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101'BKAL 1111VBBSBL.
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------- ---------- - - - - -- -- ----------------- --------------Direction) Rédaction, Administratioa :
Toates let communications relatives au joumal, réclamatioDJ, demande,
de éangements d'adresse . doivent etre adressées franco i
· • AUG. MARC, DIRECTEUR•GÉRAIWT.
Les demandes d'abonnemcnt doivent etre accompagoéfS
d'un mandat sur Paris ou sur la poste.

SOMMAIRE,

!!e ANNÉE. VOL. XLIV. No t 124.
8amedi to Septenabre t 8&amp;,.

iuu•.

L'ai■illÍltnlit1 " ript1d pu ~ea ■micrits et u reagag1 Jamail i 111
Va la lllilol, la lraduebon 11 la reproduehoa l l'élrucer ,..1 ialtriilet.

BUREAUX: RUE RICHELIEU, 60,

a T1zi-Ouzou
( Algérie). - Les •oyageurs italieos dan, le kanat de Boukara (3 granrea¡ . - Arrivée de l'agba Eddin au camp de Cbaref (Al~érie). ProFper Eofantin. - Tbéatre de la Porte-Saint•Martin: Lu Flibu1tier1
dt la Sonort , acle 1v•, rcéne finale. - Une aource 1ous boia. - Réser,oir des eau1 de la Dbuia, i. l'.énilmontaot. - Le Line Cuori, ohan100 de 11. Gusta•e Nadaud. Le mascare! de Caudebec. - llot de
Sacrificios, pres de Vera-Cruz. - Échecs ••- Rébus.

Gravurt1 : Distributioo dea prix de l'Ecole arabe-frao~aisr,

Oiltribution dea prix de l'~le •rabe-fraugaise, a Tizi-Ouzou. - Revue
pohlique de la aemame. - Courrier de París. - Lea voyageura italie•• daos le kaoat de Boukara. - Arrivée de 1'1gba Eddiu du Ojebel.
.llloUr 1u camp de Cbarer. - Prosper Enfantin. - Cauaerie dramatitique. - Uoe aource soua boi~. - Voyage d'un Parisieo I la recberche
de la mature (oouvelle ). - Re,ue littéraire. - Lea e1u1 de la Dbuis. Le Line favori, cbansoo, parol~ et muaique de M, Guatue Nadaud. A propoa de l'inauguration du chemio de fer d'Espagne. - Publicatiooa
•u,dlra. - 1e ma!carct de f.audebrc. - Szcrificio1.

Abonnements ponr Paris el les Departemeut&amp; :
3 mols 1 9 fr. ¡ - 6 mois, 18 fr.¡ - un an, 36•fr. ¡ - le numero, 75 e.
la collection mensuelle, 3 fr.¡ le ~olumé semestriel , t ~ fr.
ADO!'WNEMENT8 POUR VÉTRAXGER 1

Mémea pnx; plus lea droita de poste, suivant les tarifa,
LN abono. parleot d¡¡ ter no de chaqut mois.

DISTRIBUTION DES PRIX

..

L'icOLB !RABK-fRAK~AISB A TIZI-OUZOU.
.lU DIRECTEUR.

Tizi-Ouzou, 5 aoitt 116,.

La distribulion des prix de l'école arabe-fran~aise de
Tizi-Ouzou vient d'avoir lieu.

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DISTRIBUTION Dl!i PRll' DK L'ÉCOLI! AJUBK-FllA11~1SB, A TIZl-01/ZOU ( Algérie), - P'aprh un croqui1 de 11, C., Haudt uarl,

...

�L'ILLUSTRATION, JOllhNAL UNIVERSEL.

t62

1

Toutes les autorités civiles et militaires ont assisté a
cette cérémonie, ainsi que Jes amins, représentant les
diflérentes tribus du cercle ; une estrade, cou verte de tapis arabes d'une grande beanté, était réservée aux
officiers du cercle et aux amins El Oummab; une colonnade de verdure, habilement élevée, abritait les enfants
de l'école et les spectateurs de cette fete.
Voici a peine deux: ans que l'école arabe-francaise a
été fondée, et elle a produit des résultats inespérés;
presque tous les enfants parlent le fran~ais, quelquesuns l'écrivent correctement, connaissent leurs quatre
regles et les premiers éléments d'histoire et de géog1·apbie.
Les aulorités surveillent chaque jour, avec une persévérance tres-louable, l'inslruction, le bien-etre et la
tenue des quatre-vingts éleves qui composent l'école
arabe-fran~aise de Tizi-Ouzou.
M. Léonce, directenr de cette école, rernplit ses fonctions ávec beaucoup de dévouement.
Quand on voit les résultats obtenus en si peu de temps
et avec des moyens aussi bornés, on peut dire qu'il y a
bea.ucoup a espérer de la nouvelle génération kabyle et
, arabe, surtout si ou parvient a faire rayonner partout,
comme a Tizi-Ouzou, l'instruction, ce puissant agent de
civilisation qui seul peut anéantir le fanatisme et la barbarie.
Veuillez agréer, etc.
C. HA.UDOU,U\T,
soua-heutenant au t" zouaves.

REVUE POUTIQUE DE LA SEMAINE.
La se~sion des conseils gét\éraux n'a pas duré plus de
trois jours. Nulle,-au point de vue des débats, cette session n'a pas été stérile au point de vue des vreux émis et
des résol utions votées.
Quelle est la raison de cette suppression presque complete des débats? Les conseils généraux qui, sur quelques points de la France, ~'étaient aventurés sur le terrain µolitique, ont été rappelés a une appréciation plns
modeste tle leurs droits, et ils ont exagéré la prohi-bition.
Cependant on a promis aux conseils généraux de
hautes destinées. Le ministre d'État et le ministre de la
justice ont annoncé le procbain avénement de la liberté
au profit de l'individualité dé¡,arlementale. Les réformes'
s'élaborent; la loi va etre rédigée ; elle sera votée, daos
le courant de la session, par le Corps législatif, et l'année
prochaine, au mQis d'aotit, les conseils généraux, transformés dans leurs attributions, pourront célébrer les bienfaits de cette loi.
'
Apres les grandes manreuvres du camp de Cbalons,
.l'Empereur esl revenu a Saint-Cloud,etc'est ainsi que le
projet de voyage dans les départements de l'Est, qu'on
pretait au chef de l'État, ne s'est point réalisé. Cependant on prétend que ce projet ne serait pas tout a fait
ahandonné : le roí de PruRse insisterait pour déterminer
l'Empereur a se rendre a Bade, et le voyage du ministre
de la guerre prussien, M. de Roon, qui est ven u a Cbalons et a París, aurait pour but de renouer un projet
d'entrevue entre les deux souverains.
Nous ne croyons -pas beaucoup a la réalisation de
cette entrevue; que signifierait- elle dans les circons••
tances présentes, c'est-a-dire quand le Danemark et
l'Allemagne négocient sans intermédiaires, quand l'Autricbe et la Prusse rlissimulent soigneusement )eurs projets sur les Duchés? 11 ne reste plus a la France, désormais, qu'a se croiser les bras et a attendre. Bornons-nous,
pour le quart d'heure, a constater les précédents que
paraissent vouloir poser la Prusse et I'Autricbe, et la responsabilité qu'assument ces deux puissances pour l'a.
venir.
Du reste, les journaux allemands sont pleins du récit
d'une conversation qui aurait eu lieu entre M. Drouyn
de Lbuys et M. de Goltz. M. Drouyn de Lbuys aurait
demandé au ministre prussien si la Prusse pensait a
l'annexion des nuchés, etcelui-ci aurait évité derépondre.
11. Drouyn de Lhuys aurait alors nettement déclaré que
la France u'avait rien areprendre actuellementdansces
projets d'annexion; qu'elle ne ferait pas la guerre pour
cette question, mais qu'elle inscrirait le fait sur le livre

noir.
Les négociations de Vienne marche~tlentement, mais
on semble pourtant convaincu que la paix sera signée
avant la fin de l'armistice. La Prusse et l'Autricbe sont
bien résolues a ne rien changer, en faveurJ :du!_Dane-

• ..

mark., aux: stipnlations territoriales c&lt;msignées dans les
préliminaires, mais on assure qu'elles serol}t moins in'traitables quant aux questions financieras. La Correspondance prooinciale, un organe officieux du gouvernement
prussien, constate que (( les coursa\lemandesauront soin
de ne pas imposer au Danemark, vaincu et affaibli par
la guerre et par ses conséquences, des conditions trop
dures et peu équitables, en meme temps qu'elles tacheront de ne pas surcharger, des le début, les Duchés d'une
dette trop lourde. » Néanmoins, d'apres la Gazette de la
Croix, l'Autriche songerait a réclamer le remboursement
des frais de la campagne de 1850, enlreprise, dit naivevement la feuille féodale, « dans l'intéret des Duchés. l&gt;
On n'a pas oublié ce que les Autricbiens sonl allés faire
da.ns les Duchésa cette ápoque, et que c'estde leur intervention que date une situation qui a amené la guerre
actuelle. Nous avons de la peine a croire que le cabinet
de Vienne, malgré ses embarras financiers, puisse soulever cetle prétention. Ce serait par trop grotesque.
La mission du Rigsraad danois est terminée. La ciótute a été prononcée par un message royal dans lequel
le roi se réserve, s'il est nécessaire, de convoquer les
cbambres en session extraordinaire. Le ministere avait
déja annoncé a l'assemhlée que le traité de paix s~rait
soumis a son approbation. Avant dese séparer, le folksting a voté les deux propositions qui ont été \'objet
de si vifs débats; la premiere, concernant \'enquete sur
les événements militaires et la responsabilité qui en revient aux chefs de l'armée; la seconde, demandant que
la population des territoires cédés soit: appelée a prononcer elle-meme sur ses destinées.
·
L'ordre regne a Geneve, mais les passions politiques
sont toujours tres-exaltées dans cette petite république,
et M. James Fazy a du se réfugier daos une ville frontiere, pour se mettre a l'abri des attaques dont il pouvait etre l'objet. 11 avait déja été insulté et menacé trois
fois, et il venait de r~cevoir avis d'un guet-apens ourdi
contre sa personne.
On est généralement persuadé, aTurin, que la question romaine est en ce moment l'objet de négociations
sérieuses entre le gouvernement italien et le goÚvernement t'ran~ais. Nous ne savons jusqu'a quel point cette
opinion est fondée, mais a titre de renseignement, nous
citerons le passage suivant d'une correspondance adressée de Turin, le 30 aotit, au Pungolo de Milan.
« Le plan proposé au gouvernement fran~ais par notre
gouvernement, a propos de Rome, a subi une premiere
modification.
ce On établirait les bases principales des négociations
pour \'évacuation de Rome par les Fran~ais dans un
temps donné. Les troupes italiennes occuperaient immédiatement le patrimoine de Saint-Pierre. Rome serait
garantie au pape et aurait une garnison pontificale quand
les Fran~ais l'auraient quittée. l&gt;
Nous ne prenons nullement sur nous la responsabilité de ces renseignements. Nous les reproduisons comme
un indice de l'opinion qui regne en ce moment a Turin.
Par décret, en date du t º' de ce mois, M. le maréchal
de Ma&lt;:-Mahon, duc de Magenta, est nommé gouverneur
général de l'Algérie.
Le Congres de Malines s'est terminé comme il avait
commencé, au milieu d'une assez grande inattention.
Les grands lutteurs manquaient, et sauf Mgr Dupanloup
q¡ri a prononcé un discours vigoureux, ou les libéraux
sont appelés des libératres, tous les autres oratenrs ont
parlé de fa~on a n'etre point entendus au dela de l'enceinte de la salle. La venue de M. l'éveque d'Orléans a
Malines avait fait, on le croira facilement, une sensation
proíonde. L'évéque d'Orléans, arrivé le soir, adiné chez
l'archeveque de Malines; le lendemain, il a re~u l'ovation
de la société générale, il a prononcé son discours et il
est aussitót repartí pour son diocese : un feu d'artitice
suivi d'une obscurité profonde. Nous ne savons plus ce
qui s'est passé daos ce Congres apres le déparL de M. Dupanloup, mais l'absence de M. de Montalembert, de
M. de Fa.lloux, de M. Augustin Cocbin, de M. Léopold de
Gaillard, de tous les militants du parti catholique prouve
que ce partí n'est pas plus que les autres a l'abri des
divisions ·et des querelles intestines.
Un autre Congres s'ouvrira a Amsterdam, le 27 du présent mois. C'est le Congres del' Association intemationale
pour le progres des sciences morales; et tout fait présager
qu'il aura un grand éclat. Une souscri;ition, ouverte pour
co11:vrir les frais_~es fetes brillantes qui seront célébrées,
a déja produit de t 2 a t 5,000 tlorins. Cent habitants notables de la ville se sont déclarés prets a héberger les

163

L'ILLUSTRATl ON. JOURN AL UN IV E RSEL.

1

1

principaux me¡nbres étran~ers du Con gres. ~
sion spéciale a retenu, en outre, un grand nombre d'ap.
partements. Les ctiverses sociétés des cbemins de fer d •
pays ünt accordé une réduction de 50 0/0 sur les prix~
transport aux membres vebant de l'étranger, daos
sen~ que tout coupon pris au prix ordinaire donne:
dro1t au retour gratuit. On pourra jouir de cet avantage
a partir du to septembre jusqu'au 3 octobre. Les assernblées plénieres du Congres se tiendront dans la salle d
bal du palais. On a meme l'espoir que les principao:
membres de la famille royale, ainsi que les ministres
viendront assister aux discussions. On a renoncé, po~
des motifs particuliers, a11, projet de faire recevoir 80•
lennellement les étrangers a rnotel-de-Vil!e par les ag.
torités communales. Cette réception aura done lien le
26 septembre, a la premiere assemblée générale, par le
président du comité d'Arr,sterdam. Le président du con.
seil d'administration portera la parole au nom des melQ..
bres étrangers. Si le programme du Congres est bien
fourni, celui des fetes qni seront données a cette oeea.
si?n ne l'est pas moins. Un brillant raout sera oflert, le
26 septembre, aux membres du Congres; il est probable
que les dames étrangeres y seront également conviées.
Le 27, une grande représenlation de gala réunira les
membres du Congres au Théatre-National. Le 28, une
magnifique soirée aura lieu au Palais de !'Industrie
qu'on vient d'inaueurer. La soirée du 27 sera consac~
a des réunions particulieres. Le banqur.t, cette clóture
inévitabJe de toute réunion de ce genre, aura lieu le
3l septembre. Bref, tout · fait prévoir que le Congres
d'Amsterdam ne sera inférieur, sous aucun rapport, a
ses de11x ainés de Bruxelles et de Gand.
Le Coun·ier du Dimanche, récemment suspendu pour
deux mois, avait, par une circulaire, anuoncé a ses abon.
nés q11'il leur ferait parvenir la fin d'un romanen cours
ele publication, mais le parquet du Tribunal de premiere
instance de la Seine s'empressa de déclarer au gérant
de ce ,iournal que, dans le but de 'luí épargner les inconvénients d'une poursuite judiciaire, il ne croyait pas devoir luí laisser ignorer qu'il considérerait comme un delit, l'envoi, meme a titre de prime, de la fin d'un roman dont la publication aurait été commencée dans les
colonnes du journal frappé de suppression.
EDMOND TEXIER.
~

COURBIEK DE P.1.BIS.

Mort du Pere Enfantin. - Vente de la collection Pourtalev.
- Une maison de París. - Un savant danois. - L'Amtr
de la planta/ion.

Au lendemain d'une. révolution, alors que tous les esprits s'ouvraient a des aspirations nouvelles et que l'activité bumaine cberchait de nouveaux sentiers, des bommes jeunes, intelligents, éloquents, essay.erent de réaliser
In reve d'un pbilosophe aventureux et hardi. C'étaient
des creurs vail\ants; ils ne firent pas les choses a demi:
dans un siecle railleµr et sceptique, ils durent, pour affirmer plus hauteroent.leur foi, prendre un costume singolier, qui les d,ésignait a to•JS les regards et a toutes les
moqueries. On les respecta, et la foule se contenta de les
regarder avec curiosité. Beaucoup se rappellent les avoir
VllS passer, graves et recueillis, vetus d'une tunique
bleue, ouverte sur une cbemisette hlanche, au milieu de
laqu~lle était cousu un creur en drap écarlate.
lis obéissaient a un homme qu'ils appelaient le Pere, et
dont le nom daos le monde était Enfantin.
LP. Pere av&amp;.it trente-cinq ans; c'était un ancien éleve
de l'École polytechnique; il avait fait sur !'industrie des
études approfoudies, et son autorité en était plus forte;
car, pour la premiere fois, une doctrine philosopbique
se fondait sur les bases de la science éconorr,ique.
Le saint-siroonisme n'a pas duré longtemps a l'étatd'école ou plutót d'église, mais beaucoup de ses plus fervents
adeptes luí survécurent, beaocuup luí survivent encore,
et l'on reconnaitra que ce sont rles bommes de quelque
mérite: Pierre Leroux, lean Reynaud, Lberminier, Goéroult, Michel Chevalier, les deux Péreire~, Duveyrier,
Emite Barrault, Olinde Rodrigues, Baud, Jules Leche·
lier, Talabot furent saint-simoniens.
M. Enfanlin resta jusqu'a sa mort le Pere pour les an·
ciens disciples de saint Simon : ils lui d:mnaient too·
jours ce titre respectueux. 11 n'aurait ten u qu'a lui d'acquérir une graride fortune; il se contenta d'un emploi
qui luí assurait une existence modeste.

•

------------- - -----L'intérieur
de sa maison n'étail pas somptueux, mais

race dont les cheveux sont tres - crépus, ils dirent :
(C Ceux qui se sont levés contre nous sonl des poltrons,
il aimait a y trouver ses aises, et avait des rechercbes de
et quand ils verront nos bannieres,certainement ils s'enconfortable singulieres.
Tous les appartements étaienl chauffés par des con- fuiront; » mais ils n'en firent rien.
&gt;&gt; Et il arriva que les deux puissantes armées s'avanduits d'air chaud, et daos cbaque chambre une petite
· niche, pratiquée sur le passage du tuyau, cachait un cerent pour combattre dans les plaines de Manassas.
&gt;&gt; Et les hommes de Simon, quoique vaillants et braves,
vase rempli d'eau toujours chaude. 11 avait fait percer,
furent
si terriblement frappés sur la banche et sur la
au-dessus de son lit, des ouvertures qui luí permettaient
cuisse,
qu'1ls revinrent brillamment sur leurs pas en
d'observer le ciel avec des lunettes, a toute beure de
toute
bate
pour se pencher sur le sein d' Abraham.
la nuil, sans qu'il e1H hesoin de se déranger. JI fumait
1&gt; Et beaucoup fllrent tués; mais un plus grand norubeaucoup, et de petiL~ meublcs, grace auxquels il pou vait satisfaire son goul sans salir le plancber, étaient bre encore fut blessé.
» 11 y eut alors une grande émotion dans le pays, et
disposés tout le long de la muraille, afin qu'il en eut
Abraham
fil appel aux sages et aux habiles pour sauver
toujours un a sa portée.
les malades et donner des forces nouvelles aux blessés.
Pendant
longtemps
il
laissa
soigneusement
a
terre
Tout le monde conuait, a Paris, l'hótel Pourtales; peu
» Et voyez, il surgit dans le Nord un homme appelé
de gens ont entend11 parle~ de la maison Matbiesen, tous les bouts de cigares qu'il avait fumés, de sorte
Drake, tres-habile dans la médecine, mais modeste a
qu'en
certains
endroits
il
s'en
trouvait
une
couche
u-es-peu surtout l'ont visitée.
l'exces.
Elle est située dans une rue perdue daos le quartier épaisse de plusieurs pouces.
ce Et lorsqu'Abrabam et le peuple virent !escures merPourquoi
ne
faites-vous
pas
balayer
cela?
luí
dedu panthéon, et dont sans doute vous entendez le nom
veilleuses
opérées par Drake, Abraban1 dit: &lt;( ll ne faut
manda un jour un visiteur.
pour la premiere _fois : 1~ rue d~s Poules. . ..
»
pas
que
mes enfants souífrent; donne-moi ton breu- Faire balaycr cela, non pas ! j'accumule ces bouts
A J'extérieur, rien qm la designe part1cuherement,
»
vage
a
boire,
et je luí donnerai un nom. l&gt;
cette maison, a l'attention, et un employé du bureau des de cigare a dessein : le taba.e préservc ma maison des
&lt;&lt; Et ainsi Abraham but, et dit qu'il n'y avait rien de
passeports, chargé de la qualifier, ne manquer~it pas in,ectes.
11 faisait avec son valet de cbambre un forfait pour le pareil, pas meme dans le comté de Somgamon, que c'était
d'écrire sur le signalement : &lt;&lt; maison ordinaire. »
Franchissez le seuil de la porte, suivez le couloir d'en- chauffage de ses appartements. Le calorifore élait amer aux levres, mais bon pour l'estomac; et parce qu'il
y avait des moments amers dans la guerre qu'ou faisait
trée, et vous vous trouverez dans un petit jardín bien allumé le ¡er octobre et éteint le l. •r mai; 'que l'été 011 l'hiaux maitres des plantations, il dit encore que cela s'apombragé ou se voient un jet d_ieau, une cascade et une ver fut en retard ou en avance, ces deux dates étaient
pellerait !'Ame,· ae la plantation; et il en futainsi.
invariables.
montagne.
.
» Et les ceuvres merveilleuses de ce breuvage furent
La
température
devait
etre
uniformémcnt
de
l.4'
deIci l'employé aux passeports ajouterait certainement
attestées
ce jour-la daos chaque ville, dans chaque pagrés
au-dessusde
zéro.
M.
Matbiesen
consultait
de
temps
ces mots, a titre d'observation: ce Cette maison appartient
roisse, dans chaque village, dans chaque hameau, ou les
en
temps
son
tbermomelre,
et
si
le
mercure
était
quel¡¡ un bourgeois. ll
n se tromperait : M. ~tathiesen était un type vraim_ent que peu au-dessus ou au-dessous du degré prescrit, le habitudes de la civilisation engeudrcnt la dyspepsie, ou
la guerre amene des malbeurs, uu le climat et le site
domestique encourait une amende.
orit&gt;inal et le moins bourl{eois des hommes.
détruisent la force et l'aµpétit.
" en Danemark, il avait fait de la France sa patrie Le pr1x du forfait était de trois cents francs paran.
Né
» Et Abraham dit.: Qu'il soit proclamé daos toute l'éCe qui donnait a la maisoó de M. Mathiesen un as·
d'adoption. Issu d'une farnille de bourgeois, il s'était
tendue
du pays, depuis les vallées jusqu'auuomruets des
voue tout e~tier a la science; la pbysique ravait parti- pect vraiment particulier, c'est la prodigieuse quantité
montagnes,
q1ie tous ceux qui souffrent de flevres, dysculierement attiré, et surtout l'étude de l'optique. 'JI de tiroirs dont elle était garnie : il y en avait, il y en a
pepsie,
faiblesse,
manque d'appétit, maux de tetes neréerivait sur cette matiere des mémoires remarqués a encore partout; daos l'entre- deux· des portes, daos les
veux
et
alfaissement
intellectuel, trouveront du soulagel'Académic, et se livrait a des expériences continuelles plintbes, dans les murs, dans les plafonds: ils étaient de
ment
daos
l'Amer
de
la plantation. Cette liqueur tonifie
toutes formes, de toutes bau.teurs, de tontes largeurs,
sur les propi:iétés du verre.
,
l'estomac
et
ajoute
du
brillant a l'iT1telligence, effet dont
de
toutes
profondenrs.
Dans
ces
tiroirs,
le
savant
classait
D'énormes fontes de fl,int sont enfoui~s dans son jaIje
suis
un
exemple
vivant,
opeuple !
·
d'innombrables
échantillonsdeverre,
hrutou
taillé,
blanc
din; il voulait se rendre compte de l'action qu'aurait
» Et Drake fit ce qui luí était commandé, et cela lui
ou
coloré,
qu'il
étiquetait
avec
un
soin
extreme;
pour
sur ces masses un séjour prolongé dans la terrc.
La cascade roula1t sut des blocs de cristal. 11 n'avait cbaque sorte. il avait un nom, et parfois un nom tres- valut une place dans la grande ville de New-York,' et
pas amené l'cau daus son jardín sans de grands travaux pittoresque. Asa mort, le poids dn verre trouvé cbez tous ceux qui allerent a luí furent guéris et retournerent •
daos leur voie en se réjouissaut. &gt;&gt;
et de grandes dépenses; aussi disait-il un jour a un de luí, était de quarante a cinquante kilogrammes.
La Bible introduite dans la réclame comme élé'ment de
Cet excentrique, comme auraient dit nos voisins, était
ses amis : &lt;( Vous voyez cette eau-la, eh bien! elle me
perfectionnement
! Apres cela, il faut tirer l'échelle.
un homme du sem le plus droit, d'un conseil sur, d'un
c01ite autant que du vin de Bordeaux. »
,
X. FEYRNET.
Le bain froid était un de ses plus cber-s plaisirs. 11 tres-agréable commerce, d'une conversation charmante,
~
airuait a grelotter sous l'eau de sa cascade, qui tombait et ses manieres avaienl cette grace et cetle aisance que
donne seule l'habitude du meilleur monde.
sur luí en a verse glacial e.
LES VOYAGKURS ITALIEHS DAJS LK KAUT DK BOUKARA
La maison de la rue des Ponles avait été babitée jadis
Apres le bain, il se promenait dans une sorte d~ grotte
a murs cyclopéens, a l'abri des regards indiscrets, et par Gay-Lussac. On voit encore daos le jardin une table A la suite de la maladie qni sévit, depuis plusieurs
libre de s'affranchir de la gene du vetement. Un souter- de pierre, devant laquelle l'illustre savant avaitcoutume
·années, sur les vers a soie en Lombardie, pays ou \'inrain est creusé sous cette grotte. Grotte et souterrain de s'asoeoir pour travailler. Cette table était sacrée pour
dustrie séricicole est si développée, plusieurs missions
ont englouti une somme de trois cent mille francs envi- M. Mathiesen; jamais il n'avait sou!Tert qu'on y servil le
scientiflques
avaient été envoyées dans r!talie centrale
café, ne voulant pas qu'elle füt prof,mée.
ron.
et
la
Sicile,
aiosi
que sur les cotes de !'Istrie, de la DalJe m'émerveillais des progres qu'avait faits chez nous la
M. Matbiesen pouvait se passer des caprices. Sa formatie
de
la
Grece
et de la Turquie, pour y recbercher
tunl! patrimoniale était considérable; il \'avait accrue réclame depuis quelques années: les prospectus des tail'
des
graines
de
vers
a soie.
par de tres-heureuses spéculations, car le savant était leurs, des botliers, des chapeliers et des marchands de
Une
de
ces
missions,
coroposée de MM. Meazza, Gaun trés-habile homme, et en mourant il laissa, dit-on, nouveautés me jetaient dans une admiration voisine de
vazzi
et
Litta,
se
décida
meme a pousser plus loin ses
la slupeur, et les appats étranges otferts a la curiosité
dix-huit ou vingt millions.
investigations
et
A
explorer
l'Asie centrale, le pays des
En 1848 ou en i849, il acheta l'Mtel Forbin-Janson des passants me semhlaient de, rafíinements auxquels
Kirahises
et
le
kanat
de
Boukara.
pour 450.000 fraucs. Une partie du mobilier et le plomb n'avaient pas encore atteint le~ peuples qui se sont fait
c~s voyageurs partirent ~ans se laisser arreter p_ar les
de la toiture firent rentrer dans sa caisse 200,0úO fr. la réputation la plus méritée dans l'art sublime de battre
rcnsei11nements
décourageants qu'on leur donna1t sur
la grosse caisse. Je me figurais que nous avions surpassé
Plus tard, il vendit !'hotel meme denx millions.
les co;trées qu'ils voulaient parcourir; ils étaient, du
lBs
Anglais
et
les
Américains,
et
je
m'en
réjonissais,
car
M. Math1esen tenait ses comptes avec une régularité
reste munis de recommandations du gouvernement
extreme, mais sa vie offrait d'assez étranges vicissitudes. lorsqu'on aime son pays on est beureux de pensrr qn'il
rus~:, et complaient sur l'effet que prodmsent géoéraleUn jour il avait duuze domestiques; le lendrmain, il n'en est supérieur atous les autres en toute espece de choses.
ment sur les di vers chefs de ces pays toute~ celles
avait plus un seul. 11 lui arrivait de prendre, pendant Hélas l je me trompais; nous ne sommes encore que des
qui
proviennent de cette source. Malheureusement,
des semaines entieres, ses repas daos des gargots d'ou- eofants, et la jeune Amérique l'emporte toujours sur
un
pont
mobile, construit sur la Guberla, ~'étant
vriers du quartier Saint-Marcean. 11 était velu aussi mi- nous autant que Mangin sur ses successeurs. Appreécroulé
sous
les pas des voyage1Jrs, la voiture qm consérablement que les plus pauvres commensaux de ces nons a etre modestes, en li!ant le chef-d'reuvre publié
tenait
une
partie
de leurs bagages disparut dans le
humbles tables.On me racontait meme qu'un soir qu'il était réc1!mroent par un journal de New-York, sous le titre
fleuve
avec
les
lettres
de recommandation sur lesquelles
entré daos un café élégant, le gar~on ne voulul pas le de Proclamation :
¡¡~
avaient
placé
bien
des
espérances.
« Et il arriva, est-il dit dans ce document, pendant le
servir, etle for~ d'aller s'asseoir a une des tables placees
lis
poursuivirent
cependant
leur voyage, et escortés par
regne d'Abraham, dont le surnom était Lincoln, dans la
sur le trottoir de la rue.
un parti de Kirghi~es, que le commandant russe de Kaquatre-vingl-sixieme
année
de
l'indépendance
des
États
Le savant millionnaire n'était d'a!lleurs point un avare;
sala :J.vait mis a leur disposition, il~ parvinrentjusqu'aux
il dépensait de tres-grosses sommes avec un lalsser-aller d' Auiérique, qn'une grande rébellion s'éleva dans le p&amp;.ys.
frontieres du kanat de Boukara, oú ils n'hésíterent pas
e( Et Abraham dit a Simon, de l'État de Keystone :
de grand seigneur. 11 avait autrefois. équipé a ses frais
a pénétrer.
un navire cbargé par luí d'explorer les cóleR de la mer et Sois mon écuyer. »
lis s'aper~urent bientót de la perte importante qu'ils
et
Et
Slmon
fit
ce
qui
lui
était
commandé,
et
appela
Caspienne dans un but scientifique; et cet homme qui
avaient
faite sur le poot de la Guberla; n'ayant plus avec
secontentaitd'un diner de quiniesols, nemanquaitguere, d'immenses armées de jeunes et vaillants guerriers de
eux
ui
les
titres ni les lettres qui devaient imposer le
chaque mois, de donner un fastueux repa~ daus un des l'Est, meme du Kennebec, et aussi de par dela le grand
respect
de
leurs persovnes, ils inspirerent bientót des
restaurants a la mode du Palais-Royal ou dti boulevard, fleuve M.ississipi et les montagnes Rocbeuses, et de chacraintes
a
\'autorité soup~onneuse du pays. Emprison-•
que État il en appela; et comme ils étaient de la
oti il se t'aisait mener daos sa voiture.

;..Ao mois de février prochain, la collection de !'hotel
p urtales sera mise en vente. Cette nouvelle fait battre le
0
ur et surexcite l'imagination de tous les amateurs d'art
CC:de curiosités. Le maitre des inestimables trésors rase mblés avec un gout rare et des soins iufinis daos le pa:is de la rue Tronc~et, ~vait ?rdonné ~ue cette magnifique collection ne fui d1spersee que cmq ans apres sa
mort. 11 semble qu'il n'avait pu se décider, meme en
rendant le dernier soupir, a se séparer bru~quement de
biens qui luí étaient si cbers. Peut-etre espérait-il qu'ii
serait permis a son ombre de revenir parfois les coniempler, et pensait-il se réserver ainsi des jouissances
dont l'idée lui adoucissait le trépas.

'

�i64

L' J LLUSTRATI ON . .JOURN AL UNIVE RSEL.

nés quelques jours apres leur arrivée, ils demeurerent
plusieurs mois dans les cachots. Mais le gouvernement
russe, attachant une grande importance A ce que la protection qu'il avait accordée a ces hardis voyageurs ne
fti.t pas infructueuse, ne tarda pas, des qu'il copnut leur
emprisonnement, a faire toutes les démarches nécessaires pour qu'ils fussent relachés. Ces efforts furent
couronnés de succes; les dernieres nouvelles annoncent que les prisonniers ont été mis en liberté, et qu'aussitót ils se sont disposés a accomplir la mission pour laquelle ils ont bravé déja. tant de périls.

Lea Voya,eura ltallena dana le kanat de Boukara.
D'.!PRii:3 [;ES PPOT001\Af'Ul83 1)1

P. P AGET.

», l)OROJU,

dans l'ordre un pays sans cesse agité par les fanatiques;
elle fut confiée au colonel Archinard, du t •• tirailleurs
algériens. D'abord transportée a Chellala, celte coloune
se rendit au mois d'aout a Charef, 011 par des moyena
facticeset la transplantation de quelquessapins sauvages,
elle transforma bientót son camp en une petite oasis.
L'agha Eddin de Djebel Amour, trahi tout derniere.
ment par les arabes, a Taguin, et dépouillé par le marabout du Sud, Si Mohammed ben Hamza, vint, le
l2 aout, demander aide et protection a la colonne de
Charef, pour se venger des actes dont il était victime.
C'est son arrivée au camp que représente mon ero.
quis.
. Agréez, etc.
ERN. DE PEJmJNEU,E,

!RRIV&amp;E DE L'AGHA KDDIN DU DI&amp;BEL - !MOUR
A U CAMP DE CHARE_F,

PROSPER

ENFANTIN.

AU íllRECTEUR.

Cbaref, 1~ aotit.

Apres une premiere expédition, envoyée cette année
dans le Sud et tcrminée au commencement &lt;lu mois de
;uin, une seconde fut jugée nécessaire, pour maintenir

M. LlTTA.

M. GAVAzz1.

aux autres par le droit de l'idée et de la persuasion. 11 a
exercé sur son temps une influence crmsidérable. Il avait
groupé autour de lui tous les esprits généreux, tous les jeunes gens·en quéte de l'idéal, et c'est ainsi que ces Jeunes
gens, guidés par un tel maitre, sunt tous, ou du moins -presque tous, devenus des hommes remarquables : Michel Che.,.
valier, Jeau Reynaud, Pierre Leroux, Émile et Isaac Péreire,
Olinde Rodrigues, Charles Duveyrier, Émile Barrault, Abel
Transon, Adolpbe Guéroult, LQuis Jourdan, Lemonnier, Alphonse d'Eichtal, Félicien David, et tant d'autres que j'oublie. Un des premiers, Enfantin avait été frappé par les
grandes vues de saint Simon; comme lui, il voyait le monde
féodal finissant pour faire place au monde pacifique des arts,
des lettres, des sciences et de !'industrie. C'est lui qui, dans un
prbgramme prophétique, tra~ait, aun moment 011 le seul véhicule connu était la diligence, ce magnifique réseau européen
aujourd'hui exécuté, et, par le percement des isthmes, mettait
en communicatiou des mondes inconnus !'un a 'autre.11 a été,
on peut le dire, le rénovateur de l'économie politique; et,
par ses vues hardies sur le prolétariat, sti'r la condition de la

f65

L'lLLUSTRATlON, JOU RNAL UNIVERSEL.

Un des hommes les plus éminénts de notre siecle vieut
de muurir, M. Prosper Enfantin, celui que ses diaciples
appelaient tout simplement le Pere. Enfantin n'était pas
seule!J!ent un homme éminent, il était surtont un initiateur, un guide, un de ces hommes qui commandent

mme par les princic '
,.,
pes nouveaux q~ i p~oclama sans se la1~s~r mtimider par les mJures
de ceux-ci ou les sareasmes de ceux-la,
, il fut
le créateur d un mouvement métaphysique
considérable' que le
Pcre Lacordaire ne
craiónit pas de dire eu
pleine chaire~ .a _Notre•·
Dame, que c eta1t, depuis Luther, le plus
grand mouvement de
l'intelligence humaine.
Ce qui, en dehors de
a grande intelligence
d'Eofantin, assura son
soeces, ce fut sa bonté,
et, qu'on me permette
'eipression, sa grace;
nul ne posssédait a un
si haut point que luí le
cbarme. 11 avait, avec
un esprit tres-vaste et
un cerveau immense,
toutes lesgraces enchanteres3es de la femme.
C'était un charmeur.Qui
l'avait vu une seule fois
subissait l'influence.
Tout de suite on l'aimait, et ce doux nom de
pe,·e venait aussitót sur
les levres du simple visiteur, transformé en
quelque sorte, a son
insu, en disciple.

CAUSERIE DRAMATIQUE.

PIERRE PAGET.
PROSPER ENFANTlN.

Les deux dernieres
semaines dramatiques
ont été des plus orageuses. Le drame a tonné sur quatre théatres
a la fois; mais, rassurez-vous, il n'est tombé
nulle part.
La comédie a fait aussi des siennes au Théatre-Fran~ais, il. J:Odéon,
au Vaudeville, au Palais-Royal, aux FoliesDramatiques.
Total : quatorze auteurs, onze pieces, vingtcinq actes, trente-sept
tableaux et un prologue.
Allons d'abord au
plus pressé, je veux dire
a cel ui de tous ces ouvrages que je craindrais le plus de ne pas
trouver en vie, si j'attendais quinze jours
pour l'exécuter.
ll s'agit des Mohicans
de Paris, mélodrame
tiré d'un roman de
M. Alexandre Dumas,
et qui n'a de ce prodigieux écrivain que le
nom dont il est signé.
Bien que le roman en
question soit en neuf
volumes, et ladite piece
en neuftableaux, celle-ci
ne nous offre qu'un seul
des mille et un épisodes
du livrc. D'apres cela,

11. M.liAZZA,

'fll.ÉATRE DI! LA PORTE SAINT-MARTIN: LES FLIBUSTIERS DE LA SONORE, ACTE IV•, :SCENE Pl:-IALE.

. 1

�..
166

L' lLLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

on ponvait cspérer de trouver au moins dans le mélodrame cette clarté que M. Dumas sait répandre dans ses
fables les plus compliquées; mais, malheureusement,
cette qnalité, la plus précieuse peut-elre de l'auteur des
Trois Mousquetaires, est celle qui manque le plus au
drame des 1llohicans de Paris.
Ce r¡ue j'en dis n'est pas pour m'épargner l'analyse
cl'une piccc que M. Dumas, longtemps avant de l'avoir
faite, a si bien racontée lui-mcme; c'est asscz dn manque d'espace pour m'excuser d'une concision qu'un peu
de moclestie aurait suffi a m'imposer. Mais, ou j'en veux
venir, c'est a rappeler aux metteurs dr. livres en pieces,
qu'ils se reposent un pcu trop sur la mémoire des lecteurs. Quiconque, en etfet, n'aura pas In tout récemment
le roman des Mohicans de Paris, je le défie de ,mivre
pend:mt vingt minutes l'action du drame tiré de ce roman.
Ces arrangeurs, qui sont quelquefois si habiles, quand
ils taillent en plein, - comme M. Dumas, - daos leur
propre drap, ils devraient rn rappeler que la plupart de
ces fameux livres que to11t le mo1,de a ltts, sont d!lS livres
qne personne ne sé rappelle apres les avoir dévorés.
An reste, il parait qu'oo peut s'amuser sans comprendre. 11 y a clu moins tel role et tel tableau, dans les Mohicani de Paris, qui feraient croire a ce paradoxe. La mise
en scenc et les comédiens y sont bien aussi pour quelque chosc, les comédiennes surto11t, comme, par exemple, Mm• Clarence, dans la gracieuse figure ele Rose-deNoel, et )tm• Raucourt sous les traits de !'abominable
Orsola; car cela est encore un dPs talents de M. Alexandre Duma~, que ses plus atroces scélérats font rire, et
que ses victimes les pl11s touchantes divertissent.
Rlen aussi de plus amusant que la désinvoltnre avec
laquelle il parle de tout et entre partout : le cabanon dl1
fou furieux, l'inviolable cellule de la recluse, le bo11doir
de la reine une telle, le cabinet de M. ele Metternich, car il ne craint pas de nommer les gens, - tout est de
plain-pied pour cet enchanteur ubiquiste; c'est le.faubourien de la chanson : 11 11 tape partout et ne connalt
rien. 1,
A ce point de vue, il y a dans la nouvelle piece un
certain pensionnat de jeunes personnes que je vous recommande tout particulierement: il serait choquant chez
tout autre, mais ríen ne e,hoque d'Alexandre Dumas.
N'oublions pas un petit mot a l'adresse ele P&lt;Jrrin, qui,
dans le meilleur role de la piece, celui d'un agent de
police pour rire, est d'un comique d'autant plus achevé,
qu'il a. l'airde ne lui couter ríen. Dnmaine n'est pas non
plus mrmaunis commissionnaire, gentilhomme et poete.
Enfin, M11e Colombier, une débutante, est parfaite dans
un personnage exigeant de son interprete du lalent, de
la grace, de la distinction et de la beauté.
Et on dit parfois que je suis méchant !
On a bean ,ouloir étre bref en parlant de M. Alexandre Dumas,Ia prolixité du sujet vous gagne malgré vous,
et, sans amuser comme luí, on s'étend, on s'allonge, on
n'en finit plus. Ne chercbons done pas une transition
qui nons allongerait encore, et passons tout de suite au
nouveau drame de l'Ambigu.
La, du moins, bien qu'en des conditions toutes
pareilles, nous trouverons la clarté qui manque a la
grande piece de la Galté; mais en serons-nous plus
avancé? Pourrons-nous faire entrer, dans un espace qui
va toujours se rétréeissant, le compte-rendu des neuf
tableaux, dont un prologue, que MM. Anicet Bourgeois,
Blum et (lonson du Terrail ont découpés daos un rl)man
de ce dernier! La question posée n'est-elle pas résolue
d'avance!
Disons au moins que cette adaptation des Drames de
Paris, un des romans les mieux réussis et les plus lus de
ces-derniers temps, est faite avec une habileté remarquable.
Le sojet tient a la íois du tragique et du picaresque,
et ces deux éléments se coníondent dans le personnage
qui donne son nom a la piece• .Rocambole, a qui appartient cet honneur, et c'est la seule chose qu'il n'ait pas
volée, lloeambol, est UDtl sorte de Lazarille coupe-jarret;
il fait partie, a ces deux tilrei1, d'une bande de scé'lérats,
qu'il domine par l'esprit, comme César-Andrta par le caractcre. La lulte qui ne tarde pas as.'établir entre ces deux
misérahles, íait le fond d'une intrigue dont le spectateur
ne perd pas un moment le fil, quelque enchevetrés les
uns daos les autres qu'en soient les innombrables incident,.
Taillade est vraiment excellent daos le personnage de
Rocambole. M•• Marie Laurent s'wimile avee beaucoup

d'art le typc, devenu populaire, de la Baccarat. Castellano, ~fétreme, Mm• Vigne, J\11 1• Leprovost sont justement
applaud is, tous les soirs, dans les princi paux roles de
la piece, qui est, du reste, jouée avec un ensemble parfait.
Ajoutez a tant de séductions un; mise en scene tressoignée, la ronde de rigueur, spirituellement cbantée
par Reynard, et je ne vois pas que vous p11issiez vous
dispenser d'aller applaudir Rocambole.
Avec les Flibustiers de la Sonorc, nous passons des
cryptes malsaines d'un monde veillissant au grand air
d'un monde no11veau, du monde auquel appartient l'avenir. Ainsi du moins le pensait cet aventureux, jeune
genlilbomme auquel un de ses amis disait un jour:
- Gaston, quand done screz-vous calme?
- Quand je serai mort, réponclit Gaston.
Uue autre fois, a la fin d'trn joyeux souper : - · A quoi
songez-vous? luí demanda un des convives.
...:... Je songe que nous sommes des malheureux, répondit-il, et que nous perdons uotre jeunesse en des sottises.
Qu'a de plu~ ce souper que celui d'hier? Qu'aura de
plus celui de demain? Oh! je voudrais faire quelque
ch ose de grand!
Peu de jours apres, le comte Gaston de RaoussetRo11lbon passait en Algérie, ou il se ruinait en essais de
colonisation trop grandioses. En lR48, il était a Paris, et
faisait dans la politique spéculative d'autres essais, qui,
pour la méme cause, ne l11i rliussissaient pas mieux. Ce
ful alors que, méditant de grands projets, il r,ourut demander le nerf de la guerre aux mines de laCahfornie, ou
l'attendaient de nouvclles déceptions; de la il passa au
Mexique, puis en Sonore, oti, daos une lutte héro'iq•1e,
et ponr une question toute fran~aise, il trouva une mort
qui reste a venger.
Cette vie de Descobridor du seizieme siecle avait été
racontée d'un style et d'un cmur dignes d'elles, par
M. Henri de la Madeleine, lorsque M. Gustave Aymar en
fit le sujet d'un roman qu'il vient d'adapter fort habilement a la sccne, avec le concours de M. Amédée Rolland. Ce drame intitulé les Flibmtiers de la Sonore, est
représenté, en ce moment, aver, 11n grand soeces au
théatre de la Porte Saint-Martín, qui l'a illustré de
clécors splenclides. Berton, dans le personnage d'Horace,
- no Raousset-Boulbon de fantaisie, - et M11• Rousseil
daos le double role de Don Luiz et ele Carmen, feraieot
a eux deux le succes de ce drame, a11quel ne nuisent
cepenclant pas des divertissemeuts, tels que la fete d11 soleil, avec M110 Mariq11ita pour coryphée.
Dire avec tout le monde que la musique et méme les
paroles du Devin du village ont un peu vieilli, sera~t-ce
aller sur les hrisées d'llD conl'rere, qui de sa vie n'a proféré une telle banalité? Personne ne le pensera, et
pourtant je me bornerai a cctte banale appréciation
d'un ouvrage que le Vaudeville ne nous a rendu, je
suppose, qu'a titre de curiosité. Peut-etre aussi a-t-il
voul11 établir, au moins de frais possible, les droits que
lui donne, en fait &lt;le musique, la nouvelle liberté des
théatres. De toute fa~on, la tentative lui a passablement
réussi.
Comme nous l'avions annoncé, lrois autres pieces en
un acle sont venues escorter, daos la meme soirée, cette
gracieuse opérette de l'auteur du Contrat social.
Le Florentin, comédie en vers de LaFontaine, est parti
premier rlans cette course, ou il a été bientot distancé
par le Vingt-quatre fturier, drame alezan, je veux dire
allemand, qni s'est dérobé au premier obstacle, tandis
que Pierrot posthume arrivait premier d'une infinité de
longucurs.
.
Pierrot posthume, arlequinade en vers splendides, est
1m des trop rares essais de notre brillant poete Théo-phile Gautier. Espérons que le grand s11cces de ce petit
acte, d'une fantaisie si originale, décidera l'auteur du
Cap1taine Fracasse a donner, ou plutot a rendre, le sujet
de ce beau roman a la sccne, qui le réclame et a tant de
droits sur lui.
En somme, les trois susdites pieces composent un spectac~e dont la diversité, comme on le voit, 1ist loi.n de
íaire le seul attrait. L'exécution, d'ailleurs, en est parfaite. Parade, dana le Vingt-quatre frorier, joue en comédien achevé un r&lt;ile tragico-bourgeois de parricide
involontaire, qui tournerait tout de suite a la charge,
s'il n'était renclu avec la derniere perfection. Quand elle
revet le costume moderne, au lieu de la tunique d'un
Atride, la fatalité n'est plus qu'une vieille machine dramatique, qui prete facilement a rire. Parade, en triomphant de cette difficulté, a enlevé le su~s d'une piece
1

qui, traduite et imitée mainte et mainte fois sur noe
st:enes, n'y avait jamais bien franchement réussi.
. Oans z~ Florentin, reprise moins scabreuse, mais ins¡.
gnifiante a mon avis, et qui n'ajo11tera rien a la gloire
du &lt;&lt; fablier, 1&gt; Saint-Gcrmain n'avait qu'a demi-réUSSi
mais il s'est relevé de cent piques dans Pierrotposthum:
doat il joue le principal role avec no mélange de nai~
veté et de finess~ parfaitement approprié au ¡,ersonnage,
Bache, daos ce meme role, lorsqu'il le jouait ace meme
théatre du Vaudeville en iR47, -comme le temps pasge
mon cher Gautier ! - Bache était pl11s posth11111e, mai;
moins Pierrot que Saint-Germain. Mais que Saint-Ger.
main se console : on devient toujours assez tot pos.
thume.
Que dirai-je des Ficelles de Montempoivre, sinon que
yoila une des pieces les plus poivrées qu'ait jamais montées le théatre du Palais-Royal, meme du temps 011 le
Palais-Royal tout entier n'était qu'llD théatre avec des
galeries de bois.
~lais do moins cette gaudriole en trois actes, signé.e
Vario et Delaporte, elle estsouvent tres-gaie et quelquefois assez spirituelle; elle a meme un troisieme acte
tres-bien fait, tres-comique et tres-bien joué, a telle enseigne que saos lui la piece, a peine née, aurait bien pu
etre posthume.
Mais la triste parade qui l'a suivie, mais cet afireUI
petit a propos dont tout le comique est daos le titre et
dont le litre est : Eh! Lamb~1·t ! quelle platitude ! que!
néant!
Et comme je voudrais pourtant la raconter, cette vilaine et sotte petite piece, allX lecteurs de l'Illustration.
lis verraient combien les plus spirituels auteurs drama.
tiques peuvent, sur nn meme sujet donné, se laisser écraser par un cbroniqueur tel que ... Mais on sait bien de
qui je vellX parler, saos que je porte ici ómbrage a la
moclestie d'un confrere.
·
Me voila done maintenant tout entier a deux nouveaotés aussi importantes par elles-memes que par les dem
théatres qui viennent de nous les clonner : La VolonU,
coruédie en quatre actes en vers de M. du Boys, représentée au Théatre-Fran~ais, et les Plumes du Paon comédie en quatre actes en prose, de M. Leroy, par laquelle
l'Odéon vient d'inaugurer sa réouverture.
Malheureusement, ces ouvrages, les premiers en dignittl, sont en meme temps les derniers en date, et le
terrain qu'il m'a fall11 déblayer pour aller a eux est devenu trop étroit pour leurs dimensions et leur importance.
Disons done seulement, quitte a y revenir prochainemént, q11e la Volonté a obtenu un succes d'estime daos
la meilleure et la plus haute acception du mot.
L'idée morale de la piece ressort de l'opposition de
eleuxjeunes gens dont !'un, trop confiant dans sa richesse, néglige de se faire une position, tandis que l'aotre fait son chemin par la seuJe force de la volonté.
Cette these, qui semble n'avoir rien de bien poétique,
a heureusement trouvé pour a.vocat un vrai poete. On
frémit en songeant a l'énorme somme d'ennui qu'en aoraient tirée ruessieurs tel 011 tel. Félicitons-nous que
M. Du Boys leur ait dérobé ce sujet, qui Je11r allait
C()mme de cire, et qu'on ne comprend pas qu'ils aient
laissé glisser de leurs mains entre celles d'IJD débn•
tant.
Tous nos bravos a mfm•• Ponsin et Royer, a Maubant, Coq11elin, Verdelet, etc., etc.
M. Louis Leroy n'est pas poete, au moins que je
sache, mais c'est un homme de diablement d'esprit; sa
premiere piece en avait meme un peu souffert. Le public de l'Odéon s'y fera, mais il n'était pas encore habitué a de tels feux roulants d'idées nenves et de bons
mots, et il l'avait un peu fait sentir a l'auteur des Relai.•.
I1 y a des gens incorrigibles, et M. Leroy est de ces gensla. Sa nouvelle piece est done aussi spirituelle que la
premiere, mais elle est construite sur une doonée un
peu moins neuve, aussi a-t-elle beaucoup mieux réoS6i,
Cette donnée, que le titre expose a demi, je suis forcé
de remettre a quinzaine le plaisir d'en acbever l'e:sposition en dí-tail. .M. Leroy est no de ces auteurs dramatiques qu'on peut quilter saos inquiétude poor qoiJl7.e
jours; on est sur de les retrouver a la meme place.
Ma1s comme il n'en est pas toujours ainsi des bons comédiens, nos meilleurs compliments aThiron, aPierron,
a R001anviJle et a M11• Mosé.
A. DE BEtLOY.

L'lLLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
ranger une existence parfaitement indépendante et parfaitement agréable dans cette pauvré Babylone moderne tant calomniée, la seule viHe pourtant qu'il est
TOT.AGI ll'OI PARl8IJI ALA RICHKRCHE DI LA UTIJU
impossib)e de quitter sans regret et de revoir sans plaiJDYLLE AUYERGNATE.
sjr. ,A.ussi haussait-il les épaules en lisant les déclamations ·stéréotypées qui défendent périodiq11ement aux
On sent bon d_éjá dll!IS la plaine
Parisiens
de rester a Paris, sous prétexte de villégiature
Deu~ i deux ~•111 qu'on s'y r'promeae;
ou de bains de mer, de Vichy cu de Bade. Pour lui, chaLes amours ont déjil repris,
L' rossignol chant' tout's)es mlits,
.q11e époque de la vie parisienne avait son charme partí..
· Dans les nids
culie.r, ses c11riosités, ses délices; et non-seulement il ne
Y .ª des p'tita...
luí arrivait jamais d'éprouver le besoin de cbanger
d'atmosphere ou de voisins, mais eocore il s'éloignait to11jours
aregret de son cher Paris, ne füt-ce que pour ~J· Cha.que année, le retow de la belle saison déchaine
~s le monde littéraire une véritable débauche de ly- ler dlner a Ville-d'Avray.
JI avait done fallu une bien grande excjtation l'),erveuse
' l'ÍIJllC· On dirajt qne la douce haleine du printemps a l.i
. :· p,o11riété d'enfiévrer Ja nombreuse armée dei: écrivains, pour lui faire prendre une résolution si en dehors de
depuis le général en chef jusqu'au dernier soldat. Le ses habitudes et de ses mm11rs.
•·pws mince cbroniqueur de la feuille la plus incolore se Quand il eut avalé sa tasse de café, Maurice jeta sa
croirait déshonoré, s'il n'altachait .alors un rameau vert robe de chambre avec précipitation et fit une toilette
'iMD eocrier, et s'il n'entonnait, de sa plus belle voix, printaniere : il choisit la plus tendre de ses cravates,
w dithyrambe en l'honneur du réveil de la natttre. Des passa son gilet le plus diapbane, mit a sa boutonniere
le uiilieu d'avril, d'april, et daos tout le courant du une rose fratche Pclose, et s'.élan~a légerement sur le trot,-til moi de may, il ,n'y a plus ni romantiques, ni clas- toir de larue d'Aumale, en fouettant l'air de sa badine a
tiCJues, ni éclectiques; il n'y a plus ni h11golatres, ni pomme d'or.
&lt;&lt; Ou aller? )) se demanda..t-il en gagnant machinalehlgophobes, ni cléricaux, ni anticléricaux; il n'y a plus
ment
le boulevard, 11 en quelles régions hyperboréemies
que des poetes, que des poetes bucoliques. Les journaux
&lt;&lt;
ne
plus
trouver ni fiacres, ni omnibus, ni marchands
de toute nuance et de tout format présentent a l'envi
Je meme coup 'll'cail consolant : aux Débats comme au « de parapluies, ni photographes, ru sergents de ville;
CAan11ari, au Tintamarre comme a la Presse, le renou- &lt;&lt; mais &lt;les gazons, de vrais gazons, autres que ces car« rés de verdure qu'on plaque tout poussés dans nos
tlB(IU prend la place de la politique, les prima vera chassent de colonne en colonne Po\onais et Russes, fédéraux &lt;&lt; ~quares, et des vraies feuiile!l vraiment vertes, et des
« tonfédérés; les senteurs parfttmées des boi~ se glissent « oiseallX qui ne viennent pas manger dans votre
·au bulletio des spiritueux et des huiles; les tendres bour- « main, comme ces impertinent~ moineaux des Tui]e ..
g~ éclosent aux déces et inb,umations, et les sy/phes 11 ,ríes? Qui pourrais-je bien consulter? On dit : menteur
légers voltigent ou se trainait la lourde prose du spiri- 11 comme un Guide; daos tous les Tours de France, daos
tnel critique X... de X... Ce ne sont que fe&amp;tons de pério- &lt;&lt; toutes les Impres~ions de 11oyage, je lirai les memes prodettchatoyantes, ce ne sont qu'astragales de flamboyan- 11 messes, les memes réclames: climat délicieux, magni1es épithetes; C:est un feu d'artifice de grands mots et de 11 fiqué végétation, ville de$ plus remarquables, apres le
grandes phrases, oti les tropes succedent aux trope&amp;, et &lt;&lt; nom de la ville la plus insipide ou celui du rtus miséles hyperboles allX byperboles. Les plus rassis de ces &lt;&lt; rabie village. 11 y a cinq cents pay~, dans cbaque MaTbéocrites a vingt-cinq centimes la ligne (les blancs non &lt;&lt; nttel du voyageur, qui sont le plus beau pays du monde,
comptés) voudraient, comme les blancbes géoisses, « comme aParís il y a cinq cenL~ femmes qui sont la pl~
faire leur nourriture exclusive de ces jeunes pousses si « jolie femme de París. Ce que j'ai peut-Mre de mieux a
délicates, si poétiques, qui commencent a courir sur les &lt;&lt; faire, si je vellX une campagne véritablement intéres&lt;t sante, des bois sans amoureux, des vallons sans toubrancbes.
M.a:is il y a des gens a cerveau mal organisé, qui ont &lt;&lt; ristes, des montagnes sans An¡dais, dP,S paysages sans
le mauvais gout de se lasser de cette fastidieuse poésie, ,1 paysagistes, c'est de choisir un pays qu'aucun Guide
et qui demanderaient 'VO!ontiers grace a ces implacables « ne recommande et qu'ancun voyageur n'a raconté., un
&lt;&lt; pays inexploré, un pays sauvage, s'il en est encore un
arrangeurs de phrases.
Un matin du mois de mai dernier, un de ces prosai- &lt;&lt; au monde. Ah! parbleu, j'ai mon affaire. Pourquoi
ques lec\eQrs, Parisien endurci, se mit a table d'assez &lt;&lt; n'irais-je pas demander l'hospitalité, pendant quelques
Diauvaise bumeur, déchlra vivement la bande de son &lt;e jours, amon vieil ami PhilippeNoirclair,auVernet, pres
journal, et tomba par hasard sur un long article, péni- ce d'Jssoire, au creur meme de l'Auvergne?L'Auvergne est
blement écrit, dont la &lt;&lt; riante saison des amours &gt;&gt; fai- &lt;&lt; peu connne encore, sauf peut-étre Royat et Clermont,
ait tous les frais. Impatienté, il jeta ia malencontreuse 11 le Mont-Dore et le Puy-de-Dome; c'est en Auvergne
feoille d'un coté, sa serviette de rautre, et s'adressa a 1&lt; qu'il me faut aller. Ce cher Philippe ! Voila bien longlui-meme ce court monologue d'une logique puis- « temps que je l'ai perdu de vue ! Et j'avais juré, pour1&lt; tant, par nos dix ans de Rollin et nos sept ans de
sante :
« Oh! les journaux ! Mais quand auront..ils tout dit? &lt;&lt; quartier Latín, d'aller cbaque année, a la belle saison,
« Quand cesseront-ils de me lancer leur verte campa- &lt;&lt; passer quelques semaines chez lui! Aujourd'hui il doit
« goe au nez a toot propos, comme une provocation, 11 etre tout a fait campagnard : médecin de village au
« comme un reproche? Je gagerais volontiers que ces &lt;' food de l'Auvergne, que!Je bonne vie de paradis il
«-amoureux transis de la nature ne pensent pas un mot 11 doit mener, cet homme sage ! 11
Moips de quarante-huit heures apres, notre Parisien
« de ce qu 'ils disent, et que e' est au coin de leur feu et
se
trouvait dans la salle a manger de l'hótel de la Poste,
« les pieds dabs leurs pantoutles, qu'ils célebrent les
a
Jssoire,
en face d'un succulent beefsteak parfaitement
« diarmes des bois et des champs. Pour en avoir le
incuit.
L'expédition
s'annon~ait bien : une servante po« creur net, j'ai envie d'aller une bo~rne fois a la caro« pagne, moi aossi, et de me baigner dans l'air, de me lie, un diner excellent, un lit meilleur encore, tout allait
« plonger daos la nature, de me gorger de printemps. amerveille. D'ailleurs la fatigue, l'appétit et la bonne
« C'est une expérience a faire, ne serait- ce que pour humeur coloraient toutes choses des nuances les plus flat.« avoir le droit de maudire tout haut et partout jour - leuses. L'heureux voyageur s'endormit done daus les
« nau:s et journalistes, et de leur renvoyer leurs plates meilleures dispositions.
Son premier mot, le lendemain matin, en sautant a
·« idylles. Voila qui est dit l J'irai me retremper au sein de
bas
de son lit, fut cP.lui-ci :
« ceUe renaissance générale, j'irai rever 80us les grands
&lt;&lt;
Je
vais done enfin savoir ce que c'est que la na« arbres, j'irai me pamer au bord des sourcesjaillissan&lt;&lt;
ture!
11
« tes,j'irai m'étendre sur les mousses veloutées au pied
11
déjeuna
lestement, rég1a la note avec une belle
• des vieux chénes, je déjeunerai de chataignes et de
dame
qui
trónait
derriere son comptoir de marbre
« cresson, et je... ferai des vers ! Anch'io son...
Beureusement sa domestique entra, et notre Parisien blanc, comme a París miss Caroline Humpfotber au
ae rassit paisiblement, pour ne pas faire attendre une café du Hundsrück, et monta daos l'omnibus d'Arlanc,
qu'on appelle plus généralement, daos le pays, la carriole
wse de pur moka.
•
iaurice Derivas n'avait' jamais quitté París, non pas du tere Antignac.
D'Issoire au Vernet, il n'y a guere plus de quatre
qu'il y ait été retenu, comme tant d'esprits délicats et
quelque peu jaloux de montrer leur érudition, 11ar un Jieues, mais les deux juments d11 pere Antignac ont
amour exagéré pour le ruisseau de Mm• de Stael; mais l'allure pacifique; d'ailleurs, la Belle est bien vieille, et
il a,a:it su, grace a un patrimoine assez respectahlc, s'ar- Barbttte i;st_bieu capricie~; i_U4Si ~¿~j.J.-~_Pt!&amp;Ae

ftl7

deux heures quand on aper~ut le petit clocher tout neuf
du Vernef.' · ·Un peu avant le Vernet, la route traverse le petit bois
de Larocherie, dont la fraiche verdure allécha vivement
Maurice; il fit arreter la carriole, santa bravement daos
la poussiere et sécoua ses jarrets éngourdis. Puis, aspirant a pl_eins po1unons le ,bon air frais du bois, il s'enfon~ daos un petit sentier qui serpentait sous les arbre~, s'en remettai;it au basard du soin de le g11ider,
,avec cette soif de l'imprévu qui ne quitte jamais le Parisien.
IJ arrjva b~entot a une charbonntere abandonnée depuis longtemps sans doute, car l'herbe avait parto11t repoussé et cacbait a demi les traces du feu; un sentier
étroit, tapissé d'un g;uon no et lustré, diapré de jolies
fleurettes bleJJes et blanches, la traversait daos sa plus
grande longueur1 et 8e continuait a perte de vue dans le
bois, en montant par une p_ente insensible.
Ma11rice s'assit daos l'llerbe contre un pe1it tertre qui
s'élevait a peu prel! au ce~e de la ctiarbourriere. Devaot lui se dér-0ulait le roban vert d11 &amp;entier, et de
chaq ue coté son regard se perdait dans·la profondeur du
bois, arreté foi par l'épai.5seur du feuillage, la, au contraire, apercevant a cent pas les u¡erles qui voletaient
derríere les troncs d'arbre¡¡.
Cette solitude, ce calme complet, ne laisserent pas
d.'impressionner Maurice : une exclamation tui vin\ aux
levres) mais 11 ne put ouvrir la bouche, vivement frappé
par le silence imposant qui renve!oppait; car d'abord il
n'entendit ríen. Peu a peu, cependant, il distingua les
mille bruits de::; bois, ce vaste et bi,iarre concert ou tout
fait sa partie, et le fr:émissement des longue:s brancbe11
agitées par le vent, et les craquements aes feuilles seches, vetement de l'arrjere-saison que le8 arbres ont
laissé tomber aleurs pieds, et les ruille gazouillements des
oiseaux, ce doux et suave orchestre qui accompagne si
bien les reveries du voyageur.
, Ce fut d'abord un gracieux oiseau qui vint se poser
au bord d'une haute branche, hasarda timidement une
note a demi-voilée, s'enhardit bientot, et fit retentir le
bois de son chant harmonieux; puis, apres la romance
vint le morceau d'ensemble : du baut de chaque arbre,
au fond de chaqtle tailliR, mi lle voix répondirent ensemble.
Puis tout se tut, et, apres un temps, le petit oiseau au gosier mélodieux lan~a de, nouveau versle ciel des notes éclatantes, qui monterent, monterent et finirent par se résondre en trilles retentissants, en· roulades infinies : comme
une fusée bien lancée qui file en dessinant un trait de feu
dans l'espace et s'épano11it resplendissante au milieu de
l'ohscurité; et le ehmur faisait silence, écoutant respectueusement le ténor dn bois.
Daos ce charmant spectacle, l'homme ne vcnait point
détoner avec sa personnalité bruyante et dévastatrice.
A peine apercevait-on au loin quelques ~ieilles paysannes
trav.ersant le sentier, le dos courbé sous un lourd fagot
qui trainait derriere elles avec un cliquetis de feuilles
seches.
Mais on l'ut dit qu'en l'absence de son roí la n:1ture
était en fete. Quand l'ho,mme ne se montre pas, en
effet, tout ce qui habite les forets va, vient, se croise, se
heur~~ saos craint.e et sans hésitation.
Des bandes nombrcuses de jeun.es lapi¡¡s accouraient
en se poussant les uns les autres, s'asseyaient gravement sur leur train de derriere, leurs longues
oreilles dressées, et disparaissaient par bonds disgracieux. Les écureuils a la robe fauve montraient tout a
coup au milieu du feuillage leur petite tete étonnée, et
gambadaient de branche en brancbe avec une agilité,
une souplesse, une grace, a désespérer tous les Léotards
présents, pllS,sés et a venir.
Cette vie, cette animation joyeuse de la solitude frappaient Maurice d'admiration : il s'étoonait de découvrir
incessamment de nouveaux. charmes a ce joli bo1s, et ne
pouvait surtout se lasser de contempler les mystérieuses
beautés des gra.nds arbres : ici, des branches merveilleusement attachées, des tronc~ qui descendaient en se
tordant comme de gigaatesques serpents, a coté de
jeunes arbtes droits comme des füts de colonne; la, des
bouquets de feuilles du vert le plus tend~e, qui se détachaient sur u.n tond de feuillage 011 toutes·les nuances
de la couleur verte étaient étalées comme sur la palette
d'un paysagiste, et les hautes branches qui ondulaient
gracieusement au moindre soufile d'air, couchant leurs
longs bras d'un arbre a l'autre, et se mélant,s'étreignant
amoureusement, de maniere a former un épais rideau
.'I.W -~V,ge_a~jlir, ~p&gt;ui dJ1 ~I bleu.

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L•ILLUSTRATION, .JOURNAL UNIVERSEL.

Du reste, pour se faire une idée des diverses sensations qui se partageaient l'ame de notre Parisien, il est
iadispensable de se rappeler qu'il avait été transporté
en rooins de deux jours, et l'on peut ajouter sans transition a1:1cune, de son entresol de la rue d'Aumale au
roilieu d'un petit bois situé tout au fond de l'Auvergne
et habité seulement par les « mille locataires du bon
Dieu. l)
Aussi l'influence irrésistible que les bois exercent sur
les organisations les moins poétiques agit-elle 5Ur Maurice d'une fa~on tot1te particuliere. lnsensiblement, ses
idées prirent une tournure unifoi:me : cette légere mnraille de feuilles et de verdure arretait net au passage
et sentiments égoistes et mauvaises pensées.
Au bois, en effe·t, au milieu de c~tte franche nature,
sous ce dome grandiose et riant a la fois, il est impossible de concevoír et de murir quelque méchant projet.
Au bois, on oulilie ses h;lines et l'on pardonne a ses ri.
vaux; au bois, Émile Augier et Veuillot se donneraient
la main, et M. lugres eut embrassé feu Delacroix. Au
bois, tout est joie, tout est amour; on est heureux de
-vivre, heureux de voir clair, heureux d'entendre et de
·sentir; on crierait volontiers au cíe!, corome l'acteur De,launay daos le Fils de Gibcyer : « Vive le bon Dieu ! &gt;)
- Au bois, on aime tout le monde ! 11 est prudent meme
-de se défier de cet aveugle besoin d'épanchement. Ces
jolis hois, avec \eurs voluptueux bancs de gazon, leurs
acres parfums,leur fraicheur excitante, etjusqu'a. ces légers souffles qui viennent 'VOUS caresser, cesjolis bois sont
plus traitres qu'on ne le croirait, surtout au printemps.
Maurice se sentit peu a peu entrainé dans un courant
d'idées fort tendres; une langueur énervante s'infiltra
dans tous ses membres, des souvenirs délicats lui arriverent en foule, comme des bouffées de jeunesse et
d'amour; son sang courut plus vite et ses joues &lt;levin••
rent brulantes...
« Qu'il y a longtemps, s'écria-t-il, que je n'ai pressé
&gt;) daos ma main une douce main de femme, et que je
)) n'ai senti sur mon épaule une tete blonde murmurant
)&gt; a mon oreille quelques paroles d'amour ! Qu'il y a
¡¡ longtemps que je n'ai dit ce vieux mot, si vieux et si
)) bon a dire, cevieux mot :jet'aime 1Ah! si, par miracle,
)l 1l me· tombait du ciel, en ce ruoment, une femme au
)l regard angélique, je sens que je l'aimerais comme
)) jamais créature ne fut aimée, que je l'envelopperais
)) d'un amour san.~ bornes et pur comme son ame, et
)) que je passerais ma vie a ses pieds, daos un coin, ignoré,
)) misérable, mais bien heureux ! Ah! si le ciel est juste,
ll pour le pe'u de bien que j'ai fait et pour tout le bien
)) que je me sens capable de faire, il m'enverra cette
)) femme ! »
Mais le ciel esttrop haut, comme disentles Polonais, il
ne l'entendit point. En vain fouilla-t-il du regard la
;profondeur des taiUis, l'ange évoqué ne se montra pas.
&lt;&lt; Peut-etre, pensa Maurice, les hautes branches, en
« se baissant sous le soufOe du vent, vont la Jéposer a
« mes pieds ! Peut-etre va-t-elle sortir de quelque arbre,
•« comme ces poétiques divinités qui peuplaient autrefois
« les forets ! &gt;)
11 y avait surtout, a l'entrée de la charbonniere, un
jeune hetre a l'écorce chatoyante, que ce1'lainement
la plus séd11isante dryade eut voulu jadis donner pour
prison a son beau corps. En e!l'et, il tendait son torse
lascif en avant, d'un air si provocant, il dressait si gracieusement ses bras chargés de feuillage, il figurait si
bien, enfin, l'image d'une jeune filie au bain, les bras
coquettement rejetés en arriere et tordant ses longs cheveux ruisselants, que Maurice ne pouvait en détacher
ses regards, et peut-etre allait-il tomber amoureux de
son arbre, quand tout a coup, en tournant la tete, il
aper~ut tout au loin, derriere lui, une jeune Auvergnate
qui descendait le sentier. Quelques minutes encore, et
elle était pres de lui ; mais le petit tertre, auquel Maurice était adossé, le eachait presque entierement.
Elle s'avangait lestement dans le sentier vert, toute
joyeuse et toute légere, bulinant au basard daos les taillis, se baissant sur l'herbe pour cueillir une tleurette,
ou s'arretant pour écouter les chants des oiseaux, puis
reprenant sa route en rattachant un ruban ~oulevé par
le vent, et s'admirant naivement marcher comme une
fillette heureuse de se savoir belle et confianteen la discrétion du bois.
Et, de chaque coté du sentier, pinsons et mésanges
d'entonner leurs plus douces chansons; et les grands arbres d'incliner leurs tetes feuillues, semblables a des
courtisans rangés sur le passage de leur souveraine. A

mesure qn'el\e s'avan~it, elle rattachait a elle cette vague harmonie, cette vie dispersée; toutes les mystérieuses fantaisies du bois semblaient se lever sous ses pas
pour lui faire cortége; et le charme de la solitude cédait au délicieux spectacle de cette jolie créature humaine, au milieu de la nature empressée a la saluer.
Maurice, croyant rever, se írottait les yeux ; mais, de
moment en moment, la 6.llette approchait, et déja. notre
heureux voyageur pouvait remarquer qu'elle était aussi
jolie que bien faite.
C'était une jeune fille, presque une jeune femme, aux
formes nettement et largement dessinées, aux traits
sculpturaux, a,u opulents cheveu¡ blonds. Sa démarche
avait rle la grace et de la légereté; ses moindres mouvemenl, étaient d'une jolie femme. Quant a son costume,
celui que toutes les jeunes paysannes portent aujourd'hui, qu'elles soient Auvergnates, Berrichonnes ou Normandes, il ne se distinguaitdu costume des ouvrieres élégantes de nos villes que par une plus grande profusion de
rubans et par les couleurs plus éclat:mtes des étoffes. Enfin, elle avait la coillure de Mimi Pinson, avec des violettes
et un bouquet de boutons de roses en plus. De I'Auvergne, cette gentille Auvergnate ne conservait que ce qu'il
n'était pasen són po11voir de modifier, cette vigoureuse
santé (!Ui est comme le cachet du terroir.
Elle élait done en parfaite harmonie avec la nature
luxuriante qui lui servait de cadre, et répondait précisément a. l'idéal que révait Maurice. 11 l'aurait choisie entre mili e, qu'elle n'eut c~rtainement pas mieux rempli
les conditions du programme qu'il caressait a. part lui.
« Oui ! s'écria-t-il, voila bien la femme que je dois
« airoer '. Voila bien la noble et franche créature a qui il
« faut un amour fort, entier et infini, comme a nos pou« pP.es de salon il faut des amours factices et creux ! Ah!
« le ciel m·a entendu! Que dis--je? N~est-ce pas pour me
« mettre sur le r.hemin de cet ange que le Dieu d'indul&lt;( gence et de bonté m'a conduit, C0IIJme par la main,
« jusqu'au fond de ce petit bois, moi qui jamais n'ai
&lt;&lt; quitté Paris? C'est ma destinée qui s'accomplit, et celte
&lt;&lt; femme queje reve, que j'appelle et qui vient a moi,
« c'est !'ame de mon ame~ Ovierge tant désirée, tu m'at« tendais aussi, tu m'appelais aussi, n'est-ce pas? Me
« voici I J&gt;
,
Et Maurice allait s'élancer aux pieds de la jeune filie,
qui n'était plus qu'a vingt ou vingt-cinq pas.
A ce moment} un jeune gars bien découplé sortit de
derriere un tailüs, a quelques metres en avant de la
charbonniere; il prit la main de la jolie Auvergnate, et
tous deux remonterent le vertsentier en se tenantenlacés.
Ce coup inattendu terrassa Maurice; il demeura pendant quelques instants commé abasourdi; puis, il voulut courir a l'audacieux qui lui volait son bonheur;
mais la réflexion vint l'arreter a temps. Il se rassit dé..
grisé, et suivit piteusement' des yeux le couple amoüreux, qui s'éloignait d'un pas tranquille et qui disparnt
bientot.
'
« Oh! mon pauvre amour ! 1i s'écria Maurice.
Au meme moment, une sensation d11 fraicheur que
l'état d'exaltation ou il se trouvait l'avait empeché de
percevoir jusque-la, le rendit a la réalité en l'éclairant
sur les inconvénienls d'une reverie trop prolongée sur un
canapé de gazon. U se leva, seco1 ant sa po~sie et son
humidité, et ne songea plus qu'a sortir au plus tol du
bois pour gagner le Vernet. Mais le sentier qu'ii prit le
mena droit a une fondriere; il s'engagea dans un autre
sans plus de succes, en prit un troisieme, revint sur ses
pas et acheva de se perdre.
11 s'arreta de fort méchante humeur, écouta, crut
distinguer dans le lointafn un roulementde voiture, et s'élanfa résolument dans cette direction atravers les taillis.
.Mais on eut dit que ce petit bois, qui tout a l'heure
semblait lui faire fete, voulait maintenant le traiter en
ennemi : les petites branches, minces et flexibles, le
fouetlaient au visage; les épines s'attachaient aux pans
de rnn hahit; a chaque pas qu'il faisait en avant,
les fouilles mortes, trempées d'humidité, s'enfongaient
sous SES pieds.
« Ah! doux cbarmes des bois !)¡ s'écria-t-il en recevant
en plein nez une branche de noisetier. « Ah! délicieuse
nature ! » fit-il encore en trébuchant assez hrutalement
contre une grosse racine.
Enfin il atteignit, non sans peine, la Jisiere dn bois et
sauta. sur la route. Quelques minutes apres, il avait réparé le désordre de sa toilette et faisait son entrée dans
la grande rue dn Vernet, en se consolant de sa mésaventure par la pensée du chaleuieux accueil qu'il allait re-

171

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL .

nroit. Le titre qu'il s'est donné lui-méme, de_ législateur
,
t d'une é o- le maitre on voit fumer un foie d'oie grasse, plus une ou « régent du Parnasse, )) demeure son vér1tahle nom.
cevoir et du bon diner qui devait bientót s;ensuivre... Jes défauts de l'homm_e en. génera\, e d' b d s · poularde et un sanglier qui eut rté digne d'etre percé
Bon j11ge, écrivain correct, peu suscepti.~le de _repr?ches,
La maison du docteur Noirclair, qu'il se fit indiquer, 0 parliculier. Cette de6.01tion écarte ª. or f ou par le biond Méléa&lt;&gt;re. Apres cela, on croque quelques
mais poete inr:olore, froid, dépourvu d mvent1on, il sera.
els
on
ne
pourra1t
re
user
D
•
a
l
M
.
·on
est la plus belle du bourg, et la vue de sa blanche fa- vrages en pr?se, auxqu
.
d V 1_ truffes. il Le reste comme dans Petrone ou a ais toujours appris liaos les colléges. C'est la sa place, et
gade et des jolies charmilles qui l'entouraient ne fit que it satirique, Dialogues de Lucie~, ,Romans ~ :
d'Or
car on n'y admet que . .d'honnetes
,
confirmer daos ses espérances l'affamé voy,ageur.
portraits de Labr_uyere e~ Maxime~ ~e L~
L'~nion conjugale était, a la fin de ce premier siecle uue grande Place, ·
"
capables
de
s'exprimer
en
termes
cho1S1s
et,mode1
. H
,
« Ce cher Philippe ! avec quel plaisir je vais le revoir! • :uld; elle met auss1 de cote ~ Comedie et/
e, de notre ere une arene de scandales; arene e5t l~ mot, 0ens,
rés, surtout lorsqu'ils écrivent en fran~a1s. orace, n_ y
se dit-il assez jésuitiquement en sonnant a la grille.
lqu·un Aristophane, un Mol_iere, u~ La ~; ªt:'
r des fem~es descendaient daos le cirque. Le ¡eu, la
est regu qu'en sa qualité d'ancien; on l'expurge d a1l- Monsieur le docteur Noirclair est chez lui? dit-il a nt fait autre chose que la-satire de 1 humam e e e ~!l ure la superstilion possedent la femme et en fo~t un1:.
t.
une bonne vieille Auvergnate qui parut sur le seuil.
contemporains.
::cch;nte ivre. L'infanticide et l'avortement ex_te_o~ent leurs.
Boileau n'a pas de nerf, mais il a du sens, e I1 se
- Y a personne. Y sont a Riom, toute la maison.
n'y a entre la satire au théatre et la satire propre- et rléciment la race romaine. Locuste ou ~es her1t1eres
propose un but élevé, qui est de ~xer la la~gue et .de
- Mais Philippe n'a done pas re~u roa lettre?
t dite qu'une différence fou damentale; cel:e-c, ~te regnent. « Cette dame donne a se.~ cousrne~, un peu
., urer. Il écrit si bien, qu'il amve parfo1s a, la grace
- Monsieur Philippe ! Ah! ma fiue, oui ! Y aura trois e p!ls l'auteur derriere des personnages; e poe, e novices encore, l'exemple de faire porter au bucher leurs l ep
. •1
.
' t
ar l'exactitude et la netteté de sa d'ict1on.
i, a1s c~ n es
ans a la Noel qu'il est a París, ous qu'il est, établi mé- ºen son nom et condamne lui-meme les travers
¡
d talent maris noirs de poison. l&gt;
~as de lui que jamais on dira : l_e poete est chose l~ge_r~:
decin.
dépeints. S'il a du génie ou seu ernent ~ , '
Les cr·1mes 1·mpun1·s sont aussi communs que les sta1
.
.
•
l
.
. ,
·
•·1
'est soum1s a au11 est bomme de poids, solennel JUsque dans la mahgmte'
I
- A París, depms trois ans !
, -uvre dmt etre a,see, pmsqu n
.
tues sur les places publiques. Astrolog_ues, entremet.
.
•
.
·
une limite Ma1s prenons
ses distiques ressemblent au Louvre de Perr~ult: ~
- Ou1 da! a Par1s, dans l1 rue Taitbout !
et retenu par auc
·
.
teurs, Grecs infrigants, Juifs qui décons1deren_t 1es pre1 -eale
0
-oubassement et une colonnade ; un vers sert d ass1se a
.
•
· dé
·
te dé bit des acteurs m par
- Daos la rue Ta1tbout! a vmgt pas de la rue d'Au- qu'il n'est :11 m par
d m·iers chrétiens, dépositaires infideles, faussaires et_as~'autre. Cette ordonnance, plusieurs fois répétée, engen.
,
. .
· outient sur la scene tant e
t
male ! Et 'Jama1s nons ne nous sommes rencontres, en., •ret d'one mtr1gue, qm s
.
é slSsins pullulent. Pour comble, il y a ~es hypocrt es.
11
.·
trois ans! C'est particulier 1 - Oui, mais c'est bien désa- : ~s tombées a la lecture. De la, pour le sat : te, n_~ « Méfiez-vous de leur mine! Quel qnarller ne regorge dre l'bébétement du lecteur.
1
1
Boileau est un fort rhétoricien, pour qm tout_ ~st mast
gréable pour l'instant, car je mt:urs de faim. Ou dlner, ,¡té absolue d'esprit, de verve, de yle; ~ , e~t~ ,
de ces austeres po\issons? ))
1
tiere a mettre en vers fran~ais; et sa compos1t1on est
maintenant?
.: .
,
~ lance ne réunissen~ pa~_la ~~rc:1 l'~c::!;a ; ; e~ Devant ces infamies, Juvénal n'invoque p~s _la ven- toujours la premiere. Hors ?u ba~c d'honneur, hors ~u
- Dame! ben sur que vous ne trouverez pas cheux seront sur le public distrai · ~e . .
'r &lt;&gt;eance céleste. &lt;&lt; La vengeance, dit-il, est _la J_o1e de la.
collége, Boileau est dépayse; la ¡eunesse le_ con_spu~' ~
nous de biaux restauranls comme a Jssoire ou a Saint- s d'etre, plus que tout autre, un ec:ivam et un ~ ~ faiblesse, le fait d'une ame étroite et pusillamme. Retort saos doute, car il ne fut pas un ~a1ti:e mutile .
Germain !
.
consommés. C'est ce que sont, a d1ve~ t1tre~ e
de la femme : nul etre au monde n'est plus sensible
c'est ce qu'on sent tres~bien lorsque le lom~am se fa1t et
- Et quand repasse l'omnibus d'Arlanc?
degrés inégaµx, Régnier, Boileau, Voltaire, ¡1lber:, ~:r plaisir de se venger. ll C'est a la conscience qu'il P,n
- Dans une p'tite heure, monsieur!
é et Joseph Chénier, Hégésippe Moreau, ugus e appelle : « Le crime déplalt a qui le commet. Tel e~t que l'on juge mieux l'emploi de ses prem1eres a~né~s.
Daos le domaine de la Regle, Boileau est le. plus r_eguher
La petite heure dura deux grandes héures, pendant ier et Victor Rugo. .
,
pour les coupables le premier chatiment. Le souvemr
des modeles; on n'y trouverait que peu d excep~10ns ou .
lesquelles Maurice arperita la principale, l'unique r11e France est assez riche en bonnes ~atires, p~ur, JU- de leur crime les tient dans une stupeur douloureuse.
de \icences. Grammairien de la pensée, _aesis, _une
du bourg avec une exaspération . croissaute, allant du imparti1lement les Régnier et les Victo: Hugo d at~- S'armant d'un fouet que nul ne voit, que nul n'entend,
éq'uerre en main, sur le Pinde c~a~sique, il ensmgne
st
petit clocher a la fontaine en pierre de Volvic qui fait le is. En toute sincérité, Juvénal e le prmce des s~ti- leur pen&amp;ée les déchire et se fai~ leur ~ourreau! J&gt;
d'une voix toujours égale des véntes moyennes et d~s
plus bel ornement du Veruet, et de la fontaine au pe.tit es latins: non qu'il l'emporte sur ·~ora_ce en gern~
Puis le poet~ prend en dégout la vie et_se déto~ne.
préceptes qu'il faut suivre, lorsqu'~n_ne peu~ p~ les declocher, englobant daos sa malédiction sou ami Pb,ilippe, ndant et facile, en esprit, en ¡imagmallon, mais_ ou Que sert de désirer, puisque rien ne rass~ie la passio.n?
passer. 11 reslera l'idéal des gens ser1eux qm s attachenl
assez fou pour préférer au calme des champs le tumulte
e dessine a la plume avec un merveille~x caprice, Annibal a qui l'Afrique ne suf~t pas, qui se sent, a l é,
des villcs, et la fatale pensée qui le poussa tui-méme a 'oal burine et comme le graveur, il appme sur cha- troit entre l' Atlantique et le Nil, conquérant de I Espa- au genre didactique.
Nous avons rappelé qu'il irnitait ses maitres, ce_ ~ est
qnitter la rue d'Aumale pour se lancer daos cette ma- 1rait, pare; q~'il entailleun dur métal (l'ame de ~~s une, vainqueur des Pyrénées, des Alpes et d~ Ro~e
. 1) Chez Horace, le contour du, vers se- 0meme, s'assied a la porte d'un roite
.
1 d B1tb e pas pour !'en bla.mer; mais i~ n'imit~ p~s avec l'or1~~n~- .
lencontreuse expédition.
.·
mporarns.
et e
ym ; Jité d'un Racine ou d'un Moliere. V1rg1le et Hora.ce 1m11
L'omnibus d'Arlanc se montra en6n, mais 'les deu1 ppe • il se fait au contraire, sentir chez Juvena' avec Alexandre meurt a trente ans. Pesez leurs c~ndres •
taient aussi; mais, selon des vers charmants des Penrosses qui le trainaient, plus vieilles et plus capricieuses ri;ueu~
tout~ lyrique. L'un a moins d'appr_et, _l'au- Quel poids leur trouvez-vous a _ces, ~rands c~p1t~•~es?
0
nd
encore que la Belle et que Barbette, butaient a chaque
¡ s de solidité. Horace s'amuse et Juvénal s'~ ~gne; &lt;&lt; La vie, pour trouver la paix rnter1eure, na d autre sées d'aout :
d
orniere. Quant ·au conducteur, il était aussi taciturne :s~it et le dit: Dans le temps ou il vit, « l'm igna- route a suivre que celle de la vertu. Ji_
La muse des Latins c'est de la Grece enr.ore :
que le pere Antignac était jovial; et, pour áche~er Mauseule dicterait des vers. ))
,,
Ces deux satires de la Conscience et des Vreua: des~~
Son miel cst pris des fieurs que l'autre lit éclore...
rice, les autres voyageurs étaient de corpulence énorme Jamais société plus profondément cartee ne P?sa de- mes ~ont un sublime contraste a l'impitoyable réaht~
Cette muse, moins prompte et plus industrieuse,
.
t
La
de'lat1·on
et
la
bassesse
ouvra1ent
les
,,
'h
b
I
A
o1
et la carriole dure a plaisir.
l un pern re.
.
des eintures que Boileaµ a taxées d yper o e. qu
Travailla le nectar, dans sa fraude piense, , .
A lssoire, ce fut bien pis 1Évidemment, Je sorts'acharde la cour les chemins de la fortune et de la pms- bon ~uspecter la sincérité de Juvénal, soit daos l'expresLe scella dans l'amphore, et la, sans plus l ouvr1r,
nait sur l'infortuné Parisien ! Le beefsteak se trouva ;s L'bonnet: homme voyait au grand jour « une ca- sion ·des grandes vérités morales, soit dans les tableaux
Jusque sous neuf consuls lui permit de murir.
trop cuit; la servante ful maussade, et le lit, horl'endv.mf ·11 •d'Egypte un esclave de Canope, un Crispinus, en
u'i\ retrace avec un si minutieux acharnement: « MarLe nectar, condensant ses vertus enfermées,
A propos redoubla de douceurs consommées,
humide, et plein d'hotes malfaisants !
~ot ;ame~er 6.erement sur l'IOD épaule la p~urpre ~ial son contemporain, qui approuve ce que blame JuPrit une saveur propre, un gout délicieux,
Aussi, le lende.main m1tin, Mauricc eu.t égorgé tres- ·enn;. )&gt; 11 n'était louange si plate qu:on n~ pu.t f~ire
,'
st la pour constater Ja 6délité du pemtre. &gt;)
1' e
sénat
qui
J.
ad1s
avaü
regle
le
vena
L.
1
e
que
Digne en tout du festín des pontifes des dieux.
Le
proprement le malavisé qui serait ven u lui chanter les
rter aux grªIlds.
,
C'est le creur du poete qui parle, .1e~ P us encor
douceurs de la campagne.11 sauta, toujours furieux, daos rt d monde délibérait sur la sauce d'un turbot. La
·t C'est un souflle généreux qm gonfle, quelqueu
'
d.
· rs ¡
son espr1 .
.
.
un wagon qui, dix heures apres, le déposait, mal calmé ·ehesse était le vreu et le 1eu umve e ·
.,
f . .
'a l'enflure sa période retenttssante, mais
Boi\eau a surtout cultivé la satire littéraire; il a. imencore, sur le pavé de Paris.
, Cet homme que portent six esclaves dans sa liti~re ¡is JUS~llsa pensée ~n relief, une vie extraordinaire. molé d'une main su.re les Cotins de son temps, .ce dont ·
Depuis ce jour funeste, il n'y a plus qu'un endroit au qui s'y laisse voir, qui s'y étal~, en se don~ant des airs Nonne mmes dans la forge de Vu\cain. Le vice et la
nous 1m· savons euré. Quant aux questions morales effleu. ,
st
monde ou Maurice Derivas entende parler des bois et de nchés imités de Mécenes, c'est un fau~saire de t~ ª- d;;:d::ce des Romains sont en.lacés i.L jamais dans un
,
dans
ses
épltres
ce
sont
des
lieux
communs
traites.
rees
,
é,
.
la nature sans soubresauts ni hoquet$ ,· c'est un petit ments )) _ « Est-il riche 1 voila la premiere ch oseª saavec convenance. La satire sociale a te pour 1m UIL
.
d ·e dont on filet d'acier.
.
,
st
atelier situé a un quatrieme étage de la rue de Paradis- oir. ,1ant a son caractere, c'e la er~i re
.
L
&lt;&gt;rands foyers Jancent parfo1s le plus de fumee, écueil; il y a échoué la seule fois qu'il l'ait abordee : sa
1 D
p01ssonn1ere,
.
.
,. ' ~'tcra. i&gt; - . « D'ou vient que Césenma
pus
•
Juvénal ,a ses
et sur la porte duque! on peut Jire en groi:- smqme
. ., C'est tla meil'elle et leesmétal
en fusion est chargé de scories.
diatribe contre les femmes n'est qu'une étude 'ma~q~ée·
ses lettres tracées a la craie ce seul mot: CoROT.
lture des femmes, si l'on en croit son man· es q~ .
ombres et ses aspérités. Mais le plus so~vent les def~uts d'apres Juvénal. Sans doute, les vers y sont d º,rdma1re·
AnoLPRE BADIN.
lui a apporté im million en dot : il lui tr_ouve un m1llwn qu'on \ui reproche tiennent uniquement ~ des a\lus1on_s bien faits et les transitions heureusement menagées}
~
'1 vertus. &gt;J « Achete des marchand1ses ~our le~bre)
.
s embarrassent. Son langage plem, sonore, v1- mais les griefs articulés sont presque _to°:' communs ~u_x
1dre moitié plus cher, transporte (au dela du T1 re ~~;/;~r des images perpétuelles, unit d'ordinaire la hommes et aux femmes; rien ne les JUSt1fie que le desn·
J
UNE SOURCE SOUS BOIS.
lf ,tes les denrées possibles,' sans t~ rebuter ~e leur clarté a la force. Qu'on ne s'y tro_mp~ pas: Horace est de rimer. S'il y a des femmes sensuelles, gourma~des,
Tout est calme sous la feuillée. Bien que les feúilles s' ·ur. Méts-toi bien dans l'esprit qu'1l ne faut faire .~u- d'une intelliaence beaucoup plus d1ffic1le.
.
avares, joueuses, reveches, fausses malades, alt1eres,
p
u ~ontraire se complait daos l'obscur1té et la Alcippe a parfaitement raison de répondre en assei mauaient déja jauni et commencent a tomber, le bois est en- '!I ue différence entre les cuirs et les parf~ms : qu ,m, :rse, a. il n'y a ~ue des angles dans son style; ses
core touffu et ne laisse pénétrer que quelques rayon~ , irte la marchandise? L'argent qu'on en tire sent_ touvais vers :
. du soleil brulant qui dore la cime des arbres. Tout le onrs bon. Aie toujours a la bouche ~ett~ pense~ d~ ~~~e:rs:s;: de vrais squelettes, qui to~ben~ ~i l'on, en néjour, le chevreuil et ses compagnes ont conduit leu)'8 poete : Comment vous vous etes enrich1: c e_sl _ce º.º
lige un selll os. Il a dépassé le pomt dehcat ou la ~eJe ne dirai qu'un mot. La íemme qui m'enchante
jeunes faons a travers les méandres de la foret, pour nol ne s'inquiete; l'essentiel, c'e~t de s enr1ch1r_- Vo1l~ ~herche et l'affectation cessent de plaire. Une t~aduct10~
Noble, sage, modeste, humble, honnete, ~ouc~ante,
b' fa't pour lui comme pour le lecteur' elle de
leur montrer les endroits ou l'herbe est drue et tendre: ce que nos vieilles nourrices ense1gnent aux ~et1ts gar
N'a pas un des défauts que vous m'avez fa1t voll'.
tt
la ce que est un ien ,
.
,
b ll , .
on rentre au gite et l'on se désaltere, avant la couchée, ~ons qui se trainent encore a quatre pa es; vo1
. a e la saveur saine et distinguee de ~ette_ e e ame'
g
. devient acrréable et de fac1le d1gestwn. Les
a la source qui roule ses tlots sur un lit de mousse tou- savent toutes les petites 6.lles avant d'apprendre leurs gPerse,
compr1s,
.0
Juvénal, au contraire de Boileau, n'a jamai~ mieux
jours verte. Hotes charmants de la foret, c'est votre der- lettres ! ))
•
vers sublimes comme le fameux
réussi que dans la satire des femmes. Pourquo1? Parce
« Vit-on jamais plus riche collection de vice~, de ~unier jour de repos ! Demain, le cor et les cris des chasqu'il s'escrime contre des réa\ités et non contre _un plaspidités plus vastes et plus dévorante~, ¡~ _mame du ~eu
seurs troubleront de nouveau ces lieux si calme~. PauVirtutem videant intabescantque relictl !
tron; parce que les Romaines de,. son te.mps ava1ent. tous
, . ·t
plus llflrénée? Non, les siecles a ve~1r n a¡outer~nt rie_n
vre chevreuil ! il te faudra fuir, comme l'an dernier, de\es vices et lous les ridicules qu il flagelle. Ce qw, eta1
i nos dépravations; en fait de pass10ns et de VJces,. Je
vant la meute. Puisses-tu lui échapper encore une fois !
(qu'ils voient la vertu et secbtnt du r~gr~t de l'avoir
vrai de son temps, et meme durant tout le m?yen a~e et
défie nos descendants de trouver du nouveau. )) (C est
P. P.
laissée !) font passer les tirades ala~biquee~ et con[us, . la Renaissance, avait cessé de l'etre au d1x-sept1eme
~
loujours Juvénal qui parle.)
. ,
Comment ne pas parler ici de Bo1leau, qui a tant vecu
La mendicité effrontée, le parasitisme et c~s obscé01tes d'Horáce, de Juvénal et de Ferse? Qu~1! tout le monde sieg;~ devrait étre une satire des _femmes aujourd'.hui!
REVUE LITTÉRAIRE.
siconnues de l'ancien peup\e de Dieu, coura1ent les rues.
aura lancé son mot sur le Yieux Despre1mx,
Faudrait-il tout rejeter et daos Bmleau ~t daos J~venal.
Le, Satiri&lt;p1es latirls, traduction nouvelle, par E. Despois.
La goiu[rerie immonde, cause encore de tant de gas. .
. '
Nous ne le pensons pas. Seulement les vices sera1ent reHachette, 1864.
trites, était en grand honneur, el ruisselait meme ~n
Et je serai le seul qni ne pourra1 r1en d1re.
légués sur le sPcond plan, et le fort de l'attaque port~L'ardeur de se montrer et non pas de médire
ftots de Falerne sur les levres des grandes &lt;lames. &lt;&lt; ~1.1'e définir son rait sur cette futilité de pensées qui nous pro~~t des ~eArma la vérité du vers de la satire.
?on man&lt;&gt;e d'un surmulet qu'on a fait venir pour lu1 de
L'occasion se présente, toute naturelle, d
l ·1
érations indécises et saos foi sociale ou poht1que, ..ur
Corse o; des rochers de Tauroménium; d'une murene talent, l'influence qu'il a exercée, le rang auque l a n
La satire, en tant que genre littéraire, est done un
monstrueuse, péchée dans le goufire de Sicile. Devant
poeme qui a pour objet l'expression de la vérité sur les

t

;\r
t

ª

!:-

1

�L' lLLUSTRATION, JO URN AL UN IVERSEL.
celle contradiclion
,ourde qui, animant les meilleures
femmcs contre l'infl 11ence légitime de
leurs peres ou de
leurs maris, les jette entre les bras,
aux pieds de directeurs étrangers et
hostiles a la famille. Mais il ne faudrait pas se contenterde la discrétion de Boilcau; il
ne faudrait pas
cbercher a faire
sourire. La situation cst terrible.
Dans le ménage,
l'un nie avec sa
raison ce que l'autre croit avcc sa
faiblesse; le charrne de la femrne
abaisse le mari a
une foule de concessions, de capitulations de conscience. L'enfant,
livré a une instruction rétrograde
qui pesera toujours
sur luí, soit qu'il
en conserve !'esprit, soit qu'il le
rejette, ne comprend plus rien ala
destinée de l'homme; tout se résume pour lui crans
cette double formule : &lt;&lt; L'argent
et les convenances. l&gt; Et cependant
le mariage est la
loi naturelle I fixée
par la sagesse sociale; mais, en_'terminant, comme les
vaudcvilles, par le
mariage, je m'aper~ois queM.Despois altend toujours un traitre
mol sur sa belle et
bonne traduction.
Les passages que
nous en avons cités pcuvent faire
pressentir notre
opinion, qui est
enticrement favorable. La premiere
qualité, pour traduire un auteur,
c'est de l'aimer; la
seconde est de le
comprendre, et la
troisieme est de le
rendre. Aucune ne
peut etre contestée
a M. Despois.
Nous avons com-•
paré pi usicurs passages de sa version
avec celle de
M. Courlaud- Diverneressc. Cellcci, fort estimable,
et d'une exactitude
littérale, frise quelquefois la sécheresse a force de
chercher l'éhergie;
elle ne nous fami••

liarise pas-;;-¡
, l. M. Deapo¡."
vena
a voulu, sans 11_
longe~ son modele,
en fa1re valoir la
rondeur et l'ea.
train; partout il ~
rend accessible
soit par le tour na'.
turel qu'il lui doo.
ne, soit par r,1•
pression populaire
et j ustc. Je ne Cl'ois
pas que JuvénaJse
fut traduit autrc.
ment lui-meme.
En naturalisaot
Juvénal chez nons
AL Despois no~
meta meme dejuger quelle distance nous sépare du
bourbier romain.
Nous n'y sommes
plus, mais nom
pourrions y reto111] , her. Prenonsgarde
que si le nombre
:a eles crimes a dimi.
1mé, les vices plos
"' que jamais se cachent sous le mautca11 de l'hypocrisic, attendant l'occasion de se mootrer sans crainre
au grandjour. Versatilités politiqoes,
mauvaises plaisaoteries di plomatiqnes,jeunesse chevaline, demi-mondc et grand monde,
miraculées el spirites, un pas de
plus, et la satire
nurail droit de !e
réveiller. Mais

ti
PAROLES ET Mus1ouE DE M. GusTAVE

•

UNE CHANSON PAR MOIS.

POUR CHANT ET PIANO.

Andantino.

J'I

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PIANO, { •

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A PARIS.

Un spiritueJ fo,.
nomiste disail : &lt;e J'ai souvent entendu mesurcr la
ci vilisation a la
quantité de fer
qu'un peuple consomme, ou bien
au nombre d'hectares de terraio
qu'il met en culture, ou bien enfio
au chiffre des affaires qu'il manipule. C'est faire le
tour de la statistiquc pour une
question bien &amp;imple it résoudre.
Pour moi, je me
contente de de•
mander a un pea·
ple s'il se lave les

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On veut les sume dans I'espace;
Lé souffle manque, l'mil se lasse;
On retombe tout haletant.
On rentre au logis habitable ,
Et l'on retrouve sur sa table
Le hm ami qui vous attend.

On

lílílrlílf 1

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On le hume comme un par. fum. - - - -

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'

Un ami qui vous fait visite
Kt qui, venant sans qu'on l'mvite,
Iamais ne· se montre importun.
On le déguste feuille aleuille;
Ains1 qu' un fruit mor on le cueille,
On le hume c9mme un parfum.

-

1

-

-

...
d'étude
Qo'on repasae par habitude
lt lea yeUI fermés a demi,
r.e101 qui aemble de lui-meme
le ronmr aux pages qu'on a1me,
r.e hne-la, c'est un ami,

t

1

1

1A line de choix ou

1

-

1

le déguste fenille a feuil . Je; Ain - SI qu'un fruit mur on le cueil - le,
1

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- • t-r r -,.r-,.r-rr-r r-,.

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a • mi qui vous fait vi.

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Ja • mais ne se montre im.por • tun.

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EAUX DE LA DHUII

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3

4

5

ll n'exige pas qu'on !'admire;
JI vous instruit sans vous le dire,

ll charme bien plus qu'il n'étonne;

D'autres veulent un grand théatre;
11 leur faut la foule idolatre
Et les chaudes ovations.
lis cherchen! les routes nouvelles,
Et vous emportent sur leurs a1les
Vers les hautaines régions.

Son orgue1l n'offense personne;
11 vous maintient asa bauteur.
On finlt le vers qu•it commeoce;
S'il ne l'mit écrit d'avance,
On croirait en Mre l'auteur.

Professeur indulgent et doux.
On sent l'écrivain 9ans le livre;
ll semble tout e1pres revivre
Pour venir causer me vous
7

8

Nous ne vivons pas sur des clmes;
Cra1gnons les postes sublimes
Gonflés de leurs propres efforts.
Ceux qui r.onviennent a nos ages,
Ce aont les simplea et les sages,
Et non les puiuants et les forts.

Pour moi, si l'on veut le connaltre,
Celui que j'ai cho1si pour maltre,
C'est l'homme élégant et poli
Qui fuya1t les c1tés malsaines,
Et qui m'rnvlle avec llécenes
Dans sa villa de T1voli.

}!Ei;GEL ET COMP., t D!TECRS,

n

Ie conviendrai, pour etre juste,
Qu'1l ftattait un peu trop Augusta,
Et que trop large était son cmur;
lifais 11 est maltre en l'art de vivre,
Et sa bonne humeur vous enivre
AiDJi qu'une vie11le liqueur.

�174

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

mains, et je vois la civilisation la 'i:ru je trouve l'eau et le
savon. ii
11 y a du vrai dans ce piquant aphorisme. L'hygiene
et la propreté ne devaient pas étre, chez les Huns et les
Gotbs, les premieres vertus. Les bordes d'Att1la se préoccupaicnt plus de batailles que de toilette. Sans étre
enragées, les peuplades barbares sont hydrophobes,
• et la civiltsation seule fail de la cuvette un des premiers
besoins de la vie.
La ou la cité s'Éleve et oü la vie civilisée commence,
la aussi vous voyez intervenir le pouvoir vivifiant de
l'eau. L'homme divinise alors la source, les fleuveset les
rivieres qui le font vivre. Aussi un historien latin dit-il
sagement : « Ce sont les eaux qui fondent les cités : Urbes

les inconvénients de tous les 'systemes 'présentés. La renton pourvoira a cette deuxieme partie du se •
Seine, la Marne, la Loire et la Dhuis avaient de chauds
Mais ce grand réservoir de Ménilmoutañt étai~
défenseurs. Mais enfin, c'est la plus modeste des aspi- bas pour suffüe a toutes les exigences de la dist,¡1t;
rantes qui a été jugée la plus digne, et l'humble Dhuis tion des eaux dans les quartiers élevés. 11 a done falla
est appelée a l'honneur d'entretenir la santé et la en créer un autre sur les hauteurs de Belleville, Pllt
beauté de la capitale.
dominer tout París et pourvoir i! tous les besoins, r.
Nous disons la santé et la beauté de París, car il s'en bassin n'est éloigné de celui de Ménilmontant (Jlle'•
faut que sa population ait asa disposition l'eau sum- 500 metres; il sera alimenté par lui au moyen dllle
sante. D'apres les dounées établies par l'administration machine a vapeur.
municipale, la aistribution d'eau !impide ne s'éleve
Tous ces travaux s'exécutent en ce moment. Surtoai
qu'a 3,600 metres cubes par jour, ce qui donne, pour les points, la pioche, le marteau, le fer, le moellon 11et,.
l ,500,000 habitants, deux litres et dP.mi µar tele. C'est tent en mouvement toute une armée de ces travaiUeai.
la une quantité tout a fait insuffisante; il faut a París, que M. Drouyn de Lhuys appellc les artisans de la 'lltúílrt.
avec l'air et la luruiere, des eaux pures et abondantes.
Et voila Paris a la ve1\le de recevoir le large appro,¡.
aqure condunt. »
Une prise d'eau nouvelle était done indispensable.
sionnement d'eau que sa population attend depuis biea
TI ne faut done pas dire, comme certain prédicateur
L'aqueduc qui va nous apporter les eaux de la Dhuis longtemp~. París a maintenant besoin de tant d'ahlutiona!
candide : ce Admirez, mes freres, les profonds desseins n'est pas une mince entreprise. II n'a pas moins de Il en faut pour assainir les vieux .quartiers; il en faat
de la Providence, qúi fait couler les rivieres aux pieds des l 39 kilometres, qui présentent les travaux les plus variés, pour conserver la splendeur des palais que l'on coDSlroi
villes, i&gt; mais il faut reconnaltre le merveilleux génie de en fonte et en ma~onnerie; des ponts, des ponceaux, des chaque jour; il en faut pour répondre aux demandes,
l'homme, qui a toujours placé au bord des fleuves le· canaux a ciel ouvert et des conduits souterrains.
de jour en jour croissantes, des habitants. Nous voyons
berceau des grandes cités qu'il a baties.
La partie de l'aqueduc exécutée en fonte a une lon- poindre !'ere ou la mécanique fournira a tout holllUlt,
Et l'eau des fleuves ne suffit pas. JI faut en demander gueur de l 6 kilometres, et la partie exécutée en ma~on- comme a !'hotel Saint-Nicolas de New-York, un robintt
aux rivieres les plus voisines. Toutes les civilisations nerie a une longueur de l l 8 kilometres, dont l O kilo- d'eau chaude et un ro,binet d'eau froide. c·est _un beau
meres ont construit des aqueducs puissants, et la plus metres en conduits souterrains, et 108 a ciel ouvert, a programme, mais Paris peut le remplir. Comme no.
haute antiquité nous en montre en Orient, aMemphis, travers de~ tranchées de 3 a 7 metres de profondeur. La blesse, puissance oblige !
a 8abylone et dans le pays d'Israel.
ma~onnerie est faite en meuliere; son épaisseur est de
BÉNlU CoZJc.
Pour ne donner ici qu'un exemple des gigantesques 20 centimetres; l'intérieur des constructions estrecouverl
aqueducs auxquels les anciens consacraient leurs tré- d'un enduit au ciment de 2 centimetres, de fa~on a renAfROPOS DK L'l!UUGURATION DU CHEll!i DE FER D'KSPAGD.
sors 'et les bras de leurs esclaves, citons l'immense tra- dre la ma~onnerie complétement imperméable.
vail accompli par les Romarns. Procope nous rapporte
Le travail en fonte sert a franchir les cols et s'établit
Le premier article de notre correspondant X, Y, z, 1111
que Rome seule possédait quatorze aquedncs, qui rem- avec ~es tuyaux d'un metre de diametre intérieur. L'enl'inauguration du chemin de íer du nord de l'Espagoe,a
plissaient i 56 bains publics ou particuliers, l ,352 !aes semble de l'aqueduc, qui n'a, sur tout son parcours,
soulevé quelques clameurs au dela des monts.Nolre corou grands bassins, i6 thcrmes, 6 naumachies. Un de ces qu'une pente d'un dixieme de millimetre par metre,
respondant, au milieu du tohu-bohu qui est la conséaqueducs, l'Aquavirgo, n'avait pas moins de 14,105 pas présente une forme ovoide ayant im,40 dans le sens de
quence forcée de toute inauguration, a vu les ch06ea, il
romains. Et remarquez que Procope ne compte pas les la lar~eur, et l m,76 dans le sens de la hauteur:
faut bien le reconnaitre, sous un aspect qui n'était PII
nqmbreÜx canaux souterrains qui servaient aux opéLes conduits souterrains ont une longueur qui varíe l'aspect vrai. On vient de faire deux cents lieues en,..
rations de l'édilité romaine.
de deux mille metres a deux cents metres. lis ont été gon, on est fatigué, et l'on griffonne au pied levé, sor le
Ces conduhs souterrains étaient construits avec un art construits par des puits de 50 metres a iO metres de bout d'une table, quelques lignes que l'on croit saa,
qui fait le plus grand honneur aux ingéuieurs anciens. profondeur.
conséquence et qui ont une portée toute autre que celle
Les naumachies, par exemple, conteJ!aient deux especes
La prise d'eau a lieu dans un réservoir qui réunit les que l'on avait prévue. Encore une fois, cet article, écrit
de .canaux, qui servaient a remplir et a vider le cirque. eaux de la Dhuis au moulin de la Source, sur la comau crayon, au milieu du cliquetis des fourchettes, n'a
Sous les yeux de dix mille spectateurs, sur un signe mune de Pargny, dans le département de l'Aisne. L'a- aucune importance. c·est dans le second article, fait ¡
donné par la loge impériale, le cirque se remplissait queduc a done a traverser, pour arriver a ~Jénilmontant,
tete repo~ée, que l'écrivain distingué qui a bien voulose
d'eau pour le combat naval, et, le combat fini, l'eau dis- les départements d.: l'Aisne, de Seine-et--Marne, de charger du comP.te-rendu de l'inauguration du nou,ean
paraissait comme par enchantement, pour laisser la Seine-et-Oise etde la Seine. Pres de 140 kilometres!
cbemin de fer, a exprimé l'impression vraie et sincere
place au:x luttes sanglantes des gladiateurs.
On peut se faire une idée de l'importance du travail que luí avait causée la vue du heau pays qu'il voyail
Quelle idée ne devons-nous pas nous faire du volume par la masse des matériaux mis t!n reuvre. Pour cons- pour la premiere fois. Les Espaguols les plus méticulem
d'eau que recevait Rome, en considérant que trois de trpire la conduite en ma~onnerie, pour établir la conne sauraient se plaindre de ce second article, ou l'écrices aqueducs, restaurés et entretenus par les papes, duite en fonte et pour faire les travaux d'art, on em-- vain, ayaot mieux vu, a mieux jugé. Nous espérons que
produisent, en vingt-quatre heures, l 80,000 metres ploiera 38 millions de kilogrammes de ciment, ces explications satisferont tout le monde, et nous prencubes d'eau, ce qui équivaut a sept fois ce que Paris 160,000 metres cubes de pierre, 88,000 metres de sable, drons la liberté, en terminant, de rappeler a nos honoprend a la Seine dans le meme temps.
iO millions de kilogrammes de fonte, 140,000 kilogram- rables correspondants &lt;l'Espagne le titre d'une piece de
La France a re~u des Romains, comme une tradition n1es de plomb, et l'on aura remué 850,000 metres cubes Shakespeare : Beaucoup de bruit pour ,•ien.
précieuse, ce gout salutaire des grandes constructions de terre. Les premiers devis portent le cout du travail
P. PAGET.
hydraulu¡ues. París, Lyon, :Metz, Orange, Fréjus, Nimes, a 40 millions.
Toulon; Coutances, etc., conservent encore des ruines
Mais on sait ce que deviennent les devis pour un traimposantes, qui témoignent en faveur du génie de la vail de cette importance. L'histoire des chemins de fer
Gaule. Et nos principaux aqueducs modernes de Mont- ese la pour nous en donner une preuve convaíncante.
PU11LICATIONS NOUVELLES.
pellier, rle Bucq, de Maintenon, de Marly, de Roque- Sans aller si loin, la construction de l'Opéra nous prouve
PHILOSOPRIE DE L'Hl5TOI!IE. - Les lettres sur la philoft.
favour montrent également que! role important la d1s- que nous ne devons pas tenir cornpte des premieres
phie
de l'Histoire, par M. Odysse Barot, publiées par la
tribution des eaux joue pour nous dans l'économie so- éval uations. Puisse le chiffre de 40 millions ne pas étre
librairie
Germer-Bailliere, sont d'une lecture attachanle,
ciale.
dépassé !
instruc_tive.
Quatorze chapitres ornés d'épigraphes biea
Est-il besoin d'en faire sentir le prix? Marseille n'eut.
Le travail ·d'art le plus remarquable du parcours se
pas été victime de l'effroyable peste qui l'a dévorée en trouve placé a Dampmard, sur la Marne, et a 5 kilome-• cboisies exposent les idées souvent justes de l'auteur sor
n20, si, a cette époque, le magnifique aqueduc de Ro- tres de La!!ny. Il y a la un pont-aqueduc qui sert a re- la guerre et le droit des gens, la force et le droit, la di·
quéfavour lui avait porté, comme aujourd'hui, les eaux her le flauc de la cote de Chessy au flanc de la cote de plomatie, Je talent militaire, les nationalités, les luis de
l'histoire. M. Odysse Barot voit !'avenir du monde dans
de la Durance, en réunissant deux rochers séparés par Dampmarci.
la
fédération agricole, financiera, politique, principe
une vallée de 400 metres, et soudés maintenant par des
Ce pont-aqueduc n'a que trois arches; mais ces trois
malheureusement
idéal, si fortement établi naguere par
arcades qui orit, en certains endroits, 86 me tres de baut ! :,,rches, qui n'ont qu'uue largeur de 3 metres, ont une
M.
Proudbon,
daos
son livre le Principe fédéran/,
L'admirable travail de Roquefavour, en transporlant portée de 27 metres, et représentent une construction
M.
Odysse
Baro1
trouve
Frédéric le Grand supérieur l
une riviere d'une montagne a l'autre, a doté Marseille aussi élégante que hardie.
Napoléon
et
a
César;
et
peut-ctre,
apres l'avoir lu, serade fontaines, de verdure et de fleurs, et l'a arrachée
Ce travail n'est, a vrai dire, qu'un syphon, puisque le
t-on
de
son
avis.
Quant
a
ses
idées
sur le Pro~res, noos
pour toujours aux atteintes des épidémies terribles.
tube du pont esta 70 metres plus has que le poi"nt de déles
croyons
incompletes
et
injustes.
Po1Jr nous, le proParís n'a jamais, Dieu merci ! subí les périlleuses pri- part sur la hauteur de Chessy, et qu'il doit re_porter l'eau
gres
social
est
visible;
son
caractere
irréfragable ell
vations de la grande cité pbocéenne. Au fur et a me- au sornmet de la cote de Dampmard. 11 y aura done sur
sure que lá vieille Lutece a grandi, des pompes, des ca- ce pont-aqueduc une pression de sept atmospberes, et l'accroissement de la sécurité publique; mais noot
naux et des aqueducs sont venus accroitre sa provision la moindre rupture donnerait la un jet d'eau aussi Leau avouons que le progres personnel est nul et impossible,
11 est cerlain qu'Aristote, Phidias, Virgile, Lucrece,Ju,brl'eau. C'e'st ainsi que les eaux de la Seine, d'Arcueil, des que tous ceux de Versailles.
Prés-Saint-Gervais, de Belleville, de Ménilmontant, du · Le réservoir donnera a Paris 46,336,000 litres d'eau nal et tant d'imtres trouveront agrand'peine des égaox,
puits de Grenelle et de l'O1,1rcq, ont été successivement par vingt-quatre heures, soit 536 litres par seconde. et ne seront ja,nais dépassés en génie. Quoi qu'il en soi1
de ces divergences partie\les, nous recommandons vitemises a contribution pour satisfaire aux besoins de la c·est un supplément qui peut compter.
ment
l'ouvrage de M. O. Barot. L'esprit de son préam·
consommation.
Le point d'arrivée a Paris est a Ménilmontant, dont le
bule
est
excell(lnt, et la liste des lieux communs qu'il se
Mais depuis que Paris a élargi sa cemture et que la grand bassin sera alimenté par les eaux de la Dhuis
propose·
d'éviter
devrait étre apprise par creur dans lel
cité géante travaille a s'habiller de nenf, il lui faut un et par celles de la Marne. L€.s eaux de la Marne y vienjournaux
et
les
revues.
supplément d'eau pour sa toilette. On a cherché long- dront par un canal de l2 kilometres, allant de Méniltemps, on a discuté a perte de vue sur les avantages et monta.nt a Cbarenton. Une turbine placée a Cha-

......

L'lLLUSTRATION, JOURN AL UNIVERSEL.
t75
- - - ·-- ---·---- - - - - - - - - - -- - ~ ·- - - -- -- - --

__:...-- - - - - - - - - - - -- -C!ISSK GblRAU DKS AVANCKS SUR TITRKS.
avons exposé, dans un premier article, l'idéeNouqui a présidé a la création de la Caisse générale des
mere es sur titres, et nous avons demontre
'
· que
'11e e·ta·1t 1e
!:uncment des grandes institutions que le crétlit a
i0ndées en France.
ne suf6t pas, en effet, de vanter le principe tout11
·ssant de l'association, et de le présenter comme le
pm_ d'Archimcde,
Jev1er
. avec lequel on .pent sou!ever le
de industriel; 11 faut encore con~ohder la masse des
mon
., ,
. .
intérets crées, et la pr~pr1ete co1ossa1e const1tuee par
Compagnies, aura mcontestablement plus de con~~nce et moins d'embarras, plus de valeur et moins
:s crises, le jour oti la Caisse générale des Avances sur
ti~~ viendra présenter a ses intéressés une latge et
rm:inente ouverture de crédit.
peUn root suffit pour faire apprécier la portée d'une telle
inslitution : Mesurez ce que fera le crédit pour la proriété mobiliere, en mesurant ce que les Banques ont
rait pour le commerce, et ce que l'.hypotheque, dans de
rnauvaises conditions, a fait pour la propriété fonciere.
Un dernier mot pour compléter cet exposé somm:lire,
eo donnant ici l'organisation méme de la Caissegénér1o1le.
Deux príncipes excellents, honorables et dignes d'étre
pris comme re~les, par toutes les institutions de crédit,
oot 11uidé M. Hippolyte Destrem dans la constitution de
la so"ciété nouvelle, et ces deux príncipes se résument en
denx mots : controle, publicité.
Par le controle,M. Hippolyte Destrem s'efforce d'obteoir tout d'abord un résultat qui ne peut que profiter au
dévelop11ement comme a la bonne réputation de son
reuvre. JI veut, par un Conseil investí des pouvoirs les
plus étendus, donner a chaque demande de crédit une
mesure aussi exacte que possible, et cette appréciation,
base de la prospérité de l'entreprise, sera, suivant nous,
moins difficile a trouver q,J'on ne pense. 11 est toujours
aisé ile distinguer les Mouzaias des Vieille-Montagne,
et le Cooseil rle la Caisse générale pourra écarter les ti tres
dépréciés, tout aussi facilement que le Conseil d'escompte
écarte ala Banque les mauvais bordereaux. Ce controle,
le fon1lateur l'applique, d'ailleurs, avec le méme scrupule,
atous les acles de la Société, et loin d'imposer a ses actionnaires aucun nom pour ses couseils, la 'gérance se
propose, au contraire, de laisser sur ce point a la Société
une libe:rté entiere. C'est la, il faut le reconnaitre, une
pratique qui, bien comprise et bien appliquée, arriverait a
vivifier les princtes trop souvent faussés de l'a..;sociation.
Par la publicite, M. Hippolyte Destrem réalise, des le
premier jonr de sa fondation, toutes les réformes que
l'opinion et la presse réclament depuis iongtemps. Et, en
effet, daos le monrle des affaires, ce n'est pas le connu,
c'est toujours l'inconnn qui préoccupe et inquiete. Cela
est si vrai que c'est it ce besoin de publicité qu'aboutisseot, en matiere de finance et de crédit, toutes les polémiques. N'est-ce pas la ce qn'on demande aux compagniesdc chemins de fer, qui liscnt en dcux heures, dans
lenrs assemblées générales, un rapport dout !'examen ne
peut se faire el). un jour? N'est-ce pas la ce qu'on demande atout les établissement.s fondés sur l'a~sociation?
N'est-ce pas la ce que vient de reconnaltre la Banque de
FPance, en reprenant la publication hebdomadaire de ses
bilans? M. Hippolyte Destrem fera done bien d'agir en
pleine lumiere, et a notre avis, c'est avec raison qu'il dit
en e1cellents termes : e&lt; !fa ma·ison sera de verre. i&gt;
Ainsi done, si l'utilité de l'institution est man ifeste,
l'honnéteté des intentions et des actes est également évidente. Considérée au point de vue de la richesse du pays,
comme au point de vue d11 crédit, la Caisse générale des
f11Jances sui· titres constitue un progres réel et sérieux
dans l'histoire de nos institutions financieres. Nous
,_oyons pourtant surgir, ~a et la, quelques rares objectíon~. Que voulez-vous? En toutes choses, on peut s'attendre avoir des gens qui ne regardent jamais que par
le l!l'Os bout de la lorgnette. Mais ce n'est la qu'une erreur d'optique. On peut la redresser, et Dl\us la redresserons.
HENRI Coz1c.
,

5

~

DE L'EMPLOl DU VALÉRIANATE D'AMMONIAQUE
de Pierio\

C0NTJIE LES Ai'FECTIONS NERVEUSES.
L'histoire thérapeutique des 'névroses suffirait seule
JlOor attester les progres que l'art de guérir a réalisés
daos notre temps. En effet,. la médecine a livré, pendant

des siecles, contre les maladies nerveuses, de longues
et opiuiatres batailles que la victoire ne couronnait pas
t011 .

Jours.
Mais aujourd'hui, l'on peut dire heureusement que la
lutte soutenue par la médecine contre la névro~e, s'est
terminée a l'avantage de la science. A l'action du mal,
la thér1peutique a trouvé enfin le moyen de répondre
par uue action plus energique encC1re.
·
"' · s1· repan
, due, de b'1en
11 importe,
pour une auect1on
connaitre le secret des conquétes que nous signalons.
Nous dirons done qu'on s'était étudié a ne chercher,
pendant longlemps, qu'un apaisement an mal par une
médication extérieure, le plus so,ivent inefficace. C'était
faire fausse route, car la névrose, qui représente un
éhranlement de la constitution tout entiere, a besoin,
par cela méme, d'une médication interne qui puisse
attaquer jusqu'an rrincipe meme de la douleur.
Aussi la médication interne a-t-elle définitivement
prévalu, et la thérapeutique n'a plus aujonrd'hui qu'un
but: rechercher et ordonner le médicament le plus énergique pour agir le plus rapidement possible sur le malade.
A cet égard, la valér1ane a toujours été considérée
comme un rles anti~pasmodiqucs les plus puissants, et
nous trouvons, dans l'antiquité la rlus reculée, le témoignage que les preruiers maítres de la science médicale
savaient apprécier sa bienfaisante erficacité. Discoride,
Arésée, Galien, Oribase, font valoir les résultats excel.lents obtenus par la 'l'alérianc. Fabius Columna s'en
servit pour se délivrer de l'épilepsie doot il souffrait, et
pour guérir plusieurs personnes de la méme maladie.
A chacune de ses périodes, d'ailleurs, l'histoire de la
médecine ra utilisée largement. Panaroli, Cruger, Lentilius l'employerént avec succes, et, a une époque plus
rapprochée de nous, Marchand, Boerhaave, de Haen,
Sauvages, Haller, Chomel, Tissot, lui durent de nombreuses et solides guérisons.
Pourquoi done la valériane, depuis si longtemps appréciée, n'était-elle pas encore universellement reconnue et employée comme le premier des antispasmodiques? Parce que, pour etre efficace, l'ada¡inistration de
cette racine exige une préparation attentive, qui puisse
lui conserver toute l'énergie de ses propriétés naturelles.
La nécessité de cette préparation était si bien admise
par tous les hommes de l'art, que Cullen n'hésitait pasa
reconnaitre que la valériane, presque toujours détériorée
dans les officines, n'avait plus d'efficacité quand on l'ernployait.
C'est a cet inconvénient grave que M. Pierlot, pharmacien (i), a remédié par une babile combinaison
de l'acide valérianique normal, retiré directement de la
raci11e et combiné a l'ammoniaque. Le nouveau produit
pharmaceutique de M. Pierlot, ingénieusement préparé
sous la forme liquide, conserve ainsi la stabilité et l'énergie indispensable a tous les médicaments officinaux.
Aussi l'usage du Valérianate d'ammoniaque de Pierlot
n'a-t-il pas tardé ase répandre dans la pratique médicale.
MM. Moreau (de Tours), Lélut, Baillarger, Mitivié, Mois.
seult, a la Salpétriere; Dela8iauve, a Bicétre; Monorl et
Vigle, a la maison municipale de san té, ont ohtenu tour
a tour des rí•sultats remarquables et démontré l'efficacité du nouveau médicarnent dans toute.s les affections
nerveuses. C'esta la suite de cessucces, autbentiqnement
reconnus et e 1,1statés, que l'Académie de médecine a
reconnu l'utilité du Valérianate d'ammoniaque. On peut
done proclamer hautement aujourd'hui que les maladies nerveuses ont trouvé, daos la valériaoe, grace au
produit de M. Pierlot, l'antispasmodique le plus puissant que la médecine ait encore appliqué.

Steamer Washington. Mercredi Hi novembre.
La/ayette.... Mercredi l4 décembre.
DE NEW-YORK :
Steamer J.afayette. .. Mercredi 14 septembre.
Wnshinqton. Mercrerli 12 octobre.
J,afayette.... Mercredi 9 novembre.
Washington. Mercrerli 7 décemhre
La/w¡ette.... Mercredi 4 janvier 1865.

J&gt;rix des places:
. . . . .
sPremieres.
d
econ es . . . . . .

700 fr.
400

S'adresser, pour passage,, fret des marchandises, des
especes, et ponr tous autres renseignements :
A Paris, au bureau spéc(a.l de la Compagnie, 12, boulevard des Cap11cine~ (Grand-Hotel);
Au Havre, a MM. William lselin et C•, agent~;
A New-York, a M. Geo. Mackenzie, 7, Broadway.

LE MASCARET DE CAUDEBEC,

Le mascaret est un phénomene qui se produit sur
quelques-uns de nos fleuves, et principalement sur la
Seine; sa plus grande force se fait sr.ntir au.x époq•Jes de
nouvellc et de pleine !une, et surtout dans les mois d'équinoxe. C'est le moment oti lamer commence a monter.
Une énorme lame, une montagne d'eau qui quelquefois
a jusqu'a deux et trois metres d'élévation, se présente
dans toute la largeur de la r1viere, et roule son flot,
avec unP. vitesse de i2 a l5 milles a l'heure. Sa rapidité
augmente d'autant plus que le lit d11 fleuve se trouve
rétréci, et les travaux d'endiguement ont contrib1Jé a
a11gmenter la violence du mascaret. Si, quand le phénomene se produit, les vents soufflent avec force de la
partie de l'Ouest, la marée atteint une hauteur extraordinairé et les &lt;ligues soot submergées. Le mascaret, qui
a eu lieu dernierement aCaudebec, a été un des plus pronon~ qo'oa

:•=:::M:~-

M: ~

•; , ,

Au moment oti l'ernpereur Ma1:imilien prend possession de son nouvel empire, au moment ou la marine
franpise va étre appelée a dire adieu aux cotes inhospitalieres de Vera-Cruz, il n'est peut-étre pas hors de
propos de jeter, en guise d'adieu, un regard rétrospectif sur les lieux désolés que nous abandonnons. - Sacrificios! pauvre ilot de sable que nous avons foulé si
sou vent, témoin de nos tristesses et de nos aspirations
vers la France, c'est de toi que je veux parler! Tu es
le dépositaire de la dépouille mortelle de beaucoup de
nos camarades, et a ce titre on ne peut t'oublier.
Sacrificios est un ilot de sable de 700 metres de tour,
ayant a peu pres la forme d'un reuf, et presque entierement couvert de roseaux sauvages. Les navires de
guerre viennenl chercher un abrí derriere les récifs qui
prolongent cette ile dans le nord, et obtiennent ainsi
un mouillage plus sur que celui de Vera-Cruz, en meme
temps qu'ils s'éloignent du foyer épidémique de la ville.
Qu'était autrefois Sacrificios? 11 ne m'a pas été possible d'éclaircir ce point: néanmoins, le nom qui lui a été
donné par les Espagnols, a leur arrivée, est d'accord
avec la légende pour faire croire que les azteques
avaient cboisi cet endroit ponr y faire leurs sacrifices
humains. Le fait est qu'on y trouve les vestiges de constructions anciennes, et des scories de fer fnndu qui tendraient a prouver qn'il a du y exister aútrefois des établissements métallurgiques. - L'imagination, brodant
sur tout cela, n'a pas manqué de donner le nom de
couteaux de sacrificateurs a de petites lancettes a deux
trancbants,
d'une substance vitreuse, qui abondent dans
o• BER.
(!) Rue Mazar10e, 40, á París.
!'lle et proviennent de gisements d'obsidienne assez
commun3 au Mexique.
Daos ces dernieres années, les Auglais et les EspaCOMPAGNIE G-ÉNÉRALE TRANSATLANTlQUE
gnols se sont livrés avec acharuement a des fouilles
Servtce poatal h-anqall
ayant pour but de retrouver les t1·ésors enterr-és, d'apres
ENTRE LE B&amp;VRE ET NEW-'l'ORK
la tradition, par les indigenes, a l'époque de l'invasion
SJ.N"S 'BSC.lLI
espagnole. - Quant a nous, revenus de ces beaux
Par lu magnifique, paquebot, a rouu
réves dorés, nous nous contentions de cherl!her sur la
WAsmNGTON, capitaine A. Duchesne, de 5,600 ton- plage quelques coquillages rares, et nous avons été
neaux &lt;le déplacement et 950 chevaux de force.
quelquefois assez heureux pour rencontrer des débris de
LAFAYETIE, capitaiDP, A. Bocandé, de 5,600 tonneaux
poteries anciennes, ou des pétri fications assez curie uses.
de déplacement et 950 chevanx de force.
Anres avoir passé par des phases bien bizane3 et que
Les départs se feront le mercredi, tous les vingt-huit nous connaissons mal, l'ile de Sacrificios était devenue,
jours, tant du Havre que de New-York.
depuis l'expédition de l 837 de l'amiral Baudio, et celle
Les prochains départs auront lieu comme suit :
de i 8:1-7 des Américains, le cimetiere des navires de
DU BAVRE;
guerre. Les Frangais, qui plaisautent sur tout, l'ont,
Steamer Washingt-0n. Mercredi 21 septembre.
dans ces dernieres années, surnommé le jardín d'accliLafayette.... Mercredi i9 octobre.
matation du Mexique. Malgré cette triste destination&gt;

�t76

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

eu égard a la grande
distance a laquelle les
batiments se trouvent
de Vera- Cruz (trois
milles marins), les
élats-major3 descendent souvent al'ile,dominés par ce besoin
de fotfier la terre ferme qur existe chez tous
les marins, n'en cléplaise aces vieux loups
de mcr, qui prétendent avoir le mal de
terre daos les relaches.
Depuis un an, Sacrificios s'est beaucoup
transformée. Si la partie nord a conservé son
ancienne destination,
peu de sépultures nouTelles ont étéjcreusées,
et, le temps aidant, la
vue de cette partie de
l'ile, a11 lieu de regrets
cuisants, n'inspire plus
mainlenantqu'un religiell.I recueillemcnt.
La partie sud s'est
transformée en une
véritable fel'me avcc

LE MASCARET DE CAUDEBEC. -

dépenclance~; de uon..
breux besliau~,des ,o.
lati les de ton les S&lt;Jrte&amp;.
quclques-uns d'cspe.
ces asscz rarcs, a1D11sent agréablement le
paysage; et si ia natn,.
re du terrain ne s'cip.
posai t pas a la planta.
tion des cocoticrs, 00
pourr1lit avoir, aSacr¡.
ficios, une petite Oasis,
Malheureusement,
tous les essais de Cuit11re ont échoué. Dans
ces derniers tempa,
une vérita ble maison
vient de s'élever; son
but est de servir de
caserne pour les éqoipages des. navires qui
aurai~nt bcsoin d'étre
assainis.
Lcs-vents d11 non!,
les pluies, le soleil de¡.
eéchant, luttent Al'eovi pour détruire les
pau vres croix du cimetiere; pi usieurs OIII
déja disparu,des moouments plus durables,

D'aprc&amp; un croquis de M. Barbin.

TOI

""d'

Pi

11

•

ti,

P1

Pa

d'.

de

b,

Jk¡

Gra1
pr

gr
JLOT DE SACRIFICIOS, PRES DE VIIRA•t:RUZ. -

ÉCHECS.
PROBLJl.ME

N° l74,

PAR

~f. F.

HEALEY.

U'aprés un croquis de M. Galleran.

construits ala suite de l'expédition de'.1837, tombent aussi
en ruines; je crois que la marine verrait avec reconnaissance un monument commémoratií élevé a la mémoire
des marins fran~ais morts pendant la guerre du Mexique,
clahs l'accomplissement de leur devoir. Pour le matelot, pas de combats glorieux, pas d'assauts entrainanls
au bruit du canon et des fanfares guerricre~, pas de ces
victoires qui ont tant de retentissement et font tressail.
!ir d'ai~e tous les creurs fran~ais; rarement un marin
mourra au cbamp d'bonneur, mais souvent il succombera seul et ignoré au milieu d'une épidémie. Ne serait~
ce pas pour lui une douce satisfaction, de voir que ses
services obscurs et tout d'abnégation ont été appréciés a
leur juste valeur, et c¡u'un monument durable en perpétuera la mémoire?
Il y a quelque temps, au -Corps législatif, un orateur
émincnt a bien voulu !'aire ressortir et mettre en lnmiere le role obscur de la marine. - Ses paroles n'ont
pas été perdues, et plus d'un marin y a puisé de nouvelles forces pour l'avenir.
A.

Les blancs font mat en trois coups.

1i3.
'
MM Émile et Henry Frau. (Le Cilla 3• c. du R est bien un

s. GALLERAN.

TEXJER,

rédactcur en chef.

SOLUTIONS EXACTES DU l'ROBLÉME Nº

e noir.)

1 R joue a sa 7• T, et quoique rrpondcnt les noirs, ils sont
~t a1,1. .:oup s11ivant.
J. A. de f;.

OtJ

RÉBUS,

pa
111
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EXl'L!CATJON DU DERNJER HÉBUS:

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PBl!IE8 DE lllLLUSTllA.TIO~.
CEUVRES

NOUVELLES

DE

10 , ... !O

LIEO DI

2:l, rue de Ver11euil,

Ir

GAVARNI.

t 20

rr.

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Par-ci, par-la, et Physionomies parisienne$, splcnclide collection de lO/J sujets, tirés sur chine par Ltmercier, formant l magnifique i·olume grand in-4° colombier, relié en maroquin et doré sur tranches :

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pour la France continentale. Les soubcripteuríi dl
l'Étranl!cr dcvront le faire réclamcr par leurs corrct
pon,tunts.

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                <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores</text>
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Houpionepuis
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!!6 ANNÉB. VOL. lLlV.

Direction , Rédaction, Administratioa :
Tlalll les communications relatives au jou,nal, réclamations, demande1
de changements d'adresse , doivent etre adressées franco á
· • AUG. IIIARC• DIRECTEUR-GERA.NT.
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d'un mandat sur Paris ou sur la po,te,

ti 23.

fu la lnilel, la t.nduction ti la reproducbo• l l'étranger sonl iDlenlilll.

BUREAUX : RUE RICHELIEU, 60,

SOMMAIRE.
filita de Sa Maje,té l'Empereur i. -Montlu9Jn. - Revue politique de la

lllllliae. - Courrier de París. - Inauguration du Palais de l'Indus-

CD a

blt, i Am,terdam. - Une nuit du docteur Rémus ( nouvelle ). - In1u-

tila

lllneille. - La j ournée du 2i aolil,

lourireur
1erdu

No

Samedi 3 Septemhre 188&amp;.
L'úioillralita u ripond p11 des manmrils ti ne 1'1ngage ¡am1i1 i la inseNr,

a

pntioD de la statue de Larrey, á Tarbe,, et de la rue Impériale.
a Geoéve. - Chronique musicale.

- Encyclopédie militaire et maritime. - Le, sept pécbés capitaux. La ft!te dea bergers, a Markgróningen. - Une íermc iofeslée par le
gibier ( nouvelle ). - La Caisse générale des avances sur titres. - Le
commandeur Negri, - Le cbateau de la Bastide-Besplu.

Gravure, : Visite de Sa Majesté l'Empereur a Montlugon : passage sous
!'are de tricmphe de l'avenue Napoléon IlI; are de tr1omphe des usl••

Abonnements ponr Paris et les Départements :
3 mois 9 fr.;;- 6 mois, 18 fr.¡ - unan, 36 fr. ¡ - le numéro, 75 c.
collection mensuelle, 3 fr. ¡ le volume semestriel, U ír.
ABOMWEMENTS POUR L•ÉTRA.NGER 1
:Mémea pnx ¡ plus les droits de poste, suivant les tariía,

la

Les abono. partent do ter no de chaque mois.

ne&amp;. - Palais de !'Industrie, a Amsterdsm. - Cérémooie d'ioa■gura­
tion du Palais de l'lndustrie d' Amsterdam. - lnauguration de la &amp;tatue
de Larrey, á Tarbea. - Ioaugurallon de la rue Impérilhl, a Maraeille.
- La journée du ti aotit1 a Genéve l 3 gra.ures ). - Les sept pécbh
capitaux. - La ft!te des bergers, a Markgrooingen ( t gravures ). - Le
commandeur Negri. - Le cbatesu de la B1Stide-Berplas (2 gravures)
- Rébus.

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ET,

VISITE DR S, M, L'BMPEREUR ! MONTLJJCON: PASSAGE SOJJS L'!RC DE TRIO!!PRE Dl! J:,'4V~lJE!N4l'Ol,llON

m,

�•
L'I LLUSTRATION, .10 URNAL UNIVE R~F.L.

L'ILLUSTRATION. JOURNAL UNIVERSEL.

il a été beaucoup parlé a coté. Ce qui ne peut se dire a tures dans le sens d'une action commune, de nature da
midi, on le dit a six heures du soir, non plus autour . moins a entraver les entreprises des envahisseurs deg
TISITE DE S. 11. L:EMPEREUR A II0NTLUl;0N.
d'un tapis vert, mais devant une table entourée de con- Duchés.
vives. C'est ce qu'a fait M. le duc de Persigny, c'est égaLe Morning-Berald insiste sur la nécessité d'une alAU DIRECTEUR.
lement ce qu'a fait M. Rouher, et si M. Latour-Dumou- liance intime de l'Angleterre.etde la France. Ce jo1ll'nal
MontluQOn, aout t 864.
lin, qui vient de réinventer le juste-milieu, n'a pas pré- demande que les deux grandes puissances occidenta1eg
L'Empereur, il y a trois années, avait manifesté l'in- cisément parlé dans un banquet, c'est qu'il avait le opposent aux tendaoces despotiques des souverains do
tention de visiterMontlu~on, ville presque ignorée jusqu'a bonheur d'avoir a point, sous la main, une société d'a- Nord, a la force et a l'arbitraire, le droit et la justice._
ce jour, mais dont il connaissait l'accroissement rapide. griculture au milieu de la(luelle il pouvait s'épancher. Les journaux anglais se préoccupent beaucoup des coa.
Pourvu aujourd'hui d'un canal et de quatre chemins de Nous avons retrouvé daos le discours de M. de Persigny ventions qui peuvent avoir été arretées entre le roi de
fer, entouré de riches et nombreuses houilleres, Mont- la théorie historique qui lui est si cbere. M. de Persigny Prusse et l'empereur d'Autriche. Leur rivalité laissaita
lu~on est en effet devenu, en peu d'années, un des cen- proclame, et c'est son droit, la supériorité des instili- la nation allemande quelque espoir d'indépendance,
tres industriels les plus actifs et les plus importants de tions actuelles sur celles qui oot régi la France pendant mais aujourd'bui Guillaume Je•, qui déteste, comme 08
· la France. De grandes et nombreuses usines y existent la période qu'elle a traversée entre le premier et le se- le sait, le régime parlementaire, doit plus que jamais
cond empire. D'apres l'orate11r, c'est la Constitution ac- incliner vers le régime despotique. De son coté, Fran.
déja, et il s'y en établit chaque année de nouvelles.
A son retour de Vichy, Sa Majesté s'y est arretée pen- tuelle qui a fondé la liberté en France. M. Tbiers ne ~ois-1oseph, ne pouvant plus espérer la soumission ,o.
dant quelques heures. Elle a été re~ue a la gare par le partage pas l'opinion de M. de Persigny, lorsqu'il de- lontaire de la Hongrie et de la Vénétie, ne tiendra pas
maire et le corps municipal, qui l'ont conduite a l'Hótel- mande a la tribune ce minimum de liberté que l'on re- davantage a développer le systeme représentatif. Ces
de-Ville, ou a eu lieu la présentation des députés du dé- trouve cbez tous les peuples libres, et qui u'existe peut- cousidérations conduisent les feuilles anglaises a suppo.
etre pas en France a l'h; ure ou nous écrivons. Tandis ser que les deux souverains allemands ont pu se concerpartement et de tous les fonctionnaires.
En quittant la gare, Sa ~tajesté a inauguré la nou- que M. Rouher proclame le grand principe de la déceo- ter pour l'adoption d'une politique rétrograde.
En Allemagne, il est toujours question d'une triade
velle avenue, portant aujourd'hui, avec son assentiment, tralisation administrative, M. de Persigny pousse, au
contraire,
a
l'exagération
de
la
centralisation.
Son
idéal,
germauique.
Ce serait le cabinet de Stuttgart qui diri- ·
le nom d'Avenue Napoléon lll.
1est l'organisation actuelle du pays, c'est ce régime
gerait
le
mouvement.
11 s'agirait d'organiser une as.~c
A l'extrémité de cette voie, de 40 metres de largeur,
était placé un are de triomphe dans le style moyen age, « ou regne !'esprit de centralisation, 011 · ,a société tout ciation entre les Étalg du centre de l'Allemagne, et d'en
se racoordant a merveille avec le vieux chateau sur le- entiere se meut depuis des siecles daos les cadres d'uné former une troisieme puissance. M. de Hugel, ministre
biérarcbie savante, qui protége tous les intérets et pré- de Wurtemberg, se serait enteodu a ce sujet avecM. de
quel il se détachait.
La haie était formée par les députations des commu- side a toutes les opérations de la vie, 011 enfin tous les Beust, ministre de Saxe, et M. de Roygenbach, ministre
'
nes, des mines et des u.~ines, dont les riches bannieres instruments de t·autorité sont dans les mains d'une vaste de Bade.
Le voyage du roi d'Espagne n'aurait pas été, au dire
s'inclinaient pour saluer l'auguste visiteur. Partout~ sur administration, chargée seule d'assurer l'ordre et la transon passage, la population manifestait Je pluS'vif enthou- quillité publique. i&gt; Entre ces deux théories, fort dispa- de certaines correspondances espagnoles, un simplt
siasme; partout les maisons étaient pavoisées,et se dres- rates, comme on le voit, il est inutile de dire que notre voyage d'agrément. Don Fran~ois d'Assise voudrait
saient des ares de triomphe élevés par les habitants, .les choix est fait; nous ne sommes pas pour celle de M. le avoir une part plus grande daos le gimvernemeot de
l'Espagne ; il voudrait etre autre chose que simple
duc de Persigny.
sapeurs-pompiers et la 8ociété de secours mutuels.
époux de la reine, et il serait venu a París pour s'enM.
Latour-Dumoulin
a,
comme
nous
le
disions
plus
A l'entrée de la nouvelle ville, un grand are, élevé par
tendre
a ce sujet avec la reine-mere Christine, qui a
haut,
repeché
daos
l'étang
du
passé
le
juste-milieu.
Mais
les usines réunies,était un véritable monument placé a11
point de rencontre de quatre rues. Ses quatre colonnes, le mot de juste-milieu sonne mal en France. Qu'il cboi- une grande influence sur sa filie, et qui pourrait décider
formées avec des rails, n'avaient pas moins de i2 me- sisse un autre titre. L'honorable orateur veut fonder Isa;helle a partager le pouvoir avec le roi. Les actea
tres de hauteur. Cet are de triomphe, magnifiquement une opinion « assez .forte pour n'avoir pas besoin de souverains porteraient la double sanction de la reine et
orné, avait un caractere spécialement industrie! ; il était transaction capable d'absorber les anciens partis, mais du roí. Les memes correspondants ajoutent qu'on aurait
construit tout entier avec les produits courants des usi- ne se fusionnant jamais, meme momentanément, avec tout intéret, a la cour des Tuileries, a voir diminuer et
nes; rien n'avait été fabriqué pour la circonstance.
eux. &gt;&gt; Si cette opinion, dont M. Latour-Dumoulin reve s'amoindrir l'influence de lareiue Isabelle, dont les tenEn arrivant sous ce vaste portique, l'Empereur a vu l'existence et le triomphe, absorbait les anciens partís, il dances politiques seraient parfo[s en contradiction avee
se dérouler devant lui la longue et spacieuse rue de est évident qu'elle n'aurait pas besoin de fusionner avec celles de l'Empereur, et qui, malgré l'atmosphere du
Tours, au milieu de laquelle les ouvriers des usines eux. Mais ce~ partís absorbés, que devient le juste-milieu gouvernement constitutionnel daos lcquel elle vit, ser!it
restée imprégnée de préjugés antiques. 11 est bien enavaient élevé, a leurs frais, une pyramide de 7 metres de de M. Latour..Dumoulin?
tendu
que nous laissons au.x correspondants espagnols
hauteur.
Ce qui vaut mieu.x que la recherche d'un juste-milieu
la
pleine
responsabilité de ces révélations.
chimérique,
c'est
l'opinion
nettement
formulée
par
l'oSa Majesté a visité les hauts-fourneaux et la fonderie
Depuis
quelques jours, les nouvelles de New-York sirateur
au
sujet
de
la
présence
des
ministres
devant
les
de la société Boignes, Rarnbourg et Cie, les verreries, la
gnalent
une
série de succes importants, bien qu'ils ne
chambres,
pour
défendre
individuellementleurs
actes,
et
manufacture de glaces et les hauts-fourneaux et forges
soient
pas
déc1sifs,
pour les armes fédérales. Le deuxieme
de
la
répression
des
délits
de
presse
par
le
droit
comSaint-Jacques, de la société de Cbatillon et Commeutry.
Elle a paru frappée du caractere imposant de ces vastes mun. En se pronon~ant, contrairement a M. de Persigny, corps de l'armée de Grant s'est a-vaneé s,ur la riviere
usines, largement installées, en pleine activité, et a suivi pour ces deux modifications importantes daos l'organi- James, et il a mis en déroute un corps confédéré, qui a
avec intéret les détails des diverses fabricatio~s. Au mi- sation actuelle de l'administration, M. Latour-Dumoulin laissé 500 prisonniers, 7 canons et la position qu'il oolieu des applaudissements, ell~ a décerné des récompen- a pris place daos les rangs du parti, ou de l'opinion, cupait au pouvoir des vainqueurs.
Une ,récente dépéche annon~ait, d'apres une commuses justement méritées au.x directeurs de ces grands éta- comme il voudra l'appeler, qui pousse a un retour vers
les idées parlementaires, - ces idées tant décriées 'dans nication officielle, que l'escarlre fédérale , commandée ,
blissements.
Tous les ouvriers étaient a leurs postes de travail. un certain monde, et qui sont, quoi qu'on puisse dire par l'amiral Ferragut, avait occupé la place de Mobile,
qui est le principal port du Sud daos l'État d'Alabama.
Leurs camarades de Commentry;et des autres usines qui et faire, les idées de !'avenir.
Quoi qu'il en soit, il ressort de ces discours une cer- Des dépeches postérieures ne confirment pas cette imentourent Montlu~on, étaient venus se joindre a eux;
taine moralité qu'il nous est impossible de passer sous portante nouvelle et semblent memc la démentir, pui!let plus de t0,000 ouvriers,étaient ainsi réunis.
L'Empereur a été impressiri¡¡né par la vue de ces mas- silence. Pendant que la pratique administrative et la ju- qu'elles nous apprennent ·que Ferragut cootinue a bomses imposantes, par leur bonne tenue et la forme res- risprudencc rendent de plus en plus illusoire l'exe11cice barder Mobile. Mais elles confirment les avantages obte·
pectueuse qu'elles ont su donner, comme toute la po- du droit de réunion politique, soumis par les loie a l'a-• nus par la flotte fédérale, c'est-a-dire la capitulation do
'grément de l'administration, les présidents des conseils fort Gaines et l'évacuation du fort Powel, dont la garnipulation, a la manifestation de leur enthousiasme.
Apres un séjour de q1ielques heures, Sa Majesté a généraux, et en particulier ceux qui occupent dans l'État son s'est échappée en abandonnant t 8 canons en bon
quitté la ville, remerciant le maire de l'accueil qui Jui de hautes fonctions, ont toute liberté de prononcer état. Le fort Gaines était défendu par une garnison de
avait été fait, e('qui, du reste, avait été des plus chaleu- des monologues politiques devant un certain nombre 800 hommes et il était approvisionné pour un an.
Le grand conseil de Geneve a pris une résolution léreu.x.
d'auditeurs réunis apres-diner dans la salle d'un hotel.
Ce~te j_ournée d? fete ~'est terminée par un magnifique Ce qui n'est pas permis a celui-ci, on le tolere a celui-la. gislative, motivée daos lestermes les plus séveres pour la
Le prince Humbert, fils ainé du roí d'ltalie, est arrivé majorité du bureau qui a cassé l'élection du candidat
feu d art1fice de Ruggier1 et par de brillantes et générales
illuminations.
a Paris. Les journaux assignent au voyage de ce prince conservateur, M. Cheneviere. Le grand conseil établit
L'ordre admirable remarqué pendantle passao-e de Sa un motif que nous signalons d'apres le récit des feuilles t• que M. Cheneviere, ayant obtenu la majorité absolue
Majesté n'apas cessé de régner jusqu'au momeo~ avancé étrangeres. II s'agirait d'un mariage entre le prince Hum- des suffrages; était régulierement élu conseiller d'État;
de la soirée 011 chacun se séparait aux cris répétés de : bert de Savoie et la princesse Anna Murat. Le Times 2º qu'il n'appartenait pas a la majorité du bureau d'indonne, a ce sujet, ·plusieurs détails intéressanL~, et croit valider cette élection, et de substituer ainsi arhitraireVive fEmpereur !
Pour extrait: P. PAGET.
notamment savoir que si ce mariage se fait, la conclu- ment sa volonté a la volonté du peuple légalement ma•
sion aura été en grande partie due a l'intervention per- nifestée et constatée. Le Grand conseil charge son bureau de recourir a l'autorité du Conseil fédéral, pour qu'il
sonnelle dtl l'lmpératrice des Fran~ais.
Les documents diplomatiques communiqués au parle- assure la complete exécution du vote, en mettant au be·
REVUE POLITIQUE DE LA SEMAINE.
ment danois ont révélé ce qu'il y avait de personnel soin a néant toute déclaration contraire. Cette résolution
Il avait été dit que les présidents des conseils o-éné- dans la conduite tenue par l'Angleterre envers le Dane- du Grand conseil de Geneve a été votée a l'unanimité,
raux ~vajll.\\t été ~V\t~ ~ s'\\l\s-t@l\Íf, dans leurs réU::ions mark. Les journaux tories s'emparent de ce nouveau
Voici une nouvelle brochure, l'Europe en 1864, qui est
de tout discours poln_iqqe. L'in,itation a produit so~ ' grief contre le ministere Palmerston-Rus.~ell, dont ils appelée a faire sensation. Ces lettres politiques, qu'on dit
etlet. Aucune allocution ayant une couleur quelconque font ressortir la politique équivoque a l'é¡{ard de la émanees d'un écrivain ami du gouvernement russe, con»'i!- é~ _prononcée dans le sein méme des conseils, tUais France, qui avait fait au cabinet de Londres des ouver- cluent nettement a un cbangement de politique exté·

•eure. L'auteur invite le cabinet de Saint-Pétersbourg (&lt; cabarets des charretiers. ,i Et mon correspondant ne la presse contemporaine ! Cette !acune' est comblée : la
~ se recueillir et a voir s'il ne serait pas temps de sortir peut pas se figurer que je puisse jamais m'y résoudre. Gautte de la Poupée existe. L'autre jour, l'administra-

t46

de la vieille voie suivie depuis le regnc de Nicolas ¡e,.
est pour le príncipe des nationalités, et il se déclare
11
ouverteroent pour la Pologne libre,_ non plus dans la
Russie libre, selou la formule de M. Emile de Girardin,
rnais acoté de la Russie lil : e. L'auteur, en un mot, croit
que le moment est venu d,, rendre la Pologne a ellemeroe: la Pologne indépendante, c'estle point de départ
d'one politique nouvelle en Europe.
'.'ious sommes tout a fait de !'avis de l'auteur de la
brocbure nouvelle, et nous voudrions que le cabinet
rnsse comprit aussi bien que lui tout le bénéfice qu'il
retirerait a abandonner la politique a outrance et a
aider, par la reconn:1.i3sa.ncc du príncipe des nationalités,
3 la constitution d'un orJre définitif en Europe.
EoMOND TEXIER.

COIJBRIBB DB PA.818,

L'Fs 1gue telle qu'elle est. - Illusions perdues. - Une coq~ille, - Gautte de la Poupée. - L'école de dessin de la
roe des Tournelles. - Mort de M. Chevé. - Histoire de

coco.

Daos un de mes derniers courriers, je me réjouissais
de l'inauguration prochaioe du chemin de fer qui réunit
depuis quelques jours la France et l'Espagne, et j'écrinis ceci ou 11,peu pres : Enfin nous verrons des posadas
et des muletiers, nous mangerons des olla podridas,
nous applaudirons a des fandangos et a des cachur,has,
dansées daos la patrie de la cachucha et du fandango, et
oos femmes pourront apprendre, au Pt·ado, a manier l'éventail.
Ufaut renoncer a cet espoir. Une lettre qn'un gentilbomme espagnol me fait l'honneur de m'écrire me l'apprend sans ménagement.
Je remercie M. de Cienfllegos de sa lettre, et je le
supplie de croire que je n'entendais en aucune fa~on
railler l'Espagne, en supposant qu'elle avait encore des
111reurs originales. Moi, confondre l'originalité et la barbarie! Non, vraiment; etje ne pense pas qu'un peuple
poisse n'aspirer au titre de peuple civilisé qu'autant qu'il
aura modelé sa physionomie, ses gouts, ses habitudes
sur les nótres; on peut, a mon avis, nepoint manger, ne
point s'habiller, ne point s'amuser a notre fa~on, et
o'étre point une nation de sauvages.
Saos compter que ces différences sont autant de plaisirs pour le voyageur. Ah! M. de Cienfuegos a bien
811Uellement détruit toutes mes ill usions !
-A Madrid, a Valence, a Barcelone, a Valladolid, a
Burgos, a Cordoue, a Séville, on ne connait le fandango
et la r,achucha qu'au théatre, me dit M. de Cien fuegos, et
eocore le public s'en va-t-il, d'ordinaire, quand les danseors s'appretent a entrer en scene.
Hélas !
- Le Pra.do, me dit encore mon correspondant, a été
le lieu de la réunion de la bonne société de Madrid,
mais altjourd'hui vous y trouveriez a peine une douzaine
de vieillards et de philosophes.
Hélas !
- Les dames ne portent plus la jupe courte...
Hélas !
- Ni les bas a coins b;rodés...
Hélas!

- Ni de peignes hauts, parce que le chapean des
Fran~aises est tres a la: mode.
Hélas! hélas!
•
- Et pour las mantillas, elles se servent du pet1t peigne genre anglais.
Hélas ! hélas ! hélas !
Au moins y a-t-il encore des mantilles en Espagne.
l. de Cienfuegos en convient lui-meme, sans y prendre
garde.

M. de Cienfuegos m'écrit encore :
« La note de la dépense d'un jour en Espagne, que

«tous prenez a Desbarolles, peut avoir été vraie il y a
«des années, mais aujourd'hui, comme nous avons des
«hotel&amp;, on vous fait payer tO, rn ou 20 francs ...
«comme chez vous. »

Voila un trait de ressemblance entre l'Espagoe et la
France, auquel, voyageant en Espagne, je ne tiendrais
pas le moins du monde.
11. de t.:ienfuegos m'apprend aussi qu'il n'y a plus de
J)08adas que dans les petits villages. « Ainsi, ajoute-t-il,
• si ,ous aimez la olla podrida, il vous faudra aller aux

147

Eh! monsieur, vous ctes un voyageur, car votre lettre tion du journal offrait a ses abonnées une fete au Jarest datée de Berne, ne savez-vous pas de quelles coura- din-des-Fleurs.
geuses déterminations un voyageur curieux est capable?
Quoi ! au Jardin-des-Fleurs?
Oui; mais rassurez-vous, on n'y a vu que des poupées
En parcoúrant un des journaux les plus élégants et les du meilleur monde.
plus spirituels de Paris, je tombe sur cet alinéa d'un arEntre nous, je vous avouerai que la Gazette de la
ticle sur les modes du jour :
Poi,pée s'adresse bien un peu au.x petites dcmoiselles, et
« B... n':i. pas hésité a apporter une attention toute que les nouvelles, les poésies, les couseils et les instrucparticuliere aux larmes des dames auxquelles il apporte, tions qu'elle contient peuvent servir aux mamans des
comme dans tous ses produiL~, un soin et un luxe tout poupées autant qu'au.x poupées elles-memes, mais il
particulier. i&gt;
faudrait avoir !'esprit bien mal fait pour s'en plaindre.
Suit l'adresse du .magasin de B...
Eh quoi! vraiment, en sommes-nous venus a ce
11 y a quelques jours, avait lieu une fete un peu plus
point? Les femmes, ces charmantes menteuses de beauté, sérieuse qu'une fete de poupées et de petites filies; la
avaient inventé depuis des milliers d'années les fausses distribution des prix de l'école communale de dessin et
dents) les faux chev.eux, le faux embonpoint, la fausse de modelage, dirigée avec un dévouement infatigable
blancheur, le faux incarnat, et je né sais combien d'au- par M. Eugene Trouvé, un paysagiste qui envoie trop
tres faussetés, afin de nous mie11x séduire; ce n'était rarement au Salon ses amvres si fines, si bien observées,
point assez encore, et voila qu'elles viennent d'imaginer, si heureusement empreintes d'un charme intime et doux.
ou qu'on vient d'imaginer pour elles les fausses !armes.
Leur laborieuse journée de travail finie, cent cinquante
Depuis que le monde est monde, elles en versaient ou deux cents ouvriers sculptenrs sur bois, menuisiers
qui n'étaient pas bien sinceres, et ou le camr n'était en fauteuils, tourneurs, dessinateurs sur papier peint,
pour rien; mais enfin c'étaient de .vraies )armes, des peintres sur porcelaine ou sur étoffes, viennent dessiner
)armes qui s'élaboraient daos leurs yeu.x pour parler le soir, sous les yeux de leur habile maitre, pour deveen _style de chimiste, des !armes qui venaient d'elles et nir des hommes de talent darts leur métier, qui touche
qui étaient a elles; maintenant, voila qu'elles en ache- a l'art de si pres.
tent de toutes fabriquées, suivant la formule; elles les
Le peuple a soif d'instruction, il se presse aux cours
paient au gramme, comme l'éther, l'opium ou l'eau de du Conservatoire des Arts et Métiers, aux écoles commufleur d'oranger. Ah! pour le coup, c'est trop fort ! passe nales, et pendant l'hiver aux lectures et aux entretiens
pour les fau.x cbignons, les faux lis et les fausses roses; qui luí sont spécialement consacrés.
mais pour les fausses !armes, halte-la, mesdame$!
11 a besoin aussi d'honnetes plaisirs. Un homme qui
avait consacré sa_ vie aux ouv'riers, et donné une
J'en suis pour mon indignation. Hier, apres avoir lu puissante impulsion a l'éducation musicale dans les
ce malencontreux alinéa, j'avais interrogé avec quel- masses, M. Émile Chevé, vient de mourir.
que dureté, au sujet d'une si horrible invention qui
JI laisse des successeurs qui ne manqueront pas a. la
s'affichait si impudemment, une femme tres au courant tache qu'ils ont acceptée. C'est une tache vraiment
des choses de la mode. Elle m'avait répondu de l'air le grande, et qui vaut bien qu'on s'y donne tout entier.
plus ingénu :
Comptez ce que les orphéons ont enlevé d'ouvriers
« Des !armes artificielles ! qu'est-ce que cela? En vé- au cabaret, combien d'ames elles ont onvertes a11 sentirité, je n'en ai point entendu parler; une si importante ment du beau, et vous encouragerez de tous vos vceux,
nouveauté, etje l'ignorais encore; il faudra que je ques- vous aiderez peut-etre de vos travaux et de votre zele,
tionne mon parfumeur. i,
les efforts persévérants qui continueront et développeCandéur jouée ! fausse innocence, pensais-je ! J'étais ront ce qui a été si heureusement commencé.
décidé a aller faire une scene épouvantable a M. B... et
a le menacer de la colere de tous les honnetes gens, s'il
J'ai nommé le Journal des Cochers. Voici une histoire
continuait a fabriquer et a mettre en vente un produit dont il pourra faire son profit.
.
aussi scandaleux.
L'autre jour, un de nos amis et deux de ses parentes
Oh! bonheur, c'était une coquille ! En voulant relire étaient en quete d'une voiture. Un cabriolet de régie
les lignes qui m'avaient épouvanté, je suis tombé sur vienta passer; on était pressé; faute de mieux, on prend
l'alinéa précédent; il n'y avait point a en douter, ce le cabriolet : les dames installées, mon ami monte sur
n'était pas !armes, c'était connes que l'auteur avait vuulu siége acóté du cocher.
écrire. Est-il possible de donner a la composition de la
Le cocher était un vieux bonhomme de soixante-dix
copie assez mauvaise pour autoriser de pareilles mépri- ans, qui avait une bonne et honnete figure.
ses : cannes au lieu de larmes !
Laconversation s'engage :
11 reste que B... fabrique des cannes pour les dames,
- Vous avez la une bete vigoureuse, dit mon ami.
et que les femmes en portent, apparemment; c'est bien
- Ah! dam oui, monsieur, il n'y en a pas beaucoup
assez, vraiment.
de meilleure daos lá grande remise; et pu.is j'y tiens
L'auteur de l'article se réjouit de ce que cette mode parce qu'elle me vient de braves gens.
nouvelle permettra aux hommes de ne point donner le
- Comment cela-?
bras aux femmes a la promenade, et de fumer tranquil- · - Ah! c'est toute une histoire.
lement leur cigare saos se gener.
- Une histoire ! contez, mon brave.
Oh! chevaliers fran~ais, ou etes-vous?
- Eh bien! monsieur, voila comment c'est arrivé. 11
y a trois ans, je menai un matin un marchand de faToutes les opinions, toutes les professions, toutes les rine. Quand il eut quitté ma voiture, je m'3.per~us qu'il
classes de la société ont aujourd1 hui leur journal, leur y avait lais~é un portefeuille : j'ouvre le portefeuille, il
organe, comme dirait M. Prudhomme. J'ai vu lejournal y avait dedans quarante-quatre billets de mille francs. Le
des coiffeurs, et l'on parle beaucoup, depuis quelque lendemain, je cherchai mon homme a la halle an blé et
temps, du journal des cocbers.
daos les environs, impossible de le retrouver. Quelques
11 y avait encore, jusqu'a ces deroiers temps, une joursapres, il entre dans un café de la ruede Viarmes,
classc de la société dont l'importance s'accroit tous les déjeune, et raconte, d'un air désolé, a deux de ses amis,
jours, et pour laquelle on n'avait point songé encore a qui font leur partie de domino a la table voisine, le malfonder un journal : c'est la classe des poupées.
heur qui lui est arrivé.
Autrefois, les poupées étaient des personnes vivant
Le maitre du café, a quij'avais fait part de la chose
(res-modestement; les plus belles, les plus nobles, les du portefeuille, entend cela.
plus ricbes étaient simplement logées, simplement ve- Ne vous désespérez pas, mousieur, dit•il au martues, simplement meublées. Quel changement, aujour- chand de farine. Vos quarante-quatre mille francs sont
d'hui ! Appartements somptucux, meubles de palissandre en bonnes mains.
ou de bois de rose, satin, v~ours, dentelles, perles et
Et il lui donna mon adresse.
diamants, voila ce que toutes revent et ce que possedent
L'autre, vous pensez bien, ne perd pas de temps; il
quelques-unes; on leur donne des équipages, des che- saute dans un cabriolet, - il n·y avait pas d~ danger,
vaux, des grooms nains, des chasseurs géants; on se cette fois, qu'il y laisse son portefeuille, - et il arrive
ruine pour elles.
a 1~ maison. Jetravaillais a cette heure-la, et ma remme
Et l'on n'avait point songé encore a leur dédier un éta1t seule.
journal. Quel oubli invraisen:blable ! Quelle )acune dans
~ Votre mari a trouvé un porteíeuille t ~•il lui dit,

�,
148
- C'est possible, qu'ellej lui
répond, mais je n'en sais rien;
revenez a midi; Pothy y sera,
vous vous e:xp.liqucrez.
Pothy, c'est mon nom.
Elle ne lui disait pas tout de
suite que j'avais sori portefeuille,
parce que je lui avais bien recommandé d'etre prudente;
quand le bruit court que quarante-quatre mille francs ont
été trouvés, il ne manque pas de
gens pour les avoir perdus, et je
voulais elre sur de mon affaire.
- C'est bien, dit le marchand,
je reviendrai a midi.
A onzc heures et demie il
frappait a la porte; j'étais rentré dcpuis un quart d'heure et
j'étais au courant. Ma femme
alla ouvrir.
~ - Votre mari est-il rentré?
dit le bourgeois lout ému.
11 y avait de quoi, vous comprenez.
- Oui, monsieur, il est rentré. Et elle ne put s'empecher
de dire cela d'un air qui fit bien
deviner tout de suite au bourgeois qu'il allait revoir ses billets.
En effet, deux minutes aprcs,
comme il m'avait donné un signalement ou il n'y avait pas a
se tromper, je lui remettais son
portefeuille.
11 l'ouvrit sans compter les billets, en prit un et me le tendit.
Naturellement je refusai, puisque j'avais ma prime a la préfecture. ll m'invita a diner pour
le soir, j'acceptai.
A six heures j'arrivai au restaurant; il me prit par la main,
et, s'adressant a trois de ses
amis qu'il avait invilés aussi:
Messieurs, je vous pré-

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
sente un hrave homme, lellf
dit-il.
Ca m'embarrassa un peu, maia
tout de meme ga me fit plaisir,
On dina tres-bien. Au dessert,
Eh bien! que me dit le bour~
gcois, c'est done bien décid~
vous ne voulez rien accepter?
Je lui répétai la chose de la
prime.
- Allons, c'est bien, q11'il ré.
pondit, et il ne m'en parla plus,
Le leudemain, il partit; c'é.
tait un homme de la pro.
vince.
Pour lors, voila• t-il pas que
huit jours aprcs, arril'c a la
maison un payrnn qui condui.
sait un chcval a la main et por.
tait une lettre. ll fait appeler
ma femme. Celtc fois-lil cncore
je n'y étais pas; ma femme
vient.
- Vous eles bien Mm• Potby?
- Oui, répond ma femme¡
qu'est-ce qu'il y a?
- 11 y a que voila un cheval
et une lettre pour vous.
- Un cbexal? dit ma femme
toute interdite.
Et elle prend la lettre, md
ses lunettes, parce qu'ellc o'est
pas jeune non plus, ma femme,
et lit tout has. 11 n'y en avait
pas bien long, el nous l'avoos
lue tant de fois depuis, ceue
letlre, que je la sais par crear:
voila ce qu'elle disait :

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

« Madame,

« Votre mari est un honnele
homme qui nous a rendo un
11 grand service dont nous ne
« perdrons jamais le souvenir¡
11 nous venons lui demander de
&lt;&lt; nous en rendre un second.
&lt;&lt;

VISITE DE S. M. L'l!MPEREUR A MONTLU~O:i: ARC DE TRIOllPHE DES USINES.

P4L41S DJ¡ L'JNDUSTRlR D'Al\lSTEJiDAM, - D'aprea 4ue pbolOgrapbie 4e MM, Waguer et l\jollij,
CERÉMONIE D'INAUGUR.\TION DU PJLAIS DE L'l1illUSTRIF, A A~lSTERllAM. - ffaprcs un cruqu1s de M. Gerardt et Van Es.

i49

�151

t:I LLUSTRATION, JO URNAL UNIVERSEL.
150

L'lLLUSTRATlON, JOURNAL UNlVERSEL.

« Nous avons dans notre éeurie un petit e}leval qui est

rait de sa présence. Discours, orchestre monstre, illuminations, feux d'artifice, ríen n'a manqué, et tout s'est
&lt;( pour lui : il nous faudrait done le vendre, mais nous
passé. dans le meilleur ordre. Dix mille personnes avaient
(&lt; l'aimons beaueoup, il a été le eompagnon de nos en- trouvé place dans l'intérieur, et une foule innombrable
« fants, et nous voudrions etre surs qu'il sera bien animait les abords du palais.
P. A. M.
« soigné et b¡en traité. Mais qui nous répondra que l'a« ebeteur de Coco ne sera ni brutal ni négligent? L'idée
« nous est done venue de vous prier de l'aeeepter; de
UNE NUIT DU DOCTEUR RÉMUS.
« eette fa~on-la, nous serons tranquilles, saehant qu'il ne
(Nou,elle).
« pourrait etre mieux que ehez de bonnes gens eomme
&lt;( vous l'etes. Je vous envoie don·e Coco par un messager,
C'était un grand sceptique que le vénérable et savant
« Caites-lui bon aeeueil et ne refusez pas de nous tirer
docteur
Rémus, de la petite ville de Stemberg, en Ba« d'embarras.
viere
.
.
« Mille amitiés de mon mari et de mes enfants,
11 niait carrément l'exístence de !'ame, ne l'ayant ja« Croyez aux sentiments de gratítude les plus affeemais
rencontrée au bout de sa lancette, et quand on lui
tneux de votre toute dévouée ... ))
parlait
de Dieu, il prenait brusquement son cbapeau,
Et puís le nom.
saluait
froidement
et allait voir ses malades. Cependant,
No~ avons gardé Coco. Apres eette lettre-lii., il n'y
comme
nous
sommes
destinés a croire a quelque chose,
avaít pas moyen de le renvoyer. Je vous réponds, du
le
docteur
croyait
a
la
saignée... mais c'était tout.
reste, qu'il ne lui manque rien et qu'il n'a pas á se
Voici
d'ailleurs
un
faít
qui le peint a merveille :
plaindre de nous. Vous pouvez voir d'ailleurs qu'il se
Un
jour,
M.
le
bourgmestre
lui ayant avoué qu'il
porte assez bien, et qu'il n'a pas l'air malheurem.
croyait aux esprits, Rémus jugea qu'il était fou, l'attira
N'est-ee pas, Coco?
Coco redressa la tete et allongea le pas comme pour ,sournoisement daos une maison de santé et luí fit administrer une forte doucbe, malgré les menaces, les prieres
mieux montrer sa vígueur.
X. FEYRNET.
et les cris de l'infortuné magistrat.
M. le bourgmestre, auquel ce zele intempestif valut
un catarrhe, prit fort mal la chose. Cité en justice, convaincu d'avoir violentéson ami et abusé de sa profession,
IIUUGUR!TIOH DU PALAIS DK L'IKDUSTRIK, A!lsrERDAI.
Rémns fut condamué a cent florins ele dommages-intéLe palais ~e !'industrie d'AmsterJam, qui s'éleve sur les rets et a trois j ours de prison !
Un jour, il fut appelé aupres clu baron de Witersbach,
bords de l'Amstel, vient d'etre inauguré.
C'est le 7 septembre t858 qu'apres de longs pourpar- · qui se trouvait gravement malade a son chateau de Mülers entre les fondateurs uu palais de \'Industrie et la dendorff.
De Müdendorff a Stemherg, il y a dix lieues.
municipalité cl'Amsterdam, le premier des deux mille
Apres avoir mis quelques médicaments daos sa valise,
pilotis sur lesquels repose le palais put enfin etre enfoncé. Des circonstances imprévues retarderent la mar- Rémus alluma sa vénérable pipe de bruyere, monta a
che des travau1 jusqu'en ávril t860, et la premiere cbeval, et partit en lisant le fameux traité de Malsacher
colonne en fer fut érigée en présence de S. M, le roi des sur la folie.
Au b0ut de huit beures de lecture et de voyage, le saPays-Bas et' de S. A. le prince d'Orange. En novembre
t86f. on commenga la toiture du batiment; en octobre vant s'aper~ut de trois choses : il s'était égaré., la nuit
l862 s'élangait dans les airs la gracieuse coupole qui approchait, et il mourait de faim. Heureusement qu·nn
le surmonte; en fin, en septembre i863, la gigantesque village lui apparut au mérue moment a travers les peupliers, un joli petit village que la Providence mettait
statue de la Víctoire dominait le palai~.
Comme a Sydenham, le fer et le verre sont les seuls sur sa route et qui semblait attendre le voyageur.
Rémus plonge~ le fameux traité dans la pocbe de sa
matériaux dont on se soit serví pour cette construction.
La longueur totale est de f26 metres. Sa largeur de lévite, enfon~a son chapeau sur sa tite et gratifia sa
80. La coupole, qui est de forme elliptíque, longue de montured'un vigoureux coup d'éperon.
En moins de dix minutes, il se trouvait ii. l'entrée du
2i metres et large de t3 metres, est ii. 57 metres audessus du sol et supporte une secoude coupole plus pe- village, et son regard s'arretait avec joie sur une maioon
d'un aspect confortable. Elle tendait sur la route une·
tite, longue de 6 meires et large de 4 metres.
Aux quatre points cardinaux du palais et a la base de branche de pin et sa porte était illustrée d'une cloche
la coupole sont d'élégantes tourelles, qui rehaussent les d'argent. C'était une auberge.
formes déja si gracieuses du palais, sans le cbarger en
Rémus résolut d'y passer la nuit.
,
- J'espere, dit-il en lui-meme, que le baron voudra
aucune fa~on.
Ce monument est un chef-d'reuvre d'architecture, bien m'attendre et qu'il ne commettra pas la faute de
plein de grace et de majesté, dtl au talent de M. C. mourir sans moi; s'il trépasse, au contraire, eh bien !
Oulsboorn, architecte rl'Amsterdam, et si notre ville a je ferai son autopsie, et j'aurai toujours la consolation
le droit d'etre fiere de posséder un palais de ['Industrie de savoir de quoi il sera mort.
En faisant ces rétlexions, le docteur venait d'arriver a
qui rivalise avec avantige avec ceux des autres pays,
l'honneur doit en revenir a M. Sarphati, le fondateur, l'écurie; il remit son cheval a l'aubergiste, prit sa valise
qui, malgré des :difficultés inouies, a su, par sa persé- sous le bras, et entra dans l'auberge.
vérance et son activité, faire aboutir heureusement
So; premier soin fut de commander une forte tranche
l'entreprise.
de jambon, escÓrtée d'Ulle bouteille d'Affenthal et d'un
Le palais de \'Industrie d'Amoterdam a été construit cruchon de hiere.
dans le but de provoquer, par des expositions permaQuand il eut apaisé sa soif et sa faim, Rémus alluma
nentes des procluits de !'industrie et des beaux-arts na- sa pipe et promena son regard autour de la salle. Mais
tíonaux et étrangers, l'émulation des fabricants, ar- alors, un étrange spectacle s'offre ii. sa vue, et d'étonnetistes, agriculteurs, ouvriers, etc., émulation dont notre ment, il pose sur la table la chope écumeuse qu'il est
pays a fort besoín, et qui ne peut manquer d'exercer en train de porter ii. ses levrcs.
uhe heureuse influence. Ce batimentservira, en outre, a 1 Ici, un nain poilu, bossu, crochu, joue au bésigue avec
des retes, ii. des ccncerts, a.&lt;ies expositions de fleurs, etc. un géant borgne et cciffé d'un chapeau de général. La,
La division intéríeure est parfaitement adaptée a tous une femme, barbue comme un sapeur, le cigare a la
ces usages et ne laísse, sous ce rapport, rien a désirer. bouche et la main sur la hanche, boit du kirsch avec un
Nous citerons en passant la grande salle, qui me&amp;ure albinos. Plus loin, debout, levant la queue, dressant J'oi i4 metres de largeur sur 3f metres de lougueur, la reille et tirant la langue, une douzaine de chiens dangalerie principale, large de 6 metres, qui en fait le tour, sent autour du poele une ronde fantastique.
·
les quatre salles adjacentes qui ont chacune 45 metres
- Bizarre ! inconcevable ! murmure le docteur en pro-\e longueur sur tO metres de largeur, enfin les deux menant sa main sur son large front chauve comme pour
salles de rafraichissements, longues de 26 metres et rassembler ses esprit~.
Mais voici que l'hotelier ayant réclamé a un monsieur
larges de 8 metres.
La fete du t6 aotlt a été plutOt une féte d'inaugura- d'une maigreur Cabuleuse le prix de sa consommation,
tion qu'une ouverture de l'Exposition, car les objets ex- celui-ci se met á tousser, pre.nd une assiette et crache un
florín qu'il offre a l'aubergiste émerveillé.
posés sont encore fort peu nombreux.
Rémus releve ses lunettes et, se frottant les yeux comme
Nous ne parlerons pas de la fete proprement dite:
ellell se rP.i;semhlent toutes ; le prince Frédéric l'hono- un homme qui Tient de faire un reve :

« en a.ge de travailler, et nous n'avons pas d'ouvrage

- L'ardeur du soleil, dit-il, et la lecture trop prolon. '
gée de ce livre m'auront fatigué le cerveau. J'éprou,e
une hallucination de la vue.
Mais, a1_1 meme instant, l'attention du docteur est au¡.
rée par un nouveau personnage. C'est un homme a la
chevelure absalonienne, au col de taureau, aux bras de
gorille. 11 porte des bottes molles et un turban. Trou.
vant qu'on ne l11i sert pas assez vite la choucroute qu'it .
a demandée, d'une main il saisit l'aubergiste, l'enleve
comme une plume, le fait tournoyer au-dessus de sa tete
et le· pose sur la table comme un paquet d'allumettes.
- Voila qui est trop fort, soupire le docteur, monto111
nous coucher. Le sommeil dissipera ces fantomes.
11 prend sa valise et se dirige vers sa chambre, précédé
de l'aubergiste, remis de sa secousse.
Rémus n'était pas encore tres-convaincu de son hallucinatíon, puisqu'il interrogea l'hotelier sur la singularilé
de ses clients et l'excentricité de son établissement.
Mais l'aubergiste lui tourna les talons et garda le 8¡.
lence.
Rémus l'appelle ... l'aubergiste ne répond pas. 11 l'appelle encore ... l'aubergiste, toujours muet, prend un escalier .obscur, leve une trap pe et disparait !. . Tout a
coup le docteur ébahi sent quelque chose remuer entre
ses jarabes... 11 se baisse, il regarde et voit le nain ases
píeds, derriere luí, le géant. Tous les deux passent en
tui adressant un salut ironique, levent la trappe et s'évanouissent dans l'obscurité. Soudain, au fÓnd du corridor, parait la femme a barbe, tenant un énorme ophicléide sous le bras, et !'Albinos se dirige droit sur le
docteur.... . .
Rémus se précipite dans sa chambre et ferme la porte
a double tour.
Il allait se mettre au lit lorsqu'un concert de voix mystérieuses et bizarres retentít dans le voisinage. A ces
voix faibles ou vibrantes, douloureuses ou gaies, succede
bientot une série de bruits extraordinaires.
Ce sont des sifflements aigus, des bourdonnements
insupportables, des ricanements infernaux, des soupin
d'agonisants, des battements d'ailes. Puis les voix se
mettent ii. fredonner ou imitent les grincements d'un
violon campagnard.
Sa bougie d'une miin, sa canne ·de l'autre, Rémns
fouille et refouille tous les recoins de la chambre... Ríen!
absolument rien qu'une grosse araignée qui file tranquillement sa toile. ll écoute... le bruit continue ... il
vient de la chambre voisine, c'est certain; plus intrig•1é
qu'ému, Rémus ouvre sa porte, traverse doucement le
corridor et colle vaillammentson reil alaserrure, maisil
ne voit dans la cbambre qu'un seul individu.
Il est revétu d'une longue robe lamée d'or, coiffé d'une
mltre d'éveque et se livre a une foule de gestes cabalistiques, commé un sorcier qui évoque les esprits.
Les voix augmentent et le bruit redo•1ble.
- Je m'y attendais, dit le docteur, j'éprouve maintenant une hallucination de l'ouie; elle suit toujours
l'autre.
Mais au meme instant une la.rge main s'appesantit sur
son épaule et une voix de trombone lui dit:
- Que faites-vous la?.. ..
C'est l'aubergiste qui passe, un fusil sur l'épaule, un
sabre a la main.
- Voici le moment d'éclaicir la situation, dit en lui•
meme le docteur, et il appelle l'aubergiste; mais celui·
ci, impassible et muet, continue son chemin, ouvre une
seconde trappe et disparalt de nouveau.
Rémus le suit d'un reil inquiet, pousse un soupir et
rentre dans sa chambre.
- C'en est fait, murmura-t-il en se laissant tomber
sur une chaise; ma raison s'égare. L'hallucination est
presque toujours le précurseur de la folie. Je deviens
fou, a moins que ... Mais non! ce sont la des billevesées
bonnes pour M. le bourgmestre et les sabotiers de la

Fotét ~oire.
Un savant comme moi ne peut croire au merveilleUI,
La dessus, Bémus prend sa carafe et se verse de l'eau
snr l'occiput. - Le bruit cesse. - « C'est bizarre, dit-il,
je n'entends plus ríen. Je vais mieux. Ouvrons la fe,,
netre. L'eau! L'air! voila de bonsremedes! 1)
Les croisées de la chambre donnaient sur la place do
village.
A peine Rémus a-t-il mis le nez a la fenetre qu'il recule d'un pas en laíssant échapper un cri d'étonm:111enL
A travers le brouillard, il aper~oit vaguemeut une
longue file d'édifices étranges dont les contours ondn•
lent comme les voiles d'un navire. Tout autour de ed

édifices voltigent une multitude de lumieres pareilles a
. feux follets et éclairant des visages pales.
d~
. entendr~
rout a coup un sorn:d gro~nement se f ~1t
les arbres, et Rémus vo1t deux ours enormes qm
~~
' aux sons d'un ms
. trument
dansent
une sorte de bourree
barbare.
_ Des ours en Baviere! s'écrie le malheureux docteur;
d ours qui dansent la bourrée comme de vrais Auverdu soír, en plein village !
gnesats, et cela a onze heures
,
roa tete ! ma pauvre teteL.
0
uquitte la fenétre, prend la carafe et s'inonde dePecbef. Mais bientot une force irrésistible l'entraine a l_a
croisée- Alors il voit surgir de la brume un chameau g1gantesque, suivi d'une girafe et d'un tapir. Ces animaux
passent comme des ombres et s'évanouissent dans le
brouillard.
-Triste, mais curieux phénomene! observe le docteur,
je suis bien ici au ~illage d~-Bartheneim, ii. quinze_lieues
de Munich, en pleme Bav1ere; le pays ne prodmt que
des Jievres et des écureuils, et je vois défiler a mes pieds
l'ours d'Espagne, le tapir de l'Inde, la girafe d'Asie etle
cbaroeau d'Afrique !
soudainun nouveau spectacle l'arrache acesréflexions.
C'est une multitude de petits chevaux qui courent dans
)'espace. 11 y en a cent, il y en a mille, dix mille, un
nombre infini !. .. Queue, tete, jambes, oreilles, criniere,
tout est immobile. Ces quadrupedes étranges ne marchent
pas; ils semblent portés dans l'espace, entrainés par le
,ent. Tout a coup une voix formidable s'écrie : « Plus
vite! » et les petits chevaux mystérieux s'élancent avec
une telle rapidité que tetes et queues venant a se confondre ne forment plus qu'un sombre nuage.
Rémus alors sent comme un vertige et croit éprouver
la tentation de se jeter par la fenetre.
- C'est bien cela, dit-il avec tristesse; l'hallucination
r,onduit ala folie et la folie pousse au suicide.
Fort heureusement, ajouta-t-il, que je suis en parfait
état de veille et de lucidité, et que je puis, comme l'a
fait Burdach, analyser mes hallucinations. Qu'au moins
mon infortune profite a la science !
Rémus aussitot ouvre son secrétaire et .écrit cette
lettre a son illustre ami Cornélius Dudenoeffer, grandmaitre de la savante université de Munich :
Illustre collegue et cher ami,
Voila trois heures que je suis en train de devenir fou.
Cet accident m'arrive au village de Bartheneim, pres de
Reimbach.
Je suis deseendu a l'auberge ·de la Cloche-d'Argent
avec un esprit tres-calme et un exceUent appétit. Mais
tout a coup la salle de l'auberge s·est peuplée de géants, •
de nains crochus, d'albinos, de femmes a barbe buvant du !kirseh et autres personnages non moins
singuliers. L'un d'eux s·est mis a faire le moulinet
avec l'aubergíste comme avec un ha.ton, un autre
s'est amusé a cracher des florins. Je me mis alors réfugié dans ma chambre, et pendant une heure mes pauvres oreilles ont été en butte a un vacarme étrange,
inoui, infernal. Enfin, de ma fenetre, j'ai aper~u des
chameaux, des tapirs, des girafes, des ours dansant la
baa.11Tée, et une nuée de petits chevau.x volant dans l'espace.
Rémus entrait ensuite dans de longs détails scientifiques, analysait sa folie avec la passion d'un artiste et
l'amour d'un savant.
En terminant sa lettre, il priait l'illustre Dudenoeffer
de venir le chercher immédiatement et de le faire conduire a l'hospice de Friédestal.
• Je connais le directeur, ajoutait Rémus, et je trou,erai dans son établissement tous les soins néces-

saires. J11.
Rémus cachete ce chef-d'reuvre épistolaire et scienti-

fique; met l'adrtsse et se dirige instinctivement vers la
fenetre.
Tout a disparu dans l'épaisseur du brouillard, tout,
excepté un objet nouveau et assez inquiétant.
C'est un monstre horrible ·et colossal qui se dessine
immobile dans l'espace.
Rémus ote lses lunettes, en essuie soigneusement le
,erre avec le pan de sa lévite et regarde attentivement
le monstre. A ses pattes contournées; a son corps verd!tre, a son museau allongé et meublé de dents terribles,
le docteur reconnait un crocodile de la plus belle es-

pece.

• Bon! dit--il, me voila maintenant sur les bords du
'

1

Nil ou du Gange! Je savais bien que le crocodile, animal
ampbibie, vit également sur terre et dans l'ea11, mais
j'ignorais qu'il ptlt se soutenir en l'air, a l'instar de
l'alouette. J)
Tout a coup, un atfreux petit animal, tombant je ne
sais d'ou, saute sur l'épaule du docteur et lui . cause une
telle frayeur, que le malheureux Rémus est sur le pointde
s'évanouir. Mais bientot asa peur succedent la colere et
l'indignation. La méchante bete, grimagante, sautillante; insaisissable, se met a lui donner des tapes sur
les joues et tire, en rieanant, les quelques meches de
cheveux gris qui restent au pauvre savant.
C'était un singe. D'un tour de main rapide comme la
pensée, l'affreux sagouin enleve au docteur sa calotte et
ses lunettes, et disparalt en faisant force gestes irrévéreucieux et grimaces diaboliques.
« Ceci, dit gravement le docteur, s'appelle J' hallucination du toucher.
11 prend sa lettre, et la décacbetant pour instruire Dudenoeffer de ce nouvel accident, il écrit :
« )fon hallucination vient de prendre un caractere
aussi singulier qu'alarmant: il m'a semblé, tout al'heure,
qu'un singe me sautait sur l'épaule et qu'il me tirait les
cbeveux. Bien plus, il s'est enfui en emportant ma calotte et mes lunettes. Je- jurerais que j'ai froid a la tete,
que j'y vois trouble et que j'écris tout de travers.
De grace, cher et illustre ami, partez sur le champ,
et arrivez avant que je ne fasse quelque malheur. »
L'infortuné Rémus cachete sa lettre , met quelques
gouttes de chloroforme daos un verre d'eau, avale, s'endort, et reve toute la nuit qu'il est dans la maison des
fous de Friédestal, qu'il re~oit force douches etqu'on lui
passe la camisole de force parce qu'il a étranglé son
gardien! ....

................

Le lendemain, vers huit heures du matin, Rémus est
réveillé en sursaut par uli vacarme épouvantable. C'est
un gigantesque et effroyable charivari, un concert infernal, atroce, de trombones, de clarinettes, de trompettes, de fifres, de tambours. L'air retentit de mille cris
assourdissants et barbares. C'est le chien qui aboie, le
cheval qui hennit, J'ane qui brait, la voiture qui roule,
la foule qui murmure ; des chants, des disputes, des
éclats de rirei ...
Rémus se leve précipitamment et court a la fenetre.
Le long du village s'étend une longuc file de baraques
et de tréteaux pavoisés. Ici, un hercule en maillot rose
leve des poids qu'il fait pirouettcr avec une aisance merveilleuse. La, un personnage en costume de sorcier,
avale des sabres, des parapluies et erache des florins.
Plus loin, une toile énorme offre au public émerve1llé,
la double image d'une femme a barbe et d'un albinos.
A droíte, des chevaux de bois tournent avec une rapidité vertigineuse. Agauche, s'éleve une ménagerie, dont
l'enseigne représente des chiens, des ours, des chameaux,
des tapirs et des girafes.
Sur le faite de la baraque, se balance dans l'espace
un énorme crocodile empaillé.
En face, sur la devanture d'une baraque, on lit :
Au ventrilogue sans pareil.

Et daos le personnage en robe lamée,d'or, qui se tienta
la porte, une baguette ii. la main, Rémus reconnait son
voisin de la veille, le mystérieux locataire de la chambre
d'ou partaient les soupirs, les battements d'ailes et les
grincements de dents.
Enfin, devant une autre baraque, un affreux petit
singe exécute ses cabrioles et fait d'épouvant3.bles grimaces.
A la grande admiration des badauds, il se coiffe
d'une calotte, la fait sauter en l'air et l'attrape, tout en
essayant de placer et de replacer sur son nez une vieille
paire de lunettes.
Rémus, exaspéré, reconnait ses lunettes et sa calotte.
Du reste, la situation était claire et l'énigme expliquée:
C'était la rete du village, la foire de Bartheneim.
Rémus avait logé avec les saltimbanques, et_.de sa
fenetre il avait assisté aux préparatifs de _lelll'8 représentations.
- Ah! pourquoi, s'écria le docteur, confus et humilié,
en se voyant forcé de reconnaitre q1_1'il n'avait pas été
fou, pourquoi cet imbécile d'aubergiste n'a-t-il pas répondu hier soir aux renseignements que je lui demandais?

Au meme mstant celui-ci entra, et apres un court entretien, Rémus s'aper~ut que l'aubergiste était sourd
comrue un pot, ce qui expliquait suffisamment son
~ilence obstiné de la veille.
Apres avoir soldé sa dépense, le docteur se rendit sur
la place du village, ou il parvint, non sans peine, a se
faire rendre sa calotte et ses lunettes, et quitta Barthe ·
neim.
- Quand il arriva au chatean de Müdendorff, le baron
venait de rendre l'ame. Réruus fit l'autopsie du défunt,
et comme il l'avait dit, il eut la consolation de savoii; de
quoi il était mort.
Quant a la fameuse lettre, sur le point de la déchirer,
le docteur lui lan~a un regard de regret affectueux et
s'écria :
- Quel dommage! Que! récit palpitant et curieux!
Quelles considérations ingénieuses et savantes !
__,__ Au fait, reprit-íl tout a coup en se croisant les bras,
qui me dit que cette fete n'est pas imaginaire, et le résultat d'uue nouvelle hallucination?

L'hallucination est tantót acceptée par le malade comme
une réalité et tantót reconnue pout upe fausse perception.
Muller, Fouberg, Riber, Hermano, Kauffmann sont d'accord la-dessus.
- Le spectacle de ce matin semble expliquer celui de
cette nuit. C'est vrai. Miis qu'est-ce que cela prouve?
Apres avoir reconnu la fausseté de l'un, j'ai admis un
instant la réalité de l'autre.
C'est la un caractere nouveau et assez fréquent de
l'hallucination. Voila tout.
- 11 est également faux qu'un siuge m'ait pris mes
lunettes cette n uit et q u'il me les ait rendues ce matin.
La-dessus, Rémus, enchanté de son idée, jette a la
poste sa lettre a Dudenoeffer. Seulement il ajoute en

post-scriptum :
&lt;( Ne venez pas me chercher; l'hallucination est passée ;je rentre a Stemberg. &gt;l
Quelques jours apres ces événements, le bienheureux
docteur voyait sa lettre imprimée, commentée, analysée,
discutée, admirée, reproduite par une foule de gazettes,
et répandue dans toute l'Allemagne.
Un beau matin il re~ut une députation des médecins
de la vil le de Munich, et fut nommé memlJre de onze
sociétés savantes. Pour comble d'honneur, l'illustre
Cornélius Dudenoeffer lui adressa, le meme jour, une
longue épltre daos laq_uelle il félicitait le docteur Rémus
au nom de la science et de l'humanité.

FULBERT-DUKOm'Kll.ll.

lllAUGUR!TIOJ DK LA STATUK DK L!WY, A T!RBKS
et de
U

ROE IMPÉRIALE, A MARSEILLE.

Le département des Haútes-Pyrénées a célébré la fete
nationale du t5 aotlt en inaugurant la statue érigée,
dans la ville de Tarbes, a la mémoire de Larrey, chirurgien en chef des armées du premier Empire.
Vers quatre heure., le cortége, qui s'était formé dani
la cour de l'hotel de ville, pour conduire, au lieu de 1~
cérémonie, M. le baron Larrey, fils de l'illustre chirurgien, se mil en marche. Ce cortége se composait de toutes les autorités, des membres de la commission mooicipale, du comité de souscription pour l'érection de la
statue, et d'un grand nombre de n11tabilités de la ville
de Tarbes et du département.
· M. Jules Cloquet, de l'lnstitut, membre de l'Académie
de médecine, M. Cazalas, inspecteur du service de santé
militaire, M. Joly, professeur a la Faculté des sciences de
Toulouse, accompagnaient M. le baron Larrey.
Quand l'assistance eut pris place, le voile qui couvrait
la statue tomba; et l'image de Larrey, pleine de noblesse et d'animation, et exprimant, avcc une vérité saisissante, les sentiments dont le pénetre le testament de
Sainte-Hélene, qu'il tient sur son creur, apparut aux
yeux de la foule qui remplissait la vaste promenade et
ses abords.
Le meme jour, a M.arseille, on inaugurait la rue Impériale, qui, depuis lors, est définitivement ouverte au
public. Pendant toute la journée, la foule n'a cessé de
circuler sur cette nouvelle voie, destinée a relier les
deux ports, et au commencement de laquelle avait été
dressé un are de triomphe, qui, le soir, a été brillamment
illuminé.
H. C.

�L'ILLUSTRATION, JOURNAL UN IVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
LA JOURNÉE DU 22 J.OUT
A GENEVE,

Tout le monde sait que la
,ille de Geneve est baignéq
par le Rhóne, qui la coupc
en deux parties presque égales, Les deux rives du grand
neuve sont reliées entre elles
par plusieurs ponts, dont les
principaux sont le pont des
Bergues et le pont du MontBlanc. La ville proprement
dite, ou la Cité, occupe la
rive gauche. C'est la que s'élevent, sur une colline semblable al'acrnpole d'Athenes,
'hotel - de - Ville, !'arsenal
central, la cathédrale, vastc
édifice gothique dédié asaint
Pierre. C'est la que demeu-

EVENEME~TS DE GENHVE: TÉTE llU PONTjDU MONT-BLANC DANS LA JOURNEE DU U AOUT.

i53
rent les familles aristocratiques, fes gros banquiers,
les gros négociants, dont
les hótels, quelques-uns surtout, comme, par exemple,
la maison de Saussure et le
palais Eynard, se font remarqucr par une architecture
grasdiose ou élégante. Sur
la rive droite, s'étendent les
anciens faubourgs et plusieuts grandes rues nouvelles, qui datent de i 846.
Avant {846, Geneve était
entourée de fossés et debastions q~í empechaient son
développement. Le partí radical, allié aux cléricaux,
demandait, par l'organe de
son chef, M. James Fazy, la
tlémoiition des fortifications.
Le partí conservateur et calviniste, qui était en majorité

INAUGURA.TION DE LA STATUE DE LARREY, A TARBES,

daos le gouvernement, se
rcrusait a cette demande,
parce qu'il y voyait la ruine
de la nationalité 'genevoise.
11 íallut une révolution ¡:iour
airJ ttiompher l'idée de
lames Fazy. Depuis lors, Geneve s'est agrandic dans tous
les sens, mais surtout sur la
rive droite, que l'on pourrait appeler la ville de James Fazy, tandis que la rive
g~uche pourrait s'appeler la
villc de Calvin. Ceci me remct en mémoire cette porte
d'Atbenes, ou on lit d'un
.
'
cote : C'EST ICI LA VILLE DE
TatstE (ou la vieille ville), et
de l'autre : C'Esr 1cr u VILLE
n'AnRIEN (ou la ville nou.
Velle).
De f846 a i 853, James Fazy fut comme le dictateur de
larépublique de Geneve.
Les démocrates purs souf-

.

PRISE DE L'ARSBNAL. -

D'apres lea croquis de M. L. B.

fraient de voir une partie de
leurs concitoyens s'inféoder
a un seul homme et faire
de cet homme une espece de
pape politique, dont chaque parole était un oracle et
chaque volonté une loi. lis
s'appliquerent a comb1ttre
le ty1·an (c'est ainsi, en effet,
que l'eussent nommé les
Grecs ), et malheureusemen t
pour lui son administration
ne prétait que tror le flanc
a leurs attaques. Chaque a11néc, le budget se soldait p: r
un déficit &lt;le 700,000 fr. Pou t·
combler ces déficits et pour
donner du pain aux prolétaires sans ouvrage (¡ianem el
cil'censes), on avait recours a.
des emprunts, qui se sont
élevés peu apeu ala somme
de vingt millions, sommc
énorme pour un pays qui ne
compte guere que 85,000 ha-

�L' lLLUSTRATlON, JOURNAL UNIVERSEL.

.,

bitants. Enfin, on ne pouvait pardonner A M. Fazy d'avoir loué le premier étage de son palais Aun établissement de jeu, ou bon nombre d'honnetes gens ont vu
s'engloutir le plus clair de leur avoir. Tels sont _les griefs
que formulait et que formule encore contre l'autocrate
des radicau:c, le partí conservateur, qui s'intitule parti
des indépendants, parce qu'il prétend ne dépendre de
personne et n'obéir Aaucun chef ostensible.
C'est en t 853 que ce parti remporta sa preniiere victoire contre James Fazy, daos l'élection d'un conseiller
d'Etat. Depuis lors, la fortune a été tour a tour favorable ou contraire aux deux opinions; les amis de James
Fazy ont été nommés conseillers d'État, mais tui, jamais
plus.
Daos ·ce moment, le Grand conseil, ou pouvoir législatif, est composé presque exclusivement de députél!
conservateurs ou indépendants; en revanche, les sept
membres du Conseil d'État qui représentent le pouvoir
exécutif étaient tous, il y a un mois a peine, des radicaux. L'un d'eux, M. Challet-Venel, ayant été appelé A
.,d'autres fonctions, il s'agissait de luí trouver un rempla~ant. C'est l'élection de ce rempla~nt qui a donné lieu
aux se/mes déplorables que nous avons Araconter.
Les radicaux portaient M. lames Fazy; les indépendants, M. Arthur Cheneviere, le fils de !'un des plus
éloquents prédicateurs de l'église protestante.
Le vote s'effectua le 2t aout, daos le plus grand ordre,
et au milieu d'une tranquillité parfaite.
Le lendemain, on procéda au dépouillement des votes,
qui s'opéra sans soulever la moindre réclamation. Sur
t t ,045 bulletins déclarés valables, il s'en trouva 5,368 pour
M. Fazy et 5,677 pour M. Cheneviere; majorité en faveur
de ce dernier, 337.
Des que ce résultat fut connu, les radicaux présents
daos la salle du scrutin,' dirent qu'il s'était glissé des
erreurs daos les listes électorales, et demanderent l'annulation de l'élection.
La commission chargée du dépouillement des votes se
eomposait de vingt- sept membres dont dix-sept rad4caux et dix indépendants. L'annulation fut prononcée
par dix-~ept voix contre dix. Le président du bureau,
M. Amberny, un radical, apres avoir proclamé l'arrét
de la commission, le déclara abusif et inconstitutionnel.
Les indépendants crierent: Au Molara! auMolard! Le
Molard est une place, un marché, ou, de temps immémorial, se tiennent les assemblées populaires. Elle conserve encore des tours du moyen age qui luí donnentun
aspect assez pittoresque, et une porte surbaissée ou, autrefois, on amarrait les harques, car le lac arrivait jusque-la. Le Molard esl l'A9ora, le Forum de Geneve.
Apres avoir entendu plusieurs orateurs, les indépendants résolurent de moµter a l'Hótel-de-Ville pour protester contre l'acte arbitraire de la commission, et pour
engager le Conseil d'État A faire annoncer daos la ville
le nombre de voix obtenues par les deux candidats.
Le Conseil, apres une longue hésitation, obtempéra A
ce désir, qui n'avait ríen de contraire aux us et coutumes
du pays en pareil cas. Sur ses ordres, un commissaire
de poi ice partil, précédé d'un tambour et escorté de deux
huissiersrevetus d'un manteau aux couleurs cantonales,
jaune et rouge. Une troupe assez nombreuse d'indépendants suivit, banniere en tete, mais saos armes, les
agents de l'autorité. Ce cortége, qui grossissait Achaque
pas, traversa, tambour battant, plusieurs rues de la vieille
ville, puis passa le pont des Bergues et prit la direction
du quartier Saint-Gervais, qui est le quartier radical par
e1cellente. A la hauteur de la rue du Cendrier, un coup
de feu, venu on ne sait d'ou, blessa un eitoyen A la
jambe. Une trentaine d'autres, considérant cet atlentat
comme le prélude d'une attaque plus sérieuse, rebrousserent chemin avec l'inlention d'aller se procurer des
armes A!'arsenal de l'Hotel-de-Ville. lis se présentent
aux gendarmes qui gardaient !'arsenal et les somment
de leur en ouvrir la porte. Les gendarmes refusent. Alors,
on prend des échelles, on les applique contre les fenetres, on pénetre daos l'intérieur de l'édifice, on s'empare des armes et on les distribue a la foule. Puis, on
dépave une partie de la rue et on dre~se deux énormes
barricades, !'une en aval, l'autre en amontde l'Hotel-deVille.
Cependant, la colonne qui accompagnait les huissiers,
continuait sa marche. Parvenue au coin de la rue de
Chanlepoulet, elle se trouva en présence d'une bande
d'environ soixante hommes, armés de fusils et munis
4'une piece de c10on qui, comme on l'a su depuis, était
ehargée A mitraille. Un radical tres-estimé dans son

partí, M. Delenderrier, veut user de son influence pour
calmer les esprits. JI s'élance au milieu de la melée en
criant aux insurgés d'épargner le sang de leurs frcres et
de respecter l'autorité. Mais une baile l'atteint en pleine
poitrine et il tombe sansvie, victime de son dévouement.
Presque au meme instant, une autre baile frappait un
jeune homme de dix-sept ans, qui ntourut deux heures
apres. Cinq ou six autres individus étaient tombés avec
ceux-lA, mais ils n'étaient que blessés. Les indépendants,
ne poovant riposter Aleurs agresseurs faute d'armes,
se rejetcrent en désordre sur la rive gauche etcoururent
Al'Hotel-de-Ville.
De leur coté, les radicaux, mailres de la rive droite,
songerent As'y fortifier. lis occuperent les tetes de pont.~,
y firent des barricades, y mirent des sentinelles et y
braquerent des canoas. Ces canoas, aimi que les fusils,
provenaient de !'arsenal du Grand-Pré, qu'ils avaient
euvabi et pillé des qu'ils avai,mt appris le résult:tt de
l'éleclion. Cet arsenal était le seul qui renfermat des
pieces de gros calibre, qu'on y avait déposées depuis
longtemps, et pour cause.
11 était alors quatre heures et quart de l'apres-midi.
Un conseiller d'État est conduit comme parlementaire
au camp des rebelles. On obtient un armistice, pendant
lequel on releve les morts et les blessés.
Quelques coups de feu partent encore, et une baile
perdue vient atteindre au front, a deux pas de moi, un
homme qui rzgardait tranquillement ces scenes sauvages. 11 tombe Aterre comme un sac, saos pousser un
cri. Sa cervelle, broyée et melée a son sang, macule le
pavé; les éclaboussures en rejaillissent jusque sur mes
babtts.
Une nouvelle importante circule daos les groupes. Le
Conseil d'État a écrit a Berne, par le télégraphe, pour
informer l'autorité fédérale de tout ce qui se passe.
L'autorité fédérale a répondu qu'elle envoie a Geneve
le colonel Fornerod avec pleins pouvoirs pour lever des
troupes daos les cantons de Vaud et de Neuchatel.
Vers les sept heures du soir, les barricades étaient
abando~nées; la circulation était rétabhe; la sécurité
renaissaiL Ainsi finit la journée néfaste du 22 aout.
La journée du 23 s'est passée saos autres incidents
qu'une assemblée populaire au Molard, ou fut votée une
adresse au colonel Fornerod, pour réclamer qu'une enquéte judiciaire soit faite con-tre les promoteurs des
troubles de la veille.
Le soir du méme jour, vers les huit heures, le convoi
de Lausanne amene deux bataillons de troupes fédérales, auxquels la population de Geneve fait l'accueil le
plus cordial et le plus enthousiaste.
Le 24 et le 25 sont des jours de deuil. On enterre les
victimes du guet-apens du 22. Plus de dil ruille citoyens
accompagnent les cercueils.
En revenant du cimet1ere, on s'assemble sur la place
du Molard pour voter une adresse a)'autorité fédérale,
tendante a demander l'arrestation et le jugeruent des
assassins.
Mais, daos les républiques, la justice procede lentement: pede claudo. Voici six jours que l'attentat a été
commis, et aucune arrestation n'a encore été faite.
Sauf peut-étre quelque erreur de détail, le récit qui
précede est un exposé fidele des faits.
Espérons que le souvenir de ces tristes événements
n'ótera rien Al'éclat des fétes que Geneve prépare pour
les tO, H et t2 se¡,terubre prochains,encommémoration
du cinquanLieme anniversaire de son entrée daos la
Confédération helvétique.
LolllS DKUrRE.

C~lll@IIIUQUI

■IUSDCALL

Calme plat, commeon diten roer. L'Achille du moyen
age, le brave Roland, Roland l'invincible, qui n'est pas
Roland l'expéditif, n'a pas encore empoigné Durandal,
ni sonné de son Oliphant. Qui le retarde ainsi? Qui l'arréte au seuil du succes et de la gloire, qu'il touche et
qu'il n'ose franchir? En vérité, je !'ignore. Hélas ! je ne
puis dire, moi chétif, comme un orateur bien
connu:
« Nourri da.ns le sérail, j'en connais tous les détours.,
L'Opéra-Comique va rouvrir saos bruit, le i" septembre, avec la Dame blanche et le Tableau parlant. On
ne saurait etre plus modeste. Quandl'Opéra-Comique, en

t829, s'iristalla daos la salle Ventadour, qui avait été
construite a son intention, ce fut de meme la n..,
blanche q¿i servil de piece d'inauguration. La no,.,
bl,mche évidemment ne vieilliL pas. Et pourtant, afllis
Bo"ieldieu, Auber est venu, et avec Auber ou apres hu,
Hérold, Halévy, Adolphe Adam, Meyerbeer. La mode 1
changé plus d'une fois. Les manches plates ont SUCCédé
aux gigots, la crinoline aux jupes étroites, les gilets trop
courts aux gilets trop longs, la mélodie tourmentée ata
mélodie facile, l'harmonie recbercbée a l'harmonie naturelle : la Dame blanche a échappé atoutes ces révolutions, comme ce préfet du département de la Mame,
nommé erí i800, lorsque le premier consul inslitua lea
préfets, et qui mourut plein de jours vers la fin do
regne de Louis-Philippe, toujours préfet du départemeot
de la Marne.
L'Opéra-Comique annonce, pour les jours suivants, le
Postillon de Lonjumew1,, !Ara, 1'Éclair, et je ne sais qooi
encore, mais de nouveautés, point.
Le Théatre-Lyrique a mieux employé ses vacances.
11 donnera, il est vrai, le t •• septembre, la Reine Topaze,
Mais on y jouera, le lendemain, Don Pasquale, traduiten
fran~ais, et un opéra-comique en un acte, intitulé l'Alcade et inédit. On y verra, peu de jours apres, un opéra
nouveau en deux actes, d'un compositeur qui n'est pas
moins nouveau,M. Chérouvrier.
Oepuis ~ue Rossini a quitté l'ltalie, son nom, presque
oublié pendant vingt ans, y a re¡,ris faveur. On s'est re.
mis arendre justice Ace génie longtemps méconnu ou déprécié, - il n'était plus Alamode ! - Sa gloire rajeunie
hrille aujourd'hui d'un éclat plu&amp; vif qu'il yaquaranteans.
Ce que les grands artistes n'obtiennent guere que de la
mort, l'apaisement des passions rivales, le silence de l'eovie, le Jugement impartía! du public et son admiration ·
saos réserve, Rossini l'a obtenu de l'éloignement, et l'on
fait maintenant pour lui, ATorio, aFloren ce, aBologne,
a Pesaro, ce qu'on n'a pas songé a faire quand il était li.
C'est a Pesaro qu'il est né, le 29 février t792. Les en•
trepreneurs du chemin de fer de l'Italie centrale, MM. $a.
!amanea et Delahante, ont eu l'hem·euse idée d'offrir i
la ville de Pesaro la statue de son plus illustre enfanL
C'est la ce qui a tout mis en branle. Mais on est fondé 1
croire que la voix fran~aise de M. Delahante et la voiI
espagnole de M. S¿damanca auraíent éveillé peu d'échos
il y a dix ans, lorsque l'Italie toute entiere, depuis Genes
jusqu'a Palerme, n'avait d'oreillesque pour M. Verdi.La
statue, reuvre de M. MarochetLi, a été inaugurée le
21 aout dernier, avec autant de solennité que le fut i
Bono, en t845, celle de Beethoven, et probablement,
avec un plus ardent enthousiasme. Artistes et dilettanti
s'y étaient rendus en foule, de tous les points de l'Italie.
Denx membres du cabinet italien, MM. Peruzzi et Manna,
leur en avaient donué l'e&gt;.emple. Florence ava1t envoyé
une médaille d'or, el une députation chargée de la présenter. Le savant directeur du conservatoire de Naples,
Mercadante, qui ful jadis le seul rival sérieux de Rossini,
avait, quoique aveugle Aprésent,arrangé pour la circonstance une hymne dont M. Mercantini avait fait les paroles,
et dont tous les motifs vena1ent de la Donna del IAgo et
de Zelmira. De son coté, M. Pacini, l'auteur d~ Sa,To et de
Niobe, avait écrit une cantate.
Cette petite ville de Pesaro n'avait Jamais vu pareille
fete, et s'est tróuvée trop étroite pour héberger convenablement la multitude de visiteurs qui l'avait envahie.En
pareil cas, on accueille de son mieux tout le monde, ~
l'on s'arrange comme on peut. Toutes les maisons, pavo1sées le jour, furent illuminées le soir. Les chevaux des
carrosscs, et méme les chevaux de fiacre avaient Ala
tete des plumets rouges et blancs.
Je glisse, pour abréger, sur les détails de la cérémonie.
Tout s'est passé la comme ailleurs. Grand festival,
chreur de 250 voix, orchestre immeMe, hymne, symphonies discours, etc. L'allocution improvisée deM. Peruui,
ministre de l'intérieur, a fait éclater des transports'd'eothousiasme, surtout lorsqu'il a annoncé que le roi d'ltalie s'associant au sentiment qui animait l'assemblée,
' de décorer du grand cordon des saints Maunce
.
venait
et Lazare l'homme illustre auquel on rendait tous ces
honneurs. - On sait que le gouvernement fran~ais n'esl
pas resté en arriere, et que,Rossini vient d'etre nollllllé
grand-officier de la Légion d'honneur.
Pendant la cérémonie, M. le comte Pepoli, mai~e de
Bologne, le meme qui a écrit chez nous pour Bellini, en
t 83í, le libretto des Puritains, annon~a que la ville de
Bologne, en ce moment méme, inaugurait, de son c6lé.
un monument a la gloire du grand compositeur. C'elt

L'lLLUSTRATlON, .IOURNAL UNIVERSEL.

155

a tout ce qui s'y rattache; et pnis, il faut l'avouer, mal1 e de marbre encastrée au-dessus de la porte tres-important, qui aurait pu remplir un chapitre, lequel gré les réüexions qui précedent, nous somm~s enco~
1111e P aq:vatoire ou École de musique (Liceo di musica), chapitre n'aura1t pas été d'une médiocre utilité pour les
trop de l'ancien monde, pour ne pas º ?us emouvorr
dU eonse
' . .
.
. ude t d . .
rtant cette inscr1pt1on : Qui entro st _n e, • ~u_i chanteurs d'A présent, qui ne savent guere ce que c'est a J'exposition des grandes choses accomphes par les aret~ . cipe del/e scienze musicali Gioacchmo Rossmi. que la chose, et combien elle peut donner au chant de
mées. Qui ne suit, avec une sollicitude pleine d'atten. . ,
tllC' pnn.,,.,. documento perenne di onore al figlio adottivo, ¡!race et d'expression.
JJo/ogna, r·
•
·
11
d
au11 n'ouhlie pas le grupetto, ma1s 11 nen présente tion les premiers essais d'art militair~ des Grecs, ces
¡,intoló di suo nome la cmostante pta~~- p y a onc ·t
qu'une
forme. 11 y en a plusieurs. ce Cet ornement,. gra~ds artistes en tout genre; quel~e imagination r~ste
. ord'bui a Bologne, Ja place Ross101. esaro en ava1
dil-il
se
forme en ajoutant A la note sur laquelle froide devant la narration de ces 1mmenses excurs1ons
¡o
depuis qm~lques années, el la rue ou est né
une aus5
R .. O
on
v:ut
le
faire
une seconde naturelle; on revient ensuite d'Alexandre, ou tout concourt .il. grandir les hommes et
u Barbier de Seville s'appelle rue oss1n1. n y
d
les faits; quelles jouissances indescriptibles de c~ur et
rauteur
. .
.
h
• ¡ maison qu'hab1ta1t sa famtlle. Elle porte, e ose a ta note principale, puis l'on prend une septieme dimi- d'esprit ne provoque pas le récit des campagnes ~ I_tal~e
,01t a
d ¡
bizarre ! les numéros 333, 334 et 335, et la date e a nuée, et J'on retourne a la base du grupetto. •&gt; Voila une du jeune Bonaparte? Le livre d'or des grandes celebri• nce de Rossini, gravée sur une tablette en marbre. étrange défimtion ! Qu'est-ce.qu'une seconde na~urelle? tés est presque entierement occupé par des hommes
~ai;ªbon de rappeler ici que Paris avait depuis lon_g~ Et quel seos peut offrir A !'esprit celte express1on de d'épée; la guerre développe tellement les c~ract~res, exLa statue de Rossm1 septiéme diminuee employée de cette fa~on ! M. de la M~- cite a un si haut degré l'intelligence, fa1t na1tre tant
donné l'exemple A' l'Italie.
temps
,
. t 8'6
, t
d. re le vestibule de I Opera depms
.. ' et ces
en deleine a voulu dire, je pense, que le grupetto comme 11 de dévouements héroiques, de résolutions sublimes, que
: que ta rue qui longe l'Opéra, de la rue Laffitte ~ l_a J'entend se compose d'une seconde supérieure diatoni- J'épée glorieu§e, celle qui délivre, ~r?ttige ou éman1
de la Grange-Bateiiere, a pris le nom de rue Rossm1. que et d'une seconde inférieure chromatique que l'on cipe, estencore le symbole le plus veneré de la presque
ru~a leLtre ou M. le comte Peruzzi a notifié au gran~ ajoute Ala note réelle, mais il a dit tout ~utre ~hose.
·
Quant aux arpéges, aux sons filés par 10üe110ns, a~x universalité des peuples.
compositeur l'honneur qui lui était décerné par le ro1
L'Encyclopédie
militaire
et
maritime
est 1aussi ~mplet~
sons répétés, aux sons piqués, Al'actiaccatura'. aux. did'ltalie contient ce passage remarquable :
que possible; elle contient une foule de nouons qui
• La rete par laquelle Pesaro célebre votre nom a pu verses sortes de mordants, au trillo molle et aux mflex1ons indiquent chez son auteur, le colonel de Chesnel, un
variées
dont
un
chanteur
habile
sait
orner
sa
vocalisaette, sous le re~ne de Victor-Em_manuel, ~e fé~e. nation ces théories si nombreuses et si completes gardent rare esprit d'investigation. Nous y trouvons tous l_es dé.bona,
le parce que les barrieres qm les tena1ent dmsées
· d sur ~oos ces points le plus profond silence. En revanche, tails qui intéressent le guerrier isolé, ou les armees entieres de terre ou de roer, chez tous fes peuples, daos
e•tanl détruites, les populations de toutes lesf part1es
. e
J'ltalie sont accourues pour y prendre part, raterntsan t, 00 y trouve, presque a chaque pag~, une plai~anterie
tous les temps.
on-seulement en esprit et en intention, mais par leur obstinée sur les &lt;&lt; professeurs de clarmette, » qm se perDes dessins exécutés par un éleve de Charlet, M. Dumettent d'ense1gner le chant. 11 faut bien croire que
:resence, dans le culte d'un sublime génie_. i&gt;
•
vaux
avec un soin et une délicatesse extremes, reproM. Stéphen de la Madeleine vient de fa1re pa~a1tre l_a l'auteu; en a vu au moins un qui prenait cette licence, duis:nt soit les hommes, soit les engins militair~s ?u
seconde édition d'un livre pnblié pour la prem1ere fo1s elje compreftds qu'une telle rencontre a du le su~pre?~ maritimes, d'apres des copies de bas-reliefs, de meda1len !852 : Théories completes de l'art du chant. M. de la dre et l'égayer prodigieusement. Pour ma part, Je n a1 les, de pierres gravées, de monuments te_ls que les colladeleine est aujourd'hui professeur de ch~nt. 11_ fut jamais eu ce bonheur.
Je pourrais multiplier ces rem~rques,, et, ~ar ex~mple, lonnes Trajane et Antonine, des collect1ons amassées
longtemps un chanteur ha~ile, e~. fort en, r~putation,
daos les musées ou chez des particuliers.
quoiqu'il n'ait jamais ahord~ le _theatr_e. 11 etait, sous la faire observer A M. de la Madeleme qu apres avo1r souS'agit-il de vétements, nous trouvons le candys, la
tenu
contre
M.
Garcia
et
bien
d'autres,
qu'il
n'y
a
qu'un
Restauration, récitant, c'est-a-d1re sohste,_ la chapelle
chlamyde,
le pallium, la sago-chlamyde,. l'aboll~, la
de Charles X. La chapelle ayant été suppr1mee, - chose, timb~e il consacre un hmg chapitre A démontrer l'im-- calliga, la femoralia, les cnémid~s des anc1ens, pm~ le
a mon sens, tres-regrettable, - par la royauté de mense'danger de se servir toujours et sysLématiquement hoq ueton et autres pieces de costume plus modernes, ¡usjuilleL, M. de la Madeleine se borna il. fair~ entendr~ sa du timbre sombre, A l'exclusion du timbre clair. Mais je qu'A la chachia et auxjambieres de nos zouave~. Les babelle voix de basse daos les concerts ¡,ubl1cs et part1cu- ne prends pas plus de plaisira faire ces critiquesqueM: de listes, scorpions, corbeaux, et cent autres machmes nous
liers. 11 parle done e:c professo d'un art qu'il a pratiqué Ja Madeleine lui-méme n'en trouverasans doute ales hre. font arriver aux canoas rayés, aux canoas revolvers. To 11Arretons-nous done, et ajoutons seulement qu'Acóté de
toute sa vie.
tes les armes connuessont décrites: le col)tus, l'aclide, la
une s'est pas contenté de chanter et de rélléchir su~ maint passage défectueux, de mainte ~ertion q~e l'on cotue, ta scamasaxe, tout aussi bien que la baionnette.
le cbant. 11 a voulu savoir le comment et le pourquo1 peut combattre, il y a dans ce livre des 1dées tres-Justes, Toutes les parties des navires anciens ou modernessont dédes cboses, connaitre la forme de son_ instrument, . sa d'excellentes pages, et que les artistes comme les ama- nommées et expliquées, qu'il soit question des dromons,
conslitution intime, et, autlnt que poss1ble, sa mamere teurs y trouveront, sur la pose et la pureté du so~,.sur des hémioles, des liburnes des anciens, des drakars du
de fonctionner. 11 a doné étudié l'anaLomie, la physiolo- tesmoyens curatifs du grasseyement, sur la nécess1te de Nord, des navires cuirassés des pirates normands, de_tous
gie, tout au moins en ce q~i concer~e. l~s or~ane~ de_ la chanter :ivec la voix qu'on a re~ue de la nature et les ces batiments quise sontappelés galées, galéaces, gahons,
respiration et de la phonat1on. Je o a1 ¡ama1s ou'. d1re inconvénients auxquels on s'expose quand on veut s'en galiottes ou enfin du primitif monoxyle et de nos belles
que M'"' Malibran ni Rubini eussent fait ce ~ra~a1I. On faire une autre, sur le régime asuivre et les précautions frégates 'blindées. Une foule de portr~its représentenl
peut se servir de son larynx avec une hab1leté souve- a prendre pour conserver la force et l'éclat de son or · les notabilités guerrieres de toutes les epoques. Les colraine et en imorer la structure, et je suis bien sur que gane, enfin sur tout ce que M. le docteur S~gond a si liers les couronnes, les bannieres d'autrefois, peuvent
11. de l!ériot ;t M'"" Taglioni n'ont jamais disséqué ni bien nommé l'Hygiene des ch'.J.nteu.rs, les conse1ls les plus elre 'comparés aux croix, aux médailles, au_x drapeaux
pieds ni mams. Mais un professeur est tenu d'e~ savoi_r judicieux du monde. C'est done ~n ou~ra~e q~'il faut d'aujourd'hui. Les combattants de tous les s1ecles a~pasur ce point beaucoup plus qu'un exécutant, et I on do1t avoir et méditer. Mais il ne saura1t temr heu m d une raissent a leur rang saos aucune omission. Le cormcen
savoir gré A M. de la Madeleine, comme M. .Manu~l méthode, ni d'un professeur.
ancien a pour pendant le clairon de Puebla, l'excubitor r~
G. litQUiT.
Garcia d'avoir obéi a l'instinct curieux qm les poussa1t
main asa place, comme lajeune femme de_lagar~e du~o•
'
aces reclierches.
,
de Dahomey et le cent-garde fran~is. Pms le chbana1re
Je ne suis pas aussi certain que M. Stéphen de la :&amp;la·
deDarius, le mélophore de Cyrus, le lourd cataphracte, le
deleine ait eu raison d'intituler son ouvrage: Théories comUCYCLOP&amp;llll lILJTW iT IARITlll
plise plus légn, l'hippotoxote, l'hoplite, et tant d'autr~s
p!Mes, etc. Pourquoi ce plurielY M. de la M~delei~e a-texculcatores, ferentari'i, funditores, triaires, hastats, pms
i! plusieurs théories différentes? Je ~e m_en_ su'.s . p~s
D!CTIO:ffl.AIRE DES ARlffiES DE TERRE ET DE ll!R ( f ).
encore cottereaux, routiers, braban~ons, lansquenets,
ape~u. Si j'avais mal vu et que son tttre fut ¡ust1fie, ¡e
cranequiniers, coulevriniers, se melent au:c soldats dont
lui dirais: De ces di verses théories, quelle est la bonne?
La guerre désole encore péri~di_queme~t .une partie les noms modernes sont plus connus. Tous ces gens ont
Quelle est ta meilleure? Donnez-nous celle-la. On n'a du globe, malgré le courant d idees qm, 1I ~ a une l,:ur cri de guerre, l'alalagmos grec, le barritus rom~in.
que faire des autres.
vingtame d'années, faisait espérer qu'~ntre n~t10ns_poDe longs articles sont consacrés, en ra1son des é~eneThéories completes, dit l'auteur. Est-il bien sur de n'a- licées il ne se produirait plus A l'aven1r de d1scuss:o~s ments actuels a la Chine, a la Cochincbine, au Meuque,
,oir rien omis111 établit (cbap, 3) la distinction des re- armées. Ce ne sont pas seulement les peuples dont ~ b1s- aux États-Uni;, etc. ; le territoire de ces pays fait l'objet
gistre8 de poitrine et de fausset. Mais sur qoelle note toire passée compte de nombreuses guerres qui re- de cartes géographiques jointes Al'ou~age. Enfin_, nous
convient-il de quitter le premier et de prendre 1~ se- prennent aujourd'hui les armes apres un long repos, avons remarqué des notes fort mstruct1ves, au suJet des
coud! Que! procédé faut-il employer pour les ré~mr? 11 mais de jerJDes nations, dont les gouverne~ents se~- mots: axiomes, guerre, qualités militaires, rapprothe•
n'en parle pas. Toutes les méthodes qui out précédé blaient les plus sages, se livrent Aune lutte s1 acha~nee
ments historiques, tactique, traités.
les Théories completes, Acommencer par la vieille mé- qu'elles paraissent répudier leur sagesse consacre_e ~t
L'Encyclo~die rectifie bien des idées erro~ées; en
lhode du Conservatoire, contiennent des formules d'exer- vouloir réparer le temps perdu. 11 n'est done pas leme- voici un exemple. Que! rhétoricien omet de d1re, daos
cice~ qui ont pour but d'accoutumer l'organe a ce pas- raire de croire que pendant bien longtemps encore des une amplification ou il s'agit d'un v~inq?eur q~elconsage assez · difficile, parfois, /i exécuter. M. de la hommes réunis en grande masse se rencontrero~t pour que, u que le héros revint couvert_de de~mlles op1me,sT »
lladeleine a négligé ce point important. 11 dit (p. 3-i) se détruire; et des lors, l'Encyclopédie militail'e _e! mari- Or cette expression de &lt;e dépou1lles Qp1mes, » ne s apque u les soprani, qui parcourent ordinairement deux time est une reuvre qui remplit toutes les cond1t1ons de pli~ue qu'aux armes et insignes d'un général en che~,
octaves, a partir du ré sous les lign_es de la cié ~e ce qu'on appelle un succes d'actualité. Mais la guerre tué de ta main propre du général en chef enuem1,
sol_, ne possedent que deux ou tro1s notes de ~01- cessat-elle tout d'un coup d'ensanglanter le monde, ce et l'histoire romaine tout entiere ne présente que trois
trine dont ils ne font aucun usage. » I1 prend I ex- livre n'en serait pas moins un des plus inslructifs et des circonstances ou il y ait eu de ces sortes de dépouilles.
ception pour la regle. Les voi:c dont il parle sont extre- plus intéres3ants qu'il soit possible de rencontrer.
Ouvrez le li\'re au hasard, et les premieres lignes parlllement rares. La plnpart des soprani, meme les plus
Les entreprises guerrieres out ten u tant de ~lace ~ans courucs ou vous instruiront, ou vous suggéreront les réaigu.~, out plusieurs notes de poitrine, s'en senent, et,.ª l'histoire de l'humanité, qu'on ne peut rester md1fferent flexions'tes plus diverses. Voici Blilcher, le général d'él'occasion en tirent de fort beaux e(fcts. Et les mezz,nergique mémoire; son nom rappelle toute l'épopée naIOprani? ;t les contralti? et les ténors? Ne leur faut-il
(l) t -,olu- grand iD-8' de t,3!0 pa¡ea, contuant t,100 ~•11re1 et poléonienne; immédiatement au-dessus de ~ général
pas achaque instant passer d'un registre a l'autre!
6 cartel et planchea, 3! rr. brocbel; 35 fr. earto•-· Par11, J. Le
vous trouvez Boadicée, une reine du Nord, qui osa sou'
L'auteur
ne dit pas' un mot de l'appogiature, ob'~et Chevalier, &amp;o, n&gt;e ••clltlleu.

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ª.

1

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�L'ILLUSTRÁTION, JOURNAL UNIVERSEL:

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L' l LLUSTRATION , JOURNAL UNIVERSEt~

tenir la révolte contre les
Romains. Aussitot vous
apparaissent les luttes des
' diverses nations contre
Rome; vous déplorez l'ignorance de ces époques
et surtout fégoisme des
vainqueurs, qui nous ont
caché tous les détails instruclifs de ces nombreuses
prises d'armes dans lesquelles le role des vaincus
n'a jamaisétéexposécomplétement, malgré l'intéret qui devait s'attacher
aleur grand nombre et a
leur excessive variété de
races, de coutumes, de
climats, etc. Au-dessous
de Boadicée, vous lisez le
nom Boholina, une héroine grecque de f825, qui
fait songer a tous les
prétextes des gu.erres modernes; questiond'Orient,
nationalités et autres.
11 en est de meme achaque fcuillet; aussi notre
appréciation peut-elle se
résumer ainsi: ce livre
apprend beaucoup a qui
s1it peu, il rappelle beaucoup a qui est assez heureux pour avoir peu a apprendre.
F. HUGONNET.
~

LES

la baine de caste ;
cette colere-la. L~ dogue
est quelque démocrate
grossier et brutal.
'
Toute entiere a son g¡.
got, la Gourmandise ne
songe guere, pour le mo.
ment, aux droits du peu.
ple.
Dans le coin, !'horrible
Envíe, maigre, l'échin
saillante, dévore de ~
yeux ardents Je gigot soc.
culent; un autre Je maoge, c'est elle qui en ere' vera peut-etre.
A l'autre extrémité do
tablean, languissante et
grasse, les yeux éteints
tout de son long étendue'
a l'endroit ou le gazon est
le plus doux et le plus
épais, la Paresse ne voit
rien, n'entend rien, n'éprouve rien, sinon qu'il
est bon de ne rien voir,
de ne rien entendre, de
ne rien éprouver.
Derriére elle, fuyant le
gro upe, marchant a pas
de lou~ de peur d'éveiller
l'attention, la queue serrée entre les jamhes, la
prunelle obligue, l'Avarice court enfouir un os
rongé.
X. FEYRNET.
~

S&amp;PT P8CUS CAPITAUX

LA FtTE DES BERGERS

Le spirituel et charmant tableau de M. Jadin,
dont DOUS donnons auj.&gt;urd'hui la gravure, ful
exposé au salon de {857;
il appartient a S. M. l'Impér:1.trice. Le peintre l'a
intitulé Les Sept pécliés capitaux, et jamais pensée
ne fut plus elairement et
plus énergiquement rendue. JI y a la mieux qu'une idée fine, il y a une
ceuvre d'art remarquable.
L'Org,1eil occupe le
centre de la composition;
cette levrette est une
grande dame, une duchesse tout au moins,
fiere de trente quartiers
de nol,lesse, alliée peutetre a des maisons souVtJraines.
Je sp.is meme fort étonné que M. Spitz, qui personnifie la Luxurc, se
permette de lui passer
aussi familicremcnt fo.
palle sur le dos; mais il
est probable que Mm• la
duchessc, absorbée dans
la contemplation d'cllememc, ne s'en apcr~oit
mñme pas... Peut-étre
aussi quclque incompréhensi ble caprice, quelque
faiblcsse étrange... Oh!
non, e'cst impossible ...
Eh! ch! cela s'est vu parfois.
A droitc, la Colcre,
1a:il cnflammé, le poi!
hérissé, gronde et s'apprele a mordre. Il y a de

A MARKGRONINGEN.

Au moyen agc, cbaque
corps de métifr avait ses
fétes. - Une fois paran,
les corporations se réunissaient a jour fixe, et
apres avoir discuté, daos
la matinée, les affaires
du métier, on pa.ssait le
reste de la journée en
réjouissances.
Mais les querelles étaient
fréquentes; souvent on
avait a déplorer la mort
d'un homme, et peu a
peu ces fétes furent in ter•
&lt;lites; de nos jours, il
n'en reste que le souvenir.
Seuls, les bergers, que .
leur état tient, pour ainsi
dire, séparés du reste du
monde, ont encore conservé les usages de.leurs
peres.
Le 23 aout, tous lesbergers de la Souabe se
rassemblent dans la petite ville de Markgroningen. lis préludent a la
solennité du lendemain
en donnant quelques sérénades aux autorités de
l'endroit; inutile de vous
dire que la musette est
l'instrumcnt dominaut.
Le jour suivant, fete de
la Saint-Barthélemy,toute
la ville est pavoisée.
Les bergers se rendent
en procession a l'église,
de la a l'llotel-de-Villc,
ou ils re~oivent leurs insignes, qui !e composent

de rubans de toutes couleurs, et ensuite sur le champ
UNE FER14E lNFESTÉE Ul\ LE (JllllER,
de fete.
Les anciens de la bergerie ouvrent la marche; apres
11 est rare de rencontrer, a l'époque oti nous sommes,
ox la musique; puis viennent les jeunes bergers por-uu pays trop giboyeux; cependant, nous connaissons
la boulette, et entourés de la milice de la ville.
Le cortége arrive aune vaste plaine ou doivent avoir une localité 1 que &lt;les r¡¡.isonsde convenance nous empeJieu les courses.
Ce sont d'abord les bergers qui ont a lutter
de vitesse; le premier arrivé au but est cou. ronné roi, et re~oit pour prix un mouton paré
de rubans. - Puis vient le toar des bergeres. A un signa! donné, elles s'élancent, et
,oilil les longaes nattes de cheveux qui flottent au gré du vent.
C'est un siugulier spectaele que celui de
ces jeunes filies, vetues de jupes bleues, vertes rouges, d'un corsage blanc garni de
rubans et coiffées d'une petite calotte brodée.
Plus d'une tombe avant d'atteindre le
bul, Enfin, l'heureuse reine d'un jour est
couronnée. Fiere d'avoir remporté la victoire,
elle donne la main au roi des bergers et
prend avec lui la tete du cortége. - Le soir;
toUS les bergers se réunissent daos une salle
d'auberge, et leur roi et leur reine ouvrent
le bal. lis dansent toute la nuit, et le lendemain ils retournent vers leurs moutons, pensant au jour qui vient de s'écouler, et se promettant le meme plaisir pour l'année suivante. Quoique cette fete ait gardé beaucoup de sa nature primitive, elle a pourtant
subi quelques modifications.
Ainsi, au commencement de notre siecle,
celui qui s'était melé aux bergers sans appartenir a leur corporation, était impitoyablement plongé dans un tonneau plein d'eau.
Aojourd'hui, on se contente de renvoyer les
intrus.
Maintenant que j'en ai fini avec la fete,
il serait temps de vous dire quelques mots
FIITE DllS BllRGERS, A ~IARKGRON!NGEN : U SÉRÉNAD!l,
sur Markgroningen.
Markgroningen est situé dans une magnifique vallée du Wurtemberg, a quelques lieues de chent d'indiquer au juste, ou l'on trouve cet Eldorado des
Stuttgart. La ville n'offre ríen de bien remarquable: chasseurs. Au reste, le lecteur peut choisir entre le pays
des maisons basses n'ayant pour la plupart qu'un rez'- de Caux, le Vexin-Norrcand, le pays de Bray, et parier
de-cbaussée, des rues étroites dans lesquelles les oies et acoup sur que c'est dans l'une de ces contrées qu'est siles canards se promenent en liberlé, et sur
le senil des portes, de
bons paysans avec leurs
culoltes de peau jaunc
et leurs gilets rouges
au1 boutons d'argent.
Cependant c'est une
des plus vieilles villes
do Wurtemberg; il y
a quelques années, elle
élait entourée d'une
muraille circulaire de
trois metres d'épaisseur; mais le nombre
des babitants augmentant, on a reculé les
barrieres comme a París, et démoli le mur
d'eneeinte de Markgroningen. A l'angle d'uue
maison, j'ai remarqué
une tete de monstre
anciennement sculptée
daos le mur. Cette tete,
corieuse par son originalité, avait attiré J'atlention d'un peintre
qui en faisait le ero- . ~ --=
~~ ~":_,
qois; le propriétaire
"" =..:===~
= ---=~,_...,
LE BAL DES BEI\GERS.
s'imagin~ posséder un
trésor, et veut vendre
tuée la ferme de la Cornou'illiere, qui no11s intéresse ici.
sa maison le double de sa valeur.
Cette ferme, appartient a m1. Adolphe et Henry de
Ceci vous prouve que les bons paysans de MarkgroLa
Fougere, c'est une propriété qui n'est pas ~ortie de
ningen ne Je cedcnt en ríen a ceux des environs de
leur
famille depuis un temps immémorial. Voici plus de
Paris,
cent
ans que les Duhordel, leurs fermiers de pere en
G. L\!iDA[Jf;R.
fils, cultivcnt ce bien. Ces braves gens ont, en outre, le
privilége d'élever toqs l~s nouYeaux nés de leurs pro~

~0;

f57

priétaires; ils en sont fiers; et, pour le eonserver, ils ont
toujours eu le soin de choisir leur compagne robuste,
bien portante et de sang riche. C'est la derniere M•• Duhordel, encore vivante aujourd'hui, qui disait au médecin, s'inquiétant de savoir si elle aurait assez de Jait pour
nourrir en meme temps son enfant et celui de M..• de
La Fougere:
- Soyez tranquille, monsieur le médecin,
mes nourrissons ne patiront pas; ils en boiront tant qu'ils voudront, du lait, et puis
apres, il m'en restera encore assez pour fairc
du beurre !
11 semblerait qu'il y a allianec intime et
perpétuelle entre les deux familles, on pe11t
dire meme qu'elles se tiennent par les lien~
du sang. Dans tous les cas, les Duhordel ¡rodiguent, a ceux qu'ils appellent leurs maures,
tous les sucs nourriciers. Graee a Jeurs soins,
i!s ont toujours maintenu la parfaite constitution, la vigueurde tempérament et l'exeeJ,. '
lente position de fortuna des MM. de La
Fougere.
Jean Duhordel, 'le fermier aetuel de la
Cornouilliere, est un homme encore tres-vert,
quoiqu'il ait dépassé le mauvais coté de la
cinquantaine.1 A la premiere inspection, on
comprend que ce robuste paysan est né pour
vivre et travailler dans les champs; ses grandes jambes, ses larges pieds sont faits pour
mareher dans la terre labourée; ses longs
bras, ses mains énormes, ealleuses, crevassées, cordées de nerfs gros comme des cordes de eontreb'asse, doivent servir a manier
la faux et a diriger la charrue. Jean Du,.. hordel est un spécimen, un type du cultivateur noi:mand. Quoique sa taille se soit courbée, que ses membres se soient arqués, par
suite des longues fatig~es qu'il a subies, son
corps conserve les plus·.belles et les plus vigou.reuses proportions.
Son visage, balé par le soleil et l'air vif, a
acquis un grand caraclerc de calme et d'énergie résignée. Si -son regard semble que).
quefois embarrassé, inquiet, quand il se trouve en
présenee de ses semblables, ce n'est pas parce qu'il
doute de lui meme, mais bien plutot des autres. Comme
tous les paysans, j)_a une méfianee instinctive de son
prochain, surtout quand
celui-ci est un bourgeois, un monsieur de
la ville; il Je redoute,
le craint, comme le soldat eraint M. le commissaire de police. Jean Duhordel esl bonnete homme et marguillier de sa paroisse
malgré cela, il ne se
fera aucun scrupule de
jouer au fin avec un
bourgeois, de le tromper, de le mettre dedans, si l'occasion s'en
présente. Les seuls
messieur~ qu'il respecte,
qu'il vénere, sont les
messieurs de La Fougere, ses maitres, pour
lesquels son dévouement est saos bornes ;
il les aime, il en cst
ficr, presqu'autant qu'il
l'est de ses bestiaux, les
plus beaux du pays.
Jean Dubordel sait
Jire, écrire, et faire ses
quatre regles ; la se
borne toute sa science;
jamais il n'a sentí le
besoin d'en apprendre davantage, jamais il n'a ouvert
d'autres livres que son Jivre de comptes et son livre de
messe.
Son peu d'instruetion lui a suffi, jusqu'ici, pour faire
parfaitement les affaires de ses maitres et le11 siennes
propres, car il est presque aussi riche que les MM. de
la Fouger¡i; wus les ans1 il Mllele upe pitc;ii &lt;\e ~erre, el

�t58

L'lLLUSTRATION. JOURNAL UNIVERSEL.

il a si bien arrondi sa part d'héritage, qu'aujourd'hui, vant soi, et l'on tache de /les faire le plus ressemblants
il ne fait plus rien, dit-il, que surveiller et diriger la possible.
Nous demanderons la permission de citer un dernier
culture des deux propriétés. Il s'en acquitte aYec tant
d'expérience pratique, qu'on serait tenté de l•1i accorder trait de Jean Duhordel, pour achever de peindre l'homune intelligence supérieure. - 11 n'en est ríen cepen- me dont la ferme est aujourd'hui infestée par le gibier.
11 y a deux ans environ, Jean Duhordel étant encore
dant; Jean D11hordel est bete comme u.ne charrue sans
attelage, aussitót q11'il n'est plus s11r son terrain, dans adjoint de sa commune, le garde champetre vint un
l'enclos de sa ferme ou sur la place du marché du bourg. matin le chercher de la part de M. le maire. S'étant
On ne pe11t se figurer ses embarras, ses craintes, ses hé- rendu a l'invitation de son supérieur, il tronva celui-ci
sitations, des qu'il lui arrive q11elque chose en dehors d;,; fort occupé d'une circulaire qu'il venait de recevoir de
ses bábitudes, - il perd la tete, n'entend plus a hue ni M. le sous-préfet; il s'agissait de concourir a l'établissea dia, fai_t gaucherie sur gailcherie, sottise sur sottise, ment de la statistique générale de l'Empire.-Le tablean
avec ·1·aplomb ridicule ·d'un Jocrisse, car il se croit a remplir était étalé sur une table devant les deux fonctionnaire s;-ils comprenaient tres-bien qu'il leur serait
l'homme le plus rusé du monde.
Dernierement, il re~ut une lettre timbrée de Rouen; facile d'indiquer le nombre des gens mariés, des veufs,
l'écriture de l'adresse lui est inconnue; cela suffit pour des filies, des gar~ons existant~ présentement dans la
Jui rhettre marte! en tete, la méfiance le gagne, il commune de ..... Mais arrivés a la colonne ou ils deexamine la lettre, la tourne, la retourne entre ses vaient inscrire le nombre des aliénés, M. le maire et son
adjoint resterent courts et se regarderent l'un et l'autre
mains ·:
- "Mais, mon Dieu! dit-il, ce n'eat pas l'écriture de avec embarras :
- Mon cher Jean Duhordel, dit enfin M. le Maire, je
M. Adolphe, ni celle de M. Henry, qui done a pu m'évous
ai fait venir pour vous prier de m'aider un peu
crire? je ne connais personne a Rouen. - Je n'ouvrirai
certai'nement pas cette lettre avant de sá.voir qui me l'a dans ce travail; tenez, chargez-vous de relever le nombre d'aliénés de notre commune.
adressée.
- Des aliénés? diable, des aliénés ! Mais savez-vous,
- Ponrtant, le meilleur moyen de le savoir serait de
la décacheter, tui dit aussitót sa femme, qui ne manque monsieur le !!faire, que ce n'est pas une petite affaire cela?
- Bah! bah! mon cber, ce n'est pas la mer a boire,
pas de bon seos.
- Ticns, c'e~t roa foi vrai ! s'écrie-t-il tout surpris, je et avec un pen de bonne volonté, il vous suffira d'une
matinée pour faire ce travail.
n'y peu~ais pas.
- Vous croyez, monsie11r le Maire?
La lettre était de M. Henry de la Fougere, l'adresse
- J'en suis convaincu; vous ferez cela en vous proseule avait été mise par une personne
, étrangere : ce fut
un nouveau sujet de réllexions pour Jean Duhordel, tout menant, rien n'est plus facile.
- Eh! bien, entre nous, monsieur le :&amp;faire, j'aímerais
un champ de conjectures a travers lequel trottait son
iinagination vagabonde; en résumé, son maitre lui man- autant que vous alliez vous promener vous-meme.
- Que voulez-vous dire, Jean Duhordel? interrompit
dait de lui apporter ou de luí envoyer immédiatement
l'
officier
public avec sévérité.
par la poste une somme de 500 fr.
- Je veux dire que ... enfin, fnonsieur le Maire, je ne
Jean Duhordel ne peut quitter la ferme ce jour-la ni
demanderais pas mieux que de ...
les jours suivants : on est en pleine récolte de colza, - Achevez, monsieur l'adjoint, achevez.
que\ facheux contre-temps! Cependant, M. Henry est
- Que de relever le nombre des aliénés de notre
pressé de recevoir son argent, comment done faire pour
sortir d'embarras? Envoyer un expres? c'est impossible, commune, mais je ne sais pas ce que vo!ls entendez par
tout son monde est occupé. - Envoyer un mandat sur la la, des aliénés! je vous l'avoue.
- Ma foi, ni moi non plus, dit M. le Maire, nous voici
poste? Non, cela couterait 2 du cent, il n'y faut pas ¡¡onger. - Mettre tout simplement les billets de banque bien avancés, a présent. Comment ferons-nous pour ·
daos la l~ltre, sans rien déclarer ni dire a personne1 Oh! compléter ce tablean estatistique !
- Oui, estatistique, reprit Jean Duhordel en se gratnon, on connait trop bien son écriture, on se douterait
qu'il écrit a son ma1tre, précisément pour lui envoyer tant le f'ront; pourtant il faudra l'envoyer, il n'y a ¡:,as
de !'argent, on volerait la lettre, mauvaise affaire! Que! a. dire; mais aussi pourquoi veulent-ils connaitre le
ruoyen prendre alors? car il faut en finir, ce bon nombre des aliénés, a. quoi cela pourra-t-il leur servir?
- C'est ce que je me suis demandé, ajouta le maire,
M. Henry attend apres son argent. - Ah! le voici. Mettre l'adresse en dedans de la lettre ! comme cela, tout mais ces gens-la ont toujours des idées ... des idées...
On voit bien qu'ils n'ont pas autre chose a faire.
le monde sera attrapé.
- Ah! monsieur le Maire, en voici une... une idée,
La chose fut aussi Yite exécutée que con~ue, et Jean
Duhordel, apres avoir jeté lui-meme sa lettre dans la et une fameuse.
- Laquelle? dites vite, Jean Duhordel.
bbite, revint cbez lui répétant avec conviction : Oh!
- Je vais a\ler tout simplement demander au maitre
avec l'adresse en dedans, il n'y a pas de risque, tout le
d'école ce qne c'est q11e des aliénés; il sait cela bien
monde sera attrapé 1
Deux jours plus tard, M. Henry de la Fougere arrivait sur, 1ui qui a étudié pour etre pretre:
a sa ferme, fort mécontent de l'inexactitude de son fer- - Bravo! Jean, mon ami, allez tout de suite trouver
mier. - Celui-ci ne revenaít pas de sa surprise; il l'institute11r, demandez-lui la chose adroitement, pour
croyait avoir si bien pris ses mesures, qu'il ne compre- qu'il ne se moque pas de nous; vous savez qu'il aime a
nait pas comment M. Henry n'avait point encore re~u rire.
- Soyez tranquille, monsieur le Maire, je. suis aussi
son argent. On en vint aux_explications, et puis, comme
on n'avait pas le temps de rire, on partit en toute bate fin que lui, je vous réponds qu'il nous otera notre'épine
potlr París ou, par bonheur, la fameusc lettre a l'adresse du pied saos se douter qu'il nous rend service.
Jean Duhordel alla sur-le-champ trouver l'instituteur
immaculée fut retrouvée intacte au bureau des rebuts.
Le fermier normand en fut quitte polll' nne centaine de de la commune; malheureusement, celui-ci avait quelfrancs de voyage; mais il eut le plaisir de voir París, et ques griefs contre M. le Maire et son adjoint; il fut bien
celui non moins grand de rendre son nom populaire aise de saisir l'occasion qui se présentait de faire rire
un peu les gens du pays a leurs dépens , aussi donnadans les bmeaux de la rue I. J. Rousseau.
- C'est M. Jean Duhordel, disait-on de toutes parts, t-il au mot aliéné une signification absurde.
- Les aliénés, dit-il a notre homme, ce sont les honcelui qui a trouvé le moyen infaillible de ménager le senetes gens de la commune, ceux qui remplissent leurs
cret des lettres.
- Oui, riez tant qu'il vous plaira, disait tout bas no- · devoirs envers Dieu et la société ; principalement ceux
tre homme, cela n'empeche pas que si on avait remis qui pratiquent la religion, qui vont a la messe les dima lettre a M. Henry de la Fougere, tout le monde eut manches et fetes.
Jean D11hordel prit cela pour argent comptant, et reété attrapé.
Il mourra avec cette opinion, car lorsque Jean Du- vint en toute bate rendre compte a M. le Maire de l'heuhordel s'est logé une idée dans la tete, rien au monde reux résultat de sa négociation. Le dimanche suivant,
ces deux messieurs arriverent les premiers ala porte de
ne peut l'en faire sortir.
Le (ait qu'on vientdelire n'est pas sorti de notre cer- l'église ~t, saos faire semblant de rien, compterent un
veau, nous prions le lecteur d'en etre persuadé; on a un les. fideles a mesure qu'ils entraient pour entendre
n'invente pas a plaisir de pareilles histoires; - on n'in- la messe.
Le compte fait, vérifié, pointé bien exactement, les
vente pas non plus des personnages comm~ Jean Dubordel; on rencontre ces originaux-la dans toute la France deux fonctionnaires, de retour a la mairie, écrivirent
aussi bien qu.'a la Cornouilliere, on les voit poser de- sur le tahleau statistique :

207 aliénés ! sans compter M. le Maire et ~on adjoiflt;
Quelques jours plus tard, le tableau en qnestion fot
envoyé a la préfecture et mis sous les yeux de M. le
préfet. - Ce baut fonctionnaire;comprenant qu'il de.
vait y avoir plus d'ignorants que d'aliénés daos la C0&amp;1.
mune de""' ordonna une enquete qui commen~a par 11ll
éelat de rire et se termina par la destitution du maire,
de l'adjoint et de l'instituteur, cause premiere du sean.
dale qui eut líen daos cette ~jrconstance. Peu de teDl)II
apres, M. le préfet, qui aimait les gens d'esprit, repl~
ce meme instituteur dans 11ne commune beaucoup plus
importante que celle qu'il venait de quitter; -'- nul n'a
songé a blamer son avancement ; les rieurs sont re5tés
de son coté, et le petit pays qu'il a quitté est connu 111•
jourd'hui daos tout l'arrondissement sous le nom de la
commune des Aliénés !
A partir du jour de ~a destitution, Jean D11bordel
offensé des plaisanteries et de l'ingratitude de ses con:
citoyens, devint une espece de misanthrope rustique
tres-difficile a vivre, un mauvais coucheur, comme dk
le vulgaire.
Gros fermier et riche propriétaire~ l'ancien adjoint se
montra q'autant plus jaloux de maintenír et de faire res.
pecter son droit, que tout le monde paraissait disposé ¡
en faire bon marché. Les maraudeurs-, voleurs, fureteurs,
cbasseurs de jour ou de nuit, agissant trop saos facon
sur ses terres llt dans ses bois, Jean Duhordel prit des
mesures conservatrices et organisa une défense formidable de ses propriétés, en mettant en pratique sa
m~ime favorite : Bien payer pour étre bien serví.
11 réveilla d'abord le garde-champetre de son lache
engf urdissement, en lui donnant, pour son compte, une
haute paie convenable. U excita aussí le zele des bons
gendarmes, au moyen de légers cadeaux d'amitié, tels
que beurre, reufs, volailles, otferts a propos a leurslpouses; puis il augmenta de i;ent francs par an le traitement du garde des messieurs de la Fougere. Puis enfin, a ces mesures excellentes, ¡; en joignit une autre
plus hardie, plus radicale, en prenant pour son garde
particulier un mauvais gars, braconnier incorrigible,
redouté de chacun daos le pays. Charger l'ex-zouue
Rigaud, dit Tape-a-l'reil, du soin de protéger les propriétés qu'il avait déva¡¡tées jusqu'alors, parut a tous les
habitants de la commune un acte de folie; on s'aper~ut
bientót que c'était, au contraire, un acte de bon sens;
en effet, Tape-a-1' IEil, le braconnier, ayant sa commission en poche, et s'étant revetu de ses insignes, devint
un conservateur féroce. Jean Duhordel ne s'étonna pas
de ce changement, lui ; il se contenta de dire : Tape-11l'ceil a changé son fusil d'épaule, je l'avais prévu.
Aussitót qu'il eut le garde-champetre, le gendarme et
deu.x gardes a ses ordres, l'ancien adjoint de la commune des Aliénés put savourer sa vengeance tout a son
aise; chaque jour, les voleurs de bois, les voleurs de
champs, les chasseurs honnetes ou malhonnetes venaienl
le trouver pour le ,prier de ne pas donner suite aux proces-verbaux qu'on leur avait déclarés; mais JeanDuhordel se montrait dur, intraitable envers tout le monde, la
présence des délinquants l'exaspéraít, le mettait dans
des coleres bleues :
I
- Ah! ah! vous ne riez plus, 11:!ur disait-il, maintenant
que je veu.x faire respecter mon bien et celui de mes
maitres; roa foi, tant pis pour vous, je ne ferai grace a
personne; ah! vous n'etes pas au bout de vos peines,
allez, je vous en ferai des proces ! et p11is en~ore, - et
puis encore; - il faudra que la langue des avocals en
pele et que la barbe des juges en fume!
Peu a peu, le nombre des proces diminua d'une ma•
niere sensible; au bout d'un mois ou deux, on n'en fit
plus un seul, faute de délinquants, personne n'osant
plus s'aventurer sur les propriétés_de Jean Duhordel. 0n
vit alors le garde, les militaires aux jaunes haudriers,
Tape-a-l'ooil et son collegue, se promener mélancoli·
quement au milieu de la solitude. qu'ils avaient faite.
Pendant ce temps, les !apios, les lievres, les perdreaux
de toute la cootrée, s'étant communiqué sans doute les
mesures prises en leur faveur sur les terres de la Cornouilliere, vinrents'y établir en·grand nombre et y vivre
tranquilles, dans l'ahondance de toutes choses; bientót
apres, ils s'y multiplierent tellement, que Jean Dubordel s'aper~ut, aux dégats qu'ils faisaient dans ses récoltes,
de l'inconvénient qu'il y a de trop protéger le gibier. 11 comprit qu'il fallait apporter un remede énergiqu.e au
mal destructeur dont il était mcnacé; et c'est a cette
occasion qu'il écrivit la lettre suivante aux MM. de la

Fougere:

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L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

159

de crédit une création doublement avantageuse, car elle
profitera et au crédit public et au crédit privé :
Mes chers maitres,
Au crédit privé, parce que désormais tout porteur de
titres mobiliers pourra ~e dire qn'en toute circonstance,
Je me bate de vous informer que vous aurez beau·i] est certaiu de tr.ouver une avance sur ses valeurs, et
a vec des conditions de crédit égales a celles que le Crép d'agrément, cette année, a chasser sur v.otre procou de la co~nou1·11·~
priété
11,re;.1e g1·b·ier n'~ man q~-er a pas,·
dit foncier peut offrir dans ses opérations a long terme.
¡e n'en ai jama1s tant vu, Je trouve meme qu 11y en a
Au crédit public, parce que toute valeur n'étant, en
réalité, suivant la langue économique, que du tr¡lvail
accumulé, la Caisse générale des avances sur titres, tout
U'Oi'~utre jour, en marchant dans une piece de lhzerne
en complétant le cadre de nos institutions 6.nancieres, va
d quatre arpen!$, j'ai compté jusqu'a. i7 lievres qui sont
fairé entrer daos la circulation de nouveaux capitaux et
ertis devant moi; - jugez, par la, de la quantité qu'il
féconder puissamment les sources du travail.
:Oit y avoir sur toute la propriété. - Ces gueux-la. ont
C'est done la une idée juste, en meme temps qu'une
dévo~é toutes mes p6pinieres de colza; il faudra que
bonne affaire, et cette créátion ne peut manquer d'etre
••achetc du plant chez mes voisins, pour en faire a l'auhien accueillie du public el du monde financier. Ajoutons
~mne. - Les lapins ne m'ont pas plus ménagé; ils ont
qu'a notre avis, les conditions de l'organisation sont de
mangé plus de la moitié de la marchandise (les paysans
nature a montrer l'entreprise sous le jour le plus favo•normands désignent ainsi toutes les récoltes sur pied) a
rable.
Quelles objections peut--on faire a cette nouvelle ínstil'entour-du petit bois du Coudray; ils ont fouillé, miné,
tution de crédít? Aucune. L'emprunteur présente a la
et mis seos dessus des!ous toute la jeune vente; ils ont
Caisse générale des avances sur titres une propriété aussi
maogé cet hiver les jeunes pousses de la Bouleautiere,
solide, aussi importante, aussi tangible que toutes les
si bien qu'a présent, ils peuvent y sauter partout a cloautres valeurs sociales. Les porteurs de titres qui out
cbepied.
contribué a fonder nos chemins de fer, nos usínes, nos
Quant a de la pédria:, j'en connais plus de cinquante
manufacture.,,¡, nos mines, nos forges, nos. fonderies, nos
compagnies: les petits sont drns comme pere et mere, et
hoúilleres, ont aussi biep. mérité du pays que le commerpas farouches du tout, - ils partent daos les jambes; ~ant qui présente son bordereau a la Banque de France,
il y en a meme qui sont nés autour de la ferme et qui
et que le propriétaire qui emprunte au Crédit Foncier
vieooent jusque daos notre cour, se meler aux pigeons
pour drainer ses terres.
Dira-t-on que ces milliards de valeurs qui sommeillent
et aux poules.
daos la pénombre des opérations de la Bourse, ne repréC'est sur vous, Monsieur Adolphe et Monsieur Henry,
sentent qu'•Jne propriété saos valeur nettement appréque j'ai compté pour me débarrasser d'une bonne partie
ciable, puisque la plupart du temps elles n'ont pas de
de tout ce bétail, a l'ouverture de la chasse, car je n'y
conrs sur la cote officielle?
peux rien, moi; vous savez bien que pour tout l'or du
L'objection n'aurait aucune force. Le banq11ier peut-il
monde je ne voudrais pas tuer le gibier de mes maitres.
fixer, d'une maniere absolue, la valeur commerciale du
Ce faisant, vous obligerez sensiblement votre tresnégociant qui luí demande une ouverture de crédit? Le
bumble serviteur et fermier,
Crédit foncier connait-il mathématiquement le prix
-4EAN 0UHORDEL.
qu'ohtiendrait l'immeuble qui sert de gage a !'avance
qui lui est demandée? Non, saos aiicun doute; mais le
Les messieurs de la Fougere, accompagnés de quelhanquier peut apprécier facilement la surface que préques-uns de leurs amis, ont chassé cette année a la Corsente le commerce de son client, et le Crédit foncier peut
oouilliere ; mais, malgré les belles chasses qu'ils y out
estimer approximativem_ent le prix des immeubles s11r
faites, il y reste encore une telle quantité de gibier, que
le~quels on emprunte. La Caisse générale des avances sur
Jean Duhordel, pour sauver sa prochaine récolte, en est
titres peut également, par les conseils dont la gérance
ne manquera pas de s'entourer, donner une valeur
réduit a prier ses voisins de ch~ser un peu sur ses. tercertaiue aux ,titres que l'ernpr·unteur viendra lui offrir.
res. C'est dur pour un homme comme lui de laisser enNous allons plus loin, et nous disons que la masse des
trer ainsi les loups daos la bergerie. - Mais ce qui le
titres
tnconnus, dépréciés, saos valeur, que !'industrie
contrarie, ce qui excite le plus sa colere et sa rage, c'est
pent trainer apres elle, ne peut influeren rien ni sur la
de preter encore a.rire aux habitants de la commune
marche des opérations sociales, ni sur les résultats rémudes Aliénés: ils prétendent que Jean Duhordel n'ose
. nérateurs qu'elles doivent obtenir. Nous pourrions, en
plus sortir de chez lui, par peur des lapins et des lievres
effet, répondre que les billets protestés n'empecbent pas
qui veulent le dévorer.
les banques de poursuivre le cours de leurs affaires. Mais
CHARLES JoBEY.
nous trouvons meme, en faveur de la Caisse générale des
~
avances sur titres, un argu~ent plus décisif encore. Et,
en etfet, la société fondée par M. Hippolyte Destrem
LA CAJSSK G&amp;K&amp;RALK DES AV!líCKS SUR TITRES
n'aura jamais les non-valeurs qui pesent quelquefois
lourdement sur les banques. Comme Je Crédit foncier,
Pour faire sentir l'action immense que le crédit exerce
dont elle ne fait que reproduire le fonctionnement pour
sur les finances des États, le b:i.ron Louis avait coutume
la ricbesse mobiliere, elle est toujours nantie d'un gage
de d1re que le crédit est l'artillerie des ~nances. lmage
ahsolument certain, et, a cet égard, l'institution présente
aussijuste que saisissante, et dont la vérité se manifeste
un caractere de sécurité absolue.
anou~ aujourd'hui, non-seulement dans l'histoire des
Le capital de la Caisse générale des avances sur ti tres est
gouvernements, mais enctire daos toutes les branches
tout d'abord fixé a vingt millions, dont on ne réalisera que
de l'activité sociale.
la moitié par la premiere émission des titres. Mais il est
S'agit-il du commerce et de !'industrie? La Banque et
clair
que cette création participe de la nature du crédít
RÉBUS.
ses succimales, le Comptoir d'Escompte et les banques
foncier, dont le chitfre d'affaires grandit avec le cbiffre
privées, en se ramifiant sur le pays tout entier, mobilides emprunts. Ce premier capital s'accroitra done
sent par l'escompte un capital que la statistique fait
bien certainement, au fur et a mesure du développement
monter annue\lement a plus de dix milliards.
des opérations 3ociales.
S'agit-il de la propriété territoriale? Le Crédit foncier,
La forme de la société est la forme commanditaire, et
qui n'est encore qu'a l'enfance de ses opérations, préM. Hippolyte Destrem a eu raison d'adopter ce premier
seote aux immeubles, par l'émission de ses obligations,
moda d'établissement. La destinée d'une commandite est
un crédit saos limites, qui dote la propriété ímmobiliere
essenliellement liée a la gérance, et la gérance d'1me
des avantages de la propriété mobiliere.
entreprise nouve\le inspire toute confiance, quand on la
S'agit-il de la création de graods travaux d'utilité pu-prend, comme 11. Hippolyte Destrem, ave~ une considéblique? Le Crédit Mobilier est la pour ouvrir les voies
ration justement méritée, avec une expér1ence consomnouvelles, et son intervention a largement contribué a. la
mée des atlaires, et enfin avec une fortune qui va devemultiplication incessanle de ces travaux et de ces titres
nir le premier londement de l'reuvre.
~ni font monter, ele~ aujourd'hui, a plus de trente milPlus tard, quand a l'étendue_ des opérations répondra
hards le chitlre de la fortuue mobiliere de la France.
la puissance des moyens, M. H1ppolyte Destrem pourra
Certes, ces grands ínstruments de crédit et de circusonaer
a donner a. son institution une sanctionnouvelle
O
lation financiere sont encore loin, en dépit de leur puispar la forme anonyme. Mais l'urgence de la création
KXPLICATION nu DERNIER RÉBUS.
sanee, d'etre arrivés a une organisation parfaite, et sur
étant démontrée, le fondateur a eu raison de choisir la
l! vaste échiquier de leurs opérations, nous pourrions
La rareté des locaux motive l'élévation des loyers dans la commandite, parce qu'elle est plus expéditive et qu'el!e
s1gnaler plus d'une !acune. Mais, en définítive, considé- capitale.
donne a la Caisse générale des avances sur titres une serés daos leur ensemble, ils ont répondu aux premieres
rieuse aarantie, par la présentation immédiate d'nne
0éeessités du temps, et leurs forces combinécs ont donné
géranc: considérable et considérée. La constitution d'une
Au&amp;. MARc, directeur-gérant.
au crédit une incalculable portée.
société anonyme eut d'ailleurs entra1né des lenteurs iné'
EoM.
TEXIER
,
rédacteur
en
chef
.
. Ces trois institutions nous font bien voír, par une disvitables, et, comme le pbilosophe qui prouvait le moulinetion nette et tranchée, la marche que suit a notre
vement en marchant, M. Hippolyte Deslrem a prouvé
époque la ditfusion du capital créditeur. Le crédit, pour
l'excellence de son opél'ation, en la réalisant lui-meme.
Imp.
de
L'ILLUSTRATlON,
A.
Marc,
~~lli~e atous les besoins créés par l'ímpulsion extraor-•
li&amp;mlI· Cozlc.
fl!i, roe de Vernauil,
maire donnée a la production en toutes choses, tend
de plus en plus a concentrer ses forces et a spécialiser ses
ressources, pour les appliquer, dans des établissements
séparés, a chacune des grandes opérations du siecle.
En un mot, la division du travail appelle la division du
crédit. Une ~eule banque serait aussi insuffisante pour satisfaire a11X exigences du crédit en général, qu'une seule
imprimerie pour réaliser les innombrables travaux de
la presse et de la librairie. A des opérations différentes
et d'•me grande étendue, il faut ·done que les capitaux
répondent par des institutions distinctes. C'est ainsi que
le crédit arrive a. féconder successivement toutes les régions µlacées jusqu'a ¡.,résent en dehors de son action salutaire. Qu'une évidente nécessité apparaisse, qu'une !acune considérable soit signalée, et aussitót les capitaux se
groupent pour accomplir une nouvelle reuvre d'utilité
générale.
Eh bien! 11 est évident, a premierc vue, qu'un vide
manifeste se montre clairement a tous les yeux, daos
l'organisation actuelle de nos établissements de crédit.
Avec un produit fabriqué, avec un produit agricole, avec
u~e ferme, avec une maison, avec un projet de chemin
de fer, avec une entreprise en cours d'exécution, vous
,pouvez frap-per aujourd'hui a la porte d'une institution
spéciale, et le crédit s'oune devant vous.
Mais, chose étrange ! Votre portefeuille est rempli de
ces valeurs et de ces titres qui constituent le mouvement perpétuel de la Bourse; vous voulez, saos les réaliser, trouver une avance sur le dépót de ces titres de
rente, de ces actions, de ces obligations et de ces valeurs
industrielles; il est clair que c'est la une opération courante, de chaque jour, de chaque instant; c'est la un besoin tout aussi nécessaire que la négociat1on d'une
traite, d'un billet a ordre et d'une lettre de change.Eh
bien! cherchez, et vous vous apercevrez quepas une banque, pas-une caisse, pas une institution spéciale de crédit
ne se présente a vous pour réaliser votre emprunt.
Nous savons qu'on peut nous répondre par l'exemple des
avances faites par la Banque de France et par 1~ Comptoir d'Escompte. Mais la réponse est loin d'etre satisfaisante; car ces étabiissements ne pretent que sur le dépót de certaines 1Jaleurs spéciales, et leurs conditions de
crédit sont telles, qu'e\les ne présentent a l'empmnteur
aucune regle fixe pour la coniluite de son opération.
Ainsi, pour ne citer qu'un exemple, !'industrie miniere
et métallurgique , est représentée, en France, par deux
milliards de valeurs, actions et obligations. Présentezvous avec un million de ces titres au guichet de la Banque et du Comploir d'Escompte, et le guichet se fermera
saos vous ríen preter.
On peut done affirmer qu'en these générale, !'avance
sur dépót de titres n'existe pas. Cette !acune est d'autant
plus regrettable et d'autant plus frappante, qu'il s'agit
de venir en aide au courant le mieux caractérisé des opérations de notre époque. La fortune mobiliere de la
France n'est-elle pas, en etlet, l'é,lément de la richesse
publique qui s'est le plus rapidement développé? Les
trente milliard~ qui le représentent ne s'accroissent-ils
pas, chaque année, d'un milliard environ de nouvelles
valeurs? La Bourse, par le va-et-vient des transactions
de chaque jo_ur, ne fait• elle pas de ce capital é1:1orme la
portion la plus vivante de la richesse du pays?
C'est en vue de parer a cette nécessité impérieuse que
M. Rippolyte Destrem, ancien banquier a París, vient de
londer la Caisse générale des avances sur titres, et il est
ímpossible de ne pas voir daos cette nouvelle ouverture

------r---..,..,~

--------.,...~-

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�f60

L'ILLUSTRATION; JOURNAL UNIVERSEL.

On nous écrit de Bade :
• La Comtesse Éva, un charmant opéra de }fm• la
vicomtesse de Grandval, vient d'etre joué ici et a
obtenu un tres-grand succes. Le public a accueilli
avec une faveur toute particuliere la premiere romance, morceau d'un sentiment exquis, que Jourdan a chantée a ravir, le duo chanté par Crosli et
Mm• 1ames, et le trio final, d'une gaieté et d'une
mélodie parfaites. Ce trio est un vrai modele du
genre bouffe.
Les artistes ont en, biei;i entendu, les honneurs du rappel a plusieurs reprises, et les applaudissements les plus vifs et les plus sinceres
ont éclaté quand le nom de l'auteur a été proclamé. Mm• de Grandval a fait ses preuves, il ne lui
reste plus qu'a continuer; on peut lui prédire a
!'avance autant de succes que de partitions. Deux
des morceaux de la Comtesse Éva vont etre exécutés aUI" concerts des Champs-Élysées; c'est une nouvelle consécralion du mérite de cette rouvre. Nous
avons entend u aussi, dans la salle des eoncerts de
Bade, leChasseur, ballade du prince J. Poniatowski
. '
Gil:la, valse chantée de Théodore Rilter qui, bien
qu'agé de vingt-deUI" ans seulement, compte parmi les compositeurs les plus éminents, et auquel
on doit déja deux compositions remarquables: le Paradis
perdu et Méphistophéles. Les paroles de ces divers morceaux sont de M. Ed. Bouscatel; elles sont pleincs de
verve et de sentiment a la fois. »

alors par Gioberti, et il y devint chef de la divisioQ
des consulats et du commerce, poste que M. Negr¡
a gardé depuis f849 et dans lequel il n'a ceSsé de
rendre tes plus grands services. Déja, a plusieiu,
reprises, M. Negri a été chargé par le gouverne.
ment de S. M. Victor-Emmanuel de missions i111portantes. Tout récemment encore, il en a rempli
une en Portugal. Ajoutons que M. Negri est me111bre de plusieurs sociétés savantes, et entr'autrea,
de la Société royale de géographie de Londres.
H. C.
~

LE CHATEAU DE LA BASTIDE·BESiLAS.

Le proces dont la Cour d'assises de \'Ariége était
saisie, et dont notre dernierc Gazette du palais
entretenait les lecteurs de l'Illustration, n'a pu
duré moins de dix audiences. Le jury a déclaré les
deux accusés coupables. Des circonstances atté.
nuantes ont été reconnues en faveur d'Audouy;
en conséquence, la Coor a prononcé la peine de
mort contre Jacques Latour, et celle des travaUI
forcés a perpétuité contre son coaccusé.
LE COMMANDl!UR NHGRI,
Nous donnons deux vues du chatean de La
Bastide-Besplas; un pa¡;sage de !'acle d'accnsation
fense qui s'organisa dans celte ville pendant les événe- en sera la meil\eure explication :
&lt;&lt; Les batiments, divisés en plusieurs corps, dit ce
ments dont la Vénétie fut le theatre en i848, ~l. Negri
y fut nommé par le gouvernement provisoire de Venise document, forment une cour intérieure sur laquelle
directeur de l'École de droit, et apres la prise de Vicence s'ouvrent les portes du vestibule, de la cuisine et de
par les Antrichiens, il dut chercher un refuge a l'étran- J'écurie, A soixante-quinze metres de distance, les maitres-valets occupent un autre
batiment dont les écnries
u:
seules s'ouvrent au nord,
vers le chateau, et dont la
COMIIAKDEUR NEGRI.
partie habitée n'a de portes
Le drapean de la marine
et de fenetres qu'au midi,
royale d'Italie va enfin pavers la route de Daumazan
raitre sur les grands océans
a Montesqnieu, a laqnelle
Indo-Chinois et Pacifique, a
l'édifice se rattache, comme
cjté de ceux de France et
le chAteau lui-méme, par
d'Angleterre. Apres de lonune avenue plantee, d'envignes hésitations, le gouverron deux cents metres de
nement italien a décidé que
longueur. »
la frégate Magenta appareilAu rez-de-chaussée, dans
lcrait pour un voyage de cirl'écurie, gisait 1~ cadavre de
cumnavigation, au mois d'ocP~lagie Bicheyre , une des
tobre prochain, et qu'une
servantes, et dans ie bücbcr
m1ss10n diplomatique et
contigu, celui de Jean Lacascientifique prendrait passage
nal, le domestique. Jean LaAson bord, afin de se rendre
canal avait été frappé le prt·
en Chine et au Japon, pour
mier daos l'écurie; Pélagic
négocier des traités de comBicheyre était survenue el
merce avec ces empires et
avait succcombé a son tour.
établir avec eux des rapports
Le corps de M. de Lassalle,
qui permettent a l'ltalie de
renversé sur le dos, était
faire sur ces inépuisables
étendu au pied d'un lit, dans
marchés, de larges provisions
la chambre ou couchaient
de graine de vers Asoie.
les deux servantes, au pre•
Ce résultat, dont il y a
mier étage. Sur le lit, dont
LE CRAT&amp;AU DE LA BASTIDE-BHSPLAS, - D'aprés les croquis de M. Jacoubet.
lieu de féliciter le cabinet de
les rideaux coupés avaient
Turin, est du en grande partie al'initiative et al'opinia- ger. Mais bientót le gouvernement du roi de Piémont été ramenés vers les pieds, on découvrit le cadavre de
treté patriotique de M. le commandeur Negri, fonction- l'appela a présider l'université de Tnrin, d'ou il ne !arda Raymonde Bergé, la seconde servante. Attaquée la dernaire et savant des plusdistingués, qui,de l'autrecóté des pas a passer au ministere des atfaires étrangeres, dirigé niere, Raymonde s'élait probablement longtemps dé·
Alpes, jouit d'une grande et légitime réputation,
fendue, en s'enveloppant dans les rideaux et en
et maintes fois déja s'est fait remarquer par ses
se rejetant dans la ruelle, ou sa tete, a demi déécrits dans le monde savant.
tachée du tronc, et son corps presque entier,
En meme temps que la presse italicnnc et
étaient engagés. Le lit gardait des empreintes
fran~aise porte le j ugement le plus favorable sur
boueuses, celles des pieds de l'assassin. C'est
un volume qui vient de paraitre a Turin, sous le
sur ce lit que furent trouvés le peigne A mouslitre : La grandeur italienne, et qui réunit une
lachcs et le petit crayon blanc qui ont _désigné
série des plus intéressantes publications faites deJacques Latour a la justice.
puis quinze mois, par M. Negri, dans les meilleors
Une correspondance adressée a un journal pajournaux de la Péninsule, nous apprenons que
risien rapporte que plusieurs personnes auraient
l'auteur doit assumer lui-méme la direction de la
cntendu Audouy, alors qu'il remontait en sanmission italienne dans !'extreme Orient.
glotant dans l'omnibus qui devait le rameuer ala
M. Christoforo Negri est né en i809, a Milan.
prison, apres l'arret de la Cour, prononcer ces
Apres .avoir étudié l'économie politique et le droit
paroles : « Et les autres? » Si elles sont exactes,
daos les principales universités de l'empire d'Auvoila peut-etre le point de' départ d'une instruction
triche, il se voua des sa premiere jeunesse, avec
nouvelle.
PIERRE PAGET,
~
une prédilection particuliere, aux études géographiques et statistiques, et fut nommé, en f840, ala
MM. les souscripteurs dont l'abonnement est
suite d'un excellent travail sur le différent degré
expiré le 31 aout, sont priés d~ le reuouveler il!l·
cocn INT~RJ1!UJIE D11 (;HATllAU.
d'importance del Jttats mod,rne,, professeur a l'umédiatement, s'íls veulent n'éprouver aucun re•
ninrsiié de Padoue. Présideni du comité de dé..
Cuiline,
• Éourie,
tard dans la réception du journal,

to

Dil

�</text>
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                <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores</text>
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                    <text>---

L'ILLUSTRATION,
UKIVBBSEL.
lOUBRAL

Direction, Rédartioo, Administration :
,outes les communications relatives au journal , réclamations, demandes
de changements d'adresse , doivent etre adressées franco •
11. AUG. IH ARC, DIRE CTEUR GÉRANT.
Les demandes d'abonnement doivent elre accompagnées
d'un mandat sur Paris ou sur la poste.
0

!!8

ANNÉE.

VOL. .lLll No . tt 22 •.

Samedi . , A.out

188 .A .

L'lllministration ne ripoud pas dea manumill et ne l'engage ¡amai1 i lea iuerer,
Vu !u lraitól , ta lraducbon •I 4 reproduchon l r etranger 10nl illlerdiMI.

BUREAUX : RUE RICHELIEU, 60.

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3 mois, 9 fr. ; - 6 mois , 18 fr.; - un an, 36 fr.; - le numéro , i5 c.
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Les abonn. parlent du I er no de chaque mois.

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Re.ue pohlique de la semaine. - Courrier de París. - Fcle de Versailles
en l'honueur du roi d'Espagne. - Incendie de Limog••· - Les iuduslties ineonnues de Londre;. - Gazelte du palais. - les colonies fran~u~ s : l.e ro,aume rle Porl~•Novo (deuxieme arllcle ). - Le chem10
de fer de Par,s a Madrid. - Obseques de la princcsse C.zartor¡-ski. ,:,us,rie dramatiq ue. - rorrespnndance italiennc. - Le cofTre á quatrc
curues. - N. IJesir.amt. - llulletin biDliograpbique.
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RJNCE,

a Varsovie : Le gou•erneur passaut sur la place de
Saxc. - Fétc dnnnée á Ycl'sailtes, en l'booneur de S M. le roi d'8spa~ne. - Jnc•nd,e de t.imo~u ( 4 gravures). - Les colonies fran~alses:
Le royaumc de Porto-]fovo ( rleuxicmo article ), 1! gravures - S. S. le
Pape visitan! la ca~erue récen¡mcnt construíte au Macao (Home). - Le
c(lfTrc a ouatre cor11cs, drau-grandeur natureilP. - M~ u~sm,rest. bAlou1&gt;ícr de l'orJre dos a1·oc•ts. - llégales de Touton ( 14 &amp;out). - Le
m ,,s tl'ao,it. - Échecs . - Rébus.

Gravures : Fctes

REVUE POLITIQUE DE LA SEMAIN~.
Les rctards qu'ont éprouvés les négociationsont donné
naissance a une foule de suppositions défavorables au
maintien de la paix ; mais il parait que la cause uníque de ces délais est la solution de la question finan-

'

�130

.....

l) 1LLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

ciere. - Voir,i l'heure de la carte , a payer. Si les stipulations de Vicnne ont établi le mode de répartition de
la dette commune entre 1e'Danemark etles Duchés, elles
n'ont pas fait mention des répétitions que les Duchés
ont a faire a charge du trésor danois. Les Duchés firétendent qu'en paJ:'.lageant le passif de la monarchie, ils
ont droit aussi a leur part dans l'aclif, dont le capital du
rachat lles péages du Sund forme le plus fort contingent,
et qu'en conséquence ce boni doit veniren déduction de
leur quote-part daos les charges commuues. En outre,
les Duchés font valoir une foule d"autres revendications plos ou moins discutables, dont le reglemeut
exigera nécessairement un examen sérieux et approfondi.
11 est un bruit dont il faut faire mention, parce qu'il
est assez accrédité daos certaines parties de l'Allemagne. On as~ure q11'il se forme,en Danemark, un partí en
· faveur d'une combina:ison destinée a sauver l'intégrité
de la monarchie. Ce partí travaillerait a suhstituer, aprcs
la paix et l'installation du duc Frédéric, ce dernier
prince au rorChristian.
On prétend, il est vrai, que pour 'prévenir cette éventualité, les deux grandes puissances germaniques exigeraient du prétendant des engagements formels et des
garanties sérieuses contre la réalisation de ce projet, et
que c'est pour celte raison qu'elles tardent tanta le
mettre en possession des Duchés.
En attendant que la cooférenée qui doit régler définitivement les conditions de Ja paix avec le Danemark se
rassemble, le roi de .RrQ.S3e, suivi de, M. de Bismark, va
jouir a Vienne de sa gloire et de son triomphe. Le télégrapbe, a qui les acclamations·ne coutent pas beaucoup,
n ius apprend que Guillaume l•' a fait son entrée a coté
de Fran~ois-Jo~eph dan¡¡ l¡t capi~ale de l'Autriche, au
milieu des vivats de la population.
Cependant, si l'on exaepte la Gazette de Vienne, les
journaux de cette capitale semblent beaucoup plus
froids: ils ne parlent µas de vivats, et quelques-uns disent meme que l'accueil fait par la population viennoise
au roí de Prusse a été trés-réservé.
·JI a été beaucoup question.d'une note de remontrances
áií gouvernement fran~ais,' a l'occasion des préliminaires
d{Vienne: Oa'ns cette note, M. le ministre des aflaires
étrangeres, apres avoir constaté l'insucces des efforts
ten tés par la France pour faire accepter une transaction,
aurail signalé l'excessive rigueur des conditions imposées
au Danemark par les cours alliées, et exprimerait le regret de voir la conciliation, qui était daos les vreux de
tons, faire place a- la rdrce. L'envoyé de Frauce aurait
été chargé de faire connaltre saos détour l'opinion du
cabi'net de Vienne, et de rappeler ce dernier a la modération.
•
Le' dernier numér_o du Mémorial diplomatique est terne,
au moins daos la partie qui concerne le Mexique. Ce
, journal annonce seulement un décret destiné a régler les
attribÚtions, titres et émolumcnts des divers représentants,du nouvel empire a l'étranger. Les agents du Mexi1¡ue a Paris, a Vienne, a Brnxelles, a Londres, a Rome,
a Madrid, a Li~bonne et a Turin, auront le titre d'envoyés extraordinaires, ministres plénipotentiaires. Les
trois premiers recevront un salaire annuel de i 2,000 piastras (60,000 fr.), plus rn,ooo piastres (50,000 fr.) pour
frais de déplacement. Les bonoraires des autres seront
de 8,000 piastres, plus 5,000 piastres pour frais. On voit
que le principe des appointements ne fléchit pas plus au
Mexique qu'ailleurs.
Une autre mesure qui ne contribuera pas peu a augmenter, si cela est possible, dit le Memorial diplomatiqµe, la popularité du nouvel emper~ur, c'est le soin
qu'il prend a m~ttre un terme aux plaintes soulevées par
la cherté subite des vivres au Mexique. L'Empereur a
nommé une commission qui, daos le plus bref délai possible, devra ]Ui rendre un compte exact du véritable état
des choses, et proposer en meme temps les moyens les
plus-efflcaces poor faciliter l'approvisionnement de la
capitale et faire disparaitre les causes réelles ou fictives
- qui ont contribué au renchérissement des denrées et au
malaise des classes ouvrieres.
Le no.uve! empereur et la commission ent assumé une
rude taehe. L'économie politique n'admet guere les miracles, et, daos un empire comme daos une répuhlique,
au Mexique co,nme partout, il faut subir !'inexorable loi
de l'oflre et de la demande.
Au milieu de ses graves préoccupations, l'Erupereur
Maximilien trouve encore le temps de signer de nombreuses promotions daos l'ordre de Notre-Dame de Gua-

dalupe; deux sreurs de charité viennent d'etre nommées,
l'une chevalier, l'autre officier.
On sait que des désordres ont éclaté a Belfast (Irlande),
un vrai combat entre les orangistes et les catholiques.
Les premiers ont brulé O'Connell en effigie, les seconds
ont tiré des coups de fusil sur le convoi d'un protestant
tué daos uo·e premicre bagarre. De Belfast, les troubles
semblent vouloir se répandre daos le reste de l'frlande.
Cork a eu des manifestations, et il a méme fallu consigner les troupes a Dublin, afin d'empecher le départ des
orangistes et des catholiques' aux dillérentcs slations de
chemins de fer. Un noyau de 400 individus a marché a
travers les ºrues, au milieu d'une foule considéralile
poussant des vociférations. Cette bande, bientot grossie,
s'est fort heureusement dispersée sur une décharge a
poudre, en passant devant un poste occupé par la poi ice
en armes.
Le prince Gortschakoff, grand-chancelier de Russie,
est accusé d'avpir tenu un propos qu'il n'a pas encore
pris la peine de démentir. Le chef du ministere mo~co-:
vite, tatant le pouls a la Pologne et le trouvant considérablement affaibli, aurait dit : &lt;&lt; JI n'y a plus de question
polonaise, il n'en reste qu'une désormais a résoudre,
c'est la quesLion révolutionnaire. l&gt; Un journal prétend
meme que le prince ne se serait pas serví du mot révolulionnaire, et qu'il aurait dit qu'il ne restail a tésoudre
désormais que la question napoléonienne.
Nous ne faisons pas une grande attention a tous ces
bruits. Que le prince Gortscbakoff ait ou n'ait pas prononcé cette parole, peu importe; la nussie, Corte de six
cent mille soldats, a pu, avec beaucoup de peine, avoir
raison de quelques ·bandes polonaises qui oot tenu pendant plus d'un an l'empire en écbec; mais les idées résistent au sabre et au canon, et l'idée moderne fera son
chemin, eu · dépit des fanfaronnades du prince Gortschakoff.
Du reste, s'il faut s'en rapporter aux feuilles russes,
la Potogne est tranquille. Le gouverneur de Varsovie se
promene au milieu de la ville, suivi de 50D état-major;
mais, ce que ne disent pas les feuilles russes, c'est le silen.ce qui entoure les autorités civiles et militaires, c'est
Je désespoir de la population, ce sont les manifestations
qui éclatent chaque fois qu'un convoi de prisonniers est
dirigé vers la Sibérie. La statistique porte a 35,000 le
nombre des Polonais tués daos les combats de la derniere insurrection, et a quatre-vingt-di.x-mille le nombre
de ceux qui ont été envoyés en Sibérie. On comprend
que l'ordre soit rétabli a Varsovie et en Pologne.
Des événements graves viennent d'ensanglanter la
ville de Geneve, a la suite de l'annulation de l'élection
daos laquelle le candidat conservateur l'avait emporté
sur M. James Fazy. M. James Fazy, qui a joué, en ces
dernieres années; un grand role daos le can ton de Geneve, est le chef du partí radical, et il est appuyé par les
catholiques, auxquels, pendant son administration, ji a
Jaissé pleine liberté. A la suite de l'annulation de l'élection dont nous venons de parlcr, des barricades ont été
élevées; il y a eu quelques personnes tuées. Le pouvoir
cantonnal, daos l'impuissance de rétablir l'ordre, a requis une intervention fédérale; en conséquence, le conseil fédéral a envoyé, en qualíté de commissaire,
M. Fornerod, ·lequel est entré a Geneve avec un bataillon de la milice.
Le roí d'Espagne a quitté Saint-Cloud dimanche soir.
Pendant i,on séjour, il avait fait une visite au comte d'Aquila, son oncle. Le comte d'Aquila est, comme on sait,
l'oncle du roi de Na¡,les. On assure que l'entrevue a été
tres-cordiale et pleine de ~ympathie, de la part du roi
d'Espagne, pour les infortunes de la maison royale des
Deux-Siciles. Le roí d'Espagne a également visité sa
belle-mere, la reine Marie-Christine, avec laquelle il a
eu un long entretien.
.
C'est le 20 aout que doit s'ouvrir le congres de Malines. On sait le retentissement qu'eut, l'année derniere,
ce premier c·ongres catho\ique, 011 la ~arole de M. de
Montalembert, jugée trop libérale, ne fut pas a l'abri
des censures de Rome. Parmi les Frangais qui doivent
se rendre au congres de cette année, on cite .m1. de
Riancey Auo-uslin Cochin, le vicomle Lemercier, le
'
0
~
.
vicomte de ~elun, Léopold de Ga1llarcl. On assure qoe
M. de Montalembert ne brillera que par son absence.
Le prince Humbert, prince royal d'llalie, qui voyage
en ce moment en Allemagne, est prochainement attendu
aParís.
EDMOND TEmR.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
1;¡;.;anité; Elle ne µeut done se douter de la gravité

co:unRIER DE P.\.B18.

A Sa Majesté l)ersane. - . OMI Lambert I - Le Sport nauti.

que. - La Sociétt! internationale d~s courses de Porchefiw,.
tai11e. - La fievre du plaisir: autrefois et aujourd'hui. _
Ferville. - Les ér,onomies de mesdames de la Halle._
Les Guides pratiques de M. de _Conty.
« A Sa J!ajesté tres-auguste le Schah de Perse,
« Sire,

L'événement qui m'a inspiré la pensée de cette lett,e
date de douze jours,c'est-a-dire que la France, l'Europe
et l'Amérique en sont instruites; c'est done a Votre Majesté seule que je vais le raconter. Peut-etre le bruit en
esl-il arrivé j usque dans vos Etats, mais en fin cela n'est
pas bien sur, et comme il importe qu'un grand prioce
comme vuus l'etes n'igoore ríen de ce qui -se passe aUII
ce monde, je n'bésite p_as a répéter ce qu'ont dit avant
moi deux ou trois mille journaux.
« D'ailleurs, Votre Majesté est un des fideles abonoé3
de l'Illustratio11, et fJue penscrait-elle si je me taisais?
&lt;( Apprenez done, Sjre, que pendant quelqoes jours
tout París a été fou, et soyez certain que toule la province
est folle a l'heure qu'il est.
« Quand Auguste avait bu, la Pologne était ivre.

&lt;&lt; 11 ne serait pas convenable que la provini:e füt sensée, quand París a perdu !'esprit.
&lt;( C'est le t5 aout, jour de l'Assomption de la Vierge
Marie et ele la féte de S. M. Napoléon· III, que cette
grande folie parisienne s'est déclarée.
Elle n'avait qu'un symptome, qu'un cri : le matio; a
la méme heure, quelques personnes, dans des quartiers
différents, ont jeté cet appel incomprébensible a un 11ersonnage imaginaire: « Lambert! ohé! Lambert! » Une
ceutaine de voix ont répondu: « Lambert! ohé ! Lambert! )&gt;
&lt;( Le soir, la contagion avait gagné les multitudes qllÍ
couvraient les boulevards, les quais, le Champ de Man,
les Champs-Elysées, les Tuileries, l'Esplanade des Invalides, celles qui remplissaient les rues, celles que ler
chemins de· fer ramenaient de la campagne, et dans
toute la ville on n'entendait que ces mots : « Lambert,
ohé! Lambert! &gt;) JI semblait que ce füt quelque messie,
objet d'une attente fiévreuse, que tout un peuple fanatisé appelait, et qui ne daignait pas paraitre.
« Ce cri avait déja franchi les limites du département
de la Seine, dont París est le chef-lieu, comme le sait a
cóup sur Votre Majesté.
« Je revenais de Saint-Prix, un charmant petit village
de la vallée de Montmorency; a la station d'Argenteuil,
un monsieur et une dame, un couple tres-saín d'esprit
en apparence, monte dans le wagon 011 j'étais assis. La
dame se pencbe a la portiere, et tres-sérieusement críe:
&lt;( Hé ! Lambert ! 1, C'était la premiere fois que j'entendaiJ
ces mots, ils ne me causent aucun étonnement.
Le train part.11 marchait depuis cinq minutes, lorsque
la dame se penche de nouveau a la portiere et de nou•
veau crie : « Hé ! Lambert! 1)
- « Voila qui est étrange, pensai-je; nous sommes l
deux ou trois kilometres de la station; cette dame
appelle Lambert comme s'il était la; si ce Lambert a
suivi Je train, il faut qu'il ait de fameltlles jambes.
' &lt;( A Bois-de-Colombe, les cris forcehés des gens de
l'impériale m'apprirent la vérité. 11 Les Parisiens seront devenus fous, me dis-je, pendant que j'étais a la
campagne. Pourvu quºil ne m'en arrive pas au•
tant ! ))
« Ai-je échappé a la maladie de mes concitoyens, je
n'oserais l'affirmer; les fous, Votre Majesté ne !'ignore
pas, n'ont pas conscience de leur folie, et il se peut q~
tandis que j'écris cette lettre au plus grand schah qw
soit jamais monté sur le trone de la Perse, je pousse de
temps en temps, sans m'en douter, un:&lt;&lt; Ohé ! Lambert!
retentissant.
.
(&lt; Oh! la contagion de la folie, c'est horrible! Ce so_ll'la dans la rue de Rivoli, un sergent de ville·voulut in·
te~peller un cocher afio de l'empecher d'entrer dans_un~
rue 011 la circulation élait interdite : Croyant cr1e~ ·
(( Ohé ! cocher ! l) ce fut : ·« Ohé ! Lambert ! )) qu'il cna.
« Votre Majesté ne sait pas que la police est légalement réputée, chez nous, impeccable, infaillible, et placée
au-dessus de$ faiblesses, des infirmités et des ridicuJes de

d'un pareil fait. D'autre part, comme !'esprit de malice
et d'opposition est extraordinairement développé chez
nous, et que nous avons un pllisir extreme a voir la perfection se démentir, s11rtout,1a perfection de l'autorité,
ce fait si grave devait nécessairement exciter dans la
foule une allégresse immense et un entbousiasme frénétiqae. Aussi la preuve de folie que venait de donner le
sergent de ville, fut-elle accueillie par des hurrahs, des
applaudissements, des trépignements de joie; et soudain des llras vigoureux enleverent de terre J'autorité
déchue et la porterent en triomphe.
,e Le lendemain, quand la démence fut un peu calmée,
quelques aliénés guéris rechercherent l'origine de ces
syllabes fatales qui avaient détraqué la cervelle de tout
París. •
« Cbacun publia sa version :
« C'était un ouvrier, qui, voyant un monsieur s'habiller a sa fenetre, luí avait crié : « Ohé ! Lambert ! n
comme il aurait crié : « Ohé ! Bastien ! &gt;)
e&lt; C'était un tres-baut personnage pres de qui une
dame rencontrant un de ses amis, nommé Lambert,
avait dit : (&lt; Eh! voila Lambert ! n Le tres-haut personnage avait cru entendre autre chose, s'était retourné
gracieusement vers la dame et avait salué.
« t.:'étüt une dame Lambert, qui, séparée de son
mari, au moment de monter en chemin de fer, passait
devant cbaque wagon en appelant : &lt;&lt; Lambert ! Hé !
Lamberl! »
« Enfin, le Journal -&lt;fa Havre prétend nous donner le
vrai mot de l'é111gme et condamne de tres-haut toutes
les autres explications.
&lt;&lt; Lambert, · affirme la feuille ha vraise, était un
garde "ational de París qui vint avec les camarades de
sa compagnie voir le Havre en i848 ou en 1849. Nos
soldats citoyens se plaisaient alors a aller voir la roer
en uniforme, sac au dos et schako en tete : une autre
folie de ce temps-la. Du Havre, on alla en bateau a Honfleur. Lorsqu'au moment de repartir les officiers firent
l'appel de leurs hommes, Lambert ne répondit point;
on appela vainement Lambert; il fallut revenir saos lui
a París. Depuisce jour-la, il n'y a point de train de plaisir de París au Havre saos que : « Obé ! Lambert ! &gt;, ne se
mele au sifflement de la vapeur et au fracas des roues :
c'est une tradition.
« Je vous livre ces diverses solutions, sire ; Votre Maesté choisira celle qui Jui plaira dc,vantage, et quand
elle aura choisi, elle po11rra se dire : JI est tres-probable
que la bon ne n·est ni celle-la ni les autres.
« Ceci fait naltre en moi un doute qui me tourmente
beaucoup et que j'ose soumettre a Votra MaJesté : Voila
nn événement qui remonte a quelques jour~ seulement,
et qu'on explique déja de quatre manieres différentes :
que penser de la certitnde historique? Quelle confiance
accorder aux écrivains qui assignent telle ou telle cause
a des événements qui se passerent au temps des Grecs
et des Romains, ou sous le regne de Darius ou de
Xerxes, vos angostes prédécesseurs? Nous ne savons pas
pourquoi nous crions: &lt;( Obé! Lambert ! » Sommesnous surs de savoir pourquoi, il y a trois mille ans, les
Grecs firent le siége de Troie, pourquoi les Romains
abolirent la royauté, pourquoi nous avons fait la guerre
du Mexique?
&lt;&lt; Votre Majesté, qui travaille pour l'histoirc en sa
qualité de souverain, ne tremble-t-elle pas a l'idée de
toutes les fables que daos quelque cent ans les historiens auront accr~ditées, touchant les mo~ifs de ses plus
importantes actions?
~ J"allais clore roa lettre par ces tristes réflexions, mais
je m'avise a temps qu'apres avoir entretenu un des
plus puissants monarques de l'Asie, il ne serait pas convenable de m'adresser tout simplement au public; que
Votre Majesté daigne done souffrir queje lui dise ce que
j'allais dire a tout le· monde ~
• Les plaisirs du sport continuent a nous tourner la
tete; nos peres ne connaissaient guere que la chasse,
que notre anglomanie appellera quelqne jour, saos
doute, le sport cynégétique; nons avons ajouté a la chasse
le canotage, les courses, le steeple-chase, Je cricket, autant de genres de sport différents.
« En ce moment, la Société de spo1i nautique de la
Seine se couvre de gloire; elle a battu, a Calais, les
Dunkerquois, les Calaisiens, lea Boulonnais, et les AnglaL~ par dessus IQ marché; a!'lamur, le• Liégeoia et les

Anversois; dimanohe dernier, dans la h•ie dll Saint-Va-.

lery-sur-Somme, elle a lutté cinq fois et remporté cinq
premiers prix.
&lt;&lt; Nous avions, dans les environs de París, les courses
de Longchamps, les courses de Vincennes, les courses
de La Marche, les courses de Satory, les courses de
Chantilly, cela me"suffisait; il parait que ce n'était point
assez, au gré de nos horsemen; nous allons avoir les courses de Potchefontaine. Grand bien nous fasse !
« Je ne connaissais pas Porchefontaine; l'endroit est,
me dit-on, pres de Versailles.
«La société qui s'apprete a inaugurerle nouvel hippodrome prend le titre de Société internationale des courses
de /&gt;orchefontaine! Bravo, cela remplit joliment la bouche !
« Un célebre empereur romain avait pour devise ce
mot : travaillons. Depuis qnelque temps, nous semblons
avoir adopté celui-ci: amusons-nous, et j'affirme a Votre
Majesté que nous le _prenons joliment au sérieux.
« Quant je songe a la prodigieuse consommation de
plaisirs que nous faisons saos pouvoir nous rassasier, je
suis épouvanté de ce qu'il en faudra pour amuser l'appétit de nos enfants. Un espoir me reste, c'est que la génération qui uous suivra, en nous voyant ainsi haletant,
suant, peinant pour nous divertir, éprouvera un im-•
mense besoin de ne point s'amuser.
« Quel fatal démon de dissipation fiévreuse nous possede ! Combien nous vivions plus heureux, pluij joyeux,
plus contents, quand il n'était pas encore entré en nous,
le misérable, et combien nous nous amusions davantage,
quand nous nous amosions moins.
« En hiver, deux ou trois bals, le spectacle une fois
par mois : Feydeau, le Gymnase et Francom; en été,
un diner sur l'herbe, a Meurlon ou a Viroflay, une soirée au bal de Sce:mx 011 a Tivoli, nous n'en demandions
pas davantage.
Le bal de Sceaux, Tivoli, Feydeau; est-il bien vrai
que nous avons connu ces choses, et n'y a-t-il pas mille
ans qu'elles sont mortes? Non, non, nous avons vécu de
leur temps, cela est certain. En ce temps-la, le petit t~éatre
de M. Scribe nous satisfaisait pleinement; c'était peutetre que nous avions les grandes scimes de la Cbambre
des Pairs et de la Chambre des Dépulés. Je ne basarde
cette explication que tim.idement.
-

131

« A qoelque temps de la, on le retrouve a Charlevi lle,
jouañt du violon daos les bals, et fort misérable, mais
scngeant toujours ajouer la comédie. 11 trouva enfin a
s'engager dans la troupe de Picard, le frere de rauteur
dramatique : le premier role qu'il y remplit fut celui de
Petit-Pierre, dans le drame de Misanthropie et füpentir,
dont je prends la liberté de recommander la lecture a
Votre Majesté, quanct la fantaisie lui viendra de verser
quelques ]armes d'attendrissement.
« Un peu plus tard, Ferville débutait pour tout de
bon devant le public parisien, sur le théatre de la
Cité, dans le Mal'iage du Capucin, de Pelletier de Volmeranges, - de Volmeranges, un de ces noms inventés
chez nous du temps ou ron portait des has chinés, deux
montres, des habits dont la queuc descendait jusqu'aux
talons, et des cravates daos lesquelles on s'enfouissait
jusqu'au nez.
« Bientot Ferville faisait les délices de Bordeaux dans
les premiers amoureux.
&lt;( Son pere vit bien alors qu'il ne fallait plus songer a
contrarier une si heureuse vocation; il prit son p:.irti en
brave, et il engagea l'amoureux de Bordeaux dans la
troupe qu'il dirigeait a Nantes, comme premier sujet de
la comédie, du drame, du vaudeville et de 1'opéra : il
triompha dans tous les genres.
« 11 avait au plus haut point le don des transformations : tour a tour amoureux, pere noble, comique, · financier, il était vrai toujours.
« La mort de Perlet lui fit une place au Gymnase.
C'est la que París l'applaudit daos l'Héritiere, le Plus
beau joul' de la 11ie, le Mariage de raison, M11lvina, la
Chanoinesse, les Malheurs d'un amant heureux, Moiroud et
C•, et Je Gamin de París. •
(( Il joua plus tard, a l'Odéon, les Deu:JJ Anglais, les dewi:
ltendres, l'École des Vieillards; il alla ensuite au Vaudeville; mais le Gymnase était vraiment sa maison, il y
revint pour ne plus le quitter, jusqu'au jonr 011 ses forces
l'éloignerent saos retour du théatre.
(( L'année derniere, il représentait un vieux duc pres- ·
que centenaire dans les Ganaches, une piece que Votre
Majesté trouverait sans doute détestable, car je sois persuadée qu'elle a du gout : ce vieux duc vivait dans une
sorte de demi-sommeil, dont il ne sortait, de temps en
temps, que pour dire une parole enfantine : il me semblait que Ferville ne jouait pas un role, et j'avais peur
que, le rideau tombé, on ne retrouvat le pauvre vieil acteur mort daos son fauteuil.
« Peut-etre. cette idée luí eut-elle souri; iJ aimait tant
le théatre !

&lt;( Votre :Majesté, a coup sur, a entendu parler de
M. Scribe; peut-étre méme a-t-elle fait jouer ses vaudevilles sur son théatre particulier. II a été roí pendant
trente ans, en meme temps que Charles X et que LouisPbilippe. Trente ans, e'est un long regne. -Je parle de
chez nous, sire, et non de la Perse. - Aussi, comme
nous faisons payer cher a la mémoire de M. Scribe la
(( Notre époque est vraiment une époque de progres.
gloire et la fortune de sa vie !
Que de fois n'avons-nous pas écrit cette phrase? &amp;fais
c'est qu'il n'est point de jour 011 nous n'ayons sojet de
« Tandis que nos critiques montent, la plume a la l'écrire. En voici encore une occasion nouvelle.
main, a l'assaut de ses ingénieuses et faciles improvisa« Quand Votre Majesté daigne accorder la décoration
tions, et brulent de n'en pas laisser scene sur scene; a un de se~ sajets (je me plais a croire que la Perse a
tandis que ce joli théatre s'écroule sous leurs feuilletons, son ordre de chevalerie comme tous les pays civili&amp;és),je
la mort frappe ceux qui dévouerent ases destinées leur ne sais s'il est d'usage que des march.mdes de poisson,
talent, leur verve et lenr boune bumeur.
de fruits et de légumes apportent un bouquet au nou&lt;&lt; Un des plus vaillants, des plus aimés, des plus ap- veau décoré. Autrefois, cela se faisait ainsi chez nous, et
plaudis, fut assurément Ferville, qui vient de succomber celui qui était l'objet de cette attention délicate ne manplus qu'octogénaire.
quait pas d'offrirun petit présenten argent aux délégués
« Son pere, directeur d'une troupe de province, con- de mesdames de la halle, qui se présentaient au nom de
naissant bien 1~ métier d'acteur, s'était bien promis de la corporation.
ne jamais soufTrir qu'il le prit : il eRcouragea le gout
« Cette année, mesdames de la baile ont eu l'heureuse
qu'il avait pour la musique, et a douze ans, le petit Fer- idée d'économiser les députations. Un chevalier du
ville jouait, aux applaudissements de toute la salle, un i 5 aout a refu son bouquet par un commissionnaire,
concerto de violon au théatre Louvois.
chargé de recevoir le petit présent au nom de qui de
« Ce fut justement le violon qui, par un chemin dé- droit : voila qui est pratique, ou je ne m'y connais pas.
tourné, le jeta dans cette terrible carriere, dont les J'engage ces dames a supprimer, l'année prochaine, le
frayeurs paternelles avaient voúlu l'écarter. Ferville était bouquet, et a se con ten ter d'envoyer un commissionnaire
entré daos l'orcbestre du Théatre-Fran~ais. Tous lessoirs il avec une quittance comprenant le prix de la course.
voyait jouer, tout a son aise, Dazincourt, &amp;folé, Fleury,
Grandmesnil, Saint-Fa], Mil• Contat, Mil• Joly, Mil• De« Pratique, c'est le mot du temps. 11 a du bon parfois.
vienne. Quel danger pour un jeune homme qui n'a M. de Conty édite toute une collection de Guides pratiqu'un désir, celui de monter sur la scene !
ques a l'usage des voyageurs. Le nouveau venu daos un
&lt;( La tentation était trop Corte, il y succomba, et un pays chercbera ailleurs les détails bistoriques, artistisoir il débuta, daos le role de l'amoureux du Désespoir ques, littéraire~, mais qu'il demande a ces petits livres
de Joc,-isse, au théatre de la rue du Bac.
des renseignements qui lui permettent de voir beaucoup
« 11 ful impitoyablement sifflé.
en peu de temps, de se loger et de vivre fastueusement
« Le pere avait garni la salle de ses amis, pour faire ou modestement, a son gré, de ne point faire un pas
une chúte a son fils; l'amour paternel est vraiment hé- inutile, qui luí évitent toutes sortea d'ennuis et de fausroique !
ses démarches et le dlspensent d'avoir recours a un in« Malheureusement, Qu heureuaement, Ferville apprit ~upportable cicerone~ ils lea loi donneront, avec une préla ,~rit.é, et sachant pourquoi il anit 6ié slftlé, pe s'ill• cision admirable 11t @ll Qblige411ee eit.reme, saos reculer
qulet,. gue~ des Jifflet.t.
devant les détails familiers,,qui $0Dt le plua souventiles

�L'ILLUSTRATION, JOURN AL UN IVERSEL.

J33

L'lLLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

ARRl\'ÉE DES POllPIEIIS DE PKIIIGUiliX DEV.UT LA MAISO)I llEV01"0N.

plus précieux de tous en p!Lys étranger.
&lt;&lt; M. de Conty a déja publié le Guide
pour Paris, le Guide pour Londres, le
Guide poar la Belgiqu.,e et la Hollande, le
Guide pour les bords du Rhin; il ne compte
pas s'arreter en si beau chemin. C'est un
homme a rever le -Guide du voyageur en
Perse, et le prince éclairé qui gouverne
ce beau pays ne manquera pas sans doute
de donnr.r les ordres nécessaires pour
que M. de Conty y trouve des documents
eucts qui le mettent a mcme de réaliser
son projet au retour.
«Si Votre Majesté était tentéc de venir
en France incogníto,je lui recommanderais
le Paris en poche, ou l'auteur établit avec
un soin minutieux le budget des grandes, des moyennes et des petites bourses.
Certes, un schah de.Perse n'a_pas d'économies i.L faire , maís un prince peut
éprouver cette curiosité de vívre pendant
quelques jours de la vie d'un employé _a
douze cents francs.

r.roquis de .11.

z. Payenneville.

AIUIJVÉB DES POMPJERS DE CHATEAUROUX SUR LA PJ;ACE DU TRIBUNAL.

e, Et maintenant qu·e je n'ai plus rie.n
sons la plome,

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is, ave e le plus profond reRpect,
de Votre Majesté,

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Le trcs-humble et tres-obéi~sant
serviteur,

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FtTE DE VERSAILLES

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PLAN DBS QUARTIEI\S lNSBNDlÉS A LlMOGhS.

/NCE.\'D/li: DE LIJIOG!i:S, ,ISl'ECT DE LA PLAC:11 DE LA MOTU~, LK 16 .rnL'r.

- D'aprés

L noNNEull[lou

ROI

n 'EsP,\Gl\'E,

l

La féte de Versailles, en l'honneur du
roí d'Espagne, a eu li~u samedi soir, 20
du courant. On avait fait une toilette toute
neuve a la ville de Louis XIV. L'berbe
poussait dans les rues, mais elle avait
été arrachée en un clin d'reil, et elle
aura tout le temps de repousser jus-

un croquis de M. J. J. Maquarl.

�L'ILLUSTRATlON, JOURNAL UN IV ERSEL.

L' lLLU~TRAT10N, JOURNAL UNIVERSEL.
qu'a la célébration d'une nouvelle fete. On avail done évoqué les ombres de ce royal domaine. Le pare, les bosquets, les carrefours, les fontaines, tout avait élé envahi
par une armée de travailleurs; du sable fin dans les
allées, du gazon frais sur les pelouses, de l'eau dans les
bassins et des fleurs a foison. Le roí d'Espagne, qui était
arrivé a:vec la cour a cinq heures du soir, a été conduit au bosquet de l'Étoile, au bassin d'Apollon, a la
colonnade, au bassin de Latone, de Neptune, et a ce gracieux bassin de Flore, creusé au milieu d'un carrtJfour,
ou fut représentée pour la premrere fois la princesse d'Fr
ltáe. Vo1ci le bosquet de la Reine, tout rempli des souvenirs de Marie-Antoinette; c'est la que Mm• de Lamothe
donna rendez-vous au cardinal-duc de Rohan, et entama cette célebre affaire du collier, qui conduisit a la
Bastille un prince de l'Église.
A huit heures, avail lieu la représentalioo au théatre
du cbateau. Le spectacle choisi était P,y,hé, comédieballet de Corneille et de Mohere, avec la musique de
M. J. Coheo. On avait intercalé, au troisieme acte, un
pas de Giselle, et fe di vertissement des Saisons des Vepres siciliennes; les choours étaient exécuté; pa~ les éleves du Conservatoire.
Apres le spectacle commen~a la fete de nuit. Tout
était illuminé : les bassin§, les gazons, les charmilles;
les dieux et les déesses en marbre et en bronze resplendissaient, des feux de Bengale teignaient en pourpre ou en vert clair cet Olympe innombrable. Les eaux
despieces principales jouaient, teintes de toutes nuances
par la lumiere électrique. Au bout de la piece cl'eau, le
feµ d'artilice lan~ait au cíe\ ses gerbes d'étoiles variées.
Le public avait été ad mis daos les jardins.
A minuit, un grand souper, serví dans la salle des
Glaces, termioait cette fete, et a une heure du matin,
l'Empereur, l'lmpératrice et le roi d'Espagne quittaient
Versailles et retournaient a Saint-Cloud.
Cette fete, répétons-le, a été tres-belle, tres---réussie,
splendide dans toute l'acception du mót. Le lendemain,
le palais, le jardín, les déesses et les dieux, Versailles,
en un mot, était retombé daos le silence, daos le repos,
daos l'immobilité. Tout ce que l'on peut faire, c'est de
galvaniser ce grand cadavre pendant vingt-quatre heures.
PIERRE PAGET.

INCENDIE

DE

LIMOGES.

On connait maíntenant toute l'étendue du sínistre
qui, dans la nuit du i5 aout, a détruit une partie de la
ville de Limoges. On peut calcuier sur deux mille personnes atteintes par le 0éau et sur quatre a cinq millions environ .de pertes. Les assureurs sont aux ahois;
ou porte a cent neuf le chiffre des maisons incendiées.
Les pompiers de Périgueux ont peut-étre sauvé la ville;
ceux de Cbateauroux et d'Argenton, arrivés plus tard,
ont été employés activement aux déolais, et ce n'est pas
petite besogne.
.
Les premieres personnes qui arriverent sur- le tbéatre
de !'incendie, dit une lettre d'un habitant de Ümoges,
publiée par le MonitP.ur, purent voir les flammes sortir
en abondance du rez-de-chaussée et du grenier de la
. maison habitée par le sieur Canee, chapelier. On ignore
comment !P. feu avaít pu se communiquer a ces deux
parties opposées de la maiaol'I, et si la cage de l'escalier,
située sur le derriere, avait serví a conduire les flammes
sous la toiture. Une enquete est ouverte a ce sujet, et
on espere que la vérité finira par en surgir.
, Tous ceux qui,• A quatre heures du matin, ont assisté
a ce spectacle émouvant, ceux surtout qui se trouvaient
a l'angle de la rue Pennevayre, devant le marché Dupuytren, ceux-la vivraient-ils des milliers d'années, n'oublieront jamaís ce qu'ils ont vu. Qu'on se figure, sur un
espace bien pius grand que la place de la Concorde, une
véritable mer de feu roulant ses vagues rouges, au bruit
des maisons qui s'écroulaient, des pompes qui luttaient
contr.e l'élément, des voix des travailleurs qui cherchaient
mutuellement a s'animer, au bruit surtout des cris des
milliers de victimes....
Un asile a été offert aussitot aux victimes daos
les rlivers batiments de la murncipalité. Des distríbutions
d'argent ont été faites a plusieurs reprises. Les souscrip•
tions ouvertes de toutes parts atteignent déja un chillre
important. L'Empereur, l'Impératrice et le Prince impérial ont envoyé 4.0,000 íraucs.

Malgré les dangers de toute nature qu'offraít un aussi veaux combattants, et le Capitaine, dont la verve intavaste incendie, on n'a pas eu, heureusement, de morts rissable anime les entr'actes, stimule ceux qui hésitent
a enregistrer. 11 y a eu quelques contusionnés daos le a commeltre leurs chiens; car ceux qui sont timides ou
nombre des travailleurs, mais aucun n'a re~u de bles- peu expérimentés courent le risque d'etre honteusement
sure .grave.
battus par les rats, a la risée du public et a la confusion
de leur maitre. Quand l'ardeur commence a se ralentir
le patroa de l'établissement leve la séance, et ajourne'
les assistants a une prochaine réunion.
.
LES INDUSTRIES INCONNUES DE LONDRES.
Outre ces combats du soir, il y a des gens qui vien.
nent dans la journée pour exercer leurs chiens, en parLES ATTRAPEURS DE RATS.
ticulier, et les aguerrir, afin qu'ils leur .fassent honneur quand ils les produiront en public.
Pour se rendre bien compte de l'importance du comJimmy Shaw n'estime pasa moins de 300 a 700 rats
merce dont les rats vivants sont l'objet, pour le has par semaine la consomniation qui se fait dans son seul
peuple de Londres, il faut savoír qu'au nombre des di- établissement; en prenant la moyenne de 500, cela fait
vertissements fa voris des Anglais, apres les courses de par an 26,000 rats. Que l'on juge par la de l'importance
chevaux et les combats de coqs, se placent les combats du commerce qui se fait sur ces animaux ! Le prix ordide rats. 11 existe dans la métropole un certain nombre de naire des rats est de 3 d. (31 centimes) par tete. Jimmy
public-houses bien connus, ou, a certains jours de la Shaw &lt;lit avoir payé au meme individu jusqu'a 5 guisemaine, une arene est disposée ,pour ces combats, qui nées (l25 fr.) a la fois; ce qui fait 35 douzaines de rats
attirent de nombreux spectatenrs. Tout le monde, du a 3 d. par tete. 11 a ainsi jusqu'a 2,000 rats a la fois.
reste, est invité aprendre parta l'action, et les proprié - q1Ji luí consomment un bon sac de farine d'orge, sans
taires dechiens de chasse, tlésireux de mettre a l'épreuve compter que si on ne les nourrit pas bien~ ils se dévoles qualités de leurs bctes, leur payent une douzaine ou rent entre eux, et c'e~t autant de perdu.
une demi-douzaine de rats pour les aguerrir, ce qui proCe sont de pauvres gens, les plus ignorants et les
longe et anime la représentation . Des matchs (parís) plus misérables, qui sont les pourvoyeurs ordinaires des
s'engag~nt entre les assistants et les propriétaires de rut-killings (littéralement, tueries de rats). 11 fut un
chiens, et il est de ces animaux qui ne gagnent pas moins temps ou les fermiers de la campagne qui avoisine Londe réputation a ces exerc.1ces que les chevaux de race, dres donnaient 2 d. (20 centimes) par rat tué sur leur
domaine dont on leur rapportait le corps; mais mainte- ·
vainqneurs du Oerby.
Si nos lecteurs veulent bien nous accompagner, nous nant que les attrapeurs de rats peuvent en avoir facileallons les conduire ·chez Jimmy Shaw, le propriétaire ment 3 d. (30 centimes) en les rapportant vivants a la
d'un des principaux, établissements réputés pour leurs vi lle, tout ce que font les fermiers, l:'est de leur permetcombats de rats. Nous entrons d'abord dans une salle tre de dresser leurs trappes chez eux. Beaucoup de rats
fumeuse, ou de nombreux buveurs, attablés, attendent soñt tirés des entrepots de Ja Cité, ou ils s'ébattent an
avec impatience que l'on oune la piece spéciale ou est se.in d'une abondance qui les fait gras et confiants. Les
dressée !'arene. Ces gens offrent un mélange de toutes hommes qui se livrent a leur destruction sont payés par
· tes c.:asses de la société, et on s'aper~oit sans peine qu'ils l'administration des entrepots, et, en revendant encore
ne sont pas venus la uniquemimt pour boire et pour leurs prises, ils arrivent a se faire de jolis gains, sans
fumer. La plupart ont avec eux leur bete favorite, et on compter le plaisir qu'ils trouvent a cette chasse.
Nous avons vu les chasseurs d'égouts, c¡ui .explorent
pourrait se croire a une véritable exposition de chieos.
Les uns sont covchés sous la table, les autres dorment ces voies souterraines ala recherche des ohjets de toute
dans les bras de leurs ma1lres, ainsi que des enfants valeur qui s'y égarent; il y en a d'autres qui tenteat
sur le 3ein de leur nonrrice; les petits terriers anglais, les memes aventures rour y chercher des rats. C'est
noirs et rageurs, tenus en laisae, grognent et s'agitent, surtout au-dessous des boucheries qu'ils font de bonnes
comme ~•ils sentaient les rats daos la piece voisine, et prises; ils trouvent la quelquefois jusqu'a vingt ou trente
~•ils úaient.impatients d'entamer la bagarre. Les con- rats réunis a se gorger. lis n'emportent avec eux ni canaisseurs circulent autour des tables et examinent les ges, ni trappes, parce que cet attiraíl serait trop em1·hiens, leur palpant les membres comme pour voir s'íls barrassant et trop lourd; mais ils ont des sacs avcc lesn'ont pas de fractures, et leur ouvrant les levres comme quels, en les jetant comme des éperviers, ils savent
fait un dentiste qui scrute des macboires. Des discussions envelopper habilement les rats, et c'est dans un sac
s'engagent sur les mérites de ces animaux. Celui-la dit aussi qu'ils les mettent pour les emporter. Mais ce n'est
que son chien est l'image exacte de Billy, le fameux pas tout prolit de prendre ainsi des rats vivants; si on
tueur de rats, dont le portrait est peint sur la muraille ne les vend pas tout de suite, il faut encore les nourrir,
de la saÍle, qui a accompli ce merveilleux exploit detuer et ils ont bientot consomil'té plus qu'ils ne valent. Du
reste, les rats ont beaucoup diminué, a Londres, depuis
cínq cents rats en cinq minutes et demie.
Un homme que l'on appelle le Capitaine parait, et qu'ils sont ainsi pourchassés, et le placement de celle
annonce que le spectacle va bientot commencer; il faut marchandise est facile.
11 n'est personne, a Londres, qui ne connaisse Jack
voir comme tout le mon::le s'empresse de s; lever a la
fois, et, abandonnant le c!l.baret, se presse dans la piece Black, l'allrapeur de rats de la reine. C'est une célévoisine, dont on vient d'¡mvrir les portes. Í:arene con- brité qui égale au moins celle de notre Mangin. 11 parsiste dans un petit cercle d'environsix pieds de.diametre. court les rues de la capitale dans une riche voiture, sur
Au milieu, se tient le Capitaine, avec de grandes cages les panneaux de laquelle sont peints des rats; et du
remplies de rats, dans lesquelles il plonge la main pour haut de son équipage, il débite son boniment daos les
en retirer les victimes, 'sans crainte des morsures qui carrefours, entouré de cages ou sont renfermés des
sont cependant fort venimeusr.s. Un petit terrier, habi- rats vivants, et de paquets contenant sa mo1·t au(I) ,·ats,
tué a de pareils combats, ouvre la lutte. Les rats, dont il expérimente devant tous les effets foudroyants,
a mesure qu'ils sont retirés de leur cage el dépo·· en appliquant une de ses pilules sur les levres d'un de
sés dans !'arene, prennent d'abord la fuite, espérant ces animaux vivants, qui expire aussitot a ce contact.
trouver une is~ue daos les coi ns ou ils s'entassent les uns Jack Black est un vrai dom pteur de rats, et il doit sursur les autres, abandonnant les retardataires aux dents tout sa réputation a la familiarilé avec laquelle il joue
du chien qui les poursuit et que le Capitaine excite de la avec ces animaux, dont la méchanceté sauvage est cevoix et du geste. Mais l'extrémité meme du pétil leur pendant bien connue. 11 les manie, suívant une cxpresrend du courage, et acculés, sans espo1r de s'échapper, sion pop11laire, comme il ferait de petils chats aveugles.
ils se retournent et font face a l'ennemi, qui n'est pas Dans ses parades publiques, pour attirer la foule auto11r
toujours vainqueur, et qui souvent fuit a son tour, en de lui, il plonge sa main dans les cages et harcele san~
poussant des hurlr.ments de rage et de douleur, saisi au crainte les rats qui y sont enfermés; puis il en retire
museau par un rat qui le mord et ne le lache pas, et successivement dix ou douze, qu'il introduit dans sa
harcelé par les autres. Iusqu'a cinquante rats quelque- chemiEe, sur sa peau nue, et il les garde ainsi peodant
fois sont ainsi engagés contre un seul chien, et des paris plusieurs minutes. 11 y a des gens qui supposent que
animéss'ouvrent parmi les assistants.L'enjeu n'est l}uel- ces animaux, pour se prcter a ces fclmíliarités, doivent
quefois qu'une simple bouteille de limonade; mais sou- etre privés; mai~ ceux qui connalssent mieux Jack
vent aussi, il prend une importance qui s'accrolt avec Black savent bien que ses rats sont au~si sauvages
l'excitation du combat, dont parfois se prolongent les qu'aucuns de ceux qui courent daos les égouls de Londres.
alternatives dramatiques.
M. Mayhew, dans ses curieuses études sur Londres miL'exercice se poursuit tant que se présentent de nou1

a moustaches

135
M. Charpentier a des idées a lui sur les droits des édi-

--b; raconte une visite qu'il fit a Jack Black dans
.
,.
teurs; certain proces qu'il perdit l'année derniere conséra e,micile a Battersea. La porte de 1a ma1son
qu 11 trouvés sur le lit de M. Bugad de Lassalle et que les téUn peigne

et un petit crayon blanc

son do
,
d .
.
tre M. Ulbach l'a bien prouvé... Et il tienta ses idées.
·t est surmontée d'une plaque e zmc, ou sont moins dédarent avoir vus entre les maínsde facques LaLe Tribunal ne 1es partage pas; et jugeant qu'il avait
hab1 e
,
•ts ces mots, en.gros caracteres.: Jack Black, destructeur tour, telles sont les charges matérielles qui pesent sur
changé
la pensée et !'esprit de l'article de M. Delprat, ce
écrt
· · · 1es : cet accusé.
s rats de Sa Mojestfl. Au- dessus, avec 1es 1111t1a
qui
ne
lui
était pas permis, il l'a condamné a l'insertion,
La nouvel\e du crime donnée par Audouy, alors que
de R est crravée l'image d'un rat blanc.
que
l'auteur
réclamait.
V.J .k, Bl;ck ne fait pas seukment sa spécialité des le crime était encore inconnu, et des vetements ensanM.
Charpentier
croira-t-il maintenant que l'infailliac
,
d
. son lo«is est rempli de cage ou se troavent es glantés remis par lui a une blanchisseuse quinze jours
bilité
et
l'omnipoteuce
n'appartiennent pas aux édit
ras,
º
·r
.d
de toutes •orte ;,enfin ,1\ ourn1t u apres l'assassinat de M. Bugad de Lassalle et de ses doeh.,enset des oi•eaux
~
teun?
·
.
pour les viviers. 11 consacre a la peche presque mestiques, avec la recommandation de les laver tout de
Les
vacances
sont
ven11es,
adieu
Paris; c'est bien le
~~00
tes ses matinées, de quatre heures a hu1t heures, el suite; voila les présomptions qni accusent l'Hercule.
cas de recommander a mes lecteurs le volume que
Jacques
Latour
a
voulu
faire
croire
a
des
aventures
~Iu revient' jamais sans un ample butin. Comme il
1 ne
. .
. fil
.
.
romanesques dont il aurait été le héros, et, pendant sa M. Víctor Emion, avocat au barreau de Paris, vieot rle
n'ernporte, avec lui DI hgne~,.m ets, rn. a~c.uns eng~ns
faire paraitre sous ce t1tre : Manuel pratique, ou Traité
de peche, perso?ne n~ s~1t ~ue~ procede,_iJ emplote; détention préventive, il adressait a M. le procureur gé- de l'exploitation des chemin5 de fer.
questions qu on lm fa,t, 11 repond qu 11 preud les néral une lettre qui renferme les passages suivants;
L'auteur prend le voyageur avecson bagage chez luí, le
« C'est la Providence qui vous envoie au secours d'un
ª~ssons avec les mains, ce qui naturellement provoque
poi. •
. .
.
, malheureux ... Vous etes le digne représentan(de l'Em- mene a la gare, le conduit au guichet et au hureau des
des sourires 1ncredules. Il affirma la meme chose a
colis, monte avec lui en wagon, voyage a ses cótés, desM. Mayhew, qui ne put s'empecher d,'abord qe parta- pereur, qui, comme vous le savez, a peu de gotit pour cend de voiture en meme temps que lui et le suit a sa
.
ger l'iacrédulité des habitants de Battersea ~ur ce d?mp- l'emprisonnemenl cellulaire.
«
Daignez
suivre
le
récít
sincere
de me~ campagnes destination, en le re111eignant de la fa~on la plus claire
1
teur de rats, qui prétendait prendre auss1 e po1sson
sµr ses droits et ses obligations. Pas une difficulté qu'il
avec ta main. Mais Jack Black, sous le sceau du secret, dans la Cafrerie et daos la Mandchourie ... &gt;&gt;
ne
tranche, pas un doute qu'il ne résolve, pas nne quesM. le procureur général a préft\ré suivre le récit des
¡0 ¡ révéla son procédé; et M. Mayhew nous dit que
tion
qu ·¡¡ ne prévoie. Les trois cents pages de cet excel.seulement il fot parfaitement convaincu, mais que compagaes de Latour dans les maisons centrales d'Eysses lent manuel sont merveilleusement pleines et instruc000
méme ¡¡ s'étonneque l'onn'ait pas songé a une méthode et d'Embrun.
(&lt; On me nommait Boabad, contiuuaít Latour. J'ai été ti ves: enregistrement des bagages, factage, perle de
aussi simple.
rendu
a la liberté par mon maitre, apres avoir combattu col is ou d'etfets, pertes de billets, contraventions, acci Jack Black, devenu fori communicatif, raconta toute
dents, recours ouverts aux voyageurs, responsabilité des
1
son histoire a·:&amp;1. Mayhew; comment s'était développée contre les buffles a la Louisiane. Maís, bles~é par m compagnies, ríen de ce qui touche a ces points imporsa vocation, qui s'{;tait manifestée des l'age de neuf ans; buflle, j'ai dti renoncer a la chasse, et je me suis em- tanls n'est laissé, par M. Emion, dans l'obscurité. L'aucomment il avait en la folie d'ouvrir un grand café, au barqué sur le Goeland, qui m'a ramené en Europe, ou teur ne prend parti, systématiquement, ni pour les
comploir duque! il ,avaít placé sa filie, richement ha- je suis débarqué a Lisbonne ... 1,
voyageurs ni pour les compagnies, mais seulement pour
Et en post-scriptum :
billée en filie du dompteur de mts; comment il avait
le
droit. Quand il n'approuve pas ce qui est, il indique
&lt;&lt; Si vous désirez me faire transporter en Louisiane, je
commencé a travail\er pour le gouvernement, et avi'.it
une
innovation ou signale une réforme.
ne demande pas mieux que d'y aller, pour convaincre
obtenu le diplome qui lui donnait le droit de s'intituUn seul mot fera, míeux que tout ce que je pourrais
ler destructeur des rats de la reine; eníin, il lui avoua la j ustice. 11
M. le procure1Jr général n'a pas cru devoir p1ofiler de dire, l'éloge de son livre: M. Jules Favre en a voulu
que souvent, a l'insu de sa femme, il avait mangé des
écrire l'éloquente préface.
·
rats, Pt que leur chair était aussi succulente et presque la bonne volonté de Latour.
Daos une seconde partie qui paraitra dans quelquei,
A l'audience, l'attitude des deux accusés est toute difaussi délicat!l que celle du Lapin.
férénte. Chez Jacque·s Latour, c'est le sang-froid imper- mois, M. Emion traitera du transport des marchanJack Black n'esl pas le seul original de son espece, et•
turbable, l'aplomb que ríen ne déconcerte, une fécondité díses.
nous ferons prochaínement faire a nos lectcurs la conVoila un livre qui sera bientot le classique par excel-·
de ressources, une souplesse d'argumentalion, une vonaissance du tueur des puces de S. l'tI. la reine Victoria.
lence
de ceux qui voyagcnt en chemin de fer et de ceul'.
lubilité de langage étonnantes; il interroge las témoins,
qui
sont
chargés de faire voyager les autres, c' est-a-dire
A. VERMOREL.
les discute, les raille, fait de !'esprit, críe, gesticule, ne
de
tout
le
monde.
HENRYs.
se \aisse jamais intimider, le prend de haut avec M. le
!it.Af-=.'.:ll
procureur général, ef déclare qu'on aura beau chercher
a l'embarrasser, tous les efforts qu'on tentera viendront
G.IZETTE DU P&amp;L.IIS,
se briser contre la vérité. Il se proclame l'ami de la véLES COLONIES FRANQAISES.
« Daos la be lle vallée de l'Arize, atrois cents metres rité quand meme; malheureuscment pour lui, on n'a
e environ en aval du village de la Babtide de Bes¡ilas, pas trop J'air de le croire. Audouy, luí, est calme, point
Li ROYAUME DE PORTO-NOVO.
« dont elle est sép~rée par des jardins clos de haíes vi- agressif, point bavard, meme un peu endormi; un Her(Deuxiéme article.)
• ns, s'éleve, au ruilieu d'un massif d'arbres séculaires, cule qui a l'air tont dérouté de n'avoir plus sa massue.
A
l'heure
ou
j'écris,
les
débats
continuent.
• une habitation considérable mais délabrée, connue
m.
Et maintenant, passons, s'il vous plait, du grave au
« ijQUS le nom de chatean de Baillard. &gt;&gt;
doux,
du
crimine!
au
civil.
Ce n'est pas un roman qui commence par ce gracieux
Nous avons dit, dans notre précédent article, toute l'horVoici un petit proces qui n'évoque pas de sanglants
ettranquille tablean; c'est un acle rl'accusation.
reur des a·ociennes coutumes de Porto-Novo, coutumes
Daos la matinée du 26 février dernier, daos ce paisible souvenirs : il y est bien question aussi de violences et de sanglantes que n'ont encore pu faire disparaitre du DachAteau rle Baíllard, 011 trouvait quatre cadavres cou- mutilations, mais la victime est un article de revue, et homey le zele des missionnaires et des agents européens,
,erts d'effroyables blessures: M. Bugad de Lassalle, un le cas est moins tragique.
et que, heureusement, nous avous trouvécs abandonM. Delprat, un spirituel avocat, journaliste a la plume
,ieux célibataire agé de soixante-quatorze ans, son donées dans notre nouvelle possession. Ce qu'il serait égamestiqne et deux femmes de service avaient été 11ssas- vive et fine, par-dessus le marché, rédigeait dans ces lement impossible de revoir dans cette derniere, ce sont
ainés pendant la nuit. La sanglante besogne achevée, les derniers temps la chronique politique de la Revue Na- les scenes assez sombres dont la lagune étaít jadis le
assassins, avant de sortir de la maison, avaient bu et tionale, dont M. Charpentier tient le sceptre.
théatre, car elle aussi asa légende d'horreur et sessouLe 9 juillet parut un articJ.e signé de lui.
mangé.
,enírs de cruauté. Comme le Bosphore aConstantinople,
M. Delprat eut quelque peine a reconnaltre son oouLe chateau de Bail\ard s'appelait aussi daos le pays la
vre. Plein de confiance, il l'avait laissée la veille aux et le lac d'El-Baheira, dans la régence de Tllftis, elle a
Jraúon d'o,:. 11 y avaít de bonnes raisons pour cela:
souvent serví de linceo\ aux remmes adultere! et a leurs
ll. Bugad de Lassalle, qui VIvait avec beaucoup d'éco- mains de M. le directeur; vingt•quatre heures apres, íl complices, et vengé ainsí \'insulte faite au roi ou a de
Ja retrouvait prodigieusement éhangée, et point a son
nomíe, y entassait les revenus de ses terres, qui lui rapgrands cabéceres. Ces .rigueul'll ont cessé, et les habiporlaient de douze a quinze mille francs, et y accumu- avantage, s'il faut l'en croire. lnlaginez-vouf un enfant tanls de Porto -Novo se contentent maintenant de faire
que son pere retrouverait, apres une courte absence,
lait un trésor dontil était le gardien plutot que le ma1tre,
payer une amende au séducteur, et de renvoyer a sa
horgne, bolteux ou manchot; certes, la s11rprise ne sesuivant l'beureuse expression de M. le procureur général.
famille la femme coupable, doot ils s'adjngent naturelM. Bugad de Lassalle était l'oncle de M. Latour Saint- rait pas des plus agréables.
lement la dot. Au reste, a Porto-Novo, les liens du maL'écrivain se facha, pria M. Charpentier d'agréer sa
Ybars, l'auteur de Virginie,
riage sont généralement respectés. Les moours, si reladémission et d'insérer dans le plus prochain numéro
0n a retrouvé, apres le ·crirne, soixante-quinze mili e
chées sur plusieurs points de la cóte, sont meme assez
de la Rev~e une lettre ou il expliquerait les motifs de sa
francs en écus et deux mille trancs en or; les grosses
bonnes ici.
IOlllmea étaient placées dan8 delJ placards et daos une retraite.
Comme tous les noirs, les Porto-Noviens sont fous de
M. Charpentier accepta la démission et refusa l'inserarmoire ou il était facile de les découvrir; mais on supmusique. Leurs musiciens sont, ainsi que chez tous le.s
poae que les assa~!inll avaient mis tout d'abord la main tion de la lettre.
peuples barbares, également poetes. On les nomme
De la proces. .
1111' une proie ássez riche pour Jeur óter meme l'envie de
griots. Les chefs en ont toujours quelques--uns a,ec eux,
Devant le Tribunal, M. Charpentier s'étonnait fort
po1198er plus avant léur8 recherches. Peut-etre aussi
qui sont chargés de chanter leurs hauts faits et de met"8ient.il&amp; trop chargés d'argent pour en emporter da- qu'on songeat a !ni contester le droit de couper, .ta(lle.r tre en musique leurs nrtus. Les instruments avec leset modifier des articles llestinés a une revue dont ti eta1t
quels les griots procedent a cet exercice artistique sont
•antage.
Deux bommes ont ét,é arrété11 et traduíts devant la le directeur, alors qu'il le jugeait absolument nécessaire. peu variés; ce sont des tam-tam sur lesquels on frap~e
CGar ~'wiselJ de l'Ariége: l'un est un boulaoger, vo- (( D'ailleurs, ajoutait•·il, quelques-uns de ces change- avec fureur. Mais c'est moins par ce tapage que le gr1ot
lear en rupture de ban, nommé Jatques Latour, l'autre ments, quelques-unes de ces coupüres n'avaienr pas la Conde sa réputation, que par la finesse et la variété de
moindre importance. ll
•
1111 bereule de foire oommé Audouy.
ses improvisations, qui sont partout assez remarqua- « C'est.votre avis, soit, ré;iondait )(. Delprat, ma1s
II Le ptemier a quarante-sept ans; le second, quaranteble11. ( Voir la ,aote ti la~ de l'artitlc, fHIQC i38 ).
ce n'est pas le mien. ll
huit ans.
'

�136

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UN lVERSEL.

Ces habitudes annoncent suffisamment un peuple doru:.
« 11 est si paisible, nous écrit-on, que son gouvernement n'a
meme pas d'agents de police. )) ·
11 existe cependant a Porto-Novo, comme en Belgique, en Espa' gne, et comme ailleurs, des gardiens de nuit {Ambétos), qui sont
chargés de la surveillance. Ces hommes, enve!Óppés dans de grands

~

L'JLLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

manteaux de paille, poussent des cris lugubres en se promenant
daos les ditférents quartiers de la capitale. Parfaitement tarmés
et marchant presque toujours par groupes de trois, ils exécutent
'rigoureusement leur consigne. C'est a leur énergie, a leur active
surveillance, que l'on doit l'avorternent d'un petit complot qui, en
juin i863, devait révolutionner le pays. Grace aux Ambétos, plu-

qui luí sert d'abri; les pretres l'y suivent et, a huis-elos, choisissent la peine qui doit etre pronoucée, laquelle consiste ordinairement en une amende proporlionnée aux ressources clu condamné. Pendant ce temps, un tam-tam bat a rompre les oreilles, afin de
produire uqe impression plus terrible sur le public qui écoute en
silence, mais qui, la sentence rendue, se dédommage de son atten-

137

tion respectueuse par les hurlements les plus frénétiques et les injures les plus grossieres a l'adresse du coupable.
IV.

La capitale de Porto-Novo est située sur l'une des petites pres-

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B C0:.,011 SV!ff TO//
CHOEUR !Jll ~'li.Udl~S.

sieurs des conspirateurs disparurent saos laisser
la moindre trace,
et tout rentra daos
le repos.
Cette innocence
n'est pas si complete pourtant, aPorto - Novo, qu'elle
permette de sepasser ele j uges; mais
il n·y a pas de tribunaux : comme
chez nos afoux
gaulois, la j ustice
se rend sous les
arbres, sous les
yeux memes de la
Divinité, le magis-

Lll COUSIN DU ROi.

~ =2 ::.::__~~~

~~-=·
-~-

- ~_':,&gt;•

1

MAHOlllÍTAN.

ment coupahles, car il clcvient évidcnt alors, pour le
fétiche et po•1r les pretrcs,
qu'il n'y a pas eu mauvaise
intention. Aussi, arrive-t-il
quelquefois que l'ou puisse
voler son YOisin et battre
~a fcmmc saos cncourir la.
sévérité des lois ... Mais il
en coute.
La j•1stice est rcndue
nvcc les formalités suivantes : un pretre s'assied sur
les talons et l'on póse sur
sa tete le fétiche, espece

rer en sa faveur
les foudres du
die u de la j ustice, en luí fais:mt une oflrande préalable, et
i1 y a des coquins qui savent
user de ce moyen
avec tant de générosité et de discernement qu'ils
sont renvoyés
sans punition ,•
quoique notoire-

,' 1

TÉTE D'.ESCLA Vil.

CllOBUII DI! GUllRRIRRS,

trat tles Porto-Novieus. Par suite, ce sont naturellement
les féticheurs qui servent d'iutcrpretes entre le coupable et
leur juge invisible, dont le juge!Dent a ceci de supérieur
sur ceux que prononcent les magistr'ats européens, qu'il
cst infaillible, et '
qu'il permet de se
passer de ces cours
d'appel et de cassation que l'Europe s'est fait un
scrupule d'établir.
Cependant, comme il est avec Ir.
ciel des accommodements, il n'est
pas défendu a l'accusé, si nous en
croyons l'un de nos
corresponclants, de
chercher a modé-

qu'iles de la lagune; on y parvient, de la mer, lorsqu'on
a traversé ·1a bande de terre qui sépare l'Océan des
eaux douces de la lagune. La navigation du vastc lac
que cette deroiere constitue est, dit-on, d'un parcours
assez difficile; en
simple canot, elle
est meme tres-dangere use, car la lagunc sert de séjour a quelques
hippopotames et a
de nombreux caimans. On arrive
cnfin a la plage de
Porto--Novo. Ríen
de plus curieux
que le spectacle '
dont on jouit en
débarquant, lorsque c'est jour de

1

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---

VlliUX Nlit;I\K.

rie grand cylindre en bois
reconvcrt de morceaux cl'étoffe, d'orocments ele Loutc
sorte, et rr.nfcrmant !'esprit
de la Divinité; le prévenu
se mct a genoux devant hii
et écoutc avcc le plus profond respect les. impi'écations et les malédiclions
qui retomberaient sur luí
et sur sa postéritéj s'il clé-guisait la vérité; il cst ensuite interrogé et avoue
son crime; le fétiche est
alors rentré daos la case

Tf:Tll D'HOmrn.

?:.,.._
...:~{il:1.;~
... •r.....:.:::.;. 7~.
~ ,•

:.:..-- -:..

•

.

prince du Dahomey, et vit
sur les terres de ce mulatrc, qui, en se rctirant au
Dahomcy, a généreusement
abandonné a ses anciens
serviteurs le produit ele ses
immenses propriétés. ll
Porto-~ovo cst moralement diviséc en deux circonscriptions : la villc hante, presque cxclusivcmcnt
habitée par les Gégés, et l:t
vi lle bassc, ou les petits
traitants étrangers, noirs du
Brésil e~ de Sierra-Leone,

GO-CO:iG, LE SONNl!UR,

les produits de la
terre, qu'ils cultirent avec beaucoup de soin. Ce
sont eux aussi
qui transportent
a la ville le sel
fabriqué a la
plage de PortoNovo. « Sur ce
point de la presqu'ile, dit M. Gellé, chacun est ou
a été esclave cl'un
Saint - Domingo,

foire. On se trouve
aussitot littéralement pcrdu daos
une flotte Je pirogues, conduites
avec une adresse
merveilleuse par
des noirs, d'aillenrs célebres dans
le pays, les piroguicrs d' Aboupa,
qui apportent au
grand marché de
Porto-Novo les belles • poteries et le
bois de chauffage
·des districts voisins; ou bien, si
c'est la saison,
l'huile de palme et

TlTE DE Fl!M.ME.

~ont melés iI. la parl.ic commer~ante de la population
indigcnc et des noirs Ayunos. Administraiivemen t,
la capitalc cstsubdiviséc en
un ccrtain nombre de quarticrs, ou salams, inrga.1a de
grandeur, et commandé~,
s,uivant letJr importancc,
p;u· des cabécercs. Le pri•mier aspect en cst :is•cz
séduisant, car les quartiers
sont séparés les uns des autres par de larges rucs
ou de grandes places de

�L'ILLUSTRATlON, JOURNAL UNIVERSEL.
L' 1LLUSTRATlON, .IOURNAL UNIVERSEL.

espérances, avant qu'il en ait vu' se réafüer une seule.
L'exposition ajoote a cet heureux effet du titre: le riDestiné a toujours semer 'eta ne récolter jamais, il n'a•1ra
deau se leve, et vous voyez un patissier qui, profitant de
toute fa~on, les cieux lui sont rudes. De Ui., tout l'ina;.
pas plutot formé un chanteur ou une danseuse, qu'on les
forme circulaire; celles-ci, ombragées par des arbres paratoire coofiée, en i 856, a M. le capitaine de frégate tendu du paysage. La rapidité du trajet en chemin de fer
la liberté des théatres...
lui prendra a sa barbe. Cette chasse aux acteurs, qui
magnifique~, servent, a l'occasion, de lieux de vente ou A. V¡tlloo, et remplie par r.et officier avec beaucoup de n'atténue pas, comme bien' vous pensez, la hrutalité des
-Allons, vous dites-vous a vous-meme avec un sou- travcrse l'action daos toute sa longueur, est une idée
de points de réunion dans les jours de réjouissances pu- tact et d'habilcté, un trailé d'amitié et de commerce a été transitions : celle vue a vol d'oiseau les acceotue et les
pir, le titre ne m'a pas trompé; comme Je m'en étais noo-seulement comique, mais encore d'une observation
bliques. Les maisons qui les entourent, couvertes en signé récemment entre l'Empcreur des Frao~ais et le condense. La ligne du Nord-Espagne a deux chaines a
Oatté en sccret, c'est bien de la liberté des théatres qu'oo
tres-juste et surl" ut tres-actuelle. A elle seule, elle pouchaume et d'une forme aussi bizarre qu'irré"uliere roi Ghézo, traité qui nous ouvre une contrée que oous franchir, une a chaquc bout : les Pyrénées au Nord, le
va m'assommer toute la soirée.
'
o
'
ne
saurions
plus
se
laisser
refermer
a
notre
reli~ion,
a
vait défraycr to1, ne picce; mais les auteurs auront
n ont généralement qu'un rez-de-cbaussée divisé en pluEh bien! voila justemeot ou reside la grande habileté
Guadarrama auSud. Celle-ci sépare la Vieille-Castille des
ootre
commerce
et
a
notre
influence.
craint sans doutc dt ,aire concurren ce au Direcleur dans
sieurs chambres; elles son t (dilférentes en cela de celle~ de
des auteurs : les trois points suspensifs que vous venez l'emban·as, aussi l'oot-ils etracée sous une multitude
plaincs ou ~fadrid est assise. Mais la plus méridiooale
L.
Il&amp;NARJ).
la presqu'ile, qui nesontqu'en bamboas) toujours baties
de compter plus haut, marquent daos la piece le poiot
des deux n'est point celle qu'oo pourrait croire. Comme
d'iocidents, d'ou oous ne chercherous plus désormais a
en belle terre rouge qui prend une grande dureté a•1
meme ou il commence a o'etre pas plus questioo de la
. Nous doooons ici. a litre de •pécimen de la simplicité de la mu- tous les versants des hautes chaioes tournés vers le so•
démeler.
soleil.
,ique de ,.,. cootróes, un air, - eat-ce bito un air? - que les femmes. leil, les Pyrénées espagnoles sont riches de verdure
liberté des théiltres que de la liberté de la boulaogerie, la Au
précédent bleau succede un foyer de comédiens,
Malheureusemeot, toute médaille a son revers. Le re- repetenl eJl cb&lt;l!ur peodant oes heuros enllere,.
de
la
boucherie,
de
la
presse,
des
ncgres,
ou
de
toutaupleioes de promesse~, que la plaine ne tiendra pas. A~
ou
se
répete un opéra du ma¡;stro Cahocini, lequel est
vers de Porto-Novo est celui de la plupart des villes de
---ca:--X. Y. Z.
tre couronnemeot de n'importe quel édifice.
cootraire, pour figurer la Sierra castillaoe, évoquez les _,odeT
en
perpétuelle
dispute avec son librett\ste. Bcureuscmcnt
J'Orient, d'ailleurs : la malproprelé. Ainsi, on ne peut
Or, naturellement, vous ne pouvez vous croire si heu- arrivc Mou~seline, disons M11' Vernet, une debutante
tableaux les plus apres, les plus mélaocoliques des réparcourir la ville sans y rencontrer de nombreuses exOBSIQUES DE Jme LA PRINCKSSE CURTORYSU
reux. Comment supposer que MM. Clairville et Cogniard d'uo talent et d'une gentillcsse hors ligne, qui avec un
gions alpestres les moios clémentes : cette mont~e de
cavatioos, cloaques impurs, ou se ca.:hent les immondiaient si bien deviné votre éloignemeot pour des quesSplügen, par exemple, et son funebre paysage. C'est la
·
1,e24 aotitont eu lieu,a Saint-Louis-en-\'lle,les obseques tions si abstraites, si eonuyeuses, meme discutées avec joli couplet, chanté a merveille,
ces du voisinage, et qui empestent l'air de miasmes pumeme dévastatiou qui pese a l'Ame, le meme désert a
la
princesse
Czartoryska,
filie
de
la
reine
Cbristine.
trirles et déléteres. La nature, heureuscment poar les
pei:e de vue, le meme aspect granitique et solitaire,
enjouement !
Met les laideurs d'accord en charmant l'un et l'autre.
Hne nombreuse assistauce, composée de !'élite de
Européens, a mis le remede a. coté du mal, c'est-a-dire
Eh bien! c'est comme cela, pourtant; cette répuet Jusqu'aux moraines grises, roulées, usées et mises en
igration polonaise et de la haute société espagnole, gnance, ils ne l'ont pas seulemeot devinée, ils la partaune multitude de petits vautours noirs et puaot3, qui, a
las par les cataclysmes séculaires.
itempressée de venir s'associer par sa présence a la gent, ces Roger-Bontemps; aussi a chaque nouvelle
Grace a elle, sans doute, l'opéra aononcé va-enfio
rexemple &lt;le leurs frcres emplumés des villes hispanoLa plaioe tieot de la montagne, et de plateau en plaeur des deux familles. La jeune prrncesse Ladislas, scene, a cbar¡ue nouveau talilcau, nouvelle craiote de éclore au grand jour de la rampe. Nous ne sommes
américaines, se chargeot ici de la propreté de la ville.
teau inse[\siblement la continue. Les villages sont rares,
LE CREM.lN DE FER DE PARJS A MADRID.
ée a Paris le i 9 aout i 864, daos sa vingt-oeuvieme votre parl et nouvelle surprise agr&amp;able, et ainsi de suite plus au fo)·er des acteurs, mais bien au théalre. Le
Seuls moyens et instruments d'hygiene, ces aniinaux
les maisoos semées a loogues distances, les ruisseaux plus
ée, était la sreur de la princesse del Drago, aujour- en crescendo, jusqu'a la fin. Et ce o'est pas un médiocre maestro vient se placer au pupitre. L'orchestrc joue pour
s'acquitleot en conscience de leurs fonctioos, que la loi
AU DIRECTEUR.
rares que les maisons. On peut compter les chenes raui filie uoique, issue du mariage de la reine Chris- tour d'adresse que de faire faire aiosi au spectateur ouverture une charge tres-réussie de la musique ita"'•drid, U 1001,
protége en punissaot d'amende trcs-lourde la mort de
bougris ou les píos de mince venue qui coupent de
et du duc de Rianzares. Elle ne laissse qu'un fils, tous les frais d'iotéret d'une comédie, que de fonder lienne, ou plutot une cacophonie a mourir de rire. Onreces intéressants oiseaux.
loin en loin l'horizoo plat et moootonc. Le sol cst jaune
Moosieur,
cela
s'appelait
rever
autrefois;
aujourd'hui,
sur son humeur l'unité tl'un ouvrage, fort spirituel, as- commence l'ouverture dont le maestro a corrigé, il deprince Auguste Czartoryski.
C'est le panorama de cette ville singuliere que repréet desséché, le passant peut croire que la culture en 1st
cela
se
nomme
voyager.
Le
magicicn
qui
nous
condoit
L'egli!ci
de
Saint-Louis
était
entierement
teodue
de
surément, ruais qui, sans ce líen, pourrait sembler un vrait dire txagéré les fautc,, aprcs quoi la toile se leve,
sente le des5in que nous avons donné dans le n• i i20.
baonie. Mais ce1te terre, pour etre bclle, n'a besoio ni
se
plait
aux
choses
irupossibles;
il
en
a
l'audace,
la
puispeu décousu.
et nous assistons a une parade de la sérénade du Bar·
avec
draperies
lamées
d'argent,
et
chargées
du
chiíA gauche, soot les factoreries européenoes, en
de l'homme, ni des arhres, ni des eaux. Un ciel d'un
saoce,
et,
ce
qui
est
bien
heureux
pour
les
curieux
de
et
des
armes
de
la
maison
de
Czartoryski
et
d'
Amtele desquelles se trouve la factoreri~ de la maiJe. sais hien qu'en révélant ainsi, des Je début, un biel'.
bleu profond se déploie sur ce désert, le soleil lui sert
de Rianzares. Le corps de la priocesse avait été dé- procédé qui o'est pas ce que la piece a de moins neuf,
Cctte pararle, qui n'est qu'un cadre a toutes sortes de
son Régi ·, de Marseille; daos le fond apparaisseot notre sorte, la coquetteric. Le voyage est remplacé par de manteau. Une lumiere chaude et transparente envele
tourbillon
:
on
s'endort
a
Orléans,
on
se
réveille
de.
snr
un
magnifique
catafalque
placé
au
milieu
de
je
prive
l'aoalyse
que
feo
vais
faire
d'une
grande
partie
folies,
d'encbantemeots et de tr•Jcs des mieux imagioés
les forets de palmiers, source do la fortune du pays.
loppe, colore, transfigure toutes choses. Les cootours
oef de l'église, eotonré d'ifs enllammés.
de son intérel; mais, saos cette indiscrélion, l'on aurait et exécutés, a pour principal agrément
une sorlc de
Entre les factoreries et la vilie indigene, se trouve vant l'Escurial. Quaodj'étais petit, j'accrochais au nuage sont plus fins, les aretes plus vives, le roi Soleil est ici
11
Le deuil était coodmt par le prince Ladislas, mari de pu s'en prendre a moi si, par hasardt l'exposé de ladite Chérubin, qui o·est autre que M • Silly, autant du
un beau plateau assaini par la brise, et que le gouver- qoi passait mes songe~ eníaotins, et je m'eo al\ais sur chez lui. C'est lui qui doooe aux moutagnes lointaines
nement fran~ais s'est réservé pour y construire les éta- les ailes du veot vers les terres incoooues. Mais quelles ces profils de marbre rose, aux premiers plans leurs tone 11 pnncesse défunte, par son frere Witold, et leur cou- piece n'avait pas tonl a fait répondu a ce que j'ai dit de moins qu'il est pernii, de l'affirmer, daos la confusion oü
légendes, bon Dieu: resteroot a nos eofaots? L'bippotin le prince Constantin, accompagnés de LL. AA. RR. son prodigieux succes&gt; et je ne me suis pas sentí de vous jclte le nombre infini d'acteurs et d'actrices qui
blissements qui luí sont nécessaires.
griffe est en retrait.d'emploi, la sorciere a brisé de dépit dorés, a la plaine sablonneuse la majesté d'uo paysage lt comte et la comtes.~e d'Ar¡uila et leurs eofants. La force a courir ce dauger, par pur dé"oucment pour un fígurent daos la picce, et y changent a t-0ut momeot de
Un autre dessin donne une
idée
de
l'activité
qui
reane
.
o
oriental. Ríen ne trouble le silence des plateaux endordans une fa~torerie. Les iodigenes apportent l'huile daos ~a fo:le et classiquc mooture. Nous avons mieux que cela. mis sous les feux du jour. De temps en temps une tenla comtesse Dzialynska, née Czartoryski, belle-sceur de la ouvrage que ses auteurs, aussi spirituels que modestes, costunw, de voix, d'age et meme de sexe.
•
L'air de violon, joué avec quel rncces,je l'ai déja dit,
de grands pots de terre ; on en verse le contenu daos On n'entend plus passcr daos les nuits obscures la ronde avec un peu d'ombrage, un puits, quelques vachcs pais- défuote, et la priocesse Marceline assista:ent aux obse- appellent eux-memes un salrnigoodis.
iufernale
des
chasseurs
noirs:
pour
aller
plus
vite,
la
bal~es
daos
une
des
chapelles
latérales
de
l'église.
Je
disais
done
que,
fort
de
la
nouvelle
liberté
des
l'opéra
semble n'avoir plus qu'a suivre son cours, et la
des mesures spéciales, placées sur un pet1t échafaudage,
sant l'herbe rare. Assis sur un a.ne de grande taille, un
lade
a
pris
t1lace
daos
les
bagages
du
train
rupide.
De
..
Le
corps
de
la
déíunte
est
resté
exposé
daos
l'église,
théatres,
un
patissier
s'est
mis
en
tele
de
comblcr
ses
perspecfüc,
fraochcmcnt, n'est pas trop ra.~suraote;
d'ou elle coule daos des futailles que l'on emmagasine
Castillan en vclours noir se voit de loin sur le sentier ~·ou il sera porté daos le caveau funebre de la tamille praliques, en leur donnaot la comédie en meme temps mais tout commence et commence bien,dans cette piece,
¡mis
loogtemps
déja
il
n'y
avai~
plus
de
fleuves;
aujourjusqu'a leur embarquement. Cctle partie d'uoe factoresans ombre. Daos uu pli de terrain, des ten tes blanches
que des petits patés. Or, a peine a-t-il fait d'exccllents et ricn ne finit. Quoi de plus charmaot! toujours des déH. C.
rie, que l'oo appelle le mesurage, est le point de réu- d'hui, ni Alpes ni Pyrénées n'y tiennent; le serpeot de sont dressées; on dirait d'un douar arabe. Au milieu, les ~artoryski ou en Espagoe.
reu
gravit
lescimes
les
plus
hautes;
ilrampea.800
metres
artistcs de Fortenquille, son chef de fourneaux, et de buts, des prémices !
oion des désreuués, qui viennent savoir des porleurs
booufs aux longues cornes, attelés deux a deux, fouleot
Cydalise, sa jolie caissicre, qu'un diahle de voisin lui enCette fois, c'est le régisseur venant annoncer que le
d'huile quelles sont les nouvellcs des en~irons; on y fait daos les Pyrénée&amp;, a i ,400 metrcs daus le Guadarrama; lentemcnt les gerbes amassées; un bouvier, l'aiguillon
il
se
joue
des
courbcs
et
des
peo
tes.
De
SaintSébastien
leve
toute
sa
troupe,
en
vue
d'ouvrir
lui-meme
un
resténor,
ayaot étourdiment contracté a Grenelle un engade la politique; on y discute les prix de !'huile; c'est
CAUURUI DRli■ATUQUI.
a la maio, est deboul sur la planche que l'attelage ena
Madrid,
ce
sout
des
merveilles,
des
audaces,
des
vertauraot-dramatique
ou
un
théatre-restaurant.
gement
a heure fixc et avcc dedil, il ne saurait conlinuer
une bourse indigeoe. ·
traine. Sur cette terre primitive, oo bat encore le grain
Lascene change sur ce rapt odieux, ct,en avant d'uoe de chaQter son rule. Quclqu·uo pourrait hien le lire a
Les plus courtcs folies sont les meilleures, dit le proA l'époque ou M. l'amiral Didelot vinta Porto-No,o., il tiges : ce cbemio-ci fait des folies. J'ai compté, daos un comme daos la Bible; mais le travail n'est ici CJU'un ac~
s'y faisait, iodépeodammeot du commerce de l'huile, un espace de 50 kilometres, dix-huit poots et viogt-sept cident du paysage; la Vieille-Castille est surtout guer- terbe, el la sagesse des natiohs n'a.jamais mieux parlé, toile de food, qui est tout simplement un chef-d'amvre sa place, mais on a pensé que le public aimPrait mieux
trafic non moins important de cauris. Ces &lt;lerniers sont tunoels, qui se melent et s'entrclacent; on passe inces- riere. Pour une fcrme, on y compte d1x chateaux-f!)rts. i moa avis; mais il manquait a cette regle une excep- de clair-oliscur, elle nons mootre la devanture et les passer tout de suite au ballet, et aussitót les décors dP
de petits coquillages tirés de Zanzibar. Jres-répaodus sammeot du souterrain au précipice, et du précipice au Les tours sarrazines, aux créneaux pointus, soot la rn,ie tioo qui la confirmat. Celte preuve, si souvent et si vai- abords d'un simple restaur1nt-café, rendez-vous babi- changcr, la place publique de Séville de fairc place a
des jardins dignes d'Armidc ou d'Alcine, et le ballet, un
entre les montagnes et la ron, et jusque daos le bassio souterrain. Entrevue de la sorte par échappées, inter- parure de la terre du Cid. Voici Burgos, Medina del aement tentée a nos dépens, cette preuve que nous re- · tuel des comédiens et comédiennes saos ouvrage.
La,
a
l'esquisse
des
éternels
ridicules
de
la
profes,ion
charmaot
ballet, de commenccr. Mais, sn~•ez tranquille
rompue
parles
ténebres,
accompagnée
du
bruit
formidable
doutions presque de voir se produire en été, le théatre
&lt;lu Níger, les cauris, qui représcnteot un millieme de
Campo, Avila, lieu1 héroiques, cent fois pris et repris,
ridiculisanle,
s'ajoute
ce
détail
particulier
et
tres-actuel,
le
ballet
lui-meme
ne Onit pas. A un elfct de jour spleoqui
remplit
les
voutes
sonores,
l'impressioo
de
l'abime
des
Varietés
vient
de
la
donner
aussi
éclataote,
aussi
franc, coostituent la seule monnaie des noirs, et óot
qu'aucun alliage moderne ne deshonore. Ici la folie du
que
la
plupart
de
ces
acteurs
se
soot,
faute
d'emploi,
dide
~ucccde
un
effet
de nuit plus splendidc encore,
est
a
son
comble.
Nous
franchissions
les
premiers
ces
décoocluanté
que
possible,
avec
la
Liberté
des
thédtres,
salcours sur les bords du lac Tchad, au Bornou, et mé!lle
cbevalier de la Manche apparait comme la chose la plus
improvisés
directeurs
de
théatre.
De
la,
naturcllcment,
avcc
un
jet
d'eau
dont
chaque
fusée, dont chaque goutte
filés
faits
de
maio
d'homme;
un
clair
de
lune
incompalligondis
en
six
actes
et
quatorze
tableaux,
de
MM.
Théoa Tómbouctou. Les navires européeos en apportcot done
oaturelle du monde. Avila,ou le cbemio de fer fait une
hausse
de
moitié
pour
le
moins
sur
la
valeur
des
camareflele
les·
cou)eurs
les
plus
variées,
les plus magiques.
rable
éclairait
la
scene
:
M.
Pereire
n'avait
rico
oublié.
autanl qu'ils peuvent en trouver. Toutefois, le rhum du
.pause, a neuf portes, et Je ne sais combico de tours. Pas dore Cogniard et Clairville.
rades
qui
sont
restés
de
simples
comédiens.
On
se
les
lmpossible
de
rendre
l'impression
de
ce tablcau sur le
Ce
n'est
point
l'astre
blafard'
de
no~
ouits
grises
du
Nord,
Quelle
soirée
!
jamais,
en
se
pamant
de
rire,
on
ne
s'éBrésil, cono u sous le oom de caha~a, et le tabac en rollos,
un créneau ne manque asa glorieuse enceiole, qui serdispute,
on
se
les
arrache;
ils
ne,saveot
auquel
coten••
public.
A
lui
seul,
daos
un
pays
de
sourds,
il assurerait
mais
la
vraie
Phrebé,
sreur
du
Jo1Jr,
aupres
de
laquelle
tait
laissé
tomber
avec
lant
d'abaodon
sur
l'épaule
de
sont, apres les cauris, les deux articles d'importatioo
pente sur le flanc d'un ravio profond, parmi de~ masses
le
soleil
de
londres
n'est
qu'une
lanternc
bumide
et
aon
voisio,
saos
distinction
d'age
ni
de
scxe.
Jamais
dre;
bref,
oo
Onit
par
les
mettre
aux
enchcres,
sur
la
a.
la
piece
u11
soeces
saos
bornes.
contre lesquels l'huile est traitée de la maniere la plus
Les aveugles, du reste, auraient leur rcvanche au tapale, la vraie )une des balcons et des sérénades, qui n'ef- de verdure. Sa catbédrale est un chateau:fort, un grand mouchoirs de pocbe n'avaient étaoché a la fois taot de motion d'uoe mere de danseuse.
avantageuse et le plus facilemeot.
couvent
couvre
l'approche
du
cbemin
de
ronde.
Det
lnv1tés
a
faire
Jeurs
preuves
séance
tenante,
ai-je
bebleau
suivant, ou la foutaioe enchantée est remplacée
Soit souveoir du passé, soit par un gofit riaturel (qu'on face pas les contours, mais les accuse, et qui laisse a carcpagnards, dont le coslume n'a pas chaógé depuil larmes de joie et de perles de sueur confondues. Jamais
soin
de
dire
que
p33
un
ne
se
fait
prier?
Loin
de
la:
chapar
les
Pupad de Ncuville. Ces marionoettes représeuretrourn cbez tous les noirs), les habitant.s de P0rto- chaque chose sa couleur. Nous passions, comme l'oura- cinq siecles, entrent et sortentsous la haute portl! maure. on n'a-vait ri de si bon cccur et si longtemps, daos une
que
sujet
débitc,
qui un couplet de vaudeville, qui un tées, - car ce sont a. présent les hommes qui se font a
gan,
au
travers
de
cette
visioo.
Sous
nos
piP.ds
défilaient,
étuve,
en
plei(l
mois
d'aout!
Jugez
done
par
la
de
ce
que
Novo, bien que doués d'un caractere doux et pacifique,
Le monde moderne n'a ríen afaire de cette baetille dan•
grand air d'opéra, qui une tirade de mélodrame. Une l'image des mar10onet1es, - ces marionnettes, dis-je,
aimeot beaucoup rodeur de la poudre, et oot un gout comme un mirage, les vallées ombreuses du pays basque, un désert, et comme il n'y a plus de chevaliers, ATila ce sera cet hi ver, car la Liberté des thédt,res vivra j ussoubretle
récitc une scene de Moliere, et, par paren- qui ne soot autres que Dupuis, Guyoo, Al. Michel et
les
villages
perchés
au
bord
de
l'eau,
avec
leurs
toits
que -la et bien au dela.
tres-vií pour les orncmeots guerriers et les armes de
se laisse mourir.
these, elle la récite etsurtout la rita ravir; et, lorsqu'oo Ando(, imiteot a s'y tromper la déclamation et les tics
Ainsi,
¡,ar
Jupiter
!
o
Athénie.ns
!
vous
l'avez
retrouvé,
plats
et
leurs
vieilles
églises,
les
torreots
bondissants,
luxe. Aussi, la poudn trouve-t-elle chez eux un débit
Mais je m·attarde, moosieur, et l'on va me laisser en
passe aux eocheres, la salle entiere applaudit aux prix de Frédéric Lemaitre, de Beauvallet, de Laurent, de Dutres-avaotageux, et l'on peut estimer a plus de quatre ou blancs d'écume, ao pied des graods rocbers bleuatres. route. Trois invités de la Compagnie vieoneot d'avoir l'i11extioguible rire des dieux d'Homere. Gardez-le bien,
ce
oaií
et
¡irécieux
rire,
qui
seul
,ous
manqua1t
encore
fabuleu1 ou elles montent sur la sccne.
maine, de Mélingue, cte., etc.
Celle
montagne
est
un
jardín.
Le
chatHignier
descend
11
cinq mille le nombre de, fusils, escopettes ou espingoles,
ce triste sort. C'était devant Medina del Campo. Cette pour égaler les immortels; et nou~, tachons de rexpliCepeodant, le rest:mrateur-dramatique, qui ne veut
Quant a M11 • Silly, elle contrefait M • Thérésa, la Cases
peotes
en
cascarles;
jusque
sur
les
sommets
les
pomexistant actuellemeot dans le seul district de Porto-Novo.
mésaventure, qui noOll vaudra un beau deEsin, puisque
pas perdre de temps, fait commencer tant bien que mal meuse étoile de !'Alcazar, de fa~on a se reodre, elles
Cepeodant, le tond du commerce sera peodaot long- miers plient sous les fruits. Cependant, la route s'éleve. B... est au nombre des victime~, fait le sujet des con- quer, sinon de le communiquer aux futurs spectateurs
la représentation de Don Quichotte, tragédie a la der- charmaote, pourtaot, presque aussi odicuse que son
temps encore l'buile de palme. Cette industrie est au- Elle ne jouait d'abord qu'avec la riviere, qu'elle franchit versations de cet e981im de Fran~ais bourdonmrnt que de la Liberté des thédtres.
jourd'hui entre les mains des Anglais de Lagos ; mais comme a plaisir. Apres les ponts snr l'eau et les viadac., le traio emporte. Qui a tortT le ,oyageur ou le cbemiD • Uche ingrate que d'expliquer ce qui fait rire, tache niere mode, dit-il. La scene, changée a vue, représcnte modele.
le fameux restaurant-théAtre, avec ~es spectateurs-conAu reste, bien d'autres caprices de la mode sont eoapres le traité passé entre l'amiral Didelot et le roi de sur les hautes vallées, les cimes désolées apparaissent, de ferT Grue question, mon11ieur, presque un ca,ua bella. daos laquelle IJOUS échoueroos, puiequ'Homere, luisommateurs
et
ses
ar.teurs
qui,
non•
seulemeot
ne
concore
mis en sccnc daos ce tableau, qui r.st d'un mouvememe,
n'a
jamais
pu
faire
comprendre
a
persoone
comPorto-Novo, il est vraisemblable que nos compatriotes les escarpements devienneot immenses, c'est le désert : M. B... était-il a,ertíT Anit-on aononcé le départ" &amp;
sommeot
pas,
mai~
encore
o'ont
rico
pris
de
toute
la
ment,
d'une variété, J'une habileté iocro~·ahles; c'est la
ment
la
seule
vue
d'uo
dieu
boiteux
avait
si
íort
égayé
sauront disputer ce monopole a nos concurrents. La noug sommes au col.
chacun de dire son mot mr celte FA¡,agne inhospitali~re, loutl'Olympe; mais d'autre part, que\ 11upplice pour des journée. Les pauvres diables, mourant de faim, s·ioter- perfcction du gcnre Revue. 11 témoigne meme, par exC'est la vraiment que l'Espagne commeoce. Cootl'aste
maison Régis, de Marseille, qui représente si brillamsur cette ~pagoe im~íble, 1ar cette Espagne qui a
rompent pour demauder a leur pulilic une part des \ ceplion, &lt;l'une intention dem1-satirique, el corumc d'une
ment ootre commerce sur toute la cote d'Afrique, a étraoge! Entre tous les pays du soleil, celui-ci est uoique le tort de ne pas Be déranger tout eotíere pour ,oír pal- gens gais, que d'entendre d'autres gens riant aux éclat5, mets sucruleoL, et des vins de prix rlont il se régale a certaine vclléité de justifier le litre de la picce dont il
en
son
genre.
Ou
plutot,
il
y
a
detu
Espagoes
:
celle
de
et
d'ignorer
ce
qui
les
flit
rire
!
déja fondé une factorerie qui prospere. Faisons des vreux
ser deux ccnts Fran~ais. J'entends oue ,011 forte qti
Done, a nos risques et péril~, essayoos au moins de leur barbe, et la représentatio~ de Don Quicholtn ~~il par \ cst le prin~ipal_ ornemcot. On pouvait d~ moins le c~ainpour que d'autres maisons de Bordeaux et de Nantes l'imt- Séville et de Grenade, qui est l'Espagne africaine, et l'Es- s'écrie : « Heureusement il y a des journalistes dan, lt
D&amp;rrer l'ioénarrable revue, car, au fond, c'estune revue, des noccs de Gamache, a la smtc dcsquelles le pat1s-icr, dre ... ou 1esper&lt;'r, en vo~·:mt un certam ballet ou les
pagoe
du
Nord,
qui
est
la
vraie;
la
premiere,
qui
n'a
tent, et ponr que la factorerie marseillaise devieooe bientram; la presse íera son de,oir ! 11 Je reconn1i11 une ,ots
reveoant sur l'eao, rarocne triomphalemeot sa troupe type~ du Théatrc-Fran~ais se confondent avcc ceux du
tot le foyer de nos idées et di! notre industrie, sur un jamclis su que chanter et jouir; l'autre, qui seule a com- connue, familiere aus habituét da Pal1~Bourbon, at de 1111. Théouore Cogniard et Clairville.
mélodrame des boulc~ards; mais ce n'a été qu'un éclair,
Et d'abord, disons que le titre e,t a luí seul un cbef- repentante et pac;sahlement... gaie.
poinl ou l'influence anglaise, nous l'avons &lt;lit, domine battu, pensé, vécu, mené le monde. Celle-ci réunit tous elle ne dit poiot d'ordioaire a la pre,ee tan\ de doucemt.
Mais
le
pauvre
homme
n'esí.
pas
au
bout
de
ses
tribu1
et cette ti mide allusion a1u essais classiqucs des théatres
d'e211.,re, un prodige d'habileté, en ce qu'il vous dispose,
déja d'uoe fa~oo inr¡uiét1nte. L'entrcpri~ renconltera les extremes; sous la latitude de Naples, elle est juchée Oh! monsieur, les Fran9118 ea ,oyagel on en pourral&amp;
lations
:
le
rideau
tombera
sur
luí,
coupant
en
deux
ses
Déj11:1et et de la Porte SainHlartin oat -rite fait place
et
je
dirai
meme
vous
force,
a
,ous
amuser
de
n'im
·
d'autaot moios de difficultés,que des lieos d'amitié nous plus haut que le mont d'Or. Du midi, elle ne connaitque faire un livre. Quelle pbilosopltie! 1¡uel sen11 ~111ml
rapptocbenl aujourd'hui du puissant voism de Porto- les ardeurs implacables. Le soleil la brule, il ne la ca- quelle biennillance pour l'étranger! On traite les b6- 110rte quoi.
No,o, du roí de Dahomey. A la suite d'une mission pré- resse pas. Elle grille en été, elle a froid en hi,er. De

138

~ en ,ille prise d'assaut et l'oo s'étonne de ,oír enses extravagr.nces portées sur la cartc ! Une ehose
ut inspire a nos compatriotes une indignation proe et bien sentie. L'Espagoe est une tcrre primitive
&amp;ere, ou la poli ce ne se monlre pas. On ne vous raoge
en troupeau dans les gares, on vous laisse, a vos
ues et périls, passer sur la voie; on ne vous dejaiide ni ou vous allez, ni d'ou vous venez; on vous
'te en bommes, poiot en enfants. Quelle misere,
nsieur, quelle sauvagerie si pres de nous ! quelle inieoce ! Un pays aussi dépourvu de sergeots de
¡lle n'est-il pas nécessairement le deroier pays du

~U-tf-l±t-4BiW

~*

I

�140

I

aux Pupazii, dont
le succes a été bien
plus général.
Ou voit ensuite
un nouveau tableau d'intérieur
dramatique, ou un
feuilletoniste éminent et un dramaturge hors ligne engagent un duel de
paroles, qui bientót se change en
une melée générale, ou ils sont a•
peu pres assommés tous deux, a
la grande joie du
,public, La Fontaine dirait du troi-•
sieme larron.
Puis vient une
nouvclle représentation d'un théatre, ou, ponr le
coup, ce n'csl plus
l'opéra, mais le
drame militaire
qui sert de ciblc
aux ltabiles 'tireurs
des Variétés. Nous
avon~ la, comme
au Cirque, ou
mieux encore, a
l'Hippodro r1e, la
prise d'nn fort de
Trich iribownowski,
ou quelque chose
d'aussi opulent en
consonnes. Naturellement, les Prussiens qui attaquent
ce fort sont battus
a plate couture par
les Frrrances; mais, apropos, ces
Prussiens bjlttus
par des Fran~ais,
ce choix d'un nom
polonais pour la
forteressc
altaquée... N'y auraitil pas la quelque
allusion politique
a des circonstances
qui, rapprochées
d11 couronnement
du roí de Camhodge et de la
haussc des fonds
nigritiens... Ah!
hien, oui ! ou ai-je
la téte? Tout cela
n'est a autre fin
que d'amener l'exhibition d'un tamb1ur-major.
.Mais aussi quel
tambour - major !
et quel ·soeces,
que! triomphc,
quelle apothéose
il a rem portée ,
ce tambour - major !
« Un grenadier,
c'est une rose, &gt;)
dit la chanson de
corps de gardc qui
eut, en i 807, tant
de vogue clans les
salons; maís nn
tamhour-major de
cette taille, de cettc
force, c'est un
bouquet, tout un

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION., JOURNAL UNIVERSEL.

i régiment de ligne (indigene);
bataillon de ch~seurs
(ídem);
i bataillon de zouavcs
(étrangcr);
batai\lon de carabiniers (idem);
2 escadrons de drago ns;
6 batteries d'artillerie
(avec des canons pour
i 2 batteries);
Et la gendarmerie.

mplete d'argent; les minis-

bouquet, le boa.
quet du splendide
feu d'artifice tiré
par ~lM. Cogniard
et Clairville. AlJ81i
ne m'en demande¡
pas davantage ¡·e
n '~n peux plus,' je
su1s éhloui, fasei,.
né, je vois des soleils, des cbandelles, des étoiles.
j'entends le ri~
cbarmant de 1111,
Silly; écrasé d'é.
motions' a peine
me reste-t-il la
force de répéter
que la Liberte des
théatres est, saos
comparaison ao.
cune, le grand, Je
·vrai, l'immense,
l'unique succes de
la saison.

A.

DE BEuor.

CORRESPONDANCE

italienna
Aü DIRECTEUR,

Rome , 15 aoilt.

11 y a quelque
temps, le pape a
été, vcrs six heures du soir, visiter
la caserne récemment construite au
Macao pour les
troupes pontificales. Sa Sainteté
paraissait complétemellt remise de
sa dernicre indisposition, et plaisantait gaiement
( ce qui est assez
dansses habitudes)
a vec les pcrsonnes
qui l'entouraient.
Le sourirc d'UD
souverai n est toujours, pour.la foulc,
l'indir.c de quelquc
bon ne nouvelle;
moi, je n'ai vu la
qu'un saint vieillard heureu1 d'avoir recouvré la
santé et de se retrouver au milieu
des siens.
La ,nouvelle ca. serne, qui peut
conten ir un millier
d'hommes, sera
payéeavec les sommes envoyécs par
le comité catholi-,
quede París. Quant
au terrain, i1 avait
été acheté précédcmment par Mgr
de Mérode, tt offert par iui au
Saint-Pcre. 11 cst
probable que !'on
doublera plus tard
les constructions
actuelles; mais aujourd'hui cela n'est
gucre possible, car ,
il y a une diseUe

Ut

co du reste, ~e s'en ca·u-es,

bent point, et a tous ceux
e ¡ tcur parlcnt de la situa11
~ ils répoñdcnt franchebo0'
.
roent : Eh bien! nous v1ro05 de dettes : J« Campe-.
' ..,,
r....0 di debiti l&gt;. e conna1s.
plus d'un gouvernement qm
vil eiactement de la mcme
msniere, et qui n'a pas le
couragc de l'avouer.
La petitc arruée pontificale
n'ofíre pas, a coup sur, un
LE COFFRE A. QUA.'l'RE CORNES: DEMI-GRANDEUR NA.TURELLE.
Les corps dans lesquels il
bien grand intéret au point
entre
des éléments étrangers,
de ,ue militaire; elle ne
néral,
quijugeait
assez
mal
la
situation
au
milieu
de
cette
comme
l'artillerie
et
les
dragons,
ou qui sont entierepossede ni frégates cuirassées, ni armes monstrueuses;
réorganisation,
et
en
quelques
heures
toutes
ces
peines,
ment
fran~ais,
helges
et
suisses,
comme
les zouaves et
¡ cbaloupes canonnieres, et pourtant, depuis quelques
toutes
ces
espérances,
tous
ces
millions
furent
perdus.
les
carabiniers,
posscdent
quelques
officiers
d'un vrai
années, on s'en occupe un peu parlout. Ceux qui en
mérite.
L'artillerie
a
pour
chef
un
homme
d'un
parlent s'échauffent memc a son sujet, comrne s'il
savoir
reconnu,
le
colonel
Blu-me11til,
et
le
minisétait qucstion de forces impQSantes; les soldats du
tre de la guerre a s11 placer pres de lui, comme
pape, condamnés par les uns, cxaltés' par les auaide de camp, un des meilleurs officiers de l'armée,
tres, sont devenus tour 11 tour des mercenaires sans
le colonel de Mortillet.
patrie ou des héros doublés de marlyrs.
11 serait tres-facile, avec un peu plus de disci-Ce n'cst point ici le lieu de discuter qui a tort
pline
et d'énergie, dP. rcndre excellentes les trou011 qui 1 raison, et de se prononcer sur une quespes
indigenes,
sur lesquelles les autres ont aujour~on qui fera probablement encore la fortune de
d'hui une supériorilé incontestable. Les soldats itaplus d'un libraire.
licns sont intelligents et deviennent ce .qu'on sait
L'l/lustl'ation ne béatifie personne, et laisse a
les faire. Malhcureusement, leurs officiers n'ont
d'a~trcs le triste so~ri d'injurier; mais il ne sera
pas les qualités nécessaircs pour le commandepeut-clrc pas saos intéret pour ses lecteurs Je
ment
: un langage trop familier avec leurs homconnaitre la situation militaire actuclle de ce petit
mes,
une
démarche paresseuse et endormie, leurs
pays, et le caractere de ses troupes.
.
longs
cheveux,
qu'ils divisent symélriqucmcnt du
Lorsq11e le général Lamoriciere vint a Rome, en
front
a
la
nuquc,
tout concourt a lcur oler celtc
1860, il trouva les choses daus un triste état. JI tui
apparence
martiale
qui plait au soldat; et puis on
rallut toute l'énergie et le talent d'organisation
les laissc se marier avec une si déplorable facilité,
qu'il ¡,~ssede pour épurer les administrations, éloique les affcctions de la famille l'emportent l,iengner les officiers incapables, rendre un peu d'actitót sur l'amour du métier.
vité aux employés de toute sorte, et trouver en six
En toutes circonstinces, a propos d'un ehangemois les chevaux, les canons, les éq uipements nément
de garnison, et plus encore en face du dancessaircs a une armée de vingt millc hommes. A
ger,
la
pebsée qu'ils laissent dcrriere eux ce qu'ils
force de volonté, i1 obtenait en quelques jours ce
ont
de
plus
chcr au monde, refroidit l'ardeur qu'il
qu'il fallait, avant lui, des années pour obtenir. Les
serait
nécessaire
de montrer.
ministeres, les administrations murmurerent bien
Qn'un
ordre
de
départ arrive, ce ne sont qÚe
de tous ces cltangements et de toutes ces nouveauM.
DESMARF.ST,
batonnier
de
l'Ordre
des
avocatt.D'aprés
un•
phot.
de
M.
Nadar,
plaintes
et
gémissements.
tés; c'était autant d'ennemis implacables que l'on
Si l'cnnemi passe la frontiere: Hélas! hélas! ma
se créait; mais le soldat, mieux nourri, mieux équipé, mieux commandé, prenait confiance en son chef, et I Aujourd'hui, l'effectif de l'armée, qui est a peu pres pauvre femme ! entend-on de toutes parls.
Et quand l'heu~e du combata sonné: Hélas! hélas!
ne se reconnaissait plus lui-méme de ce qu'il était aupa- \ ce qu'il était avant 1860, s'éleve a.8,000 hommes, et se
mes pauvres cnfants! - C'est a fendre !'ame.
ravant. La bataille de Casteludardo vint surprendre le gé- compose de :

I

\

�.

.
L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UN IVERSEL.
Plus que partout ailleurs, on pourrait citer ici ce (Jndes Orientale~)- Puisse un homme de l'art y trouver
vicux proverbe que j'ai souvent entendu répéter en des éléments propres a concourir a la solution du diffi.cile probleme qui est pendant : quel est le meilleur type
Belgique:
a adopter pour les navires cufrass~s et blindés? La natore
Bon soldat, maut•ais papa; mauvais papa, bon soldat.
Cependant, si les officiers indigenes manquent essen- a été, est et sera toujours notre grand maitre en toutes
tiellement de qualités militaires, ils ont un coté original choses. ·
Le coffre a quatre cornes (ostracion cornutus, ou ostraqu'il est curieux de signaler, et qui ne peut leur etre
disputé par aucune armée d'Europe; c'est une aptitude cion quadrangularis ac11leis), est le modele le plus parfait
extraordinaire pour les choses d'art. 11 y a parmi eux que présente la nature des batimeots cuirassés et bllndes peintres, des sculpteurs, des poetes, des musiciens dés mus par !'hélice et la va peor. 11 peut également devenir un modele pour des batiments de g11erre sous-marins.
d'un vrai talent.
Le coffre est un habitant des mers intertropicales. U
J'ai vu un projet de monument, le travail d'un simple
a
peu
de chair, mais elle est bonne. 11 est carnivore. 11
lieutenant du génie, qui est bien plutót l'reuvre d'un ary
a
plusieurs
especes de coffres; les uns n'ont qu'une
tiste que celle d'un solfat.
Un capitaine_d'artillerie, M. Muratori, un, nom céle- corne, d'autres en ont deux ou ~uatre, quelques-uns,
bre, écrit pour le théatre de charmantes comédies, dont enfln, en sont to11t a fait privés. L'espece a quatre cornes
est la plus intéressante, parce qu'elle est plus la complete.
quelques-unes seraient applaudies en France.
ll scrait, comme vous le voyez, plus facile peut-etre C'est, en effet, le poisson le mieux pourvu pour l'attaque
d'écrire l'histoire artisti~ue de cette petite armée que comme pour la défense.
Ce poisson est, peu connu en Euro pe, bien qu'il ait été
d'en publier les annales militaires. En sornme, tout cela
a fort bon air sous les armes, tout cela marche, ma- décrit par Marc Eliéser Blocb, dans son lchtbyologie
nceuvre, fonctionne régulierement sous la direction (Prem. part., page H3_. pi. CXXXIV). Le savant prossupreme de Mgr de Mérode, toujours inspiré, dit-on, par sien parait, du reste, avoir décrit ce singuli11r poisson
(c'est l'expres&amp;ion qu'il emploie), plutót d'apres un desle général Lamoriciere.
sin
qu'en ayant un sujet ~ous les yeux. Notre savant
Ce n'est pas sans peine que le ministre de la guerre a
pu conserver intacte l'armée dont il est le chef. De tous ichthyologiste, l'excellent M. Duméril, a bien voulu me
les cótés on l'attaque saos pitié, et ses adversaires sont communiquer les coffres que le Muséum de Paris possede
nombreux daos le sacré collége; ils l'accusent de de- dans ses riches collections. J'en ai vu de fort heaux,dans les
penser mal a propos les deniers de l'Etat, quand les especes autres que celle a quatre cornes. Dans cette esrevenos soot loin d'égaler les dépenses; mais lui, certain pece, les deux plus grands sujets du Muséum n'ont, a
d'étre soutenu par le Saint-Pcre.) que son esprit amuse peu pres, que les dimen.sions de celui que j'ai rapporté:
et distrait, passe sans crainte au milieu de ses ennemis, longueur totale, om 278, savoir: cornes frontales omo21,
et déjoue en souriaot toutes les intrigues. 11 a pour se corps, om¡ 30, queue et nageoire, om i2L Le coflre dédéfendre m1eux que l'épée la plus acérée, car il possede crit par Marc Eliéser Bloch a {5 pouces, la longueur de
la queue comprise. Cette dimension me parait considé..
une tangue a deux tranchants.
Cependant, ceux qui condamnent le ministre, sunt rabie pour cette espece.
bien forcés de respecter sa personne. Mgr de Mérode est . Le corps de ce poisson est complétement recouvert
un homme de bonne foi, integre et de mceurs irrépro• d'une armure formée de boucliers polygonaux, encadrés
chables, vertns q11i, a Rome, se font bien vite remar- par des bordures de tres-petites perles qui les unissent
quer. 11 n'a ni brillaots équipages ni laquais dorés, et · entre eux. ll est armé de quatre cornes droites et sail•·
si, par hasard, on se trouve invité a sa table, on risque !antes, deux a la tete et deux pres du rectum. U a, a
' Cort de faire rnaigre ch ere. J'avoue quo j'ai un faible peu pres, la forme d'un bateau triangulaire et ponté, a
pour les ministres chez lesquels on din e aussi mal; s'ils varangue pi ate et aux formes fortement rentrées au-desposse,deut personnellement une grande fortune, cela sus de la ligne de flottaison. 11 rappelle l'aspect de cerprouve qu'ils emploient leurs revenus a quelque ceuvre tai~s vaisseaux de l'époque de Louis XIV.
Les parties tendres, ou les organes génitaux et les
plus utile et plus sér1euse; et s'ils sont pauvres, c'est
yeux, sont particulierement défendues par les cornes.
une preuve sans réplique de leur honoéteté.
Mais il existe un revers a ce caractere fortement Les nageoires, ou les moyens d'action, sont protégées en
se repliant et en s'appliquant le long du corps, déprimé
trern pé; daos cet esprit d'un dévouemeot saos bornes
1
a.ux intérets de son maitre, regne un¡¡ funesle ten dance a cet effet aux; endroits nécessaires. La boucbe, égalea l'arbitraire; point d'obstacles a sa volonté, nul retard ment défendue par les cornes frontales et par sa posia ses ordres,'et lorsqu'on met sous les yeux de Mgr de. tion basse, est armée de quatorze dents a sa machoire
Mérode un article de reglement contraire a ses projets supérieure, et de do1,1ze a sa machoire inférieure.
Les deux coffres du Muséum ne présentent pas sufou a ses propres appréciations, il serait parfois tenté de
lancer le livre au plafond, et de répondre comme fisamment la forme fortem~nt rcntrée qu'offre le corps
de mon sujet. Cette dépression était tres-saillante lorsLouis XIV : t&lt; Le reglement, c'est moi!..• ».
qu'il était frais: le dcsséchement l'a rendue plus considéLwo.
Agréez, etc.
rable encore. Ce trait de sa structure est tres-intéressant,
au point de vue spécial auquel j'eovisage ce poisson.
ll a cinq nageoires; elles · sont garnies dQ rayo ns a
LE COFFRE A QUATRE CORNES.
plusieurs branches. Il en a deux a la poitrine, placées
'au-dessous des ouies; elles sont courtes, a dix rayons,
Le brillant succes de nos batteries flottan tes devant
et luí servent a se tenir en équilibre et a se mettre sur
Kinburn 1 révélé tout a coup une marine nouvelle,
le dos. Elles semblent les auxiliaires attentifs ·des yeux
formidable pour l'attaque comme pour la défense. Touet des ouies. Une forte uageoire est placée a la queue;
tes les pt1issances, p!:&gt;ur ne pas étre en état d'infériorité, ont du construire a grands frais des na vires cuiras- elle a six rayons, et sert a avancer, a reculer ou a tourner. Elle opere comme propulseur, a la fa~on d'un avisés. Chaque jour elles en augmentent le nombre. Elles
ron de queue dans une embarcation ou en godillant. Le
transforment leurs anciens navires et les recouvrent
coflre a,, enfin, deux courtes nageoires qui lui ~ervent
d'armures.
de gouvernails in,férieur et supérieur, pour exécuter
L'artillerie, comme conséquerrce inévitable, s'est
ses
évol utions. L'une est sur le dos; elle a dix rayo ns,
transformée également. Ses engins ds destruction proet est placée du cóté de la queue, aux deux tiers environ
duisent des efiets eflrayants, qu'il eut semblé impos,ible
de la longueur du corps. L'autre a huit rayons, et est
d'atteindre il y a quelques :mnées. lis sont capables,
placée entre l'anus et la queue, et défendue par les
aujourd'hui, de percer les boucliers de fer les plus récornes.
sistants (l ).
La couleur fonciere du coffre aquatre cornes est brune,
La question de notre flotte cnirassée préoccupe l'attir:mt
sur le rougeatre ou chocolat; mais elle présente des
tention publique. La presse, , pour répondre a r'íntéret
taches
brunes de formes variables, qui se détachent sur
qui s'attache a cctte grave question, enregistre sans cesse
les
boucliers
en écailles. Les nageoires et la queue sont
tout ce qui s'y rapportc. 11 me parait · 1lonc intéressant
jaunes.
La
queue
e&amp;t parsemée de taches noiratres. End'attirer l'attcntion sur la structure d'un petit poisson,
fin,
l'ceil
présente
une prunelle bleu foncé, entourée
le CoFFRE A QUATR.E coRNEs, que j'ai rapporté de Karikal
d'un bel iris jau ne.
1
La gucrre d'Amérique a donné un puissant élan a la
' (t) Lo canon Sommcrs•t de 100, a ame lisse, peut percer une double
armure •n fer de O• t 5 d'épaisseur avec un proj•Glile cr,ux en aciPr marine cuirassée, en fournissant des faits d'apres lesrle o• 18. r., canon pese ,ix lonneaux L'armement du vaisseau anglais,
11 Belltropllon, se coa,posera de du: eanona de 300 et de deux ca.non&amp; quels on a pu discuter et formule!' les progres réalisés par
les divers types de navires qui r,'y SQnt trouvés engagés.
de 1001...

Les combats du Monitor et du Merrimae, de !'Al--.
et du Sassacus, du Kearsarge et de l'Alabama,onten11are.
tentissement immense. Tous Jés journaux les ont
tés, et plusieurs ont accomp~gné leurs narrations d'ial6.
ressan ts commentaires. Les Etats du Nord' et les Étata ..
Sud rivalisent pour la construction des grands et ..
petits na vires cuirassés, aux types variés et excentriciue.,
mais tous formidables. Les arsenaux de France et d'Aa.
gleterre poursuivl!nt sans relache, de leur coté, la so.
lution du probleme de la meilleure construction Data(e
Un vaste champ ~st ouvert au génie et a l'imagio~
des ingénieurs. La Russie profite, ave:: ,son intelligence
ordinaire, des faits qui se produiseot en Occident
et sa flotte cuirassée se range immédiatement ap~
celles de l'Angleterre et de la France.
La frégate la Gloil'e, r,hef-d'ceuvre d~ notre habiJe
coostructeur, M. Dupuy de Lóme, parait etre jusqn'ici le
type le plus heureux et le pl~s parfait des batim~ota
cuirassés, bien qu'il se rapproche le plus des anciet11
types en bois. 11 unit, en grande partie, les qualités coa.
traires que doivent remplir les nouveaux navires.
Que! est le poisson dont les organes de propulsion
soient relativement plus puissants et mieux abrités, doat
les défenses soient plus fortes et le corps plus défeoda,
que ceux du coffre a quatre cornes? Les meiUean
types des navires cuirassés sont ceux également ou Je
gouvernail est le mieux abrité, les murailles plus al'Qri
des projectiles, les éperons plus forts, la force de Pllpulsion plus puissante.
11 était acquis que nos frégates en bois étaieot le
meilleur type de guerre. La frégate de 60 canona,l
murailles droites (type de la Belle-Poule), était l'ancienne
reine de la mer. 11 parait acquis, également, que la
deuxieme batterie des batiments cuirassés donne noe
supériorité réelle au double point de vue du combat et
du hien-étre des équipages; or, la structure do cofrre
démontre que la bauteur du chargement, loin de diminuer les qualités nautiques, les augmente.
De meme que ce coffre possede toutes les qualilf.&amp;
nautiques des autres poissons, de meme il est acquis
que les navires cuirassés sont aussi bons .navires de mtr
que nos anciens batiments en bois a vapeur ou a voile.
La navigation d'expérimentation qu'a faite, a la fin de
l'année deruiere, l'escadre des batiments cuirassés sous
le commandement de M. l'amiral Pénaud, a démootré
que nous possédons une puissante flotte cuirassée, sur
laquelle, le cas échéant, la France pourrait compter. i:e
grand résultat, si rapidement obtenu, sera une des
gloires de l'actif ministere de M. le comte de Chweloup-Laubat.
TEXTOR DE RAVIS!.

r-.,

Anci:n officier ,upérieur d"tníanterie de la marint.

M. DESMAREST.

L'avocat célebre appelé il y a quelques jours, par les
suffrages de ses collegues, a l'honneur du batonna~
M. Desmarest (Ernest-Léon-Joseph), est né a Paris, le
{7 mai {8{5, Inscrit a.u tableau le H novembre i837,
son talent le pla~a- rapidement a l'un des premiers rangs
de son ordre : ses belles plaidoiries dans les aflaires
Crombac, Lejeune, Chaudron, Tibaldi, Grellet (l'associé
de Carpentier, dans le vol d'actions a la caisse du Nortl),
assurerent sa réputation.
M. Desmarest est membre du conseil depuis une quiozaine d'années. Son ·nom fut prononcé la premiere fois
~n i 848; il eut alors pour compétiteur heureux M. Plocque; il s'agissait de remplacer M. Pinard, nommé avocat général. La meme année, Je·Comité départemental des
élections de la Seine l'inscrivait d'offiée sur la liste de ses
candidats a la coostituante. En ce temps de renoúvellement, de mutation et de promotion, décrié maintenanl
par plusieurs qui y trouverent leur profit, il remplit les
fonctions enviées de chef de cabinet de M. Crémielll,
ministre de lajustice. Adjoint au maire du m• arron·
dissement, il occupa ce poste jusqu:en i850; une révocation vint le lui enlever ( l4 mai ). Elle avait été précédée par une démission librement et volontairement adretsée au Préfet de la Seine. Lieutenant en premier, ala
premiere compagnie du 2• bataillon de la Garde nationale, il re~ut, le 23 aout 1848, la croix de la Légion
d'honneur pour sa conduite pendant les journées de
prix.
La filie unique de M. Desmarest a épousé iM. Calll·
penon, avocat, le dernier des cinq fils de l'iugénieUJ

143

~ e n , soccesseur de Delille et traducteur de ·taisie, tels que bronzes et cristaux, nous donnerons ter fraicb~ et jeune, ne saurait trop employer la glycél'adresse de la premiere maison de Paris, c'est~a-dire de· rine de Rimmel (47, boulevard des ltaliens), surtout en
Robert~on.
,
Littérairem~nt, l~ nom de M. Des°!arest ap~arait p~1~
emiere fo1s, en i846, au has d une not1ce publiee
1ª prle Moniteur sur un ami· d'en fanee, un camarau~
,1,.. d
u
¡~e Saint-Louis, le marquis Alfred de Massa. M. Des;.
y:rest a été le rédacteur en chef du Progres, feuille pa~ ieone asa naissance, orléaoaise aux derniers instants
~•.:ne vie passablement troublée; il a fondé le recueil
tres-vivantappclé la Critique (ranqaise, revue littéraire ou
sont insérés la plupart des travaux littéraires du jeune
barreau. M. Oesmarest a publié, en l837, une Étude sur
constantine et la colonis1Jtion (1'Jngaise en Afrique , en
collaboration avec M. H. Rodrigues, et en l 840, les Prín-

cipes et les Hommes, ésquisses réti·ospectives.
La constance et la fermeté des opinions de M. Desmarest lni valurent, dans le parti radical, une juste autorilé; l'originalité de M. Desmarest, considéré a part
eomme homme politir¡ue, c'est ll pré~ccupation continuelle, le so11ci ingénieux des réformes sociales. Si cette
préoccupation, ce souci étaient de fraiche date, il n'y
aurait pa.~ lieu de s'étonner: pressés par les événements,
instruits par nos fautes, convaincus par l'évidence, nous
avons parcouru bien du cbemin .sur cette · route du socialisme, nagucre défendue avec tant de sollicitude par
le rameux spectre rouge. Que M. Desmarest, avec l'ardeur élégante, la passion distinguée de sa parole et de
sa plome, se fit le champion ou l'initiateur de~ idées
nouvelles aux congrcs de la science sociale, a Bruxelles
00 aGand, et bientót a Amsterdam, cela, vu le moment,
était simple; mais ces problemes enivrants et terribles,
ces solutions de l'avenirdevant lesquels hésite et tremble
le présent, ont séduit de longue date M. · Desmarest.'
Nons n'eo voulons pour preuve que les paroles prononcées
par tui, alors modeste avocat stagiaire, a l'ouverture de
la conférence des avocats, le 26 novembre 1842. Désigné
par le conseil, M. Desmare~t devait étudier Domat.
Ayant a caractériser les idées réformatrices du fameux jurisconsulte, - a cette époque, les maitres du
drJit ne craignaient pas d'etre philosophes ét meme libéraux; nous avons changé tout cela, - M. Desmarest
s'eiprimait ainsi: &lt;&lt; • • • • L'ere politique s'en va, !'ere
sociale grandit et s'approche.
« Depuis tantót vingt_ans que le concours est ouvert,
cbaque jour voit éclore de nouveaux systemes écoñomiques, de nouveaux plans d'organisation indnstrielle. A
aucune époque, peut-étre, l'immobfüté du droft ne fut
moins désirable et moins possible. Partout les codes
sont débordés par les !oís, partout les lois sont devancées
par le mouvement des faits et par le progres des sciences;
le travail et l'industrie attendent.un législateur. Le moment est done bien choisi pour exhumer, dans les écrits
des siecles passés, les formules sociales qui s'y rencontrent de loin en loin, afin de renouer la chaine des temps
et de perpétuer la tradition du progres. )&gt;
A ce programme, hardi, vu l'époque, le lieu, l'air inlellectnel ambiant, M. Desmarest est demeuré fidele; voila le trait caractéristiqtie de cette attachante et particuliere physionomie.
D'ORNANT.

REVUE DES MODES ET DE L'INDUSTRIE.

. C'est a la beauté de sa lingerie, plus encore qn'au
ncbe ensemble de sa mise, qu'on reconnait la femme
dn monde, parce que le gout se laisse surtout deviner
daos les petites choses, daos les riens, et que plus on y
~pporte de soin, de recherche, plus on fait preuve d'ap~tnde a cette science, plus difficile qu'on ne croit, qui
8 appelle la toilette. Malheureusement, il n'est pas donné
atontes de passer docteur en cette matiere, et le plus
grand nombre commet des erreurs. Avec un peu de
bonoe volonté et de prévoyance, il est pourtant facile
de soppléer au manque de tact. TI ne s'agit que de s'adr~sser a des maisons ou tous les articles sont de preDller choix et d'un gout parfait. Citons, en tete de toutes,
la Grande Maison de Blanc du boulevard des Capucines.
Son succes a été si spontané, si européen, que déja les
cours étraogeres, imitant la háute aristocratie de France,
ne demandeot plus qu'a la Grande-Maison leur linge de
table et les diverses fantaisies de la lingerie.
Oo ne saurait plus étre élégante saos cette condition :
la mode a prononcé, et la mode est une majesté autocratique,
A ceux qui voudraient des objets de hne et de fan-

l'Europe enticre, pour ces sortes d'article~ : c'est la maison de l'Escalier de cristal; les salons de M3f. Lahoche et
Pannier renferment des trésors artistiques de toutes les
époques, de toutes les écoles. La maniere de chaque
grand maltre s'y trouve représentée, et le musée le plus
riche ne saurait montrer collection plusvariée, plus rare.
La maison de l' Escalier de cristal a cet avantage, qu' elle
n'est point, comme les 'musées, avare de ses ricbesses,
et qu'elle en fait part aux amaleurs.
- Quelles sont, mesdames, vos fleurs préférées? Vous
pouvez ici en composer un bouquet, car elles y sont
toutes, tantót éparses sur différentes robes, tantót gronpées sur une seule. Le bouton de rose s'y épanomt a
cóté de la violette; la pensée, la scabieuse, le myosotis,
ces trois emblemes du souvenir, fleurissent a cóté des
grappes du muguet et des guiri andes du volubilis, images
de la légereté, du bavardage. A cóté de ces rohes fleuries, il faut placer, p_our compléter la nomenclature, les
robes ornées de petits eoquillages, de baguette~, d'étoiles, et d'une foule de jolis petits dessins, dont la variété'
n'est pas 'le moindre charme. De tomes ces robes, le
Comptoir des Indes tient toujours des échantillons a la
disposition des personnes qui en font la demande,
l20, boulevard Sébastopol (rive droite).
Plusieurs maisons de modes font effort en ce moment
pour signaler la fin de la saison d'été par de~ chupeaux
de forme nouvelle. De ce nombre est la maison de
Mm• Léootine, propriétaire actuelle de l'établissement de
Mm• Stéphanie Boivin, 64, roe Neuve-des-Petits-Cbamps.
Les modeles si distingués quisont sort1s de cette maison
jusqu'ici, nous dispensent de la recommander a nos lecteurs, mais il est bon de leur dire que sous l'irnpulsion
d'une direction jeune et intelligente, elle a donné a ses
modes des allures plus en rapport avec l'élégance actuelle. Son titre de Fournisseul' breveté de l'lmpératrice
lui impose l'obligation d'etre saus cesse en mesure de
satisfaire une clientele d'élite; et il y a quelques jours,
l'exposition de ses envois pour Arcachon et pour Biarritz,
a fait comprendre que Mm• Léontine est a la hauteur de
sa tache.
L'Eau de la Floride de Guislain, rue dP. Richelieu, t 12,
a pour but de réparer des avaries fuoestes, - celles
du temps, - les cheveux blancs !
A vi□ gtans,on ne doute de rien. Le miroir,le monde,
vous répetent que vous étes jolie, et vous ne prenez aucun soin pour vous conserver telle.
Retarder le plus possible l'horloge de la je11nesse est
d'une sagesse prudente. On n'arrive que trop tót a cette
période brusquement tranchée qui nous condarnne a
jouer le róle de spectatrice daos les fetes du mónde,
dans les triomphes de l'élégance et de la beauté.
Les premieres marques d'un~ jeunesse en fuite
étant les cbeveux blancs et les rides, on ne saurait employer trop de moyens, trop de soins, pour les combattre
et les détruire.
De son cóté, le corset su bit chaque jour des métamor..
phoses, en ce sens que "Sous prétexte d'en faire désormais une ceinture, on luí retranche, a chaque nouvelle
édition, quelque peu de sa hauteur. Si cela continue, je
ne sais pas de quel!e utilité pourra etre désormais son
usage. En toute chose, il serait bon pourtant de rester
daos de justes limites. Ou le bon goút s'arrete, le ridicule
commence. Je dis cela pour la toilette en général, et le
sujet qui nous préoccupe en particulier. Le seul de tous
les corsets, désignés ceintures, qui m'ait paru réunir les
conditions voulues d'hygiene et d'élégance, c'est la Cein••
ture-régente de Mm•• de Vertus, Chaussée-d'Antin, 3l.
En matiere de toilette, certaines inventions qu'on voit
surgir tout a coup, peuvent peut-étre paraitre puériles,
mais il en, est aussi qui ont une incontestable utilité.
Celle que voici rcmplit de tout point le but qu'elle s'est
proposé. On sait qu'une atmosphere brulante qui se prolonge pendant plusieurs journ~es de suite, a sur la peau
du visage, et notamment sur les levres, la méme action
que !'apreté humide du vent : dans cette saison de
brusques variations barométriques, l'une et l'autre
gercent 1'épiderme et produisent une cuisson désagréable.
- Le cosmétique au raisin, pour les levres, inventé par
M. J. Pierlot, pharmacien, 40, roe ~fazarine, est un précieux spécifique contre les ger~ures, et nous le recommandons comrne un remeae efficace. Exiger le cachet et
la signature de l'inventeur.
•
Les chaleurs nous font une nécessité de la parfumerie,
et je rappelle, a cet égard, qu'une femme qui veut res.

,

1

cclle saison, qui voit le public abonder aux bains de
mar. Les bains de mer ont l'inconvénient de rendre les
cheveux secs et cassants. Pour combattre cet effet,nuisible,
il n'y a ríen de meilleur que l'extrait de jus de limons et
de glycérine de Rimmel, qui neutralise le sel marin et
laisse la chevelure souple et brillante.
Et si, [Jlalgré touteg les prescriptions de l'hygiene, vous
avez subi la perle irréparable de quelques-uns de ces
précieux organes, saos lesquels il n'est pas de bouche
jolie, n'hésitez pas : il faut recourir aux dents et aux
dentiers artificiels. - Dans cecas, M. G. Fattet, l'auteur
du Traité complet de prothése dentaire, 255, roe SaintHonoré, saura obvier a ces tristes inconvénients. ll emploie, a cet effet, une nouvelle matiere qui peut etre
surnommée &lt;&lt; la rivale de la nature, » taot elle imite la
teinte et la transparence des dents naturelles. ·H. B.

Le Qupu •LARocn&amp;, a base de vio d'Espagne, tient
en dissolution, sous un petit volume, la réunion complete
des nombreux principes du quinquina; c'est assez dire
sa supériorité sur lesvins et sirops de quinquina, meme
les mieux préparés, qui ne contienneot jamais que !JUelques-uns de ces príncipes, et dans une faible proportion
- il est agréable au gout pour les plus délicats,. ni trop
sucré ni trop vineux, et d'une limpidité constanie.
Expérimenté avec plein soeces dans les bópitaux, il
convicnt aux vieillards, a•n femrnes, aux enfants déli••
cats, et réussit surtout daos les cas de gastralgie, dys--

pepsie, nhralgie, maigreu.r, épuisement, dégout sans cause
apparénte, con,;alescence paresscuse, suites de cotiches, chlorose, scrofules; c'est le spécifique des maladies fébriles.
(Extrait de la Gazette des Hópitaum).
Dépót principal a París, i5, rue Drouot, et dans tputes
les pharmacies.

CRÉDIT FONCIER DE FRANCE,

Le 22 septembre prochain, 4• tirage des ,obligations
foncieres nouvelles 4 0/0 (i863).
1 lot de .. . l00,000 fr., ci. . . l00,-000 fr.
1 lot de .. . 30,000 fr., ci. .. . 30,000
5,000 fr., Cl. • • 40,000
8 lots de .. .
{,000 fr.. ci. . . _....:._
30,000
30 iots de ..

___

Total. . . 200,0üO fr.

L'obligation de 500 fr. donne droit au lot entier.
Le meme jonr, 47•
3 et 4 0/0 (1863).
{ lol de.
i lot de.
l lot de.

tirage des obligations foncieres
. . . . l00,000 fr.
. .
50,000
. .
20,000

Total. .

i70,000 fr.

Le meme jour, 8• tirage semestriel des obligations
communales 3 0/0.
{ lot de.. . l00,000 tr., ci. •.. l00,000 fr.
4 lots de ... .
l0,000 fr., ci.. . 41),000
{,000 fr., ci.. . l0,000
lO lots de .. .
Total. .. {50,000 fr.
L'obligation de 500 fr. donne droit au lot entier, et
les titres de lO0 fr. au cinquieme.

M. E. Martín et Cie,' banquiers. Escompte de tontes
les valeurs commerciales, vente et achat de toutes les
valeurs industrielles. Avances sur rentes, actions et obligations, l O, rue Lafayette prolongée , pres la rue
Laffitte.
- La vente de la galerie Pou'rtales, !'une des plus riches de l'Europe en antiquités, objetg du moyen age et
tableaux, aura lieu en février et mars 1865. Les catalogues, qui ne comprendront pas moins de 2,500 numé·ros, paraitront au mois de décemhre et se trouveront
chez M• Charles Pillct, rue de Choiseul, nº i l; M• Eugene Escribe, roe Saint-Honoré, 217, commissaires-priseurs, et chez MM. Roussel, rue de la Victoire, 20;
Mannheim, ruede la Paix, !O·; F. Laneuville, rue·.Neundes-Mathurins, 73, et Rollin, rue Vivienne, i2, experts.

�144

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

BUW,TIKBIBLIOGRAPHIQUK.

.

Etude SU1' la significalio11 des
r,oms de lieux en Fra11ce, par
M. A. Houzé (1).

M. Houzé fut longtemps lihrairc. Jadis, il exploitait
!'esprit des autrcs. 11 exploilc
aujourd'hui le sien, et comme il en a beaucoup, je ne
doute pas qu'il ne fasse d'excellcntes aífaires. 11 dit, p. 25,
Cflmment il fut poussé i cette
étude des noms ele lieux,qui
touchc dr. si pres celle des
noms d'hommes, et qui jette
de si vives lueurs , sur les
transformations successivcs
qu'a snbies, depuis la con-qucte romaine, le langage
que nous pal'ions. « 11 y a
quelque cbosceomme dix ans,
j'étais tellement humilié de
certaines affaires que j'aurais
voulu fuir a mille licues de
Paris. lmpossible ! Je m'exilai
alors a mi lle ans dans le passé, et je vinschercher le calme daos le pa.ys des chal'les
et de~ diplomes. l&gt; Ce je vins
prouve qu'il e5t encore dans
ce pays-la. 11 s'y trouve bien,
apparemment. 11 y a fait de
trop précieuses découvertcs
pour qu'on tui conseillc d'cn
revenir.
Les Romains, vainquei;rs
de nos ancetrcs et maitrcs
de la Gaule, donncrent fª et
la, a quelques ,·illcs impor-tan_tcs, le nom d'un général
ou d'un empercur, Partoul
ailleurs, ils se eontcnterent
d'ajouter leurs terminaisons
aux noms celtiques ou kimriques, afin de les pouvoir
déeliuer. Puis l'Empire s'écroula, et de ces élémeóts diver~, le latín, le !udesque et
les idiomes que l'on parlait
dans les Gaules avant la conquete, se forma la langue romane r¡ui devint, daos la
suite des siecles, notre langue d'aujonrd'hui. Les noms
de lieux cbangerent de forme
tout naturellement, amesure

~~ -

11¡ I

.,e -

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1~

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~

que la popnlalion changea¡t
de lnngage.Qucl noma Porte
au moyen a?e, telle ville, teÍ
bourg,_te! village? Que! llOat
sous les Romains? Que! 0011
avant les Romains, et qlJel
était le sens de ce nom Primitif? Car il n'y a pasde noia
qui, daos !'origine, n'ait signifié quelque cbose. Tel est
le probleme subie pose com.
me de lui-meme devant 0~
trente-sept mille cinq cent dix
communes, et dont la '°111tien peut élucider plus d'une
question hislorique. Pour y
arriver, il faut s'aider du.
vieux fran~ais, du latin, et de
que! latin ! du gaulois 80?tout, grace a ces obstines
Bas-Bretons, qui nous ont
conservé la rude langue de
nos peres. 11 faut lire les historiens, romaociers et poetes
du moyen age et de la basse
lalinité. 11 faut compulser les
actes publics et privés, concessions, donations, contra1s
de vente, écritssurparchemin
par des tabellions ou des mo~
nes. Que! travail ! Quel courage est nécessaire pour l'eotr(;prendre ! Et quelle persévérance pour le menerabieo!
Voila ce qu'a fait M. Houzé, upres tant d'autrcs pionniers infatigables qui,depuis
plus de deux cents ans, défrichent ce vaste ehamp des
antiquilés fran~aiscs. llena
labouré un petit coin, et il a
le droit de dire, en retournant le mot de cet empereur
romain : Je n'ai pas 1&gt;erdo
ma jo'll'née. 11 y a fait mainte
découvcrte. 11 a redressé plus
d'une erreur. Il a tout ce qu'il
faut pour ces recherches,
beaucoup d'instruction, dela
patience, un sens droit, une
sagacité pénétrante. 11 yjoint
un style facile et clair, un
tour d'esprit tres-original, et
de la gaieté, si bien qu'il a
su rendre awusant, méme
pour les gens du moude, un
ouvrage qui ne semblait destiné qu'aux savants de profession. - Utile dulci. Q11e
peut-on désirer de plus?
G. HÉQUET,

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! 1) Pari,, V• Héuaux, quai Vol11,re, 1Y.
LK ll!OlS D'AOUT.

~

ÉCHECS.
PnonL~MF.

N° l 73,

PAR

M.

~

SOLUTION DU J•ROBLÉME Nº { 72.
ENGLEnAHDT.

RÉBUS.

R f&gt;• F R (a)

Échec el mat.
(a)

F 7• D
D 8• T R

P 5• F R
P 4' F R

Échec et mat.

D• Revel, Émile Fran, Cercle de l'Union, aSaint-Georgessur-Loire, Cercle des Échecs d'Angers, nombaut, .T. Beckcr,
Café Obozinski, :i Maubeuge, E. Dubedout, J. Planche, Stiennon de l\feurs, G. Baudet, Ce,cle des Échecs, a Liége, Lea
Ricardo, Thionville, le capitaine Gharousset, Cercle industrie! de Douai, E. Wallet, Ed. de Vaucelle. Café de la Perle,
a Lons-le-Saulnier, Colonna Leca, Café de Paris, aMens (lsére), Café Brezin (Petit-Montrouge), _J. Beckers, Henry Frau,
Me!Tre, a Nimes, L. Lefrancq,

·I

,~ ~
-~
- ==-·

AuG. MARc, directeur-gérant.
TEIIK1t .rédacteur en chef.

;

En1,1.

EXPLICATJON DU DERNIER RÉBUS,

JJllp, de L' ILLUSTRATlON, A. Marcl
~~, n,~ ~~ v,r~i,u¡¡.

Aux jours de dan,er, l'on ju¡e le ~oura~e de

1, valpur,

l'l¡omm, M

"

�</text>
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                <text>Publicación periódica</text>
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                <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores</text>
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                    <text>L'ILLUSTRATION,
IOUBRA.L URlVlllSBL.

Direction, Rédartion, Adminislralion :

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Toatn les eommunieatioos relatives au journal, réelamat,ons, demandes
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11. AUG. IIIARC, DIRECTEUR GÉRA~T.
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S

!!e ANNÉE. VOL. XL\V. N• t 121.
a m e d i ~O A out 1 8 G

Ab3nn mtuls pour París et le~ Déparlemeuts :
, •

L'Nlli1i1tralit1 H ripnd pas d11 ■mmits ti ne s'engage ¡~mn a In :n1cm.
T• lt1 trsitét, la traducuoo et b rtproduchon l l'clranger soot 1,11lrJ,:..,.

BUREAUX : RUE RICHELIEU, 60.

SleS11g-Holleiu, ma1s 11 paralt que les deux go11vcr11cSOMMAII\J::.
menls n'ont pu encore se meltre d'accord. D'aprcs □ ne
correspondance
de Berlín, le cabinet de Yienne n'aurait
a..., pohtiaue d~ la semainc. - Courri,r de París. - Couronuemcol
ilu ro1 de Camb wl~r. - Revue lilléraire. - Promcnade au Jardio du pas accueilli la proposition de M. Bismark tendanle a
11id1 (111). - C.hronique musicale. - M~urs et lypes d'aujourd'hui
réunir les Duchés sous un gouvernement provisoirc ex(Le direetcur de théltrc). - F.xcursioos sur les cótes de Normand,e clusivement composé d'un commi,;sairc prussien et d'un
,t de Brttagne 1deu1i~me article ). - La fuile du reo11d. - Corrcscommissaire aulrichien; mais M. de Bismark aurail
pondaoce de Slint-Sébastieo. - Oullclln b1bliograpbique. - Incendie
amendé cette propos1lion par un compromis qui, tout en
de Lunogeo. - Les pyramidn de Ri•leo.
la maiotenant en príncipe, c'est-a-dire en instituant un
Crnuru: F~le du 13 aoüt : Pi•ce principale du ru d'artifiee; - IJé.
eoratioo de la place de la Concorde. - Couronocmcul du roi de CAm- gouvernemeut commun pour les deux duchés, aurait
bodge: r.éromouie de la purification; - M. le command•ot [)es. simplement pour objet d'adjoindre un commissaire fémou io1 adressant son allocution au roi de Cambodge, - Promenade • déral au1 commissaires des dcux grandes puissances.
au Jardio du ••di (1 gruurl'S ). - Excursioo• sur les cótu de NorCette combinaison aurait1 comme on voit, l'avantagc
mudie et de Bretagne (8 gravure1). - Le rroard ro cbasse. - Les
pr,amides de Ritteo. Bébus.

HTilE POLITIQUE
Df. U SEYAINE.

JI scmble que le
Danemark n'existe
absolument plus aux
yeux du gouvernement allemanrl. A
Viennc, a Berlín, a
Francfort, il n'y a
plus de question danoise; il ne reste
qu'unc question allemande. C'est l'Allemagne seule qui
doit décidl)r du sort
des Duchés, sur lcsquels l'Autriche et la
Prusse o'avaient, on
se le rappelle, aucone prétention particulicre au débutde
la guerre. A quel régime seront-ils soumis, ces Duchés, en
attcndant la conclusion de la pait définiti,e" On annonce
l'issue prochaine des
pourparlers ouverts
entre la Prusse et
l'Autriche, en ,·uc
de réglcr la situalion provisoire du

Fi:TII 'or 15 AOrT: PIF.CE PRISCIPALE DIJ FBU D'ARTIFICE. -

-,

3 moi~ , 9 fr. ¡ - G mois, t 8 fr.¡ - un a11, 31 fr.¡ - le numéro, 15 c.
la collectioo meoauelle, 3 fr.¡ le volua:t semestriel, t~ fr.
ADO:.'WNEMENT8 POUR L'ÉTRA.1\/GER a

Mémos pnK ¡ plus les droíts de p01te, suivant les tarifs.
Les a!x&gt;nn. partent du ter o• de ebaque mois•

tres-grand pL111r la Prusse de ne ríen changer a l'état
actuel des cho~cs, en ce qui coocerne l'occupatioo militaire des Oucht:,.
L'armée auslro-prussienne continuerait d'occuper le
Slesvig, tandis que les qualre Etals chargés primitivement de \'exéculion fédérale, c'est-a-dire l'Autriche, la
Prusse, le Hanovre et la Saxc, cootinueronl d'oecuper le
llol~tcin. Oo voit que le sort des habitanls des Duchés,
s'il n'est pas réglé définitivement, est en bonne voie. Ce
ne sont pas l~s soldats libérateurs qui manqueront aces
malheureux. La Prusse et l' Aulriche, abusant de tout ce
que le droit du vainqueur a de plus rigoureux, tranchent souYcrainement, sans :rntre souci [que celui de
leur convenance et
de leur intérct, une
question .qui toucbe
ala eonslitution Iégale de l'Europe.
Elles disposeot, en
ne consultaot que
leur appétil, d'un
lerriloire purcmenl
danois ( le Slesvig),
qu'elles n'avaient.
disaient - elles, envahi et occupé que
pour obtenir des garanties en favcur
d'un territoire germanique. Ce Jarcio
du Slcsvig est une
porte ouverte a tous
les autres larcin~.
Bien loin d'assurer
la paix de l'Europr,
le reglcment de la
question danoise est
gro~, pour l'aver ir,
de spoliations et de
connits. Qui eropechera dérnrmais
l'empercur de Russic, qui a lrs yeux
lcujours lournésvers
Consta u tin o pI e,
d'exécuter contre
l'cmpire ottoman ses
projets de conqucte?
La Prusse et l'Autriche ne lui cnt-elles
pas montré comment
le fort_proccdc a!'~-

D'aprl!a les dessins de MV. Leluel{.el Galand, a.rcbileetts.

�'
114

1

1

L' I LLUSTRATION, JOURNAL ONIVERSEL.

gard du faible? Le principe du droit, inscrit dans le code
européen, n'a-t-il pas été effacé et remplacé par le
principe de la force? Attendons quelque temps encore,
et uous verrons tous les beaux effets qui vont découler
logiquement de ce principe nouveau!
Cependant les États secondaíres de l'Allemagne,. si
maltraités par la Prusse et l'Autriche, qui semblent ne
pas meme se douter qu'ils existent, viennent de faire un
acte vigoureux qui pourra avoir des conséquences graves. A·l'occupation de Rendsbourg par les troupes prussiennes, les États secondaires, chargés de l'exécution fédérale dans les Duchés, c'est-a-dire le Hanqvre et la
Saxe, ont répondu par l'occupation du Lauenbourg.
M. de Bismark proteste, bien entendu, mais l'opinion
publique, en Allemagne, n'hésite pas a reconnaitre que
le droit est du coté du Hanovre et de la Saxe, que ces
deux Etats ont agi dans la limite de la résolution fédérale, et que la Prusse est mal fondée dans les réclamations qu'elle éleve a ce mjet.
L'Autriche et la Prusse ont consentí, sur la demande
des plénipotentiaires danois, ~ retarder jusqu'au 20 de
ce mois l'ouverture des conférences pour la conclusion
du traité de paix définitif. Quels sont les motifs qui ont
déterminé Je gouvernement danois a solliciter cet ajournement? Le roi Christian aurait représenté que l'agitation des esprits, en Danemark, pouvaitinspirer de sérieuses inquiétudes, et que, dans cette situation, il était pru•dent d'attendre que l'irritation causée par le traité préliminaire de paix fut calmée. Du reste, toutes les correspondances s'accordent a dire que J'agitation des esprits
est excessive daus le Danemark, etsurtout a Copenhague.
Depuis les derniers événements, qui ont enlevé une si
grande partie de son ancien territoire a ce petit
royaume, l'opinion de l'union scandinave gagne chaque
jour du terrain et sape Je trone déja si ébranlé du roí
Christian.
Le résultat des élections belges a ,té favorable au
parti libéral et au ministere. Toutes compensations faites entre les voix qu'elle a gagnées et celles qu'elle a
perdues, l'opinion libérale, qui ne comptait que 58 voix
dans la chambre dissoute, en comptera 64 dans la chambre nouvelle, tandis que le parti qu'on nomme clérical
n'en comptera plus que 52 au lieu de 57. Le chiflre de
la majorité libérale, qui était réduite a une seule voix
dans l'ancienne cbambre, sera done de douze voix dáns
la nouvelle.
Ce qui est a considérer dans cette victoire incontestée
de l'opinion libérale, c'est encore plus le résultat moral
que le résultat matériel. La crise qui durait depuis plusieurs mois et qui mena~ait les institutions sur lesquelles
repo~e depuis trente années la prospérité de la Belgique,
est heureusement terminée. Pour qu'il ne restat dans
!'esprit des vainqueurs et des vaincus aucun malentendu,
le chef reconnu de la droite parlementaire, celui qui
marchait a la tete d11 partí, a été éliminé. Dans de tell.es
circonstances, l'exclusiorr d'un tel homme est caractéristique. Ainsi que le fait justement remarquer l'Indépendance belge, l'échec électoral de M. Deschamps, ce c'est
la condamnation par Je pays du programme du congres
de Malines. 1&gt; Et nous, libéraux de France, qui n'avons pas
,beaucoup a nous réjouir dans notre propre pays, nous
applaudis~ons de toutes nos forces a un résultat qui
assure le triomphe de la liberté chez nos voisins. C'est
une consolation pour tous les hommes dévoués a la
cause d'un príncipe, de voir ce pri!)Cipe s'affirmer, meme
lorsqu'il ne doit servir qu'au bonheur et a la dignité
des antres.
Le complot militaire dont la découverte a été signalée
par l'arrestation de quelques sous-ofOciers de la garnison de Madrid, semble avoir des proportions plus sérieuses qu'on ne lui en attribuait d'abord, s'il faut en
juger par les terreurs vraies ou simulées du ministere
espagnol et les mesures qu'il vient de prendre a l'égard
de certaines notabilités militaires: le général Prim a été
interné a Oviedo et tous ses amis t,nt été envoyés a des
points extremes de la péninsule ou aux lles Canaries.
Dans quelques jours, le conseil de guerre se réunira
pour juger les prévenus. La presse libérale continue a
etre l'objet des rigueurs ministérielles, et comme il s'agit de discipline militaire, les journaux dénoncés a l'occasion de leurs rétlexions sur l'incident, seront traduits
devant le conseil de guerre. Cela ne. suffit-il pas pour
donner une idée de la liberté dont la nouvelle loi a doté
la presse en Espagne?
Les fetes qui ont eu lieu a l'occasion du i5 aout ont
Mé favorisées par un tel)lps superbe. Un nombre im-

mense d'étrangers et d'habitants de la province étaient
accourus a París. Des décorations ont été données a l'armée, a la magistrature, a radministration, aux lettres et
aux beaux-arts. Rossini a été fait grand-officier, et Hector Berlioz officicr. Parmi les écrivains, nous avons rencontré avec plaisir, au nombre des nouveaux décorés, le
nom de M. Paul Féval, et le public a du etre bien
étonné d'apprendre que ce romancier, dont le succes a
été si grand depuis vingt années, n'avait pas encore
refU une distinction qu'il méritait depuis si longtemps.
Si quelque chose nous a étonné, ~·a été de voir que le
nom de M. Taine ne se trouvait pas au nombre des nouveaux légionnaires. M. Taine vient de publier, on le sait,
une ceuvre, I\Histoire de la littérature anglaise, qui restera comme l'honneur de notre temps. Ce que nous disons de M. Taine, ne pourrait-on pas le dire également
de MM. Prévost-Paradol, Weiss et de tant d'au-tres jeunes
talents qui ne pourraient qu'honorer la décoration?
Une dépeche télégraphique annonce qu'un vaste incendie vient d'éc1ater a Limoges. i 50 maisons ont été
détruites. On peut juger par la du nombre des habitants
restés saos asile.
On n'a pas perdu de temps pour réunir les premiers
secours nécessaires aux victimes d'un si grand désastre;
il a fallu songer tout d'abord a la nourriture et au logement de tant de malheureux, et on est parvenu a y pourvoir pour les premiers moments; mais il fallait quelque
chose de plus efficace, et une souscription a été ouverte.
M. le général M0rin a lo, a la séance annuelle des cinq
académies, un rapport en faveur de l'instruction primaire obligatoire; l'instruction primaire est un des cótés
faibles de la France. En Allemagne, la proportion des
conscrits ne sachant ni lire ni écrire est &lt;le 4 0/0, - en
France, de 27 0/0. Ce parallele n'est pas seulement humiliant, il comprometnotreascendantmoral, notre développement économique et industriel. Il constitue un réel danger.
EDMOND TEXIER',
= ., B&gt;

c..J!!t::::,

&lt;a a

COIJBBIEB DE PABl8.

Fetes a Paris. - Fetes a Versailles. - Franeois d'Assise,
hóte de la France. - Ce qui manquera aux fetes de Versailles. - La statue de Mm• de Sévigné. - Le monument
de Dante. - Palinodie. - Un Fran{:3.is prosateur et
poete italien. - Sens nouveau d'un vieux mot - Ascensions au Mont-Blanc. - Contre coup de la révolution de
18i-8 a Cham~nix. -Le Grand prix de l'Empereur.
Nous avons eu nos jolites sur l'eau, nos deux feax
d'arti6ce, nos quatre théatres de pantomime, nos
spectacles gratis, nos mats de cocagne, nos lanternes de
couleur, nos ifs, nos girandoles, nos géants, nos hercules et nos acrobates, et, sur la place de la Concorde,
comme nouveauté, quelque chose qui avait l'intention
de représenter un palais mexicain, avec l'obélisque de
Louqsor pour tuyau de cheminée.
Certes, nous n'avons pas a nous plaindre i •
'Mais en6n, tout cela est bon pour !e petit bourgeois et
l'ouvrier; il faut a une majesté des divertissements un peu
plus choisis, un peu plus délicaL~, un peu plus nobles.
Apres la grosse fete populaire du it: aout, la fete
royale de Versailles, donnée au roi d'Espagne.
Versailles, a la bonne heure, voila un lieu digne d'un
prince ! Le palais et les jardins sont pleins encore du
fanlome du grand roi; sur le parquet des salons, sur le
sol des allées ont passé toutes les gloires, toutes les élégances et toutes les servitudes du grand regne; Versailles,
c'est encore le séjour du noble. L'architecture y est noble, et noble la peinture; nobles y sont les statues :
rien que des dieux et des déesses, des demi-dieux ou
des héros pou,r le moins; nobles les terras&amp;es aux larges
escaliers, nobles lesbassins aux groupes superbes, nobles
les parterres, nobles les gazons, nobles les charmilles,
nobles les arbustes taillés en boules et en pyramides.
Aujourd'hui, peuple et bourgeois pénetrent jusque
daos les appartements intimes du roi Soleil, touchent ses
majestueux fauteuils et contemplent son auguste lit. Aujourd'hui, l'art démocratique y coudoie saos fafOD l'art
des Lebrun, des Mignard et des Van der Meolen; aujourd'h11i, le pare ou les seigneurs et les grandes dames
étaient seuls admis a respirer le bon air, est ouvert li•brement a. touset a toutes; eh bien! n'importe, Versailles est toujours auguste, Versailles est toujours grandiose, et nous avons beau y passei:, nous autres roturiers, nous ne parvenons pas a le désaristocratiser.
Comme jadis, c'est done a Versailles qu'il convient de
f~ter les rois qui daignent etre nos hótei-.

On traitera magnifüp1ement Fran~ois d'Assise. Déjeu.
ner en plein air dans le bosquet d'Apollon, grand diner
dans la galerie des Glaces, spectacle, illumination du
pare, grandes eaux, feu d'artifice ·sur le canal, ha! sur
le tapis vert, souper.
,
Et pour mieux rappeler au royal· invité les fetes du
grand siecle, c'est la tragi-comédie de Psyché qu'on re.
présentera devant lui, avec les adorables contresens 11P.
~
costume du xvn• siecle.
Une journée et une nuit de Louis XIV!
Cependant une chose manquera a la ressemblance, et
ponr une bonne raison, c'est que cette chose-la ~st
morte, bien morte, saos chance de résurrection : une
cour. Oui, n'en déplaise ade respectables illusions, il y
a encore, en {864, des chambellans, des écuyers, des
dames d'honneur, mais de cour il n'y en a pas, et il n'y
en aura plus : le mot seul est resté. Certains journaux
et certaines gens aiment a le répéter, afin de se donner
bon air, mais cela ne suffit pas pour que ce qui n'est
plus qu'une apparence redevienne une réalité. Le gou.
vernement constitutionnel a tué la cour; il n'esl guere
probable que le suffrage universel songe jamais a lui
rendre la vie. Quand on disait autrefois &lt;e la cour et /a
ville, i&gt; tout le monde compronait a merveille, ,meme
les simples et les ignorants,. et ces deux expressionR
éveillaient dans les esprits deux idées tres-nettes
et tres-différentes : avisez-vous done, aujourd'hui,
d'employer cette locution ! Si l'on ne vous éc1ate pas de
rire au nez, fussiez-vous rédacteur en chef de jouraal
officieux ou officiel, vous aurez du bonheur. II n'y a
plus· que la ville, a présent : c'est-a-dire des hommes
portant habituellement le paletot, le pantalon gris, le
chapeau rond, ou !'uniforme; des manufacturiers, d-es
avocats, des ~anquiers, des agriculteurs et des soldats,
des femmes qui ont toutes la meme crinoline et des
droits égaux a la soie, au satín et au velours; seulement,
quelques-uns de ces bommes et quelques-unes de ces
femmes, simples bourgeois et simples bourgeoises peutetre, vivent plus pres des souverains que ne fait le reste
d~ la ville. JI n'est point invraisemblable que d'autres
.
simples
bourgeois et simples bourgeoises aussi, les rem-'
placent, qui seront obligés, comme leurs Jevanciers
et leurs devancieres, de se mettre en toute hate dans la
tete, avant ¡l'entrer en fonctions, les premiers éléments
de l'étiquette, ou d'apprendre a faire la révérence avec
une robe a queue, sans se laisser choir.
Héla~! c'en est fait, il n'y a plus ay revenir, notre temps
est d'émocratique; ce qui aété a cessé d'etre etne sera plus.
Quelles charmantes choses écrirait la-dessus Mm• de
.Sévigné, si elle était encore de ce monde et voulait bien
descendre a s'occuper de gens qui ne sonl pas tous
princes, ducs, marquis et comtes ! Quelle jolie lettre elle
ne manquerait pas d'adresser aux bons bourgeois de
Vichy, qui se sont imaginé de lui dresser une statue. Comme elle les remercierait ironiquement, la
spirituelle femrue, de l'aimable intention qu'ils ont de
tailler en marbre ou de couler en bronze sa gracieuse
personne et de la camper sur un piédestal, en plein air,
au beau mi\ieu de leur ville... et qu'elle aurait bien
raison, bon Dieu, de refuser un pareil honneur ! La fine,
la mordante, l'éblouissante marquise a la plome vive,
rapide, ailée, traitée en académicien, en philosophe, en
législateur, en jurisconsulte ou en maréchal de France!
Est-il possible qu'on ail songé a luí rendre u.n si mauvais strvice? Ah ! ne me parlez pas des amis et des admirateurs. Mais le jour ou Mm• de Sévigné aura une statue.• ses lettres, ses adorables lettres, perdront la moitié
de leur prix; car elle ne sera plus une femme du monde
laissant courir sa fantaisie sur le papier, elle sera un
bas-bleu, songez-y bien, un auteur, et la statue écrasera
la femme. Peut-etre en est-il temps encore, repentezvous, gens de Vichy, repentez-vous, et Mm• de Sévigné,
qui est la meilleure marquise du monde, aura la bonté
de vous pardonner.
L'année prochaine, on inaugurera, a Florence, le monument élevé a la gloire de Dante. A la bonne heure, un
monument a Dante, cela entre dans !'esprit de tout le
monde. Parmi les morts illustres, nul ne semble plus naturellement devoir se dresser, immobile image, sur une
base de Paros ou Ca.rrare; parfois meme, quand l'imagination l'évoque vivantet qu'il apparaitle front baissé, le
geste pensif, avec son profil sérieux, doux et puissant, il
-semble qCle les yeux de l'esvrit le voient slatue presque
qu'al!lant qu'nomme,

L' ILL USTRATION. JOURNAL lJNIVERSEL.
Le murnc1pe de Florence commence déja, dit-on, a
s'occuper de la grande solennité, afin qu'elle soit digne
du pocte, et digne de la glorieuse ville qui fut sa pa••
trie. Certe~, voila une ildministration qui comprend ses
devoirs : préparer des le mois d'aoút i864 une fete qui
aura lieu en i 865, que de zele ! 11 parait, du reste, qu'll
ne s'agit de ríen moins que de batir tout exprcs une
salle plus vaste que ne r est aucon des théatres actuels,
afiu qu'un public plus nombreux puisse entendre les
~antates et les symphonies composées pour la circoustance.
11 y a quelqi1eg semaines, je m'étonnais de notre dédaiu pour les langues étrangeres, et du petit nombre de
Francais qui se donne'nt la peine d'étudier assez sérieuseme~t l'anglais, l'allemand, ou l'italien, tandis que
nous voyons des étrangers s'approprier si bien notre
langue, qu'ils écrivent en fran~ais des ouvrages, modeles de gout et d'élégance, qlle nous étudions non$• meroes avec un grand profit, que nou,s lisons avec un
charme extreme.
J'avais été un peu trop sévere pour mes compatriotes,
et j'en démande surtout pardon a M. Delatre, qui évidemment a plus que. personne le drc,it de se plaindre de
la témérité de mon assertion.
On m'apprend, en effet, que M. Delatre, un nom
bien fran~ais, a coup sur, a été le collaborateur assidu
de cinq journaux a Florence : du Moniteur toscan, du
Spettatore, de l'Indicatore, de !'Eco d'Europa et du Co•·riere del/' Arno, ou il a publié plus de trois cents articles
de philologie, de critique artistique et de critique littéraire. L'Italie lui doit une traduction du théatre de
Poushkine, le poete russe, et comme pour mieux montrer encore qu'il sait l'italien sur le bout du doigt, il arédigé sur la gram1I1aire un traité didactique, ou les Italiens se familiarisent avec les difficultés de leur langue.
Enfin (vraiment, M. Delatre n'en use pas discretemeut
aver. moi, et me contraint a une palinodie par trop humiliante) la prose n'étant pour lui qu'un badinage, il
s'avise d'écrire en vers italiens, et j'ai la entre les mains
un petit volume de Canti e Pianti, de sa fa~on, imprimé
en l858.
J'espere que M. Delatre ne manquera pas d'apporter
l'otfrande de la France aujubilé de Dante: un mélodieux
sonnet en l'honneur du divin poete ou de sa chaste
Béatrix.
Deptlis trois jours que le chemin de fer qui unit Paris
et MadriJ a été inauguré, je ne sais pas au juste combien de fois, dans les journaux de grand ou de petit format, ou a répété la fameuse phrase : Il n'y a plus de
Pyrénées; je me garderai bien de compter, la besogne
serait trop longue; mais, certes, le mot est bien plus
juste dans le sens que lui donnent les contemporains,
que daos le sens ou l'entenda,it Louis XIV. Voulez-vous
supprimer les frontieres entre les États, fiez-vous a la
pioche plus qu'a la diplomatie, a la vapeur plus qu'aux
alliances naturelles, aux tunnels plus qu'aux liens de
famille : le grand-pere sur le trone de France, le petitfils sur le tróne d'Espagne, pauvre garantie ! Parlez-moi
d'un beau chemin de fer, a la bonne heure ! A ceux qui
me jetteront a la tete ce mot : e&lt; Matérialiste ! » je répondraí : e&lt; Lisez l'histoire ! &gt;1
Tandi~ que les uns traveraent les montagnes, les autres les escaladent. Ceux-la s'enfoncent dans la nuit
avec la locomotive qui siffle, qui rugit et qui tonne, et du
Nord passent au Midi, ou du Midi au Nord a toute vi ..
tesse; ceux-ci gravisse'llt e.n pleine lumiere, sous Je regard du ciel, le sentier abrupt qui grimpe a travers les
sapi11s; s'enivrant rle l'apre bise, ils cótoient la crevasse
vertigineuse, ils enfoncent leur baton ferré dans les neiges éternelles, s' accrochent des pieds et des mains aux
pointes des rochers; se taillant des degrés dans le mur
apie des glaciers, ils atteignent la cime qui les attire, et
de la contemp1ent les provinces et les royaumes prosternés devant eux : a chacun son gout ! a chacun ses plaisirs !
La Gazette des Étrangers nous apprenait l'autre jour
que dans la semaine précédente on avait fait huit fois
l'ascension du Mont-Blanc. Les voyagPurs qui avaient
mis le pied sur la tete du géant savoyard étaient au
nombre de douze : neuf Anglais, un Écossais, un Espagnol, un Suisse, pas un Frangais; nous dédaignons un
e1ploit si facile. Trois jeunes miss, les filles de M. Per-•
kins, le célebre brasseur de Londres, étaient allées jusqu'aux rochers des Grands-Mulets.
Ce fut en 1786 que le docteur Passard et Jacques Bal-

mat réussirent les premiers a gravir jusqu'au sommet du
Mont-Blanc.
De 1820 a {844, il n'y eut que onze ascensions. C'était
le bon temps; il y avait quelque gloire alors a tenter
l'entreprise, et l'on pouvait jusqu'a un certain point,
l'ayant accomplie, en tirer vanité. Mais maintenant, en
vérité, ce n'est plus la peine d'en parler.
Autrefois, le reglement des guides de Chamonix obli~eait le voyageur a prendre douze guides pour faire
l'ascension d11 Mont-Blanc. La révolution de {848, qui ·
bouleversa la France, l'Allemagne, la Hongrie, la Sicile,
eut son contrecoup a Chamonix; le reglement fut abolí,
et l'on n'en promulgua pas de nouveau; c'est une conséqucnce du 24 février ql,le les historiens ont j usqu'ici
négligé de constaler, et que M. Adolphe Joanne nous
révere dans son itinéraire de Paris a Geneve et a Cltamonix.
En i852, quand l'Empire proclamé remit la société snr
ses bases, ainsi q11e nous l'assurent presque tous les
orateurs officiels, et que commen~a une décadence générale des sciences et des lettres, sign alée par M. Duruy
dans s011 allocution aux lauréats du concours général,
en cette année fameuse daos l'histoire, l'ordre se fit de
nouveau ·a Chamonix enrome en France, et un nouveau
reglement fut édicté : au lieu de douze guides, c'est
quatre guides seulement que l'art. 37 de ce reglement
impose aux voyageurs; depuis lors, ·cet article a été modifié, et l'on monte au Mont-Blanc avec trois guides.
Il sera temps bienlot que le philanthrope a qui nous
devons les petites fleches bleues .¡¡ui nous enseignent
notre route dans la foret de Fontainebleau, songe a partir pour Chamonix, et a marquer de ses utiles indications le chemin du Mont-Blanc, afin de nous épargner
tout a fait les frais de guide.
Un décret institue, sous le nom· de lkanilpria; de l'Empereur, et sur les foods de la liste c1vile, un prix de
rno,ooo fr. qui sera décerné tous les cinq ans a l'auteur
d'une grande ceuvre de peinture, de sculpture, ou d'arcbitecture reconnu digne de cette récompense.
Une commission de trente membres, présidée par le
ministre de la Maison de l'Empereur, et qui sera renouvelée tous les cinq ans, se prononcera sur le mérite des
ouvrages soumis au concours.
Dix membres de l'Académie des Beaux-Arts feront partie de cette commission.
On n'y voit point de place réservée expressément aux
membres de l'lnstitut.
Le lkand prix de l'Empereur sera décerné pour la premiere fois en f869 .
Les arlistes arrivés au succes et a qui vont tout naturellement les grandes commandes, auront certainement
la discrét1on de ne point con'courir.
Un sujet pour le premier concours : La Fortune détournant un jeune homme du chemin de la Bourse et
tui montrant l'atclier de M. Picot.
X. FEVRKET.

COUllONNEMENT DU ROi DE CAMBODGE.

Nous publions, d'apres le Courrier de Saigon du 25
juin, le récit des cérémonies qui ont eu lieu a Udang le
3 du méme mois, a l'occasion du couronnement du roi
de Cambobge.
Le 3 juin, de bonne heure, la. mission frangaise se
rendit a Houdon: M. le chef d'état-major général, délégué par M. le gouverneur pour présider a la cérémonie
du couronnement, avait convoqué les capitaines et les
officiers des batiments présents dans le haut Cambodge.
Le roi leur avait cnvoyé des élépbants de choix et des
chars; une scctiou de marins fusiliers servait d'escorte.
Nous attendimes au camp des troupes fran~aises, a
Houdon, l'heure de la cérémonie. Vers huit heures et
demie, le roi fil prévenir M. le chef d'état-major commandant Desmoulins, que tout était pret; les ofliciers
franfais se rendirent alors au paiais, ou les Siamois
nous avaient devancés en tres-modeste appareil; le notre était tout guerrier; vingt marins et soixante soldats.
En fraochissant les portes de l'enceinte, nous remar•
qua.mes les premiers fr:iis de décoration : la grande
chaussée qui, des deux bassins formant !aes conduit a
J'enceinte intérieure, avait regu deux rangs de mats
a fleche, dans le style indien; parasols et clochetons de
couleurs variées; quelques élephants de tres-haute taille,
aux longues défenses, couvert,s de housses vertes, nous

115

regardaient passer dans la belle et majestueuse immobilité qui semble faite ponr ces colosses.
Nous pénétrames bientot dans la pagode disposée pour
la cérémonie; la musique du roi et las fanfares dominaient le murmure de la foule. Pendant que le roi
nous faisait le pl¡¡s cordial accueil et que l'envoyé siamois, S. E. Phya-Mantri-Surigwanse, saluait
les officiers avec une ais~nce remarquable, ·nos
soldats garnissaient la grande salle et donnaient, par
leur présence, un cachet plus franfais a la scené qui se
déroulait devant nous. La décoration de la p:igode avait
été rafraichie; áu milieu, le trc,ne sous des parasols en
étoITe lall)ée d'argent; en avant, un riche sopha, un
siége pour le roi, et la table portant les altributs de sa
souveraineté; a droite et agauche, des fauteuils .et des
chaises sur deux files parallele5; la mission f~anfaisf'
était a droite du roi, les Siamois a la gauche. Le roi
était vetu d'une étoffe souple et légerement mordorée,
tres-élégante; les of6.ciers fran~ais étaient en grande
tenue; l'envoyé siamois reluisait comme un louis d'or
tout neuf; cet éclat fut un peo voilé par une chemise de
dentelle a franges dorées qu'on luí plaga ~ur les épaules
comme un manteau de cérémonie. Tous les autres pzrsonnages étaient couverts de brillantes étoffes; l'aspect
était vraiment pittoresque et éclatant. Apres quelques
compliments, le roi se fit apporter sa montre; il constata
que l'heure était venue et nous avertit qu'il allait se
préparer pour la cérémonie de l'eau. A la porte principale de la pagode s'élevait un dais blanc, couleur de
circonstance, auquel on accédait par quelques gradins.
Le roi y parut bientcit, couvert ~eulementd'une ceinture
de fin lin qui laissait a nu tout le buste. Une urne d'argent plar.ée devant luí laissait échapper, par un tuyau
recourbé percé de trou~, un P. pluie d'eau lustral e; le premier des devins du palais tenait a coté de Sa Majesté Je
vase d'élection et une conque marine bordée d'un -fil
d'argent.
Le roi appela le chef d'état-majnr général pour commencer ies ablutions: le commandant Desmoulins recut
la coquille des mains du devin, et, a deux r~prises, ve;sa
sur la tete et les épaules de Sa Majesté les eaux de la purification; l'envoyé siamois, aoque! il céda la place, en fit
autant, et le roi disparut pour une derniere toilette au
milieu de la satisfacLion générale et de quelques sourires.
C'est sur le sopha que le roi se renditdes qu'il reparut
au milieu de nous. 11 était reretu d'une casaque d'un
tissu d'or raide, épais; le langouti rouge de soie dorée
qui couvrait ses reins el le milieu du corps laissait i nu,
comme a l'ordinaire, le has de la jambe; la tete était
nue aussi. Mais Sa Majesté portait aux oreilles quelques
feuilles vertes délioatement posées, dirigées en avant
vers le front, comme le rudiment d'une couronne de
distribution de prix ou de triomphateur.
Le roí re~ut du grand-pretre une eau nouvelle dont
il lava son visage, de uouvelles feuilles vertes qu'il posa
gracieusement et adroitement a son oreille, et une oraison t1rée d'un vieux parcbemin et débitée gravement.
La musique sauée, c'est-a-dire le rou-ho" des grosses
conques a l'embouchur.e d'argent et le tam-tam cadencé
d'ls tambourins servaient d'accompagnement.
Le roi, accroupi s11r le sopha, se tournait successivement vers les devins qui l'entouraient, et chacun d'eux,
a son tour, lui adressait les paroles sacramentelles.
L'envoyé siamoi~ prit ensuite la couronne sur la table
et la remita l'envoyé frangais; le commandant Desmouhns la pla~a daos les mains du roi, qui s'en couvrit le
chef. Mais la couronne étant lrop lourde, le chef d'étatmajor dut aider le roí a la drcsser sur sa tete et a la
fixer par des oreillettes de métal qui prennent comme
des croes sous le lobe inférieur de l'oreille.
La forme de la couronne est en demi-sphere, creuse,
assez épaisse, saos découpure; le métal est l'or jaune,
rehaussé de pierreries et de quelques niellures d'argent bruni; le dessus, pyramide en une suite de boules
et de clochetons, se termine en paratonnerre.
Des que son embleme fut assujetti, le roi parut rayonnant et nous prévint qu'il allait faire annoncer la ~onvelle a son peuple. Bientot, en effet, les détonations de
l'artillerie saluaient le roi et éveillaient sans doute un
redoublement d'allégresse daos le cceur de ses sujets.
Le chef d'état-major pronon~a alors un diSC'rnrs qui
fut suivi rl'une allocution adressée au roi par le mandarin siamois, et S. M. Norodon (c'est un des nomhreux
nouveaux noms du roi) dit alors au chef d'état-major
que le moment était venu pour lui de saluer son puissant protecteur l'empereur Napoléon, et lui deman.

�H6
da de le conduire
clans la direction
de nolre pays, et
de lui montrcr
commcnt il &lt;levait
salucr l'Em pereur.
Le conimandant
DesmoulinsfiLquelques pas vcrs l'Orci&lt;lent, a l'opposé
du solcil, en s'inclin:.rnt
légcremen t, et fil fairc
au roí quelques
inclinaisons pro. fondes; comme i\
avait vn le commandant retirer
son chapean, il
porl:ut l,L main a
sL'couronnc par un
mouvement analoguc.
Aprcs l'hommagc iJ. la France vint
l'hommage il.Siam,
qui fut salué a la
méthode du_pays,
en joignant les
mai ns et en les
portant de la tcrre
vers le fron t.
Une derniere
consécratiou mar.quait, mais cellcci étai t toute personuellc a Sa Majesté. Le roi se
pla~a sur le sopha
qui p1'écédait le
trone , le grandpretre lui apporta
deux statuettes sacrées qu'il posa un
instant sur ses gcnoux; ensuite on
présenta au roi des
armes, entre autras deux magnifiques fourreaux de
sabre, les boites,
les vases qui soot
a son usage personnel; a cbacun
de ces objets, -le
roi imposait les
mains; il les. touchait, les consacrait, les appropriaot ainsi a sa
nouvelle position
de roi couronoé.
Les pantouflesd'or,
en forme · antique
de galoches, tcrminaient la série
de~ attouchements; le roí les
chaussa et monta
sur le trone recotvert du parasol,
qui depuis si longtemps attendait la
conclusion de ce
couronnement
cambodgien, dont
les premieres cérémouies remontaient au mois de
février.
Nous fumes introduits ensuite
daos l'appartement
des femmes: toutes
ces dames étaient
s01Js les armes

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
comme pour une
inspection, daos la
position respectueuse que com.
mande la présence
royale. Au bout
d'une vaste galerie se tc:na it, assise
sur des coussins
une trcs-vieille da-'
me, la grand'mere
du roi, presque
centcoaire, souvent malade, et
trcs-reconnaissantc pour les médecines &lt;lÜ &lt;locteur
Hennecart; elle aime beaucoup les ,
·Fra_n~ais, mais son
crédit déclinc avec
les ans. 'Qans !'une
drs moitiés de l'a]&gt;parlement, une
mullilude &lt;le femmes &lt;le tout age,
ayant des parentés, des chargcs ou
d'anéiennes amitiés au palais. Cette
fou le intéressait
rr.oins que le bataillon des heantés
ca;n bod giennes qui
s'al ignait sur quatrc rangs daos
toutc la longueur
de la salle ; elles
étaient la 60 ou 80
dans la position
des sphinx d'Égypte, rclevant le
buste et la tete ti'un
air plns e.baste que
les contours et le~
formes accusécs en
arrierc.
Les deux prcmicrs rangs, emiron quarante da• ,
mes,
appartrnaient au harelll
proprement dit; ~I
la premicre file,
armée de sabresan
fourreau doré, naivcment posés sur
I'épaule, semblait
en défendre les approches, mais d'un
air fort indolcnt.
Les deux long~
rangs, symétriqucment paralleles a
ceux de ces prir.•
cesses, ne comptaient que des
bayaderes, femmes de théatre el
de ballet; ch acune
d'elles portait une
lleur a ' la main.
S. M., sans nous
faire précisémcnt
les houneurs de la
présentation, ne
semblait pas trouLlée par notrc inlrusion au milieu
de cette phalange
plus aimable encore aux yeux
des Cambodgiens
qu'aux notres.

Pour extrait :
P. P.AG.E'f,

117

•

.

-

··..:.~~.~:s__¿f:__

-~:COUllONNEME~T UU l\Ol DE G.\:IIBODGli: CÉRÉ:IIONIE DE LA PURlFlf A.TION.

,/✓•.,..,, ·' / )':. J'f
••

•/.

J/ :

¡-;'

_-=..;...

rcsAliT
M. LF. r.OMMANllA NT DESMOULlNS
, AºR ,..,

so~·

ALLOCUTlON Ali JlOI DE CAMBODG F, -

D'aprés les croquis communiqués par le Minislere de la Marine,

I ,

�118

L'ILLUSTRATION, JOU RNAL UN IVERSEL.

•

1

•

1

II. s'en faut bien que le livre de M. de Lescure, les
Amours de Henri IV, soit une réhabilitation; mais on y
REVUE LITTÉRAIRE.
trouve le complément d'une figure historique, et, a ce
CUIIIOS!TÉS ET RllHAlllLITATIONS IllSTORJQUES.
titre seul, il serait digne d'étre lu. L·auteur ajoute a
l'intérét de ses révélations le mérite d'un style peut-etre
Une foule d'ouvrages amis et ennemis ont depuis long- trop raffiné, trop melé, parfois emphatique, et, le plus
temps établi la part qui re.vient, dans les malheurs de souvent, familier, mais qui, malgré un certain nombre
Alarie-Antoinette, a la malignité populaire et a la vio- de défauts, cherche a ¡ílaire et y réussit. La légcreté du
lence démagogique, part bien grande, et qui dépasse ton n'exclut pas la sureté des informations et la valeur
toute mesure, si l'on compare aux erreurs naturelles historique de l'ouvrage.
d'une reine accoulumée a la domination les supplices
&lt;&lt; II e~t un homme, fort estimable d'ailleurs, que je ne
atroces et multiples qu'elle endura dans sa personne et nommerai point pour lt punir d'avoir puécrire une bistoirt:
dans celles des siens. Mais on peut dire que ces iniquités de Henri lV en quatre volumes, saos prononcer,jecrois,
n'ont pas nui asa mémoire; elles ont iunocenté, purifié, le nom de Gabrielle d'Estrées. Cett~ pudeur exagérée a
transfiguré une femme assez ordinaire, belle et spiri- porté son fruit. L'Académie l'a couronné, non sans soutuelle, sans doute, comme tant d'autres, mais d'une in~ rire peut-etre. » C'est que M. Poirson a peint l'endroit
telligence politique, d'une légereté d'esprit, par trop in- de Henri IV; M~de Lescure ne regarde que l'envers de
dignes de sa haute fortune. Il semblerait que les régions cette vie glorieuse. Nous pensons avec Iui et avec un
privilégiécs ou naissent et se meuvent les rois et les prin- maltre, M. Michelet, que l'histoire offi~ielle ne do1t jacesses dussent étendre et éclairer Ieur horizon; le plus mais néglige1' l'bistoire intime, quand elle y trouve en
souvent, il n'en est rien. Notre siecle, qui ne se laisse germe les actions et les événements. Toutefois, nous
pas éblouir a de vaines splendeurs et ne voit, entre les n'enfourchons qu'a demi le dada de notre auteur. Bispuissants et les obscurs, qu'une différence accidentelle, torien minutiste,il dirait volont1ers a tout propos, comme
s'est plu a dégager les fronts princiers des rayo ns que un président de cour d'assises : &lt;&lt; Oo est la femme? »
leur pretent I'adulation et la crainte; nous avons tou- ~Jais le béros meme qu'il a choisi, et qui semhlerait Iui
cbé du doigt bien des era.aes 'Vulgaires. La majesté de devoir donner toute raison, déconcerte sa méthode. En
Louis XIV résidait dans sa perruqtie; sa gloire dans les effet, s'il est vrai que des cir,quante-si.x aventures, ni
· grands hommes qu'il traitait en baladins agréables, dans plus ni moins, prétées a Henri IV, trois environ aient eu
les généraux qui gagnaient pour lui desbataiiles; en fin, sur quelques jonrs de sa vie une influence heureuse ou
dans le pcuple dont la sueur d'or coulait a flots funeste, s'il est vrai méme que les folies de sa maturité
vers ses coffres sans fond. La chute deMarie-Antoinette, n'aient pas été étrangeres a sa mo:rt déplorablc, il reste
la disproportion du chatiment avec la faute, ont fait encore a sa finesse, a sa persévérance, a sa puissante
toute sa grandeur. Son piédestal est son échafaud.
capacité politique, une part prépondérante daos l'hisCeci dit, i.10us abordons avec une bonne volonté com- toire de son regne.
plete le Proces du Collier (t), dont M. Émile Campardon,
La femme n'est qu'une des circonstances qui influent
archiviste aux Archives de l'Empire, nous a récemment sur les grands hommes; mais c'est, a coup stir, la plus
fourni toutes les pieces. Le jeune historien est plein intéressante. On parcourt avec curiosité la galerie de
d'entbousiasme pour son héro1ne, et sa conviction fait M. de Lescure, comme une serre ou l'éclataute corrnple charme de son livre. L'impartialité est, d'ordinaire, tion s'épanouit en tout sens dans une atmosphere trop
le pire des défauts chez un écrivain ; tout au plus, sied- chargée des parfums qui étiolerent la race des Valois.
elle a la critique, autant gu'elle ne supprime pas la per- Henri IV seul, trempé qu'il était daos les froides eaux
sonnalité du juge. Ici, sans partager les vives sympat des gaves, garda son énergie native. Margueritc de Va1
thies de M. Campardon, nous adopterons volontiers ses Iois, sa femme, belle, spirituelle, ardente, la baronne de
conclusions qui nous paraissent peu attaquables.
·
Sauves, inst~·ument voluptueux de Cath~rine de Médicis,
&lt;&lt; L'examen de la procédure instruite par le parlement
la Grecque Dayelle, et Tignonville, et Fosseuse, la belle
de Paris dans cette malbeureuse affaire, » démontre Corisande, sorte d'Agnes Sorel qui couchait sur des
sans réplique « que le collier de diamaots, ¡i.cbelé au drapeaux, Gabrielle d'Estrées, !'un des sept péchés mortels
nom et a l'insu de Marie-Antoinette par le cardinal de (on appelait ainsi le&amp; G_ramont, ses sreurs et frere), mais
Roban, a été vohí, dépecé et veodu par le comte et la un beau pécbé, solide et allegre, filie insouciante et facomtesse de Lamotte--Valois, » aidés du faussaire Rétaux miliere, mere féconde 'et large nourrice, en fin la subtile
de Villette.
Henriette d'Entragues et la sédllisante Condé, sans
L'i11trigue entiere et la marche du proces sont l'objet compter Marie de Médicis, toutes ces affections simultad'un récit clair et simple, qui ne laisse aucune place au nées ou successives n'oterent rien a Henri IV de sa force
doute. On y voit la betise indigne d'un prince de l'E- d'esprit et de sa gloire. Louis Xlll en souffrit peutglise, trompé par une filie debas étage et dupe de signa- etre.
tures d'U1Je fausseté éclatante; 1~ perversité d'une sonElle était aussi du quinzieme siecle, de cette époque
ple intrigante et la bassesse de ses complices; la par- voluptueusé et orageuse, cette Marie Stuart, dont la
tialité du juge et du public pour les accusés, l'indigna- figure est restée poétique et dont _la vertu fut toujours
tion de Louis XVI et la douleur profonde de la reine, si discutée. Reine de France et d'Ecosse, son enfance et
quand l'acquittement du cardinal de Roban laissa planer sa jeunesse lui promettaient toutes sortes de prospérités.
sur elle un doute scandaleux. Nous recommandons la On connait les adieux, pleins de pressentiments sans
Iettre qu'elle 'écrivit a sa e&lt; chere Polignac, » et doute, qn'elle adres3ait a la France, lorsque, veuve du
dont le fac-simile accompagne le texle de M. Campar- roitelet Fran~ois II, elle. retournait dans sa patrie saudon.
vage. Son mariage amoureux ou politique avec un
Le livre doit beaucour, de son intéret a la transcrip- brouillon incapable, Rizzio assassiné sous ses yeux, la
tion Iittérale des divers interrogatoires; Iious y avons fin terrible de Darnley, lacourte puissance de Bothwell,
surtout remarqué ce qui a trait au fameux comte de Ca- Loch-Leven, la captivité anglaise et l'atroce proces conglioslro et a sa femme, Lorenza Feliciani.
duit par Elisabeth, enfin, l'échafaud ou roula, blanchie
Cagliostro, compromis on ne sait trop pourquoi dans par la douleur, la plus belle tete d'une époque féconde
!'affaire du collier, dépouille devant les juges ses alia- en beautés; toutes ces péripéties ont tenté les romanres de charlatan. Sans doute, il voile ou arrange les ciers, les poétes, les historiens.
circonstances de sa vie aventureuse; mais il Jaisse conM. Mignet conclut a la culpabilité de Marie dans les
jecturer que, né de parents inconnus, longtemps -errant affaires de Rizzio, de Darnley et de Bothwell; et son opide pays en pays, un heureux exercice de la médecine J'a nion, il fa!lt l'avouer, bien que fondée sur des documents
élevé jusqu'a.Ia fortune et alafaveur de plusieurs cours. hostiles, ne contrarie ni la vraisemlllance, ni la tradi- .
Nul doute qu'il se soit appelé Joseph Balsamo, et qu'il tion, plutot faite d'mdulgence que de respect. Amante
ait fait, sous ce nom, en 1773, emprisonner sa femme deRizzio, qu'elle l'ait vengé, meme sur un époux, puis
pour cause d'adultere. Cagliostro est done un aventurier qu'elle se soit réfugiée dans les hras vigoureux de Bothitalien, parti de rien, si l'on en juge par son mariage well : quoi de plus logique au seizieme siecle, et de
avec une belle filie qui ne savait ni Jire ni écrire. Voila plus ordinaire? Le vice et l'assassinat sont ch oses, a cette
un magicien de moins; et sa mémoire devrait nous ga- époque, inséparables des grandes existences; quelques
rantir de eeux qui, aujourd'bui encore, exercent avec taches'de sang n'otent ni l'intéret ni le cbarme a toas
succcs sa douteuse iIJdustfie, jusqu'a en faire une sorte ces verlugadins princiers, qui seraient aujourd'hui des
de religion.
gibiers de cours d'assises. Pow•quoi Marie Stua¡t eut-elle
{t ) Marte-Antoinette ti le. procu, etc., par M. l!m1le Campardou.
1'1011, 1R63.

menti a l'exemple de ses amis les Médiciset de ses enne.
mis, les nobles d'Écosse? Notez qu'elle n'était pas de
la religion puritaine. Au reste, que nous fait tout
cela?
M. Wiesenar (1) n'accepte pas cette indifférence. Son
coite pour Marie Stuart ne peut se concilier avec l'opinion générale. Il veut que tout datJs son héroine ait été
pur, irréprochable; que, fautive assurément en polit¡.
que, Marie ait possédé toutes les vertus discretes de la
chrétienne denos jours. II se constitue l'avocat de sachas.
teté, nie le faible qu'on lui attribue pour Rizzio, la spontanéité de son affection pour Bothwell, et, encore plus,
toute coopération au meurtre de Darnley : car c'est la le
seul grief sérieu:x.
"
Il suit pied a pied M. Mignet pour le combattre; il
montre Marie, apres la mort de Rizzio, réellement réconWiée avec Darnley, et plus tard poursuivant avec
zele les assassins de son mari. Nous ne demandons q11'a
croire a son innocence; nous concédons a M. Wiesener
que la conjuration des seigneurs écossais, dominés par
le détestable Murray, frere batard de la reine, explique
suffisamment le meurtre de Darnl~y. II nous parait surtout prouvé que Bothwell enleva Marie, et n'obtint que
par la violence le titre et les droits d'un époux. Mais le
role du secrétaire Rizzio pres d'une femme jeune et malheureuse, nous en est-il renda compte? Darnley ne peut
avoir tué que par jalousie celui qui avait aidé a son mariage. Celte jalousie était-elle fondée? La est toute la
question: Faut-il absoudre aussi bien Marie des pécbés
que des crimes?
Rizzio, dit-on, était laid. Mais !'esprit et le talent sont
la beauté des hommes. ll était excellent musicien ; et
quelles ne sont pas aujourd'hui les bonnes fortunes des
musiciens de salon? Ils u'ont besoin pour plaire ni de
savoir, ni d'éloquence; chanter suffit. Leur ame vi1&gt;rea
l'unisson de celles qui les écoutent ! Cet abas déplorable, si énervant, si crispant, dans la société moderne,
n'était-il pas alors, comme de nos jours, chéri des beautés nerveuses? Ce doute nous reste. Puisse-t-il etre léger
a l'auteur! Nous ne quitterons pas M. Wiesener ~ans le
féliciter de son gros volume chevaleresque et de l'ér11dition convaincue dont il étaie son plaidoyer. Peut-etre
ses ana!yses isolées et min utieuses de chaque fait, ne
vont-elles pas sans un peu de confusion.Mais c'est la un
reproche vague et qui retombe en partie sur la rapidité
nécessaire de notre examen.
La cause est entendue. Appelez celle de Richard II, roi
d'Angleterre, qui attend son¡tour.
Richard de Bordeaux, fils du Prince Noir, du vainqut:ur de Poitiers, n'avait que dix ans lorsque son a'ieul
Édouard Ill Iui Iégua le fardeé!.u d'une autorité com¡,romise par de longs revers, par I'ambition d'une famille
nombreuse, par le double réveil d'un parlement las de
subsides et d'un peuple exténué de dimes et d'oppression cléricale. La minorité du nouveau roi était faite
pour encourager toutes les rébellions. Ses premieres
années furent tour a tour remplies par les sourdes intrigues de son oncle Lancastre et, les empiétements du
parlement; puis· ébranlécs par les prédications de Wicl~f
et la terrible insurrection des Lollards (138i). Une tentative de gouvernemcnt royal_régulier n'aboutit qu'a. la
mise en accusation du premier ministre Suffolk et des
amis personnelsdu roi (i386-87).Deuxans apres, Rich:i.rd
échappe a la tutelle de son oncle Glocester, gouverne
a son tour, recherche l'alliance franfaise, augmente les
prérogatives de la couronne; mais fier d'avoir déjoué et
vaincu par les supplices une révolution préparée par
Glocester, et ajourné par I'exil les€spérances du duc de
Hereford, fils de son oncle Lancastre (i397-ü9), il s·aliene la na:tion par un despotisme saos frein. Une expédition inopportune en Irlande et le retour triomphant
du duc de Hereford amenent bientot l'abdication, la déposition et la mort de Richard,
Tel est le regne malbeureux dont M. Wallon nous
donneunehistoire méthodique,impartiale et définitive(2).
11 aime son héros, mais non contre la vérité; il veut juger le roi sur ses actes et ses historiens sur Ieur langage.
Or, tout ce qui a été écrit sur Richard a subi l'iníl.uence
victorieuse de Lancastre. Le beau drame de Shakespeare
est involontairement partía! ; le sage Hallam lui-meme
manque ici dejustice. Deux chroniqueurs fran~ais, notre
Froissart et Creton, seront, avec les roles du parlement,

,s.~.(I}
(1) Lu·Amours de 1/tnn IV, par M. &lt;le ·Lescure. Faure, 1864.

1.19

L•ILLUSTllATlON, JOUR.NAL UNIVERSEL.

Marie Sluarl el te

comtt de

Bolhwell, par M. Wiesener. Bachette

(!J Richard 11, par M. Walloa, de l'lnstitut. B~chelte, 1864,

1

1 uuides de M. Wallon. Trois circonstances l'ont
les seu _s ? . !'esprit d'initiative que Richard a montré en
détermme ·
·
~ ¡• 11 ·
deUX occas1·ons décisives, son
. .attachement " a 1ance
. e et l'inimitié de l'h1sto1re.
franca1s
·11
: f t qui a quatorze ans, va seul trouver cent m1 e
Len an
,
·¡ f
·
.
• devant Londres et, par son babi e ermete,
rnsurges
' .
.
.
ouronne et sa fam1lle; le Jeu11e homme qui,
sauve sa C
.
1
.
tutelle par un oncle astuc1eux et croe , reconrem1s en
· ¡
.
rt
liberté
d'un mot,. et, frappé dans
. , ses amis es
.
qu,e sa
qm eut comprom1s
S, renonce a une vengeance
h
lus
c
er
.
.
,
.
P
son gouvernement·, enfin le ro1 qm, devan~ant,I avemr,
.
. d ronder sur l'alliance fran~aise lasupremat,e et
essa1e e 1'
•
,
é
. de l'occident
la pa1x
~
·. celm-la. n est pas un bomme ro diocre.
d t ·1
Mais lorsque, rivalisa~t de bontes avec ceu:x on _1 a
. he,· il fait assassmer son oncle rebelle
et
tr1omp
,
J ensan'
!ante la ju~tíce avilie du parlement, ce n es~ P u~ q~ u~
:omme du moyen a.ge emporté par s~s pass10ns. Emvre
de vengeance et de pouvoir, la t~t_e lm to?.1'n~, et sa m~ladresse croit avec la haine publique. L mteret. se deÍourne de Iui et ne lui revient qu'aux: heures terribles de
la déposition, de l'agonie et de la mort. Encore ~e faudrait-il pas, comme a fait M: Wallon, comparer 1mp~u ·
d ment la résignation de Richard avec celle du Chr1st.
L~:Oe était forcée, et l'Autre volontaire. On peut seulement lui accorder cette louange, qu'il fut d~ tout temps
moins odieu:x que le reste de son peuple et d_e ses parents.
L taches qui ont rejailli sur cette figure un pen effa~s ne sont rien que de faibles éclaboussures de cette
::ge sanglante ou roulerent tour a tonr _les tetes les
lus nobles et les plus fideles. Son mauva1s parlement
!e i397 n'égale pas en horreur les dévastations de WatTyler en i~8i et les abomiuatiom du parleme~t _de Glocester, en {387, encore moins J'atroce hypocr1s1e et la
froide cruauté du duc de Hereford, connu sous le nom
de Henri IV.
.
&lt;&lt; Le meurtre la violence, telle est la 101 commune l&gt;
' époque néfaste qu'une certame
.
du pouvoir a cette
press_e
malfaisante ra¡,pelle de ses vreux ridicules. Mieux vala1t
vivre sous Sylla et Marius : au moins _les assassios n'étaient-ils pas juges, et tout se donna1t a la fureur du
premier moment. Ici, c'est le parlement. d'A~gleter.re
qui condamne et dicte les détails de ~upp)ices ms~nses:
Les éveques et les abbés n'y sont m moms sernles n1
moins cruels que les laiques.
,
Voici un des ~upplices ordinaires a ces bourreaux raffinés.
Le patient, préalablement trainé sur la claie, cst pendu
légerement; dépendu vivant et assis devant ~n grand
" feu il a le ventre fendu et voit brtiler ses entra11les. Parfoi; on luí offre a manger et a boire. L'un d'eux répond :
• Ou voulez-vous que je le mette? » Apres cet intermede
funebre, la tragédie reprend. Le bourreau haise !~ malheureux et Iui coupe la tete; on l' écartele ensmte, ~t
&amp;es morceaux,sont jetés dans une chaudiere, ou envoyes
aux villes fideles.
L'homme ce résumé de la création vivante et qui,
dans le sei; de sa mere parcourt toutes les formes animales, tour a tour zo~phyte, mollusque et vertébré,
garde surtout deux instincts, deux tendances propres
aux especes supérieures. 11 esta la fois cárnassier et herbivore. Comme le !ion, le loup, le tigre, entrainé, ..
par
toutes les soifs morales et physiques, il se prec1p1te
sur ce qui le gene ou l'attire; comme le mouton et le
boouf il marche en tro~peaux. et se livre aux vertus pastoral;s · il ~amine des pensécs et broute les biens de la
terre; ajoutez !'esprit de'la fourmi, de l'abei_Ile et du castor et vous ave2. !'ensemble de nos quahtés et de nos
'
.
défauts. Les époques de trouble surexcitent les pass10.ns
carnivores · la paix et la sécurité favorisent les gouts
agricoles :t économiques. De nos jours, l'équilibre se
fait entre les deux natur..is : l'homme n'est ni cannibale
ni pythagoricien; il est omnivore.
Exploiter sagement la terre et ne néglige~ aucu~e
ressources des trois regnes, telle est la conclus,on tac1te
d'un excellent petit livre de M. Félix Hément, ou les
Premieresnotiora d'histofre naturelle (1) sont exposées dans
un ordre nouveau. Tout en restant fidele aux classifications établies, M. Hément range les animaux, ~es p!an_tes,
les minéraux selon leur degré d'utilité.L'ahmentat10n,
le travail et' les transports, le commerce, !'industrie!
sont les titres d'autant de chapitres intéressants, ou
sont rassemblés les membres d'une meme famille. Des
appendices sont consacrés a ce qui ne rentre pas dans
ll) llesobry-Tllldon. Un volume cartonue. Nouvelle edit1un.

le systeme de l'auteur; on y voit que l'homme obtient
peu de chose, et du mal bien souvent, de la plupart des
étres qui l'entourent.
Le texte, clair et attrayant, est accompagné de. gr~vures sur bois tres-nombreuses, et enrichi de c1tattons
empruntées a Buffon et aux meilleurs peintres de la nature. C'est une lect11re qui repose du spectacle de nos
sombres anuales. A de certaines heures, en présence
des écarts ou nous emportent nos passions libres, on 's?
p-rend a envier la coordination passive de la nature ou
nous régnons.
ANDRll LEFllVRE.
~

PRIME

DE

L'ILLUSTRATION.

L'lllustration met en vente sous peu de jours la série
complete des sonates de Mozart, 5• et 6• vol. de la _collec:
tion des reuvres spéciales pour piano a deux marns des
maitres classiques, annotées et doigtées par 1. Mo~c~ele~. ·
Ces volumes paraissent a.des intervalles ~sse_z elo1gnes
les uns des autres · mais cette lenteur est md1spensable
pour la bonne exé~ution de l'impression et du tirage. .
Nous rappelons a nos abon~és que t?us ?~ux qu_1
souscriront d'avance a la collect1on complete n auront a
payer que 50 fr. au lieu de 87 fr.
Celte Collection allemande, annotée et d..igtée par le célebre professeur
MOSC!ll!LES, formera u volumes de tff pages cbaeun, en moyenne.
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les I
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volumes, 24 fr. au l_ieu de II
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la CoLLEctm11

ENTIRRE

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des H volumes :

60 francs au Jieu de 81, et 50 franetJ SEtJLEMEN1'
pour ceux de nos abonnés qui souscriront d'avan~ a ~a cellection complete. Cette deroiere faveur ne sera ngo~reusement
accordée que sur l'envoi de 50 francs en un mandat sur la
poste, ou en une valeur sur Paris.
. .

Les prix indiqués ci-dessus s'appliquent /lux volumes retires
dans nos bureaux; les frais de pos(e (00 cent. par volume en•
•
iaolément) n'y sont pas compras.
~

PROMENADE, AU JARDIN DU MIDI.

Lll.
11 serait diffi.cile de passer par Cannes et d'y rester
quelques jours sans aller faire une visit~ aux iles }e
Lérins, composées de l'ile Sai~te-Marguer1te et de 11Ie
Saiut-Honorat. Celui qui n'aime pas les longues promenades en mer suit la greve jusqu'a la pointe de la Cro~sette. la ¡¡ s'embarque dans un canot, et apres tro1s
quarts d'heurtl de trave~ée il est ~u pied du fort de
Sainte-Mar"uerite un b.\t1ment mass1f et sombre, le se1-1l
qui existe dans l'iÍe. II y a ~e ~íza!ne. d'a~nées, j~. vis
ce fort au moment ou il serva1t d hab1tat1on a une soixantaine de fils du Prophcte qui soupiraient, en face des
oranuers et des cítronniers de la Provence, apres lés
pal;.niers de la Patrie. Le plus curieux de ce~ Ara~~s
captifs était un marabout qui, dep~is des _annees deJa,
se tenait accroupi a la meme place, 1mmob1le et les yeux
tournés vers l'Orient. Ses traits, immobiles comme son
corps, semblaient pétrifi.és. 1I étai~ im~ossible de ~ai!r
l'ombre d'une pensée ou d une emot10n sur ce v1sa0 e
marmoréen. Ce saint homme avait des ongles d'un demipied de Iongueur et une barbe don~ il ~nr~ít pu se servir pour balayer le parquet. On eut d1t d un héros enchanté des l\'iebelungen.
.
.
On montre,'a l'étage supérieur, la chambre hum~de o~
languit, pendant dix-s~pt ~nnées, ~e yersonn~g~ mysterieux, cette énigme h1storique qui s appelle . 1Homm~
au masque de fer. L'inspection de , c~tte chamb:e, qm
recoit le jour par une ouverture'herissée de tro1s b_arre;ux de fer et pratiquée a travers des murs de cmq
de
mc"tres d'épaisseur, m'a démontré que l'bistoire
.
. l'as, .
siette d'argcnt, lancée par le prisonni_er qu~ aura1t ecr1t
son nom sm cette assiette avec la pomte d un c_outeau,
est tout simp!en.cnt une fable. J'ai essayé de fa1re passer a travers h, barreaux de cette ouverture non une
assictte mais une mince brochure, et je n'ai ~u y par.venir. Ce n'est done point a l'épisode de l'ass1ette qu'1l
faut attribuer, comme on l'a dit, la translation du Masque de for a la Bastille.
.
Je ne me crois pas toreé de parler de ce que Je ne
connais pas. Aussi ne dirai·j~ rien l'ile ~aint-Honorat,
que j'ai négligé de visiter, bien, qu e!le smt, assure-t-on,
la plus intéressante des deux 1les, a cause d~s monuments ou plutot des vestiges de monuments qu elle renferme. Cette ile Saint-Honorat fut célebre ~ar son monastere, par les ravages des pirates sarrasms, par les
1

?e

attaques des Espagnols, des Génois et des Aut.ricbiem,
qui s'en emparerent tour a tour. Apres la revolution
francaise elle devint la propriété d'une actrice, M11 • de
Sain~al, ~ui y fi.xa sa résidence. Quand le mon~s~ere fut
sécularisé, ¡¡ n'y restait plus que quatre _rehg1eux, ~t
encore furent-ils indemnisés moyennant qumze cents hvres de pension.
De l'ile Sainte-Marguerite, le paysage est charmant et
vaut a lui seul la traversée. On aper~oit un triple _r~ng
de montagnes, les unes boisées, les autres ~bauves JUSqu'au sommet les autres couronnées de ne1ge. Une vapeur grisatre ~oveloppe la cime de l'Estérel_ et ses flanes
battus par une mer ou se reflete !'azur du ~,el. A dro_1te,
Cannes s'étend en ampbitbéatre avec ses v11las, ses Jardins ses bois d'oranuers,
son cours ou se pr.omenent les
0
'
misses
Janguissantes, la jetée et le port ou' dorment,
balancées par la brise, les barques, les tartanes et les
bateaux des pecbeurs.
De Cannes ¡¡ ne faut pas plus de deux heures pour
aller par l; plus adorable route' a Grasse, la vi lle
des p;rfums, d&amp;; senteurs, des éli_xirs, des ~hamps de
roses et de jasmins. 11 ne faut guere plus _d une_J.ie~e
pour aller a Anti bes, et si j'e:xcepte. la Cormche, il n est
pas au monde de plus Jl!erveilleus~ promen_ade . qu~ ~a
route de Cannes ~ Nice. c·est un immense Jard1_n d ohviers et de citronniers, bordé d'un coté par les v1_llas, de
l'autre par la Méditerranée, qui se découpe en ~1m~bles
golfes dont le plus célebre est le golfe Jouan, ou debarqua Napoléon au retour de l'ile d'Elhe. Une colonne portant cette inscription : J er mars 4.815, se dresse sur le
rivage et perpétue le souvenir de ce déba~quement fabuleu:x. Un aubergiste qui cumule les fonctlons de m~rchand de vin avec les fonctions de cicerone, montr? ~ olivier ou bivouaqua l'Empereur. Supprimez cet ol1V1er,
l'aubergiste est ruiné, car on ne me! pie~ aterre devant
son auberge que pour voir l'arbre h1stor1que.
.
Depuís que lord Brougham adécouvertCanncs, bien des
gens sont accourusde partout pours'yétablir. Labourgade
de pecheil.rs, devenue une ville ou se rencontre_nt tout~s
les aristocratíes de l'Europo, n'a plus de terrams a ce.
der; l'omnibus est complet, et c'~st alor~ ~ue les ta:d··
venus, dont je parlais dans l'article. ~recedent' resolurent de fonder une coloníe tout a cote de Can~es~ dans
une situation superbe, dans ce golfe ~ouan qm depend
de la commune de Vallauris. La prem1er~ 4111 _se_ lan~a
fut une Parisienne, une femme non moms
, dd1stJnguee
par l'attrait de son esprit que par les graces e sa personne, Mm• Juliette Lamber, l'auteur du Voyag~ autour
d Grand-Pin et des Rlicits d'une paysanne dont l l llustra~ a publié deux frauments.
Elle fit batir ami-cote
tion
o
.
,une
jolie villa et bravement elle s'y installa, certame que11e
serait suivie.
. ,
.
Cette villa Bruyére, admirablement s1tuee, appela,t,
en eflet, d'autres villas. Les voisins accou_rure~t. _on
acheta des terrains autour de Bruyére, et auJourd hm la
villa pousse dans le golfe Jouan comme \'oranger
~e
citronnier. Plusieurs sont déja baties, d'autres vont 1_ etre : la villa du Grand- Pin, a M. Edmond Adam,_an~1en
conseiller d'État, secrétaire général du Compto1r d es~
compte Terrapia' a. M. Séchan' la Bigarade' a
M. Édo~ard Charton ; Belvéde,- a. Mm• Jean Re~?a~d ;
Brimborion, dont je ne nommerai pas _l~ propr1etaire,
quoiqu'il soit le plus intime de mes amis;_ les Glayeuls~
a M. le docteur Clavel, la Villa des peurs, a M. _Ber_nard,
la villa Bellf:t, la villa Hugues, le pavillon ~1ar~1tz, et
bien d'autres. On voit qu'a la nouvelle colome rien n~
manque, pas méme le médecin. _Le~ honnétes, gens qw
fonderent Rome n'étaient pas s1 bien partages, quand
ils jeterent les bases de la vi lle éternelle.
Ce n'est pas tout (car d'ici a peu d'années, le golfe
Jouan sera ·encore plus peuplé que Cannes), une com. a' la tete de laquelle
est le comte, de dFersen,
¡Jagme,
.
batit de son coté vers Ant1bes, et parle m?me . e construire des hótels et un casino. Les Juana1s pretendent
que leur climat est préférable celui de C~nnes. Je ne
me prononcerai pas dans unes, grave quesl10?· Le golfo
Jouan étant séparé par uue dem!-liCJie a, pemc ~e la
ville de Cannes,je croís que Je chmat de I un est, a peu
de chose pres' le clímat de l'autre. Au g~lfe Jouan,
comme a Cannes, les plantes tropicales pr~sperent, et 1,e
dattier frileux Jui-meme, poussant en pleme terre, demontre suffisamment aux valétudinaires qu'ils ne tro~veront nulle part ailleurs un ciel plus doux, une temperature plus clémente. La vue des eaux bleues de ce
grand golfe, si capricieusement dessiné! est un~ ~erpétuelle invitation a se baigner. La na1ade med1terra~

et,

.ª

�t20

' L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

?.-

~- ArU R !._. // !: ,~-~
.

-

-

/

ANTIBE~.
!LE SAINTE MAllGUEl\lTE•

. néennc vous allire, couchéc sur un délicieux fond
de sable fin.
Le golfc est dominé par
le joli village de Vallauris
(la va.llée d'or), et ses v,illas, chaque année plus
nombre uses, ses jardins,
ses bo3quets d'orangers,
!'admirable panorama qui
se • déroule aux regards
du haut des riches collines,
en font pour l'artiste un
site plein de charmes. Au&lt;lessous des terrasses qui
supportent les maisons de
campagne et les massifs de
verdure, ou voit s'éotendre
la nappe arrondie du golfe Jouan, la pointe allongée de la Garoupe, les cotes de la Ligurie italienne
et les grandes Alpes du
Tende. A la beauté de ces
paysages vient se joindre,
pour cette jolie petite ville
de Vallauris, •me température des plus favorables.
Comme le golfe Jouan,
comme Cannes, Vallauris

est abritée conlre le mistral par le rempart de l'Estérel.
Du reste, tout ce coin de
terre cst vraiment enchanteur. Tout y vieot,
tout y na lt, tout y prospe1 e, - les plantes et lea
hommes. - Je me rappelle la vive impression
que j'éprouvai, la premiere fois qu'arrivant de
París au golfe Jouan, ~o
plein biver, je vis toole
celte campagne en ft\te,
étalant ses ileurs, ses feuillages, et jetant le parfpm
de ses orangers qui se m~
lait a la fortifiante odcur
de l'algue marine. Sur le
hord de ce rivage, le speetacle éclate comme une
picce d'artifice. Les iles de
Lérins s'étcndent vers 11'
droile, montrant a travcn
les arbrcs les bl:mcs rcmparts du fort de Saiote-:Marguerile. De l'autre
coté, Anti bes et ses phares semés sur la greve.

=

Les Alpes-Maritimes profilent en
aretes aigues leurs clmes neigeuses sous un ciel aux tons
d'ocre; Nice apparail, ·couchée
au fond de son golfe, et le mont
Alban se dessine vigoureusement dans le fond, au dela
du sillon jaunatre que trace le
Var, au milieu des ondes bienes
de la Méditerranée.
Nous ne terminerons pas au
golfe Jouan · notre promenade
a travers le Jardiu du Midi; si
le lecteur veut bien nous suivre, nous le conduirons ju8qu'il
Nice, qui se met en frais d'unc
nou velle toilette et qui sera
certainement l:i. ville, si non la
plus favorablement situéc, du
moins la plus brillante du Jittoral.
Nice fran~aise veut une parure fran~-aise, et les brillanls
hótels qui s'élcvent sur la promcnade des Anglais nous font
bien augurer des embellisscmentR qu'elle annonce et qui fe.
ront de cette ville une station
incomparabl~.
PUITS ET!JARRES,

EDYOND TEXIER,

- ·--~.-. . :

-=-=g~~~-----==-

- --· ~
- - ---..:--

LES ALPES MARITIMES.
LE CAP D'ANTIBES, VU DE LA VILLA BRUYlll\K.

·-,
.,,,

-

.

""··- ,
... , ....

:1

•

....:ii;:::

f,.

OLIVIl!RS OU NAPOLRON 1" S'EST REPOSÉ, 1,E I" bl.!.RS 1815.

�i 22

L'ILLUSTRATION , JO URNA L UN IVERSEL.

©llfflll@fi.'l:IO®íl/J1% li)l]íl/JIO@&amp;l!.IE.

Jamais, je crois, la musique, a París, n'avait pris de
tellea vacances. Le ThMtre-Lyrique est fermé: c'est son
habitude en cet.te saison, et il n'y a ríen a dirc. L'OpéraComique est fermé .... Quand rouvrira-t-il? Probablementau mois de seplembre. Deux moisenliers de silen ce
e~ peut-étre plus. C'est beaucoup. Mais il y avait la,'
d1t-on, une question de salut public. La solidité de l'édifice avait paru douteu.qe. On a jugé de grosses réparaLions nécessaires, et l'on y procede avec la sage lenteur
recommandée par Boileau. Ce n'est ¡,as moi qui songe
a m'en plaindre. La salle Favart, iucendiée en 1838, ne
date, en réalité que de t840, et déjdson gros reuyre inspire !les inquiétudes ! 11 faut bien croire qu'on l'avait reconstruite avec trop de précipitation.
Done, la seule musique qu'on entende maintenant, a
l'Opéra-Comique, est celle des coups de marteau. Aux
Bouffes parisiens, c'est pis encore : on n'y entend qu~
des discussions d'actionnaires. M. Varney, le successeur
de M. Otfenbach, n'ayant pas eu autant de soeces qu'il
avait déployé de zele, a donné. sa démission, et borne
désormais son ambition a reprendre le Mton de chef
d'orchestre. A qui la direction est-elle destinée? La rendra-t-on a M. Otfenbach? La donnera-t-on a M. Mestépes, que recommande le plus grand soeces des Bouffes
parisiens, la tres-origindle farce des Deux aveugles? S'1dressera-t.-on a quelque autre, littérateur, musicien, ou
siqiplement bomme d'affaircs et administrateur? Persévérera-t-on dans le gen re adopté daos !'origine et cultivé jusqu'a présent, qui est la charge musicale? ou cbercbera-t-on a « varier agréablement » le répertoire, en
mélant aux farces des ouvrages moins exceutriques, et
aux pieces a femmes de petits opéras-&lt;:omiques vertucux?
Ou bien, mettra-t-on résolument la musique a la porte,
comme trop dépensiere, et remplacera-t-on l'harmonie
par un dialogue vif et animé? Telles sont les questions
qui s'agitent en ce moment au passage Choiseul, et nul
ne sait en que! sens elles seront résolues. Et l'on profite,
en attcndant, de la liberté décrétée des tbéatres, qui est
!e droit, pour chacun, de faire ou de ne pas faire, de
JOuer ou de ne pas jouer, selon son intéret ou son caprice, a ses risques et péril~, sauf le respect tlu, en tout
état de cause, aux engagements contractés.
Un bruit assez étrange est ,enujusqu'amoi.

L'administration du Théatre-ltalien se proposcrait, dit-on,
de joindre le ballet a l'opéra, - le ballet italien, apparemment. On représente, en llalie, sur tous les grands
théatres, de tort beaux ballets, con~us dans un tout
autre systeme que les nótres. 11 ne serait pas saos inté
ret pour nous de connaitre la danse italienne, comme
nous connaissons déja le chaut italien. 11 reste a savoir
si, en augmentant ainsi ses frais, l'administration augmenterait sens1blement ses rccettes. QuestJon grave,
dont elle est seule juge.
Quant a ce projet d'un théalre italien exclusivement
boutfe, dont j'ai parlé précédemment, parce qu'on en
parlait, il parait abandonné pour le moment, et le local
dont il était question deviendrait, selon les bruits qui
courent aujourd'hui, une vaste salle de concert, oú seraient exécutés, l'hiver prochain, les chefs-d'reuvre de la
sympbonie classique, sous la direction de M. Félicien
David. Le droit d'entrée y serait d'un franc par per•
sonne. 11 y a la de quoi inspirer a M. Pasdeloup bien des
réllexions. Mais qui sait si les concerts populaires de
M. Félicien David n'iront pas rejoindre l'opéra-bouffe de
M. Caimi, et si l'on ne continuera pas a vendre, rue
Ricber, comme par le passé, des lits en fer, des matelas
et des CQuvertures?
La Porte Saint-Martín a reuoncé a la musiquc, et protite de la liberté des théatrcs pour jouer la Tour de
Nesle. On revient toujours a sea premicrs amours. Mais
la Porte Saint-Martín pafait d'humeur un peu volage :
avec elle, il ne faut jurer de rien. L'Athénée musical a
plus de persévérance, et nous annouce, pour le mois de
septembre, l'ouverture d'un nouveau théatre lyrique.
Les engagements sont faits. Les premieres partitions
sont écrites. C'est M. Frédéric Barbier qui doit ouvrir la
marche ... Que d'etforts ont été déja tentés, a diverses
époques, pour aeclimater la musique au faubourg SaintGermain ! Toutes les tentatives, jusqu'a present, ont
échoué. Espérons que celle-ci sera plus heureuse.

L'Opéra, qui est le plus impérial de tous les théatres
impériaux, tient tete bravement a la canicule : noblesse
oblige. Bien lui en prend. Lorsqu'il n'y a plus persoone
a Paris1 Paris est plein de provinciaux, qui peut-étre ne
savent pas encore par creur les Huauenots et Robcrt-leDiable. La province cst si arriérée ! L'Opéra n'a done
qu'a ouvrir ses portes trois fois par semaine : un torrent de dilettanti accourus de tous les points de rhorizon s'y eogouffre aussitót, envahit le parterre et l'amphithéatre, bondit jusqu'aux troisiemes loges - spectateurs précieux, qui, u'étant bla és sur ríen, admirent
avec candeur et applaudissent avec transport. Jugez de
leur éhahissemeut, quand rüpéra déploie a leurs yeux
les pompes gréco-hongroises de Ncméo.! Et pourtant
l'Opéra ne s'endort pas sur ce lit de roses. Au moment
méme oú j'écris ces lignes, on y répete Roland á Roncevaux avee un courage digne de ce glorieux paladio.
Roland n'attendra pas la fin du présent mois d'aout
pour livrer sa derniere bataille et s' ensevelir daus celle
défaite supreme qui, la poésie aidant, est devenue son
plus beau triomphe.
Voila toutes mes nouvelles.,Et je n'aurai plus ríen a
dire quand j'aurai signalé a l'aimable légion des p1a-nisfes la derniere publication de Mm• la baronne du
Verger.
J'ai loué comme il convenait, - il y a déja quelques
annóes, - les Étudcs mélodiques de cette adorable lirtuose qui ful jadis M110 Virginie More), et a qui la Cortune n'a óté ni son talent, ni sa passion pour l'art.
Mm• du Verger vient d'ajouter une nouvelle piece asa
collection, une nouvelle fleur a son bouqnet.
C'est une « valse brillante » intitulée Virginia, que
l'éditeur Richault s'est chargé de mettre a la disposition
des dilettanti. Valse brillante eet le mot propre. ll faut,
pour en tirer parti, pour lui conserver son caractere;
des doigts fort déliés, une main tout a la fois agile et vi ..
goureuse, l'intelligencc et le sentiment des plus fines
nuances, de la chaleur, de la verve, et en méme temps
une extreme délicatesse. 11 y a la de charmames mélo dies, des harmonies d'une distinction rare, une rentrée
amenée par une série de modulations du plus grand
etiet... Mais quelle idée peot donner la parole écrite de
toutes ces finesses, de to utes ces hardiesses de l'art? JI
n'y a qu'un moyen de connaitre ce morceau ravissant,
c'est de l'entendre, etje vous souhaite, ó lecteur! de
l'entendre exé~ater sur un bon instrument, par l'artiste
elle-meme qui l'a composé, et qui brille également consilio manuque, comme Fig-aro.
La ville de Dijon, qui a donné le jour a Rameau, et
qui en est fiere, a décoré une d°e ses principales roes du
nom de ce grand com¡:;ositeur. C'est ainsi qu'il y a maintenant a Rouen le cours Boieldieu. Mais on voít aussi
a Rouen la statu.e de Boieldieu. Dij¡in tient a ne pas
ctre distancée, et l'on s'y occupe de la stat.ue de Rameau.
Une souscription est ouverte a cet effet, en tete de laquelle se sont inscriL~ déja la plupart des musiciens favoris de la fortune, - Meyerbeer, peu de temps avant
sa mort, - Rossini, Auber, G. Kastner, etc. Tous les
autres suivront sans doute cet exemple, chacun selon
ses moyens, et les amateurs feront comme les artisles
aussitot qu'une suffisante publicité sera donnée a cette
oouvre pie. Rameau - Rameau, notre Orphée, comme
disait Voltaire - est le seul compositeur frangais qui
ait eu de grands et durables soeces a l'Opéra avant
M. Auber et Fr. Halévy. Rameau, qui était en outre un
tres-haLile organiste, a laissé quantité de pieces de
cla,·ecin, qui sont autant dechefs-d'reuvre. Rameau est,
de plus, le premier tbéoricien qui ait essayé, soit en
France, soit ailleurs, de porter la lumiere dans les obscurités de l'harmonie, d'y substitucr le raisonnement a
l'empirisme et d'en faire une science. Quand on ne fui
devrait pas tant de belles oouvres, aujourd'hui presque
inconnues (et c'est pour nous, en vérité, une honte),
la découverte de la basse fondame11tale snffira1t pour
rendre son nom immortel. Réparons done nos torts, il
en est temps.
On souscrit, a Pari~, chez M. Ch. Poisot, ruede la Rochefüucauld, ti; chez MM. Retté et Comp., rue Richelieu,
i 03; et iJ. Dijon, chez M. Bry-Darcy, trésorier général de
l're!1vre, rue Chahot-Cbarny, 26. - Le conseil général
de la Cóte-d'Or a déja voté une somme de i,000 fr. pour
ce monument, qui sera l'honneur du département comme
de la ville.
G. litQUET.

U3

L'ILLUSTRATlON, JOURNAL UNIVERSEL.

- U n'importe. Qui ne se reconnait dans lUl nom fa- ~on, non, je vous assure. Je vois la un arbre qui
~ p p e l a n t aucun nom, il finit
briqué? Décidément, Monsieur, vous le voyez ... Veuillez
me parait merveilleusement achevé. Ces deux fleurs sur• uveoll'S•
.
re.cevoir tous mes regreiq, mais je ne puis accepter votre
·0ar me demander le mien.
. .
tout... Comment appelez-vous cela 'I Un plaiane?
MCEURS ET TYPES D'AUIOURD'KUI.
P
·t alors soulever une tap1sserie.
1
- Mille pardons! C'est un arbre du Mexique : un ca- reuvre.
~~:t inutile, lui dis-je; M. de Ferrand ne me con- Je le vois, en effet, Monsieur, dis-je en me levant;
LE DlllECTEt:R DE TllÉ..l.TllE. FRAGME.'iT.
talpa des savanes.
et ces bonnes raisons ...
- Cbarmant. Vous avez vu le Mexique?
oait pas-. -erie demi-levée, retomba subitement.
. . . . . . . . .
- Croyei, Monsieur, a mon sincere déplaisir .
- Oui, Monsieur; et c'est précisément.. ..
l,:l u;~m se'ras5it. Seulement il prit le siége le plus
JI était onze heures du malin, je sonnai a ~e- •
- JI y a surtout ces trois actes, n'est-ce pas?
.
- Beau pays. Je suis sur que vous de vez le regretter.
Le g d la porte afin saos donte de parer a tout
porte basse. Un groom vint m'ouvrir.
- Oh! oui, ces trois acles... C'est la un obstacle mChétive nation, mais nature magnifique. Terre peu
procbe e
'
- Monsieur de Ferrand? demandai-je.
surmontable.
événement.
•
· ·¡ M d connue....
Le ~room, ayant aper~u un manuscrit sous moa ~
-Si "M. de Ferrand ne.vous conna1t pas, d1t-1, . e
- Peut-etre auriez-vous la bonté de me dire, Monsiel\1',
- C.'est pour cette raison, Monsieur, que je me sois
me to1sa avec le plus profond dédain.
si les trois actes que vous avez représentés, il y a deux
and ne vous recevra pas.
- Que lui voulez-vous? me dit-il.
Monsieur, dis-je, a bout d~ p~tien~e, et me ~our- permis de vous présenter ....
mois, ne sont pas de M. Lefort, dont vous parliez tout a
- Vous devriez uliliser votre passé. Bien peu de Francoté du Recrétaire, est-11 bien reellement necesSon regard me prouvait qu'il savait aussi bien
naot du
·
h f d l d' . . de ~ais voyagent. Une spécialité, voyez-vous, c'est le salut. l'heure~
moi l'objet de ma visite.
- Certainement, Monsieur, et je les reprendrai cet
~aire d'etre ministre d'Etat ou c e b' e ; iv1s1on s
Combien de temps etes-vous demeuré au Mexique?
biver.
Le public de M. Lefort, ce n'est ni vous ni moi,
- Mon am_i, l~i .~ép_on_dis-je, je vous demande llllt tbéatres pour etre adruis dans ce ca met
- Pres de dix ans.
J&gt;ardons; ma1s s1 e eta1t a vous que j'eusse affaire
_ )loosieur...
- Mais c'est superbe ! Mais vous devez avoir vu et en- Monsieur, c'est le monde.
n'aurais pas demandé M. de Ferraod. Permet~
-Aoquel cas, ces deiu places ne se trouvant pas va- Monsieur, j'ai bien l'honneur de vous saluer.
. me verrai obli"é de renoncer a cet honneur. tendu tant de choses ... Vous pourriez rouler sur l'or.
done de ne pas vous confier ce que je désire lui e~
- Monsieur, je sms)e vótre.
caoies, Je
º
, .
L'Amérique c'est la qu'est !'avenir. Des forets vierges,
quera lui-meme.
ll reprit le Constitutionnel, et je quittai la chambre a
_ Vovons, Baptiste, fit le secreta1re...
.
'
Ah'
oom et le commis causerent longuemcnt a VOII des savanes, des placers, voire meme des sauvages. •. • coucher.
Le groom ouvrit une bouche d'un quart de lieue, 11
Le ~e temps a autre ils jetaient sur moi de5 regards .Monsieur, je voudrais etre a votre place.
De retour chez moi, je ne pus résister a la folle
regarda encore quelques instants, comme ébahi, Plllí.
- Moi a la vótre, Monsieur..., car j'acceplerais imméb~·
refermant ses levres, il grommela quelques syllabes. 11, e!Iarés, se demandan~ pe~t-c~r~ s1··Je n•·et~1s
pas I' un d.es
idée d'envoyer au directeur un billet ainsi con~u :
diatement le drame que j'ai composé précisément sur un
résultat fut qu'il me conduis1t dans une sorte d'aall ambassadeurs japonais, degu1se et blanch1 pour la c1rsujet qui parait.....
.
chambre oú, pres d'un grand bureau, était assis un~ constance.
.
. .
11 Monsieur,
- Monsieur, quand on dessine avec cette perfect1on,
1
sieur qui fumait. (t)
Enfin, Baptiste souleva une seconde fo1s a tap1sser1e
et
qu'on
revient
d'Amérique,
on
a
des
trésors
sous
sa
- Monsieur... lui dis-je.
«Je crains que M. Lefort ne se pende, et que vous
et disparut.
, , , main. Je suis sur que vous avez du rapporter mille esApres une grande demi-beure d'attente, sa tete bebetee
ne pleuriez un peu. 11 y avait dans ma piece un ballet
Comme le groom ne se retirait pas, je le regardai.
.
. de femmes sans maillot, ornées de vers luisants sur la tete.
11 par~t plus inquiet et plus ébahi que jamais; Poi, se fit jour daos un entreb~illement, et sa bouche parla. q uisses ra vissantes.
- Pas une, Monsieur. Je vo1.1s répele que Je ne sms
«- J'emporte dans l'exil le secret de cette danse
ayant fa1t quelques pas vers la porte, tomb1 tout de•
_ Si Monsieur veut vemr...
. point artiste. Je dessine pour mon plaisir. J'ai l'honneur
La demande était loin d'etre indiscrete, et pouva1t
long dans un fauteuil.
de vous faire remarquer que vous tenez en ce moment un étrange. »
« G1mn-noY. 1&gt; •
- Peut-etre, me dis-je,c'est ici lacoutumc que les W plutiit passer pour inutile. Je m~ levai e_t le suivis.
Et je signai :
Apres avoir franchi deux coulo1rs paría1tement obscurs, drame de moi ...
mestiques prennent part aux cooversations de leur maltre,
- De vous? C'est possible. Oui. J'ai vu. Eh hien ! réCette plaisanterie ne pla~ait pas mon d.l'ame. Je ne
rt tels que devait etre le lit de l'Achéron, fleuve des en:
J'étais assez ignorant des usages du théatre, je ne m'•
llexions faites, vous devriez sui vre mon conseil. Les arts.. - veux pas pousser plus loin le récit de mes pérégrinations.
tonnai pas trop.
rers, je me trouvai en fin dan~ une sort_e ?e chambre a - Encore une fois, Monsieur, il nes'agit pas des arts,
Depuis, les faiseurs se sont emparés de l'Amérique et
ci,ucber grossierement meublee, enlummee de tableaux
- Monsieur le directeur? ... dis-je en m'asseyanl
mais des lettres. Veuillez me dire si je dois laisser ce
crou.~tillants, et parée de damas rouge, j1J.Squ'a en é~la_ont exploité la veine.
-. Monsi~ur, fit !'homme en m'envoyant une
On appelle faiseurs certains bommes tenant l'emploi de
ter. A gauche était un lit sans rideaux; un homme eta1t manuscrit entre vos mains.
au v1sage, Je ne suis pas le directeur.
- Certainement. Ah! non; tenez, c;est inutile. Tout pourvoyeurs d'un théatre, place un peu plus lucrative,
. Je me tourna! de nouveau vers le groom. Le ~ dani; ce lit, qui dit au groom : laissez-nous.
a lait inutile, en \érité.
mais, d'ailleurs, aussi solide que les positions de baimperturbable ccoutait.
•
Le groom sortit.
,
.
. .
- Cependant, Monsieur, vous n'avcz pas encore lu... layeur ou d'ouvreuse. Nulle scene aujourd'hui sans un
J'étai3
devant
le
directeur
du
theatre.
M
1eux
devra1s,
Je
- Je ~uis son secrétaire, reprit l'homme; et, man•
- Cet examen me suffit. C'est trois actes, je crois. de ces bommes, destinés a la fournir de pieces, cornme
dire:ll ses cótés; car je ne voyais de sa face que la moivrant son siége avec une vivacité singulicre, il éllla,:
Est-ce
bien réellement eu trois actes?
le lampiste l'entretient de gaz. Ces gens-la savent tout
ses jambes sur son bureau; et de tou~ sa personne, ~ tié d'uo bonnet tte coton, le quart d'un reil et le sixieme
Bien
réellement, Monsieur. Je n'aurais cu auclJ.D ce qui concerne leur état, voire méme, et dans les granapeine d'une bouche ensevelie dans la barbe. Le tout
ne vis plus qu'une aigrette de cheveux jaunes, crepés
intéret a l'écrire, si ...
des occasions, écrire trois scenes de leur drame. J'en
sur son occiput.
me parut jeune encore.
- Trois actes... Eh bien! Monsieur, qu'est-ce que connais jusqu'a deQX qui possedent une plume, et pour
Les directions de tbéatre, en temps de privilége, ne
Je me levai.
qui l'encre ou le papier ne sont point des matieres tout
sont, comme vous pourriez le croire, ni les récompenses vous voulez que je fasse de trois actes?
- Mon Dieu, monsieur, repris-je, je suis désolé •
- Mais... que vous en preniez connaissance; puis,
du mériw ni les canonicats des écrivains de talent. L'ina fait inconnues.
VQUS avoir causé quelque dérangement, mais...
s'ils vous plaisent, que vous les représetitiez. .
.
'
.
Comme peu de gens se résolvent a cette pénible extrémi- Vous ne me dérangez pas du tout, dit-il saos• ' capacité notoire d'écrire une ligne en bon fran~a1s J,a- Trois actes a mon théatre: c'est de toute 1mposs1- té, d'écrire saos signer, ou de signer saos écrire toutes les
raissait autrefois un titre exigible. On prétenll que les
regarder, je ne faisais rien.
bilité. Qu'est-ce que c'est?Y a-t-il des décors la-dedans? platitudes exigées par autrui, les faiseurs sont tres-rares.
chefs-d'reuvre n'ont pas'demeilleurs juges que les igno- Cependant. ..
- De tres-beaux. Leur originalité ne saurait meme JI faut, d'ailleurs, je ne le conteste pas, un talent parti- Diles votre affaire.
rants. Peut-étre a-t-on raison.
étre contestée ... par vous du moins, Monsieur, qui venez culier pour exercer ce genre d'industrie. Littérairement
Tous les iournaux du matin étaient étalés sur le lit.
Cette fois, il me regarda.
de me dire que le Mexique, pays peu connu, était une parlant, l'Opéra-Comique e~t un genre batard; tout le
M. de Ferrand lisait le Constitutionnel. JI me fit signe de
- Nous sommes la pour ~a, n'est-ce pas? Dites votn
source destinée a longtemps alimenter la curiosité fran- monde cependant ne saurait composer un livret. 11 en est
affaire.
m'a.•seoir.
de meme des mélodrames en vogue. Je respecte done infi- Le temps, dit-il, d'achever un fait divers qui m'in- caise.
- Monsieur, répliquai-je, je vous demande m11lepu• - Certainemerít, Monsieur, mais ... Est-ce que !'aven- nimeut la puissance d'extension des faiseurs. Ce sont de
dons; mais, si c'était a vous que j'eusse affaire, je n'aotéresse.
ces bailes de caoutchouc qui rebondissent a toute pres11 est certain que le fait divers l'intéressait.11 parais- ture se passe au Mexique ?
rais pas demandé M. le directeur. Permettez..moi done
- Le titre a du vous l'indiquer.
sion,
et s'allongent indéfiniment selon les exigences, les
sait
en
cootempler
béatement
le
caractere
minuscule,
se
de ne pas vous confier ce que je désire lui expliquer i
- En vérité? Je n'en doute pas; mais le Mexique est désirs et les c1prices. Hommes précieux pour les théamirer dans chaqu(' pbrase, étudier le contour de chaque
lui-mcme.
lettre, comme si elle eut renfermé quelque précieuse dé- vieilh ... 11 s'use au théatre ... Tenez; je vois la un ran- tres, ils ne les ont pas absorbés, ils se sont laissé ab- Mais, monsieur, reprit l'homme trcs-surpris, croyeacho daos une foret; qui est-ce qui n'a pas vu sur la scene sorber par eux; le public, oublieuJ¡ du passé, est dope
couverte. Peut-etre y reconnaissait-il le style du drame
vous qu'un directeur de tbéatre soit ainsi au service de
un rancho dans une forét?
de leurs grands mots, volés a de grands hommes; il
de la veille. Un instant je crus qu'il s'endormait.
quiconque vient le demander'I
Ni
vous,
ni
moi,
je
pense.
.
leur fait meme une renommée sur la vue d'un ballet,
- J'en étais sur, éclata-t-il soudainement. Je vois le
- Oui, Monsieur. Une direction ne me semble pasen_ C'cst petit. Puis ... un rancho... personne .~e sa1t ~ tres-bon pour ceut pieces différentes; quant aux direccoin do papier bors de votre poche. Vous venez m'apportraioer seulement des droits, mais des devoirs. Or, le
que cela ve11t dire. C'est une tangue a ¡,art, qu 11 faudra1t teurs, certains de l'eflet d'un décor, a peine ont-ils lu le
ter un manuscrit.
premier devoir d'un homme qui jouit d'une c.ertaine inensei.,.ner au public. Ah! si Lefort, mon pourvoyeur, se drame qu'ils représentent. lis savent ce qu'il faut en saJ'avouai le fait, et j'ajoutai que je n'y voyais point de
fluence, c'est d'écouter les gens au sujet desquels s'exerce
char:eait de la chose, peut-etre ... Votre intrigue est- voir, qu'il y a danse au troisieme acle, coups de poignard
quoi rougir.
cette influence. Saint Loui5s Yonsieur, rendait la
elle ~u moins tres-nouée, tres-embrouillée 't Mon puiilic au quatrieme, apothéose au dernier; tous les sens sont
- Certainement, dit-il; qu'est-ce que c'est?
justice sous un chéne de Vincennes. Je ne crois pas qu'il
est fou des tissus inextricables. Y a+il des coups de récréés, l'oreille par la musique, les yeux par les tableaux,
Je loi présentai le drame. JI en considéra attentivesoit déshonorarit de recevoir; daos ce cas, votre emplei
poignard? Saos doute ... Mais c'eRt de l'imagination. Mon les désirs physiques par les nudités; et, quant a l'intelment la couverture blanche, puis le retourna vivement
serait done peu honorable?
. .
ligence, ces mes5ieurs n'ignorent pas comment se comsur l'autre face, comme s'il eut craiot d'y découvrir public préíere les s_cene_s historiq~es. ,
Cet argument parut toucber l'honnete commis.
_ Le sujet est h1stor1que,Mous1eur. Cest une h1sto1re pose un peuple. Trois cerveaux sur quatre-vingts tetes;
quelque insecte, ou qu'il eut voulu s'assurer de sa par11 se radoucit.
la majorité est pour eux.
íaite propreté. A part moi, je remercir.i le ciel d'avoir réelle, que ...
- Monsieur, dit-il, un directeur n'a pas de temps l
_ Une liistoire réelle, Monsieur? Un fait qui a vrailci, comme en librairie, je ne sais trop ce qu'il faut
recouvert ma prose d'un papier neuf. Peut•elre était-ce
perdre, et...
ment
eu
lieu?
blamer.
~ous suivons une pente qui mene a un abime;
la le cntérium ou les d1recteurs cherchent le talent.
-Aussi, Monsieur, n'ai-je pas l'intention de profaner
- J'ai élé témoin d'une partie de ce drame, et. ..
toul
le
monde
en convient. Mais a quoi bon dire : rel.e jugement n'~tait cependant pas défi~itíf. Apres ce
celui de M. le directeur, en lui contant des bali,ernes.
Le directeur roula précipitamment le roanuscrit.
montez?
Dit-on
au malheureux qui se noie : nagcz? 11
premier
examen,
M.
de
Ferrand
ouvrit
le
cabier.
11
lutle
Je viens l'entretenir de son tbéatre, et c'est un sujel
_ Comment, Monsieur? Et vous m·apportez la rela- pourrait vous répondre : Je ne puis, ou je ne sais.
titre,
regarda
soigneosement
si
la
page
10
se
trouvait
a
la
auquel, je crois, il doit tout son temps.
tion d'une aventure véritablc? Voulez-vous done perdre
Quant a se jetcr au secours du noyé, c'est risquer de
suite immédiate de la page 9 ; p11is, rassuré sur ce point,
- Baptiste, dit le secrétaire, demandez a M. de Fermon théatre, m'occasionner des µroces, donner prise
se
perdre soi-meme. Qui le veut? Qui l'ose?
il
examina
la
courbe
des
figures,
quej'avais
capricieuserantl s'il est visible. Dites-lui que Monsieur insiste, que
la calomnie, au scandale? Grand Dieu I je sois sur que
Et
voila comment les théatres sont anx faiseurs, les
ment
ajou(ées
au
dernier
mot
du
drame.
c'c:.l une affaire personnelle.
votre
Romero
existe
encore.
faiseurs
sont aux t,béatres, l'humanité a la sottise et notre
11 parut alors enseveli dans un difficile probleme de
Le groom s'inciina profondément devant moi en pa&amp;Le
drame
exige
sa
murt.
patrie au progres.
géométrie, d'ou il sortit au bout de quelques minutes, en
~aul. Xul tluute qu'il ne me crut un myetérieux potentat
- Si ce n'est lui, quelqu'un des siens.
. . .
. . . . .
lllediaant:
de la littérature. L'audace est rare chez un débutanl ll
- Croyez, Monsieur, que les noms sont supposéi;
- Vous savez des.iner?
me considéra longtemps, comme s'il eut interrogé ses
que le fail seu\...
- Oh I fis--je, comme toul le monde.

fe:

booltl

.ª

.

(1 ¡ La ..ceue Ue&gt;t pas.e pu au tbeitre, m&amp;isebez le directeur.

.

.

..

�U4

V ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVEtlSEL.

125

L' 1LLUSTRATI0N, ,lOURN AL UNIVERSEL.
..............

=~"""='------=-~:::,-: ---

---=--: ~.

.

.
~~- .,-;

-¡ .

CHATEA.U DU MESNIL-GUILLAUAIE,

CATHÉDRALB DE BAYBUX,

ABBA.YE AUX DAMES, A CAEN.

CHEI\BOURG.

NOTllE-OAil!E OB SAINT-LO.
1

rinage pour les marins, k
vuo s'étend sur la rade i
llavre, sur l'embouchurei
la. ~cine et sur la cote i
Calvados, inconnue hier,i
aussi connue aujourd1i
que l'est l'asphalte du boalt
vard des Italiens. Villerole,
eher aux artistes; Trotni
surtout, ville de plaisir,toa
neuve, pimpante et lt
quette, qu'atfectionne •
monde élégant et meme eitravagant, oú la vie est DI
fete et le costume une malt
rade; Villers, Houlgate, Jlet
zeval et Cabourg, qui a!fÍ'
rent au meme role, s't
chelonnent jusqu'a la rimll
d'Orne, le long de la plaf

EXCURSIONS

COTES DE NORMANDIE
ET DE BRETAGNE,

Deuxiéme article.

Honfleur, vieille ville de
peéhcurs, qui devient Je
port de la hasse Normandie,
graee au chemin de fer, est
hientót vu. Son église
Saint-Léonard oflre une jolie
fa~adc du quinzieme sicclc,
mais c'esl la cóte de Grace
&lt;¡ui attire les touristes. A
l'ombre des belles futaiesqui
la dominent et qui entourcnt sa chapelle, lieu de pele-

EGUSE SAINT-GEllMAIN, A ARGtNTAN.

GRANVILLB.

W.pres les croquis de M. lleruy pére.

CATHIÍDRA LB ffliYREUX.

LE RllNARD l!N CHASSE,

- .- . .... .

. . . = - - ~ _ ; --

---·- - .

�126

L'ILLUSTRATION, JOURN~L UNIVERSEL.

admirable qui s'é!end de Honfleur li Port-en-Bessin. faire des pointes le long de la route. A Lison, c'est celui
Nous retrouverons plus ),,in les autres stations de de Saint-Lo; a Mózidon, c'est celui de Falaise.
CORRESPONDAN CE.
cette cote privilégiée. De Trouville oú de Honfleur, re
Saint-Lo nous entrainerait bien loin, a Coutances, a
cbemin de fer nous mene a Lisieux et a Caen.
Granville... et en Brefagne, suivant le troisieme itinéraire
Saint-Sébastien, 15 IOit.
Caen, c'est la ville académique et marchande, grave dont nous ne nous occupons point aujourd'hui.
au milieu de ses vieille&amp; maisons et au pied de ses vieilImpossibl~ de ~ien_ vou~ écrire d'ici aujourd'hJJi.
A Falaise, ou Guillaume le Conquérant estné, il existe
les églises, qui datent de la conquete d'Angleterre.
aube~ge,
m cafe, m pap1er; l'eucre est inconn11e.
les ruines importantes du chatean des ducs de NormanL'église Saint-Étienne, aussi appelée l'Abbaye aux die. On montre, dans le donjon, le réduit qui aurait été voula,s coucher ici, c'est impossible; le cbemiu de rer.
Hommes, et l'église de la Trinité ou l'Abbaye aux Dames, témoin des amours d'Arlette et de Robert. Les arcbéolo - va, a M~drid que pour c_ette seule fois, comme
09
sont les spécimens les plus considérables de l'architec- gues prétendent q11e ce donjon n'était point encore batí aI Amb1gu, et la nouvelle hgne ne fonctionneraqu'a ~
ture normande du onzieme siecle. L'église Saint-Pierre de ce temps-la. N'ímporte, les ruines sont grandioses et d~ 20. ~pres le banquet, qui se passc en effigie et
baigne dans un cours d'eau son chevet délicatement dominent un site des plus pittoresques.
nen fimt pas, le train de Madrid nous enleve.
ti
sculpté a la renaissance, et marque le centre de la ville
Sa.chez seulement, pour aujourd'bui, que S.M.~
Sur la route, l'église de Saint-Pierre ..sur-Dives est
. avec son élégante fleche en pierre. En face, s'éleve un célebre dans les annales normandes, qui ont conservé líqu,e ~ été haranguée par M. Isaac Pcreire, que le~
élégant logis de la renaissance, alfecté aujourd'bui a un le récit de sa construction, faite, au milieu des prieres et a bem la fete au son d'une musiquP. qui jouait les.r..,
service public. Enfin le musée, l'un des plus importants des chants, par des corvées de pelerins, qui y appor- ciers. J'ai vu la des massiers dignes d'escorter Brid'~
de la proivnce, mérite mieux qu'une visite distraite.
taient en procession, la pierre, le bois, le sable et la des corrégidors en uniforme de colonel, en un ~
Au lieu de reprendre le chemin de fer et de gagner chaux, et les vivres nécessaires a une si grande réunion féte du 15 aout dans un village.
Bayeux directement, montons en voiture, et faisons un d'bommes.
O~ remarque avec surprise, au milieu des band~
crochet en visitant les autres stations de bains qui se
~e
tou~es couleurs qui fiottent a la brise marine et.._
Plus loin est Argentan, ville ouverte et paisible ausuccedent sur la cote, a l'abri des rochers dn Calvados. jourd'hui, ville batailleuse et fartifiée jadis, lorsque les t'.llent Joy,eu~e_ment sur le bleu plafond du ciel, )'e~
C'estd'abord Lion, puis Luc, Langrune, Saint-Aubin, Ber- ducs de Normandie et les rois de France, les Anglais et s1on systemattque du drapean franfais. - La sal)~
nieres et Courseulles. Toutes n'ont pas la meme impor- les· Fran~ais, les catholiques et les huguenots, les fron- banquet est un immense fer a cheval, dont la _..
tance, et ce sont pour la plupart les refuges des gens pai- deurs et les royalistes se la disputaient. Elle possede en- royal e fait le fond; derriere Sa Majesté, on joue, peodaii
sibles qui_cherchent Join de Paris autre cbose que París. core son chatean du,quinzieme siecle, quelques tours et tout le temps du repas, l'air des Lampions sur un 1A Co11rseulles, petit port de mer auquel le commerce deux belles églises. Urie surtout, celle de Saint-Germain, bour de basque. - Vóici le repas fini, les dames¡
des buitres donne une certaine importance, vous pouvez est un des rnonuments les plus complets de )'extreme Saint-Sébastien se précipitent sur les reliefs de
11
assister a l'éducation de ces mollusques intéressants. fin du quinzierne siecle; comme ja'clis a Bayeux, de~ friandises, d'apri&gt;s nn usage espagnol que vous ne Slfl
Car il faut q*'une buitre sache vivre pour se présenter domes la couronnent. Retournons sur nos pas.
pas. - Le canon gronde, les eloches sonnent; l'beat
honnetement sur la t_able. Les hultres qu'on apporte a
Lisieux est encore une vieille ville, avec une foule de presse,je me sauve. Je vo11s écrirai ce soir de Vittoria,
Courseulles de la baíe de 'Cancale, ou on les a pecbées, maisons en bois, dont les étages en surplomb étranglent
On remarque, parmi les invités franfais, MM. TM.
sont des rustaudes d'un gout saumátre, et des mal ap- les rues. Une imposante catbédrale les domine, spéci- phile Gautier, Jules Simon, Osear de Vallée, d e ~
príses qui.ne savent garder lcur eau. Savoír garder son men de l'arehitecture normande du douzieme siecle, ar- Desmarets, Bixio, Hetzel, Víctor Lefranc, le duc de Gr¡;
eau, voila l'important et le difficile. A Courseulles, ou on chitecture plutot de constructeurs que d'artistes, car la mont-Caderousse, la duchesse de Persigny, M. Léo)IOli
les parque en ea11 claire, elles se nettoient; puis, expo- statuaire y est rare.
Java!, et heaucoup d'autres personnes que je n'ai pas~
sées sur Jes bords de l'étang, elles s'habituent peu a
Parisiens, découvrez-vous! la vallée que vous traver- temps de vous nommer.
peu a vivre en, dehors de leur élément. Enfin, lors- sez engraisse les breufs colosses que vous admirez chaVotre serviteur,
X. Y. z.
~
qu'elles sont a point, on· les emballe, on les ficelle, et que année avec le méme enthousiasme. Ici, la terre vaut
en route pour París, Lyon, Marseille ou Naples meme, 8,000 francs l'hectare, et ce n'est point pour y batir. Sur
BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE.
suivant le degré de l'éducation qu'on leur a donnée.
cette terre généreuse,les chateaux poussaieht aussi dru que
Mais nou~ ne sqmmes point venu a Courseulles pour l'herbe. Il n'est point de paroisse qui n'ait eu au moins
Le Ch.evalier du silence, par M. Alexandre de Lavergne
bayer aux buitres qui ne baillcnt point.-L'église moderne le ~ien. Avec les cbáteaux normands on ferait l'histoire
de la Délivra:Íde et son important pelerinage, les égliscs de l'architecture d'année en année, depuis que la suC'est un tout petit volume, une simple no'uvelle, ce
anciennes de Langrune et de Bern íeres ont pu nous arreter reté des carnpagnes permit les constructions ouvertes. qu'il y a au monde de moins tapageur, de plus modestt,
un moment sur la route, ou la marquer de leurs clocbers Mais, par un ce~tain respect pour la tradition, que les de plus éloígoé de toute prétention. Pas d'événemenll_
comme avec des jalons gígantesque8. Le chatea u si pit- querelles religieu~es du seizieme siecle et les querelles extraordinaires, pas de passions violentes; pas de catoresque d~·Fontaine-le-Henry, l'antique église de Trun politiques du dix-septiéme justifierent, ces . résidences racteres excentriques. Des hommes de cbair et d'ot
ont pn servir de but d'excursions. La vallée de la Seulle, affecterent toujours une certaine appareuce fortifiée, ou comme nous en avons tous connu, corñme nous en coaavec son antique chatean de Creully, manoir du trei- cbercherent la sécurité derriere les douves de leurs doyons tous les jours. - ~n vieux soldat, devenu géoézieme siecle, et plus loin la cbapelle romane de Saint- fossés. Te! est le cliáteau de Mesnil-Guillaume, voisin de ral, grognon, bourru, impatient de la contradictioa,
Gabriel, nous meneront a Bayeux. II y aurait aussi Arro- Lisieux, dont nous montrons ici l'originale physionomie. prenant les bornes de son intelligence pour ceHesde
man ches a visiter, avec ses hautes falaises, d'ou les flots
Avant d·arriver a Évreux, Conches, si pittoresque- r esprit humain, et convaincn que ses épaulettes le disont détaché deux aiguilles gigantesque3, mesdemoiselles ment groupé sur un coteau, offrira aux curieux les ma- pensent de la politesse; - un jeune officier, bra,e et
de Fontenaille~, qui se tiennent debout au milieu des gnifiques vitraux de sa cbarmante église a la fleche de galant, aimahle étourdi, fidele en tout point aux tradt
blos amoncelés, jusqu'au jour ou, ren versées elles-roemes plomb. Quant a Évreux, il s'étale coquettement au fond tíous de la cavalerie légere, et dont l'amour, quoiqut
et brisées, sans cesse mordués et roulées par la vague, desa vallée calmé et paisible, au milieu des arbres et de sincere, est sujet aux distractions. - Deux jeunes fiUes.
elles se réduiront en ces sahles que la marée traine sur la verdure. La !leche de plomb et les to11rs de sa éatbé- cbarmantes, cela va de soi, mais de complexions, d'ins,
la plage, et en ces bones qu'elle chasse dans les fleuves. drale, l'aiguille de son beffroi relevent le profil de ses tincts, de caracteres diamétralement opposés, une aoBayeux possede une magnifique cathédrale, ou le go- mai~ons, largement étalées parmi les jardins.
tithese vivante ! C'est ce qui prorluit le~ distractions. thique s'est soudé au roman le plus heureusement du
De Bueil, un omnibus vous conduira au chatean d'A- Deux homrnes d'esprit qui sont aussi deux honm!tes
monde. Le dix-septieme siecle meme avait arrondi un net, la résidence favorite de Diane de Poitiers, et l'un gens, et dont l'un, le silencieux, pousse l'abnégation
dome, au-dessu$ de la tour centrale qui datait du quin- des plus élégants vestiges de l'arcqitecture de la renais- jusqu'a l'héroisme. - Ajoutez a cela les beautés de la
zieme siecle, et ce dome s'barmonisait le mieux du sance. Bientot le chemin de fer vous ra~énera a.Mantes, nature décrites simplement, mais avec gráce, le lac da
monde avec les deux fleches aigues de la fagade. Il a de la a Paris.
Bourget, les grandes montagnes couronnées de neige,
fallu repr~ndre en sous-amvre les piliers de support, et
Avouez, en rentrant au logis, que si tout ce que nous un tablean intéressant dans un cadre enchanteur... Ea
le dome, que cette opération devait sauvei;, a tout d'abord vous avons montré était ailleurs qu'en France, on en vérité, c'est plus qu'il n'en faut pour une lecture de
été supprimé. Quand le rebatira-t-on~ A Bayeux aussi, dirait des merveilles et on l'exalterait a l'envi. Mais cela quelque~ heures.
une rareté insigne nous attepd. C'est cette immense est cbez nous et nous appartient, et l'on est bien pres de
G. liÉQUET.
(11 Parts, Hacbeite et e•.
piece de toile, brodée de laine, que l'on appelle impro- le mépriser.
'
prement «la tapisserie de la reine Matbilde. » Une main
.Al.FREO DAl1CEL.
contemporaine y a figuré l'histoire de la conquéte d'Angleterre par Guillaume le Batard.
DE PARIS A CONSTANTINOPLE.
Cherbourg, cette sentinelle qui surveille la cote anLA FUITE DU REijARD.
glaise, montre tout ce que peut accomplir le génie huLa compagnie des chemins de fer de l'Est a organisé,
depuis
quelques années un servi:e a grande vitesse en•
main. Au fond d'une ~ade ouverte, au milieu des roA•Jx gloussements effarés des poules, aux couans
chers, la persévérante volonté de plusieurs regnes a couans désespérés des canards, Gros-Jean est entré daos tre París, Munich, Vienne, les escales du Bas-Dannbe,
crée un port militaire a l'abri de cette digue, refuge de le clos, le báton levé. Tuop tard, hélas ! trop tard ! Le Odessa et Constantinople. Le prix du trajet en t" et
r,n 2• classe vient d'etre considérablement abaissé.
la marine marchande $Urprise par les tempetes sur ces bandit en est au dessert, et le repas a été copieux. GrosOn peut done, a peu de frais et dans un délai de cinlJ
cotes dangereuses. C'est beau et c'est grand.
Jean se précipite sur luí; maitre Renard détale; en moins jours et demi, visiter Stuttgardt, Munich, Salzbourg et
Maintenant que nous sommes parvenu au bout de de rien, il cst au bout du clos : la nature trop bonne a Vienne, descendre le Danube de Bazias a l:l. mer ~oire,
notre course, i1 nous faut revenir sur nos pas, et traver- donné des jambes 'de cerf a ces Attilas de basse-cour. et, apres une courte traversée sur cette mer, arriver i
ser de nouveau ces riehes herbages du Cotentin, et ce Déjale mi~érable est tout pres du mur : un élan, et le Constantinople, une des villes du monde qui sollicitent
fertile pays qui nourrit un peu Paris et Londres, qui ne voila sur le faite : tout tranquillement íl se retouroe, et le plus la cnriosité du .voyageur.
Que de sites, de tab,leaux, de souvenirs, enfermés
pourrait déjeuner saos le beurre et les reufs frais qu'on d'un air narquois regarde Gros-Jean qui court toujours.
dans ces quelques lignes, et qu'il faut savoir gré aux
qu'on lui expédie d'Isigny.
Pas le moindre remords
cheruins de fer de nous permettre de les admirer et de
Quelques petits embrancbements nous sollicitent a
x. FEYRNET.
les évoquer, en combinant la rapidité et le bas prix !

¡

-On

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

l1·t daos l'Jndépendance beige :

• d N'
scription de la Compagme
e ice s' annonce
.
_
1 s meilleurs ausp1ces.
sous e apitaux aoglo-fran~ais se réunissent dans une
« Les \rdiale pour l'amélioration et la prospéfilé du
e~ten!e;ent des Al pes-Maritimes et de Nice en particu~eparo:os le sein du comité d'administration figurent
her,
bres influents du Parlement, de la Banque et
des mfi eanmces dans le Royaume-Uni. Ce sont MM. H. Gladsdese nw.Cargill,R
·
1
\"
.
.. Ban_ey
"ªde, F. Harri~son.,.
10
º« Al'importa~ce P?lillque de ces noms v,ent ~ a~outer
onsidérat1on si heureuse pour les dest1nees de
cettet cpri·se c'est qu'une partie considérable du capital
l'en ,re uscrite
- ' a Londres. Pour la France, 1·1 su ffi t de
a•- éte so
des' ooms comme ceux de ·M. Ferct·inan d Barrot,
c1ter
. .
de 1,.mtér1eur,
· . "•·
u Lr b
. tenr ancien mm1stre
eie vresena
,
·
·
·
t
d
· lle' sénateur anc1en m1ms re u commerce ""t des
Duru,,,,' publics · )Massena,
'
duc de R.1vo1·,, d'eputé des
tt~=
'
.
-Maritimes.
C'est
assez
d1re
que 1e gouvernement
A1peS
d ,
. ~
t
.
f ~is ne peut manquer e s assoc1er .,. une en repr1se.
ra_n sans parler des nuances politiques évidentes, a un
:;~ctere si éminemmen~ nationa,l.
,.
, ,
« L\,bjet de l'entrepr1s~ est d acquer1r, a_menager et
revendre des terrains a N1ce et sur tout le httoral de la
Médíterranée.
« La direction générale d~ la ~o~pagnie est co~fiée a
M. Droosart, ancien, secré~a1:e gener!I du Bas-Rhrn. Le
capital social est fixe prov1so1rem~nt ~ 6,250,~00 fran~s.
La sou5eription sera ouverte le 1eud1 i8 aout, a Par1s,
26, rue de la Chaussée-d'Antin; a Londres, 9, KingleArm-Yard. &gt;1

« La sou

Un vaste passage s'étend derriere les tribunes; il est
ento•iré de stalles et de boxes en quantité suffisante pour
que tous les propriétaires puissent y trouver pour les
cheva•1x un abri sur et commode.
L'hippodrome de Porchefontaine veut olfrir au public
le curieux spectacle de courses pi ates, de steeple-chases et
de courses au trot sur le meme terrain. Une piste gazonnée et élastique, d'une étendue de l ,800 metres, est
préparée pour les premieres. Elle est doublée d'une
1·oute rnacadamisée pour les i;ourses au trot; quant aux
steeple--chases, ils trouveront dans la vaste étendue du
pare de Porchefontaine toutes les facilités de tracer un
parcours accidenté, semé d'obsta:cles naturels, exempts
d'nne dimension exagérée, et des proportions trop exigues
qui nuisent également a l'intéret du spectacle.
Le nouveau terrain se trouve placé dan.s des condi •
tions de succes p~u ordinaires. Le cbcmin de fer de lR
rive gauche et celui de la rive droite y conduisent également, et la route par terre offre aux voilures et aux
cavaliers l'occasíon d'une charmante promenade.
Le succes d'une semblable entreprise semble assuré
d'avance. Elle olfre, au point de vue sérieux, un intéret
positif et réel, et ne le cede a aucune autre sous le rapport du spectacle.
C'est probablement le 8 octobre prochain qu'aura lieu
l'inauguration de l'hippodrome de Porchefontaine. Ce
début ne peut manquer d'y attirer tout le monde spécial,
et le programme de cette premiere· journée sera combiné de maniere a donner un spécimen du but que se
propase la Société et du róle qn'elle est appelée a prendre sur le turf franfais.

MACHINES A COUDRE POUR FAMILLES.
3OCIÉTÉ INTERNATIONALE

DES COURSES DE POkCHEFONTAINE.

Un !rrand mouvement s'est produit en France dans la
questi~o cbevaline pen?ant le co•~ de_ ces dernier~s
aooées. Bien des pre1uges sont tombes, b1eu des doctrines se sont étrangement modifiées. Au milieu de toutes
ces opinions diverses, un revirement sensible s'est opéré
dans les idées sur les courses. Apres avoir été violemment combattu, ce systeme a fini par prévaloír, et nous
avons vu toutes les localités importantes rivaliser entre
elles pour contribuer par la fondation d'un h:ppodrome
a cette grande muvre, a laquelle travaillent depuis de
lonl{ues années la Société d'encouragement et l'administration des haras.
On ·a rencontré ici, comme partout, des opinions díffér'entes et des points de départ opposés; telle localité
réservait tous ses enl!ouragements pour une branche
particuliere de ('industrie chevaline, négligeant ou attaquaot violemment l'utilité des autres. Au milieu de ce
coollit la vérité se trouvait partout et n'était cependant
aulle part. Un ensemble se compose de différentes parties
et tontes concourent simultanément a l'reuvre principale.
Une idée grande et féconde devait naitre de.tous ces
éléments contraires. Il était donné a une société fondée
sur de larges bases de réaliser ce qu'il était impossible a
cbacune de faire en particulier. 11 s'agissait de trouver
un terrain ou ces différentes branches d'une meme indu~trie, divisées entre elle~, mais concourant au meme
but, pussent se rencontrer sans rivalité et apporter chacune des preuves de la part qu'elles ont a l'amélioration générale.
Te! est le but que se propose la Société de Porchefontaine. Ne voulant pas borner uniquement son action a
la comparaison des produits indigenes entre eux, elle
veuiencore leur otfrir la comparais&lt;1n et la conci1rrence
étrangere. Une semblable entreprise semble, au premier abord, facile a réaliser, et les fondateurs de cette
reuvre ont voulu, pour l'asseoir sur des bases solides, y
appeler les capitaux étrangers. La Société s'est done
fondee sous le titre de Sociéte intern.ationale des courses.
Elle a réuni un capital suffisant et au dela pour reodre
leterrain qu'elle a choisi digne du but qu'elle se propose.
C'esta Porchefontaine, pare situé a proximité de Versailles, touchant le haras de Pont-•Colbert, qu'est situé
1~ _nouvel hippodrome. Le local a re~u toutes les dispo•
sit1ons néces~aires pour etre approprié a sa nouvelle
destioatioa. Des tribunes vastes, commodes et élégantes,
pouvant conten~r plus de cinq mille spectateurs, tous
pl~cés dans une positiou commode qui leur permet de
s~ivre, sans les perdre de vue un instant, toutes les péripéties de la course ont été construites et sont aujourd'bm presque termi¿ées. Rien n'y a été négligé pour
donner au public des courses des facililés qu'il ne ren~nti:e sur aucun autre terrain; les parieurs, dont la
renn1on est toujours difficile et peu commode, y trouve~nt ~o~ salle réservée, et, par une heureuse innovation,
11nchna1son de la piste est calculée de telle sorte qu'aucnn des spectateurs ne peut perdre les coureurs de vue
un seo) iqstan t.
•

Ces machines sont aujourd'hui en usage dans tous les
tentres civilisés: en Angleterre, en France, en Amérique,
en Allemagne, partout, elles ont été íntroduites, et leur
emploi se répand tous les jours. La vulgarisation de ces
appareils ne pouvait etre retardée que par la question de
leur prix, relativement élevé. Cette difficulté vient d'etre
vaincue par MM. E. BruoN et frere~, l 7, rue Simon-Ie-Franc,
qui, apportant au mécanisme déja connu des simplifications intelligentes et des perfectionnements babiles, sont
parvenus a pouvoir livrer au commerce des MACHINES DE
FAMILLE au prix, extraordinairement has et accessible
pour tous, de iOO a 125 FRANcs.
Ce bon marché extreme a val u, et cela devait etre, un
énorme succes a J'invention. Les machines de famille se
vendent maintenant dans une proportion considérable,
et se vendront bien plus encore quand elles seront plus
connues.
.
Ce qui distingue les nouvelles machines a coudre pou1'
familles, c'est leur structure, spécialement destinée it
répondre aux besoins de la famille. Elles peuvent rendre
des services immenses: elles se pretent également bien,
et avec une perfection invariable, au point de piqtlre,
au point de couture et au point de broderie.
Élégamment rnontées sur une table légere, elles font
partie d11 mobilier d'un boudoir ou d'un salon, saos
faire un contraste choquant avec le reste de l'ameublement. La forme du support étant complétement indépendante de l'appareil proprement dit, on peut la varier
a l'infini et adopter tous les modeles imagin,ables.
Le service de la machiue est si simple que toute personne peut la faire marcher. Au reste, une instruction
trP.s-explicite et tres-claire e~t envoyée avec l'appareil,
et il n'est personne _qui ne puisse, en quelques instant8,
faire ao-ir avec la plus grande facilité cette petite aiguillef'ée qui excite toujours une surprise extreme par la précision et la rapidité prestigieuse de sa marche.

HYGJ.ENE ET MÉDECINE.

On est quelquefois bien heureux, en voyage, de
trouver sous sa main, en cas d'indisposition subite, une
bouteille d'Eau de mélisse des Carmes; n'oubliez done
pas de faire une visite a M. Boyer, +4, rue Taranne.
Vous trouverez chez luí cette eau miraculeuse.
C'est d'nn des derniers moines de l'ordre des Carmes,
décédé en 1831, que M. Boyer, propriétaire actuel de
l'Eau de mélisse, tient la mystérieuse recette de ce cordial tout-puissant.
L'E¡¡u de mélisse rend, daos une multitude d'affections,
des services dont la médecioe elle-meme a reconnu et
consacré l'efficacité. L'usage babituel de cette bienfaisante liqueur préserve et guérit des vapeurs, des vertiges, de I'apoplexie meme, facilite la digestion, soulage
les rualadies des voie~respiratoires ;:en un mot, elle a des
droits incontestables autitredebienfaitricede l'humanité.

..::__L'Eau vwifi,que' de Binet est excellente pour netloyer
la tete; on peut la meler a l'eau de fontaine, pour la

127

toilette; rien n'est meilleur rour donner du ton et de
l'éclat a la pean. Nous recommandons aussi le coldcream Binet. Le soleil du printemps altere la peau du
vísage et dP.s mains, et si on veut leur conserver leur
blancheur et leur finesse, i1 faut employer le coldcream vivifique, composé de plantes spéciales.-Il se vend,
ainsi que l'eau et la pomrnade vivifiques, chez Binet,
rue de Richelieu. 29, dépot général, et le seul a Paris.
- L'une des condítions les plus importantes, parmi
toutes celles qui concourent a reculer les limites de la
jeuoesse, c'est la beauté des dents : ne sait-on pas que
· rien ne dépare un vi~age comme la perte ou l'insanité
de ces précieux organes? L'eau de M. DEJARDIN 61s, pro•
fesseur de protbese et de chirurgie dentaire (37, boule-•
vard de Sébastopol), est done un précieux spécifique,
puisqu'elle possede la propriéié d'entretenir et de conserver dans tout le11r éclat ces freles et gracieux ornements de la bouche.

INCENDIE

DE

LIMOGES.

Nous recevons la lettre suivante:
AU DlRECTEUR.

Limog•,, 16 aout 1864.

Un de ces incendies désastreux, qui laissent une
page lugubre dans l'histoire d'une cité, vient d'éclater
a Limoges, daos la nuit du 15 au 16 de ce mois. Toute
une surface de terrain comprenant iO rues couvertes
par des bátiment.~ et formant plus de 150 maisons, a
été, dans l'espace d'une nuit, la proie des.flammes.'Rien
n'est resté debout des habitations incendiées; construites en pans de bois, et pour la plupart composées de logements étroits et sombres, a trois et' quatre étages,
beaucoup de ces locaux, habités en grande partie par
de modestes rnénages, et entrecoupés fª et la par des
magasins d'épicerie ou de matieres combustibles, ont
fourni matiere au feu; aussi le fléau s'est-il propagé
avec une rapidité telle que toute la population craignait
a chaque instant de voir s'étendre davantage cet horrible
sinistre. Plus d'un millier d'individus sont frappés dans
cette nuit funeste.
Jusque vers neuf heures du soir, la journéa du i5
s· était passée en fete; é'était pour Limoges double joie :
fete religieuse et fete d11 souverain. Celle-ci avait surtout mis en gaielé les dragons de la garnison. Un brillant feu d'artifice venait de se terminer a la satisfaction
de la foule, quand, tout a coup, s'éleva dans le ciel une
rouge clarté lan~ant des milliers d'étinceiles; c'était la
maison d'un chapelier qui, du sol ou le feu avait pris,
brulait jusqu'an faite de la toiture. Bientot les alentours
sont envahis par la flamme, et les maisons des rues
étroites et tortueuses de cette partie de la ville sont dévorées avec une promptitude telle que !'alarme devínt
générale et les secouis impuissants. Commencé vers
neuf heures du soir, le feu, avant. le jour, avait dévoré
plus des trois quarts des babitations et cbassé de leurs
demeures les malheureux incendiés.
. D'ordinaire, les incendies sont assez fréquents a Limoges; mais gra.ce a l'activité et au zele de l'autorité,
gráce aussi au dévouement du corps des pompiers
de la cité, au concours de la garnison et d'une
partie de la population, on a eu souvent raison de sinistres qui mena~aient d'etre des plus séríeux. Cette
fois, par malheur, le feu a été plus prompt et pl11s fort
que l'énergie de tous; sa part a été effroyable, et
pourtant, il faut le dire, chacun a fait admirablement
son devoir !
•
Déja de nombreuses sympathies entourent ceux que
le malheur vient d'atteindre si cruellement et d'une
maniere si imprévue. Citons tout d'abord deux noms
illustres ceux de LL. MM. l'Ecnpereur et l'lmpératrice,
'
qui, provisoirement,
et dans l'élan de leur creur généreux, ont donné 15,000 francs pour ¡,ecourir les plus
malheureux. Ce bel exemple sera suivi, n'en doutons
pas.
Le jouroal l'Illustmtion, moosieur le directeur, tQujour~ pret a coosigner les faits heureu~ ou malheu~eux
qui surgissent daos le pays, ne peut la1sser passer maperyu le terrible incendie de la nuit du 15 ~u 16, d~.º~
Limoges est victime. C'est dans cette pensee que J ~1
l'bonneur de vous adresser cette lettre, accompagoee
d'un croquis rappelant l'aspect du désastre sur un point
spécial, car il en est de nombrelll, en vous priant de le

�128

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

LES PY~ilUDBS DB RITTEN. - D'apres un croquis de M. de Reinisch.

publier, si vous l'en jugez digne, dans un de vos procbains numéros (l ).
Pui.sse-t-il exciter les sympathies générales, en pré••
sence du malheur qui frappe a la fois une si grande
quantité de victimes. Une souscription est ouverte dans
les bureaux du,Journal du Centre, aLimoges; les offrandes, quelle qu'en soit l'importance, y seront re~ues avec
gratitude, et recueillies avec joie.
Agréez, monsieur le directeur, l'assurance de ma considération tres-distinguée,
l'un de vos plus anciens abonnés,
J.-J. MAQUART.

Thianges, Amours curieux, fleuron; - Vue de París,
tete de chapitre; Portrait de Mm• Roland, palmes et couronne, fleuron; - Vue du Louvre, tete de chapitre; Portrait de Catherine de Médicis; - Fleur de lis, fleuroo ; - Croix pectoral e de mónomaque; - Masse d'armes, encrier, djérid , arquebuse, pertuisane, casque;
- Ancieune voiture de -tzar; - Voiture de patriarche ;
- Costumes de boyard et de filie de boyard au dixeeptieme siccle; - Costume de tzar et de tzarine au dix:
'\

septieme siccle; Je trhue d'argent'; - Flacon en pon:elaine du tzarevit~h Jean Ivanovitch; - Assiette do tm
Alexis Mikbaelovitch; - Lampe grecque, fleuron;Vue du chatean de Pétrowitch, tete de chapitre; - Cllf.
mios vicinaux; - Fiacre d'hiver; - Cathédrale de la
Vierge.
Cet avis est donné a nos abonoés souscripteurs acetlf
publication, et particulieremeot a ceux qni ne le SOII
pas encore.
~

-~~

LES PYRAMlDES DE RITTEN,
RÉBUS.
AU DIRECTEUR.

luspruck.

Les souscriptions en faveur des incendiés de

Non loin de Bozen, ville commergaote, située •
centre de notre beau Tyrol, s'éleve, vers le nord,
la montagne de Ritten, dont les mcrveilles piUO._.
resques attirent ohaque année .de nombreux tot
~
ristcs. Les pyramidcs de Ritten ne sont pas une
des curiosités les moins intércssantes de cette cooLE PARTHÉNON DE L'Hl$TOIRE.
trée: ce s~nt d'immenses colonnes de terre, dont k
faite porte d'énormes pierres, et qui ont été íorméeS
Saos aucune interruption, LE PARTHÉNON DE
par un jeu bizarre des orages. Lors9u'a IJ ~uile
L'HISTOIRE poursuit la publication de ses six vo,, .(
des pluies abondantes le torrent se précipite dlll
lumes.
' · ..
la vallée, il enlcve la terrc détrempée que ne proléL'avan~e coosidérable de planches gravées que posgent
pas des débris de rochers. Les parties reCOUsédaient les édileurs de cette vaste entreprise avant de
vertes
de
pierrc résistent, au contraire, aux flots du !Ofmettre eii vente la premiere livra1son, leur a permis de
&amp;XPLICJ.TION
DO
DERNIBR
RtBUS.
rent,
et,
dégagées de ce qui les environne, íormelll
continuer leurs travaux sans aucune précipitation préainsi
les
colonnes
de terre connues sous.le nom de r1'
judiciable a la beauté de l'reuvre; de telle sorte que les
Le sbrt de l'homme est semblable a celui du tableau ; pour
ramides
de
Ritten,
et qui· clrcssent lcur svelte élégaJl(t
livraisons qui se succedent sont aussi paríaites que les réussir, i1 faut étre ¡,lacé dans le bon jour.
vers le ciel, jusqu'a ce qu'uo nouvel orage viennc les
premieres.
·
saper par la base, les abattre et en élever d'au~
C'est ainsi, du reste, que dcvraient toujours se traiter
lmage frappante eles choscs d'ici has! Ces pyramulfll
les ouvrages publiés par fascicules.
Au&amp;. M,1nc, directeur-gerant.
sont. placées des deux cólés d'une étroite vallée, etl
Les livraisons n°• 4l et 42, qui viennent de p:iraitre,
EoM. TEXJER, rédacteur en chef.
travers elles, le Finsterbach roule ses eaux torrd"
témoigneot de la vérité de notre observation.
tueuses. A l'horizon se détachent les crctes éle1·ées 11t
...._.,.
Ces deux livraisons renferment :
la Seiseralpe et du Schlern, clont les formes gracieusll
Le cheoe, tete de chapitre; - Portrait de Mm• de
Imp. de L' ILLUSTRATION, A. Marc,
complétent le tahleau.
(IJ LA temps nou1 manquait pour (aire exécuter cctte gra,ure ; noua
FRJNCE,
Agréez, etc.
. en ren,oyoos la publication a notre pro.:bain numéro.
!U, 1·11e de Verneuil.

la ville de Limoges sont également re«tucs dans
les bureaux de l'Illustmti?n, 60, rue Richelicu.

._. . e

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111, ,

-~-~ ______

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                  <text>Semanario francés ilustrado se publicó entre 1843 y 1944. Aborda temas políticos, económicos, sociales, científicos, artísticos, y deportivos. Fundado por los periodistas Jean- Baptiste Alexandre Paulin y Édouard Charton. Sus ilustraciones eran realizadas por los mejores dibujantes como Henri Valentin, Édouard Renard, Paul Gavarni, Janet-Lange y Cham.</text>
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                <text>L’Illustration : Journal Universel, 1864, Año 22, Tomo 44, No 1121, Agosto 20</text>
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                <text>Publicación periódica</text>
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                <text>Semanario francés ilustrado se publicó entre 1843 y 1944. Aborda temas políticos, económicos, sociales, científicos, artísticos, y deportivos. Fundado por los periodistas Jean- Baptiste Alexandre Paulin y Édouard Charton. Sus ilustraciones eran realizadas por los mejores dibujantes como Henri Valentin, Édouard Renard, Paul Gavarni, Janet-Lange y Cham.</text>
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                <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores</text>
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                    <text>L'ILLUSTRATION,
lOUBR.lL URIVBBSEL.
----------

--

~~~~)=e:}:~~~~:- _-,~~~
___
~~_:

-

-·

Direction, Rédartion, Arlministration :

:_ ~ ---.:

-

----~--·

AbnnnPmruts pour París et le.~ Oép3rlcmcuts :

22e ANNÉE. Y0L. XLIV. Nº 1120.

Toutes tes communications relatives au journal , réclamations, demandes
de chan~emenl~ d'adresse , doivent étre adressées franra a
11. AUG. lllA.RC, DIRECTEUR-GÉRA.l\'T.
Les demandes d'abonnement doivent étre accompa¡¡nées
d'un mandat sur Paris ou sur la poste,

SOMMATRE,
rombal du Pah d'Orakau, a la Nouvelle-Zél•nde. - Revue poliliqll'O de la
lflSlaine. - Courrier de Paris. - Correspondance d'Amérique. - Cau-

Samedi

t 3 Aout t sG&lt;&amp;.
L'adminislralion ne ripond pas dt1 manuseril! el ne s'engage¡amais ~ les iosirer,
Vu Ju tr.iilf,s , 1:1 lraduclion el 1a reproJnelion a l'élran;l!r 5(1nl inLudHe,.
BUREAUX : RUE RICHELIEU·, GO.

serie dramalique. - les cnlonies fran~aises, - La féte de Notre-Dame
de Saulé, a Carpenlras. - Notre-Dome de Fin rles Terre,. - Lrs lireurs
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M, Dcrnex, nou&lt;eau maire de Marseille.

3 r:-,ois, 9 ír. ; - 6 mois, 18 fr.; - unan, 36 fr.; - le numéro, ,5 c.
la collection mensuelle, 3 ír.; le volume semestriel, t ~ ír.
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~lemes pr1x ; plus les droits de poste, suivant les tarifs.
Les abonn. pa¡tent du I er no de chaque mois.

Gravures: Nou•elle-ZélADde: Vrise du íort Orakau, par lrs troupes angloise,. - L'empereur Mat1mih•n et l',mperalr•cc Charktte dans Je,
rues de Mexico ; passag, dennt le palais llurbide. - Guerre des État&lt;Unis: la ílotle de l'amiral Porter pas•ant le~ rap,des de la riviere Ron&amp;"•; - Ligues d'atlaque de J'armee íéJerale devant l'elersburgb. - les

NOIIVKLLF.-ZÉUNDE: PRISF. DI' FOnT onAKAU PAR l,ES TnOrPRS ANGLA!SES.

�L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

____________ ____________________________ - - - - - - - - _._

que l.Jon leur seroblera. En vérité, on ne se moque,plus diplomatirruernent du monde. ·
D'autrcs clau•cs stipulent la lcvée des blocus partt
roi
de Danemark, a datcr du 2 aout, la suspcnsion dt
Le roi de O1ncmark a ouvert, sarnedi dernier, le Rigsla perccption des contributions, l'appro,·isionnemeot, lt
raacl. S. M. Christian IX a déclaró que les circonslanccs
exigeaient un ajourncmcnt immédiat du parlcrncnt, logemcnt et le transport des troupes alliées aux íraisdi
mais elle n'en a pas moins ex primé le vif désir &lt;le voir Jullan.d, la mise en liberté des prisonnicrs &lt;le guerre el
des prisonniers politiqucs danois.
autour d'clle les élus &lt;le la nalion .
.COMBAT DU PAH D"ORAKAU,
La Ga;ette uacaroise annonce que le gouvernement 1Ja.
Le roi a déploré les sacriüccs douloureux que la vailvarois
a enjoint a son pléoipoteotiaire a Fr:mcíort de
A LA NOUVELLE·ZÉLANDE.
lance de l'arrnée et de la flolle et le dévouement du
demandcr IJUe les troupes prussieoncs qui occupe111
peuple n'ont pu épargner au D1nema.rk.
Quoique les c1Torts des Anglais pour réprirner l'insnrLes prélimiuaires de la paix, puhliés par le Moni- ílcndsbourg en sortisscnt immédiatement, et que l'anciea
reclion des naturel3, a la i'\ouvclle-Z,~landc, ne soienl pas teur prnssien, ne justiüent IJUC trop les rcgrcts dont le ordre de choscs fut rétalili.
One dépcche privée de Constantinople apportc la DOQtoujours couronnés de succc•, on ne saurait nicr qn'ils discours royal confirme l'cxprcssion.
vclle
d'unc iusurrection arabe qui aurait éclaté pres de
ne fassent cha&lt;Jne jour un nouveau prog-rcs. Ainsi le clisVoici le tellC de ces préliminaircs, signés a Vicnne le
Bagdad.
Les troupes oltomaoes, J,attucs par les révolte.,
trict de Waikatr) (lle du Norrl), &lt;Jni prndant si longtemps l º' aoul:
auraient
pcrdu trois canuns.
a servi de théillre aux lulles dl's d,,ux race•, cst actucl&lt;( l. - S. M. le roi de Danemark renonce a tous ses
One
correspoodance
adressée de Chine aa Constitutioit,
lement entre les mains du grnéral Cameron; ma!hru- droits sur ll'S du~hés de Sl'.lswig, llolslcin et Lancnbourg
ne/,
annoncc
que
daos
pluRieurs dislricts du Sze Tchueia
reusemenl pour les troupes rru'tl rom11iandc, les )laorirs en íavcur Je LL. ~HI. le roi de Prns~c et !"l'rnpercnr
et
du
Trhly
occidental,
les chrél1ens iodigcnes ont "
lenr échappent sans CCS$C; il en résulle l]ll'il serait fort d"Autriche, en s'engagcant a rcconnailrc les di~positions
leurs
maisons
pillées
et
délruites;
plusicurs d'entre e111
di((lcile de prrciser, des maintcnant, l'époquc ou la ré- qnc leursd.tes Majestés prcndronl a l'égard de ces duavaient
succonibé
aux
111auYais
traitements dont ik
bellion aura di,paru.
•
chés.
avaient
étc
l'objct.
Les
autorités
se
seraient
montrées, la
La vigueur avcc laqucllc les ~faories résistcnt aux An(( 11. - La cession du duché de Sleswig comprend
plupa1
t
du
tcmps,
ind1
1fácotes.ct
rruelquefois
mP-me hot,
glais csl réellemcnl hél'O'i(¡ue, et leurs enncmis sont les toules les ilcs appa1tcoant a ce duché, aussi bien que le
tilcs
aux
populations
chréti.i!ncs.
Le
ministre
de France
territoire situé sur la terre ferme. Puur simpliüer la
premicrs á l'admirer. '
á Pékin avait fait auprcs du gouvcrn~ment chinois 1111e
Lcur tacli1J11e consiste mainlenant a éviter de se rcn- dclimitation et- pour faire cesser les inconvénients qui
t'ermer dans lours forts ou ¡iahs; ils les onl évacués résultent de la siluation des territoires jutlandais cncla- premicre démarche offic-ieu•e qui était demeurée saa
les uns apres les autres, au grand désappointement du vés dans le tcrritoire du Sleswig, S. M. le roi de Dane- résultat. 11 u'avait plus hésité alors a revendiquer ol&amp;général Carneron, qui avait dépensé beaucoup d'ar- mark cede a LL. mr. le rvi de Prusse et l'empereur ciellement le droit inscrit dans les traités conclus entn
gent et beaucoup de soins pour se préparnr á en faire le d'Autriche les ¡ ossession5 jullandaises situe1!s au sud de la France et le Céleste Empire. Au départ du courrier,
siége. lis se retirent lentcmenlddns l'intérieur de la con- la ligne de fronticre méridionale dn district de Ril.Je, le gouvernement chinois n'avait pas encore répoodu.
Cbaque récit nouveau de l'accueil íait par les Melitrée, et· a mesure qu·ils quitlent le territoirc ele la pro- ind1quée sur les cartes géographiques, tels que le terricains
a leur nouvel empereur, enchérit sur le ré"cit prévince d'Auckl:rnd, ils entrent sur celui d"Hawkesbay et toire j utlandais de Mogeltondcrn, l'ile d' Arom, les parcédent.
Líes jutlandaises des iles Foehr, Sylt et Roornre, el.::. Par
de Wellington.
La Corresponde'lcia du 3 aout raconte que les l11De !'avis de tous, les Maories se íeront tuer jusqa'au contre, LL. mi. le roi de Prusse et l'cmpereur d'Autridernier, plutót que de suhir plus longtemps la situa- che conseutent a ce qu'une portion équivalcnte du Sle,- die11s pleurcnt&lt;lejoie, el que le peuple, about saos doUi
tion mi-;érahlc que la co'.ornsalion de leur terriloire par wig et comprenant, ootre l'ile &lt;l'Arroe, des territoircs de cris et de 'gestes e11thousiast~s, s'est mis a jeter de la
servant a former la contigu'ilé du district rns-mentionné poudre d'or et d'argcnt daos les voitures de Leurs liles Anglais lcur a faite.
Ce qui vient ele se 11:i·ser a Orak:lu, pah voisin de Ki- de Rihe avcc le reste du Jutland et a corriger la ligne &lt;le jestés. Heureux pays vraimcnt, que cclni ou le peuple,
rikiri, dont le liri¡;adicr général Carey était chargé de fronticre, entre le Julland et le Sleswig du colé de Kol- au lendemain de la chute d'un détestablcgouvernement.
s·emparcr, a'lleste le mépris que le l.Jelliqueux peuple ding, soit détachée d,n duché de Sicswig et incorporée a de la poudre d'or et d'argcnt a jcter a ses nouveam
maorie prufcsse pour la vie.
dans le royaume de Dancmark. L'ile 1\'Arroc n'entrcra souverains !
S.M. le roí Léopold est' arrivé a Paris le 4 aout.
Les Anglais ayaot échoué dans un assaut, le bri- dans la compensation qu·cn raison de sou étenduc géoLa distribution des prix du concours général aéli,
gadier se décida a marcher en a.vant a l'aidc de graphique. Le déta1l de la délimitation des fronticrcs
pour
M. le ministre de l'instruclion puhlique, l'oécasiel
la sapc. 11 avait avec luí ~,300 hommcs; 400 Mao- sera réglé par le trailé de paix dcfinitif.
&lt;l'un
long
disrours ou ~on Excellcace a prouvé une li
ries seulcment défend.iient le pah; leur perle était
111. - Les deLLcs conlr1ctécs pour lP. comptespécial soit
de
plu3
qu'il
ne considere pas le poste éminerrt q111
certaine. On leur proposa de se rendrc, mais ils reí1r- du r,)yaume de Oanemark, soit d'un des d11chés de
sel'ent avec dérlain, déclaraut 1¡u'ils comhattr:iient Sleswig, llol~tcin et l.:rnenbourg, resteront rc~pcclive- occupe comme u11e ~inécure. ll. Duruy aime a ¡,arler
jusqu·a la mort. En cffct, ils lentcrcnt deux sortics qui mcnt a la charge de chacnn de ces pays. Les dcltcs con- la jeunes~e, /1 l'entretenir de ses desseins snr elle, 11. li
furent repoussécs et rcstcrenl soixaotc-douze hcurcs sans tractées pour le cumple de la monarchie tlano1se scront co:nmuniquer paternrllement ses con victionset ses id ·
réparties entre le Oancma1 k, d'uoe part, et les duchés au lieu de se reo fermcr, com me lieaucou p de Res préd6'
boire.
Le génie avait déja complétó l'investissement et les cédés de l'autre part, d'aprcs la proportion respective eesseurs, dans un silence m:tjcstueux et prudent. 11 JI
approches de la place, lorsque, tout d'un coup, en plein dtl la population des deux parlles. De ce lle rép~ rt1Lion l.Jcaucoup de choses dans son discnurs de celte année,
jour, les 400 sauvagcs se précipitcrent hors rle la forte- scront exceptés : -i º l'emprunt contraclé en Angleterre entre autres, la promesse faite aux meres de se préo
resse, se lancerent dans la dircctiou la plus favorable et par le go11vernement danois au mois de décembrc i 863, per du développerncnt physique de l'enfant, plus que
se fraycrent une rot1Lc sanglante a travers le 40• régi- et qui restera a la charge du royaurne de Oanemark; s'eu préoccupait le passé; pe11t-é1re aussi une grao41
ment, qu'ils laisscrent défait derricre eux; puis ils se 2° les frais de guerre encoum,; par les puissanccs innovation en germe, la suppres~ion du baccalau
daos cetle pbrase: (( 11 faut simplifier les rouagcs et
jeterent dans les marais. lis se scraient tous sauvés sans alliées, dont le5 duchés assureront le remboursen1ent.
la cavalcrie aoglaise qui, tonrnant les marais, coupa le
IV. - Les hautes parties contractantes s'cngagent a programrnes de cet examen. Pour moa compte, je
chernin a une partie des íugitifs. lOI l'urcnttués, 3~ faits éta.lilir un armistice sur la base de l'u i ¡nssir/etis mili- serais pas éloigné de penscr que cette réglcmenta ·
prisonniers, snns compter I Ka 20 ~laories ol''vn rapporta taire, a tlatcr du 2 :iotit, do11t les cond1t1ons se trouvent compli(¡uée pourraitsc rcd111rc a nn seul article qui n'iaquiéterait ici per,onne el qu'on rédigcrait en bien pet
dans le pah, ou·11s furcnt enterrés. &lt;( L:, perles des An- spéciflées dJns le protocole ci- anncxé.
glais, ajoute l'Austl'alian and Nm·-Ztulunrt Gawtte, a
V. - Aussilól aprcs la s1gnaturc de ces préliminaires de mots : (( Les élcvcs íourniront la preuvequ'ils ont íal
la4uelle nous empruntons ce réctl, ont élé tres-sen- de paix, les hautes partics contractantcs Re réuniront, de l.Jonncs humanité~. »
M. le ministre &lt;le l'imtrnction publique espere beá
a Yienne, pour négoc1cr un lrailé de pa1x déflnitif. »
sibles. i&gt;
coup
du progrcs des scicnccs. (( Le vieux Jupiler, dit-ii ·
_Maintcnant IJUe les Anglais sont devenus les maitres
L'origi nal de ce documcnt porte les sig11atures du
a
qui
déja Frankli11 a arraché sa foudre, ne verra-t
du di~trict &lt;le Waikato, ils ,·ont commcnccr les opéra- comtc de f\.cchberg et clu baron de Brenncr, ponr l'Anpas
quclque
jour, grúcc a une science née d'hicr, I•
tions dans la province rlc Taranaki, et probahlement . triche ; de ~l. de Quaade et du coloncl de K1111fmann,
tempctes,
échappécs
de ses mains debiles, déc!lainer S1t
attaqqcr Mataitawa, le pah du roi W1!liam, chef de 'i'in- ponr le Oaocmark, de M. de 13ismark et du l.Jaron de
nous
dcsfurcurs
souvcnl
impuissantes?» Ala bonncheu
surrection; s'ils s'cn emparcnl, 1:1 province de Taranaki Wcrlhcr, pour la Prussc.
sera délil'l'ée de, Maories .qui se reporleront a1lleurs,
Le mcmc jour ont été réglécs les conditions ele l'ar- reste a s11·oir seule1nent si Eole et i'icptune ne tron™
assurément; aussi la réliellion ne scra-t-elle pas de long- mi~tice, qni a commcncé le 2 aoút et dnrera jusqu'a la ront pas que M. Ouru.v r.omptc un peu trop sans eus,
Le discours ministéricl re11fer111e 1111 rclel'é statisliq
conclusion de \a paix. 11 est &lt;lit dans le protocole que
temps él1H1flée.
IJUÍ
ne manque ¡,as d'inlérct. M. Durny a voulu su
En dépit des obsta eles que l,1 révolte rret ala colonisa- &lt;&lt; pour le cas ou, conlre toule at'.cnte, la_ n(•~ociation de
a
quoi
s'cn tenir sur le mouvemc11t des études d11
tion, celle-ci n'en poursuit pa~ ruuins ses conqucles pacifi- paix n'al.JouliraiL pas jus1ju'au t:i seplcrnhrc prochain,
les
trcnlc-trois
dernirres annécs. Le résultat des cal
les hautes parties contractantcs auront, a partir de re
ques.
au,quels
une
comrnis~ion
s·esl livrée d'apri's ses ord
Les clécouvcrtcs incessantes de nouvcaux p\accrs ai- tcrme, la faculté de dénonccr l'armisticc, avec un delai
c~t
cclui-ci
:
de
!830
a
I
R40,
oscillation ,ans carac
danl, l'é111igration d'Europc et des ilcs du l'acifl&lt;Jtic a la de si1 scmaines. i&gt;
détcrn1iné;
e
le
18-í-l
a
Is;;
1,
marche
a•ccn~ionnelle;
Nouvellc-Zélandc, améne chariuc jonr un numbrc plus
Aux termes du paragraphe lll, &lt;( LL. mi. le rni de
i8:i2
a
i
'l:i9,
dicadcncc
genérale
dans
les scicnres a
grand de ces 1,lancs l]Ui ,loivent, a un mumcnt c?ouné, rru~se et l'c111p1•r1)1tl' &lt;l"..\.ul!iclie, tout en mainll•nant
bien
l!'lC
dans
les
lcllrcs,
sauf
pour
une
íacnlté, 1'
étouffcr les '.llaorics sou~ lcur mulli1u,le, rles vill!'S nóu- l'occupalion du Jnt\anrl éans les co11dilio11s actuellcs de
veiles s'élcvcut, cL la colo111c cntierc cuílu comrncnce a 1'11ti ¡ivs~idetis, !'C dcclarcnt pi cts ll ne conSCl'l'Cl'Clans Cll toire; it partir ,le i859 ... on commence a regagner
just1flcr le nom qu'cllc s'cst si fierc,111c1lt choisi de : pays qnc le nomhre de troupes que, d'aprcs les consi(lé- partie du tcrrain pi.!rdu. Hatez-1ous de le re¡;agncr
Grande-Bretag11e du Sucl J
ralions purement rnilitaircs, leur.5d,Lcs Majcslé.s jugc- eoticr, jeunes élevcs, de peur de &lt;lonner trcp de Jle
P. PAGET,
ront nécessaires. &gt;&gt; Ce qui signiüe, en bon fran~a1s, que la monarchie constitutionnelle et a la répuulique.
EDMOND T&amp;mllo
Leurs Majestés déclarent qu'elles sont prétes a faire ce
---"?"..,.~--colonies fra~aaea ( 4 ,ravures). - La r~t~de No•re--Dame de Sautó, a
Carµe utr•s ( 4 gr.vure.). - ~otre-Oamo de Fin des f , rres ( 3 l?l'"'U•
re&amp;). - Un t•r ,fe camprtJ!ne Ru Ty1•()1. - 1o:tcourc. R!.!rico:e dP KJ1r11er-ll11uer. M. L.-C -F 11 ,c~dk, éilitcur lr~n~•is. - lnsllllativu Je
M. Berncx, nouveau mairc do Mm;e1lle. - Échcc. - llebus.

f

•

REVUE POLITIQUE DE LA SEMAINE.

--

L'!LLUSTRATlON, JOURNAL UNIVERSEL.

COUllllllKR DM PABllt,

Le domaine !11, Berry. - l\DI. M.,Jon. - 1.'origiml d'UarJgon. - Un 11,ol de Mm• Conrnel. - É¡,i¡;ramme. ~•• Rola d ;, llen·y - Lns vicr,,1luues d11 chatca11 el d·1
~re. - Uesliné s fu urf's. - Vit11m1 el circen"e-~. - Nnuvdles lettr es de l 1 r&lt;'i11r Marie-A11loinettc. - No; pt!til~ ¡¡ tr~ns et nos re'_ites íi!les. - Écoliers et mi111stre. - Vente
de M. L... apres déces.

Ce qtte deviennent les chdteou:x: et les pares d'aut1·efois :
il y a un livre charmant a f'aire sous ce titre; de loin
eo loin, un courtisan du passé, un arnoureux des choses
d!l tempsjadis, écrit un chapitre de ce livre, et quel1Jues
bounetes Rens, de ceux que n'emporte pas la vertigi•
neuse ronde des tumullueuses alfaircs 011 des turhulents
plai~irs, preonent plaisir á le lire et a vivre quelques instants, en imai:ination, dans un monde qui n'est plus.
Bien de~ fui~, en remontant les qna1s de la Seine de
París a Charenton, vous a vez remarqué un grand pare
8 l'air mélancolique, planté d'arl.Jres gigautes~ues, IJordé
d'un fossé mal entrctenu, et dont la porte étail garJée
par deux lions de pierre. Ces lions, poursuivant quel-•
que reve éternel, ne semblaient guere songer a leur
consigne, que pcrsonne, d'ailleurs, n'avait la fal'Jlaisie
de violer.
Au bout d'une large avenue s'élevait un chateau plus
triste encore que le pare.
\
·
Ah! quaod la nuit, pare et chalcau s'avisaient de
causer ensemble, la conversation ne dcvait pas étre folatre.
« Quel est ce cbateau, quel est ce pare? demandiezvous pent-etre.
, C'est le chateau et le pare de B1,rcy, vous répondaiton, et cela vous sufflsait.
)lais lesaotiAuairessont curieux, ils ne se contPntaient
pasde si peu de cbosé, et ilsen savent long sur le dom:iine
de Bercy. Le moins indiscret et le moin~ íriand de ces
vieilles hi~toires o'est pas M. Édouard Fournier; mais
c·est un aimable écrivain qui n'a rien a lui : ouvrez, si
le crear vous en dit, son dernier vol urne, ses Chro11iq11es
et ltgcn,les des rues dJJ f'aris, et l'histoire de Bcrcy
n'aura plus ponr vous de mysteres.
Le chdteau íut hati par un M. Malon, qui ramassa ses
parchedltns sur le sol de sa prop1 iété, et d'autres Malons
en furent propriétaires apres luí. (&lt; Ils.c·oot íait de bruit,
dit M. Édouard Fournier, ni par l'histoire, ni par le
.scaodale. lis &amp;e cootenterent d'ctre tranquillement ricbes, placidement heureux. Mais comme la placidité
daos la fortune ne va gucre sans l'avarice, ils furent
avares. Quand on n'a paR la folíe de dllpemer en prodigue, 011 a celle de tbésauri,er, et les Bcrcy thésauriserent. Voila pourquoi leur chateau, si hermétiquement
clos et muré, avait si mystér~eu~ement un air de cloitre
austere. C't·tait moius une demeure tr~s-close qu'un cof.
Cre trop fcrmé. »
·
M. Fournier nous apprend que ce fut un Bcrcy qui
fournit A Moliere l'adrnirable scene de reproches mutuels entre Harpag"n et son fils.
On rlit un jour a Mm• Cornuel que les grands Augustins prétaieot sur gages.
- Comment s'en étonner, répondit-elle, n'ont-ils pas
chez eu1 le creur dt: M. de Berry?
Cet avare íameux eut pourlaot ses jours de générosité, et il enrichit de ses donalions l'hospice des Enfants
trouvés.
En 1715, on fit contre les gen~ de flaan~e une chanson danR laquelle se trouvait le. couplet suivant :
Que le De~maret mil pendu,
Q11e lu Be1 cy da11s I or fonJu
Sal sr,sse Fon av.1r1re.
Et que. mal.¡1é I ho·,eur du ~on supplice,
JI rneure a~rcs l'avo1r rendu.
Ce Bercy-la était Bercy 111.
~n gros pavillon, debout sur la marge du quai et
bati par Par1s de Montmartel, élait, qucl4ues aonée5
avant la révolution, la propriété de M. de Boismorel,
financler philosophe.
M•• Roland parle beaucoup de M. de Boismorel, de
sa mere et de son fils dans ses Mémoires; jeune filie,
~lle entretcnait a,cc lui une corres pon dance sur des RuJets littéraires, et il y avait cutre eux comrncrce puétique. Elle-meme cite les vcrs su1vanls qu'elle lui avait
adreSSés:
'
Au:11 hommes ouvrnnt la carriere
Des ¡¡ra11ds el des noble~ 1alents
lls n'onl mis aucune barrie1 e
A leurs plus sublim~s élans;

De mon ·sexe faible et s •nsible
lis ne v?11lcnt que des l'erlus;
Nou~ pouvuns imi er Tilus,
i1 irs dans 1111 ~en 1pr in ,in, pénible.
J,,uissez tlu bien d N e :ulmis
A loutes CPs sor•es de gl ·i •e;
Pour 11ous le temple Je mé1noire
Est d,,ns le c.:eur Je nos amis.

99

land promena san~doute ses philosophiques pensers et
ses revcs patriotiqucs, n~us sommes allés voir des jockrys et rlcs ama10nes ronrir le ~Lcrplc-chase, l'homrnccnnon et la mélchoire de fer accomplir lcurs prouesses,
Blonrlm marcher, s'asseoir, se couchrr et ,e rclever snr
son fil aéricn avec toute la grace et toute l'aisance imaginn bles.
Poiot d'amphithéatre, point de stalles : des cbaises
Heureuse celle qui émvait ces vers, si elle n'a.vait pas sous les marronniers et les tillculs cenlenaires, ni gene,
vu ailleurs ce temp.e de mémoire qui attirait son ame ni conlrainte, liberté pleine et entiere d'aller et de venir, de regardcr a s,L íantaisie le spectacle, l'oiseau qui
exaltée.
M. de Boismorel avait un fils de vingt et un ans, fort vol e, ou le rayon de soleil qui darrle ses fleches a tradissipé, qui tronvaiL á la Comédie italienoe ou a l'Opéra vers le feuillagr. Le pulJlic a trouvé cbarmant qu'on le
bien plus d'agréments qu'aux matbé111atiques, q•l'il avatt laissat ainsj maitre de ses plaisirs, et il revieudra au
cornllienré a étudier. JI s'agissait de réveiller de géné- pare &lt;le Bercy, car la fete de dimanche aura des lendereuses résolutions. Ce fut M11 • Phlipon que M. de Bois- mains.
L'afflche nous promettait le vrai Blondin. Mais alors
morel chargea du soiri de faire a son flls (t une mercnriale sage et pénétrante. » La jeune filie s'en défcndil un qu·cst-ce done rrue le Blondin de l'l11ppodrome? Adrespcu, pas heaucoup, vous le devinez bien. Il ful convenu sez a M. Arnault cette q11estio11 délicate. Tout ce q1Je je
qu'clle s'adrc~serait par écrit a l'enfant prodigue, et gar- puis vous dirc, c'est qu'unc heure et 1JL1art apres IJUe
le Blondin de Bercy touchait tcrre, le Blondin de l'Hipderait l'anooyme.
potlrome s'élan~ait dans l'espace, et qu'il íaut une heure
&lt;( Le soir méme, écrit-elle dans ses Mémoires, je fis
une lettre asscz piquantl', un peu ironique, telle que je et qnart pour aller de Bcrcy a la barriere de l'Etoile.
la jugeais convenable pour chalouiller l'amour-propre, Singulicre coincidence !
Voila clone le domaine des Malons dcveuu gare de
encouragcr la raison d'un jeune homrne qu'il faut eotretenir dans son bonheur, quan&lt;l on veut le rappeler a des chemin de fer, l1amea11-bourgeois, cntrepót de vins el
hippodrome. O mon sicclc, je te rcconnais bien la:
habitudes .séneuses. &gt;&gt;
Le jeune homme crut que la lettre était de Duelos, et
Bonne nouvelle pour les curieux des choses et des
alla l'en remercier.
per~onnagcs du temps passé. 11 y a IJUelques jours,
Le style d'une Jeune filie confondu avec le s1yle d'un M. d'llun.ilRLein pnl,liail un volume de lellrcs de la reine
philo~ophe ! cela uous fait un peu sonrire, rnais pas du Marie-Antoinette; ~l. Feuillet tle Conchcs, un l.Jihliophile
tout M"'e fioland, quand elle nous racontc celle méprise. passionné, le plus halnlc homme qui soit a découvrir
Etrangc siecle !
les rardés et le plu~ patieol a lzs collectionner, s·cst
Dclrompé par Duelos, M. de Boismorel fils s'adres~a á pil]ué au jeu: (&lt;Ah! vous nous donnez un volume de
un autre ami de son pcre, et ne sut jamais la vérité. lcttrcs de llarie-Antoinctt.!; eh liien, je \'0Us en donneL'essentiel, c'est ((que l'étudc reprit quelque empire sur rai trois vol umes; vous souricz, les voici ! » Et M. d'llului. 1&gt;
•
•
nolstein ct·étre enchanté, j'en suis sur, et quclque pcu
Le pare de Bercy s'étendait autrefois de la ~astille a fie1· d'avoir forcé M. Feu1llet de Conchcs a tirer son inesCharenton. La coostruction des fnrtifications de París timable trésor du co~re-fort jaloux ou il le tenait rencommen~a ses malh.eurs. Le mur d'enceinte le coupa en
fermé.
deux rlu nord au sud. Plus tard, ce ful le chemiu de íer
One publication a laquelle le nom de Marie-Antoinette
de Lyon qui le traversa, daos sa longueur, de l'cst a valut un cerlain relenlissement, fut, l'année deroiere,
\'ouest. Une tranchée proíunde, de quinze ou vingt l'occasion d'un proccs, et causa uue respectalile douleur
metres, semblable a un precipice, passa insolemmént a ceux pour qni la mémoire u·une rrine malhcureuse
sous la·lerrasse méme du chatcau. Quand un train arri- est sacréc.11 s'agissait d'un rnanuscrit de la bililiothéque
vait sifO.ant, soufflant, haletant, grondant, la pauvre Impériale imprimé par Al. Louis Lacour, sous ce titre :
vieille et noble dcmeure se mcttait a trembler, comme Livres du bondoil"de /u nine Marie-Antoinette.
le passé vaincu devant le présent triomphant. Alors le
La Bibliothcque soutenait qu'un particulicr ne poupropriétaire de Bercy comprit qu'il était tempspe vcndre v3it, sans l'aulorisation du gou\'erncme1.;t, publier un
son domaine. Le chemin de fer de Lyon prit, pour sa manuscrit dont elle avait la propriété. Sa these fut congare des marchand1ses, la partie du pare enfermée par damnée par le Tribunal. En meme temps, parmi les fidcles
les fortifications; des banqniers anglais et íran~ais et la d'uoe cause tombée, on criail au scandale et a la c;.Ville de París se partagerent le reste. A la Ville, la plaine lornnie : ce catalogue était un mensonge, et c'était in-·
de Saiot-~andé; aux capitalistes, le pare proprcmcnt sulter la reine Marie-Antoinette que de faire croire au
dit, qui va de la route de Charenton a la Seine. Aujour-• pul.Jlic qu'elle avait pn do11ner acccs, dans son apparted'hui, des arbres, transplantés a grands frais, couvrent ment intime, a quelq 11es livres trop fameux du siecle
ce qui fut la plaine, et le i5 aout, c'est-a-dire demain, dernier.
un lac y sera inauguré. Le chateau est tombé, mais les
Non, le catalo~ue était authentique; mais n'impo~te,
hautes íutaies ~ont deboul encore, et bientót elles om- il ne íallait poiut attacher au faiL qu"il révélait une imbrageront les rues cbampctres d'une ville de pl:li- portanee exces~ive.
sance.
11 y a qnell]UCS jours, je lisais une brochure de .M'GalLa portion du pare la plus rapprochée de la Seine était lien, avocal de M. Louis Lacour, el savanl bibliophile
nagu~re une plaine marécageuse: en hiver, pendant les lui• rnéme, et j'y trouvais celte réllc1io11 trcs-sensée: que
grandes crues du fleuve, )a plaine devenait étang, et tous les livres qui ne pouvaient décemment ügurer daos
seuls sur leurs hauts piédestaux, les lions et les dieuxde la 1Jililiothe1Jue de la reine, au dire de ses ardents dérnarhre, contemporains des chevaux de Marly, plan:iicnt fenseurs, avaie:1t assurémcnl leur place dans celle d'une
au-&lt;lessus dt&gt;s eaux. Une vérilable montagne, la mon- íoule de grandes &lt;lames, qui n'en éta.ient pas moins hontaJne de Nicolai, a été coupée; ses débr1s ~nt ex haussé la nctcs ¡iour cela.
plaine, et aujour&lt;l'hui les vasles c.onstructions de la SoCes ouvrages d'écrivains célebres de l'époque ét;iient,
ciété des magasins généraux attendent les marchands de il ne faut pas \'oul.Jlier, des ouvrlges a la mode, et
vins de Bercy, a qui la date falale de 18,0 fermera l'an- qu'e~t-ce que la mode n'explic¡ue pas? Combien de femcicn cntrepot.
mes irréproch:ihles oot lu, de nos jours, ccrtains roLe domaine de Bercy a été vendu dix millions cinq mans en ,·ogne, dont le titre et les ép1sodes sont dans
cent rnille francs. 11 avait été offort au Crédit mobilier tons les souvcnirs? Seront-ellcs perdues rlans !'esprit de
pour ncuf millions cin&lt;J cent mi lle francs. Par malheur, lcurs petits-eníants, s'ils les rctrouvent quelque jour sur
MM. Pércire demandcrcnt a réfléchir vingt-quatrc heu- les rayons de lcur bibliotheque?
rcs. Ce délai n'était point expiré qu'une société, daos
La mocle, la mode en toutcs choses, que d'étonnelaqnclle se trouvail M. de Morny, proposait un million
ments
elle prép:ire a la postér1té !
de plns et dev,~nait arljndicataire.
Dans uuc chronir1ue f~hional.Jlc,je lisais hier les lignes
Les buisc1ies &lt;lu cha.tcau de Bcrcy étaient d'un travail
exquis; cellcs 1l"u11 pc!it Síllou furc11t·achetées vingt-cinq suivantes : (( Aujutml"hui, les jt•unes íllles ne ccdent
mille francs par l"lmpératr1cc, celle~ du cabiuet d'études rien a lcur mere ponr la tournure et l'clégance; c~apeaux ronds, casquctlcs jockey-club, ruhes richernent
dix-sept mille fraucs par l'Empcrcur.
On a pensé qu'il y avait place encorc, dans cet im- brodées, man tilles exquises ou burnous coquets, Mm• D...
mense pare de Bercy, pour un bippodrome et pour une n'a-t-elle pas toqt inventé? - Inutile d'ajouter que le
arene, et dimanche dernier, sur la pelouse ou Mm• Ro- petit monde de trois a douze ans se presse dans l'an-

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1 lí.'-íS ll'.\TT.\QUE DE L'AR~IÉE FÉOÉRALE OEVANT PETERSBURGH. -

O'apres les croquis de M. Stannl•t·

�L'ILLüSTRATION, JOURNAL UN IVERSEL.
cienne maison de P... R... avec la meme passion qu'apportent les jolies femmes a s'arracher les dernieres
créations d'A ... »
Voila, vraimcnt, un ~pectacle édifiantl
Ah! la jolie géní•ralion enfantine &lt;¡oc nous avons lit !
Qucls hommes et'q uclles fcrn me~ elle nous prornet ! Pour
le coup, ceci est trop furt. Oc gracc,qu'on nous fuurrc bien
vite ce « pctit monde» a la pension ou au collége, et que
la robe de toile ou de mérinos, la blouse, la tu ni que d'uniforme coupéc a la diable nous sauve des g-andins et des
élégantes de sept ans ! Pctit~ gargons, petites filies, étudicz
votre De Viris ou votre Catéchisme-; lisez Lhornond, lisez
Noel, lise1 Chapsal, avant de Jire M"-e la vicomtcsse de .....

eaux avait tellement baissé, que la navigation était de- ,les actenrs ont fait le reste. Cervantes a .été ravi de lle
venue impossible, et le passage d'Alexandria interdit. 11 ¡ ~e voir que mutilé. Le public ne s'est pas montré pi
fallait done abandonner cette importante flottille et l'ex- exigeant que Cervamcs. Le Gymnase compte uu su
poser a ctre prise ou détruitc. lleureusemcnt, le lieute- de plus, et vous, lecteur, saos vous donner ·trop
nant-colonel du gén e Bailey eut une de ces inspir1tions peine, a ce qu'il me semhle, vous venez de tirer de
comme on en a quel,¡uefois dans !'extreme péril. bommes d'esprit d'une galcre el moi d'un fier embarr
JI proposa au général en chef Bauks d'élevcr le ni- je vous jure.
veau des eaux en coulant pres des rapi&lt;lcs un radea11
La Comédie-Franpise nous a en fin donné, avec
colossal et de vastes liateaux charg-és de pierres, de fa~on meilleure gracc et les pires chalcurs du monde, le
a obstruer en partie le cours de l'eau. 11 n'y avait pasa début-de Mm• Victoria-Lafontaine. Je dis le vrai, pal'lt
hésiter; 3,000 hommes furent mis it. la di,po~itíon du que le seul role abords jusqu'ici par la débutante ne 1,
colonel Bailey; les forets voisines fourn irent leurs plus sortait pas de ses habitudes scéniques. On attcndait imé~ormes madriers; le rarleau ful construit, et au bout de patiemment de luí voir aborder le vieux répe'rtoire, et
Cette quinzaine est la grande quinzaine des ér.olicrs. d1_x_jours il.était coulé ai~si que (es ,bateaux. C'étail une 1 c·~st ce qu'elle vier.t de _faire avec une ~isacce, une
Les plus illustres personnages ont daigné parler aux cn- ver1lable d1gue; on en v11 b1cntot I dlet. Les eaux re- sc1ence, un charme que Je renonce a exprimer. Le sucfant~; et ne c¡oyez pas que, s'adressant a un jeune couvrirent aussitüt les rochers qui formaient to1it d'abord ces a été calme, silrieur i&gt;t profondémcnt ressenti. Poor
public, ils en aient moins arrondi et rnoins orné leurs un obstacle paraissant in~urmontable. Les rapides re- re11dre mon impression personnelle,je ne troure qu'une
périodcs. Chez nous, un discours cst toujours un dis- parurentavec tnote leur v1ole11ce, il e~t vrai, ma1s il y avait chose a dire, c'est que jamais je n'ai vu u'Agnes compa.
cours, et tout 01:ateur fait sa toilette, a quelque auditoire de l'eau; c'est tout ce que nous vuulions. Le lcndemain, rabie a Mm• Victoria. Étudiez-la dans re role, si voos
qu'il s'adresse.
tin de nos navires se lan~asur le to11rLillon, il passa; les voulez voir l'amo ur n:.iitre daos une ame innocente et
J'ai été ravi surtout de l'allocution de lf. Drouyn de autres suivirent, la flottillc était s:.tuvéc. Mais, comine je au meme in~lant l'envahir tout enticre et en murer l'ao,
Lbnys aux éleves &lt;lu petit collége de Vanves, la maison vous le disais, n'est-ce pas une guerre de géants qu'il ces a tout ce qui n'est pas lui-meme. O divine férociti
c1e la jcunesse ! Malheurcux Arnolphe ! a force d'elre ¡
de cam1iagne de Louis le Grand. C'est plaisir de voir un nous faut faire ici?
ministre se souvenir si Lien de son latin. Et quelle enAgréez, etc.
W. SrANLEY.
plain&lt;lre, il cesse de paraitr(.) odicux ou meme ridicule.
tente du style noble! On ajüutera deux ailes au collége;
•
Talbot rend fort bien les nuances et les violcnces de
------r----,..,..)1..a,~- -- -- ce role aussi écrasant q1t'écrasé.Provost s'y montrait plns
croyez-vous que M. Orouyn de Lhuys va dire la chose
toul simplcmcnt aux écoliers qui l'écoutent? Point.
touchant, mais était-il bien d11ns le vrai de ce personC,MilfflHOIE lnlJl~ffi~'ll'O@(l.!J!E.
Écoutez : &lt;1 Encore r¡uelques joars, et le liruyant labcur
nage, que Moliere a voulu Pt du faire sot et brutal, poor
des artisans de la maliere troublcra le ~ilcnce des éludes
Si peu abondante que soil la matiere dont j'ai a cau - rend re moins crue dans sa vérité !'implacable ind1ffélittér~ires et sci&lt;'nliílqucs. 11 Que cette phrase a dt\ ré- ser aujourd'hui, je suis fcrmemeut décidé a ue pas m'é- rence d'Agnes.
11
joui1' Dt'lille ... et les ma~ons, de venus, par la vcrtu de tendre sur le Don Quichotte du GJ·nrnase, et cela pour
M • Dinah Félix et Eugenc Provost font égalemeal
la périplirase, « les 1rt1sans de la maticre ! »
bien leur parlie de niaiscrie, moitié vraie, moitié simul
deux raisons _qui me paraissrnt sans réplir¡ue.
D'ahorrl,
voila
quinze
grands
jours
que
cette
picce
a
daos
celte iuterprétation, qui serai t parfait~ si Maubaat
11 y a quelqucs jours, on annon~ait la vente apres
réussi, et il n'y a pas moinR prescription pour le sncccs y apporlait un lant soit pcu plus de bonhomie.
déces des livrcs de M. L...
Les débuts de l\1 11 • Honorine suivent leur cours aa
que püur la chute. Ens1Jile et en fin, que serait-ce qu'une
&lt;t M. L... » liscz ,\l. de La Pommerais.
théatre du Palais-Royal, qui, r·our leur donncr plos
Avec les livrcs, on a vendu un porlrait de Mm• de picce tirée du Don Quichotte, s'il était besoin de la racon
ter?
d'éclat,
vient de reprendre les Diubles rose.~. On se rapPauw qu'ellc:mcme avait pcint.
Snpposez-vous,
lecteur,
faisant
nne
picce
du
Don
Quipelle
l'incroyaLle
_succcs de cette piece a maillots, qot
Le ch11fre de la vente n'a gucre dépassé le chiffrc
ch?lle
de
Cervantes.
Je
vous
p1
ele
la,
saos
doutc,
une
la
faveur
puLliq11e
a dcux ou trois cents fois vengée
d'une vente or&lt;lmairc.
idée
a~sez
biscornuc,
a11
prcmicr
abord;
mais
ne
faites
justes
dédains
de
la
critique. Les maillots sont toujo
Est--ce que la mode de paycr la drpouille ct·un scélérat
pas,
s'il
vous
plait,
la
pct1te
bouche;
plus
de
cinquante
aussi
bien
tirés,
aussi
roses, et la picce toujours ama
plus cher que cclle &lt;l'un ho11nete bomme commencerait
, on sa1t
. leurs noms, égrillardc, aussi nulle, aussi longue et aussi applaudiei •
anous passer?
originaux, - on les a comptes,
•
l'ont eue et mise a exécution, cette idée, et de tous les et courue que par le passé.
Mes siaccres compliments a mes contemporains.
Don
Qitichntte
qui
en
sont
sortis,
plusicnrs
n'ont
pas
Une
telle
vogue
en
plein
été,
et
en
quel
élé ! s'expliqoe
X. FEYRNET.
moins que le dernier en date réussi ... commcnt dirai-je? au moins cette fois par le talcnt de la debutante,
réussi a fairc dire: Que diable des hommes de tant d'es- joue le principal role des Diables roses. Elle s'y mon
aussi brillante, aussi comédienne, et meme, relativemenl:
CORRESPONDANCE D'A:\!ÉRJQUE.
·prit allaient-ils faire dans cette galcre?
Eh bien, l'on a tort de p¡¡_rler ainsi. Du moment qu'ils parlant, aussi déccnte que sa devanciere l'etait peu.
AU DIRECTEUR.
On en revient touJours a ses premieres amours, et le
New-York, !O juillet.
y sont, daos cette galcre, il ne s'agit pas de savoir comment et pourquoi ils s'y sont fourrés, mais de trouver la théatre ·de la Porte-Saint-Martín lui-méme n'échappe
L'événement important de ces derniers temps,estsans
pasa cette loi du crour. Les ceuvres de Rossini, de Bel. l' 1
é ¡
d
maniere la plus prompte, la plus polie, la plus galante
conlred1t a erte que nous a cau;, e ll rai ou invasion
lini, de Molihre, n'auront été que cl'éphémeres caprices
de les en tirer:
con[édérée dans le ~laryland. Cette panique n'a gucre
pour ce théatre, inconstant par gout et fidele par inléret.
duré que quelques jo111·s, mais elle a été chaude. On a
Eh! mon ami, tire-moi de dan¡:;er,
La Norma, le Barbier de Séville, l'Avure, le TJ.rtuffe et
era tout d'abord a une ír,vasion complete et en regle du
Tu feras apiés ta haraugue.
autres pieces toujoursjcunes, ont du céder a l'ascendaot
Nord: Baltimorc était prts; quelqúes heures apres,_c'était
de cette vieille Tour de Nesle, la scule vraie maitres.~
Washington. Tout cela s·cst résumé en 11.n pillage assez
Quant a la promptitude, ce n'e~t pas IP plu~ malaisé, du logis. C'est elle encore, elle seule, qui tient !'affiche,
complct du Maryland, « my ~laryl.1nrl, » comme dit une et quant a la ra~on la plus courtoise, la plus gracicuse de avec Oumaine, ce meme Ournaine qui, nagucre ... Mai1
chanso1f du Sud, qui a expié ainsi ses sympathies dissi- tcndre la main il. dr.ux homrncs au~~i charmants et aussi a peine tui a-t-ou Jaissé le ternps de quitter le sombre
mulécs pour le gou1crncment u.e Hichmond.
empechés que AD!. Sardou et Dalloz, ce n'est pai- it co tumc, le regard faux et le tou patelin' du « pauvre
La ma11ceuvre 11\·tail pas mauvaise: on espéraitrl'abord moi de vous l'indique1·, chcr lcctcur; vous savez trop homme 1&gt; pour le br1llañt pourpoint, les airs cranes el le
jeter un grand trouLle d1ns le Nord, puis forcer Grant a bien qu'elle consiste, w tte maniere, a fairc la chose ronflant verbiage de Buridan. JI s'e$l, du reEte, fort bien
levcr le s1ége de Petersburgh. On a Líen troublé quelque aussi franchement, aussi simplement que possilile, et acquitté de ce changement pre,que a vue, et le nouvel
peu le ~ord, mais la lumierc s·est faite vite sur cette c'est aiusi que uou5 allons nous en tirer.
amant de Marg,1erite de Bourgogne, s'il ne fait ouhlier
tentative. Quant iL Grant, il n'a pas bo11gé,et a continué,
Nous &lt;lisions done que si, par im. ossible, il vous élait a cette dame ni Frédérick Lemaitre ni Bocage, du moins
fermecoinme un roc,a ¡,oursuiHe les opérationsdu siége. ven u dans la pensée de faire une picce de théalre du parait-il l'avoir a pcu pres consolée de la perle du beau
Les siégcs, c'est son affaire. Purt-Iludson et Wicksburg Don Q11ichotte, et r¡ue, persistanl dan~ cette tocade, Mélmgue. Au fond, elle sait bien que eelui-la elle le
en font l'oi. lci, il a une tache plus difficile: ma dernicre malgré les consei!s de tous vos amis, les larmes de votre retrouvera toujours.
correspondance vous en a donné la raison; mais il arri- fcmme et les pricrcs de l'0S enfants, 111algré l'analheme
Quant a Montdidier, riui, prenant au sérieux les velvera a ses fins, croyez-le bien. Grant est le typedu Yan- enjoué qu'a si malicieuscment et si ílcrcment fuln1iné léités classi,¡ues Je la Porte-Saint-Martín, avail reparo
kee: beaucoup d"audace quand il en faut, mais de la per- Cervantes contre quiconque oserait toucbPr ason reuvre, 1 a ce théatre dans l'Alccste du .msanthrope, voila déja
sévérance tant qu'il en faut. Je vous envoie un croquis, - vous aviez pris la plurne pour commettrc une si gro- longte111ps qu'il a exrcuté a la lettre et de sa personne
pris a la hale, d'une partie des travaux du siége.
tesque profanation, je maintiens qu'alors, sorta11t comme l'adieu de son personnage a la société.
Mou autre croquis vous monlrera quelles difficultés d'un reve, et rentré tout a coup dans votre bon scns,
Ainsi serñble avoir échoué, comme je l'avais auguré
préscnte la guerre daos un pays comme le notre. Nous vous auriez jeté cette plume au diai.Jle et pris en place au débnt, le g-énéreux mais puéril essai d'iuitier le peu•
sommes obligés, de tcrr,ps it autre, d'accomplir de ces une bonne paire de ciseaux.
ple aux savants mysti•res de nos classiques. L'épreuve,
tours de force qui tiennent du miracle.
Moyennant quoi Cc1 ,antes se serait immédiatement toutefois, en raison de sa brieveté, ne saurait passer
Le mois dernier, le rn• corps, sous les ordres de déridé, comprenant qn'il ne s'agissait plus que de le pour décisive, je mP. plais a le reconnaitre, en admet.
Banks, opérait daos l'AJ'kansas, et la flotte de l'amiral coupcr en morccaux, ou, autrement uit, de ta1ller daos tant rneme avcc tout le mondP. que le thratre Déjazc~
Porter agissa1t de concert en suivant le cours de la ri- son rouvre une comédie en cinq aetes et dnuzc tal,leaux. - 110 autre instituteur des mas$es, -n'a échappé a une
viere Rouge, qui ~é1ure l'Ark,wsas du Texa~. La na vigaEh Lien, lecteur, voila ce q1:i est tout justt&gt;ment ar- mcme dPconvenue que par sa cloture annuelle. Encore
tion esto.es plus &lt;ld'liciles sur ccl afíluent du Missis~ip1, a rivé. ~Dt. Sardou el O:\lloz onl foil ce que vous auricz une fois, des tentati,·es si peu suivies ne prouvent ríen
cause des rapidcs nomLreux que l'on y rencoutrc, prin- 1 fait ,·ous-méme a leu1; place; ils ontcompris que, du mo- contre l'idée qui lrs suscite: ce n'est pas en un mois
cipalement dans les environs d'Alexan&lt;lria. Le rn~ corps mcnt oü l'on écrit un Don Qair:hottl, la seule fa~on de qu'on refait l'éducation littéraire d'une foule, livrée de•
avait re~u l'ordre d'évacuer la conlrée, la flottilledcvait s'en tirer est de u·y rien mellre du sien, et c'est le parli puis des siecles aux maitres que vous savez bien. Les
suivre et rentrer sur le Miss1ssipi, mais le niveau des qu'ils ont pris; le peintre de décórs, les machinistes et marchandes d'berbe~ d' Athenes, qui applaudii;saient les
0

L1 1LLUSTílATION. JOURNAL UNIVERSEI ,,
Augier doit Jire, ces jours-¿i, une comédie en cinq actes. sion' ne menacaient ríen moins que de l'annexer a LaAntaul dire que uous verrons, a pres M. du Boys et la gos ou au Oahomcy.
Son so111craiu ne pr,sscde plus aujo11rd·hui qu'un méc,rnic11lc, nne nouvcllc piece de )1. Augier.
temps.
,,
l'h
di11cre
tt'rrit&lt;1ire, di1•isé en trois prinripautés : PortoMaintenant, nonvclle plus exlraorclinaire, le thé:itre
En admettant comme possihle la rc1orme. que e on:
.Novo
proprement
clit, Procrah et Weymey. Cclui qui
netes e~prits revcnt. étou_rcliment, sclon mo1, 11 faudra_it de la Porle-SainHlartm répetc un nouveau mr.lodrame,
rcgne
actuellemcnt,
Sodgi, Pst un hommt de ~ua.rant~théalre popnla1rc d1x ans de constance et de sacri- qui o·e~t, dit-on, ni de Corncille ni de Racine, ª"ec tacino
ans
environ,
qu'on
représenle comme tres-mtell1ª6 un rionr qu'il en vinta fairc srs frais avec le théatre bl~aux el ballets, ou Claudc Lorrain n'a ríen a voir et
grnt et trcs-supérieur a son entourage. Sa puis~ance est
ces,·que Or on vicnt de le vo1r,
. ce n' est I'".I' aff&lt;11re
.
. VLstris r'ien a réclamer.
m
e1ass1 · ,
. ,
Tout au contrairc le théatre du Vandeville, usant de malhcureusemcnt fort bornée, par suite des lois Lizard la Sociéli3 Nantaise ni de toute autre soc1éte en com'
.
res qui concerncnt, a Porto-Novo, l'exercice du pouvoir.
:andite. De telles institutions, quoi qu'on en pens?, la nnuvellc lib1.rté, prepare, je ne dirai pas une rcpr1se,
La premiere de toutes cst celle qui condamne le roí a
nuis
une
cxhumation
d11
Derin
du
villuge,
livret
et
mu,. ront J·amais pour devise : Sursum cordcc! Leur reune claustration analogue · a cellc qui emprisonne, a
n au ·re se ré.,lera toujo•1rs pl utot
, sur l' ct1age
..
de 1a sique de Jean-Jacques Rousseau.
pertol
o
,
.
.
Tout cel1 n'cst que paroles, je le sais bien, et paroles [(ioto, le mikado du Japon. Le roi de Porto-Novo ne sort
·• e que sur celui du creur. ll n appartient de sU1vre
ca1°S
·
· J · ne sont que du venl; mais, par le temps qu'il fait, jamais de son pal,1is. Qµanc! les fcrnmes de ~on harem
ce dernier qu'a l'i1,itiative indivi(luellc,
,
. et Je. SUIS. om
ont con~u, elles di~paraissrnt a tont jamais, et, il. l'exde nier que.la liberté des théatres ne pu'.sse etrc smgu- n'cst-ce pas la ce que les tbéalrcs pcuvent encore nous
ccplio.n du roi et c1·uo ou déux de ses fidclcs, pcrsonne
donncr de mieux?
., ment favorable a·t'essor de cette pu1ssancc,
. la, plus
.
11~re
M.. is en fait de théatrc,, parlcz--moi de ceux qni vous ne sait leur relraite pas plus que celle de l'cnfant. Celui,. ,nde sinon la plus légitime de toutt&gt;s; ma1s n cspc,ecc ,
.. . , • · d
ci, tenu dans l'ignorance de son origine, eH élevé au
rez pas qu'elle se voue, qu'elle sr~u1se a r~Jeu111r es 5uivent a la campagne, aux hains de mer, partoutou vous
loin, parmi le peuple; on s'arrange toutefois de fa~on a
, rmes belles "randes, nobles, ma1s surannces, a popu- allcz, et mcme cncore plus loin, ~¡ c'cst possible; te!s,
ce
qu'il voyage, et de la 5orte fa,se connaissancc avec
10
'o
·1 l'
1
a par excmple, qne le tMtilm de cct honnctc homme de
1ar1·ser un art qui est la négation du mouvemcnt,
• , d"
les
choscs et les hommes sur lei:quels son pouvoir
prouvé; a offrir saos ces.se a 11n pet~p.le alt"rll 111co11nu tant d·e~prit et de talcnt, feu Alrxis de Comber_ouss~.
s'exercera
plus tard, s'il est appelé a 1égner; car bien
En voila un qui n'avait pas Lcsoin de la liberte des
la quintrssence du pas,e daos la \'le1lle coupc de Mel-·
que fils de roi, ce n'est pas toujours luí qui succcde a
théatre,,
pour
dire
toul
ce
qu'il
Youlait,
et
a
qui
il
vou:
r,omcnc. Ce n'est pas de liberté que ~ous ~1anquons, au
son pcre. A Purto-Nuvo, comme au Japon, la succession
tbéatre, c'est de foi en nous-mcmes, e est d audace, e est lait mcrne au peuple, mcme au public, ce roí ahs~lu q~1
au tronc, quoique héréditairc dans une certai ne famille,
de aenie. Voyez done au milicu de qnelles entraves so- ne :1onne pas de libcrtés, lui, qui n'en accor~a.Ja_mais
une seule, mais qui les laissc prendre toules, a qm sait est élcctjve, en ce sens, que les grands chefs peuvent
c1·atºes. , poétiques, malérielles se sont produitts ces mer,
faire montcr sur le trone tout autrc indiviJu que celui
.
,eilles qui portent la griffe d'un Shake&amp;peare, d un s'y prcndre, bien entrnrlu !
Or c'était la un des talcnls, le plus grand talcnt peut- dési&lt;&gt;né par le r-oi défunt. On a~surr, it ce propos, qu'un
Corneille, d'un Racinc, d'un Moliere, d'un Calderou,
étre 'de ce ~no-e et aimable cs1mt : sa,·oir s'y prendre.11 cara~tere fermc, jaloux des droits de la royauté et disd'un Grethe, d'un Schiller !
.
posé a les faire respectcr, est une cause ccrtaine d'exCertes ni la li berté-, ni meme la licence, n'onl fa1t clé- faut' voir, danc-s ces trois splendides volumesédités, je diclusion,
car les cabéceres, ou pretres, ont religicusemcnt
faut a¡; brillante croisade dramatique de H\30. O'ou rais presquc élcvés, sur sa tomlie par une vPuve et des
cOn$ervé
les traditions de ceux qui vinrent avec les
1
vient, cependant, qu'elle a sombré en plein trio_mphe de eníant~ dignes de lui, il faut voir daos ce lltédlre &lt; aux
chefs
de
la dyna$tie rrgnante, et qui, aut:rnt pour
ses príncipes? De ce que, en somme, elle a fa1t ruuvre cent actes divers 11 tout ce qu'un homme de creur et
échapper
aux
exc/Js du pouvoir royal que pour augmen-·
d'arcbai,me et de fausse érudition; de ce qu'il lui man - d'csprit pcut glí$scr d'honncti&gt;, de sage, d'util.e,dan: les
ter leur propre autorité, emprisonncrrnt le nouveau roí
orcilles
les
plus
friandes
de
~canclalcs,
de
sott1ses,_
&lt;l
ob_quait, pour la conduire, de ces génies pour lesquels le
dans son palais par une mu ltitudc d'obscrvations fétithéatre est mieux qu'un métier et meme q u'un art; de scéuités, dans les oreilles de ~fidas. Et cela sans Jarna~s
chi•tcs.
Les amis q11e s·c~t faiL5 le jeunc prince le ~uice qu'a défaut de te!~ génies, les grandes intclligenccs prccher, ni tomlJcr dans la satire, saos jamais ~outenir
vcnt
daus
son palais, oú ils rcmplissc11t un role anade l'époque onl semblé regar,ler la sccne comme at~- ele thc~e et au t1·avrrs mcme des f1lilcs les plus ~a1es, lo0uc a r.clui que jouaicnt les Mcna-~lasos pres de
de!ISous d'cllcs, comme si ce n'étail ¡,as, de t11utes les tri- par la ;eule force d"une ame foncicrcment dru1tc el
1'1~fortuné roí de ~ladaga~car, Rada1i1a 11. lis l'inforbunes, la plus vasle, ,~ plus sonore, un~ tril,une qui r~- saín~.
Al xjs-clc Comherous~e était né a Vir~_ne s?r ~a fin du mcnl de ce qui se pas,c, et l'aiclent surtout a maintenir
pcte trois cents fois de suite le meme d1~cours, une tn ·
les c1liécr.rcs et a survciller les Allari,. Ces derniers,
bune que ríen au monde, désormais, ne peut renl'erscr. siccle dcrnicr. Co11lcmpora111 de M. Sc11Lc, ti. c~toya un
csclavrs
et oíficicrs du palais, sont principalemcnt emM:iis tant qu·clle ser:.t livrée aux oratcurs de salan, de des premiers la ,·cine drarnatiquc r¡ue ccl111 c1 a, non
ployés
a
la
perccption des inipf&gt;ts; on !es emploie égale-.
boudoir ou de cabaret; tant qne les esprits les plus éle- pas tirée dn rocher, mais gro,~ic de sc_s prop~es eaux'. et
n1enl
a
la
poi
ice sccretr; car, logés chcz les traitants ou
,és ne travailleront que ~i11ur des thé:\trcs d'elite, toutes portée a l'étaL de. fleuve, graccs il. O1cu rn1t comb1en
o-ardicns des r¡uais de la ville, ils sont micux que perles lijlertés du monde ne feront pas que le dix-neuvieme d'aflluents.
~011ne a mcrne de lo1Jt voir ctdc tout cntrndrc. T11ujours
Alcxis de Comberousse ne se laissa pas absorber p~r ce
sieclc ait ~on tbéátre.
comme au Ja1)(1n, respion11age a done iri sa place dans
A ce sujet, - il me poursuit, - disons bien vite, pour pcrc de tant de ruisscaux, par ce_ íils. d~ tant de r1:1ere~.
le ssstcme gouYcrnemental. Une fcn,me suit le roi ainsi
ne pa.~ laisser a un démenli le temps ºd·arriver, disons 11 suivil un ccurs parallclc, ma1s d'.~t1nct ~t ~01ns s1qu'une 0111lirc, i:ous prétcxlc de porlcr son crachoir. Jaqu'on·dit que ~1. de Lamarline écriL en ce moment une nueux. Les deux seules picces qu il a ~1g~ees avec ma1s elle n'échange un mot avcc son augui:te compagnon,
piece de thiatre. A la bon ne heure ! voila ce que je de- M. Scribe ne sonl pas, lant s'en faut, les me1lle~rf'S de
Pour se divertir le t1iste soul'crain de Po!'to-Novo a
mandais . .!lalbe1Jreuscmcnt, on ajoute que cctte picce esl son répertoire qui ne comprend pas moins de so1x~ute•• les .distrattions de' tous les prirrces oricntaux, c'est-il•
destinée a la Comédic-Frangaise. Quclle faute, si cela qui·nzc
. ouvra"'CS
. , o repré,cntés presque avec tous succes.
'd'
dire celles du harem. Le sérail de Sodgi conticnt trois
A ces produclions de to11t gcnrc, dramcs, c~mc _ies,
est vrai ! La Comédic-Fra11gaise ! un théatrc grand comme
ccnts fcmmes, gouYcrnées par nn cnnu4ue riui a toute la
la main ! Quand on a élé joué, hien mieux, quaud on a vaudevilles, opéras-comir¡ues, les édite~rs .º~t aJoute un conílance du roi, et lni scrt de racadeirc dans les granjoué soi--meme, sur la place de l'llotcl-dc-Ville, un si choix de picccs inéditcs d"un grand mteret, et que le des circonslanccs. ()evenues vieilles, cclle,-ct vont culbeau drame : laFmnc11sauvre!
théúlrc réclame.
tiver les gra11dcs prrpriétés de leur maitrc; elles sont
J"aimerais a donner de plus longs détails sur un talent
Quelle belle occasion manquée d'inaug11rer séricusealor, rcmplacécs soit par des achat,, soit par les dons
ment ce nouvcau régime si discuté, de voir si ce n'est si honnctcmenl cnjoné it. la surf1ce, si 8éricux, au f~nd. volontaires de sujcts fi&lt;lcles, trop honorés d'offrir leurs
pas simplement une amuscite, un hochct, qu':m nous J'aurais voulu snrtout m'étendre sur un caracterc digne enfants aux P,laisirs du noir monarque.
aurait jeté... dans l'intention la plus louablc. Au rcst~, d'ctre offcrt comme le modele de l'hommc de lctlres ?t
gracc au théatre des Variété~, qui monte a gra~ds. fra_1s de l'homme privé. Mais l'espace !De, manqu~ P?ur d~ ·
II.
et agrand bruit une piece en quatorze tableaux, mt1tulee velop1ier convenablement un sujet qu un~ mam ª, la fots
la Liberté dts Théatres, cette qnestion va recevoir, que plus légere et plus magistrale vit:nt d'épu1ser en I eflleuSodgi regne actuellement su.r une po~ulatio~ ~o~t il
dis-je! elle aura re~u, quanrl vous lirez ces lignes, la so- rant. Je renvoie done le lecteur a la belle pr~face dont est assez d1fficile de fixer le ch1ffre préc1s, et d or1gme~
lntion qui ne manque jamais aux grands problcmes, a Jules Janin a voula enrichir le Thétitre d'Ale~s de Com- différentes. Sur la bande d~territ0ire qui sépare la laen croire, du moins, Beaumarchais. N'est-ce pas vous btrousse, récemment publié daos des proportt0ns et avee gune · de Lagos de la mer, on remarqu~ d'abor.d les
dire, cher lecteur, qu'on chante daos la picce des Va- un luxe dignes de la maison Hachetle.
Gégés, qui paraissent avoir été les prem1ers hab1tants
A. DE BELLOT.
rié~; on y danse meme, jugez done!
du pays.
.
• . ,.
,
On annonce comme é"alement tres-prochaine, aux
Ce sont ces Gégés qui serva1ent autrefo1s d mterme'
o
.
Fran~ais, la premicre représentation d'une piece en crn~
diaires entre les chefs des peuplades noires alimentant la
actes, de M. J. du Boys, - prononcez du Bo-ys, - qui
traite et les négriers européens. lis paraissent avoir été
LES C0LONIES FRANCAISES.
lient de !aire paraitre a la Librairie centrale un roman
tres.. nombreux; mais une invasion des Oabomiens ayant
aussi intéressant que bien écril: les Mariages de proi:ince.
eu lien vers le milieu du siecle dernier, la plus grande
LE ROYA UME DE PORTO-NOVO.
Si la finesse d'observat:on, qui donne tant de valeur au •
partie dll la population indigene fut massacrée ou emlim, n'a pal fait défaut a l'auteur de la nouvelle piece,
(I" article).
menée en esclavage par ces farouches voisins. C'est a
il peut compter sur un grand succes. Au reste, M. du
ce moment, dit le lieutenant de vaisseau Gellé, dans la
Boys n'en est pas a faire ses preuves au tbéatre : la
J.
précieuse étude sur Porto-Novo qu'il a publié~ ~ans la
réus.,ite du Mariage dJ Vadé, et surtout des Varances du
On sait que le royaume de Porto-Novo est l'une _des Rewemaritime etcoloniale, que le reste, accule a la ladocteur, a11 seeond Théatre-Fran~ais, lui perme~taientde
gune, re~ut un roi et des cabéceres, c'est-a-dire le sys-•
frapper a la porte du premier avec une certa1ne con- souverainetés lillipuliennes qui s'égrenent.,5ur les r1ves teme gouvernemental qui régit aujourd'bui ce royaume.
6ance. On n'en a pas moins fait beaucoup de fa~ons du gol fe de Guinle, entre les bouches du Níger et le cap
A la suite des vainqueurs marchaient quelques peupour la lui ouvrir, mais il a tenu bon, et la canicule a des Palmes. Assez cons1dérable vers i830, Porto-Novo a plades nagos qui se melerent aux vaincus et fonderent
beaucoup
perdu
de
son
importance
depuis
cette
époq~e,
lait le reste.
les principautés subalterne! de Procrah et de Weymey.
4 ce meme tbéatre, ou il4h'a pas besoin, comme ta_nt autant par !'incapacité de ses chefs que ~ar les emp1é- Au milHln de noin, pour ain~i dire &amp;ntoehtbflnee, oo re4'antfes, de frapper longtemps -pour entrer, M. Ém1le tement.~ de AA!! -voi~ins, qui, a-vant notre pr1~ de po!l.~8-

;rneille et les Moliere de leur siecle, n'avaient pas, été
al'école chez les Campistron et les Lasscrrc du mcmc

;

�Facturer1u fríu,~aises.

,I
I·

marque encore les Aymios. Mahomélans et orio'inaires du
Yariba, ceux-ci abandonncrent leur pays a la sui~e du grand
mo.uveme~t politiquc, contemporain de nolre pre[l'\icre révolut,on, qm bouleversa toute l'Afrique central e, ctse répandirent, vers le commencement du siccle sur tout le versant méridional des montagnes du Kong. Q'uclques-uos se fixerent,
vers cette époque, dans le royaume de Porto-Novo ou leur
habileté et leur esprit industrieux ne tarderent r:s a faire
tomber entre leurs mains le comníercc des petitsÉtats de l'intérieur. lis se seraient méme emparés de celui de la laauoe si
,.
1
b
'
1es trad1t1ons ocales et les intérats des Gécrés
n'y avaient
0
mis obstacle.
Les Criollos et les Sierra-Leooais, qui viennent ensuite
sont, ainsi que !'indique leur nom, des negres de la colo~
nie anglaise de Sierra-Leooe. Nés libres et initiés de bonne
heure. au travail, ces noirs savent tire, écrire1 compter, et
enlret1ennent, par une lecture assidne de la Bible, les idées
de morale et de dignilé personnelle, qui leur permellent
d'occuper un rang parmi leurs congéneres. )Is soot actifs, laborieux; secondés par leurs fcmmes, ils tiennent heaucoup de
pctits magasins pour le compte des maisons de Lagos. Quelques-1111s méme, dit M. Gellé, soot a la téte de factorerics assez importantes, qu'ils dirigent avec aulant de proliité q¡;e
d'iolell,gence. (( 11 est regrettable, ajo ute cet officier, que leur
apreté commcrciale, plus grande encore que cclle de leurs
patrons, les melle souveot en d1scussion d'1ntércls avcc les
indigeoes, et surtuut avec le fisc, qu'ils cherchent contiuucllcmcnt a fra11&lt;lcr. »
Quan t aux Criollos, ce sont égalcment des noirs du gol fe
de Gu inéc, mais qui ont été esclaves au Brésil, et qui, aprcs
avoit· élé libérés ou s·ctrc racl1elés, sont venus se fixcr i1 PortcNovo. Presque tous sont porteurs de passc-ports régulicrcment ,,.iscs pa1· les aulorilés de Bahia; car celle proviocc,
qui a toujour, demandé bcaucoup de travailleurs a la trai te,
~st cellc aussi q1J1 fait le plus pou1· engager les esclaves devcnus libres u rctourner dans leur pays. 11 n'est prcsque pas

Plateau du Guuveruemeut.

----

- -~- --==-~-,:

~.

r

.

\

aUJ lllles- et par
1'in• tranquil•·

lité awaquelle les
noirs p111t aujourd'bui _, ce lieu, on
suppca f. la fin des
sacri&amp;lll'femonte a
bien dlamées. Les
dernielt uvenirs ·se
rcportelltlusde trente am a1us, et encorc, daltS derniers
te111ps 4íl usage barbare, .-crifiait-on
que #¡malíaiteurs
condaMl mort en
punitiGI leurs crimes.,
ee~, de ce que
les - " publics ont
dispsrt,f:~ qu'ils ne
sont plllf un souvenir dll ,.., 00 ne saurait coa# qu'il n'y a
j amaÍs ,le s~crificcs
bumai..+PUIS cette
&lt;-poqae.l. ~~11scrvatcurs3d11tons gégés, 119 sont autres
que
bominables
trad' . Dahomey'
n'onl .tiemcnt pas
fait Id érailles du

der~ ' sans se

m..-iau1

00

11

'

MAISON DES FIÍTICHEURS.

couto-

o'apres " ~ e · llellri Roulud.

MAISON DU MIN~HAN,

de na vire, rcYenant de Bahía, qui n'en rapatrie quelques-uns.
En quittant l'csclavage, les Criollos en retrouvent le spectacle a Porto-Novo, ou il est autorisé. Les esclaves y sont beureuse;nent assez bien trailés par leurs maitres; faisant en
quelque sorte partie de la famille, ceux qui sont mariés jouissent d'un cerlain bien-étre et méme d'une assez grande liberté. Les bommes sont principalement cmployés aux travaux
des champs, tandis que les femmes s'occupent des soins de
la maison, ou vont veodre au marché les produits de la terre.
Les districts de Porto-Novo et d'Agérah, cultivés avec beaucoup de.soin et d'intelligence pratique, produisent en abondance du ma'is, du inanioc, des µatales, des haricots el autres
légumes. Ces ooirs, ainsi que la plupart de leurs mailres,
sont fétichistes; chacun a son chef particulier de culle et de
vénération. Si n_éanmoius l'on considere les emblcmes qui
frappent les regards a chaque pas, on ne saurait metlre en
doute que le culte organique ne soit le plus répandu, s'il n'est
commun a toule la population. Un faít certain, c'est que les
félichenrs et féticheuscs de ce culte sont forl nombreux, et
jouissent de beaucoup de considératioo. Le graod-prétre les
recrnte dans toutes les familles, et préférablement daos les
farnilles riches ou iofluentes, et, des l'age le plus tenclre, les
initie a11x rnysteres de ce culle. Cerlains jours de l'année
rnnt consacrés a des fetes auxquell~s les félicheurs et les
féticheuses, suivant le cas, sont seuls a prendre part en public.
Ainsi qne l'attestent les ruines d'un monument que tous
les voyageurs ont vu 11 Porto-Novo, les pratiques religicuses
des anciens Géges étaien\ moins souriantes. Ce mooument est
le Temple de la mort, témuignage irrécusable des mre•Jrs cruelles et sangninaires d'autrefois. (1 Qui pourra jamais compter,
dit M. Geilé, le nombre des malheureux sacrifiés au génie du
mal, clans cettc cnceiote aujourd'hui si paisible et ou une
herbe abondante cache aux yeux du voyageur étonoé la terre
si souveot rougie par le sang eles victimes! A en jnger par
l'état des crines encore enchassés dans les pilier3 ou cloués

�107

L'ILLUSTRATION, JOliRNAL U.NIVERSEL.
L'ILLUSTRATION, .rounNAL UNIVEnSEL.

106.

•

mes; mais cela date déja de loin, et s'est passé daos le
silcnce et le mystere du palais.
Les sacrifices firent partie tres-longlemps de la pompe
funéraire des grands cabéceres, ou des gens riches; l'u,age
en est perdu maintenant, etc·est la un des heureux résultaL~ que l'humanité cloit particulierement a la ce;sation
de la traite. Que de fois, en effot, un rebut de chargement, coti.teux d'entretien et s:ins chance de µlacement,
a servi a arroser le f~tiche !
De toutes ces coutumes, il ne reste plus aujourd'hui
que les danses, les chants et les repas. Il n'en est pas de
meme a quelques lieues de Porto-Novo, au Dahomey, ou
le moindre événement sert de prétexte a des sacrifices
humains. L'un des dessins qui accompagnent cet article
représente la maison du principal acteur de cf:s sanglantes cérémonies. « Le minghan, qui jouit d·uo immensc crédit au Dahomey, nous écrit son auteur, est a
la fois le rnini,tre de la justice et l'exécuteur des hautPsreuvres. 11 hérite d'une partie de la fortune des condamnés qu'il expédie daos l'autre monde. Lors des cérémonies, ce haut personnage marche accompagné de deux
acolytes portan! un bas3in en cuivre, a anses, destiné
a recevoir le sang des victimes. C'est le principal acteur
de toutes les horribles fetes pa"rticulieres au Dahomey.
Lorsque, daos un jugement, le Minghan est embarrassé
pour prononcer sa sentence, il ingurgite a l'aecu,é une
préparation elont les effets doivent le faire paraitre innocent ou coupable. JI va sans dire que le breuvage qui
lui est préparé par les féticheurs est 011 n'est pas_ empoisonné. 11
N' est-il pas curiP.UX de retrouver, au milieu de 1'Afrique,
ce jugement de Dieu, si fort en faveur en Europe au
moyen age, et qui existait il y a quelques années e!1core
a Madagascar, sous le nom de tanghien?... Ces usages
monstrueux ont disparu des mreurs des habitants ele
Porto-Novo, que 'nos missionnaires et nos négociants
conquierent chaque jour davantage a notre civilisat10n.
L. RENARD.
(La fin pror,hainement).

P. S. - Au moment ou nous terminions cet article, le
courrier de la cote occidentale rl'Afrique nous apportait
la nouve\le de la mort du roi Sodgi. Ce chef a su,:combé,
le 23 janvier, a une affoction si:orbulique. Sa succession
aurait, parait-il, été vivement disputée. Un de ses fils
s'était d'abord présenté, mais les partig s'étant coalisés,
et l'élection mena~ant de tourner au tragique, le candi-data préféré renoncer ~u tróne et est retourné ases cultures. Trois représentants de chacune des trois branches
de la famille royale se sout alors mis sur les rangs, sang
parvenir a s'entendre. ll en cst résulé ce qui arrive souvent, qu'un 4uatrieme prétendant, anquel on ne pensait
pas, s'est trouvé un lteau matin avec la couronne sur la
tete.U se nomme Abro; c'est la tout ce que nous en savons, quant il.présent.
L. R.

Ll r:eTE DE NOTRE-DAME DE SANTE
A

CARPENTRAS.

11 y a. qnelque temps, je pris a Nice un billet de chemin de rer pour Orange. Jr. voulais compléter une étude
sur les monnments rornains de la Provence par un pclerinage a ce( are triom¡,hal, la plus helle des conslrnctionsantiq ues '1 ui nous soient rcstées. En arri vanta Arles,
nous trouvamcs la gare encombrée par une multitufo
d'orphéonistes, banniere déployée, pour lcs&lt;juels 011 dut
ajouter au train un supplémeot de wagons. A Tarascon,
nouvelle affluence de musiciens: on cut dit que tous les
orphéons de France s'étaient donné rendez--vous sur la
ligne de Paris a la Méditerranée. Nous gagnames,
cahin-cah1, la station de Sorgues, au milieu d'uo concert ou le sifflet de la locomotive melail ses notes discordantes au bruit confus des instruments. La, toute une
légion de virtuoses apparut encore; mais ils ne monterent pas; ce furent les autres qui descendirent. Ma curiosité étant émue au dernier point, j'appelai le chef de
gare et lui demandai ce que voulait dire ce déploiement
de trouµes ... instrumentales.
« Mons1eur, me répondit-il, ce sont les orphéons d'Arles, de Nimes, de Beaucaire et de Surgues qui se rendent au concours musical de Carpen tras. ,,
Carpentra~ n'était done point une chimere?
On faisait done de la mu.si que a Carpentras?

Notre-Dame de Soulac devait déchirer a son tour le
linceul de sable sous lequel elle semblait dormir du deriNOTRE·DAME DE FIN DES TERRE!I.
On pouvait done aller jus&lt;Ju:a Carpentra~ en chemin
&lt;( Ce clou est fait en forme ele mors de bride de cheYat,
nier sommeil. Des i830, une dame protestante,Mm•Guesde fer?
et cctte forme 11ni4ue et particulicre sert a prouvcr l'1utier mettait en avant l'idre de désensabler l'église. M. le
Notre-Dame de Fin des Terres, sur la plage _de Sou'
.
Je saisis ma valise et je sautai hors du wagon, juste thenlic:té de la relique, reconnue par plusieurs bulles
comte des Gardies ponrsuivit cette idée, et, sur se~ rnslac,
en
bas
Méeloc,
est,
sans
contredit,
un
des
plus
cu-au moment ou le train continuait sa route vers Orange, des souverains pontifcs.
rieux monuments de la vieiUe France chrétieone. Sa tances réitérées la commission des monuments historique je ne elcvais point \·oir de sitót.
» 11 est certain que l'empereur Constantin fit faire pour
fondation remonte aux temps apostoliques, et, jusqu'aux ques de la Giro~de fit dresser des plans et devis par ~es
Quelqnes seconde, plus tard, a l'appel d'une locomo- son cheval uu mors de bride d'un des saiots clous, et
invasions normandes, son sanctuaireapieusement gardé architectes compétents. Rien n'aboutit, comme dans
tive toute nenve, je montai daos un wagon tout neuf, que par li\ cet empereur crut se donner une sauvegarde
les reliques de Vérouique, de Martial et d'Amadour, presque toutes les entreprises de ce genre, ju~qu'au
qui m'entraina snr une voie toute neuve, vers un pays elang les combat,; que daos la suite, ce saint mors fut en
',iour ou le cardinal Donnet, entra_nt dan~ la vorn des
saints eontemporains du Sauveur .
également tout neuf pour moi.
grande vénération a Constantinople, priucipalementdans
Martial était un des soixante-douze qui suivirent Pierre moyens pratiques, profita du com1ce agricole de ~esSur le parcours de vingt kilomctres qui séparc Sorgues le six ieme sicele.
d'Antioche a Rome, pour serrpandre de la sur le monde parre pour provoquer une sous~ri~tiou, et en appl1qua
de Carpentras, nous donnames l'hospitalité atrois nou1, Or, puisqu'il est également certain que ce saintmors
r omain. La Gaule luí échut en partage, et il passe pour immédiatement le produit aux prem1ers travau:x. Cec1 se
veaux orphéons. Le train était au complet avec ses vingt ne se voit µtus a Constantinople, et que, de tous les
le premier apótre de l'Aquitaine. Amado~r ne sera!t passait en tR60; des l'année suivantc, le c~rdinal-privoitures réglementaircs : t'assaut fut des plus rudes. En saints qui sont actuellement expo,és a la vénération
autre que Zachée, le publicain dont parle l'Evangíle, qm, mat d'Aq•1itaine célébrait la messe du lund1 de Paques
arrivant a destination, nous nous tro~vames, - ne sais publique, en divers lieux du monde ch_rétien, il n'y a
sur l'autel élevºé par son illustre prédécesseur, Pey-Berle jo11r de l'entrée triomphale de Jés~s a_ Jérusale~,
comment, - quatorze daos un compartiment de pre- que celui de Carpentras qui ait la forme d'un mors, il est
était monté sur un sycornore. Quant aVeromque ou Be- land au milieu du quinzicme siecle.
micre classe. J'avais la jaml,e droite toute endolorie pour naturel de condure que le saint clou que l'on conserve
déblais nouveaux, comme~cés le t Ojui~ de_ cette
rénice, sreur ou fernme de Zachée, e'était la sainte
avoir supporté, dix minutes environ, un virtuose aux a Carpenlras est le meme que celui dont l'empereur
année
et conduits avec une grande ardeur par le Jeune
femme qui, sur la voie douloureuse, avait essu~é la face
formes athlétiques, orné d'un ophicléidc proporliouné a Constantin fil faire un rnors, et qui était honoré a Conset
sav;nt
curé de Soulac, ont mis a jour le sol du treiensanglantée du Fils de l'Homme, et dont le v01le garda
son embonpoint.
tantinople. ,1
zieme siecle daos les absidcs, le transept et une partie
la divine empreinte.
'
'
.
Je ne suffirais pas a la tache, s'il 'me fallait faire le
On n'est pas bien d'accord sur la fafon dont cctte reApre!i' avoir évangélisé Limoges, Angouleme, le pays de la travée d'avaut-chreur. On descend a cette part1e
dénombrement des rrjouissances dont je fus le témoin lique fut transférée de Constantinople á Carpen tras. Ceux
nouvellement décimverte par dix-huit marches provi$Í décriée.
, .
Dans cctte notice, il releve une foule de deta1ls cu- de Saintes et les bortls de la Gironde, Martial s'embar- soires et l'on est encore a plus de deux metres du sol
inespéré. Concours musical elans une eneeinte mervc1l- que cctte question préoccuperait, trouveront tous les déque pcur aller porter la foi aux habitants du Bordelais.
d'une facon
leusement ornemcntée; ·superbcs courses de cltevaux tails désiraliles daos l'exrellente brochure de M. l'abhé
du o~zieme siecle. De vastes tranchées permettront
r1·eux, insistant
·
• minutieuse sur. 4Js origines,
.
el¡¡ fait rcmonter le marché célebre qm se t1ent en- Une effroyable tempete le chasse loin de l'embouchure seules de creuser a ce\te profondeur, l'eau des dunes
daos uu imrnense hippodrome; tir a la carabine, imi- Ricarel (!).
ore a Carpentras tous les vendredis, au temps de Jules elu fleuve, jusque daos la haute rner, et, ap.res mille s'étant emparée des lias-fonds.
tation heureuse des tirs nationaux; bals en plein air;
La vi lle de Carpentras est, a juste titre, ficre de il'es
illuminations; feux el'art1fice, j'ai v11 tout cela conrusé- évcques. Les pl-us célelires sont, par ordre de date : Ju~m, alurs que Tiliere-Néron, lie~tenant du ~ic~alcur, périls, le saint apótre aborde au ~ort de Nov~oma~u~'.
L'écrlise de Soulac aµpartient daos sa masse a l'arville des Bii.1riges Vivisques. Nov1omagus, auJourd hui
avait Jhé sa résidence dans la eap1tale des Mem1111ens,
ment, noyé - pour ainsi d1re - daos un flot de cin- lien de la Rovere, pape en i 1i03, sous le nom de Jules 11;
chite;tnre
romane, mais de nornbreux détails trahisse~t
Memin1 quomm cil!ita1 Firum Neronis. - ProLEMÉE. tellement englouti sous les tlots que son emplacement l'influence des mUieux successifs qu'elle a traverses.
quante mille curieux que celle belle fcte avait allirés.
Jacq11es Sadelet, a la fois théologien, orateur, philo, c·est de cette ~oqne que datent les franchises particu- appart(ent a la géographie des légendes, élait a~ors une Deux colonnes de marbre et le tron~on d'une troisieme,
Le prétexte de cetle fete, c'est raccomplissement an- sophe et poete; Cosme Bardi, de la famille Salviati, une
'cité florissante, fréquentée surlout p~r les navigateurs
liercs a ce marché, franchises que les papes reconnunuel d'un vreu fait a la Vierge, que la ville de Carpen- des plus illu.,tres de Tosca ne, et ~lalachie d'Jnguimbert, a
de l'Orient. La tradition y fait arriver par roer, de Jéru- de fa~on greco-romaine, se vo(ent _encore aux arcat_ur~s
tras honore d'un culte tout spécial sous le nom de Notre- qui la ville doit ses deux fondations les plus importantes, • rent el au..-menlcrent plus tard par diverses bulles,
elu rond-point. Peut-etre faut-11 vo1r en eux des debris
salem, Zachée et Véronique, et c'est la que Martial les
daos lesqu~lles il était &lt;lit que « ceux qui v1endraient
Dame de Santé. En voici la légende, tr.l.e qu'on la trouve la B1bliothcque et l'Hótel-Dieu.
conservés de la reconstruction faite, au sixieme si cele, par
au marché de Carpentras ne pourraient etre troublés, retro uve.
daos la 1,1otice hi~torique de M. Charles Cottier :
L'llutel-Dieu, vaste monument d'une architecture
Une fois réunis, les s-aints personnages s'établissent saint Léonce archevéque de Bordeaux. Au neuvieme
molcstés, ni Pmprisonnés pour dettes, ni leurs biens et
&lt;( En 1628, la ville de Carpentras fut aífligée d'une· grandiose et sévere, s'éleve sur une place au milieu de
aux environs de la ville, en un endroit solitaire, connu siecle une donation anthentique des comtes bordelais,
effels saisis, en allant, en séjournant et en rclonrnant,
peste cruelle, et la contagion fut si forle, que plus de laquelle la reconnaisrnnce du pays a dressé la statue de
donn; l'éalise a l'abbaye de Sainte-Croix, et les bénédepuis sous le nom de Soulac, et éle:ent un m~deste
depuis l'beure de mieli de chaque jeudi jusq~'a ce!18- de
trois mille habitants périrent dans le seul mois de no- son illustre fondateur. Les parlies les pl¡¡_s remarquablP~
dictins s'é~ertuent pour en faire une hasilique digne
midi du samedi suivant, et cela sans except1on, meme oratoire, qu'ils dédient a la M~re qe D1eu. Comb1en de du vaste monastere qu'ils élcvent a coté d'elle. Huit chaYembre.
sont: la ra~ade, la cour d'entrée, la ch:ipelle et le grand
temps vivent-ils aiusi daos cette intimité évangélique?
en raveur des detles fiscales. ))
» Ce fléau dura plns de h•1it mois; l'on· n'en fut déli- escalier, !Jni passe pour un des plus bea1ix qu'il y ait en
La tradition se tait sur ce point. Nous retrouvons plus piteaux mérovingiens sont encore en place dans le sancLe paragraphe le plus iotércssant de la notice d'Exvré qu·au mois de 1uillet 1629.
France. On ne peut rien voir d'aussi simple dans le destard Martial a Limoges. Zachée meurt en solitaire au tuaire intérieur et daos i'e trnmepl sur des colonnes du
pilly est celui qui concerne les juifs. ~e to~t t~mps, les
» Les consul,, a pres avoir pourvu a tout ce que la pru- sin, et en méme temps d'au~si hardi dans l'exécu1ion.
Roc-Amadour; .seule, Véronique parait etre reslée atta- onzieme siecle. Deux de ces chapitca•u sont particulierejuiís ont ahondr. dans Carpentra,. AuJou.rd hm e_ncore,
dcnce hu maine ponvait leur inspirer, a vaient mis la
ment dignes d.'attention : l'un représente un tomheau,
Daos la salle des dcliltérations ele l'Ilótel-Dieu, on c•mchée a cet humbfe 3anctuaire, premier berceau du chrisil, forment environ le tiers de la populatton; ma1s leur
ville ~ous la protcction spéciale d&lt;J" la sainte Vierge; ils ser've un admirable portrait de l'abbé de Rancé, granl'aulre une chasse avec galerie a jour sur le faitage.
'
.
.
situation s'est bien modifiée. Sous les papes, il étaient tianisme dans l'Aquitaine.
avaient aussi invo(Jué l'Aoge gardicn,saintJos.eph, saint deur naturelle, peint par Rigaud, r¡u'on a suruommé le
Telle est !'origine légendaire dP. Nutre-Dame de Sou- L'iulluence de l'art arabe est sensible dans plus1eurs de
relraués comme a Rome, daos une sorte de Ghetto,
Joachim et saint Anne, saint Sébasticn et le IJicnbeureux Van--Dyck fran~ais.
,
0
'
•
•
f
lac, appelée plus spécialemerit Notre-Dam_e _de Fin des ces cbapiteaux, dont les tnlrelacs rappellent ceux de la
quarlier infect, ou l'air pénétrait a perne, e~ qm se .erFélix de Cantalice.
La Bibliothcque mrrite de tenir un rangdistingué p:irsalle des Lions de l'Alhambra.
Terres : Noslra Domina de Solu.co, sm de Finibus terrll!.
mait riaoureusement tou3 les soirs. lis paya1ent des tmLes voutes actuelles aecusent une velléité d'ogive, et
,, La co,nfiance q11'ils avaient eue aux secours céleste3 mi les plus helles et les plus riches ele l'Europe. Elle
Au point de vue purenientarchéologique,Notre-Dame
plits én°ormes, et portaient dans leur toilette un signe
eloivent etre du onzicme siecle. Vers la fin du treizieme,
mérita a cette vi lle un miracle elont le souvenir ne s'ef- compte 25,000 vulumes, pour !'entretien et le renouvellede Soulac offre un int~ret de premier ordre. Qu'on se
fütinctif, qui consistait, pour les hommes, en un c~~t'éo-Iise parait avoir été rlévastée par la guerre et le feu.
facerajamais. La peste ccssa, pour ainsi elire totalement, mcnt desquels ~fgr d Iuguimhert lais~a par testament un
fiaure non une éalise rnais une superpositioo de trois
peau jauoe, et, pour les femmes, en un morceau deLe~ débla1ements du mois de juin ont révélé deux ares,
lr dixicmejour dejuillet t62!l, et cetle cessalion ful an- fonds de vingt mille écus. A la Bihliothe•lUP. est adjoint
é;lise~ l~~e sur l~autr~, suivant ·1e plan primitif, d~ telle
toffe
jaune
attaché
sur
la
coiffure.
Peu
a
peu,
gr.lee
forternent
bloqués, dans l'un desquels se trouvait uue
noncée par la cloche de la chapelle du pont de Serres, un mnsée· qui ferait, a bon droit, l'orgueil d'une grande
sorte que les piliers nouveaux ne sont que 1~ ~ontmuaa
des
contributions
plus
con-sidérables,
on
se
relacha
meurtriere.
Quant au monaslere, l'histoire nous apprend
qui était dédiée a la sainte Vicrge.
-ville. 11 est trrs-riche en fragments d'archéologie, en
tion des piliers anciens, et l'on aura une idee de cet
vis-a-vis d'eux de ces r igucurs excessives; et déja, du
qu'il
fut
détruit
vers 1620, par Jean de Fabas, seigneur
» 11 était trois heures aprcs rninuit, quand la cloche ifücriptions antiques, en gravurcs, en médailles, et renétran"'e monument. La lutte exceptiounelle qu'il a du
temps d'Expilly, ils commen~aient a, faire ~uelque fi ·
de Castel-en-Dorthe, !JUi s'en rendit maitre apres un
5onna : les grangers el'alentour, étonnés de l'entcndre, ferme, entre autres hbleaux de maitres: qualre marine~
soute~ir pendan! des siecles contre le~ révoltes ~e~ vents
gure, s'il faut en croire cette ph~ase rncr~yable,
vinrent a la chapelle et, quoique personne ne touchat a de Jos"ph Vernct; des portraits de 011plessi~, de Parrode mer, explique seule ce~te b(zarr?r1e_ sans pr?~ede~ts. sié"'e de vingt-quatre heures.
échappée a l'indignation elu savant abbe _: ((_On vo~t ~vec
Des le onzieme siccle, Notre-Dame de Fin des Terrea
la cloche, elle sonna encore en leur présence, pendant ccl, de Gio Dom. Porta, de la Borrle, de Mulinart; deux
L'église a disputé le terrain, p1ed a p1ed, a I mvas10_n
u11e peine infiuie que des hommes ausst v1ls, qui n ont
a été un lieu de pclerinage celebre. Au relour de saint
plus d'un quart d'heure.
toiles att1 ibuées au Guerchin et au Guido; trois autres
des sables. Trois fois, en dix siccles, elle a crevé ses vouété rc~us qu'en qualité d'csclaves, aient des. meubles
» En actions de graces de ce hienfait, b. ville de Car- de Jules Laureas; quelques reuvres de l'école flamande;
tes aliandonnant son sol envahi et surélevant ses ar- Jacques de Compostelle, le pelerin de la Saintonge_ et
préciPux el vi vent délicatcmeut, portent de I or et de
pentras fonda une mes,e quotidienne et une chapelle- des peintnres sur émail el sur cuivre; pi usieurs gouaches,
ce~ux. Elle ne s'est découragée qu'il y a cent ans a de l'Aquitaine s'arrctait a Soulac, pour une stat1on
l'ar11ent snr leurs habit~, se parent, se pa1 rument, apd'un jour, communiait et brulait un cierge devant la
nie dans la cha pelle du pont de Serres, avec ércction de et un magnifique tal,leau sur hoi,, du !Juinzieme ou sei- ·
peine, quanel le vieux Soulac été. ~élinitivement enº
preonent
la musique iastrumentale et vocale, monte1 t
madone. La peste noire, qui ravagea le pays de Leshénéfice perpétuel, dont elle se réserva le sus-patronat. zieme ~iecle, représentanl l'A1loration des Mages.
glouti, et que ses habitants, desesperes,sont allés port~r
a
cbeval
par
pure
récréation,
soient
servis
par
des
chréparre, fit faire au.peuple médocain le vreu sole~nel _d'~lEn méme temps, la vi lle fil un vre11, en suite duque! les
Apres la Bil,liotht•que et l'Ht1lel-Dicu, ce que les Carteur demrure plus loi"n dans les terres. Un acle do 1~ ícliens
de
run
et
l'autre
sexc,
et
qu'ils
donnent,
dans
un
ter,
tous les ans, remercier la sainte patronne a qut I on
consuls vont, cha que année, a cette chapelle, ponr y pentrassiens montrcnt avcc le plus de satistaction, c·e~t
vrier fii4 vend a11 roí de Frauce l'église ensablée JUS,
luxe
prod1gicux
en
tout
genre!!!
)\
.
.
,
devait
l'éluignemeut du fléau. On garde encore, dan~
entendre la me~$C et faire une offrande en cire, le l'anci~n palais épiscopal, le Collége et l'Aqueduc.
'aux voti.tes coutre l:&gt;. summe de dix mille livres, et le
Aujourd'hui que, grace au progres, 11 est adm~s ~u on qu
'
. d .
bon noml,rc de familles du bas Méeloc, la liesace qm
AO ju:llet,jour annivcr~aire du miracle. »
L'ancien palais épiscopal occupe tout un coté d'une
roi fait élever une balise sur le clocher qm omtne enpeut étre a la fois juif et honncte homme, les Jutfs de
servait a la provision des quatre jours du pelerinage.
Drpuis lors, cette dévotion s'est transíormée en une place charmante, qui s'étend au creur mérne de Carpen.
Carpenlras vi\'ent sur un pied d'égalité patfaile avec core la plage morne et solitaire. .
Sainte Véronique était en tres-grao de vénération surto ute
neuvaine durant laquelle les rrjouissances mentionnées tras. Il égale presque l'Hótel-Dieu par ses proportions
Les rocber, de nos cotes océamques, contmuellement
les chrétiens; lcur Ghrtto est en \rain de devenir un des
la cote, et parlagea1t avec la mere de Oi~u la pie use attenci-des6us dounent joyeusement la réplique au1 exercices grandioses, et, comme lui, porte le cachet d'une grande
hallus, froissés, soulevés par le mouvemen_t _implacable
plus jolis quarticrs ele la ville; et s'ils paiPnt un pcu plus
tion des fidcles. Son curp,, que la cra10te des µrofanade piété.
époque architecturale. Le portail surtout fait l'admirades eaux de la roer, sont insensihlemcnt mines, et, pour
d'impúts que leurs concitoycns, c·est que le~r furlm~e est
tion fit transporter a Burdcaux (t ), reposa longtemps
Outre Notre-Dame, Carpentras a pour patron spécial tion des connaisseurs. Depuis la suppression du siége
ainsi dire réduits en miettes. Tous ces débris de quarz,
pli1s con•idéralile. Voila _tout ce qui les d1ffcrt!nc1e du
sous l'autel qui lui était dé&lt;lié, et son nom était iuvoqué
Saint-Siflrein, un de ~es premiers éveques. On conserve épiseopal de Carpentrai,, ce IJatiment est devenu le palais
de caillou'x, de graviers, se broientet s'att_énucn~ sur les
reste
des
hommes,
si
ce
n·e~t
encore
ce
type
ineffa~able
pour donner plus de force a la samteté des serreligieusement les rcliques de ce saint dans une belle de justice. La salle ou se tiennent les assises est tresplages, jusqu'a ce que, pulvérisés, ils prnssent etre enqui
ferait
reconnaitre
un
enfant
d'Isracl
entre
mille
iné~lise gothi!Jue placre sous son invocation. La porte la- importante comme étendue el comme installation. On y
ments (2).
.
1evC•s par les vcnts. Tell e est l'origme de .cette, effroyable
•
Aujourd'hui, Notre-Dame de Fm de~ T~rres est en
dividus.
térale de celte église cst une merveille d'art sculptural. remarque de fort belles fresques et un Christ d'un .
quantité de sables qui, si longtemps, a deso1e nos cote,,
Que si vous me demandez mon seoti~en_t sur 1~ caquelque sorte, ressuscitée_: l'antiq~e pelermage est ré_A l'intérieur, on remarque une superl,e toile de Paul grand prix.
et menacé, par la marche de ses duues m~uvantes~ de
ractere
des
Carpentrassicns,
je
vous
d1ra1
que
Je
_les
talili et le 6 du mois dermer, en presence de sept ou hu1t
C'est
dans
une
cour
du
palais
de
justice
que
se
trouve
Véronese, une magnifique Gloire et deux Adorateurs de
chancrer les plaines les plus fertiles en deserts ar1des.
connais trop peu pour me prononcer sur cett~. que~t1on
mili: pelerins accourus de tous les pomts de la péninBernns. La premicre pierre de l'édifice avait été posée !'are de lriomphe romain, longte_mps enfoui daos des
A ·o~rd'hui grace a l'initiative couragcuse et a la perdélicate.- lis ont l'air vif, affal,le, et les dermeres elecsule,
l'éveque de Saint-Claude proceda1t sole~uellepar l'archeveque d'Arles, en i405, mais il ne fut eom- eonAtruetions modernes, et que des travau:x exécutés
séu;érance obstinee dr. l'illuslre Brémoutier, des l'an IV de
tions ont fait voir de quelle maniere ils cntendent les
ment a la translatioR des reltques de sarnt Marttal, de
plétement achevé qu'en 1519.
·
par le département ont mis a découvert il y a peu d'anla République, les dunes roobiles d_~s embouchures_ ~e
intérets du pays. lis sont les premiers_ ~ rire des mots
sainte Véronique et de saint Amadour, rest1tu~es a lcur
C'est le jour de la Saint Siffrein, et ce jour-la seule,- nées.
l'Arlour et de la Garonue sont parfa1tement et dcfir11t1qu'on
leur
décoche,
qnand
ils
sont
spmluels,
et
ne
se
ment, qu'on fait au peuple carpentrassien l'exhibition
Comme les chapiteau:x des colonnes ont disparu, ainsi
ment fixées. Une vP&lt;&gt;étation magnifique couvre de son antique sanctua1re. Gracc au chemin fer du Medoc, dont
croient
pas
obligés,
pour
cela,
a
rcnier
leur
clocber.
lis
elu sai~t clou. Carpcntras e~t une des vingt-si&gt;. villes que leur entablement, on ne saurait dire au juste a
:anteau vcrt les plaines désolces, !JUÍ s'élargissaient
1 Corpiu Veronic&amp; Bardigalam, propter baila, tran1latum.
ne vont pas criant par-dess1,1s les to1ts qu'ils sont Car1
(Anc,en o,,cuulfnt.).
qui prétP.ndent a l'honneur de posséder un des clons qufll ordre appartient ect ouvrage. Le temps a détruit
saos cesse devaot le terrible usurpateur. L'homme a repentrassiens,
mais
ils
ne
rougissent
pas
de
l'etre.
(!)
..... Lo1Uqt1a01U abt1I ;urat IObrt !'4°':'!ª ,i¿ 14 111flt• Veronicll A
ayant percé les mains ou les pieds de N. S. Jcsus-Christ. l'attique qui portait l'inscription, de sorte qu'on ne peut
conquis, en rnoins d'un siecle, le terrain perdu dans les
SDll.lac, Jit-on •• has d'un coot,.t du XJU• •iecle.
ÉMiuBuur.
Sans discuter la valenr de cctte prétcntion, j'emprunte guere lui assigne¡ de date précise. Les uns l'altribuent
maut.,; dix fois séculaires de la roer et des vent.11.
~
a la notice citée plus haut la légende sur laquelle repose
(1) J.-B. Péll¡t&amp;ud, librair,-éditeur, a Lyon.
l'opinion qui parait la. mieux: ~ccréditée :
ó~;ien .tEnobarhus (650 de la fondation de RomP.~;
ª.dau1res. aFahius Maximns;
quelqucs-uns, et cette op1.
.
.
st la pi us vra1,em blable, le classent parrrn ces
010n e.
•
ui monuments qn'Auguste fit conslrmre par ses
oom hre
.
.
1 l'
..
n•uls dans plu~1eurs provrnces ee emp11 e.
procll Coilé"e vaste édifice orne· d' une JO
· 1·1e ehape ll e et
0
L
'
' 1·1ers
d'une dome assez
gr:1.Cteux~ compte d' I 11 ustres eco
ses ano ales. Pétrarq ue y fut envo)'é, vers le comdans .
"
"
.
f.
.
ement du quatorzieme s1ecle, pour y aire ses etu111enc
,.
·1
·11
. des, et, pendant, qu~tre ans d~ seJo_ur. 1 y appr1 a
"rammaire, la rbctoriq ue et la d1alect1que.
0
L'a,¡u~duc date de l 734. 11 se compose de _quara?tebuit arches, sur une longneur de 374 to1ses. L outure des arches est de 6 toises, et la hauteur de 9.
,Ler
que traverse cet aqueduc. a l'aspect ata campaane
o
t . ·tan\ et solennel de la campagne roma.me.
rt~n lisant les pages que je viens d:écrire, ~I va vous
ailrc impossil.ile qu'on puisse en d1re auss1 long·sur
par
· d"
· · et 1e
Carpentras. Pourtant le sujet est l~rn
_etre_ épu1se,
t Expilly dans le Dictionna\re historique des Gau~van
'
·
·¡¡
onsacre
plus de vinnt
colonues a cette petite v1 e
C
1 1
es,
o

0

D:s

.ª

�108

t09

L' I LLUSTRATI()N , JOURNAL UNIVERSEL.

L' ILLUSTRATION , JOURNAL UNIVERSEL.

-------------,-- ------------- - -- -------- - -- - -------- ----- il est l'avant-derniere station, le
vieux Soulac va renaitre comme son
église. Dans deux
011 trois ans d'ici,
sa plage admirable
sera peuplée par
des milliers de baigneurs, qui la préféreront a bon droit
a la plage d'Arcachon et de Royan.
Ses dunes se couvriront de chalets

élégants, et son Casino ri valisera a,ee
les plus fameux établisscments du mé.
me genre. La ci.¡.
lisation rentre en
souveraine sur ce
pays reconquis par
elle, une fois pour
toutes, sur la solito.
de et la mort.

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H, DE LA fü.DELf..\E.
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HOTl!L-l)LEU IJE CAl\l:'l!NTRAS. - D'apres un croquis de Al. Fenouil

LE SAINT CLOU.

CBAl:'cLLI&gt; MlllACuLEUSE UE NOTIU.-DAIUE DE SANTÉ, A CAlll:'ENTI\AS.

LES TIREURS TYROLIENS.

Dans les cabanes en bois attachées
aux flanes des glaciers du Tyrol, habite
un peuple actif, dont la bravoure et la
fidélité aux engagementsson t proverbiales. Quoique pauvre et isolé des pays
environnant,, il a su s'attirer la sympathie générale.
• ·
La vigueur et l'adresse sont, dans ce
pays, deux qualités physiques tréscommunes, et l'on sait que les rcdoutables chasseurs de l'armée autrichienne s'y recrute11t presque tous.
L'adresse des Tyroliens amauier !'arme
nationale, le stutzen, est surprenantc,
et bien que les armes de précision
n'aient pas pénétré encore daos tou!es
les parties du pays, le continuel exercice de la carabine et l'habitude de la

.

chasse au.chamois leur donnent une
supériorité incontestable sur tous les
autres tireurs, supériorité dont ils ont
fait preuve au grnnd tir de Francfort. A peine le printemps a-t-il fondo
les dernicres neiges, que l'on commence a entendre les coup, de fusil
retentir de toutes parts daos les vallées; cbaque prairie, chaqne verger a
sa cible, autoul' de laquellc se réunissent les tireurs eles envirom. Tous les
ans, de grands tirs rassemblent les ti•
reurs de tout le pays. Mais la vraie école des tireurs, ce sont les pt!lites réunions de campagne, dont l'a~pect cst si
pittoresque. Les coups de fusil et les
rires se melent aux sons de la guitare
nationale, et cela sous un ciel pur
comme l'est celui du printcrnps au Tyrol.
R. Maxo1,.

CHAPITEAliX UE L'EGUSE DK SOULAC - D'aprés les croq. de M, Rossigneux.

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Tlt.lNSl,ATION DES l\ELIQUKS UK SAl,, TK VliltUNl(.!Ul! f,;r llK SAINT AMAIJOUII A LA VIP.ILL~ liGLISE IJE SOlJLAC. -

Uapres un croquis de ,\l. H. dé la !ladelene.

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Tribunal que ni ses confreres ni luí ne trouvaient daos
lcur intelligence et dans leur cre11r rien a Jjouter a ce
qui venait d'étre rlit avec tant de vérité, de noble~se, de
graodeur. Les autres défenseurs ont confirmé cettc dé••
claration.
Quelle pbidoirie eut valu cette résolutioo unanime de
ne ríen ajouter aux paroles de M. Jules Favre ! Et quelle
joie aussi, quel m•,tif de se furtifier dans leurs espérances, de se confirmer daos leur foi, pour tous ceux qui
croient en la liberté, que de voir se3 plu5 illustres soldats, vieillis &lt;lans les lutles soutenues pour elle, frissoouer encore et tren,hlcr d"enthousiasme, comme daos le
temps de leur jeunc.-st, au1 itccent~ qu'clle inspire.
Le Tribunal a vu daos !'origine, dans le programme,
daos les circulaires du comité ~lectora! de Paris, daos
ses rapports avec plusieurs comités elcctorau1 de province, daos les cotisations ver~ées par les membres, d ios
lcs.collectes faites par eux, dans les souscriptions ouvertes parmi leurs amis, la preuve tl'une association se proposaot d'iodiquer des candidaturcs pourtoute la France;

G.IZETTE DU PAL.IIS.

• Nouq soussignés, officiers de tous grades, d301
» corps frao co-chinois de rarméc imprriale du Te
» Krang, prote~tons contre le litre de génrral en
» de l'armée impériale chmoise, que cette nolice doollf
» a M. S, hredelin.
,1 M. Schre,lelin est dans nos ra~g,, vice-général dt
n corrs franco-chinois, et, dcruis quinze mois, nous n'a.
» vons en d'autre général en chef que ~l. le lieutenantde
» vaisseau Neveud d' Aiguebelle, qui a snccédé aM. Ta,.
» d1f de llo1drey, et qui nous commaode encore aujoo,.
» d'hui. n
Suicent les sig11at11res.

Felia: culpa! s'écriait un théologien en parlant du néché de nos premiers paren•s; heurPuse ponrsuíte! sommesnous tenté de dire, encore !out emu de la joumée de samedi dernier, tout palpitant au sonvenir d'une des plus
éloquentes protestatioos pour la liberté qui-soient jamais sorties &lt;lu creur et des levres d'un homme.
Le proces intenté au comité électoral de París devait,
disait-on, durersix ou seµt audiP,nces: en deux audienaes,
toutétait fini, etpourtant, nulle préciritation: un interro~
gatoire consciencie111, un réquisitoire qui avait rris toutes
ses aises, une défense qui n'avait rien laissé daos l'ombre
LE PARTHÉNON DE L'Hl&amp;TOIRE.
et cioq heurc.s de délihération.
Saos aucune interrurtion, LE PARTHfu'\O.N DE L'HJs.
L"objet de la prévention \'ous est connu: association de
T0111E put:rsurt la pubhcat1on de ses si&gt;. volumes.
plus de viogt persono es saosantori,atioo du gouvernement.
L'avance considerable de planches gravées que p05Sé.
Quels étaient les prévenus? Vous le savez. Deux anciens
daient les étlileurs de cette vaste eotreprise avant de
ministres, membres du Corps Léli~lat1f, un a11c1tn rerrcmettre en ~ente la premiere livraison, leur a pern1is de
sentant, un avou/, six avocats ala Cour impériale de Pacontinner leurs travau1 saos aucuoe précipitation préris, un avocat au Tl'iLunal de Mar~e,lle et deux avocats A
judiciable a la beauté de rreuvre; de tell e sorte que lea
le Tribunal a t!écídé, en outrc, que des documents de la livraisons qui se succedent sont aussi parfaites que les
la Cour de cassation; au 00111Lre des avocats. cinq lau- cause
et des correspondances de plusieurs des ioculpés, premieres.
·
réats de la Faculté &lt;le droit. C'était bien de l'honoeur
il
résultait
que
l'association
était
restée
permanente
et
C'est
aiosi,
du
reste,
que
dcvraient
toujours
se
traite,
pour la police correctioooelle, et il y a des salons oü l'on
avait touJours agi dans le but de propagande politique les ouvrages publiés par fascicules.
,oit plus mauvaise compagnie.
qu'elle avait poursuivi daos le priocipe.
Les livraisons n•• 30 et 40, qui vieonent de paraitre,
Et porir défendre ces hommes honorables, les plus ilChacun des préveous a éte condamne a 500 francs témoignent de la vérité de notre observation.
lustres orateurs de nos assemblécs parlementaires, des- d'amcnde.
Ces denx lil'r~i•on~ rrnferment:
merubres du Corps Législatif et trois anciens ministres.
Apres le Tribunal, il y a la Cour rnipr•riale, et apres la
Le ~hene, tete de chapitre; - Portrait de M• • de
Pourquoi treize prévenus seulement alors que le délit Cour impériale, il y a la Cour de Ca$$a!iun.
Thiangcs, Amours curi&lt;'ux, ileuron; - Vue de P~ril,
impliquait nécessairement plus de vingt assoc1és? C'est
tete tic rhapitre; Portrait de M•• Roland, palmes et coaDu jugement, il résulte ceci : c'est que dans un pays riwne, lleuron; - Vue du Louvre, telP rlc ch:1p1tre; ce que nous sommes fort emreché d'expliquer.
de
suffrage universel et d'égalité devaat la loi, 011, par Portr..iit de Catherine de Medicis; _ Fleur de lis, tteuLa prévention trouvait la prcuve de l'association
la
force
meme des choses, les fonctronnaires du gouver- ron ; - Croix pectl1rale de monomaque; - Ma~se d'ar.
prohibée par la loi dans les cnrre&amp;pondances échangées
nemea!, depuis le garde-champetre ju•4u'au ministre, j mes, encrier, dJérid, arqnebnsc, pertui•anP, casque;
entre le comité füctoral de Paris et certains comités de
forinent une immcnse association toutc constituée, toutc - Aocicnne voiture de t1.:1r; - Vuilure de patriarche;
province, et daos le fait que des colisations avaient été
prcte ii. agir, et disposant au juur de l'clectmn ele - Costumes de boy:,rd et de filie de hoyard au di¡.
per~ues afio d"aider au succcs de l'reuvre commune.
moyens d'action inuneuses, il faut au1 citoyens qui veu- eepll?me ~i-~cle, - C1:stum~ de Izar el d; tzarine au dix}l. le suhstitut \lahler a donné, dans son requisitoire,
lent s'unir pour orposer Jeurs candidat5aux candidats du se_rt1cm~ s1ccle; le trone d arge~t; - Flaco_n en pureela défioitioo sui van te de l'rssuciation :
. . prealable
.
1:uoe. du, tldJ·cv1teh
gouvernement 1'autor1sahon
dugou,·ernement. Al
'h
- Jcan Ivanov1tch
L
'· - Ass1ette
o du Izar
« Ce qui constitne l'associatioo, ce n'est pas tel ou tel
, .
. . .
, .
t·xr.; 11" ati1ov1 1c11; ampe grec1ue, euron; Sera-ce I avis tl_e la Cour 1mper1ale? Sera-ce I avis de Vue du cliátcau de l'élrm,itth, tete dJ cbapitre; _ Chelien mat.~riel, sen si ble, exista ot entre les associés, ce
la
Cour deCassat1on?
mrns Hcinaui; - F1acre d'hiver; - Cathédrale de la
n'est pastel ou tel signe caractéristique ou sacramente!;
11 y a quelques mois, le Trihunal jugeait que le fait de ViPrge.
la loi n'exige, pour qu'1l y ait association, oí organisajetcr a la poste, une Coi!! par semaine, un pli fermé
Cet avis est donné a nos aboonés souscripteurs a cette
tion comportant des chefs et des direcleurs, ni périodicuntenant des corrcspondances adressées a des agcnccs puLlication, t:l particulicrement l ceux qw ne le sont
cité daos les séances, ni permanence dans les memes de publicité periodique, constituait a lui tout seul la pu- pas encore.
travaux, ni délibérations auxquelles participent tous les blication d'un journal périodique.
_ _ _..._._,...,-,=~L....A.•- - membres; ce qu'elle exige comme unique sigue &lt;listincLa décisiun &lt;lu Trihunal fut coofirméo en appel par la
AU OIREC.TEUR.
tif, c'est une communauté de but entre les as,ociés, une
La question qui est appelée Aétre le signe caractériscommuoauté d'eflorts pour atterndre ce bul; lJlle ce~ Cour.
Cette
doctrine
nous
semblait
énorme
;
mais
il
ne
nous
tique
rle notre éroque sera, saos aucun doute, celle de
efforts soieot identiques 011 d1fférents, que la coopéraétait permis de lc1. critiquer que fort discretement. La la NAVJGATJO!'&lt;I AÉHtENNE. Aussi comprend-on aisément
tion elfective, doooée par chaque associé, soit morale
Cour de Cassation vient de juger sommairement que le l'intéret qui s'attache a toutes •es faCPs.
ou matérielle, peu importe; quiconque dans la mesure
Tribunal et la Cour avaient violé les dispositions de la
En dehors des questions de déta.il, dPux príncipes seude ses forces ou de ses convenances, payant de sa per-• loi. L'arret est cassé, et nous sommes libre aujourd'hui lemcnt sont en _P~Pse~ce: le . na vire aérien d,Jit-il, elre
sonne ou de son argent, concourt au but commuo, ce- de trouver sin"ulierement hardie celte théorie qu'u J&gt;lus 101ml que l ai,·, c cst-A-dire toler... , ou nager, c est1I
ui-la est associé. »
.. tqu1vau
, . 1 a. un
' artl- 1 L'
a-dire etre e11• rq111hl-re
po(sil,te nt·ec
mannscr1·t qm· D
sera peu1-i;Alre pu bl 1e
·
- le milteu a11,biant?
La définition estlarge, et, A prendre les choses aiasi, il
.
. .
.
.
,
.
. .
a, pour mOJ, se resume 1a ques1100.
La po~siliilite du , ol n'ctanl pas coutestée comme fait,
doit y avoir heauconp de gens eu France qui font, saos ele 1~prime el hvré au_ pulilic, qu on do1t ~s1~1ler en
certarns
cas
la
plume
a
la
presse,
1
ecntur&lt;'
a
l'1mpre~,
il
reste
n,ippr,•cicr quels sont ses cótés pratiques d'aple savoir, parlie de quelque association a laquelle M. le
sion, une lettre fermée a tous a un jouroal ouvert pour plication et ses avantagcs.
substitut pourra quelque jour chercher nolse.
tous, quelques personncs désignécs par leur nom au pnBien que des noms autorisés (t) aient Mja jeté dans
En tous cas, il en est une que, des A présent, je luí
blic innommé. La logique a vraiment de gr,mdes ohli- la balanc_e le po1ds de leurs h.11111eres, persnadé
dénonce, que Je le défie de poursuivre, et qui compte des gations ala Cour de l:assation.
qu'on ne saurait jamais trop fou11ler une qucstion pour
associés par centaines de mille; il y a en Frélnce une
Apres avoir consacré aux inttréts de J'Ordre toutes ~n ~ulgfri•cr l'etude, je ~e regard,erai yas ~o.mme
ligue innomlirahle d'hommes honnetes, intelligents, les lumieres de son cxpérience et un dévouement infati- 111ut1!1i _d entrer daos le debat et d expruner 1c1 mes
éclairés, qui aiment la liberté, qui la regretteut et qui
hl •1 G d
· b'
·
b d C
.1 conv1cllons.
e,,,d . au
aérienne "'Ir
le •
con~acreront tout ce qu'ils ont d'énergie, d'ardeur et de dga l'O
0 r, 1-1 me semble que la navirration
d ry,
• anc1en . alonmer, mem
d re. u onse1
, D
,,
e
.
r_
re
epu1s
trente-s11,ans,
a
cru
~v~1r
~onner
sa
vol
o·est
pas
applicable
en
¡¡rand,
attendu
t¡u'il
faudra
forces aen ramener le rcgne san!! en avoir demandé, au
préalable, l'autorisation an gouvernement. Ces hommes dem1ss100, pensant que s1 1age ne refro1d1ssa1t p~s son constamment réagir contre la ptsanteur elle-meme. 11
zele, il rendrail peut-etre son concours au1 travaux de reste évident que le po1,ls de l'arr11reil, plus lourd que
n'ont, il est vra1, ni organisation, ni chefs, ni d1rcction,
ses collegues moins actif et moins cfficace. L'Ordre l'a l'air, et celuí des génératcurs de la force enrrloyée pour
ni séances périotliques, ni travaux permaneots, ni deliremplacé par M. Bt&gt;tolaud, qui, tres-jeune encore, aré- r1•agir contre la pesanteur, la1sscront peu d'eJ:céda11t utibérations communes; mais lout cela n'est point nécesvr\lé des son déhul au barreau un talent plein d'éléva- lisable oour le fret: . .
, . . .
. .
saire aux yeu1 de M. le substitut; ne suffit-il pas, pour 1100 dll maturité et d'elé"aoce.
Aprcs cctte cons1derahon, d ou 11 re~ulte que u N.mconstituer une ~socialion, d"un butcommun qu'on se pruL; scer•tre patcrnel du í',atonnat a passé, depnis huit G:moN AERIENNE par /~~ gl'dl'e.~ ne permet pas d\·spércr
pose, d"cfforts comm1111s tentés pour atterndre ce hut?
·
1
d &amp;I O r
A II d M O
d etfel utrle, et, consequemmcnt, manque des cond1t1ons
Cctte théorie a quelque peu étonné ~- Jules Favre, et, JOurs, e es mams_ e . . u a~rc ce es e . csma- économiques qui pourrait.nt en just1fier l'application
deux heures durant, il a témoigoe son étonnemcnt en re~t; apres la d1al~c11que pu1ssan~e, sobre, cooc1se, ~a prahque, il de\ient pr&lt;'sque inutile de s·occuper du pe_u
des termes tols qu"il cut été domm3ge, vraiment,que les grace abondante, a101alrl~, persuame : deux forces d1- de aécurité que prcsentprnnt des oppareils condamnes
verses, a qui s:ed également la royauté.
A KAE111PrE.,. par Jcur nature mcme il tomhl'r commc des ma,ses des
doctrines de }l. le suhbtitut fusseot restées enseveliei
qu'il y ar:ra la moinrlre iriterruptiou dans le fonctionnedaos l'oml,re du parquet.
ment de leurs machine~, accch;ranl leur chJ;te proporOui, je le répete, heureuse poursuite qui nous a valu
Nous rccevons du camp de Thi-Deu {Chine), devant tionoellement aux temps emploJés; non plus que du
ces admirahles élans, cette suLlime revenrlicatioo de la Hu-Tchou-Fow, sous la date du i7 mai, la réclamation danger rérnltaJJt de ce que les organes, dont la rotation
liberté, ce magnifi4ue appel a tuus ceu1 qui ou ont été suivantc, sigoée de rlusieurs ufficiers, et a Jaquelle oous de,ra rra'!ir rontre le poids rle l'appareil, seroot ses
les plus éloquents avocats, les plus dévoués Routiens et nous cmp1essons de fa1re droit.
sculs poiol3 de su~pcns11Jn dans l'cspacc.
qu'une déflonse commune groupait autuur d•1 grand or::.Mais b1Pn autrc est la tlonru;e que prérooi~e la Socim
AU DIRECTEUR.
teur. MM. Berryer, Marie, Didier, Héberl, Arago, Pirard,
fran~u sede1 Aerosca¡,he.~, el pour conrlnre 11ue le rro1
Desmarest, Grévy, Duíaure &lt;levaicnt prendre la parole . • Le numéro l096 de l'Il/11~tration, du 27 février 1864, 1,Jcme de l'aiironautique ne peut etre pratiquement
apres M. Jules Favre; tous y ont renoncé, eUl. Berryer, » a publié uo portrait du général Schredelin, suivi d'une resolu que par l'é,1uilihre de l'appareil cmrloyé, avcc le
milieu d'1mmersion, elle resume les príncipes sur les•
la voix tremblante d'émotion, s'est levé pour déclarer au » notice biographique.

I

¡

(t) J. Seguio, V. llleunier, L. Duid.

Ht

L'ILLUSTRATI0N, J0l'RNAL UNIYERSEL.

L'JLLUSTRATI0N. J0URNAL ONIVERSEL

.
- -- dsun systeme par cet. axio~e, frappant e
.,.e~ ~Poct de l11ridité: « rlesti11~ u ctrc tm_mer.!lé dans le
0
1
,.- oo
cooCISI
. ·¡ /o t agir le 1\'avi,e aérien do1t e re po,ss n
111jjelJ ou 1 ' ,
,
1 UJ'titwles. 11
d .. 11
JJC'~ es. un remarqnahle travail ~nc _la pre~e a eJ, pu
an~ a•a v·1ll!ur (1), M. Char,·111, d~J cono u par
•rrrécier · • et f 1nd •tcur de la Société, a victorieu•d'autr~~
. • trava11\
' "
. . aé,ie1111e
•
. . •lle cooclusion
IJlle ¡,, Nav1aut1011
cnt pose ce
•
,
sen1 --1ble surt,u,t ¡1,1r les Aéro\lats.
11 d f
e)! JIO~'
s d1rc 4u'il ne s'agit pas du ba oo e orme
)l ~~ 58ll u·on te'.lterait vainement de remorquer par
vri1n1uvc'. qvu la dépcn~e de furce qu'il faudrarl fa1re,
la"ª!~~~¡ pour vaincre la résistance prcseut~e Jlél~ la
)aqs ,,. •id' b lloo croissant en raison de la v1tesse im:;uríace u a ,
pri~ée. ·¡ d nt il s•a,,it sera de forme cllip•o"idale et
Lappare~ . o n surte Dque les ré.,i,tanccs Ala marche
u-es-.1ll011gce Ít :.eicrcer sur la ~urflce totale de l'al'.JIªn'auron_\ Pªs l •111enlcom•11esu1facaéclle, surs'a srct1on_.
rctl, ma\~ si~,~n aussi nouveau qu'ingénieux, . l'app~rerl
Pn u: ,ol~nté dtvemr plus lourd uu plu_s lcgr~, c e~t~
n.inrra, a
1 'd •scen1l1·e. Ses vuilcs lu1 scrv1ru11t a
•
ter e e
a-d1re n1odnu ···ent
lor•qu•1·1
~era fav_ura'·!c,
et l'a.ct_iun de
,
"
'
u
profiter, . . latéraux servira a creer la rcs1stance
1 en tant 4ue reses. prop11lseu1s
1 d. 1·00
our détcrminer a irec
,
dei:x impulsiuns (r).dle du ,:~11t, et cella dé.
r /P.s hélices folérulc~ .
.
.
ttm1111é~
. avire aéricn (je voudrais dire le powon
~a•~e :e~a pas plus condamné A n'etre_ ~tuloe
11&lt;•'~"
son con"éoere ne l'e&amp;t daos l'eau, ou, a es
~:~:~ ~~:i~tances vaincre, comme m1lieu et comme
• ne saurai t assez aller au fond des chose3,
coura~~- on

----;e

:;~~~~~t~Js
~
_}:1

1

Et ic1Í . r tromper par les apparences. Bcaucoup de
sans se a1sse t . a criire qu'1l faut, pour rcsouclre le
gens :ont J;r/tERo~.1unQuE, le concours de machi~es
prol,.leme ot u1s,antes; Jls crargneot que, daos I ese1trememe p sse les obteoir assez légeres pour renpece, on ne pu,

·-__p_e_o-se_s_.Faisant face a cette estrade, d_eux ~onstruct(ons
mus pa~e sentimentd'amour-propre na~i_onal, ~ui nous lé ..~rcs ser1aient, l'une au commissar1at, 1autre a 1exporte a dl'sirrr ~ue l,1 Francc so1t la prem1cre afau·e fa1re
Di;
1 T t et ensemble en¡,osition des produits _ag_rico es. ou .e
. ,. un pas d1'l'I if il 1:i (!lll'Stion.
.
diose frappa1l vive
Je terA1111e ma lellre, monsicnr, pour ne ras la renche cadré daos un site severe et gran
,
. •
. 1
·, e mnw
.
trop 1011 ..., 11 c 01 ,11s l'ans aHHr epu1se a_mat1cre. ? · ment l'imaginat1on.
é . t
\'OUS ave; dl'Ja puhlié, le l:i Jlli ll'l dcrn1cr: le tles~10 de~
Les races bovi11e, porcine et ovinc du pays ta1en
u"1·0.~c11r1hes A. Charnn et (lo, j'usc espcrcr_ qu~ vous, rerrescntecs a ce conceurs par les plus beaux t~1.1es.
'
1 L
liante
lJ
es et de
,oudrrz bien
Les produits agricoles étaienl noro reu:x, vari
d accordcr A la préstate a ienvei
hosp1lalité e vos co1unncs.
tres-belle qualité.
.
, .
•
L. l'i. D'Arnu.c,
L'riposition des machines et instrnment! eta1t remarFondattur ho,ornirt et mtrnbre corrupondanl dt
la soc1tti {l'a11¡;aut du Airo,caphu.

Prns,

s •oVT ,m.

~

L'éditcur Dentu vient de puhlicr u~e nouvelle édition desSiúM po¡,i:'uires de Henry llunmer, ~n m_1 spl&lt;'ndide volu111e de (H0 pa~es, i/lu,tré de_ JOh~~ vrgncttes
d'aprcs le~ dt:,,ioc; de rautcur. A la fois ar11,te, co~1cclirn et écrivain do1,é rl'un talenl d'ubservalron et d un
esprit vií et ra(lleur, Henry. Mnonicr est le ~~l•atcur d~
ces t11ies ele bouri:rt•ois &amp;tu pides, personn1fies d~ns Jo
1· l I s m1·11le11res
s 'I h • Prurlhomme. Ce v.olume con l l'D e
.
e,
1
t
1·100 d' l'autcur· nousy tescenes nui ont fait a rcpu a
e
'
.,
trouvons:
C el' ·ses la Grande
Le Jlo,Mn c~ez la portiére, la ~ur assi • .
Dame le Df11,•r lo•o·geois, la Vict,me dtt Co1r11/0f', 1~
Gu!'d:-malade, le Voyaye en diliaericr, !es mmé111aeme11ts,
les Bureattcrutes, le Jour de fo11, les Guo~el!es, etc: t
Ces tableau1 de la vie réelle, d'une ga1el&amp; entrarn~n e
et communicali,·e, ~eront hientót daos toutes les ~ai~s,
car c'est un srectacle dans u_n fauteu1l'. le plus recreatil el ie plus varié de tous. Pm : 8 Ir. {,aneo. •
V

quable.
1 d d. mille
C'est le 17 juillet qu'a eu lieu, devant p u_s . e i~
persnnncs, la distribulion des p~ix. lis o~tde.\:e:~~1ª~~
lauréats par la princcsse elle-meme, qm, ~ .
pcr~ail l'émotion, a proooncé un discours rehg1eusement
écoute, el dunt le passage sui,a~t. ~cs~me les effets
rodu1ts par le concours du a son m1uat1ve : .
p « Lts commi%ions qui viennent de parco•mr le déartemenl puur les delrichcments.e~ la ~onne tenue des
píer111cs ont trouvé partoul des amehorat1ons; partout les
d en don
ªº"r·1culteurs se sonl ellorcés de nous secon ~r .
1
d t sant la
nant de l'e"lensiou
a
leurs
cu
lures,
en
e
ru_1
..
¡
lande cette eonemie du bien-etre des popu at1ons ru, ¡ B t
P. PAGET.
rales de a re agoe. »

___ .....~~·--..._

LE KAROUBA.

Le Karouba n'est pas di' cnfé. - C'est le produit d~ la
torréfaction de la gousse du caroubier, don~ l~s Or1er
aux se nourri~•enL a l'état fra1s. - Les pr1nc1res a J.
~colaires rafraichis•ants et sucré~ de_ la ¡;iusse du
caro~l11er'se trou1cnl rlans l'infus1on clu Kr1ro1.1 ": . .
Le Kwoubu se presente sous l'aspect du cafe ~r11le
• on le prépare par infus1on commc le cafe; et mon 1u,
.
d me mes apdaus les mcmes propnrt1um, au moyeo es
p~rcils; - 1' scrt aux memcs usagl'S.. . .
Son melan•'e avec le cafo est conse1lle .
,.
iº Au po1ut de vuc hygicniquc, en ~e seos qu il l~é:~;
trali-e les effets sure):citants du cafe saos en a

dre des scr~ic_:s :t!:ute pas que, des qu'u~ besoi~ est
~~ur_, '.nºu:Jn dcbouché cst ouvcrt, l'espr1t huma1n ne
cree, des 4 .
our le satisfaire. el confiant tlans les
se don ne c,irriere 1'
'
'
· · e doute
ro"rcs qu'onl f.ut-; les sciences et l'indu~tr1c, Je nf . 1•
p .e
run n'olil1cnne des machines tout a
o1s ~p~~e~u:t ruissantcs; mais pour lo mom:nt' c cst lorn
~·ctrr. lá le hrsoin fondameutal de la ra~ e.
t.
On.doit ,1u re~t1•, se mefier tles imratrences, e J~ ne
. ras p'uurqnoi on ne se contcntera1t pas, en fait ~e
VOIS
.
.
•
.
as ra;t daos la vo1e
navig11t1on nénem1e, d un prem1er _P b • que le predu ré,ultaL, saosdemander, de prime a oro,
.
.
•
tant en raisoo de
mier navirc aéricn dompte l'ouragan, ou fasse un ser- !'anime.
2• Au ¡,oint de vue econom1que,
' d l°o de
vice cxprc•s el régulier.
' t t l'infériorité du prix du_ Karo~ba qu,: ~a~u~: ;l:~t~éja
Or le h~t de la Soc1ETEFRAr-(:AISE DES AEROSCAPllES e an la quantilé du sucre a emp oyer,
5
la iir~motton ti~ la_ navigat,on aéri;u~e r•~
~~~;~;
et non la substrtntton de ce morle e oco . 0.
et amis sur:a~~ l~~~:!;~at.!ur est le meille~r juge_ des pru.
dn me·lan"e
en usage, je ne donte pas qu_e des gen~ ser1eu[~t-ce que port1ons
o , qui doivent var1er smvant son
du progre:; ue s'erripressent d y concour1r, ne
.
" ÜL et son temperament.
•
DoLe Kurouba pur au lait est un aliment salubre! agrca(1( De la navJgallon atrienne par le, atro1tall. Palis, !O. rue Romo,,
ble et parliculierement rccommandé aux femmcs et au~
,ru le ff'W ()pira.
- - - - . r -,. • enfants.
•
b déJ·a répandu daos un grand
L'usarre du Karnu a,
1d .
ÉCHECS,
1 • Dde familles con\ienl parfaitement aux ma a es
PROBLDIE Nº l72, PAR UN SOLITAIRE,
~~~u~ cperson11es q~i rerlout~ot l'insoruo1e et les surex-

'ª,

~~::C~º

:: 31$F e

M.

H.ACHETTE.

Le monde des lettres et de J'iodustrie vient de fai~t
une perte qui sera Vl\ement sentie : M. Hachette, le celehre editeur, est mort le 3 ~ juillet, a son chatea.u du
Plessis-Piquet, a rage de so11ante-quatre ans.
. .
Né le 5 mai i 800, a Réthel, M. Loms Hachctte ela1t,
dans toute la force du mot, un lils de ses reuv_re~, et ~a
fortune ne récompensail chez lui que le trava1l mtelht et l"exercice constan! des plus belles et des plus
gen
, d'
· · r 1·1"a ble
rares facultés• Doué d'une activite esprit ID a D ·e e,
il a creé une librairie, devenue rapidement.1a prem1 r
de France, et la rivale heurcuse dei P!Ui impo:tantei.
maisons de l'étranger; il a fait plu~: il a forme a son
ecole une génératioo digne de contrnuer so~ '¡u~re et
de la compléter. 11 a jeté sur le marché ~e 1esprit _des
·11· s de volumes destinés a l'instruct100 p!ipula1re,
m1 1un
. ..
•· es unt
et souvent inspirés par lui; ses ed1twos c1ass1qu
acquis une réputation europé?~nt, en roeme temp11 q:~
de splendides publications, ver1tabl~s m?nu?1ents typc s
""raphiques, témoignaient de ses gouts_ eleves et d~ ,-e
~ellllances hautemeot littéraires. Ses imme~ses aff.ure_~
e le détourn~ient point de ses devoirs de c1toyen, et i
~ut sucr,esi;ivement l'un des fondateurs du Comptoir d'escompte de París, membre de la Ch_ambre ~e
ommerce et du Conseil de l'as~istan~ pubhque, p_r,e~1deot du Cercle de la librairie, trésor1er de _la ~ocre~é
des amis des ¡¡ciences, président du cunse1l d adnu-

RÉBUS.

a:::~r:

citallons produites par le cae. des procédés brevetés
Le Ku, oub;,
rt~:ngcr, se ven el a !'entres. G. o. o. en r
f
aise d"ahment~t100, 4,
p6t central de la Comp. rl~ª~i rue S.irnt-Oeuis, l8S,
rue du Cygne, au corn
· ·
PRu ·
. Il1r·1s et chcz lous les princ1rau~ cp1c1ers. .
a · grammcs,
,
0 cent •
1 gr., "ú
500
l fr. ; - 2·"O
~~

CONCCUR3 AGRICOLK DI KORHR-HOUET.
.
, l'an-riculture morbihannaise une sérieusc
. lmp~tmer a. ~plétant l'retnre des comices du déparunpub1on en co
• d l J lt tel a
le terra1n e a u· e, h'
temen! el en agr,u l cli-~ant
·
. 1 l
e -·est pro11usé la prince~~e 8;tc1occ I en
etc e 1ul qu ~ ·
•
d, K - •
RG•&gt; le concou rs agncole e orn cr
func1ant, en 1' -,
.
1 , de
llouct. Ce concour~. a t enu ·•es as,1ses
· ' pour a sccon
foi. a la fin tic juilltt dt•rnrer.
.
',
.
,
. . e •e complete que par
La tran,furmatwn d un p.1ys n .
. •ranil
&amp;lPUCATlO!I no DKRNID Rllll'I.
. ·1 a été facile de con~tatcr !JU un g
le tcmpc i mais 1
¡ · J · •hez
· pour calmer la soif de
rÍan a été ,ln11111\ que l'émulation _s·e~l I ev1; opp~cd~- .
Maint préJicaleur tonne en nin
Leo Ll,111.:li lulll mal eu Ir Oh lO~l)••
·onlreP
et
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tml'or.
lcs anricultcurs tic tnu te 1a 1
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.
,i,rt1~1tcs anwlior..ition~ i•n onl été la _con,l',!Ul'n.cc. . '
SOl.l'TIO~ Dll l'I\OHLDIE ;s• l7 l.
AcG. MARC, directeur-gtrant.
,1 Sur le nu~me cmplarcn,cnt riue I an dt' nitr, d1·t1 ~e
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Thioil\·i'le
C,1f1\
maux c11u1~1•s.
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·e de
Imp. de L' ILLUSTRATIO:'i, A. Marc,
011
1 1cer.:le
Chai:ou•~d, S ,1•ió ó t!~s
lllllu,1nel Je
1oure
.. 1eva1·t une eslrado pavoisce
et
en
cours
se
.
.
d
·
Bre111 l:~rde L.l1,om~. ~, Oéi R ·do ca1iitaine Duypeau,
22, nu u Vt1'1U11il,
feuilÍ~ge, oü devait avoir lieu la distr1but1on es recomDouai, 1,. Baudet. E. Frau, L a icar I J. A.. de R.
Bombaut, L Lefrancq.

arnaicutl;b ;~: '

�1t2

L'JLLCSTBATIOX, ,JOUH~AL l'~IYEHSEL.

nistration de la
papeterie d'Essonnes. 11 venait
d'etre appelé a la
présidence de la
Société de secours
mutuels du quartier de l'Odéon,
fouctions qui atte~tent al:l fois la
confiaoce inspirée par son caractcre et la sympathie populaire
dont lil joussait.
Oévoué a une
renvre d'émancipation intellectuelle, il s'est
loujours mootré
fidele a la cause
du progres, de
l'ordre et de la
liberté, et dans
CU.Nl.OLIIS
ses écrits, il n'a
cessé de défendre les mémes principes : l'aOranchissemcnt des livres, la propriété litléraire, etc. Par son intclligence et son industrie, il a, pendaot qnarante aos,
donué du travail a des milliers d'hommes, de toutes
les classes de la société : et uulle douleur ne ful plus
sincere et plus légitime que celle de la foule qui se
pressait autour de son cercueil. Pcu d'cxistences ont
été plus utiles et mieux remplies; peu d'hommcs ont
mieux marqué leur passage ici-bas par un constaot
amour du hien, et p:ir l'alliancc des !plus ltcureux
dons du creur et des plus l,rillantes qualités de l'es •
prit.
P. PAGf.T.

.-:----

r....

AGI\ICULI! 111! KUM-hli-llULET. -

ll ,pres UJJe ~hoto~raph,e ue 11.

1NSTALLAT10N DE M. TI!. l3ERNEX,

\ouv.uu

JIAIRE

DE

mu01c1pal •
,, Marseille, 1 •
appelé au1
tions de llllill
de celte ville1 ~
ren.placement•
i\L
RouvieJt
mort il y a q~
r1ue tcmps. 11.-_
Maupas, sé11t.
lcur, chargé •
l'adminislratiaa
des Bouches-4tllhóne, a pre.
cédé a son iattallati on , le 21
clu méme IIIOi,
daos l a ~
salle de l'H41e1.
de-\'ille; tonta
les autorités, lela
les fonctioooaj.
res, et l'élite dela
La1htr,
populalion ont
concouru , par
leur préscnce, a l'éclat de celle solennité. Apres la
prestation de sermenl, M. de Maupas, daos une allocalion souvent applaudic, s'est plu a énumérer rapi.
dcment les utiles travaox exécutés ou en cours d'elé,
cution, qui, en transformant notre cité1 doivent la
rendre digne de ses prochaines destinées.
ll. Bernex a répondu en e1primant sa confiance
daos la sympathie, daos l'amitié de ses collcgues dt
conseil municipal. « C'est la, a-t-il dit, tout le secret
&lt;&lt; de la force que je pourrai avoir; c'est daos l'unioa
t&lt; qui a toujours présidé a nos acles, c'est dans la con« fraternilé sincere de nos sentiments que réside a.
,, tre pouvoir d'agir. ,,
La nomioation de M. Bcrnex a réuni ici tous les
suffrages. Aucun nom n'est, plus que le sien, popq.
laire a Marseille; c'est au pcre de ce nouveau fone.
Lionnaire que nous devons le lioulevard et le qoarlier de Longchamp, aim1 que la magnifique promtnadc du Prado.
Agréez, etc.

JIARSEILLE.

AU DIRECTEVR.

llarseillc, ! aoüt 1864.•

Par.un décret impérial daté de Vichy, le 25 juilet dernier, )f. Théodore Bernex, membre du conqcil
L.-r..-F

ACHHTB, hlllfEUI\ l'IIAN¡;AIS.

• l~SfALLA'flO:í 1)8 M. ln'.R\EX, \OLH:.u: llAIRE llt,; .\HIISfllLE. -

0·1pl'CI

UD

croquis de Al. n. uiud,i,.

�</text>
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                  <text>Semanario francés ilustrado se publicó entre 1843 y 1944. Aborda temas políticos, económicos, sociales, científicos, artísticos, y deportivos. Fundado por los periodistas Jean- Baptiste Alexandre Paulin y Édouard Charton. Sus ilustraciones eran realizadas por los mejores dibujantes como Henri Valentin, Édouard Renard, Paul Gavarni, Janet-Lange y Cham.</text>
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                <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores</text>
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;-----,..

vient4e
r érige,

1·eg~

lOUDAL DIVEBSEL.

Béraa.
1 seco11-

Antier,
J. Co.

Leont.e
ourniei,
in, Acb,
acham.

,egou,i,
-Lespes,
Albéric
Tessier,
sous la
e haroa
t publilaus lei
es jourBollericr, 68,

-

Ue ANNÉE. VOL. XLIV.

DirPdion . nédarlinn' Administralion :
Toutes lei commun'cat;on• relat;,·es au journ, 1. rerlamation•, demandes
de c~•~~ements d'aMess, . doi,·ent étre adressées frnnro i,
... AUG. ll'ARC. or• ECTEUR-GÉRA:"'WT.

tripteun
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és de le
nédiateo'éproudaos la
al.

ctement
irnal et
t libraique de

l'.4ula llusner par
ircclion
ne et de
ute l'ile
assant a
,re, D066, Vil-

Les demande• d'abonnement doivent etre accomparnees
d'un mandat sur Paris ou sur la poste.

Samedi

6

N•

A.out

t 119.
1884..

L'admi11i1lr3lion ne ripond pas des manuscrih el ue s'engage ¡am111 á lts insmr•
Vu les traité1 • la. lraduction et la reproduclion i l'étrangtr !Onl interdiles.

BUREAUX : RUE RICHELIEU, 60.

SOMMAIRE.
Re,uc pohtiqce de la sr m• ioe. - f,1U rrier de
Paris. - Régalea du Havre. - Dislribulloo
des prix au colléve arabe-íran&lt;;a;s d'Al~er.
- Autobiograohie d'un pecte ((in ). - Les
baius d'Arcachon. - La litterature béarn111e. - Salon de 1864. - F.1c11rsion1 sur
les c61es de Normaodie. - f.hronique musical,. - L'a,guill, ur, paroles et mu~ique de
11. Gu1tave Nadaud.
CraL'llrtl: S. M. llar1e-Perdinand-Fran~i1

?,

d'A11i1t, roi d' Espagne. - Le marahout
Ahd-el-Azis, chcr de l'insurrcclion al~é •
rieune. - f.on•oi de prisooniers danoi1, amenes de l'i e d'Aben i RenosboufJ1. - Grandes regates du Hure ( U juil et ¡. - Arrivée
de 11. P. de Ltsseps au seuil d' El-Guisr, le
10 jmllet. - Les boios rl' Arcachun ( 1 gra•um ). - Saluu de t 864 : Q!,lipe et le
Spbi111 ¡ - Un d1mancbe au wu,ée du
gnod-duc. - Escursinn• sur les cciles de
:io,maodie (l ~ravures) - L'aigui l•ur, pa1olc1 ti musique de M. Gustave Nadaud. -

ndes et
·elatives
t etre
MARC.

R•bus.

REVUE POLITIQUE
DE LA SEllAI"NE.

s cha•

S'il fout en croire les journaux
de• Vienne, les négociations enaa.
0
gees entre le Danemark et les plénipotentiaire~ de l'Autriche et de
la. Prusse auraicnt abouli , dans la
seancc du 31 jui1let, a. la signature
des preliminaircs de la paix, dont les
bases seraient les suivantes:
Cession complete des Duchés, y
compris les enclaves j utlandaises,
a l'exception du dislrict de Ribe.
L'ile d'Alsen et les Hes de la roer
du Nord resteront au Slesvig, tandis
que l'ile d'.Arroe, daos la Baltique,
rcstera au Uanemark.
A partir du dislrict de Ribe, une
rectification de la fronticre aura
lieu.en vue de tracer une li"nestrategique,sans toutefois porte;atteinle
11 l'intégrité et il l'union des Duchés.
L'incident de llendsuour"'0 cst tou.
0
J urs la grave affaire du moment,

¡/
¡¡,

M. 11.lRIE-FERDINAND FRAN~OIS D'ASSISE, ROi O'iSP4'1(K.

AbonnPmrnh pour Paris et le.1 Diípartemcnls :
3 mois, 9 fr. ; - 6 mo's. 18 fr. ; - unan , 36 fr.· - le numéro : 5 c.
la collection menauelle, 3 fr.; le ,·olume se;.,estriel , 1~ fr. '
ADO:W1'1EIIIE~T8 POUR L'ÉTRA.~GER t

Memes prix ; plus les droits de poste , sui..ant les tarifs . •
Les abono. parten! du 1•• no de chaque mois.

en Allemagne. A la Dicte, le représcntant de la Prusse, en assignant
i1 l'occupalion de la villc . danoise
des motifs purcment militaires, el
en daignant reconnaltre que la protestalion du général Hake, qui n'avait -pas d'instructions pour ce cas
imprévu, était légitimc, a cru devoir
ajoutcr que les Prussiens, n'ayant
pas cu l'intention de chasser les
troupes fédérales, ils ne s'opposaielit
pasa•leur relour. Cettc plaisanterie
n'a pas été du gotit du représentant de la Saxc, 11ui a déclaré aus• lut qu'il renon~it a soumeltre it
la dicte aucune proposition, dans
cette conviction, Mterminéc par les
fails, que ce modc de pror.éder ne
saurait aboutir. Daos le cas ou un
évéuement pareil i1 celui sur lequ1 l
ón cliscutait mrvicndrail i1 !'avenir,
le gouvemement saxon, a-l-il 1lit
encore, n'aurait qu'unc chose a
fa ire : s'y opposPr par la force.
Le llanovre s'est horné a déclarer qu'il élait regrcttaule que l'entrée dr.s Prussiens it Rendsbourg
etit fnrcé les lrouprs fédéralcs i1 se
retirer.
La chambre des cléputés du Wmlemberga décidl! qu'une protesta ti&lt; n
serait rédigéc contre !'acle de violeuce commis par la Prusse. L'urgencc a été votéc a l'unanimité.
~¡,Des dépéches de New-York acuoncent qne la situation n'a pas
changé devant Pélcrshurgh. En
Georgie, Shermau a\'ait passé la
rivicre de Chattahooche et chcrchait
á couper les commuriicalions .pu
chemin de fer entre Atlanta et Augusta. Le général confécléré Forrest
marchait ala tete de dix mille hommes, afin de paralyser ce monvement. Des engagement.q ont cu licu
entre l'armée de Hunter et les confédérés opérant leur retraite; les
fédéraux avaient pris quatre canons
et une grande quantilé d'approvi-•
sionnements,
Des nouvelles vcnucs de Charle¡¡-

�L'ILLUSTRATION . .JOURNAL UNIVERSEL.

'

ton, porlenl qne les fédéraux on l ett; rcfnulés de Jameslsland vers l'ile Morris, el qne les balll'ries confl'flérées
ont rrpoussé les cano11nicres fécléra!Ps ju•riue rlans la
rivi rrr. !-tone.Un seul monitor auraitrprouvérles aval'ies.
D'arrcs des drpcches de Louisville, les confédcrés a11raient envahi le Kentucky sous les ordres rle !fornes. Le
corps d'armée d'invasion seraitde 5,0íl0 a 15,000 bommes.
11 y a de la marge entre ces deux chiffrcs.
Le5 corn111issaircs de la reine d'Anglrtcrre ont donné
lectur~ anx dímx chambres rl•1 mcssag-e royal qui prorogc
le Parlemcnt. ílans ce message, la reine r1•gr, tte que
les elfor:ts de l' Anglcterre, de la Fra nce, de la Russie et
dé la SUCfle, n'aicul pu amener une réconcilial1on entre
le roí de' ba11e111ark et les pui,sancr,s allemandes. IWe
espere qne la paix se réalisrra dans le nurd de l'Europe.
Sa )lajc,té déplore p1:olondément que la guerre d'Amériq11e n'ait pas atteint son terme, et elle verrail avec
joic une 1·ér.011ciliation amicale entre les dcux camps.
Voila d,•s reg:els et tics vooux bien chrétiens, qui honorent Ir gouvernemenf de l'Anglct~rre, et qui ne Je comproml'llrunt pas.
L'Emperenr Maximili1m a prononcé, a son entrée a
l\Iexico, une all1,c11tion dans laquclle il promet a son
peuple un gouv&lt;'rnemcnt fort, ayant la liberté pour base.
Sa Majeslé a parlé de l'ardent palrioti~me qui l'ania,c.
Devenir, en si peu de temps, de prince aulrirhien patriote mexicain, en véritr, voila qni est acln,iraLlc, et il
faut convenir qu'il y a, pour les archiducs appelés a l'imp~11 iHc a ccindre une co11ro.nne P.xotique, de5 graces
d'Etat li,ntcs particulicrcs.
Un soulrvcment a cu lieu a Haili pour forcer le p1·éside11t Gclhrd a porlcr sccours aux insurgés dominic,1ins.
Le l'o,m ietrlu /JimanchP.rés□ me en ces termes sa dernicrc cnrrespon,tance de Naples, rclativement aux réso.
lulions priscs récemmeat a Jschia et a ce qui les avait
précédées :
« A son rctour de Londres, Garibaldi avait recu a Caprera un envuyé de la cour de Torio, qui lui co;seillait
une rlou lile cxp,'d ilion vers les cótc:s de l'lstrie ou de ta
Dálmatie et en rneme temps vers la Hongrie, en passant
par la mer Noire et les Principautés danuhiennes. Vaisscaux, argent, tout élait mis a la disposilion du blcssé
d'A•promonlc.
&lt;1 Gar1haldi gouta.it ce projet et avait commencé les enróhiments en vue de son exécution; mais il a rencontré
une résistancc énergique chez tous les hommes du p~rti
d'action, dcpnis M. Mordini jusqu'au baron Nicotera. lis
alléguaieni les diflicultcs énonnes de l'enlreprisc,jointes
a la pres~ue certiludc d'un désaveu. E11fin, le mot r,iége
aurait été prononc&lt;\ par quelqucs-uns d'rnlre enx.
L'Empercur a écrit la lettre suivante au maréchal
Vaillant, minislre de sa maison et des bcaux arts:

n enonciation, par la compagnie, au trailé qui tui as~nrait uu certain nomlire ele travaillenrs i11digcncs, contre une indernnitc' clc · 38 millions, payahlc en six annuil és; rrtro, es0 inn de 611,rroo hectar&lt;'s rle tcrrain,
moycnnarrt 30 rnillions payahles en dix annuités.
R6t1 ocrssion clu canal d'c,111 doure, moyennant 10 millions pa_valJles dans l'annéc rle la livraison du canal;
ahandon des droit~ de navigation et autres rcdevanccs,
payaloles en dix annuités.
La jouissance cxclu;ivc de la partie du canal d'eau
douce, entre le Ouady, r¡n,sah el Suez, sera laissée a la
compa¡;nie jusqu'a l'entier achevement du canal 111arilime.
La Conr de París avait décirl&lt;\, rlans nn arrct renrlu
con Ir~ mt. de S.1 int Chéron et finance rlc Clcr bois, que
l'envoi d'une corresponrlance périod1que dcstin re a etre
inséréc dans &lt;les Jou1-miux auloris~s consli1ua1t par tuimemc la publical1on d'un jonrn d ou écril pél'iodique.
Cet arret vient d'etre cassé par la Cour de cassation.
Le Cou1'Tier du Dimanche publie la lctlre suivante,
adressée par M. le maire de Chantecorps (Deux -Sevres) a
M. le sous-préfet de Parthe1rny :
« J'apprends qu'une protestation, revetue de quelques

rares signatures, vous a été adrcssre conlre l'élection
de M. Lcboiteux, membre du Conseil général pour le
canlon.
« Je m'empresse de vous as•urcr qu'aur.un reproche
11c s:i.urait etre formulé contre les parlisans tl P- M. LPboiteux, qui n'ont exercé aucuue pres,ion snr les rlecleurs.
« Je 11P. pui5 donner le memc éloge aux parLisa11s de
la cand1dat11re &lt;le M. Proust. Pendant la se111aine qui a
précede l'élecliou, de, courriers, munis de lmlletin,, les
ont semés a pleines poigoées daos tous les villages de la
cornmune.
11 Les maisons ont ~té, a plu~ieurs reprises, individuellement visitées par eux.
« M. Dupont, de Vautebis, homme d'affaired de
M. Proust. se trouvait encore, la veil e de l'éleclioo,
daos les villages de la Chapeliere et de la Coudre, appos:rnt des affiches et laisant de la propagande.
&lt;( Une ruse nouvclle a été mise Pn usage, celle de
prendre des bullctins du candidat du gouvcrnement,
pour écrire dcssus le nom du caudidat de l'opposition.

. .

. . . . - ... . . .

Comprrnez--vous ces candidats de l'opposition, qui ont
l'and-ace de semer des bulletins de rnte a pleines poi-•
gnées, ele faire visiter les électeurs par lcurs agents,
d'apposcr leurs alfiches la veille méme de l'élection, et
ces élccteurs im¡wrtincnts qui ne craignent pas d'écrire le
nom du canditlat de l'opposition sur le hulletin qui porte
le nom du candidat gouveri:iemental ! Que de perversité!
S.M. Fran~ois d'Assise Marie-Ferdinaod, d9nt l'arrivée
a Paris est annoncée pour le 16 de ce mois, est née le
13 mai 1~22. Ce prince cst le cousin-germllin de la reine
lsahelle, qu'il épousa le 10 octobre 1846. On se rappelle
que cctle ques1ion du mariage tle la reine d'E pagne
rcmua l'Europe entiere. Les prétentlants étaient l'infant
Frang:iis d'Assicc, le cornte de Trapaoi, OIs du roi des
Oeux-Sicilc~, Ferdinand II, et le comle de Montemolin.
Lcroi d'E,pagne partira le 14 aoút, accompa)(nédesa
maison militaire, du duc de Medina-Cooli et du marquis
de Santa-Cruz. Le 15, il inaug11rer1 le chemin de fer qui
relie la Frauce a la Périinsule. Sa Majesté sera re~ue
a la fronticre par l'arnhassade d'E,pagne; elle passera
cinq jours eo france. De grandes fetes lui seront tlonnée~
a París, a Saint-Cloud, a Vers:i.illes et a Fontaincbleau.
ED.l!OND TEXIER.

L'ILLUSTRATlON, JOURNAL UNIVERSEL.

¡ trc jour, le directour rl'un spectacle forain

offrait a la
curio,ité &lt;lu pul,lic un hdmme et une femme mangeant
de, rats vivants. La justi•e e~ intervenue, et les magistrats ont condamné l'impres11rio a trente jours d'emprj.
1 sonncment et a cinq liv1·es sterling d'amende.
Voila des 111al{imaL~ bien cruels, de troubler ainsi les
plaisirs de la lihre Angleterre !
Je ne c11n11ais pas de loi q11i drfonde chez nous de.
ma11gcr des ral; vivants l'll p11l.Jli1:; de plus, nous jouis.
sons de la lihcrlé des thralrcs; pourquoi les ratophagea
ne nous feraient-il5 pas l'honneur de se réfugier en
france, et de nou~ rr,onlrer lcurs pctits talents?
Autre divertis;cmcnl angla is: soir, e; chautantcs don.
nécs par l'A11thro¡11,r,/o,so,. L' rlnl/1ropo11 /wos cst une tete
en cire pourvue d'un mécaui~mc intfrieur qu'on monte
a l'aidc d'une clcf. Le tour de clef dunné, la tele, suspcutlue au plafond, chante six airs dilfrrcnts avec les
varules. N'cst-ce pas tout a fail joli? Ju~qu'a pré~cnt, il
1 n'existe a Londres qu'une seule tete dotec de cclle merveilleusc organisation; mais_l'invcnteur est en train d'en
fabriquer d'autrcs, e.t hientót il y aura des tetes poor
toutes les voix, qui exrcuterout des morceaux d'ensemble.
Qne je me rPjou1s done d'entendre le trio de Guillaum,
1 tll par trois tetes su~pcnclues au plafond ! l.es directeurs de th&lt;'atrcs lyriques sont dans la joie. QDand il1
anront besoin drsormais d'un tenor, d'un baryton ou
d'un ;oprano, ils l'acheleront tout fait, ou le commanderont il l'av 1uce suivant leur goul, co111me un habit, un
gilct ou une paire de hnttes. En y mcttant une viog-ta1ne
de francs de plus, ils :111ront un trnor a ut de poi trine:
ce sera tout honnement admiralolc. Et avec ces chanteurs.. ti,, pas de capricr.s a rerlouter; une égal,té d'humeur parfaile; jamais un mouvcment d'ur¡:uPil, jamais
de récriminations, jarnais d'exige11ccs déplacécs. Quand
un anthropng/ossos aura fait son tcmps, on le rnettra au
rancart; il ne se plaindra pas, il ne lera point de proces, il ne drmandera pas de drdit, il n'écrira pas de
lettres ridiculcs dans les jour11aux; seulernent, il lui
restera la chance &lt;l'etre acheté au rahais par un enlrepreneur de concert. en plem vcut, et rle chanter au caré
des Ami,assadeurs apres avpir chanté a l'Opéra. Tant pis
pour les gens qui fréquentent les cafés chantants !

¡

.

.

.

. . .

. . .

. . ..

On m'apporte une lettre timbrée de Londres. Permetlez-moi de m'interrompre un instant et de la lire .
Singuliere rencontre. On m'annooce justcment que
plusieurs mernbrcs de l'arislocratie anglaise, informél
de l'admiration enthousiaste que professe une parlie de
la noblesse fran~aise pour M11 • Thérésa, et des triomphes qu'obtient cette intéressante jeune filie daos quelques salons du faubonrg Saint-Germaiu, viennent de
charger l'invcnteur de l' Anthropoglossos de fabriq uer au
plus tót, pour leur usage, une tele geure Thérésa, chantan! le Petit blcu avec le, délicatesses d'intouation pro•
pres a la délicieuse cantatrice, qui balance a l'heure
q•1'il est le succes de Léotard, de Blondin et de l'écuyer
quadrurnane.

le 31 juillet 1864.
&lt;&lt; Mon cher maréchal, je vicns vous faire part d'une
« réllcxion qui m'est survenue pendant le re pos dont je
« jvuis ici. Deux grands établissemcnts doivent etrc re« construits a París, avt'C une dt&gt;,tination bien dilfo« rente : l'Opéra et 1'11,\tel-ílieu. Le premier est deja
« commencé; le seco11d ne l'est pas erw11rc. Q•Joique
Mardi dcrnier, 'a eu lieu la distribution des prix au
« exrcutés, l'Opéra au~ frais de l'¡;_tat, l'fü'itcl-Oreu aux
Cooservatoire.
Ocs élcves de M11• Augusline Brohan, de
1&lt; frais des hospiccs et de la vit:e de Paris, tous deux ne
M. Samson·, de M. Régnicr, ont oLtenu des prix ou des
« s !ront pas rnoins pour la capital e des monuments reacccssits de tragédic, et deux des lauréats rl.e la comédie
« marqualiles; mais comme ils répontleot a eles intérets
suivaient la classe de M. Bcauvallet.
« trcs-d,fférents, je ne voudrais pas que !'un surtout pa« rut plus protégé que l'autre.
Quoi ! Suzanne, Gro¡¡-René, Mascarille formant des
« .{,es dépcnscs de l'Académie impériale de musique
Phed res, des Agamemnons, des Orestes; Polyeuc1e faisant
(( dilpasseroul malhe•Jreusement les prévisions, el il faut
l'éducation de M. Jourdain ou de Sganarclle ! Eh! oui,
(( évitcr le reproche d'avoir employé des millions pour
san~ doute! Que faut-il pour enscigner un art? 011 gout,
(&lt; un théalre, qunnd la prcmiere picrre de l'hopilal le
de l'iutclligencc, et le talent de pcrsuader aux a11tres ce·
« plus populaire de París n'a pas encore éLt\ posée. Ene
'Pl.,r-&lt;;rQ: ;;;:
dont on est convaincu, de lenr faire sentir ce que soi« ga.gcz rlonc, je vous pric, le préfct de la Sei ue a fa1re
mcme on scnt.
« commencer bientót les travaux rlc rHótel-íheu, et
COUKIUEll BIB P.IRl8,
Or, comment comprendre Moliere et ne pas comprcn11 veuillez faire diriger ccnx de l'Opéra de maniere a ne
dre
Cor11e1lle et Racine? Com111ent avoir l'e~prit ouvert
« les terminer qu·en mcme temps. Celtc conrbinaison, je Comment s'amusrnt nos vilisins &lt;l'outre-)íanche. - les nait
Racine
et a Corneille, et l'avoir fermé a Moliere Y Le
(&lt; le rPcu1111a1s, n·a aucun avanla~c pratiq11c; mais, au
to¡,h ,ges. - L'Anlh,·opng/osso.i. - La11ré,1ls lragiq11es el rou purnl de xue moral, j'allache nn grand pr1x a ce que
miq11es. - M. Livi11g·ilo11P e11 E111op~. - Les ~e, npules de . reste n'est qu'affaire de discipline et besogne didaclique.
natl,·. - L'Af•·icaine. - La d,mse au Th&lt;\:l•rr llal en. - La
&lt;1 le n11111u111cnt consacré au plaisir ne s'eleve pas avant
Les soirées chantantes de l'Anthropoglossos lai~senl
l1q1wur d,•s UJ11iluid111s &lt;lf' Vé,·arnr, - Une Hi,1oire de la
« l'as.le ,fo la s,,ulrrance.
famillt\
0011.trarte.
Tra
los
monlrs.
Ce
rpoé
M.
Duencore
a nos vorsins le loisir de se réjouir du retour de
~ Rccev1•z, mon cher maréchal, \'ass11rancc ele ma
w, girr de 11.tnranne ¡,ense do l'.\lhamlJr,1. - Deux m·- M. Livingslone, le célebre missionnaire-voyagcur qui a
· « sinrcre ami lié.
« NAroLEON. &gt;1
tiiles e11 E$pay11e. - La dépen~e d'uu voyageur et d'un
fait de si importantes découverles géographiques daos
mulet.
L'Enrperenr Napoléon, choisi comme arbitre par S. A. le
l'Afl'io¡ue ccnlrale. On cruyait que M. Livin~slone avail
vicc-roi,d Égyple et ll. Fc,dinand de Lesse¡rs, pour staComment s'amuse-t-on en France, vous le savez, et peri dans une co11trée hahitéc par des peuplades anthro_tue! sur les d1fficultrs qui s'ctaient éle1•ées relative111cnt rnuvcnt cctle chronique vo11s a entretcnus de nos rli:-- popha¡.:1•~, lor,~u'on a¡)l'rit qu'il revenait saín el s:iur en
it l'entreprise du canal de Sucz, vieut de rcudrc sa scn- trartiuns; voult'z-vous savuir cumm,·11t on s'amuse cu A11gll'l1•rr&lt;'. L'i11trrpidc savant m• rlen1currraq•1e qualre
tcnce,
An¡{lcterrc, puur le 111om1·n1; je vai~ vuu5 le dirc.
muis a Londres, el il repart,ra pour l'Afrique avcc 1les
Les princip1ux chefs de cetle décision supreme peuNu~ _excellcnts vo:sins ont de l'orrginalilé da11s !'esprit; instructioo, nouvelles, al1n de puursuiv-rc la cuurageuse
vent se ré&lt;.nmer ainsi:
il ne leur faut pas les distractions de tout le monde. L'au- et belle tach(qu'il s'e&amp;t donnée.
Vicby,

0

~

Les -magistral.~ ang-lais veulent épargner au peuple
an"lais le &amp;pectacle d'hommes mangeant des rats vivants.
M. "sénazet, si j' en crois la Gazette des étr,¡ngers, prélend
, argner a la population cosmopolile ele Bade un specep
I r .
.
1
tacle plus · agréable aux ye11x que que,01s, ma,s pus
ffensanL pour la morale, celui de ccrtaines clames dévo;aut a belles dents des fils de famillc; en conséquencc,
l'eotrée des salons et des jardins de l'établisscment est
interdite aux femmes qui ne sont pas mariées.
Reste asavoir cotnment les préposés de M. Bénazet
rPconnaissent une fcmme mariée d'une femme qui ne
l'est pas. Exigent-ils l'exhi bition de l'acte de mariage?
ou bien toute lernme est-elle présumée u'nie en légilime
maria"e avec l'homme qui tui donne le bras? La précautio~ de l'acte de mariage est plus sure, mais la fiction tégale du bras est bien plus commode, et je suppose
que M. Bénazet tui a donué la préférence.
En pubhaut le rigoureux arret de proscription porté
contre les fem mes non mariées, la Gazette des éttangers
aunonce que l'effet P.:J sera suspendo a l'époque des
courses. Voila, je l'avoue,. ce que je ne comprend, pas
tres-bien; pourquoi ce qui n'est pas moral en temps ordinaire est-il moral en temps de courses? Je voudrais bien qu'on m'expliquat cette distinction, qui me parait je l'avoue, prodigieusement subtile. Ou bien auraiton {ugé a propos d'hooorer la morale en aout et de ne la
point bonorer en septemhre? Mfü que signifie celle
demi-vertu, s'il vous plait? Serait-ce, par h1sard, qu'on
craindrait d'écarter les horsemende l'hippodrome d'If{etiheim en ne permettant pasa certaines célibataires d'applaudir a lcurs victoires? Quclle supposition offensante
pour nos gentilshommes du turf !

écrits sur les murs en lettres colossales, frappent mes
yeux : L1QUEUR ))ES MOINES BÉNÉDICTINS DE L ABBAYE DE
FilCAl!P.
Eh quoi ! les Bénédictins aussi ! Certes, je n'en voulais pas aux moines de saint Bcnoit de prétendre travailler aussi a nous rendre la dig,·stion -douce et comrnode;
mais enfin je me souvenais que les Bénédictins d'autrefois avaient rcndu de tres-grands services aux lettres, a
l'histoire, aux sciences, et je ne pouvais me défendre
d'nn certain regret de voir les Bénédictins d.i {864 dans
la liqueur.
En y regardant de plus pres, je crois avoir trouvé de
bounes raisons de douLer que les doctes religieux aient
abandonoé !'esprit pour ne s'occuper plus que du corps;
sous ces mots, qui m'avaieni alarmé, j'ai lu un nom
propre, et le propriétaire de ce nom propre m'a tout
l'air d'avoir pris une enseigne allécl1ante, sachant que
la vogue est aux liqueurs pieuses, pou.r mettre une sainte
auréole a ses bouLeilles.
D'autant mieux qu'il y avait jadis a Fécamp, je me le
rappelle a merveille, une des plus Uorissantcs abbayes
de Bénédictins de France, mais que de cette abbaye il
ne reste que l'église, qui est tres-bclle. Or, s'il n'y a plus
d'abbaye, comment y aurait-il encore des moines?

pour les tonristes en E~p:tgne : le p11.ys, les mamrs, les
types y sont ohservés et dér.rits avec un ~oin extreme
et une recher'!he d'exactitude qui apparait partout et
daos cha&lt;Jue détail. ;\l. OesLarolles a éu plaisir a voir et
il a plaisir a montrer; c'est, en outre, un compagnon de
voyagP. plein d'esprit, de cordialité et de bonne humeur,
avec lequel on n'a garde de s'cnnuyer.
ll a parcouru l'Espagne penJant huit mois, a dos de
mulet, avec son ami Giraud, le peintre au talent élégant
et éoergique a la fois. A la derniere page de son livre,
il donne, pour l'instruction du voyageur, la dépense
moyenne d'une journée :

1

pe1ell0t. quartos.

1&lt; Uner.hambre sans lit 0e muletporte
le vótre) . . . . . .• . . . . . . . . ..
(&lt; La chambre avec le lit se paye une
pczette.
« La nourriture du mulet revient environ, avec l'avoine, plus ou moins chere
selon les localités, a une pezette; mettons,
pour un étranger . . . . . . . . . . . .
« Un poulet, sur la route, · pour un
étranger • . . . . • • . . . . . . . . . .
(( Un heau lapin, toujour&amp; pour un
étranger . . • . . . . . . . • . . .. . . .
« Accommodement des plats par l'hótesse, t réal (5 sois) avec l'huile ou la
1
sauce, deux plats . . . . . . . . . . . .
(&lt; Une soupe (i réal).
« Fruits, melons, concombres, tomates, etc., 2 réaux,. .. . . . . . . '..
&lt;1 Vio, euv1ron t réal. •..•... .

On parle d'une histoire de la famille Bonaparte que
nons donnerait S. A. l. le prince Napoléoo :
Une Histoire de C~ar, par S. M. l'Empereur Napoléon lll; une llistoil'e des prfaces de la maison de Condé,
par S. A. le duc d' Aumale; une Histoire de la famille
Bonaparte, par S. A. l. le prince Napoléon. Certes, on
ne dir&amp; pas que les princes et les souverains perdent
leurs loi.-irs.
On a publiquement annoncé que M. _Brandus était reVoila les trois illustrcs auteurs que je viens de nomvenn de Berlín avec la partition complete de l'Africai11e. mer concitoyens déja de la grande république des letL'opéra, ajoute-t-on, va etre immédiatement mis a l'é- tres; pourqnoi ne les verrions-nous pas Jn jour colletude. 'Le maestro, prévoyant tout, aurait écrit, pour plu- gues a l'Académie fran~aise?
sieurs parties de son reuvre, des variantes, parmi lesL'Espagne fait parler beaucoup d'elle en ce moquelles les artistes pourraient choisir celle qui couvien ment:
drait le mieux a leur voix ou a leur talent. Je souhaite
La piece de Don Quichotte, au Gymnase, nous donne
de tout mon creur q11'il en soit ainsi. Du J\leyerbeer por
envíe
de relire ce livre suhlime et charmant, qui est le
vaut mieux que du Meyerbeer arrangé par les mains les
livre
de
tous les a.ges comme de tous les siecles, un des
plus pieuses et les plus habiles.
premiers qu'on lit et un des derniers qu·on aime a tire.
Je ne sais pas si M. Bagier nous donnera des opéras Dans peu de jours, S. M. Fran~ois d'Assise, époux de la
oouveaux, mais le bruit court qu'il recrute des dan- reine Isabelle, sera l'hote de la Frauce, et des retes ma, seuses et un corps de ballet. La danse est une tres- gnili.:¡ues seronl données a Paris, a Saint-Cloud, a Veragréable chose, sans doute, et, soit dit entre nous, il n'y sa1lles, a FontaineLleau; daos quelqucs jours aussi le
anrait pas grand'mal d'égayer un peu les représenta- chemin de fer qui réunit Paris a Madrid sera solennellelions du Théatre-Italien, qui ne laisscnt pas d'etre un ment inauguré: il n'y aura plus de Pyrénées pour les
taotinet glaciales, en dépit de la chaleur étouflante des touristes espagnols et fran~ais.
couloirs; mais est-il bien néce,saire de rccourir a la
Jusqu'a préscnt, nous ne connaissions guere l'Espagne
danse pour cela? 11 me semhle ~ue du temps de RuLini, que par les romans, les opéras-comiques, la gravare, la
de Tamburini, de Lablache,de Mm• Sontag et de M11 • Grisi, photographie et les danseuses espagnoles; mais voici
on se passait tres-bien d'entrechats, de piroucttes et de 11u'elle va prendre rang, comme la Suisse, l'Allemagne,
poíntes; je crois qu'íl suffirait, pour voir renailre les l'ltalie et l'Algérie, parmi les pays qu'on visite; nous
beaux soirs du Théatre-Itali'cn, d'avoir de grands chan- parlerons bientot de l'Alhambra, du pont de Tolcde et
teurs et de grandes cantatrices... et de chauter en de la c3.thédrale de Burgos, comrue du Vatiean, do pont
de Kehl ou de la cathédrale de Cologne; du Guadalquifran~ais.
D'ailleurs, la danse est quelque peu prodiguée en ce vir comme du Tibre, et des sommets de la Sierra-Netemps-ci : on danse a l'Opéra, on danse a la Comédie- vada comme du Mont-lllaoc ou de la Jungfrau; nous
Fran~aise, quand on joue le Mariage de Piga.,o; on danse aurons mangé de't'ol/a podrir/a, fumé des cigarettes daos
au Gymnase,()Il danse a la eorte-Saint-Martin, on danse la s:i.lle d'une posada aux murs blancbis a la chaux, apau Théatrc-Uyrique, on danse au Cirque, on danse aux plaudi aux prouesses des toreros au cirque de Séville, vu
Variétés, on danse aux Boufles-Parisieus, on danse aux danser le fandango et la cachucha sur leur terre natal e;
Folies-Marigny: ou ne danse-t-on pas? IM-il bien né- les Parisiennes auront pris des le~ons d'é,entail au
cessaire qu'on danse encore au Théatre- ltalien?
Prado, et la mantille, la jope courte, les has a coins
brorlés, le peigne haut, ficrement planté daos le chiAimez-vons•la danse? On en met partout. Aimez-vous
goon, seront en train de conqu ~rir París.
les liqueurs douces? Partoul on en fabrique. Un jour, les
Le moment est ven u pour les gardiens des monuments
ChartrPux se dirent: Pourquoi ne faciliterions-nous pas
hisloriques de l'Espague de se munir d'un album ou
la digestion du pruchaiu?-(Les pauvres gens n'avaient
puisse s'épancher l'admiration des visiteurs saos comguere besoin ·de songer a faciliter la leur). - Et, mus mettre de di\gradations.
par cette bon ne pensée, ils inventerent la chartreuse, et
Daos ses Dell:t artistes en E~pogne, M. Desbarolles ras'en fire_nf une centaine de mil le francs de rente, sans conte qu'il a Vil un album de ce genre au pa!ais de
en ~tre plus riches pour cela. A leur tour, les Trap pistes ~e l'Alliamhra. Sur la premierc page du livre sont écrits
dirent : (".ourq noi no~ con freres les Chartreux méritP-- ces mots :
raient-ils seuls les bénédictions des estomacs fatigués?
« La plupart des voyagenrs qui visiten, ce palais,
Et lesTrappistes, tt □i ne mangent pas mieux que les Ch:i.r- ayant la rnalheurcuse habitude d'en salir les marailles
treux, inventerent la trappistme; et la trappistine com- de leurs noms et de leurs µensées, ce hvre a été laissé
mence a faire joliment son chemin dans le monde.
a l'Alhambra par le priuce Dolgorouki pour éviter a
N'est-il pas touchant, du reste, de voir de saints boml'avenir de semblables outrages. 1,
mes, voué, a la diete perpétuelle, saos cesse occupés a
Un voyageur a écrit ces mots daos l'album du prince
pré¡1arer un soul~gemeut efncace pour ceux qui, vivant Dolgorouki: « J'ai visité ce palais el j'en ai été satisfait. 11
de la vie du siecle, ne se rcfusent aucune &lt;lcsjouissances,
Ce voyageur est M. Duvergier de Hauranne.
un peu lourdes parfois, de l'abondance?
Or, ,oici qu'il y a quelques jours a peine, ces mots, Le li'vre de M. Desbarolles 1era un guide e:r.cellent

.

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« Ce qui fait a peu pres 5 Crancs t5 sois, de notre
monnaie.
(&lt; A.insi, pour 5 fraocs i 5 sois, vous avez vécu avec
votre mulet; et cela, en supposanl que vous ayez mangé,
dans votre journée, un poulet et un lapin eutiers. Vous
pouvez done espérer une économie plus grande les
jours ou vous aurez moins d'appétit. ll
M. Desbarolles suppose, dans ce calcul, que le voyageur a un mulet a luí, qu'il aura acheté 300 ou 400 fr.
et qu'il revendra saos grande perle, peut-etre avec
bénéfice.
Ceci se passait en 1846.
Un triste jour que le t 5 aout prochain pour les Iilulets
et pour les mutes! ti:nfin, espérons que }t. dP- Salamanca
voudra bien ne pas mettrc des chemins de fer parlout.
Ah! encore un conseil de ij. Oesbarolles: Ayez soin
d'emporter, en Espagne, votre déjeuner et votre diner
avec vous; les auberges n'ont point accoutumé de fournir de·s vivres aux voyageurs.
X. FKYRNET.

- ----r-,- ~ -------R ÉGATES DU HA VRE.
AU DIRECTEUR.

Havre, !6 juillet.

Nos régates du 27 de ce mois ont été plus belles et
plus animées que jamais. La ville était littéralement encombrée de visiteurs, qui se sont tous portés sur les jetée, pour assistcr a nos courses nautique~.
C'e&amp;t a onze heures qu'a eu liéu la sortie des embarcations : on en a compté soixante-quinze, que quatre.
remorqueurs ont conduites hors de la jetée.
S. A. I. le prince Napotéon, sous le patronage duque!
est placP.e la Société des régates du Havre, assistait a
cette fete, qui s'cst composée de onze courses différentes. Celle des embarcations pontée• a voiles, dites yacbts
de plaisance. a principalement captivé l'attention. Cette
course était divi,ée en trois series. Les prix de la premiere
et rie la moyenne série ont été gagnés par deuxembarcations anglaises; celui de la troisi~me série par la :Uarir.Gat,rielle, appartenant a M. Gabriel- Benoit Champy, qui
a battu tous les Lateaux fraci~ais, et a gagné te prix du
ministcre de la marine.
Une conrse spéciale, qui a provoqué aussi beaucoup
d'inlt're t, e~t celle de l'Abeille et de la Mouche, chaloupes
a vapeur du yacht Móme-Nopolron. L'A.beil/e, patron
Esteve, a remporté le prix de 2,000 fr., offert par le prince
Napoléon.
Agréez, etc.
Pour e:i:trait: P. PAGl!T.

___

__

.____.,...,,.,__

�84

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
PKRCE!IKNT DE L'I~rHME DE sm.

.

TRAYAUX DU SEUIL D'EL GUISR

~'

~

-

:~~

~

ruon croquis vous verrez la pre.
miere locomotive ápportée ici par
M. Couvreux : c'est la premiert
aussi qu'ait entendu siftler llans le
désert le dromadaire, fatalement
condamné a mort par la vapeur.
Bientót quinze excavateurs et dir
locomotives seront montés et tra..
vailleront sans relache: des draguet
!fonctionneroot' en méme temfll
daos toutes les parties occupées par
l'eau. Telle est l'activité qui se
déploiera, dans quelques mois, sur
une li1?ne de 13 kilomctres.
·Agréez) etc.
Pour extrait : P. PAGET,

·==:==:::::. .

::s...-·•-::::::-:::::::
~
-

~

AU DIRECTEUR.
Suez, 15 juillet.

1
1

Je vous adresse un croquis de
l'arrivée rle M. de Les,eps au Seuil
d'EI Guisr, le iO juillet dernier. Le
Seuil, sitné daos la partie nord du
canal marilime déja navigahle, est
le poiot le plus éléi;é du tracé;
c'est la qu'ont été penrlant longtemps concentrés les efforls de la
compagnie, et qu'ont été réuois
jusqu'a 25,000 travaillcurs égyptiens.
Aujourd'hui, la compagnie ayant
renoncé ~ ce morle de travail, un
entrepreneur fran~ais, M. Couvreux, apporte a l'approfondissement et a l'élargissement du Seuil,
l'expérience qu'il a acquise daos
l'exécution de plusieurs lignes de
chemins de fer. 11 emploie no
systeme fort ingénieux, a peu pres
nouveau, et qui jusqu'ici parait rlevoir donncr des résultats excellents : ce sont des excavateurs a
sec qui lui servent a enlevcr toutes les tcrres au-,le,sus du niveau
qe l'eau, ou la drague n'a pas de
prise. Voici comment il procede :
sur le bord rlu talus une machme a
vapcur f 1it mouvoir, d'un cóté, des
gu,lcts scmulahles a ceux qui sont
employés p,iur les dragues, et qui
cléversent, de l'autre, rlans aes wagoos la terre qu'ils apportent. Ces
wagons lraosporteot eo,uite les déblais a l'aide d'une locomotive. 1Sur

L' ILLUSTRATION, JOU RNAL UNIVERSEL.

----~----DISTRlBLTION DES PRIX
au

COLLiGE ARAB&amp; -Vl\AN~AIS D'ALGER.
AU DlRECTEUft.

LE MARABOUT ABD-J!L-AZlS,chef de l'insurrection algérienne. - D'apres un croquis de M. J. Mareí. (voir le n• 11171.

--

-

~
~ -- -==

CONVO[ DE PRISONNIERS D4NOIS AMENJ!S DE L'ILE D'.USEN 4 IIENDSllO¡JRG, -

D'apl'h

UD

1roq~i1 d6 M. BILIII

Parmi les événements,, de· tout
genre qui se déroulent chaque semaine daos le monde, l'Illustratiora
peut et doit naturellement préférer
ceux qui se pretent avec complaisance aux crayons de ses dessinateurs,
aux rapides iodiscrétions de la pholographie; mais elle ne dédaigne pas
l~s aulres, et avouez que si vous pouviez dessiner la physionomie morale
tle chaque jour comme vous dessinez
la forme et les contours extéricurs
de chaque événement un peu ·saillant, avonez que vous ne seriez pas
mécontents de vou~ ; car vous tenez
a Aire complct, autant que possible.
et vous.avez ra13oo. t.;ela étant, permettcz-moi d'ajouter un petit post-

•

85

�86

L' lLLUSTRATlON, JOU RNAL UN IVERSEL.

L' 1LLUS'l'RAT101', .1 OURN AL UN IVERSEL.

scriptum a vos dessins algériens et de dire', moi aus~i, gnement qui figurent snr le programme. A la bonne
mon mot sur celle queslion algérienne qui redevi~nt a la heure! il n'y a rien d'inutile; tout servira un jour,
mode depuis quelques jours. Ce mot est un tont petit tout peut servir; le grain de senevé deviendra u11
document qui n'a l'air de rien, si l'o~ ne croit pas il la grand arbre : et, comme le dit forl bien M. Neyraud,
civilisation, et qui est, au contraire, gros de conséquences • rentrés daos leurs tribus, nos jeunes Arabes n'auront
pour quiconque a des yeux, les ouvre, et sait voir un peu qu'a laisser par!er leur creur; s'ils d1sent que la France
est la plus génereuse des meres, qu'elle veut faire de
au dela du présent.
Je ne veux pas commettre un exorde comme cela se l'Algérie une terre ricbe et prospere, de~ Arabes un
fait a l'Académie quanc! il faut annoncerau puhlicqu'on peuple éclairé et beureux, ils ne diront que la vérité. »
Sans doute, ce n'est pas la le langage de certains puévince tel livre que vous s.ivez, parce que son auteur
blicistes
qui disent que nous ne savons pas coloniser, qui,
n'est pas suffisamment éclectique et qu~ son orthodoxie
ne 8emble pas assez pure a tel pbilosophe converti; j'ar- s'ils rosaient, nous c•1nseilleraient de vendre l'Algérie a
rive done bien vite au fait que je veux vous gignaler, et l'Angleterre. lis oublient done que les fruits de la civipour lequcl je réclame de vous quelques lignes. Ce fait, lisation, par cela seul qu'ils sont si doux, ont besoin
qui me sem!,le si curieux, savt'z-vous ce que c'est Y C'est d'etre arrosés longtemps : avec les armes, nous avons
tout simplem1mt une dist,rihution de prix qui a eu lieu, occupé l'Algérie; c'est par la civilisat1on que nous la
le i8 juillet demier, au collége arabe-fran~ais d'Alger. coloniserons, c'est le collége arabe-fra,~is qui portera
D'ici aun mois, il va pleuvoir des cérémonies de ce genre, nos idées dans le dé~crt, en méme terops que nos soldats
daus nos 89 départements; il va pleuvoir aussi, hé)as ! y porteront notre verve et notre entrain; et saos vouloir
des discours et des flatteries a l'usage des jeunes Fran- ici finir par une phrase a elfet, j'ose dire que la civilisa~ais qui ue se lassenl pas d'entendre répéter, sur tous tion ira plus loin encore que nos bivouacs, et que
les tons, qu'ils sont le printemps de l'ávenir, tandis que nos idées, transplantées dans le désert par ·nos jeunes
lem·s puents et leurs maitres sont rautomne du di1- Arabes francises, marchcront plus vite encore que nos
neuvieme siecle. Si cela amuse les uns et les autres, il zouaves, et porteront plus loin que les fusils de nos tiLlsTER.
n'y a rien a dire, et il faut les abandonner a leur admi- railleurs algériens.
ration mutuelle.
~
Dieu merci ! au collége arabe-fran~ais, les cho8es se
passent un. peu autrement, et d'une _fa~on qui sent
AUTOBIOGRAPHlE D'UN POETE.
moins la vieillerie académique.
Figurez-vous ces jeunes fils du désert, qui out grandi
\Piu.)
sous la tente, dont ia premiere jeunesse s'est écoulée
dans la smala, et qui aujourd'hui, enfantés a la ciLe troisieme coup de la messe avait sonné. Un troivillsalion moderne, re~uivent d'elle ce qu'elle a de sieme préposé étail entré pour me preler main-forte,
plus saiu, de. ¡ilus fécondant; l'amour de l'action et au besoin, et le sous-brig:idier avait son ¡,istolet a la
du progres; ils vont l'e~porter avec eux dans la main.
tribu, et par cette généreuse semen ce faire Oeurir
- Ah! mon petit blanc-bec, vous vo11lez nous turlule désert et faire aimer la civilisaticn et la France. piner; nous allons voir, nons allons voir !
Le discours de l'orateur, M. Neyraud, est plein de bon
- Et vous, mes lapins, ajouta le capitaine matamore
sens et d'une rare con ven anee; il montre a ces jeunes en sortant du bureau et eu s'adressant a sa troupe : A
Arabes les remedes qu'ils doivent employer contre la c;beval! et obéissez au commandement de trois! On ne
maladie la plus daugereuse de toutes pour l'ame, contre veut pas que nous allions en Belgique, comme t,mt le
l'ignorance. Ce remede, c'est le courage avec lequel on monde, en payant les droits sur nos chevaux; eh bien!
renouvelle ses idées, avec lequelon accomplit le progres. nous boirons le montant des droits au nez duf\'ouverne11 n'y a pas un mot inutile dans celte petite allocution, ment, et nous irous en Belgique a meilleur marché: Je
ou l'orateur rappelle a son ..uditoire que si l'Afrique fut vous le rPpetc, mes lapins, en selle, et obéissez au comfiere d'étre rumaioe et d'o,,tenir le droit de cité, a plus mandement de trois ! Quant a vous, monsieur le petit
forte raison, au dix-neuvieme siecle, elle doit ambition- blondin pincé qui devez aller a la messe, priez bien le bon
ner un druitde cité plos noble et plus fraternel que ce- Oieu pour que vous n'ayez pas la moustacbe arrachée et
lni des Romains. Quelques mots.heureux a l'adresse du les reins cassés a l'une des prochaines kerir,esses !
maréchal Pélissier et a celle de son successeur, une menJ'allai me' poster sur le devant du bureau, apres
tion bien juste et bien cordiale de M. Cherbonneau, m'élre armé d'une énorme sonúe destinre aéventrer les
l'babile directeur du collége arabe, des remerciements voitures de foio, et je criai Súlennellement de ma plus
pour le ministre de la guerre, qui encourage et protége, forie voix : « Et vous, brigadier, sous-hrigauier et préle plus qu'il peut, cette maisun dunt il v~udrait faire po~és, altcntiun aussi, et ne mauquez pas d'e1érutcr ce
une pépiniere d'clevcs de Saint-Cyr, et 4ui y fait qtte je vais vous dire : Si ces chevaux dPpasseut la porte
donner l'instructiou qui duit meuer a ce but. Tels du IJUrcau pour se diriger vers la Belgique, dérhargcz
sont les d1vers sujcts dont s'est inspiré M. ~eyraud, sur eux vos p1stoleL5 en les visant au poilrail ! n J'a1·ais,
et qu'il a traites eu hom111e d'es¡iriL et qui comprcud du reste, cu soin d'expéclicr ,¡uelqu'un ponr lever le
a merve1lle le role de la Frauce eu Algérie.
pont. N'est w pas que c'ctait un rnome11L assez drama11 u·y a vas une hgne tle !ldtterie daus ce di5cour~: t14ue? Le capitaine des contreLandic1 s reprit :
.tout est vrai, tou.t est mesuré, et les Ar:ilies qui l'aurout . - Done, encore une fuis, et pour la bonne fois, mes
entenclu n'auroot pas le dru1l tic dire 4ue les orateurs lapins · une! deux !!
frao~ais savent graudir IPS ¡&gt;elites choses et rapetisser
J'ordonna1 qu'on armat les pistolets et que les cloigts
les grandes; ce qui est, comme cbacun le sait, le talent fusseut placés sur la gachPtte.
drs avocats attÍques et frao~ais.
- Truis! burla le géant, trois! et guides a ganche!
J'aurais voulu que l'un de vo~ dessinateurs ful la, et c·esl-a-dire que les lapins rctournaient vers l'intérieur.
qu'il etil pu vous envoyer le croquis de cette léte, uu la
- Br,gadicr, dlchargez votre pistolet en l'air, mais
ci\ilisat1on est vra1ment filie de Pallas, mais de Pdllas vous seul, pour leur faire les honneurs, et drpechez bien
portant l'égide d'u,n•; main, tandis que de l'autre, elle vite un de vos hommes au receveur du bureau voisin,
fait surtir l'oli\icr d'un sol gercé par le soleil.
pour l'averllr d'avoir a se tenir sur ses gardes, parce
Jli'est-ce pas un honueur et une JOic de voir le prix que la bande pourrait passer par la au galop, afio de
d'houneur accordé nun plus a cet exercice suranl]é du n'y pas étre arrétée comrne a Punt-Rouge. Tro1s jourg
d1scours latiu, ma1s a la narrat1un en lan¡;ue fra11~ai~c? plus tard, ces enragés repassaient la. Lys avcc leurs cheEl ce ¡irix douné ¡,ar le guuverut.ur giinéral, M. de Mar- vaux chargés de tabac, et 'nos pau vres pré¡1osés se fait1n1¡irey, et rernporte nuu pas par un Frau~:iis ué en Al- saieut blcssl'r affrcu3emPpl,tuur leur prendre leurs balgr1 ie, mai~ par un véritalile natil' du pays, par le jeu11e lots. Quant au petiL pincr', ti eul bien soin, a partir de
Ahrlallah Bt&gt;n Mecaoud de Guf\lma J'aurai- voulu que le cejour, dll n'aller aux kermesses qu'cscorté d'un acolyte
prix d'hunnenr d'arabe, do11ne par M. le general de div1- bien armé.
sion Yurnf, ful rrmp w1é par un Fran~ais. Avec un mailre
_Pour tcrrniner l'histoire, en ce qui concerne la figure
comme M. Lherbonneau, les Frau~ais peuveut liien renfrognée de mon hotPsse contemplant se~ caneLons
vaincre les Aralies méme sur ce terraiu-la. Le rran~a1s, morts, voici ce qui s'éta1t passé : mon chien, qu¡ ava1t
l'urthographe, l'histoire, la géographie, l'arithmetique, vagué tuute la nuit dans le préau de la fernie, avait fat1
l'algel,re, la géumctrie, le dessin liuéaire, la cunvcrsa- uue chasse aux pauvres vul:tlile~, et étranglé tuut ce qni
tion en l'ra11~a1s pour les .\ralles, et eu aralie muel puu1· n'ava1t ¡,as su s·e11fu1r ou se défendtc. Je 111a11geai les c,1les Fra11~a1s. le d1·ssm d'1mi1ation, la calligraphie, la nelons avec attcndri~scment, et je rus bien plus atlcnn,n,it¡uP, la ¡¡~111na1-1i1¡11e, voila les d1versolijetsd'eu&amp;ei- dri lo™jue, quelqoes jours apres, je dus w11 separer de

mon cher, de mon seul compagnon, qui avait :ijouté la
réc1dive a ses prPmiers crimes, et dont le bannissemeot
uvait été définitivement prononcé pour cause d'impénitence finale.
Mais je ne devais pas etre l'éveillé tous les matins par •
les contrehandiers, et je trouvai bientot le loisir de parcourir les Flandres en tous sens. Quelques vers extraits
d'une épitre écrite plus tard au poete Oamand llenri
Conqcience, conservent la trace de ces pérégrinations
enthousiastes :
Souvent j'ai parcouru ta fertile patrie :
Ypres. qui dort en paix dans sa verte prairie;
Poperingue, au milieu des verts houblons; Anvers.
Dont la iltlche el Rubens sollicitent mes vers;
Tournay, qui íait songer a f'onlenoy; lllalines,
Dont on paye a prix d'or les dentelles si fines;
Liége, ou l'on plane a pie sur la Meuse ¡ Serain,
Plein des bouillon11ement~ du fer el de l'airain ;
Gand, long, b1 u~·ant, grouillant, qui vit Charles-Quint naítre;
Oslende, 111ort l'hiver, que I élé Ídit renailre;
Louvain, vantant sa hiere autant que ses docteurs;
Bru~elle, encore en deuil de ses conlrefacteurs:
Bl'llge enlin, ou soul'ent mo11 révt: ailé s'e11rnle;
Br11ge, anlique cité, catholique, espagoole,
Ou femmes, toits, balcons, loul rédame un tableau,
Ou la vierge aux yeux noirs provoque un lllw-illo.
Viennent les di manches! et tout ce peuple coquettement paré, se presse aux églises pompeuses ou rustiques.
Ce sont ensuite de grands combals bruyants, mais pacifiques, livrés par les confréries rivales de l'arcet de l'arbalete : au-dessus de la porte des cabarets Oottent leurs
drapeaux, oti se détache, sur un fond soyeux d'azur ou
de pourpre, l'image en or des bons patrons Sébasticn et
Georges. Ce sont des lultes de village a village pour le
prix d'harmonie instrumentale, car le moindre bameau
possede sa mus1que dont il est fier. Gardons-nous d'oublier les tournois de coqs, les assauts de serios et antres
oiseaux cbanteurs. C'esl la qu'un vaillant coq vaut la
poule aux reufs d'or : que de riches paris ne fait-il pas
gagner a son heureux possessimr ! J'ai retrouvé l'art dramatique au maillot daos une grange de village, ou des
servantes et des valets de ferme représentaient gravement le mystere de la Passion. Pierre reniait son divin
maitre, et l'on entendait soudain retentir le chant du
coq. Un apótre, dans son zele, coupail l'oreille en papier
de Malchns avec un sabre de garde-champetre; mais
Jésus qui, par uue cu'incidence lres-pittoresque de couleur higtoríque, avait les cbeveux d'un hlond fort ardent, ramas,ait et recollait aussitót l'oreille, en disant
d'un to11 de rude mansuétude : « Remettez votre épre
dans le fourreau ! » Certain jonr, j'assistai daos une
commune, a une séance d'académie dile liethorica. Un
orateur puissant (il faisait craquer, sous son éloquence
charnue, la table de chene ou il était monté) démontra,
· 1'31' une improvisation de deux heures, que la langue
Oamande étail bien la plus melodicuse des langúes, et
qu'cvidemment la révélation avait du étre faite au premicr hornme dans cet idiorne privilégié.
Les superst1tions aho11clt&gt;nt dans ce coin du Nord. C'est
particul 1cremrnt aux fcmmc•s que l'on y attríl111e le don
de l'ench:111tcnwnt. l'ious qui av,.ns n,oins de té11ebr1•s,
uous sommcs aussi de cct al'is. Autrefois la fée rtait pelite et ~ieill,•; elle avait les yt&gt;ui en trou de vrille et lirillants, le meutou pnir:t11; elle s'appuyaii sur un haton, et
je crois meme qu'une bosse ne lui messeya1t pas : c'était
la Losse rle la pu ssance mystPrieuse. De nos jours, et
voila le vér1tab e progrcs, la fée est p1us ~ou,cut jeune;
on a raison alors de la désigner sous le nom de cha,···

meu~e.
La luite de l'homme contre les puissances occultes
a été, de tout temps, et sera toujours une rude épreuve.
Oemandez-le plutót aux paysans de Wuil~rbaate, l'olympe des diabler1es tlamandes. Wuitschaatc, le village
des sorcieres, e,t célclire co111me autrefois l'ile de Sayne
puur ses druides.;cs. Oemandez-le a 1'11npruclent qui est
revcnu, le so1r, sans se signer, par le croisemFrnt de deux
chcmins. 11 vous racontera avec ellr&lt;li commcnt il a vu
l'bomme ou la fcmme du mystere, tournoyer clans le
tJurbillon des bandcs inferna.lcs, commcnt il a entendu
les cris et les gr111ccme11ts de cct hornhle sahbat. G'est
la que le désorrefott,J;l't la charn,ewe anachcnl leurs pouvoirs. }lais c¡u'il leur fwtlongtemps et pé1111.Jlernenl tirer
le diable par la queue pour lu1 derober quelques bribes
de sa sciencc ! - De la saos doute ce dicton : 11 Tirer le
d1c1.l,IP par la queue ! i&gt;
Je du1s me tenir en garde contre ces souvenirs, qui
m'cntrai11era1ent trup loin. 11 cutrait daos mon programme d'indiquer les iulluences qui ont pu laisli6r dans

87

-~---~------,-:----:-:-~~==

- - - - - - - -- - - ~ - : - - ~ - - , - - - - - Décidément, vou~ ctes on maitre homme_, messi~e
clairéd'une lueur fantastique, celle lueur·qui est comme
- - tine empreinte de la vie flamande, d u paysage é
d lil
abbé et cette fois encore je m'aH1uc hall11. ~1a1s 1a tro_1mes vers
. .
l
un antre phM,11hore de la poésie. C'est par ce ou . e
'
.
t
oé•ie qui sa1l m1eux dunncr aux e rnses
gicme qucstiun n'est pa~ de cellcs d'u(t l'on P_ u1~se se •··
Oarnan d· I, a r " '
.
atlrait rlu merv,·illeux et ,Ju vrai, que certaines parties
leur reltef,achcvera cette esqu1sse .
de l'rouvre de 13ürgt'r sont prématurément entrre~ daos rcr avtc des si: qui vous soufflcra ce que Je pense en
la trad1t1on lé"e11daire. Sa ballade intitulée : l'Em11el'etu· ce moment, et commcnt pourrcz-l'ous me prou,vcr que
, er ois le canal, ligne droite que longe1:t
0
• • •
cette pensée e~l une erreur? Vous avea la paro e, mes11
et ¡• Abb•, si pleine de sagesse ironique, m'ava1t ele _ra~ .
b.
~,pliers tremblan1s do11t les oml&gt;1 es s y plo11¡¡c t
1
. J:ue la lermiére alJ.mt vendre au marché
conlre daos mon eofance par ma mere. Elle m'a la1~s_e s1re ªsi _e.
E ereur Votre MaJ·esté pense que je
Lá b rre eu blanc baril sur la croupe attaché;
·
·
·
· de oir la rappeler 1c1
- e1"neur rnp
,
Son eu
•
¡
une telle 1n1press1on, que Je crois_ v .
' ¡ . 1, t1b&gt; d Sa'nt-Gall
et elle se trompe, car je ne suis
. ·e vois ondoyer, va¡¡ues de plu,1eurs 11'ues,
1
en rt&gt;produisant antant que poss1hle, le ton doucemenl su•~ a · e
,
t!~Jbl~s aux tiges d'or, les lins aux ~retes lileu';S·
.
.'
411e son berwer.
S I t aux volets verts I des femmes JUSle o~ue1l,
ra1lleur du rác1t maternel.
. 0
,
•
· d · .\t
l'abbé de Saint
·t
"aint Gal' 11 apercoit
- Ma1s alors, e est to1 qui 01s i; re
.,,ª
~ . cu·ivres et &lt;rrés reluisent sur le seml,
Ch
1
(t
ar
emagne
passa1
par
~
·
·
•
.
d
·
ormais
1
·
r.ta111s,
"
·
· f 'l
1
1
11
Et la m ,ison qu'o11 lave et pare JUSqn_ a11 a1 e,
son :ibbaye Ga , et u es es
•
1'ab be· qui· se promena1·t au soJc'l1 dev nt
.
d
·
_ Je ne sais pas le latin sci"neur
Empereur; mais
Semble annoncer gaiment que d~~am sera féte.
0
I
'
bb
·
·t
les
trois
mentons
que
Boilcau
onne
au
·
'
Vois déja les fumPurs devant les cabarets, . .
. a e ava1
.
,
. ·t . Votre MaJ· esté veut:ibsolumcnt
m'accordcr une faveur,
tameux chanoine de son Lutrin. Charlcmagne a11na1 gi
,
Ou deux noyers branchus f?nt .un ornbrage ~,ns,
•· · · d ¡ t
J. e lui demande une autre grace.
. lequ~l bie11 souvenl s é,·hpse en un com sombre
les
bommes
aclifs
et
notre
abbe
etait
in
en
·
,,
:sous
·
.
· d
)' robre
.
' .
bb. 11
't que l'es soucis . - Tu n'as qn" par1er.
Ce bu\eur i¡ue Té11iers la1,,se lrop vou· ans o
.
. . . . . .. .
- BonJour, 01ess1re a e.
parai . .
, .
_ Je demande le pardon d'! mon bon maltre. ii
spiritucls vous font toujours autant maigm\ ª1da sou-•
N'cst ce pas que voila uuejolie l&lt;'g,~nde'I Charlemngne
· ~ dirais-je cÍe plu~?ito~tr~r;i,-je la hiere
•
Is bruns et moussem cr/1¡ ita·,t da s \e ve~.
meUre a vos lumicres truis questio_ns,_ don.t • a~ ra me s'y1 m~1:trE avcc cd air de bo11honüe , un péu, narquuise
1
'. bou rou"issanl Jans les lou, ds pl.,ts d',~tam.
donner la sol11tion d'ici a tro1s mo1s, Jl)Ur pour JOUr, en · .
.
h. d ,· r • ,
Le Jª"'
.
, 1 . .11. 1 . Je dPsire qui conv1ent aux er-is e epopce.
Les 11ar, se tr ~noussanl Ju .soir j, sqn'au
. matm.
..
solennPlle seance de n_otre consct . tmpe a ·
. .
Les halludcs d'Uhl,wd sont peul-clre plus compléteDaccl1a11alc qu·a tcmps la m11l d u ,·011. cou\le, ?
savoir d'abord ce que Je vaux, ma•~ ~ ufn~ ub,ole prcds , ment na'1\•es La 1ioi11le de l'iruuie y per~e muini-. Le
Et qui reviL sans frein ,lans un ílubens du Louvre.
·
u· d t
· ettra1s a aire e tour u
·
•
Cf\SUtle, com ten e emps Je m
d
poete y montre une ame pleine de loya.uté, de la ,·ieille
La Belgique confine a l'Al\emagne; mai~ q_ue_ de d_is- monde; enfln, i¡ucllesera ma pensée quan ,ous repa- loyauté al'emancle 11 est de ceux qui, de nos jours, out
qui rle1 ra e:re une erreur.
. ·
.
orales entre les deux pays t L uleal 1sme 1c1, ra1'trez devan t moi , pensée
.
. .
,·
le lus ahondamment prép3 ré, pour un nou vPI HorucrP
semblances m
.
· 1
•
,.
l'
L'Alle•11a"nc
reve
la
Belg1que
ag1t
ourTachcz ele trouver reponsc sal1sfa1sante a tout,_ mes_1re
\J
.
les éléments d'une nouvclle épopée dunt
le rea 1sme "·
' o
,
.
·
· d'etre abbé de S·unt Gall germamque, ·
sensuelltiment. L'Allr.m,gne a pourtant auss1 sa abhé, s11100
vous
aurez
_cesse
.
.
'
··
,
'
Ir.
moyen
a.ge
fournil'a le sujd, les moours, les croyanccs
I
demen,
r·d · r t Elle
sensualiLé, mais elle la ·transfigure en . • _ea isan .
et vous devrez quittc~· 1abhay~, m,rnte a rebonrs su1 un e~les couleurs. Parmi les léttendes herui,1u1 s, Uhland
·
e cu au1se de bnde entre vos ma111s.
.º
.
. ,
se.ule pou va1•i p•iéti · er ¡¡ un t.el po1nt •Meph1~to11hclcs, en ane,
sa queu '
º .
. '
.
11
. s'est particulieremenl occupe des trad11io11s rclatl\GS o.
le monlrant Mvoré par la soif ele l'incunnu. Puur _une
i1 Voila uotre p~uvre_ a_bhe fort en pe1~e.
. ~nvo1_e Siecrfried et aux principaux aclturs des Nicl,cltingen.
. te ima"ination en toute liberté, passer de la 1iclg1que clans tuutcs les umvemtc,, dans touteslesf~cultes, ma1s Plu~1turs de ses balladcs ¡iuurraie1,tctrc int.,.,rpo'éestlaus
J:~\llema;ue, c'était aller d'un póle a ~·autrc _: le lo~d_s les pl:1s lamcux ductenrs y perdcnt leur lallnCpers~nni° lcl :1ia11t de ce vieux poe uc' lt1s stl'Uplll'S s11iva11tcs,
. t tle la natu re Íl'an"':u,e
d~va1 1c1 servir de IJ..a1t ne truuvc ré¡ionse aux terr1hles quc~llons. epcnc an '
. ' mple qui semlJlcnt provoquer l'archet 11·1111 aul
d1)111111311
·
t et le te1•me fatal approchc II ne p,ir exe
'
d'union, et racililer parilc¡;rcs le mélang,•. S,rns ce ltege 1es Jour~
St' pass&lt;'n '
1•
trc Vulker a la cour somptue11semenl barliare d uu aut1e
atreste plns qu·un mois; il ne reste plus que que 411es se~
,
de FI a11t11·c e't de Fram:c, mon 1 spnt, trup v1vc111cnt
.
,
.
11e·11s.i I' alb
. a •ucre ,•• Hetzel:
I e, n g
tire par Cl't ucéan , de _la p~usé_e gerrn~111 ,u~, s y mainPs, 4ue qucl'lucs Jours.
LES TROIS CUANSONS,
serail euglouti. Nuvalis m aura1l llt'anmurn~ nu)e dans Ouri~~ant, n'est plus désormais qu·un s,1uelctte. Plus_ de
.
d
et
daos
•es
ontlcs
sédu1sa11tes
el
(alaleg
calme,
plus
de
sommeil;
partant,
plus
_d'e~l'.onpo111_t,
son l, ro111 1ar
,
« Sur les hauts degrés de son trone était assis le roi
comme l'attractiun de l'úntliue, si Grethe et Uhland u~ plus 1Ie joues ruliicundcs.11 va dan, le bo1s vo1stn runnSiegl'ried:
- (( Joucurs de harpe, qui de vous me chan. t, en mA
me tem¡i•· , muntré d'aulres hurizuns.
ner a l'on1bre son dése~poir. 11 anive, sans y prendre
m,ava1en
i;
.
tcra la plus !,elle cham,un? ~t un jeuue ho111~1e s'élan~a
Les Lietler et ~pígrammes de G,e1he'. ~:ir la dcdut:llon garcle, pies de son licrgcr.
•
.
suutlain hurs de la foule, la harpe daos la ma111, le gla1ve
11. Salut, mon seigueur ahbé. Mais que vous voila
lo&lt;&gt;ique des idées et la sa1llante prec1sron du conlour
0
a la ceinturc.
t'que élaient un précieux currcctif du vague réveur mai.,ri ! Vous étes done bien malade?
(( Je sais trois ch:insons. La premicrc, tu l'as saos
poe • '
. . 11
de
~ Hélas! oui, mon brave Vénix, je suis bien maet indetermiué. Mes premiercs études de poes1e a em~n
doute ou1 ltée depuis longtt•mps : Tu as assassiué ruon
avaient porté sur les plus courts de ces tourts ~?emes lade.
_ Laissez-moi voua chercher quclque herbe salu- friu·e ! - 0'.1! mais tu l'as assassine !
que, ¡,enclaol mes promenatles a~ l,ord de lamer,.ª U1_m11 L'autre chanson, je l'ai in,¡1ruvísée pendant une
k1!ri¡ue, j'ctais 1iarvenu a encha_sser d~ns_ma m~mo1re. taire mon seigneur ahbé.
nuit
de tenipctc et tl'édairs : Tu &lt;luis te liatllc a1cc mui
_' Ah! mon lirave V,·nix, ce n'esl point une herbe,
Dcux d'cntre cui surtoul m·ava1cnt la1sse une tropres¡¡ la vie a la 111u1 t ! -· 011 ! 111ais a la vic, il la 111ur1 ! n
siun prul'unclc et tlec1me. lis dé!tmsscnt le_ role. et ~a c'est la répuuse a mes trois qucstiuns qui puurrait seulo
'
.
.
Alors il posa sa harpe sur la t:ililc, el tls l1l'CI eut tous
puis.,Juce du p11He. \'oici tl'aLord puur le rol~, c cst-a• me gucrir.
·1
t,
t
·
t1
_ C'esl done du latin bien difficile, mon seigncur deui leurs épécs in1patient1·s, et 1s se a tiren uogd1rc le cunsc1I pla~t1q11e dunne ¡¡ar Grothe a tous les
temps avcc un bruil sourd; puis enfin le roi tomha sur
puet.es :
ah lié?
.
•
·
_ l'élas ! mon hrave Vénix, ce n'est point du lat111, les hauts dcgrés de son trone.
De3 imagcs, polite, et ras de phras~ vamc;
~
•
. d' ft .
i1 Maintenant, J·'entonne la troisieme, la plus belle
sans quoi le~ docleors auraicnl pu me_ t1rer a al_re.
Que 1011 ch,u,l ue soit qu u11e luleme.
1
.
_ Puisque ce n'est point du lat111, mon_ se1gneur di) mes chansons : Le roi Siegl'ried est étendu clans e~
Le dysli'{ue allemand, que ma ver~1on a. l'inconvé- abbé 1rnrdonnez-moi de 'vous prier de me d1re quelles fluts rouges ele son sang! - Oh!. mais dans les llots rounicnl d'amurtir el de prusaísllr, proscnt adm11-.1blcment sonl ~,,s truis questions. Ma mere n'était qu'une simple eres de son sang ! ii l
•
a déclamauun creu~c et le vc1 l'.idge. L'autre a¡ihur1~m_e bonne femme, mais elle avail toujours répon~c a tout._
" L'al'dtUr farour,he de ces races énergiques '}Ue Rome
du maitre se termine par une rn1age superbe symliuhi, Qnand l'ahbé de Sainl-Gall eut furmu_lc les tro1s ' appelait dédaigneuscment barbares, ~t qui devaient
sant la meme pcnsée :
questions, le berger lan~ajoyeusement en l'a1r ~on Lon- \'amere les conquéranls du monde, respire dans ces vers.
La méme corde a souvent résonné sur la lyre d'Uhland;
net de peau ele loup.
.
,. .
·11 a surtout cousa'cré a la bataille d'Hastings une série de
Aux flots troublés, grave el serein.
·- Si ce n'cst que cela, vous pouvez reng, '1sscr,
Le ¡ioete voguail 11~¡;uere.
mon bon maitre. je me charge de parler pour vous. \laís fra"ments ·qu'rul forl goulés Augustin Thicrry, et que
11 J1~a1t u11 mut, et ~oudJin
1
•
l'"' Chaºtterton n'aurait ¡ias moins admirés. ll a été égaleLes llots apaisaiem l~ur culere;
il raudra que vous me permettiez de metlre, ce ¡ourment simple et vrai avec candeur, quand il s'cst insll puisail l'ondll dans sa mam,
votre cape et votre manteau. 11
d •¡
- Et J'onJe rctombail en sphcre.
u Le juur ven u, le berger, transformé en abbé de piré des s,~ntiments qui font le lyri,me, quan I a
·•nt-Gall, est introduit dans la salle oú l'Empereur pré- cbanlé la femme, les fleurs, les espérauces el les regrets.
L'imperturbable sérénité du grand olympien, 1.ª faculté Sa
1¡
el doui enivrement J·e me dé
d
sidait le conseil impérial.
.
Aver que e iarmc, avec qu
11
·
1
1·euse
de
son
génie
obJeciií,
s_
o
n_
t
tout
e_nlters.
ans
1
·
•
tt
f
a'che
so11rce
Prod 0
_ Eh t,ien ! messire abbé, vous voila plus ma1grc sa téra1s a ce e r 1
, J·e le (lirais n¡al ,· mais
ces quelque lignes cadencées. Serait-il possilile d avoir
,.
,·
·
d · clepuis le "OUL et la ~aveur de ces
ucore qu'a I'ordinairc; il vous a done fallQ méu1ter j a1 ton¡ours gar e
o
~
.
.
une plus "oraude idée de la poésie, une plus savante el e
¡· ·t.1
J' ti ,11·ra1·s aussi dans Uhhnd et ¡e lm
biPn lon"ternps pour trouver le mot de l'énigme? Voyon~ eaux 1mp1 cs. a t,
•• ,
,
,
plus sage lheur1e de cet art d1viu? Comment ouhller un
º
..
t·on
appro¡mée a ce
1 .· Qu'est· ce que J. e vaux ' a cnviais une forme merveilleusement
.
• d, de cctte coupe
par,·11 precepte?
Comn1en t ne pass·effiurcer saus cessc. de. d'abord la pren,1cre
. ·? ques
ua'if breuvage : je veux parlcr du Lte
le prati,¡uer? O magic1en de la forme! vous avez ams1 1 une obole prrs .E
I F'ls de Dieu notre Sau- eutourée de v1;r"'iss-mein-nicht,
oti le poele nous verse
0
.
t le seul et véritalilc
- Sei"'neur
mpereur, e 1
,
•
•
d
\'" lb 1
0
révele magn1fiquement votre secre,
•
'té
d trerte deniers Votre ~la- le nectar enchanté. Je qmtta1 Uhlan pour ,, 1 i m
ser.ret: tout ce qui tombe de la main du poete doit al'oii' vcur Jésus~Cbris~, a e vefnd u_ , ' l denie~ seulement ~lt• ler a qui Walther de' ogelweide ~eml,le avoir légué
·
.\ et cette splendcur vi- J·esté vautJuste
vm"'t-neu
en1ers: m
·~eg• bouqnets
,
.
.
.
0
ce contuur spher1que,
cette gro.ce
.
d'aubépmes,
ses 01seaux
et scR prmtemps.
vantes.
.
.
de m0tns.
.
bb ' la répouse est babile , 11, l'ui~je passai tour a tour a Chamisso, le sensible rails
Uhland ful l'autre enchanteur qm me retmt, par u~e
-. Bravo~ ~e~ •~: ª as e~'en montrcr satisfail. ~laisje Icor;~ Ju,tm Kcrncr, le plaintif élég1aque; a Rückei:t,
:mere solide, sur les bords de ce vaste Oeuve de reverte, serais mal e~u d p . .
estion. il ne vous sera le Saadi de l'Occitlcnt, le pocte de la cuulcur et du sole1l,
qui aura,t pu tout entrainer a la dérive. Lors de mon I vous atteu ds ª ª ~u_fxiemle ~u tour~er la difficnlté IP piodi"UC'
de la rime, de l'image, et toujours des plus
0
.
•
·•
·
saos doute ras auss1 ac1 e ne
·
·
'd
0 té avec moi son
dernier voylge a Bunn, J ava1s rap¡&gt;_ r .
. C b' d t ps mettrais-je a faire le tour ¡ gr,1cieuses pensées. Commcnt, dans ces pagt'S ra¡11 es, et
s
naiírecueil de Léyendes et Ba/lacles, arn • que les reuvres Voyons · om ien e em
·
qu'il convcnait peut-etl'e de faire plus hri!l'eS encore,
I
de la plupart des poetes allemands modernes. Un ~e du rnon¿e?
ne pas citer quelques-uues de ces pensee~ de Ridi.ert,
¡ f
ép1
Se10, 0 eur Empereur si Votre Majesté ~e leve as-.
leurs prédécesseurs rlans _l'art d: don~er ª orme .
'elle uisse conalamment sLivre pas .i qm brillent, comme autant de blanches perles, sur le
que aux traditions popul11res, Burger, 1au~eur de Th1ore ' sez matm, .et qu
p
il lni suflira de vi, ttl-quatre tront de sa muse?
et du Féroce ch,meur, m'était connu depms longtemps. 1 pas le soleil dans AA course,
·
"
" AccneillP. avec joie Ir pelerin clans t:i mA.i•on; ru
faimais son talent simple et vrai, parfois étraniement hPnres.
.

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�88

L'lLLUSTllATION, JOURNAL Ul\IVERSEL.

TIIBATIIH UES UUll."'TTINI IIT l'ANTU&lt;:t:INI.

c'est ainsi que, sans le s1vuir, plus d'un bommc avant
toi cut pour botes les anges.
« Le vérilable orpbelin n'est pas celui qui a perdu ses
parents; mais celui q11i n'a enricbi son cmur d'aucun
amour, son esprit d'aucune connaissance.
« Ne te plaios pas si la vie n'a pas courouné toutes
tes cspérances; son ge, pour t'apaiser, qu'elle n'a pas
non plus justifié toutes tes craiotes.
« La vérité est encore le j:m le plus sur. Monlre-toi
francbement ce que tu es, et tu n'encourras pas le dangcr d'oul.Jlier ton role.
« Mets ton amour daos le passé, si le présent ne t'of..
fre rien qui .en soit digne, et si le passé lui-meme n'a
rien qui t'attire, mets ton amour dans !'avenir : il est si
,•aste!
« Chaque soir nous apporte la sagcsse et la prudence
dont nous avons manqué pendant la journée; mais cette
sagcsse et cette prudence ne nous servent a rieo le jour
suivant.
« Ne te laisse pas prendre au prem1er sourire, ni a la

premiere )arme; le crocodile plcure comme un enfant, et
la hyene rit comme un homme. »
-Ces érndes sur les poctes modernes de l"Allemagne
occupcrent les quelques années de mon séjour dans les
Flandres. Arrivé aParis, j'eu publiai successivement les
rétiultats, sous la préoccupation fervente de contril.Juer
ttios1 a resserrer l'union intellectuelle de la France et de
l'Allemagne. 11 m'eüt particulicrement souri de ne point
rcster étrnnger a. une fusioo des éléments qui distinguent la poésie des deux 11ations. S1 je pouvais espérer
d'y avoir un peu réussi, je m'en réJouirais surtbut, parce
qu'en m'assimilant cettc e1pressive et réveuse pocsie de
' l'Allemagne, je croirais avoir mieux • retenu, mieux
cultivé en moi !'ame materoelle.
Que dirais-je de plus, et qu'importe ce qui advint eusuite? Une autobiograpbie, je viens d'eo faire l'épreuve,
' ne pcut que s'ébaucher tres-superflciellement, - et c'est
peut-étre déja trop. Tout au plus est-ce une expérieoce, un
essai de narraÜon na"ive et ironique qu'on fait sur soimeme. On est d'ailleurs privé de ses meilleures1es-

sources, puisque le plus intéressant de
ce qu'on pourrait avoir a dire, il faut le
t:lire: comment raconter la vie du coour,
lí! ·coour de la vie? Les poetcs ne doiveat confier de tels sccrets qu'a leurs
Yers.
N.

füRTIN.

LES BATNS D'ARCACIION.
LA VII.LE D'ÉTÉ. -

LA VILl,E o'HIVER.

Les chemins de fer ont fait dans les
habilurles de la vie une révolution si
complete, qu'un persormage de l'autre
siecle qui reviendrait dans le notre, se;
rait aussi émervcillé des moours nouvelles qu'un sauvage de l'Amérique du
Sud. La vie ~e campagne, si en honneur
autrefois, n'existc pour ainsi clire plus.
Le chateau s'en va. Bdtisse isolée sur le
sommet d"une colline ou sur les :bords
tl'une riviere, il e'st destiné a périr
conime tout ce qui vi( solitaire. Les
mrenrs américaincs s'infiltrent peu a
peu parmi nous. 11 nous faut la foule,
le mou vement, le bruit, les éclal3 retentissants; nous avons destitué la solitude.
Les maisons de campa¡,nc de l'immense
majorité sont aujuurd'hni les stalions
thcrmales, les Yillcs de 1,ains et de plaisance. On va retrouver en Savoie ou
aux Pyrénées ce q11'on est censé fuir en
quittant Paris: la toilette, le I.Jal, tout le
tapagc de la ,·ie. Qu'un rJyo11 de soleil
illumiue le boulevard, et tout le n~oócie
s'élance a la fois, - un sauvc-qui-peu(
universel. - Cctte vie de Paris est si
fatigante! et l'on va chercher une exis-•
tence plus fatigante encore. Le caractere

\"11.LA ELGIÍNIR.

.

-

~

-"'

~

-

.

U.S llAINS D'AllCACHOII. - VUK GIÍNRIULI .OS, - D'1pm les photograpbies de ll. A. Tcrperraut

Arcachon a aussi l'inappréciable a,·aotage d'etre bor~
dée de chaque coté, sauf du coté de la mer, par une forct de pins. Or, l'odeur balsamique et résineuse des pins
cst excellente dans le traitementd'un certafo nombre de
maladies. Ces émanations continuelles pénétraot sans
cesse, avec l'air, daos les voies respiratoires, remplacent avantageusement tous les procédés bal~amiques et
ré~ineux administrés si souve11t dans le traitement des
maladies bronchiques. L'odeur de l'algue marine venant se méler au parfum des sapins, on peut dire que
le malade rencontre sur celte plage les deux remedes
souverains pour le reconfort de sa poitrine.
Di\'ers rapports de médecins spécialistes ayant établi
que IP. climat d'Arcachon était un des plus favorables a
la guérison des maladies de poi trine et des voies respiratoires, M. Emite Péreirc, ~ollicilé d'ailleurs par le désir
d'étre utile ason pays natal, con~ut l'idée de fonder, a
c1ité de la ville d'été, une ville cl'hiver qui fer:iil d'Arcachon une station permanente. Aussil1'it fait que dit: les
ouvriers úmparent rle la forét, ou p-lutot de cette partie •

89

L' lLLUSTRAT ION, J Oll-RNAL UN IV ERSEL.

de la orét qui forme comme un bassin nature et qu est
abritée conlre tous les vents, et bientot la cité s'éleve,
cité de cottages et de chalets; - la, chaque villa rayonne,
celle-ci avec sa robe diaprée de pierres blauches, cellela &lt;le briqucs rouges, celle-lil recouverte de chaume,
celle-la d'artloises bleues. C;tte jolie vi lle est un ar,c-enciel; elle est enclavée dans une forét otl l'on a percé
trente-cinq kilometres de roules carrossables. - Un bois
&lt;le Boulogne iL douze heures de Paris, aune heure et demie de Bordeaux.
Pour que rien ne manque a ces charmantes hahitations, chaque nid joycux a 5a tcrrasse, sa marr¡nise ª""
frises tombantes, et tout autour un joli jardin oi1 les
íleurs de nos pays se marient aux plantes des tropiqucs,
- le mariage de l'été et du printemps.
Les deux villes ~ceurs sont reliées par le casino, qui se
dresse sur la colline et d'oü l'on découvre un des panoramas les plus grandioses. Ce casino cst un monumcnt.
C'est r¡uelque chose comme l'Alhambra reo\is a ncuf et
agrémenté,de coupoles plus orientales &lt;¡ue mauresque~.

VILLA MARl&gt;lJUtlTE,

distinctif du dix -neuvieme"siccle, c'e~ le
mouvement. Go altead!
De toutrs les stations de plaisance, la
derniere venue cst Arcachon. llieri solitudo, hodié vicus, eras civilus, telle e~t
la fiere devise de cclte aimablc colonie
improvi$Ce par la puissancc des millions,
et q•Ji íerait croire it la theorie, si débattue en ce moment, des générations
•~¡iontaoées. Arcachon, sitnée dans un
coin des Landes, a cinquantc-six kilomctres de 13ordr.aux, était, il y aquelques annres a peine, un modcs.te village
de pc'cheurs, déroulant ses paunes calianes devant ce magnifique 1Hl$Sin d'cau
salée, qui n'a pas moins de cc11t kilometres de tour, et qui communique avcc
l'Océan par · une large passe, comprisc
e11tre la pointe du Sud et le cap F'crrct.
Des hal.Jitanls de llordeaux llrent batir
en face riu hassin quelques maisons, et a
partir de ce moment le village de pcchcurs co111men~a a 1wrrlrc de sa rurle
physionomie. On sait qu'une maíscon en
appelle une autre, et les autres ,·inrent
si 1.Jien et si vite, qu'en peu de temps le
village était une petite vi lle élégantc,
dnnt les chalets et les villas s'éparpillaieot sur m,e étendne de plll!,icurs kilomctres. La vi lle d'été füit fondéc, et cctle
ville est assez avanta~cuscmcnt connue
pour que je n'iusiste pas. L'eau du Lassin, aussi salée que l'eau de la mcr, mais
moins fouettée par les vents maritimes,
offre aux malarles un bain plu$ tranquille et plus salutaire. S 11· cctte plage
unir¡ue, s'éhattent toute la juurnée des
lé¡.;ions de bamliins et de l,aml,ines, les
jambes nues sur le sable doux et lmmide.
Pas d'arcident a redouter. Aussi la plage
d'Arcachon ~•~elle été appelée la patrie
des enfants.

�90

l.'ILLUSTRATION

Les_ ~~lle~ •onl d'une ~rlrnilrnr encore inconnue. La viv~c1le1 el le •br1lla11l
d,•s lon~ rehans~és
..
.
· d'or, le 111rercs
rtr 't•s _1l1•m1-li'111tt-s ,1'11nc cloucenr extreme, o1Tr1•nt une
h,'.r1110111c ~ava11le. l.e ~uir, coupoles et minarel s'1llum ~l'nl,. et a11 mil1cu rlu jar&lt;lin un élégaot pavilloo
abr1te I nrchestre. Ce jardin, qni reproduit sur une
(plus' grande
· cchclle
. le jardin de M11nceaux , est auss1.
ra1s,
auss1
merve1lleu3ement
soiané
r.
.
o ' ma·,s· ·,1 a sur son
con_ rere de Pan~ l'avantage de possé,ler des cactus :les
alues, des arbousiers, des karoubicrs : toute la ía~ille
de la O_ore des trop1ques pousse la comme chez elle, je
v~ux d_,re en pleine terre, et ce n'esl pas un des traits
les
. moms caractéristiques de la cle'mence to ut cxcept•~nnelle de ce climat d'Arcachon. A cenx qui l'accuserat~nt de promettre plus qu·,1 ne peut tenir, il répondr~,t e'. : Regardez ces plantes et ce~ arbustes des climat~
afr1cams' etdites
• dans un sol refroidi
,
s•·1I s peuvent vivre
p~r la gelee. »
. Ro so~me, cette station d'Arcachon, qui réunit deux
v~lles, qm a le plus beau ca~ino et le plus adorable jar..
d'.º• avec une foret immense et la .ncr qni la liaignc,
n est p~s s~uL~ment p,:uplée, comme on le pPnse bien,
de valetudina,res. Tout le monde y va et tont le mo11ele
y reste. De ~etites Yoitur1:s a l'hcure slati11nnent a la
porte du cc1smo et empurtcul daos la íorct rle~ CPntaincs
,-de. promencurs·' - de·s barques pavo,~ees
.. invitent les
ba1gneurs aux _excursions maritimes, et les baleaux
a vapeur,_ charges de passagers, vont dou blcr le cap
Ferre~. C est en face de ce cap, au dela duquel s'étend
la_pl~me mer, qu'est situé le célebre chalet de M. Emile
P~re•~~' - une merveillc ! C'est toul sin1plement un pala1s. ~ est le plus vaste chalet qui e1iste, et c'est a11~si
ce~tarne_ment un de ceux 4ui sunt n,eublés avec le plus
gout; ~e Jardio qui l'eutoure est cumme u11e rcd11c1iu11 tlu
p~r_ad'.s ~errcstre: des fenet,es qui donuentsur la n,er, el
d ou I re1l embrasse le bassin dans toule son étenduc le
sp~ctacle_est s~perbe. On ne,pcut en vouloir a \1. E. Pére1re, qui a fa11 constru1re taut de chalets et de \'ÍIIIIS
pour les autres, d'a1oir songé a se cun~lruire un ni&lt;l
sur ce doux rivage.
liENRI C,1srEUUN5.

'

.I OIJRNAL UN I VER~F:t.

. Sagement répondu, bergere. Mais quoi ! tu accordtJs
~e ~ue tu refu_es, et te :oila de l'autre cóté du ruis;eau;
~ ten ~~peotrras. A perne quel4ue~ jours se sont éro11les et deJA ton berorrer te fail attendre• - Bo DJour,
.
mes
amours, la be lle Marguerite; a garder les arrneaui Yous
~ous serez morfondue? - Non, certes, mo; doui ami,
Je ne me suis pas moríondue : pourtant l'eau du ruis~
seau.,m'a
. un
. J)eu re fro,·d·,e. - Le coq n'avait pas chanté
que J a, fa1t d11 pare sorlir mes brebis, pour vous mes
am?nrett~s. -:- Et moi, j'ctaissnr le ga100 au pct/poinl
tu JO~r; il n ~ a que vous, petit ami, dont le retard me
acha,t. - Fa1sons tourner, lQurner le troupeau vers ce
~ouvert. Vous a vez du beurrc, moi du pain. uous nous
1crons quelques rvAt,es. - P:us~ez
.
.'
pa1ssez
pet'ts
1
arrnea
'
, broutez
º ux, p~1·ssez mes brebis; en m'attendanl
ces. Oeurs
·
' _ Et
. ' .Je v?us 1aisse
un momeut seuletles.
~01, pel1t Drru d amour qui voles dans les airs, aie soin
es .ªm~ureu~ et sn'.veille puur moi le lroupeau. t,d1cu, J~•IU il rlc111a1n, gartlez bien les ouailles · pour
heur~, Je ne 11uis m'arréter davantaae.
je serais trop
0
grundec
! - (Dt:spuur1111
.· ~)• Despo11rr1ns
. avait
'
.
lu The'o .
c1·1te
, ces vers qu'a traduits Antl .
, ~· qui ne recouna,t
Chen1er?
re

trouve déja ce ~ujel débattu par un homme de gé11ie, dont des fetes de Bacchus, sous la figure d'un je une gar~on,
on ne s'attendrait guere a trouver le nom ici; Jans une tenant une amphore sJJr une épaule, et de l'autré main,
letl1 e adrcssée par Gahlée au pcintre Lod. Carli da Ci-- teoant en l'air sa coupe avec l'entrain et la ga,eté d'un
goli, et qui a été publiée cette année a Pise, al'occasion homme ivre. C'est unP reuvrc réaliste qui n'avait pas
du 3001 anniversaire de l'illustre llalien. 11 étabht le dé- 1 hesoin pour parallre vraie, de la laidcur vulgaire, du
bat contradictoire: La sculpture réclame la su ériorité, type de gamin, que le sculpteur s'est oublié a luí donu parce que la nature fait les hommes de sculpture et ner. - M. MoREAU a représenlé la Premiére ivmse d'un
"du passé.
ANDRt LEFÉVRK.
non de peinturc. » A quoi la peinture répond, qu'elle jeune bomme qui commence a cbanceler et écarte les
aussi, 1&lt; elle les sr,ulpte, » c'est-a-dire elle clonne la sen- jamhes pour chercher son équilibre; cet écart, ce
s1tion du relief,et que de plns « elle les colore,&gt;&gt; comme manque d'aplomb, sont d'un effet anti-sculptural. JI y
fa1l la oature ; et elle se fon Je la-dess•1s pour établir sa a encore d'aulres i vrognes; nous les abandonnons au
116.6 .
supériorité sur sa rivale, supériorité que proclame Gali- Dieu qui les possede. - On revoyait, exécuté en bronze
t6' et dernier artiele. )
lée lui-méme. Compara1so0 futile entre deux mod s dif- et no peu éteint, le Saint Jean enfant de M. PAoL DuB01s,
L'examen sommaire et rapide que nous faisons ici férents des arts plastiques et, qui ne saurait aboulir ! donl le platre avait été remarqué a la derniere éxposi-•
Salon nous oblige Alais.~er de cóté, non-seulement Mais ces raisons, si puériles qu'elles soient, sont en réa- tion. - Un Jeune vainqueur au combt,t de coqs, statue en
grand nombre d'ouvrages, mais enr.ore a omettre lité la cause du peK d'intéret que le public moderne,en bronze de M. FuGoti!RE, est une assez bonne statue, a
Jques divisions tout entieres, telles que les PEIN- général, porte a la sculplure,comparativement a la peía- laquelle oous reprocherons une jambe étendue et un
~ o'JL"ilMAux, les NATUIIES MORTEs, les MJNIATURES, ture. L'~ne ne lui fait éprouver que lesenliment ab.strait bras levé en avant du méme coté, ce qui forme une
AOOARELL.Es, les oEssws. C'est la physionomie géné- du dessm et de la forme, tandis que l'autre récrée ses ligue trop longue et nuil au balancement. C'est une
e que nous nous sommes proposé de reprodoire daos yeux par la fete aoimée des couleurs, par le charme erreur qu'un Gree rr'eul pas commise. - Il y a de bons
traits les plus saillants; et, maintenanl surtout que mystérieux du clair-obscur et des dégr1dations de la morceaux d'étude dans le jeun·e Pan aga~ant ele retits
position est fermée et quenous ne pouvons plus nous perspective. D'ailleurs, les peuples du centre, et a plus ours, par M. Frém1et.- M. CoRDJER, qui exprime bien le
sser qu'aux souveuirs, s'eogager daos un examen forte raison du nord de l'Europe, ne connaissent point • caractere typique de certainesraces, a tellemenl enrichi
taillé et minutieux serait chuse fastidieuse et super· le nu, el ignorent les formes du corps humain et ses moo- de bronze, d'émaux, d'onyx, sa figure de Jeune muid. Mais, avant de terminer, nous arreterons un ins- vemenl~. Pour les peuplPs de l'antiquité, au contraire, tressr, que sa sr.ulplure polychróme passe de l'art a la.
1notre attention mr les PORTRAlTS.
les Ég_vptien~, les Grecs, les Romains, le nu était un cnriosité. -Le bronze a donné de la sécheresse au Faune
PoRTRAtrs. - Un assez grand nombre présentent un en- spectacle journalier; et les ~dmirables statues de leurs ch,¡sseur de M. L&amp;Pi!RE, ex posé en plAtre l'année derble de qualités moyennes suffisanles pour le butspé- artistes, partout exposées A leurs regards, entretenaieol 11icre. - Citons encore; U11e trouva,lle a Pompéi, brooze
aatteiodre. Dans quelques-uns, les peintres, sachant chez cux un sentiment esthétique élPvé.
de M. MouLIN; -un remarquable Christ en crJJix, st-ntue
sonstraire a des exigences banales, imposent leur senDeux Statues équestres de Francois Jer et deNapolcon :er, sculptée en l.lois, par M. R0B1NET; - la Juine filie a la
ot individue! ou leur fantaisie artisti11ue. Le plus sou- dre~~ées en avant de la porte d'entrtle du palais de l'lo- s011rce, de M. TRuPutME, etc.
t, c'est en dehors des conditions de l'arL que le pnblic dustrie, annon~aient extérieurement l'E,position. Ces
En terminant ce dt•rnier compte-rendu de SalC'D daos
teresse a ces sortes d'ouvrages. Iislaisseut des impres- statues colossale.•, daos une maniere décorative Oc1m- ce journal, nous ne pouvons nous empecher de jeter un
s si fugitives, que, n'ayant plus a évoquer aujourd'l¡11i boyante, sans origioalité, dépourvues de style et de ca- regard rélrospeclif sur la tache de critique que nous y
de lointains souvcnirs, nous nous bornons A citer ractcre, attestaient seulement la fecondité facile de remplissons depuis bientót vingt ans. Nnus l'avons ac •
lques noms seulement. M. AluURY-DUVAL avait ex- M. CLtslllG&amp;R, qui, par un privilége spécial, avait encori&gt; complie saos parti pris exclusif, ne clterchant point la
· un Portrait de femme, qui tenait convenablemPnt ~a exposé a l'intéricur &lt;lrux autres ouvrages : un C~sar, im- uotoriété et le retenfüsemenl en soutenant des opinions
ce a colé de sa jolie Étudecl'enfant. - M. BoNNEGRACE provi~é aussi ltlg/&gt;rement que le Fran~o,s ¡er, quant al'é- paradoxales, n'appartenant a aucun camp; allant de
it fait un portrait tres-ressemblant de M. L. Ha'Cin, tude du carictere, et ayant une cuirasse lourdement 1'un a l'autre pour louer ce qui nous .semblait bien, et
· uté au Corps législatif. Le joli Portrait de Mm• B... , 1 surchargée de figures en haut relief, d'un luxe inutile. critiquer ce qui oous semblail mal. Si ce travaif, ainsi
M. F1.0RE, d'un coloris frais, d'un ton léger et d'un'! On retrouvait plus directement les qualités particul1eres cou~u, laisse la conscieoce en repos quant aux intenure facile, a été remarqué a coté de l'Eve du meme du sculpteur daos un groupe de marhre représeutant un tious de siocérité, il nc.saurait, a moins d'une extreme
·ste. - Le porlrail en pied de Afme M. P..., par I Combat rle taureaux romai11s, groupe visant a la force, présomptioo, écartcr les doutes quaol A la justesse des
.GucoMoTTt, étail un des bons ouvrages du Salon. - Les mais manquaol de mouvement. - La grandeur esl une appréciations; et la différence des points de vue diamé01 portrail~ de femmes de M. litBl!RT attiraient moios qualité, l'e&gt;.cessif est un défaut. M. CAiN affiche lrop la tralemenl opposés, qui se manifesle ~i fréquemment chez
core par le caractere ,les tetes que par le systeme d'une prétention au grand style dans sa Liomie duSahara. Pour les critiques, opposition que nous sigoalions dans un
oration cberchée et d'une harmonie ráu,sie, malgré la faire grande, il ra faite énorme; et pour lui donner deroier article, esl une prenve de l'iocerl1lude inévitable
difficulté dC's ouanccs voulues par l'artisle. L'exécu- 1 du caractere, il a ex:igfré les li~nes de la tele en une desjugements daos une maticre dont les reglrs, intern esl parfondue et comme voilée. C'est en peinture ce géométrie anguleuse outre nalure. - ~ous nous récu- prétées par le goul f:t s'appuyant sur la tradition, ne
,·est un prélude de Chopin en musiquc. - C'est un joli sions, da.ns un dernier article, a l'occasion de certaines comportent pas la rigueur d'une formule absolue. Meme
rail que celui de M11 • de G... , pa1 M. JAr.ABRRT; mais peintures rl'une exécution trop h\chér, mais 9ui a de• en admettant que la critiqu1., ~oit fondée sur les saines
joli n'cst-il pas poussé jusqu'a la limite de la f.ideur~ aelmiratcurs; nou, de,·on~ le fairc aus~i a l'égarrl d'un notions de l'eslhétique, on peut ctre amené a se demany a, au contraire, un1! gr.inJe fermele de des,in, une des ;,rlistt&gt;s les plus cnnteslés de notrt&gt;lPmp,,M. PR€AUI.T. rlcr tle 4uel profiL elle est pour l'art.
cutioo fr:inche et solide dans le rortrait de M. l'u.bbé Si nnus ne ,connai,sion~-J)a; I&amp; beao -hufte tle l"!lrlliu•,
De nos jours, la cr1tiq11e arti,ti4ue a pris une granrle
bml, curé ele S1ti11t-.Uern, de ll. HEXRt Ltm\lANX. si v1vaot, si vrai, si fin, si atlmi1 ahlemenl eludir, qur exten~ion. Dan~ le nombre ele ceU\ qui s'y so11l liHe5, il
. LE1'v, auteur de la jolic id) lle dont uou, a1·v11s rendo nous a lé¡rné l'ant111uité, nous pourri:ins nous arrCll'I' no s'est lrouve q11Plqul S écrivains de talent, il la hauteur de
mpte, a pe1nl cl,1os un autre modt&gt;, a1ec un sent1me11t instant devant la méda1llc oú M. Prcault a chauche it lc•ur mi;~ioo par lrul's éturles prl'limi11ai1es et par la
-fin, 1rr.s-rnt1mc, une Tl'le de j,uw· fil/e, d'aspecl sé- lar~cs plans la figure 1le cel emprrrur, et reronnaitrc ~tln·té de le•Jr ¡:111i1. Si 1'011 cherche quelle a pu etre
tel't' et triste, n:iLUre nervru~e et malarl1ve, donl la vne 11ue, si ellt&gt; étail termirn•e, si la coi!Ture, au licu &lt;l'eLre l'attion C\ercc,• par cux, on rl'connait qu'ils onl contrilll~ressionllP et f,til rever. L'or&lt;lre alphabcllque dans le- un raqurtd'epongrs, éta1l rnrliquée, ce métla1ll1111, plan• hué. pour lcur part, a précipill·r la l'Ulllt' rle l'anc,en
'1el nous inJ,quons les n11111s nous amcne aun contraste a une certai111• cl,·•vation, aurait du rrlid et du carac- sy,tcme a1·ael1•111i4m•; qu'1ls ont in1t1c le puhhc aux qut'S1
. lenl drvaot un f1Ct1t 111rdaillo11 qui rcail ex posé dans tere ¡ mais le -ouve111r de ce hmte anl1,1ur cst trop p1 e· tions di' 1'1·,th,•tií] 1r; mai~ rn rtr h,,rs de c1's rt'Ht llal~
Salun d'honneur, et oü )l. llU5$AtlT a tcrit avec sa sent, et nous ne 11ou,ons 111111s empéclwr de denw11,lt!r (t)lli mrr1lént ,J'a11l1•11r~ ,J'étrc run1pt1•s), onl -ils ~pr1 i 1lisse comme avec un l,urin le prohl sculfilural de la pourq11oi l'arfote a cherche a n •ía1rr, d'unc fa~ 11 n si lii- reclemenl il l'art? Cela cst tlouteux. 11 'Ya;rl,111s le t·u111
r111cesse Baciocchi, - 1ot capitu, tot se11s11s; cet arla,rn 1.arre et si incumplétement, ce que rant1qu1té a, a,t faitsi ranl ,le 1'11p1111t111 et ,les 111re 1rs d'une nat1011, rl rns !a
pourrail, en allérant un peu le rens ordinaire, s'ap¡,li- bien.
11irc!'lion Je son gout, rlans les fuL1les sé,l11ctiu11s de la
•uer a la peinture de portraits. Chaque tele a son caLa grande médi.ille d'honneur a élé décernér a une mo1l1• clle-111en1r, d1•3 111ílurnces et une force d'entraincractere proprc, el il faut que la maniere de voir de 1'111- figure de Menwe, lc1i,~ee inachevée par fcu BRus, et mo1t, contrc lrsi¡11clle, l11ttt&gt;nl ,a111ement, a un moment
1
lerprele se mod1fie en ra,son de ct&gt;lle Yariéte. L1·s rlil'crs dont le trav~1I sobre el pur resp1r:1it le sentimcut an- rlon11P, IPs throri1•~ esth1•ti'1u1·s rl1•íend11P~ avec le plus
portrai~ que oous venon• de pas~er en revue svnt u·ai- 1 tique.
de talenl. Les plai11tes qui se ren11uvellent depnis quellé.-; daos de~ modes tout a f,11t di!fcrents el mémc oppoS1 l'cxpositinn de sculpture ne renfermail pas d'renne qu,•s années sur l'aha1s,1•mt11L du sc&gt;ntimcul ar1iFtique
sé~. Le portrai tres-re~seroltlanl de M. \ itet, par M. Rocx tra11~ce11dante, on y vo.v:iil un assc•z grand 11omhrc d'ou- en Frunce, sur la ,l,•s, rli11n de l'i1lt-al et la 1,rcdomioa11ce
1 di!Tere eocore de maniere avec les pré- vragcs qui, a défaul d'elt\vat100 et de grandeur de st~ le, rl'un réah~111P vnJ..(airc ou d u11 ma11iér1smé montlc1in
(Louis-Prosper),
ee~ents. C'est une p&lt;'inlure soliclc, d'une exécution large attcstaient du moi11s l'habilcté acqu1se el un ensemhle cffominé, empi'chent-elll's uu grand nomlm, de pe,ntres
et ~ure et d'un aspect sombre et harmon,eux; un eles de qualités satisfaisantes. Nous iodiquerons les pr111ci- de sr prrcipitcr ele plus en plus da11s 1·ettt' vo11•, oü ils
boas ouvrages de l'exposition, qu i n'a pas été assez re- pa.ux : le J,une Guu/01s, w1son111er des Romrnns, par espcrent rencontrPr le~ sympathies du puhlic et les fanblarquc. _ l\uus avons parle prccedemmenl de l'or1gi- M•• BERTAtX., a llhtenu une métlailll'. - Le hu,te de Laisies d1•s a&lt;"hl'lt'Ut",? ll'u11 autrc coté, les avertissenahté de maniere adoptée par un jeune artiste, ~l. T1ssor, la Puloml,ella, par M. CARP~-Aux, est un gracieux S0111:e- mt&gt;nl~ b1envrtllanL~ elonDl'S il 11ot1 e jeu11e tlcole tlu
11
dans ses portra ts. - C1tons encnre les portrails de mr de la S11bme.- U11 aulre busle, ccl'.11 de ,1J • n... , p,i_1,age, rnur la ¡1rém11111r contrc le dan¡;1•r d'•rne e~é1
.11•• A. B. u., par M. \ A.."' llo\'Ej de JI•• fo b11ro11ne de I par M. CA11K1E11-Bi-:1.1.ECSE, est un portra1t charmant tic rut111n lál'hér, 1111t-ils prévalu? On a eu bcan re¡irtcr
H,rsch, par M. DE WtN:-.t:, l'l 11:· flOrlrail de i1111• C. P... , 1 jeuncs~e el trcs-finc¡11cnt ex.1ru1c. - La ril'l1Jirf! rot,- 11u·uoP I hauche n'c,t fldS un t~bleau, pas plus qu·uoe
par M. YvoN, oü la vcrve fac1le tlu pinccau de l'artiste ro11111wt le tlru¡,euu f,anc1Hs, .~1.. tu•· de bro,,:.e, JJar ~l. CR.1c!i:, preface n'e$l un lhre; que ce mo,tc tic ¡wintnre, ,¡ue
s'a1he a l'clt'¡;a11ce el a l'[\¡(rement du 1110,lcle.
' étail peut-élre la 111e1lleurP slatue 1lc 1·cApo,111u11. qiwlqucs arti,tes, bien duués &lt;l'ailh t11s, ont ..te as,ez
ScuLPTURE.- On a agité de longues lhcses sur la com- L'ivrcsse et les all11rcs avinecs av:iu•nt, celte annre, adr111ts pour f&lt;.111·e acccptcr c111x a111att-urs, 11'a11ra
paraisun entr~ Ja staluaire et ia ¡&gt;e111ture, et ~iscuté les e1crcé la v,crvl' iu1ag~nal1ve de plus1eur~ arli,tes : t¡u'une tlurec de vogue passagcre, ils se cr111ent sulfirai&amp;ons d'infériurité de l'une par rappo1.'t a l aulre. On M. CUGNor, s est propuse de meltre en sceoe un Retour Samment autorises par ces exemples. J&gt;uurquoi ne s'eo

C'est ce que ne contest
l'h
0otre court travail n·est ni un mPmofre, comme il
era pas onorahle corrcspo
.
.
dant de Lihourne qui croit rlevoir défenrlre le p-ato~i:
J'aprelcr, 01 une attaque aux pato1s; tout au plus
contre
s1'
, .' e une dcíense de la lan°0 ue nationale, du franrais.
nous. "ou lui, u hien qu'en hutte a de rud
l'
ecousses, le i\lP~oquin, le Bazadai~, le Gascon, le Lanu:: ¡us seroble que la philologie doit etre un instrumeot
quet, le Chalo~sm, Je Bigourdan, le Béarnais et les au- progres, el que le progrcs n'est pas dans la résurrec-

tr~s sont cncorc pleins de vje. D'ailleurs, ajoute-t-il oo
sa,_t ~ue les patois vivent plus longtemps que les lan;úes
ofhc1elles. ,, lly aurait lit maticre adescli$cussionssausfin.
nous no~s borner~ns arépondre que notre correspon~
dant. qui n?us att~1bue des opinions eiagérées, est luin:1eme abuse par I amour exclusif des patois. J\ous pers,s!uns dans _notre prédilc.:t100 pour le fran~ais, et nous
re"retl?ns v1vcment, malgré tout le talent qui s'y est
dcploye, les tentatives récentes de restauration des d. lcctes
mé rr·d·10•~aDx. Tout en reconnaissant volontiers
..
'. importance h1storique des patois el lcur agrément local, nous pens?ns que leur période littéra,re est passée .
cela est si vra1 que les modernes écrivains du Lanau/
doc et_ ~e la Provenc_e n'emploienr pas une langu; viva11le' tls sont_ contra111ts de rccourir a un idiome épuré,
et po~r loul d1rc, architique. N'csl-i, pas A crainiire que
la gl~1re due it leur merite, gloire qu'une partie des
lettr~s leur accorde11t sur oui dire et d'aprcs des traduct1uns, ne soil p1·;.1111pte11,enl restreintc daos l'espace
-TRtsf Pt, cherC's brl'bi~, restet sons cet ombrage
e~
elans lc1 d•Jree? Aflaire el'oprnion, peut-on dire; aussi
11aissez '.,n pa1x,
· . a· celle q111. rn .engage
' ·
J- ,dlllt'aux.
.
n eng .g_erons-nous ~ur c.• point aucun debat: mieui
e ~a1s montrer les b1e11s qui lui sonl tle~tinés.
'
~a~t prcsenter dU lecteur plusieurs observations lresMais l'e?fant naivc a mal choisi celui qu'elle voulait rnteress~ntcs de la personne qui nous écrit.
Ce~~mes as¡,irations, dit nolre corresp1Jodant, n'oot
a1mer t~uJ?urs; c'est un fat, un fanfaron.
~ l'c-1,a"n
1
.
~ Cr1e a son de trompe tes exploits vaniteÜx I Fal pas
1 etc en,pl'lmtées par le bh,urdau
°
i1
~ o o , 111a1s
presomptueux
laisse• m0 •· seu1e... s,. tu m .avais vrairr1ent
·
' e l_es rt:moutent saus doute e, a l'épo4ue oü ia lan«u¿ rl
- .
.
'
o
es
armee
· reconnu a ton silcnce rlaos la vc1·11e·e lbcr•·
e:; s~ par1a1t scule, dt'puis la Garonue jusqu·au
. ' Je I'aura1s
ou tu as sen,e· 1e brmt· qui m'est revenu.
'
·
Tage.
»
Nous
le
voulons
bien;
toutcfuis,
!es
élc111enl~
La timide
caresse ne sai, trop ce qu't:lle veut, et trompette et lltite ~ous m~n4u1:11t p1Jur decider avcr, cert;lu&lt;lc. Quant a
to'.1lhla ble~~- Un s11uffle, un rayon, tout l'elfrayc. Plutü~ 1express10J1 cmp,w,tre; a l'e3puy//ol, nous la rctirons iom1c e mo1s1e avec l'ami vrai qui parle ;_ dem· .
. lout1ers; de méme, lorsquc nous rapprochons n,esclu et
. t d' •
"
1-'l'OIX, QUI
cram etre entendu, et sait gardcr du Croid son se:rct! '.71 ~c~/fJ~:e, no•J~ ue voulons pas dire que le héarnais ait
mute 1,tallen; tout le monde sait que la l'ormation des
Plu• léou miq11e e~louridR,
m?ts dan~ les d1:11ectes latin~ a cté simultanément souDJb bél am,s•o11srl
m1se a des 101s analog-ues.
Ou( pa, l_t! a mi,•ye halet,
Nous somn1cs- nous trompé sur le nombre des ,·ovelQui • ra111¡¡ l aouJitle
El ~ah g,,uartla Jé rct
lc&amp; fran~a_,se~, el n~us laut-il revenir Al'opinion c~mLou sou s~creL J
mune q,u, fa1l de 1,talien la plus harmonieu&amp;e des lan{LAMOLtRE).
LA LITTtRATU RE EtA RNAl SE.
gues'I Non pas; ou plutcil laissanl lltarn,onic al'1talicn
~ar~ons pour 11111.s la ,a1·i1•te; c·c~t apreE la lec,urc el~
Denuer article.)
hUn~ aut:e, plus prudente et plus froide, a p,1ssé son
1Ar1Mte' ce grand enchanteur' que D11us a1•011s été
~- emrn. Ecou~cz conrme il faut rl'pon&lt;lre aux prot.esta- lrappc ,le la mu1101011ie des u et des o demi muets a la
111.
1ons mcnsougrres :
fi11 d1•svcrs. i\ uu, avuns C1Jmptc en fran~aisduuzc ioyelJe ne n,c suis avisée ni de to, ni de ton amour . si tu lcs, en n,ettaut ,le cóle qucl,¡tH'S nuances c,,mme ti e o·
Nous avons vu ~ue l'amour et la beauté n'apparais sou res, prcuds-t'en a d'aulrcs que moi.
'
d~ •~c.11_1c 11uus avons c_ca1'lé pl11s1curs i11tooatiu11s ~u; I;
~ent pas sous un Jour particulier aux puetes béarnais ·
- Tes IJeauA )·eux, dure hergcrc, s11nt la cause de mes bea, na,s dou11c aux s,ennes. J\otre corrcsp1111danl nous
tls so?t. par eux traites avec cette affeterie musqucc qui
ma•n; el ton humcur si st•vcr1~ trouhlc tout mon repo~ !
pardom:cr,, de ne pas lui prouver que le fran~ais, au- .
refro1d1t le _sentim~nt; ,·e ~oulde l'a111ourct de la bcaute - Mon l111111c11r cst a nia rrui,e · il ne t', f· l
, •.
.
o
,
t 11 ,111 pa, IICCU •
t,111I que le JI luis' ahonde en diphthongucs et en triphde c11111 c11t11111. i\la,~ le uaturcl et la sponta11rite se rcpt r.Als,1 111a· IUC l 111co11111111d1•,
lii1•11 lll frn lll'll\ ~u
• ula;t'
( I'.
_
th1111g11'.·s. 11 111· ,·cut pas qm· le hramais t•t lc "ª~con
tr11uv1•11l rl 111s le., p'a1111t:s les hcr~•·rs; ta ,ti',t ilt-s lra1ts
- . ' . p1t11•, t1gre~,t•, pour l'cxt:C'S ,11• lllil l 11,"u1·t11·' l11- as~ p1·111•11l ' ¡.,1 .cle11,i:1t1 du \ et de l'F; el uuus Íui sahcurcux
,l,11111,·11l
it
la
11e1ite
sc,·uc
•111
"l'aucl1
'
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-0
·
n
11,c 1111 IZllll ~1•n.;1J,le il la h•ndressc, a1111e-111oi, ,lu 11111111s, \,ir c.11111&lt;'l'lh1111s l'l' br11t'r1J,
, ,,,int·
e m,1111a,;111:s, ou f1111t v11ir au le, lt·ur la li"11 1·c a11::11.
.
, n1ais· ,1 n1'•1cc
, 11•·,Il'l'il qu •1·n rt1'ª~~1011. - Oc l11'.1t !:1011 creur, je te pl¡¡111s l,11•11' 111:11~ fusa11t le dr111t de c11t• a ikux lcttrcs en1ployécs par le
lcusc l'l le l"'1·1·t 111an·1111 tl11 p,1trc; tautüt ~1,·s rt·111,a1·,q11es plus g,•1u•1·;1l,•s, rcvetul's tl'u111• poc ,e facile, rnd1- t!'.'ª"'.I tu s1·ra1, a . la 1111:rt, poun11111i ieu,-tu que je h111gue m,•11•, lt·~ patois t•x,·lucot non de; ct,·ar,O'er~r
t a11111, ~1 tu lle pla1s pa, a 1111111 cre111'? 111;11s ,les 1'11:h1•,,es ¡)alr11nouiales. 11 dcfcnd en \~ID 1~
queut uue ve1·1tahlc cu1111:11,sa11cc du creur li11111a111 r. '
Le g,da11l 11·a •111·1111l' 1·1ss,,11r,·c: ch:111,:er d'iv1·cs•e· il 11,al, 1Jt•1111trcusc Yu~clle ou, qui usurpe la place de eleu1
élC"IC
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~ '. " e m,·, _c d'u11c duublc 1er1t,·, liwale el va cha11ter a1•1·c ll1111 11 cc,11 c. 11 nu 1¡11 1.
. '
·
.
.
, 1UII 'fll ..I1V,t'Dlle!
sons, o et'", el de truis conso11nt•s, b, l et v. 11 lrouve
mora.le, . mcnll' qui bl'llle c«ali•1111•1
1l ela11•., eCI' tUIIII S 0
·r1
I"
ll VIII, Jll~'fU illl 111,tllU ! \'11i-i11, 1111 111'a &lt;lit 4111• lu te
'.&lt; pl1Js ele rapport entr11 bel et/,ert' qu'eutre betw et be/le
t _yllcs, eglugue~, c11tn:11t•11s pa,t,,1 aux ou le p11étc i·st
man, ·s ·· de te ji'· ·'UI~· ,..,ni.· s·1 1Ie 11,111 tu 111• te 111 efics je
Jumeau et 1111n lle, r/111mfa11 et cliam,·lle; n no!Js luí ferou~
b1,•11 force de laisser la parvlc au&gt;. ruh.rlocuteurs. lci le
ve•H le dvuuer cvuscil tl'an11 : ~urtuul, prcuds "ard~ A cr!ieflflnnt Qhscrver que ricn ne Justific l'inlrt•cluction du
l~1·gcr el la lw1·¡;-c1·~ se re11cu11tre11t par ha~ard;
lis
la culoltc; 1111r ta l'cmmc ne s'pn C'lllflart• pas ca~· si clic 1 linal da11s /,el, tan,lis que le son mt il ne pe t I""' se .~0111 chc1 dws; a1llc11rs' c'esl
- le 1ia,tuu1·
.., scu1qui pour-- te la 1n·e'
•1 &lt;l un scu 1Jour,
•
. .
'
tu u'y 1:cn1cllras pas' le p1ctl! " rer, est mt1111c111cnt
lié aux finales al
et el. E• 11o e11e
ll' t 1
• su11, et la fl L,t1111rcllc 4u1 se dervhe it un amaot impor. .
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tun, en1111yc11x Jo~c111·. dc g,tloul,cl ou 1/onsieur ele la 1
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S:1s1011!. prPn ganll' ,¡ la c.1ouce,
' or, (l()tL o cst quc la prunonciation meridi,)Oa)e ric notre
!\ou IJ 1 .,ye l,l 111011111c,
Ytlle. 11 y a a11s.-,1 des u1lcrn1cdcs con11ques, des bals
C...ir ~ sou, cop
tlescao11ce,
son uu.
ehampetres, k1•r111esscs lllvi11s r1chcs ele ton
. 1
laot .
, mums
Ja1oey uou y tou, ues Juu pe !
~ -que nntre corr~spondant nou~ apprcnd sur les naP ure,uses que celle de Huhem, n1ais oü la ma1oreur
1sahtcs beama,scs : ua' ce• éP, úO • ui, t11'1, sur I'1J consonnc
~ouble I ag11J e eles d,ms,·urs. Au rc~le qucl Uls°c,ta
.
ltons vaudmnt ,1111:ux •111c de p' us lon"s ~4 t
Ma1s auprcs de la poésie crotiquc ou éJé«bqul'
f"II
·
o J111111e11 au·,•s.
autres "cur •s ~ i.
.
o,
, les ele ª"!!"' ang,· ( 1iro11uncez ti ,yhll')' el de co11ratve cou- , elle, pas,cz le ru1s,ca11; si.Ju, cct o1111Jra"1 a
o ' on asscz JWllte figure; si uuu~ l'ilons r:•1;i_· (p1·01101~1·1iz , 0111ut1¡1ti, ); eufin, sur l'e final de~ mol~
l'abri rlu solt-il, uous parlcruus d'a11111ur&gt;1 11 . 'º ·,
encurc qucl4ues otlcs hl'Ul'eus,·s tic J\a1arrut e11 1'11110
11 Y a 11as ucur ele la 1 1ti e t /J t
de
•
· fc11110,111s, q111 a, en _bcarna1s, la valeur de l'o (rau~e, propon, sur are1ic, ti u'y a pas de l,at,·au Qua 11 d '
.' '. " t e P1 u•t•, ele la t'ttll&lt;'e ,f011s•e unr n,:11ct:z c~u1,;o) ' merite une conflaucc ab~olue' cumme
rai,. par·,
JauS1· cha11so11
•, m1111tre le c1t ulin' aussi
s,c, q111· c~l. 1e 11:i..,t,·ur qui. ow sera1l· li,lelc? .•
. . .sat1n11ui•
. . . du n1c111e, ou· ••
v, na11t d un ho111me qui sait et parle le p,ttois. Ma1s
vous voulez a1111 fidcl,•, ra,~t·z, sans ra,rc la crnclle. e e•:•,pell, e aup, es ti ur~c pa~~a1111c q11'un ¡1,1_1san l'cst lU- 4ua11t aux ctymul11g1es ele /ogl'(i, oü nous vovons aussi
"?us atl11rcrd1 taul que Je vivrai. - Vvt1·e lla ', _J ~11, d u11e l,ourge111s1•, et ~es i·uuplits c11d1;1hlrs sur la l111•11 /uc11i!10·,1 411c lurwt11s, de chic, rappr11t'11e ;le )&gt;tqtti'n,
ba. e'º. 1Je•Jve, peut-ctrt: lit: ,lurcra1L-clle 11a,.-1 Mu1i11111c ' l~l fctc tlrnu
' 1H'lr,, ti e S&lt;1111 l - lla1·L hl'le111y, 111111s au1·011~ donné 1,rh"u,, /111'111, (pct1t, 1wt1ot), nou, re-1t•ro11s daus le doute
111
~111ccrr., toUJOIJl'S J•a1111era1
·
uue
1tlce
J Ja mu,c bearna1sc b •11, fill •
qui J·e el1111.11ai.
·, . ·• - 4 V1cns
.· u,s cla11ccl'
.
. a sulfi ''--1111e 'e
1m sonrnw, l't•:,;pacc n11u~ manquant pour rcproduir~
&lt;I
.
•
,
' e e , e
vnc 1e1, sur I hcrlictte; je le sna1 11,lcli·. croi~ en f'I
' u JUJ)on court, a la laDguc hicn pcu .'uc el toult's le~ 1·c111ar1J11cs plus ou muius cv11cvrtlan1cs aYec
lcllc, tes ycu1 si bca,1\, le, char111a11ts all;a,t~
J' ' . •1 u1, le~ t.leux 11v111g, sur la ha1ll'l11·, tl1•,cc11tl la 111v11l'l:ne
0
nus up11111111s' nous cu f'ai,ons nutre prvfit' et nons reme fi,e_ 1&gt;as a volre promc,,c; vous ious r1riez
• hi, e1ue
1, s,rns
1., tlenn"
. • o• •r I',·qui 111,re&lt;1t• 1a c11rlJ1'1llc rl1111t ~a tele' e~l n,~1·1·1u11s _,11cn11·11t no1re currcspu11&lt;la11L tle l'attcnt1on
ma ra1bl1:s~c ~ Vou3 n,c ¡,al'lcz d'am w·
e1 e e e ,.11·gee. Par u1all11:ur, la c1111ucttc aspire it l&lt;.1 e,· r
.
o pvur vous mu i·t &lt;les b ib •s d 1.
1110 me; 'JU ,1 .ª h1c1~ vuulu accurd1•r a nutre cxcu11-iun dans un
')Uer da woi.. - (!uonymc).
' c. e ra11~,us cu1-rv111peuL et &lt;lcnatu1·1:ut de do111a1111• qu il hah1tc t't qu'il CA piure avec scicuce. Avant
Jour en Jvur &amp;0n l.auif"ie a.cccnLué.
de prendre congé ~ lui, noui. t.enons a le convaincre
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L'ILLUSTRATION, JOURNAL UN l VERSEL.

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L'JLLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

tiendraient-ils pas a un procédé abrégé qui
• ne cléplait pas au public qt qui dispense des
études laborieuses?
L'étude, l'étude sévere, consciencieuse, iocessante, tel est le seeret de la force des grands
maitres. lis ne se sont point bornés non plus
a n'ctre que des praliciens habites, ils avaient
l'art en trop haute estime pour n'y cbercher
que des qualités extérieures. lis y poursuivaient un idéal, et, pour élcver leur ,ime
jusq1ú\ cet idéal, ils la nourrissaieut de nobles pensées, ils cultivaient leur intelligence,
comme ils exerfaicnt lcurs mains. Si la
tradition n'était pas la pour nous dirc que les
artistes de l'antiqu1té s'inspiraicnt du géoie
des poctes et l'réquentaient les éeoles des
philo,ophes, qui pourrait, a la vue des belles
crédtions du ciseau grec, imaginer qu'elles
n'oot été l'reuvre que d'habiles pratieiens?
L'art n'e,t pas un métier; il doit étre un
cnlte, ¡¡· doit ctre un idéal. C'est la tondance
a l'iJéal, au culte élevé du beau, qui va .de
jour en jour s'affaiblissant daos l'école franflise. Est-ce un affaiblisseinent passager?
Est-ce une transíormation dcfrni ive en rapport avee.celle &lt;le la sociéLé ellc-méme? C'est
ce que !'avenir apprendra.
A.-J. Du PAvs.
Errata. - Dans le 5° article du Salon,
page 39, colvnne t••, lignc 47, au licu de:
accord ioil1viduel, lisez : accent individue!;
· ligne 77, au 1ieu ch: Mazon, liser.: Nazon;
colon ne 2, ligue 27, au lteu de: Bellot,
lise;.: Bellel.
~

EXCURSIONS SUR L~:s CO rt S DE NORMANDlE.
( j •r ARTICLE,)

Les ehemins de fel' font voya~er trop vite
aujourtl'hui, Pt les diligt!n,·e, avaient du bon.
E1:es suivaicnl les relids du pays, vous mettaient en communicalion i11 i11e avec lui, travcrsaient les villagc,, les b1111rg, et les villes
au lieu de les éviter, et souvent s'y arretaient
pour vou~ laisser pren&lt;lre de détestables repas
,¡1w l'on payait trc;-cher; 111ais 011 était dans
le crour de la place. AuJourd'hui, on n'a
~u·un liut, parveoir le 11lus tul pussible au
termc du voyage. On ar1 ive a une stalion
annonc~ comme élant celle de lelle ou
telle ville, placée a un ou dLUX kilomctrc,
de la, et dont on
aper~o1t il peine les
clochcr.•. On se hale
de manger au buffct,
puiq Ion rrpart, saos
a,·oir I ien vu, rcmettant de vis1ter des pays
_que l'on ne connait
pas et que l'on vourlrait connaitre a un
proehain voyage que
l'on ne fail jamais, ou
pendant lequel on se
comporte absolument
de la mcmc fa~on.
Les chcmins de for
nous offrent cepcndant une foule de facilités pour cela, mais
on ne sait pas encare s'e11 servir. Leurs
admioistrations, ellesmemes, n'ont pas tou jourq favorisé les arrets temporaires dans
lt!s villes de passage,
et, d'un autre coté,
elles sollieitent le pnblic a des e1cur~ions
sur un parcours réglé
d'avance.
Ainsi voici la eom-

i!,Oll 01&gt; IS 4.,- vt.ull'~ l&gt;T Lll :.~IUNl, ... faoletu «le M. G,

l,N l&gt;I\IANI llP. AU MUiEE Jll C:R"AND•DUC'. -

lllortau

1,uir le a• llll).

J1bje&amp;1, ,lf 61, J. Jundt.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UN IVE RSEL.
pagnie des chemins de fer de l'Ouest
nous oflre de nous transportcr sur les ~
de Normandie, que toute famille q•Ji se~
pecte a visitées ou ll'isitera au moins unef4j
en sa vie, et daus des condi~ions auxquelij
il est bien diffrcile de résister.
Elle a le grand circuit et te:petit. Ce dernit
permet de visitcr Ro nen, Dieppe, Fécam~
le Havre, Hon0eur ou Tronville et Caen, d'ti
l'on revient a Paris, et coute 55 fr. en pre,
micre classe et 40 rr. en sccoode.
Le grand circuit vons conduit a Cherbou'I
et vous ramene ~ Paris; il coute 65 fr. fl
premiere elasse et 50 fr. en seconde.
11 y en a un troisieme qui conduit fl
• Bretagne, et méme aux iles anglaises, 11
con1binant les d1ligences et les batcaux uee
les chemins de fer de Normandie et de Bre,
tagne, lesquels prennent 00 et 70 fr., selGI
la classe, et font obtenir des prix réduits de
autres entreprises de transport.
Certes, il est impossible de faire un
beau voyage dans un pays plus fertile et
pittoresque en meme temps, et édifié de
numents plus célebres.
Que de s.t~ ravissants, que de merveil
archéologiques a voir, en commenfant
Mantes « la jolie, » et par son église,
affecte les formes souveraines de la
drale de Paris. Laissons Vernon et le
de Bizy; mais la station de Gaillon vous
tire, d'uo coté, vers les ruines du p
d'été des cardinaux d'Amboise, arcbeveq
de Rouen, de l'autre cóté, vcrs les Andetm
avec se~ deux églises, dont une posscde lit!
magnifique portail de la renaisssance, et i.,
ruines pittoresques du cbateau Gaillard, do.
minant les falaises au pied desquelles la Seiot
trace son cours sinueux.
Rouen ! Jad,s la vi lle au1 cent clocbers, qai
¡,erd chaque jour de son antique physionomie,
gr,lce aux percements et aux em bellissementJ,
mais qui en conserve encore assez, dans certains quart1ers, pourqu'on la puisse comparer
a Prague ou aFrancforl: la cathédrale el ses
magnifrqurs tombeaux; Saint-.\laclou et la
portes ou Jean Goujon a ccrtaluement travaillé; Saint-Oueu, un chef-d'reuvre des IJvt
et xv• siccles; Saint--Patrice, Saint-Godanl
et Saint-Vincent, avec leurs splendides ,¡.
traux; les gu,des les indiq11ent certainemenl,
aiosi que l'hotel ele Bour¡;theroulde, si délica.ement sculpté a la rcnaissanr:e. Le muséc de
peiature, uu des plus riches parmi ceu1 des
villes de ·provinee; la
bibliolhcque et son inévitablc manuscrit do
xvu• siccle, le musée
d'antiquités, enrichi
par une foule de découvertcs faites daos
le sol nc.rmand, doiTent retenir encore il
llouen le voyageur
qui s'intéresse am
arts. Celui que les
grands horizons séduisent peut monter
sur la cóte de Bonsecouni, donl la cha•
pelle, déja aper~ue
du chemin !le fer, est
célebre; ou micux, si
l'on r.n a le loisir, sur
celle de Bapaume. De
la premierc, il voit la
ville .a ses pieds; de
la seconde, il la voit
en arriere-plan. La
presqu'lle que la Seine
forme en venant baigner ses quais, les falaises crayeuses qui
bordent une de ses
rives, les iles, les maiFons de campagne,

donne son ace11nt a la ville.
De Dieppe, il faut allPr au
Tréport et a la ,·ille d"Eu.
L'église collégiale du xm•
siecle, est un beau monument, mcme dans un pays
qui en compte tant de cet~e
époque; le chateau, rés1_- ·
dence fayorile de Louis-Ph1lippe, est rcmarquahle ¡,~r
une colleetion de porlra1ts
que MIi• de Monlpcnsi~r Y
avlit réuuie dans son ex1I.
Pour alter de Oieppe a Fécamp, te chemin de fer ~lus
fait revenir sur vos pas JUSqu'a Malaunay, oi.l s'embranche le chemin de fer du Havrc. Les nllécs industriclles
que suit le prcmicr chemin

--;;iries et les hautes che1~oees
~ des fabriques dans
1111
. tain . le tout forme un
Je 101n
,
.
. •
tacle grand1ose, ou 1ac,~~.. humaine se perd dans
ll"'"' e de la nature.
le ca. lmpe cst toujours 1a v1·11 e
.
..
Diep
ri,ilégiée, ou la Par1s1enne
r.aune 1· venir étaler sur la
iage les costumes les pi ~s
P
coquets et les pl os exce11tr1ques. Ce spectacle peut amuser un iostant, on_ s' en lasse
el on en rit, ma,s oo pe~t
ae point se lasscr de vo1r.
:la ugue venir et revemr
sall reliche battrc les galets de la plage, aux pie~s
u qui,
de l'antiqoe chatea
. J
avec l'p'glise Samt- acqnc~,

ABÓAYE DE SAINT-VANORILLE,

SAINTE-ADRESSE.

et que ltraverse le second, sur de hardis ,iadocs sont féeondes en heureux
'
points de vue
: le pays plat que l'on
1raverse est riche et plantureux : les
rennes s'y cachent au milieu d'une
ceinture de f'utaies, comme daos une
redoute. Mais il est bien teotant de
snine les c&lt;ites et de visiter tous ces
petits ports abrités dans les déchirum faites par les eau1 intérieures a la
ceioture de falaises qui borde lamer.
11 y a d'abord Veules, pnis Saint-Valery-en-Caux, résidence paisih_le, qui
auire ehaque année les ba1gneurs
tranquilles. Cany et son chatea~ d1~
xvne sieele, (enveloppé} d'eaux qui lui
M!l'Yent d'ornement n'ayant plus a le
déíendre, y sont un but de promenade.
Pnis Tieht Fécamp, qui s'allonge, au
débouché sur la :Manche, d'uRe eharmante nl\ée au fond del laquelle ·on
rencontre Je chateau et l'abbaye de
Vll111Qr¡t, clont il ¡¡(reste gucre_qu'une

FGJ.ISF S,\l~T-Ü.O~AllO .\ l(Q:iFl.fl'R. -

n·~prés les mqu,s e

•

croy perJ,

chapelle de la renai~~ance, ahrilant la
tomloe de~ sires de Tancarville.
Quant lt li'écamp, il pos:cdc un~. magnifique église du douz1em.e s1~cl~,
qu'éleva la foi pour une samte rehque : le précieu~ sang! ven.u de Palestine en Neustrie, enferme dans le
Saint-Graal' oi.l l'avait refU Josrph
d'Arim:ithie et qui ful porté a travers
les mers dans un morceau de figuier
en 1,n1i~e d'esquif.
.
Que ceux qui viendront de D1e~pe a
Fécamp par Je chemin de fer veu1llent
bien s'arréter aYvetot, non pour Yvetot,
mais pour Caudebec et ~aint:Va~drille.
Caudcbec, vieille vlle s1 p1ttoresquement assise sur les bords d~ la
Seine et que domine le clocher AJ0ur
de son ég*e, couronnemen_t_~'un p~rtail, moitié gothique et mo1t1e rena1ssancc qui n'est qu'une dentelle de
pierrt Si le voyageur fait &amp;on exeursion en temps opportun pour as~

�94

•

1

L'ILLUSTRATION; JOURNAL · UNIVERSEL. .

L'ILLUSTRATION. JOURNAL UNIVRRSF.L.

si~ter a une marée de vive eau, il jouira, du quai sée est si .courte, et ce mal est sitót passé des qu'on pose
n'avait bu que du vin de Tokai. é'est un Hong~
de Caudebec, de cct étrange et magnifique wectacl'! du le pied sur la terre ferme !
Hongrois du dix-septieme siccle, si j'en crois son•:
flot, qui la se déploie dans toute sa majesté, au grand
ALFRED DARCEL.
bit, un contemporain de Jean Sobiesk.i, l'imprévoy
dommage des l&gt;erges du fleuve.
(J,a s11ite prochainement.)
111
vainqueur des Turcs.De Caudebec a Saint-Vandrille la distance n'est pas
L'Amour,
ainsi
insulté,
jure
de
prendre
une
ven&lt;&gt;e
grande. La, il ex/ste les restesd'une m~gnifique abbaye: le
éclatan.te. 11 déploie ses ailes, il fend les airs, et le~
transept d'une église, un cloitre et nn réfoctoire,et dan~
(;l);JR@~DQ\\/Jli 1&gt;11\\/JIO~&amp;ll.ll, ·
chausse
du cothurne et vetu de la courte tunique ~
le pare une petit~ chapellt mérovingienne. Aujnurd'hui, 1
fectionnés par les cordonniers et les taill nurs de Cyth~
u~ A~~l.ais t~ansforme les ~a~iment.~ ~onventuels d_u , Un nouveau ballet vient de naitre a l'Opéra, Némé(!, ou
le voila sur les IJords un peu faogeux de la The·
d1x-hmt1eme s1ecle -en une res1dence q111 peut devemr t Amour venr,é.- Un ballet mythoJogique. A l'heure qu'il
au milieu des Maghiars bottés, éperonnés et culot:
~ussi bel!e _qu'~lle sera_certai~ementoriginale. Plus loiu est, le monde est plein de gens qui font fi de la mythoil Y aura1t a V( 1r les rumes ¡.Httor•Jsques de l'abbayc de logie, et ce dégotit ne dale pas d'hier. DF\Ja, vers f S30. la hussarde. Tout le monde sait que l'Amour n'a qu·~
Jumiéges. Mais il faut savoir se modérer, car d'encore en : Béranger, las de chanter les amours, et Vénus, et Bac- maniere de se venger. 11 entre chez son ennemi ~
encore, on irait au bout du monde, si le monde avait un i chus, et loute la bande olympienne, les malmcnait assez etre attendu, - les dieux n'ont pas besoin de parler •
portier, et c'est un de leurs plus en viables priviléges ~
bout.
ru&lt;lement, sur l'air: Ji.tpiter, un jour en fureur. 11 n'en
il
luí. p~ésente, au mili~u d'une orgie, la je une fill; ~
De l'autre cóté de Caudcbec, en descendant le cours avait pas l'étrenne.
plus Johe, la plus cand1de ou la plus friponne, une mo.
de la Seine, on pourrait encore visiter Lillebonne; l'anveille de beauté, de grace a la fois naive et provocanie,
tique Juliobonu et l~s ruines de son théalre romain; puis
Divioités des berger;es,
- l'Amour scul est capable d'opérer ces combmail!Olt
non loin de la, le chateau féodal de Tancarville, qui s·aNyrnphes de nos rives fleuries,
meurtrieres, - .et, par-dessus le _marché, un modele4t
Sa1yres qui dansez toujours,
vance en promontoire sur 111 Seine, élargie aux proporIégereté,
d'agilité pétulante l)t d'élégante souple51t
V1eux enfa11ts que l'on nomme amours.
tions d'une mer intérieure.
Qui
faites
naitre
en
nos
prair1es
L'irnprudent
Maghiar est bientót vaincu. Mais, le croirie¡:
Reveuant sur ses pas a Lillebonne, on remonte l'inDe
mauvais
vers
et
de
beaux
jours
,
vous?
A
peine
est-il touché, que l'Amour s'apaise, par.
dustrieuse vallée ouest assis Bolbec, d'ou l'on regagne, a
Allez remplir les hémistiches,
donn:,
et
~ait,
~ntre Né~éa et son amaut improvisé,ij
Nointot, ie chemin de fer dont un embranchement
De ces vers pillés et postiches,
foncttons
d
offic1er
de l'Etat civil. Elles sont douces, liii
mene a ~carup, ou nous vous avons déja conduits par le
DPs rimailleurs s11ivant les coll!'S 1
1 vengeances de l'Amour 1•• A moins que le Dieu maa
littoral de la Manche qu'il
n'ait quelque arriere-pea.
nous faut suivre encore.
sée, et que le maria.ge•
Yport, nouvelle station de
soit, pour le füs d' A"'-,
bains q11i bérite du trop
CHEMLNS DE FER DE L'OUEST
qu'uof: porte dorée de l'ei.
plem d'Étretat et qui sert
EXCU RS IONS
fer ... pardon ! du Tartare: •
de refuge a ceu.x ~u·e.m~•
SUR LES
rouche lasociété parfois ex-·
Cotes de Normanclieetdellretagne
centrir¡ue de la colonie pa. Lasciate ogni speranza, Wí
[ ch' intnte.
risienne a laquelle la presse··
a fait une trop bruyante •
Cette pantomime est enrér,utation. Étretat, qui a
tremelée de dans,es de· •
tronvé dans•M. l'abbé Covers caracteres, - le
chet un historien'qui la fait.
gage
des fteurs, le /'as
remonter aux Gaulois,' est
miroir,
les Lucio/es, laCfttl,
charmant avec ses chalets
son a boire, etc. Tout cela
étagés sur les deu1 versants
est agréable, et parfois assez
de la vallée qui l'enserrc.
piquant. M11 • Mouraw1el
L1 mer, bornée a droite et
court, sautille, pirouette,
.a gauche par les hautes
voltige comme si l'Amour
falaises creusées en arcades
lui avait preté ses ailes. t
par les flots, y est vue
vous aimez les tours de fon:e
comme a travers une immense fenetre, et ·un irré.
et de souplesse, le&amp; m~
vements de corps 'íoa
sistible hesoin vous prend
dus: presque impossiblet,
de gravir le~coteau pour
et néanmoins toujours facijouir sans obstaclc dé.1:iP-les en apparence, toujoun
vue de l'inflni.
,
élégants,
allez voir J111 1• MooO'Étrctat, on peut gagne1
ra wief an plus vite. Si
le l:lavre par MontiviUiers,
etes musicien, si vous ,
ou· il y a encore une église
le
sentiment du rhytb
romane, et Har.fleur, ou reallez
voir•encore M11 • Mooprendre le chemin de fer
rawief, car elle dame
sur !'une des slations__ de
comme chantent les graal'embranchement · de Fédes cantatrices, avec uae
camp. On passe également devant Harfleur et le cloCes vers aYaient précédé de tout un siecle la boufade régularité de mesure et une précisioo imperturbables.
cher,
de Béranger, et te! romantique que je pourrais nommP.r
La inusiq1Je, reuvre d'un compositeur russe qui a 110m
serait bien étonné si je lui disais qu'ils sont de Vol- M. Minkous, est facile, abondamment mélodiq'ue, élé« Debout pour nous apprendre
taire.
gamment écrite et habilement instrumentée. La coopéQue l'Anglais qui l'a fait n'a pas su le déíendre. »
Malgré Voltaire, Béranger, et tout ce qu'il reste a ration d'un compositeur russe n'anra plus rien qui vous
l'henre qu'il est de romantiques, j'ai peiue a croire que étonne qnand je vous aurai dit que Néméa nous arri,e
Le vers est chauvin, rnais le clocher est Fran~ais, et la m_ythologie disparaisse jamais de l'Opéra. Les costu- de Saint-Pétersbourg, ou l'ingénieux chorégraphe,
n'en était pas moins élégant pour cela avant qu·oo l'eut mes qu'elle autorise offrenl trop de ressourc1:s anx arts M. Saint-Léon, luí avait donné de plus vastes proportions
plastiques, et la chorégraphie en est ua, ce me &amp;emble, qu'elle n'en a aujourd'hui. MM. Meilhac et Lud. HaléyY
décapité so11s prétex te de restauration.
comme
la peinture et la sculpture. Ceux qui ont vu, ou l'ont fort réduite, et il parait meme qu'ils ont enseigoé
Le-Havre vous révélera ce qu'est une ville maritime
qui
verront,
dans Néméa, M11 • Fiocre en Cupidon, ~eront la charité chrétienne au fils &lt;le Vénus, lequel était bien
et commer~ante. A l'époque des grandes marées, vous
pourrez vous avancer sur la jelée, au milieu de l'Océan de mon opin!on saus aucun doute, et reconnaitront qu'il plus méchant, bien plus implacahle la-has qu'ici. Belle
majestueux, sans quitter la terre ferme, et assister au n'y a point d'étoffe de Lyon, point de falbala~, point de conver~ion, qui ferait honneur a un pere des missions
spectac1e émouvant de l'entrée ou de la sortie des na- paniers, point de11crinoline qui vaillent ce que la mytho.. étrangilres !
Ajoutez a cela de gracieux ta bleaux, de splendides dévires transatlantiques qui portent en Amérique, aux logie permet a M • Fiocre de leur laisser voir.
L'Amonr, le fils de Vénus, le plus puissant des dieux, cors et&lt;le brillants costumes hongrois, dont l'éclat, bélas!
lndes ou en Chine les modes de Paris, ou en rapportent
le coton, les bois de teinture, le sucre, le café et le pui,qu'il a vaincu Hcrcule, et qu'il mene Jupiter par le pa)it et s'efface aussitót qu'on aper~oit M11• F1ocre.
bout du nez, l'Amour en personne est done le héros de Tant il est vrai que l'art ne saurait lutter contre la. na·
reste.
l'reuvre dramatique dont j'ai, lecteur, deux mots a vous ture !
Apres avoir longé les bassins et visité l'intérieur de
dire. L'Amour a été outragé. - Par qui? - Par un
Le tht\atre Drjazf't, boulevart du Temple (c'était jsces paquebots, ~i bien amenages, qui en une dizaine de
je une étourdi qui, non conlent de négliger son culte, a dis le théatre des Folies-Nouvelles), a ten u ses prvme~ses,
ours peuvent vous transporter a N€w-York, montez a la
pnu,sé l'audace, a.pres boire, jusqu'a briser sa statue. et a donné, le !J juil let dernier, un opéra-coniique en trois
cote rl'Ingouville, a la ph_y~ionomie quelque peu ang,aise
Si c'était un étourdi grec ou romain, vre de l\1as,ique actes, paroles de MM. i\lestépes et Vauzanges, musique
avec ses nombreux pavillons, poussez jusqu'au phare d~
ou de vin de Chypre, le fait, quoique peo vraiscmblable, de M. Ventéjoul. L'euv, age a pour titre: la Filie rhl
la Heve; pms embarquez-vous pour Honlleur ou pour
ne ferait pas jeter les hauL~ cris. Mais ce qui vous rem- mailre de chapel/e. Je n'en puis parler que par úU'i dire,
Trouville.
plira de surprise et d'admiralio11, c'est que ce témé- l'administration n'ayant pasjugé a propos de meconvier.
Vous aurez ·peut-étr'e le mal de mer; mais la traver- raire contempteur du dieu a. qui personne ue résiste
Or, qu'ai-je ou'i dire? Q11e ni la piece ni la partition ne

I

+

•

'I

. . 1 par la nouveallté des idées, mais que la troupe
br1na1ent offra.it de bons éléments, que développeraient
chantan
e t le temps, le travail et I' expenence.
··
11 est
.
.
. ..
t
rap1deroen
, uhaiter que cette tentat1ve so1t serieusemer
doneª sgoée par les dilettanti, et c'est pour cela q1Je je
eocoura
.
.
se de la faire conna1tre, bien que ses auteurs
m'empres.
. . ,
bl cnt re&lt;lonter la puhlic1le.
seOI e nservatoire a deccrne
·
· ses pr1x.
· e.e1u1· de compo··
O
. ~e
sicalc _ on ~ait qqe ce n'cst plus rJ11st1t11t
s1t1on mu.
'
,
· · · d · ·
• . 1 donne et rJnstit ut me para1t avo1r ele cst11ue
qUI e
'
. ,
•
·
1
ronction la rl 11s clevee de sa nohle prcrogat1ve, - e
1
de a rix de composilwn
• • mu~1ca
· 1e a e·1·e rem¡, t e· r ar .
«ran,1r
.
1
r Si('" élcve de M. Amhro1&lt;P Tho111as. na11s les e asses
:1. ch;~t aucnn é cve, parmi les l¡;nor~ et le~ l~as~e~,
~ •t· ·,'1.,.é dir•ne
Cela e•t triste. 11
uaeeJ~
,. , d'un prcmier prix.
r
'f en a en un. &lt;lo mnins, dans les c1as~c~ d.e fcmme~, et
•. ,111. Dira111 éleve de M. IJag,·t, qui I a ol,tenu. eest .,
'
.
..
•
pr1x,
Dans 1e.,, cla•St'S
· rle piano ' 11. y a eu denx
. premwr~
...
,
arla"é entre MM. Su1ste et Martin, eleves, le pre1un P ,..
1Q
mier dr \l. Malhias, t't le second de .\ l. \larmonte_ . 11atre
. nrs filies onl ohtenu, ex requo, l'autre prem1er pr1x :
~1~.. Gayra.rd, Jungk, de Biéville et Noel, ayant eu pour
•e••eurs Mm• í.oche, M\f. Henri ller1. et Lecouppe_y
pro,, "'
• 1
M'"• Corhe en a eu cleux ponr sa part). Que J exce lenls
· · tes se. produisent , et CPmlticn peo
p1ams
. de chanteurs
. ,
.
, - Le conrours d'o1iéra-comquc a ele satispassª111,~5 .
.
fai~a 11t. Le premier prix a Né décerné a.M. Tr~y, f'.·ere
uiné du ch,111teur, qu'on applau,li~sa1t na¡mere a la
~alle Favart. Et si l~s élcves fcmmes n'nnt p:ls ohttnn tic
rmier 1,rix, on n'en croit pas moin~ p11uvoi1 funrler sur
rr Huze et Mauduit, qui ont eu le secoud, de lrcs· 1Jl'I·1•
M'""
!antes esµérauces.
G. füQUET.

Ceux de nos lecteurs qui, daos ces grandes chale11rs,
dans la lecture amusemenl et distraction sans
11 n'est plus question que de défie~ la c_haleur avrc le fatigue, 11005 sauront gró de leur signaler quelques bons
plus de coquetlerie pos~ible. Je conseillera1s, comm: efl'et roman, nonveaux que vient de puLlier l'éditeur Dentu,
d'originalité, un costume tout en foulard hlanc. lct nous \ Paluis-Royal.
rer,trons rlans le don,aine do Comptoir rles lndes,
129,
' . • myst',:res du dem1·-mo.nde, par
.
. LES GAN'PJNS,
boulevard de Sébastopol. Je crois que cette ma1son a trip . d T . vol
6 fr. »
on~on u P.1 r3 11, 2 . . . . . . . . . . . •
pié, cet lité, 1e chiffre de ses allaire~ l tant' la vogue du LES TRTBULATI0NS n'uN JOYEUI M0NARQOE, par Anfoulard cst rrrande. 11 faut d1r1! auss1 que e est une ma, •
,
.
'.' .
.
. . V
tony ,,1eray, , vo1... . . . . . . . • • • • · · 3 fr. n
g1c1ennc fJUI sa,t contcnlf'r vos mo1~rlres dcs1rs: eut-on LA f'EMM EDANGEREUsE, par J.ouis Desnoyers, i vol. 3 fr. ))
une roloe de fantaisie, un custume l~g~r t'lgraciPux, une LES Nmrs DE ttom:, par Ju:es de Saint-Félix, t vol. a rr. !íG
lingcriH soyeuse? Ou trace u_n mota 1~clresse rlu Co~1p- llANS roos LE3 p,1v~, par Rernard Oerosne, f vol. 3 fr. i&gt;
toir des. ln,lcs, et t1111t ans,1~~1, courner pa_r ~011rr1er, L,1 GuERIIE PES Gl: Eox, épisode de la guerre de
on r, r.111t franco un ¡ia,p1ct d cfha11tillo11s q111 ieufcrme
•·1 1
A I R l1ürt ' vol
.~
r l l H l'C, par ( . u e • l
•
lfs m1lle et unt! nuances (le, Indes. _
.
.
FLEURETii;:uBooQoETI~R'E,parF.ugeneScribe,i v. 3 fr. &gt;►
Bref, le fuular,l c,t h11n -~ tvut : '.I conv1ent )JOur lm- LA L1QNNE AMOUREUs~, pa1· Fortunio, f vol. . . . 3 fr. ,&gt;
gerie, rohe, veteme~t, et J en rev1rns a mon costume LE~ V1cnMES DE l'~n1s, par J. Claret1e, f vol. .. 3 fr. )►
tout blanc avec habit garde-f, miqa,~e.
_ L,1 PASSI0N DE M0N oscLE, par Ch. Maquet, i vol. 3 fr. ,&gt;
La 1a,llc empirc a donné une recrudescence dt! succes
.
.
-·
Pour recevo1r un ou plus1eu~s volumes, envoyer
11 la célchrc Ceinlure régenle. 11 parait que ce mignon
cor,el scconde adr_nirahlement la couluricre appelée a montaot en un mandut ou en timbres-poste, et on es
confectionnrr des rohes nouvPlles. 11 est vrai qut les rccevra franco.
tailles long1Jes exigeraient de méme la rrinture régente.
Di manche prochain·, 7 aout, la SocÍ'Pié chora/e du ConDe quelque fa~on que la mode se traduise, elle veut
unP, taillr- mince et flexible, des proportions irréprocha- rervutoi?'e ,m¡,érial de mus1que executera, a dix heures
bles, et tout cela existe pour les remmcs qui se servent tres-précises, rlans l'rgl ise Saint-Eustache, une mes~e
solf'nnrlle de 111. Lnurent de Hillé.
de l'heureuse créalion de M'"., de Vertus.
111. Huranrl, maitre de chJ¡,elle, dirigera l'exécutioe.
Gare aux contrcfacons, toutefoi~. EIIPS pullulent. Le
M. Pér1er chantcra le, soios.
moyen de les évill•r, :__ que mes lectrices le retien~cnt,
M. E!lnuar1I Bati,te, prulc~,eur au Conservatoirc, rli- est de ne s'arl1·esser qu·a M"'•' de Vertus ~Hes-memes, recteur de la Societé, tieud ra le grand orgue.
31, Chau•sé:e-d'Autin.
.
1'11isq11'on ne peut pas toujonrs avoir vingt ans, et
C0 MPAGNIE GE NÉRALE TRANSATLANTIQUE
qu'il faut ré°¡Jarer les outraged du tem¡,s, je dois rappe- ·
Servtce postal fran9al1
lcr a mes lectrices que l'eau de Jouvence se trouve
ENTRE LE D&amp;l'RE ET NEW TORK
ruede Richelien, H2.
L' E,m de lll Floride ne teint pas les cheveux, elle leur
U.NS ISCi.LI
rend leur séve, et, par suite, leur couleur. 11 o'y a done
far lu 111ag11iflq11e1 paq11ebot1 a rouu
LES BAINS D'EMS.
aucun artífice as'en servir, et l'on peut etre parfaitement
WASíllNGTON, capitaiue A. Uuchr,ne, de 5,600 tonfier de sa chevelure. re&lt;levenue lirune ou bloude, grace neaux rle dPplacerne11t et !150 chcv~ux de force.
Une lettre partieulicre, dont nous extrayons iri qnelLAFAYETTE, capitain'l A. Bocandé, de 5,600 tonneaux
qor's passages, nous apporte des détails intrressants sur a ce l,icnfaisant remede.
L'E•m rJe 1,, Plori1le n'opcre pas sa révoluti nn en 110 de rlPplaccmcnt t&gt;t !150 cbeva11x de force. · .
.
la sai,on des bains, a Ems, qui présenleJ cette année,
jour. IWe s'agit (&lt; sagement et lentPment, com_m: la naLes dépa1·ts se feront le mercredi, tous les vmgt-hmt
un attrait inaccoutumé :
ture. n Son emploi-éta11t des plus ~impl,·s au~s1 b1rn que ·ours taut du Hane que de New-York.
« •.•• Jamais l'affluence des baigneurs n'a été aussi
J
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des plus efficaces, je la recommande ~ tnut~s celle,; de
considérable a Ems qu'cu ce moment. 11 semlile que
Les prochllins départs auront liei.t comme suit :
mes lectrices dont la chevclure est s1llonnee des pretous les personnages marquants de t'aristocratie euro••
DO DAVRE ;
péenne se soient donné rendez-vous a. l'établissement miers &lt;&lt; fils d'ar¡.:cnt. 11
Steamer Washington. .&amp;frrcredi 27 juillet.
• Les chaleurs uous font une nécessité de la parfumethermal.
I,t,fayette.... Mercredi 24 aout.
rie, et je rappelle, a cet égard, qu'une femme qui _ve~t
« Ems est un bienheureux pays ! Que disait done
Washington. Mercredi 21 septembre.
rester fraiche et jrune ne saurait trop employer la glyceMéry, que c'était (&lt; la violette des villes thermales? ,i
Laf,,yette.. .. Macredi i9 octobre.
rine de Rimme/ (17, boulevard des ltaliens), surtout en
Son parfum l'a trahie, et aujourd'hui c'e,t Ems la BrilWashington. .-rcredi 16 novembre.
cette sai,on, qui voit le puhlic abonder aux bainsde mer.
lante, comme un lis en sa splendeur. Elle sait mener
Lufayelre.... Mercredi f4 décembre.
Les bains de mer ont l'inconvénient de ren1lre les chede front la médecine et les plaisirs. Le soir, elle est en
veux ,ecs et cassants. Po11r conibatlre cet effet nuisible,
DE NEW·Y0HK ;
fete; l'orchestre retentit dans la galerie du Kursaal. La
il n'y a rien de meillcur que l'extrail de jus de limo1_is
Wosh ,.11gton. Mercrf'di f7 aout.
foule parée remplit les salons ou le théatre. MaiE le
et de glycérine de Rimmel, qm neutralise le sel marm
Lafayette. .. Me_rcrccli 1~ se¡,tembre.
matin, les !iuveurs empressés se hatent dans les allées
et laisse la chevelure souple et brillante.
Wushmvton. Mercredi' 12 octol,re.
do pare; ils se rendent a la fontaine, puis chacun &lt;l'eux
Lafayette.
... Mercredi P novemltre.
se dirige, aprcs avoir pris sa part d-es eaux bienfaisantes,
Washington.
Merm•di 7 déccmhre
soit vers le salon de lecture, soit vers le salon de conLafuyette.... Merr,mli ,4 jauvier 1865.
RÉBUS
versation, ponr se mettre au courant des nouvelles du
Prix des ¡1/acrs :
jour et de la politique générale ou particuliere.
Premieres.
. . . . . i,10 fr.
• &lt;&lt; Et remarquez que, grace a l'excellente organisation
Secondes
.
.
. . . . 400
de l'élablissement d'Ems, sans contrcdit !'un des plus
beaux de l'Europe, cette affluence de baigneurs n'oc S'adresser, pour passage, fret des marchandises, des
casionne aucun des ill'convénients résultant d'ordinaire
especes, e~ pour tous autres !'enseignrmeuts _:
•
des ""randes aacr\omérations
de
visiteurs : le conforlable
A Paris, au bnreau ~pecial de la Compagnie, 12, bou01:&gt;
•
et l'élégance dont on est entouré ne vous laissenl jamais
levarrl de, Capuci1w~ (Gran:l-Hcitel);
aperceioir que vons etes daos un étahlissement public.
Au Havre, a M\I. William lsclin flt C•, agrnts;
On y jouit d'une liberté aussi complete qu'on peut Ta
A Ncw York., a ~l. Gco. Mack.enzie, i, Broa&lt;lway.
désirer.
~
• Aussi les dames du meilleur monde ont-elles accompagné a Ems lcurs maris, et les meres ont amené
D'apres ce que nous a~om_observé, on ª, l'a\'an_t~ge,
-=:..
en fai~aot u~age rfo ,1111nqurna L,u-orhe, d adm101strer
~~.=:=Q
avecclles leur~ grand1·s 11ll es. On tronverait &lt;lifficilement,
_.,
tous les principes do r¡uinquina; et. de plu~, on donn~
dans n'importe que! salon de Paris, une pareille réu-;_
~~ '
au malade un médicament commode a prendre. A_uss1
nion dejolies femmes et de femmes a la mode.
~
l'administrons-nous avec confiance dans les affect1o?s
« Les soirées et les fetes do Kurhaus sout magnifiques,
de l'estomac et des voies digestives, contre l~s maladies
EXPLICATION DO DERNIER RÉRUS.
et rien ailleurs ne pcut vous en donner une idée. En
de /anqv.ettr, l'épttisemwt, /u debi/itP. el l'atonie des orgahuit jours, le théatre du Kursaal a représenté deux opéDeux creurs sont bien pres l'un de l'autre, quand il n'y a nes, /a maivre11r, l'i1U1¡,péte11ce, les con,_ale~ce~ces lo~gues
l'aS-Comiques: - Le Soldat magicien, Jeanne gtti ple11re et' aucun vice entre eux.
et dif~riles, etc., etc. A_ l'action ton1que s1 mantfesle
Jeanne qui rit. M. Levassor et 111m• Teisserre ont joué
~-.-.-du quinquina 1'1ro~h6 s:aJ_oute natur:~11c~1ent sa grande
avec beaucoup de verve et d'entrain le Camp des Bourvertu ffhrifu~e, qui a ele souvent 1~cca:100 de_ ~011_staAOG. M.1.Rc, directeur-gérant.
tation, si heureu,es d,rns 11us hopitaux c1vils et m1l1~a1res.
Otoises, et le célehre corni,¡ue a chanté, en outre, deux
EDM. TEXIER rédacteur en chef.
C'(•~t. cl'aprcs nons, fairl' une reuvrc otile qu~ d·appedes mdlleures chansonnettes de son répertoire.
lcr
rattention sur un mo_ven tllf'rapent1que qm tourne
. • On nous l'!'0met d'autres plaisirs encore. Je vous
--~ ~
si utilemcnt au profiL de la ~anté grnérale. .
tíend1·ai au courant. 1i .
Ch.
Imp. de L' 1LL LST HA ·1 1L, .\, A..11.lrc,
(Extrail de la GU1.11lte des-Hóp,taw:).
Dépót, rue Drouot, t5, a París.
ff, ni, '4 Ver1u11il.
REVUE DES MODES ET DE L'INDUSTRJE.

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Celui Qui comote les anuécs

D,·~(, Clt'S hnmain,:;,
Celui,q11i 1ie11t ,,~s dealinees
Rnlre s,•s d•u1 tnains.
Ce n'Psl pl11s Minos, ni la Parque,
Ce o'c;t p ua le fü•r poleotat ;
Le medeci11, ni le solda! ;
Un aulre Uieu conduil la bsrque :
Ai~uillrur, garde a!ni ;
A•~uilleur, en place!
l oic, Je cou,oi , bis)
( G,rJea toi ! ) qui paase !

L'•iguilleur esl l'i•lelligcnce
Du s1ec1e

TICUIVf':\11 ;

11 con.maurie á la force immeLse
Du fer et de l'eau,
f.arriien sévcre de la ligue,
JI ía11l qu'il restr. en son cmploi,
loíailhble comme la loi
Ht grave comme ulJe consigne.
Ne ria pos! ~arde a toi;
A•guilleur, m ploce !
Y,,1ei le couvvi , bis )
(Ne ris pas !) qui passc

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Yoyrz-le. qoatd le !rain accost•
lit quaud il s'euíuit,
Ex!lcl a l'heure et fixc au postr,
Le j11ur et la nuit.
Pour 101 le sommeil est un crimc;
Un scul , etard, un seul ouoli,
Uu scul¡¡. et tout est accompli:
!;u traio va somhrer daos l'abime.

a

~e dors p•s ! garde tni;
AhrnillPur, en JJ)Hce!
Yoic, le couv,i (bi.11
1Ne d&lt;&gt;rs pu) qui pase!

IIBUGEL 111' COIIP,, ÉDITRURi.

Si pa, r ,is de ses camaraJcs
l.e joyeux essaim
Va par d'aboudastes rasaries
Féler quelQuP ,aiut,
I.ui srul, de ces ooi~ous ioíltmcs,

Sail le danfer qu'il s'interdit;
11 ne boit pas, car il s°fsl d,t
Que l'a•guilleur a cbarge d a~1es.

Ne bois pos! gai;d• á toi;
Aiguilleur, en place!
Vo:c, le couvoi I bi.!J
(Ne bois pas! qui p•sse!

1

Vvi•ageur,, qpi courcz la Frauce,
.~ller et r,lour,
Sal ucz ce lle pr..vidcnce
A tro,s íraucs par jour,
Qui lienl le lil de vos cb,mére,,
Pe 'VOS e!iipoirs, de vos t1mrmc1.Jt11,
J.es !armes de tous les am,nls
Et le creur de to utes les meres,
A1¡;uilleur, iarde a toi;
Ai~u,lleur, en place!
Yoici le convoi (bis)
1
G1rde o toi !¡ qui pme !

-~

�</text>
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                <text>L’Illustration : Journal Universel, 1864, Año 22, Tomo 44, No 1119, Agosto 6</text>
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                <text>Semanario francés ilustrado se publicó entre 1843 y 1944. Aborda temas políticos, económicos, sociales, científicos, artísticos, y deportivos. Fundado por los periodistas Jean- Baptiste Alexandre Paulin y Édouard Charton. Sus ilustraciones eran realizadas por los mejores dibujantes como Henri Valentin, Édouard Renard, Paul Gavarni, Janet-Lange y Cham.</text>
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                <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores</text>
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                    <text>L'ILL.USTRATION,
lOUDAL UKIVBBSEL.

___

.:...--------------------;----:---- ----------- ---------;------------------------,Ue ANNÉE. VOL. XLlV.

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Leo demandes d'abonnement aoivent étre accompagnél?I
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SOM MAIRE.
Lts ~oles ululrophu, - Re,ue polilique de la semaine. - Courrier
de Paris. - Corr,spondance de Val•chie. - Correspondooce d' Allemagne. - Aulobiograpbie d'uo poele ( suite/. - Causerie dramatique.

Nt

San1edi 80 .Juillet

t 11 8.

AbonnPmants pour raris et les Départcme11ts :

1886,

¡...,.,

~•uiJistraliN .. réptH pu 4ei ■amtrill ti DI 1'eagag1 JlDllÍI i lea
f• 1M tnlla, la tradueti• et la repr..iuctio• i l'étranrer ,onl ial&amp;NlllM.
BURE.lUX ! RUB RICHELI'SU, 60.

- l'resses mécaniques de ll , Alauzel, oou&lt;eaux sy&gt;téme. brevetes. - 1-'rcmenade au Jardín du Midi (11). - Lrs induslrics incoonu•s de L&lt;&gt;ndm.
Grav1m1: Accider,t arrivé sur la Sac\ne, a Lyou, le !Ojuillct, a bord du
bateau a v■ peur, la .lfouche. n• 4. - Le Sultan recev1nl S. A. J. le
prioce Alexandr,.. J,an !•' , dans soo palais de Dolma-Baqlché, á l:Onstaotinople. - Episode des inoodalions ~ Bucbarest: Le prinee Ale1ao-

6 mois, 18 fr.; - un an, 36 fr. ; - le numéro, 15 e.
la collection men,uelle, 3 fr.; le volume semestriel, •~ fr.
ABONNE111ENT8 POUR L'ÉTRA~GEDI 1
:Mcmes pnx; plus les droits de poste, suivant les brifs.
Lea abono. partent du fer no de chaquo mois.

3 mois, 9 fr. ; -

dre vi&amp;1tant le quartcer des T•bacbcs. - Calaslrophe arrivee sur le
grand Trunk Railway, au pont do Belreil ( Cao1da 1. - Lu v,climes de
la mode, ptr llel'lall (prc:niére P"' lit, t 6 grnure&amp; ). - Théalre du
G)'oµtue : Van Quicholle, 6• tableau. - Nouve.Ue prcsse oiécanique de M. Alauzet. - Promenade au Judio du llidi ( 3 gra,ures).
- Le mois de Juillet. - Échtc,. - Rébus.

spleoa Sorcol!ecuire.
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--------=-=- - ===-

ACf.lOBNT ARRIVÉ SUR LA SAO'.'IE, A LYúX, LE 10 JIIILLET, A BORO DI' BATEAU

VAPElR LA MOUCIIE, fi• 4. - D'apres un croquis de 11. St,yerl.

�66

L'ILLUSTRAT lON, JOUR NAL UNIVERSEL.
LES RÉCENTES CATASTROPHES.

Nous avons, depuis quelque temps, de nombreuses et
terribles catastrophes, et cette année aura été marquée
par des dates ~inistres.
11 y a quelques jours, nous entretenions nos lecteurs
du sinistre qui a jete le deuil dans la ville de Lyon • aujourd'hni, nous avons arémmer les détails que no;s apportent les journaux aoglais et ceux que nous adresse
n_otre correspondant du Canada, sur un effroyable ace,dent dont la ligne du chemin de fer de Québec a Montréal a été le théatre.
Dang la nuil du 27 juin dernier, un traiu spécial parti
d~ Québec emmenait 500 émigrants allemauds, norvégiens, polonais. Apres avo ir dépassé la station de SaintHilaire, au pied de la montagne de Belreil , le convoi
s'enga~ea, i.t l heure J 5 minutes du matin, sur le pont de
fer qui traverse la riviere Richelieu et dont la derniere
pile est reliée au talus, du coté de Montréal, par un ponceau tournant, a 45 piecls environ au-rlessus du lit de la
riviere.
, 11 est
e de regle qu'en approchant du pont, les convois
s_arr tent et ne reprennent leur marche que lorsqu'un
s1gnal convenu a été fait. Au moment oú le train de
Québec-ar.rivait, dans la nuit du 28 juin, Je ponceau était
ouvert pour livrer passage a un bateau a vapeur remorquant des barques chargées de grains et ele bois scié.
Le convoi ne s'arreta pas, contrairement a la re()'le établie et quoiqu'un feu rouge dut avertir le méianicien
de ne pas aller plus avant.
Le gardien du·pont, voyant venir le train, prit une
lampe rouge et la fit tournoyer; le tt-ain continua sa
marche, avabfant toujours vers l'ab1me qui l'attendait.
Il Y- ar~iva au moment 011 passait la troisieme barque remorquee par le steamer.
La locomotive, le tender et les cinq voitures de ba. gages furent précipités daos le gouffre; les wagons de
voyageurs, entrainés a leur tour, accumulerent leurs
débris sur les débris des premiers wagons.
Le 30 juin, 85 cadavres avaient été retirés de la riviere. On avait transporté a Montréal 383 blessés· restaient 97 voyageurs qu'on n'avait point encore retri uvés.
Le conducteur et le garde-frein ont été tués. Le mécanicien n'a point péri; il est en prison, d'apres un ordre
du coroner.
Dans une voiture renversée sens dessus dessous, pas
un seul des voyageurs n'a été blessé. •
Uu petit en fa.nt a été retrouvé vivant dans les bras de
sa mere morte.
Le conducteur de la barque sur laquelle le train a été
précipité a eu le temps de se jeter de coté avec sa femme
et ses petits enfants.

REVUE POLITIQUE DE LA SEMAINE.

~

Tandis que les conditions au prix desquelles la Prus~e
et l'Autriche consentiraient a ne pas écraser tont a fait
le Danemark étaient l'objet de toutes les préoccupations
en Europe, un de ces événements qui sont comme les
hasards de l'histoire est venu distraire les esprits de cette
grave question, et l'a reléguée un moment au second
pla11, en jetant ala curiositéun aliment imprévu auquel
le piquant ne manque pas.
La ville de Rendsbourg était occupée par des troupes
d'exécution hanovriennes et saxonnes; a la nouvelle de
la prise d'Alsen, quelques drapeaux autrichiens et prussiens furent arborés sur un corps de garde fédéral; l'officier banovrien qui commandait la place les fit enlever.
Cet incident fut l'occasion d'un véritable combat entre
les Prussiens et les Hanovriens, et plusieurs Prussiens
fnrent tués ou blessés. A la suite de ce sanc,Jant conflit
t,
'
le prince Frédéric-Charles, général en chef de l'armée
austro-prnssienne, informa le général Hake, commandant des troupes fédérales, qu'il avait refu du roi l'ordre
de se IDP,ttre en possession de la place, et qu'en coméquence le général major de Gueben arriverait a Rendsbourg á la tete de 6,000 hommes et de 2 batteries, et
occuperait les 11ostes.
• Le général Hake répondit qu'il ne pouvait consentir a
l'occupation de la ville par les troupes prussiennes, mais
qu'il pouvait « moins eocore renser a s'y opposer militairement, Rendsbourg n'étant occupé que par 4 compagnies, sans faire entrer en considération les autres rai-

sons gra-.es qui!l'en empéchaient.1&gt; Et il évacua la ville.
La lettre du prince et la réponse du général ont été
communiquées a la diete, qui a donné raison a ce dernier.
D'autre part, la Prvsse et l'Autdche entendent demander satisfactiou au gouvernement de Hanovre , et annoncent qu'elles proposeront procbainement a la diete
de retirer lés troupes d'exécution fédérale du Holstein,
la conquéte du Slesvig et du Jutland ayant mis le duché
hors de l'atteinte de:; Danois.
Les vainqueurs s'entre-tuant et s'entr'injuriant; voila
un petit sujet de consolation pour ce pauvre Danemark.
Il en a bien besoin, car, parmalheur, ceux qui tiennent
son sort entre leurs mains ne sont que trop d'accord pour
le traiter avec une dureté extreme : les gouvernements
&lt;le Prusse et d'At1triche sont conven us des poinl~ suivants:
1° Séparation complete des dochés de Slesvig, Holslein
et Lauenbourg du Danemark avec l'exclusion des enclaves jutlandaises, situées daos le nord du Sles.,ig. 2° Étabhssement d'un état particulier, sous la souveraineté du prince dont les droits seraient reconnus par un
tribunal fédéral. - 3° La Prusse rembourse a l'Autriche
les frais de guerre, qui s'élevent, pour cette puissance,
de 5 a 7 millions d'écus. te duché de Slesvig sera occupé par les troupes prussiennes, et les finances du duché seront gérées par des fonctionnaires prussiens jusqu'a ce que le superOu eles recettes soit monté a la
somme que la Prusse réclame pour le payement des
frais de guerre (20 millions pour la Prusse, et 7 millions
pour l'Autriche). - 4° La forteresse de Rendsbourg deviendra forteresse fédérale, mais elle sera occupée par des
troupes prussiennes. ~ 5° Le port de Kiel deviendra une
station pour la 0.otte prussienne, qui y établira ses
docks, etc.
_
La journée du 24 nous réservait des émotions singu.
lierement brusques et diverses. Il était arrivé en méme
temps des dépeches d'Amérique portant les dates des 12,
13 et 16 juillet. Dépeches du 12 et du 13: 40,000 fédéraux, commandés par le général Wallace, battus par les
confédérés; les troupes du général Wallace se retirent
en désordre sur Baltimore ; les ponts du Northern-Central détruits pour la plnpart; deux trains capturés; le
télégraphe coupé; un combat livré a 7 milles de Washington et le bruit courant que la capital e de l'Union a été
prise. C'en est fait du Nord ! Hurrah ! pour le Sud. Dépeches du J6 : Les confédérés ont abandonné les positions qu'ils occupaient devant Washington; ils repassent
le Potomac; les communications avec Washington sont
rétablies. L'invasion est t'erminée. Le Nord est sauvél
Hurrah ! pour le Nord.
Ce qui pourrait bien etre la vérité, c'est que les confédérés auraient essayé, par cette pointe dans le Nord,
d'obliger Grant a détacher une partie de son armée a
leur poursuite; ce qui est certain, c'est que Grant n'a
pas bougé, et que sa position est aussi fo~te qu'elle l'était
avant cette invasion, si vite terminée.
La Russie vient d'adhérer aux modifications apportées a la constitution des provinces unies par le prrnce
Couza; les difficultés se lrouvent done aplanies, et le
Moniteur du sofr affirme que la nouvelle constitution
pourra étre mise désormais,i.t exécution sans encombres.
Garibaldi a quitté Ischia; il est retourné a Caprera .
apres avoir assisté a un conseil tenu par une dizaine de
membres influents du partí d'action, et dans lequel il
avait été décidé que le mieux l tait de s'ahstenir de toute
tentative violente pour le moment.
Le Monite1ir a publié un décret impérial qui modifle
profontiément l'organisation administrative en Algérie et
donne une extension nouvelle aux attributions de l'autorité militaire. La direction générale des services civils
eEt supprimée ; l'administration générale du territoire civil et du territoíre militaire de chaque province est confiée au général commandant la division, qui prend letitre
de général commandantlaprovince.C'est lui qui estchargé
de la. haute direction et du controle du service civil de
la province; il propose l'avancement ou la révocation
des fonctionnaires ou agents civils dont la nomination
appartient a l'empereur ou au gouverneur général; la
police de la presse l11i est confiée; il don ne les autorisations de publier les journaux et révoque ces autorisations
en cas d'abus. Le nouveau décret augmente la représentation indigene dans les conseils généraul, ou les indigencs formeront désormais le quart des membres.
}l. le ministre de la guerre, daos son rapport a l'Empereur, attribue aux ¡&lt; clameur.; imprudentes d'une

L'ILLUSTRATIO N, JOURNAL UN IVEHSE L.

presse passionnée)) une partconsidérable daos les causes
qui ont provoqué la derniere insurrection des Arabes.
Décidément la presse a, de notre temps, plus de pon.
voir que beaucoup de gens ne sont disposés a le croire,
Le général Deligny a refUde l'EIIÍpereur la lettre sQj.
van\e, datée de Fontainebleau, le 5juillet :
« Mon cber général, je ne-veux pas tarder a vous t6.
liciter de l'heureuse campagne que vous venez de termj.
ner. J'avoue que j'ai été quelquefois inquiet de vous sa.
voir si loin dans le Sud, par une si grande chaleur
mais j'avais confiance dans les talents et l'énergie du gÍ_
ntlral qui commandait la colonne.
« Exprimez aux troupes sous vos ordres ma satisfaetion, et croyez, mon cher général, a mon amitié.
,

(&lt; NAPOL~ON. ll

M. de Gonet, chargé de l'instruction qui a été la suite
des perquisitions faites au domicile de trente-quatre p~rsonnes, parmi lesquelles se trouvaient r,lusieurs avocats
honorables du barreau de París, a rendu, le 21 juille~
une ordonnance qui renvoie devant Ir Tribunal de police
correctionnelle de la Seine MM. Garnier-Pages et Carno~
députés; Dréo, Clamageran, Floquet, Ferry, Durier, Jo.
zon, avocats a la Cour lmpériale de Paris: Hérold, Hérisson, avocats a la Cour de cassation; Corbon, ancien
représentant; Melsheim, avoué a Schelestadt; Bory, avocat a Marseille, so•Js l'inculpation d'association non a0•
torisée de plusdevingtpersonne~, délit prévu par les articles 291 et 292 du Code pénal et les articles t et 2 de
la loi du iO avril 1834.
La meme ordonnance a déclaré qu'il n'y avait lieu'a
suivre a l'égard de MM. André Pasquet, Gam betta, Du.
rand, Enocq, Bralleret, Charamaule, Magnin, Guérin,
Delise, Fougueron, Savatier-Laroche, Breton, Verrier,
Postel, Chanoine, de Wolfers, Girard, Léonard, Mura~
Millot, .Magniadas et Lacatte.
Les débats s'ouvriront vendredi prochain, 5 aoüt, devant la sixieme chamhre.
• M. Malher, substitut du procureur impérial, occupera
dit-on, le siége du ministere public.
M• Jules Favre plaidera pour M. Garn ier-Pages, Me Marie
pour M. Carnot, M" Berryer pour M. Ferry, Me Dufaure
pour M. Durier, M• Hébert pour M. Melsheim, M• Grevy,
pour M. Dréo, M• Ernest Pica!d pour M. Hérold.
EDMOND

TEXIER.

COURRIER DE PARl8.

Soirée astronomique. - Une nouvelle planete. - Les invalides polonais. - l.'histoire et le discours latin au concoUM
général. - Le boulet de Sa Majesté portugaise. - Bulletin de la liberlé des t héatre~. - Le Théátre des Famille,.
- Projet d'un théatre marseillais. - Les sénateurs de
l'orchestre. - Le Théátre Jnternational. - Un nouveau directeur. - Les Fousses possions. - Livres spiritistes. Une statue Béranger. - Les prophétes du temps.

a

Les soirées musicales, les soirées littéraires et les soirées dansantes ne sont plus de saison, et le bon moment
est venu Jes soirées astronomiques. Tout le monde ne
peut pas ollrir- un pareil régal a ses amis; mais :M. Le
Verrier est bien en situation de faire aux siens cette galanterie. II a re~u la semaine derniere daos les jardins
et dans les salons de l'Observatoire, et l'on assure que
la féte a été charmante.
La Lune, Jupiter, Mars, Pallas, Saturne et ses deux anneaux, Mercure et Vénus, - oui, Vénus, honni soit qui
mal y pense, - en ont fait les frais. Ces pauvres planetes et ces pauvres étoiles ont été, trois heures durant,
l'objet des plus indiscretes curiosités; le mystere de leur
vie privée a été audacieusement profané; vainement,
elles cherchaient a échapper au télescope; l'reil terrible
les poursuivait impitoyablement.
Quelques personnes ont du moins gardé le secret sur
ce qu'elles avaient vu, mais d'autres, moins réservées,
vont colportant partout les anecdotes les plus scandaleuses. La Lune et Saturne, - fiez-vous done aux vieillards, - sont affreusement r,ompr'.)mis, et l'on raconte
sur Pallas des cboses a faire frémir ! Quoi : sur Pallas, la
fiére Pallas? - Sur Pallas elle-méme. Remarquez, do
re&amp;te, que je n'affirme rien,etque je me garde soigneusement de répéter ce que j'ai entendu .
Cependant, un de mes amis a eu la bonne chance de
découvrir une plaJ!ete sur laquelle il n'y a que du bien
a dire: tout y est admirable ; le meilleur gouvernement,
les meillelil'es lois, les meilleures m~urs, et pas la moio-

6'l

pagne une idée qui est, chez nous, une nouveauté. 11s l'étalage de nos libraires, c·est un livre intitulé : Les
alienent des a présent, et a perpétuité, 300 fauteuils Faus~es passions, livre dr.licatement pensé et couramment
d'orchestre moyennant la somme de 1,000 francs paya- écrit, vraiment, dont l'auteur, M. Amédée Lancret, est
ble a deux échéances : 500 francs en ~ignant le marché, un jeune homme. Ainsi notre monde est plein de fansses
passions, et nos jeunes gens le savent, et ils l'écrivent.
500 francs dans la huitaine de l'ouverture du théatre.
lis
le savent, ils )'.écrivent; tant mieux, c'est rléja quelUn foyer spécial sera réservé aux propriétaires de ces
quc
chose.
300 fauteuils, qui seront comme les sooateurs du
Tbéatre-des-Arts. Que les dieux préservent Marseille de
La planete de moa ami était le pays du sens commun,
luttes sanglantes entre les sénateurs et les chevaliers... et les journaux de ce globe terrestre annoncent la mise
du lustre.
en vente de deux ouvrages destinés a un tres-grand
Les 300 fauteuils seront-ils héréditaires? MM. Gondois succes aupres des spirites. L'un, intitulé : Imitation de
et Foa ne le dise~t pas explicitement, et apres avoir lu l'É1•angilf- selon le spiritisme, et l'autre : Qu'est-r,e que le
leur manifeste, je serais assez disposé i.t croiré que oui, .~piritisme?
et assez d1sposé aussi a croire que non.
Je ne me serais jamais douté qu'il fall11t un volume
Ce point veut etre éclll.irci .
pour répondre a cette question : « Qu'est-ce que le spiLa provinee, vous voyez, ne va pas mal. ..
l'itisme? &gt;&gt; Visitez Chare~tou, Bicetre et les établ issements
Et Paris?
d'aliénés d'Angleterre, d'Allemagne et d'Amérique, et
Paris, alfamé de liberté, a ouvert la salle Saint-Pierre. la vraie réponse vóus viendra tout de suite sur les levres.
~lais il ne s'en tiendra pas la, et il a de magnifiques
&lt;( Le spiritisme est un des cbemins les plus court~ inprojets.
ventés par les charlatans pour mener leurs dupes de la
ti. Ruyn de Fyé s'appreterait a réaliser l'immense projet raison a la folie ou a l'imbécillité. i&gt;
dont il entretint le public il y a deux ou trois ans, et
Décidément, nous avons la fievre de la statue. J'ai lu
dont j'ai &lt;lit autrefois quelques moti; a rr,es lecteurs : un
théatre qui couvrira 5,066 metres de superficie, dont la quelque part qu'il était question de décerner a Béranger
scene aura 30 metres d'ouverture, dont le parterre con• · les honneurs du bronze ou du marbre.
Mootrons-nous reconnaissants pour les hommes qui
tiendra 2, 100 stalles. Voila ce qu'il reve, voila ce qu'il
ont
arcru la gloire et la fortune de la France, ,les écrifera peut-etre. Un parterre de 2, IOO stalles, a la bon ne
vains
et lés artistes qui nous ont émns et charmés, a la
heure ! M. Ruyn de Fyé n'a pas les nobles opinions de
honne
heure; mais tachons qué les marques de notre
M. Bagier; il croit a la démocratie en France.
reconnaissance,
de notre sympathie, denotre admiration
On annonfatt déja que le terrain sur lequel s'éleverait
le gigantesque théatre était acheté; c'était celui sur lequel soient de celles qui ne leur auraient été ni importunes
se pressent et s'étouffent aujourd' hui les maisons qui font ni incommodes.
L'année dernicre, au concours général, le sujet de la le coin des boulevards Bonne-Nouvelle et du faubourg
Béranger savait ce qu'il valait, et sa correspondance
-composition d'histoire était une page de l'Histoin de la Saint-Oenis; mais un communiqué de l'autorité a démenti intime montre qu'il valait heaucoup plus que ses reuyres;
Pologue; cette année, les concnrrents ont été invités il la no\1Velle.
mais je serais bien étonné qu'en regardant au dela de
tracer le tableau des lettres et des arts depuis le comEn attendant, lethéatre estbapti3é: son nom est Théatre 1a tomhe, il se fut jamais vu sur un piédestal. Non, le
mencement du siecle, et aes grandes applications de la International; c'est dire, je suppose, qu'il aura pour par- piédestal aurait gP.né, non pas sa modestie, si la mo-science a ]'industrie et a l'agriculture. Certes, la lnatiere rains Sophocle, Eschyle, Euripide, Moliere, Corneille, Ra- destie de Béranger vous est suspecte, mais son orgueil,
-est belle, mais elle ne donnera aucun ombrage a la e/ne, 'Vioto'I' Hugo, Calderon, Lope de Vega, Shakespeare, si vous l'aimez mieux. Tous les orgueils ne sont pas faits
:Prusse, a l'Autriche ni a la Russie.
Gretbe, Schiller, tons les génies du passé et tous les gé- de méme, et il en est que ne toucbenl aucuuement cette
Le suje.t du discours latín ne forcera pas non plus, je, nies de.l'avenir, saus acception de nationalité.
idée d'une image se dressant immobile sur une place
,crois, les ambassadenrs des puissances absolutistes a
En ce tl}mps-ci, l'on batit vite, a coup sür; pourtant la publique et en butte, pendant des siecle~, au vent, a la
1demander des explication~ au gouvernement fran~ais.
·pierre et le- marbre ne sortent pas du sol, ne se dressent neige, au soleil et aux soltes remarques des badauds.
Auguste demandant le triomphe pour son fils adsptif, pas en colonnes, ne s'arrondissent pas en voutes, ne se
D'ailleurs, économisons notre marbre et notre bronze:
•vainqueur des Pannoniens. 11 faudrait etre bien i-uscepti- dé'co(J.pent pasen chapiteaux et en bas-reliefs, aussi vite
bon nombre de nos poetes ont leur statue) nous sommes
lble pour s'effaroucher de ce sujet-la !
que le azon ponsse sur une terre bien préparée, et une en regle a vec la poésie; songeons que nous aurons peut9 construite a toujours un peu d'avance sur
J'en trouve un tres-heureux et d'un intéret plusactuel salle toote
etre, avant qu'il soit longtemps, a donner a des pro,dans les dernieres nouvelles qui nous arrivent de Portu- une salle a construire : le théatre du boulevard Sébastopbetes des témoignages de nos respects el de notre ad-·
gal; je le recommande au ministere de l'instruclion pu- pol (rivc gauche) nous ouvrira done ses portes avant le
miration.
blique de cet heureux pays; il se résume en ces'terme~ : · Théalre Jnternational.
Je veux parler des propbetes de la météorologie.
S. M. le roi de Portugal essayant, a Alfeite.) un boulet de
Le directeur est un charpentier tres-babile; non pas Chaque jour en voit surgir 1rn nouveau parmi nonR oa. a
son invention qui supprime le canon rayé.
un charpentier a la fa~on de MM. Bouchardy, Dennery, l'étranger : noas avions M. Mathieu (de la Drome) ,
Ah! qui done supprimera le canon et le boulet!
Anicet l3ourgeois, c'est-a-dire un cbarpentier eb drames, M. Coulvicr--Gravier, et voici M. Gall qui prophélise tous
La liberté absolue régnait dans la plancte de mon mais bien un cbarpentier en bois, ce qui est un métier les soirs dans le Pays, journal de l'Empire.
Je ne sais quel est le Dieu qui !'inspire, s'il lit, comme
ami ... Voici le buHetin de la liberté des théatres depuis qui a aussí ses petites difficultés.
JI avait ch arpen té la salle du boulevard Saint-Germain,- M. Mathieu (de la Drome), daos les I11ouvements des
qu'elle a daigné nous sourire :
On sait qu'a Bordeanx un nouveau théatre fait flores. 011 la musique n'a fait que passer , et on ne lui avait pas astres, ou hien, comme M. Coulvier-Gravier, dans les
Un théatre populaire a été tout récemment ou-.ert a payé sa charpente. Homme d'invention, il se &lt;lit un beau évolutions des étoiles filantes; mais il est certain que
jour: (( J'ai la une grosse créance, il ne faut pas qu'elle l'événement du lendemain a plus d'une fois justifié ses
Toulouse. La salle contient deux mi lle spectatenrs.
• A Lyon, un Thidtre des Variétlls fait bravement con- soit stérile; j'exploiterai la salle que j'ai construíte, et prédictions du jour.
Le prohleme du temps futur est posé, il faut qu'il soit
currence, depuis cjuelques jours, aux deux théatres sub- Je directeur de -théatre paiera le charpentier. 1&gt;
Et, comme il n'aime pas les choses qui trainent, le soir résolu; peut-etre verrons-nous l'époque fortuuée ou
ventionnés.
a.u moment de sortir de chez nous, nous n'hésiterons
Saint-Étienne vient d'inaugurer une salle de vaude- méme il débutait daas sa nouvelle profession.
Tous cenx qui ont affaire a lui se louent beaucoup de plus entre notre parapluie et notre canne.
ville sous le nom de Théatre des Familles. Nom oblige :
voila un théatre qui ne donnerasans doute que des vau- ses procédés : il exige des gens de l'ouvrage solide et
Franchement, l'homme qui nous affrancbira de toute
devilles de l'.lge d'or, qui ne chantera que des couplets proprement fait; mais il paiera bien et rubís sur l'ongle. incerti tude sur ce point aura bien mérité une statue.
Jai envie d'en demander une des a présent pour
irréprochables, qui ne se permettra que das plaisante- (( Pour avoir du bon, il faut donner le prix; i&gt; telle est sa
ries édifiantes, et dont les peres nobles seront des pa- maxime.
un tailleur révolutionnaire, qui vient d'inventer les b&lt;iu•
JI manque enco11: un peu de politique et ne sait pas tons carrés.
triarches; les jeunes premier$, des exemples a citer par
dissirnuler
ses impressions, meme quancl elles sont bonles peres a leurs fils; les grandes coquettes et les souDes b0utons carrés, quelle imagination !
.
nes.
On
lui
lit le ma.nuscrit d'une piece : pendant la lecbrettes, des parangons de vertu, et les ingénues, des
X. FEYRNET, •
modeles achevés de décence et de modestie. Si le Théa•• tnre il écoule d'un air ravi, et au dénoument :
'
(( Parbleu, dit-il a l'auteur, vous pouvez vous vanter
tre des Familles ne fournit pas des sainL~ ·et des salntes
au calendrier, il méritera de perdre son nom. Et avec de travailler joliment ! &gt;&gt;
CORRESPONDANCE DE VALACHIE.
Je suis sur que jamais une phrase pareil1e n'est tomcela, il a pris l'engagement rl'etre plus gai et plus comíbée
des
levres
de
M.
Édouard
Thierry,
de
M.
de
la
Rouque que pas un, car il se qualifie théatre boutfe. Oh ! oh!
AU DIRECTEUR.
Buchare,t, 1O juillel.
M. le directeur du Thétitre des Familles ne risque ríen nat, de M. Marc Fournier ou de M. Montigny.
Et pourtant, comme cela encouragerait les jeunes aud'etre uu homme d'esprit!
On sait que le prince Couza, partí de Bucharest le
Marseille se prépare a construire, a I'entrée du Prado, teurs !
5
juin,
est anivé le í it Con~tantinople. La brillante répres de la place C~tellane, un théatre qui s'appellera le
ception
qui lui a été faite par S. M. le sultan et par la
Avait-on
inventé
les
théatres
dans
la
planete
de
mon
Grand Théatre des Arts. La salle contiendra 3,000 places ;
plupart des amhassaclenrs rendait presque ccrtain, des
on y jouera des vaudevilles, des comédies, des pieces ami?
Je ne m'en souviens pas; mais je me rappelle fort bien le début le résultat de son voyage. Son Altesse dis¡lit,
bouffes, des opérettes, des opéras -comiques, et hientot,
- les directeurs se plaisent a l'espérer, - des grands qu'il ne s'y rencoutrait ni comrdiens, ni comédiennes daos une proclamation, qu'elle allait chercher auprés
d'amour, jouant la comédie a leur insu ou de propos de la cour souveraine une nouvelle reconnaissancc des
opéras.
MM. Gond.ois et Foa ont emprunté il. l'Jtalie et a l'Es- délibéré; or, le premier livre que je trouve ici' has a droits des· Principautés. En effet, au hout de tri~s-p,m

;re:mbre, pas la plus petite tache, la perfection part · une vraie planete de Cocagne. Aucun des astr.onou 'qui étaient lil. ne la connaissait, et quand on a
mes
. .
déterminer la s1tuation, afin de la 1etrouver au
VOU1ll en
.
.
·n elle avait disparo; et depms, on a varnement
. d .
,
beso1 ,
fonillé tous les coins et tous les recoms u c,e1, on n a pu
venir i.t bout de la retrouver.
_ .
Mon ami m'a raconté de cet astre extraord i: me ta11t
de belles choses, que pend_an_t ~ingt-quatre _he~ es, oobliant le monde d'ici bas, j'a1 vecu en 1magrnat1on daos
et autre monde 011 j'ai gouté le bonheur le plus pur et
les plaisirs les plus délicieux.
.
Hélas '. mon esprit est re ven u de cette merve,lleusc
1 nete ou plutót il est retombé sur la' notre ! Quelle
ch:te !Ét que je me suis désagréablement heurté a to,utes
nos miseres !
Apres l'éternelle paix et l'harmonie universelle, la
erre du Oauemark, la guerre d'Amérique, la guerre
~du Pérou la question des Principautés, les proscriptions
u Circass1ens,
' .
.
·des
la catastropbP. de la po1ogne.1 un imprimé se rencontre sous ma main; je lis, c'est un appel
aux artistes de tous les pays; _on demande a leur crayon,
aleur pinceau, une sympatb1que ~t honorable ofl:ande:
ne loterie s'organise, et le prodmt de cette loter1e sera
~e capital a l'aide duque! on fondera une maison d'invalides polonais eu Suisse.
Une maison d'invalides, voila a quoi auront abouti
deux années .d'une lutte héroique contre l'oppression,
sous les regards de l'Europe lihérale applaudissant aux
efforts de la sainte insurrection. Voila le monument de
la derniere guerre de l'indépendance polonaise !

�68
de jours, toutes les
résistances malveillantes étaient
vaincues, et le prince Alexandre obtenaitnon-seulement
la sanction de tous
les acles accomplis, mais encore
des modifications
tres-utiles et tresimportantes il. cer, tains articles de la
convention du i9
aotit i858. Un accord signé a cet
effet par le prince
et Já Porte a été
ratifié par les amb assad e urs des
puissances.
Je vous envoie
un croquis de la
premiere entrevue
du prince et du
Sultan. Aprcs une
conférehcé des pi u~
intimes, qui a duré
plus de trois quarL~
d'heure, Sa Majesté a accompagné Son Altesse
dans le salon d'attente et s'est fait
présenter un il. un
tous les membres
de la suite, qui rn
composait de M. N.
Roselti, ministre
des affaires étrangi!res; de M. C. Négri, agent des
Principautés a
Constantinople; de
M. Baligot de Beyne, chef du cabinct du prince; du
prince A. Cantacuzene et de plusieurs autres per-sonnages civils et
militaires.
Le souverain des
Principautés-Unies
a quitté Constantinople, le 20 j uin,
pour rentrer dans
sa capital e, ou l'accueil le plus enthousiaste lui a été
fait.
Le princeAlexandre, aprcs avoir
montré le plus
, grand zcle pour le
bien-etre et la vie
politique de son
pays, vient de donner, ces jours derniers, de nombreuses preuves de
son courage et de
l'affection qu'il
porte a ses sujets.
Une inond\ltion
formidable cou vrait une partie de
Bucharest. Son Altesse,accompagnée
du D' Davila et
d'un aide de camp,
a parcouru a cheval tous les quartiers inondés,en gagnant a la nage les
en~roits les pltlS

I

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

•

69

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNlVERSEL.

menacés. 11 a fait
organiser des se.
cours, distrihuei
&lt;lu pain et des ,¡.
vres. Les secours
en argent ne man
queront pas non
plus aux inondés:
des listes de sous'.
criplions ont éte
ouvcrtes,etdenombreuses personnes
s'y inscrivent, fie.
res de suivre
l'ex~mple de leur
sou vcrain et de
meltre leurs noms
ala suite du sien.
Agréez, etc.
Pour extrait
P.

PAGET.

~

COURRIER D"ALLEIAGIK
Premiére représentalion :i Ilade de
De pa,• /e lloi, opé.
ra-comique en un
acle, paroles de
M. Laurencin; m11•
sique de M. GUJtave Héquet.
Bade, ! 3 ju11let 186'.

L'lllustration de
París sera bien
aise d'apprendre
qu'elle vient d'obtenir un bea,1 succcs a ·Bade, en la
personne d'un de
ses meilleurs rédacleurs et de soo
critique musical si
j udicieux et si autorisé, Gustave Héquet. .
De par le Roi a
été représenté,
pour la premiere
fois, le lundi ¡s
j11illct, sur le brilJant théatre élevé
par la direction de
Bade, et confié par
elle a l'architecte
Couteau.

ÉPISUDE D~S INONDATIONS A BUCIIAREST: LE PRINCE AUXA.:'Wl\E VISITANT LE QUAI\TIEI\ DES TAllACHES. -

l&gt;'apres uu croquis,¡.. " · Am;•n.

Richard-Creui·-de-

Lion précédait l'opéra-comiq ue nouveau, et l'on sait
l'irrésistible effet
que produit ce ,
chef-d'reuvre, surtout quand il est
interprété comme
il vient de l'etre a
Bade, particulicrcment par llaJnal
et Warnotz. Ce dernier, qui faisait le
role de Richard,
est un Jeune ténor
non encore connu
aParís, mais d'un
grand mérite, nonseulement comme
chanteur,
mais
comme musicien
accomp!i et mcme
compositeur distingué. II est présentement attaché au
théatre de Strasbourg.

CATA.STROPUE AIIIHVKE Sll ll J,ls c;nANII Tlll/NK HAIL\YAY ! U PONT BELORII. (Gana la). -

D'apres un croquis de M. Vinceot, de Mootréal.

�70

L' ILLUS1'RA1'ION. JOURNAL UNIVEHSEL.

L'ILLU8TRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

C'était done un rude voisinage pour l'ouvrage nouve~u, et une dangereuse concurrence, que l'exécution
prealable d'une reuvre si émouvante et toujours jeune
et fra1che, car elle est immortelle. La muFir¡ue de Gustave Héquet a on ne peut mieux, je me hate de le dire
triomphé de cettc épreuve.
'
D_e pur lt Roi se passe dans le bourg trans-pyrénéen de
Sor1a, au temps de la guerre de la succession d'Espagne,
dan~ les comm~ncements du regne de Philippe v. Ou
p~la1s de Versa11les, Mm• de Maintenon, de plus en plus
devote et prude, tient les fils de cette monarchie décrépite avant d'avoir vécu et les manreuvre a son gré. Elle
apprend que MM. les mousquetaires d-u roí et autres
gentilshommes fran~ais, ayant sui vi tra los Montes
S. M. tres-catholique, pour servir d'appui a son tróne
encore _peu enraciné et mal solide, a peu pres comme
nous fa1sons présentement au Mexiquc pour l'empereur
t~ut_ frais éclos Maximilien, que ces gentilshommes,
dts-Je, font des ravages peu meurtriers, - au contraire
- daos la Vieille et la Nouvelle-Castille, en Arrago11, e~
,Catalogne, Andalousie, Murcie, Grenade et autres lieux.
Elle_ fait done ~endre au plile et faible pctit-fils de
Louts XIV un éd1t dans lequel il fait savoir que quiconque sera surpris en flagrant délit de ce qu·J vous savez,
ou seulement de rendez-vous clandestin, de déclaration
ou de toute démarche propre a compromettre une fem.
me, sera incontinent ten u de l'épouser -de par leRoi _
•
'
que 1s que s01ent
son rang et son age.'
L'un des plus contrariés de Cf:tle mesure est certes
le _chevalier d'Aubigny, capitaine des dits' mousque
ta1~es, brave comme son épée, un vrai lion qui cherche
touJours a dévorer précisément ce que la maudite veuve
Scarron n'tmtend pas qu'on croque. Le chevalier est
tellement amoureux par nature, qu'il est ca¡,able en ce
genre de tout, meme de ·sentiment, meme de roucoule~e~t, méme de platonisme. C'est ce dout il a fait l'c:tper,ence a Tolede, oü d'un co1ncnt parta1ent des acccnts
enchanteursqui l'ontétonnamment passionné et troulilé
b_ien qu'il n'_ait pu apercevoir l'objet charmant, la déli~
c1euse pens1onnaire (il en est sur du moins et ne se
tr~mpe pas, ,com_me on va le voir toµta l'heure) dont la
vo11 seule I a mis en cet état d'igoitioo iostantanée.
Par la meme raison qui fait qu'il n'a pu voir on ne
l'a pas v11 davantage; mais il a trouvé moyen de faire
passer par dessus les murs od par les grilles du couvent
e¡ arriver a leur adresse un ou deux billets incendiaires
auxquels on a répondu. O ivresse !
' , Malheureus~ment, il faut en rester la, car impossible
d aller ~lus l,om; ou. plutcit 0011, il faut aller beaucoup
pl~s lom, e est-a-d1re chaoger de garnison. Triste!
tmtel
Mais_ quoi ! o~ n'est pas mousquetaire et mousquetaire
fran~a1s pour r1en. On se consolera, il le faudra bien, et
pms, comme il est dit sagement dans le Philtre de
M. Auber:
Il faut r~gler le sentiment
Sur la marche du régiment.

Néanmoins, c'est en révant et en pensant toujours
avec regret asa helle et mélodieuse inconnue qu'il tombe
daos _le bourg de Soria chez le second alcade Malpico,
par b11let ~e l?gement, de la production duquel celui-ci
se passera1t h1en. Tant pis pour J'alcade ! 11 paiera pour
1~ mécon:ipte de Tolede, lui ef tous les siens, c'est-a~ll'e les s1ennes. - Oü est sa femme? - 11 n'en a point
1I est veuf. - Malédiction ! _ sa sreur? _ Elle est u~
peu plus vieille que les rues. - llorreur ! Et ses filies?
- Ses fi~les sont deux garfons. - Oamnation ! Heureuse_ment, il y a une fiancée du nom de Dolores, une certame ve~ve fort appétissante eocore, et qui doit épouse~ Malp1c~ par ordre, non pas du roi, mais d'uo testateur
qu_1 leur tmpose a tous deux cette obli,,,ation sous
peme' pour cel~i qui refusera, de perd;e sa ~uotepart ~e la success1on. Heureuse découverte, et sus a la
fiancee !
La veu_ve e~t une ~lace assez démantelée, a en juger
par 1~ tres-fa,ble resistauce qu'elle oppose a l'assaut
s~udatu du mousquetaire. Le rendez-vous est donné
seau:e tenante, et tout irait visiblement comme sur des
r?ulettes, j'en ai peur pour le second alcade de Soria
s1 _les garrous de celui ci, qui sont des filies, ne se j/
ta1ent - naturellement - a la traverse de ces galopantes amo_urs. Le malin ma~istrat municipal, qui sait
son Fran~a•s sur, le bout du doigt, les a obligées, a l'approche dn mousquetaire, !'une, Manuela, de revetir, l'u-

ni forme de guerillo' et l'autre An"ela de mettre le
raba~ e~ d'e?dosser, avec le m~nte:u, i•habit noir du
~lus JOh peltt ahbé. Mais les filies soot comme les nalto?s, apparemment, et n'aiment pas a étre sauvées plus
qu elles ile v~ulent. Celles de Mal pico' trouvant que la
"euve leur fa1t du tort, accourent done s'cntremettre
entre les soupirants improvisés, l'une avec son bréviaire
et s_on hymne_ : Su/tete, flol'es martyrv.m, que la charmantc
pettte lady T_artuffe dé bite, d'ailleurs, il en faut convenir,
des plus agreablement; l'amre avec son mousquet et demandant a fai~e la charge en douze tcmps; mais elle
prcnd mal le sien, comme aurait dit M. Scribc.
o:Aubigny est furienx, provoque Manuela, qui s'évanou,t, co~me ~e juste, et met l'abbé en déroute. Pa~do~nez-1~•, _Sc1goeur, car il ne sait pas ce qu'il fait ! Ce
pet,t abbe s1 coquet, aqui l'on serait tenté a tout moment ~e dire, c~mme Suzanne a Chérubin: « Voulezv?us ~•en, m~os,eur, n'étre pas aussi joli que cela! »
e est I ex-pens,onnaire bien chantan te de Tole'de et .,
. t
.
. '
,
J aJOu erai, ce qui n est pas indifférent c'est Mm• F
Lefebvre.
'
···
aure-

Je connais peu de couplets aussi J'olis q··e ce ', h
"
Ul
qu ec angent Angela et Manuela complotant par pu,e
bonté a'cime,

'

Vraiment, le bien d'autrui serait ce rui vous toucbe?

de bousculer le rendez-vous de d'Auhigny et de O 1
res. , ~t'Je ne sa1s
. .
r,en de plus finement hypocrite queooce
refram des deux couplets :
Sauvons notre pauvre cousine ·
e'est un acle de charité f '

L~ cowersat_ion interrompue des amoureux et l'interveot1on a la fo1s patelioe et turbulente de Manuela t
d:An~ela, donoe lieu a un quatuor tres-compliqué, tre:.
d1ffic1le~ mais d'nn effet charmant et d'une originaltté_vra1e et graorle. La piece périt-elle, ce que je ne
ero•~ pas' ~e ~uat110~ devrail rester daos les annales de la
mus,que, ~u ,1on sa1t combien peu de bot1s quatuors existent. ~e d1s quatuor pour voix, car quant a ceux écrits
P?Ur rnstruments ~ co_rdes, nous n'en maoquons poiot
d excellents, grace a 01eu. Pour ce qui est des premiers
~uaod on aura compté le quatuor de Lucile, celui d;
1!rato et deux ou trois autres' on aura a peu pres tout
dit. C~ u'est pas une mince chance, ni un petit mérite
qu? _d augmenter d'un le catalogue de ces morceaUI si
prec1eux, rareté a part.
• Un te?dre du:' entre Angela et d'Aubigny pr~cede ce
fi?~I~ developpe et tres-hahilement agencé, oü revient
de~1s1ve~e~t dans- la bouche d'Angela l'appel au chevaher qui s enllamme si fort :

' La dééouve~te se fait par Angela d'abord, en vertu
d une let~re d elle que luí remet, comme un dépót sacre
1_~ chevaher, croya_nt ~voi~ a se battre avec le faux gue~
ull?, Manuela. Ma1s l a{fa1re n'aura lieu que le lendem~m, et le rend~z-vous avec la veuve est .ponr le Eoir
~eme. Or, Malp1co, qui a flairé anguille sous roche, arr~vera a _l'he_ure du berger, entouré de nombreux voisrns et t~morns, pour constater te crime de conver5ation
clandestme sub umbrá et, de par le Roi, requérir mariage.
La veuve ne demandant pas mieux que cette issue il
·a grand péril en la demeure, et Angela, ou l'abbé, n!
C'est a Toléde
~anquera pas de venir au rendez-vous pour supplanter
Qu'est mon couvent.
s1 elle pent, cette présomptive belle-m/&gt;re qui lui veu~
Viens a mon aide,
prenrlre _l'o~je~ d~ ses conventuelles et mystique~
Mon jeune amant t
amour
. Ams1
.
, d1t, amsi fait: plus d'abbé , plus qu•une
p1quante et elégante manola, jupe de satín courte a six
La se~ond~ ~e¡,résentation de De par le Roi, donrrée fe
ra~gsde de~tellenoire,jambe et taille fine, port camhré, vendred1 22 JUtllet, n'a fait que eontinuer et accruitre le
vo1le de pomt noir impénétrable. mais elle n'est pas succes de l'reuvre.
seule a prendre ce partí, et Manuela, non tnl)ins qu'elle
Un mot des ~riocipa_ux interpretes. Jourdan, qui a
redevenue filie, se trouve non moins qu'elle aussi au
beau~up grand,,_ depu1s qu'a Bruxelles et a Bade il a
r~ndez-vo_us. L~ veu•~ _Y vient, comme de juste, et il
~rouv~ la pl~ce qui ue lui était faite qu'insuffisamment
o cst pas Jusqu a la vteille sreur de l'alcade affriand ,
d .
·11
'
ee a Par,s, a d,t avec infiaimeot d'entrain, de bQnne huei e~ous~t
d_ont on ne Cait que parler depuis l ordre
meur et de bonne voix le r&lt;ile chanté et parlé du chevadu roi, qui n arr1ve aussi tremblante, mais tremblante
lier d'Aubigny. Mm• Faure-Lefebvre est une vraie si rene
de la peur de_ n'etre pas compromise, en sorte que
dont_ on peut concevoir réellement que le chant si sym~
quand le M_alp,co survient, entouré de son monde de
guetteurs,
ti trouve quatre délinquantes au lieu dºune. Pª'.~'q,ue _s~ffiraa¡,assionner les officiers du roi, de meme
Les f . ,
qua s adJ_omdre les populations civiles. M. Guerrin, ac. ~,re epouser toutes les quatre au chevalier serait
teur p_rec,eux et presque universel du théatre de Bade
d1ffic1le.
JI faut done qu'il chois,·sse
,
· • A ce momeot r~mpltt avec heaucoup d'iotelligence et de plaisant 1:
s~prem~; ,Ange!a _fait entendre ce suave air de To- role du sous-alcade .Yalpico.
le~e qui s est s1 b1_en gra,·é dans l'ame, toute mobile
L'Ill~tration de B~ vous portera un de ces jours le
qu ell~ estÍ d~ bouillant cheval'er. A son tour, il la re-·
~ortr.a1t de ,Gustave Hequct, dessiné par Lallemand et
conn~1t, e le ole son voile, il la regardc et. .. vous ·u,,~ave p~~ L~vy, deux artistes dont vous connaissez l'hagez s1 son choix est faiL
J
htle_té. Sil n est pas frappant' je consens a l'aller dire a
Cette piece est bien faite, amusante, et on voit qu'ell Sor1a.
est due a une main habile.
e
M. Amable M11tée, l'hahile directeur du théatre de
La musique de Gustave Héquet est savante comme son
Strasbourg, a J~gé la piece et la montera des le commeoaute~r, et cepen~ant~ par' son allure coulante, aisée,
cement de la s1u~on prochaine en en confiant l ·¡
ne l~1sse ,pas sentir, s1 ce n est aux exéc1Jtants, les d,rn. •,,. 1•e·1·1te de ~.a troupe.
,
es ro es
~nltes qu elle .renferme. C'esl la le poiot, et il n'est daos
Je ne doute p1.s un instant que París ne suive cet
que ne gate le seutiment, la vue de
d1artI' aucun
IB
,resultat
.
~xemple.
L~ place oatnrelle de De par le Roi serait a
e e ort pemblement aecompli. Done la partition d
1,0péra-Com1~11e. Je flis des vreux cependant pour que
o, par le Roi ne sent aucunement l'huile et cependan~
1ºm~vrage, s01t monté au Théatre:Lyrique, parce que
elle est travaíllée con amore et avec le l\(qs grand .
J d ·
.
som.
Faure y est, et que, sans voulo,r ríen óter au mé. ne
sa. ep o,s ment1onner
,
. tout d'abord l'•uvertnre, - Je
r~te
des
auteur~, ce d~ot je suis bien éloigné, je garantís
is ourquo1 supprunée, depuis quelque trente ans par
cmqtlante representat10ns, rien que ¡,our la voir en abbé
beaucoup de compositeurs, en téte de plus grand; ouvrages,-et cetle ouverture est cxtrémement bien faite du . temps de )tm• des UI'!'ius, d'Alberoni et de M•• de
Mam_lenon! m'engageant a me eontenter, pour prix de ce
a~ec beauco~p de mélodie, et deux motifs principaux:
qu~ Je cro,s un bon conseil et un bon office de tout ce
d une. condu1te et d'une conclusioo élégante, qui s'en- qui excedera.
.
'
t~ecro1sent heureusement dans ce discourspréltminaire de
Fém MoRNAND.
1orchestre.
Pas. de tapa"e
. .
~
,
o , mais un emploi J'ud·c·
1 1eux,arns1
~~ une conna'.ssance parfaite, de toutes les ressources de
1mstrumentation moderne.
AUTOBIOGRAPHIE D'UN POETE.
' Un grand air du chevalier ouvre la partie vocale de
(Suite,)
l ~uvre. 11 _Y céle?re les plaisirs du changemeot de garmsoo, e~ ti a bien raison, puisque celui-ci l'a conduit
Pendant ces six années d'études les vacances m' _
.
'
.
'
:r
tout dro1t au bonheur. L'air est bon, tres-coupé de va1ent,
a mamte repri~e, rameoé a Bonn, sur les ri,es
chaogements de rhythmes (c'est le cas ou jamais) et n'a de ce beau flcuve, le Rhin, qui m'avait hercé tout enpas paru long, quoique étaot, montre en main' d'une (an_t, et dont les naives légendcs peuplaient ma méassez grande étendue.
'
mo1re comme
autant
de ni1.es et d'ondines. Je J'ai to ll_
,
. ,
.
~n boler~, chanté ensuite en duo par Angela et Do- ~ou~s.
a1~e, ce ~htn paternel, et plus je l'ai connu, plus
lores, a fait le plus grand plaisir. Cela est rapide et ~e I a1 a1m~ en l admirant. Le Rhin n'est-il pas une machaleurea comme les danses et le ,in doré de la volup- ¡estueuse 1mage de la vie h11maióe? Voyez-le, a sa
tueuse Espagne.
source, descendre du mont G&lt;'thar, pareil a l'enCant qui

?s

~!

71

demandent a consigner les droits de sortie--:0 ur leurs
Hélas l au milieu de ces fécond5 enivrements de la
donle de ses forces, et craint de quitter l'ahri natal, au
chevaux.
roent de parcourir une longue carriere. Cependant, pensée, l'intlexihle réalité, par la voix de mon pere, vint
- Eh bien ! je vais venir au bureau pour les satisfaire.
1110
me rappeler que le moment était arrivé pour moi de
il s'enhardit a chaque pas et prend gout a sa course
Faites sortir tous les préposés qui se trouvent a la caaventureuse. La séduction de l'inconnu l'attire; il gran- choisir une profession ! 11 fallait renoncer a ces nobles serne, et charger les pistolets de quelques-uns.
dit daos la lutle. Ce n'est déja plus l'enfant, c'est le ferveurs, a ces sublimes divagations du réve; ne plus
Je m'habillai ala bate, et descendis daos la salle d'au-jeune homme qui se précipite téte baissée dans les ha- entendre le~ ingénieoses théories de Schlégel sur l'es- berge, afio de recommander au fils de mes Mtes de ne
thétique et de Niebuhr sur l'histoire; il .fallait revenir
sards. Plus im¡,atient et plus fier que le coursier de Job,
faire aucune écriture pour les contrehandiers, ce dont il
il dévorc l'espace; de~ millions d'étincelles signalent en France, et ne considérer désormais la poésie que serait largement indemnisé. Je trouvai a ce gar~on la
,;oo passage, et les vallées s'emplissent d'une bouillon- comme un délassement agréablement dangereux de la figure bien longue, aiosi qu'a sa sreur, qui regardait ménante écume. En vain, le lac de Constance espere le re- vie pratique. Mon oncle, qui voyait ma blessure, m'en- laucoliquement plusieurs petits canards étendus morts
couragea de ses conseils, en invoquant la dignité de
tenir daos la molle étrei11te de ses eaux dormantes : 11
et tout froissés sur le comptoir. Mais je n'avais pas le
ne daigne pas mémes'ymeler, ni lui prendre une goutte cette poésie adorée, a laquelle il fallait savoir provisoi- temps de m'attendrir et de questionncr. A peine fu~-je
de son onde, qu'il franchit d'un bond superbe. Le jeune rement faire un grand sacrifice :
dans la rue, que j'aper~us devant le hureau sept hari- La poésie ne doit jamais étre un métier, me dit-il;
.ainqueur ne s·arrete pas encore : il a besoin de toute
delles, maigres comme les sept vaches dont Joseph ex¡.lisa fougue pour triompher des nouveaux obstacles que la et, pardonne cette franche image a ma bouche alle· qua si habilement le symhole; et leurs maitres, sept
mande, il serait sacrilége de transformer la muse en
nature tui réserve. Comme un adroit et robuste lutteur,
grand coquins fte chenapans, coiffés de bonnets en peau
vache
que l'on trait pour avoir le lait et le beurre de
iJ se replie un moment sur lui-meme, puis il reprend son
de chat, serrés de cordes nouées a la ceinture, et poradomptable élan. Les lleuves et les rivieres viennent chaque jour. Si,comme je mis heureux de le presentir, tant de gros batons ferrés a la maio. Les haridelles
s'unir a lui et centupler sa force du tribut de leurs eaux. tu es vraiment né pocte, respecte la pourpre et la étaient attachées par la bride a des arbres dont elles ronAlors il se gonlle de puissance et d'orgueil; il éteint les llamme qui sont en toi, et que ríen ne saurait empécher geaient l'écorce, a défaut de picotin. En me voyant enmootagnes volcaniques, qu'il divise et traverse de son d'éclater, de resplendir un jour. Choisis la profession trer daos le bureau, le chef de la troupe, géant aviné,
flot dominateur. Enfin, il a tout vaiocu, il est roi de qui laissera le plus de loisir et donnera le moins de qui m'eut certainement écrasé en se laissant tombcr sur
l'imrnense cmpire qu'il a conquis, etsa virilité glorieuse préoccupation aton esprit : qu'elle soil comrue un 1bois moi, emhoita mon pas, et me dit d'uoe voix de cyclope :
n'a plus qu'a jouir en paix du fruit de ses victoires. peu toutru, a travers lequel la poétique Égérie p 1isse
- Mon petit blondin , il nous faut des passeC'est surtout a Bono qu'il parait suspendre sa course et toujours facilement t'apparaitre.
ports pour nos chevaux que nous conduisons en BelQuelques mois plus tard, j'entrais comme surnumévouloir se repQser de tant de travaux. Il s'éloigne a reraire
a Dunkerque dans les bureaux de la direction des gique.
gret de ce beau pays, pour descendre toujours plus lenJe fis signe au sous-brigadier de faire' entrer un autre
tement vers lamer, e'est-a-dire vers la mort, oü vont douanes; et j'ai continué depuis, selon le mot de Sim- préposé, ce qui eut lieu immédiatement.
rock, a voir la douce Egérie me sourire dans cette cars'eogloutir les hommes, les fleuves et les choses.
- Je viens expres pour vous en délivrer, bien que ce
Ces voyages successifs avaient développé en moi les riere, qui avait été celle de mon pcre, oü les traditions de soit dimanche, jour oü je suis autorisé a laisser le bupremiers germes, et l'Al.emagne m'attirait de plus en l'honneur et de la bonne camaraderie sont également reau fermé'; mais je ne demande pas mieux que de vous
plus et me retenait par une chaine magique. Un séjour persistantes, et ou je suis fier de compter de nombreux obliger, pourvu que, comme l'exige la loi, vous me préplus prolongé, a ma rentrée du collége, acheva de me amis. J'y allais, d'ailleurs, rencontrer plus d'une occa.. sentiez, daos une déclaration écrite, le signalement de
fasciner. Le pocte Karl Simrock, alors a Bono, dan&amp; toute sion de m'initier aux chances hasardeuses de l'existence, chaque cheval, et que nous puissions finir avant le troiJ'ardeur de l'érudition créatrice, recueillait et renouait et de me familiariser avec les difficultés et les épreuvcs sieme coup tle la grand'messe, oü je dois aller, et dont
d'une main pieuse les fils épars de cette épopée ger- qui font les hommes. Pom en c1ter un excmple, je vai~ 11oue entendons le premier coup sonner a l'église de
ruaoique dont il (jevait étre le dernier rhapsode. C'est raconter ici un épisode de mes débtits comme fooction- l)eulemont. llatez-vous done de me donner votre décladans la vallée inférieure du Rhin qu'ont retenti ces naire fraiohement assermenté et commissionné.
J'avais vingt ans. Je venais d'etre nommé visiteur des ration.
chocs immenses d'hommes et de races ditlérentes, d'oü
- Ah bah ! vous me la ferez bien vous-meme, mon
sortirent, apres tant de dévastations, tant de miseres, douanes sur la frontiere de la Belgique. C'était vers la petit blondin, et apres cela, nous boirons tous a la santé
tant de sang versé, les premieres agrégations de peu- fin de l'automne, et cette fois l'automne éta,t une pluie des amis et des bons enfants!
ples, plus nettemeot dessinées, plus solidemeut as- saos fin. Le trou ou l'on m'envoyait avait nom : Pont- C'est ce qui m'esL tout a fait défendu ; je dois acsises avec le temps, et qui devaient devenir les nations Rouge. Ce n"était, eu effet, qu'un pont sur la Lys, et ce cepter votre déclaration si elle ei:t convenablement répont avait été peint en rouge le siecle précédent. Le bumoderues.
reau
était dans une masure, tlanquée d'une autre ma- digée, mais il ne m'appartient pas de la faire pour
La légende a fait son butin de ces événements, dont
vous.
les imaginations contemporaines furent profondément sure pompeusement appelée Caserne, oü se trouvaient
Le géant prenait une couleur violette.
ent~sés
les
ménages,
toujours
en
guerre,
de
huit
préébraolées et dont le contre-coup a résonné jusque daos
Ah ~al mon petit pincé, vous voulez done nous
les ages suivants. Chaquesiecle a grossi ce legs dn passé, posés de douane, commandés par un brigadier et un faire des miseres; attention '. C'est que la moutarde pourchaque siecle y a répandu un peu de cette brume mer- sous-brigadier. Le receveur était logé dans la premiere rait bien me monter au nez, et alors, voyez-vous, gare
veilleuse qui ~nit par transfigurer les faits et gestes d'au- masure, et le visiteur ne pouvait trouver abrí que dans de l'avantl
trefois en figures épiques et mythiques.Les bordsdu Rhin une ferme-auberge située a quelques pas. Pont-Rouge
- Vous oubliez que vous etes ici dans la maison du
sont peut-etrele pays du monde ou cette poétique tr,ms- ne comptait pas d'autres maisons. Lillc était a qnatre roi et que vo1Js parlez, sans le vouloir saos doute, comme
formation de la matiere historique et légendaire s'est lieues, Ypres a semblable distance. Inutile de chercher si vous meoaciez 1m representant de l'autorité dans
opérée u-ec le plus d'abondance et de séve. On peut dire plus pres des etres dotés d'un commencement de civih- l'exercice de ses fonctions. Prenez garde, si vous n'étes
que les divers éléments de 1~ poésie du moyen age sont sation quelconque. - De Lille a Pont-Rouge, il fallait pas plus convenahlc, je me verrai forcé de ,·ous faire
venus s'y souder. L'épopée germanique se rattache di- aller a pied. C'est dans cet équiP,age qu'un samedi soir, mettre dehors par les deux hommes que voila!
reclement aux vieilles cités rhénanes de Brisach, de par un temps de brume pénétrante, je m'achemiuais
ll sortit en grognant et se uirigea vers ma ferme•cavers ma résidence, a travers des routes effondrées oü je
Wonns et Xanten; le cycle de Charlemagne, également
baret,
pour dell)ander, comme je l'avais prévu, qu'on lioriginaire de ces rives, est lié par mainte aventure a m'enfon~ais a chaque pas. Je me comparais, en mar- bellaten son lieu et place la flmeuse déclaration. On se
lngelheim, a Rolandseck, aAix-la-Chapelle, cette Mee- cbant vers un tel but, au pauvre pocte Ovide, exilé chez conforma au mol d'ordre que j'avais donné. Force fut a
que occidentale oü de nombreux pelerins viennent en- les Scythes. Je fus bien accueilli par le receveur, qui mon Goliath de rédiger lui-méme. Je laisst apenser que!
core saluer, avec une vénération superstitieuse, l'ombre m'avait loué un~ chambre daos la .ferme-caharet.
- Vous serez ic:i libre et tres-beureux, me dit-il; a grimoire et dans quclle langue, ou plutOt dans quels cadu grand Empereur. Le cycle d'Artus et du Saiot-Graal
racteres graphiques ! Jamais on n'avait introduit dans
lui-meme est descendu jusqu'au Rhin, et aujourd'hui mon age, on est sédentairc; au vólre, on aime aavoir la l'écriture proprement dite autant de fantaisie et d'huencore la tour du Cygne, a Cleves, parle de Parcival et bride sur le con; vous pourrez parcourir les Flandres mour; ces lettres ressemblaient aux lettres de l'alphabet
tout a votre aise avec ce grand lévrier, qui me parait
de son fth1 Lohengrin.
comme leurs haridelles ressemblaient a des cheA. coté de ces traditions historiques, la vallée du Rhin vous aimer passionnément.
Juge1 si ma premiere nuit dans ma pauvre chambre, vaux.
possede mille légendes gracieuses de piété, d'amour,
- lropossil,le '. Tout a fait imp¡¡ssible ! On me destidontje
sens encore auJourd'hui l'odeur de fraiche peinlleurs délicates et naives, semblables au VergisS-f7Ulintuerait,
luí dis-je avec le plus grand calme, si j'acceptais
ture a la colle de poisson, m'apporta deneves dorés ! Je
nit1't, dont les blondes jeunes filies parfument en mai le
un pareil écrit pour base d'une opération réguliere;
lin qui eroit sur ces bords. La main la moins exercée dormís fort peu. Au petit jour on frappa a ma porte. qu'un autre d'entre vow,essaJe de fairecette déclaration
en tresse de jolies couronnes, et tout poete rhénau en fait C'était le sous-brigadier.
conformément a la loi; mais qu'il se bate, car voila le
- Qu'y a-t-il?
llll bouquet : quelques brins de muguet des bois s'y
second
coup de la ruesse qui sonne, et je vous rappelle
- Monsieur, c'est M. le reeeveur qui m'envoie vous
melent, et il se dégage du tout je ne sais que! arOme
qu'au
troisi~me
je ferai fermer le bureau.
prévenir qu'il part a l'instant pour Lille, et qu'il vous
1111,age qui agace et qui charme.
Goliath grommela plus fort que la premiere fois, mais
Tell étaient les trésora qu'amassaitKarl Simrock, et prie, par conséquent, de ne pas vous absenter aujour- s'il ne me mena~a plus en paroles, il se dédommagea
qn'il enchassait, comme autant de joyaux précieux, dans d'hui, bien que ce soit dimanche.
- Dites a M. le receveur que je ne m'absenterai par les foudrcs de ses yeux et la terrible expression de
Ita poemes et daos ses ballades ; tels étaient les sujets
son visage. Deux autres allerent successivement s'esde nos conversations daos ces poétiques promenades, oü pas.
Et j'enfon~ai ma tete dans mon dur oreiller pour sayer; mais, comme ils étaient moins lettrés encore que
l'oncle communiquait libéralement au neve11 l'essence
leur capitaine, j'eus heau jeu pour opposer d'autant plus
et le meilleur fruit de ses méditations et de ses travaux. méditer mieux sur roa destinée. Une heure plus tard, ma fin de non-recevoir.
~semblait sourire a la pensée d'en~emencer cette jeune nouveaux coups frappés a ma porte. C'était le méme
N. MARTJN.
unagination, pleine d'enthousiasme, de maniere a y faire mcssager galonné.
(La
suite
prochainement.)
- Ah! ruonsieur le visiteur, vous avez eu une bonne
pina tard éclore des fleurs qui, par leurs couleurs et
idée
de rester, car la bande des contrebandiers a cheleun parfuma partieuliers, témoigneraient de la prédo- - - - , . , - ~ .,._.....,___a__
val
vi1mt
d'arriver ponr aller a vide, en Belgique, et ils
llinance de la patrie alleaande.

�L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
OAl!DIEROII

LES VICTIMES DE LA MODE, par BERTALL

l&gt;RAMATJQUE.

L'agitation de
la liberté · des
théatres commence ase calmer un
peu; c'est dire
r¡ue dans quinze
jours on n'en parlera plus dutout,
et &lt;¡ne peut-étre
alors la question
deviendra sérieuse.
En atteodant,
voici un projct
dont il est pcrmis
dr. parler ~aos
rire, un projet
qui se présente
d'un air posé, un
projct qui porte
luncttes, qui a du
ventre, et, si je
ne me trompe,
11 n trl!s-gros succcs daos ce vcntre.
11 s'agit done,
il s'agit tres-sérieusement d'uue
entrcprise dont
nous avions touch é quelques
mots il y a trois
011 quatre ans, et
qui, une fois étal,lie, sera certaine d'une looguc
durée , s'il est
vrai, comme on

L É GENDE

XIX'

(PREMIERE PARTIE ).

SIECLE.

TOll,F.TTB DE LA VICTIME.

F.11 ce leo,ps-la les maitrcs de forgc, gémissaient et l'onclu,1ri, do fer éta,t daos le monsme.

'\fais le-4,.IJJe ne l)l)uvait lunstempuc ufofaire d'uu parc1l lngement;.voyaut cela,
1\I ré1111il ~u cnníérence MM. les mdustriels malbeurcus, leur declaran! qu 11 a un moycu
-~,ir de quadruj,Jer leurs a~a•res ;, seul~meot, ~n échange, il dem1nde a rece•oir leu'.s
.Jn.rsen t 11,te proprieté, ahn des en íaire du b,eo. IIM. les marehar,ds de 11ou1eautes
•o•t. 0atks de la proposll1tn et acceptent avec reconrais~anre,

DU

73

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
!e dit, que le
temps ,, respecte
surtout ce &lt;¡u'il 1
cootribué a fonder. ~ h . , ,
Devcnu moins
na'ifqu'al'époquc
ou nous avons
détaillé lici meme le plan et les
attri butions
en perspective de ce nouveau
théatre, qui revi en dra it s u·r
l'eau s'il y était
jamais tombé,
. nous nous bornerons a quelqucs indications
principales. ·
' Premieremeor,
caren toutescho. ses il :faut bien
commencer par
la, premicre.
ment, ce thétttrc
s'élcvera ala placeque valuicéder
l'ignoble paté de
.masures qui fait
l'aogle du houle-vard Bonne-Nouvelle et dP, la ruc
Saint-Denis.
Secondement,
• ce tbéatre s'intitulera Théatrc
lnternational, ce
qui indique asm
clairement, j,:
suppose, qu'1I
commencera par

LES VICTIMES, DE LA MODE, par BERTALL.

Les marchands do nourcautés gémi&lt;saient encore mierx et logeaient le diable dans leur bourse.

luc1cdnlitu du Petil Saiut-Thon,a,, qui fü11t bieutól par
etre couuincu.

Tout d'abi,rd 011 fa,t une commaude de ceut milliuos
de cages aux ma,chands de fer Eans ouvrage.

1/

Puis un panier a, Henri Bmder pour coutenii· toul cela, puis, etc., etc.

Victime, ¡¡nales. _ Le II ari fio1t ,,ar deve?'' com_mc uu petit
. l J o peodant que MM. le&amp; marchand• • arrond!SM!DI el se
~:.:ft, n~•,~ maini. Le bon peht diable se írotte auu, les marns.

11 aura l'anw de ces mmieurs t Grand bien fui fme?

�75

L'ILLUSTRA1'10N, JOUB.NAL UNIVERSEL.

-----~~~~~~~~~~~~d~~I'.;~;.

L'lLLUS'fRATION, JO URN AL UN IVERSEL.
oner despieces étrangeres, et fin ira par n'en plus donner
que de fran~aises. C'est toujours ainsi que cela se passe.
Troisiemernent, enfin, ee soi-disant Tbéatre lnternational aura la forme d'une lyre, voila pour l'idéal; il
contiendra 6,400 places, voila pour la réalité; le prix
des places sel'a des ph1s modiques, voila pour l'égal!té,
la fraternité ... ou la mortl Car si ces places restaient
viaes, le Tbéatre International en mourrait... Mais elles
seront toujours occupées, surtout s'il a soin d'etre aussi
national et aussi peu international que possible.
·ces conditions, les dernieres surtout, - beaucoup de
places a bon marché, - me paraissent les plus pratiques
de toutes celles qui ont été émises jusqu'a ce jour. Au
prix ou sont aujourd'bui les terrains dans tous les
grands centres, plus les théatres seront vastes, moins les
places y seront eheres, et plus ils auront chance de réussir. Ainsi en ont jugé Lyon, Bordeaux, Marseille, Toulouse, ou s'élevent en ce moment de nouvelles salles
toutes conformes, ou du moins analogues au Théalre
Jnternatioaal, et comptei que ce systeme-la aura bientót
fait le tour du monde.
Maintenant que 1&lt; ces vasl~s cirques byzantins »,
comme les appelait hier, par anticipation, l'écrivain qui
a le moins bougé d'Atbenes, que ces ..-astes cirques en
forme de lyre ou de violon, non-seulement réalisent de
gros bén"éfices, mais encore propagent le gout du tbéatre
et de la mnsique; rien ne nous parait plus prolable.
Qu'ils deviennent, entre les mains du pouvoir que!
qu'il aoit, un pnissant moyen de conservalion, ce n'est
pas une probabilité, c'est une certitude, c'est l'éYidence,
aussi longtemps du moins que ce pouvoir s'en réservera
le controle préventif.
Enfin, et par une conséquence naturelle de ce qui
précede, q11'ils deviennent un jour, ces théatres, les seuls
historiens, les seuls journalistes, les seuls moralistes, en
un mot, les seuls éducateurs des masses, les seuls directeurs de !'esprit public; c'est encore la mieux qu'une
hypothese, a mon sens.
llais qu'il leur soit donné, par la meme raison, d'élever le niveau de l'art dramatique, j'avouerai franche •
ment que j'en doute un peu. Comparaison n'est pas raison, je le !ais bien; je sais du moins que c'est un vieux
dicton assez applicable aux choses passées et présentes;
mais comment, n'étant pas prophete, raisonner de !'avenir, s1 ce n'est par analogie? Or, que nous dit cette mé-thode appliquée a la présente question? Nous montret-elle aujourd'hui, daos les théatres populaires, des
talents supérieurs a ceux qui brillent sur les scenes d'nn
ordre plus élevéT Entre la Comédie-Fran~aise, en yjoignant les deux ou trois autres scenes qui marchent daos
la meme voie, et des tbéatres tels que l'Ambigu, le Cirque, les Délassements-Comiques, n'y a-t-il pas une
ligue de démarcation aussi tranchée qu'entre les classes
avant 178!1?
Si libéraux que soient MM. Ponsard, Émile Augier el
leurs émules du Théalre-Fran~ais, leur est-il jamais
venü a !'esprit d'écrire une piece pour la Gailé ou les
Funambules? Non; ils savent trop bien que leur véritable . auditoire est ce monde dans lequel ils sont nés,
cette société de bourgeois, de nobles, de cléricaux,
memc, qui comprend le sel de leur plaisanterie, la
finesse de leurs attaques, et dont l'improbalion, quand
par hasard elle se manifeste, est encore pour eux une
garantie de vogue. lis n'ignorent pas que les plus populaires de leurs créations, le Pill de Giboyer, par
exemple, n'auraient pas eu trente représentations a
l'Ambigu; que Got, lui-meme, dans le principal role de
cette piece, aurait paru llf'isto a Bobino. En un mot, ils
aiment le peuple, mais ils se méfient da gout des tilis.
Aussi ne comptez pas sur eux pour vos théatres populaires de six mille, de vingt mille places a six sous; ils
préféreront etre joués pour ríen devant cinquante belles
dames a la cour.
Qui done travaillera pour des tbéatres dix fois plus
vastes, et par conséquent dix fois moins aristocratiques
que ceux des anciens boulevards, pour des théatres ou
le dialogue de M. Anicet Bourgeois serait accusé de marivaudage, ou .M. d'Eunery serait trop fiu pour le public, oú ce qu'on appelle aujourd'hui des ficelles manquerait son ef.Iet, a moins de passer a l'état de cables,
pour des tbéatres, enfin, soumis a. de telles nécessités,
qu'elles nous menerout peut~tre (( jusqu'au masque,
au porte-voix et aux échas:1es du théatre a'ntique, et que
le sentiment délicat des cboses, le génie individue! de
l'acteur, sa grace ou son charme naturels deviendroot
nécessairement de, qualités inutiles?,

A ce pas.~age d'une préface toute nouvelle, j'en pour- titude et daos un lointain, devront renoncer aleurs vra¡
rais ajouter d';,.utres, empruntés a la méme source, et moyens individuels, pour recourir a des moyens d'em.
qui donneraient a mon sentiment 11De autorité saos appel; prunt d'une généralité banale ou d'un emploi funeste...
mais on me saura plus de gré d'y saisir au passage une
L'intéret dramatique de cette derniere quinzaine n'a
transition a l'annonce d'un nouveau livre intitulé : guere consisté que daos les débuts de Mil• Honorine IQ
Thédtre de Nohant.
Palais-Royal, daos l'attente du Don Quicholte de MM. Sar.
Ce vol ume, qui vient de paraitre a Ja, librairie de Mi- dou et Da!loz, pour lequel le Gymnase faisait relacbes
chel Lévy, en meme temps que le IX• tome du théatre sur rela.ches, et daos les concaurs du Conservatoire.
complet d'Alexandre Dumas, a toute la valeur et le
Ces derniers n'out pas été brillants. Le Conservatoire
charme d'une confidence venue de liaut et compléte- en arrive au procédé de ces écoles de village, qui, SOIJI
ment inespérée. Depuis longtemps on savait que la cba- peine de se voir retirer la plupart de leurs éleves, don.
telaine de Nohant avait chez elle un théatre qui, s'il nent autant de prix elt d'accessits qu'ils ont d'écoliers.
Sur huit concurrents engagés dans le steeple-chase
contenait beaucoup moins de six mille places et n'avait
pas la forme d'une lyre, jouissait, en revanche, du pri- tragique, six ont été couronnés, - dans le bon sens, vilége d'avoir pour impresario et pour auteur principal et cela sans qu'aucun d'eux eut dépassé d'un quart de
George Sand.
tete les derniers venus. Pourquoi ceux-ci ne portent-ils
On savait, en outre, que les pieces de ce théatre étaient ríen, tandis que les six autres portent quelque chose!
jouées par la famille et les plus intimes amis de l'hótesse C'est ce qu'on découvrira probablement le jour ou l'on
et de l'écrivain. On savait que ces pieces étaient d'au- saura pourqnoi le quatrieme écuyerdeMarlborough était
tant meilleures que, réservées a 11D public choisi et par si peu chargé a l'enterrement de son ma1tre.
De tous les concurrents, couronnés ou non, la coméconséquent peu nombreux, leur auteur avait pu s'y montrer daos le négligé, daos le n~turel d'un esprit qui se- die n'en inscrivait pas rnoins de vingt; ceux qui semrait saos égal au monde, s'il n'était jamais que lui- blent avoir le plus d'avenir sont, daos la tragédie:
M. Charpentier, premier accessit, et, daos la comédie,
meme.
Enfin, que dirai-je? On savait tout, du moins tout ce ?ti. Michel, deuxieme prix; M11• Angelo, premier acet~it
qui pouvait le mieux faire désirer de savoir le reste. Or tragique, et M11• Bloch, deuxieme prix cornique. Cette
ce reste, c'est justement le cadeau qu'on vient de nous derniere est une lres-joliti et toute gracieuse personne,
faire a l'improviste, au moment ou tous ces projets de et c'est la, évidemment, ce qui luí aura nui aupres de
grands théatres devaient le moins nous faire espérer ses juges. On aura craint, si on luí donnait le premier
d'avoir le Thédtre de Nohant.
prix, de céder au pouvoir de ses charmes. Ou je me
Ce petit théatre se compose de trois pieces dont une trompe fort, ou le public n'aura pas les memes scrupules,
seule, le Pll1Jé, a été représentée sur une scene publique. le jour ou Mil• Bloch en appellera a lui d'un de ces juOn n'a pas oublié que Lafont y trouva un de ses bons gements qu'il a tant de fois infirmés.
roles, et M11 • Delaporte une de ses plus heureuses créaC'est a ce tribunal supreme que M11 • Honorine a voulu
tions.
avoir affaire tout d'abord; et pourquoi non, puisqu'il
Malheureusement il arriva que le Gymnase était un faut toujours en arriver la? Aux mémes agréments que
cadre encore trop grand pour cette ravissante mini ature, M11• Bloch, agréments que, du reste, elle possede depuis
ou pour mieux dire, figurez-vous de la musique de un peu plus longtemps, la débutante du Palais-Royal
chambre exécutée au concert Pasdeloup. Voila sansdoute joint une expérience de la scene qui, eut-elle dix ans de
ce qui a décidé l'auteur a replacer ce petit acte dans le plus, semblera1t encore précoce.
recueil ou nous le trouvons aujourd'hui.
Nous avons peu de comédiennes, je dis de comédiennes,
Marielle est une piece de plus longue haleine, et de si sures d'elles-memes avecdes gestes si s)bres et si justes
portée, non pas plus juste, mais pi us haute; Marielle, et une voix si bien posée, dans la diction comme daos le
c'est l'idéal du c&lt;1médien, au temps ou un mélange de chant. Ce qui paraitjusqu'ici manquera M11• Honorine,
répulsion et d'attrait entourait sa profession d'un pres- c'est un cachet, une personnalité, sans pour cela qu'elle
tige évanoui depuis avec ce qui l'avait créé. Ce pres- rappelle une seule de nos étoiles . .Mais nous ne l'avons
tige, a force d"art et d'éloquence, l'auteur de Marielle le eacore vue que dans d,eux pieces, excellentes du reste,
fait renaitre; elle en entoure, elle en couroRDe son mais ou chaque geste, chaque inflexion de voix sont,
héros; mais ce n'est la, encore une fois, qu'un tour de en quelque sorte, notés. 11 faut done l'attendre a sa preforce : la grande valeur de l'ouvrage est plutot daos la miere création, dans une piece importante et nouvelle.
vérité et la váriété des caracteres, dans les échappées de
Au reste « quoi qu'il advien.ne ou qu'il arrive », suinature, daos les bouffées d'air pur et libre qui animent vant I'heureuse expression de M. Scribe, le succes de
a tout moment et rafraich1ssent l'action; dans ces pay- Mil• Honorine n'est plus, désormais, qu'une question cíe
sages créés d'uu mot, et surtout dans une peinlure de la plus ou de moins; l'llalie, ou elle s'est formée, et drnt
vie nomade, a faire mourir de nostalgie toul une civi- elle garde un léger accent marseíllais, l'ltalie paut
compter que nous ne la lui rendrons plus qúe daos
lisation.
Les trois autres pieces n'atteignent pas plus a la hau- l'état ou elle nous envoie ses tragédiennes.
teur de Marielle qu'elles n'ont, du reste, la prétention
A. DE BKILOY.
d'y atteindre. Elles n'en sont pas moins délicieuses en
P. S. - Lundi dernier, - tro¡i tard pour nouf, - a
elles-memes, et, de plus, intéressantes comme essai
été enfin représenté le Don Quiehotte dont notre i1ustradans un genre particulier.
Le Drac, dont le sujet est pris d'une superstition pro- teur avait déja pu dessiner une scene pendant a1e répéven~ale; la Nuit de Nool, vaguement imitée d'Hoffmann, tition. Nous reviendrons, au premier jour, sur ,ette coet enfin Plutm, imitation on ne peut plus libre d'Aristo- médie, pour laquelle le Gymnase s·est mis en ruatre, ce
phane, montrent quel parti peut tirer, méme un petit qui ne l'a pas renda plusvaste;mais lui a vah un tresA. DE B.
théAtre, de tous les genres de merveilleux. La derniere grand succes.
.,...~__,,,..._
de ces trois pieces fait voir, en outre, qu'a l'aide d'une
fable intéressante, d'une action en plein merveilleux,
des enseignements de la morale la plus pratique peuPRESSES MÉCAKIQUES
vent etre insinués a un public intelligent. Mais peut-etre
n'y a-t-il plus que l'auteur du second Plutus pour renNO lJ Vi A UX SYST É.lliS B K E ,•E Tt S
dre a l'allégorie une vie qui semblait s'étre a jamais
retirée d'elle.
PAR ■ . AUUlET
Quo1 qu'il en soit, saos blamer explicitement l'agrandissement présent et futur de nos scenes, l'auteur du
r.oiwuctaur-lécanmen, i Parí.
Théatre de Nohant tient au fond pour les petits théatre.s,
Depuis que Gutenberg, le bourgeois de Strasbourg,
et l'on n'accusera pas de ¡irecher pour son saint, celui qui
eréait,
en i445, l'art de l'imprimeri:, et que ses collaa remporté sur levaste champ de bataille de l'Odéon ces
deux victoires : Fl'an~ois le Champi et le Marq,1,is de Vil- borateurs Fust· et Schefler poursiivaient l'reuvre du
lemer. Ce qu'il voudra;t seulement, ce qu'il espere, et ce ruaitre en y apportant quelquei perfectionnements,
que je n'ose espérer, ce serait que les gr,,s théatres ne l'imprimerie a pris des dévelopiements auxquels ne
mangeassent pas les petits; car, dit-il, 1&lt; plus nous élar- peuvent etre comparés ceux d'aicune autre invention.
girons les scenes, plus nous reculerons les spectateurs, En est-il, il est Yl'Qi, d'aussi ioportante que celle de
et plus nous perdrons les effets que la vérité peut pro- l'imprimerie T
Que d'inventeura saos nomlre oot appliqué leurs faduire. Nous aurons de grands artífices; mais l'auteur,
cultés
a la perfectio11ner eta l'mener au point ou elle en
aUS&amp;i bien que les úaterpretes, foreés t'agir sur une mul-

_________

____

----~-o~n~e=t~d~e:vi~e:nt:---~le~p=erm::e~tt~r:e~,~le~m;a~ss~·a~c;re~d~~;sJiu:n~o~ce;nt~s-o;r~d~o~no~é¡-;p;ar
_
_
,,_...;él'
,
1
t~re•
les
d'une
grande
régularité
peo
anl
impress1
·ours. Les uns ont aot 10re es carac ., ~,
e
b de I H'erode Le so1·r vou~~ ver=z
'" le J·eu du guet, composé
est de nosJ .
t
l m·se
en moindre, pendant le foulage, pour un m me nom rCe' l , d'u11 r.and non1'bre de personnages tres-intéressants_:
I
'"'\S Je clichage; ceux-ci le_cornpos eur, a
es
g
ªª"'' u les rouleaux ceux-la, enfin, la presse elle- feuilles a l'heure, que daos les autres_ presse~. d I R mmée Jupiler Junon la dnchesse d'Urbarn,
aux m1press1ons ·11e a etnéo dc's •ne•
foule des faunes el des dryades,
Pages o appliquant ' la vapeur. Auss1. la presse a. .im- a une de ces machines, destinées
"-f Al zet doit la méda1 e mon s sur
" º'
Y
[lle[lle en
, '
d . d puiss·,nce inou"ie luxe et a vigaettes, que ª . au
..
.
A 11 et Diane Hérodiade et le reste. Les costumes
ression est-elle arrivee" un egre e
,
. '. d'honneur qui lui a été décernée a l'Expos1t1on umver-- po ont
t e·s 'rra·1s les ¡¡{¡eres sont pour la plupart
P
cornme etemple celle du Niw-York Sun, qui na
ne son pas r ,
.
prenon~ s de quarante pieds de longueur, se compose selle de Londres de i862.
t d' assez sales mais a la clarté des flambeaIU, ce cortége
pas room
1
, . r·me
l)isons aussi un I.OOt de ses presses a ~ouv~men
,roduira 1: plos magnifique effet.
' .
de buit cylindres_a presser, de tele ~orle _qu_ o~ imp i_
rect, ditcs Express. Ces presses sont mumes d un rece I L b e hon1me avait raison. Aux tlambeaux, e éta1t
buit eodroits a la fois, et qu'il se tire ams1 vmgt m1lle
. .
U homme et un adulte
e rav
·1
.
en
veur de feuilles mecamque. 0
1 d d Cette mascarade proven~ale1 dont I est 1mnuroéros a l'beure.
h'
t suffisent pour les faire maureuvrer, et elles se placent. sp e~bi : ressaisir le seos perdu depuis des siecles, ne
Seiie personnes sont employées sur cette mac me, e et se déplacent aussi facilement qu'u11e presse a bras. poss1 ebl e r1·en aux br·1Ílantes cavalcades des villes
lculé qu'en une heure, et avec le secours de ces
.
d. t
ce que la tahle est ressem e en
. .
P
on_ a ~a d. idus cette presse exécute un travail qui, avec
Elles sont a mouvement ,rec' par
.
é l la Flaudre fran~aise mais je sms sur que ces rose1zea•~1·en1vs pr;céués eut nécessité daos le méme espace commandée directement par une bi~lle, sa~1~ ~nterm - ~ e aui rois ou soldai;, nobles ou manants, s'amusent
les a i;
'
,
,
1 · d diaire ni de levier ni d'engrenage, mtermediaire dont ben~ ' 'plus que messieurs les Flamands. Ceux-ci
rops, pour arriver au meme resultat, 1emp 01 e
.
,
dé' t
eaucoup
,
.
de te
l'emplo1 est géneralement iec ueux.
'h b"ll nt mar,nifiquemeot pour br1ller aux yeux de 1a
six mille personnes.
.
.
d
b d'"mprimeurs en France ou s a 1 e
o
. n'est curieux comme de vo1r foact1onner cette
Déja un gran nom. re •
.'
'of- foule ceux-la se vetent de la premiere 1oque qui 1eur
Rien
.
t ' n a l'étranger, ont reconnu les avantages immenses qu
b'
la main. Pour s'amuseretrire, et pousser des
bine. Les feuilles eirculent, vont, v1enoen ' se h.
Al
t
tom e sous
. d. , d •1
mac
é 1 . L' . d s roues la frent les mac mes auze .
.
·1
,. as de poses théatrales, de gestes etu ie~, e ro es
t avec la rapidité de l' e 3.11'. aire e
'
b
¡ 11our ses br1 - c11s P
v
taSSCn
d
t'es de
M. Silbermann, de Stras ourg, emp me ,.
.
,
'.
"'Ur. 00 se Jaisse aller a l'inspiration du
.
des ailes les mouvements es mi11 e par 1
d
h nes " appr1s par c...,
v1tesse
'
d r· t lli
t !antes impressions en couleur trois e ses mac t .
t o·:u merci • l'on peut toujoors compter
ce colosse, luí donnent l' apparence e in e gence e mouvement direct. Deux de ses presses en blanc, a pum. mo~.~nt, . ea~ion• provencale.
de la vie.
tures, a mouvement varié' fonctionnent a l'Mtel des sur mMs_pd1: encore d'~utres qualités tres-estimables,
roues _de toutes
. . d t' b s poste Le Mago.Le i i a
L'appareil compte 6,200 écrous, i .,200 '00
des
et
un
Monnaies pour le serv1ce es im re .
,
. b
d la1sser-aller paríois un peu trop, une
l
1
·meos·
s,
20"
rouleaux,
400
pou
e.s,
"
_gm
d
s
presses
a
ret1eaucoup
e
,
1011
dl
"
s·in pittoresque s'imprime sur une e se
d tI b·l·te·. _ ony vit ponr ainsl dire, sur le pas
nombre incalculable de petites -~achmes, ~1de~, etc.
.
, .t le maculage. gran e a a • i '
'
bl
hme a bras de ration avec marge a decharge, pour ev1 ~r
' d I
t J'excepterai cependant Avignon. Cette an-I
d
Nous voila bien loin e a pa1s1 e mac
l'imprimerie impériale de Vienne possede une de ses ~ a por e:t I du comtat a des rues étroites et sombres,
. .
automate M Claye c1enne cap1 a e
d
Gutenber"o, "oerme puissMt qui de,vait enfanter ~ant ad_et presses a. ret1rat1on
avec margeur
· ·
. , s quasi-orientales qui tournent le os au
rveilles.
11
est
vrai
qu'a
cetle
epoque,
on
ne
voy
•
h'
d
d"flérentes
natures.
aux
ma1~on
'
tt
Ole
emploie douze de ses mac mes e 1
'
Et rore Avio-non tout eotier n'a pas ce e
uuere de J. ournaux qui, semblables au New--y:ork Sun,
.
d T s deux. M Pion passant.
en
'
o
.
,,
d
ler a M. Lah1Jre, cmq; ?ti. Mame, e our , . , ·,
'
.
. mooacale le mouvement et la v1e se re, achine _dont nous venons e par
•.
dt; J Jllm phys1onom1e
,
pour leq uel la m
900 000 trois; M. Haalberger, cinq, pour 1impr_e_ss1~n
" -.
vent daos le quartier marchand.
élé construite, depensassent en moyenne, parª°¿,. '
tratian et du Magasin pittMesque p~hhes, a Stuttgard' troMu .
. de plus charmant de plus poétique que cette
francs de papier, 50,000 francs de caracteres impre~- Paul iDupont, six, pour ses travaux illu~tres; eufin, saos
a1s qéu~1d_ le qui s'anp~lle la danse des Treilles !
.
t 450 OOOfrancspoúrlarédaction.Avecdetels ch1f.
'
.
. . c'est une de ces danse m r1 10na '
"
. . 1 1
~fr1oe~,' in eu( mis alors sur pied une armée tout entiere énumérer b1e~ d _autres 1mpr1me~•e;écharge qui impri- C'est un vrai ballet populaire, qui prodmra1t e pdus
machines a ret1rat1on avec marge ª
d f~ t , l'Opéra. le costume des danseurs et es
ou meme alimenté un royaume.
'
.
me l'Illustration, et nous espérons que nos lecteurs gdrau e e at de'licieu; Les treilles rappellent les diony
A. !'origine, les machines étaient a bras, c est-a-dire
,
.t
bonne habile de ses anseuses es
·
f·'
,
1 t bl
trouvent qu'elle s acqmt e en per
.
t ·¡ se pourrait bien que cette danse ut un
q•le l'imprimeur Jui-meme. posajt ~a 1orme .sur a a e?
,.
.
s1aques, e 1
.
b
1
a¡·ustait sa feuille de pap1er, pms encra1t la forme a dehcales fonct1on~.
P. Pu1r.
reste du culte romain íntrodu1t daos la Gaule Nar onconnaise. A un signa! donné, danseurs et danseosPs,
l'aide d'un rouleau.
.
..
.
,.
t
cadeoce
C'est en t i90 que fut faite la pre cm ere tent~t1ve d imduits par des coryphées, passent et repassen en
.
sous des gu;~landes en mousseline et des cerceaux or_nes.
I
8 no mmé
A
pression mécanique. L'invente°3:, un _ng ª! , .
u
1
~icholson se mita exécuter ses impress1oos a I a1de de
PROMENADE AU JARDIN DU MIDI.
de rnbans et de flenrs. C'est i~ Ion~ serpent bario e
~eux cyli~dres' su.r l'un desqueIs était appl!qué~- la
dont cbaque anneau étincelle. N ouhhons _pas danse
forme et dont l'autre était garai de drap. La femlle s im11.
du chevalet, qui arr1ve' celle-ci, en dro1te, hga~ du
1
oyen a·,.,e· un homme élégamment costume, ayant le
primait en passant entre ces deux rou eaux.
Le m1'd1' de la France est le portique de titalie, cela.ª m
º '
1 . f ·t f . l
En l804 un horloger de Saxe, Krenig, créala presse
N. corps passéa travers un cheval de carton, lll a1 a1rbe. e
atable bo~iiontale, et trouva ainsi le moyen d'imprimer déja été dit, je le répete. Quand on a visité Oran?e, . •- maaége a11 son des tambourins, des fifres, des haut o1s,
• .
mes, Arles, on est préparé a la vue des chefs-d ~uvre au milieu d'un cercle formé par une troupe de ~anseurs
une feuille des .deux cotes.
transalpins. Et puis le Midi a des mreurs et des h_ a_b1tudes
h t
de ru
wper
et
AppJea
ath,
en
Amérique,
reprirent
en
t8l5
"
en pantaloos blancs, en vesles blanc es e pares
Co
0
r
qu1· 1u·1 appartienoent en propre, des fétes or_1gma1e_s ?:
1
du cbapeau Un autre danD .A
bans qui s'enrou ent autonr
.. .
l,·1de'e eles formes cylindriques, et inventerent une iorme
étrange que les jeux de la Féte- ieu .ª n
d b
a la mam fa1t semblant
quoi de r,lus
,,
d
et seur, un tambour e asque
. ',. .
.
Ste·re'otypée pouvant s'appliquer sur u_ n cy_lindre.
1' .
cbeval qui s mclme pms
Un beau J·our, J''arrive a Aix ne me d_ou,tant, e r1en,
au
'
'
Les Presses atable horizontale ou a cyhndres dont on ·e vo·1s sur le courss des chevaliers coifles u.1 un ehapean de pré~enter de avome
d t ue les autres danseurs forse ~ert général¡;ment a présent, ne sont pas aulre ebos_e J
b t
lance des ruades, pen an q
.
. .
A
de
Kremoa
la
Heori
IV,
armés
de
toutes
pieces,
cheva~c
an
sur
maat
un
cercle
animé,
airitent, en signe de J01c, leurs
ITUe des perfcclionnements des deux syst.,,mes_ .
?
· · d d' bles qui tourrnenv
d 1
-i
qui des cbevaux de carton. Par ic1, es ia
.
étendards. Tout cela est tres-joyeux, tres-franc u co et de Cowper. Parmi les constructeurs mecamc1ens
' tent un brave bomme de roi qui a l'air de fort mauva1se
1 . t b. portant,
~a1 e . ien
.
de nos J·ours, se sont occupés avec succes de la co_nstruc- humeur ., par la, une reine donnanl le bra.s un bª Ia- lier, et tout cela indique un ·peur· e ben
Jom de Cannes
tion des machines a impression, nous devons c1ter au
Vous direz peul-~tre que Je su1s 1_
.
'
. d'1n qui porte dans la maio droite une epee n_u_e surL h ·n des écohers Salut a1mable
·er
rang
'l.
Alauzet,
dont
les
vastes_usines
sont
s1d
maisJ··y
arrive
par
e
e
en11
·
'
1
Preml
)]
monte'e d'un chatean de fer blanc. Puis, au mi ieu e
d ¡ G d Bretao-oe I Outue·es a París, rue Bréa, 7, et passage Stamslas, 4. PressPs
d t
colonie fondée par un fils e a ran eo .
toul cela, un concert de fifres, de tambonrs et e ,ªm~
'
ºd
ous y lirez que Cannes
mécaniques a double touche et a pQintures, pres~es en bour·10" A l'&gt;corcher les oreilles d'un sauvage du cafe de~ vrez le preniier gui e venu, v . d ;
s (c'est 1~
••"
d
dont !'origine se perd da.ns la nmt. ~~ e'.°p
.
blanc Sur lous formats, presses a retiration avec dechar- Aveugles.Je
demande a un babitant, qui semb~e P:en re
fill d la cmhsat100 romame
""" 11onr éviter le maculage, presses ª. journaux, p_resd
I bI en me pbrase consacrée), est une e e
.
"le plus grand intéret a ce spectacle, e vou oir
C
lle dont J·e m'occupe ne red
La vérité esl que aunes, ce
'
ses Stanhope' Presses a glacer le pap1er, presses a ro1
_asca~ª- e.
donae r l'explication de cette indéchiflrab e m
834 E0 ce temps-la' la France
.
gner, mate·r·iel pour la stéréotypie, etc., etc., pour chaque _ 'lonsieur, me répond-il, Réné d'Anjou, roi de siciIe, monte pas au dela de i, lé•
I choléra · le ro1 de
machi ne de ce gen re, M. Alauzet a décv_uv.ert quelque
ª
et rAogleterre étaient deso es par e
,
.
hypre, de Jéru&amp;alem, et comte de Provence p~r
t
ses Etats le contact du tleau,
. ·1nge·a·1euse ame·1·1oration qui les reo_ d 1r_reprochabl es_. de C
d
Sardaigne, craignan pour
. .
.
de-~sus le marché, voulut, daos son temps, reo brel_m_am- avait établi au pont du Gard un cordon -~au1ta1re . Qm.
1
·
1
n'est
pas
une
exposition,
so1t
umverselle'
so.1t
Aussl'
feste aux yeux de ses sujets le triompbe du cat o ic1s_m,e
. ·t . ·te· par les o-endarmes
I" t
conque venait de France eta1 mv1
.
o
.
de·partementale, ou· M. Alauzet n'ait obtenu une re_r
les
divinités
paiennes,
et
il
institua
cette
so
enm
e.
t
antame de tro1s ou
Su
1 e quar
.
le
J·ury
de
l'exposition
universel_le
de
Paris
t
d
s
piémontais
a
subir
une
pet
.
C.ompense
lupart de ces personnages que vous voyez_son e.
¡ { ontiere Un beau JOUr
de t8~5 lui
' décernait une médaille de prem1ere classe, La P
d
t quatre jours avaut de passer a r
.
'
8 ~ se·1gneurs de l'Olympe, qui disparaitront _ce so1_r evan
I
ersonne lord Brougham,
et celui de l'cxposition universelle de Londres de i 5:.,
d
t le chancelier d'Ang eterre en P . ~
les saints du paradis, comme l'erreur d_1spara1t evan se présente; le gendarme piémonta1s lm barre la route,
une médaille unique.
bl
l
pport de la vérité, la nuit devant le jour. Ces d1ables~a-~uatre et notre voyageur, revenant alors sur ses pas, est frappé
.
de
Ses machl·oes sont remarqua es sous e ra
. gambadent autour de nous on t pour m1s•10n
. d I' ·
de l'atmosphere emta solidité de la bonne confection et du fini apporte qui
de la beauté du site, e air pur,
.
.
daos l'exé'cution des détails. Nous y avons reconnu des faire enrager le roi Hérode, dont vous con~a,s_sez saos baumée de ce joli rivage. (( Voila qui vaut bien ~ice, ~e
· · doute l'histoire. A coté est l'armelto., ou la petite ª.me, r_e' ·¡ achete une villa s Y
.
'
Perfectionnemeots, tres-importants par leur simplic1te, résentée par un jeune homme qui de la. mam dro1t e dit-il, et aussitót fait ,qued .Pense, i
5t ,on ee.
P
sur le mode de donner la pression.
¡
¡
¡
et
établlt
et
Cannes
e
une croix que les démons veu ent u1 en ever,
'
h
. ·s poor Cannes d,un
bon t·ent
~ses
réun1
·ssent
tous
les
avantages
d'un
i
Et
en
effet
lord
Broug
am,
epr1
Ses Prequ•·11 de'fend victorieusement avec l'aide de so_n ange
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I s amoureux ·
tirage tels que double touche, mouvement con··
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véritable amour, fil comme presque ous e
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M Al
t gard·1en. Yoici le veau d'or ou le jeu du chat. n Jette en
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JI ava1·t decouvP.rt un com
. ·,
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t·1ou et rapºide du cy11·odre de l'encrier. _C'est · ª.uze 'air un chat enveloppé dans un sac, et, comme ¡es mé- il tambourina sa pass10n.
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e e n ava1
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qui. a eu 1··1oire·o1·euse idée de leur apphquer _une d1spo_- r·1d·1onaux ont beaucoup d'imagination, ce eh at Ieur re- ignoré, une plagc déserte, puisqu
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echeurs et il fit
sition semblahle a celle employée pour les pet1tes mach_11 J·usque-la que par des marins e es p .
' .
·sente le veau d'or adoré par les juifs et aussi par que 1
. prAs il amenalt de
nes arahoter ' retour accéléré. Le bouton de La mam- Pre
l b II tant et si bien que que ques mois ª .,
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ques cbre'tiens. ll y a enco_re l_a reine de Saba, .ª e e
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s compatr1otes. le
velle se de'place daos une rainure pratiquée_ ª.ºs un
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t Londres a sa suite une nuee. e se .
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Estelle' qui conduit les lro1s ro1s mages. a Be 1eem,_
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les Téro.ssouns, lesquels re,,ésentent, s1 vous vou ez h,
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L' ILLUSTRATION, JOURNAL UN I VE RSEL.

77

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UN IVERSEL.

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NOUlHLLP. PRESSR MÉCANIQUR DR 11. ALALZ6T (Voir page 74),

•

Saint-Georges, puis M. Leader, membre &lt;le
la chambre des¡Communes, puis sir Robinson
Wolfield, le grand batisseur de Canncs. c·est
alui qu'on doit le chateau de Sainte-Ursule,
construction gothique (style Tudor, comme
disent les Anglais) qui apparlient aujourd'hui alord Londerborough. Ce slyle Tudor
est en grande estime a Cannes; la villa Victoria et bien d'autres encore sont flanquées
de hautes tours a machicoulis. L'Angleterre a
posé son indélébile cachet sur ce riant littoral. Quand il quitte son ile pour aller a la
rechcrche du soleil, l'Anglais emporte son
pays avcc lui; il ne laissc en Angleterre que
le climat, et c'est pourquoi nous voyons a
Cannes tant de maisous gothiques, tant de
castels avee créneaux, tant de constrlfctions
du !Sord dépaysées sous le beau ciel proven~I, qui doit etre bien étouné de voir la brique usurper la place du marbre, et ie style
Cockne11 des comtés se substituer a l'arcbilecture des blanches villas d'llalie.
La comme partout, d11 reste, la plus grande
anarchie rcgne daos l'architecture : a coté
d'un burg en carlon-pierre, un palais mauresque. Le gothique, la Renaissance, le
chinois, tout ,cela va de compagnie. Voici,
parmi tant d'autres, la villa du Hocber, la
villa Alexandr:t, dont le stylc oriental attirc
l'attention. Je lui reprocherai le vastc turban
qui coifle le minaret : ce turban rouge me
íait toujours l'effet d'une de ces tetes de turc
qui se ciressent en s'échappant d'une boite a
surprise. Du reste, il serait trop loug de raire
l'énumération de ces jolis nids d'biver; la
place manque pour en construire de nou-

-

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LA VILLA ALEXANDRA.

VUB DE CANNBS ET,DE LA PLAGB OE U rROISETTE,

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veaux, et les tar&lt;l venus sout obligés &lt;l'aller
&lt;léboiser les rianls cóteaux du goHe voisin,
Je golfe Jouan, dont nous parleroos tout a
l'heure.
Et a travers ces allées bordées de maisons
de plaisance, de parterres fleuris, ou les
orangers, les myrtes, les cactus, les grenadiers, les palmiers poussent en pleine terrc,
et oil meme, au mois de janvier, on voit
les roses s'épanouir, c'est un perpétuel va et
vient d'élégantes caleches, de victorias, de
paoiers d'osier trainés par des poneys et
conduits par des Jadies ou des princesses
russes. Un Longcbamp hivernal Adeux cents
lieues de París.
Cannes, qui partage avec Je golíe Jouan,
Hyeres, Nice, Pau et Arcachon, le privilége
de recevoir la visite des poitrinaires de tous
les pays, est admirablement située sur le
rivage d'une mer d'azur, en face des iles
pittoresques de Lérins, et elle est égayée pendant l'hiver par le chaud solcil de la Provence. Daos ce coin de terre béni des dieux,
l'hiver ne dure guere que quatre ou cinq
jours, quand hiver il y a; la, les prétenlions
ne sont point excessives comme a Nice; les
trois toilettes par jour ne sont pas de rigueur, et la plus complete liberté regnf.
parmi les colons étrangers. On va, on vient,
a pied, a ane, a cheval, en carriole, en caleche, et personne n'a rien a y voir. Canncs
est un grand salon en plein air, ou cbacun se
case a sa guise. Le soir, on a le casino, et
daos le jour les visites et les excursioos, une
vie douce, racile, ou l'on égrene paisiblement
le chapelet &lt;les hcures. M11• Rache! a créé un

�1

78

L'ILLUSTRATION, JO URNAL UNIVERSEL.

pelerinage, le pelerinage au Cannet, aimable village perché a une lieue de la, sur une colline odoriférante. Garnier Pages vient d'y batir nne petite villa. Quand uue voiture fait son entrée triomphale au Cannet, les habitants
se füent : &lt;&lt; Voila des étrangers qui viennent visiter
la maison de la comédienne. ii II y a quelques années,
je trouvai a quelques pas de la villa Sardou un guide
décoré de la médaille de Sainte-Hélene, lequel me
conduisit, a travers un dédale de petites ruelles, j usqu'a
une maison percée d'étroites fenetres et d'uu aspect un
peu morose". Dans le jar&lt;lin, un joli bois d'orangers et
de citronniers, mais pas de vue. C'est la que Rache!
est venue mour1r au milieu des fleurs. Au moment ou
je prenais congé du gu1de, cet ancien soldat cueillit
une orange et me l'offrit comme une souvenir de mon
pelerinage. t&lt; J'ai choisi une orange amere, me dit-il,
cela se cons,,rve plus longtemps que les oranges doilces.
n Je mis l'orange daos ma poche, et quelques minutes
apres, ne songeant plus au don pieux du guide, j'écrasai la précieuse religue en m'asseyant daos la voiture.
Brave homme de guide ! C'était bien la peine de
cboisir une orange amere !
EDMOND TEXIER.

1.

LES INDUSl'.,_RIES INCONNUES DE LONDRES.

LES CRASSEURS D'tGOUTS.

J

11 y a quelques années, les vastes égon1.s de Londres,
qui out leur issue daos la Tam1se, étaient wmplétement
,ouverts, de sorte que toutes les personnes désireuses
d'explorer leurs sombres et peu engageantes profondeurs, avaient la faculté d'y pénétrer par la riviere, et
de s'engager en avant, daos toutes les directions, aussi
loin qu'elles le voulaient, a la condition, bien entendu,
de pouvoir supporter les affreuses puanteurs qui se clégageaient achaque pas autour d'elles.
A cette époque, il arrivait fréquemment, surtout par les
marées du printemps, que l'eau de la Tamise, refluant
daos les égouts avec la violence d'un torrent, s'échappait a travers les ouvertures grillées qui donnent daos
certaines rues, et inondait tous les has quartiers daos
le Toisinage de la riviere, qui, jusqu'aux rues de Shadwell et de Wapping, ressemblaient a une· ville hollandaise, entrecoupée de canaux fangeux. Pour remédier
a cet inconvénient, les commissaires préposés a la voirie
de la métropole ont fait construire, a l'issue daos la
Tamise des divers égouts, de fortes mnrailles en brique
avec une ouverture fermée par une solide porte en fer,
qui est disposée de telle fa~on que, quand la marée est
basse, le moindre effort venant de l'intérieur la fait ouvrir et permet aux immondices que charrient les égouts
de s'écouler daos le fleuve, tandis que, qua.rid la marée
monte, elle est si fortement pressée contre le mur par
le flot extérieur, que l'eau ne peut y pénétrer : ainsi les
riverains sont garantís des inondations qui étaient fréquentes aunaravant.
Si ce n'était un fait avéré, il paraitrait pent-etre invraisemblable que des hommes puissentse trouver qui,
pour un gain précaire et misérable, consentent, pendant
des jours et des années consécutifs, a explorer ces conduits souterrains, infects vomitoires des immondices de
la cité. Autrefois, cette professio·n avait une plus grande
extension que maintenant, l'acces dos égouts étant,
comme nous l'avons dit, entierement libre, et aucun
obstacle n'arretant ceux qui étaient désireux d'y pénétrer.
On raconte encore, parmi le peuple, plusieurs histoires émouvantes de gens égarés dans les égouts, leurs
flambeaux éteints par les vapeurs malsaines qui s'en exhalent, ayant erré daos ces catacombes fangeuses, jusqu'a
ce que, abattus, accablés, ils se soient laissés tomber au
lieu ou la mprt devait bientot venir les frapper. On raconte aussi des histoires de chasseurs d'égouts assaillis
par des myriades d'énormes rats, ayant livrt&gt; une lutte
désespéré.e contre ces auimaux pour défendre leur vie,
mais accablés par le nombre, et dont quelques jours apres
on avait trouvé les cadavres affreusement rongés. Depuis que des portes ont été placées a l'entrée des prinpaux égonts. défense a été faite d'y pénétrer a ('avenir,
et une ré~ompense de 5 livres a été promise a toute personne qui déuoocerait une contravention a cette ordonnance. Ce qui n'empeche pas cependant qu'il y ait encore aujourd'hui toute une classe d'industriels qui ga-

79,

L'ILLUSTRATION, JOURN AL UNIVE RSEL.

gneot leur vie a explorer ces voies souterraines, a la re- d'égouts sont toujours munis, dans leurs excursions,
J(ais comme tons ceux dont l'existence est précaire et
cherche de tous les objets de quelque valeur qu'ils peu- d'une lanterne sourde, ~u'ils tiennent de telle fa~o,
u~ise au hasard, les habitudes laborieuses, l'ordre·et
vent y découvrir.
r.écOnomie ne comptent pas parmi leurs vertus. Avec
11ue sa lumiere leur permette de distinguer a quelq11e
Ces gens, désignés sous le nompiltoresque deChasseurs distance devant eux. lis vont ordinairemPnt par grouPf-1
leurs gains, supérieurs au salaire des ouvriers les mieux
d'égant~, ont pour vetement ordinaire de longues blouses de trois ou quatre, moins encore par amour de la so.
yés de Londres, et qui dépassent l'appointement de
14
de velours, munies de vaste~ poches; des culottes de ciété que pour se preter secours en cas d'accident\ et
:eaucoup d'employés obligés a une certaine tenue, ils
toile gros$iere et des chaussures en lambeaux, boones pour se défendre contre les rats. Quand ils approchent
Pourraient, avec un peu de prévoyance, vivre bien, se
senlement pour marcber dans la boue, completent leur d'une desouvertures grillées qui d¡mnent sur lesrues,ih
loger convenablement et mcme arriver a mettre en réaccoutrrment. lis porteot 110 8ac sur le dos et tiennent a ferment leur lanterne, et ne négligent aucune précaa.
serve quelques épargnes pour leur vieillesse. Mais c'est
la main une perche long,1e tle sept a. huit pieds, armée tion pour échapper a l'attention des policemen. lis ne
le contraire qui a lieu. Ont-ils fait .quelque bon coup de
a l'extrémité d'une large houe en fer.lCet instrumenta conduiscnt jamais de chi~ns avec eux, parce que les filet, ils se donnent rendez-vous daos un des cabarets
bor!J1leS de Mint-street ou de Rosemary-lane, et y restent
pour eux des utili1és diverse~; ils s'en servent pour son- aboieroeots de ces animaux contre les rats les feraieot
der, avant de s'y aventurer, un terrain qui le1ir parait découvrir. lis avancent lentement, fonillant avcc leo,
3 boire jusqu'a ce que leurs poches soient vides; ils ne
retournent dans les égouts que pour se procurer les
peu sur, ou bien ils s'appuient sur ce baton comme sur houe la f:inge daos laquelle ils marchent, et visitant
moyens d'une nouvelle débauche, et c'est ainsi que, en
une canne pour affermir leur marche. S'ils viennent a avec soin les crevasses des murailles, ou se logent ord¡.
en dépit de leurs gains abondants, ils n'en sont pas
tomber daos quelque foodriere, et cela arrive souvent, nairement les pieces de monnaie et autres objets de
meme aux plus expérimentés, ils manreuvr&amp;nt avec cette quelque valeur que charrient les égouts. 11 existe ainli
moins les plus misérables habitants des plus misérables
perche et s'eflorcent de s'accrocher a quelque appui a de grands trous dans lesquels se sont amassés, depuis
quartiers de la métropole.
leur portée : ils ¡larviennent ainsi quelquefois a se tirer des années, des objets de toute sorte, tels que pieces de ' oo pourrait croire que, pa.~sant une grande partie de
eux-memes de ces mauvais pas; sans cela, tous leurs ef.. monnaie, clous, morce:i;.UX ele fer et d'autre métal, qui 1e
leur existence au milieu des vapeurs malsaines qui se
dé11agent des égouts et dont les seules exhalaisons a traforts pour s'arrachet de ces trous ne feraient que les y sont rouillés, amalgamés ensemble, et qui forment des
ve~ les grilles, daos les rues, sont redoutées co111me
enfoncer plus profondément; eucore, malgré leur per- masses compactes clont le poids est quelquefois de 50 i
pestileotielles, ces hommes portent, sur un pale visage,
che, sont-ils exposés a. y laisser leur vie, si personne ne 200 livres. Ces masi;es sont trop lourdes Jl0Ur etre cha,.
se trouve la pour leur porter secours. En fin, avec cet:e riées a bras d'hommes hors des égouts; nos iadustriels
les trafes certaines de leur insalubre métier. JI n'en est
houe, comme les chiffonniers avec leur crochet, ils doivent renoncer a se les approprier, s'ils ne ¡,arviea.
ríen.
c·est une chose assez singuliere, que les chasseurs
fouillent daos la fange des égoúts, et y cherchent le fer, nent pas a les briser, et chaque jour elles se grossissent
d'égouts soient généralemeut, ao contraire, forts, role cuivre, les cordes et les os, qui sont les principaux élé- de quelque nouvelle adjonction. Despieces de monnaie de
bustes, bien portants et ne connaissant la maladie que
ments de leur butin quotidien. lis d'éploient une sagacité toute valeur, depuis des pieces de six pence (60 c.) jusde 0001. JI y a parmi eux des vieillards de soixante et
tres-grande dans cette chasse a travers l'obscurité et qu'a des souverains (25 fr.), mais les premieres en plus
quatre-vingts ans, qui toute leur vie ont fait ce métier,
dans cette peche en eau trouble. Quoir¡u'ils n'aient plus 'grande ~uantité, des c11illers et des fourchettes d'1ret qui sont encore verts. Ces hommes paraíssent croire,
aujourd'hui les memes facilités ,qu'autrefois, les chas- gent, des couteaux a manche d'argent, et autres vaisau contraire, que l'odeur des égouts contribue a la conseurs d'égrJUts parvienoent encore a se proeurer ce selles précieuses, et des bijoux de toute sorte, composent
se"ation
de leurs forces et de leur sauté.
-qu'ils appelent une belle existe11ce, et ils traitent avec fréquemm,rnt le butin des chasseurs d'égouts. Mais alon
Nous
terminerons
en mentionnant la version singuune sorte de dédain aristocratique leurs freres moins for- meme qu'ils sont en veine, comme ils disent, ils ne ne,
liere qui circule parmi le bas peuple de Londres, de
tunés, les mud-larks (écumeurs rlu rivage), qui se livrent gligent pas de remplir leur sac de tous les menus ohJ'existeoce d'une race de cochons sauvages qui habitent
aux memes recherches daos les bas-fonds qu'en se reti- jets qui leur tombent sous la main, tels que mor.:eao1
les égouts dans le voisinage d'Hampstead. L'histoire prérant la marée laisse a dtlcouvert.
de fer, de plomb ou d'autre métal, os et débris de toute
teod qu'une truie grosse, tombée par quelque accident
Pénétrer daos les égouts et les explorer a une cer- nature. On trouve toujours une grande quantité de ces
atravers une grille daos les égouts, a mis bas sa portée
taine distauce, cela est considéré, meme par ceux aux- choses daos les égouts, parce qu'ils sont le déversoir naet l'a élevée, se nourrissant des débris qui y sont jourquels ces expéditions sont familieres, comme une aven- turel des fosses d'aisance et des eaux sales des maisons,
oellement jetés. On ajoute que ces animaux se sont
ture loin d'etre saos péril. Les dangers qu'il faut' affron- et c'est ce qui explique aussi la quantité d'objets pJi..
multipliés daos des proportions considérables, et qu'ils
ter sont aussi nombreux que divers. En beaucoup d'en. cieux, particulierement de vaisselle, qui s'y égareot
sont devenus aussi féroces que nombre•JX. Si aucun de
droits, principalement daos les vieux égouts, les murailles journellement. Quand les chasseurs estiment qu'ils ont
ces cochons n'a jamais quitté les égouts, c'est par l'exde briques ontété pourries par l'actioncontinuede l'humi- poursuivi leurs explorations assez longtemps, on quand
cel!rnte
raison qu'ils ne peuvent le faire qu'en remondité et des matieres putrides, des pans se sont écroulés, et leurs trouvailles ont suffisamment satisfait lenr attente,
tant
i.i
l'embouchure
de l'égout dans la Tamise; pour
le passage est obstrué par des amas de décombres. JI faut ils sortent de l'égout avec les memes précautions qu'ils
cela, il leur faudrait franehir un canal qui ne se tarit
apportu une grande précaution afranchir cesobstacles, ont prises pour y pénétrer, et SP. rendent a la demeure
jamais et qui se précipite vers le fleuve avec une grande
et se garder surfout de heurter le briquetage supérieur, de celui d'entre eux dont l'habitation est le plus procbe.
rapidité; or, c'est la nature obstinée des cochons de toucar le plus léger choc entrainerait une avalanche de La, on compte !'argent qu'on a pu trouver, on fait d~
jours nager contre le courant, si bien qu'ils se trouvent
pierres et de terre, et si l'on-n'était pas englouti sous lots des autres objets suivant leur nature, et on fait do
iovariablement ramenés a leur repaire; et c'est pour
r.et éboulement, on n'en sortirait certainement que con- tout une répartitíon égale entre tous. JI arrive fréquemcela qu'oo ne les a jamais vus. Nos lecteurs peuvent
tusionné et meurtri. Depuis la coostruction des égouts ment qu'au retour de ces excu,sions, quand la chasse a
croire ce qu'ils veulent de cette histoire; mais il est bon
neufs, les anciens sont généralement abandonnés par été heurense, chacun de ceux qui y ont pris part peut
de dire que les hahitants d'Hampstead n'ont jamais
nos chasseurs; mais dans beaucoup d'endroil~, les retirer de sa part de butin de 30 sh. a 2 l. st. {de 40 a
aper~u aucun de ces aoimaux a travers les grilles des
vieux con&lt;luits s'entrecroisent avec ceux de construction 50 fr.). Ce cas, du moins, n'était pas rare, il y a quel•
égouts, ni jamais n'ont été troublés par leurs grognerécente, rt dans ce dédale on est ll'es-exposé a s'égarer. ques années. Cela paraitra invraisemblable peut-etre,
ments. Les chasseurs d'égouts jamais non plus, du
ti est encore tres-dangereux de se risquer dans les petits mais, toutes compensations faites des bonnes et des mamoins
a notre connaissance, n'ont rencontré aucun des
lioyaux qui ahoutissent au collecteur principal; on ne les chances, il est avéré qu'un chasseur d'égout gagne
monstres
fahuleux des égouts d'Hampstead.
peut avancer dnns ces étroits passages que baissé ou 2 l. st. (50 fr.) par semaine, !'une dans l'autre, toute
meme a plat ventre, et souvent se trouveut accumu- l'année durant, - ce qui fait le fortjoli denier de 6 sh.
A. VERMOREJ..
lées des quantités considérables d'air vicié, qui occasion- (7 fr. 5ü) par jour. On peut estimer a deux cents environ
nent J'asphy:xie immédiate des imprudents. Ce ne sont le nombre des individus engagés régulierement daos
p~ non plus des Cables que les attaques de rat~; ces cette industrie, ce qui porte a 20,Q00 l. {500,000 fr.) le
SOCitTt IUIIOBILii:RE
animaux sont tres-nombreux et réelJement formidables reveuu tiré des égouts de Londres, chiffre qui donne lieo
daos l~s ég011.ts, et il n'est pas rare du tout qu'ils s'alta- a plus d'une réflexion 1
DE LIMOGES.
qnent aux hommes avec une furie telle que l'on ne parLes chasseurs d'égouts se plaignent tres-amerement
Capital: 1,250,000 Ir. divisé en !,500 actions de 500 fr.
vient qu'il grand'peine a leur écbapper. Ils sont parti- des entraves que les récentes mesures prises par 111 po·
comllt de pa1ronage :
culierement féroces et dangereux, quand ils se sentent lice municipale ont apportées aleur industrie, et se réacculés daos quelque coin d'oi.t ils ne peuvent pas s'é- pandent en iuvectives violentes contre les autoritéscoosPrtsititnt : M. Michel Cuc:vAurn, G.-O.
chapper; alors ils se précipitent sans hésiter snr quicon- t.mées. &lt;t On nous empeche, disent-ils, de travo.illtt
sénateur; - MM. Fran~ois ALLUAUD ainé,
que fait obstacle a leur passage. Eníln, sur certains dans les égouts, sous prétexte qu'il peut y avoir quelque
O.
ancien maire de Limoges, ancien
points, il existe des réservoirs profonds dans lesquels danger; on craint que nous ne soyons asphyxiés, ¡,ré·
vice-président du conseil général; l'eau cst retenue par des écluses qui se ferment a la tend-on, mais on n'a pas souci que le pauvre monde
D.&amp;LtSIIE,G.-O.
généra\ de division du
haute marée et ~e levent a la marée basse. L'eau se meure de faim; non, on ne s'inquiete pas de cela.•
génie (cadre de réserve); - LAPORrE,
précipite alors dans les principaux égouts avec la vio- Quoi qu'il en soit de ces mesures et de ces plaintes, il
membre du conseil municipal; - PtcoNlence d'un torrent, entrainant tout ce qui se rencontre n'en est pas moins certain que nos chasseurs rusés saNrr, maire de la ville de Limoges;-Émile
sar son passage, et les chasseurs qui sont surpris par vent fort bien trouver les moyens de déjouer la surveilPounr,
membre du conseil munir.iees trombes périssent infailliblement, s'ils ne sont pasa lance de la police, et qu'ils continuent, comme par le
pal;- Gérant de la société: C. BAILLEMoNr,
la portée de cbercher un refuge dans un emhranche- passé, a faire des gains considérables sur des objets qui,
O. ancien chef de bataillon du génie.
ment latéral. Autrefois, avant l'existence des portes en saos eela du reste, seraient a jamais perdus et salll
ObJet· de la 8oeltlt.
fer sur la riviere, le danger était beaucoup plus grand profit pour personne.
Les chasseurs d'égouts, on en peut juger d"apres ee
et se renouvelait a chaqu~ marée, dont les explorateurs
. D'apres des alignemenls arreté~ par la
TJlle, con~truire un quartier neuf pour la
d'égout.~ devaient parfaitement connaitre les époques, que nous VPDOns de dire, sont de vigoureux camarades,
populatioo manufacturil:re;
pour avoir soin de se mettre a l'abri de toute funeste bien supérieurs a tous les antres écumeurs de Londres,
a la fois par les gains qu'ils réalisent et par l'intelligenee
_Reveodre par lol~ une partie des i 20,000
surprise.
Outre la perche dont nous avons parlé, les chasseurs et le courage que nécessite leur dangereux métier,
tnetres de terrains achetés par la Société.

BIBLIO G RAPHIE.

FLORE LATINE des Dame~ et des gens du monde. Anthologie
htine. clef dPs citations latines que l'on rencontre fréquemment dans les ouvral(es des écrivains íran~is.

FLEURS HISTORIQUES des Dames el des gens du monde. Clef
des allusions a•J)[ faits et aux mots célebres que J'on renconlre fréquemment dans les ouvrages des éc' ivains íran•
cais. - Deux magnifiques volumes grand in-8º, 11apier extra, splendides photograpbies exécu1ées par Richebourg
et Pierre Petit, reprodi:ction des chefs-d'reuvre de Raph,1el,
Rubens, Le Poussin, Le Corrége, Gnérin, Prudhon, Reynolds, etc., etc. -Par PIERRE LAROUSSE, auteur du (;1•and
Dictionnoire universel du x1x• siecle.

Ces deux ouvrages sont deux mines inépuisables d"érudilion latine et d'érud:tion fran~aise. Rencontre-t-on
dans le journal, daos le roman, au théatre, dans la conversation, l'une de ces alluEions qu'il n'est permis a
personne de ne pas comprendre aujourcl'hui : Ab Jote
p1'incipium, Ab uno disce omnes: Alma parens Arcarles
ambo; Deus ex machina; Donec eris felix; Facit indignatio
v1wsum; lnvita Minerva; Just~m ac tenacem... ; Mens agitat
molem; Parturient montes; Pro aris et f0tis, etc., etc. l'Abíme de Pascal; le Bon billet qu'a laChdtre; le Nreud
gordien; l' Ane de Buridan; la Bichti de Sertorius; les Cail/oux de Dtmosthene; la ~qui/le de Si:cte-Quint; le Cha-•
peau de Gessler; le Chene d~ Vincennes ; la Queue dt, chien
d' Alcibinde; A pres moi, [P, diluge ! Ai-;e dit que/que Fi&gt;t•
tise? Apres vous, messieurs les Anglai~; .11on siége t11t fiJ.it;
Nous dansons sur un volean; l'Ordre rl!gne a Varsovie; Jl
est trop tard, etc., etc. - E p11r si muove! God save the
{)ueen; Lasciate ogni speranza; To be o,• not to be; That is
the qttestion; Time is money; .Euréka ! Anch' io son pittore;
Traduttore, traditore, etc., etc., ou consulte l'un de ces
tleux livres, et c'est le Sésame, ouvre-toi, devant lequel
s'écroulent, comme les murs de Jéricho, toutes les barrieres de l'ignorance.

Prix de chaque ouvrage :
Broché, avec une photographie.
Id. avec se¡,t photogr:i.phies.
Relié, avec une photographie. .
ld. avec sept photographies.

cieres sera complet, et il s'est écrié : « lis se beurtent
cependant á des sentiments plus fort qu'eu1; » et, pour
preuve, M. Mires donna lecture de la lettre suivante,
qu'il venait de recevoir de sa tille, Mm• la princesse de
Polignac:
« Cher pcre, voici encore une condanínation ! Le Tri« bunal de commerce te refu~e le temps de te défendrr,
« comme d'autres t'ont refusé une exrertise contradict&lt; toire ! Espere-t-on te lasser? 1.'expérience aurait du leur
« :i.pprendre que ton courage ne faihlit pas; ils t'ont
,&lt; ruiné, et ils e.~pcrent peut-etre que tes ressources épui« sées t'empecheront de continuer la lutte que to as
&lt;t entreprise pour faire triompher la. véi:ité et la ju,~tice.
« lis oublient que le malheur qui m'a frappée m'á
t&lt; rendue maitresse de la fortune que tu m'as donnée ¡
« elle sera conrncrée a ta 'défense; dut-elle disparaltre
&lt;t daos le gouffre, ton honneur n'y tombera pas!
« Soutien~ ta juste cause, appuyé sur ta filie pleine de
u respect, de dévouement et de tendresse !
« AlltLII!:. ))
&lt;t Le pere a pu achever la lecture de cette lettre saos
pleurer, mais l'immense auditoire a joint une !arme a
chaqoe phrase qu'il écoutait !
&lt;&lt; Je n'ai pas connu M. Mires dans ses jours de
prospérité; je ne pense pas cependant qu'il ait jama.is eu de motif d'etre sinon plus héureux, du moins
plus fier qu'il ne l'a été hier a la suite de l'assemblée
au sein de laquelle il venait de faire un si sincere aveu
de toutes ses infortunes, et ou le dévouement filial s'était révélé non-seulement daos son expression la plus
naturelle, et des lors la plus pathétique, mais encore
daos une le~on formulée avec une austere simphcité.
&lt;t G. )l
~

PLACEMENT HYPOTHÉCAIRE.

CLOTURF.

DE

lO fr.

3i JUILLET C0UIIANT.

DIS

BOULEVARDS DU TEMPLE.

i5

Emis~ion de huit mil/P. obligations de 500 franc~.

NOT•. - S'adre1ser· i la librairi• Larons1e •t Boy•r, 49, rue Saint-Andre-~es-Art1, a Paris.
~

Le journal l'Europe rend compte en ces termes de la
réunion des actionnaires de la Caisse des Chemim de fer,
qui a eu lieu daos la vaste salle du cirque de l'lmpératrice.
11 Seiie cenl~ actionnaires, représentant soixantecinq mi lle actii1ns, avaient répondu a l'appel de
M. Mires.
·
t&lt; Aprcs avoir passé en revue l'excellence des diverses entreprisesde sa maison, les désastres qui sont venus
un jour sur cette derniere, puis les efforts prodigieux de
courage et de persistance qu'il a tentés pour réparer un
malheur daos lequel il ne se trouvait pas seul enveloppé, M. Mires en est arrivé a dire qu~lques mots contre les adversaires qui ne se lassent pas de le poursuivre.
Alors, il a représenté ces adversaires tenaces comme des
hommes noun:issant l'espoir que luí, Mires, cessera de
lutter sitot que l'anéantissement de ses ressourcesfinan-

LA

LE

~OCIÉTÉ IMIIOBIUERE

i2
i2

TERRAIN oc

T,A SOUSCl\lPTION,

GaRANTIE : i •• hypotheque sur NEUF MILLE metres de
terrain et snr lfs immeubles a la construction desquela
seront employés les fonds de cette émission, savoir: trois
Théatres dont les baux sont signés, une Salle de concerts e{
sept Maisons bourgeoises. Le tout évalué nmr MJI.UoNs.
RrnsouRsEMENT : Outre l'intéret a 5 0/0 payable par
semestre, le remboursement s'effectuera en 31 annuités,
soit 258 obligations par an, avec béné/lce progressif de
25 fr. par an.
VERSEMENTS : 50 fr. en souscrivant, 75 fr. a la répartition, 75 fr. un mois apres, et 30 fr. par mois pendant les
dix mois suivants.
On souscrit a París, an siége social, boulevard du Temple, 36, et de la province, par l'envoi de billets de baoque ou de valeurs sur Paris, a l'ordre de M. AMm, direr.teur-gérant.
On souscrit aussi chez les banquiers correspondants de
la Compagnie.

-----..-.

COMPAGNIE

*,

*•

*•

Ces terrains out acquis aujourd'hui une
plus-value considérable;
Créer des docks,' entrepóts et ma,gasins
généraux;
Permettre aux locataires des immeubles
de la Compagnie de devenir propriétaires
(combinaison du CRl:'.mr FONCIER DE FRANCE).
Le conseil municipal de la ville de Limoges s'occupe en ce moment des subventions qui doi vent etre accordées a la
Compagnie pour l'établissement des places
ét rues du nouveau quartier.

Chaque action donne droit :

*,

*,

81

C,.Jt ftr

t • A 5 0/0 d'intéret{art. 33 des statuts);
2° A 90 0/0 dans les bénéfices (art. 3i
des statuts).
On souscrit 11. París, chez M. Ernest Huguet, banquier de la Société, 32, rue Notr'e Oame!..des-Victoires;
Et daos les départP.ment~, chez MM. les
notaires et les banquiers correspondants,
chez lesquels on distribue prospectus et
tous documents.

I

�80

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

Le JOURNAL DES PETITES
F1LLES (La Poupée modele,
meme administration que
le Journal des Demoisel/es,
boulevardaes Italiens, Nº t)
mérile toute notre sympathie.
C'est bien a de trcs-jeunes enfants que s'adresse ce
journal, et comme nous
ne sommes plus au temps
ou l'on parlait negre aux
enfants, ce journal s'exprimc en un style d'une compréhension aisée, saos nul
doute, mais dont la correction et l'élégance ne sont
poiot exclues.
Dans ce cbarmant petit
JOUl'Ilal, ou, naturellement,
la gravure coloriée et de
jolis dcssins de broderie
facile out leur place, c'est
surlout aux creurs des cnfants que l'on s'adresse;
c'est daos ces jeunes cceurs
que l'on s'efforce de répandre les bonnes semen.ces,
et l'on y parvient, nous
pouvons l'affirmer, sans
que ríen y sente le pédantisme ou le preche; la morale y regne, mais elle
y revét les plus gentils
atours.
Formar le creur est done,
certainement, le but· premier du Journal des Petites
Filies.
Ceci n'implique pas que
la culture de l'intelligence y soit négligée, témoin les excellentes causeríes historiques, que nous y
trouvons présentées de tell e
sorte qu'elles intéressent
vivement le je une esprit,auquel elles s'adressent et lui
font souhaiter de poursuivre.
Le Journal des Petites
Filies posscde, on le voit,
le fond et la forme. Ce sont
la les éléments qui font les
soeces 4urables, honorablement acquis, et, du reste, le succcs est venu, nous
:iimons a le constater.

Une commission vient4t
se c_onstituer pour ériger
unmonumentanotreg~
poete populaire, a Béraa.
ger.
Cette commission se co11,
pose de~
MM. Henjamin Antier
.
Hippolyte Oastille,
J. Co.'
hen, Paul Dalloz; Léonce
'Dupont, 1&lt;;douard Fourniet,
Ad. Guéroult, Havin, Ael
Jubinal, Pierre Lachaaibeaudie, Laffitte, Legou,é,
vice-présiden t, Léo-Lespes,
Victorien .Sardou, Albéric
Sccoud, Alphonse Tessier,
Frédéric Thomas, sous la
présidence de M. le haroa
Taylor.
Une souscription publique est ou verte dans les
bureaux de tous les jo11rnaux et chcz M. BolleLasalle, agenttrésorier, 68,
ruede Bondy.

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MM. les S~uscripteurs
dont l'abonnement expire
fin j uillet, sont priés de le
renouveler
immédiate.
ment, s'ils veulenl n'éprouver aucun retard dans la
réception du journal.

')

On s'abonne directement
aux bureaux du journal et
chez les principaux libraires, tantde la France que de
l'étranger.
Pour l'Allemagne, l'Au• trich,, la Prusse ei la Russie, on péut s'abonner par
l'entremise de ·,a direction
de3 postes de Cologne et de
. Saarbruck,et pour toute !'lle
de Cuba, en s'ad·rcssant i
- M. Sabour¡n, liliraire, notre ·agcnt génóral; 66, Vil•
legas, a la Havane.
Toutes les demandes et
communications , relatives
au journal dóivent etre
adrcssées aM. Aun. MARC.

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LQMOIS Dl(JUILLET.

ÉCHECS.
PRORL8MR

N° t7L

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M. W.-S.

RÉBUS.

SOLUTION DU PROBLE!IE JSº 1 70.
PAVITT.

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D fait mat.

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ou 4• e
4.• R

tu
S01.UTIONS EXACTES.

Henri Frau, D• Revel, le capitaine Charousset, Stiennon
de Meura, E. Frau, G. Naudet, le cercle des Échecs de
Liége, E. Dubedout, Ed de Vaucelle, le Cercle Laborie de
Perpignan, Henry Stielfel, A. Thionville, G. de V. Allevard,
L. Lefrancq, Café de l'Europe, il Phalsbourg, Café Bazin,
Obozinski, il Maubeuge, Léa Ricardo, Calé de la Perle, a
Lons-le Saulnier, J. Beckers.
J . .\. de R.

__.,,.,.~

---~

-~_./
. .,__~

---

l

.:;_i:-=---directeur-gérant.
EoM. , TExrER, rédactcur en chef.
Au&amp;.

M,1Rc ,

-----------~----------Imp. de L' ILLUSTRATION, A. Marc,
Les blanca font 111at en trois coup~.

22, rue de Verneuil.

-

~

~- ·.

- - -

--

~~--

-

IXPLICATION

no

O1!:RNIIII Rf8C8.

Les poitrinaires aiment l'Afrique; assez souvenl · ses cha•
leurs leur rend~nt la vie.

11&lt;!

Gr

�</text>
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                <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores</text>
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L'ILLUSTRATION,
DIVEBSEL.
IOUBR.A.L

- -=-==--E&amp;
~~~-- ·-:· _. ·. -·
--

- --

Ue ANNÉE. VOL. ILIV.

Direction, Rédartion , Administralion :
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de changement,; d'adresse , doivent etre adressées franco i
11. AUG. JIIARC. DIRECTEUR-GÉRA.~T.
Les demandes d'abonnemeot doivent étre accompagné~•
d'uo mandat •ur Paris ou sur la 9oste,

~

N•

S'.a n, e di ~a .Jui llet

f 117 .
1 8 a.&amp;.

~'auwnnliat II n,ea pu 4a ■u11cri11 et ae l'ugagt ¡am1i1 i I• i11ir•.
fa la lniWt, la traductioa 1I la r•productioo i l'jlr&amp;nger ~•I ialtr4ilo&amp;.

BUREAUX : RUB RICHELIEU, 60,

!bonnements pour París et les Déparlt.ments :
6 moia, 18 fr.; - unan, 36 fr.; - le numéio 1&amp; o.
!a collection mensuelle, 3 fr. ¡ le ,·olume semestriel, 18 fr. 1

3 mois 9 tr. ¡ -

ABO,NNEMENT8 POUR L'ÉTRA.NGBR 1
Mémes pnx; plus les droits de poste, suivant les tari!t.
Le• abono. parteol du ter o• de cbaquo moi1,

Gravuru : Arrivée de LL. Mlt. l'Emperenr •I l'lmperatrice dn Me1ique a

SOlUJAIR E.

;n

.ne.
. scrar"4,
é¡;ére~
1miniua.
,acune
et de

A•rivée de 1.1. MM. l'Empereur el l'lmpératrice du Mcxique. - Revue
politique de la ,cmaine - r,ourrier de Paris. - Célébratioo de la ftlte
ele Saiut-Pierre l la cbap,llc Saiut-Louis de Tuuis, - forrespoudaocc
d'Al~érie, - Autobiograpb,c d'un poete (suite), - E1pédi1io11 daos
l'mtóricur du Meuque. - G,uli, (nourelle ), fin. - La c!é des champs.
- Pete ,lu f,onrban-Dairam, a Brousse. - Orage dans l'Oberland, r,a,ette du Pala.is. - L'appareil Remkorff eí la scicnce.

Vcra-C.ruz. - Messe célébréc j¡ la chapclle Saint-Louis ( Tunis) pour
la !~te ~•trnnale des matelr ts ~nbiers ('!1 JUin). - In,urrect,on d'Algérie: r.ombat d'Aio-KI-Sueta; - Les chef, des Flittas rerenLI du
~énéral Deliguy la coofirmation de l'amao, au bi,ouac de Has-OuedEI-Anur. - Etpédibon daos l'ir.lérieur du Metique ( 4 gravure&amp;),
- Hte du Courbau-Dairam daos la mosquée de Zeseb1l lmare1, •
Brousse. - Un ora,e daos l'Oberland. - Tbéalre Robiu; - Bloc de
verre de ucuf ccnhmctres, traversé par l'étincclle de l'appareil Rumko, IT.
- Rébus,

-- ~ ~~------

ARRIV8~ DE LL. lUI. L'KllPERKUR ET L'IMP&amp;P.ATRICK DU ll&amp;XIQUK.
AU DIRECTEUR.
V, ra-Crut, 30 mai.

Apres un vo~age accompli heureusement, et dont le
terme a devaneé l'attentc publique, LL. MM. l'Empereur

.

Lºll»PEII.EUR ET L'IMPÉRATRICB DU MEXIQUE A VERA-CRUZ: Pmage du cortrge ious 1'1rc ~e tri•mphc de la place d'Armea. - O'aprét une phot. com'llumquée par la UgÍtioo du lleiique.

�L'IL1USTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

50

.Marimilien et l'Impératrice Cbarlotte sont arrivés, le
28 de ce mois, a la Vera-Cruz.
Le 20 au matin, Leurs Majestés descendaieot sur. le
sol du Mexique, oü elles étaient re~ues par les capitaioes
et les états-majors de la marine frao~aise, la députatjon
de !'ayuntamiento, le général Almonte, le préfet de VeraCruz, le commandant supérieur, M. Maréchal, et le di•
recteur de la marine, M. Peyron. Les marios franfais
faisaient la haie d'Wl coté et la garde nationale mexi-caine de l'autre. A la porte splendide qu¡ sépare la ville
du mole, l'Empereur re~ut les clefs de Vera-Cruz, sur
lesquelles il posa la main, et entendit une adresse de
l'ayuntamiento, a.laquelle il répondit, daos le plus pur
castillan (( que top.tes les puiss~oces de sa volonté et de
son intelligeoce seraient mises au service du Mexique,
et gu'il ferait tout pour rendre.heurelll ceux qui l'avaien t
choisi. »
Ce fut en voiture que Leurs Majestés firent le trajet de
la porte ·de la ville au wagon impérial, au milieu des
cris iocessants de : Vi ve l'Empereur ! vive l'lrnpératrice !
au milieu des pétards, des bouquets de fleurs, d'une pluie
de fegilles de roses, en passant souS-Un magnifique are de
triompbe élevé sur la place .d' Armes et a tra vers les rues
élégamment décorées. A six heures et demie du matin,
le convoi impérial se mit en marche pour Mexico.
Agréez, etc.
Pour extrait: P. PA.GET.
~

REVUE POLITIQUE DE LA SEMAINE.
Le-s hostilités soot de oouveau suspeudues entre les
11nissaoces allemandes et le Danemark jusqu'au 3l juillet. A l'erpiration de ce•délai, !aguerre recommencera,a
m'oins que le cabinet de Copeohague n'ait présenté
d'ici la des confüioos de paix qui paraisseot acceptables a )'Autriche et a la Prusse. Le baroo Bredon a été
chargé' par Christian IX de négocier pour le Danemark.
·
11 reste asavoir quelle~ propositions la Prusse et l'Au. triche daigneront trouver accéptables, et' l¡Js journaux
allemands ne nous dooneot -sur ce point áucim renseignement pos1tif.
En attendaot, des proclamations du genéral Vazal de
Folk.enstein, datées de Randers daus le Jntland, portent,
entre autres cheses, que les rassemblements de plusieu.i,,
persannés sont défendus ; que personne, a partir de dix
heures du soir, ne pourra sortir de la ville ; que les
fonctioonaires qui quitteront leur poste ou qui se montreront récalcitrants, seroot jugés par un conseil de
guerre, et que leur fortune sera confisquée.
Le général ne menace encore personne du fouet ou
dQi verges.
Le l4 juillet, les nouveaux ministres du Danemark se
sout rendas au Rigsraa.d, et le ministre de l'intérieur a
donoé lecture, au nom du président du conseil, d'un
messa-ge daos lequel les membres du cabinet appelé a
prendre la direction des affaires daos de si graves conj1mctures, exposent qu'ilsne peuvent tracer le programme
de leur politique, et qu'ils doivent se borner a déclarer
(( qu'ils se tiendront inébranlablement sur le terrain de
la légalité, qu'ils ne se permettront jamais de rlonner
a Sa Majesté UD conseil qui ue soit en harmonié parfaittl
avec ce principe,conseil que le roi d'ailleurs,-le peuple
doit en, etre convaincu,-serait le premjer a condamner,
et que le salut, l'honneur et l'indépendance du Danemark. seront l'étoile qui guidl!ra tous lenrs acte~, le but
précieux auquel tendront tous leurs etTorts. »
Le roi de Wurtemberg a ouvert les chambres du
royaume. 11 a bien voulu assurer les (( nobles et honorés
m~ssieurs, amis et féaux » auxquels il s'adressait, que ce
ne serait pas une faible satisfaction pour lui de pouvoir
prouver, au début meme de son regne, « que les vrais IJesoiris du pays sont reconous et que tout intéret légitimc,
soit moral, ~oit matériel, trouve la protection qui lui est
due. »
L'avenir nous apprendra ce que le nouveau roi de
Wurtemberg entend par les vrais liesoins et les intérets
légitimes du pays. Sa Majesté a fait allusion a un nouveau code de procédure mis a l'étude et fondé sur la publicité des déhats. Si le Wurtemberg en est encore a d,;_
sirer des débats publies et oraux, on peot bardimeot supposer que le nombre des vrais besoins du pays, tels que
nous les comprendrions, nous autres fils de 89, est assez considérable pour donoer quelque besogne a un
prince trien intentionné.

.

L'auguste orateur ne s'cst pas dissimulé que le temps
était grave et plein d'agitation.
M Toutefois, a-t-il aj0uté, ce qui est de nature a oous
rassurer beaucoup, c'est qu'un afcord ait été obtcnu entre les deux grandes puis~aoces allemandes, doot les
vaillautes troupes out versé leur sang daos un meme buL
pour l'honneur et le droit de l'Allemagne, accord qui
auwrise a espérer que laquestion des duchés de SlesvigHolsteío, qui agite l'Allemagne tout en tiere, trou ver:1
sa solutíon daos un seos conforme a !'esprit national et
au droit national. »
La conquete du Jutland serait-elle, dans la pensée du
roi Charles, un des (( vrais besoios )) de l'Allemagoe en
général et du Wurtemlierg en particulier?
Le géoéral Wilson, apres avoir détruit le chemin de
fer de Oanville, sur un parr.ours de 20 milles, a été attaqué par les confédérés, le27 juin,sur le chemin de fer de
Weldon a Pétersburgh. Le combata duré toute la nuit, et
les fédéraux se soot vus contraiots de suspendre leur
marche en avaot. Le général Meade a envoyé, le lendemaio 28, des renforts a Wilson. ·
Le méme jour, les coofédérés ont opéré un mouvement
sur la gauche pe Grant.
Des dépéches plus récentes rlonoent la nouvelle grave
d'une invl!.sion partielle dn territoire du Nord par l'armée confédérée : un corps, évalué a 30,000 hommes,
sous les ordres du général Ewell, se portant vers l'ouest,
aur.:i.it débouché daos le Maryland, presque aux portes
de Washington, a travers la va:llée de Shenandoah, et
occupé Harper's Ferry et Hagersto"'n, saus avoir, selon
to~te apparence, rencontré d'obstacle au passage du Po1.0mac, non plus que dans le has Maryland.
V~tat de Maryland avait voté récemment l'abolition de
l'esclavage.
Une dépecbe du général Oeligny annonce que la soumission des Flittas est complete, et que l'ordre est rétabli
dans la partie de la province d'Oran ou la paix avait été
troublée par le soulevement de cette tribu. Le général a
recommaodé qu'on évitat avec grand soin tout mauvais
propos, toute menace, toute provo~atioo a l'adresse
des indigenes. Voila une sage et bumaine recommaodation a laquelle on ne saurait tro¡, applaudir.
Le marabout Abd-el-Aziz, qui s'était mis a la tete de
l'insurrection apres la mort de Si-Azereng, traqué depnis
plusieurs jours par les Fli\tas eux-mémes et par les tribus limitrophes de lasubdivision de Mascara, s'est reodu,
le 9 juillet, au lieutenant Monier, chef de l'annexe de
Zammorah.
Deuxjours auparavant1 les Harar-Cheraga avaieot remis au commandant sapérieur de Tiaret les chevaux,
les mulets et les armes enlevés par eux au début de
l'insurrectioo, et notamment les chevaux du colonel
Beaupretre et du sous-lieutenaot Marsot.
Les dernieres dépecbes du MexiqÚe oous oot apporté
des détails sur la prise d'Acapulco. La garuison s'est
rendue sans coup férir et s'est retirée a Providencia, oü.
se trouve le quartier général d' Alvarez, chef des bandes
juaristes de l'Etat de Guerrero. Le contre-amiral Bouet
a pris posse.sion de la ville et du port.
Une partie des bandes d'Alvarez, campées a PuebloNuevo, village situé a trois lieues d'Acapulco, a été mis
en déroute par nos troupes, sous les ordres du capitaioc
Bézard, des tirailleurs algérieus. L'ennemi a perdu cinquaote ou soixante hommes, un drapean et deux pieces .
de campagoe.
Une curresp0ndaoce adressée dn Mexique au Times
contient des détails tres-intéressants ~ur l'accueil entbou~iaste que les lndiens ont fait a l'Empereur Maximilien. Ceux de Naranjal ont remis a Sa Majesté une
adresse oü ils la comparent a (( un arc-en-ciel qui dispersera les nuages qui semblaient pour toujours amoncelés sur le pays. &gt;&gt; Franchement, il ne doit pas etre tresfacile, pour un prioce tout nouvellemeot débarqué d'Eu-rope, de rendre politesse pour politesse a des sujets qui
vous harangueot dans ce style-la !
Le bruit courait, d'apres la méme correspoudance,
que la coaronne des rois Azteqoes, religieusement conservée par une tribu d'lndiens d~puis la chute de l'antique dynastie, devait étre offerte au nouvcl empereur,
comrne au prioce qui, d'apres une vieille pruphétie, était
destiné a la porter.
L'avénement d'un archiduc autrichien prédit par les
oracles azteques ! Qui s'en serait douté?
Une nouvelle loi sur la presse vient d'etre votée par
le.; Cortes; les articles 6 et 7 de cette loi ¡,oo t ainsi con~us :
Allt. O. 11 ne sera publié aucun écrit snr le dogme de

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

notre sainte religioo, sur l'Écriture sainte, ni sur
morale chrétienne, saos l'approbation des diocésai
Art. 7. Le gouvernement est autorisé a prohiher l'i
portation sur le territoire espagnol de tout écrit qu
conq,ue qui sera imprimé ou puhlié en pays étrang~
ll parait qa'aux yeux rlu gouvernement espagnol, ce
compression de la pensée est l'an des vrais besoins n
l'Espagne.
Le bruit a couru, dans ces derniers jours, a Milan,d'
départ de garibaldiens du port de Genes. De la destma
tion du batiment qui portait les volontaires, rien.
. Le comité central franco-polonais, présidé par M.
duc Eugene d'Harcourt, ancien ambassadeur de Fran
a Rome, adresse un appel aux sympa1hies frao~aises e
faveur des Polonais qm ar,rivent tous les jours dénu ·
de tout, épuisés et malades des blessnresre~ues en co
battant pour l'indépendance de leur patrie.
En méme temps, la misere et les 'Souffraoces des Cir
cassiens qui ont préféré l'exil a l'esclavage exciten
daos l'Europe libérale, une pitié qui ne sera pas stéril
Deux peuples chassés de leur pays, mutilés, moura
de faim, demaodant au méme moment asile a la Tu
quie et a la France et imploraot un morceau de pain
la compassion des natioos étrangeres! Voila de qiloi
faite la grandeur de la Russie.
Le l6 juillet, a H heures du-soir, S. A. l. la prince
Clotilde a donné le ;our a un 61s.
Proces-verbal a été dressé sur les registres de la C
mili e impériale de la naissance du prince, qui a re~u 1
noms de Napoléon-Louis-Joseph-Jéróme. '
Le roi d'Espagne sera, dans quelque~ semaines, l'h
de la France. Sa Majesté catholique arrivera a. Paris
l Oau 20 aotit; elle sera accompagnée de sa maison mi ·
taire et habitera le palais de Saint-Cloud.·
S. M. le Roi des Belges est arrivé mercredi soir
Paris.
EoMoNo TEXIER.
~

t;UIJIUUEll bl!

P.&amp;.llllll,

Le rlub des Bébés. - Statuts apocryphes. - Un arrété d
Premier Préfet du palais en l'an XIII. - L'bymen et 1
tableaux vivanls. - La stalue de Relioul. - U11 accesso·
1-&gt;roposé. - Une statue á Greuze. - Autre idée. - La ré
bilitalion et M. Mr.quillet. - Un ver• du Misnnthrope. Est-ce Turtufe? Est-ce Tartuffe~ - Transforma1ion
Nafa jaune.

On discute encore sur la véritable portée des instructions que le comte de Glücksbourg, en voyé en Alle,ma150
pour traiter de la paix, tient de son auguste frere
Christian IX, roi de Oanemark, et les intentions des
puissances allemandes sont toujours un mystere, au
moins pon:- les simples mortels qui ne soot point miti'
aux desseins des dieux; mais il est hors de doute qu'ua
club nous est né, qui s'appelle le Club des Béblis.
Les journaux, qui oous anooocent cette importan
nouvelle, ometteot de publier les statuts de l'associatioo,
et vraiment ils ont le plus grand tort; il serait bon de n
pas laisser les esprits en suspeos lorsqu'il s'agit de m
tieres aussi gr4ves.
J'ai recu bier sous eoveloppé une piece manuscri
qui ne se~ait autre chose, si j'en crois le titre, que le d
cument dont la presse a jusqu'ici négligé d'entretenir le
public. Cette piece, je me bate de le dire, m'a tout ra·
d'etre apocryphe; j'en cite quelques extraits, et je peo
qu'apres les avoir lus tout le monde sera de mon avis:
Art. 2. Les deux sexes sont ad mis a fa!re partie du club.
• A1't. 4. Tout membre du club doit etre sevré.
Art. 5. Tout membre du club cesse d'eo fair~ parti
aussitot qu'il a percé sa premiere dent de sept aus.
Art. 7. L'admission est proooncée a la majorité d
dcux tiers des votaots. Le vote a lieu pl!.r assis et levé,
tout membre qui n'est point encore capable de se
nir sur ses jambes vote ou.i en disaot papa, et non en disant mama,,.
Art. 9. Toutmeml1reduclub doit avoirlesjambeset
col nus, a l'aoglaise; le costume de rigueur est la ja·
quette blanche et le pantalon blanc festonné couvrant 1
genou. Le baveron et le liourrelet sont obligatoires po
les membres agés de moins de trois aos. Le présiden
peut autoriser l'usag'e des lisieres et des hor.hets.
At't. l 3. Les seuls jeux permis daos. le club sont 1
main chaude, le pied de breuf, la marellc, la baile, 1
billes, le colin-maillard et le jeu de cache-cache. 11
expressément détendu de jouer au sable dans les..salons.
Art. i5. Les seuls eojeux autorisés sont les suc
d'or¡re et les booshommes de pain d'épice.

'

5t

une figure noble, saos défaut rlans les yeux, dans'les jam- l'histoire naturelie, l'astrooomie, la chimie étaient du
d'orge ou q11atre bonshommes de pain d'épice. est tenu bes, et généralemeot aucunes difformités naturelles. i, grec,et meme de l'hébreu pour tous ceux qui n'étaient
pas des savants a di¡ilóme. Un homme du monde aurait
de se retirer do jeu.
Nimes
va
élever
une
statue
a
Rehoul,
son
boulangermeme
eu assez inauvaise gr.lee a s'occuperde ceschoses;
Art. 20. Des bonoes sont attacbées au club.
11 suffit de lire ces quelques articles pour etre bien poete; qu'oo dise a pres cela que la province est in grate, aujourd'bui, noussommes en train de changer cela, peu
-d·e gens rougiraiem encore de ne plus etre des ignorants
convaincu il me semble, que la piece a laquelle ils sont et que nul n'est prophcte dans son département !
'
.
Or, Nimes est une ville romaine, toute éprise de l'an- et l'on ne croit plus qu'il y ait la moindre honte a savoir
empruntés est dépourvue de tout caractere d'authent1-cité • il faut évidemment n'y voir autre cbose qu'unc tiquité; et vous verrez que le Reboul de la statue sera comment on respire, comment on digere et quelles lois
plai~anterie, et d'ici a quelques jours la publication offi- vetu d'une toge et chaussé de sandales, de sorte que régissent la nature 011 les nombres; la vulgarisation de
cielle des statuts du club des Bébés dissipera toute mcer- rien n'empéchera les Nimois de l'an 3,000 de le prendre la science est done devenue une nécessité, et les vulgaripour un consul, voire méme pour un César, si l'enthou- sateurs sont tres-estimés, tres-rechercbés, tres-los, trestitude sur ce point.
siasme des coutemporairts ne recule pas devant la cou- écoutés. Les .11ondes de M. Guillemia, la Bou~hée de pain
En attendant que nous sachions au juste quelles sont ronoe de laurier, ce qui ne serait pas impossible : on de M. Macé, les ouvrages de M. Louis Figuier vulgarisent l"astrooomie, l'histoire naturelle el les sciences
es qualités requisespour faire partie du club des Bébés, sait ce dont les méridionaux sont capables.
Va
done
pour
le
costuine
romain;
seu'.emeot,
je
supphysiques, et le succes de ces livres charmants et sérieux
peut-ctre vous sera--t-il ag,:éable d'apprendre a quelles
conditioos on entrait, il y a soixante .:i.ns, daos la troupe plie rartiste qui sera cbargé rlu marhre ou du bronze, balance celui des romans en vogue. Ce que M. Figuier
d'ajouter asa statuc un petit accessoire que la statuaire fait une fois paran daos sonAnnéescientifique, ~f. l'abbé
chantante de l'Opél'a.
Moigno va le faire une fois par mois daos des entretiens
Les archives du théiÚre conservent un arreté sign1; antique ne lui fournirait peut-etre pas.
Soyons de bonne foi, il e~t évident qne si Jean Re- qu'il a inaugurés il y a huit jours. thaque legon sera le
Lugay, Premier Préfet du palais, et tlaté du 5 veotosc
bo11l n'avait été que poete, on n'.aurait pas songé a lui résumé des découvertes et des applications scientifiques
an XIII, ou je lis ceci :
Le Premier Préfet du palais, cbargé de la surveillance et dresser une statue; mais, en méme temps que poete, i, récentes, des dernieres conquetes de !'industrie, des derdirection priocipale de l'Académie impériale de musique: était boulanger, et cette circonstance doublait le prix de 'niers travaux sur les grandes questions a l'ordre du
Voulant assurer le service de cet établissement, fait ses vers; eh bien! puisque la boulangerie est pour jour. Dans la séance d'ouverture, le savant abbé a touappel aux jeunes gens des départements possédant une moitié daos sa gloire, que le sculpteui le représente ché, parmi beaucoup d'autres sujets, a l'antiquité de
voix décidée de haute-contre, ténol' et basse-taille1 et les avec une lyre daos la main droite et une miche daos la l'homme, aux générations spontanées, a la pluralité des
main gauche.
mondes et aux liallons.Ccrtes, voila d'asc;ez intéressantes
qualités ci-apres :
(&lt; Le sujet présenté doit savoir la n:lusique au point de
questions. Les entretiens de la salle de 13. Société d'enLes coocitoyens de Greuze se sont, eux a115si, sentis pris,
solfier tres-couramment.
conragement auront, avant peu, la faveur du puhlic,
dans ces derniers temps, de l'irrésistible besoin d'élever
« Il ne doit pas avoir plus de vingt-cinq aos, ni moins
corume les entretiens de la rue de la Paix.
une
statue au peintre de la Cruche cassée et de l'Accordée
de dix-huit.
de village. Ce n'est qu'au bout de soixante ans, que cette
Si nous ne sommes pas, daos quelques années d'ici,
« Sa taille ne doit point etre au-dessous de 5 pieds
pensée s'est tout a coup imposée aleur esprit; mais c'est des gens pleins de savoir et d'érudition; ce sera bien no3 pouces, ni au-dessus (le 5 pieds 5 pouces, a moins qu'il
qu'on n·a pas, a Tournus, l'admiration aussi impétueuse tre faute; certes, les moyens de nous instruire ne nous
n'ait une superk vJix.
qu'a.Ntmes.
.
manqucnt poiot.
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(( n faut qu'il ait une figure agréabTe, ou du moins une
Eh
bien!
l'avouerai-je,
il
y
a
comme
cela
des
impres11
y
a
quelques
mois,
je
vous
annoo~ais
le premier nufigure noble, saos défau.,t daos.les yeux, daos les jambes,
sions _singulieres, je ne puis ru'accoutumer a cette idée méro d'un journal dédié aux chercheurs et curieux, et
et généralement aucunes diflormités' naturelles.
(( Le sujet qui remplira toutes ces conditions se fera de .voir l'ima~e de Greuze se dressant majestueuse sur qui s'appelle l'Intermédiafré. .Une difficulté littéraire,
inscrire a la préfecture de son département; sur !'avis un piédestal, comme celle d'un maréchalde France, d'un historique ouarchéologique, vous préoccupe-t-elle? vous
faites partde vos doules a l'Interméaiaire. L'Interméaiaire
que le préfet du département est prié d'en donoer au ministre, ou d'un magistral.
Si j'avais été tourme~té de l'envie de rendre a Greuze en informe ses lecteurs, et c'est bien du malheur si
Premier Préfet du palais, il sera pris des mesures pour
faire subir a l'aspirant un premier examen sur les les honneurs posthumes, je luí aurais bati une petite quelqu'un d'eotr7eux ne trouve pas la bonne répon~e et
chapelle a l'omhre des tilleuls et des acacias, au milieu ne s'empresse pas de l'adresseraujournal, ou v&lt;¡us la troulieux. . . . . . . • • •
(( Ceux qui auront été jugés réuoir les conditions de- de parterres de myrtes et de roses. Sur un petit autel de vez, un mois ou deux mois plus tard, tout au vif imprimée.
Un vers du Misanthrope a donoé lieu, daos les derniers
mandées seront admis a l'Académie, et il leur sera de marbre blanc, j'aurais placé- son portrait au pastel, et
chaquc
année,
au
printemps,
des
jeunes
filies
vetues
de
numéros,
a des interprétatioos tres-diverses; c'est le vers
suite assuré un traitement suffisaot pour les mettre dans
blanc, de jeunes villageois portant des habits hleus, des ad,ressé par Alceste a l'homme au sonnet :
le cas de ne s'occuper que de leurs talcnts. »
Cet arreté a été mis sous verre et encadré; franche- culottes jaunes et des has chinés, des vieillards d'un viFranchement, il est bon a mettre au cabinet.
sage noble, avec de longs cheveux blaocs leur tombant
ment, ce n'est que juste.
sur les épaules et un gilet a ramages,:seraient allés proDaos quelle acceptioo faut-il prendre le mot cabinet't
La Gazette aes Étrangers annongait, dans un de ses cessionnellement déposer sur l'autel des fleurs, des reufs Est-ce la chambre de travail? Est-ce le meuble intime
derniers numéros, que les tableaux vivants de société frais·et des colombes avec des rubans bleus ;.u col ; un ou nos peres serraient leurs papiers et leurs bijoux?
faisaient fureur a Londrés, et que ces most attractive centeoaire aurait Ju une page du doux Gessner ou de l'ai- Est-ce autre chose? En lisant cette intéressante polémiexhibitions avaient décidé plusieurs mariages dans ces mable Florian, jeunes gens et vieillards auraient chanté que, j'ai rougi quelque peu d'avoir attribué trop facileensemhle : Tfrcis en vain aimait Colette, ou bienAnnette
derniers temps.
.
soupirait
pour Blaise, et apres avoir répandu quelques- ment a cabinet le seos le plus grossier.'Cepeodant, en y
Oh! que j'aime le tablean vivant devenu négociateur
réfléchi5sant bien, il me semble qu'il y a bien des chanen mal'i.ages; que cela va bien avec la pudeur anglaise ! unes de ces !armes que les creurs sensibles ont toujours e-es pour que ce seos grossier soit ie bon. Certes, il n'éEt vraiment M. de Foy doit regretter de n'avoir pas eu a leur service, on serait rentré au hameau en se faisant tait point fait pour eflrayer Moliere ; en outre, Oronte
encore cette idée si simple et ~i heureuse du tableau vi- une fete de recommencer l'année prochaine.
Ois-moi, tendre et vénérable Greuze,mon idée ne vaut- avait assez échauffé la hile d'Alceste, pour que celui-ci
vant ! Mais je me fie a luí, s'il ne !'a point trouvée, il
se laissat échapper a quelque réponse un peu vive, et Je
elle pas mieux que celle de tes concitoyens?
l'appliquera.
« franchement &gt;J qui précede, indique clairem1::nt qu'il
Pretons - nous a cette admirable innovation, proSi jamais la réhah•.itation postbume devient une vé- ne va pas méoager le petit moreeau qu'on vient de lui
fitons en Fraoce du bon exemple que nous dono.e l'An- rité légale, comme elle est déja une vérité philosopbi- lire avec tant de complaisance.
gleterre : plus de bals, plus de soir¿es ~e musiqne : des que et une nécessité morale, la gloire en revieodra a un
tableaux vivants, rien que des table:,ux vivaots, l'hiver homme qui a coosacré sa longue vie a la justificatidn
u·y a une autre controverse littéraire sur laquelle il
prochain.
serait
fort opportun que Moliere put dire son mot : eUe
d'un innocent mort sur l'échafaud, et aujourd'hui en-•
Qu'il sera touchant d'entendre une mere dire asa filie: core légalement coupable. Si l'ou ne sooge pas a élever est née de la liberté des théatres; e'est, vous le voyez,
- Ma chere enfant, te voila dans ta viogtieme aonée, une statue a M. Méquillet, le subrogé-tuteur des petits- une actualité.
l est temps de trouver un mari; allons commander un enfaots de Lesurques, assez de creurs béniront sa méTartuf•.. (pour le moment, permettez-moi d'en rester
maillot.
moire pour qu'elle se passe d'un plus solennel hommage. la) Tartuf... est joué depuis trois semaines sur trois
Et qu'il sera charmant de voir un roman commencer
On sait que, s'il n'a pas encore obtenu un succes dé- théatres de Paris ou ¼foliere est du fruit nouv·eau; c'est
ainsi :
cisif, M. Méquillet a du moins eu, cette aonée, la cooso- assez dire que tous trois sont d'accord sur ce, point que
(&lt; Henri Y ... iítait un jeúne homme accompli; Blanche
lation de voir un grand mouvemeot d'opinion se faire Tartuf..• est un cbef-d'ceuvre; ils s'1mteodent moins sur
Z... était une ravissante jeune filie, belle, modeste, dé- en faveur de la nobl\l entreprise qu'il poursuit. 11 vient l'orthographe du uom assez étrange que le comir¡ue a
cente, et remplie de toutes lesvertus qui fo11t une femme d'adresser, dans les termes les plus touchants, un re- donné a son irupost':lur. L'un d'eux écrit Tartuffe, un
modele ... i,
merciement public aux orateurs qul ont plaidé devaut autre Tartufe, le troisieme, tantot d'une f~on, tantót de
« J'ai écrit (( femme modéle ,i saos peoser a mal, qu'on le Corps législatif, et aux journalistes qui ont soutenu l'autre.
en soit bien persuadé.
Qµelle est ta bonne? , •
de leur plume une cause a laquelle taut d'avocats se
&lt;( Le jeune Y... était deveu u éperdtiment amoureux sont déja dévuués.
L'autre jour, un critiqll~ tranchaít la qdestion sans
d'elle en la voyant poser daos le saloo de la princesse
Acceptons ses remerciements, mais _songeons que rien héshation aucune : c'est Tartufe qu'il fa)lt écrire, disaitde X..., ou elle représentait Judith séduisant Holopherne n'est fait, puisqu'il reste encore quelque chose a faire.
il, ¡,arce que ce nom vieut ,q.e l'allemand dtr ieu/el1 qui
avant de lui couper la tete... ,i
signifie le diable.
Les personnes qui auront l'excellente pensée d'orgaTandis que les idées philosophiques font tout douceMais voila que dan~ l'Intermédiaire, M. Hippolyte
niser des tableaux vivants dans leur salon, ne pourront ment leur chemin, les ootions scientifiquesse répandent Lucll$ écrit Ta,:t11ffe, et qo'il se déclar~ tres-disposé a
mieux faire que de s'iospirer de l'arreté du Premier d.:i.ns le public et se vulgarisent. Vulgarisation, voila un partager l'opinion d'apres laquelle Moliere aurait eu
Préfet du palais, et de décréier·qu'aucun suj.et ne sera au-. mot toutil faitmoderne, et la chose ne l'estguere moins l'idée de donner au personilage de sa comédie le nom
torisé A poser s'il n'a &lt;( une figure agréable, ou du moins .que le mot. Autrefois, la pbysique, les mathématiques, qu'il lui a donné, en voyaot s'épanouir le visage de cerArt. 16. Tout membre qui a gagné cinq sucres

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L'lLLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

L'lLLUSTRATION, JOURNAL UNl VERSEL.

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IIIESSE CÉLÉBIIÉE
A LA CHAPKLLB SAlNT-LOUIS (Tuais) POUR LA FtTE PATllONALE DES M.\TELOTS GADll!I\S ('U juin). ;

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D'apres un croquis d~ M. N. de 1·escadre ,d'év~lutions.

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CÉLÉBRA.TION

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Au nombre des collaborateurs nouveaux, on cite
tains chanoines devan.t un plat de truffes ou tartuffes
M. · Granier de Cassagnac, M. Veuillot; M. Pro·udhon,
que leur avait envoyées le .nonce du pape.
ºª u .
J'attends avec grande impatience le prochain numéro M. Barbey d'Aurevilly.
.
Ce n'est pas par la monotonie que,péchera la nouyellé F8TK DK SAIHT.PIERRK A LA CHAPKLLK SAIRT-LOUIS DK TUMIS.
de l'Intermédiaire, qui ne peut manqµer de contenir une
rédaction,
et SQUS ces noms je vois miroiter tant de cou•
réponse a M. Hippolyte Lucas; car il est évident que la
¡\U DIIIECTEUR,
leurs
différentes,
que ce litre de Nain jaune me parail
question n'est point épuisée.
Rade de Tuni1, I" juillit.
manque¡ désorn1ais d'a propos; il y en a un autre
Le vice•amiral, comte Bouet-Willaumeí, corrimandaot
Le Nain jaune vient décidément de se métamorphoser qui viendra certainement sur toutes les levres et qui
en chef l'escadre d'évolutions mouillée en ce~momeot
ferait bien mieux l'affaire.
X. FEYRNET.
en journal politique.

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INSURRliCT!O:i O'ALGÉRIH: COllBAT O'Allí-EL-SllETA. -

O'aprcs un dessin de M. Lefebvre,
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L'ILLUSTRA TION , . JOURNAL UNIVERSEL.

deTant Tunis, vient de décider, par un ordre du jour,
qu'a !'avenir, les matelots gabiers prendraient pour fete
la Saint-Pierre. Cette déeision a été re~ue avec enthousiasme par cette parlie des équipages de la flotte provenant de nos populations maritimes, si profondément
religieuses; jusqu'~ présent, il était d'usage que les gabiers fétassent un jour de l'année quelconque, jour qui
était déterminé parla convenance duservice, etquelquefois,l'année se passaítsans que cejour arrivilt, faute d'indication précise; a l'avenír, le jour de la Saint-Pierre sera
cons.acré spécialement a\.1~ gauirrs. Pour donner plus d'éclat a l'inauguration de cette féte, le vice-alnifül a voulu
que la mess'e fut célébrée dans la chaphtlé élevée, iI y a
quelques années, sur l'emplacement de I'Aeropole de Cartharge, la méme óu l\l ro¡ S¡iint-Louis était venu expirer, a la suite de la croisade entreprise en l 270. Aussí
cette chapelle, souvenir pieux, sentinelle avancée rle la
catholicité au mílieu de la population mabométaue,
avait pris un air de fete: les pavillons de1; na vires de l'escadre, arrangés ¡,.ve14art, agrandissaient l'intérieur dP.
cette chapelle en profungeant sa nef. L'amiral a bien
voulu assister a cette cérémonie, accompagné de tout son
état-major. L'aumonier de la Ville d.e Paris a prononcé
quelques paroles appropríées a. la circonstance, et la musique de ramiral a fait ente,ndre ses plus beaux morceaux. Toute la population fran~ise de la Goulette ou
de Tuni~ était accourue pour témoigner de sa reconnais~ance f!Dvers l'escadre chargée de la prgtéger.
Agréez, etc.
Pour e:etrait: H. CAsTELlllANS.
~

CORRESPONDANC E

D'ALGÉRIE.

INSCRRECTION DES FIJTIAS.

On se rappelle l'insurrection qui éclatait, le t3 mai
dernier, pres de l'un de nos grands centres de colonisation de l'Algérie. Les Flittas, travaíllés p9.r les émissaires
de Si-Mohamed-Ould-Hamza, qui avait déjil soulevé le
sud ,de la province d'Oran, fanatisés en outre par leurs
marabouts, se levaient en ma~se, venaient insulter le
poste de Zemmourab, dont ils pillaient les établissemenls
européens, s'em-paraient du caravansérail de la Rahouia
et en égorgeaient les défenseurs. Enfin, les 27, 28,
29 mai, ils investissaienL Ammi-Moussa, qu'íls ne quittaient que le 30, pour venir le 3l mai etle i •~ juinenvahir
la plaioe de Relizane. Pl11sieurs fermes de cette plaine si
ricbe, si féconde, furent pillée~, et quelques-uns de leurs
habitants, re~tés bravement a leur poste, succomberent
devant un ennemi qui assouvit sur eux les instincts
d'une sauvage cruauté.
Une panique générale, que les événements récents
• étaient certes de nature a expliquer, exislait daos la
oontrée. Les fermes isolées étaient abandonnés; !'incendie avait commencé a entamer les magnifiques blés et
orges de la colonie, et la culture du coton, sur laquelle
se fondaient tant d'espérances, mena~ait, faute d'irrigation, d'etre a jamais coUtpromise.
Telle était la situation, lorsque M. le général Rose
arriva le t •• juin a Relizane, pour y prendre le commandement d'une brigade formée des -t2• et 821 de
ligne, déharqués de France en toute hale. Malgré l'excessive fatigue de ses troupes, le général se dirige des
Je 2 juin sur Zemmourah, et le lendemain, 3, il pénetre
dans les montagnes des Flittas.
Le col de Had-el-Atech, qu·il a a fraochir, est bordé
de fourrés impénétrables. L'ennemi veut en défendre
les approches; mais apres trois heures d'un combat opiniatre, il doit se retirer, laissant sur le terraio de nombreux cadavres.
La colonne atteint ensuite, saos autre incidenl, son
bivouac de Dar-Ben-Abdallab , ou elle commence, le
i au matin, la construction d'un retranchement destiné
a abritflr. ses approvisionnemenl~, ses malingres et ses
autres imredimenta, pendant qu'elle irait ultérieurement
rayonner daos le pays. A peine a-t-elle entrepris l'exé~
cution de cet ouvrag::, qu'elle se voit attaquée par de
forts contiogenls qui sont repoussés avec des perles sensibles pour l'ennemi.
Le len&lt;lemain matin, 5 juin, le camp de Dar-BenAbdallah est de nouveau assaílli; mais cetle fois les Flittas se présentent en plus grand nombre et avec un
ensemhle inaccoutumé. El-Azereng-Bel-Hadj, qui veut
ten ter un effort supréme, est en tete; il a réuni tous ses
adhérents; les tribus des cercles d'Ammi-Moussa et de
Ma~r~ra lui ont fourni de~ fantassins, et des quantités

de femmes venua~ asa suite garnissaient les hauteurs
environnantés pour exciter de leurs cris l'ardeur des
comb?.'. t:rnts musulmans. L'ennemi, qu'on laisse appror.her a une tres-faible distance, est re~IJ par la mitraille
et des feux d'ínfanterie bien nourris. Au bout de trois
heures, pendant lesquelles il a combattu avec beaucoup
d'énergie, il est forcé de se retirer, laissant aux abords
du camp un grand nombre de morts. Le sultan El -Azereng-Bel-Hadj et son premier l&lt;alife a·vaient été mortellement frappés, et cet événement, rapidement connu de
tous, était pour nous un succes des plus signalés. L'insurrection, privée dt: chef, ne tardait ¡,as a se désunir;
les tribus compromises du cercle d'Ammi-Moussa accouraient faire leur soumissíon. Bien d'autres de la subdivision de Mascara, disposées A s'associer au mouvernent, étaient contenues. Les Flittas se trouvaient isolés,
réduits a leurs propres forces, et ils ne devaient pas se
momrer longtemps agressifs. Le combat du i t juin,
qu'ils•livrerent ª· la colonne du général Rose en ravitaillement a Zemmourah, fut le dernier de la campagne.
Apres ce combat, qui couta beaucoup de monde a l'en•
nemi, et a nous deux morts et dix-neuf blessés, on ne
rencontrc plus une résistance sérieuse. Les populations,
revenues an sentiment de notre force, alarmées en outre
par la marche des trois autres colonnes qui mena~aient
de les étreindre, se· pressaient autour des représentants
de l'autorité pour demander l'oubli du passé. Le 27 juin,,
la majeure partí e du pays était soum1se; il ne restait
plus que quatre tribus a réduire: c'étaient celles chez
lesquelles le marabout Ahd-el-Azis, qui s'était levé pour
succéder au sultan El-Azereng-Bel-Hadj, avait trouvé le
plus d'appui. Le 28, on marchait contre ces tribus, et
leurs représentants avaient ha.te de venir implorer leur
pardon. Trois d'entre elles, surprises par la colonne
du général Rose, ~e livraient a notre merci avec leurs
remmes, leurs enfants et leurs biens.
Des le 29 juin, l'action militaire étaít terminée chez
les Flittas. L'action administrative allait commencer,.
ioaugurée par une allocution tenue le 2 juillet, au camp
c\P l'Oued-el-Anzar, par le général de division Deligny,
commandant la division d'Oran, au.x Djemmaa des
Flittas.
Cet Abd-el-Azis, dont l'arrestation a été en quelque
sorte imposé,: aux Flittas, ne fut tout d'ahord qu'un
liandit. Poursuhi pour de nombreux méfaits, il se réfugia daos les groltes difficiles des Ouled-Sidi-Yahia, sa
tribu natale. Dan~ cette retraite, il sut attirer a lui uo
crrtain nombre d'individus dont il exalta )'esprit par le
l'PCit de visions gro~sieres; bienlot méme il insinua qu'il
avait re~u la mission divine de défendre l'islam, et ses
lmpm;teurs ne tarderent pas a lui' gagner des adhérents
dans presque toutes les tribus environnantes.
A l'abri du r,restige religieux qu'il exerce, il parcourt
,ouveot le pays et y jctte des éléments d'intrigues et de
désordres, saos q•úl ait été possible jusqu'ici de le saisir. Abd-el-Aziz, agé de quarante ans environ, marche
mystérieu&lt;ement; sa figure est presque constamm€Dt
voilée, el il ne ia découvre qu'en pr¿sence de quelques
111arabo11ts initiés a ses projets.
P. P.

lUT0BIOGRAPHIE D'UN POETE.
(Suilt.)

Nous étions partís pour le bois quelques camarades et
moi, et tout le loug du chemin nos jeunes imaginatíons
s'étaient montées par le récit d'aventures attribuées a la
folle, aventures ou le merveilleux et le terrible jouaient
le principal role. Chacun cependañt af6cbait uu air de
bravoure, et ce ful a qui déclarerait, du ton le pi us vaillant, qu'il ne lacherait point pie&lt;l devant la folle. Nous
arrivames en face de sa cabane, et nous aper~ümes sa
tele a travers la lucarne de la guérite. Elle ne tarda pas
a sortir, armée d'une beche, ce qui nous lit bien un peu
hattre le creur; mais elle ne fit pas attenlíon a nou~, et
alla retourn"r la terre daos son jarrlin. L'un de nous
lan~a un caillou contre sa porte, qui résonua fortement.
La folle se retourna soudain el JIOUS apostropha comme
nous le méritions. Nos réponses ne furent pas de nature
a l'apaiser, et, frémissante de colere, les cheverrx épars,
la beche levée, elle accourut vers nous. C'était le moment de montrer notre héroisme. J'éprouvai une violente envíe de fuir, et mes camarades firent plus que
d'en éprouver l'envie : ils prirent leurs jambes a leur
cou. D'oú vint qne je ne les imitai pas? Je n'ose vrai-

ment pas rattribuer amon courage : la terreur m'avait
peut-étre changé en statue. La folle arriv'a sur moj
comme une furie. - &lt;&lt; Incorrigibles polissons ! cria-t-elle
en me saisissant au collet, il est temps que je fasse un
exemple '. « J'avaís pris d'une main le manche de la
beche, dont je redoutais les coups, et de l'a11tre, f étreignais convulsivement le haut de la robe et les cheveux
flottants de mon adversaire. Ce que je redoutais le plus
en ce moment critique, c'était que mon visage, daos la
lutte, ne touchat le sien. Nous semblions ainsi rivés l'un
al'autre. Un brusque mouvement que je fis pour me
dégager délogea son pied de son sabot; elle perdit l'équilibre et nous roulames sur le cbemin, mais saos
lacher prise. A ce moment mes camarades arriverent;
chacun d'eux tui saisit 'ln bras et une jambe, et je parvins ainsi a recouvrcr ma liberté. Nous étions déja loio,
,¡ue la pauvre folle n'avait pas encore pu se remettre
rl'aplomb sur ses pieds. A partil" de ce jour je passai
presque pour un héros; mais, daos mon for intérieur,
je n'ai jamais cru l'avoir été.
Trente ans plus tard, j'ai voulu revoir ce village, oú
.it· n'étais plus revenu depuis ma sortie du collége. Une
~orle de nostalgie s'était emparée de moi. Une voi1
~rerete me disait qu'il fallait me hater. Je partís. Par une
f'antaisie du souvenir, je résolus d'arriver par Menin, et
, de ne p;is entrer dans Halluin par la grande route, mais
par un sentier qui longe le village et vient aboutir au1
I prairies pres de la porte de l'ancien jardín de mon pere.
A Menin, ríen n'était changé, excepté l'enceinte de la
vi lle, dont on abat~it de nouveau les fortificat10ns,
comme je l'avais vu faire apres la révolution beige de
H!3 l. Toutes les maisons de la grande place avaient
conservé leur physionomie et leur couleur : la jauoe
rtait encore jaune, la rouge encore rouge, la violette
toujours violette. Au coude de la longue rue que nous
avions si souvent descendue en courant au retour de
l'école, je reconnus la petite boutique oü nous acbetions
pour deux cen.~ (menue monnaie hollandaíse), ces délicieuses agglutinatioos de sirop et de farine_désignées
daos le pays sous le nom de babélars. En francbissant
le seuil, je retrouvai spontanément daos roa mémoire les
traits et le costume de la bonne vieille femme qui nous
les vendait alors. La femme plu, jeune qui la rempla~ait, avait exactement les memes traits et le meme accoutrement. C'était la filie de la vieille Lisbeth. Nous
rausames longuement de Lisheth avec la nouvelle marchande, qui s'était assise en meme temps que moi sur
les bancs de l'école de Menin. Quelle évocation de souvenirs; Tous ces noms, que je croyais avoir oubliés pour
toujours, me revenaient en ce moment avec une l:lcidité merveilleuse. Je voulus m'assurer si les babé/11n
avaient encore le méme goüt exquis. Mon palais n'éprouva plus lajouissance d'autrefois; ma,sc'était la faute,
de mon palais et non des babélars. Je devais rencontrer
des déceptions plus cruelles. Je me dirigeai vers la maison ou se tenait jad1s notre école. Son aspect intérieur
était resté intact. On entraítencore par les trois marches
de pierre que j'avais franchies si souvent. La maison
d'en face était toujours le magasín de ferraille, d·outils,
et de plomb de cbasse, ou nous allions nous procurer
nos hame~ons de peche et notre poudre a tirer. Je pénélrai jusqu'au fond dú corridor. Un menuisier éta1t
établi dans la cour el rabotait ses planches. Afaís la
cour n'avait plus son grand p•Jits ni son grand noyer.
Le noyer surtout me tenait au creur, etje crus que j'allaís pleurer. Je m'informai d'une jeune filie qu'avait
beaucoup aiméll un de nos plus chers camarades, et •~ui
avaiL été fort belle. Elle étaít de-venue presque vieille et
laide. Je n'eus pas le courage de lui parler du passé. Je
traversai le pont sur la Lys : l'eau était trouble, cette
eau si transparente, autrefois, qu'on apercevait a travers
le~ poissons endormis sur le sable : les décombres des
rempart.5 s·y écroulaiPnt maintenant de tous cótés. Je
pas~ai. J'étais parvenu a la cbaussée qui domine les
prairíes, et qui est bordée de fortes murailles et de
sapins entrelacés, bariolés jadis des couleurs néerlandaises. Je me rappelai qn'un jour, un ami de ma famille
m'avait surpris courant 1mprudemment sur ce dange•
reux garde-fou, et fait punir en allant le raconter amon
pere. J'arrivai a la borne séparatrice des deux territoires, théatre de nos combats enfantins. Je tournai les
yeux du coté oü devait se voir le clocher de l'église. Je
chercbai en vain le clocber. J'appris bientot que depuis
deux ans la vieille église était démolie et qu'on en construisait une autre. J'étais a l'entrée du village, et mes
regards po11vaient plonger au loin daos la longue rue

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
qui 11' traverse. Cette rue me sembla complétement mé- que son lit eüt toute la netteté désirable. Mon attente y resta buit jours, pendant lesquel~ le général ~tPjia ~e
tamorphosée. Je pris le sen\ier qui longe les jardíns de ne fut d'ailleurs pa~ longue, et la jeune filie vint me portait a il!atehuala, observant les mouvements contioroite. Les jardíns existaient presque tous encore; mais cherchn avec un sourire affable.
nuels et incertains des généraux Doblado et Nerc11u,jadis si claire, du ruisseau qui les borde, exbalait
J'essayerais en vain d'exprimer les sentimeqts qui grete, qui tantot se rapprochaient des aYant-postes de
une affreuse odeur chimique , témoignant de l'usage in- m'assaillirent a la vue de cette sereine et vénéff.ble fi- l'armée alliée, tantót s'en éloignaient, puis re'ven.-it sur
dustrie! auquel on l'avait réduite : mon vieux ruisseau gure. - « Entrez, monsieur, me dit-elle d'une voix an- leurs pas, mena~aient la vil le de Catorce, célebre par ses
]impide n'était plus qu'un ruisseau d'eau rle Javel !
gélique, et pardonnez moi de vous recevoir ~si; par- mines d'argent. Par suite de ces mouvements de l'enJe vis enfin luire les tui les du toit qui uous avait si donnez-moi aussi de vous demander qui me fa~ l'honneur nemi, le colonel Aymard se décíde a quitter Venado et a
longtemps abrités. La maison avait fait le contraire de de me visiter? 11
•
J
marcber en avant, afirÍ d'étre plus a portée de seconrir,
rooi : elle était sensiblement rajeunie, embellie; mais
Je luí dis mon nom, '\pres quelques préliminaires s'il en élait besoin, le général Thoma~ Méjia.
Je mur du jardín était resté le meme; seulement, il n'é- destinés a lui éviter toute brusque secousse. -Comment !
Le {3 mai, la colonne fran~aise campe a )'hacienda
tait plus surmonté du cerisier qui s'y dressait daos notre vous etes monsieur Nicolas, s'écria-t-elle en me tendant de Charcos, et le i4, a celle de la Laguna secca, oü 61.le se
temps, et dans les branches duque! je grimpais d'un uile mam qui tenait une rustique sculpture de Jésus sur trouve a cheval sur deu.x routes, prete a tout événepied si leste. La porte du voisin, le charron, était ou- la croix! Ah! que je vous remercie, mon Oieu, de me ment.
verte. J'entrai, la poitrine palpitante. Des rouesoa moi- donner cette joie avant d~ mourir ! Mais cette joie ne
De Venado a Charcos, il y a cinq lieues, a travers u:ne
tié ébauchées, des planches et des madriers de toutc sera pas enliere, ajouta+elle en soupirant, car mes plaine ou l'on aper~oit, de loin en loin, quelques rangrandeur, placés ~a et la daos la cour, annon~aient que yeux sont éteints, et je ne vous verrai poinf.
chos dont les misérables habitan~ cultivent a peine
Je voisin était encore un cbarron ; mais était-ce bien
J'appuyai pieusement mes levres sur sa main que je quelques portions de ce vaste terrain rnns eau. L'hatoujours le meme, celui qui me prétait avec tant de retins pressée daos les miennes.
cienda de Charcos est peu importante et tombP. en ruine~.
complai~ance rles scíes et des rabots? Un homme d'une
- Oui, c'est l'espiegle d'il y a trente ans, qui a voulu Six lieues a travers un pays en tout s~mblable an préquarantaine d'années se tenait au milieu de tout ce vous remercier une fois encore des honnes instruct1ons cédent, séparent Charcos de la Laguna seccn : cette derbois. C'était le fils de l'ancien charron, un autre compa- que vous luí a vez faites; il épronvait depuis longtemps niere hacienda, qui n'a pas moins dP. quarante lieues de
gnon de mes jeux. Son pere était mort, sa mere était le vif désir de vous revoir et de vous demander votre terrains, offre quelques ressour,:es en grams et en besruorte. 11 voulait me retenir. J'avais une idée fixe, et je bénédiction, car il sait que vous etes aimée de Dieu.
tiaux dont les nombreux troupeaux parcourent en liberté
lui demandai une échelle.J'allai l'appuyer contre le mur
- Ah ! je ne vous ai jamais oublié daos mes• prieres, ces solitudes.
du jardín paternel, et je montai d'un pas que l'émotion depuis ce jour de votre punition daos l'église par notre
Le i5 mai au soir, une dépecbe pressante du généfaisait chanceler. Mes yeux avaient ha.te de plonger vieux curé a qui, je !'espere, vous a vez pardonné depuís ral Méjia, dépécbe annon~ant que Doblado conéentre
daos ce jardin plein des scenes du passé. Hélas ! je ne longtemps. C'était no saint homme; et on en a eu la 7,000 hommes au Cédral, il. cinq lieues de Matehuala,
reconnus plus ríen : ji avait été bouleversé de fond en preuve lors de la t"ranslation 4es tombes daos le nou- force le colonel Aymard a se mettre subitement en
comble. Deax chaudes 1armes glisserent le long de mes veau cimetiere: savez-vous que son corps a été retrouvé route.
joues. - « O maison paternelle ! maison qui me fus intact, tel qu'il avait été mis daos la biere ! Oui, j'ai
La colonne quitte la Laguna secca a huit beures du
longtemps si accueilla'nte et si douce , maison pour qui prié tous les jours pour vous et pour votre bonne fa- soir, et arrive a onze heures et demie a rbacienda de
je ne sois plus qu'un étranger, un étranger qui n'ose mille. Parlez-moi de votre excellente mere, je vous Sob's, d'oü. elle repart, a quatre heures du matin, pour
plus franchir ton seuil et qui te regarde furtivement du pr¡e; j'espere qu'elle est encore de ce monde pour le venir a la Preza, a éinq lienes de Matehuala : elle a fait
haut de tes murs comme un voleur . Sois bénie, ó cbere bonhenr de ses enrants. J'ai toujours, voyez vous, la ainsi, d'une seule traite, une vingtaine de lieuPs a tramaison! Sois ajamais bénie, toi et tous ceux qui t'habi- robe de soie noire dont elle me fit cadeau ~pres votre vers des plaines et des montagues incultes, ne rencontent ou qui leur succéderont ! 11
premiere c0mmunion. Je l'ai conservée mieux q1ie la trant qu'un assez grand village appelé Villa de GuaJe m'avan~ai vers les prairies. Ce n'étaient plus des prun.elle de mes yeux, et je me la fais quelquefois ap- dalupe.
prairies : des ma1sons, d'affreuses maisons de tisserands porter sur mon lit pour la touc~er avec mes doi¡,rts;
Le 17, jour anniversaire de la reddition de Puebla, au
avaient pris la place de l'herbe. Je suffoquais. Je m'in- il me semble alors que je toucbe la main de votre digne moment ou la colonne frangaise arrivait devant Matefurmai de mon vieil ami, le patre idiot. JI était mort de- mere.
huala, l'armée ennemie descendait des montagnes qui
puis bien des année~, mort sans avoir vu se réaliser ses
J'abrége cette scene dont les détails intimes veulent couvrent la ville a une lieue et demie, a l'est, prenait
deux revcs, sans avoir fait sa premiere communion, ni etre conservés dans le sancluaire du creur. Je partis position au Cei'1'1:to blanco, oü Doblado établissait son
possédé, enfin, cette montre d'argent si ardemment dé- l'ame en quelque sorte embaumée par le parfom d"es- quartier général, et déployait bientót, dans la plaine,
sirée ! Je continuai courageusement ma route. Chaque pérance et de vertus qui s'exbalait de cette longue exis- sa nombreuse artillerie, ses 8/10 cavaliers commandés
pas que je faisais complétait la destruction de la fralche tence, dont la pu reté, la suave blancheur, me rappelaient par le général Carvajal, et ses 5,000 fantassins.
idylle, si longtemps, si doucement caressée dans mon le lis des champs. J'avais eu raison de ne plus vouloir
Le général Méjia avait, depuis quelques jours, sa divisouvenir.
différer ce voyage, car quelques jours plus tard la sion forte de 3,000 hommes, campée aux portes de la
Je revenais par le haut du Tillage, descendant cette bonne demoiselle de Lannoy allait rejoindre dans le ville; il n'avait done plus qu'a la porter en :ivant de
fois le long de la grande rue. Je m'arrétai devaut une nouveau cimetiere son guide spirituel et son ami, le l'ennemi, qui marchait a grands pas, protégé par son
modeste maison que le temps avait respectée. C'était la vieux curé.
artillerie. Pendantce temps-la, la petite colonne fran~aise,
maison de la bonne demoiselle de Lannoy. Vivait-elle
J'arrivai done a onze ans au collége, vierge de toute forte de ! ,200 hommes, prenait quelques instants d'.un
encore? Je n'osais interroger les pa~sants, et je restai notion de latin, mais plus ferré a glace ~ur mon fran~ais repos dont elle avait grand besoin ; mais impatiente,
longtemps plongé dans maréverie. Enfin,je fis un grand que beaucoup de bacheliers es lettres &lt;l'alors, et l'ima- comme toujours, lorsqu'il s'agit de combattre, on la vit
etfort sur moi-meme, etje questionnai une vieille femmP. gination déja ébranlée par certaines lectures qui lui bientot s'élancer d:ms la plaine, a la vorx du colon!'I
doot l'air sympathique m'avait atti1é. - &lt;&lt; C'est ici, ma avaient ouvert une portevers les merveilleuses perspec- Aymard.
bonne mere, que demeurait autrefois M11 • de Lannoy ? &gt;i tives de l'inconnu. Les contes allemands que ma mere
Doblado avait mis en ligne sept batteries de grosse
- « Elle y deme1Jre encore, monsieur; mais elle est nous avait si souvent repétés, et que je devais retrouver artillerie servie, dit-on, par quelques aventuriers amébien vieille, plus vieille encore que moi, et ses infirrnités plus tard avec bonheur en traduisant le recueil des ricains; le feu était bien nourri, et, sous cette protecne lui per111Lltent point de quitter son lit. »
frercs Grimm, avaient surtout laissé en moi comme de tion, les nombreux tirailleurs d'une partie de son infanJe frappai douceme,nt a la porte. - Ah ! mon creur vagues écbos de cor enchanté. La compression de ces terie s'avant:aient a grands pas, ayanl sur leurs flanes
frappait plus fortement au fond de moi ! Une jeune filie, jeunes élar.s, de ces jeunes bourgeons de )'esprit, par toute la cavalerie1 Le colonel Aymard, d'accord avec
vetue avec un·e propreté presque coquette, vinl m'ou- l'apprentissagfl du rudiment latín, me fut d'abord une le général Méjia, avait fait déployer sur la droite, qui
vrir. - « Comment se porte M11• de Lannoy?ii - &lt;(Ah! amere souffrance. 11 me fallut a~i rnrmonter la nostal- était l'aile gauche de l'ennemi, d'abord la compagnie
monsieur, elle est bien faible ! Elle s'affaiblit d'une ma- gie de mes prairíes et de mon village. Mais ces douleurs franche {officiers : Prax, Moulis), puis les TOltig~urs
niere visible de jour en jour. Mais le creur, chez elle, sont communes a tous les enfants, et, corome tous les (ofñciers : Bellefroid, Pampéani, Turlin), puis enfin, les
est de plus en plusgai, de plus en plus ferme. Elle a une cnfants, je réussis par degrés a m'y habituer et a m'en- grenadiers (officiers: de Bailloux, Crist), pour teuir tete
si gr-ande religion! Elle a une si grande &lt;iOnfiance dans durcir. Ma robuste santé el l'amour-propre aidant, je re- a cette atta.que, tandis que sur la gauche l'artillerie de
la bonne Vierge ~tarie! Et la bonne Vierge menera tout gagnai bientot le temps perdu,et a dix-sept ans, je reve- Méjia 1Jtait fortement engagée depuis pres d'une heure.
droit cetle sainte a.me au paradis ! ii - • Je le pense nais, avec un diplome universitaire en regle, dans ma Mais l'ennemi, se senta.nt en force et croyant sane
comme vous, mademoiselle. Mais croyez-vous qu'un ami, famille qui habitaít alors Dunkerque.
doute n'avoir affaire qu'a l'armée de Méjia, avan~ait raqu'elle n'a pas vu depuis bien des années, puisse lui
pidement.
N. MARTIN.
fa1re visite, sans craiute de lui occasionner une émotion
(La suite prochainement.)
C'est alors que le colonel Aymard donna l'ordre a
dangereuse dans l'etat oü elle se trouve? » - &lt;(Oh!
l'escadron de chasseurs d'Afrique de déblayer le terrain
non, monsieur; elle vit trop daos la pensée de Dieu,
(textuel) et d'arréter non-seulement la cavalerie, mais
pour que vous deviez craindre cela. Elle vous recevra
l'infanterie. Les braves cavaliers qui n'attendaient
avec joie. Je vous prie seulement de me laisser le teqips
EXPÉDlTI0N DANS L~: N0RD DU M.EXIQUE.
que. ce moment, pousserent un cri de joie, auquel réde la prévenir. 11
pondit le 62• de ligne en entier, et l'on vit bondir dans
(mu.)
1111trai dans la petite chambre sur laquelle s'ouvrait
la plaine, sur l-'extréíne droite,. les deu.x premiers pelola porte de la rue. J'en connaissais tous les coins, et les
tons (officiers :Rapp, Faivre), qui bousculerent, en un clin
Comba\ de 1111&amp;\ebula (17 - • 1116).
'lieux meubles ne m'étaient pas non plus étrangers.
d'reil, les 800 cavaliers de Can;ajal. En méme temps,
C'était dans cette chambre que je venais prendre mes
les deux autres pelotons de l'escadron (officiers : LaiAU DIRECTEUk.
l~ns de catéchisme. J'entendis et reconnus la voix de
Malehuala, 19 mai 1864.
gneau,
Cibot), prompts comme l'éclair, fon~aient sur
1111• de Lannoy. Elle recommandait a la jeune tille de
l'infanterie, laquelle, cachée derriere un ruur en pier-res
tout disposer dans la chambre ou elle était pour me reLe colonel Aymatd, arrivé le 4 mai Venado, ainsi · et de hautes broussailles; faisait déja beaucoup de mal a
t!evoir convenablement. Elle insistait 'surtout pour que je vous le disais dans roa derniere correspondance, la compagníe franche et aux voltigeurs. En quelques

a

�L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
minutes, cette infanterie, bousculée, surprise, ques pertes a regretter: dans l'armée de Méjia, iO blessés, un commandant, un capitaine
taillée en pieccs, mettait bas les armes.
Pendant que les chasseurs d'Afrique . déga- tués; dans l'armée fran~aise, 8 morts et 43
geaieot l'aile droite, l'infanterie de Méjia et les blcssés.
De toute cetle- armée de 7:000 hommes de
300 ,cav¡liers s'avan~aient agauche; l'eoncmi,
se croyant envcloppé, lachait pied de toutes Doblado, il ne reste plus, dit-on, que les cavaparts, abondonnant son artilleric, ses muoi- liers de Carvajal, l'infaoterie ayant fui de
toutes parts ou
tions eL ses armes.
ayant été prise,
Pendant ·-quatre
ainsi que l'artilgrandes lieues, les
lerie. Le .role du
chasseurs d'Afrigénéral Méjia qui,
que poursuivirent,
dureste, s'estmonpar une chaleur
tré
digne de sa réaccablante, cette
putation
de vaarmée débandée,
leur
et
de
capa•
espérant s'empacité,
est
done
facirer de Doblado et
le
:
a
l'heure
qu'il
de Negrete. Mais
est, il tient dans
ces deux chef, ont
ses
mains la clef
pu
s'échapper. '
de
Monterey,
derQuant a Carvajal,
nicr
refuge
de
J
uale soir meme, il
rcs.
élait a Tula, ayant
Le coloncl Ayabandonné sur 1e
mard rentre aSanchamp de balaille,
Luis Potosi, laisafin de n'etre pas
sant
sur sa route
réconnu, sa 1este
une
.
force sufüdans laq uelle on a
LE COLO~EL DAII0:'1' AYAIAI\U.
santc
pour maintrouYé des papiers
tenir
ses
cou¡mumportants.
nications
avec
l'arméc
alliée.
Quelques
mots
Ainsi finit, en peu de temps, cclte aclion qui
adressés
a
la
colonne
expéclitionnaire
résument
,
avait pris, des le principe, les proportrcJns ct'unc
!'affaire
de
Matehuala:
hataille rangée. Les résultats sont: 1.200 pri- :
sonnicrs, i 9 pieces d'artillerie ainlii qu'une grande quantité d'armes et 190,000 ear'lollChes.
« Soldats,
Malheureusement, malgré la promptitude et'
« Vous venez de remportcr un succes éclale peu de durée de l'action, nous avons quel-

'. ,.

- -

-~~/~r
/'. -::.. .
.o,( I V ~ l.

t::7 ·--:

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

57

tant sur les troupes de Doblado, comman- Sortons... en prenant cette porte, nous
dées par ce général en personne. Voui, avez trouverons une rue ou nous pourrons causer
été d'un élan remarquable dans le combat, plus convenablément qu'ici.
tout le monde a fait dignement son devoir.
Puis elle se signa dévotement, apres a voir
Je suis heureux de vous adresser ici mes félici- indiqué a Louis fa porte, par ou celui-ci sorLit
tations et d'avoir eu l'honneur facile de diriger le premier. Elle le suivit aussitot.
des troupes comme vous,»
B:i.ron AYM~RD.
- Aviez-vous pensé, dit Louis, dont les levres tremblaient,
Je vous envoie
que ce j our était
une vue de Maune date importehuala, petite vi lle
tante daos ma vie,
assez intéressante,
qu'il m'offrit , le
située au milieu
plus beau spectad'une {plaine ¡fercle qu'aient admitile, aux pieds
ré mes yeux, qu'il
d'une séric de
fit de moi un autre
montagnes richcs
homme?
en minerai de
- Vous parlez
cuivre et d'or, dont
bcaucoup trop vite
les plus remarpour moi, qui ne
quables sont nomcomprends qu'immées los Fra'iles
parfaitement votre
(les moines), plus
langue, dit (,iulia
un dessin clu comavec une politesse
bat dont je viens
de reine. On a
de vous faire le
remarqué ancienrécit.
nement déja que
c'est un privilége
Acn. Crnor,
LE GE~ÉIIAL 1tlli.JIA.
spécial auí tilles
LielitenaDt aux cbasseurs d'Aírique
d'Italie, de ne point
ttrer lcur air de grandcur d'une naissance illustre ni d'un rang élevé, mais simplement de
la nature, qi1i leur a dcnné a toutes cette maGIULIA,
jesté inconsciente, et de la passion, e'est•a~
NOUVELLK. (PIN,)
dire de la puissancc de soulfrir, cette pre•
L'Italiennc cut un charmant sourire, se leva micre des grandeur, morales.
et dit:

- Je vais répéter, dit Louis.

�· L'JLLOSTR/1T !ON, .JO UR1'AL Ul'llVERSEL.•

58

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- Non pas, fit vivement l'Italienne, dont le pale visage se colora soudain.
- 11 serait fou d'espérer que vous ayez jamais pensé a
mói, si~nora. Vous m·aveza peine vu durant cette courte
visite chez votre pere, et il y ~ cinq ans de cela. A nos
ages, Giulia, cinq ans, c'est comme un abime jeté
entre dlíux espaces tout différents de la meme vie. Chez
moi, cet abime fut jour par jour comblé. D'enfant, je
suis devenu un homme.
- Brave et bon, je le sais.
- Et de petite filie, vous etes devenue une dame, et
la plus belle quej'aie vue.
Giulia abaissa aussitót sur sa figure un voile épais.
Louis, intimidé, consterné, ne sut ríen dire pour l'empecher de lui soustraire sitót le bienfait d'une vue si ar·demment souhaitée. Heureusement cette action ne montrait pas, chez Giulia, le désir de metlre un terme aleur
entretien, car elle reprit la premiere :
- Je mentirais si je disais que je vous ai a peine vu
chez mon pere. Un peu de curiosité est naturel cbez une
petite filie, et j'étais d'ailleurs bien excusable en vous
regardant, vous, le premier étranger que j'eusse vu a la
maison, ou il venait cependant beaucoup de visiteurs,
mais non a titre d'amis, comme vo•1s, ce jour-la. Cette
exception 'Occupa mon esprit d'enfant, et apres cinq aus,
en croyant vous reconnaltre, il m'a été doux de compter,
dans ma douleur, sur votre sympathie.
- Elle est toute a vous, Giulia; mon ame vous comprend et vous appartient, depuis ce beau jour dont le
souvenir est melé de si amers regrets. S'il ne vous plait
pas de me laisser admirer, dans un respect religieux, la
pure splendeur de votre visage, du moins, ne me refusez pas votre oreille.
Ecoutez-moi, Giulia. Je crois fermement (et si j'étais poete, ce serait le constant sujet de mon unique poeme), je crois fermement que nous ne naissons
pas pour la premiere fois, le jour ou notre mere nous
met au monde : je crois que la meilleure part de nous
e~t éternelle, celle avec laquelle il me semble. queje vous
ai toujours aimée. J"ai vu, specta.teur froid, les richesses
·et le génie de la plG.s belle des trois grandes villes du
monde. J'ai été melé, acteur docile, a des événements
que l'histoire conserve. J'ai fait mon devoir, non sans
tristesse, et non sans honte parfois. La grande fievre de
la guerre, uúe fois calmée, me laissait en proie a un
noir accablement, et je me disais : ce n·est que cela!
Mais lorsqu'on m'eut d[t que vous étiez 1ci, j'ai sentí
mon creur bondir, d'un vol impétueux, des profondeurs
de votre souvenir, jusqu'aux hauteurs qt.'habite votre
grace. Qu'importe la fa~on dontje vous le uirai, puisque
je vous aime. Je n'aurai jama is le nom des grands poetes
de votre patrie, mais que ce qu'ils ont écrit de meilleur
sur l'amour me semble incomplet, inlltile, indigne de
1eur gloire, aupres du sentimeut qui m'anime polli' vous
et devant vous, Giulia... et cependant, je rcnoncerais
plutót a vous voir encore qu'a abréger d'une ligne !'es-pace qui nous sépare, si vous ne l'ordonniez vous-meme,
qu'a toucher votre maiu, si elle ne se tendait la premiere vers la mienne.
Louis était assei grand, blond, hardi, frémissant, et
paraissait plus jeUlle encore que son age. Sa tenue de
eampagne lui seyait a merveille; sans parler des mérites
de sori creur, on pouvait l'aimer tout d'un coup, et l'on
a pu· voir, d'apres la chaleur de ses paroles, qu'il avait
le mérite de n'y pas trop compter.
- Oh! monsieur, dit Giulia, ce n'eet pas moi a qui
vous parlcz ainsi, ou tout au moins c'est une épreuve de
Totre part, et vous ne pouvez croire que je me sois rendllc vers vous avcc la pensée, meme la plus éloignée,
d'entendrt un tel langage.
- Giulia, bien loin que je puisse jamais séparer mon
respect de mon amour, apprenez que l'un est nécessaire
a l'autre,. que celui-ci ne serait pas sans celui-la. Si toutefois il vous est plus agréable que je me taise tout a
fait, ordonnez.
- 1e n'ai a relever ríen d'inconvenant dans vos paroles; je leur reproché seulement de nous avoir fait perdre de vue l'objet princiral de notre réunion, qui était
de nous eniretcnir ~e Thomaseo, mon pere, et de ses
derniers jours:·Que de fois il m'a dit: Ah! du moins, si je
connaissais J'ádresse de M. Louis, je lui écrirais tout de
suite pour lui apprendre, !ID peu tard, il est vrai, que
~ n'a pas été du tout ma faute si je me suis abstenu
d'aller lui dire adieu a son collége. Le prochain départ
du bateau me laissait a peine le temps d"achever des
préparatifs indispensables, et, d'ailleurs, ma démarche

eut pu etre mal interprétée; cela) aussi m'aurait, retenu. ,
Un regret, une !arme, ríen qu'un soupir, s'il est sin cere, de l'amitié absente ou morte, a sur !'ame la plus
pa~sionnée, la plus 'orageuse, des droits vainqueurs.
Louis sentit des pleurs monter a ses yeux.
- J'ai éprouvé aussi vivement que Thomaseo, chere
Giulia, la douleur de cette brusque séparation. Pardon,
si je vous interromps, je !Jl'Y vois forcé par mon dévouernent meme a la mémoire de celui que nous pleurons.
Quellc a été votre vie depuis qu'il n'est plus? Je crains
que sa mort ne vous ait laissée seule dans le monde.
- Daos ,a jeunesse, mon pere, qui est natif des environs de cette ville, était, sinon tres-riche, du moins maltre d'une fortune suffisante pour vivre. 11 épousa m4
mere, qui était un peu plus agée que lui, malgré l'opposition ardente de deux familles ... et c'est trois ans
apres ce mariage qu'a la suite d'indignes persécution~,
de dénonciations, il ~e vit d'abord dépossédé, puis, dans
l'intéret de sa liberté et de ses jours peut-etre, forcé de
s'expatrier. Permette1.-moi de passer rapidement sur
cette phase de notre histoire. Vous savez déja que dix
années de notre exil s'écoulercnt a Londre-s; mon pere
s· en est amérement repenti depuis, a cause du sóup~on
,¡ui lui est venu, que le climat d'Angleterre avait du
abréger la vie de sa femme. Pour ce qui est de luimeme, il était tellement insouciant des choses matériel1es, tellement heureux de ses re ves, qu'il ne chercha pas
it triompher de ses épreuves autrement que par l'indifférence. Sur la nouvelle, un peu prématurée, que son
ancienne aisance allait lui étre rendue au sein de son
pays natal, il se ha.ta de m'emmener ici; vous savez
quand et comment. Notre bonheur promis dépendait de
la décision des tribunaux ; il en dépend encore.
- Mais vous, Giulia?
- Je n'ai plus ríen a vous dire sur ce qui nous concerne, répondit la belle jeune filie, sur le front de la11uelle la fin de ce récit avait répandu une teime sombre.
J'avais a m'acquiler envers vous d'un message sacré ...
.1'ai rempli ce devoir. Vous recevrez bientót, par 'mes
~oins, le petit souvenir que l'intention de mon pere vous
destmait. Maintenant, je n'ai plus ríen a vous dire, quitlons-nous. Seulemeot, jurez-nioi de ne pasme suivre, de
ue plus vous occuper de moi.
·
- Giulia, songez done que ce que vous me demandez
la est impossible, répondit Louis hors de lui. Eh quoi !
je ne vivais que par l'espoir de cette heure ... et vous l'alirégez a de,sein ... et vous; qui _n'ignorez pas qu'un mot
peut me tuer, vous dites froidement ce mot : Adieu. 11
n'en peut etre ainsi ... vous-meme ne pouvez le vouloir...
et je ne saurais m'y résigner.
- Vous autre~, Fran~ais, dit Giulia, simulant avec
Leaucoup d'efforts un calme empire sur elle -méme...
vo,us vou~ croyez toujours a París, toujours vous croyez
avoir affaire a ce que vou~ nommz1. la coquette, c'est-aJire,· si je ne.me trompe, une femme qui joue avec le
creur d'un homme, se plalt a le voir s'élever tres..haut
dans l'air, puis retomber en mille morceaux sur le sol;
une femme qui transforme toute une conversation d'amour en une joule saos noblesse, d.ont la '&lt;ictoire revient, non pas au plus tendre, mais au plus habite. Nous
autres, lorsqu'apres avoir entendu nous feignons de
n'avoir pas écouté, c'est qu'une dure loi nous oppritne.
- Parlons franc; si vous refusez de me révéler le capricieux obstacle qui, apres nous avoir permis de nous
réunir une fois, nous séparerait maintenant pour toujours... je croirai que vous ne faites qu'obéir a votre antipathie, et que ma vue vous déplalt.
Giulia r.é¡Íondit avec la simplicité d'un enfant.
- Ne le cro_yez pas, votre vue ne saurait me déplaire.
- Alors, ce n'est pas sérieusement que vous m'avez
dit : Adieu, partez; car, ou bien vous n'etes pas votre
maltresse, mais je ne.veux pas m'arreter a cette épou-vantable idée... ou bien) vous n'etes pas libre de m'ai-·
mer si votre creur s'y tr,ouve un jour poussé, et le prix
me parait digne qu'on l'attende !
'
Giulia répondit seul~ment a cette exclamation par un
soupir qui donna une grace souveraine au rapide soulevement de ces formes suaves dont le modele, a la fois
humain et céleste, a immortalisé de si beaux peintres.
- Je ne vous comprends pas, Louis, lui dit-elle avec
une adorable naiveté, qui prouvait qu'elle était peu habiluée a de tels entretiens, et qu'ils lui inspiraient a la
fois du malaise et de la curiosité. Sans doute, mon
creur est libre, et j'espere qu'il le sera toujours. Caro,
pQurquoi me 'demandez-vous de vous aimer, puisque

vous avez vu que je vous· regarde comme mon ami, et
qu'il m'est presque }mpossible de jamais penser a mon
pere saos penser a vous en_meme temps?
'
- Alors, chere Giulia, si je vous ai bien comprise,
dit-il, vous n'étes pas la femme de ce ... vous etes lihre,
en un mot, et les seules entravc~ qui s'opposent a notre
réunion, viennent toutes du fait de votre creur, qni n·y
est pas encore préparé, mais don,t le temps peut vaincre
l'irrésolution?
- Je vous ai prié rle vous taire désormais et de me
laisser.
Louis obéit. .. mais ce n'était plus cette fois le timide
amoureux d'hier, content d'un souffle, c'était un homme
qui voulait savoir, un homme jaloux, et dont lepa~ avait
acquis cette certitudP. que donne la pleine connaissance
de la route ou il s'engage; et n'ayaut pu ríen aP.prendre
de la bouche de Giulia, il voulut s'instruire par luimeme, et alta reprendre son poste non loin de la maison
de l'ltalien. 11 y resta jusqu'a 1me heure tres-avancée de
la soirée, mais sans profit. JI vit s'anumer et s'éteindre
les lampes derriére toutes les jalousies, et, a bout de patience, il reprit la route de son logement, tellemrnt absorbé en de confuses pensées, qu'il resta ~ourd au hruit
d'un pas qui suivaitavec précision la trace du sien. Aussi,
quoique brave, ne put-il se défendre d'un geste de
frayenr, en sentant soudain une main se poser sur son
épaule. En wurnant la tete, il reconnut le petit ltalien,
dont les yeux moqueurs brillaiént dans cette ob~curité.
· - Monsieur, dit ce dernier, je ne viens pas a vous en
cnnemi; done, a bas la méfiance. Depuis trois heures,
vous vous tenez la, debout sur le pavé, nos soirées sont
fralches, et.vous avez bien gagné l'hospitalité d'un salou
chaudement éclairé, d'un verre de vin au coin du feu;
tout cela est a votre service.
- Une réponse que vous m'avez faite, monsieur, va
dicter la mienne, répondit Louis dont la surprisé grandissait. Je ne sais pas r,e que vous voulez de moi.
- Comment! vous avez tout {ait daos le but d'entrevoir seulement Giulia... Je vous ollre maintenant de la
venir voir honorablemeot, mais a votre aise, de lui causer un agréable étonnement, et vous reculez.
- Treve de fourberie. La premiere fois que je pro11on~ai ce nom devant vous,. vous n'avez pu cacher votre
colere; vous a vez juré que vous ne connaissiez pas Giulia, et vous voule1. que votre proposition de ce soir ne
me paraisse pas la derniere des moqueries?
· - C'est que l'aspect des choses a bien changé pour
moi depuis notre prem1ere· rencontre. J'ai questionné
Giulia, et ses réponses m'ont satisfait. Puisque vous savez qu'elle n'est pas libre...
- Elle est mariée?
- Pas enc?re, monsieur.
- Lache!
- Sachez, monsieur, que je ne relcverai aucune de
vos iujures. Vous ne pourriez done persister a m'en
poursuivre sans encourir votre propre riíésestime.
- Qu'est-elle done? Qu'etes-vous, enfin?
.
- Je ne suis pas, comme vous, un brillant officicr,
mais un simple adorateur de la musique, professcur,
pour mon plaisir bien entendu, de chant, de contrepoint, et compositeur moi-meme. D'honnetes revern:s
me permettent de consacrer mes soins et mon expérience
aux sujets qui m'en paraissent dignes. Je connaissais
Thomaseo avant que vous fussiez né, mais notre amitió
date seulement de son dernier retour en Italie. Je reconnus dans Giulia une voix si merveilleuse, el un si
rare instinct musical, que ne pas en favoriser la culture
m'eut paru une véritable ingratitude envers le ciet, auteur de si beaux dons, et une noire trahison envcrs celle
a qui de semblables dispositions promettaient la richesse
et la gloire. J'ai fait mes preuves, monsieur; c'est a moi
que le baryton Pasellini et la celebre Lé:nora, de votre
Théatre-Italien, doivent en partie leurs succes. Ils ne le
vient pas. J'ai de chacun d'eux vingt lettres qui en témoignent. Thomaseo, avant de mourir, me confia sa
filie, qui n'avait d'autre tolt que le míen ...
- Et !'infame a abusé de ce religieux dépót!
- Monsieur, l'on a bien. mauvaise gr.lee, je vous jure,
a répondre a de bonnes raisons par des grossieretés. 11
vou.~ eut paru plus noble de livrer Gmlia aux hasards de
la so!itude, aux gouffres de la pau vreté ! Heureust:ment,
sa tendre reconnaissance me dédommage de vos mauvaises paroles. Je n'ai point forcé son inclination. Elle
reste chez moi de son plein ¡;ré; et c'est d'un co_mrnun
accord qu'il a été d.écidé qu"elle deviendrait ma femme
aussitót que, son éducation musicale terminée, un bel

ogagement a Vi_enne, a Londres, ici meme, sera venu un haiser indéfinissable ... le seul baiser de cette sorte
qu'un poete donne dans toute sa vie.
·ironner mes soms.
Et Giulia lui répétant : « A vous, cbere ame!)) s'affai-Est-ce vous injurier, mohsieur, que de vous dire que
blit
et mourut, tandis que Louis la croyait seulement
toutes les spéculations ignobles dont j'ai oui parler,
recueillie.
e-ci me parait la plus vile?
Fou de terreur, en reconnaissant la vérité , il se
_ Monsieur! ... vous m'échaufl'ez bien malgré moi.
,urquoi done ne me seraít-il pa• per~i~, autant qu'a dressa ... il crut a un odieux caucl.lemar. La porte s'ou-us, d'etre sensible aux charmes de Gmlia, et, en ou- vrit, l'Italien parut suivi de la garde-malade.
- Comment, déja morte ! fit-il en s'adressant a Louis
1 de tenir a mon bien? Je suis trop bon, en somme,
. 'chercher a vous persuader. Depuis deux ans, Giulia d'un air d'intelligence, et.comme s'il venait seulement
ele le quitter. Je n'ai pas de chance; ne vous a-t-elle ríen
L moi ne nous sommtls pas quittés, et vous l'avez vue.
dit
pour moi?
ne fois. Elle m'aime beaucoup; elle me l'a dit cent fois,
La.
garde-malade dut trouver plus bizarre cet officier
nous vivions tres-heureux ensemble, lorsque votre
fran~ais,
qui ne répondait pas aux questions de son
ue, 'ayant réveillé en elle des souvenirs ancien~, il lui a
hóte
...
,et
s'enfuyait saos que ce dernier cherchat a le
aoqué de pouvoir causer avec vous de son p~rc Thoretenir.
aseo. •Ah! si ce dernier revenait au monde, je vous
Louis regagna machinalement son quartier ... U était
rie de croire que, malgré son estime pour vous, entre
foudroyé,
anéanti, muet. Un de ses amis lui dit :
ous et moi il n'hésiterait guere.
-·Ah ~a, tu reviens done de cbez les morts?
_ Assez; monsieur, reprit Lo11is, affectaot un graud
11 répondit simplement :
lme. Je vous dis adíen; ne craignez pas de me revoir
- C'est vrai.
amais.a cette place, et ne parlez jamais de moi avotre
A la meurtriere journée de Solferino, il re~ut au
iulia, que j'aurai oubliée daos cinq minutes.
La vanterie fran~aise cberchait en vain a traverser de c.reur une baile autrichienne, qui ~chancra en passant
tes piquantes le tremblement de ~a voix. Louis avait le ~rtráit en émail d'une petite filie de sept ans.
J'ai vu l'an dernier ce portrait daos la collection du
peine laissé l'Italien qu'il fondit en !armes, et que,
vénérable
M'. L. C., rue Notre-Dame-de-Grace.
otré cbez luí, il s'abandonna a la plus c111sante douur, celle de pleurer un vivant mort. Je ne sais quel
Loms füPRET.
pport l'ltalien fit a Giulia, mais en meme temps que
· · - - ~ !t tnis pleurait, la je une filie terrifiait, par la violence de
o désespoir, le maitre de chant, et son beau corps,
LA CLÉ DES CHAMPS.
ulevé par des sanglots, se tortlait sur un fauteuil dans
es angoisses d'un mal inconnu. Elle répétait : heureuseent, je vais mourir,· je ne cbanterai jamais dana . La grande préoccupation des agriculteurs aujourd'hui,
n théatre I Le lendemain, 1:ne fievre intense la ~ai- c'est la récolte. - Quand je di¡; les agriculteurs, je de-·
lit, et raccablement qui suivit la retint plusieurs vrais ajouter les marchands de grains, les meunier~ et
ours au lit. L'Italien n'osait plus luí adresser la pa- les boulaogers. - Mais cctle préoccupation est purement
ole. .. Mais rl ne croyait pas payer trop cher le bon- commerciale, et c'est pou.r cela qu'elle est l'apanage ex1eur de n'etre plus au cunement jaloux, d'autant plus clusif de ceux qui produisent le blé et de ceux qui le ven¡u'il venait d'apprendre te prochain départ du régiment den t. Depuis l'in.,.ention des cheminsde fer, des bateaux
a vapeur et des télégraphes électriques, et surtout dele Louis.
En effet, le jour du départ était fixé. La veille de ce puis l'abolition de L'échelle mobile, on n'en est plus,
!our historique, Louis,' quelque résolu qu'il fut aneja- Dieu merci, a considérer une mauvaise récolte comme
r¡ais revoir Giulia, a ne plus prononcer son nom, ne se une menace de disette.
Les disettes sont désormais impossibles.
1eotit point le courage de ne pas arpenter une derniere
Voi)a un souci dont est débarrassé l'oreiller sur le~is la rue droite, silencieuse et solitaire, mai~ peu¡Mt&gt;
jour pour lui des visions du plus bel amour. Ce pro- quel le citoyen fran9ais repese sa tete ohaque soir,
1 lui vint d'en haut sur les ailes d'une pitié altcndrie quand la fortune l'a condamoé a ce meuble aussi malsaín qu'in utile.
[ d'un pardon qui ne pouvait pas etre l'oubli. Un bon
Nous pouvdns parler li brement de la récolte proleil éclairait ce miséricordieux pelerinage.
chaine,
saos nous exposer a jeter la terreur parmi les
Ce matin-la, Giulia, se sentant moins faible, quitta
populations
paisibles, ou a les en dormir dans 110e per,on lit, approcba son fauleuil de la cro1sée ouverte... et
fide
sécurité.
Si la réco:te est mauvaise, on payera le
""~ardait
tour a tÓur .le ciel et le pavé, et asp1rait la
••o
pain
un
pet1
plus
cher, et les cultivateurs vendront un
+:Jialeur de ce généreux soleil.
peu
moins
bon
marché.
11 y aura Rn peu plus de gene
Sa blancbeur, encore accrue par de profondes so~fdan&amp;
le
pays,
mais,
grace
a Dieu, personne ne souffrira
lfrances, qui attiraient tout le sang au creur, ennobhsde
la
faiQ.1.
iait sa beauté de tout le prestige du paradis con¡:ruis par
Quand on porte ses regards en arriere, - et sans al-·
la mort.
Elle était toute seule dan~ la maison; l'Jtalien était ler bien .)oin, - on est frappé de l'importance de ce réalié daos un couvent des faubourgs lui cborc,b.er une sultat. Pendant des siecles &lt;l'ignoraoce et de misere la
famine a décimé la France. On pratiquait acette époque,
garde pour la nuit.
Son adorable figure, auréolée d'un doux rayon, fut la et sur une vaste échelle, la devise de M. le procureur
-emiere, la seule chose que vit Louis. Elle l'avait éga- général Dupin : « Chacun chez soi, chacun pour soi ! ,1
La circulation des grains était iuterdite de commune a
1 menl vu tout de suite. Elle se pencha pour le sa]uer...
commune, de province a province, de royaume a
1
1 pleura... en relevant la tete il ne vit plus ríen, et
royaume,
et on mourait de faim (&lt; chacun chez soi . 11
¡.ette crainte le saisit, qµe, vu son état de faiblesse, elle
C'était
bien
une consolatioo que de souffrir la faim a derenait sans doute de perdre connaissance.
micile;
cependant
j'ose préférer ce qui se passe aujourDivine clémencc ! ta porte, mal fermée, ne résista
d'hui.
Les
traités
de commerce, aidés des moyens de
a.~ au premier choc. Louis, poussé par d'instinctives
communication
rapide,
ont établi une complete solidarité
armes, gagna, en moins d'une seconde, un salon au
mier étage; il y trouva Giulia renversée sur son fau- entre ~a plupart des nations du continent européen.
nil, non évanouie, ·mais inexprimablement blan•• Quand le blé hausse de quelques francs a París, les
blés et Les farines d'Angleterre affluent dans nos entrehe.
póts, et réciproquement , quand les prix s'élevent a Lon11 s·agenouilla aupres d'elle.
dres,
nos produits encombrent ses marchés.
- Je vous attendais, tui dit-elle, soyez sur que je vous
En
cas
de mauvaise récolte, - comme nous l'avons vu
~ndais. Nous ne pouvions pas nous dire ad1eu pour
en
1861,
-l'Angleterre,
au moyen de ses innomurablP.s
~njours sans que je vous eusse remis moi-merne le movaisseaux,
de
ses
immens~s
relations commerciales, cone présent de mon pcre. ,Je vous ai dit que j'avais le
centre,
au
mei!leur
marché
possible, d'énorrnes quanoix. J'ai choisi ce petit portrait émaillé, fait d'aprcs
tités
de
céréales.
Or,
nous
profitons nalurellement,
i,quandj'avais sept ans. Et... et... moi aussi, je vous
· e, ajouta-elle plus bas, tandis que des !armes cou- grace au libre jeu de l'offre et de la demande, des ri. nt le long de ses joues. Louis n'appartenait plus a chesses de nos voisios, comme ils profitent eux-memes
des nótres a un moment donné.
terre.
C'est la liberté qui nous a assuré ces bienfaits.
- Avant de partir, ne me donnerez-vous pas un baiser
L'utopie du libre échange s'est róalisée. Les fous de la
le front et sur lesyeux?
veille
sont devenus les bienfaiteurs du lendemain. Ne
Le jeu11e homme, sans cesser d'etre a gen·oux, mit,
disons
plus : « A bas les fous! ,1
e on le tui demandait, sur ce front doUl'. et pale,
1

59

Le Jibre-échange, cette loi naturelle de solidarité
internatlOnale, devait aussi, on le sait, nous ruiner au profit de nos voisins. L'expérience de 1862 a
prouvé, au point de vue de l'alimentation, ce qu'il fallait
eu croire. Avec un déficit énorme de seize millions
d'hectolitres, grace a la liberté du commerce, le blé n'a
manqué nulle part, et il n'a jamaisatteint,- a beaucoup
pres, - les prix des manvaises années précédentes, ou
le déficit était moindre. JI manquait i 6 millions d'hectolitFes, ·et il est entré, en farines ou en blés, un peu plus
de i6 millions d'hectolitres de blé !
· Un documcnt officiet récent, le Résumé comparatif
des marchandises importées et expartées pendaut les cinq
premiers mois des années 1861, 1862. 1863, 1864, nous
montre que la liberté, si elle nous met a l'abri des effets
désastreux de la Camine, ne nous livre pas sans défense,
comme on le prétendait, a la concurrence de nos voisins. Au lien de ruiner notre industrie, le · libreéchange L'a vivifiée. En voulez-vous une preuve, et une
preuve irréfutable?
Prenons d'abord les tissus de lin et de chanvre; voici
quelle progression ont suivie nos exportations pendant le~
cinq premicrs mois des quatre dernieres années. 1861,
G,711,000 fr.; i862, 5,795,000 fr.; i863, 7,175,000 fr.;
1864, 8,457,000 fr.
Voici maintenant ponr les tissus de ~oie: 1861,
14t,877,000 fr.; 1862, l40,24=i,OOO fr.; l 863, 162,412,000 f.;
l 864, l!l0,680,000 fr. On dira peut-etre que cet accroissement de fabrication et d'exportation est' dti a la diminution de la maladie du ver a soie; malheureusP.ment,
l'intensité de la maladie s'est peu modifiée, et ce n'est
pasa la disparition de ce fléau qu'il faut attribuer cerapide accroissement de production et d'exportation. Le
meme phénomene ~·est présenté pour les lins et chanvres;
il se représente encore, bien plus accentué, pour les
tissus de laine; que mon lecteur daigne affro?ter eilcore
ces quatre chiffres, ils sont pleins •i'utiles enseignements.
D'ailleurs, c'est la réhal,ilitation d'uoe école honnie,
hafouée, pourchassée pendant de longues añnées, au nom
des intérets matériels. On va voir que ces intérets matériels n'ont pas été tout a fait sacrifiés par l'usage de la
liberté.
~
.
L'exportation des tissus de laine as · la progression
suivante, toujours daos les cinq premie mois des quatre dern ieres années : i861, 70,408,o-OO fr.; 1862,
i7,904,000 fr.; l863, i02,246,000 fr.; enfin 1864,
135,547,000 fr.
Voulez-vous que nous prenions les fils de !in ou de
cbanvre? lis vont de jlOO,OUO fr. a 1J millions; les peaux
préparées vont de t ... a23 millions; iesouvragesen peau
ou cuir de 24 a 35 millions; en fin la bimbelotterie, les
articles-Paris ont été de 35 a 61 millions ; les vins ont été
de 88 a H4 millions; les reufs, de 7 a !! millions; les
chevaux, de 2 a 8 millions.
U faudra bien que l'oo reconnaisse un jour unanimement que la hberté a du hon, a tous les points de vue.
Pour la liberté de conscience, c'est a peu pres démontré,
clu moins je !'espere. Pour la liberté économique, la
démonstration vient d'etre faite sans contestation possihle. 11 ne restf!ra hientót plus qile le courmmement de
l'édifice. Ce n'est qu'une question d'arcbitecte.
En atlendaut, les choses vont le11r train ; les· amis de. ,
h réglemMitatíon s'agitent et contrarientde toutes leurs
force~ le¡¡ tendaoces de l'administration des haras, qui
"eut aussi se montrer libérale. On cherche a supprimer
pcu a peu l'intervention de l'Etat dans la production de
J'cspece.chevaline; tout le ban et l'arr1ere-ban des protéaés
réclame l'intervention de l'Etat, de ses écus et de
o
ses chevaux. En vain, le directeur général des haras
chercbc-t-il, par de sages mesures de transition, a rassurer les esprits et a démontrer avec une sage abnégation que tout serait au mieux si le directeur général des
haras n'avait plus rien a désirer ¡ la peur ne raisonne
pas, surtout quand elle a un intéret a déraisonner. On
fait tout ce qu'on peut pour nous faire retourner au
comn,unisme de l'État, fournisseur d'étalons. On n'y
réussira pa.s, Dieu merci !
Mais comme nous sommes logiques en France ! La
meme administration qui veut laisser la producti:1n chevaline a l'initiative individuelle, au moyen des primes
accordées aux étalons, oublie ses príncipes aussitót qu'il
s·aait de notre race percheronne. Les meilleures lames
d'a~ier peuvent renfermer une paillc. C'est la paille qui
me console. Figurez -vous que l'administration des haras,
- quoiqu'il n'y ait plus de haras, - a pris en gri~pe _la
robe grise de nos percherons. Qu'est-ce que cela lm fa1t~

�60

L'ILLUSTRATlON, JOURNAL UNIVERSEL.

si d'aílleurs !'animal est irréprochable ? C'est la paille. tent mutuellernenl. M. Barrault fait mouvoir son pétris- du combustible, afio de conserverla machihe en pression.
Or, comme il est encore nécessairc cl'encouragcr indi- seur avec le gaz qui éclaire sa boutique. La machine Quand il ne travaille pas, il ne consomme pas.
rectement la produétion chevalinc, on donne aux.étalons ne tient pas plus de place qu'un buffet, et ne produit ni
Voila pourtant ou nous conduit la liberté de la bou.
percherons une prime de 400 franca. 11 y avait i8 éta- bruit, ni odeur. Point de fourneau:r, point• de charbon, langerie. Est-ce que, avec la limitation, la réglementa.
lons de cette race daos le Cher et dans la Nicvre, tous point de feu; une pile électrique de dcux éléments et le · tion, la taxe et tout ce qui s'ensuit, on aurait pu songet
les 18 primés l'année derniere. Cette année, C\n a ~up- moteur.
sérieusement a perfectionner la fabrication du pain? O.
primé 4 primes sur f8; les 14 proscrits avaient la robe
Une pile électrique chez un boulangcr! Et pourquoi n'apercenit que quelques tentatives isolées qui dispa.
grise, c'est-a-dire la
raissaient bientot
robe distinctive de la
sous la pression
race.
pneumatique . de la
M. legénéral Fleu -·
machine administra.
ry préfere les robes
tive.
sombres; est-cc une
On verra peut-etre
raison pour faire vio-'
un jour que décidélence, sans nécessiment la liberté a do
té, aux goüts des éle-·
bon.
veurs? Pour ceux-ci;
Vieron Bomt.
la robe grise .est le
signe de pureté de
~
• la race; ils ont ~ien
quelques
b~nnes
FETE
raisons pour avoi~
DU
cette préférencc. El
d'aillcurs, les gens
COURBAN-BAÍRAM
qui ont couduit la race pcrchcronne á11
Dm la" mosquée
point de perfection
de Zeschil-lmaret. ABrousa
ou elle est arrivée
ont, amonavis, 'plus
AU DIRKCTEUR,
de chances d'avoir
rnison que les jennes
D•uuase, 18 mai 186'.
théoriciens qui n'ont
pcut-étre vu de per:
Quelques mois a
cherons que ceux
peine sont écouléti,
qu'on atlelle aux
et ils ont surti pour
omnibus. Laisse~
faire passer de l'état
done faire ! ; :
de projet a la réaS'il ne s'agisrnit
lilé l'muvrede la rééque d'un caprite, a
dification de la ville
propos des robes
de Brousse, -entresombres ou des roprise 'par le commii.bes grises, onpo.ursairc impérialAmedrait esµérer que ce
Véfik effendi.
caprice s'évanouira
Dans chaque quar•
prochainement de,tier, les principales
vant une plus arorues ont été élar"ies,
. ple
information.
alignées et réparées;
Mais, au fond de
de Balouk Bazar a
cette mesure, il y a
l'ancien
cháteau
la maladie d'outre1l'Ouloun-Djami au
mer, l'anglomanie,
Sérail, du Sérail i
le croisement avec
la routc de Geumle cbeval de Norfolk.
Jek, tout cela forme
C'est la qu'est levéen quelque sorlc
ritáble danter 'pour
une suite de boulenotre bclle race pervards dont le dercheronne. Le cbeval
nie1· est en ligne
de Norfolk est ch¡irfiroite, hordé d'argé de fournir la 'robe
bres superbcs; et
sombre. Que nos élécl'un parcourssi étenYeurs y prennent
du, que l'reil du progarde, le Norfolk tuemencur n'apcr~oit
rait le percheron.
pas l'horizon. Son
Nous aurions quelpercement a été exéque chose de no4cul~ en 22jours, sous
vcau, un hatard bqn
l'acli ve survei llanr.e
ou mauvais; mais le
du commissaire imperchcron auraitdispérial. Ici, c'est un
paru; nos éleveurs
immensc et magnifivetllent-ils suppri-que Kau que 1'011
JihE Dd COtJllB.\~-BAIRAM, llANS LA MOSQUÍ!E DI! ZKSCHIL-IMARET, A BROl'SSR, - D'a~es un dc,sin de 11. Léon Pa"."iilée,
mer le percheron?
reconslruit; ia, c'cst
C'est la toutc la
la réinstallation
qucstion.
pas? ~i. Barrault n'a pas eu besoin d'engager un pby- d'une corporatíon· ouvriere, plus loin s'éleve un hu-La liberté du commerce cst encore eu train de faire sicien, ni un mécanicien pour entretenir la p_ile et ré•• pita!. Les cours d'eaux, les ponts, les routes, les habides sienncs a Pa)•is et mcme aillcurs. La liberté de la gler la marche de la machine. C'est un ouvrier boulan- tations particulieres, les marchés, les monuments historiboulangeric, si eÚe n'a pas cncore fait baisser suffisam- ger qui fait tout cela, et il s'en acr¡uittc a mcrveillc. Que ques, enfin tout se rétablit comme par enchantement.
ment 1c prix du pain, a du moins ouvcrt la porte aux ne m'a-t-•on pas dit quand j'ai parlé pour la premicre Encore quelques mois, et fa ville de Broussc, tant par sa
pcrfectionnement~mtcaniques. On voit, depuis quelques fois du moteur Lenoir, il y a quatre ou cinq ans! On voit splendeur que par sa prospérité industrielle et commerjours, ruc de l'Université, !:i2, chez M. Barrault, boulanger, combien ce systeme est pratique aujourd'hui. Chez ciale, aura reconquis sa véritable place de troisieme vi lle
dans UD atelier entouré de glaces saos tain, comme la M. Barranlt un ouvrier boulanger le dirige; daos une de l'empire ottoman.
maison de verre du philo'sophe antique, un pétrisseur maison en construction de la ruc d'Enfer, c'csl un ouLundi dernier, 16 mai, a eu lieu l'inauguration de
mécaniquc de M. Drouot, mis en mouvcmcnt par un mo- vrier magon. Il ne faut jamais douter de l'intelligence Zeschil - Djami; la restauration de cette bclle mostcur LeDoir. Je suis un des premiers qui aient parlé, il des ouvriers fran ~ais.
quée complera daos l'histoire du regnc du sult:1n
y a quelques années, du pétrisseur Drouot et du moteur
Pour la boulangerie, dont le travail est toujours in- Abd-ul-Aziz, et fera suite a l'muv,e du fondatcur MoLenoir, ne songeant pas qu'ils s'uDiraient un jour en termittent,le moteur Lenoir est excellent, parce qu'il n'est hammed re•, qui, a l'exemple de ses prédécesseurs
légitime mariage. Bien leur en a pris, car ils se complé- pas nécessaire, avec luí, de consommer inutilement Mourad et Béyazid, a pendant son regne embelli de mos-

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
~es les deux capitales de l'empire, Brousse et Andrinoplc.
,
.
,
C'est a luí que Ion do1t cette superbe mosquee de
zeschil-Imaret (la· fondation verte et, bie~faisante), ce
chef-d'reuvre de la décoratton et de I arch1tecture ottomane.
Cet édifice, d'une richcsse presque sans égale, était
abandonné depuis
de longues années; ·
les tremblements de
terre, le manque
d'entretien, et surtout le manque de
gotitpour lesarts, l'cvaient laissé tombcr"
dans UD oubli corr:plet. Mais le commissaire impérial
Amed-Vefik effendi
a fail restaurcr complétement cctte bel le
mosquée, et le t fl
mai la ft\tedu Courban-Bairam y a élé
célébrée. Cettc inauguration, faite par
le commissaire impérial, a été des plus
imposantes; ph:sieurs milliers de
musulmans, en téte
desquels figuraient
les hauts dignitaires, y assistaicnt.
Les travaux importants de cetle
restauration. ont été
dirigé~ par AmedVéfik effendi fu personne; il n·a négligé
aucun détail et en
a dessin~ plusieurs
de sa propre main.
Aujourd'hui, ce monument est décoré
d'une variété considérable d'arabesques sculptées sur le
marbre blanc de sa
fa~ade. Les orncments de la grande
porte et des croisées
sont d'une beauté
supérieure a tout ce
que l'on connaitdans
ce genre d'architeclure. Al'intérieur, le
reYetement des murs
jusqu'a trois n:ctres
de hauteur, le Mirah, sont couvertsde
faiences, formant un
des pi us beaux spécimens de l'art céramiq•J~. Enfin, ce monumeat tout enticr
est redevcnu digne,
a cette heure, de
l'admiration de tous
les artistes.
Agréez, etc.
L~ON PARVILLtE.

ORAGE

DANS

L'OBERLA.ND,

AU DlRECTEUR.

Genéve, !3 j uin.

Voici un dessin représentaDt la destruction d'un village bernois par un des nombreux orages qui ont dévasté une grande partie de la Suisse, et principalement
l'Oberland, au commencement de ce mois. Je ne vous
doonerai pas lo détail de tous ces désastres ~ on a eu a
déplorer des victimes en assez grand nombre et les
pertes sont immenses.

61

leur fait l'exil, a raconter les actions des grands hommes qui ne sont plus; en Franca, S.M. Napoléon JII
écrit l'histoire de Cé$3r; en Angleterre, S. A. le duc
d'Aumale écrit l'histoire des princes de la maison de
Condé anx seizieme et dix-septieme siecl~s.
Une saisie a été pratiquée par M. le préfet de policc
sur les feuilles et exempl~ircs ilc l'ouvrage .de M. le duc
d'Aumale; espérons
qu'un pareil danger
ne menace pas l'Ht'stoire de César de
S. M. Napoléun Ill,
et qu'au dernicr
moment M. le préfct
de police ne mctrra
pas son veto a la ¡iblication des augustes volumcs.
Mais, grands
dieux ! qui cut cru
qu'nnc histoire des
princcs de la maison
de Condé r,üt ctrc u11
livre plus dangereux
que Cespetitesdames,
les Ti·eize nu.its de
Jane ou les Cyt111Jrcs
pariste/lnes. Voyez
pourtant le danger
de juger les livres
sur lcur litre.
M. le duc d'Aumale et M. Michel
· Lévy, son éditeur,
ont cru devoir demander a M. le préfet de police la restitution de ce qu'il
avait saisi; ce fonctionnairc s'est laissé
assigner, et devant
le Tribunal il a soutenu que, ayaut agi
en .vertu d'une instruction
ministérielle, il .ne pouvai t
etre poursuivi saos
autorisation du Conseil d'Etat, que cettc
~utorisation n'avait
point été demand.ée,
que des lors les jugel\ devaient repousser la demande.
Le Tribunal, accueillant les raisons
de M. le préfct de
policc, rnrsit a statucr pendant trois
mois.
, M. le duc cl'Aumale et M. Michcl Lévy
unt appclé du jugemcnt; la Cour l'a
confirmé.
Je lis dans les
journaux judiciaires
qúc M. Dufaure a
plaidé pour M. Michel Lévy, M. HéUN ORAGB DANS L'OBERLANO. - D'aprés un de1sia de 111. !. Cbampod.
bert pour M. le duc
d'Áumale, M. Busfilie a la aare da Montbéliard. Le voleur n'a pas voulu, son-Billault pour M. le. préfet de. po}ice, et que M. le
parait-il, "compar¡¡Jtre devant le grand juge avcc.cette procureur général de Ma{nas a donné ses couclumauvaise action sur la conscience, et s'est empressé de sions; mais des plaidoiries des avocats, mais des
conclusions de M. le procureur général qui avait
restituer le fruit du larcin.
trouvé !'affaire assez importante pour se mélcr de sa
A. CnAMPon.
Agréez, etc.
personne au débat, pas UD mot; ce n'était ponrtant
point, que je sache, matiere interdite a la presse; pourquoi done ce silence? Mais les journa?x judiciaires ont
eu probablement leurs motifs. Gro$jean était un sot qu
G.lZETfE DU PALUS.
voulait en remontrer a son curé, et ma foi,je fais comme
I Nous vivons daos un siecle privilégié, et nous assis- la Gazette des Tribuna11x et comme le Droit, je me tais.
&lt;&lt; Le prince Fran~ois-Claude-Auguste ~e Crouy-Chanel
tons a des spectacles qui' ne se sont guere vus dans les
temps passés; les empereurs régnants occupent les loi- de Hongrie, contre l'archiduc Fran~ois ~'Autriche d'Este,
sirs que leur laisse le tróne, les princes'bannis ceux que ex-duc de Modene l »

Ces événements avaient été prévus, en quclque sorte,
etl'absurde croyance de la fin d11 monde circulail dans les
populations catholiques. Elle a eu au moins cela de bon
que quelques pécheurs ont sérieusement réfléchi sur
leurs méfaits. C'est ainsi que le curé d'Alle (dislrict de
Porrentruy) a re~u un paquet renfermant des montres
qui av.\icnt été '1Qlécs1 un a.n au¡1arava11t1 a pne jeune

�62

Voila qui sonne bien dans la bouche d'un huissier. 1 commence par la seconde piece. Jusque-la, ríen n'est
Cette ~~osse cause é~it tout Técemment appelée de- perdu, mais la piéce s'acheve, le rideat1 · tombe, et
vant le tr1liunal de Modene.
Mil• Neveux n'a point paru; on prolooge l'eotr'acte fort
De grandes affiches roses, si je m'en souviens bien, ..u dela du uécessaire, Mil• Ncvem. n'arrive pas.
oous ont appris depuis longtemps que M. le prince de
Le public recommence a se fa.cher ; nouvelle allocuCrouy-Chanel est un descendant d' Arpad, et qu'a ce titre tion du régisseur; cette fois, d'une voix plus émue encore
il a des droits a la couronue de Hongrie.
i il pr,1p )Se respectueusement un changement dans 1~
Or, comme il est sage, en prévision des événements, menu : on remplacera Sous les toits par une piece qui
d'éclaircir autal1t que possible les situations a !'avance. o'est point sur !'affiche. Magnanime comme une majesté
M. de Crouy-,Chanel assignait l'ex-duc de Modime devant qu'il est, le public accepte la'substitution.
les juges deModene, et conclua.it il. ce qu'il plüt au Tribu- ; Cependant le médecin du théa.tre court chez Mil• Nenál, (( Déclarer qu'audemandeur, prince Fran~ois--Claude,- ! veux, le commissaire de poli ce l'accompagne ; Mil• NeAuguste Cróuy-Chanel de Hongrie, appartient la double veux est daos son lit : le _public atttnd, lui dit~on elle
qualité : t º de descendaot en ligne directe masculine de va faire maoquer la représeotatioo : (( Je Eluís souffr~nte,
Félix Arpad de-Crouy-Cbanel, fils d'André III, arriere- répood-elle; il m'est impossible de me lever. » Et le
p;tit-fils d'Aodré ll, aocien roi de Hongrie; 2° de des- proces-verbal,·qui. n'est pas galaot, constate'que ~1 11• Nec~~dant de Béa~ix d'Est~'- filie d'Aldobrand J•r d'Es!~, veux a l'air souriant, et que le médecin ·ne découvre pas
rem1:1 de Bongne, par Et1enne le Postbume, marqms chez elle la plus petite trace de maladie. On presse cette
d'Este, son fils, et par ledit André lll, marquis d'Este, jolie personne de faire un effort qúi sauvera la recette ·
petit· fils de ladite Béatrix; luí attribuer, en conséqueoce, elle répond par un non possumus inflexible, et un mon~
le droit de porter le titre de marquis d'Este) comme il fut sieur, qui se trouve par hasard dans la chambre injadis porté par ses ancetres. &gt;&gt;
tervient et supplie les -visiteurs de ne point fatigu;r la
A cette demande, l'ex-duc de Modene opposait une malade.
exception d'incompétence fondée sur deux motifs : le
Le médecin et le commissaire de police se retirent,
premier, que le prince de Crouy..Chanel réclamait des rapportent a l'administration du théa.tre le refus de
droits féodaux aboli,s par les lois frao~aises et par la lé- M11e Neveux, et le régisseur parait une troisieme fois
gislation italienne; le second, que l'árchiduc Fraµfois devaot le public pour annoocer qu'on va rendre !'argent.
d'Autriche d'E~te, n'étant ni citoyen italieu ni domicilié
Cette triste opération dure deux heures, le temps de
dans le royaume, ne poovait etre soumis a la juridic- jouer une tragédie.
tion des tribunaux italiens.
Le théatre a eu la cruauté de traioer sa pensionnaire
· Ainsi voila un prince qui n'a cessé de protester con- devant les tribonaur. M• Carraby n'a pas craint de tr;i.itre les changements que la révolution a introduits en ter la maladie d'uoe si charmaote personoe avec toute
Italie, et qui invoque les décrets promulgués par la ré- l'irrévérence imaginable, au risque des plus grands malvolution; voila un prince qui persiste a se dire de droit heurs, et les juges barbares ont condamoé Mue Neveux
souverain d'un duché &lt;l'Jtalie, et qui rejette la qualité a payer quatre cents francs d'indemnité et le montant
d'ltalien ! Étrange embrouiUement des choses humai- d'une recette, salle comble, en dépit de la spirituelle et
nes!
-vive plaidoirie de M• Cresson.
Les júges ont repoussé le premier motií de l'archiduc
Si jamais il y eut un homme qui aima la vie du baret accueilli le second. Fran~ois &lt;l'Autriahe a gagné son reau avec une ardeur vébémente et presquc jalouse, et
proces, et il est judiciairement déclaré étranger'a l'ltalie, aux yeux de qui le titl'e d'avocat fut le plus beau de tous,
suivant son désir.
ce fut a c&lt;¡up sur M. Liouville. ll ést resté, au Palais, daos
• Le prince de Crouy-Chanel a interjeté appel devant la la mémqire de tous ses contemporaius; il sera, pour tous
Cour royale de Milan.
ceux qui le suivront dans cette liell-e et larue
o carriere'
S.M. \'empereur d'Autriche fera bien de suivre les comme le type du dévouemeot infatigable et passionné
débats de pres; une fois marquis d'Este, si la Cour de il. ~a professioo.
Milan lui reconnalt ce titre, M. le prince de Crouy-Cha.
Daos les dernieres années de sa laboriéuse existence
nel esl bien homme a réclamer par exploit la couronne alors que la dignité de ba.tonoier &lt;lont il était revétu t;
de Hongrie.
mettait plus directement en présence de ses jeunes conDes priuces, passons aux ingénues, qui parfois se per- freres, M. Li~uville s'était ptu"a retracer les devoirs a cémettent des fantaisies de princesses.
lébrer l'honoeur de cet!e chere profession dans
disM11• Deribeaucourt, jeune actricé du Palais-Royal, est cours pleios de force, de raison, de bon sens, d'élévamodeste encore en ses caprices. Elle a conclu, en 1862, tion, et empreints de celte originalité familiere qui lui
un engagemeiit avec les directeurs du Palais-Royal, et cet élait propre et qui donnait il. ses paroles un acces plus
t:ngagement, elle le veut rompre aujourd'hui, pas da•- facile et plus intime dans les esprits.
-vantage.
Un de ses fils, qui a recueilli dans son héritao-e l'amour
Le motif de W1• Deribeancourl, c'cst qu'elle est mi- d'un des plus libres et des plus nobles états ;ui soient
neure,et qu'elle a contracté sans l'autorisation de mon- vient de réu?ir avec un soio piem., en un seul volume:
sieur son pere. On ne saurait se 'ngurer avec quelle fa- ces quatre d1scours, auxquels il a ajouté la liste des discilité les jeunes personncs se passent' de l'autorisation cours de rentrée prononcés ·a l'ouverture des conférenpaternelle pour monter sur les planches; c'est a croire ces, le texte des lois, des ordonnances et des arretés élu
qu'elles le font tout expres pour se donner o.n moyen de conseil de l'Ordre de París qui composent le code du barmanquera leur sign.i.ture; mais non, !'esprit d'une in- reau. C'est un livre complet, .ou la regle écrite et ta tragénue est tncapable d'un calcul si pervers.
ditioo sont commentées avec une pleine et douce· a:itoMll• Deribeaucourt était mineure en i862, Le fait esl rité: ce sera le livre par excellence de l'avocat.
eertain; son pere ne l'a point autorisée expres$ément a
HENRYS.
traiter avec MM. Plunkett et Contat-Desfontaines, la
~
· chose est constante; mais M. Deribeaucourt a-t-il pu
ignorer que sa filie, dont la personnalité ne s'est jamais
La Cotrespondance de Napoléon Jer, dont le XV• volmne
déguisée sous un pseudonyme, jouait la comédie? Ce 'vient de. paraitre, est le monumeot historique qui supn'est guere probable. S'il ne l'a point ignoré, n'a-t-il plée le mieux a toutes le.i histoires: Daos ces lettres inpas, par son silence, rati.fié l'engagement de la mi- nombrables, ou, au jour le jour, l'Empereur dicte ses
neure? Évidemment, oui.
Ol'dres, résume ses actes, fait marcher ses armles, crée
Et le Tribunal de commerce, raisonnant ainsi, a cond«!s rois et regle tout son empire avec la vigilance d'un
damné M11• Deribeaucourt il. payer am. directeurs du per&amp; de famille, il y a quelque chose de merveilleux et
théatre du Palais-Royal un dédit de 6,000 francs.
qui ne cesse d'étonner meme ceux qui ne s'étonnent
Mlle Neveux, une autre ingénue, a mis le théa.tre Dé- plus de ríen. Ce xve volume embrasse presque toute
jazet dans un bien grand embarras.
l'_année i807, l'une des plus splendides de l'ere impéLe t •• juin, elle devait jouer daos une piece mono- r1a~e. La question d'Orient est soulevée et traitée; on
logue •qui s'appe.le Sous les toits et dan~ le Dégel.
ass,ste il. la grande bataille de Friedland, et l'Empereur,
L'heure du spectacle tst arrivée; l'orcbestre joue une courant, de victoire en victoire, rédige en poste ou sous
ouverture, deux ouvertures, trois ouvertures, et le rideau la tente toute 1·ette correspondaoce si rnultipliée et si
se leve ... sur le régisseur. Celui-ci, avec l'acceot ému diverse, qui s'attache a tout, qui explique tout et or(1qui appartient a cette institution, » annonce 11ue M11 eNe- donne tout dans une mesure parfaite. - l beau vol.
-veu:i:: n'est point arrivée et les prie de permettre qu'on in-8º; prix : 6 francs; B. Pion, éditeur. Eovoi franco .
intervertisse l'ordre de la rsprésentation. Les spectateurs
daignent oetroyer la grace qui leur est demandée. On

d:.~

63

L'ILLUSTRATJON, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLU::;TRATlON . .IOURNAL UNJVERSEL.
PRIME

DI.&lt;;

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L'Illustration meten vente le prem'íer' volume des se.
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pos~, ou en une valeur sur Paris.

Les prix indiqués ci •dessus s'uppliquent aux volumes re~
dans nos bureaux; les frais de poste (DO cent. par volume e11,
voyé isolémetit) n'y son/ pas compris. _

.

La Direction générale des Don.anes•et des Contributioos
indirectes vient de pubher une no~velle édition du T•
bleuu des droits, en vigueur d'epuis le i5 j uin dernier,
avec des observations sur le régime spécial auquel sont
admis, en France, les produitsides puissances a,vec lesquelles il a été conclu des traités de commerce.
Ce document est en vente a l'Imprimer1e lmpériale,
au prix-de 3 fr. 50 c. Yexemplaire.
•
M. Larousse vient de mettre en vente le 7e fascicule de son GRAND Drcrro:w·.uae. Ce fascicule sera peu,telre un des plus favorisés de tout l'ouvrage; il renferrue
quatre des mots les plus ricbf's de -notre tangue : AME
AMI, AM1TIB, AMooR, AMtRIQU.E, si gros d'actualité. Le éa~
ractere indépendant, élevé, libéral de cette colossale publication se dessine chaque jour ..de plus en plus, et
nous appelons pa,rticuliilremeot l'attention de nos lecteurs sur deux artic\es importants de -ce 7e fascicule:
L'Ami du peuple, de Marat, et La G~rre de l'Amérique~
vnnt la co11,sience de la France. Prix de chaque fascicule :
1 fr.- Sept fascicules sont en vente. L'reuvre complete
renfermera au moios cent cinquante fascicules. Ce
magnifique travail, qui sera le plus v'aste monument
élevé par notre siecle il. la Jaogue, aux lettres, aux
sciences et aux arts, a droit aux encouragements de toas
les bommes éclairés.

Di manche prochain, 24 juillet, M. Leprévost, organiste
il. Saint-Roch , fera exécuter en l'église Sainte-Marguerite, a 1:occasion de la féte patronale de cette paroisse,
sa nouvelle messe .~olennelle a grand orchestre. L'office
commencera il. dix heures précises.
L'orehestre et les chreurs seront dirigés 'J)ar M. Leprévost.
~

P~ CATELAN. - Dimanche 24 juillet, grande et magnifique solennité musicale : l'orchestre dirigé par
M. Forestier, et musique du 2• cbasseurs a cheval. Bal d'enfants sous les tilleuls du quiocooce, - Kiosko
et Sabra dans leur royaume diabolique et fantastique.
Incessamment, inauguration dans ce féerique jardín
du Palais des Colibrís, merveille uniq ue en Europe.

- ----==-~------BIBLIOGRAPHIE.

Réunir en no seul volume le ph1s grand nombre possible de renseignements utiles ou ~urieux sur tontes les
cornmunes et sur· les princ1paux villages de la France,
tel est le but du Dictionnaire des Communes de la France,
que M, Ad. Joanoe vient de publier il. la librairie Hachette (1 voltJme grand io-8° contenant 2,400 pages;
brocbé, 20 fr.; relié en percaline, 22 fr. 50 c.).
Le Dictio1,11uire des Communes de la Frunce est un cata·
logue aussi cornplet et aussi exact que possible de la
France actuelle, au point de vue géographique, o-éologique,_ hydrographique, administratif, statistiqu~, in-

dustriel, co:mereial, agricole, monumental, archéologique, etc.
ce "'rand travail a, de plus, le rare mérite d'etre entiere;ent nouveau. Résumé fidele de tous les ouvrages
publiés duraot ces vingt deroieres aonées sur les quatreviogt-neuf dép1rtements fran~ais, il cootient, en outre,
un grand nombre de documents complétement inédits.
La rédaction en a été coofiée a M. Adolphe Joaone, qui
a su, p'&gt;ur ce Dictionnaire comme pour ses ltinéraires,
s'entourer de collaborateurs dont les noms offrent une
oouve\le (!araotie au puhlic.
Le Dictionnaire des Communes, qui renferme daos ses
~uatre mille buit cents colonnes plus d'un mil/ion de
renseigoeroents, est l'ouvrage de ce genr~ le plus r.xact
et le plus complet '}Ui ait paru jus'}u'a ce jour sur la
France; c'est le vad1-mecum indispensable de tous les
gens d'afiaires ou d'étude. de tous les fopctionnaires, de
tons les géographes, de tous les archéologues.

REVUE DES MODES ET DE L'INDUSTRJE,

La mode est dans tout' pour unP. femme / rlans sa toilette comme daos ses parfums., Ceci explique la mode de
portf\r sur soi, en voyage, l'Eau de mélisse des Carmes
dans quelque flacon richerneot ciselé. Munie de ce remede souveraio, une femme peut se dire invulnérable
et porter bravement le litre de lionne. La chaleur, la
fatigue, les courses a cheval, elle brave tout, car avec
de l'eau de mélisse oo ne connalt ni les syncopes ni la
migraine, ni les maux de oerfs et l'on•se moque 'meme
un peu, a l'occasion, de « ce' bon docteur » dont on
oublie les conseils.
Toutefois, mesdames, je vous dois une importante recommandation a ce sujet : n'oublie1. pas que i'Eau de
mélisse authentique, la seule vraie, est signée Boyer, l 4,
1 ue Taranne, ca~ cette liqueur a ses contrefa~ons,
comme tout ce qm est bon et consacré par la vo"'ue.
L'iodiscrétion des cheveux gris est grande "sur une
tete encore jeune, et l'on ne saurait trop s'en défier.
C'est pourquoi M. Guislain fait couler, au numéro H2
de la rue de Richelieu, une des plus vi vifiantes· sources
d'eau de Jouvence qui existent.
L'Eau de /,, Flrvride nr teiot pas !, s cheveux, elle leur
rend leur ~év1•, et, par suite, leur couleur. 11 n'y a 'done
ancun artífice a s'Pn servir, et l'on peut etre parfaitemeot fier de sa chevelure, redevenue brune ou blonde
grace a ce bienfaisant remede.
'
L'Eau de ta Ploride n'opére pas sa révolution en un
jour. Elle s'agit &lt;( sagement et lent,:meot, comme la nature. » Son emploi étaot des plus simples aussi bien
que des plus efficaces, je la recommaode il. toutes celles
de mes lectrices doot la chevelure est sillonnée des premiers 1( fils d'argent. »
Nous atteignons la saison oü. la vie de chateau et de
campagne devient aussi brillante dans son genre que
les plus splendides soirées de l'biver.
Les maitres de maison rivalisent d'émulation pour
recevoir dignement leurs hótes. O'est l'occasion de se
d_istioguer par l'?riginalité, le gout, le pittoresque d'une
fete. Pour Y arr1ver, on ne sa,irait mieux faire que de
s'adresser a la_ maison Ale.1 is Goditlot, a Paris-Passy, i2,
avenue Dauph1ne.
Rien n'e,t plus imprévu que ses créations magiques:
ici eile éleve un petit théa.tre comme par eochantement,
- la, c'est un pare si royalément illuminé que l'oo croirait Y voir htire toutes,les étuiles du ciel, - ou encore
c'est une vallée suisse qui sen.ble improvisée par la ba:.:114\tte d'uoe fée. L'art et la oature sont ernployés par la
iuaison Gúdi//ot avec un gout et un bonheur toujours
souteous, et les heureux du jour ne sauraient mieux attend.re du génie de l'inv__en·ti~on
et de )'industrie.
--~
.
1

A cette heure, la mode est fantaisiste, et o'imagine plus
que des toilettes dont la commodité et la légcreté puissent
braver les chaleurs. C'est ainsi qu'on remplace les corsages de robe par la chemise Garibaldi en foulard de
Shaoga'i-blanc, ou fond blanc avec semis r!e pois.
Comme étotie a la fois brillante et Jégr.re, le foulard
a:du reste, Ja vogue du jour. Ríen n'est plus charmant
qu'uoe toilette - robe et vetement - en foulard uní,
ouance mais ou bieue, du Comptoir des fo.les (128, boulevard de Sébastopol, rive droite).
Nos lectrices peuvent se donner une plus juste idée
des charrnaotes nouvea11tés du Comptoir des Jndes en faisant a cette maison la demande de ses échaotilloos si
variés; celle-ci les leur expédiera franco dans le plus
bref délai.
Plus que jamais on affecte de porter les tailles du premier Empire, mode peu avantageJJse si, pour y remédier,
oous n'avions la Ceinture-régente.
11 ne s'agit que de la demander aux inventeurs memes : Mm•• de Vertus (31, Chaussée-d'Antin). De loiu
comme de pres, on peut commaoder ce mignon corset
qui, tout en ménageaot les organes essentiels,donne a¡~
taille une souplesse et des proportions irréprochables. 11
ne s'agit que d'envoyer a Mmea de Vertus tes mesures
suivantes : tour de taille a la ceio,ture ; largeur de pmtrine; t9ur des han ches, longueur du busc . lono-ueur
de la taílle sous le bras. Ces mesures se predneot ºétant
tout habillée.
On me demande quelques détails au sujet des mou:.
choirs de la Compagnie irlandaise (97, boulevard de SéLastopol). Ces mouchoirs sont, pour la plupart, de véri- ·
tables petits tableaux miniatures. On y voit des oiseaux
aquatiqnes sur des fll¡urs rares; on y trou ve égalemeot
de char,naots et léger.s dessins convenaot aux femmes
d'une élégance aussi modeste que vraie. Tout e~t d'un
choix exquis il. la Compagnie irlandaise, depuis le plus
riche jusqu'au plus modeste mouchoir.
Les chaleurs nous font une nécessité de la parfumerie
et je rappelle, a cet égard, qu'une femme qui veut re/
t~r fraiche. et jeune ne sa.urait trop employer la glycérme de Rimmel (17, boulevard des Italiens), surtout en
• cette saison qui voit le public abonder aux bains de
111er. Les bains de mer ont l'inconvénienl de réndre les
rheveux secs et cru,sants. Pour combattre cet effet nui~ible, il u'y a ríen de meílleur que-l'extrait de jus de ¡¡_
11100s et de glycérioe de Rimmel, qui neutralise le sel
marin et laisse la chevelure souplc et brillante.
., Rimmel, on le sait, jouit d'une grande vogue a Paris, et
J engage mes lectrices a demander a Rimmu tous ses
secrets de beauté.
Une cbose fort importante aussi pour la conservation
de la jeuoesse, c'est la beauté des dents. Rien ne dé ..
forme un visage comme la perte de ces précieux oro-anes; ri~n ne fait tant souffrir. sous lé double rapportd,.
la santé et de l'amour-propre. Nous nous faisions ces
rell_exi~ns ces jours derniers, en lisant un tout pctit, ·
ma1s h1e~_précieilx opuscule sur l'liygiene des dents,
¡iar M. De¡ardrn fils, professeur de prothese et de chirurgie deotaire.
. A.coté de conseils d'une utilité remarquable, M. DéJ~rdm a placé fort a propos le double masque d'un mernc
visa¡:e, le premier édenté, et l'autre avec ses dents. Le
~eme visage p,eut avoir, de cette fa~on, tantót vingtcmq ans et tantót quarante. Ce changr.ment est aussi
surprenant qu'affreux, sans compter que le manque de
de~ts doooe une voix cassée, vieillie, etc. Ces considérations seules décideraienl quand méme pour le parti
tes.denl~ a_rti_fi~ielles, surtout quand elles sont merveildeoseme~t 1~1tees et posees sans douleur par les mains
b~ M. ~e¡ar~m. C est dans un quartier central que l'ha1e ch1rurg1en a étabh ses salons, t le meilleur conseil
~oe ~~us puissions dooner a nos lecteurs, c'est d'aller
es v1s1ter, boulevard Sébastopol, 37 (rive droite).
1

0

~'APPAREIL RUIIOlff KT LA SCIIKCK AU TIIIATRI ROBII.

Tous les journam. ont anooncé que le prix de 50,000 fr.
destiné par l'Empereur a récompenser l'application la
plus utile de l'électricité, vient d'etre décerné récemment a M. Rumkorff, inventeur de la nouvelle bobine a
induction. La nouvelle assurément a fait le tóur de la
France et de l'Europe. Mais que de lecteurs, en parcourant ce bulletin de victoire, se so~t dit silencieusement
a em.--memes :
.
- Qu'est-ce done que cette bobine Rumkorft qui
remporte si vaillamment une récompense de 50,000 fr.?
A tous ceux qui se sont fait cette question, il est hon
d'apprendre qu'il n'y a guere, dans to~t Paris, qu'un
seul établissement qui puisse les édifier complétement
sur les merveilleuses propriétés de l'appareil Rum)c,orfl.
Et ce n'est, sachez-le, ni le Collége de France,ni la Sorbonne, ni 1'Académie des sciences, ni le Conservátoire
des arts et métiers; cet établisseruent, unique en son
genre, est le Théatre Robín.
Et en effet, M. Robín, qui serait tout aussi bien a sa
place dans une chaire de professeur que sur son théatre,
a produit toute ~ne révolution daI1s ces spectacles d'enchantements et de prestiges que la magie nous a· transmis
de siécle en siccle. Pina de devins '. Plus d'enchantéurs 1
PIns de mysteres ! Les ªl!.tre; de Trophonius sont 011,verts:
et les dieux de la grande et de la petite rnagie s'en ,voot!
Gra.ce a M. Robín, ces secrets sont aujourd'hui, pour
tout le mónde, le secret de la comédie; cette vieille histoire est percée a jour; le sac a mal ices est épuisé. M. Robin no·us fait assister il. toul ce défilé d'ensorcellements
qui commence il. l'escamotage pour finir a cette armée
de spectres qui l'étreignent, tons les soirs_, daos leurs
bras impalpables. Mais en renouvelant ces prodiges,
M. Robin nous fait toucher du doigt le ressort qui fait
tout mouvoir. Nous nous apercevons alors qµe depuis le
trépied de la pythonisse j_nsqu'a la table du médium, il
o'y a, dans la magie, qu'un dupeur et un dupé; et
M. Ro~in peut se vanter de contribuer pmssammeot a
éclairer !'un et a démasquer l'autre.
Aujourd'hui, le prix de !íO,oon fr. créé par l'Empereur,
met a l'ordre du jour l'appareil Rumkorff. Eh bien! entrez dans la salle de M. Robín, et vous allez bien vil.e
comprendre la place importante qu'occupe la puissante
bobine de l'iµventeur dans l'histoire de l'électricité.
Et tout d'abord, voyez tour a tour, sous vos yeux, les
plus curieux phénomenes ele ce fluide prodigieux, qui,
HYGitNE ET MÉDECINE.
demaio, fera courir votre _pensée, en une seconde; auOn introduit chaque jour en thérapeutiquc des ~uccédaoés de l'buile de foie de morue, dont la ¡;lupart o'ont tour du globe. En q1Jelques mots, M. Robin vous prépas la moindre valeur. Le sirop de Raifort iodé, preparé sente un. exposé clair et 'rapide des propriétés de l'élecafroid, de M. Grimault, 7, rue de la Feuillade, réumt tricité, et immédiatement toute une série de phénome.
seul tous les avantages médicaux; ainsi, le docteur Gui- nes fautasliques se déroule a vos regards.
Attention ! la,salle, éblouissante de clartés, vient d'etre
bout, médecin des hópitaux de París, en parle en ces
termes : 1( Le Siror, de Raifort iodé a tous les avantaues plongée dans les téoebres. D'un mot, M. Robín a éteint
de l'huile de foie de morue, sans en avoir tous les incgn- toutes les lumieres. Obscurité complete! Mais si d'un
vénients : il stimule l'appétit et releve les forces de l'or- rnot, il fait l'ombre, d'un mot aussi, il fait la lumiei:e, et
ganisme; par la quantité d'iode qu'il contient, il exerce toutes les bougies se rallument asa voi:i::. C'est le Pial lt1.:i:
la plus heureuse influence sur les fonctions respiratoires. '
11 est utile spécialement au début de la phthisie pulmo- avec l'iostantanéité de l'éclair !
C'est 1~ une vieille expérience. Il y a virigt ans que
naire; son action n'est pas moins efficace dans les affecM.. Robin la produisit, pour 19. premiere fois, au Kurlstions scroíuleuses et rachitiques. »
Theatre de Vienne. Au moyen de l'électricité vitrée 1rois
' bougies s'allumaient et s'éteignaient tour a' tour,
cents
au
cornmandement de :&amp;f. Rohin. On l'a reproduite
FONDS MEXICAINS
aussi,
cette année, il. la premiere séance d'uuverture
RAPPORTANT 4 FRANCS PAR AN, sorr 8 0/0
des soirée~ scientifiques de la Sorbonne. Étendez l'ap_pliPayables le 1•r juillet ~e chaque année.
. caticn .du procédé, et vous allumez d'un seul coup tous
Remboursables par anouités al 00 francs.
les becs de gaz de París.
Ces; certi!icats, érnis a 45 francs par la Caisse mobiliere
Passons. Prenez ce joli coffret; M. Robín le remplit
société anon_yme de crédit provincial et communal, A
d'or,
le dépose sur un tabouret, et vous permet avec
París, rue Drouot, 24, représentent daos ces conditions
d'émission et de remboursement un intéret de 10 0/0. un sourire de l'emporter. La tentation est forte, mais hélas ! la p11issance de l'électro-aimaut c.st plus forte en~
core, et ce r,offret de nabab, que vous souleviez tout a
Quel plus joli voyage pouvez-vous' faire pour i05 fr. l'beure comme un fétu de paille, reste cloué au tabou40 c. que le voyage en Hollande, BP.lgique et Prusse ret qui le porte. Hercule ne !'en arracherait pas!
,,1,mane, organisé par la compagnie du Nord, surtout
Voulez-vous que l'électricité écrive? Elle r.st prete a
avec le nouveau guide circulaire de M. Henry A. de vous obéir. Commandez, et a la voix 'de M. Robin, elle
Conty?
va vous présenter les caracteres que vous désignerez
Ce guide, divisé par jouroée et vendo aux gnichets
et avec la couleur désirée par vous. Jci le télégraphe
de la Compagoie, indique, jour par jour et beure par
heure, tout ce qui peut intéresser le voyageur, depuis le électrique appelle a son aide la chimie et la prestidigiprix des hotels jusqu'aux itinéraires et excursions a faire tation. Chez M. Robín, la science et l'art se donnent contin11ellement la main.
dans chaque ville.
Un phénomene plus surprenant encore. Vous avez
- La cité Malesherbes, ou M. Bercoet a transporté sa
Maison d'éitncation de la rue Pépioiere, s'ouvre d'un tous vu des tours de force, et l'hercule Damourette vous
cóté rue de Lavc1I. 20, et de l'autre, rue des I Martyrs offre encore en ce momeot, a l'Hippodrome, une ma.vis-a-vis l'avenue de Trudaine.
' choire assez remarquable. Eh bien! M. Robin les sur-

�04

L'ILLUSTRATIO N, JOURNAL Ul'\ IVEn s r:L .

,,

1

Tcu

IAS

di

m

passe tou!t en tenant un emant suspendu daos
l'air par un seul de ses cheveux. Miraclc, ditcsvous; mais M. Robin s'empres~e, en souriant,
de vous démontrer que c'est un miracle ... de
l'électro-ai m:mt !
Écoutez! c'est le tambour magique d'un
zouave tombé a Inkermann. Ce tambour est
seul, isolé, saos liaguette~, et pourtant, ala voix
de M. Robin, le ra, le fil, le roulemcot, la retraite et la générale se foot successivement
1:ntendre. Encore et tonjours l'électricité ~
Et pourtant, la rcpréseotation ne vous
a encore qooné la que les bagatelles de la
porte. Voici la bobine Rumkorff, et avec • BLOC llE VEl\116 llE 9 CENT., TRAVERSÉ PAR L'ÉTINCELLE DE L'A.PPAllRIL
elle, c'est la foudre avec ses terreurs, qui
vient agrandir le spectacle et le rendre p!us émouRÉBUS.
vant. Cette bobine formidable a je ne sais quoi de ~inistre et d'imposant qui commande le respect. 11 n'y a
#
qu'un instant, M. Robin se promenait dans la salle et
.,
vous faii,ait rire avec les commotions de sa torpille; mais
en ce moment, il reste seul avec le monstre qui porte le
tonnerre. Un seul attouchcment, et vous seriez foudroyé
sur place!
,
Jngez de la puissance de la machine ! M. H.obin
luí arrache des étincelles qui déchirent l'air avec ·
une traioée de feu de i 5 centimctres de longueur; c'est
le zig-zag de la fouclre daos les nuages ! M. Robin soumet au choc de l'étincelle un bloc de verre de 9 centimetres d'épaisseur, et, en un clin d'reil, le bloc est tra••
versé d'outre en outre par des déchirures qui ressemblent a de fines dentelles. f AIT A LA SÉPIA
Pour le coup, M. Robín se transforme en Jupitcr assembleur de nuagcs. En voici un qui nous fait assister a
tout lé travail de la fou~re daus l'espace; en voici un
IUPUCATION nu Dl!RNIER REBUS,
autre qui fait passer sous nos yeux une aurore polaire,
L'abus émousse lous les plaisirs.
avec ces brillantes couronnes de feu que le fluide trace
daos l'atmosphere.
Ce n'est rien encore. Embrassez du regard toute cette
AuG, MARC, directeur-gth'ant.
série de tubcs c!e verre, contournés daos les formes posEm,. TIWKR, rédacteur en chtf.
sibles. L'air en a élé soutiré, et on l'a remplacé par certains gaz raréfiés. A un geste du maitre, l'étincelle élec.......-,__
trique s'élance daos tous ces tubes, et en illuminant les
Imp. de L' ILLUSTRAT ION, A. Marc,
douze metres de longueur qu'elle sillonne a la fois, elle
les fait rayonner des couleurs les plus variées, les plus
22, me de Vm1e11il.

féeriques. M. Robin peut ctre fier de celte splcndide expérience; on ne trouverait, ni a la Sorbonne ni a l'Académie des sciences, une col!ec•
tion de tu bes assez riche pour la reproduire.
Ponr remplir de tous points son programme,
M. Robin veut que la magie de l'art et fde la
science surpasse les vieux tours de la sorcellerie. Regarclez cet arbre de Noel, tant admiré
a Londres et a Paris. 11 secoue tristement ses
brancbes poudrées de givre; l'hiver le fait greloter. Mais quoi ! M. Robin fait un signe, et la
- métamorpbose est complete. L'arbre reverdi~
et le voila qui se, couvre de lumicrc, de fleu~,
de fruits et de jouets d'enfants. Diles cloóc,
RU)JKORFfl.
aprcs cela, que l'électricité n'est pas une fée!
Apres .l'agréable, l'utile: utile dtdci. M. Robin vous démontre que la puissante bobine doñne daos l'industrieles applications les plus intéressantes. Comme la lumiere
éleclrique brule daos l'eau, ainsi que le feu grégeois,
M. H.ouin vous donne le moyen de la faire servir a111
travaux hydrauliques. Elle peut aussi s'ü.tiliser dans le
travail des houillcres, que la lampe de Davy n'a qu'im•
parfaiternent préservé des redoutables explosions da
grisou. Elle permet enfin de faire sautcr, a de grandes
distanccs, les mines fortement chargécs.
N'avions-nous pas raison ele vous dire que la science,
cbez M. Robin, se pla~ait au-dessus de la magie, et que
les représentations de son théatre vulgarisent les grandes découvertes du siecle, autant et plus que les le~ons
de la Sorbonoe? Ajoutons que chez lui le savoir se pre•
sente dépouillé de ses formules algébriques et du pédao•
tisme de l'école. M. H.obin a su donner a la science tout
les attraits. Depuis vingt ans, ses clémonstralions ont une
réputalion européenne, et cette réputation, l'expérimen•
tateur l'a conquise par son habileté, son savoir et s~
manieres aussi distinguées que sympathiques. L'reuvre
de M. Robín mérite done les encouragements les plus
sinceres. Son théatre, sérieusement compris, est une
forme cbarmante de l'enseignement populaire, et- si d'un
coté nous y voyons les noms de Cagliostro, ele Mr.smer,
d'Albert et de Nicolas Flamel, ele l'autrc, nous y Yoyolll
fi 6urer triomphalement ceux d'Archimcde , de Ga•
lilée, de Franklin, de Cuvier, de Humboldt et d'Arago
H ENHI Coz1c.

~ =__:::ltitt~ "

-------,-~- ____

�</text>
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                    <text>L'ILLUSTRATION,
IOUD.lL -URl'fEBSEL.
i

1

~Ue ANNÉE. VOL. XLIV.

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~amedi

l,'aJia1nlil1 N ttptad pu ~ea ■uaaerill ti
fa i. lnii., I&amp; tndocliH 1t I&amp; reproduction 1 l'olranger sonl iallr4il&amp;

BUREAUX: RUE RICHELIEU, 60.

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Le corute Ounin Wousuwicz. -

L'HJS)OSSé-

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1e les
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Grosse

1116.

1 lilG,.
oe 1'eugage ¡amai1 i l11 ÍIIIÚC,

SOMMAIRI!:.

•

Ne

16 .Juille&amp;

Correspoudance d'Algérie. llevue po.itique de la semaine. - Courrier de París. L'armée fedéralc devant llichmood. - Salou de 18H
( 5' article), Chronique musicale.- Les C:ircassiens en exil.
- Causerie dramaliqde. - Giulia (nouvelle), sui1c. - Ga1elte du Palais. - Audition des iuslrumenls de M. Ad. Sax.
- Sociélé frao~1se des Aéroseaphcs.

?:'

-~

f'

Gravure, : Le comte Dunin Wonsowicz - lnsurrectioo de
l'Algtirie: Vue de la ville d'EI-Abiod, - Vue avol d'oiseau
du lhealre de la guerre en Virginie (Élats-Unis). - Salou
de 1854: Le livre de Ruth (la Biblc). - Coup de TCDI daos
les plaines d'Alfa (Sabara). - Campemenl de Moota~nards
du Caucase dans le cimetibre d'Erzeroum. - Revue trimeslrielle, par Cbam (!5 gruures ). - Jnstruments do ~l. Ad.
Sax (! gra•ures), Socielé des Áéroscaphes. Écbecs. - llebus.
~

LE COMTE DUNJN WONSOWJCZ.

Le comte Stanislas Dunin Wonsowicz naquit
en Wolhynie (Pologne), unan apres le premier
partage de sa patrie, qui eut lieu en 1772.
Apres avoir terminé ses études, et lors de la
formalion du grand-duché de Varsovie, il passa
la frontiere, gardée par les Russcs, et se présenta, aVarsovie, au général Zajqczek ( Za'iontchck ), connu de ses parenls, qui le fit cntrer

LE COMTE DUNlN WONSOWICZ. -

D'apres une pbotographie de M. Bingham.

Abonnements pour Paris et les Déparlements :
3 mois , 9 fr.; - 6 mois, 18 fr.; - unan, 36 fr. ; - le numéro 1 15c.
la collection mensuelle, 3 fr.; le volume semestriel, 18 fr.
ABONNEIIIENT8 POUR L'ÉTRANGER 1
Mémes prix ; plus les droits de poste, su(vant les tarif¡,
Les abono. partent du I er no de cbaquc mois.

dans l'armée polonaise, le i " avril i809, avec
le grade de sous-lieutenant. Quelques mois
apres, promu au grade de lieutenant, il fut
nommé aide de camp du général Krasinski.
En 1810, du 2° régiment de cavalerie, il passa
au rn• hussards, et un an apres, il donna sa démission pour entrer comme lieulenant en sec,ond daos le iº' régiment de chevau-légers
de la garde impériale. En 1812, il était déja. capitaine et chevalier de la Légion d'honneur. 11
se fit remarquer de l'Empereur Napoléon, qui
le nomma officier d'ordonnance, et c'est avec
ce grade que Wonsowicz ,fit la campagoe de
18!'2. 11 assista aux l,atai)les de Wilebsk, Smolensk, \Valentina, DoroholJourz, Borodino, Moza'isk, petit Jaroslawietz, et, aprcs le désastre
de l'armée fran~ai~c, c'est lui qui, avec le duc
de Vicence, ramena l'Empereur de Smorgoui
it Paris. Ce fut daos ce voyage que l'Empercur, craignant d'étre pris par les cosaques
qui parcouraient les environs de Wilna, remit
ses pisfolets a son officier d'ordonnance avec
l'injonction de le tuer plutót que de le laisser
prendre par l'ennemi.
En 1813, nommé chef d'escadron, il fut décoré de lá croix mililairc de Polugne par le
grand-duc de Varsovic, et de celle de la Réunion par le roi de Naples.
-·

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iceptre
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plus
s les
s nos
vouulent

INSURRECTION DE J.'ALGÉRIE; VUE DE LA VILLK O'EL-ABIOD. - D'apres uu_croquis de M, Merle, capila1ne au 67• de lilíllC,

�35

L'ILLCJSTRATION, JOUR NA L UN IV EHSFL.

L'ILLUSTRATlON , JOURNAL UNIVERSEL.
Tandis que les afiaires du Danemark mettaient aux
prises le ministere et l'opposition, daos lé parlement
REVUE POLITIQUE DE LA SEMAINE.
anglais, le roí Christian IV envoyait son frere, le comtede
Glücksbourg, en Allemagne, pour traiter de la paix, et
Les discussions du parlement anglais ont été la grande
chargeait M. de Mollkc de coustituer un ministere: le
préoccupation de ces derniers jours. Toute l'Europe at-ministere Monrad n'étan t plus possible dans la sit11ation
tendait avec une curiosité extreme l'issue de la bata1lle
&lt;&lt; Monsieur le colonelWonsowicz, xous n'avez pas ces~é
nouvelle que la mis ion donnée au prince allait nécesengagée entre l'opposition et le gouvernement.
&lt;&lt; de me donner des preuves de zele et d'activité d¡rns le
Le comte de Mal mesbury avait proposé il la chambre sairement créer.
« service que vous avez fait pres de moi pendant les
Le bruit a couru qn ~ le roi faisait proposer aux
des Lords une motion ainsi con~ue : « La chambre re,&lt; dernicres campagnes. C'est avec plais1r que je vous en
puissances alliées la sol1.t"on suivante : Le Danemark
,, témoigne ma satisfaction. Celte lettre nºétant-a autre ,, grette l'issue de la conférence; elle est d'avis que la entrant tout entier dans la Confédératiou germanique,
« politique du ministere, daos !'affaire du Danemark, a
,, fin, je prie Dieu qu'il vous ait en sa sainte garde.
au meme titre que les royaumes allemands qui en font
&lt;&lt; abaissé l'Angleterre daos !'estime de l'Europe, et a mis
« i\. Fontainebleau, ce 4 avril 1814.,
partie; la possession des Ouchés maiotenue au Dane« en danger le maintien de la paix. »
mark.
&lt;C NAPOLtON. »
M. Disraeli avait, de son cóté, saisi la chambre des ComEn admettant que le duc.r:e Glückshoorg ait,en effet,
munes d'une résolution portant « qu'une bumble adresse
Depuis son retour de la Russie jusqu'a l'entrée du e&lt; serait présentée a Sa Majesté pour la remercier d'a- re~u de son frere les instr11ctions nécessaires pour faire
corps polonais en Pologne, Wonsowicz assista aux ba- « voir ordonné que la correspondance sur le Oanemark une pareille ouverture, il rcsterait a savoir si les gouta1lles de Lutzen, Dresde, passage de l'Elbe, Bautzen, &lt;&lt; et l'Allemagne, et les protocoles de la conférence ré- vernemeats qui ne sont point partie daos la lutte, croiou il fnt contusionné, de Hanau ou il eut un cheval toé « cemment tenue a Londres, seraient communiqués au raient pouvoir approuver une combinaison qui ajoute-sous lui, Brienne, Montmirail, Montereau , Fere-Cham- « Parlement; pour exprimer aSa Majesté leprofond regret raít un État a une conlédération dont la Prusse et l'Aupenoise, Arcis-sur-Aube, Vitry, etc. - Le 14 septernbre &lt;&lt; avec Jeque! le Parlement avait appri~ que cette coufé- tricbe se disputent l'hégémonie, et que l'une ou l'autre
. 1815, il entra au service du nouveau royaume de Polo- « rence s'était terminée saos atteindre le but pour le- de ces deux p11issances pourrait, a un .moment donné,
gne, qu'il quilta trois ans apres, ne ponvant supporter « que! elle avait été réunie, et aussi le grand regret armer daos l'intéret de son ambition personnelle.
La Diete germanique a résolu, sur la propositioll de
les caprices du grand-duc Constantin.
« éprouvé par le Parlement de ce que la politique du
110
la
commission du Holstein, d'inviter le gouv~rnemeot
En 1820, il épousa M Anua Tyszkiewiez (Tychkie- « Gouvernement de Sa Majesté, tout en n'atteignant pas
d'Oldenbourg
a présenter, le plus tót po_ssible, l'exposé
witch), par un premier mariage comlesse Poto~ka, nicce ,, son 'but avoué de maintenir l'intégrité et l'indépendu ·prince Joseph Ponialowski, maréchal de France, et &lt;&lt; dance du Danemark, avait amoindri la juste inlluence des prétentions du grand-duc a la succession du Holspetite-niece du d.ernier roi de Pologne, Stanislas- « du pays dans les conseils de l'Europe, et, par consé- tein.
Le i2 juin, l'Empereur et l'Impératrice du Mexique
Auguste.
.
&lt;&lt; quent, diminué les garanties de la paix. )&gt;
ont fait leur entrée a Mexico. La veille, le général Ba1La révolution polonaise de 1830 le trouva au chateau
La question, on le voit, était posée devant les deux
de Willanow, résidence mémorable de Jean Sobieski, et chambres daos des termes qui semblaient devoir don- zainc, le ministre de France et le général Neigre étaient
aujourd'hui appartenant au fils de la comtesse, le comte ner d'avan.ce au vote une portée immense. Daos la pré- allés recevoir Leurs Majestés a Guadalupe.
« Jamais pareille ovation n'a été faite a un souverain,ii
Auguste Poto~ki.
vision d'1m échec pour le ministere, on prononsait ces
écrit
M. le préfet politique de Vera-Cruz daos la dépeLe l 2 mai 1831, le gouvernement national polonais mots : Changement de cabinet ou dissolution du parle-•
che
qu'il
envoie au ministre du Mexique a París. Voila
nomma le colonel Wonsowicz général de brigade. Aprcs
ment.
une
assertion
bien téméraire; sait-on j ama;s au juste,
la falale issue de la guerre, il se retire. avec sa femme
La lutte a été longue, ardente, passionnée, tumulen
pareille
matiere,
si le passé ne s'est pas mis d'avance
daos son chatean de Zator, en Gallicie, et en l 852, il tueuse parfois, et melée de tempetcs. Les orateurs de
a
la
bauteur
du
présent'I
vint .s'établir en France, oi1 deux ans apres, par un l'opposition ont donné coutre les ministres avec une imLe 3 juin, Acapulco a été occupé saos coup férir par
décret de l'Empereur, il fut admis a jouir de tous les pétuosité extreme. A la chamhre haute,.le comte de Malles
batiments de la division et un .bataillon de tirailleurs
droits civils.
·
mesbury, le marquis de Clanricarrle, lord Coernarvon,
. Une maladie de quelques semaines viept de l'enlever lord Grey; a la chambre des Communes, MM. Disraeli, algériens. Les juaristes se sont retirés daos l'intérieur
a ses amis, a !'a.ge de quatre-vingt-un ans, l,e 30 juin Cobden, Roenuck, lord R. Cecil, M. Rolt, lord Montagu en abandonnant 38 pieces d'arlillerie.
Les dernieres dépecbes nous apportent la nouvelle
!864. Ses obscques ont eu lieu a l'église de Saint-Au- et lord Henri Vane n'ont pas épargné a leurs adversaires
gustin, ou son corps a été déposé en altendant qu'on le l~s amers reproches et les accusations violentes) au ris- d'un engagement entre le colonel Aymard et le général
Májia et un partí de 0,000 hommes commandé par Dotransporte daos le tombeau de famille, a Zator.
que, parfois, de compromettre quelque peu l'Angleterre
blado, en avant de Matehuala. L'ennemi a laissé sur le
P. P.
elle-meme daos l'estime de l'Europe. Mais chez nos voichamp de bataille 8 officiers et 24 soldats tués. Un drasins, on ne se soucie gucre du qu'en dira -t-on; l'importaot est d'arriver au but; et puis l'Angleterre , est assez pean, toute l'artillerie du corps d'armée de Doblado,
forte pour qu'on puisse lui dire tout haut la vérité, composée de i8 pieées de canon, et tous ses équipages,
COllRES·PO~D.lNCE D'ALGtRIE.
meme quand elle n'est pas !latteuse. Et voila comment 800 fusils, 39 officiers et f ,200 soldats, sont restés entre
A.U DIRECTEUR.
M. Cobden ne s'est pas fait scrupule de développer ce les mains de notre détachement.
1!1-Abiod,. 19 juin.
Le général Grant cst revenu devant Pétersburgh. Au
theme, que l'Angleterre était impu.issante daos les queamoment
du départ du courrier, les opérations militaires
Voici un croquis de la ville d'El-Abiod, ville sainte qui, tions de politique contioentale, et lord Montagu d'affir- étaient interrompues it cause des grandes chaleurs.
datls !'esprit des Arabes, prend rang apres la Mecque ; mer que le nom de l'Angleterre était «exécré» sur le conA la suite d'un débat tres-vif: la Chambre des dé¡iutés
c'est la que se trouve le marabout de Sidj-Ilamza, ancetre tinent, et comment, lorsque lord Cecil a déclaré que la de Turin a voté, a une iµajorité de 56 voix, un ordre du
avait perdu son honneur et sa dignité,
ctu Sidi-Seliman, qui a commencé l'insurrection et a été Grande-Bretaane
o
.
une
partie
de
la
chambre
a couvert ses paroles d'app1au- jour exprimant la confiance de l'assemblée daos le goutué par le colonel Bea upretre. Nous avons trouvé la villc
vernement.
abandonnée et l'avons saccagée. C'est une des exigences dissements.
La session des Chambres fédérales a été ouverte, en
Tout cela n'a point convaincu le ministere qu'il eut
de la'guerre daos ce pays; il faut agir avec une grattde
Suisse,
le 6 du courant. M. Jreger a été nommé présivigueur et terrifier les esprits par des mesures quelque- mérité le moindre blame; il a opposé a toutes les attadent
du
Conseil national, et M. Roguin présideni dn
ques le front le plus serein, et jamais lord Palmerston
fois impitoyables.
Conseil
des
États.
La ville n'a pas été défendue; le jeune Mohamed, qui n'a paro avoir plus intimement conscience d'avoir fait
L'Empereur est en ce moment a Vichy. L'Impératrice
a remplacé son !rere dans la direction du mouvement de la bonne et sage politique.
A ta chambre des Lords, 177 voix contre l08 ontadopté et le Prince Impérial ont quitté Fontainebleau et rési••
insurrectionnel, a été abandonné il notre approche; sur
dix mille combattants qu'il avait avec lui, quelques cen- la résolution de lord Malmesbury; a la chambre des denta Saint-Cloud.
Un décret impérial prescrit aux batiments fran~ais
Communes, 31 3 voix contre 295 ont repoussé la motioo
taines seulement lui sont restés.
l'emploi exclusif du Code commercial des signaux al'usage
Plusieurs tribus sont déja venues demander !'aman. La de M. Disraeli.
Cette majorité de 18 voix daos la chambre des Com- de toutes lesnations, tel qu'il a été adopté par la commissituation va done en s'amélior:i.nt.
munes suffit a lord Falmerston: il n'est plus question de sion anglo-fran~aise, pour toutes les communications
Agréez, etc.
Pour extrait : PIERRE PAGET.
chan"'ement
de ministere; tout au plus sacrifiera-t-on. échangées soit entre eux et avec les sémaphores, soit
e
aux susceplibilités dp la France lord Russell, dont la ra1- avec les batiments étrangers.
Une convention conclue entre le gouvernement frandeur :i. fort déplu daos ces derniers temps.
Un de nos correspondants d'Algérie nous écrit: " Dans
~ais
et le gouvernement ilalien fixe au chi!Ire unifor~e
Quant a la majorité de 9 voix qui a conóamné la polivotre numéro du 18 juin, VO\JS nous faites plus nomde
4
fran cs le prix d'uoe dépeche de vingt mots adressee
tique du eabinet dans la chambre des Lords, c'est
breux que nous ne l'étions réellement au combat d'Ainde
France
en Jtalie et d'Italie en France.
quelque chose de tout a fait indifférent, et personne ne
Federeah ; nous étions bien mi lle huit cent fantassins,
M~t.
Marie,
Jules Simon, Ed. Charton, ancien repré•
songe a s'étonner, en Angleterre, que le ministere ne
mais vous a vez multiplié par dix le nombre de nos cavasentant
et
Hanri
Martín ont adressé la lettre suivante aux
daigne pas meme en étre touché si légerement que ce soit.
liers, qui étaient trois cents et non trois mille. »
personnes
chez
lesquelles
ont été faites les récentes· perLe Moming-Post a publié de nouvelles dépeches qui
Nous nous empressons de rectifier cetle erreur d'imquisitions qui ont si vivement ému l'opinion publique :
ont
motivé
de
uouveaux
démenlis;
le
prince
Gortpression. Nous savons que nos braves sol&lt;lats n'ont pas
besoin d'etre quatre contre un pour vaim:re : ils laissent schakolf a pris a son tour la plome pour déclarer men• Paria, le 9 juillet 1864.
« Chers collegues et amis,
cetle mesure de prudence a d'autres armées, qqi n'en songers les documents produits par le journal anglais.
sont pas inoins pleines d'un orgueil saos mesure apres L'efiet des dépeches est considérable; celui des uémen«Membres comme vous du Comité électoral de i863,
tis est moindre, et l'on prétend meme que les gouvernedes victoircs si facilement remportées.
nous
tenons a vous dire que nous ne comprenons ni le
ments qui protestent, se montrent quelque peu ollensé&amp;
H. C.
proces
qui vous est fait, ni l'exception qui, jusqu'ici du
de la froideur avec laquelle leurs protestations sont
moins, nous a laissés en dehors des poursuites.
accueillies.
En t 814, nomrné colonel, pl'omu ,au grade d'officier de
la Légion d'honneur, il ne donua sa démission qu'apres
le départ de l'Empereur pour l'ile d'Elbe. C'est. a cette
epoque que l'Empereur lui adressa la lettre suivante :

0

,. truction se continue. Nous n·y avo ns pas été ap- 1 la musique de la cantate et du duo du sieur Zéliot,
L
«ms
.
d..
d
h
,
Ame comme témoins. Nous ne pouvons garder « gran mus1c1en. &gt;1.Une cantate et un uo seront c aupe1es, me
·
C 1·
1 d
. ll N.
f
le silence plus tongtemps.
.
.
tes ~a_r un sieur o m et a emo1se e_ ma, « ~meux
«Dévoués a la liberté électorale eta loutes nos hberte~, mus1c1ens du Canada. ,i Enfin &lt;&lt; le s1eur Dom101que
ne cesserons de réclamer celles qui nous man · dansera l'Darliquinade, le sieur Silva, la Matelcte hol5
n:~nt et d'u,er, comme vous et avec vous, de celles que landai~e, et le sieur Grivois, la Chilloise; tous trois
~ous ~nons de ta toi. »
grands danseurs, qui ont toujours été applaudis daos
cette partie de l'Amérique septentrionale. l&gt;
Quelques détails que je ne rapportc point ici me donnent
a penser que les villageoises canadiennes étaient
Dimanche dernier, a deux heures trois quarts de l'ade ces bergeres que n'effraie pa~ une aimable libert~ de
pres-midi, le hateau a vapeur la .Mouche n• 4, c1ui fait ':service omnibus ~ur la Saóne, se renda1t de Perrache a mreurs.
En ce temps la déja les nobles plaisirs du turf étaient
Vaise . .Le pont était couvert de nombreux passagers se
a
la
mode : la Gazette annonce qu'une bourse de quatenant debout. Une inclinaison brusque s'étant produite,
rante
dollars sera courue daos les plaines d'Ahraham.
les voyageurs se porterent, par un mou_vement instincLe
favori
était alors un certain Vandanyo - ne seraittif sur Ir. cólé droit du bateau. Le bast1ngage céda, et
ce
pas
Fandango?qui se toa en hutant contre un chien,
q~arante personnes furent précipitées daos la riviere.
Au moment ou nous écrivons, trente-deux cadavres ont daos une course. Deux odes furent composées sur son
trépas.
été retirés des tlots.
Je lis daos la GazettedeQuébec la liste des jo11rnaux puEDlt!OND TEXIER.
hliés au Canada jusqu'au ¡•r jauvier l85i ; il y en a 05 .
Sur ces 65 journaux, 2i sont morts dans l'année qui
les avait vos naitre; i8 o·ont p11 vivre plus de deuxans;
10 jouissent encore de la douce lumiere du jour. Chose
colJaBIBB DB P&amp;BJ8.
digne de remarque, les trois premiers journaux fondé~
L'il Jubilé d'un journal. - La Gazetft! de Québec. - Les jour- au Canada sont an nombre des survivants; ce sont: laGanaux du Canada. - Abd-el-Kader frauc-ma~on. - L11 zette de Québec - i704, la Gazette de Montréal - i784,
symbolisme de la franc-ma90nnerie. - Le Commandeur le Cunadien - 1800.
da Gama Machado. - DUP.ls et duellisfes; M: Fayot. Le Caoada a eu, comme h France, un Constitutionnel,
Un .fanatique de M. Meissonier. - Fleurs et feuilles. une Quotidienne, un Temps, un Avenir, un Ami de la
Tartuffe au théAtre Saint-Pierre. 'l... Un drame Iyrique. Religion, un Progrés, un Charfrari, un Argus, un Glaneur,
Le Soldal magicien. - Néméa. - Mlle Mourawief. - Les
une },Jinel've, un Ménestrel, une Lancette, un Album,
pieds qui chantent. - L'Amour.
un Écho des campQ{lnes, un Écho de la Presse et des
Abeilles.
Savez-vous qnel est, apres la Gazette de France, le
Je vois dans la Jiste un e. Étoile qui s'est éclipsée en
doyen des journaux du monde? En vénté, je crois bien
moins
d'un an, un Cot'n du feu qui n'a pas brulé longque vous ne vous en doute2 pas. C'est la Gazette de Québec
temps,
no Phénix, mort daos sa tendre enfance et qu'on
(Canada). Cettevénérahle feuille a célébré, 1e2l juin dern'a
point
encore vu r~naitre de ses cendres, un pauvre
nier, son centieme anniversaire. Les abonnés ont rc~u
Castor
qui
avait si mal construit sa maison qu'elle s'éce jour-la un numéro de seize pages, fort bien imprimé
croula
dans
l'année.
et fort mal illustré, qui racontait l' bistoire universelle du
La
Gazette
de Qw!bec apprend a ses lecteurs avec queljournalisme a partir des Acta diurna des Romains jusque
orgueil
que
beaucoup de ses abonnés tui sont fideles
qu'a laHickings Gazette,fondée aCalcutt:i. en ! 781, et l'bistoire p;rticuliere de la Gazette de Q.1,ébec en grand dé- depuis trente ans, et quelques-uns dcpuis quarante ans.
tail. Au numéro du 2! juin ·1~64 étaitjoint le fac-simile du Elle sert encore les descendants de quelques-uns de ses
premiers souscri pteurs de i764.
premier numéro du journal, pnblié le 2t juin l704.
Le meme journal Ju pendant cent ans daos la meme
Daos ce premier numéro, le chapitre des crimes et
famille,
quel étonnement pour MM. Havin, Delamarre,
des accidents, cet Eldorado de la presse contemporaine
Emile
de
Girardin et leurs confreres ! quel reproche a
est bien pauvre; nous n'y trouvons pas le roman-feuilleuotre
inconstance
! Cambien de nous li~ent le journal
ton meme PU germe, mais laréclame apparait déja: seuqu'ont
lt1
leur
pere
et leur grand-pere? Combien, daos
lement elle est simple, modeste, ingénue; elle ne bc.t
leur
a.ge
mur,
le
journal
de leur jeunesse?
pas le tambour, elle ne sonne pas la trompette : c'est
un nommé John Baird qui ]'inaugure.
Une feuille qui n'est peut-etre pas centenaire, maisque
La Gazette fut probablement, diseut les propriétaires
je
veux croire bien informée, annon ce qu'Abd-el-Kacler
actuels du journal, le premier papier imprimé publié
vient
de se faire recevoir franc-ma~on a la loge des Pyau Canada.
En 1763,MM. Brown et Gil more. qui devaieut la fonder ramides.
Qu'on dise apres cela que la franc-masonnerie n'est
un an plus tard, avaient fait part de leu1· projct au puqu'un prétexte a banquets; l'ex-émir n'est pas homme,
blic dans les termes suivants :
« En casque nous serons assez heureux d'avoir bon je pense, a cbercher les occasions de festoyer; c'est un
soeces, notre dessein est de nous établir au printemps personnage trcs-sérieux, il l'a prouvé plus d'une fois,
prochain daos cette ville comme imprimeurs, et de pu- et qui m'a tout l'air d'etre trcs-indiíli\rent aux plaisirs
blier aussitót chaque sema;ne une gazetle, laquelle, de la table. J'ignore ce que penser:i.it Mahomet de la
comme la présente condition du pays ie rend beaucoup franc-ma~onnerie, ou ce qu'il en a pensé_. car il n'est
nécossaire, nous proposons de publier en franpis et en point impossible qu'elle existat de son temps, mais il me
anglais. Cette méthode fournira une le~on toutes les semble qu'une pareille institution doit séduire les imasemaines pour l'avancement de chaque habitant, porté ginations orientales. Je vicns de lire le Cours oral de
pour acquérir une parfaite connaissance de la langue de franc-maqonnerie symbolique du frere Cauchois, 3ü•, anl',mdroit, différeute de celle de sa mere tangue, soit un cien orateur du Grand -Orient de France (chambre symbolique), et, vraimenl, les gens qui ont le gout de coulemFransais ou un Anglais. »
Les bonnes le~ons de fran~ais que la GazettP. de Qué- pler le réel a travers le figuré, ne peuvent que trouver
bec dut donner aux Anglais! Malheureusement, elle ne lenr cornpte a prendre le taLlier. M. Cauchois explique
pou.rsuivit pas jusqu'au bout son reuvre d'enseignement toute cette symbolique avec une science et une clarté adpratique; un jour vint ou elle ne parla plus qu ·aoglais. mirables, etl'on a plaisira voir lajoie qu'il éprouve a tirer
Apres le petit échantillon qu'on vient de voir du style de d'une formule mystérieuse une idée philosopbique, a
MY. Brown et Gilmore, on peut aisément se fi gurer la montrer la pensée cachée sous une apparence qui dégrandeur du coup porté ce jour-la a la langue fran~aise concerte les profanes, comme la lleur daos le bouton, a
convaincre ses auditeurs de la beauté et de la grandeur
daos notre ancienne colonie.
Daos l'historique de la Ga?.ette de Québec je troU1 e des dogmr.s et des préceptes de sa chere franc-ma~ouquelques extraits des numéros qui parurent en i704 et nerie.
Lisez les le~ons du frere Caucbois ; si elles ne vous
daos les années voisines de cette date.
Un de ces extra1ts renferme le programme d'un grand inspirent pas le désir de devemr lranc-ma~on, elles vous
divertissement donné par les Villugeoises ca11adien1ies, auront au moins appris ce que signifieot les acclamanouvelles sujettes de Sa Majesté britannique d'un cer- tions, les accolades, les batteries, les voyages, les épreutain canton de la province de Québec . 11 y aura co- ves, les mots de passe, les mots sacrés, les signes, les
médie, ballet et concert : les paroles de la comédie se- instruments: ce qu'enseignent les piliers, le plafond et
ront d'un sieur Lanoux, « célebre poete du Canada, )&gt; et les fenetres de la loge, les bijoux mobiles et les bijoux

.

immobiles, la pierre brute et la pierre cubique, les marches du temple, le pavé mosaiqne, l'étoilc llamboyante,
.
et bien d'autres chotes eneore, que vous ne serez pas
facbé de connaitre.
Je ne sais si le commandeur don Gama Machado
était franc-ma~on, mai~ personne n'entendit plus largement la liberté, l'égalité et la fraternité; il n'en voulat't
pas ~eulement entre les hommes, mais encore entre les
bommes et les animaux.
Le ciel me préserve de moissonner daos le champ de
mon voisin, je laisserai done M. Heurys vous apprendre
l'issul:) du proces intenté a la raisoo de don Gama Machado, mais ce qui n'est point du proces m'appartient,
et j'en use sans scrupule.
En l 824, le bon commaudeur eut 1:i. pensée de donner
son porti:ait a ses amis, et chargea un artiste portugais,
nommé O. A. de Sequeira, du soin de le faire.
J'ai sous les yeux un des exemplaires de la li thographie q11i fut tirée d'apres le dessin de M. de Sequeira.
~1. da Gama Machado est assis; il tieot daos ses hras un
chien et un mouton, asa droite, perché sur un ha.ton,
un corbeau le regarcle avec tendresse; a sa gauche est
assise une dame coilfée lres-baut, eogoncée daos une
collerette ruchée a trois rangs qui sort d'une robe montante, a manches plates et a petits gigot!-. Sur le doigt
de r.ette dame est posé un perroquet; Ull second mouton se pres$e contre ses genoux, et leve ver~ M. de
[\fachado des regards plus éluquents encore que ceux du
corbeau.
Je ne saurais vous dire ce qu'il y a de bonté, de douceur, de sensibilité, comme on disait alors, sur le visage
du Commandeur, de la dame, du chien, du corheau,des
moutons et du perroquet. On s'étonne de ne pas Jire au
has de la litbograpbie ces mots : l'Hetweuse Famille.
Juge, je n'aurais jamais eu le courage de troubler un
bonbeur si por en brisant letestamentdu Commandeur;
et puis c'était de folie qu'il s'agissait dans !'affaire, et
ils ont tous l'air si raisonnable, meme les hetes ! ·
L'alJ!our des animaux ·et des peti ts oiseaux, voila ce
qui consola la vieillesse d'un homme a qui beaucoup de
ceux qui ont entendu parler de luí n'auraient pas supposé, sans doute, tant de tendresse d'ame pour les innocentes créatures du bon Dieu.
Daos un livre qu'un conteur de grand talent vient d'écrire sur son lit de do1.leur, et ou vous trouverez toute la
helle humeur, d'une florissante santé, dans les Duels et
duel/istcs de M. H.oger dr. Bea11voir, ou vous verrez passer devant vous, l'épée ou le pistolet a la main, le dnc de
Richelieu, Sainte-Foix, Lacios, Mm• de Nehle et Mm• de
Polignac, Fleury, Martainv1lle, Cbodruc-Duclos, Fayot,
Uesmoulins, Choquart et heaucoup de leurs partenaires
moins illustres, vous ne lirez p:is sans surprise peutelre, que le trop heureux adversaire du jeune SaintMarcelin, dont la mort fit tant de hruit a Paris, est vivant encore. Il y a· de ces noms qui ont eu leur jour de
céléhrité et qui disparaissent soudain; on croit que c'est
la tombe qui les a pris, et l'on est tout étonné de s'apercevoir que ce n'est qne l'oubli.
Grace a M. Roger de Beauvoir, nous savons maintenant que M. Fayot habite un anci~ chatean a Villeneuve-lez-Avignon.
« Le propriétaire de ce manoir,ditM.·Roger de Beauvoir, a cbez lui des autruches, des cerfs, des chamois,
uhe foule d'animaux vivants qui hondissent au milieu
d'un pare coupé de ruines et d'eaux vives. Ces ruines
ont pour festons nat1Jrels des figuiers, des capriers tordant leurs hras noueux sous un ciel torride ... Arrivé a
cet age ou l'on ne vit plus guere que par les souvenirs,
Fayot s'est fait une amie dr la solitude; il ne veui voir
personne et v:t comme un véritable ermite. Une dame
lui fait la lecture, et cett&amp;providence vivan te de sa cécité
lui en allége le chagrín. Possesseur de pluR de vingt
mille livres de rentes, il pent faire le bien, et il le fait;
son p·lus grand bonheur est de donner.
« En revanche, son plus grand regret est de ne plus
voir les eiseaux de sa voliere.
-Je ne les vais plus, disa1t-il récemment encore aun
ami, mais je les reconnais a leur chant.
Fayot, le terrible tireur, et le doux commaodeur da
Gama Machado, se réunissant dans le commun amour
des petits oiseaux; n'est-ce point étrange?

I

, A cbacun sa fantaisie. M. l)el..., qur a récemment
acheté 70,000 fr. le Mil huit cent quatofze de M. Meis-

�L'ILLll STl1ATI ON , JO URNAL UNlVEBSEL.

36

L' ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
sonier, vient d'avoir celle de faire
peindre son portrait par le grand
maitre de l'infiniment petit; je le
comprends a merveille, et c'est une
meilleure idée que celle de collectionner des boutons d'uniforme: une
manie dont je me garderais bien
d'ai\leurs de dire du [mal, puisqu'elle a rendu d'honnetes gens
tres-heureux. M. Del. .. payera sa
fantaisie 25,000 fr., ce n'est ríen;
car jusqu'ici, je ne sais qu'un seul
particulier qui puisse se vanler d'av.oir son portrait de la main de
M. Meissonier. Si l'artiste veut bien
ne pas trop hausser ses prix, la
mode en viendra bien vite.
Une mode nouvelle en pleine floraison, c'est celle des belles feuilles.
Nos jardiniers cherchent saos
doute encore a perfectionner_les roses et les cactus, mais pour le moment c'est aux feuilles surtout qu'ils
appliquent leur génie. J'en ai vu
hier d'admirables a l'exposition
d'horticulture de larue de Grenelle;
les unes avaient drs reflets de pourpre, d'autres des reflets d'argent;
quelques-unes étaient d11 velours,
d'autres du satín; il avait neigé sur
celles-ci, il avait plu des émeraudes
sur celles-la; et les formes les plus
nobles, les plus élégantes, les plus
majestueuses ! De vraies feuilles
pour les duchesses et les princesses,
qui s'étioleraient daos un intérieur
bourgeois ct¡que i'air d'une boutique tuerait net.

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Ce n'était point a~sez de Tartuffe auThéatre-Déjazet et au théatre de la Porte SainHlartin, il a
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SALON DE 1864: Ll! LIVRl! 01! RUTII (La Bihle). - Tableau de M. J . Pauvrlol. -

(Voir page 38.)

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CO!IP DF 11l~T OANS LES PLANES D'.H f'A( Sahara). - TablMu de 11 Eug. Promruliu . -

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(Voir p~if 2i).

37
Pierre : ce gaillard-la ne se refuse
ríen.
Une nouveauté pour l'automne
ou pour le printemps procbain :
le Théatre-Lyrique jouerait un
drame en vers, melé de cbant, ele
M. _Legouvé; l'ouvrage a pour litre : les Deux Reines. 1ri1"• Ristori
étudie le principal role.
Mais le printemps prochain est
loin de nous, parlons des choses
de dcmain.
On va représenter sur le théatrc
crEms, q1Je dirige M. Briguiboul,
le frere du peintrc dont les reuvres ont été fort remarquées aux
dcrniercs expositions, deux opércttes de MM. Nuitter et Tréfcu, musique de M. Offenbach : Jeanne q•J.i
pleure et Jean qui rit, et le Soldat
magicien.
MM. Nuitter et Tréteu ne prétendent poiot du tout avoir inventé le sujet du soldat musicien.
L'un d'eux a bien voulu m'apprenclre, avec une modestie cbarmante,
qu'on le voit poindre _pour ' la premicre fois •dans un intermedc joué
par la troupe espagnole qui vint
en France sous Louis XIII. Poisson
fit plus tard les Fous dive11tissants,
ou Dancourt prit son Bon soldat,
d'ou Anseaurnf:, en 1760, tira le
Soldat magicien. La vieille intrigue
espagnole parut depuis quatre ou
cinq fois, sous de¡ costumes dil'Crs,
au Vauclevillc, aux Variétés et aillcurs; et lorsqu'on ·parla pour la
premicre fois clu Soldat magicien de
AIM. Nuitter et Tréfcu, MM. Adcnis
ot Leuven annoncereut aussitut
daos les journaux qu'ils avaient un
Soldat magicien en portefeuille.
Tant mieux, vraiment; une fable

�.38

J,'ILLUSTR .\Ti0N, JO T:RNAL lj NIVER~EL.

L' ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

- - - - - - - -- - - - - - - -- - -- - - - - - - - - - ----tifique. Ce qui est en premiere ligne, oe sont les condi-

qui séduit tant d'auteurs doit étre excellente, et le Pannunkey, avec mission de gagner Gordonsville et
tions du pittore~que. 11 importe peu de savoir si le style
MM. Nuitter et Tréfeu sont gens a l'accommoder de la Charlottesville, pour se rallier au général Hunter. C'est
done bien, comme je vous le disais, un immense mouvc- de l'architccture est celui de l'époque de la dix-huitieme
bonne fagon.
ment concrntrique qui tend a investir complétement Lee dynastie ou de· la vingt-sixicme, si les costumes sont du
temps de Sésostris ou de celui de Psammétichus; mais
On pourra déclamcr, chanter et danser mille aris en- et Rir.hmond.
De part et d'autre, l'énergie ne faiblit pas un seul ce qui serait a désirer, ce serait que les figures princore sur le sujet de Némt'a, le nouve,au ballet de l'Ocipales, celles des dan¡mses, fussent d'un dessin plus
péra, saos risqucr de l'épni,~r. L'amour vengé ! que instant. S'il le fant, nous ferons des efforts surh11mains;
•
correct et d'un mouvement moins disgracieux. -M. T1sde tiracles, de roulades et d'entrechats il faudrait pour mai~ il faut qne nous l'emportions, et nous l'emporterons.
sor
avait attiré l'attention, aux deux avant-dernieres exStevens, le vice-président du Sud, di~ait derniere mettre hors de service un si riche theme !
positions,
par des peiotures de style archa"ique dans la
Nous avions eu des ballet, fran~ais, des hallet• na- meút dans un discours : &lt;&lt; Le negre n'est pas l'égal du
maniere
de~
premiers maitres allemands et vértitiens de
politains, des ballets belges ; le temps était bien ven u ,&gt; blanc, et l'esclavage, sujétion a une race supéricure,•
la
Renaissance.
Cette année, il a renoncé, et il a hien
d'un ballet hongrois. Et puis, on avait Mil• Mourawief, 1, est la condition morale et naturelle du negre. No.tre
fait,
a
ce
mode.
conventioonel
de peindre en vieux; il est
,1 gouvernement est le premier dans l'histoire du monde
et la Russie n·est pas loin de la Hongrie.
entré dans la vie moderne, mais en conservant une cer1,
qui
ait
pris
pour
base
fondamentale
de
son
o,ganisaPar Mourawielf, le général, dont je donnerai, tous
taine singularité qui coostitue l'originalité de sa males talents pour une pointe de sa gracieuse homonyme, 11 tion ce fait incontestablement vrai physiquement,
niere. On 'peut reprocher a son Portrait de M110 L. L. la
la Hongrie n·est point un pays aussi barbare que je me n philosophiquement, moraiement. »
confusion
optique qui existe entre la chevelure réelle et
Voila, 11 me sembl,,, une profession de foi hien forl'imaginais: il y a la le plus joli bois du monde. avec un
~on
reflet-dans
la glace, et a la couleur la dominante
ravissant petit temple dédié a Cupidou. Cupidoo, c'est melle. c·est contre de ,ernblables príncipes que nous
aigue
d
u
corsage
rouge. Daos le Portrait des dttt.:l! S11JUrs,
Mil• Fiocre, q11i ne dépare pas son bois, je vous as- combattons.
011
il
a
associé
le
raysage
aux figures, une teinte généNe devo'us-nous pas avoir avec nous tous les gens de
sure. Et comme le~ paysans et les paysannes s'habillent
rale
verdatre
enveloppe
tous
les objets et se reflete sur
creur?
galamment en Hongrie !
les
robes
blancbes
et
sur
les
carnations.
On peut ne pas
Pour extrait: P. PAGET.
Agréez, etc.
La nouveauté de Néméu, c'est un air que chante
aimer cette coloration, mais on doit reconnaitre que le
Mil• Mourawief du bout de ses petits pieds mignons. Vous
jeune art1stc fait preuve, daos cet ouvrage, d'un senti."
vous rappelez, dan, un vieil opéra, la scene ou la chanment harmonieux et délicat des valeurs de tons dans
teuse fait écho a un rossignol; eh bien! M11 • Mourawief
une gamme sourde et liII!itée. Ces diverses transformajoue cette scene d'une fagon merveilleu~e; \'orche,tre
tions sont les indices d'un talent qui s'affirme, mais qui
parle, et die répcte l'orchestre sans manquer une note.
15• article).
héfite encore sor sa voie défioitive. - M. HAMON contiPas une mélodie, pas un trait, pas une fiorilure que ne
11 y a une qualité qui fait souveot, dfl nos jours, dé· nue a poursuivre celle de la fantaisie, parfois alambimiment ces pieds-fées. Un vieux monsieur sourd, qui les
quée, ou il a établi son domaine. Son Av.rore n'a aucune
avait regardés avec beaucoup rl'attention, chantait l'air faut au talent, c'est la sincérité. La concurrence et le
espece
de parenté avec l'Anrore aux doigts de rose du
désir d'attirer les regards et de les étonner entrainent
tres-correctement au sortir de la répétition générale.
vieil Homere; c'est une jeune filie matinale, sort.ant de
lrs
arlistes
a
faire
des
choses
exagérées,
excessives,
a
reMil• Fiocre ne danse guere, mais elle n'en a pas
cbercher des données singulieres et bizarres. Daos cette ~a couche et retenant sa cheroise d'une main, les pieds
moins un succes qui doit réjouir Phidias.
nus posés sur une feuille de chou et buvant la rosée
Le lendemain du jour de la premiere représentation, rnauvaise direction, les uns faussent leur talent; les audans
les clocheJ,tes d'un convolvulus, le tout enveloppé
on a trouvé, écrits sur la porte du Musée des Aotiques, tres, µayant d'audace, se font une originalité de leur
d'une
teinte aéi:ienne. Un charmant meu~onge ! - Le
impuissance meme. L'épreuve réussit toujours dans une
les cinq vers que voici:
contraste
le plus violeot a opposer a cette évanouissante
certainc mesure; le public se laisse surpren&lt;lre; et une
peinture,
e'est l'éblouissante toile 011 M. MoNGINor a
critique amie, acclamant les novateurs, malmenant leR
Dianes et V6nus et chaque déité
peint
d'une
si vive couleur Pierrotenfant, mordant dans
Que dans le blanc Paros sculpta l'antiquité,
bour¡;cois, souticnt qne le laicl, c'est le beau, et que les
une
grenade
et 'JYT'ÍS sur le fuit de gourmandise par ArleVous dont J"hymne sublime ou l'ardent dithyrambe
teintes les plus criardcs c'est de la couleur. Cela réu~sit
quín.
Immortalisa la baaulti,
a faire de petites renommées éphémeres qui, aprcs un
Nous avo ns du, dans notre revue rapide et tres-limitée,
Allez voir l'Amour-Fiocre el voilez-vous ... la jambe.
retentissementd'un jour, tomberont demain dans l'oubli.
omettre
bierf des noms e! bien des ouvrages. Nous reLa n'est pas le ma.l; il est dans le trouhle -qui s'introX. FEYRNET.
g.r_
e
tt4lns,
entre autres, de ne pouvoir que citer la Venduit dans les idées, dans les imitateurs égar'és ,que de
rlange
a
Procicla,
de N. CuRzoN; les Nymphes au tombeau
fa!_).sses doctrines encouragent.
Le maitre des grandes audaces, peintre d'un talent d'Adonis, de M. GENDRON; le Repos et l'Épisode des gumes
réel; qu'il a le tort de forcer, M. Courbet, est, cette de la Pologne en 1863, de M. LAUGÉEj le Liwe de Ruth,
L'ARMÉ~'. FÉDÉRALE DKVANT RICIIMOND.
année, absent de. l'Exposition. - Un peintre nouveau de M. FAUVELEr, tablean plein de grace et de sentiment,
venu, M. MANET, qui était resté exilé, l'aonée derniere, que nous reproduisons dans ce numéro, et les petites
A.U DIRECTEUR. · '
Ncw-York, 15 jum.
dans les s·alles des refusé~, a eu, cette année, deux ou- scenes rle MM. Fm,RE, F1caEL, PARGELAs, etc., etc. ·
Le gouvernement des États confédérés d'Amérique a vrages admis au Salon: Daos l'Episodt d'une course de
PAVSAGE,
montré une grande babileté en choisissant Richmond tau!'eaux, Il0US ne saurions voir que la hardiesse de
mettre
du
noir
sur
du
jaune.
Dans
le
tableau
des
Anges
pour capitale. JI ne pouvait pas trouver une ville dont
Le PAYSAGE est le geore de peinture qui envahit dt.
la défense fut plus facile. La vue a vol d'oiseau que je au tombeau du Christ, _on ne remarque que l'abus d11
jour
en jour davantage nos expositioos. Pour le nombre
vous envoie vous en convaincra. Le pays environnant noir et de la laideur. Quels q11'aient élé ces débuts, le
des
muvres
produites, il passe meme avant le GENRE. Si
est boisé, d'une nalure inégale, couvert d'ondulations nom de M. j1anet a surgi de la foule; c'est une bonne· l'on se reporte par la pensée a ce qu'était le paysage
et de ravins, traversé de rivicres et de ruisseaux sans fortuoe qu'il doit s'efforcer dorénavant de justifier par tlans les premieres années de la Resta11ration, lorsqu·¡¡
nombre. Chac1m de ces obstacles peut de,enir, a l'oc- des muvres étudiées et moins incorrectes. - M. LAMllRON
cherche toujours les rnjets excentriques. Tel était, cette n'était, pour ainsi dire, qu'un tbeme classique de com•
. ca$ion, un retranchement. un point de résistance.
posilion conventionnelle, lorsqu'on n'avait pour princi•
Oeux lignes de chemin de fer, !'une allant vers le annce, celui de son tablean intitulé Déception, 011 l'on
paux· peintres du paysage champetre que Demarne et
voyait
un
jeune
homme
cos~umé
en
polichinelle,
s'apnord de Richmond a Frédéricksburg; l'autre, le Virginia
ses paysanneries de la banlieue, Jolivard, Watelet ...,
puyant
la
tele,
en
désespéré,
contre
un
arbre
et
froisCentral liailway, se dirigeaot al'ouest, peuvent rendre les
r¡uelle pénurie alors et quelle ahondance aujourd'hui !
communicatioos et les approvisionoements faciles. De saot la letlre d'une infidele qui tui signifie qu'il peut
n
offre également une inépnisable variété d'aspects. Le
plus, le général Lee, maitre depuis trois ans de cette l'attendre sous· l'orme tant qu'il voudra, mais qu'elle
paysa¡re
de style, le paysage poétique et idéal, a encore
partie de la Virginie, en connaissant a fond l'importance ne se soucie ni de lui ni du beau bouquet qu'il lui
quelques
adeptes; mais la tendance génér¡tle est au
stratégique, avait construit des forteresses rlans le~ en•• destinait et qu'on aper~oit la déposé sur un banc.
réalisme,
et
trop fréquemment a un réalisme étroit, apdroits propices : !'une sur le Rapidan, l'autre sur le. Triste journée de carnaval! Cette douleur demipauvri
et
mesquin.
11 semble que d'etre réaliste, cela
Mine-Run, une aulre a Spotsylvania, une encore s11r les comique a trouvé le public un peu indifférent. dispense,
non
pas
seulement
de coll}poser, mais de dis•
deux brancbes de la riviere Anna; une derniere, enfin, Sa curiosité a été excitée par l'aspect singulier et l'a.pposer
des
plans,
de
choisir
un
site ou les Iignes se compareil archéologique du tablean de M. ALMA-TADENA,
a quatre· milles de Richmond.
binent
d'une
maniere
harmonieuse,
oules masses se baMalgré tant d'obstacles, le général Grant, au prix de éleve de M. Leys, les Égyptiens de la XVIlI" dynastie, ce
lan
cent
beureusement;
que
cela
autorise
une exécution
grands sacrifices, de combats incessants il est vrai, a tableau avait été, dit-on, exposé l'année derniere a Brulachée, qui supprime l'étnde de la forme, les détails du
xelles,
sous
cette
désigoation
:
Comment
les
Egyptiens
avancé, et de ses retr.anchements actuels il peut voir la
rendu et ne dépasse pas l'improvisation de l'ébauche,
fumée 'l.es maisons de Richmond, qu'un seul combl!t s'amusaient il y a trois mille ans. En l'envoyant a París,
Aussi un tres-grand nombre des paysagP.s exposés sont
beureux fe:r'a tomber en sa puissance. 11 entoure Lee et l'artiste lui a donné un titre plus grave et qui a une apmoins des tableaux que des esquisses, des impressioos,
son armée d'un cercle de fer; Mearle, Butler, Sheridan, parence scientifique, comme s'il s'agissait d'un mémoire
des
souvenirs de paysages. La•tache, aiosi réduite, ei4
Hunter, les vaillants lieutenants de Grant, tiennent la présenté a l'Académie des inscriptions. 11 y a, dans cette
rendue
plus facile encore par le systeme de colorís neucampagne tout autour de la ville; ils. ont coupé les eomposition, une recherche et une étude curieuses; l'étre
adopté.
C'e~t presque exclusivement dans la gamme
lignes de chemin de fer, et intercepté ainsi les ap- rudition archaique qui y est mise en reuvre est-elle de
du
gris,
favorable
a l'harmonie, que s'exécutent aujourprovisionnements des sécessionnis\es, tandis que les bon aloi? C'est ce qu'un savantégyptologue seul pourrait d'hui nos peintures de paysages. Dans l'école qui a proleurs se font tbujours avec une regularité parfaite, a dire. Peut-etre aussi pourrait-on contester la valeur
duit Claude Lorrain, on a peur des colorations chaudcs,
l'aide de leur flottille qui sillonnf les divers cours d'eau ethnographique des types 'des figures. Ces personnages
du soleil et de la lumiere, qui oUige a une certaine
du pays. Grant, fortement établi a l'ouest de la riviere sont-ils bien surs d'etre des Égyptiens? N'y a-t-il point
étude
des ombres portées. Toutefois, tel est le charme
Jame~, s'est formé comme deux ailes avec l'armée de parmi enx des Hottentots ou meme des Mohicans? Qúoi
de la nature, que l'on s'arrete avec intéret devant ces
qu'il
en
soit,
nous
n'attacbons,
quant
a
nous,
qu'une
Butler a l'oue:;t et celle de Hunter a l'est; rle plus, au
ouvrages impi:ovisés, devaut ces ébaucbes, qui en reti2nsud-est, Sheridan et sa nombreuse cavalerie ont passé importance secondaire a la question de précision scien-

strapassée 011 les valeurs de tons sont bien observées, fanée. A ce propos, me sera-t- il permis d'adresser un
- -----:--~~~~~==::::.:~~~;;,·--'
.,.
'd ·
vmu _ le vreu de tous les musiciens, - a
l'ar.mais ou le colorís est absent. Cette mam1:re se re

é ·
-nent quelque accent, qui en refletent quelque cót vi••
eule•
·s, dans la complete indé pen, danc,e d· _es r ". •
Yace. Et Pul
et de la tr"'•dition 011 s'est placé l'art auJourd hm, les m_·v1·dual1'te's se manifestent avec la var,iété la plus capr1dl
·euse,· ce qui est encore une cause d amus_ement_pour
¡
Cl
ur. Out.re la diversité des mamc_res, 1 Y .ª
·
le Spectate
_baiau "•si· ce lle qui provient des contrées. Autrefois, les.)m
tres du Paysage, et, pour ne citer que le _pl11s cefie ére
t , s,
dans le genre vrai et naH: Ruisdael, rcsta1ent con in
1e con r,ee,
ans
des
limites
tres-restreintes,
a
une
seu
t
t
et d
a une province, a une commune. Actue_lJem,en ''ce~
Arr
1
t I
· r c e_s
t desnon-seulemeut l'Europe tout entiere, mais
e
c'est
t'Asie
c'est
l'Amériqoe,
qm
,olJ.I'mss~n
qu '
'
· t L cbamp
scenes pittorcsques etétranges aux paysagis es.. e
.a
s'est done infioiment agraudi. L'école fran~a1se,
qui
seldorf les
our concurrents l'école alleman de de Dµs.t stes • 'ma1s
.
P
de nom breux ar .1 '
Belires,
les
Anglais,
compte
v
d
b b teté et de
elle s·enorgueillit peut-etre trop e so~ ~ 1 ,
son renom . elle se bercerait dans une 1lluswn facheuse,
si elle ne s;apercevait pas que de jour en jour elle se
· é·d
t
arque dans un coin plus retr. c1 u paysag~, e que,
·
h
ta s qua
P
dans son dédain, elle 1a1sse ec apper cer m~ ,. , b
t
longee 5 1ns
lités pittoresques, dont 1a sence rop pro
. crirait comme une !acune regn.ttable dans son bis-

m1,

,

M.

dans certains de ses ouvrages, a une sorte de peinture ch.1tecte qm· est cbargé de l'ope'rat1·on? Cette .salle de
• eom1que
· est cbarmante· ",. beaucoup d'égard~·,
monochrome, 011 ne dominent que le gris et le noir. 11 1'Opera, bº1en décoree,
, commocle,
cst hon de prémunir ·contre le danger ele l'imitation les bien coupée, bien e¡·1str1'buee,
d
él
·
t
t
t
'1
·s
avec
tous
ces
me
'ritcs, elle a
J. euoes paysairisles, que la réputation et le mérite e
egan e, e c., e c. Jl ai ,
v
d
·r
11
1
o·
d~s
chanteurs
qu'on
l'arliste ponrraient entrainer. - M. P,rnL HuEr, le repré- un e aut: e e repousse a. v IX c.
,
1 de
f
d
d
1
,.
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1
10·1
sentant de l'ancienne école romantique dans le pay~age, entend mieux au on e a sc1:ne, erri,;re ª
e
·· ¡oges. EIIe amor1·t
avait daos le salon d'bonneur, non Join du paysage de fond, qu'au balcon et aux premieres
1
M. Th. Rousseau, une vue prise dans te département de la sonorité de l'orchestre, et, en ce sens, e11 e n' ag1·t pas
.. ega
. 1e, s1. bº1en
l'lsere: Porte de la route d'Uriage a Vizille, peinture so- ~ur tous les instrumenl~ d' une mamere
.
donn é, que1 qu•·¡I so1·1, pro ·
lide et Jum·ineuse.
qu'un passage symphornque
'f. CABAT ava·1t exposé deux tableaux : Une heure dans duit un autre effet, et change pour ainsi dire de coulesJlbois, paysaire sombre, étoulfé, daos Jeque! se reflete leur, selon qu'on l'écoute d'en haut ou d'en has, de
•
· ?.
un sentiment v de la nature ,· l'autre, Souvenit' du lac de droite ou de gauche. A quo1• t1ennent
ces b.1zarreries
I
d.
Nlmi, 5cene calme, site imposant, et qui respire une cer . Je !'ignore, assurément. Mais ne serait-i pas esirable
taine grandeur a défaut de la vie •, on dirait, a voir cette que nos architectes prissent la peine de Ie cbereh.er ·?
•
¡e mi:me
, ¡our
·
touche du feuillage allourdie,qu'on estdans le voisinaa.,e
Le Théatre-Lyrique a fait sa cloture
que
du palais :le la Belle· au bois dormant. - Le Bois sacré, l'Opéra-Comique. On sait qu'il prend tous les ans deux
de M. FRAN~Ais, nous transporte en plein paysage poé- ou trois mois de vacances; apparemment, il s'en trouve
tique. Le peintre a voulu exprimer la luxuriante frai- bien .. Les villes d'eaux, en France et en Allemagne, s'cn
cheur de la végétation au printemps. On ne voit que la- trouvent mieux encore. Bade, Ems, Spa, Vicby, Bafi
1
verdure qu; verdoie,· d'une teinte un peu convention- gneres, etc., tirent un assez grand pro t des oisirs qu¡¡
•
nelle et d'un feuillé touché d'une maniere monotone : le Théatre--Lyrique fail a ses acteurs.
cela manque d'air, de profondeur et de vraie lumiere;
La Porte--Saint-Martin a tenu ses promesses. Arborant
toi~:~ petits table.aux de MM. CoRor et TRÉODORE Rou3 .. mais cela séduit par la suprerne élégance que l'artiste pour devise la liberté des théatres, inscrite en vedette sur
sEAu, placés daos le $alon d'honneur a peu de distance sait répandre sur ses ouvrages. - Un Souvenir du Duu- son affiche, ce théalre a inauguré le Dlois de juillel par
!'un de l'autre, peuvent servir a caractériser tout a la phiné, paysage oomposé, de M. BELLor, est un petit pay- la représentation du Barbier de Séville, qu'a suivie, Je
fois et le charme c¡u'on trouve dans certains paysagistes sage de style classique, dont le dessio est également élé- lendemain, celle de Norma. Le succes de cette douhle
de notre école, et les ]acunes treo-sensibles qu'accusent gant, et qui est tres-finement exécuté.
tentative a réalisé ou dépassé toutes les espérances. Les
le choix de leur colorís et le procédé de leur exéeution.
Deux jolies toiles de M. ANAST.ASI: Terrasse de la villa habitués du lieu ont fait, a Rossini commc a Bellini,
Le Souvenir de Mortefontaine, de M. CoRor, est un reve Pnmphili a Rome et Aqueducs de Claude, camragne ro- l'accueil le pltJs chaleureux, le plus sympatbique. Eux
de fraicheur matiµale. C'est vague comme un souvenir; maine, sont des souvenirs de $00 réceut séjour en Italie. que l'on croyait si complétement inféodés au mélodrame,
cela n'est pas fait, c'est entrevu; c'est une impression, M. AcnENBACH, de l'école de Dussedorf, a exposé, cette si affamés de prose emphatique, si friands de coup$ de
I
et elle est charmante. - Lé tableau de M. TRÉODORE aonée, des ouvrages moins importants que ceux qu'il poignard Fiez-vous done au public ! Ces grands déveRoussEAu, Chaumieres sous les arbres, est d'une tonalité avait envoyés aux avant-derniers Salons. Mais il y a un loppements de l'art italien, qu'a l'Opéra-Comique on
aussi vigoureuse que celle du tablean de M. Corot est ton fin etharmonieux daos sa vue de Rome, prise du Mo- proscrirait comme nuisant al'action, n'out pas le moins
faiLle. La sombre intensité du vert feuillage des arbres nument de Crecilia Mete/la. - La Vue de la villP. de Crevil- du monde effrayé les auditeurs du boulevard. J'y ai vu
est puissamment saisie par l'artiste. C'est un aspect dé- lente (Espagne), de M. BALFOURJER, est une bonne et so- applaudir des morceaux de N(Jf'fTla, exécutés intégralepourvu de variété, mais dont la moootonie voulue, dont lide peinture, a laqnelle ou peut reprocher un faire uo ment, et qu'au Théatre-Lyrique on avait raccourcis par
la forte unité s'impose a l'attention, et empeche de sen- peu lourd. - Les Rochers sur le Doubs sont exécutés (a prud.ence, les jugeant trop longs. Le croira-t-on? C'étir les délauts provenant de l'insuffisance et de la lour- chaux et a sable) par M. BAvoux, avec une apreté d'aspect taient les spectateurs des petites places qui mootraient
deur de la facture. Ces deux petits tableaux ne soot pas qui rappelle complétementla maniere de M. Courbet, dont la satisfaction la plus vive. C'est du parterre et des
des ouvrages acbevés et qu'on puis·se, dans un concours on croirait qu'il est l'éleve, tandis qu'il sort de l'atelier de étages Supérieurs que partaient surtout les applaudisseuniversel, donner comme de!' spécimcns de la valeur M. Picot ! - L·Embouc\ure de l'Elorn (Finistere) est un ·ments et les acclamations.
des paysagistes frangais; mais ils offrent l'un et l'autre site bien pris, rendu avec vérité par M. BERNJER, dans
II faut ajouter que l'exécution de ce§ deux ouvrages a
un vif intérct par leur accord individue l. La critique ce malheureux ton gris qui est la livrée ordinaire-de été tres-soignée, et généralement tres-satisfaisante.
s'est divisée dans l'appréciation d'un autre tableau· de notre école. -M. CAsrAN, éleve de Cal ame, a un sentiment M. Capoul, eogagé temporairement a la Porte -SaintM. Th. Rousseau, le Village.; les uns y ont vu &lt;&lt; un des agréable du paysage, choisit ou dispose bien ses sites, Martín, grace a la clóture de l'Opéra-Comique, charite
tableau:x les plus remarquables du Salon, » les autres y dºun ton cla1r et assez juste au premier aspect : seule- fort agréablement le róle du comte Almaviva. Le réperont vu &lt;&lt; une triste défaillance de son talent. ,1 Quand ment sa couleur Jluide et sou procédé, qui couvre a toire fran~ais ne luí laisse guere montrer que la fraila critique en vienta des appréciations aussi diamétrale- peine la toile d'un léger frottis, ótent de la solidité a sa cheur etle timbre velouté de sa voix. Le style brillant de
· ment opposées, il semble qu'el\e ferait aussi bien d'ab- peinture.
Rossini luí a permis d'en faire apprécier !'agilité facile
11
diquer et de laisser le public a son sentiment naturel.
M-. CÉSAR nE Coc.x cherche a transporter dans ses toiles et correcte. M • Balbi a beaucoup de grace, 1Jn char-·
Quant a nous, qui trouvons le Village une peinture l'bumide fraicheur de la végétation de la Belgique; la mant minois, un organe dont la sonorité !impide, l'émisfausse de ton, d'nn coloris maladif, d'uneexécution pau- toucb1; ronde de son feuillé est monotone, et il s'aban•· sion naturelle, la légereté, la souplesse conviennenl
vre, enfantine et laborieuse, nous cherchons vainement donne aussi aux Iicences de l'improvisalion. Que d'ébau- merveilleusement a la musique bouffe." Dans Norma, le
comment ce qui est pour nous une aberration de gout ches et d'études a la place de tableaux ! - CP. sont deux róle principal est rempli par Mm• Écarlat-Geismar, dont
d'un artiste de talent, est pour d'autres une muvre hors excellents paysages, dans des genres rlifférents, que la la voix étendue a quelques défauts. Son médium est un
ligne et transcendante. Cette incertitude des jugements Vue du 1'ibre, prisede l'AcquaAcetosa,campagne deRome, peu voilé, mais son registre grave a de l'énergie, et ses
et ces contradictions, qui malheureusementse reprodui- de M. LANouE, qui a été reproduite par 1'11/ustration, et notes élevées ont beaucoup d'éclat. E.Je prononce avec
sent trop souvent, attristent, sans les troubler, les der- que la Mare dans les clairs chenes (Moselle), de M. M1cnEL¡ une netteté parfaite. Elle vocalise a merveille. Elle a du
niers moments ou nous tenons ici la plume de cri · les dernieres clartés du soir s'y relletent, ét des bérons, style, de l'expression, de J'ampleur. Mm• Ismael joue
tique.
s'abattant sur ses bords, y cberchent leur ¡::ite pour la et chante fort bien le role d' Adalgise. M. Pieot (Pollion)
M. ClllNTREtnL a le tort de vouloir saisir des effets pas- nuit: se/me paisible, bien comprise et d'un effet barmo- est possesseur d'une tres-bon ne voix de ténor, franche,
sagers et insaisissables. Un pré; l11 soleil chasse le brouil- nieux. - Nous avons du errer un peu au hasard dans sonore, étendue. On voudrait seulement qu'elle fut un
lara, est un effet de ce genre. Le peintre a mis toute son I'énumération des dernlers ouvrages que . nous venons peu mieiu posée. Mais six mois d'un travail sérieux lui
industrie pour traduire ,un aspect qui l'avait frappé au de parcourir. Nous laissons forcémlnt bors du cadre de suffiraient pour acquérir ce quilui manque. L'orchestre
passage. ll est impossible de donner un éclat plus vif notre revue une quantité considérable de paysages plus ne parait pas renfermer des solistes de premier ordre;
qu'il ne l'a fait a'ia verdure, opposé aux tons gris de cen- ou moins intéressants et dignes d'etre signalés. :Mais ici il a de l'ensemble, il observe bien les nuances, il soudre, lourds, étouffés du ciel et du reste du paysage, en- l'ahondance est telle et l'habileté, un certain ensemble tient les voix sans les écraser, sans les gener. Son chef,
vahis par le brouillard. Cette éclaircie, ce coup de soleil de qualités moyennes, sont si généralement répandus, dont je ne saurais dire le nom, est évidemment un
sur la prairie, est une véritable illumination qui agace la que le compte-rendu des paysages exposés au Salon dé- bomme de mérite, auquel on ne peut reprocher qu'une
vue. Cela est plus curieux qu'agréable. L'art a voulu passerait les limites d'un article de journal et deviendrait ten dance a ralentir les mouvements qui altere parfois le
surprendre la nature et lutter de trop pres avec elle; il un livre, si on voulait le faire complet.
caractere des morceaux, en affaiblit l'expression. Au
a été vaincu. - M. MAZON a le sentiment et l'entente de
A• ·¡ • DU pAYS.
Théatre-Lyrique, on a joué presque tout l'opéra de Norla lumiere; c'est la ce qui donne de la valeur a ses payma trop vite : a la Porte-Saint-Martín, on le joue trop,
sages : les Bor~ du Taven, Soleil levant et Novembre.
lentement. De ces deux défauts contraires, c'est encore
Mais il a un procédé égal et monotoue, et la naturc,
le dernier qui fait, daos une partition, le moins de
qu'il se propose au~si de serrer de pres, n'en a pas. Sa
CDRONIQUE MUSIC.&amp;LE.
dégats.
toucbe a de la maigreur; il semble que les chenilles
La Porte-Saint-Martin tend a devenir un tbéatre a
aient en partie grignolé sa verdure. - Nous nous récuseL'Opéra-Comique est fermé pour un mois au moins. plusieurs faces, comme les théatres de provinee. Tar- .
rions volontiers en présence des tableaux de M. DAua1GNY, On fait a l'édifice des réparations que les gens de l'art, tuffe et l'Aváre accompagnent le Barbier de Seville et
comme nous serions disposé a le faire devant certaines du11ent consultés, ont déclarées nécessaires. On profi- Norma. :Mais c'est a mon spirituel · collaborateur, M. de
peintures de M. Tb. Rousseau. Nous n'y voyons que des tera de l'occasion,selon toute apparence, pour restaurer, Belloy, qu'il appartient de juger cette incursion un peu
ébauches, des études largement brossées, d'une touche nettoyer la salle et ra(raWair sa toilette, passablement bardie sur les terres de la Coméwe-Fran~ise.
V

�Toujours e~t-il que Norma, l:l Norma de Bellini, reuvre
écrite jadis ponr W00 PaHa, et qui, par conséquent, réunit toutes les difficultés de l'exécution vocale, vient d'etre
chantée impromptu, pour ain~i dire, dans nn élablissement
dramatique ou, au point de vue musical, tout . était a
créer; •que celte entreprise, qui semblait d'avance fort
téméraire, et au succcs de laquclle on ne pouvait croire,
a ¡,leinement réussi; q11e
l'orcheslre, Lrcs-suffisant,
des aujourd'hui, ne peut
manquer de s'améliorer rapidement, que le chreur
manreuvre aYec une préc,sion et un entrain rem:irquables, que1e'premier
rule est rempli par une
cantatrice de beaucoup de
talent que persoone a Paris ne coonaissait, et le second par une artiste qui,
de son coté, n'est pas saos
mérite, et que cette exécution esl, dans son ensemble, supérieure de plusieurs ~
degrés iL ce que l'on avait
Yu, quinze jours auparavant_. au Théátre\-Lyriq11e,
Jeque! est impérial et subv :ntioooé. Sur ce qu'a produit, du premier coup, la
liberté des théatres, 011
peut facilement juger de
ce qu'elle produira par la 1_
suite, et de l'impulsion que · ,_l'art en recevra.
~
M. JulesCohen avait don- ~ ·
né, il y a trois ans, je crois,
au Théatre - Frao~ais, le~
chreurs d'Atl11lie. Les
chreurs d'Esther vienuent
d'avoir leur tour. Des élcves du Conservatoire soot
chargées de l'exécution.
Comme dans Athalie,
~r. Ju les Cohen a cru devoir
leur adjoindre quelqucs
élcves masculios, afio d'avoir des ténors et de,
bas~es-tllilles. On pouvait,
ii. la rigueur, admeltre de~
léYites dans Atltalie. lis y
ont mcme été indiqués par
le p~cte:
0

1

.

1

dis¡,osition augmente la sonorité, j'en conviens. Mais ce
développement de sonorité ét:lit pcu nécessaire, et ces
grands cris poussés dans le palais d'Assuérus ressemblent beiucoup a un contre-sens.
Un chreur it l'uoisson n'est plus un chccur. C'est un air
clt:rnté par une voix gigantcsque. Cela permet d'augmenler
proportionnellement les forces de l'orchestre, de mettre en

citer le premier vers, - qui a beaucoup de grace. Tous,
le systcme une fois admis, - sont bien écrits, et l'insnon.
trumentation qui les accl&gt;mpagne est parfois tres-distinll est certain qu' au tbéatre, et dans certaines ci
s¡ Molte-Houdart a dit, dans un ve'.s célebre, ce qui guée. Enfio, si le nouvel ouvrage de M. J. Coben ne vaut
ces données, un chreur a l'unisson peut produire
quit un jour de l'uniíormité.
, ,. . .
cffet dramatique. Le finale du Barbier de Séville, ¡ , n peut aJ·outer, sans etre accuse d mJust1ce, que ,les pas cette jolie partition : Maítre Claude, qu'il nous a
donnée il y a deux ans, il n'est pas ahsolument saos mé•des bardes dans la Dona del Lago, celui des gonda
mes mélodiques de M. Coben, pour la plupart,. ~ ~- ritc, et l'on voit que l'auteur fera beaucoup mieu1
la Gazza ladra, celui des conjurés &lt;lans le C icnt pas un accent assez vif, un rhythme assez decide,

a aimer le fracas,

sans doute pour s'accoutumer e, de substituer J'uniformité a la variété des corobinai-

..,...

CIRCASSIENS EN EXIL,

[ moi les accords ....

111

ses si bémols, ont une sonorité vigoureuse, éclatante. 11
parait en avoir abusé. C'est ce que font aujourd'hui tous
les ténors. Le médium de sa voix est lourd et n'a plus de
timbre. D'nilleurs, acteur assez froid, et inr.apable de
suivre ~leyerbeer daos ces élans de passion draroatique qui
furent le plus beau coté de son génie, M. Morere fait sonner la note, mais il n'exprime qu'a moitié le sentiment.
Qui nous rendra jamais
Adolphe Nourrit dans ce
role de Robert?
On a coupé, daos le cinquieme acte, le commencement de la seconde sccne, oti l'orgue prie, ou le
chreur glorifie la Providence. Ce qui se disait
deux fois ne se dit plus
qu'une seule,et le bel effet
que produisaitjadis le morceau est diminué de plus
tle moitié. On l'entendait
d'abord isolément. Puis,
quand on le connaissait
bien, on l'entendait denouveau derriere le dialogue
de Bertram et de Robert.
La sensation profonde que
faisait naitre la seconde
reprise avait été préparée
par la premiere. Mais qui
comprend encore, aujourd'bui, le grand art .' des
préparations ? En coupant
les reprises on abrége le
spectacle, et c'est le poínt
imporlant. On ~e soucie
peu de finir plus t,Jt, mais
on tienta commeocer plus
tard, afin que les gens
comme il faut et les belles
dames qui dinent iJ. sept
heures aient le temps d'arriver. On n'y gagnera rien.
Les belles dames arriveront toujours trop tard.
Autrement, leur entrée
ne serait point rcmarquée.
G. füourr.r.

Lea

Lévites, de vos sons pretez-

Cette fantaisie s'cxplique
moins dans Esther. Des la
premicre scene, la reine dit
qu'elle a réuni pres d'elle,
dans son palais, c'est••adire dans celui du roi de
Persc, les filies des meillcut es familles juives,
qu'elle y assure un asile a
leur faiblesse et a leur innor,ence, et l'on voít assez
clairemeot qu'elle s'occupe
de leur éducation commc
M de Maintenon de cclle
des élcves de Saint-Cyr.
Comprcnrl-on l'intrdduction
et le srjour d'une &lt;louzainc
dejeunr,s gaillards &lt;lans ce
pensionnat? ?\e sait-on pas
d'aílleurs que le h.:irem desrois de l'Asie était, des
cettc époque, soumis aux
mcmes lois qu'aujourd'hui •/
Esther ne dit-elle pas a chaque instant « Mes filies,,. it
ce trou¡,eau de jeunes jouveneelles? M. Cohcn ne peut
mcme alléguer ici, pour excuse, les nécessités de l'harm~nie, puis~u'il a éctit tous ses chreurs a l'trnísson. Les
YOLX 1~ascnhn:s _d?nnenl invariablement, ou peu s'en
faut, 1octave rnfcr1eur du chant des jeunes filies. Cette

4i

L'ILl.,USTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JOURN.\L UNIVEilSEL.

40

AU DIRECTEUR,

•

ETIERI! D'ERZEROUJ. -

I

jeu símull,inémc;it les tromprltl~, lrs tromLune,, les pe- Egitto, en sont d'illustres exemples, et j'en pou
tites Otiles, les timbales, le~ tarnbours, tous les instru- bien d'autres. Mais ce procédé ne s·esl employé j
ments percants et contondants. On fait ainsi un bruit for- qu'accidentellcmcnt. 11 était résené II M. Jules
mídable. Ce fut toujours un infaillible moycn &lt;le succes en de l'étendre iJ. toutes les parties d'uue reuvre de
France, et f en est un également en Italie, depuis q11e les haleine, de se priver systématiquemcnt des effets
Jtaliens, dont l'oreille était aatrefois si délicate, se sont mis iJU 1Jn contrepointiste hahile sait tirer de l'harm ·
1

.

D'apm un croquis rle Al T.

n caractere assez original pour se passer de l'intéret
ui résulte de l'agencement des parlies, du choix et de
'enchainement des accords.
Quelques moreeaux, néaumoins, sont vigoureusement
n~us, et produisent un assez bel effet, notamment au
econd acte. 11 y en a ~n, - je rcgrette de n'en pouvoir

quand il ne se laissera plus égarer par le gotit du para~
doxe et le parti pris.
M. Morere vient de reparaitre a l'Opéra, dont il était
éloigoé depuis quelques années. 11 y avait débuté, on doít
s'en souvenir, en sortant du Conservatoire. 11 y a de belles
note$ a l'extrémité snpéricure de sa voix. Ses sol, ses la,

La Gazette de .11foscou expi iquait dans un de ses
derniers numéros, avec unt
brutal e franchise, le systcme suivi par le gouvernement russe au Canease,
systcme dont la Pologne a
éprouvé déja les hienfaisants effets.
« On a essayé au Cau..
case, disait ce journal, de
tous les rnoyens : on a
cherché a attirer les montagnards par les faveurs,
p:ir les avantages commerciaux; on a augmenté ·Je
pouvoir de leurs princes,
on leur a donné le self-got·crnment : rien n'a r6ussi.
Alors on leur a dit : Vous
ne pouvez rester sur vos
rochers, dans vos forets, car des que nos armées s'éloigneraient, vous reprendriez les armes et la guerre recommencerait. 11 faut done vous disperscr aux quatre coins
du monde, et nous avons chassé les Circassiens de leurs
montagnes et de leurs íorets. ii
Les Circa~~ien~ ont préféré l'exil a la soumission a un

�L'ILLUSTRATION , JOURNAL UNIV"',.,,RSEL.
.
pouvoirqui leur était odieÚX. lis ont quitté leur patrie
et sont venus demander asile a la Turquie.
En ce moment, disent les correspondance~, ces malh¿ureux sont campés dans les environs de Trébizonde
d'Erzeroum, de Samsoun, de Batoun. A Samsoun il;
sont plus de cent_ mille agglomérés sur un méme p;int,
presquc sans abr1, dans la plus profonde misere, ne vivant que des secours et des vivres que leur fournit
Je gouvernemenl ottoman.
Mais ils supportent avec courage leur iníortune et espcrent trouver enfin, dans lcur nouvelle patrie, la paix
et le repos.

Pour extralt:

P. PAGET.

CAIUl,'!:;IIU ~ Dll&amp;liHTIQUL

Je n'ai pas perdu mon temps depuis~quinzejours : saos
~a~ler ~•une so'.xantaine· d'actes religieusement écoutés,
J a1 lu a peu pres tout ce qui s'est écrit sur la liherté des
théatres, musique a part, - et je suis encore émerveillé
non pas seulement de l'éloquence, de !'esprit, du bo~
s~ns ª;~e lesquels mes confreres ont traité cette question dehcate, m~is encore, et surtout, de la sagesse, de
la prudeuce qm, sur toute la ligne, _leur a dicté une
meme conclusion.
. Cette unanimité de la critique m'a ravi : elle était si
m1portante, si désirée, et elle est venue si a propos !
Car enfin, _on ~~ut bien l'avouer aujourd'hui, le public
com~~n~a1t as 1mpatienter devant les perpétuelles contrad1ct1ons de la presse. Telle picce portée aux nues
par un jouroal, un autre journal la promenait dans le
ruisseau'/•un troisieme feuilleton la déclarait intéres. sante, mais mal écrite; un quatrieme bien écrite· mais
ennuyeuse, et ainsi du reste.
'
_E_ncore un peu, et bien des gens se seraieut dit : o
~r1llque, tu n'es qu'un mol! Déja plusieurs, - car touJ~u~ .un excc~ mene a l'exces contraire, - déja pl11s1eurs regretta1ent ces ages de Corte discipline~ oü AriS•·
tote, chef d'orchestre, menait l'art a coups de ha.ton.
Plus modérés, ,d'autres rappelaient de leurs vroux ces
temps moins recalés oü la critique était partagée en
deux camps, ayant chacun pour devise : Hors d'ici point
de salol; ~ar, apres tout, se disait-on, mieux vaut la
guerre que l'anarchie.
, M~is, heureú:~ement, chez nous, l'anarchie n'est que
1acc1dent : touJours, pour y mettre fin, éclate a•propos
un_e, de ces grandes questions, comme cette liberté des
t~eatres, qu'il faudrait encore bénir, n'eut-elle d'autres
resultats que de coucilier lesesprits; et elle en aura lieaucoup d'autres, et de nombreux, et de féconds a en ju- ·
ger par l'échantillon qu'elle en donne des le débul. Que
ne _pas attendre, en effet, lorsque, mise sur la scllette,
fomllé~ dans son passé, questionnée sur son présent,
. !orturee sur son avenir, elle vient de forcer ses ju ges
a prononcer cet arrét aussi décisif qu'unanime : Qui vi-na verra.
Cela n'est pas long, comme vous le voyez, mais ce ne
son_t pas seulement les plus courtes folies qui sont les
me11leures. Court~s sentences ont aussi du bon, et je
Toas donne celle-ct comme le résumé de l'immense tranil d'élimination auquel j'ai soumis les feuilletons de
mes ~nfre~es, trav~il pénible s'il en fut, car vous jugez s JI m en a couté de réduire a trois mots tant de
ph:ases bien .faites, tant de traits piquants, d'images
brillantes, qw ont fait vos délices et les miennes tous
ces temps-ci.
Mais ~uoi ! les tleurs aussi, et les plus embaumées, on
les empile, on les écrase, on les réduit a un rien qui est
leur tout, pour obtenir la quintessence de leur arome
~e méme aassi en usez-vous avec les plus grands écri~
~ams, et les moins bons ne sont pas ceux qui, condensés,
tiennent le plus de place: - Que ~ais-je? - Trinque!
- Dans ces ~eux _mots, vous respirez tout Montaigne et
tout ~abela1s. Bien plus, vous y respirez tout l'esprit
fran?JS, de meme qu'en ce précieux : Qui vivra verra
le~uel n'est qu'une variante de Rabelais eLde Mon~

taigne.
N'~ttend.ez done pas que j'a;oute une seule note a ce
Nfram un1versel, une syllabe ace mot d'ordre qui m'est
d?,nn~ par °:1es chefs de file, par mes maitres en l'art
d ecn~ e!de Juger. -Dumaine a-t-il bienjoué Tartuffe?
- ~w y¡vra verra. - M11• Marquet-Elmire sera -t-elle
touJours aussi blonde a la Porte-Saint-Martin qu'a
l'Oüoll• - Qui '""" nrra. - Montdidier, dans l'Avar,,

fera-t-il oublier Provost? Le théatre Déjazet sera-t-il une
succursale ou une parodie du Théatre-Fran~ais? Moliere,
enfin, quand ses seringues auront jeté leur premier fea
,
.
'
ces 1a~euses sermgues toujours si applaudies aux représentat1ons gratuites, Moliere avec Don Juan et Je Mirnnthrope restera-t-iJ aussi gouté aux boulevards qu'il l'est
encore a la rue de Richelieu? Corneille et Racine, dans ce
mcme cm pire des boulevards, auront-ils bientot détroné
MM. d'Ennery et Auicet Bourgeois? - Qui vivra
verra.
Et Marivaux? Parlons un peu de Marivaux : est-il bien
vrai, comme on le dit, que Mm• Marie Laurent va débuttlr l'Ambigu dans l'Araminte des Fausse~ confi,dences?
Oh la! pour le coup, c'est une autre affaire : il ne s'auit
plus d'une a~préciation, mais d'un fait; aussi puis-je répoudre hard,ment que je n'en sais rien.
Et pui~que nous voila sur le chapitre des faits, j'en
P:o.6tera1 pour démentir quelques faux bruits, un surtout des plus facheux, a en juger par la mine allon"ée
0
de ceux qui le propageaient tiier encore.
Au fol espoir qu'on avait nourri de voir notre répertoire tragique livré a toutes les queues-rouges de París
et de ses baulieues, avait succédé la terreur d'un Cid
d'?n Polye:ucte, d'une Athalie, d'un Cinna, interprétés au;
Delassements-Comiques, a )'Alcazar, aux Bouffes-Parisiens, et que sais-je encore? par les tragédiens ordinaires ~e l'Odéon. Certes, l'Odéon est un théatre queje respecte, que j'aime, et qui se trouve en ce mo;nent admirablement dit;igé; un théatre qui, mieux que tout autre, a sa_raison d'étre ... la oü il est; mais j'avoue que la
perspect1ve de le rencontrer partout oü j'ai dit, n'était
pas des plus gaies pour les habituéR de ces lieux fo· la.tres.
Qu'ils se rassureut: c'est a tort qu'on a attribué aux
ac~~urs ch~rgés de l'interprétation de nos cla~siques .au
thcatre DéJazet, la qualité d'artistes du théatre de J'Odéon; auc•m artiste faisant partic de la troupe du second _ThJatre-Fran~ais n'est autorisé ajouer Je vieux réperto1re sur les autres scenes.
On avait parlé au~si d'artistes retirés de la ComédieFran~aise, comme dcvant faire a ce théatrc une sorte de
coucurrence. A leur grand honneur il n'en sera rien •
d'a!lleurs ,parce q~e, évidemment, ils ne s'y seraient ja~
ma1s pretes, ensmte parce que, autorisés ajouer n'impo_rte ou des piece_s nou\'elles, ils ne le sont pas a pa..
ra,tre daos les p1eces appartenant au répertoire du
Théatre-Francais.
L'effet de
interdictions, dont la convenance ne
saurait etre contestée, sera done, on le voit, de rcndre
au moins tres••difficile une interprétation de la comédie
et surtout de la tragédie, déja si faiblement rendue
meme aux Frao~ais. Y renoncera-t-on pour cela ou bie~
la tragédie, ce noble lioo devenu vieux, rece~ra-t-elle
le coup de pied de !'a.ne? C'est le cas de dire: Qui vivra
verra.
Au reste, il faut se défier de tous les bruits qui courent
e_n ce moment d'effervescence passagere. Amsi, MI'•
r1ga, par exemple, qui devait, soi-di~ant débuter a la
Porte-SainHlartin daos le personna"e d'Elvire elle a
'b ,
o
,
de ute, en effet, mais au Lhéatre du Chatelet et daos
l'~li~a de l'Oncle Tom, une reprise. Et quant ~ Paulin~1en_1er, dont _on faisail déjil. un Harpagon, - et pourquo1 pas? - 11 a repara avec un succes mérité dans le
role do sénateur Bird, un role charmant. On n'est pas
plus vrai, plus amusant, plus touchant et a moins de
f .
11
,
rats. M • Périga, Maurice Coste, Latouche, Desrieux,
Colbrun, - ces deux derniers en premiere ligne, - ont
leur -~rande part dans le grand succes de cette reprise.
La p1ece, du reste, est jouée avec un rare ensemble•
m_ise en scene_soignée, beaux décors, surtout au qua~
tr1eme acte, ou se danse un tres-original et tres-vivant
ballet de caractere.
Une autre reprise, mais de celle-la il en faut parler
chapeau has, comme d'une fete, d'une gloire nationale
c'est l'Esther de Racine, remise a la scene avec tous Je;
honneurs et toutes les pompes qui lui étaient dus depuis trop longtemps. Mieux que tout autre du reste elle
Y pretait, grace au bon marché qu'a fait Í•auteur de sa
chere unité de lieu. En outre, les récentes découvertes
des édifices et sculptures assyriennes ont permis de donner a )a mise en scene un degré de couleur locale en
rapport avec !'esprit de notre temps.
Quant a la musique des chreurs, ne voulant plus qe
celle qu'y avait adaptée un compositeur nommé Moreau
dont Racine se loue beaucoup, on ne pouvait mieux J;
confier qu'a M. Cohen, dont Racine ne se plaindra pas.

ª,

~e;

p/

L'ILLUSTRAT10N, JOtJRNAL UNIVERSEt.

Mais, !n~épendamment de cette musique,dontje ne dOia " " - ' - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - note, "' q"'. le '?ccés, .et , pa,t l'effet des décon • s - • ; j'ai été l'entend,e A mes frais, et, en ,érit,, app,ene, q•e j'ai pris un ,ir inté,!t • eette découmte, sonne, s•rto•t • un obse.-.aten, revétu d'un o&gt;stume
costu~1~s qm sont a la fois tres-curieux et tres.. beaul'. plaide fort bien; j'ai retrouvé chez lui tout !'esprit que attendu que M. Louis V.. . était de la part de mon pere militaire, la possibilité d'y stationner, sans devenir susass~oauou des_ pl•s mes, Ja piMe, con,eoableme,Í . Ra¡mood Deslaodes a,ait trop ménagé daos sa de,- l'objet , ·••e estime et d·m affcction mes. J'a, le mal- pect
p,em;e, habitaot • qui il p,end,ait fantaisie de
JOuee, a prod u1t une grave et délicieuse impression so iere picce du Gymn~e. La revanche est courte, mais heur d'étre orpheline depuis deux ans deja. La veille de regarder par la fenetre . A quoi songeait Giulia, en dontoas ceux qui l'ont entcndue.
r lle est bonne.
sa mort, mon pauvre pcre, l'excellent Thomaseo, me nanl rendez-vous a Louis ºdans un licu si défavorable,
~ien n•~ vic(lli dans cette noble idylle, que semble Parlez-moi des Variétés; voila un théatre qui ne parlait encore &lt;le Lille et de M. Louis V... S'il vous était au centre meme des obstacles? Louis, tout pénétré de
arnmer a Jama1s le souffle de Dieu. Uo tel spectacle t raint pas de ,vous déranger pour un acte. La, on ~ait agréablc, monsienr, de causer avec moi de ces chercs respect pour le mystcre, jeta de loin sur les jalousies
le recueillc~en~ des spectateurs Je complete, rapp;l~e ue !'esprit, en France, n'est jamais si gouté que lors- chuses, veuillez vous trouver demain, ou plutót aprcs bai5sées de la maisoo de J'Jt;i.lien cet ineffable regard
les temps s1 loJn de nous oü Ja reJiaion et le théat u'il est bref. Daus les petits pol~ les bons onguents. demain, a une beure, sea!, daos le voisinage de l'en- de tout amant, qui, a cinq cents heues du pays natal
ob,éissaient ~ncore a ll.(le meme inspi;ation. On se pre~ oy~z les Caracteres de Labruyere, les Pensées de La Ro- rlroit ou nous étions si voisins la dernicre fois, mais contemple en réalité, et croyant encore rever, la maison
me~e a crotre que ces siecles peuvent renaitre. On vou- befoucauld, les Fables de La Fontaine, les Contes de Vol- alors saos pouvoir nous parler. Je serai heureuse si ces ou habite l'etre unique dont ni Raphael lui-meme, ni
dra1t ~e plus voir que de tels ouvrages, ou du rooins en ire, les (}uepes d'Alphonse Karr. En dernier lieu, en- ligues vous trouvent heureux.
Andrea, ni Léonard ne fcraient un aussi beau portrait
pacle, 1.~?"".'meot, s'y é~od,e " " compl•. o , et toute proportion g"dée, ,oye, les Pince"""
, Grnw. •
que l'inhabile ,heW' qui r ,•me, s'il aime ,é,itable·

ª"

Pº"'°"

sanee, quand deJa I espace vous manque. D'ailleurs 'Iléloíse, ce petit acte et ce grand succcs des Variétés.
pour si pe~ _qu'on s'y attardat, comment passer de la au; Au reste, je ne preche pas _tant pour la brie:eté qu_e
Femrnes serieuses, aux Pinceau:r. a'Hé/ofse a la Filie dll !our la mesure, pour ce sentiment des proport1ons qm,
!tlaudit? Comment remonter meme a la 'comtesse d'E _ ussi bien dans les lettres que dans la peinture, fait décarbagnas, une reprise insensée déplorable et dev 't aut a la plupart des productions de ce temps-ci. Quoi !
laquell,e on se demande si celle d~.&amp;ther n'est 'pas,com:e ,ms_ ne sentez_ pas q11e si le ~isanth,:ope, l'Avare ou !e
tan! d autres moins heureuses, un hasard un ca r· ~anage de P,garo ont besom de CID"f acles pour ded'Ardélion ~
'
p ice floyer a l'aise leurs caracteres et leur intrigue, il n'en
Voila qui a vieilli, cette comtesse d'Escarbagnas:
plus de ~eme pour des ouvr~ges_ représent!nt la
Quelle grossiereté de mreurs! Quelle bassesse de su· t elite monna1e de ces memes caracteres, ou n ayant
de langage ! Que voila bien Ja scurrilité re J·argon ét '. u'un simple malentendu pour intrigue?
ne s o J~ts
!
,. es~ a1ors,• pourtant, et d~ns 1e derm~r
. des reproches de Boileau et de
' Labruyere
' er
C'
· cas surtout,
1 qu~t
b bon de semblahles essais de résurrection, u 11 n y a pas une secqnde a perdre, qu 1I ne faut pas
A
Ressusc1t~r d~ morts, passe encore, bien qu'aprcs delll aisser au_ s~ec~teur le. temps de respi~e~- Le qui proc~nts ans JC nen voie pas trop la nécessité · mais galva- 1quo, cet rnepu1sable ahment de la comedie con temporns~r des... carognes? Ma foi, tant pis le mot est d aine, demande a étre servi chaud et pris rle meme. Un
Moliere.
'
e ,;mi entr'acte, et il n'est plus bon qu'a jeter. Si les PinLa Comédie-Fran~aise, si elle avait tant de temps a ce~ux cl'Héloise ont tant d~ succcs aux Variétés, ~•est
p~rdre, que ne nous donnait-elle une des nombreuse qu on vous les y sert bomllants, car, autrement, 11 y
p1eces modernes qui moisissent dans ses cartons? ~ aurait la bien des choses difficiles a avaler.
Ou!!. mais jouer un auteur vivant, ce serait f~ire
Figurez-vous, - si c'est possible, - une M'"º Héloise
pla1s1r a quelqu'un, tandis qu'une Comlesse cl'Escarba- Montengraine, peintre d'histoire en dépit de Minerve et
g11as...
en cachette de son mari, qui voit et aime en elle la

fst.

J'entends: fª ennuie tout Je monde et ~a ne profite a
personne.
Ex~ctement comme les Pemmes sérieuses, de MM. Siraudm, Delacour et Blum, car ils se sont mis a trois ponr
cette lourde bluette, et ce n'est pas le cas de dire que
plus on est de fous plus on rit.
.
Ces f~mmes séri~uses, au premier acte, sont des filies
~e la pire sorte, de celles qui pensent au solide, de ces
1~mondes créatures qui font ce que font tant de jeunes
v1veu_rs comme il faut; elles ne venlent pas ruourir sur
la pa1lle; elles ne demandent qu'a se ranger, a faire
1Jne fi_n. Hommes, elles épouseraient volontiers une guenon _r1che; femmes, eiles revent un singe opulent pour
man ou un bureau de tabac pour invalides. Voila nos
femmes sérieuse~ du théatre du Palais-Royal. et un
moment cet éternel sujet, - la courtisane _ ;emblait
devoir etre pris d'un point de vue assez ne~f.
Le second acte a fait envoler cette illusion. Nos préteodues femmcs sérieuses, dont une a trouvé le fameux
li~e-~u de tabac, une autre une m:i.ison de lingerie, une
l~o1s_1eme un débit de Jiqueurs a comptoir d'argent, el
ams1 du reste, les voila déja prises par la &lt;&lt; nostalgie
de la boue »; de la boue! Elles s'en croient sorties les
malheureuses, et elles grillent d'y rentrer· elles y 'res•
tent, voila tout.
'
Et nous, nous voila retombés dans la donnée du Ma•
~iage cl'Olyrnpe, une doonée qui ne demandait pas, que
J~ sa~he, a etre reprise en sous-reuvre, une comédie qui
n ava1t pas besoin de réparations.
Aussi ne lui en fera-t-on pas, que ~l. Augier se ras··
sure : voyant qu'ils allaient droit sur se brisées, les au5
teurs des Pemmes sérieuses ont tourné court
avec beau•
coup de présence d'esprit. _ Nos Femmes sérieuses vous
enn11ient? Eh bien! nous aJlons les faire sauter. ~ Et
l~-dessus un théatre s'éleve, et avec ce lhéatre, la quest10n de la liberté des théatres; et sur ce théatre et sur
cette liberté, c'est a qui fera comme sur le pon; d'Avignon,. ou &lt;&lt; l'on y dame tout en roncl. » Mais moi qui le
conna1s, ce pont, je puis vous jurer que si l'on y danse
au moins ne s'y moque-t-on pas du pubÍic.
'
Ou il n'y a ríen, le roí perd ses droits : Hyacinthe est
froid, Priston gris, Luguet pale, Mm• Thierret languissante, Lassouche lugubre. On a sifflotté.
11 ¡ a des théfües, et cdui du Palai~Royal est du
nombre, qui ·sont vraiment trop scrupuleux: a les entendre, ils craignent ~e vous déranger pour un acte.
Combien, cependant, n'aurais-je pas mieux aimé me
déranger pour l'Avocat des aames que pour les Femmel
aérieuses! C'est un excellent petit aete, que cet Aoocal

plus bourgeoise, la plus tcrre a terre des femmes. Sans
qu'il s'en doute, le salon du pauvre homme est un atelier de peinture. A peine a-t-il le &lt;los tourné, qu'Héloise
pousse un bouton, et le guéridon se transforme en boite
acouleurs. La canne, la propre can ne de Monsieur, il n'a pas le droit de s'en servir, - contient un pliant,
u.n appuie-main et un chevalet. Reste le modele a trouver; il s'en trouve deux, et la commence une série de
de quiproquos entre uu ténor se croyant en bonne fortune et voulant poser a ce titre, et un véritable modele
croyant pcser pour de l'argent.
Sur ces entrefaites, Monsieur arrive a l'impro"iste, et
comme denx modeles vivants sont moins aisés a cacher
que des pinceaux, un chevalet et autres objets de nature
morte, il surprend le vrai et le faux modele daos le sirople appareil ou se trouva Joseph quand Mm• Putiphar lui
eut arraché son mantean. La dessus.. . mais je sens que
déja je deviens trop long et que mon récit, refroidi, pourrait ne point passer comme une piece que le bouillant
Dupuis et la volcanique Alphonsine n'enlevent qu'en
brulant les planches. Disons done vite, pour en finir, et
dans l'intéret de la morale, que les malentendus s'expli,
quent, et que, 'réconcilié avec la peinture d'histoire,
Montengraine sera désormais l'uniq 11e Joseph qui posera
devant les pinceaux d'Hélo'ise.
Mais, encore une fois, je demande grace pour ce récit
lent et glacé de la pétillante comédie de MM. Choler et
Rochefort. On ne raconte pas un éclat de rire.
On ne raconte pas davantage le Roman cl'un jeune
homme pauvre; il suffit de dire que cet ouvrage, un des
meilleurs de M. Octave Feuillet, vient d'étre repris au
Vaudeville avec les memes artistes qu'au début, sauf Lafontaine, que Febvre a tres-beureusement suppléé.
A. DE BELLOY.

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ti-uiie

I

_Rentré dans sa chambre, Louis, saos attendre que J'im-

i:"""" agitation

de son

'°''"' íót apaisée, décbfr•

1en,eloppe et lut :
• llonsieur,
•Si ne je me suis pas trompée en croyaut, l'autre jour,
rec.naitre en vousLouis V..., dont le pere habite Lille,

Par un prodige de bonne volonté de la part du dieu
des amants, cette lettre était exactement telle que pouvait la désirer un amouréux aussi &lt;léliactement susceptibie que Louis, et elle était un magnifique début pour
une campagne se'ntimentale et romanes(Jue. Plus vil'e,
plus accentuée dans la tendresse, elle eút respiré les
chaudes instigatio11s du climat et de la jeunesse; plus
réservée, plus mystérieuse, elle cut, a un· homme soup~onncux, permis des doutcs sur l'innocente sincérité de
Giulia; ains1 franchement accn.eillante, elle réunissait
toutes les qualités et toas les avantages. D'abord elle
était une excellente introduction; elle épargnail a Loms Je
ridicule et le danger d'une entrée banale; c'est une
grand~ force, en amour, de n'avoir pas a s·annoncer,
d'etre dispensé de dire : Comment vous portez-vous?...
d'etre autorisé tout de suite a poursuivre la conversation, sans avoir a l'entamer.
La soirée n'était pas tres-avancée. Louis, ne pouvant
tenir en place, descendit; il demanda asa propriétaireconcierge qui avait apporté la letlre; il lui fut répondu:
« Un jeune gar~on. » Cela parut lui ctre fort !'gal, mais
cela l'intéressait beaucoup au fond ... puis il alla dans un

ment.
Dans cet instant, il n'y cut plus pour Louis ni colonel,
ni tuteur, ni porte close; il y cut l'amour inspiré, impérieux, p1ússant comme le génie, et auquel ne ressemble
pas plus ce qui constitue le plaisir et la recherche d'un
certain nombre d'hommes, qu'un crieur public ne ressemblc a Démosthenes, a Mirabeau, qu'un faiseur de
coup:ets ne ressemble a lord Byron. « Dans cet instant,
se dit Louis, a travers la jalousie, elle me regarde peutétre. »
Gardc toujours, bel amoureux, cette fievre divine, et
ne demande rien d'autre au ciel. Si tu es sage, ne demande pas qu'elle se leve cette jalousie, qu'elle s'ouvre,
cette porte. Bénis Dieu de t'avoir fait connaitre, ne fut-ce
qu'un jour, l'incomparable émoi qui possede aujourd'hui
ton crear, car il n'a pas de meilleur pr"sent pour les
purs humains. Si tu prétends a davantage, si tu veux
épuiser la coupe, au lieu de savourer seulement son
parfum, et l'éblouissement du reOet enchanteur se
jouant a la surface du liquide doré, tu vas biootot te
trouver découragé et plein de doute devant une coupe
terne et vide. Tu te sens fort, triomphJ.nt; l'orgueil de
cctte inlérieure victoire t'étonne et te charme... Que ton

caféjouer anx dominosavec ses amis d'un airsi tranquille,
si posé, que ces derniers, se rctrouvant ensemble, adoptcrent a l'unanimité la con&lt;:lusion suivante ·: « Décidément, il nous la baillait belle avec son prétendu roman !
Au fond, il n'y a ríen '&lt;iu tout; il n'a pas été faché de
nous y prendre tous en jouant le discret; mais le ressort
est usé, et ne nous prendra plus. »
Daos le meme temps, Louis se livrait a des réOexions
d'un autre ordre :
&lt;&lt; Chcre Giulia... Je vais la voir !. .. Oe quoi est-il done
mort, ce pauvre Thomaseo? 11 était jeune encore, vraiment. 11 m'aimait bien, cehii-la. La veille méme de ~on
dernier jour il parlait de moi a elle, a Giulia. Relisons... Dcmain, ou apres-dcmain, pres de l'cndroit ou
nous étions si voisins la dernicre fois ... Toutcela est tresclair. Dans tout ceci, il ne peut etre, bien entendu,
question de la cathédrale. Mais ¡,ourquoi ne me parlet-elle point de précautions a prendre, et surtout, pourquoi
oublie-t-elle de me dire le nom de la rue. Pauvre sot
que j'étais ! je me réjouissais déja, et les embarras se
présentent en foule. Je devrai arpenter toute la ville, et
semer du grain le long da pavé avant de retrouver cette
maudite rue ... Et son gardien ... (aquel litre d'abord
est-il gardien ?) la laisse done libre a certaines heures,
pour qu'elle ose m'inviter a aller, si franchement, eo
picio jour, a sa rencontre? 11 y a quelques obscurilés
dans cette lettre; mais ce ne saurait etre la faute de Ginlia, adorable créature, et qui a ses raisons pour agir
ai,nsi; employons demain a de sages préparatifs, et qu'aapres-demain me soit propice...
Au jourfixé, a onze heures, libre de toutservice, Louis
entreprit son voyage a larecherche de la fameuse rue, et,
sans trop savoir comment, il s'y trouva tout rendu il.
onze heures et demie, longtemps, beaucoup trop longtemps avant l'beure du rendez-vous; il tressaillit des
pieds a la tete en reconnaissant la maison, et puis, il eut
une toute petite minute de désenchantement, en examinant a froid la situation.
Sans les termes nets et précis dans lesquels était contue la lettre de Gmlia, sans l'instinctive et inébranlable
conviction ou était Louis, que le caractere de cette jeune
filie était le moins fait du monde pour laisser supposer
qu'elle put plaisanter sur un pareil sujet, notre héros
mait ,,,. • une mystificaüon, ou d• moins, • une de
ces épreu~s dont vivaient les dames d'autrefois; la rue
était droite, claire, blanche, et bordée, de chaque coté,
de maisons exactement pareilles les unes aux autres, et
toutes fermées, comme si chacune d'elles cut contenu
un petit ltalien, gras, au front déprimé, au regard per~anL .. Enfin, catte rue, quasi déserte, n'offrait a per-

reve soit t9ujours un reve 1
Louis cut payé cher alors le droit de s·asseoir a !'une
de ces cent fenetres inutiles, derriere lesquelles ne semhlait pas se mouvoir la vie, et d'oü il cut pu inspecter a
son aise toute l'étendue de la rue, sans J'ennui d'un
role monol?ne et d'une surveillance presque impossible.
lleureusement, elle ne se prolongea gucre.
· Parvenu au dcrnier tiers de sa promenade, notre
héros entendit le double bruit d'unc porte qu'cm ouvre
et qu'on referme aussitot. ll to urna ademi la tete, et ne
conserva plus aucun doute, en voyant descendre d'une
maison bien coonue, une dame a Ja tournure jeune, et
to1Jte vetue de noir, 'qui, en descendant les trois marches indiquées plus haut, Jaissa voir ta naissance d'une
jambe exquise. Elle ¡,rit la direclion opposée a celle oü
marchait Louis au moment de cette découverte: sa démarche rempla~ait par je ne sais quelle majesté ia grace
des promeneuses parisiennes. Louis, qui la suivait de
trcs-loiu,1 et mesurait son pas sur le sien, s'étonnait de
sa lente 1r, s'en irritait presque. O'ailleurs, ta prétendue
Giulia ne trahissait point, meme par un de ces imperceptibles mouvements classés et étiquetés dans ta cervelle des hommes dits a bonnes forlunes, aussi régulierement que les racines dans un herbier, qu'elle cut la
conscience d'étre suivie. Louis se disait : Allons, ¡¡ parait
4u'~lle n':i. pas peor de se compromettre; tant mieux,
vra1ment ! Elle ne saurait agir ainsi sans avoir ses raisons; suivons toujours sans nous plainqre.
Croyant seconder les intentions de Giulia, il raleutit
encore son pas; mais a ce jeu, il ne tarda guere a la
perdre de vue, quand elle eut dépassé l'angle de Ja rue,
oü ils étaient deux jusque-la, et ou ¡¡ se retrouvait seul.
Soudain, il précipita sa marche, et atteignit le maudit
angle, a temps pour apercevoir la jeune dame vetue de
noir, déja parvenue a l'extrémité de l'antre rue, continuer désormais, sa promenade, au bras d'un petit
homme, grós et vif, sorti on ne sait d'oü, d'une impasse
latérale, saos aucun doute, qui gesticulait en marchant,
et avait l'air d'amener sa compagne oú il lui plaisait,
sans que nul cut rien a y redire. Louis ne chercha
pas a en savoir davantage, et tout reveur, alla droit
devant luí. 11 se retrouva bientót devant l'entrée de la
cathédrale; il ne risquait ríen désormais en y entrant
il l•i plut de
Ja place oó Gi•lia el l•i s'étaienÍ
trouvés si pres l'un de l'autre six jours auparavanL
11 n'eut pas de petne a reconnaitre la cbapelle ou
ses amis l'avaient vne agenouillée et curieuse : la
chapelle était vide. 11 prit une chaisc au hasard, s'y
accouda, et se livra a de puissantes songeries. « Si pres
et si loin, se disait-il, la sentir et ne point la voir, l'en-

"'°"

�44

REVUE

TRIMESTRIELLE,

par

45

L'lLLUSTRATlON, JOURNAL UNIVERSEL.

L'JLLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSBL.

REVUE

Cham.

TRIMESTHIELLE,

par

Cham.

- -=:::..."'-"';,--_, -. La Prus;e profite du mois de juin pourl aire entrer l'écro•_1sse •u •:on;rés. dans .l'espnir qu'&lt;lle lera avancer la ¡uesdano1se, cumme elle l'entend.

• Que! malbeur qu'?n. a,t s~spendu les hostilités ! qu•nd il tenait
son fusil II ava,t les mains moios libres. ,

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Vcillaut sur Je ~ellt!

JuiD tSGl.- L'Anglet,rre revenan! des counes

d'Epsom.

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a ve~r son hcnneur,
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- Hffl

-,. ·'&lt;,·,
~

Le malhcurc, x Jchn Bull cherchan!

Les jockeys fran~ais obli~é• de ,e !ester a•ec des policcmrn pour
coum la vie Eau,c rn1· le turf bri•aun r1uc.

~_r;;

~~,:---.
;,

1
)

~
tl\1n1:

11

~
• Qui est-ce qui a gngné aujourd'hui en Amériquc·!
- Vous n'avez done 1ias tu le journal d'hicr?
- Si, c'e!Ait le Nord qui avait ga~ué?
- Eh bien! aujourd'bui c'est le Sud. ,

Les Américains mettaut les Lruis l'aiqut:s sur les Ulllb, cu lu,r fai.au~
couper tant de fils daos la meme journée.

-

Le Bey de l'unis fai sant. cett• f is, ""' possib e
pour no rien rece,oir de son peuple

« illais_ faites do~c atlcut1u11 ser~ent ! Vous allez vous faire démolir•
- i\1111! alloos done! fai zété Solferino. J'ai z'nonte seulemrnt d~

leur riposter. ,

.

a

• Cun,me il me regarde, ce Japona is·/
, - Mon cher, c'e,t en s'ouvraut le veolre qu'il satisfoit á
1honneur ! ll t_rouve probablement que tu as de quoi satisfaire
lugement le tlen, •

Félicien Da~id trouvant qu'il n'y a pas
que lui pour fairc le de,ert. La Russie
es! !out aus,i habite.

La libertt des tl,édtru.

Gui11nol se mettant

a chauter les

/fug11enot1,

Pemlt d'un décrotteur. - Ou •• m~nt,r l'Africaititl Sapristi ! pour•u que cela ne fasse pas monter

le prix du cirage.

Le comte de Lara, entre lord Byron et Aimé Maillard, ne s•
chao! auquel des deux il doit lo plus de reconnaissance l L'uu
tui a consacré un si beau poeme ! L'autre uno si belle musique !

-

• Vou~ ,oulez_pla1Fa!1ter, ,de tirer aussi pre• que cela?
- Ma1s, MonS1eur, J a, un ce, llficat de mon médecio comme quoi ''ai la ne
basse. ,
'

. ':~

~:~

'~.
~~

-=:::..;::....._·- ----=::-

---

• )lo11sicur! ,e cl.eval írau~a1s a 1,tagué! tout le mondo doit
s'embraaser !
- Sapristi ! ~o ne mene nlus ma f•mme aux courscs.,

fille-de-l'Air douna1,t uu bai,e-main, le lendemain de

sa brillaute v;ctoire.

L'Fsp3~nc ne se' félicit•nl qu'a moitié de
nouvelle conquele.

1a

N, Crockett s'entélaot a venir tous les joura á l'Exposition, fv,.r.
rer sa tete dan• la gueule de la lioune ele M, Caji11.

Le petit Cbaperon rouge av, e sen rot de bcurrc, Le pci11tre
1'est ch~rgé de fa1N la gatet1e.

• J'allOIII ¡¡ois dépecber de t~er not' porc ! Y parloPl de suppri111er la
pe111e de mort. 1

�47 .
L'JLLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
- - - - -- - - - -- - - - -- -- - - - - -- ---:------:- ·~"'
Le trombone, naguere circonscri( danf des tformu~es c'est qu'ils sont tous construits a sil pistons ou atubes

L'ILLUSTRATION, .JOURNAL .UNIVERSEL.

46

tendre et ne pouvoir répondre a son appel. n Alors, il ne
sut si e'était la continuation de son extase, mais le frólement d'une robe, arriva jusqu'a lui et en ouvrant les
yeux, il vit s'avancer, entre les cbaises, une forme charmante et voilée de noir, qu'il n'osa pas reconnaitre tout
de suite, bien que la voix de son cceur, de Ra mémoire,
de son adoration lui criat: voici Giulia! Elle s'avan~ait
toujours.
11 n'y avait qu'eux deux dans le vieux temple; entre
les piliers gothiques se jouait un rayon ... Giulia se mit
a prier.
Le visage de Louis offrait les teintes du marbre blanc.
Son cceur battait a se rompre, maiE il ne soufirait pas. JI
se sentait transporté bien haut, par-dessus les mondes
ou regnent l'injure, la sottise et la misere, daos ces régions inénarrables oú -triomµhe l'immense amour.
Giulia, ayant prié, s'assit et eut l'air d'attendre.
- Je vous ai cherchée longtempE, mademoiselle, lui
dit-il enfin, et ce n'est p:is ma faute si vous ne m'avez
pas revu plus tót, apres cette chere lettre, qui m'a rendu
sijoyeux, mais n'eut-il pas été coupable a moi d'abréger une seule des lenteurs que semblait commander
votre intérét?
- Je n'étais pas moi-meme bien sure que ce füt vous,
répondit avec une grande sérénité la belle Giulia, car
c'était bien elle, et cette incertitude me troublait... J'étais si heureuse, a la pensée de pouvoir parler de mon
pere a quclqu'un qui l'avait connu et aimé !
- Je l'ai pleuré. Lorsqu'on m'eut dit la couleur de votre vetement, je pressentis le malheur qui vous avait
frappée, et je vous remercie de vouloir bien me mettre
de moitié dans votre deuil et vos souvenirs.
- 11 y a plus, je suis votre débitrice.' Mon pere m':i
chargée de vous oJirir, en mémoire de.luí, un objeta mon
ehoix, dans cette petile. collection qu'il m'a laissée, et que
vous et.es venu visiter un jour.
- Un ,iour que je n'oublierai jamais, Giulia.
Loms ÜÉPRET.
(Ln fin prochainement).

GllETTE DU P ..U,.US.

Peut-etre vous souvient-il du Commandeur d~ Gama
Hachado, qui aim:iit tant les oiseaux et qui avait sur
l'histoire naturelle des idées qoi n'étaient pas celles de
tout le monde : au demeurant, U(! excellent homme,
dou1, obligeant, poli, et ne se dis?ensant pas d'aimer
son prochain sous prétexte qu'il aimait les betes. Ses
dernieres volontés, exprimées dans soixante-douze testarnents ou codiciles, étaient attaquées par des parents
qui soutenaient que le Commandeur était fou. Le Tribunal, dans un trcs-heau jugement, avait déclaré qu'on
pouvait etre un savant médiocre et n'etre point un insensé : testarnents el codiciles étaient sorlis victorieux de
l'épreuve.
La raison du Commandeur a résisté,devant la Cour, aux
efforts réunis de M• Senard, de M• Nicolet, de M• Allou
et de M. le premier avocat général Osc~r de Vallée; certes, il fallait qu'elle ne füt pas trop fragile. Mais aussi
comme elle a été défcndue par M• Léon Duval ! La premiere plaidoirie du célebre avocat était un chef-d'muvre; la' seconde est un miracle. Devant le Tribunal,
M• Léon Duval avait tout dit; il a tout dit encore devant
la Cour, et il ne s'est pas répété: miracle est le motjuste.
Non-seulement il a gagné son proces sur les points
les plus délicats, mais il a fait aimer son client, et le
Comrnandeur da Gama Machado est devenu !'ami posthume de tous eeux qui ont lu ces curieux débats.
Quel digne homme, en effct, et comment ne pas chérir et vénérer sa mémoire?
11 avait fégué une rente viagere a une soubrette, a
ch:irge de ne pas se m:i.rier. « L'année suivante, dit
M• Duval, il sent qu'il a fait une faute, car il n'empechera pas Genevieve d'aimer, et il l'empecbera de réparer ses péchés; aussi annule+il la clause par un prudent codicile. »
« Un matin, racontc encore M• Léon Duval, on lui
apporla un martin-pecheur qu'on venait de prcndre
dans un rosea11 de l'étan.g de Trappes. « Que! dóm« mage, dit-il, ces oiseau1-la ne vivent pasen captivité ! n
JI paya néaumoins la ran~on du martin-pécheur, et 1!
ounait déja sa croisée pour lacher l'oiseau dans les peupliers du quai Voltaire, quand il rélléchjt que le gazon
et les O.eurs sont rares sur les berges de la Seine, et que
l'oisea11 íarouche y serait dépaysé. ll se ravisa, demanda

ses.chevaux, se dirigea vers l'étang de Trappes, et un
&lt;&lt; Messieurs, les peres Cordeliers vous supplient
il!stant apres, le martin.pecheur ridait de son aile ses humblement d'avoir la bonté de les mettre au no
eaux natales. II est difficile de dire qui était le plus con- des pauvres religieux a qui vous faites la charité.
tent des deux. &gt;&gt;
a point de communauté a Paris qui en ait plus de
L'aimable ombre du Commandéur doit etre contente. soin, eu égard a leur grand nombre et a l'ex
Fasse le ciel qu'elle ne soit plus troublée désormais, et pauvreté de lcur maison, qui, le plus souvent, m
qu'héritiers et légataires la laissent en paix .e réjouir, de pain. L'honneur qu'ils ont d'étre vos voisins leur
sous les ombrages des Champs-Élysées, de la vue et du espérer que vous li::ur accorderez l'effet de le,ll's pri
ramage des charmants et mélodieux oiseau1, qui, sans qu'ils redoubleront vers le Seigneur pour la pros
doute, peuplrnt le séjour de l'élernelle félicité.
de votre chere cornpagnie. »
Le l'rogres de Lyon n'est point encore, Oieu merci, des« L'honneur d'etre vos voisins... votrc chere co
cendu chez les morts, mais s'il vit encore, il est endormi. gnie ... &gt;&gt; Qu'íls étaient tolérants, ces bous Corde ·
Les génies tout-puissants qui président a la destinée des Traiter ainsi des excommuniés, ne trouvez-vous pas
journaux l'ont condamné tout récemment a un nouveau prodigiememcnt touchant?
'
sommeil de deux mois. Dormir, pour un journal, c'est
Ce n'est pas M. Juppel qui souffrira qu'on em
ne point parlP.r, mais pour étre muet, on n'est pas in. sur son terrain; il n'a pas moins de susceptibilité qu'
sensible, et le Progrés de Lyon n'aura pointentendusans administration pulilique. JI y a a Levallois un marc
quelque plaisjr le Tribunal condamner un autre Progres, de vin qui donne de temps en temps un petit co
qui parait a Paris, a ne pas s'appeler le Progrés tout amical aux pratiq11es qui se sont foulé le pied oq
court, ·mais le Prog&amp;rs de Paris, afin que toute confusion poignct; il y a aux Ternes un brave bomme qui a un
fut désormais impossible .entre la feuille parisienne et de main merveilleux pour réduire une entorse, et qui
la feuille lyonnaise.
fnse obstinément toute rémunération de ses soins o
Parlcz--moi des administrations publiques pour veiller geants. M. Juppel, qui demeute au Vésinet, crie a lacon
a leurs intérets; elles ont si peor d'elre lésées, que par- rence déloyale, et cite devant le Tribunal de police
fois elles réclament meme ce qui ne leur est pas du, avec rectionnelle de la Seine M. Vinet et M. Roze, coupa
les meilleures intentions du moade, d'ailleurg, r.ar leur suivant lui, d'avoir illégalement exercé l'art de gué
fortune est la fortune de tous.
- Mais vous demeurez dans le dép:irtement de se·
L'autre jour, l'administration des c,rntr_ibutions direc- et-Oise, et ceux que, vous avez assignés habitent le
tes prétcndait faire payer l'impót des portes et fene• partement -de la Seine?
tres aux kiosques des boulevards.
- J'ai un pied a t\.&lt;t&gt;rc a Paris, reprend M. Jup
La Compagnie de publicité diurne et nocturne, ainsi s'ap- . une loge tle concierge oú je donne mes consultations.
pelle la Société qui exploite ces petits pavillons, n'a pas
Le Tribunal n'en a pas moins déclaré M. Juppel
entendu de cette oreille, et s'est poarvue devant le con- recevable dans sa plainte. Le Tribunal est bien rigoure
seil de préfecture. Les contributions directes ont sou:
Le pl~ignant, dans.le cours du débat, a négligemm
tcnu que les kiosques étaient de véritables immeubles. appris aux juges qu'on l'avait empéché jadis d'exe
- Des immeubles, ces pauvres kiosques de rien du tout ! la médecine sans diplome, et qu'il s'était vu alors
- Eh I mais sans doute; les dimensions ne font ríen a traint d'étudier et qe passer ses examens.
la chose. Qu'est-ce qu'un immeuble? Ce qui est fixé au
C'était ingénu, mais cela ne donnait peut-etre pa
sol: les kiosques sont-ils fixésau sol? Oui; done leskios- la plainte de M. Juppel une rouleur tres-heureusc.
· qucs sont des immeubles.
La Cour impériale a vrairuent rendu un bien bon
-A la bon ne heure, arépondu le conseil de préfecture, rét en maintenant le testament du Commandeur
daos sa sentence; mais le sol de la voie publique n'cst Gama Machado. Avec cette théorie que pour avoir
pas soumis a l'impót, et c'est sur le sol de la voie publi- droit de di~posér de son bien asa fantaisic, il faut n'
que que s'élevent le~ kiosques, done tes kiosques ne doi- voir jamais, rien fait, rien écrit, ríen dit, ríen pensé
vent pas payer l'impót.Et la compagme a gagné son proces. de ·parfaitement sagc et d'absolument sensé, qui po
L'administration de l'assistancc publique est une ad- rait dormir tranqnille sur le sort de ses volontés dernie
ministration fort respeetable aussi, d'áll.tant plus· respecJ'ai la sur ma table un volume que je viens de r
table, que si elle ambitionne d'etre riche, c'est au profit avcc un plaisir extreme, un livre plein de cceur, d'
des malbeureux.
prit, de &lt;louce et sereine philosophie, qui s'appelle 1
L'année derniere, une grosse discussion s'éleva entre Échos du passé. Ce sont des épitres, des satires, des co
elle et les théatres. Elle réclamait le droit des pauvres sur tes, des stances, la moisson µoétique de ioute la vie d'
les billets d'auteur. 11 fut jugé que ces billets n'é- honnéte bomme, qui n'a voulu confier a ses amis 1
taient pas une libéralité gratuite des directeurs, mais émotions et les pensées de son matin et de son midi q
une partie de la rémunóration des écrivains dont les le soir venu.
ouvrages sont représentés; des lors, les billets devaient
Or, le poete dont je parle est un avoué. Un avo
etre frappés du droit comme les autres.
' poete ! Supposez que M. O~lorme n'ait pas d'excellen
Ce proces vient d'avoir son épilogue.
cnfants dont il e$l chéri et respecté, en faudrait-il d
I1 s'agissait de savoir par qui, des auteurs ou des di- vantage pour que quelque héritier prosuique dirigeat
recteurs d.e théatre, devait etre supporté le droit. Le Tri- joQr contre sa mémoire tme accusation de démence?
bQnal s'est prononcé en faveur des auteurs.
avoué poetc ! c'est-a-dire la muse et le papicr timbré,
Le droit des pauvres n'est pas une cho•e nouvelle en lyre et l'état de frais, Pégase et les conclusions! Q
France.
theme ! Oui, óui, que M. Delorme veuille bien m'
Ouvrez l'ouvrage de IDf. Lacan et Paulmier sur la croire, qu'il bénisse l'arrét Machado.
Législation des Théátres, vous y verrez r¡u'un arret du
N'as-tu pas vu parfois une pauvre hirondelle
parlement de Paris de i54i, prescrivait aux confreres
Volli'geant so11s le toit qui s'est fermé sur elle,
de la Passion de bailler aux pauvres la somme de mille
Donner, d~ns sa frayeur, contre tous les l'ambris?
livres tournois, ~auf a ordonuei plus grande sommP.. )&gt;
C'est J'emblémtJ trop vrai de ces tristes esprit~,
.Ten tés, comme le mien, de déployer leurs ailes
Le motif de cet arrt\t était que la représentation ayan t
lieu a l'heure des ornees, le peuple serait distrait du , - Sous-la voule oii '.fhémis pese sur ses lideles.
Digue objet de pitié, le.ur ridicule vol
service divin, et que cela diminuerait les aumónes.
Les ramene bientót halelnnts sur le sol.
Sous Loms XIV, une ordonnance du 25 février i699 ' C'est ainsi que, trente ·ans, sorte d'étre é1uivoque,
Je ·vécus au Palais, étouffant sous la toque;
confirmait l'impót : « Le roi; y était-il dit, vo•1lant conLégiste par devoir, dP-mi-lettré par gout,
tribuer au soulagement des pauvres, dont l'hópital géNe m'arrt\tant a rien et mécontent de tout.
néral est surchargé, a cru devoir leur donner quelque
part aux profits considérables qui reviennent des opéras
Eh bien ! sur ces jolis vers si nets, si élégants, si bi
de musique et comédies qui se jouent a París par sa frappés, je vois s'abattre l'héritier prosaique et en ti
permis&amp;ion. »
des arguments terribles contre la raison de M. Delorm
tes comédiens franfais ne se contentaient point de Je le vois saisir cet airoable volume, oú le poete mau ·
faire au1 pauvres les aumónes qui leur étaient prescri- avec tant d'esprit et une verve si affectueuse son 'mai•
tes par les ordonnances, ils prenaient encore sur le~rs tre, M. Villemain, qui l'a induit en littérature et en po
reccttes pour secourir les couvcnts les moins ricbes de sie, oú il imite Boccace avec tant de go1it, de délica'tes
París. Leurs premiers pensionnaires avaient été les Ca- et de convenance, oü il se souvient de sa jeunesse da
pucins. Les Cordeliers penserent qu'ils avaient les me- des strophes empreintes de tant de grace; je l'entend
mes raisons d'étre favorablement traitt!s par la comédie, s'écrier, le barbare : C'était un poete, c'était u11 fou !
et le H juin i6~0, ils présenterent a la troupe un plaAh! que je sais, moi, bon gré a M. Delorme de sa
cet ainsi con~u .:
Colie!
Buan.

L' cl-'die militaire et maritime, éditée par A. Le
en,CJJ "l""'"rue de Ricbelieu 60 est terminée et'mise en
Cbeva ,er,
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. d'hui, en deux forts volumes m º con enan
vente anJ0Ur
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a~ec 6·cartes et planches. au prix de 3~ fr. broches, 35 fr.
cartonnés. Nous rendrons tres-pr_och~meme_nt un co~ pte
détaillé de cette importante pubhcat,o~, qui ne conv,ent
pas moins aux bibliophiles, aux archeologues, aux artistes, etc., qU;'aux militaires de tous grades de nos arrnées de terre et de mer.
~

Oimanche 24 juillet, auront lieu, A une heure, dan_s la
rade du Havre, en face des chantiers de. constru~t1on'
les grandes régates organisées par la Sociéte_des regates
du Havre sous le patronage de S. A. l. le prmce Napoléon. Le; prix seront décernés le tundí 25 j~illet, a onze
heures du matin, dans les salol'ls de Frascat1.

·-__..,...,.__~.,,.,......----AUDJTION

•••
lBSTRUIEiiTS R!CEM.IENT JNVEKTiS PAR MADOLPHE SAX.

?e

Le propre des artistes véritables est
chercher c?n"tamment a perfectionuer leur ceu~re; e estce qui explique
les transformations de style qu on remarque chez les
grands peintres, les grands sculp_teurs et les g1:ands ~1usiciens. JI en est de meme des 1~vente~1·s : a ce _titre,
M. Adolphe ~ax mérite d~_fixer l_atten~ion des amis ~es
arts et d'l la gloire de I mdustrie art1st1q_~e ~ran,a1sc.
Non content d'avoir doté nos orchestres m!l1ta1res de la
famille des saxhorns etde celle des saxopbones, Adolp~e
sax a v:iulu simplifier ses propres systeroes, et par suite
de proíondes méditations, d'es~ais en tou~ g_enres _fort
couteux il est parvenu a app!Jquer aux d1fferents mstruments de cuivre les plus rebelles a la justesse et aux
traits rapides, un systeme de pi~t?n~ a tubes ind~pendants qui, grace a cette récente decouverte, va releguer
dans les mnsées archéologiq11es les corps de rechange et
les coulisses si en fa veur autrefois.
On a cru, jusqu'a Sax, que le métal était l_acause premiere de la voix particuliere de chacun des mstruments
de cuivre · c'est une grave erreur, et comme le fait
observer ~vec vérité M. Weber, rédacteur musical du
journal le Temps, c'est uniquement dans .::crtaines proportions des tubes, théo_rie découverte par Adolphe Sax,
que réside la cause de le•1rs timbres particuliers.
Ayant eu l'o~casion d'assister a plusi,urs aud itions
des nouveaux instruments inventés par Adolphe Sax,
nous pouvons parler, de awtitu, de ses nouvelles et mer ·
veil!euses créations. Grace a lui, la trorn~ette qui était
vouée a l'exééution restreinte de quelques soris de
l'échelle music¡¡.le, peut maintenant rivaliser avec le
violon en vélocité, tout en conservant ce timbre martial qui en fait un instrument si précieux dans les orchestres civils et militaires.
:::iC'~m

ÉCHECS

169.
P pr. F (a)
R pr. F
R51 FR

SOLUTION DU PROBLtKl'; Nº

F 6' R échec

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A.

e &amp; e Réch.
F 4t FD
P&amp;CR
C oa F doune mat.,

Mat.

R J!r, C

p 3" R
p joue.

d'exécution qui le faisaient le plus souvent le satelhte
obligé des basses de l'harmonie, a le droit d'élever sa
voix puissante au milieu des timbres roultiples de l'instrumentation. Mais pour parvenir a réaliser de tels prod1gcs,
il fallait etre, tout ala foi$, un exéculant de premier ordre doublé d'un facteur de génie. Adolphe Sax possede
ces 'deux qualités rares au ph1s haut degré. Meyerbeer,
q11i avait le scntiment mnsical le plus exquis, }isa,it
qu' Adolphe Sax était l'arliste le plu? complct q_u Jl ent
jamais rencontré; et, dans ces dermers temps, 1I honorait de sa présence toutes les séances de la rue SaintGeorges.
Le grand compositeur avait meme formé le projet
d'orchestrer toute la partition de son Africaine avec les
nonveaux instruments d' Adolphe Sax. Comme tous les
inventcurs de mérite, Adolphe Sax a été calomnié, dépouillé de ses propres créations, et mis sur les ~ords d_e
sa ruine par vingt années de luttes et de proces; ma1s
un arret du conseil d'État, en proposant une extension
aux brevets du célebre facteur, a fait cesser les persécutions.
M. Fétis, dans une lettre puhlit•e par la Gar.ette Musicale et adresséc a !'honorable G. Kastner de l'Institut,
s'est proposé de vcnger Adolpbe Sax de toutes ces
injustices.
&lt;t Je devancerai la postérité, dit l'éminent auteur de la
&lt;&lt; Biographie !les musiciens, et lorsque tou~cs les hain~s
« ~eront éteintes, lorsque la mort aura rav1 et les perse« cuteurs et le persécuté, le nom d' Adolpbe Sax brillera
« parrni les plus cdehrP.s du dix-neuvieme siecle. n
Mais laissons parler les documents officiels que nous
trouvons dans une Notice biographique: ils ont une force
ele logique irrésistible.
Le conseil d'État, dans un exposé des motifs pour la
prolongation des brevets d'invention d'Adolphe Sax,
s'exprime amsi:
&lt;&lt; Enfin en 1835, le jury international de l'Exposition
&lt;t univers~lle de Paris, accusa encore mieux la supério&lt;&lt; rité de M. Sax sur tous ses concurrents in di genes et
« étrangers: il lui donna la récomµense de prem1er rang,
« tandis qu'il n'attrihua que des récompenses de troi..
« sieroe ran" a ceux de ses concurrents qu'il distingua
&lt;&lt; le plus. M~ Sax, en transformant les orchestres d'har« monie n'a pas seulement contrilmé au progres de
« l'art ¡'¡ a en outre donné une grande iropulsion aux
« ind;stries qui ont pou11 objet la fabrication des nou« veaux instruments. &gt;&gt;
Le rapport dn Corps législatif, au nom de la Com mission, s'exprimait en ces termes:
« Avant Sax, la fabrication des instrurnent~ de cuivre
&lt;&lt; était tres-mPdiocre en France. Anjoard'hui, cette fabril&lt; cation a pris un développement consiMrable, et l'é« tran"er vienten France. C'est a París qu'est la véritaº
'
. ,
« hle fabrication, c'cst la que s esl constituc un centre
« d'exportation tres-considérable. 11 y a lá un service in« dustr1el rendu au pays, et qui a vivement frappé la
« commission. En conséquence, elle a déci&lt;lé que
e&lt; M. Sax await accompli la premicre condition imposée a
« la prolongation d'un brevet, c'est-a-dire qu'il avait
1&lt; introduit une amélior:ttion considérable daos nn art,
« et développé, presque créé, une industrie en France.
Et plus has, le rapport ajoule :
&lt;• JI est intéressantde voir cet bomm-e, fort de sa convic&lt;&lt; tion et de son droit, rester debout contre tous et soute« nir la lutte saos démoralisation, sans découragement.
« Beaucoup auraient succombé; mais s'il a été ruiné, il
« a su, au milieu de la ruine et du chagrin, conscrver
&lt;( intacts son couragc et son intelligenQC. » Ne chercbant
que la perfectiou, et voulant rendre témoins de ses efforts
pour la découvrir amis et ennemis, dissident_s r.t partisans, Adolphe Sax adressa des invitations personnelles
aux facteurs, aux exécutants, aux gens du monde, ainsi
qu'aux artistes et aux ,compositeu~ l,es plus _émine_n~.
C'est ce qui explique I affluence qm s est portee, en JUJD
et en juillet dernier, a la salle de la rue Saint--Georges.
- Mais aussi quels beaux programmes on y a exécutés!
et quels interpretes! - Nous y avons entendu successi-vement : un duo sur Gtiillaume Tell, puur trombone et
saAhorn basse, tous deux a six: pistons et a tllbes indépendants; une fantaisie pour trompettcs sur Robert le
Diable et une Marche triomphale, de Ocmerssmann; un quatuor original pour saxophones, par Singelée, chef
d'orchestre du grand théatre de Gand; - puis un quatuor de trombones sur le Comte Ory, et enfin la sublime
Marche funebre, composée a la mémoire de Meyerbeer, par Henri Littolf.
Cette composition, qui vous jette dans un vérilable
épouvanternent, a été écrite pour un_e trompette, deux
trombones, un saxhorn en si bémol, un saxhorn contrebasse en mi bémol, et un saxborn contrebasse en si bémol a pavilloñ tournant. Mais ce qui rend formidables
ces six instruments, dans les instanL~ pathétiques,

indépendants.
Tous les nouveaux effets sont la. Maintenant que tout
te Paris industrie!, artiste et dilettante a été a meme de
ju"er et d'acclamer les récentes découvertes acous!iqu0es d'Adolpbe Sax, ses babiles interpretes vont parcourir la France la Belgique et la Hollande, afin d'y
faire entendre 1:s nonveaux instrumcnts. Ces véritables
mi,sionnaires du nouvel évangile acoustique et instrumental apres av')ir porté la bonne nouvelle daos
Bruxell~s La Haye et Amsterdam, reviendront en France,
ou le dir¡cteur du Casino de Fécamp prépare a leur intention un Festival, auquel des concours d'orphéons apporteront un intéret tout populaire.
..
L'art musical est un art tout moderne, quant aux mstruments de musiq•1e, - ríen, dans l'antiquit~, ne pouvant étre comparé a ce qui existe aujourd'hm.
Mais Adolphe Sax, dans sa vaste spécialité, a eu tout
a créer, depuis le premier mandrin jusr¡u'au der~ier
cxécutant · tout a la fois professeur an Conscrvato1re,
virtuose :Uécanieien, forgeron, métallurgiste, acousticien rédacteur de métbodes spéciales, guide des com. '
. , '
positeurs qui voulurent bien cerne P.º•~r s~s ,nouveaux
instruments, Adolphe Sax a de plus ete obhge, pour se
défendre ou pour ne pas etre dépouillé _de ses plus ch~res inventions, de se faire légiste et de palir les nmts
sur 1es codes.
On en aura une juste idée en parcourant l'extrait suiv:i.nt des conclusions deM. l'avocat général Osear de Vallée a l'audience de la Cour impériale du 26 mai i 860 :
«' ..... J'ai bien envíe &lt;l'ajouter qu'il est vraiment dou&lt;&lt; loureux de ,·oir a quelles épreuves a été soumise cette
« propriété de Sax. Ce n'est pas son éloge que je veu1
« faire; cela ne conviendrait pas dans ma bouche. Je
« parle de son droit. Souverainement recom;iu par tant
&lt;&lt; d'arrets ce droit a été tellement contesté, qu'il s'é,.
« teindra 'demain et qu'il n'aura pas vécu un instant li~ bre et fructueux pour son auteur....... »
« Cet horome a vu son droit privatif livré a toutes les
« attaques, a tous les combats; son champ a été envahi :
« d'heure en heure, d'année en année, les combattants
« se succedent, les assaillants s'y remplacent; B... est
« le ·dernier mais le champ est épuisé. La propriété s'é« teint a l'heure 01.1 je p1rle ... Sax ava1t une propr1ete
« plus recommandable peut-étre encore que la pro« priété qui vient de nos peres, puisqu'elle est le résultat
« de nos eJiorts personnels et de,s travaux de notre,
« esprit.. ...
« En meme temps que je demande a la Cour un ar« rt\t souverain et définitif, qui mettrait hors de corubat
« les derniers assaillants, je fais des vceux pour que le
« droit privatif ne soit pas, par l'eflet du temps, enlevé
« a celui qui, par son travail et .son mérite, se· l'est légi-'
&lt;&lt; timement acquis·. »
Ajoutez a toutes ce5 luttes une maladie qui n'avaitjamais pardonné, et vous reconnaitrez que la nature, en
donnant a Sax le génie et la volonté, lui a donné.
'

•

SOLUTIONS EXACTES DU PROBLEME Nº

• 1

I

169.

Café de l'Europe, a Phalsbourg , Café Ilrezin ( Pelit-?tfontrouge), le capitaine J. Charousset, G. de V. Allevard,
E. Frau, E. Dubedout, Ed de Vaucelle, Obozinski, Henri
Frau, Athané, maréchal-des-logis-chef, Ilaudet.

~XVI.ICATION

no

DKkNll!R RERns.

JI faut, pour percer dans les lettres on dans les arui, une

individual1té prononcée.

- ---·

-·---~
A.UG. MAKC,

airecteur-gerani.

Eo11. Tl!.IlE11, rédacteur en chef,

-----~-

Imp. de L'ILLUSTRATION, A'. Marc,
H,

,w

lle V,niew.

1 !

�48

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

aussi une bien large
part des miseres humaines. Mais pourquoi
rappeler des calamités
qui, tout le fait supposer, ne fondront plus
sur le graud artiste?
Redisons plutot en terminant, avec la Gazette
musicale, « que l'im« mense propagation
« de la musique d'ins« truinents de cuivre
« cst due aux inven« tions d'Adolphe Sax,
" et en particulicr a
" la facilité et ala siro&lt;&lt; plification de ses sax« horns, et que l'on ne
(&lt; peut
s'empecher
,, d'admirer l'inépuisa« ble fécondité du céle« bre invcnteur, que
« ríen ne saurait arre(&lt; ler, pas méme son in« térét bien entendu;
(( car, par leursupério(&lt; rilé incontestable,
&lt;( ses derniers instru« ments sont évidem(; ment appelés a rem« placer eui-memes le
« saihorn ; et cette
(( substitution ne peut
AUDITION DES NOUVEAUX 1NSTRU6!ENTS D'ADOLPHE SAX
« se faire saos de nou&lt;&lt; velles luttes, saos de
(&lt; n9uvelles résistances, toutes choses assez µeu favoral(·bles, comme chaeun sait, aux intéréts pécuniaires;

(SALLE SAX, RUE

(( mais le véritable
(( tiste ne se, laisse
«.envahir par de
(( reilles · consid
(&lt; tions: il créesans
« cul et sans a- ·
&lt;( pensée, comme
(( bre donne son
,f. parcequeDieul'a
(( au mo.nde pourc
Nos lecteurs n'i
rcnt pas que M.
phc Sax a non-se
ment régénéré les
truments de e
presque unive
ment adoptés,
que le constate lej
de la del'Oiere ex
tion de Londres,
&lt;1u'il est la cause
miere du grand d
loppement qu'ont
lr.s nomhreuses s
tés de fanfaresetd'
monie de la Fran
de l'étranger.
Fondée a Paris
1843, la manufac
d'Adolphe Sax Oet.
u11 grand,11ombred'
vrir.rs q11'il a fo
et cettc espece d' ·
11ormale a donné a
SAINT-GEORGES),
dustrie et a l'art
snjets distingués
l'admirent, les uns comme un grand maitre, et qui
le respectent comme un perc.
A. ELwA11r,

~~~~

SOClÉTÉ FRANOAISE DES AÉROSCAPHES.
fu auront, m 011tre, pour obJet de soustraire l'aérostat aux elf&lt;
,·ent qui le prt11drait en fla11c, cai· ils feront dévier son action sel
1a11ge11tu de teur ,·otatiun.

Xxposé des príncipes d'apres leiquels un aérostat peut élJe dirigeable
I' La facult~ de pou,•oir, a volonté et sans perle de gaz, modifier en
plus ou en moms le rapport de son poids spécifique a celui du milieu ambiant déplacé, ce qui permettra de monter et de descendre a volonté.
~• La faculté de pou,oir, i, volonté, déplacer son cen_tre de gravité P,Our
prendre, par rapport au plan normal de statique, lels pinos inclinés que tomportero11t les be,oins de descenle ou d'ascens,en.
Nou, ci·oyons devoir insis1e1· sttr ce que /11 1°ém1io11 de ces deux

condítiom stt{(irait a
elle sen/e pour déte1·miner la progreuion
forcée d'un aéro,tat
dan, m1e direction
voulue.
3• La faculté de pou-

voir, a volonté, soit
que l'on marche en
avant ou en arriere,
opérer daos la masse
atmosphérique, •mema
centre le vent s'il y a
lieu, et antérieuremerit
a la marche de l'aérostat, une rupture d'équilibre suffisante pour
f&amp;ire résulltr un elfet
utile de la pression ,
qui reste constante
dans les autres points
du milieu.
Sam revenir 1111r lu
explicalio111 dij,, don11ée1, no111 pe111011.1
pourta111 qu'il ne sera
pa, ,ans intéret de ,e
rappeler qu'a elle
,eule, cette condition
diterminerait encore
(01·ceme11t la marche
da111 une direc1io11
voutue, 1am comp1e1·
qu'el/1, aU/lmentera de
beaucoup le, 1·ésultat1
a obtenir des moteurs
propru de I'11ppareit.

Ancienne timbale. Nouvelle timbale.
Nouveau saxhorn.
Nouveau trombone.

5axophone.

g• La faculté de su moul'oir a volonté, soit en avaut, soit en a
saos qu'on soit obligé de virer de bord. Ce qtti, de plu,, combiné
le, condition, f et 2, rendra e((icacement l}l(ltlre de la descente
point donné. A cetle fiu, les extrémités de l'aérostat serout cont
mais symétriques.
to• la forme de l'aérostat sera un eUipsoide allongé. C'est celle qui 1 •
le moins de prisc au vent, quelle que soit la directiou d'oú il vienne.
meme hui, il sera
ver! d'une légere
pac~ en alumini
t t • A chacuue
extrémilés et de
que coté serout
gouveruails pour
changements de ·
llon par légercs
llexions.
/ls BtrOIII dt
susceptible, de
1ionne1· dam u•
hori:i.ontal ou
ca.t, a volimté,
que, stlon les b
1l1 pttissent 11t
p1'ésmter de
nu vent ou, aprt,
lion, tire facil
1·ammés au poi
départ 11111, pr
de réaction rur

constances, soit
marche, soil á la ·
tien de l'aérostat,
pres le calcul
4• La solidarité insnríace de toile 1 '
time de la nacelle et de
en prise au vent.
l'aérostat, afin qu'il ne
13• Dans la
se -,produise pas i la
destinée a l'inslal
marche des résiatandu malériel ou des
ces, qui usÚaient inn,
grurs, il est d'u
tilement parlie de la
que les fen~tres
force dé progression
mobiles sur pi•
déployée.
,orle que l'on
Pour t'obtenir au
avoir de l'air l v
plus haut degrt possans que celui-ci
sible, nous avo1u i,la- '
ne á s'engouílrer
SOCl~TÉ FRA.N(jAISE DES AÉROSCAPRES, ,POUR LA PIIO,\tOTION DE LA NAVIGATJON AÉRIENNE PA.R LES AÉI\OSTATS (Systeme A. Charvin).
cé la nacelleaudedans
l'appareil et faire
de l'aéro,tat ,n¿me,
Le but de la Société est de prouver, par l'expérime11tation, que la navigation aérie~e est possible, .et que les aérostats sont dirigeables. Tout en s'arfirmant, comme initia- lance ida marche,
entre /e, parlie1 d,
tive privée, elle compte trouver dans le senlimenl uatioual l'appu, le plus ilatteur, cemme le plus puissaut. File iollicite le patronage de tous les gens éclairés et amis du
•-dire absorber-,
ballon qui le compoprogre,, espérant de chacuu un coneours pah-,otique. La Soc,ete admet dans son sein des memhres cotre,poudaots, avec tilre de Fo11dateurs llonol'lliru.
ment partie de la
1ent.
S1ío1, A Pn1s, !O, nua Ross1N1. - L'admi11istration adresse un prospectns franco, sµ~ toute demande aflranchie, et une brochure contre t r. en timbres-poste.
déplnyée.
~• .\fin de présenter
14• Des siéges
toute la sécurité désirable, l'aérostat sera divisé en plusieurs comparbments,
7' Des soupapes de surete.
peudus en conséquence permeltront aux voyageurs de se mainteni,· d
de aorte ·qu'une rupture, un accidenl quelconque de l'enveloppe n'agissant
8• Des propulseurs laté~au1 iudépendants les uns des autres, afin qu'en perpeodiculaire, malgré les rlans inclinés que pourra prendre l'aé
que sur un~ partie ne puisse compromettre l'eul;emble.
arretant ceu1 d'un cóté, sans que ceux de l'autre cessenl de fouctionner,
15' Ponr plus de sécurité, des paratonnerres seront disposés de m
6• Une enveloppe le moins ponible pcrméable nu g3Z, aún de ¡¡'en pas on puisse oblenir méme des conversions de l'aérostat sur lui-meme ou a pouvoir soutirer et laisser déperdre le fluido électrique don! pourr
permeltre la déperdilioo,
des cbaugemeuli de direction dan, des an¡¡les pl'Ononcés.
~tre chijrgés les milieux qn'on aura &amp; lraverser,

�</text>
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                  <text>Semanario francés ilustrado se publicó entre 1843 y 1944. Aborda temas políticos, económicos, sociales, científicos, artísticos, y deportivos. Fundado por los periodistas Jean- Baptiste Alexandre Paulin y Édouard Charton. Sus ilustraciones eran realizadas por los mejores dibujantes como Henri Valentin, Édouard Renard, Paul Gavarni, Janet-Lange y Cham.</text>
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                <text>Siglo XIX</text>
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                <text>Siglo XX</text>
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                <text>Semanario francés ilustrado se publicó entre 1843 y 1944. Aborda temas políticos, económicos, sociales, científicos, artísticos, y deportivos. Fundado por los periodistas Jean- Baptiste Alexandre Paulin y Édouard Charton. Sus ilustraciones eran realizadas por los mejores dibujantes como Henri Valentin, Édouard Renard, Paul Gavarni, Janet-Lange y Cham.</text>
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                <text>Fondo Fernando Díaz Ramírez</text>
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                <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores</text>
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                    <text>L'ILLUSTRATION~
IOUBKAL UXIVEBSEL.

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!'.!e ANNÉE. VOL. lLIV. N• 1 i i 5.

Oirection, Rédartion, Administration :
T~utes les communications relatives au journal, réclamations, demandes
de chan•ements d'adresse • doivent etre adressées franco a
IIIARC, DIRECTEUR-GÉRANT.
Les demandes d'abonnement doivent etre accompagnées
d'nn mandat sur Paris ou sur la poste.

... AUG.

S01'1MAIHE.
Uevue polilique de la semaine. - Courrier de Paris. - Correspondance
d'Algérie. - Bal dooné par s. A. le vice-roi d'Égypte a la colonie
europóeone, daos le Palais de Ras-el-Tio. - Banquet oftert a Versailles, a la premiére batterie du
régiment d'artillerie de la Garde. - Tableaux reproduils par l'Illtutralio11. - Giulia (nouvelle),
suite, - Revue littéraire. - Renards el Perdrix.
- Salan de 1ss, (4' article). - La Régence de
Tunis. - Promenade au Jardín du Midi ( premi,r article). - M, Rouviere, maire de Maneille.

l!lame•i

9

.Juillet

L'auini1tnlit1 ne répond pll d11 mana1erits et ne 1'eng\ge J1D1ai1 i Je, iuérw.
fa i.. lnilél, la lraducUon el la reproduclion i l'élranger 1001 inlerclilol.
BUREAUX: RUE RICHELIEU, 60.

REVUE POLTTIQUE DE LA SEMAINE.

S. M, CHA IILKS, ROi DE WUIITEMllllllG. - O'apres une

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la collection mensuelle, 3 fr.; le volume semestriel, IS fr.
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Mémes pnx ; plus les droits de poste , suivant les tarife.

s

Les abono. partent du l •r n• de chaque mois.

pas exciter les susceptibilités du gouvernement fran~ais.
Les dépécbes publiées par le Morning-Post révelent
des faits de la plus .haute gravité, et nous parta•
geons complétement l'opinion du llloniteur du soir,
aux yeux duque! cette correspondance a
prouvé &lt;&lt; que les intérets communs de l'Au•
triche, de la .Prusse et de la llussie ont
inspiré a ces puissances l'intention de re•
nouveler la Sainte-Alliance. »
La Russie ne déclare-t-elle pas, en eflet,
qu'il importe de former une ligue eontre
certaines tendances et certaines prétentions?
Le czar n'a- t-il pas insisté sur la nécessité d'une entente complete entre les
trois puissances du Nord ? N'a-t-il pas dit
qu'il fallait rayer une fois pour toutes la
question polonaise du programme des
questions européennes? _
L'empereur d'Autricbe ne s'est-il pas
déclaré pret i.t. adhérer i.t. toute combinaíson
qui serait de nature a garantir les intérel8
réciproques des deux pays?
M. de Werther ne se demande-t-il pas
avec ioquiétude si une entente intime
entre l'Autriche, la Prusse et la Russie,
n'aurait point pour résultat un rapprochement de la France et de l'Angleterre?
.M. de Bismark ne se montre-t-il pas
préoccupé de l'impression que l'entrevue
des trois souverains a faite sur Je cabinet
des Tuileries? Ce sont autant de symptomes dontil faut tenir compte. Aujourd'hui,
grace a la publication des dépéches repoussées comme apocryphes par l'ambassadeur de Prusse, la meche de la SainteAlliance est éventée, ma1s la France et
l'Angleterre sont prévenues, et nous espérons qu'elles comprendront ce qu'elles
ont a faire en faee de la pensée hostile
des trois puissances du Nord. Qu'elles
abandonnent les vieilles querelles, qu'elles
comprennent que leur intéret est le meme, et qu'elles s'unissent fortement. L'union sincere de l'Angleterre et de la
France mettra bien vite en déroute le vieu.x
fantome de la coalition.
Les journaux anglais ont une toute autre
attitude que la semaine passée, a propo11
de !'affaire du Danemark. La prise de l'ile
d'Alsen, qui sera bientot suivie de l'occupation complete du Jutland, a produil-sUT
phot. de M. Dl1deri (,oir len• 111 4).
l'opinion publique, au dela du détroit, une

rnc¡uer une entente intime de l'Autriche, de la Prusse et
de la R•1ssie. L'empereqr Fran~ois-Joseph, tout en adbéraot aux idées du roi GuillaÚme, aurait ccpendant conseillé beaucoup de prudence et de réserve, afin de ne

Gi·avuru : S. M. Charle,, roi de Wurtemberg. ln&amp;urrection de l'Algérie : Redoute•RQse, conslruite.
a Daar-Sidi-Abdallab. - Bal dooué le 8 juio au
Pal1i1 de Ras-el-Tin, par S. A. le vice-roí d'Él(lple. - Banquet olfcrt a VersailleF, a la 1&gt;remiére.
batterie d'artillerie de la Garde, a son retour d,
llexique. - Salon de l86t : Le Tribunal des Eaux
de Valence, en 1800. - Un terrier de renards. L'insurrection de Tunis (t gravures). - Promen,de au Jardin du Midi (3 grnores). - E1po1ition des restes de M. nouvoér,, maire de Mar·
s,ille, d~ns la C!hapelle ardt nle de l'll&lt;itcl-1e-Ville.
- Rébus.

L'émotion a été vive, au début de la semaine, et cette émotion a été causée par
1a pu_blication de dépeches de M. Bismark
et du baron de Werther, insérées dans le
Morning-Post. Ces dépeches, nous ne les
analyserons pas: tout le monde les a lues.
Elles étaient a peine publiées que l'ainbassadeur de Prusse a París en déniait en
termes absolus l'authenticité. Tout mauvais cas est niable, et nous comprenons que
des plans destinés a· rester secrets soient
déclarés faux, aussitot qu'ils sont divulgués.
11 nous parait d'ailleurs impossi.ble que le
journal de lord Palmerston se soit preté a
une indigne supercherie. LaJecture de ces
dépeches n'apprend rien, en somme, a
eeux qui savent voir au deli.t. des déclarations officielles ; elles ne sont que la confirmalion des renseignements que nous
connaissons sur l'accord qui s'est établi, iL
Kissingen et aCarlsbad, entre les trois souverains dn Nord. Desdépéches partieulieres
de ces deux villes ajoutent que le roi de
Prusse s'est montré le plus ardent a pro-

t 881..

�i8

L'lLLUSTRATlON, JOURNAL UNIVERSEL.

1mpression pénible. Le Morning-Post insiste pour qu'on
ne laisse 'pas périr un royaume auquel l'Europe doit
quelques belles pages de son histoire. D'autres feuiHes
anglaises constatent que I'Angleterre toute entiere sent
profondément la honte de sa politique, et que les .déclarations do comte Russell en faveur de la paix a tout prix,
succédant a des rodomontades, ont exposé l'Angleterre
aux railleries do monde entier.
A la chambre des Communes, le ministere et l'oppvsition sont aux prises. M. Disraeli a énergiquement stigmatisé la politique de lord Palmerston et constaté l'humiliation infligée a l'Angleterre par les tergiversations et
les avortements de la politique ministérielle. M. Richard
Cobden, l'apótre de la paix, n'a pas été, a un autre
point de vue, moins vif que M. Disraeli. Aux yeux de
&amp;1. Cobden, la conduite du gouvernement anglais a élé
marquée au coin de la plus profonde ignoranee de la
diplomatie étrangere; il l'a qualifiée de politique de
vieillards. La discussion en est la, mais elle va continuer.
On sait qu'en ce moment la candidature du grand-duc
d'Oldenbourg, suscitée par la Russie, se pose en face de
celle do duc d'Augustenbourg. On as~ure que le gouvernement fran~ais, daos des entretiens de vive voix
avec les ambassadeurs étrangers, comme daos ses dépeches anx agents fran~is a l'étranger, se montre treshostile aux prétentions' du grand-duc d'Oldenbourg. Le
cabinet des Tuileries verrait, dans ces prétentions, le résultat d'un accord secret entre la Prusse et la Russie, et
il espere li;s voir écho!ler devant la résistance des populations des Duchés. Le grand-duc d'Oldenbourg se serait
informé des intentions du gouvernement fran~is, et il
lui aurait été répondu que s'il était appelé par la libre
volonté des Slesvig-Holsteinois, la France respecterait
cette volonté, mais a cette condition seulement.
D'apres la Gazette de la Croix, le détroit qui sépare l'ile
d'Alseo du Sundwitta été franchi sur les deux points les
plus extremes de son parcours, l'un au nord, l'autre au
midi. Les epérations les plus importantes ont eu lieu sur
le premier point. Apres avoir frauchi l'eau sur des barques et des pontons, sous le feu des canons do vai!-Seau
le Rolf-Krake et des batteries danoises élevées sur la cóte,
nne division prussienne a pris pósition pres d'Arnkie.
Marchant vers le sud a la rencontre d'une autre divi8ion
prussienne qui devait forcer le passage pres de Sonderbourg, elle a du enlever de vive force chaque fossé,
chaque rideau de terrain, chaque ferme qui otlrait un
poínt li'appui aux troupes danoises. La résistance supréme a eu Ueu ¡;res d'Ulkbull et de Vollerup apres que
les deux divisions prussiennes eurentopéré leur joncfüm.
A la fin, apres une résistance acharnée, les Danois se
sont repliés dans la péninsule de Keknis, formée par le
golfe de Hoerup et lamer. lis ont pu y opérer, loin des
atteintes de l'ennemi, l'embarquement de la plus grande
partie de leurs troupes.
Les perles de part et d'autre ont du etre considérables, car le combat, commencé au point du jour, s'est
prolongé toute la joornée. Les troupes danoises ont fait
de nouveau preuve de leurs admirables qualités. Mais
leurs régiments, réduits aquelquescentaines d'hommes,
,eont trop faibles pour résister au choc de forces infiniment supérieures.
Les nouvelles d'Amérique nous annoncent les pertes
éprouvées par l'armée de Grant, par suite de l'assaut
infructueux de Pétersburg. Les pertes des fédéraux
sont considérables. Un seul corps d'armée, celui du général Hancok, aurait perdu 4,200 hommes, et le général Hancok lui-méme a été mis hors de combat. Sa division est maintenant commandée par le général Berney. Les défenses de Pétersburg étaient commandées
par le général Beauregard, sous la direction duque!
elles ont été construites. Beauregard était soutenu par
le général Ewel et par une partie de la division de
Longstreet. On dit qu'une concentration générale des
troupes confédérées menace l'armée de Grant, et on
suppose que toute l'armée de Lee se rend a Pétersburg,
renforcée elle-meme par les troupes du Mississipi; cependant, d'autres nouvelles venues de New-York annoncent que la position de Grant n'est pas aussi mauvaise, et qu'il s'est emparé des défenses eonstruites au
nord de la ville. Les généraux confédérés ont rappelé
en toute h.l.te les forces séparatistes campées devant Bermuda-Huodred. Le général Butler a profité de leur départ pour prendre possession des deux routes qui condoisent de Pétersburg a Richmond. D'un autre cóté, le
g, :,t' r:il ShPridan, dont on avail annonce il. tort la dé-

faite, a culbuté la cavalerie confédérée aquelques milles
de Gordonsville, et luí a fait de nombreux prisonniers.
On mande de Lima que le gouvernement péruvieo,
espérant que le cabinet de Madrid désapprouvera la
conduite de sts agents, est resté dans une attitude
complétement expectante. L'exaltation du pays, qui
s"impatieote de ces retards, s'est manifestée par des
plaintes contre le ministere. Celui-ci a essayé d.:i calmer
l'émotion publique en faisant espérer que le 1:,ouvernement espagnol remettrait les choses dans l'état antérieur
au différend.
Cependaot on prépare tous les moyens pour la défense des droits nationaux. On attend plusieurs batiments de guerre et des renforts de grosse artillerie
pour les fortifications de la cóte.
A Vera-Cruz, il y avait beaucoup de monde sur le
port, sur la place et daos les rues qui condnisent a la
station du chemin de fer pour recevoir l'ernpereur et
l'impératrice du Mexique. Toutes les autorités fran~aises
et méxicaines, civiles, militaires et maritimes s'étaient
groupées sur le móle. Leurs Majestés étaient accompagnées par le général Almoote. Toute l'arlillerie de la
flotte et des forts 8aluait le débarquement. Le préfet politique, les membres de !'ayuntamiento et beaucoup de
notables de la ville s'étaient placés en tete du cortége,
donnant le signa! des acclamations et des vivats. Au lieu
de fleurs, on jetait, de tous les l&gt;alcons garnis. de da mes,
des papiers de toutes les couleurs, qui contenaient, les
uns des épitres en vers a l'empereur, d'autres des bommages a l'impératrice, quelques autres des invocations
a la Paix, a la Concorde, a la Gloire, a la Prospérité.
Yais c'est surtoo.t a la gare que la foule stationnait
nombreuse. Les moins joyeux des assistants n'étaient
pas les quelques marins venue de la 1'hemis et auxquels
on venait d':mnoncer le don de 5,000 francs fait par
l'Empereur a l'équipage de la frégate.
Le train qui emporta l'empereur e\ l'impératrice s'ébranla au milieu de hourrahs prolongés. L'ingéoieur du
chemio de fer, M. Sansac, conduisait l'empereur. La
municipalité de Vera-Cruz l'accompagnait. On s'arréta
pour déjeuner a la Soledad. La garde nationale était
sous les;armcs. Différents mouvemeJ}ts de trains nécessités par le trausport des voitures impériales et des bagages retinrent a.~sez longtemps l'empereur et l'impératrice dans cette statioo.
L'accueil fait a l'empereur et al'impératrice n'a pas
été moins brillant a Orizaba. A peine arrivé, le cortége
impérial se reodit a la cathédrale, ou fut chanté un 1J
Deum. Voila un bel enthousiasme, et qui a du singulicrement flatter l'empc1eur Maximilien et l'impératrice;
mais ce n'est jl!-mais J'enthousiasme qui manque aux
premiers jours d'un regne.
.
Sur la proposition de M. le ministre de l'instruction
publique, l'Empereur vient de oommer les membres du
conseil impérial de l'instruction publique pour l'année
1864. Nous remarquons que le nom de M. Saint-Marc
Girardin brille par son absence sur cette liste ou il a vait
figuré jusqu'a ce jour. M. Saint-Marc Girardin parait
san~ doute trop libéral au libéral M. Duruy.
M. le comte de ~lontalivet vient de publier un volume
intitulé : Ríen, dix-huit années du gouvernement parlemenlaire.
On se rappelle en quels termes dédaigneux M. Rouher parla, au commencement de la session, do gouvernement de juillet. M. de Montalivet a entrepris d-e répondre a l'opinion énoncée par le ministre d'Etat, et il a
démontré qu'on ne pe\J.t accuser un gouvernement de
n'avoir rien fait quand il a forcé l'Europe de reconnaitre le droit qu'a toute nation de disposer d'elle-meme;
quand il a brisé les traités de l 8i5 dans la partie de
leur ·texte la plus bostile a la France, c'est-a-dire dans
l'établissement du royaume de Belgique; quand, a Ancóne, il a fait échec a la prépondérance de l'Aulriche en
Italie, quaod il a interdit aux puissances du Nord toute
intervention dans les Etats libres, etc.. etc... Ajoutez a
cela, la transformation de notre marine, les fortificatious
de Paris et tant d'autres faits importants, et l'on conviendra que M. le comte de Montalivet avait beau jeu
pour répondre a M. Rouher.
Ce livre de M. de Montalivet, écrit sans hostilité contre
le gouvernement impérial, est plein de faits et estun des
plus intéressants qui aieot été publiés dans ces derniers
temps.
EnMOND TKit.KR.

VI LLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
COIJRRIEB DE P&amp;B18.

Le premier jour de la liberté des thélltres. - Les affiehes de
ce jour-Ia. - l\foliére au boulevard. - Esther et M11• Favart. - Dlondin.-Le fran~is de l'Hippodrome.- Romulus.
La Re,1ue des Provinces et le Pru11incial. - Une lettre de
M. Víctor Hugo en 1828. - Grand assorliment de dieux et
de demi-dieux. - Un philanthrope. - Mise en vente do
Café de Foy. - L'hirondelle de Carie VerneL

Enfin, le grand jour 011 plutót le grand soir s'est levé:
depuis le vendredi i •• juillet, les théatres sont libres.
Une liberté qui commence un vendredi ! Que le ciel
la préscrve de toute facheuse aventure !
En attendant qu'on nous ait octroyé le droit dºécrire
sur la politique tout ce qui nous passera par la tete,
meme des sottises, saos payer de timbre et saos déposer
de cautionnemeut; le droit de causer de nos affaires ou
de celles du pays en compagnie devingt personnes, sans
autorisation préalable; le droit de nous associer pour
fonder quelque chose saos la pern:iission de l'autorité;
le droit de parler littérature ou philosophie a ceux qui
voudront bien venir nous entendre, saos l'agrément de
M. le ministre de l'instruction publique; le droit de nommer oous-memes nos maires, qui sont chargés de nos
iritérets; le droit de proposer des lois; le droit de prouver
en justice que, si nons avoos critiqué les actesd'un fonctionnaire, ce n'était pas sans de bons motifs; le droit de
vendre du tabac et des cigares si bon nous semble, et
quelques autres menos · droits encore, auxquels nous
avons la faiblesse d'altacher quelque imporlance; en attendant que les dieux nous accordent ces faveurs, il est
permis a Guignol de jouer la tragédie,au Théatre-Fran~ais de représenter des pantomimes avec Pierrot, Cassandre, Arlequín et Colombine; au Cirque-Olympique,
de flanquer le Misanthrope de Léotard et de l'Écuyer
quadrumaoe; aux Var1étés, de donner le meme soir une
piece a jambes et Athalie avec Mll• Alphonsine.
Le matin de ce t•• juillet mémorahle,je regardai avec
une vive curio~ité les affiches de spectacle, et tout d'abord voici ce qui frappa rues regards : Opéra-Comique,
clóture pour réparations; Théátre--Italien, clóture annuelle; Thé&lt;itre-Lyrique, clóture annuelle; Palais-Royal,
relache; ThéatreduLuxembourg,clóture annuelle; Théátre-Beaumarchai~, clóture annuelle; Bouffes-Parisiens,
clóture annuelle.
Un reta.che et sept clótures ! Une réflexion amere me
vint a !'esprit :-Hélas ! me dis-je, est-ce ainsi que nous
usons de la liberté? Quel triomphe pour les réactionnaires ! Pourvu que cela ne dégoule pas le gouverne•
ment de nous faire des cadeaux.
Un relache et sept clótures ! et pas un spectacle nouveau, ne fut-ce qu'un spectacle de marionnettes !
Seuls, le théatre de laPorte-Saint-Marlin et le ThéatreDéjazet fetaient la grande &lt;late.
Le théatre de la Porte-Saint-Martín donoait le Barbier
de Rossini, avec M. Capoul, de l'Opéra-Comique, et des
lauréats du Conserv~toire. Le Théatre-Déjazet, le Dépil
amoureux et Tartuffe, avec des lauréats du Conservatoire et des acteurs de l'Odéon. Norma, l'Avare et Tartuffe étaient annoncés, a la Porte-Saint-Martiu, pour le
samedi, pour le dimancbe et pour le lundi snivants, avec
M. Montdidier dans le róle d'Harp~l{on, et M. Dumaine
daos le role de Tarlutle.
L1 liberté des tbéatres va-t-elle rendre Moliere populaire? Ce n'est point impossible. Messieurs de to1.1t en
haut lui ont fait un accucil des plus chauds; c'étaient
des applaudissemeots trcs-vifs et des éclats de rire trcsfrancs. Et, ce qu'il faut remarquer, c'est que ce public
neuf semblait trouver les pieces du grand homme tressnffisamment intriguées, et s'amuser beaucoup, non-seo•
lement des mots, mais des situations. O MM. d'Ennery,
Bouchardy, Anicet Bonrgeois, Ferdinand Dugué et Ci•,
vous seriez-vous done inutilement mis en si grands frais
de charpente, et tant de ressorts secrets, de rouages,
cl'engrenages et de ficelles si laborieusement disposé
dans cbacune de vo~ énormes machines, étaient-ils don
du superflu? Quoi ! vous auriez pu triompher sans pren
dre la moitié de la peine que vous avez prise, et fai
des économies d'imagination pour les drames de vos vie
jours, et vous ne vous en doutiez pas ! O découverte tar
dive ! ó regrets impuissaots !
- Comment ! il n'y avait qu'a faire comme MoliereT
- Mon Dieu, oui, messieurs, faire comme Moliere
et... etre Moliere, pas da.vaotage.
0

Au moment 'lu j'écris, la Coméd1e-Fran~aise répete Esther avec les chreurs. Mll• Favart jouera le role charmant et
touchant d'Esther. 11 me semble qu'on peut lui prédire
l.eaucoup de soeces. Je me figure tres-volontiers la dúuce
et be lle Juive étoonée de sa fortune, émue du danger de
son peuple et implorantAssuérus, sous les traits, avecla
voix, les yeux et le.~ !armes de M11• Favart.
Les cbreurs ne seront pas chantés par les sociétaires et
les pensionnaires du Théatre-Fran~is, et je ne pense
pas que personne s'en plaigne, soit dit sans offenser la
Comédie. M. Bressant a un tres-joli ténor, et rien qu'a
entenqre parler Mm• Madeleine Brohan, on devine qu'elle
doit chanter les ~ontraltos a 111erveille; mais delll vou:
pour des chreurs a quatre parties, avec la meilleure volonté du monde, c'est un peu court.

t9

M. Victor Rugo a Ch. Brugnot,1 qu'on ne lira pas saos le tiers de ce capital. Pour le moment il tait son nom
quelque plaisir:
' de fonds. S'il'
s,en~ageant a le révéler a ses bailleurs
..... « Je ne sa_urais tr~p applaudir, pour ma faible part, garde l'anonyme, dit-il, c'est pour imposer plus de cona tout _ce qm pourrait ranimer l'esprit des·départements. fiance; ceci est profond.
11 seraJt temps, en effet, que la province cessat de recevo~r de P_aris de_s opinions toutes faites, il serait temps . Je viens de tire sor une affiche ces mots : « Adjudica~ elle eut ses hvres et ses journaux, qu'elle se sentit taon, par suite de faillite, du café ae POIJ. Mise a prix :
vivre par elle-méme ... La centralisation produit a la fois 35,000 francs.
deux_ effets opposés, deux maladies contraires pour la
Le car~. de Fo! e~ faillite : Une triste nouvelle et qui
provmce et la capitale. La France est un pays défaillant
ª.
causé, J en srus sur, un véritable chagrín au1 vieu:r haet app1uvri, Paris est une ville pléthorique.
bitués de la vieille maison.
~ 11 faudrait, monsieur, qu'il s'élevat sur tous les
Hélas ! l'hirondelle de Carie Vernet, qui amena Jadis
pomts du royaume des feuilles comme la v~tre; ce serait
tant de gens dans ce café célebre, n·a pu le sauver réautant de sourees de circulation, autant de centres qui cemment de la ruine.
lutte~ai~nt contre le grand centre, le grand tourbillon.
Q~e(qu~s-uns de mes lecteurs ne connaissent peut-etre
La v1cto1re serait longue aremporter mais Dieu aidant pas I h1sto1re de cette hirondelle, la voici :
. a sa fin : les provinces ' relevées et París'
Du Théatre-Fran~ais a l'Hippodrome il y a un peu on arr1.vera1t
Un so~,. Car_le ~ernet entre dans le ca.fé pour y faire,
loin, et, d'une seule enjambée, passer de l'un a J'autre rentré dans son lit.
comme
a l ordma1re, sa partie de dominos. La salle vela chose est quelque peu hardie; mais bah! avec la ti~
&lt;&lt; J'attache done le plus grand intéret avoir réussir Je
nait d'etre remise a neuf.
berté des théatres, n'est-il pas possible que la maison de Pr~incial~ J'y contribuerai certainement pour le peu
.Carie Vernet demande une bonteille de hiere et la
Moliere et le cirq~e de .M. Arnault se rapprochent dans qm me sera possible.
debouche;
le bouchon saute, va frapper le plafond frall'universelle confusion des genres?
_« Si ,messieurs vos collaborateurs ont, comme vous·me
cbe1::')nt
repeint,
et y laisse une tache. La maitresse du
- Done Blondin a débuté a l'Hippodrome.
faites l honneur de me le dire, la bonté d'attacher quelc~fé
ne
se
permet
ni une réfleiion désobligeante
- Qui~, Blondin? le grand Blondin le seul Blon- que pri~ a_mon nom, transmettez-leur mes applaudissem &lt;&gt; un ges_te . d'~umeur; mais l'artiste a surpris u~
din, Blondin do Niagara, enfio?
'
ments smceres et la promesse de les aider de mon mieux
re0 ard qm s1gmfie : Oh! mon rauvre plafond ! que!
- ~elui-,t_a.. .._ou un aut.re_; en tous cas, un gaillard. daos les limites ou je dois me renfermer... &gt;&gt;
malheur!
On dit qu i1 lw en a coute de se manilester devant
Sans ~arler de !'a propos qu'ont encore les réflexions
- Consolez-vous, mapame, luí dit-il, j'ai 'fait une
Paris en détail et non devant París en gros • mais de M. V1ctor Hugo sur le vampiri"sme littéraire de París
'
maladresse,
mais je vais effacer cette vilaine tache.
. que voulez-vous?: ayant vainement sollicité ta fa- n'est-il pas piquant de voir le poete acceptant modeste~
Et
aussitót
il se leve, va prendre dans un coin les
veur d'accrocher son cabte par un bout au sommet de ment une coll~boration dans une revue &lt;Je province?
br?sses
et
_les
couleurs
des peintres décorateurs qui del'arc-de-triomphe de l'Étoile, par l'autre au sommet de
Charles Nod1er et David d'Angers avaient aussi donné
va1ent
vemr
le
leodemain
donner la derniere couche a
l'une des tours de Notre-Dame, il s'estrésigné a travailler au Pro~ncial des marques d·intfiret qui devaient, ce semla
coroiche,
installe
un
tabouret
sur la table monte
en ~~tit. D'ailleurs, le suffrage de quatre ou cinq mille ble, cOnJnrer la mauvaise fortune. Mais a cette époque les
dessus
et
se
met
a
l'reuvre.
'
Par1S1ens ne vaut-il pas le suffrage de tous les fédéraUI reuv~es mémes de David' d'Angers, de Charles Nodier,
Un quart ?'heure apres,.la tache n'y était plus et la
et de tous les confédérés ensemble? Et n'est-ce pas quel- ~e V1ct?r Hugo et de beaucoup d'autres, attiraient trop
que chose, pour un Fran~ais, que de se promener sur la 1atte~t1on du public pour la laisser se porter sur un cha:mante h1ron1lelle qui fit en ce temps-la courir tout
Par1s et que tous les étrangers veoaient voir planait
corde ra1de devant des Fran~ais?
re~ue1! publ!é a Dijon, et,sans le vouloir, les nobles par'
OLéotard! gymoaste-bachelier-es-lettres ¡¡ ne vous ra.ms ecrasa1ent le filleul. Trente-six ans out moissonné dans la blaocheur immaculle du pl~fond:
Pu_isse-t-e_lle porter encore bonheur au café lle Fo
reste plus qu'a aller faire du trapeze au-dessus de la trop de génies et n'en ont point, hélas! assez produit
y
grande chute du Niagara, ou a passer votre examen de pour. que le_s bel les. cboses de la province n'aient pas et fa1re monter les encheres:
baccalauréat es-sciences.
X. Fl!YRNET.
chao, e' au¡ourd hm' de ne point demeurer inaper. L'affiche_ ~e l'Hippodrome annonce que Blondin s'ar- ~ues.
··
rete au miheu de sa promenade aérienne et fait une
omelette sur la corde. Un second alinéa ajoute :
~h ! co~m_e notre temps a le génie commercial ! 11
CORRESPONDANCE D'ALGÉRIE.
« Les spe¡:tateurs sont autorisés a descendre daDs !'ae_11ste Birmmgham, - si vous avez le moindre doute,
rene pour s'assurer si elle est bonne. »
AU DlflECTEUR,
hse_z I Ind~pend~ce beige de vcndredi dernier, - une
« Si elle est bonne! » Est-ce !'arene l'omelette ou la
Redoute-Rose, 1! juin
ma1~on
qui
fabrique
et
qui
exporte
au1
lndes
....
Devinez
u
.
'
'
cord~ ~·. mons1eur
Arnault, ~e grace, eipliquez-vous.
Ah quo1 '. Des draps, des cotons, de la coutellerie, des néJe vous adresse un croquii de la redoute que le génédam. s1 nous voulons nous hvrer au genre littéraire il cessa~res de voyage, des manteaUI imperméahles, des
ral
commandant en chef l'expédition contre les Flºtt
faudra tacher de soigner un peu notre fran~ais.
'
puddmgs, do breuf salé, des sandwiches, des iostitutri- vient de faire construire par le i2• et le ~2• de lig: as;
c~s? - ~on, vraiment, vous n'yetes pas; la mairnn Z... et Par 1e 3•
· ·
du génie. Le i f juin, a quatre he.ures
ee
. reg1meut
Le Cir~e, lui, se pique de délicatesses de langa.ge. u Ce fabrique et exporte des D1eUI pour la consommatio11 du matm, la colonne se dirigeait sur Zemouna pour
n?lli conv1e tous les jours a alter admirer les tafonts de sa grande colooie. Les p:-oduits de la maison z... et Cíe chercher un convoi de vivres nécessaires laissant da y
ns
d un cheva1 présenté par .M. Loyal.
sont conf~ctionnés avec Je plus grand soin et tout a fait 1a redoute a. 1~quelle on a donné le nom de, Redoute-Rose,
A la bon~e heure, le public doit etre content. on en confortab1es. 11 y a des dieUI peints des dieui do ,
d d'
.
,
res, une compagme du f2• et une du 82• le corps du gt ·
..
d' .
'
me,
use fort po,liment a son égard, et les Anglais doiveot' es . ieux argentés;. pemture, dorure et argentare ga- deu~ p1eces
art11lerie, l'ambulance, les blessés et Ja t3•
trouver qu on commence a savoir vivre en France. Mais ranties. Pour les pet1tes bour~es qui ne peuvent se don- sect1on d'administratioo, le tout sous les ordres du comRomufus, le cheval de M. Loyal, n'est-il pas quelque peu ner que_d~s demi-~ieUI ou des dieux de seconde qualité, mandant Coulommieu d,u f 2• de ligue.
blesse dans so~ amour-propre de ce que son cavalier ne r,~tte ~rec1~use maJSon a « de petits demi-dieux et autres
Les Arabes~ bien qu'ils conuussent le peu d'hommes
songe pasa lw préunter le public?
d1eux 10fér1eurs daos le plus grand choix. » Le bl' que renferma1t la r~~oute, n'on_t pas osé nous attaquer.
t
é
•·¡ ,
pu IC
es pr venu qui n est pas fait crédit, mais que l'es~utour _de no~ s etend le desert que ríen ne vient
,L~ pr~~i..n~ avait la liberté d'avoir du talent, voire du compte est accordé a ceux qui paient comptant.
a~1mer,_ s1 ce, n est quelques vautours se chargeant de
Nous avo11s bien a París des fabricants et dei; mar- fa1re d1spara1tre les cadavres que les Flittas n'ont u
g~~e, ~ ~cr~e de boI1S livres de critique, de philosop
p '. d histol.J'e, de bons roma.ns et de bons peemes. il ~bands d_e petits Jésus et de petits saints Jeans en cire emporter.
ne lw ma.nquait qu'une voix pour entretenir le mo~de a tous pru, mais nous n'avons pas encóre de manufacLa Redoute-Rose nous servira de quartia- général
tur~s et de magasins d'idoles pour l'eiportation. ca_r on parle de 00011.Jreuses sorties que nous devon;
savant et 1~ monde lettré de ses travaUI.
Cette voix, aujourd'bui, De luí manque plus et elle s'ap- patience, cela viendra, il ne faut désespérer de rien ' fa1re dans les régions environnaotes. La redoute sera
pelle la Bevue des promnces,
·
dont M. Edouard
' Fournier
S~yez 8~ , ~'ailleurs, que les chefs de la maisoo
un ca~p fue dans lequel nous reviendrons prendre nos
eat le rédacteur en chef.
et c,_,, de Bu~mgbam, sont de parfaits anglicans, lisant quartiers apres chaque eipédition. c•~st la, du reste,
La r ·
. . IVrat.son. du ~ois dernier rappelle que ce qui la B1ble, prat1quant le culte de famille observant ri&lt;&gt;ou- que campe en ce moment le général commandant en
~ u.11S1t a me~vedle .ªºJourd'hui fut tenté, il y a treµte- re_us~ment la loi du dimanche' et s~ventionnan~ les chef.
:1.1 ans, et, 1;ette f~1s, en province, a Dijon. Une revue m1ss10ns chez les peuples pa'iens : commer~ants ils Agréez, etc.
Pour ~trait : P. PAGET.
e:t créee_ ~us ce títre: le hovincial, dont le rédacteur ;endent des idoles et font leur fortune; cbrétiens; ils
Be ibef etait Charles Brugnot, un poete auquel M. Sainte- lo~t le°:1' s_alut et travaillent a la destruction de l'idola~
. uve accorda une mention tlatteuse et qui ne chanta tr1~. Ams1 les affaires marchent, Dieu n'a point a se
p~ longte~ps, la mort, amante des poetes, lui ayant plamdre, et tout est pour le mieUI... aBirmingbam.
BA.L DOINi PAR 8. !. LI VICI-ROI . D'iGYPTI
llllS son doigt glacé sur les levres en !831.
Je ne sais si tout sera pour le mieux dans les princiLe premier numéro do Provincial avait paru le t"mai
t 828b. Cette jolie date printaniere ne lui porta pas p~utés allemandes, de l'avis des souverains de ces États
DANS LI! PilAIS DE RAS•l!L-TJN.
b011 eur et te n......~M-·~, ,
llllgnons, quand les banqnes qui leur donnent de si
'
cnfl/1- n eut que peu de matins
comme les flenrs du mois ou il était né.
' be~ux ., bénéfices, auront sauté une fois pour toutes.
Aleundrie, tll jllia.
ma1s
J
engage
leurs
Altesses
sérénissimes
a
prépare:
Po~t les heureuses prédictions, les vreUI fenents
Le _vice-roi d'Égypte, ven u du Caire pour passer quelD~ l!11 avaient point fait faute, et d'illustres amitiés s'é- leur_ Ame a ce grand évéaement. Les tapis verts sont
ques
Jours a Alexandrie, a visité dans r.e pol't le Peluse,
taient plu a sourire a son berceau
.
terr1blement menacés. Voici un philantbrope qui se fait
un
des
pi~ bea~ paquebots desMessageries impériales.
Voici quelques passages d'une. lettre adressée par fort de gagner le capital de toutes les banques. il monA_pres
~vo1r
témo1gné son admiration de ce paquebot le
trera son talent aussitot qu'0D aura versé entre ~~ mains
v1ce-r01 a chargé le :directeur des Messageries de 'tui
.

.

1

,ª

i...

�20

21

t•11LUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UN lVERSEL.
faire construirc en
France deux baliments,
1lont l'un de grande dimcnsion et de 'la force
de GOO chevaux.
Avant de quitter le
fe/use, Isma'il-Pacha a
liicn voulu accepter une
collation qui lui était
offcrte, et, a son retour dans son palais,
il a envoyé de beaux
cadeaux aux officiers du
Peluse, ainsi qu'une
somme d'argent pour
l'équipage.
Le 8 juin,'le vice-roi
a donné a Alexandric,
dans le palais de Ras-elTin, un bal magnifique,
oü était invitée la colonic curopéenncrlu Cairc
et d'Alexandrie. Le palais de ·Ras-el-Tin est
admírahlement situé
sur un cap avancé, enserrant le,port d'Alexandrie daos une courbe
gracieuse.
Son Altesse, entourée
de ses principaux 10uc•tionnaires, se tenait dcbout, en costume de
ville, en haut de l'escalier d'honneur, pour
reccvoir chaqu.e dame
qui luí était présentée
par les ?ommissaires.
La r.ot¡mde occupant
le centre du pal&lt;!is servait de. salle . de bal.
Cctte salle ronde, entourée d'une riche galerie

cirwldire, ollrait l'as ·
pecl le plus splcndidc.
Des fcnctrcs de cctte galcrie, on a pu as~istcr
au l'cu d'artiílcc,donl Ir,
millc fuséc3 ont illuminé, pendant 1¡uclquc,
in,tanls, le pu1'l tout
e11tier et ·1es a~or'é!, de
la résidence royal c.
A une hcu rc tlu ma-·
tin, quatre gramlcs salles, oir quaral)lc-dcux
tables de six · couvettR
chacune avaíent éltl
dressées, ont ~te ou-vcrtcs anx in,·ités, qui
s•}·sont condu itslh aus,i
liravcmcnt que dan~ la
salle de danse.
La fete ne s'est tcrminée qu'a six heurc3
&lt;lu matin. Chacun s'cst
retiré. entho11siasmé de
tant de spleudcnrs el
touché du graciellx accneil de Son Altes,e.
Agréez, etc.
P. PAGET.
~

fANQUET
OFFERT A VERSAILI.ES

A la 1,e batterie du régimrnt
ó'artillerie moJte de la Gart' e.

1

llANQUIIT OFFERT A VERSAILLl!S, A LA PREMI.ERE BA'!'l'ERIB D'ARTILLl!RIB, A SON RETOU!l IJU MllXIQUt. - D'ap1e&amp;

UDS

pllot. de ll.

-~-=~--

E~~E~f.=~~~ ~
SALON DE 1861,: LF. 1111BUN.AL

=

,,.

A LA COLONLE EUIIOPIÍEN NE. JJAL 110NNJÍ, LF. 8 JlilN. AU PAI.AIS UE IIAS-1.1.-TJV. l'All ~ A. 1" 1' I('.F.-Rlll U'F.t:YPTF,
.

ll'apres un croqui&amp; de M E. de Gr•ndchamp.

La premiére ballrric
rlu régimrnt d';trtillcric monté &lt;le la Gartlc,
composéc de 2:0 homme~, ofílciers , sous-

ms EAIIX

DE YHF.~CF, E\' 1800, - Tableau de }1, U. Ferra11dii.

111111',

raro ,

�L'ILL USTRATlON . .JOUR NAL UJ'J IV ERSEL.
o('ficiers et soldats, et détaclrée a l'armée do Mexique
depuis le commencement de l'expédition, est revenue en
France depuis quelques semaines et vient de rejoinilre
son régiment en garnison aVersailles.
Elle a fait sa rentrée précédée par delll canons mexicains pris a San-Lorenzo, et devant lesqullls marchaient
un groupe de sous-officiers décorés portant un drapeau
et t~ois fanions enlevés a \'ennemi.
Venaient ensuite les six pieces fran~aises, dont trois·
portent les empreintes glorieuses des boulets ennemis.
A trois heures, un banquet offert par les canonniers
a leurs camarades, réunissait officiers et soldats dans
la.cour du quartier, et a sept heures, un granddiner, ou
étaient conviés tous les chefs de corps de la garnison, a
été offert par les officiers du régiment monté A leurs
camarades du Mexique, au mess de l'artillerie.
La salle auit été habilement décorée pour la circonstance, et un trophée composé des canons et des drapeaux pris au Mexicains en formait le principal ornement. •
P. PAG-ET.
~

TABLlilJI RIPRODUITS PAR L'ILLUSTftATIO!.
Les sept canaux qui distribuent les eaux du Turia aux
environs de Valence sont régis chacun par un syndic
et un éclusier. Tons les jeudis, de temps immémorial,
les syndics se réunissent a la porte de la 'cathédrale
pour juger les délits que leur dénoncent les éclusiers.
C'est une séance de ce tribunal qu'a reproduite M. B.
Ferrandiz daos le tablean qu'il a envoyé au Salon.
Il a traité son sujet avec une grande verve; les physionomies de ses personnages sont des plus beureuses
et la composition du tablean est bien entendue. A. M.

GIULIA,
NOUV E L L E,

(Suite.)

En s'arretant a cette seconde supposition, Louis, avec
sa honne foi naturelle, devait se reconnaitre coupable
d'une. puérile tén-acité aggravée d'une double méprise;
daos les deux cas, la situation deviendrait promptement ridicule et embarrassante, s'il n'en triomphait a
force de bon gout et d'heureuses inspirations. Pendant
qu'il bésita.it encore, le regard genant de l'Italien, dont la
main ne quittait pas la porte, l'interrogeait ironiquement:
- Avez-vous affaire avec moi, monsieur l'officier?
cela m'étonnerait.
D'un geste br~sque, il congédia la vieille femme au
bavardage intéressé de laquelle il n'avait pas preté la
moindre attention, et, sans fermer la porte, il désigna a
Louis le couloir, comme le seul endroit 011 il lui plut
d'accorder une audience, qu'il souhaitait courte, au plus
inattendu des visitenrs.
Louis se fit plus poli encore que de eoutume, et, avec
toutes sortes de protestations du vif regret qu'il éprou vait de déranger de ses Affaires un si respectable signore,
il raconta toute entiete a ce dernier l'histoire de Thomaseo, de fcu sa femme, et de Giulia sa filie, d'apres les
documente; qu'i\ possédait. ll insista beaucoup sur Thomaseo, afin d'arriver plus naturellement a Giulia, qu'il
croyait avoir recrmnue, une heure auparavant, et dont
l'hahit de deuil lui avait inspiré de grandes alarmes
concernant son pere.
Cet exposé, si sommaire que son auteur eut vou\11 le,
rendre, prit beaucoup de- temps a Louis; mais il fut récompensé de sa patience et de ses circonlocutions, en
devinant, avec des sentiments tres-tlatteurs, qu'il était
compris mot a mot, malgré l'irritation nerveuse que
l'Italien cherchait a dissimuler sous une affectation d'impassibilité, par 011 les gens du Mídi l'emportent sur ceux
du Nord, bien que ces derniers soient renommés pour
leur empire sur eux-memes.
- Monsieur, répondit l'Italien, qui réussissait de moins
en moins, surtout lorsqu'il parlait, a cacher i;on dépit, je
déplore de ne pouvoir vous etre d'aucun service. Votre
Thomaseo m'est totalement inconnu. J'ai pris beaucoup
d'intéret a votre petite historiette, intitulée &lt;&lt; Giulia; »
mais cette Giulia m'est également étrangere...
Au bout du couloir ou causaient les deux hommes, il
y avait un escalier. Cet escalier conduisait a des cbambres, dont on avait, sans doute négligé de fermer les
portes, car, dans ce moment meme, Louis entendit aussi

distinctement que possible écl:iter une fusée denotes séraphiques. Cetincident le clouasur place, mueJ d'admiration
et de stupeur. Une justice a rendre a l'ltalien, c'est qu'il
montra francbement la sensation désagréable que lui
causa cette voix enchanteresse. Louis, rendu a lui-meme,
ne douta plus un seul instant.
Non-seulement il venait de reconnaitre, bien que ne
lui ayant entendu prononcer que deux ou trois mots
cinq ans auparavant, la voix de 'Giulia, mais daos ce
chant inespéré, énergique et doux, il entendait un appel. « fa.i voulu, bravant toute mesure et au mépris de
mon repos, te faire savoir quP. je te vois... 11 n'y avait
pas f autre moyen, et peut-etre m'en coutera-t-il cher
pour l'avoir employé. N'importe ! sache que j'existe, et,
pour le moment, n'excite pas contre toi l'homme a qui
tu parles, ne lui résiste pas ... nous nous reverrons. »
Voila tout ce qu'i! y a dans une simple roulade, pour
qui sait l'y découuir.
Malgré cet appel a la prudence, et malgré ses propres
efforL~, Louis ne put s'empecher de dire a l'Italien, avec
les yeux, bien entendu : &lt;&lt; Vous mentez. l'
' A"(JUoi l'Italien répondit avec la langue:
- ~Ion temps ne m'appartient pas, souf{rez que notre
conversation en reste ia... » Se fut-il appelé don Giovanni,
Louis ne pouvait plus que battre en retraite, c'est ce
qu'il fit, mais son embar¡as n'en devenait pas moindrc.
Il luí restait a aff'ronter oe la part de ses camarades, de
plus en plus intrigués, un minutieux interrogatoire dont
la seule pensée le crispait. 11 crut s'en tirer a son avantage, en affectant Tis- a-vis d'eux un air mystérieux, destiné a leur insinuer que le résultat de son expédition
n'otfrait rien de plaisant; ils se le tinrent pour dit, et
penserent a autre chose.
Le lendemain; vers midi, Louis fut, a sa grande surprise, mandé chez son colonel, qui lui dit avec beaucoup
de sévérité :
- Monsieur, je vous tiens pour un brave officier, cela
est certain, mais cela aussi ne constitue point, parmi
ceux que j'ai l'honneur de commander, une' exception
suffisante pour vous soustraire a mon mécontentement,
si ce que je viens d'apprendre se renouvelle.
- Daignez vous expliquer, mon colonel, jusqu'a présent, je •,ous jure que je n'ai pas l'honneur de vous
comprendre.
- Cette feinte, lieutenant, ne sied ni a votre caractere, ni a votre rang. Qu'un simple soldat, qu'un novice
dans nos rangs, ait l'air de n'avoir ni la conscience, ni
le souvenir de sa faute, afin d'éviter la salle de police ...
~ se voit.
- Colonel, je n'ai jamais fui devant les suites de mes
acles ... parlez.
.
- N'avez-vous pas, bier meme, été l'instrument d'une
mystification, sans grand sel, je l'avoue, tranchons le
mot, d'une vraie farce de collégien... oui, monsieur,
pratiquée sur un honorable habitant de cette ville. On
s'en est plaint justement a l'autorité supérieure... et je
me compromettrais en n'agissant pas de maniere a préTenir le retonr de semblables faits. Pour aujourd'hui,
je me borne a l'expression d'un b!Ame absolu, mais a
la r~cidive, vous me tro-:nerez inflexible.
L'entretien engagé dans ces termes, la fierté de Louis
lui interdit dP. faire la moindre allusion a certains faits
qui faisaient plus qu'excuser sa démarche, et la légitimaient. 11 quitta son supérieur, non saos maugréer,
a part lui, contre les lois de la gent militaire, qui exposenl leur homme, si distingué qu'il soit, au chatiment
des ecoliérs, la ~11 le dernier bourgeois ne releve que
de sa fantaisie.
Cependant, malgré sa vive sensibilité, Louis n'était
pas porté au découragement, et en rentrant chez lui, i1
se disait : Allons, a tout prendre, je n'ai pas encore
payé trop cher la certitude que cet aflreux bonhomme
connait Giulia.
11 employa une heure a écrire a son pere, avec lequel
il entretenait la correspondance la plus affectueuse, et
qui était fier de tui; le bourgeois fran~is est toujours
pret a dire que s'i\ n'était pas filateur, il serait volontierli
Alexandre; le pere tle Louis lisait a son cercle, et méme
a la Bourse, les lettres du lieutenant, et remportait toujours, au nom de l'absent, un premier prix de style.
Oans la soirée, Louis reparut, porteur de l'air le plus
gai, parmi ses freres d'armes, qui ayant tous fait une
expérience plus ou moins approfondie des choses de
l'amour, et sachant qu'elles se composent essentiellement de brusques passages de la tristesse la plus sombre ala gaieté la plus folle, décréterent que Louis avait

trouvé son idéal, et qu'il fallait les laisser tous deux en
paix. - S'il ne fait pas de nous ses confidents aujourd'hui meme, penserent-ils a l'unanimité, l'indiscrétion
n'y perdra rien, et son silence actuel n'est qu'une
balte trompe11se, qui pré~are de grandes fatigues a nos
oreilles... Laissons-le venir a nous, et imitons sa résérve.
To11tefois Alfred, par pure amitié, avisa Louis de se
méfier des maris jaloux, et sur ce conseil, marqué au
coin d'une vaste généralité, ils laisserent Louis en
pleine possession de son roman ; pour une ame chaste,
vive et tendre, c' en éta it la un tout fait, bien préférable a ceux qu'on lit, et ayant la saveur d'un fruit
délicieux, aspiré sur le sol natal, aupres de la séve
meme de l'arbre nourricier.
Ce sont l~s conteurs qui ont imaginé toutes les subtilités que vous ~avez, toucliant \'origine et les causes vitales de l'amour, et leur création est contre nature, surtout lorsqu'il s'agit du premier amour. Louis aimait
parce qu'il aimait. Saos nul doute, les circonstances
particulieres au sein desquelles s'était produit cel
amour, devaient exercer leur influence sur sa marche
et son dénoument. Mais qui ne sera .tenté de plaindre,
d'envier et d'admirer ce jeune homme 6ouillant et reveur, pret a mourir pour un salut a la femme, dans la
personne séduisante d'une signora jeune et mystérieuse, aux beaux yeux éloquents et profonds, entrevue
pour la premiere fois a l'age 011 l'amour s'annonce par
de si délicieux troubles, perdue et revée a l'entrée de
la jeunesse, au seuil de la vie libre, miraculeusement
retrouvée dans sa patrie au lendemain d'une victoire
libératrice, et toujours revetue de l'ineffable prestige
de l'inconnu, du malheur peut-etre?
Cependant le colonel n'était pas un homme dont on
put méconnaitre impunément les ordres, et Louis avait
trop besoiu de l'entiere indépendance de son action, pour
la risquer par un inutile coup de tete. Aussi, malgré
l'immense envie qu'il en tut, il fut deux jours sans chercher le moyen de retrouver la rue et la maison du rancunier petit Italien, qui savait s'y prendre d'une maniere·si
habile pour fa1re savoir aux officiers fran~ais qu'ils n'avaient pas fait sa conquete du premier coup. Ce qui
compliquait la situation morale et matérielle de Louis,
c'est qu'il était loin de posséder dans sa tete le plan de
la ville... Et pourtant, comment revoir cette Giulia:, si
ardemment attendue, saos se hasarder daos le voisinage
de la maison ou elle demeurait? Le dilcmme était aigu.
En y rétléchissant davantage, Louis qualifia d'excellente
inspiration celle qui l'avait poussé ane pas dire un seul
mot, au colonel, qui otfrit son aventure a ce dernier
sous IID autrP. jour que celui de la plaisanterie. En
attendant, il fallait se faire des amis dans la place, sans
preter aux remarques, compter sur l'imprévu, saos négliger l'emploi actif et,. assidu des moyens proclamés
bons par le témoignage des siecles, compter sur la ProTidencef,~ans négliger le secours des bumains ... rester
chez soi et aller partout, flairant le bon moment, le bon
endroit... enfin tout ce qui constitue la tactique du
siége amoureux, déja difficile lorsqu'on a la citadelle
sou~ les yeux; hérissé d'assauts inutiles, d'escalades
dans le vide, de retraites parfois irréparables, lorsque
ladite citadelle vous parait tlotter dans la brume. Cependant, les amis de Louis menaient galante et joyeuse
-,.je a Milan, et.s'ils avaient, vis-a-vis de leur camarade,
l'infériorité résultant du manque d'une passion sincere,
discrete, pleine de souvenirs, de difflcultés et de périls,
i\s n'en avaient pas du tout l'air inconsolable, et rem- ·
pll~aient •volontiers les Madones par les Madeleines.
Louis, au contraire, avait beau s'en défendre. Depuis
trois jours, il paraissait tristP, et il l'était, je crois. C'est
un vieux préjugé d'affirmer q\J.e le premier amour est
gai. Il est vrai, au contraire, que chez les ames impétueuses, passionnées, mais contenues et studieuses,
nourries de la religion du serment, du dévotielll respect de la promesse faite, du nom engagé, l'envahissement du premier amour fait pénétrer avec lui je ne
sais quel souftle pénible, qui d':iilleurs n'attiédit pas sa
tlamme, et que je ne saurais nommer plus brievement
que par ces mole; ; La fascination du remords.
Les roués traitent cela de duperie. lis prétendent que
tout en ayant pour but le plaisir ou le bonheur, selon
les dialectes, l'amour est essentiellement un duel entre
la femme et \'hommt&gt;, armés chacun d'armes différentes,
et que rlans ce duel, chacun tour a tour attaque et se
défend pour son propre compte, emporte une haute
idée de son adversaire, lorsqu'il est vaincu par lui, et le
dédaigne dans le cas contraire. Je sais que l'événement

L'I LLUSTR ATION, JO URNAL UN IVE RS EL.
semble fréquemment appuyer c_et~. v~lgaire phi_lo~ophic,
· n'était point ce\le de Lou1s, J a1 quclque ¡01e a le
qm
' ·
h. t.
dire,
car sans cela je u'aurais pas ecr1t cette 1s 01re en
son honne11r.
.
.
Un heureux incident vint bientot rendre aLoms la hb rté d'esprit dont il avait tant besoin pour agir efficac:ment. A un diner d'officiers, auquel était présent le
olonel celui-ci s'adressa a notre héros, non-seulement
c
'
.
. e
san5 la moindre marque de ressenttment, ma1s ~ me
avec une faveur m~rqu_ée. Done, il avait t,out a ~~Jt ~~­
blié !'aventure de l ltahen, et la preuve, c est qu 11 p,a1santa fort agéablement quelqucs jeunes lieutenants sur
le~rs affaires d'arriour. Louis se dit: le moment est :ven u?
récapitulons nos chances : de la liste ~es_ en~ro1~ ou
j'aie quelque espoir fon dé,de retro~:er ?mita, Je~pms et
je dois supprimer_la cath: d~ale, ou '.' n e~t pas p.obable
que son énigmat1que geoher_la la1sse _retour~er_ apres
ma na'ive confession. Les hah1ts de deml de Gmha détruisent l'hypothcse du théatre et dei; promenades publiques; i\ ne me reste done qu'a établir un poste d'obvation daos sa rue, a sa porte; mais comment retroqver
cette rue, dont j'ai été assez fou pour négliger de prendre le nom ... C'cst ainsi qu'il se parlait en revenant de
ce joyeux diner. Comme il regagnait son logement, on
lui rc111il dans les mains une lettre dont l'aspect lui causa
une des plus profondes émotions qu'il eut ressenties de
sa vie. L'écriture était loin d'en elre, selon un mot
qu'affectionnent les romanciers, aristocrat1quement déhée; elle étail, au contraire, large, confuse, incorrecte,
mais elle trabissait, par de certains signes irrécusaLles,
la main d'une femme. Daos ce moment, i1 n'est rien que
Louis eut préféré au bonheur de lire tout de suite cette
lettre, pas meme peut-etre la vue de celle qu'au trouble
de son cre11r il devinait \'avoir écrite. lci le raisonnement appµyait le pressentiment. L'auteur de cette lettre
devait etre soit Giulia, soit la jeune dame en noir, soit
!'invisible possesseur de la voix délicieuse qui avait naguere éclaté comme un chant céleste daos l'escalier de
l'ltalien, parce qu'elle ne pouvait provenir d'un~ autr~
source; Louis ne connaissait personne dans la v11le. qui
eut lieu de luí écrire. D'ailleurs, la premiere lettre d'amour nou~ vint-elle de l'inconnu. ne se laisse pas mécon' .
.
naitre un seul instant; elle a un charme qµe ne saura1t
oublier le crear de celui qui a airoé. Parfois el1e nous
fail peur, lorsq•1'une pas.~ion inaltendue l'a dictée,
qu'elle est une violente réponse a nos aveux muets.
Mieux que toutes les paroles du monde, elle est un engagement, sinon rétléchi, du moins volontaire, et dans
la situation 011 se trouvait L')uis, il n'est pas surprenant
que la simple vue d'une Jettre l'ci1t ému a ce poinl.
Rien que pour la faire parvenir a son adresse, ne fallaitil pas que l'auteur de cette lettre eut épié toutes les dé·
marches de Louis, et se fut constamment informé de
de tui? Et, comble de joie et terme ile toutes les curiotés longtemps entlammées! elle allait se dévoiler enfin
a !'esprit jaloux de la connaitre, cette adorable Giulia,
cette beauté sans égale, cette chanteuse sans pareille !
Loms Dá&gt;RET.
(J..a ~uite prochainement.)

REVUE

LITTÉRAIRE.
LE ROMAN.

MM. V. Chanvin, J. Jonin, Cho&lt;hko , M•• Ch. Reybaud,
MM. Fénl, Serrel, l'abbé ... , Erckmann-Chatrian.

Des légendes, des contes, des nouvelles, des romans !
romans d'aventure, de mreurs, de caractere; romans
polémiques, utopiques, historiques et contemporains !Autant une année en verse aux étalages des quais, autant
l'autre en étale aux vitrines op i;ur les rayo ns des libraires
en neuf., On dirait une machi ne montée comme celle de
la Monnaie, qui vomit régulierement les pieces d'or,
d'argent et de hronze, les napoléons et les centimes. Et
tout cela s'écoule; le livre passe de main en main, retourné et froissé en tout sens par une Jiseuse qu'il endort, Amoins qu'un voyageur insoucieux ne le jette par
la portiere du wagon. La littérature courante convient
seule a un siccle affairé, 11ui ne prend guere le temps
de la rétle1ion et docne une heure par jour a la culture
de ~on esprit; il 'veut unP. histoire amusante, qu'il puisse
oublier comme la p1ece d'hier, uu spectacle dans son
fauteuil; souvent meme, il se contente de son feuilleton,
léger intermede au milieu de~ intrigues oiseuses de la
politique contemporaine.

prétend pasa l'Aréopa11;e, d'ou l'exclut son sexe; elle se
contente de plaire et de frapper l'imagination par le
foule? N'y-a-t-il pas des reuvres sérieuses, íruit d'nn choix de ses sujel~ et l'agencemenl de ses drames intilong travail, et que la critique seule aide a se produire? mes. Ici, c'est la filie d'un bourreau, filie charmante, qui
Saos donte, et si quelques livres remarquables, parmi les- aime et meurt pour ne pas entraver la vie de son ami;
quels no ou deux vivront, ne nous avaient forcé la la, c'est une coqu&amp;tte froide, dont les roueries amenent
main, nous aurions des aujourd'hui analysé l'Histoire de une catastrophe, un meurtre et un suicide; ailleurs, un
Richard II, par M. Wallon; les Réhabilitations de Marie · récit path'étique nous montre les Antilles fran~ises au
Stuart et de Marie Antoinette, ou les Aventures authen- temps de Louis XV, et la cruaulé du code noir, parfois
tiques d'Henri IV. Au reste, nous sommes loin de dédai-• corrigée par la pitié féminine et par un· dévouement pi us
gner le roman, et de le tenir pour genre inférieur a l'é- tendre. Une femme qui, par vengeance, fait épouser a
popée ou a la tragédie; e'est une des voies les plus inté- une ambitieuse un idiot sans fortune: voila bien une
ressantes de l'art; son domaine est vaste et tout entier histoire que Balzac eut placée dans la bouche de Bianouvert a l'irnagination; il y apparait des types 1mmortels, chon et de De Marsay. La méprise d'uue jeune filie amouClarisse, l'écuyer Western, Don Quicbotte et Gil Bias, Jane reuse d'un voleur termine dignement cette série d'étuEyre, Grandet et Goriot, Valentine et la Petite Fadette, des et de compositions, qui mériteraient un plus long
et tant d'autres etres imaginaires, doués d'une vie examen, s'il ne valait mieux en laisser la primeur au
plus puis~ante que :les banquiers et les rois. Lors meme public. (Le recueil est intitulé : Valdepei,·U$.)
De si rapides péripéties ne convienóent pas a M. Paul
que les héros de cette année ne ~eraient pas tous de
Féval.
11 lui faut aujourd'hui deux gros volumes pour
cette force, ils auront toujours ce mérite d'etre créés par
fondre
ensemble le Bossu et les lfysteres de Londre~, ses
l'bomme et a l'image de l'homme. Les réalistes prétendeux
reuvres
les plus populaires. Réellement, avec tant
dent bien ne rien créer; ils copient, disent-ils, san&amp;
d'imagination,
quel bes&lt;fin de s'\miter soi-meme? Saos
meme composer le tablean. Mais leur prétention est chidoute,
l'extraordinaire
enchevetrement des Habit.~ noirs,
mérique; notre esprit, plus encore que nos yeux, est
qui
renchérissent
sur
Jean Diable meme, renferme un
toujours un miroir infidele, qui change les conleurs et
les proportions de ce qui 's'y réfléchit. Le romancier est certain nombre d'heureuses inventions partielles, de
done créateur malgré lui, etje n'en -,.oudrais pour exem- scenes terribles et bien menées. Mais il n'en est pas
ple qne M. Champtleury, dont les reuvres, dites réalistes, moins vrai que Trois-Pattes et Lagardere, M. Bruneau et
ne se distinguent des autres romans que par le talent le Bossu, ne sont qu'un personnage en quatre noms. Coparticulier de l'auteur, et malheureusement aussi par cardasse et Passepoil, deux grotesques excellents, ont leur
quelques erreurs de langage qui lui appartiennent en inutile caricature daos Similor et Echalot. La preruicre
partie seule est digne des meilleurs jours de M. PaJJI
propre.
Féval,
et eíit suffi seule a un beau roman comme Bouche
Mais entrons dans le royaume de la fantaisie. Le.~ rode
fer.
L'idée
du hrassard ciselé est merveilleuse; qu'on en
manciers grecs et latins (qu'on ne nous accuse pas de rejnge.
Lecoq,
autrement dit Toulonnais-l'Amitié, a vendu
monter au déluge !) ont serví de theme a un travail a
la fois savant et agréable de M. Víctor Cbauvin. On sait a un banquier de Caen un coffre- fort a secret, qui vous
combien peu l'antiquité no11s a légué d'reuvres d'imagina- empoigne le bras des voleurs; or, ce meme Lecoq a
tion, a moins qu'on ne range sous ce litre la République vendu aussi jadi;,, au ciseleur Maynotte, un brassard que
de Platon et une bonne part de ses Dialogues. Deux sé- celui-ci a réparé et exposé da.ns sa 1vitrine; Lecoq vole
ries de peintures raffinées dues a Pétrone et Apulée, le brassard et force saos danger le coffre-fort. Quant a
les spirituelles folies de Lucien, enfin une perle pure qui Maynótte, il est condamné aux travaux forcés. Par bona nom : Daphnis e't Chloé, constituent l'appoint de dix heur, les malfaiteurs n'ont pas, en général, le talent ie
siecles. M. Víctor Cbauvin a fort habilemP.nt groupé et faire condamner a leur place un innocent. Le style de
raltacbé les diversesélucubrations d'Héliodoreet consorts, M. Féval esttoujours le meme, spirituel, brillanl, mais le
et avec assez de résnvc pour que son liue soit donné plus forcé du monde, et fait a J'image de ces imbroglios
terribles.
en prix aux jeunes faiseurs de vers latins.
Nous procédons par contraste. Si M. Féval est la com- ,
Les peuples, tres-raisonnablement nommés barbares,
qui renverserent l'édifice romain, ne connurent, en fail plication meme, M. Serret est le plus uni et le plus mode littérature, que la litanie, la chronique terre a terre. déré des écrivains. Son histoire de Neuf fi,lles et un garLe temps et les moyens leur manquaient pour cultiver 9on, une fois cette fécondité rare acceptée, marche d'une
leur esprit. Toutefois , ils ont laissé qnelques vestiges de allure calme et vraisemblable. L'irritation de la belleconipositions légendaires, aujourd'hui recueilli par les mere a la vue de tant de filies, sa joie ala naissance dn
polyglottes. Tels sont les charmants Contes Slaves qu'a gar~on et le raccommodement qui s'ensuit, !'honorable
choi~is et publiés M. L. Chod1.ko; ils sontpleins de poésie persévérance du pere et de la mere, forment un ensemet d'antiques réminiscences soigneusement notées par ble ou une cerlaine gaieté se mele a la plus saine mol'auteur. On ne peut les liM saos demeurer convaincu rale. C'est memela morale qui se charge de conclure et
de la commune origine des Pélasges, des Germains, des · de suppléer a l'absence de dénoument. M. Serret a
Celtes, des Slaves et dei- Indiens. L'Inde est au fond de voulu prouver que « les familles nombreuses se tirent
tout; c'est elle qui a donné au monde, avant la disper- mieux d'affaire que. les familles 011 il n'y a qu'un ou
sion des ¡aces, les Mi/le el une nuits, lesFables de La Fon- deux enfants. » Axiome bardi, mais contestable, et qui
taine et les Contes de Permult. La Be/le auro chel)eux d'or, ne résout pas les difficultés positives de la question. Le
l'Eau de beauté, le Petit Poucet et les fi,lles de l'Ogre, la sort des neuf fille5 n'est déja pas si enviable. Si deux se
Jeune fi,lle qui pleure des perles, l'Or fabriqué par le démon marient bien, si quatre autres fondent un pensionnat, il
sur les montagnes, sont de ces légendes qui appartiennent v en a deux qui meurent et une qui se fait religieuse.
a tous les peuples européens. On retrouve encore daos · La pauvre enfant! sans doute ellP. n'avait pas tu Je lile livre de M. Chodzko l'Enlevement d'Orythie par le vent vre de l'abbé Étoilé; elle y aurait vu les vices secrets de
et celui de Proserpine. L'Oiseau de feu, Ohnivak, qui joue de la spiritualité, et de ce mysticisme qui bébete ou anun grand role chez les Slaves, est l'épervier divin, le nulle tant de femmes destinée3 a d'autres devoirs. Que
symbole du Soleil, vénéré dans l'Inde, et dont la figure les amis du vulgaire et du convenu, r¡ue les petits journaux, voués, on ne sait pourquoi, atoute idée rétrogade,
est sculptée a Persépolis, a Nioive et Pn Égypte.
Les Oiseaum bleus, de J. Janin, n'ont qu'un rapport insultent aplaisir l'auteur anonyme de la Religie1i~e; ce
lointain avec l'oiseau Ohnivak, si ce n'est qu'ils sont livre, a. défaut d'art et d'intéret romanesque, se recomhrillants comme luí. C'est tout un essaim de nou.,.elles mande par sa. visible sincérité. Les meilleurs chrétiens
aimables. Rien d'amusant comme la Peíne du talion, de n'v trouveront aucune attaque contre le dogme. Des
piquant comme Théodora et les Fausses confi,dences, épi- abus criants, de funestes tendances, a la fois contraires au
sode inédit de la vie de Manon Lescaut. Les lnsomnies patriotisme et au bon sens, plusieurs poléruistes acerbes
transparentes d'Eutyphron nous initient aux tribulations qui portent avec eux les odeurs de la place Navone;
d'un Athénien qui voudrait représenter la littérature a voila les plastrons de l'abbé ...._ 11 avait ce*s le droit
l'Aréopage. 11 y a bien de l'ironie, et de la meilleure, de représailles, et la galerie est pour lui. Un exccllent
dans ce Mercure, permettant au candidat évincé de pas- cbapitre nous fait voir les changements insensibles apser ses soucis et ses espérances au premier venu. Le portés dans les prescriptions religieuses par ,m maitre
plus gros des Oiseaux bleus se nomme les Harpagons, souverain, le temps, l'usage; rien au monde n'échappe,
et .,.ollige du tragique au comique, de la tragédie a l'a- sous peine de mort, a la loi du renouve\le1:1ent. Peu s'en
mour; ses marraines, s'il plait a Eutypbron, sont Tha- faut que le dogme lui-meme n'éprouve une transformation radicale; croirait-on qu'UJJ petit livre pieux ose
lie, Melpomene, Erato !
Mm• ,Ch. Reybaud, )'auteur de M11 • de Malepeyre, ne émettre les opinions suivantes: &lt;&lt; Marie est une beauté
En commencant cette revue, un scrupule nous venait :

a quoi bon apprécier ce qui est connu et recherché de la

��r:r LLUSTRATION' .IOllR N.i\ L UNIVERSEL.
gel'!\ que leurs pareilles peuvent conrir ; un léger bruit,
tre~aneienne. Elle a existé de toute éternité. Marie fut noos mangeons 1P~ oiseau.'C avec le reste. Depuis le com- un froissement dans les feuille~ les a dénoncées: la rel'obj'et, de la part d'Adam et d'Eve, d'unr grande Mvo- meocemcnt, les choses ont été arrangées pour que nous narde a hondi; elles oot pris leur vol ; mais une paution? » Que! style, et quelles erreurs! C'est pourtaot ce mangions tout : nous avons trente2deux dents pour cela; vrette n'a pas assez vite déployé ses ailes, elle est tombée
les unes pointues, les autres tranchantes, et les autres,
qu'oo enseigoe a nos sreurs et a nos filies.
ce
qu'on appelle les grosses dents, pour écraser. Cela sous la patte de l'ennemie, et l'impitoyable chasscres.c;e
Nous ne croyons pas que de pareilles élucubrations
l'a férocement égorgée.
soient fort du gout d'Erckmaoo-Chatrian. Avec la noble prouve que nous sommes les rois de la terre. 1&gt; Maís un
Et triomphante, sa victime aux dents, la renarde resi
·bon
etre
ne
peut
toujours
admirer
seul
la
cave
de
ses
mere Catherine Lefev\e, l'oocle Jacob et l'excellent ami
vie11t
en courant au terrier.
Fritz, il ne peut etre question que d'honoeur, de loyauté, aocl\tres et philosophersur la puissance de ses mAchoires.
Le
succulent
repas que va fai~l:a /amille !
d'amour, et des véritables joies dela vie. La vive expres- A la grande stupéfaction de ses ámis de la taverne, il
Grande
chere
et liesse chez les ren'ards, deuil et dé
sioo du sentiment humain a fait d'Erckm:mn-Chatrian entonne des ditbyrlmbes en faveur de l'amour. 11 danse sespoir chez les perdrix. Ainsi va le monde!
le nom le plus brillant et déja le plus populaire qu'ait le Treieleins avec la filie de son fermier et s'évaoouit
X. FEYRNET.
produit la liltérature d'imagination durant ces dernieres lorsqu'il apprend le futur mariage de Suzel avec un
anabaptiste.
aonées.
Une figure excellente est encore ce bohémien Josef
Le Docteur Mathéus, les Contes fa11tastiques, etc., révéleIALOft DI Uf!.
rent tout d'abord un tourd'esprit original, une veine large Almani que Fritz a dérobé aux rigueurs de ta' police :
et facile, pareille a une eau qui court entre des rives « Grand, maigre, jaune, déguenillé comme toujours, le
(4• article.)
accidentées, tour a tour ruisseau, torrent et belle riúere menton allongé sur le violon avec sentiment, l'archet
frémissant
sur
les
cordes
avec
amour,
les
paupieres
baisau sein des prairies. ll se dégageait de ces histoires, plus•
Les tableaux de genre sont, pour l'art, ce que les rocaractérisée~ par l'allure que par le sujet, une boone sées, ses grands cheveux noirs laineux recouverts du mlns et les nouvelles sont pour la littérature; c'est danR
odeur de terroir, un parfum montagoard. Erckmann- large feutre en toques, retombantsur ses épaules comme, ces den,'C modes que se produisent, de nos jours, les
Chatrian ne vit pas daos le pays classique ou murissent la toison d'un mérinos, et ses narines aplaties sur sa reuvres les plus nombreuses et les plus v¡a.riées. D'année
les orangers, daos les plaines aux grandes ligne~, au grosse levre bleuatre retroussée. » C'est un tableau tout en anoée, nos expositions voieot se multiplier les peinmilieu d'on horizon noble, majestueux, mais monotone !ait. Que de choses sensées, que d'observations sérieuses, tures de genre dans une progression toujours croissante,
et ennuyeux. 11 vit en pleine réalité, daos une région dans ce livre entrainant ! Le voyage du percepteur Haan et s'il était pos!rible de ressusciter, a cóté d'une exµosiassez voisine, mais inconnue, la ou le costume et les et son discours aux paysans qui ornent l'idole de saint sition actuelle, un Salon d'il y a une trentaine d'années,
m~urs ont jusqu'a présent échappé au niveau de la ba- Maclof au lieu de pay~r l'impót, est un pur chef- le traille plus marqué de leur différence serail, sao~
nalité, e,ntre les Vosges et les forets uu Hartz. ll y a la d'reuvre.
contredit, la pénurie de ces sortes d'ouvrages, a cette
Erckmann-Chatrian, c'est Meissonier avec sa précision
d'anciennes synagogues abandonnées ou nichent les orépoque, opposée a leur extreme abondance aujourd'bui.
fraies, des etres antédiluviens tels que baillis de Schmet- et sa llrgeur, mais avec plus de rondeur et de mouve- Nos artistes ont acquis, daos celte voie féconde, une
tenbourg, bourgmestres, voire meme Lathoire Kirchen- ment. Pour tui, la beauté est un peo jouffiue; le bon- souplesse de talent, une facilité de pinceau et des quabaum, forestier du chatean; il y a la des 'Grédelé, des heur ne va pas sans trois gros plis circulaires autour des lités pittoresques to1Jt a fait inconnues aux peintres de
Katel, des Orchel, et la gentille Suzel «en train de battre joues rebondies; la joie est une kermesse. Fi de la ligne l'école de David et a ceux qui les ont suivis. Par suite de
le beurre daos la cuisine, le tablier blanc a L,avette pure et de la composition méthodique; ici, tous les en- l'intéret plus vif qu'a pris la peinture de genre et de sa
serré a la taille, agrafé sur la nuque, et remontant du fants et beaucoup de jeunes filies ont la tigna.~e ébouri- prédominance, les limites qui la circonscrivaient se sont
has de sa petite jope de laine bleue a son joli rnenton fée ! La correctioo du laogage souffre quelquefois un effacées; au lieu d'etre reléguée, comme autrefois, daos
rose. Des centaines de petites taches blanches moucbe- peo de ces procédés familiers, mais non la conceptioo une condition infNlieure par rapport a la grande peintaient ses bras dodus et ses joues; il y en avait jusque d'eosemble. 11 n'est guere de livre mieux fait, en somme, ture de style, il s'est opéré une sorte de fusion entre
daos ses cheveux, tant elle mettait d'ardeur a son ou- que M•,. Thére.e et \'Ami Pritz.. 11 y a la unité parfaite et elles, telle que la dénomination de GENRE, qui avait une
vrage .... , appétissaote comme une assiette de fromage a intéret toujours croissant.
signification précise autrefois, n'en ·a plus aujourd'hui;
Commeot croire que ce nom d'Erckmann-Chatrian est
la creme!» Les taveroe~ regorgent de cbopes a facettes.
il en est de méme dn terme de peinture d'histoire. Ce
On y sent le vin du Rhin, la saucisse, l'andouille dans une raison sociale, et qu'un écrivain partout si sembla- ~ont des expressions consacréec; par l'usage, dont oo
son jus et le jambon de Mayence. 11 y a la foule pour ble a lui-meme est double, comme Castor et Pollnx, cootinue par cela meme a se servir, mais qui sont deveYOir le Petit-Vigneron abattre le Grand-Charbouoier Oreste et Pylade, Pythia~ et Darnon? C'est pourtant la nues tres-éla~tiques; ce qui justifle le pele-mele des ou(deux coqs d'élite), et a certain Combat a'ours et de chiens, pure vérité, et les deux amis (r.ar l'amitié la plus pro- vrages que nous allons µasser ici en revue.
je crois que les planchers ont croulé sous les specta-. fonde de deux ames peut seule expliquer cette collaboraNe pourrait-on pas citer comme un des nombretll
teurs. Sur tout cela joue le soleil, entrechoquant les tion invisible) déclarent qu'une fois le livre achevé, ni ~ymptóme1- de l'envahissement de la peioture de genre,
ombres et les lumieres daos les recoins de la ville angu- \'un ni l'autré ne pourrait distioguer ce qui tui appar- \'exemple de M. GtRoiu:, qui y a laissé absorber un taleuse, les mariant dans le jour pur des campagnes pit- tient daos \'reuvre commune. Un crear en deux person- lent élevé et qui semblait• de~tiné a des reunes de baut
toresques. Heureux Erckmaon-Cbatrian, de pouvoir reo - nes, voila Erckmann-Chatriao.
Si le but de \'art est d'exprimer et de donner la vie, style? 11 y porte une science et une précision de dessin
contrer encore de vraies paysannes poétiques et qui
dPS plus remarquables. Cette année, il a peint la dause
chantent, en enfants de la vieille Allemagne, le vieux ces inséparables l'ont atteint pleinement. Tout s'anime voluptueuse d'une AlmPe, debout, se cambraot, se tor~011s leur main, et leurs créations restent daos la mélied :
moire. « Je vois encore l'oncle Jacob, élancé, le front dant, et juste a11SSi peu vetue et au~i nue qu'il le faut
'
Quand je pense a ma bien aimée!
haut, surmonté de sa chevelure blonde, dessinant ses pour exciter les brutales convoitises de quelques bachibouzouchs au costume pittoresque, assis daos une vaste
Ab ! salut au pays de la frauchise et de lajoie, a la terre larges tempes avec grace; le nez légerement aquilin, les ~alle qui semble leur servir de corps-de-garde. Les types
pai~ible qui sait de ses entrailles !aire jaillir ses défen- yeux bleus, le menton arrondi, les levres tendres et des physionomies sont saisis avec une vérité qui atteste
seurs ! En vain Yégof, le sinistre fou, le traitre(et voyez bonnes. » Comment oublier la belle figure longue de !'esprit d'observation de l'artiste. Les moindres détail~
quelle heureuse idée d'avoir joint la folie a la trahison !) Thérese, les jeux du bon petit Fritzel, tous les cr.efs de sont étudiés et rendas avec un soin extreme. 11 est imguide par les sentiers des montagnes les borde~ cosaques; paysans enrólés pn; Hullin et décrits comme des héros possible de pousser plus loin le fini de l'exécution ; mais
il suffira d'un ancien ~oldat et de deux femmes coura- d'Homere et de Virgile, et le sage horloger Goulden, dis- cette exécution trop égale communique a toutes choses,
geu~es pour organiser la défense et pour écraser l'enva- sertant sur la responsab1lité terrible du général qui ar• carnation, vetements, murailles, le poli et ~ luisant de
rache aux meres&lt;&lt; le crear et les en trailles?» Les auteurs
hisseur, sous les rochers des défilés.
vivront
longtemps en moi, grace a leurs héros, et leur l'iYoire. M. Gérome gagnerait amoins finir ses ouvrage,,
Erckmann-Ch-atrian n'est point un phi\osophe austere,
et a consentir a la nécessité des sacrifices, qui est aussi
mais ses reuvres n'en renfermcnt pas moins, d'ordinaire, nom n'est pas du genre éphémere.
une partie de l'art, puisqu'elle serta établir les valeu~
une le~on élevée. Le Fou Yégof enseignc le patriotisme;
relatives des objets sonmis aux regards. - Les peintres
Maaame TMrése chante l'enthousiasme de la liberté; le
de l'Orient continuent a nous donner leurs sinceres imConscrit de t8t3 pleure les guerres injustes. Quant a
pressions de voyages. M. 8ELLY, moins poétiquement
RENARDS E'!' PERDRIX.
\'Ami Pritz, la meilleure part tui est échue : ce gros
inspiré cctte année qu'a. J'exposition de 11163, ou son
bonrgeois, ce buveur émérite, grand próneur.du célibat,
tablean de~ Pemmes felfohs puisont dt l'eau dan~ le Nil a
Nous recommandons al'attention de nos lecteurs la
est convertí au dévouement et a l'amour par une petite
laissé de si heoreux souYenirs, a pris, sous le titre de
filie des champs qui excelle a. frire des beignelc;, a con- gravure a l'eau-forte de M. Bodmer que nous publions Pantasiah (Égypte), un sujet semblable a celui traité par
fectionner les noudels et les lm(l)pfels. Son exemple engage dans notre numéro d'aujourd'hui. L'artiste, a qui nous M. Gérome. Daos un autre tablean il a groupé avec un
a l'imiter. Que! bon creur ! quelle figure épanouie ! devons tant de dessins empreints d'une vérité si saisis- aspect d'une vérité saisissante des Pellahs hdlant une
Comme il aime, malgré son semblant d'égoisme, ses sante et d'un charme poétique si vif, n'a jamais mieux dahbiek, ou grande barque sur le Nil. Lei; figures des
camarades de chaque jour, le grand Schoulz et le ~ros montré, il nous semble, toute la souplesse, toute la hommes presque entierement nus qui la remorquent,
Haan, le vieux reble David et sa servan te Katel ! Au grace et toute la vigueur de son talent, en meme temps présentent de bonnl's études, largement peintes. Le ciel,
commencement, Fritz Kobus se formnlait ainsi la théorir. qu'il n'ajamais pins he¡¡reusement mis en scene un su- d'un bleu intense, offre tette coloration mate et éteinte
du parfait bonheur : &lt;&lt; Tu fumeras des pipes, tu videras jet emprunté a ce rlrame permanent de la vie des ani- qui déroute un peu nos impressions naturelles, mais que
des chopes, et tu seras l'homme le plus heureux du maux dont il a si souvent reproduit les épisodes.
Les petits reoards sont daos leur terrier, altendant les peintres de l'Orient reproduisent trop sc:uYent ¡;our
monde; tache d'avoir la tete froide, le ventre libre et les
qu'elle ne soit pas justifiée par la réalité. -M. 8ERCBtRZ,
pierls cbauds, c'est le précepte de la sagesse, et surtout avec impatience leur repas. Leur mere est allée en cbas.~e, dont Je talent progresse chaque année, et a qui une mé•
évite ces trois choses : de devenir trop gras, de prendre. car les dents sont venues a ses chers renardeaux; elle, daille a été déceroée, a exposé déux tableatll qui ont
des actions industrielles et de te marier. 1&gt; Ou bien il les a senés, et c'est une proie vivlnte et sa1gnante qu'il été également remarqués: le Crépwcule (Nubie infé ·
raisonnait ainsi philosophiquement : « Oui, voila com- leur faut dérnrmais.
Dans uneluzerne, une diiaine de perdrix déjeunaient: rieure), avec ses teintes qui colorent l'horizon, ses tro~
ment tout marche dans ce has-monde ! Les insectes dépea\ll accroupis, la petite colonne de fumée qui s'éle,e
vorent let plantes, le.~ oiseaux dé..-orent les insectes et elles étaieut saos défiance, ignorantes encore des dan-

L'ILLlJSTRATfON, JOURNAL TJNIVERSEL.
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droite a traYel'!I un ciel clair et serein, est une scene de
calme solennel a laquelle les sphinx gigantesques, immobiles sur leurs bases depuis des milliers d'années, ajoutent la majesté religieuse des souvenirs. Aprés le Simoun
est une scene d'un caractcre tóut a fait opposé, inspiré
a l'artiste pcndant son voyage au Sinai. Le redoutable
métécre a laissé des traces mortelles de son passage a
travers ce désert de sable; un voya geur y est a moitié
enseveli, et des vautours au vol sinistre s'abattent sur le
chameau qui le portait, tandis que des chacals apparaissant au loin, ~•appretent a venirprendre leur part de ces
rares épaves. - M. FRoMENTIN a peint un Coup de vent
aans les plaines &lt;fAlfa (Sabara); cinq Arlbes, surpris par
la tourmeute, ~e serrent les uns contre les autres pour
résister a la -riolence du ..-ent qui s'engoulTre daos leurs
l'Arabe en cho&amp;e. Cet artiste, dorrt nous avons applaudi
burnous; cette composition est d'un jet hardi, d'un ton
vigoureux, mais d'une exécution un peu lach·ée daos certaines parties. - 11 faut aussi compter, au nombre des
peintres de l'Orient, M. ScHREYER, pour son tableau de
les débuts a l'Exposition de t863, et qui a obten u cette
année une médaille, juste récornpense de son talPot, a
peint avec une vérité saisissante et avec une grande largeur de pinceau des Cheooux de cosaque8 irréguliers par
un temps de nlltge; ils se serrent l'un contrc l'autre a la
porte d'une cabane, ou leurs maitres s'abritent contre la
violence do vent dont les rafales balaient la neige; oo
se sent pris de pitié a la ,11e de ces pauvres animaux délaissés, chétifs, patients de la douleur, un des types de
la misere chevaline ici-bas, les plus éloigoés du cheval
du Parthénon. - M. MAGY semble s'etre attaché exclusivement, en Algérie, A étudier la ..-ie pastoral e et agricole.
11 a exposé un Convoi de moissonneurs dans un défilé de
l'Atlas et le Chei'f'ier de Ben-Acknoun. - M. Eugene Gi11Auo, loin de peindre les scenes orientales daos ce ton
décoloré adopté aujourd'hui par les peinlres les plus renommés du genre, les illumine de chaude couleur et de
plein soleil. Une Procession de la Circoncision au Caire
est une grande toile d'une exécution facile et ferme
mais a laquelle manque l'accent vrai qui s'impose. o~
le retrouve, au contraire, dans la bonne étude dujeunc
Pellah aux pige~ns.
Unernesu en mer (t793), de M. DUVEAu, est un sujet
dramatique et une composition pittoresque. Pendant la
Terreur, les églises étant fermées, les pecheurs des cotes
de Bretagne se réuoissaient en roer pour assister au service divin, officié par un pretre sur un autel improvisé
daos une barque; quelques-uns sont aux aauel~ de
'
D
'
peur d etre sorpris par les bleus. La scene est hahilemcnt disposée et bien étodiée; mais ce tablean remarquable ne fait pas l'irnpression qu'il devrait faire, a
cause du ton froid, éteint et inharmonieux de son coloris.- La quéte au loup; souvenir a'.Espagne, deM. BruoN,
:,t une boone peinture, doot la fermeté contraste avec
la mollesse et la couleur assourdie de la petite toile ou
l'artiste a peint l'arche de Noé, a la fin du déluge. - Lt
Bravo recevant sa récompense, de M. BECKER, de Berlín,
est largement pemt et ne manque pas de caractere. i-ne jeune Bohémienne chassant un papillon, par M. HoRNEYANN, de l'école de Munich, tableau placé trop haut a
l'rxpo~ition, est une peinture réaliste dans la bon ne ac..
ceplion du mot, et d'une bonne couleur. Cette figure
méritaitd'ctre plus remarquée. - M. Lm,urms a mis un
charme naif daos son tableau .: les Deux Gardien.~ et
répandu sur celui de la Récolte de varech la sombre t;istesse a travers laquelle M. Millet entrevoit souvent les
rudes travailleurs de la vie de3 champs. - Puisque
nous venons de nommer M. MILLET, nous dirons tout de
suite qu'il y a une grande unité de ton et une couleur
barmonieuse daos son tableau d'une Bergére avec son
tro11pe,1u. Cette unité se retrouve encore a un certain
degré daos les Paysansrapportanta leur habitation un tieau
n, dat1s les champs, mais si le ton estjuste, l'exécution et
le rendu sont par trop insuffisants. - L'interprete de la
paysannerie le plus gouté du public esUf. BRETON (JulesAdolphe). On a remarqué sa Gardeuse de dindons excellente étude et figure vraie. Son tablean des v:ndanges
aChdttau-Lagrange (Médoc) est une composition ou le
paysage a a peu pres autant d'importance que les
figures qui l'animent; celles-ci n'ont point toutes le caractere que l'ariiste sait d'oruinaire leur imprimer. JI v
a des intentions tres-marquées de soleil, mais d'un soleil
pile et attristé d'automne. Le vrai soleil est, depuis
Claude Lorrain, chose tres-rare daos notre école peu
col6riste,I
L'éco1e de Dusseldort était représentée a l'Exposition

par un certain nombM d'artistes. Si M. KNAus, qui a si coiffes blanches des íemmes est d'un effet singulier et
vite conqnis la faveur du public parisien, faisait défaut, déplaisant. - Les Lutteul's en bilsse Dretagne, peinture
il était remplacé par M. LAsCH, qui semble un imit~teur facile, mais d'une exécution monotone, par M. AooLPHE
de sa mani~re. A premiere vue, on aurait pris sop ta- LELEUX, - M. ARMANO LELF.ux a mis en scene avec natublean du Retour a',me kermesse en Souabe pour un ou- rel des Abbé.~ italiens jouant aux echecs. - L'Espagne a
vrage de M. Knaus. Meme aspect, memes costumes, aussi ses adbéfents : M. WoRMS a peint un Cabaret aans
meme couleur, meme entente de la composition, mais les Asturies et une Cuisine a Valence. - Le Marchand dt
moins de comique et de recherche spirituelle dans les fruits a Si!vi/le, par M. AcmLLE Zo, a un aspect original
physionomies. - On retrouve un peu de cette mim1que, et une éclatante couleur. - M. FFRRANOIZ, un Espagnol
avec toute la vulgarité qui appartient au sujet, daos le pur sang, a exposé une composition importante, les syntablean de M. UNKER, la Garde-robe du Cirque. - Notre dics du Tribunal des Eattx de Valence, en 1800, jugeant
célebre peintre de sujetsmilitaires,M. 8ELLANGt, a voulu, les délits et réglant les contestatious. 11 y a de l'énergie
101 aussi, prendre rang parmi les peiotres de Dusseldorf et du naturel dans ces figures d'uo caractere typique
pour traiter des sujets allemands. ll y a &lt;le la vérité et de tres-prononcé. Tout le monde la est bien occupé de
l'entrain daos ses Paysans badois allant passer le diman- ses affaires et ne pose pas pour le spectateur, défaut si
che a la ville. JI á eu tort seulement de placer daos 011 fréquent mcme daos les meilleurs ouvrages.
Apres la spécialité des natiooalités, on pourraít classer
coin un touriste anglais et sa femme, qui lorgoe ces
les
tahleaux suivant les spécialités de certains caracjoyeux pay!,3nS. Ces touristes, britanniques ou áutres,
teres,
de certaines professions : les abbés, les maitres
gatent la scene.
d'école,
les ouvrieres en liuge, les honnes d'enfant, les
Pour remonter a des ouvrages d'un caractere plus
lorettes,
les c11isinierr,, etc. - ll. fusor, qu'oo prendrait
élevé, nous ramcnerons notre attention sur le petit tapour
un
éleve
de M. Bonvin, taot il affectionne le noir
blean ou M. CoMTE a représenté Eléonore d'Este, veuve de
semble
se
rilserver
le type de la laideur. Rien de plus'
Praneois de Lorraine, duc de Guise, faisant jurera son
fils, Henry de Guise, S11rnomméplus tard leBrilafré, de ,¡enger laid, de plus sale, de plus commun que les pet1tes filie~,
son pere, as.~assiné dcv1mt Orléans le 24 fé1•rier i563. Mal- a faces rougeaudes, du tablean intitulé le Cha11t du cangré un peu de molles~e daos les tetes et uo mouvement tique (un joli oom pour une laide chose !). Les Rétapeu gracieux dans les jambe~ du jeuoe duc de Guise, meurs oot aussi des mains et des figures noires; mais,
cette scene bien con~ue intéresse pal' sa gravité et par out re les oéce~sités de leur profession, ils sont envelople ~ractere arcbaique de l'ameublement, traité avec pés d'une couleur noire si odieuse, qu'il fant bien, ne ·
fut-ce que pour l'harmonie, qu'ils y participent dans
habileté.
Les peintres italiens envoient rarement a nos exposi- une certaine mesure. Si cette peinture était décidément
tioos desreuvres de valeur. Cette année, on a beaucoup mauvaise, nous n'en parlerions point; mais loin de la, il
remarqué deux petites toiles spirituellement touchées y a daos les ouvrages de M. Ribot des qualités de moet d'un vif aspect, par un Romain, M. VA,~LL1, pa- delé et de fermeté d'exécution tr/ls-remarquab\:)s, et
raissant pour la premiere fois a une Exposition pari• nous ne lui reprochons seulement que de chercher a
sienne, et a qui a été décerné une médaille ; !'une est plaisir la laideur, et d'attri~ter volontairement sa peinintitulee : Com:er•ation au jardín; l'.autre : Une intrigue ture par l'abus de la couleur noire, si l'on peut donner
sous le portique du Palais Ducal aVenise; un grand nom- le nom de couleur a ce qui en est la négatiori.
Pour ne point terminer cet article sur ce triste sujet
bre de personnages, des bourgeois, des nobles, &lt;les
pasrons
a des sujets gracieu.x, et meme ultra-gracieu;
courtisanes, s'y pressent, vetus du costume élégant et
(dussent-ils
souffrir un peu du contraste). - M. HuGuES
pittoresque du commencement du seizieme siecle. Deux
~fERLF.
a
exposé,
sous le titre de Primavera, une jolie
femmes, le visage couvert d'un masque, y sont l'objet
scene
de
jeunesse
et d'amour, daos un mode amolli qui
d'noe attention particuliere de la part des galants; a
contraste
avec
la
dureté d'exécution de sa grande toile
qnelqur. distance, un membre du conseil des Dix, ou
de
l'assassinat
de
Henri m, de l'exposition de 1863. peut-etre un des inquisiteurs d'État, observe attentiveLe
Nid
a'Hirondelles,
par M. CoM1'TE-CAt1x, est une de
ment sous son masque tout ce qui se passe. Tout ce
petit monde e8t tres-bien agencé, et le type des tetes ces compositions élégaotes et fausses, dont la gentillesse
italiennes est saisi avcc vérité. - M. H.01MAN a moin~ a dé~a obtenu les bonneurs de la gravure; les Amies de
cherché l'aspect vrai que le cóté poétique daos le tableau pension est un drame bourgeois sentimental, a qui ne
du Doge, monté sur le Bucentaure, jetnnt son anneau dans manquent ni l'attrait ni la.fadeur du genre. - M. WILl'Adriatique. - Deux tableautins de M. BARON, Tir a LEYS continue a exécuter avec une grande perfection de
l'arc im Toscane, et une Marchande de pantins, sont des fini, mais en meme temps avec une grande froideur des
du
peíntures gaies, lumineuses, spirituelles, qui, a force de tableaux d'intérieur daos le style du seizieme
dix-septieme
siecle;
les
données
varient
un
peu
mais
gentillesse et d'élégance, se font pardooner leur coquetterie et leur caractere tout conventionnel. Le peiotre a les personnages et les costumes restent a peu p~es les
empruoté la disposition de sa scene de~ tireurs a l'arc memes. Le peintre affecbonne surlout uD'e blonde jeune
a une décoration du jardin de Boboli, a Florence; cir•• filie et un beau cavalier a chevelure noire. avec lesquels
constauce qui prouve que tout daos ses tableaux n'est il nous a déja fait faire connaissaoce depuis longtemps.
Nous a~ons assisté a la premiere visite, a la demande
pas exclusivement donné a la fantaisie.
Deux ou trois :Moliere dtnant a la table de Louis XIV en mar1age, a une course en ville chez un marchand
avaient plus qu'émoussé l'intéret du publica l'Exposition d'étoffes, etc. Aujourd'hui, nous les retrouvons au modP i863. Le merne sujet, traité cette ann~e par M. VrnEil, ment de leur sortie, puis allant visiter l'aooouchée. Nous
a trouvé l'attention d'autant plus distraite, que la bonne leur souhaitons le bonjour jusqu'a l'année prochaine.
11 est encore un certain nombre de tableaux de gPnre
dispositioo de ~a composition ne compensait pas la froidont
nous sommes obligés de renvoyer !'examen a un
deur de l'exécution. Les masques des personnages y
prochain
article, qui sera consacré au PAYSAGE.
sonttout a fait inexpressifs. - Ce public, si facile a surA.-J. Ou PAYS.
prPndre, si difflcile a retenir, se lasse si vite! L'année
dcrniere, il avait été surpris de la nouveauté d'aspect
des scene1- russes de M. SWERTC11Kow, de ces sombres foL'INSURRECTION DE TUNIS.
rel~ de sapios, traversées par des chasseurs a \'ours, et
Ce qui se passe actuellement a Tunis est digne en
offrant le contraste de la neige couvrant le sol et des
teintes empourprées du soleil couchant. Cette année, c·é- tous pomts de fixer l'attention; et l'on co:nprend sans
taieut les memes scenes et la meme habiletl!; mais ce peine le hruit qui s'est fait autour de cette insurrection
n'était déja plus la meme atteotion. - Les sujet~ alsa- ainsi que les susceptibilités qu'elle a fait naitre au sei~
.gouvernements frari~ais et 1talien. 1J ne s'agit pas
ciens conservent encore de l'attrait. M. MARC.HAL, qui y
reste fidele, avait envoyé un tableauqui a eu du soeces: 1c1 s~mplement d'une révolte comme il s'en produit tous
la Poire aux servantes a Bouxvi/ler. De lourds et épais les Jours; le soulevement des tribus arabes et kabyles
bourgeois offrent leur prix et font leur choix entre ces contre l'autorité des beys a des causes trop extraordiservantes alignées sur une place publique. M. Marcha! naircs pour qu'on ne s'y arrete point. Un gouvernement
s'est trop également appliqué a faire celles-ci toutes jeu- plu~ lihéral que la nation, ou une nation éprise de desnes et jolies; mais c'est un petit mensonge qu'on est pot1sme, est chose rare. Tel est cependant l'état du goutres-disposé a excuser. -Quelques peintres se consacrent vernement et du peu~le ~unisien: celui-ci voulant, par
encore aux sujets bretons. Nous citerons la Recolte du tous les moyens dont JI d1spose, faire monter le second
goemon (Pinistere), par M. Víctor Du11As ; une Noce a au ran~ des nations les plus civilisées de l'Europe; l'autre
Pontaven, par M. OTTo-WEBER; paysage d'un ton solide se reb1ffant contre ce louable désir en exigeant le mainet bien éclairé; nombreuses figures; le ton ble u des tien des plus vieilles et des plus absurdes traditions.

e¡

?~s

�L'ILL USTRAT IO N, JO URN.\L UNIVERSEL.

29

L' lLL USTRATION, JO URNA L UN lVERSEL.
r;.

RI (;E"ICll DE TUNIS : lliB DB LA VILLE OB BIZEIITE,

Personnc n'ignore la
situation géoguphiqul!
de la régence de Tunis;
on connait également
ce qu'elle produit, et
que! role intéressant
elle remplit sur Je petit
coin qu'elle occupe en
Afrique. Ce rule, elle le
doit tout entier a la dy~
nastie actuclle de ses
beys, qui, depuis· le
commenccinent de ce
siccle, n·011t pas manqu~
une occasion de rapprocher leurs peuples
des grandes nations européennes. Ils commencerent par I abolir
J'esclavage &lt;les cbrétiens et firent fermer
les marchés de noirs;
la liberté des cultes vint
ensuite; mesures hardies, si J'on considere
le fanatisme religieux
pes populations musulmanes du nord de
l'Afrique et Jeur haine
pour les chré'tiens. Ces
principes établis par des
lois, les beys appelerent
pres d'eux tous les Européens instruil'I qui
voulurent bien s'associer a leur noble entreprise : ingénieurs,
officiers, savants, lettrés. Sous la direction de
ces dernier~, qui étaient
presque tous Fran~ais,
la géographie du pays
ful connue, &lt;les routes
s'ouvrirent, des puits artésiens furent creusés,
des phares élevés ; les
restrictions douanieres
disparurent, enfin une
constitution d'un libéralisme plus avancé que
ce qu'on avait vu de
semblable jusqu'alors
daos toute l'Afrique, ful
proclamée dans la régencc.
Les libertés qu'étahlissait cette constitution, qui est dse a Sidy-~lohamed, n'étaient
que les prémisses de ce
que · &lt;lcvait · accorder

-=

ARRIYAE DfS EAUX A CANNES: CIÍREMO;'ilR Ll'INAl'.GUR.lTJON. -

D'apres un croquii de 11, Lieto,

VIIS GÉ:SF.RALE llE ~REJUS ET llFS Jl•~TF.S DE L'AQUEDUC ROllAIN.

son successeur, S. A,¡
Sicly-Mohamed- el - Sa
dal... Mal neureusemen
tous les p !up1es ne so~
pas aptes a ~e sen-ir ti•
cet instrument pui~sa111
et dangereux que l'oa:
nomme la liberté Jet¡
Arahes moins que 'to..¡
les autres; ans5i 11,'i,
voyonE-nous se soulen,¡
anjourd'hui contrc des
institnlions que beacconp béniraient.
11 Ferait injuste d,
orétendi;.e cepenrlan1 •
que la levée de honcliers iles Tuoi~iens ait
pour motif uniq•1e Jcur
horreu'r des idécs européennes. Les dépen.
ses auxquelles entr~inent généralement les
réformes ont en~agé le
bey a surélever les impots; la capitation, rntre autres, qui n'était
que de 36 piastres par
an (50 francs enviroo),
a été portée au donble.
C'est trop, et l'on con~oit que le penple se
soit serví de ce prétexte
pour renverser un goc•
vernement dont il n'aime point !'esprit; au~
est-ce sur le ~hasnadar,
ou ministre des flnances, que se dirige sa
colere.
Quant au déploiement de forces navales
auquel la France, l'llalie, la Turquie et l'An•
gleterre font assister en
ce moment les habitants
de Tunis, il a son¡ ex•
plication daos les inté•
rcts assez divers que res
quatre nations entrctiennent daos la ré.
gcnce.
Bien que la Tunisie
n'ait relevé de la Porte
que pendant une période assez coarte, la Turquie n'en conserve pas
moins l'espoir d'y réta•
blir sa moroe autorilé;
ce dont serait trcs-:úu
'Angletcrre; qui, a·SQII

·t la Tunisie sous son protectorat,
tour, mettra 1

et uous enleverait du mcme coup une des
rrrosses parts de l'intluence que nous
15
~x~r~ins dans la Mé_iliterr_anée depuis que nous
y avons détruit la p1rater1e.
.
C'est pour lutter contre ces m,al_ve1llan~ desscins que nolre escadre de la Med1terranee stationne en ce moment dans ~es eaux de 1~
Goulette. La mcme nécessite uous y ava1t
amcnés déja bien souYent. En1-18~8, AhmedBey rérrnant une expédiliou parllt de Consta11tioo;le so~s les ordres &lt;le Ta~ir-P~cba, et
se présenta devaot Tnnis pour y retabltr laldolllination turque. Les amiraux Gallo!s et Lalan~e
ne le permirent pas. Le meme fait se representa en t8~t, et toujours derriere la tlotte turque se trouva \'escadre angkise.
, .
Cette fois ce n'est pas seulemeut la martne
'
.
de la Grande-Bretagoe
qui appuie l«:,s tentat1ves
iosensées de la Turquie, c'est
&lt;liplomatie,
représentée par M. Wood, le , meme. con.sal
que nous avons cu it. comba:tre en Syr1e: Cest
tui qui a répandu dans la regence le brUJl ahsurde que la France avait l'intention de s'en empuer.On sait que nol!·e consul général s'est halé
de démenlir cette calomnie. &lt;1 Mais en meme
temps, ajoute M. de Beauval daos la cir~ulaire
qu'il a adressée ace sujet aux agents places sous
ses ordres, je vous engage adéctarer hautem.e~t
que les exigences de notrll position en AlgerJc
ne nous permcttraientjamais de fermer les ye~x
s'il se manifestait, de la part de qui que ce fut,
quelque tendance a modifier en Tunisie un état
&lt;le choses consacré par le terops, par l'assentiment général et par celui du Diyan en particulier. » De son cuté, en voyanl arriver la division
turque, ayant a!io~&lt;lHai&lt;ler-Elfendi, commissairc

·:

..

---

.~ª

de ta Porte, l'amiral fran~ais, M. le comte Booét•Willaumez, l'a prévenu que toute ihtervention
matérielle serait mal accueillie, et que. le gouYerneur de l'Algérie avait rc~u l'ordre d'envoyer
ses contingents disponibles dans la province de
Constantine, qui, on le sait, avoisine la régence.
Pendant ce temps, l'insurrection augmcnte.
A Gabcs, il. Djerhi, a Sfax, aMonestyr, il. Soussah, a Neble, partout les autorités sont en fuite
ou enfermécs daos les forts; le bey lui-mcme
n'est plus en sureté daos son palais. Les chrétiens et les représentants de t'rance et d'Italie
ne sont pas davantage a l'abri &lt;le la populace,
et ils ont du chercher un refoge a bord de l'e!cadre franco-italienne, taodis que les vice-consuls anglais occupent paisiblement leurs postes.
ll y a évidemment connivence entre ces éhargés
d'affaires et les rebelles, qui d'ailleurs ne dissimulent point la main qui les mene, en' réclamant hautement la suzeraineté de la Porte el la
protection de la Grande-Bretagne.
Mais si l'Angleterre et la Turquie se sont alliées pour le succes de cette intrigue, le consul
et l'amiral fran~ais ont trouvé pres de ·leurs
coile"UCS
italiens tout le concours propre a
la
0
• •
déjouer. L'ltalie ne saurait voir, on le con~o1t,
t'intluence anglaise dominer si pres d'ello ;
aussi ne cache-t-elle pas la part qu'elle prendrait daos nos intéréts, qui sont les sicns, si
par malheur ·un conllit se produisait entre les
diverses puissances qui surveillent en ce moment l'insurrection tunisienne.
L.

LA. PORTE OORlE, A. FRKJI S,

LA :iAPOULE H L1! GOLt'f. o•;l:ANN•.s.

fü::SARD.

La 1ille de Bue,te, doot nou1 donnou ici la 1ue, fl
íorlifiée· die est 1ituée a quin1e 1i,ue1 N.-"1.-0. de Tuni1
entre u¿ lac ti le g~lle de ce nom, qu, a quatre lituPI de

�30

large. L~ port 11e peut recevoir que des na•irea d'un raíble tonnage, La
ville coutieul eoviron 8,000 bab1tants. l!lle eat. uec Gabés, Ka,rouao et
Rl ,K.d, une des quatre ~laces importantes occupéea par les troup,'1
inaurgée,. L'armée tunisienoe M! compose de troupe• irrégnlieres et de
troupea réguliérea. Le nombre de cea derniert1 esl de 1!,000 bommes ¡
e nombre dea premieru eat plus cou,idérable. Ces troupes n'onl pas
ét~ payéea depuis longtemp1; c'est pour ce moti( qu'ell.. ool pri1 part
a l'¡nsurrectioo.

C'est le désir de paraitre, de triompher en plein so- de statues, parmi lesquelles une belle tete de Jupiter.
leil, qui enfante toutes ces extravagantes toilettes: roParmi les édifices postérieurs ala domination romaine
.
bes relevées par des agrafes e~ laissant voir une jupe il faut citer l'ég)ise Saint-Etienne,
du douzieme siecle,'
écarlate, corsages écarlatcs; baudriers avec clous d'a- classée parmi les monuments historiques.
cier; plumes tombant sur les épaules. Ainsi acco11trées et
Les environs de FréJUS sont charmants, soit qu'on se
posant fierement, les femmes apparaissent comme des diri~e vers l'Estérel, soit qu'on se promene sur les bords
actrices écbappécs de la se/me daos le costume de leur de l'Argens ou qu'on aille -yers la plage de Saint-Ra~
role. Les casinos des villes de bains, Trouville comme phael.
Dieppe, Vicby 1comme Nice, présentent l'aspect d'un
C'esl ASaint-Raphael que Bonaparte débarqua a son
PROMENADE AU JARDIN DU MIDJ.
grand carnaval - la deseente de la Courtille dt- la société retour d'Égypte, en i799; c'est la aussi qu'il s·embarqua
européenne.
pour l'ile d'Elbe, en t8!4. Sur ce rivage méditerranéen,
l.
Ceci dit en forme d'avant-propos, parcourons cejar~ on retrouve partout la trace des pas de Napoléon. De
din proven~al, ou les valétudinaires qe toutes les nations Saipt-Raphael a Cannes, le chemin de fer longe le bord
Les chemins de fer, en multipliant les voies de comviennent pendant l'biver s'abattre par volées.
de la roer, et offre a cbaque instant un aimable panornunication, ont fait dans les mceurs une révolution comMe voici done a Fréjus, a deux pas de ce gigantesque rama. Oo voit passer comme un éblouissement, a traplete. La locomotion est devenue le besoio le plus impéanneau détacbé de la cbaine des Basses-Alpes, et qu'on vers les pins et les arbousiers, cette grande nappe
rieux de cette France, naguP-re citée comme la plus canomme l'Estérel. Cet Estérel était, il y a quelques an- bleue inondée' de rayons et tachetée de voiles blanches.
saniere des nations. Tout le monde est par monts et par
nées avant l'établissement du chemin de fer, un des Bientot on aper~oit les deux tours carrées du vieux chavallées, sacrifiant les lares du foyer aux di vinités hasardes derniers refuges de la poésie de grand chemin. De teau· de la Napoule, dont le golfe, aux contours arrondis,
deuses de l'hótel garni, et l'intimité du repas domestemps en temps, les diligences et les cbaises de poste présente un des plus charmants aspects. Je ne sais ríen
tique a la promiscuité de la table d'hote.
avaient maille a partir avec certains chapean~ pointus de plus beau que la vue de ce golfe par une belle matiLa vie de chateau, dont on parle beaucoup dans les
de l'école dramatique de Fra-Diavolo. Du reste, ces née de printemps ou d'automne. Cette Méditerranée··est
romans, n'existe pour ainsi dire pas en France, taot
brigands étaient gens de gout. 11 leur eut été difficile de splendide, et meme sous ce soleil proven~al, - soleil
cette vie est le privilége du petit nombrú; en revanche,
cboisir pour tbéatre un coin de terre plus pittoresque : de plomb, - on reste des heures entieres a eonles stations thermales, les villes de plaisance, les bains
ravins, gouffres, précipices, moots hérissés d'épais tail-- templer ce spectacle sans cesse renouvelé des flots bleus.
de mer sont ?attus par des flots de populations. Telle
lis, routes taillées daos le roe, et qui se tortillent comme On $uit d'un rtgard inquiet ces vagues mystérieuses qui
commune pau,vre s'est réveillée riche a'pres avoir fait
un serpent en belle humeur; blocs énormes de granit chantent, selon l'beure du jour et l'aspect du ciel, une
savoir qu'elle avait une . plage. Te! pays, perdu dans
découµés en profils, et qui semblent regarder comme chanson joyeuse ou quelque plaintive romance. - Que
les montagnes, est devenu, par la vertu d'uoe source
des tetes humaines. Te! eilt, en résumé, ce pays sau- disent les flots, ce matin? demandait une femme q1Ji
plus vantée qu'efficace, le centre des élégances valévage et primitif, dont l'aspect développait chez les so- avait fait une savante étude des voix de la Méditerranée;
tudinaires. Pour partir, on ne demande qu'un prélitaires qui s'y réfugiaient une propension a la vie con- voix profondes, voix claires, vou tour a tour pleines de
texte, et l'on part. Allez au Nord ou au Midi, aux bords
templative et á l'arrestation des voyageurs.
joie et de sanglots, voix qui racontent a l'esprit tous les
du Rhin, aux Pyréuées, sur les cótes de l'Océan on les
Fréjus, cette vi lle qui ne fut pas sans célébrité, n'est reves de l'imagination. D'ou viennent-elles, ces vagues
bords de la Mé¡literranée, partout vous rencontrez la
plus qu'un chef-lieu de cantoo. Qui se douterait, a l'as- écumantes? Dans leur course, quels rivages ont-elles
foule, une foule avide de distractions, et venant cherpect de ses rues moroes et désertes, que Fréjus est l'an- baignés? Quels navires ont-eUes bercés ou engloutis?
cher le plaisir sous le prétexte de trouver la santé.
cienne cité des Césars? Son port, qui abritait les vais- Quels cris funebres ont-elles entendus? Elles berceot,
La vie des eaux,serait la plus agréable, la plus facile,
seaux du peuple-roi, a disparu, et la roer elle-méme s'é- en se jouant, ces corps souples et jeunes qui s'abansi la prétention n'y avait tant de parl On arrive, on
tant retirée, le vaste gol fe &lt;:_reusé par César s'est transformé donnent Aleurs caresses; mais combien de vies n'onts'installe_; le premier jour, on ne connait personne, et le
en un marais ou poussent les légumes et ou courent les ellei&gt; pas dévorées? Ah ! l'histoire de ces folles filies mélendemam on est connu de tout le monde. Une partie
nliviers. On peut sui vre les traces de la ville anti que, et diterranéennes, qui la racontera? histoire lamentable
s'organise, on s'y mele. Celui-ci est Russe, celui-lA Hondans quelques endroits juger de la hauteur des murs ou et charmante !
grois, cet autre est Espagool; cette dame, qui caracole
penden~ eocore les anneaux de fer qui servaient a !'aEt l'horizon, comme le regard, se précipite au dela de
sur son cheval montagnard, a va le jour aux Antilles.
mare des navires. Étrange spectacle ! qui fait rever, en ce cercle immense baigné par la vapeur des nuages, et
On dirait que toutes les ráces ont voulu envoyer a~
montrant combien les assises qui semblent les plus iné- cherche Apercer le rideau d'argent qui voile l'infini !
moins un de leúrS exemplaires a ce pique-nique interbranlables sont cependant broyées par l'impérissable Pendant que les troupeaux d'écume, fouettés par le vent,
national. On cause, et tout va bien; car la conversation
main du temps.
jettent leurs cris effarés, l'reil voit surgir du sein de la
ne roulant que sur les généralités, tout le monde est
Les vestiges rorr.ains soot répandus partout dans cette plaine liquide uu monde inconnu. Le mouvement des
d'accord. La journée passe comme une heure, et l'on reville. Voici l'Amphithéa.tre, monument de forme ellip- vagues fait de ces éternelles vagabondes autant d'etres
vient le soir, ravi de la.bonne grace de ces nouveaux
tique; les gradins sont en partie détruits. Dans ces vivants; néréides, sirencs, tritons, qui revetent tour a
~mis, dont, huit jours apres, on ne se souvieodra plus.
arenes ouvertes iÍ. to.us les vents, j'ai vu de jeuoes pro- tour ~es apparences gracieuses ou grotesques, et sP.mComme on se lie ón se delie, ét c'est la un des boas co ..
fanes établir une glissade au pied du Podium, ce gradin blent exécuter la plus désordonnée des contredanses.
~és de cett&amp;r'm51uéiantc vie, ou·l'on glisse sansapµuyer,
sacré réserxé a l'empereur. Des loques séchaient, éten- Puis tout change, et des chenux: gigantesques, poussés
'OU ltnn ne demande a chacun que la fa~ade de son perdues sur les gradins supérieurs, et les braves gens du les u.ns sur les autres, se précipitent avec furie dans une
'Sonnage, et ou l'on respire l'heure présente sans son&lt;&gt;er
pays avaient métamorpbosé en btlcher les arcades du course fantastique. Nul cri humain ne saurait rendre le
aux heures qui suivront.
t&gt;
rez-de-chaussée. Tout déshonoré qu'il est, ce vieil am- sauvage hennissement de ces cavales a la -eriniere blanLe revers de la médaille, c'est, comme je le disais
pbithéatre a encore un tres-grand air, et produit sur le che. Comme on comprend que l'imaginat~on de la Grece
tout a l'heure, la prétention, !'a.pre désir de briller le
,pectateur une vive émotion, tant l'homme se sent tou- ait peuplé de tant de chimeres, de tant de monstres diparti pris de faire de J'effet; et ceci s·a~resse surtout ~ux
¡ours vivement impressionoé par l'auguste majesté des vins, ce mystérieux royaume de la mer. Mais le vent a
femmes. Pas une d'elles qui n'arrive, - quelque malade
ruines.
· cessé avec les premieres heures du soir. Chevaux maqu'elle soit, - montée sur le cheval de bataille de la
Cet amphithéatre de Fréjus me rappela celui de Treves, rias, monstres charmants, tout a disparu; il ne reste
toilette. Celle-ci a vingt robes, celle-ci trente, celle-ci en
et je fus tout a coup transporté par le souvenir du ri vage qu'une nappe immobile, une nappe bleue sur Iaquelle
a quarante, et il faut que toutes ces robes défilent la
méditeri:anéen aux bord! de la Moselle. 11 me semblait, se détache, comme des points blancs, de distance en disparade. Robes du matin, toilette du jour toilette du
tant les deux m?numents se ressemblent, revoir ce tance, la voile endormie des pécheurs !
s.ir. Une rivale est vaincue quand, daos ~e combat df:
grand cirque de la superbe Augusta Trevisorum, aussi
HeureUI qui peut rever encore, en ce siecle ou l'on n'a
fanfreluches, elle a épuisé tout son répertoire. Alors elle
dégradé, aussi triste que celui de Fréjus, ce cirque otl plus le temps de rher!
part, P.t elle va ailleurs étaler ses robes et recommencer
le pieux Constantin, canonisé par l'Église, fit déchirer par
Me voici a Cannes, et je tombe, dans ce joli nid médila_ lutte. Les, batailles d'étofles et de ruhans ont les plus
des lions et des tig~es les prisonniers qu'il avait faits en terranéen, au beau milieu d'une fete. Cannes n'avait
tr1st~s co~seqaences. Une excursion préparée depuis
combattant contre les Francs. Plusieurs de ces infor.. pas d'eau, c'était son seul malbeur. Une ville de plaiplus1eurs JOUrs manque parce que cclles-ci ne veulent
tunés survécurent a cet horrible duel. lis égorgerent les sance ou il n'y a pas d'eau a boire ! Il fallait done replus se rencontrer avec celles-la. Et puis, ce sont des
beles féroces et resterent maitres du cbamp de bataille • médier a ce grave inconvénient. On a emprunté a la
gestes, des sourires aigre-doux, des regards féroces
rnais alors le peuple, se tournant vers César, demand; Siagne, - une des rares rivieres de la Provence, - une
accompagnés de médisances et meme de calomnies. Parque le combat continuat, et Coostantin ordonna anx partie de ses ondes pour l'irrigation des jard!ns et l'arrofoi.,, _les maris sont obligés d'intervenir et de prendre
prisonniers sunivants de combattre entre eux pour di- sage des rues de Cannes, et depuis qu'on Iui a fait cette
part,.
vertir les spectateurs. Les Francs lancerent un regard salutaire saignée, la Siagne ne s'en porte pas plus mal.
De toutes les toilettes, c'est aux eaux que se pavanent
de mépris sgr la foule et, plutot que de lutter les uns L'exécution des Lravaux, confiée A MM. Conte-Grandles plus extravagantes. U y a dix ans, on ne portait en
contre les autres, ils préférerent s'égorger mutuellement. champs, ingénieur en chef, Camerc,ingénieur des ponts
debors de la 'ville que le grand chapeau de paille • ce
Ce n'étaient déja plus ces gladiateurs des premiers jours, et chamsées, et Lagarde, conducte•ir, a été, on peut le
chapeau de bergere, qui garantissait le teint eles mo:.Sutombant avec grace et mourant en criant: Salut, César! dire, enlevée, en dépit de toutes les difficultés. Cannes,
rea clusoleil,
Puis ce chapeau, manié, taillé' coupé:, a pris
.
A Fréjus, comme a Treves, on marche au milieu de pour célébrer ce grand jour de l'inauguration, avaii
aucceasl\ement les formes les plus di verses. 11 s·e~t transl'bistoire. Apres la porte de César, c'est l'aqueduc su- pris ses hahits de fete: clergé, l'éveque de Cerame en
formé en cba~au Louis XJII, en chapeau Louis -XJV, en
perbe dont on peut suivre les arceaux sur une étendue tete, autorités, fonctionnaires, tout le monde officiel
cbapeau L~u1s XV., en toquet avec plume d'aigle, puis,
de ,quarante kilometres; c'est la Porte-d'Or arche était la; mais comme ce n'est pas l'habit brodé que je
comme touJours, la toilette s'est fa~nnée sur le cha.
'
tr1omphale conlitruite en assises superposées de pierres viens chercher en Provence, je passe légerement sur la
pe_au, et c'est ainsi qu'il ~emblerait que les eaux ne
et de briques. Plus loin, le Phare d'Auguste, puis des cérémonie et je vais examiner Cannes a son point de vue
so1ent plus fréquentées que par des princesses de
thermes
antiques; des fouilles faites Acette place ont mis pittoresque.
~ütre,
•
EnxoND TmER.
a découvert des colonnes de marbre et des fragmenta
(La suite procAain,ment.)

3i

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIYERSEL
PIA!08 DK LA IIAISO! l!URY KT DUIIAS, DK NIHS,
SYSTiME LEVlGRAVE.

París n'est pas la seule ville de France ou l'art de la
fabrication du piano soit arrivé asa perfectioo. Nous
pourrioos citer plusieurs maisons de province d'oü sor·
tent chaque aonée des milliers d'instruments qui, pour
la qualité de son et l'élégance de la for~e, sont loin
d'etre inférieurs a ceux provenant des atehers des Hen
ou des Pleyel. Si nous avions a passer en revue e ~ maisons de province, nous commencerions, sans : :siter,
par ta maison Maury et Du~as, de Nime~. Cett41 1aison,
fondée depuis trente ans, n a pas cesse. depu s cette
époque, de prendre une extension toujo rs croissante;
aussi les médailles et les récompenses oh nues par elle
aux expositions universelles et départe1 mtales sontelles fort norubreuses.
Le deroier sucees remporté par cette maison est du A
l'invention du systeme Levigrave. Ce systeme remédie
enfin a l'inconvénieot dont s'étaient plaints, jusqu'ici,
leli piaoistes; ils n'étaient jamais surs, en effet, du clavier sur lequel ils exécutaient: tantót ce clavier était
trup mou, tantót il était d'une dureté excessive. 11 fallait
trouver le moyen de lui donner le degré de résistance
voulu par l'artiste. Grace au systeme Levigrave, ce progres est réalisé.
Cet ingénieux mécanisme peut s'adapter a tous les
pianos, dont il ne gate en ríen l'aspect. 11 se compose
d'une barre transversale tournant sur elle-meme et s'abattant insensiblement sur une rangée de ressorts fixés
sur les touches. Cette barre est mise en mouvement a
l'aide d'une clef, pres de laquelle se trouve une piece
graduée fixant le degré de pres¡¡ion ou de légereté que
désire l'exécutant. Cette importante amélioration a de
plus l'avantage de donner aux éleves la vigueur et la légereté du doigté, en les habituant a jouer sur des pianos
plus ou moins durs : avantage que les inventeurs ont su
con'server meme pour les pianos d'un mutisme absolu,et
dont le clavier possede ainsi le meme, degré de résistance que lorsqu'il met en jeu la mécanique.
On ne saurait trop signaler ce progres importa.nt; il
est précieux pour les éleves, et, disons-le. en passant, il
doit etre fort goüté des parents, qui peuvent échapper,
par ce moyen, au supplice de l'exercice et de la garume
prolongé pendanl plusieurs heures de suite.
Cette invention oous a frappé, et nous avons cru de
notre devoir d'en dire ici quelques mots. D'autres juges
bien plus experts que nous et dont l'a(ipréciation, en fait
d'art musical, est tenue en haute estime, ont fb.it de la
nouvelle invention de MM. Maury et Dumas tont le cas
qu'elle mérite. Nous avons vu,les lettres q•1e les inven'teursont re~ues de MM. Auber, Ambroise Thomas, Gounod, Prudent, Marmontel, Lefébure-Wély, Ferdinand
Poize, Louis Lacombe, etc. Cbacuo s'y récrie a l'envi
sur le mérite du systeme Levigrave, et déclare qu'il est
d'une utilité immense et incontestable pour les exécutants distingués aussi bien que pour les éleves.

B. C.
COUBlllEB DES E..1.UX.

Parmi les villes de l'Allemagoe qui se sont fait une
réputation bruyante, Erru se distingue par une physionomie particuliere. C'est encore une ville de malades
sérieux. On rencontre la peu de ces touristes qui vieonent -voii: ou etre vus, et qui, par leur bruyante activité,
dérangent, daos Ieurs graves occupations, ceux qui sont
venus pour rétablir leur santé. A Ems, on ne , ient
point en curieux, mais en malade: on reste, et l'on se
soigoe. Ces eaux gazeuses, caractérisées par des carbonates alcalins, chlorurés, se rapprochent de celles de
Vichy par leur action, sur les aflectious des voies digestives. Les maladies nerveuses, celles de la poitrine, les
palpitations, en re~oivent aussi un remede elficace. Les
eaux qui sort.ent a une température variant de 27° a
52" centigrades, les halles fermées du kurh3.us avec ses
µromenoirs, ou regne toujours une meme chaleur, rendent possible le traitement de certaines maladies pendant les mois extremes de la saison, qui ouvre des le
ter mai. Aussi les gens qui redoutent la foule, les plaisirs et le bruit peuvent passer a Ems une saison hative
ou tardive, en laissant la saison moyenoe a ceUI pour
qui les distractions du Kursall ont de l'attrait. Des salons
Plagniftques, décorés pour le bal, le concert et la con-

versation ; nne salle de lecture, des galeries de fer pour
la promenade au son des orchestres, réunissent, le soir,
la société d'élite qui a choisi Ems pour son rendez-vous.
Dans le jour, les ombrages de la vallée de Lahn, les
courses a travers les collines boisées qui la dominent
permettent a chacuo de s'isoler, de vivre un peu en
dehors des murs d'une ville, de compléter eiifin l'action
satisfaisante des eaux par celle non moins eflicace du
grand air. La bonhomie allemande s'unit, a Ems, a l'élégance de París. D'ailleurs, quatorze beures seulement
séparent la grande ville de la petite, et le chemin du
Nord vous y conduit en vous faisaot toucher barre a Cologne.
Cette année, lesoleilet le beau temps sont venus, comme
toujours, faire leur saison d'Ems.
On promet aux visiteurs trois premieres représentations : Le soldat magicien, Jean qui pleure et Jeanne qui
rit, d'Offenbach, et ta Boite a surprises de Deffes. C'est le
hilan des reuvres. Quant aux interpretes, ce sont :
~IM. Désiré, Pelva, Jean Paul, Mi:e, Bouffar et Taffanel,
c'est-a-dire !'élite de la joyeuse t:,oupe des Bouffes parisiens; M. Guyot, M110 AlbrecJÍt et Estagel du TbéatreLyrique; M. et Mm• Duboucher, du Théatre royal de la
Monnaie, de Bruxelles. ll y a la de quoi faire fuir, au
moins jusqu'A Carlsbad, la tristesse la plus invétérée et
la lassitude la plus chronique.
On passera de l'opérette au concert. Vivier, Servais,
Batta, Alard, Joseph Wieniawsk.i, Vieuxtemps, Léo Lion,
Arbao, Meyer, etc. etc.; Mm• Escudier-Kastner; M11• Marimon, de l'Opéra-Comique, et Mm• Le:nmens . Sherrington, composeroot le personnel musical. Des sons, et non
du bruit. N'est-ce pas le repos le plus heureusement
occupé que l'on puisse désirer?
Les représentations théatrales au Kursaal ont com-·
meneé déja. - On a ouvert par le Chien du be'l'ger, opéracomique en un acte, paroles de MM. Lockroy et Cormon,
musique de M. Albert Grisar; et c,-oquivnolle, opérette en
un acte, paroles de M. de Forges, musique de M. Ernest
Lépine.

essentiellement de celui du café, mais auquel le cona proportions
n égales avec le café, 11 détruit en grande partíe son
n effet surexcitant sans e.n altérer le gotlt; - comLiné
&gt;J par moitié avec le tbé, le karouba produit un bren)) vage nouveau etagréable';- mélangé au lait, il forme
J) un déjeuner nourrissant et salubre, particulierement
)) recommandé aux femmes et aux enfants.- En un mot,
&gt;J le karouba a les á.vantages du café sans les inconvéJ) nients de la sureYcitation et de l'insomnie.
» Chaque consommateur peut done a son gré, et sui)) vaot son gotlt, ou employer le karouba a l'état pur
)) ou le cornbiner avec le café, le thé, le lait, le rhum et
)) l'eau-de-vie · dans les proportions qui convicnnent le
» mieux a ses habitudes et a son tempérament. i&gt;
ii

» sommateur s'habitue vite. Combiné

-Qui n'apprécic aujourd'hui 1'Eaude Mélissed-esCarmes,
ce remede souverain, dont !'origine remonte a une date
si ancienne, qu'~lle est presque devenue une légende?
Léguée par le dernier des Carmes de la rue de Vaugirard aM. Boyer, qui en possedc seul le secret, cette pré- ·
cieuse liqueur a acquis une popularité sans égale.
L'Eau de Mé/isse des Carmes compte autant de partisans qu'elle a opéré de guérisons merveilleuses, c'est
dire qu·elle est uoiversellement adoptée. Seulement, on
ne saurait trop se rappeler que la véritable Eau de Mélisse est signée BovER, et que, cornme toute chose excellente en soi, elle a donné lieu a des contrefa~ons.
L'Eau de Mélisse des Carmes, dont tous les pays du
monde possedent le dépot, - est fabriquée, 14, rue Taranne, a París.
. C0MPAGNU: &amp;ÉNÉRALE TRANSATLA.NTIQ0 E
Servlce poatal tr1n911S.

E~TRE LE D..I.VRE ET NEW-l'OBlí.
S.AN'S ISCi.LI

Par lu magniflquu paq!Uboll

a ri,ua

WASHINGTON, capitaine A. Duchesne, de 5,600 tonneaux de déplacement et 950 cbevaux de force.
LAFAYETIE, capitaine A. Bocandé, de 5,600 tonneaux
LIBRAIRIE.
de déplacement et 950 chevaux de force.
Réunir daos un dictionnaire tous les renseignements
Les départs se feront le mercredi, tous les vingt-huit
otiles, tel est le hut du Dictionnaire de la vie pratique a jours, tant du Havre que d'cl New-York.
la ville et a la campagne (i), que M. G. Beleze, ancien
' suit :
Les prochains départs auront liei.t comme
éleve de l'École normale, a publiéala librairie Hachette.
DO BAVRE:
On a souvent a rédiger des acles, a donner des quitSteamer Washington. Mercredi 27 juillet.
tances, Afaire constater des délits, a se faire délivrer un
Lafayette .. .. Mercredi 24 aout.
passe-port, un permis de chasse, a déclarer une naisWashington. Mercredi 21 septembre.
sance, un déces; mais on ignore la maniere de procéder
Lafayette.... Mercredi t9 octobre.
dans ces diverses circonstances.
Washington. Mercredi i6 novembre.
S'agit-il d'un mariage, d'un engagement militaire,
Lafayette..... Mercredi 14 décembre.
d'un placement de fonds? Nouvelles formalités. - Veuton-savoir quels sont les avantages, les inconvénients et
DE NEW-YORK :
les conditions d'une profession; que Is sont les soins a
Washington. ~~rcredi i 7 aoüt.
.
donner aux enfants; quels moyens peuvent rendre plus
Lafayette. .. Mercredi i4 septembre.
faciles l'ordre et l'économie dans un méoage; a quoi
Washington. .Mercredi 12 octobre.
obligent les devoirs religieux, les devoirs de société, les
Lafayette.... Mercredi 9 novembre.
regles du savoir-vivre ; comment on doit. diriger un
Washington. ?tfercredi 7 décembre .
faire-valoir, un jardín, une basse-cour; quels sont les
Lafayctte.... Mercredi 4 janvier 1865.
meilleurs procédés de chasse et de peche, les regles d'un
Pri1t des places :
"Jr'r
je11 de cartes, du trictrac, des échecs, du billard, etc. ?
Premieres. . . . . . iOO fr.
Pour trouver une réponse Aces questions et a taot d'auSecondes . . . . . . 400
tres semblables, il suffit d'ouvrir le Dictionnafre de lavie
S'adresser pour passage, fret des marchandises, des
pratique. Religion, droit, assurances, industri~, agriculespeces,
et pour tous autres renseignements :
ture, horticulture el syl viculture; rnédecine domestique,
A
París,
au bureau spécial de la Compagnie, f2, bouhygiene et art vétérinaire; économie domestique et rulevard
des
Capucines (Grand-Hotel) :
rale; cuisine et office; exercices du corps; j~ux de toute
Au
Havre,a
MM. William Iselin et ce, agents;
sorte, etc.; ces diverses matieres ont été traitées daos le'
A
New-York,
a M. Geo. Mackenzie, 7, Broadway.
Dictionnaire, au point de vue pratique, et de maniere
que le livre fut également utile Ala ville comme a la
~
campagne. Le Dictionnaire universel de la ,¡;e pratique
CAISSE GÉNÉRALE DES CHEMINS DE FER.
forme un beau volume de pres de quatre mille colonnes.
MM. les commissaires nommés par l'assemblée du
(1) Un ,ol gr&amp;11d in-8•, de plus d• t,i00 pages. Brocbé, ~t fr.
6 février dernier préviennent les actionnaires que, par
des ,-aisons de haute convenance, la réunion qu'ils ont
convoquée
pour le 30 juin est remise au samedi, i 6 juilHYGIENE.
let p,'Ochain, a deua: heu,-es de l'apres-midi, au Cirque de
Le directeur de la Société fran~aise d'alimentatioo, l'lmpératrice.
rue du Cygue, 4, a Paris, publie la note suivante, en réPour que les solutions de l'assemblée aient ph1s d'aupqnse aux nombreuses questions qui lui sont adressées torité, la commission prie instamment les actionnaires de
chaque jour sur la nature et l'emploi du nouveau pro- ne pas négliger d'assister a cette réunion ou de $'y faire
duit aíimentaire, le Karouba :
reprt!senter poui· toutes les actions qu'ils possooent.
&lt;( LE KAI&lt;0UBA NEsr PAS DU cAF~. Comme le café, il
On dépose les actions chez M. Mires, rue Neuve-des» se prépare par infusion daos les memes proportions Mathurins, 39.
» et sert aux memes usages. La s'arrete l'analogie; pris
Les cartes déja délivrées serviront pour l'assem.bléedu
)) a. l'état ·pur, le karouba contient un arome qui difiere t6 juillet.
1

.., ' J.t

~

�L'ILLUSTRATION, JOURNÁL UNlVERSEt.

32

T,

Le

EXPOSIT!ON DES RESTES DE M. ROUVIÉRE, MALRR DB .MARSEJLLE, DANS LA CliAPELLE ARURNTE DE L'HOTEL-DE-VJLLE. -

La Société impériale et centrale d'Horticulture ouvre
aujourd'hui, 9 juillet, sa troisieme exposition partielle,
AU DIRECTEU!i.
qui est spécialement consacrée aux roses, reillets,
Marmll•, ~O ;uio.
orchidées, etc.
Le public sera admis tous le,s jours a cette exposition
La villc de Marseille vient de perdre son premier majusqu'au i4 juillet inclus, de íO heures du matin a
gistrat. C'est la premiere fois qu'un maire y meurt dans
O heures du soir.
'eiercice de ses fonctions. M. Rouviere (BaltbazarLe prix d'entrée est fixé a i fr. par pcrsonnc.
Fran~ois-Xavier), d'une anciennc famille marseillaise,
était né le 2 décembre 1778. Jl avait fait ses études au
ycée ~e Marseille, ou il avait été le condisciple et le camarade de classes de plusieurs des hommes les plus
RÉBUS.
distingués de notre époque, de M. Thiers, entre ·autres.
Apres avoir fait son droit a Aix, il déhuta dans le barrean, aMarseille, en f8i8. En f826, il ful nommé avoué,
et, dans l'exercice de cette profession, il se distingua par
son intelligence, sa droiture, son intégrité.
M. Rouviere entra dans la vie publique a partir de
1860; nommé membre de la commission Il)Unicipale,
qui succéda au conseil municipal dissous au mois de
janvicr de cette année, il fut, le t•• juillet suivant,' appelé aux fonctions de premier adjoint. Lors des élections
qui survinrent peu aprcs, il fut maintenu au eonseil par
le choix de ses concitoyens; enfio, un décret impérial
du 22 février f862 lui conféra la dignité de maire, apres
la démission de son prédécesseur. 11 était, en outre,
eonseiller d'arrondissement et chevalier de la Légion
d'honncur. M. Rouviere a succomhé a une rap:de maladie, le 27 juin. Son corps a été exposé, pendant toute la
journée du 28, daos une ch¡;pelle ardente, a l'Hótel-deVille. Ses funéraillcs ont eu lieu le 29; la ,ille prcsque
tout entiere assistait a cette triste cérémonie. Trois discours ont été prononcés sur sa tombe : le premier par
M. de Maupas, sénateur, chargé de l'administration du
l!.XPLlCATION DO DERNIER RltBOS,
département; le deuxieme par M. Roussicr, pre~ier adLa pensée est tout dans un tableau.
oint; le troisieme par le président de la chambre des
avoués. M. Rou,iere est vivement regretté de toutes les
classes de la population. C'était un véritable bomme de
A~G, MARC, directeur-gérant.
liien; bon, doux, charitable, conciliant, plein de zele
pour ses fonctions.
Em,. TKXIER, rédacteur en chef.
Agrée1., etc.
B. L,1NoA1s.
M. ROUVIERE, MAIRE DE MARSEILLE.

-------.,..~..
--.,,_____
......

Tous les sam~dis, fete de nuit aMabille. Tous les mercredis, au Chatean.-des-Fleurs.

Imp. de L'ILLUSTHATION, A. Mar&lt;;,
22, rue dt Ver11tuil.

U'apres un croquis de M, B. Landais,

LE PARTHÉNON DE L'Hl$TOIRE.

Sans aucune interruptioo, LE PARTHÉNON DE L'HISTOIRE poursuit la publication de ses six volumes.
L'avance considérable de planches gravées que possédaient les éditeurs pe cette vaste entreprise avant de
mettre en vente la premiere livraison, leur a permis de
continner Ieurs travaux saos aucune précipitation préjudiciable a la beauté de l'reuvre; de telle sorte que les
liyraisons qui se succedent sont aussi parfaites ·que les
premicre~.
./
C'est ainsi, du reste, que· dcvraient toujours se traiter
les ouvrages publiés par fascicules.
Les livraisons n•• 39 et 40, qui viennent de paraitre,
témoignent de la vérité de notre observation.
Ces deux livraisons renferment :
Salon Lo,;,is XV, tete de chapitre. - Portrait de
Mm• de Longueville. - Brúle-parfums, cut-de-lampe. Chien et chat, tete de chapitre. - Portrait de Marion Delorme. - Bas-.relief antique, cul-de-lampe. - Vv,e de
Venise, tete de chapitre. - Portrait de Bianca Capello.
- Amour aux couronnes, cut-de-lampe. - Église de Notre-Dame de Géorgie. - Place Krassnay!}, - Monastere
de Deritschiye. - Polé. - Vue de la Porte rouge. - Grosse
cwche de Moscou, cul-de-lampe. - Panoplie d'armes, tete
de chapitre., - Image de Notre-Dame, dite du patriarche
Josaphat. - Mitl'e du premier patriarche de Russie,
Job. - Mitre du palriarche Nikor. - Mitre, dite bonnet
grec. - Paragia. - Ciboire du temps du grand-duc Jean
Vassilievitch. - Couronne en diamants du tzar Jean Ale•
xéiévitch. - Casques lithuaniens et livonie1is. - Sceptre
de céremonie. - Encen.1oir en or du tz&amp;r Theodore Ale·
xéi&amp;vitch. - Couronne du tzar Michel Feod.-Orovitch, dite:
bonnet d' Astrakan. - Couronne en diamants d11, tzar
Pierre 1". - Couronne en drap, dite bonnet de Sibérie.
Cet avis est donné anos abonnés souscripteurs acette
pub\ication, et particulierement a ceux q1ü ne le son\
pas encore.
~

Le renouvellement de juillet étant un des plus
considérables de l'année, et occasionnant dans les
burcaux un travail supplémentaire, nous prions nos
souscripteurs dont l'abonnement est expiré de vouloir bieri le renouveler au plus t6t, s'ils veulent
éviter tout retard dans la réception du journal.

G1

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                <text>Universidad Autónoma de Nuevo León</text>
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                    <text>L'ILL USTRATION
TOME XLIV

.Juillet, &amp;.out, Septe111bre, Oetobre,
No'l'emhre, Déeembre

1864

PARIS
60, RUE RICHELIEU

�L'ILL-USTRATION,
lOUBRAL Ul'IVEBSEL.
------------

-~':'?-

-:;~~~-.

-=-~e,

-- - -

Direclion, Ré1lartion, Adminislralion :
Toutes les communications relat;\"e&lt;; 'au journ~l , réclamations, demandei
de chan~ements d'adresso . doiveot étre adressées franro a
:1:. AIUG. ~fARC, DlllECTEUR·GEP.~~T.
Les dem:irn1es d'ahonnemPnt rloh·ent etre accompagnees
ri'nn m:rn-1:.t en:- P:trii.

/

F.O N DO
FERNANDO OIAZ RAMl!lEZ

011 :-1ir

la nc,ste.

Ue ANNÉE. VOL. XLIV. Nº 11111.
8an1edi ·~ .Juil!e t
L'admiuillratioo ne ripond pas dc1 maouscrill el ne 1'engag1 ¡ama11 i le1 msirer.
fu let traités, la traduclion r.t la reproduction i l'etra.ngér sonl mteranas.

BUREAUX : RlTF. RrCHF.LIF.fl. GO.

Abonnrmrnls pour París el les Déparlemcnls :
3roois.9ír. ; - 6 mois, IS fr. ; - unan, 36ír.; - le numéro,~Sc.
la collection mensuelle, 3 fr. ; le volume semestriel, 1&amp; fr.
AilO~'NE:IIENTS POUR L'ÉTRANG6R 1
~1émes prix ; plus les droits de poste , suivant les tarifl.
Les abonn .. partent du I tr no de ch3~ue mois.

France. Le dix-huitien:e siecle a vu le partage de la Pologne,
et cette tache souillera éterne1icment sa mémoire.
REVUE PDLlTlQUE DE LA SEMAINE.
SO.\UIAlíl E.
Le dix-ueuvicme siecle est-il destiné a voir le partage
Le Monileur nous a aononcé, en termes tres-laconi- du Dancmark?
Re•ue polilique de la srmaii,e. - r.ourrier Je Pari;. - Tableaul
ques, une nouvelle a laquelle DQUS nous attendions :
Un écrivain, M. Léon Plée, fait remarquer que, jusreprodu,ls par l'lll11s11•ation. - Cormpoudnuco d'Algérie. - Giulia
« Une dépeche télégraphiq ue de Londres annonce que la qu'il. ce jour, nolre histoire ne nous avait pas habitués it
( nou.elle), suite. - Caus•ric dramaliqne - La Fiorata de Gcnconférence a tenu sa derniere séance. »
voir tomber les faibles sans que nous leur portions seiano. - Lea Courses de Printemps a Pékin. - Autobiograpbie
L'opinion publique n'a pas re~u celle nouvelle avec cours. « Au trait9 de Vervins, nous avons fait reconnaitre
d'un poete (suite ). - Consécration de la nouvclle église S3iutcautant de calme que le journal officiel. Le courage dont l'indépendance des Provinccs-nnies; it la paix de West•
Perpétue, a Ntme,. - Cbronique musical•. - Queslions p111iliques
le Danemark a fait preuve, la rési, tance de celte petile phalie, nous avons cÓnfirmé cetle indépendance et ,fait
et littéra1res (XIV) : Quelles sont les idécs de la nouvelle généraet hér.o'i que nation aux masses considérahles de la Prusse r,econnaitre celle de la Suisse; par le traité de París et
tion intellectuelle? - lclire de M. Yictor Hui,.
Statues de diet de l'Aulrichc, ont excité la sympalhie de toute la de Ycrsaillc.:;, en 1784, nons aYons fait reconnaitre l'in,inité1 et ohjets didépendance des
•en nposés au
Etats-Uñis d'AMusée de Mnico.
mériq ue; en
- Le général Dem1831,
nous n'abinski.
vons pas hésité .A
défendre la BelGravuru : lnsurrecgique et A forhon d' A l~érie : Aracer l'Europe a la
bes enlevant le corps
reconnaitre comdu sherií Si-Lazereg,
me indép1,ndanau combat de Dar-•
te; en 1853, nous
hen - Abdallab; n'avons pas
Comb,t l,ué le 5
jui1a coutrc l,s Flit.
craint de défendre l'indépentu a Dar-bon-Abdance de l'empidallah. - État acre ottoman et de
tual des trnaux du
Pal1i1 de · Jushce.
faire reconnaitre
celle de la HorL'/nfiorata a
Genzano : Pay,ans
manie; enfin, en
formant le tap11 de
1858, nous avons
fleur&amp; puur le pa,couru an secours
IIKe de la procesde l'Italie et nous
1ion ; - La procesavon.~ commeneé
1io11 de 1'111/lorata.
SOD unité. »
a r,euunn. - Les
Quoi qu'il en
f.ourses de Prinsoit, la conféreotemps i Pékin. ce k été rompue,
Conséeration de l'éet l'état de guer
glise Sainte-Perpére entre le Danetu-. i_Nimes. - Samark et les deux
l•n de 186+: fri,its
grandes puissancueillis. - Diviuitu
ces allemandes a
utique. - Statue&amp;
recommencé.
de , dieu1 azteqn,s
Dans cette derttposé•• au llnSPe
nicre séance de
de lle,ico. - Le
samedj, une 'd¿-'
claration, lue par
M. de Bernstorll
au nom de la
PrUS11e, a essayé
INSURRECTION D'ALGÉRIE: LES ARABES ENLEV.A.NT LE CORPS DU SHERlF Sl•LAZEREG, AU~COMBAT DE DAft-BEN-ABDALLAH, - D'apres uo croquis de M, de la Brilfe.
de~r sur le

�2

L'ILLUSTRATIO

L' lLL USTRATlO,. , JOU RNAL UNIVERS EL.

JOUR .\ L ll~IV ERSFL.

-

résu\tat de ce scrutin de ballotage a été favorable aux
Oanemark la responsabilité de la rupture des négociaAvez-vous vu, dans Bl rcelone,
1 •
COIJBlllft 81K P.&amp;BIM,
Une AndJlouse. . . . . .
tions. Le représentant do cabioet de Copenhague, M. de candidats de l'opposition.
S'il existe encorc de nombre•Jses dissidences d'opinion
.
.
Bille, a répondu a cette accnsation, puis il a ajouté que
au sujct de l'abolition de la peine de mort, tout le Un moins pour un m1t11J:. - t • le marq11is de Ferriere
Mais il eut des scrupulcs, et improvisa quatre strole Oanemark retirait son anhésion au projet de démarYaycr. - U"e amhassodef,·•tnf11ise en CMne. - t'::thange
monde est d'accord do m0i11s sur ce point, q~'il est bon
phcs
tout ei pres pour ~on hule.
cation proposé par l'Anglelerre, et qu'tl reprenait ses
roli·ess~s poétiques. -Lajo11r11ée d"uri elég,nl de Cakut
de refréner ce cruel mstioct de curiosité, qu i fa it du supEt
voila
comment il n'est point mal qu'un diplomate
druits sur toute la mooarchie, tels que les censacrait le
La Cou1 d11 !la, l.1y. - Le nouveau Palais de Jw.tice.plice un speclacle; en attendant que 11ar suite !les prosoit
un
lcttré,
voire meme un poclc, el comment le gou'l"Oilte de la salle des Pas-Perdus. - Le T1 ibunal de
traité de i s:,2.
gres de l'éducation publi11ue le peuple s'éloignc de lui,verncment
fera
sagement de pourvliir d'ambassldes
inerce et le Prado. - Clll'oniques et Ugendes des ruel
Immédiatemcnt, le prince Albert de Prusse, qui commcme de l'échafaud, partout les autorités chargées de
\JM.
Lecontc
de
Lisie,
Théodore de 8am illc, Chailes
Paris. - Joscph ll au calé de la Rign1ce. - Les rata
mande une divisiou de l'armée prussienne dans le
régler l'application de la peine de mort s'eíiorcent de
Reaudelaire,
Louis
Douilhct
et mai nt autrc, capable d'cn
.Pdfis.-Lcs
vente~
de
c,
:
s
dames
au
siecle
dernier.Sleswig, recevait de Carlsbad, par le télégraphe, l'ordre
restreind re la publicité de cette application autant qu'il
remootrer
sur
la
metaphorc
et
sur le rhythme atous lesacaques
statuls
du
Cricket-Club.
·
de se rendre le jour mcme ap. quartier géoéral.
est possible de le faire saos violer la loi. Aussi n'est-ce
,dcm1
c1ens
de
la
Perse
et
a
toas
les mandarios de la Cbine.
La lutte va done reprendre, et, cette fois, avec une
pas saos un triste étonncment que nous avons lo le récit
Qlle de fois j'ai regretté, depuis samedi dernier,
animosité plus grande. O'uo coté, le Oanemark s·y préde l'exécution d'un malheurcnx nommé Ouwez, dit le
M. ne Ferriere le Vaycr nous -lonne, daos son journal
l'li,~tration ne fut pas un journal quotictien !
pare en se faisant allouer par les Chambres les somme~
Petit sorcicr, et qui a cu lieu a Valencicnoes.
,de
voyagc, la journée d'u n élégar t de Calculla.
En laisant all usioR a la brochure de M: Émile Au
nécessaires pour les besoins de la guerre, et en rétahlisEn tete do cortége veoait un demi-escadron de dra((
A l'aube du jour, ou, comme on dit ici, au coup de
sur la question électorale, j'écri vais eett~ phrasc, ,
sant immédiatement le blol'U~ clevant les ports prussieo~
gons précédé de trompelles sonnant la marchP, puis trois y a huit jours : « 11 s'est trouvé que 16 brochur
canon ele la forteresse, il saute do lit et va, légcrement
de la Baltique et les pa.~ses des Ouchés. Cette ré~olution
membres de la confrérie de Miséricordc portaot le Christ
habillé, re,pirer l'air qni n'a pas eocore touché la llammc
M. Augicr n'était pas plus mau vaise, ¡iour le fond,
a été annoncée par une lellre du représentant danois a
voilé et deux laoternes, ct'cnfi n lacharrette rlu coodamoé,
du soleÍI. l)cs q,rn l'astre s'esl mnntré tout entier, il rensi elle était l'reuvre d'un sous-préfet, mell\e d'un pré
Londres, qui a informé le comte Russell qu'il sera accordé
entourée d' une soixantaine de coufreres de la Miséricorde
tre et se rccouche. A sept hcures, il prend un baio et
anx navires neutres un délai suffisaot pour sortir des ports
et "qn'elle valait mitt,x par la forme.,,
coonus sous le nom local ele beubeux ; apres le supplice,
fail sa to:lette. A huit he ures, il boit son tbé en lisant ses
Or, voila qu'a l'impression mon mieux est ·devenu
de l'eonemi. O'autre part, les Prussiens, dit-on , seraient
ces mcmcs beubeux ont suivi le cor ps jusqu'au cimetiere,
:ournaux et sa correspoodaoce. A ncuf heures, il se fait
résolus a recourir aux plus extremes moyens: il serait
ce qu i a valu a la foule 1.n double spectacle et deux pro- moins.
porler ou traioer a son bureau, et il y travaille jusqu'a
Le fran~ais de l'administration préféré au fr&amp;n~is
questioo de coofisquer, a titre de. représailles, la récolle
deux heures. A deux heure~, it ti/(f.11e, c'esl un repas subce55ion,.
•
entiere du Jutland. On dit aussi que la Prusse et l'AuM. Émile Augier, =1uelle hérésie !
Ne se croirait-on pasen plein moyen age? Dans ce
stantiel et qui se fait en famille. Ensuite il dort lasiestc
Si par hasard cette phrase maleocontreuse est to
triche espereot pré"enir l'interventioo maritime de l'Antemps-la, on con~oit que des bommes pieux se soienl·
ou
se repose en l_isant jusqu'a qnalre hcnres; quelques~
bée sous les yeux do poéte, il aura souri, devioant bi
gleterre en s'abstenant de porter la guerre sur le terriréunisen confrérie, ct aient mis au nombre de leurs bonnes
uns merne né qU1ltent leur 1.,urcau qu·a ce momcot et
ce qu'il en était. Ce n'est done pas pour &lt;looncr satisf
toire des iles danoises, et en se bornanl a employer les
reuvres \'enterrement des suppliciés qui, par suite des
s'y sont fait a¡,pon er un verre de sherry et un bis~uit
tion a M. Émile Aogier que j'étáis impatient d'effa
forces navales dont elles disposent pour empccher le
préjugés et de l'lucurie do temps, auraieo t pu rester saos ma dé¡,lorable coquille. Mais il n'était poiot impossi
en guise de tiffi.n. A cinq heures, oo 5'habille pour aller
blocus sur certains points de la cote d'Allemagne. Le·
sépulture. Mais aujo•Jrd'hui, pourquoi tout cet appareil? qu'un préfet ou nn sous-préfet eut pris ce moins au
en voiture ou a chcval manger rair du soir, seloo l'cxJ1Jtlaod continuera, bien entendu, a clre occupé, daos
Oans plusieurs pays de l'Allemagne, c'cst daos la
pre!\Sion pittoresque des Anglais de l'lnde. On fai t une
rieux, et qui sait, peut-elre les lettres allaieot-elles no
toas les cas, au moios comme titre de gage, jusqu'a la
cour de la prison, en préscnce d'uoe commission spénouvelle toilette pour le di ner, qui a ticu vers sepl heures
priver d'un Mounicr ou d'uo Rambuteau; c'est ce d~
cooclusion de la paix.
ciale, que se font les exécutions. C'est ce que nous vouet d~01ie. Les dames se retireot au dosscrt et les hommes
Les dépeches arrivées de Londres ne donnent pas a
ger-la que j'avais ha.te de conjurer.
drioos qu'on flt eo France. En attendant que la peine
foot circnler les carafoos de ,•írb pen&lt;lant une demipen~er que l'Aogleterre soit a la veille de preodre fait
de mort soit eilacée de nos co&lt;les, que la guillotine du
heure en fumant daos un bec d'argcnt, pms on renlre
et cause pour le Oaoemark. A la derniere heure, toutes
Les diplomates-écrivains ou les écrivains-diplom
moins se cache; que l'échall ud disparaisse de nos places
dlns le salon join the Jadies, ou l,1eJ1 1' on au club ou
les menaces de la semaine passée se soot envolées. Le
ne sont pas rares : ~rn. Joseph de Maistre, Cha.te
.au spcclacle. »
Times, le rude balailleur de ces derniers jou~, déclare publiques.
briaod, de Lamartine, soot assez célebres, et M. de M
Le doyen des souverains de l'Europe par l'Age (82 ans),
. Lne vie charmlnte~ n·est-ce-pas, et faite pcur teoter
que la nation est opposée a la guerre. J.ecabinet de Saintcel111s n'eut point dédaigné, chacun le sait, d'etre
le troisicme par la d-:i.te desoo accession au tróne (i8t 6},
úñ elégaol de Londres ou de Paris'? Un "rai paradis que
Jame~, apres avoir bieo et nument considéré la situati.:&gt;n
Guillaume )••, roi de Wurtembcrg, vient de mourir au l'Académie.
l'In~e,
n'étaient la chaleur, ~es tigres, les serpents, l'btde l'Angleterre, j~ge compati ble avee l'honneur oational
M. le marquis de Ferriere Le Vayer, qui représe
cbateau de Rosensteiu apres une longue maladie.
pal1le, la fievre, le choléra, les thugs et les ¡mees.
et avec sa propre politique de s'abstcuir de faire la
la Fraoce pres de _plusieurs cours allemandes, et ~
Né a Luben (Silésie), le 27 septemlire i781, do duc
guerre. Le gouvernement britannique veut bien advieot de monrir ministre pléuipoteotiaire a Bruxelles,~
Vous souvient-il qu'autrefois, daos des temps tres-an(depuis roí) Frédéric Jcr et d'une princcsse de Drunswick
mettre cepenelaul qu'il puisse elre créé une situation
littérateur avaot d'ctre diplomate, et ne crut pas qu'~ ciens, il y a cinq ou six ans pcut-étre, alors que \a ruc
Wolfeobuttcl, favorite et confidente de Catherioe de
-qui obligerait l'Anglelerrc a examiner ele nouveau les
époasaot la politique, il fut daos la nécessité de rom, LafaJetle n'avait pas encorc étc prolongéc, que le IJouRussie, et donl la fi n, restée mystérieuse, a longtcmps
résolutions a prendre, atteodu que l'existence de lamolevard ~Jalesherbes, le boulevard Haussmanu, le bouleexcité les conjecturPs, voire les soup~ons, le prioce Guil. avec la littérature.
r¡archie danoise importe a l'Europe et a l'Aoglelerre;
Sous le pseudonyme de Samuel Bach, il :ivait pu vard d!l Prince-Eugcne et cinq ou si, autres houlevards
laume eut a luttcr de bonnc heure contre le despotisme
mais tant que la guerre serait lim1lée aux possessipns
a.utrefois des p:iges spiriluclles. Plus tard, attacb n'.e.xistaient pas, q~e_M. le préfet de la Sl•ine ne ~oogea1t
de son prrc. Oevant la couroonc a la Francc, Frédéric 1er
continentales do Oanemark, il n'y aurait pas de raison
l'ambassade de M. de Lagrené, en Chine, il écrivit
mala rue AobPr m a larue Scribe, que les dcux théatres
obéissait anx moindres volootés de Napoléon : il doona
d'abandonner la polilique suivie jusqu·a pré~ent.
journal de voyage sous ce titre : U11e Amb~sade fran
du
Chatelet n'étairnt poiol sortis de terre, qne saint
une de ses filies au roi Jérome de Westphalie, et quaod
Au moment oú celte déclaration élait fai te, le Moniteur
en C/iine, et signa cette fois de son nom.
Augustin
et sainl Ambroise n'étaieot mcme pas dessioés
Napolcon jugea utile a sa politique le mariage de Gnilanooo~ait que les Prussiens avaient ouvert le fcu conSes talents lilléraires le servirenta merveille, a Ma a~ors qu"il _Y avait eucore des arbres a Chaillot et qw'iÍ
laume avec üne princesse de Bavierc, Frédéric ordonoa
tre les fortifi cltions d' Alsen, qui a été prise presque saos
Un jour, a pres la conclusion du traité, il avait dioé
n y en ava1t pas roe Montholo0, alors que le canal Saintcctte union. Comme les deux futurs nourrissaieot d'aucoup férir. L"Angleterre considérera-t-elle l'ile d'Alsen
le p'énipotcntiaire chinois Houang, un maodario
M
artin ne coulait pas sous des lleurs et que Paris ne
tres inclioalions, d'un comm uu accord ils arretereot un
comme une posscssion cootinentale du Oanemark?
montrait saos cesse, en parlant,son bras qu'il ava1t
comptait
guere que douze cent millti habitan l~ vous
L' Angleterre restera !'arme au pied. Le comte Russell arrangement secret, constatant ala fois la nullilé de leur fait. Pendant qu'on prenait le thé, son bóte lui
souvient-il
qu'il y avait derriere la place Oauphi; e une
conseotemcnt appareot et leur volonté formelle de ne
a la Chambre des lords, lord Palmerston a la Chambre
- « Nous allons nous séparer bientót ; c'est un
'"1c1l!e cour triangulaire, médiocrement gaie, qu'on ap-•
pas vivre en époux. Auss1, l'iapoléon tombé, ces lieos si
des communes, ont préseoté l'exposé historique de la
usage chez nous de doooer a nos amis, quand ils n pela1t la cour du Harlay '? Des bureaux, des greffes et la
peu serrés se déoouerent: Guillaume épousa la sreurde
t¡uestion daooise. A quoi bon ce cours d'histoire rétrosquittent, quelques lignes de notre écriture. 1&gt; - Et il buvette occupaient une des ailes ; les ma¡:istrats, les
la czarioe, et la princesse de ¡laviere devint irnpératrice
pective? Ce qu'oo attendait. du gouveroement anglais
mit au marquis des vers, oú entr'autres belles choses av?cats , les avoués, les clcrcs, les plaideurs qui ve1
c'était un acle. Or, de la déclaration de lord Palmerston d' Autricbe.
oa1ent &lt;
!ela place Dauphioe la traversaient pour eotrer
Guillaume avait, on le voit, pour détester Napoléoo, \isait ceci :
et do comte Russell, il ressort que \'Angleterre gardera
&lt;&lt; ll y avait a Paris un excelleot docteur, a l'as
au
Pala1s,
aoque!_ conduisait un escalier quelque peu
décidémeot la neutralité, « a moios que Co11eohague ne des raisoos de politique et de sentiincnt, auxquelles n brillant comme le ja~pe. Au dedaos, il était lumm so~bre; des cahr1olets et des coupés de remise y atten, soit attaqué, et le roi Christil n fail prisonnier de guerre. » s'ajouta encore la dure obligation de suivre jusqu'a fa &gt;l comme la lune d'automoe ; au debors, il était com d31ent commodément la pratique. La pioche a supprimé la
Si le Oanemark di~parait de la carte de l'Europe, ce se- Moskowa la grande armée. F.o !814-, il combattit vaillam- » le léopard qui chaoge en 8ecret sa robe magoifiq cour _d~ llarlay; mais apres la piocbe cst vcnuc la truelle
ra pour avoir ajoutP. foi aux promesscs de son alliée, la ment cootre nous, surtout a la Rothiere et a Montmi- ,, et comme l'aigle qui , daos son vol, est babi~ué
et ,·01c1 que sur le sol déblayé s'úlbe un hatiment tou~
rail, ou sa résistaoce acharnée empécba l'écrasement
n mouvemenls gracir.ux. S'il parlait d'armees, e llambant neuf, Mtirnent a colonnes, s'il vous plait, don t
puissante Anglcterre.
Le jour meme ou la treve prenait fin, le Rigsraad complct de~ alliés.
,, comme s'il avait ouve1 t un arsenal ; s'il suivait les la fu~~de rappelle celle de l'anc:ien pafais donl il est une
Pendant son long regoe, Guillaume ¡er se montra-un
s'ouvrait a Copenhague, et le principal ministre, M. Monn de l'harmonie, il dépassait les maitres du tympan
des dependa_n_ces. ~~ ~ mettra le grand cri mine), forl picrad, donoait lccture du messagc r.:&gt;yal, qui i:cspire les prince relati vement liberal.
» Ses habits d'or avaieot un éclat étincelant ; son ét tremPnt logc Jnsqu te,, et pcut-ctre Paris aura-t-il une
Le
oouveau
roi
(prioce
Charles)
e5t
né
le
6
mars
1823.
sentimenls les plus patriotiques, et dout nous extrayons
» d'argent avait une fnule de poinls lumineux, et des salle d'assises qui ne preter,a pasa rtrc aux départements.
11 a le rang de lieutcoant général wurtembergeois et le
le pas~age suivaol :
1&gt; roles admirables sortaient de sa bouchc comme
« Nous traversons une crise mena~ante pour !'avenir titre de chef d'un régiment de dragons russcs. 11 est ,&gt; morceaux de jade. Son maiotien le faisait resse
:"-ious supplions trcs-humblement messieurs les mado pays. La néces.&lt;ité de faire face aux dépenses qu'exige marié depuis le 13 juillet 18i6 a la grande-duchesse » a un rameau de pierres précieuses. »
~?ns, quaud ils auron t íini de ce coté- la, de vouloir
la continuation de la guerre a ameoé la convocation do Oiga, filie du czar Nicolas, de laquelle il n·a point d'en11 est bien colendo que l'excellentdocteur, qui re
bien pre.odre la peine d'eotrer nans la salle des Pas-rerRisgraad. Nous avons appris que les droi~ les plusclairs rants. Tenu a l'écart des affaires par son pcrc, le prince blait au dehors /J. la lune d'automne r.t au dedans dus et den raccommoder la volite. Messieurs les archi-Charles n'a eu aucune occasion de laisser presseotir
comptent peu en Europe. Nous sommes isolés.
léopard et a l'aigle, n'était autre que le convive du
~~tes, peosant qu'il serait dommagc qn'elle écrasat
1e~oqu~~ce . judici~ir~, ont donné l'ordre, un jour,
« l'\ous avions du consentir a un sacriíice péoible en quellcs seroot ses sympathies poli tiques. Elles seront darin. Certes, il est tres-agréable de s'enteodre lou
abaodonnant le territoire situé au dela de la Schlei. franchement rus~es, s'il faut tirer qnclq•Je ioduction lé- la sorte, mais il faut répoodre, la politesse l'exig ~u en 1ctayat. Les eta1s sont superbes, mais les pl us beaux
L'eonemi ayant demandé encore davautage, nous avons gitime de son éducation, des le~ons pateroelles (oo se Houang ne manqua pas de dire au marquis : - &lt;&lt;
ela1s. du monde ne sont poiot jolis a voir a la lon"ue
o ,
r.;pondu oégativement. Nous sommes convai ncu que le rappelle l'attitude provocante aoü-occidentale du cabi- tcoant, vous allez me faire aussi des vers sur moi. • et pm~' qu•on y songe : beancoup d'Anglais visitent
la
pays .!St d'accord avec nous. Que Oicu augmcnle les sym- net de Stuttgard pendant les guerres de Crimée et d'lta~l. de Fcrriere Le Vaycr raconte qu'il ful tenté d"é :!le des . Pas-Pe~dus, il serait bon de leur oler le prépathies pour nous chez cerlaine puissauce et la décide lic), et enfio &lt;les alliances de famil le et personnelles.
tout simplement de la prosc, et qu'il songea ensui b te de dtre : ,, T,ens, ces Fran~ais, qui font lant d'emL'Empcrcur et l'Impéralrice du Mexique ont dcbarqué
a nous accorder un secours actif. »
offrir au mandarín les quatre premiers vcrs du
1arras avec leurs nouvelles roes, leurs oouveaux bouA l'intéricur, rieo de bien iotéressaot, si ce n'est le a la Vera-Cruz, el se sout immélliatcment dirigés vers de la mort,d'llippolyte ou le premier couplet de '-e
e,ard~ et lcu_rs nouveaux édifices, ils dcvraient bien ré, résultat des scrutms de ballotage pour les conseils géné- Orizaba. Au départ do sleamer, Maximilien se disposait son d' Alfred de Musset :
,arer. leurs v1eu monuments. »
E»KOND Tm.ER.
'r~lll et les conseils d'arrondissement. Presque partout le a partir pour Mexieo.

"ª

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-- -

-

Quand Joseph eu.t floi de boire son café, il se lt. 1 tv
s'approcha do comptoir et jet:i un douhle louis.
I/
- Ah ! la bellc piccc, dit la limonadicre, c'est la figure
de nolre bon roi Louis XVI.
-Oui, madame, ctquant acelle de l'Empcreur, la voici,
Et souriaot, il saina et sortit.

Je me demandais un jour pourquoi le palais que le
Tri bunal de commerce est en train de se l.,alir avait 110
aspcct si riant, sijoyeux,si íolatre. Je le sais aprésent, el
me hale de vous l'apprcnelrc. Voici la chose en dcu:t mots.
11 y avait jadis sur le ter1ain qu'il occnpc un hal pu
lilic d"hiver, qui s'appelait le Prado, et que fréqncolaient
Ce café de la Régence vil toas les grands joueurs d'éles étudiants. Le Pra lo cst tombé, mais le génie do l1eu
ne s'est pas envolé, el il a inspiré l'architecte do nou- chccs du dix-huilicme et do dix-oem·ieme siccle : le
veau palais; or, comme c'est un génie d'hu111eur .,aie et grand Philidor, Légal, Foubcrt, Mayot, Oeschapelle~,
d'imaginalion plaisanle, il est arrivé ce que vous"savez. La Dourdoonais, Saint-Amane\, Boncourt, Bois,y d'Anglas, de Jouy. Le jcu d'échecs est immortel, et le café de
Notre savant et spirituel ami, M. Édouard Fournier la Rúgencc n'a fait que changcr de place ; peul-ctre y a.
.
'
est, commc oo le rn1t, IP court1san de tout ce qui s'é- t-il encore des Philidor et des La Bourdonoais, mais la
cro_ulc et de toutce qui s'en vadans París; que d'aulres mode n'est pasen ce momcnt aux écher.s, et le 11ublic ne
cclcbreot les gloires vivantes, il célebre, lui, les gloires les conoail pas; il connait Pille de 1'11fr et Vermo11t, el
morles, ce qui est pro~cril et conrJamné l'allire mvinci- un de ces jours sans doule le Cricket aura son héros,
hle~ ent, et c'est de tui r¡u'on peut dire : 11 n'a jamais dont le nom ~era dans toules les bouches.
tlaltc que le malhcur. Son zclc pieux cst infatigable :
Le r a,·is Cricket-Club ne fait parler de lui que depuis
chaque fois q1J'il enlcnd quelque part une pierrc tom- quelques semaincs; mais il y a, aujourd'hui t" juillet,
bcr, vite, il court et lui fai t son oraison funcbre · et un an juste qu'il esl fondé.
Dicu ~ait s'tl en tombe des picrres en ce temps-ci ! '
Ll' 28 septembre i 8G3, il comptaitd{ja 127 membres.
M. Edouard Fournier vient d'ajouter un volume charLe rcglemcnt de la société se compose de 20 articles.
maut a ceux qu'il a déja écrits sur le Paris d'autrcfois ·
L'art. XV autorise l'admission de membres hoooraires.
celui-ci est intitulé : Chro11iq 11es et légendes des rues d; Membre ho noraire du Cricket-Club ! C'est granel domPuris. 11 nous mene au donjan de Jeun -sans-Peur, a l'hó- mage vraimcnt qne Jérome Paturot ne soit plus a la
tel Pimodan, a l"hólel Saint-Paul, a la Civctte, au Veau- recherche d'une position sociale.
qui-tettP, au chatean de Be ,·y, au chateau de Madrid
11 y a, du res(c, parmi les membres hoooraires do
au café de la I\égcoce, au te 1ple de la Guimard et dan; Cricket-Cluh, des hommes qui ne se conteolent pas de
v~n_gt autres lieux, qui vraimeut mérilent bien qu'on les cette dignité, et entre aulres, le comte Cowlcy, lord
v1s1le.
Gray, M. le préfet de la Seine, M. Oayton, ministre des
Etats-Unis, el M. le duc ele Morny, prés1dcnt du club.
Uo chapitre iotit1Jlé Archéologie du rat de Pari~, nous
Aux termes de l'art XVI des statuls, chaque mcmbre
apprc11d que le premier rat qui vial en Franre y vint doit, pendant les parties, obfüsance au capitaine.
avec les Vandalcs, ctM. Fournier a retrouvé daos Grégoire
L'art. XIX recnmmande aux joueurs le panlalon et la
de ~o_urs un passage ou ce pré,at racoole la surprise des chemise de llaoelle blanche, et porte que les couleurs du
Par1s1cns en apcrcev:int un jour des rats daos leur vi lle. club sont le bleu, le blanc et le rouge. Ne vouloir arlioLe ral des Vandales était le rat brun; il posséda Paris rer en France que le drapean fran~ais, voila qui est tout a
sans con~cste jusqu'en IC47, oú apparul le rat noir, que fait courtois. Mcs~ieurs nu Cricket sootde n ais gcotlemen.
nous ava1cnt prolrnblement apporté les lansquencts d'AlL'art. XX cst aiosi con~11 : « Aucuoe partie ne sera pcrlemagne. Yers li70, les hordes du surmulot le "ros ral mise le dimancltc sous aucun prélexte. n II es~impossid'Asic a potl roux, cnvahirent la France. E; n;5 a la blc que le Seigneur ne bénisse pas une société si jalouse
s11ile d'un épouvantable treml.,lcment de tcrre d;ns le de ne pas violer ses rninls commandements.
voi~inage de la mer Caspienne, ces barbare3 s'étaient
mis en route vers l'Europc; ils élaienl mon tés sur des
Lu neli dern ier, foule fügante au faubou(g Saint-.\ nvais,eaux rus,es qui les avaient déb:irqu¿s en An,,.lelerre toine. On se pres:,ait daos une pctitc maisoo, - tro I peen n:;o, et vingt ans apres. ils arri ~aient che~ nous tite comme toutes les maiions de la charilé, - dans l'etamassacraient les rals ooirs, el s'établissaient en maitre; blissement ou a tité installée fa Creche de Reuilll'. L'asa Par1s.
semblée était présidéc par M. le curé de Saint-Éloi. Le
président de la Crcche, M. Jean-Baptiste Desplaces, a
Vers cctte époque, de pelits aoimaux plus ª"réables a
prononcé un excellent discours, plein d'utiles conse1ls
voir, mais n'ayaot ni moios bon appétil ni m"oi ns bonaux ouvriel'l', et que ceux-&lt;.i ont chaleureuscment. acncs de_nts, rong_eaient a qui micux mieux sei~neurs et
cueilli. Mm• Hermanee Le~guillon a dit avec onction et
fi nanc1ers. M. Edouarel Fournier parle d'uoe certaioe
éloqueocn
de trcs-beaux Yers, et M. Marbeau, le fondaM11 º Bcauvoisin, ~ui fut Úne dévorante fameuse. Apres
teur des crcches, a lern,;né par quelqucs paroles part ics
sa mort, on vcnd1t sa garne-robe, ses hijoux et ses diado creur. C'élait une féte charman te. L'empressement eles
mants: les robes etaicnt au uomhre de quatre-vin"ls.
onvricrs et l'accueil fa il par eux aux persoooes qui
il y avait deo~ cents bagues plus bclles !'une que l~au~
étai.cnt accourues de toas les p,)iuts de París, prouvcnt
tr_p, et des d1amants sur papier comme chez les tapicombien \'iostilution des crcches est populaire dans l'esdaires.
prit des clasEes laborieuses.
V_iogt:cinq_ª ?s auparavant, la Deschamps, de l'O péra,
X. F EYRNET.
ava1t éte_ obltgee de veudre de son vivaot. Des billets
pour ass,ster a la vente furent eovoyés aux gens du
grand moude, et le jour venu, il se trouva daos les a¡,mmox RIPRODOITSPARL'ILLOSTRATION.
partemeots de la dan·euse plus de soixante femmes
tant de la premicrc qu:ilité que de rohe ou de finance'.
Les tahleaux de fleurs rt de fruits de M. Maisiat avaicnt
., Certes, pareille ~hose ne se verrait pas de nos jou~,
cté fort remarqués aux quatre ou cinq dcrn icres cxpoJ en ~1·~ nds a témotn toutes mes contemporaines. Oh!
sitions : nous reproduiEons la bel!c toile qui a valu cette
les v1!a10es mreurs qu'on avait au siccle dernier!
aonrc la médaille au pein' re.
~l. Mai,iat est L~·onn:üs, rnais il ne suit pas ser\'ileEnonard Fourmer a un fonds si riche d'aoecdotcs
mer.t
les traces des maitrrs de l'écolc de Lyon ; il sait a
qn 1,1 . m~ permettra bien de lui en prcndre une.
merveille
peindre un bouq•Jct daos un beau vcrre
~ eta,t e~ iii7._ Jo,eph 11 ' empercur d'Allcmagne,
éla1l venu_ tncogmto a Paris sous le nom de comte de émaillé ou dans une pot1chc du Japon , mais le plus
Fal k~nste1 n. Un matin, le liruit court qu'tl doit aller au modeste églautier au bord du chemin, la moindrc toutre
de glaieuls au dessus cl'un r uissean, une branchc de
Pala1s-Hoyal. . Tout
,
, . le monde y va., mais iu·,, qu,. sen
doute,. et qui n a1me pas la foule, au licu d'eolrer daos íruils sur un banc de mousse, font' bien micux son afle p~la1s, ~n tre au café de la Régence, que les habitués fai re : il pensc que ce qu'il y a de mieux pour encadrér
la nature, c'est la nature elle- meme.
A. M.
ava1ent deserté ce matio-la.
. - Ah ! m?osieur, lni dit la limonadiere' ,oyez le
b1cnvenu; s,_ v.ous n'éticz arrivé, l'on n'étrennait pas de
loute la n.atmce; ce mau&lt;lit empereur en est cause il
CORRE SPO NDANCE D'ALGÉRJE,
nous vole toutes nos pratiques.
'
- Avcz:~ous vu cct empcreur? dcmaoda Joseph II.
AU OIR.ECTEUR.
-M~ fot n_on, ctf~anchement jc voudrais Lieo le ,·oir,
Le général Rose a livré, le 5 juin, un combat trcs~épo,n~,t la hmonad1ere; mais, il se fait trop attendrc,
heureu.1 coutre le marabout Si-Lazereg, qui est venu l'at•
Je n ª1 pas de temps Aperdre.

~!-

�4
taquer daos son camp de
Dar-ben-Abdallah, a la
tclc ,le nombreux contingents.
Le combat a duré
deux heures. Re~u d'abonl par la mitraille et
des feux bien dirigés,
J'ennemi, qui s'étail avancé j11squ'a une demiportée de fusil, a été ensuite
vigoureusement
chargé it la ba"ionnette et
mis en pleine déroute.
Les insurgés ont la¡ssé sur le terrain plus de
200 morls; nous avons
pris 25 fusils, un drapeau, t I selles et 8 chevaux; nos perles ont été
insignifiantes : to hommes blessés, dont un cava\ier du goum.
L'agitateur, le schérif
Si-Lazereg-be\-Hadj, a ·
été tué daos ce combat.
Nous n'avons pas retrou vé son corps, car suivant l'usage ses cavalicrs l'ont enlcvé. Je vous
envoie un croquis du
eombat, pris au moment
oti l'énnemi bat en re•·
traite en emportant le
corps du schérif et un
autre croquis de ce dernier épisode.
Agréez., etc.
[Pvur extrait : P. P.

GIULIA ,
NOUVELLE,
(Suite.)

Le lendemain, lor5que
les deux amis se rctrouverent ensemble au bureau, a l'heure aocoutumée, Thomaseo parut si
fort vouloir éviter de faire
la moindre allusion a leur
rencontre de 1a veille,
que décidément Louis ne
put s'y méprendre, et en
fut choqué et attristé. 1l
en gardamemejusqu'ala
fin du jour une mélancolie telle (vous savez., cetie
mélancolie des lendemains de bal), que son
pere, habitué a des allures plus bruyantes de la
part de ce fils q!l'il chérissait tendrement, malgré
la ¡;lifférence absolue de
)eurs caracteres, nota le
ehangement et questionna Louis. L'enfant était
la sincérité meme, mais il
savait bien qu'il n'aurait
pas été compris, et, en
outre, il lui aurait été si
difficile d'expliquer net-·
tement son état moral,
qu'il jugea hon de faire
une réponse en l'air, se
terminant par \'assurance
que demain il p'y paraltrait plus. Le lenrlemain,
apres une nouvelle lcutJ.tive de libre cxpansion, il
fut im¡1ossible a Louis de
ne pas voir que Thoma •

__________________ ____________
L' ILLUSTRATION, JOURNAL
:.......__UNIVERSEL:

L'ILLUSTRAT10N, JOURNAL UNIVERSEL.
seo était d'une réserve et
meme d'une froideur qui
s'affirmerent chaque jour
davantage, pour ainsi parler, et l'approche duretour de Louis a son collége ne changea rien a
cet ordre de choses. Bien
entendu, il n'était nullement question d'aller faire
ses adieux aGiulia, corome il en avait caressé le
reve. Toutefoi5, dans la
poignée de main qu'ila
échangerent, Louis sentit
trembler la main de'Fhomaseo; il ne se trompait
pas : il y avait des \armes
dans les yeux de l'Italien.
Le chemin de fer n'attend
pas; ils tomberent dans
les hras !'un de l'autre, et
touis partit. 1l avait i
peine repris de¡mis húit
jours le cours de ses études (en buit jours, mille
destins s'accomplissent),
lorsqu'il re~ut de son pere
une lettre par laquelle le
ftlateur s'excusait sur un
surcroit de travail de ne
lui avoirpasécrit plus tót.
Il avait a dresser un nouveaucommis, attenduque
Thomaseo, rappelé par
une dépeche daos sa patrie, le surlendemain- du
clépart de Louis, venai
de quitter Lille et de s'e
barqucr pour l'Italie. C
que le filateur n'avouai
pas dans sa lettre, c'est l
satisfaction qu'il éprouvaiL, au fond, de se vo·
débarrassé, tout naturel
lement, sans secousse
d'un homme dont l
longs cheveux, la lon
gue barbe et les yeux tro
brillants 1ui déplaisaie
peuonnellement et
cadraient pas avec l
habitudes de la mai,o
Louis ne prit pas la cho
de rneme, et cette nou
ve\lc lui porta un cou
des plus sensibles. E
quoi ! l'avoir a peine en
trevue, assez toutefo
pour l'aimer de toute s
ame et saluer en elle
meilleur de la vie, ordo
ner en soi-meme l'empl
de tous ses jours, sel
la fantaisie revée d'u
chaste et jeune enchan
resse, et soudain appre
dre qu'on l'a perdue
jamais, qu'elle n'est
votre sreur ni votrc me
qu'elle ne vous estde ri
comme disent les
chants, enfin, qu'elle
subir les brutalités
basard et' les retours
la destinée !
Dans l'émotion de
regrets, il n'avait ga
d'oublier ce loyal et
dide Thomaseo, sobre,
sintéressé, composant
bonheur d'un rayon
d'une mélodie, et r
enfant quoique pi:
Louis ne pouvait sépa
Thomaseo de Giu\ia. D

son romanesque atten•
dris~ement, il etit alors
toilt donné pour les ~uivre et vivre avec eux.
Pourtant, il ehérissait son
pcre, dont il se savait
aimé, qui était un modele de probité et de délicatesse, et qui, en dehors
de leurs petites altercatións, avait toujours mis
au service des gotits et
des fantaisies du jeune
gar~on les facilités que
donne la fortune. Pour
Louis, la poésie n'était
point la; elle fuyait l'abondance, le million, le
rcpos, pour dorer de son
reflet la pauvreté errante
de Thomaseo, contcnt de
peu, de Giulia la divine,
au front pale, a la char-·
m¡mte sanvagerie. Le
soir, dans son lit, sentant son creur s'agr·andir
au dela des proportions
humaines, puis déborder
en chercs !armes, il
adr~ssait a la vierge disparue de sublimes invocations; il luí disait: &lt;tTu
finiras par m'aimer, Gi11lia, car, bien que nous
soyons tous deu1 encore
des enfants, je sens bien
que je n'aimerai jamais
que toi. »
11 aurait bien voulu
mettre dans la confidence
de son poeme, de son
aventure, swi voisin de
classes et ami Herbert,
mais celui-ci, malgré ses
dix-sept ans, était déja un
viveur, qui répondit par
de quasi-grossieretés a11
récit immatériel des aspirations de Louís, et ce
dernier ne renouvela plus
la tentative. Le travail et
le temps eurent heureu-•
sement sur notre jcune
amoureux leur action ordinaire. C'était sa ·der nicre année de collége, il
se préparait au baccalauréat es-sciences, etcomme
c'était une détermination
récente, il n'avait pas
trop de six moís_d'un labeur assidu pour ctrc en
mesure d'affronter a\'Cc
chance de succes cette
dernicre épreuve scolaiM. La trigonométrie
n'est pas si hostile qt:1'on
le croit généralement aux
reveries sentimentales,
car dans les intervalles
de loisir qu'il s'accordait
forcément, Louis voyait
passer et repasser devant
ses yeu1, fati~ués de lozanges et d'hypothénuses,
comme une fée, comme
une princesse, Giulia si
oin, hélas ! mais toujours
présente a son camr. Le
ba.ccalauréat est, probablement daos l'idée de ses
honorables fondateurs
. . .
'
une mslttut,on destinée a
modérer, acontenir, chaque année , daos chaque
collége ,de France, une

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vingtaine de jeunes cerveaux, qui sans ce frein
tutélaire éclateraient a
J'enthousiasme de la délivrance prochaine.
Louis sortit vainqueur
de la !ice redo11tée.:ct en
l'honneur de Giulia, il
n'escorta pas son triomphe des liesscs usitées; il
regagna tranquillement
la maison paternelle, et le
filateur,. curieux de pénétrer la cause mystérieusc
d'un si grand changement, se demandait ce
qu'étaitdevenu son volean.
Le pere de Louis était
jeune encore; la ¡vie d'affaires était la seule dont il
¡nit vivre, et i1 revait de
la mener longtemps encore. D'autre part, vu les
précédents, il n'avait jamais beaucou,p compté sur
la coopération de son fils
dans la direction de sa
maiEon. Aussi ne fut-il
guere dé~u en recevant
un jour de Louis la réponse qu'on valire, a une
question relative au choix
d'une carriere :
- Je veux entrer a
Saint-Cyr, dit nettement
Louis, j'cn ai le temps.
~ela t'étonne, pere, que
Je songe afaire de ton fils
un soldat. Cela t'étonnera
encore plus, quand je
t'aurai dit que ce n'est
aucunement l'ambition'de
revenir maréchal 'de
France qui dicte mon
choix, mais tout simplement l'ambition d'étre
maltre absolu de ma pen~ée, en ayant une profession et un passé d'études
qui me mettent a l'abri
du reproche de paresse,
tl'égo'isme et d'inutilité ·
un officier ne vit pas seul,'
et trouve la solitude
guand il lui plait. 11 voit
de grandes choses bumaines, et a le temp3 de
rcgarder le ciel. 11 peut
écrire, et c'est aussi mon
rcve. L'action et la pensée
· sont a ses orJres.
La these cst plus ou
moins discutarle; le filateur se garda bien de Ja
discuter. En l856, Louis
fut re~u a Saint-Cyr, oti
une discipline méthodique, la nécessité du travail et l'habitude de la
méditation, aiderent, avec
de délicieux souvenirs a
'
entretenir chez lui cette
fleur d'innocence qui est
la grace meme de la fougue juvénile.
Cependant, Louis ne
vivait pas en ermite. n
passait ses jours de congé
daos les allées méconnues de Rambouillet, a
Versailles, don t la royale
rnélancolie parlait un haut
langage a son esprit déclaigneux de toute vulgarité, et plus souventencore
au Louvre, oti frémit sur

�6

L'ILLUSTR!ITIO N, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JOURN AL UNIVE RS EL.

dans leur monnaie nationale, de . notre ·piece de 5 fr.
des toiles immortelles, daos des portraits qu'on n'oublie toute folie avec une si belle figure d'amoureux aimé.
Sur ces mots, l'aelorateur de Giulia accosta l'une- des
pas, l'ame des peintres italiens. Giulia, toujours Giulia! Toutefois, pressé de se rendre a l'évidence, il dirigea
vieilles: -Ma bon ne femmc, il me semble que je viens de
son
regard
dans
le
sens
qu',1n
lu
i
indiquait,
et
vit
~e
déElle aurait clu l'aimer pourlant, et Thomaseo fut bien
reconnaitre une parente perdu:) pour moi depuis long~
aveugle P.t IJicn cruel! C'était encore, avec un peu de tonrner, comme reculant devant la bontr d'é tre surprise
temps, daos la jeune dame vetue de noir q1:i priait
en
ílagrant
délit
d'indiscrétion,
une
femmc
dont
la
tourbarbe soyeuse sur les lcvrcs, le Llond adolesccnt de
tout a l'heure ici meme; ne pourriez-vou!\ me dire ou
nure
el
la
vivacité
trahissaient
la
jéunessc;
de
la
tele
rhéloriq11e, vif, mais pur, songcur, mais ardent. A le
elle deme ure?
aux
pieds,
l'inconnue
était
habillée
en
noir.
Moitiériant,
voir cmbr:isser, d'un rcgard plcin d'adoralion, une
Dans le trouble immense qui l'agitait, bien qu'il cut
femme du Titien, de Léonard ou de Raphael, on se sur-· moitié sérieux, Louis clit aux autres :
parlé de sang-froid, ,Louis ne pressentit pas la pertur-,
Pourquoi
toujours
la
meme
farce?
Vous
devriez
prenait a rever un imilatcur digne de ces grands modebation qu'il dE.vait ca11ser parmi les pauvresses, en s'ales, qui cut recopié lcur reuvre antique. En vai:1, ell ~ changer.
dressant a elles en fran~ais, dont elles ne comprenaient
Je
te
jure,
dit
un
autre
officier,
qu'Alfred
n'a
pas
était blonde sur la toile, la fcmme que semblait adorer
pas le moindre mot. Au second plan, les cinq officiers.
Louis, il la voyait avec des cheveux noirs; en vain elle été seul arcmarquer la sollicitude dont cctte jeune dame
avaient grand'peine a ne p:is éclater de r ire. Louis-ro1Jgit
paraissait avoir vingt-cinq ans, elle en avait dix--sept; a paru remplie a ton aimable vue, et, toute jalousie
de sa bévue, et répéta sa question daos un italien éléen vain elle étalait le luxe incc,mparable d'un velours mise de coté, je dépcse ,dans le meme sens.
men taire, appris dans les grammaire$, et qui ne luí fut
- S'il eo est ainsi, je vous crois,
et vous voila obli1rés
rouge, digue d'habiller la reine de l'Orieut, elle portait
•
•
0
pas tout d'aborcl ,run mcilleur secours que le fra!l~ais;
une robe noire d'étoffe légere, et sans doute usée ... ele me croire aussi lorsque je vous affirmerai ']Ue cette
il
aboulit seulement a faire se quereller entre elles les
Giulia, Giulia! rose a peine respirée! Fuite irréparablc gracieuse dévote se trompe fort, si elle s'imagine me rctrois vieillcs fcmmes.
.
connaitre
ou
m'avoir
vu
quelque
parl,
comme
il
est
dit
du temps ! tra~ison de l'éloignement!
Voyant qu'elles étaient d'humeur a se ,disputer longdaos
les
i·omans,
attendu
que
Je
n'aijamais
parlé
a
une
Cette phase d'idéalité, pour avoir une influence exceltcmps a qui avait le mieux compris la question de l'élente sur la jeune,se d'un homme, l'expose a des périls fcmme de ce pays.
ºtranger, Louis s'avi,a d'un moyen plus simple. Appuyant
Puis
cédant
a
l'exemple
de
Lonis,
qui
se
remiten
marcl'une sorte particulíere, que vient heureusement conjula main sur une chaise, qu'il supposa gratuiteme6t etre
rer une grande sccousse extérieure, un grand mouve- che, ils continuerent lcurs explnrations dans J"é,,lise
" ' celle abandonnée récemment par Giulia,.il se borna a
malgré
les
sollicitations
des
amís,
désireu~
soit
cl'assisment unanime parmi ccux qui nous entourent. Louis, a
force de se re'plier constamment sur lui-meme, de vivre ter au dénoument de !'aventure, soit d'en exploiter la dire : La signora? d'un air interrogatif. Deux des vieilles
femmes sel'i1blerent aussitot vouloir quitter la partie, la
exclusivement avec une image, de demander l'espéranee suite a leur profit, s·¡¡ le fallait. 1\ trente pas ele la chalrois!eme
(cela suffisait) répondit aussilot par un signe
a l'éternité, allait elre précipité daos la vallée sinistre pelle, Louis s'arreta tout d'un coup comme ébloui par
cl'entiere
intelligeuce-,
et, marchant devant Louis, le pria
des terreurs religieuses, quand une aventure, aujc,ur- une lum\erc trop vive, se frappa le fronl et parla aimi :
de
la
sui
vre.
- Mes amis, en vJus disant tout a l'heure que je n'ad"hui historique, vint le rendre a la vie agissante et
Cette petite scene avait légeremcnt impatienté notre
vais jamais parlé a une Italienne, en faisant presque un
l'animer d'une fievre nouvelle et intense.
héros, et en passant, précédé de son étrange guiele, defaux
serment,
je
reniais
tout
le
charrr.e
de
mon
passé.
La
. En 185\l, on afficlia sur tous les murs de Paris, a11
vant ses camarades, dont l'air intrigué garantissait la
profond et sympathique trcssaillement de toute la nation vérité est, au contraire, que j' ai passé une partic de ma
bonne foi, il eut le tort de s·exprimer ainsi : Nous som~
jeune3~e
dans
le
voisinage
de
la
plus
belle
des
llaliwnes.
fran~aise, - la seulr. nation du monde qui trcssaille de
mes tous bons amis, mais si vous vQus etes moqués de
Daos
le
fait,
main
tenant
que
mes
souvenirs
se
préciscnt,
bon~eur a l'idée de ,·ider sa·lJourse et ses veincs pour
moi,
je le saurai dans une demi--heure. ~omme j'a"l'.ai&amp;
j'avais
raison,
je
ne
lui
ai
gucre
parlé.
Elle
se
nomm:iit
défendre les opprimés, - le prochain départ de nos troudes motifs pour prendre la chose au s,érieux, vous me
Giulia;
son
pere,
Thomaseo,
une
vraie
nature
d'arti~te,
pes pour les plaines de la Lombardie.
Ce jour-lil. fut un des grands jonrs de la France mo- était cummis chez le mien. Croiriez-vous... je seos que je permettrez d'aller jusqu'au bout dans cette voie, et de
vous dcmander sérieusemeut raison.
derne, et ceux qui ont assisté de Paris a ce prodigieux deviens outrageusement bavard, mais, ma foi ! je n'y
- Comme tu viens de le dire, nous sommes t-0us bons
spectacle, n'en rcvcrront pas un aulre fait pour les tiens plus... croiriez-vous que je l'ai vue une seulc foi~,
amis,
répondit Alfred; a ce litre, nous nous connaissons
transportcr davantagc. Louis venait d'etre nommé licu- et que je pu's dire qu'elle a possédé toute mon ame penbien;
a ce litre, tu sais que nous ne sommes pas de
tenant dans un régiment désigné pour partir, et il em- dan t cinq ans, que, sans elle, je n'aurais sans doute pas
ceux
qu'nne
menace a jamais corrigés; et at.tendu que
bra~sa avec une chalcur extraordinaire la mission libé- l' honneur d'étre votre collcgue... Tout cela est done
j'
ai
parlé
le
premier,
ce sera a moi de te rendre to utes
écrit
la
haut.
Elle
avait
une
clélicicuse
fiaure
de
viero-e
0
0 J
ralrice ou il avait l'honneur d"etre engagé. Notre dessci11
11:s
raisons
que
tu
voudras,
hormis ce lle qu•it te pourrait
le
teint
tres-pale,
de
grands
yeux
brillants
d"t1ne
flamme
n•e~t aucunern ent de suivre pas it pas la marche victoprendre
fantaisie
de
perdre
quand tu ne seras plus aveq
surnaturelle,
et
les
plus
beaux
cheveux
elu
monde.
rieuse de notre armée daos la dcrniere campagne itanous.
Toutefois,
non
pas
a
Louis qui se fache, mais a
Que
tu
as
du
faire
de
mauvais
vers
sur
tant
de
lienno, d'abord parce que ce ne fut pas une marche.
Loui~,
mon
ami,
j'atteste
de
nouve.m qu',I n'y, a pas
beauté,
mon
cher
Louis
!
mais un vol, ensuite parce que nos lectcurs n'ont rien a
l'ombre
de
plaisanteri~ni
de
méprise daos nos affir-,
N"irnpor~e,
le
signalcment
est
exact,
interrompit
le
apprrndre de nous en cclte occasion, enfin, parce qu·un
mations
de
tantót.
Une
jeunc
dame
qui était la tout a
scul hornme, parmi ces millicrs d"hommes, intéresse premicr qui avait découvert la préoccupation inspirée
l'heure,
qui
n'y
est
plus
maintenant,
et répondant, si
directcmc?t notre récit. A sa premicre enlrée daos par la pré~ence de Louis a la Lelle inconnue. JI n'y a
ma
mémoire
est
fit.lele,
au
sigoalcment
donné par toir
Milan, le régiment de Louis fut, ainsi q•1c le reste de plus a revenir la-des3us; tu es certainemcnt le camaramcme,
t'a
honoré
pendant
dix
minutes
cnviron
de l'atf
l'arméc, accueilli avec un enthousiasme délirant, par un de d'enfance de la signor1 agenouillée. Une telle sitention
la
plus
marquée;
je
le
jure.
pcuple ivre d'espérance et de jo;e. Louis avait rencon- tuation confere- de grands droits, et, vu sa fa~on de te
Louis, désarmé r,ar cette frai.1chise, tcnait la main a
. tré, parmi quelqucs-uns de ses égaux par le ~rack, de regarder, je gagé que notre ch.1rmante alliée en juge
tous
ses amis, et sortit de la cathédrale. Apres une marsympalhiques et joyeux compagnons, avec lesquels il de meme. Revenons done sur nos pas, nous sommes
che
&lt;l'un
qua.rt ct·hcure, a travers un nombre ipfini de
s'Hait lié d'amitié, et dans les intervalles du service, nos trop bien élevés pour ne pas voir tout de suite quand il
petites
rues,
son cicérone, s'arretant devant une maison
jeuncs gens ne se quiltaient pas. Ils déjeunaicnt gaie- convicn~ra que nous nous retirions.
d'aspect
élégant
et révélant un intér;eur confortable,
Louis,
ne
trouvant
pas
d'ohjection
raisonnable
a
cette
mcnl ensemble dans quelque café, et allaicnt visiter en-·
l_
ui
fil
signe
avec
la main : C'est la. On arrivait a la
offre,
ne
résista
plus
a
ses
amis,
ei,
deux
minutes
plus
suite les n:uséeset les é;;lises de la ville. lis étaient ainsi
porte,
aprcs
avoir
monté trois marches. Daos le momeut
tard,
ils
se
trouvaient
devant
la
chape
lle;
mais_
la
place
unjour, cinq ou six frcres d'armes, tous pleins d'3 loyauté,
préseut,
nulle
autre
inquiétude que celle de ne ·pas ren. de galanterie et de courage, tous resplcndissants de occupée naguere par la jeune dame vetue de noir était
contrer
l'ohjet
de
sa
rechercbe ne possédait Louis;
cette vie radieuse que soufíle aux jcunes Fran{:ais le vide, et il ne restait plus autour de l'aulel que deux ou
quant
a
l'accueil
qui
lui
éta,it réservé, pour peu que
chevaleresque dessein d'arracher un pays, souvent et tro1s mendiantes cassées par l'age et absorbées daos un
cette
maison
fut
récllemenl
habitée par Thomaseo ou
justement comparé aune belle femme, aux fers qui en- apparent rccueillement.
par
que;qu·un
des
siens,
cet
accucil
serait au moins fra- C'est bien fait, &lt;lit le licutenant i\lfred. Loujs,' vosanglantaieot ses mains et meurtrissaicnt ses picds; il,
ternel.
La
personne
qui
vint
onvrir
ét:i.it un petil
étaient la, cinq ou six officiers, en train d'examiner avec tre conduite, en cctte occasion, n'a pas été digne de la
homme
gras,
a
barhe
noire,
au
frout
tres-dégarni&gt;
et
admiration l'intérieur de la célebre cathédrale de France. Messieurs, ai-je &lt;lit vrai_? Ne pas sentir qu'une
au
total,
d'une
physionomie
fort
peu
romanesque
dans
M1lan, dont chacun a pu voir, a la dernicre exposition femmc jeune, jolie et ¡,ieuse vous regarde, c'est la une
de Londres, une réd uctioa digne de grancls éloges et gra_nde faute; ~,ais se retourner trop tard pour en ac- sa robe de chambre. Sous 3es épais sourcils pétillait un
qui attirait beaucoup de regartls. lis tournaient a demi quérir la cerlitude (ma parole d'honneur, saint Thomas regard rapide, furtif, per~ant, empreint d'a~tuce et de
le -0os aux chapelles latérales, lorsqu'apres un quart eta_it un prodige de crédulité aupres de ce' gar~on-la), sensualité. 11 entendait un peu le fran~ais.
Plusieurs su ppositions pouvaient, avec un égal &lt;legré
d'heure environ de contemplation, un des olficiers, par-· pu1s proposer a ses amis de faire un petit tour; PI.lis, atde
vraisemblance, s'offrir a !'esprit de Loui~ : la prelant d'ailleurs assez haut pouí- ctre cntendu par tout le tci nt cl'un remords, revenir sur ses pas et ne plus rien
micre,
la plus obvious (comrne disent les Anglais), c'estgroupe, dit, en s'a,drcssant directcment a Louis : &lt;&lt; ~Ion trouver, voila une série d'actes qui sentcnt lcur décaa-dire
cclle
qui déco•1lait le plus directement du raisoncher, saos jamais avoir mis en doute vos avautages phy. dence ... et que je déplore tout en répélant : c'est bien
nemcnt,
un mot qui n'a pas d'équivalent dans nolre
si,iues jusqu,'aujourd'hui, je ne vous savais pas ctre un fait, avec ce post-scriptum : c'est humi!iant.
lan~ue,
par
la
bricveté, - e'cst que la filie de Thomaseo
- Ce qui est digne de la France, c·c~t d'inrnllcr· aux
fascinatcur a prcmiere vue : et je le sais maintenant;
éta1t
mariée,
'et
que, dans la personne a5sez grotesq ue
car dcpuis vingt minutes, il y a daos cette chapelle, vainéus, n'est-ce pas, mon cher Al(red? répondit Louis,
dn
petit
homme,
il conlemplait pour la premiere fois le
1
dcrricre nous, une magnifiq 1e signora, qui aprcs s'étre paraissant gai a la riposte, mais, daos le fond, tres-vexé.
maitre
de
tant
de
charmes. Avant de s'arretcr a cctte
D'ailleurs,
mcssic1..rs,
continua-t-il,
si.
vous
croyez
que
retournée une prcmiére fois au bruit que nous avons
douloureuse
concl•1sion,
il fallait ctre · sur que c'était
je
souffrc
daos
mes
sentimcnts
intimes,
ou
seulement
fait en cntrant, ne ,·ous a pas dcpuis quitté des yeux, el
vons examine avec une obstination bien 0.atteuse ou dans mon amour-proprc, votre erreur est graude, et bien Giulia ellc-meme qu'il veoait de retrouvcr, et des
vous allez la constatcr tout de suite par le sang-froid lors tout se trouvait rt'-mis en question.
bien mena~ante. i&gt;
Louis crut sur le champa une de ces ino(fonsives mys- qui va diriger mes investigations a la rccherche du vrai
Loms Dfil&gt;RET.
tifications dont l'on est prodigue entre jeunes hommcs daos cetle affaire. Je vois marmotter daos ce recoin ero(La
suite
prochainement.)
.
"
rlu meme métier, et auxquelles l'exposaient particuliere- th1que_trois bouches qui doivent répondre au moins a
:---~ - ~ - mITTJt son air de réserve, son éloignement reconnu de cent questions, et de toutes sortes, pour l'équivalent,

cil\DIIIIDI Dllli\\llfJ&amp;TDcaUIE.

Les théatres ont peu br:llé cetle quinzaine : la plus
~-nportante nouvelle que nous ayons a en donner, c'est
le départ des ambassadeurs japonais.
lis sont partis ! Lugete veneres, cupidi~es que! plcurez
amours, pleurez théatres, cirques, hippodromes, etc.!
lis sont partís! et avec eux un de vos plus puissant.s
moyens d'attraction. On ne lira plas dans vos réclames :
« Lcurs Excellences les ambassadeurs du Japon assisteront a cette représentation, en grand costume et dans
une tribune en vue. )l Comprenez-vous, l~cteurs, toute
la portée d'une telle annonce: en grand costume et daos
une tribune en vue? Le spectateur donné en spectacle,
et quel spectateur ! Ou allons-nous? ou allons-nous?
Caveant consules ! que nos consuls et autres diplomates
y prennent garde : ce n'cst pas la la moindre atteinte
qui ait été portée, daos notrP. sieele , a leur prestige.
Voila déja longtenips que les peuples se passent d'eux;
les souverains commencent a en faire autapt; on se demande s'il est besoin de diplomates pour faire des trai.
tés qui n'engagent personne, des alliances qui se décollent le lendemain, des treves pend:mt le3quelles on
s'assomme; partout les questions s'éternisent; partout
les protocoles résonnent daos le vide; les notes diplomatiques pre«bent dans le désert; les conférences avortent en congrcs qui ne congressent rMme pas; et voila
maintenant que l'ambasrndeur, l'hote par excellence,
paye a la fois en argent comptant et en monnaie de
singe l'hospitalité qu1il vient demander a nos jeux. O
Popilius ! o RPgulus! que diraient vos grandes ames, si
elles pouvaient voir de pareilles choses; et toi, que dirais-tu, pere trop oublié de la diplomatie moderne,
noble paysan du Danube !
·
Eh quoi ! n'était-ce pas assez l]Ue tout mélodrame tombé
a plat, que tout vaudeville sim~ a outrance, essayat de
se perpétuer, en faisant crier a son de trompe qu'a sa
seconde représentation « le prince ou la princesse une
telle a manifesté a plusieurs reprises sa vive satisf11.ction, en donnan.t elle-meme le signa! des. applaudissements, et que, la piece terminée, Son Excellence a fai t
venir le directcur et les principaux artistes, pour leur
ex primer de vi ve voix sa salisfaction? ,,
De pareilles réclames, du moins, n'ont jamais 'fait
avoir une seulereprésentation de ¡,lusa une piece sifflée ,
par _Sa Majesté le public; d'ailleurs l'exploitation, en
parell cas, ne porte que sur les noms des personuao-es
respectables qui la secondent a leur insu; mais, dan; te
fait des amhassadeurs japonais, c'est la personne meme
des représentants d'une nation jaune, mais amie, qui
sert d'appoint a l'exbibition d'un a.ne savant ou d'un
écuyer quadrumane. '
Encore une fois, ou allons-nous?
Si nous allions vite, du moins, je n'en demanderais
pas davantage, pour ma part. 11 y a uIJe jouissance
propre a ce seul fait d'aller vite : voyez plutot les montagnes russes: la, on ne va nulle part, cornme dans tes
Marionnettes del'Amour, la derniere chuteduVaucleville·
, . ~ .
'
on n arr1ve a rien,comme daos.les Mai'ionnettP.sde l'amour·
mais, du moins, on va vite daos les Marionnettes 1-usses'
tandis qu'on s'y traine, on y rampe, dans ces Montagne;
ele l'amour.
D'une certaine fa~on, cependant, elles ont passé assez
vite, ces Marionnettesde t'amour,011 il n'y avaitni amour
ni marionnettes; il n'en est déja plus question. Erreu;
de delll hommes d'esprit.
Au reste, il n'y a plus que les morts qui vbnt vite :
on vous parlait, cesjours derniers, de ce talent aimable,
de cette a1mable femme, enlevée coup sur coup a la
~médie-Fran~aise et au monde, dem scenes ou elle
laisse d'unanimes regrets, et voila maintenant que Je
paune Ribes de l'Odéon, l'excellent Marquis de Villemer, a suivi dans la tombe Mil• Fil'., a peine devenue
Mm• Salvadoi:.
Ribes, du moins, n'a surpris personne en mourant •
att~int d'un mal qui ne laissait pas plus d'espoir a se~
amis (¡u'a lui-meme, il s'est comme plu a bater sa fln
par l'étude et l'interprétation d'un role de malade qu'il
ne rendit que trop au naturel.
A chaque représentation, ceux qui n'ianoraient pas
son_ état réel se demandaient avec angoiss~ s'il reviendra1t ~e c~t évanouissement, joué par tui avec une
perfect10n s1 navrante. P~ut-etre en doutait-il lui-méme
pendant que la touchante Mil• Thuillier feignait de s'ef~
forcer de le rappeler 'ala 'fie.

Trop souvent condamné a réciter, sur cette meme
scene de l'Odéon, des vers d'écolier, des proses barbares,
il n'avait voulu a aucun prix renoncer a etre, ne
fut-ce qu'un jour, !'interprete applaudi de la plus
éloqnente, de la moins mortelle des muses passées et
présentes. Il voulait lai3ser cette trace.
On eut dit, d'ail'.eurs, que ce role si complétement
assimilable a son talent, a sa nat11re, a sa personne,
avait été expressément écrit pour tui, - ce qui, du
reste, n'est pas impossible; - aussi ne le lai,sa-t-il échapper que quand ses mai~s roidies ne purent meme p:us
rctenir la vie.
Le caractere général du talent de Rihes éta:it la disti~ction daos l'énergie, deux qualités qui, memc séparces, ne coureot pas précisément les rues. Aussi, bien
qu'il ne réalisat pas complétemént le type de l'omoureux
- il n'avait de heau que les yeux, - l'Odéon trouvera -t-il diffic:lement a le remplacer, meme daos cet
emploi, ou Alliaiza, avec un zele louable et souvent beureux, n'a pu faire que le doubler.
Cependant, qui vivra verra : Alhaiza est Jeune, il a de
l'ardeur, il n'est pas mal de sa personne, et si la distinction était chose qui se donnal... Maís c'est déja beau~
coup pour lui que rl'avoir été accepté du public comme
rem~la~ant d'nn comédi11n qne soutenaient tant de sympath1es de son vivant et qu·évoquaient tant de regrets
apres sa mort.
Au reste, jusqu'a la cloture de l'Odéon, telle a été la
vogne du marquis de Villemer, qu'on eut accueilli un
acteur tres-inférii,ur a Alhaiza, plutot ,que d'elre privé
de la piece. La derniere recette a été énorme et l'on
,
'
preteotl que, pour la réou'verture, la salle cst louée .
'
Je n ose pas ,lire pour combien de représentations. '
O'ou il ressort que l'Odéon rouvrira forÚment par le
marquis de Vil/emer; ce qui ne l'empechera pas, j'espere,
de nous éonner, daos le courant ele l'hi ver prochain,
cette fameuse Jeune.,se de Godh~ dont il est parlé sous
le mantean, et meme a11leurs, depuis si longten1ps.
La mort de Meyerbeer a rcmis plus que jamais sur le
tapis cette qucstion capitale, je veux dire ~ctte arande
affaire, car, de question il ne saurait,je m'imacrin°e s'en
élever : l"élernelle ab5encc du maestro, loin d~ r:culer
l'apparition attendue, est plutot faite pour la hater.
Mais j'oublie que tout le monde n'est peut-etre pas informé, comme moi; qu'il s'agit ici d'une piece moitié
opéra, moitié drame, dont les paroles sont de M. Blaze
de Bury et la musique de Meyerbeer, ni plus ni moins.
M. Blaze,de Ilury n'est pas seulement un de nos critiques et de nos romanciers les plus dislincrués si je
n'en dis pas davantage, c'est que pour ju~tifie~ mon
dire, il me faudrait trahir le secret d'une réputation
anonyme. Son livre Écl'ivains et poetes de l' Allemagne,
et surlout sa belle tradnction du Faust de Grethe accom,
'
pagnee de notes et de commentaires aussi ingénieux que
savants, l'auraient désigné a Meyerbeer_,a défaut méme
des relations intimes qui existaient entre eux depuis
longlemps. ~·reuvre due a leur collaboration cst, depuis
env1ron tro1s ans, authentiwement réservée au direc-t~ur du sec?nd ~héatre--Fran~ais, M. de La Rounat, q11i
s occupe auJourd hui avcc une-ardeur aisée a comprendre
de trouver les interpretes et surtout la-cantatrice l'ét~ile, lá Marguerite a laquelle sera confié le pr;mier
ro~e. de cette reune qui fera époque. Le sujet est aussi
or1grnal que poétique et la musique est, dit-on, !e bouquet du feu d'artifice de Meyerbeer.
U~ mot maintenant, pour en finir avee les morts,- je
d_1s pa~ cela pour Meyerbeer, qui, le pauvre homme !
na Jama1s t_ant et si bien vécu qu'aujourd'hui, - un mot
sur un art1ste qui ai1I1a trop le bruit de son vivant
pour que je refuse ici une pelletée de t:rre a sa fosse ~
peine fermée.
·
. Pierre Lerebours, jadis connu au théatre sous le nom
de Víctor, vient de terminer obscurément une vie la
plu_s tourrneotée du monde, etqni eut son beure· d'éclat.
Q':" s'en douterait, a présent? Tour a tour, et meme a la
fo1~,. auteur dramatique, historien littéraire, historien
polit1que, tragédien, publiciste, dessinateur et toutcela
non saos rnérité, l'ardeur qu'il mil a se f;ire un nom
avec des aptitudes si di verses,' n'eut d'égale que le peu
de succes de tant d' efforts.
~l,eve couronné du r.onservatoire, pensionnaire au
Tbeatre-Fran~ais, il débuta, e~ t 8i6, daos Oreste, d'Andromaque, fut tres-applaudi daos l'Hamlet de Ducis et
des l'année suivante, il se trouva, grace a l'absenc; d;
T~lm~, _en possession du premier emploi dans la tragéd1e ou il eut de grandssucces. En 1824,-déjatrop tard,

º;

1-

- il fit représenter a l'Odéon les Scandinave~, tragédie
de sa composition, daos laquelle il joua le principal
role. La picce et l'acteur réussirent. Rappelc au ThéatreFran~ais par la mort de Talma, qui semhlait devoir !'y .
aacrer, il n'y trouva plus qu'indifférence pour sa per-'.
sonne et pour le genre auquel il s'étaitconsacré. Sa: des-.
linée, do11t j'ahrége les singulieres et continuelles péripéties, fut toujours et en tout d'arriver trop tard...
meme.a la fin. Poor Yorick!
M'"º X... , elle aussi, est arrivée trop tard, bien qu'elle
eul pris le train express, a deux intentions inégalement
respectables. Son mari s'était logé daos le gosier une
monstrueuse arete d'esturgeon, que, seul, le fameux
ducteur G... , de Paris, était capable d'en e:xtraire. Elle
arrive done _en toute hate cbez ce docteur, au moment
ou il venait de part!r, comme tout Je monde, pour le
Cirqne des Champs-Elysées. Or, voyez la coincidence:
Mm• X•.• venait a Paris moins peut-etre pour y chercber
le docteur G... , que pour alter elle-meme au Cirque.
Naturellement, elle n'y va pas, elle y court, admirant
en son ame celle complaisance du ·sort, qui lui permet
de !aire d'une pierre deux coups, et de concilier són
devoir d'épouse avec sa passion pour un saltimbanque.
Car la pauvre dame, jusqu'a ce jour irréprochable, n'avait pu Jire saos en perdre la tete tout ce qui se publie
sur ce fameux gymnasiarque dont les exercices alternent avec les gentillesses du non moins fameux Papion,
autrement dit l'écuyer quadrumane.
Longternps elle avait résisté, roa.is cette maudite arete
d'esturgeon dansle gosier de son époux lui avait fourni
a l'improviste, une de ces occasiCJns perfides qui fon;
aussi bien la femme légere que le larron.
La voila done courant au Cirque; mais, la encore, elle
arrive trop tard: toutes les places sont prises; que faire?
Elle ne verra pas son gymnasiar1Jue, et son mari va. périr étranglé. D'une orcille, elle entend les bravos les
cris fréuétiques de ses rivales, daos le Cirque; de ,:autre, elle croit entendre le rale d'un rna1 i qui élouffe
daos son alcóve : ne la jugeons pas, plaignons-la!
Tandis que, partagée entre ces bruits divers mais
également im¡,ortuns, elle erre a1ix alentours d~ cette
s_plendiele rotoude, ou respirent, inabordables, son sal- ,
t1~banque _et son docteur, une jenne et jolie bouquet,ere se plamt amercmcnt, de son coté, de n'avoir pas
e11core élrenné. O fortune ! _Mm• X.•. offre ii la belle enfaot de lui pr, ndre tous ses bouquets, acondiiion qu'elle
les jettera en hommage au béros du Cirque. - Je ne
l'aurai pas vu, se dit-elle, mais j'aurai, du moins travaillé d~ns J'ombre asa gloire. Humble violette, Je Jui
cachera1 mofl amour, n.ais il respirera mon parfum.
Naturellcment la bouquetiere accepte le marché· elle
'
'
' la
napas
ses entrees
au Cirque, mais son fiancé fera
commission : - Et d'autant mieux, ajoute la friponne
que c'est luí qui est chargé de garder...
'
- On le garde ! interrompt 111me X... On est obligé de
le garder ! Je le crois bien, il doit etre l'objet de tant
de poursuiles, de tant d'entreprises désespérées ! .Mais
moi, je ne demande qu'a le voir, a l'apercevoir un ins~
tan t.
- Rien de plus aisé, dit la bouquetiere. mon fiancé
e_n le recon·duisant, pourra vous l'amene; ici ~pres l¡
représentation, qri, juslement, va finir.
Aussitot dit, aussitot fait. Le fian'cé amene furtivement l'objet. La timide Mm• X.•. n'a pas la force de luí
parler; elle avance dans l'om_bre une main tremblante ...
Mais, en meme tempi:, elle pousse un cri de désespo1ret
de dégout : cette main qui étreint ia sienue, c'est la
main du singe Papion !
Comme vous pouvez le croire, cette épreul'e suffit pour
ramener Mm• X... au sentiment de ses devoirs. Elle n'a
plus maintenant qu'une idée : retrouver le docteur
.
. ,
'
s~uver ~on mar1 qm etrangle.Mais non; un -télégramme
Vhlllt lm apprendre que !'arete est sortie d'elle-meme et
que le rideau va tomber. Elle salue lepublic et se retire
au,s1. applaudie que l'objet de sa passion. '
Te! est l'beureux penda_nt que les Folies-Marign1 viennent de donner a la Crise de M. Octave Feuillet. Cet
a-propos est intitulé Apres le Cirque. Mm• Delorme y est
excellen' ~ daos le role de &amp;im• X•••
La bourgeoisie n'a qu'a se bien tenir; les Variétés ne
la ménagent pas : je viens d'en voir a ce théatre une
.
caricature
dont l'unique défaut est 'de ne pas plus' ressernble_r a !'original, que les marquis d'a présent a)ll
marqu1s de Moliere. Singuliere manie que de s'attacher
a peindre des classes qui n'ont plus rien de caractérisé
et ~e confondent tous le~ jours davantage. A cela pre11~

•

�8

'
o

la piece de ~Uf. Clairville, Siraudin
et Blum est amusante; il n'y a qu'it
la supposer écrite depuis cinqua11te
ans. Prenons-la done comrne nne
reprise, et disons en trois mols ce
qu'elle dit en de•1x actes.
M. Dun;ioulin, venu a Paris en
sabots, - l'expre~sion est consacrée,, - et aujomd'hui deux ou
trois fois millionnaire, a conservé
des gouls plus modestes que sa
forlune, ce qui n'est pas déja un
si grand crime, et pourrait servir
de le~on a bien des lions et des
lionnes pauvres.
Tout cela change un beau matin:
Dumoulin jette \'argent par les fenetres. Dumoulin refOÍt, Dumoul•n
a. un mobilier et un train dignes
d'une . petite .dame. Dumoulin ne
vcut plus donner sa filie i1 un honncte gar~on, qu'elle , aime et dont
elle est aimée. 11 veut pour gendre un homme titré, un baron
apocryphe, et qui, en fin de
compte, se trouvera etre un aventurier, un escroc. Qucl coup de baguette a pu faire de Dumoulin une
si . plate coutref.lfon du Bourgeois
gcntilhomme? ·
Ce n'est pas un coup de baguetle,
c'est la crainle d'un coup de plume : Dumoulin a découvert que la
femme de chambre écrit ses mémoircs, et c'est pour J'honneur de
la bourgeoisie, appelée ajouer un
role daos ces mémoires, que ce
bourgeois comme il n'y en a. plus
se donne des airs de gentilhommc
comme il n'y en a jamais eu.
Heureusement, . la fcmme de
chambre a plus de Lon sens que
son maitre, · et, sous menace des
plus: drólatiques révélations, elle le
force ·a mettre le baron á la porte
et a•donoer la· jolie Agathe a son
fiancé ..
Et voila. le fond de cctte comédic,

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, . JOURNAL UNIVERSEL.
dont les détails valeut mieux que
le fond. Kopp, Couder et Hittemans, d'uoe part, et M11• L. Durand
de rautre, y mettent une vie' Ull
entrain, un talent qui ne font pas
de tort aux recettes.
Comme nous l'avions prédit dans
un de nos précédents comptesrendus, les Fourberies de 'Nmne, de
M. de Banville, n'ont pas tardé a
passer de la librairie Lévy au théa.
tre. Tout cbemin mene au Vaude,•illc. Graces a Saint-Germain et a
M11• Bianca, l'interprétation vaut la
piece.
A.

DE BELLOY.

"L'INFIORATA" DE GENZ~NO
AU DIRECTEUR.

ílome, 11 juin.

Voici deux croquis sur l'lnfiórata, ou fete des Fleurs, qui s'est
célébrée le 2 de ce mois /J. Genzano, petite ville située pres du lac
de Némi, dans une situation des
plus pittoresques. 11 y avait dix-sept
ans que cctte fétc n'avait eu lieu;
aussi a-t-on déployé cclte année un
luxe tout particulier.
Vous savez sans doute en quo
consiste princi palement cette féte.
Un tapis de fleurs naturelles est
formé dans la rue principale de la
ville et eonduit a l'église; puis la
procession arrive, et; en suivant ce
tapis daos toute sa longueur, elle
se rend a l'église. La procession
seule a le droit de marcher sur le
tapis.
Ce sont de simples paysans q11 .
forment ce tapis, une véritable merveille d'art et de gout. Guirlandes,
écussons, vases antiques, etc., y
sont représentés en grand nomL'/NFIORATA, A :;ENZA,0: PAYSANS FORillANT LE TAPIS DE FLEURS POUR LE PASSAGE DE LA PROCESSIO~.

• 1

LA PRO,:ESSION DK L'INFI0HA1'A, A \;h~ZAIIO. -

u·apres le, croquis dé ~l. A. Zwahlen.

9

�to

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UN IVERSEL.

L'ILLUSTRATION. JOURN AL UNIVERS'EL.

bre; l1mr forme est irréprochable et l'assemblage
des couleurs aussi parfait que possible. Ces Italiens sont
tous de vrais artistes.
A. ZWAULEN.
Agréez, ele.

LES COURSES DE PRINTEMPS A PÉKIN.
AU DIRECTEUR.

Pélin. 10 avril 18o4.

Les plaisirs du sport sont de ceux qui font le tour du
monde a la suite des Européens. Pour la premiere fois,
le 'rn mars dernier, ils prenaient pied dans la capitale
me;ne du Céleste-Empire.
La colonie européenne de Pékin (1), bornée aune.centaine de personnes, complétement isolée au milieu d'une
population a peu pres hostile, et avec la~uelle tous rapports sociaux sont impossibles, est de celles qui doivent
se suffire a elles-memes, sous peine de succomber a
l'ennui, qui est pour elle un mal plus a craindre que
les effets d'un climat relativement as~ez sain. Aussi,
l'institution de courses bis-annuelles est-elle un événement·heureux qui fait treve ala monotonie de \'existence
habituelle.
La race des chevaux indigcoes du nord de la Chine
e~t assez médiocre, et, en genéral, les Européens font
venir leurs chevaux de Mongolie, ou se trouve une race
de petite taille, mais pleine de feu, et pouvant donner
des sujets assez disti11gués. Les chevaux destinés aux
courses sont pris parmi ccux de cinq a huit ans, et avec
deux ou trois mois d'entrainenient, fournissent une vitesse remarquable.
Un comité, formé de membres des quatre légationsde
France, d'Angleterre, de Russie et des É:tats-Unis, avait
pris la direction de la fete, dont une sou,cription géuérale faisait largement les frais. Le fO mars, toute la colonie européenne se réunissait sur un vaste terrain situé
a deux kilomelres environ de la vi lle; une foule immense de Chinois était accourue pour voir ce spectacle
si n·ouveau pour eux.
ºLes Chinois, lents et méthodiques par nature, ennemis
de toulP. fatigue, n'ont pas d'analogue de ces plaisirs;
les Tartares, plus guerriers, vivant beaucoup ·acheval,
comprennent un peu plus ces exercices; aussi, manifestaient-ils un étonnement mélé d'admiration devant les
résultats obtenus pour des chevaux auxquels ils ue
soup~onnaient pas de tclles qualités.
Le spectacle de cette plaine couverte de monde était
vérnablement curieux et intéressant; des gens de t0ut
age, des femmes parées de leurs plus beaux alours, le
demi-monde meme de Pékin, se groupaieot sur les collines ou grimpaient sur le sornmet des voitures; des cuisioe5 en plein veol, des marchaods de gateaux, s'étaienl
établis de colé et d'autre; c'était comme un champ de
foire. En un mot, pour la premiere fois, cette population, en général si hostile aux étraogers, se groupait
autour d'eux et preoait parta ses plaisirs.
Sur une estrade couverle et ornée avec gout avaient
pris ¡;lace les ministres étrangers, les dames du corps
diplomatique, et deux mandarins du Tsong-ly-Yamoun
(conseil des aífaires étrangercs) rcprésentaient ce corp~
auqnel des invitalions avaient été adressées. C'étaient
les mandarins Heng-ki et ·shong-Lueo; le premier,
vieux beau de cinquante ans, passe a Pékio pour le type
de l'élégance et donne le ton a la mode, car il y a des
modes, mrme daos ce pays de l'immuahilité ; aussi avaitil revetu ses plus belles fourrures et une sorte de robe
de dessous d'un rose teodre qui jurait avec sa figure
(1) La population européenne de Pékin éta,t ainsi répartie,
I" uril 1864.

Lé11ation de Fraoce . . .•.
!Jration hrllaunique. . . . .
U~ation de llussie. . . • . .
Légatiou des État1-Uuis••.
llis,;ion e11tlioliquc••••••
S.Zurs de charité. . • . . ..
Miuion ¡,rotestaulc anglaisc.
Miuiou protesta~tean~ricaine
Douaoes cbinu111e1. ... .
Cou,eul ruue. • • • . • . . •

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seche et janne. Tous les deux portent le.fbonton rouge
de deuxieme classe et les plumes de paon. Ces hauts
personnages avaient' amené une suite nombreuse de
maodarins inférieurs et de domestiques; ils s'étaient fait
prPcéder du hataillon désigné par eux sous le nom de
« Yang- Tsiang » (fusiliers étrangers).
Ce corps, entierement équipé el arméa l'européenne,
se trouve actuellement a Pekin pour instruire quelques
trouµes d'¡i.pres notre tactique .militaire. Son origine remonte a deux ans a peine ; instruit au fort anglais de
Takou, commandé d'abord par un officier de celle natioo, il a pris en i 863 une part active aladestructioo de
quelques bandes de rebelles, les « Nénuphars hlaocs, »
puis a tenu garnison a Tien .. TSin. Il est commaodé actuellemeot par un officier supérieur tartare, homme
assez intelligent, etqui cberchait, dans cette circonstaoce,
a faire valoir les connaissances de ses soldats.
En effet, ceux-ci, tlans l'espace d'une demi-heure,
ont exécuté, sous les yeux des résidents étranger,, toutes
les maoreuvres de l'école de peloton et de bataillon avec
une précisioo relativc; le déploiement eo·tirailleurs, qui
coovient mieux a leur genre spécial de combat, a surtout été parfaitement rendu.
Le costume du bataillon eEt entierement tartare et
consiste dans une sorte de veste large, de conleur jauoe
ou bleue, suivaot les compagnies, et bordée de rouge ou
de blanc; sur la poi trine est une lune b!anche au centre
de laquelle est écrit le mot &lt;&lt; courage ii en caracteres
maotchoux. Le paotaloo large reotre di:ns une bolle de
drap assez haute, et figur:ml a peu pres la molletiere de
nos chasseurs. Les grades se distioguent par le bouton
du ch:ipeau; qui est doré pour les sous-officiers, blanc
clair ou mat, suivant le grade, pour les officiers subalternes, bleu pour les officiers supérieurs; ceux-ci sont
montés, aiusi que cela se fait daos nos bataillons d'iofanlerie.
Ce qui nuit un peu a l'effct de ce petit corps, c'est
l'abseoce de clairons ou de tambours; les commaodemeots sont faits en anglai3, quoique certainement pas
un Chinois ne comprenne le seos exact des paroles,
mais il sait a quel mouvement enes se rapportent.
L'armemeot, essentiellcment européen et de provenance russe, consiste en un excellenl fusil rayé, armé
de sa baionnette; la giberne est soutenue par un cein..
turoo, le sabre par un baudrier de buffleteries blanches.
Apres avoir re~u, de la part des ministres, des félicitatioos qui ont paru vivement toucher les mandarins et
les officiers, le bataillon a défilé avec un ordrc parfait
et a été fQrmer les faisceaux pour pren:lre part en spectateur a la fete.
Les co11rses se sont succédé avec une régularité parfaite et dans l'ordre suivaot : Les reglements, entieremeot semblables a ceux des courses d'Europe, ont été
suivis ponctuellement; les prix seuls constituaient plutot une sorte de stimulant de la partie qu'uoe véritable
recompense.
{° CocRSE AU TROT. - Distai:ice, trois quarts de mille
anglais : Prix, 60 francs; 3 chevaux engagés. Gagoé par
Tarlarin, a. M. Petscbouroll, de la légation de Russie.
2° PtKJN-DERBV. - Distnnce trois quarts de mille:
1•r Prix, 240 fr.; 2• prix, GO fr.; !J chevaux engagés. Gagné par Kreschack, a M. de Bismark, attaché a la légation de Prusse, et par Tim Whiffler, a. M. Brett, des
douanes chiuoises.
3° CouRSE DES MINISTRES. - Pour chevaux anglo-indiens du golfe Arabique: distance, i mi lle, prix : 240 fr.;
5 r.bevaux eogagés.
Cette coui'Se, .la plus inléressante par la valeur des
chevaux engagés, a été brillamment eolevée par Joviat,
a M. Hubert, de la légatiou de France, arrivé premier,
quoique placé par le sort au dernier rang, au momeot
du départ. Kettle Drum, a M. Saiot-John, de la légation
d'Aogleterre, suivait second adeux loogueurs.
4° HANG-no-Lou StAKES. - Distance, demi-mille : Prix,
!JO fr.; i I chevaux eogagés. - Gagoé par My Grief, a
M. Hobson, des douanes chinoises.
'
5° LEG,\Tlmls PLATE. - Distance, trois quarts de
mi lle : {•• prix, i 20 fr.; 2° prix, GO fr.; 8 chevaux engagés.
Gagné par Tim w1qper, a. M. Brett, et Excelsior, a
M. Hohson, des douanes chiooises.
6° SruoENr's Pure. - Dislance, trois quarts de mille :
Prix, 120 fr'.; onze chevaux engagés.
Gagné par Pi~t ·l, a M. Denoys, de la légation d'Angleterre.

Distance, un demi-mille : i er prix,
90 francs; 2° prix. 60 fr.; 3° prix, 30 fr.; 9 chevaux eugagés.
G:igné par Kieselark, a M. de Bismark : My Grief, a
M. Hob~oo, et T im Whiffler, a M. Brett.
·
8° PR1x. DE CONSOLATJON. - Pour cbevaux n'ayaot pas
e11 de prix : distance, trois quarts de mili e; prix,
120 fr. ·
Gagné par lron Sides, a M. le docteur Pogogeff, de la
légation de Rus.~ie.
Comme on le voit, le comité avait cherché a multiplier les épreuves pour encourager les coureurs, et le succes a répondu a l'attente. Daps un pavillon voisin ·avait
été servi un lunch élég:rnt, auquel les Chinois faisaient
le plus grand honneur; enfin un joyeux banquet réunissait le soir tous les souscripteurs des courses.
En résumé, cette premicre journée, marquée d'uoe
grande origioalité, a laissé d'agréables souvenirs dans
!'esprit de tons les assistants, et l'institulion des courses,
en créant uoe occasion de rapprochement entre Eur.opéens et Chinois, ne sera pas sans influen,ce heureuse
sur leurs rapports mutuels a!'avenir.
Agréez, etc.
Pour extrait: P. PAGET.
iº Itu,'!l!CAP. -

AUTOBIOGRAPHIE D'UN POETE.
(Suite,)

Le lendemain, seloo l'usage, toute la troupe des
r·remiers communiant~, gar~ons et filies, dl?vait, sous la
conduite des deux boEsues, aller faire une promenade
en Belgique (Comines et Werwiq), pour en rapporter
des fig11es. Bientot le soleil devint fort ardent, et l'altératioo contracta plus d'un gosier. Quelques g:ir~ons,
doot j' étais, eurent \'idée d'eotrer dcux ou trois fois
dans des cabarets de la route pour s'y faire servir a
a boire. Les bossues ootcrent le fait; elles noterent, en
outrc, que nous fumes ensuite tres-exaltés, tres-pcu
remplis de \'esprit saiut pouruo lendemaio de premiere
communion, et qu'cofin, ce qui ne futjaruais démont~é,
nous poussames, au retour, plus d'une fillette daos les
fossés.
Ah! les sournoises bossues devaient en ourdir une
bien noire trame! Je o'a\lais plus a \'école depuis quelques jours, et je travaillais ci. la maison, oü mon pere
était provisoirement reten u par une blessure a la jambe,
lorsqu'uo beau malin le curé entra. C'était un véritable
apótre. Il avait de beaux cheveux blancs, des traits réguliers et un air d'ascétisme empreint sur le visage
comme dans toute sa per!onne. On le savait dur pour
lui-meme non moins que pour les autres, et nul n'aurait
jamais eu la pensée de douter de sa vertu. JI avait au
plus haut degré le zele du bien ; il avait peut..etre quelquefois lrop de zele. Grand et maigrc, il ne sortait jamais
sans un baton blanc, qu'il teoait comme un pasteur fait
de sa houlette; mais il ne s'appuyait pas. 11 aimait a se
promener daos les sentiers du village, et j'avais vu bien
souvent, avec je ne sais quelle impressioo de terreur
respectueuse, sa grave silhouette se détacher sur le fond
verdoyaot des prairies. En chaire, il montrait la roa.le
éloquence rustique qui convenait a ces hum bles esprits,
et comme le Christ, son maitre, il leur parhit de préféreoce daos un langage plein d'images et de comparaisons empruotées aux travaux des champs. Je me complais a ces développemeots sllr cet boro me qui me chatia
rudement, mais qui, je n'en ai jamais douté, me cbatia
par conviction et pour moa bien.
A ce1te eotrée du curé, je resseotis comme un choc
électrique. Le pressentiment d'un malheur m'eovahit.
Mon pere était assis devant une grande table.chargée de
papiers; sa jambe était éteodue sur une chaise; ma mere
se tenait pres de lui, occupée a quelque travail tl'aiguille;
moi, je burinais sur un cahier d'écolier, a une table de
dimensions plus modcstes. L'arrivée du pretre mit tout
le monde en émoi. Son visage avait une expression grave
et sév~re. Apres quclqnes questions prouvant l'iotéret
qu'il preuait a l'infüposition de mon pere, il ajouta :
« Je regrette beaucoup d'avoir, en de pareilles circons•
tances, avous révéler des choses qui vous seront péoibles.
Je crains bien que votre fils n'ait pas accompli ce grand
acte de la premiere communion dans les dispositions de
piété qu'il comporte. ii Et il exposa mes prétendus torts
avec toutes sortes de détails, hahilement groupés, qui
n'étaienl pas de nature a me valoir le bénéñce des circonstances atténuante5 : les infemale11 bossues1avaient

11

de mon pere. La situation allait devenir critique·
r~ide~meot d.istillé dans leur compte-rendn toute la m'ordonner de me taire. N'importe! mon amie savait
Par malheur, le café était excellent, et le gofit de la
mal ice et tout le fiel de leur bosse. - &lt;1 Cet enfaot est maiotenant que je n'étais point terrassé ! J'avais meme chicorée ne s'y faisait oullement sentir. Maladroile sertres-coupable, continua le curé, et je ne doute pas que, remporté une douhle victoire, puisque mes oppresseurs vante ! Ma planche de salut allait glisser entre mes
daos J'intéret de son ame, comme pour réparcr autant m'avaieot vu si vaillanl.
Avant le Credo, le pasteur monta en chaire, et j'eus doiats. Je lns ma condamnation sur le visage paternel,
que possible le scanclale de s~ _cond~it~, v~us ne m'au_tol'l~onneur
d'occupcr une large place daos son sermon. ou t'influence du moka faisait monter une inquiétaote
risiez a lui infliger une pun1t1on oecessa1re. ii Ma mere
JI
rappela
le
scandale qui avail eu licu et qui devait etre lueur de mansuétude. La cloche soooa pour la seconde
avait pali, mais elle resta muelle. Mon pere, qui était
expié.
Le
texte
prctail aux développements, et !e véné- fois, ce qui voulait dire : prenez vos chapeaux et vos
tres-ncrveux, entra contre moi daos une grande coli&gt;re, ·
11vres de priere ! Je ne bougeai point, et crus babile de
et accorda sans réscrve tous les pouvoirs qu'on lui de-- rable prelrt: ful entrainé fort loio par son zele. Comme
demaoder
a Jrton pcre, pour détouroer son attention,
mandait. - « Oui, il faut un exemple, dit en partant elles ·portaieot a faux, ses paroles, loin de me toucher, s'il me permellrait de l'accomp~gner chez M. le curé de
l'austere vieillard, et comme prelre de cette paroisse, il acheverent de me raidir par le sentimeot de l'injustice
Menin: Mon pere semblait étre devenu tout a coup la
est de mon devoir d'etre inflexible. ii Cela promettait, et auquel l'enfance est si naturcllement accessible. Je teproie d'un embarras qu'il cherchait a surmonter. Il mit
je o'avais plns qu'a attendre,avecune confiaoce aoxieuse, nais mes yeux fixés, iosoumis et presque mt'na~aots,
un
peu de cognac dans le restant de son café, ce qui
vers la chaire. Bref, la sainte éloquence du prédicateur
le chatiment :rnnoncé.
devait
achever de me perdre, et dit en allemand a ma
Apres le départ du curé, ma mere clut intervenir pour produisit sur moi un effet tout contr:iire a celui qu'il en
mere
{!Uelques
mots dont je compris f esprit, smoo le
empecher le courroux paternel de prendre de trop fortes attend::it.
sans
littéraL
Ma fermeté fiévreuse se détendit pourtant un r,eu
proportions. Elle avait compris qu'il y avait dans toul
_._ « Mon enfant, dit-il enfin, tout biPn pesé, il s'agit
cela a faire la parl des exagérations vindicatives des deux quand la messe approcha ele son terme. Je me pris aréici
de prendre une détermination fort grave. La sagesse
fléchir aux suites de ma mésaventure. Comment traverméchantes fées.
commande beaucoup de circonspectio~. Meme dans too
ser
la
place
ou
les
paysans
avaieot
coutume
de
s·attarLe reste de la semaine s'écoula paisible'Jlent, et je
intéret il convient, je crois, de ne pas s'arreter légecommen~ais a respirer. Le di manche, je partis pour la der longtemps en conversations? Commeot affronter
'
.
rement et sous l'impression d'uo mécontentement, s1
tous
ces
rcgards
curieux,
et
doot
la
pluparl
seraieot
saos
grand'messe avec mon pere; el je mesuissouvenu plus
motivé qu'il paraisse, a un parti sur lequel il o'y aurait
tard qu'au moment ou nous allioos uous mettre en doute moqueurs et malveillants? _c'était le plus amer
plus ensuite a revenir. Avant tout, il est d'ailleurs escalice
qu'il
me
restait
a
porter
a
mes
lcvres.
Je•me
deroute, ma mere vint m'embrasser d'un air ému : j'ai
sentiel
de savoir si M. le curé de Menin consentirait a
pensé depuis qu'elle savait alors, du moins en partie, ce maodai d'abord si je ne ferais pas mieux de traverser le.
t"accepter.
11 me vient la crainte qu'il ne 'juge peut etre
qui allait m'arriver. Quand le troisieme coup eut tinté, cin;eticre et de revenir a" travers champs en faisaot le
devoir
s'abstenir,
ne ful-ce que par égard pour son conquand chacun fut a sa place, le curé s'avan~a, seloo la tour du village, le seul chemin a prendre pour éviler la
frcre.
Tu
as
trop
de bon sens pour ne pas comprendre
couturr.e, pour distribuerl'eau bénite. En passant devant place. Mais il me sembla que ce serait une fuite, une
que,
dans
le
doute,
il importe que nous ne brulions pas
oous, il me lao~a un regard qui me terrifia. P111s 1i ren- lacheté. Je renon~ai a cet cxpédieot, et me résolus il
nos
vaisseaux.
11
faut
cependant bien qne l'accomplissetra daos la sacristie pour y déposer l'a,persoir. La messe attendre, pour sortir, que la foule eut quitté l'églis!l.
ment
de
tes
devoirs
religieux ne soit pas interrompu.
allait commencer. II sortit de nouvcau, mais sans avoir Moa camarade partil le prcmier. Je pris mo11 courage a
Oue
ferions-nous
si
l'on
ne voulait pas t'admettre au caencore revelu l'étole, et se dirigea de ootre colé précédé deux mains; j'essuyai de mon mieux la poussiere doot
téchisme
de
M
enin?
Je
te
promets de chercher sans reles
dalles
avaient
marqué
mon
pantalon
a
l'endroit
des
du bedeau. Je sen lis un frisson me courir de la t~te aux
tard
a
tout
concilier
pour
le
mieux. Mais, en atlendant,
genoux,
et
je
me
glissai
leotement,
mystérieusement
pieds. lis s'arreterent devant moi. Le curé me saisit par
je
dois
faire
appel
a
ta
raison,
aton courage, et te prier
vers
le
portail.
Des
groupes
nombreux
s'entreteoaient
l'oreille et m'enjoignit de le snivre saos résistance. Je le
de
prendre
sur
toi
de
retourner
aujourd'hui a l'instrucsur
la
place.
Je
me
dis
qu'il
ne
rue
siérait
pas,
apres
ce
suivis ainsi jus~u·au milicu du chreur, ou il me fil mettre
tion
de
n~tre
,église.
Je
suí$,
du
reste,
persuadé que tout
qni
v
,cnait
de
se
p.i.sscr,
de
la
lraverser
du
pas
calme
de
a genoux. Cette premiere exécution fa,te, le curé et le
le
mcode
verra
ta
conduile
avec
édification,
et que
quelqu'un
doot
la
réputation
est
saos
tache;
la
voix
~ebeilcau se d1rig-erent encore une fois vers le food de
l'église, et je vis hieotót arriver, comme j'avais fait moi- crete de l'amo11r-propre froissé me conseillait aussi M. le curé sera le premie!' a t'en tenir compte. &gt;l
Je r.onnaissais trop mon pere pour risquer une objec..
meme, c'est\il-dire tiré par l'oreille, le plus e~piegle de d'abréger autant que possible cetle dcrniere épreuve.
tion
: elle n'aurait eu d'aulre résultat que de me faire
nos camarades, le fils cl'un mus-brigadier de la douaoe, J'cnfou~ai mon cbapeau sur mes yeux, et, saos me déordonner,
d'uu ton séYere, ce qui m'était demandé
pauvre garfOD qui n'ét:iit pas non plus alié apprendre lourner une seule foi~, je pris ma course et volai comme
d'une
maniere
si bienveillante. Je partís.
son catéch1sme chez les bossue~, mais qui, en reva11che, une fleche jusqu'a la maison pateruclle.
D•1
courage,
me cría encore de la porte mon exMa mere se tenait derriere la porte pour me serrer
avait partagé mes détnrdcments a la promenade. A la
cellente
mere;
cette
soumission t'honore et t~ portera
dans
ses
bras.
Mon
pere,
qui
venait
d'eotrer,
lui
avait
maniere doot se contraclait son oreille, on voyait bien
bonheur.
tout
dit,
et
sans
doute
qu'elle
ne
s'attenclait
pas
il
une
que celui-lil n'avan~ait pas tout afail en victime résigoée.
Voici comment elle me porta booheur. Quand le ca11 me fil vis-a-vis, selon toutes les regle, de la symétrie, puoition aassi cruelle. Cette fois, je ne pleurais pornt.
téchisme
fut terminé E:t que la foule eut pris place pour
~Ion
reil
était
aride:
il
couvait
la
colere
et
la
fievre.
Le
de \'aulre coté du chreur.
Que se p~-.;sait-il au fond de moi? Cette blessure a creur des femmes devine tout; a plus forte raison le lts vepres et le salut, le curé, dans la meme forme et
l'amour-propre était si vive, que je crois la ressentir en- creur des meres, quand il s'agit de leurs enfants. La avec le meme accompagnemeot que le matio,. vint me
core. Qu'allait-on penser etdire? Ma honte était publique, mienne crut devoir ne faire allusion que par quelques chci'cher pour me mettre de nouveau a gcnoux daos le
mots a :ce qui s'était passé. - « Mon ami, je sou!fre chreur. Je vis également arriver mon pauvre camarade,.
011 n'oublierait jamais cela. Je ne me savais pas d'enoemis, mais il y avait bt!aucoup de famiLIP.s jalouses de la plus que toi de ce que tu as· sou!fert. 11 faut montrer dont la résistance se traduisa1t plus visiblemeot qu'a la
mienne, et cel~es-la ne maoqueraient pas de se réjouir que tu deviendras un homrne en supportant cela avec grand'messe. Le bedeau dut employer une certaine'viode mon humiliation el de me mootrer au doigl. Je rumi- fermeté. Qui u'a pas eu a subir daos sa vie quelque in- leoce pour le réduire a s'ageoouiller. Mais le bedeau et
nai d'abord amerement toutes ces pensées; puis, ayaot justice? Mais l'épreuve est traversée maiotcoant;:tache le curé curent a peine fait quelques pas, qu'il se leva
brusquement et s'enfoit de toule la vitesse de ses jamtourné les yeux vers mon camarade d'infortune, je lui de 11'y plus penser. i,
l\ous pas.•ames dans la salle a manger, oú mon pere bes. J'admirai son audace, mais je ne l'imitai pas.
trouvai un air de révolte et de moquerie froodeuse qui
Je m'arrele. Ce fut ma mere qui alla définitivement
nous
attendail ponr le diner. Il avait une agitation visime releva de mon abaltemenl. Lt:s réflcxions philosophiques prirent le dessus, et j' eovisagcai plus froide- ble, et je compris que ma mere, par ses observlltioos, régler ce compte avec l'impitoyable pasteur; et quelques
meot ma posit,on : j'étais a geooux daos le cbreur, ce. l'avait préparé a trouver maiotenant mon chaliment mois plus tard je quittai le. village pour le collége de
qui élait peu flalteur, a la vérité. mais ma conscience excessif. - &lt;&lt; M. le curé a été trop loin, dit-il tout a Lille.
JI y a un post-scriptum a cette aventnre. Mon pauvre
ne me reprochait ríen, et je sou!frais injustement. Une coup d'une voix qui ne pouvait vas dissimuler son irrifois sur cette pente .du raisonncment, moo jeuoe esprit tation émue. J"irai lui dire ce que j'en peose. On ne camarade rebelle re~ut plus tard le prix de sa vaillance
se ra!fermit bientot au point d'oscr laisser mes regareis flétrit pas aiosi l'ame d'uo enfant dans son amour--pro- Je l'avais perdu de vue clepuis vingt-cinq ans, lorsque
les hasards de la vie le replacerent sur moo chemin.
plonger résolument daos la foule des assistants. Hélas ! pre ! &gt;i
ce bean courage ne fut pas de loogue durée, car j'aperJe crus le moment opportuo pour iosinuer que j'étais Arres avoir été soldat, il étaitdevenu douaoier. Un jour,
~us coutre la colon ne, ou elle avait l'habi!ude de se pla- certainement victime de la r:mcune des de•Jx méchantes daos un port de mer, ou j'étais de passage, il enteod
cer, l'excellente dcmoiselle de Laonoy, qui fondait en bossues. - &lt;t Elles auront voulu se venger de ce que citer mon nom, et vient me rappeler le sien. 11 n'avait
!armes. J'eus ,le creur brisé. - 1&lt; Pauvre boooe iustitu .. vuu5 ne m'avez pas eovoyé chez elles pour le caléchisme. qu'un désir, etre placé a París dans son modeste emploi.
trice! pensai-je, la voila plus désolée que moi-meme, Elles •1oulaient surtout vous humilier en m'humiliant, et Je me trouvais en position de lui etre utile, et je le lis
parce qu'elle me croit tres-malheureux ! &gt;•
je les ai vues sourire en regardant les fabricaots, qu'el- avec bonheur. J'ai meme eu la joie de pouvoir, depuis,
Je sen lis alors de grosses !armes glisser sur mes joues.• les savent ne pas aimer les chefs de la douane (ce qui améliorer sensiblement son sort. N'avait-il pas partagé
Puis la certitude d'etre plaiot par une amie me devint était vrai). i&gt;
les plaisirs etle plus grand chagrin de moo eofance?
par degrés une consolation, une douceur, une force,
L'argument porta coup.
Derrie1e le jardín de mon perc s'élendaicot de vastes
et je ne songeai plus qu'a. tirer de son chagrio ce creur
- « Eh bien! cela ne se passcra pas ainsi, reprit moq prairies, ou de belles vache~ flamaodes avaient presque
compatissaot, en lui faisant comprendre que je preoais pere dont \'exaltatioo allait croissant. A partir de ce en tout temps de l'herbe jusqu'au poilrail, car la luxumon mal en patience. Que! moyeo employer pour cela? jour, je ne veux plus que tu ailles i"ci au catécbisme. A riance des rcgains égalail celle des premieres séves. J'ai- Je n'ai jamais su chanter juste, bien que mon oreille !'avenir, c'est a Meniu que tu iras. Des ce soir, je m'cn ma1s a les contempler, le soir, couchées dans cette
m'avertisse exactemeot d'une note fausse. Je m'étais entendrai avec M. le curé de Menin. i1
épaissc verdure, aux trois quarts enfouies, et ne laisdone toujours ab~teou de mcler ma voix a celles des
C'était parler d'or, du moins a moo avis; et je me sant voir que leurs corncs reluisaotes, ou leurs humifideles. Daos l'espoir de sécher les pleurs de la bonne sentís tout triomphaot quand soooa le premier coup de dt:s oaseaux, qui semblair.nt aspircr les rayons du soleil
derr.oiselle de Lannoy, je me seotis tout a coup l:i. force clocbe pour appeler les eníaots au catéchisme: Hé- couchant. Quand, chassées par le patre, elles quittaieot
de surmonter tous mes scrupules, et je fis éclater mon las ! au meme moment entra la servante apportant enfin r,e doux nonchaloir pour revenir vers l'étable,
timbre discordant de toute la sonorité de mes poumons. le café. J'avais eu plus d'une occasion de remarquer leurs pis gonflés avaieot peine a retenir leur lait, qui
L'effet fut tel que le bedeau vint, de la part du curé, que le café possédait la. propriété de détendre les oerfs jaillissait a chaque pas et marquait leur passage d'une

�L'ILLUSTRATION, JOLIRNAL UNIVEHSEL.'
t2

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

extraordinaire. Le maire avait d'abord voulu s'opposer a
trace d'argent : c'était comme une autre voie lactéc. derniers temps de mon srjour au village, une femme, une installation qui allait etre longtemps pour les popuLeur pfüe 'était un pauvre idiot, fort inoffensif d'ordi- jeune encore, et qu'une immense douleur avait saos Iations un sujet d'émotion et de trouble; mais l'acquisinaire, et qui avaitpris en grande affection mon frere, ma doute poussée a cette détermination étrange, était ve- tion de la Folle avait été soldée en beaux écus comptants;
sreur et moi. Chaque jour, quand approchait l'heurc de nue se construire une retraite a l'endroit le plus sombre la propriétaire était m:ijeure et non interdite; et bien
nos ébats dans les hautes herbes, il venait exactement, et le moins fréquenté de ce bois; le! bruit s'en répandit que ressemblant peu au:x acles de la sagesse commune,
avcc les deux batons qui lui servaient a rallicr ses va- bientot aux environs, et ce ful aqui irait voir la Folle. sa vie sauvage ne constituait pas, Jégalement, un titre
La panvre femme, en effet, ne fut jamais désignée sous
cbes, l.iattre une marche de rappel sur la porte de notrc
suffisant pour la
faire enfermer. Elle
ardin, et sa voix
ne fut &lt;lnnc pas inmonotone mclait nos
quiétée .si ce n'cst
ooms a celte champar la turiosité des
pétre musique. Le
paysans et des villapauvre idiot, qui
geois, qui venaient
alors déja était aratout moment l'exarivé a\'a.ge mur, n'aminer, l'épier, comvait que trois idées :
me une bete féroce
nous voir, parler.de
dans fa cage. Les
sa premierc commuenfa ts surtout la
nion, qu'il espérait
tourmentaient saos
bien faire aux processe, et, pour mon
ch:iines fétes de Pacompte, je faillis un
ques, et de la belle
jour payer cher une
montrc
d'argcnt
importunité semblaqu'on lui avait promise pour cette céble.
N. M.ARTIN.
rémonie. Hélas! bien
que trcs-assidu aux
( La ,uite prochaiiwnenl J•
catéchismes, il voyait
toujours rcmettre a
l'année suivante la
réalisation de ce
CONSÉCBATION
double désir. Je puis
dire qu'il était en•
lt&amp; U ?IOCffLLI
core plus heurcux
lGLISI SAI'KT&amp;-PKRPiTUK
que moi lorsqne, les
jours ou sifOait la
All'!mu.
hise,j 'accouraiR daos
la prairie avec mon
AU nIRECTEUR
gigantesq11e cerf-volant, et qu'il m'aiNimc1, 15 juin.
dait a lui faire prenNimes vient d'adre son essor au
voir
une cérémonie
plus haut des nues.
analogue a celle qui
Oc quel air étonné
attirait la foulP. a
et de quelle houche
Marseille, il y aquelbéante il regardait
ques jours; le 8juin,
monter, en frétillant
on consacrait la noule long de la corde
velle église Saintetcndue, les petits paPerpétue. Plusieurs
piers troués que
hauts dignitaircs de
j'envoyaisalors, sous
l'Église
étaientvenus
forme de mi~sive,
dans
notre
ville pour
au cerf-volant daos
a~sister
a
cette
solenles célestes espaces !
nité.
A
huil
hcures,
Si l'id1ot m'aimait, il
Mgr l'éveque de Niaimait pourtant enmes, accompagné de
core plus ses vaches.
tout le clergé de la
Un soir que, par un
vi lle, des archevé •
caprice d'enfant, j'aques de Genes et
vais taquiné tme de
d'Avignon et des
ces paisibles beles
évéques de Viviers,
au point de la faire
de Valence,d&lt; j,aintbondir au détriment
Jean-de:-Maurienne
de son lait répandu
et de Digne, s'est
sur l'herbe, il me
dirigé, escorté par
poursuivit comme
une fonle nombreuun furieux , lan~ant
se, vers la nouvelle
apres moi ses ha .
église.
tons, que j'entends
Les prélats.se sont
encore sifOer a mes
CU:,jSECRATIOS OE l}t,;GLISE SAISTE-PERPl;rLf., A -;1.uE$. - O'apres uuc phv!ograpbie de M. A. C.respo11.
p\acés sur une esoreilles, etqui étaient
trade qui leur étai~
bien de taille a me
de
la consécration a
pndre le era.ne.
destinée et aussitcit la cérémonie
Heureusement que mes jeunes Jambes m'arrachc- un autrc nóm. Son haLilatio11, qui est t eslél! gra~~é en commeneé.
rent au danger. Le lendem:iin, nous étions redeve- relief daos ma mémoire, se composait d'ubc )'otlte tnaPuis la proeession est allée chercher les reliques de
nus les meillcurs amis du monde, et rien ne me fit ~onoée et couverte de gazon, au-dessus de laque\le s'é- Sainte-Perpétue, qui étaient déposées au pensionnat de
croire qu'il se rappelat l'épi~ode de la veille. L'idiot ne Ievait une toute petite maisonnette en bois, qui ressem- l'Assomption, et est venue les placer sur le parvis de
disposait que de quatre a cinq mots au plus pour expri- blait a une grande guérite. Un étroit escalier mettait en l'église. Apres une allocntion de Mgr Dubreuil, archevémer sa pensée, ou ce que j'appe\lerai plus justemeot la communication cette cave et cette maisonnette, et un que d'Avignon, les reliques·ont été introduites dans le
jardín d'une centaioe de metres environ entoura1t le
pale et ,aci\lante lueur dr. son impression actuelle.
sanctuaire et la cérémonie de la consécralion a conCe péril, auquel un bizarre verti~e de l'idiot m'avait tout. On l'avait pris sur le bois dont il avait fallu abat- tinué.
ainsi tout a coup ex¡&gt;osé, me rapp;lle une autre aven- tre des arbres; et ce singulier domaine était enclos
Le tout s'est terminé par la célébration d'une messe
ture de cette mcme époque, et qui m'avait alors d'une haie vive. Quand la Folle n'était pas daos son ca- pendal'.Jt laquelle la musique de la ville et la société
tres-vivement impre~sionné. A deux licues environ veau ou dans sa guérite on l'aper~evait dans son jardín, chorale la Lyre d'or se sont fait entendre tour a tour. 11
d'Halluin, il y avait un grand bois oü la bande de qu'elle béchait elle-m~me, ou elle plantait des Iégumes, était pres d'une beure quand la cérérnoeie finissait.
gamins intrépides dont j'étais membre, faisait de nom- et ou l'on ne vit jamais qu'une fleur, le souci. Le maire
Agréez, etc.
Pour ea:trait: P. PAG!T •
breuses battues daos la saison des noisettes. Vers les P.t le curé connaissaient seuls le secret de cette e1istence

'

•

i3

Cié du Caveau. Le voila qui redevient entreprenant. 11 les_ pieccs _que l'on fai~ aujourd'hui sont si Iongues et
pré¡,are, pour commencer, un opéra-comique en trois fimssent s1 tard, que les habitants des quarliers entréCHROIIIQUI lill!DtmC~L!lt,
acles. J'en ni Ju le titre quelque part, et je pourrais mes n':m peuvent plus jouir. JI y a déja plus de six mois
Malgré toules les difficultés qui semblent devoir con- nommer l'auteur de la parlition. VoilaParis menacé d'un qu'une pétition chargée de huit cents signatures a réclamé l'éreetioo du théatrc de Montrouge.
trarier, a París, l'éreclion d'un nouveau théatre, la li- déluge de do ubles croches ... Que París se ¡,assure ! il ne
Je n'ai encore parlé que des entreprises en cours d'exésera
pas
noyé,
Le
Thé4tre-Lyrique
et
l'Opéra-Comique
berté, dont le regne commencera le i" juillel proohain,
cution.
Les thé.itres en projct sont plus nombreux. On
vont
fermer
la
fois
le
mois
prochain
et
les
provinciaux
1
&lt;1 la liberté, vierge féconde, » comme diiait Béranger1
en veut faire un•
ne tardera pas a faidit-on, dans la rue
re, si l'on en croit
Scribe, un daos la
les on dit, tout ceque
cité d'Antin, un sur
l'on attend d'elle, et
le square Monthopeut-ctre méme
lon, un sur le boulequelque cbose de
vard Malcsherbes,
plus. Un nouveau
un sur le boulevard
tbéalre italien, conBonne-Nouvelle, un
current redoutable
a Passy, un au bois
de celui dont M. Bade Boulogne (spec¡;ier est le directeur,
tacle de jour), un
surgira bientot rue
aux Champs-Élysées
fiicher, tout pres de
(Opéra
d'été ), etc.,
la rue de Trévise. 11
etc.
Qui
aurait jasera exclusivement
mais cru que la spéconsaeré au genre
culation, chez nous
bouffe, que son ainé,
• aussi hardie T '
f ut
depuis longtemps
Ce sera un curieux
déj a, négli geai t
spcctacle
que cct
beaucoup trop. L'oimmense remue-m 1 _
pera butfa est née en
nage, et il ne Eera
ltalie, et n'a jamais
pas saos intérct d'en
pu prospérer ailétudier
les résultats.
leurs, quelques tenEn
attendant,
I'Opétatives qu'on ait faira
prépare
son
noutes, a di verses époveau
ballet,
Néméo,
ques, pour l'acclimadont MM. Ludovic
ter au dela des AlHalévy et Meilhac
pes. A ce qu'il paont tracé le pro..
rait, il faut a cette
gramme, et dont
filie insouciante et
M. de Saint-Léon a
rieuse un soleil plus
écrit la chorégrachaud que le nótre,
phie. M11• Marie Sax
et le laisser-aller des
a
chanté derniercmreurs méridionament
les Vepres Siles. Pendaot plus
ciliennes
avec une
d'un siecle, !e drame
rewarquaLle
énerioyeu:x, dramma oiogie,
ce
qui.
n'a
coso, a tenu en Jtasurpris personne, lie le baut du pavé.
et en méme temps
Les plus habiles maiavec u9e agilité fa.
tres, les génies les
cite et eorrecle. On
mieux inspirés, des'y attendait beaupuisle Buranello ju¡coup moins. On a pu
qu'a Rossini, luí ont
constater cbezM.Wadu leurs soeces et
rot, qui remplissait
leur gloire. Que de
le role du ténor, de
cbefs-d'rouvre ils ont
grands
pro::;res ,
produits ! Quelle mine a exploiter pour
ll'heurcnx cha11gcune administration
ments. Ln timbre de
intelligente ! - C'est
sa voi~ s'est amélioré. d ne fait pln,q
M. Caimi qui dirigera le nouveau tbéad'efforts. 11 a du
tre bouffe, aidé de
calme, lle l'éléganM. de Filippi, diletce, de la ~rúcc, un
tante tres - expe1 •
exccllent SLJ le.
daos les affaires draM. David a dél,uté
matiques.
daos l!obert le DiaLe théatre de la
blc, role de Bc1 Porte Saint-Martín,
tram. 11 a du talent.
oil logea, de ii8l
Mais les notes graves
a f 7:JJ, le grand
lui manquent, et son
SALO:i DE 1864: FRUITS ClJBlLLIS. - Tableau de». J, Mais1at (voir la page 3).
Opéra, va redeveexécution n'a rien
nir, au moins dans
d'infernal. A coté de
1!°e.ce~ioe mesure, nn théatre musical. On y prépare qui pendant l'été visitent &lt;&lt; la capitale, " n'y trouve- luí,~'"• Pascal continuail ses debuts daos le role de la prin1exe~ut1on de Jliorma, tralluite en frangais, et celle du ro~t pas, tout comple fait, plus de musique qu'il. l'ordi- cesse Isabelle. Elle y a produit tout justement le mcme
Barbier de Séville, en attendant des reuvres nouvelles na1re.
effet que daos Guillaume Tell. M. Gueymard jouait RoL'entreprise est passablerutnt audacieuse.11 faut aNorma.
La salle de coneerts ouverte il y a quelques mois sur bert, M11 • Sax la « gentille Al ice; » et uu "éometre de
~omrue ~u Barbie~, des ehanteurs de prcmier ordre, e~ le boulevard Sai:it-Gcrmain, va se transformer en salle joviale humeur s'amusait, de l'orchestre, suppuler la
Je ~e sa1s trop o~ la Porte Saint-Martín a pris ceux de spectacle. On en construit d'autres encore - une au somme métrique ou pouvait monter l'addition de ces
. Montrouge, une aux Ternes, une daos ' l:i rue La- trois circonférences : M11 • Su, M. Gueymard et Mm• Pas~~ elle va nous fa1re entendre. Mais quel que soit Je suc- pet1t
ces -~e ce_tte aventure, ce théatre sera sorti de sa vieille fasctte, entre la gare du Nord et celle de I'Est, une en- cal.
ormcre, 11 aura fait une infidélilé a11 mélodrame hrutal fin_rue tle Lyon, entre la gare de Lyon et celle de
On a vu plus récemment le début de Mil• Camille de
et déelamatoire : ce sera toujour.; cela de gacrné.
Que'
la
Maescn
daos les Hugucnots. C'est la sreur cadette de la
Samt-Maur. Qu'on explique comme on voudra, - ou
0
musique lui soit légere!
com~e on pourra, - cette bizarre attraction que les cantatrice qui a eu, l'hiver dernier, tant de succcs au
1~ Y a plus loin, sur le boulevard du Temple un tout ch?mms de fer semblent exercer sur les entreprises Théatre-Lyrique, daos les 11écheurs de Perles et daos RiP~~1t tbé~_tr~, qui jadis cultiva l'opérette, et d;nt l'am- th_eatral_es ! Apres tout, ce qui est excentrique n'est pas goletto. Mil• Camille a les traits les plus distiorrués lea
bit1on s eta1t, depuis, restreinte aux ftons flons de la necessairement extravagant. Paris est devenu &amp;i grand, plus fins, et ll taille la plus élégante du mond/ Sa 'voix

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L'ILLUSTR.¡\TION, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTR.\TION, JOURNAL UNIVERSEL.

est étendue, égale, facile, et le {tilllbre en est délicieux.
Elle vocalise avec assez . d'agilité, sinon tres-correctement, et prononce le moi9s qu'elle peut : mais elle a
laissé échapper quelques mots r¡uiont suffi pour pro•JVer
qu'elle parlait beige. Bref, elle a des déíauts qui peuvent se corriger,• et des qualités fort rares que le travail.
et l'exercice développeront infailliblement. C'est done
une acqnisition excellente.
Sa sreur ainée, au- Théatre-Lyrique, vient de jouer
Adalgise daos Non_ng, )l,coté d_e Mm• Andrieux-Charry,
qui débutait par le rol~ de la terrible druidesse. 11 est
fachem:: qu'on n'ait point ¡adopté la dimibution inverse.
C'est M11• de Maesen qui aurait dü chanter Norma, et
Mm• Charry Adalgise. D'ailleurs, on exécute la musique
de Bellini, au Théatre-Lyrique, avec l'ardeur, la violence et le formidalile bruit qui conviennent a celle de
M. Verdi. C'est un contre-sem perpétuel. Les compositeurs italiens se suivent et ne s~ ressembleot pas. Mais
on ne se doutait pas plus de cela daos la salle que sur
le théél.tre, car les applaudissements allaient toujours a
celle des deux cantatrices qui criait le plus.
G. 8EQUET.

temporains rendent hommage aux fondateurs de l'éclec- Celui-ci devait, d'inspiration, lui'rendre peu a pen son
tisme, mais n'acceptent point leur philosophie. Elle leur véritable caraclere. Mais il lui fallut des années, non
semble mam¡uer de caractere scientifi,r¡tte. Ce n'est pas saos doute pour créer des cbefs-a'ceuvre immortels,
1ju'1ls prennent parti pour le matériahsme: ils sont divi- mais pour avoir le secret de sa propre création, pour
sés sur cc'tte question ; les uns veulent maintenir le spi- ré;igir complétement contre ses prcmiers maitres, pour
ritualisme en le lransformant; le~ autres, et notamment saisir dans quel sens la formule de l'art pour l'art est
un jeune étudiant en rnédecine, esprit trcs-vigoureux, vraie et dans quel sens elle est fausse, pour arriver, enM. Blatin, acceµte la doctrine de MM. Auguste Comte et fin, a reconoaitre l'ideutité profonde. de la révolution litLittré, mais en la couronnant par celle d'Hégel, dont téraire dont il restera le représentant le plus illustre,
peut-etre il n'a pas péoétré la signiflcalioo intime. Le et de la révolution p_olitique ioaugurée dans la grande
rédacteur en chef, M. Charles Longuet, parait incliner déca&lt;le 080-1700. ll y a done, sous ce rapport, deux
vers les théories que M: .Yacherot a exposées d'une facon phases dfstincte~ daos la vie du poete; et, comme nous
si lumineuse daos son beau livre: f.Iétaphysiqu.e positive. l'avons déja dit, c'est a la scconde phase que se rattache
Voila bien desdivergences; mais elles n'empechent point le journal des étudjants. 11 se cléclare pour le romanque les, jeunes écrivains n'aient sur ces difficiles ques- tisme, mais non pour celui qui picore sans cesse au clair
tions une idée commune qu'ils expriment ainsi: «. Arra-· de lune, qui tombe en ,des pa.moisons héates au seul
« cher la philosophie aux vaines dissertations de l'école, nom d'og'ive, et se désintéress;:, 'Cl·ans un vague pan&lt;&lt; en lui ouvrant levaste champ des sci:mces naturelles
théisme ou dan~ une mélátlcoli-e fáde, du souci.liril, des
« et des sciences sociales. »
destinées humaines; il ie solnm'e d":i.joutcr asa lyre cette
Les vues historiques des Écoles de Prance sont tres- corde d'airain que Juvén.al avait drja connue, que Bar.ncttes, tres--décidées; ici, pas l'ombre d'une divergence bicr a rctrouvée, et qui Íl doooé aa poete du R.oi/a?iiuse
entre les rédacteurs, tl11 moins quant aux principes. lis ses notes les plus sures de traverser les siecles,. Ainsi
acceptent la doctrine du Prog1'es, mais ils se refusent a :n. P,erre Den is, en son propre nom et 1u nom sans doq¡.e
drfioir et a comprendre le Progrcs comme M'. Guizot et de ses collaborateurs, definit tres-énergiquement la poésie ,
ses disciples directs ou indirects, et, par conséquent, l'exallation de la conscilmct, e\ il ajoute en· termes·excel-comme les saiats-simoniens et les positivistes. lis se rat- lents : &lt;&lt; II faut que l'art sQit de son tcínps, qu'il en
tachent a la conception qui a été développée, il y a dix « parle le lan¡;age, qu'il en traduise les idées, qu'il en
ans, pal,' la Revue de Paris, par \'Avenir, par l'lllustra- &lt;&lt; exalte les aspirations; saos cela, ce n'est p,us de l'art,
tion (1), et qui a été exposée au moins'partiellement, vers &lt;&lt; c'est du dilettantisme. •&gt; C'est, du reste, ce que M. Aula méme épo~ue, avec une éloquence inci;&gt;mparable, par guste Vacquerie avait déja dit avecson relief habituel:
le maitre préféré de la gPnération nouvelle, M. Edgard &lt;&lt; Oo ne demande pas aux poetes d.'.etre les commis de
Quinet. En d'autres termes, ils déflnissent le n:ot de &lt;&lt; la politique : on leur demande de-u'etre pas lesdése~
progres, non par celui d'étolution, mais par celui de l'é- « tcurs de l'h11manité. »
volutio11. « L'idée de progres, dit le rédacteur e'n chef des
Telles &amp;ont, en résumt!, les diverses tbéories des gé•
« Écoles, introduite pour la premiere fois daos l'histoire nér:itions nouve Hes. 11 ne faudrait pas croire cependant
« par Herder, comme elle l'avait déja élé par Leilinitz que leur jouroal dogn1atise saos cesse, 011 mcme clog« daos la philosophie, n'a pas encore été analysée dan5 matise beaucoup; il a ses heures de doctrine, il a ses
« les divers éléments qui la composent. L'école histori- heuresdP. combat etde gaieté généreuse. ll aime prendre
« que de M. Guizot, comme les écoles saint-simonienne a partie M. Sainte-Beuve 'et tous ceux de cette école; il
&lt;&lt; et positivi~te, ne voit daos le progres que l'évolution
lance a droile ou a•gauche ses fines épigrammes, il dé&lt;&lt; incessante d'un certlin nombre de faits primitifs que
croche en passant, du bou.t de sa plume, les écriteaux
« l'iotelligence de l"homme ne peut jamais ni transfor- qui menterit et les étiqullttes hypocrites; il fait leur part
cc mer, ni détruire. Elle n'admet pas que la raison buau roman et a la poésie. Mais ji:squ~ dans ses bluetles
« maine puisse, a un moment donoé, créer de nouvelles les plus capricieQses on les plus azurées, il reste fidele
&lt;&lt; idées et modifier complétement et brusquement, en
a ce•seotimeot énergique de liberté, de ,4noV'dtion et
&lt;&lt; vertu de leurs conséquences, la sociélé oü elles se prode haute moralité qui · est ¡;on inspiration premicre. JI
&lt;&lt; duisent. C'est contre cctte théorie du Progres continu,
applaudit a ceux yui pratiquent le sur.~um corda; il
ce qui, logiquement emlJrassée, conduirait a condamner s'iodigne cootre ce qui esté9uivoque, ténébreux, servile,
ce toutes les rénovatioos médicales, a amnistier dans .le
et d0, haut de ses sentiments généreux, il prévolt, il de&lt;&lt; pays tous les crimes lleureux et persistants, c'est contfe
vine un élargissement des ,clutrines re~•Jes.
&lt;&lt; cette théorie, dis-je, qu'.il faut élever une nouvelle docVoila ce que l'observatellr atteotif constatera , en lie&lt; trine plus large, plus hardie, mieux en accord avec
sant les Étoles de Ftance. Nous pouvons done nous dire,
&lt;&lt; le!i principes éternels du droit et de la morale. ii
nous qui montions sur la breche,. •il y a dix ans, pour
Tcls sont les príncipes historiques du jóurnal, et il les lutter daos la mesure de nos forces contre les théories
a déjil. appliqués avec audace et avec 1Jonheur.1e recom- de fatalisme deveuues le prétexte de toutes les bassesses
111ande notamment a l'attention des puLlicistes une et de toutes les corruptions, nous . pouvoos nous , dire
longue et brillante étude sur La Boétie et son temps. Je avec une joie profonde que nos efiorts n'ont poiot été
recommande aussi divers articles sur certains person- stériles. Les prétendus habiles nou:, criaient: &lt;&lt; Stoicrens
nages de la Révolution, et notamment sur l'école héber- nouveaux, vous prechez cµ¡ns le désert! i&gt; Le déserta eu
tiste, articles oü les arguments pour et coutre ont eté des oreilles. Nous avons fait appel aux énergies sacrées
présentés tour a tour avec force, puis résumés avec un de la eonscience individuelle, et la. conscienc&amp;- indivisens critiljne des plus rares par le rédacteur en chef des duelle s'est réveillée; elle nons don ne déja une jéunesse
Écoles de Fra,¡ce.
sérieuse et vitile, qui sent avec for~e ce qui mangua a
Passoos mainten:mt au programme littéraire des étu- ses pcrcs pQur ·accomplir la tache · tlifflciie, mais oblidiants. Leur écrivain de prédilectiou, c'est Víctor Rugo, gatoire, de la liberté. Contiouons done notre reuvre: nous
mais le vrai Victor Rngo, le Víctor Rugo de la secoo&lt;lc décourager aurait été hier une lél.cheté, aujourd'hui ce
maniere, le poele souverain qui n'accomplit pas seule- serait une folie. L'avenir qui s'approche est déja visible
ment une rénovation littéraire mémorable, mais finit pour les yeux de la raison, et nous avons des indices
par la compren'dre dans toute sa portée sociale. Au fond, certains qu'il égalera nos plus hautes esperances (1 ).
le romantisme, s'il est permis de se servir encore Je
FRÉDÉRIC MoRIN.'
cette vieille .ixpression de bataille, n'a jamais été que
l'introduction de !'esprit révolutionnaire daos l'art et
(1) l,,s jQumanx s•nt commc les morts de la balhrle allem~ndP., ill
daos la poésie : c'est aiosi, du reste, qu'il se considérait 11011/ t'ice. llana l'inlerv•II• 0111 • separé l'•mrr,ssion de cet art,cle de ••
publication, le jQornal lt1 Écolu de France a ele supprimé pour avoir
lui- méme sous le Directoire, car il date vraiment de traite des quest,ous d'eco11u1111e social•
celte époque si calomuiée et si créatrice. Mais,~ous l'Empire et dans les premieres années de la Restauration, a la
--~
fois gené et dévié, il perc!it, par l'action indirecte des
Nous nous empressons de po;ter Ala connaissance de
pouvoirs publics, l'intelligence claire et réfléchie de
son véritable role : il se mela au mysticisme, il hanta les nos lccteurs la leltre suivante, que M. \'ictor Hugo vient
cathédrales du moyen él.ge; il se compromit pulilique- d'adresser a M. Pierre Larousse, l'auteur du Grand Dictio1maire univ~rsel du XlX• siede :
ment en compagnie de Joseph de Maistre. C'est ainsi
&lt;&lt; Hauteville-1Jouse, iO avril.
défiguré qu'il fut traosmis par Chatea1.1briand aM. Rugo.
MoNSIEUk,
~·

QUESTIONS PCLITIQUES 'ET LITT(Rl!RES.

XIV.
QUELLES SONT LES JD!l:ES DE LA NOUVfil.LE GllliÉRATION

INTELLECTUELLE?

Tous les hommes préoccupés de !'avenir en conviendront sans peine, il n'y a rien de plus important que
d'éludier avec soin les tendances, les aspirations, les
1 idées des générations nouvelles, de cette jeunesse active
qu'oo appelle aujourd'hui le pays Latin, et qui sera demain le pays de France. Or, cette étude est singulir.re-·
me,nt facile a l'heure actuelle. Le quartier Lati.n a un
journal; journal tout littéraire saos do'ute, mais tres-sérieui¡, et qui aborde avec tact et avcc vaillance toutes
les questions perrnises a une feuille aussi indépendante
que peu timbrée. Ce journál, intitulé les Écofos de Prance,
exprime tres-incontestablement la pensée iotimP. des étu••
diants, car la liote qn'il a proposée, daos de récentes
élections a l'École de MéLlecioe, a passé a une Corte majorité, et de plus, quoique fondé il y a cinq mois a peine,
il présente déja un ensemble varié d'articles trcs-nets,
tres· iotéressant~, quelques-uos tres-vigonreusemcnt défiois, qui permettent d'apprécier ce que pensent ses je1ines rédacteurs en matiere de littérature, d'histoire, de
pbilosophie, el meme ~e soup~onner ce qu'ils veulent en
matiere de morale puhlique.
11 suffit d'ouvrir le premier numéro des Écoles pour
s'apercevoir que les étudiaots contemporains ne sont ni
les admirateurs passionnés des choses présentes (je parle
des choses littéraires, bien entendu), ni les disciples
aveugles des grandes écoles qui ont commencé, il y a
' quarante ans, lcur regne intellectuel. lis leur rendent
justice, ils regrettent que leurs maitres illustres ne soient
plus entendus, mais ils les releguent daos le Panthéoo
du passé, et appellent ou préconisent des doctrines nouvelles, plus larges, plus viriles, plus radicales que les
eurs. Cette appréciation éleyée, a la fois tres-respectueuse et tres-libre, vaut la peine d'étre citée, car elle
est un peu le prograrnme du jeune journal. ·
« Combien de fois, s'écrieM. Charles Longuet, n'avon~&lt;&lt; nous pas déploré, aux heures mauvaises, de n'etre pa~
« nés au commencement de ce siecle ! Nous a urions eu
&lt;&lt; alors d'illustres maitres ! A peine sortis du collége,
« nous a•1rions pu nous éprendre avec Royer-Collard de
« cette -pbilosophie spiritualiste, si noble, mais si peu
« scieritifi(]ue, dont il commen~ait arestaurer le culte. &lt;&lt; Avec M. Villemain, nous aurions étudié ce grand dix&lt;&lt; huitieme siecle, alors méconn•1, dont il nous eut. fait
« l'éloquente peinture. Les le~oos de M. Guizot nous
« eussent appris a cbercher une loi daos les faits bisto« riques, et nous aurions embrassé cette doctrine du
« Progres qu'il fondait alors et que de plus jeunes mal« tres ont maioteoant dépassée. Nous aurions lu les pre« mieres reuvres des Lamai·tine, des Víctor Ilugo, des
« Lamenoais; oous aurions pu choi&amp;ir enfin nos maitres
&lt;&lt; daos cette illustre foule de philosophes, d'artistes, d'é« crivains que le dix-neuvieme siecie, monarque adoles« cent, traioait comme une escorte d'honneur sur ses
« pas. »
('!¡ En 1856, l'lllu1tration a publié sur cette question. a propos d'un
On voit par cette profession de foi, présentée avec un livre remarqu•ble de M. Pelletan, une elude assei lo, gue donl l'autcur
de ces lign•s ful chargé, et qui avait pour bul de mettre en lumiére lei
vrai talent et une rare précis1on, que les étudiants con- lacw.e,¡ dea theoriés ductruwrl!i.

•

,}

j

--

«J'ai re~u vos quatre premicres livraisons. Votre plan
est vaste, votre but est noble; quelques parties que j'ai
lues déja sont excellentes. C'est, ~n v~ai, monument que

'

vous élevez an dix-neuvieme siecle. Condenser daos un
]ivre les connaissances,bumaines au dix-neuvicme siccle,
c'est uoe belle et ~rande idée. Arres tant d'essais manqnés, tant d'ébauches malheureuses, tant de rrpertoires
empreiots de !'esprit rétrograde, donoer en fin a la ma-gniflque encyclopédie de Diderot im pendant plus complet et plus grandiose encore, voila. une reuvre qui,
achevée, sera pour l'éditenr la fortune, et pour l'auteur
la gloire. Pénétrez-vous rle plus en plus de !'esprit nouveau; éloignez ce vieux reste du passé, dont il est si
difficile, surtout dans un travail de ce genre, de se dégager entierement, et saos nul doute, Monsieur, vous
aurez cette fortune et cette gloirll. Presque tous les dictionnaires biographiques et encyclopédiques de notre
temps sont faits daos une pensée bostile au siecle; aussi
n'oot-ils que peu de succcs, el \'avenir les dédaignera.
Vous, vousvoulez servir le progres, Y0US voulez créer le répertoirc de la pensée humaine universelle, vous méritez
la réussite, vous l'aurez. Votre succes sera d'autant plus
grand que votre union avec le siecle ser:t plus-profonde.
·Courage !
ii Je suivrai votre travail avec un vif intéret. Je vous
envoie tous mes vreux et tous mes applaudissemeots.
n Croyez ama bien cordiale sympathie,
(( VrcroR HUGO. ))
~

CRÉDIT F0NCIER DE FRANCE.

46° Tirage des obligations fonciéres 3 et 4 0/0 (1854).
Le 46• tirage trimestriel des obligations foncieres 3 et
4 0/0 a eu lieu le 22 juin i854.
Lenº 64,644, sorti le i•', gagne l00,000 fr.
~ nº 83,616
2•
50,000
Le nº f86,489
3•
20,000
Total. .. 170,000 rr.
3• Tirage des obligations foncieres de 500 fr. 4 0/0 (1863).
Le 3• tirage trimestriel des obligations foncieres de
500 fr. 4 O/O a eu lieu le 22 juio t864-.
Numéro sorti : i,0t7.
Les 40 ohligations portant ce numéro gagnant, suivan't la série a laquelle elles appartiennent, les lots suivants.
6• sérlo. l00,000 fr., - 7° série, 30,000 fr.; - séries
33, 24, i2, '8,, 26, i, 30, 14, chacune 5,000 fr.; - et les
séries 21, 13, ~. Hi, 32, 4, 3 f, 36, 34, H, 27, 29, 3, 39,
9, i 9, lO, 23, 25, -28, 40·, 5, 35, 2ú, n, 22, i6, 38, 37, 2,
chacuoe t ,000 fr. - Total, 200,'l00 fr.
La liste des numéros"4,'obligations sortis aux tirages
précédents, et qui n·oot ~s encore été présentés au
remb,oucsemeot, est adressée --,.,,aneo a toute persoooe habitaot les départements qui en faiHa d&lt;Jman&lt;le par lellre
affranchie.

15

º!léf!ciaires, ,qu'elle oflre'auxJpersonnes qui recherchen t.
outre la sécurité du placement et le payement régulier
des intéret3, nn hénéfice certain par l'éventualité d'une
prime de remboursement.
SOCIÉTÉ l,l(MOIJIUERE
« Elle va émettre des obligations de 500 fr. rembour- ,
DBS
sahles
en 3t ans, et donnant droit. i 0 a 25 fr. d'intéret
BOULEVARDS DU TEMPLE.
annuel, et 2° a un nmboursement avec prime aussi avunÉm;ssio,1 jMqu'a co11cm·rence de huit rnille ohliga/iQns de tage,1x r¡u'-il e~t j11ste et ér¡,,üable.
500 f•·ancs (soit quati-e millions de fmncs) poi·tant inflfret a
ce A la différence des Compagnies qui offrent des pri5 o/o, paya ble par semesfre, et i•emboursables er, 31 annuitlfs, mes de rem boursemeot boones pour les quel ques perAVEC PRIME PROGRESSIVE.
,.5onnes que le sorl favorise, et presque illusoires pour
Garantie: 1re hypothéque sur 9,000 métres de terrain si- les autres, tous les porteurs d'obligatioos de la Societé
tués dans le quartier Je plus populeux et le plus commercant des Boulevards du Temple joniront de la prime, en raíde Paris, a q11elr¡,1es pas de l'emplacement des anciens théa- son dtrecte clu temps qn'elle se sera fait attendre.
tres du boule\'ard du Temple, et sur les immeubles :i la
construction desr¡uels serontexclusivement employés les fonds
&lt;&lt; Aiosi les 4,000,000 se diviseront en 8,000 obligade cette émission, savoir:
tions.
Tmis TMdti-es rlo11t les baux .font signlfs, une Salle de
« ll Y en aura 258 remboursables chaque année, penconcerts et sept Maisons bow·geoises, le tout !!valué a IIUIT d10t 3f ans. Or, ces obligatioos s'accro1troot ~ 25 fr.
MILLIONS.
par an et seront rernboursahles par conséquent: celles
, Remboursement. - Oulre l'intérét it 5 0/0 payable par de la premiere année a525 francs; celles de.la deuxi.cme
semestre, le rPmhoursem•nt s'ell'ectuera en 31 annuilés,.soit année a 550 francs; cel les de la dixicme année a 725 fr.;
258 obli:;atious par an, avec bénéfice pro:¡rcssif, savoir:
celles de la viogtieme a 975 francs et celles de 'la trente
1re année it 525 12• année a 775 2.1• année a 1,050 et unieme a l,250 francs.
2•
»
523 1B•
»
800 2i•
•
1.075
« L'accroissement de capital est, nous le répétons,.
3:
1
1
•
~
·
Bl_~~
2fi•
1
;100 tout a fait indépendant des it,téret,· a 5 o¡g qui seront
4
75 1
8
5•
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16•
»
payés chaque semestre.
875 §~: :
11•
»
61:i 17º
900 2~•
•
1.175
i&gt; Comme on vient de le vrir, ce placement réunit une
7•
1
650 18•
,
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,
•1,200 sécurité parfaite et un bénéfice assuré, et il n'est point
8•
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9.'&gt;0 30:· »
2"
9•
:
~ou;nis aux ris(]ues des spéculations iodustrielles, car Ja
700 20
975 01
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,
72.'l 22•
»
000
•
Société immobiliere des Boulevards du Temple borne
1
11•
,
750 23•
,
Ú25
1 son action au role de prorriétaire foncier, et trouve son
.
é
.
d'
des loyers, asLe t1rage
au sort tant rnter zt par la loi le rembourse- ¡ bénéflce
, exclusivement
d h
· dansd'la perception
,
ment aura ¡1·eu' a· r3 ·I50n de 2"°
,u bl. t'
d auo 1ga 1011s ' par anuée ,Slll-·. ' sures pard es ]' aux ex1stant
· avance d une part,et
·
vant l'ordre des demandes faites par les obligataires dans tre part fDS a~gme~tat1on de valeur des 1m~eubles.
les trois mois qui précederoní l'époque de rembonrsemPnt • &lt;&lt; Que Ion vemlle bien remarquer que la pNme qui
Versements: 50 fr. en souscrivant, 75 fr. á la réparti!io~. va ch:ique année s'ar~ondis~ant ~u profit des obligations
75 fr. un mois aprés, et 30 fr. par mois pendant les dix I non eocore remboursees, n accro1tra pas les charges de
mois suivants.
; la Snciété; elle en trouvera l'équivalent daos les intérets
Les actionnaires de la Comp3gnie auront le droit de ' qn'elle aura il payer en moius aux porteurs des obligapréférence dans la souscription a raison d'une obligation · t1ons remboursées.
pour une action.
&lt;&lt; Des que l'on annoncera l'émission, nous aurons soin
On souscrit il Paris, au siége social, boulevard du Tem- d'?º prévenir nos lecteurs, car il y a lieu de croire que,
ple, 3ti. et de la provi_nce: p.1r l'Pnvoi de billets de hanquP- faite dans de telles conditions, la souscriplioo sera inéou de valeurs sur Parzs, a I ordre de M. A.MIEL, directeur- vitablemeot couverte en tres-peu de jours.
gérant.
&gt;l LÉON JEANNIN. »
On souscrit aussi chez les har.quiers correspondants de Ja
Compagnie.
PLACEMENT HYP0THÉCAIRE.

t •

J:~~
b~

!

....._.,._..

A ~e sujet on lit dans le Glohe:
7'~:Depuis la seconde moitié du siccle dernier, les ma« Les grandes entreprises de notre époque ont absorbé ladcs atteinte de la goQtte ou d'affections,des reins,etc.,
un chiffre con3idérable de capitaux. Et si le pnhlic au- se rendent a Contrexéville et y sont notalJlement améqnel on a fait appel a eu lieu quelr¡uefois de se féliciter lioré~ ou radi_c~lement guéris. Sa Majesté l'Empereur, par
des placements qu'il a faits dans les opérations aléatoiun dccret spec1al en date el u 4 aout f 860, a déclaré d'inres, il en a été aussi souvent la victime.
téret
public la sou-rce du PAv11..LoN, doot l'eau se conserve
« Les affairessont rares qui peuventa la fois offrir une
~
~arfaitement et cst expédiée d:tus le monde entier. sécurilé
parfaite
et
un
produit
élevé,
üt
quand
nous
trouLA F1NANCE est le plus complet des journaux 6nanciers.
vons ces avantages réunis, nous nous empressons de les Ecrir_e a M.. P,1.sou&amp;r, a Contrexéville (Vosges), qui
Elle p~.rait le jeudi. Correspond. de toutes les places de sigoaler
a nos lecleurs.
cnv01e gratu1tement un ouvrage tres-détaillé sur ces
l'Europe. Rédacteur en chef: A. Cnu1PoN. J an, 20 tr.;
&lt;&lt; Oo peut se rappeler les articles qui ont été p11bliés
eaux célebres et actuellement si fréquentées.
6 mois, 10 fr.; rue Ri!!helieu, !08. .
lors de l'émission de~ actions de la Compagnie immobiliere des boulevards du Temple.
&lt;&lt; Les fonds provenant de cette émission ont servi a
REBUS.
acheter des lerr:tins dans une des plus belles situatioos
ECHECS.
de Paris, a l'eotrée d'un des graods boulevards, a quelPhUBLEME N° l69, PAR M. WM., ÁWORY.
ques pas de l'emplacement des anciens tbéél.tres démolis.
·
&lt;&lt; Ces terrains, d'un seul tenant, mesurent 8,900 metres, d'une valeur de 4 millions environ, et se déploient
en fa'.{ade sur deux boulevards et deux rues (les terrains
voisins se vendent 500 francs le metre ). lis doivent etre
mis en valeur par la construct:on de trois théél.tres, d'une
salle de. concert et de sept maisons hourgeoi.ses.
&lt;&lt; On s'occupe aujourd'hui de réaliser le plan concu
par les fon&lt;lateurs, c'est-a-dire d'édifier sur ces terrai~s
les constructions auxquelles ils sont destinés.
&lt;&lt; Ces construclioos rnüteront aulant ,yue les terrains
soit 4 millions. Ces 4 millions et les 4 millioos de ter~
rains présenteront done une valeur de 8 millions en immeubles de premier ordre.
« Pour remplir le buten vue duquel elle est fondée
la Société im'.°obilicre, d_es. Boulevards du Temple s;
lt:(~l,l(;A1'J()N 111' OKHNl!!H K~KI b,
• propose de fa1re une e mss1on de quatre millions d'OUn bon bailleur en fait bailler dix.
BLIC.ATIONS BYP0TilÉCAIRF.S' lesqnelles auront pour "ªªes
0
et garantie 8 millions d'immeubles des mieux 'situés de
Pari~, et dont la plus grande partie est louée d'avance et
a long bail (1).
VARIANTES.
(a) F pr. T
&lt;&lt; Ces obligations représenteront done un plaeement
T 4• D échec
T pr. T (b)
sur premicre hypotheque, c'est--a-dire avec la garantie
C 6• CD échec
Mat.
la
plus
solide
que
l'on
connaisse.
Les blancs font mat en quatre coups.
(b) F pr. T
« La Compagnie ofTre EN 0UTRE des avantaaes
qui méP 4• R échec
Mat.
0
ritent une sfrieuse considérati,,n.
C~rcle _de Del!ac (Haute-Vienne), L. Lefrancq. G. Baudet,
« Elle a,cboisi un mode enlierement nouveau d'obli- Cafe Dr~zrn (Peut-Montrnuge), Dégiron. E. Dubedout, Cercle
SOLUTION DU PROBLÉlfl! Nº 168.
gations, a la fois sérieusemeot hypotht!cafres et largement de l.e_z1¡¡;11an, Café dPs Arts (lla1Te), G. de V. Allevard,
TcCR
T pr. T (a)
C. Ca1llet, lJr fürnl, Planche . E. J?rau, Cercle Laborie,
C 7• ~• D échec
R 5• F D
de
Perpzgnan, 11. Frau, Cafi\ Charles Burger aParis Café du
(t) Les loyers des théatres déja loués •ssurenl á eux ae~ls, et·au dela,
TcFDécbec
Sénat,
J. Gharousset, A. Vcrdier. Calamier' Romba~t Léon
Mat.
le serv1ce dos intérels des oblirations et de l'amortiuema1.
Ferrut, Café de París,

a MP.ns

(Isere).

'

J.·A. d~ R.

�L'I LLl! ~TR i\TION .

16

.lOJIRN.A L

STATUES DE DIVINITÉS

Kt objets d1vers expos!s aú Kusée de
AU DIRECTEUR.

Je vous adresse une suile a mon premier envoi et la reproduction de quelques objets exposés au musée si curieux ,
de Mexico. Tous ces, objets o,nt rapport au culte sangui ..
naire que pratiquaient les Aztecs. Voici d'abord la statue
&lt;lu dieu si avide de victimes et auquel on en immolait chac¡ue aonée de~ milliers. Peut- on mieux représenter une
divinité qui ne pouvait se rassasier de sang et a laquelle
il fallait pour offrande des creurs humains encore· fumants?
Sa tete est celle d'un serpent monstrueux armé de dents et
de crochets, des tetes de serpents remplacent les mains, et
ses pieds sont des serres d'oiseau de proie aux griífes gigantcsq11es. La poitrine, d'ou rnrt une immense trle de

Oil'l~ITÉ AZT'EOlrR.

fJNIVRR~F,T,".
mort, esl couverte de mains coupées et de ereurs bumains.
Les vetements, la ceintnre, tout ce qui recouvre cette divinité monstrueuse est formé de tetes de serpents.
Celte statue a 2m55 &lt;le hauteur et im50 de largeur.
L'autre statue a été trouvée daos une de ces pyramides qui
existaient anlrefois a Mexico et qui ont disparu a la suite de
la conquete espagnole; elle représente un Indien assis; ses
&lt;leux mains rapprocbées forment un trou qui correspond A
un autre situé entre les pieds. On sup¡,ose que les deux trous
servaient a tenir la harnpe d'un drapeau. Cetle statue est connue so 11s le nom de l'lttdien triste.
Quant a cette petitc statue a la tete de mort, aux bras armés de grilfes aigucs, et portaut sur la poilrine deux puissantes mamelles, c'est la Mort, mais la M0rt comme se la figuraient les Azlecs, cruelle, féroce et impitoyable.
Au musée de Mexico figurent aussi plusieurs spécimens
- rl'une pierre circulairc dont je vais vous expliquer l'usage.
1
Quand les Aztecs avaient fait prisonnier UR chef eunemi d'une
certaine importance, ils lui offraicnt 1~ mcyen d'écbapper
au snpplicc el a la mn:·t. A rrt cffet, s'r1cvait sur la place

STATUES DE DIELX AZTEQUES FXPO!'Ü.S All Ml'Sf:J¡ PR )IEXlf.O. - o·arrc; :es croqu s de M. L. de llarqué.

par ses compatriote~, général en chef de7l'armée polonaise. En 1849, il otrrit son épée a la république bongroise. On sait les mervcilles accomplies par les Madgyares, alors que Dernbinski chassait les Autrichiens de
la Hongrie, et que Bem délivrait la Transylvanie. Vienne
était menacée a son tour quand les Russes passerent la
fronticrc. Dembinski baltit les Russes comme il avait
battu 1..~ Autrichiens, jusr:u'au jour ou la trahison de
Georgey livra Kossuth et la république qu'il avait fondée
il la rcaction européenne.
La Pologne, la Fr-ance, la Hongrie pleurent en Dembinski. un de leurs plus braves soldats et de leurs plus
grands citoyens. La démocratie universelle a pe~&lt;lu en
lui un de ses chefs.
Toute vie digne de ce nom cst un combat; celle de
Dcmbinski fut une longue bataille pour la patrie et pour
la :il..1crlé.
H. C.

publique une lplate--torme:creuse au m1liet(de laquelle
était fixée une pierre placée horizontalement. Un trou élait
creusé au milieu de cette pierre et par ce trou était passé
une corde qui retenait le prisonnier par un picd, puis on
donnaita ce malh.cureux un baton, etainsialtachéetarmé,
il fallait qu"il mit hors de cornbal un certain nombre de
gucrriers qui venaient l'attaqucr. S'il av:iit le bon heur de
réussir, la liberté et ses armes luí étaient rendues. S1
au contraire il était vaincu, on le portait sur la pierre a
sacrifice ou il était immolé. Chacune des pierres qui servaient a cct usage était sculptée, de fa~on il ce que le
picd du gur.rricr ne glissat pas dans le sang coulant de ·
ses blcssures. Je vous l'ai &lt;léja dit, le muséc de Mexico
est d'une richcsse inou'ie : les spécimens de l'art aztec
y abondent. Je vous adresscrai bicntot quelques nouveaux croquis.
Agréez, etc.
De M.

AoG. MARC,

LE GÉNÉRAL DEMBINSKl.

Eo.M.

Le général DemLinski vient de mourir a Paris. Ancien soldat dé Kosciusko et de Ponialowski, &lt;lécoré par
Napoléon 1er, il dérendit Paris en 1815 contre les armées
"Victorieuses de la Saiote-Alliance. En i 83!, il fut élu,

directeur-gérant.

TE.llER, rédacteur en chif.'

- - - - - - r - -..
.,..~-....--.,,______
Imp. de L'ILLUSTRATlON, A. ~!are,
LE GÉN.IÍRAL DEMBINSIU. - D'apres une pboi. de M. A. Franck.

22, rue de VerneuiL.

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                <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores</text>
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