le la nature que celui des
jardins, si mesquincment disposés par la main des hommes.
Le sentiment de terreur éprouvé
dans ce cirque de rochers au"-

º

189

VI LLUSTR.ATlON, JOURNAL UN l VE RSEL.

L'lLLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

Les pluics abondantes du printemps occasioDneDt soment le débordemeDt de toutes DOS riviere~ et
font surgir d'une maniere exc;pti?n~elle toutes les sources d'eau.
Ams1, celle si célebre sous le oom
de Font.iine de Vaucli.ise, déverse
quelquefois ses eaux avcc une aboodance el une impétuosité toutes
particulicres. Cet état de la sourcc
attire alors un grand nombre de
visiteurs, qui viennent admirer un
eles plus beaux spectacles de la
nature piltoresque.
Tant de poetes, taDt de philosophes, tant d'csprits tendres et re"_eurs ont parlé de Vauclnse; oo a
s1 souvent décrit et re présenté ce
site grandiose et singulier; on a
rendu tant d'hommages au souvenir de Pétra:-que et. de Laure, qu'il
semhle au moins super0u de s'eo
occuper de nouveau; mais la
bcauté de la nature, la poésie, les

I.A \ILLF. ll'AHEHS COU IIONNANT TliNIERS, GIIOUPE DE 11. J. VAN ARENDONCK.

!

e:t par:
~lasource, au pomt mt:me ou
,enu ..
énorme rocher tout crevassé
UD
J
..
,
, ·¡•ve d'une seu e p1ece a une
se~
d
·
t · d
bauteur de plus e s1x cen s pie s,
pour surplomber sur votre tet~
. ne nianiere mena~ante, et ou
du
l'on a a ses pi_eds ou b'1en un antre horrible, s1 les eaux sont has- ·
u si elles sont hautes, une
es' º '
scascade
jetant sur des rochers
niassés, environ deux cents toises
ecubes par minute d' une eau qm.
se transforme en écume avec un
rracas épouvantable. Dans les
crues annuelles ordinaires, l'eau
sedivi,e, par chutes inégales, entre
des blocs de rochers entierement
recouverts d'une grande mousse
,ert-noiratre
(gymnostomum
aquaticum), et la cascade est d'un
aspect richement varié de forme
et de couleur; mais, aprcs de
grandes pluies, l'eau recouvre
toutes les formes inférieures d'un
¡0101ense manteau d'écume qui
semble se réduire en poussiere.
, Plusieurs paysagistes ont visité
Vaucluse et ont trouvé avec juste
raison que ce site était peu dans
les conditions de leur art. Un
des plus savants, notre ami, feli
W. Schirmer, qui fut directeur
et fondateur de l'école de Carls-rube, se trouvait une fois avec
nous a Vaucluse, et il fut désappoioté au point de n'avoir pas
la force de tracer un seul croquis;
mais pendant qu'il errait tristement au bord de la Sorgue, nous
ne re~tions ni oisifs ni découragés,
et nous rcjoignimes notre compagnon, muni de plusieurs études
de~inées. A la vue de nos croquis, le professeur Schirmer fut
désolé de n'avoir rien fait de son
coté. Le courage lui 'venait; mais
c'était trop tard, car il fallait reprendre laroute d'Avignon. Pour
se consoler, il nous demanda de
lui confier nos études, et, combinaot ces matériaux avee ses sou-•
noirs, son talent sut produire un
des plus heaux dessins qu'il ait
faits.
Quoi qb.'il en
soit, il est certain qu'a Vaucluse, l'horizon
est a peu pres
entiereme n t
borné par des
rocbers dont la
disposition générale n'est pas
de nature a
fournir de bonnes masses a13.
composition pittoresque d'un
tableau. On ne
saurait se tour.
ner d'aucun
coté saos qu.e
quelque maison
dépourvue de
tont style ou
quelque jardin
plantédechoux
de salade et d;
pelits arbres
alignés ne viennent détruire
ridiculemen t
l'unité des impressions Jiro-

1

ROCHER ET FONTAINB DE VAUCLUSE.

CROE DES EAUX DE U_FONTAINB 06 VAUCLUSE.

fondes qu'oD re~oit des belles parties du paysage; mais il n'est pas
moins certain que Vaucluse est
un lieu riche en détails de différents caracteres, On voit, au bord
de la Sorgue, des arbres, ormeaux, figuiers, micocouliers de
la forme la plus gracieuse. A chaque pas, ce sont des chutes d'eau
pétillantes par la variété et par la
richesse des couleurs; il y a des
parties de rochers d'1rne silhouette
rnperbe ; le vieux ehateau, qui
appartenait aux éveques de Cavaillon et qu'on veu:t, a to11te
force, appeler le chateau de Pétrarque, est une ruine trcs-pittoresque. Enfin, l'intérieur du village offre q11elques vieilles maisons
et quelquessingularités de terrain
que nous signalons comme tresdignes d'attirer l'attention d'un
dessinateur.
On trouvera, dans toutes les
biographies de Pétrarque, des appréciations plus ou moins étendues de ses reuvres, et dans tous
les livres publiés sur la fontaine
de Vaucluse, les passages de ses
écrits qui ont rapport a son long
séjour dans cette retraite.
« Cherchant, dit-il dans son
Epltre a la postérité, « une re11 traite qui me servlt d'asile, je
1c trouvai, a quinze milles d'Avic1 gnon, un vallon tres-étroit,
1c mais solitaire et délicieux, que
&lt;&lt; l'on nomme Vaucluse, et au
&lt;&lt; fond duquel nait la Sorgue, la
« plus célebre des foDtaines. Épris
« des charmes de ce lieu, je m'y
1&lt; retirai avec mes livres. Mon
&lt;&lt; récit serait trop long, si je rae&lt; contais tout ce que j'ai fait daos
« cette solitude, ou j'ai passé UD
« grand nombre d'années. J'en
« donnerai une idée en disant
&lt;&lt; que de tous les ouvrages qui
&lt;&lt; sont sortis de ma plume, il n'en
« est aucun qui n'y ait été écrit,
e&lt; commencéou con~u; et ces oi:&lt;&lt; vrages sont si nombreux qur
(( daos un age avancé ils m'occt &lt;&lt; pent et me fatiguent encore ...
&lt;&lt; Cette
re&lt;&lt; traite m'a ins« piré des rll'••
&lt;&lt; flexions sur la
« vie solitaire
&lt;&lt; et le repos
&lt;&lt; des cloitre~,
&lt;&lt; dont j'ai fait
« l'éloge dans
e( deux
traités
&lt;&lt; particuliers.
« C'est enfi n
&lt;&lt; sous les om&lt;&lt; brages
de
e&lt; cette solilude
&lt;&lt; que j'ai cher« ché aéteindre
1&lt; le feu dévo&lt;1 rant qui con&lt;&lt; sumait
ma
e&lt; jeunesse ; je
ce m'y
retirai
e( comme dans
(&lt; un asileinvio« Jable : impru« dent ! ce re&lt;&lt; mede aggra1&lt; vait mes souf1&lt; frances.
Ne
• &lt;&lt; trou vant pcr• 11 sonne, dans
(&lt; une si pro fon-

�rno

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

« de solitude, pour arréter les progres du mal, j'y souf« frais davantage. C'est alors que le feu de mon creur,
« s'échappant au dehors, je fis retentir ces vallées de
« mes tristes accents qui, d'apres quelques lecteurs, ont
« une douce mélodie. ,,
En 1805, l'Athénée du département de Vaucluse dé-

cida qu'une colonne serait placée au lieu meme de la
fameuse source, comme hommage a la mémoire de Pétrarque. Bien que cette colonne fut taillée sur le modele de la fameuse colonne Trajane de Rome, son effet
fut d'une mesquinerie tellement choquante, qu'il fallut
hrentot l'enlever du voisinage des rochers dont la hauteur la faisait paraitre trop petite, pour l'élever a l'entr.ée
du village, ou elle est encore debout. En votant l'érection
du monument, l'Athénée avait invité tous les gens de
lettres a proposer des inscriptions pour etre gravées sur
le piédestal de la colonne, et voici celle qui futre~ue un
beau matin par le président de l' Athénée, M. Blaze, correspondant de l'Institut, pere du spirituel conteur
connu sous le nom de Castil-Blaze:
Pétrarque considérant de Vaucluse le Jieu,
·De la félicité il se vit au milieu,
D'avoir mis sous ses yeux J'immense source d'eau
Tellement abondanle qu'elle porte bateau.
Cet Apollon profond aima sans cesse Laure
Celle qui en beauté fut l'émule de Flore.
Par d'étonnants sonnets, amoureux, magnifiques,
Tellement éloquents qu'ils sont d'un genre unique,
Comme prince des poetes italiens
Pétrarque fut mis »ar les historiens.
De ce département Vaueluse fut le nom
Et son digne préfet, Marc-Antoine Bourdon;
Avignon, en ce temps, eut pour ion maire Puy,
Thivelier, Collinet, les adjoints dºaujourd'hui.

C'est un peulong, dit un des membres de l'Athénée vauclusien ! C'est bien curieux, nous a dit une fois un
membre de l'Académie fran~aise, ancien ministre, aqui
nous a.vons récité ces vers; tellemeut curieux qu'il en
voulut avoir copie.
J.-B. LAURENS.

LES ENTREMETS ET LES ÉPICES (1).

Le plaisir de la table est incomplet, si le cerveau reste
inactif pendant que l'estomac fonctionne. La communication entre ces deux organes est constante; chacun a
son heure, le cerveau devant l'étude, l'estomac devant
le repas, doit prendre la prééminence, mais sans annihiler l'autre, sou~ peine de bestialité ou de folie. Dans notre temps de haute civi!isation, le complément de la
bonne chere est une conversation aimable sans fadeur,
intéressante sans pédanterie, animée, légere, eftleurant les sujets pour en indiquer le suc, passant de
!'un a l'autre sans fatigue pour !'esprit, remplissant
en un mot, -,is-a-vis de l'intelligence, le role des épices dans les mets. Cette application des vrais dogmes de l'épicuréisme n'était encor!!, il y a cent ans, que
le privilége de quelques esprits hors ligne. Rabelais,
Théophile de Viau, Saint-Amant, en avaient été les promoteurs un peu excentriques; Gassendi fut le premier
grand-maitre de la moderne école tl'Épieure.
Mais des les premieres lueurs de la ci,ilisation, les
hommes ont cherché A rendre leurs festins agréables
par des distractions conformes aux mreurs de leur épo-•
que.
Les repas des Grecs étaient égayés par des chants et le
jeu des instruments. A Rome, il y avait, en outre, entre
les services, des danses, des pantomimes et meme des
combats de gladiateurs. Néron, dans son habitation dite
Maison cl'or, a cause des plaques de ce métal qui couvraient les murs, avait une salle a manger dont le plafond mobile représentait les mouvemenl~ du ciel, et
duque! tombait A certains instants des piuies de parfums
et de fleurs.
Les divertissements, ayant lieu a Rome pendant qu'on
enlevait les mets d'un service pour les rempl3cer par
ceux du service suivant, prirent naturellement le nom
d'entre.ets. On employa méme longtemps ce mot dans
le sens que nous donnons a intermede, et on trouve dans
llaií (mort en i591) l'expression entremets de la tragéclie
Je Sophonisbe. Aujourd'bui, on nomme entremets les
plal~ qui se servent entre les lég1mes et le dessert.
Les rois de France, jusqu'au seiziéme siecle, déployerent un grand luxe pour les entremets de leurs festins.
(t) C•t article ell ntroit d'un ouvrage import·nt qui paraitr-3 prochain,meot sous ce tilre C11rioli/t1 de, rep111 ancieru et IIIOdernu.

Au mariage de Robert, fils de saint Louis, en i237, on
vit aux quatre coins de la table des musiciens montés
sur des breufs, et des singes a cheval aupres d'eux faisant mine de pincer de la harpe. Au son de la musique,
des chiens, couverts d'étofles tres-•riches, cabriolaient en
mesure autour des convives. En meme temps, un cavalier traversait la salle sur une corde tendu!l au-dessus
de la table. Un des plus célebres de ces entremets est
celui qui eut lieu au repas offert par Charles V a l'empereur d'Allemagne, qui était venu a Paris en i378.
Pendant le repas, apparut un immense vaisseau monté
par des chevaliers chrétiens, ayant a leur tete un personnage représentant Godefroy de Bouillon. Ce navire
attaqua uue ville fortifiée de tours simulant Jérusalem,
et défendue par une troupe de Sarrazins; aprcs de nombreuses et curieuses manreuvres, l'assaut fut donné a la
ville, qui fut prise apres une vigoureuse résistance.
En 1453, Philippe le Ben, duc de Bourgogn~, donna
un spectacle anatogue, a l'occa,ion d'nne croisade projetée contre Mahomet II. A la fin du repas, 11ne jeune
filie entra, portant un faisan doré sur le4uel les convives jurerent de reprendre Constantinople et de conquérir la Palestine. Mais l'expédition se borna A ce serment.
Le poete Chapelle fit au moins autant pour la délivrance des lieux ,aints. Nous pouvons meme dire qu'il
fit plus, car il expMa sa vie; voici comment:
Chapelle se trouvait un soir a souper avec un maréch:i.l de France. Le vin était excellent et abondant. Nos
convives en vinrent, a la fin du repas, a aborder la
grande question des douleurs humaines, puis celle de
l'inanité des biens périssables de ce monde, qui les
amena A envier le sort des martyrs.
- Eh bien! dit Cbapelle, allons en Turquie, je precherai la foi, on nous menera devant le hachar, je luí
parlerai de la bonne fa~on; vous direz comme moi, monsieur le Marécbal, on m'empalera, on vous empalera
ensuite, et nomi voila saints.
- Comment ! reprit le maréchal en colere, il vous
sied bien, petit compagnon, de tenir ce langage; c'est
moi qui parlerai, c'est moi qui serai empalé \~ premier,
011i, moi, moi, maréchal de France, duc et pair !
- Quand il s'agit de la foi, riposta Chapelle en bégayant, je me moq11e du maréchal, du duc et du pair.
Aussitót, le marécbal lui lance ~on assiette a la tete;
Chapelle se précipite sur tui; ils renverscnt table, buffet
et chaises. On accourt au bruit, on les sépare ; mais ils
expliquent leur diflérend et on a toutes les peines du
monde a les décider A se mettre au lit saos ctre empalés.
Les seigneurs avaient dans leurs chateaux des spectacles analogues a ceux des festins royaux. Un jour Charles IX étant a diner chez un gentilhomme, pres de Carcassonne, le plafond s'ouvrit a la fin du repas. On vit
descendre un gros nuage qui creva avec un bruit semblable A celui du tonnerre, en \aissant tom ber une grele
de dragées suivie d'une petite rosée d'eau de senteur.
Les entremets royaux a grand spcctacle se passaient
au palais de la Cité, dans la grande salle (aujourd'hui.
salle des Pas-Perdus). Mais quand ils n'exigeaient
point un développement aussi considérable de machines,
on faisait glisscr les décorations sur l'immense table de
marbre, ou ne s'asseyaient pour les repas que les princes souverains. Ces entremets représentaient généralement des villes, des pares, desjardins avec des fontaines,
et des jets de vin ou de liqueurs de toutes sortes. C'est
de la qu'était venue la coutume, dans les fetes solerinelles, de remplacer les distributions de vin par des
fontaines publiques, comme celles qu'on établit lors
de l'entrée de Charles V a Paris, sous Charles VI et sous
Louis XI. Ces fontaines versaient a grandes nappes du
vin, de l'hypocrac;, du lait et diverses liqueurs.
On voyait encore les restes des magnificences théatrales du palais de la Cité, au temps de Henri IV. Mais
apres le terrible incendie qui éclata daos la nuit du 5
au 6 mars !618, et qui détrui~it, avec les pieces du proces de Ravaillac, une grande partie du Palais ainsi que
la table de marbre, on ne songea pas a les rétablir.
Le Palais n'était plus, d"ailleurs, destiné a servir de
séjour aux rois; il était devenu exclusivement le temple
de la Justice.
Cette transformation du Palais, si splendide sous
saint Louis, nous conduit naturellement a parler des
épices (espices) auxquelles les basocbiens doivent au
moins autant de reconnaissance que les gourmets.
l,es Romains avaient eu 4'&lt;\bord pour épices et ll-SSai•

L'ILLUSTRATION, JOURN AL UNIVERSEL.

sonnements le poivre (différent de celui de Sumlll'II,
l'ail, l'ognon, le poireau, le vinaigre, la sauve (nio..
tarde), le miel et quelques plantes aromatiques. Soaa
l'Empire, ils connurent la menthe, le cunnin, le safran
roxymel, l'anet, le thym, le laurier, la pistache, et~
assaisonnement qu'ils nommcrent silphium, qu'on ClOit
étre l'opium.
Au quatorzieme siecle, on comprenait, en Franct,
sous le nom d'épices, ontre le poivre, le piment et les
aromates dont nous parlons ci-dessus, les dragées, le
sucre et les confitures.
La muscade et le giroOe furent découverts au moyen
age, par les Chinois, dan~ les iles Moluques; mais les Portugais ne commencerent a les exploiter, pour les rép¡¡.
dre en Europ~, qu'en l 5i 1.
Avant la découverte du cap de Bonne-Espétance, les
relations avecles Jndes étaient difficiles; le poivre valait
deux mares d'argent la livre, et les épices douces (&lt;Ira.
gées, confitures, sucre) étaient tellement rares qu'on ea
présentait seulement aux rois et aux grands seigneurs ala
fin eles repas. On les offrait en cadeaux, comme marque
de déférence ou de gratitude, et Mezerai attribue ¡
cette coutume \'origine des frais judiciaires.
Un riche bourgeois, qui avait un proces, envoya des
épices en cadeau au juge, et, comme il avait sans nnl
doute raison, il obtint gain de cause contre son advtrsaire. Les autres plaideurs envoyerent des ce momeot
des épices aux juges, aux rapporteurs et aux greffien.
Ces épices, ainsi prodiguées, perdirent de leur charme, et
on arriva bientot a les remplacer par des especes. Les
dons, de volontaires qu'ils étaient, devinrent implicitement obltgatoires, et, sous Louis XIII, un commis ayaot
emporté la caisse des fonds destinés aux dépenses de
justice et aux traitements des greffiers, on ne la rétablit
poin t. Les frais de j ustice furent des lors a la charge des
parties belligérantes.
Nous terminerons ce rapide aper~u de l'historiquedes
épices par un document assez curieux sur !'origine dela
célébrité de la sauve, ou sennevé de Dijon, eous le nora
de moutarde. Cette citation est d'ai\leurs tout a l'bonnenr des braves Dijonnais.
&lt;&lt; Le roy Charles VI, en l'an 1382, lorsque luy a,ee
&lt;&lt; Philippe le Hardy, son oncle, furent au secours de
&lt;&lt; Louys, comte de Flandres, les Dijonnais, qui, de
« tout tem ps, ont été trcs-fideles et tres-affectionnez en&lt;&lt; vers leurs princes, se monstrerent si zélez, que de
« leur propre mouvement ils envoyerent mille hommes
« condnits par un vieil chevalier jusques en Flandres.
&lt;t Ce que reconnaissant ce valeureux duc leur donna
« ptusieurs priviléges, et notamment voulut qu'ajamais
&lt;&lt; la ville portat les premiers chefs de ses armes; lni
« donna"sa devise qu'il fit peindre en son cnseigne q1li
&lt;&lt; estoit : ~fouLT ME TARDE. Mais comme cette de,iJe
« estoit en rouleau, de fa~on qu'encore aujourd'hui elle
« est eslevée en pierre a la porte de l'église des Cbar« treux de Dijon, plusieurs qui la voyaient, meme les
« Fran~ois, ne prenant pas garde au mot de me, ou dis« simulant le voir par envíe, allerent dire qu'il y avait
« mo,-'5tarde, que c'estoit la troupe des moustardiers de
&lt;&lt; Dijon. 1&gt; (Les Bigarrures, DEs AccoRos, page 62, Paris,
i662).
J. LrnGAY.
---ll®&gt;ó"-•- -

; ; Les municipalités penvent, sur celte base, lraiter
r le nombre de lampes qu'elles désirent, et les ap~ils établis par _M~f. Guillen:iont et H~u deviennent, A
rexpiration du tra1té, la propriété des v11les.
l)écidément, notre civilisation, pour créer des reuvres
105 durables, emprunte a tous les métaux leur puis:.Oce. Si la charpente ou la cons'truction utilisent le fer,
rarcbitecture et l'ornementation arrivent a ne plus emlover que le zinc, la tole, le cuivre et le plomb. Ces
pétaUX, estampes et repoussés, se pretent aujourd'hui
:ec docilité A toutes les capricieuses fantaisies de l'art.
n fant avoir visité les ateliers et les magasins de
ID(, Bonnet et Coutelier, boulevard Richard Lenoir, 74,
pour se rendre compte de l'i?1mense dév~loppe~ent que
remploi des métaux a donne aux arts mdustriels. LuCAJl'IE-,, CRtTES POUR FAITAGES, POIN¡;ONS, marquises, lambreqoins, rosaces, feuillages, frises de chaineaux, etc.,
tont se fait la a la vapeur, par qnantités énormes et
1,ec un fini d'exécution irrérrochable. Le travail a la
,apenr, un outillage spécial et l'exploitation de procédés brevetés, ont permis a MM. Bonnet et Coutelier de
cooduire a sa perfection eet art de l'ornementation, qui
est aujourd'hui une des gloires de !'industrie parisienne.
L'EmpP.reur vient d'accorder a M. Dagron l'autorisasation de prendre le litre de son pbotographe breveté.
Noos avons déja, a plusieurs rcprises, signalé a l'attention publique les charmantes nouveautés dont M. Dagron a doté l'art photographique. A leur début, ces
merveilleux bijoux ont fait révolution, et plusieurs applications variées de la photographie microscopique lui
ont donné en ce genre une vérit:ible célébrité. Le
monde entier est aujourdºhui tributaire de cette industrie, qui a pris un développement cons' !ér~le, et
noos sommes heureux d'avoir a annoncer le nouveau
soeces qui vient de couronner les efforts persévérants de
JI. ·Dagron.
HENRJ V1cNE.
e,,q,~

BAcCALAURtATS ts LrnREs &amp;T ts scm.'&lt;CES. - Dans les
trois sessions de novembre 1863, avril et aout i 864, qui
composént l'année classique 1863-t864, l'ancienne institution Oelavigne, dirigée par M. H. Chevaltier, agrégé
de runiversité, a eu 66 éleves re~us aux divers bacca\auréats. Ce sont :
DaM les lettres: MM. Baudry, Bertault, Barbier, BQauinetz, Bourgeois, de La Bully, de Béthune, Colombier,
Conrtois, Coxe, Cur... , Canonnc, Cordellier, Dessolier,
Dobost, Dernoncourt, Doens, Ferté, Fleury, Guillau·min, Raymonel, Hennessy, Humbert, Hocquet, Jsbert, Javal, Jullet, Kerst, Laporte, Lelievre, Laratc, Mages,Muyard, Naquet, Perriquet, Proust, Paillard du Cléré,
tiellonx, Pontagnier, Prévótel, Rolland, Sebert, Toutain,
Vaudey.
Dans les sciences : MM. Boiron, Baudry, Bcrthelier, Cadix (2• parlie), Courtois, Chatagnon, Delorme, Delassasseigoe, Dubois, Flamet, Frontier, Gastambide, Jardé,
Lerat, Lesguillette, de Mallet, de Maurepas, Murisier,
Oyon, Pauliat (2° partie), Pronier, Thévenot, Watelet.
Coors préparatoires (pendant les vacances) pour la session de novembre. - Ouverture, le 4 octobre, des cours
préparatoires pour la session d'aotit 1865. -· Paris, rue
de5 Fossé~-Saint-Victor, 33.
~

REVUE DES ARTS ET DE L'INDUSTRlE.

Le progres fait partout sa trouée. Le voila qui fournit

aux petites villes qui ne peuvent ambitionner l'éclairage
au gaz, les moyens de renoncer a l'antique et fumelll
réverbere. L'éclairage par le schiste, de MM. Guillemonl
et Heu, brevetés (s. g. d. g,), offre aux villes dépouuues
d'usines a gaz, des avantages si bien appréciés partout,
que leur systeme se généralise rapidement. Soixante
villes ont déja appliqué sur tous les points de la
France les appareils de MM. Guillemont et Heu, et plus
de trente départements ont aujourd'bui reconnu les
progres incontestables réalisés par l'éclairage au schiste.
Trois avantages principaux ont contribué a faire la
fortune rapide des procédés de MM. Guillemont et Hen:
t• La lumiere de lenrs appareils Aschiste se regle absolument comme celle du gaz, au moyen d'une perche;
2° l'éclairage se regle, a volonté, par l'extinction de la
lampe a une heure déterminée, bien que la lampe ne
soit pas vide; 3° l'économie du systeme le fait préférer
par les municipalités a toutes les autres combinaisons.
Dix réverberes allumés pendant cinq heures, peodant les cent vingt nuits de l'hiver, déduction faite
des dix jo\Jrs de \upe de chaque mois, ne couteut que

CAISSK GblRALK DKS AVAIICKS SUR TITRK8
RAISON SOCIALE H. DESTREll ET e•.
.~to,ui, du 26 aoíU {864, dépo,i1 chn 11. Armanll Gourot, notaire
a Parí.!.

tYISSION DES 38,600 ACTIONS
restant disponibles sur le capital social de 40,000 actions
de 500 fr. Premier ver~ement, i25 fr. par action.
But. - La Société est in~tituée pour faire des préts
sur rentes, fonds d'État, actions, obligations et autres litres qui lui seront déposés, comme le Crédit foncier prele
sur la propriété territorial e.
Garanties. - Gér;mce responsable souscrivant i,000
actions. Conseil de surveillance; con~eil des :i.vances;
deux divisions de reqseignements et d'études; anthenticité des opérations assurée par une publicité mensuelle.
Rtpartition de béne~es. - Premier prélevement au
profit des actionnaires, 7 0/0 du capital versé; 1O0/0 a
la réserve; 75 0/0 du surplus pour le dividende complé•
mentaire.
On souscrit a Paris, dans les bureaux, rue Saint-Georges, n• 23.
~ans les département!l et a l'étranger, chez les banqn1ers ou agents de ¡:hange, au choix des souscripteurs.
l.acl6ture aura lieu le dimanche 25 septcmbre,

1

JIYGJENE ET MÉDECINE.

Les Anglais n'ont pas seuls le privilége de ces court~
plaisters et de ces hasty-cordials, qu'on est si souvent
heureux d'avoir sous la main, en cas d"indisposition subite. Nous avons aussi les notres, dont l'efficacité n'est
pM contestable.
On sait que c'est a l'un des derniers moines de l'ordre
des carmes, décédé en l 83i, queM. lloyer( 14, rue Taran ne)
doit la mystérieuse recette de ce cordial tout-puissant,
que tout le monde connait aujourd'hui sous le nom
d'Eau de M~lisse des Carmes, et qni rend, daos une multitude d'atfections, des services dont la médecine ellememe a reconnu et consacré l'efficacité. L'usage de cette
bienfaisante liqueur préserve et guérit des vapeur~, des
vertiges, de \'apoplexie méme; elle facilite la digestion,
soulage les maladies des voies respiratoires, en un
mot, elle a des droits au titre de bienfaitrice de l'bumanité.
Voici une innovation qui a aus~i ~on mérite.
Le m1gnon corset qu'on nomme la Ceint11re régente
voit s'éterniser son soeces, grace a 11 nouvelle forme
des robes rle nos élégantes, qui ont fait revivre la taille
Empire. 11 parait que cette ingéniense ceinture seconde
admirablement la couturiere {1-PPE:lée a confectionner les
robes nouvelles, car de quelque fa~on que la mode se traduise, elle veut une taille mince et flexible, des proportions irréprochables, et tout cela existe pour les
femmes qoi se servent de l'beureuse création de
~lm•• de Vertus. Mais les contrefa~ons en sont nombreuses; et le moyen de les éviter est de ne s'adresser 4u'a Mmu de Vertus elles-memes, 3i, Chausséed'Antin.
La fontaine de Jouveuce n'est plus pour nous une
légende.Grace a l'Eau de la Floride deGuislain(l 12, rue
de Richelieu), on peut aujourd'hui conjurer les outrages
du temps; nous parlons pour ceux qui, jeunes encore,
redoutent de voir leur chevelnre sillonnée par les premiers fils d'argent.
L'Eau de la Ploride ne teint pas les cheveux, elle leur
rend leur séve, et, par suite leur couleur. On peutdonc
etre parfaitement fier de sa chevelure, redevenue brune
ou bloi:ide, grace a ce bienfaisant remede.
L'Eau de la Floride n'opere pas sa révolution en un
jour. Elle agit « sagement et lentement, comme la nature. 11 Son emploi est des plus simples aussi hien que
des plus efficaces.
Le charlatanisme se meurt, le charhtanisme estmort!
Pourquoi? Parce que le savoir et l'expérience appliquenl
des remedes spéciaux consciencieusement étudiés. C'est
ainsi que les cors aux pieds disparaissent aujourd'hui
de la maniere la plus simple et la plus eíficace. Plus
d'outils tranchants ! Plus d'eau-fortc ! Plus de corrosif!
Une simple petite lime sulfurique peut vous garantir radicalement contre cette gcnante et douloureuse infirmité. Le dépot des véritables limes sulf1.1riques se trouve
a Rouen, a la pbarmacie des deux Palmiers, rue de la
Gro~se-Horloge. On en trouve également un dépot,
Grande-Rue, 20, aDieppe, eta Paris, rue Neuve-SaintDenis, 5.
11 est un établissement de parfumerie de premier ordre,
dont nous croyons devoir de nouveau recommander
les produits.
L'emploi de la Glycerine de Rimmel, 4i, boulevard des
Italiens, est tres-efficace, surtout en cette saison qui v::iit
le public abonder aux bains .de mer. Les bain~ de roer
ont l'inconvénient de rendre les cheveux secs et cassant.~.
Pour combattre cet effet nuisible, rien n'est supérieur a
l'E:r:trait de jus de limons et a la Glycdrine de Rimmel,
qui ncutralise le sel marin et laisse la chevelure souple
P.t bril\avte.
BULLETIN BIHLIOGRilPHIQUE

Dictiom1aire des Communes de la Fra,1ct, par Adolphe

Joanne

(1).

Ce o·e~t pas un Dictionnaire de poche. 11 jau.ge 2,271
pages, divisées en deux colonnes d'un caractere assez
fin, mais d'une netteté remarquable. On y trouve, A
chaq11e nom de commune, petite ou grande, tous les
renseignements que l'on peut désirer ou imaginer : la
division administrative, la population d'apres le recensement le plus récent, la situation géographique de chaU) Peri~, Rachrlle et t:i•,

191

que lieu et son altitude ou r.lévation au-dessus du niveau
de la roer, la distance des chefs-lie•n de département,
d'arrondissement et de c¡mton, les bureaux de poste, les
stations de chemins de fer et les correspondances, les
bureaux de télégraphie électrique, les établissements
administratifs, judiciaires, religieux, militaires, maritimes, les produits agricoles ou industriels de chaque
localité, les objets de son commerce, les curiosités naturelles ou archéologiques, les monuments, canaux, phares, etc., etc. Jamais on n'avait fait sur la France un
travail aussi exact, aussi complet, et l'on est effrayé,
lorsqu'on y réfléchit, de tout ce qu'il a fallu, pour le
mener a bien, d'études, de soins consciencieux, de patience, d'obstinatiori.
Une longue introduction précede le dictionnaire. C'est
un tableau vaste et multiple, ou la France est étudiée et
décrite atous les points de vue. - D"abord au poipt de
vr.e géographique : configuration du territoire, orographie el géologie, ou description des montagnes et cons.{jtution du sol, hydrographie Ouviale et maritime, météorologie; - puis, aux points de vue social, poli tique,
économique, administratif, financier, etc. Cette seconde
partie commence par nne étude sur la population, extremement curieuse. L'agriculture, \'industrie, le commerce de terre et de mer, les institutions de crédit, leur
mécanisme et leurs opérations, l'organisation, le jeu de
la machine administrative, et ce qu'elle cotite, c'est-adire le budget, tout e~.t exposé avec une précision rigoureuse, une merveilleuse clarté et une exactitude incontestable, car tout y est fondé sur des faits et des chiffres
offlciels. On ne saurait imaginer un omTage plus substantiel, plus instructif, attestant des connaissances plus
étendues et plus variées. C'est a M. Élisée Reclus, le
collaborateur le plus actif de M. Ad. Joanne, que l'on
doit ce heau travail. Et M. Reclus n'est pas seulement un
des hommes de ce temps-ci qui ont l'instruction la plus
solide, la plus étendue, la plus variée, un de ces esprits
encyclopédiqaes qui peuvent s'appliquer a tout, c'est
aussi un écrivain d'un mérite rare. Son style ferme,
nerveux, rapide, et, daos l'occasion, tres-pittoresque,
rend l'attcntion facile au lecteur, et burine daos sa mémoire d'inefla~ables empreintes. Son Jivre est plein d'apergus ingénieux, d'observations dont la justesse et la
nouveauté vous frappent, vous illuminent cQmme un
éclair. En voici une, par exemple, d1mt personne que je
sache ne s'était encore avisé:
.•. « Depuis la Révolution fran~aise, le nombre des
divisions et des subdivisions adminislratives de toute espece est resté a peu pres invariable, tandis que la société s•e~t transformée. Graee aux moyens de communication rapide, la France s'est rétrécie, ponr ainsi dire;
chaque année, les frontieres se sont rapprochées du
centre. Au commencement du siccle, on n'aurait pu
traverser la Fr1nce, de Dunkerque a Bayonne et de
Cherbourg aAnti bes, en moins de ciuq jours d'un voyage
non interrompu ... Actuellement, on peutse rendre dans
un seul jour d'uoe extrémité a l'autre ... Au point dP. vue
'des distances, le territoire fran~ais e~t done cinq fois
moins large qu'il ne l'était il y a soi:cante ans... - En
meme temps, il faut tenir compte des rapprochements
opérés entre toutes les régions de la France, par l'é~
change incessant des livres, des journaux, des lettres,
des télégrammes; il faut évaluer l'importance des modifications subies par les moours et les coutumes locales,
sous l'influence de la civilisation moderne. Les distances
se sont effacées, les diversités se sont fondues, les langues distinctes ont disparu ou se sont changées en pa-•
tois; et cependant, on n'a supprimé aucune desdivisions
et des subdivisions du territoire. Tous ces faits ont eu
pour résultat ele fortifier le pouvoir central aux dépens
des lihertés publiques. L'État a gagné tout ce qu'a
perdu la province. Dans le moindre village, les rouages
administratifs obéissent au moteur qui se trouve aPari~.
Non-seulement la France est centralisée, mais on peut
dire, en se servant d'un barbarisme consacré par le
style administratif, qu'elle devient de plns en plus l'agglomération parisienne. C'est la un grand malheur : car,
si l'autonomie des communes est confisquée par l'État,
la valeur personnelle de chaque citoyen est amoindrie
dans la mcme proportion. Le probleme qu'il faut néces-•
sairement résoudre, sous peine de décadencr. nationale
r.'est de maintenir la centralisation politique, tou'
opérant la décentralisation administrative. i,
Cela est vrai, et M. Reclus parle d'or. Mais ne voit-il
pas que plus l"État devient fort, et moins il est facile de
lui faire lacher ce qu'il tient1

�L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNlVEnSEL.

f9!

C'est en 1815, c'est en 1830 qu'on aurait du penser a
cette rHorme. On po11vait encore l'essayer en 1848.
Maintenant, il est un peu tard.
G. füouET.
~

PU1lLICATIONS N0UVELLEll.
Philosophie du droil pefnat, par M. Ad. Franck, membre

de l'lnstitut. Germer-Bailliere, libraire-éditeur, rue de
l'École de Médecine, 17. Un vol. in-18.1864.
1

Nous aurions presque bonte de ne consacrer qu'une
simple note a l'excellent livre de M. Franck, si le nom
&lt;le l'anteur ne recommandait suffis1mmenl ses reuvres.
Jamais ríen de meilleur el de plus utile n'est sorti de sa
plume. Qui aura lu une l'ois ses déductions rigoureuses
et ses définitions parfaites, saura que « les lois pénales
ne sont justes, ne snnt légitimes, ne sont d'accord avcc
la raison, que si elles ont pour base, non le principc
d'ernmoN, la rétribution proportionncllc du mal par le
mal, ou l'équilibre du mal moral et de la souífraucc,
mais LE DROIT DE CONSERVATION DE SOl•MtME, qui appartient al1 société comme al'individu, el qui résulte pour
elle du memc príncipe. La société étant la condition hors
de laquelle L'ORDRE MORAL est irréalisuble pour l'homme, sa
conservation est pour elle le premier des droits et pour
l'individu le premier des devoirs. » Cctte deraiere proposition, claire et inébranlable, devrait etre inscrite
en tete du Code. (( Mais le
droit de la société contre
l'individu peut-il s'étendre
jusqu'a la vie elle-meme? 11
Y. Franck accorde que si
la société (( ne pouvait etre
défendue que par la peine
de mort, cette peine serait parfaitement légitime ; 11
mais il prouvc qne l'écbafaud cst inutile et bieu
pis, nuisible, soit qu'il fasse tomber des teles inuocentes, soit (( qu'il accoutumc
a11 meurlre par la loi d'imit-ation. J&gt;
Un passage nous a particuliercmenllouché daos l'reu v1 e
de M. Franck, ce sont les pages ou, sur le point d'altaquer les théories moralés de
l'auteur des Misémbles, il
mainlient au premier rang
de nos gloires nationales
l'illustre poete qui &lt;( du
fond de l'exil ou l'ont jeté les
e 1prices de la fortune, adresse
a la France tous les frnil~
de son génie, de sa vigour ~use et féconde vieillesse. »
Jamais la grandeur de notre
siecle, et en particulier le
mouvemeni liltéraire de !830, n'ont été appréciés en
termes plus élevés et plus chaleureux.
AN!lRÉ LEFÉVRE.
~

LES

daos les bois et les solitudes, se coÚchant sur la lel'l'e
l'été, autour d'un feu au-dessus duque! estsuspendollll
cbaud ron qui leur sert a la fois pour préparer le11r
nourriture et pour rassembler la troupe, en cas de be.
soin, en le frappant avec une tige de métal. l\are,.
ment, ils sont munis de lentes. L'hiver, ils chercbent
un refuge dans les grottes et dans les cavernes, 00
bien ils se construisent des huttes enfoncées de qoet.
ques pieds dans la terre et recouvertes de gazon sop.
porté par des chevrons.
lis sont naturellement paresseUI et ennemis de toote
contrainte. Toute occupation suivie et régulicre leur
fait horreur. Ccpendant, quelques-uns consentent l
exercer quelques métiers (peu fatigants. En Espagne,
en Hoogrie et en Transylvanie, daos leur jeunesse,
les llohémiennes sont danseuses, et l'on admire la ,6,
rilé des poses et des gestes de leurs danses nationales,
Des qu'elles deviennent vieilles, elles se fonl diseuses
de bonne aventure, talent qui leur est propre daos
toute \'Europe el qui constitue leur principale indQS..
trie. Elles jouent aussi volontiers le role d'entreJllel..
tcuses, et a l'occasion elles vJlent les enfants. On ,oit
qu'elles ne manquent pas de petits talents de société,
Les Bohémiens n'ont pas de religion particulicre; en
Turc¡uie,ils sont mahométans; en Espagne et en TransylBOHÉMIENNB DlSANT LA BONNE1AVENTURJ!.
vanie, ils suivent les riteR de l'Église chrétienne, mail
sans se préoccuper de se faire
instruire. Outre leur laogue
maternelle, ils parlent cou.
1 •'
ramment celleR des pays qu'ils
:¡-' -~
:N·,, :--.
habitent. Dans la Transyl,anie, il arrive qu'ils font baptiser plusieurs fois leurs enfants, afin de recevoir des
présents de bapteme plus
nombreux. Les mariages se
concluent parmi cux de la
fa~on la plus simple. Saos se
soucier du &lt;legré de pareoté,
le jeune Bohémien, arrivé
a l'age ·de quinze ans, prend
pour femme qui lui plai~
meme sa sreur. Le mari estil las de sa femme? il la
~hasse. On comprend que l'éducation n'ait rien a faire
avec un pareil µeuple. Un
amour presque brutal pour
leurs enfants empeche les
parents de les chatier jamais,
et ils les laissent s'habituer
a la paresse, au vol et ao
mensonge. On peut mcme
dire que les seuls talents eoseignés aux petits Bohémicos
sont la tromperie et le vol.
~
En Angleterre,j'ai souveot
---===---_ u, .DL/l?Al-iD
rencontré des troupes de
Bohémicos bivouaquant daos
UALTE DE BOIIÉMIBNS,
les bois et rodant autour
des ermes. Les Gypsies, en Angleterrc, sont tres-jolies;
RÉBUS.
elles ont une propensiou tres-grande a dire la bunne
aventure aux messieurs, et une propension non moios
grande a leur voler leur montre.
PIERRE P.10Et.

--

Gr

' 1

e1

m

C(

BOHÉMIENS,

Tout, daos ce peuple nomade,- constitution physique,
mrours et langage, - révele une origine asiatique. Les
Bohémiens paraissent pour la prcmicre fois daos l'histoire de la Hongrie,au c¡uinzicme siccle, sous le nom de
Zigari ou Zingani. Apres leur émigration, ils se sont répandus daus toute l'Europe. lis vivcnt presque toujours
en grandes hordes daos la Moldavie, la Bessar1bie, la
Crimée, les environs de Constantioople, la Hongric, la
Transylvanic; mais en France, en Angletcrrc et en Allemagnc, on ne les rencontre que disséminés en petites
famillcs.
Les llohémiens offrent tout a fait, dans leur extérieur,
les caracteres des peuples orientaux. Une taille moyenne,
grele, hicn prise; un teint olivatre, des dcnts d'une.
lilanchcur élilouissante, des cheveux et des yeux d'un
noir de jais. Les femmes ont cependant le teint un peu
moins foncé, et les filies, surtout en Espagne, sont quelquefois tres-bellee. Tous ces gens ont rarement des demeures fixes¡ ils errent ~a et la, vivant de préférence

=-

ÉRECTION D'ONE STATUB A CHATEAUBRIAND.

KXPUCATION JlU DERNIER RÉSOS.

Som·ent un IJeau désordre est un cfTet de l'art.
~.~

AuG. MAR e, directeur-gérant.
En.1,1. TEXIER rédacteur en clief.

-----.r--~__,,,______
Imp. de L'ILLUSTRATION, A. Marc,
fil, rue de Vernt11il.

M. Parent-Desbarres a con~u la généreuse pensée de
contribuer de tous ses efforts ~ élever un monument i
la gloire de Chateaubriand. 11 s'est adressé, a cet effet,
a la ville de Saint-Malo, et lui a proposé d'employer
une partie notable du prix de l'édition des reuvres de
Chaleaubriand, qu'il vient de publier, a l'éreetion de la
statue de l'immortel auteur du Génie du christianisme.
11 n'y a pas a douter que la combinaison dont M. Parent-Desbarres a eu l'initiativc ne soit féconde en heureux résultats.
Celte édition des reuvres completes de Chateaubriand
forme neuf beaux volumes grand in-8°, salinés, reofermant de jolies gravares snr acier. Le prix de la sous•
cription, qui est ouverte rue Cassette, 28, a Paris, est
de 60 francs.
Tout souscripteur a celle édition sera en milme
temps souscripteur a la stalne, et son nom sera inscril
parmi ceux des fondateurs du monument.

ta

�</text>
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                <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores</text>
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