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                    <text>L'ILL USTRATION
TOME XLIV

.Juillet, &amp;.out, Septe111bre, Oetobre,
No'l'emhre, Déeembre

1864

PARIS
60, RUE RICHELIEU

�L'ILL-USTRATION,
lOUBRAL Ul'IVEBSEL.
------------

-~':'?-

-:;~~~-.

-=-~e,

-- - -

Direclion, Ré1lartion, Adminislralion :
Toutes les communications relat;\"e&lt;; 'au journ~l , réclamations, demandei
de chan~ements d'adresso . doiveot étre adressées franro a
:1:. AIUG. ~fARC, DlllECTEUR·GEP.~~T.
Les dem:irn1es d'ahonnemPnt rloh·ent etre accompagnees
ri'nn m:rn-1:.t en:- P:trii.

/

F.O N DO
FERNANDO OIAZ RAMl!lEZ

011 :-1ir

la nc,ste.

Ue ANNÉE. VOL. XLIV. Nº 11111.
8an1edi ·~ .Juil!e t
L'admiuillratioo ne ripond pas dc1 maouscrill el ne 1'engag1 ¡ama11 i le1 msirer.
fu let traités, la traduclion r.t la reproduction i l'etra.ngér sonl mteranas.

BUREAUX : RlTF. RrCHF.LIF.fl. GO.

Abonnrmrnls pour París el les Déparlemcnls :
3roois.9ír. ; - 6 mois, IS fr. ; - unan, 36ír.; - le numéro,~Sc.
la collection mensuelle, 3 fr. ; le volume semestriel, 1&amp; fr.
AilO~'NE:IIENTS POUR L'ÉTRANG6R 1
~1émes prix ; plus les droits de poste , suivant les tarifl.
Les abonn .. partent du I tr no de ch3~ue mois.

France. Le dix-huitien:e siecle a vu le partage de la Pologne,
et cette tache souillera éterne1icment sa mémoire.
REVUE PDLlTlQUE DE LA SEMAINE.
SO.\UIAlíl E.
Le dix-ueuvicme siecle est-il destiné a voir le partage
Le Monileur nous a aononcé, en termes tres-laconi- du Dancmark?
Re•ue polilique de la srmaii,e. - r.ourrier Je Pari;. - Tableaul
ques, une nouvelle a laquelle DQUS nous attendions :
Un écrivain, M. Léon Plée, fait remarquer que, jusreprodu,ls par l'lll11s11•ation. - Cormpoudnuco d'Algérie. - Giulia
« Une dépeche télégraphiq ue de Londres annonce que la qu'il. ce jour, nolre histoire ne nous avait pas habitués it
( nou.elle), suite. - Caus•ric dramaliqne - La Fiorata de Gcnconférence a tenu sa derniere séance. »
voir tomber les faibles sans que nous leur portions seiano. - Lea Courses de Printemps a Pékin. - Autobiograpbie
L'opinion publique n'a pas re~u celle nouvelle avec cours. « Au trait9 de Vervins, nous avons fait reconnaitre
d'un poete (suite ). - Consécration de la nouvclle église S3iutcautant de calme que le journal officiel. Le courage dont l'indépendance des Provinccs-nnies; it la paix de West•
Perpétue, a Ntme,. - Cbronique musical•. - Queslions p111iliques
le Danemark a fait preuve, la rési, tance de celte petile phalie, nous avons cÓnfirmé cetle indépendance et ,fait
et littéra1res (XIV) : Quelles sont les idécs de la nouvelle généraet hér.o'i que nation aux masses considérahles de la Prusse r,econnaitre celle de la Suisse; par le traité de París et
tion intellectuelle? - lclire de M. Yictor Hui,.
Statues de diet de l'Aulrichc, ont excité la sympalhie de toute la de Ycrsaillc.:;, en 1784, nons aYons fait reconnaitre l'in,inité1 et ohjets didépendance des
•en nposés au
Etats-Uñis d'AMusée de Mnico.
mériq ue; en
- Le général Dem1831,
nous n'abinski.
vons pas hésité .A
défendre la BelGravuru : lnsurrecgique et A forhon d' A l~érie : Aracer l'Europe a la
bes enlevant le corps
reconnaitre comdu sherií Si-Lazereg,
me indép1,ndanau combat de Dar-•
te; en 1853, nous
hen - Abdallab; n'avons pas
Comb,t l,ué le 5
jui1a coutrc l,s Flit.
craint de défendre l'indépentu a Dar-bon-Abdance de l'empidallah. - État acre ottoman et de
tual des trnaux du
Pal1i1 de · Jushce.
faire reconnaitre
celle de la HorL'/nfiorata a
Genzano : Pay,ans
manie; enfin, en
formant le tap11 de
1858, nous avons
fleur&amp; puur le pa,couru an secours
IIKe de la procesde l'Italie et nous
1ion ; - La procesavon.~ commeneé
1io11 de 1'111/lorata.
SOD unité. »
a r,euunn. - Les
Quoi qu'il en
f.ourses de Prinsoit, la conféreotemps i Pékin. ce k été rompue,
Conséeration de l'éet l'état de guer
glise Sainte-Perpére entre le Danetu-. i_Nimes. - Samark et les deux
l•n de 186+: fri,its
grandes puissancueillis. - Diviuitu
ces allemandes a
utique. - Statue&amp;
recommencé.
de , dieu1 azteqn,s
Dans cette derttposé•• au llnSPe
nicre séance de
de lle,ico. - Le
samedj, une 'd¿-'
claration, lue par
M. de Bernstorll
au nom de la
PrUS11e, a essayé
INSURRECTION D'ALGÉRIE: LES ARABES ENLEV.A.NT LE CORPS DU SHERlF Sl•LAZEREG, AU~COMBAT DE DAft-BEN-ABDALLAH, - D'apres uo croquis de M, de la Brilfe.
de~r sur le

�2

L'ILLUSTRATIO

L' lLL USTRATlO,. , JOU RNAL UNIVERS EL.

JOUR .\ L ll~IV ERSFL.

-

résu\tat de ce scrutin de ballotage a été favorable aux
Oanemark la responsabilité de la rupture des négociaAvez-vous vu, dans Bl rcelone,
1 •
COIJBlllft 81K P.&amp;BIM,
Une AndJlouse. . . . . .
tions. Le représentant do cabioet de Copenhague, M. de candidats de l'opposition.
S'il existe encorc de nombre•Jses dissidences d'opinion
.
.
Bille, a répondu a cette accnsation, puis il a ajouté que
au sujct de l'abolition de la peine de mort, tout le Un moins pour un m1t11J:. - t • le marq11is de Ferriere
Mais il eut des scrupulcs, et improvisa quatre strole Oanemark retirait son anhésion au projet de démarYaycr. - U"e amhassodef,·•tnf11ise en CMne. - t'::thange
monde est d'accord do m0i11s sur ce point, q~'il est bon
phcs
tout ei pres pour ~on hule.
cation proposé par l'Anglelerre, et qu'tl reprenait ses
roli·ess~s poétiques. -Lajo11r11ée d"uri elég,nl de Cakut
de refréner ce cruel mstioct de curiosité, qu i fa it du supEt
voila
comment il n'est point mal qu'un diplomate
druits sur toute la mooarchie, tels que les censacrait le
La Cou1 d11 !la, l.1y. - Le nouveau Palais de Jw.tice.plice un speclacle; en attendant que 11ar suite !les prosoit
un
lcttré,
voire meme un poclc, el comment le gou'l"Oilte de la salle des Pas-Perdus. - Le T1 ibunal de
traité de i s:,2.
gres de l'éducation publi11ue le peuple s'éloignc de lui,verncment
fera
sagement de pourvliir d'ambassldes
inerce et le Prado. - Clll'oniques et Ugendes des ruel
Immédiatemcnt, le prince Albert de Prusse, qui commcme de l'échafaud, partout les autorités chargées de
\JM.
Lecontc
de
Lisie,
Théodore de 8am illc, Chailes
Paris. - Joscph ll au calé de la Rign1ce. - Les rata
mande une divisiou de l'armée prussienne dans le
régler l'application de la peine de mort s'eíiorcent de
Reaudelaire,
Louis
Douilhct
et mai nt autrc, capable d'cn
.Pdfis.-Lcs
vente~
de
c,
:
s
dames
au
siecle
dernier.Sleswig, recevait de Carlsbad, par le télégraphe, l'ordre
restreind re la publicité de cette application autant qu'il
remootrer
sur
la
metaphorc
et
sur le rhythme atous lesacaques
statuls
du
Cricket-Club.
·
de se rendre le jour mcme ap. quartier géoéral.
est possible de le faire saos violer la loi. Aussi n'est-ce
,dcm1
c1ens
de
la
Perse
et
a
toas
les mandarios de la Cbine.
La lutte va done reprendre, et, cette fois, avec une
pas saos un triste étonncment que nous avons lo le récit
Qlle de fois j'ai regretté, depuis samedi dernier,
animosité plus grande. O'uo coté, le Oanemark s·y préde l'exécution d'un malheurcnx nommé Ouwez, dit le
M. ne Ferriere le Vaycr nous -lonne, daos son journal
l'li,~tration ne fut pas un journal quotictien !
pare en se faisant allouer par les Chambres les somme~
Petit sorcicr, et qui a cu lieu a Valencicnoes.
,de
voyagc, la journée d'u n élégar t de Calculla.
En laisant all usioR a la brochure de M: Émile Au
nécessaires pour les besoins de la guerre, et en rétahlisEn tete do cortége veoait un demi-escadron de dra((
A l'aube du jour, ou, comme on dit ici, au coup de
sur la question électorale, j'écri vais eett~ phrasc, ,
sant immédiatement le blol'U~ clevant les ports prussieo~
gons précédé de trompelles sonnant la marchP, puis trois y a huit jours : « 11 s'est trouvé que 16 brochur
canon ele la forteresse, il saute do lit et va, légcrement
de la Baltique et les pa.~ses des Ouchés. Cette ré~olution
membres de la confrérie de Miséricordc portaot le Christ
habillé, re,pirer l'air qni n'a pas eocore touché la llammc
M. Augicr n'était pas plus mau vaise, ¡iour le fond,
a été annoncée par une lellre du représentant danois a
voilé et deux laoternes, ct'cnfi n lacharrette rlu coodamoé,
du soleÍI. l)cs q,rn l'astre s'esl mnntré tout entier, il rensi elle était l'reuvre d'un sous-préfet, mell\e d'un pré
Londres, qui a informé le comte Russell qu'il sera accordé
entourée d' une soixantaine de coufreres de la Miséricorde
tre et se rccouche. A sept hcures, il prend un baio et
anx navires neutres un délai suffisaot pour sortir des ports
et "qn'elle valait mitt,x par la forme.,,
coonus sous le nom local ele beubeux ; apres le supplice,
fail sa to:lette. A huit he ures, il boit son tbé en lisant ses
Or, voila qu'a l'impression mon mieux est ·devenu
de l'eonemi. O'autre part, les Prussiens, dit-on , seraient
ces mcmcs beubeux ont suivi le cor ps jusqu'au cimetiere,
:ournaux et sa correspoodaoce. A ncuf heures, il se fait
résolus a recourir aux plus extremes moyens: il serait
ce qu i a valu a la foule 1.n double spectacle et deux pro- moins.
porler ou traioer a son bureau, et il y travaille jusqu'a
Le fran~ais de l'administration préféré au fr&amp;n~is
questioo de coofisquer, a titre de. représailles, la récolle
deux heures. A deux heure~, it ti/(f.11e, c'esl un repas subce55ion,.
•
entiere du Jutland. On dit aussi que la Prusse et l'AuM. Émile Augier, =1uelle hérésie !
Ne se croirait-on pasen plein moyen age? Dans ce
stantiel et qui se fait en famille. Ensuite il dort lasiestc
Si par hasard cette phrase maleocontreuse est to
triche espereot pré"enir l'interventioo maritime de l'Antemps-la, on con~oit que des bommes pieux se soienl·
ou
se repose en l_isant jusqu'a qnalre hcnres; quelques~
bée sous les yeux do poéte, il aura souri, devioant bi
gleterre en s'abstenant de porter la guerre sur le terriréunisen confrérie, ct aient mis au nombre de leurs bonnes
uns merne né qU1ltent leur 1.,urcau qu·a ce momcot et
ce qu'il en était. Ce n'est done pas pour &lt;looncr satisf
toire des iles danoises, et en se bornanl a employer les
reuvres \'enterrement des suppliciés qui, par suite des
s'y sont fait a¡,pon er un verre de sherry et un bis~uit
tion a M. Émile Aogier que j'étáis impatient d'effa
forces navales dont elles disposent pour empccher le
préjugés et de l'lucurie do temps, auraieo t pu rester saos ma dé¡,lorable coquille. Mais il n'était poiot impossi
en guise de tiffi.n. A cinq heures, oo 5'habille pour aller
blocus sur certains points de la cote d'Allemagne. Le·
sépulture. Mais aujo•Jrd'hui, pourquoi tout cet appareil? qu'un préfet ou nn sous-préfet eut pris ce moins au
en voiture ou a chcval manger rair du soir, seloo l'cxJ1Jtlaod continuera, bien entendu, a clre occupé, daos
Oans plusieurs pays de l'Allemagne, c'cst daos la
pre!\Sion pittoresque des Anglais de l'lnde. On fai t une
rieux, et qui sait, peut-elre les lettres allaieot-elles no
toas les cas, au moios comme titre de gage, jusqu'a la
cour de la prison, en préscnce d'uoe commission spénouvelle toilette pour le di ner, qui a ticu vers sepl heures
priver d'un Mounicr ou d'uo Rambuteau; c'est ce d~
cooclusion de la paix.
ciale, que se font les exécutions. C'est ce que nous vouet d~01ie. Les dames se retireot au dosscrt et les hommes
Les dépeches arrivées de Londres ne donnent pas a
ger-la que j'avais ha.te de conjurer.
drioos qu'on flt eo France. En attendant que la peine
foot circnler les carafoos de ,•írb pen&lt;lant une demipen~er que l'Aogleterre soit a la veille de preodre fait
de mort soit eilacée de nos co&lt;les, que la guillotine du
heure en fumant daos un bec d'argcnt, pms on renlre
et cause pour le Oaoemark. A la derniere heure, toutes
Les diplomates-écrivains ou les écrivains-diplom
moins se cache; que l'échall ud disparaisse de nos places
dlns le salon join the Jadies, ou l,1eJ1 1' on au club ou
les menaces de la semaine passée se soot envolées. Le
ne sont pas rares : ~rn. Joseph de Maistre, Cha.te
.au spcclacle. »
Times, le rude balailleur de ces derniers jou~, déclare publiques.
briaod, de Lamartine, soot assez célebres, et M. de M
Le doyen des souverains de l'Europe par l'Age (82 ans),
. Lne vie charmlnte~ n·est-ce-pas, et faite pcur teoter
que la nation est opposée a la guerre. J.ecabinet de Saintcel111s n'eut point dédaigné, chacun le sait, d'etre
le troisicme par la d-:i.te desoo accession au tróne (i8t 6},
úñ elégaol de Londres ou de Paris'? Un "rai paradis que
Jame~, apres avoir bieo et nument considéré la situati.:&gt;n
Guillaume )••, roi de Wurtembcrg, vient de mourir au l'Académie.
l'In~e,
n'étaient la chaleur, ~es tigres, les serpents, l'btde l'Angleterre, j~ge compati ble avee l'honneur oational
M. le marquis de Ferriere Le Vayer, qui représe
cbateau de Rosensteiu apres une longue maladie.
pal1le, la fievre, le choléra, les thugs et les ¡mees.
et avec sa propre politique de s'abstcuir de faire la
la Fraoce pres de _plusieurs cours allemandes, et ~
Né a Luben (Silésie), le 27 septemlire i781, do duc
guerre. Le gouvernement britannique veut bien advieot de monrir ministre pléuipoteotiaire a Bruxelles,~
Vous souvient-il qu'autrefois, daos des temps tres-an(depuis roí) Frédéric Jcr et d'une princcsse de Drunswick
mettre cepenelaul qu'il puisse elre créé une situation
littérateur avaot d'ctre diplomate, et ne crut pas qu'~ ciens, il y a cinq ou six ans pcut-étre, alors que \a ruc
Wolfeobuttcl, favorite et confidente de Catherioe de
-qui obligerait l'Anglelerrc a examiner ele nouveau les
époasaot la politique, il fut daos la nécessité de rom, LafaJetle n'avait pas encorc étc prolongéc, que le IJouRussie, et donl la fi n, restée mystérieuse, a longtcmps
résolutions a prendre, atteodu que l'existence de lamolevard ~Jalesherbes, le boulevard Haussmanu, le bouleexcité les conjecturPs, voire les soup~ons, le prioce Guil. avec la littérature.
r¡archie danoise importe a l'Europe et a l'Aoglelerre;
Sous le pseudonyme de Samuel Bach, il :ivait pu vard d!l Prince-Eugcne et cinq ou si, autres houlevards
laume eut a luttcr de bonnc heure contre le despotisme
mais tant que la guerre serait lim1lée aux possessipns
a.utrefois des p:iges spiriluclles. Plus tard, attacb n'.e.xistaient pas, q~e_M. le préfet de la Sl•ine ne ~oogea1t
de son prrc. Oevant la couroonc a la Francc, Frédéric 1er
continentales do Oanemark, il n'y aurait pas de raison
l'ambassade de M. de Lagrené, en Chine, il écrivit
mala rue AobPr m a larue Scribe, que les dcux théatres
obéissait anx moindres volootés de Napoléon : il doona
d'abandonner la polilique suivie jusqu·a pré~ent.
journal de voyage sous ce titre : U11e Amb~sade fran
du
Chatelet n'étairnt poiol sortis de terre, qne saint
une de ses filies au roi Jérome de Westphalie, et quaod
Au moment oú celte déclaration élait fai te, le Moniteur
en C/iine, et signa cette fois de son nom.
Augustin
et sainl Ambroise n'étaieot mcme pas dessioés
Napolcon jugea utile a sa politique le mariage de Gnilanooo~ait que les Prussiens avaient ouvert le fcu conSes talents lilléraires le servirenta merveille, a Ma a~ors qu"il _Y avait eucore des arbres a Chaillot et qw'iÍ
laume avec üne princesse de Bavierc, Frédéric ordonoa
tre les fortifi cltions d' Alsen, qui a été prise presque saos
Un jour, a pres la conclusion du traité, il avait dioé
n y en ava1t pas roe Montholo0, alors que le canal Saintcctte union. Comme les deux futurs nourrissaieot d'aucoup férir. L"Angleterre considérera-t-elle l'ile d'Alsen
le p'énipotcntiaire chinois Houang, un maodario
M
artin ne coulait pas sous des lleurs et que Paris ne
tres inclioalions, d'un comm uu accord ils arretereot un
comme une posscssion cootinentale du Oanemark?
montrait saos cesse, en parlant,son bras qu'il ava1t
comptait
guere que douze cent millti habitan l~ vous
L' Angleterre restera !'arme au pied. Le comte Russell arrangement secret, constatant ala fois la nullilé de leur fait. Pendant qu'on prenait le thé, son bóte lui
souvient-il
qu'il y avait derriere la place Oauphi; e une
conseotemcnt appareot et leur volonté formelle de ne
a la Chambre des lords, lord Palmerston a la Chambre
- « Nous allons nous séparer bientót ; c'est un
'"1c1l!e cour triangulaire, médiocrement gaie, qu'on ap-•
pas vivre en époux. Auss1, l'iapoléon tombé, ces lieos si
des communes, ont préseoté l'exposé historique de la
usage chez nous de doooer a nos amis, quand ils n pela1t la cour du Harlay '? Des bureaux, des greffes et la
peu serrés se déoouerent: Guillaume épousa la sreurde
t¡uestion daooise. A quoi bon ce cours d'histoire rétrosquittent, quelques lignes de notre écriture. 1&gt; - Et il buvette occupaient une des ailes ; les ma¡:istrats, les
la czarioe, et la princesse de ¡laviere devint irnpératrice
pective? Ce qu'oo attendait. du gouveroement anglais
mit au marquis des vers, oú entr'autres belles choses av?cats , les avoués, les clcrcs, les plaideurs qui ve1
c'était un acle. Or, de la déclaration de lord Palmerston d' Autricbe.
oa1ent &lt;
!ela place Dauphioe la traversaient pour eotrer
Guillaume avait, on le voit, pour détester Napoléoo, \isait ceci :
et do comte Russell, il ressort que \'Angleterre gardera
&lt;&lt; ll y avait a Paris un excelleot docteur, a l'as
au
Pala1s,
aoque!_ conduisait un escalier quelque peu
décidémeot la neutralité, « a moios que Co11eohague ne des raisoos de politique et de sentiincnt, auxquelles n brillant comme le ja~pe. Au dedaos, il était lumm so~bre; des cahr1olets et des coupés de remise y atten, soit attaqué, et le roi Christil n fail prisonnier de guerre. » s'ajouta encore la dure obligation de suivre jusqu'a fa &gt;l comme la lune d'automoe ; au debors, il était com d31ent commodément la pratique. La pioche a supprimé la
Si le Oanemark di~parait de la carte de l'Europe, ce se- Moskowa la grande armée. F.o !814-, il combattit vaillam- » le léopard qui chaoge en 8ecret sa robe magoifiq cour _d~ llarlay; mais apres la piocbe cst vcnuc la truelle
ra pour avoir ajoutP. foi aux promesscs de son alliée, la ment cootre nous, surtout a la Rothiere et a Montmi- ,, et comme l'aigle qui , daos son vol, est babi~ué
et ,·01c1 que sur le sol déblayé s'úlbe un hatiment tou~
rail, ou sa résistaoce acharnée empécba l'écrasement
n mouvemenls gracir.ux. S'il parlait d'armees, e llambant neuf, Mtirnent a colonnes, s'il vous plait, don t
puissante Anglcterre.
Le jour meme ou la treve prenait fin, le Rigsraad complct de~ alliés.
,, comme s'il avait ouve1 t un arsenal ; s'il suivait les la fu~~de rappelle celle de l'anc:ien pafais donl il est une
Pendant son long regoe, Guillaume ¡er se montra-un
s'ouvrait a Copenhague, et le principal ministre, M. Monn de l'harmonie, il dépassait les maitres du tympan
des dependa_n_ces. ~~ ~ mettra le grand cri mine), forl picrad, donoait lccture du messagc r.:&gt;yal, qui i:cspire les prince relati vement liberal.
» Ses habits d'or avaieot un éclat étincelant ; son ét tremPnt logc Jnsqu te,, et pcut-ctre Paris aura-t-il une
Le
oouveau
roi
(prioce
Charles)
e5t
né
le
6
mars
1823.
sentimenls les plus patriotiques, et dout nous extrayons
» d'argent avait une fnule de poinls lumineux, et des salle d'assises qui ne preter,a pasa rtrc aux départements.
11 a le rang de lieutcoant général wurtembergeois et le
le pas~age suivaol :
1&gt; roles admirables sortaient de sa bouchc comme
« Nous traversons une crise mena~ante pour !'avenir titre de chef d'un régiment de dragons russcs. 11 est ,&gt; morceaux de jade. Son maiotien le faisait resse
:"-ious supplions trcs-humblement messieurs les mado pays. La néces.&lt;ité de faire face aux dépenses qu'exige marié depuis le 13 juillet 18i6 a la grande-duchesse » a un rameau de pierres précieuses. »
~?ns, quaud ils auron t íini de ce coté- la, de vouloir
la continuation de la guerre a ameoé la convocation do Oiga, filie du czar Nicolas, de laquelle il n·a point d'en11 est bien colendo que l'excellentdocteur, qui re
bien pre.odre la peine d'eotrer nans la salle des Pas-rerRisgraad. Nous avons appris que les droi~ les plusclairs rants. Tenu a l'écart des affaires par son pcrc, le prince blait au dehors /J. la lune d'automne r.t au dedans dus et den raccommoder la volite. Messieurs les archi-Charles n'a eu aucune occasion de laisser presseotir
comptent peu en Europe. Nous sommes isolés.
léopard et a l'aigle, n'était autre que le convive du
~~tes, peosant qu'il serait dommagc qn'elle écrasat
1e~oqu~~ce . judici~ir~, ont donné l'ordre, un jour,
« l'\ous avions du consentir a un sacriíice péoible en quellcs seroot ses sympathies poli tiques. Elles seront darin. Certes, il est tres-agréable de s'enteodre lou
abaodonnant le territoire situé au dela de la Schlei. franchement rus~es, s'il faut tirer qnclq•Je ioduction lé- la sorte, mais il faut répoodre, la politesse l'exig ~u en 1ctayat. Les eta1s sont superbes, mais les pl us beaux
L'eonemi ayant demandé encore davautage, nous avons gitime de son éducation, des le~ons pateroelles (oo se Houang ne manqua pas de dire au marquis : - &lt;&lt;
ela1s. du monde ne sont poiot jolis a voir a la lon"ue
o ,
r.;pondu oégativement. Nous sommes convai ncu que le rappelle l'attitude provocante aoü-occidentale du cabi- tcoant, vous allez me faire aussi des vers sur moi. • et pm~' qu•on y songe : beancoup d'Anglais visitent
la
pays .!St d'accord avec nous. Que Oicu augmcnle les sym- net de Stuttgard pendant les guerres de Crimée et d'lta~l. de Fcrriere Le Vaycr raconte qu'il ful tenté d"é :!le des . Pas-Pe~dus, il serait bon de leur oler le prépathies pour nous chez cerlaine puissauce et la décide lic), et enfio &lt;les alliances de famil le et personnelles.
tout simplement de la prosc, et qu'il songea ensui b te de dtre : ,, T,ens, ces Fran~ais, qui font lant d'emL'Empcrcur et l'Impéralrice du Mexique ont dcbarqué
a nous accorder un secours actif. »
offrir au mandarín les quatre premiers vcrs du
1arras avec leurs nouvelles roes, leurs oouveaux bouA l'intéricur, rieo de bien iotéressaot, si ce n'est le a la Vera-Cruz, el se sout immélliatcment dirigés vers de la mort,d'llippolyte ou le premier couplet de '-e
e,ard~ et lcu_rs nouveaux édifices, ils dcvraient bien ré, résultat des scrutms de ballotage pour les conseils géné- Orizaba. Au départ do sleamer, Maximilien se disposait son d' Alfred de Musset :
,arer. leurs v1eu monuments. »
E»KOND Tm.ER.
'r~lll et les conseils d'arrondissement. Presque partout le a partir pour Mexieo.

"ª

- -- - - --

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--

-- -

-

Quand Joseph eu.t floi de boire son café, il se lt. 1 tv
s'approcha do comptoir et jet:i un douhle louis.
I/
- Ah ! la bellc piccc, dit la limonadicre, c'est la figure
de nolre bon roi Louis XVI.
-Oui, madame, ctquant acelle de l'Empcreur, la voici,
Et souriaot, il saina et sortit.

Je me demandais un jour pourquoi le palais que le
Tri bunal de commerce est en train de se l.,alir avait 110
aspcct si riant, sijoyeux,si íolatre. Je le sais aprésent, el
me hale de vous l'apprcnelrc. Voici la chose en dcu:t mots.
11 y avait jadis sur le ter1ain qu'il occnpc un hal pu
lilic d"hiver, qui s'appelait le Prado, et que fréqncolaient
Ce café de la Régence vil toas les grands joueurs d'éles étudiants. Le Pra lo cst tombé, mais le génie do l1eu
ne s'est pas envolé, el il a inspiré l'architecte do nou- chccs du dix-huilicme et do dix-oem·ieme siccle : le
veau palais; or, comme c'est un génie d'hu111eur .,aie et grand Philidor, Légal, Foubcrt, Mayot, Oeschapelle~,
d'imaginalion plaisanle, il est arrivé ce que vous"savez. La Dourdoonais, Saint-Amane\, Boncourt, Bois,y d'Anglas, de Jouy. Le jcu d'échecs est immortel, et le café de
Notre savant et spirituel ami, M. Édouard Fournier la Rúgencc n'a fait que changcr de place ; peul-ctre y a.
.
'
est, commc oo le rn1t, IP court1san de tout ce qui s'é- t-il encore des Philidor et des La Bourdonoais, mais la
cro_ulc et de toutce qui s'en vadans París; que d'aulres mode n'est pasen ce momcnt aux écher.s, et le 11ublic ne
cclcbreot les gloires vivantes, il célebre, lui, les gloires les conoail pas; il connait Pille de 1'11fr et Vermo11t, el
morles, ce qui est pro~cril et conrJamné l'allire mvinci- un de ces jours sans doule le Cricket aura son héros,
hle~ ent, et c'est de tui r¡u'on peut dire : 11 n'a jamais dont le nom ~era dans toules les bouches.
tlaltc que le malhcur. Son zclc pieux cst infatigable :
Le r a,·is Cricket-Club ne fait parler de lui que depuis
chaque fois q1J'il enlcnd quelque part une pierrc tom- quelques semaincs; mais il y a, aujourd'hui t" juillet,
bcr, vite, il court et lui fai t son oraison funcbre · et un an juste qu'il esl fondé.
Dicu ~ait s'tl en tombe des picrres en ce temps-ci ! '
Ll' 28 septembre i 8G3, il comptaitd{ja 127 membres.
M. Edouard Fournier vient d'ajouter un volume charLe rcglemcnt de la société se compose de 20 articles.
maut a ceux qu'il a déja écrits sur le Paris d'autrcfois ·
L'art. XV autorise l'admission de membres hoooraires.
celui-ci est intitulé : Chro11iq 11es et légendes des rues d; Membre ho noraire du Cricket-Club ! C'est granel domPuris. 11 nous mene au donjan de Jeun -sans-Peur, a l'hó- mage vraimcnt qne Jérome Paturot ne soit plus a la
tel Pimodan, a l"hólel Saint-Paul, a la Civctte, au Veau- recherche d'une position sociale.
qui-tettP, au chatean de Be ,·y, au chateau de Madrid
11 y a, du res(c, parmi les membres hoooraires do
au café de la I\égcoce, au te 1ple de la Guimard et dan; Cricket-Cluh, des hommes qui ne se conteolent pas de
v~n_gt autres lieux, qui vraimeut mérilent bien qu'on les cette dignité, et entre aulres, le comte Cowlcy, lord
v1s1le.
Gray, M. le préfet de la Seine, M. Oayton, ministre des
Etats-Unis, el M. le duc ele Morny, prés1dcnt du club.
Uo chapitre iotit1Jlé Archéologie du rat de Pari~, nous
Aux termes de l'art XVI des statuls, chaque mcmbre
apprc11d que le premier rat qui vial en Franre y vint doit, pendant les parties, obfüsance au capitaine.
avec les Vandalcs, ctM. Fournier a retrouvé daos Grégoire
L'art. XIX recnmmande aux joueurs le panlalon et la
de ~o_urs un passage ou ce pré,at racoole la surprise des chemise de llaoelle blanche, et porte que les couleurs du
Par1s1cns en apcrcev:int un jour des rats daos leur vi lle. club sont le bleu, le blanc et le rouge. Ne vouloir arlioLe ral des Vandales était le rat brun; il posséda Paris rer en France que le drapean fran~ais, voila qui est tout a
sans con~cste jusqu'en IC47, oú apparul le rat noir, que fait courtois. Mcs~ieurs nu Cricket sootde n ais gcotlemen.
nous ava1cnt prolrnblement apporté les lansquencts d'AlL'art. XX cst aiosi con~11 : « Aucuoe partie ne sera pcrlemagne. Yers li70, les hordes du surmulot le "ros ral mise le dimancltc sous aucun prélexte. n II es~impossid'Asic a potl roux, cnvahirent la France. E; n;5 a la blc que le Seigneur ne bénisse pas une société si jalouse
s11ile d'un épouvantable treml.,lcment de tcrre d;ns le de ne pas violer ses rninls commandements.
voi~inage de la mer Caspienne, ces barbare3 s'étaient
mis en route vers l'Europc; ils élaienl mon tés sur des
Lu neli dern ier, foule fügante au faubou(g Saint-.\ nvais,eaux rus,es qui les avaient déb:irqu¿s en An,,.lelerre toine. On se pres:,ait daos une pctitc maisoo, - tro I peen n:;o, et vingt ans apres. ils arri ~aient che~ nous tite comme toutes les maiions de la charilé, - dans l'etamassacraient les rals ooirs, el s'établissaient en maitre; blissement ou a tité installée fa Creche de Reuilll'. L'asa Par1s.
semblée était présidéc par M. le curé de Saint-Éloi. Le
président de la Crcche, M. Jean-Baptiste Desplaces, a
Vers cctte époque, de pelits aoimaux plus ª"réables a
prononcé un excellent discours, plein d'utiles conse1ls
voir, mais n'ayaot ni moios bon appétil ni m"oi ns bonaux ouvriel'l', et que ceux-&lt;.i ont chaleureuscment. acncs de_nts, rong_eaient a qui micux mieux sei~neurs et
cueilli. Mm• Hermanee Le~guillon a dit avec onction et
fi nanc1ers. M. Edouarel Fournier parle d'uoe certaioe
éloqueocn
de trcs-beaux Yers, et M. Marbeau, le fondaM11 º Bcauvoisin, ~ui fut Úne dévorante fameuse. Apres
teur des crcches, a lern,;né par quelqucs paroles part ics
sa mort, on vcnd1t sa garne-robe, ses hijoux et ses diado creur. C'élait une féte charman te. L'empressement eles
mants: les robes etaicnt au uomhre de quatre-vin"ls.
onvricrs et l'accueil fa il par eux aux persoooes qui
il y avait deo~ cents bagues plus bclles !'une que l~au~
étai.cnt accourues de toas les p,)iuts de París, prouvcnt
tr_p, et des d1amants sur papier comme chez les tapicombien \'iostilution des crcches est populaire dans l'esdaires.
prit des clasEes laborieuses.
V_iogt:cinq_ª ?s auparavant, la Deschamps, de l'O péra,
X. F EYRNET.
ava1t éte_ obltgee de veudre de son vivaot. Des billets
pour ass,ster a la vente furent eovoyés aux gens du
grand moude, et le jour venu, il se trouva daos les a¡,mmox RIPRODOITSPARL'ILLOSTRATION.
partemeots de la dan·euse plus de soixante femmes
tant de la premicrc qu:ilité que de rohe ou de finance'.
Les tahleaux de fleurs rt de fruits de M. Maisiat avaicnt
., Certes, pareille ~hose ne se verrait pas de nos jou~,
cté fort remarqués aux quatre ou cinq dcrn icres cxpoJ en ~1·~ nds a témotn toutes mes contemporaines. Oh!
sitions : nous reproduiEons la bel!c toile qui a valu cette
les v1!a10es mreurs qu'on avait au siccle dernier!
aonrc la médaille au pein' re.
~l. Mai,iat est L~·onn:üs, rnais il ne suit pas ser\'ileEnonard Fourmer a un fonds si riche d'aoecdotcs
mer.t
les traces des maitrrs de l'écolc de Lyon ; il sait a
qn 1,1 . m~ permettra bien de lui en prcndre une.
merveille
peindre un bouq•Jct daos un beau vcrre
~ eta,t e~ iii7._ Jo,eph 11 ' empercur d'Allcmagne,
éla1l venu_ tncogmto a Paris sous le nom de comte de émaillé ou dans une pot1chc du Japon , mais le plus
Fal k~nste1 n. Un matin, le liruit court qu'tl doit aller au modeste églautier au bord du chemin, la moindrc toutre
de glaieuls au dessus cl'un r uissean, une branchc de
Pala1s-Hoyal. . Tout
,
, . le monde y va., mais iu·,, qu,. sen
doute,. et qui n a1me pas la foule, au licu d'eolrer daos íruils sur un banc de mousse, font' bien micux son afle p~la1s, ~n tre au café de la Régence, que les habitués fai re : il pensc que ce qu'il y a de mieux pour encadrér
la nature, c'est la nature elle- meme.
A. M.
ava1ent deserté ce matio-la.
. - Ah ! m?osieur, lni dit la limonadiere' ,oyez le
b1cnvenu; s,_ v.ous n'éticz arrivé, l'on n'étrennait pas de
loute la n.atmce; ce mau&lt;lit empereur en est cause il
CORRE SPO NDANCE D'ALGÉRJE,
nous vole toutes nos pratiques.
'
- Avcz:~ous vu cct empcreur? dcmaoda Joseph II.
AU OIR.ECTEUR.
-M~ fot n_on, ctf~anchement jc voudrais Lieo le ,·oir,
Le général Rose a livré, le 5 juin, un combat trcs~épo,n~,t la hmonad1ere; mais, il se fait trop attendrc,
heureu.1 coutre le marabout Si-Lazereg, qui est venu l'at•
Je n ª1 pas de temps Aperdre.

~!-

�4
taquer daos son camp de
Dar-ben-Abdallah, a la
tclc ,le nombreux contingents.
Le combat a duré
deux heures. Re~u d'abonl par la mitraille et
des feux bien dirigés,
J'ennemi, qui s'étail avancé j11squ'a une demiportée de fusil, a été ensuite
vigoureusement
chargé it la ba"ionnette et
mis en pleine déroute.
Les insurgés ont la¡ssé sur le terrain plus de
200 morls; nous avons
pris 25 fusils, un drapeau, t I selles et 8 chevaux; nos perles ont été
insignifiantes : to hommes blessés, dont un cava\ier du goum.
L'agitateur, le schérif
Si-Lazereg-be\-Hadj, a ·
été tué daos ce combat.
Nous n'avons pas retrou vé son corps, car suivant l'usage ses cavalicrs l'ont enlcvé. Je vous
envoie un croquis du
eombat, pris au moment
oti l'énnemi bat en re•·
traite en emportant le
corps du schérif et un
autre croquis de ce dernier épisode.
Agréez., etc.
[Pvur extrait : P. P.

GIULIA ,
NOUVELLE,
(Suite.)

Le lendemain, lor5que
les deux amis se rctrouverent ensemble au bureau, a l'heure aocoutumée, Thomaseo parut si
fort vouloir éviter de faire
la moindre allusion a leur
rencontre de 1a veille,
que décidément Louis ne
put s'y méprendre, et en
fut choqué et attristé. 1l
en gardamemejusqu'ala
fin du jour une mélancolie telle (vous savez., cetie
mélancolie des lendemains de bal), que son
pere, habitué a des allures plus bruyantes de la
part de ce fils q!l'il chérissait tendrement, malgré
la ¡;lifférence absolue de
)eurs caracteres, nota le
ehangement et questionna Louis. L'enfant était
la sincérité meme, mais il
savait bien qu'il n'aurait
pas été compris, et, en
outre, il lui aurait été si
difficile d'expliquer net-·
tement son état moral,
qu'il jugea hon de faire
une réponse en l'air, se
terminant par \'assurance
que demain il p'y paraltrait plus. Le lenrlemain,
apres une nouvelle lcutJ.tive de libre cxpansion, il
fut im¡1ossible a Louis de
ne pas voir que Thoma •

__________________ ____________
L' ILLUSTRATION, JOURNAL
:.......__UNIVERSEL:

L'ILLUSTRAT10N, JOURNAL UNIVERSEL.
seo était d'une réserve et
meme d'une froideur qui
s'affirmerent chaque jour
davantage, pour ainsi parler, et l'approche duretour de Louis a son collége ne changea rien a
cet ordre de choses. Bien
entendu, il n'était nullement question d'aller faire
ses adieux aGiulia, corome il en avait caressé le
reve. Toutefoi5, dans la
poignée de main qu'ila
échangerent, Louis sentit
trembler la main de'Fhomaseo; il ne se trompait
pas : il y avait des \armes
dans les yeux de l'Italien.
Le chemin de fer n'attend
pas; ils tomberent dans
les hras !'un de l'autre, et
touis partit. 1l avait i
peine repris de¡mis húit
jours le cours de ses études (en buit jours, mille
destins s'accomplissent),
lorsqu'il re~ut de son pere
une lettre par laquelle le
ftlateur s'excusait sur un
surcroit de travail de ne
lui avoirpasécrit plus tót.
Il avait a dresser un nouveaucommis, attenduque
Thomaseo, rappelé par
une dépeche daos sa patrie, le surlendemain- du
clépart de Louis, venai
de quitter Lille et de s'e
barqucr pour l'Italie. C
que le filateur n'avouai
pas dans sa lettre, c'est l
satisfaction qu'il éprouvaiL, au fond, de se vo·
débarrassé, tout naturel
lement, sans secousse
d'un homme dont l
longs cheveux, la lon
gue barbe et les yeux tro
brillants 1ui déplaisaie
peuonnellement et
cadraient pas avec l
habitudes de la mai,o
Louis ne prit pas la cho
de rneme, et cette nou
ve\lc lui porta un cou
des plus sensibles. E
quoi ! l'avoir a peine en
trevue, assez toutefo
pour l'aimer de toute s
ame et saluer en elle
meilleur de la vie, ordo
ner en soi-meme l'empl
de tous ses jours, sel
la fantaisie revée d'u
chaste et jeune enchan
resse, et soudain appre
dre qu'on l'a perdue
jamais, qu'elle n'est
votre sreur ni votrc me
qu'elle ne vous estde ri
comme disent les
chants, enfin, qu'elle
subir les brutalités
basard et' les retours
la destinée !
Dans l'émotion de
regrets, il n'avait ga
d'oublier ce loyal et
dide Thomaseo, sobre,
sintéressé, composant
bonheur d'un rayon
d'une mélodie, et r
enfant quoique pi:
Louis ne pouvait sépa
Thomaseo de Giu\ia. D

son romanesque atten•
dris~ement, il etit alors
toilt donné pour les ~uivre et vivre avec eux.
Pourtant, il ehérissait son
pcre, dont il se savait
aimé, qui était un modele de probité et de délicatesse, et qui, en dehors
de leurs petites altercatións, avait toujours mis
au service des gotits et
des fantaisies du jeune
gar~on les facilités que
donne la fortune. Pour
Louis, la poésie n'était
point la; elle fuyait l'abondance, le million, le
rcpos, pour dorer de son
reflet la pauvreté errante
de Thomaseo, contcnt de
peu, de Giulia la divine,
au front pale, a la char-·
m¡mte sanvagerie. Le
soir, dans son lit, sentant son creur s'agr·andir
au dela des proportions
humaines, puis déborder
en chercs !armes, il
adr~ssait a la vierge disparue de sublimes invocations; il luí disait: &lt;tTu
finiras par m'aimer, Gi11lia, car, bien que nous
soyons tous deu1 encore
des enfants, je sens bien
que je n'aimerai jamais
que toi. »
11 aurait bien voulu
mettre dans la confidence
de son poeme, de son
aventure, swi voisin de
classes et ami Herbert,
mais celui-ci, malgré ses
dix-sept ans, était déja un
viveur, qui répondit par
de quasi-grossieretés a11
récit immatériel des aspirations de Louís, et ce
dernier ne renouvela plus
la tentative. Le travail et
le temps eurent heureu-•
sement sur notre jcune
amoureux leur action ordinaire. C'était sa ·der nicre année de collége, il
se préparait au baccalauréat es-sciences, etcomme
c'était une détermination
récente, il n'avait pas
trop de six moís_d'un labeur assidu pour ctrc en
mesure d'affronter a\'Cc
chance de succes cette
dernicre épreuve scolaiM. La trigonométrie
n'est pas si hostile qt:1'on
le croit généralement aux
reveries sentimentales,
car dans les intervalles
de loisir qu'il s'accordait
forcément, Louis voyait
passer et repasser devant
ses yeu1, fati~ués de lozanges et d'hypothénuses,
comme une fée, comme
une princesse, Giulia si
oin, hélas ! mais toujours
présente a son camr. Le
ba.ccalauréat est, probablement daos l'idée de ses
honorables fondateurs
. . .
'
une mslttut,on destinée a
modérer, acontenir, chaque année , daos chaque
collége ,de France, une

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vingtaine de jeunes cerveaux, qui sans ce frein
tutélaire éclateraient a
J'enthousiasme de la délivrance prochaine.
Louis sortit vainqueur
de la !ice redo11tée.:ct en
l'honneur de Giulia, il
n'escorta pas son triomphe des liesscs usitées; il
regagna tranquillement
la maison paternelle, et le
filateur,. curieux de pénétrer la cause mystérieusc
d'un si grand changement, se demandait ce
qu'étaitdevenu son volean.
Le pere de Louis était
jeune encore; la ¡vie d'affaires était la seule dont il
¡nit vivre, et i1 revait de
la mener longtemps encore. D'autre part, vu les
précédents, il n'avait jamais beaucou,p compté sur
la coopération de son fils
dans la direction de sa
maiEon. Aussi ne fut-il
guere dé~u en recevant
un jour de Louis la réponse qu'on valire, a une
question relative au choix
d'une carriere :
- Je veux entrer a
Saint-Cyr, dit nettement
Louis, j'cn ai le temps.
~ela t'étonne, pere, que
Je songe afaire de ton fils
un soldat. Cela t'étonnera
encore plus, quand je
t'aurai dit que ce n'est
aucunement l'ambition'de
revenir maréchal 'de
France qui dicte mon
choix, mais tout simplement l'ambition d'étre
maltre absolu de ma pen~ée, en ayant une profession et un passé d'études
qui me mettent a l'abri
du reproche de paresse,
tl'égo'isme et d'inutilité ·
un officier ne vit pas seul,'
et trouve la solitude
guand il lui plait. 11 voit
de grandes choses bumaines, et a le temp3 de
rcgarder le ciel. 11 peut
écrire, et c'est aussi mon
rcve. L'action et la pensée
· sont a ses orJres.
La these cst plus ou
moins discutarle; le filateur se garda bien de Ja
discuter. En l856, Louis
fut re~u a Saint-Cyr, oti
une discipline méthodique, la nécessité du travail et l'habitude de la
méditation, aiderent, avec
de délicieux souvenirs a
'
entretenir chez lui cette
fleur d'innocence qui est
la grace meme de la fougue juvénile.
Cependant, Louis ne
vivait pas en ermite. n
passait ses jours de congé
daos les allées méconnues de Rambouillet, a
Versailles, don t la royale
rnélancolie parlait un haut
langage a son esprit déclaigneux de toute vulgarité, et plus souventencore
au Louvre, oti frémit sur

�6

L'ILLUSTR!ITIO N, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JOURN AL UNIVE RS EL.

dans leur monnaie nationale, de . notre ·piece de 5 fr.
des toiles immortelles, daos des portraits qu'on n'oublie toute folie avec une si belle figure d'amoureux aimé.
Sur ces mots, l'aelorateur de Giulia accosta l'une- des
pas, l'ame des peintres italiens. Giulia, toujours Giulia! Toutefois, pressé de se rendre a l'évidence, il dirigea
vieilles: -Ma bon ne femmc, il me semble que je viens de
son
regard
dans
le
sens
qu',1n
lu
i
indiquait,
et
vit
~e
déElle aurait clu l'aimer pourlant, et Thomaseo fut bien
reconnaitre une parente perdu:) pour moi depuis long~
aveugle P.t IJicn cruel! C'était encore, avec un peu de tonrner, comme reculant devant la bontr d'é tre surprise
temps, daos la jeune dame vetue de noir q1:i priait
en
ílagrant
délit
d'indiscrétion,
une
femmc
dont
la
tourbarbe soyeuse sur les lcvrcs, le Llond adolesccnt de
tout a l'heure ici meme; ne pourriez-vou!\ me dire ou
nure
el
la
vivacité
trahissaient
la
jéunessc;
de
la
tele
rhéloriq11e, vif, mais pur, songcur, mais ardent. A le
elle deme ure?
aux
pieds,
l'inconnue
était
habillée
en
noir.
Moitiériant,
voir cmbr:isser, d'un rcgard plcin d'adoralion, une
Dans le trouble immense qui l'agitait, bien qu'il cut
femme du Titien, de Léonard ou de Raphael, on se sur-· moitié sérieux, Louis clit aux autres :
parlé de sang-froid, ,Louis ne pressentit pas la pertur-,
Pourquoi
toujours
la
meme
farce?
Vous
devriez
prenait a rever un imilatcur digne de ces grands modebation qu'il dE.vait ca11ser parmi les pauvresses, en s'ales, qui cut recopié lcur reuvre antique. En vai:1, ell ~ changer.
dressant a elles en fran~ais, dont elles ne comprenaient
Je
te
jure,
dit
un
autre
officier,
qu'Alfred
n'a
pas
était blonde sur la toile, la fcmme que semblait adorer
pas le moindre mot. Au second plan, les cinq officiers.
Louis, il la voyait avec des cheveux noirs; en vain elle été seul arcmarquer la sollicitude dont cctte jeune dame
avaient grand'peine a ne p:is éclater de r ire. Louis-ro1Jgit
paraissait avoir vingt-cinq ans, elle en avait dix--sept; a paru remplie a ton aimable vue, et, toute jalousie
de sa bévue, et répéta sa question daos un italien éléen vain elle étalait le luxe incc,mparable d'un velours mise de coté, je dépcse ,dans le meme sens.
men taire, appris dans les grammaire$, et qui ne luí fut
- S'il eo est ainsi, je vous crois,
et vous voila obli1rés
rouge, digue d'habiller la reine de l'Orieut, elle portait
•
•
0
pas tout d'aborcl ,run mcilleur secours que le fra!l~ais;
une robe noire d'étoffe légere, et sans doute usée ... ele me croire aussi lorsque je vous affirmerai ']Ue cette
il
aboulit seulement a faire se quereller entre elles les
Giulia, Giulia! rose a peine respirée! Fuite irréparablc gracieuse dévote se trompe fort, si elle s'imagine me rctrois vieillcs fcmmes.
.
connaitre
ou
m'avoir
vu
quelque
parl,
comme
il
est
dit
du temps ! tra~ison de l'éloignement!
Voyant qu'elles étaient d'humeur a se ,disputer longdaos
les
i·omans,
attendu
que
Je
n'aijamais
parlé
a
une
Cette phase d'idéalité, pour avoir une influence exceltcmps a qui avait le mieux compris la question de l'élente sur la jeune,se d'un homme, l'expose a des périls fcmme de ce pays.
ºtranger, Louis s'avi,a d'un moyen plus simple. Appuyant
Puis
cédant
a
l'exemple
de
Lonis,
qui
se
remiten
marcl'une sorte particulíere, que vient heureusement conjula main sur une chaise, qu'il supposa gratuiteme6t etre
rer une grande sccousse extérieure, un grand mouve- che, ils continuerent lcurs explnrations dans J"é,,lise
" ' celle abandonnée récemment par Giulia,.il se borna a
malgré
les
sollicitations
des
amís,
désireu~
soit
cl'assisment unanime parmi ccux qui nous entourent. Louis, a
force de se re'plier constamment sur lui-meme, de vivre ter au dénoument de !'aventure, soit d'en exploiter la dire : La signora? d'un air interrogatif. Deux des vieilles
femmes sel'i1blerent aussitot vouloir quitter la partie, la
exclusivement avec une image, de demander l'espéranee suite a leur profit, s·¡¡ le fallait. 1\ trente pas ele la chalrois!eme
(cela suffisait) répondit aussilot par un signe
a l'éternité, allait elre précipité daos la vallée sinistre pelle, Louis s'arreta tout d'un coup comme ébloui par
cl'entiere
intelligeuce-,
et, marchant devant Louis, le pria
des terreurs religieuses, quand une aventure, aujc,ur- une lum\erc trop vive, se frappa le fronl et parla aimi :
de
la
sui
vre.
- Mes amis, en vJus disant tout a l'heure que je n'ad"hui historique, vint le rendre a la vie agissante et
Cette petite scene avait légeremcnt impatienté notre
vais jamais parlé a une Italienne, en faisant presque un
l'animer d'une fievre nouvelle et intense.
héros, et en passant, précédé de son étrange guiele, defaux
serment,
je
reniais
tout
le
charrr.e
de
mon
passé.
La
. En 185\l, on afficlia sur tous les murs de Paris, a11
vant ses camarades, dont l'air intrigué garantissait la
profond et sympathique trcssaillement de toute la nation vérité est, au contraire, que j' ai passé une partic de ma
bonne foi, il eut le tort de s·exprimer ainsi : Nous som~
jeune3~e
dans
le
voisinage
de
la
plus
belle
des
llaliwnes.
fran~aise, - la seulr. nation du monde qui trcssaille de
mes tous bons amis, mais si vous vQus etes moqués de
Daos
le
fait,
main
tenant
que
mes
souvenirs
se
préciscnt,
bon~eur a l'idée de ,·ider sa·lJourse et ses veincs pour
moi,
je le saurai dans une demi--heure. ~omme j'a"l'.ai&amp;
j'avais
raison,
je
ne
lui
ai
gucre
parlé.
Elle
se
nomm:iit
défendre les opprimés, - le prochain départ de nos troudes motifs pour prendre la chose au s,érieux, vous me
Giulia;
son
pere,
Thomaseo,
une
vraie
nature
d'arti~te,
pes pour les plaines de la Lombardie.
Ce jour-lil. fut un des grands jonrs de la France mo- était cummis chez le mien. Croiriez-vous... je seos que je permettrez d'aller jusqu'au bout dans cette voie, et de
vous dcmander sérieusemeut raison.
derne, et ceux qui ont assisté de Paris a ce prodigieux deviens outrageusement bavard, mais, ma foi ! je n'y
- Comme tu viens de le dire, nous sommes t-0us bons
spectacle, n'en rcvcrront pas un aulre fait pour les tiens plus... croiriez-vous que je l'ai vue une seulc foi~,
amis,
répondit Alfred; a ce litre, nous nous connaissons
transportcr davantagc. Louis venait d'etre nommé licu- et que je pu's dire qu'elle a possédé toute mon ame penbien;
a ce litre, tu sais que nous ne sommes pas de
tenant dans un régiment désigné pour partir, et il em- dan t cinq ans, que, sans elle, je n'aurais sans doute pas
ceux
qu'nne
menace a jamais corrigés; et at.tendu que
bra~sa avec une chalcur extraordinaire la mission libé- l' honneur d'étre votre collcgue... Tout cela est done
j'
ai
parlé
le
premier,
ce sera a moi de te rendre to utes
écrit
la
haut.
Elle
avait
une
clélicicuse
fiaure
de
viero-e
0
0 J
ralrice ou il avait l'honneur d"etre engagé. Notre dessci11
11:s
raisons
que
tu
voudras,
hormis ce lle qu•it te pourrait
le
teint
tres-pale,
de
grands
yeux
brillants
d"t1ne
flamme
n•e~t aucunern ent de suivre pas it pas la marche victoprendre
fantaisie
de
perdre
quand tu ne seras plus aveq
surnaturelle,
et
les
plus
beaux
cheveux
elu
monde.
rieuse de notre armée daos la dcrniere campagne itanous.
Toutefois,
non
pas
a
Louis qui se fache, mais a
Que
tu
as
du
faire
de
mauvais
vers
sur
tant
de
lienno, d'abord parce que ce ne fut pas une marche.
Loui~,
mon
ami,
j'atteste
de
nouve.m qu',I n'y, a pas
beauté,
mon
cher
Louis
!
mais un vol, ensuite parce que nos lectcurs n'ont rien a
l'ombre
de
plaisanteri~ni
de
méprise daos nos affir-,
N"irnpor~e,
le
signalcment
est
exact,
interrompit
le
apprrndre de nous en cclte occasion, enfin, parce qu·un
mations
de
tantót.
Une
jeunc
dame
qui était la tout a
scul hornme, parmi ces millicrs d"hommes, intéresse premicr qui avait découvert la préoccupation inspirée
l'heure,
qui
n'y
est
plus
maintenant,
et répondant, si
directcmc?t notre récit. A sa premicre enlrée daos par la pré~ence de Louis a la Lelle inconnue. JI n'y a
ma
mémoire
est
fit.lele,
au
sigoalcment
donné par toir
Milan, le régiment de Louis fut, ainsi q•1c le reste de plus a revenir la-des3us; tu es certainemcnt le camaramcme,
t'a
honoré
pendant
dix
minutes
cnviron
de l'atf
l'arméc, accueilli avec un enthousiasme délirant, par un de d'enfance de la signor1 agenouillée. Une telle sitention
la
plus
marquée;
je
le
jure.
pcuple ivre d'espérance et de jo;e. Louis avait rencon- tuation confere- de grands droits, et, vu sa fa~on de te
Louis, désarmé r,ar cette frai.1chise, tcnait la main a
. tré, parmi quelqucs-uns de ses égaux par le ~rack, de regarder, je gagé que notre ch.1rmante alliée en juge
tous
ses amis, et sortit de la cathédrale. Apres une marsympalhiques et joyeux compagnons, avec lesquels il de meme. Revenons done sur nos pas, nous sommes
che
&lt;l'un
qua.rt ct·hcure, a travers un nombre ipfini de
s'Hait lié d'amitié, et dans les intervalles du service, nos trop bien élevés pour ne pas voir tout de suite quand il
petites
rues,
son cicérone, s'arretant devant une maison
jeuncs gens ne se quiltaient pas. Ils déjeunaicnt gaie- convicn~ra que nous nous retirions.
d'aspect
élégant
et révélant un intér;eur confortable,
Louis,
ne
trouvant
pas
d'ohjection
raisonnable
a
cette
mcnl ensemble dans quelque café, et allaicnt visiter en-·
l_
ui
fil
signe
avec
la main : C'est la. On arrivait a la
offre,
ne
résista
plus
a
ses
amis,
ei,
deux
minutes
plus
suite les n:uséeset les é;;lises de la ville. lis étaient ainsi
porte,
aprcs
avoir
monté trois marches. Daos le momeut
tard,
ils
se
trouvaient
devant
la
chape
lle;
mais_
la
place
unjour, cinq ou six frcres d'armes, tous pleins d'3 loyauté,
préseut,
nulle
autre
inquiétude que celle de ne ·pas ren. de galanterie et de courage, tous resplcndissants de occupée naguere par la jeune dame vetue de noir était
contrer
l'ohjet
de
sa
rechercbe ne possédait Louis;
cette vie radieuse que soufíle aux jcunes Fran{:ais le vide, et il ne restait plus autour de l'aulel que deux ou
quant
a
l'accueil
qui
lui
éta,it réservé, pour peu que
chevaleresque dessein d'arracher un pays, souvent et tro1s mendiantes cassées par l'age et absorbées daos un
cette
maison
fut
récllemenl
habitée par Thomaseo ou
justement comparé aune belle femme, aux fers qui en- apparent rccueillement.
par
que;qu·un
des
siens,
cet
accucil
serait au moins fra- C'est bien fait, &lt;lit le licutenant i\lfred. Loujs,' vosanglantaieot ses mains et meurtrissaicnt ses picds; il,
ternel.
La
personne
qui
vint
onvrir
ét:i.it un petil
étaient la, cinq ou six officiers, en train d'examiner avec tre conduite, en cctte occasion, n'a pas été digne de la
homme
gras,
a
barhe
noire,
au
frout
tres-dégarni&gt;
et
admiration l'intérieur de la célebre cathédrale de France. Messieurs, ai-je &lt;lit vrai_? Ne pas sentir qu'une
au
total,
d'une
physionomie
fort
peu
romanesque
dans
M1lan, dont chacun a pu voir, a la dernicre exposition femmc jeune, jolie et ¡,ieuse vous regarde, c'est la une
de Londres, une réd uctioa digne de grancls éloges et gra_nde faute; ~,ais se retourner trop tard pour en ac- sa robe de chambre. Sous 3es épais sourcils pétillait un
qui attirait beaucoup de regartls. lis tournaient a demi quérir la cerlitude (ma parole d'honneur, saint Thomas regard rapide, furtif, per~ant, empreint d'a~tuce et de
le -0os aux chapelles latérales, lorsqu'apres un quart eta_it un prodige de crédulité aupres de ce' gar~on-la), sensualité. 11 entendait un peu le fran~ais.
Plusieurs su ppositions pouvaient, avec un égal &lt;legré
d'heure environ de contemplation, un des olficiers, par-· pu1s proposer a ses amis de faire un petit tour; PI.lis, atde
vraisemblance, s'offrir a !'esprit de Loui~ : la prelant d'ailleurs assez haut pouí- ctre cntendu par tout le tci nt cl'un remords, revenir sur ses pas et ne plus rien
micre,
la plus obvious (comrne disent les Anglais), c'estgroupe, dit, en s'a,drcssant directcment a Louis : &lt;&lt; ~Ion trouver, voila une série d'actes qui sentcnt lcur décaa-dire
cclle
qui déco•1lait le plus directement du raisoncher, saos jamais avoir mis en doute vos avautages phy. dence ... et que je déplore tout en répélant : c'est bien
nemcnt,
un mot qui n'a pas d'équivalent dans nolre
si,iues jusqu,'aujourd'hui, je ne vous savais pas ctre un fait, avec ce post-scriptum : c'est humi!iant.
lan~ue,
par
la
bricveté, - e'cst que la filie de Thomaseo
- Ce qui est digne de la France, c·c~t d'inrnllcr· aux
fascinatcur a prcmiere vue : et je le sais maintenant;
éta1t
mariée,
'et
que, dans la personne a5sez grotesq ue
car dcpuis vingt minutes, il y a daos cette chapelle, vainéus, n'est-ce pas, mon cher Al(red? répondit Louis,
dn
petit
homme,
il conlemplait pour la premiere fois le
1
dcrricre nous, une magnifiq 1e signora, qui aprcs s'étre paraissant gai a la riposte, mais, daos le fond, tres-vexé.
maitre
de
tant
de
charmes. Avant de s'arretcr a cctte
D'ailleurs,
mcssic1..rs,
continua-t-il,
si.
vous
croyez
que
retournée une prcmiére fois au bruit que nous avons
douloureuse
concl•1sion,
il fallait ctre · sur que c'était
je
souffrc
daos
mes
sentimcnts
intimes,
ou
seulement
fait en cntrant, ne ,·ous a pas dcpuis quitté des yeux, el
vons examine avec une obstination bien 0.atteuse ou dans mon amour-proprc, votre erreur est graude, et bien Giulia ellc-meme qu'il veoait de retrouvcr, et des
vous allez la constatcr tout de suite par le sang-froid lors tout se trouvait rt'-mis en question.
bien mena~ante. i&gt;
Louis crut sur le champa une de ces ino(fonsives mys- qui va diriger mes investigations a la rccherche du vrai
Loms Dfil&gt;RET.
tifications dont l'on est prodigue entre jeunes hommcs daos cetle affaire. Je vois marmotter daos ce recoin ero(La
suite
prochainement.)
.
"
rlu meme métier, et auxquelles l'exposaient particuliere- th1que_trois bouches qui doivent répondre au moins a
:---~ - ~ - mITTJt son air de réserve, son éloignement reconnu de cent questions, et de toutes sortes, pour l'équivalent,

cil\DIIIIDI Dllli\\llfJ&amp;TDcaUIE.

Les théatres ont peu br:llé cetle quinzaine : la plus
~-nportante nouvelle que nous ayons a en donner, c'est
le départ des ambassadeurs japonais.
lis sont partis ! Lugete veneres, cupidi~es que! plcurez
amours, pleurez théatres, cirques, hippodromes, etc.!
lis sont partís! et avec eux un de vos plus puissant.s
moyens d'attraction. On ne lira plas dans vos réclames :
« Lcurs Excellences les ambassadeurs du Japon assisteront a cette représentation, en grand costume et dans
une tribune en vue. )l Comprenez-vous, l~cteurs, toute
la portée d'une telle annonce: en grand costume et daos
une tribune en vue? Le spectateur donné en spectacle,
et quel spectateur ! Ou allons-nous? ou allons-nous?
Caveant consules ! que nos consuls et autres diplomates
y prennent garde : ce n'cst pas la la moindre atteinte
qui ait été portée, daos notrP. sieele , a leur prestige.
Voila déja longtenips que les peuples se passent d'eux;
les souverains commencent a en faire autapt; on se demande s'il est besoin de diplomates pour faire des trai.
tés qui n'engagent personne, des alliances qui se décollent le lendemain, des treves pend:mt le3quelles on
s'assomme; partout les questions s'éternisent; partout
les protocoles résonnent daos le vide; les notes diplomatiques pre«bent dans le désert; les conférences avortent en congrcs qui ne congressent rMme pas; et voila
maintenant que l'ambasrndeur, l'hote par excellence,
paye a la fois en argent comptant et en monnaie de
singe l'hospitalité qu1il vient demander a nos jeux. O
Popilius ! o RPgulus! que diraient vos grandes ames, si
elles pouvaient voir de pareilles choses; et toi, que dirais-tu, pere trop oublié de la diplomatie moderne,
noble paysan du Danube !
·
Eh quoi ! n'était-ce pas assez l]Ue tout mélodrame tombé
a plat, que tout vaudeville sim~ a outrance, essayat de
se perpétuer, en faisant crier a son de trompe qu'a sa
seconde représentation « le prince ou la princesse une
telle a manifesté a plusieurs reprises sa vive satisf11.ction, en donnan.t elle-meme le signa! des. applaudissements, et que, la piece terminée, Son Excellence a fai t
venir le directcur et les principaux artistes, pour leur
ex primer de vi ve voix sa salisfaction? ,,
De pareilles réclames, du moins, n'ont jamais 'fait
avoir une seulereprésentation de ¡,lusa une piece sifflée ,
par _Sa Majesté le public; d'ailleurs l'exploitation, en
parell cas, ne porte que sur les noms des personuao-es
respectables qui la secondent a leur insu; mais, dan; te
fait des amhassadeurs japonais, c'est la personne meme
des représentants d'une nation jaune, mais amie, qui
sert d'appoint a l'exbibition d'un a.ne savant ou d'un
écuyer quadrumane. '
Encore une fois, ou allons-nous?
Si nous allions vite, du moins, je n'en demanderais
pas davantage, pour ma part. 11 y a uIJe jouissance
propre a ce seul fait d'aller vite : voyez plutot les montagnes russes: la, on ne va nulle part, cornme dans tes
Marionnettes del'Amour, la derniere chuteduVaucleville·
, . ~ .
'
on n arr1ve a rien,comme daos.les Mai'ionnettP.sde l'amour·
mais, du moins, on va vite daos les Marionnettes 1-usses'
tandis qu'on s'y traine, on y rampe, dans ces Montagne;
ele l'amour.
D'une certaine fa~on, cependant, elles ont passé assez
vite, ces Marionnettesde t'amour,011 il n'y avaitni amour
ni marionnettes; il n'en est déja plus question. Erreu;
de delll hommes d'esprit.
Au reste, il n'y a plus que les morts qui vbnt vite :
on vous parlait, cesjours derniers, de ce talent aimable,
de cette a1mable femme, enlevée coup sur coup a la
~médie-Fran~aise et au monde, dem scenes ou elle
laisse d'unanimes regrets, et voila maintenant que Je
paune Ribes de l'Odéon, l'excellent Marquis de Villemer, a suivi dans la tombe Mil• Fil'., a peine devenue
Mm• Salvadoi:.
Ribes, du moins, n'a surpris personne en mourant •
att~int d'un mal qui ne laissait pas plus d'espoir a se~
amis (¡u'a lui-meme, il s'est comme plu a bater sa fln
par l'étude et l'interprétation d'un role de malade qu'il
ne rendit que trop au naturel.
A chaque représentation, ceux qui n'ianoraient pas
son_ état réel se demandaient avec angoiss~ s'il reviendra1t ~e c~t évanouissement, joué par tui avec une
perfect10n s1 navrante. P~ut-etre en doutait-il lui-méme
pendant que la touchante Mil• Thuillier feignait de s'ef~
forcer de le rappeler 'ala 'fie.

Trop souvent condamné a réciter, sur cette meme
scene de l'Odéon, des vers d'écolier, des proses barbares,
il n'avait voulu a aucun prix renoncer a etre, ne
fut-ce qu'un jour, !'interprete applaudi de la plus
éloqnente, de la moins mortelle des muses passées et
présentes. Il voulait lai3ser cette trace.
On eut dit, d'ail'.eurs, que ce role si complétement
assimilable a son talent, a sa nat11re, a sa personne,
avait été expressément écrit pour tui, - ce qui, du
reste, n'est pas impossible; - aussi ne le lai,sa-t-il échapper que quand ses mai~s roidies ne purent meme p:us
rctenir la vie.
Le caractere général du talent de Rihes éta:it la disti~ction daos l'énergie, deux qualités qui, memc séparces, ne coureot pas précisément les rues. Aussi, bien
qu'il ne réalisat pas complétemént le type de l'omoureux
- il n'avait de heau que les yeux, - l'Odéon trouvera -t-il diffic:lement a le remplacer, meme daos cet
emploi, ou Alliaiza, avec un zele louable et souvent beureux, n'a pu faire que le doubler.
Cependant, qui vivra verra : Alhaiza est Jeune, il a de
l'ardeur, il n'est pas mal de sa personne, et si la distinction était chose qui se donnal... Maís c'est déja beau~
coup pour lui que rl'avoir été accepté du public comme
rem~la~ant d'nn comédi11n qne soutenaient tant de sympath1es de son vivant et qu·évoquaient tant de regrets
apres sa mort.
Au reste, jusqu'a la cloture de l'Odéon, telle a été la
vogne du marquis de Villemer, qu'on eut accueilli un
acteur tres-inférii,ur a Alhaiza, plutot ,que d'elre privé
de la piece. La derniere recette a été énorme et l'on
,
'
preteotl que, pour la réou'verture, la salle cst louée .
'
Je n ose pas ,lire pour combien de représentations. '
O'ou il ressort que l'Odéon rouvrira forÚment par le
marquis de Vil/emer; ce qui ne l'empechera pas, j'espere,
de nous éonner, daos le courant ele l'hi ver prochain,
cette fameuse Jeune.,se de Godh~ dont il est parlé sous
le mantean, et meme a11leurs, depuis si longten1ps.
La mort de Meyerbeer a rcmis plus que jamais sur le
tapis cette qucstion capitale, je veux dire ~ctte arande
affaire, car, de question il ne saurait,je m'imacrin°e s'en
élever : l"élernelle ab5encc du maestro, loin d~ r:culer
l'apparition attendue, est plutot faite pour la hater.
Mais j'oublie que tout le monde n'est peut-etre pas informé, comme moi; qu'il s'agit ici d'une piece moitié
opéra, moitié drame, dont les paroles sont de M. Blaze
de Bury et la musique de Meyerbeer, ni plus ni moins.
M. Blaze,de Ilury n'est pas seulement un de nos critiques et de nos romanciers les plus dislincrués si je
n'en dis pas davantage, c'est que pour ju~tifie~ mon
dire, il me faudrait trahir le secret d'une réputation
anonyme. Son livre Écl'ivains et poetes de l' Allemagne,
et surlout sa belle tradnction du Faust de Grethe accom,
'
pagnee de notes et de commentaires aussi ingénieux que
savants, l'auraient désigné a Meyerbeer_,a défaut méme
des relations intimes qui existaient entre eux depuis
longlemps. ~·reuvre due a leur collaboration cst, depuis
env1ron tro1s ans, authentiwement réservée au direc-t~ur du sec?nd ~héatre--Fran~ais, M. de La Rounat, q11i
s occupe auJourd hui avcc une-ardeur aisée a comprendre
de trouver les interpretes et surtout la-cantatrice l'ét~ile, lá Marguerite a laquelle sera confié le pr;mier
ro~e. de cette reune qui fera époque. Le sujet est aussi
or1grnal que poétique et la musique est, dit-on, !e bouquet du feu d'artifice de Meyerbeer.
U~ mot maintenant, pour en finir avee les morts,- je
d_1s pa~ cela pour Meyerbeer, qui, le pauvre homme !
na Jama1s t_ant et si bien vécu qu'aujourd'hui, - un mot
sur un art1ste qui ai1I1a trop le bruit de son vivant
pour que je refuse ici une pelletée de t:rre a sa fosse ~
peine fermée.
·
. Pierre Lerebours, jadis connu au théatre sous le nom
de Víctor, vient de terminer obscurément une vie la
plu_s tourrneotée du monde, etqni eut son beure· d'éclat.
Q':" s'en douterait, a présent? Tour a tour, et meme a la
fo1~,. auteur dramatique, historien littéraire, historien
polit1que, tragédien, publiciste, dessinateur et toutcela
non saos rnérité, l'ardeur qu'il mil a se f;ire un nom
avec des aptitudes si di verses,' n'eut d'égale que le peu
de succes de tant d' efforts.
~l,eve couronné du r.onservatoire, pensionnaire au
Tbeatre-Fran~ais, il débuta, e~ t 8i6, daos Oreste, d'Andromaque, fut tres-applaudi daos l'Hamlet de Ducis et
des l'année suivante, il se trouva, grace a l'absenc; d;
T~lm~, _en possession du premier emploi dans la tragéd1e ou il eut de grandssucces. En 1824,-déjatrop tard,

º;

1-

- il fit représenter a l'Odéon les Scandinave~, tragédie
de sa composition, daos laquelle il joua le principal
role. La picce et l'acteur réussirent. Rappelc au ThéatreFran~ais par la mort de Talma, qui semhlait devoir !'y .
aacrer, il n'y trouva plus qu'indifférence pour sa per-'.
sonne et pour le genre auquel il s'étaitconsacré. Sa: des-.
linée, do11t j'ahrége les singulieres et continuelles péripéties, fut toujours et en tout d'arriver trop tard...
meme.a la fin. Poor Yorick!
M'"º X... , elle aussi, est arrivée trop tard, bien qu'elle
eul pris le train express, a deux intentions inégalement
respectables. Son mari s'était logé daos le gosier une
monstrueuse arete d'esturgeon, que, seul, le fameux
ducteur G... , de Paris, était capable d'en e:xtraire. Elle
arrive done _en toute hate cbez ce docteur, au moment
ou il venait de part!r, comme tout Je monde, pour le
Cirqne des Champs-Elysées. Or, voyez la coincidence:
Mm• X•.• venait a Paris moins peut-etre pour y chercber
le docteur G... , que pour alter elle-meme au Cirque.
Naturellement, elle n'y va pas, elle y court, admirant
en son ame celle complaisance du ·sort, qui lui permet
de !aire d'une pierre deux coups, et de concilier són
devoir d'épouse avec sa passion pour un saltimbanque.
Car la pauvre dame, jusqu'a ce jour irréprochable, n'avait pu Jire saos en perdre la tete tout ce qui se publie
sur ce fameux gymnasiarque dont les exercices alternent avec les gentillesses du non moins fameux Papion,
autrement dit l'écuyer quadrumane.
Longternps elle avait résisté, roa.is cette maudite arete
d'esturgeon dansle gosier de son époux lui avait fourni
a l'improviste, une de ces occasiCJns perfides qui fon;
aussi bien la femme légere que le larron.
La voila done courant au Cirque; mais, la encore, elle
arrive trop tard: toutes les places sont prises; que faire?
Elle ne verra pas son gymnasiar1Jue, et son mari va. périr étranglé. D'une orcille, elle entend les bravos les
cris fréuétiques de ses rivales, daos le Cirque; de ,:autre, elle croit entendre le rale d'un rna1 i qui élouffe
daos son alcóve : ne la jugeons pas, plaignons-la!
Tandis que, partagée entre ces bruits divers mais
également im¡,ortuns, elle erre a1ix alentours d~ cette
s_plendiele rotoude, ou respirent, inabordables, son sal- ,
t1~banque _et son docteur, une jenne et jolie bouquet,ere se plamt amercmcnt, de son coté, de n'avoir pas
e11core élrenné. O fortune ! _Mm• X.•. offre ii la belle enfaot de lui pr, ndre tous ses bouquets, acondiiion qu'elle
les jettera en hommage au béros du Cirque. - Je ne
l'aurai pas vu, se dit-elle, mais j'aurai, du moins travaillé d~ns J'ombre asa gloire. Humble violette, Je Jui
cachera1 mofl amour, n.ais il respirera mon parfum.
Naturellcment la bouquetiere accepte le marché· elle
'
'
' la
napas
ses entrees
au Cirque, mais son fiancé fera
commission : - Et d'autant mieux, ajoute la friponne
que c'est luí qui est chargé de garder...
'
- On le garde ! interrompt 111me X... On est obligé de
le garder ! Je le crois bien, il doit etre l'objet de tant
de poursuiles, de tant d'entreprises désespérées ! .Mais
moi, je ne demande qu'a le voir, a l'apercevoir un ins~
tan t.
- Rien de plus aisé, dit la bouquetiere. mon fiancé
e_n le recon·duisant, pourra vous l'amene; ici ~pres l¡
représentation, qri, juslement, va finir.
Aussitot dit, aussitot fait. Le fian'cé amene furtivement l'objet. La timide Mm• X.•. n'a pas la force de luí
parler; elle avance dans l'om_bre une main tremblante ...
Mais, en meme tempi:, elle pousse un cri de désespo1ret
de dégout : cette main qui étreint ia sienue, c'est la
main du singe Papion !
Comme vous pouvez le croire, cette épreul'e suffit pour
ramener Mm• X... au sentiment de ses devoirs. Elle n'a
plus maintenant qu'une idée : retrouver le docteur
.
. ,
'
s~uver ~on mar1 qm etrangle.Mais non; un -télégramme
Vhlllt lm apprendre que !'arete est sortie d'elle-meme et
que le rideau va tomber. Elle salue lepublic et se retire
au,s1. applaudie que l'objet de sa passion. '
Te! est l'beureux penda_nt que les Folies-Marign1 viennent de donner a la Crise de M. Octave Feuillet. Cet
a-propos est intitulé Apres le Cirque. Mm• Delorme y est
excellen' ~ daos le role de &amp;im• X•••
La bourgeoisie n'a qu'a se bien tenir; les Variétés ne
la ménagent pas : je viens d'en voir a ce théatre une
.
caricature
dont l'unique défaut est 'de ne pas plus' ressernble_r a !'original, que les marquis d'a présent a)ll
marqu1s de Moliere. Singuliere manie que de s'attacher
a peindre des classes qui n'ont plus rien de caractérisé
et ~e confondent tous le~ jours davantage. A cela pre11~

•

�8

'
o

la piece de ~Uf. Clairville, Siraudin
et Blum est amusante; il n'y a qu'it
la supposer écrite depuis cinqua11te
ans. Prenons-la done comrne nne
reprise, et disons en trois mols ce
qu'elle dit en de•1x actes.
M. Dun;ioulin, venu a Paris en
sabots, - l'expre~sion est consacrée,, - et aujomd'hui deux ou
trois fois millionnaire, a conservé
des gouls plus modestes que sa
forlune, ce qui n'est pas déja un
si grand crime, et pourrait servir
de le~on a bien des lions et des
lionnes pauvres.
Tout cela change un beau matin:
Dumoulin jette \'argent par les fenetres. Dumoulin refOÍt, Dumoul•n
a. un mobilier et un train dignes
d'une . petite .dame. Dumoulin ne
vcut plus donner sa filie i1 un honncte gar~on, qu'elle , aime et dont
elle est aimée. 11 veut pour gendre un homme titré, un baron
apocryphe, et qui, en fin de
compte, se trouvera etre un aventurier, un escroc. Qucl coup de baguette a pu faire de Dumoulin une
si . plate coutref.lfon du Bourgeois
gcntilhomme? ·
Ce n'est pas un coup de baguetle,
c'est la crainle d'un coup de plume : Dumoulin a découvert que la
femme de chambre écrit ses mémoircs, et c'est pour J'honneur de
la bourgeoisie, appelée ajouer un
role daos ces mémoires, que ce
bourgeois comme il n'y en a. plus
se donne des airs de gentilhommc
comme il n'y en a jamais eu.
Heureusement, . la fcmme de
chambre a plus de Lon sens que
son maitre, · et, sous menace des
plus: drólatiques révélations, elle le
force ·a mettre le baron á la porte
et a•donoer la· jolie Agathe a son
fiancé ..
Et voila. le fond de cctte comédic,

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, . JOURNAL UNIVERSEL.
dont les détails valeut mieux que
le fond. Kopp, Couder et Hittemans, d'uoe part, et M11• L. Durand
de rautre, y mettent une vie' Ull
entrain, un talent qui ne font pas
de tort aux recettes.
Comme nous l'avions prédit dans
un de nos précédents comptesrendus, les Fourberies de 'Nmne, de
M. de Banville, n'ont pas tardé a
passer de la librairie Lévy au théa.
tre. Tout cbemin mene au Vaude,•illc. Graces a Saint-Germain et a
M11• Bianca, l'interprétation vaut la
piece.
A.

DE BELLOY.

"L'INFIORATA" DE GENZ~NO
AU DIRECTEUR.

ílome, 11 juin.

Voici deux croquis sur l'lnfiórata, ou fete des Fleurs, qui s'est
célébrée le 2 de ce mois /J. Genzano, petite ville située pres du lac
de Némi, dans une situation des
plus pittoresques. 11 y avait dix-sept
ans que cctte fétc n'avait eu lieu;
aussi a-t-on déployé cclte année un
luxe tout particulier.
Vous savez sans doute en quo
consiste princi palement cette féte.
Un tapis de fleurs naturelles est
formé dans la rue principale de la
ville et eonduit a l'église; puis la
procession arrive, et; en suivant ce
tapis daos toute sa longueur, elle
se rend a l'église. La procession
seule a le droit de marcher sur le
tapis.
Ce sont de simples paysans q11 .
forment ce tapis, une véritable merveille d'art et de gout. Guirlandes,
écussons, vases antiques, etc., y
sont représentés en grand nomL'/NFIORATA, A :;ENZA,0: PAYSANS FORillANT LE TAPIS DE FLEURS POUR LE PASSAGE DE LA PROCESSIO~.

• 1

LA PRO,:ESSION DK L'INFI0HA1'A, A \;h~ZAIIO. -

u·apres le, croquis dé ~l. A. Zwahlen.

9

�to

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UN IVERSEL.

L'ILLUSTRATION. JOURN AL UNIVERS'EL.

bre; l1mr forme est irréprochable et l'assemblage
des couleurs aussi parfait que possible. Ces Italiens sont
tous de vrais artistes.
A. ZWAULEN.
Agréez, ele.

LES COURSES DE PRINTEMPS A PÉKIN.
AU DIRECTEUR.

Pélin. 10 avril 18o4.

Les plaisirs du sport sont de ceux qui font le tour du
monde a la suite des Européens. Pour la premiere fois,
le 'rn mars dernier, ils prenaient pied dans la capitale
me;ne du Céleste-Empire.
La colonie européenne de Pékin (1), bornée aune.centaine de personnes, complétement isolée au milieu d'une
population a peu pres hostile, et avec la~uelle tous rapports sociaux sont impossibles, est de celles qui doivent
se suffire a elles-memes, sous peine de succomber a
l'ennui, qui est pour elle un mal plus a craindre que
les effets d'un climat relativement as~ez sain. Aussi,
l'institution de courses bis-annuelles est-elle un événement·heureux qui fait treve ala monotonie de \'existence
habituelle.
La race des chevaux indigcoes du nord de la Chine
e~t assez médiocre, et, en genéral, les Européens font
venir leurs chevaux de Mongolie, ou se trouve une race
de petite taille, mais pleine de feu, et pouvant donner
des sujets assez disti11gués. Les chevaux destinés aux
courses sont pris parmi ccux de cinq a huit ans, et avec
deux ou trois mois d'entrainenient, fournissent une vitesse remarquable.
Un comité, formé de membres des quatre légationsde
France, d'Angleterre, de Russie et des É:tats-Unis, avait
pris la direction de la fete, dont une sou,cription géuérale faisait largement les frais. Le fO mars, toute la colonie européenne se réunissait sur un vaste terrain situé
a deux kilomelres environ de la vi lle; une foule immense de Chinois était accourue pour voir ce spectacle
si n·ouveau pour eux.
ºLes Chinois, lents et méthodiques par nature, ennemis
de toulP. fatigue, n'ont pas d'analogue de ces plaisirs;
les Tartares, plus guerriers, vivant beaucoup ·acheval,
comprennent un peu plus ces exercices; aussi, manifestaient-ils un étonnement mélé d'admiration devant les
résultats obtenus pour des chevaux auxquels ils ue
soup~onnaient pas de tclles qualités.
Le spectacle de cette plaine couverte de monde était
vérnablement curieux et intéressant; des gens de t0ut
age, des femmes parées de leurs plus beaux alours, le
demi-monde meme de Pékin, se groupaieot sur les collines ou grimpaient sur le sornmet des voitures; des cuisioe5 en plein veol, des marchaods de gateaux, s'étaienl
établis de colé et d'autre; c'était comme un champ de
foire. En un mot, pour la premiere fois, cette population, en général si hostile aux étraogers, se groupait
autour d'eux et preoait parta ses plaisirs.
Sur une estrade couverle et ornée avec gout avaient
pris ¡;lace les ministres étrangers, les dames du corps
diplomatique, et deux mandarins du Tsong-ly-Yamoun
(conseil des aífaires étrangercs) rcprésentaient ce corp~
auqnel des invitalions avaient été adressées. C'étaient
les mandarins Heng-ki et ·shong-Lueo; le premier,
vieux beau de cinquante ans, passe a Pékio pour le type
de l'élégance et donne le ton a la mode, car il y a des
modes, mrme daos ce pays de l'immuahilité ; aussi avaitil revetu ses plus belles fourrures et une sorte de robe
de dessous d'un rose teodre qui jurait avec sa figure
(1) La population européenne de Pékin éta,t ainsi répartie,
I" uril 1864.

Lé11ation de Fraoce . . .•.
!Jration hrllaunique. . . . .
U~ation de llussie. . . • . .
Légatiou des État1-Uuis••.
llis,;ion e11tlioliquc••••••
S.Zurs de charité. . • . . ..
Miuion ¡,rotestaulc anglaisc.
Miuiou protesta~tean~ricaine
Douaoes cbinu111e1. ... .
Cou,eul ruue. • • • . • . . •

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seche et janne. Tous les deux portent le.fbonton rouge
de deuxieme classe et les plumes de paon. Ces hauts
personnages avaient' amené une suite nombreuse de
maodarins inférieurs et de domestiques; ils s'étaient fait
prPcéder du hataillon désigné par eux sous le nom de
« Yang- Tsiang » (fusiliers étrangers).
Ce corps, entierement équipé el arméa l'européenne,
se trouve actuellement a Pekin pour instruire quelques
trouµes d'¡i.pres notre tactique .militaire. Son origine remonte a deux ans a peine ; instruit au fort anglais de
Takou, commandé d'abord par un officier de celle natioo, il a pris en i 863 une part active aladestructioo de
quelques bandes de rebelles, les « Nénuphars hlaocs, »
puis a tenu garnison a Tien .. TSin. Il est commaodé actuellemeot par un officier supérieur tartare, homme
assez intelligent, etqui cberchait, dans cette circonstaoce,
a faire valoir les connaissances de ses soldats.
En effet, ceux-ci, tlans l'espace d'une demi-heure,
ont exécuté, sous les yeux des résidents étranger,, toutes
les maoreuvres de l'école de peloton et de bataillon avec
une précisioo relativc; le déploiement eo·tirailleurs, qui
coovient mieux a leur genre spécial de combat, a surtout été parfaitement rendu.
Le costume du bataillon eEt entierement tartare et
consiste dans une sorte de veste large, de conleur jauoe
ou bleue, suivaot les compagnies, et bordée de rouge ou
de blanc; sur la poi trine est une lune b!anche au centre
de laquelle est écrit le mot &lt;&lt; courage ii en caracteres
maotchoux. Le paotaloo large reotre di:ns une bolle de
drap assez haute, et figur:ml a peu pres la molletiere de
nos chasseurs. Les grades se distioguent par le bouton
du ch:ipeau; qui est doré pour les sous-officiers, blanc
clair ou mat, suivant le grade, pour les officiers subalternes, bleu pour les officiers supérieurs; ceux-ci sont
montés, aiusi que cela se fait daos nos bataillons d'iofanlerie.
Ce qui nuit un peu a l'effct de ce petit corps, c'est
l'abseoce de clairons ou de tambours; les commaodemeots sont faits en anglai3, quoique certainement pas
un Chinois ne comprenne le seos exact des paroles,
mais il sait a quel mouvement enes se rapportent.
L'armemeot, essentiellcment européen et de provenance russe, consiste en un excellenl fusil rayé, armé
de sa baionnette; la giberne est soutenue par un cein..
turoo, le sabre par un baudrier de buffleteries blanches.
Apres avoir re~u, de la part des ministres, des félicitatioos qui ont paru vivement toucher les mandarins et
les officiers, le bataillon a défilé avec un ordrc parfait
et a été fQrmer les faisceaux pour pren:lre part en spectateur a la fete.
Les co11rses se sont succédé avec une régularité parfaite et dans l'ordre suivaot : Les reglements, entieremeot semblables a ceux des courses d'Europe, ont été
suivis ponctuellement; les prix seuls constituaient plutot une sorte de stimulant de la partie qu'uoe véritable
recompense.
{° CocRSE AU TROT. - Distai:ice, trois quarts de mille
anglais : Prix, 60 francs; 3 chevaux engagés. Gagoé par
Tarlarin, a. M. Petscbouroll, de la légation de Russie.
2° PtKJN-DERBV. - Distnnce trois quarts de mille:
1•r Prix, 240 fr.; 2• prix, GO fr.; !J chevaux engagés. Gagné par Kreschack, a M. de Bismark, attaché a la légation de Prusse, et par Tim Whiffler, a. M. Brett, des
douanes chiuoises.
3° CouRSE DES MINISTRES. - Pour chevaux anglo-indiens du golfe Arabique: distance, i mi lle, prix : 240 fr.;
5 r.bevaux eogagés.
Cette coui'Se, .la plus inléressante par la valeur des
chevaux engagés, a été brillamment eolevée par Joviat,
a M. Hubert, de la légatiou de France, arrivé premier,
quoique placé par le sort au dernier rang, au momeot
du départ. Kettle Drum, a M. Saiot-John, de la légation
d'Aogleterre, suivait second adeux loogueurs.
4° HANG-no-Lou StAKES. - Distance, demi-mille : Prix,
!JO fr.; i I chevaux eogagés. - Gagoé par My Grief, a
M. Hobson, des douanes chinoises.
'
5° LEG,\Tlmls PLATE. - Distance, trois quarts de
mi lle : {•• prix, i 20 fr.; 2° prix, GO fr.; 8 chevaux engagés.
Gagné par Tim w1qper, a. M. Brett, et Excelsior, a
M. Hohson, des douanes chiooises.
6° SruoENr's Pure. - Dislance, trois quarts de mille :
Prix, 120 fr'.; onze chevaux engagés.
Gagné par Pi~t ·l, a M. Denoys, de la légation d'Angleterre.

Distance, un demi-mille : i er prix,
90 francs; 2° prix. 60 fr.; 3° prix, 30 fr.; 9 chevaux eugagés.
G:igné par Kieselark, a M. de Bismark : My Grief, a
M. Hob~oo, et T im Whiffler, a M. Brett.
·
8° PR1x. DE CONSOLATJON. - Pour cbevaux n'ayaot pas
e11 de prix : distance, trois quarts de mili e; prix,
120 fr. ·
Gagné par lron Sides, a M. le docteur Pogogeff, de la
légation de Rus.~ie.
Comme on le voit, le comité avait cherché a multiplier les épreuves pour encourager les coureurs, et le succes a répondu a l'attente. Daps un pavillon voisin ·avait
été servi un lunch élég:rnt, auquel les Chinois faisaient
le plus grand honneur; enfin un joyeux banquet réunissait le soir tous les souscripteurs des courses.
En résumé, cette premicre journée, marquée d'uoe
grande origioalité, a laissé d'agréables souvenirs dans
!'esprit de tons les assistants, et l'institulion des courses,
en créant uoe occasion de rapprochement entre Eur.opéens et Chinois, ne sera pas sans influen,ce heureuse
sur leurs rapports mutuels a!'avenir.
Agréez, etc.
Pour extrait: P. PAGET.
iº Itu,'!l!CAP. -

AUTOBIOGRAPHIE D'UN POETE.
(Suite,)

Le lendemain, seloo l'usage, toute la troupe des
r·remiers communiant~, gar~ons et filies, dl?vait, sous la
conduite des deux boEsues, aller faire une promenade
en Belgique (Comines et Werwiq), pour en rapporter
des fig11es. Bientot le soleil devint fort ardent, et l'altératioo contracta plus d'un gosier. Quelques g:ir~ons,
doot j' étais, eurent \'idée d'eotrer dcux ou trois fois
dans des cabarets de la route pour s'y faire servir a
a boire. Les bossues ootcrent le fait; elles noterent, en
outrc, que nous fumes ensuite tres-exaltés, tres-pcu
remplis de \'esprit saiut pouruo lendemaio de premiere
communion, et qu'cofin, ce qui ne futjaruais démont~é,
nous poussames, au retour, plus d'une fillette daos les
fossés.
Ah! les sournoises bossues devaient en ourdir une
bien noire trame! Je o'a\lais plus a \'école depuis quelques jours, et je travaillais ci. la maison, oü mon pere
était provisoirement reten u par une blessure a la jambe,
lorsqu'uo beau malin le curé entra. C'était un véritable
apótre. Il avait de beaux cheveux blancs, des traits réguliers et un air d'ascétisme empreint sur le visage
comme dans toute sa per!onne. On le savait dur pour
lui-meme non moins que pour les autres, et nul n'aurait
jamais eu la pensée de douter de sa vertu. JI avait au
plus haut degré le zele du bien ; il avait peut..etre quelquefois lrop de zele. Grand et maigrc, il ne sortait jamais
sans un baton blanc, qu'il teoait comme un pasteur fait
de sa houlette; mais il ne s'appuyait pas. 11 aimait a se
promener daos les sentiers du village, et j'avais vu bien
souvent, avec je ne sais quelle impressioo de terreur
respectueuse, sa grave silhouette se détacher sur le fond
verdoyaot des prairies. En chaire, il montrait la roa.le
éloquence rustique qui convenait a ces hum bles esprits,
et comme le Christ, son maitre, il leur parhit de préféreoce daos un langage plein d'images et de comparaisons empruotées aux travaux des champs. Je me complais a ces développemeots sllr cet boro me qui me chatia
rudement, mais qui, je n'en ai jamais douté, me cbatia
par conviction et pour moa bien.
A ce1te eotrée du curé, je resseotis comme un choc
électrique. Le pressentiment d'un malheur m'eovahit.
Mon pere était assis devant une grande table.chargée de
papiers; sa jambe était éteodue sur une chaise; ma mere
se tenait pres de lui, occupée a quelque travail tl'aiguille;
moi, je burinais sur un cahier d'écolier, a une table de
dimensions plus modcstes. L'arrivée du pretre mit tout
le monde en émoi. Son visage avait une expression grave
et sév~re. Apres quclqnes questions prouvant l'iotéret
qu'il preuait a l'infüposition de mon pere, il ajouta :
« Je regrette beaucoup d'avoir, en de pareilles circons•
tances, avous révéler des choses qui vous seront péoibles.
Je crains bien que votre fils n'ait pas accompli ce grand
acte de la premiere communion dans les dispositions de
piété qu'il comporte. ii Et il exposa mes prétendus torts
avec toutes sortes de détails, hahilement groupés, qui
n'étaienl pas de nature a me valoir le bénéñce des circonstances atténuante5 : les infemale11 bossues1avaient

11

de mon pere. La situation allait devenir critique·
r~ide~meot d.istillé dans leur compte-rendn toute la m'ordonner de me taire. N'importe! mon amie savait
Par malheur, le café était excellent, et le gofit de la
mal ice et tout le fiel de leur bosse. - &lt;1 Cet enfaot est maiotenant que je n'étais point terrassé ! J'avais meme chicorée ne s'y faisait oullement sentir. Maladroile sertres-coupable, continua le curé, et je ne doute pas que, remporté une douhle victoire, puisque mes oppresseurs vante ! Ma planche de salut allait glisser entre mes
daos J'intéret de son ame, comme pour réparcr autant m'avaieot vu si vaillanl.
Avant le Credo, le pasteur monta en chaire, et j'eus doiats. Je lns ma condamnation sur le visage paternel,
que possible le scanclale de s~ _cond~it~, v~us ne m'au_tol'l~onneur
d'occupcr une large place daos son sermon. ou t'influence du moka faisait monter une inquiétaote
risiez a lui infliger une pun1t1on oecessa1re. ii Ma mere
JI
rappela
le
scandale qui avail eu licu et qui devait etre lueur de mansuétude. La cloche soooa pour la seconde
avait pali, mais elle resta muelle. Mon pere, qui était
expié.
Le
texte
prctail aux développements, et !e véné- fois, ce qui voulait dire : prenez vos chapeaux et vos
tres-ncrveux, entra contre moi daos une grande coli&gt;re, ·
11vres de priere ! Je ne bougeai point, et crus babile de
et accorda sans réscrve tous les pouvoirs qu'on lui de-- rable prelrt: ful entrainé fort loio par son zele. Comme
demaoder
a Jrton pcre, pour détouroer son attention,
mandait. - « Oui, il faut un exemple, dit en partant elles ·portaieot a faux, ses paroles, loin de me toucher, s'il me permellrait de l'accomp~gner chez M. le curé de
l'austere vieillard, et comme prelre de cette paroisse, il acheverent de me raidir par le sentimeot de l'injustice
Menin: Mon pere semblait étre devenu tout a coup la
est de mon devoir d'etre inflexible. ii Cela promettait, et auquel l'enfance est si naturcllement accessible. Je teproie d'un embarras qu'il cherchait a surmonter. Il mit
je o'avais plns qu'a attendre,avecune confiaoce aoxieuse, nais mes yeux fixés, iosoumis et presque mt'na~aots,
un
peu de cognac dans le restant de son café, ce qui
vers la chaire. Bref, la sainte éloquence du prédicateur
le chatiment :rnnoncé.
devait
achever de me perdre, et dit en allemand a ma
Apres le départ du curé, ma mere clut intervenir pour produisit sur moi un effet tout contr:iire a celui qu'il en
mere
{!Uelques
mots dont je compris f esprit, smoo le
empecher le courroux paternel de prendre de trop fortes attend::it.
sans
littéraL
Ma fermeté fiévreuse se détendit pourtant un r,eu
proportions. Elle avait compris qu'il y avait dans toul
_._ « Mon enfant, dit-il enfin, tout biPn pesé, il s'agit
cela a faire la parl des exagérations vindicatives des deux quand la messe approcha ele son terme. Je me pris aréici
de prendre une détermination fort grave. La sagesse
fléchir aux suites de ma mésaventure. Comment traverméchantes fées.
commande beaucoup de circonspectio~. Meme dans too
ser
la
place
ou
les
paysans
avaieot
coutume
de
s·attarLe reste de la semaine s'écoula paisible'Jlent, et je
intéret il convient, je crois, de ne pas s'arreter légecommen~ais a respirer. Le di manche, je partis pour la der longtemps en conversations? Commeot affronter
'
.
rement et sous l'impression d'uo mécontentement, s1
tous
ces
rcgards
curieux,
et
doot
la
pluparl
seraieot
saos
grand'messe avec mon pere; el je mesuissouvenu plus
motivé qu'il paraisse, a un parti sur lequel il o'y aurait
tard qu'au moment ou nous allioos uous mettre en doute moqueurs et malveillants? _c'était le plus amer
plus ensuite a revenir. Avant tout, il est d'ailleurs escalice
qu'il
me
restait
a
porter
a
mes
lcvres.
Je•me
deroute, ma mere vint m'embrasser d'un air ému : j'ai
sentiel
de savoir si M. le curé de Menin consentirait a
pensé depuis qu'elle savait alors, du moins en partie, ce maodai d'abord si je ne ferais pas mieux de traverser le.
t"accepter.
11 me vient la crainte qu'il ne 'juge peut etre
qui allait m'arriver. Quand le troisieme coup eut tinté, cin;eticre et de revenir a" travers champs en faisaot le
devoir
s'abstenir,
ne ful-ce que par égard pour son conquand chacun fut a sa place, le curé s'avan~a, seloo la tour du village, le seul chemin a prendre pour éviler la
frcre.
Tu
as
trop
de bon sens pour ne pas comprendre
couturr.e, pour distribuerl'eau bénite. En passant devant place. Mais il me sembla que ce serait une fuite, une
que,
dans
le
doute,
il importe que nous ne brulions pas
oous, il me lao~a un regard qui me terrifia. P111s 1i ren- lacheté. Je renon~ai a cet cxpédieot, et me résolus il
nos
vaisseaux.
11
faut
cependant bien qne l'accomplissetra daos la sacristie pour y déposer l'a,persoir. La messe attendre, pour sortir, que la foule eut quitté l'églis!l.
ment
de
tes
devoirs
religieux ne soit pas interrompu.
allait commencer. II sortit de nouvcau, mais sans avoir Moa camarade partil le prcmier. Je pris mo11 courage a
Oue
ferions-nous
si
l'on
ne voulait pas t'admettre au caencore revelu l'étole, et se dirigea de ootre colé précédé deux mains; j'essuyai de mon mieux la poussiere doot
téchisme
de
M
enin?
Je
te
promets de chercher sans reles
dalles
avaient
marqué
mon
pantalon
a
l'endroit
des
du bedeau. Je sen lis un frisson me courir de la t~te aux
tard
a
tout
concilier
pour
le
mieux. Mais, en atlendant,
genoux,
et
je
me
glissai
leotement,
mystérieusement
pieds. lis s'arreterent devant moi. Le curé me saisit par
je
dois
faire
appel
a
ta
raison,
aton courage, et te prier
vers
le
portail.
Des
groupes
nombreux
s'entreteoaient
l'oreille et m'enjoignit de le snivre saos résistance. Je le
de
prendre
sur
toi
de
retourner
aujourd'hui a l'instrucsur
la
place.
Je
me
dis
qu'il
ne
rue
siérait
pas,
apres
ce
suivis ainsi jus~u·au milicu du chreur, ou il me fil mettre
tion
de
n~tre
,église.
Je
suí$,
du
reste,
persuadé que tout
qni
v
,cnait
de
se
p.i.sscr,
de
la
lraverser
du
pas
calme
de
a genoux. Cette premiere exécution fa,te, le curé et le
le
mcode
verra
ta
conduile
avec
édification,
et que
quelqu'un
doot
la
réputation
est
saos
tache;
la
voix
~ebeilcau se d1rig-erent encore une fois vers le food de
l'église, et je vis hieotót arriver, comme j'avais fait moi- crete de l'amo11r-propre froissé me conseillait aussi M. le curé sera le premie!' a t'en tenir compte. &gt;l
Je r.onnaissais trop mon pere pour risquer une objec..
meme, c'est\il-dire tiré par l'oreille, le plus e~piegle de d'abréger autant que possible cetle dcrniere épreuve.
tion
: elle n'aurait eu d'aulre résultat que de me faire
nos camarades, le fils cl'un mus-brigadier de la douaoe, J'cnfou~ai mon cbapeau sur mes yeux, et, saos me déordonner,
d'uu ton séYere, ce qui m'était demandé
pauvre garfOD qui n'ét:iit pas non plus alié apprendre lourner une seule foi~, je pris ma course et volai comme
d'une
maniere
si bienveillante. Je partís.
son catéch1sme chez les bossue~, mais qui, en reva11che, une fleche jusqu'a la maison pateruclle.
D•1
courage,
me cría encore de la porte mon exMa mere se tenait derriere la porte pour me serrer
avait partagé mes détnrdcments a la promenade. A la
cellente
mere;
cette
soumission t'honore et t~ portera
dans
ses
bras.
Mon
pere,
qui
venait
d'eotrer,
lui
avait
maniere doot se contraclait son oreille, on voyait bien
bonheur.
tout
dit,
et
sans
doute
qu'elle
ne
s'attenclait
pas
il
une
que celui-lil n'avan~ait pas tout afail en victime résigoée.
Voici comment elle me porta booheur. Quand le ca11 me fil vis-a-vis, selon toutes les regle, de la symétrie, puoition aassi cruelle. Cette fois, je ne pleurais pornt.
téchisme
fut terminé E:t que la foule eut pris place pour
~Ion
reil
était
aride:
il
couvait
la
colere
et
la
fievre.
Le
de \'aulre coté du chreur.
Que se p~-.;sait-il au fond de moi? Cette blessure a creur des femmes devine tout; a plus forte raison le lts vepres et le salut, le curé, dans la meme forme et
l'amour-propre était si vive, que je crois la ressentir en- creur des meres, quand il s'agit de leurs enfants. La avec le meme accompagnemeot que le matio,. vint me
core. Qu'allait-on penser etdire? Ma honte était publique, mienne crut devoir ne faire allusion que par quelques chci'cher pour me mettre de nouveau a gcnoux daos le
mots a :ce qui s'était passé. - « Mon ami, je sou!fre chreur. Je vis également arriver mon pauvre camarade,.
011 n'oublierait jamais cela. Je ne me savais pas d'enoemis, mais il y avait bt!aucoup de famiLIP.s jalouses de la plus que toi de ce que tu as· sou!fert. 11 faut montrer dont la résistance se traduisa1t plus visiblemeot qu'a la
mienne, et cel~es-la ne maoqueraient pas de se réjouir que tu deviendras un homrne en supportant cela avec grand'messe. Le bedeau dut employer une certaine'viode mon humiliation el de me mootrer au doigl. Je rumi- fermeté. Qui u'a pas eu a subir daos sa vie quelque in- leoce pour le réduire a s'ageoouiller. Mais le bedeau et
nai d'abord amerement toutes ces pensées; puis, ayaot justice? Mais l'épreuve est traversée maiotcoant;:tache le curé curent a peine fait quelques pas, qu'il se leva
brusquement et s'enfoit de toule la vitesse de ses jamtourné les yeux vers mon camarade d'infortune, je lui de 11'y plus penser. i,
l\ous pas.•ames dans la salle a manger, oú mon pere bes. J'admirai son audace, mais je ne l'imitai pas.
trouvai un air de révolte et de moquerie froodeuse qui
Je m'arrele. Ce fut ma mere qui alla définitivement
nous
attendail ponr le diner. Il avait une agitation visime releva de mon abaltemenl. Lt:s réflcxions philosophiques prirent le dessus, et j' eovisagcai plus froide- ble, et je compris que ma mere, par ses observlltioos, régler ce compte avec l'impitoyable pasteur; et quelques
meot ma posit,on : j'étais a geooux daos le cbreur, ce. l'avait préparé a trouver maiotenant mon chaliment mois plus tard je quittai le. village pour le collége de
qui élait peu flalteur, a la vérité. mais ma conscience excessif. - &lt;&lt; M. le curé a été trop loin, dit-il tout a Lille.
JI y a un post-scriptum a cette aventnre. Mon pauvre
ne me reprochait ríen, et je sou!frais injustement. Une coup d'une voix qui ne pouvait vas dissimuler son irrifois sur cette pente .du raisonncment, moo jeuoe esprit tation émue. J"irai lui dire ce que j'en peose. On ne camarade rebelle re~ut plus tard le prix de sa vaillance
se ra!fermit bientot au point d'oscr laisser mes regareis flétrit pas aiosi l'ame d'uo enfant dans son amour--pro- Je l'avais perdu de vue clepuis vingt-cinq ans, lorsque
les hasards de la vie le replacerent sur moo chemin.
plonger résolument daos la foule des assistants. Hélas ! pre ! &gt;i
ce bean courage ne fut pas de loogue durée, car j'aperJe crus le moment opportuo pour iosinuer que j'étais Arres avoir été soldat, il étaitdevenu douaoier. Un jour,
~us coutre la colon ne, ou elle avait l'habi!ude de se pla- certainement victime de la r:mcune des de•Jx méchantes daos un port de mer, ou j'étais de passage, il enteod
cer, l'excellente dcmoiselle de Laonoy, qui fondait en bossues. - &lt;t Elles auront voulu se venger de ce que citer mon nom, et vient me rappeler le sien. 11 n'avait
!armes. J'eus ,le creur brisé. - 1&lt; Pauvre boooe iustitu .. vuu5 ne m'avez pas eovoyé chez elles pour le caléchisme. qu'un désir, etre placé a París dans son modeste emploi.
trice! pensai-je, la voila plus désolée que moi-meme, Elles •1oulaient surtout vous humilier en m'humiliant, et Je me trouvais en position de lui etre utile, et je le lis
parce qu'elle me croit tres-malheureux ! &gt;•
je les ai vues sourire en regardant les fabricaots, qu'el- avec bonheur. J'ai meme eu la joie de pouvoir, depuis,
Je sen lis alors de grosses !armes glisser sur mes joues.• les savent ne pas aimer les chefs de la douane (ce qui améliorer sensiblement son sort. N'avait-il pas partagé
Puis la certitude d'etre plaiot par une amie me devint était vrai). i&gt;
les plaisirs etle plus grand chagrin de moo eofance?
par degrés une consolation, une douceur, une force,
L'argument porta coup.
Derrie1e le jardín de mon perc s'élendaicot de vastes
et je ne songeai plus qu'a. tirer de son chagrio ce creur
- « Eh bien! cela ne se passcra pas ainsi, reprit moq prairies, ou de belles vache~ flamaodes avaient presque
compatissaot, en lui faisant comprendre que je preoais pere dont \'exaltatioo allait croissant. A partir de ce en tout temps de l'herbe jusqu'au poilrail, car la luxumon mal en patience. Que! moyeo employer pour cela? jour, je ne veux plus que tu ailles i"ci au catécbisme. A riance des rcgains égalail celle des premieres séves. J'ai- Je n'ai jamais su chanter juste, bien que mon oreille !'avenir, c'est a Meniu que tu iras. Des ce soir, je m'cn ma1s a les contempler, le soir, couchées dans cette
m'avertisse exactemeot d'une note fausse. Je m'étais entendrai avec M. le curé de Menin. i1
épaissc verdure, aux trois quarts enfouies, et ne laisdone toujours ab~teou de mcler ma voix a celles des
C'était parler d'or, du moins a moo avis; et je me sant voir que leurs corncs reluisaotes, ou leurs humifideles. Daos l'espoir de sécher les pleurs de la bonne sentís tout triomphaot quand soooa le premier coup de dt:s oaseaux, qui semblair.nt aspircr les rayons du soleil
derr.oiselle de Lannoy, je me seotis tout a coup l:i. force clocbe pour appeler les eníaots au catéchisme: Hé- couchant. Quand, chassées par le patre, elles quittaieot
de surmonter tous mes scrupules, et je fis éclater mon las ! au meme moment entra la servante apportant enfin r,e doux nonchaloir pour revenir vers l'étable,
timbre discordant de toute la sonorité de mes poumons. le café. J'avais eu plus d'une occasion de remarquer leurs pis gonflés avaieot peine a retenir leur lait, qui
L'effet fut tel que le bedeau vint, de la part du curé, que le café possédait la. propriété de détendre les oerfs jaillissait a chaque pas et marquait leur passage d'une

�L'ILLUSTRATION, JOLIRNAL UNIVEHSEL.'
t2

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

extraordinaire. Le maire avait d'abord voulu s'opposer a
trace d'argent : c'était comme une autre voie lactéc. derniers temps de mon srjour au village, une femme, une installation qui allait etre longtemps pour les popuLeur pfüe 'était un pauvre idiot, fort inoffensif d'ordi- jeune encore, et qu'une immense douleur avait saos Iations un sujet d'émotion et de trouble; mais l'acquisinaire, et qui avaitpris en grande affection mon frere, ma doute poussée a cette détermination étrange, était ve- tion de la Folle avait été soldée en beaux écus comptants;
sreur et moi. Chaque jour, quand approchait l'heurc de nue se construire une retraite a l'endroit le plus sombre la propriétaire était m:ijeure et non interdite; et bien
nos ébats dans les hautes herbes, il venait exactement, et le moins fréquenté de ce bois; le! bruit s'en répandit que ressemblant peu au:x acles de la sagesse commune,
avcc les deux batons qui lui servaient a rallicr ses va- bientot aux environs, et ce ful aqui irait voir la Folle. sa vie sauvage ne constituait pas, Jégalement, un titre
La panvre femme, en effet, ne fut jamais désignée sous
cbes, l.iattre une marche de rappel sur la porte de notrc
suffisant pour la
faire enfermer. Elle
ardin, et sa voix
ne fut &lt;lnnc pas inmonotone mclait nos
quiétée .si ce n'cst
ooms a celte champar la turiosité des
pétre musique. Le
paysans et des villapauvre idiot, qui
geois, qui venaient
alors déja était aratout moment l'exarivé a\'a.ge mur, n'aminer, l'épier, comvait que trois idées :
me une bete féroce
nous voir, parler.de
dans fa cage. Les
sa premierc commuenfa ts surtout la
nion, qu'il espérait
tourmentaient saos
bien faire aux processe, et, pour mon
ch:iines fétes de Pacompte, je faillis un
ques, et de la belle
jour payer cher une
montrc
d'argcnt
importunité semblaqu'on lui avait promise pour cette céble.
N. M.ARTIN.
rémonie. Hélas! bien
que trcs-assidu aux
( La ,uite prochaiiwnenl J•
catéchismes, il voyait
toujours rcmettre a
l'année suivante la
réalisation de ce
CONSÉCBATION
double désir. Je puis
dire qu'il était en•
lt&amp; U ?IOCffLLI
core plus heurcux
lGLISI SAI'KT&amp;-PKRPiTUK
que moi lorsqne, les
jours ou sifOait la
All'!mu.
hise,j 'accouraiR daos
la prairie avec mon
AU nIRECTEUR
gigantesq11e cerf-volant, et qu'il m'aiNimc1, 15 juin.
dait a lui faire prenNimes vient d'adre son essor au
voir
une cérémonie
plus haut des nues.
analogue a celle qui
Oc quel air étonné
attirait la foulP. a
et de quelle houche
Marseille, il y aquelbéante il regardait
ques jours; le 8juin,
monter, en frétillant
on consacrait la noule long de la corde
velle église Saintetcndue, les petits paPerpétue. Plusieurs
piers troués que
hauts dignitaircs de
j'envoyaisalors, sous
l'Église
étaientvenus
forme de mi~sive,
dans
notre
ville pour
au cerf-volant daos
a~sister
a
cette
solenles célestes espaces !
nité.
A
huil
hcures,
Si l'id1ot m'aimait, il
Mgr l'éveque de Niaimait pourtant enmes, accompagné de
core plus ses vaches.
tout le clergé de la
Un soir que, par un
vi lle, des archevé •
caprice d'enfant, j'aques de Genes et
vais taquiné tme de
d'Avignon et des
ces paisibles beles
évéques de Viviers,
au point de la faire
de Valence,d&lt; j,aintbondir au détriment
Jean-de:-Maurienne
de son lait répandu
et de Digne, s'est
sur l'herbe, il me
dirigé, escorté par
poursuivit comme
une fonle nombreuun furieux , lan~ant
se, vers la nouvelle
apres moi ses ha .
église.
tons, que j'entends
Les prélats.se sont
encore sifOer a mes
CU:,jSECRATIOS OE l}t,;GLISE SAISTE-PERPl;rLf., A -;1.uE$. - O'apres uuc phv!ograpbie de M. A. C.respo11.
p\acés sur une esoreilles, etqui étaient
trade qui leur étai~
bien de taille a me
de
la consécration a
pndre le era.ne.
destinée et aussitcit la cérémonie
Heureusement que mes jeunes Jambes m'arrachc- un autrc nóm. Son haLilatio11, qui est t eslél! gra~~é en commeneé.
rent au danger. Le lendem:iin, nous étions redeve- relief daos ma mémoire, se composait d'ubc )'otlte tnaPuis la proeession est allée chercher les reliques de
nus les meillcurs amis du monde, et rien ne me fit ~onoée et couverte de gazon, au-dessus de laque\le s'é- Sainte-Perpétue, qui étaient déposées au pensionnat de
croire qu'il se rappelat l'épi~ode de la veille. L'idiot ne Ievait une toute petite maisonnette en bois, qui ressem- l'Assomption, et est venue les placer sur le parvis de
disposait que de quatre a cinq mots au plus pour expri- blait a une grande guérite. Un étroit escalier mettait en l'église. Apres une allocntion de Mgr Dubreuil, archevémer sa pensée, ou ce que j'appe\lerai plus justemeot la communication cette cave et cette maisonnette, et un que d'Avignon, les reliques·ont été introduites dans le
jardín d'une centaioe de metres environ entoura1t le
pale et ,aci\lante lueur dr. son impression actuelle.
sanctuaire et la cérémonie de la consécralion a conCe péril, auquel un bizarre verti~e de l'idiot m'avait tout. On l'avait pris sur le bois dont il avait fallu abat- tinué.
ainsi tout a coup ex¡&gt;osé, me rapp;lle une autre aven- tre des arbres; et ce singulier domaine était enclos
Le tout s'est terminé par la célébration d'une messe
ture de cette mcme époque, et qui m'avait alors d'une haie vive. Quand la Folle n'était pas daos son ca- pendal'.Jt laquelle la musique de la ville et la société
tres-vivement impre~sionné. A deux licues environ veau ou dans sa guérite on l'aper~evait dans son jardín, chorale la Lyre d'or se sont fait entendre tour a tour. 11
d'Halluin, il y avait un grand bois oü la bande de qu'elle béchait elle-m~me, ou elle plantait des Iégumes, était pres d'une beure quand la cérérnoeie finissait.
gamins intrépides dont j'étais membre, faisait de nom- et ou l'on ne vit jamais qu'une fleur, le souci. Le maire
Agréez, etc.
Pour ea:trait: P. PAG!T •
breuses battues daos la saison des noisettes. Vers les P.t le curé connaissaient seuls le secret de cette e1istence

'

•

i3

Cié du Caveau. Le voila qui redevient entreprenant. 11 les_ pieccs _que l'on fai~ aujourd'hui sont si Iongues et
pré¡,are, pour commencer, un opéra-comique en trois fimssent s1 tard, que les habitants des quarliers entréCHROIIIQUI lill!DtmC~L!lt,
acles. J'en ni Ju le titre quelque part, et je pourrais mes n':m peuvent plus jouir. JI y a déja plus de six mois
Malgré toules les difficultés qui semblent devoir con- nommer l'auteur de la parlition. VoilaParis menacé d'un qu'une pétition chargée de huit cents signatures a réclamé l'éreetioo du théatrc de Montrouge.
trarier, a París, l'éreclion d'un nouveau théatre, la li- déluge de do ubles croches ... Que París se ¡,assure ! il ne
Je n'ai encore parlé que des entreprises en cours d'exésera
pas
noyé,
Le
Thé4tre-Lyrique
et
l'Opéra-Comique
berté, dont le regne commencera le i" juillel proohain,
cution.
Les thé.itres en projct sont plus nombreux. On
vont
fermer
la
fois
le
mois
prochain
et
les
provinciaux
1
&lt;1 la liberté, vierge féconde, » comme diiait Béranger1
en veut faire un•
ne tardera pas a faidit-on, dans la rue
re, si l'on en croit
Scribe, un daos la
les on dit, tout ceque
cité d'Antin, un sur
l'on attend d'elle, et
le square Monthopeut-ctre méme
lon, un sur le boulequelque cbose de
vard Malcsherbes,
plus. Un nouveau
un sur le boulevard
tbéalre italien, conBonne-Nouvelle, un
current redoutable
a Passy, un au bois
de celui dont M. Bade Boulogne (spec¡;ier est le directeur,
tacle de jour), un
surgira bientot rue
aux Champs-Élysées
fiicher, tout pres de
(Opéra
d'été ), etc.,
la rue de Trévise. 11
etc.
Qui
aurait jasera exclusivement
mais cru que la spéconsaeré au genre
culation, chez nous
bouffe, que son ainé,
• aussi hardie T '
f ut
depuis longtemps
Ce sera un curieux
déj a, négli geai t
spcctacle
que cct
beaucoup trop. L'oimmense remue-m 1 _
pera butfa est née en
nage, et il ne Eera
ltalie, et n'a jamais
pas saos intérct d'en
pu prospérer ailétudier
les résultats.
leurs, quelques tenEn
attendant,
I'Opétatives qu'on ait faira
prépare
son
noutes, a di verses époveau
ballet,
Néméo,
ques, pour l'acclimadont MM. Ludovic
ter au dela des AlHalévy et Meilhac
pes. A ce qu'il paont tracé le pro..
rait, il faut a cette
gramme, et dont
filie insouciante et
M. de Saint-Léon a
rieuse un soleil plus
écrit la chorégrachaud que le nótre,
phie. M11• Marie Sax
et le laisser-aller des
a
chanté derniercmreurs méridionament
les Vepres Siles. Pendaot plus
ciliennes
avec une
d'un siecle, !e drame
rewarquaLle
énerioyeu:x, dramma oiogie,
ce
qui.
n'a
coso, a tenu en Jtasurpris personne, lie le baut du pavé.
et en méme temps
Les plus habiles maiavec u9e agilité fa.
tres, les génies les
cite et eorrecle. On
mieux inspirés, des'y attendait beaupuisle Buranello ju¡coup moins. On a pu
qu'a Rossini, luí ont
constater cbezM.Wadu leurs soeces et
rot, qui remplissait
leur gloire. Que de
le role du ténor, de
cbefs-d'rouvre ils ont
grands
pro::;res ,
produits ! Quelle mine a exploiter pour
ll'heurcnx cha11gcune administration
ments. Ln timbre de
intelligente ! - C'est
sa voi~ s'est amélioré. d ne fait pln,q
M. Caimi qui dirigera le nouveau tbéad'efforts. 11 a du
tre bouffe, aidé de
calme, lle l'éléganM. de Filippi, diletce, de la ~rúcc, un
tante tres - expe1 •
exccllent SLJ le.
daos les affaires draM. David a dél,uté
matiques.
daos l!obert le DiaLe théatre de la
blc, role de Bc1 Porte Saint-Martín,
tram. 11 a du talent.
oil logea, de ii8l
Mais les notes graves
a f 7:JJ, le grand
lui manquent, et son
SALO:i DE 1864: FRUITS ClJBlLLIS. - Tableau de». J, Mais1at (voir la page 3).
Opéra, va redeveexécution n'a rien
nir, au moins dans
d'infernal. A coté de
1!°e.ce~ioe mesure, nn théatre musical. On y prépare qui pendant l'été visitent &lt;&lt; la capitale, " n'y trouve- luí,~'"• Pascal continuail ses debuts daos le role de la prin1exe~ut1on de Jliorma, tralluite en frangais, et celle du ro~t pas, tout comple fait, plus de musique qu'il. l'ordi- cesse Isabelle. Elle y a produit tout justement le mcme
Barbier de Séville, en attendant des reuvres nouvelles na1re.
effet que daos Guillaume Tell. M. Gueymard jouait RoL'entreprise est passablerutnt audacieuse.11 faut aNorma.
La salle de coneerts ouverte il y a quelques mois sur bert, M11 • Sax la « gentille Al ice; » et uu "éometre de
~omrue ~u Barbie~, des ehanteurs de prcmier ordre, e~ le boulevard Sai:it-Gcrmain, va se transformer en salle joviale humeur s'amusait, de l'orchestre, suppuler la
Je ~e sa1s trop o~ la Porte Saint-Martín a pris ceux de spectacle. On en construit d'autres encore - une au somme métrique ou pouvait monter l'addition de ces
. Montrouge, une aux Ternes, une daos ' l:i rue La- trois circonférences : M11 • Su, M. Gueymard et Mm• Pas~~ elle va nous fa1re entendre. Mais quel que soit Je suc- pet1t
ces -~e ce_tte aventure, ce théatre sera sorti de sa vieille fasctte, entre la gare du Nord et celle de I'Est, une en- cal.
ormcre, 11 aura fait une infidélilé a11 mélodrame hrutal fin_rue tle Lyon, entre la gare de Lyon et celle de
On a vu plus récemment le début de Mil• Camille de
et déelamatoire : ce sera toujour.; cela de gacrné.
Que'
la
Maescn
daos les Hugucnots. C'est la sreur cadette de la
Samt-Maur. Qu'on explique comme on voudra, - ou
0
musique lui soit légere!
com~e on pourra, - cette bizarre attraction que les cantatrice qui a eu, l'hiver dernier, tant de succcs au
1~ Y a plus loin, sur le boulevard du Temple un tout ch?mms de fer semblent exercer sur les entreprises Théatre-Lyrique, daos les 11écheurs de Perles et daos RiP~~1t tbé~_tr~, qui jadis cultiva l'opérette, et d;nt l'am- th_eatral_es ! Apres tout, ce qui est excentrique n'est pas goletto. Mil• Camille a les traits les plus distiorrués lea
bit1on s eta1t, depuis, restreinte aux ftons flons de la necessairement extravagant. Paris est devenu &amp;i grand, plus fins, et ll taille la plus élégante du mond/ Sa 'voix

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L'ILLUSTR.¡\TION, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTR.\TION, JOURNAL UNIVERSEL.

est étendue, égale, facile, et le {tilllbre en est délicieux.
Elle vocalise avec assez . d'agilité, sinon tres-correctement, et prononce le moi9s qu'elle peut : mais elle a
laissé échapper quelques mots r¡uiont suffi pour pro•JVer
qu'elle parlait beige. Bref, elle a des déíauts qui peuvent se corriger,• et des qualités fort rares que le travail.
et l'exercice développeront infailliblement. C'est done
une acqnisition excellente.
Sa sreur ainée, au- Théatre-Lyrique, vient de jouer
Adalgise daos Non_ng, )l,coté d_e Mm• Andrieux-Charry,
qui débutait par le rol~ de la terrible druidesse. 11 est
fachem:: qu'on n'ait point ¡adopté la dimibution inverse.
C'est M11• de Maesen qui aurait dü chanter Norma, et
Mm• Charry Adalgise. D'ailleurs, on exécute la musique
de Bellini, au Théatre-Lyrique, avec l'ardeur, la violence et le formidalile bruit qui conviennent a celle de
M. Verdi. C'est un contre-sem perpétuel. Les compositeurs italiens se suivent et ne s~ ressembleot pas. Mais
on ne se doutait pas plus de cela daos la salle que sur
le théél.tre, car les applaudissements allaient toujours a
celle des deux cantatrices qui criait le plus.
G. 8EQUET.

temporains rendent hommage aux fondateurs de l'éclec- Celui-ci devait, d'inspiration, lui'rendre peu a pen son
tisme, mais n'acceptent point leur philosophie. Elle leur véritable caraclere. Mais il lui fallut des années, non
semble mam¡uer de caractere scientifi,r¡tte. Ce n'est pas saos doute pour créer des cbefs-a'ceuvre immortels,
1ju'1ls prennent parti pour le matériahsme: ils sont divi- mais pour avoir le secret de sa propre création, pour
sés sur cc'tte question ; les uns veulent maintenir le spi- ré;igir complétement contre ses prcmiers maitres, pour
ritualisme en le lransformant; le~ autres, et notamment saisir dans quel sens la formule de l'art pour l'art est
un jeune étudiant en rnédecine, esprit trcs-vigoureux, vraie et dans quel sens elle est fausse, pour arriver, enM. Blatin, acceµte la doctrine de MM. Auguste Comte et fin, a reconoaitre l'ideutité profonde. de la révolution litLittré, mais en la couronnant par celle d'Hégel, dont téraire dont il restera le représentant le plus illustre,
peut-etre il n'a pas péoétré la signiflcalioo intime. Le et de la révolution p_olitique ioaugurée dans la grande
rédacteur en chef, M. Charles Longuet, parait incliner déca&lt;le 080-1700. ll y a done, sous ce rapport, deux
vers les théories que M: .Yacherot a exposées d'une facon phases dfstincte~ daos la vie du poete; et, comme nous
si lumineuse daos son beau livre: f.Iétaphysiqu.e positive. l'avons déja dit, c'est a la scconde phase que se rattache
Voila bien desdivergences; mais elles n'empechent point le journal des étudjants. 11 se cléclare pour le romanque les, jeunes écrivains n'aient sur ces difficiles ques- tisme, mais non pour celui qui picore sans cesse au clair
tions une idée commune qu'ils expriment ainsi: «. Arra-· de lune, qui tombe en ,des pa.moisons héates au seul
« cher la philosophie aux vaines dissertations de l'école, nom d'og'ive, et se désintéress;:, 'Cl·ans un vague pan&lt;&lt; en lui ouvrant levaste champ des sci:mces naturelles
théisme ou dan~ une mélátlcoli-e fáde, du souci.liril, des
« et des sciences sociales. »
destinées humaines; il ie solnm'e d":i.joutcr asa lyre cette
Les vues historiques des Écoles de Prance sont tres- corde d'airain que Juvén.al avait drja connue, que Bar.ncttes, tres--décidées; ici, pas l'ombre d'une divergence bicr a rctrouvée, et qui Íl doooé aa poete du R.oi/a?iiuse
entre les rédacteurs, tl11 moins quant aux principes. lis ses notes les plus sures de traverser les siecles,. Ainsi
acceptent la doctrine du Prog1'es, mais ils se refusent a :n. P,erre Den is, en son propre nom et 1u nom sans doq¡.e
drfioir et a comprendre le Progrcs comme M'. Guizot et de ses collaborateurs, definit tres-énergiquement la poésie ,
ses disciples directs ou indirects, et, par conséquent, l'exallation de la conscilmct, e\ il ajoute en· termes·excel-comme les saiats-simoniens et les positivistes. lis se rat- lents : &lt;&lt; II faut que l'art sQit de son tcínps, qu'il en
tachent a la conception qui a été développée, il y a dix « parle le lan¡;age, qu'il en traduise les idées, qu'il en
ans, pal,' la Revue de Paris, par \'Avenir, par l'lllustra- &lt;&lt; exalte les aspirations; saos cela, ce n'est p,us de l'art,
tion (1), et qui a été exposée au moins'partiellement, vers &lt;&lt; c'est du dilettantisme. •&gt; C'est, du reste, ce que M. Aula méme épo~ue, avec une éloquence inci;&gt;mparable, par guste Vacquerie avait déja dit avecson relief habituel:
le maitre préféré de la gPnération nouvelle, M. Edgard &lt;&lt; Oo ne demande pas aux poetes d.'.etre les commis de
Quinet. En d'autres termes, ils déflnissent le n:ot de &lt;&lt; la politique : on leur demande de-u'etre pas lesdése~
progres, non par celui d'étolution, mais par celui de l'é- « tcurs de l'h11manité. »
volutio11. « L'idée de progres, dit le rédacteur e'n chef des
Telles &amp;ont, en résumt!, les diverses tbéories des gé•
« Écoles, introduite pour la premiere fois daos l'histoire nér:itions nouve Hes. 11 ne faudrait pas croire cependant
« par Herder, comme elle l'avait déja élé par Leilinitz que leur jouroal dogn1atise saos cesse, 011 mcme clog« daos la philosophie, n'a pas encore été analysée dan5 matise beaucoup; il a ses heures de doctrine, il a ses
« les divers éléments qui la composent. L'école histori- heuresdP. combat etde gaieté généreuse. ll aime prendre
« que de M. Guizot, comme les écoles saint-simonienne a partie M. Sainte-Beuve 'et tous ceux de cette école; il
&lt;&lt; et positivi~te, ne voit daos le progres que l'évolution
lance a droile ou a•gauche ses fines épigrammes, il dé&lt;&lt; incessante d'un certlin nombre de faits primitifs que
croche en passant, du bou.t de sa plume, les écriteaux
« l'iotelligence de l"homme ne peut jamais ni transfor- qui menterit et les étiqullttes hypocrites; il fait leur part
cc mer, ni détruire. Elle n'admet pas que la raison buau roman et a la poésie. Mais ji:squ~ dans ses bluetles
« maine puisse, a un moment donoé, créer de nouvelles les plus capricieQses on les plus azurées, il reste fidele
&lt;&lt; idées et modifier complétement et brusquement, en
a ce•seotimeot énergique de liberté, de ,4noV'dtion et
&lt;&lt; vertu de leurs conséquences, la sociélé oü elles se prode haute moralité qui · est ¡;on inspiration premicre. JI
&lt;&lt; duisent. C'est contre cctte théorie du Progres continu,
applaudit a ceux yui pratiquent le sur.~um corda; il
ce qui, logiquement emlJrassée, conduirait a condamner s'iodigne cootre ce qui esté9uivoque, ténébreux, servile,
ce toutes les rénovatioos médicales, a amnistier dans .le
et d0, haut de ses sentiments généreux, il prévolt, il de&lt;&lt; pays tous les crimes lleureux et persistants, c'est contfe
vine un élargissement des ,clutrines re~•Jes.
&lt;&lt; cette théorie, dis-je, qu'.il faut élever une nouvelle docVoila ce que l'observatellr atteotif constatera , en lie&lt; trine plus large, plus hardie, mieux en accord avec
sant les Étoles de Ftance. Nous pouvons done nous dire,
&lt;&lt; le!i principes éternels du droit et de la morale. ii
nous qui montions sur la breche,. •il y a dix ans, pour
Tcls sont les príncipes historiques du jóurnal, et il les lutter daos la mesure de nos forces contre les théories
a déjil. appliqués avec audace et avec 1Jonheur.1e recom- de fatalisme deveuues le prétexte de toutes les bassesses
111ande notamment a l'attention des puLlicistes une et de toutes les corruptions, nous . pouvoos nous , dire
longue et brillante étude sur La Boétie et son temps. Je avec une joie profonde que nos efiorts n'ont poiot été
recommande aussi divers articles sur certains person- stériles. Les prétendus habiles nou:, criaient: &lt;&lt; Stoicrens
nages de la Révolution, et notamment sur l'école héber- nouveaux, vous prechez cµ¡ns le désert! i&gt; Le déserta eu
tiste, articles oü les arguments pour et coutre ont eté des oreilles. Nous avons fait appel aux énergies sacrées
présentés tour a tour avec force, puis résumés avec un de la eonscience individuelle, et la. conscienc&amp;- indivisens critiljne des plus rares par le rédacteur en chef des duelle s'est réveillée; elle nons don ne déja une jéunesse
Écoles de Fra,¡ce.
sérieuse et vitile, qui sent avec for~e ce qui mangua a
Passoos mainten:mt au programme littéraire des étu- ses pcrcs pQur ·accomplir la tache · tlifflciie, mais oblidiants. Leur écrivain de prédilectiou, c'est Víctor Rugo, gatoire, de la liberté. Contiouons done notre reuvre: nous
mais le vrai Victor Rngo, le Víctor Rugo de la secoo&lt;lc décourager aurait été hier une lél.cheté, aujourd'hui ce
maniere, le poele souverain qui n'accomplit pas seule- serait une folie. L'avenir qui s'approche est déja visible
ment une rénovation littéraire mémorable, mais finit pour les yeux de la raison, et nous avons des indices
par la compren'dre dans toute sa portée sociale. Au fond, certains qu'il égalera nos plus hautes esperances (1 ).
le romantisme, s'il est permis de se servir encore Je
FRÉDÉRIC MoRIN.'
cette vieille .ixpression de bataille, n'a jamais été que
l'introduction de !'esprit révolutionnaire daos l'art et
(1) l,,s jQumanx s•nt commc les morts de la balhrle allem~ndP., ill
daos la poésie : c'est aiosi, du reste, qu'il se considérait 11011/ t'ice. llana l'inlerv•II• 0111 • separé l'•mrr,ssion de cet art,cle de ••
publication, le jQornal lt1 Écolu de France a ele supprimé pour avoir
lui- méme sous le Directoire, car il date vraiment de traite des quest,ous d'eco11u1111e social•
celte époque si calomuiée et si créatrice. Mais,~ous l'Empire et dans les premieres années de la Restauration, a la
--~
fois gené et dévié, il perc!it, par l'action indirecte des
Nous nous empressons de po;ter Ala connaissance de
pouvoirs publics, l'intelligence claire et réfléchie de
son véritable role : il se mela au mysticisme, il hanta les nos lccteurs la leltre suivante, que M. \'ictor Hugo vient
cathédrales du moyen él.ge; il se compromit pulilique- d'adresser a M. Pierre Larousse, l'auteur du Grand Dictio1maire univ~rsel du XlX• siede :
ment en compagnie de Joseph de Maistre. C'est ainsi
&lt;&lt; Hauteville-1Jouse, iO avril.
défiguré qu'il fut traosmis par Chatea1.1briand aM. Rugo.
MoNSIEUk,
~·

QUESTIONS PCLITIQUES 'ET LITT(Rl!RES.

XIV.
QUELLES SONT LES JD!l:ES DE LA NOUVfil.LE GllliÉRATION

INTELLECTUELLE?

Tous les hommes préoccupés de !'avenir en conviendront sans peine, il n'y a rien de plus important que
d'éludier avec soin les tendances, les aspirations, les
1 idées des générations nouvelles, de cette jeunesse active
qu'oo appelle aujourd'hui le pays Latin, et qui sera demain le pays de France. Or, cette étude est singulir.re-·
me,nt facile a l'heure actuelle. Le quartier Lati.n a un
journal; journal tout littéraire saos do'ute, mais tres-sérieui¡, et qui aborde avec tact et avcc vaillance toutes
les questions perrnises a une feuille aussi indépendante
que peu timbrée. Ce journál, intitulé les Écofos de Prance,
exprime tres-incontestablement la pensée iotimP. des étu••
diants, car la liote qn'il a proposée, daos de récentes
élections a l'École de MéLlecioe, a passé a une Corte majorité, et de plus, quoique fondé il y a cinq mois a peine,
il présente déja un ensemble varié d'articles trcs-nets,
tres· iotéressant~, quelques-uos tres-vigonreusemcnt défiois, qui permettent d'apprécier ce que pensent ses je1ines rédacteurs en matiere de littérature, d'histoire, de
pbilosophie, el meme ~e soup~onner ce qu'ils veulent en
matiere de morale puhlique.
11 suffit d'ouvrir le premier numéro des Écoles pour
s'apercevoir que les étudiaots contemporains ne sont ni
les admirateurs passionnés des choses présentes (je parle
des choses littéraires, bien entendu), ni les disciples
aveugles des grandes écoles qui ont commencé, il y a
' quarante ans, lcur regne intellectuel. lis leur rendent
justice, ils regrettent que leurs maitres illustres ne soient
plus entendus, mais ils les releguent daos le Panthéoo
du passé, et appellent ou préconisent des doctrines nouvelles, plus larges, plus viriles, plus radicales que les
eurs. Cette appréciation éleyée, a la fois tres-respectueuse et tres-libre, vaut la peine d'étre citée, car elle
est un peu le prograrnme du jeune journal. ·
« Combien de fois, s'écrieM. Charles Longuet, n'avon~&lt;&lt; nous pas déploré, aux heures mauvaises, de n'etre pa~
« nés au commencement de ce siecle ! Nous a urions eu
&lt;&lt; alors d'illustres maitres ! A peine sortis du collége,
« nous a•1rions pu nous éprendre avec Royer-Collard de
« cette -pbilosophie spiritualiste, si noble, mais si peu
« scieritifi(]ue, dont il commen~ait arestaurer le culte. &lt;&lt; Avec M. Villemain, nous aurions étudié ce grand dix&lt;&lt; huitieme siecle, alors méconn•1, dont il nous eut. fait
« l'éloquente peinture. Les le~oos de M. Guizot nous
« eussent appris a cbercher une loi daos les faits bisto« riques, et nous aurions embrassé cette doctrine du
« Progres qu'il fondait alors et que de plus jeunes mal« tres ont maioteoant dépassée. Nous aurions lu les pre« mieres reuvres des Lamai·tine, des Víctor Ilugo, des
« Lamenoais; oous aurions pu choi&amp;ir enfin nos maitres
&lt;&lt; daos cette illustre foule de philosophes, d'artistes, d'é« crivains que le dix-neuvieme siecie, monarque adoles« cent, traioait comme une escorte d'honneur sur ses
« pas. »
('!¡ En 1856, l'lllu1tration a publié sur cette question. a propos d'un
On voit par cette profession de foi, présentée avec un livre remarqu•ble de M. Pelletan, une elude assei lo, gue donl l'autcur
de ces lign•s ful chargé, et qui avait pour bul de mettre en lumiére lei
vrai talent et une rare précis1on, que les étudiants con- lacw.e,¡ dea theoriés ductruwrl!i.

•

,}

j

--

«J'ai re~u vos quatre premicres livraisons. Votre plan
est vaste, votre but est noble; quelques parties que j'ai
lues déja sont excellentes. C'est, ~n v~ai, monument que

'

vous élevez an dix-neuvieme siecle. Condenser daos un
]ivre les connaissances,bumaines au dix-neuvicme siccle,
c'est uoe belle et ~rande idée. Arres tant d'essais manqnés, tant d'ébauches malheureuses, tant de rrpertoires
empreiots de !'esprit rétrograde, donoer en fin a la ma-gniflque encyclopédie de Diderot im pendant plus complet et plus grandiose encore, voila. une reuvre qui,
achevée, sera pour l'éditenr la fortune, et pour l'auteur
la gloire. Pénétrez-vous rle plus en plus de !'esprit nouveau; éloignez ce vieux reste du passé, dont il est si
difficile, surtout dans un travail de ce genre, de se dégager entierement, et saos nul doute, Monsieur, vous
aurez cette fortune et cette gloirll. Presque tous les dictionnaires biographiques et encyclopédiques de notre
temps sont faits daos une pensée bostile au siecle; aussi
n'oot-ils que peu de succcs, el \'avenir les dédaignera.
Vous, vousvoulez servir le progres, Y0US voulez créer le répertoirc de la pensée humaine universelle, vous méritez
la réussite, vous l'aurez. Votre succes sera d'autant plus
grand que votre union avec le siecle ser:t plus-profonde.
·Courage !
ii Je suivrai votre travail avec un vif intéret. Je vous
envoie tous mes vreux et tous mes applaudissemeots.
n Croyez ama bien cordiale sympathie,
(( VrcroR HUGO. ))
~

CRÉDIT F0NCIER DE FRANCE.

46° Tirage des obligations fonciéres 3 et 4 0/0 (1854).
Le 46• tirage trimestriel des obligations foncieres 3 et
4 0/0 a eu lieu le 22 juin i854.
Lenº 64,644, sorti le i•', gagne l00,000 fr.
~ nº 83,616
2•
50,000
Le nº f86,489
3•
20,000
Total. .. 170,000 rr.
3• Tirage des obligations foncieres de 500 fr. 4 0/0 (1863).
Le 3• tirage trimestriel des obligations foncieres de
500 fr. 4 O/O a eu lieu le 22 juio t864-.
Numéro sorti : i,0t7.
Les 40 ohligations portant ce numéro gagnant, suivan't la série a laquelle elles appartiennent, les lots suivants.
6• sérlo. l00,000 fr., - 7° série, 30,000 fr.; - séries
33, 24, i2, '8,, 26, i, 30, 14, chacune 5,000 fr.; - et les
séries 21, 13, ~. Hi, 32, 4, 3 f, 36, 34, H, 27, 29, 3, 39,
9, i 9, lO, 23, 25, -28, 40·, 5, 35, 2ú, n, 22, i6, 38, 37, 2,
chacuoe t ,000 fr. - Total, 200,'l00 fr.
La liste des numéros"4,'obligations sortis aux tirages
précédents, et qui n·oot ~s encore été présentés au
remb,oucsemeot, est adressée --,.,,aneo a toute persoooe habitaot les départements qui en faiHa d&lt;Jman&lt;le par lellre
affranchie.

15

º!léf!ciaires, ,qu'elle oflre'auxJpersonnes qui recherchen t.
outre la sécurité du placement et le payement régulier
des intéret3, nn hénéfice certain par l'éventualité d'une
prime de remboursement.
SOCIÉTÉ l,l(MOIJIUERE
« Elle va émettre des obligations de 500 fr. rembour- ,
DBS
sahles
en 3t ans, et donnant droit. i 0 a 25 fr. d'intéret
BOULEVARDS DU TEMPLE.
annuel, et 2° a un nmboursement avec prime aussi avunÉm;ssio,1 jMqu'a co11cm·rence de huit rnille ohliga/iQns de tage,1x r¡u'-il e~t j11ste et ér¡,,üable.
500 f•·ancs (soit quati-e millions de fmncs) poi·tant inflfret a
ce A la différence des Compagnies qui offrent des pri5 o/o, paya ble par semesfre, et i•emboursables er, 31 annuitlfs, mes de rem boursemeot boones pour les quel ques perAVEC PRIME PROGRESSIVE.
,.5onnes que le sorl favorise, et presque illusoires pour
Garantie: 1re hypothéque sur 9,000 métres de terrain si- les autres, tous les porteurs d'obligatioos de la Societé
tués dans le quartier Je plus populeux et le plus commercant des Boulevards du Temple joniront de la prime, en raíde Paris, a q11elr¡,1es pas de l'emplacement des anciens théa- son dtrecte clu temps qn'elle se sera fait attendre.
tres du boule\'ard du Temple, et sur les immeubles :i la
construction desr¡uels serontexclusivement employés les fonds
&lt;&lt; Aiosi les 4,000,000 se diviseront en 8,000 obligade cette émission, savoir:
tions.
Tmis TMdti-es rlo11t les baux .font signlfs, une Salle de
« ll Y en aura 258 remboursables chaque année, penconcerts et sept Maisons bow·geoises, le tout !!valué a IIUIT d10t 3f ans. Or, ces obligatioos s'accro1troot ~ 25 fr.
MILLIONS.
par an et seront rernboursahles par conséquent: celles
, Remboursement. - Oulre l'intérét it 5 0/0 payable par de la premiere année a525 francs; celles de.la deuxi.cme
semestre, le rPmhoursem•nt s'ell'ectuera en 31 annuilés,.soit année a 550 francs; cel les de la dixicme année a 725 fr.;
258 obli:;atious par an, avec bénéfice pro:¡rcssif, savoir:
celles de la viogtieme a 975 francs et celles de 'la trente
1re année it 525 12• année a 775 2.1• année a 1,050 et unieme a l,250 francs.
2•
»
523 1B•
»
800 2i•
•
1.075
« L'accroissement de capital est, nous le répétons,.
3:
1
1
•
~
·
Bl_~~
2fi•
1
;100 tout a fait indépendant des it,téret,· a 5 o¡g qui seront
4
75 1
8
5•
:
600
16•
»
payés chaque semestre.
875 §~: :
11•
»
61:i 17º
900 2~•
•
1.175
i&gt; Comme on vient de le vrir, ce placement réunit une
7•
1
650 18•
,
9'25 29"
,
•1,200 sécurité parfaite et un bénéfice assuré, et il n'est point
8•
fi75 19'• ;
9.'&gt;0 30:· »
2"
9•
:
~ou;nis aux ris(]ues des spéculations iodustrielles, car Ja
700 20
975 01
10,
,
72.'l 22•
»
000
•
Société immobiliere des Boulevards du Temple borne
1
11•
,
750 23•
,
Ú25
1 son action au role de prorriétaire foncier, et trouve son
.
é
.
d'
des loyers, asLe t1rage
au sort tant rnter zt par la loi le rembourse- ¡ bénéflce
, exclusivement
d h
· dansd'la perception
,
ment aura ¡1·eu' a· r3 ·I50n de 2"°
,u bl. t'
d auo 1ga 1011s ' par anuée ,Slll-·. ' sures pard es ]' aux ex1stant
· avance d une part,et
·
vant l'ordre des demandes faites par les obligataires dans tre part fDS a~gme~tat1on de valeur des 1m~eubles.
les trois mois qui précederoní l'époque de rembonrsemPnt • &lt;&lt; Que Ion vemlle bien remarquer que la pNme qui
Versements: 50 fr. en souscrivant, 75 fr. á la réparti!io~. va ch:ique année s'ar~ondis~ant ~u profit des obligations
75 fr. un mois aprés, et 30 fr. par mois pendant les dix I non eocore remboursees, n accro1tra pas les charges de
mois suivants.
; la Snciété; elle en trouvera l'équivalent daos les intérets
Les actionnaires de la Comp3gnie auront le droit de ' qn'elle aura il payer en moius aux porteurs des obligapréférence dans la souscription a raison d'une obligation · t1ons remboursées.
pour une action.
&lt;&lt; Des que l'on annoncera l'émission, nous aurons soin
On souscrit il Paris, au siége social, boulevard du Tem- d'?º prévenir nos lecteurs, car il y a lieu de croire que,
ple, 3ti. et de la provi_nce: p.1r l'Pnvoi de billets de hanquP- faite dans de telles conditions, la souscriplioo sera inéou de valeurs sur Parzs, a I ordre de M. A.MIEL, directeur- vitablemeot couverte en tres-peu de jours.
gérant.
&gt;l LÉON JEANNIN. »
On souscrit aussi chez les har.quiers correspondants de Ja
Compagnie.
PLACEMENT HYP0THÉCAIRE.

t •

J:~~
b~

!

....._.,._..

A ~e sujet on lit dans le Glohe:
7'~:Depuis la seconde moitié du siccle dernier, les ma« Les grandes entreprises de notre époque ont absorbé ladcs atteinte de la goQtte ou d'affections,des reins,etc.,
un chiffre con3idérable de capitaux. Et si le pnhlic au- se rendent a Contrexéville et y sont notalJlement améqnel on a fait appel a eu lieu quelr¡uefois de se féliciter lioré~ ou radi_c~lement guéris. Sa Majesté l'Empereur, par
des placements qu'il a faits dans les opérations aléatoiun dccret spec1al en date el u 4 aout f 860, a déclaré d'inres, il en a été aussi souvent la victime.
téret
public la sou-rce du PAv11..LoN, doot l'eau se conserve
« Les affairessont rares qui peuventa la fois offrir une
~
~arfaitement et cst expédiée d:tus le monde entier. sécurilé
parfaite
et
un
produit
élevé,
üt
quand
nous
trouLA F1NANCE est le plus complet des journaux 6nanciers.
vons ces avantages réunis, nous nous empressons de les Ecrir_e a M.. P,1.sou&amp;r, a Contrexéville (Vosges), qui
Elle p~.rait le jeudi. Correspond. de toutes les places de sigoaler
a nos lecleurs.
cnv01e gratu1tement un ouvrage tres-détaillé sur ces
l'Europe. Rédacteur en chef: A. Cnu1PoN. J an, 20 tr.;
&lt;&lt; Oo peut se rappeler les articles qui ont été p11bliés
eaux célebres et actuellement si fréquentées.
6 mois, 10 fr.; rue Ri!!helieu, !08. .
lors de l'émission de~ actions de la Compagnie immobiliere des boulevards du Temple.
&lt;&lt; Les fonds provenant de cette émission ont servi a
REBUS.
acheter des lerr:tins dans une des plus belles situatioos
ECHECS.
de Paris, a l'eotrée d'un des graods boulevards, a quelPhUBLEME N° l69, PAR M. WM., ÁWORY.
ques pas de l'emplacement des anciens tbéél.tres démolis.
·
&lt;&lt; Ces terrains, d'un seul tenant, mesurent 8,900 metres, d'une valeur de 4 millions environ, et se déploient
en fa'.{ade sur deux boulevards et deux rues (les terrains
voisins se vendent 500 francs le metre ). lis doivent etre
mis en valeur par la construct:on de trois théél.tres, d'une
salle de. concert et de sept maisons hourgeoi.ses.
&lt;&lt; On s'occupe aujourd'hui de réaliser le plan concu
par les fon&lt;lateurs, c'est-a-dire d'édifier sur ces terrai~s
les constructions auxquelles ils sont destinés.
&lt;&lt; Ces construclioos rnüteront aulant ,yue les terrains
soit 4 millions. Ces 4 millions et les 4 millioos de ter~
rains présenteront done une valeur de 8 millions en immeubles de premier ordre.
« Pour remplir le buten vue duquel elle est fondée
la Société im'.°obilicre, d_es. Boulevards du Temple s;
lt:(~l,l(;A1'J()N 111' OKHNl!!H K~KI b,
• propose de fa1re une e mss1on de quatre millions d'OUn bon bailleur en fait bailler dix.
BLIC.ATIONS BYP0TilÉCAIRF.S' lesqnelles auront pour "ªªes
0
et garantie 8 millions d'immeubles des mieux 'situés de
Pari~, et dont la plus grande partie est louée d'avance et
a long bail (1).
VARIANTES.
(a) F pr. T
&lt;&lt; Ces obligations représenteront done un plaeement
T 4• D échec
T pr. T (b)
sur premicre hypotheque, c'est--a-dire avec la garantie
C 6• CD échec
Mat.
la
plus
solide
que
l'on
connaisse.
Les blancs font mat en quatre coups.
(b) F pr. T
« La Compagnie ofTre EN 0UTRE des avantaaes
qui méP 4• R échec
Mat.
0
ritent une sfrieuse considérati,,n.
C~rcle _de Del!ac (Haute-Vienne), L. Lefrancq. G. Baudet,
« Elle a,cboisi un mode enlierement nouveau d'obli- Cafe Dr~zrn (Peut-Montrnuge), Dégiron. E. Dubedout, Cercle
SOLUTION DU PROBLÉlfl! Nº 168.
gations, a la fois sérieusemeot hypotht!cafres et largement de l.e_z1¡¡;11an, Café dPs Arts (lla1Te), G. de V. Allevard,
TcCR
T pr. T (a)
C. Ca1llet, lJr fürnl, Planche . E. J?rau, Cercle Laborie,
C 7• ~• D échec
R 5• F D
de
Perpzgnan, 11. Frau, Cafi\ Charles Burger aParis Café du
(t) Les loyers des théatres déja loués •ssurenl á eux ae~ls, et·au dela,
TcFDécbec
Sénat,
J. Gharousset, A. Vcrdier. Calamier' Romba~t Léon
Mat.
le serv1ce dos intérels des oblirations et de l'amortiuema1.
Ferrut, Café de París,

a MP.ns

(Isere).

'

J.·A. d~ R.

�L'I LLl! ~TR i\TION .

16

.lOJIRN.A L

STATUES DE DIVINITÉS

Kt objets d1vers expos!s aú Kusée de
AU DIRECTEUR.

Je vous adresse une suile a mon premier envoi et la reproduction de quelques objets exposés au musée si curieux ,
de Mexico. Tous ces, objets o,nt rapport au culte sangui ..
naire que pratiquaient les Aztecs. Voici d'abord la statue
&lt;lu dieu si avide de victimes et auquel on en immolait chac¡ue aonée de~ milliers. Peut- on mieux représenter une
divinité qui ne pouvait se rassasier de sang et a laquelle
il fallait pour offrande des creurs humains encore· fumants?
Sa tete est celle d'un serpent monstrueux armé de dents et
de crochets, des tetes de serpents remplacent les mains, et
ses pieds sont des serres d'oiseau de proie aux griífes gigantcsq11es. La poitrine, d'ou rnrt une immense trle de

Oil'l~ITÉ AZT'EOlrR.

fJNIVRR~F,T,".
mort, esl couverte de mains coupées et de ereurs bumains.
Les vetements, la ceintnre, tout ce qui recouvre cette divinité monstrueuse est formé de tetes de serpents.
Celte statue a 2m55 &lt;le hauteur et im50 de largeur.
L'autre statue a été trouvée daos une de ces pyramides qui
existaient anlrefois a Mexico et qui ont disparu a la suite de
la conquete espagnole; elle représente un Indien assis; ses
&lt;leux mains rapprocbées forment un trou qui correspond A
un autre situé entre les pieds. On sup¡,ose que les deux trous
servaient a tenir la harnpe d'un drapeau. Cetle statue est connue so 11s le nom de l'lttdien triste.
Quant a cette petitc statue a la tete de mort, aux bras armés de grilfes aigucs, et portaut sur la poilrine deux puissantes mamelles, c'est la Mort, mais la M0rt comme se la figuraient les Azlecs, cruelle, féroce et impitoyable.
Au musée de Mexico figurent aussi plusieurs spécimens
- rl'une pierre circulairc dont je vais vous expliquer l'usage.
1
Quand les Aztecs avaient fait prisonnier UR chef eunemi d'une
certaine importance, ils lui offraicnt 1~ mcyen d'écbapper
au snpplicc el a la mn:·t. A rrt cffet, s'r1cvait sur la place

STATUES DE DIELX AZTEQUES FXPO!'Ü.S All Ml'Sf:J¡ PR )IEXlf.O. - o·arrc; :es croqu s de M. L. de llarqué.

par ses compatriote~, général en chef de7l'armée polonaise. En 1849, il otrrit son épée a la république bongroise. On sait les mervcilles accomplies par les Madgyares, alors que Dernbinski chassait les Autrichiens de
la Hongrie, et que Bem délivrait la Transylvanie. Vienne
était menacée a son tour quand les Russes passerent la
fronticrc. Dembinski baltit les Russes comme il avait
battu 1..~ Autrichiens, jusr:u'au jour ou la trahison de
Georgey livra Kossuth et la république qu'il avait fondée
il la rcaction européenne.
La Pologne, la Fr-ance, la Hongrie pleurent en Dembinski. un de leurs plus braves soldats et de leurs plus
grands citoyens. La démocratie universelle a pe~&lt;lu en
lui un de ses chefs.
Toute vie digne de ce nom cst un combat; celle de
Dcmbinski fut une longue bataille pour la patrie et pour
la :il..1crlé.
H. C.

publique une lplate--torme:creuse au m1liet(de laquelle
était fixée une pierre placée horizontalement. Un trou élait
creusé au milieu de cette pierre et par ce trou était passé
une corde qui retenait le prisonnier par un picd, puis on
donnaita ce malh.cureux un baton, etainsialtachéetarmé,
il fallait qu"il mit hors de cornbal un certain nombre de
gucrriers qui venaient l'attaqucr. S'il av:iit le bon heur de
réussir, la liberté et ses armes luí étaient rendues. S1
au contraire il était vaincu, on le portait sur la pierre a
sacrifice ou il était immolé. Chacune des pierres qui servaient a cct usage était sculptée, de fa~on il ce que le
picd du gur.rricr ne glissat pas dans le sang coulant de ·
ses blcssures. Je vous l'ai &lt;léja dit, le muséc de Mexico
est d'une richcsse inou'ie : les spécimens de l'art aztec
y abondent. Je vous adresscrai bicntot quelques nouveaux croquis.
Agréez, etc.
De M.

AoG. MARC,

LE GÉNÉRAL DEMBINSKl.

Eo.M.

Le général DemLinski vient de mourir a Paris. Ancien soldat dé Kosciusko et de Ponialowski, &lt;lécoré par
Napoléon 1er, il dérendit Paris en 1815 contre les armées
"Victorieuses de la Saiote-Alliance. En i 83!, il fut élu,

directeur-gérant.

TE.llER, rédacteur en chif.'

- - - - - - r - -..
.,..~-....--.,,______
Imp. de L'ILLUSTRATlON, A. ~!are,
LE GÉN.IÍRAL DEMBINSIU. - D'apres une pboi. de M. A. Franck.

22, rue de VerneuiL.

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                  <text>Semanario francés ilustrado se publicó entre 1843 y 1944. Aborda temas políticos, económicos, sociales, científicos, artísticos, y deportivos. Fundado por los periodistas Jean- Baptiste Alexandre Paulin y Édouard Charton. Sus ilustraciones eran realizadas por los mejores dibujantes como Henri Valentin, Édouard Renard, Paul Gavarni, Janet-Lange y Cham.</text>
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                <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores</text>
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                    <text>L'ILLUSTRATION~
IOUBKAL UXIVEBSEL.

DS.

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!'.!e ANNÉE. VOL. lLIV. N• 1 i i 5.

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T~utes les communications relatives au journal, réclamations, demandes
de chan•ements d'adresse • doivent etre adressées franco a
IIIARC, DIRECTEUR-GÉRANT.
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... AUG.

S01'1MAIHE.
Uevue polilique de la semaine. - Courrier de Paris. - Correspondance
d'Algérie. - Bal dooné par s. A. le vice-roi d'Égypte a la colonie
europóeone, daos le Palais de Ras-el-Tio. - Banquet oftert a Versailles, a la premiére batterie du
régiment d'artillerie de la Garde. - Tableaux reproduils par l'Illtutralio11. - Giulia (nouvelle),
suite, - Revue littéraire. - Renards el Perdrix.
- Salan de 1ss, (4' article). - La Régence de
Tunis. - Promenade au Jardín du Midi ( premi,r article). - M, Rouviere, maire de Maneille.

l!lame•i

9

.Juillet

L'auini1tnlit1 ne répond pll d11 mana1erits et ne 1'eng\ge J1D1ai1 i Je, iuérw.
fa i.. lnilél, la lraducUon el la reproduclion i l'élranger 1001 inlerclilol.
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REVUE POLTTIQUE DE LA SEMAINE.

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Mémes pnx ; plus les droits de poste , suivant les tarife.

s

Les abono. partent du l •r n• de chaque mois.

pas exciter les susceptibilités du gouvernement fran~ais.
Les dépécbes publiées par le Morning-Post révelent
des faits de la plus .haute gravité, et nous parta•
geons complétement l'opinion du llloniteur du soir,
aux yeux duque! cette correspondance a
prouvé &lt;&lt; que les intérets communs de l'Au•
triche, de la .Prusse et de la llussie ont
inspiré a ces puissances l'intention de re•
nouveler la Sainte-Alliance. »
La Russie ne déclare-t-elle pas, en eflet,
qu'il importe de former une ligue eontre
certaines tendances et certaines prétentions?
Le czar n'a- t-il pas insisté sur la nécessité d'une entente complete entre les
trois puissances du Nord ? N'a-t-il pas dit
qu'il fallait rayer une fois pour toutes la
question polonaise du programme des
questions européennes? _
L'empereur d'Autricbe ne s'est-il pas
déclaré pret i.t. adhérer i.t. toute combinaíson
qui serait de nature a garantir les intérel8
réciproques des deux pays?
M. de Werther ne se demande-t-il pas
avec ioquiétude si une entente intime
entre l'Autriche, la Prusse et la Russie,
n'aurait point pour résultat un rapprochement de la France et de l'Angleterre?
.M. de Bismark ne se montre-t-il pas
préoccupé de l'impression que l'entrevue
des trois souverains a faite sur Je cabinet
des Tuileries? Ce sont autant de symptomes dontil faut tenir compte. Aujourd'hui,
grace a la publication des dépéches repoussées comme apocryphes par l'ambassadeur de Prusse, la meche de la SainteAlliance est éventée, ma1s la France et
l'Angleterre sont prévenues, et nous espérons qu'elles comprendront ce qu'elles
ont a faire en faee de la pensée hostile
des trois puissances du Nord. Qu'elles
abandonnent les vieilles querelles, qu'elles
comprennent que leur intéret est le meme, et qu'elles s'unissent fortement. L'union sincere de l'Angleterre et de la
France mettra bien vite en déroute le vieu.x
fantome de la coalition.
Les journaux anglais ont une toute autre
attitude que la semaine passée, a propo11
de !'affaire du Danemark. La prise de l'ile
d'Alsen, qui sera bientot suivie de l'occupation complete du Jutland, a produil-sUT
phot. de M. Dl1deri (,oir len• 111 4).
l'opinion publique, au dela du détroit, une

rnc¡uer une entente intime de l'Autriche, de la Prusse et
de la R•1ssie. L'empereqr Fran~ois-Joseph, tout en adbéraot aux idées du roi GuillaÚme, aurait ccpendant conseillé beaucoup de prudence et de réserve, afin de ne

Gi·avuru : S. M. Charle,, roi de Wurtemberg. ln&amp;urrection de l'Algérie : Redoute•RQse, conslruite.
a Daar-Sidi-Abdallab. - Bal dooué le 8 juio au
Pal1i1 de Ras-el-Tin, par S. A. le vice-roí d'Él(lple. - Banquet olfcrt a VersailleF, a la 1&gt;remiére.
batterie d'artillerie de la Garde, a son retour d,
llexique. - Salon de l86t : Le Tribunal des Eaux
de Valence, en 1800. - Un terrier de renards. L'insurrection de Tunis (t gravures). - Promen,de au Jardin du Midi (3 grnores). - E1po1ition des restes de M. nouvoér,, maire de Mar·
s,ille, d~ns la C!hapelle ardt nle de l'll&lt;itcl-1e-Ville.
- Rébus.

L'émotion a été vive, au début de la semaine, et cette émotion a été causée par
1a pu_blication de dépeches de M. Bismark
et du baron de Werther, insérées dans le
Morning-Post. Ces dépeches, nous ne les
analyserons pas: tout le monde les a lues.
Elles étaient a peine publiées que l'ainbassadeur de Prusse a París en déniait en
termes absolus l'authenticité. Tout mauvais cas est niable, et nous comprenons que
des plans destinés a· rester secrets soient
déclarés faux, aussitot qu'ils sont divulgués.
11 nous parait d'ailleurs impossi.ble que le
journal de lord Palmerston se soit preté a
une indigne supercherie. LaJecture de ces
dépeches n'apprend rien, en somme, a
eeux qui savent voir au deli.t. des déclarations officielles ; elles ne sont que la confirmalion des renseignements que nous
connaissons sur l'accord qui s'est établi, iL
Kissingen et aCarlsbad, entre les trois souverains dn Nord. Desdépéches partieulieres
de ces deux villes ajoutent que le roi de
Prusse s'est montré le plus ardent a pro-

t 881..

�i8

L'lLLUSTRATlON, JOURNAL UNIVERSEL.

1mpression pénible. Le Morning-Post insiste pour qu'on
ne laisse 'pas périr un royaume auquel l'Europe doit
quelques belles pages de son histoire. D'autres feuiHes
anglaises constatent que I'Angleterre toute entiere sent
profondément la honte de sa politique, et que les .déclarations do comte Russell en faveur de la paix a tout prix,
succédant a des rodomontades, ont exposé l'Angleterre
aux railleries do monde entier.
A la chambre des Communes, le ministere et l'oppvsition sont aux prises. M. Disraeli a énergiquement stigmatisé la politique de lord Palmerston et constaté l'humiliation infligée a l'Angleterre par les tergiversations et
les avortements de la politique ministérielle. M. Richard
Cobden, l'apótre de la paix, n'a pas été, a un autre
point de vue, moins vif que M. Disraeli. Aux yeux de
&amp;1. Cobden, la conduite du gouvernement anglais a élé
marquée au coin de la plus profonde ignoranee de la
diplomatie étrangere; il l'a qualifiée de politique de
vieillards. La discussion en est la, mais elle va continuer.
On sait qu'en ce moment la candidature du grand-duc
d'Oldenbourg, suscitée par la Russie, se pose en face de
celle do duc d'Augustenbourg. On as~ure que le gouvernement fran~ais, daos des entretiens de vive voix
avec les ambassadeurs étrangers, comme daos ses dépeches anx agents fran~is a l'étranger, se montre treshostile aux prétentions' du grand-duc d'Oldenbourg. Le
cabinet des Tuileries verrait, dans ces prétentions, le résultat d'un accord secret entre la Prusse et la Russie, et
il espere li;s voir écho!ler devant la résistance des populations des Duchés. Le grand-duc d'Oldenbourg se serait
informé des intentions du gouvernement fran~is, et il
lui aurait été répondu que s'il était appelé par la libre
volonté des Slesvig-Holsteinois, la France respecterait
cette volonté, mais a cette condition seulement.
D'apres la Gazette de la Croix, le détroit qui sépare l'ile
d'Alseo du Sundwitta été franchi sur les deux points les
plus extremes de son parcours, l'un au nord, l'autre au
midi. Les epérations les plus importantes ont eu lieu sur
le premier point. Apres avoir frauchi l'eau sur des barques et des pontons, sous le feu des canons do vai!-Seau
le Rolf-Krake et des batteries danoises élevées sur la cóte,
nne division prussienne a pris pósition pres d'Arnkie.
Marchant vers le sud a la rencontre d'une autre divi8ion
prussienne qui devait forcer le passage pres de Sonderbourg, elle a du enlever de vive force chaque fossé,
chaque rideau de terrain, chaque ferme qui otlrait un
poínt li'appui aux troupes danoises. La résistance supréme a eu Ueu ¡;res d'Ulkbull et de Vollerup apres que
les deux divisions prussiennes eurentopéré leur joncfüm.
A la fin, apres une résistance acharnée, les Danois se
sont repliés dans la péninsule de Keknis, formée par le
golfe de Hoerup et lamer. lis ont pu y opérer, loin des
atteintes de l'ennemi, l'embarquement de la plus grande
partie de leurs troupes.
Les perles de part et d'autre ont du etre considérables, car le combat, commencé au point du jour, s'est
prolongé toute la joornée. Les troupes danoises ont fait
de nouveau preuve de leurs admirables qualités. Mais
leurs régiments, réduits aquelquescentaines d'hommes,
,eont trop faibles pour résister au choc de forces infiniment supérieures.
Les nouvelles d'Amérique nous annoncent les pertes
éprouvées par l'armée de Grant, par suite de l'assaut
infructueux de Pétersburg. Les pertes des fédéraux
sont considérables. Un seul corps d'armée, celui du général Hancok, aurait perdu 4,200 hommes, et le général Hancok lui-méme a été mis hors de combat. Sa division est maintenant commandée par le général Berney. Les défenses de Pétersburg étaient commandées
par le général Beauregard, sous la direction duque!
elles ont été construites. Beauregard était soutenu par
le général Ewel et par une partie de la division de
Longstreet. On dit qu'une concentration générale des
troupes confédérées menace l'armée de Grant, et on
suppose que toute l'armée de Lee se rend a Pétersburg,
renforcée elle-meme par les troupes du Mississipi; cependant, d'autres nouvelles venues de New-York annoncent que la position de Grant n'est pas aussi mauvaise, et qu'il s'est emparé des défenses eonstruites au
nord de la ville. Les généraux confédérés ont rappelé
en toute h.l.te les forces séparatistes campées devant Bermuda-Huodred. Le général Butler a profité de leur départ pour prendre possession des deux routes qui condoisent de Pétersburg a Richmond. D'un autre cóté, le
g, :,t' r:il ShPridan, dont on avail annonce il. tort la dé-

faite, a culbuté la cavalerie confédérée aquelques milles
de Gordonsville, et luí a fait de nombreux prisonniers.
On mande de Lima que le gouvernement péruvieo,
espérant que le cabinet de Madrid désapprouvera la
conduite de sts agents, est resté dans une attitude
complétement expectante. L'exaltation du pays, qui
s"impatieote de ces retards, s'est manifestée par des
plaintes contre le ministere. Celui-ci a essayé d.:i calmer
l'émotion publique en faisant espérer que le 1:,ouvernement espagnol remettrait les choses dans l'état antérieur
au différend.
Cependaot on prépare tous les moyens pour la défense des droits nationaux. On attend plusieurs batiments de guerre et des renforts de grosse artillerie
pour les fortifications de la cóte.
A Vera-Cruz, il y avait beaucoup de monde sur le
port, sur la place et daos les rues qui condnisent a la
station du chemin de fer pour recevoir l'ernpereur et
l'impératrice du Mexique. Toutes les autorités fran~aises
et méxicaines, civiles, militaires et maritimes s'étaient
groupées sur le móle. Leurs Majestés étaient accompagnées par le général Almoote. Toute l'arlillerie de la
flotte et des forts 8aluait le débarquement. Le préfet politique, les membres de !'ayuntamiento et beaucoup de
notables de la ville s'étaient placés en tete du cortége,
donnant le signa! des acclamations et des vivats. Au lieu
de fleurs, on jetait, de tous les l&gt;alcons garnis. de da mes,
des papiers de toutes les couleurs, qui contenaient, les
uns des épitres en vers a l'empereur, d'autres des bommages a l'impératrice, quelques autres des invocations
a la Paix, a la Concorde, a la Gloire, a la Prospérité.
Yais c'est surtoo.t a la gare que la foule stationnait
nombreuse. Les moins joyeux des assistants n'étaient
pas les quelques marins venue de la 1'hemis et auxquels
on venait d':mnoncer le don de 5,000 francs fait par
l'Empereur a l'équipage de la frégate.
Le train qui emporta l'empereur e\ l'impératrice s'ébranla au milieu de hourrahs prolongés. L'ingéoieur du
chemio de fer, M. Sansac, conduisait l'empereur. La
municipalité de Vera-Cruz l'accompagnait. On s'arréta
pour déjeuner a la Soledad. La garde nationale était
sous les;armcs. Différents mouvemeJ}ts de trains nécessités par le trausport des voitures impériales et des bagages retinrent a.~sez longtemps l'empereur et l'impératrice dans cette statioo.
L'accueil fait a l'empereur et al'impératrice n'a pas
été moins brillant a Orizaba. A peine arrivé, le cortége
impérial se reodit a la cathédrale, ou fut chanté un 1J
Deum. Voila un bel enthousiasme, et qui a du singulicrement flatter l'empc1eur Maximilien et l'impératrice;
mais ce n'est jl!-mais J'enthousiasme qui manque aux
premiers jours d'un regne.
.
Sur la proposition de M. le ministre de l'instruction
publique, l'Empereur vient de oommer les membres du
conseil impérial de l'instruction publique pour l'année
1864. Nous remarquons que le nom de M. Saint-Marc
Girardin brille par son absence sur cette liste ou il a vait
figuré jusqu'a ce jour. M. Saint-Marc Girardin parait
san~ doute trop libéral au libéral M. Duruy.
M. le comte de ~lontalivet vient de publier un volume
intitulé : Ríen, dix-huit années du gouvernement parlemenlaire.
On se rappelle en quels termes dédaigneux M. Rouher parla, au commencement de la session, do gouvernement de juillet. M. de Montalivet a entrepris d-e répondre a l'opinion énoncée par le ministre d'Etat, et il a
démontré qu'on ne pe\J.t accuser un gouvernement de
n'avoir rien fait quand il a forcé l'Europe de reconnaitre le droit qu'a toute nation de disposer d'elle-meme;
quand il a brisé les traités de l 8i5 dans la partie de
leur ·texte la plus bostile a la France, c'est-a-dire dans
l'établissement du royaume de Belgique; quand, a Ancóne, il a fait échec a la prépondérance de l'Aulriche en
Italie, quaod il a interdit aux puissances du Nord toute
intervention dans les Etats libres, etc.. etc... Ajoutez a
cela, la transformation de notre marine, les fortificatious
de Paris et tant d'autres faits importants, et l'on conviendra que M. le comte de Montalivet avait beau jeu
pour répondre a M. Rouher.
Ce livre de M. de Montalivet, écrit sans hostilité contre
le gouvernement impérial, est plein de faits et estun des
plus intéressants qui aieot été publiés dans ces derniers
temps.
EnMOND TKit.KR.

VI LLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
COIJRRIEB DE P&amp;B18.

Le premier jour de la liberté des thélltres. - Les affiehes de
ce jour-Ia. - l\foliére au boulevard. - Esther et M11• Favart. - Dlondin.-Le fran~is de l'Hippodrome.- Romulus.
La Re,1ue des Provinces et le Pru11incial. - Une lettre de
M. Víctor Hugo en 1828. - Grand assorliment de dieux et
de demi-dieux. - Un philanthrope. - Mise en vente do
Café de Foy. - L'hirondelle de Carie VerneL

Enfin, le grand jour 011 plutót le grand soir s'est levé:
depuis le vendredi i •• juillet, les théatres sont libres.
Une liberté qui commence un vendredi ! Que le ciel
la préscrve de toute facheuse aventure !
En attendant qu'on nous ait octroyé le droit dºécrire
sur la politique tout ce qui nous passera par la tete,
meme des sottises, saos payer de timbre et saos déposer
de cautionnemeut; le droit de causer de nos affaires ou
de celles du pays en compagnie devingt personnes, sans
autorisation préalable; le droit de nous associer pour
fonder quelque chose saos la pern:iission de l'autorité;
le droit de parler littérature ou philosophie a ceux qui
voudront bien venir nous entendre, saos l'agrément de
M. le ministre de l'instruction publique; le droit de nommer oous-memes nos maires, qui sont chargés de nos
iritérets; le droit de proposer des lois; le droit de prouver
en justice que, si nons avoos critiqué les actesd'un fonctionnaire, ce n'était pas sans de bons motifs; le droit de
vendre du tabac et des cigares si bon nous semble, et
quelques autres menos · droits encore, auxquels nous
avons la faiblesse d'altacher quelque imporlance; en attendant que les dieux nous accordent ces faveurs, il est
permis a Guignol de jouer la tragédie,au Théatre-Fran~ais de représenter des pantomimes avec Pierrot, Cassandre, Arlequín et Colombine; au Cirque-Olympique,
de flanquer le Misanthrope de Léotard et de l'Écuyer
quadrumaoe; aux Var1étés, de donner le meme soir une
piece a jambes et Athalie avec Mll• Alphonsine.
Le matin de ce t•• juillet mémorahle,je regardai avec
une vive curio~ité les affiches de spectacle, et tout d'abord voici ce qui frappa rues regards : Opéra-Comique,
clóture pour réparations; Théátre--Italien, clóture annuelle; Thé&lt;itre-Lyrique, clóture annuelle; Palais-Royal,
relache; ThéatreduLuxembourg,clóture annuelle; Théátre-Beaumarchai~, clóture annuelle; Bouffes-Parisiens,
clóture annuelle.
Un reta.che et sept clótures ! Une réflexion amere me
vint a !'esprit :-Hélas ! me dis-je, est-ce ainsi que nous
usons de la liberté? Quel triomphe pour les réactionnaires ! Pourvu que cela ne dégoule pas le gouverne•
ment de nous faire des cadeaux.
Un relache et sept clótures ! et pas un spectacle nouveau, ne fut-ce qu'un spectacle de marionnettes !
Seuls, le théatre de laPorte-Saint-Marlin et le ThéatreDéjazet fetaient la grande &lt;late.
Le théatre de la Porte-Saint-Martín donoait le Barbier
de Rossini, avec M. Capoul, de l'Opéra-Comique, et des
lauréats du Conserv~toire. Le Théatre-Déjazet, le Dépil
amoureux et Tartuffe, avec des lauréats du Conservatoire et des acteurs de l'Odéon. Norma, l'Avare et Tartuffe étaient annoncés, a la Porte-Saint-Martiu, pour le
samedi, pour le dimancbe et pour le lundi snivants, avec
M. Montdidier dans le róle d'Harp~l{on, et M. Dumaine
daos le role de Tarlutle.
L1 liberté des tbéatres va-t-elle rendre Moliere populaire? Ce n'est point impossible. Messieurs de to1.1t en
haut lui ont fait un accucil des plus chauds; c'étaient
des applaudissemeots trcs-vifs et des éclats de rire trcsfrancs. Et, ce qu'il faut remarquer, c'est que ce public
neuf semblait trouver les pieces du grand homme tressnffisamment intriguées, et s'amuser beaucoup, non-seo•
lement des mots, mais des situations. O MM. d'Ennery,
Bouchardy, Anicet Bonrgeois, Ferdinand Dugué et Ci•,
vous seriez-vous done inutilement mis en si grands frais
de charpente, et tant de ressorts secrets, de rouages,
cl'engrenages et de ficelles si laborieusement disposé
dans cbacune de vo~ énormes machines, étaient-ils don
du superflu? Quoi ! vous auriez pu triompher sans pren
dre la moitié de la peine que vous avez prise, et fai
des économies d'imagination pour les drames de vos vie
jours, et vous ne vous en doutiez pas ! O découverte tar
dive ! ó regrets impuissaots !
- Comment ! il n'y avait qu'a faire comme MoliereT
- Mon Dieu, oui, messieurs, faire comme Moliere
et... etre Moliere, pas da.vaotage.
0

Au moment 'lu j'écris, la Coméd1e-Fran~aise répete Esther avec les chreurs. Mll• Favart jouera le role charmant et
touchant d'Esther. 11 me semble qu'on peut lui prédire
l.eaucoup de soeces. Je me figure tres-volontiers la dúuce
et be lle Juive étoonée de sa fortune, émue du danger de
son peuple et implorantAssuérus, sous les traits, avecla
voix, les yeux et le.~ !armes de M11• Favart.
Les cbreurs ne seront pas chantés par les sociétaires et
les pensionnaires du Théatre-Fran~is, et je ne pense
pas que personne s'en plaigne, soit dit sans offenser la
Comédie. M. Bressant a un tres-joli ténor, et rien qu'a
entenqre parler Mm• Madeleine Brohan, on devine qu'elle
doit chanter les ~ontraltos a 111erveille; mais delll vou:
pour des chreurs a quatre parties, avec la meilleure volonté du monde, c'est un peu court.

t9

M. Victor Rugo a Ch. Brugnot,1 qu'on ne lira pas saos le tiers de ce capital. Pour le moment il tait son nom
quelque plaisir:
' de fonds. S'il'
s,en~ageant a le révéler a ses bailleurs
..... « Je ne sa_urais tr~p applaudir, pour ma faible part, garde l'anonyme, dit-il, c'est pour imposer plus de cona tout _ce qm pourrait ranimer l'esprit des·départements. fiance; ceci est profond.
11 seraJt temps, en effet, que la province cessat de recevo~r de P_aris de_s opinions toutes faites, il serait temps . Je viens de tire sor une affiche ces mots : « Adjudica~ elle eut ses hvres et ses journaux, qu'elle se sentit taon, par suite de faillite, du café ae POIJ. Mise a prix :
vivre par elle-méme ... La centralisation produit a la fois 35,000 francs.
deux_ effets opposés, deux maladies contraires pour la
Le car~. de Fo! e~ faillite : Une triste nouvelle et qui
provmce et la capitale. La France est un pays défaillant
ª.
causé, J en srus sur, un véritable chagrín au1 vieu:r haet app1uvri, Paris est une ville pléthorique.
bitués de la vieille maison.
~ 11 faudrait, monsieur, qu'il s'élevat sur tous les
Hélas ! l'hirondelle de Carie Vernet, qui amena Jadis
pomts du royaume des feuilles comme la v~tre; ce serait
tant de gens dans ce café célebre, n·a pu le sauver réautant de sourees de circulation, autant de centres qui cemment de la ruine.
lutte~ai~nt contre le grand centre, le grand tourbillon.
Q~e(qu~s-uns de mes lecteurs ne connaissent peut-etre
La v1cto1re serait longue aremporter mais Dieu aidant pas I h1sto1re de cette hirondelle, la voici :
. a sa fin : les provinces ' relevées et París'
Du Théatre-Fran~ais a l'Hippodrome il y a un peu on arr1.vera1t
Un so~,. Car_le ~ernet entre dans le ca.fé pour y faire,
loin, et, d'une seule enjambée, passer de l'un a J'autre rentré dans son lit.
comme
a l ordma1re, sa partie de dominos. La salle vela chose est quelque peu hardie; mais bah! avec la ti~
&lt;&lt; J'attache done le plus grand intéret avoir réussir Je
nait d'etre remise a neuf.
berté des théatres, n'est-il pas possible que la maison de Pr~incial~ J'y contribuerai certainement pour le peu
.Carie Vernet demande une bonteille de hiere et la
Moliere et le cirq~e de .M. Arnault se rapprochent dans qm me sera possible.
debouche;
le bouchon saute, va frapper le plafond frall'universelle confusion des genres?
_« Si ,messieurs vos collaborateurs ont, comme vous·me
cbe1::')nt
repeint,
et y laisse une tache. La maitresse du
- Done Blondin a débuté a l'Hippodrome.
faites l honneur de me le dire, la bonté d'attacher quelc~fé
ne
se
permet
ni une réfleiion désobligeante
- Qui~, Blondin? le grand Blondin le seul Blon- que pri~ a_mon nom, transmettez-leur mes applaudissem &lt;&gt; un ges_te . d'~umeur; mais l'artiste a surpris u~
din, Blondin do Niagara, enfio?
'
ments smceres et la promesse de les aider de mon mieux
re0 ard qm s1gmfie : Oh! mon rauvre plafond ! que!
- ~elui-,t_a.. .._ou un aut.re_; en tous cas, un gaillard. daos les limites ou je dois me renfermer... &gt;&gt;
malheur!
On dit qu i1 lw en a coute de se manilester devant
Sans ~arler de !'a propos qu'ont encore les réflexions
- Consolez-vous, mapame, luí dit-il, j'ai 'fait une
Paris en détail et non devant París en gros • mais de M. V1ctor Hugo sur le vampiri"sme littéraire de París
'
maladresse,
mais je vais effacer cette vilaine tache.
. que voulez-vous?: ayant vainement sollicité ta fa- n'est-il pas piquant de voir le poete acceptant modeste~
Et
aussitót
il se leve, va prendre dans un coin les
veur d'accrocher son cabte par un bout au sommet de ment une coll~boration dans une revue &lt;Je province?
br?sses
et
_les
couleurs
des peintres décorateurs qui del'arc-de-triomphe de l'Étoile, par l'autre au sommet de
Charles Nod1er et David d'Angers avaient aussi donné
va1ent
vemr
le
leodemain
donner la derniere couche a
l'une des tours de Notre-Dame, il s'estrésigné a travailler au Pro~ncial des marques d·intfiret qui devaient, ce semla
coroiche,
installe
un
tabouret
sur la table monte
en ~~tit. D'ailleurs, le suffrage de quatre ou cinq mille ble, cOnJnrer la mauvaise fortune. Mais a cette époque les
dessus
et
se
met
a
l'reuvre.
'
Par1S1ens ne vaut-il pas le suffrage de tous les fédéraUI reuv~es mémes de David' d'Angers, de Charles Nodier,
Un quart ?'heure apres,.la tache n'y était plus et la
et de tous les confédérés ensemble? Et n'est-ce pas quel- ~e V1ct?r Hugo et de beaucoup d'autres, attiraient trop
que chose, pour un Fran~ais, que de se promener sur la 1atte~t1on du public pour la laisser se porter sur un cha:mante h1ron1lelle qui fit en ce temps-la courir tout
Par1s et que tous les étrangers veoaient voir planait
corde ra1de devant des Fran~ais?
re~ue1! publ!é a Dijon, et,sans le vouloir, les nobles par'
OLéotard! gymoaste-bachelier-es-lettres ¡¡ ne vous ra.ms ecrasa1ent le filleul. Trente-six ans out moissonné dans la blaocheur immaculle du pl~fond:
Pu_isse-t-e_lle porter encore bonheur au café lle Fo
reste plus qu'a aller faire du trapeze au-dessus de la trop de génies et n'en ont point, hélas! assez produit
y
grande chute du Niagara, ou a passer votre examen de pour. que le_s bel les. cboses de la province n'aient pas et fa1re monter les encheres:
baccalauréat es-sciences.
X. Fl!YRNET.
chao, e' au¡ourd hm' de ne point demeurer inaper. L'affiche_ ~e l'Hippodrome annonce que Blondin s'ar- ~ues.
··
rete au miheu de sa promenade aérienne et fait une
omelette sur la corde. Un second alinéa ajoute :
~h ! co~m_e notre temps a le génie commercial ! 11
CORRESPONDANCE D'ALGÉRIE.
« Les spe¡:tateurs sont autorisés a descendre daDs !'ae_11ste Birmmgham, - si vous avez le moindre doute,
rene pour s'assurer si elle est bonne. »
AU DlflECTEUR,
hse_z I Ind~pend~ce beige de vcndredi dernier, - une
« Si elle est bonne! » Est-ce !'arene l'omelette ou la
Redoute-Rose, 1! juin
ma1~on
qui
fabrique
et
qui
exporte
au1
lndes
....
Devinez
u
.
'
'
cord~ ~·. mons1eur
Arnault, ~e grace, eipliquez-vous.
Ah quo1 '. Des draps, des cotons, de la coutellerie, des néJe vous adresse un croquii de la redoute que le génédam. s1 nous voulons nous hvrer au genre littéraire il cessa~res de voyage, des manteaUI imperméahles, des
ral
commandant en chef l'expédition contre les Flºtt
faudra tacher de soigner un peu notre fran~ais.
'
puddmgs, do breuf salé, des sandwiches, des iostitutri- vient de faire construire par le i2• et le ~2• de lig: as;
c~s? - ~on, vraiment, vous n'yetes pas; la mairnn Z... et Par 1e 3•
· ·
du génie. Le i f juin, a quatre he.ures
ee
. reg1meut
Le Cir~e, lui, se pique de délicatesses de langa.ge. u Ce fabrique et exporte des D1eUI pour la consommatio11 du matm, la colonne se dirigeait sur Zemouna pour
n?lli conv1e tous les jours a alter admirer les tafonts de sa grande colooie. Les p:-oduits de la maison z... et Cíe chercher un convoi de vivres nécessaires laissant da y
ns
d un cheva1 présenté par .M. Loyal.
sont conf~ctionnés avec Je plus grand soin et tout a fait 1a redoute a. 1~quelle on a donné le nom de, Redoute-Rose,
A la bon~e heure, le public doit etre content. on en confortab1es. 11 y a des dieUI peints des dieui do ,
d d'
.
,
res, une compagme du f2• et une du 82• le corps du gt ·
..
d' .
'
me,
use fort po,liment a son égard, et les Anglais doiveot' es . ieux argentés;. pemture, dorure et argentare ga- deu~ p1eces
art11lerie, l'ambulance, les blessés et Ja t3•
trouver qu on commence a savoir vivre en France. Mais ranties. Pour les pet1tes bour~es qui ne peuvent se don- sect1on d'administratioo, le tout sous les ordres du comRomufus, le cheval de M. Loyal, n'est-il pas quelque peu ner que_d~s demi-~ieUI ou des dieux de seconde qualité, mandant Coulommieu d,u f 2• de ligue.
blesse dans so~ amour-propre de ce que son cavalier ne r,~tte ~rec1~use maJSon a « de petits demi-dieux et autres
Les Arabes~ bien qu'ils conuussent le peu d'hommes
songe pasa lw préunter le public?
d1eux 10fér1eurs daos le plus grand choix. » Le bl' que renferma1t la r~~oute, n'on_t pas osé nous attaquer.
t
é
•·¡ ,
pu IC
es pr venu qui n est pas fait crédit, mais que l'es~utour _de no~ s etend le desert que ríen ne vient
,L~ pr~~i..n~ avait la liberté d'avoir du talent, voire du compte est accordé a ceux qui paient comptant.
a~1mer,_ s1 ce, n est quelques vautours se chargeant de
Nous avo11s bien a París des fabricants et dei; mar- fa1re d1spara1tre les cadavres que les Flittas n'ont u
g~~e, ~ ~cr~e de boI1S livres de critique, de philosop
p '. d histol.J'e, de bons roma.ns et de bons peemes. il ~bands d_e petits Jésus et de petits saints Jeans en cire emporter.
ne lw ma.nquait qu'une voix pour entretenir le mo~de a tous pru, mais nous n'avons pas encóre de manufacLa Redoute-Rose nous servira de quartia- général
tur~s et de magasins d'idoles pour l'eiportation. ca_r on parle de 00011.Jreuses sorties que nous devon;
savant et 1~ monde lettré de ses travaUI.
Cette voix, aujourd'bui, De luí manque plus et elle s'ap- patience, cela viendra, il ne faut désespérer de rien ' fa1re dans les régions environnaotes. La redoute sera
pelle la Bevue des promnces,
·
dont M. Edouard
' Fournier
S~yez 8~ , ~'ailleurs, que les chefs de la maisoo
un ca~p fue dans lequel nous reviendrons prendre nos
eat le rédacteur en chef.
et c,_,, de Bu~mgbam, sont de parfaits anglicans, lisant quartiers apres chaque eipédition. c•~st la, du reste,
La r ·
. . IVrat.son. du ~ois dernier rappelle que ce qui la B1ble, prat1quant le culte de famille observant ri&lt;&gt;ou- que campe en ce moment le général commandant en
~ u.11S1t a me~vedle .ªºJourd'hui fut tenté, il y a treµte- re_us~ment la loi du dimanche' et s~ventionnan~ les chef.
:1.1 ans, et, 1;ette f~1s, en province, a Dijon. Une revue m1ss10ns chez les peuples pa'iens : commer~ants ils Agréez, etc.
Pour ~trait : P. PAGET.
e:t créee_ ~us ce títre: le hovincial, dont le rédacteur ;endent des idoles et font leur fortune; cbrétiens; ils
Be ibef etait Charles Brugnot, un poete auquel M. Sainte- lo~t le°:1' s_alut et travaillent a la destruction de l'idola~
. uve accorda une mention tlatteuse et qui ne chanta tr1~. Ams1 les affaires marchent, Dieu n'a point a se
p~ longte~ps, la mort, amante des poetes, lui ayant plamdre, et tout est pour le mieUI... aBirmingbam.
BA.L DOINi PAR 8. !. LI VICI-ROI . D'iGYPTI
llllS son doigt glacé sur les levres en !831.
Je ne sais si tout sera pour le mieux dans les princiLe premier numéro do Provincial avait paru le t"mai
t 828b. Cette jolie date printaniere ne lui porta pas p~utés allemandes, de l'avis des souverains de ces États
DANS LI! PilAIS DE RAS•l!L-TJN.
b011 eur et te n......~M-·~, ,
llllgnons, quand les banqnes qui leur donnent de si
'
cnfl/1- n eut que peu de matins
comme les flenrs du mois ou il était né.
' be~ux ., bénéfices, auront sauté une fois pour toutes.
Aleundrie, tll jllia.
ma1s
J
engage
leurs
Altesses
sérénissimes
a
prépare:
Po~t les heureuses prédictions, les vreUI fenents
Le _vice-roi d'Égypte, ven u du Caire pour passer quelD~ l!11 avaient point fait faute, et d'illustres amitiés s'é- leur_ Ame a ce grand évéaement. Les tapis verts sont
ques
Jours a Alexandrie, a visité dans r.e pol't le Peluse,
taient plu a sourire a son berceau
.
terr1blement menacés. Voici un philantbrope qui se fait
un
des
pi~ bea~ paquebots desMessageries impériales.
Voici quelques passages d'une. lettre adressée par fort de gagner le capital de toutes les banques. il monA_pres
~vo1r
témo1gné son admiration de ce paquebot le
trera son talent aussitot qu'0D aura versé entre ~~ mains
v1ce-r01 a chargé le :directeur des Messageries de 'tui
.

.

1

,ª

i...

�20

21

t•11LUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UN lVERSEL.
faire construirc en
France deux baliments,
1lont l'un de grande dimcnsion et de 'la force
de GOO chevaux.
Avant de quitter le
fe/use, Isma'il-Pacha a
liicn voulu accepter une
collation qui lui était
offcrte, et, a son retour dans son palais,
il a envoyé de beaux
cadeaux aux officiers du
Peluse, ainsi qu'une
somme d'argent pour
l'équipage.
Le 8 juin,'le vice-roi
a donné a Alexandric,
dans le palais de Ras-elTin, un bal magnifique,
oü était invitée la colonic curopéenncrlu Cairc
et d'Alexandrie. Le palais de ·Ras-el-Tin est
admírahlement situé
sur un cap avancé, enserrant le,port d'Alexandrie daos une courbe
gracieuse.
Son Altesse, entourée
de ses principaux 10uc•tionnaires, se tenait dcbout, en costume de
ville, en haut de l'escalier d'honneur, pour
reccvoir chaqu.e dame
qui luí était présentée
par les ?ommissaires.
La r.ot¡mde occupant
le centre du pal&lt;!is servait de. salle . de bal.
Cctte salle ronde, entourée d'une riche galerie

cirwldire, ollrait l'as ·
pecl le plus splcndidc.
Des fcnctrcs de cctte galcrie, on a pu as~istcr
au l'cu d'artiílcc,donl Ir,
millc fuséc3 ont illuminé, pendant 1¡uclquc,
in,tanls, le pu1'l tout
e11tier et ·1es a~or'é!, de
la résidence royal c.
A une hcu rc tlu ma-·
tin, quatre gramlcs salles, oir quaral)lc-dcux
tables de six · couvettR
chacune avaíent éltl
dressées, ont ~te ou-vcrtcs anx in,·ités, qui
s•}·sont condu itslh aus,i
liravcmcnt que dan~ la
salle de danse.
La fete ne s'est tcrminée qu'a six heurc3
&lt;lu matin. Chacun s'cst
retiré. entho11siasmé de
tant de spleudcnrs el
touché du graciellx accneil de Son Altes,e.
Agréez, etc.
P. PAGET.
~

fANQUET
OFFERT A VERSAILI.ES

A la 1,e batterie du régimrnt
ó'artillerie moJte de la Gart' e.

1

llANQUIIT OFFERT A VERSAILLl!S, A LA PREMI.ERE BA'!'l'ERIB D'ARTILLl!RIB, A SON RETOU!l IJU MllXIQUt. - D'ap1e&amp;

UDS

pllot. de ll.

-~-=~--

E~~E~f.=~~~ ~
SALON DE 1861,: LF. 1111BUN.AL

=

,,.

A LA COLONLE EUIIOPIÍEN NE. JJAL 110NNJÍ, LF. 8 JlilN. AU PAI.AIS UE IIAS-1.1.-TJV. l'All ~ A. 1" 1' I('.F.-Rlll U'F.t:YPTF,
.

ll'apres un croqui&amp; de M E. de Gr•ndchamp.

La premiére ballrric
rlu régimrnt d';trtillcric monté &lt;le la Gartlc,
composéc de 2:0 homme~, ofílciers , sous-

ms EAIIX

DE YHF.~CF, E\' 1800, - Tableau de }1, U. Ferra11dii.

111111',

raro ,

�L'ILL USTRATlON . .JOUR NAL UJ'J IV ERSEL.
o('ficiers et soldats, et détaclrée a l'armée do Mexique
depuis le commencement de l'expédition, est revenue en
France depuis quelques semaines et vient de rejoinilre
son régiment en garnison aVersailles.
Elle a fait sa rentrée précédée par delll canons mexicains pris a San-Lorenzo, et devant lesqullls marchaient
un groupe de sous-officiers décorés portant un drapeau
et t~ois fanions enlevés a \'ennemi.
Venaient ensuite les six pieces fran~aises, dont trois·
portent les empreintes glorieuses des boulets ennemis.
A trois heures, un banquet offert par les canonniers
a leurs camarades, réunissait officiers et soldats dans
la.cour du quartier, et a sept heures, un granddiner, ou
étaient conviés tous les chefs de corps de la garnison, a
été offert par les officiers du régiment monté A leurs
camarades du Mexique, au mess de l'artillerie.
La salle auit été habilement décorée pour la circonstance, et un trophée composé des canons et des drapeaux pris au Mexicains en formait le principal ornement. •
P. PAG-ET.
~

TABLlilJI RIPRODUITS PAR L'ILLUSTftATIO!.
Les sept canaux qui distribuent les eaux du Turia aux
environs de Valence sont régis chacun par un syndic
et un éclusier. Tons les jeudis, de temps immémorial,
les syndics se réunissent a la porte de la 'cathédrale
pour juger les délits que leur dénoncent les éclusiers.
C'est une séance de ce tribunal qu'a reproduite M. B.
Ferrandiz daos le tablean qu'il a envoyé au Salon.
Il a traité son sujet avec une grande verve; les physionomies de ses personnages sont des plus beureuses
et la composition du tablean est bien entendue. A. M.

GIULIA,
NOUV E L L E,

(Suite.)

En s'arretant a cette seconde supposition, Louis, avec
sa honne foi naturelle, devait se reconnaitre coupable
d'une. puérile tén-acité aggravée d'une double méprise;
daos les deux cas, la situation deviendrait promptement ridicule et embarrassante, s'il n'en triomphait a
force de bon gout et d'heureuses inspirations. Pendant
qu'il bésita.it encore, le regard genant de l'Italien, dont la
main ne quittait pas la porte, l'interrogeait ironiquement:
- Avez-vous affaire avec moi, monsieur l'officier?
cela m'étonnerait.
D'un geste br~sque, il congédia la vieille femme au
bavardage intéressé de laquelle il n'avait pas preté la
moindre attention, et, sans fermer la porte, il désigna a
Louis le couloir, comme le seul endroit 011 il lui plut
d'accorder une audience, qu'il souhaitait courte, au plus
inattendu des visitenrs.
Louis se fit plus poli encore que de eoutume, et, avec
toutes sortes de protestations du vif regret qu'il éprou vait de déranger de ses Affaires un si respectable signore,
il raconta toute entiete a ce dernier l'histoire de Thomaseo, de fcu sa femme, et de Giulia sa filie, d'apres les
documente; qu'i\ possédait. ll insista beaucoup sur Thomaseo, afin d'arriver plus naturellement a Giulia, qu'il
croyait avoir recrmnue, une heure auparavant, et dont
l'hahit de deuil lui avait inspiré de grandes alarmes
concernant son pere.
Cet exposé, si sommaire que son auteur eut vou\11 le,
rendre, prit beaucoup de- temps a Louis; mais il fut récompensé de sa patience et de ses circonlocutions, en
devinant, avec des sentiments tres-tlatteurs, qu'il était
compris mot a mot, malgré l'irritation nerveuse que
l'Italien cherchait a dissimuler sous une affectation d'impassibilité, par 011 les gens du Mídi l'emportent sur ceux
du Nord, bien que ces derniers soient renommés pour
leur empire sur eux-memes.
- Monsieur, répondit l'Italien, qui réussissait de moins
en moins, surtout lorsqu'il parlait, a cacher i;on dépit, je
déplore de ne pouvoir vous etre d'aucun service. Votre
Thomaseo m'est totalement inconnu. J'ai pris beaucoup
d'intéret a votre petite historiette, intitulée &lt;&lt; Giulia; »
mais cette Giulia m'est également étrangere...
Au bout du couloir ou causaient les deux hommes, il
y avait un escalier. Cet escalier conduisait a des cbambres, dont on avait, sans doute négligé de fermer les
portes, car, dans ce moment meme, Louis entendit aussi

distinctement que possible écl:iter une fusée denotes séraphiques. Cetincident le clouasur place, mueJ d'admiration
et de stupeur. Une justice a rendre a l'ltalien, c'est qu'il
montra francbement la sensation désagréable que lui
causa cette voix enchanteresse. Louis, rendu a lui-meme,
ne douta plus un seul instant.
Non-seulement il venait de reconnaitre, bien que ne
lui ayant entendu prononcer que deux ou trois mots
cinq ans auparavant, la voix de 'Giulia, mais daos ce
chant inespéré, énergique et doux, il entendait un appel. « fa.i voulu, bravant toute mesure et au mépris de
mon repos, te faire savoir quP. je te vois... 11 n'y avait
pas f autre moyen, et peut-etre m'en coutera-t-il cher
pour l'avoir employé. N'importe ! sache que j'existe, et,
pour le moment, n'excite pas contre toi l'homme a qui
tu parles, ne lui résiste pas ... nous nous reverrons. »
Voila tout ce qu'i! y a dans une simple roulade, pour
qui sait l'y découuir.
Malgré cet appel a la prudence, et malgré ses propres
efforL~, Louis ne put s'empecher de dire a l'Italien, avec
les yeux, bien entendu : &lt;&lt; Vous mentez. l'
' A"(JUoi l'Italien répondit avec la langue:
- ~Ion temps ne m'appartient pas, souf{rez que notre
conversation en reste ia... » Se fut-il appelé don Giovanni,
Louis ne pouvait plus que battre en retraite, c'est ce
qu'il fit, mais son embar¡as n'en devenait pas moindrc.
Il luí restait a aff'ronter oe la part de ses camarades, de
plus en plus intrigués, un minutieux interrogatoire dont
la seule pensée le crispait. 11 crut s'en tirer a son avantage, en affectant Tis- a-vis d'eux un air mystérieux, destiné a leur insinuer que le résultat de son expédition
n'otfrait rien de plaisant; ils se le tinrent pour dit, et
penserent a autre chose.
Le lendemain; vers midi, Louis fut, a sa grande surprise, mandé chez son colonel, qui lui dit avec beaucoup
de sévérité :
- Monsieur, je vous tiens pour un brave officier, cela
est certain, mais cela aussi ne constitue point, parmi
ceux que j'ai l'honneur de commander, une' exception
suffisante pour vous soustraire a mon mécontentement,
si ce que je viens d'apprendre se renouvelle.
- Daignez vous expliquer, mon colonel, jusqu'a présent, je •,ous jure que je n'ai pas l'honneur de vous
comprendre.
- Cette feinte, lieutenant, ne sied ni a votre caractere, ni a votre rang. Qu'un simple soldat, qu'un novice
dans nos rangs, ait l'air de n'avoir ni la conscience, ni
le souvenir de sa faute, afin d'éviter la salle de police ...
~ se voit.
- Colonel, je n'ai jamais fui devant les suites de mes
acles ... parlez.
.
- N'avez-vous pas, bier meme, été l'instrument d'une
mystification, sans grand sel, je l'avoue, tranchons le
mot, d'une vraie farce de collégien... oui, monsieur,
pratiquée sur un honorable habitant de cette ville. On
s'en est plaint justement a l'autorité supérieure... et je
me compromettrais en n'agissant pas de maniere a préTenir le retonr de semblables faits. Pour aujourd'hui,
je me borne a l'expression d'un b!Ame absolu, mais a
la r~cidive, vous me tro-:nerez inflexible.
L'entretien engagé dans ces termes, la fierté de Louis
lui interdit dP. faire la moindre allusion a certains faits
qui faisaient plus qu'excuser sa démarche, et la légitimaient. 11 quitta son supérieur, non saos maugréer,
a part lui, contre les lois de la gent militaire, qui exposenl leur homme, si distingué qu'il soit, au chatiment
des ecoliérs, la ~11 le dernier bourgeois ne releve que
de sa fantaisie.
Cependant, malgré sa vive sensibilité, Louis n'était
pas porté au découragement, et en rentrant chez lui, i1
se disait : Allons, a tout prendre, je n'ai pas encore
payé trop cher la certitude que cet aflreux bonhomme
connait Giulia.
11 employa une heure a écrire a son pere, avec lequel
il entretenait la correspondance la plus affectueuse, et
qui était fier de tui; le bourgeois fran~is est toujours
pret a dire que s'i\ n'était pas filateur, il serait volontierli
Alexandre; le pere tle Louis lisait a son cercle, et méme
a la Bourse, les lettres du lieutenant, et remportait toujours, au nom de l'absent, un premier prix de style.
Oans la soirée, Louis reparut, porteur de l'air le plus
gai, parmi ses freres d'armes, qui ayant tous fait une
expérience plus ou moins approfondie des choses de
l'amour, et sachant qu'elles se composent essentiellement de brusques passages de la tristesse la plus sombre ala gaieté la plus folle, décréterent que Louis avait

trouvé son idéal, et qu'il fallait les laisser tous deux en
paix. - S'il ne fait pas de nous ses confidents aujourd'hui meme, penserent-ils a l'unanimité, l'indiscrétion
n'y perdra rien, et son silence actuel n'est qu'une
balte trompe11se, qui pré~are de grandes fatigues a nos
oreilles... Laissons-le venir a nous, et imitons sa résérve.
To11tefois Alfred, par pure amitié, avisa Louis de se
méfier des maris jaloux, et sur ce conseil, marqué au
coin d'une vaste généralité, ils laisserent Louis en
pleine possession de son roman ; pour une ame chaste,
vive et tendre, c' en éta it la un tout fait, bien préférable a ceux qu'on lit, et ayant la saveur d'un fruit
délicieux, aspiré sur le sol natal, aupres de la séve
meme de l'arbre nourricier.
Ce sont l~s conteurs qui ont imaginé toutes les subtilités que vous ~avez, toucliant \'origine et les causes vitales de l'amour, et leur création est contre nature, surtout lorsqu'il s'agit du premier amour. Louis aimait
parce qu'il aimait. Saos nul doute, les circonstances
particulieres au sein desquelles s'était produit cel
amour, devaient exercer leur influence sur sa marche
et son dénoument. Mais qui ne sera .tenté de plaindre,
d'envier et d'admirer ce jeune homme 6ouillant et reveur, pret a mourir pour un salut a la femme, dans la
personne séduisante d'une signora jeune et mystérieuse, aux beaux yeux éloquents et profonds, entrevue
pour la premiere fois a l'age 011 l'amour s'annonce par
de si délicieux troubles, perdue et revée a l'entrée de
la jeunesse, au seuil de la vie libre, miraculeusement
retrouvée dans sa patrie au lendemain d'une victoire
libératrice, et toujours revetue de l'ineffable prestige
de l'inconnu, du malheur peut-etre?
Cependant le colonel n'était pas un homme dont on
put méconnaitre impunément les ordres, et Louis avait
trop besoiu de l'entiere indépendance de son action, pour
la risquer par un inutile coup de tete. Aussi, malgré
l'immense envie qu'il en tut, il fut deux jours sans chercher le moyen de retrouver la rue et la maison du rancunier petit Italien, qui savait s'y prendre d'une maniere·si
habile pour fa1re savoir aux officiers fran~ais qu'ils n'avaient pas fait sa conquete du premier coup. Ce qui
compliquait la situation morale et matérielle de Louis,
c'est qu'il était loin de posséder dans sa tete le plan de
la ville... Et pourtant, comment revoir cette Giulia:, si
ardemment attendue, saos se hasarder daos le voisinage
de la maison ou elle demeurait? Le dilcmme était aigu.
En y rétléchissant davantage, Louis qualifia d'excellente
inspiration celle qui l'avait poussé ane pas dire un seul
mot, au colonel, qui otfrit son aventure a ce dernier
sous IID autrP. jour que celui de la plaisanterie. En
attendant, il fallait se faire des amis dans la place, sans
preter aux remarques, compter sur l'imprévu, saos négliger l'emploi actif et,. assidu des moyens proclamés
bons par le témoignage des siecles, compter sur la ProTidencef,~ans négliger le secours des bumains ... rester
chez soi et aller partout, flairant le bon moment, le bon
endroit... enfin tout ce qui constitue la tactique du
siége amoureux, déja difficile lorsqu'on a la citadelle
sou~ les yeux; hérissé d'assauts inutiles, d'escalades
dans le vide, de retraites parfois irréparables, lorsque
ladite citadelle vous parait tlotter dans la brume. Cependant, les amis de Louis menaient galante et joyeuse
-,.je a Milan, et.s'ils avaient, vis-a-vis de leur camarade,
l'infériorité résultant du manque d'une passion sincere,
discrete, pleine de souvenirs, de difflcultés et de périls,
i\s n'en avaient pas du tout l'air inconsolable, et rem- ·
pll~aient •volontiers les Madones par les Madeleines.
Louis, au contraire, avait beau s'en défendre. Depuis
trois jours, il paraissait tristP, et il l'était, je crois. C'est
un vieux préjugé d'affirmer q\J.e le premier amour est
gai. Il est vrai, au contraire, que chez les ames impétueuses, passionnées, mais contenues et studieuses,
nourries de la religion du serment, du dévotielll respect de la promesse faite, du nom engagé, l'envahissement du premier amour fait pénétrer avec lui je ne
sais quel souftle pénible, qui d':iilleurs n'attiédit pas sa
tlamme, et que je ne saurais nommer plus brievement
que par ces mole; ; La fascination du remords.
Les roués traitent cela de duperie. lis prétendent que
tout en ayant pour but le plaisir ou le bonheur, selon
les dialectes, l'amour est essentiellement un duel entre
la femme et \'hommt&gt;, armés chacun d'armes différentes,
et que rlans ce duel, chacun tour a tour attaque et se
défend pour son propre compte, emporte une haute
idée de son adversaire, lorsqu'il est vaincu par lui, et le
dédaigne dans le cas contraire. Je sais que l'événement

L'I LLUSTR ATION, JO URNAL UN IVE RS EL.
semble fréquemment appuyer c_et~. v~lgaire phi_lo~ophic,
· n'était point ce\le de Lou1s, J a1 quclque ¡01e a le
qm
' ·
h. t.
dire,
car sans cela je u'aurais pas ecr1t cette 1s 01re en
son honne11r.
.
.
Un heureux incident vint bientot rendre aLoms la hb rté d'esprit dont il avait tant besoin pour agir efficac:ment. A un diner d'officiers, auquel était présent le
olonel celui-ci s'adressa a notre héros, non-seulement
c
'
.
. e
san5 la moindre marque de ressenttment, ma1s ~ me
avec une faveur m~rqu_ée. Done, il avait t,out a ~~Jt ~~­
blié !'aventure de l ltahen, et la preuve, c est qu 11 p,a1santa fort agéablement quelqucs jeunes lieutenants sur
le~rs affaires d'arriour. Louis se dit: le moment est :ven u?
récapitulons nos chances : de la liste ~es_ en~ro1~ ou
j'aie quelque espoir fon dé,de retro~:er ?mita, Je~pms et
je dois supprimer_la cath: d~ale, ou '.' n e~t pas p.obable
que son énigmat1que geoher_la la1sse _retour~er_ apres
ma na'ive confession. Les hah1ts de deml de Gmha détruisent l'hypothcse du théatre et dei; promenades publiques; i\ ne me reste done qu'a établir un poste d'obvation daos sa rue, a sa porte; mais comment retroqver
cette rue, dont j'ai été assez fou pour négliger de prendre le nom ... C'cst ainsi qu'il se parlait en revenant de
ce joyeux diner. Comme il regagnait son logement, on
lui rc111il dans les mains une lettre dont l'aspect lui causa
une des plus profondes émotions qu'il eut ressenties de
sa vie. L'écriture était loin d'en elre, selon un mot
qu'affectionnent les romanciers, aristocrat1quement déhée; elle étail, au contraire, large, confuse, incorrecte,
mais elle trabissait, par de certains signes irrécusaLles,
la main d'une femme. Daos ce moment, i1 n'est rien que
Louis eut préféré au bonheur de lire tout de suite cette
lettre, pas meme peut-etre la vue de celle qu'au trouble
de son cre11r il devinait \'avoir écrite. lci le raisonnement appµyait le pressentiment. L'auteur de cette lettre
devait etre soit Giulia, soit la jeune dame en noir, soit
!'invisible possesseur de la voix délicieuse qui avait naguere éclaté comme un chant céleste daos l'escalier de
l'ltalien, parce qu'elle ne pouvait provenir d'un~ autr~
source; Louis ne connaissait personne dans la v11le. qui
eut lieu de luí écrire. D'ailleurs, la premiere lettre d'amour nou~ vint-elle de l'inconnu. ne se laisse pas mécon' .
.
naitre un seul instant; elle a un charme qµe ne saura1t
oublier le crear de celui qui a airoé. Parfois el1e nous
fail peur, lorsq•1'une pas.~ion inaltendue l'a dictée,
qu'elle est une violente réponse a nos aveux muets.
Mieux que toutes les paroles du monde, elle est un engagement, sinon rétléchi, du moins volontaire, et dans
la situation 011 se trouvait L')uis, il n'est pas surprenant
que la simple vue d'une Jettre l'ci1t ému a ce poinl.
Rien que pour la faire parvenir a son adresse, ne fallaitil pas que l'auteur de cette lettre eut épié toutes les dé·
marches de Louis, et se fut constamment informé de
de tui? Et, comble de joie et terme ile toutes les curiotés longtemps entlammées! elle allait se dévoiler enfin
a !'esprit jaloux de la connaitre, cette adorable Giulia,
cette beauté sans égale, cette chanteuse sans pareille !
Loms Dá&gt;RET.
(J..a ~uite prochainement.)

REVUE

LITTÉRAIRE.
LE ROMAN.

MM. V. Chanvin, J. Jonin, Cho&lt;hko , M•• Ch. Reybaud,
MM. Fénl, Serrel, l'abbé ... , Erckmann-Chatrian.

Des légendes, des contes, des nouvelles, des romans !
romans d'aventure, de mreurs, de caractere; romans
polémiques, utopiques, historiques et contemporains !Autant une année en verse aux étalages des quais, autant
l'autre en étale aux vitrines op i;ur les rayo ns des libraires
en neuf., On dirait une machi ne montée comme celle de
la Monnaie, qui vomit régulierement les pieces d'or,
d'argent et de hronze, les napoléons et les centimes. Et
tout cela s'écoule; le livre passe de main en main, retourné et froissé en tout sens par une Jiseuse qu'il endort, Amoins qu'un voyageur insoucieux ne le jette par
la portiere du wagon. La littérature courante convient
seule a un siccle affairé, 11ui ne prend guere le temps
de la rétle1ion et docne une heure par jour a la culture
de ~on esprit; il 'veut unP. histoire amusante, qu'il puisse
oublier comme la p1ece d'hier, uu spectacle dans son
fauteuil; souvent meme, il se contente de son feuilleton,
léger intermede au milieu de~ intrigues oiseuses de la
politique contemporaine.

prétend pasa l'Aréopa11;e, d'ou l'exclut son sexe; elle se
contente de plaire et de frapper l'imagination par le
foule? N'y-a-t-il pas des reuvres sérieuses, íruit d'nn choix de ses sujel~ et l'agencemenl de ses drames intilong travail, et que la critique seule aide a se produire? mes. Ici, c'est la filie d'un bourreau, filie charmante, qui
Saos donte, et si quelques livres remarquables, parmi les- aime et meurt pour ne pas entraver la vie de son ami;
quels no ou deux vivront, ne nous avaient forcé la la, c'est une coqu&amp;tte froide, dont les roueries amenent
main, nous aurions des aujourd'hui analysé l'Histoire de une catastrophe, un meurtre et un suicide; ailleurs, un
Richard II, par M. Wallon; les Réhabilitations de Marie · récit path'étique nous montre les Antilles fran~ises au
Stuart et de Marie Antoinette, ou les Aventures authen- temps de Louis XV, et la cruaulé du code noir, parfois
tiques d'Henri IV. Au reste, nous sommes loin de dédai-• corrigée par la pitié féminine et par un· dévouement pi us
gner le roman, et de le tenir pour genre inférieur a l'é- tendre. Une femme qui, par vengeance, fait épouser a
popée ou a la tragédie; e'est une des voies les plus inté- une ambitieuse un idiot sans fortune: voila bien une
ressantes de l'art; son domaine est vaste et tout entier histoire que Balzac eut placée dans la bouche de Bianouvert a l'irnagination; il y apparait des types 1mmortels, chon et de De Marsay. La méprise d'uue jeune filie amouClarisse, l'écuyer Western, Don Quicbotte et Gil Bias, Jane reuse d'un voleur termine dignement cette série d'étuEyre, Grandet et Goriot, Valentine et la Petite Fadette, des et de compositions, qui mériteraient un plus long
et tant d'autres etres imaginaires, doués d'une vie examen, s'il ne valait mieux en laisser la primeur au
plus puis~ante que :les banquiers et les rois. Lors meme public. (Le recueil est intitulé : Valdepei,·U$.)
De si rapides péripéties ne convienóent pas a M. Paul
que les héros de cette année ne ~eraient pas tous de
Féval.
11 lui faut aujourd'hui deux gros volumes pour
cette force, ils auront toujours ce mérite d'etre créés par
fondre
ensemble le Bossu et les lfysteres de Londre~, ses
l'bomme et a l'image de l'homme. Les réalistes prétendeux
reuvres
les plus populaires. Réellement, avec tant
dent bien ne rien créer; ils copient, disent-ils, san&amp;
d'imagination,
quel bes&lt;fin de s'\miter soi-meme? Saos
meme composer le tablean. Mais leur prétention est chidoute,
l'extraordinaire
enchevetrement des Habit.~ noirs,
mérique; notre esprit, plus encore que nos yeux, est
qui
renchérissent
sur
Jean Diable meme, renferme un
toujours un miroir infidele, qui change les conleurs et
les proportions de ce qui 's'y réfléchit. Le romancier est certain nombre d'heureuses inventions partielles, de
done créateur malgré lui, etje n'en -,.oudrais pour exem- scenes terribles et bien menées. Mais il n'en est pas
ple qne M. Champtleury, dont les reuvres, dites réalistes, moins vrai que Trois-Pattes et Lagardere, M. Bruneau et
ne se distinguent des autres romans que par le talent le Bossu, ne sont qu'un personnage en quatre noms. Coparticulier de l'auteur, et malheureusement aussi par cardasse et Passepoil, deux grotesques excellents, ont leur
quelques erreurs de langage qui lui appartiennent en inutile caricature daos Similor et Echalot. La preruicre
partie seule est digne des meilleurs jours de M. PaJJI
propre.
Féval,
et eíit suffi seule a un beau roman comme Bouche
Mais entrons dans le royaume de la fantaisie. Le.~ rode
fer.
L'idée
du hrassard ciselé est merveilleuse; qu'on en
manciers grecs et latins (qu'on ne nous accuse pas de rejnge.
Lecoq,
autrement dit Toulonnais-l'Amitié, a vendu
monter au déluge !) ont serví de theme a un travail a
la fois savant et agréable de M. Víctor Cbauvin. On sait a un banquier de Caen un coffre- fort a secret, qui vous
combien peu l'antiquité no11s a légué d'reuvres d'imagina- empoigne le bras des voleurs; or, ce meme Lecoq a
tion, a moins qu'on ne range sous ce litre la République vendu aussi jadi;,, au ciseleur Maynotte, un brassard que
de Platon et une bonne part de ses Dialogues. Deux sé- celui-ci a réparé et exposé da.ns sa 1vitrine; Lecoq vole
ries de peintures raffinées dues a Pétrone et Apulée, le brassard et force saos danger le coffre-fort. Quant a
les spirituelles folies de Lucien, enfin une perle pure qui Maynótte, il est condamné aux travaux forcés. Par bona nom : Daphnis e't Chloé, constituent l'appoint de dix heur, les malfaiteurs n'ont pas, en général, le talent ie
siecles. M. Víctor Cbauvin a fort habilemP.nt groupé et faire condamner a leur place un innocent. Le style de
raltacbé les diversesélucubrations d'Héliodoreet consorts, M. Féval esttoujours le meme, spirituel, brillanl, mais le
et avec assez de résnvc pour que son liue soit donné plus forcé du monde, et fait a J'image de ces imbroglios
terribles.
en prix aux jeunes faiseurs de vers latins.
Nous procédons par contraste. Si M. Féval est la com- ,
Les peuples, tres-raisonnablement nommés barbares,
qui renverserent l'édifice romain, ne connurent, en fail plication meme, M. Serret est le plus uni et le plus mode littérature, que la litanie, la chronique terre a terre. déré des écrivains. Son histoire de Neuf fi,lles et un garLe temps et les moyens leur manquaient pour cultiver 9on, une fois cette fécondité rare acceptée, marche d'une
leur esprit. Toutefois , ils ont laissé qnelques vestiges de allure calme et vraisemblable. L'irritation de la belleconipositions légendaires, aujourd'hui recueilli par les mere a la vue de tant de filies, sa joie ala naissance dn
polyglottes. Tels sont les charmants Contes Slaves qu'a gar~on et le raccommodement qui s'ensuit, !'honorable
choi~is et publiés M. L. Chod1.ko; ils sontpleins de poésie persévérance du pere et de la mere, forment un ensemet d'antiques réminiscences soigneusement notées par ble ou une cerlaine gaieté se mele a la plus saine mol'auteur. On ne peut les liM saos demeurer convaincu rale. C'est memela morale qui se charge de conclure et
de la commune origine des Pélasges, des Germains, des · de suppléer a l'absence de dénoument. M. Serret a
Celtes, des Slaves et dei- Indiens. L'Inde est au fond de voulu prouver que « les familles nombreuses se tirent
tout; c'est elle qui a donné au monde, avant la disper- mieux d'affaire que. les familles 011 il n'y a qu'un ou
sion des ¡aces, les Mi/le el une nuits, lesFables de La Fon- deux enfants. » Axiome bardi, mais contestable, et qui
taine et les Contes de Permult. La Be/le auro chel)eux d'or, ne résout pas les difficultés positives de la question. Le
l'Eau de beauté, le Petit Poucet et les fi,lles de l'Ogre, la sort des neuf fille5 n'est déja pas si enviable. Si deux se
Jeune fi,lle qui pleure des perles, l'Or fabriqué par le démon marient bien, si quatre autres fondent un pensionnat, il
sur les montagnes, sont de ces légendes qui appartiennent v en a deux qui meurent et une qui se fait religieuse.
a tous les peuples européens. On retrouve encore daos · La pauvre enfant! sans doute ellP. n'avait pas tu Je lile livre de M. Chodzko l'Enlevement d'Orythie par le vent vre de l'abbé Étoilé; elle y aurait vu les vices secrets de
et celui de Proserpine. L'Oiseau de feu, Ohnivak, qui joue de la spiritualité, et de ce mysticisme qui bébete ou anun grand role chez les Slaves, est l'épervier divin, le nulle tant de femmes destinée3 a d'autres devoirs. Que
symbole du Soleil, vénéré dans l'Inde, et dont la figure les amis du vulgaire et du convenu, r¡ue les petits journaux, voués, on ne sait pourquoi, atoute idée rétrogade,
est sculptée a Persépolis, a Nioive et Pn Égypte.
Les Oiseaum bleus, de J. Janin, n'ont qu'un rapport insultent aplaisir l'auteur anonyme de la Religie1i~e; ce
lointain avec l'oiseau Ohnivak, si ce n'est qu'ils sont livre, a. défaut d'art et d'intéret romanesque, se recomhrillants comme luí. C'est tout un essaim de nou.,.elles mande par sa. visible sincérité. Les meilleurs chrétiens
aimables. Rien d'amusant comme la Peíne du talion, de n'v trouveront aucune attaque contre le dogme. Des
piquant comme Théodora et les Fausses confi,dences, épi- abus criants, de funestes tendances, a la fois contraires au
sode inédit de la vie de Manon Lescaut. Les lnsomnies patriotisme et au bon sens, plusieurs poléruistes acerbes
transparentes d'Eutyphron nous initient aux tribulations qui portent avec eux les odeurs de la place Navone;
d'un Athénien qui voudrait représenter la littérature a voila les plastrons de l'abbé ...._ 11 avait ce*s le droit
l'Aréopage. 11 y a bien de l'ironie, et de la meilleure, de représailles, et la galerie est pour lui. Un exccllent
dans ce Mercure, permettant au candidat évincé de pas- cbapitre nous fait voir les changements insensibles apser ses soucis et ses espérances au premier venu. Le portés dans les prescriptions religieuses par ,m maitre
plus gros des Oiseaux bleus se nomme les Harpagons, souverain, le temps, l'usage; rien au monde n'échappe,
et .,.ollige du tragique au comique, de la tragédie a l'a- sous peine de mort, a la loi du renouve\le1:1ent. Peu s'en
mour; ses marraines, s'il plait a Eutypbron, sont Tha- faut que le dogme lui-meme n'éprouve une transformation radicale; croirait-on qu'UJJ petit livre pieux ose
lie, Melpomene, Erato !
Mm• ,Ch. Reybaud, )'auteur de M11 • de Malepeyre, ne émettre les opinions suivantes: &lt;&lt; Marie est une beauté
En commencant cette revue, un scrupule nous venait :

a quoi bon apprécier ce qui est connu et recherché de la

��r:r LLUSTRATION' .IOllR N.i\ L UNIVERSEL.
gel'!\ que leurs pareilles peuvent conrir ; un léger bruit,
tre~aneienne. Elle a existé de toute éternité. Marie fut noos mangeons 1P~ oiseau.'C avec le reste. Depuis le com- un froissement dans les feuille~ les a dénoncées: la rel'obj'et, de la part d'Adam et d'Eve, d'unr grande Mvo- meocemcnt, les choses ont été arrangées pour que nous narde a hondi; elles oot pris leur vol ; mais une paution? » Que! style, et quelles erreurs! C'est pourtaot ce mangions tout : nous avons trente2deux dents pour cela; vrette n'a pas assez vite déployé ses ailes, elle est tombée
les unes pointues, les autres tranchantes, et les autres,
qu'oo enseigoe a nos sreurs et a nos filies.
ce
qu'on appelle les grosses dents, pour écraser. Cela sous la patte de l'ennemie, et l'impitoyable chasscres.c;e
Nous ne croyons pas que de pareilles élucubrations
l'a férocement égorgée.
soient fort du gout d'Erckmaoo-Chatrian. Avec la noble prouve que nous sommes les rois de la terre. 1&gt; Maís un
Et triomphante, sa victime aux dents, la renarde resi
·bon
etre
ne
peut
toujours
admirer
seul
la
cave
de
ses
mere Catherine Lefev\e, l'oocle Jacob et l'excellent ami
vie11t
en courant au terrier.
Fritz, il ne peut etre question que d'honoeur, de loyauté, aocl\tres et philosophersur la puissance de ses mAchoires.
Le
succulent
repas que va fai~l:a /amille !
d'amour, et des véritables joies dela vie. La vive expres- A la grande stupéfaction de ses ámis de la taverne, il
Grande
chere
et liesse chez les ren'ards, deuil et dé
sioo du sentiment humain a fait d'Erckm:mn-Chatrian entonne des ditbyrlmbes en faveur de l'amour. 11 danse sespoir chez les perdrix. Ainsi va le monde!
le nom le plus brillant et déja le plus populaire qu'ait le Treieleins avec la filie de son fermier et s'évaoouit
X. FEYRNET.
produit la liltérature d'imagination durant ces dernieres lorsqu'il apprend le futur mariage de Suzel avec un
anabaptiste.
aonées.
Une figure excellente est encore ce bohémien Josef
Le Docteur Mathéus, les Contes fa11tastiques, etc., révéleIALOft DI Uf!.
rent tout d'abord un tourd'esprit original, une veine large Almani que Fritz a dérobé aux rigueurs de ta' police :
et facile, pareille a une eau qui court entre des rives « Grand, maigre, jaune, déguenillé comme toujours, le
(4• article.)
accidentées, tour a tour ruisseau, torrent et belle riúere menton allongé sur le violon avec sentiment, l'archet
frémissant
sur
les
cordes
avec
amour,
les
paupieres
baisau sein des prairies. ll se dégageait de ces histoires, plus•
Les tableaux de genre sont, pour l'art, ce que les rocaractérisée~ par l'allure que par le sujet, une boone sées, ses grands cheveux noirs laineux recouverts du mlns et les nouvelles sont pour la littérature; c'est danR
odeur de terroir, un parfum montagoard. Erckmann- large feutre en toques, retombantsur ses épaules comme, ces den,'C modes que se produisent, de nos jours, les
Chatrian ne vit pas daos le pays classique ou murissent la toison d'un mérinos, et ses narines aplaties sur sa reuvres les plus nombreuses et les plus v¡a.riées. D'année
les orangers, daos les plaines aux grandes ligne~, au grosse levre bleuatre retroussée. » C'est un tableau tout en anoée, nos expositions voieot se multiplier les peinmilieu d'on horizon noble, majestueux, mais monotone !ait. Que de choses sensées, que d'observations sérieuses, tures de genre dans une progression toujours croissante,
et ennuyeux. 11 vit en pleine réalité, daos une région dans ce livre entrainant ! Le voyage du percepteur Haan et s'il était pos!rible de ressusciter, a cóté d'une exµosiassez voisine, mais inconnue, la ou le costume et les et son discours aux paysans qui ornent l'idole de saint sition actuelle, un Salon d'il y a une trentaine d'années,
m~urs ont jusqu'a présent échappé au niveau de la ba- Maclof au lieu de pay~r l'impót, est un pur chef- le traille plus marqué de leur différence serail, sao~
nalité, e,ntre les Vosges et les forets uu Hartz. ll y a la d'reuvre.
contredit, la pénurie de ces sortes d'ouvrages, a cette
Erckmann-Chatrian, c'est Meissonier avec sa précision
d'anciennes synagogues abandonnées ou nichent les orépoque, opposée a leur extreme abondance aujourd'bui.
fraies, des etres antédiluviens tels que baillis de Schmet- et sa llrgeur, mais avec plus de rondeur et de mouve- Nos artistes ont acquis, daos celte voie féconde, une
tenbourg, bourgmestres, voire meme Lathoire Kirchen- ment. Pour tui, la beauté est un peo jouffiue; le bon- souplesse de talent, une facilité de pinceau et des quabaum, forestier du chatean; il y a la des 'Grédelé, des heur ne va pas sans trois gros plis circulaires autour des lités pittoresques to1Jt a fait inconnues aux peintres de
Katel, des Orchel, et la gentille Suzel «en train de battre joues rebondies; la joie est une kermesse. Fi de la ligne l'école de David et a ceux qui les ont suivis. Par suite de
le beurre daos la cuisine, le tablier blanc a L,avette pure et de la composition méthodique; ici, tous les en- l'intéret plus vif qu'a pris la peinture de genre et de sa
serré a la taille, agrafé sur la nuque, et remontant du fants et beaucoup de jeunes filies ont la tigna.~e ébouri- prédominance, les limites qui la circonscrivaient se sont
has de sa petite jope de laine bleue a son joli rnenton fée ! La correctioo du laogage souffre quelquefois un effacées; au lieu d'etre reléguée, comme autrefois, daos
rose. Des centaines de petites taches blanches moucbe- peo de ces procédés familiers, mais non la conceptioo une condition infNlieure par rapport a la grande peintaient ses bras dodus et ses joues; il y en avait jusque d'eosemble. 11 n'est guere de livre mieux fait, en somme, ture de style, il s'est opéré une sorte de fusion entre
daos ses cheveux, tant elle mettait d'ardeur a son ou- que M•,. Thére.e et \'Ami Pritz.. 11 y a la unité parfaite et elles, telle que la dénomination de GENRE, qui avait une
vrage .... , appétissaote comme une assiette de fromage a intéret toujours croissant.
signification précise autrefois, n'en ·a plus aujourd'hui;
Commeot croire que ce nom d'Erckmann-Chatrian est
la creme!» Les taveroe~ regorgent de cbopes a facettes.
il en est de méme dn terme de peinture d'histoire. Ce
On y sent le vin du Rhin, la saucisse, l'andouille dans une raison sociale, et qu'un écrivain partout si sembla- ~ont des expressions consacréec; par l'usage, dont oo
son jus et le jambon de Mayence. 11 y a la foule pour ble a lui-meme est double, comme Castor et Pollnx, cootinue par cela meme a se servir, mais qui sont deveYOir le Petit-Vigneron abattre le Grand-Charbouoier Oreste et Pylade, Pythia~ et Darnon? C'est pourtant la nues tres-éla~tiques; ce qui justifle le pele-mele des ou(deux coqs d'élite), et a certain Combat a'ours et de chiens, pure vérité, et les deux amis (r.ar l'amitié la plus pro- vrages que nous allons µasser ici en revue.
je crois que les planchers ont croulé sous les specta-. fonde de deux ames peut seule expliquer cette collaboraNe pourrait-on pas citer comme un des nombretll
teurs. Sur tout cela joue le soleil, entrechoquant les tion invisible) déclarent qu'une fois le livre achevé, ni ~ymptóme1- de l'envahissement de la peioture de genre,
ombres et les lumieres daos les recoins de la ville angu- \'un ni l'autré ne pourrait distioguer ce qui tui appar- \'exemple de M. GtRoiu:, qui y a laissé absorber un taleuse, les mariant dans le jour pur des campagnes pit- tient daos \'reuvre commune. Un crear en deux person- lent élevé et qui semblait• de~tiné a des reunes de baut
toresques. Heureux Erckmaon-Cbatrian, de pouvoir reo - nes, voila Erckmann-Chatriao.
Si le but de \'art est d'exprimer et de donner la vie, style? 11 y porte une science et une précision de dessin
contrer encore de vraies paysannes poétiques et qui
dPS plus remarquables. Cette année, il a peint la dause
chantent, en enfants de la vieille Allemagne, le vieux ces inséparables l'ont atteint pleinement. Tout s'anime voluptueuse d'une AlmPe, debout, se cambraot, se tor~011s leur main, et leurs créations restent daos la mélied :
moire. « Je vois encore l'oncle Jacob, élancé, le front dant, et juste a11SSi peu vetue et au~i nue qu'il le faut
'
Quand je pense a ma bien aimée!
haut, surmonté de sa chevelure blonde, dessinant ses pour exciter les brutales convoitises de quelques bachibouzouchs au costume pittoresque, assis daos une vaste
Ab ! salut au pays de la frauchise et de lajoie, a la terre larges tempes avec grace; le nez légerement aquilin, les ~alle qui semble leur servir de corps-de-garde. Les types
pai~ible qui sait de ses entrailles !aire jaillir ses défen- yeux bleus, le menton arrondi, les levres tendres et des physionomies sont saisis avec une vérité qui atteste
seurs ! En vain Yégof, le sinistre fou, le traitre(et voyez bonnes. » Comment oublier la belle figure longue de !'esprit d'observation de l'artiste. Les moindres détail~
quelle heureuse idée d'avoir joint la folie a la trahison !) Thérese, les jeux du bon petit Fritzel, tous les cr.efs de sont étudiés et rendas avec un soin extreme. 11 est imguide par les sentiers des montagnes les borde~ cosaques; paysans enrólés pn; Hullin et décrits comme des héros possible de pousser plus loin le fini de l'exécution ; mais
il suffira d'un ancien ~oldat et de deux femmes coura- d'Homere et de Virgile, et le sage horloger Goulden, dis- cette exécution trop égale communique a toutes choses,
geu~es pour organiser la défense et pour écraser l'enva- sertant sur la responsab1lité terrible du général qui ar• carnation, vetements, murailles, le poli et ~ luisant de
rache aux meres&lt;&lt; le crear et les en trailles?» Les auteurs
hisseur, sous les rochers des défilés.
vivront
longtemps en moi, grace a leurs héros, et leur l'iYoire. M. Gérome gagnerait amoins finir ses ouvrage,,
Erckmann-Ch-atrian n'est point un phi\osophe austere,
et a consentir a la nécessité des sacrifices, qui est aussi
mais ses reuvres n'en renfermcnt pas moins, d'ordinaire, nom n'est pas du genre éphémere.
une partie de l'art, puisqu'elle serta établir les valeu~
une le~on élevée. Le Fou Yégof enseignc le patriotisme;
relatives des objets sonmis aux regards. - Les peintres
Maaame TMrése chante l'enthousiasme de la liberté; le
de l'Orient continuent a nous donner leurs sinceres imConscrit de t8t3 pleure les guerres injustes. Quant a
pressions de voyages. M. 8ELLY, moins poétiquement
RENARDS E'!' PERDRIX.
\'Ami Pritz, la meilleure part tui est échue : ce gros
inspiré cctte année qu'a. J'exposition de 11163, ou son
bonrgeois, ce buveur émérite, grand próneur.du célibat,
tablean de~ Pemmes felfohs puisont dt l'eau dan~ le Nil a
Nous recommandons al'attention de nos lecteurs la
est convertí au dévouement et a l'amour par une petite
laissé de si heoreux souYenirs, a pris, sous le titre de
filie des champs qui excelle a. frire des beignelc;, a con- gravure a l'eau-forte de M. Bodmer que nous publions Pantasiah (Égypte), un sujet semblable a celui traité par
fectionner les noudels et les lm(l)pfels. Son exemple engage dans notre numéro d'aujourd'hui. L'artiste, a qui nous M. Gérome. Daos un autre tablean il a groupé avec un
a l'imiter. Que! bon creur ! quelle figure épanouie ! devons tant de dessins empreints d'une vérité si saisis- aspect d'une vérité saisissante des Pellahs hdlant une
Comme il aime, malgré son semblant d'égoisme, ses sante et d'un charme poétique si vif, n'a jamais mieux dahbiek, ou grande barque sur le Nil. Lei; figures des
camarades de chaque jour, le grand Schoulz et le ~ros montré, il nous semble, toute la souplesse, toute la hommes presque entierement nus qui la remorquent,
Haan, le vieux reble David et sa servan te Katel ! Au grace et toute la vigueur de son talent, en meme temps présentent de bonnl's études, largement peintes. Le ciel,
commencement, Fritz Kobus se formnlait ainsi la théorir. qu'il n'ajamais pins he¡¡reusement mis en scene un su- d'un bleu intense, offre tette coloration mate et éteinte
du parfait bonheur : &lt;&lt; Tu fumeras des pipes, tu videras jet emprunté a ce rlrame permanent de la vie des ani- qui déroute un peu nos impressions naturelles, mais que
des chopes, et tu seras l'homme le plus heureux du maux dont il a si souvent reproduit les épisodes.
Les petits reoards sont daos leur terrier, altendant les peintres de l'Orient reproduisent trop sc:uYent ¡;our
monde; tache d'avoir la tete froide, le ventre libre et les
qu'elle ne soit pas justifiée par la réalité. -M. 8ERCBtRZ,
pierls cbauds, c'est le précepte de la sagesse, et surtout avec impatience leur repas. Leur mere est allée en cbas.~e, dont Je talent progresse chaque année, et a qui une mé•
évite ces trois choses : de devenir trop gras, de prendre. car les dents sont venues a ses chers renardeaux; elle, daille a été déceroée, a exposé déux tableatll qui ont
des actions industrielles et de te marier. 1&gt; Ou bien il les a senés, et c'est une proie vivlnte et sa1gnante qu'il été également remarqués: le Crépwcule (Nubie infé ·
raisonnait ainsi philosophiquement : « Oui, voila com- leur faut dérnrmais.
Dans uneluzerne, une diiaine de perdrix déjeunaient: rieure), avec ses teintes qui colorent l'horizon, ses tro~
ment tout marche dans ce has-monde ! Les insectes dépea\ll accroupis, la petite colonne de fumée qui s'éle,e
vorent let plantes, le.~ oiseaux dé..-orent les insectes et elles étaieut saos défiance, ignorantes encore des dan-

L'ILLlJSTRATfON, JOURNAL TJNIVERSEL.
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droite a traYel'!I un ciel clair et serein, est une scene de
calme solennel a laquelle les sphinx gigantesques, immobiles sur leurs bases depuis des milliers d'années, ajoutent la majesté religieuse des souvenirs. Aprés le Simoun
est une scene d'un caractcre tóut a fait opposé, inspiré
a l'artiste pcndant son voyage au Sinai. Le redoutable
métécre a laissé des traces mortelles de son passage a
travers ce désert de sable; un voya geur y est a moitié
enseveli, et des vautours au vol sinistre s'abattent sur le
chameau qui le portait, tandis que des chacals apparaissant au loin, ~•appretent a venirprendre leur part de ces
rares épaves. - M. FRoMENTIN a peint un Coup de vent
aans les plaines &lt;fAlfa (Sabara); cinq Arlbes, surpris par
la tourmeute, ~e serrent les uns contre les autres pour
résister a la -riolence du ..-ent qui s'engoulTre daos leurs
l'Arabe en cho&amp;e. Cet artiste, dorrt nous avons applaudi
burnous; cette composition est d'un jet hardi, d'un ton
vigoureux, mais d'une exécution un peu lach·ée daos certaines parties. - 11 faut aussi compter, au nombre des
peintres de l'Orient, M. ScHREYER, pour son tableau de
les débuts a l'Exposition de t863, et qui a obten u cette
année une médaille, juste récornpense de son talPot, a
peint avec une vérité saisissante et avec une grande largeur de pinceau des Cheooux de cosaque8 irréguliers par
un temps de nlltge; ils se serrent l'un contrc l'autre a la
porte d'une cabane, ou leurs maitres s'abritent contre la
violence do vent dont les rafales balaient la neige; oo
se sent pris de pitié a la ,11e de ces pauvres animaux délaissés, chétifs, patients de la douleur, un des types de
la misere chevaline ici-bas, les plus éloigoés du cheval
du Parthénon. - M. MAGY semble s'etre attaché exclusivement, en Algérie, A étudier la ..-ie pastoral e et agricole.
11 a exposé un Convoi de moissonneurs dans un défilé de
l'Atlas et le Chei'f'ier de Ben-Acknoun. - M. Eugene Gi11Auo, loin de peindre les scenes orientales daos ce ton
décoloré adopté aujourd'hui par les peinlres les plus renommés du genre, les illumine de chaude couleur et de
plein soleil. Une Procession de la Circoncision au Caire
est une grande toile d'une exécution facile et ferme
mais a laquelle manque l'accent vrai qui s'impose. o~
le retrouve, au contraire, dans la bonne étude dujeunc
Pellah aux pige~ns.
Unernesu en mer (t793), de M. DUVEAu, est un sujet
dramatique et une composition pittoresque. Pendant la
Terreur, les églises étant fermées, les pecheurs des cotes
de Bretagne se réuoissaient en roer pour assister au service divin, officié par un pretre sur un autel improvisé
daos une barque; quelques-uns sont aux aauel~ de
'
D
'
peur d etre sorpris par les bleus. La scene est hahilemcnt disposée et bien étodiée; mais ce tablean remarquable ne fait pas l'irnpression qu'il devrait faire, a
cause du ton froid, éteint et inharmonieux de son coloris.- La quéte au loup; souvenir a'.Espagne, deM. BruoN,
:,t une boone peinture, doot la fermeté contraste avec
la mollesse et la couleur assourdie de la petite toile ou
l'artiste a peint l'arche de Noé, a la fin du déluge. - Lt
Bravo recevant sa récompense, de M. BECKER, de Berlín,
est largement pemt et ne manque pas de caractere. i-ne jeune Bohémienne chassant un papillon, par M. HoRNEYANN, de l'école de Munich, tableau placé trop haut a
l'rxpo~ition, est une peinture réaliste dans la bon ne ac..
ceplion du mot, et d'une bonne couleur. Cette figure
méritaitd'ctre plus remarquée. - M. Lm,urms a mis un
charme naif daos son tableau .: les Deux Gardien.~ et
répandu sur celui de la Récolte de varech la sombre t;istesse a travers laquelle M. Millet entrevoit souvent les
rudes travailleurs de la vie de3 champs. - Puisque
nous venons de nommer M. MILLET, nous dirons tout de
suite qu'il y a une grande unité de ton et une couleur
barmonieuse daos son tableau d'une Bergére avec son
tro11pe,1u. Cette unité se retrouve encore a un certain
degré daos les Paysansrapportanta leur habitation un tieau
n, dat1s les champs, mais si le ton estjuste, l'exécution et
le rendu sont par trop insuffisants. - L'interprete de la
paysannerie le plus gouté du public esUf. BRETON (JulesAdolphe). On a remarqué sa Gardeuse de dindons excellente étude et figure vraie. Son tablean des v:ndanges
aChdttau-Lagrange (Médoc) est une composition ou le
paysage a a peu pres autant d'importance que les
figures qui l'animent; celles-ci n'ont point toutes le caractere que l'ariiste sait d'oruinaire leur imprimer. JI v
a des intentions tres-marquées de soleil, mais d'un soleil
pile et attristé d'automne. Le vrai soleil est, depuis
Claude Lorrain, chose tres-rare daos notre école peu
col6riste,I
L'éco1e de Dusseldort était représentée a l'Exposition

par un certain nombM d'artistes. Si M. KNAus, qui a si coiffes blanches des íemmes est d'un effet singulier et
vite conqnis la faveur du public parisien, faisait défaut, déplaisant. - Les Lutteul's en bilsse Dretagne, peinture
il était remplacé par M. LAsCH, qui semble un imit~teur facile, mais d'une exécution monotone, par M. AooLPHE
de sa mani~re. A premiere vue, on aurait pris sop ta- LELEUX, - M. ARMANO LELF.ux a mis en scene avec natublean du Retour a',me kermesse en Souabe pour un ou- rel des Abbé.~ italiens jouant aux echecs. - L'Espagne a
vrage de M. Knaus. Meme aspect, memes costumes, aussi ses adbéfents : M. WoRMS a peint un Cabaret aans
meme couleur, meme entente de la composition, mais les Asturies et une Cuisine a Valence. - Le Marchand dt
moins de comique et de recherche spirituelle dans les fruits a Si!vi/le, par M. AcmLLE Zo, a un aspect original
physionomies. - On retrouve un peu de cette mim1que, et une éclatante couleur. - M. FFRRANOIZ, un Espagnol
avec toute la vulgarité qui appartient au sujet, daos le pur sang, a exposé une composition importante, les syntablean de M. UNKER, la Garde-robe du Cirque. - Notre dics du Tribunal des Eattx de Valence, en 1800, jugeant
célebre peintre de sujetsmilitaires,M. 8ELLANGt, a voulu, les délits et réglant les contestatious. 11 y a de l'énergie
101 aussi, prendre rang parmi les peiotres de Dusseldorf et du naturel dans ces figures d'uo caractere typique
pour traiter des sujets allemands. ll y a &lt;le la vérité et de tres-prononcé. Tout le monde la est bien occupé de
l'entrain daos ses Paysans badois allant passer le diman- ses affaires et ne pose pas pour le spectateur, défaut si
che a la ville. JI á eu tort seulement de placer daos 011 fréquent mcme daos les meilleurs ouvrages.
Apres la spécialité des natiooalités, on pourraít classer
coin un touriste anglais et sa femme, qui lorgoe ces
les
tahleaux suivant les spécialités de certains caracjoyeux pay!,3nS. Ces touristes, britanniques ou áutres,
teres,
de certaines professions : les abbés, les maitres
gatent la scene.
d'école,
les ouvrieres en liuge, les honnes d'enfant, les
Pour remonter a des ouvrages d'un caractere plus
lorettes,
les c11isinierr,, etc. - ll. fusor, qu'oo prendrait
élevé, nous ramcnerons notre attention sur le petit tapour
un
éleve
de M. Bonvin, taot il affectionne le noir
blean ou M. CoMTE a représenté Eléonore d'Este, veuve de
semble
se
rilserver
le type de la laideur. Rien de plus'
Praneois de Lorraine, duc de Guise, faisant jurera son
fils, Henry de Guise, S11rnomméplus tard leBrilafré, de ,¡enger laid, de plus sale, de plus commun que les pet1tes filie~,
son pere, as.~assiné dcv1mt Orléans le 24 fé1•rier i563. Mal- a faces rougeaudes, du tablean intitulé le Cha11t du cangré un peu de molles~e daos les tetes et uo mouvement tique (un joli oom pour une laide chose !). Les Rétapeu gracieux dans les jambe~ du jeuoe duc de Guise, meurs oot aussi des mains et des figures noires; mais,
cette scene bien con~ue intéresse pal' sa gravité et par out re les oéce~sités de leur profession, ils sont envelople ~ractere arcbaique de l'ameublement, traité avec pés d'une couleur noire si odieuse, qu'il fant bien, ne ·
fut-ce que pour l'harmonie, qu'ils y participent dans
habileté.
Les peintres italiens envoient rarement a nos exposi- une certaine mesure. Si cette peinture était décidément
tioos desreuvres de valeur. Cette année, on a beaucoup mauvaise, nous n'en parlerions point; mais loin de la, il
remarqué deux petites toiles spirituellement touchées y a daos les ouvrages de M. Ribot des qualités de moet d'un vif aspect, par un Romain, M. VA,~LL1, pa- delé et de fermeté d'exécution tr/ls-remarquab\:)s, et
raissant pour la premiere fois a une Exposition pari• nous ne lui reprochons seulement que de chercher a
sienne, et a qui a été décerné une médaille ; !'une est plaisir la laideur, et d'attri~ter volontairement sa peinintitulee : Com:er•ation au jardín; l'.autre : Une intrigue ture par l'abus de la couleur noire, si l'on peut donner
sous le portique du Palais Ducal aVenise; un grand nom- le nom de couleur a ce qui en est la négatiori.
Pour ne point terminer cet article sur ce triste sujet
bre de personnages, des bourgeois, des nobles, &lt;les
pasrons
a des sujets gracieu.x, et meme ultra-gracieu;
courtisanes, s'y pressent, vetus du costume élégant et
(dussent-ils
souffrir un peu du contraste). - M. HuGuES
pittoresque du commencement du seizieme siecle. Deux
~fERLF.
a
exposé,
sous le titre de Primavera, une jolie
femmes, le visage couvert d'un masque, y sont l'objet
scene
de
jeunesse
et d'amour, daos un mode amolli qui
d'noe attention particuliere de la part des galants; a
contraste
avec
la
dureté d'exécution de sa grande toile
qnelqur. distance, un membre du conseil des Dix, ou
de
l'assassinat
de
Henri m, de l'exposition de 1863. peut-etre un des inquisiteurs d'État, observe attentiveLe
Nid
a'Hirondelles,
par M. CoM1'TE-CAt1x, est une de
ment sous son masque tout ce qui se passe. Tout ce
petit monde e8t tres-bien agencé, et le type des tetes ces compositions élégaotes et fausses, dont la gentillesse
italiennes est saisi avcc vérité. - M. H.01MAN a moin~ a dé~a obtenu les bonneurs de la gravure; les Amies de
cherché l'aspect vrai que le cóté poétique daos le tableau pension est un drame bourgeois sentimental, a qui ne
du Doge, monté sur le Bucentaure, jetnnt son anneau dans manquent ni l'attrait ni la.fadeur du genre. - M. WILl'Adriatique. - Deux tableautins de M. BARON, Tir a LEYS continue a exécuter avec une grande perfection de
l'arc im Toscane, et une Marchande de pantins, sont des fini, mais en meme temps avec une grande froideur des
du
peíntures gaies, lumineuses, spirituelles, qui, a force de tableaux d'intérieur daos le style du seizieme
dix-septieme
siecle;
les
données
varient
un
peu
mais
gentillesse et d'élégance, se font pardooner leur coquetterie et leur caractere tout conventionnel. Le peiotre a les personnages et les costumes restent a peu p~es les
empruoté la disposition de sa scene de~ tireurs a l'arc memes. Le peintre affecbonne surlout uD'e blonde jeune
a une décoration du jardin de Boboli, a Florence; cir•• filie et un beau cavalier a chevelure noire. avec lesquels
constauce qui prouve que tout daos ses tableaux n'est il nous a déja fait faire connaissaoce depuis longtemps.
Nous a~ons assisté a la premiere visite, a la demande
pas exclusivement donné a la fantaisie.
Deux ou trois :Moliere dtnant a la table de Louis XIV en mar1age, a une course en ville chez un marchand
avaient plus qu'émoussé l'intéret du publica l'Exposition d'étoffes, etc. Aujourd'hui, nous les retrouvons au modP i863. Le merne sujet, traité cette ann~e par M. VrnEil, ment de leur sortie, puis allant visiter l'aooouchée. Nous
a trouvé l'attention d'autant plus distraite, que la bonne leur souhaitons le bonjour jusqu'a l'année prochaine.
11 est encore un certain nombre de tableaux de gPnre
dispositioo de ~a composition ne compensait pas la froidont
nous sommes obligés de renvoyer !'examen a un
deur de l'exécution. Les masques des personnages y
prochain
article, qui sera consacré au PAYSAGE.
sonttout a fait inexpressifs. - Ce public, si facile a surA.-J. Ou PAYS.
prPndre, si difflcile a retenir, se lasse si vite! L'année
dcrniere, il avait été surpris de la nouveauté d'aspect
des scene1- russes de M. SWERTC11Kow, de ces sombres foL'INSURRECTION DE TUNIS.
rel~ de sapios, traversées par des chasseurs a \'ours, et
Ce qui se passe actuellement a Tunis est digne en
offrant le contraste de la neige couvrant le sol et des
teintes empourprées du soleil couchant. Cette année, c·é- tous pomts de fixer l'attention; et l'on co:nprend sans
taieut les memes scenes et la meme habiletl!; mais ce peine le hruit qui s'est fait autour de cette insurrection
n'était déja plus la meme atteotion. - Les sujet~ alsa- ainsi que les susceptibilités qu'elle a fait naitre au sei~
.gouvernements frari~ais et 1talien. 1J ne s'agit pas
ciens conservent encore de l'attrait. M. MARC.HAL, qui y
reste fidele, avait envoyé un tableauqui a eu du soeces: 1c1 s~mplement d'une révolte comme il s'en produit tous
la Poire aux servantes a Bouxvi/ler. De lourds et épais les Jours; le soulevement des tribus arabes et kabyles
bourgeois offrent leur prix et font leur choix entre ces contre l'autorité des beys a des causes trop extraordiservantes alignées sur une place publique. M. Marcha! naircs pour qu'on ne s'y arrete point. Un gouvernement
s'est trop également appliqué a faire celles-ci toutes jeu- plu~ lihéral que la nation, ou une nation éprise de desnes et jolies; mais c'est un petit mensonge qu'on est pot1sme, est chose rare. Tel est cependant l'état du goutres-disposé a excuser. -Quelques peintres se consacrent vernement et du peu~le ~unisien: celui-ci voulant, par
encore aux sujets bretons. Nous citerons la Recolte du tous les moyens dont JI d1spose, faire monter le second
goemon (Pinistere), par M. Víctor Du11As ; une Noce a au ran~ des nations les plus civilisées de l'Europe; l'autre
Pontaven, par M. OTTo-WEBER; paysage d'un ton solide se reb1ffant contre ce louable désir en exigeant le mainet bien éclairé; nombreuses figures; le ton ble u des tien des plus vieilles et des plus absurdes traditions.

e¡

?~s

�L'ILL USTRAT IO N, JO URN.\L UNIVERSEL.

29

L' lLL USTRATION, JO URNA L UN lVERSEL.
r;.

RI (;E"ICll DE TUNIS : lliB DB LA VILLE OB BIZEIITE,

Personnc n'ignore la
situation géoguphiqul!
de la régence de Tunis;
on connait également
ce qu'elle produit, et
que! role intéressant
elle remplit sur Je petit
coin qu'elle occupe en
Afrique. Ce rule, elle le
doit tout entier a la dy~
nastie actuclle de ses
beys, qui, depuis· le
commenccinent de ce
siccle, n·011t pas manqu~
une occasion de rapprocher leurs peuples
des grandes nations européennes. Ils commencerent par I abolir
J'esclavage &lt;les cbrétiens et firent fermer
les marchés de noirs;
la liberté des cultes vint
ensuite; mesures hardies, si J'on considere
le fanatisme religieux
pes populations musulmanes du nord de
l'Afrique et Jeur haine
pour les chré'tiens. Ces
principes établis par des
lois, les beys appelerent
pres d'eux tous les Européens instruil'I qui
voulurent bien s'associer a leur noble entreprise : ingénieurs,
officiers, savants, lettrés. Sous la direction de
ces dernier~, qui étaient
presque tous Fran~ais,
la géographie du pays
ful connue, &lt;les routes
s'ouvrirent, des puits artésiens furent creusés,
des phares élevés ; les
restrictions douanieres
disparurent, enfin une
constitution d'un libéralisme plus avancé que
ce qu'on avait vu de
semblable jusqu'alors
daos toute l'Afrique, ful
proclamée dans la régencc.
Les libertés qu'étahlissait cette constitution, qui est dse a Sidy-~lohamed, n'étaient
que les prémisses de ce
que · &lt;lcvait · accorder

-=

ARRIYAE DfS EAUX A CANNES: CIÍREMO;'ilR Ll'INAl'.GUR.lTJON. -

D'apres un croquii de 11, Lieto,

VIIS GÉ:SF.RALE llE ~REJUS ET llFS Jl•~TF.S DE L'AQUEDUC ROllAIN.

son successeur, S. A,¡
Sicly-Mohamed- el - Sa
dal... Mal neureusemen
tous les p !up1es ne so~
pas aptes a ~e sen-ir ti•
cet instrument pui~sa111
et dangereux que l'oa:
nomme la liberté Jet¡
Arahes moins que 'to..¡
les autres; ans5i 11,'i,
voyonE-nous se soulen,¡
anjourd'hui contrc des
institnlions que beacconp béniraient.
11 Ferait injuste d,
orétendi;.e cepenrlan1 •
que la levée de honcliers iles Tuoi~iens ait
pour motif uniq•1e Jcur
horreu'r des idécs européennes. Les dépen.
ses auxquelles entr~inent généralement les
réformes ont en~agé le
bey a surélever les impots; la capitation, rntre autres, qui n'était
que de 36 piastres par
an (50 francs enviroo),
a été portée au donble.
C'est trop, et l'on con~oit que le penple se
soit serví de ce prétexte
pour renverser un goc•
vernement dont il n'aime point !'esprit; au~
est-ce sur le ~hasnadar,
ou ministre des flnances, que se dirige sa
colere.
Quant au déploiement de forces navales
auquel la France, l'llalie, la Turquie et l'An•
gleterre font assister en
ce moment les habitants
de Tunis, il a son¡ ex•
plication daos les inté•
rcts assez divers que res
quatre nations entrctiennent daos la ré.
gcnce.
Bien que la Tunisie
n'ait relevé de la Porte
que pendant une période assez coarte, la Turquie n'en conserve pas
moins l'espoir d'y réta•
blir sa moroe autorilé;
ce dont serait trcs-:úu
'Angletcrre; qui, a·SQII

·t la Tunisie sous son protectorat,
tour, mettra 1

et uous enleverait du mcme coup une des
rrrosses parts de l'intluence que nous
15
~x~r~ins dans la Mé_iliterr_anée depuis que nous
y avons détruit la p1rater1e.
.
C'est pour lutter contre ces m,al_ve1llan~ desscins que nolre escadre de la Med1terranee stationne en ce moment dans ~es eaux de 1~
Goulette. La mcme nécessite uous y ava1t
amcnés déja bien souYent. En1-18~8, AhmedBey rérrnant une expédiliou parllt de Consta11tioo;le so~s les ordres &lt;le Ta~ir-P~cba, et
se présenta devaot Tnnis pour y retabltr laldolllination turque. Les amiraux Gallo!s et Lalan~e
ne le permirent pas. Le meme fait se representa en t8~t, et toujours derriere la tlotte turque se trouva \'escadre angkise.
, .
Cette fois ce n'est pas seulemeut la martne
'
.
de la Grande-Bretagoe
qui appuie l«:,s tentat1ves
iosensées de la Turquie, c'est
&lt;liplomatie,
représentée par M. Wood, le , meme. con.sal
que nous avons cu it. comba:tre en Syr1e: Cest
tui qui a répandu dans la regence le brUJl ahsurde que la France avait l'intention de s'en empuer.On sait que nol!·e consul général s'est halé
de démenlir cette calomnie. &lt;1 Mais en meme
temps, ajoute M. de Beauval daos la cir~ulaire
qu'il a adressée ace sujet aux agents places sous
ses ordres, je vous engage adéctarer hautem.e~t
que les exigences de notrll position en AlgerJc
ne nous permcttraientjamais de fermer les ye~x
s'il se manifestait, de la part de qui que ce fut,
quelque tendance a modifier en Tunisie un état
&lt;le choses consacré par le terops, par l'assentiment général et par celui du Diyan en particulier. » De son cuté, en voyanl arriver la division
turque, ayant a!io~&lt;lHai&lt;ler-Elfendi, commissairc

·:

..

---

.~ª

de ta Porte, l'amiral fran~ais, M. le comte Booét•Willaumez, l'a prévenu que toute ihtervention
matérielle serait mal accueillie, et que. le gouYerneur de l'Algérie avait rc~u l'ordre d'envoyer
ses contingents disponibles dans la province de
Constantine, qui, on le sait, avoisine la régence.
Pendant ce temps, l'insurrection augmcnte.
A Gabcs, il. Djerhi, a Sfax, aMonestyr, il. Soussah, a Neble, partout les autorités sont en fuite
ou enfermécs daos les forts; le bey lui-mcme
n'est plus en sureté daos son palais. Les chrétiens et les représentants de t'rance et d'Italie
ne sont pas davantage a l'abri &lt;le la populace,
et ils ont du chercher un refoge a bord de l'e!cadre franco-italienne, taodis que les vice-consuls anglais occupent paisiblement leurs postes.
ll y a évidemment connivence entre ces éhargés
d'affaires et les rebelles, qui d'ailleurs ne dissimulent point la main qui les mene, en' réclamant hautement la suzeraineté de la Porte el la
protection de la Grande-Bretagne.
Mais si l'Angleterre et la Turquie se sont alliées pour le succes de cette intrigue, le consul
et l'amiral fran~ais ont trouvé pres de ·leurs
coile"UCS
italiens tout le concours propre a
la
0
• •
déjouer. L'ltalie ne saurait voir, on le con~o1t,
t'intluence anglaise dominer si pres d'ello ;
aussi ne cache-t-elle pas la part qu'elle prendrait daos nos intéréts, qui sont les sicns, si
par malheur ·un conllit se produisait entre les
diverses puissances qui surveillent en ce moment l'insurrection tunisienne.
L.

LA. PORTE OORlE, A. FRKJI S,

LA :iAPOULE H L1! GOLt'f. o•;l:ANN•.s.

fü::SARD.

La 1ille de Bue,te, doot nou1 donnou ici la 1ue, fl
íorlifiée· die est 1ituée a quin1e 1i,ue1 N.-"1.-0. de Tuni1
entre u¿ lac ti le g~lle de ce nom, qu, a quatre lituPI de

�30

large. L~ port 11e peut recevoir que des na•irea d'un raíble tonnage, La
ville coutieul eoviron 8,000 bab1tants. l!lle eat. uec Gabés, Ka,rouao et
Rl ,K.d, une des quatre ~laces importantes occupéea par les troup,'1
inaurgée,. L'armée tunisienoe M! compose de troupe• irrégnlieres et de
troupea réguliérea. Le nombre de cea derniert1 esl de 1!,000 bommes ¡
e nombre dea premieru eat plus cou,idérable. Ces troupes n'onl pas
ét~ payéea depuis longtemp1; c'est pour ce moti( qu'ell.. ool pri1 part
a l'¡nsurrectioo.

C'est le désir de paraitre, de triompher en plein so- de statues, parmi lesquelles une belle tete de Jupiter.
leil, qui enfante toutes ces extravagantes toilettes: roParmi les édifices postérieurs ala domination romaine
.
bes relevées par des agrafes e~ laissant voir une jupe il faut citer l'ég)ise Saint-Etienne,
du douzieme siecle,'
écarlate, corsages écarlatcs; baudriers avec clous d'a- classée parmi les monuments historiques.
cier; plumes tombant sur les épaules. Ainsi acco11trées et
Les environs de FréJUS sont charmants, soit qu'on se
posant fierement, les femmes apparaissent comme des diri~e vers l'Estérel, soit qu'on se promene sur les bords
actrices écbappécs de la se/me daos le costume de leur de l'Argens ou qu'on aille -yers la plage de Saint-Ra~
role. Les casinos des villes de bains, Trouville comme phael.
Dieppe, Vicby 1comme Nice, présentent l'aspect d'un
C'esl ASaint-Raphael que Bonaparte débarqua a son
PROMENADE AU JARDIN DU MIDJ.
grand carnaval - la deseente de la Courtille dt- la société retour d'Égypte, en i799; c'est la aussi qu'il s·embarqua
européenne.
pour l'ile d'Elbe, en t8!4. Sur ce rivage méditerranéen,
l.
Ceci dit en forme d'avant-propos, parcourons cejar~ on retrouve partout la trace des pas de Napoléon. De
din proven~al, ou les valétudinaires qe toutes les nations Saipt-Raphael a Cannes, le chemin de fer longe le bord
Les chemins de fer, en multipliant les voies de comviennent pendant l'biver s'abattre par volées.
de la roer, et offre a cbaque instant un aimable panornunication, ont fait dans les mceurs une révolution comMe voici done a Fréjus, a deux pas de ce gigantesque rama. Oo voit passer comme un éblouissement, a traplete. La locomotion est devenue le besoio le plus impéanneau détacbé de la cbaine des Basses-Alpes, et qu'on vers les pins et les arbousiers, cette grande nappe
rieux de cette France, naguP-re citée comme la plus canomme l'Estérel. Cet Estérel était, il y a quelques an- bleue inondée' de rayons et tachetée de voiles blanches.
saniere des nations. Tout le monde est par monts et par
nées avant l'établissement du chemin de fer, un des Bientot on aper~oit les deux tours carrées du vieux chavallées, sacrifiant les lares du foyer aux di vinités hasardes derniers refuges de la poésie de grand chemin. De teau· de la Napoule, dont le golfe, aux contours arrondis,
deuses de l'hótel garni, et l'intimité du repas domestemps en temps, les diligences et les cbaises de poste présente un des plus charmants aspects. Je ne sais ríen
tique a la promiscuité de la table d'hote.
avaient maille a partir avec certains chapean~ pointus de plus beau que la vue de ce golfe par une belle matiLa vie de chateau, dont on parle beaucoup dans les
de l'école dramatique de Fra-Diavolo. Du reste, ces née de printemps ou d'automne. Cette Méditerranée··est
romans, n'existe pour ainsi dire pas en France, taot
brigands étaient gens de gout. 11 leur eut été difficile de splendide, et meme sous ce soleil proven~al, - soleil
cette vie est le privilége du petit nombrú; en revanche,
cboisir pour tbéatre un coin de terre plus pittoresque : de plomb, - on reste des heures entieres a eonles stations thermales, les villes de plaisance, les bains
ravins, gouffres, précipices, moots hérissés d'épais tail-- templer ce spectacle sans cesse renouvelé des flots bleus.
de mer sont ?attus par des flots de populations. Telle
lis, routes taillées daos le roe, et qui se tortillent comme On $uit d'un rtgard inquiet ces vagues mystérieuses qui
commune pau,vre s'est réveillée riche a'pres avoir fait
un serpent en belle humeur; blocs énormes de granit chantent, selon l'beure du jour et l'aspect du ciel, une
savoir qu'elle avait une . plage. Te! pays, perdu dans
découµés en profils, et qui semblent regarder comme chanson joyeuse ou quelque plaintive romance. - Que
les montagnes, est devenu, par la vertu d'uoe source
des tetes humaines. Te! eilt, en résumé, ce pays sau- disent les flots, ce matin? demandait une femme q1Ji
plus vantée qu'efficace, le centre des élégances valévage et primitif, dont l'aspect développait chez les so- avait fait une savante étude des voix de la Méditerranée;
tudinaires. Pour partir, on ne demande qu'un prélitaires qui s'y réfugiaient une propension a la vie con- voix profondes, voix claires, vou tour a tour pleines de
texte, et l'on part. Allez au Nord ou au Midi, aux bords
templative et á l'arrestation des voyageurs.
joie et de sanglots, voix qui racontent a l'esprit tous les
du Rhin, aux Pyréuées, sur les cótes de l'Océan on les
Fréjus, cette vi lle qui ne fut pas sans célébrité, n'est reves de l'imagination. D'ou viennent-elles, ces vagues
bords de la Mé¡literranée, partout vous rencontrez la
plus qu'un chef-lieu de cantoo. Qui se douterait, a l'as- écumantes? Dans leur course, quels rivages ont-elles
foule, une foule avide de distractions, et venant cherpect de ses rues moroes et désertes, que Fréjus est l'an- baignés? Quels navires ont-eUes bercés ou engloutis?
cher le plaisir sous le prétexte de trouver la santé.
cienne cité des Césars? Son port, qui abritait les vais- Quels cris funebres ont-elles entendus? Elles berceot,
La vie des eaux,serait la plus agréable, la plus facile,
seaux du peuple-roi, a disparu, et la roer elle-méme s'é- en se jouant, ces corps souples et jeunes qui s'abansi la prétention n'y avait tant de parl On arrive, on
tant retirée, le vaste gol fe &lt;:_reusé par César s'est transformé donnent Aleurs caresses; mais combien de vies n'onts'installe_; le premier jour, on ne connait personne, et le
en un marais ou poussent les légumes et ou courent les ellei&gt; pas dévorées? Ah ! l'histoire de ces folles filies mélendemam on est connu de tout le monde. Une partie
nliviers. On peut sui vre les traces de la ville anti que, et diterranéennes, qui la racontera? histoire lamentable
s'organise, on s'y mele. Celui-ci est Russe, celui-lA Hondans quelques endroits juger de la hauteur des murs ou et charmante !
grois, cet autre est Espagool; cette dame, qui caracole
penden~ eocore les anneaux de fer qui servaient a !'aEt l'horizon, comme le regard, se précipite au dela de
sur son cheval montagnard, a va le jour aux Antilles.
mare des navires. Étrange spectacle ! qui fait rever, en ce cercle immense baigné par la vapeur des nuages, et
On dirait que toutes les ráces ont voulu envoyer a~
montrant combien les assises qui semblent les plus iné- cherche Apercer le rideau d'argent qui voile l'infini !
moins un de leúrS exemplaires a ce pique-nique interbranlables sont cependant broyées par l'impérissable Pendant que les troupeaux d'écume, fouettés par le vent,
national. On cause, et tout va bien; car la conversation
main du temps.
jettent leurs cris effarés, l'reil voit surgir du sein de la
ne roulant que sur les généralités, tout le monde est
Les vestiges rorr.ains soot répandus partout dans cette plaine liquide uu monde inconnu. Le mouvement des
d'accord. La journée passe comme une heure, et l'on reville. Voici l'Amphithéa.tre, monument de forme ellip- vagues fait de ces éternelles vagabondes autant d'etres
vient le soir, ravi de la.bonne grace de ces nouveaux
tique; les gradins sont en partie détruits. Dans ces vivants; néréides, sirencs, tritons, qui revetent tour a
~mis, dont, huit jours apres, on ne se souvieodra plus.
arenes ouvertes iÍ. to.us les vents, j'ai vu de jeuoes pro- tour ~es apparences gracieuses ou grotesques, et sP.mComme on se lie ón se delie, ét c'est la un des boas co ..
fanes établir une glissade au pied du Podium, ce gradin blent exécuter la plus désordonnée des contredanses.
~és de cett&amp;r'm51uéiantc vie, ou·l'on glisse sansapµuyer,
sacré réserxé a l'empereur. Des loques séchaient, éten- Puis tout change, et des chenux: gigantesques, poussés
'OU ltnn ne demande a chacun que la fa~ade de son perdues sur les gradins supérieurs, et les braves gens du les u.ns sur les autres, se précipitent avec furie dans une
'Sonnage, et ou l'on respire l'heure présente sans son&lt;&gt;er
pays avaient métamorpbosé en btlcher les arcades du course fantastique. Nul cri humain ne saurait rendre le
aux heures qui suivront.
t&gt;
rez-de-chaussée. Tout déshonoré qu'il est, ce vieil am- sauvage hennissement de ces cavales a la -eriniere blanLe revers de la médaille, c'est, comme je le disais
pbithéatre a encore un tres-grand air, et produit sur le che. Comme on comprend que l'imaginat~on de la Grece
tout a l'heure, la prétention, !'a.pre désir de briller le
,pectateur une vive émotion, tant l'homme se sent tou- ait peuplé de tant de chimeres, de tant de monstres diparti pris de faire de J'effet; et ceci s·a~resse surtout ~ux
¡ours vivement impressionoé par l'auguste majesté des vins, ce mystérieux royaume de la mer. Mais le vent a
femmes. Pas une d'elles qui n'arrive, - quelque malade
ruines.
· cessé avec les premieres heures du soir. Chevaux maqu'elle soit, - montée sur le cheval de bataille de la
Cet amphithéatre de Fréjus me rappela celui de Treves, rias, monstres charmants, tout a disparu; il ne reste
toilette. Celle-ci a vingt robes, celle-ci trente, celle-ci en
et je fus tout a coup transporté par le souvenir du ri vage qu'une nappe immobile, une nappe bleue sur Iaquelle
a quarante, et il faut que toutes ces robes défilent la
méditeri:anéen aux bord! de la Moselle. 11 me semblait, se détache, comme des points blancs, de distance en disparade. Robes du matin, toilette du jour toilette du
tant les deux m?numents se ressemblent, revoir ce tance, la voile endormie des pécheurs !
s.ir. Une rivale est vaincue quand, daos ~e combat df:
grand cirque de la superbe Augusta Trevisorum, aussi
HeureUI qui peut rever encore, en ce siecle ou l'on n'a
fanfreluches, elle a épuisé tout son répertoire. Alors elle
dégradé, aussi triste que celui de Fréjus, ce cirque otl plus le temps de rher!
part, P.t elle va ailleurs étaler ses robes et recommencer
le pieux Constantin, canonisé par l'Église, fit déchirer par
Me voici a Cannes, et je tombe, dans ce joli nid médila_ lutte. Les, batailles d'étofles et de ruhans ont les plus
des lions et des tig~es les prisonniers qu'il avait faits en terranéen, au beau milieu d'une fete. Cannes n'avait
tr1st~s co~seqaences. Une excursion préparée depuis
combattant contre les Francs. Plusieurs de ces infor.. pas d'eau, c'était son seul malbeur. Une ville de plaiplus1eurs JOUrs manque parce que cclles-ci ne veulent
tunés survécurent a cet horrible duel. lis égorgerent les sance ou il n'y a pas d'eau a boire ! Il fallait done replus se rencontrer avec celles-la. Et puis, ce sont des
beles féroces et resterent maitres du cbamp de bataille • médier a ce grave inconvénient. On a emprunté a la
gestes, des sourires aigre-doux, des regards féroces
rnais alors le peuple, se tournant vers César, demand; Siagne, - une des rares rivieres de la Provence, - une
accompagnés de médisances et meme de calomnies. Parque le combat continuat, et Coostantin ordonna anx partie de ses ondes pour l'irrigation des jard!ns et l'arrofoi.,, _les maris sont obligés d'intervenir et de prendre
prisonniers sunivants de combattre entre eux pour di- sage des rues de Cannes, et depuis qu'on Iui a fait cette
part,.
vertir les spectateurs. Les Francs lancerent un regard salutaire saignée, la Siagne ne s'en porte pas plus mal.
De toutes les toilettes, c'est aux eaux que se pavanent
de mépris sgr la foule et, plutot que de lutter les uns L'exécution des Lravaux, confiée A MM. Conte-Grandles plus extravagantes. U y a dix ans, on ne portait en
contre les autres, ils préférerent s'égorger mutuellement. champs, ingénieur en chef, Camerc,ingénieur des ponts
debors de la 'ville que le grand chapeau de paille • ce
Ce n'étaient déja plus ces gladiateurs des premiers jours, et chamsées, et Lagarde, conducte•ir, a été, on peut le
chapeau de bergere, qui garantissait le teint eles mo:.Sutombant avec grace et mourant en criant: Salut, César! dire, enlevée, en dépit de toutes les difficultés. Cannes,
rea clusoleil,
Puis ce chapeau, manié, taillé' coupé:, a pris
.
A Fréjus, comme a Treves, on marche au milieu de pour célébrer ce grand jour de l'inauguration, avaii
aucceasl\ement les formes les plus di verses. 11 s·e~t transl'bistoire. Apres la porte de César, c'est l'aqueduc su- pris ses hahits de fete: clergé, l'éveque de Cerame en
formé en cba~au Louis XJII, en chapeau Louis -XJV, en
perbe dont on peut suivre les arceaux sur une étendue tete, autorités, fonctionnaires, tout le monde officiel
cbapeau L~u1s XV., en toquet avec plume d'aigle, puis,
de ,quarante kilometres; c'est la Porte-d'Or arche était la; mais comme ce n'est pas l'habit brodé que je
comme touJours, la toilette s'est fa~nnée sur le cha.
'
tr1omphale conlitruite en assises superposées de pierres viens chercher en Provence, je passe légerement sur la
pe_au, et c'est ainsi qu'il ~emblerait que les eaux ne
et de briques. Plus loin, le Phare d'Auguste, puis des cérémonie et je vais examiner Cannes a son point de vue
so1ent plus fréquentées que par des princesses de
thermes
antiques; des fouilles faites Acette place ont mis pittoresque.
~ütre,
•
EnxoND TmER.
a découvert des colonnes de marbre et des fragmenta
(La suite procAain,ment.)

3i

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIYERSEL
PIA!08 DK LA IIAISO! l!URY KT DUIIAS, DK NIHS,
SYSTiME LEVlGRAVE.

París n'est pas la seule ville de France ou l'art de la
fabrication du piano soit arrivé asa perfectioo. Nous
pourrioos citer plusieurs maisons de province d'oü sor·
tent chaque aonée des milliers d'instruments qui, pour
la qualité de son et l'élégance de la for~e, sont loin
d'etre inférieurs a ceux provenant des atehers des Hen
ou des Pleyel. Si nous avions a passer en revue e ~ maisons de province, nous commencerions, sans : :siter,
par ta maison Maury et Du~as, de Nime~. Cett41 1aison,
fondée depuis trente ans, n a pas cesse. depu s cette
époque, de prendre une extension toujo rs croissante;
aussi les médailles et les récompenses oh nues par elle
aux expositions universelles et départe1 mtales sontelles fort norubreuses.
Le deroier sucees remporté par cette maison est du A
l'invention du systeme Levigrave. Ce systeme remédie
enfin a l'inconvénieot dont s'étaient plaints, jusqu'ici,
leli piaoistes; ils n'étaient jamais surs, en effet, du clavier sur lequel ils exécutaient: tantót ce clavier était
trup mou, tantót il était d'une dureté excessive. 11 fallait
trouver le moyen de lui donner le degré de résistance
voulu par l'artiste. Grace au systeme Levigrave, ce progres est réalisé.
Cet ingénieux mécanisme peut s'adapter a tous les
pianos, dont il ne gate en ríen l'aspect. 11 se compose
d'une barre transversale tournant sur elle-meme et s'abattant insensiblement sur une rangée de ressorts fixés
sur les touches. Cette barre est mise en mouvement a
l'aide d'une clef, pres de laquelle se trouve une piece
graduée fixant le degré de pres¡¡ion ou de légereté que
désire l'exécutant. Cette importante amélioration a de
plus l'avantage de donner aux éleves la vigueur et la légereté du doigté, en les habituant a jouer sur des pianos
plus ou moins durs : avantage que les inventeurs ont su
con'server meme pour les pianos d'un mutisme absolu,et
dont le clavier possede ainsi le meme, degré de résistance que lorsqu'il met en jeu la mécanique.
On ne saurait trop signaler ce progres importa.nt; il
est précieux pour les éleves, et, disons-le. en passant, il
doit etre fort goüté des parents, qui peuvent échapper,
par ce moyen, au supplice de l'exercice et de la garume
prolongé pendanl plusieurs heures de suite.
Cette invention oous a frappé, et nous avons cru de
notre devoir d'en dire ici quelques mots. D'autres juges
bien plus experts que nous et dont l'a(ipréciation, en fait
d'art musical, est tenue en haute estime, ont fb.it de la
nouvelle invention de MM. Maury et Dumas tont le cas
qu'elle mérite. Nous avons vu,les lettres q•1e les inven'teursont re~ues de MM. Auber, Ambroise Thomas, Gounod, Prudent, Marmontel, Lefébure-Wély, Ferdinand
Poize, Louis Lacombe, etc. Cbacuo s'y récrie a l'envi
sur le mérite du systeme Levigrave, et déclare qu'il est
d'une utilité immense et incontestable pour les exécutants distingués aussi bien que pour les éleves.

B. C.
COUBlllEB DES E..1.UX.

Parmi les villes de l'Allemagoe qui se sont fait une
réputation bruyante, Erru se distingue par une physionomie particuliere. C'est encore une ville de malades
sérieux. On rencontre la peu de ces touristes qui vieonent -voii: ou etre vus, et qui, par leur bruyante activité,
dérangent, daos Ieurs graves occupations, ceux qui sont
venus pour rétablir leur santé. A Ems, on ne , ient
point en curieux, mais en malade: on reste, et l'on se
soigoe. Ces eaux gazeuses, caractérisées par des carbonates alcalins, chlorurés, se rapprochent de celles de
Vichy par leur action, sur les aflectious des voies digestives. Les maladies nerveuses, celles de la poitrine, les
palpitations, en re~oivent aussi un remede elficace. Les
eaux qui sort.ent a une température variant de 27° a
52" centigrades, les halles fermées du kurh3.us avec ses
µromenoirs, ou regne toujours une meme chaleur, rendent possible le traitement de certaines maladies pendant les mois extremes de la saison, qui ouvre des le
ter mai. Aussi les gens qui redoutent la foule, les plaisirs et le bruit peuvent passer a Ems une saison hative
ou tardive, en laissant la saison moyenoe a ceUI pour
qui les distractions du Kursall ont de l'attrait. Des salons
Plagniftques, décorés pour le bal, le concert et la con-

versation ; nne salle de lecture, des galeries de fer pour
la promenade au son des orchestres, réunissent, le soir,
la société d'élite qui a choisi Ems pour son rendez-vous.
Dans le jour, les ombrages de la vallée de Lahn, les
courses a travers les collines boisées qui la dominent
permettent a chacuo de s'isoler, de vivre un peu en
dehors des murs d'une ville, de compléter eiifin l'action
satisfaisante des eaux par celle non moins eflicace du
grand air. La bonhomie allemande s'unit, a Ems, a l'élégance de París. D'ailleurs, quatorze beures seulement
séparent la grande ville de la petite, et le chemin du
Nord vous y conduit en vous faisaot toucher barre a Cologne.
Cette année, lesoleilet le beau temps sont venus, comme
toujours, faire leur saison d'Ems.
On promet aux visiteurs trois premieres représentations : Le soldat magicien, Jean qui pleure et Jeanne qui
rit, d'Offenbach, et ta Boite a surprises de Deffes. C'est le
hilan des reuvres. Quant aux interpretes, ce sont :
~IM. Désiré, Pelva, Jean Paul, Mi:e, Bouffar et Taffanel,
c'est-a-dire !'élite de la joyeuse t:,oupe des Bouffes parisiens; M. Guyot, M110 AlbrecJÍt et Estagel du TbéatreLyrique; M. et Mm• Duboucher, du Théatre royal de la
Monnaie, de Bruxelles. ll y a la de quoi faire fuir, au
moins jusqu'A Carlsbad, la tristesse la plus invétérée et
la lassitude la plus chronique.
On passera de l'opérette au concert. Vivier, Servais,
Batta, Alard, Joseph Wieniawsk.i, Vieuxtemps, Léo Lion,
Arbao, Meyer, etc. etc.; Mm• Escudier-Kastner; M11• Marimon, de l'Opéra-Comique, et Mm• Le:nmens . Sherrington, composeroot le personnel musical. Des sons, et non
du bruit. N'est-ce pas le repos le plus heureusement
occupé que l'on puisse désirer?
Les représentations théatrales au Kursaal ont com-·
meneé déja. - On a ouvert par le Chien du be'l'ger, opéracomique en un acte, paroles de MM. Lockroy et Cormon,
musique de M. Albert Grisar; et c,-oquivnolle, opérette en
un acte, paroles de M. de Forges, musique de M. Ernest
Lépine.

essentiellement de celui du café, mais auquel le cona proportions
n égales avec le café, 11 détruit en grande partíe son
n effet surexcitant sans e.n altérer le gotlt; - comLiné
&gt;J par moitié avec le tbé, le karouba produit un bren)) vage nouveau etagréable';- mélangé au lait, il forme
J) un déjeuner nourrissant et salubre, particulierement
)) recommandé aux femmes et aux enfants.- En un mot,
&gt;J le karouba a les á.vantages du café sans les inconvéJ) nients de la sureYcitation et de l'insomnie.
» Chaque consommateur peut done a son gré, et sui)) vaot son gotlt, ou employer le karouba a l'état pur
)) ou le cornbiner avec le café, le thé, le lait, le rhum et
)) l'eau-de-vie · dans les proportions qui convicnnent le
» mieux a ses habitudes et a son tempérament. i&gt;
ii

» sommateur s'habitue vite. Combiné

-Qui n'apprécic aujourd'hui 1'Eaude Mélissed-esCarmes,
ce remede souverain, dont !'origine remonte a une date
si ancienne, qu'~lle est presque devenue une légende?
Léguée par le dernier des Carmes de la rue de Vaugirard aM. Boyer, qui en possedc seul le secret, cette pré- ·
cieuse liqueur a acquis une popularité sans égale.
L'Eau de Mé/isse des Carmes compte autant de partisans qu'elle a opéré de guérisons merveilleuses, c'est
dire qu·elle est uoiversellement adoptée. Seulement, on
ne saurait trop se rappeler que la véritable Eau de Mélisse est signée BovER, et que, cornme toute chose excellente en soi, elle a donné lieu a des contrefa~ons.
L'Eau de Mélisse des Carmes, dont tous les pays du
monde possedent le dépot, - est fabriquée, 14, rue Taranne, a París.
. C0MPAGNU: &amp;ÉNÉRALE TRANSATLA.NTIQ0 E
Servlce poatal tr1n911S.

E~TRE LE D..I.VRE ET NEW-l'OBlí.
S.AN'S ISCi.LI

Par lu magniflquu paq!Uboll

a ri,ua

WASHINGTON, capitaine A. Duchesne, de 5,600 tonneaux de déplacement et 950 cbevaux de force.
LAFAYETIE, capitaine A. Bocandé, de 5,600 tonneaux
LIBRAIRIE.
de déplacement et 950 chevaux de force.
Réunir daos un dictionnaire tous les renseignements
Les départs se feront le mercredi, tous les vingt-huit
otiles, tel est le hut du Dictionnaire de la vie pratique a jours, tant du Havre que d'cl New-York.
la ville et a la campagne (i), que M. G. Beleze, ancien
' suit :
Les prochains départs auront liei.t comme
éleve de l'École normale, a publiéala librairie Hachette.
DO BAVRE:
On a souvent a rédiger des acles, a donner des quitSteamer Washington. Mercredi 27 juillet.
tances, Afaire constater des délits, a se faire délivrer un
Lafayette .. .. Mercredi 24 aout.
passe-port, un permis de chasse, a déclarer une naisWashington. Mercredi 21 septembre.
sance, un déces; mais on ignore la maniere de procéder
Lafayette.... Mercredi t9 octobre.
dans ces diverses circonstances.
Washington. Mercredi i6 novembre.
S'agit-il d'un mariage, d'un engagement militaire,
Lafayette..... Mercredi 14 décembre.
d'un placement de fonds? Nouvelles formalités. - Veuton-savoir quels sont les avantages, les inconvénients et
DE NEW-YORK :
les conditions d'une profession; que Is sont les soins a
Washington. ~~rcredi i 7 aoüt.
.
donner aux enfants; quels moyens peuvent rendre plus
Lafayette. .. Mercredi i4 septembre.
faciles l'ordre et l'économie dans un méoage; a quoi
Washington. .Mercredi 12 octobre.
obligent les devoirs religieux, les devoirs de société, les
Lafayette.... Mercredi 9 novembre.
regles du savoir-vivre ; comment on doit. diriger un
Washington. ?tfercredi 7 décembre .
faire-valoir, un jardín, une basse-cour; quels sont les
Lafayctte.... Mercredi 4 janvier 1865.
meilleurs procédés de chasse et de peche, les regles d'un
Pri1t des places :
"Jr'r
je11 de cartes, du trictrac, des échecs, du billard, etc. ?
Premieres. . . . . . iOO fr.
Pour trouver une réponse Aces questions et a taot d'auSecondes . . . . . . 400
tres semblables, il suffit d'ouvrir le Dictionnafre de lavie
S'adresser pour passage, fret des marchandises, des
pratique. Religion, droit, assurances, industri~, agriculespeces,
et pour tous autres renseignements :
ture, horticulture el syl viculture; rnédecine domestique,
A
París,
au bureau spécial de la Compagnie, f2, bouhygiene et art vétérinaire; économie domestique et rulevard
des
Capucines (Grand-Hotel) :
rale; cuisine et office; exercices du corps; j~ux de toute
Au
Havre,a
MM. William Iselin et ce, agents;
sorte, etc.; ces diverses matieres ont été traitées daos le'
A
New-York,
a M. Geo. Mackenzie, 7, Broadway.
Dictionnaire, au point de vue pratique, et de maniere
que le livre fut également utile Ala ville comme a la
~
campagne. Le Dictionnaire universel de la ,¡;e pratique
CAISSE GÉNÉRALE DES CHEMINS DE FER.
forme un beau volume de pres de quatre mille colonnes.
MM. les commissaires nommés par l'assemblée du
(1) Un ,ol gr&amp;11d in-8•, de plus d• t,i00 pages. Brocbé, ~t fr.
6 février dernier préviennent les actionnaires que, par
des ,-aisons de haute convenance, la réunion qu'ils ont
convoquée
pour le 30 juin est remise au samedi, i 6 juilHYGIENE.
let p,'Ochain, a deua: heu,-es de l'apres-midi, au Cirque de
Le directeur de la Société fran~aise d'alimentatioo, l'lmpératrice.
rue du Cygue, 4, a Paris, publie la note suivante, en réPour que les solutions de l'assemblée aient ph1s d'aupqnse aux nombreuses questions qui lui sont adressées torité, la commission prie instamment les actionnaires de
chaque jour sur la nature et l'emploi du nouveau pro- ne pas négliger d'assister a cette réunion ou de $'y faire
duit aíimentaire, le Karouba :
reprt!senter poui· toutes les actions qu'ils possooent.
&lt;( LE KAI&lt;0UBA NEsr PAS DU cAF~. Comme le café, il
On dépose les actions chez M. Mires, rue Neuve-des» se prépare par infusion daos les memes proportions Mathurins, 39.
» et sert aux memes usages. La s'arrete l'analogie; pris
Les cartes déja délivrées serviront pour l'assem.bléedu
)) a. l'état ·pur, le karouba contient un arome qui difiere t6 juillet.
1

.., ' J.t

~

�L'ILLUSTRATION, JOURNÁL UNlVERSEt.

32

T,

Le

EXPOSIT!ON DES RESTES DE M. ROUVIÉRE, MALRR DB .MARSEJLLE, DANS LA CliAPELLE ARURNTE DE L'HOTEL-DE-VJLLE. -

La Société impériale et centrale d'Horticulture ouvre
aujourd'hui, 9 juillet, sa troisieme exposition partielle,
AU DIRECTEU!i.
qui est spécialement consacrée aux roses, reillets,
Marmll•, ~O ;uio.
orchidées, etc.
Le public sera admis tous le,s jours a cette exposition
La villc de Marseille vient de perdre son premier majusqu'au i4 juillet inclus, de íO heures du matin a
gistrat. C'est la premiere fois qu'un maire y meurt dans
O heures du soir.
'eiercice de ses fonctions. M. Rouviere (BaltbazarLe prix d'entrée est fixé a i fr. par pcrsonnc.
Fran~ois-Xavier), d'une anciennc famille marseillaise,
était né le 2 décembre 1778. Jl avait fait ses études au
ycée ~e Marseille, ou il avait été le condisciple et le camarade de classes de plusieurs des hommes les plus
RÉBUS.
distingués de notre époque, de M. Thiers, entre ·autres.
Apres avoir fait son droit a Aix, il déhuta dans le barrean, aMarseille, en f8i8. En f826, il ful nommé avoué,
et, dans l'exercice de cette profession, il se distingua par
son intelligence, sa droiture, son intégrité.
M. Rouviere entra dans la vie publique a partir de
1860; nommé membre de la commission Il)Unicipale,
qui succéda au conseil municipal dissous au mois de
janvicr de cette année, il fut, le t•• juillet suivant,' appelé aux fonctions de premier adjoint. Lors des élections
qui survinrent peu aprcs, il fut maintenu au eonseil par
le choix de ses concitoyens; enfio, un décret impérial
du 22 février f862 lui conféra la dignité de maire, apres
la démission de son prédécesseur. 11 était, en outre,
eonseiller d'arrondissement et chevalier de la Légion
d'honncur. M. Rouviere a succomhé a une rap:de maladie, le 27 juin. Son corps a été exposé, pendant toute la
journée du 28, daos une ch¡;pelle ardente, a l'Hótel-deVille. Ses funéraillcs ont eu lieu le 29; la ,ille prcsque
tout entiere assistait a cette triste cérémonie. Trois discours ont été prononcés sur sa tombe : le premier par
M. de Maupas, sénateur, chargé de l'administration du
l!.XPLlCATION DO DERNIER RltBOS,
département; le deuxieme par M. Roussicr, pre~ier adLa pensée est tout dans un tableau.
oint; le troisieme par le président de la chambre des
avoués. M. Rou,iere est vivement regretté de toutes les
classes de la population. C'était un véritable bomme de
A~G, MARC, directeur-gérant.
liien; bon, doux, charitable, conciliant, plein de zele
pour ses fonctions.
Em,. TKXIER, rédacteur en chef.
Agrée1., etc.
B. L,1NoA1s.
M. ROUVIERE, MAIRE DE MARSEILLE.

-------.,..~..
--.,,_____
......

Tous les sam~dis, fete de nuit aMabille. Tous les mercredis, au Chatean.-des-Fleurs.

Imp. de L'ILLUSTHATION, A. Mar&lt;;,
22, rue dt Ver11tuil.

U'apres un croquis de M, B. Landais,

LE PARTHÉNON DE L'Hl$TOIRE.

Sans aucune interruptioo, LE PARTHÉNON DE L'HISTOIRE poursuit la publication de ses six volumes.
L'avance considérable de planches gravées que possédaient les éditeurs pe cette vaste entreprise avant de
mettre en vente la premiere livraison, leur a permis de
continner Ieurs travaux saos aucune précipitation préjudiciable a la beauté de l'reuvre; de telle sorte que les
liyraisons qui se succedent sont aussi parfaites ·que les
premicre~.
./
C'est ainsi, du reste, que· dcvraient toujours se traiter
les ouvrages publiés par fascicules.
Les livraisons n•• 39 et 40, qui viennent de paraitre,
témoignent de la vérité de notre observation.
Ces deux livraisons renferment :
Salon Lo,;,is XV, tete de chapitre. - Portrait de
Mm• de Longueville. - Brúle-parfums, cut-de-lampe. Chien et chat, tete de chapitre. - Portrait de Marion Delorme. - Bas-.relief antique, cul-de-lampe. - Vv,e de
Venise, tete de chapitre. - Portrait de Bianca Capello.
- Amour aux couronnes, cut-de-lampe. - Église de Notre-Dame de Géorgie. - Place Krassnay!}, - Monastere
de Deritschiye. - Polé. - Vue de la Porte rouge. - Grosse
cwche de Moscou, cul-de-lampe. - Panoplie d'armes, tete
de chapitre., - Image de Notre-Dame, dite du patriarche
Josaphat. - Mitl'e du premier patriarche de Russie,
Job. - Mitre du palriarche Nikor. - Mitre, dite bonnet
grec. - Paragia. - Ciboire du temps du grand-duc Jean
Vassilievitch. - Couronne en diamants du tzar Jean Ale•
xéiévitch. - Casques lithuaniens et livonie1is. - Sceptre
de céremonie. - Encen.1oir en or du tz&amp;r Theodore Ale·
xéi&amp;vitch. - Couronne du tzar Michel Feod.-Orovitch, dite:
bonnet d' Astrakan. - Couronne en diamants d11, tzar
Pierre 1". - Couronne en drap, dite bonnet de Sibérie.
Cet avis est donné anos abonnés souscripteurs acette
pub\ication, et particulierement a ceux q1ü ne le son\
pas encore.
~

Le renouvellement de juillet étant un des plus
considérables de l'année, et occasionnant dans les
burcaux un travail supplémentaire, nous prions nos
souscripteurs dont l'abonnement est expiré de vouloir bieri le renouveler au plus t6t, s'ils veulent
éviter tout retard dans la réception du journal.

G1

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                  <text>Semanario francés ilustrado se publicó entre 1843 y 1944. Aborda temas políticos, económicos, sociales, científicos, artísticos, y deportivos. Fundado por los periodistas Jean- Baptiste Alexandre Paulin y Édouard Charton. Sus ilustraciones eran realizadas por los mejores dibujantes como Henri Valentin, Édouard Renard, Paul Gavarni, Janet-Lange y Cham.</text>
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                <text>L’Illustration : Journal Universel, 1864, Año 22, Tomo 44, No 1115, Julio 9</text>
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                <text>Publicación periódica</text>
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                <text>Semanario francés ilustrado se publicó entre 1843 y 1944. Aborda temas políticos, económicos, sociales, científicos, artísticos, y deportivos. Fundado por los periodistas Jean- Baptiste Alexandre Paulin y Édouard Charton. Sus ilustraciones eran realizadas por los mejores dibujantes como Henri Valentin, Édouard Renard, Paul Gavarni, Janet-Lange y Cham.</text>
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                <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores</text>
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                    <text>L'ILLUSTRATION,
IOUD.lL -URl'fEBSEL.
i

1

~Ue ANNÉE. VOL. XLIV.

Diredion, Rédactioa, Administralion :
Toutes les communications relatives au journal, réclamations, demandes
de changements d'adresse • doivent etre adressées franco á
11. AUG. MARC, DIRECTEUR-GÉRANT.
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d'nn mandat sur París ou sur la poste.

~amedi

l,'aJia1nlil1 N ttptad pu ~ea ■uaaerill ti
fa i. lnii., I&amp; tndocliH 1t I&amp; reproduction 1 l'olranger sonl iallr4il&amp;

BUREAUX: RUE RICHELIEU, 60.

-,- ._,~
j

Le corute Ounin Wousuwicz. -

L'HJS)OSSé-

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1 préue les
1e les
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·aitre,

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oe. &gt;n De-

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le No-

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Grosse

1116.

1 lilG,.
oe 1'eugage ¡amai1 i l11 ÍIIIÚC,

SOMMAIRI!:.

•

Ne

16 .Juille&amp;

Correspoudance d'Algérie. llevue po.itique de la semaine. - Courrier de París. L'armée fedéralc devant llichmood. - Salou de 18H
( 5' article), Chronique musicale.- Les C:ircassiens en exil.
- Causerie dramaliqde. - Giulia (nouvelle), sui1c. - Ga1elte du Palais. - Audition des iuslrumenls de M. Ad. Sax.
- Sociélé frao~1se des Aéroseaphcs.

?:'

-~

f'

Gravure, : Le comte Dunin Wonsowicz - lnsurrectioo de
l'Algtirie: Vue de la ville d'EI-Abiod, - Vue avol d'oiseau
du lhealre de la guerre en Virginie (Élats-Unis). - Salou
de 1854: Le livre de Ruth (la Biblc). - Coup de TCDI daos
les plaines d'Alfa (Sabara). - Campemenl de Moota~nards
du Caucase dans le cimetibre d'Erzeroum. - Revue trimeslrielle, par Cbam (!5 gruures ). - Jnstruments do ~l. Ad.
Sax (! gra•ures), Socielé des Áéroscaphes. Écbecs. - llebus.
~

LE COMTE DUNJN WONSOWJCZ.

Le comte Stanislas Dunin Wonsowicz naquit
en Wolhynie (Pologne), unan apres le premier
partage de sa patrie, qui eut lieu en 1772.
Apres avoir terminé ses études, et lors de la
formalion du grand-duché de Varsovie, il passa
la frontiere, gardée par les Russcs, et se présenta, aVarsovie, au général Zajqczek ( Za'iontchck ), connu de ses parenls, qui le fit cntrer

LE COMTE DUNlN WONSOWICZ. -

D'apres une pbotographie de M. Bingham.

Abonnements pour Paris et les Déparlements :
3 mois , 9 fr.; - 6 mois, 18 fr.; - unan, 36 fr. ; - le numéro 1 15c.
la collection mensuelle, 3 fr.; le volume semestriel, 18 fr.
ABONNEIIIENT8 POUR L'ÉTRANGER 1
Mémes prix ; plus les droits de poste, su(vant les tarif¡,
Les abono. partent du I er no de cbaquc mois.

dans l'armée polonaise, le i " avril i809, avec
le grade de sous-lieutenant. Quelques mois
apres, promu au grade de lieutenant, il fut
nommé aide de camp du général Krasinski.
En 1810, du 2° régiment de cavalerie, il passa
au rn• hussards, et un an apres, il donna sa démission pour entrer comme lieulenant en sec,ond daos le iº' régiment de chevau-légers
de la garde impériale. En 1812, il était déja. capitaine et chevalier de la Légion d'honneur. 11
se fit remarquer de l'Empereur Napoléon, qui
le nomma officier d'ordonnance, et c'est avec
ce grade que Wonsowicz ,fit la campagoe de
18!'2. 11 assista aux l,atai)les de Wilebsk, Smolensk, \Valentina, DoroholJourz, Borodino, Moza'isk, petit Jaroslawietz, et, aprcs le désastre
de l'armée fran~ai~c, c'est lui qui, avec le duc
de Vicence, ramena l'Empereur de Smorgoui
it Paris. Ce fut daos ce voyage que l'Empercur, craignant d'étre pris par les cosaques
qui parcouraient les environs de Wilna, remit
ses pisfolets a son officier d'ordonnance avec
l'injonction de le tuer plutót que de le laisser
prendre par l'ennemi.
En 1813, nommé chef d'escadron, il fut décoré de lá croix mililairc de Polugne par le
grand-duc de Varsovic, et de celle de la Réunion par le roi de Naples.
-·

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plus
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vouulent

INSURRECTION DE J.'ALGÉRIE; VUE DE LA VILLK O'EL-ABIOD. - D'apres uu_croquis de M, Merle, capila1ne au 67• de lilíllC,

�35

L'ILLCJSTRATION, JOUR NA L UN IV EHSFL.

L'ILLUSTRATlON , JOURNAL UNIVERSEL.
Tandis que les afiaires du Danemark mettaient aux
prises le ministere et l'opposition, daos lé parlement
REVUE POLITIQUE DE LA SEMAINE.
anglais, le roí Christian IV envoyait son frere, le comtede
Glücksbourg, en Allemagne, pour traiter de la paix, et
Les discussions du parlement anglais ont été la grande
chargeait M. de Mollkc de coustituer un ministere: le
préoccupation de ces derniers jours. Toute l'Europe at-ministere Monrad n'étan t plus possible dans la sit11ation
tendait avec une curiosité extreme l'issue de la bata1lle
&lt;&lt; Monsieur le colonelWonsowicz, xous n'avez pas ces~é
nouvelle que la mis ion donnée au prince allait nécesengagée entre l'opposition et le gouvernement.
&lt;&lt; de me donner des preuves de zele et d'activité d¡rns le
Le comte de Mal mesbury avait proposé il la chambre sairement créer.
« service que vous avez fait pres de moi pendant les
Le bruit a couru qn ~ le roi faisait proposer aux
des Lords une motion ainsi con~ue : « La chambre re,&lt; dernicres campagnes. C'est avec plais1r que je vous en
puissances alliées la sol1.t"on suivante : Le Danemark
,, témoigne ma satisfaction. Celte lettre nºétant-a autre ,, grette l'issue de la conférence; elle est d'avis que la entrant tout entier dans la Confédératiou germanique,
« politique du ministere, daos !'affaire du Danemark, a
,, fin, je prie Dieu qu'il vous ait en sa sainte garde.
au meme titre que les royaumes allemands qui en font
&lt;&lt; abaissé l'Angleterre daos !'estime de l'Europe, et a mis
« i\. Fontainebleau, ce 4 avril 1814.,
partie; la possession des Ouchés maiotenue au Dane« en danger le maintien de la paix. »
mark.
&lt;C NAPOLtON. »
M. Disraeli avait, de son cóté, saisi la chambre des ComEn admettant que le duc.r:e Glückshoorg ait,en effet,
munes d'une résolution portant « qu'une bumble adresse
Depuis son retour de la Russie jusqu'a l'entrée du e&lt; serait présentée a Sa Majesté pour la remercier d'a- re~u de son frere les instr11ctions nécessaires pour faire
corps polonais en Pologne, Wonsowicz assista aux ba- « voir ordonné que la correspondance sur le Oanemark une pareille ouverture, il rcsterait a savoir si les gouta1lles de Lutzen, Dresde, passage de l'Elbe, Bautzen, &lt;&lt; et l'Allemagne, et les protocoles de la conférence ré- vernemeats qui ne sont point partie daos la lutte, croiou il fnt contusionné, de Hanau ou il eut un cheval toé « cemment tenue a Londres, seraient communiqués au raient pouvoir approuver une combinaison qui ajoute-sous lui, Brienne, Montmirail, Montereau , Fere-Cham- « Parlement; pour exprimer aSa Majesté leprofond regret raít un État a une conlédération dont la Prusse et l'Aupenoise, Arcis-sur-Aube, Vitry, etc. - Le 14 septernbre &lt;&lt; avec Jeque! le Parlement avait appri~ que cette coufé- tricbe se disputent l'hégémonie, et que l'une ou l'autre
. 1815, il entra au service du nouveau royaume de Polo- « rence s'était terminée saos atteindre le but pour le- de ces deux p11issances pourrait, a un .moment donné,
gne, qu'il quilta trois ans apres, ne ponvant supporter « que! elle avait été réunie, et aussi le grand regret armer daos l'intéret de son ambition personnelle.
La Diete germanique a résolu, sur la propositioll de
les caprices du grand-duc Constantin.
« éprouvé par le Parlement de ce que la politique du
110
la
commission du Holstein, d'inviter le gouv~rnemeot
En 1820, il épousa M Anua Tyszkiewiez (Tychkie- « Gouvernement de Sa Majesté, tout en n'atteignant pas
d'Oldenbourg
a présenter, le plus tót po_ssible, l'exposé
witch), par un premier mariage comlesse Poto~ka, nicce ,, son 'but avoué de maintenir l'intégrité et l'indépendu ·prince Joseph Ponialowski, maréchal de France, et &lt;&lt; dance du Danemark, avait amoindri la juste inlluence des prétentions du grand-duc a la succession du Holspetite-niece du d.ernier roi de Pologne, Stanislas- « du pays dans les conseils de l'Europe, et, par consé- tein.
Le i2 juin, l'Empereur et l'Impératrice du Mexique
Auguste.
.
&lt;&lt; quent, diminué les garanties de la paix. )&gt;
ont fait leur entrée a Mexico. La veille, le général Ba1La révolution polonaise de 1830 le trouva au chateau
La question, on le voit, était posée devant les deux
de Willanow, résidence mémorable de Jean Sobieski, et chambres daos des termes qui semblaient devoir don- zainc, le ministre de France et le général Neigre étaient
aujourd'hui appartenant au fils de la comtesse, le comte ner d'avan.ce au vote une portée immense. Daos la pré- allés recevoir Leurs Majestés a Guadalupe.
« Jamais pareille ovation n'a été faite a un souverain,ii
Auguste Poto~ki.
vision d'1m échec pour le ministere, on prononsait ces
écrit
M. le préfet politique de Vera-Cruz daos la dépeLe l 2 mai 1831, le gouvernement national polonais mots : Changement de cabinet ou dissolution du parle-•
che
qu'il
envoie au ministre du Mexique a París. Voila
nomma le colonel Wonsowicz général de brigade. Aprcs
ment.
une
assertion
bien téméraire; sait-on j ama;s au juste,
la falale issue de la guerre, il se retire. avec sa femme
La lutte a été longue, ardente, passionnée, tumulen
pareille
matiere,
si le passé ne s'est pas mis d'avance
daos son chatean de Zator, en Gallicie, et en l 852, il tueuse parfois, et melée de tempetcs. Les orateurs de
a
la
bauteur
du
présent'I
vint .s'établir en France, oi1 deux ans apres, par un l'opposition ont donné coutre les ministres avec une imLe 3 juin, Acapulco a été occupé saos coup férir par
décret de l'Empereur, il fut admis a jouir de tous les pétuosité extreme. A la chamhre haute,.le comte de Malles
batiments de la division et un .bataillon de tirailleurs
droits civils.
·
mesbury, le marquis de Clanricarrle, lord Coernarvon,
. Une maladie de quelques semaines viept de l'enlever lord Grey; a la chambre des Communes, MM. Disraeli, algériens. Les juaristes se sont retirés daos l'intérieur
a ses amis, a !'a.ge de quatre-vingt-un ans, l,e 30 juin Cobden, Roenuck, lord R. Cecil, M. Rolt, lord Montagu en abandonnant 38 pieces d'arlillerie.
Les dernieres dépecbes nous apportent la nouvelle
!864. Ses obscques ont eu lieu a l'église de Saint-Au- et lord Henri Vane n'ont pas épargné a leurs adversaires
gustin, ou son corps a été déposé en altendant qu'on le l~s amers reproches et les accusations violentes) au ris- d'un engagement entre le colonel Aymard et le général
Májia et un partí de 0,000 hommes commandé par Dotransporte daos le tombeau de famille, a Zator.
que, parfois, de compromettre quelque peu l'Angleterre
blado, en avant de Matehuala. L'ennemi a laissé sur le
P. P.
elle-meme daos l'estime de l'Europe. Mais chez nos voichamp de bataille 8 officiers et 24 soldats tués. Un drasins, on ne se soucie gucre du qu'en dira -t-on; l'importaot est d'arriver au but; et puis l'Angleterre , est assez pean, toute l'artillerie du corps d'armée de Doblado,
forte pour qu'on puisse lui dire tout haut la vérité, composée de i8 pieées de canon, et tous ses équipages,
COllRES·PO~D.lNCE D'ALGtRIE.
meme quand elle n'est pas !latteuse. Et voila comment 800 fusils, 39 officiers et f ,200 soldats, sont restés entre
A.U DIRECTEUR.
M. Cobden ne s'est pas fait scrupule de développer ce les mains de notre détachement.
1!1-Abiod,. 19 juin.
Le général Grant cst revenu devant Pétersburgh. Au
theme, que l'Angleterre était impu.issante daos les queamoment
du départ du courrier, les opérations militaires
Voici un croquis de la ville d'El-Abiod, ville sainte qui, tions de politique contioentale, et lord Montagu d'affir- étaient interrompues it cause des grandes chaleurs.
datls !'esprit des Arabes, prend rang apres la Mecque ; mer que le nom de l'Angleterre était «exécré» sur le conA la suite d'un débat tres-vif: la Chambre des dé¡iutés
c'est la que se trouve le marabout de Sidj-Ilamza, ancetre tinent, et comment, lorsque lord Cecil a déclaré que la de Turin a voté, a une iµajorité de 56 voix, un ordre du
avait perdu son honneur et sa dignité,
ctu Sidi-Seliman, qui a commencé l'insurrection et a été Grande-Bretaane
o
.
une
partie
de
la
chambre
a couvert ses paroles d'app1au- jour exprimant la confiance de l'assemblée daos le goutué par le colonel Bea upretre. Nous avons trouvé la villc
vernement.
abandonnée et l'avons saccagée. C'est une des exigences dissements.
La session des Chambres fédérales a été ouverte, en
Tout cela n'a point convaincu le ministere qu'il eut
de la'guerre daos ce pays; il faut agir avec une grattde
Suisse,
le 6 du courant. M. Jreger a été nommé présivigueur et terrifier les esprits par des mesures quelque- mérité le moindre blame; il a opposé a toutes les attadent
du
Conseil national, et M. Roguin présideni dn
ques le front le plus serein, et jamais lord Palmerston
fois impitoyables.
Conseil
des
États.
La ville n'a pas été défendue; le jeune Mohamed, qui n'a paro avoir plus intimement conscience d'avoir fait
L'Empereur est en ce moment a Vichy. L'Impératrice
a remplacé son !rere dans la direction du mouvement de la bonne et sage politique.
A ta chambre des Lords, 177 voix contre l08 ontadopté et le Prince Impérial ont quitté Fontainebleau et rési••
insurrectionnel, a été abandonné il notre approche; sur
dix mille combattants qu'il avait avec lui, quelques cen- la résolution de lord Malmesbury; a la chambre des denta Saint-Cloud.
Un décret impérial prescrit aux batiments fran~ais
Communes, 31 3 voix contre 295 ont repoussé la motioo
taines seulement lui sont restés.
l'emploi exclusif du Code commercial des signaux al'usage
Plusieurs tribus sont déja venues demander !'aman. La de M. Disraeli.
Cette majorité de 18 voix daos la chambre des Com- de toutes lesnations, tel qu'il a été adopté par la commissituation va done en s'amélior:i.nt.
munes suffit a lord Falmerston: il n'est plus question de sion anglo-fran~aise, pour toutes les communications
Agréez, etc.
Pour extrait : PIERRE PAGET.
chan"'ement
de ministere; tout au plus sacrifiera-t-on. échangées soit entre eux et avec les sémaphores, soit
e
aux susceplibilités dp la France lord Russell, dont la ra1- avec les batiments étrangers.
Une convention conclue entre le gouvernement frandeur :i. fort déplu daos ces derniers temps.
Un de nos correspondants d'Algérie nous écrit: " Dans
~ais
et le gouvernement ilalien fixe au chi!Ire unifor~e
Quant a la majorité de 9 voix qui a conóamné la polivotre numéro du 18 juin, VO\JS nous faites plus nomde
4
fran cs le prix d'uoe dépeche de vingt mots adressee
tique du eabinet dans la chambre des Lords, c'est
breux que nous ne l'étions réellement au combat d'Ainde
France
en Jtalie et d'Italie en France.
quelque chose de tout a fait indifférent, et personne ne
Federeah ; nous étions bien mi lle huit cent fantassins,
M~t.
Marie,
Jules Simon, Ed. Charton, ancien repré•
songe a s'étonner, en Angleterre, que le ministere ne
mais vous a vez multiplié par dix le nombre de nos cavasentant
et
Hanri
Martín ont adressé la lettre suivante aux
daigne pas meme en étre touché si légerement que ce soit.
liers, qui étaient trois cents et non trois mille. »
personnes
chez
lesquelles
ont été faites les récentes· perLe Moming-Post a publié de nouvelles dépeches qui
Nous nous empressons de rectifier cetle erreur d'imquisitions qui ont si vivement ému l'opinion publique :
ont
motivé
de
uouveaux
démenlis;
le
prince
Gortpression. Nous savons que nos braves sol&lt;lats n'ont pas
besoin d'etre quatre contre un pour vaim:re : ils laissent schakolf a pris a son tour la plome pour déclarer men• Paria, le 9 juillet 1864.
« Chers collegues et amis,
cetle mesure de prudence a d'autres armées, qqi n'en songers les documents produits par le journal anglais.
sont pas inoins pleines d'un orgueil saos mesure apres L'efiet des dépeches est considérable; celui des uémen«Membres comme vous du Comité électoral de i863,
tis est moindre, et l'on prétend meme que les gouvernedes victoircs si facilement remportées.
nous
tenons a vous dire que nous ne comprenons ni le
ments qui protestent, se montrent quelque peu ollensé&amp;
H. C.
proces
qui vous est fait, ni l'exception qui, jusqu'ici du
de la froideur avec laquelle leurs protestations sont
moins, nous a laissés en dehors des poursuites.
accueillies.
En t 814, nomrné colonel, pl'omu ,au grade d'officier de
la Légion d'honneur, il ne donua sa démission qu'apres
le départ de l'Empereur pour l'ile d'Elbe. C'est. a cette
epoque que l'Empereur lui adressa la lettre suivante :

0

,. truction se continue. Nous n·y avo ns pas été ap- 1 la musique de la cantate et du duo du sieur Zéliot,
L
«ms
.
d..
d
h
,
Ame comme témoins. Nous ne pouvons garder « gran mus1c1en. &gt;1.Une cantate et un uo seront c aupe1es, me
·
C 1·
1 d
. ll N.
f
le silence plus tongtemps.
.
.
tes ~a_r un sieur o m et a emo1se e_ ma, « ~meux
«Dévoués a la liberté électorale eta loutes nos hberte~, mus1c1ens du Canada. ,i Enfin &lt;&lt; le s1eur Dom101que
ne cesserons de réclamer celles qui nous man · dansera l'Darliquinade, le sieur Silva, la Matelcte hol5
n:~nt et d'u,er, comme vous et avec vous, de celles que landai~e, et le sieur Grivois, la Chilloise; tous trois
~ous ~nons de ta toi. »
grands danseurs, qui ont toujours été applaudis daos
cette partie de l'Amérique septentrionale. l&gt;
Quelques détails que je ne rapportc point ici me donnent
a penser que les villageoises canadiennes étaient
Dimanche dernier, a deux heures trois quarts de l'ade ces bergeres que n'effraie pa~ une aimable libert~ de
pres-midi, le hateau a vapeur la .Mouche n• 4, c1ui fait ':service omnibus ~ur la Saóne, se renda1t de Perrache a mreurs.
En ce temps la déja les nobles plaisirs du turf étaient
Vaise . .Le pont était couvert de nombreux passagers se
a
la
mode : la Gazette annonce qu'une bourse de quatenant debout. Une inclinaison brusque s'étant produite,
rante
dollars sera courue daos les plaines d'Ahraham.
les voyageurs se porterent, par un mou_vement instincLe
favori
était alors un certain Vandanyo - ne seraittif sur Ir. cólé droit du bateau. Le bast1ngage céda, et
ce
pas
Fandango?qui se toa en hutant contre un chien,
q~arante personnes furent précipitées daos la riviere.
Au moment ou nous écrivons, trente-deux cadavres ont daos une course. Deux odes furent composées sur son
trépas.
été retirés des tlots.
Je lis daos la GazettedeQuébec la liste des jo11rnaux puEDlt!OND TEXIER.
hliés au Canada jusqu'au ¡•r jauvier l85i ; il y en a 05 .
Sur ces 65 journaux, 2i sont morts dans l'année qui
les avait vos naitre; i8 o·ont p11 vivre plus de deuxans;
10 jouissent encore de la douce lumiere du jour. Chose
colJaBIBB DB P&amp;BJ8.
digne de remarque, les trois premiers journaux fondé~
L'il Jubilé d'un journal. - La Gazetft! de Québec. - Les jour- au Canada sont an nombre des survivants; ce sont: laGanaux du Canada. - Abd-el-Kader frauc-ma~on. - L11 zette de Québec - i704, la Gazette de Montréal - i784,
symbolisme de la franc-ma90nnerie. - Le Commandeur le Cunadien - 1800.
da Gama Machado. - DUP.ls et duellisfes; M: Fayot. Le Caoada a eu, comme h France, un Constitutionnel,
Un .fanatique de M. Meissonier. - Fleurs et feuilles. une Quotidienne, un Temps, un Avenir, un Ami de la
Tartuffe au théAtre Saint-Pierre. 'l... Un drame Iyrique. Religion, un Progrés, un Charfrari, un Argus, un Glaneur,
Le Soldal magicien. - Néméa. - Mlle Mourawief. - Les
une },Jinel've, un Ménestrel, une Lancette, un Album,
pieds qui chantent. - L'Amour.
un Écho des campQ{lnes, un Écho de la Presse et des
Abeilles.
Savez-vous qnel est, apres la Gazette de France, le
Je vois dans la Jiste un e. Étoile qui s'est éclipsée en
doyen des journaux du monde? En vénté, je crois bien
moins
d'un an, un Cot'n du feu qui n'a pas brulé longque vous ne vous en doute2 pas. C'est la Gazette de Québec
temps,
no Phénix, mort daos sa tendre enfance et qu'on
(Canada). Cettevénérahle feuille a célébré, 1e2l juin dern'a
point
encore vu r~naitre de ses cendres, un pauvre
nier, son centieme anniversaire. Les abonnés ont rc~u
Castor
qui
avait si mal construit sa maison qu'elle s'éce jour-la un numéro de seize pages, fort bien imprimé
croula
dans
l'année.
et fort mal illustré, qui racontait l' bistoire universelle du
La
Gazette
de Qw!bec apprend a ses lecteurs avec queljournalisme a partir des Acta diurna des Romains jusque
orgueil
que
beaucoup de ses abonnés tui sont fideles
qu'a laHickings Gazette,fondée aCalcutt:i. en ! 781, et l'bistoire p;rticuliere de la Gazette de Q.1,ébec en grand dé- depuis trente ans, et quelques-uns dcpuis quarante ans.
tail. Au numéro du 2! juin ·1~64 étaitjoint le fac-simile du Elle sert encore les descendants de quelques-uns de ses
premiers souscri pteurs de i764.
premier numéro du journal, pnblié le 2t juin l704.
Le meme journal Ju pendant cent ans daos la meme
Daos ce premier numéro, le chapitre des crimes et
famille,
quel étonnement pour MM. Havin, Delamarre,
des accidents, cet Eldorado de la presse contemporaine
Emile
de
Girardin et leurs confreres ! quel reproche a
est bien pauvre; nous n'y trouvons pas le roman-feuilleuotre
inconstance
! Cambien de nous li~ent le journal
ton meme PU germe, mais laréclame apparait déja: seuqu'ont
lt1
leur
pere
et leur grand-pere? Combien, daos
lement elle est simple, modeste, ingénue; elle ne bc.t
leur
a.ge
mur,
le
journal
de leur jeunesse?
pas le tambour, elle ne sonne pas la trompette : c'est
un nommé John Baird qui ]'inaugure.
Une feuille qui n'est peut-etre pas centenaire, maisque
La Gazette fut probablement, diseut les propriétaires
je
veux croire bien informée, annon ce qu'Abd-el-Kacler
actuels du journal, le premier papier imprimé publié
vient
de se faire recevoir franc-ma~on a la loge des Pyau Canada.
En 1763,MM. Brown et Gil more. qui devaieut la fonder ramides.
Qu'on dise apres cela que la franc-masonnerie n'est
un an plus tard, avaient fait part de leu1· projct au puqu'un prétexte a banquets; l'ex-émir n'est pas homme,
blic dans les termes suivants :
« En casque nous serons assez heureux d'avoir bon je pense, a cbercher les occasions de festoyer; c'est un
soeces, notre dessein est de nous établir au printemps personnage trcs-sérieux, il l'a prouvé plus d'une fois,
prochain daos cette ville comme imprimeurs, et de pu- et qui m'a tout l'air d'etre trcs-indiíli\rent aux plaisirs
blier aussitót chaque sema;ne une gazetle, laquelle, de la table. J'ignore ce que penser:i.it Mahomet de la
comme la présente condition du pays ie rend beaucoup franc-ma~onnerie, ou ce qu'il en a pensé_. car il n'est
nécossaire, nous proposons de publier en franpis et en point impossible qu'elle existat de son temps, mais il me
anglais. Cette méthode fournira une le~on toutes les semble qu'une pareille institution doit séduire les imasemaines pour l'avancement de chaque habitant, porté ginations orientales. Je vicns de lire le Cours oral de
pour acquérir une parfaite connaissance de la langue de franc-maqonnerie symbolique du frere Cauchois, 3ü•, anl',mdroit, différeute de celle de sa mere tangue, soit un cien orateur du Grand -Orient de France (chambre symbolique), et, vraimenl, les gens qui ont le gout de coulemFransais ou un Anglais. »
Les bonnes le~ons de fran~ais que la GazettP. de Qué- pler le réel a travers le figuré, ne peuvent que trouver
bec dut donner aux Anglais! Malheureusement, elle ne lenr cornpte a prendre le taLlier. M. Cauchois explique
pou.rsuivit pas jusqu'au bout son reuvre d'enseignement toute cette symbolique avec une science et une clarté adpratique; un jour vint ou elle ne parla plus qu ·aoglais. mirables, etl'on a plaisira voir lajoie qu'il éprouve a tirer
Apres le petit échantillon qu'on vient de voir du style de d'une formule mystérieuse une idée philosopbique, a
MY. Brown et Gilmore, on peut aisément se fi gurer la montrer la pensée cachée sous une apparence qui dégrandeur du coup porté ce jour-la a la langue fran~aise concerte les profanes, comme la lleur daos le bouton, a
convaincre ses auditeurs de la beauté et de la grandeur
daos notre ancienne colonie.
Daos l'historique de la Ga?.ette de Québec je troU1 e des dogmr.s et des préceptes de sa chere franc-ma~ouquelques extraits des numéros qui parurent en i704 et nerie.
Lisez les le~ons du frere Caucbois ; si elles ne vous
daos les années voisines de cette date.
Un de ces extra1ts renferme le programme d'un grand inspirent pas le désir de devemr lranc-ma~on, elles vous
divertissement donné par les Villugeoises ca11adien1ies, auront au moins appris ce que signifieot les acclamanouvelles sujettes de Sa Majesté britannique d'un cer- tions, les accolades, les batteries, les voyages, les épreutain canton de la province de Québec . 11 y aura co- ves, les mots de passe, les mots sacrés, les signes, les
médie, ballet et concert : les paroles de la comédie se- instruments: ce qu'enseignent les piliers, le plafond et
ront d'un sieur Lanoux, « célebre poete du Canada, )&gt; et les fenetres de la loge, les bijoux mobiles et les bijoux

.

immobiles, la pierre brute et la pierre cubique, les marches du temple, le pavé mosaiqne, l'étoilc llamboyante,
.
et bien d'autres chotes eneore, que vous ne serez pas
facbé de connaitre.
Je ne sais si le commandeur don Gama Machado
était franc-ma~on, mai~ personne n'entendit plus largement la liberté, l'égalité et la fraternité; il n'en voulat't
pas ~eulement entre les hommes, mais encore entre les
bommes et les animaux.
Le ciel me préserve de moissonner daos le champ de
mon voisin, je laisserai done M. Heurys vous apprendre
l'issul:) du proces intenté a la raisoo de don Gama Machado, mais ce qui n'est point du proces m'appartient,
et j'en use sans scrupule.
En l 824, le bon commaudeur eut 1:i. pensée de donner
son porti:ait a ses amis, et chargea un artiste portugais,
nommé O. A. de Sequeira, du soin de le faire.
J'ai sous les yeux un des exemplaires de la li thographie q11i fut tirée d'apres le dessin de M. de Sequeira.
~1. da Gama Machado est assis; il tieot daos ses hras un
chien et un mouton, asa droite, perché sur un ha.ton,
un corbeau le regarcle avec tendresse; a sa gauche est
assise une dame coilfée lres-baut, eogoncée daos une
collerette ruchée a trois rangs qui sort d'une robe montante, a manches plates et a petits gigot!-. Sur le doigt
de r.ette dame est posé un perroquet; Ull second mouton se pres$e contre ses genoux, et leve ver~ M. de
[\fachado des regards plus éluquents encore que ceux du
corbeau.
Je ne saurais vous dire ce qu'il y a de bonté, de douceur, de sensibilité, comme on disait alors, sur le visage
du Commandeur, de la dame, du chien, du corheau,des
moutons et du perroquet. On s'étonne de ne pas Jire au
has de la litbograpbie ces mots : l'Hetweuse Famille.
Juge, je n'aurais jamais eu le courage de troubler un
bonbeur si por en brisant letestamentdu Commandeur;
et puis c'était de folie qu'il s'agissait dans !'affaire, et
ils ont tous l'air si raisonnable, meme les hetes ! ·
L'alJ!our des animaux ·et des peti ts oiseaux, voila ce
qui consola la vieillesse d'un homme a qui beaucoup de
ceux qui ont entendu parler de luí n'auraient pas supposé, sans doute, tant de tendresse d'ame pour les innocentes créatures du bon Dieu.
Daos un livre qu'un conteur de grand talent vient d'écrire sur son lit de do1.leur, et ou vous trouverez toute la
helle humeur, d'une florissante santé, dans les Duels et
duel/istcs de M. H.oger dr. Bea11voir, ou vous verrez passer devant vous, l'épée ou le pistolet a la main, le dnc de
Richelieu, Sainte-Foix, Lacios, Mm• de Nehle et Mm• de
Polignac, Fleury, Martainv1lle, Cbodruc-Duclos, Fayot,
Uesmoulins, Choquart et heaucoup de leurs partenaires
moins illustres, vous ne lirez p:is sans surprise peutelre, que le trop heureux adversaire du jeune SaintMarcelin, dont la mort fit tant de hruit a Paris, est vivant encore. Il y a· de ces noms qui ont eu leur jour de
céléhrité et qui disparaissent soudain; on croit que c'est
la tombe qui les a pris, et l'on est tout étonné de s'apercevoir que ce n'est qne l'oubli.
Grace a M. Roger de Beauvoir, nous savons maintenant que M. Fayot habite un anci~ chatean a Villeneuve-lez-Avignon.
« Le propriétaire de ce manoir,ditM.·Roger de Beauvoir, a cbez lui des autruches, des cerfs, des chamois,
uhe foule d'animaux vivants qui hondissent au milieu
d'un pare coupé de ruines et d'eaux vives. Ces ruines
ont pour festons nat1Jrels des figuiers, des capriers tordant leurs hras noueux sous un ciel torride ... Arrivé a
cet age ou l'on ne vit plus guere que par les souvenirs,
Fayot s'est fait une amie dr la solitude; il ne veui voir
personne et v:t comme un véritable ermite. Une dame
lui fait la lecture, et cett&amp;providence vivan te de sa cécité
lui en allége le chagrín. Possesseur de pluR de vingt
mille livres de rentes, il pent faire le bien, et il le fait;
son p·lus grand bonheur est de donner.
« En revanche, son plus grand regret est de ne plus
voir les eiseaux de sa voliere.
-Je ne les vais plus, disa1t-il récemment encore aun
ami, mais je les reconnais a leur chant.
Fayot, le terrible tireur, et le doux commaodeur da
Gama Machado, se réunissant dans le commun amour
des petits oiseaux; n'est-ce point étrange?

I

, A cbacun sa fantaisie. M. l)el..., qur a récemment
acheté 70,000 fr. le Mil huit cent quatofze de M. Meis-

�L'ILLll STl1ATI ON , JO URNAL UNlVEBSEL.

36

L' ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
sonier, vient d'avoir celle de faire
peindre son portrait par le grand
maitre de l'infiniment petit; je le
comprends a merveille, et c'est une
meilleure idée que celle de collectionner des boutons d'uniforme: une
manie dont je me garderais bien
d'ai\leurs de dire du [mal, puisqu'elle a rendu d'honnetes gens
tres-heureux. M. Del. .. payera sa
fantaisie 25,000 fr., ce n'est ríen;
car jusqu'ici, je ne sais qu'un seul
particulier qui puisse se vanler d'av.oir son portrait de la main de
M. Meissonier. Si l'artiste veut bien
ne pas trop hausser ses prix, la
mode en viendra bien vite.
Une mode nouvelle en pleine floraison, c'est celle des belles feuilles.
Nos jardiniers cherchent saos
doute encore a perfectionner_les roses et les cactus, mais pour le moment c'est aux feuilles surtout qu'ils
appliquent leur génie. J'en ai vu
hier d'admirables a l'exposition
d'horticulture de larue de Grenelle;
les unes avaient drs reflets de pourpre, d'autres des reflets d'argent;
quelques-unes étaient d11 velours,
d'autres du satín; il avait neigé sur
celles-ci, il avait plu des émeraudes
sur celles-la; et les formes les plus
nobles, les plus élégantes, les plus
majestueuses ! De vraies feuilles
pour les duchesses et les princesses,
qui s'étioleraient daos un intérieur
bourgeois ct¡que i'air d'une boutique tuerait net.

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Ce n'était point a~sez de Tartuffe auThéatre-Déjazet et au théatre de la Porte SainHlartin, il a
débuté l'autresoir au théatre Saint-

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SALON DE 1864: Ll! LIVRl! 01! RUTII (La Bihle). - Tableau de M. J . Pauvrlol. -

(Voir page 38.)

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CO!IP DF 11l~T OANS LES PLANES D'.H f'A( Sahara). - TablMu de 11 Eug. Promruliu . -

"

'

(Voir p~if 2i).

37
Pierre : ce gaillard-la ne se refuse
ríen.
Une nouveauté pour l'automne
ou pour le printemps procbain :
le Théatre-Lyrique jouerait un
drame en vers, melé de cbant, ele
M. _Legouvé; l'ouvrage a pour litre : les Deux Reines. 1ri1"• Ristori
étudie le principal role.
Mais le printemps prochain est
loin de nous, parlons des choses
de dcmain.
On va représenter sur le théatrc
crEms, q1Je dirige M. Briguiboul,
le frere du peintrc dont les reuvres ont été fort remarquées aux
dcrniercs expositions, deux opércttes de MM. Nuitter et Tréfcu, musique de M. Offenbach : Jeanne q•J.i
pleure et Jean qui rit, et le Soldat
magicien.
MM. Nuitter et Tréteu ne prétendent poiot du tout avoir inventé le sujet du soldat musicien.
L'un d'eux a bien voulu m'apprenclre, avec une modestie cbarmante,
qu'on le voit poindre _pour ' la premicre fois •dans un intermedc joué
par la troupe espagnole qui vint
en France sous Louis XIII. Poisson
fit plus tard les Fous dive11tissants,
ou Dancourt prit son Bon soldat,
d'ou Anseaurnf:, en 1760, tira le
Soldat magicien. La vieille intrigue
espagnole parut depuis quatre ou
cinq fois, sous de¡ costumes dil'Crs,
au Vauclevillc, aux Variétés et aillcurs; et lorsqu'on ·parla pour la
premicre fois clu Soldat magicien de
AIM. Nuitter et Tréfcu, MM. Adcnis
ot Leuven annoncereut aussitut
daos les journaux qu'ils avaient un
Soldat magicien en portefeuille.
Tant mieux, vraiment; une fable

�.38

J,'ILLUSTR .\Ti0N, JO T:RNAL lj NIVER~EL.

L' ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

- - - - - - - -- - - - - - - -- - -- - - - - - - - - - ----tifique. Ce qui est en premiere ligne, oe sont les condi-

qui séduit tant d'auteurs doit étre excellente, et le Pannunkey, avec mission de gagner Gordonsville et
tions du pittore~que. 11 importe peu de savoir si le style
MM. Nuitter et Tréfeu sont gens a l'accommoder de la Charlottesville, pour se rallier au général Hunter. C'est
done bien, comme je vous le disais, un immense mouvc- de l'architccture est celui de l'époque de la dix-huitieme
bonne fagon.
ment concrntrique qui tend a investir complétement Lee dynastie ou de· la vingt-sixicme, si les costumes sont du
temps de Sésostris ou de celui de Psammétichus; mais
On pourra déclamcr, chanter et danser mille aris en- et Rir.hmond.
De part et d'autre, l'énergie ne faiblit pas un seul ce qui serait a désirer, ce serait que les figures princore sur le sujet de Némt'a, le nouve,au ballet de l'Ocipales, celles des dan¡mses, fussent d'un dessin plus
péra, saos risqucr de l'épni,~r. L'amour vengé ! que instant. S'il le fant, nous ferons des efforts surh11mains;
•
correct et d'un mouvement moins disgracieux. -M. T1sde tiracles, de roulades et d'entrechats il faudrait pour mai~ il faut qne nous l'emportions, et nous l'emporterons.
sor
avait attiré l'attention, aux deux avant-dernieres exStevens, le vice-président du Sud, di~ait derniere mettre hors de service un si riche theme !
positions,
par des peiotures de style archa"ique dans la
Nous avions eu des ballet, fran~ais, des hallet• na- meút dans un discours : &lt;&lt; Le negre n'est pas l'égal du
maniere
de~
premiers maitres allemands et vértitiens de
politains, des ballets belges ; le temps était bien ven u ,&gt; blanc, et l'esclavage, sujétion a une race supéricure,•
la
Renaissance.
Cette année, il a renoncé, et il a hien
d'un ballet hongrois. Et puis, on avait Mil• Mourawief, 1, est la condition morale et naturelle du negre. No.tre
fait,
a
ce
mode.
conventioonel
de peindre en vieux; il est
,1 gouvernement est le premier dans l'histoire du monde
et la Russie n·est pas loin de la Hongrie.
entré dans la vie moderne, mais en conservant une cer1,
qui
ait
pris
pour
base
fondamentale
de
son
o,ganisaPar Mourawielf, le général, dont je donnerai, tous
taine singularité qui coostitue l'originalité de sa males talents pour une pointe de sa gracieuse homonyme, 11 tion ce fait incontestablement vrai physiquement,
niere. On 'peut reprocher a son Portrait de M110 L. L. la
la Hongrie n·est point un pays aussi barbare que je me n philosophiquement, moraiement. »
confusion
optique qui existe entre la chevelure réelle et
Voila, 11 me sembl,,, une profession de foi hien forl'imaginais: il y a la le plus joli bois du monde. avec un
~on
reflet-dans
la glace, et a la couleur la dominante
ravissant petit temple dédié a Cupidou. Cupidoo, c'est melle. c·est contre de ,ernblables príncipes que nous
aigue
d
u
corsage
rouge. Daos le Portrait des dttt.:l! S11JUrs,
Mil• Fiocre, q11i ne dépare pas son bois, je vous as- combattons.
011
il
a
associé
le
raysage
aux figures, une teinte généNe devo'us-nous pas avoir avec nous tous les gens de
sure. Et comme le~ paysans et les paysannes s'habillent
rale
verdatre
enveloppe
tous
les objets et se reflete sur
creur?
galamment en Hongrie !
les
robes
blancbes
et
sur
les
carnations.
On peut ne pas
Pour extrait: P. PAGET.
Agréez, etc.
La nouveauté de Néméu, c'est un air que chante
aimer cette coloration, mais on doit reconnaitre que le
Mil• Mourawief du bout de ses petits pieds mignons. Vous
jeune art1stc fait preuve, daos cet ouvrage, d'un senti."
vous rappelez, dan, un vieil opéra, la scene ou la chanment harmonieux et délicat des valeurs de tons dans
teuse fait écho a un rossignol; eh bien! M11 • Mourawief
une gamme sourde et liII!itée. Ces diverses transformajoue cette scene d'une fagon merveilleu~e; \'orche,tre
tions sont les indices d'un talent qui s'affirme, mais qui
parle, et die répcte l'orchestre sans manquer une note.
15• article).
héfite encore sor sa voie défioitive. - M. HAMON contiPas une mélodie, pas un trait, pas une fiorilure que ne
11 y a une qualité qui fait souveot, dfl nos jours, dé· nue a poursuivre celle de la fantaisie, parfois alambimiment ces pieds-fées. Un vieux monsieur sourd, qui les
quée, ou il a établi son domaine. Son Av.rore n'a aucune
avait regardés avec beaucoup rl'attention, chantait l'air faut au talent, c'est la sincérité. La concurrence et le
espece
de parenté avec l'Anrore aux doigts de rose du
désir d'attirer les regards et de les étonner entrainent
tres-correctement au sortir de la répétition générale.
vieil Homere; c'est une jeune filie matinale, sort.ant de
lrs
arlistes
a
faire
des
choses
exagérées,
excessives,
a
reMil• Fiocre ne danse guere, mais elle n'en a pas
cbercher des données singulieres et bizarres. Daos cette ~a couche et retenant sa cheroise d'une main, les pieds
moins un succes qui doit réjouir Phidias.
nus posés sur une feuille de chou et buvant la rosée
Le lendemain du jour de la premiere représentation, rnauvaise direction, les uns faussent leur talent; les audans
les clocheJ,tes d'un convolvulus, le tout enveloppé
on a trouvé, écrits sur la porte du Musée des Aotiques, tres, µayant d'audace, se font une originalité de leur
d'une
teinte aéi:ienne. Un charmant meu~onge ! - Le
impuissance meme. L'épreuve réussit toujours dans une
les cinq vers que voici:
contraste
le plus violeot a opposer a cette évanouissante
certainc mesure; le public se laisse surpren&lt;lre; et une
peinture,
e'est l'éblouissante toile 011 M. MoNGINor a
critique amie, acclamant les novateurs, malmenant leR
Dianes et V6nus et chaque déité
peint
d'une
si vive couleur Pierrotenfant, mordant dans
Que dans le blanc Paros sculpta l'antiquité,
bour¡;cois, souticnt qne le laicl, c'est le beau, et que les
une
grenade
et 'JYT'ÍS sur le fuit de gourmandise par ArleVous dont J"hymne sublime ou l'ardent dithyrambe
teintes les plus criardcs c'est de la couleur. Cela réu~sit
quín.
Immortalisa la baaulti,
a faire de petites renommées éphémeres qui, aprcs un
Nous avo ns du, dans notre revue rapide et tres-limitée,
Allez voir l'Amour-Fiocre el voilez-vous ... la jambe.
retentissementd'un jour, tomberont demain dans l'oubli.
omettre
bierf des noms e! bien des ouvrages. Nous reLa n'est pas le ma.l; il est dans le trouhle -qui s'introX. FEYRNET.
g.r_
e
tt4lns,
entre autres, de ne pouvoir que citer la Venduit dans les idées, dans les imitateurs égar'és ,que de
rlange
a
Procicla,
de N. CuRzoN; les Nymphes au tombeau
fa!_).sses doctrines encouragent.
Le maitre des grandes audaces, peintre d'un talent d'Adonis, de M. GENDRON; le Repos et l'Épisode des gumes
réel; qu'il a le tort de forcer, M. Courbet, est, cette de la Pologne en 1863, de M. LAUGÉEj le Liwe de Ruth,
L'ARMÉ~'. FÉDÉRALE DKVANT RICIIMOND.
année, absent de. l'Exposition. - Un peintre nouveau de M. FAUVELEr, tablean plein de grace et de sentiment,
venu, M. MANET, qui était resté exilé, l'aonée derniere, que nous reproduisons dans ce numéro, et les petites
A.U DIRECTEUR. · '
Ncw-York, 15 jum.
dans les s·alles des refusé~, a eu, cette année, deux ou- scenes rle MM. Fm,RE, F1caEL, PARGELAs, etc., etc. ·
Le gouvernement des États confédérés d'Amérique a vrages admis au Salon: Daos l'Episodt d'une course de
PAVSAGE,
montré une grande babileté en choisissant Richmond tau!'eaux, Il0US ne saurions voir que la hardiesse de
mettre
du
noir
sur
du
jaune.
Dans
le
tableau
des
Anges
pour capitale. JI ne pouvait pas trouver une ville dont
Le PAYSAGE est le geore de peinture qui envahit dt.
la défense fut plus facile. La vue a vol d'oiseau que je au tombeau du Christ, _on ne remarque que l'abus d11
jour
en jour davantage nos expositioos. Pour le nombre
vous envoie vous en convaincra. Le pays environnant noir et de la laideur. Quels q11'aient élé ces débuts, le
des
muvres
produites, il passe meme avant le GENRE. Si
est boisé, d'une nalure inégale, couvert d'ondulations nom de M. j1anet a surgi de la foule; c'est une bonne· l'on se reporte par la pensée a ce qu'était le paysage
et de ravins, traversé de rivicres et de ruisseaux sans fortuoe qu'il doit s'efforcer dorénavant de justifier par tlans les premieres années de la Resta11ration, lorsqu·¡¡
nombre. Chac1m de ces obstacles peut de,enir, a l'oc- des muvres étudiées et moins incorrectes. - M. LAMllRON
cherche toujours les rnjets excentriques. Tel était, cette n'était, pour ainsi dire, qu'un tbeme classique de com•
. ca$ion, un retranchement. un point de résistance.
posilion conventionnelle, lorsqu'on n'avait pour princi•
Oeux lignes de chemin de fer, !'une allant vers le annce, celui de son tablean intitulé Déception, 011 l'on
paux· peintres du paysage champetre que Demarne et
voyait
un
jeune
homme
cos~umé
en
polichinelle,
s'apnord de Richmond a Frédéricksburg; l'autre, le Virginia
ses paysanneries de la banlieue, Jolivard, Watelet ...,
puyant
la
tele,
en
désespéré,
contre
un
arbre
et
froisCentral liailway, se dirigeaot al'ouest, peuvent rendre les
r¡uelle pénurie alors et quelle ahondance aujourd'hui !
communicatioos et les approvisionoements faciles. De saot la letlre d'une infidele qui tui signifie qu'il peut
n
offre également une inépnisable variété d'aspects. Le
plus, le général Lee, maitre depuis trois ans de cette l'attendre sous· l'orme tant qu'il voudra, mais qu'elle
paysa¡re
de style, le paysage poétique et idéal, a encore
partie de la Virginie, en connaissant a fond l'importance ne se soucie ni de lui ni du beau bouquet qu'il lui
quelques
adeptes; mais la tendance génér¡tle est au
stratégique, avait construit des forteresses rlans le~ en•• destinait et qu'on aper~oit la déposé sur un banc.
réalisme,
et
trop fréquemment a un réalisme étroit, apdroits propices : !'une sur le Rapidan, l'autre sur le. Triste journée de carnaval! Cette douleur demipauvri
et
mesquin.
11 semble que d'etre réaliste, cela
Mine-Run, une aulre a Spotsylvania, une encore s11r les comique a trouvé le public un peu indifférent. dispense,
non
pas
seulement
de coll}poser, mais de dis•
deux brancbes de la riviere Anna; une derniere, enfin, Sa curiosité a été excitée par l'aspect singulier et l'a.pposer
des
plans,
de
choisir
un
site ou les Iignes se compareil archéologique du tablean de M. ALMA-TADENA,
a quatre· milles de Richmond.
binent
d'une
maniere
harmonieuse,
oules masses se baMalgré tant d'obstacles, le général Grant, au prix de éleve de M. Leys, les Égyptiens de la XVIlI" dynastie, ce
lan
cent
beureusement;
que
cela
autorise
une exécution
grands sacrifices, de combats incessants il est vrai, a tableau avait été, dit-on, exposé l'année derniere a Brulachée, qui supprime l'étnde de la forme, les détails du
xelles,
sous
cette
désigoation
:
Comment
les
Egyptiens
avancé, et de ses retr.anchements actuels il peut voir la
rendu et ne dépasse pas l'improvisation de l'ébauche,
fumée 'l.es maisons de Richmond, qu'un seul combl!t s'amusaient il y a trois mille ans. En l'envoyant a París,
Aussi un tres-grand nombre des paysagP.s exposés sont
beureux fe:r'a tomber en sa puissance. 11 entoure Lee et l'artiste lui a donné un titre plus grave et qui a une apmoins des tableaux que des esquisses, des impressioos,
son armée d'un cercle de fer; Mearle, Butler, Sheridan, parence scientifique, comme s'il s'agissait d'un mémoire
des
souvenirs de paysages. La•tache, aiosi réduite, ei4
Hunter, les vaillants lieutenants de Grant, tiennent la présenté a l'Académie des inscriptions. 11 y a, dans cette
rendue
plus facile encore par le systeme de colorís neucampagne tout autour de la ville; ils. ont coupé les eomposition, une recherche et une étude curieuses; l'étre
adopté.
C'e~t presque exclusivement dans la gamme
lignes de chemin de fer, et intercepté ainsi les ap- rudition archaique qui y est mise en reuvre est-elle de
du
gris,
favorable
a l'harmonie, que s'exécutent aujourprovisionnements des sécessionnis\es, tandis que les bon aloi? C'est ce qu'un savantégyptologue seul pourrait d'hui nos peintures de paysages. Dans l'école qui a proleurs se font tbujours avec une regularité parfaite, a dire. Peut-etre aussi pourrait-on contester la valeur
duit Claude Lorrain, on a peur des colorations chaudcs,
l'aide de leur flottille qui sillonnf les divers cours d'eau ethnographique des types 'des figures. Ces personnages
du soleil et de la lumiere, qui oUige a une certaine
du pays. Grant, fortement établi a l'ouest de la riviere sont-ils bien surs d'etre des Égyptiens? N'y a-t-il point
étude
des ombres portées. Toutefois, tel est le charme
Jame~, s'est formé comme deux ailes avec l'armée de parmi enx des Hottentots ou meme des Mohicans? Qúoi
de la nature, que l'on s'arrete avec intéret devant ces
qu'il
en
soit,
nous
n'attacbons,
quant
a
nous,
qu'une
Butler a l'oue:;t et celle de Hunter a l'est; rle plus, au
ouvrages impi:ovisés, devaut ces ébaucbes, qui en reti2nsud-est, Sheridan et sa nombreuse cavalerie ont passé importance secondaire a la question de précision scien-

strapassée 011 les valeurs de tons sont bien observées, fanée. A ce propos, me sera-t- il permis d'adresser un
- -----:--~~~~~==::::.:~~~;;,·--'
.,.
'd ·
vmu _ le vreu de tous les musiciens, - a
l'ar.mais ou le colorís est absent. Cette mam1:re se re

é ·
-nent quelque accent, qui en refletent quelque cót vi••
eule•
·s, dans la complete indé pen, danc,e d· _es r ". •
Yace. Et Pul
et de la tr"'•dition 011 s'est placé l'art auJourd hm, les m_·v1·dual1'te's se manifestent avec la var,iété la plus capr1dl
·euse,· ce qui est encore une cause d amus_ement_pour
¡
Cl
ur. Out.re la diversité des mamc_res, 1 Y .ª
·
le Spectate
_baiau "•si· ce lle qui provient des contrées. Autrefois, les.)m
tres du Paysage, et, pour ne citer que le _pl11s cefie ére
t , s,
dans le genre vrai et naH: Ruisdael, rcsta1ent con in
1e con r,ee,
ans
des
limites
tres-restreintes,
a
une
seu
t
t
et d
a une province, a une commune. Actue_lJem,en ''ce~
Arr
1
t I
· r c e_s
t desnon-seulemeut l'Europe tout entiere, mais
e
c'est
t'Asie
c'est
l'Amériqoe,
qm
,olJ.I'mss~n
qu '
'
· t L cbamp
scenes pittorcsques etétranges aux paysagis es.. e
.a
s'est done infioiment agraudi. L'école fran~a1se,
qui
seldorf les
our concurrents l'école alleman de de Dµs.t stes • 'ma1s
.
P
de nom breux ar .1 '
Belires,
les
Anglais,
compte
v
d
b b teté et de
elle s·enorgueillit peut-etre trop e so~ ~ 1 ,
son renom . elle se bercerait dans une 1lluswn facheuse,
si elle ne s;apercevait pas que de jour en jour elle se
· é·d
t
arque dans un coin plus retr. c1 u paysag~, e que,
·
h
ta s qua
P
dans son dédain, elle 1a1sse ec apper cer m~ ,. , b
t
longee 5 1ns
lités pittoresques, dont 1a sence rop pro
. crirait comme une !acune regn.ttable dans son bis-

m1,

,

M.

dans certains de ses ouvrages, a une sorte de peinture ch.1tecte qm· est cbargé de l'ope'rat1·on? Cette .salle de
• eom1que
· est cbarmante· ",. beaucoup d'égard~·,
monochrome, 011 ne dominent que le gris et le noir. 11 1'Opera, bº1en décoree,
, commocle,
cst hon de prémunir ·contre le danger ele l'imitation les bien coupée, bien e¡·1str1'buee,
d
él
·
t
t
t
'1
·s
avec
tous
ces
me
'ritcs, elle a
J. euoes paysairisles, que la réputation et le mérite e
egan e, e c., e c. Jl ai ,
v
d
·r
11
1
o·
d~s
chanteurs
qu'on
l'arliste ponrraient entrainer. - M. P,rnL HuEr, le repré- un e aut: e e repousse a. v IX c.
,
1 de
f
d
d
1
,.
d
·"
1
10·1
sentant de l'ancienne école romantique dans le pay~age, entend mieux au on e a sc1:ne, erri,;re ª
e
·· ¡oges. EIIe amor1·t
avait daos le salon d'bonneur, non Join du paysage de fond, qu'au balcon et aux premieres
1
M. Th. Rousseau, une vue prise dans te département de la sonorité de l'orchestre, et, en ce sens, e11 e n' ag1·t pas
.. ega
. 1e, s1. bº1en
l'lsere: Porte de la route d'Uriage a Vizille, peinture so- ~ur tous les instrumenl~ d' une mamere
.
donn é, que1 qu•·¡I so1·1, pro ·
lide et Jum·ineuse.
qu'un passage symphornque
'f. CABAT ava·1t exposé deux tableaux : Une heure dans duit un autre effet, et change pour ainsi dire de coulesJlbois, paysaire sombre, étoulfé, daos Jeque! se reflete leur, selon qu'on l'écoute d'en haut ou d'en has, de
•
· ?.
un sentiment v de la nature ,· l'autre, Souvenit' du lac de droite ou de gauche. A quo1• t1ennent
ces b.1zarreries
I
d.
Nlmi, 5cene calme, site imposant, et qui respire une cer . Je !'ignore, assurément. Mais ne serait-i pas esirable
taine grandeur a défaut de la vie •, on dirait, a voir cette que nos architectes prissent la peine de Ie cbereh.er ·?
•
¡e mi:me
, ¡our
·
touche du feuillage allourdie,qu'on estdans le voisinaa.,e
Le Théatre-Lyrique a fait sa cloture
que
du palais :le la Belle· au bois dormant. - Le Bois sacré, l'Opéra-Comique. On sait qu'il prend tous les ans deux
de M. FRAN~Ais, nous transporte en plein paysage poé- ou trois mois de vacances; apparemment, il s'en trouve
tique. Le peintre a voulu exprimer la luxuriante frai- bien .. Les villes d'eaux, en France et en Allemagne, s'cn
cheur de la végétation au printemps. On ne voit que la- trouvent mieux encore. Bade, Ems, Spa, Vicby, Bafi
1
verdure qu; verdoie,· d'une teinte un peu convention- gneres, etc., tirent un assez grand pro t des oisirs qu¡¡
•
nelle et d'un feuillé touché d'une maniere monotone : le Théatre--Lyrique fail a ses acteurs.
cela manque d'air, de profondeur et de vraie lumiere;
La Porte--Saint-Martin a tenu ses promesses. Arborant
toi~:~ petits table.aux de MM. CoRor et TRÉODORE Rou3 .. mais cela séduit par la suprerne élégance que l'artiste pour devise la liberté des théatres, inscrite en vedette sur
sEAu, placés daos le $alon d'honneur a peu de distance sait répandre sur ses ouvrages. - Un Souvenir du Duu- son affiche, ce théalre a inauguré le Dlois de juillel par
!'un de l'autre, peuvent servir a caractériser tout a la phiné, paysage oomposé, de M. BELLor, est un petit pay- la représentation du Barbier de Séville, qu'a suivie, Je
fois et le charme c¡u'on trouve dans certains paysagistes sage de style classique, dont le dessio est également élé- lendemain, celle de Norma. Le succes de cette douhle
de notre école, et les ]acunes treo-sensibles qu'accusent gant, et qui est tres-finement exécuté.
tentative a réalisé ou dépassé toutes les espérances. Les
le choix de leur colorís et le procédé de leur exéeution.
Deux jolies toiles de M. ANAST.ASI: Terrasse de la villa habitués du lieu ont fait, a Rossini commc a Bellini,
Le Souvenir de Mortefontaine, de M. CoRor, est un reve Pnmphili a Rome et Aqueducs de Claude, camragne ro- l'accueil le pltJs chaleureux, le plus sympatbique. Eux
de fraicheur matiµale. C'est vague comme un souvenir; maine, sont des souvenirs de $00 réceut séjour en Italie. que l'on croyait si complétement inféodés au mélodrame,
cela n'est pas fait, c'est entrevu; c'est une impression, M. AcnENBACH, de l'école de Dussedorf, a exposé, cette si affamés de prose emphatique, si friands de coup$ de
I
et elle est charmante. - Lé tableau de M. TRÉODORE aonée, des ouvrages moins importants que ceux qu'il poignard Fiez-vous done au public ! Ces grands déveRoussEAu, Chaumieres sous les arbres, est d'une tonalité avait envoyés aux avant-derniers Salons. Mais il y a un loppements de l'art italien, qu'a l'Opéra-Comique on
aussi vigoureuse que celle du tablean de M. Corot est ton fin etharmonieux daos sa vue de Rome, prise du Mo- proscrirait comme nuisant al'action, n'out pas le moins
faiLle. La sombre intensité du vert feuillage des arbres nument de Crecilia Mete/la. - La Vue de la villP. de Crevil- du monde effrayé les auditeurs du boulevard. J'y ai vu
est puissamment saisie par l'artiste. C'est un aspect dé- lente (Espagne), de M. BALFOURJER, est une bonne et so- applaudir des morceaux de N(Jf'fTla, exécutés intégralepourvu de variété, mais dont la moootonie voulue, dont lide peinture, a laqnelle ou peut reprocher un faire uo ment, et qu'au Théatre-Lyrique on avait raccourcis par
la forte unité s'impose a l'attention, et empeche de sen- peu lourd. - Les Rochers sur le Doubs sont exécutés (a prud.ence, les jugeant trop longs. Le croira-t-on? C'étir les délauts provenant de l'insuffisance et de la lour- chaux et a sable) par M. BAvoux, avec une apreté d'aspect taient les spectateurs des petites places qui mootraient
deur de la facture. Ces deux petits tableaux ne soot pas qui rappelle complétementla maniere de M. Courbet, dont la satisfaction la plus vive. C'est du parterre et des
des ouvrages acbevés et qu'on puis·se, dans un concours on croirait qu'il est l'éleve, tandis qu'il sort de l'atelier de étages Supérieurs que partaient surtout les applaudisseuniversel, donner comme de!' spécimcns de la valeur M. Picot ! - L·Embouc\ure de l'Elorn (Finistere) est un ·ments et les acclamations.
des paysagistes frangais; mais ils offrent l'un et l'autre site bien pris, rendu avec vérité par M. BERNJER, dans
II faut ajouter que l'exécution de ce§ deux ouvrages a
un vif intérct par leur accord individue l. La critique ce malheureux ton gris qui est la livrée ordinaire-de été tres-soignée, et généralement tres-satisfaisante.
s'est divisée dans l'appréciation d'un autre tableau· de notre école. -M. CAsrAN, éleve de Cal ame, a un sentiment M. Capoul, eogagé temporairement a la Porte -SaintM. Th. Rousseau, le Village.; les uns y ont vu &lt;&lt; un des agréable du paysage, choisit ou dispose bien ses sites, Martín, grace a la clóture de l'Opéra-Comique, charite
tableau:x les plus remarquables du Salon, » les autres y dºun ton cla1r et assez juste au premier aspect : seule- fort agréablement le róle du comte Almaviva. Le réperont vu &lt;&lt; une triste défaillance de son talent. ,1 Quand ment sa couleur Jluide et sou procédé, qui couvre a toire fran~ais ne luí laisse guere montrer que la fraila critique en vienta des appréciations aussi diamétrale- peine la toile d'un léger frottis, ótent de la solidité a sa cheur etle timbre velouté de sa voix. Le style brillant de
· ment opposées, il semble qu'el\e ferait aussi bien d'ab- peinture.
Rossini luí a permis d'en faire apprécier !'agilité facile
11
diquer et de laisser le public a son sentiment naturel.
M-. CÉSAR nE Coc.x cherche a transporter dans ses toiles et correcte. M • Balbi a beaucoup de grace, 1Jn char-·
Quant a nous, qui trouvons le Village une peinture l'bumide fraicheur de la végétation de la Belgique; la mant minois, un organe dont la sonorité !impide, l'émisfausse de ton, d'nn coloris maladif, d'uneexécution pau- toucb1; ronde de son feuillé est monotone, et il s'aban•· sion naturelle, la légereté, la souplesse conviennenl
vre, enfantine et laborieuse, nous cherchons vainement donne aussi aux Iicences de l'improvisalion. Que d'ébau- merveilleusement a la musique bouffe." Dans Norma, le
comment ce qui est pour nous une aberration de gout ches et d'études a la place de tableaux ! - CP. sont deux róle principal est rempli par Mm• Écarlat-Geismar, dont
d'un artiste de talent, est pour d'autres une muvre hors excellents paysages, dans des genres rlifférents, que la la voix étendue a quelques défauts. Son médium est un
ligne et transcendante. Cette incertitude des jugements Vue du 1'ibre, prisede l'AcquaAcetosa,campagne deRome, peu voilé, mais son registre grave a de l'énergie, et ses
et ces contradictions, qui malheureusementse reprodui- de M. LANouE, qui a été reproduite par 1'11/ustration, et notes élevées ont beaucoup d'éclat. E.Je prononce avec
sent trop souvent, attristent, sans les troubler, les der- que la Mare dans les clairs chenes (Moselle), de M. M1cnEL¡ une netteté parfaite. Elle vocalise a merveille. Elle a du
niers moments ou nous tenons ici la plume de cri · les dernieres clartés du soir s'y relletent, ét des bérons, style, de l'expression, de J'ampleur. Mm• Ismael joue
tique.
s'abattant sur ses bords, y cberchent leur ¡::ite pour la et chante fort bien le role d' Adalgise. M. Pieot (Pollion)
M. ClllNTREtnL a le tort de vouloir saisir des effets pas- nuit: se/me paisible, bien comprise et d'un effet barmo- est possesseur d'une tres-bon ne voix de ténor, franche,
sagers et insaisissables. Un pré; l11 soleil chasse le brouil- nieux. - Nous avons du errer un peu au hasard dans sonore, étendue. On voudrait seulement qu'elle fut un
lara, est un effet de ce genre. Le peintre a mis toute son I'énumération des dernlers ouvrages que . nous venons peu mieiu posée. Mais six mois d'un travail sérieux lui
industrie pour traduire ,un aspect qui l'avait frappé au de parcourir. Nous laissons forcémlnt bors du cadre de suffiraient pour acquérir ce quilui manque. L'orchestre
passage. ll est impossible de donner un éclat plus vif notre revue une quantité considérable de paysages plus ne parait pas renfermer des solistes de premier ordre;
qu'il ne l'a fait a'ia verdure, opposé aux tons gris de cen- ou moins intéressants et dignes d'etre signalés. :Mais ici il a de l'ensemble, il observe bien les nuances, il soudre, lourds, étouffés du ciel et du reste du paysage, en- l'ahondance est telle et l'habileté, un certain ensemble tient les voix sans les écraser, sans les gener. Son chef,
vahis par le brouillard. Cette éclaircie, ce coup de soleil de qualités moyennes, sont si généralement répandus, dont je ne saurais dire le nom, est évidemment un
sur la prairie, est une véritable illumination qui agace la que le compte-rendu des paysages exposés au Salon dé- bomme de mérite, auquel on ne peut reprocher qu'une
vue. Cela est plus curieux qu'agréable. L'art a voulu passerait les limites d'un article de journal et deviendrait ten dance a ralentir les mouvements qui altere parfois le
surprendre la nature et lutter de trop pres avec elle; il un livre, si on voulait le faire complet.
caractere des morceaux, en affaiblit l'expression. Au
a été vaincu. - M. MAZON a le sentiment et l'entente de
A• ·¡ • DU pAYS.
Théatre-Lyrique, on a joué presque tout l'opéra de Norla lumiere; c'est la ce qui donne de la valeur a ses payma trop vite : a la Porte-Saint-Martín, on le joue trop,
sages : les Bor~ du Taven, Soleil levant et Novembre.
lentement. De ces deux défauts contraires, c'est encore
Mais il a un procédé égal et monotoue, et la naturc,
le dernier qui fait, daos une partition, le moins de
qu'il se propose au~si de serrer de pres, n'en a pas. Sa
CDRONIQUE MUSIC.&amp;LE.
dégats.
toucbe a de la maigreur; il semble que les chenilles
La Porte-Saint-Martin tend a devenir un tbéatre a
aient en partie grignolé sa verdure. - Nous nous récuseL'Opéra-Comique est fermé pour un mois au moins. plusieurs faces, comme les théatres de provinee. Tar- .
rions volontiers en présence des tableaux de M. DAua1GNY, On fait a l'édifice des réparations que les gens de l'art, tuffe et l'Aváre accompagnent le Barbier de Seville et
comme nous serions disposé a le faire devant certaines du11ent consultés, ont déclarées nécessaires. On profi- Norma. :Mais c'est a mon spirituel · collaborateur, M. de
peintures de M. Tb. Rousseau. Nous n'y voyons que des tera de l'occasion,selon toute apparence, pour restaurer, Belloy, qu'il appartient de juger cette incursion un peu
ébauches, des études largement brossées, d'une touche nettoyer la salle et ra(raWair sa toilette, passablement bardie sur les terres de la Coméwe-Fran~ise.
V

�Toujours e~t-il que Norma, l:l Norma de Bellini, reuvre
écrite jadis ponr W00 PaHa, et qui, par conséquent, réunit toutes les difficultés de l'exécution vocale, vient d'etre
chantée impromptu, pour ain~i dire, dans nn élablissement
dramatique ou, au point de vue musical, tout . était a
créer; •que celte entreprise, qui semblait d'avance fort
téméraire, et au succcs de laquclle on ne pouvait croire,
a ¡,leinement réussi; q11e
l'orcheslre, Lrcs-suffisant,
des aujourd'hui, ne peut
manquer de s'améliorer rapidement, que le chreur
manreuvre aYec une préc,sion et un entrain rem:irquables, que1e'premier
rule est rempli par une
cantatrice de beaucoup de
talent que persoone a Paris ne coonaissait, et le second par une artiste qui,
de son coté, n'est pas saos
mérite, et que cette exécution esl, dans son ensemble, supérieure de plusieurs ~
degrés iL ce que l'on avait
Yu, quinze jours auparavant_. au Théátre\-Lyriq11e,
Jeque! est impérial et subv :ntioooé. Sur ce qu'a produit, du premier coup, la
liberté des théatres, 011
peut facilement juger de
ce qu'elle produira par la 1_
suite, et de l'impulsion que · ,_l'art en recevra.
~
M. JulesCohen avait don- ~ ·
né, il y a trois ans, je crois,
au Théatre - Frao~ais, le~
chreurs d'Atl11lie. Les
chreurs d'Esther vienuent
d'avoir leur tour. Des élcves du Conservatoire soot
chargées de l'exécution.
Comme dans Athalie,
~r. Ju les Cohen a cru devoir
leur adjoindre quelqucs
élcves masculios, afio d'avoir des ténors et de,
bas~es-tllilles. On pouvait,
ii. la rigueur, admeltre de~
léYites dans Atltalie. lis y
ont mcme été indiqués par
le p~cte:
0

1

.

1

dis¡,osition augmente la sonorité, j'en conviens. Mais ce
développement de sonorité ét:lit pcu nécessaire, et ces
grands cris poussés dans le palais d'Assuérus ressemblent beiucoup a un contre-sens.
Un chreur it l'uoisson n'est plus un chccur. C'est un air
clt:rnté par une voix gigantcsque. Cela permet d'augmenler
proportionnellement les forces de l'orchestre, de mettre en

citer le premier vers, - qui a beaucoup de grace. Tous,
le systcme une fois admis, - sont bien écrits, et l'insnon.
trumentation qui les accl&gt;mpagne est parfois tres-distinll est certain qu' au tbéatre, et dans certaines ci
s¡ Molte-Houdart a dit, dans un ve'.s célebre, ce qui guée. Enfio, si le nouvel ouvrage de M. J. Coben ne vaut
ces données, un chreur a l'unisson peut produire
quit un jour de l'uniíormité.
, ,. . .
cffet dramatique. Le finale du Barbier de Séville, ¡ , n peut aJ·outer, sans etre accuse d mJust1ce, que ,les pas cette jolie partition : Maítre Claude, qu'il nous a
donnée il y a deux ans, il n'est pas ahsolument saos mé•des bardes dans la Dona del Lago, celui des gonda
mes mélodiques de M. Coben, pour la plupart,. ~ ~- ritc, et l'on voit que l'auteur fera beaucoup mieu1
la Gazza ladra, celui des conjurés &lt;lans le C icnt pas un accent assez vif, un rhythme assez decide,

a aimer le fracas,

sans doute pour s'accoutumer e, de substituer J'uniformité a la variété des corobinai-

..,...

CIRCASSIENS EN EXIL,

[ moi les accords ....

111

ses si bémols, ont une sonorité vigoureuse, éclatante. 11
parait en avoir abusé. C'est ce que font aujourd'hui tous
les ténors. Le médium de sa voix est lourd et n'a plus de
timbre. D'nilleurs, acteur assez froid, et inr.apable de
suivre ~leyerbeer daos ces élans de passion draroatique qui
furent le plus beau coté de son génie, M. Morere fait sonner la note, mais il n'exprime qu'a moitié le sentiment.
Qui nous rendra jamais
Adolphe Nourrit dans ce
role de Robert?
On a coupé, daos le cinquieme acte, le commencement de la seconde sccne, oti l'orgue prie, ou le
chreur glorifie la Providence. Ce qui se disait
deux fois ne se dit plus
qu'une seule,et le bel effet
que produisaitjadis le morceau est diminué de plus
tle moitié. On l'entendait
d'abord isolément. Puis,
quand on le connaissait
bien, on l'entendait denouveau derriere le dialogue
de Bertram et de Robert.
La sensation profonde que
faisait naitre la seconde
reprise avait été préparée
par la premiere. Mais qui
comprend encore, aujourd'bui, le grand art .' des
préparations ? En coupant
les reprises on abrége le
spectacle, et c'est le poínt
imporlant. On ~e soucie
peu de finir plus t,Jt, mais
on tienta commeocer plus
tard, afin que les gens
comme il faut et les belles
dames qui dinent iJ. sept
heures aient le temps d'arriver. On n'y gagnera rien.
Les belles dames arriveront toujours trop tard.
Autrement, leur entrée
ne serait point rcmarquée.
G. füourr.r.

Lea

Lévites, de vos sons pretez-

Cette fantaisie s'cxplique
moins dans Esther. Des la
premicre scene, la reine dit
qu'elle a réuni pres d'elle,
dans son palais, c'est••adire dans celui du roi de
Persc, les filies des meillcut es familles juives,
qu'elle y assure un asile a
leur faiblesse et a leur innor,ence, et l'on voít assez
clairemeot qu'elle s'occupe
de leur éducation commc
M de Maintenon de cclle
des élcves de Saint-Cyr.
Comprcnrl-on l'intrdduction
et le srjour d'une &lt;louzainc
dejeunr,s gaillards &lt;lans ce
pensionnat? ?\e sait-on pas
d'aílleurs que le h.:irem desrois de l'Asie était, des
cettc époque, soumis aux
mcmes lois qu'aujourd'hui •/
Esther ne dit-elle pas a chaque instant « Mes filies,,. it
ce trou¡,eau de jeunes jouveneelles? M. Cohcn ne peut
mcme alléguer ici, pour excuse, les nécessités de l'harm~nie, puis~u'il a éctit tous ses chreurs a l'trnísson. Les
YOLX 1~ascnhn:s _d?nnenl invariablement, ou peu s'en
faut, 1octave rnfcr1eur du chant des jeunes filies. Cette

4i

L'ILl.,USTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JOURN.\L UNIVEilSEL.

40

AU DIRECTEUR,

•

ETIERI! D'ERZEROUJ. -

I

jeu símull,inémc;it les tromprltl~, lrs tromLune,, les pe- Egitto, en sont d'illustres exemples, et j'en pou
tites Otiles, les timbales, le~ tarnbours, tous les instru- bien d'autres. Mais ce procédé ne s·esl employé j
ments percants et contondants. On fait ainsi un bruit for- qu'accidentellcmcnt. 11 était résené II M. Jules
mídable. Ce fut toujours un infaillible moycn &lt;le succes en de l'étendre iJ. toutes les parties d'uue reuvre de
France, et f en est un également en Italie, depuis q11e les haleine, de se priver systématiquemcnt des effets
Jtaliens, dont l'oreille était aatrefois si délicate, se sont mis iJU 1Jn contrepointiste hahile sait tirer de l'harm ·
1

.

D'apm un croquis rle Al T.

n caractere assez original pour se passer de l'intéret
ui résulte de l'agencement des parlies, du choix et de
'enchainement des accords.
Quelques moreeaux, néaumoins, sont vigoureusement
n~us, et produisent un assez bel effet, notamment au
econd acte. 11 y en a ~n, - je rcgrette de n'en pouvoir

quand il ne se laissera plus égarer par le gotit du para~
doxe et le parti pris.
M. Morere vient de reparaitre a l'Opéra, dont il était
éloigoé depuis quelques années. 11 y avait débuté, on doít
s'en souvenir, en sortant du Conservatoire. 11 y a de belles
note$ a l'extrémité snpéricure de sa voix. Ses sol, ses la,

La Gazette de .11foscou expi iquait dans un de ses
derniers numéros, avec unt
brutal e franchise, le systcme suivi par le gouvernement russe au Canease,
systcme dont la Pologne a
éprouvé déja les hienfaisants effets.
« On a essayé au Cau..
case, disait ce journal, de
tous les rnoyens : on a
cherché a attirer les montagnards par les faveurs,
p:ir les avantages commerciaux; on a augmenté ·Je
pouvoir de leurs princes,
on leur a donné le self-got·crnment : rien n'a r6ussi.
Alors on leur a dit : Vous
ne pouvez rester sur vos
rochers, dans vos forets, car des que nos armées s'éloigneraient, vous reprendriez les armes et la guerre recommencerait. 11 faut done vous disperscr aux quatre coins
du monde, et nous avons chassé les Circassiens de leurs
montagnes et de leurs íorets. ii
Les Circa~~ien~ ont préféré l'exil a la soumission a un

�L'ILLUSTRATION , JOURNAL UNIV"',.,,RSEL.
.
pouvoirqui leur était odieÚX. lis ont quitté leur patrie
et sont venus demander asile a la Turquie.
En ce moment, disent les correspondance~, ces malh¿ureux sont campés dans les environs de Trébizonde
d'Erzeroum, de Samsoun, de Batoun. A Samsoun il;
sont plus de cent_ mille agglomérés sur un méme p;int,
presquc sans abr1, dans la plus profonde misere, ne vivant que des secours et des vivres que leur fournit
Je gouvernemenl ottoman.
Mais ils supportent avec courage leur iníortune et espcrent trouver enfin, dans lcur nouvelle patrie, la paix
et le repos.

Pour extralt:

P. PAGET.

CAIUl,'!:;IIU ~ Dll&amp;liHTIQUL

Je n'ai pas perdu mon temps depuis~quinzejours : saos
~a~ler ~•une so'.xantaine· d'actes religieusement écoutés,
J a1 lu a peu pres tout ce qui s'est écrit sur la liherté des
théatres, musique a part, - et je suis encore émerveillé
non pas seulement de l'éloquence, de !'esprit, du bo~
s~ns ª;~e lesquels mes confreres ont traité cette question dehcate, m~is encore, et surtout, de la sagesse, de
la prudeuce qm, sur toute la ligne, _leur a dicté une
meme conclusion.
. Cette unanimité de la critique m'a ravi : elle était si
m1portante, si désirée, et elle est venue si a propos !
Car enfin, _on ~~ut bien l'avouer aujourd'hui, le public
com~~n~a1t as 1mpatienter devant les perpétuelles contrad1ct1ons de la presse. Telle picce portée aux nues
par un jouroal, un autre journal la promenait dans le
ruisseau'/•un troisieme feuilleton la déclarait intéres. sante, mais mal écrite; un quatrieme bien écrite· mais
ennuyeuse, et ainsi du reste.
'
_E_ncore un peu, et bien des gens se seraieut dit : o
~r1llque, tu n'es qu'un mol! Déja plusieurs, - car touJ~u~ .un excc~ mene a l'exces contraire, - déja pl11s1eurs regretta1ent ces ages de Corte discipline~ oü AriS•·
tote, chef d'orchestre, menait l'art a coups de ha.ton.
Plus modérés, ,d'autres rappelaient de leurs vroux ces
temps moins recalés oü la critique était partagée en
deux camps, ayant chacun pour devise : Hors d'ici point
de salol; ~ar, apres tout, se disait-on, mieux vaut la
guerre que l'anarchie.
, M~is, heureú:~ement, chez nous, l'anarchie n'est que
1acc1dent : touJours, pour y mettre fin, éclate a•propos
un_e, de ces grandes questions, comme cette liberté des
t~eatres, qu'il faudrait encore bénir, n'eut-elle d'autres
resultats que de coucilier lesesprits; et elle en aura lieaucoup d'autres, et de nombreux, et de féconds a en ju- ·
ger par l'échantillon qu'elle en donne des le débul. Que
ne _pas attendre, en effet, lorsque, mise sur la scllette,
fomllé~ dans son passé, questionnée sur son présent,
. !orturee sur son avenir, elle vient de forcer ses ju ges
a prononcer cet arrét aussi décisif qu'unanime : Qui vi-na verra.
Cela n'est pas long, comme vous le voyez, mais ce ne
son_t pas seulement les plus courtes folies qui sont les
me11leures. Court~s sentences ont aussi du bon, et je
Toas donne celle-ct comme le résumé de l'immense tranil d'élimination auquel j'ai soumis les feuilletons de
mes ~nfre~es, trav~il pénible s'il en fut, car vous jugez s JI m en a couté de réduire a trois mots tant de
ph:ases bien .faites, tant de traits piquants, d'images
brillantes, qw ont fait vos délices et les miennes tous
ces temps-ci.
Mais ~uoi ! les tleurs aussi, et les plus embaumées, on
les empile, on les écrase, on les réduit a un rien qui est
leur tout, pour obtenir la quintessence de leur arome
~e méme aassi en usez-vous avec les plus grands écri~
~ams, et les moins bons ne sont pas ceux qui, condensés,
tiennent le plus de place: - Que ~ais-je? - Trinque!
- Dans ces ~eux _mots, vous respirez tout Montaigne et
tout ~abela1s. Bien plus, vous y respirez tout l'esprit
fran?JS, de meme qu'en ce précieux : Qui vivra verra
le~uel n'est qu'une variante de Rabelais eLde Mon~

taigne.
N'~ttend.ez done pas que j'a;oute une seule note a ce
Nfram un1versel, une syllabe ace mot d'ordre qui m'est
d?,nn~ par °:1es chefs de file, par mes maitres en l'art
d ecn~ e!de Juger. -Dumaine a-t-il bienjoué Tartuffe?
- ~w y¡vra verra. - M11• Marquet-Elmire sera -t-elle
touJours aussi blonde a la Porte-Saint-Martin qu'a
l'Oüoll• - Qui '""" nrra. - Montdidier, dans l'Avar,,

fera-t-il oublier Provost? Le théatre Déjazet sera-t-il une
succursale ou une parodie du Théatre-Fran~ais? Moliere,
enfin, quand ses seringues auront jeté leur premier fea
,
.
'
ces 1a~euses sermgues toujours si applaudies aux représentat1ons gratuites, Moliere avec Don Juan et Je Mirnnthrope restera-t-iJ aussi gouté aux boulevards qu'il l'est
encore a la rue de Richelieu? Corneille et Racine, dans ce
mcme cm pire des boulevards, auront-ils bientot détroné
MM. d'Ennery et Auicet Bourgeois? - Qui vivra
verra.
Et Marivaux? Parlons un peu de Marivaux : est-il bien
vrai, comme on le dit, que Mm• Marie Laurent va débuttlr l'Ambigu dans l'Araminte des Fausse~ confi,dences?
Oh la! pour le coup, c'est une autre affaire : il ne s'auit
plus d'une a~préciation, mais d'un fait; aussi puis-je répoudre hard,ment que je n'en sais rien.
Et pui~que nous voila sur le chapitre des faits, j'en
P:o.6tera1 pour démentir quelques faux bruits, un surtout des plus facheux, a en juger par la mine allon"ée
0
de ceux qui le propageaient tiier encore.
Au fol espoir qu'on avait nourri de voir notre répertoire tragique livré a toutes les queues-rouges de París
et de ses baulieues, avait succédé la terreur d'un Cid
d'?n Polye:ucte, d'une Athalie, d'un Cinna, interprétés au;
Delassements-Comiques, a )'Alcazar, aux Bouffes-Parisiens, et que sais-je encore? par les tragédiens ordinaires ~e l'Odéon. Certes, l'Odéon est un théatre queje respecte, que j'aime, et qui se trouve en ce mo;nent admirablement dit;igé; un théatre qui, mieux que tout autre, a sa_raison d'étre ... la oü il est; mais j'avoue que la
perspect1ve de le rencontrer partout oü j'ai dit, n'était
pas des plus gaies pour les habituéR de ces lieux fo· la.tres.
Qu'ils se rassureut: c'est a tort qu'on a attribué aux
ac~~urs ch~rgés de l'interprétation de nos cla~siques .au
thcatre DéJazet, la qualité d'artistes du théatre de J'Odéon; auc•m artiste faisant partic de la troupe du second _ThJatre-Fran~ais n'est autorisé ajouer Je vieux réperto1re sur les autres scenes.
On avait parlé au~si d'artistes retirés de la ComédieFran~aise, comme dcvant faire a ce théatrc une sorte de
coucurrence. A leur grand honneur il n'en sera rien •
d'a!lleurs ,parce q~e, évidemment, ils ne s'y seraient ja~
ma1s pretes, ensmte parce que, autorisés ajouer n'impo_rte ou des piece_s nou\'elles, ils ne le sont pas a pa..
ra,tre daos les p1eces appartenant au répertoire du
Théatre-Francais.
L'effet de
interdictions, dont la convenance ne
saurait etre contestée, sera done, on le voit, de rcndre
au moins tres••difficile une interprétation de la comédie
et surtout de la tragédie, déja si faiblement rendue
meme aux Frao~ais. Y renoncera-t-on pour cela ou bie~
la tragédie, ce noble lioo devenu vieux, rece~ra-t-elle
le coup de pied de !'a.ne? C'est le cas de dire: Qui vivra
verra.
Au reste, il faut se défier de tous les bruits qui courent
e_n ce moment d'effervescence passagere. Amsi, MI'•
r1ga, par exemple, qui devait, soi-di~ant débuter a la
Porte-SainHlartin daos le personna"e d'Elvire elle a
'b ,
o
,
de ute, en effet, mais au Lhéatre du Chatelet et daos
l'~li~a de l'Oncle Tom, une reprise. Et quant ~ Paulin~1en_1er, dont _on faisail déjil. un Harpagon, - et pourquo1 pas? - 11 a repara avec un succes mérité dans le
role do sénateur Bird, un role charmant. On n'est pas
plus vrai, plus amusant, plus touchant et a moins de
f .
11
,
rats. M • Périga, Maurice Coste, Latouche, Desrieux,
Colbrun, - ces deux derniers en premiere ligne, - ont
leur -~rande part dans le grand succes de cette reprise.
La p1ece, du reste, est jouée avec un rare ensemble•
m_ise en scene_soignée, beaux décors, surtout au qua~
tr1eme acte, ou se danse un tres-original et tres-vivant
ballet de caractere.
Une autre reprise, mais de celle-la il en faut parler
chapeau has, comme d'une fete, d'une gloire nationale
c'est l'Esther de Racine, remise a la scene avec tous Je;
honneurs et toutes les pompes qui lui étaient dus depuis trop longtemps. Mieux que tout autre du reste elle
Y pretait, grace au bon marché qu'a fait Í•auteur de sa
chere unité de lieu. En outre, les récentes découvertes
des édifices et sculptures assyriennes ont permis de donner a )a mise en scene un degré de couleur locale en
rapport avec !'esprit de notre temps.
Quant a la musique des chreurs, ne voulant plus qe
celle qu'y avait adaptée un compositeur nommé Moreau
dont Racine se loue beaucoup, on ne pouvait mieux J;
confier qu'a M. Cohen, dont Racine ne se plaindra pas.

ª,

~e;

p/

L'ILLUSTRAT10N, JOtJRNAL UNIVERSEt.

Mais, !n~épendamment de cette musique,dontje ne dOia " " - ' - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - note, "' q"'. le '?ccés, .et , pa,t l'effet des décon • s - • ; j'ai été l'entend,e A mes frais, et, en ,érit,, app,ene, q•e j'ai pris un ,ir inté,!t • eette découmte, sonne, s•rto•t • un obse.-.aten, revétu d'un o&gt;stume
costu~1~s qm sont a la fois tres-curieux et tres.. beaul'. plaide fort bien; j'ai retrouvé chez lui tout !'esprit que attendu que M. Louis V.. . était de la part de mon pere militaire, la possibilité d'y stationner, sans devenir susass~oauou des_ pl•s mes, Ja piMe, con,eoableme,Í . Ra¡mood Deslaodes a,ait trop ménagé daos sa de,- l'objet , ·••e estime et d·m affcction mes. J'a, le mal- pect
p,em;e, habitaot • qui il p,end,ait fantaisie de
JOuee, a prod u1t une grave et délicieuse impression so iere picce du Gymn~e. La revanche est courte, mais heur d'étre orpheline depuis deux ans deja. La veille de regarder par la fenetre . A quoi songeait Giulia, en dontoas ceux qui l'ont entcndue.
r lle est bonne.
sa mort, mon pauvre pcre, l'excellent Thomaseo, me nanl rendez-vous a Louis ºdans un licu si défavorable,
~ien n•~ vic(lli dans cette noble idylle, que semble Parlez-moi des Variétés; voila un théatre qui ne parlait encore &lt;le Lille et de M. Louis V... S'il vous était au centre meme des obstacles? Louis, tout pénétré de
arnmer a Jama1s le souffle de Dieu. Uo tel spectacle t raint pas de ,vous déranger pour un acte. La, on ~ait agréablc, monsienr, de causer avec moi de ces chercs respect pour le mystcre, jeta de loin sur les jalousies
le recueillc~en~ des spectateurs Je complete, rapp;l~e ue !'esprit, en France, n'est jamais si gouté que lors- chuses, veuillez vous trouver demain, ou plutót aprcs bai5sées de la maisoo de J'Jt;i.lien cet ineffable regard
les temps s1 loJn de nous oü Ja reJiaion et le théat u'il est bref. Daus les petits pol~ les bons onguents. demain, a une beure, sea!, daos le voisinage de l'en- de tout amant, qui, a cinq cents heues du pays natal
ob,éissaient ~ncore a ll.(le meme inspi;ation. On se pre~ oy~z les Caracteres de Labruyere, les Pensées de La Ro- rlroit ou nous étions si voisins la dernicre fois, mais contemple en réalité, et croyant encore rever, la maison
me~e a crotre que ces siecles peuvent renaitre. On vou- befoucauld, les Fables de La Fontaine, les Contes de Vol- alors saos pouvoir nous parler. Je serai heureuse si ces ou habite l'etre unique dont ni Raphael lui-meme, ni
dra1t ~e plus voir que de tels ouvrages, ou du rooins en ire, les (}uepes d'Alphonse Karr. En dernier lieu, en- ligues vous trouvent heureux.
Andrea, ni Léonard ne fcraient un aussi beau portrait
pacle, 1.~?"".'meot, s'y é~od,e " " compl•. o , et toute proportion g"dée, ,oye, les Pince"""
, Grnw. •
que l'inhabile ,heW' qui r ,•me, s'il aime ,é,itable·

ª"

Pº"'°"

sanee, quand deJa I espace vous manque. D'ailleurs 'Iléloíse, ce petit acte et ce grand succcs des Variétés.
pour si pe~ _qu'on s'y attardat, comment passer de la au; Au reste, je ne preche pas _tant pour la brie:eté qu_e
Femrnes serieuses, aux Pinceau:r. a'Hé/ofse a la Filie dll !our la mesure, pour ce sentiment des proport1ons qm,
!tlaudit? Comment remonter meme a la 'comtesse d'E _ ussi bien dans les lettres que dans la peinture, fait décarbagnas, une reprise insensée déplorable et dev 't aut a la plupart des productions de ce temps-ci. Quoi !
laquell,e on se demande si celle d~.&amp;ther n'est 'pas,com:e ,ms_ ne sentez_ pas q11e si le ~isanth,:ope, l'Avare ou !e
tan! d autres moins heureuses, un hasard un ca r· ~anage de P,garo ont besom de CID"f acles pour ded'Ardélion ~
'
p ice floyer a l'aise leurs caracteres et leur intrigue, il n'en
Voila qui a vieilli, cette comtesse d'Escarbagnas:
plus de ~eme pour des ouvr~ges_ représent!nt la
Quelle grossiereté de mreurs! Quelle bassesse de su· t elite monna1e de ces memes caracteres, ou n ayant
de langage ! Que voila bien Ja scurrilité re J·argon ét '. u'un simple malentendu pour intrigue?
ne s o J~ts
!
,. es~ a1ors,• pourtant, et d~ns 1e derm~r
. des reproches de Boileau et de
' Labruyere
' er
C'
· cas surtout,
1 qu~t
b bon de semblahles essais de résurrection, u 11 n y a pas une secqnde a perdre, qu 1I ne faut pas
A
Ressusc1t~r d~ morts, passe encore, bien qu'aprcs delll aisser au_ s~ec~teur le. temps de respi~e~- Le qui proc~nts ans JC nen voie pas trop la nécessité · mais galva- 1quo, cet rnepu1sable ahment de la comedie con temporns~r des... carognes? Ma foi, tant pis le mot est d aine, demande a étre servi chaud et pris rle meme. Un
Moliere.
'
e ,;mi entr'acte, et il n'est plus bon qu'a jeter. Si les PinLa Comédie-Fran~aise, si elle avait tant de temps a ce~ux cl'Héloise ont tant d~ succcs aux Variétés, ~•est
p~rdre, que ne nous donnait-elle une des nombreuse qu on vous les y sert bomllants, car, autrement, 11 y
p1eces modernes qui moisissent dans ses cartons? ~ aurait la bien des choses difficiles a avaler.
Ou!!. mais jouer un auteur vivant, ce serait f~ire
Figurez-vous, - si c'est possible, - une M'"º Héloise
pla1s1r a quelqu'un, tandis qu'une Comlesse cl'Escarba- Montengraine, peintre d'histoire en dépit de Minerve et
g11as...
en cachette de son mari, qui voit et aime en elle la

fst.

J'entends: fª ennuie tout Je monde et ~a ne profite a
personne.
Ex~ctement comme les Pemmes sérieuses, de MM. Siraudm, Delacour et Blum, car ils se sont mis a trois ponr
cette lourde bluette, et ce n'est pas le cas de dire que
plus on est de fous plus on rit.
.
Ces f~mmes séri~uses, au premier acte, sont des filies
~e la pire sorte, de celles qui pensent au solide, de ces
1~mondes créatures qui font ce que font tant de jeunes
v1veu_rs comme il faut; elles ne venlent pas ruourir sur
la pa1lle; elles ne demandent qu'a se ranger, a faire
1Jne fi_n. Hommes, elles épouseraient volontiers une guenon _r1che; femmes, eiles revent un singe opulent pour
man ou un bureau de tabac pour invalides. Voila nos
femmes sérieuse~ du théatre du Palais-Royal. et un
moment cet éternel sujet, - la courtisane _ ;emblait
devoir etre pris d'un point de vue assez ne~f.
Le second acte a fait envoler cette illusion. Nos préteodues femmcs sérieuses, dont une a trouvé le fameux
li~e-~u de tabac, une autre une m:i.ison de lingerie, une
l~o1s_1eme un débit de Jiqueurs a comptoir d'argent, el
ams1 du reste, les voila déja prises par la &lt;&lt; nostalgie
de la boue »; de la boue! Elles s'en croient sorties les
malheureuses, et elles grillent d'y rentrer· elles y 'res•
tent, voila tout.
'
Et nous, nous voila retombés dans la donnée du Ma•
~iage cl'Olyrnpe, une doonée qui ne demandait pas, que
J~ sa~he, a etre reprise en sous-reuvre, une comédie qui
n ava1t pas besoin de réparations.
Aussi ne lui en fera-t-on pas, que ~l. Augier se ras··
sure : voyant qu'ils allaient droit sur se brisées, les au5
teurs des Pemmes sérieuses ont tourné court
avec beau•
coup de présence d'esprit. _ Nos Femmes sérieuses vous
enn11ient? Eh bien! nous aJlons les faire sauter. ~ Et
l~-dessus un théatre s'éleve, et avec ce lhéatre, la quest10n de la liberté des théatres; et sur ce théatre et sur
cette liberté, c'est a qui fera comme sur le pon; d'Avignon,. ou &lt;&lt; l'on y dame tout en roncl. » Mais moi qui le
conna1s, ce pont, je puis vous jurer que si l'on y danse
au moins ne s'y moque-t-on pas du pubÍic.
'
Ou il n'y a ríen, le roí perd ses droits : Hyacinthe est
froid, Priston gris, Luguet pale, Mm• Thierret languissante, Lassouche lugubre. On a sifflotté.
11 ¡ a des théfües, et cdui du Palai~Royal est du
nombre, qui ·sont vraiment trop scrupuleux: a les entendre, ils craignent ~e vous déranger pour un acte.
Combien, cependant, n'aurais-je pas mieux aimé me
déranger pour l'Avocat des aames que pour les Femmel
aérieuses! C'est un excellent petit aete, que cet Aoocal

plus bourgeoise, la plus tcrre a terre des femmes. Sans
qu'il s'en doute, le salon du pauvre homme est un atelier de peinture. A peine a-t-il le &lt;los tourné, qu'Héloise
pousse un bouton, et le guéridon se transforme en boite
acouleurs. La canne, la propre can ne de Monsieur, il n'a pas le droit de s'en servir, - contient un pliant,
u.n appuie-main et un chevalet. Reste le modele a trouver; il s'en trouve deux, et la commence une série de
de quiproquos entre uu ténor se croyant en bonne fortune et voulant poser a ce titre, et un véritable modele
croyant pcser pour de l'argent.
Sur ces entrefaites, Monsieur arrive a l'impro"iste, et
comme denx modeles vivants sont moins aisés a cacher
que des pinceaux, un chevalet et autres objets de nature
morte, il surprend le vrai et le faux modele daos le sirople appareil ou se trouva Joseph quand Mm• Putiphar lui
eut arraché son mantean. La dessus.. . mais je sens que
déja je deviens trop long et que mon récit, refroidi, pourrait ne point passer comme une piece que le bouillant
Dupuis et la volcanique Alphonsine n'enlevent qu'en
brulant les planches. Disons done vite, pour en finir, et
dans l'intéret de la morale, que les malentendus s'expli,
quent, et que, 'réconcilié avec la peinture d'histoire,
Montengraine sera désormais l'uniq 11e Joseph qui posera
devant les pinceaux d'Hélo'ise.
Mais, encore une fois, je demande grace pour ce récit
lent et glacé de la pétillante comédie de MM. Choler et
Rochefort. On ne raconte pas un éclat de rire.
On ne raconte pas davantage le Roman cl'un jeune
homme pauvre; il suffit de dire que cet ouvrage, un des
meilleurs de M. Octave Feuillet, vient d'étre repris au
Vaudeville avec les memes artistes qu'au début, sauf Lafontaine, que Febvre a tres-beureusement suppléé.
A. DE BELLOY.

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I LL1 •

ti-uiie

I

_Rentré dans sa chambre, Louis, saos attendre que J'im-

i:"""" agitation

de son

'°''"' íót apaisée, décbfr•

1en,eloppe et lut :
• llonsieur,
•Si ne je me suis pas trompée en croyaut, l'autre jour,
rec.naitre en vousLouis V..., dont le pere habite Lille,

Par un prodige de bonne volonté de la part du dieu
des amants, cette lettre était exactement telle que pouvait la désirer un amouréux aussi &lt;léliactement susceptibie que Louis, et elle était un magnifique début pour
une campagne se'ntimentale et romanes(Jue. Plus vil'e,
plus accentuée dans la tendresse, elle eút respiré les
chaudes instigatio11s du climat et de la jeunesse; plus
réservée, plus mystérieuse, elle cut, a un· homme soup~onncux, permis des doutcs sur l'innocente sincérité de
Giulia; ains1 franchement accn.eillante, elle réunissait
toutes les qualités et toas les avantages. D'abord elle
était une excellente introduction; elle épargnail a Loms Je
ridicule et le danger d'une entrée banale; c'est une
grand~ force, en amour, de n'avoir pas a s·annoncer,
d'etre dispensé de dire : Comment vous portez-vous?...
d'etre autorisé tout de suite a poursuivre la conversation, sans avoir a l'entamer.
La soirée n'était pas tres-avancée. Louis, ne pouvant
tenir en place, descendit; il demanda asa propriétaireconcierge qui avait apporté la letlre; il lui fut répondu:
« Un jeune gar~on. » Cela parut lui ctre fort !'gal, mais
cela l'intéressait beaucoup au fond ... puis il alla dans un

ment.
Dans cet instant, il n'y cut plus pour Louis ni colonel,
ni tuteur, ni porte close; il y cut l'amour inspiré, impérieux, p1ússant comme le génie, et auquel ne ressemble
pas plus ce qui constitue le plaisir et la recherche d'un
certain nombre d'hommes, qu'un crieur public ne ressemblc a Démosthenes, a Mirabeau, qu'un faiseur de
coup:ets ne ressemble a lord Byron. « Dans cet instant,
se dit Louis, a travers la jalousie, elle me regarde peutétre. »
Gardc toujours, bel amoureux, cette fievre divine, et
ne demande rien d'autre au ciel. Si tu es sage, ne demande pas qu'elle se leve cette jalousie, qu'elle s'ouvre,
cette porte. Bénis Dieu de t'avoir fait connaitre, ne fut-ce
qu'un jour, l'incomparable émoi qui possede aujourd'hui
ton crear, car il n'a pas de meilleur pr"sent pour les
purs humains. Si tu prétends a davantage, si tu veux
épuiser la coupe, au lieu de savourer seulement son
parfum, et l'éblouissement du reOet enchanteur se
jouant a la surface du liquide doré, tu vas biootot te
trouver découragé et plein de doute devant une coupe
terne et vide. Tu te sens fort, triomphJ.nt; l'orgueil de
cctte inlérieure victoire t'étonne et te charme... Que ton

caféjouer anx dominosavec ses amis d'un airsi tranquille,
si posé, que ces derniers, se rctrouvant ensemble, adoptcrent a l'unanimité la con&lt;:lusion suivante ·: « Décidément, il nous la baillait belle avec son prétendu roman !
Au fond, il n'y a ríen '&lt;iu tout; il n'a pas été faché de
nous y prendre tous en jouant le discret; mais le ressort
est usé, et ne nous prendra plus. »
Daos le meme temps, Louis se livrait a des réOexions
d'un autre ordre :
&lt;&lt; Chcre Giulia... Je vais la voir !. .. Oe quoi est-il done
mort, ce pauvre Thomaseo? 11 était jeune encore, vraiment. 11 m'aimait bien, cehii-la. La veille méme de ~on
dernier jour il parlait de moi a elle, a Giulia. Relisons... Dcmain, ou apres-dcmain, pres de l'cndroit ou
nous étions si voisins la dernicre fois ... Toutcela est tresclair. Dans tout ceci, il ne peut etre, bien entendu,
question de la cathédrale. Mais ¡,ourquoi ne me parlet-elle point de précautions a prendre, et surtout, pourquoi
oublie-t-elle de me dire le nom de la rue. Pauvre sot
que j'étais ! je me réjouissais déja, et les embarras se
présentent en foule. Je devrai arpenter toute la ville, et
semer du grain le long da pavé avant de retrouver cette
maudite rue ... Et son gardien ... (aquel litre d'abord
est-il gardien ?) la laisse done libre a certaines heures,
pour qu'elle ose m'inviter a aller, si franchement, eo
picio jour, a sa rencontre? 11 y a quelques obscurilés
dans cette lettre; mais ce ne saurait etre la faute de Ginlia, adorable créature, et qui a ses raisons pour agir
ai,nsi; employons demain a de sages préparatifs, et qu'aapres-demain me soit propice...
Au jourfixé, a onze heures, libre de toutservice, Louis
entreprit son voyage a larecherche de la fameuse rue, et,
sans trop savoir comment, il s'y trouva tout rendu il.
onze heures et demie, longtemps, beaucoup trop longtemps avant l'beure du rendez-vous; il tressaillit des
pieds a la tete en reconnaissant la maison, et puis, il eut
une toute petite minute de désenchantement, en examinant a froid la situation.
Sans les termes nets et précis dans lesquels était contue la lettre de Gmlia, sans l'instinctive et inébranlable
conviction ou était Louis, que le caractere de cette jeune
filie était le moins fait du monde pour laisser supposer
qu'elle put plaisanter sur un pareil sujet, notre héros
mait ,,,. • une mystificaüon, ou d• moins, • une de
ces épreu~s dont vivaient les dames d'autrefois; la rue
était droite, claire, blanche, et bordée, de chaque coté,
de maisons exactement pareilles les unes aux autres, et
toutes fermées, comme si chacune d'elles cut contenu
un petit ltalien, gras, au front déprimé, au regard per~anL .. Enfin, catte rue, quasi déserte, n'offrait a per-

reve soit t9ujours un reve 1
Louis cut payé cher alors le droit de s·asseoir a !'une
de ces cent fenetres inutiles, derriere lesquelles ne semhlait pas se mouvoir la vie, et d'oü il cut pu inspecter a
son aise toute l'étendue de la rue, sans J'ennui d'un
role monol?ne et d'une surveillance presque impossible.
lleureusement, elle ne se prolongea gucre.
· Parvenu au dcrnier tiers de sa promenade, notre
héros entendit le double bruit d'unc porte qu'cm ouvre
et qu'on referme aussitot. ll to urna ademi la tete, et ne
conserva plus aucun doute, en voyant descendre d'une
maison bien coonue, une dame a Ja tournure jeune, et
to1Jte vetue de noir, 'qui, en descendant les trois marches indiquées plus haut, Jaissa voir ta naissance d'une
jambe exquise. Elle ¡,rit la direclion opposée a celle oü
marchait Louis au moment de cette découverte: sa démarche rempla~ait par je ne sais quelle majesté ia grace
des promeneuses parisiennes. Louis, qui la suivait de
trcs-loiu,1 et mesurait son pas sur le sien, s'étonnait de
sa lente 1r, s'en irritait presque. O'ailleurs, ta prétendue
Giulia ne trahissait point, meme par un de ces imperceptibles mouvements classés et étiquetés dans ta cervelle des hommes dits a bonnes forlunes, aussi régulierement que les racines dans un herbier, qu'elle cut la
conscience d'étre suivie. Louis se disait : Allons, ¡¡ parait
4u'~lle n':i. pas peor de se compromettre; tant mieux,
vra1ment ! Elle ne saurait agir ainsi sans avoir ses raisons; suivons toujours sans nous plainqre.
Croyant seconder les intentions de Giulia, il raleutit
encore son pas; mais a ce jeu, il ne tarda guere a la
perdre de vue, quand elle eut dépassé l'angle de Ja rue,
oü ils étaient deux jusque-la, et ou ¡¡ se retrouvait seul.
Soudain, il précipita sa marche, et atteignit le maudit
angle, a temps pour apercevoir la jeune dame vetue de
noir, déja parvenue a l'extrémité de l'antre rue, continuer désormais, sa promenade, au bras d'un petit
homme, grós et vif, sorti on ne sait d'oü, d'une impasse
latérale, saos aucun doute, qui gesticulait en marchant,
et avait l'air d'amener sa compagne oú il lui plaisait,
sans que nul cut rien a y redire. Louis ne chercha
pas a en savoir davantage, et tout reveur, alla droit
devant luí. 11 se retrouva bientót devant l'entrée de la
cathédrale; il ne risquait ríen désormais en y entrant
il l•i plut de
Ja place oó Gi•lia el l•i s'étaienÍ
trouvés si pres l'un de l'autre six jours auparavanL
11 n'eut pas de petne a reconnaitre la cbapelle ou
ses amis l'avaient vne agenouillée et curieuse : la
chapelle était vide. 11 prit une chaisc au hasard, s'y
accouda, et se livra a de puissantes songeries. « Si pres
et si loin, se disait-il, la sentir et ne point la voir, l'en-

"'°"

�44

REVUE

TRIMESTRIELLE,

par

45

L'lLLUSTRATlON, JOURNAL UNIVERSEL.

L'JLLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSBL.

REVUE

Cham.

TRIMESTHIELLE,

par

Cham.

- -=:::..."'-"';,--_, -. La Prus;e profite du mois de juin pourl aire entrer l'écro•_1sse •u •:on;rés. dans .l'espnir qu'&lt;lle lera avancer la ¡uesdano1se, cumme elle l'entend.

• Que! malbeur qu'?n. a,t s~spendu les hostilités ! qu•nd il tenait
son fusil II ava,t les mains moios libres. ,

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JuiD tSGl.- L'Anglet,rre revenan! des counes

d'Epsom.

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a ve~r son hcnneur,
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Le malhcurc, x Jchn Bull cherchan!

Les jockeys fran~ais obli~é• de ,e !ester a•ec des policcmrn pour
coum la vie Eau,c rn1· le turf bri•aun r1uc.

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~~,:---.
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1
)

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tl\1n1:

11

~
• Qui est-ce qui a gngné aujourd'hui en Amériquc·!
- Vous n'avez done 1ias tu le journal d'hicr?
- Si, c'e!Ait le Nord qui avait ga~ué?
- Eh bien! aujourd'bui c'est le Sud. ,

Les Américains mettaut les Lruis l'aiqut:s sur les Ulllb, cu lu,r fai.au~
couper tant de fils daos la meme journée.

-

Le Bey de l'unis fai sant. cett• f is, ""' possib e
pour no rien rece,oir de son peuple

« illais_ faites do~c atlcut1u11 ser~ent ! Vous allez vous faire démolir•
- i\1111! alloos done! fai zété Solferino. J'ai z'nonte seulemrnt d~

leur riposter. ,

.

a

• Cun,me il me regarde, ce Japona is·/
, - Mon cher, c'e,t en s'ouvraut le veolre qu'il satisfoit á
1honneur ! ll t_rouve probablement que tu as de quoi satisfaire
lugement le tlen, •

Félicien Da~id trouvant qu'il n'y a pas
que lui pour fairc le de,ert. La Russie
es! !out aus,i habite.

La libertt des tl,édtru.

Gui11nol se mettant

a chauter les

/fug11enot1,

Pemlt d'un décrotteur. - Ou •• m~nt,r l'Africaititl Sapristi ! pour•u que cela ne fasse pas monter

le prix du cirage.

Le comte de Lara, entre lord Byron et Aimé Maillard, ne s•
chao! auquel des deux il doit lo plus de reconnaissance l L'uu
tui a consacré un si beau poeme ! L'autre uno si belle musique !

-

• Vou~ ,oulez_pla1Fa!1ter, ,de tirer aussi pre• que cela?
- Ma1s, MonS1eur, J a, un ce, llficat de mon médecio comme quoi ''ai la ne
basse. ,
'

. ':~

~:~

'~.
~~

-=:::..;::....._·- ----=::-

---

• )lo11sicur! ,e cl.eval írau~a1s a 1,tagué! tout le mondo doit
s'embraaser !
- Sapristi ! ~o ne mene nlus ma f•mme aux courscs.,

fille-de-l'Air douna1,t uu bai,e-main, le lendemain de

sa brillaute v;ctoire.

L'Fsp3~nc ne se' félicit•nl qu'a moitié de
nouvelle conquele.

1a

N, Crockett s'entélaot a venir tous les joura á l'Exposition, fv,.r.
rer sa tete dan• la gueule de la lioune ele M, Caji11.

Le petit Cbaperon rouge av, e sen rot de bcurrc, Le pci11tre
1'est ch~rgé de fa1N la gatet1e.

• J'allOIII ¡¡ois dépecber de t~er not' porc ! Y parloPl de suppri111er la
pe111e de mort. 1

�47 .
L'JLLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
- - - - -- - - - -- - - - -- -- - - - - -- ---:------:- ·~"'
Le trombone, naguere circonscri( danf des tformu~es c'est qu'ils sont tous construits a sil pistons ou atubes

L'ILLUSTRATION, .JOURNAL .UNIVERSEL.

46

tendre et ne pouvoir répondre a son appel. n Alors, il ne
sut si e'était la continuation de son extase, mais le frólement d'une robe, arriva jusqu'a lui et en ouvrant les
yeux, il vit s'avancer, entre les cbaises, une forme charmante et voilée de noir, qu'il n'osa pas reconnaitre tout
de suite, bien que la voix de son cceur, de Ra mémoire,
de son adoration lui criat: voici Giulia! Elle s'avan~ait
toujours.
11 n'y avait qu'eux deux dans le vieux temple; entre
les piliers gothiques se jouait un rayon ... Giulia se mit
a prier.
Le visage de Louis offrait les teintes du marbre blanc.
Son cceur battait a se rompre, maiE il ne soufirait pas. JI
se sentait transporté bien haut, par-dessus les mondes
ou regnent l'injure, la sottise et la misere, daos ces régions inénarrables oú -triomµhe l'immense amour.
Giulia, ayant prié, s'assit et eut l'air d'attendre.
- Je vous ai cherchée longtempE, mademoiselle, lui
dit-il enfin, et ce n'est p:is ma faute si vous ne m'avez
pas revu plus tót, apres cette chere lettre, qui m'a rendu
sijoyeux, mais n'eut-il pas été coupable a moi d'abréger une seule des lenteurs que semblait commander
votre intérét?
- Je n'étais pas moi-meme bien sure que ce füt vous,
répondit avec une grande sérénité la belle Giulia, car
c'était bien elle, et cette incertitude me troublait... J'étais si heureuse, a la pensée de pouvoir parler de mon
pere a quclqu'un qui l'avait connu et aimé !
- Je l'ai pleuré. Lorsqu'on m'eut dit la couleur de votre vetement, je pressentis le malheur qui vous avait
frappée, et je vous remercie de vouloir bien me mettre
de moitié dans votre deuil et vos souvenirs.
- 11 y a plus, je suis votre débitrice.' Mon pere m':i
chargée de vous oJirir, en mémoire de.luí, un objeta mon
ehoix, dans cette petile. collection qu'il m'a laissée, et que
vous et.es venu visiter un jour.
- Un ,iour que je n'oublierai jamais, Giulia.
Loms ÜÉPRET.
(Ln fin prochainement).

GllETTE DU P ..U,.US.

Peut-etre vous souvient-il du Commandeur d~ Gama
Hachado, qui aim:iit tant les oiseaux et qui avait sur
l'histoire naturelle des idées qoi n'étaient pas celles de
tout le monde : au demeurant, U(! excellent homme,
dou1, obligeant, poli, et ne se dis?ensant pas d'aimer
son prochain sous prétexte qu'il aimait les betes. Ses
dernieres volontés, exprimées dans soixante-douze testarnents ou codiciles, étaient attaquées par des parents
qui soutenaient que le Commandeur était fou. Le Tribunal, dans un trcs-heau jugement, avait déclaré qu'on
pouvait etre un savant médiocre et n'etre point un insensé : testarnents el codiciles étaient sorlis victorieux de
l'épreuve.
La raison du Commandeur a résisté,devant la Cour, aux
efforts réunis de M• Senard, de M• Nicolet, de M• Allou
et de M. le premier avocat général Osc~r de Vallée; certes, il fallait qu'elle ne füt pas trop fragile. Mais aussi
comme elle a été défcndue par M• Léon Duval ! La premiere plaidoirie du célebre avocat était un chef-d'muvre; la' seconde est un miracle. Devant le Tribunal,
M• Léon Duval avait tout dit; il a tout dit encore devant
la Cour, et il ne s'est pas répété: miracle est le motjuste.
Non-seulement il a gagné son proces sur les points
les plus délicats, mais il a fait aimer son client, et le
Comrnandeur da Gama Machado est devenu !'ami posthume de tous eeux qui ont lu ces curieux débats.
Quel digne homme, en effct, et comment ne pas chérir et vénérer sa mémoire?
11 avait fégué une rente viagere a une soubrette, a
ch:irge de ne pas se m:i.rier. « L'année suivante, dit
M• Duval, il sent qu'il a fait une faute, car il n'empechera pas Genevieve d'aimer, et il l'empecbera de réparer ses péchés; aussi annule+il la clause par un prudent codicile. »
« Un matin, racontc encore M• Léon Duval, on lui
apporla un martin-pecheur qu'on venait de prcndre
dans un rosea11 de l'étan.g de Trappes. « Que! dóm« mage, dit-il, ces oiseau1-la ne vivent pasen captivité ! n
JI paya néaumoins la ran~on du martin-pécheur, et 1!
ounait déja sa croisée pour lacher l'oiseau dans les peupliers du quai Voltaire, quand il rélléchjt que le gazon
et les O.eurs sont rares sur les berges de la Seine, et que
l'oisea11 íarouche y serait dépaysé. ll se ravisa, demanda

ses.chevaux, se dirigea vers l'étang de Trappes, et un
&lt;&lt; Messieurs, les peres Cordeliers vous supplient
il!stant apres, le martin.pecheur ridait de son aile ses humblement d'avoir la bonté de les mettre au no
eaux natales. II est difficile de dire qui était le plus con- des pauvres religieux a qui vous faites la charité.
tent des deux. &gt;&gt;
a point de communauté a Paris qui en ait plus de
L'aimable ombre du Commandéur doit etre contente. soin, eu égard a leur grand nombre et a l'ex
Fasse le ciel qu'elle ne soit plus troublée désormais, et pauvreté de lcur maison, qui, le plus souvent, m
qu'héritiers et légataires la laissent en paix .e réjouir, de pain. L'honneur qu'ils ont d'étre vos voisins leur
sous les ombrages des Champs-Élysées, de la vue et du espérer que vous li::ur accorderez l'effet de le,ll's pri
ramage des charmants et mélodieux oiseau1, qui, sans qu'ils redoubleront vers le Seigneur pour la pros
doute, peuplrnt le séjour de l'élernelle félicité.
de votre chere cornpagnie. »
Le l'rogres de Lyon n'est point encore, Oieu merci, des« L'honneur d'etre vos voisins... votrc chere co
cendu chez les morts, mais s'il vit encore, il est endormi. gnie ... &gt;&gt; Qu'íls étaient tolérants, ces bous Corde ·
Les génies tout-puissants qui président a la destinée des Traiter ainsi des excommuniés, ne trouvez-vous pas
journaux l'ont condamné tout récemment a un nouveau prodigiememcnt touchant?
'
sommeil de deux mois. Dormir, pour un journal, c'est
Ce n'est pas M. Juppel qui souffrira qu'on em
ne point parlP.r, mais pour étre muet, on n'est pas in. sur son terrain; il n'a pas moins de susceptibilité qu'
sensible, et le Progrés de Lyon n'aura pointentendusans administration pulilique. JI y a a Levallois un marc
quelque plaisjr le Tribunal condamner un autre Progres, de vin qui donne de temps en temps un petit co
qui parait a Paris, a ne pas s'appeler le Progrés tout amical aux pratiq11es qui se sont foulé le pied oq
court, ·mais le Prog&amp;rs de Paris, afin que toute confusion poignct; il y a aux Ternes un brave bomme qui a un
fut désormais impossible .entre la feuille parisienne et de main merveilleux pour réduire une entorse, et qui
la feuille lyonnaise.
fnse obstinément toute rémunération de ses soins o
Parlcz--moi des administrations publiques pour veiller geants. M. Juppel, qui demeute au Vésinet, crie a lacon
a leurs intérets; elles ont si peor d'elre lésées, que par- rence déloyale, et cite devant le Tribunal de police
fois elles réclament meme ce qui ne leur est pas du, avec rectionnelle de la Seine M. Vinet et M. Roze, coupa
les meilleures intentions du moade, d'ailleurg, r.ar leur suivant lui, d'avoir illégalement exercé l'art de gué
fortune est la fortune de tous.
- Mais vous demeurez dans le dép:irtement de se·
L'autre jour, l'administration des c,rntr_ibutions direc- et-Oise, et ceux que, vous avez assignés habitent le
tes prétcndait faire payer l'impót des portes et fene• partement -de la Seine?
tres aux kiosques des boulevards.
- J'ai un pied a t\.&lt;t&gt;rc a Paris, reprend M. Jup
La Compagnie de publicité diurne et nocturne, ainsi s'ap- . une loge tle concierge oú je donne mes consultations.
pelle la Société qui exploite ces petits pavillons, n'a pas
Le Tribunal n'en a pas moins déclaré M. Juppel
entendu de cette oreille, et s'est poarvue devant le con- recevable dans sa plainte. Le Tribunal est bien rigoure
seil de préfecture. Les contributions directes ont sou:
Le pl~ignant, dans.le cours du débat, a négligemm
tcnu que les kiosques étaient de véritables immeubles. appris aux juges qu'on l'avait empéché jadis d'exe
- Des immeubles, ces pauvres kiosques de rien du tout ! la médecine sans diplome, et qu'il s'était vu alors
- Eh I mais sans doute; les dimensions ne font ríen a traint d'étudier et qe passer ses examens.
la chose. Qu'est-ce qu'un immeuble? Ce qui est fixé au
C'était ingénu, mais cela ne donnait peut-etre pa
sol: les kiosques sont-ils fixésau sol? Oui; done leskios- la plainte de M. Juppel une rouleur tres-heureusc.
· qucs sont des immeubles.
La Cour impériale a vrairuent rendu un bien bon
-A la bon ne heure, arépondu le conseil de préfecture, rét en maintenant le testament du Commandeur
daos sa sentence; mais le sol de la voie publique n'cst Gama Machado. Avec cette théorie que pour avoir
pas soumis a l'impót, et c'est sur le sol de la voie publi- droit de di~posér de son bien asa fantaisic, il faut n'
que que s'élevent le~ kiosques, done tes kiosques ne doi- voir jamais, rien fait, rien écrit, ríen dit, ríen pensé
vent pas payer l'impót.Et la compagme a gagné son proces. de ·parfaitement sagc et d'absolument sensé, qui po
L'administration de l'assistancc publique est une ad- rait dormir tranqnille sur le sort de ses volontés dernie
ministration fort respeetable aussi, d'áll.tant plus· respecJ'ai la sur ma table un volume que je viens de r
table, que si elle ambitionne d'etre riche, c'est au profit avcc un plaisir extreme, un livre plein de cceur, d'
des malbeureux.
prit, de &lt;louce et sereine philosophie, qui s'appelle 1
L'année derniere, une grosse discussion s'éleva entre Échos du passé. Ce sont des épitres, des satires, des co
elle et les théatres. Elle réclamait le droit des pauvres sur tes, des stances, la moisson µoétique de ioute la vie d'
les billets d'auteur. 11 fut jugé que ces billets n'é- honnéte bomme, qui n'a voulu confier a ses amis 1
taient pas une libéralité gratuite des directeurs, mais émotions et les pensées de son matin et de son midi q
une partie de la rémunóration des écrivains dont les le soir venu.
ouvrages sont représentés; des lors, les billets devaient
Or, le poete dont je parle est un avoué. Un avo
etre frappés du droit comme les autres.
' poete ! Supposez que M. O~lorme n'ait pas d'excellen
Ce proces vient d'avoir son épilogue.
cnfants dont il e$l chéri et respecté, en faudrait-il d
I1 s'agissait de savoir par qui, des auteurs ou des di- vantage pour que quelque héritier prosuique dirigeat
recteurs d.e théatre, devait etre supporté le droit. Le Tri- joQr contre sa mémoire tme accusation de démence?
bQnal s'est prononcé en faveur des auteurs.
avoué poetc ! c'est-a-dire la muse et le papicr timbré,
Le droit des pauvres n'est pas une cho•e nouvelle en lyre et l'état de frais, Pégase et les conclusions! Q
France.
theme ! Oui, óui, que M. Delorme veuille bien m'
Ouvrez l'ouvrage de IDf. Lacan et Paulmier sur la croire, qu'il bénisse l'arrét Machado.
Législation des Théátres, vous y verrez r¡u'un arret du
N'as-tu pas vu parfois une pauvre hirondelle
parlement de Paris de i54i, prescrivait aux confreres
Volli'geant so11s le toit qui s'est fermé sur elle,
de la Passion de bailler aux pauvres la somme de mille
Donner, d~ns sa frayeur, contre tous les l'ambris?
livres tournois, ~auf a ordonuei plus grande sommP.. )&gt;
C'est J'emblémtJ trop vrai de ces tristes esprit~,
.Ten tés, comme le mien, de déployer leurs ailes
Le motif de cet arrt\t était que la représentation ayan t
lieu a l'heure des ornees, le peuple serait distrait du , - Sous-la voule oii '.fhémis pese sur ses lideles.
Digue objet de pitié, le.ur ridicule vol
service divin, et que cela diminuerait les aumónes.
Les ramene bientót halelnnts sur le sol.
Sous Loms XIV, une ordonnance du 25 février i699 ' C'est ainsi que, trente ·ans, sorte d'étre é1uivoque,
Je ·vécus au Palais, étouffant sous la toque;
confirmait l'impót : « Le roi; y était-il dit, vo•1lant conLégiste par devoir, dP-mi-lettré par gout,
tribuer au soulagement des pauvres, dont l'hópital géNe m'arrt\tant a rien et mécontent de tout.
néral est surchargé, a cru devoir leur donner quelque
part aux profits considérables qui reviennent des opéras
Eh bien ! sur ces jolis vers si nets, si élégants, si bi
de musique et comédies qui se jouent a París par sa frappés, je vois s'abattre l'héritier prosaique et en ti
permis&amp;ion. »
des arguments terribles contre la raison de M. Delorm
tes comédiens franfais ne se contentaient point de Je le vois saisir cet airoable volume, oú le poete mau ·
faire au1 pauvres les aumónes qui leur étaient prescri- avec tant d'esprit et une verve si affectueuse son 'mai•
tes par les ordonnances, ils prenaient encore sur le~rs tre, M. Villemain, qui l'a induit en littérature et en po
reccttes pour secourir les couvcnts les moins ricbes de sie, oú il imite Boccace avec tant de go1it, de délica'tes
París. Leurs premiers pensionnaires avaient été les Ca- et de convenance, oü il se souvient de sa jeunesse da
pucins. Les Cordeliers penserent qu'ils avaient les me- des strophes empreintes de tant de grace; je l'entend
mes raisons d'étre favorablement traitt!s par la comédie, s'écrier, le barbare : C'était un poete, c'était u11 fou !
et le H juin i6~0, ils présenterent a la troupe un plaAh! que je sais, moi, bon gré a M. Delorme de sa
cet ainsi con~u .:
Colie!
Buan.

L' cl-'die militaire et maritime, éditée par A. Le
en,CJJ "l""'"rue de Ricbelieu 60 est terminée et'mise en
Cbeva ,er,
'
• -4
t
t
. d'hui, en deux forts volumes m º con enan
vente anJ0Ur
1 320 pages, plus de l 3,000 articles et de i ,700 g;avu~es,
a~ec 6·cartes et planches. au prix de 3~ fr. broches, 35 fr.
cartonnés. Nous rendrons tres-pr_och~meme_nt un co~ pte
détaillé de cette importante pubhcat,o~, qui ne conv,ent
pas moins aux bibliophiles, aux archeologues, aux artistes, etc., qU;'aux militaires de tous grades de nos arrnées de terre et de mer.
~

Oimanche 24 juillet, auront lieu, A une heure, dan_s la
rade du Havre, en face des chantiers de. constru~t1on'
les grandes régates organisées par la Sociéte_des regates
du Havre sous le patronage de S. A. l. le prmce Napoléon. Le; prix seront décernés le tundí 25 j~illet, a onze
heures du matin, dans les salol'ls de Frascat1.

·-__..,...,.__~.,,.,......----AUDJTION

•••
lBSTRUIEiiTS R!CEM.IENT JNVEKTiS PAR MADOLPHE SAX.

?e

Le propre des artistes véritables est
chercher c?n"tamment a perfectionuer leur ceu~re; e estce qui explique
les transformations de style qu on remarque chez les
grands peintres, les grands sculp_teurs et les g1:ands ~1usiciens. JI en est de meme des 1~vente~1·s : a ce _titre,
M. Adolphe ~ax mérite d~_fixer l_atten~ion des amis ~es
arts et d'l la gloire de I mdustrie art1st1q_~e ~ran,a1sc.
Non content d'avoir doté nos orchestres m!l1ta1res de la
famille des saxhorns etde celle des saxopbones, Adolp~e
sax a v:iulu simplifier ses propres systeroes, et par suite
de proíondes méditations, d'es~ais en tou~ g_enres _fort
couteux il est parvenu a app!Jquer aux d1fferents mstruments de cuivre les plus rebelles a la justesse et aux
traits rapides, un systeme de pi~t?n~ a tubes ind~pendants qui, grace a cette récente decouverte, va releguer
dans les mnsées archéologiq11es les corps de rechange et
les coulisses si en fa veur autrefois.
On a cru, jusqu'a Sax, que le métal était l_acause premiere de la voix particuliere de chacun des mstruments
de cuivre · c'est une grave erreur, et comme le fait
observer ~vec vérité M. Weber, rédacteur musical du
journal le Temps, c'est uniquement dans .::crtaines proportions des tubes, théo_rie découverte par Adolphe Sax,
que réside la cause de le•1rs timbres particuliers.
Ayant eu l'o~casion d'assister a plusi,urs aud itions
des nouveaux instruments inventés par Adolphe Sax,
nous pouvons parler, de awtitu, de ses nouvelles et mer ·
veil!euses créations. Grace a lui, la trorn~ette qui était
vouée a l'exééution restreinte de quelques soris de
l'échelle music¡¡.le, peut maintenant rivaliser avec le
violon en vélocité, tout en conservant ce timbre martial qui en fait un instrument si précieux dans les orchestres civils et militaires.
:::iC'~m

ÉCHECS

169.
P pr. F (a)
R pr. F
R51 FR

SOLUTION DU PROBLtKl'; Nº

F 6' R échec

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RS-F'D

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A.

e &amp; e Réch.
F 4t FD
P&amp;CR
C oa F doune mat.,

Mat.

R J!r, C

p 3" R
p joue.

d'exécution qui le faisaient le plus souvent le satelhte
obligé des basses de l'harmonie, a le droit d'élever sa
voix puissante au milieu des timbres roultiples de l'instrumentation. Mais pour parvenir a réaliser de tels prod1gcs,
il fallait etre, tout ala foi$, un exéculant de premier ordre doublé d'un facteur de génie. Adolphe Sax possede
ces 'deux qualités rares au ph1s haut degré. Meyerbeer,
q11i avait le scntiment mnsical le plus exquis, }isa,it
qu' Adolphe Sax était l'arliste le plu? complct q_u Jl ent
jamais rencontré; et, dans ces dermers temps, 1I honorait de sa présence toutes les séances de la rue SaintGeorges.
Le grand compositeur avait meme formé le projet
d'orchestrer toute la partition de son Africaine avec les
nonveaux instruments d' Adolphe Sax. Comme tous les
inventcurs de mérite, Adolphe Sax a été calomnié, dépouillé de ses propres créations, et mis sur les ~ords d_e
sa ruine par vingt années de luttes et de proces; ma1s
un arret du conseil d'État, en proposant une extension
aux brevets du célebre facteur, a fait cesser les persécutions.
M. Fétis, dans une lettre puhlit•e par la Gar.ette Musicale et adresséc a !'honorable G. Kastner de l'Institut,
s'est proposé de vcnger Adolpbe Sax de toutes ces
injustices.
&lt;t Je devancerai la postérité, dit l'éminent auteur de la
&lt;&lt; Biographie !les musiciens, et lorsque tou~cs les hain~s
« ~eront éteintes, lorsque la mort aura rav1 et les perse« cuteurs et le persécuté, le nom d' Adolpbe Sax brillera
« parrni les plus cdehrP.s du dix-neuvieme siecle. n
Mais laissons parler les documents officiels que nous
trouvons dans une Notice biographique: ils ont une force
ele logique irrésistible.
Le conseil d'État, dans un exposé des motifs pour la
prolongation des brevets d'invention d'Adolphe Sax,
s'exprime amsi:
&lt;&lt; Enfin en 1835, le jury international de l'Exposition
&lt;t univers~lle de Paris, accusa encore mieux la supério&lt;&lt; rité de M. Sax sur tous ses concurrents in di genes et
« étrangers: il lui donna la récomµense de prem1er rang,
« tandis qu'il n'attrihua que des récompenses de troi..
« sieroe ran" a ceux de ses concurrents qu'il distingua
&lt;&lt; le plus. M~ Sax, en transformant les orchestres d'har« monie n'a pas seulement contrilmé au progres de
« l'art ¡'¡ a en outre donné une grande iropulsion aux
« ind;stries qui ont pou11 objet la fabrication des nou« veaux instruments. &gt;&gt;
Le rapport dn Corps législatif, au nom de la Com mission, s'exprimait en ces termes:
« Avant Sax, la fabrication des instrurnent~ de cuivre
&lt;&lt; était tres-mPdiocre en France. Anjoard'hui, cette fabril&lt; cation a pris un développement consiMrable, et l'é« tran"er vienten France. C'est a París qu'est la véritaº
'
. ,
« hle fabrication, c'cst la que s esl constituc un centre
« d'exportation tres-considérable. 11 y a lá un service in« dustr1el rendu au pays, et qui a vivement frappé la
« commission. En conséquence, elle a déci&lt;lé que
e&lt; M. Sax await accompli la premicre condition imposée a
« la prolongation d'un brevet, c'est-a-dire qu'il avait
1&lt; introduit une amélior:ttion considérable daos nn art,
« et développé, presque créé, une industrie en France.
Et plus has, le rapport ajoule :
&lt;• JI est intéressantde voir cet bomm-e, fort de sa convic&lt;&lt; tion et de son droit, rester debout contre tous et soute« nir la lutte saos démoralisation, sans découragement.
« Beaucoup auraient succombé; mais s'il a été ruiné, il
« a su, au milieu de la ruine et du chagrin, conscrver
&lt;( intacts son couragc et son intelligenQC. » Ne chercbant
que la perfectiou, et voulant rendre témoins de ses efforts
pour la découvrir amis et ennemis, dissident_s r.t partisans, Adolphe Sax adressa des invitations personnelles
aux facteurs, aux exécutants, aux gens du monde, ainsi
qu'aux artistes et aux ,compositeu~ l,es plus _émine_n~.
C'est ce qui explique I affluence qm s est portee, en JUJD
et en juillet dernier, a la salle de la rue Saint--Georges.
- Mais aussi quels beaux programmes on y a exécutés!
et quels interpretes! - Nous y avons entendu successi-vement : un duo sur Gtiillaume Tell, puur trombone et
saAhorn basse, tous deux a six: pistons et a tllbes indépendants; une fantaisie pour trompettcs sur Robert le
Diable et une Marche triomphale, de Ocmerssmann; un quatuor original pour saxophones, par Singelée, chef
d'orchestre du grand théatre de Gand; - puis un quatuor de trombones sur le Comte Ory, et enfin la sublime
Marche funebre, composée a la mémoire de Meyerbeer, par Henri Littolf.
Cette composition, qui vous jette dans un vérilable
épouvanternent, a été écrite pour un_e trompette, deux
trombones, un saxhorn en si bémol, un saxhorn contrebasse en mi bémol, et un saxborn contrebasse en si bémol a pavilloñ tournant. Mais ce qui rend formidables
ces six instruments, dans les instanL~ pathétiques,

indépendants.
Tous les nouveaux effets sont la. Maintenant que tout
te Paris industrie!, artiste et dilettante a été a meme de
ju"er et d'acclamer les récentes découvertes acous!iqu0es d'Adolpbe Sax, ses babiles interpretes vont parcourir la France la Belgique et la Hollande, afin d'y
faire entendre 1:s nonveaux instrumcnts. Ces véritables
mi,sionnaires du nouvel évangile acoustique et instrumental apres av')ir porté la bonne nouvelle daos
Bruxell~s La Haye et Amsterdam, reviendront en France,
ou le dir¡cteur du Casino de Fécamp prépare a leur intention un Festival, auquel des concours d'orphéons apporteront un intéret tout populaire.
..
L'art musical est un art tout moderne, quant aux mstruments de musiq•1e, - ríen, dans l'antiquit~, ne pouvant étre comparé a ce qui existe aujourd'hm.
Mais Adolphe Sax, dans sa vaste spécialité, a eu tout
a créer, depuis le premier mandrin jusr¡u'au der~ier
cxécutant · tout a la fois professeur an Conscrvato1re,
virtuose :Uécanieien, forgeron, métallurgiste, acousticien rédacteur de métbodes spéciales, guide des com. '
. , '
positeurs qui voulurent bien cerne P.º•~r s~s ,nouveaux
instruments, Adolphe Sax a de plus ete obhge, pour se
défendre ou pour ne pas etre dépouillé _de ses plus ch~res inventions, de se faire légiste et de palir les nmts
sur 1es codes.
On en aura une juste idée en parcourant l'extrait suiv:i.nt des conclusions deM. l'avocat général Osear de Vallée a l'audience de la Cour impériale du 26 mai i 860 :
«' ..... J'ai bien envíe &lt;l'ajouter qu'il est vraiment dou&lt;&lt; loureux de ,·oir a quelles épreuves a été soumise cette
« propriété de Sax. Ce n'est pas son éloge que je veu1
« faire; cela ne conviendrait pas dans ma bouche. Je
« parle de son droit. Souverainement recom;iu par tant
&lt;&lt; d'arrets ce droit a été tellement contesté, qu'il s'é,.
« teindra 'demain et qu'il n'aura pas vécu un instant li~ bre et fructueux pour son auteur....... »
« Cet horome a vu son droit privatif livré a toutes les
« attaques, a tous les combats; son champ a été envahi :
« d'heure en heure, d'année en année, les combattants
« se succedent, les assaillants s'y remplacent; B... est
« le ·dernier mais le champ est épuisé. La propriété s'é« teint a l'heure 01.1 je p1rle ... Sax ava1t une propr1ete
« plus recommandable peut-étre encore que la pro« priété qui vient de nos peres, puisqu'elle est le résultat
« de nos eJiorts personnels et de,s travaux de notre,
« esprit.. ...
« En meme temps que je demande a la Cour un ar« rt\t souverain et définitif, qui mettrait hors de corubat
« les derniers assaillants, je fais des vceux pour que le
« droit privatif ne soit pas, par l'eflet du temps, enlevé
« a celui qui, par son travail et .son mérite, se· l'est légi-'
&lt;&lt; timement acquis·. »
Ajoutez a toutes ce5 luttes une maladie qui n'avaitjamais pardonné, et vous reconnaitrez que la nature, en
donnant a Sax le génie et la volonté, lui a donné.
'

•

SOLUTIONS EXACTES DU PROBLEME Nº

• 1

I

169.

Café de l'Europe, a Phalsbourg , Café Ilrezin ( Pelit-?tfontrouge), le capitaine J. Charousset, G. de V. Allevard,
E. Frau, E. Dubedout, Ed de Vaucelle, Obozinski, Henri
Frau, Athané, maréchal-des-logis-chef, Ilaudet.

~XVI.ICATION

no

DKkNll!R RERns.

JI faut, pour percer dans les lettres on dans les arui, une

individual1té prononcée.

- ---·

-·---~
A.UG. MAKC,

airecteur-gerani.

Eo11. Tl!.IlE11, rédacteur en chef,

-----~-

Imp. de L'ILLUSTRATION, A'. Marc,
H,

,w

lle V,niew.

1 !

�48

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

aussi une bien large
part des miseres humaines. Mais pourquoi
rappeler des calamités
qui, tout le fait supposer, ne fondront plus
sur le graud artiste?
Redisons plutot en terminant, avec la Gazette
musicale, « que l'im« mense propagation
« de la musique d'ins« truinents de cuivre
« cst due aux inven« tions d'Adolphe Sax,
" et en particulicr a
" la facilité et ala siro&lt;&lt; plification de ses sax« horns, et que l'on ne
(&lt; peut
s'empecher
,, d'admirer l'inépuisa« ble fécondité du céle« bre invcnteur, que
« ríen ne saurait arre(&lt; ler, pas méme son in« térét bien entendu;
(( car, par leursupério(&lt; rilé incontestable,
&lt;( ses derniers instru« ments sont évidem(; ment appelés a rem« placer eui-memes le
« saihorn ; et cette
(( substitution ne peut
AUDITION DES NOUVEAUX 1NSTRU6!ENTS D'ADOLPHE SAX
« se faire saos de nou&lt;&lt; velles luttes, saos de
(&lt; n9uvelles résistances, toutes choses assez µeu favoral(·bles, comme chaeun sait, aux intéréts pécuniaires;

(SALLE SAX, RUE

(( mais le véritable
(( tiste ne se, laisse
«.envahir par de
(( reilles · consid
(&lt; tions: il créesans
« cul et sans a- ·
&lt;( pensée, comme
(( bre donne son
,f. parcequeDieul'a
(( au mo.nde pourc
Nos lecteurs n'i
rcnt pas que M.
phc Sax a non-se
ment régénéré les
truments de e
presque unive
ment adoptés,
que le constate lej
de la del'Oiere ex
tion de Londres,
&lt;1u'il est la cause
miere du grand d
loppement qu'ont
lr.s nomhreuses s
tés de fanfaresetd'
monie de la Fran
de l'étranger.
Fondée a Paris
1843, la manufac
d'Adolphe Sax Oet.
u11 grand,11ombred'
vrir.rs q11'il a fo
et cettc espece d' ·
11ormale a donné a
SAINT-GEORGES),
dustrie et a l'art
snjets distingués
l'admirent, les uns comme un grand maitre, et qui
le respectent comme un perc.
A. ELwA11r,

~~~~

SOClÉTÉ FRANOAISE DES AÉROSCAPHES.
fu auront, m 011tre, pour obJet de soustraire l'aérostat aux elf&lt;
,·ent qui le prt11drait en fla11c, cai· ils feront dévier son action sel
1a11ge11tu de teur ,·otatiun.

Xxposé des príncipes d'apres leiquels un aérostat peut élJe dirigeable
I' La facult~ de pou,•oir, a volonté et sans perle de gaz, modifier en
plus ou en moms le rapport de son poids spécifique a celui du milieu ambiant déplacé, ce qui permettra de monter et de descendre a volonté.
~• La faculté de pou,oir, i, volonté, déplacer son cen_tre de gravité P,Our
prendre, par rapport au plan normal de statique, lels pinos inclinés que tomportero11t les be,oins de descenle ou d'ascens,en.
Nou, ci·oyons devoir insis1e1· sttr ce que /11 1°ém1io11 de ces deux

condítiom stt{(irait a
elle sen/e pour déte1·miner la progreuion
forcée d'un aéro,tat
dan, m1e direction
voulue.
3• La faculté de pou-

voir, a volonté, soit
que l'on marche en
avant ou en arriere,
opérer daos la masse
atmosphérique, •mema
centre le vent s'il y a
lieu, et antérieuremerit
a la marche de l'aérostat, une rupture d'équilibre suffisante pour
f&amp;ire résulltr un elfet
utile de la pression ,
qui reste constante
dans les autres points
du milieu.
Sam revenir 1111r lu
explicalio111 dij,, don11ée1, no111 pe111011.1
pourta111 qu'il ne sera
pa, ,ans intéret de ,e
rappeler qu'a elle
,eule, cette condition
diterminerait encore
(01·ceme11t la marche
da111 une direc1io11
voutue, 1am comp1e1·
qu'el/1, aU/lmentera de
beaucoup le, 1·ésultat1
a obtenir des moteurs
propru de I'11ppareit.

Ancienne timbale. Nouvelle timbale.
Nouveau saxhorn.
Nouveau trombone.

5axophone.

g• La faculté de su moul'oir a volonté, soit en avaut, soit en a
saos qu'on soit obligé de virer de bord. Ce qtti, de plu,, combiné
le, condition, f et 2, rendra e((icacement l}l(ltlre de la descente
point donné. A cetle fiu, les extrémités de l'aérostat serout cont
mais symétriques.
to• la forme de l'aérostat sera un eUipsoide allongé. C'est celle qui 1 •
le moins de prisc au vent, quelle que soit la directiou d'oú il vienne.
meme hui, il sera
ver! d'une légere
pac~ en alumini
t t • A chacuue
extrémilés et de
que coté serout
gouveruails pour
changements de ·
llon par légercs
llexions.
/ls BtrOIII dt
susceptible, de
1ionne1· dam u•
hori:i.ontal ou
ca.t, a volimté,
que, stlon les b
1l1 pttissent 11t
p1'ésmter de
nu vent ou, aprt,
lion, tire facil
1·ammés au poi
départ 11111, pr
de réaction rur

constances, soit
marche, soil á la ·
tien de l'aérostat,
pres le calcul
4• La solidarité insnríace de toile 1 '
time de la nacelle et de
en prise au vent.
l'aérostat, afin qu'il ne
13• Dans la
se -,produise pas i la
destinée a l'inslal
marche des résiatandu malériel ou des
ces, qui usÚaient inn,
grurs, il est d'u
tilement parlie de la
que les fen~tres
force dé progression
mobiles sur pi•
déployée.
,orle que l'on
Pour t'obtenir au
avoir de l'air l v
plus haut degrt possans que celui-ci
sible, nous avo1u i,la- '
ne á s'engouílrer
SOCl~TÉ FRA.N(jAISE DES AÉROSCAPRES, ,POUR LA PIIO,\tOTION DE LA NAVIGATJON AÉRIENNE PA.R LES AÉI\OSTATS (Systeme A. Charvin).
cé la nacelleaudedans
l'appareil et faire
de l'aéro,tat ,n¿me,
Le but de la Société est de prouver, par l'expérime11tation, que la navigation aérie~e est possible, .et que les aérostats sont dirigeables. Tout en s'arfirmant, comme initia- lance ida marche,
entre /e, parlie1 d,
tive privée, elle compte trouver dans le senlimenl uatioual l'appu, le plus ilatteur, cemme le plus puissaut. File iollicite le patronage de tous les gens éclairés et amis du
•-dire absorber-,
ballon qui le compoprogre,, espérant de chacuu un coneours pah-,otique. La Soc,ete admet dans son sein des memhres cotre,poudaots, avec tilre de Fo11dateurs llonol'lliru.
ment partie de la
1ent.
S1ío1, A Pn1s, !O, nua Ross1N1. - L'admi11istration adresse un prospectns franco, sµ~ toute demande aflranchie, et une brochure contre t r. en timbres-poste.
déplnyée.
~• .\fin de présenter
14• Des siéges
toute la sécurité désirable, l'aérostat sera divisé en plusieurs comparbments,
7' Des soupapes de surete.
peudus en conséquence permeltront aux voyageurs de se mainteni,· d
de aorte ·qu'une rupture, un accidenl quelconque de l'enveloppe n'agissant
8• Des propulseurs laté~au1 iudépendants les uns des autres, afin qu'en perpeodiculaire, malgré les rlans inclinés que pourra prendre l'aé
que sur un~ partie ne puisse compromettre l'eul;emble.
arretant ceu1 d'un cóté, sans que ceux de l'autre cessenl de fouctionner,
15' Ponr plus de sécurité, des paratonnerres seront disposés de m
6• Une enveloppe le moins ponible pcrméable nu g3Z, aún de ¡¡'en pas on puisse oblenir méme des conversions de l'aérostat sur lui-meme ou a pouvoir soutirer et laisser déperdre le fluido électrique don! pourr
permeltre la déperdilioo,
des cbaugemeuli de direction dan, des an¡¡les pl'Ononcés.
~tre chijrgés les milieux qn'on aura &amp; lraverser,

�</text>
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                  <text>Semanario francés ilustrado se publicó entre 1843 y 1944. Aborda temas políticos, económicos, sociales, científicos, artísticos, y deportivos. Fundado por los periodistas Jean- Baptiste Alexandre Paulin y Édouard Charton. Sus ilustraciones eran realizadas por los mejores dibujantes como Henri Valentin, Édouard Renard, Paul Gavarni, Janet-Lange y Cham.</text>
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                <text>L’Illustration : Journal Universel, 1864, Año 22, Tomo 44, No 1116, Julio 16</text>
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                <text>Jean-Baptiste-Alexandre Paulin, (1800-1859)</text>
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                <text>Charton, Édouard, (1807-1890)</text>
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                <text>Publicación periódica</text>
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                <text>Semanario francés ilustrado se publicó entre 1843 y 1944. Aborda temas políticos, económicos, sociales, científicos, artísticos, y deportivos. Fundado por los periodistas Jean- Baptiste Alexandre Paulin y Édouard Charton. Sus ilustraciones eran realizadas por los mejores dibujantes como Henri Valentin, Édouard Renard, Paul Gavarni, Janet-Lange y Cham.</text>
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                <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores</text>
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        <name>Adolphe Sax</name>
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        <name>Circasianos</name>
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        <name>Dunin WonsoWicz</name>
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        <name>Société française des aéroscaphes</name>
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L'ILLUSTRATION,
DIVEBSEL.
IOUBR.A.L

- -=-==--E&amp;
~~~-- ·-:· _. ·. -·
--

- --

Ue ANNÉE. VOL. ILIV.

Direction, Rédartion , Administralion :
T~utu les communitations relatives au joumal , réclamations, demaodt11
de changement,; d'adresse , doivent etre adressées franco i
11. AUG. JIIARC. DIRECTEUR-GÉRA.~T.
Les demandes d'abonnemeot doivent étre accompagné~•
d'uo mandat •ur Paris ou sur la 9oste,

~

N•

S'.a n, e di ~a .Jui llet

f 117 .
1 8 a.&amp;.

~'auwnnliat II n,ea pu 4a ■u11cri11 et ae l'ugagt ¡am1i1 i I• i11ir•.
fa la lniWt, la traductioa 1I la r•productioo i l'jlr&amp;nger ~•I ialtr4ilo&amp;.

BUREAUX : RUB RICHELIEU, 60,

!bonnements pour París et les Déparlt.ments :
6 moia, 18 fr.; - unan, 36 fr.; - le numéio 1&amp; o.
!a collection mensuelle, 3 fr. ¡ le ,·olume semestriel, 18 fr. 1

3 mois 9 tr. ¡ -

ABO,NNEMENT8 POUR L'ÉTRA.NGBR 1
Mémes pnx; plus les droits de poste, suivant les tari!t.
Le• abono. parteol du ter o• de cbaquo moi1,

Gravuru : Arrivée de LL. Mlt. l'Emperenr •I l'lmperatrice dn Me1ique a

SOlUJAIR E.

;n

.ne.
. scrar"4,
é¡;ére~
1miniua.
,acune
et de

A•rivée de 1.1. MM. l'Empereur el l'lmpératrice du Mcxique. - Revue
politique de la ,cmaine - r,ourrier de Paris. - Célébratioo de la ftlte
ele Saiut-Pierre l la cbap,llc Saiut-Louis de Tuuis, - forrespoudaocc
d'Al~érie, - Autobiograpb,c d'un poete (suite), - E1pédi1io11 daos
l'mtóricur du Meuque. - G,uli, (nourelle ), fin. - La c!é des champs.
- Pete ,lu f,onrban-Dairam, a Brousse. - Orage dans l'Oberland, r,a,ette du Pala.is. - L'appareil Remkorff eí la scicnce.

Vcra-C.ruz. - Messe célébréc j¡ la chapclle Saint-Louis ( Tunis) pour
la !~te ~•trnnale des matelr ts ~nbiers ('!1 JUin). - In,urrect,on d'Algérie: r.ombat d'Aio-KI-Sueta; - Les chef, des Flittas rerenLI du
~énéral Deliguy la coofirmation de l'amao, au bi,ouac de Has-OuedEI-Anur. - Etpédibon daos l'ir.lérieur du Metique ( 4 gravure&amp;),
- Hte du Courbau-Dairam daos la mosquée de Zeseb1l lmare1, •
Brousse. - Un ora,e daos l'Oberland. - Tbéalre Robiu; - Bloc de
verre de ucuf ccnhmctres, traversé par l'étincclle de l'appareil Rumko, IT.
- Rébus,

-- ~ ~~------

ARRIV8~ DE LL. lUI. L'KllPERKUR ET L'IMP&amp;P.ATRICK DU ll&amp;XIQUK.
AU DIRECTEUR.
V, ra-Crut, 30 mai.

Apres un vo~age accompli heureusement, et dont le
terme a devaneé l'attentc publique, LL. MM. l'Empereur

.

Lºll»PEII.EUR ET L'IMPÉRATRICB DU MEXIQUE A VERA-CRUZ: Pmage du cortrge ious 1'1rc ~e tri•mphc de la place d'Armea. - O'aprét une phot. com'llumquée par la UgÍtioo du lleiique.

�L'IL1USTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

50

.Marimilien et l'Impératrice Cbarlotte sont arrivés, le
28 de ce mois, a la Vera-Cruz.
Le 20 au matin, Leurs Majestés descendaieot sur. le
sol du Mexique, oü elles étaient re~ues par les capitaioes
et les états-majors de la marine frao~aise, la députatjon
de !'ayuntamiento, le général Almonte, le préfet de VeraCruz, le commandant supérieur, M. Maréchal, et le di•
recteur de la marine, M. Peyron. Les marios franfais
faisaient la haie d'Wl coté et la garde nationale mexi-caine de l'autre. A la porte splendide qu¡ sépare la ville
du mole, l'Empereur re~ut les clefs de Vera-Cruz, sur
lesquelles il posa la main, et entendit une adresse de
l'ayuntamiento, a.laquelle il répondit, daos le plus pur
castillan (( que top.tes les puiss~oces de sa volonté et de
son intelligeoce seraient mises au service du Mexique,
et gu'il ferait tout pour rendre.heurelll ceux qui l'avaien t
choisi. »
Ce fut en voiture que Leurs Majestés firent le trajet de
la porte ·de la ville au wagon impérial, au milieu des
cris iocessants de : Vi ve l'Empereur ! vive l'lrnpératrice !
au milieu des pétards, des bouquets de fleurs, d'une pluie
de fegilles de roses, en passant souS-Un magnifique are de
triompbe élevé sur la place .d' Armes et a tra vers les rues
élégamment décorées. A six heures et demie du matin,
le convoi impérial se mit en marche pour Mexico.
Agréez, etc.
Pour extrait: P. PA.GET.
~

REVUE POLITIQUE DE LA SEMAINE.
Le-s hostilités soot de oouveau suspeudues entre les
11nissaoces allemandes et le Danemark jusqu'au 3l juillet. A l'erpiration de ce•délai, !aguerre recommencera,a
m'oins que le cabinet de Copeohague n'ait présenté
d'ici la des confüioos de paix qui paraisseot acceptables a )'Autriche et a la Prusse. Le baroo Bredon a été
chargé' par Christian IX de négocier pour le Danemark.
·
11 reste asavoir quelle~ propositions la Prusse et l'Au. triche daigneront trouver accéptables, et' l¡Js journaux
allemands ne nous dooneot -sur ce point áucim renseignement pos1tif.
En attendaot, des proclamations du genéral Vazal de
Folk.enstein, datées de Randers daus le Jntland, portent,
entre autres cheses, que les rassemblements de plusieu.i,,
persannés sont défendus ; que personne, a partir de dix
heures du soir, ne pourra sortir de la ville ; que les
fonctioonaires qui quitteront leur poste ou qui se montreront récalcitrants, seroot jugés par un conseil de
guerre, et que leur fortune sera confisquée.
Le général ne menace encore personne du fouet ou
dQi verges.
Le l4 juillet, les nouveaux ministres du Danemark se
sout rendas au Rigsraa.d, et le ministre de l'intérieur a
donoé lecture, au nom du président du conseil, d'un
messa-ge daos lequel les membres du cabinet appelé a
prendre la direction des affaires daos de si graves conj1mctures, exposent qu'ilsne peuvent tracer le programme
de leur politique, et qu'ils doivent se borner a déclarer
(( qu'ils se tiendront inébranlablement sur le terrain de
la légalité, qu'ils ne se permettront jamais de rlonner
a Sa Majesté UD conseil qui ue soit en harmonié parfaittl
avec ce principe,conseil que le roi d'ailleurs,-le peuple
doit en, etre convaincu,-serait le premjer a condamner,
et que le salut, l'honneur et l'indépendance du Danemark. seront l'étoile qui guidl!ra tous lenrs acte~, le but
précieux auquel tendront tous leurs etTorts. »
Le roi de Wurtemberg a ouvert les chambres du
royaume. 11 a bien voulu assurer les (( nobles et honorés
m~ssieurs, amis et féaux » auxquels il s'adressait, que ce
ne serait pas une faible satisfaction pour lui de pouvoir
prouver, au début meme de son regne, « que les vrais IJesoiris du pays sont reconous et que tout intéret légitimc,
soit moral, ~oit matériel, trouve la protection qui lui est
due. »
L'avenir nous apprendra ce que le nouveau roi de
Wurtemberg entend par les vrais liesoins et les intérets
légitimes du pays. Sa Majesté a fait allusion a un nouveau code de procédure mis a l'étude et fondé sur la publicité des déhats. Si le Wurtemberg en est encore a d,;_
sirer des débats publies et oraux, on peot bardimeot supposer que le nombre des vrais besoins du pays, tels que
nous les comprendrions, nous autres fils de 89, est assez considérable pour donoer quelque besogne a un
prince trien intentionné.

.

L'auguste orateur ne s'cst pas dissimulé que le temps
était grave et plein d'agitation.
M Toutefois, a-t-il aj0uté, ce qui est de nature a oous
rassurer beaucoup, c'est qu'un afcord ait été obtcnu entre les deux grandes puis~aoces allemandes, doot les
vaillautes troupes out versé leur sang daos un meme buL
pour l'honneur et le droit de l'Allemagne, accord qui
auwrise a espérer que laquestion des duchés de SlesvigHolsteío, qui agite l'Allemagne tout en tiere, trou ver:1
sa solutíon daos un seos conforme a !'esprit national et
au droit national. »
La conquete du Jutland serait-elle, dans la pensée du
roi Charles, un des (( vrais besoios )) de l'Allemagoe en
général et du Wurtemlierg en particulier?
Le géoéral Wilson, apres avoir détruit le chemin de
fer de Oanville, sur un parr.ours de 20 milles, a été attaqué par les confédérés, le27 juin,sur le chemin de fer de
Weldon a Pétersburgh. Le combata duré toute la nuit, et
les fédéraux se soot vus contraiots de suspendre leur
marche en avaot. Le général Meade a envoyé, le lendemaio 28, des renforts a Wilson. ·
Le méme jour, les coofédérés ont opéré un mouvement
sur la gauche pe Grant.
Des dépéches plus récentes rlonoent la nouvelle grave
d'une invl!.sion partielle dn territoire du Nord par l'armée confédérée : un corps, évalué a 30,000 hommes,
sous les ordres du général Ewell, se portant vers l'ouest,
aur.:i.it débouché daos le Maryland, presque aux portes
de Washington, a travers la va:llée de Shenandoah, et
occupé Harper's Ferry et Hagersto"'n, saus avoir, selon
to~te apparence, rencontré d'obstacle au passage du Po1.0mac, non plus que dans le has Maryland.
V~tat de Maryland avait voté récemment l'abolition de
l'esclavage.
Une dépecbe du général Oeligny annonce que la soumission des Flittas est complete, et que l'ordre est rétabli
dans la partie de la province d'Oran ou la paix avait été
troublée par le soulevement de cette tribu. Le général a
recommaodé qu'on évitat avec grand soin tout mauvais
propos, toute menace, toute provo~atioo a l'adresse
des indigenes. Voila une sage et bumaine recommaodation a laquelle on ne saurait tro¡, applaudir.
Le marabout Abd-el-Aziz, qui s'était mis a la tete de
l'insurrection apres la mort de Si-Azereng, traqué depnis
plusieurs jours par les Fli\tas eux-mémes et par les tribus limitrophes de lasubdivision de Mascara, s'est reodu,
le 9 juillet, au lieutenant Monier, chef de l'annexe de
Zammorah.
Deuxjours auparavant1 les Harar-Cheraga avaieot remis au commandant sapérieur de Tiaret les chevaux,
les mulets et les armes enlevés par eux au début de
l'insurrectioo, et notamment les chevaux du colonel
Beaupretre et du sous-lieutenaot Marsot.
Les dernieres dépecbes du MexiqÚe oous oot apporté
des détails sur la prise d'Acapulco. La garuison s'est
rendue sans coup férir et s'est retirée a Providencia, oü.
se trouve le quartier général d' Alvarez, chef des bandes
juaristes de l'Etat de Guerrero. Le contre-amiral Bouet
a pris posse.sion de la ville et du port.
Une partie des bandes d'Alvarez, campées a PuebloNuevo, village situé a trois lieues d'Acapulco, a été mis
en déroute par nos troupes, sous les ordres du capitaioc
Bézard, des tirailleurs algérieus. L'ennemi a perdu cinquaote ou soixante hommes, un drapean et deux pieces .
de campagoe.
Une curresp0ndaoce adressée dn Mexique au Times
contient des détails tres-intéressants ~ur l'accueil entbou~iaste que les lndiens ont fait a l'Empereur Maximilien. Ceux de Naranjal ont remis a Sa Majesté une
adresse oü ils la comparent a (( un arc-en-ciel qui dispersera les nuages qui semblaient pour toujours amoncelés sur le pays. &gt;&gt; Franchement, il ne doit pas etre tresfacile, pour un prioce tout nouvellemeot débarqué d'Eu-rope, de rendre politesse pour politesse a des sujets qui
vous harangueot dans ce style-la !
Le bruit courait, d'apres la méme correspoudance,
que la coaronne des rois Azteqoes, religieusement conservée par une tribu d'lndiens d~puis la chute de l'antique dynastie, devait étre offerte au nouvcl empereur,
comrne au prioce qui, d'apres une vieille pruphétie, était
destiné a la porter.
L'avénement d'un archiduc autrichien prédit par les
oracles azteques ! Qui s'en serait douté?
Une nouvelle loi sur la presse vient d'etre votée par
le.; Cortes; les articles 6 et 7 de cette loi ¡,oo t ainsi con~us :
Allt. O. 11 ne sera publié aucun écrit snr le dogme de

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

notre sainte religioo, sur l'Écriture sainte, ni sur
morale chrétienne, saos l'approbation des diocésai
Art. 7. Le gouvernement est autorisé a prohiher l'i
portation sur le territoire espagnol de tout écrit qu
conq,ue qui sera imprimé ou puhlié en pays étrang~
ll parait qa'aux yeux rlu gouvernement espagnol, ce
compression de la pensée est l'an des vrais besoins n
l'Espagne.
Le bruit a couru, dans ces derniers jours, a Milan,d'
départ de garibaldiens du port de Genes. De la destma
tion du batiment qui portait les volontaires, rien.
. Le comité central franco-polonais, présidé par M.
duc Eugene d'Harcourt, ancien ambassadeur de Fran
a Rome, adresse un appel aux sympa1hies frao~aises e
faveur des Polonais qm ar,rivent tous les jours dénu ·
de tout, épuisés et malades des blessnresre~ues en co
battant pour l'indépendance de leur patrie.
En méme temps, la misere et les 'Souffraoces des Cir
cassiens qui ont préféré l'exil a l'esclavage exciten
daos l'Europe libérale, une pitié qui ne sera pas stéril
Deux peuples chassés de leur pays, mutilés, moura
de faim, demaodant au méme moment asile a la Tu
quie et a la France et imploraot un morceau de pain
la compassion des natioos étrangeres! Voila de qiloi
faite la grandeur de la Russie.
Le l6 juillet, a H heures du-soir, S. A. l. la prince
Clotilde a donné le ;our a un 61s.
Proces-verbal a été dressé sur les registres de la C
mili e impériale de la naissance du prince, qui a re~u 1
noms de Napoléon-Louis-Joseph-Jéróme. '
Le roi d'Espagne sera, dans quelque~ semaines, l'h
de la France. Sa Majesté catholique arrivera a. Paris
l Oau 20 aotit; elle sera accompagnée de sa maison mi ·
taire et habitera le palais de Saint-Cloud.·
S. M. le Roi des Belges est arrivé mercredi soir
Paris.
EoMoNo TEXIER.
~

t;UIJIUUEll bl!

P.&amp;.llllll,

Le rlub des Bébés. - Statuts apocryphes. - Un arrété d
Premier Préfet du palais en l'an XIII. - L'bymen et 1
tableaux vivanls. - La stalue de Relioul. - U11 accesso·
1-&gt;roposé. - Une statue á Greuze. - Autre idée. - La ré
bilitalion et M. Mr.quillet. - Un ver• du Misnnthrope. Est-ce Turtufe? Est-ce Tartuffe~ - Transforma1ion
Nafa jaune.

On discute encore sur la véritable portée des instructions que le comte de Glücksbourg, en voyé en Alle,ma150
pour traiter de la paix, tient de son auguste frere
Christian IX, roi de Oanemark, et les intentions des
puissances allemandes sont toujours un mystere, au
moins pon:- les simples mortels qui ne soot point miti'
aux desseins des dieux; mais il est hors de doute qu'ua
club nous est né, qui s'appelle le Club des Béblis.
Les journaux, qui oous anooocent cette importan
nouvelle, ometteot de publier les statuts de l'associatioo,
et vraiment ils ont le plus grand tort; il serait bon de n
pas laisser les esprits en suspeos lorsqu'il s'agit de m
tieres aussi gr4ves.
J'ai recu bier sous eoveloppé une piece manuscri
qui ne se~ait autre chose, si j'en crois le titre, que le d
cument dont la presse a jusqu'ici négligé d'entretenir le
public. Cette piece, je me bate de le dire, m'a tout ra·
d'etre apocryphe; j'en cite quelques extraits, et je peo
qu'apres les avoir lus tout le monde sera de mon avis:
Art. 2. Les deux sexes sont ad mis a fa!re partie du club.
• A1't. 4. Tout membre du club doit etre sevré.
Art. 5. Tout membre du club cesse d'eo fair~ parti
aussitot qu'il a percé sa premiere dent de sept aus.
Art. 7. L'admission est proooncée a la majorité d
dcux tiers des votaots. Le vote a lieu pl!.r assis et levé,
tout membre qui n'est point encore capable de se
nir sur ses jambes vote ou.i en disaot papa, et non en disant mama,,.
Art. 9. Toutmeml1reduclub doit avoirlesjambeset
col nus, a l'aoglaise; le costume de rigueur est la ja·
quette blanche et le pantalon blanc festonné couvrant 1
genou. Le baveron et le liourrelet sont obligatoires po
les membres agés de moins de trois aos. Le présiden
peut autoriser l'usag'e des lisieres et des hor.hets.
At't. l 3. Les seuls jeux permis daos. le club sont 1
main chaude, le pied de breuf, la marellc, la baile, 1
billes, le colin-maillard et le jeu de cache-cache. 11
expressément détendu de jouer au sable dans les..salons.
Art. i5. Les seuls eojeux autorisés sont les suc
d'or¡re et les booshommes de pain d'épice.

'

5t

une figure noble, saos défaut rlans les yeux, dans'les jam- l'histoire naturelie, l'astrooomie, la chimie étaient du
d'orge ou q11atre bonshommes de pain d'épice. est tenu bes, et généralemeot aucunes difformités naturelles. i, grec,et meme de l'hébreu pour tous ceux qui n'étaient
pas des savants a di¡ilóme. Un homme du monde aurait
de se retirer do jeu.
Nimes
va
élever
une
statue
a
Rehoul,
son
boulangermeme
eu assez inauvaise gr.lee a s'occuperde ceschoses;
Art. 20. Des bonoes sont attacbées au club.
11 suffit de lire ces quelques articles pour etre bien poete; qu'oo dise a pres cela que la province est in grate, aujourd'bui, noussommes en train de changer cela, peu
-d·e gens rougiraiem encore de ne plus etre des ignorants
convaincu il me semble, que la piece a laquelle ils sont et que nul n'est prophcte dans son département !
'
.
Or, Nimes est une ville romaine, toute éprise de l'an- et l'on ne croit plus qu'il y ait la moindre honte a savoir
empruntés est dépourvue de tout caractere d'authent1-cité • il faut évidemment n'y voir autre cbose qu'unc tiquité; et vous verrez que le Reboul de la statue sera comment on respire, comment on digere et quelles lois
plai~anterie, et d'ici a quelques jours la publication offi- vetu d'une toge et chaussé de sandales, de sorte que régissent la nature 011 les nombres; la vulgarisation de
cielle des statuts du club des Bébés dissipera toute mcer- rien n'empéchera les Nimois de l'an 3,000 de le prendre la science est done devenue une nécessité, et les vulgaripour un consul, voire méme pour un César, si l'enthou- sateurs sont tres-estimés, tres-rechercbés, tres-los, trestitude sur ce point.
siasme des coutemporairts ne recule pas devant la cou- écoutés. Les .11ondes de M. Guillemia, la Bou~hée de pain
En attendant que nous sachions au juste quelles sont ronoe de laurier, ce qui ne serait pas impossible : on de M. Macé, les ouvrages de M. Louis Figuier vulgarisent l"astrooomie, l'histoire naturelle el les sciences
es qualités requisespour faire partie du club des Bébés, sait ce dont les méridionaux sont capables.
Va
done
pour
le
costuine
romain;
seu'.emeot,
je
supphysiques, et le succes de ces livres charmants et sérieux
peut-ctre vous sera--t-il ag,:éable d'apprendre a quelles
conditioos on entrait, il y a soixante .:i.ns, daos la troupe plie rartiste qui sera cbargé rlu marhre ou du bronze, balance celui des romans en vogue. Ce que M. Figuier
d'ajouter asa statuc un petit accessoire que la statuaire fait une fois paran daos sonAnnéescientifique, ~f. l'abbé
chantante de l'Opél'a.
Moigno va le faire une fois par mois daos des entretiens
Les archives du théiÚre conservent un arreté sign1; antique ne lui fournirait peut-etre pas.
Soyons de bonne foi, il e~t évident qne si Jean Re- qu'il a inaugurés il y a huit jours. thaque legon sera le
Lugay, Premier Préfet du palais, et tlaté du 5 veotosc
bo11l n'avait été que poete, on n'.aurait pas songé a lui résumé des découvertes et des applications scientifiques
an XIII, ou je lis ceci :
Le Premier Préfet du palais, cbargé de la surveillance et dresser une statue; mais, en méme temps que poete, i, récentes, des dernieres conquetes de !'industrie, des derdirection priocipale de l'Académie impériale de musique: était boulanger, et cette circonstance doublait le prix de 'niers travaux sur les grandes questions a l'ordre du
Voulant assurer le service de cet établissement, fait ses vers; eh bien! puisque la boulangerie est pour jour. Dans la séance d'ouverture, le savant abbé a touappel aux jeunes gens des départements possédant une moitié daos sa gloire, que le sculpteui le représente ché, parmi beaucoup d'autres sujets, a l'antiquité de
voix décidée de haute-contre, ténol' et basse-taille1 et les avec une lyre daos la main droite et une miche daos la l'homme, aux générations spontanées, a la pluralité des
main gauche.
mondes et aux liallons.Ccrtes, voila d'asc;ez intéressantes
qualités ci-apres :
(&lt; Le sujet présenté doit savoir la n:lusique au point de
questions. Les entretiens de la salle de 13. Société d'enLes coocitoyens de Greuze se sont, eux a115si, sentis pris,
solfier tres-couramment.
conragement auront, avant peu, la faveur du puhlic,
dans ces derniers temps, de l'irrésistible besoin d'élever
« Il ne doit pas avoir plus de vingt-cinq aos, ni moins
corume les entretiens de la rue de la Paix.
une
statue au peintre de la Cruche cassée et de l'Accordée
de dix-huit.
de village. Ce n'est qu'au bout de soixante ans, que cette
Si nous ne sommes pas, daos quelques années d'ici,
« Sa taille ne doit point etre au-dessous de 5 pieds
pensée s'est tout a coup imposée aleur esprit; mais c'est des gens pleins de savoir et d'érudition; ce sera bien no3 pouces, ni au-dessus (le 5 pieds 5 pouces, a moins qu'il
qu'on n·a pas, a Tournus, l'admiration aussi impétueuse tre faute; certes, les moyens de nous instruire ne nous
n'ait une superk vJix.
qu'a.Ntmes.
.
manqucnt poiot.
'
··
(( n faut qu'il ait une figure agréabTe, ou du moins une
Eh
bien!
l'avouerai-je,
il
y
a
comme
cela
des
impres11
y
a
quelques
mois,
je
vous
annoo~ais
le premier nufigure noble, saos défau.,t daos.les yeux, daos les jambes,
sions _singulieres, je ne puis ru'accoutumer a cette idée méro d'un journal dédié aux chercheurs et curieux, et
et généralement aucunes diflormités' naturelles.
(( Le sujet qui remplira toutes ces conditions se fera de .voir l'ima~e de Greuze se dressant majestueuse sur qui s'appelle l'Intermédiafré. .Une difficulté littéraire,
inscrire a la préfecture de son département; sur !'avis un piédestal, comme celle d'un maréchalde France, d'un historique ouarchéologique, vous préoccupe-t-elle? vous
faites partde vos doules a l'Interméaiaire. L'Interméaiaire
que le préfet du département est prié d'en donoer au ministre, ou d'un magistral.
Si j'avais été tourme~té de l'envie de rendre a Greuze en informe ses lecteurs, et c'est bien du malheur si
Premier Préfet du palais, il sera pris des mesures pour
faire subir a l'aspirant un premier examen sur les les honneurs posthumes, je luí aurais bati une petite quelqu'un d'eotr7eux ne trouve pas la bonne répon~e et
chapelle a l'omhre des tilleuls et des acacias, au milieu ne s'empresse pas de l'adresseraujournal, ou v&lt;¡us la troulieux. . . . . . . • • •
(( Ceux qui auront été jugés réuoir les conditions de- de parterres de myrtes et de roses. Sur un petit autel de vez, un mois ou deux mois plus tard, tout au vif imprimée.
Un vers du Misanthrope a donoé lieu, daos les derniers
mandées seront admis a l'Académie, et il leur sera de marbre blanc, j'aurais placé- son portrait au pastel, et
chaquc
année,
au
printemps,
des
jeunes
filies
vetues
de
numéros,
a des interprétatioos tres-diverses; c'est le vers
suite assuré un traitement suffisaot pour les mettre dans
blanc, de jeunes villageois portant des habits hleus, des ad,ressé par Alceste a l'homme au sonnet :
le cas de ne s'occuper que de leurs talcnts. »
Cet arreté a été mis sous verre et encadré; franche- culottes jaunes et des has chinés, des vieillards d'un viFranchement, il est bon a mettre au cabinet.
sage noble, avec de longs cheveux blaocs leur tombant
ment, ce n'est que juste.
sur les épaules et un gilet a ramages,:seraient allés proDaos quelle acceptioo faut-il prendre le mot cabinet't
La Gazette aes Étrangers annongait, dans un de ses cessionnellement déposer sur l'autel des fleurs, des reufs Est-ce la chambre de travail? Est-ce le meuble intime
derniers numéros, que les tableaux vivants de société frais·et des colombes avec des rubans bleus ;.u col ; un ou nos peres serraient leurs papiers et leurs bijoux?
faisaient fureur a Londrés, et que ces most attractive centeoaire aurait Ju une page du doux Gessner ou de l'ai- Est-ce autre chose? En lisant cette intéressante polémiexhibitions avaient décidé plusieurs mariages dans ces mable Florian, jeunes gens et vieillards auraient chanté que, j'ai rougi quelque peu d'avoir attribué trop facileensemhle : Tfrcis en vain aimait Colette, ou bienAnnette
derniers temps.
.
soupirait
pour Blaise, et apres avoir répandu quelques- ment a cabinet le seos le plus grossier.'Cepeodant, en y
Oh! que j'aime le tablean vivant devenu négociateur
réfléchi5sant bien, il me semble qu'il y a bien des chanen mal'i.ages; que cela va bien avec la pudeur anglaise ! unes de ces !armes que les creurs sensibles ont toujours e-es pour que ce seos grossier soit ie bon. Certes, il n'éEt vraiment M. de Foy doit regretter de n'avoir pas eu a leur service, on serait rentré au hameau en se faisant tait point fait pour eflrayer Moliere ; en outre, Oronte
encore cette idée si simple et ~i heureuse du tableau vi- une fete de recommencer l'année prochaine.
Ois-moi, tendre et vénérable Greuze,mon idée ne vaut- avait assez échauffé la hile d'Alceste, pour que celui-ci
vant ! Mais je me fie a luí, s'il ne !'a point trouvée, il
se laissat échapper a quelque réponse un peu vive, et Je
elle pas mieux que celle de tes concitoyens?
l'appliquera.
« franchement &gt;J qui précede, indique clairem1::nt qu'il
Pretons - nous a cette admirable innovation, proSi jamais la réhah•.itation postbume devient une vé- ne va pas méoager le petit moreeau qu'on vient de lui
fitons en Fraoce du bon exemple que nous dono.e l'An- rité légale, comme elle est déja une vérité philosopbi- lire avec tant de complaisance.
gleterre : plus de bals, plus de soir¿es ~e musiqne : des que et une nécessité morale, la gloire en revieodra a un
tableaux vivants, rien que des table:,ux vivaots, l'hiver homme qui a coosacré sa longue vie a la justificatidn
u·y a une autre controverse littéraire sur laquelle il
prochain.
serait
fort opportun que Moliere put dire son mot : eUe
d'un innocent mort sur l'échafaud, et aujourd'hui en-•
Qu'il sera touchant d'entendre une mere dire asa filie: core légalement coupable. Si l'ou ne sooge pas a élever est née de la liberté des théatres; e'est, vous le voyez,
- Ma chere enfant, te voila dans ta viogtieme aonée, une statue a M. Méquillet, le subrogé-tuteur des petits- une actualité.
l est temps de trouver un mari; allons commander un enfaots de Lesurques, assez de creurs béniront sa méTartuf•.. (pour le moment, permettez-moi d'en rester
maillot.
moire pour qu'elle se passe d'un plus solennel hommage. la) Tartuf... est joué depuis trois semaines sur trois
Et qu'il sera charmant de voir un roman commencer
On sait que, s'il n'a pas encore obtenu un succes dé- théatres de Paris ou ¼foliere est du fruit nouv·eau; c'est
ainsi :
cisif, M. Méquillet a du moins eu, cette aonée, la cooso- assez dire que tous trois sont d'accord sur ce, point que
(&lt; Henri Y ... iítait un jeúne homme accompli; Blanche
lation de voir un grand mouvemeot d'opinion se faire Tartuf..• est un cbef-d'ceuvre; ils s'1mteodent moins sur
Z... était une ravissante jeune filie, belle, modeste, dé- en faveur de la nobl\l entreprise qu'il poursuit. 11 vient l'orthographe du uom assez étrange que le comir¡ue a
cente, et remplie de toutes lesvertus qui fo11t une femme d'adresser, dans les termes les plus touchants, un re- donné a son irupost':lur. L'un d'eux écrit Tartuffe, un
modele ... i,
merciement public aux orateurs qul ont plaidé devaut autre Tartufe, le troisieme, tantot d'une f~on, tantót de
« J'ai écrit (( femme modéle ,i saos peoser a mal, qu'on le Corps législatif, et aux journalistes qui ont soutenu l'autre.
en soit bien persuadé.
Qµelle est ta bonne? , •
de leur plume une cause a laquelle taut d'avocats se
&lt;( Le jeune Y... était deveu u éperdtiment amoureux sont déja dévuués.
L'autre jour, un critiqll~ tranchaít la qdestion sans
d'elle en la voyant poser daos le saloo de la princesse
Acceptons ses remerciements, mais _songeons que rien héshation aucune : c'est Tartufe qu'il fa)lt écrire, disaitde X..., ou elle représentait Judith séduisant Holopherne n'est fait, puisqu'il reste encore quelque chose a faire.
il, ¡,arce que ce nom vieut ,q.e l'allemand dtr ieu/el1 qui
avant de lui couper la tete... ,i
signifie le diable.
Les personnes qui auront l'excellente pensée d'orgaTandis que les idées philosophiques font tout douceMais voila que dan~ l'Intermédiaire, M. Hippolyte
niser des tableaux vivants dans leur salon, ne pourront ment leur chemin, les ootions scientifiquesse répandent Lucll$ écrit Ta,:t11ffe, et qo'il se déclar~ tres-disposé a
mieux faire que de s'iospirer de l'arreté du Premier d.:i.ns le public et se vulgarisent. Vulgarisation, voila un partager l'opinion d'apres laquelle Moliere aurait eu
Préfet du palais, et de décréier·qu'aucun suj.et ne sera au-. mot toutil faitmoderne, et la chose ne l'estguere moins l'idée de donner au personilage de sa comédie le nom
torisé A poser s'il n'a &lt;( une figure agréable, ou du moins .que le mot. Autrefois, la pbysique, les mathématiques, qu'il lui a donné, en voyaot s'épanouir le visage de cerArt. 16. Tout membre qui a gagné cinq sucres

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L'lLLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

L'lLLUSTRATION, JOURNAL UNl VERSEL.

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IIIESSE CÉLÉBIIÉE
A LA CHAPKLLB SAlNT-LOUIS (Tuais) POUR LA FtTE PATllONALE DES M.\TELOTS GADll!I\S ('U juin). ;

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D'apres un croquis d~ M. N. de 1·escadre ,d'év~lutions.

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CÉLÉBRA.TION

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Au nombre des collaborateurs nouveaux, on cite
tains chanoines devan.t un plat de truffes ou tartuffes
M. · Granier de Cassagnac, M. Veuillot; M. Pro·udhon,
que leur avait envoyées le .nonce du pape.
ºª u .
J'attends avec grande impatience le prochain numéro M. Barbey d'Aurevilly.
.
Ce n'est pas par la monotonie que,péchera la nouyellé F8TK DK SAIHT.PIERRK A LA CHAPKLLK SAIRT-LOUIS DK TUMIS.
de l'Intermédiaire, qui ne peut manqµer de contenir une
rédaction,
et SQUS ces noms je vois miroiter tant de cou•
réponse a M. Hippolyte Lucas; car il est évident que la
¡\U DIIIECTEUR,
leurs
différentes,
que ce litre de Nain jaune me parail
question n'est point épuisée.
Rade de Tuni1, I" juillit.
manque¡ désorn1ais d'a propos; il y en a un autre
Le vice•amiral, comte Bouet-Willaumeí, corrimandaot
Le Nain jaune vient décidément de se métamorphoser qui viendra certainement sur toutes les levres et qui
en chef l'escadre d'évolutions mouillée en ce~momeot
ferait bien mieux l'affaire.
X. FEYRNET.
en journal politique.

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O'aprcs un dessin de M. Lefebvre,
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L'ILLUSTRA TION , . JOURNAL UNIVERSEL.

deTant Tunis, vient de décider, par un ordre du jour,
qu'a !'avenir, les matelots gabiers prendraient pour fete
la Saint-Pierre. Cette déeision a été re~ue avec enthousiasme par cette parlie des équipages de la flotte provenant de nos populations maritimes, si profondément
religieuses; jusqu'~ présent, il était d'usage que les gabiers fétassent un jour de l'année quelconque, jour qui
était déterminé parla convenance duservice, etquelquefois,l'année se passaítsans que cejour arrivilt, faute d'indication précise; a l'avenír, le jour de la Saint-Pierre sera
cons.acré spécialement a\.1~ gauirrs. Pour donner plus d'éclat a l'inauguration de cette féte, le vice-alnifül a voulu
que la mess'e fut célébrée dans la chaphtlé élevée, iI y a
quelques années, sur l'emplacement de I'Aeropole de Cartharge, la méme óu l\l ro¡ S¡iint-Louis était venu expirer, a la suite de la croisade entreprise en l 270. Aussí
cette chapelle, souvenir pieux, sentinelle avancée rle la
catholicité au mílieu de la population mabométaue,
avait pris un air de fete: les pavillons de1; na vires de l'escadre, arrangés ¡,.ve14art, agrandissaient l'intérieur dP.
cette chapelle en profungeant sa nef. L'amiral a bien
voulu assister a cette cérémonie, accompagné de tout son
état-major. L'aumonier de la Ville d.e Paris a prononcé
quelques paroles appropríées a. la circonstance, et la musique de ramiral a fait ente,ndre ses plus beaux morceaux. Toute la population fran~ise de la Goulette ou
de Tuni~ était accourue pour témoigner de sa reconnais~ance f!Dvers l'escadre chargée de la prgtéger.
Agréez, etc.
Pour e:etrait: H. CAsTELlllANS.
~

CORRESPONDANC E

D'ALGÉRIE.

INSCRRECTION DES FIJTIAS.

On se rappelle l'insurrection qui éclatait, le t3 mai
dernier, pres de l'un de nos grands centres de colonisation de l'Algérie. Les Flittas, travaíllés p9.r les émissaires
de Si-Mohamed-Ould-Hamza, qui avait déjil soulevé le
sud ,de la province d'Oran, fanatisés en outre par leurs
marabouts, se levaient en ma~se, venaient insulter le
poste de Zemmourab, dont ils pillaient les établissemenls
européens, s'em-paraient du caravansérail de la Rahouia
et en égorgeaient les défenseurs. Enfin, les 27, 28,
29 mai, ils investissaienL Ammi-Moussa, qu'íls ne quittaient que le 30, pour venir le 3l mai etle i •~ juinenvahir
la plaioe de Relizane. Pl11sieurs fermes de cette plaine si
ricbe, si féconde, furent pillée~, et quelques-uns de leurs
habitants, re~tés bravement a leur poste, succomberent
devant un ennemi qui assouvit sur eux les instincts
d'une sauvage cruauté.
Une panique générale, que les événements récents
• étaient certes de nature a expliquer, exislait daos la
oontrée. Les fermes isolées étaient abandonnés; !'incendie avait commencé a entamer les magnifiques blés et
orges de la colonie, et la culture du coton, sur laquelle
se fondaient tant d'espérances, mena~ait, faute d'irrigation, d'etre a jamais coUtpromise.
Telle était la situation, lorsque M. le général Rose
arriva le t •• juin a Relizane, pour y prendre le commandement d'une brigade formée des -t2• et 821 de
ligne, déharqués de France en toute hale. Malgré l'excessive fatigue de ses troupes, le général se dirige des
Je 2 juin sur Zemmourah, et le lendemain, 3, il pénetre
dans les montagnes des Flittas.
Le col de Had-el-Atech, qu·il a a fraochir, est bordé
de fourrés impénétrables. L'ennemi veut en défendre
les approches; mais apres trois heures d'un combat opiniatre, il doit se retirer, laissant sur le terraio de nombreux cadavres.
La colonne atteint ensuite, saos autre incidenl, son
bivouac de Dar-Ben-Abdallab , ou elle commence, le
i au matin, la construction d'un retranchement destiné
a abritflr. ses approvisionnemenl~, ses malingres et ses
autres imredimenta, pendant qu'elle irait ultérieurement
rayonner daos le pays. A peine a-t-elle entrepris l'exé~
cution de cet ouvrag::, qu'elle se voit attaquée par de
forts contiogenls qui sont repoussés avec des perles sensibles pour l'ennemi.
Le len&lt;lemain matin, 5 juin, le camp de Dar-BenAbdallah est de nouveau assaílli; mais cetle fois les Flittas se présentent en plus grand nombre et avec un
ensemhle inaccoutumé. El-Azereng-Bel-Hadj, qui veut
ten ter un effort supréme, est en tete; il a réuni tous ses
adhérents; les tribus des cercles d'Ammi-Moussa et de
Ma~r~ra lui ont fourni de~ fantassins, et des quantités

de femmes venua~ asa suite garnissaient les hauteurs
environnantés pour exciter de leurs cris l'ardeur des
comb?.'. t:rnts musulmans. L'ennemi, qu'on laisse appror.her a une tres-faible distance, est re~IJ par la mitraille
et des feux d'ínfanterie bien nourris. Au bout de trois
heures, pendant lesquelles il a combattu avec beaucoup
d'énergie, il est forcé de se retirer, laissant aux abords
du camp un grand nombre de morts. Le sultan El -Azereng-Bel-Hadj et son premier l&lt;alife a·vaient été mortellement frappés, et cet événement, rapidement connu de
tous, était pour nous un succes des plus signalés. L'insurrection, privée dt: chef, ne tardait ¡,as a se désunir;
les tribus compromises du cercle d'Ammi-Moussa accouraient faire leur soumissíon. Bien d'autres de la subdivision de Mascara, disposées A s'associer au mouvernent, étaient contenues. Les Flittas se trouvaient isolés,
réduits a leurs propres forces, et ils ne devaient pas se
momrer longtemps agressifs. Le combat du i t juin,
qu'ils•livrerent ª· la colonne du général Rose en ravitaillement a Zemmourah, fut le dernier de la campagne.
Apres ce combat, qui couta beaucoup de monde a l'en•
nemi, et a nous deux morts et dix-neuf blessés, on ne
rencontrc plus une résistance sérieuse. Les populations,
revenues an sentiment de notre force, alarmées en outre
par la marche des trois autres colonnes qui mena~aient
de les étreindre, se· pressaient autour des représentants
de l'autorité pour demander l'oubli du passé. Le 27 juin,,
la majeure partí e du pays était soum1se; il ne restait
plus que quatre tribus a réduire: c'étaient celles chez
lesquelles le marabout Ahd-el-Azis, qui s'était levé pour
succéder au sultan El-Azereng-Bel-Hadj, avait trouvé le
plus d'appui. Le 28, on marchait contre ces tribus, et
leurs représentants avaient ha.te de venir implorer leur
pardon. Trois d'entre elles, surprises par la colonne
du général Rose, ~e livraient a notre merci avec leurs
remmes, leurs enfants et leurs biens.
Des le 29 juin, l'action militaire étaít terminée chez
les Flittas. L'action administrative allait commencer,.
ioaugurée par une allocution tenue le 2 juillet, au camp
c\P l'Oued-el-Anzar, par le général de division Deligny,
commandant la division d'Oran, au.x Djemmaa des
Flittas.
Cet Abd-el-Azis, dont l'arrestation a été en quelque
sorte imposé,: aux Flittas, ne fut tout d'ahord qu'un
liandit. Poursuhi pour de nombreux méfaits, il se réfugia daos les groltes difficiles des Ouled-Sidi-Yahia, sa
tribu natale. Dan~ cette retraite, il sut attirer a lui uo
crrtain nombre d'individus dont il exalta )'esprit par le
l'PCit de visions gro~sieres; bienlot méme il insinua qu'il
avait re~u la mission divine de défendre l'islam, et ses
lmpm;teurs ne tarderent pas a lui' gagner des adhérents
dans presque toutes les tribus environnantes.
A l'abri du r,restige religieux qu'il exerce, il parcourt
,ouveot le pays et y jctte des éléments d'intrigues et de
désordres, saos q•úl ait été possible jusqu'ici de le saisir. Abd-el-Aziz, agé de quarante ans environ, marche
mystérieu&lt;ement; sa figure est presque constamm€Dt
voilée, el il ne ia découvre qu'en pr¿sence de quelques
111arabo11ts initiés a ses projets.
P. P.

lUT0BIOGRAPHIE D'UN POETE.
(Suilt.)

Nous étions partís pour le bois quelques camarades et
moi, et tout le loug du chemin nos jeunes imaginatíons
s'étaient montées par le récit d'aventures attribuées a la
folle, aventures ou le merveilleux et le terrible jouaient
le principal role. Chacun cependañt af6cbait uu air de
bravoure, et ce ful a qui déclarerait, du ton le pi us vaillant, qu'il ne lacherait point pie&lt;l devant la folle. Nous
arrivames en face de sa cabane, et nous aper~ümes sa
tele a travers la lucarne de la guérite. Elle ne tarda pas
a sortir, armée d'une beche, ce qui nous lit bien un peu
hattre le creur; mais elle ne fit pas attenlíon a nou~, et
alla retourn"r la terre daos son jarrlin. L'un de nous
lan~a un caillou contre sa porte, qui résonua fortement.
La folle se retourna soudain el JIOUS apostropha comme
nous le méritions. Nos réponses ne furent pas de nature
a l'apaiser, et, frémissante de colere, les cheverrx épars,
la beche levée, elle accourut vers nous. C'était le moment de montrer notre héroisme. J'éprouvai une violente envíe de fuir, et mes camarades firent plus que
d'en éprouver l'envie : ils prirent leurs jambes a leur
cou. D'oú vint qne je ne les imitai pas? Je n'ose vrai-

ment pas rattribuer amon courage : la terreur m'avait
peut-étre changé en statue. La folle arriv'a sur moj
comme une furie. - &lt;&lt; Incorrigibles polissons ! cria-t-elle
en me saisissant au collet, il est temps que je fasse un
exemple '. « J'avaís pris d'une main le manche de la
beche, dont je redoutais les coups, et de l'a11tre, f étreignais convulsivement le haut de la robe et les cheveux
flottants de mon adversaire. Ce que je redoutais le plus
en ce moment critique, c'était que mon visage, daos la
lutte, ne touchat le sien. Nous semblions ainsi rivés l'un
al'autre. Un brusque mouvement que je fis pour me
dégager délogea son pied de son sabot; elle perdit l'équilibre et nous roulames sur le cbemin, mais saos
lacher prise. A ce moment mes camarades arriverent;
chacun d'eux tui saisit 'ln bras et une jambe, et je parvins ainsi a recouvrcr ma liberté. Nous étions déja loio,
,¡ue la pauvre folle n'avait pas encore pu se remettre
rl'aplomb sur ses pieds. A partil" de ce jour je passai
presque pour un héros; mais, daos mon for intérieur,
je n'ai jamais cru l'avoir été.
Trente ans plus tard, j'ai voulu revoir ce village, oú
.it· n'étais plus revenu depuis ma sortie du collége. Une
~orle de nostalgie s'était emparée de moi. Une voi1
~rerete me disait qu'il fallait me hater. Je partís. Par une
f'antaisie du souvenir, je résolus d'arriver par Menin, et
, de ne p;is entrer dans Halluin par la grande route, mais
par un sentier qui longe le village et vient aboutir au1
I prairies pres de la porte de l'ancien jardín de mon pere.
A Menin, ríen n'était changé, excepté l'enceinte de la
vi lle, dont on abat~it de nouveau les fortificat10ns,
comme je l'avais vu faire apres la révolution beige de
H!3 l. Toutes les maisons de la grande place avaient
conservé leur physionomie et leur couleur : la jauoe
rtait encore jaune, la rouge encore rouge, la violette
toujours violette. Au coude de la longue rue que nous
avions si souvent descendue en courant au retour de
l'école, je reconnus la petite boutique oü nous acbetions
pour deux cen.~ (menue monnaie hollandaíse), ces délicieuses agglutinatioos de sirop et de farine_désignées
daos le pays sous le nom de babélars. En francbissant
le seuil, je retrouvai spontanément daos roa mémoire les
traits et le costume de la bonne vieille femme qui nous
les vendait alors. La femme plu, jeune qui la rempla~ait, avait exactement les memes traits et le meme accoutrement. C'était la filie de la vieille Lisbeth. Nous
rausames longuement de Lisheth avec la nouvelle marchande, qui s'était assise en meme temps que moi sur
les bancs de l'école de Menin. Quelle évocation de souvenirs; Tous ces noms, que je croyais avoir oubliés pour
toujours, me revenaient en ce moment avec une l:lcidité merveilleuse. Je voulus m'assurer si les babé/11n
avaient encore le méme goüt exquis. Mon palais n'éprouva plus lajouissance d'autrefois; ma,sc'était la faute,
de mon palais et non des babélars. Je devais rencontrer
des déceptions plus cruelles. Je me dirigeai vers la maison ou se tenait jad1s notre école. Son aspect intérieur
était resté intact. On entraítencore par les trois marches
de pierre que j'avais franchies si souvent. La maison
d'en face était toujours le magasín de ferraille, d·outils,
et de plomb de cbasse, ou nous allions nous procurer
nos hame~ons de peche et notre poudre a tirer. Je pénélrai jusqu'au fond dú corridor. Un menuisier éta1t
établi dans la cour el rabotait ses planches. Afaís la
cour n'avait plus son grand p•Jits ni son grand noyer.
Le noyer surtout me tenait au creur, etje crus que j'allaís pleurer. Je m'informai d'une jeune filie qu'avait
beaucoup aiméll un de nos plus chers camarades, et •~ui
avaiL été fort belle. Elle étaít de-venue presque vieille et
laide. Je n'eus pas le courage de lui parler du passé. Je
traversai le pont sur la Lys : l'eau était trouble, cette
eau si transparente, autrefois, qu'on apercevait a travers
le~ poissons endormis sur le sable : les décombres des
rempart.5 s·y écroulaiPnt maintenant de tous cótés. Je
pas~ai. J'étais parvenu a la cbaussée qui domine les
prairíes, et qui est bordée de fortes murailles et de
sapins entrelacés, bariolés jadis des couleurs néerlandaises. Je me rappelai qn'un jour, un ami de ma famille
m'avait surpris courant 1mprudemment sur ce dange•
reux garde-fou, et fait punir en allant le raconter amon
pere. J'arrivai a la borne séparatrice des deux territoires, théatre de nos combats enfantins. Je tournai les
yeux du coté oü devait se voir le clocher de l'église. Je
chercbai en vain le clocber. J'appris bientot que depuis
deux ans la vieille église était démolie et qu'on en construisait une autre. J'étais a l'entrée du village, et mes
regards po11vaient plonger au loin daos la longue rue

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
qui 11' traverse. Cette rue me sembla complétement mé- que son lit eüt toute la netteté désirable. Mon attente y resta buit jours, pendant lesquel~ le général ~tPjia ~e
tamorphosée. Je pris le sen\ier qui longe les jardíns de ne fut d'ailleurs pa~ longue, et la jeune filie vint me portait a il!atehuala, observant les mouvements contioroite. Les jardíns existaient presque tous encore; mais cherchn avec un sourire affable.
nuels et incertains des généraux Doblado et Nerc11u,jadis si claire, du ruisseau qui les borde, exbalait
J'essayerais en vain d'exprimer les sentimeqts qui grete, qui tantot se rapprochaient des aYant-postes de
une affreuse odeur chimique , témoignant de l'usage in- m'assaillirent a la vue de cette sereine et vénéff.ble fi- l'armée alliée, tantót s'en éloignaient, puis re'ven.-it sur
dustrie! auquel on l'avait réduite : mon vieux ruisseau gure. - « Entrez, monsieur, me dit-elle d'une voix an- leurs pas, mena~aient la vil le de Catorce, célebre par ses
]impide n'était plus qu'un ruisseau d'eau rle Javel !
gélique, et pardonnez moi de vous recevoir ~si; par- mines d'argent. Par suite de ces mouvements de l'enJe vis enfin luire les tui les du toit qui uous avait si donnez-moi aussi de vous demander qui me fa~ l'honneur nemi, le colonel Aymard se décíde a quitter Venado et a
longtemps abrités. La maison avait fait le contraire de de me visiter? 11
•
J
marcber en avant, afirÍ d'étre plus a portée de seconrir,
rooi : elle était sensiblement rajeunie, embellie; mais
Je luí dis mon nom, '\pres quelques préliminaires s'il en élait besoin, le général Thoma~ Méjia.
Je mur du jardín était resté le meme; seulement, il n'é- destinés a lui éviter toute brusque secousse. -Comment !
Le {3 mai, la colonne fran~aise campe a )'hacienda
tait plus surmonté du cerisier qui s'y dressait daos notre vous etes monsieur Nicolas, s'écria-t-elle en me tendant de Charcos, et le i4, a celle de la Laguna secca, oü 61.le se
temps, et dans les branches duque! je grimpais d'un uile mam qui tenait une rustique sculpture de Jésus sur trouve a cheval sur deu.x routes, prete a tout événepied si leste. La porte du voisin, le charron, était ou- la croix! Ah! que je vous remercie, mon Oieu, de me ment.
verte. J'entrai, la poitrine palpitante. Des rouesoa moi- donner cette joie avant d~ mourir ! Mais cette joie ne
De Venado a Charcos, il y a cinq lieues, a travers u:ne
tié ébauchées, des planches et des madriers de toutc sera pas enliere, ajouta+elle en soupirant, car mes plaine ou l'on aper~oit, de loin en loin, quelques rangrandeur, placés ~a et la daos la cour, annon~aient que yeux sont éteints, et je ne vous verrai poinf.
chos dont les misérables habitan~ cultivent a peine
Je voisin était encore un cbarron ; mais était-ce bien
J'appuyai pieusement mes levres sur sa main que je quelques portions de ce vaste terrain rnns eau. L'hatoujours le meme, celui qui me prétait avec tant de retins pressée daos les miennes.
cienda de Charcos est peu importante et tombP. en ruine~.
complai~ance rles scíes et des rabots? Un homme d'une
- Oui, c'est l'espiegle d'il y a trente ans, qui a voulu Six lieues a travers un pays en tout s~mblable an préquarantaine d'années se tenait au milieu de tout ce vous remercier une fois encore des honnes instruct1ons cédent, séparent Charcos de la Laguna seccn : cette derbois. C'était le fils de l'ancien charron, un autre compa- que vous luí a vez faites; il épronvait depuis longtemps niere hacienda, qui n'a pas moins dP. quarante lieues de
gnon de mes jeux. Son pere était mort, sa mere était le vif désir de vous revoir et de vous demander votre terrains, offre quelques ressour,:es en grams et en besruorte. 11 voulait me retenir. J'avais une idée fixe, et je bénédiction, car il sait que vous etes aimée de Dieu.
tiaux dont les nombreux troupeaux parcourent en liberté
lui demandai une échelle.J'allai l'appuyer contre le mur
- Ah ! je ne vous ai jamais oublié daos mes• prieres, ces solitudes.
du jardín paternel, et je montai d'un pas que l'émotion depuis ce jour de votre punition daos l'église par notre
Le i5 mai au soir, une dépecbe pressante du généfaisait chanceler. Mes yeux avaient ha.te de plonger vieux curé a qui, je !'espere, vous a vez pardonné depuís ral Méjia, dépécbe annon~ant que Doblado conéentre
daos ce jardin plein des scenes du passé. Hélas ! je ne longtemps. C'était no saint homme; et on en a eu la 7,000 hommes au Cédral, il. cinq lieues de Matehuala,
reconnus plus ríen : ji avait été bouleversé de fond en preuve lors de la t"ranslation 4es tombes daos le nou- force le colonel Aymard a se mettre subitement en
comble. Deax chaudes 1armes glisserent le long de mes veau cimetiere: savez-vous que son corps a été retrouvé route.
joues. - « O maison paternelle ! maison qui me fus intact, tel qu'il avait été mis daos la biere ! Oui, j'ai
La colonne quitte la Laguna secca a huit beures du
longtemps si accueilla'nte et si douce , maison pour qui prié tous les jours pour vous et pour votre bonne fa- soir, et arrive a onze heures et demie a rbacienda de
je ne sois plus qu'un étranger, un étranger qui n'ose mille. Parlez-moi de votre excellente mere, je vous Sob's, d'oü. elle repart, a quatre heures du matin, pour
plus franchir ton seuil et qui te regarde furtivement du pr¡e; j'espere qu'elle est encore de ce monde pour le venir a la Preza, a éinq lienes de Matehuala : elle a fait
haut de tes murs comme un voleur . Sois bénie, ó cbere bonhenr de ses enrants. J'ai toujours, voyez vous, la ainsi, d'une seule traite, une vingtaine de lieuPs a tramaison! Sois ajamais bénie, toi et tous ceux qui t'habi- robe de soie noire dont elle me fit cadeau ~pres votre vers des plaines et des montagues incultes, ne rencontent ou qui leur succéderont ! 11
premiere c0mmunion. Je l'ai conservée mieux q1ie la trant qu'un assez grand village appelé Villa de GuaJe m'avan~ai vers les prairies. Ce n'étaient plus des prun.elle de mes yeux, et je me la fais quelquefois ap- dalupe.
prairies : des ma1sons, d'affreuses maisons de tisserands porter sur mon lit pour la touc~er avec mes doi¡,rts;
Le 17, jour anniversaire de la reddition de Puebla, au
avaient pris la place de l'herbe. Je suffoquais. Je m'in- il me semble alors que je toucbe la main de votre digne moment ou la colonne frangaise arrivait devant Matefurmai de mon vieil ami, le patre idiot. JI était mort de- mere.
huala, l'armée ennemie descendait des montagnes qui
puis bien des année~, mort sans avoir vu se réaliser ses
J'abrége cette scene dont les détails intimes veulent couvrent la ville a une lieue et demie, a l'est, prenait
deux revcs, sans avoir fait sa premiere communion, ni etre conservés dans le sancluaire du creur. Je partis position au Cei'1'1:to blanco, oü Doblado établissait son
possédé, enfin, cette montre d'argent si ardemment dé- l'ame en quelque sorte embaumée par le parfom d"es- quartier général, et déployait bientót, dans la plaine,
sirée ! Je continuai courageusement ma route. Chaque pérance et de vertus qui s'exbalait de cette longue exis- sa nombreuse artillerie, ses 8/10 cavaliers commandés
pas que je faisais complétait la destruction de la fralche tence, dont la pu reté, la suave blancheur, me rappelaient par le général Carvajal, et ses 5,000 fantassins.
idylle, si longtemps, si doucement caressée dans mon le lis des champs. J'avais eu raison de ne plus vouloir
Le général Méjia avait, depuis quelques jours, sa divisouvenir.
différer ce voyage, car quelques jours plus tard la sion forte de 3,000 hommes, campée aux portes de la
Je revenais par le haut du Tillage, descendant cette bonne demoiselle de Lannoy allait rejoindre dans le ville; il n'avait done plus qu'a la porter en :ivant de
fois le long de la grande rue. Je m'arrétai devaut une nouveau cimetiere son guide spirituel et son ami, le l'ennemi, qui marchait a grands pas, protégé par son
modeste maison que le temps avait respectée. C'était la vieux curé.
artillerie. Pendantce temps-la, la petite colonne fran~aise,
maison de la bonne demoiselle de Lannoy. Vivait-elle
J'arrivai done a onze ans au collége, vierge de toute forte de ! ,200 hommes, prenait quelques instants d'.un
encore? Je n'osais interroger les pa~sants, et je restai notion de latin, mais plus ferré a glace ~ur mon fran~ais repos dont elle avait grand besoin ; mais impatiente,
longtemps plongé dans maréverie. Enfin,je fis un grand que beaucoup de bacheliers es lettres &lt;l'alors, et l'ima- comme toujours, lorsqu'il s'agit de combattre, on la vit
etfort sur moi-meme, etje questionnai une vieille femmP. gination déja ébranlée par certaines lectures qui lui bientot s'élancer d:ms la plaine, a la vorx du colon!'I
doot l'air sympathique m'avait atti1é. - &lt;&lt; C'est ici, ma avaient ouvert une portevers les merveilleuses perspec- Aymard.
bonne mere, que demeurait autrefois M11 • de Lannoy ? &gt;i tives de l'inconnu. Les contes allemands que ma mere
Doblado avait mis en ligne sept batteries de grosse
- « Elle y deme1Jre encore, monsieur; mais elle est nous avait si souvent repétés, et que je devais retrouver artillerie servie, dit-on, par quelques aventuriers amébien vieille, plus vieille encore que moi, et ses infirrnités plus tard avec bonheur en traduisant le recueil des ricains; le feu était bien nourri, et, sous cette protecne lui per111Lltent point de quitter son lit. »
frercs Grimm, avaient surtout laissé en moi comme de tion, les nombreux tirailleurs d'une partie de son infanJe frappai douceme,nt a la porte. - Ah ! mon creur vagues écbos de cor enchanté. La compression de ces terie s'avant:aient a grands pas, ayanl sur leurs flanes
frappait plus fortement au fond de moi ! Une jeune filie, jeunes élar.s, de ces jeunes bourgeons de )'esprit, par toute la cavalerie1 Le colonel Aymard, d'accord avec
vetue avec un·e propreté presque coquette, vinl m'ou- l'apprentissagfl du rudiment latín, me fut d'abord une le général Méjia, avait fait déployer sur la droite, qui
vrir. - « Comment se porte M11• de Lannoy?ii - &lt;(Ah! amere souffrance. 11 me fallut a~i rnrmonter la nostal- était l'aile gauche de l'ennemi, d'abord la compagnie
monsieur, elle est bien faible ! Elle s'affaiblit d'une ma- gie de mes prairíes et de mon village. Mais ces douleurs franche {officiers : Prax, Moulis), puis les TOltig~urs
niere visible de jour en jour. Mais le creur, chez elle, sont communes a tous les enfants, et, corome tous les (ofñciers : Bellefroid, Pampéani, Turlin), puis enfin, les
est de plus en plusgai, de plus en plus ferme. Elle a une cnfants, je réussis par degrés a m'y habituer et a m'en- grenadiers (officiers: de Bailloux, Crist), pour teuir tete
si gr-ande religion! Elle a une si grande &lt;iOnfiance dans durcir. Ma robuste santé el l'amour-propre aidant, je re- a cette atta.que, tandis que sur la gauche l'artillerie de
la bonne Vierge ~tarie! Et la bonne Vierge menera tout gagnai bientot le temps perdu,et a dix-sept ans, je reve- Méjia 1Jtait fortement engagée depuis pres d'une heure.
droit cetle sainte a.me au paradis ! ii - • Je le pense nais, avec un diplome universitaire en regle, dans ma Mais l'ennemi, se senta.nt en force et croyant sane
comme vous, mademoiselle. Mais croyez-vous qu'un ami, famille qui habitaít alors Dunkerque.
doute n'avoir affaire qu'a l'armée de Méjia, avan~ait raqu'elle n'a pas vu depuis bien des années, puisse lui
pidement.
N. MARTIN.
fa1re visite, sans craiute de lui occasionner une émotion
(La suite prochainement.)
C'est alors que le colonel Aymard donna l'ordre a
dangereuse dans l'etat oü elle se trouve? » - &lt;(Oh!
l'escadron de chasseurs d'Afrique de déblayer le terrain
non, monsieur; elle vit trop daos la pensée de Dieu,
(textuel) et d'arréter non-seulement la cavalerie, mais
pour que vous deviez craindre cela. Elle vous recevra
l'infanterie. Les braves cavaliers qui n'attendaient
avec joie. Je vous prie seulement de me laisser le teqips
EXPÉDlTI0N DANS L~: N0RD DU M.EXIQUE.
que. ce moment, pousserent un cri de joie, auquel réde la prévenir. 11
pondit le 62• de ligne en entier, et l'on vit bondir dans
(mu.)
1111trai dans la petite chambre sur laquelle s'ouvrait
la plaine, sur l-'extréíne droite,. les deu.x premiers pelola porte de la rue. J'en connaissais tous les coins, et les
tons (officiers :Rapp, Faivre), qui bousculerent, en un clin
Comba\ de 1111&amp;\ebula (17 - • 1116).
'lieux meubles ne m'étaient pas non plus étrangers.
d'reil, les 800 cavaliers de Can;ajal. En méme temps,
C'était dans cette chambre que je venais prendre mes
les deux autres pelotons de l'escadron (officiers : LaiAU DIRECTEUk.
l~ns de catéchisme. J'entendis et reconnus la voix de
Malehuala, 19 mai 1864.
gneau,
Cibot), prompts comme l'éclair, fon~aient sur
1111• de Lannoy. Elle recommandait a la jeune tille de
l'infanterie, laquelle, cachée derriere un ruur en pier-res
tout disposer dans la chambre ou elle était pour me reLe colonel Aymatd, arrivé le 4 mai Venado, ainsi · et de hautes broussailles; faisait déja beaucoup de mal a
t!evoir convenablement. Elle insistait 'surtout pour que je vous le disais dans roa derniere correspondance, la compagníe franche et aux voltigeurs. En quelques

a

�L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
minutes, cette infanterie, bousculée, surprise, ques pertes a regretter: dans l'armée de Méjia, iO blessés, un commandant, un capitaine
taillée en pieccs, mettait bas les armes.
Pendant que les chasseurs d'Afrique . déga- tués; dans l'armée fran~aise, 8 morts et 43
geaieot l'aile droite, l'infanterie de Méjia et les blcssés.
De toute cetle- armée de 7:000 hommes de
300 ,cav¡liers s'avan~aient agauche; l'eoncmi,
se croyant envcloppé, lachait pied de toutes Doblado, il ne reste plus, dit-on, que les cavaparts, abondonnant son artilleric, ses muoi- liers de Carvajal, l'infaoterie ayant fui de
toutes parts ou
tions eL ses armes.
ayant été prise,
Pendant ·-quatre
ainsi que l'artilgrandes lieues, les
lerie. Le .role du
chasseurs d'Afrigénéral Méjia qui,
que poursuivirent,
dureste, s'estmonpar une chaleur
tré
digne de sa réaccablante, cette
putation
de vaarmée débandée,
leur
et
de
capa•
espérant s'empacité,
est
done
facirer de Doblado et
le
:
a
l'heure
qu'il
de Negrete. Mais
est, il tient dans
ces deux chef, ont
ses
mains la clef
pu
s'échapper. '
de
Monterey,
derQuant a Carvajal,
nicr
refuge
de
J
uale soir meme, il
rcs.
élait a Tula, ayant
Le coloncl Ayabandonné sur 1e
mard rentre aSanchamp de balaille,
Luis Potosi, laisafin de n'etre pas
sant
sur sa route
réconnu, sa 1este
une
.
force sufüdans laq uelle on a
LE COLO~EL DAII0:'1' AYAIAI\U.
santc
pour maintrouYé des papiers
tenir
ses
cou¡mumportants.
nications
avec
l'arméc
alliée.
Quelques
mots
Ainsi finit, en peu de temps, cclte aclion qui
adressés
a
la
colonne
expéclitionnaire
résument
,
avait pris, des le principe, les proportrcJns ct'unc
!'affaire
de
Matehuala:
hataille rangée. Les résultats sont: 1.200 pri- :
sonnicrs, i 9 pieces d'artillerie ainlii qu'une grande quantité d'armes et 190,000 ear'lollChes.
« Soldats,
Malheureusement, malgré la promptitude et'
« Vous venez de remportcr un succes éclale peu de durée de l'action, nous avons quel-

'. ,.

- -

-~~/~r
/'. -::.. .
.o,( I V ~ l.

t::7 ·--:

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

57

tant sur les troupes de Doblado, comman- Sortons... en prenant cette porte, nous
dées par ce général en personne. Voui, avez trouverons une rue ou nous pourrons causer
été d'un élan remarquable dans le combat, plus convenablément qu'ici.
tout le monde a fait dignement son devoir.
Puis elle se signa dévotement, apres a voir
Je suis heureux de vous adresser ici mes félici- indiqué a Louis fa porte, par ou celui-ci sorLit
tations et d'avoir eu l'honneur facile de diriger le premier. Elle le suivit aussitot.
des troupes comme vous,»
B:i.ron AYM~RD.
- Aviez-vous pensé, dit Louis, dont les levres tremblaient,
Je vous envoie
que ce j our était
une vue de Maune date importehuala, petite vi lle
tante daos ma vie,
assez intéressante,
qu'il m'offrit , le
située au milieu
plus beau spectad'une {plaine ¡fercle qu'aient admitile, aux pieds
ré mes yeux, qu'il
d'une séric de
fit de moi un autre
montagnes richcs
homme?
en minerai de
- Vous parlez
cuivre et d'or, dont
bcaucoup trop vite
les plus remarpour moi, qui ne
quables sont nomcomprends qu'immées los Fra'iles
parfaitement votre
(les moines), plus
langue, dit (,iulia
un dessin clu comavec une politesse
bat dont je viens
de reine. On a
de vous faire le
remarqué ancienrécit.
nement déja que
c'est un privilége
Acn. Crnor,
LE GE~ÉIIAL 1tlli.JIA.
spécial auí tilles
LielitenaDt aux cbasseurs d'Aírique
d'Italie, de ne point
ttrer lcur air de grandcur d'une naissance illustre ni d'un rang élevé, mais simplement de
la nature, qi1i leur a dcnné a toutes cette maGIULIA,
jesté inconsciente, et de la passion, e'est•a~
NOUVELLK. (PIN,)
dire de la puissancc de soulfrir, cette pre•
L'Italiennc cut un charmant sourire, se leva micre des grandeur, morales.
et dit:

- Je vais répéter, dit Louis.

�· L'JLLOSTR/1T !ON, .JO UR1'AL Ul'llVERSEL.•

58

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

- Non pas, fit vivement l'Italienne, dont le pale visage se colora soudain.
- 11 serait fou d'espérer que vous ayez jamais pensé a
mói, si~nora. Vous m·aveza peine vu durant cette courte
visite chez votre pere, et il y ~ cinq ans de cela. A nos
ages, Giulia, cinq ans, c'est comme un abime jeté
entre dlíux espaces tout différents de la meme vie. Chez
moi, cet abime fut jour par jour comblé. D'enfant, je
suis devenu un homme.
- Brave et bon, je le sais.
- Et de petite filie, vous etes devenue une dame, et
la plus belle quej'aie vue.
Giulia abaissa aussitót sur sa figure un voile épais.
Louis, intimidé, consterné, ne sut ríen dire pour l'empecher de lui soustraire sitót le bienfait d'une vue si ar·demment souhaitée. Heureusement cette action ne montrait pas, chez Giulia, le désir de metlre un terme aleur
entretien, car elle reprit la premiere :
- Je mentirais si je disais que je vous ai a peine vu
chez mon pere. Un peu de curiosité est naturel cbez une
petite filie, et j'étais d'ailleurs bien excusable en vous
regardant, vous, le premier étranger que j'eusse vu a la
maison, ou il venait cependant beaucoup de visiteurs,
mais non a titre d'amis, comme vo•1s, ce jour-la. Cette
exception 'Occupa mon esprit d'enfant, et apres cinq aus,
en croyant vous reconnaltre, il m'a été doux de compter,
dans ma douleur, sur votre sympathie.
- Elle est toute a vous, Giulia; mon ame vous comprend et vous appartient, depuis ce beau jour dont le
souvenir est melé de si amers regrets. S'il ne vous plait
pas de me laisser admirer, dans un respect religieux, la
pure splendeur de votre visage, du moins, ne me refusez pas votre oreille.
Ecoutez-moi, Giulia. Je crois fermement (et si j'étais poete, ce serait le constant sujet de mon unique poeme), je crois fermement que nous ne naissons
pas pour la premiere fois, le jour ou notre mere nous
met au monde : je crois que la meilleure part de nous
e~t éternelle, celle avec laquelle il me semble. queje vous
ai toujours aimée. J"ai vu, specta.teur froid, les richesses
·et le génie de la plG.s belle des trois grandes villes du
monde. J'ai été melé, acteur docile, a des événements
que l'histoire conserve. J'ai fait mon devoir, non sans
tristesse, et non sans honte parfois. La grande fievre de
la guerre, uúe fois calmée, me laissait en proie a un
noir accablement, et je me disais : ce n·est que cela!
Mais lorsqu'on m'eut d[t que vous étiez 1ci, j'ai sentí
mon creur bondir, d'un vol impétueux, des profondeurs
de votre souvenir, jusqu'aux hauteurs qt.'habite votre
grace. Qu'importe la fa~on dontje vous le uirai, puisque
je vous aime. Je n'aurai jama is le nom des grands poetes
de votre patrie, mais que ce qu'ils ont écrit de meilleur
sur l'amour me semble incomplet, inlltile, indigne de
1eur gloire, aupres du sentimeut qui m'anime polli' vous
et devant vous, Giulia... et cependant, je rcnoncerais
plutót a vous voir encore qu'a abréger d'une ligne !'es-pace qui nous sépare, si vous ne l'ordonniez vous-meme,
qu'a toucher votre maiu, si elle ne se tendait la premiere vers la mienne.
Louis était assei grand, blond, hardi, frémissant, et
paraissait plus jeUlle encore que son age. Sa tenue de
eampagne lui seyait a merveille; sans parler des mérites
de sori creur, on pouvait l'aimer tout d'un coup, et l'on
a pu· voir, d'apres la chaleur de ses paroles, qu'il avait
le mérite de n'y pas trop compter.
- Oh! monsieur, dit Giulia, ce n'eet pas moi a qui
vous parlcz ainsi, ou tout au moins c'est une épreuve de
Totre part, et vous ne pouvez croire que je me sois rendllc vers vous avcc la pensée, meme la plus éloignée,
d'entendrt un tel langage.
- Giulia, bien loin que je puisse jamais séparer mon
respect de mon amour, apprenez que l'un est nécessaire
a l'autre,. que celui-ci ne serait pas sans celui-la. Si toutefois il vous est plus agréable que je me taise tout a
fait, ordonnez.
- 1e n'ai a relever ríen d'inconvenant dans vos paroles; je leur reproché seulement de nous avoir fait perdre de vue l'objet princiral de notre réunion, qui était
de nous eniretcnir ~e Thomaseo, mon pere, et de ses
derniers jours:·Que de fois il m'a dit: Ah! du moins, si je
connaissais J'ádresse de M. Louis, je lui écrirais tout de
suite pour lui apprendre, !ID peu tard, il est vrai, que
~ n'a pas été du tout ma faute si je me suis abstenu
d'aller lui dire adieu a son collége. Le prochain départ
du bateau me laissait a peine le temps d"achever des
préparatifs indispensables, et, d'ailleurs, ma démarche

eut pu etre mal interprétée; cela) aussi m'aurait, retenu. ,
Un regret, une !arme, ríen qu'un soupir, s'il est sin cere, de l'amitié absente ou morte, a sur !'ame la plus
pa~sionnée, la plus 'orageuse, des droits vainqueurs.
Louis sentit des pleurs monter a ses yeux.
- J'ai éprouvé aussi vivement que Thomaseo, chere
Giulia, la douleur de cette brusque séparation. Pardon,
si je vous interromps, je !Jl'Y vois forcé par mon dévouernent meme a la mémoire de celui que nous pleurons.
Quellc a été votre vie depuis qu'il n'est plus? Je crains
que sa mort ne vous ait laissée seule dans le monde.
- Daos ,a jeunesse, mon pere, qui est natif des environs de cette ville, était, sinon tres-riche, du moins maltre d'une fortune suffisante pour vivre. 11 épousa m4
mere, qui était un peu plus agée que lui, malgré l'opposition ardente de deux familles ... et c'est trois ans
apres ce mariage qu'a la suite d'indignes persécution~,
de dénonciations, il ~e vit d'abord dépossédé, puis, dans
l'intéret de sa liberté et de ses jours peut-etre, forcé de
s'expatrier. Permette1.-moi de passer rapidement sur
cette phase de notre histoire. Vous savez déja que dix
années de notre exil s'écoulercnt a Londre-s; mon pere
s· en est amérement repenti depuis, a cause du sóup~on
,¡ui lui est venu, que le climat d'Angleterre avait du
abréger la vie de sa femme. Pour ce qui est de luimeme, il était tellement insouciant des choses matériel1es, tellement heureux de ses re ves, qu'il ne chercha pas
it triompher de ses épreuves autrement que par l'indifférence. Sur la nouvelle, un peu prématurée, que son
ancienne aisance allait lui étre rendue au sein de son
pays natal, il se ha.ta de m'emmener ici; vous savez
quand et comment. Notre bonheur promis dépendait de
la décision des tribunaux ; il en dépend encore.
- Mais vous, Giulia?
- Je n'ai plus ríen a vous dire sur ce qui nous concerne, répondit la belle jeune filie, sur le front de la11uelle la fin de ce récit avait répandu une teime sombre.
J'avais a m'acquiler envers vous d'un message sacré ...
.1'ai rempli ce devoir. Vous recevrez bientót, par 'mes
~oins, le petit souvenir que l'intention de mon pere vous
destmait. Maintenant, je n'ai plus ríen a vous dire, quitlons-nous. Seulemeot, jurez-nioi de ne pasme suivre, de
ue plus vous occuper de moi.
·
- Giulia, songez done que ce que vous me demandez
la est impossible, répondit Louis hors de lui. Eh quoi !
je ne vivais que par l'espoir de cette heure ... et vous l'alirégez a de,sein ... et vous; qui _n'ignorez pas qu'un mot
peut me tuer, vous dites froidement ce mot : Adieu. 11
n'en peut etre ainsi ... vous-meme ne pouvez le vouloir...
et je ne saurais m'y résigner.
- Vous autre~, Fran~ais, dit Giulia, simulant avec
Leaucoup d'efforts un calme empire sur elle -méme...
vo,us vou~ croyez toujours a París, toujours vous croyez
avoir affaire a ce que vou~ nommz1. la coquette, c'est-aJire,· si je ne.me trompe, une femme qui joue avec le
creur d'un homme, se plalt a le voir s'élever tres..haut
dans l'air, puis retomber en mille morceaux sur le sol;
une femme qui transforme toute une conversation d'amour en une joule saos noblesse, d.ont la '&lt;ictoire revient, non pas au plus tendre, mais au plus habite. Nous
autres, lorsqu'apres avoir entendu nous feignons de
n'avoir pas écouté, c'est qu'une dure loi nous oppritne.
- Parlons franc; si vous refusez de me révéler le capricieux obstacle qui, apres nous avoir permis de nous
réunir une fois, nous séparerait maintenant pour toujours... je croirai que vous ne faites qu'obéir a votre antipathie, et que ma vue vous déplalt.
Giulia r.é¡Íondit avec la simplicité d'un enfant.
- Ne le cro_yez pas, votre vue ne saurait me déplaire.
- Alors, ce n'est pas sérieusement que vous m'avez
dit : Adieu, partez; car, ou bien vous n'etes pas votre
maltresse, mais je ne.veux pas m'arreter a cette épou-vantable idée... ou bien) vous n'etes pas libre de m'ai-·
mer si votre creur s'y tr,ouve un jour poussé, et le prix
me parait digne qu'on l'attende !
'
Giulia répondit seul~ment a cette exclamation par un
soupir qui donna une grace souveraine au rapide soulevement de ces formes suaves dont le modele, a la fois
humain et céleste, a immortalisé de si beaux peintres.
- Je ne vous comprends pas, Louis, lui dit-elle avec
une adorable naiveté, qui prouvait qu'elle était peu habiluée a de tels entretiens, et qu'ils lui inspiraient a la
fois du malaise et de la curiosité. Sans doute, mon
creur est libre, et j'espere qu'il le sera toujours. Caro,
pQurquoi me 'demandez-vous de vous aimer, puisque

vous avez vu que je vous· regarde comme mon ami, et
qu'il m'est presque }mpossible de jamais penser a mon
pere saos penser a vous en_meme temps?
'
- Alors, chere Giulia, si je vous ai bien comprise,
dit-il, vous n'étes pas la femme de ce ... vous etes lihre,
en un mot, et les seules entravc~ qui s'opposent a notre
réunion, viennent toutes du fait de votre creur, qni n·y
est pas encore préparé, mais don,t le temps peut vaincre
l'irrésolution?
- Je vous ai prié rle vous taire désormais et de me
laisser.
Louis obéit. .. mais ce n'était plus cette fois le timide
amoureux d'hier, content d'un souffle, c'était un homme
qui voulait savoir, un homme jaloux, et dont lepa~ avait
acquis cette certitudP. que donne la pleine connaissance
de la route ou il s'engage; et n'ayaut pu ríen aP.prendre
de la bouche de Giulia, il voulut s'instruire par luimeme, et alta reprendre son poste non loin de la maison
de l'ltalien. 11 y resta jusqu'a 1me heure tres-avancée de
la soirée, mais sans profit. JI vit s'anumer et s'éteindre
les lampes derriére toutes les jalousies, et, a bout de patience, il reprit la route de son logement, tellemrnt absorbé en de confuses pensées, qu'il resta ~ourd au hruit
d'un pas qui suivaitavec précision la trace du sien. Aussi,
quoique brave, ne put-il se défendre d'un geste de
frayenr, en sentant soudain une main se poser sur son
épaule. En wurnant la tete, il reconnut le petit ltalien,
dont les yeux moqueurs brillaiént dans cette ob~curité.
· - Monsieur, dit ce dernier, je ne viens pas a vous en
cnnemi; done, a bas la méfiance. Depuis trois heures,
vous vous tenez la, debout sur le pavé, nos soirées sont
fralches, et.vous avez bien gagné l'hospitalité d'un salou
chaudement éclairé, d'un verre de vin au coin du feu;
tout cela est a votre service.
- Une réponse que vous m'avez faite, monsieur, va
dicter la mienne, répondit Louis dont la surprisé grandissait. Je ne sais pas r,e que vous voulez de moi.
- Comment! vous avez tout {ait daos le but d'entrevoir seulement Giulia... Je vous ollre maintenant de la
venir voir honorablemeot, mais a votre aise, de lui causer un agréable étonnement, et vous reculez.
- Treve de fourberie. La premiere fois que je pro11on~ai ce nom devant vous,. vous n'avez pu cacher votre
colere; vous a vez juré que vous ne connaissiez pas Giulia, et vous voule1. que votre proposition de ce soir ne
me paraisse pas la derniere des moqueries?
· - C'est que l'aspect des choses a bien changé pour
moi depuis notre prem1ere· rencontre. J'ai questionné
Giulia, et ses réponses m'ont satisfait. Puisque vous savez qu'elle n'est pas libre...
- Elle est mariée?
- Pas enc?re, monsieur.
- Lache!
- Sachez, monsieur, que je ne relcverai aucune de
vos iujures. Vous ne pourriez done persister a m'en
poursuivre sans encourir votre propre riíésestime.
- Qu'est-elle done? Qu'etes-vous, enfin?
.
- Je ne suis pas, comme vous, un brillant officicr,
mais un simple adorateur de la musique, professcur,
pour mon plaisir bien entendu, de chant, de contrepoint, et compositeur moi-meme. D'honnetes revern:s
me permettent de consacrer mes soins et mon expérience
aux sujets qui m'en paraissent dignes. Je connaissais
Thomaseo avant que vous fussiez né, mais notre amitió
date seulement de son dernier retour en Italie. Je reconnus dans Giulia une voix si merveilleuse, el un si
rare instinct musical, que ne pas en favoriser la culture
m'eut paru une véritable ingratitude envers le ciet, auteur de si beaux dons, et une noire trahison envcrs celle
a qui de semblables dispositions promettaient la richesse
et la gloire. J'ai fait mes preuves, monsieur; c'est a moi
que le baryton Pasellini et la celebre Lé:nora, de votre
Théatre-Italien, doivent en partie leurs succes. Ils ne le
vient pas. J'ai de chacun d'eux vingt lettres qui en témoignent. Thomaseo, avant de mourir, me confia sa
filie, qui n'avait d'autre tolt que le míen ...
- Et !'infame a abusé de ce religieux dépót!
- Monsieur, l'on a bien. mauvaise gr.lee, je vous jure,
a répondre a de bonnes raisons par des grossieretés. 11
vou.~ eut paru plus noble de livrer Gmlia aux hasards de
la so!itude, aux gouffres de la pau vreté ! Heureust:ment,
sa tendre reconnaissance me dédommage de vos mauvaises paroles. Je n'ai point forcé son inclination. Elle
reste chez moi de son plein ¡;ré; et c'est d'un co_mrnun
accord qu'il a été d.écidé qu"elle deviendrait ma femme
aussitót que, son éducation musicale terminée, un bel

ogagement a Vi_enne, a Londres, ici meme, sera venu un haiser indéfinissable ... le seul baiser de cette sorte
qu'un poete donne dans toute sa vie.
·ironner mes soms.
Et Giulia lui répétant : « A vous, cbere ame!)) s'affai-Est-ce vous injurier, mohsieur, que de vous dire que
blit
et mourut, tandis que Louis la croyait seulement
toutes les spéculations ignobles dont j'ai oui parler,
recueillie.
e-ci me parait la plus vile?
Fou de terreur, en reconnaissant la vérité , il se
_ Monsieur! ... vous m'échaufl'ez bien malgré moi.
,urquoi done ne me seraít-il pa• per~i~, autant qu'a dressa ... il crut a un odieux caucl.lemar. La porte s'ou-us, d'etre sensible aux charmes de Gmlia, et, en ou- vrit, l'Italien parut suivi de la garde-malade.
- Comment, déja morte ! fit-il en s'adressant a Louis
1 de tenir a mon bien? Je suis trop bon, en somme,
. 'chercher a vous persuader. Depuis deux ans, Giulia d'un air d'intelligence, et.comme s'il venait seulement
ele le quitter. Je n'ai pas de chance; ne vous a-t-elle ríen
L moi ne nous sommtls pas quittés, et vous l'avez vue.
dit
pour moi?
ne fois. Elle m'aime beaucoup; elle me l'a dit cent fois,
La.
garde-malade dut trouver plus bizarre cet officier
nous vivions tres-heureux ensemble, lorsque votre
fran~ais,
qui ne répondait pas aux questions de son
ue, 'ayant réveillé en elle des souvenirs ancien~, il lui a
hóte
...
,et
s'enfuyait saos que ce dernier cherchat a le
aoqué de pouvoir causer avec vous de son p~rc Thoretenir.
aseo. •Ah! si ce dernier revenait au monde, je vous
Louis regagna machinalement son quartier ... U était
rie de croire que, malgré son estime pour vous, entre
foudroyé,
anéanti, muet. Un de ses amis lui dit :
ous et moi il n'hésiterait guere.
-·Ah ~a, tu reviens done de cbez les morts?
_ Assez; monsieur, reprit Lo11is, affectaot un graud
11 répondit simplement :
lme. Je vous dis adíen; ne craignez pas de me revoir
- C'est vrai.
amais.a cette place, et ne parlez jamais de moi avotre
A la meurtriere journée de Solferino, il re~ut au
iulia, que j'aurai oubliée daos cinq minutes.
La vanterie fran~aise cberchait en vain a traverser de c.reur une baile autrichienne, qui ~chancra en passant
tes piquantes le tremblement de ~a voix. Louis avait le ~rtráit en émail d'une petite filie de sept ans.
J'ai vu l'an dernier ce portrait daos la collection du
peine laissé l'Italien qu'il fondit en !armes, et que,
vénérable
M'. L. C., rue Notre-Dame-de-Grace.
otré cbez luí, il s'abandonna a la plus c111sante douur, celle de pleurer un vivant mort. Je ne sais quel
Loms füPRET.
pport l'ltalien fit a Giulia, mais en meme temps que
· · - - ~ !t tnis pleurait, la je une filie terrifiait, par la violence de
o désespoir, le maitre de chant, et son beau corps,
LA CLÉ DES CHAMPS.
ulevé par des sanglots, se tortlait sur un fauteuil dans
es angoisses d'un mal inconnu. Elle répétait : heureuseent, je vais mourir,· je ne cbanterai jamais dana . La grande préoccupation des agriculteurs aujourd'hui,
n théatre I Le lendemain, 1:ne fievre intense la ~ai- c'est la récolte. - Quand je di¡; les agriculteurs, je de-·
lit, et raccablement qui suivit la retint plusieurs vrais ajouter les marchands de grains, les meunier~ et
ours au lit. L'Italien n'osait plus luí adresser la pa- les boulaogers. - Mais cctle préoccupation est purement
ole. .. Mais rl ne croyait pas payer trop cher le bon- commerciale, et c'est pou.r cela qu'elle est l'apanage ex1eur de n'etre plus au cunement jaloux, d'autant plus clusif de ceux qui produisent le blé et de ceux qui le ven¡u'il venait d'apprendre te prochain départ du régiment den t. Depuis l'in.,.ention des cheminsde fer, des bateaux
a vapeur et des télégraphes électriques, et surtout dele Louis.
En effet, le jour du départ était fixé. La veille de ce puis l'abolition de L'échelle mobile, on n'en est plus,
!our historique, Louis,' quelque résolu qu'il fut aneja- Dieu merci, a considérer une mauvaise récolte comme
r¡ais revoir Giulia, a ne plus prononcer son nom, ne se une menace de disette.
Les disettes sont désormais impossibles.
1eotit point le courage de ne pas arpenter une derniere
Voi)a un souci dont est débarrassé l'oreiller sur le~is la rue droite, silencieuse et solitaire, mai~ peu¡Mt&gt;
jour pour lui des visions du plus bel amour. Ce pro- quel le citoyen fran9ais repese sa tete ohaque soir,
1 lui vint d'en haut sur les ailes d'une pitié altcndrie quand la fortune l'a condamoé a ce meuble aussi malsaín qu'in utile.
[ d'un pardon qui ne pouvait pas etre l'oubli. Un bon
Nous pouvdns parler li brement de la récolte proleil éclairait ce miséricordieux pelerinage.
chaine,
saos nous exposer a jeter la terreur parmi les
Ce matin-la, Giulia, se sentant moins faible, quitta
populations
paisibles, ou a les en dormir dans 110e per,on lit, approcba son fauleuil de la cro1sée ouverte... et
fide
sécurité.
Si la réco:te est mauvaise, on payera le
""~ardait
tour a tÓur .le ciel et le pavé, et asp1rait la
••o
pain
un
pet1
plus
cher, et les cultivateurs vendront un
+:Jialeur de ce généreux soleil.
peu
moins
bon
marché.
11 y aura Rn peu plus de gene
Sa blancbeur, encore accrue par de profondes so~fdan&amp;
le
pays,
mais,
grace
a Dieu, personne ne souffrira
lfrances, qui attiraient tout le sang au creur, ennobhsde
la
faiQ.1.
iait sa beauté de tout le prestige du paradis con¡:ruis par
Quand on porte ses regards en arriere, - et sans al-·
la mort.
Elle était toute seule dan~ la maison; l'Jtalien était ler bien .)oin, - on est frappé de l'importance de ce réalié daos un couvent des faubourgs lui cborc,b.er une sultat. Pendant des siecles &lt;l'ignoraoce et de misere la
famine a décimé la France. On pratiquait acette époque,
garde pour la nuit.
Son adorable figure, auréolée d'un doux rayon, fut la et sur une vaste échelle, la devise de M. le procureur
-emiere, la seule chose que vit Louis. Elle l'avait éga- général Dupin : « Chacun chez soi, chacun pour soi ! ,1
La circulation des grains était iuterdite de commune a
1 menl vu tout de suite. Elle se pencha pour le sa]uer...
commune, de province a province, de royaume a
1
1 pleura... en relevant la tete il ne vit plus ríen, et
royaume,
et on mourait de faim (&lt; chacun chez soi . 11
¡.ette crainte le saisit, qµe, vu son état de faiblesse, elle
C'était
bien
une consolatioo que de souffrir la faim a derenait sans doute de perdre connaissance.
micile;
cependant
j'ose préférer ce qui se passe aujourDivine clémencc ! ta porte, mal fermée, ne résista
d'hui.
Les
traités
de commerce, aidés des moyens de
a.~ au premier choc. Louis, poussé par d'instinctives
communication
rapide,
ont établi une complete solidarité
armes, gagna, en moins d'une seconde, un salon au
mier étage; il y trouva Giulia renversée sur son fau- entre ~a plupart des nations du continent européen.
nil, non évanouie, ·mais inexprimablement blan•• Quand le blé hausse de quelques francs a París, les
blés et Les farines d'Angleterre affluent dans nos entrehe.
póts, et réciproquement , quand les prix s'élevent a Lon11 s·agenouilla aupres d'elle.
dres,
nos produits encombrent ses marchés.
- Je vous attendais, tui dit-elle, soyez sur que je vous
En
cas
de mauvaise récolte, - comme nous l'avons vu
~ndais. Nous ne pouvions pas nous dire ad1eu pour
en
1861,
-l'Angleterre,
au moyen de ses innomurablP.s
~njours sans que je vous eusse remis moi-merne le movaisseaux,
de
ses
immens~s
relations commerciales, cone présent de mon pcre. ,Je vous ai dit que j'avais le
centre,
au
mei!leur
marché
possible, d'énorrnes quanoix. J'ai choisi ce petit portrait émaillé, fait d'aprcs
tités
de
céréales.
Or,
nous
profitons nalurellement,
i,quandj'avais sept ans. Et... et... moi aussi, je vous
· e, ajouta-elle plus bas, tandis que des !armes cou- grace au libre jeu de l'offre et de la demande, des ri. nt le long de ses joues. Louis n'appartenait plus a chesses de nos voisios, comme ils profitent eux-memes
des nótres a un moment donné.
terre.
C'est la liberté qui nous a assuré ces bienfaits.
- Avant de partir, ne me donnerez-vous pas un baiser
L'utopie du libre échange s'est róalisée. Les fous de la
le front et sur lesyeux?
veille
sont devenus les bienfaiteurs du lendemain. Ne
Le jeu11e homme, sans cesser d'etre a gen·oux, mit,
disons
plus : « A bas les fous! ,1
e on le tui demandait, sur ce front doUl'. et pale,
1

59

Le Jibre-échange, cette loi naturelle de solidarité
internatlOnale, devait aussi, on le sait, nous ruiner au profit de nos voisins. L'expérience de 1862 a
prouvé, au point de vue de l'alimentation, ce qu'il fallait
eu croire. Avec un déficit énorme de seize millions
d'hectolitres, grace a la liberté du commerce, le blé n'a
manqué nulle part, et il n'a jamaisatteint,- a beaucoup
pres, - les prix des manvaises années précédentes, ou
le déficit était moindre. JI manquait i 6 millions d'hectolitFes, ·et il est entré, en farines ou en blés, un peu plus
de i6 millions d'hectolitres de blé !
· Un documcnt officiet récent, le Résumé comparatif
des marchandises importées et expartées pendaut les cinq
premiers mois des années 1861, 1862. 1863, 1864, nous
montre que la liberté, si elle nous met a l'abri des effets
désastreux de la Camine, ne nous livre pas sans défense,
comme on le prétendait, a la concurrence de nos voisins. Au lien de ruiner notre industrie, le · libreéchange L'a vivifiée. En voulez-vous une preuve, et une
preuve irréfutable?
Prenons d'abord les tissus de lin et de chanvre; voici
quelle progression ont suivie nos exportations pendant le~
cinq premicrs mois des quatre dernieres années. 1861,
G,711,000 fr.; i862, 5,795,000 fr.; i863, 7,175,000 fr.;
1864, 8,457,000 fr.
Voici maintenant ponr les tissus de ~oie: 1861,
14t,877,000 fr.; 1862, l40,24=i,OOO fr.; l 863, 162,412,000 f.;
l 864, l!l0,680,000 fr. On dira peut-etre que cet accroissement de fabrication et d'exportation est' dti a la diminution de la maladie du ver a soie; malheureusP.ment,
l'intensité de la maladie s'est peu modifiée, et ce n'est
pasa la disparition de ce fléau qu'il faut attribuer cerapide accroissement de production et d'exportation. Le
meme phénomene ~·est présenté pour les lins et chanvres;
il se représente encore, bien plus accentué, pour les
tissus de laine; que mon lecteur daigne affro?ter eilcore
ces quatre chiffres, ils sont pleins •i'utiles enseignements.
D'ailleurs, c'est la réhal,ilitation d'uoe école honnie,
hafouée, pourchassée pendant de longues añnées, au nom
des intérets matériels. On va voir que ces intérets matériels n'ont pas été tout a fait sacrifiés par l'usage de la
liberté.
~
.
L'exportation des tissus de laine as · la progression
suivante, toujours daos les cinq premie mois des quatre dern ieres années : i861, 70,408,o-OO fr.; 1862,
i7,904,000 fr.; l863, i02,246,000 fr.; enfin 1864,
135,547,000 fr.
Voulez-vous que nous prenions les fils de !in ou de
cbanvre? lis vont de jlOO,OUO fr. a 1J millions; les peaux
préparées vont de t ... a23 millions; iesouvragesen peau
ou cuir de 24 a 35 millions; en fin la bimbelotterie, les
articles-Paris ont été de 35 a 61 millions ; les vins ont été
de 88 a H4 millions; les reufs, de 7 a !! millions; les
chevaux, de 2 a 8 millions.
U faudra bien que l'oo reconnaisse un jour unanimement que la hberté a du hon, a tous les points de vue.
Pour la liberté de conscience, c'est a peu pres démontré,
clu moins je !'espere. Pour la liberté économique, la
démonstration vient d'etre faite sans contestation possihle. 11 ne restf!ra hientót plus qile le courmmement de
l'édifice. Ce n'est qu'une question d'arcbitecte.
En atlendaut, les choses vont le11r train ; les· amis de. ,
h réglemMitatíon s'agitent et contrarientde toutes leurs
force~ le¡¡ tendaoces de l'administration des haras, qui
"eut aussi se montrer libérale. On cherche a supprimer
pcu a peu l'intervention de l'Etat dans la production de
J'cspece.chevaline; tout le ban et l'arr1ere-ban des protéaés
réclame l'intervention de l'Etat, de ses écus et de
o
ses chevaux. En vain, le directeur général des haras
chercbc-t-il, par de sages mesures de transition, a rassurer les esprits et a démontrer avec une sage abnégation que tout serait au mieux si le directeur général des
haras n'avait plus rien a désirer ¡ la peur ne raisonne
pas, surtout quand elle a un intéret a déraisonner. On
fait tout ce qu'on peut pour nous faire retourner au
comn,unisme de l'État, fournisseur d'étalons. On n'y
réussira pa.s, Dieu merci !
Mais comme nous sommes logiques en France ! La
meme administration qui veut laisser la producti:1n chevaline a l'initiative individuelle, au moyen des primes
accordées aux étalons, oublie ses príncipes aussitót qu'il
s·aait de notre race percheronne. Les meilleures lames
d'a~ier peuvent renfermer une paillc. C'est la paille qui
me console. Figurez -vous que l'administration des haras,
- quoiqu'il n'y ait plus de haras, - a pris en gri~pe _la
robe grise de nos percherons. Qu'est-ce que cela lm fa1t~

�60

L'ILLUSTRATlON, JOURNAL UNIVERSEL.

si d'aílleurs !'animal est irréprochable ? C'est la paille. tent mutuellernenl. M. Barrault fait mouvoir son pétris- du combustible, afio de conserverla machihe en pression.
Or, comme il est encore nécessairc cl'encouragcr indi- seur avec le gaz qui éclaire sa boutique. La machine Quand il ne travaille pas, il ne consomme pas.
rectement la produétion chevalinc, on donne aux.étalons ne tient pas plus de place qu'un buffet, et ne produit ni
Voila pourtant ou nous conduit la liberté de la bou.
percherons une prime de 400 franca. 11 y avait i8 éta- bruit, ni odeur. Point de fourneau:r, point• de charbon, langerie. Est-ce que, avec la limitation, la réglementa.
lons de cette race daos le Cher et dans la Nicvre, tous point de feu; une pile électrique de dcux éléments et le · tion, la taxe et tout ce qui s'ensuit, on aurait pu songet
les 18 primés l'année derniere. Cette année, C\n a ~up- moteur.
sérieusement a perfectionner la fabrication du pain? O.
primé 4 primes sur f8; les 14 proscrits avaient la robe
Une pile électrique chez un boulangcr! Et pourquoi n'apercenit que quelques tentatives isolées qui dispa.
grise, c'est-a-dire la
raissaient bientot
robe distinctive de la
sous la pression
race.
pneumatique . de la
M. legénéral Fleu -·
machine administra.
ry préfere les robes
tive.
sombres; est-cc une
On verra peut-etre
raison pour faire vio-'
un jour que décidélence, sans nécessiment la liberté a do
té, aux goüts des éle-·
bon.
veurs? Pour ceux-ci;
Vieron Bomt.
la robe grise .est le
signe de pureté de
~
• la race; ils ont ~ien
quelques
b~nnes
FETE
raisons pour avoi~
DU
cette préférencc. El
d'aillcurs, les gens
COURBAN-BAÍRAM
qui ont couduit la race pcrchcronne á11
Dm la" mosquée
point de perfection
de Zeschil-lmaret. ABrousa
ou elle est arrivée
ont, amonavis, 'plus
AU DIRKCTEUR,
de chances d'avoir
rnison que les jennes
D•uuase, 18 mai 186'.
théoriciens qui n'ont
pcut-étre vu de per:
Quelques mois a
cherons que ceux
peine sont écouléti,
qu'on atlelle aux
et ils ont surti pour
omnibus. Laisse~
faire passer de l'état
done faire ! ; :
de projet a la réaS'il ne s'agisrnit
lilé l'muvrede la rééque d'un caprite, a
dification de la ville
propos des robes
de Brousse, -entresombres ou des roprise 'par le commii.bes grises, onpo.ursairc impérialAmedrait esµérer que ce
Véfik effendi.
caprice s'évanouira
Dans chaque quar•
prochainement de,tier, les principales
vant une plus arorues ont été élar"ies,
. ple
information.
alignées et réparées;
Mais, au fond de
de Balouk Bazar a
cette mesure, il y a
l'ancien
cháteau
la maladie d'outre1l'Ouloun-Djami au
mer, l'anglomanie,
Sérail, du Sérail i
le croisement avec
la routc de Geumle cbeval de Norfolk.
Jek, tout cela forme
C'est la qu'est levéen quelque sorlc
ritáble danter 'pour
une suite de boulenotre bclle race pervards dont le dercheronne. Le cbeval
nie1· est en ligne
de Norfolk est ch¡irfiroite, hordé d'argé de fournir la 'robe
bres superbcs; et
sombre. Que nos élécl'un parcourssi étenYeurs y prennent
du, que l'reil du progarde, le Norfolk tuemencur n'apcr~oit
rait le percheron.
pas l'horizon. Son
Nous aurions quelpercement a été exéque chose de no4cul~ en 22jours, sous
vcau, un hatard bqn
l'acli ve survei llanr.e
ou mauvais; mais le
du commissaire imperchcron auraitdispérial. Ici, c'est un
paru; nos éleveurs
immensc et magnifivetllent-ils suppri-que Kau que 1'011
JihE Dd COtJllB.\~-BAIRAM, llANS LA MOSQUÍ!E DI! ZKSCHIL-IMARET, A BROl'SSR, - D'a~es un dc,sin de 11. Léon Pa"."iilée,
mer le percheron?
reconslruit; ia, c'cst
C'est la toutc la
la réinstallation
qucstion.
pas? ~i. Barrault n'a pas eu besoin d'engager un pby- d'une corporatíon· ouvriere, plus loin s'éleve un hu-La liberté du commerce cst encore eu train de faire sicien, ni un mécanicien pour entretenir la p_ile et ré•• pita!. Les cours d'eaux, les ponts, les routes, les habides sienncs a Pa)•is et mcme aillcurs. La liberté de la gler la marche de la machine. C'est un ouvrier boulan- tations particulieres, les marchés, les monuments historiboulangeric, si eÚe n'a pas cncore fait baisser suffisam- ger qui fait tout cela, et il s'en acr¡uittc a mcrveillc. Que ques, enfin tout se rétablit comme par enchantement.
ment 1c prix du pain, a du moins ouvcrt la porte aux ne m'a-t-•on pas dit quand j'ai parlé pour la premicre Encore quelques mois, et fa ville de Broussc, tant par sa
pcrfectionnement~mtcaniques. On voit, depuis quelques fois du moteur Lenoir, il y a quatre ou cinq ans! On voit splendeur que par sa prospérité industrielle et commerjours, ruc de l'Université, !:i2, chez M. Barrault, boulanger, combien ce systeme est pratique aujourd'hui. Chez ciale, aura reconquis sa véritable place de troisieme vi lle
dans UD atelier entouré de glaces saos tain, comme la M. Barranlt un ouvrier boulanger le dirige; daos une de l'empire ottoman.
maison de verre du philo'sophe antique, un pétrisseur maison en construction de la ruc d'Enfer, c'csl un ouLundi dernier, 16 mai, a eu lieu l'inauguration de
mécaniquc de M. Drouot, mis en mouvcmcnt par un mo- vrier magon. Il ne faut jamais douter de l'intelligence Zeschil - Djami; la restauration de cette bclle mostcur LeDoir. Je suis un des premiers qui aient parlé, il des ouvriers fran ~ais.
quée complera daos l'histoire du regnc du sult:1n
y a quelques années, du pétrisseur Drouot et du moteur
Pour la boulangerie, dont le travail est toujours in- Abd-ul-Aziz, et fera suite a l'muv,e du fondatcur MoLenoir, ne songeant pas qu'ils s'uDiraient un jour en termittent,le moteur Lenoir est excellent, parce qu'il n'est hammed re•, qui, a l'exemple de ses prédécesseurs
légitime mariage. Bien leur en a pris, car ils se complé- pas nécessaire, avec luí, de consommer inutilement Mourad et Béyazid, a pendant son regne embelli de mos-

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
~es les deux capitales de l'empire, Brousse et Andrinoplc.
,
.
,
C'est a luí que Ion do1t cette superbe mosquee de
zeschil-Imaret (la· fondation verte et, bie~faisante), ce
chef-d'reuvre de la décoratton et de I arch1tecture ottomane.
Cet édifice, d'une richcsse presque sans égale, était
abandonné depuis
de longues années; ·
les tremblements de
terre, le manque
d'entretien, et surtout le manque de
gotitpour lesarts, l'cvaient laissé tombcr"
dans UD oubli corr:plet. Mais le commissaire impérial
Amed-Vefik effendi
a fail restaurcr complétement cctte bel le
mosquée, et le t fl
mai la ft\tedu Courban-Bairam y a élé
célébrée. Cettc inauguration, faite par
le commissaire impérial, a été des plus
imposantes; ph:sieurs milliers de
musulmans, en téte
desquels figuraient
les hauts dignitaires, y assistaicnt.
Les travaux importants de cetle
restauration. ont été
dirigé~ par AmedVéfik effendi fu personne; il n·a négligé
aucun détail et en
a dessin~ plusieurs
de sa propre main.
Aujourd'hui, ce monument est décoré
d'une variété considérable d'arabesques sculptées sur le
marbre blanc de sa
fa~ade. Les orncments de la grande
porte et des croisées
sont d'une beauté
supérieure a tout ce
que l'on connaitdans
ce genre d'architeclure. Al'intérieur, le
reYetement des murs
jusqu'a trois n:ctres
de hauteur, le Mirah, sont couvertsde
faiences, formant un
des pi us beaux spécimens de l'art céramiq•J~. Enfin, ce monumeat tout enticr
est redevcnu digne,
a cette heure, de
l'admiration de tous
les artistes.
Agréez, etc.
L~ON PARVILLtE.

ORAGE

DANS

L'OBERLA.ND,

AU DlRECTEUR.

Genéve, !3 j uin.

Voici un dessin représentaDt la destruction d'un village bernois par un des nombreux orages qui ont dévasté une grande partie de la Suisse, et principalement
l'Oberland, au commencement de ce mois. Je ne vous
doonerai pas lo détail de tous ces désastres ~ on a eu a
déplorer des victimes en assez grand nombre et les
pertes sont immenses.

61

leur fait l'exil, a raconter les actions des grands hommes qui ne sont plus; en Franca, S.M. Napoléon JII
écrit l'histoire de Cé$3r; en Angleterre, S. A. le duc
d'Aumale écrit l'histoire des princes de la maison de
Condé anx seizieme et dix-septieme siecl~s.
Une saisie a été pratiquée par M. le préfet de policc
sur les feuilles et exempl~ircs ilc l'ouvrage .de M. le duc
d'Aumale; espérons
qu'un pareil danger
ne menace pas l'Ht'stoire de César de
S. M. Napoléun Ill,
et qu'au dernicr
moment M. le préfct
de police ne mctrra
pas son veto a la ¡iblication des augustes volumcs.
Mais, grands
dieux ! qui cut cru
qu'nnc histoire des
princcs de la maison
de Condé r,üt ctrc u11
livre plus dangereux
que Cespetitesdames,
les Ti·eize nu.its de
Jane ou les Cyt111Jrcs
pariste/lnes. Voyez
pourtant le danger
de juger les livres
sur lcur litre.
M. le duc d'Aumale et M. Michel
· Lévy, son éditeur,
ont cru devoir demander a M. le préfet de police la restitution de ce qu'il
avait saisi; ce fonctionnairc s'est laissé
assigner, et devant
le Tribunal il a soutenu que, ayaut agi
en .vertu d'une instruction
ministérielle, il .ne pouvai t
etre poursuivi saos
autorisation du Conseil d'Etat, que cettc
~utorisation n'avait
point été demand.ée,
que des lors les jugel\ devaient repousser la demande.
Le Tribunal, accueillant les raisons
de M. le préfct de
policc, rnrsit a statucr pendant trois
mois.
, M. le duc cl'Aumale et M. Michcl Lévy
unt appclé du jugemcnt; la Cour l'a
confirmé.
Je lis dans les
journaux judiciaires
qúc M. Dufaure a
plaidé pour M. Michel Lévy, M. HéUN ORAGB DANS L'OBERLANO. - D'aprés un de1sia de 111. !. Cbampod.
bert pour M. le duc
d'Áumale, M. Busfilie a la aare da Montbéliard. Le voleur n'a pas voulu, son-Billault pour M. le. préfet de. po}ice, et que M. le
parait-il, "compar¡¡Jtre devant le grand juge avcc.cette procureur général de Ma{nas a donné ses couclumauvaise action sur la conscience, et s'est empressé de sions; mais des plaidoiries des avocats, mais des
conclusions de M. le procureur général qui avait
restituer le fruit du larcin.
trouvé !'affaire assez importante pour se mélcr de sa
A. CnAMPon.
Agréez, etc.
personne au débat, pas UD mot; ce n'était ponrtant
point, que je sache, matiere interdite a la presse; pourquoi done ce silence? Mais les journa?x judiciaires ont
eu probablement leurs motifs. Gro$jean était un sot qu
G.lZETfE DU PALUS.
voulait en remontrer a son curé, et ma foi,je fais comme
I Nous vivons daos un siecle privilégié, et nous assis- la Gazette des Tribuna11x et comme le Droit, je me tais.
&lt;&lt; Le prince Fran~ois-Claude-Auguste ~e Crouy-Chanel
tons a des spectacles qui' ne se sont guere vus dans les
temps passés; les empereurs régnants occupent les loi- de Hongrie, contre l'archiduc Fran~ois ~'Autriche d'Este,
sirs que leur laisse le tróne, les princes'bannis ceux que ex-duc de Modene l »

Ces événements avaient été prévus, en quclque sorte,
etl'absurde croyance de la fin d11 monde circulail dans les
populations catholiques. Elle a eu au moins cela de bon
que quelques pécheurs ont sérieusement réfléchi sur
leurs méfaits. C'est ainsi que le curé d'Alle (dislrict de
Porrentruy) a re~u un paquet renfermant des montres
qui av.\icnt été '1Qlécs1 un a.n au¡1arava11t1 a pne jeune

�62

Voila qui sonne bien dans la bouche d'un huissier. 1 commence par la seconde piece. Jusque-la, ríen n'est
Cette ~~osse cause é~it tout Técemment appelée de- perdu, mais la piéce s'acheve, le rideat1 · tombe, et
vant le tr1liunal de Modene.
Mil• Neveux n'a point paru; on prolooge l'eotr'acte fort
De grandes affiches roses, si je m'en souviens bien, ..u dela du uécessaire, Mil• Ncvem. n'arrive pas.
oous ont appris depuis longtemps que M. le prince de
Le public recommence a se fa.cher ; nouvelle allocuCrouy-Chanel est un descendant d' Arpad, et qu'a ce titre tion du régisseur; cette fois, d'une voix plus émue encore
il a des droits a la couronue de Hongrie.
i il pr,1p )Se respectueusement un changement dans 1~
Or, comme il est sage, en prévision des événements, menu : on remplacera Sous les toits par une piece qui
d'éclaircir autal1t que possible les situations a !'avance. o'est point sur !'affiche. Magnanime comme une majesté
M. de Crouy-,Chanel assignait l'ex-duc de Modime devant qu'il est, le public accepte la'substitution.
les juges deModene, et conclua.it il. ce qu'il plüt au Tribu- ; Cependant le médecin du théa.tre court chez Mil• Nenál, (( Déclarer qu'audemandeur, prince Fran~ois--Claude,- ! veux, le commissaire de poli ce l'accompagne ; Mil• NeAuguste Cróuy-Chanel de Hongrie, appartient la double veux est daos son lit : le _public atttnd, lui dit~on elle
qualité : t º de descendaot en ligne directe masculine de va faire maoquer la représeotatioo : (( Je Eluís souffr~nte,
Félix Arpad de-Crouy-Cbanel, fils d'André III, arriere- répood-elle; il m'est impossible de me lever. » Et le
p;tit-fils d'Aodré ll, aocien roi de Hongrie; 2° de des- proces-verbal,·qui. n'est pas galaot, constate'que ~1 11• Nec~~dant de Béa~ix d'Est~'- filie d'Aldobrand J•r d'Es!~, veux a l'air souriant, et que le médecin ·ne découvre pas
rem1:1 de Bongne, par Et1enne le Postbume, marqms chez elle la plus petite trace de maladie. On presse cette
d'Este, son fils, et par ledit André lll, marquis d'Este, jolie personne de faire un effort qúi sauvera la recette ·
petit· fils de ladite Béatrix; luí attribuer, en conséqueoce, elle répond par un non possumus inflexible, et un mon~
le droit de porter le titre de marquis d'Este) comme il fut sieur, qui se trouve par hasard dans la chambre injadis porté par ses ancetres. &gt;&gt;
tervient et supplie les -visiteurs de ne point fatigu;r la
A cette demande, l'ex-duc de Modene opposait une malade.
exception d'incompétence fondée sur deux motifs : le
Le médecin et le commissaire de police se retirent,
premier, que le prince de Crouy..Chanel réclamait des rapportent a l'administration du théa.tre le refus de
droits féodaux aboli,s par les lois frao~aises et par la lé- M11e Neveux, et le régisseur parait une troisieme fois
gislation italienne; le second, que l'árchiduc Fraµfois devaot le public pour annoocer qu'on va rendre !'argent.
d'Autriche d'E~te, n'étant ni citoyen italieu ni domicilié
Cette triste opération dure deux heures, le temps de
dans le royaume, ne poovait etre soumis a la juridic- jouer une tragédie.
tion des tribunaux italiens.
Le théatre a eu la cruauté de traioer sa pensionnaire
· Ainsi voila un prince qui n'a cessé de protester con- devant les tribonaur. M• Carraby n'a pas craint de tr;i.itre les changements que la révolution a introduits en ter la maladie d'uoe si charmaote personoe avec toute
Italie, et qui invoque les décrets promulgués par la ré- l'irrévérence imaginable, au risque des plus grands malvolution; voila un prince qui persiste a se dire de droit heurs, et les juges barbares ont condamoé Mue Neveux
souverain d'un duché &lt;l'Jtalie, et qui rejette la qualité a payer quatre cents francs d'indemnité et le montant
d'ltalien ! Étrange embrouiUement des choses humai- d'une recette, salle comble, en dépit de la spirituelle et
nes!
-vive plaidoirie de M• Cresson.
Les júges ont repoussé le premier motií de l'archiduc
Si jamais il y eut un homme qui aima la vie du baret accueilli le second. Fran~ois &lt;l'Autriahe a gagné son reau avec une ardeur vébémente et presquc jalouse, et
proces, et il est judiciairement déclaré étranger'a l'ltalie, aux yeux de qui le titl'e d'avocat fut le plus beau de tous,
suivant son désir.
ce fut a c&lt;¡up sur M. Liouville. ll ést resté, au Palais, daos
• Le prince de Crouy-Chanel a interjeté appel devant la la mémqire de tous ses contemporaius; il sera, pour tous
Cour royale de Milan.
ceux qui le suivront dans cette liell-e et larue
o carriere'
S.M. \'empereur d'Autriche fera bien de suivre les comme le type du dévouemeot infatigable et passionné
débats de pres; une fois marquis d'Este, si la Cour de il. ~a professioo.
Milan lui reconnalt ce titre, M. le prince de Crouy-Cha.
Daos les dernieres années de sa laboriéuse existence
nel esl bien homme a réclamer par exploit la couronne alors que la dignité de ba.tonoier &lt;lont il était revétu t;
de Hongrie.
mettait plus directement en présence de ses jeunes conDes priuces, passons aux ingénues, qui parfois se per- freres, M. Li~uville s'était ptu"a retracer les devoirs a cémettent des fantaisies de princesses.
lébrer l'honoeur de cet!e chere profession dans
disM11• Deribeaucourt, jeune actricé du Palais-Royal, est cours pleios de force, de raison, de bon sens, d'élévamodeste encore en ses caprices. Elle a conclu, en 1862, tion, et empreints de celte originalité familiere qui lui
un engagemeiit avec les directeurs du Palais-Royal, et cet élait propre et qui donnait il. ses paroles un acces plus
t:ngagement, elle le veut rompre aujourd'hui, pas da•- facile et plus intime dans les esprits.
-vantage.
Un de ses fils, qui a recueilli dans son héritao-e l'amour
Le motif de W1• Deribeancourl, c'cst qu'elle est mi- d'un des plus libres et des plus nobles états ;ui soient
neure,et qu'elle a contracté sans l'autorisation de mon- vient de réu?ir avec un soio piem., en un seul volume:
sieur son pere. On ne saurait se 'ngurer avec quelle fa- ces quatre d1scours, auxquels il a ajouté la liste des discilité les jeunes personncs se passent' de l'autorisation cours de rentrée prononcés ·a l'ouverture des conférenpaternelle pour monter sur les planches; c'est a croire ces, le texte des lois, des ordonnances et des arretés élu
qu'elles le font tout expres pour se donner o.n moyen de conseil de l'Ordre de París qui composent le code du barmanquera leur sign.i.ture; mais non, !'esprit d'une in- reau. C'est un livre complet, .ou la regle écrite et ta tragénue est tncapable d'un calcul si pervers.
ditioo sont commentées avec une pleine et douce· a:itoMll• Deribeaucourt était mineure en i862, Le fait esl rité: ce sera le livre par excellence de l'avocat.
eertain; son pere ne l'a point autorisée expres$ément a
HENRYS.
traiter avec MM. Plunkett et Contat-Desfontaines, la
~
· chose est constante; mais M. Deribeaucourt a-t-il pu
ignorer que sa filie, dont la personnalité ne s'est jamais
La Cotrespondance de Napoléon Jer, dont le XV• volmne
déguisée sous un pseudonyme, jouait la comédie? Ce 'vient de. paraitre, est le monumeot historique qui supn'est guere probable. S'il ne l'a point ignoré, n'a-t-il plée le mieux a toutes le.i histoires: Daos ces lettres inpas, par son silence, rati.fié l'engagement de la mi- nombrables, ou, au jour le jour, l'Empereur dicte ses
neure? Évidemment, oui.
Ol'dres, résume ses actes, fait marcher ses armles, crée
Et le Tribunal de commerce, raisonnant ainsi, a cond«!s rois et regle tout son empire avec la vigilance d'un
damné M11• Deribeaucourt il. payer am. directeurs du per&amp; de famille, il y a quelque chose de merveilleux et
théatre du Palais-Royal un dédit de 6,000 francs.
qui ne cesse d'étonner meme ceux qui ne s'étonnent
Mlle Neveux, une autre ingénue, a mis le théa.tre Dé- plus de ríen. Ce xve volume embrasse presque toute
jazet dans un bien grand embarras.
l'_année i807, l'une des plus splendides de l'ere impéLe t •• juin, elle devait jouer daos une piece mono- r1a~e. La question d'Orient est soulevée et traitée; on
logue •qui s'appe.le Sous les toits et dan~ le Dégel.
ass,ste il. la grande bataille de Friedland, et l'Empereur,
L'heure du spectacle tst arrivée; l'orcbestre joue une courant, de victoire en victoire, rédige en poste ou sous
ouverture, deux ouvertures, trois ouvertures, et le rideau la tente toute 1·ette correspondaoce si rnultipliée et si
se leve ... sur le régisseur. Celui-ci, avec l'acceot ému diverse, qui s'attache a tout, qui explique tout et or(1qui appartient a cette institution, » annonce 11ue M11 eNe- donne tout dans une mesure parfaite. - l beau vol.
-veu:i:: n'est point arrivée et les prie de permettre qu'on in-8º; prix : 6 francs; B. Pion, éditeur. Eovoi franco .
intervertisse l'ordre de la rsprésentation. Les spectateurs
daignent oetroyer la grace qui leur est demandée. On

d:.~

63

L'ILLUSTRATJON, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLU::;TRATlON . .IOURNAL UNJVERSEL.
PRIME

DI.&lt;;

L'ILLU$.TRATION .

L'Illustration meten vente le prem'íer' volume des se.
nates de Mozart, le cinr¡uieme de la collection comp~
des ce.uvres spéciales pour piano a deux maios des maf.
tres elassiques, annotées et doigtées par J. Moscheles.
Ces volumes paraisseot ades iotervalles assez éloigllit
les uns des autres; mais cette lenteur est indispensabiJ
pour la bonne exécutio11 de l'impression et rlu tirage.
Nous rappelons il. nos abonnés que tous · cem. q11
souscriroot d'avance a la coilection complete n'auronti
payerqri.e 50 fr. au lieu de 87 fr.
,:ene Collection allemande, annotee el d,i¡rtee par le célebre professtw
MO$CHELES, formera U voluo1es de 160 pages cbacun, en moyenne.
BBBTIIOVBR,

11101.ART,
WBBB1l
BAYDW,

CLBIIIIERTl,

Pri.x de la
60

les 4 volume&amp;, 14 !k.
les S •olumes, U fr.
les a volumes . 12 Ir,
lea S volumes, 10 Ir
_ 1 •olume, 6 fr.

COLLECTION

au lieil de 32 fr.
au liea de 11 fr.
au licu de u fr.
au lieu de u fr.
au iieu de I fr.

11Nt1in deS'-H volumes :

francs au lieu de 1n, et 59 franea SEULEIIIENT

pnur ceux de nos abonnés qui souscriront d'avance a la celleotion complete. Cette derniere raveur ne sera rigoureusemem
accordée que sur l'envoi de 50 írancs eu un mandat sur la
pos~, ou en une valeur sur Paris.

Les prix indiqués ci •dessus s'uppliquent aux volumes re~
dans nos bureaux; les frais de poste (DO cent. par volume e11,
voyé isolémetit) n'y son/ pas compris. _

.

La Direction générale des Don.anes•et des Contributioos
indirectes vient de pubher une no~velle édition du T•
bleuu des droits, en vigueur d'epuis le i5 j uin dernier,
avec des observations sur le régime spécial auquel sont
admis, en France, les produitsides puissances a,vec lesquelles il a été conclu des traités de commerce.
Ce document est en vente a l'Imprimer1e lmpériale,
au prix-de 3 fr. 50 c. Yexemplaire.
•
M. Larousse vient de mettre en vente le 7e fascicule de son GRAND Drcrro:w·.uae. Ce fascicule sera peu,telre un des plus favorisés de tout l'ouvrage; il renferrue
quatre des mots les plus ricbf's de -notre tangue : AME
AMI, AM1TIB, AMooR, AMtRIQU.E, si gros d'actualité. Le éa~
ractere indépendant, élevé, libéral de cette colossale publication se dessine chaque jour ..de plus en plus, et
nous appelons pa,rticuliilremeot l'attention de nos lecteurs sur deux artic\es importants de -ce 7e fascicule:
L'Ami du peuple, de Marat, et La G~rre de l'Amérique~
vnnt la co11,sience de la France. Prix de chaque fascicule :
1 fr.- Sept fascicules sont en vente. L'reuvre complete
renfermera au moios cent cinquante fascicules. Ce
magnifique travail, qui sera le plus v'aste monument
élevé par notre siecle il. la Jaogue, aux lettres, aux
sciences et aux arts, a droit aux encouragements de toas
les bommes éclairés.

Di manche prochain, 24 juillet, M. Leprévost, organiste
il. Saint-Roch , fera exécuter en l'église Sainte-Marguerite, a 1:occasion de la féte patronale de cette paroisse,
sa nouvelle messe .~olennelle a grand orchestre. L'office
commencera il. dix heures précises.
L'orehestre et les chreurs seront dirigés 'J)ar M. Leprévost.
~

P~ CATELAN. - Dimanche 24 juillet, grande et magnifique solennité musicale : l'orchestre dirigé par
M. Forestier, et musique du 2• cbasseurs a cheval. Bal d'enfants sous les tilleuls du quiocooce, - Kiosko
et Sabra dans leur royaume diabolique et fantastique.
Incessamment, inauguration dans ce féerique jardín
du Palais des Colibrís, merveille uniq ue en Europe.

- ----==-~------BIBLIOGRAPHIE.

Réunir en no seul volume le ph1s grand nombre possible de renseignements utiles ou ~urieux sur tontes les
cornmunes et sur· les princ1paux villages de la France,
tel est le but du Dictionnaire des Communes de la France,
que M, Ad. Joanoe vient de publier il. la librairie Hachette (1 voltJme grand io-8° contenant 2,400 pages;
brocbé, 20 fr.; relié en percaline, 22 fr. 50 c.).
Le Dictio1,11uire des Communes de la Frunce est un cata·
logue aussi cornplet et aussi exact que possible de la
France actuelle, au point de vue géographique, o-éologique,_ hydrographique, administratif, statistiqu~, in-

dustriel, co:mereial, agricole, monumental, archéologique, etc.
ce "'rand travail a, de plus, le rare mérite d'etre entiere;ent nouveau. Résumé fidele de tous les ouvrages
publiés duraot ces vingt deroieres aonées sur les quatreviogt-neuf dép1rtements fran~ais, il cootient, en outre,
un grand nombre de documents complétement inédits.
La rédaction en a été coofiée a M. Adolphe Joaone, qui
a su, p'&gt;ur ce Dictionnaire comme pour ses ltinéraires,
s'entourer de collaborateurs dont les noms offrent une
oouve\le (!araotie au puhlic.
Le Dictionnaire des Communes, qui renferme daos ses
~uatre mille buit cents colonnes plus d'un mil/ion de
renseigoeroents, est l'ouvrage de ce genr~ le plus r.xact
et le plus complet '}Ui ait paru jus'}u'a ce jour sur la
France; c'est le vad1-mecum indispensable de tous les
gens d'afiaires ou d'étude. de tous les fopctionnaires, de
tons les géographes, de tous les archéologues.

REVUE DES MODES ET DE L'INDUSTRJE,

La mode est dans tout' pour unP. femme / rlans sa toilette comme daos ses parfums., Ceci explique la mode de
portf\r sur soi, en voyage, l'Eau de mélisse des Carmes
dans quelque flacon richerneot ciselé. Munie de ce remede souveraio, une femme peut se dire invulnérable
et porter bravement le litre de lionne. La chaleur, la
fatigue, les courses a cheval, elle brave tout, car avec
de l'eau de mélisse oo ne connalt ni les syncopes ni la
migraine, ni les maux de oerfs et l'on•se moque 'meme
un peu, a l'occasion, de « ce' bon docteur » dont on
oublie les conseils.
Toutefois, mesdames, je vous dois une importante recommandation a ce sujet : n'oublie1. pas que i'Eau de
mélisse authentique, la seule vraie, est signée Boyer, l 4,
1 ue Taranne, ca~ cette liqueur a ses contrefa~ons,
comme tout ce qm est bon et consacré par la vo"'ue.
L'iodiscrétion des cheveux gris est grande "sur une
tete encore jeune, et l'on ne saurait trop s'en défier.
C'est pourquoi M. Guislain fait couler, au numéro H2
de la rue de Richelieu, une des plus vi vifiantes· sources
d'eau de Jouvence qui existent.
L'Eau de /,, Flrvride nr teiot pas !, s cheveux, elle leur
rend leur ~év1•, et, par suite, leur couleur. 11 n'y a 'done
ancun artífice a s'Pn servir, et l'on peut etre parfaitemeot fier de sa chevelure, redevenue brune ou blonde
grace a ce bienfaisant remede.
'
L'Eau de ta Ploride n'opére pas sa révolution en un
jour. Elle s'agit &lt;( sagement et lent,:meot, comme la nature. » Son emploi étaot des plus simples aussi bien
que des plus efficaces, je la recommaode il. toutes celles
de mes lectrices doot la chevelure est sillonnée des premiers 1( fils d'argent. »
Nous atteignons la saison oü. la vie de chateau et de
campagne devient aussi brillante dans son genre que
les plus splendides soirées de l'biver.
Les maitres de maison rivalisent d'émulation pour
recevoir dignement leurs hótes. O'est l'occasion de se
d_istioguer par l'?riginalité, le gout, le pittoresque d'une
fete. Pour Y arr1ver, on ne sa,irait mieux faire que de
s'adresser a la_ maison Ale.1 is Goditlot, a Paris-Passy, i2,
avenue Dauph1ne.
Rien n'e,t plus imprévu que ses créations magiques:
ici eile éleve un petit théa.tre comme par eochantement,
- la, c'est un pare si royalément illuminé que l'oo croirait Y voir htire toutes,les étuiles du ciel, - ou encore
c'est une vallée suisse qui sen.ble improvisée par la ba:.:114\tte d'uoe fée. L'art et la oature sont ernployés par la
iuaison Gúdi//ot avec un gout et un bonheur toujours
souteous, et les heureux du jour ne sauraient mieux attend.re du génie de l'inv__en·ti~on
et de )'industrie.
--~
.
1

A cette heure, la mode est fantaisiste, et o'imagine plus
que des toilettes dont la commodité et la légcreté puissent
braver les chaleurs. C'est ainsi qu'on remplace les corsages de robe par la chemise Garibaldi en foulard de
Shaoga'i-blanc, ou fond blanc avec semis r!e pois.
Comme étotie a la fois brillante et Jégr.re, le foulard
a:du reste, Ja vogue du jour. Ríen n'est plus charmant
qu'uoe toilette - robe et vetement - en foulard uní,
ouance mais ou bieue, du Comptoir des fo.les (128, boulevard de Sébastopol, rive droite).
Nos lectrices peuvent se donner une plus juste idée
des charrnaotes nouvea11tés du Comptoir des Jndes en faisant a cette maison la demande de ses échaotilloos si
variés; celle-ci les leur expédiera franco dans le plus
bref délai.
Plus que jamais on affecte de porter les tailles du premier Empire, mode peu avantageJJse si, pour y remédier,
oous n'avions la Ceinture-régente.
11 ne s'agit que de la demander aux inventeurs memes : Mm•• de Vertus (31, Chaussée-d'Antin). De loiu
comme de pres, on peut commaoder ce mignon corset
qui, tout en ménageaot les organes essentiels,donne a¡~
taille une souplesse et des proportions irréprochables. 11
ne s'agit que d'envoyer a Mmea de Vertus tes mesures
suivantes : tour de taille a la ceio,ture ; largeur de pmtrine; t9ur des han ches, longueur du busc . lono-ueur
de la taílle sous le bras. Ces mesures se predneot ºétant
tout habillée.
On me demande quelques détails au sujet des mou:.
choirs de la Compagnie irlandaise (97, boulevard de SéLastopol). Ces mouchoirs sont, pour la plupart, de véri- ·
tables petits tableaux miniatures. On y voit des oiseaux
aquatiqnes sur des fll¡urs rares; on y trou ve égalemeot
de char,naots et léger.s dessins convenaot aux femmes
d'une élégance aussi modeste que vraie. Tout e~t d'un
choix exquis il. la Compagnie irlandaise, depuis le plus
riche jusqu'au plus modeste mouchoir.
Les chaleurs nous font une nécessité de la parfumerie
et je rappelle, a cet égard, qu'une femme qui veut re/
t~r fraiche. et jeune ne sa.urait trop employer la glycérme de Rimmel (17, boulevard des Italiens), surtout en
• cette saison qui voit le public abonder aux bains de
111er. Les bains de mer ont l'inconvénienl de réndre les
rheveux secs et cru,sants. Pour combattre cet effet nui~ible, il u'y a ríen de meílleur que-l'extrait de jus de ¡¡_
11100s et de glycérioe de Rimmel, qui neutralise le sel
marin et laisse la chevelure souplc et brillante.
., Rimmel, on le sait, jouit d'une grande vogue a Paris, et
J engage mes lectrices a demander a Rimmu tous ses
secrets de beauté.
Une cbose fort importante aussi pour la conservation
de la jeuoesse, c'est la beauté des dents. Rien ne dé ..
forme un visage comme la perte de ces précieux oro-anes; ri~n ne fait tant souffrir. sous lé double rapportd,.
la santé et de l'amour-propre. Nous nous faisions ces
rell_exi~ns ces jours derniers, en lisant un tout pctit, ·
ma1s h1e~_précieilx opuscule sur l'liygiene des dents,
¡iar M. De¡ardrn fils, professeur de prothese et de chirurgie deotaire.
. A.coté de conseils d'une utilité remarquable, M. DéJ~rdm a placé fort a propos le double masque d'un mernc
visa¡:e, le premier édenté, et l'autre avec ses dents. Le
~eme visage p,eut avoir, de cette fa~on, tantót vingtcmq ans et tantót quarante. Ce changr.ment est aussi
surprenant qu'affreux, sans compter que le manque de
de~ts doooe une voix cassée, vieillie, etc. Ces considérations seules décideraienl quand méme pour le parti
tes.denl~ a_rti_fi~ielles, surtout quand elles sont merveildeoseme~t 1~1tees et posees sans douleur par les mains
b~ M. ~e¡ar~m. C est dans un quartier central que l'ha1e ch1rurg1en a étabh ses salons, t le meilleur conseil
~oe ~~us puissions dooner a nos lecteurs, c'est d'aller
es v1s1ter, boulevard Sébastopol, 37 (rive droite).
1

0

~'APPAREIL RUIIOlff KT LA SCIIKCK AU TIIIATRI ROBII.

Tous les journam. ont anooncé que le prix de 50,000 fr.
destiné par l'Empereur a récompenser l'application la
plus utile de l'électricité, vient d'etre décerné récemment a M. Rumkorff, inventeur de la nouvelle bobine a
induction. La nouvelle assurément a fait le tóur de la
France et de l'Europe. Mais que de lecteurs, en parcourant ce bulletin de victoire, se so~t dit silencieusement
a em.--memes :
.
- Qu'est-ce done que cette bobine Rumkorft qui
remporte si vaillamment une récompense de 50,000 fr.?
A tous ceux qui se sont fait cette question, il est hon
d'apprendre qu'il n'y a guere, dans to~t Paris, qu'un
seul établissement qui puisse les édifier complétement
sur les merveilleuses propriétés de l'appareil Rum)c,orfl.
Et ce n'est, sachez-le, ni le Collége de France,ni la Sorbonne, ni 1'Académie des sciences, ni le Conservátoire
des arts et métiers; cet établisseruent, unique en son
genre, est le Théatre Robín.
Et en effet, M. Robín, qui serait tout aussi bien a sa
place dans une chaire de professeur que sur son théatre,
a produit toute ~ne révolution daI1s ces spectacles d'enchantements et de prestiges que la magie nous a· transmis
de siécle en siccle. Pina de devins '. Plus d'enchantéurs 1
PIns de mysteres ! Les ªl!.tre; de Trophonius sont 011,verts:
et les dieux de la grande et de la petite rnagie s'en ,voot!
Gra.ce a M. Robín, ces secrets sont aujourd'hui, pour
tout le mónde, le secret de la comédie; cette vieille histoire est percée a jour; le sac a mal ices est épuisé. M. Robin no·us fait assister il. toul ce défilé d'ensorcellements
qui commence il. l'escamotage pour finir a cette armée
de spectres qui l'étreignent, tons les soirs_, daos leurs
bras impalpables. Mais en renouvelant ces prodiges,
M. Robin nous fait toucher du doigt le ressort qui fait
tout mouvoir. Nous nous apercevons alors qµe depuis le
trépied de la pythonisse j_nsqu'a la table du médium, il
o'y a, dans la magie, qu'un dupeur et un dupé; et
M. Ro~in peut se vanter de contribuer pmssammeot a
éclairer !'un et a démasquer l'autre.
Aujourd'hui, le prix de !íO,oon fr. créé par l'Empereur,
met a l'ordre du jour l'appareil Rumkorff. Eh bien! entrez dans la salle de M. Robín, et vous allez bien vil.e
comprendre la place importante qu'occupe la puissante
bobine de l'iµventeur dans l'histoire de l'électricité.
Et tout d'abord, voyez tour a tour, sous vos yeux, les
plus curieux phénomenes ele ce fluide prodigieux, qui,
HYGitNE ET MÉDECINE.
demaio, fera courir votre _pensée, en une seconde; auOn introduit chaque jour en thérapeutiquc des ~uccédaoés de l'buile de foie de morue, dont la ¡;lupart o'ont tour du globe. En q1Jelques mots, M. Robin vous prépas la moindre valeur. Le sirop de Raifort iodé, preparé sente un. exposé clair et 'rapide des propriétés de l'élecafroid, de M. Grimault, 7, rue de la Feuillade, réumt tricité, et immédiatement toute une série de phénome.
seul tous les avantages médicaux; ainsi, le docteur Gui- nes fautasliques se déroule a vos regards.
Attention ! la,salle, éblouissante de clartés, vient d'etre
bout, médecin des hópitaux de París, en parle en ces
termes : 1( Le Siror, de Raifort iodé a tous les avantaues plongée dans les téoebres. D'un mot, M. Robín a éteint
de l'huile de foie de morue, sans en avoir tous les incgn- toutes les lumieres. Obscurité complete! Mais si d'un
vénients : il stimule l'appétit et releve les forces de l'or- rnot, il fait l'ombre, d'un mot aussi, il fait la lumiei:e, et
ganisme; par la quantité d'iode qu'il contient, il exerce toutes les bougies se rallument asa voi:i::. C'est le Pial lt1.:i:
la plus heureuse influence sur les fonctions respiratoires. '
11 est utile spécialement au début de la phthisie pulmo- avec l'iostantanéité de l'éclair !
C'est 1~ une vieille expérience. Il y a virigt ans que
naire; son action n'est pas moins efficace dans les affecM.. Robin la produisit, pour 19. premiere fois, au Kurlstions scroíuleuses et rachitiques. »
Theatre de Vienne. Au moyen de l'électricité vitrée 1rois
' bougies s'allumaient et s'éteignaient tour a' tour,
cents
au
cornmandement de :&amp;f. Rohin. On l'a reproduite
FONDS MEXICAINS
aussi,
cette année, il. la premiere séance d'uuverture
RAPPORTANT 4 FRANCS PAR AN, sorr 8 0/0
des soirée~ scientifiques de la Sorbonne. Étendez l'ap_pliPayables le 1•r juillet ~e chaque année.
. caticn .du procédé, et vous allumez d'un seul coup tous
Remboursables par anouités al 00 francs.
les becs de gaz de París.
Ces; certi!icats, érnis a 45 francs par la Caisse mobiliere
Passons. Prenez ce joli coffret; M. Robín le remplit
société anon_yme de crédit provincial et communal, A
d'or,
le dépose sur un tabouret, et vous permet avec
París, rue Drouot, 24, représentent daos ces conditions
d'émission et de remboursement un intéret de 10 0/0. un sourire de l'emporter. La tentation est forte, mais hélas ! la p11issance de l'électro-aimaut c.st plus forte en~
core, et ce r,offret de nabab, que vous souleviez tout a
Quel plus joli voyage pouvez-vous' faire pour i05 fr. l'beure comme un fétu de paille, reste cloué au tabou40 c. que le voyage en Hollande, BP.lgique et Prusse ret qui le porte. Hercule ne !'en arracherait pas!
,,1,mane, organisé par la compagnie du Nord, surtout
Voulez-vous que l'électricité écrive? Elle r.st prete a
avec le nouveau guide circulaire de M. Henry A. de vous obéir. Commandez, et a la voix 'de M. Robin, elle
Conty?
va vous présenter les caracteres que vous désignerez
Ce guide, divisé par jouroée et vendo aux gnichets
et avec la couleur désirée par vous. Jci le télégraphe
de la Compagoie, indique, jour par jour et beure par
heure, tout ce qui peut intéresser le voyageur, depuis le électrique appelle a son aide la chimie et la prestidigiprix des hotels jusqu'aux itinéraires et excursions a faire tation. Chez M. Robín, la science et l'art se donnent contin11ellement la main.
dans chaque ville.
Un phénomene plus surprenant encore. Vous avez
- La cité Malesherbes, ou M. Bercoet a transporté sa
Maison d'éitncation de la rue Pépioiere, s'ouvre d'un tous vu des tours de force, et l'hercule Damourette vous
cóté rue de Lavc1I. 20, et de l'autre, rue des I Martyrs offre encore en ce momeot, a l'Hippodrome, une ma.vis-a-vis l'avenue de Trudaine.
' choire assez remarquable. Eh bien! M. Robin les sur-

�04

L'ILLUSTRATIO N, JOURNAL Ul'\ IVEn s r:L .

,,

1

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di

m

passe tou!t en tenant un emant suspendu daos
l'air par un seul de ses cheveux. Miraclc, ditcsvous; mais M. Robin s'empres~e, en souriant,
de vous démontrer que c'est un miracle ... de
l'électro-ai m:mt !
Écoutez! c'est le tambour magique d'un
zouave tombé a Inkermann. Ce tambour est
seul, isolé, saos liaguette~, et pourtant, ala voix
de M. Robin, le ra, le fil, le roulemcot, la retraite et la générale se foot successivement
1:ntendre. Encore et tonjours l'électricité ~
Et pourtant, la rcpréseotation ne vous
a encore qooné la que les bagatelles de la
porte. Voici la bobine Rumkorff, et avec • BLOC llE VEl\116 llE 9 CENT., TRAVERSÉ PAR L'ÉTINCELLE DE L'A.PPAllRIL
elle, c'est la foudre avec ses terreurs, qui
vient agrandir le spectacle et le rendre p!us émouRÉBUS.
vant. Cette bobine formidable a je ne sais quoi de ~inistre et d'imposant qui commande le respect. 11 n'y a
#
qu'un instant, M. Robin se promenait dans la salle et
.,
vous faii,ait rire avec les commotions de sa torpille; mais
en ce moment, il reste seul avec le monstre qui porte le
tonnerre. Un seul attouchcment, et vous seriez foudroyé
sur place!
,
Jngez de la puissance de la machine ! M. H.obin
luí arrache des étincelles qui déchirent l'air avec ·
une traioée de feu de i 5 centimctres de longueur; c'est
le zig-zag de la fouclre daos les nuages ! M. Robin soumet au choc de l'étincelle un bloc de verre de 9 centimetres d'épaisseur, et, en un clin d'reil, le bloc est tra••
versé d'outre en outre par des déchirures qui ressemblent a de fines dentelles. f AIT A LA SÉPIA
Pour le coup, M. Robín se transforme en Jupitcr assembleur de nuagcs. En voici un qui nous fait assister a
tout lé travail de la fou~re daus l'espace; en voici un
IUPUCATION nu Dl!RNIER REBUS,
autre qui fait passer sous nos yeux une aurore polaire,
L'abus émousse lous les plaisirs.
avec ces brillantes couronnes de feu que le fluide trace
daos l'atmosphere.
Ce n'est rien encore. Embrassez du regard toute cette
AuG, MARC, directeur-gth'ant.
série de tubcs c!e verre, contournés daos les formes posEm,. TIWKR, rédacteur en chtf.
sibles. L'air en a élé soutiré, et on l'a remplacé par certains gaz raréfiés. A un geste du maitre, l'étincelle élec.......-,__
trique s'élance daos tous ces tubes, et en illuminant les
Imp. de L' ILLUSTRAT ION, A. Marc,
douze metres de longueur qu'elle sillonne a la fois, elle
les fait rayonner des couleurs les plus variées, les plus
22, me de Vm1e11il.

féeriques. M. Robin peut ctre fier de celte splcndide expérience; on ne trouverait, ni a la Sorbonne ni a l'Académie des sciences, une col!ec•
tion de tu bes assez riche pour la reproduire.
Ponr remplir de tous points son programme,
M. Robin veut que la magie de l'art et fde la
science surpasse les vieux tours de la sorcellerie. Regarclez cet arbre de Noel, tant admiré
a Londres et a Paris. 11 secoue tristement ses
brancbes poudrées de givre; l'hiver le fait greloter. Mais quoi ! M. Robin fait un signe, et la
- métamorpbose est complete. L'arbre reverdi~
et le voila qui se, couvre de lumicrc, de fleu~,
de fruits et de jouets d'enfants. Diles cloóc,
RU)JKORFfl.
aprcs cela, que l'électricité n'est pas une fée!
Apres .l'agréable, l'utile: utile dtdci. M. Robin vous démontre que la puissante bobine doñne daos l'industrieles applications les plus intéressantes. Comme la lumiere
éleclrique brule daos l'eau, ainsi que le feu grégeois,
M. H.ouin vous donne le moyen de la faire servir a111
travaux hydrauliques. Elle peut aussi s'ü.tiliser dans le
travail des houillcres, que la lampe de Davy n'a qu'im•
parfaiternent préservé des redoutables explosions da
grisou. Elle permet enfin de faire sautcr, a de grandes
distanccs, les mines fortement chargécs.
N'avions-nous pas raison ele vous dire que la science,
cbez M. Robin, se pla~ait au-dessus de la magie, et que
les représentations de son théatre vulgarisent les grandes découvertes du siecle, autant et plus que les le~ons
de la Sorbonoe? Ajoutons que chez lui le savoir se pre•
sente dépouillé de ses formules algébriques et du pédao•
tisme de l'école. M. H.obin a su donner a la science tout
les attraits. Depuis vingt ans, ses clémonstralions ont une
réputalion européenne, et cette réputation, l'expérimen•
tateur l'a conquise par son habileté, son savoir et s~
manieres aussi distinguées que sympathiques. L'reuvre
de M. Robín mérite done les encouragements les plus
sinceres. Son théatre, sérieusement compris, est une
forme cbarmante de l'enseignement populaire, et- si d'un
coté nous y voyons les noms de Cagliostro, ele Mr.smer,
d'Albert et de Nicolas Flamel, ele l'autrc, nous y Yoyolll
fi 6urer triomphalement ceux d'Archimcde , de Ga•
lilée, de Franklin, de Cuvier, de Humboldt et d'Arago
H ENHI Coz1c.

~ =__:::ltitt~ "

-------,-~- ____

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                </elementTextContainer>
              </element>
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                  <text>Semanario francés ilustrado se publicó entre 1843 y 1944. Aborda temas políticos, económicos, sociales, científicos, artísticos, y deportivos. Fundado por los periodistas Jean- Baptiste Alexandre Paulin y Édouard Charton. Sus ilustraciones eran realizadas por los mejores dibujantes como Henri Valentin, Édouard Renard, Paul Gavarni, Janet-Lange y Cham.</text>
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                <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores</text>
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        <name>Baron Aymard</name>
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                    <text>L'ILL.USTRATION,
lOUDAL UKIVBBSEL.

___

.:...--------------------;----:---- ----------- ---------;------------------------,Ue ANNÉE. VOL. XLlV.

Direction, Redal'!ion, Administration :

fNJIU le• communjcations relatives au journd, réclamations, demandeo
de chongements d'adre;;s? , doivent étre adressées (ranCI) •

11. A.UG. HA.RC, DIRECTEUR GÉRA1".T.
Leo demandes d'abonnement aoivent étre accompagnél?I
d'un mandat sur Pari• ou •ur la vo•te,
0

SOM MAIRE.
Lts ~oles ululrophu, - Re,ue polilique de la semaine. - Courrier
de Paris. - Corr,spondance de Val•chie. - Correspondooce d' Allemagne. - Aulobiograpbie d'uo poele ( suite/. - Causerie dramatique.

Nt

San1edi 80 .Juillet

t 11 8.

AbonnPmants pour raris et les Départcme11ts :

1886,

¡...,.,

~•uiJistraliN .. réptH pu 4ei ■amtrill ti DI 1'eagag1 JlDllÍI i lea
f• 1M tnlla, la tradueti• et la repr..iuctio• i l'étranrer ,onl ial&amp;NlllM.
BURE.lUX ! RUB RICHELI'SU, 60.

- l'resses mécaniques de ll , Alauzel, oou&lt;eaux sy&gt;téme. brevetes. - 1-'rcmenade au Jardín du Midi (11). - Lrs induslrics incoonu•s de L&lt;&gt;ndm.
Grav1m1: Accider,t arrivé sur la Sac\ne, a Lyou, le !Ojuillct, a bord du
bateau a v■ peur, la .lfouche. n• 4. - Le Sultan recev1nl S. A. J. le
prioce Alexandr,.. J,an !•' , dans soo palais de Dolma-Baqlché, á l:Onstaotinople. - Episode des inoodalions ~ Bucbarest: Le prinee Ale1ao-

6 mois, 18 fr.; - un an, 36 fr. ; - le numéro, 15 e.
la collection men,uelle, 3 fr.; le volume semestriel, •~ fr.
ABONNE111ENT8 POUR L'ÉTRA~GEDI 1
:Mcmes pnx; plus les droits de poste, suivant les brifs.
Lea abono. partent du fer no de chaquo mois.

3 mois, 9 fr. ; -

dre vi&amp;1tant le quartcer des T•bacbcs. - Calaslrophe arrivee sur le
grand Trunk Railway, au pont do Belreil ( Cao1da 1. - Lu v,climes de
la mode, ptr llel'lall (prc:niére P"' lit, t 6 grnure&amp; ). - Théalre du
G)'oµtue : Van Quicholle, 6• tableau. - Nouve.Ue prcsse oiécanique de M. Alauzet. - Promenade au Judio du llidi ( 3 gra,ures).
- Le mois de Juillet. - Échtc,. - Rébus.

spleoa Sorcol!ecuire.
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1)de la
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nit gre¡, et la
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--------=-=- - ===-

ACf.lOBNT ARRIVÉ SUR LA SAO'.'IE, A LYúX, LE 10 JIIILLET, A BORO DI' BATEAU

VAPElR LA MOUCIIE, fi• 4. - D'apres un croquis de 11. St,yerl.

�66

L'ILLUSTRAT lON, JOUR NAL UNIVERSEL.
LES RÉCENTES CATASTROPHES.

Nous avons, depuis quelque temps, de nombreuses et
terribles catastrophes, et cette année aura été marquée
par des dates ~inistres.
11 y a quelques jours, nous entretenions nos lecteurs
du sinistre qui a jete le deuil dans la ville de Lyon • aujourd'hni, nous avons arémmer les détails que no;s apportent les journaux aoglais et ceux que nous adresse
n_otre correspondant du Canada, sur un effroyable ace,dent dont la ligne du chemin de fer de Québec a Montréal a été le théatre.
Dang la nuil du 27 juin dernier, un traiu spécial parti
d~ Québec emmenait 500 émigrants allemauds, norvégiens, polonais. Apres avo ir dépassé la station de SaintHilaire, au pied de la montagne de Belreil , le convoi
s'enga~ea, i.t l heure J 5 minutes du matin, sur le pont de
fer qui traverse la riviere Richelieu et dont la derniere
pile est reliée au talus, du coté de Montréal, par un ponceau tournant, a 45 piecls environ au-rlessus du lit de la
riviere.
, 11 est
e de regle qu'en approchant du pont, les convois
s_arr tent et ne reprennent leur marche que lorsqu'un
s1gnal convenu a été fait. Au moment oú le train de
Québec-ar.rivait, dans la nuit du 28 juin, Je ponceau était
ouvert pour livrer passage a un bateau a vapeur remorquant des barques chargées de grains et ele bois scié.
Le convoi ne s'arreta pas, contrairement a la re()'le établie et quoiqu'un feu rouge dut avertir le méianicien
de ne pas aller plus avant.
Le gardien du·pont, voyant venir le train, prit une
lampe rouge et la fit tournoyer; le tt-ain continua sa
marche, avabfant toujours vers l'ab1me qui l'attendait.
Il Y- ar~iva au moment 011 passait la troisieme barque remorquee par le steamer.
La locomotive, le tender et les cinq voitures de ba. gages furent précipités daos le gouffre; les wagons de
voyageurs, entrainés a leur tour, accumulerent leurs
débris sur les débris des premiers wagons.
Le 30 juin, 85 cadavres avaient été retirés de la riviere. On avait transporté a Montréal 383 blessés· restaient 97 voyageurs qu'on n'avait point encore retri uvés.
Le conducteur et le garde-frein ont été tués. Le mécanicien n'a point péri; il est en prison, d'apres un ordre
du coroner.
Dans une voiture renversée sens dessus dessous, pas
un seul des voyageurs n'a été blessé. •
Uu petit en fa.nt a été retrouvé vivant dans les bras de
sa mere morte.
Le conducteur de la barque sur laquelle le train a été
précipité a eu le temps de se jeter de coté avec sa femme
et ses petits enfants.

REVUE POLITIQUE DE LA SEMAINE.

~

Tandis que les conditions au prix desquelles la Prus~e
et l'Autriche consentiraient a ne pas écraser tont a fait
le Danemark étaient l'objet de toutes les préoccupations
en Europe, un de ces événements qui sont comme les
hasards de l'histoire est venu distraire les esprits de cette
grave question, et l'a reléguée un moment au second
pla11, en jetant ala curiositéun aliment imprévu auquel
le piquant ne manque pas.
La ville de Rendsbourg était occupée par des troupes
d'exécution hanovriennes et saxonnes; a la nouvelle de
la prise d'Alsen, quelques drapeaux autrichiens et prussiens furent arborés sur un corps de garde fédéral; l'officier banovrien qui commandait la place les fit enlever.
Cet incident fut l'occasion d'un véritable combat entre
les Prussiens et les Hanovriens, et plusieurs Prussiens
fnrent tués ou blessés. A la suite de ce sanc,Jant conflit
t,
'
le prince Frédéric-Charles, général en chef de l'armée
austro-prnssienne, informa le général Hake, commandant des troupes fédérales, qu'il avait refu du roi l'ordre
de se IDP,ttre en possession de la place, et qu'en coméquence le général major de Gueben arriverait a Rendsbourg á la tete de 6,000 hommes et de 2 batteries, et
occuperait les 11ostes.
• Le général Hake répondit qu'il ne pouvait consentir a
l'occupation de la ville par les troupes prussiennes, mais
qu'il pouvait « moins eocore renser a s'y opposer militairement, Rendsbourg n'étant occupé que par 4 compagnies, sans faire entrer en considération les autres rai-

sons gra-.es qui!l'en empéchaient.1&gt; Et il évacua la ville.
La lettre du prince et la réponse du général ont été
communiquées a la diete, qui a donné raison a ce dernier.
D'autre part, la Prvsse et l'Autdche entendent demander satisfactiou au gouvernement de Hanovre , et annoncent qu'elles proposeront procbainement a la diete
de retirer lés troupes d'exécution fédérale du Holstein,
la conquéte du Slesvig et du Jutland ayant mis le duché
hors de l'atteinte de:; Danois.
Les vainqueurs s'entre-tuant et s'entr'injuriant; voila
un petit sujet de consolation pour ce pauvre Danemark.
Il en a bien besoin, car, parmalheur, ceux qui tiennent
son sort entre leurs mains ne sont que trop d'accord pour
le traiter avec une dureté extreme : les gouvernements
&lt;le Prusse et d'At1triche sont conven us des poinl~ suivants:
1° Séparation complete des dochés de Slesvig, Holslein
et Lauenbourg du Danemark avec l'exclusion des enclaves jutlandaises, situées daos le nord du Sles.,ig. 2° Étabhssement d'un état particulier, sous la souveraineté du prince dont les droits seraient reconnus par un
tribunal fédéral. - 3° La Prusse rembourse a l'Autriche
les frais de guerre, qui s'élevent, pour cette puissance,
de 5 a 7 millions d'écus. te duché de Slesvig sera occupé par les troupes prussiennes, et les finances du duché seront gérées par des fonctionnaires prussiens jusqu'a ce que le superOu eles recettes soit monté a la
somme que la Prusse réclame pour le payement des
frais de guerre (20 millions pour la Prusse, et 7 millions
pour l'Autriche). - 4° La forteresse de Rendsbourg deviendra forteresse fédérale, mais elle sera occupée par des
troupes prussiennes. ~ 5° Le port de Kiel deviendra une
station pour la 0.otte prussienne, qui y établira ses
docks, etc.
_
La journée du 24 nous réservait des émotions singu.
lierement brusques et diverses. Il était arrivé en méme
temps des dépeches d'Amérique portant les dates des 12,
13 et 16 juillet. Dépeches du 12 et du 13: 40,000 fédéraux, commandés par le général Wallace, battus par les
confédérés; les troupes du général Wallace se retirent
en désordre sur Baltimore ; les ponts du Northern-Central détruits pour la plnpart; deux trains capturés; le
télégraphe coupé; un combat livré a 7 milles de Washington et le bruit courant que la capital e de l'Union a été
prise. C'en est fait du Nord ! Hurrah ! pour le Sud. Dépeches du J6 : Les confédérés ont abandonné les positions qu'ils occupaient devant Washington; ils repassent
le Potomac; les communications avec Washington sont
rétablies. L'invasion est t'erminée. Le Nord est sauvél
Hurrah ! pour le Nord.
Ce qui pourrait bien etre la vérité, c'est que les confédérés auraient essayé, par cette pointe dans le Nord,
d'obliger Grant a détacher une partie de son armée a
leur poursuite; ce qui est certain, c'est que Grant n'a
pas bougé, et que sa position est aussi fo~te qu'elle l'était
avant cette invasion, si vite terminée.
La Russie vient d'adhérer aux modifications apportées a la constitution des provinces unies par le prrnce
Couza; les difficultés se lrouvent done aplanies, et le
Moniteur du sofr affirme que la nouvelle constitution
pourra étre mise désormais,i.t exécution sans encombres.
Garibaldi a quitté Ischia; il est retourné a Caprera .
apres avoir assisté a un conseil tenu par une dizaine de
membres influents du partí d'action, et dans lequel il
avait été décidé que le mieux l tait de s'ahstenir de toute
tentative violente pour le moment.
Le Monite1ir a publié un décret impérial qui modifle
profontiément l'organisation administrative en Algérie et
donne une extension nouvelle aux attributions de l'autorité militaire. La direction générale des services civils
eEt supprimée ; l'administration générale du territoire civil et du territoíre militaire de chaque province est confiée au général commandant la division, qui prend letitre
de général commandantlaprovince.C'est lui qui estchargé
de la. haute direction et du controle du service civil de
la province; il propose l'avancement ou la révocation
des fonctionnaires ou agents civils dont la nomination
appartient a l'empereur ou au gouverneur général; la
police de la presse l11i est confiée; il don ne les autorisations de publier les journaux et révoque ces autorisations
en cas d'abus. Le nouveau décret augmente la représentation indigene dans les conseils généraul, ou les indigencs formeront désormais le quart des membres.
}l. le ministre de la guerre, daos son rapport a l'Empereur, attribue aux ¡&lt; clameur.; imprudentes d'une

L'ILLUSTRATIO N, JOURNAL UN IVEHSE L.

presse passionnée)) une partconsidérable daos les causes
qui ont provoqué la derniere insurrection des Arabes.
Décidément la presse a, de notre temps, plus de pon.
voir que beaucoup de gens ne sont disposés a le croire,
Le général Deligny a refUde l'EIIÍpereur la lettre sQj.
van\e, datée de Fontainebleau, le 5juillet :
« Mon cber général, je ne-veux pas tarder a vous t6.
liciter de l'heureuse campagne que vous venez de termj.
ner. J'avoue que j'ai été quelquefois inquiet de vous sa.
voir si loin dans le Sud, par une si grande chaleur
mais j'avais confiance dans les talents et l'énergie du gÍ_
ntlral qui commandait la colonne.
« Exprimez aux troupes sous vos ordres ma satisfaetion, et croyez, mon cher général, a mon amitié.
,

(&lt; NAPOL~ON. ll

M. de Gonet, chargé de l'instruction qui a été la suite
des perquisitions faites au domicile de trente-quatre p~rsonnes, parmi lesquelles se trouvaient r,lusieurs avocats
honorables du barreau de París, a rendu, le 21 juille~
une ordonnance qui renvoie devant Ir Tribunal de police
correctionnelle de la Seine MM. Garnier-Pages et Carno~
députés; Dréo, Clamageran, Floquet, Ferry, Durier, Jo.
zon, avocats a la Cour lmpériale de Paris: Hérold, Hérisson, avocats a la Cour de cassation; Corbon, ancien
représentant; Melsheim, avoué a Schelestadt; Bory, avocat a Marseille, so•Js l'inculpation d'association non a0•
torisée de plusdevingtpersonne~, délit prévu par les articles 291 et 292 du Code pénal et les articles t et 2 de
la loi du iO avril 1834.
La meme ordonnance a déclaré qu'il n'y avait lieu'a
suivre a l'égard de MM. André Pasquet, Gam betta, Du.
rand, Enocq, Bralleret, Charamaule, Magnin, Guérin,
Delise, Fougueron, Savatier-Laroche, Breton, Verrier,
Postel, Chanoine, de Wolfers, Girard, Léonard, Mura~
Millot, .Magniadas et Lacatte.
Les débats s'ouvriront vendredi prochain, 5 aoüt, devant la sixieme chamhre.
• M. Malher, substitut du procureur impérial, occupera
dit-on, le siége du ministere public.
M• Jules Favre plaidera pour M. Garn ier-Pages, Me Marie
pour M. Carnot, M" Berryer pour M. Ferry, Me Dufaure
pour M. Durier, M• Hébert pour M. Melsheim, M• Grevy,
pour M. Dréo, M• Ernest Pica!d pour M. Hérold.
EDMOND

TEXIER.

COURRIER DE PARl8.

Soirée astronomique. - Une nouvelle planete. - Les invalides polonais. - l.'histoire et le discours latin au concoUM
général. - Le boulet de Sa Majesté portugaise. - Bulletin de la liberlé des t héatre~. - Le Théátre des Famille,.
- Projet d'un théatre marseillais. - Les sénateurs de
l'orchestre. - Le Théátre Jnternational. - Un nouveau directeur. - Les Fousses possions. - Livres spiritistes. Une statue Béranger. - Les prophétes du temps.

a

Les soirées musicales, les soirées littéraires et les soirées dansantes ne sont plus de saison, et le bon moment
est venu Jes soirées astronomiques. Tout le monde ne
peut pas ollrir- un pareil régal a ses amis; mais :M. Le
Verrier est bien en situation de faire aux siens cette galanterie. II a re~u la semaine derniere daos les jardins
et dans les salons de l'Observatoire, et l'on assure que
la féte a été charmante.
La Lune, Jupiter, Mars, Pallas, Saturne et ses deux anneaux, Mercure et Vénus, - oui, Vénus, honni soit qui
mal y pense, - en ont fait les frais. Ces pauvres planetes et ces pauvres étoiles ont été, trois heures durant,
l'objet des plus indiscretes curiosités; le mystere de leur
vie privée a été audacieusement profané; vainement,
elles cherchaient a échapper au télescope; l'reil terrible
les poursuivait impitoyablement.
Quelques personnes ont du moins gardé le secret sur
ce qu'elles avaient vu, mais d'autres, moins réservées,
vont colportant partout les anecdotes les plus scandaleuses. La Lune et Saturne, - fiez-vous done aux vieillards, - sont affreusement r,ompr'.)mis, et l'on raconte
sur Pallas des cboses a faire frémir ! Quoi : sur Pallas, la
fiére Pallas? - Sur Pallas elle-méme. Remarquez, do
re&amp;te, que je n'affirme rien,etque je me garde soigneusement de répéter ce que j'ai entendu .
Cependant, un de mes amis a eu la bonne chance de
découvrir une plaJ!ete sur laquelle il n'y a que du bien
a dire: tout y est admirable ; le meilleur gouvernement,
les meillelil'es lois, les meilleures m~urs, et pas la moio-

6'l

pagne une idée qui est, chez nous, une nouveauté. 11s l'étalage de nos libraires, c·est un livre intitulé : Les
alienent des a présent, et a perpétuité, 300 fauteuils Faus~es passions, livre dr.licatement pensé et couramment
d'orchestre moyennant la somme de 1,000 francs paya- écrit, vraiment, dont l'auteur, M. Amédée Lancret, est
ble a deux échéances : 500 francs en ~ignant le marché, un jeune homme. Ainsi notre monde est plein de fansses
passions, et nos jeunes gens le savent, et ils l'écrivent.
500 francs dans la huitaine de l'ouverture du théatre.
lis
le savent, ils )'.écrivent; tant mieux, c'est rléja quelUn foyer spécial sera réservé aux propriétaires de ces
quc
chose.
300 fauteuils, qui seront comme les sooateurs du
Tbéatre-des-Arts. Que les dieux préservent Marseille de
La planete de moa ami était le pays du sens commun,
luttes sanglantes entre les sénateurs et les chevaliers... et les journaux de ce globe terrestre annoncent la mise
du lustre.
en vente de deux ouvrages destinés a un tres-grand
Les 300 fauteuils seront-ils héréditaires? MM. Gondois succes aupres des spirites. L'un, intitulé : Imitation de
et Foa ne le dise~t pas explicitement, et apres avoir lu l'É1•angilf- selon le spiritisme, et l'autre : Qu'est-r,e que le
leur manifeste, je serais assez disposé i.t croiré que oui, .~piritisme?
et assez d1sposé aussi a croire que non.
Je ne me serais jamais douté qu'il fall11t un volume
Ce point veut etre éclll.irci .
pour répondre a cette question : « Qu'est-ce que le spiLa provinee, vous voyez, ne va pas mal. ..
l'itisme? &gt;&gt; Visitez Chare~tou, Bicetre et les établ issements
Et Paris?
d'aliénés d'Angleterre, d'Allemagne et d'Amérique, et
Paris, alfamé de liberté, a ouvert la salle Saint-Pierre. la vraie réponse vóus viendra tout de suite sur les levres.
~lais il ne s'en tiendra pas la, et il a de magnifiques
&lt;( Le spiritisme est un des cbemins les plus court~ inprojets.
ventés par les charlatans pour mener leurs dupes de la
ti. Ruyn de Fyé s'appreterait a réaliser l'immense projet raison a la folie ou a l'imbécillité. i&gt;
dont il entretint le public il y a deux ou trois ans, et
Décidément, nous avons la fievre de la statue. J'ai lu
dont j'ai &lt;lit autrefois quelques moti; a rr,es lecteurs : un
théatre qui couvrira 5,066 metres de superficie, dont la quelque part qu'il était question de décerner a Béranger
scene aura 30 metres d'ouverture, dont le parterre con• · les honneurs du bronze ou du marbre.
Mootrons-nous reconnaissants pour les hommes qui
tiendra 2, 100 stalles. Voila ce qu'il reve, voila ce qu'il
ont
arcru la gloire et la fortune de la France, ,les écrifera peut-etre. Un parterre de 2, IOO stalles, a la bon ne
vains
et lés artistes qui nous ont émns et charmés, a la
heure ! M. Ruyn de Fyé n'a pas les nobles opinions de
honne
heure; mais tachons qué les marques de notre
M. Bagier; il croit a la démocratie en France.
reconnaissance,
de notre sympathie, denotre admiration
On annonfatt déja que le terrain sur lequel s'éleverait
le gigantesque théatre était acheté; c'était celui sur lequel soient de celles qui ne leur auraient été ni importunes
se pressent et s'étouffent aujourd' hui les maisons qui font ni incommodes.
L'année dernicre, au concours général, le sujet de la le coin des boulevards Bonne-Nouvelle et du faubourg
Béranger savait ce qu'il valait, et sa correspondance
-composition d'histoire était une page de l'Histoin de la Saint-Oenis; mais un communiqué de l'autorité a démenti intime montre qu'il valait heaucoup plus que ses reuyres;
Pologue; cette année, les concnrrents ont été invités il la no\1Velle.
mais je serais bien étonné qu'en regardant au dela de
tracer le tableau des lettres et des arts depuis le comEn attendant, lethéatre estbapti3é: son nom est Théatre 1a tomhe, il se fut jamais vu sur un piédestal. Non, le
mencement du siecle, et aes grandes applications de la International; c'est dire, je suppose, qu'il aura pour par- piédestal aurait gP.né, non pas sa modestie, si la mo-science a ]'industrie et a l'agriculture. Certes, la lnatiere rains Sophocle, Eschyle, Euripide, Moliere, Corneille, Ra- destie de Béranger vous est suspecte, mais son orgueil,
-est belle, mais elle ne donnera aucun ombrage a la e/ne, 'Vioto'I' Hugo, Calderon, Lope de Vega, Shakespeare, si vous l'aimez mieux. Tous les orgueils ne sont pas faits
:Prusse, a l'Autriche ni a la Russie.
Gretbe, Schiller, tons les génies du passé et tous les gé- de méme, et il en est que ne toucbenl aucuuement cette
Le suje.t du discours latín ne forcera pas non plus, je, nies de.l'avenir, saus acception de nationalité.
idée d'une image se dressant immobile sur une place
,crois, les ambassadenrs des puissances absolutistes a
En ce tl}mps-ci, l'on batit vite, a coup sür; pourtant la publique et en butte, pendant des siecle~, au vent, a la
1demander des explication~ au gouvernement fran~ais.
·pierre et le- marbre ne sortent pas du sol, ne se dressent neige, au soleil et aux soltes remarques des badauds.
Auguste demandant le triomphe pour son fils adsptif, pas en colonnes, ne s'arrondissent pas en voutes, ne se
D'ailleurs, économisons notre marbre et notre bronze:
•vainqueur des Pannoniens. 11 faudrait etre bien i-uscepti- dé'co(J.pent pasen chapiteaux et en bas-reliefs, aussi vite
bon nombre de nos poetes ont leur statue) nous sommes
lble pour s'effaroucher de ce sujet-la !
que le azon ponsse sur une terre bien préparée, et une en regle a vec la poésie; songeons que nous aurons peut9 construite a toujours un peu d'avance sur
J'en trouve un tres-heureux et d'un intéret plusactuel salle toote
etre, avant qu'il soit longtemps, a donner a des pro,dans les dernieres nouvelles qui nous arrivent de Portu- une salle a construire : le théatre du boulevard Sébastopbetes des témoignages de nos respects el de notre ad-·
gal; je le recommande au ministere de l'instruclion pu- pol (rivc gauche) nous ouvrira done ses portes avant le
miration.
blique de cet heureux pays; il se résume en ces'terme~ : · Théalre Jnternational.
Je veux parler des propbetes de la météorologie.
S. M. le roi de Portugal essayant, a Alfeite.) un boulet de
Le directeur est un charpentier tres-babile; non pas Chaque jour en voit surgir 1rn nouveau parmi nonR oa. a
son invention qui supprime le canon rayé.
un charpentier a la fa~on de MM. Bouchardy, Dennery, l'étranger : noas avions M. Mathieu (de la Drome) ,
Ah! qui done supprimera le canon et le boulet!
Anicet l3ourgeois, c'est-a-dire un cbarpentier eb drames, M. Coulvicr--Gravier, et voici M. Gall qui prophélise tous
La liberté absolue régnait dans la plancte de mon mais bien un cbarpentier en bois, ce qui est un métier les soirs dans le Pays, journal de l'Empire.
Je ne sais quel est le Dieu qui !'inspire, s'il lit, comme
ami ... Voici le buHetin de la liberté des théatres depuis qui a aussí ses petites difficultés.
JI avait ch arpen té la salle du boulevard Saint-Germain,- M. Mathieu (de la Drome), daos les I11ouvements des
qu'elle a daigné nous sourire :
On sait qu'a Bordeanx un nouveau théatre fait flores. 011 la musique n'a fait que passer , et on ne lui avait pas astres, ou hien, comme M. Coulvier-Gravier, dans les
Un théatre populaire a été tout récemment ou-.ert a payé sa charpente. Homme d'invention, il se &lt;lit un beau évolutions des étoiles filantes; mais il est certain que
jour: (( J'ai la une grosse créance, il ne faut pas qu'elle l'événement du lendemain a plus d'une fois justifié ses
Toulouse. La salle contient deux mi lle spectatenrs.
• A Lyon, un Thidtre des Variétlls fait bravement con- soit stérile; j'exploiterai la salle que j'ai construíte, et prédictions du jour.
Le prohleme du temps futur est posé, il faut qu'il soit
currence, depuis cjuelques jours, aux deux théatres sub- Je directeur de -théatre paiera le charpentier. 1&gt;
Et, comme il n'aime pas les choses qui trainent, le soir résolu; peut-etre verrons-nous l'époque fortuuée ou
ventionnés.
a.u moment de sortir de chez nous, nous n'hésiterons
Saint-Étienne vient d'inaugurer une salle de vaude- méme il débutait daas sa nouvelle profession.
Tous cenx qui ont affaire a lui se louent beaucoup de plus entre notre parapluie et notre canne.
ville sous le nom de Théatre des Familles. Nom oblige :
voila un théatre qui ne donnerasans doute que des vau- ses procédés : il exige des gens de l'ouvrage solide et
Franchement, l'homme qui nous affrancbira de toute
devilles de l'.lge d'or, qui ne chantera que des couplets proprement fait; mais il paiera bien et rubís sur l'ongle. incerti tude sur ce point aura bien mérité une statue.
Jai envie d'en demander une des a présent pour
irréprochables, qui ne se permettra que das plaisante- (( Pour avoir du bon, il faut donner le prix; i&gt; telle est sa
ries édifiantes, et dont les peres nobles seront des pa- maxime.
un tailleur révolutionnaire, qui vient d'inventer les b&lt;iu•
JI manque enco11: un peu de politique et ne sait pas tons carrés.
triarches; les jeunes premier$, des exemples a citer par
dissirnuler
ses impressions, meme quancl elles sont bonles peres a leurs fils; les grandes coquettes et les souDes b0utons carrés, quelle imagination !
.
nes.
On
lui
lit le ma.nuscrit d'une piece : pendant la lecbrettes, des parangons de vertu, et les ingénues, des
X. FEYRNET, •
modeles achevés de décence et de modestie. Si le Théa•• tnre il écoule d'un air ravi, et au dénoument :
'
(( Parbleu, dit-il a l'auteur, vous pouvez vous vanter
tre des Familles ne fournit pas des sainL~ ·et des salntes
au calendrier, il méritera de perdre son nom. Et avec de travailler joliment ! &gt;&gt;
CORRESPONDANCE DE VALACHIE.
Je suis sur que jamais une phrase pareil1e n'est tomcela, il a pris l'engagement rl'etre plus gai et plus comíbée
des
levres
de
M.
Édouard
Thierry,
de
M.
de
la
Rouque que pas un, car il se qualifie théatre boutfe. Oh ! oh!
AU DIRECTEUR.
Buchare,t, 1O juillel.
M. le directeur du Thétitre des Familles ne risque ríen nat, de M. Marc Fournier ou de M. Montigny.
Et pourtant, comme cela encouragerait les jeunes aud'etre uu homme d'esprit!
On sait que le prince Couza, partí de Bucharest le
Marseille se prépare a construire, a I'entrée du Prado, teurs !
5
juin,
est anivé le í it Con~tantinople. La brillante répres de la place C~tellane, un théatre qui s'appellera le
ception
qui lui a été faite par S. M. le sultan et par la
Avait-on
inventé
les
théatres
dans
la
planete
de
mon
Grand Théatre des Arts. La salle contiendra 3,000 places ;
plupart des amhassaclenrs rendait presque ccrtain, des
on y jouera des vaudevilles, des comédies, des pieces ami?
Je ne m'en souviens pas; mais je me rappelle fort bien le début le résultat de son voyage. Son Altesse dis¡lit,
bouffes, des opérettes, des opéras -comiques, et hientot,
- les directeurs se plaisent a l'espérer, - des grands qu'il ne s'y rencoutrait ni comrdiens, ni comédiennes daos une proclamation, qu'elle allait chercher auprés
d'amour, jouant la comédie a leur insu ou de propos de la cour souveraine une nouvelle reconnaissancc des
opéras.
MM. Gond.ois et Foa ont emprunté il. l'Jtalie et a l'Es- délibéré; or, le premier livre que je trouve ici' has a droits des· Principautés. En effet, au hout de tri~s-p,m

;re:mbre, pas la plus petite tache, la perfection part · une vraie planete de Cocagne. Aucun des astr.onou 'qui étaient lil. ne la connaissait, et quand on a
mes
. .
déterminer la s1tuation, afin de la 1etrouver au
VOU1ll en
.
.
·n elle avait disparo; et depms, on a varnement
. d .
,
beso1 ,
fonillé tous les coins et tous les recoms u c,e1, on n a pu
venir i.t bout de la retrouver.
_ .
Mon ami m'a raconté de cet astre extraord i: me ta11t
de belles choses, que pend_an_t ~ingt-quatre _he~ es, oobliant le monde d'ici bas, j'a1 vecu en 1magrnat1on daos
et autre monde 011 j'ai gouté le bonheur le plus pur et
les plaisirs les plus délicieux.
.
Hélas '. mon esprit est re ven u de cette merve,lleusc
1 nete ou plutót il est retombé sur la' notre ! Quelle
ch:te !Ét que je me suis désagréablement heurté a to,utes
nos miseres !
Apres l'éternelle paix et l'harmonie universelle, la
erre du Oauemark, la guerre d'Amérique, la guerre
~du Pérou la question des Principautés, les proscriptions
u Circass1ens,
' .
.
·des
la catastropbP. de la po1ogne.1 un imprimé se rencontre sous ma main; je lis, c'est un appel
aux artistes de tous les pays; _on demande a leur crayon,
aleur pinceau, une sympatb1que ~t honorable ofl:ande:
ne loterie s'organise, et le prodmt de cette loter1e sera
~e capital a l'aide duque! on fondera une maison d'invalides polonais eu Suisse.
Une maison d'invalides, voila a quoi auront abouti
deux années .d'une lutte héroique contre l'oppression,
sous les regards de l'Europe lihérale applaudissant aux
efforts de la sainte insurrection. Voila le monument de
la derniere guerre de l'indépendance polonaise !

�68
de jours, toutes les
résistances malveillantes étaient
vaincues, et le prince Alexandre obtenaitnon-seulement
la sanction de tous
les acles accomplis, mais encore
des modifications
tres-utiles et tresimportantes il. cer, tains articles de la
convention du i9
aotit i858. Un accord signé a cet
effet par le prince
et Já Porte a été
ratifié par les amb assad e urs des
puissances.
Je vous envoie
un croquis de la
premiere entrevue
du prince et du
Sultan. Aprcs une
conférehcé des pi u~
intimes, qui a duré
plus de trois quarL~
d'heure, Sa Majesté a accompagné Son Altesse
dans le salon d'attente et s'est fait
présenter un il. un
tous les membres
de la suite, qui rn
composait de M. N.
Roselti, ministre
des affaires étrangi!res; de M. C. Négri, agent des
Principautés a
Constantinople; de
M. Baligot de Beyne, chef du cabinct du prince; du
prince A. Cantacuzene et de plusieurs autres per-sonnages civils et
militaires.
Le souverain des
Principautés-Unies
a quitté Constantinople, le 20 j uin,
pour rentrer dans
sa capital e, ou l'accueil le plus enthousiaste lui a été
fait.
Le princeAlexandre, aprcs avoir
montré le plus
, grand zcle pour le
bien-etre et la vie
politique de son
pays, vient de donner, ces jours derniers, de nombreuses preuves de
son courage et de
l'affection qu'il
porte a ses sujets.
Une inond\ltion
formidable cou vrait une partie de
Bucharest. Son Altesse,accompagnée
du D' Davila et
d'un aide de camp,
a parcouru a cheval tous les quartiers inondés,en gagnant a la nage les
en~roits les pltlS

I

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

•

69

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNlVERSEL.

menacés. 11 a fait
organiser des se.
cours, distrihuei
&lt;lu pain et des ,¡.
vres. Les secours
en argent ne man
queront pas non
plus aux inondés:
des listes de sous'.
criplions ont éte
ouvcrtes,etdenombreuses personnes
s'y inscrivent, fie.
res de suivre
l'ex~mple de leur
sou vcrain et de
meltre leurs noms
ala suite du sien.
Agréez, etc.
Pour extrait
P.

PAGET.

~

COURRIER D"ALLEIAGIK
Premiére représentalion :i Ilade de
De pa,• /e lloi, opé.
ra-comique en un
acle, paroles de
M. Laurencin; m11•
sique de M. GUJtave Héquet.
Bade, ! 3 ju11let 186'.

L'lllustration de
París sera bien
aise d'apprendre
qu'elle vient d'obtenir un bea,1 succcs a ·Bade, en la
personne d'un de
ses meilleurs rédacleurs et de soo
critique musical si
j udicieux et si autorisé, Gustave Héquet. .
De par le Roi a
été représenté,
pour la premiere
fois, le lundi ¡s
j11illct, sur le brilJant théatre élevé
par la direction de
Bade, et confié par
elle a l'architecte
Couteau.

ÉPISUDE D~S INONDATIONS A BUCIIAREST: LE PRINCE AUXA.:'Wl\E VISITANT LE QUAI\TIEI\ DES TAllACHES. -

l&gt;'apres uu croquis,¡.. " · Am;•n.

Richard-Creui·-de-

Lion précédait l'opéra-comiq ue nouveau, et l'on sait
l'irrésistible effet
que produit ce ,
chef-d'reuvre, surtout quand il est
interprété comme
il vient de l'etre a
Bade, particulicrcment par llaJnal
et Warnotz. Ce dernier, qui faisait le
role de Richard,
est un Jeune ténor
non encore connu
aParís, mais d'un
grand mérite, nonseulement comme
chanteur,
mais
comme musicien
accomp!i et mcme
compositeur distingué. II est présentement attaché au
théatre de Strasbourg.

CATA.STROPUE AIIIHVKE Sll ll J,ls c;nANII Tlll/NK HAIL\YAY ! U PONT BELORII. (Gana la). -

D'apres un croquis de M. Vinceot, de Mootréal.

�70

L' ILLUS1'RA1'ION. JOURNAL UNIVEHSEL.

L'ILLU8TRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

C'était done un rude voisinage pour l'ouvrage nouve~u, et une dangereuse concurrence, que l'exécution
prealable d'une reuvre si émouvante et toujours jeune
et fra1che, car elle est immortelle. La muFir¡ue de Gustave Héquet a on ne peut mieux, je me hate de le dire
triomphé de cettc épreuve.
'
D_e pur lt Roi se passe dans le bourg trans-pyrénéen de
Sor1a, au temps de la guerre de la succession d'Espagne,
dan~ les comm~ncements du regne de Philippe v. Ou
p~la1s de Versa11les, Mm• de Maintenon, de plus en plus
devote et prude, tient les fils de cette monarchie décrépite avant d'avoir vécu et les manreuvre a son gré. Elle
apprend que MM. les mousquetaires d-u roí et autres
gentilshommes fran~ais, ayant sui vi tra los Montes
S. M. tres-catholique, pour servir d'appui a son tróne
encore _peu enraciné et mal solide, a peu pres comme
nous fa1sons présentement au Mexiquc pour l'empereur
t~ut_ frais éclos Maximilien, que ces gentilshommes,
dts-Je, font des ravages peu meurtriers, - au contraire
- daos la Vieille et la Nouvelle-Castille, en Arrago11, e~
,Catalogne, Andalousie, Murcie, Grenade et autres lieux.
Elle_ fait done ~endre au plile et faible pctit-fils de
Louts XIV un éd1t dans lequel il fait savoir que quiconque sera surpris en flagrant délit de ce qu·J vous savez,
ou seulement de rendez-vous clandestin, de déclaration
ou de toute démarche propre a compromettre une fem.
me, sera incontinent ten u de l'épouser -de par leRoi _
•
'
que 1s que s01ent
son rang et son age.'
L'un des plus contrariés de Cf:tle mesure est certes
le _chevalier d'Aubigny, capitaine des dits' mousque
ta1~es, brave comme son épée, un vrai lion qui cherche
touJours a dévorer précisément ce que la maudite veuve
Scarron n'tmtend pas qu'on croque. Le chevalier est
tellement amoureux par nature, qu'il est ca¡,able en ce
genre de tout, meme de ·sentiment, meme de roucoule~e~t, méme de platonisme. C'est ce dout il a fait l'c:tper,ence a Tolede, oü d'un co1ncnt parta1ent des acccnts
enchanteursqui l'ontétonnamment passionné et troulilé
b_ien qu'il n'_ait pu apercevoir l'objet charmant, la déli~
c1euse pens1onnaire (il en est sur du moins et ne se
tr~mpe pas, ,com_me on va le voir toµta l'heure) dont la
vo11 seule I a mis en cet état d'igoitioo iostantanée.
Par la meme raison qui fait qu'il n'a pu voir on ne
l'a pas v11 davantage; mais il a trouvé moyen de faire
passer par dessus les murs od par les grilles du couvent
e¡ arriver a leur adresse un ou deux billets incendiaires
auxquels on a répondu. O ivresse !
' , Malheureus~ment, il faut en rester la, car impossible
d aller ~lus l,om; ou. plutcit 0011, il faut aller beaucoup
pl~s lom, e est-a-d1re chaoger de garnison. Triste!
tmtel
Mais_ quoi ! o~ n'est pas mousquetaire et mousquetaire
fran~a1s pour r1en. On se consolera, il le faudra bien, et
pms, comme il est dit sagement dans le Philtre de
M. Auber:
Il faut r~gler le sentiment
Sur la marche du régiment.

Néanmoins, c'est en révant et en pensant toujours
avec regret asa helle et mélodieuse inconnue qu'il tombe
daos _le bourg de Soria chez le second alcade Malpico,
par b11let ~e l?gement, de la production duquel celui-ci
se passera1t h1en. Tant pis pour J'alcade ! 11 paiera pour
1~ mécon:ipte de Tolede, lui ef tous les siens, c'est-a~ll'e les s1ennes. - Oü est sa femme? - 11 n'en a point
1I est veuf. - Malédiction ! _ sa sreur? _ Elle est u~
peu plus vieille que les rues. - llorreur ! Et ses filies?
- Ses fi~les sont deux garfons. - Oamnation ! Heureuse_ment, il y a une fiancée du nom de Dolores, une certame ve~ve fort appétissante eocore, et qui doit épouse~ Malp1c~ par ordre, non pas du roi, mais d'uo testateur
qu_1 leur tmpose a tous deux cette obli,,,ation sous
peme' pour cel~i qui refusera, de perd;e sa ~uotepart ~e la success1on. Heureuse découverte, et sus a la
fiancee !
La veu_ve e~t une ~lace assez démantelée, a en juger
par 1~ tres-fa,ble resistauce qu'elle oppose a l'assaut
s~udatu du mousquetaire. Le rendez-vous est donné
seau:e tenante, et tout irait visiblement comme sur des
r?ulettes, j'en ai peur pour le second alcade de Soria
s1 _les garrous de celui ci, qui sont des filies, ne se j/
ta1ent - naturellement - a la traverse de ces galopantes amo_urs. Le malin ma~istrat municipal, qui sait
son Fran~a•s sur, le bout du doigt, les a obligées, a l'approche dn mousquetaire, !'une, Manuela, de revetir, l'u-

ni forme de guerillo' et l'autre An"ela de mettre le
raba~ e~ d'e?dosser, avec le m~nte:u, i•habit noir du
~lus JOh peltt ahbé. Mais les filies soot comme les nalto?s, apparemment, et n'aiment pas a étre sauvées plus
qu elles ile v~ulent. Celles de Mal pico' trouvant que la
"euve leur fa1t du tort, accourent done s'cntremettre
entre les soupirants improvisés, l'une avec son bréviaire
et s_on hymne_ : Su/tete, flol'es martyrv.m, que la charmantc
pettte lady T_artuffe dé bite, d'ailleurs, il en faut convenir,
des plus agreablement; l'amre avec son mousquet et demandant a fai~e la charge en douze tcmps; mais elle
prcnd mal le sien, comme aurait dit M. Scribc.
o:Aubigny est furienx, provoque Manuela, qui s'évanou,t, co~me ~e juste, et met l'abbé en déroute. Pa~do~nez-1~•, _Sc1goeur, car il ne sait pas ce qu'il fait ! Ce
pet,t abbe s1 coquet, aqui l'on serait tenté a tout moment ~e dire, c~mme Suzanne a Chérubin: « Voulezv?us ~•en, m~os,eur, n'étre pas aussi joli que cela! »
e est I ex-pens,onnaire bien chantan te de Tole'de et .,
. t
.
. '
,
J aJOu erai, ce qui n est pas indifférent c'est Mm• F
Lefebvre.
'
···
aure-

Je connais peu de couplets aussi J'olis q··e ce ', h
"
Ul
qu ec angent Angela et Manuela complotant par pu,e
bonté a'cime,

'

Vraiment, le bien d'autrui serait ce rui vous toucbe?

de bousculer le rendez-vous de d'Auhigny et de O 1
res. , ~t'Je ne sa1s
. .
r,en de plus finement hypocrite queooce
refram des deux couplets :
Sauvons notre pauvre cousine ·
e'est un acle de charité f '

L~ cowersat_ion interrompue des amoureux et l'interveot1on a la fo1s patelioe et turbulente de Manuela t
d:An~ela, donoe lieu a un quatuor tres-compliqué, tre:.
d1ffic1le~ mais d'nn effet charmant et d'une originaltté_vra1e et graorle. La piece périt-elle, ce que je ne
ero•~ pas' ~e ~uat110~ devrail rester daos les annales de la
mus,que, ~u ,1on sa1t combien peu de bot1s quatuors existent. ~e d1s quatuor pour voix, car quant a ceux écrits
P?Ur rnstruments ~ co_rdes, nous n'en maoquons poiot
d excellents, grace a 01eu. Pour ce qui est des premiers
~uaod on aura compté le quatuor de Lucile, celui d;
1!rato et deux ou trois autres' on aura a peu pres tout
dit. C~ u'est pas une mince chance, ni un petit mérite
qu? _d augmenter d'un le catalogue de ces morceaUI si
prec1eux, rareté a part.
• Un te?dre du:' entre Angela et d'Aubigny pr~cede ce
fi?~I~ developpe et tres-hahilement agencé, oü revient
de~1s1ve~e~t dans- la bouche d'Angela l'appel au chevaher qui s enllamme si fort :

' La dééouve~te se fait par Angela d'abord, en vertu
d une let~re d elle que luí remet, comme un dépót sacre
1_~ chevaher, croya_nt ~voi~ a se battre avec le faux gue~
ull?, Manuela. Ma1s l a{fa1re n'aura lieu que le lendem~m, et le rend~z-vous avec la veuve est .ponr le Eoir
~eme. Or, Malp1co, qui a flairé anguille sous roche, arr~vera a _l'he_ure du berger, entouré de nombreux voisrns et t~morns, pour constater te crime de conver5ation
clandestme sub umbrá et, de par le Roi, requérir mariage.
La veuve ne demandant pas mieux que cette issue il
·a grand péril en la demeure, et Angela, ou l'abbé, n!
C'est a Toléde
~anquera pas de venir au rendez-vous pour supplanter
Qu'est mon couvent.
s1 elle pent, cette présomptive belle-m/&gt;re qui lui veu~
Viens a mon aide,
prenrlre _l'o~je~ d~ ses conventuelles et mystique~
Mon jeune amant t
amour
. Ams1
.
, d1t, amsi fait: plus d'abbé , plus qu•une
p1quante et elégante manola, jupe de satín courte a six
La se~ond~ ~e¡,résentation de De par le Roi, donrrée fe
ra~gsde de~tellenoire,jambe et taille fine, port camhré, vendred1 22 JUtllet, n'a fait que eontinuer et accruitre le
vo1le de pomt noir impénétrable. mais elle n'est pas succes de l'reuvre.
seule a prendre ce partí, et Manuela, non tnl)ins qu'elle
Un mot des ~riocipa_ux interpretes. Jourdan, qui a
redevenue filie, se trouve non moins qu'elle aussi au
beau~up grand,,_ depu1s qu'a Bruxelles et a Bade il a
r~ndez-vo_us. L~ veu•~ _Y vient, comme de juste, et il
~rouv~ la pl~ce qui ue lui était faite qu'insuffisamment
o cst pas Jusqu a la vteille sreur de l'alcade affriand ,
d .
·11
'
ee a Par,s, a d,t avec infiaimeot d'entrain, de bQnne huei e~ous~t
d_ont on ne Cait que parler depuis l ordre
meur et de bonne voix le r&lt;ile chanté et parlé du chevadu roi, qui n arr1ve aussi tremblante, mais tremblante
lier d'Aubigny. Mm• Faure-Lefebvre est une vraie si rene
de la peur de_ n'etre pas compromise, en sorte que
dont_ on peut concevoir réellement que le chant si sym~
quand le M_alp,co survient, entouré de son monde de
guetteurs,
ti trouve quatre délinquantes au lieu dºune. Pª'.~'q,ue _s~ffiraa¡,assionner les officiers du roi, de meme
Les f . ,
qua s adJ_omdre les populations civiles. M. Guerrin, ac. ~,re epouser toutes les quatre au chevalier serait
teur p_rec,eux et presque universel du théatre de Bade
d1ffic1le.
JI faut done qu'il chois,·sse
,
· • A ce momeot r~mpltt avec heaucoup d'iotelligence et de plaisant 1:
s~prem~; ,Ange!a _fait entendre ce suave air de To- role du sous-alcade .Yalpico.
le~e qui s est s1 b1_en gra,·é dans l'ame, toute mobile
L'Ill~tration de B~ vous portera un de ces jours le
qu ell~ estÍ d~ bouillant cheval'er. A son tour, il la re-·
~ortr.a1t de ,Gustave Hequct, dessiné par Lallemand et
conn~1t, e le ole son voile, il la regardc et. .. vous ·u,,~ave p~~ L~vy, deux artistes dont vous connaissez l'hagez s1 son choix est faiL
J
htle_té. Sil n est pas frappant' je consens a l'aller dire a
Cette piece est bien faite, amusante, et on voit qu'ell Sor1a.
est due a une main habile.
e
M. Amable M11tée, l'hahile directeur du théatre de
La musique de Gustave Héquet est savante comme son
Strasbourg, a J~gé la piece et la montera des le commeoaute~r, et cepen~ant~ par' son allure coulante, aisée,
cement de la s1u~on prochaine en en confiant l ·¡
ne l~1sse ,pas sentir, s1 ce n est aux exéc1Jtants, les d,rn. •,,. 1•e·1·1te de ~.a troupe.
,
es ro es
~nltes qu elle .renferme. C'esl la le poiot, et il n'est daos
Je ne doute p1.s un instant que París ne suive cet
que ne gate le seutiment, la vue de
d1artI' aucun
IB
,resultat
.
~xemple.
L~ place oatnrelle de De par le Roi serait a
e e ort pemblement aecompli. Done la partition d
1,0péra-Com1~11e. Je flis des vreux cependant pour que
o, par le Roi ne sent aucunement l'huile et cependan~
1ºm~vrage, s01t monté au Théatre:Lyrique, parce que
elle est travaíllée con amore et avec le l\(qs grand .
J d ·
.
som.
Faure y est, et que, sans voulo,r ríen óter au mé. ne
sa. ep o,s ment1onner
,
. tout d'abord l'•uvertnre, - Je
r~te
des
auteur~, ce d~ot je suis bien éloigné, je garantís
is ourquo1 supprunée, depuis quelque trente ans par
cmqtlante representat10ns, rien que ¡,our la voir en abbé
beaucoup de compositeurs, en téte de plus grand; ouvrages,-et cetle ouverture est cxtrémement bien faite du . temps de )tm• des UI'!'ius, d'Alberoni et de M•• de
Mam_lenon! m'engageant a me eontenter, pour prix de ce
a~ec beauco~p de mélodie, et deux motifs principaux:
qu~ Je cro,s un bon conseil et un bon office de tout ce
d une. condu1te et d'une conclusioo élégante, qui s'en- qui excedera.
.
'
t~ecro1sent heureusement dans ce discourspréltminaire de
Fém MoRNAND.
1orchestre.
Pas. de tapa"e
. .
~
,
o , mais un emploi J'ud·c·
1 1eux,arns1
~~ une conna'.ssance parfaite, de toutes les ressources de
1mstrumentation moderne.
AUTOBIOGRAPHIE D'UN POETE.
' Un grand air du chevalier ouvre la partie vocale de
(Suite,)
l ~uvre. 11 _Y céle?re les plaisirs du changemeot de garmsoo, e~ ti a bien raison, puisque celui-ci l'a conduit
Pendant ces six années d'études les vacances m' _
.
'
.
'
:r
tout dro1t au bonheur. L'air est bon, tres-coupé de va1ent,
a mamte repri~e, rameoé a Bonn, sur les ri,es
chaogements de rhythmes (c'est le cas ou jamais) et n'a de ce beau flcuve, le Rhin, qui m'avait hercé tout enpas paru long, quoique étaot, montre en main' d'une (an_t, et dont les naives légendcs peuplaient ma méassez grande étendue.
'
mo1re comme
autant
de ni1.es et d'ondines. Je J'ai to ll_
,
. ,
.
~n boler~, chanté ensuite en duo par Angela et Do- ~ou~s.
a1~e, ce ~htn paternel, et plus je l'ai connu, plus
lores, a fait le plus grand plaisir. Cela est rapide et ~e I a1 a1m~ en l admirant. Le Rhin n'est-il pas une machaleurea comme les danses et le ,in doré de la volup- ¡estueuse 1mage de la vie h11maióe? Voyez-le, a sa
tueuse Espagne.
source, descendre du mont G&lt;'thar, pareil a l'enCant qui

?s

~!

71

demandent a consigner les droits de sortie--:0 ur leurs
Hélas l au milieu de ces fécond5 enivrements de la
donle de ses forces, et craint de quitter l'ahri natal, au
chevaux.
roent de parcourir une longue carriere. Cependant, pensée, l'intlexihle réalité, par la voix de mon pere, vint
- Eh bien ! je vais venir au bureau pour les satisfaire.
1110
me rappeler que le moment était arrivé pour moi de
il s'enhardit a chaque pas et prend gout a sa course
Faites sortir tous les préposés qui se trouvent a la caaventureuse. La séduction de l'inconnu l'attire; il gran- choisir une profession ! 11 fallait renoncer a ces nobles serne, et charger les pistolets de quelques-uns.
dit daos la lutle. Ce n'est déja plus l'enfant, c'est le ferveurs, a ces sublimes divagations du réve; ne plus
Je m'habillai ala bate, et descendis daos la salle d'au-jeune homme qui se précipite téte baissée dans les ha- entendre le~ ingénieoses théories de Schlégel sur l'es- berge, afio de recommander au fils de mes Mtes de ne
thétique et de Niebuhr sur l'histoire; il .fallait revenir
sards. Plus im¡,atient et plus fier que le coursier de Job,
faire aucune écriture pour les contrehandiers, ce dont il
il dévorc l'espace; de~ millions d'étincelles signalent en France, et ne considérer désormais la poésie que serait largement indemnisé. Je trouvai a ce gar~on la
,;oo passage, et les vallées s'emplissent d'une bouillon- comme un délassement agréablement dangereux de la figure bien longue, aiosi qu'a sa sreur, qui regardait ménante écume. En vain, le lac de Constance espere le re- vie pratique. Mon oncle, qui voyait ma blessure, m'en- laucoliquement plusieurs petits canards étendus morts
couragea de ses conseils, en invoquant la dignité de
tenir daos la molle étrei11te de ses eaux dormantes : 11
et tout froissés sur le comptoir. Mais je n'avais pas le
ne daigne pas mémes'ymeler, ni lui prendre une goutte cette poésie adorée, a laquelle il fallait savoir provisoi- temps de m'attendrir et de questionncr. A peine fu~-je
de son onde, qu'il franchit d'un bond superbe. Le jeune rement faire un grand sacrifice :
dans la rue, que j'aper~us devant le hureau sept hari- La poésie ne doit jamais étre un métier, me dit-il;
.ainqueur ne s·arrete pas encore : il a besoin de toute
delles, maigres comme les sept vaches dont Joseph ex¡.lisa fougue pour triompher des nouveaux obstacles que la et, pardonne cette franche image a ma bouche alle· qua si habilement le symhole; et leurs maitres, sept
mande, il serait sacrilége de transformer la muse en
nature tui réserve. Comme un adroit et robuste lutteur,
grand coquins fte chenapans, coiffés de bonnets en peau
vache
que l'on trait pour avoir le lait et le beurre de
iJ se replie un moment sur lui-meme, puis il reprend son
de chat, serrés de cordes nouées a la ceinture, et poradomptable élan. Les lleuves et les rivieres viennent chaque jour. Si,comme je mis heureux de le presentir, tant de gros batons ferrés a la maio. Les haridelles
s'unir a lui et centupler sa force du tribut de leurs eaux. tu es vraiment né pocte, respecte la pourpre et la étaient attachées par la bride a des arbres dont elles ronAlors il se gonlle de puissance et d'orgueil; il éteint les llamme qui sont en toi, et que ríen ne saurait empécher geaient l'écorce, a défaut de picotin. En me voyant enmootagnes volcaniques, qu'il divise et traverse de son d'éclater, de resplendir un jour. Choisis la profession trer daos le bureau, le chef de la troupe, géant aviné,
flot dominateur. Enfin, il a tout vaiocu, il est roi de qui laissera le plus de loisir et donnera le moins de qui m'eut certainement écrasé en se laissant tombcr sur
l'imrnense cmpire qu'il a conquis, etsa virilité glorieuse préoccupation aton esprit : qu'elle soil comrue un 1bois moi, emhoita mon pas, et me dit d'uoe voix de cyclope :
n'a plus qu'a jouir en paix du fruit de ses victoires. peu toutru, a travers lequel la poétique Égérie p 1isse
- Mon petit blondin , il nous faut des passeC'est surtout a Bono qu'il parait suspendre sa course et toujours facilement t'apparaitre.
ports pour nos chevaux que nous conduisons en BelQuelques mois plus tard, j'entrais comme surnumévouloir se repQser de tant de travaux. Il s'éloigne a reraire
a Dunkerque dans les bureaux de la direction des gique.
gret de ce beau pays, pour descendre toujours plus lenJe fis signe au sous-brigadier de faire' entrer un autre
tement vers lamer, e'est-a-dire vers la mort, oü vont douanes; et j'ai continué depuis, selon le mot de Sim- préposé, ce qui eut lieu immédiatement.
rock, a voir la douce Egérie me sourire dans cette cars'eogloutir les hommes, les fleuves et les choses.
- Je viens expres pour vous en délivrer, bien que ce
Ces voyages successifs avaient développé en moi les riere, qui avait été celle de mon pcre, oü les traditions de soit dimanche, jour oü je suis autorisé a laisser le bupremiers germes, et l'Al.emagne m'attirait de plus en l'honneur et de la bonne camaraderie sont également reau fermé'; mais je ne demande pas mieux que de vous
plus et me retenait par une chaine magique. Un séjour persistantes, et ou je suis fier de compter de nombreux obliger, pourvu que, comme l'exige la loi, vous me préplus prolongé, a ma rentrée du collége, acheva de me amis. J'y allais, d'ailleurs, rencontrer plus d'une occa.. sentiez, daos une déclaration écrite, le signalement de
fasciner. Le pocte Karl Simrock, alors a Bono, dan&amp; toute sion de m'initier aux chances hasardeuses de l'existence, chaque cheval, et que nous puissions finir avant le troiJ'ardeur de l'érudition créatrice, recueillait et renouait et de me familiariser avec les difficultés et les épreuvcs sieme coup tle la grand'messe, oü je dois aller, et dont
d'une main pieuse les fils épars de cette épopée ger- qui font les hommes. Pom en c1ter un excmple, je vai~ 11oue entendons le premier coup sonner a l'église de
ruaoique dont il (jevait étre le dernier rhapsode. C'est raconter ici un épisode de mes débtits comme fooction- l)eulemont. llatez-vous done de me donner votre décladans la vallée inférieure du Rhin qu'ont retenti ces naire fraiohement assermenté et commissionné.
J'avais vingt ans. Je venais d'etre nommé visiteur des ration.
chocs immenses d'hommes et de races ditlérentes, d'oü
- Ah bah ! vous me la ferez bien vous-meme, mon
sortirent, apres tant de dévastations, tant de miseres, douanes sur la frontiere de la Belgique. C'était vers la petit blondin, et apres cela, nous boirons tous a la santé
tant de sang versé, les premieres agrégations de peu- fin de l'automne, et cette fois l'automne éta,t une pluie des amis et des bons enfants!
ples, plus nettemeot dessinées, plus solidemeut as- saos fin. Le trou ou l'on m'envoyait avait nom : Pont- C'est ce qui m'esL tout a fait défendu ; je dois acsises avec le temps, et qui devaient devenir les nations Rouge. Ce n"était, eu effet, qu'un pont sur la Lys, et ce cepter votre déclaration si elle ei:t convenablement répont avait été peint en rouge le siecle précédent. Le bumoderues.
reau
était dans une masure, tlanquée d'une autre ma- digée, mais il ne m'appartient pas de la faire pour
La légende a fait son butin de ces événements, dont
vous.
les imaginations contemporaines furent profondément sure pompeusement appelée Caserne, oü se trouvaient
Le géant prenait une couleur violette.
ent~sés
les
ménages,
toujours
en
guerre,
de
huit
préébraolées et dont le contre-coup a résonné jusque daos
Ah ~al mon petit pincé, vous voulez done nous
les ages suivants. Chaquesiecle a grossi ce legs dn passé, posés de douane, commandés par un brigadier et un faire des miseres; attention '. C'est que la moutarde pourchaque siecle y a répandu un peu de cette brume mer- sous-brigadier. Le receveur était logé dans la premiere rait bien me monter au nez, et alors, voyez-vous, gare
veilleuse qui ~nit par transfigurer les faits et gestes d'au- masure, et le visiteur ne pouvait trouver abrí que dans de l'avantl
trefois en figures épiques et mythiques.Les bordsdu Rhin une ferme-auberge située a quelques pas. Pont-Rouge
- Vous oubliez que vous etes ici dans la maison du
sont peut-etrele pays du monde ou cette poétique tr,ms- ne comptait pas d'autres maisons. Lillc était a qnatre roi et que vo1Js parlez, sans le vouloir saos doute, comme
formation de la matiere historique et légendaire s'est lieues, Ypres a semblable distance. Inutile de chercher si vous meoaciez 1m representant de l'autorité dans
opérée u-ec le plus d'abondance et de séve. On peut dire plus pres des etres dotés d'un commencement de civih- l'exercice de ses fonctions. Prenez garde, si vous n'étes
que les divers éléments de 1~ poésie du moyen age sont sation quelconque. - De Lille a Pont-Rouge, il fallait pas plus convenahlc, je me verrai forcé de ,·ous faire
venus s'y souder. L'épopée germanique se rattache di- aller a pied. C'est dans cet équiP,age qu'un samedi soir, mettre dehors par les deux hommes que voila!
reclement aux vieilles cités rhénanes de Brisach, de par un temps de brume pénétrante, je m'achemiuais
ll sortit en grognant et se uirigea vers ma ferme•cavers ma résidence, a travers des routes effondrées oü je
Wonns et Xanten; le cycle de Charlemagne, également
baret,
pour dell)ander, comme je l'avais prévu, qu'on lioriginaire de ces rives, est lié par mainte aventure a m'enfon~ais a chaque pas. Je me comparais, en mar- bellaten son lieu et place la flmeuse déclaration. On se
lngelheim, a Rolandseck, aAix-la-Chapelle, cette Mee- cbant vers un tel but, au pauvre pocte Ovide, exilé chez conforma au mol d'ordre que j'avais donné. Force fut a
que occidentale oü de nombreux pelerins viennent en- les Scythes. Je fus bien accueilli par le receveur, qui mon Goliath de rédiger lui-méme. Je laisst apenser que!
core saluer, avec une vénération superstitieuse, l'ombre m'avait loué un~ chambre daos la .ferme-caharet.
- Vous serez ic:i libre et tres-beureux, me dit-il; a grimoire et dans quclle langue, ou plutOt dans quels cadu grand Empereur. Le cycle d'Artus et du Saiot-Graal
racteres graphiques ! Jamais on n'avait introduit dans
lui-meme est descendu jusqu'au Rhin, et aujourd'hui mon age, on est sédentairc; au vólre, on aime aavoir la l'écriture proprement dite autant de fantaisie et d'huencore la tour du Cygne, a Cleves, parle de Parcival et bride sur le con; vous pourrez parcourir les Flandres mour; ces lettres ressemblaient aux lettres de l'alphabet
tout a votre aise avec ce grand lévrier, qui me parait
de son fth1 Lohengrin.
comme leurs haridelles ressemblaient a des cheA. coté de ces traditions historiques, la vallée du Rhin vous aimer passionnément.
Juge1 si ma premiere nuit dans ma pauvre chambre, vaux.
possede mille légendes gracieuses de piété, d'amour,
- lropossil,le '. Tout a fait imp¡¡ssible ! On me destidontje
sens encore auJourd'hui l'odeur de fraiche peinlleurs délicates et naives, semblables au VergisS-f7Ulintuerait,
luí dis-je avec le plus grand calme, si j'acceptais
ture a la colle de poisson, m'apporta deneves dorés ! Je
nit1't, dont les blondes jeunes filies parfument en mai le
un pareil écrit pour base d'une opération réguliere;
lin qui eroit sur ces bords. La main la moins exercée dormís fort peu. Au petit jour on frappa a ma porte. qu'un autre d'entre vow,essaJe de fairecette déclaration
en tresse de jolies couronnes, et tout poete rhénau en fait C'était le sous-brigadier.
conformément a la loi; mais qu'il se bate, car voila le
- Qu'y a-t-il?
llll bouquet : quelques brins de muguet des bois s'y
second
coup de la ruesse qui sonne, et je vous rappelle
- Monsieur, c'est M. le reeeveur qui m'envoie vous
melent, et il se dégage du tout je ne sais que! arOme
qu'au
troisi~me
je ferai fermer le bureau.
prévenir qu'il part a l'instant pour Lille, et qu'il vous
1111,age qui agace et qui charme.
Goliath grommela plus fort que la premiere fois, mais
Tell étaient les trésora qu'amassaitKarl Simrock, et prie, par conséquent, de ne pas vous absenter aujour- s'il ne me mena~a plus en paroles, il se dédommagea
qn'il enchassait, comme autant de joyaux précieux, dans d'hui, bien que ce soit dimanche.
- Dites a M. le receveur que je ne m'absenterai par les foudrcs de ses yeux et la terrible expression de
Ita poemes et daos ses ballades ; tels étaient les sujets
son visage. Deux autres allerent successivement s'esde nos conversations daos ces poétiques promenades, oü pas.
Et j'enfon~ai ma tete dans mon dur oreiller pour sayer; mais, comme ils étaient moins lettrés encore que
l'oncle communiquait libéralement au neve11 l'essence
leur capitaine, j'eus heau jeu pour opposer d'autant plus
et le meilleur fruit de ses méditations et de ses travaux. méditer mieux sur roa destinée. Une heure plus tard, ma fin de non-recevoir.
~semblait sourire a la pensée d'en~emencer cette jeune nouveaux coups frappés a ma porte. C'était le méme
N. MARTJN.
unagination, pleine d'enthousiasme, de maniere a y faire mcssager galonné.
(La
suite
prochainement.)
- Ah! ruonsieur le visiteur, vous avez eu une bonne
pina tard éclore des fleurs qui, par leurs couleurs et
idée
de rester, car la bande des contrebandiers a cheleun parfuma partieuliers, témoigneraient de la prédo- - - - , . , - ~ .,._.....,___a__
val
vi1mt
d'arriver ponr aller a vide, en Belgique, et ils
llinance de la patrie alleaande.

�L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
OAl!DIEROII

LES VICTIMES DE LA MODE, par BERTALL

l&gt;RAMATJQUE.

L'agitation de
la liberté · des
théatres commence ase calmer un
peu; c'est dire
r¡ue dans quinze
jours on n'en parlera plus dutout,
et &lt;¡ne peut-étre
alors la question
deviendra sérieuse.
En atteodant,
voici un projct
dont il est pcrmis
dr. parler ~aos
rire, un projet
qui se présente
d'un air posé, un
projct qui porte
luncttes, qui a du
ventre, et, si je
ne me trompe,
11 n trl!s-gros succcs daos ce vcntre.
11 s'agit done,
il s'agit tres-sérieusement d'uue
entrcprise dont
nous avions touch é quelques
mots il y a trois
011 quatre ans, et
qui, une fois étal,lie, sera certaine d'une looguc
durée , s'il est
vrai, comme on

L É GENDE

XIX'

(PREMIERE PARTIE ).

SIECLE.

TOll,F.TTB DE LA VICTIME.

F.11 ce leo,ps-la les maitrcs de forgc, gémissaient et l'onclu,1ri, do fer éta,t daos le monsme.

'\fais le-4,.IJJe ne l)l)uvait lunstempuc ufofaire d'uu parc1l lngement;.voyaut cela,
1\I ré1111il ~u cnníérence MM. les mdustriels malbeurcus, leur declaran! qu 11 a un moycu
-~,ir de quadruj,Jer leurs a~a•res ;, seul~meot, ~n échange, il dem1nde a rece•oir leu'.s
.Jn.rsen t 11,te proprieté, ahn des en íaire du b,eo. IIM. les marehar,ds de 11ou1eautes
•o•t. 0atks de la proposll1tn et acceptent avec reconrais~anre,

DU

73

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
!e dit, que le
temps ,, respecte
surtout ce &lt;¡u'il 1
cootribué a fonder. ~ h . , ,
Devcnu moins
na'ifqu'al'époquc
ou nous avons
détaillé lici meme le plan et les
attri butions
en perspective de ce nouveau
théatre, qui revi en dra it s u·r
l'eau s'il y était
jamais tombé,
. nous nous bornerons a quelqucs indications
principales. ·
' Premieremeor,
caren toutescho. ses il :faut bien
commencer par
la, premicre.
ment, ce thétttrc
s'élcvera ala placeque valuicéder
l'ignoble paté de
.masures qui fait
l'aogle du houle-vard Bonne-Nouvelle et dP, la ruc
Saint-Denis.
Secondement,
• ce tbéatre s'intitulera Théatrc
lnternational, ce
qui indique asm
clairement, j,:
suppose, qu'1I
commencera par

LES VICTIMES, DE LA MODE, par BERTALL.

Les marchands do nourcautés gémi&lt;saient encore mierx et logeaient le diable dans leur bourse.

luc1cdnlitu du Petil Saiut-Thon,a,, qui fü11t bieutól par
etre couuincu.

Tout d'abi,rd 011 fa,t une commaude de ceut milliuos
de cages aux ma,chands de fer Eans ouvrage.

1/

Puis un panier a, Henri Bmder pour coutenii· toul cela, puis, etc., etc.

Victime, ¡¡nales. _ Le II ari fio1t ,,ar deve?'' com_mc uu petit
. l J o peodant que MM. le&amp; marchand• • arrond!SM!DI el se
~:.:ft, n~•,~ maini. Le bon peht diable se írotte auu, les marns.

11 aura l'anw de ces mmieurs t Grand bien fui fme?

�75

L'ILLUSTRA1'10N, JOUB.NAL UNIVERSEL.

-----~~~~~~~~~~~~d~~I'.;~;.

L'lLLUS'fRATION, JO URN AL UN IVERSEL.
oner despieces étrangeres, et fin ira par n'en plus donner
que de fran~aises. C'est toujours ainsi que cela se passe.
Troisiemernent, enfin, ee soi-disant Tbéatre lnternational aura la forme d'une lyre, voila pour l'idéal; il
contiendra 6,400 places, voila pour la réalité; le prix
des places sel'a des ph1s modiques, voila pour l'égal!té,
la fraternité ... ou la mortl Car si ces places restaient
viaes, le Tbéatre International en mourrait... Mais elles
seront toujours occupées, surtout s'il a soin d'etre aussi
national et aussi peu international que possible.
·ces conditions, les dernieres surtout, - beaucoup de
places a bon marché, - me paraissent les plus pratiques
de toutes celles qui ont été émises jusqu'a ce jour. Au
prix ou sont aujourd'bui les terrains dans tous les
grands centres, plus les théatres seront vastes, moins les
places y seront eheres, et plus ils auront chance de réussir. Ainsi en ont jugé Lyon, Bordeaux, Marseille, Toulouse, ou s'élevent en ce moment de nouvelles salles
toutes conformes, ou du moins analogues au Théalre
Jnternatioaal, et comptei que ce systeme-la aura bientót
fait le tour du monde.
Maintenant que 1&lt; ces vasl~s cirques byzantins »,
comme les appelait hier, par anticipation, l'écrivain qui
a le moins bougé d'Atbenes, que ces ..-astes cirques en
forme de lyre ou de violon, non-seulement réalisent de
gros bén"éfices, mais encore propagent le gout du tbéatre
et de la mnsique; rien ne nous parait plus prolable.
Qu'ils deviennent, entre les mains du pouvoir que!
qu'il aoit, un pnissant moyen de conservalion, ce n'est
pas une probabilité, c'est une certitude, c'est l'éYidence,
aussi longtemps du moins que ce pouvoir s'en réservera
le controle préventif.
Enfin, et par une conséquence naturelle de ce qui
précede, q11'ils deviennent un jour, ces théatres, les seuls
historiens, les seuls journalistes, les seuls moralistes, en
un mot, les seuls éducateurs des masses, les seuls directeurs de !'esprit public; c'est encore la mieux qu'une
hypothese, a mon sens.
llais qu'il leur soit donné, par la meme raison, d'élever le niveau de l'art dramatique, j'avouerai franche •
ment que j'en doute un peu. Comparaison n'est pas raison, je le !ais bien; je sais du moins que c'est un vieux
dicton assez applicable aux choses passées et présentes;
mais comment, n'étant pas prophete, raisonner de !'avenir, s1 ce n'est par analogie? Or, que nous dit cette mé-thode appliquée a la présente question? Nous montret-elle aujourd'hui, daos les théatres populaires, des
talents supérieurs a ceux qui brillent sur les scenes d'nn
ordre plus élevéT Entre la Comédie-Fran~aise, en yjoignant les deux ou trois autres scenes qui marchent daos
la meme voie, et des tbéatres tels que l'Ambigu, le Cirque, les Délassements-Comiques, n'y a-t-il pas une
ligue de démarcation aussi tranchée qu'entre les classes
avant 178!1?
Si libéraux que soient MM. Ponsard, Émile Augier el
leurs émules du Théalre-Fran~ais, leur est-il jamais
venü a !'esprit d'écrire une piece pour la Gailé ou les
Funambules? Non; ils savent trop bien que leur véritable . auditoire est ce monde dans lequel ils sont nés,
cette société de bourgeois, de nobles, de cléricaux,
memc, qui comprend le sel de leur plaisanterie, la
finesse de leurs attaques, et dont l'improbalion, quand
par hasard elle se manifeste, est encore pour eux une
garantie de vogue. lis n'ignorent pas que les plus populaires de leurs créations, le Pill de Giboyer, par
exemple, n'auraient pas eu trente représentations a
l'Ambigu; que Got, lui-meme, dans le principal role de
cette piece, aurait paru llf'isto a Bobino. En un mot, ils
aiment le peuple, mais ils se méfient da gout des tilis.
Aussi ne comptez pas sur eux pour vos théatres populaires de six mille, de vingt mille places a six sous; ils
préféreront etre joués pour ríen devant cinquante belles
dames a la cour.
Qui done travaillera pour des tbéatres dix fois plus
vastes, et par conséquent dix fois moins aristocratiques
que ceux des anciens boulevards, pour des théatres ou
le dialogue de M. Anicet Bourgeois serait accusé de marivaudage, ou .M. d'Eunery serait trop fiu pour le public, oú ce qu'on appelle aujourd'hui des ficelles manquerait son ef.Iet, a moins de passer a l'état de cables,
pour des tbéatres, enfin, soumis a. de telles nécessités,
qu'elles nous menerout peut~tre (( jusqu'au masque,
au porte-voix et aux échas:1es du théatre a'ntique, et que
le sentiment délicat des cboses, le génie individue! de
l'acteur, sa grace ou son charme naturels deviendroot
nécessairement de, qualités inutiles?,

A ce pas.~age d'une préface toute nouvelle, j'en pour- titude et daos un lointain, devront renoncer aleurs vra¡
rais ajouter d';,.utres, empruntés a la méme source, et moyens individuels, pour recourir a des moyens d'em.
qui donneraient a mon sentiment 11De autorité saos appel; prunt d'une généralité banale ou d'un emploi funeste...
mais on me saura plus de gré d'y saisir au passage une
L'intéret dramatique de cette derniere quinzaine n'a
transition a l'annonce d'un nouveau livre intitulé : guere consisté que daos les débuts de Mil• Honorine IQ
Thédtre de Nohant.
Palais-Royal, daos l'attente du Don Quicholte de MM. Sar.
Ce vol ume, qui vient de paraitre a Ja, librairie de Mi- dou et Da!loz, pour lequel le Gymnase faisait relacbes
chel Lévy, en meme temps que le IX• tome du théatre sur rela.ches, et daos les concaurs du Conservatoire.
complet d'Alexandre Dumas, a toute la valeur et le
Ces derniers n'out pas été brillants. Le Conservatoire
charme d'une confidence venue de liaut et compléte- en arrive au procédé de ces écoles de village, qui, SOIJI
ment inespérée. Depuis longtemps on savait que la cba- peine de se voir retirer la plupart de leurs éleves, don.
telaine de Nohant avait chez elle un théatre qui, s'il nent autant de prix elt d'accessits qu'ils ont d'écoliers.
Sur huit concurrents engagés dans le steeple-chase
contenait beaucoup moins de six mille places et n'avait
pas la forme d'une lyre, jouissait, en revanche, du pri- tragique, six ont été couronnés, - dans le bon sens, vilége d'avoir pour impresario et pour auteur principal et cela sans qu'aucun d'eux eut dépassé d'un quart de
George Sand.
tete les derniers venus. Pourquoi ceux-ci ne portent-ils
On savait, en outre, que les pieces de ce théatre étaient ríen, tandis que les six autres portent quelque chose!
jouées par la famille et les plus intimes amis de l'hótesse C'est ce qu'on découvrira probablement le jour ou l'on
et de l'écrivain. On savait que ces pieces étaient d'au- saura pourqnoi le quatrieme écuyerdeMarlborough était
tant meilleures que, réservées a 11D public choisi et par si peu chargé a l'enterrement de son ma1tre.
De tous les concurrents, couronnés ou non, la coméconséquent peu nombreux, leur auteur avait pu s'y montrer daos le négligé, daos le n~turel d'un esprit qui se- die n'en inscrivait pas rnoins de vingt; ceux qui semrait saos égal au monde, s'il n'était jamais que lui- blent avoir le plus d'avenir sont, daos la tragédie:
M. Charpentier, premier accessit, et, daos la comédie,
meme.
Enfin, que dirai-je? On savait tout, du moins tout ce ?ti. Michel, deuxieme prix; M11• Angelo, premier acet~it
qui pouvait le mieux faire désirer de savoir le reste. Or tragique, et M11• Bloch, deuxieme prix cornique. Cette
ce reste, c'est justement le cadeau qu'on vient de nous derniere est une lres-joliti et toute gracieuse personne,
faire a l'improviste, au moment ou tous ces projets de et c'est la, évidemment, ce qui luí aura nui aupres de
grands théatres devaient le moins nous faire espérer ses juges. On aura craint, si on luí donnait le premier
d'avoir le Thédtre de Nohant.
prix, de céder au pouvoir de ses charmes. Ou je me
Ce petit théatre se compose de trois pieces dont une trompe fort, ou le public n'aura pas les memes scrupules,
seule, le Pll1Jé, a été représentée sur une scene publique. le jour ou Mil• Bloch en appellera a lui d'un de ces juOn n'a pas oublié que Lafont y trouva un de ses bons gements qu'il a tant de fois infirmés.
roles, et M11 • Delaporte une de ses plus heureuses créaC'est a ce tribunal supreme que M11 • Honorine a voulu
tions.
avoir affaire tout d'abord; et pourquoi non, puisqu'il
Malheureusement il arriva que le Gymnase était un faut toujours en arriver la? Aux mémes agréments que
cadre encore trop grand pour cette ravissante mini ature, M11• Bloch, agréments que, du reste, elle possede depuis
ou pour mieux dire, figurez-vous de la musique de un peu plus longtemps, la débutante du Palais-Royal
chambre exécutée au concert Pasdeloup. Voila sansdoute joint une expérience de la scene qui, eut-elle dix ans de
ce qui a décidé l'auteur a replacer ce petit acte dans le plus, semblera1t encore précoce.
recueil ou nous le trouvons aujourd'hui.
Nous avons peu de comédiennes, je dis de comédiennes,
Marielle est une piece de plus longue haleine, et de si sures d'elles-memes avecdes gestes si s)bres et si justes
portée, non pas plus juste, mais pi us haute; Marielle, et une voix si bien posée, dans la diction comme daos le
c'est l'idéal du c&lt;1médien, au temps ou un mélange de chant. Ce qui paraitjusqu'ici manquera M11• Honorine,
répulsion et d'attrait entourait sa profession d'un pres- c'est un cachet, une personnalité, sans pour cela qu'elle
tige évanoui depuis avec ce qui l'avait créé. Ce pres- rappelle une seule de nos étoiles . .Mais nous ne l'avons
tige, a force d"art et d'éloquence, l'auteur de Marielle le eacore vue que dans d,eux pieces, excellentes du reste,
fait renaitre; elle en entoure, elle en couroRDe son mais ou chaque geste, chaque inflexion de voix sont,
héros; mais ce n'est la, encore une fois, qu'un tour de en quelque sorte, notés. 11 faut done l'attendre a sa preforce : la grande valeur de l'ouvrage est plutot daos la miere création, dans une piece importante et nouvelle.
vérité et la váriété des caracteres, dans les échappées de
Au reste « quoi qu'il advien.ne ou qu'il arrive », suinature, daos les bouffées d'air pur et libre qui animent vant I'heureuse expression de M. Scribe, le succes de
a tout moment et rafraich1ssent l'action; dans ces pay- Mil• Honorine n'est plus, désormais, qu'une question cíe
sages créés d'uu mot, et surtout dans une peinlure de la plus ou de moins; l'llalie, ou elle s'est formée, et drnt
vie nomade, a faire mourir de nostalgie toul une civi- elle garde un léger accent marseíllais, l'ltalie paut
compter que nous ne la lui rendrons plus qúe daos
lisation.
Les trois autres pieces n'atteignent pas plus a la hau- l'état ou elle nous envoie ses tragédiennes.
teur de Marielle qu'elles n'ont, du reste, la prétention
A. DE BKILOY.
d'y atteindre. Elles n'en sont pas moins délicieuses en
P. S. - Lundi dernier, - tro¡i tard pour nouf, - a
elles-memes, et, de plus, intéressantes comme essai
été enfin représenté le Don Quiehotte dont notre i1ustradans un genre particulier.
Le Drac, dont le sujet est pris d'une superstition pro- teur avait déja pu dessiner une scene pendant a1e répéven~ale; la Nuit de Nool, vaguement imitée d'Hoffmann, tition. Nous reviendrons, au premier jour, sur ,ette coet enfin Plutm, imitation on ne peut plus libre d'Aristo- médie, pour laquelle le Gymnase s·est mis en ruatre, ce
phane, montrent quel parti peut tirer, méme un petit qui ne l'a pas renda plusvaste;mais lui a vah un tresA. DE B.
théAtre, de tous les genres de merveilleux. La derniere grand succes.
.,...~__,,,..._
de ces trois pieces fait voir, en outre, qu'a l'aide d'une
fable intéressante, d'une action en plein merveilleux,
des enseignements de la morale la plus pratique peuPRESSES MÉCAKIQUES
vent etre insinués a un public intelligent. Mais peut-etre
n'y a-t-il plus que l'auteur du second Plutus pour renNO lJ Vi A UX SYST É.lliS B K E ,•E Tt S
dre a l'allégorie une vie qui semblait s'étre a jamais
retirée d'elle.
PAR ■ . AUUlET
Quo1 qu'il en soit, saos blamer explicitement l'agrandissement présent et futur de nos scenes, l'auteur du
r.oiwuctaur-lécanmen, i Parí.
Théatre de Nohant tient au fond pour les petits théatre.s,
Depuis que Gutenberg, le bourgeois de Strasbourg,
et l'on n'accusera pas de ¡irecher pour son saint, celui qui
eréait,
en i445, l'art de l'imprimeri:, et que ses collaa remporté sur levaste champ de bataille de l'Odéon ces
deux victoires : Fl'an~ois le Champi et le Marq,1,is de Vil- borateurs Fust· et Schefler poursiivaient l'reuvre du
lemer. Ce qu'il voudra;t seulement, ce qu'il espere, et ce ruaitre en y apportant quelquei perfectionnements,
que je n'ose espérer, ce serait que les gr,,s théatres ne l'imprimerie a pris des dévelopiements auxquels ne
mangeassent pas les petits; car, dit-il, 1&lt; plus nous élar- peuvent etre comparés ceux d'aicune autre invention.
girons les scenes, plus nous reculerons les spectateurs, En est-il, il est Yl'Qi, d'aussi ioportante que celle de
et plus nous perdrons les effets que la vérité peut pro- l'imprimerie T
Que d'inventeura saos nomlre oot appliqué leurs faduire. Nous aurons de grands artífices; mais l'auteur,
cultés
a la perfectio11ner eta l'mener au point ou elle en
aUS&amp;i bien que les úaterpretes, foreés t'agir sur une mul-

_________

____

----~-o~n~e=t~d~e:vi~e:nt:---~le~p=erm::e~tt~r:e~,~le~m;a~ss~·a~c;re~d~~;sJiu:n~o~ce;nt~s-o;r~d~o~no~é¡-;p;ar
_
_
,,_...;él'
,
1
t~re•
les
d'une
grande
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·ours. Les uns ont aot 10re es carac ., ~,
e
b de I H'erode Le so1·r vou~~ ver=z
'" le J·eu du guet, composé
est de nosJ .
t
l m·se
en moindre, pendant le foulage, pour un m me nom rCe' l , d'u11 r.and non1'bre de personnages tres-intéressants_:
I
'"'\S Je clichage; ceux-ci le_cornpos eur, a
es
g
ªª"'' u les rouleaux ceux-la, enfin, la presse elle- feuilles a l'heure, que daos les autres_ presse~. d I R mmée Jupiler Junon la dnchesse d'Urbarn,
aux m1press1ons ·11e a etnéo dc's •ne•
foule des faunes el des dryades,
Pages o appliquant ' la vapeur. Auss1. la presse a. .im- a une de ces machines, destinées
"-f Al zet doit la méda1 e mon s sur
" º'
Y
[lle[lle en
, '
d . d puiss·,nce inou"ie luxe et a vigaettes, que ª . au
..
.
A 11 et Diane Hérodiade et le reste. Les costumes
ression est-elle arrivee" un egre e
,
. '. d'honneur qui lui a été décernée a l'Expos1t1on umver-- po ont
t e·s 'rra·1s les ¡¡{¡eres sont pour la plupart
P
cornme etemple celle du Niw-York Sun, qui na
ne son pas r ,
.
prenon~ s de quarante pieds de longueur, se compose selle de Londres de i862.
t d' assez sales mais a la clarté des flambeaIU, ce cortége
pas room
1
, . r·me
l)isons aussi un I.OOt de ses presses a ~ouv~men
,roduira 1: plos magnifique effet.
' .
de buit cylindres_a presser, de tele ~orle _qu_ o~ imp i_
rect, ditcs Express. Ces presses sont mumes d un rece I L b e hon1me avait raison. Aux tlambeaux, e éta1t
buit eodroits a la fois, et qu'il se tire ams1 vmgt m1lle
. .
U homme et un adulte
e rav
·1
.
en
veur de feuilles mecamque. 0
1 d d Cette mascarade proven~ale1 dont I est 1mnuroéros a l'beure.
h'
t suffisent pour les faire maureuvrer, et elles se placent. sp e~bi : ressaisir le seos perdu depuis des siecles, ne
Seiie personnes sont employées sur cette mac me, e et se déplacent aussi facilement qu'u11e presse a bras. poss1 ebl e r1·en aux br·1Ílantes cavalcades des villes
lculé qu'en une heure, et avec le secours de ces
.
d. t
ce que la tahle est ressem e en
. .
P
on_ a ~a d. idus cette presse exécute un travail qui, avec
Elles sont a mouvement ,rec' par
.
é l la Flaudre fran~aise mais je sms sur que ces rose1zea•~1·en1vs pr;céués eut nécessité daos le méme espace commandée directement par une bi~lle, sa~1~ ~nterm - ~ e aui rois ou soldai;, nobles ou manants, s'amusent
les a i;
'
,
,
1 · d diaire ni de levier ni d'engrenage, mtermediaire dont ben~ ' 'plus que messieurs les Flamands. Ceux-ci
rops, pour arriver au meme resultat, 1emp 01 e
.
,
dé' t
eaucoup
,
.
de te
l'emplo1 est géneralement iec ueux.
'h b"ll nt mar,nifiquemeot pour br1ller aux yeux de 1a
six mille personnes.
.
.
d
b d'"mprimeurs en France ou s a 1 e
o
. n'est curieux comme de vo1r foact1onner cette
Déja un gran nom. re •
.'
'of- foule ceux-la se vetent de la premiere 1oque qui 1eur
Rien
.
t ' n a l'étranger, ont reconnu les avantages immenses qu
b'
la main. Pour s'amuseretrire, et pousser des
bine. Les feuilles eirculent, vont, v1enoen ' se h.
Al
t
tom e sous
. d. , d •1
mac
é 1 . L' . d s roues la frent les mac mes auze .
.
·1
,. as de poses théatrales, de gestes etu ie~, e ro es
t avec la rapidité de l' e 3.11'. aire e
'
b
¡ 11our ses br1 - c11s P
v
taSSCn
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t'es de
M. Silbermann, de Stras ourg, emp me ,.
.
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'.
"'Ur. 00 se Jaisse aller a l'inspiration du
.
des ailes les mouvements es mi11 e par 1
d
h nes " appr1s par c...,
v1tesse
'
d r· t lli
t !antes impressions en couleur trois e ses mac t .
t o·:u merci • l'on peut toujoors compter
ce colosse, luí donnent l' apparence e in e gence e mouvement direct. Deux de ses presses en blanc, a pum. mo~.~nt, . ea~ion• provencale.
de la vie.
tures, a mouvement varié' fonctionnent a l'Mtel des sur mMs_pd1: encore d'~utres qualités tres-estimables,
roues _de toutes
. . d t' b s poste Le Mago.Le i i a
L'appareil compte 6,200 écrous, i .,200 '00
des
et
un
Monnaies pour le serv1ce es im re .
,
. b
d la1sser-aller paríois un peu trop, une
l
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·meos·
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rouleaux,
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dl
"
s·in pittoresque s'imprime sur une e se
d tI b·l·te·. _ ony vit ponr ainsl dire, sur le pas
nombre incalculable de petites -~achmes, ~1de~, etc.
.
, .t le maculage. gran e a a • i '
'
bl
hme a bras de ration avec marge a decharge, pour ev1 ~r
' d I
t J'excepterai cependant Avignon. Cette an-I
d
Nous voila bien loin e a pa1s1 e mac
l'imprimerie impériale de Vienne possede une de ses ~ a por e:t I du comtat a des rues étroites et sombres,
. .
automate M Claye c1enne cap1 a e
d
Gutenber"o, "oerme puissMt qui de,vait enfanter ~ant ad_et presses a. ret1rat1on
avec margeur
· ·
. , s quasi-orientales qui tournent le os au
rveilles.
11
est
vrai
qu'a
cetle
epoque,
on
ne
voy
•
h'
d
d"flérentes
natures.
aux
ma1~on
'
tt
Ole
emploie douze de ses mac mes e 1
'
Et rore Avio-non tout eotier n'a pas ce e
uuere de J. ournaux qui, semblables au New--y:ork Sun,
.
d T s deux. M Pion passant.
en
'
o
.
,,
d
ler a M. Lah1Jre, cmq; ?ti. Mame, e our , . , ·,
'
.
. mooacale le mouvement et la v1e se re, achine _dont nous venons e par
•.
dt; J Jllm phys1onom1e
,
pour leq uel la m
900 000 trois; M. Haalberger, cinq, pour 1impr_e_ss1~n
" -.
vent daos le quartier marchand.
élé construite, depensassent en moyenne, parª°¿,. '
tratian et du Magasin pittMesque p~hhes, a Stuttgard' troMu .
. de plus charmant de plus poétique que cette
francs de papier, 50,000 francs de caracteres impre~- Paul iDupont, six, pour ses travaux illu~tres; eufin, saos
a1s qéu~1d_ le qui s'anp~lle la danse des Treilles !
.
t 450 OOOfrancspoúrlarédaction.Avecdetels ch1f.
'
.
. . c'est une de ces danse m r1 10na '
"
. . 1 1
~fr1oe~,' in eu( mis alors sur pied une armée tout entiere énumérer b1e~ d _autres 1mpr1me~•e;écharge qui impri- C'est un vrai ballet populaire, qui prodmra1t e pdus
machines a ret1rat1on avec marge ª
d f~ t , l'Opéra. le costume des danseurs et es
ou meme alimenté un royaume.
'
.
me l'Illustration, et nous espérons que nos lecteurs gdrau e e at de'licieu; Les treilles rappellent les diony
A. !'origine, les machines étaient a bras, c est-a-dire
,
.t
bonne habile de ses anseuses es
·
f·'
,
1 t bl
trouvent qu'elle s acqmt e en per
.
t ·¡ se pourrait bien que cette danse ut un
q•le l'imprimeur Jui-meme. posajt ~a 1orme .sur a a e?
,.
.
s1aques, e 1
.
b
1
a¡·ustait sa feuille de pap1er, pms encra1t la forme a dehcales fonct1on~.
P. Pu1r.
reste du culte romain íntrodu1t daos la Gaule Nar onconnaise. A un signa! donné, danseurs et danseosPs,
l'aide d'un rouleau.
.
..
.
,.
t
cadeoce
C'est en t i90 que fut faite la pre cm ere tent~t1ve d imduits par des coryphées, passent et repassen en
.
sous des gu;~landes en mousseline et des cerceaux or_nes.
I
8 no mmé
A
pression mécanique. L'invente°3:, un _ng ª! , .
u
1
~icholson se mita exécuter ses impress1oos a I a1de de
PROMENADE AU JARDIN DU MIDI.
de rnbans et de flenrs. C'est i~ Ion~ serpent bario e
~eux cyli~dres' su.r l'un desqueIs était appl!qué~- la
dont cbaque anneau étincelle. N ouhhons _pas danse
forme et dont l'autre était garai de drap. La femlle s im11.
du chevalet, qui arr1ve' celle-ci, en dro1te, hga~ du
1
oyen a·,.,e· un homme élégamment costume, ayant le
primait en passant entre ces deux rou eaux.
Le m1'd1' de la France est le portique de titalie, cela.ª m
º '
1 . f ·t f . l
En l804 un horloger de Saxe, Krenig, créala presse
N. corps passéa travers un cheval de carton, lll a1 a1rbe. e
atable bo~iiontale, et trouva ainsi le moyen d'imprimer déja été dit, je le répete. Quand on a visité Oran?e, . •- maaége a11 son des tambourins, des fifres, des haut o1s,
• .
mes, Arles, on est préparé a la vue des chefs-d ~uvre au milieu d'un cercle formé par une troupe de ~anseurs
une feuille des .deux cotes.
transalpins. Et puis le Midi a des mreurs et des h_ a_b1tudes
h t
de ru
wper
et
AppJea
ath,
en
Amérique,
reprirent
en
t8l5
"
en pantaloos blancs, en vesles blanc es e pares
Co
0
r
qu1· 1u·1 appartienoent en propre, des fétes or_1gma1e_s ?:
1
du cbapeau Un autre danD .A
bans qui s'enrou ent autonr
.. .
l,·1de'e eles formes cylindriques, et inventerent une iorme
étrange que les jeux de la Féte- ieu .ª n
d b
a la mam fa1t semblant
quoi de r,lus
,,
d
et seur, un tambour e asque
. ',. .
.
Ste·re'otypée pouvant s'appliquer sur u_ n cy_lindre.
1' .
cbeval qui s mclme pms
Un beau J·our, J''arrive a Aix ne me d_ou,tant, e r1en,
au
'
'
Les Presses atable horizontale ou a cyhndres dont on ·e vo·1s sur le courss des chevaliers coifles u.1 un ehapean de pré~enter de avome
d t ue les autres danseurs forse ~ert général¡;ment a présent, ne sont pas aulre ebos_e J
b t
lance des ruades, pen an q
.
. .
A
de
Kremoa
la
Heori
IV,
armés
de
toutes
pieces,
cheva~c
an
sur
maat
un
cercle
animé,
airitent, en signe de J01c, leurs
ITUe des perfcclionnements des deux syst.,,mes_ .
?
· · d d' bles qui tourrnenv
d 1
-i
qui des cbevaux de carton. Par ic1, es ia
.
étendards. Tout cela est tres-joyeux, tres-franc u co et de Cowper. Parmi les constructeurs mecamc1ens
' tent un brave bomme de roi qui a l'air de fort mauva1se
1 . t b. portant,
~a1 e . ien
.
de nos J·ours, se sont occupés avec succes de la co_nstruc- humeur ., par la, une reine donnanl le bra.s un bª Ia- lier, et tout cela indique un ·peur· e ben
Jom de Cannes
tion des machines a impression, nous devons c1ter au
Vous direz peul-~tre que Je su1s 1_
.
'
. d'1n qui porte dans la maio droite une epee n_u_e surL h ·n des écohers Salut a1mable
·er
rang
'l.
Alauzet,
dont
les
vastes_usines
sont
s1d
maisJ··y
arrive
par
e
e
en11
·
'
1
Preml
)]
monte'e d'un chatean de fer blanc. Puis, au mi ieu e
d ¡ G d Bretao-oe I Outue·es a París, rue Bréa, 7, et passage Stamslas, 4. PressPs
d t
colonie fondée par un fils e a ran eo .
toul cela, un concert de fifres, de tambonrs et e ,ªm~
'
ºd
ous y lirez que Cannes
mécaniques a double touche et a pQintures, pres~es en bour·10" A l'&gt;corcher les oreilles d'un sauvage du cafe de~ vrez le preniier gui e venu, v . d ;
s (c'est 1~
••"
d
dont !'origine se perd da.ns la nmt. ~~ e'.°p
.
blanc Sur lous formats, presses a retiration avec dechar- Aveugles.Je
demande a un babitant, qui semb~e P:en re
fill d la cmhsat100 romame
""" 11onr éviter le maculage, presses ª. journaux, p_resd
I bI en me pbrase consacrée), est une e e
.
"le plus grand intéret a ce spectacle, e vou oir
C
lle dont J·e m'occupe ne red
La vérité esl que aunes, ce
'
ses Stanhope' Presses a glacer le pap1er, presses a ro1
_asca~ª- e.
donae r l'explication de cette indéchiflrab e m
834 E0 ce temps-la' la France
.
gner, mate·r·iel pour la stéréotypie, etc., etc., pour chaque _ 'lonsieur, me répond-il, Réné d'Anjou, roi de siciIe, monte pas au dela de i, lé•
I choléra · le ro1 de
machi ne de ce gen re, M. Alauzet a décv_uv.ert quelque
ª
et rAogleterre étaient deso es par e
,
.
hypre, de Jéru&amp;alem, et comte de Provence p~r
t
ses Etats le contact du tleau,
. ·1nge·a·1euse ame·1·1oration qui les reo_ d 1r_reprochabl es_. de C
d
Sardaigne, craignan pour
. .
.
de-~sus le marché, voulut, daos son temps, reo brel_m_am- avait établi au pont du Gard un cordon -~au1ta1re . Qm.
1
·
1
n'est
pas
une
exposition,
so1t
umverselle'
so.1t
Aussl'
feste aux yeux de ses sujets le triompbe du cat o ic1s_m,e
. ·t . ·te· par les o-endarmes
I" t
conque venait de France eta1 mv1
.
o
.
de·partementale, ou· M. Alauzet n'ait obtenu une re_r
les
divinités
paiennes,
et
il
institua
cette
so
enm
e.
t
antame de tro1s ou
Su
1 e quar
.
le
J·ury
de
l'exposition
universel_le
de
Paris
t
d
s
piémontais
a
subir
une
pet
.
C.ompense
lupart de ces personnages que vous voyez_son e.
¡ { ontiere Un beau JOUr
de t8~5 lui
' décernait une médaille de prem1ere classe, La P
d
t quatre jours avaut de passer a r
.
'
8 ~ se·1gneurs de l'Olympe, qui disparaitront _ce so1_r evan
I
ersonne lord Brougham,
et celui de l'cxposition universelle de Londres de i 5:.,
d
t le chancelier d'Ang eterre en P . ~
les saints du paradis, comme l'erreur d_1spara1t evan se présente; le gendarme piémonta1s lm barre la route,
une médaille unique.
bl
l
pport de la vérité, la nuit devant le jour. Ces d1ables~a-~uatre et notre voyageur, revenant alors sur ses pas, est frappé
.
de
Ses machl·oes sont remarqua es sous e ra
. gambadent autour de nous on t pour m1s•10n
. d I' ·
de l'atmosphere emta solidité de la bonne confection et du fini apporte qui
de la beauté du site, e air pur,
.
.
daos l'exé'cution des détails. Nous y avons reconnu des faire enrager le roi Hérode, dont vous con~a,s_sez saos baumée de ce joli rivage. (( Voila qui vaut bien ~ice, ~e
· · doute l'histoire. A coté est l'armelto., ou la petite ª.me, r_e' ·¡ achete une villa s Y
.
'
Perfectionnemeots, tres-importants par leur simplic1te, résentée par un jeune homme qui de la. mam dro1t e dit-il, et aussitót fait ,qued .Pense, i
5t ,on ee.
P
sur le mode de donner la pression.
¡
¡
¡
et
établlt
et
Cannes
e
une croix que les démons veu ent u1 en ever,
'
h
. ·s poor Cannes d,un
bon t·ent
~ses
réun1
·ssent
tous
les
avantages
d'un
i
Et
en
effet
lord
Broug
am,
epr1
Ses Prequ•·11 de'fend victorieusement avec l'aide de so_n ange
'
t
I s amoureux ·
tirage tels que double touche, mouvement con··
O
véritable amour, fil comme presque ous e
..
'
M Al
t gard·1en. Yoici le veau d'or ou le jeu du chat. n Jette en
.
JI ava1·t decouvP.rt un com
. ·,
..
t·1ou et rapºide du cy11·odre de l'encrier. _C'est · ª.uze 'air un chat enveloppé dans un sac, et, comme ¡es mé- il tambourina sa pass10n.
• 11 • teté hab1tee
l
e e n ava1
.
qui. a eu 1··1oire·o1·euse idée de leur apphquer _une d1spo_- r·1d·1onaux ont beaucoup d'imagination, ce eh at Ieur re- ignoré, une plagc déserte, puisqu
. td
echeurs et il fit
sition semblahle a celle employée pour les pet1tes mach_11 J·usque-la que par des marins e es p .
' .
·sente le veau d'or adoré par les juifs et aussi par que 1
. prAs il amenalt de
nes arahoter ' retour accéléré. Le bouton de La mam- Pre
l b II tant et si bien que que ques mois ª .,
.
'"
d
ques cbre'tiens. ll y a enco_re l_a reine de Saba, .ª e e
, d
s compatr1otes. le
velle se de'place daos une rainure pratiquée_ ª.ºs un
1
t Londres a sa suite une nuee. e se .
'.
th
e
• l T l
qw fonda la -v1lla
Estelle' qui conduit les lro1s ro1s mages. a Be 1eem,_
·11ant
dont
l'extrémité
libre
est
art1culee
avec
b
"º
premier
en
date,
le
génera
ay
or,
rayon Oscl
les Téro.ssouns, lesquels re,,ésentent, s1 vous vou ez h,
la bielle qui c~nduit la table. De la sorte, la viteese est

1:

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V

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V

V

•

�76

L' ILLUSTRATION, JOURNAL UN I VE RSEL.

77

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UN IVERSEL.

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NOUlHLLP. PRESSR MÉCANIQUR DR 11. ALALZ6T (Voir page 74),

•

Saint-Georges, puis M. Leader, membre &lt;le
la chambre des¡Communes, puis sir Robinson
Wolfield, le grand batisseur de Canncs. c·est
alui qu'on doit le chateau de Sainte-Ursule,
construction gothique (style Tudor, comme
disent les Anglais) qui apparlient aujourd'hui alord Londerborough. Ce slyle Tudor
est en grande estime a Cannes; la villa Victoria et bien d'autres encore sont flanquées
de hautes tours a machicoulis. L'Angleterre a
posé son indélébile cachet sur ce riant littoral. Quand il quitte son ile pour aller a la
rechcrche du soleil, l'Anglais emporte son
pays avcc lui; il ne laissc en Angleterre que
le climat, et c'est pourquoi nous voyons a
Cannes tant de maisous gothiques, tant de
castels avee créneaux, tant de constrlfctions
du !Sord dépaysées sous le beau ciel proven~I, qui doit etre bien étouné de voir la brique usurper la place du marbre, et ie style
Cockne11 des comtés se substituer a l'arcbilecture des blanches villas d'llalie.
La comme partout, d11 reste, la plus grande
anarchie rcgne daos l'architecture : a coté
d'un burg en carlon-pierre, un palais mauresque. Le gothique, la Renaissance, le
chinois, tout ,cela va de compagnie. Voici,
parmi tant d'autres, la villa du Hocber, la
villa Alexandr:t, dont le stylc oriental attirc
l'attention. Je lui reprocherai le vastc turban
qui coifle le minaret : ce turban rouge me
íait toujours l'effet d'une de ces tetes de turc
qui se ciressent en s'échappant d'une boite a
surprise. Du reste, il serait trop loug de raire
l'énumération de ces jolis nids d'biver; la
place manque pour en construire de nou-

-

~.:-o·

,:'7~~---=.
;---

LA VILLA ALEXANDRA.

VUB DE CANNBS ET,DE LA PLAGB OE U rROISETTE,

!

,

veaux, et les tar&lt;l venus sout obligés &lt;l'aller
&lt;léboiser les rianls cóteaux du goHe voisin,
Je golfe Jouan, dont nous parleroos tout a
l'heure.
Et a travers ces allées bordées de maisons
de plaisance, de parterres fleuris, ou les
orangers, les myrtes, les cactus, les grenadiers, les palmiers poussent en pleine terrc,
et oil meme, au mois de janvier, on voit
les roses s'épanouir, c'est un perpétuel va et
vient d'élégantes caleches, de victorias, de
paoiers d'osier trainés par des poneys et
conduits par des Jadies ou des princesses
russes. Un Longcbamp hivernal Adeux cents
lieues de París.
Cannes, qui partage avec Je golíe Jouan,
Hyeres, Nice, Pau et Arcachon, le privilége
de recevoir la visite des poitrinaires de tous
les pays, est admirablement située sur le
rivage d'une mer d'azur, en face des iles
pittoresques de Lérins, et elle est égayée pendant l'hiver par le chaud solcil de la Provence. Daos ce coin de terre béni des dieux,
l'hiver ne dure guere que quatre ou cinq
jours, quand hiver il y a; la, les prétenlions
ne sont point excessives comme a Nice; les
trois toilettes par jour ne sont pas de rigueur, et la plus complete liberté regnf.
parmi les colons étrangers. On va, on vient,
a pied, a ane, a cheval, en carriole, en caleche, et personne n'a rien a y voir. Canncs
est un grand salon en plein air, ou cbacun se
case a sa guise. Le soir, on a le casino, et
daos le jour les visites et les excursioos, une
vie douce, racile, ou l'on égrene paisiblement
le chapelet &lt;les hcures. M11• Rache! a créé un

�1

78

L'ILLUSTRATION, JO URNAL UNIVERSEL.

pelerinage, le pelerinage au Cannet, aimable village perché a une lieue de la, sur une colline odoriférante. Garnier Pages vient d'y batir nne petite villa. Quand uue voiture fait son entrée triomphale au Cannet, les habitants
se füent : &lt;&lt; Voila des étrangers qui viennent visiter
la maison de la comédienne. ii II y a quelques années,
je trouvai a quelques pas de la villa Sardou un guide
décoré de la médaille de Sainte-Hélene, lequel me
conduisit, a travers un dédale de petites ruelles, j usqu'a
une maison percée d'étroites fenetres et d'uu aspect un
peu morose". Dans le jar&lt;lin, un joli bois d'orangers et
de citronniers, mais pas de vue. C'est la que Rache!
est venue mour1r au milieu des fleurs. Au moment ou
je prenais congé du gu1de, cet ancien soldat cueillit
une orange et me l'offrit comme une souvenir de mon
pelerinage. t&lt; J'ai choisi une orange amere, me dit-il,
cela se cons,,rve plus longtemps que les oranges doilces.
n Je mis l'orange daos ma poche, et quelques minutes
apres, ne songeant plus au don pieux du guide, j'écrasai la précieuse religue en m'asseyant daos la voiture.
Brave homme de guide ! C'était bien la peine de
cboisir une orange amere !
EDMOND TEXIER.

1.

LES INDUSl'.,_RIES INCONNUES DE LONDRES.

LES CRASSEURS D'tGOUTS.

J

11 y a quelques années, les vastes égon1.s de Londres,
qui out leur issue daos la Tam1se, étaient wmplétement
,ouverts, de sorte que toutes les personnes désireuses
d'explorer leurs sombres et peu engageantes profondeurs, avaient la faculté d'y pénétrer par la riviere, et
de s'engager en avant, daos toutes les directions, aussi
loin qu'elles le voulaient, a la condition, bien entendu,
de pouvoir supporter les affreuses puanteurs qui se clégageaient achaque pas autour d'elles.
A cette époque, il arrivait fréquemment, surtout par les
marées du printemps, que l'eau de la Tamise, refluant
daos les égouts avec la violence d'un torrent, s'échappait a travers les ouvertures grillées qui donnent daos
certaines rues, et inondait tous les has quartiers daos
le Toisinage de la riviere, qui, jusqu'aux rues de Shadwell et de Wapping, ressemblaient a une· ville hollandaise, entrecoupée de canaux fangeux. Pour remédier
a cet inconvénient, les commissaires préposés a la voirie
de la métropole ont fait construire, a l'issue daos la
Tamise des divers égouts, de fortes mnrailles en brique
avec une ouverture fermée par une solide porte en fer,
qui est disposée de telle fa~on que, quand la marée est
basse, le moindre effort venant de l'intérieur la fait ouvrir et permet aux immondices que charrient les égouts
de s'écouler daos le fleuve, tandis que, qua.rid la marée
monte, elle est si fortement pressée contre le mur par
le flot extérieur, que l'eau ne peut y pénétrer : ainsi les
riverains sont garantís des inondations qui étaient fréquentes aunaravant.
Si ce n'était un fait avéré, il paraitrait pent-etre invraisemblable que des hommes puissentse trouver qui,
pour un gain précaire et misérable, consentent, pendant
des jours et des années consécutifs, a explorer ces conduits souterrains, infects vomitoires des immondices de
la cité. Autrefois, cette professio·n avait une plus grande
extension que maintenant, l'acces dos égouts étant,
comme nous l'avons dit, entierement libre, et aucun
obstacle n'arretant ceux qui étaient désireux d'y pénétrer.
On raconte encore, parmi le peuple, plusieurs histoires émouvantes de gens égarés dans les égouts, leurs
flambeaux éteints par les vapeurs malsaines qui s'en exhalent, ayant erré daos ces catacombes fangeuses, jusqu'a
ce que, abattus, accablés, ils se soient laissés tomber au
lieu ou la mprt devait bientot venir les frapper. On raconte aussi des histoires de chasseurs d'égouts assaillis
par des myriades d'énormes rats, ayant livrt&gt; une lutte
désespéré.e contre ces auimaux pour défendre leur vie,
mais accablés par le nombre, et dont quelques jours apres
on avait trouvé les cadavres affreusement rongés. Depuis que des portes ont été placées a l'entrée des prinpaux égonts. défense a été faite d'y pénétrer a ('avenir,
et une ré~ompense de 5 livres a été promise a toute personne qui déuoocerait une contravention a cette ordonnance. Ce qui n'empeche pas cependant qu'il y ait encore aujourd'hui toute une classe d'industriels qui ga-

79,

L'ILLUSTRATION, JOURN AL UNIVE RSEL.

gneot leur vie a explorer ces voies souterraines, a la re- d'égouts sont toujours munis, dans leurs excursions,
J(ais comme tons ceux dont l'existence est précaire et
cherche de tous les objets de quelque valeur qu'ils peu- d'une lanterne sourde, ~u'ils tiennent de telle fa~o,
u~ise au hasard, les habitudes laborieuses, l'ordre·et
vent y découvrir.
r.écOnomie ne comptent pas parmi leurs vertus. Avec
11ue sa lumiere leur permette de distinguer a quelq11e
Ces gens, désignés sous le nompiltoresque deChasseurs distance devant eux. lis vont ordinairemPnt par grouPf-1
leurs gains, supérieurs au salaire des ouvriers les mieux
d'égant~, ont pour vetement ordinaire de longues blouses de trois ou quatre, moins encore par amour de la so.
yés de Londres, et qui dépassent l'appointement de
14
de velours, munies de vaste~ poches; des culottes de ciété que pour se preter secours en cas d'accident\ et
:eaucoup d'employés obligés a une certaine tenue, ils
toile gros$iere et des chaussures en lambeaux, boones pour se défendre contre les rats. Quand ils approchent
Pourraient, avec un peu de prévoyance, vivre bien, se
senlement pour marcber dans la boue, completent leur d'une desouvertures grillées qui d¡mnent sur lesrues,ih
loger convenablement et mcme arriver a mettre en réaccoutrrment. lis porteot 110 8ac sur le dos et tiennent a ferment leur lanterne, et ne négligent aucune précaa.
serve quelques épargnes pour leur vieillesse. Mais c'est
la main une perche long,1e tle sept a. huit pieds, armée tion pour échapper a l'attention des policemen. lis ne
le contraire qui a lieu. Ont-ils fait .quelque bon coup de
a l'extrémité d'une large houe en fer.lCet instrumenta conduiscnt jamais de chi~ns avec eux, parce que les filet, ils se donnent rendez-vous daos un des cabarets
bor!J1leS de Mint-street ou de Rosemary-lane, et y restent
pour eux des utili1és diverse~; ils s'en servent pour son- aboieroeots de ces animaux contre les rats les feraieot
der, avant de s'y aventurer, un terrain qui le1ir parait découvrir. lis avancent lentement, fonillant avcc leo,
3 boire jusqu'a ce que leurs poches soient vides; ils ne
retournent dans les égouts que pour se procurer les
peu sur, ou bien ils s'appuient sur ce baton comme sur houe la f:inge daos laquelle ils marchent, et visitant
moyens d'une nouvelle débauche, et c'est ainsi que, en
une canne pour affermir leur marche. S'ils viennent a avec soin les crevasses des murailles, ou se logent ord¡.
en dépit de leurs gains abondants, ils n'en sont pas
tomber daos quelque foodriere, et cela arrive souvent, nairement les pieces de monnaie et autres objets de
meme aux plus expérimentés, ils manreuvr&amp;nt avec cette quelque valeur que charrient les égouts. 11 existe ainli
moins les plus misérables habitants des plus misérables
perche et s'eflorcent de s'accrocher a quelque appui a de grands trous dans lesquels se sont amassés, depuis
quartiers de la métropole.
leur portée : ils ¡larviennent ainsi quelquefois a se tirer des années, des objets de toute sorte, tels que pieces de ' oo pourrait croire que, pa.~sant une grande partie de
eux-memes de ces mauvais pas; sans cela, tous leurs ef.. monnaie, clous, morce:i;.UX ele fer et d'autre métal, qui 1e
leur existence au milieu des vapeurs malsaines qui se
dé11agent des égouts et dont les seules exhalaisons a traforts pour s'arrachet de ces trous ne feraient que les y sont rouillés, amalgamés ensemble, et qui forment des
ve~ les grilles, daos les rues, sont redoutées co111me
enfoncer plus profondément; eucore, malgré leur per- masses compactes clont le poids est quelquefois de 50 i
pestileotielles, ces hommes portent, sur un pale visage,
che, sont-ils exposés a. y laisser leur vie, si personne ne 200 livres. Ces masi;es sont trop lourdes Jl0Ur etre cha,.
se trouve la pour leur porter secours. En fin, avec cet:e riées a bras d'hommes hors des égouts; nos iadustriels
les trafes certaines de leur insalubre métier. JI n'en est
houe, comme les chiffonniers avec leur crochet, ils doivent renoncer a se les approprier, s'ils ne ¡,arviea.
ríen.
c·est une chose assez singuliere, que les chasseurs
fouillent daos la fange des égoúts, et y cherchent le fer, nent pas a les briser, et chaque jour elles se grossissent
d'égouts soient généralemeut, ao contraire, forts, role cuivre, les cordes et les os, qui sont les principaux élé- de quelque nouvelle adjonction. Despieces de monnaie de
bustes, bien portants et ne connaissant la maladie que
ments de leur butin quotidien. lis d'éploient une sagacité toute valeur, depuis des pieces de six pence (60 c.) jusde 0001. JI y a parmi eux des vieillards de soixante et
tres-grande dans cette chasse a travers l'obscurité et qu'a des souverains (25 fr.), mais les premieres en plus
quatre-vingts ans, qui toute leur vie ont fait ce métier,
dans cette peche en eau trouble. Quoir¡u'ils n'aient plus 'grande ~uantité, des c11illers et des fourchettes d'1ret qui sont encore verts. Ces hommes paraíssent croire,
aujourd'hui les memes facilités ,qu'autrefois, les chas- gent, des couteaux a manche d'argent, et autres vaisau contraire, que l'odeur des égouts contribue a la conseurs d'égrJUts parvienoent encore a se proeurer ce selles précieuses, et des bijoux de toute sorte, composent
se"ation
de leurs forces et de leur sauté.
-qu'ils appelent une belle existe11ce, et ils traitent avec fréquemm,rnt le butin des chasseurs d'égouts. Mais alon
Nous
terminerons
en mentionnant la version singuune sorte de dédain aristocratique leurs freres moins for- meme qu'ils sont en veine, comme ils disent, ils ne ne,
liere qui circule parmi le bas peuple de Londres, de
tunés, les mud-larks (écumeurs rlu rivage), qui se livrent gligent pas de remplir leur sac de tous les menus ohJ'existeoce d'une race de cochons sauvages qui habitent
aux memes recherches daos les bas-fonds qu'en se reti- jets qui leur tombent sous la main, tels que mor.:eao1
les égouts dans le voisinage d'Hampstead. L'histoire prérant la marée laisse a dtlcouvert.
de fer, de plomb ou d'autre métal, os et débris de toute
teod qu'une truie grosse, tombée par quelque accident
Pénétrer daos les égouts et les explorer a une cer- nature. On trouve toujours une grande quantité de ces
atravers une grille daos les égouts, a mis bas sa portée
taine distauce, cela est considéré, meme par ceux aux- choses daos les égouts, parce qu'ils sont le déversoir naet l'a élevée, se nourrissant des débris qui y sont jourquels ces expéditions sont familieres, comme une aven- turel des fosses d'aisance et des eaux sales des maisons,
oellement jetés. On ajoute que ces animaux se sont
ture loin d'etre saos péril. Les dangers qu'il faut' affron- et c'est ce qui explique aussi la quantité d'objets pJi..
multipliés daos des proportions considérables, et qu'ils
ter sont aussi nombreux que divers. En beaucoup d'en. cieux, particulierement de vaisselle, qui s'y égareot
sont devenus aussi féroces que nombre•JX. Si aucun de
droits, principalement daos les vieux égouts, les murailles journellement. Quand les chasseurs estiment qu'ils ont
ces cochons n'a jamais quitté les égouts, c'est par l'exde briques ontété pourries par l'actioncontinuede l'humi- poursuivi leurs explorations assez longtemps, on quand
cel!rnte
raison qu'ils ne peuvent le faire qu'en remondité et des matieres putrides, des pans se sont écroulés, et leurs trouvailles ont suffisamment satisfait lenr attente,
tant
i.i
l'embouchure
de l'égout dans la Tamise; pour
le passage est obstrué par des amas de décombres. JI faut ils sortent de l'égout avec les memes précautions qu'ils
cela, il leur faudrait franehir un canal qui ne se tarit
apportu une grande précaution afranchir cesobstacles, ont prises pour y pénétrer, et SP. rendent a la demeure
jamais et qui se précipite vers le fleuve avec une grande
et se garder surfout de heurter le briquetage supérieur, de celui d'entre eux dont l'habitation est le plus procbe.
rapidité; or, c'est la nature obstinée des cochons de toucar le plus léger choc entrainerait une avalanche de La, on compte !'argent qu'on a pu trouver, on fait d~
jours nager contre le courant, si bien qu'ils se trouvent
pierres et de terre, et si l'on-n'était pas englouti sous lots des autres objets suivant leur nature, et on fait do
iovariablement ramenés a leur repaire; et c'est pour
r.et éboulement, on n'en sortirait certainement que con- tout une répartitíon égale entre tous. JI arrive fréquemcela qu'oo ne les a jamais vus. Nos lecteurs peuvent
tusionné et meurtri. Depuis la coostruction des égouts ment qu'au retour de ces excu,sions, quand la chasse a
croire ce qu'ils veulent de cette histoire; mais il est bon
neufs, les anciens sont généralement abandonnés par été heurense, chacun de ceux qui y ont pris part peut
de dire que les hahitants d'Hampstead n'ont jamais
nos chasseurs; mais dans beaucoup d'endroil~, les retirer de sa part de butin de 30 sh. a 2 l. st. {de 40 a
aper~u aucun de ces aoimaux a travers les grilles des
vieux con&lt;luits s'entrecroisent avec ceux de construction 50 fr.). Ce cas, du moins, n'était pas rare, il y a quel•
égouts, ni jamais n'ont été troublés par leurs grognerécente, rt dans ce dédale on est ll'es-exposé a s'égarer. ques années. Cela paraitra invraisemblable peut-etre,
ments. Les chasseurs d'égouts jamais non plus, du
ti est encore tres-dangereux de se risquer dans les petits mais, toutes compensations faites des bonnes et des mamoins
a notre connaissance, n'ont rencontré aucun des
lioyaux qui ahoutissent au collecteur principal; on ne les chances, il est avéré qu'un chasseur d'égout gagne
monstres
fahuleux des égouts d'Hampstead.
peut avancer dnns ces étroits passages que baissé ou 2 l. st. (50 fr.) par semaine, !'une dans l'autre, toute
meme a plat ventre, et souvent se trouveut accumu- l'année durant, - ce qui fait le fortjoli denier de 6 sh.
A. VERMOREJ..
lées des quantités considérables d'air vicié, qui occasion- (7 fr. 5ü) par jour. On peut estimer a deux cents environ
nent J'asphy:xie immédiate des imprudents. Ce ne sont le nombre des individus engagés régulierement daos
p~ non plus des Cables que les attaques de rat~; ces cette industrie, ce qui porte a 20,Q00 l. {500,000 fr.) le
SOCitTt IUIIOBILii:RE
animaux sont tres-nombreux et réelJement formidables reveuu tiré des égouts de Londres, chiffre qui donne lieo
daos l~s ég011.ts, et il n'est pas rare du tout qu'ils s'alta- a plus d'une réflexion 1
DE LIMOGES.
qnent aux hommes avec une furie telle que l'on ne parLes chasseurs d'égouts se plaignent tres-amerement
Capital: 1,250,000 Ir. divisé en !,500 actions de 500 fr.
vient qu'il grand'peine a leur écbapper. Ils sont parti- des entraves que les récentes mesures prises par 111 po·
comllt de pa1ronage :
culierement féroces et dangereux, quand ils se sentent lice municipale ont apportées aleur industrie, et se réacculés daos quelque coin d'oi.t ils ne peuvent pas s'é- pandent en iuvectives violentes contre les autoritéscoosPrtsititnt : M. Michel Cuc:vAurn, G.-O.
chapper; alors ils se précipitent sans hésiter snr quicon- t.mées. &lt;t On nous empeche, disent-ils, de travo.illtt
sénateur; - MM. Fran~ois ALLUAUD ainé,
que fait obstacle a leur passage. Eníln, sur certains dans les égouts, sous prétexte qu'il peut y avoir quelque
O.
ancien maire de Limoges, ancien
points, il existe des réservoirs profonds dans lesquels danger; on craint que nous ne soyons asphyxiés, ¡,ré·
vice-président du conseil général; l'eau cst retenue par des écluses qui se ferment a la tend-on, mais on n'a pas souci que le pauvre monde
D.&amp;LtSIIE,G.-O.
généra\ de division du
haute marée et ~e levent a la marée basse. L'eau se meure de faim; non, on ne s'inquiete pas de cela.•
génie (cadre de réserve); - LAPORrE,
précipite alors dans les principaux égouts avec la vio- Quoi qu'il en soit de ces mesures et de ces plaintes, il
membre du conseil municipal; - PtcoNlence d'un torrent, entrainant tout ce qui se rencontre n'en est pas moins certain que nos chasseurs rusés saNrr, maire de la ville de Limoges;-Émile
sar son passage, et les chasseurs qui sont surpris par vent fort bien trouver les moyens de déjouer la surveilPounr,
membre du conseil munir.iees trombes périssent infailliblement, s'ils ne sont pasa lance de la police, et qu'ils continuent, comme par le
pal;- Gérant de la société: C. BAILLEMoNr,
la portée de cbercher un refuge dans un emhranche- passé, a faire des gains considérables sur des objets qui,
O. ancien chef de bataillon du génie.
ment latéral. Autrefois, avant l'existence des portes en saos eela du reste, seraient a jamais perdus et salll
ObJet· de la 8oeltlt.
fer sur la riviere, le danger était beaucoup plus grand profit pour personne.
Les chasseurs d'égouts, on en peut juger d"apres ee
et se renouvelait a chaqu~ marée, dont les explorateurs
. D'apres des alignemenls arreté~ par la
TJlle, con~truire un quartier neuf pour la
d'égout.~ devaient parfaitement connaitre les époques, que nous VPDOns de dire, sont de vigoureux camarades,
populatioo manufacturil:re;
pour avoir soin de se mettre a l'abri de toute funeste bien supérieurs a tous les antres écumeurs de Londres,
a la fois par les gains qu'ils réalisent et par l'intelligenee
_Reveodre par lol~ une partie des i 20,000
surprise.
Outre la perche dont nous avons parlé, les chasseurs et le courage que nécessite leur dangereux métier,
tnetres de terrains achetés par la Société.

BIBLIO G RAPHIE.

FLORE LATINE des Dame~ et des gens du monde. Anthologie
htine. clef dPs citations latines que l'on rencontre fréquemment dans les ouvral(es des écrivains íran~is.

FLEURS HISTORIQUES des Dames el des gens du monde. Clef
des allusions a•J)[ faits et aux mots célebres que J'on renconlre fréquemment dans les ouvrages des éc' ivains íran•
cais. - Deux magnifiques volumes grand in-8º, 11apier extra, splendides photograpbies exécu1ées par Richebourg
et Pierre Petit, reprodi:ction des chefs-d'reuvre de Raph,1el,
Rubens, Le Poussin, Le Corrége, Gnérin, Prudhon, Reynolds, etc., etc. -Par PIERRE LAROUSSE, auteur du (;1•and
Dictionnoire universel du x1x• siecle.

Ces deux ouvrages sont deux mines inépuisables d"érudilion latine et d'érud:tion fran~aise. Rencontre-t-on
dans le journal, daos le roman, au théatre, dans la conversation, l'une de ces alluEions qu'il n'est permis a
personne de ne pas comprendre aujourcl'hui : Ab Jote
p1'incipium, Ab uno disce omnes: Alma parens Arcarles
ambo; Deus ex machina; Donec eris felix; Facit indignatio
v1wsum; lnvita Minerva; Just~m ac tenacem... ; Mens agitat
molem; Parturient montes; Pro aris et f0tis, etc., etc. l'Abíme de Pascal; le Bon billet qu'a laChdtre; le Nreud
gordien; l' Ane de Buridan; la Bichti de Sertorius; les Cail/oux de Dtmosthene; la ~qui/le de Si:cte-Quint; le Cha-•
peau de Gessler; le Chene d~ Vincennes ; la Queue dt, chien
d' Alcibinde; A pres moi, [P, diluge ! Ai-;e dit que/que Fi&gt;t•
tise? Apres vous, messieurs les Anglai~; .11on siége t11t fiJ.it;
Nous dansons sur un volean; l'Ordre rl!gne a Varsovie; Jl
est trop tard, etc., etc. - E p11r si muove! God save the
{)ueen; Lasciate ogni speranza; To be o,• not to be; That is
the qttestion; Time is money; .Euréka ! Anch' io son pittore;
Traduttore, traditore, etc., etc., ou consulte l'un de ces
tleux livres, et c'est le Sésame, ouvre-toi, devant lequel
s'écroulent, comme les murs de Jéricho, toutes les barrieres de l'ignorance.

Prix de chaque ouvrage :
Broché, avec une photographie.
Id. avec se¡,t photogr:i.phies.
Relié, avec une photographie. .
ld. avec sept photographies.

cieres sera complet, et il s'est écrié : « lis se beurtent
cependant á des sentiments plus fort qu'eu1; » et, pour
preuve, M. Mires donna lecture de la lettre suivante,
qu'il venait de recevoir de sa tille, Mm• la princesse de
Polignac:
« Cher pcre, voici encore une condanínation ! Le Tri« bunal de commerce te refu~e le temps de te défendrr,
« comme d'autres t'ont refusé une exrertise contradict&lt; toire ! Espere-t-on te lasser? 1.'expérience aurait du leur
« :i.pprendre que ton courage ne faihlit pas; ils t'ont
,&lt; ruiné, et ils e.~pcrent peut-etre que tes ressources épui« sées t'empecheront de continuer la lutte que to as
&lt;t entreprise pour faire triompher la. véi:ité et la ju,~tice.
« lis oublient que le malheur qui m'a frappée m'á
t&lt; rendue maitresse de la fortune que tu m'as donnée ¡
« elle sera conrncrée a ta 'défense; dut-elle disparaltre
&lt;t daos le gouffre, ton honneur n'y tombera pas!
« Soutien~ ta juste cause, appuyé sur ta filie pleine de
u respect, de dévouement et de tendresse !
« AlltLII!:. ))
&lt;t Le pere a pu achever la lecture de cette lettre saos
pleurer, mais l'immense auditoire a joint une !arme a
chaqoe phrase qu'il écoutait !
&lt;&lt; Je n'ai pas connu M. Mires dans ses jours de
prospérité; je ne pense pas cependant qu'il ait jama.is eu de motif d'etre sinon plus héureux, du moins
plus fier qu'il ne l'a été hier a la suite de l'assemblée
au sein de laquelle il venait de faire un si sincere aveu
de toutes ses infortunes, et ou le dévouement filial s'était révélé non-seulement daos son expression la plus
naturelle, et des lors la plus pathétique, mais encore
daos une le~on formulée avec une austere simphcité.
&lt;t G. )l
~

PLACEMENT HYPOTHÉCAIRE.

CLOTURF.

DE

lO fr.

3i JUILLET C0UIIANT.

DIS

BOULEVARDS DU TEMPLE.

i5

Emis~ion de huit mil/P. obligations de 500 franc~.

NOT•. - S'adre1ser· i la librairi• Larons1e •t Boy•r, 49, rue Saint-Andre-~es-Art1, a Paris.
~

Le journal l'Europe rend compte en ces termes de la
réunion des actionnaires de la Caisse des Chemim de fer,
qui a eu lieu daos la vaste salle du cirque de l'lmpératrice.
11 Seiie cenl~ actionnaires, représentant soixantecinq mi lle actii1ns, avaient répondu a l'appel de
M. Mires.
·
t&lt; Aprcs avoir passé en revue l'excellence des diverses entreprisesde sa maison, les désastres qui sont venus
un jour sur cette derniere, puis les efforts prodigieux de
courage et de persistance qu'il a tentés pour réparer un
malheur daos lequel il ne se trouvait pas seul enveloppé, M. Mires en est arrivé a dire qu~lques mots contre les adversaires qui ne se lassent pas de le poursuivre.
Alors, il a représenté ces adversaires tenaces comme des
hommes noun:issant l'espoir que luí, Mires, cessera de
lutter sitot que l'anéantissement de ses ressourcesfinan-

LA

LE

~OCIÉTÉ IMIIOBIUERE

i2
i2

TERRAIN oc

T,A SOUSCl\lPTION,

GaRANTIE : i •• hypotheque sur NEUF MILLE metres de
terrain et snr lfs immeubles a la construction desquela
seront employés les fonds de cette émission, savoir: trois
Théatres dont les baux sont signés, une Salle de concerts e{
sept Maisons bourgeoises. Le tout évalué nmr MJI.UoNs.
RrnsouRsEMENT : Outre l'intéret a 5 0/0 payable par
semestre, le remboursement s'effectuera en 31 annuités,
soit 258 obligations par an, avec béné/lce progressif de
25 fr. par an.
VERSEMENTS : 50 fr. en souscrivant, 75 fr. a la répartition, 75 fr. un mois apres, et 30 fr. par mois pendant les
dix mois suivants.
On souscrit a París, an siége social, boulevard du Temple, 36, et de la province, par l'envoi de billets de baoque ou de valeurs sur Paris, a l'ordre de M. AMm, direr.teur-gérant.
On souscrit aussi chez les banquiers correspondants de
la Compagnie.

-----..-.

COMPAGNIE

*,

*•

*•

Ces terrains out acquis aujourd'hui une
plus-value considérable;
Créer des docks,' entrepóts et ma,gasins
généraux;
Permettre aux locataires des immeubles
de la Compagnie de devenir propriétaires
(combinaison du CRl:'.mr FONCIER DE FRANCE).
Le conseil municipal de la ville de Limoges s'occupe en ce moment des subventions qui doi vent etre accordées a la
Compagnie pour l'établissement des places
ét rues du nouveau quartier.

Chaque action donne droit :

*,

*,

81

C,.Jt ftr

t • A 5 0/0 d'intéret{art. 33 des statuts);
2° A 90 0/0 dans les bénéfices (art. 3i
des statuts).
On souscrit 11. París, chez M. Ernest Huguet, banquier de la Société, 32, rue Notr'e Oame!..des-Victoires;
Et daos les départP.ment~, chez MM. les
notaires et les banquiers correspondants,
chez lesquels on distribue prospectus et
tous documents.

I

�80

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

Le JOURNAL DES PETITES
F1LLES (La Poupée modele,
meme administration que
le Journal des Demoisel/es,
boulevardaes Italiens, Nº t)
mérile toute notre sympathie.
C'est bien a de trcs-jeunes enfants que s'adresse ce
journal, et comme nous
ne sommes plus au temps
ou l'on parlait negre aux
enfants, ce journal s'exprimc en un style d'une compréhension aisée, saos nul
doute, mais dont la correction et l'élégance ne sont
poiot exclues.
Dans ce cbarmant petit
JOUl'Ilal, ou, naturellement,
la gravure coloriée et de
jolis dcssins de broderie
facile out leur place, c'est
surlout aux creurs des cnfants que l'on s'adresse;
c'est daos ces jeunes cceurs
que l'on s'efforce de répandre les bonnes semen.ces,
et l'on y parvient, nous
pouvons l'affirmer, sans
que ríen y sente le pédantisme ou le preche; la morale y regne, mais elle
y revét les plus gentils
atours.
Formar le creur est done,
certainement, le but· premier du Journal des Petites
Filies.
Ceci n'implique pas que
la culture de l'intelligence y soit négligée, témoin les excellentes causeríes historiques, que nous y
trouvons présentées de tell e
sorte qu'elles intéressent
vivement le je une esprit,auquel elles s'adressent et lui
font souhaiter de poursuivre.
Le Journal des Petites
Filies posscde, on le voit,
le fond et la forme. Ce sont
la les éléments qui font les
soeces 4urables, honorablement acquis, et, du reste, le succcs est venu, nous
:iimons a le constater.

Une commission vient4t
se c_onstituer pour ériger
unmonumentanotreg~
poete populaire, a Béraa.
ger.
Cette commission se co11,
pose de~
MM. Henjamin Antier
.
Hippolyte Oastille,
J. Co.'
hen, Paul Dalloz; Léonce
'Dupont, 1&lt;;douard Fourniet,
Ad. Guéroult, Havin, Ael
Jubinal, Pierre Lachaaibeaudie, Laffitte, Legou,é,
vice-présiden t, Léo-Lespes,
Victorien .Sardou, Albéric
Sccoud, Alphonse Tessier,
Frédéric Thomas, sous la
présidence de M. le haroa
Taylor.
Une souscription publique est ou verte dans les
bureaux de tous les jo11rnaux et chcz M. BolleLasalle, agenttrésorier, 68,
ruede Bondy.

,
• ,,v.--

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MM. les S~uscripteurs
dont l'abonnement expire
fin j uillet, sont priés de le
renouveler
immédiate.
ment, s'ils veulenl n'éprouver aucun retard dans la
réception du journal.

')

On s'abonne directement
aux bureaux du journal et
chez les principaux libraires, tantde la France que de
l'étranger.
Pour l'Allemagne, l'Au• trich,, la Prusse ei la Russie, on péut s'abonner par
l'entremise de ·,a direction
de3 postes de Cologne et de
. Saarbruck,et pour toute !'lle
de Cuba, en s'ad·rcssant i
- M. Sabour¡n, liliraire, notre ·agcnt génóral; 66, Vil•
legas, a la Havane.
Toutes les demandes et
communications , relatives
au journal dóivent etre
adrcssées aM. Aun. MARC.

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ÉCHECS.
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RÉBUS.

SOLUTION DU PROBLE!IE JSº 1 70.
PAVITT.

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S01.UTIONS EXACTES.

Henri Frau, D• Revel, le capitaine Charousset, Stiennon
de Meura, E. Frau, G. Naudet, le cercle des Échecs de
Liége, E. Dubedout, Ed de Vaucelle, le Cercle Laborie de
Perpignan, Henry Stielfel, A. Thionville, G. de V. Allevard,
L. Lefrancq, Café de l'Europe, il Phalsbourg, Café Bazin,
Obozinski, il Maubeuge, Léa Ricardo, Calé de la Perle, a
Lons-le Saulnier, J. Beckers.
J . .\. de R.

__.,,.,.~

---~

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. .,__~

---

l

.:;_i:-=---directeur-gérant.
EoM. , TExrER, rédactcur en chef.
Au&amp;.

M,1Rc ,

-----------~----------Imp. de L' ILLUSTRATION, A. Marc,
Les blanca font 111at en trois coup~.

22, rue de Verneuil.

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IXPLICATION

no

O1!:RNIIII Rf8C8.

Les poitrinaires aiment l'Afrique; assez souvenl · ses cha•
leurs leur rend~nt la vie.

11&lt;!

Gr

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          <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                  <text>L'Illustration</text>
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                  <text>Semanario francés ilustrado se publicó entre 1843 y 1944. Aborda temas políticos, económicos, sociales, científicos, artísticos, y deportivos. Fundado por los periodistas Jean- Baptiste Alexandre Paulin y Édouard Charton. Sus ilustraciones eran realizadas por los mejores dibujantes como Henri Valentin, Édouard Renard, Paul Gavarni, Janet-Lange y Cham.</text>
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      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
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              <text>L’Illustration</text>
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                <text>L’Illustration : Journal Universel, 1864, Año 22, Tomo 44, No 1118, Julio 30</text>
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                <text>Publicación periódica</text>
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                <text>Semanario francés ilustrado se publicó entre 1843 y 1944. Aborda temas políticos, económicos, sociales, científicos, artísticos, y deportivos. Fundado por los periodistas Jean- Baptiste Alexandre Paulin y Édouard Charton. Sus ilustraciones eran realizadas por los mejores dibujantes como Henri Valentin, Édouard Renard, Paul Gavarni, Janet-Lange y Cham.</text>
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                <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores</text>
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                    <text>L'ILLUSTRATION,

;-----,..

vient4e
r érige,

1·eg~

lOUDAL DIVEBSEL.

Béraa.
1 seco11-

Antier,
J. Co.

Leont.e
ourniei,
in, Acb,
acham.

,egou,i,
-Lespes,
Albéric
Tessier,
sous la
e haroa
t publilaus lei
es jourBollericr, 68,

-

Ue ANNÉE. VOL. XLIV.

DirPdion . nédarlinn' Administralion :
Toutes lei commun'cat;on• relat;,·es au journ, 1. rerlamation•, demandes
de c~•~~ements d'aMess, . doi,·ent étre adressées frnnro i,
... AUG. ll'ARC. or• ECTEUR-GÉRA:"'WT.

tripteun
t expire
és de le
nédiateo'éproudaos la
al.

ctement
irnal et
t libraique de

l'.4ula llusner par
ircclion
ne et de
ute l'ile
assant a
,re, D066, Vil-

Les demande• d'abonnement doivent etre accomparnees
d'un mandat sur Paris ou sur la poste.

Samedi

6

N•

A.out

t 119.
1884..

L'admi11i1lr3lion ne ripond pas des manuscrih el ue s'engage ¡am111 á lts insmr•
Vu les traité1 • la. lraduction et la reproduclion i l'étrangtr !Onl interdiles.

BUREAUX : RUE RICHELIEU, 60.

SOMMAIRE.
Re,uc pohtiqce de la sr m• ioe. - f,1U rrier de
Paris. - Régalea du Havre. - Dislribulloo
des prix au colléve arabe-íran&lt;;a;s d'Al~er.
- Autobiograohie d'un pecte ((in ). - Les
baius d'Arcachon. - La litterature béarn111e. - Salon de 1864. - F.1c11rsion1 sur
les c61es de Normaodie. - f.hronique musical,. - L'a,guill, ur, paroles et mu~ique de
11. Gu1tave Nadaud.
CraL'llrtl: S. M. llar1e-Perdinand-Fran~i1

?,

d'A11i1t, roi d' Espagne. - Le marahout
Ahd-el-Azis, chcr de l'insurrcclion al~é •
rieune. - f.on•oi de prisooniers danoi1, amenes de l'i e d'Aben i RenosboufJ1. - Grandes regates du Hure ( U juil et ¡. - Arrivée
de 11. P. de Ltsseps au seuil d' El-Guisr, le
10 jmllet. - Les boios rl' Arcachun ( 1 gra•um ). - Saluu de t 864 : Q!,lipe et le
Spbi111 ¡ - Un d1mancbe au wu,ée du
gnod-duc. - Escursinn• sur les cciles de
:io,maodie (l ~ravures) - L'aigui l•ur, pa1olc1 ti musique de M. Gustave Nadaud. -

ndes et
·elatives
t etre
MARC.

R•bus.

REVUE POLITIQUE
DE LA SEllAI"NE.

s cha•

S'il fout en croire les journaux
de• Vienne, les négociations enaa.
0
gees entre le Danemark et les plénipotentiaire~ de l'Autriche et de
la. Prusse auraicnt abouli , dans la
seancc du 31 jui1let, a. la signature
des preliminaircs de la paix, dont les
bases seraient les suivantes:
Cession complete des Duchés, y
compris les enclaves j utlandaises,
a l'exception du dislrict de Ribe.
L'ile d'Alsen et les Hes de la roer
du Nord resteront au Slesvig, tandis
que l'ile d'.Arroe, daos la Baltique,
rcstera au Uanemark.
A partir du dislrict de Ribe, une
rectification de la fronticre aura
lieu.en vue de tracer une li"nestrategique,sans toutefois porte;atteinle
11 l'intégrité et il l'union des Duchés.
L'incident de llendsuour"'0 cst tou.
0
J urs la grave affaire du moment,

¡/
¡¡,

M. 11.lRIE-FERDINAND FRAN~OIS D'ASSISE, ROi O'iSP4'1(K.

AbonnPmrnh pour Paris et le.1 Diípartemcnls :
3 mois, 9 fr. ; - 6 mo's. 18 fr. ; - unan , 36 fr.· - le numéro : 5 c.
la collection menauelle, 3 fr.; le ,·olume se;.,estriel , 1~ fr. '
ADO:W1'1EIIIE~T8 POUR L'ÉTRA.~GER t

Memes prix ; plus les droits de poste , sui..ant les tarifs . •
Les abono. parten! du 1•• no de chaque mois.

en Allemagne. A la Dicte, le représcntant de la Prusse, en assignant
i1 l'occupalion de la villc . danoise
des motifs purcment militaires, el
en daignant reconnaltre que la protestalion du général Hake, qui n'avait -pas d'instructions pour ce cas
imprévu, était légitimc, a cru devoir
ajoutcr que les Prussiens, n'ayant
pas cu l'intention de chasser les
troupes fédérales, ils ne s'opposaielit
pasa•leur relour. Cettc plaisanterie
n'a pas été du gotit du représentant de la Saxc, 11ui a déclaré aus• lut qu'il renon~it a soumeltre it
la dicte aucune proposition, dans
cette conviction, Mterminéc par les
fails, que ce modc de pror.éder ne
saurait aboutir. Daos le cas ou un
évéuement pareil i1 celui sur lequ1 l
ón cliscutait mrvicndrail i1 !'avenir,
le gouvemement saxon, a-l-il 1lit
encore, n'aurait qu'unc chose a
fa ire : s'y opposPr par la force.
Le llanovre s'est horné a déclarer qu'il élait regrcttaule que l'entrée dr.s Prussiens it Rendsbourg
etit fnrcé les lrouprs fédéralcs i1 se
retirer.
La chambre des cléputés du Wmlemberga décidl! qu'une protesta ti&lt; n
serait rédigéc contre !'acle de violeuce commis par la Prusse. L'urgencc a été votéc a l'unanimité.
~¡,Des dépéches de New-York acuoncent qne la situation n'a pas
changé devant Pélcrshurgh. En
Georgie, Shermau a\'ait passé la
rivicre de Chattahooche et chcrchait
á couper les commuriicalions .pu
chemin de fer entre Atlanta et Augusta. Le général confécléré Forrest
marchait ala tete de dix mille hommes, afin de paralyser ce monvement. Des engagement.q ont cu licu
entre l'armée de Hunter et les confédérés opérant leur retraite; les
fédéraux avaient pris quatre canons
et une grande quantilé d'approvi-•
sionnements,
Des nouvelles vcnucs de Charle¡¡-

�L'ILLUSTRATION . .JOURNAL UNIVERSEL.

'

ton, porlenl qne les fédéraux on l ett; rcfnulés de Jameslsland vers l'ile Morris, el qne les balll'ries confl'flérées
ont rrpoussé les cano11nicres fécléra!Ps ju•riue rlans la
rivi rrr. !-tone.Un seul monitor auraitrprouvérles aval'ies.
D'arrcs des drpcches de Louisville, les confédcrés a11raient envahi le Kentucky sous les ordres rle !fornes. Le
corps d'armée d'invasion seraitde 5,0íl0 a 15,000 bommes.
11 y a de la marge entre ces deux chiffrcs.
Le5 corn111issaircs de la reine d'Anglrtcrre ont donné
lectur~ anx dímx chambres rl•1 mcssag-e royal qui prorogc
le Parlemcnt. ílans ce message, la reine r1•gr, tte que
les elfor:ts de l' Anglcterre, de la Fra nce, de la Russie et
dé la SUCfle, n'aicul pu amener une réconcilial1on entre
le roí de' ba11e111ark et les pui,sancr,s allemandes. IWe
espere qne la paix se réalisrra dans le nurd de l'Europe.
Sa )lajc,té déplore p1:olondément que la guerre d'Amériq11e n'ait pas atteint son terme, et elle verrail avec
joic une 1·ér.011ciliation amicale entre les dcux camps.
Voila d,•s reg:els et tics vooux bien chrétiens, qui honorent Ir gouvernemenf de l'Anglct~rre, et qui ne Je comproml'llrunt pas.
L'Emperenr Maximili1m a prononcé, a son entrée a
l\Iexico, une all1,c11tion dans laquclle il promet a son
peuple un gouv&lt;'rnemcnt fort, ayant la liberté pour base.
Sa Majeslé a parlé de l'ardent palrioti~me qui l'ania,c.
Devenir, en si peu de temps, de prince aulrirhien patriote mexicain, en véritr, voila qni est acln,iraLlc, et il
faut convenir qu'il y a, pour les archiducs appelés a l'imp~11 iHc a ccindre une co11ro.nne P.xotique, de5 graces
d'Etat li,ntcs particulicrcs.
Un soulrvcment a cu lieu a Haili pour forcer le p1·éside11t Gclhrd a porlcr sccours aux insurgés dominic,1ins.
Le l'o,m ietrlu /JimanchP.rés□ me en ces termes sa dernicrc cnrrespon,tance de Naples, rclativement aux réso.
lulions priscs récemmeat a Jschia et a ce qui les avait
précédées :
« A son rctour de Londres, Garibaldi avait recu a Caprera un envuyé de la cour de Torio, qui lui co;seillait
une rlou lile cxp,'d ilion vers les cótc:s de l'lstrie ou de ta
Dálmatie et en rneme temps vers la Hongrie, en passant
par la mer Noire et les Principautés danuhiennes. Vaisscaux, argent, tout élait mis a la disposilion du blcssé
d'A•promonlc.
&lt;1 Gar1haldi gouta.it ce projet et avait commencé les enróhiments en vue de son exécution; mais il a rencontré
une résistancc énergique chez tous les hommes du p~rti
d'action, dcpnis M. Mordini jusqu'au baron Nicotera. lis
alléguaieni les diflicultcs énonnes de l'enlreprisc,jointes
a la pres~ue certiludc d'un désaveu. E11fin, le mot r,iége
aurait été prononc&lt;\ par quelqucs-uns d'rnlre enx.
L'Empercur a écrit la lettre suivante au maréchal
Vaillant, minislre de sa maison et des bcaux arts:

n enonciation, par la compagnie, au trailé qui tui as~nrait uu certain nomlire ele travaillenrs i11digcncs, contre une indernnitc' clc · 38 millions, payahlc en six annuil és; rrtro, es0 inn de 611,rroo hectar&lt;'s rle tcrrain,
moycnnarrt 30 rnillions payahles en dix annuités.
R6t1 ocrssion clu canal d'c,111 doure, moyennant 10 millions pa_valJles dans l'annéc rle la livraison du canal;
ahandon des droit~ de navigation et autres rcdevanccs,
payaloles en dix annuités.
La jouissance cxclu;ivc de la partie du canal d'eau
douce, entre le Ouady, r¡n,sah el Suez, sera laissée a la
compa¡;nie jusqu'a l'entier achevement du canal 111arilime.
La Conr de París avait décirl&lt;\, rlans nn arrct renrlu
con Ir~ mt. de S.1 int Chéron et finance rlc Clcr bois, que
l'envoi d'une corresponrlance périod1que dcstin re a etre
inséréc dans &lt;les Jou1-miux auloris~s consli1ua1t par tuimemc la publical1on d'un jonrn d ou écril pél'iodique.
Cet arret vient d'etre cassé par la Cour de cassation.
Le Cou1'Tier du Dimanche publie la lctlre suivante,
adressée par M. le maire de Chantecorps (Deux -Sevres) a
M. le sous-préfet de Parthe1rny :
« J'apprends qu'une protestation, revetue de quelques

rares signatures, vous a été adrcssre conlre l'élection
de M. Lcboiteux, membre du Conseil général pour le
canlon.
« Je m'empresse de vous as•urcr qu'aur.un reproche
11c s:i.urait etre formulé contre les parlisans tl P- M. LPboiteux, qui n'ont exercé aucuue pres,ion snr les rlecleurs.
« Je 11P. pui5 donner le memc éloge aux parLisa11s de
la cand1dat11re &lt;le M. Proust. Pendant la se111aine qui a
précede l'élecliou, de, courriers, munis de lmlletin,, les
ont semés a pleines poigoées daos tous les villages de la
cornmune.
11 Les maisons ont ~té, a plu~ieurs reprises, individuellement visitées par eux.
« M. Dupont, de Vautebis, homme d'affaired de
M. Proust. se trouvait encore, la veil e de l'éleclioo,
daos les villages de la Chapeliere et de la Coudre, appos:rnt des affiches et laisant de la propagande.
&lt;( Une ruse nouvclle a été mise Pn usage, celle de
prendre des bullctins du candidat du gouvcrnement,
pour écrire dcssus le nom du caudidat de l'opposition.

. .

. . . . - ... . . .

Comprrnez--vous ces candidats de l'opposition, qui ont
l'and-ace de semer des bulletins de rnte a pleines poi-•
gnées, ele faire visiter les électeurs par lcurs agents,
d'apposcr leurs alfiches la veille méme de l'élection, et
ces élccteurs im¡wrtincnts qui ne craignent pas d'écrire le
nom du canditlat de l'opposition sur le hulletin qui porte
le nom du candidat gouveri:iemental ! Que de perversité!
S.M. Fran~ois d'Assise Marie-Ferdinaod, d9nt l'arrivée
a Paris est annoncée pour le 16 de ce mois, est née le
13 mai 1~22. Ce prince cst le cousin-germllin de la reine
lsahelle, qu'il épousa le 10 octobre 1846. On se rappelle
que cctle ques1ion du mariage tle la reine d'E pagne
rcmua l'Europe entiere. Les prétentlants étaient l'infant
Frang:iis d'Assicc, le cornte de Trapaoi, OIs du roi des
Oeux-Sicilc~, Ferdinand II, et le comle de Montemolin.
Lcroi d'E,pagne partira le 14 aoút, accompa)(nédesa
maison militaire, du duc de Medina-Cooli et du marquis
de Santa-Cruz. Le 15, il inaug11rer1 le chemin de fer qui
relie la Frauce a la Périinsule. Sa Majesté sera re~ue
a la fronticre par l'arnhassade d'E,pagne; elle passera
cinq jours eo france. De grandes fetes lui seront tlonnée~
a París, a Saint-Cloud, a Vers:i.illes et a Fontaincbleau.
ED.l!OND TEXIER.

L'ILLUSTRATlON, JOURNAL UNIVERSEL.

¡ trc jour, le directour rl'un spectacle forain

offrait a la
curio,ité &lt;lu pul,lic un hdmme et une femme mangeant
de, rats vivants. La justi•e e~ intervenue, et les magistrats ont condamné l'impres11rio a trente jours d'emprj.
1 sonncment et a cinq liv1·es sterling d'amende.
Voila des 111al{imaL~ bien cruels, de troubler ainsi les
plaisirs de la lihre Angleterre !
Je ne c11n11ais pas de loi q11i drfonde chez nous de.
ma11gcr des ral; vivants l'll p11l.Jli1:; de plus, nous jouis.
sons de la lihcrlé des thralrcs; pourquoi les ratophagea
ne nous feraient-il5 pas l'honneur de se réfugier en
france, et de nou~ rr,onlrer lcurs pctits talents?
Autre divertis;cmcnl angla is: soir, e; chautantcs don.
nécs par l'A11thro¡11,r,/o,so,. L' rlnl/1ropo11 /wos cst une tete
en cire pourvue d'un mécaui~mc intfrieur qu'on monte
a l'aidc d'une clcf. Le tour de clef dunné, la tele, suspcutlue au plafond, chante six airs dilfrrcnts avec les
varules. N'cst-ce pas tout a fail joli? Ju~qu'a pré~cnt, il
1 n'existe a Londres qu'une seule tete dotec de cclle merveilleusc organisation; mais_l'invcnteur est en train d'en
fabriquer d'autrcs, e.t hientót il y aura des tetes poor
toutes les voix, qui exrcuterout des morceaux d'ensemble.
Qne je me rPjou1s done d'entendre le trio de Guillaum,
1 tll par trois tetes su~pcnclues au plafond ! l.es directeurs de th&lt;'atrcs lyriques sont dans la joie. QDand il1
anront besoin drsormais d'un tenor, d'un baryton ou
d'un ;oprano, ils l'acheleront tout fait, ou le commanderont il l'av 1uce suivant leur goul, co111me un habit, un
gilct ou une paire de hnttes. En y mcttant une viog-ta1ne
de francs de plus, ils :111ront un trnor a ut de poi trine:
ce sera tout honnement admiralolc. Et avec ces chanteurs.. ti,, pas de capricr.s a rerlouter; une égal,té d'humeur parfaile; jamais un mouvcment d'ur¡:uPil, jamais
de récriminations, jarnais d'exige11ccs déplacécs. Quand
un anthropng/ossos aura fait son tcmps, on le rnettra au
rancart; il ne se plaindra pas, il ne lera point de proces, il ne drmandera pas de drdit, il n'écrira pas de
lettres ridiculcs dans les jour11aux; seulernent, il lui
restera la chance &lt;l'etre acheté au rahais par un enlrepreneur de concert. en plem vcut, et rle chanter au caré
des Ami,assadeurs apres avpir chanté a l'Opéra. Tant pis
pour les gens qui fréquentent les cafés chantants !

¡

.

.

.

. . .

. . .

. . ..

On m'apporte une lettre timbrée de Londres. Permetlez-moi de m'interrompre un instant et de la lire .
Singuliere rencontre. On m'annooce justcment que
plusieurs mernbrcs de l'arislocratie anglaise, informél
de l'admiration enthousiaste que professe une parlie de
la noblesse fran~aise pour M11 • Thérésa, et des triomphes qu'obtient cette intéressante jeune filie daos quelques salons du faubonrg Saint-Germaiu, viennent de
charger l'invcnteur de l' Anthropoglossos de fabriq uer au
plus tót, pour leur usage, une tele geure Thérésa, chantan! le Petit blcu avec le, délicatesses d'intouation pro•
pres a la délicieuse cantatrice, qui balance a l'heure
q•1'il est le succes de Léotard, de Blondin et de l'écuyer
quadrurnane.

le 31 juillet 1864.
&lt;&lt; Mon cher maréchal, je vicns vous faire part d'une
« réllcxion qui m'est survenue pendant le re pos dont je
« jvuis ici. Deux grands établissemcnts doivent etrc re« construits a París, avt'C une dt&gt;,tination bien dilfo« rente : l'Opéra et 1'11,\tel-ílieu. Le premier est deja
« commencé; le seco11d ne l'est pas erw11rc. Q•Joique
Mardi dcrnier, 'a eu lieu la distribution des prix au
« exrcutés, l'Opéra au~ frais de l'¡;_tat, l'fü'itcl-Oreu aux
Cooservatoire.
Ocs élcves de M11• Augusline Brohan, de
1&lt; frais des hospiccs et de la vit:e de Paris, tous deux ne
M. Samson·, de M. Régnicr, ont oLtenu des prix ou des
« s !ront pas rnoins pour la capital e des monuments reacccssits de tragédic, et deux des lauréats rl.e la comédie
« marqualiles; mais comme ils répontleot a eles intérets
suivaient la classe de M. Bcauvallet.
« trcs-d,fférents, je ne voudrais pas que !'un surtout pa« rut plus protégé que l'autre.
Quoi ! Suzanne, Gro¡¡-René, Mascarille formant des
« .{,es dépcnscs de l'Académie impériale de musique
Phed res, des Agamemnons, des Orestes; Polyeuc1e faisant
(( dilpasseroul malhe•Jreusement les prévisions, el il faut
l'éducation de M. Jourdain ou de Sganarclle ! Eh! oui,
(( évitcr le reproche d'avoir employé des millions pour
san~ doute! Que faut-il pour enscigner un art? 011 gout,
(&lt; un théalre, qunnd la prcmiere picrre de l'hopilal le
de l'iutclligencc, et le talent de pcrsuader aux a11tres ce·
« plus populaire de París n'a pas encore éLt\ posée. Ene
'Pl.,r-&lt;;rQ: ;;;:
dont on est convaincu, de lenr faire sentir ce que soi« ga.gcz rlonc, je vous pric, le préfct de la Sei ue a fa1re
mcme on scnt.
« commencer bientót les travaux rlc rHótel-íheu, et
COUKIUEll BIB P.IRl8,
Or, comment comprendre Moliere et ne pas comprcn11 veuillez faire diriger ccnx de l'Opéra de maniere a ne
dre
Cor11e1lle et Racine? Com111ent avoir l'e~prit ouvert
« les terminer qu·en mcme temps. Celtc conrbinaison, je Comment s'amusrnt nos vilisins &lt;l'outre-)íanche. - les nait
Racine
et a Corneille, et l'avoir fermé a Moliere Y Le
(&lt; le rPcu1111a1s, n·a aucun avanla~c pratiq11c; mais, au
to¡,h ,ges. - L'Anlh,·opng/osso.i. - La11ré,1ls lragiq11es el rou purnl de xue moral, j'allache nn grand pr1x a ce que
miq11es. - M. Livi11g·ilo11P e11 E111op~. - Les ~e, npules de . reste n'est qu'affaire de discipline et besogne didaclique.
natl,·. - L'Af•·icaine. - La d,mse au Th&lt;\:l•rr llal en. - La
&lt;1 le n11111u111cnt consacré au plaisir ne s'eleve pas avant
Les soirées chantantes de l'Anthropoglossos lai~senl
l1q1wur d,•s UJ11iluid111s &lt;lf' Vé,·arnr, - Une Hi,1oire de la
« l'as.le ,fo la s,,ulrrance.
famillt\
0011.trarte.
Tra
los
monlrs.
Ce
rpoé
M.
Duencore
a nos vorsins le loisir de se réjouir du retour de
~ Rccev1•z, mon cher maréchal, \'ass11rancc ele ma
w, girr de 11.tnranne ¡,ense do l'.\lhamlJr,1. - Deux m·- M. Livingslone, le célebre missionnaire-voyagcur qui a
· « sinrcre ami lié.
« NAroLEON. &gt;1
tiiles e11 E$pay11e. - La dépen~e d'uu voyageur et d'un
fait de si importantes découverles géographiques daos
mulet.
L'Enrperenr Napoléon, choisi comme arbitre par S. A. le
l'Afl'io¡ue ccnlrale. On cruyait que M. Livin~slone avail
vicc-roi,d Égyple et ll. Fc,dinand de Lesse¡rs, pour staComment s'amuse-t-on en France, vous le savez, et peri dans une co11trée hahitéc par des peuplades anthro_tue! sur les d1fficultrs qui s'ctaient éle1•ées relative111cnt rnuvcnt cctle chronique vo11s a entretcnus de nos rli:-- popha¡.:1•~, lor,~u'on a¡)l'rit qu'il revenait saín el s:iur en
it l'entreprise du canal de Sucz, vieut de rcudrc sa scn- trartiuns; voult'z-vous savuir cumm,·11t on s'amuse cu A11gll'l1•rr&lt;'. L'i11trrpidc savant m• rlen1currraq•1e qualre
tcnce,
An¡{lcterrc, puur le 111om1·n1; je vai~ vuu5 le dirc.
muis a Londres, el il repart,ra pour l'Afrique avcc 1les
Les princip1ux chefs de cetle décision supreme peuNu~ _excellcnts vo:sins ont de l'orrginalilé da11s !'esprit; instructioo, nouvelles, al1n de puursuiv-rc la cuurageuse
vent se ré&lt;.nmer ainsi:
il ne leur faut pas les distractions de tout le monde. L'au- et belle tach(qu'il s'e&amp;t donnée.
Vicby,

0

~

Les -magistral.~ ang-lais veulent épargner au peuple
an"lais le &amp;pectacle d'hommes mangeant des rats vivants.
M. "sénazet, si j' en crois la Gazette des étr,¡ngers, prélend
, argner a la population cosmopolile ele Bade un specep
I r .
.
1
tacle plus · agréable aux ye11x que que,01s, ma,s pus
ffensanL pour la morale, celui de ccrtaines clames dévo;aut a belles dents des fils de famillc; en conséquencc,
l'eotrée des salons et des jardins de l'établisscment est
interdite aux femmes qui ne sont pas mariées.
Reste asavoir cotnment les préposés de M. Bénazet
rPconnaissent une fcmme mariée d'une femme qui ne
l'est pas. Exigent-ils l'exhi bition de l'acte de mariage?
ou bien toute lernme est-elle présumée u'nie en légilime
maria"e avec l'homme qui tui donne le bras? La précautio~ de l'acte de mariage est plus sure, mais la fiction tégale du bras est bien plus commode, et je suppose
que M. Bénazet tui a donué la préférence.
En pubhaut le rigoureux arret de proscription porté
contre les fem mes non mariées, la Gazette des éttangers
aunonce que l'effet P.:J sera suspendo a l'époque des
courses. Voila, je l'avoue,. ce que je ne comprend, pas
tres-bien; pourquoi ce qui n'est pas moral en temps ordinaire est-il moral en temps de courses? Je voudrais bien qu'on m'expliquat cette distinction, qui me parait je l'avoue, prodigieusement subtile. Ou bien auraiton {ugé a propos d'hooorer la morale en aout et de ne la
point bonorer en septemhre? Mfü que signifie celle
demi-vertu, s'il vous plait? Serait-ce, par h1sard, qu'on
craindrait d'écarter les horsemende l'hippodrome d'If{etiheim en ne permettant pasa certaines célibataires d'applaudir a lcurs victoires? Quclle supposition offensante
pour nos gentilshommes du turf !

écrits sur les murs en lettres colossales, frappent mes
yeux : L1QUEUR ))ES MOINES BÉNÉDICTINS DE L ABBAYE DE
FilCAl!P.
Eh quoi ! les Bénédictins aussi ! Certes, je n'en voulais pas aux moines de saint Bcnoit de prétendre travailler aussi a nous rendre la dig,·stion -douce et comrnode;
mais enfin je me souvenais que les Bénédictins d'autrefois avaient rcndu de tres-grands services aux lettres, a
l'histoire, aux sciences, et je ne pouvais me défendre
d'nn certain regret de voir les Bénédictins d.i {864 dans
la liqueur.
En y regardant de plus pres, je crois avoir trouvé de
bounes raisons de douLer que les doctes religieux aient
abandonoé !'esprit pour ne s'occuper plus que du corps;
sous ces mots, qui m'avaieni alarmé, j'ai lu un nom
propre, et le propriétaire de ce nom propre m'a tout
l'air d'avoir pris une enseigne allécl1ante, sachant que
la vogue est aux liqueurs pieuses, pou.r mettre une sainte
auréole a ses bouLeilles.
D'autant mieux qu'il y avait jadis a Fécamp, je me le
rappelle a merveille, une des plus Uorissantcs abbayes
de Bénédictins de France, mais que de cette abbaye il
ne reste que l'église, qui est tres-bclle. Or, s'il n'y a plus
d'abbaye, comment y aurait-il encore des moines?

pour les tonristes en E~p:tgne : le p11.ys, les mamrs, les
types y sont ohservés et dér.rits avec un ~oin extreme
et une recher'!he d'exactitude qui apparait partout et
daos cha&lt;Jue détail. ;\l. OesLarolles a éu plaisir a voir et
il a plaisir a montrer; c'est, en outre, un compagnon de
voyagP. plein d'esprit, de cordialité et de bonne humeur,
avec lequel on n'a garde de s'cnnuyer.
ll a parcouru l'Espagne penJant huit mois, a dos de
mulet, avec son ami Giraud, le peintre au talent élégant
et éoergique a la fois. A la derniere page de son livre,
il donne, pour l'instruction du voyageur, la dépense
moyenne d'une journée :

1

pe1ell0t. quartos.

1&lt; Uner.hambre sans lit 0e muletporte
le vótre) . . . . . .• . . . . . . . . ..
(&lt; La chambre avec le lit se paye une
pczette.
« La nourriture du mulet revient environ, avec l'avoine, plus ou moins chere
selon les localités, a une pezette; mettons,
pour un étranger . . . . . . . . . . . .
« Un poulet, sur la route, · pour un
étranger • . . . . • • . . . . . . . . . .
(( Un heau lapin, toujour&amp; pour un
étranger . . • . . . . . . . • . . .. . . .
« Accommodement des plats par l'hótesse, t réal (5 sois) avec l'huile ou la
1
sauce, deux plats . . . . . . . . . . . .
(&lt; Une soupe (i réal).
« Fruits, melons, concombres, tomates, etc., 2 réaux,. .. . . . . . . '..
&lt;1 Vio, euv1ron t réal. •..•... .

On parle d'une histoire de la famille Bonaparte que
nons donnerait S. A. l. le prince Napoléoo :
Une Histoire de C~ar, par S. M. l'Empereur Napoléon lll; une llistoil'e des prfaces de la maison de Condé,
par S. A. le duc d' Aumale; une Histoire de la famille
Bonaparte, par S. A. l. le prince Napoléon. Certes, on
ne dir&amp; pas que les princes et les souverains perdent
leurs loi.-irs.
On a publiquement annoncé que M. _Brandus était reVoila les trois illustrcs auteurs que je viens de nomvenn de Berlín avec la partition complete de l'Africai11e. mer concitoyens déja de la grande république des letL'opéra, ajoute-t-on, va etre immédiatement mis a l'é- tres; pourqnoi ne les verrions-nous pas Jn jour colletude. 'Le maestro, prévoyant tout, aurait écrit, pour plu- gues a l'Académie fran~aise?
sieurs parties de son reuvre, des variantes, parmi lesL'Espagne fait parler beaucoup d'elle en ce moquelles les artistes pourraient choisir celle qui couvien ment:
drait le mieux a leur voix ou a leur talent. Je souhaite
La piece de Don Quichotte, au Gymnase, nous donne
de tout mon creur q11'il en soit ainsi. Du J\leyerbeer por
envíe
de relire ce livre suhlime et charmant, qui est le
vaut mieux que du Meyerbeer arrangé par les mains les
livre
de
tous les a.ges comme de tous les siecles, un des
plus pieuses et les plus habiles.
premiers qu'on lit et un des derniers qu·on aime a tire.
Je ne sais pas si M. Bagier nous donnera des opéras Dans peu de jours, S. M. Fran~ois d'Assise, époux de la
oouveaux, mais le bruit court qu'il recrute des dan- reine Isabelle, sera l'hote de la Frauce, et des retes ma, seuses et un corps de ballet. La danse est une tres- gnili.:¡ues seronl données a Paris, a Saint-Cloud, a Veragréable chose, sans doute, et, soit dit entre nous, il n'y sa1lles, a FontaineLleau; daos quelqucs jours aussi le
anrait pas grand'mal d'égayer un peu les représenta- chemin de fer qui réunit Paris a Madrid sera solennellelions du Théatre-Italien, qui ne laisscnt pas d'etre un ment inauguré: il n'y aura plus de Pyrénées pour les
taotinet glaciales, en dépit de la chaleur étouflante des touristes espagnols et fran~ais.
couloirs; mais est-il bien néce,saire de rccourir a la
Jusqu'a préscnt, nous ne connaissions guere l'Espagne
danse pour cela? 11 me semhle ~ue du temps de RuLini, que par les romans, les opéras-comiques, la gravare, la
de Tamburini, de Lablache,de Mm• Sontag et de M11 • Grisi, photographie et les danseuses espagnoles; mais voici
on se passait tres-bien d'entrechats, de piroucttes et de 11u'elle va prendre rang, comme la Suisse, l'Allemagne,
poíntes; je crois qu'íl suffirait, pour voir renailre les l'ltalie et l'Algérie, parmi les pays qu'on visite; nous
beaux soirs du Théatre-Itali'cn, d'avoir de grands chan- parlerons bientot de l'Alhambra, du pont de Tolcde et
teurs et de grandes cantatrices... et de chauter en de la c3.thédrale de Burgos, comrue du Vatiean, do pont
de Kehl ou de la cathédrale de Cologne; du Guadalquifran~ais.
D'ailleurs, la danse est quelque peu prodiguée en ce vir comme du Tibre, et des sommets de la Sierra-Netemps-ci : on danse a l'Opéra, on danse a la Comédie- vada comme du Mont-lllaoc ou de la Jungfrau; nous
Fran~aise, quand on joue le Mariage de Piga.,o; on danse aurons mangé de't'ol/a podrir/a, fumé des cigarettes daos
au Gymnase,()Il danse a la eorte-Saint-Martin, on danse la s:i.lle d'une posada aux murs blancbis a la chaux, apau Théatrc-Uyrique, on danse au Cirque, on danse aux plaudi aux prouesses des toreros au cirque de Séville, vu
Variétés, on danse aux Boufles-Parisieus, on danse aux danser le fandango et la cachucha sur leur terre natal e;
Folies-Marigny: ou ne danse-t-on pas? IM-il bien né- les Parisiennes auront pris des le~ons d'é,entail au
cessaire qu'on danse encore au Théatre- ltalien?
Prado, et la mantille, la jope courte, les has a coins
brorlés, le peigne haut, ficrement planté daos le chiAimez-vons•la danse? On en met partout. Aimez-vous
goon, seront en train de conqu ~rir París.
les liqueurs douces? Partoul on en fabrique. Un jour, les
Le moment est ven u pour les gardiens des monuments
ChartrPux se dirent: Pourquoi ne faciliterions-nous pas
hisloriques de l'Espague de se munir d'un album ou
la digestion du pruchaiu?-(Les pauvres gens n'avaient
puisse s'épancher l'admiration des visiteurs saos comguere besoin ·de songer a faciliter la leur). - Et, mus mettre de di\gradations.
par cette bon ne pensée, ils inventerent la chartreuse, et
Daos ses Dell:t artistes en E~pogne, M. Desbarolles ras'en fire_nf une centaine de mil le francs de rente, sans conte qu'il a Vil un album de ce genre au pa!ais de
en ~tre plus riches pour cela. A leur tour, les Trap pistes ~e l'Alliamhra. Sur la premierc page du livre sont écrits
dirent : (".ourq noi no~ con freres les Chartreux méritP-- ces mots :
raient-ils seuls les bénédictions des estomacs fatigués?
« La plupart des voyagenrs qui visiten, ce palais,
Et lesTrappistes, tt □i ne mangent pas mieux que les Ch:i.r- ayant la rnalheurcuse habitude d'en salir les marailles
treux, inventerent la trappistme; et la trappistine com- de leurs noms et de leurs µensées, ce hvre a été laissé
mence a faire joliment son chemin dans le monde.
a l'Alhambra par le priuce Dolgorouki pour éviter a
N'est-il pas touchant, du reste, de voir de saints boml'avenir de semblables outrages. 1,
mes, voué, a la diete perpétuelle, saos cesse occupés a
Un voyageur a écrit ces mots daos l'album du prince
pré¡1arer un soul~gemeut efncace pour ceux qui, vivant Dolgorouki: « J'ai visité ce palais el j'en ai été satisfait. 11
de la vie du siecle, ne se rcfusent aucune &lt;lcsjouissances,
Ce voyageur est M. Duvergier de Hauranne.
un peu lourdes parfois, de l'abondance?
Or, ,oici qu'il y a quelques jours a peine, ces mots, Le li'vre de M. Desbarolles 1era un guide e:r.cellent

.

10

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« Ce qui fait a peu pres 5 Crancs t5 sois, de notre
monnaie.
(&lt; A.insi, pour 5 fraocs i 5 sois, vous avez vécu avec
votre mulet; et cela, en supposanl que vous ayez mangé,
dans votre journée, un poulet et un lapin eutiers. Vous
pouvez done espérer une économie plus grande les
jours ou vous aurez moins d'appétit. ll
M. Desbarolles suppose, dans ce calcul, que le voyageur a un mulet a luí, qu'il aura acheté 300 ou 400 fr.
et qu'il revendra saos grande perle, peut-etre avec
bénéfice.
Ceci se passait en 1846.
Un triste jour que le t 5 aout prochain pour les Iilulets
et pour les mutes! ti:nfin, espérons que }t. dP- Salamanca
voudra bien ne pas mettrc des chemins de fer parlout.
Ah! encore un conseil de ij. Oesbarolles: Ayez soin
d'emporter, en Espagne, votre déjeuner et votre diner
avec vous; les auberges n'ont point accoutumé de fournir de·s vivres aux voyageurs.
X. FKYRNET.

- ----r-,- ~ -------R ÉGATES DU HA VRE.
AU DIRECTEUR.

Havre, !6 juillet.

Nos régates du 27 de ce mois ont été plus belles et
plus animées que jamais. La ville était littéralement encombrée de visiteurs, qui se sont tous portés sur les jetée, pour assistcr a nos courses nautique~.
C'e&amp;t a onze heures qu'a eu liéu la sortie des embarcations : on en a compté soixante-quinze, que quatre.
remorqueurs ont conduites hors de la jetée.
S. A. I. le prince Napotéon, sous le patronage duque!
est placP.e la Société des régates du Havre, assistait a
cette fete, qui s'cst composée de onze courses différentes. Celle des embarcations pontée• a voiles, dites yacbts
de plaisance. a principalement captivé l'attention. Cette
course était divi,ée en trois series. Les prix de la premiere
et rie la moyenne série ont été gagnés par deuxembarcations anglaises; celui de la troisi~me série par la :Uarir.Gat,rielle, appartenant a M. Gabriel- Benoit Champy, qui
a battu tous les Lateaux fraci~ais, et a gagné te prix du
ministcre de la marine.
Une conrse spéciale, qui a provoqué aussi beaucoup
d'inlt're t, e~t celle de l'Abeille et de la Mouche, chaloupes
a vapeur du yacht Móme-Nopolron. L'A.beil/e, patron
Esteve, a remporté le prix de 2,000 fr., offert par le prince
Napoléon.
Agréez, etc.
Pour e:i:trait: P. PAGl!T.

___

__

.____.,...,,.,__

�84

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
PKRCE!IKNT DE L'I~rHME DE sm.

.

TRAYAUX DU SEUIL D'EL GUISR

~'

~

-

:~~

~

ruon croquis vous verrez la pre.
miere locomotive ápportée ici par
M. Couvreux : c'est la premiert
aussi qu'ait entendu siftler llans le
désert le dromadaire, fatalement
condamné a mort par la vapeur.
Bientót quinze excavateurs et dir
locomotives seront montés et tra..
vailleront sans relache: des draguet
!fonctionneroot' en méme temfll
daos toutes les parties occupées par
l'eau. Telle est l'activité qui se
déploiera, dans quelques mois, sur
une li1?ne de 13 kilomctres.
·Agréez) etc.
Pour extrait : P. PAGET,

·==:==:::::. .

::s...-·•-::::::-:::::::
~
-

~

AU DIRECTEUR.
Suez, 15 juillet.

1
1

Je vous adresse un croquis de
l'arrivée rle M. de Les,eps au Seuil
d'EI Guisr, le iO juillet dernier. Le
Seuil, sitné daos la partie nord du
canal marilime déja navigahle, est
le poiot le plus éléi;é du tracé;
c'est la qu'ont été penrlant longtemps concentrés les efforls de la
compagnie, et qu'ont été réuois
jusqu'a 25,000 travaillcurs égyptiens.
Aujourd'hui, la compagnie ayant
renoncé ~ ce morle de travail, un
entrepreneur fran~ais, M. Couvreux, apporte a l'approfondissement et a l'élargissement du Seuil,
l'expérience qu'il a acquise daos
l'exécution de plusieurs lignes de
chemins de fer. 11 emploie no
systeme fort ingénieux, a peu pres
nouveau, et qui jusqu'ici parait rlevoir donncr des résultats excellents : ce sont des excavateurs a
sec qui lui servent a enlevcr toutes les tcrres au-,le,sus du niveau
qe l'eau, ou la drague n'a pas de
prise. Voici comment il procede :
sur le bord rlu talus une machme a
vapcur f 1it mouvoir, d'un cóté, des
gu,lcts scmulahles a ceux qui sont
employés p,iur les dragues, et qui
cléversent, de l'autre, rlans aes wagoos la terre qu'ils apportent. Ces
wagons lraosporteot eo,uite les déblais a l'aide d'une locomotive. 1Sur

L' ILLUSTRATION, JOU RNAL UNIVERSEL.

----~----DISTRlBLTION DES PRIX
au

COLLiGE ARAB&amp; -Vl\AN~AIS D'ALGER.
AU DlRECTEUft.

LE MARABOUT ABD-J!L-AZlS,chef de l'insurrection algérienne. - D'apres un croquis de M. J. Mareí. (voir le n• 11171.

--

-

~
~ -- -==

CONVO[ DE PRISONNIERS D4NOIS AMENJ!S DE L'ILE D'.USEN 4 IIENDSllO¡JRG, -

D'apl'h

UD

1roq~i1 d6 M. BILIII

Parmi les événements,, de· tout
genre qui se déroulent chaque semaine daos le monde, l'Illustratiora
peut et doit naturellement préférer
ceux qui se pretent avec complaisance aux crayons de ses dessinateurs,
aux rapides iodiscrétions de la pholographie; mais elle ne dédaigne pas
l~s aulres, et avouez que si vous pouviez dessiner la physionomie morale
tle chaque jour comme vous dessinez
la forme et les contours extéricurs
de chaque événement un peu ·saillant, avonez que vous ne seriez pas
mécontents de vou~ ; car vous tenez
a Aire complct, autant que possible.
et vous.avez ra13oo. t.;ela étant, permettcz-moi d'ajouter un petit post-

•

85

�86

L' lLLUSTRATlON, JOU RNAL UN IVERSEL.

L' 1LLUS'l'RAT101', .1 OURN AL UN IVERSEL.

scriptum a vos dessins algériens et de dire', moi aus~i, gnement qui figurent snr le programme. A la bonne
mon mot sur celle queslion algérienne qui redevi~nt a la heure! il n'y a rien d'inutile; tout servira un jour,
mode depuis quelques jours. Ce mot est un tont petit tout peut servir; le grain de senevé deviendra u11
document qui n'a l'air de rien, si l'o~ ne croit pas il la grand arbre : et, comme le dit forl bien M. Neyraud,
civilisation, et qui est, au contraire, gros de conséquences • rentrés daos leurs tribus, nos jeunes Arabes n'auront
pour quiconque a des yeux, les ouvre, et sait voir un peu qu'a laisser par!er leur creur; s'ils d1sent que la France
est la plus génereuse des meres, qu'elle veut faire de
au dela du présent.
Je ne veux pas commettre un exorde comme cela se l'Algérie une terre ricbe et prospere, de~ Arabes un
fait a l'Académie quanc! il faut annoncerau puhlicqu'on peuple éclairé et beureux, ils ne diront que la vérité. »
Sans doute, ce n'est pas la le langage de certains puévince tel livre que vous s.ivez, parce que son auteur
blicistes
qui disent que nous ne savons pas coloniser, qui,
n'est pas suffisamment éclectique et qu~ son orthodoxie
ne 8emble pas assez pure a tel pbilosophe converti; j'ar- s'ils rosaient, nous c•1nseilleraient de vendre l'Algérie a
rive done bien vite au fait que je veux vous gignaler, et l'Angleterre. lis oublient done que les fruits de la civipour lequcl je réclame de vous quelques lignes. Ce fait, lisation, par cela seul qu'ils sont si doux, ont besoin
qui me sem!,le si curieux, savt'z-vous ce que c'est Y C'est d'etre arrosés longtemps : avec les armes, nous avons
tout simplem1mt une dist,rihution de prix qui a eu lieu, occupé l'Algérie; c'est par la civilisat1on que nous la
le i8 juillet demier, au collége arabe-fran~ais d'Alger. coloniserons, c'est le collége arabe-fra,~is qui portera
D'ici aun mois, il va pleuvoir des cérémonies de ce genre, nos idées dans le dé~crt, en méme terops que nos soldats
daus nos 89 départements; il va pleuvoir aussi, hé)as ! y porteront notre verve et notre entrain; et saos vouloir
des discours et des flatteries a l'usage des jeunes Fran- ici finir par une phrase a elfet, j'ose dire que la civilisa~ais qui ue se lassenl pas d'entendre répéter, sur tous tion ira plus loin encore que nos bivouacs, et que
les tons, qu'ils sont le printemps de l'ávenir, tandis que nos idées, transplantées dans le désert par ·nos jeunes
lem·s puents et leurs maitres sont rautomne du di1- Arabes francises, marchcront plus vite encore que nos
neuvieme siecle. Si cela amuse les uns et les autres, il zouaves, et porteront plus loin que les fusils de nos tiLlsTER.
n'y a rien a dire, et il faut les abandonner a leur admi- railleurs algériens.
ration mutuelle.
~
Dieu merci ! au collége arabe-fran~ais, les cho8es se
passent un. peu autrement, et d'une _fa~on qui sent
AUTOBIOGRAPHlE D'UN POETE.
moins la vieillerie académique.
Figurez-vous ces jeunes fils du désert, qui out grandi
\Piu.)
sous la tente, dont ia premiere jeunesse s'est écoulée
dans la smala, et qui aujourd'hui, enfantés a la ciLe troisieme coup de la messe avait sonné. Un troivillsalion moderne, re~uivent d'elle ce qu'elle a de sieme préposé étail entré pour me preler main-forte,
plus saiu, de. ¡ilus fécondant; l'amour de l'action et au besoin, et le sous-brig:idier avait son ¡,istolet a la
du progres; ils vont l'e~porter avec eux dans la main.
tribu, et par cette généreuse semen ce faire Oeurir
- Ah! mon petit blanc-bec, vous vo11lez nous turlule désert et faire aimer la civilisaticn et la France. piner; nous allons voir, nons allons voir !
Le discours de l'orateur, M. Neyraud, est plein de bon
- Et vous, mes lapins, ajouta le capitaine matamore
sens et d'une rare con ven anee; il montre a ces jeunes en sortant du bureau et eu s'adressant a sa troupe : A
Arabes les remedes qu'ils doivent employer contre la c;beval! et obéissez au commandement de trois! On ne
maladie la plus daugereuse de toutes pour l'ame, contre veut pas que nous allions en Belgique, comme t,mt le
l'ignorance. Ce remede, c'est le courage avec lequel on monde, en payant les droits sur nos chevaux; eh bien!
renouvelle ses idées, avec lequelon accomplit le progres. nous boirons le montant des droits au nez duf\'ouverne11 n'y a pas un mot inutile dans celte petite allocution, ment, et nous irous en Belgique a meilleur marché: Je
ou l'orateur rappelle a son ..uditoire que si l'Afrique fut vous le rPpetc, mes lapins, en selle, et obéissez au comfiere d'étre rumaioe et d'o,,tenir le droit de cité, a plus mandement de trois ! Quant a vous, monsieur le petit
forte raison, au dix-neuvieme siecle, elle doit ambition- blondin pincé qui devez aller a la messe, priez bien le bon
ner un druitde cité plos noble et plus fraternel que ce- Oieu pour que vous n'ayez pas la moustacbe arrachée et
lni des Romains. Quelques mots.heureux a l'adresse du les reins cassés a l'une des prochaines kerir,esses !
maréchal Pélissier et a celle de son successeur, une menJ'allai me' poster sur le devant du bureau, apres
tion bien juste et bien cordiale de M. Cherbonneau, m'élre armé d'une énorme sonúe destinre aéventrer les
l'babile directeur du collége arabe, des remerciements voitures de foio, et je criai Súlennellement de ma plus
pour le ministre de la guerre, qui encourage et protége, forie voix : « Et vous, brigadier, sous-hrigauier et préle plus qu'il peut, cette maisun dunt il v~udrait faire po~és, altcntiun aussi, et ne mauquez pas d'e1érutcr ce
une pépiniere d'clevcs de Saint-Cyr, et 4ui y fait qtte je vais vous dire : Si ces chevaux dPpasseut la porte
donner l'instructiou qui duit meuer a ce but. Tels du IJUrcau pour se diriger vers la Belgique, dérhargcz
sont les d1vers sujcts dont s'est inspiré M. ~eyraud, sur eux vos p1stoleL5 en les visant au poilrail ! n J'a1·ais,
et qu'il a traites eu hom111e d'es¡iriL et qui comprcud du reste, cu soin d'expéclicr ,¡uelqu'un ponr lever le
a merve1lle le role de la Frauce eu Algérie.
pont. N'est w pas que c'ctait un rnome11L assez drama11 u·y a vas une hgne tle !ldtterie daus ce di5cour~: t14ue? Le capitaine des contreLandic1 s reprit :
.tout est vrai, tou.t est mesuré, et les Ar:ilies qui l'aurout . - Done, encore une fuis, et pour la bonne fois, mes
entenclu n'auroot pas le dru1l tic dire 4ue les orateurs lapins · une! deux !!
frao~ais savent graudir IPS ¡&gt;elites choses et rapetisser
J'ordonna1 qu'on armat les pistolets et que les cloigts
les grandes; ce qui est, comme cbacun le sait, le talent fusseut placés sur la gachPtte.
drs avocats attÍques et frao~ais.
- Truis! burla le géant, trois! et guides a ganche!
J'aurais voulu que l'un de vo~ dessinateurs ful la, et c·esl-a-dire que les lapins rctournaient vers l'intérieur.
qu'il etil pu vous envoyer le croquis de cette léte, uu la
- Br,gadicr, dlchargez votre pistolet en l'air, mais
ci\ilisat1on est vra1ment filie de Pallas, mais de Pdllas vous seul, pour leur faire les honneurs, et drpechez bien
portant l'égide d'u,n•; main, tandis que de l'autre, elle vite un de vos hommes au receveur du bureau voisin,
fait surtir l'oli\icr d'un sol gercé par le soleil.
pour l'averllr d'avoir a se tenir sur ses gardes, parce
Jli'est-ce pas un honueur et une JOic de voir le prix que la bande pourrait passer par la au galop, afio de
d'houneur accordé nun plus a cet exercice suranl]é du n'y pas étre arrétée comrne a Punt-Rouge. Tro1s jourg
d1scours latiu, ma1s a la narrat1un en lan¡;ue fra11~ai~c? plus tard, ces enragés repassaient la. Lys avcc leurs cheEl ce ¡irix douné ¡,ar le guuverut.ur giinéral, M. de Mar- vaux chargés de tabac, et 'nos pau vres pré¡1osés se fait1n1¡irey, et rernporte nuu pas par un Frau~:iis ué en Al- saieut blcssl'r affrcu3emPpl,tuur leur prendre leurs balgr1 ie, mai~ par un véritalile natil' du pays, par le jeu11e lots. Quant au petiL pincr', ti eul bien soin, a partir de
Ahrlallah Bt&gt;n Mecaoud de Guf\lma J'aurai- voulu que le cejour, dll n'aller aux kermesses qu'cscorté d'un acolyte
prix d'hunnenr d'arabe, do11ne par M. le general de div1- bien armé.
sion Yurnf, ful rrmp w1é par un Fran~ais. Avec un mailre
_Pour tcrrniner l'histoire, en ce qui concerne la figure
comme M. Lherbonneau, les Frau~ais peuveut liien renfrognée de mon hotPsse contemplant se~ caneLons
vaincre les Aralies méme sur ce terraiu-la. Le rran~a1s, morts, voici ce qui s'éta1t passé : mon chien, qu¡ ava1t
l'urthographe, l'histoire, la géographie, l'arithmetique, vagué tuute la nuit dans le préau de la fernie, avait fat1
l'algel,re, la géumctrie, le dessin liuéaire, la cunvcrsa- uue chasse aux pauvres vul:tlile~, et étranglé tuut ce qni
tion en l'ra11~a1s pour les .\ralles, et eu aralie muel puu1· n'ava1t ¡,as su s·e11fu1r ou se défendtc. Je 111a11geai les c,1les Fra11~a1s. le d1·ssm d'1mi1ation, la calligraphie, la nelons avec attcndri~scment, et je rus bien plus atlcnn,n,it¡uP, la ¡¡~111na1-1i1¡11e, voila les d1versolijetsd'eu&amp;ei- dri lo™jue, quelqoes jours apres, je dus w11 separer de

mon cher, de mon seul compagnon, qui avait :ijouté la
réc1dive a ses prPmiers crimes, et dont le bannissemeot
uvait été définitivement prononcé pour cause d'impénitence finale.
Mais je ne devais pas etre l'éveillé tous les matins par •
les contrehandiers, et je trouvai bientot le loisir de parcourir les Flandres en tous sens. Quelques vers extraits
d'une épitre écrite plus tard au poete Oamand llenri
Conqcience, conservent la trace de ces pérégrinations
enthousiastes :
Souvent j'ai parcouru ta fertile patrie :
Ypres. qui dort en paix dans sa verte prairie;
Poperingue, au milieu des verts houblons; Anvers.
Dont la iltlche el Rubens sollicitent mes vers;
Tournay, qui íait songer a f'onlenoy; lllalines,
Dont on paye a prix d'or les dentelles si fines;
Liége, ou l'on plane a pie sur la Meuse ¡ Serain,
Plein des bouillon11ement~ du fer el de l'airain ;
Gand, long, b1 u~·ant, grouillant, qui vit Charles-Quint naítre;
Oslende, 111ort l'hiver, que I élé Ídit renailre;
Louvain, vantant sa hiere autant que ses docteurs;
Bru~elle, encore en deuil de ses conlrefacteurs:
Bl'llge enlin, ou soul'ent mo11 révt: ailé s'e11rnle;
Br11ge, anlique cité, catholique, espagoole,
Ou femmes, toits, balcons, loul rédame un tableau,
Ou la vierge aux yeux noirs provoque un lllw-illo.
Viennent les di manches! et tout ce peuple coquettement paré, se presse aux églises pompeuses ou rustiques.
Ce sont ensuite de grands combals bruyants, mais pacifiques, livrés par les confréries rivales de l'arcet de l'arbalete : au-dessus de la porte des cabarets Oottent leurs
drapeaux, oti se détache, sur un fond soyeux d'azur ou
de pourpre, l'image en or des bons patrons Sébasticn et
Georges. Ce sont des lultes de village a village pour le
prix d'harmonie instrumentale, car le moindre bameau
possede sa mus1que dont il est fier. Gardons-nous d'oublier les tournois de coqs, les assauts de serios et antres
oiseaux cbanteurs. C'esl la qu'un vaillant coq vaut la
poule aux reufs d'or : que de riches paris ne fait-il pas
gagner a son heureux possessimr ! J'ai retrouvé l'art dramatique au maillot daos une grange de village, ou des
servantes et des valets de ferme représentaient gravement le mystere de la Passion. Pierre reniait son divin
maitre, et l'on entendait soudain retentir le chant du
coq. Un apótre, dans son zele, coupail l'oreille en papier
de Malchns avec un sabre de garde-champetre; mais
Jésus qui, par uue cu'incidence lres-pittoresque de couleur higtoríque, avait les cbeveux d'un hlond fort ardent, ramas,ait et recollait aussitót l'oreille, en disant
d'un to11 de rude mansuétude : « Remettez votre épre
dans le fourreau ! » Certain jonr, j'assistai daos une
commune, a une séance d'académie dile liethorica. Un
orateur puissant (il faisait craquer, sous son éloquence
charnue, la table de chene ou il était monté) démontra,
· 1'31' une improvisation de deux heures, que la langue
Oamande étail bien la plus melodicuse des langúes, et
qu'cvidemment la révélation avait du étre faite au premicr hornme dans cet idiorne privilégié.
Les superst1tions aho11clt&gt;nt dans ce coin du Nord. C'est
particul 1cremrnt aux fcmmc•s que l'on y attríl111e le don
de l'ench:111tcnwnt. l'ious qui av,.ns n,oins de té11ebr1•s,
uous sommcs aussi de cct al'is. Autrefois la fée rtait pelite et ~ieill,•; elle avait les yt&gt;ui en trou de vrille et lirillants, le meutou pnir:t11; elle s'appuyaii sur un haton, et
je crois meme qu'une bosse ne lui messeya1t pas : c'était
la Losse rle la pu ssance mystPrieuse. De nos jours, et
voila le vér1tab e progrcs, la fée est p1us ~ou,cut jeune;
on a raison alors de la désigner sous le nom de cha,···

meu~e.
La luite de l'homme contre les puissances occultes
a été, de tout temps, et sera toujours une rude épreuve.
Oemandez-le plutót aux paysans de Wuil~rbaate, l'olympe des diabler1es tlamandes. Wuitschaatc, le village
des sorcieres, e,t célclire co111me autrefois l'ile de Sayne
puur ses druides.;cs. Oemandez-le a 1'11npruclent qui est
revcnu, le so1r, sans se signer, par le croisemFrnt de deux
chcmins. 11 vous racontera avec ellr&lt;li commcnt il a vu
l'bomme ou la fcmme du mystere, tournoyer clans le
tJurbillon des bandcs inferna.lcs, commcnt il a entendu
les cris et les gr111ccme11ts de cct hornhle sahbat. G'est
la que le désorrefott,J;l't la charn,ewe anachcnl leurs pouvoirs. }lais c¡u'il leur fwtlongtemps et pé1111.Jlernenl tirer
le diable par la queue pour lu1 derober quelques bribes
de sa sciencc ! - De la saos doute ce dicton : 11 Tirer le
d1c1.l,IP par la queue ! i&gt;
Je du1s me tenir en garde contre ces souvenirs, qui
m'cntrai11era1ent trup loin. 11 cutrait daos mon programme d'indiquer les iulluences qui ont pu laisli6r dans

87

-~---~------,-:----:-:-~~==

- - - - - - - -- - - ~ - : - - ~ - - , - - - - - Décidément, vou~ ctes on maitre homme_, messi~e
clairéd'une lueur fantastique, celle lueur·qui est comme
- - tine empreinte de la vie flamande, d u paysage é
d lil
abbé et cette fois encore je m'aH1uc hall11. ~1a1s 1a tro_1mes vers
. .
l
un antre phM,11hore de la poésie. C'est par ce ou . e
'
.
t
oé•ie qui sa1l m1eux dunncr aux e rnses
gicme qucstiun n'est pa~ de cellcs d'u(t l'on P_ u1~se se •··
Oarnan d· I, a r " '
.
atlrait rlu merv,·illeux et ,Ju vrai, que certaines parties
leur reltef,achcvera cette esqu1sse .
de l'rouvre de 13ürgt'r sont prématurément entrre~ daos rcr avtc des si: qui vous soufflcra ce que Je pense en
la trad1t1on lé"e11daire. Sa ballade intitulée : l'Em11el'etu· ce moment, et commcnt pourrcz-l'ous me prou,vcr que
, er ois le canal, ligne droite que longe1:t
0
• • •
cette pensée e~l une erreur? Vous avea la paro e, mes11
et ¡• Abb•, si pleine de sagesse ironique, m'ava1t ele _ra~ .
b.
~,pliers tremblan1s do11t les oml&gt;1 es s y plo11¡¡c t
1
. J:ue la lermiére alJ.mt vendre au marché
conlre daos mon eofance par ma mere. Elle m'a la1~s_e s1re ªsi _e.
E ereur Votre MaJ·esté pense que je
Lá b rre eu blanc baril sur la croupe attaché;
·
·
·
· de oir la rappeler 1c1
- e1"neur rnp
,
Son eu
•
¡
une telle 1n1press1on, que Je crois_ v .
' ¡ . 1, t1b&gt; d Sa'nt-Gall
et elle se trompe, car je ne suis
. ·e vois ondoyer, va¡¡ues de plu,1eurs 11'ues,
1
en rt&gt;produisant antant que poss1hle, le ton doucemenl su•~ a · e
,
t!~Jbl~s aux tiges d'or, les lins aux ~retes lileu';S·
.
.'
411e son berwer.
S I t aux volets verts I des femmes JUSle o~ue1l,
ra1lleur du rác1t maternel.
. 0
,
•
· d · .\t
l'abbé de Saint
·t
"aint Gal' 11 apercoit
- Ma1s alors, e est to1 qui 01s i; re
.,,ª
~ . cu·ivres et &lt;rrés reluisent sur le seml,
Ch
1
(t
ar
emagne
passa1
par
~
·
·
•
.
d
·
ormais
1
·
r.ta111s,
"
·
· f 'l
1
1
11
Et la m ,ison qu'o11 lave et pare JUSqn_ a11 a1 e,
son :ibbaye Ga , et u es es
•
1'ab be· qui· se promena1·t au soJc'l1 dev nt
.
d
·
_ Je ne sais pas le latin sci"neur
Empereur; mais
Semble annoncer gaiment que d~~am sera féte.
0
I
'
bb
·
·t
les
trois
mentons
que
Boilcau
onne
au
·
'
Vois déja les fumPurs devant les cabarets, . .
. a e ava1
.
,
. ·t . Votre MaJ· esté veut:ibsolumcnt
m'accordcr une faveur,
tameux chanoine de son Lutrin. Charlcmagne a11na1 gi
,
Ou deux noyers branchus f?nt .un ornbrage ~,ns,
•· · · d ¡ t
J. e lui demande une autre grace.
. lequ~l bie11 souvenl s é,·hpse en un com sombre
les
bommes
aclifs
et
notre
abbe
etait
in
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·
,,
:sous
·
.
· d
)' robre
.
' .
bb. 11
't que l'es soucis . - Tu n'as qn" par1er.
Ce bu\eur i¡ue Té11iers la1,,se lrop vou· ans o
.
. . . . . .. .
- BonJour, 01ess1re a e.
parai . .
, .
_ Je demande le pardon d'! mon bon maltre. ii
spiritucls vous font toujours autant maigm\ ª1da sou-•
N'cst ce pas que voila uuejolie l&lt;'g,~nde'I Charlemngne
· ~ dirais-je cÍe plu~?ito~tr~r;i,-je la hiere
•
Is bruns et moussem cr/1¡ ita·,t da s \e ve~.
meUre a vos lumicres truis questio_ns,_ don.t • a~ ra me s'y1 m~1:trE avcc cd air de bo11honüe , un péu, narquuise
1
'. bou rou"issanl Jans les lou, ds pl.,ts d',~tam.
donner la sol11tion d'ici a tro1s mo1s, Jl)Ur pour JOUr, en · .
.
h. d ,· r • ,
Le Jª"'
.
, 1 . .11. 1 . Je dPsire qui conv1ent aux er-is e epopce.
Les 11ar, se tr ~noussanl Ju .soir j, sqn'au
. matm.
..
solennPlle seance de n_otre consct . tmpe a ·
. .
Les halludcs d'Uhl,wd sont peul-clre plus compléteDaccl1a11alc qu·a tcmps la m11l d u ,·011. cou\le, ?
savoir d'abord ce que Je vaux, ma•~ ~ ufn~ ub,ole prcds , ment na'1\•es La 1ioi11le de l'iruuie y per~e muini-. Le
Et qui reviL sans frein ,lans un ílubens du Louvre.
·
u· d t
· ettra1s a aire e tour u
·
•
Cf\SUtle, com ten e emps Je m
d
poete y montre une ame pleine de loya.uté, de la ,·ieille
La Belgique confine a l'Al\emagne; mai~ q_ue_ de d_is- monde; enfln, i¡ucllesera ma pensée quan ,ous repa- loyauté al'emancle 11 est de ceux qui, de nos jours, out
qui rle1 ra e:re une erreur.
. ·
.
orales entre les deux pays t L uleal 1sme 1c1, ra1'trez devan t moi , pensée
.
. .
,·
le lus ahondamment prép3 ré, pour un nou vPI HorucrP
semblances m
.
· 1
•
,.
l'
L'Alle•11a"nc
reve
la
Belg1que
ag1t
ourTachcz ele trouver reponsc sal1sfa1sante a tout,_ mes_1re
\J
.
les éléments d'une nouvclle épopée dunt
le rea 1sme "·
' o
,
.
·
· d'etre abbé de S·unt Gall germamque, ·
sensuelltiment. L'Allr.m,gne a pourtant auss1 sa abhé, s11100
vous
aurez
_cesse
.
.
'
··
,
'
Ir.
moyen
a.ge
fournil'a le sujd, les moours, les croyanccs
I
demen,
r·d · r t Elle
sensualiLé, mais elle la ·transfigure en . • _ea isan .
et vous devrez quittc~· 1abhay~, m,rnte a rebonrs su1 un e~les couleurs. Parmi les léttendes herui,1u1 s, Uhland
·
e cu au1se de bnde entre vos ma111s.
.º
.
. ,
se.ule pou va1•i p•iéti · er ¡¡ un t.el po1nt •Meph1~to11hclcs, en ane,
sa queu '
º .
. '
.
11
. s'est particulieremenl occupe des trad11io11s rclatl\GS o.
le monlrant Mvoré par la soif ele l'incunnu. Puur _une
i1 Voila uotre p~uvre_ a_bhe fort en pe1~e.
. ~nvo1_e Siecrfried et aux principaux aclturs des Nicl,cltingen.
. te ima"ination en toute liberté, passer de la 1iclg1que clans tuutcs les umvemtc,, dans touteslesf~cultes, ma1s Plu~1turs de ses balladcs ¡iuurraie1,tctrc int.,.,rpo'éestlaus
J:~\llema;ue, c'était aller d'un póle a ~·autrc _: le lo~d_s les pl:1s lamcux ductenrs y perdcnt leur lallnCpers~nni° lcl :1ia11t de ce vieux poe uc' lt1s stl'Uplll'S s11iva11tcs,
. t tle la natu re Íl'an"':u,e
d~va1 1c1 servir de IJ..a1t ne truuvc ré¡ionse aux terr1hles quc~llons. epcnc an '
. ' mple qui semlJlcnt provoquer l'archet 11·1111 aul
d1)111111311
·
t et le te1•me fatal approchc II ne p,ir exe
'
d'union, et racililer parilc¡;rcs le mélang,•. S,rns ce ltege 1es Jour~
St' pass&lt;'n '
1•
trc Vulker a la cour somptue11semenl barliare d uu aut1e
atreste plns qu·un mois; il ne reste plus que que 411es se~
,
de FI a11t11·c e't de Fram:c, mon 1 spnt, trup v1vc111cnt
.
,
.
11e·11s.i I' alb
. a •ucre ,•• Hetzel:
I e, n g
tire par Cl't ucéan , de _la p~usé_e gerrn~111 ,u~, s y mainPs, 4ue qucl'lucs Jours.
LES TROIS CUANSONS,
serail euglouti. Nuvalis m aura1l llt'anmurn~ nu)e dans Ouri~~ant, n'est plus désormais qu·un s,1uelctte. Plus_ de
.
d
et
daos
•es
ontlcs
sédu1sa11tes
el
(alaleg
calme,
plus
de
sommeil;
partant,
plus
_d'e~l'.onpo111_t,
son l, ro111 1ar
,
« Sur les hauts degrés de son trone était assis le roi
comme l'attractiun de l'úntliue, si Grethe et Uhland u~ plus 1Ie joues ruliicundcs.11 va dan, le bo1s vo1stn runnSiegl'ried:
- (( Joucurs de harpe, qui de vous me chan. t, en mA
me tem¡i•· , muntré d'aulres hurizuns.
ner a l'on1bre son dése~poir. 11 anive, sans y prendre
m,ava1en
i;
.
tcra la plus !,elle cham,un? ~t un jeuue ho111~1e s'élan~a
Les Lietler et ~pígrammes de G,e1he'. ~:ir la dcdut:llon garcle, pies de son licrgcr.
•
.
suutlain hurs de la foule, la harpe daos la ma111, le gla1ve
11. Salut, mon seigueur ahbé. Mais que vous voila
lo&lt;&gt;ique des idées et la sa1llante prec1sron du conlour
0
a la ceinturc.
t'que élaient un précieux currcctif du vague réveur mai.,ri ! Vous étes done bien malade?
(( Je sais trois ch:insons. La premicrc, tu l'as saos
poe • '
. . 11
de
~ Hélas! oui, mon brave Vénix, je suis bien maet indetermiué. Mes premiercs études de poes1e a em~n
doute ou1 ltée depuis longtt•mps : Tu as assassiué ruon
avaient porté sur les plus courts de ces tourts ~?emes lade.
_ Laissez-moi voua chercher quclque herbe salu- friu·e ! - 0'.1! mais tu l'as assassine !
que, ¡,enclaol mes promenatles a~ l,ord de lamer,.ª U1_m11 L'autre chanson, je l'ai in,¡1ruvísée pendant une
k1!ri¡ue, j'ctais 1iarvenu a encha_sser d~ns_ma m~mo1re. taire mon seigneur ahbé.
nuit
de tenipctc et tl'édairs : Tu &lt;luis te liatllc a1cc mui
_' Ah! mon lirave V,·nix, ce n'esl point une herbe,
Dcux d'cntre cui surtoul m·ava1cnt la1sse une tropres¡¡ la vie a la 111u1 t ! -· 011 ! 111ais a la vic, il la 111ur1 ! n
siun prul'unclc et tlec1me. lis dé!tmsscnt le_ role. et ~a c'est la répuuse a mes trois qucstiuns qui puurrait seulo
'
.
.
Alors il posa sa harpe sur la t:ililc, el tls l1l'CI eut tous
puis.,Juce du p11He. \'oici tl'aLord puur le rol~, c cst-a• me gucrir.
·1
t,
t
·
t1
_ C'esl done du latin bien difficile, mon seigncur deui leurs épécs in1patient1·s, et 1s se a tiren uogd1rc le cunsc1I pla~t1q11e dunne ¡¡ar Grothe a tous les
temps avcc un bruil sourd; puis enfin le roi tomha sur
puet.es :
ah lié?
.
•
·
_ l'élas ! mon hrave Vénix, ce n'est point du lat111, les hauts dcgrés de son trone.
De3 imagcs, polite, et ras de phras~ vamc;
~
•
. d' ft .
i1 Maintenant, J·'entonne la troisieme, la plus belle
sans quoi le~ docleors auraicnl pu me_ t1rer a al_re.
Que 1011 ch,u,l ue soit qu u11e luleme.
1
.
_ Puisque ce n'est point du lat111, mon_ se1gneur di) mes chansons : Le roi Siegl'ried est étendu clans e~
Le dysli'{ue allemand, que ma ver~1on a. l'inconvé- abbé 1rnrdonnez-moi de 'vous prier de me d1re quelles fluts rouges ele son sang! - Oh!. mais dans les llots rounicnl d'amurtir el de prusaísllr, proscnt adm11-.1blcment sonl ~,,s truis questions. Ma mere n'était qu'une simple eres de son sang ! ii l
•
a déclamauun creu~c et le vc1 l'.idge. L'autre a¡ihur1~m_e bonne femme, mais elle avail toujours répon~c a tout._
" L'al'dtUr farour,he de ces races énergiques '}Ue Rome
du maitre se termine par une rn1age superbe symliuhi, Qnand l'ahbé de Sainl-Gall eut furmu_lc les tro1s ' appelait dédaigneuscment barbares, ~t qui devaient
sant la meme pcnsée :
questions, le berger lan~ajoyeusement en l'a1r ~on Lon- \'amere les conquéranls du monde, respire dans ces vers.
La méme corde a souvent résonné sur la lyre d'Uhland;
net de peau ele loup.
.
,. .
·11 a surtout cousa'cré a la bataille d'Hastings une série de
Aux flots troublés, grave el serein.
·- Si ce n'cst que cela, vous pouvez reng, '1sscr,
Le ¡ioete voguail 11~¡;uere.
mon bon maitre. je me charge de parler pour vous. \laís fra"ments ·qu'rul forl goulés Augustin Thicrry, et que
11 J1~a1t u11 mut, et ~oudJin
1
•
l'"' Chaºtterton n'aurait ¡ias moins admirés. ll a été égaleLes llots apaisaiem l~ur culere;
il raudra que vous me permettiez de metlre, ce ¡ourment simple et vrai avec candeur, quand il s'cst insll puisail l'ondll dans sa mam,
votre cape et votre manteau. 11
d •¡
- Et J'onJe rctombail en sphcre.
u Le juur ven u, le berger, transformé en abbé de piré des s,~ntiments qui font le lyri,me, quan I a
·•nt-Gall, est introduit dans la salle oú l'Empereur pré- cbanlé la femme, les fleurs, les espérauces el les regrets.
L'imperturbable sérénité du grand olympien, 1.ª faculté Sa
1¡
el doui enivrement J·e me dé
d
sidait le conseil impérial.
.
Aver que e iarmc, avec qu
11
·
1
1·euse
de
son
génie
obJeciií,
s_
o
n_
t
tout
e_nlters.
ans
1
·
•
tt
f
a'che
so11rce
Prod 0
_ Eh t,ien ! messire abbé, vous voila plus ma1grc sa téra1s a ce e r 1
, J·e le (lirais n¡al ,· mais
ces quelque lignes cadencées. Serait-il possilile d avoir
,.
,·
·
d · clepuis le "OUL et la ~aveur de ces
ucore qu'a I'ordinairc; il vous a done fallQ méu1ter j a1 ton¡ours gar e
o
~
.
.
une plus "oraude idée de la poésie, une plus savante el e
¡· ·t.1
J' ti ,11·ra1·s aussi dans Uhhnd et ¡e lm
biPn lon"ternps pour trouver le mot de l'énigme? Voyon~ eaux 1mp1 cs. a t,
•• ,
,
,
plus sage lheur1e de cet art d1viu? Comment ouhller un
º
..
t·on
appro¡mée a ce
1 .· Qu'est· ce que J. e vaux ' a cnviais une forme merveilleusement
.
• d, de cctte coupe
par,·11 precepte?
Comn1en t ne pass·effiurcer saus cessc. de. d'abord la pren,1cre
. ·? ques
ua'if breuvage : je veux parlcr du Lte
le prati,¡uer? O magic1en de la forme! vous avez ams1 1 une obole prrs .E
I F'ls de Dieu notre Sau- eutourée de v1;r"'iss-mein-nicht,
oti le poele nous verse
0
.
t le seul et véritalilc
- Sei"'neur
mpereur, e 1
,
•
•
d
\'" lb 1
0
révele magn1fiquement votre secre,
•
'té
d trerte deniers Votre ~la- le nectar enchanté. Je qmtta1 Uhlan pour ,, 1 i m
ser.ret: tout ce qui tombe de la main du poete doit al'oii' vcur Jésus~Cbris~, a e vefnd u_ , ' l denie~ seulement ~lt• ler a qui Walther de' ogelweide ~eml,le avoir légué
·
.\ et cette splendcur vi- J·esté vautJuste
vm"'t-neu
en1ers: m
·~eg• bouqnets
,
.
.
.
0
ce contuur spher1que,
cette gro.ce
.
d'aubépmes,
ses 01seaux
et scR prmtemps.
vantes.
.
.
de m0tns.
.
bb ' la répouse est babile , 11, l'ui~je passai tour a tour a Chamisso, le sensible rails
Uhland ful l'autre enchanteur qm me retmt, par u~e
-. Bravo~ ~e~ •~: ª as e~'en montrcr satisfail. ~laisje Icor;~ Ju,tm Kcrncr, le plaintif élég1aque; a Rückei:t,
:mere solide, sur les bords de ce vaste Oeuve de reverte, serais mal e~u d p . .
estion. il ne vous sera le Saadi de l'Occitlcnt, le pocte de la cuulcur et du sole1l,
qui aura,t pu tout entrainer a la dérive. Lors de mon I vous atteu ds ª ª ~u_fxiemle ~u tour~er la difficnlté IP piodi"UC'
de la rime, de l'image, et toujours des plus
0
.
•
·•
·
saos doute ras auss1 ac1 e ne
·
·
'd
0 té avec moi son
dernier voylge a Bunn, J ava1s rap¡&gt;_ r .
. C b' d t ps mettrais-je a faire le tour ¡ gr,1cieuses pensées. Commcnt, dans ces pagt'S ra¡11 es, et
s
naiírecueil de Léyendes et Ba/lacles, arn • que les reuvres Voyons · om ien e em
·
qu'il convcnait peut-etl'e de faire plus hri!l'eS encore,
I
de la plupart des poetes allemands modernes. Un ~e du rnon¿e?
ne pas citer quelques-uues de ces pensee~ de Ridi.ert,
¡ f
ép1
Se10, 0 eur Empereur si Votre Majesté ~e leve as-.
leurs prédécesseurs rlans _l'art d: don~er ª orme .
'elle uisse conalamment sLivre pas .i qm brillent, comme autant de blanches perles, sur le
que aux traditions popul11res, Burger, 1au~eur de Th1ore ' sez matm, .et qu
p
il lni suflira de vi, ttl-quatre tront de sa muse?
et du Féroce ch,meur, m'était connu depms longtemps. 1 pas le soleil dans AA course,
·
"
" AccneillP. avec joie Ir pelerin clans t:i mA.i•on; ru
faimais son talent simple et vrai, parfois étraniement hPnres.
.

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�88

L'lLLUSTllATION, JOURNAL Ul\IVERSEL.

TIIBATIIH UES UUll."'TTINI IIT l'ANTU&lt;:t:INI.

c'est ainsi que, sans le s1vuir, plus d'un bommc avant
toi cut pour botes les anges.
« Le vérilable orpbelin n'est pas celui qui a perdu ses
parents; mais celui q11i n'a enricbi son cmur d'aucun
amour, son esprit d'aucune connaissance.
« Ne te plaios pas si la vie n'a pas courouné toutes
tes cspérances; son ge, pour t'apaiser, qu'elle n'a pas
non plus justifié toutes tes craiotes.
« La vérité est encore le j:m le plus sur. Monlre-toi
francbement ce que tu es, et tu n'encourras pas le dangcr d'oul.Jlier ton role.
« Mets ton amour daos le passé, si le présent ne t'of..
fre rien qui .en soit digne, et si le passé lui-meme n'a
rien qui t'attire, mets ton amour dans !'avenir : il est si
,•aste!
« Chaque soir nous apporte la sagcsse et la prudence
dont nous avons manqué pendant la journée; mais cette
sagcsse et cette prudence ne nous servent a rieo le jour
suivant.
« Ne te laisse pas prendre au prem1er sourire, ni a la

premiere )arme; le crocodile plcure comme un enfant, et
la hyene rit comme un homme. »
-Ces érndes sur les poctes modernes de l"Allemagne
occupcrent les quelques années de mon séjour dans les
Flandres. Arrivé aParis, j'eu publiai successivement les
rétiultats, sous la préoccupation fervente de contril.Juer
ttios1 a resserrer l'union intellectuelle de la France et de
l'Allemagne. 11 m'eüt particulicrement souri de ne point
rcster étrnnger a. une fusioo des éléments qui distinguent la poésie des deux 11ations. S1 je pouvais espérer
d'y avoir un peu réussi, je m'en réJouirais surtbut, parce
qu'en m'assimilant cettc e1pressive et réveuse pocsie de
' l'Allemagne, je croirais avoir mieux • retenu, mieux
cultivé en moi !'ame materoelle.
Que dirais-je de plus, et qu'importe ce qui advint eusuite? Une autobiograpbie, je viens d'eo faire l'épreuve,
' ne pcut que s'ébaucher tres-superflciellement, - et c'est
peut-étre déja trop. Tout au plus est-ce une expérieoce, un
essai de narraÜon na"ive et ironique qu'on fait sur soimeme. On est d'ailleurs privé de ses meilleures1es-

sources, puisque le plus intéressant de
ce qu'on pourrait avoir a dire, il faut le
t:lire: comment raconter la vie du coour,
lí! ·coour de la vie? Les poetcs ne doiveat confier de tels sccrets qu'a leurs
Yers.
N.

füRTIN.

LES BATNS D'ARCACIION.
LA VII.LE D'ÉTÉ. -

LA VILl,E o'HIVER.

Les chemins de fer ont fait dans les
habilurles de la vie une révolution si
complete, qu'un persormage de l'autre
siecle qui reviendrait dans le notre, se;
rait aussi émervcillé des moours nouvelles qu'un sauvage de l'Amérique du
Sud. La vie ~e campagne, si en honneur
autrefois, n'existc pour ainsi clire plus.
Le chateau s'en va. Bdtisse isolée sur le
sommet d"une colline ou sur les :bords
tl'une riviere, il e'st destiné a périr
conime tout ce qui vi( solitaire. Les
mrenrs américaincs s'infiltrent peu a
peu parmi nous. 11 nous faut la foule,
le mou vement, le bruit, les éclal3 retentissants; nous avons destitué la solitude.
Les maisons de campa¡,nc de l'immense
majorité sont aujuurd'hni les stalions
thcrmales, les Yillcs de 1,ains et de plaisance. On va retrouver en Savoie ou
aux Pyrénées ce q11'on est censé fuir en
quittant Paris: la toilette, le I.Jal, tout le
tapagc de la ,·ie. Qu'un rJyo11 de soleil
illumiue le boulevard, et tout le n~oócie
s'élance a la fois, - un sauvc-qui-peu(
universel. - Cctte vie de Paris est si
fatigante! et l'on va chercher une exis-•
tence plus fatigante encore. Le caractere

\"11.LA ELGIÍNIR.

.

-

~

-"'

~

-

.

U.S llAINS D'AllCACHOII. - VUK GIÍNRIULI .OS, - D'1pm les photograpbies de ll. A. Tcrperraut

Arcachon a aussi l'inappréciable a,·aotage d'etre bor~
dée de chaque coté, sauf du coté de la mer, par une forct de pins. Or, l'odeur balsamique et résineuse des pins
cst excellente dans le traitementd'un certafo nombre de
maladies. Ces émanations continuelles pénétraot sans
cesse, avec l'air, daos les voies respiratoires, remplacent avantageusement tous les procédés bal~amiques et
ré~ineux administrés si souve11t dans le traitement des
maladies bronchiques. L'odeur de l'algue marine venant se méler au parfum des sapins, on peut dire que
le malade rencontre sur celte plage les deux remedes
souverains pour le reconfort de sa poitrine.
Di\'ers rapports de médecins spécialistes ayant établi
que IP. climat d'Arcachon était un des plus favorables a
la guérison des maladies de poi trine et des voies respiratoires, M. Emite Péreirc, ~ollicilé d'ailleurs par le désir
d'étre utile ason pays natal, con~ut l'idée de fonder, a
c1ité de la ville d'été, une ville cl'hiver qui fer:iil d'Arcachon une station permanente. Aussil1'it fait que dit: les
ouvriers úmparent rle la forét, ou p-lutot de cette partie •

89

L' lLLUSTRAT ION, J Oll-RNAL UN IV ERSEL.

de la orét qui forme comme un bassin nature et qu est
abritée conlre tous les vents, et bientot la cité s'éleve,
cité de cottages et de chalets; - la, chaque villa rayonne,
celle-ci avec sa robe diaprée de pierres blauches, cellela &lt;le briqucs rouges, celle-lil recouverte de chaume,
celle-la d'artloises bleues. C;tte jolie vi lle est un ar,c-enciel; elle est enclavée dans une forét otl l'on a percé
trente-cinq kilometres de roules carrossables. - Un bois
&lt;le Boulogne iL douze heures de Paris, aune heure et demie de Bordeaux.
Pour que rien ne manque a ces charmantes hahitations, chaque nid joycux a 5a tcrrasse, sa marr¡nise ª""
frises tombantes, et tout autour un joli jardin oi1 les
íleurs de nos pays se marient aux plantes des tropiqucs,
- le mariage de l'été et du printemps.
Les deux villes ~ceurs sont reliées par le casino, qui se
dresse sur la colline et d'oü l'on découvre un des panoramas les plus grandioses. Ce casino cst un monumcnt.
C'est r¡uelque chose comme l'Alhambra reo\is a ncuf et
agrémenté,de coupoles plus orientales &lt;¡ue mauresque~.

VILLA MARl&gt;lJUtlTE,

distinctif du dix -neuvieme"siccle, c'e~ le
mouvement. Go altead!
De toutrs les stations de plaisance, la
derniere venue cst Arcachon. llieri solitudo, hodié vicus, eras civilus, telle e~t
la fiere devise de cclte aimablc colonie
improvi$Ce par la puissancc des millions,
et q•Ji íerait croire it la theorie, si débattue en ce moment, des générations
•~¡iontaoées. Arcachon, sitnée dans un
coin des Landes, a cinquantc-six kilomctres de 13ordr.aux, était, il y aquelques annres a peine, un modcs.te village
de pc'cheurs, déroulant ses paunes calianes devant ce magnifique 1Hl$Sin d'cau
salée, qui n'a pas moins de cc11t kilometres de tour, et qui communique avcc
l'Océan par · une large passe, comprisc
e11tre la pointe du Sud et le cap F'crrct.
Des hal.Jitanls de llordeaux llrent batir
en face riu hassin quelques maisons, et a
partir de ce moment le village de pcchcurs co111men~a a 1wrrlrc de sa rurle
physionomie. On sait qu'une maíscon en
appelle une autre, et les autres ,·inrent
si 1.Jien et si vite, qu'en peu de temps le
village était une petite vi lle élégantc,
dnnt les chalets et les villas s'éparpillaieot sur m,e étendne de plll!,icurs kilomctres. La vi lle d'été füit fondéc, et cctle
ville est assez avanta~cuscmcnt connue
pour que je n'iusiste pas. L'eau du Lassin, aussi salée que l'eau de la mcr, mais
moins fouettée par les vents maritimes,
offre aux malarles un bain plu$ tranquille et plus salutaire. S 11· cctte plage
unir¡ue, s'éhattent toute la juurnée des
lé¡.;ions de bamliins et de l,aml,ines, les
jambes nues sur le sable doux et lmmide.
Pas d'arcident a redouter. Aussi la plage
d'Arcachon ~•~elle été appelée la patrie
des enfants.

�90

l.'ILLUSTRATION

Les_ ~~lle~ •onl d'une ~rlrnilrnr encore inconnue. La viv~c1le1 el le •br1lla11l
d,•s lon~ rehans~és
..
.
· d'or, le 111rercs
rtr 't•s _1l1•m1-li'111tt-s ,1'11nc cloucenr extreme, o1Tr1•nt une
h,'.r1110111c ~ava11le. l.e ~uir, coupoles et minarel s'1llum ~l'nl,. et a11 mil1cu rlu jar&lt;lin un élégaot pavilloo
abr1te I nrchestre. Ce jardin, qni reproduit sur une
(plus' grande
· cchclle
. le jardin de M11nceaux , est auss1.
ra1s,
auss1
merve1lleu3ement
soiané
r.
.
o ' ma·,s· ·,1 a sur son
con_ rere de Pan~ l'avantage de possé,ler des cactus :les
alues, des arbousiers, des karoubicrs : toute la ía~ille
de la O_ore des trop1ques pousse la comme chez elle, je
v~ux d_,re en pleine terre, et ce n'esl pas un des traits
les
. moms caractéristiques de la cle'mence to ut cxcept•~nnelle de ce climat d'Arcachon. A cenx qui l'accuserat~nt de promettre plus qu·,1 ne peut tenir, il répondr~,t e'. : Regardez ces plantes et ce~ arbustes des climat~
afr1cams' etdites
• dans un sol refroidi
,
s•·1I s peuvent vivre
p~r la gelee. »
. Ro so~me, cette station d'Arcachon, qui réunit deux
v~lles, qm a le plus beau ca~ino et le plus adorable jar..
d'.º• avec une foret immense et la .ncr qni la liaignc,
n est p~s s~uL~ment p,:uplée, comme on le pPnse bien,
de valetudina,res. Tout le monde y va et tont le mo11ele
y reste. De ~etites Yoitur1:s a l'hcure slati11nnent a la
porte du cc1smo et empurtcul daos la íorct rle~ CPntaincs
,-de. promencurs·' - de·s barques pavo,~ees
.. invitent les
ba1gneurs aux _excursions maritimes, et les baleaux
a vapeur,_ charges de passagers, vont dou blcr le cap
Ferre~. C est en face de ce cap, au dela duquel s'étend
la_pl~me mer, qu'est situé le célebre chalet de M. Emile
P~re•~~' - une merveillc ! C'est toul sin1plement un pala1s. ~ est le plus vaste chalet qui e1iste, et c'est a11~si
ce~tarne_ment un de ceux 4ui sunt n,eublés avec le plus
gout; ~e Jardio qui l'eutoure est cumme u11e rcd11c1iu11 tlu
p~r_ad'.s ~errcstre: des fenet,es qui donuentsur la n,er, el
d ou I re1l embrasse le bassin dans toule son étenduc le
sp~ctacle_est s~perbe. On ne,pcut en vouloir a \1. E. Pére1re, qui a fa11 constru1re taut de chalets et de \'ÍIIIIS
pour les autres, d'a1oir songé a se cun~lruire un ni&lt;l
sur ce doux rivage.
liENRI C,1srEUUN5.

'

.I OIJRNAL UN I VER~F:t.

. Sagement répondu, bergere. Mais quoi ! tu accordtJs
~e ~ue tu refu_es, et te :oila de l'autre cóté du ruis;eau;
~ ten ~~peotrras. A perne quel4ue~ jours se sont éro11les et deJA ton berorrer te fail attendre• - Bo DJour,
.
mes
amours, la be lle Marguerite; a garder les arrneaui Yous
~ous serez morfondue? - Non, certes, mo; doui ami,
Je ne me suis pas moríondue : pourtant l'eau du ruis~
seau.,m'a
. un
. J)eu re fro,·d·,e. - Le coq n'avait pas chanté
que J a, fa1t d11 pare sorlir mes brebis, pour vous mes
am?nrett~s. -:- Et moi, j'ctaissnr le ga100 au pct/poinl
tu JO~r; il n ~ a que vous, petit ami, dont le retard me
acha,t. - Fa1sons tourner, lQurner le troupeau vers ce
~ouvert. Vous a vez du beurrc, moi du pain. uous nous
1crons quelques rvAt,es. - P:us~ez
.
.'
pa1ssez
pet'ts
1
arrnea
'
, broutez
º ux, p~1·ssez mes brebis; en m'attendanl
ces. Oeurs
·
' _ Et
. ' .Je v?us 1aisse
un momeut seuletles.
~01, pel1t Drru d amour qui voles dans les airs, aie soin
es .ªm~ureu~ et sn'.veille puur moi le lroupeau. t,d1cu, J~•IU il rlc111a1n, gartlez bien les ouailles · pour
heur~, Je ne 11uis m'arréter davantaae.
je serais trop
0
grundec
! - (Dt:spuur1111
.· ~)• Despo11rr1ns
. avait
'
.
lu The'o .
c1·1te
, ces vers qu'a traduits Antl .
, ~· qui ne recouna,t
Chen1er?
re

trouve déja ce ~ujel débattu par un homme de gé11ie, dont des fetes de Bacchus, sous la figure d'un je une gar~on,
on ne s'attendrait guere a trouver le nom ici; Jans une tenant une amphore sJJr une épaule, et de l'autré main,
letl1 e adrcssée par Gahlée au pcintre Lod. Carli da Ci-- teoant en l'air sa coupe avec l'entrain et la ga,eté d'un
goli, et qui a été publiée cette année a Pise, al'occasion homme ivre. C'est unP reuvrc réaliste qui n'avait pas
du 3001 anniversaire de l'illustre llalien. 11 étabht le dé- 1 hesoin pour parallre vraie, de la laidcur vulgaire, du
bat contradictoire: La sculpture réclame la su ériorité, type de gamin, que le sculpteur s'est oublié a luí donu parce que la nature fait les hommes de sculpture et ner. - M. MoREAU a représenlé la Premiére ivmse d'un
"du passé.
ANDRt LEFÉVRK.
non de peinturc. » A quoi la peinture répond, qu'elle jeune bomme qui commence a cbanceler et écarte les
aussi, 1&lt; elle les sr,ulpte, » c'est-a-dire elle clonne la sen- jamhes pour chercher son équilibre; cet écart, ce
s1tion du relief,et que de plns « elle les colore,&gt;&gt; comme manque d'aplomb, sont d'un effet anti-sculptural. JI y
fa1l la oature ; et elle se fon Je la-dess•1s pour établir sa a encore d'aulres i vrognes; nous les abandonnons au
116.6 .
supériorité sur sa rivale, supériorité que proclame Gali- Dieu qui les possede. - On revoyait, exécuté en bronze
t6' et dernier artiele. )
lée lui-méme. Compara1so0 futile entre deux mod s dif- et no peu éteint, le Saint Jean enfant de M. PAoL DuB01s,
L'examen sommaire et rapide que nous faisons ici férents des arts plastiques et, qui ne saurait aboulir ! donl le platre avait été remarqué a la derniere éxposi-•
Salon nous oblige Alais.~er de cóté, non-seulement Mais ces raisons, si puériles qu'elles soient, sont en réa- tion. - Un Jeune vainqueur au combt,t de coqs, statue en
grand nombre d'ouvrages, mais enr.ore a omettre lité la cause du peK d'intéret que le public moderne,en bronze de M. FuGoti!RE, est une assez bonne statue, a
Jques divisions tout entieres, telles que les PEIN- général, porte a la sculplure,comparativement a la peía- laquelle oous reprocherons une jambe étendue et un
~ o'JL"ilMAux, les NATUIIES MORTEs, les MJNIATURES, ture. L'~ne ne lui fait éprouver que lesenliment ab.strait bras levé en avant du méme coté, ce qui forme une
AOOARELL.Es, les oEssws. C'est la physionomie géné- du dessm et de la forme, tandis que l'autre récrée ses ligue trop longue et nuil au balancement. C'est une
e que nous nous sommes proposé de reprodoire daos yeux par la fete aoimée des couleurs, par le charme erreur qu'un Gree rr'eul pas commise. - Il y a de bons
traits les plus saillants; et, maintenanl surtout que mystérieux du clair-obscur et des dégr1dations de la morceaux d'étude dans le jeun·e Pan aga~ant ele retits
position est fermée et quenous ne pouvons plus nous perspective. D'ailleurs, les peuples du centre, et a plus ours, par M. Frém1et.- M. CoRDJER, qui exprime bien le
sser qu'aux souveuirs, s'eogager daos un examen forte raison du nord de l'Europe, ne connaissent point • caractere typique de certainesraces, a tellemenl enrichi
taillé et minutieux serait chuse fastidieuse et super· le nu, el ignorent les formes du corps humain et ses moo- de bronze, d'émaux, d'onyx, sa figure de Jeune muid. Mais, avant de terminer, nous arreterons un ins- vemenl~. Pour les peuplPs de l'antiquité, au contraire, tressr, que sa sr.ulplure polychróme passe de l'art a la.
1notre attention mr les PORTRAlTS.
les Ég_vptien~, les Grecs, les Romains, le nu était un cnriosité. -Le bronze a donné de la sécheresse au Faune
PoRTRAtrs. - Un assez grand nombre présentent un en- spectacle journalier; et les ~dmirables statues de leurs ch,¡sseur de M. L&amp;Pi!RE, ex posé en plAtre l'année derble de qualités moyennes suffisanles pour le butspé- artistes, partout exposées A leurs regards, entretenaieol 11icre. - Citons encore; U11e trouva,lle a Pompéi, brooze
aatteiodre. Dans quelques-uns, les peintres, sachant chez cux un sentiment esthétique élPvé.
de M. MouLIN; -un remarquable Christ en crJJix, st-ntue
sonstraire a des exigences banales, imposent leur senDeux Statues équestres de Francois Jer et deNapolcon :er, sculptée en l.lois, par M. R0B1NET; - la Juine filie a la
ot individue! ou leur fantaisie artisti11ue. Le plus sou- dre~~ées en avant de la porte d'entrtle du palais de l'lo- s011rce, de M. TRuPutME, etc.
t, c'est en dehors des conditions de l'arL que le pnblic dustrie, annon~aient extérieurement l'E,position. Ces
En terminant ce dt•rnier compte-rendu de SalC'D daos
teresse a ces sortes d'ouvrages. Iislaisseut des impres- statues colossale.•, daos une maniere décorative Oc1m- ce journal, nous ne pouvons nous empecher de jeter un
s si fugitives, que, n'ayant plus a évoquer aujourd'l¡11i boyante, sans origioalité, dépourvues de style et de ca- regard rélrospeclif sur la tache de critique que nous y
de lointains souvcnirs, nous nous bornons A citer ractcre, attestaient seulement la fecondité facile de remplissons depuis bientót vingt ans. Nnus l'avons ac •
lques noms seulement. M. AluURY-DUVAL avait ex- M. CLtslllG&amp;R, qui, par un privilége spécial, avait encori&gt; complie saos parti pris exclusif, ne clterchant point la
· un Portrait de femme, qui tenait convenablemPnt ~a exposé a l'intéricur &lt;lrux autres ouvrages : un C~sar, im- uotoriété et le retenfüsemenl en soutenant des opinions
ce a colé de sa jolie Étudecl'enfant. - M. BoNNEGRACE provi~é aussi ltlg/&gt;rement que le Fran~o,s ¡er, quant al'é- paradoxales, n'appartenant a aucun camp; allant de
it fait un portrait tres-ressemblant de M. L. Ha'Cin, tude du carictere, et ayant une cuirasse lourdement 1'un a l'autre pour louer ce qui nous .semblait bien, et
· uté au Corps législatif. Le joli Portrait de Mm• B... , 1 surchargée de figures en haut relief, d'un luxe inutile. critiquer ce qui oous semblail mal. Si ce travaif, ainsi
M. F1.0RE, d'un coloris frais, d'un ton léger et d'un'! On retrouvait plus directement les qualités particul1eres cou~u, laisse la conscieoce en repos quant aux intenure facile, a été remarqué a coté de l'Eve du meme du sculpteur daos un groupe de marhre représeutant un tious de siocérité, il nc.saurait, a moins d'une extreme
·ste. - Le porlrail en pied de Afme M. P..., par I Combat rle taureaux romai11s, groupe visant a la force, présomptioo, écartcr les doutes quaol A la justesse des
.GucoMoTTt, étail un des bons ouvrages du Salon. - Les mais manquaol de mouvement. - La grandeur esl une appréciations; et la différence des points de vue diamé01 portrail~ de femmes de M. litBl!RT attiraient moios qualité, l'e&gt;.cessif est un défaut. M. CAiN affiche lrop la tralemenl opposés, qui se manifesle ~i fréquemment chez
core par le caractere ,les tetes que par le systeme d'une prétention au grand style dans sa Liomie duSahara. Pour les critiques, opposition que nous sigoalions dans un
oration cberchée et d'une harmonie ráu,sie, malgré la faire grande, il ra faite énorme; et pour lui donner deroier article, esl une prenve de l'iocerl1lude inévitable
difficulté dC's ouanccs voulues par l'artisle. L'exécu- 1 du caractere, il a ex:igfré les li~nes de la tele en une desjugements daos une maticre dont les reglrs, intern esl parfondue et comme voilée. C'est en peinture ce géométrie anguleuse outre nalure. - ~ous nous récu- prétées par le goul f:t s'appuyant sur la tradition, ne
,·est un prélude de Chopin en musiquc. - C'est un joli sions, da.ns un dernier article, a l'occasion de certaines comportent pas la rigueur d'une formule absolue. Meme
rail que celui de M11 • de G... , pa1 M. JAr.ABRRT; mais peintures rl'une exécution trop h\chér, mais 9ui a de• en admettant que la critiqu1., ~oit fondée sur les saines
joli n'cst-il pas poussé jusqu'a la limite de la f.ideur~ aelmiratcurs; nou, de,·on~ le fairc aus~i a l'égarrl d'un notions de l'eslhétique, on peut ctre amené a se demany a, au contraire, un1! gr.inJe fermele de des,in, une des ;,rlistt&gt;s les plus cnnteslés de notrt&gt;lPmp,,M. PR€AUI.T. rlcr tle 4uel profiL elle est pour l'art.
cutioo fr:inche et solide dans le rortrait de M. l'u.bbé Si nnus ne ,connai,sion~-J)a; I&amp; beao -hufte tle l"!lrlliu•,
De nos jours, la cr1tiq11e arti,ti4ue a pris une granrle
bml, curé ele S1ti11t-.Uern, de ll. HEXRt Ltm\lANX. si v1vaot, si vrai, si fin, si atlmi1 ahlemenl eludir, qur exten~ion. Dan~ le nombre ele ceU\ qui s'y so11l liHe5, il
. LE1'v, auteur de la jolic id) lle dont uou, a1·v11s rendo nous a lé¡rné l'ant111uité, nous pourri:ins nous arrCll'I' no s'est lrouve q11Plqul S écrivains de talent, il la hauteur de
mpte, a pe1nl cl,1os un autre modt&gt;, a1ec un sent1me11t instant devant la méda1llc oú M. Prcault a chauche it lc•ur mi;~ioo par lrul's éturles prl'limi11ai1es et par la
-fin, 1rr.s-rnt1mc, une Tl'le de j,uw· fil/e, d'aspecl sé- lar~cs plans la figure 1le cel emprrrur, et reronnaitrc ~tln·té de le•Jr ¡:111i1. Si 1'011 cherche quelle a pu etre
tel't' et triste, n:iLUre nervru~e et malarl1ve, donl la vne 11ue, si ellt&gt; étail termirn•e, si la coi!Ture, au licu &lt;l'eLre l'attion C\ercc,• par cux, on rl'connait qu'ils onl contrilll~ressionllP et f,til rever. L'or&lt;lre alphabcllque dans le- un raqurtd'epongrs, éta1l rnrliquée, ce métla1ll1111, plan• hué. pour lcur part, a précipill·r la l'Ulllt' rle l'anc,en
'1el nous inJ,quons les n11111s nous amcne aun contraste a une certai111• cl,·•vation, aurait du rrlid et du carac- sy,tcme a1·ael1•111i4m•; qu'1ls ont in1t1c le puhhc aux qut'S1
. lenl drvaot un f1Ct1t 111rdaillo11 qui rcail ex posé dans tere ¡ mais le -ouve111r de ce hmte anl1,1ur cst trop p1 e· tions di' 1'1·,th,•tií] 1r; mai~ rn rtr h,,rs de c1's rt'Ht llal~
Salun d'honneur, et oü )l. llU5$AtlT a tcrit avec sa sent, et nous ne 11ou,ons 111111s empéclwr de denw11,lt!r (t)lli mrr1lént ,J'a11l1•11r~ ,J'étrc run1pt1•s), onl -ils ~pr1 i 1lisse comme avec un l,urin le prohl sculfilural de la pourq11oi l'arfote a cherche a n •ía1rr, d'unc fa~ 11 n si lii- reclemenl il l'art? Cela cst tlouteux. 11 'Ya;rl,111s le t·u111
r111cesse Baciocchi, - 1ot capitu, tot se11s11s; cet arla,rn 1.arre et si incumplétement, ce que rant1qu1té a, a,t faitsi ranl ,le 1'11p1111t111 et ,les 111re 1rs d'une nat1011, rl rns !a
pourrail, en allérant un peu le rens ordinaire, s'ap¡,li- bien.
11irc!'lion Je son gout, rlans les fuL1les sé,l11ctiu11s de la
•uer a la peinture de portraits. Chaque tele a son caLa grande médi.ille d'honneur a élé décernér a une mo1l1• clle-111en1r, d1•3 111ílurnces et une force d'entraincractere proprc, el il faut que la maniere de voir de 1'111- figure de Menwe, lc1i,~ee inachevée par fcu BRus, et mo1t, contrc lrsi¡11clle, l11ttt&gt;nl ,a111ement, a un moment
1
lerprele se mod1fie en ra,son de ct&gt;lle Yariéte. L1·s rlil'crs dont le trav~1I sobre el pur resp1r:1it le sentimcut an- rlon11P, IPs throri1•~ esth1•ti'1u1·s rl1•íend11P~ avec le plus
portrai~ que oous venon• de pas~er en revue svnt u·ai- 1 tique.
de talenl. Les plai11tes qui se ren11uvellent depnis quellé.-; daos de~ modes tout a f,11t di!fcrents el mémc oppoS1 l'cxpositinn de sculpture ne renfermail pas d'renne qu,•s années sur l'aha1s,1•mt11L du sc&gt;ntimcul ar1iFtique
sé~. Le portrai tres-re~seroltlanl de M. \ itet, par M. Rocx tra11~ce11dante, on y vo.v:iil un assc•z grand 11omhrc d'ou- en Frunce, sur la ,l,•s, rli11n de l'i1lt-al et la 1,rcdomioa11ce
1 di!Tere eocore de maniere avec les pré- vragcs qui, a défaul d'elt\vat100 et de grandeur de st~ le, rl'un réah~111P vnJ..(airc ou d u11 ma11iér1smé montlc1in
(Louis-Prosper),
ee~ents. C'est une p&lt;'inlure soliclc, d'une exécution large attcstaient du moi11s l'habilcté acqu1se el un ensemhle cffominé, empi'chent-elll's uu grand nomlm, de pe,ntres
et ~ure et d'un aspect sombre et harmon,eux; un eles de qualités satisfaisantes. Nous iodiquerons les pr111ci- de sr prrcipitcr ele plus en plus da11s 1·ettt' vo11•, oü ils
boas ouvrages de l'exposition, qu i n'a pas été assez re- pa.ux : le J,une Guu/01s, w1son111er des Romrnns, par espcrent rencontrPr le~ sympathies du puhlic et les fanblarquc. _ l\uus avons parle prccedemmenl de l'or1gi- M•• BERTAtX., a llhtenu une métlailll'. - Le hu,te de Laisies d1•s a&lt;"hl'lt'Ut",? ll'u11 autrc coté, les avertissenahté de maniere adoptée par un jeune artiste, ~l. T1ssor, la Puloml,ella, par M. CARP~-Aux, est un gracieux S0111:e- mt&gt;nl~ b1envrtllanL~ elonDl'S il 11ot1 e jeu11e tlcole tlu
11
dans ses portra ts. - C1tons encnre les portrails de mr de la S11bme.- U11 aulre busle, ccl'.11 de ,1J • n... , p,i_1,age, rnur la ¡1rém11111r contrc le dan¡;1•r d'•rne e~é1
.11•• A. B. u., par M. \ A.."' llo\'Ej de JI•• fo b11ro11ne de I par M. CA11K1E11-Bi-:1.1.ECSE, est un portra1t charmant tic rut111n lál'hér, 1111t-ils prévalu? On a eu bcan re¡irtcr
H,rsch, par M. DE WtN:-.t:, l'l 11:· flOrlrail de i1111• C. P... , 1 jeuncs~e el trcs-finc¡11cnt ex.1ru1c. - La ril'l1Jirf! rot,- 11u·uoP I hauche n'c,t fldS un t~bleau, pas plus qu·uoe
par M. YvoN, oü la vcrve fac1le tlu pinccau de l'artiste ro11111wt le tlru¡,euu f,anc1Hs, .~1.. tu•· de bro,,:.e, JJar ~l. CR.1c!i:, preface n'e$l un lhre; que ce mo,tc tic ¡wintnre, ,¡ue
s'a1he a l'clt'¡;a11ce el a l'[\¡(rement du 1110,lcle.
' étail peut-élre la 111e1lleurP slatue 1lc 1·cApo,111u11. qiwlqucs arti,tes, bien duués &lt;l'ailh t11s, ont ..te as,ez
ScuLPTURE.- On a agité de longues lhcses sur la com- L'ivrcsse et les all11rcs avinecs av:iu•nt, celte annre, adr111ts pour f&lt;.111·e acccptcr c111x a111att-urs, 11'a11ra
paraisun entr~ Ja staluaire et ia ¡&gt;e111ture, et ~iscuté les e1crcé la v,crvl' iu1ag~nal1ve de plus1eur~ arli,tes : t¡u'une tlurec de vogue passagcre, ils se cr111ent sulfirai&amp;ons d'infériurité de l'une par rappo1.'t a l aulre. On M. CUGNor, s est propuse de meltre en sceoe un Retour Samment autorises par ces exemples. J&gt;uurquoi ne s'eo

C'est ce que ne contest
l'h
0otre court travail n·est ni un mPmofre, comme il
era pas onorahle corrcspo
.
.
dant de Lihourne qui croit rlevoir défenrlre le p-ato~i:
J'aprelcr, 01 une attaque aux pato1s; tout au plus
contre
s1'
, .' e une dcíense de la lan°0 ue nationale, du franrais.
nous. "ou lui, u hien qu'en hutte a de rud
l'
ecousses, le i\lP~oquin, le Bazadai~, le Gascon, le Lanu:: ¡us seroble que la philologie doit etre un instrumeot
quet, le Chalo~sm, Je Bigourdan, le Béarnais et les au- progres, el que le progrcs n'est pas dans la résurrec-

tr~s sont cncorc pleins de vje. D'ailleurs, ajoute-t-il oo
sa,_t ~ue les patois vivent plus longtemps que les lan;úes
ofhc1elles. ,, lly aurait lit maticre adescli$cussionssausfin.
nous no~s borner~ns arépondre que notre correspon~
dant. qui n?us att~1bue des opinions eiagérées, est luin:1eme abuse par I amour exclusif des patois. J\ous pers,s!uns dans _notre prédilc.:t100 pour le fran~ais, et nous
re"retl?ns v1vcment, malgré tout le talent qui s'y est
dcploye, les tentatives récentes de restauration des d. lcctes
mé rr·d·10•~aDx. Tout en reconnaissant volontiers
..
'. importance h1storique des patois el lcur agrément local, nous pens?ns que leur période littéra,re est passée .
cela est si vra1 que les modernes écrivains du Lanau/
doc et_ ~e la Provenc_e n'emploienr pas une langu; viva11le' tls sont_ contra111ts de rccourir a un idiome épuré,
et po~r loul d1rc, architique. N'csl-i, pas A crainiire que
la gl~1re due it leur merite, gloire qu'une partie des
lettr~s leur accorde11t sur oui dire et d'aprcs des traduct1uns, ne soil p1·;.1111pte11,enl restreintc daos l'espace
-TRtsf Pt, cherC's brl'bi~, restet sons cet ombrage
e~
elans lc1 d•Jree? Aflaire el'oprnion, peut-on dire; aussi
11aissez '.,n pa1x,
· . a· celle q111. rn .engage
' ·
J- ,dlllt'aux.
.
n eng .g_erons-nous ~ur c.• point aucun debat: mieui
e ~a1s montrer les b1e11s qui lui sonl tle~tinés.
'
~a~t prcsenter dU lecteur plusieurs observations lresMais l'e?fant naivc a mal choisi celui qu'elle voulait rnteress~ntcs de la personne qui nous écrit.
Ce~~mes as¡,irations, dit nolre corresp1Jodant, n'oot
a1mer t~uJ?urs; c'est un fat, un fanfaron.
~ l'c-1,a"n
1
.
~ Cr1e a son de trompe tes exploits vaniteÜx I Fal pas
1 etc en,pl'lmtées par le bh,urdau
°
i1
~ o o , 111a1s
presomptueux
laisse• m0 •· seu1e... s,. tu m .avais vrairr1ent
·
' e l_es rt:moutent saus doute e, a l'épo4ue oü ia lan«u¿ rl
- .
.
'
o
es
armee
· reconnu a ton silcnce rlaos la vc1·11e·e lbcr•·
e:; s~ par1a1t scule, dt'puis la Garonue jusqu·au
. ' Je I'aura1s
ou tu as sen,e· 1e brmt· qui m'est revenu.
'
·
Tage.
»
Nous
le
voulons
bien;
toutcfuis,
!es
élc111enl~
La timide
caresse ne sai, trop ce qu't:lle veut, et trompette et lltite ~ous m~n4u1:11t p1Jur decider avcr, cert;lu&lt;lc. Quant a
to'.1lhla ble~~- Un s11uffle, un rayon, tout l'elfrayc. Plutü~ 1express10J1 cmp,w,tre; a l'e3puy//ol, nous la rctirons iom1c e mo1s1e avec l'ami vrai qui parle ;_ dem· .
. lout1ers; de méme, lorsquc nous rapprochons n,esclu et
. t d' •
"
1-'l'OIX, QUI
cram etre entendu, et sait gardcr du Croid son se:rct! '.71 ~c~/fJ~:e, no•J~ ue voulons pas dire que le héarnais ait
mute 1,tallen; tout le monde sait que la l'ormation des
Plu• léou miq11e e~louridR,
m?ts dan~ les d1:11ectes latin~ a cté simultanément souDJb bél am,s•o11srl
m1se a des 101s analog-ues.
Ou( pa, l_t! a mi,•ye halet,
Nous somn1cs- nous trompé sur le nombre des ,·ovelQui • ra111¡¡ l aouJitle
El ~ah g,,uartla Jé rct
lc&amp; fran~a_,se~, el n~us laut-il revenir Al'opinion c~mLou sou s~creL J
mune q,u, fa1l de 1,talien la plus harmonieu&amp;e des lan{LAMOLtRE).
LA LITTtRATU RE EtA RNAl SE.
gues'I Non pas; ou plutcil laissanl lltarn,onic al'1talicn
~ar~ons pour 11111.s la ,a1·i1•te; c·c~t apreE la lec,urc el~
Denuer article.)
hUn~ aut:e, plus prudente et plus froide, a p,1ssé son
1Ar1Mte' ce grand enchanteur' que D11us a1•011s été
~- emrn. Ecou~cz conrme il faut rl'pon&lt;lre aux prot.esta- lrappc ,le la mu1101011ie des u et des o demi muets a la
111.
1ons mcnsougrres :
fi11 d1•svcrs. i\ uu, avuns C1Jmptc en fran~aisduuzc ioyelJe ne n,c suis avisée ni de to, ni de ton amour . si tu lcs, en n,ettaut ,le cóle qucl,¡tH'S nuances c,,mme ti e o·
Nous avons vu ~ue l'amour et la beauté n'apparais sou res, prcuds-t'en a d'aulrcs que moi.
'
d~ •~c.11_1c 11uus avons c_ca1'lé pl11s1curs i11tooatiu11s ~u; I;
~ent pas sous un Jour particulier aux puetes béarnais ·
- Tes IJeauA )·eux, dure hergcrc, s11nt la cause de mes bea, na,s dou11c aux s,ennes. J\otre corrcsp1111danl nous
tls so?t. par eux traites avec cette affeterie musqucc qui
ma•n; el ton humcur si st•vcr1~ trouhlc tout mon repo~ !
pardom:cr,, de ne pas lui prouver que le fran~ais, au- .
refro1d1t le _sentim~nt; ,·e ~oulde l'a111ourct de la bcaute - Mon l111111c11r cst a nia rrui,e · il ne t', f· l
, •.
.
o
,
t 11 ,111 pa, IICCU •
t,111I que le JI luis' ahonde en diphthongucs et en triphde c11111 c11t11111. i\la,~ le uaturcl et la sponta11rite se rcpt r.Als,1 111a· IUC l 111co11111111d1•,
lii1•11 lll frn lll'll\ ~u
• ula;t'
( I'.
_
th1111g11'.·s. 11 111· ,·cut pas qm· le hramais t•t lc "ª~con
tr11uv1•11l rl 111s le., p'a1111t:s les hcr~•·rs; ta ,ti',t ilt-s lra1ts
- . ' . p1t11•, t1gre~,t•, pour l'cxt:C'S ,11• lllil l 11,"u1·t11·' l11- as~ p1·111•11l ' ¡.,1 .cle11,i:1t1 du \ et de l'F; el uuus Íui sahcurcux
,l,11111,·11l
it
la
11e1ite
sc,·uc
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"l'aucl1
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11,c 1111 IZllll ~1•n.;1J,le il la h•ndressc, a1111e-111oi, ,lu 11111111s, \,ir c.11111&lt;'l'lh1111s l'l' br11t'r1J,
, ,,,int·
e m,1111a,;111:s, ou f1111t v11ir au le, lt·ur la li"11 1·c a11::11.
.
, n1ais· ,1 n1'•1cc
, 11•·,Il'l'il qu •1·n rt1'ª~~1011. - Oc l11'.1t !:1011 creur, je te pl¡¡111s l,11•11' 111:11~ fusa11t le dr111t de c11t• a ikux lcttrcs en1ployécs par le
lcusc l'l le l"'1·1·t 111an·1111 tl11 p,1trc; tautüt ~1,·s rt·111,a1·,q11es plus g,•1u•1·;1l,•s, rcvetul's tl'u111• poc ,e facile, rnd1- t!'.'ª"'.I tu s1·ra1, a . la 1111:rt, poun11111i ieu,-tu que je h111gue m,•11•, lt·~ patois t•x,·lucot non de; ct,·ar,O'er~r
t a11111, ~1 tu lle pla1s pa, a 1111111 cre111'? 111;11s ,les 1'11:h1•,,es ¡)alr11nouiales. 11 dcfcnd en \~ID 1~
queut uue ve1·1tahlc cu1111:11,sa11cc du creur li11111a111 r. '
Le g,da11l 11·a •111·1111l' 1·1ss,,11r,·c: ch:111,:er d'iv1·cs•e· il 11,al, 1Jt•1111trcusc Yu~clle ou, qui usurpe la place de eleu1
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~ '. " e m,·, _c d'u11c duublc 1er1t,·, liwale el va cha11ter a1•1·c ll1111 11 cc,11 c. 11 nu 1¡11 1.
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sons, o et'", el de truis conso11nt•s, b, l et v. 11 lrouve
mora.le, . mcnll' qui bl'llle c«ali•1111•1
1l ela11•., eCI' tUIIII S 0
·r1
I"
ll VIII, Jll~'fU illl 111,tllU ! \'11i-i11, 1111 111'a &lt;lit 4111• lu te
'.&lt; pl1Js ele rapport entr11 bel et/,ert' qu'eutre betw et be/le
t _yllcs, eglugue~, c11tn:11t•11s pa,t,,1 aux ou le p11étc i·st
man, ·s ·· de te ji'· ·'UI~· ,..,ni.· s·1 1Ie 11,111 tu 111• te 111 efics je
Jumeau et 1111n lle, r/111mfa11 et cliam,·lle; n no!Js luí ferou~
b1,•11 force de laisser la parvlc au&gt;. ruh.rlocuteurs. lci le
ve•H le dvuuer cvuscil tl'an11 : ~urtuul, prcuds "ard~ A cr!ieflflnnt Qhscrver que ricn ne Justific l'inlrt•cluction du
l~1·gcr el la lw1·¡;-c1·~ se re11cu11tre11t par ha~ard;
lis
la culoltc; 1111r ta l'cmmc ne s'pn C'lllflart• pas ca~· si clic 1 linal da11s /,el, tan,lis que le son mt il ne pe t I""' se .~0111 chc1 dws; a1llc11rs' c'esl
- le 1ia,tuu1·
.., scu1qui pour-- te la 1n·e'
•1 &lt;l un scu 1Jour,
•
. .
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tu u'y 1:cn1cllras pas' le p1ctl! " rer, est mt1111c111cnt
lié aux finales al
et el. E• 11o e11e
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• su11, et la fl L,t1111rcllc 4u1 se dervhe it un amaot impor. .
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tun, en1111yc11x Jo~c111·. dc g,tloul,cl ou 1/onsieur ele la 1
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S:1s1011!. prPn ganll' ,¡ la c.1ouce,
' or, (l()tL o cst quc la prunonciation meridi,)Oa)e ric notre
!\ou IJ 1 .,ye l,l 111011111c,
Ytlle. 11 y a a11s.-,1 des u1lcrn1cdcs con11ques, des bals
C...ir ~ sou, cop
tlescao11ce,
son uu.
ehampetres, k1•r111esscs lllvi11s r1chcs ele ton
. 1
laot .
, mums
Ja1oey uou y tou, ues Juu pe !
~ -que nntre corr~spondant nou~ apprcnd sur les naP ure,uses que celle de Huhem, n1ais oü la ma1oreur
1sahtcs beama,scs : ua' ce• éP, úO • ui, t11'1, sur I'1J consonnc
~ouble I ag11J e eles d,ms,·urs. Au rc~le qucl Uls°c,ta
.
ltons vaudmnt ,1111:ux •111c de p' us lon"s ~4 t
Ma1s auprcs de la poésie crotiquc ou éJé«bqul'
f"II
·
o J111111e11 au·,•s.
autres "cur •s ~ i.
.
o,
, les ele ª"!!"' ang,· ( 1iro11uncez ti ,yhll')' el de co11ratve cou- , elle, pas,cz le ru1s,ca11; si.Ju, cct o1111Jra"1 a
o ' on asscz JWllte figure; si uuu~ l'ilons r:•1;i_· (p1·01101~1·1iz , 0111ut1¡1ti, ); eufin, sur l'e final de~ mol~
l'abri rlu solt-il, uous parlcruus d'a11111ur&gt;1 11 . 'º ·,
encurc qucl4ues otlcs hl'Ul'eus,·s tic J\a1arrut e11 1'11110
11 Y a 11as ucur ele la 1 1ti e t /J t
de
•
· fc11110,111s, q111 a, en _bcarna1s, la valeur de l'o (rau~e, propon, sur are1ic, ti u'y a pas de l,at,·au Qua 11 d '
.' '. " t e P1 u•t•, ele la t'ttll&lt;'e ,f011s•e unr n,:11ct:z c~u1,;o) ' merite une conflaucc ab~olue' cumme
rai,. par·,
JauS1· cha11so11
•, m1111tre le c1t ulin' aussi
s,c, q111· c~l. 1e 11:i..,t,·ur qui. ow sera1l· li,lelc? .•
. . .sat1n11ui•
. . . du n1c111e, ou· ••
v, na11t d un ho111me qui sait et parle le p,ttois. Ma1s
vous voulez a1111 fidcl,•, ra,~t·z, sans ra,rc la crnclle. e e•:•,pell, e aup, es ti ur~c pa~~a1111c q11'un ¡1,1_1san l'cst lU- 4ua11t aux ctymul11g1es ele /ogl'(i, oü nous vovons aussi
"?us atl11rcrd1 taul que Je vivrai. - Vvt1·e lla ', _J ~11, d u11e l,ourge111s1•, et ~es i·uuplits c11d1;1hlrs sur la l111•11 /uc11i!10·,1 411c lurwt11s, de chic, rappr11t'11e ;le )&gt;tqtti'n,
ba. e'º. 1Je•Jve, peut-ctrt: lit: ,lurcra1L-clle 11a,.-1 Mu1i11111c ' l~l fctc tlrnu
' 1H'lr,, ti e S&lt;1111 l - lla1·L hl'le111y, 111111s au1·011~ donné 1,rh"u,, /111'111, (pct1t, 1wt1ot), nou, re-1t•ro11s daus le doute
111
~111ccrr., toUJOIJl'S J•a1111era1
·
uue
1tlce
J Ja mu,c bearna1sc b •11, fill •
qui J·e el1111.11ai.
·, . ·• - 4 V1cns
.· u,s cla11ccl'
.
. a sulfi ''--1111e 'e
1m sonrnw, l't•:,;pacc n11u~ manquant pour rcproduir~
&lt;I
.
•
,
' e e , e
vnc 1e1, sur I hcrlictte; je le sna1 11,lcli·. croi~ en f'I
' u JUJ)on court, a la laDguc hicn pcu .'uc el toult's le~ 1·c111ar1J11cs plus ou muius cv11cvrtlan1cs aYec
lcllc, tes ycu1 si bca,1\, le, char111a11ts all;a,t~
J' ' . •1 u1, le~ t.leux 11v111g, sur la ha1ll'l11·, tl1•,cc11tl la 111v11l'l:ne
0
nus up11111111s' nous cu f'ai,ons nutre prvfit' et nons reme fi,e_ 1&gt;as a volre promc,,c; vous ious r1riez
• hi, e1ue
1, s,rns
1., tlenn"
. • o• •r I',·qui 111,re&lt;1t• 1a c11rlJ1'1llc rl1111t ~a tele' e~l n,~1·1·1u11s _,11cn11·11t no1re currcspu11&lt;la11L tle l'attcnt1on
ma ra1bl1:s~c ~ Vou3 n,c ¡,al'lcz d'am w·
e1 e e e ,.11·gee. Par u1all11:ur, la c1111ucttc aspire it l&lt;.1 e,· r
.
o pvur vous mu i·t &lt;les b ib •s d 1.
1110 me; 'JU ,1 .ª h1c1~ vuulu accurd1•r a nutre cxcu11-iun dans un
')Uer da woi.. - (!uonymc).
' c. e ra11~,us cu1-rv111peuL et &lt;lcnatu1·1:ut de do111a1111• qu il hah1tc t't qu'il CA piure avec scicuce. Avant
Jour en Jvur &amp;0n l.auif"ie a.cccnLué.
de prendre congé ~ lui, noui. t.enons a le convaincre
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L'ILLUSTRATION, JOURNAL UN l VERSEL.

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�02

L'JLLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

tiendraient-ils pas a un procédé abrégé qui
• ne cléplait pas au public qt qui dispense des
études laborieuses?
L'étude, l'étude sévere, consciencieuse, iocessante, tel est le seeret de la force des grands
maitres. lis ne se sont point bornés non plus
a n'ctre que des praliciens habites, ils avaient
l'art en trop haute estime pour n'y cbercher
que des qualités extérieures. lis y poursuivaient un idéal, et, pour élcver leur ,ime
jusq1ú\ cet idéal, ils la nourrissaieut de nobles pensées, ils cultivaient leur intelligence,
comme ils exerfaicnt lcurs mains. Si la
tradition n'était pas la pour nous dirc que les
artistes de l'antiqu1té s'inspiraicnt du géoie
des poctes et l'réquentaient les éeoles des
philo,ophes, qui pourrait, a la vue des belles
crédtions du ciseau grec, imaginer qu'elles
n'oot été l'reuvre que d'habiles pratieiens?
L'art n'e,t pas un métier; il doit étre un
cnlte, ¡¡· doit ctre un idéal. C'est la tondance
a l'iJéal, au culte élevé du beau, qui va .de
jour en jour s'affaiblissant daos l'école franflise. Est-ce un affaiblisseinent passager?
Est-ce une transíormation dcfrni ive en rapport avee.celle &lt;le la sociéLé ellc-méme? C'est
ce que !'avenir apprendra.
A.-J. Du PAvs.
Errata. - Dans le 5° article du Salon,
page 39, colvnne t••, lignc 47, au licu de:
accord ioil1viduel, lisez : accent individue!;
· ligne 77, au 1ieu ch: Mazon, liser.: Nazon;
colon ne 2, ligue 27, au lteu de: Bellot,
lise;.: Bellel.
~

EXCURSIONS SUR L~:s CO rt S DE NORMANDlE.
( j •r ARTICLE,)

Les ehemins de fel' font voya~er trop vite
aujourtl'hui, Pt les diligt!n,·e, avaient du bon.
E1:es suivaicnl les relids du pays, vous mettaient en communicalion i11 i11e avec lui, travcrsaient les villagc,, les b1111rg, et les villes
au lieu de les éviter, et souvent s'y arretaient
pour vou~ laisser pren&lt;lre de détestables repas
,¡1w l'on payait trc;-cher; 111ais 011 était dans
le crour de la place. AuJourd'hui, on n'a
~u·un liut, parveoir le 11lus tul pussible au
termc du voyage. On ar1 ive a une stalion
annonc~ comme élant celle de lelle ou
telle ville, placée a un ou dLUX kilomctrc,
de la, et dont on
aper~o1t il peine les
clochcr.•. On se hale
de manger au buffct,
puiq Ion rrpart, saos
a,·oir I ien vu, rcmettant de vis1ter des pays
_que l'on ne connait
pas et que l'on vourlrait connaitre a un
proehain voyage que
l'on ne fail jamais, ou
pendant lequel on se
comporte absolument
de la mcmc fa~on.
Les chcmins de for
nous offrent cepcndant une foule de facilités pour cela, mais
on ne sait pas encare s'e11 servir. Leurs
admioistrations, ellesmemes, n'ont pas tou jourq favorisé les arrets temporaires dans
lt!s villes de passage,
et, d'un autre coté,
elles sollieitent le pnblic a des e1cur~ions
sur un parcours réglé
d'avance.
Ainsi voici la eom-

i!,Oll 01&gt; IS 4.,- vt.ull'~ l&gt;T Lll :.~IUNl, ... faoletu «le M. G,

l,N l&gt;I\IANI llP. AU MUiEE Jll C:R"AND•DUC'. -

lllortau

1,uir le a• llll).

J1bje&amp;1, ,lf 61, J. Jundt.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UN IVE RSEL.
pagnie des chemins de fer de l'Ouest
nous oflre de nous transportcr sur les ~
de Normandie, que toute famille q•Ji se~
pecte a visitées ou ll'isitera au moins unef4j
en sa vie, et daus des condi~ions auxquelij
il est bien diffrcile de résister.
Elle a le grand circuit et te:petit. Ce dernit
permet de visitcr Ro nen, Dieppe, Fécam~
le Havre, Hon0eur ou Tronville et Caen, d'ti
l'on revient a Paris, et coute 55 fr. en pre,
micre classe et 40 rr. en sccoode.
Le grand circuit vons conduit a Cherbou'I
et vous ramene ~ Paris; il coute 65 fr. fl
premiere elasse et 50 fr. en seconde.
11 y en a un troisieme qui conduit fl
• Bretagne, et méme aux iles anglaises, 11
con1binant les d1ligences et les batcaux uee
les chemins de fer de Normandie et de Bre,
tagne, lesquels prennent 00 et 70 fr., selGI
la classe, et font obtenir des prix réduits de
autres entreprises de transport.
Certes, il est impossible de faire un
beau voyage dans un pays plus fertile et
pittoresque en meme temps, et édifié de
numents plus célebres.
Que de s.t~ ravissants, que de merveil
archéologiques a voir, en commenfant
Mantes « la jolie, » et par son église,
affecte les formes souveraines de la
drale de Paris. Laissons Vernon et le
de Bizy; mais la station de Gaillon vous
tire, d'uo coté, vers les ruines du p
d'été des cardinaux d'Amboise, arcbeveq
de Rouen, de l'autre cóté, vcrs les Andetm
avec se~ deux églises, dont une posscde lit!
magnifique portail de la renaisssance, et i.,
ruines pittoresques du cbateau Gaillard, do.
minant les falaises au pied desquelles la Seiot
trace son cours sinueux.
Rouen ! Jad,s la vi lle au1 cent clocbers, qai
¡,erd chaque jour de son antique physionomie,
gr,lce aux percements et aux em bellissementJ,
mais qui en conserve encore assez, dans certains quart1ers, pourqu'on la puisse comparer
a Prague ou aFrancforl: la cathédrale el ses
magnifrqurs tombeaux; Saint-.\laclou et la
portes ou Jean Goujon a ccrtaluement travaillé; Saint-Oueu, un chef-d'reuvre des IJvt
et xv• siccles; Saint--Patrice, Saint-Godanl
et Saint-Vincent, avec leurs splendides ,¡.
traux; les gu,des les indiq11ent certainemenl,
aiosi que l'hotel ele Bour¡;theroulde, si délica.ement sculpté a la rcnaissanr:e. Le muséc de
peiature, uu des plus riches parmi ceu1 des
villes de ·provinee; la
bibliolhcque et son inévitablc manuscrit do
xvu• siccle, le musée
d'antiquités, enrichi
par une foule de découvertcs faites daos
le sol nc.rmand, doiTent retenir encore il
llouen le voyageur
qui s'intéresse am
arts. Celui que les
grands horizons séduisent peut monter
sur la cóte de Bonsecouni, donl la cha•
pelle, déja aper~ue
du chemin !le fer, est
célebre; ou micux, si
l'on r.n a le loisir, sur
celle de Bapaume. De
la premierc, il voit la
ville .a ses pieds; de
la seconde, il la voit
en arriere-plan. La
presqu'lle que la Seine
forme en venant baigner ses quais, les falaises crayeuses qui
bordent une de ses
rives, les iles, les maiFons de campagne,

donne son ace11nt a la ville.
De Dieppe, il faut allPr au
Tréport et a la ,·ille d"Eu.
L'église collégiale du xm•
siecle, est un beau monument, mcme dans un pays
qui en compte tant de cet~e
époque; le chateau, rés1_- ·
dence fayorile de Louis-Ph1lippe, est rcmarquahle ¡,~r
une colleetion de porlra1ts
que MIi• de Monlpcnsi~r Y
avlit réuuie dans son ex1I.
Pour alter de Oieppe a Fécamp, te chemin de fer ~lus
fait revenir sur vos pas JUSqu'a Malaunay, oi.l s'embranche le chemin de fer du Havrc. Les nllécs industriclles
que suit le prcmicr chemin

--;;iries et les hautes che1~oees
~ des fabriques dans
1111
. tain . le tout forme un
Je 101n
,
.
. •
tacle grand1ose, ou 1ac,~~.. humaine se perd dans
ll"'"' e de la nature.
le ca. lmpe cst toujours 1a v1·11 e
.
..
Diep
ri,ilégiée, ou la Par1s1enne
r.aune 1· venir étaler sur la
iage les costumes les pi ~s
P
coquets et les pl os exce11tr1ques. Ce spectacle peut amuser un iostant, on_ s' en lasse
el on en rit, ma,s oo pe~t
ae point se lasscr de vo1r.
:la ugue venir et revemr
sall reliche battrc les galets de la plage, aux pie~s
u qui,
de l'antiqoe chatea
. J
avec l'p'glise Samt- acqnc~,

ABÓAYE DE SAINT-VANORILLE,

SAINTE-ADRESSE.

et que ltraverse le second, sur de hardis ,iadocs sont féeondes en heureux
'
points de vue
: le pays plat que l'on
1raverse est riche et plantureux : les
rennes s'y cachent au milieu d'une
ceinture de f'utaies, comme daos une
redoute. Mais il est bien teotant de
snine les c&lt;ites et de visiter tous ces
petits ports abrités dans les déchirum faites par les eau1 intérieures a la
ceioture de falaises qui borde lamer.
11 y a d'abord Veules, pnis Saint-Valery-en-Caux, résidence paisih_le, qui
auire ehaque année les ba1gneurs
tranquilles. Cany et son chatea~ d1~
xvne sieele, (enveloppé} d'eaux qui lui
M!l'Yent d'ornement n'ayant plus a le
déíendre, y sont un but de promenade.
Pnis Tieht Fécamp, qui s'allonge, au
débouché sur la :Manche, d'uRe eharmante nl\ée au fond del laquelle ·on
rencontre Je chateau et l'abbaye de
Vll111Qr¡t, clont il ¡¡(reste gucre_qu'une

FGJ.ISF S,\l~T-Ü.O~AllO .\ l(Q:iFl.fl'R. -

n·~prés les mqu,s e

•

croy perJ,

chapelle de la renai~~ance, ahrilant la
tomloe de~ sires de Tancarville.
Quant lt li'écamp, il pos:cdc un~. magnifique église du douz1em.e s1~cl~,
qu'éleva la foi pour une samte rehque : le précieu~ sang! ven.u de Palestine en Neustrie, enferme dans le
Saint-Graal' oi.l l'avait refU Josrph
d'Arim:ithie et qui ful porté a travers
les mers dans un morceau de figuier
en 1,n1i~e d'esquif.
.
Que ceux qui viendront de D1e~pe a
Fécamp par Je chemin de fer veu1llent
bien s'arréter aYvetot, non pour Yvetot,
mais pour Caudebec et ~aint:Va~drille.
Caudcbec, vieille vlle s1 p1ttoresquement assise sur les bords d~ la
Seine et que domine le clocher AJ0ur
de son ég*e, couronnemen_t_~'un p~rtail, moitié gothique et mo1t1e rena1ssancc qui n'est qu'une dentelle de
pierrt Si le voyageur fait &amp;on exeursion en temps opportun pour as~

�94

•

1

L'ILLUSTRATION; JOURNAL · UNIVERSEL. .

L'ILLUSTRATION. JOURNAL UNIVRRSF.L.

si~ter a une marée de vive eau, il jouira, du quai sée est si .courte, et ce mal est sitót passé des qu'on pose
n'avait bu que du vin de Tokai. é'est un Hong~
de Caudebec, de cct étrange et magnifique wectacl'! du le pied sur la terre ferme !
Hongrois du dix-septieme siccle, si j'en crois son•:
flot, qui la se déploie dans toute sa majesté, au grand
ALFRED DARCEL.
bit, un contemporain de Jean Sobiesk.i, l'imprévoy
dommage des l&gt;erges du fleuve.
(J,a s11ite prochainement.)
111
vainqueur des Turcs.De Caudebec a Saint-Vandrille la distance n'est pas
L'Amour,
ainsi
insulté,
jure
de
prendre
une
ven&lt;&gt;e
grande. La, il ex/ste les restesd'une m~gnifique abbaye: le
éclatan.te. 11 déploie ses ailes, il fend les airs, et le~
transept d'une église, un cloitre et nn réfoctoire,et dan~
(;l);JR@~DQ\\/Jli 1&gt;11\\/JIO~&amp;ll.ll, ·
chausse
du cothurne et vetu de la courte tunique ~
le pare une petit~ chapellt mérovingienne. Aujnurd'hui, 1
fectionnés par les cordonniers et les taill nurs de Cyth~
u~ A~~l.ais t~ansforme les ~a~iment.~ ~onventuels d_u , Un nouveau ballet vient de naitre a l'Opéra, Némé(!, ou
le voila sur les IJords un peu faogeux de la The·
d1x-hmt1eme s1ecle -en une res1dence q111 peut devemr t Amour venr,é.- Un ballet mythoJogique. A l'heure qu'il
au milieu des Maghiars bottés, éperonnés et culot:
~ussi bel!e _qu'~lle sera_certai~ementoriginale. Plus loiu est, le monde est plein de gens qui font fi de la mythoil Y aura1t a V( 1r les rumes ¡.Httor•Jsques de l'abbayc de logie, et ce dégotit ne dale pas d'hier. DF\Ja, vers f S30. la hussarde. Tout le monde sait que l'Amour n'a qu·~
Jumiéges. Mais il faut savoir se modérer, car d'encore en : Béranger, las de chanter les amours, et Vénus, et Bac- maniere de se venger. 11 entre chez son ennemi ~
encore, on irait au bout du monde, si le monde avait un i chus, et loute la bande olympienne, les malmcnait assez etre attendu, - les dieux n'ont pas besoin de parler •
portier, et c'est un de leurs plus en viables priviléges ~
bout.
ru&lt;lement, sur l'air: Ji.tpiter, un jour en fureur. 11 n'en
il
luí. p~ésente, au mili~u d'une orgie, la je une fill; ~
De l'autre cóté de Caudcbec, en descendant le cours avait pas l'étrenne.
plus Johe, la plus cand1de ou la plus friponne, une mo.
de la Seine, on pourrait encore visiter Lillebonne; l'anveille de beauté, de grace a la fois naive et provocanie,
tique Juliobonu et l~s ruines de son théalre romain; puis
Divioités des berger;es,
- l'Amour scul est capable d'opérer ces combmail!Olt
non loin de la, le chateau féodal de Tancarville, qui s·aNyrnphes de nos rives fleuries,
meurtrieres, - .et, par-dessus le _marché, un modele4t
Sa1yres qui dansez toujours,
vance en promontoire sur 111 Seine, élargie aux proporIégereté,
d'agilité pétulante l)t d'élégante souple51t
V1eux enfa11ts que l'on nomme amours.
tions d'une mer intérieure.
Qui
faites
naitre
en
nos
prair1es
L'irnprudent
Maghiar est bientót vaincu. Mais, le croirie¡:
Reveuant sur ses pas a Lillebonne, on remonte l'inDe
mauvais
vers
et
de
beaux
jours
,
vous?
A
peine
est-il touché, que l'Amour s'apaise, par.
dustrieuse vallée ouest assis Bolbec, d'ou l'on regagne, a
Allez remplir les hémistiches,
donn:,
et
~ait,
~ntre Né~éa et son amaut improvisé,ij
Nointot, ie chemin de fer dont un embranchement
De ces vers pillés et postiches,
foncttons
d
offic1er
de l'Etat civil. Elles sont douces, liii
mene a ~carup, ou nous vous avons déja conduits par le
DPs rimailleurs s11ivant les coll!'S 1
1 vengeances de l'Amour 1•• A moins que le Dieu maa
littoral de la Manche qu'il
n'ait quelque arriere-pea.
nous faut suivre encore.
sée, et que le maria.ge•
Yport, nouvelle station de
soit, pour le füs d' A"'-,
bains q11i bérite du trop
CHEMLNS DE FER DE L'OUEST
qu'uof: porte dorée de l'ei.
plem d'Étretat et qui sert
EXCU RS IONS
fer ... pardon ! du Tartare: •
de refuge a ceu.x ~u·e.m~•
SUR LES
rouche lasociété parfois ex-·
Cotes de Normanclieetdellretagne
centrir¡ue de la colonie pa. Lasciate ogni speranza, Wí
[ ch' intnte.
risienne a laquelle la presse··
a fait une trop bruyante •
Cette pantomime est enrér,utation. Étretat, qui a
tremelée de dans,es de· •
tronvé dans•M. l'abbé Covers caracteres, - le
chet un historien'qui la fait.
gage
des fteurs, le /'as
remonter aux Gaulois,' est
miroir,
les Lucio/es, laCfttl,
charmant avec ses chalets
son a boire, etc. Tout cela
étagés sur les deu1 versants
est agréable, et parfois assez
de la vallée qui l'enserrc.
piquant. M11 • Mouraw1el
L1 mer, bornée a droite et
court, sautille, pirouette,
.a gauche par les hautes
voltige comme si l'Amour
falaises creusées en arcades
lui avait preté ses ailes. t
par les flots, y est vue
vous aimez les tours de fon:e
comme a travers une immense fenetre, et ·un irré.
et de souplesse, le&amp; m~
vements de corps 'íoa
sistible hesoin vous prend
dus: presque impossiblet,
de gravir le~coteau pour
et néanmoins toujours facijouir sans obstaclc dé.1:iP-les en apparence, toujoun
vue de l'inflni.
,
élégants,
allez voir J111 1• MooO'Étrctat, on peut gagne1
ra wief an plus vite. Si
le l:lavre par MontiviUiers,
etes musicien, si vous ,
ou· il y a encore une église
le
sentiment du rhytb
romane, et Har.fleur, ou reallez
voir•encore M11 • Mooprendre le chemin de fer
rawief, car elle dame
sur !'une des slations__ de
comme chantent les graal'embranchement · de Fédes cantatrices, avec uae
camp. On passe également devant Harfleur et le cloCes vers aYaient précédé de tout un siecle la boufade régularité de mesure et une précisioo imperturbables.
cher,
de Béranger, et te! romantique que je pourrais nommP.r
La inusiq1Je, reuvre d'un compositeur russe qui a 110m
serait bien étonné si je lui disais qu'ils sont de Vol- M. Minkous, est facile, abondamment mélodiq'ue, élé« Debout pour nous apprendre
taire.
gamment écrite et habilement instrumentée. La coopéQue l'Anglais qui l'a fait n'a pas su le déíendre. »
Malgré Voltaire, Béranger, et tout ce qu'il reste a ration d'un compositeur russe n'anra plus rien qui vous
l'henre qu'il est de romantiques, j'ai peiue a croire que étonne qnand je vous aurai dit que Néméa nous arri,e
Le vers est chauvin, rnais le clocher est Fran~ais, et la m_ythologie disparaisse jamais de l'Opéra. Les costu- de Saint-Pétersbourg, ou l'ingénieux chorégraphe,
n'en était pas moins élégant pour cela avant qu·oo l'eut mes qu'elle autorise offrenl trop de ressourc1:s anx arts M. Saint-Léon, luí avait donné de plus vastes proportions
plastiques, et la chorégraphie en est ua, ce me &amp;emble, qu'elle n'en a aujourd'hui. MM. Meilhac et Lud. HaléyY
décapité so11s prétex te de restauration.
comme
la peinture et la sculpture. Ceux qui ont vu, ou l'ont fort réduite, et il parait meme qu'ils ont enseigoé
Le-Havre vous révélera ce qu'est une ville maritime
qui
verront,
dans Néméa, M11 • Fiocre en Cupidon, ~eront la charité chrétienne au fils &lt;le Vénus, lequel était bien
et commer~ante. A l'époque des grandes marées, vous
pourrez vous avancer sur la jelée, au milieu de l'Océan de mon opin!on saus aucun doute, et reconnaitront qu'il plus méchant, bien plus implacahle la-has qu'ici. Belle
majestueux, sans quitter la terre ferme, et assister au n'y a point d'étoffe de Lyon, point de falbala~, point de conver~ion, qui ferait honneur a un pere des missions
spectac1e émouvant de l'entrée ou de la sortie des na- paniers, point de11crinoline qui vaillent ce que la mytho.. étrangilres !
Ajoutez a cela de gracieux ta bleaux, de splendides dévires transatlantiques qui portent en Amérique, aux logie permet a M • Fiocre de leur laisser voir.
L'Amonr, le fils de Vénus, le plus puissant des dieux, cors et&lt;le brillants costumes hongrois, dont l'éclat, bélas!
lndes ou en Chine les modes de Paris, ou en rapportent
le coton, les bois de teinture, le sucre, le café et le pui,qu'il a vaincu Hcrcule, et qu'il mene Jupiter par le pa)it et s'efface aussitót qu'on aper~oit M11• F1ocre.
bout du nez, l'Amour en personne est done le héros de Tant il est vrai que l'art ne saurait lutter contre la. na·
reste.
l'reuvre dramatique dont j'ai, lecteur, deux mots a vous ture !
Apres avoir longé les bassins et visité l'intérieur de
dire. L'Amour a été outragé. - Par qui? - Par un
Le tht\atre Drjazf't, boulevart du Temple (c'était jsces paquebots, ~i bien amenages, qui en une dizaine de
je une étourdi qui, non conlent de négliger son culte, a dis le théatre des Folies-Nouvelles), a ten u ses prvme~ses,
ours peuvent vous transporter a N€w-York, montez a la
pnu,sé l'audace, a.pres boire, jusqu'a briser sa statue. et a donné, le !J juil let dernier, un opéra-coniique en trois
cote rl'Ingouville, a la ph_y~ionomie quelque peu ang,aise
Si c'était un étourdi grec ou romain, vre de l\1as,ique actes, paroles de MM. i\lestépes et Vauzanges, musique
avec ses nombreux pavillons, poussez jusqu'au phare d~
ou de vin de Chypre, le fait, quoique peo vraiscmblable, de M. Ventéjoul. L'euv, age a pour titre: la Filie rhl
la Heve; pms embarquez-vous pour Honlleur ou pour
ne ferait pas jeter les hauL~ cris. Mais ce qui vous rem- mailre de chapel/e. Je n'en puis parler que par úU'i dire,
Trouville.
plira de surprise et d'admiralio11, c'est que ce témé- l'administration n'ayant pasjugé a propos de meconvier.
Vous aurez ·peut-étr'e le mal de mer; mais la traver- raire contempteur du dieu a. qui personne ue résiste
Or, qu'ai-je ou'i dire? Q11e ni la piece ni la partition ne

I

+

•

'I

. . 1 par la nouveallté des idées, mais que la troupe
br1na1ent offra.it de bons éléments, que développeraient
chantan
e t le temps, le travail et I' expenence.
··
11 est
.
.
. ..
t
rap1deroen
, uhaiter que cette tentat1ve so1t serieusemer
doneª sgoée par les dilettanti, et c'est pour cela q1Je je
eocoura
.
.
se de la faire conna1tre, bien que ses auteurs
m'empres.
. . ,
bl cnt re&lt;lonter la puhlic1le.
seOI e nservatoire a deccrne
·
· ses pr1x.
· e.e1u1· de compo··
O
. ~e
sicalc _ on ~ait qqe ce n'cst plus rJ11st1t11t
s1t1on mu.
'
,
· · · d · ·
• . 1 donne et rJnstit ut me para1t avo1r ele cst11ue
qUI e
'
. ,
•
·
1
ronction la rl 11s clevee de sa nohle prcrogat1ve, - e
1
de a rix de composilwn
• • mu~1ca
· 1e a e·1·e rem¡, t e· r ar .
«ran,1r
.
1
r Si('" élcve de M. Amhro1&lt;P Tho111as. na11s les e asses
:1. ch;~t aucnn é cve, parmi les l¡;nor~ et le~ l~as~e~,
~ •t· ·,'1.,.é dir•ne
Cela e•t triste. 11
uaeeJ~
,. , d'un prcmier prix.
r
'f en a en un. &lt;lo mnins, dans les c1as~c~ d.e fcmme~, et
•. ,111. Dira111 éleve de M. IJag,·t, qui I a ol,tenu. eest .,
'
.
..
•
pr1x,
Dans 1e.,, cla•St'S
· rle piano ' 11. y a eu denx
. premwr~
...
,
arla"é entre MM. Su1ste et Martin, eleves, le pre1un P ,..
1Q
mier dr \l. Malhias, t't le second de .\ l. \larmonte_ . 11atre
. nrs filies onl ohtenu, ex requo, l'autre prem1er pr1x :
~1~.. Gayra.rd, Jungk, de Biéville et Noel, ayant eu pour
•e••eurs Mm• í.oche, M\f. Henri ller1. et Lecouppe_y
pro,, "'
• 1
M'"• Corhe en a eu cleux ponr sa part). Que J exce lenls
· · tes se. produisent , et CPmlticn peo
p1ams
. de chanteurs
. ,
.
, - Le conrours d'o1iéra-comquc a ele satispassª111,~5 .
.
fai~a 11t. Le premier prix a Né décerné a.M. Tr~y, f'.·ere
uiné du ch,111teur, qu'on applau,li~sa1t na¡mere a la
~alle Favart. Et si l~s élcves fcmmes n'nnt p:ls ohttnn tic
rmier 1,rix, on n'en croit pas moin~ p11uvoi1 funrler sur
rr Huze et Mauduit, qui ont eu le secoud, de lrcs· 1Jl'I·1•
M'""
!antes esµérauces.
G. füQUET.

Ceux de nos lecteurs qui, daos ces grandes chale11rs,
dans la lecture amusemenl et distraction sans
11 n'est plus question que de défie~ la c_haleur avrc le fatigue, 11005 sauront gró de leur signaler quelques bons
plus de coquetlerie pos~ible. Je conseillera1s, comm: efl'et roman, nonveaux que vient de puLlier l'éditeur Dentu,
d'originalité, un costume tout en foulard hlanc. lct nous \ Paluis-Royal.
rer,trons rlans le don,aine do Comptoir rles lndes,
129,
' . • myst',:res du dem1·-mo.nde, par
.
. LES GAN'PJNS,
boulevard de Sébastopol. Je crois que cette ma1son a trip . d T . vol
6 fr. »
on~on u P.1 r3 11, 2 . . . . . . . . . . . •
pié, cet lité, 1e chiffre de ses allaire~ l tant' la vogue du LES TRTBULATI0NS n'uN JOYEUI M0NARQOE, par Anfoulard cst rrrande. 11 faut d1r1! auss1 que e est une ma, •
,
.
'.' .
.
. . V
tony ,,1eray, , vo1... . . . . . . . • • • • · · 3 fr. n
g1c1ennc fJUI sa,t contcnlf'r vos mo1~rlres dcs1rs: eut-on LA f'EMM EDANGEREUsE, par J.ouis Desnoyers, i vol. 3 fr. ))
une roloe de fantaisie, un custume l~g~r t'lgraciPux, une LES Nmrs DE ttom:, par Ju:es de Saint-Félix, t vol. a rr. !íG
lingcriH soyeuse? Ou trace u_n mota 1~clresse rlu Co~1p- llANS roos LE3 p,1v~, par Rernard Oerosne, f vol. 3 fr. i&gt;
toir des. ln,lcs, et t1111t ans,1~~1, courner pa_r ~011rr1er, L,1 GuERIIE PES Gl: Eox, épisode de la guerre de
on r, r.111t franco un ¡ia,p1ct d cfha11tillo11s q111 ieufcrme
•·1 1
A I R l1ürt ' vol
.~
r l l H l'C, par ( . u e • l
•
lfs m1lle et unt! nuances (le, Indes. _
.
.
FLEURETii;:uBooQoETI~R'E,parF.ugeneScribe,i v. 3 fr. &gt;►
Bref, le fuular,l c,t h11n -~ tvut : '.I conv1ent )JOur lm- LA L1QNNE AMOUREUs~, pa1· Fortunio, f vol. . . . 3 fr. ,&gt;
gerie, rohe, veteme~t, et J en rev1rns a mon costume LE~ V1cnMES DE l'~n1s, par J. Claret1e, f vol. .. 3 fr. )►
tout blanc avec habit garde-f, miqa,~e.
_ L,1 PASSI0N DE M0N oscLE, par Ch. Maquet, i vol. 3 fr. ,&gt;
La 1a,llc empirc a donné une recrudescence dt! succes
.
.
-·
Pour recevo1r un ou plus1eu~s volumes, envoyer
11 la célchrc Ceinlure régenle. 11 parait que ce mignon
cor,el scconde adr_nirahlement la couluricre appelée a montaot en un mandut ou en timbres-poste, et on es
confectionnrr des rohes nouvPlles. 11 est vrai qut les rccevra franco.
tailles long1Jes exigeraient de méme la rrinture régente.
Di manche prochain·, 7 aout, la SocÍ'Pié chora/e du ConDe quelque fa~on que la mode se traduise, elle veut
unP, taillr- mince et flexible, des proportions irréprocha- rervutoi?'e ,m¡,érial de mus1que executera, a dix heures
bles, et tout cela existe pour les remmcs qui se servent tres-précises, rlans l'rgl ise Saint-Eustache, une mes~e
solf'nnrlle de 111. Lnurent de Hillé.
de l'heureuse créalion de M'"., de Vertus.
111. Huranrl, maitre de chJ¡,elle, dirigera l'exécutioe.
Gare aux contrcfacons, toutefoi~. EIIPS pullulent. Le
M. Pér1er chantcra le, soios.
moyen de les évill•r, :__ que mes lectrices le retien~cnt,
M. E!lnuar1I Bati,te, prulc~,eur au Conservatoirc, rli- est de ne s'arl1·esser qu·a M"'•' de Vertus ~Hes-memes, recteur de la Societé, tieud ra le grand orgue.
31, Chau•sé:e-d'Autin.
.
1'11isq11'on ne peut pas toujonrs avoir vingt ans, et
C0 MPAGNIE GE NÉRALE TRANSATLANTIQUE
qu'il faut ré°¡Jarer les outraged du tem¡,s, je dois rappe- ·
Servtce postal fran9al1
lcr a mes lectrices que l'eau de Jouvence se trouve
ENTRE LE D&amp;l'RE ET NEW TORK
ruede Richelien, H2.
L' E,m de lll Floride ne teint pas les cheveux, elle leur
U.NS ISCi.LI
rend leur séve, et, par suite, leur couleur. 11 o'y a done
far lu 111ag11iflq11e1 paq11ebot1 a rouu
LES BAINS D'EMS.
aucun artífice as'en servir, et l'on peut etre parfaitement
WASíllNGTON, capitaiue A. Uuchr,ne, de 5,600 tonfier de sa chevelure. re&lt;levenue lirune ou bloude, grace neaux rle dPplacerne11t et !150 chcv~ux de force.
Une lettre partieulicre, dont nous extrayons iri qnelLAFAYETTE, capitain'l A. Bocandé, de 5,600 tonneaux
qor's passages, nous apporte des détails intrressants sur a ce l,icnfaisant remede.
L'E•m rJe 1,, Plori1le n'opcre pas sa révoluti nn en 110 de rlPplaccmcnt t&gt;t !150 cbeva11x de force. · .
.
la sai,on des bains, a Ems, qui présenleJ cette année,
jour. IWe s'agit (&lt; sagement et lentPment, com_m: la naLes dépa1·ts se feront le mercredi, tous les vmgt-hmt
un attrait inaccoutumé :
ture. n Son emploi-éta11t des plus ~impl,·s au~s1 b1rn que ·ours taut du Hane que de New-York.
« •.•• Jamais l'affluence des baigneurs n'a été aussi
J
'
des plus efficaces, je la recommande ~ tnut~s celle,; de
considérable a Ems qu'cu ce moment. 11 semlile que
Les prochllins départs auront liei.t comme suit :
mes lectrices dont la chevclure est s1llonnee des pretous les personnages marquants de t'aristocratie euro••
DO DAVRE ;
péenne se soient donné rendez-vous a. l'établissement miers &lt;&lt; fils d'ar¡.:cnt. 11
Steamer Washington. .&amp;frrcredi 27 juillet.
• Les chaleurs uous font une nécessité de la parfumethermal.
I,t,fayette.... Mercredi 24 aout.
rie, et je rappelle, a cet égard, qu'une femme qui _ve~t
« Ems est un bienheureux pays ! Que disait done
Washington. Mercredi 21 septembre.
rester fraiche et jrune ne saurait trop employer la glyceMéry, que c'était (&lt; la violette des villes thermales? ,i
Laf,,yette.. .. Macredi i9 octobre.
rine de Rimme/ (17, boulevard des ltaliens), surtout en
Son parfum l'a trahie, et aujourd'hui c'e,t Ems la BrilWashington. .-rcredi 16 novembre.
cette sai,on, qui voit le puhlic abonder aux bainsde mer.
lante, comme un lis en sa splendeur. Elle sait mener
Lufayelre.... Mercredi f4 décembre.
Les bains de mer ont l'inconvénient de ren1lre les chede front la médecine et les plaisirs. Le soir, elle est en
veux ,ecs et cassants. Po11r conibatlre cet effet nuisible,
DE NEW·Y0HK ;
fete; l'orchestre retentit dans la galerie du Kursaal. La
il n'y a rien de meillcur que l'extrail de jus de limo1_is
Wosh ,.11gton. Mercrf'di f7 aout.
foule parée remplit les salons ou le théatre. MaiE le
et de glycérine de Rimmel, qm neutralise le sel marm
Lafayette. .. Me_rcrccli 1~ se¡,tembre.
matin, les !iuveurs empressés se hatent dans les allées
et laisse la chevelure souple et brillante.
Wushmvton. Mercredi' 12 octol,re.
do pare; ils se rendent a la fontaine, puis chacun &lt;l'eux
Lafayette.
... Mercredi P novemltre.
se dirige, aprcs avoir pris sa part d-es eaux bienfaisantes,
Washington.
Merm•di 7 déccmhre
soit vers le salon de lecture, soit vers le salon de conLafuyette.... Merr,mli ,4 jauvier 1865.
RÉBUS
versation, ponr se mettre au courant des nouvelles du
Prix des ¡1/acrs :
jour et de la politique générale ou particuliere.
Premieres.
. . . . . i,10 fr.
• &lt;&lt; Et remarquez que, grace a l'excellente organisation
Secondes
.
.
. . . . 400
de l'élablissement d'Ems, sans contrcdit !'un des plus
beaux de l'Europe, cette affluence de baigneurs n'oc S'adresser, pour passage, fret des marchandises, des
casionne aucun des ill'convénients résultant d'ordinaire
especes, e~ pour tous autres !'enseignrmeuts _:
•
des ""randes aacr\omérations
de
visiteurs : le conforlable
A Paris, au bnreau ~pecial de la Compagnie, 12, bou01:&gt;
•
et l'élégance dont on est entouré ne vous laissenl jamais
levarrl de, Capuci1w~ (Gran:l-Hcitel);
aperceioir que vons etes daos un étahlissement public.
Au Havre, a M\I. William lsclin flt C•, agrnts;
On y jouit d'une liberté aussi complete qu'on peut Ta
A Ncw York., a ~l. Gco. Mack.enzie, i, Broa&lt;lway.
désirer.
~
• Aussi les dames du meilleur monde ont-elles accompagné a Ems lcurs maris, et les meres ont amené
D'apres ce que nous a~om_observé, on ª, l'a\'an_t~ge,
-=:..
en fai~aot u~age rfo ,1111nqurna L,u-orhe, d adm101strer
~~.=:=Q
avecclles leur~ grand1·s 11ll es. On tronverait &lt;lifficilement,
_.,
tous les principes do r¡uinquina; et. de plu~, on donn~
dans n'importe que! salon de Paris, une pareille réu-;_
~~ '
au malade un médicament commode a prendre. A_uss1
nion dejolies femmes et de femmes a la mode.
~
l'administrons-nous avec confiance dans les affect1o?s
« Les soirées et les fetes do Kurhaus sout magnifiques,
de l'estomac et des voies digestives, contre l~s maladies
EXPLICATION DO DERNIER RÉRUS.
et rien ailleurs ne pcut vous en donner une idée. En
de /anqv.ettr, l'épttisemwt, /u debi/itP. el l'atonie des orgahuit jours, le théatre du Kursaal a représenté deux opéDeux creurs sont bien pres l'un de l'autre, quand il n'y a nes, /a maivre11r, l'i1U1¡,péte11ce, les con,_ale~ce~ces lo~gues
l'aS-Comiques: - Le Soldat magicien, Jeanne gtti ple11re et' aucun vice entre eux.
et dif~riles, etc., etc. A_ l'action ton1que s1 mantfesle
Jeanne qui rit. M. Levassor et 111m• Teisserre ont joué
~-.-.-du quinquina 1'1ro~h6 s:aJ_oute natur:~11c~1ent sa grande
avec beaucoup de verve et d'entrain le Camp des Bourvertu ffhrifu~e, qui a ele souvent 1~cca:100 de_ ~011_staAOG. M.1.Rc, directeur-gérant.
tation, si heureu,es d,rns 11us hopitaux c1vils et m1l1~a1res.
Otoises, et le célehre corni,¡ue a chanté, en outre, deux
EDM. TEXIER rédacteur en chef.
C'(•~t. cl'aprcs nons, fairl' une reuvrc otile qu~ d·appedes mdlleures chansonnettes de son répertoire.
lcr
rattention sur un mo_ven tllf'rapent1que qm tourne
. • On nous l'!'0met d'autres plaisirs encore. Je vous
--~ ~
si utilemcnt au profiL de la ~anté grnérale. .
tíend1·ai au courant. 1i .
Ch.
Imp. de L' 1LL LST HA ·1 1L, .\, A..11.lrc,
(Extrail de la GU1.11lte des-Hóp,taw:).
Dépót, rue Drouot, t5, a París.
ff, ni, '4 Ver1u11il.
REVUE DES MODES ET DE L'INDUSTRJE.

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Celui Qui comote les anuécs

D,·~(, Clt'S hnmain,:;,
Celui,q11i 1ie11t ,,~s dealinees
Rnlre s,•s d•u1 tnains.
Ce n'Psl pl11s Minos, ni la Parque,
Ce o'c;t p ua le fü•r poleotat ;
Le medeci11, ni le solda! ;
Un aulre Uieu conduil la bsrque :
Ai~uillrur, garde a!ni ;
A•~uilleur, en place!
l oic, Je cou,oi , bis)
( G,rJea toi ! ) qui paase !

L'•iguilleur esl l'i•lelligcnce
Du s1ec1e

TICUIVf':\11 ;

11 con.maurie á la force immeLse
Du fer et de l'eau,
f.arriien sévcre de la ligue,
JI ía11l qu'il restr. en son cmploi,
loíailhble comme la loi
Ht grave comme ulJe consigne.
Ne ria pos! ~arde a toi;
A•guilleur, m ploce !
Y,,1ei le couvvi , bis )
(Ne ris pas !) qui passc

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Yoyrz-le. qoatd le !rain accost•
lit quaud il s'euíuit,
Ex!lcl a l'heure et fixc au postr,
Le j11ur et la nuit.
Pour 101 le sommeil est un crimc;
Un scul , etard, un seul ouoli,
Uu scul¡¡. et tout est accompli:
!;u traio va somhrer daos l'abime.

a

~e dors p•s ! garde tni;
AhrnillPur, en JJ)Hce!
Yoic, le couv,i (bi.11
1Ne d&lt;&gt;rs pu) qui pase!

IIBUGEL 111' COIIP,, ÉDITRURi.

Si pa, r ,is de ses camaraJcs
l.e joyeux essaim
Va par d'aboudastes rasaries
Féler quelQuP ,aiut,
I.ui srul, de ces ooi~ous ioíltmcs,

Sail le danfer qu'il s'interdit;
11 ne boit pas, car il s°fsl d,t
Que l'a•guilleur a cbarge d a~1es.

Ne bois pos! gai;d• á toi;
Aiguilleur, en place!
Vo:c, le couvoi I bi.!J
(Ne bois pas! qui p•sse!

1

Vvi•ageur,, qpi courcz la Frauce,
.~ller et r,lour,
Sal ucz ce lle pr..vidcnce
A tro,s íraucs par jour,
Qui lienl le lil de vos cb,mére,,
Pe 'VOS e!iipoirs, de vos t1mrmc1.Jt11,
J.es !armes de tous les am,nls
Et le creur de to utes les meres,
A1¡;uilleur, iarde a toi;
Ai~u,lleur, en place!
Yoici le convoi (bis)
1
G1rde o toi !¡ qui pme !

-~

�</text>
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                <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores</text>
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                    <text>L'ILLUSTRATION,
lOUBR.lL URIVBBSEL.
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Direction, Rédartion, Arlministration :

:_ ~ ---.:

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AbnnnPmruts pour París et le.~ Oép3rlcmcuts :

22e ANNÉE. Y0L. XLIV. Nº 1120.

Toutes tes communications relatives au journal , réclamations, demandes
de chan~emenl~ d'adresse , doivent étre adressées franra a
11. AUG. lllA.RC, DIRECTEUR-GÉRA.l\'T.
Les demandes d'abonnement doivent étre accompa¡¡nées
d'un mandat sur Paris ou sur la poste,

SOMMATRE,
rombal du Pah d'Orakau, a la Nouvelle-Zél•nde. - Revue poliliqll'O de la
lflSlaine. - Courrier de Paris. - Correspondance d'Amérique. - Cau-

Samedi

t 3 Aout t sG&lt;&amp;.
L'adminislralion ne ripond pas dt1 manuseril! el ne s'engage¡amais ~ les iosirer,
Vu Ju tr.iilf,s , 1:1 lraduclion el 1a reproJnelion a l'élran;l!r 5(1nl inLudHe,.
BUREAUX : RUE RICHELIEU·, GO.

serie dramalique. - les cnlonies fran~aises, - La féte de Notre-Dame
de Saulé, a Carpenlras. - Notre-Dome de Fin rles Terre,. - Lrs lireurs
tyrol1e11•. - Gazellc du palais. - Correspondance de Chine. - Concours agricole de Karn-er-llouet. - M. ll•chette. - Iostallati&lt;m de
M, Dcrnex, nou&lt;eau maire de Marseille.

3 r:-,ois, 9 ír. ; - 6 mois, 18 fr.; - unan, 36 fr.; - le numéro, ,5 c.
la collection mensuelle, 3 ír.; le volume semestriel, t ~ ír.
Al!lO~E:\'.i!ENT8 POUR L'ÉTRA.l\'GER :
~lemes pr1x ; plus les droits de poste, suivant les tarifs.
Les abonn. pa¡tent du I er no de chaque mois.

Gravures: Nou•elle-ZélADde: Vrise du íort Orakau, par lrs troupes angloise,. - L'empereur Mat1mih•n et l',mperalr•cc Charktte dans Je,
rues de Mexico ; passag, dennt le palais llurbide. - Guerre des État&lt;Unis: la ílotle de l'amiral Porter pas•ant le~ rap,des de la riviere Ron&amp;"•; - Ligues d'atlaque de J'armee íéJerale devant l'elersburgb. - les

NOIIVKLLF.-ZÉUNDE: PRISF. DI' FOnT onAKAU PAR l,ES TnOrPRS ANGLA!SES.

�L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

____________ ____________________________ - - - - - - - - _._

que l.Jon leur seroblera. En vérité, on ne se moque,plus diplomatirruernent du monde. ·
D'autrcs clau•cs stipulent la lcvée des blocus partt
roi
de Danemark, a datcr du 2 aout, la suspcnsion dt
Le roi de O1ncmark a ouvert, sarnedi dernier, le Rigsla perccption des contributions, l'appro,·isionnemeot, lt
raacl. S. M. Christian IX a déclaró que les circonslanccs
exigeaient un ajourncmcnt immédiat du parlcrncnt, logemcnt et le transport des troupes alliées aux íraisdi
mais elle n'en a pas moins ex primé le vif désir &lt;le voir Jullan.d, la mise en liberté des prisonnicrs &lt;le guerre el
des prisonniers politiqucs danois.
autour d'clle les élus &lt;le la nalion .
.COMBAT DU PAH D"ORAKAU,
La Ga;ette uacaroise annonce que le gouvernement 1Ja.
Le roi a déploré les sacriüccs douloureux que la vailvarois
a enjoint a son pléoipoteotiaire a Fr:mcíort de
A LA NOUVELLE·ZÉLANDE.
lance de l'arrnée et de la flolle et le dévouement du
demandcr IJUe les troupes prussieoncs qui occupe111
peuple n'ont pu épargner au D1nema.rk.
Quoique les c1Torts des Anglais pour réprirner l'insnrLes prélimiuaires de la paix, puhliés par le Moni- ílcndsbourg en sortisscnt immédiatement, et que l'anciea
reclion des naturel3, a la i'\ouvclle-Z,~landc, ne soienl pas teur prnssien, ne justiüent IJUC trop les rcgrcts dont le ordre de choscs fut rétalili.
One dépcche privée de Constantinople apportc la DOQtoujours couronnés de succc•, on ne saurait nicr qn'ils discours royal confirme l'cxprcssion.
vclle
d'unc iusurrection arabe qui aurait éclaté pres de
ne fassent cha&lt;Jne jour un nouveau prog-rcs. Ainsi le clisVoici le tellC de ces préliminaircs, signés a Vicnne le
Bagdad.
Les troupes oltomaoes, J,attucs par les révolte.,
trict de Waikatr) (lle du Norrl), &lt;Jni prndant si longtemps l º' aoul:
auraient
pcrdu trois canuns.
a servi de théillre aux lulles dl's d,,ux race•, cst actucl&lt;( l. - S. M. le roi de Danemark renonce a tous ses
One
correspoodance
adressée de Chine aa Constitutioit,
lement entre les mains du grnéral Cameron; ma!hru- droits sur ll'S du~hés de Sl'.lswig, llolslcin et Lancnbourg
ne/,
annoncc
que
daos
pluRieurs dislricts du Sze Tchueia
reusemenl pour les troupes rru'tl rom11iandc, les )laorirs en íavcur Je LL. ~HI. le roi de Prns~c et !"l'rnpercnr
et
du
Trhly
occidental,
les chrél1ens iodigcnes ont "
lenr échappent sans CCS$C; il en résulle l]ll'il serait fort d"Autriche, en s'engagcant a rcconnailrc les di~positions
leurs
maisons
pillées
et
délruites;
plusicurs d'entre e111
di((lcile de prrciser, des maintcnant, l'époquc ou la ré- qnc leursd.tes Majestés prcndronl a l'égard de ces duavaient
succonibé
aux
111auYais
traitements dont ik
bellion aura di,paru.
•
chés.
avaient
étc
l'objct.
Les
autorités
se
seraient
montrées, la
La vigueur avcc laqucllc les ~faories résistcnt aux An(( 11. - La cession du duché de Sleswig comprend
plupa1
t
du
tcmps,
ind1
1fácotes.ct
rruelquefois
mP-me hot,
glais csl réellemcnl hél'O'i(¡ue, et leurs enncmis sont les toules les ilcs appa1tcoant a ce duché, aussi bien que le
tilcs
aux
populations
chréti.i!ncs.
Le
ministre
de France
territoire situé sur la terre ferme. Puur simpliüer la
premicrs á l'admirer. '
á Pékin avait fait auprcs du gouvcrn~ment chinois 1111e
Lcur tacli1J11e consiste mainlenant a éviter de se rcn- dclimitation et- pour faire cesser les inconvénients qui
t'ermer dans lours forts ou ¡iahs; ils les onl évacués résultent de la siluation des territoires jutlandais cncla- premicre démarche offic-ieu•e qui était demeurée saa
les uns apres les autres, au grand désappointement du vés dans le tcrritoire du Sleswig, S. M. le roi de Dane- résultat. 11 u'avait plus hésité alors a revendiquer ol&amp;général Carneron, qui avait dépensé beaucoup d'ar- mark cede a LL. mr. le rvi de Prusse et l'empereur ciellement le droit inscrit dans les traités conclus entn
gent et beaucoup de soins pour se préparnr á en faire le d'Autriche les ¡ ossession5 jullandaises situe1!s au sud de la France et le Céleste Empire. Au départ du courrier,
siége. lis se retirent lentcmenlddns l'intérieur de la con- la ligne de fronticre méridionale dn district de Ril.Je, le gouvernement chinois n'avait pas encore répoodu.
Cbaque récit nouveau de l'accueil íait par les Melitrée, et· a mesure qu·ils quitlent le territoirc ele la pro- ind1quée sur les cartes géographiques, tels que le terricains
a leur nouvel empereur, enchérit sur le ré"cit prévince d'Auckl:rnd, ils entrent sur celui d"Hawkesbay et toire j utlandais de Mogeltondcrn, l'ile d' Arom, les parcédent.
Líes jutlandaises des iles Foehr, Sylt et Roornre, el.::. Par
de Wellington.
La Corresponde'lcia du 3 aout raconte que les l11De !'avis de tous, les Maories se íeront tuer jusqa'au contre, LL. mi. le roi de Prusse et l'cmpereur d'Autridernier, plutót que de suhir plus longtemps la situa- che conseutent a ce qu'une portion équivalcnte du Sle,- die11s pleurcnt&lt;lejoie, el que le peuple, about saos doUi
tion mi-;érahlc que la co'.ornsalion de leur terriloire par wig et comprenant, ootre l'ile &lt;l'Arroe, des territoircs de cris et de 'gestes e11thousiast~s, s'est mis a jeter de la
servant a former la contigu'ilé du district rns-mentionné poudre d'or et d'argcnt daos les voitures de Leurs liles Anglais lcur a faite.
Ce qui vient ele se 11:i·ser a Orak:lu, pah voisin de Ki- de Rihe avcc le reste du Jutland et a corriger la ligne &lt;le jestés. Heureux pays vraimcnt, que cclni ou le peuple,
rikiri, dont le liri¡;adicr général Carey était chargé de fronticre, entre le Julland et le Sleswig du colé de Kol- au lendemain de la chute d'un détestablcgouvernement.
s·emparcr, a'lleste le mépris que le l.Jelliqueux peuple ding, soit détachée d,n duché de Sicswig et incorporée a de la poudre d'or et d'argcnt a jcter a ses nouveam
maorie prufcsse pour la vie.
dans le royaume de Dancmark. L'ile 1\'Arroc n'entrcra souverains !
S.M. le roí Léopold est' arrivé a Paris le 4 aout.
Les Anglais ayaot échoué dans un assaut, le bri- dans la compensation qu·cn raison de sou étenduc géoLa distribution des prix du concours général aéli,
gadier se décida a marcher en a.vant a l'aidc de graphique. Le déta1l de la délimitation des fronticrcs
pour
M. le ministre de l'instruclion puhlique, l'oécasiel
la sapc. 11 avait avec luí ~,300 hommcs; 400 Mao- sera réglé par le trailé de paix dcfinitif.
&lt;l'un
long
disrours ou ~on Excellcace a prouvé une li
ries seulcment défend.iient le pah; leur perle était
111. - Les deLLcs conlr1ctécs pour lP. comptespécial soit
de
plu3
qu'il
ne considere pas le poste éminerrt q111
certaine. On leur proposa de se rendrc, mais ils reí1r- du r,)yaume de Oanemark, soit d'un des d11chés de
sel'ent avec dérlain, déclaraut 1¡u'ils comhattr:iient Sleswig, llol~tcin et l.:rnenbourg, resteront rc~pcclive- occupe comme u11e ~inécure. ll. Duruy aime a ¡,arler
jusqu·a la mort. En cffct, ils lentcrcnt deux sortics qui mcnt a la charge de chacnn de ces pays. Les dcltcs con- la jeunes~e, /1 l'entretenir de ses desseins snr elle, 11. li
furent repoussécs et rcstcrenl soixaotc-douze hcurcs sans tractées pour le cumple de la monarchie tlano1se scront co:nmuniquer paternrllement ses con victionset ses id ·
réparties entre le Oancma1 k, d'uoe part, et les duchés au lieu de se reo fermcr, com me lieaucou p de Res préd6'
boire.
Le génie avait déja complétó l'investissement et les cédés de l'autre part, d'aprcs la proportion respective eesseurs, dans un silence m:tjcstueux et prudent. 11 JI
approches de la place, lorsque, tout d'un coup, en plein dtl la population des deux parlles. De ce lle rép~ rt1Lion l.Jcaucoup de choses dans son discnurs de celte année,
jour, les 400 sauvagcs se précipitcrent hors rle la forte- scront exceptés : -i º l'emprunt contraclé en Angleterre entre autres, la promesse faite aux meres de se préo
resse, se lancerent dans la dircctiou la plus favorable et par le go11vernement danois au mois de décembrc i 863, per du développerncnt physique de l'enfant, plus que
se fraycrent une rot1Lc sanglante a travers le 40• régi- et qui restera a la charge du royaurne de Oanemark; s'eu préoccupait le passé; pe11t-é1re aussi une grao41
ment, qu'ils laisscrent défait derricre eux; puis ils se 2° les frais de guerre encoum,; par les puissanccs innovation en germe, la suppres~ion du baccalau
daos cetle pbrase: (( 11 faut simplifier les rouagcs et
jeterent dans les marais. lis se scraient tous sauvés sans alliées, dont le5 duchés assureront le remboursen1ent.
la cavalcrie aoglaise qui, tonrnant les marais, coupa le
IV. - Les hautes parties contractantes s'cngagent a programrnes de cet examen. Pour moa compte, je
chernin a une partie des íugitifs. lOI l'urcnttués, 3~ faits éta.lilir un armistice sur la base de l'u i ¡nssir/etis mili- serais pas éloigné de penscr que cette réglcmenta ·
prisonniers, snns compter I Ka 20 ~laories ol''vn rapporta taire, a tlatcr du 2 :iotit, do11t les cond1t1ons se trouvent compli(¡uée pourraitsc rcd111rc a nn seul article qui n'iaquiéterait ici per,onne el qu'on rédigcrait en bien pet
dans le pah, ou·11s furcnt enterrés. &lt;( L:, perles des An- spéciflées dJns le protocole ci- anncxé.
glais, ajoute l'Austl'alian and Nm·-Ztulunrt Gawtte, a
V. - Aussilól aprcs la s1gnaturc de ces préliminaires de mots : (( Les élcvcs íourniront la preuvequ'ils ont íal
la4uelle nous empruntons ce réctl, ont élé tres-sen- de paix, les hautes partics contractantcs Re réuniront, de l.Jonncs humanité~. »
M. le ministre &lt;le l'imtrnction publique espere beá
a Yienne, pour négoc1cr un lrailé de pa1x déflnitif. »
sibles. i&gt;
coup
du progrcs des scicnccs. (( Le vieux Jupiler, dit-ii ·
_Maintcnant IJUe les Anglais sont devenus les maitres
L'origi nal de ce documcnt porte les sig11atures du
a
qui
déja Frankli11 a arraché sa foudre, ne verra-t
du di~trict &lt;le Waikato, ils ,·ont commcnccr les opéra- comtc de f\.cchberg et clu baron de Brenncr, ponr l'Anpas
quclque
jour, grúcc a une science née d'hicr, I•
tions dans la province rlc Taranaki, et probahlement . triche ; de ~l. de Quaade et du coloncl de K1111fmann,
tempctes,
échappécs
de ses mains debiles, déc!lainer S1t
attaqqcr Mataitawa, le pah du roi W1!liam, chef de 'i'in- ponr le Oaocmark, de M. de 13ismark et du l.Jaron de
nous
dcsfurcurs
souvcnl
impuissantes?» Ala bonncheu
surrection; s'ils s'cn emparcnl, 1:1 province de Taranaki Wcrlhcr, pour la Prussc.
sera délil'l'ée de, Maories .qui se reporleront a1lleurs,
Le mcmc jour ont été réglécs les conditions ele l'ar- reste a s11·oir seule1nent si Eole et i'icptune ne tron™
assurément; aussi la réliellion ne scra-t-elle pas de long- mi~tice, qni a commcncé le 2 aoút et dnrera jusqu'a la ront pas que M. Ouru.v r.omptc un peu trop sans eus,
Le discours ministéricl re11fer111e 1111 rclel'é statisliq
conclusion de \a paix. 11 est &lt;lit dans le protocole que
temps él1H1flée.
IJUÍ
ne manque ¡,as d'inlérct. M. Durny a voulu su
En dépit des obsta eles que l,1 révolte rret ala colonisa- &lt;&lt; pour le cas ou, conlre toule at'.cnte, la_ n(•~ociation de
a
quoi
s'cn tenir sur le mouvemc11t des études d11
tion, celle-ci n'en poursuit pa~ ruuins ses conqucles pacifi- paix n'al.JouliraiL pas jus1ju'au t:i seplcrnhrc prochain,
les
trcnlc-trois
dernirres annécs. Le résultat des cal
les hautes parties contractantcs auront, a partir de re
ques.
au,quels
une
comrnis~ion
s·esl livrée d'apri's ses ord
Les clécouvcrtcs incessantes de nouvcaux p\accrs ai- tcrme, la faculté de dénonccr l'armisticc, avec un delai
c~t
cclui-ci
:
de
!830
a
I
R40,
oscillation ,ans carac
danl, l'é111igration d'Europc et des ilcs du l'acifl&lt;Jtic a la de si1 scmaines. i&gt;
détcrn1iné;
e
le
18-í-l
a
Is;;
1,
marche
a•ccn~ionnelle;
Nouvellc-Zélandc, améne chariuc jonr un numbrc plus
Aux termes du paragraphe lll, &lt;( LL. mi. le rni de
i8:i2
a
i
'l:i9,
dicadcncc
genérale
dans
les scicnres a
grand de ces 1,lancs l]Ui ,loivent, a un mumcnt c?ouné, rru~se et l'c111p1•r1)1tl' &lt;l"..\.ul!iclie, tout en mainll•nant
bien
l!'lC
dans
les
lcllrcs,
sauf
pour
une
íacnlté, 1'
étouffcr les '.llaorics sou~ lcur mulli1u,le, rles vill!'S nóu- l'occupalion du Jnt\anrl éans les co11dilio11s actuellcs de
veiles s'élcvcut, cL la colo111c cntierc cuílu comrncnce a 1'11ti ¡ivs~idetis, !'C dcclarcnt pi cts ll ne conSCl'l'Cl'Clans Cll toire; it partir ,le i859 ... on commence a regagner
just1flcr le nom qu'cllc s'cst si fierc,111c1lt choisi de : pays qnc le nomhre de troupes que, d'aprcs les consi(lé- partie du tcrrain pi.!rdu. Hatez-1ous de le re¡;agncr
Grande-Bretag11e du Sucl J
ralions purement rnilitaircs, leur.5d,Lcs Majcslé.s jugc- eoticr, jeunes élevcs, de peur de &lt;lonner trcp de Jle
P. PAGET,
ront nécessaires. &gt;&gt; Ce qui signiüe, en bon fran~a1s, que la monarchie constitutionnelle et a la répuulique.
EDMOND T&amp;mllo
Leurs Majestés déclarent qu'elles sont prétes a faire ce
---"?"..,.~--colonies fra~aaea ( 4 ,ravures). - La r~t~de No•re--Dame de Sautó, a
Carµe utr•s ( 4 gr.vure.). - ~otre-Oamo de Fin des f , rres ( 3 l?l'"'U•
re&amp;). - Un t•r ,fe camprtJ!ne Ru Ty1•()1. - 1o:tcourc. R!.!rico:e dP KJ1r11er-ll11uer. M. L.-C -F 11 ,c~dk, éilitcur lr~n~•is. - lnsllllativu Je
M. Berncx, nouveau mairc do Mm;e1lle. - Échcc. - llebus.

f

•

REVUE POLITIQUE DE LA SEMAINE.

--

L'!LLUSTRATlON, JOURNAL UNIVERSEL.

COUllllllKR DM PABllt,

Le domaine !11, Berry. - l\DI. M.,Jon. - 1.'origiml d'UarJgon. - Un 11,ol de Mm• Conrnel. - É¡,i¡;ramme. ~•• Rola d ;, llen·y - Lns vicr,,1luues d11 chatca11 el d·1
~re. - Uesliné s fu urf's. - Vit11m1 el circen"e-~. - Nnuvdles lettr es de l 1 r&lt;'i11r Marie-A11loinettc. - No; pt!til~ ¡¡ tr~ns et nos re'_ites íi!les. - Écoliers et mi111stre. - Vente
de M. L... apres déces.

Ce qtte deviennent les chdteou:x: et les pares d'aut1·efois :
il y a un livre charmant a f'aire sous ce titre; de loin
eo loin, un courtisan du passé, un arnoureux des choses
d!l tempsjadis, écrit un chapitre de ce livre, et quel1Jues
bounetes Rens, de ceux que n'emporte pas la vertigi•
neuse ronde des tumullueuses alfaircs 011 des turhulents
plai~irs, preonent plaisir á le lire et a vivre quelques instants, en imai:ination, dans un monde qui n'est plus.
Bien de~ fui~, en remontant les qna1s de la Seine de
París a Charenton, vous a vez remarqué un grand pare
8 l'air mélancolique, planté d'arl.Jres gigautes~ues, IJordé
d'un fossé mal entrctenu, et dont la porte étail garJée
par deux lions de pierre. Ces lions, poursuivant quel-•
que reve éternel, ne semblaient guere songer a leur
consigne, que pcrsonne, d'ailleurs, n'avait la fal'Jlaisie
de violer.
Au bout d'une large avenue s'élevait un chateau plus
triste encore que le pare.
\
·
Ah! quaod la nuit, pare et chalcau s'avisaient de
causer ensemble, la conversation ne dcvait pas étre folatre.
« Quel est ce cbateau, quel est ce pare? demandiezvous pent-etre.
, C'est le chateau et le pare de B1,rcy, vous répondaiton, et cela vous sufflsait.
)lais lesaotiAuairessont curieux, ils ne se contPntaient
pasde si peu de cbosé, et ilsen savent long sur le dom:iine
de Bercy. Le moins indiscret et le moin~ íriand de ces
vieilles hi~toires o'est pas M. Édouard Fournier; mais
c·est un aimable écrivain qui n'a rien a lui : ouvrez, si
le crear vous en dit, son dernier vol urne, ses Chro11iq11es
et ltgcn,les des rues dJJ f'aris, et l'histoire de Bcrcy
n'aura plus ponr vous de mysteres.
Le chdteau íut hati par un M. Malon, qui ramassa ses
parchedltns sur le sol de sa prop1 iété, et d'autres Malons
en furent propriétaires apres luí. (&lt; Ils.c·oot íait de bruit,
dit M. Édouard Fournier, ni par l'histoire, ni par le
.scaodale. lis &amp;e cootenterent d'ctre tranquillement ricbes, placidement heureux. Mais comme la placidité
daos la fortune ne va gucre sans l'avarice, ils furent
avares. Quand on n'a paR la folíe de dllpemer en prodigue, 011 a celle de tbésauri,er, et les Bcrcy thésauriserent. Voila pourquoi leur chateau, si hermétiquement
clos et muré, avait si mystér~eu~ement un air de cloitre
austere. C't·tait moius une demeure tr~s-close qu'un cof.
Cre trop fcrmé. »
·
M. Fournier nous apprend que ce fut un Bcrcy qui
fournit A Moliere l'adrnirable scene de reproches mutuels entre Harpag"n et son fils.
On rlit un jour a Mm• Cornuel que les grands Augustins prétaieot sur gages.
- Comment s'en étonner, répondit-elle, n'ont-ils pas
chez eu1 le creur dt: M. de Berry?
Cet avare íameux eut pourlaot ses jours de générosité, et il enrichit de ses donalions l'hospice des Enfants
trouvés.
En 1715, on fit contre les gen~ de flaan~e une chanson danR laquelle se trouvait le. couplet suivant :
Que le De~maret mil pendu,
Q11e lu Be1 cy da11s I or fonJu
Sal sr,sse Fon av.1r1re.
Et que. mal.¡1é I ho·,eur du ~on supplice,
JI rneure a~rcs l'avo1r rendu.
Ce Bercy-la était Bercy 111.
~n gros pavillon, debout sur la marge du quai et
bati par Par1s de Montmartel, élait, qucl4ues aonée5
avant la révolution, la propriété de M. de Boismorel,
financler philosophe.
M•• Roland parle beaucoup de M. de Boismorel, de
sa mere et de son fils dans ses Mémoires; jeune filie,
~lle entretcnait a,cc lui une corres pon dance sur des RuJets littéraires, et il y avait cutre eux comrncrce puétique. Elle-meme cite les vcrs su1vanls qu'elle lui avait
adreSSés:
'
Au:11 hommes ouvrnnt la carriere
Des ¡¡ra11ds el des noble~ 1alents
lls n'onl mis aucune barrie1 e
A leurs plus sublim~s élans;

De mon ·sexe faible et s •nsible
lis ne v?11lcnt que des l'erlus;
Nou~ pouvuns imi er Tilus,
i1 irs dans 1111 ~en 1pr in ,in, pénible.
J,,uissez tlu bien d N e :ulmis
A loutes CPs sor•es de gl ·i •e;
Pour 11ous le temple Je mé1noire
Est d,,ns le c.:eur Je nos amis.

99

land promena san~doute ses philosophiques pensers et
ses revcs patriotiqucs, n~us sommes allés voir des jockrys et rlcs ama10nes ronrir le ~Lcrplc-chase, l'homrnccnnon et la mélchoire de fer accomplir lcurs prouesses,
Blonrlm marcher, s'asseoir, se couchrr et ,e rclever snr
son fil aéricn avec toute la grace et toute l'aisance imaginn bles.
Poiot d'amphithéatre, point de stalles : des cbaises
Heureuse celle qui émvait ces vers, si elle n'a.vait pas sous les marronniers et les tillculs cenlenaires, ni gene,
vu ailleurs ce temp.e de mémoire qui attirait son ame ni conlrainte, liberté pleine et entiere d'aller et de venir, de regardcr a s,L íantaisie le spectacle, l'oiseau qui
exaltée.
M. de Boismorel avait un fils de vingt et un ans, fort vol e, ou le rayon de soleil qui darrle ses fleches a tradissipé, qui tronvaiL á la Comédie italienoe ou a l'Opéra vers le feuillagr. Le pulJlic a trouvé cbarmant qu'on le
bien plus d'agréments qu'aux matbé111atiques, q•l'il avatt laissat ainsj maitre de ses plaisirs, et il revieudra au
cornllienré a étudier. JI s'agissait de réveiller de géné- pare &lt;le Bercy, car la fete de dimanche aura des lendereuses résolutions. Ce fut M11 • Phlipon que M. de Bois- mains.
L'afflche nous promettait le vrai Blondin. Mais alors
morel chargea du soiri de faire a son flls (t une mercnriale sage et pénétrante. » La jeune filie s'en défcndil un qu·cst-ce done rrue le Blondin de l'l11ppodrome? Adrespcu, pas heaucoup, vous le devinez bien. Il ful convenu sez a M. Arnault cette q11estio11 délicate. Tout ce q1Je je
qu'clle s'adrc~serait par écrit a l'enfant prodigue, et gar- puis vous dirc, c'est qu'unc heure et 1JL1art apres IJUe
le Blondin de Bercy touchait tcrre, le Blondin de l'Hipderait l'anooyme.
potlrome s'élan~ait dans l'espace, et qu'il íaut une heure
&lt;( Le soir méme, écrit-elle dans ses Mémoires, je fis
une lettre asscz piquantl', un peu ironique, telle que je et qnart pour aller de Bcrcy a la barriere de l'Etoile.
la jugeais convenable pour chalouiller l'amour-propre, Singulicre coincidence !
Voila clone le domaine des Malons dcveuu gare de
encouragcr la raison d'un jeune homrne qu'il faut eotretenir dans son bonheur, quan&lt;l on veut le rappeler a des chemin de fer, l1amea11-bourgeois, cntrepót de vins el
hippodrome. O mon sicclc, je te rcconnais bien la:
habitudes .séneuses. &gt;&gt;
Le jeune homme crut que la lettre était de Duelos, et
Bonne nouvelle pour les curieux des choses et des
alla l'en remercier.
per~onnagcs du temps passé. 11 y a IJUelques jours,
Le style d'une Jeune filie confondu avec le s1yle d'un M. d'llun.ilRLein pnl,liail un volume de lellrcs de la reine
philo~ophe ! cela uous fait un peu sonrire, rnais pas du Marie-Antoinette; ~l. Feuillet tle Conchcs, un l.Jihliophile
tout M"'e fioland, quand elle nous racontc celle méprise. passionné, le plus halnlc homme qui soit a découvrir
Etrangc siecle !
les rardés et le plu~ patieol a lzs collectionner, s·cst
Dclrompé par Duelos, M. de Boismorel fils s'adres~a á pil]ué au jeu: (&lt;Ah! vous nous donnez un volume de
un autre ami de son pcre, et ne sut jamais la vérité. lcttrcs de llarie-Antoinctt.!; eh liien, je \'0Us en donneL'essentiel, c'est ((que l'étudc reprit quelque empire sur rai trois vol umes; vous souricz, les voici ! » Et M. d'llului. 1&gt;
•
•
nolstein ct·étre enchanté, j'en suis sur, et quclque pcu
Le pare de Bercy s'étendait autrefois de la ~astille a fie1· d'avoir forcé M. Feu1llet de Conchcs a tirer son inesCharenton. La coostruction des fnrtifications de París timable trésor du co~re-fort jaloux ou il le tenait rencommen~a ses malh.eurs. Le mur d'enceinte le coupa en
fermé.
deux rlu nord au sud. Plus tard, ce ful le chemiu de íer
One publication a laquelle le nom de Marie-Antoinette
de Lyon qui le traversa, daos sa longueur, de l'cst a valut un cerlain relenlissement, fut, l'année deroiere,
\'ouest. Une tranchée proíunde, de quinze ou vingt l'occasion d'un proccs, et causa uue respectalile douleur
metres, semblable a un precipice, passa insolemmént a ceux pour qni la mémoire u·une rrine malhcureuse
sous la·lerrasse méme du chatcau. Quand un train arri- est sacréc.11 s'agissait d'un rnanuscrit de la bililiothéque
vait sifO.ant, soufflant, haletant, grondant, la pauvre Impériale imprimé par Al. Louis Lacour, sous ce titre :
vieille et noble dcmeure se mcttait a trembler, comme Livres du bondoil"de /u nine Marie-Antoinette.
le passé vaincu devant le présent triomphant. Alors le
La Bibliothcque soutenait qu'un particulicr ne poupropriétaire de Bercy comprit qu'il était tempspe vcndre v3it, sans l'aulorisation du gou\'erncme1.;t, publier un
son domaine. Le chemin de fer de Lyon prit, pour sa manuscrit dont elle avait la propriété. Sa these fut congare des marchand1ses, la partie du pare enfermée par damnée par le Tribunal. En meme temps, parmi les fidcles
les fortifications; des banqniers anglais et íran~ais et la d'uoe cause tombée, on criail au scandale et a la c;.Ville de París se partagerent le reste. A la Ville, la plaine lornnie : ce catalogue était un mensonge, et c'était in-·
de Saiot-~andé; aux capitalistes, le pare proprcmcnt sulter la reine Marie-Antoinette que de faire croire au
dit, qui va de la route de Charenton a la Seine. Aujour-• pul.Jlic qu'elle avait pn do11ner acccs, dans son apparted'hui, des arbres, transplantés a grands frais, couvrent ment intime, a quelq 11es livres trop fameux du siecle
ce qui fut la plaine, et le i5 aout, c'est-a-dire demain, dernier.
un lac y sera inauguré. Le chateau est tombé, mais les
Non, le catalo~ue était authentique; mais n'impo~te,
hautes íutaies ~ont deboul encore, et bientót elles om- il ne íallait poiut attacher au faiL qu"il révélait une imbrageront les rues cbampctres d'une ville de pl:li- portanee exces~ive.
sance.
11 y a qnell]UCS jours, je lisais une brochure de .M'GalLa portion du pare la plus rapprochée de la Seine était lien, avocal de M. Louis Lacour, el savanl bibliophile
nagu~re une plaine marécageuse: en hiver, pendant les lui• rnéme, et j'y trouvais celte réllc1io11 trcs-sensée: que
grandes crues du fleuve, )a plaine devenait étang, et tous les livres qui ne pouvaient décemment ügurer daos
seuls sur leurs hauts piédestaux, les lions et les dieuxde la 1Jililiothe1Jue de la reine, au dire de ses ardents dérnarhre, contemporains des chevaux de Marly, plan:iicnt fenseurs, avaie:1t assurémcnl leur place dans celle d'une
au-&lt;lessus dt&gt;s eaux. Une vérilable montagne, la mon- íoule de grandes &lt;lames, qui n'en éta.ient pas moins hontaJne de Nicolai, a été coupée; ses débr1s ~nt ex haussé la nctcs ¡iour cela.
plaine, et aujour&lt;l'hui les vasles c.onstructions de la SoCes ouvrages d'écrivains célebres de l'époque ét;iient,
ciété des magasins généraux attendent les marchands de il ne faut pas \'oul.Jlier, des ouvrlges a la mode, et
vins de Bercy, a qui la date falale de 18,0 fermera l'an- qu'e~t-ce que la mode n'explic¡ue pas? Combien de femcicn cntrepot.
mes irréproch:ihles oot lu, de nos jours, ccrtains roLe domaine de Bercy a été vendu dix millions cinq mans en ,·ogne, dont le titre et les ép1sodes sont dans
cent rnille francs. 11 avait été offort au Crédit mobilier tons les souvcnirs? Seront-ellcs perdues rlans !'esprit de
pour ncuf millions cin&lt;J cent mi lle francs. Par malheur, lcurs petits-eníants, s'ils les rctrouvent quelque jour sur
MM. Pércire demandcrcnt a réfléchir vingt-quatrc heu- les rayons de lcur bibliotheque?
rcs. Ce délai n'était point expiré qu'une société, daos
La mocle, la mode en toutcs choses, que d'étonnelaqnclle se trouvail M. de Morny, proposait un million
ments
elle prép:ire a la postér1té !
de plns et dev,~nait arljndicataire.
Dans uuc chronir1ue f~hional.Jlc,je lisais hier les lignes
Les buisc1ies &lt;lu cha.tcau de Bcrcy étaient d'un travail
exquis; cellcs 1l"u11 pc!it Síllou furc11t·achetées vingt-cinq suivantes : (( Aujutml"hui, les jt•unes íllles ne ccdent
mille francs par l"lmpératr1cc, celle~ du cabiuet d'études rien a lcur mere ponr la tournure et l'clégance; c~apeaux ronds, casquctlcs jockey-club, ruhes richernent
dix-sept mille fraucs par l'Empcrcur.
On a pensé qu'il y avait place encorc, dans cet im- brodées, man tilles exquises ou burnous coquets, Mm• D...
mense pare de Bercy, pour un bippodrome et pour une n'a-t-elle pas toqt inventé? - Inutile d'ajouter que le
arene, et dimanche dernier, sur la pelouse ou Mm• Ro- petit monde de trois a douze ans se presse dans l'an-

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1 lí.'-íS ll'.\TT.\QUE DE L'AR~IÉE FÉOÉRALE OEVANT PETERSBURGH. -

O'apres les croquis de M. Stannl•t·

�L'ILLüSTRATION, JOURNAL UN IVERSEL.
cienne maison de P... R... avec la meme passion qu'apportent les jolies femmes a s'arracher les dernieres
créations d'A ... »
Voila, vraimcnt, un ~pectacle édifiantl
Ah! la jolie géní•ralion enfantine &lt;¡oc nous avons lit !
Qucls hommes et'q uclles fcrn me~ elle nous prornet ! Pour
le coup, ceci est trop furt. Oc gracc,qu'on nous fuurrc bien
vite ce « pctit monde» a la pension ou au collége, et que
la robe de toile ou de mérinos, la blouse, la tu ni que d'uniforme coupéc a la diable nous sauve des g-andins et des
élégantes de sept ans ! Pctit~ gargons, petites filies, étudicz
votre De Viris ou votre Catéchisme-; lisez Lhornond, lisez
Noel, lise1 Chapsal, avant de Jire M"-e la vicomtcsse de .....

eaux avait tellement baissé, que la navigation était de- ,les actenrs ont fait le reste. Cervantes a .été ravi de lle
venue impossible, et le passage d'Alexandria interdit. 11 ¡ ~e voir que mutilé. Le public ne s'est pas montré pi
fallait done abandonner cette importante flottille et l'ex- exigeant que Cervamcs. Le Gymnase compte uu su
poser a ctre prise ou détruitc. lleureusemcnt, le lieute- de plus, et vous, lecteur, saos vous donner ·trop
nant-colonel du gén e Bailey eut une de ces inspir1tions peine, a ce qu'il me semhle, vous venez de tirer de
comme on en a quel,¡uefois dans !'extreme péril. bommes d'esprit d'une galcre el moi d'un fier embarr
JI proposa au général en chef Bauks d'élevcr le ni- je vous jure.
veau des eaux en coulant pres des rapi&lt;lcs un radea11
La Comédie-Franpise nous a en fin donné, avec
colossal et de vastes liateaux charg-és de pierres, de fa~on meilleure gracc et les pires chalcurs du monde, le
a obstruer en partie le cours de l'eau. 11 n'y avait pasa début-de Mm• Victoria-Lafontaine. Je dis le vrai, pal'lt
hésiter; 3,000 hommes furent mis it. la di,po~itíon du que le seul role abords jusqu'ici par la débutante ne 1,
colonel Bailey; les forets voisines fourn irent leurs plus sortait pas de ses habitudes scéniques. On attcndait imé~ormes madriers; le rarleau ful construit, et au bout de patiemment de luí voir aborder le vieux répe'rtoire, et
Cette quinzaine est la grande quinzaine des ér.olicrs. d1_x_jours il.était coulé ai~si que (es ,bateaux. C'étail une 1 c·~st ce qu'elle vier.t de _faire avec une ~isacce, une
Les plus illustres personnages ont daigné parler aux cn- ver1lable d1gue; on en v11 b1cntot I dlet. Les eaux re- sc1ence, un charme que Je renonce a exprimer. Le sucfant~; et ne c¡oyez pas que, s'adressant a un jeune couvrirent aussitüt les rochers qui formaient to1it d'abord ces a été calme, silrieur i&gt;t profondémcnt ressenti. Poor
public, ils en aient moins arrondi et rnoins orné leurs un obstacle paraissant in~urmontable. Les rapides re- re11dre mon impression personnelle,je ne troure qu'une
périodcs. Chez nous, un discours cst toujours un dis- parurentavec tnote leur v1ole11ce, il e~t vrai, ma1s il y avait chose a dire, c'est que jamais je n'ai vu u'Agnes compa.
cours, et tout 01:ateur fait sa toilette, a quelque auditoire de l'eau; c'est tout ce que nous vuulions. Le lcndemain, rabie a Mm• Victoria. Étudiez-la dans re role, si voos
qu'il s'adresse.
tin de nos navires se lan~asur le to11rLillon, il passa; les voulez voir l'amo ur n:.iitre daos une ame innocente et
J'ai été ravi surtout de l'allocution de lf. Drouyn de autres suivirent, la flottillc était s:.tuvéc. Mais, comine je au meme in~lant l'envahir tout enticre et en murer l'ao,
Lbnys aux éleves &lt;lu petit collége de Vanves, la maison vous le disais, n'est-ce pas une guerre de géants qu'il ces a tout ce qui n'est pas lui-meme. O divine férociti
c1e la jcunesse ! Malheurcux Arnolphe ! a force d'elre ¡
de cam1iagne de Louis le Grand. C'est plaisir de voir un nous faut faire ici?
ministre se souvenir si Lien de son latin. Et quelle enAgréez, etc.
W. SrANLEY.
plain&lt;lre, il cesse de paraitr(.) odicux ou meme ridicule.
tente du style noble! On ajüutera deux ailes au collége;
•
Talbot rend fort bien les nuances et les violcnces de
------r----,..,..)1..a,~- -- -- ce role aussi écrasant q1t'écrasé.Provost s'y montrait plns
croyez-vous que M. Orouyn de Lhuys va dire la chose
toul simplcmcnt aux écoliers qui l'écoutent? Point.
touchant, mais était-il bien d11ns le vrai de ce personC,MilfflHOIE lnlJl~ffi~'ll'O@(l.!J!E.
Écoutez : &lt;1 Encore r¡uelques joars, et le liruyant labcur
nage, que Moliere a voulu Pt du faire sot et brutal, poor
des artisans de la maliere troublcra le ~ilcnce des éludes
Si peu abondante que soil la matiere dont j'ai a cau - rend re moins crue dans sa vérité !'implacable ind1ffélittér~ires et sci&lt;'nliílqucs. 11 Que cette phrase a dt\ ré- ser aujourd'hui, je suis fcrmemeut décidé a ue pas m'é- rence d'Agnes.
11
joui1' Dt'lille ... et les ma~ons, de venus, par la vcrtu de tendre sur le Don Quichotte du GJ·nrnase, et cela pour
M • Dinah Félix et Eugenc Provost font égalemeal
la périplirase, « les 1rt1sans de la maticre ! »
bien leur parlie de niaiscrie, moitié vraie, moitié simul
deux raisons _qui me paraissrnt sans réplir¡ue.
D'ahorrl,
voila
quinze
grands
jours
que
cette
picce
a
daos
celte iuterprétation, qui serai t parfait~ si Maubaat
11 y a quelqucs jours, on annon~ait la vente apres
réussi, et il n'y a pas moinR prescription pour le sncccs y apporlait un lant soit pcu plus de bonhomie.
déces des livrcs de M. L...
Les débuts de l\1 11 • Honorine suivent leur cours aa
que püur la chute. Ens1Jile et en fin, que serait-ce qu'une
&lt;t M. L... » liscz ,\l. de La Pommerais.
théatre du Palais-Royal, qui, r·our leur donncr plos
Avec les livrcs, on a vendu un porlrait de Mm• de picce tirée du Don Quichotte, s'il était besoin de la racon
ter?
d'éclat,
vient de reprendre les Diubles rose.~. On se rapPauw qu'ellc:mcme avait pcint.
Snpposez-vous,
lecteur,
faisant
nne
picce
du
Don
Quipelle
l'incroyaLle
_succcs de cette piece a maillots, qot
Le ch11fre de la vente n'a gucre dépassé le chiffrc
ch?lle
de
Cervantes.
Je
vous
p1
ele
la,
saos
doutc,
une
la
faveur
puLliq11e
a dcux ou trois cents fois vengée
d'une vente or&lt;lmairc.
idée
a~sez
biscornuc,
a11
prcmicr
abord;
mais
ne
faites
justes
dédains
de
la
critique. Les maillots sont toujo
Est--ce que la mode de paycr la drpouille ct·un scélérat
pas,
s'il
vous
plait,
la
pct1te
bouche;
plus
de
cinquante
aussi
bien
tirés,
aussi
roses, et la picce toujours ama
plus cher que cclle &lt;l'un ho11nete bomme commencerait
, on sa1t
. leurs noms, égrillardc, aussi nulle, aussi longue et aussi applaudiei •
anous passer?
originaux, - on les a comptes,
•
l'ont eue et mise a exécution, cette idée, et de tous les et courue que par le passé.
Mes siaccres compliments a mes contemporains.
Don
Qitichntte
qui
en
sont
sortis,
plusicnrs
n'ont
pas
Une
telle
vogue
en
plein
été,
et
en
quel
élé ! s'expliqoe
X. FEYRNET.
moins que le dernier en date réussi ... commcnt dirai-je? au moins cette fois par le talcnt de la debutante,
réussi a fairc dire: Que diable des hommes de tant d'es- joue le principal role des Diables roses. Elle s'y mon
aussi brillante, aussi comédienne, et meme, relativemenl:
CORRESPONDANCE D'A:\!ÉRJQUE.
·prit allaient-ils faire dans cette galcre?
Eh bien, l'on a tort de p¡¡_rler ainsi. Du moment qu'ils parlant, aussi déccnte que sa devanciere l'etait peu.
AU DIRECTEUR.
On en revient touJours a ses premieres amours, et le
New-York, !O juillet.
y sont, daos cette galcre, il ne s'agit pas de savoir comment et pourquoi ils s'y sont fourrés, mais de trouver la théatre ·de la Porte-Saint-Martín lui-méme n'échappe
L'événement important de ces derniers temps,estsans
pasa cette loi du crour. Les ceuvres de Rossini, de Bel. l' 1
é ¡
d
maniere la plus prompte, la plus polie, la plus galante
conlred1t a erte que nous a cau;, e ll rai ou invasion
lini, de Molihre, n'auront été que cl'éphémeres caprices
de les en tirer:
con[édérée dans le ~laryland. Cette panique n'a gucre
pour ce théatre, inconstant par gout et fidele par inléret.
duré que quelques jo111·s, mais elle a été chaude. On a
Eh! mon ami, tire-moi de dan¡:;er,
La Norma, le Barbier de Séville, l'Avure, le TJ.rtuffe et
era tout d'abord a une ír,vasion complete et en regle du
Tu feras apiés ta haraugue.
autres pieces toujoursjcunes, ont du céder a l'ascendaot
Nord: Baltimorc était prts; quelqúes heures apres,_c'était
de cette vieille Tour de Nesle, la scule vraie maitres.~
Washington. Tout cela s·cst résumé en 11.n pillage assez
Quant a la promptitude, ce n'e~t pas IP plu~ malaisé, du logis. C'est elle encore, elle seule, qui tient !'affiche,
complct du Maryland, « my ~laryl.1nrl, » comme dit une et quant a la ra~on la plus courtoise, la plus gracicuse de avec Oumaine, ce meme Ournaine qui, nagucre ... Mai1
chanso1f du Sud, qui a expié ainsi ses sympathies dissi- tcndre la main il. dr.ux homrncs au~~i charmants et aussi a peine tui a-t-ou Jaissé le ternps de quitter le sombre
mulécs pour le gou1crncment u.e Hichmond.
empechés que AD!. Sardou et Dalloz, ce n'est pai- it co tumc, le regard faux et le tou patelin' du « pauvre
La ma11ceuvre 11\·tail pas mauvaise: on espéraitrl'abord moi de vous l'indique1·, chcr lcctcur; vous savez trop homme 1&gt; pour le br1llañt pourpoint, les airs cranes el le
jeter un grand trouLle d1ns le Nord, puis forcer Grant a bien qu'elle consiste, w tte maniere, a fairc la chose ronflant verbiage de Buridan. JI s'e$l, du reEte, fort bien
levcr le s1ége de Petersburgh. On a Líen troublé quelque aussi franchement, aussi simplement que possilile, et acquitté de ce changement pre,que a vue, et le nouvel
peu le ~ord, mais la lumierc s·est faite vite sur cette c'est aiusi que uou5 allons nous en tirer.
amant de Marg,1erite de Bourgogne, s'il ne fait ouhlier
tentative. Quant iL Grant, il n'a pas bo11gé,et a continué,
Nous &lt;lisions done que si, par im. ossible, il vous élait a cette dame ni Frédérick Lemaitre ni Bocage, du moins
fermecoinme un roc,a ¡,oursuiHe les opérationsdu siége. ven u dans la pensée de faire une picce de théalre du parait-il l'avoir a pcu pres consolée de la perle du beau
Les siégcs, c'est son affaire. Purt-Iludson et Wicksburg Don Q11ichotte, et r¡ue, persistanl dan~ cette tocade, Mélmgue. Au fond, elle sait bien que eelui-la elle le
en font l'oi. lci, il a une tache plus difficile: ma dernicre malgré les consei!s de tous vos amis, les larmes de votre retrouvera toujours.
correspondance vous en a donné la raison; mais il arri- fcmme et les pricrcs de l'0S enfants, 111algré l'analheme
Quant a Montdidier, riui, prenant au sérieux les velvera a ses fins, croyez-le bien. Grant est le typedu Yan- enjoué qu'a si malicieuscment et si ílcrcment fuln1iné léités classi,¡ues Je la Porte-Saint-Martín, avail reparo
kee: beaucoup d"audace quand il en faut, mais de la per- Cervantes contre quiconque oserait toucbPr ason reuvre, 1 a ce théatre dans l'Alccste du .msanthrope, voila déja
sévérance tant qu'il en faut. Je vous envoie un croquis, - vous aviez pris la plurne pour commettrc une si gro- longte111ps qu'il a exrcuté a la lettre et de sa personne
pris a la hale, d'une partie des travaux du siége.
tesque profanation, je maintiens qu'alors, sorta11t comme l'adieu de son personnage a la société.
Mou autre croquis vous monlrera quelles difficultés d'un reve, et rentré tout a coup dans votre bon scns,
Ainsi serñble avoir échoué, comme je l'avais auguré
préscnte la guerre daos un pays comme le notre. Nous vous auriez jeté cette plume au diai.Jle et pris en place au débnt, le g-énéreux mais puéril essai d'iuitier le peu•
sommes obligés, de tcrr,ps it autre, d'accomplir de ces une bonne paire de ciseaux.
ple aux savants mysti•res de nos classiques. L'épreuve,
tours de force qui tiennent du miracle.
Moyennant quoi Cc1 ,antes se serait immédiatement toutefois, en raison de sa brieveté, ne saurait passer
Le mois dernier, le rn• corps, sous les ordres de déridé, comprenant qn'il ne s'agissait plus que de le pour décisive, je mP. plais a le reconnaitre, en admet.
Banks, opérait daos l'AJ'kansas, et la flotte de l'amiral coupcr en morccaux, ou, autrement uit, de ta1ller daos tant rneme avcc tout le mondP. que le thratre Déjazc~
Porter agissa1t de concert en suivant le cours de la ri- son rouvre une comédie en cinq aetes et dnuzc tal,leaux. - 110 autre instituteur des mas$es, -n'a échappé a une
viere Rouge, qui ~é1ure l'Ark,wsas du Texa~. La na vigaEh Lien, lecteur, voila ce q1:i est tout justt&gt;ment ar- mcme dPconvenue que par sa cloture annuelle. Encore
tion esto.es plus &lt;ld'liciles sur ccl afíluent du Missis~ip1, a rivé. ~Dt. Sardou el O:\lloz onl foil ce que vous auricz une fois, des tentati,·es si peu suivies ne prouvent ríen
cause des rapidcs nomLreux que l'on y rencoutrc, prin- 1 fait ,·ous-méme a leu1; place; ils ontcompris que, du mo- contre l'idée qui lrs suscite: ce n'est pas en un mois
cipalement dans les environs d'Alexan&lt;lria. Le rn~ corps mcnt oü l'on écrit un Don Qair:hottl, la seule fa~on de qu'on refait l'éducation littéraire d'une foule, livrée de•
avait re~u l'ordre d'évacuer la conlrée, la flottilledcvait s'en tirer est de u·y rien mellre du sien, et c'est le parli puis des siecles aux maitres que vous savez bien. Les
suivre et rentrer sur le Miss1ssipi, mais le niveau des qu'ils ont pris; le peintre de décórs, les machinistes et marchandes d'berbe~ d' Athenes, qui applaudii;saient les
0

L1 1LLUSTílATION. JOURNAL UNIVERSEI ,,
Augier doit Jire, ces jours-¿i, une comédie en cinq actes. sion' ne menacaient ríen moins que de l'annexer a LaAntaul dire que uous verrons, a pres M. du Boys et la gos ou au Oahomcy.
Son so111craiu ne pr,sscde plus aujo11rd·hui qu'un méc,rnic11lc, nne nouvcllc piece de )1. Augier.
temps.
,,
l'h
di11cre
tt'rrit&lt;1ire, di1•isé en trois prinripautés : PortoMaintenant, nonvclle plus exlraorclinaire, le thé:itre
En admettant comme possihle la rc1orme. que e on:
.Novo
proprement
clit, Procrah et Weymey. Cclui qui
netes e~prits revcnt. étou_rcliment, sclon mo1, 11 faudra_it de la Porle-SainHlartm répetc un nouveau mr.lodrame,
rcgne
actuellemcnt,
Sodgi, Pst un hommt de ~ua.rant~théalre popnla1rc d1x ans de constance et de sacri- qui o·e~t, dit-on, ni de Corncille ni de Racine, ª"ec tacino
ans
environ,
qu'on
représenle comme tres-mtell1ª6 un rionr qu'il en vinta fairc srs frais avec le théatre bl~aux el ballets, ou Claudc Lorrain n'a ríen a voir et
grnt et trcs-supérieur a son entourage. Sa puis~ance est
ces,·que Or on vicnt de le vo1r,
. ce n' est I'".I' aff&lt;11re
.
. VLstris r'ien a réclamer.
m
e1ass1 · ,
. ,
Tout au contrairc le théatre du Vandeville, usant de malhcureusemcnt fort bornée, par suite des lois Lizard la Sociéli3 Nantaise ni de toute autre soc1éte en com'
.
res qui concerncnt, a Porto-Novo, l'exercice du pouvoir.
:andite. De telles institutions, quoi qu'on en pens?, la nnuvellc lib1.rté, prepare, je ne dirai pas une rcpr1se,
La premiere de toutes cst celle qui condamne le roí a
nuis
une
cxhumation
d11
Derin
du
villuge,
livret
et
mu,. ront J·amais pour devise : Sursum cordcc! Leur reune claustration analogue · a cellc qui emprisonne, a
n au ·re se ré.,lera toujo•1rs pl utot
, sur l' ct1age
..
de 1a sique de Jean-Jacques Rousseau.
pertol
o
,
.
.
Tout cel1 n'cst que paroles, je le sais bien, et paroles [(ioto, le mikado du Japon. Le roi de Porto-Novo ne sort
·• e que sur celui du creur. ll n appartient de sU1vre
ca1°S
·
· J · ne sont que du venl; mais, par le temps qu'il fait, jamais de son pal,1is. Qµanc! les fcrnmes de ~on harem
ce dernier qu'a l'i1,itiative indivi(luellc,
,
. et Je. SUIS. om
ont con~u, elles di~paraissrnt a tont jamais, et, il. l'exde nier que.la liberté des théatres ne pu'.sse etrc smgu- n'cst-ce pas la ce que les tbéalrcs pcuvent encore nous
ccplio.n du roi et c1·uo ou déux de ses fidclcs, pcrsonne
donncr de mieux?
., ment favorable a·t'essor de cette pu1ssancc,
. la, plus
.
11~re
M.. is en fait de théatrc,, parlcz--moi de ceux qni vous ne sait leur relraite pas plus que celle de l'cnfant. Celui,. ,nde sinon la plus légitime de toutt&gt;s; ma1s n cspc,ecc ,
.. . , • · d
ci, tenu dans l'ignorance de son origine, eH élevé au
rez pas qu'elle se voue, qu'elle sr~u1se a r~Jeu111r es 5uivent a la campagne, aux hains de mer, partoutou vous
loin, parmi le peuple; on s'arrange toutefois de fa~on a
, rmes belles "randes, nobles, ma1s surannces, a popu- allcz, et mcme cncore plus loin, ~¡ c'cst possible; te!s,
ce
qu'il voyage, et de la 5orte fa,se connaissancc avec
10
'o
·1 l'
1
a par excmple, qne le tMtilm de cct honnctc homme de
1ar1·ser un art qui est la négation du mouvemcnt,
• , d"
les
choscs et les hommes sur lei:quels son pouvoir
prouvé; a offrir saos ces.se a 11n pet~p.le alt"rll 111co11nu tant d·e~prit et de talcnt, feu Alrxis de Comber_ouss~.
s'exercera
plus tard, s'il est appelé a 1égner; car bien
En voila un qui n'avait pas Lcsoin de la liberte des
la quintrssence du pas,e daos la \'le1lle coupc de Mel-·
que fils de roi, ce n'est pas toujours luí qui succcde a
théatre,,
pour
dire
toul
ce
qu'il
Youlait,
et
a
qui
il
vou:
r,omcnc. Ce n'est pas de liberté que ~ous ~1anquons, au
son pcre. A Purto-Nuvo, comme au Japon, la succession
tbéatre, c'est de foi en nous-mcmes, e est d audace, e est lait mcrne au peuple, mcme au public, ce roí ahs~lu q~1
au tronc, quoique héréditairc dans une certai ne famille,
de aenie. Voyez done au milicu de qnelles entraves so- ne :1onne pas de libcrtés, lui, qui n'en accor~a.Ja_mais
une seule, mais qui les laissc prendre toules, a qm sait est élcctjve, en ce sens, que les grands chefs peuvent
c1·atºes. , poétiques, malérielles se sont produitts ces mer,
faire montcr sur le trone tout autrc indiviJu que celui
.
,eilles qui portent la griffe d'un Shake&amp;peare, d un s'y prcndre, bien entrnrlu !
Or c'était la un des talcnls, le plus grand talcnt peut- dési&lt;&gt;né par le r-oi défunt. On a~surr, it ce propos, qu'un
Corneille, d'un Racinc, d'un Moliere, d'un Calderou,
étre 'de ce ~no-e et aimable cs1mt : sa,·oir s'y prendre.11 cara~tere fermc, jaloux des droits de la royauté et disd'un Grethe, d'un Schiller !
.
posé a les faire respectcr, est une cause ccrtaine d'exCertes ni la li berté-, ni meme la licence, n'onl fa1t clé- faut' voir, danc-s ces trois splendides volumesédités, je diclusion,
car les cabéceres, ou pretres, ont religicusemcnt
faut a¡; brillante croisade dramatique de H\30. O'ou rais presquc élcvés, sur sa tomlie par une vPuve et des
cOn$ervé
les traditions de ceux qui vinrent avec les
1
vient, cependant, qu'elle a sombré en plein trio_mphe de eníant~ dignes de lui, il faut voir daos ce lltédlre &lt; aux
chefs
de
la dyna$tie rrgnante, et qui, aut:rnt pour
ses príncipes? De ce que, en somme, elle a fa1t ruuvre cent actes divers 11 tout ce qu'un homme de creur et
échapper
aux
exc/Js du pouvoir royal que pour augmen-·
d'arcbai,me et de fausse érudition; de ce qu'il lui man - d'csprit pcut glí$scr d'honncti&gt;, de sage, d'util.e,dan: les
ter leur propre autorité, emprisonncrrnt le nouveau roí
orcilles
les
plus
friandes
de
~canclalcs,
de
sott1ses,_
&lt;l
ob_quait, pour la conduire, de ces génies pour lesquels le
dans son palais par une mu ltitudc d'obscrvations fétithéatre est mieux qu'un métier et meme q u'un art; de scéuités, dans les oreilles de ~fidas. Et cela sans Jarna~s
chi•tcs.
Les amis q11e s·c~t faiL5 le jeunc prince le ~uice qu'a défaut de te!~ génies, les grandes intclligenccs prccher, ni tomlJcr dans la satire, saos jamais ~outenir
vcnt
daus
son palais, oú ils rcmplissc11t un role anade l'époque onl semblé regar,ler la sccne comme at~- ele thc~e et au t1·avrrs mcme des f1lilcs les plus ~a1es, lo0uc a r.clui que jouaicnt les Mcna-~lasos pres de
de!ISous d'cllcs, comme si ce n'étail ¡,as, de t11utes les tri- par la ;eule force d"une ame foncicrcment dru1tc el
1'1~fortuné roí de ~ladaga~car, Rada1i1a 11. lis l'inforbunes, la plus vasle, ,~ plus sonore, un~ tril,une qui r~- saín~.
Al xjs-clc Comherous~e était né a Vir~_ne s?r ~a fin du mcnl de ce qui se pas,c, et l'aiclent surtout a maintenir
pcte trois cents fois de suite le meme d1~cours, une tn ·
les c1liécr.rcs et a survciller les Allari,. Ces derniers,
bune que ríen au monde, désormais, ne peut renl'erscr. siccle dcrnicr. Co11lcmpora111 de M. Sc11Lc, ti. c~toya un
csclavrs
et oíficicrs du palais, sont principalemcnt emM:iis tant qu·clle ser:.t livrée aux oratcurs de salan, de des premiers la ,·cine drarnatiquc r¡ue ccl111 c1 a, non
ployés
a
la
perccption des inipf&gt;ts; on !es emploie égale-.
boudoir ou de cabaret; tant qne les esprits les plus éle- pas tirée dn rocher, mais gro,~ic de sc_s prop~es eaux'. et
n1enl
a
la
poi
ice sccretr; car, logés chcz les traitants ou
,és ne travailleront que ~i11ur des thé:\trcs d'elite, toutes portée a l'étaL de. fleuve, graccs il. O1cu rn1t comb1en
o-ardicns des r¡uais de la ville, ils sont micux que perles lijlertés du monde ne feront pas que le dix-neuvieme d'aflluents.
~011ne a mcrne de lo1Jt voir ctdc tout cntrndrc. T11ujours
Alcxis de Comberousse ne se laissa pas absorber p~r ce
sieclc ait ~on tbéátre.
comme au Ja1)(1n, respion11age a done iri sa place dans
A ce sujet, - il me poursuit, - disons bien vite, pour pcrc de tant de ruisscaux, par ce_ íils. d~ tant de r1:1ere~.
le ssstcme gouYcrnemental. Une fcn,me suit le roi ainsi
ne pa.~ laisser a un démenli le temps ºd·arriver, disons 11 suivil un ccurs parallclc, ma1s d'.~t1nct ~t ~01ns s1qu'une 0111lirc, i:ous prétcxlc de porlcr son crachoir. Jaqu'on·dit que ~1. de Lamarline écriL en ce moment une nueux. Les deux seules picces qu il a ~1g~ees avec ma1s elle n'échange un mot avcc son augui:te compagnon,
piece de thiatre. A la bon ne heure ! voila ce que je de- M. Scribe ne sonl pas, lant s'en faut, les me1lle~rf'S de
Pour se divertir le t1iste soul'crain de Po!'to-Novo a
mandais . .!lalbe1Jreuscmcnt, on ajoute que cctte picce esl son répertoire qui ne comprend pas moins de so1x~ute•• les .distrattions de' tous les prirrces oricntaux, c'est-il•
destinée a la Comédic-Frangaise. Quclle faute, si cela qui·nzc
. ouvra"'CS
. , o repré,cntés presque avec tous succes.
'd'
dire celles du harem. Le sérail de Sodgi conticnt trois
A ces produclions de to11t gcnrc, dramcs, c~mc _ies,
est vrai ! La Comédic-Fra11gaise ! un théatrc grand comme
ccnts fcmmes, gouYcrnées par nn cnnu4ue riui a toute la
la main ! Quand on a élé joué, hien mieux, quaud on a vaudevilles, opéras-comir¡ues, les édite~rs .º~t aJoute un conílance du roi, et lni scrt de racadeirc dans les granjoué soi--meme, sur la place de l'llotcl-dc-Ville, un si choix de picccs inéditcs d"un grand mteret, et que le des circonslanccs. ()evenues vieilles, cclle,-ct vont culbeau drame : laFmnc11sauvre!
théúlrc réclame.
tiver les gra11dcs prrpriétés de leur maitrc; elles sont
J"aimerais a donner de plus longs détails sur un talent
Quelle belle occasion manquée d'inaug11rer séricusealor, rcmplacécs soit par des achat,, soit par les dons
ment ce nouvcau régime si discuté, de voir si ce n'est si honnctcmenl cnjoné it. la surf1ce, si 8éricux, au f~nd. volontaires de sujcts fi&lt;lcles, trop honorés d'offrir leurs
pas simplement une amuscite, un hochct, qu':m nous J'aurais voulu snrtout m'étendre sur un caracterc digne enfants aux P,laisirs du noir monarque.
aurait jeté... dans l'intention la plus louablc. Au rcst~, d'ctre offcrt comme le modele de l'hommc de lctlres ?t
gracc au théatre des Variété~, qui monte a gra~ds. fra_1s de l'homme privé. Mais l'espace !De, manqu~ P?ur d~ ·
II.
et agrand bruit une piece en quatorze tableaux, mt1tulee velop1ier convenablement un sujet qu un~ mam ª, la fots
la Liberté dts Théatres, cette qnestion va recevoir, que plus légere et plus magistrale vit:nt d'épu1ser en I eflleuSodgi regne actuellement su.r une po~ulatio~ ~o~t il
dis-je! elle aura re~u, quanrl vous lirez ces lignes, la so- rant. Je renvoie done le lecteur a la belle pr~face dont est assez d1fficile de fixer le ch1ffre préc1s, et d or1gme~
lntion qui ne manque jamais aux grands problcmes, a Jules Janin a voula enrichir le Thétitre d'Ale~s de Com- différentes. Sur la bande d~territ0ire qui sépare la laen croire, du moins, Beaumarchais. N'est-ce pas vous btrousse, récemment publié daos des proportt0ns et avee gune · de Lagos de la mer, on remarqu~ d'abor.d les
dire, cher lecteur, qu'on chante daos la picce des Va- un luxe dignes de la maison Hachetle.
Gégés, qui paraissent avoir été les prem1ers hab1tants
A. DE BELLOT.
rié~; on y danse meme, jugez done!
du pays.
.
• . ,.
,
On annonce comme é"alement tres-prochaine, aux
Ce sont ces Gégés qui serva1ent autrefo1s d mterme'
o
.
Fran~ais, la premicre représentation d'une piece en crn~
diaires entre les chefs des peuplades noires alimentant la
actes, de M. J. du Boys, - prononcez du Bo-ys, - qui
traite et les négriers européens. lis paraissent avoir été
LES C0LONIES FRANCAISES.
lient de !aire paraitre a la Librairie centrale un roman
tres.. nombreux; mais une invasion des Oabomiens ayant
aussi intéressant que bien écril: les Mariages de proi:ince.
eu lien vers le milieu du siecle dernier, la plus grande
LE ROYA UME DE PORTO-NOVO.
Si la finesse d'observat:on, qui donne tant de valeur au •
partie dll la population indigene fut massacrée ou emlim, n'a pal fait défaut a l'auteur de la nouvelle piece,
(I" article).
menée en esclavage par ces farouches voisins. C'est a
il peut compter sur un grand succes. Au reste, M. du
ce moment, dit le lieutenant de vaisseau Gellé, dans la
Boys n'en est pas a faire ses preuves au tbéatre : la
J.
précieuse étude sur Porto-Novo qu'il a publié~ ~ans la
réus.,ite du Mariage dJ Vadé, et surtout des Varances du
On sait que le royaume de Porto-Novo est l'une _des Rewemaritime etcoloniale, que le reste, accule a la ladocteur, a11 seeond Théatre-Fran~ais, lui perme~taientde
gune, re~ut un roi et des cabéceres, c'est-a-dire le sys-•
frapper a la porte du premier avec une certa1ne con- souverainetés lillipuliennes qui s'égrenent.,5ur les r1ves teme gouvernemental qui régit aujourd'bui ce royaume.
6ance. On n'en a pas moins fait beaucoup de fa~ons du gol fe de Guinle, entre les bouches du Níger et le cap
A la suite des vainqueurs marchaient quelques peupour la lui ouvrir, mais il a tenu bon, et la canicule a des Palmes. Assez cons1dérable vers i830, Porto-Novo a plades nagos qui se melerent aux vaincus et fonderent
beaucoup
perdu
de
son
importance
depuis
cette
époq~e,
lait le reste.
les principautés subalterne! de Procrah et de Weymey.
4 ce meme tbéatre, ou il4h'a pas besoin, comme ta_nt autant par !'incapacité de ses chefs que ~ar les emp1é- Au milHln de noin, pour ain~i dire &amp;ntoehtbflnee, oo re4'antfes, de frapper longtemps -pour entrer, M. Ém1le tement.~ de AA!! -voi~ins, qui, a-vant notre pr1~ de po!l.~8-

;rneille et les Moliere de leur siecle, n'avaient pas, été
al'école chez les Campistron et les Lasscrrc du mcmc

;

�Facturer1u fríu,~aises.

,I
I·

marque encore les Aymios. Mahomélans et orio'inaires du
Yariba, ceux-ci abandonncrent leur pays a la sui~e du grand
mo.uveme~t politiquc, contemporain de nolre pre[l'\icre révolut,on, qm bouleversa toute l'Afrique central e, ctse répandirent, vers le commencement du siccle sur tout le versant méridional des montagnes du Kong. Q'uclques-uos se fixerent,
vers cette époque, dans le royaume de Porto-Novo ou leur
habileté et leur esprit industrieux ne tarderent r:s a faire
tomber entre leurs mains le comníercc des petitsÉtats de l'intérieur. lis se seraient méme emparés de celui de la laauoe si
,.
1
b
'
1es trad1t1ons ocales et les intérats des Gécrés
n'y avaient
0
mis obstacle.
Les Criollos et les Sierra-Leooais, qui viennent ensuite
sont, ainsi que !'indique leur nom, des negres de la colo~
nie anglaise de Sierra-Leooe. Nés libres et initiés de bonne
heure. au travail, ces noirs savent tire, écrire1 compter, et
enlret1ennent, par une lecture assidne de la Bible, les idées
de morale et de dignilé personnelle, qui leur permellent
d'occuper un rang parmi leurs congéneres. )Is soot actifs, laborieux; secondés par leurs fcmmes, ils tiennent heaucoup de
pctits magasins pour le compte des maisons de Lagos. Quelques-1111s méme, dit M. Gellé, soot a la téte de factorerics assez importantes, qu'ils dirigent avec aulant de proliité q¡;e
d'iolell,gence. (( 11 est regrettable, ajo ute cet officier, que leur
apreté commcrciale, plus grande encore que cclle de leurs
patrons, les melle souveot en d1scussion d'1ntércls avcc les
indigeoes, et surtuut avec le fisc, qu'ils cherchent contiuucllcmcnt a fra11&lt;lcr. »
Quan t aux Criollos, ce sont égalcment des noirs du gol fe
de Gu inéc, mais qui ont été esclaves au Brésil, et qui, aprcs
avoit· élé libérés ou s·ctrc racl1elés, sont venus se fixcr i1 PortcNovo. Presque tous sont porteurs de passc-ports régulicrcment ,,.iscs pa1· les aulorilés de Bahia; car celle proviocc,
qui a toujour, demandé bcaucoup de travailleurs a la trai te,
~st cellc aussi q1J1 fait le plus pou1· engager les esclaves devcnus libres u rctourner dans leur pays. 11 n'est prcsque pas

Plateau du Guuveruemeut.

----

- -~- --==-~-,:

~.

r

.

\

aUJ lllles- et par
1'in• tranquil•·

lité awaquelle les
noirs p111t aujourd'bui _, ce lieu, on
suppca f. la fin des
sacri&amp;lll'femonte a
bien dlamées. Les
dernielt uvenirs ·se
rcportelltlusde trente am a1us, et encorc, daltS derniers
te111ps 4íl usage barbare, .-crifiait-on
que #¡malíaiteurs
condaMl mort en
punitiGI leurs crimes.,
ee~, de ce que
les - " publics ont
dispsrt,f:~ qu'ils ne
sont plllf un souvenir dll ,.., 00 ne saurait coa# qu'il n'y a
j amaÍs ,le s~crificcs
bumai..+PUIS cette
&lt;-poqae.l. ~~11scrvatcurs3d11tons gégés, 119 sont autres
que
bominables
trad' . Dahomey'
n'onl .tiemcnt pas
fait Id érailles du

der~ ' sans se

m..-iau1

00

11

'

MAISON DES FIÍTICHEURS.

couto-

o'apres " ~ e · llellri Roulud.

MAISON DU MIN~HAN,

de na vire, rcYenant de Bahía, qui n'en rapatrie quelques-uns.
En quittant l'csclavage, les Criollos en retrouvent le spectacle a Porto-Novo, ou il est autorisé. Les esclaves y sont beureuse;nent assez bien trailés par leurs maitres; faisant en
quelque sorte partie de la famille, ceux qui sont mariés jouissent d'un cerlain bien-étre et méme d'une assez grande liberté. Les bommes sont principalement cmployés aux travaux
des champs, tandis que les femmes s'occupent des soins de
la maison, ou vont veodre au marché les produits de la terre.
Les districts de Porto-Novo et d'Agérah, cultivés avec beaucoup de.soin et d'intelligence pratique, produisent en abondance du ma'is, du inanioc, des µatales, des haricots el autres
légumes. Ces ooirs, ainsi que la plupart de leurs mailres,
sont fétichistes; chacun a son chef particulier de culle et de
vénération. Si n_éanmoius l'on considere les emblcmes qui
frappent les regards a chaque pas, on ne saurait metlre en
doute que le culte organique ne soit le plus répandu, s'il n'est
commun a toule la population. Un faít certain, c'est que les
félichenrs et féticheuscs de ce culte sont forl nombreux, et
jouissent de beaucoup de considératioo. Le graod-prétre les
recrnte dans toutes les familles, et préférablement daos les
farnilles riches ou iofluentes, et, des l'age le plus tenclre, les
initie a11x rnysteres de ce culle. Cerlains jours de l'année
rnnt consacrés a des fetes auxquell~s les félicheurs et les
féticheuses, suivant le cas, sont seuls a prendre part en public.
Ainsi qne l'attestent les ruines d'un monument que tous
les voyageurs ont vu 11 Porto-Novo, les pratiques religicuses
des anciens Géges étaien\ moins souriantes. Ce mooument est
le Temple de la mort, témuignage irrécusable des mre•Jrs cruelles et sangninaires d'autrefois. (1 Qui pourra jamais compter,
dit M. Geilé, le nombre des malheureux sacrifiés au génie du
mal, clans cettc cnceiote aujourd'hui si paisible et ou une
herbe abondante cache aux yeux du voyageur étonoé la terre
si souveot rougie par le sang eles victimes! A en jnger par
l'état des crines encore enchassés dans les pilier3 ou cloués

�107

L'ILLUSTRATION, JOliRNAL U.NIVERSEL.
L'ILLUSTRATION, .rounNAL UNIVEnSEL.

106.

•

mes; mais cela date déja de loin, et s'est passé daos le
silcnce et le mystere du palais.
Les sacrifices firent partie tres-longlemps de la pompe
funéraire des grands cabéceres, ou des gens riches; l'u,age
en est perdu maintenant, etc·est la un des heureux résultaL~ que l'humanité cloit particulierement a la ce;sation
de la traite. Que de fois, en effot, un rebut de chargement, coti.teux d'entretien et s:ins chance de µlacement,
a servi a arroser le f~tiche !
De toutes ces coutumes, il ne reste plus aujourd'hui
que les danses, les chants et les repas. Il n'en est pas de
meme a quelques lieues de Porto-Novo, au Dahomey, ou
le moindre événement sert de prétexte a des sacrifices
humains. L'un des dessins qui accompagnent cet article
représente la maison du principal acteur de cf:s sanglantes cérémonies. « Le minghan, qui jouit d·uo immensc crédit au Dahomey, nous écrit son auteur, est a
la fois le rnini,tre de la justice et l'exécuteur des hautPsreuvres. 11 hérite d'une partie de la fortune des condamnés qu'il expédie daos l'autre monde. Lors des cérémonies, ce haut personnage marche accompagné de deux
acolytes portan! un bas3in en cuivre, a anses, destiné
a recevoir le sang des victimes. C'est le principal acteur
de toutes les horribles fetes pa"rticulieres au Dahomey.
Lorsque, daos un jugement, le Minghan est embarrassé
pour prononcer sa sentence, il ingurgite a l'aecu,é une
préparation elont les effets doivent le faire paraitre innocent ou coupable. JI va sans dire que le breuvage qui
lui est préparé par les féticheurs est 011 n'est pas_ empoisonné. 11
N' est-il pas curiP.UX de retrouver, au milieu de 1'Afrique,
ce jugement de Dieu, si fort en faveur en Europe au
moyen age, et qui existait il y a quelques années e!1core
a Madagascar, sous le nom de tanghien?... Ces usages
monstrueux ont disparu des mreurs des habitants ele
Porto-Novo, que 'nos missionnaires et nos négociants
conquierent chaque jour davantage a notre civilisat10n.
L. RENARD.
(La fin pror,hainement).

P. S. - Au moment ou nous terminions cet article, le
courrier de la cote occidentale rl'Afrique nous apportait
la nouve\le de la mort du roi Sodgi. Ce chef a su,:combé,
le 23 janvier, a une affoction si:orbulique. Sa succession
aurait, parait-il, été vivement disputée. Un de ses fils
s'était d'abord présenté, mais les partig s'étant coalisés,
et l'élection mena~ant de tourner au tragique, le candi-data préféré renoncer ~u tróne et est retourné ases cultures. Trois représentants de chacune des trois branches
de la famille royale se sout alors mis sur les rangs, sang
parvenir a s'entendre. ll en cst résulé ce qui arrive souvent, qu'un 4uatrieme prétendant, anquel on ne pensait
pas, s'est trouvé un lteau matin avec la couronne sur la
tete.U se nomme Abro; c'est la tout ce que nous en savons, quant il.présent.
L. R.

Ll r:eTE DE NOTRE-DAME DE SANTE
A

CARPENTRAS.

11 y a. qnelque temps, je pris a Nice un billet de chemin de rer pour Orange. Jr. voulais compléter une étude
sur les monnments rornains de la Provence par un pclerinage a ce( are triom¡,hal, la plus helle des conslrnctionsantiq ues '1 ui nous soient rcstées. En arri vanta Arles,
nous trouvamcs la gare encombrée par une multitufo
d'orphéonistes, banniere déployée, pour lcs&lt;juels 011 dut
ajouter au train un supplémeot de wagons. A Tarascon,
nouvelle affluence de musiciens: on cut dit que tous les
orphéons de France s'étaient donné rendez--vous sur la
ligne de Paris a la Méditerranée. Nous gagnames,
cahin-cah1, la station de Sorgues, au milieu d'uo concert ou le sifflet de la locomotive melail ses notes discordantes au bruit confus des instruments. La, toute une
légion de virtuoses apparut encore; mais ils ne monterent pas; ce furent les autres qui descendirent. Ma curiosité étant émue au dernier point, j'appelai le chef de
gare et lui demandai ce que voulait dire ce déploiement
de trouµes ... instrumentales.
« Mons1eur, me répondit-il, ce sont les orphéons d'Arles, de Nimes, de Beaucaire et de Surgues qui se rendent au concours musical de Carpen tras. ,,
Carpentra~ n'était done point une chimere?
On faisait done de la mu.si que a Carpentras?

Notre-Dame de Soulac devait déchirer a son tour le
linceul de sable sous lequel elle semblait dormir du deriNOTRE·DAME DE FIN DES TERRE!I.
On pouvait done aller jus&lt;Ju:a Carpentra~ en chemin
&lt;( Ce clou est fait en forme ele mors de bride de cheYat,
nier sommeil. Des i830, une dame protestante,Mm•Guesde fer?
et cctte forme 11ni4ue et particulicre sert a prouvcr l'1utier mettait en avant l'idre de désensabler l'église. M. le
Notre-Dame de Fin des Terres, sur la plage _de Sou'
.
Je saisis ma valise et je sautai hors du wagon, juste thenlic:té de la relique, reconnue par plusieurs bulles
comte des Gardies ponrsuivit cette idée, et, sur se~ rnslac,
en
bas
Méeloc,
est,
sans
contredit,
un
des
plus
cu-au moment ou le train continuait sa route vers Orange, des souverains pontifcs.
rieux monuments de la vieiUe France chrétieone. Sa tances réitérées la commission des monuments historique je ne elcvais point \·oir de sitót.
» 11 est certain que l'empereur Constantin fit faire pour
fondation remonte aux temps apostoliques, et, jusqu'aux ques de la Giro~de fit dresser des plans et devis par ~es
Quelqnes seconde, plus tard, a l'appel d'une locomo- son cheval uu mors de bride d'un des saiots clous, et
invasions normandes, son sanctuaireapieusement gardé architectes compétents. Rien n'aboutit, comme dans
tive toute nenve, je montai daos un wagon tout neuf, que par li\ cet empereur crut se donner une sauvegarde
les reliques de Vérouique, de Martial et d'Amadour, presque toutes les entreprises de ce genre, ju~qu'au
qui m'entraina snr une voie toute neuve, vers un pays elang les combat,; que daos la suite, ce saint mors fut en
',iour ou le cardinal Donnet, entra_nt dan~ la vorn des
saints eontemporains du Sauveur .
également tout neuf pour moi.
grande vénération a Constantinople, priucipalementdans
Martial était un des soixante-douze qui suivirent Pierre moyens pratiques, profita du com1ce agricole de ~esSur le parcours de vingt kilomctres qui séparc Sorgues le six ieme sicele.
d'Antioche a Rome, pour serrpandre de la sur le monde parre pour provoquer une sous~ri~tiou, et en appl1qua
de Carpentras, nous donnames l'hospitalité atrois nou1, Or, puisqu'il est également certain que ce saintmors
r omain. La Gaule luí échut en partage, et il passe pour immédiatement le produit aux prem1ers travau:x. Cec1 se
veaux orphéons. Le train était au complet avec ses vingt ne se voit µtus a Constantinople, et que, de tous les
le premier apótre de l'Aquitaine. Amado~r ne sera!t passait en tR60; des l'année suivantc, le c~rdinal-privoitures réglementaircs : t'assaut fut des plus rudes. En saints qui sont actuellement expo,és a la vénération
autre que Zachée, le publicain dont parle l'Evangíle, qm, mat d'Aq•1itaine célébrait la messe du lund1 de Paques
arrivant a destination, nous nous tro~vames, - ne sais publique, en divers lieux du monde ch_rétien, il n'y a
sur l'autel élevºé par son illustre prédécesseur, Pey-Berle jo11r de l'entrée triomphale de Jés~s a_ Jérusale~,
comment, - quatorze daos un compartiment de pre- que celui de Carpentras qui ait la forme d'un mors, il est
était monté sur un sycornore. Quant aVeromque ou Be- land au milieu du quinzicme siecle.
micre classe. J'avais la jaml,e droite toute endolorie pour naturel de condure que le saint clou que l'on conserve
déblais nouveaux, comme~cés le t Ojui~ de_ cette
rénice, sreur ou fernme de Zachée, e'était la sainte
avoir supporté, dix minutes environ, un virtuose aux a Carpenlras est le meme que celui dont l'empereur
année
et conduits avec une grande ardeur par le Jeune
femme qui, sur la voie douloureuse, avait essu~é la face
formes athlétiques, orné d'un ophicléidc proporliouné a Constantin fil faire un rnors, et qui était honoré a Conset
sav;nt
curé de Soulac, ont mis a jour le sol du treiensanglantée du Fils de l'Homme, et dont le v01le garda
son embonpoint.
tantinople. ,1
zieme siecle daos les absidcs, le transept et une partie
la divine empreinte.
'
'
.
Je ne suffirais pas a la tache, s'il 'me fallait faire le
On n'est pas bien d'accord sur la fafon dont cctte reApre!i' avoir évangélisé Limoges, Angouleme, le pays de la travée d'avaut-chreur. On descend a cette part1e
dénombrement des rrjouissances dont je fus le témoin lique fut transférée de Constantinople á Carpen tras. Ceux
nouvellement décimverte par dix-huit marches provi$Í décriée.
, .
Dans cctte notice, il releve une foule de deta1ls cu- de Saintes et les bortls de la Gironde, Martial s'embar- soires et l'on est encore a plus de deux metres du sol
inespéré. Concours musical elans une eneeinte mervc1l- que cctte question préoccuperait, trouveront tous les déque pcur aller porter la foi aux habitants du Bordelais.
d'une facon
leusement ornemcntée; ·superbcs courses de cltevaux tails désiraliles daos l'exrellente brochure de M. l'abhé
du o~zieme siecle. De vastes tranchées permettront
r1·eux, insistant
·
• minutieuse sur. 4Js origines,
.
el¡¡ fait rcmonter le marché célebre qm se t1ent en- Une effroyable tempete le chasse loin de l'embouchure seules de creuser a ce\te profondeur, l'eau des dunes
daos uu imrnense hippodrome; tir a la carabine, imi- Ricarel (!).
ore a Carpentras tous les vendredis, au temps de Jules elu fleuve, jusque daos la haute rner, et, ap.res mille s'étant emparée des lias-fonds.
tation heureuse des tirs nationaux; bals en plein air;
La vi lle de Carpentras est, a juste titre, ficre de il'es
illuminations; feux el'art1fice, j'ai v11 tout cela conrusé- évcques. Les pl-us célelires sont, par ordre de date : Ju~m, alurs que Tiliere-Néron, lie~tenant du ~ic~alcur, périls, le saint apótre aborde au ~ort de Nov~oma~u~'.
L'écrlise de Soulac aµpartient daos sa masse a l'arville des Bii.1riges Vivisques. Nov1omagus, auJourd hui
avait Jhé sa résidence dans la eap1tale des Mem1111ens,
ment, noyé - pour ainsi d1re - daos un flot de cin- lien de la Rovere, pape en i 1i03, sous le nom de Jules 11;
chite;tnre
romane, mais de nornbreux détails trahisse~t
Memin1 quomm cil!ita1 Firum Neronis. - ProLEMÉE. tellement englouti sous les tlots que son emplacement l'influence des mUieux successifs qu'elle a traverses.
quante mille curieux que celle belle fcte avait allirés.
Jacq11es Sadelet, a la fois théologien, orateur, philo, c·est de cette ~oqne que datent les franchises particu- appart(ent a la géographie des légendes, élait a~ors une Deux colonnes de marbre et le tron~on d'une troisieme,
Le prétexte de cetle fete, c'est raccomplissement an- sophe et poete; Cosme Bardi, de la famille Salviati, une
'cité florissante, fréquentée surlout p~r les navigateurs
liercs a ce marché, franchises que les papes reconnunuel d'un vreu fait a la Vierge, que la ville de Carpen- des plus illu.,tres de Tosca ne, et ~lalachie d'Jnguimbert, a
de l'Orient. La tradition y fait arriver par roer, de Jéru- de fa~on greco-romaine, se vo(ent _encore aux arcat_ur~s
tras honore d'un culte tout spécial sous le nom de Notre- qui la ville doit ses deux fondations les plus importantes, • rent el au..-menlcrent plus tard par diverses bulles,
elu rond-point. Peut-etre faut-11 vo1r en eux des debris
salem, Zachée et Véronique, et c'est la que Martial les
daos lesqu~lles il était &lt;lit que « ceux qui v1endraient
Dame de Santé. En voici la légende, tr.l.e qu'on la trouve la B1bliothcque et l'Hótel-Dieu.
conservés de la reconstruction faite, au sixieme si cele, par
au marché de Carpentras ne pourraient etre troublés, retro uve.
daos la 1,1otice hi~torique de M. Charles Cottier :
L'llutel-Dieu, vaste monument d'une architecture
Une fois réunis, les s-aints personnages s'établissent saint Léonce archevéque de Bordeaux. Au neuvieme
molcstés, ni Pmprisonnés pour dettes, ni leurs biens et
&lt;( En 1628, la ville de Carpentras fut aífligée d'une· grandiose et sévere, s'éleve sur une place au milieu de
aux environs de la ville, en un endroit solitaire, connu siecle une donation anthentique des comtes bordelais,
effels saisis, en allant, en séjournant et en rclonrnant,
peste cruelle, et la contagion fut si forle, que plus de laquelle la reconnaisrnnce du pays a dressé la statue de
donn; l'éalise a l'abbaye de Sainte-Croix, et les bénédepuis sous le nom de Soulac, et éle:ent un m~deste
depuis l'beure de mieli de chaque jeudi jusq~'a ce!18- de
trois mille habitants périrent dans le seul mois de no- son illustre fondateur. Les parlies les pl¡¡_s remarquablP~
dictins s'é~ertuent pour en faire une hasilique digne
midi du samedi suivant, et cela sans except1on, meme oratoire, qu'ils dédient a la M~re qe D1eu. Comb1en de du vaste monastere qu'ils élcvent a coté d'elle. Huit chaYembre.
sont: la ra~ade, la cour d'entrée, la ch:ipelle et le grand
temps vivent-ils aiusi daos cette intimité évangélique?
en raveur des detles fiscales. ))
» Ce fléau dura plns de h•1it mois; l'on· n'en fut déli- escalier, !Jni passe pour un des plus bea1ix qu'il y ait en
La tradition se tait sur ce point. Nous retrouvons plus piteaux mérovingiens sont encore en place dans le sancLe paragraphe le plus iotércssant de la notice d'Exvré qu·au mois de 1uillet 1629.
France. On ne peut rien voir d'aussi simple dans le destard Martial a Limoges. Zachée meurt en solitaire au tuaire intérieur et daos i'e trnmepl sur des colonnes du
pilly est celui qui concerne les juifs. ~e to~t t~mps, les
» Les consul,, a pres avoir pourvu a tout ce que la pru- sin, et en méme temps d'au~si hardi dans l'exécu1ion.
Roc-Amadour; .seule, Véronique parait etre reslée atta- onzieme siecle. Deux de ces chapitca•u sont particulierejuiís ont ahondr. dans Carpentra,. AuJou.rd hm e_ncore,
dcnce hu maine ponvait leur inspirer, a vaient mis la
ment dignes d.'attention : l'un représente un tomheau,
Daos la salle des dcliltérations ele l'Ilótel-Dieu, on c•mchée a cet humbfe 3anctuaire, premier berceau du chrisil, forment environ le tiers de la populatton; ma1s leur
ville ~ous la protcction spéciale d&lt;J" la sainte Vierge; ils ser've un admirable portrait de l'abbé de Rancé, granl'aulre une chasse avec galerie a jour sur le faitage.
'
.
.
situation s'est bien modifiée. Sous les papes, il étaient tianisme dans l'Aquitaine.
avaient aussi invo(Jué l'Aoge gardicn,saintJos.eph, saint deur naturelle, peint par Rigaud, r¡u'on a suruommé le
Telle est !'origine légendaire dP. Nutre-Dame de Sou- L'iulluence de l'art arabe est sensible dans plus1eurs de
relraués comme a Rome, daos une sorte de Ghetto,
Joachim et saint Anne, saint Sébasticn et le IJicnbeureux Van--Dyck fran~ais.
,
0
'
•
•
f
lac, appelée plus spécialemerit Notre-Dam_e _de Fin des ces cbapiteaux, dont les tnlrelacs rappellent ceux de la
quarlier infect, ou l'air pénétrait a perne, e~ qm se .erFélix de Cantalice.
La Bibliothcque mrrite de tenir un rangdistingué p:irsalle des Lions de l'Alhambra.
Terres : Noslra Domina de Solu.co, sm de Finibus terrll!.
mait riaoureusement tou3 les soirs. lis paya1ent des tmLes voutes actuelles aecusent une velléité d'ogive, et
,, La co,nfiance q11'ils avaient eue aux secours céleste3 mi les plus helles et les plus riches ele l'Europe. Elle
Au point de vue purenientarchéologique,Notre-Dame
plits én°ormes, et portaient dans leur toilette un signe
eloivent etre du onzicme siecle. Vers la fin du treizieme,
mérita a cette vi lle un miracle elont le souvenir ne s'ef- compte 25,000 vulumes, pour !'entretien et le renouvellede Soulac offre un int~ret de premier ordre. Qu'on se
fütinctif, qui consistait, pour les hommes, en un c~~t'éo-Iise parait avoir été rlévastée par la guerre et le feu.
facerajamais. La peste ccssa, pour ainsi elire totalement, mcnt desquels ~fgr d Iuguimhert lais~a par testament un
fiaure non une éalise rnais une superpositioo de trois
peau jauoe, et, pour les femmes, en un morceau deLe~ débla1ements du mois de juin ont révélé deux ares,
lr dixicmejour dejuillet t62!l, et cetle cessalion ful an- fonds de vingt mille écus. A la Bihliothe•lUP. est adjoint
é;lise~ l~~e sur l~autr~, suivant ·1e plan primitif, d~ telle
toffe
jaune
attaché
sur
la
coiffure.
Peu
a
peu,
gr.lee
forternent
bloqués, dans l'un desquels se trouvait uue
noncée par la cloche de la chapelle du pont de Serres, un mnsée· qui ferait, a bon droit, l'orgueil d'une grande
sorte que les piliers nouveaux ne sont que 1~ ~ontmuaa
des
contributions
plus
con-sidérables,
on
se
relacha
meurtriere.
Quant au monaslere, l'histoire nous apprend
qui était dédiée a la sainte Vicrge.
-ville. 11 est trrs-riche en fragments d'archéologie, en
tion des piliers anciens, et l'on aura une idee de cet
vis-a-vis d'eux de ces r igucurs excessives; et déja, du
qu'il
fut
détruit
vers 1620, par Jean de Fabas, seigneur
» 11 était trois heures aprcs rninuit, quand la cloche ifücriptions antiques, en gravurcs, en médailles, et renétran"'e monument. La lutte exceptiounelle qu'il a du
temps d'Expilly, ils commen~aient a, faire ~uelque fi ·
de Castel-en-Dorthe, !JUi s'en rendit maitre apres un
5onna : les grangers el'alentour, étonnés de l'entcndre, ferme, entre autres hbleaux de maitres: qualre marine~
soute~ir pendan! des siecles contre le~ révoltes ~e~ vents
gure, s'il faut en croire cette ph~ase rncr~yable,
vinrent a la chapelle et, quoique personne ne touchat a de Jos"ph Vernct; des portraits de 011plessi~, de Parrode mer, explique seule ce~te b(zarr?r1e_ sans pr?~ede~ts. sié"'e de vingt-quatre heures.
échappée a l'indignation elu savant abbe _: ((_On vo~t ~vec
Des le onzieme siccle, Notre-Dame de Fin des Terrea
la cloche, elle sonna encore en leur présence, pendant ccl, de Gio Dom. Porta, de la Borrle, de Mulinart; deux
L'église a disputé le terrain, p1ed a p1ed, a I mvas10_n
u11e peine infiuie que des hommes ausst v1ls, qui n ont
a été un lieu de pclerinage celebre. Au relour de saint
plus d'un quart d'heure.
toiles att1 ibuées au Guerchin et au Guido; trois autres
des sables. Trois fois, en dix siccles, elle a crevé ses vouété rc~us qu'en qualité d'csclaves, aient des. meubles
» En actions de graces de ce hienfait, b. ville de Car- de Jules Laureas; quelques reuvres de l'école flamande;
tes aliandonnant son sol envahi et surélevant ses ar- Jacques de Compostelle, le pelerin de la Saintonge_ et
préciPux el vi vent délicatcmeut, portent de I or et de
pentras fonda une mes,e quotidienne et une chapelle- des peintnres sur émail el sur cuivre; pi usieurs gouaches,
ce~ux. Elle ne s'est découragée qu'il y a cent ans a de l'Aquitaine s'arrctait a Soulac, pour une stat1on
l'ar11ent snr leurs habit~, se parent, se pa1 rument, apd'un jour, communiait et brulait un cierge devant la
nie dans la cha pelle du pont de Serres, avec ércction de et un magnifique tal,leau sur hoi,, du !Juinzieme ou sei- ·
peine, quanel le vieux Soulac été. ~élinitivement enº
preonent
la musique iastrumentale et vocale, monte1 t
madone. La peste noire, qui ravagea le pays de Leshénéfice perpétuel, dont elle se réserva le sus-patronat. zieme ~iecle, représentanl l'A1loration des Mages.
glouti, et que ses habitants, desesperes,sont allés port~r
a
cbeval
par
pure
récréation,
soient
servis
par
des
chréparre, fit faire au.peuple médocain le vreu sole~nel _d'~lEn méme temps, la vi lle fil un vre11, en suite duque! les
Apres la Bil,liotht•que et l'Ht1lel-Dicu, ce que les Carteur demrure plus loi"n dans les terres. Un acle do 1~ ícliens
de
run
et
l'autre
sexc,
et
qu'ils
donnent,
dans
un
ter,
tous les ans, remercier la sainte patronne a qut I on
consuls vont, cha que année, a cette chapelle, ponr y pentrassiens montrcnt avcc le plus de satistaction, c·e~t
vrier fii4 vend a11 roí de Frauce l'église ensablée JUS,
luxe
prod1gicux
en
tout
genre!!!
)\
.
.
,
devait
l'éluignemeut du fléau. On garde encore, dan~
entendre la me~$C et faire une offrande en cire, le l'anci~n palais épiscopal, le Collége et l'Aqueduc.
'aux voti.tes coutre l:&gt;. summe de dix mille livres, et le
Aujourd'hui que, grace au progres, 11 est adm~s ~u on qu
'
. d .
bon noml,rc de familles du bas Méeloc, la liesace qm
AO ju:llet,jour annivcr~aire du miracle. »
L'ancien palais épiscopal occupe tout un coté d'une
roi fait élever une balise sur le clocher qm omtne enpeut étre a la fois juif et honncte homme, les Jutfs de
servait a la provision des quatre jours du pelerinage.
Drpuis lors, cette dévotion s'est transíormée en une place charmante, qui s'étend au creur mérne de Carpen.
Carpenlras vi\'ent sur un pied d'égalité patfaile avec core la plage morne et solitaire. .
Sainte Véronique était en tres-grao de vénération surto ute
neuvaine durant laquelle les rrjouissances mentionnées tras. Il égale presque l'Hótel-Dieu par ses proportions
Les rocber, de nos cotes océamques, contmuellement
les chrétiens; lcur Ghrtto est en \rain de devenir un des
la cote, et parlagea1t avec la mere de Oi~u la pie use attenci-des6us dounent joyeusement la réplique au1 exercices grandioses, et, comme lui, porte le cachet d'une grande
hallus, froissés, soulevés par le mouvemen_t _implacable
plus jolis quarticrs ele la ville; et s'ils paiPnt un pcu plus
tion des fidcles. Son curp,, que la cra10te des µrofanade piété.
époque architecturale. Le portail surtout fait l'admirades eaux de la roer, sont insensihlemcnt mines, et, pour
d'impúts que leurs concitoycns, c·est que le~r furlm~e est
tion fit transporter a Burdcaux (t ), reposa longtemps
Outre Notre-Dame, Carpentras a pour patron spécial tion des connaisseurs. Depuis la suppression du siége
ainsi dire réduits en miettes. Tous ces débris de quarz,
pli1s con•idéralile. Voila _tout ce qui les d1ffcrt!nc1e du
sous l'autel qui lui était dé&lt;lié, et son nom était iuvoqué
Saint-Siflrein, un de ~es premiers éveques. On conserve épiseopal de Carpentrai,, ce IJatiment est devenu le palais
de caillou'x, de graviers, se broientet s'att_énucn~ sur les
reste
des
hommes,
si
ce
n·e~t
encore
ce
type
ineffa~able
pour donner plus de force a la samteté des serreligieusement les rcliques de ce saint dans une belle de justice. La salle ou se tiennent les assises est tresplages, jusqu'a ce que, pulvérisés, ils prnssent etre enqui
ferait
reconnaitre
un
enfant
d'Isracl
entre
mille
iné~lise gothi!Jue placre sous son invocation. La porte la- importante comme étendue el comme installation. On y
ments (2).
.
1evC•s par les vcnts. Tell e est l'origme de .cette, effroyable
•
Aujourd'hui, Notre-Dame de Fm de~ T~rres est en
dividus.
térale de celte église cst une merveille d'art sculptural. remarque de fort belles fresques et un Christ d'un .
quantité de sables qui, si longtemps, a deso1e nos cote,,
Que si vous me demandez mon seoti~en_t sur 1~ caquelque sorte, ressuscitée_: l'antiq~e pelermage est ré_A l'intérieur, on remarque une superl,e toile de Paul grand prix.
et menacé, par la marche de ses duues m~uvantes~ de
ractere
des
Carpentrassicns,
je
vous
d1ra1
que
Je
_les
talili et le 6 du mois dermer, en presence de sept ou hu1t
C'est
dans
une
cour
du
palais
de
justice
que
se
trouve
Véronese, une magnifique Gloire et deux Adorateurs de
chancrer les plaines les plus fertiles en deserts ar1des.
connais trop peu pour me prononcer sur cett~. que~t1on
mili: pelerins accourus de tous les pomts de la péninBernns. La premicre pierre de l'édifice avait été posée !'are de lriomphe romain, longte_mps enfoui daos des
A ·o~rd'hui grace a l'initiative couragcuse et a la perdélicate.- lis ont l'air vif, affal,le, et les dermeres elecsule,
l'éveque de Saint-Claude proceda1t sole~uellepar l'archeveque d'Arles, en i405, mais il ne fut eom- eonAtruetions modernes, et que des travau:x exécutés
séu;érance obstinee dr. l'illuslre Brémoutier, des l'an IV de
tions ont fait voir de quelle maniere ils cntendent les
ment a la translatioR des reltques de sarnt Marttal, de
plétement achevé qu'en 1519.
·
par le département ont mis a découvert il y a peu d'anla République, les dunes roobiles d_~s embouchures_ ~e
intérets du pays. lis sont les premiers_ ~ rire des mots
sainte Véronique et de saint Amadour, rest1tu~es a lcur
C'est le jour de la Saint Siffrein, et ce jour-la seule,- nées.
l'Arlour et de la Garonue sont parfa1tement et dcfir11t1qu'on
leur
décoche,
qnand
ils
sont
spmluels,
et
ne
se
ment, qu'on fait au peuple carpentrassien l'exhibition
Comme les chapiteau:x des colonnes ont disparu, ainsi
ment fixées. Une vP&lt;&gt;étation magnifique couvre de son antique sanctua1re. Gracc au chemin fer du Medoc, dont
croient
pas
obligés,
pour
cela,
a
rcnier
leur
clocber.
lis
elu sai~t clou. Carpcntras e~t une des vingt-si&gt;. villes que leur entablement, on ne saurait dire au juste a
:anteau vcrt les plaines désolces, !JUÍ s'élargissaient
1 Corpiu Veronic&amp; Bardigalam, propter baila, tran1latum.
ne vont pas criant par-dess1,1s les to1ts qu'ils sont Car1
(Anc,en o,,cuulfnt.).
qui prétP.ndent a l'honneur de posséder un des clons qufll ordre appartient ect ouvrage. Le temps a détruit
saos cesse devaot le terrible usurpateur. L'homme a repentrassiens,
mais
ils
ne
rougissent
pas
de
l'etre.
(!)
..... Lo1Uqt1a01U abt1I ;urat IObrt !'4°':'!ª ,i¿ 14 111flt• Veronicll A
ayant percé les mains ou les pieds de N. S. Jcsus-Christ. l'attique qui portait l'inscription, de sorte qu'on ne peut
conquis, en rnoins d'un siecle, le terrain perdu dans les
SDll.lac, Jit-on •• has d'un coot,.t du XJU• •iecle.
ÉMiuBuur.
Sans discuter la valenr de cctte prétcntion, j'emprunte guere lui assigne¡ de date précise. Les uns l'altribuent
maut.,; dix fois séculaires de la roer et des vent.11.
~
a la notice citée plus haut la légende sur laquelle repose
(1) J.-B. Péll¡t&amp;ud, librair,-éditeur, a Lyon.
l'opinion qui parait la. mieux: ~ccréditée :
ó~;ien .tEnobarhus (650 de la fondation de RomP.~;
ª.dau1res. aFahius Maximns;
quelqucs-uns, et cette op1.
.
.
st la pi us vra1,em blable, le classent parrrn ces
010n e.
•
ui monuments qn'Auguste fit conslrmre par ses
oom hre
.
.
1 l'
..
n•uls dans plu~1eurs provrnces ee emp11 e.
procll Coilé"e vaste édifice orne· d' une JO
· 1·1e ehape ll e et
0
L
'
' 1·1ers
d'une dome assez
gr:1.Cteux~ compte d' I 11 ustres eco
ses ano ales. Pétrarq ue y fut envo)'é, vers le comdans .
"
"
.
f.
.
ement du quatorzieme s1ecle, pour y aire ses etu111enc
,.
·1
·11
. des, et, pendant, qu~tre ans d~ seJo_ur. 1 y appr1 a
"rammaire, la rbctoriq ue et la d1alect1que.
0
L'a,¡u~duc date de l 734. 11 se compose de _quara?tebuit arches, sur une longneur de 374 to1ses. L outure des arches est de 6 toises, et la hauteur de 9.
,Ler
que traverse cet aqueduc. a l'aspect ata campaane
o
t . ·tan\ et solennel de la campagne roma.me.
rt~n lisant les pages que je viens d:écrire, ~I va vous
ailrc impossil.ile qu'on puisse en d1re auss1 long·sur
par
· d"
· · et 1e
Carpentras. Pourtant le sujet est l~rn
_etre_ épu1se,
t Expilly dans le Dictionna\re historique des Gau~van
'
·
·¡¡
onsacre
plus de vinnt
colonues a cette petite v1 e
C
1 1
es,
o

0

D:s

.ª

�108

t09

L' I LLUSTRATI()N , JOURNAL UNIVERSEL.

L' ILLUSTRATION , JOURNAL UNIVERSEL.

-------------,-- ------------- - -- -------- - -- - -------- ----- il est l'avant-derniere station, le
vieux Soulac va renaitre comme son
église. Dans deux
011 trois ans d'ici,
sa plage admirable
sera peuplée par
des milliers de baigneurs, qui la préféreront a bon droit
a la plage d'Arcachon et de Royan.
Ses dunes se couvriront de chalets

élégants, et son Casino ri valisera a,ee
les plus fameux établisscments du mé.
me genre. La ci.¡.
lisation rentre en
souveraine sur ce
pays reconquis par
elle, une fois pour
toutes, sur la solito.
de et la mort.

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H, DE LA fü.DELf..\E.
/

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HOTl!L-l)LEU IJE CAl\l:'l!NTRAS. - D'apres un croquis de Al. Fenouil

LE SAINT CLOU.

CBAl:'cLLI&gt; MlllACuLEUSE UE NOTIU.-DAIUE DE SANTÉ, A CAlll:'ENTI\AS.

LES TIREURS TYROLIENS.

Dans les cabanes en bois attachées
aux flanes des glaciers du Tyrol, habite
un peuple actif, dont la bravoure et la
fidélité aux engagementsson t proverbiales. Quoique pauvre et isolé des pays
environnant,, il a su s'attirer la sympathie générale.
• ·
La vigueur et l'adresse sont, dans ce
pays, deux qualités physiques tréscommunes, et l'on sait que les rcdoutables chasseurs de l'armée autrichienne s'y recrute11t presque tous.
L'adresse des Tyroliens amauier !'arme
nationale, le stutzen, est surprenantc,
et bien que les armes de précision
n'aient pas pénétré encore daos tou!es
les parties du pays, le continuel exercice de la carabine et l'habitude de la

.

chasse au.chamois leur donnent une
supériorité incontestable sur tous les
autres tireurs, supériorité dont ils ont
fait preuve au grnnd tir de Francfort. A peine le printemps a-t-il fondo
les dernicres neiges, que l'on commence a entendre les coup, de fusil
retentir de toutes parts daos les vallées; cbaque prairie, chaqne verger a
sa cible, autoul' de laquellc se réunissent les tireurs eles envirom. Tous les
ans, de grands tirs rassemblent les ti•
reurs de tout le pays. Mais la vraie école des tireurs, ce sont les pt!lites réunions de campagne, dont l'a~pect cst si
pittoresque. Les coups de fusil et les
rires se melent aux sons de la guitare
nationale, et cela sous un ciel pur
comme l'est celui du printcrnps au Tyrol.
R. Maxo1,.

CHAPITEAliX UE L'EGUSE DK SOULAC - D'aprés les croq. de M, Rossigneux.

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Tlt.lNSl,ATION DES l\ELIQUKS UK SAl,, TK VliltUNl(.!Ul! f,;r llK SAINT AMAIJOUII A LA VIP.ILL~ liGLISE IJE SOlJLAC. -

Uapres un croquis de ,\l. H. dé la !ladelene.

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Tribunal que ni ses confreres ni luí ne trouvaient daos
lcur intelligence et dans leur cre11r rien a Jjouter a ce
qui venait d'étre rlit avec tant de vérité, de noble~se, de
graodeur. Les autres défenseurs ont confirmé cettc dé••
claration.
Quelle pbidoirie eut valu cette résolutioo unanime de
ne ríen ajouter aux paroles de M. Jules Favre ! Et quelle
joie aussi, quel m•,tif de se furtifier dans leurs espérances, de se confirmer daos leur foi, pour tous ceux qui
croient en la liberté, que de voir se3 plu5 illustres soldats, vieillis &lt;lans les lutles soutenues pour elle, frissoouer encore et tren,hlcr d"enthousiasme, comme daos le
temps de leur jeunc.-st, au1 itccent~ qu'clle inspire.
Le Tribunal a vu daos !'origine, dans le programme,
daos les circulaires du comité ~lectora! de Paris, daos
ses rapports avec plusieurs comités elcctorau1 de province, daos les cotisations ver~ées par les membres, d ios
lcs.collectes faites par eux, dans les souscriptions ouvertes parmi leurs amis, la preuve tl'une association se proposaot d'iodiquer des candidaturcs pourtoute la France;

G.IZETTE DU PAL.IIS.

• Nouq soussignés, officiers de tous grades, d301
» corps frao co-chinois de rarméc imprriale du Te
» Krang, prote~tons contre le litre de génrral en
» de l'armée impériale chmoise, que cette nolice doollf
» a M. S, hredelin.
,1 M. Schre,lelin est dans nos ra~g,, vice-général dt
n corrs franco-chinois, et, dcruis quinze mois, nous n'a.
» vons en d'autre général en chef que ~l. le lieutenantde
» vaisseau Neveud d' Aiguebelle, qui a snccédé aM. Ta,.
» d1f de llo1drey, et qui nous commaode encore aujoo,.
» d'hui. n
Suicent les sig11at11res.

Felia: culpa! s'écriait un théologien en parlant du néché de nos premiers paren•s; heurPuse ponrsuíte! sommesnous tenté de dire, encore !out emu de la joumée de samedi dernier, tout palpitant au sonvenir d'une des plus
éloquentes protestatioos pour la liberté qui-soient jamais sorties &lt;lu creur et des levres d'un homme.
Le proces intenté au comité électoral de París devait,
disait-on, durersix ou seµt audiP,nces: en deux audienaes,
toutétait fini, etpourtant, nulle préciritation: un interro~
gatoire consciencie111, un réquisitoire qui avait rris toutes
ses aises, une défense qui n'avait rien laissé daos l'ombre
LE PARTHÉNON DE L'Hl&amp;TOIRE.
et cioq heurc.s de délihération.
Saos aucune interrurtion, LE PARTHfu'\O.N DE L'HJs.
L"objet de la prévention \'ous est connu: association de
T0111E put:rsurt la pubhcat1on de ses si&gt;. volumes.
plus de viogt persono es saosantori,atioo du gouvernement.
L'avance considerable de planches gravées que p05Sé.
Quels étaient les prévenus? Vous le savez. Deux anciens
daient les étlileurs de cette vaste eotreprise avant de
ministres, membres du Corps Léli~lat1f, un a11c1tn rerrcmettre en ~ente la premiere livraison, leur a pern1is de
sentant, un avou/, six avocats ala Cour impériale de Pacontinner leurs travau1 saos aucuoe précipitation préris, un avocat au Tl'iLunal de Mar~e,lle et deux avocats A
judiciable a la beauté de rreuvre; de tell e sorte que lea
le Tribunal a t!écídé, en outrc, que des documents de la livraisons qui se succedent sont aussi parfaites que les
la Cour de cassation; au 00111Lre des avocats. cinq lau- cause
et des correspondances de plusieurs des ioculpés, premieres.
·
réats de la Faculté &lt;le droit. C'était bien de l'honoeur
il
résultait
que
l'association
était
restée
permanente
et
C'est
aiosi,
du
reste,
que
dcvraient
toujours
se
traite,
pour la police correctioooelle, et il y a des salons oü l'on
avait touJours agi dans le but de propagande politique les ouvrages publiés par fascicules.
,oit plus mauvaise compagnie.
qu'elle avait poursuivi daos le priocipe.
Les livraisons n•• 30 et 40, qui vieonent de paraitre,
Et porir défendre ces hommes honorables, les plus ilChacun des préveous a éte condamne a 500 francs témoignent de la vérité de notre observation.
lustres orateurs de nos assemblécs parlementaires, des- d'amcnde.
Ces denx lil'r~i•on~ rrnferment:
merubres du Corps Législatif et trois anciens ministres.
Apres le Tribunal, il y a la Cour rnipr•riale, et apres la
Le ~hene, tete de chapitre; - Portrait de M• • de
Pourquoi treize prévenus seulement alors que le délit Cour impériale, il y a la Cour de Ca$$a!iun.
Thiangcs, Amours curi&lt;'ux, ileuron; - Vue de P~ril,
impliquait nécessairement plus de vingt assoc1és? C'est
tete tic rhapitre; Portrait de M•• Roland, palmes et coaDu jugement, il résulte ceci : c'est que dans un pays riwne, lleuron; - Vue du Louvre, telP rlc ch:1p1tre; ce que nous sommes fort emreché d'expliquer.
de
suffrage universel et d'égalité devaat la loi, 011, par Portr..iit de Catherine de Medicis; _ Fleur de lis, tteuLa prévention trouvait la prcuve de l'association
la
force
meme des choses, les fonctronnaires du gouver- ron ; - Croix pectl1rale de monomaque; - Ma~se d'ar.
prohibée par la loi dans les cnrre&amp;pondances échangées
nemea!, depuis le garde-champetre ju•4u'au ministre, j mes, encrier, dJérid, arqnebnsc, pertui•anP, casque;
entre le comité füctoral de Paris et certains comités de
forinent une immcnse association toutc constituée, toutc - Aocicnne voiture de t1.:1r; - Vuilure de patriarche;
province, et daos le fait que des colisations avaient été
prcte ii. agir, et disposant au juur de l'clectmn ele - Costumes de boy:,rd et de filie de hoyard au di¡.
per~ues afio d"aider au succcs de l'reuvre commune.
moyens d'action inuneuses, il faut au1 citoyens qui veu- eepll?me ~i-~cle, - C1:stum~ de Izar el d; tzarine au dix}l. le suhstitut \lahler a donné, dans son requisitoire,
lent s'unir pour orposer Jeurs candidat5aux candidats du se_rt1cm~ s1ccle; le trone d arge~t; - Flaco_n en pureela défioitioo sui van te de l'rssuciation :
. . prealable
.
1:uoe. du, tldJ·cv1teh
gouvernement 1'autor1sahon
dugou,·ernement. Al
'h
- Jcan Ivanov1tch
L
'· - Ass1ette
o du Izar
« Ce qui constitne l'associatioo, ce n'est pas tel ou tel
, .
. . .
, .
t·xr.; 11" ati1ov1 1c11; ampe grec1ue, euron; Sera-ce I avis tl_e la Cour 1mper1ale? Sera-ce I avis de Vue du cliátcau de l'élrm,itth, tete dJ cbapitre; _ Chelien mat.~riel, sen si ble, exista ot entre les associés, ce
la
Cour deCassat1on?
mrns Hcinaui; - F1acre d'hiver; - Cathédrale de la
n'est pastel ou tel signe caractéristique ou sacramente!;
11 y a quelques mois, le Trihunal jugeait que le fait de ViPrge.
la loi n'exige, pour qu'1l y ait association, oí organisajetcr a la poste, une Coi!! par semaine, un pli fermé
Cet avis est donné a nos aboonés souscripteurs a cette
tion comportant des chefs et des direcleurs, ni périodicuntenant des corrcspondances adressées a des agcnccs puLlication, t:l particulicrement l ceux qw ne le sont
cité daos les séances, ni permanence dans les memes de publicité periodique, constituait a lui tout seul la pu- pas encore.
travaux, ni délibérations auxquelles participent tous les blication d'un journal périodique.
_ _ _..._._,...,-,=~L....A.•- - membres; ce qu'elle exige comme unique sigue &lt;listincLa décisiun &lt;lu Trihunal fut coofirméo en appel par la
AU OIREC.TEUR.
tif, c'est une communauté de but entre les as,ociés, une
La question qui est appelée Aétre le signe caractériscommuoauté d'eflorts pour atterndre ce bul; lJlle ce~ Cour.
Cette
doctrine
nous
semblait
énorme
;
mais
il
ne
nous
tique
rle notre éroque sera, saos aucun doute, celle de
efforts soieot identiques 011 d1fférents, que la coopéraétait permis de lc1. critiquer que fort discretement. La la NAVJGATJO!'&lt;I AÉHtENNE. Aussi comprend-on aisément
tion elfective, doooée par chaque associé, soit morale
Cour de Cassation vient de juger sommairement que le l'intéret qui s'attache a toutes •es faCPs.
ou matérielle, peu importe; quiconque dans la mesure
Tribunal et la Cour avaient violé les dispositions de la
En dehors des questions de déta.il, dPux príncipes seude ses forces ou de ses convenances, payant de sa per-• loi. L'arret est cassé, et nous sommes libre aujourd'hui lemcnt sont en _P~Pse~ce: le . na vire aérien d,Jit-il, elre
sonne ou de son argent, concourt au but commuo, ce- de trouver sin"ulierement hardie celte théorie qu'u J&gt;lus 101ml que l ai,·, c cst-A-dire toler... , ou nager, c est1I
ui-la est associé. »
.. tqu1vau
, . 1 a. un
' artl- 1 L'
a-dire etre e11• rq111hl-re
po(sil,te nt·ec
mannscr1·t qm· D
sera peu1-i;Alre pu bl 1e
·
- le milteu a11,biant?
La définition estlarge, et, A prendre les choses aiasi, il
.
. .
.
.
,
.
. .
a, pour mOJ, se resume 1a ques1100.
La po~siliilite du , ol n'ctanl pas coutestée comme fait,
doit y avoir heauconp de gens eu France qui font, saos ele 1~prime el hvré au_ pulilic, qu on do1t ~s1~1ler en
certarns
cas
la
plume
a
la
presse,
1
ecntur&lt;'
a
l'1mpre~,
il
reste
n,ippr,•cicr quels sont ses cótés pratiques d'aple savoir, parlie de quelque association a laquelle M. le
sion, une lettre fermée a tous a un jouroal ouvert pour plication et ses avantagcs.
substitut pourra quelque jour chercher nolse.
tous, quelques personncs désignécs par leur nom au pnBien que des noms autorisés (t) aient Mja jeté dans
En tous cas, il en est une que, des A présent, je luí
blic innommé. La logique a vraiment de gr,mdes ohli- la balanc_e le po1ds de leurs h.11111eres, persnadé
dénonce, que Je le défie de poursuivre, et qui compte des gations ala Cour de l:assation.
qu'on ne saurait jamais trop fou11ler une qucstion pour
associés par centaines de mille; il y a en Frélnce une
Apres avoir consacré aux inttréts de J'Ordre toutes ~n ~ulgfri•cr l'etude, je ~e regard,erai yas ~o.mme
ligue innomlirahle d'hommes honnetes, intelligents, les lumieres de son cxpérience et un dévouement infati- 111ut1!1i _d entrer daos le debat et d expruner 1c1 mes
éclairés, qui aiment la liberté, qui la regretteut et qui
hl •1 G d
· b'
·
b d C
.1 conv1cllons.
e,,,d . au
aérienne "'Ir
le •
con~acreront tout ce qu'ils ont d'énergie, d'ardeur et de dga l'O
0 r, 1-1 me semble que la navirration
d ry,
• anc1en . alonmer, mem
d re. u onse1
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trente-s11,ans,
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~v~1r
~onner
sa
vol
o·est
pas
applicable
en
¡¡rand,
attendu
t¡u'il
faudra
forces aen ramener le rcgne san!! en avoir demandé, au
préalable, l'autorisation an gouvernement. Ces hommes dem1ss100, pensant que s1 1age ne refro1d1ssa1t p~s son constamment réagir contre la ptsanteur elle-meme. 11
zele, il rendrail peut-etre son concours au1 travaux de reste évident que le po1,ls de l'arr11reil, plus lourd que
n'ont, il est vra1, ni organisation, ni chefs, ni d1rcction,
ses collegues moins actif et moins cfficace. L'Ordre l'a l'air, et celuí des génératcurs de la force enrrloyée pour
ni séances périotliques, ni travaux permaneots, ni deliremplacé par M. Bt&gt;tolaud, qui, tres-jeune encore, aré- r1•agir contre la pesanteur, la1sscront peu d'eJ:céda11t utibérations communes; mais lout cela n'est point nécesvr\lé des son déhul au barreau un talent plein d'éléva- lisable oour le fret: . .
, . . .
. .
saire aux yeu1 de M. le substitut; ne suffit-il pas, pour 1100 dll maturité et d'elé"aoce.
Aprcs cctte cons1derahon, d ou 11 re~ulte que u N.mconstituer une ~socialion, d"un butcommun qu'on se pruL; scer•tre patcrnel du í',atonnat a passé, depnis huit G:moN AERIENNE par /~~ gl'dl'e.~ ne permet pas d\·spércr
pose, d"cfforts comm1111s tentés pour atterndre ce hut?
·
1
d &amp;I O r
A II d M O
d etfel utrle, et, consequemmcnt, manque des cond1t1ons
Cctte théorie a quelque peu étonné ~- Jules Favre, et, JOurs, e es mams_ e . . u a~rc ce es e . csma- économiques qui pourrait.nt en just1fier l'application
deux heures durant, il a témoigoe son étonnemcnt en re~t; apres la d1al~c11que pu1ssan~e, sobre, cooc1se, ~a prahque, il de\ient pr&lt;'sque inutile de s·occuper du pe_u
des termes tols qu"il cut été domm3ge, vraiment,que les grace abondante, a101alrl~, persuame : deux forces d1- de aécurité que prcsentprnnt des oppareils condamnes
verses, a qui s:ed également la royauté.
A KAE111PrE.,. par Jcur nature mcme il tomhl'r commc des ma,ses des
doctrines de }l. le suhbtitut fusseot restées enseveliei
qu'il y ar:ra la moinrlre iriterruptiou dans le fonctionnedaos l'oml,re du parquet.
ment de leurs machine~, accch;ranl leur chJ;te proporOui, je le répete, heureuse poursuite qui nous a valu
Nous rccevons du camp de Thi-Deu {Chine), devant tionoellement aux temps emploJés; non plus que du
ces admirahles élans, cette suLlime revenrlicatioo de la Hu-Tchou-Fow, sous la date du i7 mai, la réclamation danger rérnltaJJt de ce que les organes, dont la rotation
liberté, ce magnifi4ue appel a tuus ceu1 qui ou ont été suivantc, sigoée de rlusieurs ufficiers, et a Jaquelle oous de,ra rra'!ir rontre le poids rle l'appareil, seroot ses
les plus éloquents avocats, les plus dévoués Routiens et nous cmp1essons de fa1re droit.
sculs poiol3 de su~pcns11Jn dans l'cspacc.
qu'une déflonse commune groupait autuur d•1 grand or::.Mais b1Pn autrc est la tlonru;e que prérooi~e la Socim
AU DIRECTEUR.
teur. MM. Berryer, Marie, Didier, Héberl, Arago, Pirard,
fran~u sede1 Aerosca¡,he.~, el pour conrlnre 11ue le rro1
Desmarest, Grévy, Duíaure &lt;levaicnt prendre la parole . • Le numéro l096 de l'Il/11~tration, du 27 février 1864, 1,Jcme de l'aiironautique ne peut etre pratiquement
apres M. Jules Favre; tous y ont renoncé, eUl. Berryer, » a publié uo portrait du général Schredelin, suivi d'une resolu que par l'é,1uilihre de l'appareil cmrloyé, avcc le
milieu d'1mmersion, elle resume les príncipes sur les•
la voix tremblante d'émotion, s'est levé pour déclarer au » notice biographique.

I

¡

(t) J. Seguio, V. llleunier, L. Duid.

Ht

L'ILLUSTRATI0N, J0l'RNAL UNIYERSEL.

L'JLLUSTRATI0N. J0URNAL ONIVERSEL

.
- -- dsun systeme par cet. axio~e, frappant e
.,.e~ ~Poct de l11ridité: « rlesti11~ u ctrc tm_mer.!lé dans le
0
1
,.- oo
cooCISI
. ·¡ /o t agir le 1\'avi,e aérien do1t e re po,ss n
111jjelJ ou 1 ' ,
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1 UJ'titwles. 11
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JJC'~ es. un remarqnahle travail ~nc _la pre~e a eJ, pu
an~ a•a v·1ll!ur (1), M. Char,·111, d~J cono u par
•rrrécier · • et f 1nd •tcur de la Société, a victorieu•d'autr~~
. • trava11\
' "
. . aé,ie1111e
•
. . •lle cooclusion
IJlle ¡,, Nav1aut1011
cnt pose ce
•
,
sen1 --1ble surt,u,t ¡1,1r les Aéro\lats.
11 d f
e)! JIO~'
s d1rc 4u'il ne s'agit pas du ba oo e orme
)l ~~ 58ll u·on te'.lterait vainement de remorquer par
vri1n1uvc'. qvu la dépcn~e de furce qu'il faudrarl fa1re,
la"ª!~~~¡ pour vaincre la résistance prcseut~e Jlél~ la
)aqs ,,. •id' b lloo croissant en raison de la v1tesse im:;uríace u a ,
pri~ée. ·¡ d nt il s•a,,it sera de forme cllip•o"idale et
Lappare~ . o n surte Dque les ré.,i,tanccs Ala marche
u-es-.1ll011gce Ít :.eicrcer sur la ~urflce totale de l'al'.JIªn'auron_\ Pªs l •111enlcom•11esu1facaéclle, surs'a srct1on_.
rctl, ma\~ si~,~n aussi nouveau qu'ingénieux, . l'app~rerl
Pn u: ,ol~nté dtvemr plus lourd uu plu_s lcgr~, c e~t~
n.inrra, a
1 'd •scen1l1·e. Ses vuilcs lu1 scrv1ru11t a
•
ter e e
a-d1re n1odnu ···ent
lor•qu•1·1
~era fav_ura'·!c,
et l'a.ct_iun de
,
"
'
u
profiter, . . latéraux servira a creer la rcs1stance
1 en tant 4ue reses. prop11lseu1s
1 d. 1·00
our détcrminer a irec
,
dei:x impulsiuns (r).dle du ,:~11t, et cella dé.
r /P.s hélices folérulc~ .
.
.
ttm1111é~
. avire aéricn (je voudrais dire le powon
~a•~e :e~a pas plus condamné A n'etre_ ~tuloe
11&lt;•'~"
son con"éoere ne l'e&amp;t daos l'eau, ou, a es
~:~:~ ~~:i~tances vaincre, comme m1lieu et comme
• ne saurai t assez aller au fond des chose3,
coura~~- on

----;e

:;~~~~~t~Js
~
_}:1

1

Et ic1Í . r tromper par les apparences. Bcaucoup de
sans se a1sse t . a criire qu'1l faut, pour rcsouclre le
gens :ont J;r/tERo~.1unQuE, le concours de machi~es
prol,.leme ot u1s,antes; Jls crargneot que, daos I ese1trememe p sse les obteoir assez légeres pour renpece, on ne pu,

·-__p_e_o-se_s_.Faisant face a cette estrade, d_eux ~onstruct(ons
mus pa~e sentimentd'amour-propre na~i_onal, ~ui nous lé ..~rcs ser1aient, l'une au commissar1at, 1autre a 1exporte a dl'sirrr ~ue l,1 Francc so1t la prem1cre afau·e fa1re
Di;
1 T t et ensemble en¡,osition des produits _ag_rico es. ou .e
. ,. un pas d1'l'I if il 1:i (!lll'Stion.
.
diose frappa1l vive
Je terA1111e ma lellre, monsicnr, pour ne ras la renche cadré daos un site severe et gran
,
. •
. 1
·, e mnw
.
trop 1011 ..., 11 c 01 ,11s l'ans aHHr epu1se a_mat1cre. ? · ment l'imaginat1on.
é . t
\'OUS ave; dl'Ja puhlié, le l:i Jlli ll'l dcrn1cr: le tles~10 de~
Les races bovi11e, porcine et ovinc du pays ta1en
u"1·0.~c11r1hes A. Charnn et (lo, j'usc espcrcr_ qu~ vous, rerrescntecs a ce conceurs par les plus beaux t~1.1es.
'
1 L
liante
lJ
es et de
,oudrrz bien
Les produits agricoles étaienl noro reu:x, vari
d accordcr A la préstate a ienvei
hosp1lalité e vos co1unncs.
tres-belle qualité.
.
, .
•
L. l'i. D'Arnu.c,
L'riposition des machines et instrnment! eta1t remarFondattur ho,ornirt et mtrnbre corrupondanl dt
la soc1tti {l'a11¡;aut du Airo,caphu.

Prns,

s •oVT ,m.

~

L'éditcur Dentu vient de puhlicr u~e nouvelle édition desSiúM po¡,i:'uires de Henry llunmer, ~n m_1 spl&lt;'ndide volu111e de (H0 pa~es, i/lu,tré de_ JOh~~ vrgncttes
d'aprcs le~ dt:,,ioc; de rautcur. A la fois ar11,te, co~1cclirn et écrivain do1,é rl'un talenl d'ubservalron et d un
esprit vií et ra(lleur, Henry. Mnonicr est le ~~l•atcur d~
ces t11ies ele bouri:rt•ois &amp;tu pides, personn1fies d~ns Jo
1· l I s m1·11le11res
s 'I h • Prurlhomme. Ce v.olume con l l'D e
.
e,
1
t
1·100 d' l'autcur· nousy tescenes nui ont fait a rcpu a
e
'
.,
trouvons:
C el' ·ses la Grande
Le Jlo,Mn c~ez la portiére, la ~ur assi • .
Dame le Df11,•r lo•o·geois, la Vict,me dtt Co1r11/0f', 1~
Gu!'d:-malade, le Voyaye en diliaericr, !es mmé111aeme11ts,
les Bureattcrutes, le Jour de fo11, les Guo~el!es, etc: t
Ces tableau1 de la vie réelle, d'une ga1el&amp; entrarn~n e
et communicali,·e, ~eront hientót daos toutes les ~ai~s,
car c'est un srectacle dans u_n fauteu1l'. le plus recreatil el ie plus varié de tous. Pm : 8 Ir. {,aneo. •
V

quable.
1 d d. mille
C'est le 17 juillet qu'a eu lieu, devant p u_s . e i~
persnnncs, la distribulion des p~ix. lis o~tde.\:e:~~1ª~~
lauréats par la princcsse elle-meme, qm, ~ .
pcr~ail l'émotion, a proooncé un discours rehg1eusement
écoute, el dunt le passage sui,a~t. ~cs~me les effets
rodu1ts par le concours du a son m1uat1ve : .
p « Lts commi%ions qui viennent de parco•mr le déartemenl puur les delrichcments.e~ la ~onne tenue des
píer111cs ont trouvé partoul des amehorat1ons; partout les
d en don
ªº"r·1culteurs se sonl ellorcés de nous secon ~r .
1
d t sant la
nant de l'e"lensiou
a
leurs
cu
lures,
en
e
ru_1
..
¡
lande cette eonemie du bien-etre des popu at1ons ru, ¡ B t
P. PAGET.
rales de a re agoe. »

___ .....~~·--..._

LE KAROUBA.

Le Karouba n'est pas di' cnfé. - C'est le produit d~ la
torréfaction de la gousse du caroubier, don~ l~s Or1er
aux se nourri~•enL a l'état fra1s. - Les pr1nc1res a J.
~colaires rafraichis•ants et sucré~ de_ la ¡;iusse du
caro~l11er'se trou1cnl rlans l'infus1on clu Kr1ro1.1 ": . .
Le Kwoubu se presente sous l'aspect du cafe ~r11le
• on le prépare par infus1on commc le cafe; et mon 1u,
.
d me mes apdaus les mcmes propnrt1um, au moyeo es
p~rcils; - 1' scrt aux memcs usagl'S.. . .
Son melan•'e avec le cafo est conse1lle .
,.
iº Au po1ut de vuc hygicniquc, en ~e seos qu il l~é:~;
trali-e les effets sure):citants du cafe saos en a

dre des scr~ic_:s :t!:ute pas que, des qu'u~ besoi~ est
~~ur_, '.nºu:Jn dcbouché cst ouvcrt, l'espr1t huma1n ne
cree, des 4 .
our le satisfaire. el confiant tlans les
se don ne c,irriere 1'
'
'
· · e doute
ro"rcs qu'onl f.ut-; les sciences et l'indu~tr1c, Je nf . 1•
p .e
run n'olil1cnne des machines tout a
o1s ~p~~e~u:t ruissantcs; mais pour lo mom:nt' c cst lorn
~·ctrr. lá le hrsoin fondameutal de la ra~ e.
t.
On.doit ,1u re~t1•, se mefier tles imratrences, e J~ ne
. ras p'uurqnoi on ne se contcntera1t pas, en fait ~e
VOIS
.
.
•
.
as ra;t daos la vo1e
navig11t1on nénem1e, d un prem1er _P b • que le predu ré,ultaL, saosdemander, de prime a oro,
.
.
•
tant en raisoo de
mier navirc aéricn dompte l'ouragan, ou fasse un ser- !'anime.
2• Au ¡,oint de vue econom1que,
' d l°o de
vice cxprc•s el régulier.
' t t l'infériorité du prix du_ Karo~ba qu,: ~a~u~: ;l:~t~éja
Or le h~t de la Soc1ETEFRAr-(:AISE DES AEROSCAPllES e an la quantilé du sucre a emp oyer,
5
la iir~motton ti~ la_ navigat,on aéri;u~e r•~
~~~;~;
et non la substrtntton de ce morle e oco . 0.
et amis sur:a~~ l~~~:!;~at.!ur est le meille~r juge_ des pru.
dn me·lan"e
en usage, je ne donte pas qu_e des gen~ ser1eu[~t-ce que port1ons
o , qui doivent var1er smvant son
du progre:; ue s'erripressent d y concour1r, ne
.
" ÜL et son temperament.
•
DoLe Kurouba pur au lait est un aliment salubre! agrca(1( De la navJgallon atrienne par le, atro1tall. Palis, !O. rue Romo,,
ble et parliculierement rccommandé aux femmcs et au~
,ru le ff'W ()pira.
- - - - . r -,. • enfants.
•
b déJ·a répandu daos un grand
L'usarre du Karnu a,
1d .
ÉCHECS,
1 • Dde familles con\ienl parfaitement aux ma a es
PROBLDIE Nº l72, PAR UN SOLITAIRE,
~~~u~ cperson11es q~i rerlout~ot l'insoruo1e et les surex-

'ª,

~~::C~º

:: 31$F e

M.

H.ACHETTE.

Le monde des lettres et de J'iodustrie vient de fai~t
une perte qui sera Vl\ement sentie : M. Hachette, le celehre editeur, est mort le 3 ~ juillet, a son chatea.u du
Plessis-Piquet, a rage de so11ante-quatre ans.
. .
Né le 5 mai i 800, a Réthel, M. Loms Hachctte ela1t,
dans toute la force du mot, un lils de ses reuv_re~, et ~a
fortune ne récompensail chez lui que le trava1l mtelht et l"exercice constan! des plus belles et des plus
gen
, d'
· · r 1·1"a ble
rares facultés• Doué d'une activite esprit ID a D ·e e,
il a creé une librairie, devenue rapidement.1a prem1 r
de France, et la rivale heurcuse dei P!Ui impo:tantei.
maisons de l'étranger; il a fait plu~: il a forme a son
ecole une génératioo digne de contrnuer so~ '¡u~re et
de la compléter. 11 a jeté sur le marché ~e 1esprit _des
·11· s de volumes destinés a l'instruct100 p!ipula1re,
m1 1un
. ..
•· es unt
et souvent inspirés par lui; ses ed1twos c1ass1qu
acquis une réputation europé?~nt, en roeme temp11 q:~
de splendides publications, ver1tabl~s m?nu?1ents typc s
""raphiques, témoignaient de ses gouts_ eleves et d~ ,-e
~ellllances hautemeot littéraires. Ses imme~ses aff.ure_~
e le détourn~ient point de ses devoirs de c1toyen, et i
~ut sucr,esi;ivement l'un des fondateurs du Comptoir d'escompte de París, membre de la Ch_ambre ~e
ommerce et du Conseil de l'as~istan~ pubhque, p_r,e~1deot du Cercle de la librairie, trésor1er de _la ~ocre~é
des amis des ¡¡ciences, président du cunse1l d adnu-

RÉBUS.

a:::~r:

citallons produites par le cae. des procédés brevetés
Le Ku, oub;,
rt~:ngcr, se ven el a !'entres. G. o. o. en r
f
aise d"ahment~t100, 4,
p6t central de la Comp. rl~ª~i rue S.irnt-Oeuis, l8S,
rue du Cygne, au corn
· ·
PRu ·
. Il1r·1s et chcz lous les princ1rau~ cp1c1ers. .
a · grammcs,
,
0 cent •
1 gr., "ú
500
l fr. ; - 2·"O
~~

CONCCUR3 AGRICOLK DI KORHR-HOUET.
.
, l'an-riculture morbihannaise une sérieusc
. lmp~tmer a. ~plétant l'retnre des comices du déparunpub1on en co
• d l J lt tel a
le terra1n e a u· e, h'
temen! el en agr,u l cli-~ant
·
. 1 l
e -·est pro11usé la prince~~e 8;tc1occ I en
etc e 1ul qu ~ ·
•
d, K - •
RG•&gt; le concou rs agncole e orn cr
func1ant, en 1' -,
.
1 , de
llouct. Ce concour~. a t enu ·•es as,1ses
· ' pour a sccon
foi. a la fin tic juilltt dt•rnrer.
.
',
.
,
. . e •e complete que par
La tran,furmatwn d un p.1ys n .
. •ranil
&amp;lPUCATlO!I no DKRNID Rllll'I.
. ·1 a été facile de con~tatcr !JU un g
le tcmpc i mais 1
¡ · J · •hez
· pour calmer la soif de
rÍan a été ,ln11111\ que l'émulation _s·e~l I ev1; opp~cd~- .
Maint préJicaleur tonne en nin
Leo Ll,111.:li lulll mal eu Ir Oh lO~l)••
·onlreP
et
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lcs anricultcurs tic tnu te 1a 1
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.
,i,rt1~1tcs anwlior..ition~ i•n onl été la _con,l',!Ul'n.cc. . '
SOl.l'TIO~ Dll l'I\OHLDIE ;s• l7 l.
AcG. MARC, directeur-gtrant.
,1 Sur le nu~me cmplarcn,cnt riue I an dt' nitr, d1·t1 ~e
1 n '{• T ll
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Eoll. TEXIER , rldoctcur tn che(.
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Jo•mwl de l w11u~, un 'ª ·
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. . . en f,, r101,· de fi•r a dlllval, alJr1ta1l
3 ¡.- pr P éd1. et mal.
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._1 d
\" 31icrlle n Fran, c.1p1ta·ur. D '
· Au O ¡1¡1,, 1 ,lu platcau reserve au conSululio11s uaclP.&lt;, - Eu. C
~
'
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Thioil\·i'le
C,1f1\
maux c11u1~1•s.
' ·
.
·e de
Imp. de L' ILLUSTRATIO:'i, A. Marc,
011
1 1cer.:le
Chai:ou•~d, S ,1•ió ó t!~s
lllllu,1nel Je
1oure
.. 1eva1·t une eslrado pavoisce
et
en
cours
se
.
.
d
·
Bre111 l:~rde L.l1,om~. ~, Oéi R ·do ca1iitaine Duypeau,
22, nu u Vt1'1U11il,
feuilÍ~ge, oü devait avoir lieu la distr1but1on es recomDouai, 1,. Baudet. E. Frau, L a icar I J. A.. de R.
Bombaut, L Lefrancq.

arnaicutl;b ;~: '

�1t2

L'JLLCSTBATIOX, ,JOUH~AL l'~IYEHSEL.

nistration de la
papeterie d'Essonnes. 11 venait
d'etre appelé a la
présidence de la
Société de secours
mutuels du quartier de l'Odéon,
fouctions qui atte~tent al:l fois la
confiaoce inspirée par son caractcre et la sympathie populaire
dont lil joussait.
Oévoué a une
renvre d'émancipation intellectuelle, il s'est
loujours mootré
fidele a la cause
du progres, de
l'ordre et de la
liberté, et dans
CU.Nl.OLIIS
ses écrits, il n'a
cessé de défendre les mémes principes : l'aOranchissemcnt des livres, la propriété litléraire, etc. Par son intclligence et son industrie, il a, pendaot qnarante aos,
donué du travail a des milliers d'hommes, de toutes
les classes de la société : et uulle douleur ne ful plus
sincere et plus légitime que celle de la foule qui se
pressait autour de son cercueil. Pcu d'cxistences ont
été plus utiles et mieux remplies; peu d'hommcs ont
mieux marqué leur passage ici-bas par un constaot
amour du hien, et p:ir l'alliancc des !plus ltcureux
dons du creur et des plus l,rillantes qualités de l'es •
prit.
P. PAGf.T.

.-:----

r....

AGI\ICULI! 111! KUM-hli-llULET. -

ll ,pres UJJe ~hoto~raph,e ue 11.

1NSTALLAT10N DE M. TI!. l3ERNEX,

\ouv.uu

JIAIRE

DE

mu01c1pal •
,, Marseille, 1 •
appelé au1
tions de llllill
de celte ville1 ~
ren.placement•
i\L
RouvieJt
mort il y a q~
r1ue tcmps. 11.-_
Maupas, sé11t.
lcur, chargé •
l'adminislratiaa
des Bouches-4tllhóne, a pre.
cédé a son iattallati on , le 21
clu méme IIIOi,
daos l a ~
salle de l'H41e1.
de-\'ille; tonta
les autorités, lela
les fonctioooaj.
res, et l'élite dela
La1htr,
populalion ont
concouru , par
leur préscnce, a l'éclat de celle solennité. Apres la
prestation de sermenl, M. de Maupas, daos une allocalion souvent applaudic, s'est plu a énumérer rapi.
dcment les utiles travaox exécutés ou en cours d'elé,
cution, qui, en transformant notre cité1 doivent la
rendre digne de ses prochaines destinées.
ll. Bernex a répondu en e1primant sa confiance
daos la sympathie, daos l'amitié de ses collcgues dt
conseil municipal. « C'est la, a-t-il dit, tout le secret
&lt;&lt; de la force que je pourrai avoir; c'est daos l'unioa
t&lt; qui a toujours présidé a nos acles, c'est dans la con« fraternilé sincere de nos sentiments que réside a.
,, tre pouvoir d'agir. ,,
La nomioation de M. Bcrnex a réuni ici tous les
suffrages. Aucun nom n'est, plus que le sien, popq.
laire a Marseille; c'est au pcre de ce nouveau fone.
Lionnaire que nous devons le lioulevard et le qoarlier de Longchamp, aim1 que la magnifique promtnadc du Prado.
Agréez, etc.

JIARSEILLE.

AU DIRECTEVR.

llarseillc, ! aoüt 1864.•

Par.un décret impérial daté de Vichy, le 25 juilet dernier, )f. Théodore Bernex, membre du conqcil
L.-r..-F

ACHHTB, hlllfEUI\ l'IIAN¡;AIS.

• l~SfALLA'flO:í 1)8 M. ln'.R\EX, \OLH:.u: llAIRE llt,; .\HIISfllLE. -

0·1pl'CI

UD

croquis de Al. n. uiud,i,.

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              <text>https://www.codice.uanl.mx/RegistroBibliografico/InformacionBibliografica?from=BusquedaAvanzada&amp;bibId=212635&amp;biblioteca=0&amp;fb=20000&amp;fm=&amp;isbn=</text>
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                <text>Semanario francés ilustrado se publicó entre 1843 y 1944. Aborda temas políticos, económicos, sociales, científicos, artísticos, y deportivos. Fundado por los periodistas Jean- Baptiste Alexandre Paulin y Édouard Charton. Sus ilustraciones eran realizadas por los mejores dibujantes como Henri Valentin, Édouard Renard, Paul Gavarni, Janet-Lange y Cham.</text>
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                    <text>L'ILLUSTRATION,
IOUBRA.L URlVlllSBL.

Direction, Rédartion, Adminislralion :

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Toatn les eommunieatioos relatives au journal, réelamat,ons, demandes
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11. AUG. IIIARC, DIRECTEUR GÉRA~T.
Le• demandes d'abonnement doivent étre accompagnétt
d'un mandat sur Paris ou sur la poste,
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S

!!e ANNÉE. VOL. XL\V. N• t 121.
a m e d i ~O A out 1 8 G

Ab3nn mtuls pour París et le~ Déparlemeuts :
, •

L'Nlli1i1tralit1 H ripnd pas d11 ■mmits ti ne s'engage ¡~mn a In :n1cm.
T• lt1 trsitét, la traducuoo et b rtproduchon l l'clranger soot 1,11lrJ,:..,.

BUREAUX : RUE RICHELIEU, 60.

SleS11g-Holleiu, ma1s 11 paralt que les deux go11vcr11cSOMMAII\J::.
menls n'ont pu encore se meltre d'accord. D'aprcs □ ne
correspondance
de Berlín, le cabinet de Yienne n'aurait
a..., pohtiaue d~ la semainc. - Courri,r de París. - Couronuemcol
ilu ro1 de Camb wl~r. - Revue lilléraire. - Promcnade au Jardio du pas accueilli la proposition de M. Bismark tendanle a
11id1 (111). - C.hronique musicale. - M~urs et lypes d'aujourd'hui
réunir les Duchés sous un gouvernement provisoirc ex(Le direetcur de théltrc). - F.xcursioos sur les cótes de Normand,e clusivement composé d'un commi,;sairc prussien et d'un
,t de Brttagne 1deu1i~me article ). - La fuile du reo11d. - Corrcscommissaire aulrichien; mais M. de Bismark aurail
pondaoce de Slint-Sébastieo. - Oullclln b1bliograpbique. - Incendie
amendé cette propos1lion par un compromis qui, tout en
de Lunogeo. - Les pyramidn de Ri•leo.
la maiotenant en príncipe, c'est-a-dire en instituant un
Crnuru: F~le du 13 aoüt : Pi•ce principale du ru d'artifiee; - IJé.
eoratioo de la place de la Concorde. - Couronocmcul du roi de CAm- gouvernemeut commun pour les deux duchés, aurait
bodge: r.éromouie de la purification; - M. le command•ot [)es. simplement pour objet d'adjoindre un commissaire fémou io1 adressant son allocution au roi de Cambodge, - Promenade • déral au1 commissaires des dcux grandes puissances.
au Jardio du ••di (1 gruurl'S ). - Excursioo• sur les cótu de NorCette combinaison aurait1 comme on voit, l'avantagc
mudie et de Bretagne (8 gravure1). - Le rroard ro cbasse. - Les
pr,amides de Ritteo. Bébus.

HTilE POLITIQUE
Df. U SEYAINE.

JI scmble que le
Danemark n'existe
absolument plus aux
yeux du gouvernement allemanrl. A
Viennc, a Berlín, a
Francfort, il n'y a
plus de question danoise; il ne reste
qu'unc question allemande. C'est l'Allemagne seule qui
doit décidl)r du sort
des Duchés, sur lcsquels l'Autriche et la
Prusse o'avaient, on
se le rappelle, aucone prétention particulicre au débutde
la guerre. A quel régime seront-ils soumis, ces Duchés, en
attcndant la conclusion de la pait définiti,e" On annonce
l'issue prochaine des
pourparlers ouverts
entre la Prusse et
l'Autriche, en ,·uc
de réglcr la situalion provisoire du

Fi:TII 'or 15 AOrT: PIF.CE PRISCIPALE DIJ FBU D'ARTIFICE. -

-,

3 moi~ , 9 fr. ¡ - G mois, t 8 fr.¡ - un a11, 31 fr.¡ - le numéro, 15 c.
la collectioo meoauelle, 3 fr.¡ le volua:t semestriel, t~ fr.
ADO:.'WNEMENT8 POUR L'ÉTRA.1\/GER a

Mémos pnK ¡ plus les droíts de p01te, suivant les tarifs.
Les a!x&gt;nn. partent du ter o• de ebaque mois•

tres-grand pL111r la Prusse de ne ríen changer a l'état
actuel des cho~cs, en ce qui coocerne l'occupatioo militaire des Oucht:,.
L'armée auslro-prussienne continuerait d'occuper le
Slesvig, tandis que les qualre Etals chargés primitivement de \'exéculion fédérale, c'est-a-dire l'Autriche, la
Prusse, le Hanovre et la Saxc, cootinueronl d'oecuper le
llol~tcin. Oo voit que le sort des habitanls des Duchés,
s'il n'est pas réglé définitivement, est en bonne voie. Ce
ne sont pas l~s soldats libérateurs qui manqueront aces
malheureux. La Prusse et l' Aulriche, abusant de tout ce
que le droit du vainqueur a de plus rigoureux, tranchent souYcrainement, sans :rntre souci [que celui de
leur convenance et
de leur intérct, une
question .qui toucbe
ala eonslitution Iégale de l'Europe.
Elles disposeot, en
ne consultaot que
leur appétil, d'un
lerriloire purcmenl
danois ( le Slesvig),
qu'elles n'avaient.
disaient - elles, envahi et occupé que
pour obtenir des garanties en favcur
d'un territoire germanique. Ce Jarcio
du Slcsvig est une
porte ouverte a tous
les autres larcin~.
Bien loin d'assurer
la paix de l'Europr,
le reglcment de la
question danoise est
gro~, pour l'aver ir,
de spoliations et de
connits. Qui eropechera dérnrmais
l'empercur de Russic, qui a lrs yeux
lcujours lournésvers
Consta u tin o pI e,
d'exécuter contre
l'cmpire ottoman ses
projets de conqucte?
La Prusse et l'Autriche ne lui cnt-elles
pas montré comment
le fort_proccdc a!'~-

D'aprl!a les dessins de MV. Leluel{.el Galand, a.rcbileetts.

�'
114

1

1

L' I LLUSTRATION, JOURNAL ONIVERSEL.

gard du faible? Le principe du droit, inscrit dans le code
européen, n'a-t-il pas été effacé et remplacé par le
principe de la force? Attendons quelque temps encore,
et uous verrons tous les beaux effets qui vont découler
logiquement de ce principe nouveau!
Cependant les États secondaíres de l'Allemagne,. si
maltraités par la Prusse et l'Autriche, qui semblent ne
pas meme se douter qu'ils existent, viennent de faire un
acte vigoureux qui pourra avoir des conséquences graves. A·l'occupation de Rendsbourg par les troupes prussiennes, les États secondaires, chargés de l'exécution fédérale dans les Duchés, c'est-a-dire le Hanqvre et la
Saxe, ont répondu par l'occupation du Lauenbourg.
M. de Bismark proteste, bien entendu, mais l'opinion
publique, en Allemagne, n'hésite pas a reconnaitre que
le droit est du coté du Hanovre et de la Saxe, que ces
deux Etats ont agi dans la limite de la résolution fédérale, et que la Prusse est mal fondée dans les réclamations qu'elle éleve a ce mjet.
L'Autriche et la Prusse ont consentí, sur la demande
des plénipotentiaires danois, ~ retarder jusqu'au 20 de
ce mois l'ouverture des conférences pour la conclusion
du traité de paix définitif. Quels sont les motifs qui ont
déterminé Je gouvernement danois a solliciter cet ajournement? Le roi Christian aurait représenté que l'agitation des esprits, en Danemark, pouvaitinspirer de sérieuses inquiétudes, et que, dans cette situation, il était pru•dent d'attendre que l'irritation causée par le traité préliminaire de paix fut calmée. Du reste, toutes les correspondances s'accordent a dire que J'agitation des esprits
est excessive daus le Danemark, etsurtout a Copenhague.
Depuis les derniers événements, qui ont enlevé une si
grande partie de son ancien territoire a ce petit
royaume, l'opinion de l'union scandinave gagne chaque
jour du terrain et sape Je trone déja si ébranlé du roí
Christian.
Le résultat des élections belges a ,té favorable au
parti libéral et au ministere. Toutes compensations faites entre les voix qu'elle a gagnées et celles qu'elle a
perdues, l'opinion libérale, qui ne comptait que 58 voix
dans la chambre dissoute, en comptera 64 dans la chambre nouvelle, tandis que le parti qu'on nomme clérical
n'en comptera plus que 52 au lieu de 57. Le chiflre de
la majorité libérale, qui était réduite a une seule voix
dans l'ancienne cbambre, sera done de douze voix dáns
la nouvelle.
Ce qui est a considérer dans cette victoire incontestée
de l'opinion libérale, c'est encore plus le résultat moral
que le résultat matériel. La crise qui durait depuis plusieurs mois et qui mena~ait les institutions sur lesquelles
repo~e depuis trente années la prospérité de la Belgique,
est heureusement terminée. Pour qu'il ne restat dans
!'esprit des vainqueurs et des vaincus aucun malentendu,
le chef reconnu de la droite parlementaire, celui qui
marchait a la tete d11 partí, a été éliminé. Dans de tell.es
circonstances, l'exclusiorr d'un tel homme est caractéristique. Ainsi que le fait justement remarquer l'Indépendance belge, l'échec électoral de M. Deschamps, ce c'est
la condamnation par Je pays du programme du congres
de Malines. 1&gt; Et nous, libéraux de France, qui n'avons pas
,beaucoup a nous réjouir dans notre propre pays, nous
applaudis~ons de toutes nos forces a un résultat qui
assure le triomphe de la liberté chez nos voisins. C'est
une consolation pour tous les hommes dévoués a la
cause d'un príncipe, de voir ce pri!)Cipe s'affirmer, meme
lorsqu'il ne doit servir qu'au bonheur et a la dignité
des antres.
Le complot militaire dont la découverte a été signalée
par l'arrestation de quelques sous-ofOciers de la garnison de Madrid, semble avoir des proportions plus sérieuses qu'on ne lui en attribuait d'abord, s'il faut en
juger par les terreurs vraies ou simulées du ministere
espagnol et les mesures qu'il vient de prendre a l'égard
de certaines notabilités militaires: le général Prim a été
interné a Oviedo et tous ses amis t,nt été envoyés a des
points extremes de la péninsule ou aux lles Canaries.
Dans quelques jours, le conseil de guerre se réunira
pour juger les prévenus. La presse libérale continue a
etre l'objet des rigueurs ministérielles, et comme il s'agit de discipline militaire, les journaux dénoncés a l'occasion de leurs rétlexions sur l'incident, seront traduits
devant le conseil de guerre. Cela ne. suffit-il pas pour
donner une idée de la liberté dont la nouvelle loi a doté
la presse en Espagne?
Les fetes qui ont eu lieu a l'occasion du i5 aout ont
Mé favorisées par un tel)lps superbe. Un nombre im-

mense d'étrangers et d'habitants de la province étaient
accourus a París. Des décorations ont été données a l'armée, a la magistrature, a radministration, aux lettres et
aux beaux-arts. Rossini a été fait grand-officier, et Hector Berlioz officicr. Parmi les écrivains, nous avons rencontré avec plaisir, au nombre des nouveaux décorés, le
nom de M. Paul Féval, et le public a du etre bien
étonné d'apprendre que ce romancier, dont le succes a
été si grand depuis vingt années, n'avait pas encore
refU une distinction qu'il méritait depuis si longtemps.
Si quelque chose nous a étonné, ~·a été de voir que le
nom de M. Taine ne se trouvait pas au nombre des nouveaux légionnaires. M. Taine vient de publier, on le sait,
une ceuvre, I\Histoire de la littérature anglaise, qui restera comme l'honneur de notre temps. Ce que nous disons de M. Taine, ne pourrait-on pas le dire également
de MM. Prévost-Paradol, Weiss et de tant d'au-tres jeunes
talents qui ne pourraient qu'honorer la décoration?
Une dépeche télégraphique annonce qu'un vaste incendie vient d'éc1ater a Limoges. i 50 maisons ont été
détruites. On peut juger par la du nombre des habitants
restés saos asile.
On n'a pas perdu de temps pour réunir les premiers
secours nécessaires aux victimes d'un si grand désastre;
il a fallu songer tout d'abord a la nourriture et au logement de tant de malheureux, et on est parvenu a y pourvoir pour les premiers moments; mais il fallait quelque
chose de plus efficace, et une souscription a été ouverte.
M. le général M0rin a lo, a la séance annuelle des cinq
académies, un rapport en faveur de l'instruction primaire obligatoire; l'instruction primaire est un des cótés
faibles de la France. En Allemagne, la proportion des
conscrits ne sachant ni lire ni écrire est &lt;le 4 0/0, - en
France, de 27 0/0. Ce parallele n'est pas seulement humiliant, il comprometnotreascendantmoral, notre développement économique et industriel. Il constitue un réel danger.
EDMOND TEXIER',
= ., B&gt;

c..J!!t::::,

&lt;a a

COIJBBIEB DE PABl8.

Fetes a Paris. - Fetes a Versailles. - Franeois d'Assise,
hóte de la France. - Ce qui manquera aux fetes de Versailles. - La statue de Mm• de Sévigné. - Le monument
de Dante. - Palinodie. - Un Fran{:3.is prosateur et
poete italien. - Sens nouveau d'un vieux mot - Ascensions au Mont-Blanc. - Contre coup de la révolution de
18i-8 a Cham~nix. -Le Grand prix de l'Empereur.
Nous avons eu nos jolites sur l'eau, nos deux feax
d'arti6ce, nos quatre théatres de pantomime, nos
spectacles gratis, nos mats de cocagne, nos lanternes de
couleur, nos ifs, nos girandoles, nos géants, nos hercules et nos acrobates, et, sur la place de la Concorde,
comme nouveauté, quelque chose qui avait l'intention
de représenter un palais mexicain, avec l'obélisque de
Louqsor pour tuyau de cheminée.
Certes, nous n'avons pas a nous plaindre i •
'Mais en6n, tout cela est bon pour !e petit bourgeois et
l'ouvrier; il faut a une majesté des divertissements un peu
plus choisis, un peu plus délicaL~, un peu plus nobles.
Apres la grosse fete populaire du it: aout, la fete
royale de Versailles, donnée au roi d'Espagne.
Versailles, a la bonne heure, voila un lieu digne d'un
prince ! Le palais et les jardins sont pleins encore du
fanlome du grand roi; sur le parquet des salons, sur le
sol des allées ont passé toutes les gloires, toutes les élégances et toutes les servitudes du grand regne; Versailles,
c'est encore le séjour du noble. L'architecture y est noble, et noble la peinture; nobles y sont les statues :
rien que des dieux et des déesses, des demi-dieux ou
des héros pou,r le moins; nobles les terras&amp;es aux larges
escaliers, nobles lesbassins aux groupes superbes, nobles
les parterres, nobles les gazons, nobles les charmilles,
nobles les arbustes taillés en boules et en pyramides.
Aujourd'hui, peuple et bourgeois pénetrent jusque
daos les appartements intimes du roi Soleil, touchent ses
majestueux fauteuils et contemplent son auguste lit. Aujourd'hui, l'art démocratique y coudoie saos fafOD l'art
des Lebrun, des Mignard et des Van der Meolen; aujourd'h11i, le pare ou les seigneurs et les grandes dames
étaient seuls admis a respirer le bon air, est ouvert li•brement a. touset a toutes; eh bien! n'importe, Versailles est toujours auguste, Versailles est toujours grandiose, et nous avons beau y passei:, nous autres roturiers, nous ne parvenons pas a le désaristocratiser.
Comme jadis, c'est done a Versailles qu'il convient de
f~ter les rois qui daignent etre nos hótei-.

On traitera magnifüp1ement Fran~ois d'Assise. Déjeu.
ner en plein air dans le bosquet d'Apollon, grand diner
dans la galerie des Glaces, spectacle, illumination du
pare, grandes eaux, feu d'artifice ·sur le canal, ha! sur
le tapis vert, souper.
,
Et pour mieux rappeler au royal· invité les fetes du
grand siecle, c'est la tragi-comédie de Psyché qu'on re.
présentera devant lui, avec les adorables contresens 11P.
~
costume du xvn• siecle.
Une journée et une nuit de Louis XIV!
Cependant une chose manquera a la ressemblance, et
ponr une bonne raison, c'est que cette chose-la ~st
morte, bien morte, saos chance de résurrection : une
cour. Oui, n'en déplaise ade respectables illusions, il y
a encore, en {864, des chambellans, des écuyers, des
dames d'honneur, mais de cour il n'y en a pas, et il n'y
en aura plus : le mot seul est resté. Certains journaux
et certaines gens aiment a le répéter, afin de se donner
bon air, mais cela ne suffit pas pour que ce qui n'est
plus qu'une apparence redevienne une réalité. Le gou.
vernement constitutionnel a tué la cour; il n'esl guere
probable que le suffrage universel songe jamais a lui
rendre la vie. Quand on disait autrefois &lt;e la cour et /a
ville, i&gt; tout le monde compronait a merveille, ,meme
les simples et les ignorants,. et ces deux expressionR
éveillaient dans les esprits deux idées tres-nettes
et tres-différentes : avisez-vous done, aujourd'hui,
d'employer cette locution ! Si l'on ne vous éc1ate pas de
rire au nez, fussiez-vous rédacteur en chef de jouraal
officieux ou officiel, vous aurez du bonheur. II n'y a
plus· que la ville, a présent : c'est-a-dire des hommes
portant habituellement le paletot, le pantalon gris, le
chapeau rond, ou !'uniforme; des manufacturiers, d-es
avocats, des ~anquiers, des agriculteurs et des soldats,
des femmes qui ont toutes la meme crinoline et des
droits égaux a la soie, au satín et au velours; seulement,
quelques-uns de ces bommes et quelques-unes de ces
femmes, simples bourgeois et simples bourgeoises peutetre, vivent plus pres des souverains que ne fait le reste
d~ la ville. JI n'est point invraisemblable que d'autres
.
simples
bourgeois et simples bourgeoises aussi, les rem-'
placent, qui seront obligés, comme leurs Jevanciers
et leurs devancieres, de se mettre en toute hate dans la
tete, avant ¡l'entrer en fonctions, les premiers éléments
de l'étiquette, ou d'apprendre a faire la révérence avec
une robe a queue, sans se laisser choir.
Héla~! c'en est fait, il n'y a plus ay revenir, notre temps
est d'émocratique; ce qui aété a cessé d'etre etne sera plus.
Quelles charmantes choses écrirait la-dessus Mm• de
.Sévigné, si elle était encore de ce monde et voulait bien
descendre a s'occuper de gens qui ne sonl pas tous
princes, ducs, marquis et comtes ! Quelle jolie lettre elle
ne manquerait pas d'adresser aux bons bourgeois de
Vichy, qui se sont imaginé de lui dresser une statue. Comme elle les remercierait ironiquement, la
spirituelle femrue, de l'aimable intention qu'ils ont de
tailler en marbre ou de couler en bronze sa gracieuse
personne et de la camper sur un piédestal, en plein air,
au beau mi\ieu de leur ville... et qu'elle aurait bien
raison, bon Dieu, de refuser un pareil honneur ! La fine,
la mordante, l'éblouissante marquise a la plome vive,
rapide, ailée, traitée en académicien, en philosophe, en
législateur, en jurisconsulte ou en maréchal de France!
Est-il possible qu'on ail songé a luí rendre u.n si mauvais strvice? Ah ! ne me parlez pas des amis et des admirateurs. Mais le jour ou Mm• de Sévigné aura une statue.• ses lettres, ses adorables lettres, perdront la moitié
de leur prix; car elle ne sera plus une femme du monde
laissant courir sa fantaisie sur le papier, elle sera un
bas-bleu, songez-y bien, un auteur, et la statue écrasera
la femme. Peut-etre en est-il temps encore, repentezvous, gens de Vichy, repentez-vous, et Mm• de Sévigné,
qui est la meilleure marquise du monde, aura la bonté
de vous pardonner.
L'année prochaine, on inaugurera, a Florence, le monument élevé a la gloire de Dante. A la bonne heure, un
monument a Dante, cela entre dans !'esprit de tout le
monde. Parmi les morts illustres, nul ne semble plus naturellement devoir se dresser, immobile image, sur une
base de Paros ou Ca.rrare; parfois meme, quand l'imagination l'évoque vivantet qu'il apparaitle front baissé, le
geste pensif, avec son profil sérieux, doux et puissant, il
-semble qCle les yeux de l'esvrit le voient slatue presque
qu'al!lant qu'nomme,

L' ILL USTRATION. JOURNAL lJNIVERSEL.
Le murnc1pe de Florence commence déja, dit-on, a
s'occuper de la grande solennité, afin qu'elle soit digne
du pocte, et digne de la glorieuse ville qui fut sa pa••
trie. Certe~, voila une ildministration qui comprend ses
devoirs : préparer des le mois d'aoút i864 une fete qui
aura lieu en i 865, que de zele ! 11 parait, du reste, qu'll
ne s'agit de ríen moins que de batir tout exprcs une
salle plus vaste que ne r est aucon des théatres actuels,
afiu qu'un public plus nombreux puisse entendre les
~antates et les symphonies composées pour la circoustance.
11 y a quelqi1eg semaines, je m'étonnais de notre dédaiu pour les langues étrangeres, et du petit nombre de
Francais qui se donne'nt la peine d'étudier assez sérieuseme~t l'anglais, l'allemand, ou l'italien, tandis que
nous voyons des étrangers s'approprier si bien notre
langue, qu'ils écrivent en fran~ais des ouvrages, modeles de gout et d'élégance, qlle nous étudions non$• meroes avec un grand profit, que nou,s lisons avec un
charme extreme.
J'avais été un peu trop sévere pour mes compatriotes,
et j'en démande surtout pardon a M. Delatre, qui évidemment a plus que. personne le drc,it de se plaindre de
la témérité de mon assertion.
On m'apprend, en effet, que M. Delatre, un nom
bien fran~ais, a coup sur, a été le collaborateur assidu
de cinq journaux a Florence : du Moniteur toscan, du
Spettatore, de l'Indicatore, de !'Eco d'Europa et du Co•·riere del/' Arno, ou il a publié plus de trois cents articles
de philologie, de critique artistique et de critique littéraire. L'Italie lui doit une traduction du théatre de
Poushkine, le poete russe, et comme pour mieux montrer encore qu'il sait l'italien sur le bout du doigt, il arédigé sur la gram1I1aire un traité didactique, ou les Italiens se familiarisent avec les difficultés de leur langue.
Enfin (vraiment, M. Delatre n'en use pas discretemeut
aver. moi, et me contraint a une palinodie par trop humiliante) la prose n'étant pour lui qu'un badinage, il
s'avise d'écrire en vers italiens, et j'ai la entre les mains
un petit volume de Canti e Pianti, de sa fa~on, imprimé
en l858.
J'espere que M. Delatre ne manquera pas d'apporter
l'otfrande de la France aujubilé de Dante: un mélodieux
sonnet en l'honneur du divin poete ou de sa chaste
Béatrix.
Deptlis trois jours que le chemin de fer qui unit Paris
et MadriJ a été inauguré, je ne sais pas au juste combien de fois, dans les journaux de grand ou de petit format, ou a répété la fameuse phrase : Il n'y a plus de
Pyrénées; je me garderai bien de compter, la besogne
serait trop longue; mais, certes, le mot est bien plus
juste dans le sens que lui donnent les contemporains,
que daos le sens ou l'entenda,it Louis XIV. Voulez-vous
supprimer les frontieres entre les États, fiez-vous a la
pioche plus qu'a la diplomatie, a la vapeur plus qu'aux
alliances naturelles, aux tunnels plus qu'aux liens de
famille : le grand-pere sur le trone de France, le petitfils sur le tróne d'Espagne, pauvre garantie ! Parlez-moi
d'un beau chemin de fer, a la bonne heure ! A ceux qui
me jetteront a la tete ce mot : e&lt; Matérialiste ! » je répondraí : e&lt; Lisez l'histoire ! &gt;1
Tandi~ que les uns traveraent les montagnes, les autres les escaladent. Ceux-la s'enfoncent dans la nuit
avec la locomotive qui siffle, qui rugit et qui tonne, et du
Nord passent au Midi, ou du Midi au Nord a toute vi ..
tesse; ceux-ci gravisse'llt e.n pleine lumiere, sous Je regard du ciel, le sentier abrupt qui grimpe a travers les
sapi11s; s'enivrant rle l'apre bise, ils cótoient la crevasse
vertigineuse, ils enfoncent leur baton ferré dans les neiges éternelles, s' accrochent des pieds et des mains aux
pointes des rochers; se taillant des degrés dans le mur
apie des glaciers, ils atteignent la cime qui les attire, et
de la contemp1ent les provinces et les royaumes prosternés devant eux : a chacun son gout ! a chacun ses plaisirs !
La Gazette des Étrangers nous apprenait l'autre jour
que dans la semaine précédente on avait fait huit fois
l'ascension du Mont-Blanc. Les voyagPurs qui avaient
mis le pied sur la tete du géant savoyard étaient au
nombre de douze : neuf Anglais, un Écossais, un Espagnol, un Suisse, pas un Frangais; nous dédaignons un
e1ploit si facile. Trois jeunes miss, les filles de M. Per-•
kins, le célebre brasseur de Londres, étaient allées jusqu'aux rochers des Grands-Mulets.
Ce fut en 1786 que le docteur Passard et Jacques Bal-

mat réussirent les premiers a gravir jusqu'au sommet du
Mont-Blanc.
De 1820 a {844, il n'y eut que onze ascensions. C'était
le bon temps; il y avait quelque gloire alors a tenter
l'entreprise, et l'on pouvait jusqu'a un certain point,
l'ayant accomplie, en tirer vanité. Mais maintenant, en
vérité, ce n'est plus la peine d'en parler.
Autrefois, le reglement des guides de Chamonix obli~eait le voyageur a prendre douze guides pour faire
l'ascension d11 Mont-Blanc. La révolution de {848, qui ·
bouleversa la France, l'Allemagne, la Hongrie, la Sicile,
eut son contrecoup a Chamonix; le reglement fut abolí,
et l'on n'en promulgua pas de nouveau; c'est une conséqucnce du 24 février ql,le les historiens ont j usqu'ici
négligé de constaler, et que M. Adolphe Joanne nous
révere dans son itinéraire de Paris a Geneve et a Cltamonix.
En i852, quand l'Empire proclamé remit la société snr
ses bases, ainsi q11e nous l'assurent presque tous les
orateurs officiels, et que commen~a une décadence générale des sciences et des lettres, sign alée par M. Duruy
dans s011 allocution aux lauréats du concours général,
en cette année fameuse daos l'histoire, l'ordre se fit de
nouveau ·a Chamonix enrome en France, et un nouveau
reglement fut édicté : au lieu de douze guides, c'est
quatre guides seulement que l'art. 37 de ce reglement
impose aux voyageurs; depuis lors, ·cet article a été modifié, et l'on monte au Mont-Blanc avec trois guides.
Il sera temps bienlot que le philanthrope a qui nous
devons les petites fleches bleues .¡¡ui nous enseignent
notre route dans la foret de Fontainebleau, songe a partir pour Chamonix, et a marquer de ses utiles indications le chemin du Mont-Blanc, afin de nous épargner
tout a fait les frais de guide.
Un décret institue, sous le nom· de lkanilpria; de l'Empereur, et sur les foods de la liste c1vile, un prix de
rno,ooo fr. qui sera décerné tous les cinq ans a l'auteur
d'une grande ceuvre de peinture, de sculpture, ou d'arcbitecture reconnu digne de cette récompense.
Une commission de trente membres, présidée par le
ministre de la Maison de l'Empereur, et qui sera renouvelée tous les cinq ans, se prononcera sur le mérite des
ouvrages soumis au concours.
Dix membres de l'Académie des Beaux-Arts feront partie de cette commission.
On n'y voit point de place réservée expressément aux
membres de l'lnstitut.
Le lkand prix de l'Empereur sera décerné pour la premiere fois en f869 .
Les arlistes arrivés au succes et a qui vont tout naturellement les grandes commandes, auront certainement
la discrét1on de ne point con'courir.
Un sujet pour le premier concours : La Fortune détournant un jeune homme du chemin de la Bourse et
tui montrant l'atclier de M. Picot.
X. FEVRKET.

COUllONNEMENT DU ROi DE CAMBODGE.

Nous publions, d'apres le Courrier de Saigon du 25
juin, le récit des cérémonies qui ont eu lieu a Udang le
3 du méme mois, a l'occasion du couronnement du roi
de Cambobge.
Le 3 juin, de bonne heure, la. mission frangaise se
rendit a Houdon: M. le chef d'état-major général, délégué par M. le gouverneur pour présider a la cérémonie
du couronnement, avait convoqué les capitaines et les
officiers des batiments présents dans le haut Cambodge.
Le roi leur avait cnvoyé des élépbants de choix et des
chars; une scctiou de marins fusiliers servait d'escorte.
Nous attendimes au camp des troupes fran~aises, a
Houdon, l'heure de la cérémonie. Vers huit heures et
demie, le roi fil prévenir M. le chef d'état-major commandant Desmoulins, que tout était pret; les ofliciers
franfais se rendirent alors au paiais, ou les Siamois
nous avaient devancés en tres-modeste appareil; le notre était tout guerrier; vingt marins et soixante soldats.
En fraochissant les portes de l'enceinte, nous remar•
qua.mes les premiers fr:iis de décoration : la grande
chaussée qui, des deux bassins formant !aes conduit a
J'enceinte intérieure, avait regu deux rangs de mats
a fleche, dans le style indien; parasols et clochetons de
couleurs variées; quelques élephants de tres-haute taille,
aux longues défenses, couvert,s de housses vertes, nous

115

regardaient passer dans la belle et majestueuse immobilité qui semble faite ponr ces colosses.
Nous pénétrames bientot dans la pagode disposée pour
la cérémonie; la musique du roi et las fanfares dominaient le murmure de la foule. Pendant que le roi
nous faisait le pl¡¡s cordial accueil et que l'envoyé siamois, S. E. Phya-Mantri-Surigwanse, saluait
les officiers avec une ais~nce remarquable, ·nos
soldats garnissaient la grande salle et donnaient, par
leur présence, un cachet plus franfais a la scené qui se
déroulait devant nous. La décoration de la p:igode avait
été rafraichie; áu milieu, le trc,ne sous des parasols en
étoITe lall)ée d'argent; en avant, un riche sopha, un
siége pour le roi, et la table portant les altributs de sa
souveraineté; a droite et agauche, des fauteuils .et des
chaises sur deux files parallele5; la mission f~anfaisf'
était a droite du roi, les Siamois a la gauche. Le roi
était vetu d'une étoffe souple et légerement mordorée,
tres-élégante; les of6.ciers fran~ais étaient en grande
tenue; l'envoyé siamois reluisait comme un louis d'or
tout neuf; cet éclat fut un peo voilé par une chemise de
dentelle a franges dorées qu'on luí plaga ~ur les épaules
comme un manteau de cérémonie. Tous les autres pzrsonnages étaient couverts de brillantes étoffes; l'aspect
était vraiment pittoresque et éclatant. Apres quelques
compliments, le roi se fit apporter sa montre; il constata
que l'heure était venue et nous avertit qu'il allait se
préparer pour la cérémonie de l'eau. A la porte principale de la pagode s'élevait un dais blanc, couleur de
circonstance, auquel on accédait par quelques gradins.
Le roi y parut bientcit, couvert ~eulementd'une ceinture
de fin lin qui laissait a nu tout le buste. Une urne d'argent plar.ée devant luí laissait échapper, par un tuyau
recourbé percé de trou~, un P. pluie d'eau lustral e; le premier des devins du palais tenait a coté de Sa Majesté Je
vase d'élection et une conque marine bordée d'un -fil
d'argent.
Le roi appela le chef d'état-majnr général pour commencer ies ablutions: le commandant Desmoulins recut
la coquille des mains du devin, et, a deux r~prises, ve;sa
sur la tete et les épaules de Sa Majesté les eaux de la purification; l'envoyé siamois, aoque! il céda la place, en fit
autant, et le roi disparut pour une derniere toilette au
milieu de la satisfacLion générale et de quelques sourires.
C'est sur le sopha que le roi se renditdes qu'il reparut
au milieu de nous. 11 était reretu d'une casaque d'un
tissu d'or raide, épais; le langouti rouge de soie dorée
qui couvrait ses reins el le milieu du corps laissait i nu,
comme a l'ordinaire, le has de la jambe; la tete était
nue aussi. Mais Sa Majesté portait aux oreilles quelques
feuilles vertes délioatement posées, dirigées en avant
vers le front, comme le rudiment d'une couronne de
distribution de prix ou de triomphateur.
Le roí re~ut du grand-pretre une eau nouvelle dont
il lava son visage, de uouvelles feuilles vertes qu'il posa
gracieusement et adroitement a son oreille, et une oraison t1rée d'un vieux parcbemin et débitée gravement.
La musique sauée, c'est-a-dire le rou-ho" des grosses
conques a l'embouchur.e d'argent et le tam-tam cadencé
d'ls tambourins servaient d'accompagnement.
Le roi, accroupi s11r le sopha, se tournait successivement vers les devins qui l'entouraient, et chacun d'eux,
a son tour, lui adressait les paroles sacramentelles.
L'envoyé siamoi~ prit ensuite la couronne sur la table
et la remita l'envoyé frangais; le commandant Desmouhns la pla~a daos les mains du roi, qui s'en couvrit le
chef. Mais la couronne étant lrop lourde, le chef d'étatmajor dut aider le roí a la drcsser sur sa tete et a la
fixer par des oreillettes de métal qui prennent comme
des croes sous le lobe inférieur de l'oreille.
La forme de la couronne est en demi-sphere, creuse,
assez épaisse, saos découpure; le métal est l'or jaune,
rehaussé de pierreries et de quelques niellures d'argent bruni; le dessus, pyramide en une suite de boules
et de clochetons, se termine en paratonnerre.
Des que son embleme fut assujetti, le roi parut rayonnant et nous prévint qu'il allait faire annoncer la ~onvelle a son peuple. Bientot, en effet, les détonations de
l'artillerie saluaient le roi et éveillaient sans doute un
redoublement d'allégresse daos le cceur de ses sujets.
Le chef d'état-major pronon~a alors un diSC'rnrs qui
fut suivi rl'une allocution adressée au roi par le mandarin siamois, et S. M. Norodon (c'est un des nomhreux
nouveaux noms du roi) dit alors au chef d'état-major
que le moment était venu pour lui de saluer son puissant protecteur l'empereur Napoléon, et lui deman.

�H6
da de le conduire
clans la direction
de nolre pays, et
de lui montrcr
commcnt il &lt;levait
salucr l'Em pereur.
Le conimandant
DesmoulinsfiLquelques pas vcrs l'Orci&lt;lent, a l'opposé
du solcil, en s'inclin:.rnt
légcremen t, et fil fairc
au roí quelques
inclinaisons pro. fondes; comme i\
avait vn le commandant retirer
son chapean, il
porl:ut l,L main a
sL'couronnc par un
mouvement analoguc.
Aprcs l'hommagc iJ. la France vint
l'hommage il.Siam,
qui fut salué a la
méthode du_pays,
en joignant les
mai ns et en les
portant de la tcrre
vers le fron t.
Une derniere
consécratiou mar.quait, mais cellcci étai t toute personuellc a Sa Majesté. Le roi se
pla~a sur le sopha
qui p1'écédait le
trone , le grandpretre lui apporta
deux statuettes sacrées qu'il posa un
instant sur ses gcnoux; ensuite on
présenta au roi des
armes, entre autras deux magnifiques fourreaux de
sabre, les boites,
les vases qui soot
a son usage personnel; a cbacun
de ces objets, -le
roi imposait les
mains; il les. touchait, les consacrait, les appropriaot ainsi a sa
nouvelle position
de roi couronoé.
Les pantouflesd'or,
en forme · antique
de galoches, tcrminaient la série
de~ attouchements; le roí les
chaussa et monta
sur le trone recotvert du parasol,
qui depuis si longtemps attendait la
conclusion de ce
couronnement
cambodgien, dont
les premieres cérémouies remontaient au mois de
février.
Nous fumes introduits ensuite
daos l'appartement
des femmes: toutes
ces dames étaient
s01Js les armes

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
comme pour une
inspection, daos la
position respectueuse que com.
mande la présence
royale. Au bout
d'une vaste galerie se tc:na it, assise
sur des coussins
une trcs-vieille da-'
me, la grand'mere
du roi, presque
centcoaire, souvent malade, et
trcs-reconnaissantc pour les médecines &lt;lÜ &lt;locteur
Hennecart; elle aime beaucoup les ,
·Fra_n~ais, mais son
crédit déclinc avec
les ans. 'Qans !'une
drs moitiés de l'a]&gt;parlement, une
mullilude &lt;le femmes &lt;le tout age,
ayant des parentés, des chargcs ou
d'anéiennes amitiés au palais. Cette
fou le intéressait
rr.oins que le bataillon des heantés
ca;n bod giennes qui
s'al ignait sur quatrc rangs daos
toutc la longueur
de la salle ; elles
étaient la 60 ou 80
dans la position
des sphinx d'Égypte, rclevant le
buste et la tete ti'un
air plns e.baste que
les contours et le~
formes accusécs en
arrierc.
Les deux prcmicrs rangs, emiron quarante da• ,
mes,
appartrnaient au harelll
proprement dit; ~I
la premicre file,
armée de sabresan
fourreau doré, naivcment posés sur
I'épaule, semblait
en défendre les approches, mais d'un
air fort indolcnt.
Les deux long~
rangs, symétriqucment paralleles a
ceux de ces prir.•
cesses, ne comptaient que des
bayaderes, femmes de théatre el
de ballet; ch acune
d'elles portait une
lleur a ' la main.
S. M., sans nous
faire précisémcnt
les houneurs de la
présentation, ne
semblait pas trouLlée par notrc inlrusion au milieu
de cette phalange
plus aimable encore aux yeux
des Cambodgiens
qu'aux notres.

Pour extrait :
P. P.AG.E'f,

117

•

.

-

··..:.~~.~:s__¿f:__

-~:COUllONNEME~T UU l\Ol DE G.\:IIBODGli: CÉRÉ:IIONIE DE LA PURlFlf A.TION.

,/✓•.,..,, ·' / )':. J'f
••

•/.

J/ :

¡-;'

_-=..;...

rcsAliT
M. LF. r.OMMANllA NT DESMOULlNS
, AºR ,..,

so~·

ALLOCUTlON Ali JlOI DE CAMBODG F, -

D'aprés les croquis communiqués par le Minislere de la Marine,

I ,

�118

L'ILLUSTRATION, JOU RNAL UN IVERSEL.

•

1

•

1

II. s'en faut bien que le livre de M. de Lescure, les
Amours de Henri IV, soit une réhabilitation; mais on y
REVUE LITTÉRAIRE.
trouve le complément d'une figure historique, et, a ce
CUIIIOS!TÉS ET RllHAlllLITATIONS IllSTORJQUES.
titre seul, il serait digne d'étre lu. L·auteur ajoute a
l'intérét de ses révélations le mérite d'un style peut-etre
Une foule d'ouvrages amis et ennemis ont depuis long- trop raffiné, trop melé, parfois emphatique, et, le plus
temps établi la part qui re.vient, dans les malheurs de souvent, familier, mais qui, malgré un certain nombre
Alarie-Antoinette, a la malignité populaire et a la vio- de défauts, cherche a ¡ílaire et y réussit. La légcreté du
lence démagogique, part bien grande, et qui dépasse ton n'exclut pas la sureté des informations et la valeur
toute mesure, si l'on compare aux erreurs naturelles historique de l'ouvrage.
d'une reine accoulumée a la domination les supplices
&lt;&lt; II e~t un homme, fort estimable d'ailleurs, que je ne
atroces et multiples qu'elle endura dans sa personne et nommerai point pour lt punir d'avoir puécrire une bistoirt:
dans celles des siens. Mais on peut dire que ces iniquités de Henri lV en quatre volumes, saos prononcer,jecrois,
n'ont pas nui asa mémoire; elles ont iunocenté, purifié, le nom de Gabrielle d'Estrées. Cett~ pudeur exagérée a
transfiguré une femme assez ordinaire, belle et spiri- porté son fruit. L'Académie l'a couronné, non sans soutuelle, sans doute, comme tant d'autres, mais d'une in~ rire peut-etre. » C'est que M. Poirson a peint l'endroit
telligence politique, d'une légereté d'esprit, par trop in- de Henri IV; M~de Lescure ne regarde que l'envers de
dignes de sa haute fortune. Il semblerait que les régions cette vie glorieuse. Nous pensons avec Iui et avec un
privilégiécs ou naissent et se meuvent les rois et les prin- maltre, M. Michelet, que l'histoire offi~ielle ne do1t jacesses dussent étendre et éclairer Ieur horizon; le plus mais néglige1' l'bistoire intime, quand elle y trouve en
souvent, il n'en est rien. Notre siecle, qui ne se laisse germe les actions et les événements. Toutefois, nous
pas éblouir a de vaines splendeurs et ne voit, entre les n'enfourchons qu'a demi le dada de notre auteur. Bispuissants et les obscurs, qu'une différence accidentelle, torien minutiste,il dirait volont1ers a tout propos, comme
s'est plu a dégager les fronts princiers des rayo ns que un président de cour d'assises : &lt;&lt; Oo est la femme? »
leur pretent I'adulation et la crainte; nous avons tou- ~Jais le béros meme qu'il a choisi, et qui semhlerait Iui
cbé du doigt bien des era.aes 'Vulgaires. La majesté de devoir donner toute raison, déconcerte sa méthode. En
Louis XIV résidait dans sa perruqtie; sa gloire dans les effet, s'il est vrai que des cir,quante-si.x aventures, ni
· grands hommes qu'il traitait en baladins agréables, dans plus ni moins, prétées a Henri IV, trois environ aient eu
les généraux qui gagnaient pour lui desbataiiles; en fin, sur quelques jonrs de sa vie une influence heureuse ou
dans le pcuple dont la sueur d'or coulait a flots funeste, s'il est vrai méme que les folies de sa maturité
vers ses coffres sans fond. La chute deMarie-Antoinette, n'aient pas été étrangeres a sa mo:rt déplorablc, il reste
la disproportion du chatiment avec la faute, ont fait encore a sa finesse, a sa persévérance, a sa puissante
toute sa grandeur. Son piédestal est son échafaud.
capacité politique, une part prépondérante daos l'hisCeci dit, i.10us abordons avec une bonne volonté com- toire de son regne.
plete le Proces du Collier (t), dont M. Émile Campardon,
La femme n'est qu'une des circonstances qui influent
archiviste aux Archives de l'Empire, nous a récemment sur les grands hommes; mais c'est, a coup stir, la plus
fourni toutes les pieces. Le jeune historien est plein intéressante. On parcourt avec curiosité la galerie de
d'entbousiasme pour son héro1ne, et sa conviction fait M. de Lescure, comme une serre ou l'éclataute corrnple charme de son livre. L'impartialité est, d'ordinaire, tion s'épanouit en tout sens dans une atmosphere trop
le pire des défauts chez un écrivain ; tout au plus, sied- chargée des parfums qui étiolerent la race des Valois.
elle a la critique, autant gu'elle ne supprime pas la per- Henri IV seul, trempé qu'il était daos les froides eaux
sonnalité du juge. Ici, sans partager les vives sympat des gaves, garda son énergie native. Margueritc de Va1
thies de M. Campardon, nous adopterons volontiers ses Iois, sa femme, belle, spirituelle, ardente, la baronne de
conclusions qui nous paraissent peu attaquables.
·
Sauves, inst~·ument voluptueux de Cath~rine de Médicis,
&lt;&lt; L'examen de la procédure instruite par le parlement
la Grecque Dayelle, et Tignonville, et Fosseuse, la belle
de Paris dans cette malbeureuse affaire, » démontre Corisande, sorte d'Agnes Sorel qui couchait sur des
sans réplique « que le collier de diamaots, ¡i.cbelé au drapeaux, Gabrielle d'Estrées, !'un des sept péchés mortels
nom et a l'insu de Marie-Antoinette par le cardinal de (on appelait ainsi le&amp; G_ramont, ses sreurs et frere), mais
Roban, a été vohí, dépecé et veodu par le comte et la un beau pécbé, solide et allegre, filie insouciante et facomtesse de Lamotte--Valois, » aidés du faussaire Rétaux miliere, mere féconde 'et large nourrice, en fin la subtile
de Villette.
Henriette d'Entragues et la sédllisante Condé, sans
L'i11trigue entiere et la marche du proces sont l'objet compter Marie de Médicis, toutes ces affections simultad'un récit clair et simple, qui ne laisse aucune place au nées ou successives n'oterent rien a Henri IV de sa force
doute. On y voit la betise indigne d'un prince de l'E- d'esprit et de sa gloire. Louis Xlll en souffrit peutglise, trompé par une filie debas étage et dupe de signa- etre.
tures d'U1Je fausseté éclatante; 1~ perversité d'une sonElle était aussi du quinzieme siecle, de cette époque
ple intrigante et la bassesse de ses complices; la par- voluptueusé et orageuse, cette Marie Stuart, dont la
tialité du juge et du public pour les accusés, l'indigna- figure est restée poétique et dont _la vertu fut toujours
tion de Louis XVI et la douleur profonde de la reine, si discutée. Reine de France et d'Ecosse, son enfance et
quand l'acquittement du cardinal de Roban laissa planer sa jeunesse lui promettaient toutes sortes de prospérités.
sur elle un doute scandaleux. Nous recommandons la On connait les adieux, pleins de pressentiments sans
Iettre qu'elle 'écrivit a sa e&lt; chere Polignac, » et doute, qn'elle adres3ait a la France, lorsque, veuve du
dont le fac-simile accompagne le texle de M. Campar- roitelet Fran~ois II, elle. retournait dans sa patrie saudon.
vage. Son mariage amoureux ou politique avec un
Le livre doit beaucour, de son intéret a la transcrip- brouillon incapable, Rizzio assassiné sous ses yeux, la
tion Iittérale des divers interrogatoires; Iious y avons fin terrible de Darnley, lacourte puissance de Bothwell,
surtout remarqué ce qui a trait au fameux comte de Ca- Loch-Leven, la captivité anglaise et l'atroce proces conglioslro et a sa femme, Lorenza Feliciani.
duit par Elisabeth, enfin, l'échafaud ou roula, blanchie
Cagliostro, compromis on ne sait trop pourquoi dans par la douleur, la plus belle tete d'une époque féconde
!'affaire du collier, dépouille devant les juges ses alia- en beautés; toutes ces péripéties ont tenté les romanres de charlatan. Sans doute, il voile ou arrange les ciers, les poétes, les historiens.
circonstances de sa vie aventureuse; mais il Jaisse conM. Mignet conclut a la culpabilité de Marie dans les
jecturer que, né de parents inconnus, longtemps -errant affaires de Rizzio, de Darnley et de Bothwell; et son opide pays en pays, un heureux exercice de la médecine J'a nion, il fa!lt l'avouer, bien que fondée sur des documents
élevé jusqu'a.Ia fortune et alafaveur de plusieurs cours. hostiles, ne contrarie ni la vraisemlllance, ni la tradi- .
Nul doute qu'il se soit appelé Joseph Balsamo, et qu'il tion, plutot faite d'mdulgence que de respect. Amante
ait fait, sous ce nom, en 1773, emprisonner sa femme deRizzio, qu'elle l'ait vengé, meme sur un époux, puis
pour cause d'adultere. Cagliostro est done un aventurier qu'elle se soit réfugiée dans les hras vigoureux de Bothitalien, parti de rien, si l'on en juge par son mariage well : quoi de plus logique au seizieme siecle, et de
avec une belle filie qui ne savait ni Jire ni écrire. Voila plus ordinaire? Le vice et l'assassinat sont ch oses, a cette
un magicien de moins; et sa mémoire devrait nous ga- époque, inséparables des grandes existences; quelques
rantir de eeux qui, aujourd'bui encore, exercent avec taches'de sang n'otent ni l'intéret ni le cbarme a toas
succcs sa douteuse iIJdustfie, jusqu'a en faire une sorte ces verlugadins princiers, qui seraient aujourd'hui des
de religion.
gibiers de cours d'assises. Pow•quoi Marie Stua¡t eut-elle
{t ) Marte-Antoinette ti le. procu, etc., par M. l!m1le Campardou.
1'1011, 1R63.

menti a l'exemple de ses amis les Médiciset de ses enne.
mis, les nobles d'Écosse? Notez qu'elle n'était pas de
la religion puritaine. Au reste, que nous fait tout
cela?
M. Wiesenar (1) n'accepte pas cette indifférence. Son
coite pour Marie Stuart ne peut se concilier avec l'opinion générale. Il veut que tout datJs son héroine ait été
pur, irréprochable; que, fautive assurément en polit¡.
que, Marie ait possédé toutes les vertus discretes de la
chrétienne denos jours. II se constitue l'avocat de sachas.
teté, nie le faible qu'on lui attribue pour Rizzio, la spontanéité de son affection pour Bothwell, et, encore plus,
toute coopération au meurtre de Darnley : car c'est la le
seul grief sérieu:x.
"
Il suit pied a pied M. Mignet pour le combattre; il
montre Marie, apres la mort de Rizzio, réellement réconWiée avec Darnley, et plus tard poursuivant avec
zele les assassins de son mari. Nous ne demandons q11'a
croire a son innocence; nous concédons a M. Wiesener
que la conjuration des seigneurs écossais, dominés par
le détestable Murray, frere batard de la reine, explique
suffisamment le meurtre de Darnl~y. II nous parait surtout prouvé que Bothwell enleva Marie, et n'obtint que
par la violence le titre et les droits d'un époux. Mais le
role du secrétaire Rizzio pres d'une femme jeune et malheureuse, nous en est-il renda compte? Darnley ne peut
avoir tué que par jalousie celui qui avait aidé a son mariage. Celte jalousie était-elle fondée? La est toute la
question: Faut-il absoudre aussi bien Marie des pécbés
que des crimes?
Rizzio, dit-on, était laid. Mais !'esprit et le talent sont
la beauté des hommes. ll était excellent musicien ; et
quelles ne sont pas aujourd'hui les bonnes fortunes des
musiciens de salon? Ils u'ont besoin pour plaire ni de
savoir, ni d'éloquence; chanter suffit. Leur ame vi1&gt;rea
l'unisson de celles qui les écoutent ! Cet abas déplorable, si énervant, si crispant, dans la société moderne,
n'était-il pas alors, comme de nos jours, chéri des beautés nerveuses? Ce doute nous reste. Puisse-t-il etre léger
a l'auteur! Nous ne quitterons pas M. Wiesener ~ans le
féliciter de son gros volume chevaleresque et de l'ér11dition convaincue dont il étaie son plaidoyer. Peut-etre
ses ana!yses isolées et min utieuses de chaque fait, ne
vont-elles pas sans un peu de confusion.Mais c'est la un
reproche vague et qui retombe en partie sur la rapidité
nécessaire de notre examen.
La cause est entendue. Appelez celle de Richard II, roi
d'Angleterre, qui attend son¡tour.
Richard de Bordeaux, fils du Prince Noir, du vainqut:ur de Poitiers, n'avait que dix ans lorsque son a'ieul
Édouard Ill Iui Iégua le fardeé!.u d'une autorité com¡,romise par de longs revers, par I'ambition d'une famille
nombreuse, par le double réveil d'un parlement las de
subsides et d'un peuple exténué de dimes et d'oppression cléricale. La minorité du nouveau roi était faite
pour encourager toutes les rébellions. Ses premieres
années furent tour a tour remplies par les sourdes intrigues de son oncle Lancastre et, les empiétements du
parlement; puis· ébranlécs par les prédications de Wicl~f
et la terrible insurrection des Lollards (138i). Une tentative de gouvernemcnt royal_régulier n'aboutit qu'a. la
mise en accusation du premier ministre Suffolk et des
amis personnelsdu roi (i386-87).Deuxans apres, Rich:i.rd
échappe a la tutelle de son oncle Glocester, gouverne
a son tour, recherche l'alliance franfaise, augmente les
prérogatives de la couronne; mais fier d'avoir déjoué et
vaincu par les supplices une révolution préparée par
Glocester, et ajourné par I'exil les€spérances du duc de
Hereford, fils de son oncle Lancastre (i397-ü9), il s·aliene la na:tion par un despotisme saos frein. Une expédition inopportune en Irlande et le retour triomphant
du duc de Hereford amenent bientot l'abdication, la déposition et la mort de Richard,
Tel est le regne malbeureux dont M. Wallon nous
donneunehistoire méthodique,impartiale et définitive(2).
11 aime son héros, mais non contre la vérité; il veut juger le roi sur ses actes et ses historiens sur Ieur langage.
Or, tout ce qui a été écrit sur Richard a subi l'iníl.uence
victorieuse de Lancastre. Le beau drame de Shakespeare
est involontairement partía! ; le sage Hallam lui-meme
manque ici dejustice. Deux chroniqueurs fran~ais, notre
Froissart et Creton, seront, avec les roles du parlement,

,s.~.(I}
(1) Lu·Amours de 1/tnn IV, par M. &lt;le ·Lescure. Faure, 1864.

1.19

L•ILLUSTllATlON, JOUR.NAL UNIVERSEL.

Marie Sluarl el te

comtt de

Bolhwell, par M. Wiesener. Bachette

(!J Richard 11, par M. Walloa, de l'lnstitut. B~chelte, 1864,

1

1 uuides de M. Wallon. Trois circonstances l'ont
les seu _s ? . !'esprit d'initiative que Richard a montré en
détermme ·
·
~ ¡• 11 ·
deUX occas1·ons décisives, son
. .attachement " a 1ance
. e et l'inimitié de l'h1sto1re.
franca1s
·11
: f t qui a quatorze ans, va seul trouver cent m1 e
Len an
,
·¡ f
·
.
• devant Londres et, par son babi e ermete,
rnsurges
' .
.
.
ouronne et sa fam1lle; le Jeu11e homme qui,
sauve sa C
.
1
.
tutelle par un oncle astuc1eux et croe , reconrem1s en
· ¡
.
rt
liberté
d'un mot,. et, frappé dans
. , ses amis es
.
qu,e sa
qm eut comprom1s
S, renonce a une vengeance
h
lus
c
er
.
.
,
.
P
son gouvernement·, enfin le ro1 qm, devan~ant,I avemr,
.
. d ronder sur l'alliance fran~aise lasupremat,e et
essa1e e 1'
•
,
é
. de l'occident
la pa1x
~
·. celm-la. n est pas un bomme ro diocre.
d t ·1
Mais lorsque, rivalisa~t de bontes avec ceu:x on _1 a
. he,· il fait assassmer son oncle rebelle
et
tr1omp
,
J ensan'
!ante la ju~tíce avilie du parlement, ce n es~ P u~ q~ u~
:omme du moyen a.ge emporté par s~s pass10ns. Emvre
de vengeance et de pouvoir, la t~t_e lm to?.1'n~, et sa m~ladresse croit avec la haine publique. L mteret. se deÍourne de Iui et ne lui revient qu'aux: heures terribles de
la déposition, de l'agonie et de la mort. Encore ~e faudrait-il pas, comme a fait M: Wallon, comparer 1mp~u ·
d ment la résignation de Richard avec celle du Chr1st.
L~:Oe était forcée, et l'Autre volontaire. On peut seulement lui accorder cette louange, qu'il fut d~ tout temps
moins odieu:x que le reste de son peuple et d_e ses parents.
L taches qui ont rejailli sur cette figure un pen effa~s ne sont rien que de faibles éclaboussures de cette
::ge sanglante ou roulerent tour a tonr _les tetes les
lus nobles et les plus fideles. Son mauva1s parlement
!e i397 n'égale pas en horreur les dévastations de WatTyler en i~8i et les abomiuatiom du parleme~t _de Glocester, en {387, encore moins J'atroce hypocr1s1e et la
froide cruauté du duc de Hereford, connu sous le nom
de Henri IV.
.
&lt;&lt; Le meurtre la violence, telle est la 101 commune l&gt;
' époque néfaste qu'une certame
.
du pouvoir a cette
press_e
malfaisante ra¡,pelle de ses vreux ridicules. Mieux vala1t
vivre sous Sylla et Marius : au moins _les assassios n'étaient-ils pas juges, et tout se donna1t a la fureur du
premier moment. Ici, c'est le parlement. d'A~gleter.re
qui condamne et dicte les détails de ~upp)ices ms~nses:
Les éveques et les abbés n'y sont m moms sernles n1
moins cruels que les laiques.
,
Voici un des ~upplices ordinaires a ces bourreaux raffinés.
Le patient, préalablement trainé sur la claie, cst pendu
légerement; dépendu vivant et assis devant ~n grand
" feu il a le ventre fendu et voit brtiler ses entra11les. Parfoi; on luí offre a manger et a boire. L'un d'eux répond :
• Ou voulez-vous que je le mette? » Apres cet intermede
funebre, la tragédie reprend. Le bourreau haise !~ malheureux et Iui coupe la tete; on l' écartele ensmte, ~t
&amp;es morceaux,sont jetés dans une chaudiere, ou envoyes
aux villes fideles.
L'homme ce résumé de la création vivante et qui,
dans le sei; de sa mere parcourt toutes les formes animales, tour a tour zo~phyte, mollusque et vertébré,
garde surtout deux instincts, deux tendances propres
aux especes supérieures. 11 esta la fois cárnassier et herbivore. Comme le !ion, le loup, le tigre, entrainé, ..
par
toutes les soifs morales et physiques, il se prec1p1te
sur ce qui le gene ou l'attire; comme le mouton et le
boouf il marche en tro~peaux. et se livre aux vertus pastoral;s · il ~amine des pensécs et broute les biens de la
terre; ajoutez !'esprit de'la fourmi, de l'abei_Ile et du castor et vous ave2. !'ensemble de nos quahtés et de nos
'
.
défauts. Les époques de trouble surexcitent les pass10.ns
carnivores · la paix et la sécurité favorisent les gouts
agricoles :t économiques. De nos jours, l'équilibre se
fait entre les deux natur..is : l'homme n'est ni cannibale
ni pythagoricien; il est omnivore.
Exploiter sagement la terre et ne néglige~ aucu~e
ressources des trois regnes, telle est la conclus,on tac1te
d'un excellent petit livre de M. Félix Hément, ou les
Premieresnotiora d'histofre naturelle (1) sont exposées dans
un ordre nouveau. Tout en restant fidele aux classifications établies, M. Hément range les animaux, ~es p!an_tes,
les minéraux selon leur degré d'utilité.L'ahmentat10n,
le travail et' les transports, le commerce, !'industrie!
sont les titres d'autant de chapitres intéressants, ou
sont rassemblés les membres d'une meme famille. Des
appendices sont consacrés a ce qui ne rentre pas dans
ll) llesobry-Tllldon. Un volume cartonue. Nouvelle edit1un.

le systeme de l'auteur; on y voit que l'homme obtient
peu de chose, et du mal bien souvent, de la plupart des
étres qui l'entourent.
Le texte, clair et attrayant, est accompagné de. gr~vures sur bois tres-nombreuses, et enrichi de c1tattons
empruntées a Buffon et aux meilleurs peintres de la nature. C'est une lect11re qui repose du spectacle de nos
sombres anuales. A de certaines heures, en présence
des écarts ou nous emportent nos passions libres, on 's?
p-rend a envier la coordination passive de la nature ou
nous régnons.
ANDRll LEFllVRE.
~

PRIME

DE

L'ILLUSTRATION.

L'lllustration met en vente sous peu de jours la série
complete des sonates de Mozart, 5• et 6• vol. de la _collec:
tion des reuvres spéciales pour piano a deux marns des
maitres classiques, annotées et doigtées par 1. Mo~c~ele~. ·
Ces volumes paraissent a.des intervalles ~sse_z elo1gnes
les uns des autres · mais cette lenteur est md1spensable
pour la bonne exé~ution de l'impression et du tirage. .
Nous rappelons a nos abon~és que t?us ?~ux qu_1
souscriront d'avance a la collect1on complete n auront a
payer que 50 fr. au lieu de 87 fr.
Celte Collection allemande, annotée et d..igtée par le célebre professeur
MOSC!ll!LES, formera u volumes de tff pages cbaeun, en moyenne.
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60 francs au Jieu de 81, et 50 franetJ SEtJLEMEN1'
pour ceux de nos abonnés qui souscriront d'avan~ a ~a cellection complete. Cette deroiere faveur ne sera ngo~reusement
accordée que sur l'envoi de 50 francs en un mandat sur la
poste, ou en une valeur sur Paris.
. .

Les prix indiqués ci-dessus s'appliquent /lux volumes retires
dans nos bureaux; les frais de pos(e (00 cent. par volume en•
•
iaolément) n'y sont pas compras.
~

PROMENADE, AU JARDIN DU MIDI.

Lll.
11 serait diffi.cile de passer par Cannes et d'y rester
quelques jours sans aller faire une visit~ aux iles }e
Lérins, composées de l'ile Sai~te-Marguer1te et de 11Ie
Saiut-Honorat. Celui qui n'aime pas les longues promenades en mer suit la greve jusqu'a la pointe de la Cro~sette. la ¡¡ s'embarque dans un canot, et apres tro1s
quarts d'heurtl de trave~ée il est ~u pied du fort de
Sainte-Mar"uerite un b.\t1ment mass1f et sombre, le se1-1l
qui existe dans l'iÍe. II y a ~e ~íza!ne. d'a~nées, j~. vis
ce fort au moment ou il serva1t d hab1tat1on a une soixantaine de fils du Prophcte qui soupiraient, en face des
oranuers et des cítronniers de la Provence, apres lés
pal;.niers de la Patrie. Le plus curieux de ce~ Ara~~s
captifs était un marabout qui, dep~is des _annees deJa,
se tenait accroupi a la meme place, 1mmob1le et les yeux
tournés vers l'Orient. Ses traits, immobiles comme son
corps, semblaient pétrifi.és. 1I étai~ im~ossible de ~ai!r
l'ombre d'une pensée ou d une emot10n sur ce v1sa0 e
marmoréen. Ce saint homme avait des ongles d'un demipied de Iongueur et une barbe don~ il ~nr~ít pu se servir pour balayer le parquet. On eut d1t d un héros enchanté des l\'iebelungen.
.
.
On montre,'a l'étage supérieur, la chambre hum~de o~
languit, pendant dix-s~pt ~nnées, ~e yersonn~g~ mysterieux, cette énigme h1storique qui s appelle . 1Homm~
au masque de fer. L'inspection de , c~tte chamb:e, qm
recoit le jour par une ouverture'herissée de tro1s b_arre;ux de fer et pratiquée a travers des murs de cmq
de
mc"tres d'épaisseur, m'a démontré que l'bistoire
.
. l'as, .
siette d'argcnt, lancée par le prisonni_er qu~ aura1t ecr1t
son nom sm cette assiette avec la pomte d un c_outeau,
est tout simp!en.cnt une fable. J'ai essayé de fa1re passer a travers h, barreaux de cette ouverture non une
assictte mais une mince brochure, et je n'ai ~u y par.venir. Ce n'est done point a l'épisode de l'ass1ette qu'1l
faut attribuer, comme on l'a dit, la translation du Masque de for a la Bastille.
.
Je ne me crois pas toreé de parler de ce que Je ne
connais pas. Aussi ne dirai·j~ rien l'ile ~aint-Honorat,
que j'ai négligé de visiter, bien, qu e!le smt, assure-t-on,
la plus intéressante des deux 1les, a cause d~s monuments ou plutot des vestiges de monuments qu elle renferme. Cette ile Saint-Honorat fut célebre ~ar son monastere, par les ravages des pirates sarrasms, par les
1

?e

attaques des Espagnols, des Génois et des Aut.ricbiem,
qui s'en emparerent tour a tour. Apres la revolution
francaise elle devint la propriété d'une actrice, M11 • de
Sain~al, ~ui y fi.xa sa résidence. Quand le mon~s~ere fut
sécularisé, ¡¡ n'y restait plus que quatre _rehg1eux, ~t
encore furent-ils indemnisés moyennant qumze cents hvres de pension.
De l'ile Sainte-Marguerite, le paysage est charmant et
vaut a lui seul la traversée. On aper~oit un triple _r~ng
de montagnes, les unes boisées, les autres ~bauves JUSqu'au sommet les autres couronnées de ne1ge. Une vapeur grisatre ~oveloppe la cime de l'Estérel_ et ses flanes
battus par une mer ou se reflete !'azur du ~,el. A dro_1te,
Cannes s'étend en ampbitbéatre avec ses v11las, ses Jardins ses bois d'oranuers,
son cours ou se pr.omenent les
0
'
misses
Janguissantes, la jetée et le port ou' dorment,
balancées par la brise, les barques, les tartanes et les
bateaux des pecbeurs.
De Cannes ¡¡ ne faut pas plus de deux heures pour
aller par l; plus adorable route' a Grasse, la vi lle
des p;rfums, d&amp;; senteurs, des éli_xirs, des ~hamps de
roses et de jasmins. 11 ne faut guere plus _d une_J.ie~e
pour aller a Anti bes, et si j'e:xcepte. la Cormche, il n est
pas au monde de plus Jl!erveilleus~ promen_ade . qu~ ~a
route de Cannes ~ Nice. c·est un immense Jard1_n d ohviers et de citronniers, bordé d'un coté par les v1_llas, de
l'autre par la Méditerranée, qui se découpe en ~1m~bles
golfes dont le plus célebre est le golfe Jouan, ou debarqua Napoléon au retour de l'ile d'Elhe. Une colonne portant cette inscription : J er mars 4.815, se dresse sur le
rivage et perpétue le souvenir de ce déba~quement fabuleu:x. Un aubergiste qui cumule les fonctlons de m~rchand de vin avec les fonctions de cicerone, montr? ~ olivier ou bivouaqua l'Empereur. Supprimez cet ol1V1er,
l'aubergiste est ruiné, car on ne me! pie~ aterre devant
son auberge que pour voir l'arbre h1stor1que.
.
Depuís que lord Brougham adécouvertCanncs, bien des
gens sont accourusde partout pours'yétablir. Labourgade
de pecheil.rs, devenue une ville ou se rencontre_nt tout~s
les aristocratíes de l'Europo, n'a plus de terrams a ce.
der; l'omnibus est complet, et c'~st alor~ ~ue les ta:d··
venus, dont je parlais dans l'article. ~recedent' resolurent de fonder une coloníe tout a cote de Can~es~ dans
une situation superbe, dans ce golfe ~ouan qm depend
de la commune de Vallauris. La prem1er~ 4111 _se_ lan~a
fut une Parisienne, une femme non moms
, dd1stJnguee
par l'attrait de son esprit que par les graces e sa personne, Mm• Juliette Lamber, l'auteur du Voyag~ autour
d Grand-Pin et des Rlicits d'une paysanne dont l l llustra~ a publié deux frauments.
Elle fit batir ami-cote
tion
o
.
,une
jolie villa et bravement elle s'y installa, certame que11e
serait suivie.
. ,
.
Cette villa Bruyére, admirablement s1tuee, appela,t,
en eflet, d'autres villas. Les voisins accou_rure~t. _on
acheta des terrains autour de Bruyére, et auJourd hm la
villa pousse dans le golfe Jouan comme \'oranger
~e
citronnier. Plusieurs sont déja baties, d'autres vont 1_ etre : la villa du Grand- Pin, a M. Edmond Adam,_an~1en
conseiller d'État, secrétaire général du Compto1r d es~
compte Terrapia' a. M. Séchan' la Bigarade' a
M. Édo~ard Charton ; Belvéde,- a. Mm• Jean Re~?a~d ;
Brimborion, dont je ne nommerai pas _l~ propr1etaire,
quoiqu'il soit le plus intime de mes amis;_ les Glayeuls~
a M. le docteur Clavel, la Villa des peurs, a M. _Ber_nard,
la villa Bellf:t, la villa Hugues, le pavillon ~1ar~1tz, et
bien d'autres. On voit qu'a la nouvelle colome rien n~
manque, pas méme le médecin. _Le~ honnétes, gens qw
fonderent Rome n'étaient pas s1 bien partages, quand
ils jeterent les bases de la vi lle éternelle.
Ce n'est pas tout (car d'ici a peu d'années, le golfe
Jouan sera ·encore plus peuplé que Cannes), une com. a' la tete de laquelle
est le comte, de dFersen,
¡Jagme,
.
batit de son coté vers Ant1bes, et parle m?me . e construire des hótels et un casino. Les Juana1s pretendent
que leur climat est préférable celui de C~nnes. Je ne
me prononcerai pas dans unes, grave quesl10?· Le golfo
Jouan étant séparé par uue dem!-liCJie a, pemc ~e la
ville de Cannes,je croís que Je chmat de I un est, a peu
de chose pres' le clímat de l'autre. Au g~lfe Jouan,
comme a Cannes, les plantes tropicales pr~sperent, et 1,e
dattier frileux Jui-meme, poussant en pleme terre, demontre suffisamment aux valétudinaires qu'ils ne tro~veront nulle part ailleurs un ciel plus doux, une temperature plus clémente. La vue des eaux bleues de ce
grand golfe, si capricieusement dessiné! est un~ ~erpétuelle invitation a se baigner. La na1ade med1terra~

et,

.ª

�t20

' L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

?.-

~- ArU R !._. // !: ,~-~
.

-

-

/

ANTIBE~.
!LE SAINTE MAllGUEl\lTE•

. néennc vous allire, couchéc sur un délicieux fond
de sable fin.
Le golfc est dominé par
le joli village de Vallauris
(la va.llée d'or), et ses v,illas, chaque année plus
nombre uses, ses jardins,
ses bo3quets d'orangers,
!'admirable panorama qui
se • déroule aux regards
du haut des riches collines,
en font pour l'artiste un
site plein de charmes. Au&lt;lessous des terrasses qui
supportent les maisons de
campagne et les massifs de
verdure, ou voit s'éotendre
la nappe arrondie du golfe Jouan, la pointe allongée de la Garoupe, les cotes de la Ligurie italienne
et les grandes Alpes du
Tende. A la beauté de ces
paysages vient se joindre,
pour cette jolie petite ville
de Vallauris, •me température des plus favorables.
Comme le golfe Jouan,
comme Cannes, Vallauris

est abritée conlre le mistral par le rempart de l'Estérel.
Du reste, tout ce coin de
terre cst vraiment enchanteur. Tout y vieot,
tout y na lt, tout y prospe1 e, - les plantes et lea
hommes. - Je me rappelle la vive impression
que j'éprouvai, la premiere fois qu'arrivant de
París au golfe Jouan, ~o
plein biver, je vis toole
celte campagne en ft\te,
étalant ses ileurs, ses feuillages, et jetant le parfpm
de ses orangers qui se m~
lait a la fortifiante odcur
de l'algue marine. Sur le
hord de ce rivage, le speetacle éclate comme une
picce d'artifice. Les iles de
Lérins s'étcndent vers 11'
droile, montrant a travcn
les arbrcs les bl:mcs rcmparts du fort de Saiote-:Marguerile. De l'autre
coté, Anti bes et ses phares semés sur la greve.

=

Les Alpes-Maritimes profilent en
aretes aigues leurs clmes neigeuses sous un ciel aux tons
d'ocre; Nice apparail, ·couchée
au fond de son golfe, et le mont
Alban se dessine vigoureusement dans le fond, au dela
du sillon jaunatre que trace le
Var, au milieu des ondes bienes
de la Méditerranée.
Nous ne terminerons pas au
golfe Jouan · notre promenade
a travers le Jardiu du Midi; si
le lecteur veut bien nous suivre, nous le conduirons ju8qu'il
Nice, qui se met en frais d'unc
nou velle toilette et qui sera
certainement l:i. ville, si non la
plus favorablement situéc, du
moins la plus brillante du Jittoral.
Nice fran~aise veut une parure fran~-aise, et les brillanls
hótels qui s'élcvent sur la promcnade des Anglais nous font
bien augurer des embellisscmentR qu'elle annonce et qui fe.
ront de cette ville une station
incomparabl~.
PUITS ET!JARRES,

EDYOND TEXIER,

- ·--~.-. . :

-=-=g~~~-----==-

- --· ~
- - ---..:--

LES ALPES MARITIMES.
LE CAP D'ANTIBES, VU DE LA VILLA BRUYlll\K.

·-,
.,,,

-

.

""··- ,
... , ....

:1

•

....:ii;:::

f,.

OLIVIl!RS OU NAPOLRON 1" S'EST REPOSÉ, 1,E I" bl.!.RS 1815.

�i 22

L'ILLUSTRATION , JO URNA L UN IVERSEL.

©llfflll@fi.'l:IO®íl/J1% li)l]íl/JIO@&amp;l!.IE.

Jamais, je crois, la musique, a París, n'avait pris de
tellea vacances. Le ThMtre-Lyrique est fermé: c'est son
habitude en cet.te saison, et il n'y a ríen a dirc. L'OpéraComique est fermé .... Quand rouvrira-t-il? Probablementau mois de seplembre. Deux moisenliers de silen ce
e~ peut-étre plus. C'est beaucoup. Mais il y avait la,'
d1t-on, une question de salut public. La solidité de l'édifice avait paru douteu.qe. On a jugé de grosses réparaLions nécessaires, et l'on y procede avec la sage lenteur
recommandée par Boileau. Ce n'est ¡,as moi qui songe
a m'en plaindre. La salle Favart, iucendiée en 1838, ne
date, en réalité que de t840, et déjdson gros reuyre inspire !les inquiétudes ! 11 faut bien croire qu'on l'avait reconstruite avec trop de précipitation.
Done, la seule musique qu'on entende maintenant, a
l'Opéra-Comique, est celle des coups de marteau. Aux
Bouffes parisiens, c'est pis encore : on n'y entend qu~
des discussions d'actionnaires. M. Varney, le successeur
de M. Otfenbach, n'ayant pas eu autant de soeces qu'il
avait déployé de zele, a donné. sa démission, et borne
désormais son ambition a reprendre le Mton de chef
d'orchestre. A qui la direction est-elle destinée? La rendra-t-on a M. Otfenbach? La donnera-t-on a M. Mestépes, que recommande le plus grand soeces des Bouffes
parisiens, la tres-origindle farce des Deux aveugles? S'1dressera-t.-on a quelque autre, littérateur, musicien, ou
siqiplement bomme d'affaircs et administrateur? Persévérera-t-on dans le gen re adopté daos !'origine et cultivé jusqu'a présent, qui est la charge musicale? ou cbercbera-t-on a « varier agréablement » le répertoire, en
mélant aux farces des ouvrages moins exceutriques, et
aux pieces a femmes de petits opéras-&lt;:omiques vertucux?
Ou bien, mettra-t-on résolument la musique a la porte,
comme trop dépensiere, et remplacera-t-on l'harmonie
par un dialogue vif et animé? Telles sont les questions
qui s'agitent en ce moment au passage Choiseul, et nul
ne sait en que! sens elles seront résolues. Et l'on profite,
en attcndant, de la liberté décrétée des tbéatres, qui est
!e droit, pour chacun, de faire ou de ne pas faire, de
JOuer ou de ne pas jouer, selon son intéret ou son caprice, a ses risques et péril~, sauf le respect tlu, en tout
état de cause, aux engagements contractés.
Un bruit assez étrange est ,enujusqu'amoi.

L'administration du Théatre-ltalien se proposcrait, dit-on,
de joindre le ballet a l'opéra, - le ballet italien, apparemment. On représente, en llalie, sur tous les grands
théatres, de tort beaux ballets, con~us dans un tout
autre systeme que les nótres. 11 ne serait pas saos inté
ret pour nous de connaitre la danse italienne, comme
nous connaissons déja le chaut italien. 11 reste a savoir
si, en augmentant ainsi ses frais, l'administration augmenterait sens1blement ses rccettes. QuestJon grave,
dont elle est seule juge.
Quant a ce projet d'un théalre italien exclusivement
boutfe, dont j'ai parlé précédemment, parce qu'on en
parlait, il parait abandonné pour le moment, et le local
dont il était question deviendrait, selon les bruits qui
courent aujourd'hui, une vaste salle de concert, oú seraient exécutés, l'hiver prochain, les chefs-d'reuvre de la
sympbonie classique, sous la direction de M. Félicien
David. Le droit d'entrée y serait d'un franc par per•
sonne. 11 y a la de quoi inspirer a M. Pasdeloup bien des
réllexions. Mais qui sait si les concerts populaires de
M. Félicien David n'iront pas rejoindre l'opéra-bouffe de
M. Caimi, et si l'on ne continuera pas a vendre, rue
Ricber, comme par le passé, des lits en fer, des matelas
et des CQuvertures?
La Porte Saint-Martín a reuoncé a la musiquc, et protite de la liberté des théatrcs pour jouer la Tour de
Nesle. On revient toujours a sea premicrs amours. Mais
la Porte Saint-Martín pafait d'humeur un peu volage :
avec elle, il ne faut jurer de rien. L'Athénée musical a
plus de persévérance, et nous annouce, pour le mois de
septembre, l'ouverture d'un nouveau théatre lyrique.
Les engagements sont faits. Les premieres partitions
sont écrites. C'est M. Frédéric Barbier qui doit ouvrir la
marche ... Que d'etforts ont été déja tentés, a diverses
époques, pour aeclimater la musique au faubourg SaintGermain ! Toutes les tentatives, jusqu'a present, ont
échoué. Espérons que celle-ci sera plus heureuse.

L'Opéra, qui est le plus impérial de tous les théatres
impériaux, tient tete bravement a la canicule : noblesse
oblige. Bien lui en prend. Lorsqu'il n'y a plus persoone
a Paris1 Paris est plein de provinciaux, qui peut-étre ne
savent pas encore par creur les Huauenots et Robcrt-leDiable. La province cst si arriérée ! L'Opéra n'a done
qu'a ouvrir ses portes trois fois par semaine : un torrent de dilettanti accourus de tous les points de rhorizon s'y eogouffre aussitót, envahit le parterre et l'amphithéatre, bondit jusqu'aux troisiemes loges - spectateurs précieux, qui, u'étant bla és sur ríen, admirent
avec candeur et applaudissent avec transport. Jugez de
leur éhahissemeut, quand rüpéra déploie a leurs yeux
les pompes gréco-hongroises de Ncméo.! Et pourtant
l'Opéra ne s'endort pas sur ce lit de roses. Au moment
méme oú j'écris ces lignes, on y répete Roland á Roncevaux avee un courage digne de ce glorieux paladio.
Roland n'attendra pas la fin du présent mois d'aout
pour livrer sa derniere bataille et s' ensevelir daus celle
défaite supreme qui, la poésie aidant, est devenue son
plus beau triomphe.
Voila toutes mes nouvelles.,Et je n'aurai plus ríen a
dire quand j'aurai signalé a l'aimable légion des p1a-nisfes la derniere publication de Mm• la baronne du
Verger.
J'ai loué comme il convenait, - il y a déja quelques
annóes, - les Étudcs mélodiques de cette adorable lirtuose qui ful jadis M110 Virginie More), et a qui la Cortune n'a óté ni son talent, ni sa passion pour l'art.
Mm• du Verger vient d'ajouter une nouvelle piece asa
collection, une nouvelle fleur a son bouqnet.
C'est une « valse brillante » intitulée Virginia, que
l'éditeur Richault s'est chargé de mettre a la disposition
des dilettanti. Valse brillante eet le mot propre. ll faut,
pour en tirer parti, pour lui conserver son caractere;
des doigts fort déliés, une main tout a la fois agile et vi ..
goureuse, l'intelligencc et le sentiment des plus fines
nuances, de la chaleur, de la verve, et en méme temps
une extreme délicatesse. 11 y a la de charmames mélo dies, des harmonies d'une distinction rare, une rentrée
amenée par une série de modulations du plus grand
etiet... Mais quelle idée peot donner la parole écrite de
toutes ces finesses, de to utes ces hardiesses de l'art? JI
n'y a qu'un moyen de connaitre ce morceau ravissant,
c'est de l'entendre, etje vous souhaite, ó lecteur! de
l'entendre exé~ater sur un bon instrument, par l'artiste
elle-meme qui l'a composé, et qui brille également consilio manuque, comme Fig-aro.
La ville de Dijon, qui a donné le jour a Rameau, et
qui en est fiere, a décoré une d°e ses principales roes du
nom de ce grand com¡:;ositeur. C'est ainsi qu'il y a maintenant a Rouen le cours Boieldieu. Mais on voít aussi
a Rouen la statu.e de Boieldieu. Dij¡in tient a ne pas
ctre distancée, et l'on s'y occupe de la stat.ue de Rameau.
Une souscription est ouverte a cet effet, en tete de laquelle se sont inscriL~ déja la plupart des musiciens favoris de la fortune, - Meyerbeer, peu de temps avant
sa mort, - Rossini, Auber, G. Kastner, etc. Tous les
autres suivront sans doute cet exemple, chacun selon
ses moyens, et les amateurs feront comme les artisles
aussitot qu'une suffisante publicité sera donnée a cette
oouvre pie. Rameau - Rameau, notre Orphée, comme
disait Voltaire - est le seul compositeur frangais qui
ait eu de grands et durables soeces a l'Opéra avant
M. Auber et Fr. Halévy. Rameau, qui était en outre un
tres-haLile organiste, a laissé quantité de pieces de
cla,·ecin, qui sont autant dechefs-d'reuvre. Rameau est,
de plus, le premier tbéoricien qui ait essayé, soit en
France, soit ailleurs, de porter la lumiere dans les obscurités de l'harmonie, d'y substitucr le raisonnement a
l'empirisme et d'en faire une science. Quand on ne fui
devrait pas tant de belles oouvres, aujourd'hui presque
inconnues (et c'est pour nous, en vérité, une honte),
la découverte de la basse fondame11tale snffira1t pour
rendre son nom immortel. Réparons done nos torts, il
en est temps.
On souscrit, a Pari~, chez M. Ch. Poisot, ruede la Rochefüucauld, ti; chez MM. Retté et Comp., rue Richelieu,
i 03; et iJ. Dijon, chez M. Bry-Darcy, trésorier général de
l're!1vre, rue Chahot-Cbarny, 26. - Le conseil général
de la Cóte-d'Or a déja voté une somme de i,000 fr. pour
ce monument, qui sera l'honneur du département comme
de la ville.
G. litQUET.

U3

L'ILLUSTRATlON, JOURNAL UNIVERSEL.

- U n'importe. Qui ne se reconnait dans lUl nom fa- ~on, non, je vous assure. Je vois la un arbre qui
~ p p e l a n t aucun nom, il finit
briqué? Décidément, Monsieur, vous le voyez ... Veuillez
me parait merveilleusement achevé. Ces deux fleurs sur• uveoll'S•
.
re.cevoir tous mes regreiq, mais je ne puis accepter votre
·0ar me demander le mien.
. .
tout... Comment appelez-vous cela 'I Un plaiane?
MCEURS ET TYPES D'AUIOURD'KUI.
P
·t alors soulever une tap1sserie.
1
- Mille pardons! C'est un arbre du Mexique : un ca- reuvre.
~~:t inutile, lui dis-je; M. de Ferrand ne me con- Je le vois, en effet, Monsieur, dis-je en me levant;
LE DlllECTEt:R DE TllÉ..l.TllE. FRAGME.'iT.
talpa des savanes.
et ces bonnes raisons ...
- Cbarmant. Vous avez vu le Mexique?
oait pas-. -erie demi-levée, retomba subitement.
. . . . . . . . .
- Croyei, Monsieur, a mon sincere déplaisir .
- Oui, Monsieur; et c'est précisément.. ..
l,:l u;~m se'ras5it. Seulement il prit le siége le plus
JI était onze heures du malin, je sonnai a ~e- •
- JI y a surtout ces trois actes, n'est-ce pas?
.
- Beau pays. Je suis sur que vous de vez le regretter.
Le g d la porte afin saos donte de parer a tout
porte basse. Un groom vint m'ouvrir.
- Oh! oui, ces trois acles... C'est la un obstacle mChétive nation, mais nature magnifique. Terre peu
procbe e
'
- Monsieur de Ferrand? demandai-je.
surmontable.
événement.
•
· ·¡ M d connue....
Le ~room, ayant aper~u un manuscrit sous moa ~
-Si "M. de Ferrand ne.vous conna1t pas, d1t-1, . e
- Peut-etre auriez-vous la bonté de me dire, Monsiel\1',
- C.'est pour cette raison, Monsieur, que je me sois
me to1sa avec le plus profond dédain.
si les trois actes que vous avez représentés, il y a deux
and ne vous recevra pas.
- Que lui voulez-vous? me dit-il.
Monsieur, dis-je, a bout d~ p~tien~e, et me ~our- permis de vous présenter ....
mois, ne sont pas de M. Lefort, dont vous parliez tout a
- Vous devriez uliliser votre passé. Bien peu de Francoté du Recrétaire, est-11 bien reellement necesSon regard me prouvait qu'il savait aussi bien
naot du
·
h f d l d' . . de ~ais voyagent. Une spécialité, voyez-vous, c'est le salut. l'heure~
moi l'objet de ma visite.
- Certainement, Monsieur, et je les reprendrai cet
~aire d'etre ministre d'Etat ou c e b' e ; iv1s1on s
Combien de temps etes-vous demeuré au Mexique?
biver.
Le public de M. Lefort, ce n'est ni vous ni moi,
- Mon am_i, l~i .~ép_on_dis-je, je vous demande llllt tbéatres pour etre adruis dans ce ca met
- Pres de dix ans.
J&gt;ardons; ma1s s1 e eta1t a vous que j'eusse affaire
_ )loosieur...
- Mais c'est superbe ! Mais vous devez avoir vu et en- Monsieur, c'est le monde.
n'aurais pas demandé M. de Ferraod. Permet~
-Aoquel cas, ces deiu places ne se trouvant pas va- Monsieur, j'ai bien l'honneur de vous saluer.
. me verrai obli"é de renoncer a cet honneur. tendu tant de choses ... Vous pourriez rouler sur l'or.
done de ne pas vous confier ce que je désire lui e~
- Monsieur, je sms)e vótre.
caoies, Je
º
, .
L'Amérique c'est la qu'est !'avenir. Des forets vierges,
quera lui-meme.
ll reprit le Constitutionnel, et je quittai la chambre a
_ Vovons, Baptiste, fit le secreta1re...
.
'
Ah'
oom et le commis causerent longuemcnt a VOII des savanes, des placers, voire meme des sauvages. •. • coucher.
Le groom ouvrit une bouche d'un quart de lieue, 11
Le ~e temps a autre ils jetaient sur moi de5 regards .Monsieur, je voudrais etre a votre place.
De retour chez moi, je ne pus résister a la folle
regarda encore quelques instants, comme ébahi, Plllí.
- Moi a la vótre, Monsieur..., car j'acceplerais imméb~·
refermant ses levres, il grommela quelques syllabes. 11, e!Iarés, se demandan~ pe~t-c~r~ s1··Je n•·et~1s
pas I' un d.es
idée d'envoyer au directeur un billet ainsi con~u :
diatement le drame que j'ai composé précisément sur un
résultat fut qu'il me conduis1t dans une sorte d'aall ambassadeurs japonais, degu1se et blanch1 pour la c1rsujet qui parait.....
.
chambre oú, pres d'un grand bureau, était assis un~ constance.
.
. .
11 Monsieur,
- Monsieur, quand on dessine avec cette perfect1on,
1
sieur qui fumait. (t)
Enfin, Baptiste souleva une seconde fo1s a tap1sser1e
et
qu'on
revient
d'Amérique,
on
a
des
trésors
sous
sa
- Monsieur... lui dis-je.
«Je crains que M. Lefort ne se pende, et que vous
et disparut.
, , , main. Je suis sur que vous avez du rapporter mille esApres une grande demi-beure d'attente, sa tete bebetee
ne pleuriez un peu. 11 y avait dans ma piece un ballet
Comme le groom ne se retirait pas, je le regardai.
.
. de femmes sans maillot, ornées de vers luisants sur la tete.
11 par~t plus inquiet et plus ébahi que jamais; Poi, se fit jour daos un entreb~illement, et sa bouche parla. q uisses ra vissantes.
- Pas une, Monsieur. Je vo1.1s répele que Je ne sms
«- J'emporte dans l'exil le secret de cette danse
ayant fa1t quelques pas vers la porte, tomb1 tout de•
_ Si Monsieur veut vemr...
. point artiste. Je dessine pour mon plaisir. J'ai l'honneur
La demande était loin d'etre indiscrete, et pouva1t
long dans un fauteuil.
de vous faire remarquer que vous tenez en ce moment un étrange. »
« G1mn-noY. 1&gt; •
- Peut-etre, me dis-je,c'est ici lacoutumc que les W plutiit passer pour inutile. Je m~ levai e_t le suivis.
Et je signai :
Apres avoir franchi deux coulo1rs paría1tement obscurs, drame de moi ...
mestiques prennent part aux cooversations de leur maltre,
- De vous? C'est possible. Oui. J'ai vu. Eh hien ! réCette plaisanterie ne pla~ait pas mon d.l'ame. Je ne
rt tels que devait etre le lit de l'Achéron, fleuve des en:
J'étais assez ignorant des usages du théatre, je ne m'•
llexions faites, vous devriez sui vre mon conseil. Les arts.. - veux pas pousser plus loin le récit de mes pérégrinations.
tonnai pas trop.
rers, je me trouvai en fin dan~ une sort_e ?e chambre a - Encore une fois, Monsieur, il nes'agit pas des arts,
Depuis, les faiseurs se sont emparés de l'Amérique et
ci,ucber grossierement meublee, enlummee de tableaux
- Monsieur le directeur? ... dis-je en m'asseyanl
mais des lettres. Veuillez me dire si je dois laisser ce
crou.~tillants, et parée de damas rouge, j1J.Squ'a en é~la_ont exploité la veine.
-. Monsi~ur, fit !'homme en m'envoyant une
On appelle faiseurs certains bommes tenant l'emploi de
ter. A gauche était un lit sans rideaux; un homme eta1t manuscrit entre vos mains.
au v1sage, Je ne suis pas le directeur.
- Certainement. Ah! non; tenez, c;est inutile. Tout pourvoyeurs d'un théatre, place un peu plus lucrative,
. Je me tourna! de nouveau vers le groom. Le ~ dani; ce lit, qui dit au groom : laissez-nous.
a lait inutile, en \érité.
mais, d'ailleurs, aussi solide que les positions de baimperturbable ccoutait.
•
Le groom sortit.
,
.
. .
- Cependant, Monsieur, vous n'avcz pas encore lu... layeur ou d'ouvreuse. Nulle scene aujourd'hui sans un
J'étai3
devant
le
directeur
du
theatre.
M
1eux
devra1s,
Je
- Je ~uis son secrétaire, reprit l'homme; et, man•
- Cet examen me suffit. C'est trois actes, je crois. de ces bommes, destinés a la fournir de pieces, cornme
dire:ll ses cótés; car je ne voyais de sa face que la moivrant son siége avec une vivacité singulicre, il éllla,:
Est-ce
bien réellement eu trois actes?
le lampiste l'entretient de gaz. Ces gens-la savent tout
ses jambes sur son bureau; et de tou~ sa personne, ~ tié d'uo bonnet tte coton, le quart d'un reil et le sixieme
Bien
réellement, Monsieur. Je n'aurais cu auclJ.D ce qui concerne leur état, voire méme, et dans les granapeine d'une bouche ensevelie dans la barbe. Le tout
ne vis plus qu'une aigrette de cheveux jaunes, crepés
intéret a l'écrire, si ...
des occasions, écrire trois scenes de leur drame. J'en
sur son occiput.
me parut jeune encore.
- Trois actes... Eh bien! Monsieur, qu'est-ce que connais jusqu'a deQX qui possedent une plume, et pour
Les directions de tbéatre, en temps de privilége, ne
Je me levai.
qui l'encre ou le papier ne sont point des matieres tout
sont, comme vous pourriez le croire, ni les récompenses vous voulez que je fasse de trois actes?
- Mon Dieu, monsieur, repris-je, je suis désolé •
- Mais... que vous en preniez connaissance; puis,
du mériw ni les canonicats des écrivains de talent. L'ina fait inconnues.
VQUS avoir causé quelque dérangement, mais...
s'ils vous plaisent, que vous les représetitiez. .
.
'
.
Comme peu de gens se résolvent a cette pénible extrémi- Vous ne me dérangez pas du tout, dit-il saos• ' capacité notoire d'écrire une ligne en bon fran~a1s J,a- Trois actes a mon théatre: c'est de toute 1mposs1- té, d'écrire saos signer, ou de signer saos écrire toutes les
raissait autrefois un titre exigible. On prétenll que les
regarder, je ne faisais rien.
bilité. Qu'est-ce que c'est?Y a-t-il des décors la-dedans? platitudes exigées par autrui, les faiseurs sont tres-rares.
chefs-d'reuvre n'ont pas'demeilleurs juges que les igno- Cependant. ..
- De tres-beaux. Leur originalité ne saurait meme JI faut, d'ailleurs, je ne le conteste pas, un talent parti- Diles votre affaire.
rants. Peut-étre a-t-on raison.
étre contestée ... par vous du moins, Monsieur, qui venez culier pour exercer ce genre d'industrie. Littérairement
Tous les iournaux du matin étaient étalés sur le lit.
Cette fois, il me regarda.
de me dire que le Mexique, pays peu connu, était une parlant, l'Opéra-Comique e~t un genre batard; tout le
M. de Ferrand lisait le Constitutionnel. JI me fit signe de
- Nous sommes la pour ~a, n'est-ce pas? Dites votn
source destinée a longtemps alimenter la curiosité fran- monde cependant ne saurait composer un livret. 11 en est
affaire.
m'a.•seoir.
de meme des mélodrames en vogue. Je respecte done infi- Le temps, dit-il, d'achever un fait divers qui m'in- caise.
- Monsieur, répliquai-je, je vous demande m11lepu• - Certainemerít, Monsieur, mais ... Est-ce que !'aven- nimeut la puissance d'extension des faiseurs. Ce sont de
dons; mais, si c'était a vous que j'eusse affaire, je n'aotéresse.
ces bailes de caoutchouc qui rebondissent a toute pres11 est certain que le fait divers l'intéressait.11 parais- ture se passe au Mexique ?
rais pas demandé M. le directeur. Permettez..moi done
- Le titre a du vous l'indiquer.
sion,
et s'allongent indéfiniment selon les exigences, les
sait
en
cootempler
béatement
le
caractere
minuscule,
se
de ne pas vous confier ce que je désire lui expliquer i
- En vérité? Je n'en doute pas; mais le Mexique est désirs et les c1prices. Hommes précieux pour les théamirer dans chaqu(' pbrase, étudier le contour de chaque
lui-mcme.
lettre, comme si elle eut renfermé quelque précieuse dé- vieilh ... 11 s'use au théatre ... Tenez; je vois la un ran- tres, ils ne les ont pas absorbés, ils se sont laissé ab- Mais, monsieur, reprit l'homme trcs-surpris, croyeacho daos une foret; qui est-ce qui n'a pas vu sur la scene sorber par eux; le public, oublieuJ¡ du passé, est dope
couverte. Peut-etre y reconnaissait-il le style du drame
vous qu'un directeur de tbéatre soit ainsi au service de
un rancho dans une forét?
de leurs grands mots, volés a de grands hommes; il
de la veille. Un instant je crus qu'il s'endormait.
quiconque vient le demander'I
Ni
vous,
ni
moi,
je
pense.
.
leur fait meme une renommée sur la vue d'un ballet,
- J'en étais sur, éclata-t-il soudainement. Je vois le
- Oui, Monsieur. Une direction ne me semble pasen_ C'cst petit. Puis ... un rancho... personne .~e sa1t ~ tres-bon pour ceut pieces différentes; quant aux direccoin do papier bors de votre poche. Vous venez m'apportraioer seulement des droits, mais des devoirs. Or, le
que cela ve11t dire. C'est une tangue a ¡,art, qu 11 faudra1t teurs, certains de l'eflet d'un décor, a peine ont-ils lu le
ter un manuscrit.
premier devoir d'un homme qui jouit d'une c.ertaine inensei.,.ner au public. Ah! si Lefort, mon pourvoyeur, se drame qu'ils représentent. lis savent ce qu'il faut en saJ'avouai le fait, et j'ajoutai que je n'y voyais point de
fluence, c'est d'écouter les gens au sujet desquels s'exerce
char:eait de la chose, peut-etre ... Votre intrigue est- voir, qu'il y a danse au troisieme acle, coups de poignard
quoi rougir.
cette influence. Saint Loui5s Yonsieur, rendait la
elle ~u moins tres-nouée, tres-embrouillée 't Mon puiilic au quatrieme, apothéose au dernier; tous les sens sont
- Certainement, dit-il; qu'est-ce que c'est?
justice sous un chéne de Vincennes. Je ne crois pas qu'il
est fou des tissus inextricables. Y a+il des coups de récréés, l'oreille par la musique, les yeux par les tableaux,
Je loi présentai le drame. JI en considéra attentivesoit déshonorarit de recevoir; daos ce cas, votre emplei
poignard? Saos doute ... Mais c'eRt de l'imagination. Mon les désirs physiques par les nudités; et, quant a l'intelment la couverture blanche, puis le retourna vivement
serait done peu honorable?
. .
ligence, ces mes5ieurs n'ignorent pas comment se comsur l'autre face, comme s'il eut craiot d'y découvrir public préíere les s_cene_s historiq~es. ,
Cet argument parut toucber l'honnete commis.
_ Le sujet est h1stor1que,Mous1eur. Cest une h1sto1re pose un peuple. Trois cerveaux sur quatre-vingts tetes;
quelque insecte, ou qu'il eut voulu s'assurer de sa par11 se radoucit.
la majorité est pour eux.
íaite propreté. A part moi, je remercir.i le ciel d'avoir réelle, que ...
- Monsieur, dit-il, un directeur n'a pas de temps l
_ Une liistoire réelle, Monsieur? Un fait qui a vrailci, comme en librairie, je ne sais trop ce qu'il faut
recouvert ma prose d'un papier neuf. Peut•elre était-ce
perdre, et...
ment
eu
lieu?
blamer.
~ous suivons une pente qui mene a un abime;
la le cntérium ou les d1recteurs cherchent le talent.
-Aussi, Monsieur, n'ai-je pas l'intention de profaner
- J'ai élé témoin d'une partie de ce drame, et. ..
toul
le
monde
en convient. Mais a quoi bon dire : rel.e jugement n'~tait cependant pas défi~itíf. Apres ce
celui de M. le directeur, en lui contant des bali,ernes.
Le directeur roula précipitamment le roanuscrit.
montez?
Dit-on
au malheureux qui se noie : nagcz? 11
premier
examen,
M.
de
Ferrand
ouvrit
le
cabier.
11
lutle
Je viens l'entretenir de son tbéatre, et c'est un sujel
_ Comment, Monsieur? Et vous m·apportez la rela- pourrait vous répondre : Je ne puis, ou je ne sais.
titre,
regarda
soigneosement
si
la
page
10
se
trouvait
a
la
auquel, je crois, il doit tout son temps.
tion d'une aventure véritablc? Voulez-vous done perdre
Quant a se jetcr au secours du noyé, c'est risquer de
suite immédiate de la page 9 ; p11is, rassuré sur ce point,
- Baptiste, dit le secrétaire, demandez a M. de Fermon théatre, m'occasionner des µroces, donner prise
se
perdre soi-meme. Qui le veut? Qui l'ose?
il
examina
la
courbe
des
figures,
quej'avais
capricieuserantl s'il est visible. Dites-lui que Monsieur insiste, que
la calomnie, au scandale? Grand Dieu I je sois sur que
Et
voila comment les théatres sont anx faiseurs, les
ment
ajou(ées
au
dernier
mot
du
drame.
c'c:.l une affaire personnelle.
votre
Romero
existe
encore.
faiseurs
sont aux t,béatres, l'humanité a la sottise et notre
11 parut alors enseveli dans un difficile probleme de
Le groom s'inciina profondément devant moi en pa&amp;Le
drame
exige
sa
murt.
patrie au progres.
géométrie, d'ou il sortit au bout de quelques minutes, en
~aul. Xul tluute qu'il ne me crut un myetérieux potentat
- Si ce n'est lui, quelqu'un des siens.
. . .
. . . . .
lllediaant:
de la littérature. L'audace est rare chez un débutanl ll
- Croyez, Monsieur, que les noms sont supposéi;
- Vous savez des.iner?
me considéra longtemps, comme s'il eut interrogé ses
que le fail seu\...
- Oh I fis--je, comme toul le monde.

fe:

booltl

.ª

.

(1 ¡ La ..ceue Ue&gt;t pas.e pu au tbeitre, m&amp;isebez le directeur.

.

.

..

�U4

V ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVEtlSEL.

125

L' 1LLUSTRATI0N, ,lOURN AL UNIVERSEL.
..............

=~"""='------=-~:::,-: ---

---=--: ~.

.

.
~~- .,-;

-¡ .

CHATEA.U DU MESNIL-GUILLAUAIE,

CATHÉDRALB DE BAYBUX,

ABBA.YE AUX DAMES, A CAEN.

CHEI\BOURG.

NOTllE-OAil!E OB SAINT-LO.
1

rinage pour les marins, k
vuo s'étend sur la rade i
llavre, sur l'embouchurei
la. ~cine et sur la cote i
Calvados, inconnue hier,i
aussi connue aujourd1i
que l'est l'asphalte du boalt
vard des Italiens. Villerole,
eher aux artistes; Trotni
surtout, ville de plaisir,toa
neuve, pimpante et lt
quette, qu'atfectionne •
monde élégant et meme eitravagant, oú la vie est DI
fete et le costume une malt
rade; Villers, Houlgate, Jlet
zeval et Cabourg, qui a!fÍ'
rent au meme role, s't
chelonnent jusqu'a la rimll
d'Orne, le long de la plaf

EXCURSIONS

COTES DE NORMANDIE
ET DE BRETAGNE,

Deuxiéme article.

Honfleur, vieille ville de
peéhcurs, qui devient Je
port de la hasse Normandie,
graee au chemin de fer, est
hientót vu. Son église
Saint-Léonard oflre une jolie
fa~adc du quinzieme sicclc,
mais c'esl la cóte de Grace
&lt;¡ui attire les touristes. A
l'ombre des belles futaiesqui
la dominent et qui entourcnt sa chapelle, lieu de pele-

EGUSE SAINT-GEllMAIN, A ARGtNTAN.

GRANVILLB.

W.pres les croquis de M. lleruy pére.

CATHIÍDRA LB ffliYREUX.

LE RllNARD l!N CHASSE,

- .- . .... .

. . . = - - ~ _ ; --

---·- - .

�126

L'ILLUSTRATION, JOURN~L UNIVERSEL.

admirable qui s'é!end de Honfleur li Port-en-Bessin. faire des pointes le long de la route. A Lison, c'est celui
Nous retrouverons plus ),,in les autres stations de de Saint-Lo; a Mózidon, c'est celui de Falaise.
CORRESPONDAN CE.
cette cote privilégiée. De Trouville oú de Honfleur, re
Saint-Lo nous entrainerait bien loin, a Coutances, a
cbemin de fer nous mene a Lisieux et a Caen.
Granville... et en Brefagne, suivant le troisieme itinéraire
Saint-Sébastien, 15 IOit.
Caen, c'est la ville académique et marchande, grave dont nous ne nous occupons point aujourd'hui.
au milieu de ses vieille&amp; maisons et au pied de ses vieilImpossibl~ de ~ien_ vou~ écrire d'ici aujourd'hJJi.
A Falaise, ou Guillaume le Conquérant estné, il existe
les églises, qui datent de la conquete d'Angleterre.
aube~ge,
m cafe, m pap1er; l'eucre est inconn11e.
les ruines importantes du chatean des ducs de NormanL'église Saint-Étienne, aussi appelée l'Abbaye aux die. On montre, dans le donjon, le réduit qui aurait été voula,s coucher ici, c'est impossible; le cbemiu de rer.
Hommes, et l'église de la Trinité ou l'Abbaye aux Dames, témoin des amours d'Arlette et de Robert. Les arcbéolo - va, a M~drid que pour c_ette seule fois, comme
09
sont les spécimens les plus considérables de l'architec- gues prétendent q11e ce donjon n'était point encore batí aI Amb1gu, et la nouvelle hgne ne fonctionneraqu'a ~
ture normande du onzieme siecle. L'église Saint-Pierre de ce temps-la. N'ímporte, les ruines sont grandioses et d~ 20. ~pres le banquet, qui se passc en effigie et
baigne dans un cours d'eau son chevet délicatement dominent un site des plus pittoresques.
nen fimt pas, le train de Madrid nous enleve.
ti
sculpté a la renaissance, et marque le centre de la ville
Sa.chez seulement, pour aujourd'bui, que S.M.~
Sur la route, l'église de Saint-Pierre ..sur-Dives est
. avec son élégante fleche en pierre. En face, s'éleve un célebre dans les annales normandes, qui ont conservé líqu,e ~ été haranguée par M. Isaac Pcreire, que le~
élégant logis de la renaissance, alfecté aujourd'bui a un le récit de sa construction, faite, au milieu des prieres et a bem la fete au son d'une musiquP. qui jouait les.r..,
service public. Enfin le musée, l'un des plus importants des chants, par des corvées de pelerins, qui y appor- ciers. J'ai vu la des massiers dignes d'escorter Brid'~
de la proivnce, mérite mieux qu'une visite distraite.
taient en procession, la pierre, le bois, le sable et la des corrégidors en uniforme de colonel, en un ~
Au lieu de reprendre le chemin de fer et de gagner chaux, et les vivres nécessaires a une si grande réunion féte du 15 aout dans un village.
Bayeux directement, montons en voiture, et faisons un d'bommes.
O~ remarque avec surprise, au milieu des band~
crochet en visitant les autres stations de bains qui se
~e
tou~es couleurs qui fiottent a la brise marine et.._
Plus loin est Argentan, ville ouverte et paisible ausuccedent sur la cote, a l'abri des rochers dn Calvados. jourd'hui, ville batailleuse et fartifiée jadis, lorsque les t'.llent Joy,eu~e_ment sur le bleu plafond du ciel, )'e~
C'estd'abord Lion, puis Luc, Langrune, Saint-Aubin, Ber- ducs de Normandie et les rois de France, les Anglais et s1on systemattque du drapean franfais. - La sal)~
nieres et Courseulles. Toutes n'ont pas la meme impor- les· Fran~ais, les catholiques et les huguenots, les fron- banquet est un immense fer a cheval, dont la _..
tance, et ce sont pour la plupart les refuges des gens pai- deurs et les royalistes se la disputaient. Elle possede en- royal e fait le fond; derriere Sa Majesté, on joue, peodaii
sibles qui_cherchent Join de Paris autre cbose que París. core son chatean du,quinzieme siecle, quelques tours et tout le temps du repas, l'air des Lampions sur un 1A Co11rseulles, petit port de mer auquel le commerce deux belles églises. Urie surtout, celle de Saint-Germain, bour de basque. - Vóici le repas fini, les dames¡
des buitres donne une certaine importance, vous pouvez est un des rnonuments les plus complets de )'extreme Saint-Sébastien se précipitent sur les reliefs de
11
assister a l'éducation de ces mollusques intéressants. fin du quinzierne siecle; comme ja'clis a Bayeux, de~ friandises, d'apri&gt;s nn usage espagnol que vous ne Slfl
Car il faut q*'une buitre sache vivre pour se présenter domes la couronnent. Retournons sur nos pas.
pas. - Le canon gronde, les eloches sonnent; l'beat
honnetement sur la t_able. Les hultres qu'on apporte a
Lisieux est encore une vieille ville, avec une foule de presse,je me sauve. Je vo11s écrirai ce soir de Vittoria,
Courseulles de la baíe de 'Cancale, ou on les a pecbées, maisons en bois, dont les étages en surplomb étranglent
On remarque, parmi les invités franfais, MM. TM.
sont des rustaudes d'un gout saumátre, et des mal ap- les rues. Une imposante catbédrale les domine, spéci- phile Gautier, Jules Simon, Osear de Vallée, d e ~
príses qui.ne savent garder lcur eau. Savoír garder son men de l'arehitecture normande du douzieme siecle, ar- Desmarets, Bixio, Hetzel, Víctor Lefranc, le duc de Gr¡;
eau, voila l'important et le difficile. A Courseulles, ou on chitecture plutot de constructeurs que d'artistes, car la mont-Caderousse, la duchesse de Persigny, M. Léo)IOli
les parque en ea11 claire, elles se nettoient; puis, expo- statuaire y est rare.
Java!, et heaucoup d'autres personnes que je n'ai pas~
sées sur Jes bords de l'étang, elles s'habituent peu a
Parisiens, découvrez-vous! la vallée que vous traver- temps de vous nommer.
peu a vivre en, dehors de leur élément. Enfin, lors- sez engraisse les breufs colosses que vous admirez chaVotre serviteur,
X. Y. z.
~
qu'elles sont a point, on· les emballe, on les ficelle, et que année avec le méme enthousiasme. Ici, la terre vaut
en route pour París, Lyon, Marseille ou Naples meme, 8,000 francs l'hectare, et ce n'est point pour y batir. Sur
BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE.
suivant le degré de l'éducation qu'on leur a donnée.
cette terre généreuse,les chateaux poussaieht aussi dru que
Mais nou~ ne sqmmes point venu a Courseulles pour l'herbe. Il n'est point de paroisse qui n'ait eu au moins
Le Ch.evalier du silence, par M. Alexandre de Lavergne
bayer aux buitres qui ne baillcnt point.-L'église moderne le ~ien. Avec les cbáteaux normands on ferait l'histoire
de la Délivra:Íde et son important pelerinage, les égliscs de l'architecture d'année en année, depuis que la suC'est un tout petit volume, une simple no'uvelle, ce
anciennes de Langrune et de Bern íeres ont pu nous arreter reté des carnpagnes permit les constructions ouvertes. qu'il y a au monde de moins tapageur, de plus modestt,
un moment sur la route, ou la marquer de leurs clocbers Mais, par un ce~tain respect pour la tradition, que les de plus éloígoé de toute prétention. Pas d'événemenll_
comme avec des jalons gígantesque8. Le chatea u si pit- querelles religieu~es du seizieme siecle et les querelles extraordinaires, pas de passions violentes; pas de catoresque d~·Fontaine-le-Henry, l'antique église de Trun politiques du dix-septiéme justifierent, ces . résidences racteres excentriques. Des hommes de cbair et d'ot
ont pn servir de but d'excursions. La vallée de la Seulle, affecterent toujours une certaine appareuce fortifiée, ou comme nous en avons tous connu, corñme nous en coaavec son antique chatean de Creully, manoir du trei- cbercherent la sécurité derriere les douves de leurs doyons tous les jours. - ~n vieux soldat, devenu géoézieme siecle, et plus loin la cbapelle romane de Saint- fossés. Te! est le cliáteau de Mesnil-Guillaume, voisin de ral, grognon, bourru, impatient de la contradictioa,
Gabriel, nous meneront a Bayeux. II y aurait aussi Arro- Lisieux, dont nous montrons ici l'originale physionomie. prenant les bornes de son intelligence pour ceHesde
man ches a visiter, avec ses hautes falaises, d'ou les flots
Avant d·arriver a Évreux, Conches, si pittoresque- r esprit humain, et convaincn que ses épaulettes le disont détaché deux aiguilles gigantesque3, mesdemoiselles ment groupé sur un coteau, offrira aux curieux les ma- pensent de la politesse; - un jeune officier, bra,e et
de Fontenaille~, qui se tiennent debout au milieu des gnifiques vitraux de sa cbarmante église a la fleche de galant, aimahle étourdi, fidele en tout point aux tradt
blos amoncelés, jusqu'au jour ou, ren versées elles-roemes plomb. Quant a Évreux, il s'étale coquettement au fond tíous de la cavalerie légere, et dont l'amour, quoiqut
et brisées, sans cesse mordués et roulées par la vague, desa vallée calmé et paisible, au milieu des arbres et de sincere, est sujet aux distractions. - Deux jeunes fiUes.
elles se réduiront en ces sahles que la marée traine sur la verdure. La !leche de plomb et les to11rs de sa éatbé- cbarmantes, cela va de soi, mais de complexions, d'ins,
la plage, et en ces bones qu'elle chasse dans les fleuves. drale, l'aiguille de son beffroi relevent le profil de ses tincts, de caracteres diamétralement opposés, une aoBayeux possede une magnifique cathédrale, ou le go- mai~ons, largement étalées parmi les jardins.
tithese vivante ! C'est ce qui prorluit le~ distractions. thique s'est soudé au roman le plus heureusement du
De Bueil, un omnibus vous conduira au chatean d'A- Deux homrnes d'esprit qui sont aussi deux honm!tes
monde. Le dix-septieme siecle meme avait arrondi un net, la résidence favorite de Diane de Poitiers, et l'un gens, et dont l'un, le silencieux, pousse l'abnégation
dome, au-dessu$ de la tour centrale qui datait du quin- des plus élégants vestiges de l'arcqitecture de la renais- jusqu'a l'héroisme. - Ajoutez a cela les beautés de la
zieme siecle, et ce dome s'barmonisait le mieux du sance. Bientot le chemin de fer vous ra~énera a.Mantes, nature décrites simplement, mais avec gráce, le lac da
monde avec les deux fleches aigues de la fagade. Il a de la a Paris.
Bourget, les grandes montagnes couronnées de neige,
fallu repr~ndre en sous-amvre les piliers de support, et
Avouez, en rentrant au logis, que si tout ce que nous un tablean intéressant dans un cadre enchanteur... Ea
le dome, que cette opération devait sauvei;, a tout d'abord vous avons montré était ailleurs qu'en France, on en vérité, c'est plus qu'il n'en faut pour une lecture de
été supprimé. Quand le rebatira-t-on~ A Bayeux aussi, dirait des merveilles et on l'exalterait a l'envi. Mais cela quelque~ heures.
une rareté insigne nous attepd. C'est cette immense est cbez nous et nous appartient, et l'on est bien pres de
G. liÉQUET.
(11 Parts, Hacbeite et e•.
piece de toile, brodée de laine, que l'on appelle impro- le mépriser.
'
prement «la tapisserie de la reine Matbilde. » Une main
.Al.FREO DAl1CEL.
contemporaine y a figuré l'histoire de la conquéte d'Angleterre par Guillaume le Batard.
DE PARIS A CONSTANTINOPLE.
Cherbourg, cette sentinelle qui surveille la cote anLA FUITE DU REijARD.
glaise, montre tout ce que peut accomplir le génie huLa compagnie des chemins de fer de l'Est a organisé,
depuis
quelques années un servi:e a grande vitesse en•
main. Au fond d'une ~ade ouverte, au milieu des roA•Jx gloussements effarés des poules, aux couans
chers, la persévérante volonté de plusieurs regnes a couans désespérés des canards, Gros-Jean est entré daos tre París, Munich, Vienne, les escales du Bas-Dannbe,
crée un port militaire a l'abri de cette digue, refuge de le clos, le báton levé. Tuop tard, hélas ! trop tard ! Le Odessa et Constantinople. Le prix du trajet en t" et
r,n 2• classe vient d'etre considérablement abaissé.
la marine marchande $Urprise par les tempetes sur ces bandit en est au dessert, et le repas a été copieux. GrosOn peut done, a peu de frais et dans un délai de cinlJ
cotes dangereuses. C'est beau et c'est grand.
Jean se précipite sur luí; maitre Renard détale; en moins jours et demi, visiter Stuttgardt, Munich, Salzbourg et
Maintenant que nous sommes parvenu au bout de de rien, il cst au bout du clos : la nature trop bonne a Vienne, descendre le Danube de Bazias a l:l. mer ~oire,
notre course, i1 nous faut revenir sur nos pas, et traver- donné des jambes 'de cerf a ces Attilas de basse-cour. et, apres une courte traversée sur cette mer, arriver i
ser de nouveau ces riehes herbages du Cotentin, et ce Déjale mi~érable est tout pres du mur : un élan, et le Constantinople, une des villes du monde qui sollicitent
fertile pays qui nourrit un peu Paris et Londres, qui ne voila sur le faite : tout tranquillement íl se retouroe, et le plus la cnriosité du .voyageur.
Que de sites, de tab,leaux, de souvenirs, enfermés
pourrait déjeuner saos le beurre et les reufs frais qu'on d'un air narquois regarde Gros-Jean qui court toujours.
dans ces quelques lignes, et qu'il faut savoir gré aux
qu'on lui expédie d'Isigny.
Pas le moindre remords
cheruins de fer de nous permettre de les admirer et de
Quelques petits embrancbements nous sollicitent a
x. FEYRNET.
les évoquer, en combinant la rapidité et le bas prix !

¡

-On

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

l1·t daos l'Jndépendance beige :

• d N'
scription de la Compagme
e ice s' annonce
.
_
1 s meilleurs ausp1ces.
sous e apitaux aoglo-fran~ais se réunissent dans une
« Les \rdiale pour l'amélioration et la prospéfilé du
e~ten!e;ent des Al pes-Maritimes et de Nice en particu~eparo:os le sein du comité d'administration figurent
her,
bres influents du Parlement, de la Banque et
des mfi eanmces dans le Royaume-Uni. Ce sont MM. H. Gladsdese nw.Cargill,R
·
1
\"
.
.. Ban_ey
"ªde, F. Harri~son.,.
10
º« Al'importa~ce P?lillque de ces noms v,ent ~ a~outer
onsidérat1on si heureuse pour les dest1nees de
cettet cpri·se c'est qu'une partie considérable du capital
l'en ,re uscrite
- ' a Londres. Pour la France, 1·1 su ffi t de
a•- éte so
des' ooms comme ceux de ·M. Ferct·inan d Barrot,
c1ter
. .
de 1,.mtér1eur,
· . "•·
u Lr b
. tenr ancien mm1stre
eie vresena
,
·
·
·
t
d
· lle' sénateur anc1en m1ms re u commerce ""t des
Duru,,,,' publics · )Massena,
'
duc de R.1vo1·,, d'eputé des
tt~=
'
.
-Maritimes.
C'est
assez
d1re
que 1e gouvernement
A1peS
d ,
. ~
t
.
f ~is ne peut manquer e s assoc1er .,. une en repr1se.
ra_n sans parler des nuances politiques évidentes, a un
:;~ctere si éminemmen~ nationa,l.
,.
, ,
« L\,bjet de l'entrepr1s~ est d acquer1r, a_menager et
revendre des terrains a N1ce et sur tout le httoral de la
Médíterranée.
« La direction générale d~ la ~o~pagnie est co~fiée a
M. Droosart, ancien, secré~a1:e gener!I du Bas-Rhrn. Le
capital social est fixe prov1so1rem~nt ~ 6,250,~00 fran~s.
La sou5eription sera ouverte le 1eud1 i8 aout, a Par1s,
26, rue de la Chaussée-d'Antin; a Londres, 9, KingleArm-Yard. &gt;1

« La sou

Un vaste passage s'étend derriere les tribunes; il est
ento•iré de stalles et de boxes en quantité suffisante pour
que tous les propriétaires puissent y trouver pour les
cheva•1x un abri sur et commode.
L'hippodrome de Porchefontaine veut olfrir au public
le curieux spectacle de courses pi ates, de steeple-chases et
de courses au trot sur le meme terrain. Une piste gazonnée et élastique, d'une étendue de l ,800 metres, est
préparée pour les premieres. Elle est doublée d'une
1·oute rnacadamisée pour les i;ourses au trot; quant aux
steeple--chases, ils trouveront dans la vaste étendue du
pare de Porchefontaine toutes les facilités de tracer un
parcours accidenté, semé d'obsta:cles naturels, exempts
d'nne dimension exagérée, et des proportions trop exigues
qui nuisent également a l'intéret du spectacle.
Le nouveau terrain se trouve placé dan.s des condi •
tions de succes p~u ordinaires. Le cbcmin de fer de lR
rive gauche et celui de la rive droite y conduisent également, et la route par terre offre aux voilures et aux
cavaliers l'occasíon d'une charmante promenade.
Le succes d'une semblable entreprise semble assuré
d'avance. Elle olfre, au point de vue sérieux, un intéret
positif et réel, et ne le cede a aucune autre sous le rapport du spectacle.
C'est probablement le 8 octobre prochain qu'aura lieu
l'inauguration de l'hippodrome de Porchefontaine. Ce
début ne peut manquer d'y attirer tout le monde spécial,
et le programme de cette premiere· journée sera combiné de maniere a donner un spécimen du but que se
propase la Société et du róle qn'elle est appelée a prendre sur le turf franfais.

MACHINES A COUDRE POUR FAMILLES.
3OCIÉTÉ INTERNATIONALE

DES COURSES DE POkCHEFONTAINE.

Un !rrand mouvement s'est produit en France dans la
questi~o cbevaline pen?ant le co•~ de_ ces dernier~s
aooées. Bien des pre1uges sont tombes, b1eu des doctrines se sont étrangement modifiées. Au milieu de toutes
ces opinions diverses, un revirement sensible s'est opéré
dans les idées sur les courses. Apres avoir été violemment combattu, ce systeme a fini par prévaloír, et nous
avons vu toutes les localités importantes rivaliser entre
elles pour contribuer par la fondation d'un h:ppodrome
a cette grande muvre, a laquelle travaillent depuis de
lonl{ues années la Société d'encouragement et l'administration des haras.
On ·a rencontré ici, comme partout, des opinions díffér'entes et des points de départ opposés; telle localité
réservait tous ses enl!ouragements pour une branche
particuliere de ('industrie chevaline, négligeant ou attaquaot violemment l'utilité des autres. Au milieu de ce
coollit la vérité se trouvait partout et n'était cependant
aulle part. Un ensemble se compose de différentes parties
et tontes concourent simultanément a l'reuvre principale.
Une idée grande et féconde devait naitre de.tous ces
éléments contraires. Il était donné a une société fondée
sur de larges bases de réaliser ce qu'il était impossible a
cbacune de faire en particulier. 11 s'agissait de trouver
un terrain ou ces différentes branches d'une meme indu~trie, divisées entre elle~, mais concourant au meme
but, pussent se rencontrer sans rivalité et apporter chacune des preuves de la part qu'elles ont a l'amélioration générale.
Te! est le but que se propose la Société de Porchefontaine. Ne voulant pas borner uniquement son action a
la comparaison des produits indigenes entre eux, elle
veuiencore leur otfrir la comparais&lt;1n et la conci1rrence
étrangere. Une semblable entreprise semble, au premier abord, facile a réaliser, et les fondateurs de cette
reuvre ont voulu, pour l'asseoir sur des bases solides, y
appeler les capitaux étrangers. La Société s'est done
fondee sous le titre de Sociéte intern.ationale des courses.
Elle a réuni un capital suffisant et au dela pour reodre
leterrain qu'elle a choisi digne du but qu'elle se propose.
C'esta Porchefontaine, pare situé a proximité de Versailles, touchant le haras de Pont-•Colbert, qu'est situé
1~ _nouvel hippodrome. Le local a re~u toutes les dispo•
sit1ons néces~aires pour etre approprié a sa nouvelle
destioatioa. Des tribunes vastes, commodes et élégantes,
pouvant conten~r plus de cinq mille spectateurs, tous
pl~cés dans une positiou commode qui leur permet de
s~ivre, sans les perdre de vue un instant, toutes les péripéties de la course ont été construites et sont aujourd'bm presque termi¿ées. Rien n'y a été négligé pour
donner au public des courses des facililés qu'il ne ren~nti:e sur aucun autre terrain; les parieurs, dont la
renn1on est toujours difficile et peu commode, y trouve~nt ~o~ salle réservée, et, par une heureuse innovation,
11nchna1son de la piste est calculée de telle sorte qu'aucnn des spectateurs ne peut perdre les coureurs de vue
un seo) iqstan t.
•

Ces machines sont aujourd'hui en usage dans tous les
tentres civilisés: en Angleterre, en France, en Amérique,
en Allemagne, partout, elles ont été íntroduites, et leur
emploi se répand tous les jours. La vulgarisation de ces
appareils ne pouvait etre retardée que par la question de
leur prix, relativement élevé. Cette difficulté vient d'etre
vaincue par MM. E. BruoN et frere~, l 7, rue Simon-Ie-Franc,
qui, apportant au mécanisme déja connu des simplifications intelligentes et des perfectionnements babiles, sont
parvenus a pouvoir livrer au commerce des MACHINES DE
FAMILLE au prix, extraordinairement has et accessible
pour tous, de iOO a 125 FRANcs.
Ce bon marché extreme a val u, et cela devait etre, un
énorme succes a J'invention. Les machines de famille se
vendent maintenant dans une proportion considérable,
et se vendront bien plus encore quand elles seront plus
connues.
.
Ce qui distingue les nouvelles machines a coudre pou1'
familles, c'est leur structure, spécialement destinée it
répondre aux besoins de la famille. Elles peuvent rendre
des services immenses: elles se pretent également bien,
et avec une perfection invariable, au point de piqtlre,
au point de couture et au point de broderie.
Élégamment rnontées sur une table légere, elles font
partie d11 mobilier d'un boudoir ou d'un salon, saos
faire un contraste choquant avec le reste de l'ameublement. La forme du support étant complétement indépendante de l'appareil proprement dit, on peut la varier
a l'infini et adopter tous les modeles imagin,ables.
Le service de la machiue est si simple que toute personne peut la faire marcher. Au reste, une instruction
trP.s-explicite et tres-claire e~t envoyée avec l'appareil,
et il n'est personne _qui ne puisse, en quelques instant8,
faire ao-ir avec la plus grande facilité cette petite aiguillef'ée qui excite toujours une surprise extreme par la précision et la rapidité prestigieuse de sa marche.

HYGJ.ENE ET MÉDECINE.

On est quelquefois bien heureux, en voyage, de
trouver sous sa main, en cas d'indisposition subite, une
bouteille d'Eau de mélisse des Carmes; n'oubliez done
pas de faire une visite a M. Boyer, +4, rue Taranne.
Vous trouverez chez luí cette eau miraculeuse.
C'est d'nn des derniers moines de l'ordre des Carmes,
décédé en 1831, que M. Boyer, propriétaire actuel de
l'Eau de mélisse, tient la mystérieuse recette de ce cordial tout-puissant.
L'E¡¡u de mélisse rend, daos une multitude d'affections,
des services dont la médecioe elle-meme a reconnu et
consacré l'efficacité. L'usage babituel de cette bienfaisante liqueur préserve et guérit des vapeurs, des vertiges, de I'apoplexie meme, facilite la digestion, soulage
les rualadies des voie~respiratoires ;:en un mot, elle a des
droits incontestables autitredebienfaitricede l'humanité.

..::__L'Eau vwifi,que' de Binet est excellente pour netloyer
la tete; on peut la meler a l'eau de fontaine, pour la

127

toilette; rien n'est meilleur rour donner du ton et de
l'éclat a la pean. Nous recommandons aussi le coldcream Binet. Le soleil du printemps altere la peau du
vísage et dP.s mains, et si on veut leur conserver leur
blancheur et leur finesse, i1 faut employer le coldcream vivifique, composé de plantes spéciales.-Il se vend,
ainsi que l'eau et la pomrnade vivifiques, chez Binet,
rue de Richelieu. 29, dépot général, et le seul a Paris.
- L'une des condítions les plus importantes, parmi
toutes celles qui concourent a reculer les limites de la
jeuoesse, c'est la beauté des dents : ne sait-on pas que
· rien ne dépare un vi~age comme la perte ou l'insanité
de ces précieux organes? L'eau de M. DEJARDIN 61s, pro•
fesseur de protbese et de chirurgie dentaire (37, boule-•
vard de Sébastopol), est done un précieux spécifique,
puisqu'elle possede la propriéié d'entretenir et de conserver dans tout le11r éclat ces freles et gracieux ornements de la bouche.

INCENDIE

DE

LIMOGES.

Nous recevons la lettre suivante:
AU DlRECTEUR.

Limog•,, 16 aout 1864.

Un de ces incendies désastreux, qui laissent une
page lugubre dans l'histoire d'une cité, vient d'éclater
a Limoges, daos la nuit du 15 au 16 de ce mois. Toute
une surface de terrain comprenant iO rues couvertes
par des bátiment.~ et formant plus de 150 maisons, a
été, dans l'espace d'une nuit, la proie des.flammes.'Rien
n'est resté debout des habitations incendiées; construites en pans de bois, et pour la plupart composées de logements étroits et sombres, a trois et' quatre étages,
beaucoup de ces locaux, habités en grande partie par
de modestes rnénages, et entrecoupés fª et la par des
magasins d'épicerie ou de matieres combustibles, ont
fourni matiere au feu; aussi le fléau s'est-il propagé
avec une rapidité telle que toute la population craignait
a chaque instant de voir s'étendre davantage cet horrible
sinistre. Plus d'un millier d'individus sont frappés dans
cette nuit funeste.
Jusque vers neuf heures du soir, la journéa du i5
s· était passée en fete; é'était pour Limoges double joie :
fete religieuse et fete d11 souverain. Celle-ci avait surtout mis en gaielé les dragons de la garnison. Un brillant feu d'artifice venait de se terminer a la satisfaction
de la foule, quand, tout a coup, s'éleva dans le ciel une
rouge clarté lan~ant des milliers d'étinceiles; c'était la
maison d'un chapelier qui, du sol ou le feu avait pris,
brulait jusqu'an faite de la toiture. Bientot les alentours
sont envahis par la flamme, et les maisons des rues
étroites et tortueuses de cette partie de la ville sont dévorées avec une promptitude telle que !'alarme devínt
générale et les secouis impuissants. Commencé vers
neuf heures du soir, le feu, avant. le jour, avait dévoré
plus des trois quarts des babitations et cbassé de leurs
demeures les malheureux incendiés.
. D'ordinaire, les incendies sont assez fréquents a Limoges; mais gra.ce a l'activité et au zele de l'autorité,
gráce aussi au dévouement du corps des pompiers
de la cité, au concours de la garnison et d'une
partie de la population, on a eu souvent raison de sinistres qui mena~aient d'etre des plus séríeux. Cette
fois, par malheur, le feu a été plus prompt et pl11s fort
que l'énergie de tous; sa part a été effroyable, et
pourtant, il faut le dire, chacun a fait admirablement
son devoir !
•
Déja de nombreuses sympathies entourent ceux que
le malheur vient d'atteindre si cruellement et d'une
maniere si imprévue. Citons tout d'abord deux noms
illustres ceux de LL. MM. l'Ecnpereur et l'lmpératrice,
'
qui, provisoirement,
et dans l'élan de leur creur généreux, ont donné 15,000 francs pour ¡,ecourir les plus
malheureux. Ce bel exemple sera suivi, n'en doutons
pas.
Le jouroal l'Illustmtion, moosieur le directeur, tQujour~ pret a coosigner les faits heureu~ ou malheu~eux
qui surgissent daos le pays, ne peut la1sser passer maperyu le terrible incendie de la nuit du 15 ~u 16, d~.º~
Limoges est victime. C'est dans cette pensee que J ~1
l'bonneur de vous adresser cette lettre, accompagoee
d'un croquis rappelant l'aspect du désastre sur un point
spécial, car il en est de nombrelll, en vous priant de le

�128

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

LES PY~ilUDBS DB RITTEN. - D'apres un croquis de M. de Reinisch.

publier, si vous l'en jugez digne, dans un de vos procbains numéros (l ).
Pui.sse-t-il exciter les sympathies générales, en pré••
sence du malheur qui frappe a la fois une si grande
quantité de victimes. Une souscription est ouverte dans
les bureaux du,Journal du Centre, aLimoges; les offrandes, quelle qu'en soit l'importance, y seront re~ues avec
gratitude, et recueillies avec joie.
Agréez, monsieur le directeur, l'assurance de ma considération tres-distinguée,
l'un de vos plus anciens abonnés,
J.-J. MAQUART.

Thianges, Amours curieux, fleuron; - Vue de París,
tete de chapitre; Portrait de Mm• Roland, palmes et couronne, fleuron; - Vue du Louvre, tete de chapitre; Portrait de Catherine de Médicis; - Fleur de lis, fleuroo ; - Croix pectoral e de mónomaque; - Masse d'armes, encrier, djérid , arquebuse, pertuisane, casque;
- Ancieune voiture de -tzar; - Voiture de patriarche ;
- Costumes de boyard et de filie de boyard au dixeeptieme siccle; - Costume de tzar et de tzarine au dix:
'\

septieme siccle; Je trhue d'argent'; - Flacon en pon:elaine du tzarevit~h Jean Ivanovitch; - Assiette do tm
Alexis Mikbaelovitch; - Lampe grecque, fleuron;Vue du chatean de Pétrowitch, tete de chapitre; - Cllf.
mios vicinaux; - Fiacre d'hiver; - Cathédrale de la
Vierge.
Cet avis est donné a nos abonoés souscripteurs acetlf
publication, et particulieremeot a ceux qni ne le SOII
pas encore.
~

-~~

LES PYRAMlDES DE RITTEN,
RÉBUS.
AU DIRECTEUR.

luspruck.

Les souscriptions en faveur des incendiés de

Non loin de Bozen, ville commergaote, située •
centre de notre beau Tyrol, s'éleve, vers le nord,
la montagne de Ritten, dont les mcrveilles piUO._.
resques attirent ohaque année .de nombreux tot
~
ristcs. Les pyramidcs de Ritten ne sont pas une
des curiosités les moins intércssantes de cette cooLE PARTHÉNON DE L'Hl$TOIRE.
trée: ce s~nt d'immenses colonnes de terre, dont k
faite porte d'énormes pierres, et qui ont été íorméeS
Saos aucune interruption, LE PARTHÉNON DE
par un jeu bizarre des orages. Lors9u'a IJ ~uile
L'HISTOIRE poursuit la publication de ses six vo,, .(
des pluies abondantes le torrent se précipite dlll
lumes.
' · ..
la vallée, il enlcve la terrc détrempée que ne proléL'avan~e coosidérable de planches gravées que posgent
pas des débris de rochers. Les parties reCOUsédaient les édileurs de cette vaste entreprise avant de
vertes
de
pierrc résistent, au contraire, aux flots du !Ofmettre eii vente la premiere livra1son, leur a permis de
&amp;XPLICJ.TION
DO
DERNIBR
RtBUS.
rent,
et,
dégagées de ce qui les environne, íormelll
continuer leurs travaux sans aucune précipitation préainsi
les
colonnes
de terre connues sous.le nom de r1'
judiciable a la beauté de l'reuvre; de telle sorte que les
Le sbrt de l'homme est semblable a celui du tableau ; pour
ramides
de
Ritten,
et qui· clrcssent lcur svelte élégaJl(t
livraisons qui se succedent sont aussi paríaites que les réussir, i1 faut étre ¡,lacé dans le bon jour.
vers le ciel, jusqu'a ce qu'uo nouvel orage viennc les
premieres.
·
saper par la base, les abattre et en élever d'au~
C'est ainsi, du reste, que dcvraient toujours se traiter
lmage frappante eles choscs d'ici has! Ces pyramulfll
les ouvrages publiés par fascicules.
Au&amp;. M,1nc, directeur-gerant.
sont. placées des deux cólés d'une étroite vallée, etl
Les livraisons n°• 4l et 42, qui viennent de p:iraitre,
EoM. TEXJER, rédacteur en chef.
travers elles, le Finsterbach roule ses eaux torrd"
témoigneot de la vérité de notre observation.
tueuses. A l'horizon se détachent les crctes éle1·ées 11t
...._.,.
Ces deux livraisons renferment :
la Seiseralpe et du Schlern, clont les formes gracieusll
Le cheoe, tete de chapitre; - Portrait de Mm• de
Imp. de L' ILLUSTRATION, A. Marc,
complétent le tahleau.
(IJ LA temps nou1 manquait pour (aire exécuter cctte gra,ure ; noua
FRJNCE,
Agréez, etc.
. en ren,oyoos la publication a notre pro.:bain numéro.
!U, 1·11e de Verneuil.

la ville de Limoges sont également re«tucs dans
les bureaux de l'Illustmti?n, 60, rue Richelicu.

._. . e

~--

j

111, ,

-~-~ ______

----.....

�</text>
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                <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores</text>
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                    <text>---

L'ILLUSTRATION,
UKIVBBSEL.
lOUBRAL

Direction, Rédartioo, Administration :
,outes les communications relatives au journal , réclamations, demandes
de changements d'adresse , doivent etre adressées franco •
11. AUG. IH ARC, DIRE CTEUR GÉRANT.
Les demandes d'abonnement doivent elre accompagnées
d'un mandat sur Paris ou sur la poste.
0

!!8

ANNÉE.

VOL. .lLll No . tt 22 •.

Samedi . , A.out

188 .A .

L'lllministration ne ripoud pas dea manumill et ne l'engage ¡amai1 i lea iuerer,
Vu !u lraitól , ta lraducbon •I 4 reproduchon l r etranger 10nl illlerdiMI.

BUREAUX : RUE RICHELIEU, 60.

Abonnements pour Paris et les Déparlemeuts :
3 mois, 9 fr. ; - 6 mois , 18 fr.; - un an, 36 fr.; - le numéro , i5 c.
la collection mensuelle , 3 fr.¡ le volume semest/iel , 1~ fr.
, ADO!WlWEMENTS POUR L'ÉTRAIWGER 1
Mémes pri:r ; plus les droits de poste , suivant les tarifa,
Les abonn. parlent du I er no de chaque mois.

------;---..······-·--------------------------------- - - - - - - - - - - - -- - - - - -- - - - - - - - - -S0 .l'r1MAIHE.
Re.ue pohlique de la semaine. - Courrier de París. - Fcle de Versailles
en l'honueur du roi d'Espagne. - Incendie de Limog••· - Les iuduslties ineonnues de Londre;. - Gazelte du palais. - les colonies fran~u~ s : l.e ro,aume rle Porl~•Novo (deuxieme arllcle ). - Le chem10
de fer de Par,s a Madrid. - Obseques de la princcsse C.zartor¡-ski. ,:,us,rie dramatiq ue. - rorrespnndance italiennc. - Le cofTre á quatrc
curues. - N. IJesir.amt. - llulletin biDliograpbique.
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RJNCE,

a Varsovie : Le gou•erneur passaut sur la place de
Saxc. - Fétc dnnnée á Ycl'sailtes, en l'booneur de S M. le roi d'8spa~ne. - Jnc•nd,e de t.imo~u ( 4 gravures). - Les colonies fran~alses:
Le royaumc de Porto-]fovo ( rleuxicmo article ), 1! gravures - S. S. le
Pape visitan! la ca~erue récen¡mcnt construíte au Macao (Home). - Le
c(lfTrc a ouatre cor11cs, drau-grandeur natureilP. - M~ u~sm,rest. bAlou1&gt;ícr de l'orJre dos a1·oc•ts. - llégales de Touton ( 14 &amp;out). - Le
m ,,s tl'ao,it. - Échecs . - Rébus.

Gravures : Fctes

REVUE POLITIQUE DE LA SEMAIN~.
Les rctards qu'ont éprouvés les négociationsont donné
naissance a une foule de suppositions défavorables au
maintien de la paix ; mais il parait que la cause uníque de ces délais est la solution de la question finan-

'

�130

.....

l) 1LLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

ciere. - Voir,i l'heure de la carte , a payer. Si les stipulations de Vicnne ont établi le mode de répartition de
la dette commune entre 1e'Danemark etles Duchés, elles
n'ont pas fait mention des répétitions que les Duchés
ont a faire a charge du trésor danois. Les Duchés firétendent qu'en paJ:'.lageant le passif de la monarchie, ils
ont droit aussi a leur part dans l'aclif, dont le capital du
rachat lles péages du Sund forme le plus fort contingent,
et qu'en conséquence ce boni doit veniren déduction de
leur quote-part daos les charges commuues. En outre,
les Duchés font valoir une foule d"autres revendications plos ou moins discutables, dont le reglemeut
exigera nécessairement un examen sérieux et approfondi.
11 est un bruit dont il faut faire mention, parce qu'il
est assez accrédité daos certaines parties de l'Allemagne. On as~ure q11'il se forme,en Danemark, un partí en
· faveur d'une combina:ison destinée a sauver l'intégrité
de la monarchie. Ce partí travaillerait a suhstituer, aprcs
la paix et l'installation du duc Frédéric, ce dernier
prince au rorChristian.
On prétend, il est vrai, que pour 'prévenir cette éventualité, les deux grandes puissances germaniques exigeraient du prétendant des engagements formels et des
garanties sérieuses contre la réalisation de ce projet, et
que c'est pour celte raison qu'elles tardent tanta le
mettre en possession des Duchés.
En attendant que la cooférenée qui doit régler définitivement les conditions de Ja paix avec le Danemark se
rassemble, le roi de .RrQ.S3e, suivi de, M. de Bismark, va
jouir a Vienne de sa gloire et de son triomphe. Le télégrapbe, a qui les acclamations·ne coutent pas beaucoup,
n ius apprend que Guillaume l•' a fait son entrée a coté
de Fran~ois-Jo~eph dan¡¡ l¡t capi~ale de l'Autriche, au
milieu des vivats de la population.
Cependant, si l'on exaepte la Gazette de Vienne, les
journaux de cette capitale semblent beaucoup plus
froids: ils ne parlent µas de vivats, et quelques-uns disent meme que l'accueil fait par la population viennoise
au roí de Prusse a été trés-réservé.
·JI a été beaucoup question.d'une note de remontrances
áií gouvernement fran~ais,' a l'occasion des préliminaires
d{Vienne: Oa'ns cette note, M. le ministre des aflaires
étrangeres, apres avoir constaté l'insucces des efforts
ten tés par la France pour faire accepter une transaction,
aurail signalé l'excessive rigueur des conditions imposées
au Danemark par les cours alliées, et exprimerait le regret de voir la conciliation, qui était daos les vreux de
tons, faire place a- la rdrce. L'envoyé de Frauce aurait
été chargé de faire connaltre saos détour l'opinion du
cabi'net de Vienne, et de rappeler ce dernier a la modération.
•
Le' dernier numér_o du Mémorial diplomatique est terne,
au moins daos la partie qui concerne le Mexique. Ce
, journal annonce seulement un décret destiné a régler les
attribÚtions, titres et émolumcnts des divers représentants,du nouvel empire a l'étranger. Les agents du Mexi1¡ue a Paris, a Vienne, a Brnxelles, a Londres, a Rome,
a Madrid, a Li~bonne et a Turin, auront le titre d'envoyés extraordinaires, ministres plénipotentiaires. Les
trois premiers recevront un salaire annuel de i 2,000 piastras (60,000 fr.), plus rn,ooo piastres (50,000 fr.) pour
frais de déplacement. Les bonoraires des autres seront
de 8,000 piastres, plus 5,000 piastres pour frais. On voit
que le principe des appointements ne fléchit pas plus au
Mexique qu'ailleurs.
Une autre mesure qui ne contribuera pas peu a augmenter, si cela est possible, dit le Memorial diplomatiqµe, la popularité du nouvel emper~ur, c'est le soin
qu'il prend a m~ttre un terme aux plaintes soulevées par
la cherté subite des vivres au Mexique. L'Empereur a
nommé une commission qui, daos le plus bref délai possible, devra ]Ui rendre un compte exact du véritable état
des choses, et proposer en meme temps les moyens les
plus-efflcaces poor faciliter l'approvisionnement de la
capitale et faire disparaitre les causes réelles ou fictives
- qui ont contribué au renchérissement des denrées et au
malaise des classes ouvrieres.
Le no.uve! empereur et la commission ent assumé une
rude taehe. L'économie politique n'admet guere les miracles, et, daos un empire comme daos une répuhlique,
au Mexique co,nme partout, il faut subir !'inexorable loi
de l'oflre et de la demande.
Au milieu de ses graves préoccupations, l'Erupereur
Maximilien trouve encore le temps de signer de nombreuses promotions daos l'ordre de Notre-Dame de Gua-

dalupe; deux sreurs de charité viennent d'etre nommées,
l'une chevalier, l'autre officier.
On sait que des désordres ont éclaté a Belfast (Irlande),
un vrai combat entre les orangistes et les catholiques.
Les premiers ont brulé O'Connell en effigie, les seconds
ont tiré des coups de fusil sur le convoi d'un protestant
tué daos uo·e premicre bagarre. De Belfast, les troubles
semblent vouloir se répandre daos le reste de l'frlande.
Cork a eu des manifestations, et il a méme fallu consigner les troupes a Dublin, afin d'empecher le départ des
orangistes et des catholiques' aux dillérentcs slations de
chemins de fer. Un noyau de 400 individus a marché a
travers les ºrues, au milieu d'une foule considéralile
poussant des vociférations. Cette bande, bientot grossie,
s'est fort heureusement dispersée sur une décharge a
poudre, en passant devant un poste occupé par la poi ice
en armes.
Le prince Gortschakoff, grand-chancelier de Russie,
est accusé d'avpir tenu un propos qu'il n'a pas encore
pris la peine de démentir. Le chef du ministere mo~co-:
vite, tatant le pouls a la Pologne et le trouvant considérablement affaibli, aurait dit : &lt;&lt; JI n'y a plus de question
polonaise, il n'en reste qu'une désormais a résoudre,
c'est la quesLion révolutionnaire. l&gt; Un journal prétend
meme que le prince ne se serait pas serví du mot révolulionnaire, et qu'il aurait dit qu'il ne restail a tésoudre
désormais que la question napoléonienne.
Nous ne faisons pas une grande attention a tous ces
bruits. Que le prince Gortscbakoff ait ou n'ait pas prononcé cette parole, peu importe; la nussie, Corte de six
cent mille soldats, a pu, avec beaucoup de peine, avoir
raison de quelques ·bandes polonaises qui oot tenu pendant plus d'un an l'empire en écbec; mais les idées résistent au sabre et au canon, et l'idée moderne fera son
chemin, eu · dépit des fanfaronnades du prince Gortschakoff.
Du reste, s'il faut s'en rapporter aux feuilles russes,
la Potogne est tranquille. Le gouverneur de Varsovie se
promene au milieu de la ville, suivi de 50D état-major;
mais, ce que ne disent pas les feuilles russes, c'est le silen.ce qui entoure les autorités civiles et militaires, c'est
Je désespoir de la population, ce sont les manifestations
qui éclatent chaque fois qu'un convoi de prisonniers est
dirigé vers la Sibérie. La statistique porte a 35,000 le
nombre des Polonais tués daos les combats de la derniere insurrection, et a quatre-vingt-di.x-mille le nombre
de ceux qui ont été envoyés en Sibérie. On comprend
que l'ordre soit rétabli a Varsovie et en Pologne.
Des événements graves viennent d'ensanglanter la
ville de Geneve, a la suite de l'annulation de l'élection
daos laquelle le candidat conservateur l'avait emporté
sur M. James Fazy. M. James Fazy, qui a joué, en ces
dernieres années; un grand role daos le can ton de Geneve, est le chef du partí radical, et il est appuyé par les
catholiques, auxquels, pendant son administration, ji a
Jaissé pleine liberté. A la suite de l'annulation de l'élection dont nous venons de parlcr, des barricades ont été
élevées; il y a eu quelques personnes tuées. Le pouvoir
cantonnal, daos l'impuissance de rétablir l'ordre, a requis une intervention fédérale; en conséquence, le conseil fédéral a envoyé, en qualíté de commissaire,
M. Fornerod, ·lequel est entré a Geneve avec un bataillon de la milice.
Le roí d'Espagne a quitté Saint-Cloud dimanche soir.
Pendant i,on séjour, il avait fait une visite au comte d'Aquila, son oncle. Le comte d'Aquila est, comme on sait,
l'oncle du roi de Na¡,les. On assure que l'entrevue a été
tres-cordiale et pleine de ~ympathie, de la part du roi
d'Espagne, pour les infortunes de la maison royale des
Deux-Siciles. Le roí d'Espagne a également visité sa
belle-mere, la reine Marie-Christine, avec laquelle il a
eu un long entretien.
.
C'est le 20 aout que doit s'ouvrir le congres de Malines. On sait le retentissement qu'eut, l'année derniere,
ce premier c·ongres catho\ique, 011 la ~arole de M. de
Montalembert, jugée trop libérale, ne fut pas a l'abri
des censures de Rome. Parmi les Frangais qui doivent
se rendre au congres de cette année, on cite .m1. de
Riancey Auo-uslin Cochin, le vicomle Lemercier, le
'
0
~
.
vicomte de ~elun, Léopold de Ga1llarcl. On assure qoe
M. de Montalembert ne brillera que par son absence.
Le prince Humbert, prince royal d'llalie, qui voyage
en ce moment en Allemagne, est prochainement attendu
aParís.
EDMOND TEmR.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
1;¡;.;anité; Elle ne µeut done se douter de la gravité

co:unRIER DE P.\.B18.

A Sa Majesté l)ersane. - . OMI Lambert I - Le Sport nauti.

que. - La Sociétt! internationale d~s courses de Porchefiw,.
tai11e. - La fievre du plaisir: autrefois et aujourd'hui. _
Ferville. - Les ér,onomies de mesdames de la Halle._
Les Guides pratiques de M. de _Conty.
« A Sa J!ajesté tres-auguste le Schah de Perse,
« Sire,

L'événement qui m'a inspiré la pensée de cette lett,e
date de douze jours,c'est-a-dire que la France, l'Europe
et l'Amérique en sont instruites; c'est done a Votre Majesté seule que je vais le raconter. Peut-etre le bruit en
esl-il arrivé j usque dans vos Etats, mais en fin cela n'est
pas bien sur, et comme il importe qu'un grand prioce
comme vuus l'etes n'igoore ríen de ce qui -se passe aUII
ce monde, je n'bésite p_as a répéter ce qu'ont dit avant
moi deux ou trois mille journaux.
« D'ailleurs, Votre Majesté est un des fideles abonoé3
de l'Illustratio11, et fJue penscrait-elle si je me taisais?
&lt;( Apprenez done, Sjre, que pendant quelqoes jours
tout París a été fou, et soyez certain que toule la province
est folle a l'heure qu'il est.
« Quand Auguste avait bu, la Pologne était ivre.

&lt;&lt; 11 ne serait pas convenable que la provini:e füt sensée, quand París a perdu !'esprit.
&lt;( C'est le t5 aout, jour de l'Assomption de la Vierge
Marie et ele la féte de S. M. Napoléon· III, que cette
grande folie parisienne s'est déclarée.
Elle n'avait qu'un symptome, qu'un cri : le matio; a
la méme heure, quelques personnes, dans des quartiers
différents, ont jeté cet appel incomprébensible a un 11ersonnage imaginaire: « Lambert! ohé! Lambert! » Une
ceutaine de voix ont répondu: « Lambert! ohé ! Lambert! )&gt;
&lt;( Le soir, la contagion avait gagné les multitudes qllÍ
couvraient les boulevards, les quais, le Champ de Man,
les Champs-Elysées, les Tuileries, l'Esplanade des Invalides, celles qui remplissaient les rues, celles que ler
chemins de· fer ramenaient de la campagne, et dans
toute la ville on n'entendait que ces mots : « Lambert,
ohé! Lambert! &gt;) JI semblait que ce füt quelque messie,
objet d'une attente fiévreuse, que tout un peuple fanatisé appelait, et qui ne daignait pas paraitre.
« Ce cri avait déja franchi les limites du département
de la Seine, dont París est le chef-lieu, comme le sait a
cóup sur Votre Majesté.
« Je revenais de Saint-Prix, un charmant petit village
de la vallée de Montmorency; a la station d'Argenteuil,
un monsieur et une dame, un couple tres-saín d'esprit
en apparence, monte dans le wagon 011 j'étais assis. La
dame se pencbe a la portiere, et tres-sérieusement críe:
&lt;( Hé ! Lambert ! 1, C'était la premiere fois que j'entendaiJ
ces mots, ils ne me causent aucun étonnement.
Le train part.11 marchait depuis cinq minutes, lorsque
la dame se penche de nouveau a la portiere et de nou•
veau crie : « Hé ! Lambert! 1)
- « Voila qui est étrange, pensai-je; nous sommes l
deux ou trois kilometres de la station; cette dame
appelle Lambert comme s'il était la; si ce Lambert a
suivi Je train, il faut qu'il ait de fameltlles jambes.
' &lt;( A Bois-de-Colombe, les cris forcehés des gens de
l'impériale m'apprirent la vérité. 11 Les Parisiens seront devenus fous, me dis-je, pendant que j'étais a la
campagne. Pourvu quºil ne m'en arrive pas au•
tant ! ))
« Ai-je échappé a la maladie de mes concitoyens, je
n'oserais l'affirmer; les fous, Votre Majesté ne !'ignore
pas, n'ont pas conscience de leur folie, et il se peut q~
tandis que j'écris cette lettre au plus grand schah qw
soit jamais monté sur le trone de la Perse, je pousse de
temps en temps, sans m'en douter, un:&lt;&lt; Ohé ! Lambert!
retentissant.
.
(&lt; Oh! la contagion de la folie, c'est horrible! Ce so_ll'la dans la rue de Rivoli, un sergent de ville·voulut in·
te~peller un cocher afio de l'empecher d'entrer dans_un~
rue 011 la circulation élait interdite : Croyant cr1e~ ·
(( Ohé ! cocher ! l) ce fut : ·« Ohé ! Lambert ! )) qu'il cna.
« Votre Majesté ne sait pas que la police est légalement réputée, chez nous, impeccable, infaillible, et placée
au-dessus de$ faiblesses, des infirmités et des ridicuJes de

d'un pareil fait. D'autre part, comme !'esprit de malice
et d'opposition est extraordinairement développé chez
nous, et que nous avons un pllisir extreme a voir la perfection se démentir, s11rtout,1a perfection de l'autorité,
ce fait si grave devait nécessairement exciter dans la
foule une allégresse immense et un entbousiasme frénétiqae. Aussi la preuve de folie que venait de donner le
sergent de ville, fut-elle accueillie par des hurrahs, des
applaudissements, des trépignements de joie; et soudain des llras vigoureux enleverent de terre J'autorité
déchue et la porterent en triomphe.
,e Le lendemain, quand la démence fut un peu calmée,
quelques aliénés guéris rechercherent l'origine de ces
syllabes fatales qui avaient détraqué la cervelle de tout
París. •
« Cbacun publia sa version :
« C'était un ouvrier, qui, voyant un monsieur s'habiller a sa fenetre, luí avait crié : « Ohé ! Lambert ! n
comme il aurait crié : « Ohé ! Bastien ! &gt;)
e&lt; C'était un tres-baut personnage pres de qui une
dame rencontrant un de ses amis, nommé Lambert,
avait dit : (&lt; Eh! voila Lambert ! n Le tres-haut personnage avait cru entendre autre chose, s'était retourné
gracieusement vers la dame et avait salué.
« t.:'étüt une dame Lambert, qui, séparée de son
mari, au moment de monter en chemin de fer, passait
devant cbaque wagon en appelant : &lt;&lt; Lambert ! Hé !
Lamberl! »
« Enfin, le Journal -&lt;fa Havre prétend nous donner le
vrai mot de l'é111gme et condamne de tres-haut toutes
les autres explications.
&lt;&lt; Lambert, · affirme la feuille ha vraise, était un
garde "ational de París qui vint avec les camarades de
sa compagnie voir le Havre en i848 ou en 1849. Nos
soldats citoyens se plaisaient alors a aller voir la roer
en uniforme, sac au dos et schako en tete : une autre
folie de ce temps-la. Du Havre, on alla en bateau a Honfleur. Lorsqu'au moment de repartir les officiers firent
l'appel de leurs hommes, Lambert ne répondit point;
on appela vainement Lambert; il fallut revenir saos lui
a París. Depuisce jour-la, il n'y a point de train de plaisir de París au Havre saos que : « Obé ! Lambert ! &gt;, ne se
mele au sifflement de la vapeur et au fracas des roues :
c'est une tradition.
« Je vous livre ces diverses solutions, sire ; Votre Maesté choisira celle qui Jui plaira dc,vantage, et quand
elle aura choisi, elle po11rra se dire : JI est tres-probable
que la bon ne n·est ni celle-la ni les autres.
« Ceci fait naltre en moi un doute qui me tourmente
beaucoup et que j'ose soumettre a Votra MaJesté : Voila
nn événement qui remonte a quelques jour~ seulement,
et qu'on explique déja de quatre manieres différentes :
que penser de la certitnde historique? Quelle confiance
accorder aux écrivains qui assignent telle ou telle cause
a des événements qui se passerent au temps des Grecs
et des Romains, ou sous le regne de Darius ou de
Xerxes, vos angostes prédécesseurs? Nous ne savons pas
pourquoi nous crions: &lt;( Obé! Lambert ! » Sommesnous surs de savoir pourquoi, il y a trois mille ans, les
Grecs firent le siége de Troie, pourquoi les Romains
abolirent la royauté, pourquoi nous avons fait la guerre
du Mexique?
&lt;&lt; Votre Majesté, qui travaille pour l'histoirc en sa
qualité de souverain, ne tremble-t-elle pas a l'idée de
toutes les fables que daos quelque cent ans les historiens auront accr~ditées, touchant les mo~ifs de ses plus
importantes actions?
~ J"allais clore roa lettre par ces tristes réflexions, mais
je m'avise a temps qu'apres avoir entretenu un des
plus puissants monarques de l'Asie, il ne serait pas convenable de m'adresser tout simplement au public; que
Votre Majesté daigne done souffrir queje lui dise ce que
j'allais dire a tout le· monde ~
• Les plaisirs du sport continuent a nous tourner la
tete; nos peres ne connaissaient guere que la chasse,
que notre anglomanie appellera quelqne jour, saos
doute, le sport cynégétique; nons avons ajouté a la chasse
le canotage, les courses, le steeple-chase, Je cricket, autant de genres de sport différents.
« En ce moment, la Société de spo1i nautique de la
Seine se couvre de gloire; elle a battu, a Calais, les
Dunkerquois, les Calaisiens, lea Boulonnais, et les AnglaL~ par dessus IQ marché; a!'lamur, le• Liégeoia et les

Anversois; dimanohe dernier, dans la h•ie dll Saint-Va-.

lery-sur-Somme, elle a lutté cinq fois et remporté cinq
premiers prix.
&lt;&lt; Nous avions, dans les environs de París, les courses
de Longchamps, les courses de Vincennes, les courses
de La Marche, les courses de Satory, les courses de
Chantilly, cela me"suffisait; il parait que ce n'était point
assez, au gré de nos horsemen; nous allons avoir les courses de Potchefontaine. Grand bien nous fasse !
« Je ne connaissais pas Porchefontaine; l'endroit est,
me dit-on, pres de Versailles.
«La société qui s'apprete a inaugurerle nouvel hippodrome prend le titre de Société internationale des courses
de /&gt;orchefontaine! Bravo, cela remplit joliment la bouche !
« Un célebre empereur romain avait pour devise ce
mot : travaillons. Depuis qnelque temps, nous semblons
avoir adopté celui-ci: amusons-nous, et j'affirme a Votre
Majesté que nous le _prenons joliment au sérieux.
« Quant je songe a la prodigieuse consommation de
plaisirs que nous faisons saos pouvoir nous rassasier, je
suis épouvanté de ce qu'il en faudra pour amuser l'appétit de nos enfants. Un espoir me reste, c'est que la génération qui uous suivra, en nous voyant ainsi haletant,
suant, peinant pour nous divertir, éprouvera un im-•
mense besoin de ne point s'amuser.
« Quel fatal démon de dissipation fiévreuse nous possede ! Combien nous vivions plus heureux, pluij joyeux,
plus contents, quand il n'était pas encore entré en nous,
le misérable, et combien nous nous amusions davantage,
quand nous nous amosions moins.
« En hiver, deux ou trois bals, le spectacle une fois
par mois : Feydeau, le Gymnase et Francom; en été,
un diner sur l'herbe, a Meurlon ou a Viroflay, une soirée au bal de Sce:mx 011 a Tivoli, nous n'en demandions
pas davantage.
Le bal de Sceaux, Tivoli, Feydeau; est-il bien vrai
que nous avons connu ces choses, et n'y a-t-il pas mille
ans qu'elles sont mortes? Non, non, nous avons vécu de
leur temps, cela est certain. En ce temps-la, le petit t~éatre
de M. Scribe nous satisfaisait pleinement; c'était peutetre que nous avions les grandes scimes de la Cbambre
des Pairs et de la Chambre des Dépulés. Je ne basarde
cette explication que tim.idement.
-

131

« A qoelque temps de la, on le retrouve a Charlevi lle,
jouañt du violon daos les bals, et fort misérable, mais
scngeant toujours ajouer la comédie. 11 trouva enfin a
s'engager dans la troupe de Picard, le frere de rauteur
dramatique : le premier role qu'il y remplit fut celui de
Petit-Pierre, dans le drame de Misanthropie et füpentir,
dont je prends la liberté de recommander la lecture a
Votre Majesté, quanct la fantaisie lui viendra de verser
quelques ]armes d'attendrissement.
« Un peu plus tard, Ferville débutait pour tout de
bon devant le public parisien, sur le théatre de la
Cité, dans le Mal'iage du Capucin, de Pelletier de Volmeranges, - de Volmeranges, un de ces noms inventés
chez nous du temps ou ron portait des has chinés, deux
montres, des habits dont la queuc descendait jusqu'aux
talons, et des cravates daos lesquelles on s'enfouissait
jusqu'au nez.
« Bientot Ferville faisait les délices de Bordeaux dans
les premiers amoureux.
&lt;( Son pere vit bien alors qu'il ne fallait plus songer a
contrarier une si heureuse vocation; il prit son p:.irti en
brave, et il engagea l'amoureux de Bordeaux dans la
troupe qu'il dirigeait a Nantes, comme premier sujet de
la comédie, du drame, du vaudeville et de 1'opéra : il
triompha dans tous les genres.
« 11 avait au plus haut point le don des transformations : tour a tour amoureux, pere noble, comique, · financier, il était vrai toujours.
« La mort de Perlet lui fit une place au Gymnase.
C'est la que París l'applaudit daos l'Héritiere, le Plus
beau joul' de la 11ie, le Mariage de raison, M11lvina, la
Chanoinesse, les Malheurs d'un amant heureux, Moiroud et
C•, et Je Gamin de París. •
(( Il joua plus tard, a l'Odéon, les Deu:JJ Anglais, les dewi:
ltendres, l'École des Vieillards; il alla ensuite au Vaudeville; mais le Gymnase était vraiment sa maison, il y
revint pour ne plus le quitter, jusqu'au jonr 011 ses forces
l'éloignerent saos retour du théatre.
(( L'année derniere, il représentait un vieux duc pres- ·
que centenaire dans les Ganaches, une piece que Votre
Majesté trouverait sans doute détestable, car je sois persuadée qu'elle a du gout : ce vieux duc vivait dans une
sorte de demi-sommeil, dont il ne sortait, de temps en
temps, que pour dire une parole enfantine : il me semblait que Ferville ne jouait pas un role, et j'avais peur
que, le rideau tombé, on ne retrouvat le pauvre vieil acteur mort daos son fauteuil.
« Peut-etre. cette idée luí eut-elle souri; iJ aimait tant
le théatre !

&lt;( Votre :Majesté, a coup sur, a entendu parler de
M. Scribe; peut-étre méme a-t-elle fait jouer ses vaudevilles sur son théatre particulier. II a été roí pendant
trente ans, en meme temps que Charles X et que LouisPbilippe. Trente ans, e'est un long regne. -Je parle de
chez nous, sire, et non de la Perse. - Aussi, comme
nous faisons payer cher a la mémoire de M. Scribe la
(( Notre époque est vraiment une époque de progres.
gloire et la fortune de sa vie !
Que de fois n'avons-nous pas écrit cette phrase? &amp;fais
c'est qu'il n'est point de jour 011 nous n'ayons sojet de
« Tandis que nos critiques montent, la plume a la l'écrire. En voici encore une occasion nouvelle.
main, a l'assaut de ses ingénieuses et faciles improvisa« Quand Votre Majesté daigne accorder la décoration
tions, et brulent de n'en pas laisser scene sur scene; a un de se~ sajets (je me plais a croire que la Perse a
tandis que ce joli théatre s'écroule sous leurs feuilletons, son ordre de chevalerie comme tous les pays civili&amp;és),je
la mort frappe ceux qui dévouerent ases destinées leur ne sais s'il est d'usage que des march.mdes de poisson,
talent, leur verve et lenr boune bumeur.
de fruits et de légumes apportent un bouquet au nou&lt;&lt; Un des plus vaillants, des plus aimés, des plus ap- veau décoré. Autrefois, cela se faisait ainsi chez nous, et
plaudis, fut assurément Ferville, qui vient de succomber celui qui était l'objet de cette attention délicate ne manplus qu'octogénaire.
quait pas d'offrirun petit présenten argent aux délégués
« Son pere, directeur d'une troupe de province, con- de mesdames de la halle, qui se présentaient au nom de
naissant bien 1~ métier d'acteur, s'était bien promis de la corporation.
ne jamais soufTrir qu'il le prit : il eRcouragea le gout
« Cette année, mesdames de la baile ont eu l'heureuse
qu'il avait pour la musique, et a douze ans, le petit Fer- idée d'économiser les députations. Un chevalier du
ville jouait, aux applaudissements de toute la salle, un i 5 aout a refu son bouquet par un commissionnaire,
concerto de violon au théatre Louvois.
chargé de recevoir le petit présent au nom de qui de
« Ce fut justement le violon qui, par un chemin dé- droit : voila qui est pratique, ou je ne m'y connais pas.
tourné, le jeta dans cette terrible carriere, dont les J'engage ces dames a supprimer, l'année prochaine, le
frayeurs paternelles avaient voúlu l'écarter. Ferville était bouquet, et a se con ten ter d'envoyer un commissionnaire
entré daos l'orcbestre du Théatre-Fran~ais. Tous lessoirs il avec une quittance comprenant le prix de la course.
voyait jouer, tout a son aise, Dazincourt, &amp;folé, Fleury,
Grandmesnil, Saint-Fa], Mil• Contat, Mil• Joly, Mil• De« Pratique, c'est le mot du temps. 11 a du bon parfois.
vienne. Quel danger pour un jeune homme qui n'a M. de Conty édite toute une collection de Guides pratiqu'un désir, celui de monter sur la scene !
ques a l'usage des voyageurs. Le nouveau venu daos un
&lt;( La tentation était trop Corte, il y succomba, et un pays chercbera ailleurs les détails bistoriques, artistisoir il débuta, daos le role de l'amoureux du Désespoir ques, littéraire~, mais qu'il demande a ces petits livres
de Joc,-isse, au théatre de la rue du Bac.
des renseignements qui lui permettent de voir beaucoup
« 11 ful impitoyablement sifflé.
en peu de temps, de se loger et de vivre fastueusement
« Le pere avait garni la salle de ses amis, pour faire ou modestement, a son gré, de ne point faire un pas
une chúte a son fils; l'amour paternel est vraiment hé- inutile, qui luí évitent toutes sortea d'ennuis et de fausroique !
ses démarches et le dlspensent d'avoir recours a un in« Malheureusement, Qu heureuaement, Ferville apprit ~upportable cicerone~ ils lea loi donneront, avec une préla ,~rit.é, et sachant pourquoi il anit 6ié slftlé, pe s'ill• cision admirable 11t @ll Qblige411ee eit.reme, saos reculer
qulet,. gue~ des Jifflet.t.
devant les détails familiers,,qui $0Dt le plua souventiles

�L'ILLUSTRATION, JOURN AL UN IVERSEL.

J33

L'lLLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

ARRl\'ÉE DES POllPIEIIS DE PKIIIGUiliX DEV.UT LA MAISO)I llEV01"0N.

plus précieux de tous en p!Lys étranger.
&lt;&lt; M. de Conty a déja publié le Guide
pour Paris, le Guide pour Londres, le
Guide poar la Belgiqu.,e et la Hollande, le
Guide pour les bords du Rhin; il ne compte
pas s'arreter en si beau chemin. C'est un
homme a rever le -Guide du voyageur en
Perse, et le prince éclairé qui gouverne
ce beau pays ne manquera pas sans doute
de donnr.r les ordres nécessaires pour
que M. de Conty y trouve des documents
eucts qui le mettent a mcme de réaliser
son projet au retour.
«Si Votre Majesté était tentéc de venir
en France incogníto,je lui recommanderais
le Paris en poche, ou l'auteur établit avec
un soin minutieux le budget des grandes, des moyennes et des petites bourses.
Certes, un schah de.Perse n'a_pas d'économies i.L faire , maís un prince peut
éprouver cette curiosité de vívre pendant
quelques jours de la vie d'un employé _a
douze cents francs.

r.roquis de .11.

z. Payenneville.

AIUIJVÉB DES POMPJERS DE CHATEAUROUX SUR LA PJ;ACE DU TRIBUNAL.

e, Et maintenant qu·e je n'ai plus rie.n
sons la plome,

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is, ave e le plus profond reRpect,
de Votre Majesté,

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Le trcs-humble et tres-obéi~sant
serviteur,

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FtTE DE VERSAILLES

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PLAN DBS QUARTIEI\S lNSBNDlÉS A LlMOGhS.

/NCE.\'D/li: DE LIJIOG!i:S, ,ISl'ECT DE LA PLAC:11 DE LA MOTU~, LK 16 .rnL'r.

- D'aprés

L noNNEull[lou

ROI

n 'EsP,\Gl\'E,

l

La féte de Versailles, en l'honneur du
roí d'Espagne, a eu li~u samedi soir, 20
du courant. On avait fait une toilette toute
neuve a la ville de Louis XIV. L'berbe
poussait dans les rues, mais elle avait
été arrachée en un clin d'reil, et elle
aura tout le temps de repousser jus-

un croquis de M. J. J. Maquarl.

�L'ILLUSTRATlON, JOURNAL UN IV ERSEL.

L' lLLU~TRAT10N, JOURNAL UNIVERSEL.
qu'a la célébration d'une nouvelle fete. On avail done évoqué les ombres de ce royal domaine. Le pare, les bosquets, les carrefours, les fontaines, tout avait élé envahi
par une armée de travailleurs; du sable fin dans les
allées, du gazon frais sur les pelouses, de l'eau dans les
bassins et des fleurs a foison. Le roí d'Espagne, qui était
arrivé a:vec la cour a cinq heures du soir, a été conduit au bosquet de l'Étoile, au bassin d'Apollon, a la
colonnade, au bassin de Latone, de Neptune, et a ce gracieux bassin de Flore, creusé au milieu d'un carrtJfour,
ou fut représentée pour la premrere fois la princesse d'Fr
ltáe. Vo1ci le bosquet de la Reine, tout rempli des souvenirs de Marie-Antoinette; c'est la que Mm• de Lamothe
donna rendez-vous au cardinal-duc de Rohan, et entama cette célebre affaire du collier, qui conduisit a la
Bastille un prince de l'Église.
A huit heures, avail lieu la représentalioo au théatre
du cbateau. Le spectacle choisi était P,y,hé, comédieballet de Corneille et de Mohere, avec la musique de
M. J. Coheo. On avait intercalé, au troisieme acte, un
pas de Giselle, et fe di vertissement des Saisons des Vepres siciliennes; les choours étaient exécuté; pa~ les éleves du Conservatoire.
Apres le spectacle commen~a la fete de nuit. Tout
était illuminé : les bassin§, les gazons, les charmilles;
les dieux et les déesses en marbre et en bronze resplendissaient, des feux de Bengale teignaient en pourpre ou en vert clair cet Olympe innombrable. Les eaux
despieces principales jouaient, teintes de toutes nuances
par la lumiere électrique. Au bout de la piece cl'eau, le
feµ d'artilice lan~ait au cíe\ ses gerbes d'étoiles variées.
Le public avait été ad mis daos les jardins.
A minuit, un grand souper, serví dans la salle des
Glaces, termioait cette fete, et a une heure du matin,
l'Empereur, l'lmpératrice et le roi d'Espagne quittaient
Versailles et retournaient a Saint-Cloud.
Cette fete, répétons-le, a été tres-belle, tres---réussie,
splendide dans toute l'acception du mót. Le lendemain,
le palais, le jardín, les déesses et les dieux, Versailles,
en un mot, était retombé daos le silence, daos le repos,
daos l'immobilité. Tout ce que l'on peut faire, c'est de
galvaniser ce grand cadavre pendant vingt-quatre heures.
PIERRE PAGET.

INCENDIE

DE

LIMOGES.

On connait maíntenant toute l'étendue du sínistre
qui, dans la nuit du i5 aout, a détruit une partie de la
ville de Limoges. On peut calcuier sur deux mille personnes atteintes par le 0éau et sur quatre a cinq millions environ .de pertes. Les assureurs sont aux ahois;
ou porte a cent neuf le chiffre des maisons incendiées.
Les pompiers de Périgueux ont peut-étre sauvé la ville;
ceux de Cbateauroux et d'Argenton, arrivés plus tard,
ont été employés activement aux déolais, et ce n'est pas
petite besogne.
.
Les premieres personnes qui arriverent sur- le tbéatre
de !'incendie, dit une lettre d'un habitant de Ümoges,
publiée par le MonitP.ur, purent voir les flammes sortir
en abondance du rez-de-chaussée et du grenier de la
. maison habitée par le sieur Canee, chapelier. On ignore
comment !P. feu avaít pu se communiquer a ces deux
parties opposées de la maiaol'I, et si la cage de l'escalier,
située sur le derriere, avait serví a conduire les flammes
sous la toiture. Une enquete est ouverte a ce sujet, et
on espere que la vérité finira par en surgir.
, Tous ceux qui,• A quatre heures du matin, ont assisté
a ce spectacle émouvant, ceux surtout qui se trouvaient
a l'angle de la rue Pennevayre, devant le marché Dupuytren, ceux-la vivraient-ils des milliers d'années, n'oublieront jamaís ce qu'ils ont vu. Qu'on se figure, sur un
espace bien pius grand que la place de la Concorde, une
véritable mer de feu roulant ses vagues rouges, au bruit
des maisons qui s'écroulaient, des pompes qui luttaient
contr.e l'élément, des voix des travailleurs qui cherchaient
mutuellement a s'animer, au bruit surtout des cris des
milliers de victimes....
Un asile a été offert aussitot aux victimes daos
les rlivers batiments de la murncipalité. Des distríbutions
d'argent ont été faites a plusieurs reprises. Les souscrip•
tions ouvertes de toutes parts atteignent déja un chillre
important. L'Empereur, l'Impératrice et le Prince impérial ont envoyé 4.0,000 íraucs.

Malgré les dangers de toute nature qu'offraít un aussi veaux combattants, et le Capitaine, dont la verve intavaste incendie, on n'a pas eu, heureusement, de morts rissable anime les entr'actes, stimule ceux qui hésitent
a enregistrer. 11 y a eu quelques contusionnés daos le a commeltre leurs chiens; car ceux qui sont timides ou
nombre des travailleurs, mais aucun n'a re~u de bles- peu expérimentés courent le risque d'etre honteusement
sure .grave.
battus par les rats, a la risée du public et a la confusion
de leur maitre. Quand l'ardeur commence a se ralentir
le patroa de l'établissement leve la séance, et ajourne'
les assistants a une prochaine réunion.
.
LES INDUSTRIES INCONNUES DE LONDRES.
Outre ces combats du soir, il y a des gens qui vien.
nent dans la journée pour exercer leurs chiens, en parLES ATTRAPEURS DE RATS.
ticulier, et les aguerrir, afin qu'ils leur .fassent honneur quand ils les produiront en public.
Pour se rendre bien compte de l'importance du comJimmy Shaw n'estime pasa moins de 300 a 700 rats
merce dont les rats vivants sont l'objet, pour le has par semaine la consomniation qui se fait dans son seul
peuple de Londres, il faut savoír qu'au nombre des di- établissement; en prenant la moyenne de 500, cela fait
vertissements fa voris des Anglais, apres les courses de par an 26,000 rats. Que l'on juge par la de l'importance
chevaux et les combats de coqs, se placent les combats du commerce qui se fait sur ces animaux ! Le prix ordide rats. 11 existe dans la métropole un certain nombre de naire des rats est de 3 d. (31 centimes) par tete. Jimmy
public-houses bien connus, ou, a certains jours de la Shaw &lt;lit avoir payé au meme individu jusqu'a 5 guisemaine, une arene est disposée ,pour ces combats, qui nées (l25 fr.) a la fois; ce qui fait 35 douzaines de rats
attirent de nombreux spectatenrs. Tout le monde, du a 3 d. par tete. 11 a ainsi jusqu'a 2,000 rats a la fois.
reste, est invité aprendre parta l'action, et les proprié - q1Ji luí consomment un bon sac de farine d'orge, sans
taires dechiens de chasse, tlésireux de mettre a l'épreuve compter que si on ne les nourrit pas bien~ ils se dévoles qualités de leurs bctes, leur payent une douzaine ou rent entre eux, et c'e~t autant de perdu.
une demi-douzaine de rats pour les aguerrir, ce qui proCe sont de pauvres gens, les plus ignorants et les
longe et anime la représentation . Des matchs (parís) plus misérables, qui sont les pourvoyeurs ordinaires des
s'engag~nt entre les assistants et les propriétaires de rut-killings (littéralement, tueries de rats). 11 fut un
chiens, et il est de ces animaux qui ne gagnent pas moins temps ou les fermiers de la campagne qui avoisine Londe réputation a ces exerc.1ces que les chevaux de race, dres donnaient 2 d. (20 centimes) par rat tué sur leur
domaine dont on leur rapportait le corps; mais mainte- ·
vainqneurs du Oerby.
Si nos lecteurs veulent bien nous accompagner, nous nant que les attrapeurs de rats peuvent en avoir facileallons les conduire ·chez Jimmy Shaw, le propriétaire ment 3 d. (30 centimes) en les rapportant vivants a la
d'un des principaux, établissements réputés pour leurs vi lle, tout ce que font les fermiers, l:'est de leur permetcombats de rats. Nous entrons d'abord dans une salle tre de dresser leurs trappes chez eux. Beaucoup de rats
fumeuse, ou de nombreux buveurs, attablés, attendent soñt tirés des entrepots de Ja Cité, ou ils s'ébattent an
avec impatience que l'on oune la piece spéciale ou est se.in d'une abondance qui les fait gras et confiants. Les
dressée !'arene. Ces gens offrent un mélange de toutes hommes qui se livrent a leur destruction sont payés par
· tes c.:asses de la société, et on s'aper~oit sans peine qu'ils l'administration des entrepots, et, en revendant encore
ne sont pas venus la uniquemimt pour boire et pour leurs prises, ils arrivent a se faire de jolis gains, sans
fumer. La plupart ont avec eux leur bete favorite, et on compter le plaisir qu'ils trouvent a cette chasse.
Nous avons vu les chasseurs d'égouts, c¡ui .explorent
pourrait se croire a une véritable exposition de chieos.
Les uns sont covchés sous la table, les autres dorment ces voies souterraines ala recherche des ohjets de toute
dans les bras de leurs ma1lres, ainsi que des enfants valeur qui s'y égarent; il y en a d'autres qui tenteat
sur le 3ein de leur nonrrice; les petits terriers anglais, les memes aventures rour y chercher des rats. C'est
noirs et rageurs, tenus en laisae, grognent et s'agitent, surtout au-dessous des boucheries qu'ils font de bonnes
comme ~•ils sentaient les rats daos la piece voisine, et prises; ils trouvent la quelquefois jusqu'a vingt ou trente
~•ils úaient.impatients d'entamer la bagarre. Les con- rats réunis a se gorger. lis n'emportent avec eux ni canaisseurs circulent autour des tables et examinent les ges, ni trappes, parce que cet attiraíl serait trop em1·hiens, leur palpant les membres comme pour voir s'íls barrassant et trop lourd; mais ils ont des sacs avcc lesn'ont pas de fractures, et leur ouvrant les levres comme quels, en les jetant comme des éperviers, ils savent
fait un dentiste qui scrute des macboires. Des discussions envelopper habilement les rats, et c'est dans un sac
s'engagent sur les mérites de ces animaux. Celui-la dit aussi qu'ils les mettent pour les emporter. Mais ce n'est
que son chien est l'image exacte de Billy, le fameux pas tout prolit de prendre ainsi des rats vivants; si on
tueur de rats, dont le portrait est peint sur la muraille ne les vend pas tout de suite, il faut encore les nourrir,
de la saÍle, qui a accompli ce merveilleux exploit detuer et ils ont bientot consomil'té plus qu'ils ne valent. Du
reste, les rats ont beaucoup diminué, a Londres, depuis
cínq cents rats en cinq minutes et demie.
Un homme que l'on appelle le Capitaine parait, et qu'ils sont ainsi pourchassés, et le placement de celle
annonce que le spectacle va bientot commencer; il faut marchandise est facile.
11 n'est personne, a Londres, qui ne connaisse Jack
voir comme tout le mon::le s'empresse de s; lever a la
fois, et, abandonnant le c!l.baret, se presse dans la piece Black, l'allrapeur de rats de la reine. C'est une célévoisine, dont on vient d'¡mvrir les portes. Í:arene con- brité qui égale au moins celle de notre Mangin. 11 parsiste dans un petit cercle d'environsix pieds de.diametre. court les rues de la capitale dans une riche voiture, sur
Au milieu, se tient le Capitaine, avec de grandes cages les panneaux de laquelle sont peints des rats; et du
remplies de rats, dans lesquelles il plonge la main pour haut de son équipage, il débite son boniment daos les
en retirer les victimes, 'sans crainte des morsures qui carrefours, entouré de cages ou sont renfermés des
sont cependant fort venimeusr.s. Un petit terrier, habi- rats vivants, et de paquets contenant sa mo1·t au(I) ,·ats,
tué a de pareils combats, ouvre la lutte. Les rats, dont il expérimente devant tous les effets foudroyants,
a mesure qu'ils sont retirés de leur cage el dépo·· en appliquant une de ses pilules sur les levres d'un de
sés dans !'arene, prennent d'abord la fuite, espérant ces animaux vivants, qui expire aussitot a ce contact.
trouver une is~ue daos les coi ns ou ils s'entassent les uns Jack Black est un vrai dom pteur de rats, et il doit sursur les autres, abandonnant les retardataires aux dents tout sa réputation a la familiarilé avec laquelle il joue
du chien qui les poursuit et que le Capitaine excite de la avec ces animaux, dont la méchanceté sauvage est cevoix et du geste. Mais l'extrémité meme du pétil leur pendant bien connue. 11 les manie, suívant une cxpresrend du courage, et acculés, sans espo1r de s'échapper, sion pop11laire, comme il ferait de petils chats aveugles.
ils se retournent et font face a l'ennemi, qui n'est pas Dans ses parades publiques, pour attirer la foule auto11r
toujours vainqueur, et qui souvent fuit a son tour, en de lui, il plonge sa main dans les cages et harcele san~
poussant des hurlr.ments de rage et de douleur, saisi au crainte les rats qui y sont enfermés; puis il en retire
museau par un rat qui le mord et ne le lache pas, et successivement dix ou douze, qu'il introduit dans sa
harcelé par les autres. Iusqu'a cinquante rats quelque- chemiEe, sur sa peau nue, et il les garde ainsi peodant
fois sont ainsi engagés contre un seul chien, et des paris plusieurs minutes. 11 y a des gens qui supposent que
animéss'ouvrent parmi les assistants.L'enjeu n'est l}uel- ces animaux, pour se prcter a ces fclmíliarités, doivent
quefois qu'une simple bouteille de limonade; mais sou- etre privés; mai~ ceux qui connalssent mieux Jack
vent aussi, il prend une importance qui s'accrolt avec Black savent bien que ses rats sont au~si sauvages
l'excitation du combat, dont parfois se prolongent les qu'aucuns de ceux qui courent daos les égouls de Londres.
alternatives dramatiques.
M. Mayhew, dans ses curieuses études sur Londres miL'exercice se poursuit tant que se présentent de nou1

a moustaches

135
M. Charpentier a des idées a lui sur les droits des édi-

--b; raconte une visite qu'il fit a Jack Black dans
.
,.
teurs; certain proces qu'il perdit l'année derniere conséra e,micile a Battersea. La porte de 1a ma1son
qu 11 trouvés sur le lit de M. Bugad de Lassalle et que les téUn peigne

et un petit crayon blanc

son do
,
d .
.
tre M. Ulbach l'a bien prouvé... Et il tienta ses idées.
·t est surmontée d'une plaque e zmc, ou sont moins dédarent avoir vus entre les maínsde facques LaLe Tribunal ne 1es partage pas; et jugeant qu'il avait
hab1 e
,
•ts ces mots, en.gros caracteres.: Jack Black, destructeur tour, telles sont les charges matérielles qui pesent sur
changé
la pensée et !'esprit de l'article de M. Delprat, ce
écrt
· · · 1es : cet accusé.
s rats de Sa Mojestfl. Au- dessus, avec 1es 1111t1a
qui
ne
lui
était pas permis, il l'a condamné a l'insertion,
La nouvel\e du crime donnée par Audouy, alors que
de R est crravée l'image d'un rat blanc.
que
l'auteur
réclamait.
V.J .k, Bl;ck ne fait pas seukment sa spécialité des le crime était encore inconnu, et des vetements ensanM.
Charpentier
croira-t-il maintenant que l'infailliac
,
d
. son lo«is est rempli de cage ou se troavent es glantés remis par lui a une blanchisseuse quinze jours
bilité
et
l'omnipoteuce
n'appartiennent pas aux édit
ras,
º
·r
.d
de toutes •orte ;,enfin ,1\ ourn1t u apres l'assassinat de M. Bugad de Lassalle et de ses doeh.,enset des oi•eaux
~
teun?
·
.
pour les viviers. 11 consacre a la peche presque mestiques, avec la recommandation de les laver tout de
Les
vacances
sont
ven11es,
adieu
Paris; c'est bien le
~~00
tes ses matinées, de quatre heures a hu1t heures, el suite; voila les présomptions qni accusent l'Hercule.
cas de recommander a mes lecteurs le volume que
Jacques
Latour
a
voulu
faire
croire
a
des
aventures
~Iu revient' jamais sans un ample butin. Comme il
1 ne
. .
. fil
.
.
romanesques dont il aurait été le héros, et, pendant sa M. Víctor Emion, avocat au barreau de Paris, vieot rle
n'ernporte, avec lui DI hgne~,.m ets, rn. a~c.uns eng~ns
faire paraitre sous ce t1tre : Manuel pratique, ou Traité
de peche, perso?ne n~ s~1t ~ue~ procede,_iJ emplote; détention préventive, il adressait a M. le procureur gé- de l'exploitation des chemin5 de fer.
questions qu on lm fa,t, 11 repond qu 11 preud les néral une lettre qui renferme les passages suivants;
L'auteur prend le voyageur avecson bagage chez luí, le
« C'est la Providence qui vous envoie au secours d'un
ª~ssons avec les mains, ce qui naturellement provoque
poi. •
. .
.
, malheureux ... Vous etes le digne représentan(de l'Em- mene a la gare, le conduit au guichet et au hureau des
des sourires 1ncredules. Il affirma la meme chose a
colis, monte avec lui en wagon, voyage a ses cótés, desM. Mayhew, qui ne put s'empecher d,'abord qe parta- pereur, qui, comme vous le savez, a peu de gotit pour cend de voiture en meme temps que lui et le suit a sa
.
ger l'iacrédulité des habitants de Battersea ~ur ce d?mp- l'emprisonnemenl cellulaire.
«
Daignez
suivre
le
récít
sincere
de me~ campagnes destination, en le re111eignant de la fa~on la plus claire
1
teur de rats, qui prétendait prendre auss1 e po1sson
sµr ses droits et ses obligations. Pas une difficulté qu'il
avec ta main. Mais Jack Black, sous le sceau du secret, dans la Cafrerie et daos la Mandchourie ... &gt;&gt;
ne
tranche, pas un doute qu'il ne résolve, pas nne quesM. le procureur général a préft\ré suivre le récit des
¡0 ¡ révéla son procédé; et M. Mayhew nous dit que
tion
qu ·¡¡ ne prévoie. Les trois cents pages de cet excel.seulement il fot parfaitement convaincu, mais que compagaes de Latour dans les maisons centrales d'Eysses lent manuel sont merveilleusement pleines et instruc000
méme ¡¡ s'étonneque l'onn'ait pas songé a une méthode et d'Embrun.
(&lt; On me nommait Boabad, contiuuaít Latour. J'ai été ti ves: enregistrement des bagages, factage, perle de
aussi simple.
rendu
a la liberté par mon maitre, apres avoir combattu col is ou d'etfets, pertes de billets, contraventions, acci Jack Black, devenu fori communicatif, raconta toute
dents, recours ouverts aux voyageurs, responsabilité des
1
son histoire a·:&amp;1. Mayhew; comment s'était développée contre les buffles a la Louisiane. Maís, bles~é par m compagnies, ríen de ce qui touche a ces points imporsa vocation, qui s'{;tait manifestée des l'age de neuf ans; buflle, j'ai dti renoncer a la chasse, et je me suis em- tanls n'est laissé, par M. Emion, dans l'obscurité. L'aucomment il avait en la folie d'ouvrir un grand café, au barqué sur le Goeland, qui m'a ramené en Europe, ou teur ne prend parti, systématiquement, ni pour les
comploir duque! il ,avaít placé sa filie, richement ha- je suis débarqué a Lisbonne ... 1,
voyageurs ni pour les compagnies, mais seulement pour
Et en post-scriptum :
billée en filie du dompteur de mts; comment il avait
le
droit. Quand il n'approuve pas ce qui est, il indique
&lt;&lt; Si vous désirez me faire transporter en Louisiane, je
commencé a travail\er pour le gouvernement, et avi'.it
une
innovation ou signale une réforme.
ne demande pas mieux que d'y aller, pour convaincre
obtenu le diplome qui lui donnait le droit de s'intituUn seul mot fera, míeux que tout ce que je pourrais
ler destructeur des rats de la reine; eníin, il lui avoua la j ustice. 11
M. le procure1Jr général n'a pas cru devoir p1ofiler de dire, l'éloge de son livre: M. Jules Favre en a voulu
que souvent, a l'insu de sa femme, il avait mangé des
écrire l'éloquente préface.
·
rats, Pt que leur chair était aussi succulente et presque la bonne volonté de Latour.
Daos une seconde partie qui paraitra dans quelquei,
A l'audience, l'attitude des deux accusés est toute difaussi délicat!l que celle du Lapin.
férénte. Chez Jacque·s Latour, c'est le sang-froid imper- mois, M. Emion traitera du transport des marchanJack Black n'esl pas le seul original de son espece, et•
turbable, l'aplomb que ríen ne déconcerte, une fécondité díses.
nous ferons prochaínement faire a nos lectcurs la conVoila un livre qui sera bientot le classique par excel-·
de ressources, une souplesse d'argumentalion, une vonaissance du tueur des puces de S. l'tI. la reine Victoria.
lence
de ceux qui voyagcnt en chemin de fer et de ceul'.
lubilité de langage étonnantes; il interroge las témoins,
qui
sont
chargés de faire voyager les autres, c' est-a-dire
A. VERMOREL.
les discute, les raille, fait de !'esprit, críe, gesticule, ne
de
tout
le
monde.
HENRYs.
se \aisse jamais intimider, le prend de haut avec M. le
!it.Af-=.'.:ll
procureur général, ef déclare qu'on aura beau chercher
a l'embarrasser, tous les efforts qu'on tentera viendront
G.IZETTE DU P&amp;L.IIS,
se briser contre la vérité. Il se proclame l'ami de la véLES COLONIES FRANQAISES.
« Daos la be lle vallée de l'Arize, atrois cents metres rité quand meme; malheureuscment pour lui, on n'a
e environ en aval du village de la Babtide de Bes¡ilas, pas trop J'air de le croire. Audouy, luí, est calme, point
Li ROYAUME DE PORTO-NOVO.
« dont elle est sép~rée par des jardins clos de haíes vi- agressif, point bavard, meme un peu endormi; un Her(Deuxiéme article.)
• ns, s'éleve, au ruilieu d'un massif d'arbres séculaires, cule qui a l'air tont dérouté de n'avoir plus sa massue.
A
l'heure
ou
j'écris,
les
débats
continuent.
• une habitation considérable mais délabrée, connue
m.
Et maintenant, passons, s'il vous plait, du grave au
« ijQUS le nom de chatean de Baillard. &gt;&gt;
doux,
du
crimine!
au
civil.
Ce n'est pas un roman qui commence par ce gracieux
Nous avons dit, dans notre précédent article, toute l'horVoici un petit proces qui n'évoque pas de sanglants
ettranquille tablean; c'est un acle rl'accusation.
reur des a·ociennes coutumes de Porto-Novo, coutumes
Daos la matinée du 26 février dernier, daos ce paisible souvenirs : il y est bien question aussi de violences et de sanglantes que n'ont encore pu faire disparaitre du DachAteau rle Baíllard, 011 trouvait quatre cadavres cou- mutilations, mais la victime est un article de revue, et homey le zele des missionnaires et des agents européens,
,erts d'effroyables blessures: M. Bugad de Lassalle, un le cas est moins tragique.
et que, heureusement, nous avous trouvécs abandonM. Delprat, un spirituel avocat, journaliste a la plume
,ieux célibataire agé de soixante-quatorze ans, son donées dans notre nouvelle possession. Ce qu'il serait égamestiqne et deux femmes de service avaient été 11ssas- vive et fine, par-dessus le marché, rédigeait dans ces lement impossible de revoir dans cette derniere, ce sont
ainés pendant la nuit. La sanglante besogne achevée, les derniers temps la chronique politique de la Revue Na- les scenes assez sombres dont la lagune étaít jadis le
assassins, avant de sortir de la maison, avaient bu et tionale, dont M. Charpentier tient le sceptre.
théatre, car elle aussi asa légende d'horreur et sessouLe 9 juillet parut un articJ.e signé de lui.
mangé.
,enírs de cruauté. Comme le Bosphore aConstantinople,
M. Delprat eut quelque peine a reconnaltre son oouLe chateau de Bail\ard s'appelait aussi daos le pays la
vre. Plein de confiance, il l'avait laissée la veille aux et le lac d'El-Baheira, dans la régence de Tllftis, elle a
Jraúon d'o,:. 11 y avaít de bonnes raisons pour cela:
souvent serví de linceo\ aux remmes adultere! et a leurs
ll. Bugad de Lassalle, qui VIvait avec beaucoup d'éco- mains de M. le directeur; vingt•quatre heures apres, íl complices, et vengé ainsí \'insulte faite au roi ou a de
Ja retrouvait prodigieusement éhangée, et point a son
nomíe, y entassait les revenus de ses terres, qui lui rapgrands cabéceres. Ces .rigueul'll ont cessé, et les habiporlaient de douze a quinze mille francs, et y accumu- avantage, s'il faut l'en croire. lnlaginez-vouf un enfant tanls de Porto -Novo se contentent maintenant de faire
que son pere retrouverait, apres une courte absence,
lait un trésor dontil était le gardien plutot que le ma1tre,
payer une amende au séducteur, et de renvoyer a sa
horgne, bolteux ou manchot; certes, la s11rprise ne sesuivant l'beureuse expression de M. le procureur général.
famille la femme coupable, doot ils s'adjngent naturelM. Bugad de Lassalle était l'oncle de M. Latour Saint- rait pas des plus agréables.
lement la dot. Au reste, a Porto-Novo, les liens du maL'écrivain se facha, pria M. Charpentier d'agréer sa
Ybars, l'auteur de Virginie,
riage sont généralement respectés. Les moours, si reladémission et d'insérer dans le plus prochain numéro
0n a retrouvé, apres le ·crirne, soixante-quinze mili e
chées sur plusieurs points de la cóte, sont meme assez
de la Rev~e une lettre ou il expliquerait les motifs de sa
francs en écus et deux mille trancs en or; les grosses
bonnes ici.
IOlllmea étaient placées dan8 delJ placards et daos une retraite.
Comme tous les noirs, les Porto-Noviens sont fous de
M. Charpentier accepta la démission et refusa l'inserarmoire ou il était facile de les découvrir; mais on supmusique. Leurs musiciens sont, ainsi que chez tous le.s
poae que les assa~!inll avaient mis tout d'abord la main tion de la lettre.
peuples barbares, également poetes. On les nomme
De la proces. .
1111' une proie ássez riche pour Jeur óter meme l'envie de
griots. Les chefs en ont toujours quelques--uns a,ec eux,
Devant le Tribunal, M. Charpentier s'étonnait fort
po1198er plus avant léur8 recherches. Peut-etre aussi
qui sont chargés de chanter leurs hauts faits et de met"8ient.il&amp; trop chargés d'argent pour en emporter da- qu'on songeat a !ni contester le droit de couper, .ta(lle.r tre en musique leurs nrtus. Les instruments avec leset modifier des articles llestinés a une revue dont ti eta1t
quels les griots procedent a cet exercice artistique sont
•antage.
Deux bommes ont ét,é arrété11 et traduíts devant la le directeur, alors qu'il le jugeait absolument nécessaire. peu variés; ce sont des tam-tam sur lesquels on frap~e
CGar ~'wiselJ de l'Ariége: l'un est un boulaoger, vo- (( D'ailleurs, ajoutait•·il, quelques-uns de ces change- avec fureur. Mais c'est moins par ce tapage que le gr1ot
lear en rupture de ban, nommé Jatques Latour, l'autre ments, quelques-unes de ces coupüres n'avaienr pas la Conde sa réputation, que par la finesse et la variété de
moindre importance. ll
•
1111 bereule de foire oommé Audouy.
ses improvisations, qui sont partout assez remarqua- « C'est.votre avis, soit, ré;iondait )(. Delprat, ma1s
II Le ptemier a quarante-sept ans; le second, quaranteble11. ( Voir la ,aote ti la~ de l'artitlc, fHIQC i38 ).
ce n'est pas le mien. ll
huit ans.
'

�136

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UN lVERSEL.

Ces habitudes annoncent suffisamment un peuple doru:.
« 11 est si paisible, nous écrit-on, que son gouvernement n'a
meme pas d'agents de police. )) ·
11 existe cependant a Porto-Novo, comme en Belgique, en Espa' gne, et comme ailleurs, des gardiens de nuit {Ambétos), qui sont
chargés de la surveillance. Ces hommes, enve!Óppés dans de grands

~

L'JLLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

manteaux de paille, poussent des cris lugubres en se promenant
daos les ditférents quartiers de la capitale. Parfaitement tarmés
et marchant presque toujours par groupes de trois, ils exécutent
'rigoureusement leur consigne. C'est a leur énergie, a leur active
surveillance, que l'on doit l'avorternent d'un petit complot qui, en
juin i863, devait révolutionner le pays. Grace aux Ambétos, plu-

qui luí sert d'abri; les pretres l'y suivent et, a huis-elos, choisissent la peine qui doit etre pronoucée, laquelle consiste ordinairement en une amende proporlionnée aux ressources clu condamné. Pendant ce temps, un tam-tam bat a rompre les oreilles, afin de
produire uqe impression plus terrible sur le public qui écoute en
silence, mais qui, la sentence rendue, se dédommage de son atten-

137

tion respectueuse par les hurlements les plus frénétiques et les injures les plus grossieres a l'adresse du coupable.
IV.

La capitale de Porto-Novo est située sur l'une des petites pres-

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B C0:.,011 SV!ff TO//
CHOEUR !Jll ~'li.Udl~S.

sieurs des conspirateurs disparurent saos laisser
la moindre trace,
et tout rentra daos
le repos.
Cette innocence
n'est pas si complete pourtant, aPorto - Novo, qu'elle
permette de sepasser ele j uges; mais
il n·y a pas de tribunaux : comme
chez nos afoux
gaulois, la j ustice
se rend sous les
arbres, sous les
yeux memes de la
Divinité, le magis-

Lll COUSIN DU ROi.

~ =2 ::.::__~~~

~~-=·
-~-

- ~_':,&gt;•

1

MAHOlllÍTAN.

ment coupahles, car il clcvient évidcnt alors, pour le
fétiche et po•1r les pretrcs,
qu'il n'y a pas eu mauvaise
intention. Aussi, arrive-t-il
quelquefois que l'ou puisse
voler son YOisin et battre
~a fcmmc saos cncourir la.
sévérité des lois ... Mais il
en coute.
La j•1stice est rcndue
nvcc les formalités suivantes : un pretre s'assied sur
les talons et l'on póse sur
sa tete le fétiche, espece

rer en sa faveur
les foudres du
die u de la j ustice, en luí fais:mt une oflrande préalable, et
i1 y a des coquins qui savent
user de ce moyen
avec tant de générosité et de discernement qu'ils
sont renvoyés
sans punition ,•
quoique notoire-

,' 1

TÉTE D'.ESCLA Vil.

CllOBUII DI! GUllRRIRRS,

trat tles Porto-Novieus. Par suite, ce sont naturellement
les féticheurs qui servent d'iutcrpretes entre le coupable et
leur juge invisible, dont le juge!Dent a ceci de supérieur
sur ceux que prononcent les magistr'ats européens, qu'il
cst infaillible, et '
qu'il permet de se
passer de ces cours
d'appel et de cassation que l'Europe s'est fait un
scrupule d'établir.
Cependant, comme il est avec Ir.
ciel des accommodements, il n'est
pas défendu a l'accusé, si nous en
croyons l'un de nos
corresponclants, de
chercher a modé-

qu'iles de la lagune; on y parvient, de la mer, lorsqu'on
a traversé ·1a bande de terre qui sépare l'Océan des
eaux douces de la lagune. La navigation du vastc lac
que cette deroiere constitue est, dit-on, d'un parcours
assez difficile; en
simple canot, elle
est meme tres-dangere use, car la lagunc sert de séjour a quelques
hippopotames et a
de nombreux caimans. On arrive
cnfin a la plage de
Porto--Novo. Ríen
de plus curieux
que le spectacle '
dont on jouit en
débarquant, lorsque c'est jour de

1

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---

VlliUX Nlit;I\K.

rie grand cylindre en bois
reconvcrt de morceaux cl'étoffe, d'orocments ele Loutc
sorte, et rr.nfcrmant !'esprit
de la Divinité; le prévenu
se mct a genoux devant hii
et écoutc avcc le plus profond respect les. impi'écations et les malédiclions
qui retomberaient sur luí
et sur sa postéritéj s'il clé-guisait la vérité; il cst ensuite interrogé et avoue
son crime; le fétiche est
alors rentré daos la case

Tf:Tll D'HOmrn.

?:.,.._
...:~{il:1.;~
... •r.....:.:::.;. 7~.
~ ,•

:.:..-- -:..

•

.

prince du Dahomey, et vit
sur les terres de ce mulatrc, qui, en se rctirant au
Dahomcy, a généreusement
abandonné a ses anciens
serviteurs le produit ele ses
immenses propriétés. ll
Porto-~ovo cst moralement diviséc en deux circonscriptions : la villc hante, presque cxclusivcmcnt
habitée par les Gégés, et l:t
vi lle bassc, ou les petits
traitants étrangers, noirs du
Brésil e~ de Sierra-Leone,

GO-CO:iG, LE SONNl!UR,

les produits de la
terre, qu'ils cultirent avec beaucoup de soin. Ce
sont eux aussi
qui transportent
a la ville le sel
fabriqué a la
plage de PortoNovo. « Sur ce
point de la presqu'ile, dit M. Gellé, chacun est ou
a été esclave cl'un
Saint - Domingo,

foire. On se trouve
aussitot littéralement pcrdu daos
une flotte Je pirogues, conduites
avec une adresse
merveilleuse par
des noirs, d'aillenrs célebres dans
le pays, les piroguicrs d' Aboupa,
qui apportent au
grand marché de
Porto-Novo les belles • poteries et le
bois de chauffage
·des districts voisins; ou bien, si
c'est la saison,
l'huile de palme et

TlTE DE Fl!M.ME.

~ont melés iI. la parl.ic commer~ante de la population
indigcnc et des noirs Ayunos. Administraiivemen t,
la capitalc cstsubdiviséc en
un ccrtain nombre de quarticrs, ou salams, inrga.1a de
grandeur, et commandé~,
s,uivant letJr importancc,
p;u· des cabécercs. Le pri•mier aspect en cst :is•cz
séduisant, car les quartiers
sont séparés les uns des autres par de larges rucs
ou de grandes places de

�L'ILLUSTRATlON, JOURNAL UNIVERSEL.
L' 1LLUSTRATlON, .IOURNAL UNIVERSEL.

espérances, avant qu'il en ait vu' se réafüer une seule.
L'exposition ajoote a cet heureux effet du titre: le riDestiné a toujours semer 'eta ne récolter jamais, il n'a•1ra
deau se leve, et vous voyez un patissier qui, profitant de
toute fa~on, les cieux lui sont rudes. De Ui., tout l'ina;.
pas plutot formé un chanteur ou une danseuse, qu'on les
forme circulaire; celles-ci, ombragées par des arbres paratoire coofiée, en i 856, a M. le capitaine de frégate tendu du paysage. La rapidité du trajet en chemin de fer
la liberté des théatres...
lui prendra a sa barbe. Cette chasse aux acteurs, qui
magnifique~, servent, a l'occasion, de lieux de vente ou A. V¡tlloo, et remplie par r.et officier avec beaucoup de n'atténue pas, comme bien' vous pensez, la hrutalité des
-Allons, vous dites-vous a vous-meme avec un sou- travcrse l'action daos toute sa longueur, est une idée
de points de réunion dans les jours de réjouissances pu- tact et d'habilcté, un trailé d'amitié et de commerce a été transitions : celle vue a vol d'oiseau les acceotue et les
pir, le titre ne m'a pas trompé; comme Je m'en étais noo-seulement comique, mais encore d'une observation
bliques. Les maisons qui les entourent, couvertes en signé récemment entre l'Empcreur des Frao~ais et le condense. La ligne du Nord-Espagne a deux chaines a
Oatté en sccret, c'est bien de la liberté des théatres qu'oo
tres-juste et surl" ut tres-actuelle. A elle seule, elle pouchaume et d'une forme aussi bizarre qu'irré"uliere roi Ghézo, traité qui nous ouvre une contrée que oous franchir, une a chaquc bout : les Pyrénées au Nord, le
va m'assommer toute la soirée.
'
o
'
ne
saurions
plus
se
laisser
refermer
a
notre
reli~ion,
a
vait défraycr to1, ne picce; mais les auteurs auront
n ont généralement qu'un rez-de-cbaussée divisé en pluEh bien! voila justemeot ou reside la grande habileté
Guadarrama auSud. Celle-ci sépare la Vieille-Castille des
ootre
commerce
et
a
notre
influence.
craint sans doutc dt ,aire concurren ce au Direcleur dans
sieurs chambres; elles son t (dilférentes en cela de celle~ de
des auteurs : les trois points suspensifs que vous venez l'emban·as, aussi l'oot-ils etracée sous une multitude
plaincs ou ~fadrid est assise. Mais la plus méridiooale
L.
Il&amp;NARJ).
la presqu'ile, qui nesontqu'en bamboas) toujours baties
de compter plus haut, marquent daos la piece le poiot
des deux n'est point celle qu'oo pourrait croire. Comme
d'iocidents, d'ou oous ne chercherous plus désormais a
en belle terre rouge qui prend une grande dureté a•1
meme ou il commence a o'etre pas plus questioo de la
. Nous doooons ici. a litre de •pécimen de la simplicité de la mu- tous les versants des hautes chaioes tournés vers le so•
démeler.
soleil.
,ique de ,.,. cootróes, un air, - eat-ce bito un air? - que les femmes. leil, les Pyrénées espagnoles sont riches de verdure
liberté des théiltres que de la liberté de la boulaogerie, la Au
précédent bleau succede un foyer de comédiens,
Malheureusemeot, toute médaille a son revers. Le re- repetenl eJl cb&lt;l!ur peodant oes heuros enllere,.
de
la
boucherie,
de
la
presse,
des
ncgres,
ou
de
toutaupleioes de promesse~, que la plaine ne tiendra pas. A~
ou
se
répete un opéra du ma¡;stro Cahocini, lequel est
vers de Porto-Novo est celui de la plupart des villes de
---ca:--X. Y. Z.
tre couronnemeot de n'importe quel édifice.
cootraire, pour figurer la Sierra castillaoe, évoquez les _,odeT
en
perpétuelle
dispute avec son librett\ste. Bcureuscmcnt
J'Orient, d'ailleurs : la malproprelé. Ainsi, on ne peut
Or, naturellement, vous ne pouvez vous croire si heu- arrivc Mou~seline, disons M11' Vernet, une debutante
tableaux les plus apres, les plus mélaocoliques des réparcourir la ville sans y rencontrer de nombreuses exOBSIQUES DE Jme LA PRINCKSSE CURTORYSU
reux. Comment supposer que MM. Clairville et Cogniard d'uo talent et d'une gentillcsse hors ligne, qui avec un
gions alpestres les moios clémentes : cette mont~e de
cavatioos, cloaques impurs, ou se ca.:hent les immondiaient si bien deviné votre éloignemeot pour des quesSplügen, par exemple, et son funebre paysage. C'est la
·
1,e24 aotitont eu lieu,a Saint-Louis-en-\'lle,les obseques tions si abstraites, si eonuyeuses, meme discutées avec joli couplet, chanté a merveille,
ces du voisinage, et qui empestent l'air de miasmes pumeme dévastatiou qui pese a l'Ame, le meme désert a
la
princesse
Czartoryska,
filie
de
la
reine
Cbristine.
trirles et déléteres. La nature, heureuscment poar les
pei:e de vue, le meme aspect granitique et solitaire,
enjouement !
Met les laideurs d'accord en charmant l'un et l'autre.
Hne nombreuse assistauce, composée de !'élite de
Européens, a mis le remede a. coté du mal, c'est-a-dire
Eh bien! c'est comme cela, pourtant; cette répuet Jusqu'aux moraines grises, roulées, usées et mises en
igration polonaise et de la haute société espagnole, gnance, ils ne l'ont pas seulemeot devinée, ils la partaune multitude de petits vautours noirs et puaot3, qui, a
las par les cataclysmes séculaires.
itempressée de venir s'associer par sa présence a la gent, ces Roger-Bontemps; aussi a chaque nouvelle
Grace a elle, sans doute, l'opéra aononcé va-enfio
rexemple &lt;le leurs frcres emplumés des villes hispanoLa plaioe tieot de la montagne, et de plateau en plaeur des deux familles. La jeune prrncesse Ladislas, scene, a cbar¡ue nouveau talilcau, nouvelle craiote de éclore au grand jour de la rampe. Nous ne sommes
américaines, se chargeot ici de la propreté de la ville.
teau inse[\siblement la continue. Les villages sont rares,
LE CREM.lN DE FER DE PARJS A MADRID.
ée a Paris le i 9 aout i 864, daos sa vingt-oeuvieme votre parl et nouvelle surprise agr&amp;able, et ainsi de suite plus au fo)·er des acteurs, mais bien au théalre. Le
Seuls moyens et instruments d'hygiene, ces aniinaux
les maisoos semées a loogues distances, les ruisseaux plus
ée, était la sreur de la princesse del Drago, aujour- en crescendo, jusqu'a la fin. Et ce o'est pas un médiocre maestro vient se placer au pupitre. L'orchestrc joue pour
s'acquitleot en conscience de leurs fonctioos, que la loi
AU DIRECTEUR.
rares que les maisons. On peut compter les chenes raui filie uoique, issue du mariage de la reine Chris- tour d'adresse que de faire faire aiosi au spectateur ouverture une charge tres-réussie de la musique ita"'•drid, U 1001,
protége en punissaot d'amende trcs-lourde la mort de
bougris ou les píos de mince venue qui coupent de
et du duc de Rianzares. Elle ne laissse qu'un fils, tous les frais d'iotéret d'une comédie, que de fonder lienne, ou plutot une cacophonie a mourir de rire. Onreces intéressants oiseaux.
loin en loin l'horizoo plat et moootonc. Le sol cst jaune
Moosieur,
cela
s'appelait
rever
autrefois;
aujourd'hui,
sur son humeur l'unité tl'un ouvrage, fort spirituel, as- commence l'ouverture dont le maestro a corrigé, il deprince Auguste Czartoryski.
C'est le panorama de cette ville singuliere que repréet desséché, le passant peut croire que la culture en 1st
cela
se
nomme
voyager.
Le
magicicn
qui
nous
condoit
L'egli!ci
de
Saint-Louis
était
entierement
teodue
de
surément, ruais qui, sans ce líen, pourrait sembler un vrait dire txagéré les fautc,, aprcs quoi la toile se leve,
sente le des5in que nous avons donné dans le n• i i20.
baonie. Mais ce1te terre, pour etre bclle, n'a besoio ni
se
plait
aux
choses
irupossibles;
il
en
a
l'audace,
la
puispeu décousu.
et nous assistons a une parade de la sérénade du Bar·
avec
draperies
lamées
d'argent,
et
chargées
du
chiíA gauche, soot les factoreries européenoes, en
de l'homme, ni des arhres, ni des eaux. Un ciel d'un
saoce,
et,
ce
qui
est
bien
heureux
pour
les
curieux
de
et
des
armes
de
la
maison
de
Czartoryski
et
d'
Amtele desquelles se trouve la factoreri~ de la maiJe. sais hien qu'en révélant ainsi, des Je début, un biel'.
bleu profond se déploie sur ce désert, le soleil lui sert
de Rianzares. Le corps de la priocesse avait été dé- procédé qui o'est pas ce que la piece a de moins neuf,
Cctte pararle, qui n'est qu'un cadre a toutes sortes de
son Régi ·, de Marseille; daos le fond apparaisseot notre sorte, la coquetteric. Le voyage est remplacé par de manteau. Une lumiere chaude et transparente envele
tourbillon
:
on
s'endort
a
Orléans,
on
se
réveille
de.
snr
un
magnifique
catafalque
placé
au
milieu
de
je
prive
l'aoalyse
que
feo
vais
faire
d'une
grande
partie
folies,
d'encbantemeots et de tr•Jcs des mieux imagioés
les forets de palmiers, source do la fortune du pays.
loppe, colore, transfigure toutes choses. Les cootours
oef de l'église, eotonré d'ifs enllammés.
de son intérel; mais, saos cette indiscrélion, l'on aurait et exécutés, a pour principal agrément
une sorlc de
Entre les factoreries et la vilie indigene, se trouve vant l'Escurial. Quaodj'étais petit, j'accrochais au nuage sont plus fins, les aretes plus vives, le roi Soleil est ici
11
Le deuil était coodmt par le prince Ladislas, mari de pu s'en prendre a moi si, par hasardt l'exposé de ladite Chérubin, qui o·est autre que M • Silly, autant du
un beau plateau assaini par la brise, et que le gouver- qoi passait mes songe~ eníaotins, et je m'eo al\ais sur chez lui. C'est lui qui doooe aux moutagnes lointaines
nement fran~ais s'est réservé pour y construire les éta- les ailes du veot vers les terres incoooues. Mais quelles ces profils de marbre rose, aux premiers plans leurs tone 11 pnncesse défunte, par son frere Witold, et leur cou- piece n'avait pas tonl a fait répondu a ce que j'ai dit de moins qu'il est pernii, de l'affirmer, daos la confusion oü
légendes, bon Dieu: resteroot a nos eofaots? L'bippotin le prince Constantin, accompagnés de LL. AA. RR. son prodigieux succes&gt; et je ne me suis pas sentí de vous jclte le nombre infini d'acteurs et d'actrices qui
blissements qui luí sont nécessaires.
griffe est en retrait.d'emploi, la sorciere a brisé de dépit dorés, a la plaine sablonneuse la majesté d'uo paysage lt comte et la comtes.~e d'Ar¡uila et leurs eofants. La force a courir ce dauger, par pur dé"oucment pour un fígurent daos la picce, et y changent a t-0ut momeot de
Un autre dessin donne une
idée
de
l'activité
qui
reane
.
o
oriental. Ríen ne trouble le silence des plateaux endordans une fa~torerie. Les iodigenes apportent l'huile daos ~a fo:le et classiquc mooture. Nous avons mieux que cela. mis sous les feux du jour. De temps en temps une tenla comtesse Dzialynska, née Czartoryski, belle-sceur de la ouvrage que ses auteurs, aussi spirituels que modestes, costunw, de voix, d'age et meme de sexe.
•
L'air de violon, joué avec quel rncces,je l'ai déja dit,
de grands pots de terre ; on en verse le contenu daos On n'entend plus passcr daos les nuits obscures la ronde avec un peu d'ombrage, un puits, quelques vachcs pais- défuote, et la priocesse Marceline assista:ent aux obse- appellent eux-memes un salrnigoodis.
iufernale
des
chasseurs
noirs:
pour
aller
plus
vite,
la
bal~es
daos
une
des
chapelles
latérales
de
l'église.
Je
disais
done
que,
fort
de
la
nouvelle
liberté
des
l'opéra
semble n'avoir plus qu'a suivre son cours, et la
des mesures spéciales, placées sur un pet1t échafaudage,
sant l'herbe rare. Assis sur un a.ne de grande taille, un
lade
a
pris
t1lace
daos
les
bagages
du
train
rupide.
De
..
Le
corps
de
la
déíunte
est
resté
exposé
daos
l'église,
théatres,
un
patissier
s'est
mis
en
tele
de
comblcr
ses
perspecfüc,
fraochcmcnt, n'est pas trop ra.~suraote;
d'ou elle coule daos des futailles que l'on emmagasine
Castillan en vclours noir se voit de loin sur le sentier ~·ou il sera porté daos le caveau funebre de la tamille praliques, en leur donnaot la comédie en meme temps mais tout commence et commence bien,dans cette piece,
¡mis
loogtemps
déja
il
n'y
avai~
plus
de
fleuves;
aujourjusqu'a leur embarquement. Cctle partie d'uoe factoresans ombre. Daos uu pli de terrain, des ten tes blanches
que des petits patés. Or, a peine a-t-il fait d'exccllents et ricn ne finit. Quoi de plus charmaot! toujours des déH. C.
rie, que l'oo appelle le mesurage, est le point de réu- d'hui, ni Alpes ni Pyrénées n'y tiennent; le serpeot de sont dressées; on dirait d'un douar arabe. Au milieu, les ~artoryski ou en Espagoe.
reu
gravit
lescimes
les
plus
hautes;
ilrampea.800
metres
artistcs de Fortenquille, son chef de fourneaux, et de buts, des prémices !
oion des désreuués, qui viennent savoir des porleurs
booufs aux longues cornes, attelés deux a deux, fouleot
Cydalise, sa jolie caissicre, qu'un diahle de voisin lui enCette fois, c'est le régisseur venant annoncer que le
d'huile quelles sont les nouvellcs des en~irons; on y fait daos les Pyrénée&amp;, a i ,400 metrcs daus le Guadarrama; lentemcnt les gerbes amassées; un bouvier, l'aiguillon
il
se
joue
des
courbcs
et
des
peo
tes.
De
SaintSébastien
leve
toute
sa
troupe,
en
vue
d'ouvrir
lui-meme
un
resténor,
ayaot étourdiment contracté a Grenelle un engade la politique; on y discute les prix de !'huile; c'est
CAUURUI DRli■ATUQUI.
a la maio, est deboul sur la planche que l'attelage ena
Madrid,
ce
sout
des
merveilles,
des
audaces,
des
vertauraot-dramatique
ou
un
théatre-restaurant.
gement
a heure fixc et avcc dedil, il ne saurait conlinuer
une bourse indigeoe. ·
traine. Sur cette terre primitive, oo bat encore le grain
Lascene change sur ce rapt odieux, ct,en avant d'uoe de chaQter son rule. Quclqu·uo pourrait hien le lire a
Les plus courtcs folies sont les meilleures, dit le proA l'époque ou M. l'amiral Didelot vinta Porto-No,o., il tiges : ce cbemio-ci fait des folies. J'ai compté, daos un comme daos la Bible; mais le travail n'est ici CJU'un ac~
s'y faisait, iodépeodammeot du commerce de l'huile, un espace de 50 kilometres, dix-huit poots et viogt-sept cident du paysage; la Vieille-Castille est surtout guer- terbe, el la sagesse des natiohs n'a.jamais mieux parlé, toile de food, qui est tout simplement un chef-d'amvre sa place, mais on a pensé que le public aimPrait mieux
trafic non moins important de cauris. Ces &lt;lerniers sont tunoels, qui se melent et s'entrclacent; on passe inces- riere. Pour une fcrme, on y compte d1x chateaux-f!)rts. i moa avis; mais il manquait a cette regle une excep- de clair-oliscur, elle nons mootre la devanture et les passer tout de suite au ballet, et aussitót les décors dP
de petits coquillages tirés de Zanzibar. Jres-répaodus sammeot du souterrain au précipice, et du précipice au Les tours sarrazines, aux créneaux pointus, soot la rn,ie tioo qui la confirmat. Celte preuve, si souvent et si vai- abords d'un simple restaur1nt-café, rendez-vous babi- changcr, la place publique de Séville de fairc place a
des jardins dignes d'Armidc ou d'Alcine, et le ballet, un
entre les montagnes et la ron, et jusque daos le bassio souterrain. Entrevue de la sorte par échappées, inter- parure de la terre du Cid. Voici Burgos, Medina del aement tentée a nos dépens, cette preuve que nous re- · tuel des comédiens et comédiennes saos ouvrage.
La,
a
l'esquisse
des
éternels
ridicules
de
la
profes,ion
charmaot
ballet, de commenccr. Mais, sn~•ez tranquille
rompue
parles
ténebres,
accompagnée
du
bruit
formidable
doutions presque de voir se produire en été, le théatre
&lt;lu Níger, les cauris, qui représcnteot un millieme de
Campo, Avila, lieu1 héroiques, cent fois pris et repris,
ridiculisanle,
s'ajoute
ce
détail
particulier
et
tres-actuel,
le
ballet
lui-meme
ne Onit pas. A un elfct de jour spleoqui
remplit
les
voutes
sonores,
l'impressioo
de
l'abime
des
Varietés
vient
de
la
donner
aussi
éclataote,
aussi
franc, coostituent la seule monnaie des noirs, et óot
qu'aucun alliage moderne ne deshonore. Ici la folie du
que
la
plupart
de
ces
acteurs
se
soot,
faute
d'emploi,
dide
~ucccde
un
effet
de nuit plus splendidc encore,
est
a
son
comble.
Nous
franchissions
les
premiers
ces
décoocluanté
que
possible,
avec
la
Liberté
des
thédtres,
salcours sur les bords du lac Tchad, au Bornou, et mé!lle
cbevalier de la Manche apparait comme la chose la plus
improvisés
directeurs
de
théatre.
De
la,
naturcllcment,
avcc
un
jet
d'eau
dont
chaque
fusée, dont chaque goutte
filés
faits
de
maio
d'homme;
un
clair
de
lune
incompalligondis
en
six
actes
et
quatorze
tableaux,
de
MM.
Théoa Tómbouctou. Les navires européeos en apportcot done
oaturelle du monde. Avila,ou le cbemio de fer fait une
hausse
de
moitié
pour
le
moins
sur
la
valeur
des
camareflele
les·
cou)eurs
les
plus
variées,
les plus magiques.
rable
éclairait
la
scene
:
M.
Pereire
n'avait
rico
oublié.
autanl qu'ils peuvent en trouver. Toutefois, le rhum du
.pause, a neuf portes, et Je ne sais combico de tours. Pas dore Cogniard et Clairville.
rades
qui
sont
restés
de
simples
comédiens.
On
se
les
lmpossible
de
rendre
l'impression
de
ce tablcau sur le
Ce
n'est
point
l'astre
blafard'
de
no~
ouits
grises
du
Nord,
Quelle
soirée
!
jamais,
en
se
pamant
de
rire,
on
ne
s'éBrésil, cono u sous le oom de caha~a, et le tabac en rollos,
un créneau ne manque asa glorieuse enceiole, qui serdispute,
on
se
les
arrache;
ils
ne,saveot
auquel
coten••
public.
A
lui
seul,
daos
un
pays
de
sourds,
il assurerait
mais
la
vraie
Phrebé,
sreur
du
Jo1Jr,
aupres
de
laquelle
tait
laissé
tomber
avec
lant
d'abaodon
sur
l'épaule
de
sont, apres les cauris, les deux articles d'importatioo
pente sur le flanc d'un ravio profond, parmi de~ masses
le
soleil
de
londres
n'est
qu'une
lanternc
bumide
et
aon
voisio,
saos
distinction
d'age
ni
de
scxe.
Jamais
dre;
bref,
oo
Onit
par
les
mettre
aux
enchcres,
sur
la
a.
la
piece
u11
soeces
saos
bornes.
contre lesquels l'huile est traitée de la maniere la plus
Les aveugles, du reste, auraient leur rcvanche au tapale, la vraie )une des balcons et des sérénades, qui n'ef- de verdure. Sa catbédrale est un chateau:fort, un grand mouchoirs de pocbe n'avaient étaoché a la fois taot de motion d'uoe mere de danseuse.
avantageuse et le plus facilemeot.
couvent
couvre
l'approche
du
cbemin
de
ronde.
Det
lnv1tés
a
faire
Jeurs
preuves
séance
tenante,
ai-je
bebleau
suivant, ou la foutaioe enchantée est remplacée
Soit souveoir du passé, soit par un gofit riaturel (qu'on face pas les contours, mais les accuse, et qui laisse a carcpagnards, dont le coslume n'a pas chaógé depuil larmes de joie et de perles de sueur confondues. Jamais
soin
de
dire
que
p33
un
ne
se
fait
prier?
Loin
de
la:
chapar
les
Pupad de Ncuville. Ces marionoettes représeuretrourn cbez tous les noirs), les habitant.s de P0rto- chaque chose sa couleur. Nous passions, comme l'oura- cinq siecles, entrent et sortentsous la haute portl! maure. on n'a-vait ri de si bon cccur et si longtemps, daos une
que
sujet
débitc,
qui un couplet de vaudeville, qui un tées, - car ce sont a. présent les hommes qui se font a
gan,
au
travers
de
cette
visioo.
Sous
nos
piP.ds
défilaient,
étuve,
en
plei(l
mois
d'aout!
Jugez
done
par
la
de
ce
que
Novo, bien que doués d'un caractere doux et pacifique,
Le monde moderne n'a ríen afaire de cette baetille dan•
grand air d'opéra, qui une tirade de mélodrame. Une l'image des mar10onet1es, - ces marionnettes, dis-je,
aimeot beaucoup rodeur de la poudre, et oot un gout comme un mirage, les vallées ombreuses du pays basque, un désert, et comme il n'y a plus de chevaliers, ATila ce sera cet hi ver, car la Liberté des thédt,res vivra j ussoubretle
récitc une scene de Moliere, et, par paren- qui ne soot autres que Dupuis, Guyoo, Al. Michel et
les
villages
perchés
au
bord
de
l'eau,
avec
leurs
toits
que -la et bien au dela.
tres-vií pour les orncmeots guerriers et les armes de
se laisse mourir.
these, elle la récite etsurtout la rita ravir; et, lorsqu'oo Ando(, imiteot a s'y tromper la déclamation et les tics
Ainsi,
¡,ar
Jupiter
!
o
Athénie.ns
!
vous
l'avez
retrouvé,
plats
et
leurs
vieilles
églises,
les
torreots
bondissants,
luxe. Aussi, la poudn trouve-t-elle chez eux un débit
Mais je m·attarde, moosieur, et l'on va me laisser en
passe aux eocheres, la salle entiere applaudit aux prix de Frédéric Lemaitre, de Beauvallet, de Laurent, de Dutres-avaotageux, et l'on peut estimer a plus de quatre ou blancs d'écume, ao pied des graods rocbers bleuatres. route. Trois invités de la Compagnie vieoneot d'avoir l'i11extioguible rire des dieux d'Homere. Gardez-le bien,
ce
oaií
et
¡irécieux
rire,
qui
seul
,ous
manqua1t
encore
fabuleu1 ou elles montent sur la sccne.
maine, de Mélingue, cte., etc.
Celle
montagne
est
un
jardín.
Le
chatHignier
descend
11
cinq mille le nombre de, fusils, escopettes ou espingoles,
ce triste sort. C'était devant Medina del Campo. Cette pour égaler les immortels; et nou~, tachons de rexpliCepeodant, le rest:mrateur-dramatique, qui ne veut
Quant a M11 • Silly, elle contrefait M • Thérésa, la Cases
peotes
en
cascarles;
jusque
sur
les
sommets
les
pomexistant actuellemeot dans le seul district de Porto-Novo.
mésaventure, qui noOll vaudra un beau deEsin, puisque
pas perdre de temps, fait commencer tant bien que mal meuse étoile de !'Alcazar, de fa~on a se reodre, elles
Cepeodant, le tond du commerce sera peodaot long- miers plient sous les fruits. Cependant, la route s'éleve. B... est au nombre des victime~, fait le sujet des con- quer, sinon de le communiquer aux futurs spectateurs
la représentation de Don Quichotte, tragédie a la der- charmaote, pourtaot, presque aussi odicuse que son
temps encore l'buile de palme. Cette industrie est au- Elle ne jouait d'abord qu'avec la riviere, qu'elle franchit versations de cet e981im de Fran~ais bourdonmrnt que de la Liberté des thédtres.
jourd'hui entre les mains des Anglais de Lagos ; mais comme a plaisir. Apres les ponts snr l'eau et les viadac., le traio emporte. Qui a tortT le ,oyageur ou le cbemiD • Uche ingrate que d'expliquer ce qui fait rire, tache niere mode, dit-il. La scene, changée a vue, représcnte modele.
le fameux restaurant-théAtre, avec ~es spectateurs-conAu reste, bien d'autres caprices de la mode sont eoapres le traité passé entre l'amiral Didelot et le roi de sur les hautes vallées, les cimes désolées apparaissent, de ferT Grue question, mon11ieur, presque un ca,ua bella. daos laquelle IJOUS échoueroos, puiequ'Homere, luisommateurs
et
ses
ar.teurs
qui,
non•
seulemeot
ne
concore
mis en sccnc daos ce tableau, qui r.st d'un mouvememe,
n'a
jamais
pu
faire
comprendre
a
persoone
comPorto-Novo, il est vraisemblable que nos compatriotes les escarpements devienneot immenses, c'est le désert : M. B... était-il a,ertíT Anit-on aononcé le départ" &amp;
sommeot
pas,
mai~
encore
o'ont
rico
pris
de
toute
la
ment,
d'une variété, J'une habileté iocro~·ahles; c'est la
ment
la
seule
vue
d'uo
dieu
boiteux
avait
si
íort
égayé
sauront disputer ce monopole a nos concurrents. La noug sommes au col.
chacun de dire son mot mr celte FA¡,agne inhospitali~re, loutl'Olympe; mais d'autre part, que\ 11upplice pour des journée. Les pauvres diables, mourant de faim, s·ioter- perfcction du gcnre Revue. 11 témoigne meme, par exC'est la vraiment que l'Espagne commeoce. Cootl'aste
maison Régis, de Marseille, qui représente si brillamsur cette ~pagoe im~íble, 1ar cette Espagne qui a
rompent pour demauder a leur pulilic une part des \ ceplion, &lt;l'une intention dem1-satirique, el corumc d'une
ment ootre commerce sur toute la cote d'Afrique, a étraoge! Entre tous les pays du soleil, celui-ci est uoique le tort de ne pas Be déranger tout eotíere pour ,oír pal- gens gais, que d'entendre d'autres gens riant aux éclat5, mets sucruleoL, et des vins de prix rlont il se régale a certaine vclléité de justifier le litre de la picce dont il
en
son
genre.
Ou
plutot,
il
y
a
detu
Espagoes
:
celle
de
et
d'ignorer
ce
qui
les
flit
rire
!
déja fondé une factorerie qui prospere. Faisons des vreux
ser deux ccnts Fran~ais. J'entends oue ,011 forte qti
Done, a nos risques et péril~, essayoos au moins de leur barbe, et la représentatio~ de Don Quicholtn ~~il par \ cst le prin~ipal_ ornemcot. On pouvait d~ moins le c~ainpour que d'autres maisons de Bordeaux et de Nantes l'imt- Séville et de Grenade, qui est l'Espagne africaine, et l'Es- s'écrie : « Heureusement il y a des journalistes dan, lt
D&amp;rrer l'ioénarrable revue, car, au fond, c'estune revue, des noccs de Gamache, a la smtc dcsquelles le pat1s-icr, dre ... ou 1esper&lt;'r, en vo~·:mt un certam ballet ou les
pagoe
du
Nord,
qui
est
la
vraie;
la
premiere,
qui
n'a
tent, et ponr que la factorerie marseillaise devieooe bientram; la presse íera son de,oir ! 11 Je reconn1i11 une ,ots
reveoant sur l'eao, rarocne triomphalemeot sa troupe type~ du Théatrc-Fran~ais se confondent avcc ceux du
tot le foyer de nos idées et di! notre industrie, sur un jamclis su que chanter et jouir; l'autre, qui seule a com- connue, familiere aus habituét da Pal1~Bourbon, at de 1111. Théouore Cogniard et Clairville.
mélodrame des boulc~ards; mais ce n'a été qu'un éclair,
Et d'abord, disons que le titre e,t a luí seul un cbef- repentante et pac;sahlement... gaie.
poinl ou l'influence anglaise, nous l'avons &lt;lit, domine battu, pensé, vécu, mené le monde. Celle-ci réunit tous elle ne dit poiot d'ordioaire a la pre,ee tan\ de doucemt.
Mais
le
pauvre
homme
n'esí.
pas
au
bout
de
ses
tribu1
et cette ti mide allusion a1u essais classiqucs des théatres
d'e211.,re, un prodige d'habileté, en ce qu'il vous dispose,
déja d'uoe fa~oo inr¡uiét1nte. L'entrcpri~ renconltera les extremes; sous la latitude de Naples, elle est juchée Oh! monsieur, les Fran9118 ea ,oyagel on en pourral&amp;
lations
:
le
rideau
tombera
sur
luí,
coupant
en
deux
ses
Déj11:1et et de la Porte SainHlartin oat -rite fait place
et
je
dirai
meme
vous
force,
a
,ous
amuser
de
n'im
·
d'autaot moios de difficultés,que des lieos d'amitié nous plus haut que le mont d'Or. Du midi, elle ne connaitque faire un livre. Quelle pbilosopltie! 1¡uel sen11 ~111ml
rapptocbenl aujourd'hui du puissant voism de Porto- les ardeurs implacables. Le soleil la brule, il ne la ca- quelle biennillance pour l'étranger! On traite les b6- 110rte quoi.
No,o, du roí de Dahomey. A la suite d'une mission pré- resse pas. Elle grille en été, elle a froid en hi,er. De

138

~ en ,ille prise d'assaut et l'oo s'étonne de ,oír enses extravagr.nces portées sur la cartc ! Une ehose
ut inspire a nos compatriotes une indignation proe et bien sentie. L'Espagoe est une tcrre primitive
&amp;ere, ou la poli ce ne se monlre pas. On ne vous raoge
en troupeau dans les gares, on vous laisse, a vos
ues et périls, passer sur la voie; on ne vous dejaiide ni ou vous allez, ni d'ou vous venez; on vous
'te en bommes, poiot en enfants. Quelle misere,
nsieur, quelle sauvagerie si pres de nous ! quelle inieoce ! Un pays aussi dépourvu de sergeots de
¡lle n'est-il pas nécessairement le deroier pays du

~U-tf-l±t-4BiW

~*

I

�140

I

aux Pupazii, dont
le succes a été bien
plus général.
Ou voit ensuite
un nouveau tableau d'intérieur
dramatique, ou un
feuilletoniste éminent et un dramaturge hors ligne engagent un duel de
paroles, qui bientót se change en
une melée générale, ou ils sont a•
peu pres assommés tous deux, a
la grande joie du
,public, La Fontaine dirait du troi-•
sieme larron.
Puis vient une
nouvclle représentation d'un théatre, ou, ponr le
coup, ce n'csl plus
l'opéra, mais le
drame militaire
qui sert de ciblc
aux ltabiles 'tireurs
des Variétés. Nous
avon~ la, comme
au Cirque, ou
mieux encore, a
l'Hippodro r1e, la
prise d'nn fort de
Trich iribownowski,
ou quelque chose
d'aussi opulent en
consonnes. Naturellement, les Prussiens qui attaquent
ce fort sont battus
a plate couture par
les Frrrances; mais, apropos, ces
Prussiens bjlttus
par des Fran~ais,
ce choix d'un nom
polonais pour la
forteressc
altaquée... N'y auraitil pas la quelque
allusion politique
a des circonstances
qui, rapprochées
d11 couronnement
du roí de Camhodge et de la
haussc des fonds
nigritiens... Ah!
hien, oui ! ou ai-je
la téte? Tout cela
n'est a autre fin
que d'amener l'exhibition d'un tamb1ur-major.
.Mais aussi quel
tambour - major !
et quel ·soeces,
que! triomphc,
quelle apothéose
il a rem portée ,
ce tambour - major !
« Un grenadier,
c'est une rose, &gt;)
dit la chanson de
corps de gardc qui
eut, en i 807, tant
de vogue clans les
salons; maís nn
tamhour-major de
cette taille, de cettc
force, c'est un
bouquet, tout un

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION., JOURNAL UNIVERSEL.

i régiment de ligne (indigene);
bataillon de ch~seurs
(ídem);
i bataillon de zouavcs
(étrangcr);
batai\lon de carabiniers (idem);
2 escadrons de drago ns;
6 batteries d'artillerie
(avec des canons pour
i 2 batteries);
Et la gendarmerie.

mplete d'argent; les minis-

bouquet, le boa.
quet du splendide
feu d'artifice tiré
par ~lM. Cogniard
et Clairville. AlJ81i
ne m'en demande¡
pas davantage ¡·e
n '~n peux plus,' je
su1s éhloui, fasei,.
né, je vois des soleils, des cbandelles, des étoiles.
j'entends le ri~
cbarmant de 1111,
Silly; écrasé d'é.
motions' a peine
me reste-t-il la
force de répéter
que la Liberte des
théatres est, saos
comparaison ao.
cune, le grand, Je
·vrai, l'immense,
l'unique succes de
la saison.

A.

DE BEuor.

CORRESPONDANCE

italienna
Aü DIRECTEUR,

Rome , 15 aoilt.

11 y a quelque
temps, le pape a
été, vcrs six heures du soir, visiter
la caserne récemment construite au
Macao pour les
troupes pontificales. Sa Sainteté
paraissait complétemellt remise de
sa dernicre indisposition, et plaisantait gaiement
( ce qui est assez
dansses habitudes)
a vec les pcrsonnes
qui l'entouraient.
Le sourirc d'UD
souverai n est toujours, pour.la foulc,
l'indir.c de quelquc
bon ne nouvelle;
moi, je n'ai vu la
qu'un saint vieillard heureu1 d'avoir recouvré la
santé et de se retrouver au milieu
des siens.
La ,nouvelle ca. serne, qui peut
conten ir un millier
d'hommes, sera
payéeavec les sommes envoyécs par
le comité catholi-,
quede París. Quant
au terrain, i1 avait
été acheté précédcmment par Mgr
de Mérode, tt offert par iui au
Saint-Pcre. 11 cst
probable que !'on
doublera plus tard
les constructions
actuelles; mais aujourd'hui cela n'est
gucre possible, car ,
il y a une diseUe

Ut

co du reste, ~e s'en ca·u-es,

bent point, et a tous ceux
e ¡ tcur parlcnt de la situa11
~ ils répoñdcnt franchebo0'
.
roent : Eh bien! nous v1ro05 de dettes : J« Campe-.
' ..,,
r....0 di debiti l&gt;. e conna1s.
plus d'un gouvernement qm
vil eiactement de la mcme
msniere, et qui n'a pas le
couragc de l'avouer.
La petitc arruée pontificale
n'ofíre pas, a coup sur, un
LE COFFRE A. QUA.'l'RE CORNES: DEMI-GRANDEUR NA.TURELLE.
Les corps dans lesquels il
bien grand intéret au point
entre
des éléments étrangers,
de ,ue militaire; elle ne
néral,
quijugeait
assez
mal
la
situation
au
milieu
de
cette
comme
l'artillerie
et
les
dragons,
ou qui sont entierepossede ni frégates cuirassées, ni armes monstrueuses;
réorganisation,
et
en
quelques
heures
toutes
ces
peines,
ment
fran~ais,
helges
et
suisses,
comme
les zouaves et
¡ cbaloupes canonnieres, et pourtant, depuis quelques
toutes
ces
espérances,
tous
ces
millions
furent
perdus.
les
carabiniers,
posscdent
quelques
officiers
d'un vrai
années, on s'en occupe un peu parlout. Ceux qui en
mérite.
L'artillerie
a
pour
chef
un
homme
d'un
parlent s'échauffent memc a son sujet, comrne s'il
savoir
reconnu,
le
colonel
Blu-me11til,
et
le
minisétait qucstion de forces impQSantes; les soldats du
tre de la guerre a s11 placer pres de lui, comme
pape, condamnés par les uns, cxaltés' par les auaide de camp, un des meilleurs officiers de l'armée,
tres, sont devenus tour 11 tour des mercenaires sans
le colonel de Mortillet.
patrie ou des héros doublés de marlyrs.
11 serait tres-facile, avec un peu plus de disci-Ce n'cst point ici le lieu de discuter qui a tort
pline
et d'énergie, dP. rcndre excellentes les trou011 qui 1 raison, et de se prononcer sur une quespes
indigenes,
sur lesquelles les autres ont aujour~on qui fera probablement encore la fortune de
d'hui une supériorilé incontestable. Les soldats itaplus d'un libraire.
licns sont intelligents et deviennent ce .qu'on sait
L'l/lustl'ation ne béatifie personne, et laisse a
les faire. Malhcureusement, leurs officiers n'ont
d'a~trcs le triste so~ri d'injurier; mais il ne sera
pas les qualités nécessaircs pour le commandepeut-clrc pas saos intéret pour ses lecteurs Je
ment
: un langage trop familier avec leurs homconnaitre la situation militaire actuclle de ce petit
mes,
une
démarche paresseuse et endormie, leurs
pays, et le caractere de ses troupes.
.
longs
cheveux,
qu'ils divisent symélriqucmcnt du
Lorsq11e le général Lamoriciere vint a Rome, en
front
a
la
nuquc,
tout concourt a lcur oler celtc
1860, il trouva les choses daus un triste état. JI tui
apparence
martiale
qui plait au soldat; et puis on
rallut toute l'énergie et le talent d'organisation
les laissc se marier avec une si déplorable facilité,
qu'il ¡,~ssede pour épurer les administrations, éloique les affcctions de la famille l'emportent l,iengner les officiers incapables, rendre un peu d'actitót sur l'amour du métier.
vité aux employés de toute sorte, et trouver en six
En toutes circonstinces, a propos d'un ehangemois les chevaux, les canons, les éq uipements nément
de garnison, et plus encore en face du dancessaircs a une armée de vingt millc hommes. A
ger,
la
pebsée qu'ils laissent dcrriere eux ce qu'ils
force de volonté, i1 obtenait en quelques jours ce
ont
de
plus
chcr au monde, refroidit l'ardeur qu'il
qu'il fallait, avant lui, des années pour obtenir. Les
serait
nécessaire
de montrer.
ministeres, les administrations murmurerent bien
Qn'un
ordre
de
départ arrive, ce ne sont qÚe
de tous ces cltangements et de toutes ces nouveauM.
DESMARF.ST,
batonnier
de
l'Ordre
des
avocatt.D'aprés
un•
phot.
de
M.
Nadar,
plaintes
et
gémissements.
tés; c'était autant d'ennemis implacables que l'on
Si l'cnnemi passe la frontiere: Hélas! hélas! ma
se créait; mais le soldat, mieux nourri, mieux équipé, mieux commandé, prenait confiance en son chef, et I Aujourd'hui, l'effectif de l'armée, qui est a peu pres pauvre femme ! entend-on de toutes parls.
Et quand l'heu~e du combata sonné: Hélas! hélas!
ne se reconnaissait plus lui-méme de ce qu'il était aupa- \ ce qu'il était avant 1860, s'éleve a.8,000 hommes, et se
mes pauvres cnfants! - C'est a fendre !'ame.
ravant. La bataille de Casteludardo vint surprendre le gé- compose de :

I

\

�.

.
L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UN IVERSEL.
Plus que partout ailleurs, on pourrait citer ici ce (Jndes Orientale~)- Puisse un homme de l'art y trouver
vicux proverbe que j'ai souvent entendu répéter en des éléments propres a concourir a la solution du diffi.cile probleme qui est pendant : quel est le meilleur type
Belgique:
a adopter pour les navires cufrass~s et blindés? La natore
Bon soldat, maut•ais papa; mauvais papa, bon soldat.
Cependant, si les officiers indigenes manquent essen- a été, est et sera toujours notre grand maitre en toutes
tiellement de qualités militaires, ils ont un coté original choses. ·
Le coffre a quatre cornes (ostracion cornutus, ou ostraqu'il est curieux de signaler, et qui ne peut leur etre
disputé par aucune armée d'Europe; c'est une aptitude cion quadrangularis ac11leis), est le modele le plus parfait
extraordinaire pour les choses d'art. 11 y a parmi eux que présente la nature des batimeots cuirassés et bllndes peintres, des sculpteurs, des poetes, des musiciens dés mus par !'hélice et la va peor. 11 peut également devenir un modele pour des batiments de g11erre sous-marins.
d'un vrai talent.
Le coffre est un habitant des mers intertropicales. U
J'ai vu un projet de monument, le travail d'un simple
a
peu
de chair, mais elle est bonne. 11 est carnivore. 11
lieutenant du génie, qui est bien plutót l'reuvre d'un ary
a
plusieurs
especes de coffres; les uns n'ont qu'une
tiste que celle d'un solfat.
Un capitaine_d'artillerie, M. Muratori, un, nom céle- corne, d'autres en ont deux ou ~uatre, quelques-uns,
bre, écrit pour le théatre de charmantes comédies, dont enfln, en sont to11t a fait privés. L'espece a quatre cornes
est la plus intéressante, parce qu'elle est plus la complete.
quelques-unes seraient applaudies en France.
ll scrait, comme vous le voyez, plus facile peut-etre C'est, en effet, le poisson le mieux pourvu pour l'attaque
d'écrire l'histoire artisti~ue de cette petite armée que comme pour la défense.
Ce poisson est, peu connu en Euro pe, bien qu'il ait été
d'en publier les annales militaires. En sornme, tout cela
a fort bon air sous les armes, tout cela marche, ma- décrit par Marc Eliéser Blocb, dans son lchtbyologie
nceuvre, fonctionne régulierement sous la direction (Prem. part., page H3_. pi. CXXXIV). Le savant prossupreme de Mgr de Mérode, toujours inspiré, dit-on, par sien parait, du reste, avoir décrit ce singuli11r poisson
(c'est l'expres&amp;ion qu'il emploie), plutót d'apres un desle général Lamoriciere.
sin
qu'en ayant un sujet ~ous les yeux. Notre savant
Ce n'est pas sans peine que le ministre de la guerre a
pu conserver intacte l'armée dont il est le chef. De tous ichthyologiste, l'excellent M. Duméril, a bien voulu me
les cótés on l'attaque saos pitié, et ses adversaires sont communiquer les coffres que le Muséum de Paris possede
nombreux daos le sacré collége; ils l'accusent de de- dans ses riches collections. J'en ai vu de fort heaux,dans les
penser mal a propos les deniers de l'Etat, quand les especes autres que celle a quatre cornes. Dans cette esrevenos soot loin d'égaler les dépenses; mais lui, certain pece, les deux plus grands sujets du Muséum n'ont, a
d'étre soutenu par le Saint-Pcre.) que son esprit amuse peu pres, que les dimen.sions de celui que j'ai rapporté:
et distrait, passe sans crainte au milieu de ses ennemis, longueur totale, om 278, savoir: cornes frontales omo21,
et déjoue en souriaot toutes les intrigues. 11 a pour se corps, om¡ 30, queue et nageoire, om i2L Le coflre dédéfendre m1eux que l'épée la plus acérée, car il possede crit par Marc Eliéser Bloch a {5 pouces, la longueur de
la queue comprise. Cette dimension me parait considé..
une tangue a deux tranchants.
Cependant, ceux qui condamnent le ministre, sunt rabie pour cette espece.
bien forcés de respecter sa personne. Mgr de Mérode est . Le corps de ce poisson est complétement recouvert
un homme de bonne foi, integre et de mceurs irrépro• d'une armure formée de boucliers polygonaux, encadrés
chables, vertns q11i, a Rome, se font bien vite remar- par des bordures de tres-petites perles qui les unissent
quer. 11 n'a ni brillaots équipages ni laquais dorés, et · entre eux. ll est armé de quatre cornes droites et sail•·
si, par hasard, on se trouve invité a sa table, on risque !antes, deux a la tete et deux pres du rectum. U a, a
' Cort de faire rnaigre ch ere. J'avoue quo j'ai un faible peu pres, la forme d'un bateau triangulaire et ponté, a
pour les ministres chez lesquels on din e aussi mal; s'ils varangue pi ate et aux formes fortement rentrées au-desposse,deut personnellement une grande fortune, cela sus de la ligne de flottaison. 11 rappelle l'aspect de cerprouve qu'ils emploient leurs revenus a quelque ceuvre tai~s vaisseaux de l'époque de Louis XIV.
Les parties tendres, ou les organes génitaux et les
plus utile et plus sér1euse; et s'ils sont pauvres, c'est
yeux, sont particulierement défendues par les cornes.
une preuve sans réplique de leur honoéteté.
Mais il existe un revers a ce caractere fortement Les nageoires, ou les moyens d'action, sont protégées en
se repliant et en s'appliquant le long du corps, déprimé
trern pé; daos cet esprit d'un dévouemeot saos bornes
1
a.ux intérets de son maitre, regne un¡¡ funesle ten dance a cet effet aux; endroits nécessaires. La boucbe, égalea l'arbitraire; point d'obstacles a sa volonté, nul retard ment défendue par les cornes frontales et par sa posia ses ordres,'et lorsqu'on met sous les yeux de Mgr de. tion basse, est armée de quatorze dents a sa machoire
Mérode un article de reglement contraire a ses projets supérieure, et de do1,1ze a sa machoire inférieure.
Les deux coffres du Muséum ne présentent pas sufou a ses propres appréciations, il serait parfois tenté de
lancer le livre au plafond, et de répondre comme fisamment la forme fortem~nt rcntrée qu'offre le corps
de mon sujet. Cette dépression était tres-saillante lorsLouis XIV : t&lt; Le reglement, c'est moi!..• ».
qu'il était frais: le dcsséchement l'a rendue plus considéLwo.
Agréez, etc.
rable encore. Ce trait de sa structure est tres-intéressant,
au point de vue spécial auquel j'eovisage ce poisson.
ll a cinq nageoires; elles · sont garnies dQ rayo ns a
LE COFFRE A QUATRE CORNES.
plusieurs branches. Il en a deux a la poitrine, placées
'au-dessous des ouies; elles sont courtes, a dix rayons,
Le brillant succes de nos batteries flottan tes devant
et luí servent a se tenir en équilibre et a se mettre sur
Kinburn 1 révélé tout a coup une marine nouvelle,
le dos. Elles semblent les auxiliaires attentifs ·des yeux
formidable pour l'attaque comme pour la défense. Touet des ouies. Une forte uageoire est placée a la queue;
tes les pt1issances, p!:&gt;ur ne pas étre en état d'infériorité, ont du construire a grands frais des na vires cuiras- elle a six rayons, et sert a avancer, a reculer ou a tourner. Elle opere comme propulseur, a la fa~on d'un avisés. Chaque jour elles en augmentent le nombre. Elles
ron de queue dans une embarcation ou en godillant. Le
transforment leurs anciens navires et les recouvrent
coflre a,, enfin, deux courtes nageoires qui lui ~ervent
d'armures.
de gouvernails in,férieur et supérieur, pour exécuter
L'artillerie, comme conséquerrce inévitable, s'est
ses
évol utions. L'une est sur le dos; elle a dix rayo ns,
transformée également. Ses engins ds destruction proet est placée du cóté de la queue, aux deux tiers environ
duisent des efiets eflrayants, qu'il eut semblé impos,ible
de la longueur du corps. L'autre a huit rayons, et est
d'atteindre il y a quelques :mnées. lis sont capables,
placée entre l'anus et la queue, et défendue par les
aujourd'hui, de percer les boucliers de fer les plus récornes.
sistants (l ).
La couleur fonciere du coffre aquatre cornes est brune,
La question de notre flotte cnirassée préoccupe l'attir:mt
sur le rougeatre ou chocolat; mais elle présente des
tention publique. La presse, , pour répondre a r'íntéret
taches
brunes de formes variables, qui se détachent sur
qui s'attache a cctte grave question, enregistre sans cesse
les
boucliers
en écailles. Les nageoires et la queue sont
tout ce qui s'y rapportc. 11 me parait · 1lonc intéressant
jaunes.
La
queue
e&amp;t parsemée de taches noiratres. End'attirer l'attcntion sur la structure d'un petit poisson,
fin,
l'ceil
présente
une prunelle bleu foncé, entourée
le CoFFRE A QUATR.E coRNEs, que j'ai rapporté de Karikal
d'un bel iris jau ne.
1
La gucrre d'Amérique a donné un puissant élan a la
' (t) Lo canon Sommcrs•t de 100, a ame lisse, peut percer une double
armure •n fer de O• t 5 d'épaisseur avec un proj•Glile cr,ux en aciPr marine cuirassée, en fournissant des faits d'apres lesrle o• 18. r., canon pese ,ix lonneaux L'armement du vaisseau anglais,
11 Belltropllon, se coa,posera de du: eanona de 300 et de deux ca.non&amp; quels on a pu discuter et formule!' les progres réalisés par
les divers types de navires qui r,'y SQnt trouvés engagés.
de 1001...

Les combats du Monitor et du Merrimae, de !'Al--.
et du Sassacus, du Kearsarge et de l'Alabama,onten11are.
tentissement immense. Tous Jés journaux les ont
tés, et plusieurs ont accomp~gné leurs narrations d'ial6.
ressan ts commentaires. Les Etats du Nord' et les Étata ..
Sud rivalisent pour la construction des grands et ..
petits na vires cuirassés, aux types variés et excentriciue.,
mais tous formidables. Les arsenaux de France et d'Aa.
gleterre poursuivl!nt sans relache, de leur coté, la so.
lution du probleme de la meilleure construction Data(e
Un vaste champ ~st ouvert au génie et a l'imagio~
des ingénieurs. La Russie profite, ave:: ,son intelligence
ordinaire, des faits qui se produiseot en Occident
et sa flotte cuirassée se range immédiatement ap~
celles de l'Angleterre et de la France.
La frégate la Gloil'e, r,hef-d'ceuvre d~ notre habiJe
coostructeur, M. Dupuy de Lóme, parait etre jusqn'ici le
type le plus heureux et le pl~s parfait des batim~ota
cuirassés, bien qu'il se rapproche le plus des anciet11
types en bois. 11 unit, en grande partie, les qualités coa.
traires que doivent remplir les nouveaux navires.
Que! est le poisson dont les organes de propulsion
soient relativement plus puissants et mieux abrités, doat
les défenses soient plus fortes et le corps plus défeoda,
que ceux du coffre a quatre cornes? Les meiUean
types des navires cuirassés sont ceux également ou Je
gouvernail est le mieux abrité, les murailles plus al'Qri
des projectiles, les éperons plus forts, la force de Pllpulsion plus puissante.
11 était acquis que nos frégates en bois étaieot le
meilleur type de guerre. La frégate de 60 canona,l
murailles droites (type de la Belle-Poule), était l'ancienne
reine de la mer. 11 parait acquis, également, que la
deuxieme batterie des batiments cuirassés donne noe
supériorité réelle au double point de vue du combat et
du hien-étre des équipages; or, la structure do cofrre
démontre que la bauteur du chargement, loin de diminuer les qualités nautiques, les augmente.
De meme que ce coffre possede toutes les qualilf.&amp;
nautiques des autres poissons, de meme il est acquis
que les navires cuirassés sont aussi bons .navires de mtr
que nos anciens batiments en bois a vapeur ou a voile.
La navigation d'expérimentation qu'a faite, a la fin de
l'année deruiere, l'escadre des batiments cuirassés sous
le commandement de M. l'amiral Pénaud, a démootré
que nous possédons une puissante flotte cuirassée, sur
laquelle, le cas échéant, la France pourrait compter. i:e
grand résultat, si rapidement obtenu, sera une des
gloires de l'actif ministere de M. le comte de Chweloup-Laubat.
TEXTOR DE RAVIS!.

r-.,

Anci:n officier ,upérieur d"tníanterie de la marint.

M. DESMAREST.

L'avocat célebre appelé il y a quelques jours, par les
suffrages de ses collegues, a l'honneur du batonna~
M. Desmarest (Ernest-Léon-Joseph), est né a Paris, le
{7 mai {8{5, Inscrit a.u tableau le H novembre i837,
son talent le pla~a- rapidement a l'un des premiers rangs
de son ordre : ses belles plaidoiries dans les aflaires
Crombac, Lejeune, Chaudron, Tibaldi, Grellet (l'associé
de Carpentier, dans le vol d'actions a la caisse du Nortl),
assurerent sa réputation.
M. Desmarest est membre du conseil depuis une quiozaine d'années. Son ·nom fut prononcé la premiere fois
~n i 848; il eut alors pour compétiteur heureux M. Plocque; il s'agissait de remplacer M. Pinard, nommé avocat général. La meme année, Je·Comité départemental des
élections de la Seine l'inscrivait d'offiée sur la liste de ses
candidats a la coostituante. En ce temps de renoúvellement, de mutation et de promotion, décrié maintenanl
par plusieurs qui y trouverent leur profit, il remplit les
fonctions enviées de chef de cabinet de M. Crémielll,
ministre de lajustice. Adjoint au maire du m• arron·
dissement, il occupa ce poste jusqu:en i850; une révocation vint le lui enlever ( l4 mai ). Elle avait été précédée par une démission librement et volontairement adretsée au Préfet de la Seine. Lieutenant en premier, ala
premiere compagnie du 2• bataillon de la Garde nationale, il re~ut, le 23 aout 1848, la croix de la Légion
d'honneur pour sa conduite pendant les journées de
prix.
La filie unique de M. Desmarest a épousé iM. Calll·
penon, avocat, le dernier des cinq fils de l'iugénieUJ

143

~ e n , soccesseur de Delille et traducteur de ·taisie, tels que bronzes et cristaux, nous donnerons ter fraicb~ et jeune, ne saurait trop employer la glycél'adresse de la premiere maison de Paris, c'est~a-dire de· rine de Rimmel (47, boulevard des ltaliens), surtout en
Robert~on.
,
Littérairem~nt, l~ nom de M. Des°!arest ap~arait p~1~
emiere fo1s, en i846, au has d une not1ce publiee
1ª prle Moniteur sur un ami· d'en fanee, un camarau~
,1,.. d
u
¡~e Saint-Louis, le marquis Alfred de Massa. M. Des;.
y:rest a été le rédacteur en chef du Progres, feuille pa~ ieone asa naissance, orléaoaise aux derniers instants
~•.:ne vie passablement troublée; il a fondé le recueil
tres-vivantappclé la Critique (ranqaise, revue littéraire ou
sont insérés la plupart des travaux littéraires du jeune
barreau. M. Oesmarest a publié, en l837, une Étude sur
constantine et la colonis1Jtion (1'Jngaise en Afrique , en
collaboration avec M. H. Rodrigues, et en l 840, les Prín-

cipes et les Hommes, ésquisses réti·ospectives.
La constance et la fermeté des opinions de M. Desmarest lni valurent, dans le parti radical, une juste autorilé; l'originalité de M. Desmarest, considéré a part
eomme homme politir¡ue, c'est ll pré~ccupation continuelle, le so11ci ingénieux des réformes sociales. Si cette
préoccupation, ce souci étaient de fraiche date, il n'y
aurait pa.~ lieu de s'étonner: pressés par les événements,
instruits par nos fautes, convaincus par l'évidence, nous
avons parcouru bien du cbemin .sur cette · route du socialisme, nagucre défendue avec tant de sollicitude par
le rameux spectre rouge. Que M. Desmarest, avec l'ardeur élégante, la passion distinguée de sa parole et de
sa plome, se fit le champion ou l'initiateur de~ idées
nouvelles aux congrcs de la science sociale, a Bruxelles
00 aGand, et bientót a Amsterdam, cela, vu le moment,
était simple; mais ces problemes enivrants et terribles,
ces solutions de l'avenirdevant lesquels hésite et tremble
le présent, ont séduit de longue date M. · Desmarest.'
Nons n'eo voulons pour preuve que les paroles prononcées
par tui, alors modeste avocat stagiaire, a l'ouverture de
la conférence des avocats, le 26 novembre 1842. Désigné
par le conseil, M. Desmare~t devait étudier Domat.
Ayant a caractériser les idées réformatrices du fameux jurisconsulte, - a cette époque, les maitres du
drJit ne craignaient pas d'etre philosophes ét meme libéraux; nous avons changé tout cela, - M. Desmarest
s'eiprimait ainsi: &lt;&lt; • • • • L'ere politique s'en va, !'ere
sociale grandit et s'approche.
« Depuis tantót vingt_ans que le concours est ouvert,
cbaque jour voit éclore de nouveaux systemes écoñomiques, de nouveaux plans d'organisation indnstrielle. A
aucune époque, peut-étre, l'immobfüté du droft ne fut
moins désirable et moins possible. Partout les codes
sont débordés par les !oís, partout les lois sont devancées
par le mouvement des faits et par le progres des sciences;
le travail et l'industrie attendent.un législateur. Le moment est done bien choisi pour exhumer, dans les écrits
des siecles passés, les formules sociales qui s'y rencontrent de loin en loin, afin de renouer la chaine des temps
et de perpétuer la tradition du progres. )&gt;
A ce programme, hardi, vu l'époque, le lieu, l'air inlellectnel ambiant, M. Desmarest est demeuré fidele; voila le trait caractéristiqtie de cette attachante et particuliere physionomie.
D'ORNANT.

REVUE DES MODES ET DE L'INDUSTRIE.

. C'est a la beauté de sa lingerie, plus encore qn'au
ncbe ensemble de sa mise, qu'on reconnait la femme
dn monde, parce que le gout se laisse surtout deviner
daos les petites choses, daos les riens, et que plus on y
~pporte de soin, de recherche, plus on fait preuve d'ap~tnde a cette science, plus difficile qu'on ne croit, qui
8 appelle la toilette. Malheureusement, il n'est pas donné
atontes de passer docteur en cette matiere, et le plus
grand nombre commet des erreurs. Avec un peu de
bonoe volonté et de prévoyance, il est pourtant facile
de soppléer au manque de tact. TI ne s'agit que de s'adr~sser a des maisons ou tous les articles sont de preDller choix et d'un gout parfait. Citons, en tete de toutes,
la Grande Maison de Blanc du boulevard des Capucines.
Son succes a été si spontané, si européen, que déja les
cours étraogeres, imitant la háute aristocratie de France,
ne demandeot plus qu'a la Grande-Maison leur linge de
table et les diverses fantaisies de la lingerie.
Oo ne saurait plus étre élégante saos cette condition :
la mode a prononcé, et la mode est une majesté autocratique,
A ceux qui voudraient des objets de hne et de fan-

l'Europe enticre, pour ces sortes d'article~ : c'est la maison de l'Escalier de cristal; les salons de M3f. Lahoche et
Pannier renferment des trésors artistiques de toutes les
époques, de toutes les écoles. La maniere de chaque
grand maltre s'y trouve représentée, et le musée le plus
riche ne saurait montrer collection plusvariée, plus rare.
La maison de l' Escalier de cristal a cet avantage, qu' elle
n'est point, comme les 'musées, avare de ses ricbesses,
et qu'elle en fait part aux amaleurs.
- Quelles sont, mesdames, vos fleurs préférées? Vous
pouvez ici en composer un bouquet, car elles y sont
toutes, tantót éparses sur différentes robes, tantót gronpées sur une seule. Le bouton de rose s'y épanomt a
cóté de la violette; la pensée, la scabieuse, le myosotis,
ces trois emblemes du souvenir, fleurissent a cóté des
grappes du muguet et des guiri andes du volubilis, images
de la légereté, du bavardage. A cóté de ces rohes fleuries, il faut placer, p_our compléter la nomenclature, les
robes ornées de petits eoquillages, de baguette~, d'étoiles, et d'une foule de jolis petits dessins, dont la variété'
n'est pas 'le moindre charme. De tomes ces robes, le
Comptoir des Indes tient toujours des échantillons a la
disposition des personnes qui en font la demande,
l20, boulevard Sébastopol (rive droite).
Plusieurs maisons de modes font effort en ce moment
pour signaler la fin de la saison d'été par de~ chupeaux
de forme nouvelle. De ce nombre est la maison de
Mm• Léootine, propriétaire actuelle de l'établissement de
Mm• Stéphanie Boivin, 64, roe Neuve-des-Petits-Cbamps.
Les modeles si distingués quisont sort1s de cette maison
jusqu'ici, nous dispensent de la recommander a nos lecteurs, mais il est bon de leur dire que sous l'irnpulsion
d'une direction jeune et intelligente, elle a donné a ses
modes des allures plus en rapport avec l'élégance actuelle. Son titre de Fournisseul' breveté de l'lmpératrice
lui impose l'obligation d'etre saus cesse en mesure de
satisfaire une clientele d'élite; et il y a quelques jours,
l'exposition de ses envois pour Arcachon et pour Biarritz,
a fait comprendre que Mm• Léontine est a la hauteur de
sa tache.
L'Eau de la Floride de Guislain, rue dP. Richelieu, t 12,
a pour but de réparer des avaries fuoestes, - celles
du temps, - les cheveux blancs !
A vi□ gtans,on ne doute de rien. Le miroir,le monde,
vous répetent que vous étes jolie, et vous ne prenez aucun soin pour vous conserver telle.
Retarder le plus possible l'horloge de la je11nesse est
d'une sagesse prudente. On n'arrive que trop tót a cette
période brusquement tranchée qui nous condarnne a
jouer le róle de spectatrice daos les fetes du mónde,
dans les triomphes de l'élégance et de la beauté.
Les premieres marques d'un~ jeunesse en fuite
étant les cbeveux blancs et les rides, on ne saurait employer trop de moyens, trop de soins, pour les combattre
et les détruire.
De son cóté, le corset su bit chaque jour des métamor..
phoses, en ce sens que "Sous prétexte d'en faire désormais une ceinture, on luí retranche, a chaque nouvelle
édition, quelque peu de sa hauteur. Si cela continue, je
ne sais pas de quel!e utilité pourra etre désormais son
usage. En toute chose, il serait bon pourtant de rester
daos de justes limites. Ou le bon goút s'arrete, le ridicule
commence. Je dis cela pour la toilette en général, et le
sujet qui nous préoccupe en particulier. Le seul de tous
les corsets, désignés ceintures, qui m'ait paru réunir les
conditions voulues d'hygiene et d'élégance, c'est la Cein••
ture-régente de Mm•• de Vertus, Chaussée-d'Antin, 3l.
En matiere de toilette, certaines inventions qu'on voit
surgir tout a coup, peuvent peut-étre paraitre puériles,
mais il en, est aussi qui ont une incontestable utilité.
Celle que voici rcmplit de tout point le but qu'elle s'est
proposé. On sait qu'une atmosphere brulante qui se prolonge pendant plusieurs journ~es de suite, a sur la peau
du visage, et notamment sur les levres, la méme action
que !'apreté humide du vent : dans cette saison de
brusques variations barométriques, l'une et l'autre
gercent 1'épiderme et produisent une cuisson désagréable.
- Le cosmétique au raisin, pour les levres, inventé par
M. J. Pierlot, pharmacien, 40, roe ~fazarine, est un précieux spécifique contre les ger~ures, et nous le recommandons comrne un remeae efficace. Exiger le cachet et
la signature de l'inventeur.
•
Les chaleurs nous font une nécessité de la parfumerie,
et je rappelle, a cet égard, qu'une femme qui veut res.

,

1

cclle saison, qui voit le public abonder aux bains de
mar. Les bains de mer ont l'inconvénient de rendre les
cheveux secs et cassants. Pour combattre cet effet,nuisible,
il n'y a ríen de meilleur que l'extrait de jus de limons et
de glycérine de Rimmel, qui neutralise le sel marin et
laisse la chevelure souple et brillante.
Et si, [Jlalgré touteg les prescriptions de l'hygiene, vous
avez subi la perle irréparable de quelques-uns de ces
précieux organes, saos lesquels il n'est pas de bouche
jolie, n'hésitez pas : il faut recourir aux dents et aux
dentiers artificiels. - Dans cecas, M. G. Fattet, l'auteur
du Traité complet de prothése dentaire, 255, roe SaintHonoré, saura obvier a ces tristes inconvénients. ll emploie, a cet effet, une nouvelle matiere qui peut etre
surnommée &lt;&lt; la rivale de la nature, » taot elle imite la
teinte et la transparence des dents naturelles. ·H. B.

Le Qupu •LARocn&amp;, a base de vio d'Espagne, tient
en dissolution, sous un petit volume, la réunion complete
des nombreux principes du quinquina; c'est assez dire
sa supériorité sur lesvins et sirops de quinquina, meme
les mieux préparés, qui ne contienneot jamais que !JUelques-uns de ces príncipes, et dans une faible proportion
- il est agréable au gout pour les plus délicats,. ni trop
sucré ni trop vineux, et d'une limpidité constanie.
Expérimenté avec plein soeces dans les bópitaux, il
convicnt aux vieillards, a•n femrnes, aux enfants déli••
cats, et réussit surtout daos les cas de gastralgie, dys--

pepsie, nhralgie, maigreu.r, épuisement, dégout sans cause
apparénte, con,;alescence paresscuse, suites de cotiches, chlorose, scrofules; c'est le spécifique des maladies fébriles.
(Extrait de la Gazette des Hópitaum).
Dépót principal a París, i5, rue Drouot, et dans tputes
les pharmacies.

CRÉDIT FONCIER DE FRANCE,

Le 22 septembre prochain, 4• tirage des ,obligations
foncieres nouvelles 4 0/0 (i863).
1 lot de .. . l00,000 fr., ci. . . l00,-000 fr.
1 lot de .. . 30,000 fr., ci. .. . 30,000
5,000 fr., Cl. • • 40,000
8 lots de .. .
{,000 fr.. ci. . . _....:._
30,000
30 iots de ..

___

Total. . . 200,0üO fr.

L'obligation de 500 fr. donne droit au lot entier.
Le meme jonr, 47•
3 et 4 0/0 (1863).
{ lol de.
i lot de.
l lot de.

tirage des obligations foncieres
. . . . l00,000 fr.
. .
50,000
. .
20,000

Total. .

i70,000 fr.

Le meme jour, 8• tirage semestriel des obligations
communales 3 0/0.
{ lot de.. . l00,000 tr., ci. •.. l00,000 fr.
4 lots de ... .
l0,000 fr., ci.. . 41),000
{,000 fr., ci.. . l0,000
lO lots de .. .
Total. .. {50,000 fr.
L'obligation de 500 fr. donne droit au lot entier, et
les titres de lO0 fr. au cinquieme.

M. E. Martín et Cie,' banquiers. Escompte de tontes
les valeurs commerciales, vente et achat de toutes les
valeurs industrielles. Avances sur rentes, actions et obligations, l O, rue Lafayette prolongée , pres la rue
Laffitte.
- La vente de la galerie Pou'rtales, !'une des plus riches de l'Europe en antiquités, objetg du moyen age et
tableaux, aura lieu en février et mars 1865. Les catalogues, qui ne comprendront pas moins de 2,500 numé·ros, paraitront au mois de décemhre et se trouveront
chez M• Charles Pillct, rue de Choiseul, nº i l; M• Eugene Escribe, roe Saint-Honoré, 217, commissaires-priseurs, et chez MM. Roussel, rue de la Victoire, 20;
Mannheim, ruede la Paix, !O·; F. Laneuville, rue·.Neundes-Mathurins, 73, et Rollin, rue Vivienne, i2, experts.

�144

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

BUW,TIKBIBLIOGRAPHIQUK.

.

Etude SU1' la significalio11 des
r,oms de lieux en Fra11ce, par
M. A. Houzé (1).

M. Houzé fut longtemps lihrairc. Jadis, il exploitait
!'esprit des autrcs. 11 exploilc
aujourd'hui le sien, et comme il en a beaucoup, je ne
doute pas qu'il ne fasse d'excellcntes aífaires. 11 dit, p. 25,
Cflmment il fut poussé i cette
étude des noms ele lieux,qui
touchc dr. si pres celle des
noms d'hommes, et qui jette
de si vives lueurs , sur les
transformations successivcs
qu'a snbies, depuis la con-qucte romaine, le langage
que nous pal'ions. « 11 y a
quelque cbosceomme dix ans,
j'étais tellement humilié de
certaines affaires que j'aurais
voulu fuir a mille licues de
Paris. lmpossible ! Je m'exilai
alors a mi lle ans dans le passé, et je vinschercher le calme daos le pa.ys des chal'les
et de~ diplomes. l&gt; Ce je vins
prouve qu'il e5t encore dans
ce pays-la. 11 s'y trouve bien,
apparemment. 11 y a fait de
trop précieuses découvertcs
pour qu'on tui conseillc d'cn
revenir.
Les Romains, vainquei;rs
de nos ancetrcs et maitrcs
de la Gaule, donncrent fª et
la, a quelques ,·illcs impor-tan_tcs, le nom d'un général
ou d'un empercur, Partoul
ailleurs, ils se eontcnterent
d'ajouter leurs terminaisons
aux noms celtiques ou kimriques, afin de les pouvoir
déeliuer. Puis l'Empire s'écroula, et de ces élémeóts diver~, le latín, le !udesque et
les idiomes que l'on parlait
dans les Gaules avant la conquete, se forma la langue romane r¡ui devint, daos la
suite des siecles, notre langue d'aujonrd'hui. Les noms
de lieux cbangerent de forme
tout naturellement, amesure

~~ -

11¡ I

.,e -

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1~

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~

que la popnlalion changea¡t
de lnngage.Qucl noma Porte
au moyen a?e, telle ville, teÍ
bourg,_te! village? Que! llOat
sous les Romains? Que! 0011
avant les Romains, et qlJel
était le sens de ce nom Primitif? Car il n'y a pasde noia
qui, daos !'origine, n'ait signifié quelque cbose. Tel est
le probleme subie pose com.
me de lui-meme devant 0~
trente-sept mille cinq cent dix
communes, et dont la '°111tien peut élucider plus d'une
question hislorique. Pour y
arriver, il faut s'aider du.
vieux fran~ais, du latin, et de
que! latin ! du gaulois 80?tout, grace a ces obstines
Bas-Bretons, qui nous ont
conservé la rude langue de
nos peres. 11 faut lire les historiens, romaociers et poetes
du moyen age et de la basse
lalinité. 11 faut compulser les
actes publics et privés, concessions, donations, contra1s
de vente, écritssurparchemin
par des tabellions ou des mo~
nes. Que! travail ! Quel courage est nécessaire pour l'eotr(;prendre ! Et quelle persévérance pour le menerabieo!
Voila ce qu'a fait M. Houzé, upres tant d'autrcs pionniers infatigables qui,depuis
plus de deux cents ans, défrichent ce vaste ehamp des
antiquilés fran~aiscs. llena
labouré un petit coin, et il a
le droit de dire, en retournant le mot de cet empereur
romain : Je n'ai pas 1&gt;erdo
ma jo'll'née. 11 y a fait mainte
découvcrte. 11 a redressé plus
d'une erreur. Il a tout ce qu'il
faut pour ces recherches,
beaucoup d'instruction, dela
patience, un sens droit, une
sagacité pénétrante. 11 yjoint
un style facile et clair, un
tour d'esprit tres-original, et
de la gaieté, si bien qu'il a
su rendre awusant, méme
pour les gens du moude, un
ouvrage qui ne semblait destiné qu'aux savants de profession. - Utile dulci. Q11e
peut-on désirer de plus?
G. HÉQUET,

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! 1) Pari,, V• Héuaux, quai Vol11,re, 1Y.
LK ll!OlS D'AOUT.

~

ÉCHECS.
PnonL~MF.

N° l 73,

PAR

M.

~

SOLUTION DU J•ROBLÉME Nº { 72.
ENGLEnAHDT.

RÉBUS.

R f&gt;• F R (a)

Échec el mat.
(a)

F 7• D
D 8• T R

P 5• F R
P 4' F R

Échec et mat.

D• Revel, Émile Fran, Cercle de l'Union, aSaint-Georgessur-Loire, Cercle des Échecs d'Angers, nombaut, .T. Beckcr,
Café Obozinski, :i Maubeuge, E. Dubedout, J. Planche, Stiennon de l\feurs, G. Baudet, Ce,cle des Échecs, a Liége, Lea
Ricardo, Thionville, le capitaine Gharousset, Cercle industrie! de Douai, E. Wallet, Ed. de Vaucelle. Café de la Perle,
a Lons-le-Saulnier, Colonna Leca, Café de Paris, aMens (lsére), Café Brezin (Petit-Montrouge), _J. Beckers, Henry Frau,
Me!Tre, a Nimes, L. Lefrancq,

·I

,~ ~
-~
- ==-·

AuG. MARc, directeur-gérant.
TEIIK1t .rédacteur en chef.

;

En1,1.

EXPLICATJON DU DERNIER RÉBUS,

JJllp, de L' ILLUSTRATlON, A. Marcl
~~, n,~ ~~ v,r~i,u¡¡.

Aux jours de dan,er, l'on ju¡e le ~oura~e de

1, valpur,

l'l¡omm, M

"

�</text>
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                <text>Publicación periódica</text>
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                <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores</text>
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coo·l'eoersébien!
Houpionepuis
, dédes

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!!6 ANNÉB. VOL. lLlV.

Direction , Rédaction, Administratioa :
Tlalll les communications relatives au jou,nal, réclamations, demande1
de changements d'adresse , doivent etre adressées franco á
· • AUG. IIIARC• DIRECTEUR-GERA.NT.
Lot demandes d'abonnement doivent etre accompagnéea
d'un mandat sur Paris ou sur la po,te,

ti 23.

fu la lnilel, la t.nduction ti la reproducbo• l l'étranger sonl iDlenlilll.

BUREAUX : RUE RICHELIEU, 60,

SOMMAIRE.
filita de Sa Maje,té l'Empereur i. -Montlu9Jn. - Revue politique de la

lllllliae. - Courrier de París. - Inauguration du Palais de l'Indus-

CD a

blt, i Am,terdam. - Une nuit du docteur Rémus ( nouvelle ). - In1u-

tila

lllneille. - La j ournée du 2i aolil,

lourireur
1erdu

No

Samedi 3 Septemhre 188&amp;.
L'úioillralita u ripond p11 des manmrils ti ne 1'1ngage ¡am1i1 i la inseNr,

a

pntioD de la statue de Larrey, á Tarbe,, et de la rue Impériale.
a Geoéve. - Chronique musicale.

- Encyclopédie militaire et maritime. - Le, sept pécbés capitaux. La ft!te dea bergers, a Markgróningen. - Une íermc iofeslée par le
gibier ( nouvelle ). - La Caisse générale des avances sur titres. - Le
commandeur Negri, - Le cbateau de la Bastide-Besplu.

Gravure, : Visite de Sa Majesté l'Empereur a Montlugon : passage sous
!'are de tricmphe de l'avenue Napoléon IlI; are de tr1omphe des usl••

Abonnements ponr Paris et les Départements :
3 mois 9 fr.;;- 6 mois, 18 fr.¡ - unan, 36 fr. ¡ - le numéro, 75 c.
collection mensuelle, 3 fr. ¡ le volume semestriel, U ír.
ABOMWEMENTS POUR L•ÉTRA.NGER 1
:Mémea pnx ¡ plus les droits de poste, suivant les tariía,

la

Les abono. partent do ter no de chaque mois.

ne&amp;. - Palais de !'Industrie, a Amsterdsm. - Cérémooie d'ioa■gura­
tion du Palais de l'lndustrie d' Amsterdam. - lnauguration de la &amp;tatue
de Larrey, á Tarbea. - Ioaugurallon de la rue Impérilhl, a Maraeille.
- La journée du ti aotit1 a Genéve l 3 gra.ures ). - Les sept pécbh
capitaux. - La ft!te des bergers, a Markgrooingen ( t gravures ). - Le
commandeur Negri. - Le cbatesu de la B1Stide-Berplas (2 gravures)
- Rébus.

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plus
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ET,

VISITE DR S, M, L'BMPEREUR ! MONTLJJCON: PASSAGE SOJJS L'!RC DE TRIO!!PRE Dl! J:,'4V~lJE!N4l'Ol,llON

m,

�•
L'I LLUSTRATION, .10 URNAL UNIVE R~F.L.

L'ILLUSTRATION. JOURNAL UNIVERSEL.

il a été beaucoup parlé a coté. Ce qui ne peut se dire a tures dans le sens d'une action commune, de nature da
midi, on le dit a six heures du soir, non plus autour . moins a entraver les entreprises des envahisseurs deg
TISITE DE S. 11. L:EMPEREUR A II0NTLUl;0N.
d'un tapis vert, mais devant une table entourée de con- Duchés.
vives. C'est ce qu'a fait M. le duc de Persigny, c'est égaLe Morning-Berald insiste sur la nécessité d'une alAU DIRECTEUR.
lement ce qu'a fait M. Rouher, et si M. Latour-Dumou- liance intime de l'Angleterre.etde la France. Ce jo1ll'nal
MontluQOn, aout t 864.
lin, qui vient de réinventer le juste-milieu, n'a pas pré- demande que les deux grandes puissances occidenta1eg
L'Empereur, il y a trois années, avait manifesté l'in- cisément parlé dans un banquet, c'est qu'il avait le opposent aux tendaoces despotiques des souverains do
tention de visiterMontlu~on, ville presque ignorée jusqu'a bonheur d'avoir a point, sous la main, une société d'a- Nord, a la force et a l'arbitraire, le droit et la justice._
ce jour, mais dont il connaissait l'accroissement rapide. griculture au milieu de la(luelle il pouvait s'épancher. Les journaux anglais se préoccupent beaucoup des coa.
Pourvu aujourd'hui d'un canal et de quatre chemins de Nous avons retrouvé daos le discours de M. de Persigny ventions qui peuvent avoir été arretées entre le roi de
fer, entouré de riches et nombreuses houilleres, Mont- la théorie historique qui lui est si cbere. M. de Persigny Prusse et l'empereur d'Autriche. Leur rivalité laissaita
lu~on est en effet devenu, en peu d'années, un des cen- proclame, et c'est son droit, la supériorité des instili- la nation allemande quelque espoir d'indépendance,
tres industriels les plus actifs et les plus importants de tions actuelles sur celles qui oot régi la France pendant mais aujourd'bui Guillaume Je•, qui déteste, comme 08
· la France. De grandes et nombreuses usines y existent la période qu'elle a traversée entre le premier et le se- le sait, le régime parlementaire, doit plus que jamais
cond empire. D'apres l'orate11r, c'est la Constitution ac- incliner vers le régime despotique. De son coté, Fran.
déja, et il s'y en établit chaque année de nouvelles.
A son retour de Vichy, Sa Majesté s'y est arretée pen- tuelle qui a fondé la liberté en France. M. Tbiers ne ~ois-1oseph, ne pouvant plus espérer la soumission ,o.
dant quelques heures. Elle a été re~ue a la gare par le partage pas l'opinion de M. de Persigny, lorsqu'il de- lontaire de la Hongrie et de la Vénétie, ne tiendra pas
maire et le corps municipal, qui l'ont conduite a l'Hótel- mande a la tribune ce minimum de liberté que l'on re- davantage a développer le systeme représentatif. Ces
de-Ville, ou a eu lieu la présentation des députés du dé- trouve cbez tous les peuples libres, et qui u'existe peut- cousidérations conduisent les feuilles anglaises a suppo.
etre pas en France a l'h; ure ou nous écrivons. Tandis ser que les deux souverains allemands ont pu se concerpartement et de tous les fonctionnaires.
En quittant la gare, Sa ~tajesté a inauguré la nou- que M. Rouher proclame le grand principe de la déceo- ter pour l'adoption d'une politique rétrograde.
En Allemagne, il est toujours question d'une triade
velle avenue, portant aujourd'hui, avec son assentiment, tralisation administrative, M. de Persigny pousse, au
contraire,
a
l'exagération
de
la
centralisation.
Son
idéal,
germauique.
Ce serait le cabinet de Stuttgart qui diri- ·
le nom d'Avenue Napoléon lll.
1est l'organisation actuelle du pays, c'est ce régime
gerait
le
mouvement.
11 s'agirait d'organiser une as.~c
A l'extrémité de cette voie, de 40 metres de largeur,
était placé un are de triomphe dans le style moyen age, « ou regne !'esprit de centralisation, 011 · ,a société tout ciation entre les Étalg du centre de l'Allemagne, et d'en
se racoordant a merveille avec le vieux chateau sur le- entiere se meut depuis des siecles daos les cadres d'uné former une troisieme puissance. M. de Hugel, ministre
biérarcbie savante, qui protége tous les intérets et pré- de Wurtemberg, se serait enteodu a ce sujet avecM. de
quel il se détachait.
La haie était formée par les députations des commu- side a toutes les opérations de la vie, 011 enfin tous les Beust, ministre de Saxe, et M. de Roygenbach, ministre
'
nes, des mines et des u.~ines, dont les riches bannieres instruments de t·autorité sont dans les mains d'une vaste de Bade.
Le voyage du roi d'Espagne n'aurait pas été, au dire
s'inclinaient pour saluer l'auguste visiteur. Partout~ sur administration, chargée seule d'assurer l'ordre et la transon passage, la population manifestait Je pluS'vif enthou- quillité publique. i&gt; Entre ces deux théories, fort dispa- de certaines correspondances espagnoles, un simplt
siasme; partout les maisons étaient pavoisées,et se dres- rates, comme on le voit, il est inutile de dire que notre voyage d'agrément. Don Fran~ois d'Assise voudrait
saient des ares de triomphe élevés par les habitants, .les choix est fait; nous ne sommes pas pour celle de M. le avoir une part plus grande daos le gimvernemeot de
l'Espagne ; il voudrait etre autre chose que simple
duc de Persigny.
sapeurs-pompiers et la 8ociété de secours mutuels.
époux de la reine, et il serait venu a París pour s'enM.
Latour-Dumoulin
a,
comme
nous
le
disions
plus
A l'entrée de la nouvelle ville, un grand are, élevé par
tendre
a ce sujet avec la reine-mere Christine, qui a
haut,
repeché
daos
l'étang
du
passé
le
juste-milieu.
Mais
les usines réunies,était un véritable monument placé a11
point de rencontre de quatre rues. Ses quatre colonnes, le mot de juste-milieu sonne mal en France. Qu'il cboi- une grande influence sur sa filie, et qui pourrait décider
formées avec des rails, n'avaient pas moins de i2 me- sisse un autre titre. L'honorable orateur veut fonder Isa;helle a partager le pouvoir avec le roi. Les actea
tres de hauteur. Cet are de triomphe, magnifiquement une opinion « assez .forte pour n'avoir pas besoin de souverains porteraient la double sanction de la reine et
orné, avait un caractere spécialement industrie! ; il était transaction capable d'absorber les anciens partis, mais du roí. Les memes correspondants ajoutent qu'on aurait
construit tout entier avec les produits courants des usi- ne se fusionnant jamais, meme momentanément, avec tout intéret, a la cour des Tuileries, a voir diminuer et
nes; rien n'avait été fabriqué pour la circonstance.
eux. &gt;&gt; Si cette opinion, dont M. Latour-Dumoulin reve s'amoindrir l'influence de lareiue Isabelle, dont les tenEn arrivant sous ce vaste portique, l'Empereur a vu l'existence et le triomphe, absorbait les anciens partís, il dances politiques seraient parfo[s en contradiction avee
se dérouler devant lui la longue et spacieuse rue de est évident qu'elle n'aurait pas besoin de fusionner avec celles de l'Empereur, et qui, malgré l'atmosphere du
Tours, au milieu de laquelle les ouvriers des usines eux. Mais ce~ partís absorbés, que devient le juste-milieu gouvernement constitutionnel daos lcquel elle vit, ser!it
restée imprégnée de préjugés antiques. 11 est bien enavaient élevé, a leurs frais, une pyramide de 7 metres de de M. Latour..Dumoulin?
tendu
que nous laissons au.x correspondants espagnols
hauteur.
Ce qui vaut mieu.x que la recherche d'un juste-milieu
la
pleine
responsabilité de ces révélations.
chimérique,
c'est
l'opinion
nettement
formulée
par
l'oSa Majesté a visité les hauts-fourneaux et la fonderie
Depuis
quelques jours, les nouvelles de New-York sirateur
au
sujet
de
la
présence
des
ministres
devant
les
de la société Boignes, Rarnbourg et Cie, les verreries, la
gnalent
une
série de succes importants, bien qu'ils ne
chambres,
pour
défendre
individuellementleurs
actes,
et
manufacture de glaces et les hauts-fourneaux et forges
soient
pas
déc1sifs,
pour les armes fédérales. Le deuxieme
de
la
répression
des
délits
de
presse
par
le
droit
comSaint-Jacques, de la société de Cbatillon et Commeutry.
Elle a paru frappée du caractere imposant de ces vastes mun. En se pronon~ant, contrairement a M. de Persigny, corps de l'armée de Grant s'est a-vaneé s,ur la riviere
usines, largement installées, en pleine activité, et a suivi pour ces deux modifications importantes daos l'organi- James, et il a mis en déroute un corps confédéré, qui a
avec intéret les détails des diverses fabricatio~s. Au mi- sation actuelle de l'administration, M. Latour-Dumoulin laissé 500 prisonniers, 7 canons et la position qu'il oolieu des applaudissements, ell~ a décerné des récompen- a pris place daos les rangs du parti, ou de l'opinion, cupait au pouvoir des vainqueurs.
Une ,récente dépéche annon~ait, d'apres une commuses justement méritées au.x directeurs de ces grands éta- comme il voudra l'appeler, qui pousse a un retour vers
les idées parlementaires, - ces idées tant décriées 'dans nication officielle, que l'escarlre fédérale , commandée ,
blissements.
Tous les ouvriers étaient a leurs postes de travail. un certain monde, et qui sont, quoi qu'on puisse dire par l'amiral Ferragut, avait occupé la place de Mobile,
qui est le principal port du Sud daos l'État d'Alabama.
Leurs camarades de Commentry;et des autres usines qui et faire, les idées de !'avenir.
Quoi qu'il en soit, il ressort de ces discours une cer- Des dépeches postérieures ne confirment pas cette imentourent Montlu~on, étaient venus se joindre a eux;
taine moralité qu'il nous est impossible de passer sous portante nouvelle et semblent memc la démentir, pui!let plus de t0,000 ouvriers,étaient ainsi réunis.
L'Empereur a été impressiri¡¡né par la vue de ces mas- silence. Pendant que la pratique administrative et la ju- qu'elles nous apprennent ·que Ferragut cootinue a bomses imposantes, par leur bonne tenue et la forme res- risprudencc rendent de plus en plus illusoire l'exe11cice barder Mobile. Mais elles confirment les avantages obte·
pectueuse qu'elles ont su donner, comme toute la po- du droit de réunion politique, soumis par les loie a l'a-• nus par la flotte fédérale, c'est-a-dire la capitulation do
'grément de l'administration, les présidents des conseils fort Gaines et l'évacuation du fort Powel, dont la garnipulation, a la manifestation de leur enthousiasme.
Apres un séjour de q1ielques heures, Sa Majesté a généraux, et en particulier ceux qui occupent dans l'État son s'est échappée en abandonnant t 8 canons en bon
quitté la ville, remerciant le maire de l'accueil qui Jui de hautes fonctions, ont toute liberté de prononcer état. Le fort Gaines était défendu par une garnison de
avait été fait, e('qui, du reste, avait été des plus chaleu- des monologues politiques devant un certain nombre 800 hommes et il était approvisionné pour un an.
Le grand conseil de Geneve a pris une résolution léreu.x.
d'auditeurs réunis apres-diner dans la salle d'un hotel.
Ce~te j_ournée d? fete ~'est terminée par un magnifique Ce qui n'est pas permis a celui-ci, on le tolere a celui-la. gislative, motivée daos lestermes les plus séveres pour la
Le prince Humbert, fils ainé du roí d'ltalie, est arrivé majorité du bureau qui a cassé l'élection du candidat
feu d art1fice de Ruggier1 et par de brillantes et générales
illuminations.
a Paris. Les journaux assignent au voyage de ce prince conservateur, M. Cheneviere. Le grand conseil établit
L'ordre admirable remarqué pendantle passao-e de Sa un motif que nous signalons d'apres le récit des feuilles t• que M. Cheneviere, ayant obtenu la majorité absolue
Majesté n'apas cessé de régner jusqu'au momeo~ avancé étrangeres. II s'agirait d'un mariage entre le prince Hum- des suffrages; était régulierement élu conseiller d'État;
de la soirée 011 chacun se séparait aux cris répétés de : bert de Savoie et la princesse Anna Murat. Le Times 2º qu'il n'appartenait pas a la majorité du bureau d'indonne, a ce sujet, ·plusieurs détails intéressanL~, et croit valider cette élection, et de substituer ainsi arhitraireVive fEmpereur !
Pour extrait: P. PAGET.
notamment savoir que si ce mariage se fait, la conclu- ment sa volonté a la volonté du peuple légalement ma•
sion aura été en grande partie due a l'intervention per- nifestée et constatée. Le Grand conseil charge son bureau de recourir a l'autorité du Conseil fédéral, pour qu'il
sonnelle dtl l'lmpératrice des Fran~ais.
Les documents diplomatiques communiqués au parle- assure la complete exécution du vote, en mettant au be·
REVUE POLITIQUE DE LA SEMAINE.
ment danois ont révélé ce qu'il y avait de personnel soin a néant toute déclaration contraire. Cette résolution
Il avait été dit que les présidents des conseils o-éné- dans la conduite tenue par l'Angleterre envers le Dane- du Grand conseil de Geneve a été votée a l'unanimité,
raux ~vajll.\\t été ~V\t~ ~ s'\\l\s-t@l\Íf, dans leurs réU::ions mark. Les journaux tories s'emparent de ce nouveau
Voici une nouvelle brochure, l'Europe en 1864, qui est
de tout discours poln_iqqe. L'in,itation a produit so~ ' grief contre le ministere Palmerston-Rus.~ell, dont ils appelée a faire sensation. Ces lettres politiques, qu'on dit
etlet. Aucune allocution ayant une couleur quelconque font ressortir la politique équivoque a l'é¡{ard de la émanees d'un écrivain ami du gouvernement russe, con»'i!- é~ _prononcée dans le sein méme des conseils, tUais France, qui avait fait au cabinet de Londres des ouver- cluent nettement a un cbangement de politique exté·

•eure. L'auteur invite le cabinet de Saint-Pétersbourg (&lt; cabarets des charretiers. ,i Et mon correspondant ne la presse contemporaine ! Cette !acune' est comblée : la
~ se recueillir et a voir s'il ne serait pas temps de sortir peut pas se figurer que je puisse jamais m'y résoudre. Gautte de la Poupée existe. L'autre jour, l'administra-

t46

de la vieille voie suivie depuis le regnc de Nicolas ¡e,.
est pour le príncipe des nationalités, et il se déclare
11
ouverteroent pour la Pologne libre,_ non plus dans la
Russie libre, selou la formule de M. Emile de Girardin,
rnais acoté de la Russie lil : e. L'auteur, en un mot, croit
que le moment est venu d,, rendre la Pologne a ellemeroe: la Pologne indépendante, c'estle point de départ
d'one politique nouvelle en Europe.
'.'ious sommes tout a fait de !'avis de l'auteur de la
brocbure nouvelle, et nous voudrions que le cabinet
rnsse comprit aussi bien que lui tout le bénéfice qu'il
retirerait a abandonner la politique a outrance et a
aider, par la reconn:1.i3sa.ncc du príncipe des nationalités,
3 la constitution d'un orJre définitif en Europe.
EoMOND TEXIER.

COIJBRIBB DB PA.818,

L'Fs 1gue telle qu'elle est. - Illusions perdues. - Une coq~ille, - Gautte de la Poupée. - L'école de dessin de la
roe des Tournelles. - Mort de M. Chevé. - Histoire de

coco.

Daos un de mes derniers courriers, je me réjouissais
de l'inauguration prochaioe du chemin de fer qui réunit
depuis quelques jours la France et l'Espagne, et j'écrinis ceci ou 11,peu pres : Enfin nous verrons des posadas
et des muletiers, nous mangerons des olla podridas,
nous applaudirons a des fandangos et a des cachur,has,
dansées daos la patrie de la cachucha et du fandango, et
oos femmes pourront apprendre, au Pt·ado, a manier l'éventail.
Ufaut renoncer a cet espoir. Une lettre qn'un gentilbomme espagnol me fait l'honneur de m'écrire me l'apprend sans ménagement.
Je remercie M. de Cienfllegos de sa lettre, et je le
supplie de croire que je n'entendais en aucune fa~on
railler l'Espagne, en supposant qu'elle avait encore des
111reurs originales. Moi, confondre l'originalité et la barbarie! Non, vraiment; etje ne pense pas qu'un peuple
poisse n'aspirer au titre de peuple civilisé qu'autant qu'il
aura modelé sa physionomie, ses gouts, ses habitudes
sur les nótres; on peut, a mon avis, nepoint manger, ne
point s'habiller, ne point s'amuser a notre fa~on, et
o'étre point une nation de sauvages.
Saos compter que ces différences sont autant de plaisirs pour le voyageur. Ah! M. de Cienfuegos a bien
811Uellement détruit toutes mes ill usions !
-A Madrid, a Valence, a Barcelone, a Valladolid, a
Burgos, a Cordoue, a Séville, on ne connait le fandango
et la r,achucha qu'au théatre, me dit M. de Cien fuegos, et
eocore le public s'en va-t-il, d'ordinaire, quand les danseors s'appretent a entrer en scene.
Hélas !
- Le Pra.do, me dit encore mon correspondant, a été
le lieu de la réunion de la bonne société de Madrid,
mais altjourd'hui vous y trouveriez a peine une douzaine
de vieillards et de philosophes.
Hélas !
- Les dames ne portent plus la jupe courte...
Hélas !
- Ni les bas a coins b;rodés...
Hélas!

- Ni de peignes hauts, parce que le chapean des
Fran~aises est tres a la: mode.
Hélas! hélas!
•
- Et pour las mantillas, elles se servent du pet1t peigne genre anglais.
Hélas ! hélas ! hélas !
Au moins y a-t-il encore des mantilles en Espagne.
l. de Cienfuegos en convient lui-meme, sans y prendre
garde.

M. de Cienfuegos m'écrit encore :
« La note de la dépense d'un jour en Espagne, que

«tous prenez a Desbarolles, peut avoir été vraie il y a
«des années, mais aujourd'hui, comme nous avons des
«hotel&amp;, on vous fait payer tO, rn ou 20 francs ...
«comme chez vous. »

Voila un trait de ressemblance entre l'Espagoe et la
France, auquel, voyageant en Espagne, je ne tiendrais
pas le moins du monde.
11. de t.:ienfuegos m'apprend aussi qu'il n'y a plus de
J)08adas que dans les petits villages. « Ainsi, ajoute-t-il,
• si ,ous aimez la olla podrida, il vous faudra aller aux

147

Eh! monsieur, vous ctes un voyageur, car votre lettre tion du journal offrait a ses abonnées une fete au Jarest datée de Berne, ne savez-vous pas de quelles coura- din-des-Fleurs.
geuses déterminations un voyageur curieux est capable?
Quoi ! au Jardin-des-Fleurs?
Oui; mais rassurez-vous, on n'y a vu que des poupées
En parcoúrant un des journaux les plus élégants et les du meilleur monde.
plus spirituels de Paris, je tombe sur cet alinéa d'un arEntre nous, je vous avouerai que la Gazette de la
ticle sur les modes du jour :
Poi,pée s'adresse bien un peu au.x petites dcmoiselles, et
« B... n':i. pas hésité a apporter une attention toute que les nouvelles, les poésies, les couseils et les instrucparticuliere aux larmes des dames auxquelles il apporte, tions qu'elle contient peuvent servir aux mamans des
comme dans tous ses produiL~, un soin et un luxe tout poupées autant qu'au.x poupées elles-memes, mais il
particulier. i&gt;
faudrait avoir !'esprit bien mal fait pour s'en plaindre.
Suit l'adresse du .magasin de B...
Eh quoi! vraiment, en sommes-nous venus a ce
11 y a quelques jours, avait lieu une fete un peu plus
point? Les femmes, ces charmantes menteuses de beauté, sérieuse qu'une fete de poupées et de petites filies; la
avaient inventé depuis des milliers d'années les fausses distribution des prix de l'école communale de dessin et
dents) les faux chev.eux, le faux embonpoint, la fausse de modelage, dirigée avec un dévouement infatigable
blancheur, le faux incarnat, et je né sais combien d'au- par M. Eugene Trouvé, un paysagiste qui envoie trop
tres faussetés, afin de nous mie11x séduire; ce n'était rarement au Salon ses amvres si fines, si bien observées,
point assez encore, et voila qu'elles viennent d'imaginer, si heureusement empreintes d'un charme intime et doux.
ou qu'on vient d'imaginer pour elles les fausses !armes.
Leur laborieuse journée de travail finie, cent cinquante
Depuis que le monde est monde, elles en versaient ou deux cents ouvriers sculptenrs sur bois, menuisiers
qui n'étaient pas bien sinceres, et ou le camr n'était en fauteuils, tourneurs, dessinateurs sur papier peint,
pour rien; mais enfin c'étaient de .vraies )armes, des peintres sur porcelaine ou sur étoffes, viennent dessiner
)armes qui s'élaboraient daos leurs yeu.x pour parler le soir, sous les yeux de leur habile maitre, pour deveen _style de chimiste, des !armes qui venaient d'elles et nir des hommes de talent darts leur métier, qui touche
qui étaient a elles; maintenant, voila qu'elles en ache- a l'art de si pres.
tent de toutes fabriquées, suivant la formule; elles les
Le peuple a soif d'instruction, il se presse aux cours
paient au gramme, comme l'éther, l'opium ou l'eau de du Conservatoire des Arts et Métiers, aux écoles commufleur d'oranger. Ah! pour le coup, c'est trop fort ! passe nales, et pendant l'hiver aux lectures et aux entretiens
pour les fau.x cbignons, les faux lis et les fausses roses; qui luí sont spécialement consacrés.
mais pour les fausses !armes, halte-la, mesdame$!
11 a besoin aussi d'honnetes plaisirs. Un homme qui
avait consacré sa_ vie aux ouv'riers, et donné une
J'en suis pour mon indignation. Hier, apres avoir lu puissante impulsion a l'éducation musicale dans les
ce malencontreux alinéa, j'avais interrogé avec quel- masses, M. Émile Chevé, vient de mourir.
que dureté, au sujet d'une si horrible invention qui
JI laisse des successeurs qui ne manqueront pas a. la
s'affichait si impudemment, une femme tres au courant tache qu'ils ont acceptée. C'est une tache vraiment
des choses de la mode. Elle m'avait répondu de l'air le grande, et qui vaut bien qu'on s'y donne tout entier.
plus ingénu :
Comptez ce que les orphéons ont enlevé d'ouvriers
« Des !armes artificielles ! qu'est-ce que cela? En vé- au cabaret, combien d'ames elles ont onvertes a11 sentirité, je n'en ai point entendu parler; une si importante ment du beau, et vous encouragerez de tous vos vceux,
nouveauté, etje l'ignorais encore; il faudra que je ques- vous aiderez peut-etre de vos travaux et de votre zele,
tionne mon parfumeur. i,
les efforts persévérants qui continueront et développeCandéur jouée ! fausse innocence, pensais-je ! J'étais ront ce qui a été si heureusement commencé.
décidé a aller faire une scene épouvantable a M. B... et
a le menacer de la colere de tous les honnetes gens, s'il
J'ai nommé le Journal des Cochers. Voici une histoire
continuait a fabriquer et a mettre en vente un produit dont il pourra faire son profit.
.
aussi scandaleux.
L'autre jour, un de nos amis et deux de ses parentes
Oh! bonheur, c'était une coquille ! En voulant relire étaient en quete d'une voiture. Un cabriolet de régie
les lignes qui m'avaient épouvanté, je suis tombé sur vienta passer; on était pressé; faute de mieux, on prend
l'alinéa précédent; il n'y avait point a en douter, ce le cabriolet : les dames installées, mon ami monte sur
n'était pas !armes, c'était connes que l'auteur avait vuulu siége acóté du cocher.
écrire. Est-il possible de donner a la composition de la
Le cocher était un vieux bonhomme de soixante-dix
copie assez mauvaise pour autoriser de pareilles mépri- ans, qui avait une bonne et honnete figure.
ses : cannes au lieu de larmes !
Laconversation s'engage :
11 reste que B... fabrique des cannes pour les dames,
- Vous avez la une bete vigoureuse, dit mon ami.
et que les femmes en portent, apparemment; c'est bien
- Ah! dam oui, monsieur, il n'y en a pas beaucoup
assez, vraiment.
de meilleure daos lá grande remise; et pu.is j'y tiens
L'auteur de l'article se réjouit de ce que cette mode parce qu'elle me vient de braves gens.
nouvelle permettra aux hommes de ne point donner le
- Comment cela-?
bras aux femmes a la promenade, et de fumer tranquil- · - Ah! c'est toute une histoire.
lement leur cigare saos se gener.
- Une histoire ! contez, mon brave.
Oh! chevaliers fran~ais, ou etes-vous?
- Eh bien! monsieur, voila comment c'est arrivé. 11
y a trois ans, je menai un matin un marchand de faToutes les opinions, toutes les professions, toutes les rine. Quand il eut quitté ma voiture, je m'3.per~us qu'il
classes de la société ont aujourd1 hui leur journal, leur y avait lais~é un portefeuille : j'ouvre le portefeuille, il
organe, comme dirait M. Prudhomme. J'ai vu lejournal y avait dedans quarante-quatre billets de mille francs. Le
des coiffeurs, et l'on parle beaucoup, depuis quelque lendemain, je cherchai mon homme a la halle an blé et
temps, du journal des cocbers.
daos les environs, impossible de le retrouver. Quelques
11 y avait encore, jusqu'a ces deroiers temps, une joursapres, il entre dans un café de la ruede Viarmes,
classc de la société dont l'importance s'accroit tous les déjeune, et raconte, d'un air désolé, a deux de ses amis,
jours, et pour laquelle on n'avait point songé encore a qui font leur partie de domino a la table voisine, le malfonder un journal : c'est la classe des poupées.
heur qui lui est arrivé.
Autrefois, les poupées étaient des personnes vivant
Le maitre du café, a quij'avais fait part de la chose
(res-modestement; les plus belles, les plus nobles, les du portefeuille, entend cela.
plus ricbes étaient simplement logées, simplement ve- Ne vous désespérez pas, mousieur, dit•il au martues, simplement meublées. Quel changement, aujour- chand de farine. Vos quarante-quatre mille francs sont
d'hui ! Appartements somptucux, meubles de palissandre en bonnes mains.
ou de bois de rose, satin, v~ours, dentelles, perles et
Et il lui donna mon adresse.
diamants, voila ce que toutes revent et ce que possedent
L'autre, vous pensez bien, ne perd pas de temps; il
quelques-unes; on leur donne des équipages, des che- saute dans un cabriolet, - il n·y avait pas d~ danger,
vaux, des grooms nains, des chasseurs géants; on se cette fois, qu'il y laisse son portefeuille, - et il arrive
ruine pour elles.
a 1~ maison. Jetravaillais a cette heure-la, et ma remme
Et l'on n'avait point songé encore a leur dédier un éta1t seule.
journal. Quel oubli invraisen:blable ! Quelle )acune dans
~ Votre mari a trouvé un porteíeuille t ~•il lui dit,

�,
148
- C'est possible, qu'ellej lui
répond, mais je n'en sais rien;
revenez a midi; Pothy y sera,
vous vous e:xp.liqucrez.
Pothy, c'est mon nom.
Elle ne lui disait pas tout de
suite que j'avais sori portefeuille,
parce que je lui avais bien recommandé d'etre prudente;
quand le bruit court que quarante-quatre mille francs ont
été trouvés, il ne manque pas de
gens pour les avoir perdus, et je
voulais elre sur de mon affaire.
- C'est bien, dit le marchand,
je reviendrai a midi.
A onzc heures et demie il
frappait a la porte; j'étais rentré dcpuis un quart d'heure et
j'étais au courant. Ma femme
alla ouvrir.
~ - Votre mari est-il rentré?
dit le bourgeois lout ému.
11 y avait de quoi, vous comprenez.
- Oui, monsieur, il est rentré. Et elle ne put s'empecher
de dire cela d'un air qui fit bien
deviner tout de suite au bourgeois qu'il allait revoir ses billets.
En effet, deux minutes aprcs,
comme il m'avait donné un signalement ou il n'y avait pas a
se tromper, je lui remettais son
portefeuille.
11 l'ouvrit sans compter les billets, en prit un et me le tendit.
Naturellement je refusai, puisque j'avais ma prime a la préfecture. ll m'invita a diner pour
le soir, j'acceptai.
A six heures j'arrivai au restaurant; il me prit par la main,
et, s'adressant a trois de ses
amis qu'il avait invilés aussi:
Messieurs, je vous pré-

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
sente un hrave homme, lellf
dit-il.
Ca m'embarrassa un peu, maia
tout de meme ga me fit plaisir,
On dina tres-bien. Au dessert,
Eh bien! que me dit le bour~
gcois, c'est done bien décid~
vous ne voulez rien accepter?
Je lui répétai la chose de la
prime.
- Allons, c'est bien, q11'il ré.
pondit, et il ne m'en parla plus,
Le leudemain, il partit; c'é.
tait un homme de la pro.
vince.
Pour lors, voila• t-il pas que
huit jours aprcs, arril'c a la
maison un payrnn qui condui.
sait un chcval a la main et por.
tait une lettre. ll fait appeler
ma femme. Celtc fois-lil cncore
je n'y étais pas; ma femme
vient.
- Vous eles bien Mm• Potby?
- Oui, répond ma femme¡
qu'est-ce qu'il y a?
- 11 y a que voila un cheval
et une lettre pour vous.
- Un cbexal? dit ma femme
toute interdite.
Et elle prend la lettre, md
ses lunettes, parce qu'ellc o'est
pas jeune non plus, ma femme,
et lit tout has. 11 n'y en avait
pas bien long, el nous l'avoos
lue tant de fois depuis, ceue
letlre, que je la sais par crear:
voila ce qu'elle disait :

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

« Madame,

« Votre mari est un honnele
homme qui nous a rendo un
11 grand service dont nous ne
« perdrons jamais le souvenir¡
11 nous venons lui demander de
&lt;&lt; nous en rendre un second.
&lt;&lt;

VISITE DE S. M. L'l!MPEREUR A MONTLU~O:i: ARC DE TRIOllPHE DES USINES.

P4L41S DJ¡ L'JNDUSTRlR D'Al\lSTEJiDAM, - D'aprea 4ue pbolOgrapbie 4e MM, Waguer et l\jollij,
CERÉMONIE D'INAUGUR.\TION DU PJLAIS DE L'l1illUSTRIF, A A~lSTERllAM. - ffaprcs un cruqu1s de M. Gerardt et Van Es.

i49

�151

t:I LLUSTRATION, JO URNAL UNIVERSEL.
150

L'lLLUSTRATlON, JOURNAL UNlVERSEL.

« Nous avons dans notre éeurie un petit e}leval qui est

rait de sa présence. Discours, orchestre monstre, illuminations, feux d'artifice, ríen n'a manqué, et tout s'est
&lt;( pour lui : il nous faudrait done le vendre, mais nous
passé. dans le meilleur ordre. Dix mille personnes avaient
(&lt; l'aimons beaueoup, il a été le eompagnon de nos en- trouvé place dans l'intérieur, et une foule innombrable
« fants, et nous voudrions etre surs qu'il sera bien animait les abords du palais.
P. A. M.
« soigné et b¡en traité. Mais qui nous répondra que l'a« ebeteur de Coco ne sera ni brutal ni négligent? L'idée
« nous est done venue de vous prier de l'aeeepter; de
UNE NUIT DU DOCTEUR RÉMUS.
« eette fa~on-la, nous serons tranquilles, saehant qu'il ne
(Nou,elle).
« pourrait etre mieux que ehez de bonnes gens eomme
&lt;( vous l'etes. Je vous envoie don·e Coco par un messager,
C'était un grand sceptique que le vénérable et savant
« Caites-lui bon aeeueil et ne refusez pas de nous tirer
docteur
Rémus, de la petite ville de Stemberg, en Ba« d'embarras.
viere
.
.
« Mille amitiés de mon mari et de mes enfants,
11 niait carrément l'exístence de !'ame, ne l'ayant ja« Croyez aux sentiments de gratítude les plus affeemais
rencontrée au bout de sa lancette, et quand on lui
tneux de votre toute dévouée ... ))
parlait
de Dieu, il prenait brusquement son cbapeau,
Et puís le nom.
saluait
froidement
et allait voir ses malades. Cependant,
No~ avons gardé Coco. Apres eette lettre-lii., il n'y
comme
nous
sommes
destinés a croire a quelque chose,
avaít pas moyen de le renvoyer. Je vous réponds, du
le
docteur
croyait
a
la
saignée... mais c'était tout.
reste, qu'il ne lui manque rien et qu'il n'a pas á se
Voici
d'ailleurs
un
faít
qui le peint a merveille :
plaindre de nous. Vous pouvez voir d'ailleurs qu'il se
Un
jour,
M.
le
bourgmestre
lui ayant avoué qu'il
porte assez bien, et qu'il n'a pas l'air malheurem.
croyait aux esprits, Rémus jugea qu'il était fou, l'attira
N'est-ee pas, Coco?
Coco redressa la tete et allongea le pas comme pour ,sournoisement daos une maison de santé et luí fit administrer une forte doucbe, malgré les menaces, les prieres
mieux montrer sa vígueur.
X. FEYRNET.
et les cris de l'infortuné magistrat.
M. le bourgmestre, auquel ce zele intempestif valut
un catarrhe, prit fort mal la chose. Cité en justice, convaincu d'avoir violentéson ami et abusé de sa profession,
IIUUGUR!TIOH DU PALAIS DK L'IKDUSTRIK, A!lsrERDAI.
Rémns fut condamué a cent florins ele dommages-intéLe palais ~e !'industrie d'AmsterJam, qui s'éleve sur les rets et a trois j ours de prison !
Un jour, il fut appelé aupres clu baron de Witersbach,
bords de l'Amstel, vient d'etre inauguré.
C'est le 7 septembre t858 qu'apres de longs pourpar- · qui se trouvait gravement malade a son chateau de Mülers entre les fondateurs uu palais de \'Industrie et la dendorff.
De Müdendorff a Stemherg, il y a dix lieues.
municipalité cl'Amsterdam, le premier des deux mille
Apres avoir mis quelques médicaments daos sa valise,
pilotis sur lesquels repose le palais put enfin etre enfoncé. Des circonstances imprévues retarderent la mar- Rémus alluma sa vénérable pipe de bruyere, monta a
che des travau1 jusqu'en ávril t860, et la premiere cbeval, et partit en lisant le fameux traité de Malsacher
colonne en fer fut érigée en présence de S. M, le roi des sur la folie.
Au b0ut de huit beures de lecture et de voyage, le saPays-Bas et' de S. A. le prince d'Orange. En novembre
t86f. on commenga la toiture du batiment; en octobre vant s'aper~ut de trois choses : il s'était égaré., la nuit
l862 s'élangait dans les airs la gracieuse coupole qui approchait, et il mourait de faim. Heureusement qu·nn
le surmonte; en fin, en septembre i863, la gigantesque village lui apparut au mérue moment a travers les peupliers, un joli petit village que la Providence mettait
statue de la Víctoire dominait le palai~.
Comme a Sydenham, le fer et le verre sont les seuls sur sa route et qui semblait attendre le voyageur.
Rémus plonge~ le fameux traité dans la pocbe de sa
matériaux dont on se soit serví pour cette construction.
La longueur totale est de f26 metres. Sa largeur de lévite, enfon~a son chapeau sur sa tite et gratifia sa
80. La coupole, qui est de forme elliptíque, longue de montured'un vigoureux coup d'éperon.
En moins de dix minutes, il se trouvait ii. l'entrée du
2i metres et large de t3 metres, est ii. 57 metres audessus du sol et supporte une secoude coupole plus pe- village, et son regard s'arretait avec joie sur une maioon
d'un aspect confortable. Elle tendait sur la route une·
tite, longue de 6 meires et large de 4 metres.
Aux quatre points cardinaux du palais et a la base de branche de pin et sa porte était illustrée d'une cloche
la coupole sont d'élégantes tourelles, qui rehaussent les d'argent. C'était une auberge.
formes déja si gracieuses du palais, sans le cbarger en
Rémus résolut d'y passer la nuit.
,
- J'espere, dit-il en lui-meme, que le baron voudra
aucune fa~on.
Ce monument est un chef-d'reuvre d'architecture, bien m'attendre et qu'il ne commettra pas la faute de
plein de grace et de majesté, dtl au talent de M. C. mourir sans moi; s'il trépasse, au contraire, eh bien !
Oulsboorn, architecte rl'Amsterdam, et si notre ville a je ferai son autopsie, et j'aurai toujours la consolation
le droit d'etre fiere de posséder un palais de ['Industrie de savoir de quoi il sera mort.
En faisant ces rétlexions, le docteur venait d'arriver a
qui rivalise avec avantige avec ceux des autres pays,
l'honneur doit en revenir a M. Sarphati, le fondateur, l'écurie; il remit son cheval a l'aubergiste, prit sa valise
qui, malgré des :difficultés inouies, a su, par sa persé- sous le bras, et entra dans l'auberge.
vérance et son activité, faire aboutir heureusement
So; premier soin fut de commander une forte tranche
l'entreprise.
de jambon, escÓrtée d'Ulle bouteille d'Affenthal et d'un
Le palais de \'Industrie d'Amoterdam a été construit cruchon de hiere.
dans le but de provoquer, par des expositions permaQuand il eut apaisé sa soif et sa faim, Rémus alluma
nentes des procluits de !'industrie et des beaux-arts na- sa pipe et promena son regard autour de la salle. Mais
tíonaux et étrangers, l'émulation des fabricants, ar- alors, un étrange spectacle s'offre ii. sa vue, et d'étonnetistes, agriculteurs, ouvriers, etc., émulation dont notre ment, il pose sur la table la chope écumeuse qu'il est
pays a fort besoín, et qui ne peut manquer d'exercer en train de porter ii. ses levrcs.
uhe heureuse influence. Ce batimentservira, en outre, a 1 Ici, un nain poilu, bossu, crochu, joue au bésigue avec
des retes, ii. des ccncerts, a.&lt;ies expositions de fleurs, etc. un géant borgne et cciffé d'un chapeau de général. La,
La division intéríeure est parfaitement adaptée a tous une femme, barbue comme un sapeur, le cigare a la
ces usages et ne laísse, sous ce rapport, rien a désirer. bouche et la main sur la hanche, boit du kirsch avec un
Nous citerons en passant la grande salle, qui me&amp;ure albinos. Plus loin, debout, levant la queue, dressant J'oi i4 metres de largeur sur 3f metres de lougueur, la reille et tirant la langue, une douzaine de chiens dangalerie principale, large de 6 metres, qui en fait le tour, sent autour du poele une ronde fantastique.
·
les quatre salles adjacentes qui ont chacune 45 metres
- Bizarre ! inconcevable ! murmure le docteur en pro-\e longueur sur tO metres de largeur, enfin les deux menant sa main sur son large front chauve comme pour
salles de rafraichissements, longues de 26 metres et rassembler ses esprit~.
Mais voici que l'hotelier ayant réclamé a un monsieur
larges de 8 metres.
La fete du t6 aotlt a été plutOt une féte d'inaugura- d'une maigreur Cabuleuse le prix de sa consommation,
tion qu'une ouverture de l'Exposition, car les objets ex- celui-ci se met á tousser, pre.nd une assiette et crache un
florín qu'il offre a l'aubergiste émerveillé.
posés sont encore fort peu nombreux.
Rémus releve ses lunettes et, se frottant les yeux comme
Nous ne parlerons pas de la fete proprement dite:
ellell se rP.i;semhlent toutes ; le prince Frédéric l'hono- un homme qui Tient de faire un reve :

« en a.ge de travailler, et nous n'avons pas d'ouvrage

- L'ardeur du soleil, dit-il, et la lecture trop prolon. '
gée de ce livre m'auront fatigué le cerveau. J'éprou,e
une hallucination de la vue.
Mais, a1_1 meme instant, l'attention du docteur est au¡.
rée par un nouveau personnage. C'est un homme a la
chevelure absalonienne, au col de taureau, aux bras de
gorille. 11 porte des bottes molles et un turban. Trou.
vant qu'on ne l11i sert pas assez vite la choucroute qu'it .
a demandée, d'une main il saisit l'aubergiste, l'enleve
comme une plume, le fait tournoyer au-dessus de sa tete
et le· pose sur la table comme un paquet d'allumettes.
- Voila qui est trop fort, soupire le docteur, monto111
nous coucher. Le sommeil dissipera ces fantomes.
11 prend sa valise et se dirige vers sa chambre, précédé
de l'aubergiste, remis de sa secousse.
Rémus n'était pas encore tres-convaincu de son hallucinatíon, puisqu'il interrogea l'hotelier sur la singularilé
de ses clients et l'excentricité de son établissement.
Mais l'aubergiste lui tourna les talons et garda le 8¡.
lence.
Rémus l'appelle ... l'aubergiste ne répond pas. 11 l'appelle encore ... l'aubergiste, toujours muet, prend un escalier .obscur, leve une trap pe et disparait !. . Tout a
coup le docteur ébahi sent quelque chose remuer entre
ses jarabes... 11 se baisse, il regarde et voit le nain ases
píeds, derriere luí, le géant. Tous les deux passent en
tui adressant un salut ironique, levent la trappe et s'évanouissent dans l'obscurité. Soudain, au fÓnd du corridor, parait la femme a barbe, tenant un énorme ophicléide sous le bras, et !'Albinos se dirige droit sur le
docteur.... . .
Rémus se précipite dans sa chambre et ferme la porte
a double tour.
Il allait se mettre au lit lorsqu'un concert de voix mystérieuses et bizarres retentít dans le voisinage. A ces
voix faibles ou vibrantes, douloureuses ou gaies, succede
bientot une série de bruits extraordinaires.
Ce sont des sifflements aigus, des bourdonnements
insupportables, des ricanements infernaux, des soupin
d'agonisants, des battements d'ailes. Puis les voix se
mettent ii. fredonner ou imitent les grincements d'un
violon campagnard.
Sa bougie d'une miin, sa canne ·de l'autre, Rémns
fouille et refouille tous les recoins de la chambre... Ríen!
absolument rien qu'une grosse araignée qui file tranquillement sa toile. ll écoute... le bruit continue ... il
vient de la chambre voisine, c'est certain; plus intrig•1é
qu'ému, Rémus ouvre sa porte, traverse doucement le
corridor et colle vaillammentson reil alaserrure, maisil
ne voit dans la cbambre qu'un seul individu.
Il est revétu d'une longue robe lamée d'or, coiffé d'une
mltre d'éveque et se livre a une foule de gestes cabalistiques, commé un sorcier qui évoque les esprits.
Les voix augmentent et le bruit redo•1ble.
- Je m'y attendais, dit le docteur, j'éprouve maintenant une hallucination de l'ouie; elle suit toujours
l'autre.
Mais au meme instant une la.rge main s'appesantit sur
son épaule et une voix de trombone lui dit:
- Que faites-vous la?.. ..
C'est l'aubergiste qui passe, un fusil sur l'épaule, un
sabre a la main.
- Voici le moment d'éclaicir la situation, dit en lui•
meme le docteur, et il appelle l'aubergiste; mais celui·
ci, impassible et muet, continue son chemin, ouvre une
seconde trappe et disparalt de nouveau.
Rémus le suit d'un reil inquiet, pousse un soupir et
rentre dans sa chambre.
- C'en est fait, murmura-t-il en se laissant tomber
sur une chaise; ma raison s'égare. L'hallucination est
presque toujours le précurseur de la folie. Je deviens
fou, a moins que ... Mais non! ce sont la des billevesées
bonnes pour M. le bourgmestre et les sabotiers de la

Fotét ~oire.
Un savant comme moi ne peut croire au merveilleUI,
La dessus, Bémus prend sa carafe et se verse de l'eau
snr l'occiput. - Le bruit cesse. - « C'est bizarre, dit-il,
je n'entends plus ríen. Je vais mieux. Ouvrons la fe,,
netre. L'eau! L'air! voila de bonsremedes! 1)
Les croisées de la chambre donnaient sur la place do
village.
A peine Rémus a-t-il mis le nez a la fenetre qu'il recule d'un pas en laíssant échapper un cri d'étonm:111enL
A travers le brouillard, il aper~oit vaguemeut une
longue file d'édifices étranges dont les contours ondn•
lent comme les voiles d'un navire. Tout autour de ed

édifices voltigent une multitude de lumieres pareilles a
. feux follets et éclairant des visages pales.
d~
. entendr~
rout a coup un sorn:d gro~nement se f ~1t
les arbres, et Rémus vo1t deux ours enormes qm
~~
' aux sons d'un ms
. trument
dansent
une sorte de bourree
barbare.
_ Des ours en Baviere! s'écrie le malheureux docteur;
d ours qui dansent la bourrée comme de vrais Auverdu soír, en plein village !
gnesats, et cela a onze heures
,
roa tete ! ma pauvre teteL.
0
uquitte la fenétre, prend la carafe et s'inonde dePecbef. Mais bientot une force irrésistible l'entraine a l_a
croisée- Alors il voit surgir de la brume un chameau g1gantesque, suivi d'une girafe et d'un tapir. Ces animaux
passent comme des ombres et s'évanouissent dans le
brouillard.
-Triste, mais curieux phénomene! observe le docteur,
je suis bien ici au ~illage d~-Bartheneim, ii. quinze_lieues
de Munich, en pleme Bav1ere; le pays ne prodmt que
des Jievres et des écureuils, et je vois défiler a mes pieds
l'ours d'Espagne, le tapir de l'Inde, la girafe d'Asie etle
cbaroeau d'Afrique !
soudainun nouveau spectacle l'arrache acesréflexions.
C'est une multitude de petits chevaux qui courent dans
)'espace. 11 y en a cent, il y en a mille, dix mille, un
nombre infini !. .. Queue, tete, jambes, oreilles, criniere,
tout est immobile. Ces quadrupedes étranges ne marchent
pas; ils semblent portés dans l'espace, entrainés par le
,ent. Tout a coup une voix formidable s'écrie : « Plus
vite! » et les petits chevaux mystérieux s'élancent avec
une telle rapidité que tetes et queues venant a se confondre ne forment plus qu'un sombre nuage.
Rémus alors sent comme un vertige et croit éprouver
la tentation de se jeter par la fenetre.
- C'est bien cela, dit-il avec tristesse; l'hallucination
r,onduit ala folie et la folie pousse au suicide.
Fort heureusement, ajouta-t-il, que je suis en parfait
état de veille et de lucidité, et que je puis, comme l'a
fait Burdach, analyser mes hallucinations. Qu'au moins
mon infortune profite a la science !
Rémus aussitot ouvre son secrétaire et .écrit cette
lettre a son illustre ami Cornélius Dudenoeffer, grandmaitre de la savante université de Munich :
Illustre collegue et cher ami,
Voila trois heures que je suis en train de devenir fou.
Cet accident m'arrive au village de Bartheneim, pres de
Reimbach.
Je suis deseendu a l'auberge ·de la Cloche-d'Argent
avec un esprit tres-calme et un exceUent appétit. Mais
tout a coup la salle de l'auberge s·est peuplée de géants, •
de nains crochus, d'albinos, de femmes a barbe buvant du !kirseh et autres personnages non moins
singuliers. L'un d'eux s·est mis a faire le moulinet
avec l'aubergíste comme avec un ha.ton, un autre
s'est amusé a cracher des florins. Je me mis alors réfugié dans ma chambre, et pendant une heure mes pauvres oreilles ont été en butte a un vacarme étrange,
inoui, infernal. Enfin, de ma fenetre, j'ai aper~u des
chameaux, des tapirs, des girafes, des ours dansant la
baa.11Tée, et une nuée de petits chevau.x volant dans l'espace.
Rémus entrait ensuite dans de longs détails scientifiques, analysait sa folie avec la passion d'un artiste et
l'amour d'un savant.
En terminant sa lettre, il priait l'illustre Dudenoeffer
de venir le chercher immédiatement et de le faire conduire a l'hospice de Friédestal.
• Je connais le directeur, ajoutait Rémus, et je trou,erai dans son établissement tous les soins néces-

saires. J11.
Rémus cachete ce chef-d'reuvre épistolaire et scienti-

fique; met l'adrtsse et se dirige instinctivement vers la
fenetre.
Tout a disparu dans l'épaisseur du brouillard, tout,
excepté un objet nouveau et assez inquiétant.
C'est un monstre horrible ·et colossal qui se dessine
immobile dans l'espace.
Rémus ote lses lunettes, en essuie soigneusement le
,erre avec le pan de sa lévite et regarde attentivement
le monstre. A ses pattes contournées; a son corps verd!tre, a son museau allongé et meublé de dents terribles,
le docteur reconnait un crocodile de la plus belle es-

pece.

• Bon! dit--il, me voila maintenant sur les bords du
'

1

Nil ou du Gange! Je savais bien que le crocodile, animal
ampbibie, vit également sur terre et dans l'ea11, mais
j'ignorais qu'il ptlt se soutenir en l'air, a l'instar de
l'alouette. J)
Tout a coup, un atfreux petit animal, tombant je ne
sais d'ou, saute sur l'épaule du docteur et lui . cause une
telle frayeur, que le malheureux Rémus est sur le pointde
s'évanouir. Mais bientot asa peur succedent la colere et
l'indignation. La méchante bete, grimagante, sautillante; insaisissable, se met a lui donner des tapes sur
les joues et tire, en rieanant, les quelques meches de
cheveux gris qui restent au pauvre savant.
C'était un singe. D'un tour de main rapide comme la
pensée, l'affreux sagouin enleve au docteur sa calotte et
ses lunettes, et disparalt en faisant force gestes irrévéreucieux et grimaces diaboliques.
« Ceci, dit gravement le docteur, s'appelle J' hallucination du toucher.
11 prend sa lettre, et la décacbetant pour instruire Dudenoeffer de ce nouvel accident, il écrit :
« )fon hallucination vient de prendre un caractere
aussi singulier qu'alarmant: il m'a semblé, tout al'heure,
qu'un singe me sautait sur l'épaule et qu'il me tirait les
cbeveux. Bien plus, il s'est enfui en emportant ma calotte et mes lunettes. Je- jurerais que j'ai froid a la tete,
que j'y vois trouble et que j'écris tout de travers.
De grace, cher et illustre ami, partez sur le champ,
et arrivez avant que je ne fasse quelque malheur. »
L'infortuné Rémus cachete sa lettre , met quelques
gouttes de chloroforme daos un verre d'eau, avale, s'endort, et reve toute la nuit qu'il est dans la maison des
fous de Friédestal, qu'il re~oit force douches etqu'on lui
passe la camisole de force parce qu'il a étranglé son
gardien! ....

................

Le lendemain, vers huit heures du matin, Rémus est
réveillé en sursaut par uli vacarme épouvantable. C'est
un gigantesque et effroyable charivari, un concert infernal, atroce, de trombones, de clarinettes, de trompettes, de fifres, de tambours. L'air retentit de mille cris
assourdissants et barbares. C'est le chien qui aboie, le
cheval qui hennit, J'ane qui brait, la voiture qui roule,
la foule qui murmure ; des chants, des disputes, des
éclats de rirei ...
Rémus se leve précipitamment et court a la fenetre.
Le long du village s'étend une longuc file de baraques
et de tréteaux pavoisés. Ici, un hercule en maillot rose
leve des poids qu'il fait pirouettcr avec une aisance merveilleuse. La, un personnage en costume de sorcier,
avale des sabres, des parapluies et erache des florins.
Plus loin, une toile énorme offre au public émerve1llé,
la double image d'une femme a barbe et d'un albinos.
A droíte, des chevaux de bois tournent avec une rapidité vertigineuse. Agauche, s'éleve une ménagerie, dont
l'enseigne représente des chiens, des ours, des chameaux,
des tapirs et des girafes.
Sur le faite de la baraque, se balance dans l'espace
un énorme crocodile empaillé.
En face, sur la devanture d'une baraque, on lit :
Au ventrilogue sans pareil.

Et daos le personnage en robe lamée,d'or, qui se tienta
la porte, une baguette ii. la main, Rémus reconnait son
voisin de la veille, le mystérieux locataire de la chambre
d'ou partaient les soupirs, les battements d'ailes et les
grincements de dents.
Enfin, devant une autre baraque, un affreux petit
singe exécute ses cabrioles et fait d'épouvant3.bles grimaces.
A la grande admiration des badauds, il se coiffe
d'une calotte, la fait sauter en l'air et l'attrape, tout en
essayant de placer et de replacer sur son nez une vieille
paire de lunettes.
Rémus, exaspéré, reconnait ses lunettes et sa calotte.
Du reste, la situation était claire et l'énigme expliquée:
C'était la rete du village, la foire de Bartheneim.
Rémus avait logé avec les saltimbanques, et_.de sa
fenetre il avait assisté aux préparatifs de _lelll'8 représentations.
- Ah! pourquoi, s'écria le docteur, confus et humilié,
en se voyant forcé de reconnaitre q1_1'il n'avait pas été
fou, pourquoi cet imbécile d'aubergiste n'a-t-il pas répondu hier soir aux renseignements que je lui demandais?

Au meme mstant celui-ci entra, et apres un court entretien, Rémus s'aper~ut que l'aubergiste était sourd
comrue un pot, ce qui expliquait suffisamment son
~ilence obstiné de la veille.
Apres avoir soldé sa dépense, le docteur se rendit sur
la place du village, ou il parvint, non sans peine, a se
faire rendre sa calotte et ses lunettes, et quitta Barthe ·
neim.
- Quand il arriva au chatean de Müdendorff, le baron
venait de rendre l'ame. Réruus fit l'autopsie du défunt,
et comme il l'avait dit, il eut la consolation de savoii; de
quoi il était mort.
Quant a la fameuse lettre, sur le point de la déchirer,
le docteur lui lan~a un regard de regret affectueux et
s'écria :
- Quel dommage! Que! récit palpitant et curieux!
Quelles considérations ingénieuses et savantes !
__,__ Au fait, reprit-íl tout a coup en se croisant les bras,
qui me dit que cette fete n'est pas imaginaire, et le résultat d'uue nouvelle hallucination?

L'hallucination est tantót acceptée par le malade comme
une réalité et tantót reconnue pout upe fausse perception.
Muller, Fouberg, Riber, Hermano, Kauffmann sont d'accord la-dessus.
- Le spectacle de ce matin semble expliquer celui de
cette nuit. C'est vrai. Miis qu'est-ce que cela prouve?
Apres avoir reconnu la fausseté de l'un, j'ai admis un
instant la réalité de l'autre.
C'est la un caractere nouveau et assez fréquent de
l'hallucination. Voila tout.
- 11 est également faux qu'un siuge m'ait pris mes
lunettes cette n uit et q u'il me les ait rendues ce matin.
La-dessus, Rémus, enchanté de son idée, jette a la
poste sa lettre a Dudenoeffer. Seulement il ajoute en

post-scriptum :
&lt;( Ne venez pas me chercher; l'hallucination est passée ;je rentre a Stemberg. &gt;l
Quelques jours apres ces événements, le bienheureux
docteur voyait sa lettre imprimée, commentée, analysée,
discutée, admirée, reproduite par une foule de gazettes,
et répandue dans toute l'Allemagne.
Un beau matin il re~ut une députation des médecins
de la vil le de Munich, et fut nommé memlJre de onze
sociétés savantes. Pour comble d'honneur, l'illustre
Cornélius Dudenoeffer lui adressa, le meme jour, une
longue épltre daos laq_uelle il félicitait le docteur Rémus
au nom de la science et de l'humanité.

FULBERT-DUKOm'Kll.ll.

lllAUGUR!TIOJ DK LA STATUK DK L!WY, A T!RBKS
et de
U

ROE IMPÉRIALE, A MARSEILLE.

Le département des Haútes-Pyrénées a célébré la fete
nationale du t5 aotlt en inaugurant la statue érigée,
dans la ville de Tarbes, a la mémoire de Larrey, chirurgien en chef des armées du premier Empire.
Vers quatre heure., le cortége, qui s'était formé dani
la cour de l'hotel de ville, pour conduire, au lieu de 1~
cérémonie, M. le baron Larrey, fils de l'illustre chirurgien, se mil en marche. Ce cortége se composait de toutes les autorités, des membres de la commission mooicipale, du comité de souscription pour l'érection de la
statue, et d'un grand nombre de n11tabilités de la ville
de Tarbes et du département.
· M. Jules Cloquet, de l'lnstitut, membre de l'Académie
de médecine, M. Cazalas, inspecteur du service de santé
militaire, M. Joly, professeur a la Faculté des sciences de
Toulouse, accompagnaient M. le baron Larrey.
Quand l'assistance eut pris place, le voile qui couvrait
la statue tomba; et l'image de Larrey, pleine de noblesse et d'animation, et exprimant, avcc une vérité saisissante, les sentiments dont le pénetre le testament de
Sainte-Hélene, qu'il tient sur son creur, apparut aux
yeux de la foule qui remplissait la vaste promenade et
ses abords.
Le meme jour, a M.arseille, on inaugurait la rue Impériale, qui, depuis lors, est définitivement ouverte au
public. Pendant toute la journée, la foule n'a cessé de
circuler sur cette nouvelle voie, destinée a relier les
deux ports, et au commencement de laquelle avait été
dressé un are de triomphe, qui, le soir, a été brillamment
illuminé.
H. C.

�L'ILLUSTRATION, JOURNAL UN IVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
LA JOURNÉE DU 22 J.OUT
A GENEVE,

Tout le monde sait que la
,ille de Geneve est baignéq
par le Rhóne, qui la coupc
en deux parties presque égales, Les deux rives du grand
neuve sont reliées entre elles
par plusieurs ponts, dont les
principaux sont le pont des
Bergues et le pont du MontBlanc. La ville proprement
dite, ou la Cité, occupe la
rive gauche. C'est la que s'élevent, sur une colline semblable al'acrnpole d'Athenes,
'hotel - de - Ville, !'arsenal
central, la cathédrale, vastc
édifice gothique dédié asaint
Pierre. C'est la que demeu-

EVENEME~TS DE GENHVE: TÉTE llU PONTjDU MONT-BLANC DANS LA JOURNEE DU U AOUT.

i53
rent les familles aristocratiques, fes gros banquiers,
les gros négociants, dont
les hótels, quelques-uns surtout, comme, par exemple,
la maison de Saussure et le
palais Eynard, se font remarqucr par une architecture
grasdiose ou élégante. Sur
la rive droite, s'étendent les
anciens faubourgs et plusieuts grandes rues nouvelles, qui datent de i 846.
Avant {846, Geneve était
entourée de fossés et debastions q~í empechaient son
développement. Le partí radical, allié aux cléricaux,
demandait, par l'organe de
son chef, M. James Fazy, la
tlémoiition des fortifications.
Le partí conservateur et calviniste, qui était en majorité

INAUGURA.TION DE LA STATUE DE LARREY, A TARBES,

daos le gouvernement, se
rcrusait a cette demande,
parce qu'il y voyait la ruine
de la nationalité 'genevoise.
11 íallut une révolution ¡:iour
airJ ttiompher l'idée de
lames Fazy. Depuis lors, Geneve s'est agrandic dans tous
les sens, mais surtout sur la
rive droite, que l'on pourrait appeler la ville de James Fazy, tandis que la rive
g~uche pourrait s'appeler la
villc de Calvin. Ceci me remct en mémoire cette porte
d'Atbenes, ou on lit d'un
.
'
cote : C'EST ICI LA VILLE DE
TatstE (ou la vieille ville), et
de l'autre : C'Esr 1cr u VILLE
n'AnRIEN (ou la ville nou.
Velle).
De f846 a i 853, James Fazy fut comme le dictateur de
larépublique de Geneve.
Les démocrates purs souf-

.

PRISE DE L'ARSBNAL. -

D'apres lea croquis de M. L. B.

fraient de voir une partie de
leurs concitoyens s'inféoder
a un seul homme et faire
de cet homme une espece de
pape politique, dont chaque parole était un oracle et
chaque volonté une loi. lis
s'appliquerent a comb1ttre
le ty1·an (c'est ainsi, en effet,
que l'eussent nommé les
Grecs ), et malheureusemen t
pour lui son administration
ne prétait que tror le flanc
a leurs attaques. Chaque a11néc, le budget se soldait p: r
un déficit &lt;le 700,000 fr. Pou t·
combler ces déficits et pour
donner du pain aux prolétaires sans ouvrage (¡ianem el
cil'censes), on avait recours a.
des emprunts, qui se sont
élevés peu apeu ala somme
de vingt millions, sommc
énorme pour un pays qui ne
compte guere que 85,000 ha-

�L' lLLUSTRATlON, JOURNAL UNIVERSEL.

.,

bitants. Enfin, on ne pouvait pardonner A M. Fazy d'avoir loué le premier étage de son palais Aun établissement de jeu, ou bon nombre d'honnetes gens ont vu
s'engloutir le plus clair de leur avoir. Tels sont _les griefs
que formulait et que formule encore contre l'autocrate
des radicau:c, le partí conservateur, qui s'intitule parti
des indépendants, parce qu'il prétend ne dépendre de
personne et n'obéir Aaucun chef ostensible.
C'est en t 853 que ce parti remporta sa preniiere victoire contre James Fazy, daos l'élection d'un conseiller
d'Etat. Depuis lors, la fortune a été tour a tour favorable ou contraire aux deux opinions; les amis de James
Fazy ont été nommés conseillers d'État, mais tui, jamais
plus.
Daos ·ce moment, le Grand conseil, ou pouvoir législatif, est composé presque exclusivement de députél!
conservateurs ou indépendants; en revanche, les sept
membres du Conseil d'État qui représentent le pouvoir
exécutif étaient tous, il y a un mois a peine, des radicaux. L'un d'eux, M. Challet-Venel, ayant été appelé A
.,d'autres fonctions, il s'agissait de luí trouver un rempla~ant. C'est l'élection de ce rempla~nt qui a donné lieu
aux se/mes déplorables que nous avons Araconter.
Les radicaux portaient M. lames Fazy; les indépendants, M. Arthur Cheneviere, le fils de !'un des plus
éloquents prédicateurs de l'église protestante.
Le vote s'effectua le 2t aout, daos le plus grand ordre,
et au milieu d'une tranquillité parfaite.
Le lendemain, on procéda au dépouillement des votes,
qui s'opéra sans soulever la moindre réclamation. Sur
t t ,045 bulletins déclarés valables, il s'en trouva 5,368 pour
M. Fazy et 5,677 pour M. Cheneviere; majorité en faveur
de ce dernier, 337.
Des que ce résultat fut connu, les radicaux présents
daos la salle du scrutin,' dirent qu'il s'était glissé des
erreurs daos les listes électorales, et demanderent l'annulation de l'élection.
La commission chargée du dépouillement des votes se
eomposait de vingt- sept membres dont dix-sept rad4caux et dix indépendants. L'annulation fut prononcée
par dix-~ept voix contre dix. Le président du bureau,
M. Amberny, un radical, apres avoir proclamé l'arrét
de la commission, le déclara abusif et inconstitutionnel.
Les indépendants crierent: Au Molara! auMolard! Le
Molard est une place, un marché, ou, de temps immémorial, se tiennent les assemblées populaires. Elle conserve encore des tours du moyen age qui luí donnentun
aspect assez pittoresque, et une porte surbaissée ou, autrefois, on amarrait les harques, car le lac arrivait jusque-la. Le Molard esl l'A9ora, le Forum de Geneve.
Apres avoir entendu plusieurs orateurs, les indépendants résolurent de moµter a l'Hótel-de-Ville pour protester contre l'acte arbitraire de la commission, et pour
engager le Conseil d'État A faire annoncer daos la ville
le nombre de voix obtenues par les deux candidats.
Le Conseil, apres une longue hésitation, obtempéra A
ce désir, qui n'avait ríen de contraire aux us et coutumes
du pays en pareil cas. Sur ses ordres, un commissaire
de poi ice partil, précédé d'un tambour et escorté de deux
huissiersrevetus d'un manteau aux couleurs cantonales,
jaune et rouge. Une troupe assez nombreuse d'indépendants suivit, banniere en tete, mais saos armes, les
agents de l'autorité. Ce cortége, qui grossissait Achaque
pas, traversa, tambour battant, plusieurs rues de la vieille
ville, puis passa le pont des Bergues et prit la direction
du quartier Saint-Gervais, qui est le quartier radical par
e1cellente. A la hauteur de la rue du Cendrier, un coup
de feu, venu on ne sait d'ou, blessa un eitoyen A la
jambe. Une trentaine d'autres, considérant cet atlentat
comme le prélude d'une attaque plus sérieuse, rebrousserent chemin avec l'inlention d'aller se procurer des
armes A!'arsenal de l'Hotel-de-Ville. lis se présentent
aux gendarmes qui gardaient !'arsenal et les somment
de leur en ouvrir la porte. Les gendarmes refusent. Alors,
on prend des échelles, on les applique contre les fenetres, on pénetre daos l'intérieur de l'édifice, on s'empare des armes et on les distribue a la foule. Puis, on
dépave une partie de la rue et on dre~se deux énormes
barricades, !'une en aval, l'autre en amontde l'Hotel-deVille.
Cependant, la colonne qui accompagnait les huissiers,
continuait sa marche. Parvenue au coin de la rue de
Chanlepoulet, elle se trouva en présence d'une bande
d'environ soixante hommes, armés de fusils et munis
4'une piece de c10on qui, comme on l'a su depuis, était
ehargée A mitraille. Un radical tres-estimé dans son

partí, M. Delenderrier, veut user de son influence pour
calmer les esprits. JI s'élance au milieu de la melée en
criant aux insurgés d'épargner le sang de leurs frcres et
de respecter l'autorité. Mais une baile l'atteint en pleine
poitrine et il tombe sansvie, victime de son dévouement.
Presque au meme instant, une autre baile frappait un
jeune homme de dix-sept ans, qui ntourut deux heures
apres. Cinq ou six autres individus étaient tombés avec
ceux-lA, mais ils n'étaient que blessés. Les indépendants,
ne poovant riposter Aleurs agresseurs faute d'armes,
se rejetcrent en désordre sur la rive gauche etcoururent
Al'Hotel-de-Ville.
De leur coté, les radicaux, mailres de la rive droite,
songerent As'y fortifier. lis occuperent les tetes de pont.~,
y firent des barricades, y mirent des sentinelles et y
braquerent des canoas. Ces canoas, aimi que les fusils,
provenaient de !'arsenal du Grand-Pré, qu'ils avaient
euvabi et pillé des qu'ils avai,mt appris le résult:tt de
l'éleclion. Cet arsenal était le seul qui renfermat des
pieces de gros calibre, qu'on y avait déposées depuis
longtemps, et pour cause.
11 était alors quatre heures et quart de l'apres-midi.
Un conseiller d'État est conduit comme parlementaire
au camp des rebelles. On obtient un armistice, pendant
lequel on releve les morts et les blessés.
Quelques coups de feu partent encore, et une baile
perdue vient atteindre au front, a deux pas de moi, un
homme qui rzgardait tranquillement ces scenes sauvages. 11 tombe Aterre comme un sac, saos pousser un
cri. Sa cervelle, broyée et melée a son sang, macule le
pavé; les éclaboussures en rejaillissent jusque sur mes
babtts.
Une nouvelle importante circule daos les groupes. Le
Conseil d'État a écrit a Berne, par le télégraphe, pour
informer l'autorité fédérale de tout ce qui se passe.
L'autorité fédérale a répondu qu'elle envoie a Geneve
le colonel Fornerod avec pleins pouvoirs pour lever des
troupes daos les cantons de Vaud et de Neuchatel.
Vers les sept heures du soir, les barricades étaient
abando~nées; la circulation était rétabhe; la sécurité
renaissaiL Ainsi finit la journée néfaste du 22 aout.
La journée du 23 s'est passée saos autres incidents
qu'une assemblée populaire au Molard, ou fut votée une
adresse au colonel Fornerod, pour réclamer qu'une enquéte judiciaire soit faite con-tre les promoteurs des
troubles de la veille.
Le soir du méme jour, vers les huit heures, le convoi
de Lausanne amene deux bataillons de troupes fédérales, auxquels la population de Geneve fait l'accueil le
plus cordial et le plus enthousiaste.
Le 24 et le 25 sont des jours de deuil. On enterre les
victimes du guet-apens du 22. Plus de dil ruille citoyens
accompagnent les cercueils.
En revenant du cimet1ere, on s'assemble sur la place
du Molard pour voter une adresse a)'autorité fédérale,
tendante a demander l'arrestation et le jugeruent des
assassins.
Mais, daos les républiques, la justice procede lentement: pede claudo. Voici six jours que l'attentat a été
commis, et aucune arrestation n'a encore été faite.
Sauf peut-étre quelque erreur de détail, le récit qui
précede est un exposé fidele des faits.
Espérons que le souvenir de ces tristes événements
n'ótera rien Al'éclat des fétes que Geneve prépare pour
les tO, H et t2 se¡,terubre prochains,encommémoration
du cinquanLieme anniversaire de son entrée daos la
Confédération helvétique.
LolllS DKUrRE.

C~lll@IIIUQUI

■IUSDCALL

Calme plat, commeon diten roer. L'Achille du moyen
age, le brave Roland, Roland l'invincible, qui n'est pas
Roland l'expéditif, n'a pas encore empoigné Durandal,
ni sonné de son Oliphant. Qui le retarde ainsi? Qui l'arréte au seuil du succes et de la gloire, qu'il touche et
qu'il n'ose franchir? En vérité, je !'ignore. Hélas ! je ne
puis dire, moi chétif, comme un orateur bien
connu:
« Nourri da.ns le sérail, j'en connais tous les détours.,
L'Opéra-Comique va rouvrir saos bruit, le i" septembre, avec la Dame blanche et le Tableau parlant. On
ne saurait etre plus modeste. Quandl'Opéra-Comique, en

t829, s'iristalla daos la salle Ventadour, qui avait été
construite a son intention, ce fut de meme la n..,
blanche q¿i servil de piece d'inauguration. La no,.,
bl,mche évidemment ne vieilliL pas. Et pourtant, afllis
Bo"ieldieu, Auber est venu, et avec Auber ou apres hu,
Hérold, Halévy, Adolphe Adam, Meyerbeer. La mode 1
changé plus d'une fois. Les manches plates ont SUCCédé
aux gigots, la crinoline aux jupes étroites, les gilets trop
courts aux gilets trop longs, la mélodie tourmentée ata
mélodie facile, l'harmonie recbercbée a l'harmonie naturelle : la Dame blanche a échappé atoutes ces révolutions, comme ce préfet du département de la Mame,
nommé erí i800, lorsque le premier consul inslitua lea
préfets, et qui mourut plein de jours vers la fin do
regne de Louis-Philippe, toujours préfet du départemeot
de la Marne.
L'Opéra-Comique annonce, pour les jours suivants, le
Postillon de Lonjumew1,, !Ara, 1'Éclair, et je ne sais qooi
encore, mais de nouveautés, point.
Le Théatre-Lyrique a mieux employé ses vacances.
11 donnera, il est vrai, le t •• septembre, la Reine Topaze,
Mais on y jouera, le lendemain, Don Pasquale, traduiten
fran~ais, et un opéra-comique en un acte, intitulé l'Alcade et inédit. On y verra, peu de jours apres, un opéra
nouveau en deux actes, d'un compositeur qui n'est pas
moins nouveau,M. Chérouvrier.
Oepuis ~ue Rossini a quitté l'ltalie, son nom, presque
oublié pendant vingt ans, y a re¡,ris faveur. On s'est re.
mis arendre justice Ace génie longtemps méconnu ou déprécié, - il n'était plus Alamode ! - Sa gloire rajeunie
hrille aujourd'hui d'un éclat plu&amp; vif qu'il yaquaranteans.
Ce que les grands artistes n'obtiennent guere que de la
mort, l'apaisement des passions rivales, le silence de l'eovie, le Jugement impartía! du public et son admiration ·
saos réserve, Rossini l'a obtenu de l'éloignement, et l'on
fait maintenant pour lui, ATorio, aFloren ce, aBologne,
a Pesaro, ce qu'on n'a pas songé a faire quand il était li.
C'est a Pesaro qu'il est né, le 29 février t792. Les en•
trepreneurs du chemin de fer de l'Italie centrale, MM. $a.
!amanea et Delahante, ont eu l'hem·euse idée d'offrir i
la ville de Pesaro la statue de son plus illustre enfanL
C'est la ce qui a tout mis en branle. Mais on est fondé 1
croire que la voix fran~aise de M. Delahante et la voiI
espagnole de M. S¿damanca auraíent éveillé peu d'échos
il y a dix ans, lorsque l'Italie toute entiere, depuis Genes
jusqu'a Palerme, n'avait d'oreillesque pour M. Verdi.La
statue, reuvre de M. MarochetLi, a été inaugurée le
21 aout dernier, avec autant de solennité que le fut i
Bono, en t845, celle de Beethoven, et probablement,
avec un plus ardent enthousiasme. Artistes et dilettanti
s'y étaient rendus en foule, de tous les points de l'Italie.
Denx membres du cabinet italien, MM. Peruzzi et Manna,
leur en avaient donué l'e&gt;.emple. Florence ava1t envoyé
une médaille d'or, el une députation chargée de la présenter. Le savant directeur du conservatoire de Naples,
Mercadante, qui ful jadis le seul rival sérieux de Rossini,
avait, quoique aveugle Aprésent,arrangé pour la circonstance une hymne dont M. Mercantini avait fait les paroles,
et dont tous les motifs vena1ent de la Donna del IAgo et
de Zelmira. De son coté, M. Pacini, l'auteur d~ Sa,To et de
Niobe, avait écrit une cantate.
Cette petite ville de Pesaro n'avait Jamais vu pareille
fete, et s'est tróuvée trop étroite pour héberger convenablement la multitude de visiteurs qui l'avait envahie.En
pareil cas, on accueille de son mieux tout le monde, ~
l'on s'arrange comme on peut. Toutes les maisons, pavo1sées le jour, furent illuminées le soir. Les chevaux des
carrosscs, et méme les chevaux de fiacre avaient Ala
tete des plumets rouges et blancs.
Je glisse, pour abréger, sur les détails de la cérémonie.
Tout s'est passé la comme ailleurs. Grand festival,
chreur de 250 voix, orchestre immeMe, hymne, symphonies discours, etc. L'allocution improvisée deM. Peruui,
ministre de l'intérieur, a fait éclater des transports'd'eothousiasme, surtout lorsqu'il a annoncé que le roi d'ltalie s'associant au sentiment qui animait l'assemblée,
' de décorer du grand cordon des saints Maunce
.
venait
et Lazare l'homme illustre auquel on rendait tous ces
honneurs. - On sait que le gouvernement fran~ais n'esl
pas resté en arriere, et que,Rossini vient d'etre nollllllé
grand-officier de la Légion d'honneur.
Pendant la cérémonie, M. le comte Pepoli, mai~e de
Bologne, le meme qui a écrit chez nous pour Bellini, en
t 83í, le libretto des Puritains, annon~a que la ville de
Bologne, en ce moment méme, inaugurait, de son c6lé.
un monument a la gloire du grand compositeur. C'elt

L'lLLUSTRATlON, .IOURNAL UNIVERSEL.

155

a tout ce qui s'y rattache; et pnis, il faut l'avouer, mal1 e de marbre encastrée au-dessus de la porte tres-important, qui aurait pu remplir un chapitre, lequel gré les réüexions qui précedent, nous somm~s enco~
1111e P aq:vatoire ou École de musique (Liceo di musica), chapitre n'aura1t pas été d'une médiocre utilité pour les
trop de l'ancien monde, pour ne pas º ?us emouvorr
dU eonse
' . .
.
. ude t d . .
rtant cette inscr1pt1on : Qui entro st _n e, • ~u_i chanteurs d'A présent, qui ne savent guere ce que c'est a J'exposition des grandes choses accomphes par les aret~ . cipe del/e scienze musicali Gioacchmo Rossmi. que la chose, et combien elle peut donner au chant de
mées. Qui ne suit, avec une sollicitude pleine d'atten. . ,
tllC' pnn.,,.,. documento perenne di onore al figlio adottivo, ¡!race et d'expression.
JJo/ogna, r·
•
·
11
d
au11 n'ouhlie pas le grupetto, ma1s 11 nen présente tion les premiers essais d'art militair~ des Grecs, ces
¡,intoló di suo nome la cmostante pta~~- p y a onc ·t
qu'une
forme. 11 y en a plusieurs. ce Cet ornement,. gra~ds artistes en tout genre; quel~e imagination r~ste
. ord'bui a Bologne, Ja place Ross101. esaro en ava1
dil-il
se
forme en ajoutant A la note sur laquelle froide devant la narration de ces 1mmenses excurs1ons
¡o
depuis qm~lques années, el la rue ou est né
une aus5
R .. O
on
v:ut
le
faire
une seconde naturelle; on revient ensuite d'Alexandre, ou tout concourt .il. grandir les hommes et
u Barbier de Seville s'appelle rue oss1n1. n y
d
les faits; quelles jouissances indescriptibles de c~ur et
rauteur
. .
.
h
• ¡ maison qu'hab1ta1t sa famtlle. Elle porte, e ose a ta note principale, puis l'on prend une septieme dimi- d'esprit ne provoque pas le récit des campagnes ~ I_tal~e
,01t a
d ¡
bizarre ! les numéros 333, 334 et 335, et la date e a nuée, et J'on retourne a la base du grupetto. •&gt; Voila une du jeune Bonaparte? Le livre d'or des grandes celebri• nce de Rossini, gravée sur une tablette en marbre. étrange défimtion ! Qu'est-ce.qu'une seconde na~urelle? tés est presque entierement occupé par des hommes
~ai;ªbon de rappeler ici que Paris avait depuis lon_g~ Et quel seos peut offrir A !'esprit celte express1on de d'épée; la guerre développe tellement les c~ract~res, exLa statue de Rossm1 septiéme diminuee employée de cette fa~on ! M. de la M~- cite a un si haut degré l'intelligence, fa1t na1tre tant
donné l'exemple A' l'Italie.
temps
,
. t 8'6
, t
d. re le vestibule de I Opera depms
.. ' et ces
en deleine a voulu dire, je pense, que le grupetto comme 11 de dévouements héroiques, de résolutions sublimes, que
: que ta rue qui longe l'Opéra, de la rue Laffitte ~ l_a J'entend se compose d'une seconde supérieure diatoni- J'épée glorieu§e, celle qui délivre, ~r?ttige ou éman1
de la Grange-Bateiiere, a pris le nom de rue Rossm1. que et d'une seconde inférieure chromatique que l'on cipe, estencore le symbole le plus veneré de la presque
ru~a leLtre ou M. le comte Peruzzi a notifié au gran~ ajoute Ala note réelle, mais il a dit tout ~utre ~hose.
·
Quant aux arpéges, aux sons filés par 10üe110ns, a~x universalité des peuples.
compositeur l'honneur qui lui était décerné par le ro1
L'Encyclopédie
militaire
et
maritime
est 1aussi ~mplet~
sons répétés, aux sons piqués, Al'actiaccatura'. aux. did'ltalie contient ce passage remarquable :
que possible; elle contient une foule de nouons qui
• La rete par laquelle Pesaro célebre votre nom a pu verses sortes de mordants, au trillo molle et aux mflex1ons indiquent chez son auteur, le colonel de Chesnel, un
variées
dont
un
chanteur
habile
sait
orner
sa
vocalisaette, sous le re~ne de Victor-Em_manuel, ~e fé~e. nation ces théories si nombreuses et si completes gardent rare esprit d'investigation. Nous y trouvons tous l_es dé.bona,
le parce que les barrieres qm les tena1ent dmsées
· d sur ~oos ces points le plus profond silence. En revanche, tails qui intéressent le guerrier isolé, ou les armees entieres de terre ou de roer, chez tous fes peuples, daos
e•tanl détruites, les populations de toutes lesf part1es
. e
J'ltalie sont accourues pour y prendre part, raterntsan t, 00 y trouve, presque a chaque pag~, une plai~anterie
tous les temps.
on-seulement en esprit et en intention, mais par leur obstinée sur les &lt;&lt; professeurs de clarmette, » qm se perDes dessins exécutés par un éleve de Charlet, M. Dumettent d'ense1gner le chant. 11 faut bien croire que
:resence, dans le culte d'un sublime génie_. i&gt;
•
vaux
avec un soin et une délicatesse extremes, reproM. Stéphen de la Madeleine vient de fa1re pa~a1tre l_a l'auteu; en a vu au moins un qui prenait cette licence, duis:nt soit les hommes, soit les engins militair~s ?u
seconde édition d'un livre pnblié pour la prem1ere fo1s elje compreftds qu'une telle rencontre a du le su~pre?~ maritimes, d'apres des copies de bas-reliefs, de meda1len !852 : Théories completes de l'art du chant. M. de la dre et l'égayer prodigieusement. Pour ma part, Je n a1 les, de pierres gravées, de monuments te_ls que les colladeleine est aujourd'hui professeur de ch~nt. 11_ fut jamais eu ce bonheur.
Je pourrais multiplier ces rem~rques,, et, ~ar ex~mple, lonnes Trajane et Antonine, des collect1ons amassées
longtemps un chanteur ha~ile, e~. fort en, r~putation,
daos les musées ou chez des particuliers.
quoiqu'il n'ait jamais ahord~ le _theatr_e. 11 etait, sous la faire observer A M. de la Madeleme qu apres avo1r souS'agit-il de vétements, nous trouvons le candys, la
tenu
contre
M.
Garcia
et
bien
d'autres,
qu'il
n'y
a
qu'un
Restauration, récitant, c'est-a-d1re sohste,_ la chapelle
chlamyde,
le pallium, la sago-chlamyde,. l'aboll~, la
de Charles X. La chapelle ayant été suppr1mee, - chose, timb~e il consacre un hmg chapitre A démontrer l'im-- calliga, la femoralia, les cnémid~s des anc1ens, pm~ le
a mon sens, tres-regrettable, - par la royauté de mense'danger de se servir toujours et sysLématiquement hoq ueton et autres pieces de costume plus modernes, ¡usjuilleL, M. de la Madeleine se borna il. fair~ entendr~ sa du timbre sombre, A l'exclusion du timbre clair. Mais je qu'A la chachia et auxjambieres de nos zouave~. Les babelle voix de basse daos les concerts ¡,ubl1cs et part1cu- ne prends pas plus de plaisira faire ces critiquesqueM: de listes, scorpions, corbeaux, et cent autres machmes nous
liers. 11 parle done e:c professo d'un art qu'il a pratiqué Ja Madeleine lui-méme n'en trouverasans doute ales hre. font arriver aux canoas rayés, aux canoas revolvers. To 11Arretons-nous done, et ajoutons seulement qu'Acóté de
toute sa vie.
tes les armes connuessont décrites: le col)tus, l'aclide, la
une s'est pas contenté de chanter et de rélléchir su~ maint passage défectueux, de mainte ~ertion q~e l'on cotue, ta scamasaxe, tout aussi bien que la baionnette.
le cbant. 11 a voulu savoir le comment et le pourquo1 peut combattre, il y a dans ce livre des 1dées tres-Justes, Toutes les parties des navires anciens ou modernessont dédes cboses, connaitre la forme de son_ instrument, . sa d'excellentes pages, et que les artistes comme les ama- nommées et expliquées, qu'il soit question des dromons,
conslitution intime, et, autlnt que poss1ble, sa mamere teurs y trouveront, sur la pose et la pureté du so~,.sur des hémioles, des liburnes des anciens, des drakars du
de fonctionner. 11 a doné étudié l'anaLomie, la physiolo- tesmoyens curatifs du grasseyement, sur la nécess1te de Nord, des navires cuirassés des pirates normands, de_tous
gie, tout au moins en ce q~i concer~e. l~s or~ane~ de_ la chanter :ivec la voix qu'on a re~ue de la nature et les ces batiments quise sontappelés galées, galéaces, gahons,
respiration et de la phonat1on. Je o a1 ¡ama1s ou'. d1re inconvénients auxquels on s'expose quand on veut s'en galiottes ou enfin du primitif monoxyle et de nos belles
que M'"' Malibran ni Rubini eussent fait ce ~ra~a1I. On faire une autre, sur le régime asuivre et les précautions frégates 'blindées. Une foule de portr~its représentenl
peut se servir de son larynx avec une hab1leté souve- a prendre pour conserver la force et l'éclat de son or · les notabilités guerrieres de toutes les epoques. Les colraine et en imorer la structure, et je suis bien sur que gane, enfin sur tout ce que M. le docteur S~gond a si liers les couronnes, les bannieres d'autrefois, peuvent
11. de l!ériot ;t M'"" Taglioni n'ont jamais disséqué ni bien nommé l'Hygiene des ch'.J.nteu.rs, les conse1ls les plus elre 'comparés aux croix, aux médailles, au_x drapeaux
pieds ni mams. Mais un professeur est tenu d'e~ savoi_r judicieux du monde. C'est done ~n ou~ra~e q~'il faut d'aujourd'hui. Les combattants de tous les s1ecles a~pasur ce point beaucoup plus qu'un exécutant, et I on do1t avoir et méditer. Mais il ne saura1t temr heu m d une raissent a leur rang saos aucune omission. Le cormcen
savoir gré A M. de la Madeleine, comme M. .Manu~l méthode, ni d'un professeur.
ancien a pour pendant le clairon de Puebla, l'excubitor r~
G. litQUiT.
Garcia d'avoir obéi a l'instinct curieux qm les poussa1t
main asa place, comme lajeune femme de_lagar~e du~o•
'
aces reclierches.
,
de Dahomey et le cent-garde fran~is. Pms le chbana1re
Je ne suis pas aussi certain que M. Stéphen de la :&amp;la·
deDarius, le mélophore de Cyrus, le lourd cataphracte, le
deleine ait eu raison d'intituler son ouvrage: Théories comUCYCLOP&amp;llll lILJTW iT IARITlll
plise plus légn, l'hippotoxote, l'hoplite, et tant d'autr~s
p!Mes, etc. Pourquoi ce plurielY M. de la M~delei~e a-texculcatores, ferentari'i, funditores, triaires, hastats, pms
i! plusieurs théories différentes? Je ~e m_en_ su'.s . p~s
D!CTIO:ffl.AIRE DES ARlffiES DE TERRE ET DE ll!R ( f ).
encore cottereaux, routiers, braban~ons, lansquenets,
ape~u. Si j'avais mal vu et que son tttre fut ¡ust1fie, ¡e
cranequiniers, coulevriniers, se melent au:c soldats dont
lui dirais: De ces di verses théories, quelle est la bonne?
La guerre désole encore péri~di_queme~t .une partie les noms modernes sont plus connus. Tous ces gens ont
Quelle est ta meilleure? Donnez-nous celle-la. On n'a du globe, malgré le courant d idees qm, 1I ~ a une l,:ur cri de guerre, l'alalagmos grec, le barritus rom~in.
que faire des autres.
vingtame d'années, faisait espérer qu'~ntre n~t10ns_poDe longs articles sont consacrés, en ra1son des é~eneThéories completes, dit l'auteur. Est-il bien sur de n'a- licées il ne se produirait plus A l'aven1r de d1scuss:o~s ments actuels a la Chine, a la Cochincbine, au Meuque,
,oir rien omis111 établit (cbap, 3) la distinction des re- armées. Ce ne sont pas seulement les peuples dont ~ b1s- aux États-Uni;, etc. ; le territoire de ces pays fait l'objet
gistre8 de poitrine et de fausset. Mais sur qoelle note toire passée compte de nombreuses guerres qui re- de cartes géographiques jointes Al'ou~age. Enfin_, nous
convient-il de quitter le premier et de prendre 1~ se- prennent aujourd'hui les armes apres un long repos, avons remarqué des notes fort mstruct1ves, au suJet des
coud! Que! procédé faut-il employer pour les ré~mr? 11 mais de jerJDes nations, dont les gouverne~ents se~- mots: axiomes, guerre, qualités militaires, rapprothe•
n'en parle pas. Toutes les méthodes qui out précédé blaient les plus sages, se livrent Aune lutte s1 acha~nee
ments historiques, tactique, traités.
les Théories completes, Acommencer par la vieille mé- qu'elles paraissent répudier leur sagesse consacre_e ~t
L'Encyclo~die rectifie bien des idées erro~ées; en
lhode du Conservatoire, contiennent des formules d'exer- vouloir réparer le temps perdu. 11 n'est done pas leme- voici un exemple. Que! rhétoricien omet de d1re, daos
cice~ qui ont pour but d'accoutumer l'organe a ce pas- raire de croire que pendant bien longtemps encore des une amplification ou il s'agit d'un v~inq?eur q~elconsage assez · difficile, parfois, /i exécuter. M. de la hommes réunis en grande masse se rencontrero~t pour que, u que le héros revint couvert_de de~mlles op1me,sT »
lladeleine a négligé ce point important. 11 dit (p. 3-i) se détruire; et des lors, l'Encyclopédie militail'e _e! mari- Or cette expression de &lt;e dépou1lles Qp1mes, » ne s apque u les soprani, qui parcourent ordinairement deux time est une reuvre qui remplit toutes les cond1t1ons de pli~ue qu'aux armes et insignes d'un général en che~,
octaves, a partir du ré sous les lign_es de la cié ~e ce qu'on appelle un succes d'actualité. Mais la guerre tué de ta main propre du général en chef enuem1,
sol_, ne possedent que deux ou tro1s notes de ~01- cessat-elle tout d'un coup d'ensanglanter le monde, ce et l'histoire romaine tout entiere ne présente que trois
trine dont ils ne font aucun usage. » I1 prend I ex- livre n'en serait pas moins un des plus inslructifs et des circonstances ou il y ait eu de ces sortes de dépouilles.
ception pour la regle. Les voi:c dont il parle sont extre- plus intéres3ants qu'il soit possible de rencontrer.
Ouvrez le li\'re au hasard, et les premieres lignes parlllement rares. La plnpart des soprani, meme les plus
Les entreprises guerrieres out ten u tant de ~lace ~ans courucs ou vous instruiront, ou vous suggéreront les réaigu.~, out plusieurs notes de poitrine, s'en senent, et,.ª l'histoire de l'humanité, qu'on ne peut rester md1fferent flexions'tes plus diverses. Voici Blilcher, le général d'él'occasion en tirent de fort beaux e(fcts. Et les mezz,nergique mémoire; son nom rappelle toute l'épopée naIOprani? ;t les contralti? et les ténors? Ne leur faut-il
(l) t -,olu- grand iD-8' de t,3!0 pa¡ea, contuant t,100 ~•11re1 et poléonienne; immédiatement au-dessus de ~ général
pas achaque instant passer d'un registre a l'autre!
6 cartel et planchea, 3! rr. brocbel; 35 fr. earto•-· Par11, J. Le
vous trouvez Boadicée, une reine du Nord, qui osa sou'
L'auteur
ne dit pas' un mot de l'appogiature, ob'~et Chevalier, &amp;o, n&gt;e ••clltlleu.

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ª.

1

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�L'ILLUSTRÁTION, JOURNAL UNIVERSEL:

H6

L' l LLUSTRATION , JOURNAL UNIVERSEt~

tenir la révolte contre les
Romains. Aussitot vous
apparaissent les luttes des
' diverses nations contre
Rome; vous déplorez l'ignorance de ces époques
et surtout fégoisme des
vainqueurs, qui nous ont
caché tous les détails instruclifs de ces nombreuses
prises d'armes dans lesquelles le role des vaincus
n'a jamaisétéexposécomplétement, malgré l'intéret qui devait s'attacher
aleur grand nombre et a
leur excessive variété de
races, de coutumes, de
climats, etc. Au-dessous
de Boadicée, vous lisez le
nom Boholina, une héroine grecque de f825, qui
fait songer a tous les
prétextes des gu.erres modernes; questiond'Orient,
nationalités et autres.
11 en est de meme achaque fcuillet; aussi notre
appréciation peut-elle se
résumer ainsi: ce livre
apprend beaucoup a qui
s1it peu, il rappelle beaucoup a qui est assez heureux pour avoir peu a apprendre.
F. HUGONNET.
~

LES

la baine de caste ;
cette colere-la. L~ dogue
est quelque démocrate
grossier et brutal.
'
Toute entiere a son g¡.
got, la Gourmandise ne
songe guere, pour le mo.
ment, aux droits du peu.
ple.
Dans le coin, !'horrible
Envíe, maigre, l'échin
saillante, dévore de ~
yeux ardents Je gigot soc.
culent; un autre Je maoge, c'est elle qui en ere' vera peut-etre.
A l'autre extrémité do
tablean, languissante et
grasse, les yeux éteints
tout de son long étendue'
a l'endroit ou le gazon est
le plus doux et le plus
épais, la Paresse ne voit
rien, n'entend rien, n'éprouve rien, sinon qu'il
est bon de ne rien voir,
de ne rien entendre, de
ne rien éprouver.
Derriére elle, fuyant le
gro upe, marchant a pas
de lou~ de peur d'éveiller
l'attention, la queue serrée entre les jamhes, la
prunelle obligue, l'Avarice court enfouir un os
rongé.
X. FEYRNET.
~

S&amp;PT P8CUS CAPITAUX

LA FtTE DES BERGERS

Le spirituel et charmant tableau de M. Jadin,
dont DOUS donnons auj.&gt;urd'hui la gravure, ful
exposé au salon de {857;
il appartient a S. M. l'Impér:1.trice. Le peintre l'a
intitulé Les Sept pécliés capitaux, et jamais pensée
ne fut plus elairement et
plus énergiquement rendue. JI y a la mieux qu'une idée fine, il y a une
ceuvre d'art remarquable.
L'Org,1eil occupe le
centre de la composition;
cette levrette est une
grande dame, une duchesse tout au moins,
fiere de trente quartiers
de nol,lesse, alliée peutetre a des maisons souVtJraines.
Je sp.is meme fort étonné que M. Spitz, qui personnifie la Luxurc, se
permette de lui passer
aussi familicremcnt fo.
palle sur le dos; mais il
est probable que Mm• la
duchessc, absorbée dans
la contemplation d'cllememc, ne s'en apcr~oit
mñme pas... Peut-étre
aussi quclque incompréhensi ble caprice, quelque
faiblcsse étrange... Oh!
non, e'cst impossible ...
Eh! ch! cela s'est vu parfois.
A droitc, la Colcre,
1a:il cnflammé, le poi!
hérissé, gronde et s'apprele a mordre. Il y a de

A MARKGRONINGEN.

Au moyen agc, cbaque
corps de métifr avait ses
fétes. - Une fois paran,
les corporations se réunissaient a jour fixe, et
apres avoir discuté, daos
la matinée, les affaires
du métier, on pa.ssait le
reste de la journée en
réjouissances.
Mais les querelles étaient
fréquentes; souvent on
avait a déplorer la mort
d'un homme, et peu a
peu ces fétes furent in ter•
&lt;lites; de nos jours, il
n'en reste que le souvenir.
Seuls, les bergers, que .
leur état tient, pour ainsi
dire, séparés du reste du
monde, ont encore conservé les usages de.leurs
peres.
Le 23 aout, tous lesbergers de la Souabe se
rassemblent dans la petite ville de Markgroningen. lis préludent a la
solennité du lendemain
en donnant quelques sérénades aux autorités de
l'endroit; inutile de vous
dire que la musette est
l'instrumcnt dominaut.
Le jour suivant, fete de
la Saint-Barthélemy,toute
la ville est pavoisée.
Les bergers se rendent
en procession a l'église,
de la a l'llotel-de-Villc,
ou ils re~oivent leurs insignes, qui !e composent

de rubans de toutes couleurs, et ensuite sur le champ
UNE FER14E lNFESTÉE Ul\ LE (JllllER,
de fete.
Les anciens de la bergerie ouvrent la marche; apres
11 est rare de rencontrer, a l'époque oti nous sommes,
ox la musique; puis viennent les jeunes bergers por-uu pays trop giboyeux; cependant, nous connaissons
la boulette, et entourés de la milice de la ville.
Le cortége arrive aune vaste plaine ou doivent avoir une localité 1 que &lt;les r¡¡.isonsde convenance nous empeJieu les courses.
Ce sont d'abord les bergers qui ont a lutter
de vitesse; le premier arrivé au but est cou. ronné roi, et re~oit pour prix un mouton paré
de rubans. - Puis vient le toar des bergeres. A un signa! donné, elles s'élancent, et
,oilil les longaes nattes de cheveux qui flottent au gré du vent.
C'est un siugulier spectaele que celui de
ces jeunes filies, vetues de jupes bleues, vertes rouges, d'un corsage blanc garni de
rubans et coiffées d'une petite calotte brodée.
Plus d'une tombe avant d'atteindre le
bul, Enfin, l'heureuse reine d'un jour est
couronnée. Fiere d'avoir remporté la victoire,
elle donne la main au roi des bergers et
prend avec lui la tete du cortége. - Le soir;
toUS les bergers se réunissent daos une salle
d'auberge, et leur roi et leur reine ouvrent
le bal. lis dansent toute la nuit, et le lendemain ils retournent vers leurs moutons, pensant au jour qui vient de s'écouler, et se promettant le meme plaisir pour l'année suivante. Quoique cette fete ait gardé beaucoup de sa nature primitive, elle a pourtant
subi quelques modifications.
Ainsi, au commencement de notre siecle,
celui qui s'était melé aux bergers sans appartenir a leur corporation, était impitoyablement plongé dans un tonneau plein d'eau.
Aojourd'hui, on se contente de renvoyer les
intrus.
Maintenant que j'en ai fini avec la fete,
il serait temps de vous dire quelques mots
FIITE DllS BllRGERS, A ~IARKGRON!NGEN : U SÉRÉNAD!l,
sur Markgroningen.
Markgroningen est situé dans une magnifique vallée du Wurtemberg, a quelques lieues de chent d'indiquer au juste, ou l'on trouve cet Eldorado des
Stuttgart. La ville n'offre ríen de bien remarquable: chasseurs. Au reste, le lecteur peut choisir entre le pays
des maisons basses n'ayant pour la plupart qu'un rez'- de Caux, le Vexin-Norrcand, le pays de Bray, et parier
de-cbaussée, des rues étroites dans lesquelles les oies et acoup sur que c'est dans l'une de ces contrées qu'est siles canards se promenent en liberlé, et sur
le senil des portes, de
bons paysans avec leurs
culoltes de peau jaunc
et leurs gilets rouges
au1 boutons d'argent.
Cependant c'est une
des plus vieilles villes
do Wurtemberg; il y
a quelques années, elle
élait entourée d'une
muraille circulaire de
trois metres d'épaisseur; mais le nombre
des babitants augmentant, on a reculé les
barrieres comme a París, et démoli le mur
d'eneeinte de Markgroningen. A l'angle d'uue
maison, j'ai remarqué
une tete de monstre
anciennement sculptée
daos le mur. Cette tete,
corieuse par son originalité, avait attiré J'atlention d'un peintre
qui en faisait le ero- . ~ --=
~~ ~":_,
qois; le propriétaire
"" =..:===~
= ---=~,_...,
LE BAL DES BEI\GERS.
s'imagin~ posséder un
trésor, et veut vendre
tuée la ferme de la Cornou'illiere, qui no11s intéresse ici.
sa maison le double de sa valeur.
Cette ferme, appartient a m1. Adolphe et Henry de
Ceci vous prouve que les bons paysans de MarkgroLa
Fougere, c'est une propriété qui n'est pas ~ortie de
ningen ne Je cedcnt en ríen a ceux des environs de
leur
famille depuis un temps immémorial. Voici plus de
Paris,
cent
ans que les Duhordel, leurs fermiers de pere en
G. L\!iDA[Jf;R.
fils, cultivcnt ce bien. Ces braves gens ont, en outre, le
privilége d'élever toqs l~s nouYeaux nés de leurs pro~

~0;

f57

priétaires; ils en sont fiers; et, pour le eonserver, ils ont
toujours eu le soin de choisir leur compagne robuste,
bien portante et de sang riche. C'est la derniere M•• Duhordel, encore vivante aujourd'hui, qui disait au médecin, s'inquiétant de savoir si elle aurait assez de Jait pour
nourrir en meme temps son enfant et celui de M..• de
La Fougere:
- Soyez tranquille, monsieur le médecin,
mes nourrissons ne patiront pas; ils en boiront tant qu'ils voudront, du lait, et puis
apres, il m'en restera encore assez pour fairc
du beurre !
11 semblerait qu'il y a allianec intime et
perpétuelle entre les deux familles, on pe11t
dire meme qu'elles se tiennent par les lien~
du sang. Dans tous les cas, les Duhordel ¡rodiguent, a ceux qu'ils appellent leurs maures,
tous les sucs nourriciers. Graee a Jeurs soins,
i!s ont toujours maintenu la parfaite constitution, la vigueurde tempérament et l'exeeJ,. '
lente position de fortuna des MM. de La
Fougere.
Jean Duhordel, 'le fermier aetuel de la
Cornouilliere, est un homme encore tres-vert,
quoiqu'il ait dépassé le mauvais coté de la
cinquantaine.1 A la premiere inspection, on
comprend que ce robuste paysan est né pour
vivre et travailler dans les champs; ses grandes jambes, ses larges pieds sont faits pour
mareher dans la terre labourée; ses longs
bras, ses mains énormes, ealleuses, crevassées, cordées de nerfs gros comme des cordes de eontreb'asse, doivent servir a manier
la faux et a diriger la charrue. Jean Du,.. hordel est un spécimen, un type du cultivateur noi:mand. Quoique sa taille se soit courbée, que ses membres se soient arqués, par
suite des longues fatig~es qu'il a subies, son
corps conserve les plus·.belles et les plus vigou.reuses proportions.
Son visage, balé par le soleil et l'air vif, a
acquis un grand caraclerc de calme et d'énergie résignée. Si -son regard semble que).
quefois embarrassé, inquiet, quand il se trouve en
présenee de ses semblables, ce n'est pas parce qu'il
doute de lui meme, mais bien plutot des autres. Comme
tous les paysans, j)_a une méfianee instinctive de son
prochain, surtout quand
celui-ci est un bourgeois, un monsieur de
la ville; il Je redoute,
le craint, comme le soldat eraint M. le commissaire de police. Jean Duhordel esl bonnete homme et marguillier de sa paroisse
malgré cela, il ne se
fera aucun scrupule de
jouer au fin avec un
bourgeois, de le tromper, de le mettre dedans, si l'occasion s'en
présente. Les seuls
messieur~ qu'il respecte,
qu'il vénere, sont les
messieurs de La Fougere, ses maitres, pour
lesquels son dévouement est saos bornes ;
il les aime, il en cst
ficr, presqu'autant qu'il
l'est de ses bestiaux, les
plus beaux du pays.
Jean Dubordel sait
Jire, écrire, et faire ses
quatre regles ; la se
borne toute sa science;
jamais il n'a sentí le
besoin d'en apprendre davantage, jamais il n'a ouvert
d'autres livres que son Jivre de comptes et son livre de
messe.
Son peu d'instruetion lui a suffi, jusqu'ici, pour faire
parfaitement les affaires de ses maitres et le11 siennes
propres, car il est presque aussi riche que les MM. de
la Fouger¡i; wus les ans1 il Mllele upe pitc;ii &lt;\e ~erre, el

�t58

L'lLLUSTRATION. JOURNAL UNIVERSEL.

il a si bien arrondi sa part d'héritage, qu'aujourd'hui, vant soi, et l'on tache de /les faire le plus ressemblants
il ne fait plus rien, dit-il, que surveiller et diriger la possible.
Nous demanderons la permission de citer un dernier
culture des deux propriétés. Il s'en acquitte aYec tant
d'expérience pratique, qu'on serait tenté de l•1i accorder trait de Jean Duhordel, pour achever de peindre l'homune intelligence supérieure. - 11 n'en est ríen cepen- me dont la ferme est aujourd'hui infestée par le gibier.
11 y a deux ans environ, Jean Duhordel étant encore
dant; Jean D11hordel est bete comme u.ne charrue sans
attelage, aussitót q11'il n'est plus s11r son terrain, dans adjoint de sa commune, le garde champetre vint un
l'enclos de sa ferme ou sur la place du marché du bourg. matin le chercher de la part de M. le maire. S'étant
On ne pe11t se figurer ses embarras, ses craintes, ses hé- rendu a l'invitation de son supérieur, il tronva celui-ci
sitations, des qu'il lui arrive q11elque chose en dehors d;,; fort occupé d'une circulaire qu'il venait de recevoir de
ses bábitudes, - il perd la tete, n'entend plus a hue ni M. le sous-préfet; il s'agissait de concourir a l'établissea dia, fai_t gaucherie sur gailcherie, sottise sur sottise, ment de la statistique générale de l'Empire.-Le tablean
avec ·1·aplomb ridicule ·d'un Jocrisse, car il se croit a remplir était étalé sur une table devant les deux fonctionnaire s;-ils comprenaient tres-bien qu'il leur serait
l'homme le plus rusé du monde.
Dernierement, il re~ut une lettre timbrée de Rouen; facile d'indiquer le nombre des gens mariés, des veufs,
l'écriture de l'adresse lui est inconnue; cela suffit pour des filies, des gar~ons existant~ présentement dans la
Jui rhettre marte! en tete, la méfiance le gagne, il commune de ..... Mais arrivés a la colonne ou ils deexamine la lettre, la tourne, la retourne entre ses vaient inscrire le nombre des aliénés, M. le maire et son
adjoint resterent courts et se regarderent l'un et l'autre
mains ·:
- "Mais, mon Dieu! dit-il, ce n'eat pas l'écriture de avec embarras :
- Mon cher Jean Duhordel, dit enfin M. le Maire, je
M. Adolphe, ni celle de M. Henry, qui done a pu m'évous
ai fait venir pour vous prier de m'aider un peu
crire? je ne connais personne a Rouen. - Je n'ouvrirai
certai'nement pas cette lettre avant de sá.voir qui me l'a dans ce travail; tenez, chargez-vous de relever le nombre d'aliénés de notre commune.
adressée.
- Des aliénés? diable, des aliénés ! Mais savez-vous,
- Ponrtant, le meilleur moyen de le savoir serait de
la décacheter, tui dit aussitót sa femme, qui ne manque monsieur le !!faire, que ce n'est pas une petite affaire cela?
- Bah! bah! mon cber, ce n'est pas la mer a boire,
pas de bon seos.
- Ticns, c'e~t roa foi vrai ! s'écrie-t-il tout surpris, je et avec un pen de bonne volonté, il vous suffira d'une
matinée pour faire ce travail.
n'y peu~ais pas.
- Vous croyez, monsie11r le Maire?
La lettre était de M. Henry de la Fougere, l'adresse
- J'en suis convaincu; vous ferez cela en vous proseule avait été mise par une personne
, étrangere : ce fut
un nouveau sujet de réllexions pour Jean Duhordel, tout menant, rien n'est plus facile.
- Eh! bien, entre nous, monsieur le :&amp;faire, j'aímerais
un champ de conjectures a travers lequel trottait son
iinagination vagabonde; en résumé, son maitre lui man- autant que vous alliez vous promener vous-meme.
- Que voulez-vous dire, Jean Duhordel? interrompit
dait de lui apporter ou de luí envoyer immédiatement
l'
officier
public avec sévérité.
par la poste une somme de 500 fr.
- Je veux dire que ... enfin, fnonsieur le Maire, je ne
Jean Duhordel ne peut quitter la ferme ce jour-la ni
demanderais pas mieux que de ...
les jours suivants : on est en pleine récolte de colza, - Achevez, monsieur l'adjoint, achevez.
que\ facheux contre-temps! Cependant, M. Henry est
- Que de relever le nombre des aliénés de notre
pressé de recevoir son argent, comment done faire pour
sortir d'embarras? Envoyer un expres? c'est impossible, commune, mais je ne sais pas ce que vo!ls entendez par
tout son monde est occupé. - Envoyer un mandat sur la la, des aliénés! je vous l'avoue.
- Ma foi, ni moi non plus, dit M. le Maire, nous voici
poste? Non, cela couterait 2 du cent, il n'y faut pas ¡¡onger. - Mettre tout simplement les billets de banque bien avancés, a présent. Comment ferons-nous pour ·
daos la l~ltre, sans rien déclarer ni dire a personne1 Oh! compléter ce tablean estatistique !
- Oui, estatistique, reprit Jean Duhordel en se gratnon, on connait trop bien son écriture, on se douterait
qu'il écrit a son ma1tre, précisément pour lui envoyer tant le f'ront; pourtant il faudra l'envoyer, il n'y a ¡:,as
de !'argent, on volerait la lettre, mauvaise affaire! Que! a. dire; mais aussi pourquoi veulent-ils connaitre le
ruoyen prendre alors? car il faut en finir, ce bon nombre des aliénés, a. quoi cela pourra-t-il leur servir?
- C'est ce que je me suis demandé, ajouta le maire,
M. Henry attend apres son argent. - Ah! le voici. Mettre l'adresse en dedans de la lettre ! comme cela, tout mais ces gens-la ont toujours des idées ... des idées...
On voit bien qu'ils n'ont pas autre chose a faire.
le monde sera attrapé.
- Ah! monsieur le Maire, en voici une... une idée,
La chose fut aussi Yite exécutée que con~ue, et Jean
Duhordel, apres avoir jeté lui-meme sa lettre dans la et une fameuse.
- Laquelle? dites vite, Jean Duhordel.
bbite, revint cbez lui répétant avec conviction : Oh!
- Je vais a\ler tout simplement demander au maitre
avec l'adresse en dedans, il n'y a pas de risque, tout le
d'école ce qne c'est q11e des aliénés; il sait cela bien
monde sera attrapé 1
Deux jours plus tard, M. Henry de la Fougere arrivait sur, 1ui qui a étudié pour etre pretre:
a sa ferme, fort mécontent de l'inexactitude de son fer- - Bravo! Jean, mon ami, allez tout de suite trouver
mier. - Celui-ci ne revenaít pas de sa surprise; il l'institute11r, demandez-lui la chose adroitement, pour
croyait avoir si bien pris ses mesures, qu'il ne compre- qu'il ne se moque pas de nous; vous savez qu'il aime a
nait pas comment M. Henry n'avait point encore re~u rire.
- Soyez tranquille, monsieur le Maire, je. suis aussi
son argent. On en vint aux_explications, et puis, comme
on n'avait pas le temps de rire, on partit en toute bate fin que lui, je vous réponds qu'il nous otera notre'épine
potlr París ou, par bonheur, la fameusc lettre a l'adresse du pied saos se douter qu'il nous rend service.
Jean Duhordel alla sur-le-champ trouver l'instituteur
immaculée fut retrouvée intacte au bureau des rebuts.
Le fermier normand en fut quitte polll' nne centaine de de la commune; malheureusement, celui-ci avait quelfrancs de voyage; mais il eut le plaisir de voir París, et ques griefs contre M. le Maire et son adjoint; il fut bien
celui non moins grand de rendre son nom populaire aise de saisir l'occasion qui se présentait de faire rire
un peu les gens du pays a leurs dépens , aussi donnadans les bmeaux de la rue I. J. Rousseau.
- C'est M. Jean Duhordel, disait-on de toutes parts, t-il au mot aliéné une signification absurde.
- Les aliénés, dit-il a notre homme, ce sont les honcelui qui a trouvé le moyen infaillible de ménager le senetes gens de la commune, ceux qui remplissent leurs
cret des lettres.
- Oui, riez tant qu'il vous plaira, disait tout bas no- · devoirs envers Dieu et la société ; principalement ceux
tre homme, cela n'empeche pas que si on avait remis qui pratiquent la religion, qui vont a la messe les dima lettre a M. Henry de la Fougere, tout le monde eut manches et fetes.
Jean D11hordel prit cela pour argent comptant, et reété attrapé.
Il mourra avec cette opinion, car lorsque Jean Du- vint en toute bate rendre compte a M. le Maire de l'heuhordel s'est logé une idée dans la tete, rien au monde reux résultat de sa négociation. Le dimanche suivant,
ces deux messieurs arriverent les premiers ala porte de
ne peut l'en faire sortir.
Le (ait qu'on vientdelire n'est pas sorti de notre cer- l'église ~t, saos faire semblant de rien, compterent un
veau, nous prions le lecteur d'en etre persuadé; on a un les. fideles a mesure qu'ils entraient pour entendre
n'invente pas a plaisir de pareilles histoires; - on n'in- la messe.
Le compte fait, vérifié, pointé bien exactement, les
vente pas non plus des personnages comm~ Jean Dubordel; on rencontre ces originaux-la dans toute la France deux fonctionnaires, de retour a la mairie, écrivirent
aussi bien qu.'a la Cornouilliere, on les voit poser de- sur le tahleau statistique :

207 aliénés ! sans compter M. le Maire et ~on adjoiflt;
Quelques jours plus tard, le tableau en qnestion fot
envoyé a la préfecture et mis sous les yeux de M. le
préfet. - Ce baut fonctionnaire;comprenant qu'il de.
vait y avoir plus d'ignorants que d'aliénés daos la C0&amp;1.
mune de""' ordonna une enquete qui commen~a par 11ll
éelat de rire et se termina par la destitution du maire,
de l'adjoint et de l'instituteur, cause premiere du sean.
dale qui eut líen daos cette ~jrconstance. Peu de teDl)II
apres, M. le préfet, qui aimait les gens d'esprit, repl~
ce meme instituteur dans 11ne commune beaucoup plus
importante que celle qu'il venait de quitter; -'- nul n'a
songé a blamer son avancement ; les rieurs sont re5tés
de son coté, et le petit pays qu'il a quitté est connu 111•
jourd'hui daos tout l'arrondissement sous le nom de la
commune des Aliénés !
A partir du jour de ~a destitution, Jean D11bordel
offensé des plaisanteries et de l'ingratitude de ses con:
citoyens, devint une espece de misanthrope rustique
tres-difficile a vivre, un mauvais coucheur, comme dk
le vulgaire.
Gros fermier et riche propriétaire~ l'ancien adjoint se
montra q'autant plus jaloux de maintenír et de faire res.
pecter son droit, que tout le monde paraissait disposé ¡
en faire bon marché. Les maraudeurs-, voleurs, fureteurs,
cbasseurs de jour ou de nuit, agissant trop saos facon
sur ses terres llt dans ses bois, Jean Duhordel prit des
mesures conservatrices et organisa une défense formidable de ses propriétés, en mettant en pratique sa
m~ime favorite : Bien payer pour étre bien serví.
11 réveilla d'abord le garde-champetre de son lache
engf urdissement, en lui donnant, pour son compte, une
haute paie convenable. U excita aussí le zele des bons
gendarmes, au moyen de légers cadeaux d'amitié, tels
que beurre, reufs, volailles, otferts a propos a leurslpouses; puis il augmenta de i;ent francs par an le traitement du garde des messieurs de la Fougere. Puis enfin, a ces mesures excellentes, ¡; en joignit une autre
plus hardie, plus radicale, en prenant pour son garde
particulier un mauvais gars, braconnier incorrigible,
redouté de chacun daos le pays. Charger l'ex-zouue
Rigaud, dit Tape-a-l'reil, du soin de protéger les propriétés qu'il avait déva¡¡tées jusqu'alors, parut a tous les
habitants de la commune un acte de folie; on s'aper~ut
bientót que c'était, au contraire, un acte de bon sens;
en effet, Tape-a-1' IEil, le braconnier, ayant sa commission en poche, et s'étant revetu de ses insignes, devint
un conservateur féroce. Jean Duhordel ne s'étonna pas
de ce changement, lui ; il se contenta de dire : Tape-11l'ceil a changé son fusil d'épaule, je l'avais prévu.
Aussitót qu'il eut le garde-champetre, le gendarme et
deu.x gardes a ses ordres, l'ancien adjoint de la commune des Aliénés put savourer sa vengeance tout a son
aise; chaque jour, les voleurs de bois, les voleurs de
champs, les chasseurs honnetes ou malhonnetes venaienl
le trouver pour le ,prier de ne pas donner suite aux proces-verbaux qu'on leur avait déclarés; mais JeanDuhordel se montrait dur, intraitable envers tout le monde, la
présence des délinquants l'exaspéraít, le mettait dans
des coleres bleues :
I
- Ah! ah! vous ne riez plus, 11:!ur disait-il, maintenant
que je veu.x faire respecter mon bien et celui de mes
maitres; roa foi, tant pis pour vous, je ne ferai grace a
personne; ah! vous n'etes pas au bout de vos peines,
allez, je vous en ferai des proces ! et p11is en~ore, - et
puis encore; - il faudra que la langue des avocals en
pele et que la barbe des juges en fume!
Peu a peu, le nombre des proces diminua d'une ma•
niere sensible; au bout d'un mois ou deux, on n'en fit
plus un seul, faute de délinquants, personne n'osant
plus s'aventurer sur les propriétés_de Jean Duhordel. 0n
vit alors le garde, les militaires aux jaunes haudriers,
Tape-a-l'ooil et son collegue, se promener mélancoli·
quement au milieu de la solitude. qu'ils avaient faite.
Pendant ce temps, les !apios, les lievres, les perdreaux
de toute la cootrée, s'étant communiqué sans doute les
mesures prises en leur faveur sur les terres de la Cornouilliere, vinrents'y établir en·grand nombre et y vivre
tranquilles, dans l'ahondance de toutes choses; bientót
apres, ils s'y multiplierent tellement, que Jean Dubordel s'aper~ut, aux dégats qu'ils faisaient dans ses récoltes,
de l'inconvénient qu'il y a de trop protéger le gibier. 11 comprit qu'il fallait apporter un remede énergiqu.e au
mal destructeur dont il était mcnacé; et c'est a cette
occasion qu'il écrivit la lettre suivante aux MM. de la

Fougere:

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L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

159

de crédit une création doublement avantageuse, car elle
profitera et au crédit public et au crédit privé :
Mes chers maitres,
Au crédit privé, parce que désormais tout porteur de
titres mobiliers pourra ~e dire qn'en toute circonstance,
Je me bate de vous informer que vous aurez beau·i] est certaiu de tr.ouver une avance sur ses valeurs, et
a vec des conditions de crédit égales a celles que le Crép d'agrément, cette année, a chasser sur v.otre procou de la co~nou1·11·~
priété
11,re;.1e g1·b·ier n'~ man q~-er a pas,·
dit foncier peut offrir dans ses opérations a long terme.
¡e n'en ai jama1s tant vu, Je trouve meme qu 11y en a
Au crédit public, parce que toute valeur n'étant, en
réalité, suivant la langue économique, que du tr¡lvail
accumulé, la Caisse générale des avances sur titres, tout
U'Oi'~utre jour, en marchant dans une piece de lhzerne
en complétant le cadre de nos institutions 6.nancieres, va
d quatre arpen!$, j'ai compté jusqu'a. i7 lievres qui sont
fairé entrer daos la circulation de nouveaux capitaux et
ertis devant moi; - jugez, par la, de la quantité qu'il
féconder puissamment les sources du travail.
:Oit y avoir sur toute la propriété. - Ces gueux-la. ont
C'est done la une idée juste, en meme temps qu'une
dévo~é toutes mes p6pinieres de colza; il faudra que
bonne affaire, et cette créátion ne peut manquer d'etre
••achetc du plant chez mes voisins, pour en faire a l'auhien accueillie du public el du monde financier. Ajoutons
~mne. - Les lapins ne m'ont pas plus ménagé; ils ont
qu'a notre avis, les conditions de l'organisation sont de
mangé plus de la moitié de la marchandise (les paysans
nature a montrer l'entreprise sous le jour le plus favo•normands désignent ainsi toutes les récoltes sur pied) a
rable.
Quelles objections peut--on faire a cette nouvelle ínstil'entour-du petit bois du Coudray; ils ont fouillé, miné,
tution de crédít? Aucune. L'emprunteur présente a la
et mis seos dessus des!ous toute la jeune vente; ils ont
Caisse générale des avances sur titres une propriété aussi
maogé cet hiver les jeunes pousses de la Bouleautiere,
solide, aussi importante, aussi tangible que toutes les
si bien qu'a présent, ils peuvent y sauter partout a cloautres valeurs sociales. Les porteurs de titres qui out
cbepied.
contribué a fonder nos chemins de fer, nos usínes, nos
Quant a de la pédria:, j'en connais plus de cinquante
manufacture.,,¡, nos mines, nos forges, nos. fonderies, nos
compagnies: les petits sont drns comme pere et mere, et
hoúilleres, ont aussi biep. mérité du pays que le commerpas farouches du tout, - ils partent daos les jambes; ~ant qui présente son bordereau a la Banque de France,
il y en a meme qui sont nés autour de la ferme et qui
et que le propriétaire qui emprunte au Crédit Foncier
vieooent jusque daos notre cour, se meler aux pigeons
pour drainer ses terres.
Dira-t-on que ces milliards de valeurs qui sommeillent
et aux poules.
daos la pénombre des opérations de la Bourse, ne repréC'est sur vous, Monsieur Adolphe et Monsieur Henry,
sentent qu'•Jne propriété saos valeur nettement appréque j'ai compté pour me débarrasser d'une bonne partie
ciable, puisque la plupart du temps elles n'ont pas de
de tout ce bétail, a l'ouverture de la chasse, car je n'y
conrs sur la cote officielle?
peux rien, moi; vous savez bien que pour tout l'or du
L'objection n'aurait aucune force. Le banq11ier peut-il
monde je ne voudrais pas tuer le gibier de mes maitres.
fixer, d'une maniere absolue, la valeur commerciale du
Ce faisant, vous obligerez sensiblement votre tresnégociant qui luí demande une ouverture de crédit? Le
bumble serviteur et fermier,
Crédit foncier connait-il mathématiquement le prix
-4EAN 0UHORDEL.
qu'ohtiendrait l'immeuble qui sert de gage a !'avance
qui lui est demandée? Non, saos aiicun doute; mais le
Les messieurs de la Fougere, accompagnés de quelhanquier peut apprécier facilement la surface que préques-uns de leurs amis, ont chassé cette année a la Corsente le commerce de son client, et le Crédit foncier peut
oouilliere ; mais, malgré les belles chasses qu'ils y out
estimer approximativem_ent le prix des immeubles s11r
faites, il y reste encore une telle quantité de gibier, que
le~quels on emprunte. La Caisse générale des avances sur
Jean Duhordel, pour sauver sa prochaine récolte, en est
titres peut également, par les conseils dont la gérance
ne manquera pas de s'entourer, donner une valeur
réduit a prier ses voisins de ch~ser un peu sur ses. tercertaiue aux ,titres que l'ernpr·unteur viendra lui offrir.
res. C'est dur pour un homme comme lui de laisser enNous allons plus loin, et nous disons que la masse des
trer ainsi les loups daos la bergerie. - Mais ce qui le
titres
tnconnus, dépréciés, saos valeur, que !'industrie
contrarie, ce qui excite le plus sa colere et sa rage, c'est
pent trainer apres elle, ne peut influeren rien ni sur la
de preter encore a.rire aux habitants de la commune
marche des opérations sociales, ni sur les résultats rémudes Aliénés: ils prétendent que Jean Duhordel n'ose
. nérateurs qu'elles doivent obtenir. Nous pourrions, en
plus sortir de chez lui, par peur des lapins et des lievres
effet, répondre que les billets protestés n'empecbent pas
qui veulent le dévorer.
les banques de poursuivre le cours de leurs affaires. Mais
CHARLES JoBEY.
nous trouvons meme, en faveur de la Caisse générale des
~
avances sur titres, un argu~ent plus décisif encore. Et,
en etfet, la société fondée par M. Hippolyte Destrem
LA CAJSSK G&amp;K&amp;RALK DES AV!líCKS SUR TITRES
n'aura jamais les non-valeurs qui pesent quelquefois
lourdement sur les banques. Comme Je Crédit foncier,
Pour faire sentir l'action immense que le crédit exerce
dont elle ne fait que reproduire le fonctionnement pour
sur les finances des États, le b:i.ron Louis avait coutume
la ricbesse mobiliere, elle est toujours nantie d'un gage
de d1re que le crédit est l'artillerie des ~nances. lmage
ahsolument certain, et, a cet égard, l'institution présente
aussijuste que saisissante, et dont la vérité se manifeste
un caractere de sécurité absolue.
anou~ aujourd'hui, non-seulement dans l'histoire des
Le capital de la Caisse générale des avances sur ti tres est
gouvernements, mais enctire daos toutes les branches
tout d'abord fixé a vingt millions, dont on ne réalisera que
de l'activité sociale.
la moitié par la premiere émission des titres. Mais il est
S'agit-il du commerce et de !'industrie? La Banque et
clair
que cette création participe de la nature du crédít
RÉBUS.
ses succimales, le Comptoir d'Escompte et les banques
foncier, dont le chitfre d'affaires grandit avec le cbiffre
privées, en se ramifiant sur le pays tout entier, mobilides emprunts. Ce premier capital s'accroitra done
sent par l'escompte un capital que la statistique fait
bien certainement, au fur et a mesure du développement
monter annue\lement a plus de dix milliards.
des opérations 3ociales.
S'agit-il de la propriété territoriale? Le Crédit foncier,
La forme de la société est la forme commanditaire, et
qui n'est encore qu'a l'enfance de ses opérations, préM. Hippolyte Destrem a eu raison d'adopter ce premier
seote aux immeubles, par l'émission de ses obligations,
moda d'établissement. La destinée d'une commandite est
un crédit saos limites, qui dote la propriété ímmobiliere
essenliellement liée a la gérance, et la gérance d'1me
des avantages de la propriété mobiliere.
entreprise nouve\le inspire toute confiance, quand on la
S'agit-il de la création de graods travaux d'utilité pu-prend, comme 11. Hippolyte Destrem, ave~ une considéblique? Le Crédit Mobilier est la pour ouvrir les voies
ration justement méritée, avec une expér1ence consomnouvelles, et son intervention a largement contribué a. la
mée des atlaires, et enfin avec une fortune qui va devemultiplication incessanle de ces travaux et de ces titres
nir le premier londement de l'reuvre.
~ni font monter, ele~ aujourd'hui, a plus de trente milPlus tard, quand a l'étendue_ des opérations répondra
hards le chitlre de la fortuue mobiliere de la France.
la puissance des moyens, M. H1ppolyte Destrem pourra
Certes, ces grands ínstruments de crédit et de circusonaer
a donner a. son institution une sanctionnouvelle
O
lation financiere sont encore loin, en dépit de leur puispar la forme anonyme. Mais l'urgence de la création
KXPLICATION nu DERNIER RÉBUS.
sanee, d'etre arrivés a une organisation parfaite, et sur
étant démontrée, le fondateur a eu raison de choisir la
l! vaste échiquier de leurs opérations, nous pourrions
La rareté des locaux motive l'élévation des loyers dans la commandite, parce qu'elle est plus expéditive et qu'el!e
s1gnaler plus d'une !acune. Mais, en définítive, considé- capitale.
donne a la Caisse générale des avances sur titres une serés daos leur ensemble, ils ont répondu aux premieres
rieuse aarantie, par la présentation immédiate d'nne
0éeessités du temps, et leurs forces combinécs ont donné
géranc: considérable et considérée. La constitution d'une
Au&amp;. MARc, directeur-gérant.
au crédit une incalculable portée.
société anonyme eut d'ailleurs entra1né des lenteurs iné'
EoM.
TEXIER
,
rédacteur
en
chef
.
. Ces trois institutions nous font bien voír, par une disvitables, et, comme le pbilosophe qui prouvait le moulinetion nette et tranchée, la marche que suit a notre
vement en marchant, M. Hippolyte Deslrem a prouvé
époque la ditfusion du capital créditeur. Le crédit, pour
l'excellence de son opél'ation, en la réalisant lui-meme.
Imp.
de
L'ILLUSTRATlON,
A.
Marc,
~~lli~e atous les besoins créés par l'ímpulsion extraor-•
li&amp;mlI· Cozlc.
fl!i, roe de Vernauil,
maire donnée a la production en toutes choses, tend
de plus en plus a concentrer ses forces et a spécialiser ses
ressources, pour les appliquer, dans des établissements
séparés, a chacune des grandes opérations du siecle.
En un mot, la division du travail appelle la division du
crédit. Une ~eule banque serait aussi insuffisante pour satisfaire a11X exigences du crédit en général, qu'une seule
imprimerie pour réaliser les innombrables travaux de
la presse et de la librairie. A des opérations différentes
et d'•me grande étendue, il faut ·done que les capitaux
répondent par des institutions distinctes. C'est ainsi que
le crédit arrive a. féconder successivement toutes les régions µlacées jusqu'a ¡.,résent en dehors de son action salutaire. Qu'une évidente nécessité apparaisse, qu'une !acune considérable soit signalée, et aussitót les capitaux se
groupent pour accomplir une nouvelle reuvre d'utilité
générale.
Eh bien! 11 est évident, a premierc vue, qu'un vide
manifeste se montre clairement a tous les yeux, daos
l'organisation actuelle de nos établissements de crédit.
Avec un produit fabriqué, avec un produit agricole, avec
u~e ferme, avec une maison, avec un projet de chemin
de fer, avec une entreprise en cours d'exécution, vous
,pouvez frap-per aujourd'hui a la porte d'une institution
spéciale, et le crédit s'oune devant vous.
Mais, chose étrange ! Votre portefeuille est rempli de
ces valeurs et de ces titres qui constituent le mouvement perpétuel de la Bourse; vous voulez, saos les réaliser, trouver une avance sur le dépót de ces titres de
rente, de ces actions, de ces obligations et de ces valeurs
industrielles; il est clair que c'est la une opération courante, de chaque jour, de chaque instant; c'est la un besoin tout aussi nécessaire que la négociat1on d'une
traite, d'un billet a ordre et d'une lettre de change.Eh
bien! cherchez, et vous vous apercevrez quepas une banque, pas-une caisse, pas une institution spéciale de crédit
ne se présente a vous pour réaliser votre emprunt.
Nous savons qu'on peut nous répondre par l'exemple des
avances faites par la Banque de France et par 1~ Comptoir d'Escompte. Mais la réponse est loin d'etre satisfaisante; car ces étabiissements ne pretent que sur le dépót de certaines 1Jaleurs spéciales, et leurs conditions de
crédit sont telles, qu'e\les ne présentent a l'empmnteur
aucune regle fixe pour la coniluite de son opération.
Ainsi, pour ne citer qu'un exemple, !'industrie miniere
et métallurgique , est représentée, en France, par deux
milliards de valeurs, actions et obligations. Présentezvous avec un million de ces titres au guichet de la Banque et du Comploir d'Escompte, et le guichet se fermera
saos vous ríen preter.
On peut done affirmer qu'en these générale, !'avance
sur dépót de titres n'existe pas. Cette !acune est d'autant
plus regrettable et d'autant plus frappante, qu'il s'agit
de venir en aide au courant le mieux caractérisé des opérations de notre époque. La fortune mobiliere de la
France n'est-elle pas, en etlet, l'é,lément de la richesse
publique qui s'est le plus rapidement développé? Les
trente milliard~ qui le représentent ne s'accroissent-ils
pas, chaque année, d'un milliard environ de nouvelles
valeurs? La Bourse, par le va-et-vient des transactions
de chaque jo_ur, ne fait• elle pas de ce capital é1:1orme la
portion la plus vivante de la richesse du pays?
C'est en vue de parer a cette nécessité impérieuse que
M. Rippolyte Destrem, ancien banquier a París, vient de
londer la Caisse générale des avances sur titres, et il est
ímpossible de ne pas voir daos cette nouvelle ouverture

------r---..,..,~

--------.,...~-

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�f60

L'ILLUSTRATION; JOURNAL UNIVERSEL.

On nous écrit de Bade :
• La Comtesse Éva, un charmant opéra de }fm• la
vicomtesse de Grandval, vient d'etre joué ici et a
obtenu un tres-grand succes. Le public a accueilli
avec une faveur toute particuliere la premiere romance, morceau d'un sentiment exquis, que Jourdan a chantée a ravir, le duo chanté par Crosli et
Mm• 1ames, et le trio final, d'une gaieté et d'une
mélodie parfaites. Ce trio est un vrai modele du
genre bouffe.
Les artistes ont en, biei;i entendu, les honneurs du rappel a plusieurs reprises, et les applaudissements les plus vifs et les plus sinceres
ont éclaté quand le nom de l'auteur a été proclamé. Mm• de Grandval a fait ses preuves, il ne lui
reste plus qu'a continuer; on peut lui prédire a
!'avance autant de succes que de partitions. Deux
des morceaux de la Comtesse Éva vont etre exécutés aUI" concerts des Champs-Élysées; c'est une nouvelle consécralion du mérite de cette rouvre. Nous
avons entend u aussi, dans la salle des eoncerts de
Bade, leChasseur, ballade du prince J. Poniatowski
. '
Gil:la, valse chantée de Théodore Rilter qui, bien
qu'agé de vingt-deUI" ans seulement, compte parmi les compositeurs les plus éminents, et auquel
on doit déja deux compositions remarquables: le Paradis
perdu et Méphistophéles. Les paroles de ces divers morceaux sont de M. Ed. Bouscatel; elles sont pleincs de
verve et de sentiment a la fois. »

alors par Gioberti, et il y devint chef de la divisioQ
des consulats et du commerce, poste que M. Negr¡
a gardé depuis f849 et dans lequel il n'a ceSsé de
rendre tes plus grands services. Déja, a plusieiu,
reprises, M. Negri a été chargé par le gouverne.
ment de S. M. Victor-Emmanuel de missions i111portantes. Tout récemment encore, il en a rempli
une en Portugal. Ajoutons que M. Negri est me111bre de plusieurs sociétés savantes, et entr'autrea,
de la Société royale de géographie de Londres.
H. C.
~

LE CHATEAU DE LA BASTIDE·BESiLAS.

Le proces dont la Cour d'assises de \'Ariége était
saisie, et dont notre dernierc Gazette du palais
entretenait les lecteurs de l'Illustration, n'a pu
duré moins de dix audiences. Le jury a déclaré les
deux accusés coupables. Des circonstances atté.
nuantes ont été reconnues en faveur d'Audouy;
en conséquence, la Coor a prononcé la peine de
mort contre Jacques Latour, et celle des travaUI
forcés a perpétuité contre son coaccusé.
LE COMMANDl!UR NHGRI,
Nous donnons deux vues du chatean de La
Bastide-Besplas; un pa¡;sage de !'acle d'accnsation
fense qui s'organisa dans celte ville pendant les événe- en sera la meil\eure explication :
&lt;&lt; Les batiments, divisés en plusieurs corps, dit ce
ments dont la Vénétie fut le theatre en i848, ~l. Negri
y fut nommé par le gouvernement provisoire de Venise document, forment une cour intérieure sur laquelle
directeur de l'École de droit, et apres la prise de Vicence s'ouvrent les portes du vestibule, de la cuisine et de
par les Antrichiens, il dut chercher un refuge a l'étran- J'écurie, A soixante-quinze metres de distance, les maitres-valets occupent un autre
batiment dont les écnries
u:
seules s'ouvrent au nord,
vers le chateau, et dont la
COMIIAKDEUR NEGRI.
partie habitée n'a de portes
Le drapean de la marine
et de fenetres qu'au midi,
royale d'Italie va enfin pavers la route de Daumazan
raitre sur les grands océans
a Montesqnieu, a laqnelle
Indo-Chinois et Pacifique, a
l'édifice se rattache, comme
cjté de ceux de France et
le chAteau lui-méme, par
d'Angleterre. Apres de lonune avenue plantee, d'envignes hésitations, le gouverron deux cents metres de
nement italien a décidé que
longueur. »
la frégate Magenta appareilAu rez-de-chaussée, dans
lcrait pour un voyage de cirl'écurie, gisait 1~ cadavre de
cumnavigation, au mois d'ocP~lagie Bicheyre , une des
tobre prochain, et qu'une
servantes, et dans ie bücbcr
m1ss10n diplomatique et
contigu, celui de Jean Lacascientifique prendrait passage
nal, le domestique. Jean LaAson bord, afin de se rendre
canal avait été frappé le prt·
en Chine et au Japon, pour
mier daos l'écurie; Pélagic
négocier des traités de comBicheyre était survenue el
merce avec ces empires et
avait succcombé a son tour.
établir avec eux des rapports
Le corps de M. de Lassalle,
qui permettent a l'ltalie de
renversé sur le dos, était
faire sur ces inépuisables
étendu au pied d'un lit, dans
marchés, de larges provisions
la chambre ou couchaient
de graine de vers Asoie.
les deux servantes, au pre•
Ce résultat, dont il y a
mier étage. Sur le lit, dont
LE CRAT&amp;AU DE LA BASTIDE-BHSPLAS, - D'aprés les croquis de M. Jacoubet.
lieu de féliciter le cabinet de
les rideaux coupés avaient
Turin, est du en grande partie al'initiative et al'opinia- ger. Mais bientót le gouvernement du roi de Piémont été ramenés vers les pieds, on découvrit le cadavre de
treté patriotique de M. le commandeur Negri, fonction- l'appela a présider l'université de Tnrin, d'ou il ne !arda Raymonde Bergé, la seconde servante. Attaquée la dernaire et savant des plusdistingués, qui,de l'autrecóté des pas a passer au ministere des atfaires étrangeres, dirigé niere, Raymonde s'élait probablement longtemps dé·
Alpes, jouit d'une grande et légitime réputation,
fendue, en s'enveloppant dans les rideaux et en
et maintes fois déja s'est fait remarquer par ses
se rejetant dans la ruelle, ou sa tete, a demi déécrits dans le monde savant.
tachée du tronc, et son corps presque entier,
En meme temps que la presse italicnnc et
étaient engagés. Le lit gardait des empreintes
fran~aise porte le j ugement le plus favorable sur
boueuses, celles des pieds de l'assassin. C'est
un volume qui vient de paraitre a Turin, sous le
sur ce lit que furent trouvés le peigne A mouslitre : La grandeur italienne, et qui réunit une
lachcs et le petit crayon blanc qui ont _désigné
série des plus intéressantes publications faites deJacques Latour a la justice.
puis quinze mois, par M. Negri, dans les meilleors
Une correspondance adressée a un journal pajournaux de la Péninsule, nous apprenons que
risien rapporte que plusieurs personnes auraient
l'auteur doit assumer lui-méme la direction de la
cntendu Audouy, alors qu'il remontait en sanmission italienne dans !'extreme Orient.
glotant dans l'omnibus qui devait le rameuer ala
M. Christoforo Negri est né en i809, a Milan.
prison, apres l'arret de la Cour, prononcer ces
Apres .avoir étudié l'économie politique et le droit
paroles : « Et les autres? » Si elles sont exactes,
daos les principales universités de l'empire d'Auvoila peut-etre le point de' départ d'une instruction
triche, il se voua des sa premiere jeunesse, avec
nouvelle.
PIERRE PAGET,
~
une prédilection particuliere, aux études géographiques et statistiques, et fut nommé, en f840, ala
MM. les souscripteurs dont l'abonnement est
suite d'un excellent travail sur le différent degré
expiré le 31 aout, sont priés d~ le reuouveler il!l·
cocn INT~RJ1!UJIE D11 (;HATllAU.
d'importance del Jttats mod,rne,, professeur a l'umédiatement, s'íls veulent n'éprouver aucun re•
ninrsiié de Padoue. Présideni du comité de dé..
Cuiline,
• Éourie,
tard dans la réception du journal,

to

Dil

�</text>
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                  <text>Semanario francés ilustrado se publicó entre 1843 y 1944. Aborda temas políticos, económicos, sociales, científicos, artísticos, y deportivos. Fundado por los periodistas Jean- Baptiste Alexandre Paulin y Édouard Charton. Sus ilustraciones eran realizadas por los mejores dibujantes como Henri Valentin, Édouard Renard, Paul Gavarni, Janet-Lange y Cham.</text>
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------- ---------- - - - - -- -- ----------------- --------------Direction) Rédaction, Administratioa :
Toates let communications relatives au joumal, réclamatioDJ, demande,
de éangements d'adresse . doivent etre adressées franco i
· • AUG. MARC, DIRECTEUR•GÉRAIWT.
Les demandes d'abonnemcnt doivent etre accompagoéfS
d'un mandat sur Paris ou sur la poste.

SOMMAIRE,

!!e ANNÉE. VOL. XLIV. No t 124.
8amedi to Septenabre t 8&amp;,.

iuu•.

L'ai■illÍltnlit1 " ript1d pu ~ea ■micrits et u reagag1 Jamail i 111
Va la lllilol, la lraduebon 11 la reproduehoa l l'élrucer ,..1 ialtriilet.

BUREAUX: RUE RICHELIEU, 60,

a T1zi-Ouzou
( Algérie). - Les •oyageurs italieos dan, le kanat de Boukara (3 granrea¡ . - Arrivée de l'agba Eddin au camp de Cbaref (Al~érie). ProFper Eofantin. - Tbéatre de la Porte-Saint•Martin: Lu Flibu1tier1
dt la Sonort , acle 1v•, rcéne finale. - Une aource 1ous boia. - Réser,oir des eau1 de la Dbuia, i. l'.énilmontaot. - Le Line Cuori, ohan100 de 11. Gusta•e Nadaud. Le mascare! de Caudebec. - llot de
Sacrificios, pres de Vera-Cruz. - Échecs ••- Rébus.

Gravurt1 : Distributioo dea prix de l'Ecole arabe-frao~aisr,

Oiltribution dea prix de l'~le •rabe-fraugaise, a Tizi-Ouzou. - Revue
pohlique de la aemame. - Courrier de París. - Lea voyageura italie•• daos le kaoat de Boukara. - Arrivée de 1'1gba Eddiu du Ojebel.
.llloUr 1u camp de Cbarer. - Prosper Enfantin. - Cauaerie dramatitique. - Uoe aource soua boi~. - Voyage d'un Parisieo I la recberche
de la mature (oouvelle ). - Re,ue littéraire. - Lea e1u1 de la Dbuis. Le Line favori, cbansoo, parol~ et muaique de M, Guatue Nadaud. A propoa de l'inauguration du chemio de fer d'Espagne. - Publicatiooa
•u,dlra. - 1e ma!carct de f.audebrc. - Szcrificio1.

Abonnements ponr Paris el les Departemeut&amp; :
3 mols 1 9 fr. ¡ - 6 mois, 18 fr.¡ - un an, 36•fr. ¡ - le numero, 75 e.
la collection mensuelle, 3 fr.¡ le ~olumé semestriel , t ~ fr.
ADO!'WNEMENT8 POUR VÉTRAXGER 1

Mémea pnx; plus lea droita de poste, suivant les tarifa,
LN abono. parleot d¡¡ ter no de chaqut mois.

DISTRIBUTION DES PRIX

..

L'icOLB !RABK-fRAK~AISB A TIZI-OUZOU.
.lU DIRECTEUR.

Tizi-Ouzou, 5 aoitt 116,.

La distribulion des prix de l'école arabe-fran~aise de
Tizi-Ouzou vient d'avoir lieu.

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DISTRIBUTION Dl!i PRll' DK L'ÉCOLI! AJUBK-FllA11~1SB, A TIZl-01/ZOU ( Algérie), - P'aprh un croqui1 de 11, C., Haudt uarl,

...

�L'ILLUSTRATION, JOllhNAL UNIVERSEL.

t62

1

Toutes les autorités civiles et militaires ont assisté a
cette cérémonie, ainsi que Jes amins, représentant les
diflérentes tribus du cercle ; une estrade, cou verte de tapis arabes d'une grande beanté, était réservée aux
officiers du cercle et aux amins El Oummab; une colonnade de verdure, habilement élevée, abritait les enfants
de l'école et les spectateurs de cette fete.
Voici a peine deux: ans que l'école arabe-francaise a
été fondée, et elle a produit des résultats inespérés;
presque tous les enfants parlent le fran~ais, quelquesuns l'écrivent correctement, connaissent leurs quatre
regles et les premiers éléments d'histoire et de géog1·apbie.
Les aulorités surveillent chaque jour, avec une persévérance tres-louable, l'inslruction, le bien-etre et la
tenue des quatre-vingts éleves qui composent l'école
arabe-fran~aise de Tizi-Ouzou.
M. Léonce, directenr de cette école, rernplit ses fonctions ávec beaucoup de dévouement.
Quand on voit les résultats obtenus en si peu de temps
et avec des moyens aussi bornés, on peut dire qu'il y a
bea.ucoup a espérer de la nouvelle génération kabyle et
, arabe, surtout si ou parvient a faire rayonner partout,
comme a Tizi-Ouzou, l'instruction, ce puissant agent de
civilisation qui seul peut anéantir le fanatisme et la barbarie.
Veuillez agréer, etc.
C. HA.UDOU,U\T,
soua-heutenant au t" zouaves.

REVUE POUTIQUE DE LA SEMAINE.
La se~sion des conseils gét\éraux n'a pas duré plus de
trois jours. Nulle,-au point de vue des débats, cette session n'a pas été stérile au point de vue des vreux émis et
des résol utions votées.
Quelle est la raison de cette suppression presque complete des débats? Les conseils généraux qui, sur quelques points de la France, ~'étaient aventurés sur le terrain µolitique, ont été rappelés a une appréciation plns
modeste tle leurs droits, et ils ont exagéré la prohi-bition.
Cependant on a promis aux conseils généraux de
hautes destinées. Le ministre d'État et le ministre de la
justice ont annoncé le procbain avénement de la liberté
au profit de l'individualité dé¡,arlementale. Les réformes'
s'élaborent; la loi va etre rédigée ; elle sera votée, daos
le courant de la session, par le Corps législatif, et l'année
prochaine, au mQis d'aotit, les conseils généraux, transformés dans leurs attributions, pourront célébrer les bienfaits de cette loi.
'
Apres les grandes manreuvres du camp de Cbalons,
.l'Empereur esl revenu a Saint-Cloud,etc'est ainsi que le
projet de voyage dans les départements de l'Est, qu'on
pretait au chef de l'État, ne s'est point réalisé. Cependant on prétend que ce projet ne serait pas tout a fait
ahandonné : le roí de PruRse insisterait pour déterminer
l'Empereur a se rendre a Bade, et le voyage du ministre
de la guerre prussien, M. de Roon, qui est ven u a Cbalons et a París, aurait pour but de renouer un projet
d'entrevue entre les deux souverains.
Nous ne croyons -pas beaucoup a la réalisation de
cette entrevue; que signifierait- elle dans les circons••
tances présentes, c'est-a-dire quand le Danemark et
l'Allemagne négocient sans intermédiaires, quand l'Autricbe et la Prusse rlissimulent soigneusement )eurs projets sur les Duchés? 11 ne reste plus a la France, désormais, qu'a se croiser les bras et a attendre. Bornons-nous,
pour le quart d'heure, a constater les précédents que
paraissent vouloir poser la Prusse et I'Autricbe, et la responsabilité qu'assument ces deux puissances pour l'a.
venir.
Du reste, les journaux allemands sont pleins du récit
d'une conversation qui aurait eu lieu entre M. Drouyn
de Lbuys et M. de Goltz. M. Drouyn de Lbuys aurait
demandé au ministre prussien si la Prusse pensait a
l'annexion des nuchés, etcelui-ci aurait évité derépondre.
11. Drouyn de Lhuys aurait alors nettement déclaré que
la France u'avait rien areprendre actuellementdansces
projets d'annexion; qu'elle ne ferait pas la guerre pour
cette question, mais qu'elle inscrirait le fait sur le livre

noir.
Les négociations de Vienne marche~tlentement, mais
on semble pourtant convaincu que la paix sera signée
avant la fin de l'armistice. La Prusse et l'Autricbe sont
bien résolues a ne rien changer, en faveurJ :du!_Dane-

• ..

mark., aux: stipnlations territoriales c&lt;msignées dans les
préliminaires, mais on assure qu'elles serol}t moins in'traitables quant aux questions financieras. La Correspondance prooinciale, un organe officieux du gouvernement
prussien, constate que (( les coursa\lemandesauront soin
de ne pas imposer au Danemark, vaincu et affaibli par
la guerre et par ses conséquences, des conditions trop
dures et peu équitables, en meme temps qu'elles tacheront de ne pas surcharger, des le début, les Duchés d'une
dette trop lourde. » Néanmoins, d'apres la Gazette de la
Croix, l'Autriche songerait a réclamer le remboursement
des frais de la campagne de 1850, enlreprise, dit naivevement la feuille féodale, « dans l'intéret des Duchés. l&gt;
On n'a pas oublié ce que les Autricbiens sonl allés faire
da.ns les Duchésa cette ápoque, et que c'estde leur intervention que date une situation qui a amené la guerre
actuelle. Nous avons de la peine a croire que le cabinet
de Vienne, malgré ses embarras financiers, puisse soulever cetle prétention. Ce serait par trop grotesque.
La mission du Rigsraad danois est terminée. La ciótute a été prononcée par un message royal dans lequel
le roi se réserve, s'il est nécessaire, de convoquer les
cbambres en session extraordinaire. Le ministere avait
déja annoncé a l'assemhlée que le traité de paix s~rait
soumis a son approbation. Avant dese séparer, le folksting a voté les deux propositions qui ont été \'objet
de si vifs débats; la premiere, concernant \'enquete sur
les événements militaires et la responsabilité qui en revient aux chefs de l'armée; la seconde, demandant que
la population des territoires cédés soit: appelée a prononcer elle-meme sur ses destinées.
·
L'ordre regne a Geneve, mais les passions politiques
sont toujours tres-exaltées dans cette petite république,
et M. James Fazy a du se réfugier daos une ville frontiere, pour se mettre a l'abri des attaques dont il pouvait etre l'objet. 11 avait déja été insulté et menacé trois
fois, et il venait de r~cevoir avis d'un guet-apens ourdi
contre sa personne.
On est généralement persuadé, aTurin, que la question romaine est en ce moment l'objet de négociations
sérieuses entre le gouvernement italien et le goÚvernement t'ran~ais. Nous ne savons jusqu'a quel point cette
opinion est fondée, mais a titre de renseignement, nous
citerons le passage suivant d'une correspondance adressée de Turin, le 30 aotit, au Pungolo de Milan.
« Le plan proposé au gouvernement fran~ais par notre
gouvernement, a propos de Rome, a subi une premiere
modification.
ce On établirait les bases principales des négociations
pour \'évacuation de Rome par les Fran~ais dans un
temps donné. Les troupes italiennes occuperaient immédiatement le patrimoine de Saint-Pierre. Rome serait
garantie au pape et aurait une garnison pontificale quand
les Fran~ais l'auraient quittée. l&gt;
Nous ne prenons nullement sur nous la responsabilité de ces renseignements. Nous les reproduisons comme
un indice de l'opinion qui regne en ce moment a Turin.
Par décret, en date du t º' de ce mois, M. le maréchal
de Ma&lt;:-Mahon, duc de Magenta, est nommé gouverneur
général de l'Algérie.
Le Congres de Malines s'est terminé comme il avait
commencé, au milieu d'une assez grande inattention.
Les grands lutteurs manquaient, et sauf Mgr Dupanloup
q¡ri a prononcé un discours vigoureux, ou les libéraux
sont appelés des libératres, tous les autres oratenrs ont
parlé de fa~on a n'etre point entendus au dela de l'enceinte de la salle. La venue de M. l'éveque d'Orléans a
Malines avait fait, on le croira facilement, une sensation
proíonde. L'évéque d'Orléans, arrivé le soir, adiné chez
l'archeveque de Malines; le lendemain, il a re~u l'ovation
de la société générale, il a prononcé son discours et il
est aussitót repartí pour son diocese : un feu d'artitice
suivi d'une obscurité profonde. Nous ne savons plus ce
qui s'est passé daos ce Congres apres le déparL de M. Dupanloup, mais l'absence de M. de Montalembert, de
M. de Fa.lloux, de M. Augustin Cocbin, de M. Léopold de
Gaillard, de tous les militants du parti catholique prouve
que ce partí n'est pas plus que les autres a l'abri des
divisions ·et des querelles intestines.
Un autre Congres s'ouvrira a Amsterdam, le 27 du présent mois. C'est le Congres del' Association intemationale
pour le progres des sciences morales; et tout fait présager
qu'il aura un grand éclat. Une souscri;ition, ouverte pour
co11:vrir les frais_~es fetes brillantes qui seront célébrées,
a déja produit de t 2 a t 5,000 tlorins. Cent habitants notables de la ville se sont déclarés prets a héberger les

163

L'ILLUSTRATl ON. JOURN AL UN IV E RSEL.

1

1

principaux me¡nbres étran~ers du Con gres. ~
sion spéciale a retenu, en outre, un grand nombre d'ap.
partements. Les ctiverses sociétés des cbemins de fer d •
pays ünt accordé une réduction de 50 0/0 sur les prix~
transport aux membres vebant de l'étranger, daos
sen~ que tout coupon pris au prix ordinaire donne:
dro1t au retour gratuit. On pourra jouir de cet avantage
a partir du to septembre jusqu'au 3 octobre. Les assernblées plénieres du Congres se tiendront dans la salle d
bal du palais. On a meme l'espoir que les principao:
membres de la famille royale, ainsi que les ministres
viendront assister aux discussions. On a renoncé, po~
des motifs particuliers, a11, projet de faire recevoir 80•
lennellement les étrangers a rnotel-de-Vil!e par les ag.
torités communales. Cette réception aura done lien le
26 septembre, a la premiere assemblée générale, par le
président du comité d'Arr,sterdam. Le président du con.
seil d'administration portera la parole au nom des melQ..
bres étrangers. Si le programme du Congres est bien
fourni, celui des fetes qni seront données a cette oeea.
si?n ne l'est pas moins. Un brillant raout sera oflert, le
26 septembre, aux membres du Congres; il est probable
que les dames étrangeres y seront également conviées.
Le 27, une grande représenlation de gala réunira les
membres du Congres au Théatre-National. Le 28, une
magnifique soirée aura lieu au Palais de !'Industrie
qu'on vient d'inaueurer. La soirée du 27 sera consac~
a des réunions particulieres. Le banqur.t, cette clóture
inévitabJe de toute réunion de ce genre, aura lieu le
3l septembre. Bref, tout · fait prévoir que le Congres
d'Amsterdam ne sera inférieur, sous aucun rapport, a
ses de11x ainés de Bruxelles et de Gand.
Le Coun·ier du Dimanche, récemment suspendu pour
deux mois, avait, par une circulaire, anuoncé a ses abon.
nés q11'il leur ferait parvenir la fin d'un romanen cours
ele publication, mais le parquet du Tribunal de premiere
instance de la Seine s'empressa de déclarer au gérant
de ce ,iournal que, dans le but de 'luí épargner les inconvénients d'une poursuite judiciaire, il ne croyait pas devoir luí laisser ignorer qu'il considérerait comme un delit, l'envoi, meme a titre de prime, de la fin d'un roman dont la publication aurait été commencée dans les
colonnes du journal frappé de suppression.
EDMOND TEXIER.
~

COURBIEK DE P.1.BIS.

Mort du Pere Enfantin. - Vente de la collection Pourtalev.
- Une maison de París. - Un savant danois. - L'Amtr
de la planta/ion.

Au lendemain d'une. révolution, alors que tous les esprits s'ouvraient a des aspirations nouvelles et que l'activité bumaine cberchait de nouveaux sentiers, des bommes jeunes, intelligents, éloquents, essay.erent de réaliser
In reve d'un pbilosophe aventureux et hardi. C'étaient
des creurs vail\ants; ils ne firent pas les choses a demi:
dans un siecle railleµr et sceptique, ils durent, pour affirmer plus hauteroent.leur foi, prendre un costume singolier, qui les d,ésignait a to•JS les regards et a toutes les
moqueries. On les respecta, et la foule se contenta de les
regarder avec curiosité. Beaucoup se rappellent les avoir
VllS passer, graves et recueillis, vetus d'une tunique
bleue, ouverte sur une cbemisette hlanche, au milieu de
laqu~lle était cousu un creur en drap écarlate.
lis obéissaient a un homme qu'ils appelaient le Pere, et
dont le nom daos le monde était Enfantin.
LP. Pere av&amp;.it trente-cinq ans; c'était un ancien éleve
de l'École polytechnique; il avait fait sur !'industrie des
études approfoudies, et son autorité en était plus forte;
car, pour la premiere fois, une doctrine philosopbique
se fondait sur les bases de la science éconorr,ique.
Le saint-siroonisme n'a pas duré longtemps a l'étatd'école ou plutót d'église, mais beaucoup de ses plus fervents
adeptes luí survécurent, beaocuup luí survivent encore,
et l'on reconnaitra que ce sont rles bommes de quelque
mérite: Pierre Leroux, lean Reynaud, Lberminier, Goéroult, Michel Chevalier, les deux Péreire~, Duveyrier,
Emite Barrault, Olinde Rodrigues, Baud, Jules Leche·
lier, Talabot furent saint-simoniens.
M. Enfanlin resta jusqu'a sa mort le Pere pour les an·
ciens disciples de saint Simon : ils lui d:mnaient too·
jours ce titre respectueux. 11 n'aurait ten u qu'a lui d'acquérir une graride fortune; il se contenta d'un emploi
qui luí assurait une existence modeste.

•

------------- - -----L'intérieur
de sa maison n'étail pas somptueux, mais

race dont les cheveux sont tres - crépus, ils dirent :
(C Ceux qui se sont levés contre nous sonl des poltrons,
il aimait a y trouver ses aises, et avait des rechercbes de
et quand ils verront nos bannieres,certainement ils s'enconfortable singulieres.
Tous les appartements étaienl chauffés par des con- fuiront; » mais ils n'en firent rien.
&gt;&gt; Et il arriva que les deux puissantes armées s'avanduits d'air chaud, et daos cbaque chambre une petite
· niche, pratiquée sur le passage du tuyau, cachait un cerent pour combattre dans les plaines de Manassas.
&gt;&gt; Et les hommes de Simon, quoique vaillants et braves,
vase rempli d'eau toujours chaude. 11 avait fait percer,
furent
si terriblement frappés sur la banche et sur la
au-dessus de son lit, des ouvertures qui luí permettaient
cuisse,
qu'1ls revinrent brillamment sur leurs pas en
d'observer le ciel avec des lunettes, a toute beure de
toute
bate
pour se pencher sur le sein d' Abraham.
la nuil, sans qu'il e1H hesoin de se déranger. JI fumait
1&gt; Et beaucoup fllrent tués; mais un plus grand norubeaucoup, et de petiL~ meublcs, grace auxquels il pou vait satisfaire son goul sans salir le plancber, étaient bre encore fut blessé.
» 11 y eut alors une grande émotion dans le pays, et
disposés tout le long de la muraille, afin qu'il en eut
Abraham
fil appel aux sages et aux habiles pour sauver
toujours un a sa portée.
les malades et donner des forces nouvelles aux blessés.
Pendant
longtemps
il
laissa
soigneusement
a
terre
Tout le monde conuait, a Paris, l'hótel Pourtales; peu
» Et voyez, il surgit dans le Nord un homme appelé
de gens ont entend11 parle~ de la maison Matbiesen, tous les bouts de cigares qu'il avait fumés, de sorte
Drake, tres-habile dans la médecine, mais modeste a
qu'en
certains
endroits
il
s'en
trouvait
une
couche
u-es-peu surtout l'ont visitée.
l'exces.
Elle est située dans une rue perdue daos le quartier épaisse de plusieurs pouces.
ce Et lorsqu'Abrabam et le peuple virent !escures merPourquoi
ne
faites-vous
pas
balayer
cela?
luí
dedu panthéon, et dont sans doute vous entendez le nom
veilleuses
opérées par Drake, Abraban1 dit: &lt;( ll ne faut
manda un jour un visiteur.
pour la premiere _fois : 1~ rue d~s Poules. . ..
»
pas
que
mes enfants souífrent; donne-moi ton breu- Faire balaycr cela, non pas ! j'accumule ces bouts
A J'extérieur, rien qm la designe part1cuherement,
»
vage
a
boire,
et je luí donnerai un nom. l&gt;
cette maison, a l'attention, et un employé du bureau des de cigare a dessein : le taba.e préservc ma maison des
&lt;&lt; Et ainsi Abraham but, et dit qu'il n'y avait rien de
passeports, chargé de la qualifier, ne manquer~it pas in,ectes.
11 faisait avec son valet de cbambre un forfait pour le pareil, pas meme dans le comté de Somgamon, que c'était
d'écrire sur le signalement : &lt;&lt; maison ordinaire. »
Franchissez le seuil de la porte, suivez le couloir d'en- chauffage de ses appartements. Le calorifore élait amer aux levres, mais bon pour l'estomac; et parce qu'il
y avait des moments amers dans la guerre qu'ou faisait
trée, et vous vous trouverez dans un petit jardín bien allumé le ¡er octobre et éteint le l. •r mai; 'que l'été 011 l'hiaux maitres des plantations, il dit encore que cela s'apombragé ou se voient un jet d_ieau, une cascade et une ver fut en retard ou en avance, ces deux dates étaient
pellerait !'Ame,· ae la plantation; et il en futainsi.
invariables.
montagne.
.
» Et les ceuvres merveilleuses de ce breuvage furent
La
température
devait
etre
uniformémcnt
de
l.4'
deIci l'employé aux passeports ajouterait certainement
attestées
ce jour-la daos chaque ville, dans chaque pagrés
au-dessusde
zéro.
M.
Matbiesen
consultait
de
temps
ces mots, a titre d'observation: ce Cette maison appartient
roisse, dans chaque village, dans chaque hameau, ou les
en
temps
son
tbermomelre,
et
si
le
mercure
était
quel¡¡ un bourgeois. ll
n se tromperait : M. ~tathiesen était un type vraim_ent que peu au-dessus ou au-dessous du degré prescrit, le habitudes de la civilisation engeudrcnt la dyspepsie, ou
la guerre amene des malbeurs, uu le climat et le site
domestique encourait une amende.
orit&gt;inal et le moins bourl{eois des hommes.
détruisent la force et l'aµpétit.
" en Danemark, il avait fait de la France sa patrie Le pr1x du forfait était de trois cents francs paran.
Né
» Et Abraham dit.: Qu'il soit proclamé daos toute l'éCe qui donnait a la maisoó de M. Mathiesen un as·
d'adoption. Issu d'une farnille de bourgeois, il s'était
tendue
du pays, depuis les vallées jusqu'auuomruets des
voue tout e~tier a la science; la pbysique ravait parti- pect vraiment particulier, c'est la prodigieuse quantité
montagnes,
q1ie tous ceux qui souffrent de flevres, dysculierement attiré, et surtout l'étude de l'optique. 'JI de tiroirs dont elle était garnie : il y en avait, il y en a
pepsie,
faiblesse,
manque d'appétit, maux de tetes neréerivait sur cette matiere des mémoires remarqués a encore partout; daos l'entre- deux· des portes, daos les
veux
et
alfaissement
intellectuel, trouveront du soulagel'Académic, et se livrait a des expériences continuelles plintbes, dans les murs, dans les plafonds: ils étaient de
ment
daos
l'Amer
de
la plantation. Cette liqueur tonifie
toutes formes, de toutes bau.teurs, de tontes largeurs,
sur les propi:iétés du verre.
,
l'estomac
et
ajoute
du
brillant a l'iT1telligence, effet dont
de
toutes
profondenrs.
Dans
ces
tiroirs,
le
savant
classait
D'énormes fontes de fl,int sont enfoui~s dans son jaIje
suis
un
exemple
vivant,
opeuple !
·
d'innombrables
échantillonsdeverre,
hrutou
taillé,
blanc
din; il voulait se rendre compte de l'action qu'aurait
» Et Drake fit ce qui luí était commandé, et cela lui
ou
coloré,
qu'il
étiquetait
avec
un
soin
extreme;
pour
sur ces masses un séjour prolongé dans la terrc.
La cascade roula1t sut des blocs de cristal. 11 n'avait cbaque sorte. il avait un nom, et parfois un nom tres- valut une place dans la grande ville de New-York,' et
pas amené l'cau daus son jardín sans de grands travaux pittoresque. Asa mort, le poids dn verre trouvé cbez tous ceux qui allerent a luí furent guéris et retournerent •
daos leur voie en se réjouissaut. &gt;&gt;
et de grandes dépenses; aussi disait-il un jour a un de luí, était de quarante a cinquante kilogrammes.
La Bible introduite dans la réclame comme élé'ment de
Cet excentrique, comme auraient dit nos voisins, était
ses amis : &lt;( Vous voyez cette eau-la, eh bien! elle me
perfectionnement
! Apres cela, il faut tirer l'échelle.
un homme du sem le plus droit, d'un conseil sur, d'un
c01ite autant que du vin de Bordeaux. »
,
X. FEYRNET.
Le bain froid était un de ses plus cber-s plaisirs. 11 tres-agréable commerce, d'une conversation charmante,
~
airuait a grelotter sous l'eau de sa cascade, qui tombait et ses manieres avaienl cette grace et cetle aisance que
donne seule l'habitude du meilleur monde.
sur luí en a verse glacial e.
LES VOYAGKURS ITALIEHS DAJS LK KAUT DK BOUKARA
La maison de la rue des Ponles avait été babitée jadis
Apres le bain, il se promenait dans une sorte d~ grotte
a murs cyclopéens, a l'abri des regards indiscrets, et par Gay-Lussac. On voit encore daos le jardin une table A la suite de la maladie qni sévit, depuis plusieurs
libre de s'affranchir de la gene du vetement. Un souter- de pierre, devant laquelle l'illustre savant avaitcoutume
·années, sur les vers a soie en Lombardie, pays ou \'inrain est creusé sous cette grotte. Grotte et souterrain de s'asoeoir pour travailler. Cette table était sacrée pour
dustrie séricicole est si développée, plusieurs missions
ont englouti une somme de trois cent mille francs envi- M. Mathiesen; jamais il n'avait sou!Tert qu'on y servil le
scientiflques
avaient été envoyées dans r!talie centrale
café, ne voulant pas qu'elle füt prof,mée.
ron.
et
la
Sicile,
aiosi
que sur les cotes de !'Istrie, de la DalJe m'émerveillais des progres qu'avait faits chez nous la
M. Matbiesen pouvait se passer des caprices. Sa formatie
de
la
Grece
et de la Turquie, pour y recbercher
tunl! patrimoniale était considérable; il \'avait accrue réclame depuis quelques années: les prospectus des tail'
des
graines
de
vers
a soie.
par de tres-heureuses spéculations, car le savant était leurs, des botliers, des chapeliers et des marchands de
Une
de
ces
missions,
coroposée de MM. Meazza, Gaun trés-habile homme, et en mourant il laissa, dit-on, nouveautés me jetaient dans une admiration voisine de
vazzi
et
Litta,
se
décida
meme a pousser plus loin ses
la slupeur, et les appats étranges otferts a la curiosité
dix-huit ou vingt millions.
investigations
et
A
explorer
l'Asie centrale, le pays des
En 1848 ou en i849, il acheta l'Mtel Forbin-Janson des passants me semhlaient de, rafíinements auxquels
Kirahises
et
le
kanat
de
Boukara.
pour 450.000 fraucs. Une partie du mobilier et le plomb n'avaient pas encore atteint le~ peuples qui se sont fait
c~s voyageurs partirent ~ans se laisser arreter p_ar les
de la toiture firent rentrer dans sa caisse 200,0úO fr. la réputation la plus méritée dans l'art sublime de battre
rcnsei11nements
décourageants qu'on leur donna1t sur
la grosse caisse. Je me figurais que nous avions surpassé
Plus tard, il vendit !'hotel meme denx millions.
les co;trées qu'ils voulaient parcourir; ils étaient, du
lBs
Anglais
et
les
Américains,
et
je
m'en
réjonissais,
car
M. Math1esen tenait ses comptes avec une régularité
reste munis de recommandations du gouvernement
extreme, mais sa vie offrait d'assez étranges vicissitudes. lorsqu'on aime son pays on est beureux de pensrr qn'il
rus~:, et complaient sur l'effet que prodmsent géoéraleUn jour il avait duuze domestiques; le lendrmain, il n'en est supérieur atous les autres en toute espece de choses.
ment sur les di vers chefs de ces pays toute~ celles
avait plus un seul. 11 lui arrivait de prendre, pendant Hélas l je me trompais; nous ne sommes encore que des
qui
proviennent de cette source. Malheureusement,
des semaines entieres, ses repas daos des gargots d'ou- eofants, et la jeune Amérique l'emporte toujours sur
un
pont
mobile, construit sur la Guberla, ~'étant
vriers du quartier Saint-Marcean. 11 était velu aussi mi- nous autant que Mangin sur ses successeurs. Appreécroulé
sous
les pas des voyage1Jrs, la voiture qm consérablement que les plus pauvres commensaux de ces nons a etre modestes, en li!ant le chef-d'reuvre publié
tenait
une
partie
de leurs bagages disparut dans le
humbles tables.On me racontait meme qu'un soir qu'il était réc1!mroent par un journal de New-York, sous le titre
fleuve
avec
les
lettres
de recommandation sur lesquelles
entré daos un café élégant, le gar~on ne voulul pas le de Proclamation :
¡¡~
avaient
placé
bien
des
espérances.
« Et il arriva, est-il dit dans ce document, pendant le
servir, etle for~ d'aller s'asseoir a une des tables placees
lis
poursuivirent
cependant
leur voyage, et escortés par
regne d'Abraham, dont le surnom était Lincoln, dans la
sur le trottoir de la rue.
un parti de Kirghi~es, que le commandant russe de Kaquatre-vingl-sixieme
année
de
l'indépendance
des
États
Le savant millionnaire n'était d'a!lleurs point un avare;
sala :J.vait mis a leur disposition, il~ parvinrentjusqu'aux
il dépensait de tres-grosses sommes avec un lalsser-aller d' Auiérique, qn'une grande rébellion s'éleva dans le p&amp;.ys.
frontieres du kanat de Boukara, oú ils n'hésíterent pas
e( Et Abraham dit a Simon, de l'État de Keystone :
de grand seigneur. 11 avait autrefois. équipé a ses frais
a pénétrer.
un navire cbargé par luí d'explorer les cóleR de la mer et Sois mon écuyer. »
lis s'aper~urent bientót de la perte importante qu'ils
et
Et
Slmon
fit
ce
qui
lui
était
commandé,
et
appela
Caspienne dans un but scientifique; et cet homme qui
avaient
faite sur le poot de la Guberla; n'ayant plus avec
secontentaitd'un diner de quiniesols, nemanquaitguere, d'immenses armées de jeunes et vaillants guerriers de
eux
ui
les
titres ni les lettres qui devaient imposer le
chaque mois, de donner un fastueux repa~ daus un des l'Est, meme du Kennebec, et aussi de par dela le grand
respect
de
leurs persovnes, ils inspirerent bientót des
restaurants a la mode du Palais-Royal ou dti boulevard, fleuve M.ississipi et les montagnes Rocbeuses, et de chacraintes
a
\'autorité soup~onneuse du pays. Emprison-•
que État il en appela; et comme ils étaient de la
oti il se t'aisait mener daos sa voiture.

;..Ao mois de février prochain, la collection de !'hotel
p urtales sera mise en vente. Cette nouvelle fait battre le
0
ur et surexcite l'imagination de tous les amateurs d'art
CC:de curiosités. Le maitre des inestimables trésors rase mblés avec un gout rare et des soins iufinis daos le pa:is de la rue Tronc~et, ~vait ?rdonné ~ue cette magnifique collection ne fui d1spersee que cmq ans apres sa
mort. 11 semble qu'il n'avait pu se décider, meme en
rendant le dernier soupir, a se séparer bru~quement de
biens qui luí étaient si cbers. Peut-etre espérait-il qu'ii
serait permis a son ombre de revenir parfois les coniempler, et pensait-il se réserver ainsi des jouissances
dont l'idée lui adoucissait le trépas.

'

�i64

L' J LLUSTRATI ON . .JOURN AL UNIVE RSEL.

nés quelques jours apres leur arrivée, ils demeurerent
plusieurs mois dans les cachots. Mais le gouvernement
russe, attachant une grande importance A ce que la protection qu'il avait accordée a ces hardis voyageurs ne
fti.t pas infructueuse, ne tarda pas, des qu'il copnut leur
emprisonnement, a faire toutes les démarches nécessaires pour qu'ils fussent relachés. Ces efforts furent
couronnés de succes; les dernieres nouvelles annoncent que les prisonniers ont été mis en liberté, et qu'aussitót ils se sont disposés a accomplir la mission pour laquelle ils ont bravé déja. tant de périls.

Lea Voya,eura ltallena dana le kanat de Boukara.
D'.!PRii:3 [;ES PPOT001\Af'Ul83 1)1

P. P AGET.

», l)OROJU,

dans l'ordre un pays sans cesse agité par les fanatiques;
elle fut confiée au colonel Archinard, du t •• tirailleurs
algériens. D'abord transportée a Chellala, celte coloune
se rendit au mois d'aout a Charef, 011 par des moyena
facticeset la transplantation de quelquessapins sauvages,
elle transforma bientót son camp en une petite oasis.
L'agha Eddin de Djebel Amour, trahi tout derniere.
ment par les arabes, a Taguin, et dépouillé par le marabout du Sud, Si Mohammed ben Hamza, vint, le
l2 aout, demander aide et protection a la colonne de
Charef, pour se venger des actes dont il était victime.
C'est son arrivée au camp que représente mon ero.
quis.
. Agréez, etc.
ERN. DE PEJmJNEU,E,

!RRIV&amp;E DE L'AGHA KDDIN DU DI&amp;BEL - !MOUR
A U CAMP DE CHARE_F,

PROSPER

ENFANTIN.

AU íllRECTEUR.

Cbaref, 1~ aotit.

Apres une premiere expédition, envoyée cette année
dans le Sud et tcrminée au commencement &lt;lu mois de
;uin, une seconde fut jugée nécessaire, pour maintenir

M. LlTTA.

M. GAVAzz1.

aux autres par le droit de l'idée et de la persuasion. 11 a
exercé sur son temps une influence crmsidérable. Il avait
groupé autour de lui tous les esprits généreux, tous les jeunes gens·en quéte de l'idéal, et c'est ainsi que ces Jeunes
gens, guidés par un tel maitre, sunt tous, ou du moins -presque tous, devenus des hommes remarquables : Michel Che.,.
valier, Jeau Reynaud, Pierre Leroux, Émile et Isaac Péreire,
Olinde Rodrigues, Charles Duveyrier, Émile Barrault, Abel
Transon, Adolpbe Guéroult, LQuis Jourdan, Lemonnier, Alphonse d'Eichtal, Félicien David, et tant d'autres que j'oublie. Un des premiers, Enfantin avait été frappé par les
grandes vues de saint Simon; comme lui, il voyait le monde
féodal finissant pour faire place au monde pacifique des arts,
des lettres, des sciences et de !'industrie. C'est lui qui, dans un
prbgramme prophétique, tra~ait, aun moment 011 le seul véhicule connu était la diligence, ce magnifique réseau européen
aujourd'hui exécuté, et, par le percement des isthmes, mettait
en communicatiou des mondes inconnus !'un a 'autre.11 a été,
on peut le dire, le rénovateur de l'économie politique; et,
par ses vues hardies sur le prolétariat, sti'r la condition de la

f65

L'lLLUSTRATlON, JOU RNAL UNIVERSEL.

Un des hommes les plus éminénts de notre siecle vieut
de muurir, M. Prosper Enfantin, celui que ses diaciples
appelaient tout simplement le Pere. Enfantin n'était pas
seule!J!ent un homme éminent, il était surtont un initiateur, un guide, un de ces hommes qui commandent

mme par les princic '
,.,
pes nouveaux q~ i p~oclama sans se la1~s~r mtimider par les mJures
de ceux-ci ou les sareasmes de ceux-la,
, il fut
le créateur d un mouvement métaphysique
considérable' que le
Pcre Lacordaire ne
craiónit pas de dire eu
pleine chaire~ .a _Notre•·
Dame, que c eta1t, depuis Luther, le plus
grand mouvement de
l'intelligence humaine.
Ce qui, en dehors de
a grande intelligence
d'Eofantin, assura son
soeces, ce fut sa bonté,
et, qu'on me permette
'eipression, sa grace;
nul ne posssédait a un
si haut point que luí le
cbarme. 11 avait, avec
un esprit tres-vaste et
un cerveau immense,
toutes lesgraces enchanteres3es de la femme.
C'était un charmeur.Qui
l'avait vu une seule fois
subissait l'influence.
Tout de suite on l'aimait, et ce doux nom de
pe,·e venait aussitót sur
les levres du simple visiteur, transformé en
quelque sorte, a son
insu, en disciple.

CAUSERIE DRAMATIQUE.

PIERRE PAGET.
PROSPER ENFANTlN.

Les deux dernieres
semaines dramatiques
ont été des plus orageuses. Le drame a tonné sur quatre théatres
a la fois; mais, rassurez-vous, il n'est tombé
nulle part.
La comédie a fait aussi des siennes au Théatre-Fran~ais, il. J:Odéon,
au Vaudeville, au Palais-Royal, aux FoliesDramatiques.
Total : quatorze auteurs, onze pieces, vingtcinq actes, trente-sept
tableaux et un prologue.
Allons d'abord au
plus pressé, je veux dire
a cel ui de tous ces ouvrages que je craindrais le plus de ne pas
trouver en vie, si j'attendais quinze jours
pour l'exécuter.
ll s'agit des Mohicans
de Paris, mélodrame
tiré d'un roman de
M. Alexandre Dumas,
et qui n'a de ce prodigieux écrivain que le
nom dont il est signé.
Bien que le roman en
question soit en neuf
volumes, et ladite piece
en neuftableaux, celle-ci
ne nous offre qu'un seul
des mille et un épisodes
du livrc. D'apres cela,

11. M.liAZZA,

'fll.ÉATRE DI! LA PORTE SAINT-MARTIN: LES FLIBUSTIERS DE LA SONORE, ACTE IV•, :SCENE Pl:-IALE.

. 1

�..
166

L' lLLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

on ponvait cspérer de trouver au moins dans le mélodrame cette clarté que M. Dumas sait répandre dans ses
fables les plus compliquées; mais, malheureusement,
cette qnalité, la plus précieuse peut-elre de l'auteur des
Trois Mousquetaires, est celle qui manque le plus au
drame des 1llohicans de Paris.
Ce r¡ue j'en dis n'est pas pour m'épargner l'analyse
cl'une piccc que M. Dumas, longtemps avant de l'avoir
faite, a si bien racontée lui-mcme; c'est asscz dn manque d'espace pour m'excuser d'une concision qu'un peu
de moclestie aurait suffi a m'imposer. Mais, ou j'en veux
venir, c'est a rappeler aux metteurs dr. livres en pieces,
qu'ils se reposent un pcu trop sur la mémoire des lecteurs. Quiconque, en etfet, n'aura pas In tout récemment
le roman des Mohicans de Paris, je le défie de ,mivre
pend:mt vingt minutes l'action du drame tiré de ce roman.
Ces arrangeurs, qui sont quelquefois si habiles, quand
ils taillent en plein, - comme M. Dumas, - daos leur
propre drap, ils devraient rn rappeler que la plupart de
ces fameux livres que to11t le mo1,de a ltts, sont d!lS livres
qne personne ne sé rappelle apres les avoir dévorés.
An reste, il parait qu'oo peut s'amuser sans comprendre. 11 y a clu moins tel role et tel tableau, dans les Mohicani de Paris, qui feraient croire a ce paradoxe. La mise
en scenc et les comédiens y sont bien aussi pour quelque chosc, les comédiennes surto11t, comme, par exemple, Mm• Clarence, dans la gracieuse figure ele Rose-deNoel, et )tm• Raucourt sous les traits de !'abominable
Orsola; car cela est encore un dPs talents de M. Alexandre Duma~, que ses plus atroces scélérats font rire, et
que ses victimes les pl11s touchantes divertissent.
Rlen aussi de plus amusant que la désinvoltnre avec
laquelle il parle de tout et entre partout : le cabanon dl1
fou furieux, l'inviolable cellule de la recluse, le bo11doir
de la reine une telle, le cabinet de M. ele Metternich, car il ne craint pas de nommer les gens, - tout est de
plain-pied pour cet enchanteur ubiquiste; c'est le.faubourien de la chanson : 11 11 tape partout et ne connalt
rien. 1,
A ce point de vue, il y a dans la nouvelle piece un
certain pensionnat de jeunes personnes que je vous recommande tout particulierement: il serait choquant chez
tout autre, mais ríen ne e,hoque d'Alexandre Dumas.
N'oublions pas un petit mot a l'adresse ele P&lt;Jrrin, qui,
dans le meilleur role de la piece, celui d'un agent de
police pour rire, est d'un comique d'autant plus achevé,
qu'il a. l'airde ne lui couter ríen. Dnmaine n'est pas non
plus mrmaunis commissionnaire, gentilhomme et poete.
Enfin, M11e Colombier, une débutante, est parfaite dans
un personnage exigeant de son interprete du lalent, de
la grace, de la distinction et de la beauté.
Et on dit parfois que je suis méchant !
On a bean ,ouloir étre bref en parlant de M. Alexandre Dumas,Ia prolixité du sujet vous gagne malgré vous,
et, sans amuser comme luí, on s'étend, on s'allonge, on
n'en finit plus. Ne chercbons done pas une transition
qui nons allongerait encore, et passons tout de suite au
nouveau drame de l'Ambigu.
La, du moins, bien qu'en des conditions toutes
pareilles, nous trouverons la clarté qui manque a la
grande piece de la Galté; mais en serons-nous plus
avancé? Pourrons-nous faire entrer, dans un espace qui
va toujours se rétréeissant, le compte-rendu des neuf
tableaux, dont un prologue, que MM. Anicet Bourgeois,
Blum et (lonson du Terrail ont découpés daos un rl)man
de ce dernier! La question posée n'est-elle pas résolue
d'avance!
Disons au moins que cette adaptation des Drames de
Paris, un des romans les mieux réussis et les plus lus de
ces-derniers temps, est faite avec une habileté remarquable.
Le sojet tient a la íois du tragique et du picaresque,
et ces deux éléments se coníondent dans le personnage
qui donne son nom a la piece• .Rocambole, a qui appartient cet honneur, et c'est la seule chose qu'il n'ait pas
volée, lloeambol, est UDtl sorte de Lazarille coupe-jarret;
il fait partie, a ces deux tilrei1, d'une bande de scé'lérats,
qu'il domine par l'esprit, comme César-Andrta par le caractcre. La lulte qui ne tarde pas as.'établir entre ces deux
misérahles, íait le fond d'une intrigue dont le spectateur
ne perd pas un moment le fil, quelque enchevetrés les
uns daos les autres qu'en soient les innombrables incident,.
Taillade est vraiment excellent daos le personnage de
Rocambole. M•• Marie Laurent s'wimile avee beaucoup

d'art le typc, devenu populaire, de la Baccarat. Castellano, ~fétreme, Mm• Vigne, J\11 1• Leprovost sont justement
applaud is, tous les soirs, dans les princi paux roles de
la piece, qui est, du reste, jouée avec un ensemble parfait.
Ajoutez a tant de séductions un; mise en scene tressoignée, la ronde de rigueur, spirituellement cbantée
par Reynard, et je ne vois pas que vous p11issiez vous
dispenser d'aller applaudir Rocambole.
Avec les Flibustiers de la Sonorc, nous passons des
cryptes malsaines d'un monde veillissant au grand air
d'un monde no11veau, du monde auquel appartient l'avenir. Ainsi du moins le pensait cet aventureux, jeune
genlilbomme auquel un de ses amis disait un jour:
- Gaston, quand done screz-vous calme?
- Quand je serai mort, réponclit Gaston.
Uue autre fois, a la fin d'trn joyeux souper : - · A quoi
songez-vous? luí demanda un des convives.
...:... Je songe que nous sommes des malheureux, répondit-il, et que nous perdons uotre jeunesse en des sottises.
Qu'a de plu~ ce souper que celui d'hier? Qu'aura de
plus celui de demain? Oh! je voudrais faire quelque
ch ose de grand!
Peu de jours apres, le comte Gaston de RaoussetRo11lbon passait en Algérie, ou il se ruinait en essais de
colonisation trop grandioses. En lR48, il était a Paris, et
faisait dans la politique spéculative d'autres essais, qui,
pour la méme cause, ne l11i rliussissaient pas mieux. Ce
ful alors que, méditant de grands projets, il r,ourut demander le nerf de la guerre aux mines de laCahfornie, ou
l'attendaient de nouvclles déceptions; de la il passa au
Mexique, puis en Sonore, oti, daos une lutte héro'iq•1e,
et ponr une question toute fran~aise, il trouva une mort
qui reste a venger.
Cette vie de Descobridor du seizieme siecle avait été
racontée d'un style et d'un cmur dignes d'elles, par
M. Henri de la Madeleine, lorsque M. Gustave Aymar en
fit le sujet d'un roman qu'il vient d'adapter fort habilement a la sccne, avec le concours de M. Amédée Rolland. Ce drame intitulé les Flibmtiers de la Sonore, est
représenté, en ce moment, aver, 11n grand soeces au
théatre de la Porte Saint-Martín, qui l'a illustré de
clécors splenclides. Berton, dans le personnage d'Horace,
- no Raousset-Boulbon de fantaisie, - et M11• Rousseil
daos le double role de Don Luiz et ele Carmen, feraieot
a eux deux le succes de ce drame, a11quel ne nuisent
cepenclant pas des divertissemeuts, tels que la fete d11 soleil, avec M110 Mariq11ita pour coryphée.
Dire avec tout le monde que la musique et méme les
paroles du Devin du village ont un peu vieilli, sera~t-ce
aller sur les hrisées d'llD conl'rere, qui de sa vie n'a proféré une telle banalité? Personne ne le pensera, et
pourtant je me bornerai a cctte banale appréciation
d'un ouvrage que le Vaudeville ne nous a rendu, je
suppose, qu'a titre de curiosité. Peut-etre aussi a-t-il
voul11 établir, au moins de frais possible, les droits que
lui donne, en fait &lt;le musique, la nouvelle liberté des
théatres. De toute fa~on, la tentative lui a passablement
réussi.
Comme nous l'avions annoncé, lrois autres pieces en
un acle sont venues escorter, daos la meme soirée, cette
gracieuse opérette de l'auteur du Contrat social.
Le Florentin, comédie en vers de LaFontaine, est parti
premier rlans cette course, ou il a été bientot distancé
par le Vingt-quatre fturier, drame alezan, je veux dire
allemand, qni s'est dérobé au premier obstacle, tandis
que Pierrot posthume arrivait premier d'une infinité de
longucurs.
.
Pierrot posthume, arlequinade en vers splendides, est
1m des trop rares essais de notre brillant poete Théo-phile Gautier. Espérons que le grand s11cces de ce petit
acte, d'une fantaisie si originale, décidera l'auteur du
Cap1taine Fracasse a donner, ou plutot a rendre, le sujet
de ce beau roman a la sccne, qui le réclame et a tant de
droits sur lui.
En somme, les trois susdites pieces composent un spectac~e dont la diversité, comme on le voit, 1ist loi.n de
íaire le seul attrait. L'exécution, d'ailleurs, en est parfaite. Parade, dana le Vingt-quatre frorier, joue en comédien achevé un r&lt;ile tragico-bourgeois de parricide
involontaire, qui tournerait tout de suite a la charge,
s'il n'était renclu avec la derniere perfection. Quand elle
revet le costume moderne, au lieu de la tunique d'un
Atride, la fatalité n'est plus qu'une vieille machine dramatique, qui prete facilement a rire. Parade, en triomphant de cette difficulté, a enlevé le su~s d'une piece
1

qui, traduite et imitée mainte et mainte fois sur noe
st:enes, n'y avait jamais bien franchement réussi.
. Oans z~ Florentin, reprise moins scabreuse, mais ins¡.
gnifiante a mon avis, et qui n'ajo11tera rien a la gloire
du &lt;&lt; fablier, 1&gt; Saint-Gcrmain n'avait qu'a demi-réUSSi
mais il s'est relevé de cent piques dans Pierrotposthum:
doat il joue le principal role avec no mélange de nai~
veté et de finess~ parfaitement approprié au ¡,ersonnage,
Bache, daos ce meme role, lorsqu'il le jouait ace meme
théatre du Vaudeville en iR47, -comme le temps pasge
mon cher Gautier ! - Bache était pl11s posth11111e, mai;
moins Pierrot que Saint-Germain. Mais que Saint-Ger.
main se console : on devient toujours assez tot pos.
thume.
Que dirai-je des Ficelles de Montempoivre, sinon que
yoila une des pieces les plus poivrées qu'ait jamais montées le théatre du Palais-Royal, meme du temps 011 le
Palais-Royal tout entier n'était qu'llD théatre avec des
galeries de bois.
~lais do moins cette gaudriole en trois actes, signé.e
Vario et Delaporte, elle estsouvent tres-gaie et quelquefois assez spirituelle; elle a meme un troisieme acte
tres-bien fait, tres-comique et tres-bien joué, a telle enseigne que saos lui la piece, a peine née, aurait bien pu
etre posthume.
Mais la triste parade qui l'a suivie, mais cet afireUI
petit a propos dont tout le comique est daos le titre et
dont le litre est : Eh! Lamb~1·t ! quelle platitude ! que!
néant!
Et comme je voudrais pourtant la raconter, cette vilaine et sotte petite piece, allX lecteurs de l'Illustration.
lis verraient combien les plus spirituels auteurs drama.
tiques peuvent, sur nn meme sujet donné, se laisser écraser par un cbroniqueur tel que ... Mais on sait bien de
qui je vellX parler, saos que je porte ici ómbrage a la
moclestie d'un confrere.
·
Me voila done maintenant tout entier a deux nouveaotés aussi importantes par elles-memes que par les dem
théatres qui viennent de nous les clonner : La VolonU,
coruédie en quatre actes en vers de M. du Boys, représentée au Théatre-Fran~ais, et les Plumes du Paon comédie en quatre actes en prose, de M. Leroy, par laquelle
l'Odéon vient d'inaugurer sa réouverture.
Malheureusement, ces ouvrages, les premiers en dignittl, sont en meme temps les derniers en date, et le
terrain qu'il m'a fall11 déblayer pour aller a eux est devenu trop étroit pour leurs dimensions et leur importance.
Disons done seulement, quitte a y revenir prochainemént, q11e la Volonté a obtenu un succes d'estime daos
la meilleure et la plus haute acception du mot.
L'idée morale de la piece ressort de l'opposition de
eleuxjeunes gens dont !'un, trop confiant dans sa richesse, néglige de se faire une position, tandis que l'aotre fait son chemin par la seuJe force de la volonté.
Cette these, qui semble n'avoir rien de bien poétique,
a heureusement trouvé pour a.vocat un vrai poete. On
frémit en songeant a l'énorme somme d'ennui qu'en aoraient tirée ruessieurs tel 011 tel. Félicitons-nous que
M. Du Boys leur ait dérobé ce sujet, qui Je11r allait
C()mme de cire, et qu'on ne comprend pas qu'ils aient
laissé glisser de leurs mains entre celles d'IJD débn•
tant.
Tous nos bravos a mfm•• Ponsin et Royer, a Maubant, Coq11elin, Verdelet, etc., etc.
M. Louis Leroy n'est pas poete, au moins que je
sache, mais c'est un homme de diablement d'esprit; sa
premiere piece en avait meme un peu souffert. Le public de l'Odéon s'y fera, mais il n'était pas encore habitué a de tels feux roulants d'idées nenves et de bons
mots, et il l'avait un peu fait sentir a l'auteur des Relai.•.
I1 y a des gens incorrigibles, et M. Leroy est de ces gensla. Sa nouvelle piece est done aussi spirituelle que la
premiere, mais elle est construite sur une doonée un
peu moins neuve, aussi a-t-elle beaucoup mieux réoS6i,
Cette donnée, que le titre expose a demi, je suis forcé
de remettre a quinzaine le plaisir d'en acbever l'e:sposition en dí-tail. .M. Leroy est no de ces auteurs dramatiques qu'on peut quilter saos inquiétude poor qoiJl7.e
jours; on est sur de les retrouver a la meme place.
Ma1s comme il n'en est pas toujours ainsi des bons comédiens, nos meilleurs compliments aThiron, aPierron,
a R001anviJle et a M11• Mosé.
A. DE BEtLOY.

L'lLLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
ranger une existence parfaitement indépendante et parfaitement agréable dans cette pauvré Babylone moderne tant calomniée, la seule viHe pourtant qu'il est
TOT.AGI ll'OI PARl8IJI ALA RICHKRCHE DI LA UTIJU
impossib)e de quitter sans regret et de revoir sans plaiJDYLLE AUYERGNATE.
sjr. ,A.ussi haussait-il les épaules en lisant les déclamations ·stéréotypées qui défendent périodiq11ement aux
On sent bon d_éjá dll!IS la plaine
Parisiens
de rester a Paris, sous prétexte de villégiature
Deu~ i deux ~•111 qu'on s'y r'promeae;
ou de bains de mer, de Vichy cu de Bade. Pour lui, chaLes amours ont déjil repris,
L' rossignol chant' tout's)es mlits,
.q11e époque de la vie parisienne avait son charme partí..
· Dans les nids
culie.r, ses c11riosités, ses délices; et non-seulement il ne
Y .ª des p'tita...
luí arrivait jamais d'éprouver le besoin de cbanger
d'atmosphere ou de voisins, mais eocore il s'éloignait to11jours
aregret de son cher Paris, ne füt-ce que pour ~J· Cha.que année, le retow de la belle saison déchaine
~s le monde littéraire une véritable débauche de ly- ler dlner a Ville-d'Avray.
JI avait done fallu une bien grande excjtation l'),erveuse
' l'ÍIJllC· On dirajt qne la douce haleine du printemps a l.i
. :· p,o11riété d'enfiévrer Ja nombreuse armée dei: écrivains, pour lui faire prendre une résolution si en dehors de
depuis le général en chef jusqu'au dernier soldat. Le ses habitudes et de ses mm11rs.
•·pws mince cbroniqueur de la feuille la plus incolore se Quand il eut avalé sa tasse de café, Maurice jeta sa
croirait déshonoré, s'il n'altachait .alors un rameau vert robe de chambre avec précipitation et fit une toilette
'iMD eocrier, et s'il n'entonnait, de sa plus belle voix, printaniere : il choisit la plus tendre de ses cravates,
w dithyrambe en l'honneur du réveil de la natttre. Des passa son gilet le plus diapbane, mit a sa boutonniere
le uiilieu d'avril, d'april, et daos tout le courant du une rose fratche Pclose, et s'.élan~a légerement sur le trot,-til moi de may, il ,n'y a plus ni romantiques, ni clas- toir de larue d'Aumale, en fouettant l'air de sa badine a
tiCJues, ni éclectiques; il n'y a plus ni h11golatres, ni pomme d'or.
&lt;&lt; Ou aller? )) se demanda..t-il en gagnant machinalehlgophobes, ni cléricaux, ni anticléricaux; il n'y a plus
ment
le boulevard, 11 en quelles régions hyperboréemies
que des poetes, que des poetes bucoliques. Les journaux
&lt;&lt;
ne
plus
trouver ni fiacres, ni omnibus, ni marchands
de toute nuance et de tout format présentent a l'envi
Je meme coup 'll'cail consolant : aux Débats comme au « de parapluies, ni photographes, ru sergents de ville;
CAan11ari, au Tintamarre comme a la Presse, le renou- &lt;&lt; mais &lt;les gazons, de vrais gazons, autres que ces car« rés de verdure qu'on plaque tout poussés dans nos
tlB(IU prend la place de la politique, les prima vera chassent de colonne en colonne Po\onais et Russes, fédéraux &lt;&lt; ~quares, et des vraies feuiile!l vraiment vertes, et des
« tonfédérés; les senteurs parfttmées des boi~ se glissent « oiseallX qui ne viennent pas manger dans votre
·au bulletio des spiritueux et des huiles; les tendres bour- « main, comme ces impertinent~ moineaux des Tui]e ..
g~ éclosent aux déces et inb,umations, et les sy/phes 11 ,ríes? Qui pourrais-je bien consulter? On dit : menteur
légers voltigent ou se trainait la lourde prose du spiri- 11 comme un Guide; daos tous les Tours de France, daos
tnel critique X... de X... Ce ne sont que fe&amp;tons de pério- &lt;&lt; toutes les Impres~ions de 11oyage, je lirai les memes prodettchatoyantes, ce ne sont qu'astragales de flamboyan- 11 messes, les memes réclames: climat délicieux, magni1es épithetes; C:est un feu d'artifice de grands mots et de 11 fiqué végétation, ville de$ plus remarquables, apres le
grandes phrases, oti les tropes succedent aux trope&amp;, et &lt;&lt; nom de la ville la plus insipide ou celui du rtus miséles hyperboles allX byperboles. Les plus rassis de ces &lt;&lt; rabie village. 11 y a cinq cents pay~, dans cbaque MaTbéocrites a vingt-cinq centimes la ligne (les blancs non &lt;&lt; nttel du voyageur, qui sont le plus beau pays du monde,
comptés) voudraient, comme les blancbes géoisses, « comme aParís il y a cinq cenL~ femmes qui sont la pl~
faire leur nourriture exclusive de ces jeunes pousses si « jolie femme de París. Ce que j'ai peut-Mre de mieux a
délicates, si poétiques, qui commencent a courir sur les &lt;&lt; faire, si je vellX une campagne véritablement intéres&lt;t sante, des bois sans amoureux, des vallons sans toubrancbes.
M.a:is il y a des gens a cerveau mal organisé, qui ont &lt;&lt; ristes, des montagnes sans An¡dais, dP,S paysages sans
le mauvais gout de se lasser de cette fastidieuse poésie, ,1 paysagistes, c'est de choisir un pays qu'aucun Guide
et qui demanderaient 'VO!ontiers grace a ces implacables « ne recommande et qu'ancun voyageur n'a raconté., un
&lt;&lt; pays inexploré, un pays sauvage, s'il en est encore un
arrangeurs de phrases.
Un matin du mois de mai dernier, un de ces prosai- &lt;&lt; au monde. Ah! parbleu, j'ai mon affaire. Pourquoi
ques lec\eQrs, Parisien endurci, se mit a table d'assez &lt;&lt; n'irais-je pas demander l'hospitalité, pendant quelques
Diauvaise bumeur, déchlra vivement la bande de son &lt;e jours, amon vieil ami PhilippeNoirclair,auVernet, pres
journal, et tomba par hasard sur un long article, péni- ce d'Jssoire, au creur meme de l'Auvergne?L'Auvergne est
blement écrit, dont la &lt;&lt; riante saison des amours &gt;&gt; fai- &lt;&lt; peu connne encore, sauf peut-étre Royat et Clermont,
ait tous les frais. Impatienté, il jeta ia malencontreuse 11 le Mont-Dore et le Puy-de-Dome; c'est en Auvergne
feoille d'un coté, sa serviette de rautre, et s'adressa a 1&lt; qu'il me faut aller. Ce cher Philippe ! Voila bien longlui-meme ce court monologue d'une logique puis- « temps que je l'ai perdu de vue ! Et j'avais juré, pour1&lt; tant, par nos dix ans de Rollin et nos sept ans de
sante :
« Oh! les journaux ! Mais quand auront..ils tout dit? &lt;&lt; quartier Latín, d'aller cbaque année, a la belle saison,
« Quand cesseront-ils de me lancer leur verte campa- &lt;&lt; passer quelques semaines chez lui! Aujourd'hui il doit
« goe au nez a toot propos, comme une provocation, 11 etre tout a fait campagnard : médecin de village au
« comme un reproche? Je gagerais volontiers que ces &lt;' food de l'Auvergne, que!Je bonne vie de paradis il
«-amoureux transis de la nature ne pensent pas un mot 11 doit mener, cet homme sage ! 11
Moips de quarante-huit heures apres, notre Parisien
« de ce qu 'ils disent, et que e' est au coin de leur feu et
se
trouvait dans la salle a manger de l'hótel de la Poste,
« les pieds dabs leurs pantoutles, qu'ils célebrent les
a
Jssoire,
en face d'un succulent beefsteak parfaitement
« diarmes des bois et des champs. Pour en avoir le
incuit.
L'expédition
s'annon~ait bien : une servante po« creur net, j'ai envie d'aller une bo~rne fois a la caro« pagne, moi aossi, et de me baigner dans l'air, de me lie, un diner excellent, un lit meilleur encore, tout allait
« plonger daos la nature, de me gorger de printemps. amerveille. D'ailleurs la fatigue, l'appétit et la bonne
« C'est une expérience a faire, ne serait- ce que pour humeur coloraient toutes choses des nuances les plus flat.« avoir le droit de maudire tout haut et partout jour - leuses. L'heureux voyageur s'endormit done daus les
« nau:s et journalistes, et de leur renvoyer leurs plates meilleures dispositions.
Son premier mot, le lendemain matin, en sautant a
·« idylles. Voila qui est dit l J'irai me retremper au sein de
bas
de son lit, fut cP.lui-ci :
« ceUe renaissance générale, j'irai rever 80us les grands
&lt;&lt;
Je
vais done enfin savoir ce que c'est que la na« arbres, j'irai me pamer au bord des sourcesjaillissan&lt;&lt;
ture!
11
« tes,j'irai m'étendre sur les mousses veloutées au pied
11
déjeuna
lestement, rég1a la note avec une belle
• des vieux chénes, je déjeunerai de chataignes et de
dame
qui
trónait
derriere son comptoir de marbre
« cresson, et je... ferai des vers ! Anch'io son...
Beureusement sa domestique entra, et notre Parisien blanc, comme a París miss Caroline Humpfotber au
ae rassit paisiblement, pour ne pas faire attendre une café du Hundsrück, et monta daos l'omnibus d'Arlanc,
qu'on appelle plus généralement, daos le pays, la carriole
wse de pur moka.
•
iaurice Derivas n'avait' jamais quitté París, non pas du tere Antignac.
D'Issoire au Vernet, il n'y a guere plus de quatre
qu'il y ait été retenu, comme tant d'esprits délicats et
quelque peu jaloux de montrer leur érudition, 11ar un Jieues, mais les deux juments d11 pere Antignac ont
amour exagéré pour le ruisseau de Mm• de Stael; mais l'allure pacifique; d'ailleurs, la Belle est bien vieille, et
il a,a:it su, grace a un patrimoine assez respectahlc, s'ar- Barbttte i;st_bieu capricie~; i_U4Si ~¿~j.J.-~_Pt!&amp;Ae

ftl7

deux heures quand on aper~ut le petit clocher tout neuf
du Vernef.' · ·Un peu avant le Vernet, la route traverse le petit bois
de Larocherie, dont la fraiche verdure allécha vivement
Maurice; il fit arreter la carriole, santa bravement daos
la poussiere et sécoua ses jarrets éngourdis. Puis, aspirant a pl_eins po1unons le ,bon air frais du bois, il s'enfon~ daos un petit sentier qui serpentait sous les arbre~, s'en remettai;it au basard du soin de le g11ider,
,avec cette soif de l'imprévu qui ne quitte jamais le Parisien.
IJ arrjva b~entot a une charbonntere abandonnée depuis longtemps sans doute, car l'herbe avait parto11t repoussé et cacbait a demi les traces du feu; un sentier
étroit, tapissé d'un g;uon no et lustré, diapré de jolies
fleurettes bleJJes et blanches, la traversait daos sa plus
grande longueur1 et 8e continuait a perte de vue dans le
bois, en montant par une p_ente insensible.
Ma11rice s'assit daos l'llerbe contre un pe1it tertre qui
s'élevait a peu prel! au ce~e de la ctiarbourriere. Devaot lui se dér-0ulait le roban vert d11 &amp;entier, et de
chaq ue coté son regard se perdait dans·la profondeur du
bois, arreté foi par l'épai.5seur du feuillage, la, au contraire, apercevant a cent pas les u¡erles qui voletaient
derríere les troncs d'arbre¡¡.
Cette solitude, ce calme complet, ne laisserent pas
d.'impressionner Maurice : une exclamation tui vin\ aux
levres) mais 11 ne put ouvrir la bouche, vivement frappé
par le silence imposant qui renve!oppait; car d'abord il
n'entendit ríen. Peu a peu, cependant, il distingua les
mille bruits de::; bois, ce vaste et bi,iarre concert ou tout
fait sa partie, et le fr:émissement des longue:s brancbe11
agitées par le vent, et les craquements aes feuilles seches, vetement de l'arrjere-saison que le8 arbres ont
laissé tomber aleurs pieds, et les ruille gazouillements des
oiseaux, ce doux et suave orchestre qui accompagne si
bien les reveries du voyageur.
, Ce fut d'abord un gracieux oiseau qui vint se poser
au bord d'une haute branche, hasarda timidement une
note a demi-voilée, s'enhardit bientot, et fit retentir le
bois de son chant harmonieux; puis, apres la romance
vint le morceau d'ensemble : du baut de chaque arbre,
au fond de chaqtle tailliR, mi lle voix répondirent ensemble.
Puis tout se tut, et, apres un temps, le petit oiseau au gosier mélodieux lan~a de, nouveau versle ciel des notes éclatantes, qui monterent, monterent et finirent par se résondre en trilles retentissants, en· roulades infinies : comme
une fusée bien lancée qui file en dessinant un trait de feu
dans l'espace et s'épano11it resplendissante au milieu de
l'ohscurité; et le ehmur faisait silence, écoutant respectueusement le ténor dn bois.
Daos ce charmant spectacle, l'homme ne vcnait point
détoner avec sa personnalité bruyante et dévastatrice.
A peine apercevait-on au loin quelques ~ieilles paysannes
trav.ersant le sentier, le dos courbé sous un lourd fagot
qui trainait derriere elles avec un cliquetis de feuilles
seches.
Mais on l'ut dit qu'en l'absence de son roí la n:1ture
était en fete. Quand l'ho,mme ne se montre pas, en
effet, tout ce qui habite les forets va, vient, se croise, se
heur~~ saos craint.e et sans hésitation.
Des bandes nombrcuses de jeun.es lapi¡¡s accouraient
en se poussant les uns les autres, s'asseyaient gravement sur leur train de derriere, leurs longues
oreilles dressées, et disparaissaient par bonds disgracieux. Les écureuils a la robe fauve montraient tout a
coup au milieu du feuillage leur petite tete étonnée, et
gambadaient de branche en brancbe avec une agilité,
une souplesse, une grace, a désespérer tous les Léotards
présents, pllS,sés et a venir.
Cette vie, cette animation joyeuse de la solitude frappaient Maurice d'admiration : il s'étoonait de découvrir
incessamment de nouveaux. charmes a ce joli bo1s, et ne
pouvait surtout se lasser de contempler les mystérieuses
beautés des gra.nds arbres : ici, des branches merveilleusement attachées, des tronc~ qui descendaient en se
tordant comme de gigaatesques serpents, a coté de
jeunes arbtes droits comme des füts de colonne; la, des
bouquets de feuilles du vert le plus tend~e, qui se détachaient sur u.n tond de feuillage 011 toutes·les nuances
de la couleur verte étaient étalées comme sur la palette
d'un paysagiste, et les hautes branches qui ondulaient
gracieusement au moindre soufile d'air, couchant leurs
longs bras d'un arbre a l'autre, et se mélant,s'étreignant
amoureusement, de maniere a former un épais rideau
.'I.W -~V,ge_a~jlir, ~p&gt;ui dJ1 ~I bleu.

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L•ILLUSTRATION, .JOURNAL UNIVERSEL.

Du reste, pour se faire une idée des diverses sensations qui se partageaient l'ame de notre Parisien, il est
iadispensable de se rappeler qu'il avait été transporté
en rooins de deux jours, et l'on peut ajouter sans transition a1:1cune, de son entresol de la rue d'Aumale au
roilieu d'un petit bois situé tout au fond de l'Auvergne
et habité seulement par les « mille locataires du bon
Dieu. l)
Aussi l'influence irrésistible que les bois exercent sur
les organisations les moins poétiques agit-elle 5Ur Maurice d'une fa~on tot1te particuliere. lnsensiblement, ses
idées prirent une tournure unifoi:me : cette légere mnraille de feuilles et de verdure arretait net au passage
et sentiments égoistes et mauvaises pensées.
Au bois, en effe·t, au milieu de c~tte franche nature,
sous ce dome grandiose et riant a la fois, il est impossible de concevoír et de murir quelque méchant projet.
Au bois, on oulilie ses h;lines et l'on pardonne a ses ri.
vaux; au bois, Émile Augier et Veuillot se donneraient
la main, et M. lugres eut embrassé feu Delacroix. Au
bois, tout est joie, tout est amour; on est heureux de
-vivre, heureux de voir clair, heureux d'entendre et de
·sentir; on crierait volontiers au cíe!, corome l'acteur De,launay daos le Fils de Gibcyer : « Vive le bon Dieu ! &gt;)
- Au bois, on aime tout le monde ! 11 est prudent meme
-de se défier de cet aveugle besoin d'épanchement. Ces
jolis hois, avec \eurs voluptueux bancs de gazon, leurs
acres parfums,leur fraicheur excitante, etjusqu'a. ces légers souffles qui viennent 'VOUS caresser, cesjolis bois sont
plus traitres qu'on ne le croirait, surtout au printemps.
Maurice se sentit peu a peu entrainé dans un courant
d'idées fort tendres; une langueur énervante s'infiltra
dans tous ses membres, des souvenirs délicats lui arriverent en foule, comme des bouffées de jeunesse et
d'amour; son sang courut plus vite et ses joues &lt;levin••
rent brulantes...
« Qu'il y a longtemps, s'écria-t-il, que je n'ai pressé
&gt;) daos ma main une douce main de femme, et que je
)) n'ai senti sur mon épaule une tete blonde murmurant
)&gt; a mon oreille quelques paroles d'amour ! Qu'il y a
¡¡ longtemps que je n'ai dit ce vieux mot, si vieux et si
)) bon a dire, cevieux mot :jet'aime 1Ah! si, par miracle,
)l 1l me· tombait du ciel, en ce ruoment, une femme au
)l regard angélique, je sens que je l'aimerais comme
)) jamais créature ne fut aimée, que je l'envelopperais
)) d'un amour san.~ bornes et pur comme son ame, et
)) que je passerais ma vie a ses pieds, daos un coin, ignoré,
)) misérable, mais bien heureux ! Ah! si le ciel est juste,
ll pour le pe'u de bien que j'ai fait et pour tout le bien
)) que je me sens capable de faire, il m'enverra cette
)) femme ! »
Mais le ciel esttrop haut, comme disentles Polonais, il
ne l'entendit point. En vain fouilla-t-il du regard la
;profondeur des taiUis, l'ange évoqué ne se montra pas.
&lt;&lt; Peut-etre, pensa Maurice, les hautes branches, en
« se baissant sous le soufOe du vent, vont la Jéposer a
« mes pieds ! Peut-etre va-t-elle sortir de quelque arbre,
•« comme ces poétiques divinités qui peuplaient autrefois
« les forets ! &gt;)
11 y avait surtout, a l'entrée de la charbonniere, un
jeune hetre a l'écorce chatoyante, que ce1'lainement
la plus séd11isante dryade eut voulu jadis donner pour
prison a son beau corps. En e!l'et, il tendait son torse
lascif en avant, d'un air si provocant, il dressait si gracieusement ses bras chargés de feuillage, il figurait si
bien, enfin, l'image d'une jeune filie au bain, les bras
coquettement rejetés en arriere et tordant ses longs cheveux ruisselants, que Maurice ne pouvait en détacher
ses regards, et peut-etre allait-il tomber amoureux de
son arbre, quand tout a coup, en tournant la tete, il
aper~ut tout au loin, derriere lui, une jeune Auvergnate
qui descendait le sentier. Quelques minutes encore, et
elle était pres de lui ; mais le petit tertre, auquel Maurice était adossé, le eachait presque entierement.
Elle s'avangait lestement dans le sentier vert, toute
joyeuse et toute légere, bulinant au basard daos les taillis, se baissant sur l'herbe pour cueillir une tleurette,
ou s'arretant pour écouter les chants des oiseaux, puis
reprenant sa route en rattachant un ruban ~oulevé par
le vent, et s'admirant naivement marcher comme une
fillette heureuse de se savoir belle et confianteen la discrétion du bois.
Et, de chaque coté du sentier, pinsons et mésanges
d'entonner leurs plus douces chansons; et les grands arbres d'incliner leurs tetes feuillues, semblables a des
courtisans rangés sur le passage de leur souveraine. A

mesure qn'el\e s'avan~it, elle rattachait a elle cette vague harmonie, cette vie dispersée; toutes les mystérieuses fantaisies du bois semblaient se lever sous ses pas
pour lui faire cortége; et le charme de la solitude cédait au délicieux spectacle de cette jolie créature humaine, au milieu de la nature empressée a la saluer.
Maurice, croyant rever, se írottait les yeux ; mais, de
moment en moment, la 6.llette approchait, et déja. notre
heureux voyageur pouvait remarquer qu'elle était aussi
jolie que bien faite.
C'était une jeune fille, presque une jeune femme, aux
formes nettement et largement dessinées, aux traits
sculpturaux, a,u opulents cheveu¡ blonds. Sa démarche
avait rle la grace et de la légereté; ses moindres mouvemenl, étaient d'une jolie femme. Quant a son costume,
celui que toutes les jeunes paysannes portent aujourd'hui, qu'elles soient Auvergnates, Berrichonnes ou Normandes, il ne se distinguaitdu costume des ouvrieres élégantes de nos villes que par une plus grande profusion de
rubans et par les couleurs plus éclat:mtes des étoffes. Enfin, elle avait la coillure de Mimi Pinson, avec des violettes
et un bouquet de boutons de roses en plus. De I'Auvergne, cette gentille Auvergnate ne conservait que ce qu'il
n'était pasen són po11voir de modifier, cette vigoureuse
santé (!Ui est comme le cachet du terroir.
Elle élait done en parfaite harmonie avec la nature
luxuriante qui lui servait de cadre, et répondait précisément a. l'idéal que révait Maurice. 11 l'aurait choisie entre mili e, qu'elle n'eut c~rtainement pas mieux rempli
les conditions du programme qu'il caressait a. part lui.
« Oui ! s'écria-t-il, voila bien la femme que je dois
« airoer '. Voila bien la noble et franche créature a qui il
« faut un amour fort, entier et infini, comme a nos pou« pP.es de salon il faut des amours factices et creux ! Ah!
« le ciel m·a entendu! Que dis--je? N~est-ce pas pour me
« mettre sur le r.hemin de cet ange que le Dieu d'indul&lt;( gence et de bonté m'a conduit, C0IIJme par la main,
« jusqu'au fond de ce petit bois, moi qui jamais n'ai
&lt;&lt; quitté Paris? C'est ma destinée qui s'accomplit, et celte
&lt;&lt; femme queje reve, que j'appelle et qui vient a moi,
« c'est !'ame de mon ame~ Ovierge tant désirée, tu m'at« tendais aussi, tu m'appelais aussi, n'est-ce pas? Me
« voici I J&gt;
,
Et Maurice allait s'élancer aux pieds de la jeune filie,
qui n'était plus qu'a vingt ou vingt-cinq pas.
A ce moment} un jeune gars bien découplé sortit de
derriere un tailüs, a quelques metres en avant de la
charbonniere; il prit la main de la jolie Auvergnate, et
tous deux remonterent le vertsentier en se tenantenlacés.
Ce coup inattendu terrassa Maurice; il demeura pendant quelques instants commé abasourdi; puis, il voulut courir a l'audacieux qui lui volait son bonheur;
mais la réflexion vint l'arreter a temps. Il se rassit dé..
grisé, et suivit piteusement' des yeux le couple amoüreux, qui s'éloignait d'un pas tranquille et qui disparnt
bientot.
'
« Oh! mon pauvre amour ! 1i s'écria Maurice.
Au meme moment, une sensation d11 fraicheur que
l'état d'exaltation ou il se trouvait l'avait empeché de
percevoir jusque-la, le rendit a la réalité en l'éclairant
sur les inconvénienls d'une reverie trop prolongée sur un
canapé de gazon. U se leva, seco1 ant sa po~sie et son
humidité, et ne songea plus qu'a sortir au plus tol du
bois pour gagner le Vernet. Mais le sentier qu'ii prit le
mena droit a une fondriere; il s'engagea dans un autre
sans plus de succes, en prit un troisieme, revint sur ses
pas et acheva de se perdre.
11 s'arreta de fort méchante humeur, écouta, crut
distinguer dans le lointafn un roulementde voiture, et s'élanfa résolument dans cette direction atravers les taillis.
.Mais on eut dit que ce petit bois, qui tout a l'heure
semblait lui faire fete, voulait maintenant le traiter en
ennemi : les petites branches, minces et flexibles, le
fouetlaient au visage; les épines s'attachaient aux pans
de rnn hahit; a chaque pas qu'il faisait en avant,
les fouilles mortes, trempées d'humidité, s'enfongaient
sous SES pieds.
« Ah! doux cbarmes des bois !)¡ s'écria-t-il en recevant
en plein nez une branche de noisetier. « Ah! délicieuse
nature ! » fit-il encore en trébuchant assez hrutalement
contre une grosse racine.
Enfin il atteignit, non sans peine, la Jisiere dn bois et
sauta. sur la route. Quelques minutes apres, il avait réparé le désordre de sa toilette et faisait son entrée dans
la grande rue dn Vernet, en se consolant de sa mésaventure par la pensée du chaleuieux accueil qu'il allait re-

171

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL .

nroit. Le titre qu'il s'est donné lui-méme, de_ législateur
,
t d'une é o- le maitre on voit fumer un foie d'oie grasse, plus une ou « régent du Parnasse, )) demeure son vér1tahle nom.
cevoir et du bon diner qui devait bientót s;ensuivre... Jes défauts de l'homm_e en. génera\, e d' b d s · poularde et un sanglier qui eut rté digne d'etre percé
Bon j11ge, écrivain correct, peu suscepti.~le de _repr?ches,
La maison du docteur Noirclair, qu'il se fit indiquer, 0 parliculier. Cette de6.01tion écarte ª. or f ou par le biond Méléa&lt;&gt;re. Apres cela, on croque quelques
mais poete inr:olore, froid, dépourvu d mvent1on, il sera.
els
on
ne
pourra1t
re
user
D
•
a
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M
.
·on
est la plus belle du bourg, et la vue de sa blanche fa- vrages en pr?se, auxqu
.
d V 1_ truffes. il Le reste comme dans Petrone ou a ais toujours appris liaos les colléges. C'est la sa place, et
gade et des jolies charmilles qui l'entouraient ne fit que it satirique, Dialogues de Lucie~, ,Romans ~ :
d'Or
car on n'y admet que . .d'honnetes
,
confirmer daos ses espérances l'affamé voy,ageur.
portraits de Labr_uyere e~ Maxime~ ~e L~
L'~nion conjugale était, a la fin de ce premier siecle uue grande Place, ·
"
capables
de
s'exprimer
en
termes
cho1S1s
et,mode1
. H
,
« Ce cher Philippe ! avec quel plaisir je vais le revoir! • :uld; elle met auss1 de cote ~ Comedie et/
e, de notre ere une arene de scandales; arene e5t l~ mot, 0ens,
rés, surtout lorsqu'ils écrivent en fran~a1s. orace, n_ y
se dit-il assez jésuitiquement en sonnant a la grille.
lqu·un Aristophane, un Mol_iere, u~ La ~; ªt:'
r des fem~es descendaient daos le cirque. Le ¡eu, la
est regu qu'en sa qualité d'ancien; on l'expurge d a1l- Monsieur le docteur Noirclair est chez lui? dit-il a nt fait autre chose que la-satire de 1 humam e e e ~!l ure la superstilion possedent la femme et en fo~t un1:.
t.
une bonne vieille Auvergnate qui parut sur le seuil.
contemporains.
::cch;nte ivre. L'infanticide et l'avortement ex_te_o~ent leurs.
Boileau n'a pas de nerf, mais il a du sens, e I1 se
- Y a personne. Y sont a Riom, toute la maison.
n'y a entre la satire au théatre et la satire propre- et rléciment la race romaine. Locuste ou ~es her1t1eres
propose un but élevé, qui est de ~xer la la~gue et .de
- Mais Philippe n'a done pas re~u roa lettre?
t dite qu'une différence fou damentale; cel:e-c, ~te regnent. « Cette dame donne a se.~ cousrne~, un peu
., urer. Il écrit si bien, qu'il amve parfo1s a, la grace
- Monsieur Philippe ! Ah! ma fiue, oui ! Y aura trois e p!ls l'auteur derriere des personnages; e poe, e novices encore, l'exemple de faire porter au bucher leurs l ep
. •1
.
' t
ar l'exactitude et la netteté de sa d'ict1on.
i, a1s c~ n es
ans a la Noel qu'il est a París, ous qu'il est, établi mé- ºen son nom et condamne lui-meme les travers
¡
d talent maris noirs de poison. l&gt;
~as de lui que jamais on dira : l_e poete est chose l~ge_r~:
decin.
dépeints. S'il a du génie ou seu ernent ~ , '
Les cr·1mes 1·mpun1·s sont aussi communs que les sta1
.
.
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'est soum1s a au11 est bomme de poids, solennel JUsque dans la mahgmte'
I
- A París, depms trois ans !
, -uvre dmt etre a,see, pmsqu n
.
tues sur les places publiques. Astrolog_ues, entremet.
.
•
.
·
une limite Ma1s prenons
ses distiques ressemblent au Louvre de Perr~ult: ~
- Ou1 da! a Par1s, dans l1 rue Taitbout !
et retenu par auc
·
.
teurs, Grecs infrigants, Juifs qui décons1deren_t 1es pre1 -eale
0
-oubassement et une colonnade ; un vers sert d ass1se a
.
•
· dé
·
te dé bit des acteurs m par
- Daos la rue Ta1tbout! a vmgt pas de la rue d'Au- qu'il n'est :11 m par
d m·iers chrétiens, dépositaires infideles, faussaires et_as~'autre. Cette ordonnance, plusieurs fois répétée, engen.
,
. .
· outient sur la scene tant e
t
male ! Et 'Jama1s nons ne nous sommes rencontres, en., •ret d'one mtr1gue, qm s
.
é slSsins pullulent. Pour comble, il y a ~es hypocrt es.
11
.·
trois ans! C'est particulier 1 - Oui, mais c'est bien désa- : ~s tombées a la lecture. De la, pour le sat : te, n_~ « Méfiez-vous de leur mine! Quel qnarller ne regorge dre l'bébétement du lecteur.
1
1
Boileau est un fort rhétoricien, pour qm tout_ ~st mast
gréable pour l'instant, car je mt:urs de faim. Ou dlner, ,¡té absolue d'esprit, de verve, de yle; ~ , e~t~ ,
de ces austeres po\issons? ))
1
tiere a mettre en vers fran~ais; et sa compos1t1on est
maintenant?
.: .
,
~ lance ne réunissen~ pa~_la ~~rc:1 l'~c::!;a ; ; e~ Devant ces infamies, Juvénal n'invoque p~s _la ven- toujours la premiere. Hors ?u ba~c d'honneur, hors ~u
- Dame! ben sur que vous ne trouverez pas cheux seront sur le public distrai · ~e . .
'r &lt;&gt;eance céleste. &lt;&lt; La vengeance, dit-il, est _la J_o1e de la.
collége, Boileau est dépayse; la ¡eunesse le_ con_spu~' ~
nous de biaux restauranls comme a Jssoire ou a Saint- s d'etre, plus que tout autre, un ec:ivam et un ~ ~ faiblesse, le fait d'une ame étroite et pusillamme. Retort saos doute, car il ne fut pas un ~a1ti:e mutile .
Germain !
.
consommés. C'est ce que sont, a d1ve~ t1tre~ e
de la femme : nul etre au monde n'est plus sensible
c'est ce qu'on sent tres~bien lorsque le lom~am se fa1t et
- Et quand repasse l'omnibus d'Arlanc?
degrés inégaµx, Régnier, Boileau, Voltaire, ¡1lber:, ~:r plaisir de se venger. ll C'est a la conscience qu'il P,n
- Dans une p'tite heure, monsieur!
é et Joseph Chénier, Hégésippe Moreau, ugus e appelle : « Le crime déplalt a qui le commet. Tel e~t que l'on juge mieux l'emploi de ses prem1eres a~né~s.
Daos le domaine de la Regle, Boileau est le. plus r_eguher
La petite heure dura deux grandes héures, pendant ier et Victor Rugo. .
,
pour les coupables le premier chatiment. Le souvemr
des modeles; on n'y trouverait que peu d excep~10ns ou .
lesquelles Maurice arperita la principale, l'unique r11e France est assez riche en bonnes ~atires, p~ur, JU- de leur crime les tient dans une stupeur douloureuse.
de \icences. Grammairien de la pensée, _aesis, _une
du bourg avec une exaspération . croissaute, allant du imparti1lement les Régnier et les Victo: Hugo d at~- S'armant d'un fouet que nul ne voit, que nul n'entend,
éq'uerre en main, sur le Pinde c~a~sique, il ensmgne
st
petit clocher a la fontaine en pierre de Volvic qui fait le is. En toute sincérité, Juvénal e le prmce des s~ti- leur pen&amp;ée les déchire et se fai~ leur ~ourreau! J&gt;
d'une voix toujours égale des véntes moyennes et d~s
plus bel ornement du Veruet, et de la fontaine au pe.tit es latins: non qu'il l'emporte sur ·~ora_ce en gern~
Puis le poet~ prend en dégout la vie et_se déto~ne.
préceptes qu'il faut suivre, lorsqu'~n_ne peu~ p~ les declocher, englobant daos sa malédiction sou ami Pb,ilippe, ndant et facile, en esprit, en ¡imagmallon, mais_ ou Que sert de désirer, puisque rien ne rass~ie la passio.n?
passer. 11 reslera l'idéal des gens ser1eux qm s attachenl
assez fou pour préférer au calme des champs le tumulte
e dessine a la plume avec un merveille~x caprice, Annibal a qui l'Afrique ne suf~t pas, qui se sent, a l é,
des villcs, et la fatale pensée qui le poussa tui-méme a 'oal burine et comme le graveur, il appme sur cha- troit entre l' Atlantique et le Nil, conquérant de I Espa- au genre didactique.
Nous avons rappelé qu'il irnitait ses maitres, ce_ ~ est
qnitter la rue d'Aumale pour se lancer daos cette ma- 1rait, pare; q~'il entailleun dur métal (l'ame de ~~s une, vainqueur des Pyrénées, des Alpes et d~ Ro~e
. 1) Chez Horace, le contour du, vers se- 0meme, s'assied a la porte d'un roite
.
1 d B1tb e pas pour !'en bla.mer; mais i~ n'imit~ p~s avec l'or1~~n~- .
lencontreuse expédition.
.·
mporarns.
et e
ym ; Jité d'un Racine ou d'un Moliere. V1rg1le et Hora.ce 1m11
L'omnibus d'Arlanc se montra en6n, mais 'les deu1 ppe • il se fait au contraire, sentir chez Juvena' avec Alexandre meurt a trente ans. Pesez leurs c~ndres •
taient aussi; mais, selon des vers charmants des Penrosses qui le trainaient, plus vieilles et plus capricieuses ri;ueu~
tout~ lyrique. L'un a moins d'appr_et, _l'au- Quel poids leur trouvez-vous a _ces, ~rands c~p1t~•~es?
0
nd
encore que la Belle et que Barbette, butaient a chaque
¡ s de solidité. Horace s'amuse et Juvénal s'~ ~gne; &lt;&lt; La vie, pour trouver la paix rnter1eure, na d autre sées d'aout :
d
orniere. Quant ·au conducteur, il était aussi taciturne :s~it et le dit: Dans le temps ou il vit, « l'm igna- route a suivre que celle de la vertu. Ji_
La muse des Latins c'est de la Grece enr.ore :
que le pere Antignac était jovial; et, pour áche~er Mauseule dicterait des vers. ))
,,
Ces deux satires de la Conscience et des Vreua: des~~
Son miel cst pris des fieurs que l'autre lit éclore...
rice, les autres voyageurs étaient de corpulence énorme Jamais société plus profondément cartee ne P?sa de- mes ~ont un sublime contraste a l'impitoyable réaht~
Cette muse, moins prompte et plus industrieuse,
.
t
La
de'lat1·on
et
la
bassesse
ouvra1ent
les
,,
'h
b
I
A
o1
et la carriole dure a plaisir.
l un pern re.
.
des eintures que Boileaµ a taxées d yper o e. qu
Travailla le nectar, dans sa fraude piense, , .
A lssoire, ce fut bien pis 1Évidemment, Je sorts'acharde la cour les chemins de la fortune et de la pms- bon ~uspecter la sincérité de Juvénal, soit daos l'expresLe scella dans l'amphore, et la, sans plus l ouvr1r,
nait sur l'infortuné Parisien ! Le beefsteak se trouva ;s L'bonnet: homme voyait au grand jour « une ca- sion ·des grandes vérités morales, soit dans les tableaux
Jusque sous neuf consuls lui permit de murir.
trop cuit; la servante ful maussade, et le lit, horl'endv.mf ·11 •d'Egypte un esclave de Canope, un Crispinus, en
u'i\ retrace avec un si minutieux acharnement: « MarLe nectar, condensant ses vertus enfermées,
A propos redoubla de douceurs consommées,
humide, et plein d'hotes malfaisants !
~ot ;ame~er 6.erement sur l'IOD épaule la p~urpre ~ial son contemporain, qui approuve ce que blame JuPrit une saveur propre, un gout délicieux,
Aussi, le lende.main m1tin, Mauricc eu.t égorgé tres- ·enn;. )&gt; 11 n'était louange si plate qu:on n~ pu.t f~ire
,'
st la pour constater Ja 6délité du pemtre. &gt;)
1' e
sénat
qui
J.
ad1s
avaü
regle
le
vena
L.
1
e
que
Digne en tout du festín des pontifes des dieux.
Le
proprement le malavisé qui serait ven u lui chanter les
rter aux grªIlds.
,
C'est le creur du poete qui parle, .1e~ P us encor
douceurs de la campagne.11 sauta, toujours furieux, daos rt d monde délibérait sur la sauce d'un turbot. La
·t C'est un souflle généreux qm gonfle, quelqueu
'
d.
· rs ¡
son espr1 .
.
.
un wagon qui, dix heures apres, le déposait, mal calmé ·ehesse était le vreu et le 1eu umve e ·
.,
f . .
'a l'enflure sa période retenttssante, mais
Boi\eau a surtout cultivé la satire littéraire; il a. imencore, sur le pavé de Paris.
, Cet homme que portent six esclaves dans sa liti~re ¡is JUS~llsa pensée ~n relief, une vie extraordinaire. molé d'une main su.re les Cotins de son temps, .ce dont ·
Depuis ce jour funeste, il n'y a plus qu'un endroit au qui s'y laisse voir, qui s'y étal~, en se don~ant des airs Nonne mmes dans la forge de Vu\cain. Le vice et la
nous 1m· savons euré. Quant aux questions morales effleu. ,
st
monde ou Maurice Derivas entende parler des bois et de nchés imités de Mécenes, c'est un fau~saire de t~ ª- d;;:d::ce des Romains sont en.lacés i.L jamais dans un
,
dans
ses
épltres
ce
sont
des
lieux
communs
traites.
rees
,
é,
.
la nature sans soubresauts ni hoquet$ ,· c'est un petit ments )) _ « Est-il riche 1 voila la premiere ch oseª saavec convenance. La satire sociale a te pour 1m UIL
.
d ·e dont on filet d'acier.
.
,
st
atelier situé a un quatrieme étage de la rue de Paradis- oir. ,1ant a son caractere, c'e la er~i re
.
L
&lt;&gt;rands foyers Jancent parfo1s le plus de fumee, écueil; il y a échoué la seule fois qu'il l'ait abordee : sa
1 D
p01ssonn1ere,
.
.
,. ' ~'tcra. i&gt; - . « D'ou vient que Césenma
pus
•
Juvénal ,a ses
et sur la porte duque! on peut Jire en groi:- smqme
. ., C'est tla meil'elle et leesmétal
en fusion est chargé de scories.
diatribe contre les femmes n'est qu'une étude 'ma~q~ée·
ses lettres tracées a la craie ce seul mot: CoROT.
lture des femmes, si l'on en croit son man· es q~ .
ombres et ses aspérités. Mais le plus so~vent les def~uts d'apres Juvénal. Sans doute, les vers y sont d º,rdma1re·
AnoLPRE BADIN.
lui a apporté im million en dot : il lui tr_ouve un m1llwn qu'on \ui reproche tiennent uniquement ~ des a\lus1on_s bien faits et les transitions heureusement menagées}
~
'1 vertus. &gt;J « Achete des marchand1ses ~our le~bre)
.
s embarrassent. Son langage plem, sonore, v1- mais les griefs articulés sont presque _to°:' communs ~u_x
1dre moitié plus cher, transporte (au dela du T1 re ~~;/;~r des images perpétuelles, unit d'ordinaire la hommes et aux femmes; rien ne les JUSt1fie que le desn·
J
UNE SOURCE SOUS BOIS.
lf ,tes les denrées possibles,' sans t~ rebuter ~e leur clarté a la force. Qu'on ne s'y tro_mp~ pas: Horace est de rimer. S'il y a des femmes sensuelles, gourma~des,
Tout est calme sous la feuillée. Bien que les feúilles s' ·ur. Méts-toi bien dans l'esprit qu'1l ne faut faire .~u- d'une intelliaence beaucoup plus d1ffic1le.
.
avares, joueuses, reveches, fausses malades, alt1eres,
p
u ~ontraire se complait daos l'obscur1té et la Alcippe a parfaitement raison de répondre en assei mauaient déja jauni et commencent a tomber, le bois est en- '!I ue différence entre les cuirs et les parf~ms : qu ,m, :rse, a. il n'y a ~ue des angles dans son style; ses
core touffu et ne laisse pénétrer que quelques rayon~ , irte la marchandise? L'argent qu'on en tire sent_ touvais vers :
. du soleil brulant qui dore la cime des arbres. Tout le onrs bon. Aie toujours a la bouche ~ett~ pense~ d~ ~~~e:rs:s;: de vrais squelettes, qui to~ben~ ~i l'on, en néjour, le chevreuil et ses compagnes ont conduit leu)'8 poete : Comment vous vous etes enrich1: c e_sl _ce º.º
lige un selll os. Il a dépassé le pomt dehcat ou la ~eJe ne dirai qu'un mot. La íemme qui m'enchante
jeunes faons a travers les méandres de la foret, pour nol ne s'inquiete; l'essentiel, c'e~t de s enr1ch1r_- Vo1l~ ~herche et l'affectation cessent de plaire. Une t~aduct10~
Noble, sage, modeste, humble, honnete, ~ouc~ante,
b' fa't pour lui comme pour le lecteur' elle de
leur montrer les endroits ou l'herbe est drue et tendre: ce que nos vieilles nourrices ense1gnent aux ~et1ts gar
N'a pas un des défauts que vous m'avez fa1t voll'.
tt
la ce que est un ien ,
.
,
b ll , .
on rentre au gite et l'on se désaltere, avant la couchée, ~ons qui se trainent encore a quatre pa es; vo1
. a e la saveur saine et distinguee de ~ette_ e e ame'
g
. devient acrréable et de fac1le d1gestwn. Les
a la source qui roule ses tlots sur un lit de mousse tou- savent toutes les petites 6.lles avant d'apprendre leurs gPerse,
compr1s,
.0
Juvénal, au contraire de Boileau, n'a jamai~ mieux
jours verte. Hotes charmants de la foret, c'est votre der- lettres ! ))
•
vers sublimes comme le fameux
réussi que dans la satire des femmes. Pourquo1? Parce
« Vit-on jamais plus riche collection de vice~, de ~unier jour de repos ! Demain, le cor et les cris des chasqu'il s'escrime contre des réa\ités et non contre _un plaspidités plus vastes et plus dévorante~, ¡~ _mame du ~eu
seurs troubleront de nouveau ces lieux si calme~. PauVirtutem videant intabescantque relictl !
tron; parce que les Romaines de,. son te.mps ava1ent. tous
, . ·t
plus llflrénée? Non, les siecles a ve~1r n a¡outer~nt rie_n
vre chevreuil ! il te faudra fuir, comme l'an dernier, de\es vices et lous les ridicules qu il flagelle. Ce qw, eta1
i nos dépravations; en fait de pass10ns et de VJces,. Je
vant la meute. Puisses-tu lui échapper encore une fois !
(qu'ils voient la vertu et secbtnt du r~gr~t de l'avoir
vrai de son temps, et meme durant tout le m?yen a~e et
défie nos descendants de trouver du nouveau. )) (C est
P. P.
laissée !) font passer les tirades ala~biquee~ et con[us, . la Renaissance, avait cessé de l'etre au d1x-sept1eme
~
loujours Juvénal qui parle.)
. ,
Comment ne pas parler ici de Bo1leau, qui a tant vecu
La mendicité effrontée, le parasitisme et c~s obscé01tes d'Horáce, de Juvénal et de Ferse? Qu~1! tout le monde sieg;~ devrait étre une satire des _femmes aujourd'.hui!
REVUE LITTÉRAIRE.
siconnues de l'ancien peup\e de Dieu, coura1ent les rues.
aura lancé son mot sur le Yieux Despre1mx,
Faudrait-il tout rejeter et daos Bmleau ~t daos J~venal.
Le, Satiri&lt;p1es latirls, traduction nouvelle, par E. Despois.
La goiu[rerie immonde, cause encore de tant de gas. .
. '
Nous ne le pensons pas. Seulement les vices sera1ent reHachette, 1864.
trites, était en grand honneur, el ruisselait meme ~n
Et je serai le seul qni ne pourra1 r1en d1re.
légués sur le sPcond plan, et le fort de l'attaque port~L'ardeur de se montrer et non pas de médire
ftots de Falerne sur les levres des grandes &lt;lames. &lt;&lt; ~1.1'e définir son rait sur cette futilité de pensées qui nous pro~~t des ~eArma la vérité du vers de la satire.
?on man&lt;&gt;e d'un surmulet qu'on a fait venir pour lu1 de
L'occasion se présente, toute naturelle, d
l ·1
érations indécises et saos foi sociale ou poht1que, ..ur
Corse o; des rochers de Tauroménium; d'une murene talent, l'influence qu'il a exercée, le rang auque l a n
La satire, en tant que genre littéraire, est done un
monstrueuse, péchée dans le goufire de Sicile. Devant
poeme qui a pour objet l'expression de la vérité sur les

t

;\r
t

ª

!:-

1

�L' lLLUSTRATION, JO URN AL UN IVERSEL.
celle contradiclion
,ourde qui, animant les meilleures
femmcs contre l'infl 11ence légitime de
leurs peres ou de
leurs maris, les jette entre les bras,
aux pieds de directeurs étrangers et
hostiles a la famille. Mais il ne faudrait pas se contenterde la discrétion de Boilcau; il
ne faudrait pas
cbercher a faire
sourire. La situation cst terrible.
Dans le ménage,
l'un nie avec sa
raison ce que l'autre croit avcc sa
faiblesse; le charrne de la femrne
abaisse le mari a
une foule de concessions, de capitulations de conscience. L'enfant,
livré a une instruction rétrograde
qui pesera toujours
sur luí, soit qu'il
en conserve !'esprit, soit qu'il le
rejette, ne comprend plus rien ala
destinée de l'homme; tout se résume pour lui crans
cette double formule : &lt;&lt; L'argent
et les convenances. l&gt; Et cependant
le mariage est la
loi naturelle I fixée
par la sagesse sociale; mais, en_'terminant, comme les
vaudcvilles, par le
mariage, je m'aper~ois queM.Despois altend toujours un traitre
mol sur sa belle et
bonne traduction.
Les passages que
nous en avons cités pcuvent faire
pressentir notre
opinion, qui est
enticrement favorable. La premiere
qualité, pour traduire un auteur,
c'est de l'aimer; la
seconde est de le
comprendre, et la
troisieme est de le
rendre. Aucune ne
peut etre contestée
a M. Despois.
Nous avons com-•
paré pi usicurs passages de sa version
avec celle de
M. Courlaud- Diverneressc. Cellcci, fort estimable,
et d'une exactitude
littérale, frise quelquefois la sécheresse a force de
chercher l'éhergie;
elle ne nous fami••

liarise pas-;;-¡
, l. M. Deapo¡."
vena
a voulu, sans 11_
longe~ son modele,
en fa1re valoir la
rondeur et l'ea.
train; partout il ~
rend accessible
soit par le tour na'.
turel qu'il lui doo.
ne, soit par r,1•
pression populaire
et j ustc. Je ne Cl'ois
pas que JuvénaJse
fut traduit autrc.
ment lui-meme.
En naturalisaot
Juvénal chez nons
AL Despois no~
meta meme dejuger quelle distance nous sépare du
bourbier romain.
Nous n'y sommes
plus, mais nom
pourrions y reto111] , her. Prenonsgarde
que si le nombre
:a eles crimes a dimi.
1mé, les vices plos
"' que jamais se cachent sous le mautca11 de l'hypocrisic, attendant l'occasion de se mootrer sans crainre
au grandjour. Versatilités politiqoes,
mauvaises plaisaoteries di plomatiqnes,jeunesse chevaline, demi-mondc et grand monde,
miraculées el spirites, un pas de
plus, et la satire
nurail droit de !e
réveiller. Mais

ti
PAROLES ET Mus1ouE DE M. GusTAVE

•

UNE CHANSON PAR MOIS.

POUR CHANT ET PIANO.

Andantino.

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A PARIS.

Un spiritueJ fo,.
nomiste disail : &lt;e J'ai souvent entendu mesurcr la
ci vilisation a la
quantité de fer
qu'un peuple consomme, ou bien
au nombre d'hectares de terraio
qu'il met en culture, ou bien enfio
au chiffre des affaires qu'il manipule. C'est faire le
tour de la statistiquc pour une
question bien &amp;imple it résoudre.
Pour moi, je me
contente de de•
mander a un pea·
ple s'il se lave les

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On veut les sume dans I'espace;
Lé souffle manque, l'mil se lasse;
On retombe tout haletant.
On rentre au logis habitable ,
Et l'on retrouve sur sa table
Le hm ami qui vous attend.

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On le hume comme un par. fum. - - - -

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Un ami qui vous fait visite
Kt qui, venant sans qu'on l'mvite,
Iamais ne· se montre importun.
On le déguste feuille aleuille;
Ains1 qu' un fruit mor on le cueille,
On le hume c9mme un parfum.

-

1

-

-

...
d'étude
Qo'on repasae par habitude
lt lea yeUI fermés a demi,
r.e101 qui aemble de lui-meme
le ronmr aux pages qu'on a1me,
r.e hne-la, c'est un ami,

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1A line de choix ou

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le déguste fenille a feuil . Je; Ain - SI qu'un fruit mur on le cueil - le,
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Ja • mais ne se montre im.por • tun.

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3

4

5

ll n'exige pas qu'on !'admire;
JI vous instruit sans vous le dire,

ll charme bien plus qu'il n'étonne;

D'autres veulent un grand théatre;
11 leur faut la foule idolatre
Et les chaudes ovations.
lis cherchen! les routes nouvelles,
Et vous emportent sur leurs a1les
Vers les hautaines régions.

Son orgue1l n'offense personne;
11 vous maintient asa bauteur.
On finlt le vers qu•it commeoce;
S'il ne l'mit écrit d'avance,
On croirait en Mre l'auteur.

Professeur indulgent et doux.
On sent l'écrivain 9ans le livre;
ll semble tout e1pres revivre
Pour venir causer me vous
7

8

Nous ne vivons pas sur des clmes;
Cra1gnons les postes sublimes
Gonflés de leurs propres efforts.
Ceux qui r.onviennent a nos ages,
Ce aont les simplea et les sages,
Et non les puiuants et les forts.

Pour moi, si l'on veut le connaltre,
Celui que j'ai cho1si pour maltre,
C'est l'homme élégant et poli
Qui fuya1t les c1tés malsaines,
Et qui m'rnvlle avec llécenes
Dans sa villa de T1voli.

}!Ei;GEL ET COMP., t D!TECRS,

n

Ie conviendrai, pour etre juste,
Qu'1l ftattait un peu trop Augusta,
Et que trop large était son cmur;
lifais 11 est maltre en l'art de vivre,
Et sa bonne humeur vous enivre
AiDJi qu'une vie11le liqueur.

�174

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

mains, et je vois la civilisation la 'i:ru je trouve l'eau et le
savon. ii
11 y a du vrai dans ce piquant aphorisme. L'hygiene
et la propreté ne devaient pas étre, chez les Huns et les
Gotbs, les premieres vertus. Les bordes d'Att1la se préoccupaicnt plus de batailles que de toilette. Sans étre
enragées, les peuplades barbares sont hydrophobes,
• et la civiltsation seule fail de la cuvette un des premiers
besoins de la vie.
La ou la cité s'Éleve et oü la vie civilisée commence,
la aussi vous voyez intervenir le pouvoir vivifiant de
l'eau. L'homme divinise alors la source, les fleuveset les
rivieres qui le font vivre. Aussi un historien latin dit-il
sagement : « Ce sont les eaux qui fondent les cités : Urbes

les inconvénients de tous les 'systemes 'présentés. La renton pourvoira a cette deuxieme partie du se •
Seine, la Marne, la Loire et la Dhuis avaient de chauds
Mais ce grand réservoir de Ménilmoutañt étai~
défenseurs. Mais enfin, c'est la plus modeste des aspi- bas pour suffüe a toutes les exigences de la dist,¡1t;
rantes qui a été jugée la plus digne, et l'humble Dhuis tion des eaux dans les quartiers élevés. 11 a done falla
est appelée a l'honneur d'entretenir la santé et la en créer un autre sur les hauteurs de Belleville, Pllt
beauté de la capitale.
dominer tout París et pourvoir i! tous les besoins, r.
Nous disons la santé et la beauté de París, car il s'en bassin n'est éloigné de celui de Ménilmontant (Jlle'•
faut que sa population ait asa disposition l'eau sum- 500 metres; il sera alimenté par lui au moyen dllle
sante. D'apres les dounées établies par l'administration machine a vapeur.
municipale, la aistribution d'eau !impide ne s'éleve
Tous ces travaux s'exécutent en ce moment. Surtoai
qu'a 3,600 metres cubes par jour, ce qui donne, pour les points, la pioche, le marteau, le fer, le moellon 11et,.
l ,500,000 habitants, deux litres et dP.mi µar tele. C'est tent en mouvement toute une armée de ces travaiUeai.
la une quantité tout a fait insuffisante; il faut a París, que M. Drouyn de Lhuys appellc les artisans de la 'lltúílrt.
avec l'air et la luruiere, des eaux pures et abondantes.
Et voila Paris a la ve1\le de recevoir le large appro,¡.
aqure condunt. »
Une prise d'eau nouvelle était done indispensable.
sionnement d'eau que sa population attend depuis biea
TI ne faut done pas dire, comme certain prédicateur
L'aqueduc qui va nous apporter les eaux de la Dhuis longtemp~. París a maintenant besoin de tant d'ahlutiona!
candide : ce Admirez, mes freres, les profonds desseins n'est pas une mince entreprise. II n'a pas moins de Il en faut pour assainir les vieux .quartiers; il en faat
de la Providence, qúi fait couler les rivieres aux pieds des l 39 kilometres, qui présentent les travaux les plus variés, pour conserver la splendeur des palais que l'on coDSlroi
villes, i&gt; mais il faut reconnaltre le merveilleux génie de en fonte et en ma~onnerie; des ponts, des ponceaux, des chaque jour; il en faut pour répondre aux demandes,
l'homme, qui a toujours placé au bord des fleuves le· canaux a ciel ouvert et des conduits souterrains.
de jour en jour croissantes, des habitants. Nous voyons
berceau des grandes cités qu'il a baties.
La partie de l'aqueduc exécutée en fonte a une lon- poindre !'ere ou la mécanique fournira a tout holllUlt,
Et l'eau des fleuves ne suffit pas. JI faut en demander gueur de l 6 kilometres, et la partie exécutée en ma~on- comme a !'hotel Saint-Nicolas de New-York, un robintt
aux rivieres les plus voisines. Toutes les civilisations nerie a une longueur de l l 8 kilometres, dont l O kilo- d'eau chaude et un ro,binet d'eau froide. c·est _un beau
meres ont construit des aqueducs puissants, et la plus metres en conduits souterrains, et 108 a ciel ouvert, a programme, mais Paris peut le remplir. Comme no.
haute antiquité nous en montre en Orient, aMemphis, travers de~ tranchées de 3 a 7 metres de profondeur. La blesse, puissance oblige !
a 8abylone et dans le pays d'Israel.
ma~onnerie est faite en meuliere; son épaisseur est de
BÉNlU CoZJc.
Pour ne donner ici qu'un exemple des gigantesques 20 centimetres; l'intérieur des constructions estrecouverl
aqueducs auxquels les anciens consacraient leurs tré- d'un enduit au ciment de 2 centimetres, de fa~on a renAfROPOS DK L'l!UUGURATION DU CHEll!i DE FER D'KSPAGD.
sors 'et les bras de leurs esclaves, citons l'immense tra- dre la ma~onnerie complétement imperméable.
vail accompli par les Romarns. Procope nous rapporte
Le travail en fonte sert a franchir les cols et s'établit
Le premier article de notre correspondant X, Y, z, 1111
que Rome seule possédait quatorze aquedncs, qui rem- avec ~es tuyaux d'un metre de diametre intérieur. L'enl'inauguration du chemin de íer du nord de l'Espagoe,a
plissaient i 56 bains publics ou particuliers, l ,352 !aes semble de l'aqueduc, qui n'a, sur tout son parcours,
soulevé quelques clameurs au dela des monts.Nolre corou grands bassins, i6 thcrmes, 6 naumachies. Un de ces qu'une pente d'un dixieme de millimetre par metre,
respondant, au milieu du tohu-bohu qui est la conséaqueducs, l'Aquavirgo, n'avait pas moins de 14,105 pas présente une forme ovoide ayant im,40 dans le sens de
quence forcée de toute inauguration, a vu les ch06ea, il
romains. Et remarquez que Procope ne compte pas les la lar~eur, et l m,76 dans le sens de la hauteur:
faut bien le reconnaitre, sous un aspect qui n'était PII
nqmbreÜx canaux souterrains qui servaient aux opéLes conduits souterrains ont une longueur qui varíe l'aspect vrai. On vient de faire deux cents lieues en,..
rations de l'édilité romaine.
de deux mille metres a deux cents metres. lis ont été gon, on est fatigué, et l'on griffonne au pied levé, sor le
Ces conduhs souterrains étaient construits avec un art construits par des puits de 50 metres a iO metres de bout d'une table, quelques lignes que l'on croit saa,
qui fait le plus grand honneur aux ingéuieurs anciens. profondeur.
conséquence et qui ont une portée toute autre que celle
Les naumachies, par exemple, conteJ!aient deux especes
La prise d'eau a lieu dans un réservoir qui réunit les que l'on avait prévue. Encore une fois, cet article, écrit
de .canaux, qui servaient a remplir et a vider le cirque. eaux de la Dhuis au moulin de la Source, sur la comau crayon, au milieu du cliquetis des fourchettes, n'a
Sous les yeux de dix mille spectateurs, sur un signe mune de Pargny, dans le département de l'Aisne. L'a- aucune importance. c·est dans le second article, fait ¡
donné par la loge impériale, le cirque se remplissait queduc a done a traverser, pour arriver a ~Jénilmontant,
tete repo~ée, que l'écrivain distingué qui a bien voulose
d'eau pour le combat naval, et, le combat fini, l'eau dis- les départements d.: l'Aisne, de Seine-et--Marne, de charger du comP.te-rendu de l'inauguration du nou,ean
paraissait comme par enchantement, pour laisser la Seine-et-Oise etde la Seine. Pres de 140 kilometres!
cbemin de fer, a exprimé l'impression vraie et sincere
place au:x luttes sanglantes des gladiateurs.
On peut se faire une idée de l'importance du travail que luí avait causée la vue du heau pays qu'il voyail
Quelle idée ne devons-nous pas nous faire du volume par la masse des matériaux mis t!n reuvre. Pour cons- pour la premiere fois. Les Espaguols les plus méticulem
d'eau que recevait Rome, en considérant que trois de trpire la conduite en ma~onnerie, pour établir la conne sauraient se plaindre de ce second article, ou l'écrices aqueducs, restaurés et entretenus par les papes, duite en fonte et pour faire les travaux d'art, on em-- vain, ayaot mieux vu, a mieux jugé. Nous espérons que
produisent, en vingt-quatre heures, l 80,000 metres ploiera 38 millions de kilogrammes de ciment, ces explications satisferont tout le monde, et nous prencubes d'eau, ce qui équivaut a sept fois ce que Paris 160,000 metres cubes de pierre, 88,000 metres de sable, drons la liberté, en terminant, de rappeler a nos honoprend a la Seine dans le meme temps.
iO millions de kilogrammes de fonte, 140,000 kilogram- rables correspondants &lt;l'Espagne le titre d'une piece de
La France a re~u des Romains, comme une tradition n1es de plomb, et l'on aura remué 850,000 metres cubes Shakespeare : Beaucoup de bruit pour ,•ien.
précieuse, ce gout salutaire des grandes constructions de terre. Les premiers devis portent le cout du travail
P. PAGET.
hydraulu¡ues. París, Lyon, :Metz, Orange, Fréjus, Nimes, a 40 millions.
Toulon; Coutances, etc., conservent encore des ruines
Mais on sait ce que deviennent les devis pour un traimposantes, qui témoignent en faveur du génie de la vail de cette importance. L'histoire des chemins de fer
Gaule. Et nos principaux aqueducs modernes de Mont- ese la pour nous en donner une preuve convaíncante.
PU11LICATIONS NOUVELLES.
pellier, rle Bucq, de Maintenon, de Marly, de Roque- Sans aller si loin, la construction de l'Opéra nous prouve
PHILOSOPRIE DE L'Hl5TOI!IE. - Les lettres sur la philoft.
favour montrent également que! role important la d1s- que nous ne devons pas tenir cornpte des premieres
phie
de l'Histoire, par M. Odysse Barot, publiées par la
tribution des eaux joue pour nous dans l'économie so- éval uations. Puisse le chiffre de 40 millions ne pas étre
librairie
Germer-Bailliere, sont d'une lecture attachanle,
ciale.
dépassé !
instruc_tive.
Quatorze chapitres ornés d'épigraphes biea
Est-il besoin d'en faire sentir le prix? Marseille n'eut.
Le travail ·d'art le plus remarquable du parcours se
pas été victime de l'effroyable peste qui l'a dévorée en trouve placé a Dampmard, sur la Marne, et a 5 kilome-• cboisies exposent les idées souvent justes de l'auteur sor
n20, si, a cette époque, le magnifique aqueduc de Ro- tres de La!!ny. Il y a la un pont-aqueduc qui sert a re- la guerre et le droit des gens, la force et le droit, la di·
quéfavour lui avait porté, comme aujourd'hui, les eaux her le flauc de la cote de Chessy au flanc de la cote de plomatie, Je talent militaire, les nationalités, les luis de
l'histoire. M. Odysse Barot voit !'avenir du monde dans
de la Durance, en réunissant deux rochers séparés par Dampmarci.
la
fédération agricole, financiera, politique, principe
une vallée de 400 metres, et soudés maintenant par des
Ce pont-aqueduc n'a que trois arches; mais ces trois
malheureusement
idéal, si fortement établi naguere par
arcades qui orit, en certains endroits, 86 me tres de baut ! :,,rches, qui n'ont qu'uue largeur de 3 metres, ont une
M.
Proudbon,
daos
son livre le Principe fédéran/,
L'admirable travail de Roquefavour, en transporlant portée de 27 metres, et représentent une construction
M.
Odysse
Baro1
trouve
Frédéric le Grand supérieur l
une riviere d'une montagne a l'autre, a doté Marseille aussi élégante que hardie.
Napoléon
et
a
César;
et
peut-ctre,
apres l'avoir lu, serade fontaines, de verdure et de fleurs, et l'a arrachée
Ce travail n'est, a vrai dire, qu'un syphon, puisque le
t-on
de
son
avis.
Quant
a
ses
idées
sur le Pro~res, noos
pour toujours aux atteintes des épidémies terribles.
tube du pont esta 70 metres plus has que le poi"nt de déles
croyons
incompletes
et
injustes.
Po1Jr nous, le proParís n'a jamais, Dieu merci ! subí les périlleuses pri- part sur la hauteur de Chessy, et qu'il doit re_porter l'eau
gres
social
est
visible;
son
caractere
irréfragable ell
vations de la grande cité pbocéenne. Au fur et a me- au sornmet de la cote de Dampmard. 11 y aura done sur
sure que lá vieille Lutece a grandi, des pompes, des ca- ce pont-aqueduc une pression de sept atmospberes, et l'accroissement de la sécurité publique; mais noot
naux et des aqueducs sont venus accroitre sa provision la moindre rupture donnerait la un jet d'eau aussi Leau avouons que le progres personnel est nul et impossible,
11 est cerlain qu'Aristote, Phidias, Virgile, Lucrece,Ju,brl'eau. C'e'st ainsi que les eaux de la Seine, d'Arcueil, des que tous ceux de Versailles.
Prés-Saint-Gervais, de Belleville, de Ménilmontant, du · Le réservoir donnera a Paris 46,336,000 litres d'eau nal et tant d'imtres trouveront agrand'peine des égaox,
puits de Grenelle et de l'O1,1rcq, ont été successivement par vingt-quatre heures, soit 536 litres par seconde. et ne seront ja,nais dépassés en génie. Quoi qu'il en soi1
de ces divergences partie\les, nous recommandons vitemises a contribution pour satisfaire aux besoins de la c·est un supplément qui peut compter.
ment
l'ouvrage de M. O. Barot. L'esprit de son préam·
consommation.
Le point d'arrivée a Paris est a Ménilmontant, dont le
bule
est
excell(lnt, et la liste des lieux communs qu'il se
Mais depuis que Paris a élargi sa cemture et que la grand bassin sera alimenté par les eaux de la Dhuis
propose·
d'éviter
devrait étre apprise par creur dans lel
cité géante travaille a s'habiller de nenf, il lui faut un et par celles de la Marne. L€.s eaux de la Marne y vienjournaux
et
les
revues.
supplément d'eau pour sa toilette. On a cherché long- dront par un canal de l2 kilometres, allant de Méniltemps, on a discuté a perte de vue sur les avantages et monta.nt a Cbarenton. Une turbine placée a Cha-

......

L'lLLUSTRATION, JOURN AL UNIVERSEL.
t75
- - - ·-- ---·---- - - - - - - - - - -- - ~ ·- - - -- -- - --

__:...-- - - - - - - - - - - -- -C!ISSK GblRAU DKS AVANCKS SUR TITRKS.
avons exposé, dans un premier article, l'idéeNouqui a présidé a la création de la Caisse générale des
mere es sur titres, et nous avons demontre
'
· que
'11e e·ta·1t 1e
!:uncment des grandes institutions que le crétlit a
i0ndées en France.
ne suf6t pas, en effet, de vanter le principe tout11
·ssant de l'association, et de le présenter comme le
pm_ d'Archimcde,
Jev1er
. avec lequel on .pent sou!ever le
de industriel; 11 faut encore con~ohder la masse des
mon
., ,
. .
intérets crées, et la pr~pr1ete co1ossa1e const1tuee par
Compagnies, aura mcontestablement plus de con~~nce et moins d'embarras, plus de valeur et moins
:s crises, le jour oti la Caisse générale des Avances sur
ti~~ viendra présenter a ses intéressés une latge et
rm:inente ouverture de crédit.
peUn root suffit pour faire apprécier la portée d'une telle
inslitution : Mesurez ce que fera le crédit pour la proriété mobiliere, en mesurant ce que les Banques ont
rait pour le commerce, et ce que l'.hypotheque, dans de
rnauvaises conditions, a fait pour la propriété fonciere.
Un dernier mot pour compléter cet exposé somm:lire,
eo donnant ici l'organisation méme de la Caissegénér1o1le.
Deux príncipes excellents, honorables et dignes d'étre
pris comme re~les, par toutes les institutions de crédit,
oot 11uidé M. Hippolyte Destrem dans la constitution de
la so"ciété nouvelle, et ces deux príncipes se résument en
denx mots : controle, publicité.
Par le controle,M. Hippolyte Destrem s'efforce d'obteoir tout d'abord un résultat qui ne peut que profiter au
dévelop11ement comme a la bonne réputation de son
reuvre. JI veut, par un Conseil investí des pouvoirs les
plus étendus, donner a chaque demande de crédit une
mesure aussi exacte que possible, et cette appréciation,
base de la prospérité de l'entreprise, sera, suivant nous,
moins difficile a trouver q,J'on ne pense. 11 est toujours
aisé ile distinguer les Mouzaias des Vieille-Montagne,
et le Cooseil rle la Caisse générale pourra écarter les ti tres
dépréciés, tout aussi facilement que le Conseil d'escompte
écarte ala Banque les mauvais bordereaux. Ce controle,
le fon1lateur l'applique, d'ailleurs, avec le méme scrupule,
atous les acles de la Société, et loin d'imposer a ses actionnaires aucun nom pour ses couseils, la 'gérance se
propose, au contraire, de laisser sur ce point a la Société
une libe:rté entiere. C'est la, il faut le reconnaitre, une
pratique qui, bien comprise et bien appliquée, arriverait a
vivifier les princtes trop souvent faussés de l'a..;sociation.
Par la publicite, M. Hippolyte Destrem réalise, des le
premier jonr de sa fondation, toutes les réformes que
l'opinion et la presse réclament depuis iongtemps. Et, en
effet, daos le monrle des affaires, ce n'est pas le connu,
c'est toujours l'inconnn qui préoccupe et inquiete. Cela
est si vrai que c'est it ce besoin de publicité qu'aboutisseot, en matiere de finance et de crédit, toutes les polémiques. N'est-ce pas la ce qn'on demande aux compagniesdc chemins de fer, qui liscnt en dcux heures, dans
lenrs assemblées générales, un rapport dout !'examen ne
peut se faire el). un jour? N'est-ce pas la ce qu'on demande atout les établissement.s fondés sur l'a~sociation?
N'est-ce pas la ce que vient de reconnaltre la Banque de
FPance, en reprenant la publication hebdomadaire de ses
bilans? M. Hippolyte Destrem fera done bien d'agir en
pleine lumiere, et a notre avis, c'est avec raison qu'il dit
en e1cellents termes : e&lt; !fa ma·ison sera de verre. i&gt;
Ainsi done, si l'utilité de l'institution est man ifeste,
l'honnéteté des intentions et des actes est également évidente. Considérée au point de vue de la richesse du pays,
comme au point de vue d11 crédit, la Caisse générale des
f11Jances sui· titres constitue un progres réel et sérieux
dans l'histoire de nos institutions financieres. Nous
,_oyons pourtant surgir, ~a et la, quelques rares objectíon~. Que voulez-vous? En toutes choses, on peut s'attendre avoir des gens qui ne regardent jamais que par
le l!l'Os bout de la lorgnette. Mais ce n'est la qu'une erreur d'optique. On peut la redresser, et Dl\us la redresserons.
HENRI Coz1c.
,

5

~

DE L'EMPLOl DU VALÉRIANATE D'AMMONIAQUE
de Pierio\

C0NTJIE LES Ai'FECTIONS NERVEUSES.
L'histoire thérapeutique des 'névroses suffirait seule
JlOor attester les progres que l'art de guérir a réalisés
daos notre temps. En effet,. la médecine a livré, pendant

des siecles, contre les maladies nerveuses, de longues
et opiuiatres batailles que la victoire ne couronnait pas
t011 .

Jours.
Mais aujourd'hui, l'on peut dire heureusement que la
lutte soutenue par la médecine contre la névro~e, s'est
terminée a l'avantage de la science. A l'action du mal,
la thér1peutique a trouvé enfin le moyen de répondre
par uue action plus energique encC1re.
·
"' · s1· repan
, due, de b'1en
11 importe,
pour une auect1on
connaitre le secret des conquétes que nous signalons.
Nous dirons done qu'on s'était étudié a ne chercher,
pendant longlemps, qu'un apaisement an mal par une
médication extérieure, le plus so,ivent inefficace. C'était
faire fausse route, car la névrose, qui représente un
éhranlement de la constitution tout entiere, a besoin,
par cela méme, d'une médication interne qui puisse
attaquer jusqu'an rrincipe meme de la douleur.
Aussi la médication interne a-t-elle définitivement
prévalu, et la thérapeutique n'a plus aujonrd'hui qu'un
but: rechercher et ordonner le médicament le plus énergique pour agir le plus rapidement possible sur le malade.
A cet égard, la valér1ane a toujours été considérée
comme un rles anti~pasmodiqucs les plus puissants, et
nous trouvons, dans l'antiquité la rlus reculée, le témoignage que les preruiers maítres de la science médicale
savaient apprécier sa bienfaisante erficacité. Discoride,
Arésée, Galien, Oribase, font valoir les résultats excel.lents obtenus par la 'l'alérianc. Fabius Columna s'en
servit pour se délivrer de l'épilepsie doot il souffrait, et
pour guérir plusieurs personnes de la méme maladie.
A chacune de ses périodes, d'ailleurs, l'histoire de la
médecine ra utilisée largement. Panaroli, Cruger, Lentilius l'employerént avec succes, et, a une époque plus
rapprochée de nous, Marchand, Boerhaave, de Haen,
Sauvages, Haller, Chomel, Tissot, lui durent de nombreuses et solides guérisons.
Pourquoi done la valériane, depuis si longtemps appréciée, n'était-elle pas encore universellement reconnue et employée comme le premier des antispasmodiques? Parce que, pour etre efficace, l'ada¡inistration de
cette racine exige une préparation attentive, qui puisse
lui conserver toute l'énergie de ses propriétés naturelles.
La nécessité de cette préparation était si bien admise
par tous les hommes de l'art, que Cullen n'hésitait pasa
reconnaitre que la valériane, presque toujours détériorée
dans les officines, n'avait plus d'efficacité quand on l'ernployait.
C'est a cet inconvénient grave que M. Pierlot, pharmacien (i), a remédié par une babile combinaison
de l'acide valérianique normal, retiré directement de la
raci11e et combiné a l'ammoniaque. Le nouveau produit
pharmaceutique de M. Pierlot, ingénieusement préparé
sous la forme liquide, conserve ainsi la stabilité et l'énergie indispensable a tous les médicaments officinaux.
Aussi l'usage du Valérianate d'ammoniaque de Pierlot
n'a-t-il pas tardé ase répandre dans la pratique médicale.
MM. Moreau (de Tours), Lélut, Baillarger, Mitivié, Mois.
seult, a la Salpétriere; Dela8iauve, a Bicétre; Monorl et
Vigle, a la maison municipale de san té, ont ohtenu tour
a tour des rí•sultats remarquables et démontré l'efficacité du nouveau médicarnent dans toute.s les affections
nerveuses. C'esta la suite de cessucces, autbentiqnement
reconnus et e 1,1statés, que l'Académie de médecine a
reconnu l'utilité du Valérianate d'ammoniaque. On peut
done proclamer hautement aujourd'hui que les maladies nerveuses ont trouvé, daos la valériaoe, grace au
produit de M. Pierlot, l'antispasmodique le plus puissant que la médecine ait encore appliqué.

Steamer Washington. Mercredi Hi novembre.
La/ayette.... Mercredi l4 décembre.
DE NEW-YORK :
Steamer J.afayette. .. Mercredi 14 septembre.
Wnshinqton. Mercrerli 12 octobre.
J,afayette.... Mercredi 9 novembre.
Washington. Mercrerli 7 décemhre
La/w¡ette.... Mercredi 4 janvier 1865.

J&gt;rix des places:
. . . . .
sPremieres.
d
econ es . . . . . .

700 fr.
400

S'adresser, pour passage,, fret des marchandises, des
especes, et ponr tous autres renseignements :
A Paris, au bureau spéc(a.l de la Compagnie, 12, boulevard des Cap11cine~ (Grand-Hotel);
Au Havre, a MM. William lselin et C•, agent~;
A New-York, a M. Geo. Mackenzie, 7, Broadway.

LE MASCARET DE CAUDEBEC,

Le mascaret est un phénomene qui se produit sur
quelques-uns de nos fleuves, et principalement sur la
Seine; sa plus grande force se fait sr.ntir au.x époq•Jes de
nouvellc et de pleine !une, et surtout dans les mois d'équinoxe. C'est le moment oti lamer commence a monter.
Une énorme lame, une montagne d'eau qui quelquefois
a jusqu'a deux et trois metres d'élévation, se présente
dans toute la largeur de la r1viere, et roule son flot,
avec unP. vitesse de i2 a l5 milles a l'heure. Sa rapidité
augmente d'autant plus que le lit d11 fleuve se trouve
rétréci, et les travaux d'endiguement ont contrib1Jé a
a11gmenter la violence du mascaret. Si, quand le phénomene se produit, les vents soufflent avec force de la
partie de l'Ouest, la marée atteint une hauteur extraordinairé et les &lt;ligues soot submergées. Le mascaret, qui
a eu lieu dernierement aCaudebec, a été un des plus pronon~ qo'oa

:•=:::M:~-

M: ~

•; , ,

Au moment oti l'ernpereur Ma1:imilien prend possession de son nouvel empire, au moment ou la marine
franpise va étre appelée a dire adieu aux cotes inhospitalieres de Vera-Cruz, il n'est peut-étre pas hors de
propos de jeter, en guise d'adieu, un regard rétrospectif sur les lieux désolés que nous abandonnons. - Sacrificios! pauvre ilot de sable que nous avons foulé si
sou vent, témoin de nos tristesses et de nos aspirations
vers la France, c'est de toi que je veux parler! Tu es
le dépositaire de la dépouille mortelle de beaucoup de
nos camarades, et a ce titre on ne peut t'oublier.
Sacrificios est un ilot de sable de 700 metres de tour,
ayant a peu pres la forme d'un reuf, et presque entierement couvert de roseaux sauvages. Les navires de
guerre viennenl chercher un abrí derriere les récifs qui
prolongent cette ile dans le nord, et obtiennent ainsi
un mouillage plus sur que celui de Vera-Cruz, en meme
temps qu'ils s'éloignent du foyer épidémique de la ville.
Qu'était autrefois Sacrificios? 11 ne m'a pas été possible d'éclaircir ce point: néanmoins, le nom qui lui a été
donné par les Espagnols, a leur arrivée, est d'accord
avec la légende pour faire croire que les azteques
avaient cboisi cet endroit ponr y faire leurs sacrifices
humains. Le fait est qu'on y trouve les vestiges de constructions anciennes, et des scories de fer fnndu qui tendraient a prouver qn'il a du y exister aútrefois des établissements métallurgiques. - L'imagination, brodant
sur tout cela, n'a pas manqué de donner le nom de
couteaux de sacrificateurs a de petites lancettes a deux
trancbants,
d'une substance vitreuse, qui abondent dans
o• BER.
(!) Rue Mazar10e, 40, á París.
!'lle et proviennent de gisements d'obsidienne assez
commun3 au Mexique.
Daos ces dernieres années, les Auglais et les EspaCOMPAGNIE G-ÉNÉRALE TRANSATLANTlQUE
gnols se sont livrés avec acharuement a des fouilles
Servtce poatal h-anqall
ayant pour but de retrouver les t1·ésors enterr-és, d'apres
ENTRE LE B&amp;VRE ET NEW-'l'ORK
la tradition, par les indigenes, a l'époque de l'invasion
SJ.N"S 'BSC.lLI
espagnole. - Quant a nous, revenus de ces beaux
Par lu magnifique, paquebot, a rouu
réves dorés, nous nous contentions de cherl!her sur la
WAsmNGTON, capitaine A. Duchesne, de 5,600 ton- plage quelques coquillages rares, et nous avons été
neaux &lt;le déplacement et 950 chevaux de force.
quelquefois assez heureux pour rencontrer des débris de
LAFAYETIE, capitaiDP, A. Bocandé, de 5,600 tonneaux
poteries anciennes, ou des pétri fications assez curie uses.
de déplacement et 950 chevanx de force.
Anres avoir passé par des phases bien bizane3 et que
Les départs se feront le mercredi, tous les vingt-huit nous connaissons mal, l'ile de Sacrificios était devenue,
jours, tant du Havre que de New-York.
depuis l'expédition de l 837 de l'amiral Baudio, et celle
Les prochains départs auront lieu comme suit :
de i 8:1-7 des Américains, le cimetiere des navires de
DU BAVRE;
guerre. Les Frangais, qui plaisautent sur tout, l'ont,
Steamer Washingt-0n. Mercredi 21 septembre.
dans ces dernieres années, surnommé le jardín d'accliLafayette.... Mercredi i9 octobre.
matation du Mexique. Malgré cette triste destination&gt;

�t76

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

eu égard a la grande
distance a laquelle les
batiments se trouvent
de Vera- Cruz (trois
milles marins), les
élats-major3 descendent souvent al'ile,dominés par ce besoin
de fotfier la terre ferme qur existe chez tous
les marins, n'en cléplaise aces vieux loups
de mcr, qui prétendent avoir le mal de
terre daos les relaches.
Depuis un an, Sacrificios s'est beaucoup
transformée. Si la partie nord a conservé son
ancienne destination,
peu de sépultures nouTelles ont étéjcreusées,
et, le temps aidant, la
vue de cette partie de
l'ile, a11 lieu de regrets
cuisants, n'inspire plus
mainlenantqu'un religiell.I recueillemcnt.
La partie sud s'est
transformée en une
véritable fel'me avcc

LE MASCARET DE CAUDEBEC. -

dépenclance~; de uon..
breux besliau~,des ,o.
lati les de ton les S&lt;Jrte&amp;.
quclques-uns d'cspe.
ces asscz rarcs, a1D11sent agréablement le
paysage; et si ia natn,.
re du terrain ne s'cip.
posai t pas a la planta.
tion des cocoticrs, 00
pourr1lit avoir, aSacr¡.
ficios, une petite Oasis,
Malheureusement,
tous les essais de Cuit11re ont échoué. Dans
ces derniers tempa,
une vérita ble maison
vient de s'élever; son
but est de servir de
caserne pour les éqoipages des. navires qui
aurai~nt bcsoin d'étre
assainis.
Lcs-vents d11 non!,
les pluies, le soleil de¡.
eéchant, luttent Al'eovi pour détruire les
pau vres croix du cimetiere; pi usieurs OIII
déja disparu,des moouments plus durables,

D'aprc&amp; un croquis de M. Barbin.

TOI

""d'

Pi

11

•

ti,

P1

Pa

d'.

de

b,

Jk¡

Gra1
pr

gr
JLOT DE SACRIFICIOS, PRES DE VIIRA•t:RUZ. -

ÉCHECS.
PROBLJl.ME

N° l74,

PAR

~f. F.

HEALEY.

U'aprés un croquis de M. Galleran.

construits ala suite de l'expédition de'.1837, tombent aussi
en ruines; je crois que la marine verrait avec reconnaissance un monument commémoratií élevé a la mémoire
des marins fran~ais morts pendant la guerre du Mexique,
clahs l'accomplissement de leur devoir. Pour le matelot, pas de combats glorieux, pas d'assauts entrainanls
au bruit du canon et des fanfares guerricre~, pas de ces
victoires qui ont tant de retentissement et font tressail.
!ir d'ai~e tous les creurs fran~ais; rarement un marin
mourra au cbamp d'bonneur, mais souvent il succombera seul et ignoré au milieu d'une épidémie. Ne serait~
ce pas pour lui une douce satisfaction, de voir que ses
services obscurs et tout d'abnégation ont été appréciés a
leur juste valeur, et c¡u'un monument durable en perpétuera la mémoire?
Il y a quelque temps, au -Corps législatif, un orateur
émincnt a bien voulu !'aire ressortir et mettre en lnmiere le role obscur de la marine. - Ses paroles n'ont
pas été perdues, et plus d'un marin y a puisé de nouvelles forces pour l'avenir.
A.

Les blancs font mat en trois coups.

1i3.
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MM Émile et Henry Frau. (Le Cilla 3• c. du R est bien un

s. GALLERAN.

TEXJER,

rédactcur en chef.

SOLUTIONS EXACTES DU l'ROBLÉME Nº

e noir.)

1 R joue a sa 7• T, et quoique rrpondcnt les noirs, ils sont
~t a1,1. .:oup s11ivant.
J. A. de f;.

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EXl'L!CATJON DU DERNJER HÉBUS:

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NOUVELLES

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LIEO DI

2:l, rue de Ver11euil,

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GAVARNI.

t 20

rr.

5 fr. en sus pour l'envoi franco dans une caisse,

Imp. de L'ILLUSTRATlON, A. Marc,

1W

La vie double avec le printemps.

Par-ci, par-la, et Physionomies parisienne$, splcnclide collection de lO/J sujets, tirés sur chine par Ltmercier, formant l magnifique i·olume grand in-4° colombier, relié en maroquin et doré sur tranches :

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l'Étranl!cr dcvront le faire réclamcr par leurs corrct
pon,tunts.

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                <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores</text>
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L'ILLUSTRATION,
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Direclion, Rédattion , Adminislralion :

Toata Jet communications relatives au joumal, réclamations, demandea
de changements d'adresse , doivent étre adressées franco a
11. AUG. MARC, DIRECTEUR•GÉRANT.
Les demandes d'abonnement doivent étre accompagnées
d'un manda\ sur Paris ou sur la poste,

SOMMAIRE.
politique de la Eemaine. - r.oncours internalional de musique
d'urmonie, de fu1fues et d'orphéons, a Arras. - Courrier de Paris. JMft du 15 aoilt, au camp de Ras-Oued-el-Anceur, - Chronique musí•
eate. - Le jeune Anglais
110U•dle). - Voyage
: -- ~ _
dul lts ré~l001 aepten•
triooale1 de la Pata¡:ooio.
- luugurati~n de la
1talae de M. de Gasparin.
- La llatue de Bernard
Paliuy, a Saiotes et il
Pari1. - F61es artisliques
d'Anen. - La fontaine
de Vaucluse. - Les entnmets et les épices. Bulletin bibliograpbiqqe.
- Les Bohémiens.

J,tae

22e ANNÉE. VOL. XLIV. r-;o 1125.
Samedi 11 Septen1 hre 1864,.
L'admioislralion ne répond pas dei manuseril! et ne s'engnge Jamai1 a les insírer,
Vu les traite.9, la lraduction el la reproduction i l'tfüanger sont inlerdites.

BUREAUX : RUE RICHELIEU·, 60.

pri1 au1 orpbéons du
grand coneours rl'Arras.
- Fétea du 15 aout, célébréel •• camp de RasOued-el-Aoceur (A lgérie),
par le si• de ligne. Bal donné daoa le Partbéoon, par 11. le vicoaite Ramelol, chargé
d'afaires de rraoce, a
S. l. le roi des Relléoes.
- Voyage dan, lea régio,,, septeotrionalea de
la Patagoo:e (9 gravurest.
- A.•E•• P. comte de
Cuparin : statue de
l. Pierre Hub•rt, inau111~ le ll "Pl•mbre, ¡
Orange. - Fétes artistiqoes d''°'º" (i ~ravul'ft). - la fontaine de
Vancluse (2 gravures), - Les llobémiens (i gra'lllres). - Rébus.
~

lmB

POLITIQUR

DE U SEMAINE.

splco-

1r Lt-

:olom-

La politique prend
Bes vacances. -

le
calme plat est par-toot. Lesconférences
de Vienne semblent
18 l'eSSentir de l'atonie générale : elles
marebent avec une

~

DISTRIBUTION DES PRJX AliX ORPHÉONS DU GRAND CONCOURS D'ARRAS, -

ABONl'\~IENTS POUR L'ÉTRANGER
Mémes prix; plus les droits de poste, suivant les tariís.
Les abono. parten! du I er no de chaque mois.

1

et d'Angleterre le traité élémentaire signé a Vienne, le
cabinet de Londres aurait répondu avec une amertume
que la feuille ministérielle de Berlin a relevée en la raillant. Le gouvernement fransais se serait borné a recommander aux cours alliées d'etre généreuses et de ne
pas écraser le Dnnemark sous des condi tions trop dures.
M. qe Goltz aurait
été avisé par son
gouvernement de
faire comprendrc
que les perles territoriales du Danemark étaient com•
pensées par l'exoné-ration des frais de
la guerre, mis a la
cbarge des Ducbés,
et par l'annexion au
Dancmark des districts de Ri be et de
l'ile d'Arroe, qui faisaiwt jadis partie
du Slesvig.
Maintenant, qui va
régner ·sur les Duchés? La Dicte est
actuellement saisie
des revendications
contradictoires du
duc d'Augusten1.Jourg et du duc
d'Oldenbourg. L'uu
et l'autre, ou le sait,
se &lt;lisputent le petit
tróne du Slesvigllolstein, et mettent
en avant une foule
de vieilles charles
qui établissent leur
droit it. l'empire. 11
nous cut paru plus
logique d'en appcler
tout simplement aux
suífrages des popu lations, qui ont quelquc intérct a choisir
lcur souveraiu, et
qui, seules, peuvent
prononcer en dernier ressort. Mais
D'apres un croquis de 11. Y, Boyennl,

remarquable lenleur. Les conditions imposées au Danemark sont terriblement dures, mais sa situation déses-•
pérée ne lui permet guere de disputer le terrain. En
réponse aux dépeches par lesquelles les deux grandes
puissances allemandes ont notifié aux cours de France

6rawre, : Distribution d•a

Abonnements pour París el 1~ Départcmonls :
3 mois, 9 fr.;- 6 mois, 18 fr.¡ - unan, 36 fr.; - le numéro, ,5 e,
la collection men.uelle, 3 fr.; le volume scmestricl, !~ fr.

�Go;;;

cette idée est trop • ralíonnelle pour etre íadoptée, sur- vue quiía eu lieu dernierement entre le président con•- Société·c~rale lyrique de Mons. et par la Société
tout en Allemagnc, 011 l'on aíme assez leg complíca- fédéré Davis et deux citoyens du Nord, M. Davis a posi- de Gossehes, et ceux des soetétés franQaises par !'U,_
tions.
tivement déclaré que le Sud ne voulait plus, a aucun chora/e de Cambrai, la Société chora/e de Boulogne-su,,.r.,
On a remarqué que le Constitutionnel a publié de longs prix, etre uní au Nord, et qu'il verserait tout son sang, et la Société chorale d' Aire-sur-la-Lys.
extraits des mémoires du cardinal Consalvi sur les évé- s'il le fallait, pour se constituer en dehors de l'ancíenne
Dans le concours de la divísion d'honneur, c'est l l
nements qui ont atfecté la papauté vers la fin dn derníer Uníon, comme État indépendant. Toute concessíon faite R~nion_ lyrique de Bruxelles qu'a été décerné Je
siecle. La coincidence de cette puhlication avec \'accueil au Sud par le Nord, pour rétablir l'Union, nous m1er pr1x.
sympathique et plein d'aménité que le fils de Victor- Remble inutile apres la déclaration de M. Davis. Ou
Pour le~ concours d'harmonie, la Garde cimqu, de
Emmanuel a rencontré a París, est considérée dans le il faut prendre son partí de la séparation, ou il faut, Tournay, laSociétéphilharmonique ele Quiévrain, l'Bani.
monde politique comme un symptome du resserrement si le Nord veut absolument poursuivre le rétablissement nie de Lens, les musiques d'Estaires et d'Avion ont re111des líens entre la France et l'Jtalie.
de l'Union, rester fidele a la politique du président porté les premiers prix; la Société ducale de Frameries et
Le prince Humbert a quitté París avec gon beau-frere Lincoln.
la Fanfare de Warquehai ont obtenu ccux des fanfa?es
le prínce Napoléon, et s'est embarqué pour l'Angleterre.
Cet échec que M. Lincoln a re~u de la convention de
Dans la division d'excellence, composée des mosi~
Le jeune prínce doít visiter l'Angleterre, l'Écosse et l'Ir- Chicago est un peu compensé par les succes que viennent d'harmonie et de fanfares ayant obtenu le premier Prix
lande, et revenir en France dans quelques semaines, en de remporter ses géoéraux. Aussi persévérantque Grant, des ?remieres divisions fran~aíses et étrangeres, Je P1'ix
passant par la Belgique et la Hollande. Le journal l'Ita- Sherman a pris en fin Atlanta, l'une des clefs de la Géor- cons1stant en une couronne d'or, offerte par les clames
lie donne une nouvelle tout a fait inattendue. La Cour gie, et l'amiral Ferragut, chargé du siége de Mobile, a de la ville d'Arras, a été décerné a l'Harmon¡,, de
d'Autricbe ne serait pas éloignée de reconnaitre le nou- occupé le fort Morgan qui le rend définitivement mattre Lens.
veau royaume italíen. Nous ne sommes pas dans le se- de la baie. Espérons que les succes de ce genre
Pour ea:trait : P. PAr.ET.
cret des dieux de l'Autriche, et nous n'accueillons ce se multiplieront assez rapidement pour rendre, avant
bruit qu'avec une extreme réserve. Et pourtant, bien les élections présidentielles, au nom de M. Lincoln
conseillée, l'Autriche reconnaitraitqu'elle a tout a gagner le lnstre qui assure la victoire dans les combats du
a mettre fin a une situation impossible. En reconnaíssant scrutin.
COIJBRIEB DE P.IBl!il .
le royaume d'Italie, l'Autriche, tournant le dos asa vieille
La mort de M. Vaisse, sénateur chargé de l'adminispolitique, entrerait dans le courant des idées et cesse- tration du département du Rhone, a amené un change- Courrier de Paris á Montpellier. -Le Peyrou. - Le Jardñ)
rait de résister au mouvement qui la pousse elle-meme; ment dans le personnel des préfeetures. La mutation la
des Plantes. -LePalais de .Tustice. -L'École de médecine.
elle supprimerait des défiances populaires et allégerait plus importante est celle de M. Chevreau, qui passe de
- La cathédrale. - Riches et Pauvres. - Les hótels. _
d'un grand poids se~ finances si embarrassées.
Les rues de Rivoli. - La sculpture d:ms les quartiers nen&amp;:
l'administration de la Loire-Inférieure a celle du dépar- Attaque de la citadelle de Montpellier. - Palmier, seorA Geneve, tout est en fin rentré dans le calme; l'instruc- tement du Rhone. La nomination de M. Chevreau, avec
pions et rqoustiques. - Les nouvea11x pensionnaires du. Jar.
tion se poursuit paisiblement. L'assemblée fédérale se le simple titre de préfet, permet d'espérer que l'aggloréunira extraordinairement, le 20 septembre, pour s'oc- mération lyonnaise rentre enfin dans le droit com- , din des Plantes de Paris. - Dames seules. - De Montpe1.
lier aPalavas. - Palavás. - Vieilles rues, nouveaux DODII
cuper du traité franco-suisse. Espérons qu'un des mun.
- Le Palavas de !'avenir.
membres du Conseil des États aura la politique pensée
Le général Bazaine, commandant en chef de l'expédid'élever la voix en faveur d'une amnistíe générale: dans tion du Mexique, vienfd'etre nommé maréchal de France.
Il n'y a rien de mieux, dit-on, que d'etre loill des
une Tille comme Geneve, dans une ville oú tout le C'est le deuxieme maréchal qu'aura fait cette guerre du
choses ponr en bien parler. J'en veux faire l'épren,e,
monde se connait, ce qu'il faut redouter le plus, ce sont Mexique. Du reste, le nouveau marécbal n'est pas seuet j'écris ce Courrier de Paris a Montpellier.
les conséquences 'd'un pror.es politique. Poursuívre le lement un militaíre de grand mérite, a qui ses talents
C'est une tres-belle ville que Montpellier; son nom Ioi
proees, e'est vouloír éterníser les haines et exciter les et l'éclat de ses services devaient naturellement faire
vient-il de mons pessulus ou pessulanus, de mom pv;u.
cítoyens les uns contre les autres. Les partís, il. Geneve obtenir la dignité qui vient de luí etre couférée, c'est '
ru.m ou de mo11s in pede Ledi? C'est ce que je me i,artte.
ne sont-ils pas déja trop excités? Une amnistíe serait aussi un homme dont tous ceux qui le connaissent airai bien d'examiner, m'en souciant d'ailleurs fort pea,
done une sage mesure, et nous espérons que le Conseil ment a louer le car'lctere loyal, le commerce sur, les
je l'avoue.
fédéral le comprendra.
manieres affables. La haute distinction a laquelle vient
Ce qui ne saurait ctre contredit par un seul antiquaire,
En présence du résultat peu satísfaisant des enrole- d'etre appelé M. Bazaine a été accueillie avec la plus
c'est que l\lontpellier tnbe royalement au milie1 des
ments etfP.ctués en Enrope pour le compte du gouverne- grande faveur par l'armée et par le public.
vignes et des oliviers, c'est que, du jardín du Peyroo,
ment mexicain, l'empereur Maximilien se serait adressé
L'lmpératríce des Fran~ais a quitté Paris et s'est diri- l'reil découvre les Cévennes et les Pyrénées, c'est que la
a la France pour luí demander d'autoriser les soldats gée vers Schwalbach, petite ville de bains, dans le du- ville porte tres-lisiblement la noble et quelque jieu. solibérés, ou sur le point d'etre líbérés, du corps expédi- ché de Nassau. L'lmpératrice, quoique voyageant incolennelle empreinte du siecle de Louis XIV, mais qa'elle
tíonnaire, prendre du service dans l'armée mexicaine. gnito, sous le nom de comtesse de l\lontereau, a été féfait de son mieux pour suivre les modes arohiteetnrales
On assure que le gouvernement fran~ais aurait accueilli tée par les habitants de Scbwalbach, rtlJi ont arboré aux
rlujour.
favorablement la demande de l'empereur du Mexi- fenetres les couleurs de France mélées aux couleurs de
Ce Peyrou a tres-grand air, je vous assure, avec ses
que.
Na.~sau. L'Impératrice a regu la visite du roi de Prusse balustres, ses escaliers a larges rampes, ses pal'temJ
Les correspondants de B11cbarest assurent que ta et du prince régnant de Nassau. La reine des Pays-Bas
dessinés daos le gout de Le Notre, et dont l'éclatante
fameuse loi rurale, promulguf\e par le prince Couza, n'a est également arrivée a Schwalbacb.
végétation du Midi réchauíle la froide symétrie; son ·chl,.
satísfait personne dans les Principautés-Unies, ni ceux
EnMoNn TEXTF.R.
teau d'eau, dont un magnifique figuier embrasse la bue
que dépouille cette loi territoriale, ni ceux qu'elle a la
tout entíere, et qui se relie a la ligne harmonieuse ·d'on
~
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prétention de doter et d'enrichir brusquement. Le régigantesque aqueduc, sa fiere statue de bronze du grand
gime antérieur au prince Couza laissait toute faculté aux
roi en costume héroiq•Je, dans une attitude rle demi•
paysans de devenir propriétaires en augmentant la somCONCOURS INTERNATJONAL
&lt;lien,
le bras levé comme pour dire: « Mortels, inclínez
me rle leur travail 'et en déboursant de leur argent se-DI
vos
fronts.
&gt;&gt; Le cheval a l'air tres-fier de porfor un i
loo leurs besoins et leurs désirs du moment. Le saae
superbe
cavalíer,
et aussi de se tenir sur deux jambea,
príncipe de la subordination de la dépense au reve;u IUSIQUXS D'HARIONIX, DK l!Nr!RKS ET D'ORPHiONS, A ARRAS.
par
la
force
de
l'équilibre, saos support placé soos "1
n'était pas violé. Au lieu de laisser agir la nature des
ventre
ou
sous
la
queue,
ce quin 'arrive guere a ses coachoses, le prince Couza a cru faire merveille en fabriAU DIRECTEUR.
freres
de
marbre
ou
d'airain.
Arr•s, i seplembre.
quant des propriétaires par décret. Qu'arrive-t-il? JI
Tout pres du Peyrou, il y a le Jardín des Plantes, DI
ruine les propriétaires, et il greve les paysansde cbarges
Les 28 et 29 aout, a eu lieu, a Arras, une so!P.nuíté mu- contraste : ici rien qui rappelle l'étiquette et le prüice
si lourdes qu'ils ne pourront les acquitter. 11 force en
sicale comme n'en avait vu jusqu·a. ce jour aucune vil!e que chante Boileau; beaucoup d'ombre, point de balosetfet, les propriétaires a céder une quantité considé;ahle
de France. Jamais, en effet, on n'avait pu réunir un pareíl tres, de vases, ni de statues, des plantes que l'art do jll!'de leurs biens fonds aux colons, moyennant une indemnombre de sociétés musicales d'noe véritable valeur; on clinicr n'a pas sophistiquées, des arbres qui poussentleort
nité qui est bien au-dessous de la valeur des terres céen a compté ici plus de cent. Les concours ont eu lieu a branches suivant le caprice de la nature, et qui gran·
dées. Mais cette indemnité, qui est si au-dessous cte ce
la fois au manége couvert, a la salle de spectacle et a dissent en toute liberté, des parterres que la science et
que le propriétaire aurait re~u dans une transaction la salle des concerts.
non l'art a semés, et qui plaisent aux yeux d'autant plus
librement consentie, reste fort au-dessus de ce que peut
Ce concours d'orpbéons a tenu toutes ses promesses, qu'ils n'ont point été arrangés pour leur piaire.
payer le paysan dans un pays pauvre en numéraire.
et la féte offerte en cette circonstance o:ir la ville d'ArDans le voisinage, le Palais de Justice : un temple
A~ssi, c~tte opu)ence subite, imposée pardécretau pa_vsan, ras a été des plus brillantes.
·
grec
avec des ailes en retour, le tout élégant plutot qu'imbien lom de lu1 profiter, l'écrasera.
Les prix ont été proclamés sur une estrade élevée au posant; il semble que dans ce pays de la lumiere et do
Une dépeche nous apprend que la convention de Chimilieu de la Grande-Place, au fond de laquelle s'élevait soleil, lajustice elle-meme, moinsrébarbative qu'ailleurs,
~ago a choisi pour son caodidat a la présidence des
un portique illuminé d'une fagon éclatante. Toutes les aime a se loger gaiement; l'École de médecine, un édi•
Etats-Unis, le général Mac-Clellan. C'est la paix qui forme
rues environnantes, ainsi que l'Hotel-de-Ville, étaient fice d'uo style robuste, qui sent un peu la forteresse,
le ~oo~ du programme de la convention, la paix avec le également illuminés.
comme pour mieux protéger les antiques traditioos de
rnamllen de l'Unioo. Les citoyens américains réunis a
Parmi les assistants, on a remarqué MM. Ambroise la célebre Faculté contre l'invasion des doctrines enne•
Chicago, désespérant des moyens violents ponr rétablir
Thomas, Bazin, Gevaertet plusieurs autres compositeul'R mies : l'École de Montpellier est encore la rivale de
l'a~cienne fédération, veulent négocier, et semblent distingués.
celle de Paris; elle continue a former d'il\ustres et sa•
cro1re a la possibilité de convoquer et d'obtenir un con. _A pres deux discours prononcés par M. Lecesne, ad. vants médecins, fermes daos la foi de leurs prédécefo
gres du Sud et d_u Nord qui restaureraient sur de nouJOmt cl'Arras, ei par le préfet du département, les prit seurs, préts a la confesser eovers et contre tous. A,er•
velles_ bases les_ Eta_ts-Unis. ,Nous craignons bien que ce
ont été prochmés. Pour les orphéoos, les premier~ ger pour elle le plus pur de leur encre, a exhaler pour 81
TI!l so1t la une 1llqs1on des démocrates. Dans une entr!)frix des ~ociétés étra11qéres ont été remportés pl\r 11\ qéfepse leqr dernier argument et leur dernier syllogislllfl,

p:.

'ª

179

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

- : ; ; la Faculté de médecine, la cathédrale : la
Aco ps ici )'ame. En ce moment, la catbédrale n'est
le ,core nef
' saos chreur, une mo1·t·1e· d'rg1·1se. Oo est en
qu .ººde tui donner ce qui lui manque. Le porche est
tra1n
.
. • al unique peut-etre. F1gurez-vous un auvent en
or1g10 ,
.
.
..
. re de style r,g1val, fa1sant sa1lhe surles faces du mop1er,
d.
' d
oument, aune hauteur e c1~~ua~te pie_ s, et r~p~sant
deux piliers énormes, co1fles d un to1t en po1vr1ere.
ªcºrrtes l'architecte était un fantaisiste qui se moquait
' des regles et des convent10ns.
.
Sa M'
. erment
aJesté
J~~is XIV aurait fait un bi~n mauvais P:U:ti a un homm_e
¡ se permettaít de pare1lles excentr1c1tés. Je ne sms
q~ bien sur que du haut de son piédestal du Peyrou, il
:'aper~oive pas ce terrible porche; cette vue doit le
reodre bien malheureux.
Aux alentours de la cathédrale, de l'Ecole de médecine du Palais de Justice, point de rues commer~antes:
des ;ues nobles et des rues populaires, la pauvreté et la
ricbesse, les plus grands et les plus petits voísinant d'une
ra~on touchante. Batis en picrre de taille, suivant une
simple et belle ordonnance, relevés par des ornerpents
sobres et d'un gout exquis, avec leur3 hautes fenetres,
leurs vestibules vastes et sombres, comme ceux des palais de Genes, les hoteis ont une grande mine. Comme
la fraicbeur et le calme sont d'agréables choses, et le
,ent et la poussiere de facheux désagréments, ces aristocratiques logis ont eu bien soin de choisir des rues
étroites, oti. ne pénetrent ni le soleil, ni l'autan, ni le
mistral, oil ne sauraient passer deux voitures de front;
~e temps en temps, atravers les arbres d'un jardín, glissent de joyeux rayons adoucis par le feuillage.
lfais le siecle est aux grandes rues, aux grandes arteres, comme on dit en style municipal, et dut-on etre
a,euglé, gelé, brulé, il faut en avoir : voila pourquei,
aux environs du débarcadere du chemin de fer et de
tr.splanade, - une admirable promenade ombragée de
platanes et bordée de jardins suspendus, - on batit, en
ce moment méme, deux ou trois arteres larges a faire
pleorer de joie M. Haussmann.
11 faut voir avec quel entrain mafons magonnent,
cbarpeotiers charpentent, couvreurs couvrent et sculpteurs sculptent dans le nouveau Montpellier: ah! quand
les lléridionaux s'y mettent, ils vont joliment bien, on
o'eotend que scies, marteaux et racloíres; on ne respire que platre, on ne flaire que bitume, on ne heurte
qo'arcbitectes : c'est a se croire en plein Paris : un
quart d'heure de promenade daos ces rues-la, et le Parisieo le plus nostalgique renaltra comme la fleur sous
la rosée du soir.
11 se pourrait bien, par exemple, que son amour-propre fut quelque peu blessé. Ah! que notre ornementation est avare et mesquine, aupres de celle ·qui frappera
ses regards : parlez-moi de cela, voila de l'abondance:
dn baut en bas ce ne sont que médaillons, mascarons,
astragales, arabesques, fleurs, fruits, légumes, génies,
amoors, cbimeres ... ; et les cariatídes ! Que! luxe humiliaot de cariatides, grands dieux ! Oil ! nous en mettrioos deux, ils en mettent sil:, et pourtant il faut nous
reodre cette justice que nous ne lésinons pas trop sur la
cariatide.
Que si vous me demandiez si toute cette sculpture est
correcte, délicate, élégante, je vous répondrais que les
• frises légeres, les balcons et les fenctres des hotels du
'fieox Montpellier sont travaillés a miracle.
11 y a une citadelle a Montpellier, et un régiment du
géoie y tient garnison. Dans ces derniers temps, des
trancbées avaient été ouvertes, des mines pratiquées,
des oovrages de campagne élevés dans le polygone.
Mardi, des détachements ont pris un des ouvrages et les
assiégés ont fait sauter des fougaces, en ayant soin d'attendre que les assistants fussent a distance respectueuse.
Une fougace est, r,omme qui dirait, un petit volean a
poodre qui lance une gréle de pierres au nez de l'ennemi : une ingénieuse invention, vous voyez. Hier au
soir, la citadelle a été attaquée avec des bombes d'artifice, des fusées et des serpenteaux; elle a répondu daos
les memes termes : cela n'a pas duré moins d'une
heure. Pendant ce temps-la., la musíque du régiment
jonait des airs de Guillaume Tell, des valses et des maznrkas: il y avait des fauteuils pour les &lt;lames. La place
a fait si' bonne contenance, quoiqu'elle n'etit qu'une
piece de canon asa dispositíon, qu'on ne s'est pas frotté
~ lui donner l'assaut. L'affaire a été chaude, cependant
11 n'y a eu ni tués, ni blessés.
Vous voyez qu'on passe agréablement son temps a
llontl)ellier,

Et le beau raisin, les figues savoureuses qu'on y
mange ! Tandis que j'écris, le vent agite les feuilles, qui
font, sur mes rideaux, des ombres mouvantes; ce sont
des feuilles de palmier, d'un vrai palmier, qui pousse
en pleioe terre daos mon jardin. I1 y a aussi, dans mon
jardin, des scorpions et des mo11stiques qui ne se genent
pas, les uns et les autres, pour entrer dans ma chambre. Les scorpions sont bons enfants, et il faut énormément abuser de le)ll' patience pour les décider a piquer;
quant aux mousti~ues, oh! oh! ils ont le caractere plus
vif, et n'attendent pas qu'on leur marche sur le pied pour
vous enfoncer leurs petites fleches barbelées dans la peau,
- et jamais fleches de sauvage ne furent pi us amoureusement empoisonnées. Je connais des gens qui n'hésitent
pas, le soir, a s'enfermer la tete dans des fourreaux de
mousseline raide, pour éviter ces infernales morsures.
Les moustiques voltigent autour de la mousselíne comme
les moineaux autour d'un sac enfermant une grappe de
précieux chasselas; ils sifflent, ils s'indignent, ils enragent, et, dans son fourreau, la tete se moque de leur
inutile colere : c'est bien fait !
Avouez que l\fontpellier est une ville passablement
méridionale, et que c'est charmant d'écrire un Courrier de Paris en face d'un palmier, sous les yeux d'un
scorpion et au frémissement des ailes d'un moustique.
Au fait, j'y pense, mon Courrier de Paris manque
peut-etre un peu de nouvelles de Paris, jnsqu'a présent:
vite, rattrapons le temps perdu.
J'ai tu, rlans les faits divers de la Patrie et du Petit
Journal, a l'ombre du grand micocoulier du Jardín des
Plantes de Montpellier, que le Jardín des Plantes de París allait recevoir des botes nouveaux, et entre autres
un tigre royal de la presqu'ile de,Malacca, qui, pendant
toute la traversée, a poussé des rugissements a faire venir la chair de poule aux passagers; un serpent d'eau,
dont la morsure produit une apoplexie foudroyante, et
un éléphant qui, en traversant Bourges, a tué un taureau, et enlevé avec sa trompe une charrette et une
porte co:here, dont il s'est fait un pont pour passer un
ruissean, de peur de se mouiller les pieds, je pense ..•
Eh b¡'en ! voila de gentils petits animaux que je ne m'aviserai pas de taquiner. Le Petit Journal m'assure, il est
vrai, que l'éléphant, si terrible aux taureaux, ne fait
pas de mal aux hommes; n'importe, je ne lui parlerai
qu'avec infiniment de politesse.
La Patrie me donne une autre nouvelle, c'est que
l'administration du chemin de fer de París a Lyon vient
de décíder qu'un compartimeut serait réservé pour les
femmes voyageant seules dans les voitures de troisíeme
classe. Voila done le bonnet admís aux mémes droits que
te chapeau, et la pudeur pauvre, comme la pudeur riche, va pouvoir se soustraire a un voisinage incommode
ou dangcreux; toutes les compagoies vont suivre l'exemple de la compagnie de Lyon avec le plus louable empressement.
Palavas est certainement un village qui ne ressemble
pas a tous les autres.
En sortant de Montpellier, on suit, pendant une lieue
environ, une avenue de platanes traversant des prairies plus vertes qu'on ne pourrait s'y attendre sous un
ciel qui est resté pendant quatre mois au bleu fue.
Bientot le cbemin cotoie le Liez, une jolie petite riviere
qui se permet d'avoir de l'eau comme une rivicre de
Bourgogne ou de Normandie. Tout a coup la route se
fait cbaussée, el court a travers des marais salés qui
sont comme la préface de la roer, dont !'azur foncé
ferme l'horizon. ~a et la s'élevent de grands monticules
de terre aux aretes régulieres. C'est un aspect étrange
que celui de ces marais entrecoupés d'llots d'ajoncs d'un
vert foncé, ou couverts de conferves d'un vert tendre. Le
soleil et le ciel colorent de tons superbes et de magiques
reflets ces eaux peu profoodes et cRs prairies marines,
sur lesquelles volent ou trottent des bandes de bécasseaux au ventre blanc. A droite, se dresse une ruine
noire colossale; c'est l'église de l\faguelonne, qui fut la
mere de Montpellier; a gauche, une ligne d'un blanc
éclatant semble sortir de la bleue Méditerranée; c'est
Aigues-Mortes. On traverse le canal du Midi, voici Palavas : un petit port étroit, terminé par deux jetées paralleles, et bordé de maísonnettes a un étage, dont le
rez-de-chaussée est ombragé par un large auvent en
paille a claire-voie, se continuant dans toute la longueur
du village. Beaucoup de ces maisonnettes sont peintes
en rose; sur la plage, a gauche, quelques constructions
plus élégantes et des cabanes de hains.
Palavas est le Trouville de Montpellier, un Trouville

naissant, tranquille, modeste, qui ne sait rien encore
des toilettes tapageuses, et ne connait d'autre mélodie
que cclle des flots déferlant sur son rivage au sable doux
et fin, tout semé de coquillages. Quel profane avait done
jeté l'autre jour, daos ces transparentes eaux, un ignoble tesson de bouteille, sans égard ~our les pieds hlancs
et roses dlls néréides?
Sur la plage de Palavas, qui n'a qu'une rue et pas
une place, j'ai lu, - toujours dans la Patrie, - le décret qui rebaptise cent quatre-vingt douze rues et places de Paris, qui avaient des bomonymes dans d'aulres
quartiers.
Bommes d'État, guerriers, savants, philosophes, poetes, peintres, musiciens, morts et vivants, n'ont qu'a se
louer de M. le préfet de la Seine, qui a saisi cette occasion de leur octroyer fort libéralement une faveur qui
ne coutera au budget de la Ville que le prix de cent
quatre-vingt-douze écritcaux nouveaux. Nous avons
maintenant, pour ne citer que les meilleures, une rue
Hérold, une roe Béranger, une rue Casimir Delavigne,
une rue Vernet, une rue Musset, une rue Boche, une
rue Talma, une rue Víctor Cousin, une ruc Paillet, une
rue Biot, une rue Delaroche, une avenue Ingres, une
rue Desbordes-Valmore, une rue et une avenne Cambronne : I'avenue pour la version noble du mot de Waterloo, la rue pour la version populaire.
Nous avons une rueDupin, sans prénom; M. le baron
et M. le procureur général s'arrangeront, c'est leur affaire. Les grands hommes étrangers n'ont point a se
plaindre non plus : Humboldt, Képler, Titien, Rubens,
Beccaria, Copernic, Beethoven, Cimarosa, Donizetti,
Bellini, Berzélius, Galvaní, Pétrarque, participent aux
générosités de M. le préfet.
Raphael a son avenne, ni plus ni moins que M. Ingres; enfin, il n'est pas jusqu'a. Vitruve qui a obtenu
l'honneur d'une rue, tout comme MM. Galleron, Rébeval, Brochant, Bayen, Lamande, Leblanc, Émeriau, Gozlin, Polonceau et Biscornet : il faut elre aimable pour
tout le monde, meme pour les Romains.
Palavas n'est pas encore a la veille d'épuiser la liste
des grands hommes pour baptiser ses rues; mais qu'oo
lui donne onze kilometres de chemin de fer pour le relier a Montpellier, oú les marchandises de Marseille arri veront saos passer par Cette, que les baigneurs, les
baigneuses et la mode y mettent un peu de bonne volonté, et vous verrez comme il grandira vite.
Palavas; d'ailleurs, a déja un café Voltaire; done Palavas a de !'esprit, et un village d'esprit a bicntot fait de
devenir ,ville.
X. FEYRNKT.

-----..--~---.~----Fíl:TF. DU 1.5 AOUT,

-' n camp de nas-oued-el-&amp;nceur.
AU DlRECTEUR.

Placé dans une situation magnifique, entouré de bois,
le camp de Ras-Oued-el-Anceur présentait, le i 5 aout,
l'aspect le plus pittoresque. Depuis huit jours, chac1m
mettaít a profit les heures laissées libres par le service,
pour contribuer a la célébration de la fete du souverain.
A cinq heures du matin, la féte était annoncée par •
la musique. Deux heures apres, les troupes, daos leur
plus belle tenue de campagne, étaient réunies en avant
de la face ouest du camp; la, dcvant une modeste chapelle de verdure, elles écoutaient un Te.Deum suivi du
Domine Salvum, chanté par les sous-officiers et les musiciens du 82•. Puis vint la revue, et le défil.é, qui se fit
dans le meilleur ordre.
A trois helll'es commenga la série des divertissements.
Quarante anes, fournis par les tribus voisine~ du camp,
et montés par des cavaliers en costumes originaux et
bizarres,se disputerent quatre prixaux applaudissements
de la foule. Puis, vint la course en sacs, le théatre, le
banquet, 011 se firent entendre de nombreux vivats, le
bal avec son enceinte ornée de lanternes véniliennes, et
enfin la retraite aux flambeaux, qui termina cette belle
journée, que n'oubliera pas de sitot le 82• de ligne.
Agréez, etc.

Pour ea:trait : P. PAGET.

~

��,,

L'lLLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
182

L'lLLUSTRATlON, JOURNAL UNIVERSEL.

Le Théatre-Lyrique a fait sa réouverture avec la

Reine Topaze, les Noces de Fígaro, Rigoletto, etc. 11 pelotait en attendaot partie. Puis, la partie s'est engagée. L' Aleade et Don Pasquale ont été donnés le meme jour. Glissons sur l'Alcade. Le héros de cet ouvrage remarquable
n'est rien moins que l'héritier présomptif du roí de Por••
tugal. Proscrit, - on ne sait pourquoi, - il s'eat fait
voleur pour passer le temps, et peut-etre aussi pour se
déguiser. 11 est capitaine d'une bande de vauriens qui
tantot infestent les grandes routes, dévalisent les voyageurs et les meltent a ran~on, tantot viennent a la ville,
ou ils pratiquent le vol a la tire, et font le plus agréablement du monde la bourse, la montre, la tabatiere, saos
dédaigner meme, a l'occasion, le mouchoir de poche.
Ces graves occupations n'empechent pas le duc de Bragance, - car c'est lui, - de courtiser la filie d'un vieux
coquin d'alcade qu'il a arreté dans la montagne, et
taxé a deux mille piastres, digne éleve de Fra-Diavolo,
qui prétend
Enlever a milord
Et sa femme et son or.
Seulement, Fra-Diavolo n'est pas prince héréditaire.
A la fin, le roi de Portugal trépasse, le brigand monte
sur le tróne sans la moindre difficulté, et la filie de l'alcade luí ayant montré les sentiments les plus tendres, il
!'en récompense en l'épousant.
JI y a un opéra-comique ou une reine de Portugal
cour, incognito la pretentaine, descend daos une caverne
de fanx monnayeurs, devient ce cheffe de bandits » pendant quelquesjours, et, au dénoument, épouse un gentilhomme que le hasard a jeté au milieu de ses aventures. Mais il faut avo ir prodigieusement de talent, d'esprit,
pour se moqner ainsi du public, et s'en tirer exempt d1étriv~eres. M. Émile Thierry, assez maigrement approvisionné, aurait échappé malaisément aux suites naturelles
de sa témérité, saos un ami qu'il avait au parterre, et
dont la présence d'esprit l'a sauvé.
Quand l'acteur Gabriel, chargé de déclarer les auteurs,
ou, si on le préfere, les coupables, apres la chute du rideau, quand M. Gabriel, dis-je, a prononcé son nom :
- Qu'il n'en fasse plus! a crié !'ami.
Et la-dessus, le rire d'éclater et la mauvaise bumeur
de disparaitre.
M. Uzépy, l'auteur de la partition, doit regretter de
n'avoir pas rencontré un meilleur compagnon d'aventure. U est mélodiste. 11 a jeté au travers de cette fable
insensée des chants faciles, gracieux, lestementtournés,
tres-bien accompagnés parfois. M. Uzépy manie habilementl'orchestre.JI sait l'art d'instrumenter légerement, et,
quand la cit'constance le demande, d'avoir de la vigueur
et de l'éclat sans dureté, saos vacarme. Les couplets qu'il
a fait ehanter a Fabien, le rival infortuné du bandit, et
que, par parenthese, M. Legrand débite fort agréablement, sont spirituels, et ont une coupe originale. Le
boléro de Juanna est absolument dépoUl'vu de nJuveauté:
n'en parlons pas. Le duo de Fabien et de l'Alcade, dont
les a pai·te de Lorenzo íont un trio, est adroitement arrangé, gracieusement mélodique a certains moments, et
l'orchestre y soutient le dialogue récité par de piquantes
ritournelles. L'ouverture est fort jolie. Enfin ce début
promet, - a condilion que M. Uzépy s'efforcera de rendre a !'avenir son harmonie plus intéressante. C'est par
la surtout qu'il peche.
Le début de M. Ambroselli promet beaucoup moins, et
moins encore celui de Mil• Estagel. Mauvaise voix, mauvaise méthode, mauvaise prononciation, et force intonations douteuses. - On dit douteuses par politesse. En
réalité, ríen n'est moins douteux que ces sons-la.
M. Gilland, qui a débuté dans la meme soirée par le role
d'Octave, de Don Pasquale, chante quelquefois un peu
trop bas, et se fatigue vite, parce qu'il a, comme M. Ambroselli, la funeste habitude de se servir constamment du
timbre sombre et de l'exagérer; mais sa voix, avec quelque travail, peut facilement s'améliorer. Elle est pleine,
sonore, pas trop mal posée. 11 ne chevrotte pas, ce qui
devient rare. On luí a fait répéter le second couplet de
la Sicilicnne, du troisieme acte : Come egenttl, etc., on ·me pardonnera de citer le vers italien, puisque.je
ne connáis pas le vers fran~ais, -malgré quelques notes
un peu faibles, lesquelles, par bonheur, ne sont pas revenues assez fréquemment pour gater cette charmante
cani.ilene. Comme acteur, M, Gilland est tres--insuffisant

eucore, mais on ne voit a11cune raison pOlll' que l'exercice ne le forme pas comme tant d'autres.
Je ne sais pour quel motif M. Troy a quitté l'OpéraComique. M. Carvalho s'en est vite emparé, et n'aµra
pas a s'en repentir. M. Troy chante fort bien le role du
Docteur. Sa vocalisat10n est brillante et tres· agile, peut-etre meme l'est-elle parfois un peu trop. 11 phrase
avec élégance, porte la voix, entle et diminue Je son
a la maniere italienne. Bref, il n'y a pas de cantabile dont
il ne sorte avec honneur. Le role du docteur Malatesta
demande, ce me semhle, plus de gaieté qu'il n'y en met, et
plus de malice. JI se s'amuse pas assez visiblement de
l'abominable tour qu'il joue a son malade. Mais 'it ne
faut pas etre trop exigeant aujourd'hui. M. Troy a pleinement réussi, et son succes me parait, tout compte fait,
tres-légitime.
M. Ismael n'a pas été moins applaudi et il ne le mé.
'
r1tait pas moins. 11 s'est montré, daos le role du bonhomme Pascal, excellent comédieri, et aussi franchement
Louffe que s'il fu.tné en Italic. Ala vérité) il est, jecrois,
Proven~al ou Languedocien. On reconnalt l'intluence
du soleil méridional a la verve de son exécution, a la
chaleur et a l'originalité de son jeu. On ne saurait etre
plus amusant que luí dans la scene ou Norine lui fait voir
par ün soufflet le cas qu'elle fait de son autorité maritale,
et dans celle ou il témoigne au docteur toute sa colere.
On a fait répéter la fin de ce dernier duo. Cette manie du
bis a outrance et atout propos commence a devenir passablement ridicule : mais les applaudissements étaient
bien gagnés.
M11 • de Maesen n'a pas cette rare ~exibihté de talent
qui pent se plier a tous les genres, a tous les styles, et
réussir daos les roles les plus différents. Au mois de mai
dernier, elle criait Bellini avec autai::.t de zele qu'elle
avait crié Verdi pendant tout l'hiver. Maintenant elle
críe Oonizetti; el 1e cha lle la musique bouffe avec énergie, et, pour peu que la phrase y prete, elle y met unll
solennité qui va parfois jusqu'a l'emphase. Elle la de
ces légeres cantilenes de traits de vocalisation ambitíeux,
lourds, et d'une correction suspecte. El)e a tres-médiocrement réussi dans ce role de maligne ve uve, ou
M11 • Patti est si espiegle, si mutine, si charmante. 11 ne
faut pas, pour cela, retirer a Mil• de Maesen un seul des
applaudissements qui lui ont fü juslaner~ prodigués
lorsqu'elle a joué Rigoletto. ll faut seulement se rappeler
le distique du bonhomme :
Ne fori,ons point notre talent,
Nous ne ferions rien avec grtlce.

Don Pasquale, écrit par Donizetti pour le Théatre-Italien de París, fut joué pour la premiere fois au commencement de janvier i343, par Mm• Grisi, alors daos tout
l'éclat de son talent et de sa royale beauté, et par Mario, Tamburini et Lablache. L'exécution en fut. me!'veil.leuse, et le succes proportionné au mé!'ite de l'reuvre,
dont pas une note ne manquait son effet. Ce n'est pas un
ouvrage du premier 0rdre. 11 ne faudrait pas le comparer au :Barbie1· de Séville, ni au MariageJecret. ~fais parmi
les ouvrages du second ordre, il n'y en a guere de plus
agréable. Les deux duos de Norine avec le Doctel!r et
avec don Pasquale ont une vivacité, une légereté,
une gaieté irrésistible, et celui du Docteur avec son malade mystifié ne leur cede en ríen. Le quatuor (andante)
du premier finale est un chef-d'reuvre de grace mélodique et d'harmonie vocale. La sérénade chantée par
Octave, au clair de la !une, est délicieuse. Elle est suivie, daos la partition italienne, d'un duo-nocturne qui ne
l'est pas moins. J'iguore pourquoi ce morceau charmant
a été exclu de la partition fran~aise. Le dernier air de
Norina est une merveille d'élégance, de finesse, et de
grace coquette. Ces qualités sont un peu amorlies,
daos la traduction fran~aise, par la pesanteur de
notre tangue, mais il en reste encore assez pour qu'on
en jouisse, et le public du Théatre-Lyrique y a pris un
vif plaisir. Le succes de Don Pasquale a été complet,
malgré les quelques criti1¡ues que je me suis permises
daos l'intérel de l'art, qu'il ne faut jamais sacrifier. Le
gros public n'y regarde pas de si pres. 11 est toujours
content quand il s'amuse, et il y a bien longtemps qu'on
n'avait donné au Théatre-Lyrique rien d'aussi amusant
que Don Pasquale.
Le Vaudeville a voulu faire, luí aussi, sa petite excursion dans le pays des doubles croches. JI a exhumé
le Devin du village, qui ent un si grand succes ala Cour
et a l'Opéra, il y a cent douze ans. L'reuvre de Jean-Jac-

ques a été exécutée, place de la Bourse, par trois élevesdQ
Conservatoire, engagés ad hoc: Mil• Laporte, M. Leroy, et
M. Troy. Celui-ci est le frere puiné du baryton qui chante
si bien, au Théatre-Lyrique, le role de Malatesta. u a,
comme son ainé, une voix de baryton qui parait belle, I!
est encore un peu emphatique, un peu lourd : c'est la
rouille de l'école.11 s'en dépouillera avec le temps. Desau,.
jourd'hui, il donne assurément beaucoup d'espérances.
M. Leroy, adolescent timide, na'if, fluet, délícat et rose
est parfaitement semblable aux Colins qui figurent ~
centaines sur le&amp; trumeaux et les dessus de porte des hri.
tels du siecle dernier. Mil• Laporte parait destinée •au
style tragique. Elle chante ces mélodies légeres et sans
prétention avec une voix sombre et le timhre qui con.
viendrait a l'air de Castor et Polltt:I! : Tristes aw,ei,,
páles flambeaux, etc. Ce n'est pas la, tant s'en faut!
ce qu'il faudrait dans la musiq ue du Devin du vlilage,
dont le principal mérite est une simplicité naive
pleine de charme pour qui sait oublier au besoin ses'
habitudes, et ~e reporter cent ans en arriere. Jean-.Jacques Rousseau n'avait pas la science harmonique de
Pergolese ni des autres compositenrs italicns qu'il avait
pris pour modeles, mais il avait de l'invention mélodique, du sentiment, l'instinct de l'expression, et une
grande intelligence qui pouvait s'appliquer a tout. S'il y
a dans le Devin des parties faibles, il y a aussi des traits
charmants; - que l'exécution actuelle, il faut l'avouer,
ne met pas suffisamment en saillie.
On parle, au Vaudeville, tout le dialogue que Rousseau avait mis en récitatif. Cela est a regretter. Ce récitatif est accompagné d'un violoncelle et du clavecio,
comme celui de tous les maitres italiens d'alors,
comrue celui de Cimarosa, de Mozart et de Rossini. C'est
un usage établi de tout temps sur nos théatres de ne laisser jamais la conception de l'auteur, et surtout du compositeur, arriver tout entiere au public. Chacun y veut
mettre un peu du sien, et Die u sait quelles reuvres batardes, saos unité, sans caractere, résultent, apres vingt
ou trente répétitions, de r;ette collaboration universelle!
L'Italie est peut-elre le seul pays du monde ou uae reuvre
musical e appartienne tout entiere au eompositeur qui la
signe, et qui en porte la responsabilité.
Le Théatre-Italien annonce sa réouverture pour le
t•r octobre prochain. Il y aura décidément de la danse,
des divertissements, des intermedes. Une amélioration
dont il faut, selon moi, se réjouir et remercier M. Bagier, c·est la suppression de deux rangs de fauteuils a
l'orchestre, suppression qui a permis d'écarter un peu
les autres. On y pourra désormais arriver a sa place
saos trop froisser les robes des dames, et sans marcher
snr les pieds de personne. Les premieres loges ont été
également élargies, et par le meme prócédé, qui est un .
sacrifice. La troupe engagée est tres-nombreuse. Noos
reverrons Mil• Patti, Mm• Charton-Oemeur, Mm• de
La Grange, Mil•• Marebisio. Mm• Penco reviendra, el
M. Fraschini, et MM. Naudin, Nicolini, Delle--Sedie, Zucchini, Scalese, etc., etc. le ne mentionue que les noms
les plus illustres. Nous aurons aussi un nouveau chef
d'orchestre, M. Bosoni. C'est un des points les plus
importants. Les bons chefs d'orcheslre sont tres-rares.
Espérons que celui-ci ne laissera ríen a désirer. Le programme que j'ai sous les yeux promet quantité d'ouvrages, tous les chefs-d'reuvre anciens, et quelques
picces nouvelles, ¡iarmi lesquelles figurent en premiere
ligue la Forza del Destino de Verdi, et Leonora de Mercadante. On ne nous donnerait que la moitié de tout
cela qu'il y aurait encore de quoi s'estimer tics• heureux, si l'éxécution était bonne.
G. filQUET,

LE

JEUNE

ANGLAIS.

La petite ville de Grünwiesel, ou je suis né, est située
dans la partie méridionale de l'Allemagne, et ressemble
a toutes les petites villes de ce pays. Au centre, se trouve
une place de marché, peu spacieuse, avec une fontaine;
d'un coté, le vieil et modeste hotel de villc; tout a l'entour du marché, les maisons du juge de paix et des principaux négociants; puis quelques mes étroites, habitée&amp;
par le reste de la populatiou.
Toutle mondes'y connait; chacun sait ce qui se passe
chez les autres. Qu'il. la table du premier pasteur, do
bougmestre ou du médecin, il y ait un plat en plus, toute
la ville en est instruite il. l'heUI'e du diner; c'est le grand
événement du jour; tout le long de l'apres-midi, les da·
mes ne parlent pas d'autre chose dans les réunions ou

183

L'oncle offrit, du reste, un écu par cachet, et le m.aitre
ne sait pas l'allemand, et vient de jurer dans sa langue,
de
danse s'empressa d'entreprendre l'instruction du neparce qu'il est contrarié d'etre forcé de s'arreter.
veu,
quelque rebelle qu'il put etre aux gr.ices frangaises.
-· Eh bien, si c'est le neveu de Votre Seigneurie, ré11 n'y avait, disait sous-main le vieux. professeur, rien
pondit le portier, il peut entrer saos passeport. Saos
d'iussi curieux que ces le~ons. Le nevi3u, jeune homme
doute, il descend chez vous?
- Certainement, répliqua l'étranger. 11 compte méme assez grand et élancé, mais dont les jambes étaient un
peu courtes, se présentait bien frisé, en habit rouge et
faire a Grünwiesel un séjour assez long.
en
pantalons verts bouifants.11 portait des gants glacés.11
roatades.
.
.
. .
e
Le gardien était a court d'objections, et le monsieur
vous pouvez vous 1magmer quel debo1re ce_ d~t _tre
parlait peu et son accent était celui d'un Anglais. Au déune ville organisée de la sorte, que de votr s y eta- étrauger et son neveu entrerent dans la ville.
La conduite du gardien fut loin d'etre apprduvée par but il était poli et docile, mais tout d'un coup il s'aban:~:un µersonnage mystérieux. D'ou il ven_ait, ce qu'il
do;nait aux. sauts les plus extravagants et dansait les
lait de quoi il vivait, personne ne le sava1t. Le bourg- le bourgmestre et ses administrés. JI auraittoutau moins figures les plus imprévues, avec des entrechats a stupévou ,
, .
l' .
é .
tre avait exammé son passeport et ava1t trouv re- du retenir quelques mots de la langue du neveu; ils eus- fier le vieux. Francais. Prié de se corriger, il ótait ses esmes
_ . IN'
.
lierement visé de Berlín pour Grunw1ese . eanmoms, sent serví d'indices pour découvrir quelle était sa patrie carpins, les lan~ait a la tete du professeur et se mettait
~vail insinué, en prenant le café chez le docteur, qu'il et celle de son oncle.
Le portier assura que ce qu'il avait entendu n'étaitni a quatre pattes. Le br°uit faisait alors accourir de son
~airait un secret et que l'étranger luí paraissait susdu fran~ais, ni de l'italien ; c'était, disait-il, pateux et cabinet le monsieur étranger, vetu d'une large robe de
chambre rouae,et coiflé d'un bonnet en papier doré etle
pecl.
· · 't .a Grunw1ese
- . l de 1a p1us guttural comme l'anglais. S'il ne faisait erreur, le jeune
Le bourgmestre JOU1ssa1
fouet tombaii° rudement sur le dos du neveu. Celui-ci
grande considération; il n't a done pas lieu de s'é~on~ homme avait lancé un Goddam.
poussait des hurlements effroyables, sautait sur les tables
Cette explieation tira le gardien de peine, et valut un
ner qu'a partir de ce jour I etranger passat po~r_suJet a
et les commo\les les plus élevées, s'élan~ait meme au
caution. Sa conduite n·était pas de nature a d1ss1per les nom au jeune homme, que depuis on n'appela que le haut des croisées et se lamentait dans Ulle tangue étranjeune Anglais.
doutes.
gere et bizarre. Mais le víeillard ne s'en émouvait pas.11
navait loué, an prix de quelques ducats, une maison Mais le jeune Angl:i.is, lui aussi, n'était pas visible. saisissait son neveu par une jambe, l'enlevait, le terrastout entiere, inoccupée jusqu'alors. On y avait déchargé 11 n'allait ni au jeu de qllilles, ni a la brasserie. 11 n'en sait et le rossait d'importance. Puis il luí serrait la erapas moins la population, dont il tenait l'attenune ,oiture ple ine d'objets singuliers: fourneaux, foyers intri(l'uait
ºen éveil pour d'autres raisons. Souvent, la ma1son
.
vate au moyen d'une bouele. Aussitot le jeune homme
tion
économiques et autres ustensiles de ce genre. 11 vivait
red:venait doux et maniable, etla le~on s'achevait sans
tout seul et ríen que pour luí. Il faisait lui-meme sa cui- de l'étranger, autrefois si silencieuse, retentissait d'un
nouvel incident.
sme, etil n1entrait dans sa maison ame qui vive, a l'ex- vacarme et de cris épouvantables, a te! point que la foule
Lorsque les progres du neveu furent assez avaneés
s'arretait
et
tachait
de
voir
ce
qui
se
passait.
ception d'un vieillard de Grünwiesel, chargé de ses achats
pour
que la musique dut accompagner la danse, un muOn entrevoyait le jeune Anglais, vetu d'un habit rouge
de pain, de viande et de légumes. Encore, celui-ci n'asicien de la ville fut pris a gage, et installé sur une table,
vait-il le droit de pénétrer que dans l'allée, ou l'étranger et d'un paotalon vert, les cheveux hérissés, et courant, daos le salon de la maison. Le ma1tre de danse faisait la
avec une rapidité incroyable, le long des fenetres, par
prenait réception des provisions.
dame. A cet effet, le vieux. monsieur l'affublait d'une
J'avais dix ans lorsque ce personnage mystérieux ar- toutes les chambres. Le vieil étranger le suivait de pres, robe de femme en soie et d'un chale des Indes. Le neveu
riva dans ma ville natale, et aujourd'hui encore je me un fouet a la main. Souvent il le manquait, mais parfois J'engageait et se mettait a valser avec luí. C'était un
¡¡ semblait au groupe que le jeune homme avait été atsouviens comme d.hier de l'ém.oi qu'il causa.
daoseur infatigable, enragé. 11 ne lachait pas le profesJI ne passait pas, comm,e les autres . messieurs, ses teiut, car on entendait des gémissements lamentables et seur · saos souci des cris et des gémissements du pauvre
ap~s-midi au jeu de quilles. 11 n'allait pas, le soir, dis- Je claquement des coups de laniere. Ce traitement bar- hom~e, il le tenait dans ses longs bras et le for:;ait de
cuter avec eüx, a l'auberge, les nouvelles apportées par bare excita si vivement la compassion des damos de la danser jusqu'a ce que ce dernier s'affaissat, ou que les
lejournal, et fumer sa pipe. Ce fut en vain que, tour a ville qu'elles déterminerent le bourgmestre a une bl'aS d11 joueur de violon tombassent de fatigue. Ces letour, le bourgmestre, le juge de paix et le pasteur prin- dém~rche. 11 écrivit au monsieur étranger un billet dans ~ons manquaicntfaire rendre l'ame au vieux. professeur.
cipal l'inviterent a diner ou a partager leur café. II avait lequel il lui reprochait, en termes fort durs, le régime Tous les jours il prenait la ferme résolution de ne pas
constamment des excuses a opposer. Aussi fut-il pris par inconvenant qu'il faisait subir as0n neveu,et mena~ait, remettre les pieds dans la maison de l'étranger; mais le
les o.ns pour un fou, par d'autres p0ur un juif. Un troi- en cas de récidive, de prendre le jeune homme sous sa vieillard lui payait si régulierement son écu et lui ve_rsait
sieme partí soutenait mordicus qu'il était magicien ou protection particuliere.
Juaez
de l'étonnement du bourgmestre, lorsque, pour de si bon vin, que toujours il revenait le lendemain.
o
sorcier.
Les habitants de Grünwiesel voyaient la chose avec
Un jour, il vint a Grünwiesel une troupe ambulante la premiere fois depuis des années, il vit entrer l'étran- d'autres yeux que le Fran~ais. lis trouvaient au je,me
d'animaux curieux : un chameau qui s'agenouillait, un 0crer dans sa maison. Le vieillard justifia sa condnite par bomme d'heureuses dispositions, et les dames de la ville
ours qui dansait, plus quelques chiens et quelques sin- les instructions formelles qu'il avait regues des parents se réjouissaient a l'idée de posséder pendant l'_hiver pr~ges, habillés en hommes, d'un effet assez comiquc sous du jeune homme confié a ses soins.
Garcon de sens et d'intelligence du reste, celui-ci, au chain un danseur dont l'intrépidité remédiera1t au petlt
leur accoutrement, et qui se livraient a différents exernombre des cavaliers.
cices. lis traversaient la ville en s'arretant aux: carre- dire d~ l'oncle, avait une peine extreme a apprendre les
Un matin, les servantes, au retour du marché, firent
lan11ues.
Il
fallait
cependant
qu'il
parlat
allemand,
pour
fours et aux places publiques. La, aux sons discordants
part a leurs maitres d'un événement qui tenait du rni-• •
d'un tambourin et d'un fifre, s'exécutaient les danses et queº l'oncle pu.t réaliser son désir bien vif de l'introduire racle. Devant la maison du jeune Anglais s'était arreté
les gambades. La quete formait la cloture. Le premier daos \a société de Grüuwiesel.
Malheureusement, le neveu opposait a l'enseignement une magnifique voiture a glaces, attelée de beaux cbesojet était un orang-outang énormé. Sa taille était presvaux et un domestique en riche livrée en avait tenu la
'
que celle d'un homme; il marchait sur deux jambes, et de cette langue tant de mauvais vouloir,qu'il fallait, faute portiere.
La porte de la maiEon s'était ouverte pour ¡·1de mieux, recourir au fouet. Cette communication satissavait faire les tours les plus amusants.
vrer passage a deux messieurs en grande toilette. L'un
Une représentation f'1t donnée devant la maison du lit pleinement le bourgmestre qui, pour la orme, recom- était le vieil étranger, et l'autre ne pouvait etre que le
monsieur étranger. Lorsque le tambourin et le fifre se manda un peu de modération. Le soir, il racontait a la neve u qui avait appris l'allemaod si péniblement et dan' tant de furie. Les deux messieurs avaiint pr1s.
firent entendre, on le vitd'abord, l'air mécontent, regar- brasserie que rarement il avait rencontré un homme sait avec
der derriere les vitres. ltlais bientót son humeur s'adou- aussi instruit et aussi aimable que l'étranger.
- C'est dommage, dit-11, qu'il voie si peu le monde! place daos la voiture, sur le derriere de laquelle le lac1t. A l'ébahissement général, il ouvrit la fenetre, et rit
quais s'était élancé, et qui s'était dirigée tout droit vers
de bon creur des jeux de l'orang-outang. II paya son Mais j'espcre qu'il sera l'un des assidus de nos réula maison du bourgmestre.
plaisir d'une si lourde piece blanche, que tout le monde nions, lorsque le neveu saura un peu s'exprimer en alleA cette nouvelle, les clames se haterent de remplacer,
mand.
en parla.
par
une toilette recherchée, leurs tabliers de cuisine et
Cet incident suffit pour modifierentierement l'opinion
Le lendemain, la bande d'animaux se rem.it en marleurs
bonnets dont la propreté était douteuse.
che pour d'autres localit.és. Le chameau eut a porter une de la petite ville. L'étranger fut regardé comme un
e&lt; U est sur, dirent-elles a leurs familles, pendant que
masse de paniers, dans lesquels les chiens et les singes homme aimable. On désirait lier avec luí dea relations tout le monde s'évertua1t aranger le salon de réception,
étaient installés commodément. Les conducteurs et plus intimes, et on trouvaitjustifiés les cris affreux. qui, qui n'était pas exclusivement affecté a cet usage, il est
l'homme des bois suivaient a pied. Quelques heures a de temps en temps, s'élevaient daos la maison dé- sur que l'étranger va introduire son neveu daos le
.
peine apres leur départ, le monsieur commanda une serte.
-•
Il
donne
une
le~on
d'allemand ason neveu, disaient monde. Pendant dix années, le vieux fou n'a pas eu l'atchaise de poste et des chevaux. ; il sortit par la meme
tention de mettre le pied daos notre maison, mais qu'il
porte que les betes, et prit le meme chemin. Toute la les passants, et ils ne s'arretaient plus.
Apres trois mois environ, ces le~ons parurent avoir soit pardonné pour l'amour du neve u, qu'on dit un jeune
Tille était contrariée de ne pouvoir ap¡,rendre le but de
abouti, car le vieillard fit un pas de plus. 11 y avait dans la homme charmant. »
son voyage.
Elles engagerent leurs fils et leurs demoiselles a se
ll ne revint qu'a la nuit close; mais il n'était plus seul ville un vieux maitre de danse fran~ais tout cassé. 11 fut présenter convenablement, lors de la visite des étrangers,
dans sa voiture. Une seconde perso11ne y était assise, le appelé par l'étranger,qui lui communiqua son intention ase tenir droits et ase servir d'un langage choisi. Leur
chapean enfoncé sur le visage, la bouche et les oreilles de faire apprendre a danser a son neveu. L'oncle donna sagacité ne fut pas en défaut, car le vieillard se fit cona entendre que l'éleve avait des dispositions, mais qu'il
enveloppées d'un foulard de soie.
duire avec son neveu, de maison en maison, en se reLe gardien ele la porte de la ville crut de son devoir était difficile a gouverner. U avait déja regules legons com~andant a la bien veillance des famille&amp;.
d'interpeller ce nouveau voyageur et de luí demander d'un autre professeur, qui malheureusement luí avait
Partout il n' était question 4:ue des deux étra.ngers, et
son passeport. 11 n'en regut pour toute réponse qu'un enseigné des tours si singuliers, qu'il ne pouvait se pro- J'on regrettait de n'avoir point fait depuis longtemps lcur
grognement brutil, proféré daos une langue inintelii- duire convenablement.
:MUNTZ.
Ce qu'il savait avait beau ne pas avoir laressemblance aimable connaissance.
gible.
(Traduit de l'allemand de Guillaume Haulf)
- C'est mon neveu, dit avec une amabilité parfaite le la plus éloignée avec la valse on le galop, danses du
monsieur étranger en se penchant vers le gardien et en pays, ni meme avec l'écossaise ou la frangaise, ilne s'en
(La suite prochtlinement.)
lui gliaaant un tlorin daos la main; c'est mon neveu; il estimait pas moins un danseur accompli.

nnent le café et mangent des gateaux. sucrés ;
elles pre ugurent que le premier pasteur a mis a la Jo ..
elles
. t'" un chre·1·1en,
. en a a gagné plus qu··¡I ne conv1en
1
teriele byougmestre s'est laissé graisser la patte, ou que
que e'd cin a re~u du pharmac1en
· que 1ques 1oms,
· en
:::~ des ordonnances conteuses qu'il prescrit a ses

�i84

niqués. S'il est dans l'ancien eontinent des contrées entiere.
r.1ent inconnues, corume, par exemple, l'intérienr de l'Ar,¡.
que, il s'en trouve daos le nouveau qui n'ont pas élé
explorées davantage. Daos l'Amérique du Nord, grace l
J'esprit cntreprenant des Yankees et des nombreux co10111
qui sont venus peupler les vastes déserts compris entre les
deux océans, tout est a peu pres counu. Mais il n'en est paa
de meme dans l'Amérique du Sud. - Dcpuis le 4te degré de
latilude S. jusqu'au cap Horn s'étend le pays appelé Pa14.
¡;onie, comprcnant &lt;les centames de licues carrées dont un

VOYAGE DANS LES RlGIONS SEPTENTRIONALES DE LA P!T!GONIK
AU DIRECTEl:íl.
Santiago (Chili), 18 janvier ! 86l,

Je vous envoie le compte-rendu de la relation d'un voyage
qui ,·icnt d'ctre exécuté, aux frai3 du gouvernemeut chilien,
daos les régions septentrionales de la Patagonie, et quelques
croquis que le chef de l'expédition, M. G. Cox, m'a commu•-

CAVALIEll PAHUEN Cllh.

seul point est occupé,
la colonic militaire de
Magellan. Or, maintenant qu'entre les questions a l'ordre d11 jour
dans le monde commercial et industrie!,
une de celles qui
préoccupent le plus
les esprits, en Europe
et en Amérique, cst
celle de la communication entre les deux
océans Atlantique et
Pacifique, la coonaissance la plus complete
de tout le continent
américain ne peut
qu'avancer la solution
du probleme. Le gouvernement des États• Unis a déja envoyé
de nombreuses expéditions, dans ce but,
daos l'Amérique du
Sud. Presque toutes
les nations hispanoaméricaines, tout entieres a leurs discordes civiles, ne peuvent
prendre intéret a la
question. Une seulc
entre toutes se fait remarquer par son
amour de I'ord re et du
::..- a::

M. COI, VOYAGEUR DINS LES PAllPAS DU CHILJ,.

A M P A

~ G

ÉTRIE!l DE PAHUKNCBE, GllA.NDEUll NATURELLR.

S

N I t

L

64

CARTK DE LA COMMUNICATION ENTRE LE PACIFIQUE ET L'ATLANTIQUR.

{85

L'lLLUSTRATlON, JOURNAL · uNlVERSEL.

VI LtUSTRATlON, JOUll.NAL UNIVEI\SEL.

progres, et par les pas
lents, maisstirs, qu'elle
fait daos la ,•oie de la
civilisation; c'est le
Cbili. Son gouvernement a été frappé des
avantages qui résulteraient, pour le com•
rnerce et !'avenir do
pays, si la communication inter-océanique
tra,ersait son territoire. Un jeune Chilien, M. Cox, Chilien
&lt;le naissance , mais
fils d'un Anglai~, \'un
des rné&lt;lecins les plus
distingués de Valparaiso, avait toujours
été préoccupé de cette
question de communication, qui, si elle était
résol ue par son ¡,ays,
luí ferait le plus grand
honneur. Sí l'on jette
les yeux sur la cartc,
011 voit q11e Puerto.Moutt e5t situé par le
4i O 30' latitude S. au
fond du golfe de Reloncavi, tout · pres du
lac de Llanquihué. A
quatre lieues a l'E. et
baignant le pied du
volean d'Osorno, se

--; le Jac de tous
trOU Saints alimenté
les une riv1ere
'- "
qu1·
par se le píed du col
arro
.1.. A
d la Cord11ere.
e tir de cette ri viere,
par
.
et en s'avan~ant tro1s
.
l.1eucs al'E,, on. francbit le col, et imme-·
diatementon trouve le
rand lac de Nahuel~uapi, d'ou sort _une
grande riviere q~1 va
droit a I'Atlant1que.
Jusqu'ici, diverse3 expéditions (entre autres
l)oe que fit M. Cox, en
iS:íO) s'élaient avaneces jusqu'au bord du
lac, mais aucune n'avait exploré ce lac, et
encorc moins la ri viere qui cnsort; et pourtant si cette ri viere
étaitreconnue navigable on avaít ur.e
' . . mar1-.
commumcalton
time toute trouvée entre les deux océans,
parce qu'a vec tous les
lacs du versant ouest

'·
3

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'.'.I

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Jcdu,,v tro:n,n¡e,r.,,,/,u

w

..limay penda,n.t; 11, /,,i,aw,
tÚ,JlJfl,COW.f

,ju,Iar;

CARIE IJ'UNE PARTIR DE LA COMMUNICATION DU PACIFIQUE AU LAC NAHUEL-HUAPJ.

ap,uJ(l;J'Olff.e/

et la riviere de l'autre versan!, cette cornrnunicalion par eau
traverse réellement
l'Amérique, et n'est
interrompue que sur
trois ou quatre lieues
de long. M. Cox ol'frit
de tenter l'exploration
du lac de NahuelHuapi et du río. qui
en sort. - Le gou-•
vernement ar,cepta ses
offres, et le nomma
chef d'une expédition
qui devait, sous ses
ordres, partir de Puerto-Moutt, traverser les
différents !aes, reconnailre iJ. fond le passage de la cordiliere;
enfiu, aprcs avoir exploré le lac de Nahuel-Huapi, descendre
par le rio Negro, qui
en sort, jusqu'a l'Atlantique. L'entreprise •
offrait de grandes dif •
ficultés, parce que des
Puerto-Moutt elle dcvait etre livrée a ses

L

VOLCAN D'OSORNO

LR LAC DE TOUS LBS SAINTS: CillPEMKNT A LA SORTIB DU PETROHUll

proprcs ressources : tout le
pays qu'elle avait a traverser
n'étant qu'un désert. Un de
nos compatriotes, un Fran~is, M. H. Lenglier, ancien éle,e de l'École polytechniqne, oITrit a M. Cox de partigcr ses dangers.
Nos voyageurs partirent, le
7 déccmbre 1862, de Puertollontt, petite ville allemande
transplantée sur les bor&lt;ls
du Pacifique, et chef-lieu de
lacolonie; ils s'étaient munis
de tous les iostruments néCCssaires, soit aux opérations ~.
topographiques et géodési-

- \ l R DU DESAt;UÉ

DU LIMA.Y. -

D'apres les crvquis de •1. Cvx.

ques, soit aux obscrvations
météorologiques, et étaient
accompagnés &lt;le dix-huit
hommcs résolus. Partis le
¡ décembre, íls arrivcrent
seulement le ter janvier sur
les bords du lac de NahuclHuapi, apres avoir franchi
le col. Nos voyageurs contournent ensuite, sac au dos,
le volean d'Osorno et arrivc11t sur les bords du lac de
tous les Saints, ou lacdesÉmcrantle~, aimi nommé it (·ame
de la couleur verte de ses
caux. L~, peodant que ses
hommes transporlent les vi-

�I

f86

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

vres de l'autre coté du lac, sur le canot que M. Cox anit
laissé dans son expédition précédente, nos voyageurs, continuent leurs observations. Le 25, M. Cox arrive au
pied du Tronador, montagne gigantesque couverte de
ueiges a son sommct et ayant a sa base un glacier immense, et dépeche les hommes en avant pour frayer,
la hache a la main, un passage dans la foret vierge qui
couronne le sommet fa col. Le 27, les J:¡ommes reviennent épouvantés par les neiges de la cime, qui, disent-ils, leur ont barré le passage. Alors, pour les encourager, M. Cox se meta leur tete et escalade les hauteurs. Arrivé au sommet, il apercoit la nappe ble11e du
lac de Nahuel-Huapi et les vastes horizons jaunatres des
pampas. Arrivé sur ses bords, en quatre jours, M. Cox
renvoie a Puerto-Moutt neufhommes, n'engardant avec
lui que cinq et son compagnon, M. Lenglier. Malgré
les périls que leur fait encourir un coup de vent terrible,
nos voyageurs traverserent en deux jours les dix-sept
lieues de large11r du lac; suivant toutes les présomptiom,
ils devaient etre en face du desague (débouché de la riviere). Le lendemain, la muraille qu'ils avaient devant
les yeux semblait rendre improbable l'existence de toute
issue, mais. au lever du soleil, M. Cox vit un point,
situé au milie\l des terres, s'élever comme une légere
vapeur. On se dirigea vers ce point; l'issue était bien
la; la premiere partie du probleme était résolue; nos
voyageurs releverent e:xactement la position du desague
et le fixerent sur leur carte.
Jls passerent ce jour en préparatifs pour l'exploration
de la riviere, et le lendemain, a sept heures du matin, la
troupe se confia a la fortune. La riviere se présentait
bien, rapide, il est vrai, mais d'une largeur suffisanle
et avec 4 ou 5 metres de fond. M. Cox et son compagnon, a l'aide du chronometre et de la boussole, releverent les distances pam.&gt;urues et les directions. Daos
la premiere partie de son cours, le rio Limay ou Limayleulu, riviere des s_angsucs en indfen, présente une section transversale reniarquable. 11 coule a mi-cote, puis
se divise en plusieurs bras. Apres cinq jours de navigation, les voyageurs rencontrent deux ou trois rapides,
parce qu'en cetendroitla rivicre coule au fonddu vallon et
est bordée, des deux cotés, par des rochers a pie. On
passe avec bonheur quelques rapides; il y a toujours du
fond, mais de temps a autre, des pierres montrent
leur tete a fleut d'eau; écueils cachés dont !'un, sur
les cinq heures, brise la quille du canot. « En moins
d'une seconde, dit M. Cox daus la relation de voyage
qu'il a publiée, l'e:iu qui entre par le fond nous arrive jusqu'a la ceinture; j'ordonnai de continuer aramer pour essayer de nous diriger a la rive, mais déja
l'eau avait fait sortir les rames des tolets. En ce moment,
une grosse lame prend, au milieu du remous, l'embarcation en flanc et la renverse, la guille en l'air. M. Lenglier, le peon Vera et moi, qui étions du cote opposé,
nous fumes littéralement coiffés par le bateau et précipités au fond. Ma ceinture me fit remonter, mais ma tete
frappant contre les bancs, je coulai de 11ouveau. Je me
sentais étouffer quand, tournant deux ou trois fois sur
moi-meme, je revins a la surface. Je vis alors a mes cotés Lenglier, luttant au milieu des flots, et un peu plus
loin le canot, qui s'en allait tranquillement la quille en
l'air, avec mes quatre autres mariniers, montés dessus.
J'offris a M. Lenglier une ceinture de sauvetage
que j'avais a la main, mais il la refusa, aimant mieux
se confier a son habileté de nageur, et se dirigea vers
le canol, ou les peons lui tendirent une rame, et il parvinta montera cheval sur la guille. Vera eut la meme
chance. Pour moi, des remous me pousserent a la rive,
ou je fus assez heureux pour aborder. Au bout de quelque temps, le canot s'arreta, enchassé entre deux rochers,
pres de la rive. Les hommes alors se mirent a l'eau et
vinrent a terrc. La profondeur de la riviere était, en
cet endroit, de 3 ou 4 metrcs, la largeur de 80, et depuis le matin nous avions fait comme 75 milles. » Voila
done nos pauvres gens a terre, presque nus et sans vivres. Par bonheur, &lt;les sacs de farine et de charqui
(viande seche) vinrent a terre, ainsi que le portefeuille
qui contenait papiers, croquis, notes, journal de voyage.
Nos voyageurs passent une mauvaise nuit, et le lendemain arriverent des Indiens qui les conduisireut au cacique voisin; celui-ci voulut d'abord les tuer, mais
un Chilien qui commergait avec les Indiens, feignit de connaitre M. Cox, le fit passer pour riche,
et grace a l'avarice du cacique, M. Cox put aller
a Valdivia, en laissant quatre hommes en· otage, dont il
devait rapporter la rangon. De plus, il eut la possibi-

bilité de pousser jusqu'a Puerto-Carmen, but de son
voyage; mais sur la routc, deux caciques ve11lent l'empecher de passer et cherchent a l'intimider dans un parlement (assemblée d'lndiens armés). Cox échappe a ce
nouveau péril, pai.se la cordiliere au col de Ranco,
meten sureté ses papiers a Valdivia, et revient intrépidement, toujours suiVI de son compagnon, M. Lcnglier,
dégager sa parole et ses otages. JI passa alors deux mois
au milieu des Pahuenches, étudia leurs mreurs et adopta
meme leur costume. C'est celui que porte M. Cox sur le
portrait que je vous adresse. 11 revoitle lieu du naufrage
dans une partie de chasse a11 guanaco et a l'autruche,
s'enfonce a l'est, et attend toujours le départ pour Puerto-Carmen deslndiens, qui, tous les ans, a cette époque,
vont dans cette ;ille vendre leurs plumes d'autruches et
leurs cuirs de guanacos; mais h présence des deux
Huincas a excité la jalousie et la défiance des caciques
voisins, et ils menacent de venir donner malon (saccager et tuer) au cacique qui donne l'hospitalité a nos deux
voyageurs. M. Cox, voyant qu'il ne pourra passer, revient
a Valdivia, et de la a Santiago, ou le gouvernement a
fait imprimer la relation de son vÓyage. Ce livre a paru
tout dernierement. ll contient un grand nombre de faits
relatifs a la géographie, a la météorologie de ces contrées,
et ce qui est le plus important, tousles éléments du probleme de la communication inter-océanique, a cette latitude de l'Amérique. Car M. Cox n'est pas arrivé
jusqu'a l'Atlautique, il est vrai, mais, par un heureux hasard, il a fait précisément naufrage au point
011 était arrivé le pilote espagnol Villarino, qui depuis
l'Allantique aváit remonté le cours du río Negro, et qui
nous alaissé une relation détaillée de son voyage. Villarino ayant trouvé partout la riviere d'une profondeur
suffisante, et M. Cox ayant trouvé également le Limay
navigable, on peut condure, ·comme le fait M. Cox,
que littéralement depuis la crete des Andes on a,
par Nahuel-Huapi, le Limay, le río Negro, une communication par eau presque immédiatement navigable.
Y a-t-il des difficulté~ a l'ouest? M. Cox ue le pense pas
non ·pi us. 1l y a trois lieues, en ligne directe, du
point le plus ouest de Nahuel-Buapi au point le
plus rapprocbé du Peulla, qui vient se jeter dans le lac
de tous les Saints, d'o11 sort le Petrohue, qui lui-meme
débouche dans le Pacifique, en face de Puerto-Moutt.
Ainsi, sur pres de 800 milles qu'aurait cette communication par eau entre les dcux océans, 790 existent déja
naturellement, et sur les 10 milles qui restent, se trouvent les trois lacs des Guanacos,. Canquenes et Cantaro,réservoirs naturels pour l'alimentation d'un canal, au point
de partage qui unirait Nahuel-Huapi au bassin du
Peulla. Ainsi, a cette latitude, la nature a tout fait pour
une communication inter-océanique. La république Argentine, colonisant les deux ri ves du rio Negro, est déja
arrivée jusqu'a l'lle de Chrelechel. C'est le tiers de la
distance du Nahuel-Hu:ipi a l'Atlantique par le Limay
et le río Negro. Le Chili, de son coté, aura d:ins peu des
colons sur les bords de Nahuel-Huapi; que les deux réhliques voisines s'unissent pour cette entreprise, que
les capitaux étrangers auxquels ell&lt;ls feront appel viennent se joindre a leurs ressources insuffisantes, devastes
contrées seront livrées alors a la civilisation, au commerce et a !'industrie, et ce siecle aura vu s'établir
une ligne de communication maritime qui permettra
d'aller, presque en ligne droite, d'Europe en Australie.
Agréez, etc.
G. DE LA HA.YE.
L'élrier que nous avous reprodu,t a la page l 84 est de graudeur naturelte : les cavahers pabuenches ne se servent de lcurs étriers que pour
poser l'urteil.

Ill'AOGORATION DK LA STATOK DK l. DE GASPARIK,
A ORANGE.

Dimanche dernier, i i septembre, a eu lieu, a Orange,
l'inauguration de lastatue élevée a M. de Gasparin, l'illustre agronome fran~ais. Nous pensons qu'il ne sera
pas sans intéret de rappeler, a ce propos, quelle a été la
vie de ce savant, qui a fait faire a l'agriculture de si
grands progres. Adrien-Étienne-Pierre, comte de Gasparin, naquit a Orange le 29 juin i783. Orphelin des
l'age de dix ans, il se faisait, a quatorzc ans, le professeur de ses deux sreurs et de son rrere, en meme temps
qu'il continuait seul ses propres études, brusquement
interrompucs par la mort de sa mere. A dix-sept ans, il
entra au service, et fit, dans l'état-majpr de Murat, les

-

campagnes d' Allemagne et de Pologne. En i 808, oblig6
de quitter la carriere des armes, il se maria, et
mena, jusqu'en i830, une existence paisible. 11 publia,
pendant cette période de retraite, une partie des on.
vrages qui élablirent sa réputation d'agronome. Apreg
la révolution, nommé successivement maire d'Orange
préfet de l'Isere, puis de la Loire, il montra, comme ad~
ministrateur, autant de talent que commc agricultenr.
Devenu préfet du Rhóne,il parvint, a force de patience
de courage et d'énergie, a calmer l'émeute terrible quÍ
éclata en 1834. L'année suivante, M. de Gasparin
nommé pair de France, fut appelé aux fonctions d;
sous-secrétaire d'État, ¡mis de ministre de l'intérieur
qu'il quilla bientot. En l 839, il reprit le porcefeuille de'
l'intérieur, qu'il avait déposé en !836, en y joignant celui de l'agriculture et du commerce; il signala par d'u.
tiles réformes son court passage au ministere. A partu,
de ce moment, M. de Gasparin rentre complétement
dans la vie privée, reccmmence a s'occuper d'agriculture, et entreprend la publication de son principal ouvrage, le Com·s a'Agriculture, cet art ou plutot Ct:lle
science si difficile, si étendue, si complexe, et qui en
comprend tant d'autres.
Jci, M. de Gasparin fait preuve, une fois de plus, de l'érudition la plus profonde, et en meme temps d'un remarquable talent d'écrivain. Pour entreprendre et mener a bonne fin un ouvrage si considérable, et qui doit
comprendre tant de parties diffél'entes, il ne fallail
pas moins que la multiplicité des connaissances de M. de
Gasparin et la merveilleuse facilité avec laquelle son
esprit se pretait a tous les genres d'ouvrages. Pour donner une idée de la variété de son savoir, il suffit d'un
simple rapproohement des litres de ses reuvres. Ce
sont d'abord des mémoires traitant de l'art vétérinaire,
le croisement des races, la gourme des chevaux, son Manuel de l'art vétérinaire, publié en 1817, et qui a eu le
plus grand et le plus légitime succes; puis un Gttide da
propriétaires des biens atfermés, un Gttide des biens soumi,
au métayage, une foule de Mémoires sur les diverses
branches de l'agriculture, et enfin son cours d'agriculture, qui est une vaste encyclopédie.
Outre le coté pratique et économique des questions
agricoles, M. de Gasparin sa vait ~oir aussi le coté noble
et élevé. 11 avait vu dans l'agriculture un puissant moyen
de moralisation des masses, il avait compris qu'en en
inspirant le gotit aux jeunes générations, on pourrail
retenir chez lui l'enfant des campagnes, qui va souvent
se perdre dans les grandes villes; aussi ne négligeait-il
rien pour répandre ce gout et pour attacher le culti vateur a ses champs. C'est pour cela qu'il prit constamment la défense du métayage et de la 'f)etite propriété. ll voyait la, en eífet, autre chose qu'une source
de profits plus ou moins grands ; il y voyait, comme
nous l'avons dit, un moyen de moraliser la classe des
cultivateurs en l'attachant au sol.
Si, quittant la vie politique de M. de Gasparin, on penetre daos sa vie privée, on ne trouve pas moins de sujets d'admiration. Au milieu de ses incessants travanx, de
ses préoccupations si multiples, il savait dépouiller toute
préteution, toute affectation. Gai, ouvert, naturel, plein
de bonté et d'abandon, il se mettait a la portée de
quiconque était en rapport avec lui, de quelque rang,
de quelque age, de quelque condition qu'il fut.11 aimail
les jeunes gens, les accueillait avec bonté et captivail
leur confiance. Les habitants des campagnes l'adoraient, et avaient trouvé en lui un pere et un protecteur.
La ville d'Orange, toute la province, sont remp\ies de
son souvenir. La cérémonie de dimanche dernier en a
été le touchant témoignage. Tous les habitants des environs étaient accourus a Orange pour assister a la fete,
et la place principale de la ville, 011 est érigée la statue,
était couverte d'une foule immense. Cet amour, ce respect des habitants pour M. de Gasparin, se sont repor•
tés sur ses enfants, et a la fin de la cérémonie il étail
toucbant de voir cette foule compacte s'ouvrir spontanément pour donner passage a M. et a Mm• Gasparin,
retournant a leur hotel. A l'ouverture de cette 'cérémouie, deux discours ont été prononcés par M. de La·
vcrgne et M. Barral, directeur du Journal d'agriculture

pratique.
Le soir, au banquet offert aux invités, M. Agénor de
Gasparin a pris la parole et a adressé de vifs remerciments aux souscripteurs qui ont contribué al'érection de
la statue. Enfin, la féte s'est terminée par une soirée
donnée chez M. de Gasparin.

--

c;, 0 1.::EL.
L'lLLUSTRATlON,- JOURNA L UNlv C.Ol.J

t87

et obtint du roi Philippe IV d'Espagne de voir créer a
Anvers l'Académie des beaux-arts.
FETES ARTISTIQUES D'ANVERS. .
David Teniers dit lejeune, fils de Teniers, &lt;lit le viet.1:t,
LA STATUE DE BERNARD PALISSY
naquit a Anvers'en t 6i0 et ful éleve de son pere. C'estun
SiAnvers est la métropole commerciale de la Belgique,
des artistes qui ont manié le pinceau avec la plus proA SAINTE3 ET A PARIS,
elle est aussi la métropole de l' art beige, et elle a voulu
digieuse facilité· dans sa jeunesse, il imitait tous les
se montrer digne de saréputation artistique en cél_ébrant
ville de Saintes, patrie de Bernard Pali_ssy' se dis- avec éclat J'anniversaire biséculaire de la fondat1on de maitres de son 'temps avec tant d'habile~é qu'on ¡•~
La a 'lever une statue a l'humble pot1er que la son Académie royale des bea'IJ,3J-arts, établissement dont nommé le Protee de la peinture; mais, quo1que apte a
pose he ore comme une de ses gloires les plus pures. Anvers peut etre fiere a juste titre, qui a conservé d~ns tout rendre, et bien que vivant au milieu des gran_ds
France ;~ ne portait-il pas un creur héroique' ce
et des princes (il fut !'ami des princ~s Léopo!d~ GmlEt, en e e \1 ur qui usa pendant seize années, son ses murs le siége de l'art flamand et mainten_u la glo1r: laume et Don Juan d'Autricbe, et la reme Chr1st_me de
rude 1ravtas1ae pensée a ~oursuivre la découv,erte des de son antique école. N'est-ce pas de son s_e1~ que ,son. Suede tui fit l'honneur de lui envoyer son portra1t attaécule e
·
· ·t sortis tous ces maitres dont les reuvres ont Jete un eter~ ux et qui, apres d'inexprimables ango1sses, arr_1va1 nr.l éclat, non-seulement sur Anvers, mai~ encore ; ur ché a une chaine d'or), il affectionna surtout le g~nre
ema j . r 011 ¡¡ jetait dans son fourneau le bo1s de
de son pere et le porta jusqu'a la perfection. Il a fa1t un
, .
. •
e~, ~ J?e?crier commeArchimede: Euréka ! J'ai trouve! toute la Belgique?
nombre incroyable de tableaux. Le Theatrum pictorum,
M. Nicaise de Keyser, - le peintre emment, d1~~cteur
son, ht,. ª·1 s marqué
'
' · ce chereheur
Anvers, f658, t660, i684, 245 pi. (en France, le gra~d
du sceau du geme,
N'eta1t-1 pas
bl' é . t actuel de l'Acatlémie, - disait. avec be~u~o?p d ~ pro. ble qui ne sachant pas lire, fut o ig 'smvan pos dans un discours qu'il a prononce a l occas1on de cabinet de tableaux, f755, in-folio) n'offre qu'une part1e
0 ' '
iníat1"a
· avec ¡es dents,
de J'reuvre de David Teniers; il y a encore d'innom". e parole' d'a-1·endre
la science
i;0n éner01qu
-rrl ·
l'in~uguration de la statue de Teni~:s, l&lt; que la d~u.ble
brables estampes gravées d'apres lui par Lebas et au.
a laissé des ouvra"es que l'art et a science
el q111 nous
º
'
? N' t ·1 gloire dontjouitAnversde~uis ?es_ s1ecles rar,pelle al esJ
t ¡·ustement comme des chefs-d reuvre
es -1 prit le souvenir de deux v11les itahennes, dont le nom tres.
regaruen
l
d'et
t ,
Parmi ceux de ses ouvrages que possede le musée
d'
de monter sur un piédesta ' et
re mon re est impérissable daos l'histoire, et don~ la renommée arpas igne mple le lutteur endolori de travail et de
du
Louvre, on remarque l'Enfant pl'odigue, une Tentaconune exe
,
é tistique et commerciale n'était pas mo1~s grande autretion
de saint Antoine, la Chasse au héron, le Joueur de
.sere,
. qui. nous a léaué
cette
belle
parole
:
e&lt; - Povret
o
.
1111
fois que ne l'est celle de la cité anverso1se ;nous voulons
cornemuse,
la f-/oce de village.
n'empesche pas les bons esprits de parvenir 1_ »
,
dire Pise et Venise. l&gt;
Teniers
mourut
en 1694.
La ville de Saintes n'aura pas, la prem'.ere, él~vepun_e
Lorsque, au treizieme siecle, ces deux cél_ebres répuEn
célébrant
l'anniversaire
de la création de son aca'honneur
du
célebre
potier
de
1
Ageno1s.
ar1s
statue en l
, ,
.
bliques eurent étendu leur puissance en ?r~ent:. on _les
a déja rendu un éclatant hommagde a 1h?mm~ qm a vit s'éprendre du gout de l'art, et leu: gem~ s i~sµ~rer tlémie, a laquelle se ratta1:hent tant d'illu~tratio.ns, ~nréalisé !'un des plus grands progres e 1a ce:am1que en des marbres antiq ues dont leurs galeres depo_u1lla1en: vers a, en meme temps, voulu payer son t~1but d ad1~uraration et de reconnaissance a David Temers, au pemtre
rrance.
T
l'empire byzantin, o11 ils n'avaient pl~s que fa1re et ou
célebre: d'admiration pour son lalent aussi original et
Le 9 aout 1860, sur les bords de la Marne, au_m1 ieu
1eur beau té n'était meme plus compr1se. Ce .fut surtout
d l' t aussi spirituel que varié; de reconnaissance, pour l'inde villas qui portent le nom de ~ernard ~ahssy' a Pise
qui se distingua par lasplendide rénov~t10n e. ar
Joinville-le-Punt, une foule immense maugura1t, par une grec, dont elle fut le premier centre _en Itah~, et qui eut fati"able dévouement avec lequel il se consacra a l' Acarete artistique et industrielle, une gran_de et hel'.e statue pour premier interprete l'illustre Nicolas Pisano. Grac~ dé;ie dont il fut le créateur. Et l'administratioo commuqui rendait un pulilic hommage au poller de_ Samtes.
a cet artiste éminent, grace a son discipl_e Arnolfo ch nale se faisant !'interprete de ce noble et profond sentimen~ dont la population anversoise est animée pourtout
Deux parlicularités intéressantes donna1_ent e~core
Lapo, l'architecture prit ce style_ grandiose, majestue~x
lus de relief a cet ouvrage, devenu popula~e au!our- et éié"ant a la fois qui caractér1se les monuments rel~- ce qui touchc aux beaux-arts, a décrété qu'une statue se:'hui. El d'abord, ce n'était ni _le bronze' ,m 1~ p1erre, gieuxO dont la To;cane put s'enorgueillir des le tre1- rait élevée sur une des places publiques d'Anvers a cet
artiste illuatre. Elle fut confiée a l'habile ciseau de M. Duni le marbre qui avaient fourm, com~e d_ h~b1~ude, ~a
zieme siecle.
caju, mais on était trop pres de l'époque d_es fetes P?ur
111atiere de la statue. L'inventeur de I email eta1t_ gloriPresqu'en mcme temps' Giotto' a Fl~rence' ro,mfié par un travail digne de lui. Sa ~aute et pmssante pait avec cette froide et ignorante pratique de 1_a~t que l'artiste put exécuter son reuvre; auss1 les autor1tés
statue représentait un bloc de porcelame,- Le pro_moteur byzantin, qui se mourait déja depuis loug~emps,_ e~ revm- chargerent M. J. Van Arendonck, - pour p~rmett~e a
O,iet ~1. Gille, propriétaire des villas
. Pahssy,
. . , et fiait l'art du dessin par l'étude appro~on?1~ et s_e~ieuse, de la ville de rendre un hommage public a David Temers
duprJ,1,
lui-meme fabricant de porcelaine, mo~tra1~ ams1 ,"' son la nature. C'est a ce~ trois grandes mdLV1dual~tes ¡qu est en meme temps que se célébrait l'aniversaire de lacré~illt1Stre prédécesseur que l'art de la cera~tque na pas due la renaissanc~ de l'art en Italie, c'est-a-due la fon•: tion de \'académie, - de l'exécution d'une statue alle. é éré en France. La statue de M. Gil,e est un ou- dation de cette belle école toscane qui devait jete~ un st gorique représenlant la ville d'Anvers couronnant le
deg
' t' t
vragen remarquable, hardi, bien con~u, b'ien execu
e'. e ·vif éclat, .et dont Venise devait recueillir plus tard ~es buste de Tenier$.
•
qui fait honneur cheznous al'industrie de la porcel ame.
C'est cette reuvre que nous reproduisons, d'apres
splendides traditions pour les dé':elo~per et leur fa1re
La manufacture de Sevres n'eut pas fai~ mi~u~, et ce atteindre grace au Titien et a Veronese, leur expres- une photograpbie de irn. Janssens_ et Stalins. Elle
est on ne peut plus réussie et fa1t le plus grand
n'est pas UD mince mérite pour l'indu.&amp;tr1e privee q~e d~
sion la pl~s haute et la plus réelle.
s'élever a la hauteur d'un établissement subvent10nne
Ce que Pise fut pour l'Italie, Bruges le ful pour la honneur a M. J. Van Arendonck. Aussi la commission
des fetes s'est-elle empressée de décider que la statue,
par l'État.
,. . . .
Belgique.
.
El puis, chose remarquable, en France o11 1m1t1at1v~
De meme que l.a noble cité transalpme fut le ber- destinée d'abord a figurer seulement pendant la féte
individuelle est si rare, ce n'était ni le gouvernement, m ceau de l'art italien, la noble capitale de la Flandre inaugurale, serait consl9I'vée et placée a d~meure daos
l'administration des Beaux-Arts, ni le conseil municipal
une de ces magnifiques promenades qm entourent
fut celui de cette grande école, que les noms ~es Van
d'une commune qui avait mis a exécution c~ projet. Eyck des Roger V:inderwyden et des Hemel'.ng o~t Anvers.
L'espace nous manque pour raconter en détail le_s
Le projet du monument, son exécution, son maug~- rend~e si illustre. Et, comme si l'histoire elle-rueme eut
ration tout était la pensée d'un seul homme. M. Gtlle voulu compléter l'analogie que présente la marche s_m- cérémonies artistiques, les fetes véritablement spl~nd1avait ~ut congu et tout exécuté. C'est la assurément un vie par l'art italien avec celle de l'art fla~and au q~m- des orgahisées par la ville a l'occasion du deu~ cent'._em_e
noble usage de la fortune, et cet exemple ~st trop _r~re- zieme siecle, Anvers, cette Venise septentr1o~ale, dev1ent anniversaire de la fondation de 8on académie (comc1ment imité que nous nous ref11sions a hu payer 1c1 UD a la fois héritiere de la splendeur comme~c1ale et de la dant avec l'exposition triennale des beaux-arts, a lajuste tribut d'éloges.
gloire artistique de Bruges. Quinte Metsys maugure cette quelle nous consacrerons un, artic)e spéci~l), et p~r la
n est done équitable de reconnaitre et de proclamer ere nouvelle. Puis s'ouvre le grand siecle auquel Rubens société royale d'Harmonie, a I occas10n du cmquant1eme
que M. Gille est, en réalité, le promoteur du d?uble devait donner son nom, et o11 l'on vit l'école flamand~ anniversaire de son existence.
projet qui, a París et a Saintes, va consacrer la glo1re de
Malheureusement, la pluie cst venue contrarier les
répandre un éclat non molns resplendissant que cellll
l'inventeur des émaux en France.
cérémonies et les réjouissances publiques. Une cavalcade
dont brillait la ville des doges.
, . .
,
Chose étrange ! Les hommes qui font de la céramiq~e
sl' est historique la fete vénitieune, le feu d'artifice et l'inaudant, si, apres cette époque, l art Jtalten
C
epen
d
un des lustres de !'industrie fran~aise, sont tous part1s .
s1'blement endormi il n'en est pas de meme e art guration de la statue du pocte ~a~and, !héodore V~n
'
, · hé ·
de bien bas, pour s'élever bien haut. Bernard Pal_issy msen
Ryswyck, ont du etre etre rem1s a des JOurs plus cle-stter
d. A la vérité, ¡¡ a pu sommeiller par101s,
.
¡¡
accom¡,lit, pendant plus de seize ans, d~s prod1ge~ fl aman
ments.
ans .sa mar·he
t: , tenter de s'ouvrir des vo1es. nouve es,
d'héroisme. Charles Avisseau, de Tours, qm trouva, lm dlutter pour le maintien des traditions don t 11 est le dé:
Jean-Tbéodore Van Ryswyck, a qui Anvers vient
a11Mi, comme Bernard Palissy, de belles fi,gulin~s, en fu.t
d'élever
la statue que nous reproduisons ci-contre, na·t .
mai·s, dans chacune de ces c1rconstances
. s1
rédnit, pour trouver l'alliage de l'_or et des emaux, a pos1 aire,
quit
a
Amers
le 8 juillet I SH. Des son j~une age, son
diverses et souvcnt si critiques, c'est Anver~ qm eut
jeter daos son creuset l'anneau nupttal de sa courageuse
gout
pour
la
poésie
se fit jour dans plus1eurs producl'honneur de relever avec énergie et de temr haut et
íemme. · M. Gille, enfin, le digne continuatew· de ces
tions
oubliées
aujourd'hui,
mais qui lui valurent la coferme l'étendard de l'école flamande.
, .
grands artistes, a commencé par vendre dans_ les rues,
Les maitres formés sous l'influence du geme de R~- lere de ses p:irents. 11 est presque superflu de dire q~e
de maison en maison, les plus humbles poter1es, et ce bens continuaient encore, de la maniere la ~lus b~il- les aspirations littéraires de Van Ryswyck ne rencontre,endeur, perdu dans la foule, ce modeste trafiqu~ut de,!~ . 1 t ' marcher dans la route qu'il leur avalt tracee, rent dans sa famille aucune espece d'appui, ou, pour
an~"'
'
rue, a force de patience, de courage et de travall, a ete lorsqu'un
grand artiste, dont l' écol~ fla.~an~e s enor- roieux dire furent vivement contrariée!!. Tel fut le sort,
décoré, a l'UDe de nos expositions, comme ~n de_s pre- gueillit a juste titre, con~ut la pensee d etabhr dans sa _ pour n; parler que des poetes néerland~is, - de
miers fabricants de France. M. Gille appartient mcon- ville natale une institution semblable a ce~le don_t R~me Tollens, de Van Duyse, de Ledeganck, de plus1eurs ~uteslablement a cette glorieuse pléiade de travailleurs
et París possédaient déja des modeles, etqm co~st1~ua1ent tres encore. Il n'est pas étonnant, apres cela, qu on
qui a donné a notrc siecle les Jacquart, les Richard-Ledes centres o11 non-sculemeut l'art fut ens_e1gne da~s trouve Van Ryswyck tour a tour dans un atelier de
noir et les Joly d'Argenteuil. Le travail ne rend-il pas ses multiples manifestations, mais encore ?u les trad1~ sculpture ou chez un peintre de décors, ou enfin, en
au centuple ce qu'on lui donne?
tions de \'école pussent se maintenir en, enller. Ce grand l'an 1830 volontaire daos l'armée de l'indépendance.
RENJ\I Coz1c.
artiste fut David Teniers, le jeune. D accord. avec_ ~es Cettc der~iere période de lajeunesseagitée du chansoncollegues, les doyens de la gilde de Saint-Luc, il sol1Ic1ta nier flamand, il íaut la Jire dans une jolie nouvelle de

�f88
son compagnon d'armes, le célenre romancicr Henri Conscience.
11 faut plulot s'applaudir que se
montrer allristé des. vicissitudes
auxquellcs a été soumise l'insouciante j cunesse de notre poctc.
C'est dans cette vie d'aventures
mem_e que son espritsarcastique, et
porte tout naturellement a la satire,
a pu récolter cette riche moisson
d'obse'rvations que plus tard nous
rcncontrons d_ans ses gaies et pimpantes chansons, fixées par le burin
d'un maitre immortel.
Ubéré du service militaire il
trouva a s'occuper en qualité' de
commis du Mont-de-Piété, et, heureusement pour la poésie flamande,
cette espece de sinécurc lui laissa
le temps de s'appliqucr avec ferveur il des études qu'il n'avait jamais pu faire dans sa jcunessc, JI
débuta par un volume de poésie~,
et prit en meme temps une part
trcs-large a la renaissance de la
Chambre de rhéorique: l'Olivie,·(de
Olyftak). 11 ¡,ublia successivement
des recueils de chansons qui ont
fondé sa gloire d'une maniere durable, et dont l'énumération Dous
enlralnerait trop loin.
Toutes ses poésies se distinguent
par la clarté et l'énergie; jamais
pocte n'a mieux démontré la vérité
du mot de Béranger, que : « La
ehaoson est l'iospiration du moment. » Sans précéder jamais le ·
peuple dans ses vreux parfois téméraircs, il comprenait admirablcmeut ridée qui était d'actualité
s'en cmparait d'uoe autorité souvc-'
raine, et trouvait pour l'exprimer
des acccnts doDt l'empire est io1périssable.

--111ente
encore l orsq~' on

Théodore Van Ryswyck exp~
7 mai 1849. Il mourut comme e
80111
morts tant
. de .poetes fran~ais,ceui
du moms qm tr uvent un asile
dans les maisons du docteur BI
. I'
an.
c.he. Ses am 1s entourerent de SOins
p1eux, et 1e gouvernement fil un
. ~
e
pens10n "' . sa veuve et a ses en.
fants. Le Jugement de la poslé 'té
. attcndrc pour rt .
ne s' est pas fa1t
1
·1
auss1 ongtemps que !)Our beaucou~
d't:mres; c'est Ice que prouve
statue qu'on vient de Jui éle,/
daDs sa chere vi lle d'ADvers.
r

t

GusTAVE LEMAIRE,
~

LA FONTAINE DE VAUCLUSE.

A. E. P. COl.lTE DE GASP.lR!:i: STATUK llE .U. PlEI\I\E HÉULIIT, INAl:GURÉE LB II SEPTEMBRl!, A ORANGB.

STATUE lm TRÉIIOORE VAN ílYS\HLIL

affeclions du crem humain sont
des sujets toujonrs jeunes, et
offrent une mine inépuisable a
l'art comme ala philosophie. Et
nous dirons avec Schiller : La
source ou puisaieot les ancieus
coule pour les vivants avec la
meme fralcheur, et le solcil qui
éclairait Homere est celui qui
brille a nos ycux.
Des qu'on a pénétré daos le
vallon de Vaucluse, la verdure
des arhres, le cours si vif des
eaux de la Sorgue, la siogularité
de forme des rochcrs, répondent
bien aux imagcs que l'on s'est
faites de Vaucluse par la leclure
des poésies que ces lieux ont
inspirées; mais des que l'on
monte plus haut que le village,
en se dirigeant vcrs la source
l•aspect d11 site prend un carac-'
tere de grandeur et de sévéri té
qui impressioDne plutot de terreur que d'un autre sentiment.
Ces rochers, si siugulierement
déchirés, fendus, crcusés de ca.
vernes, allongés en pain de
sucre et en aiguilles, renvcrsés
pcle.. mele, forment un tableau
qui ne peut manquer de donncr
une sorte de frissonnement aux
visitenrs, a ceu.x surtout qui ne
vivent gucre qu'au milieu des
ville~, et qui ne contemplcnt
or&lt;linairemeot cl'autre spectacle
&lt;le la nature que celui des
jardins, si mesquincment disposés par la main des hommes.
Le sentiment de terreur éprouvé
dans ce cirque de rochers au"-

º

189

VI LLUSTR.ATlON, JOURNAL UN l VE RSEL.

L'lLLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

Les pluics abondantes du printemps occasioDneDt soment le débordemeDt de toutes DOS riviere~ et
font surgir d'une maniere exc;pti?n~elle toutes les sources d'eau.
Ams1, celle si célebre sous le oom
de Font.iine de Vaucli.ise, déverse
quelquefois ses eaux avcc une aboodance el une impétuosité toutes
particulicres. Cet état de la sourcc
attire alors un grand nombre de
visiteurs, qui viennent admirer un
eles plus beaux spectacles de la
nature piltoresque.
Tant de poetes, taDt de philosophes, tant d'csprits tendres et re"_eurs ont parlé de Vauclnse; oo a
s1 souvent décrit et re présenté ce
site grandiose et singulier; on a
rendu tant d'hommages au souvenir de Pétra:-que et. de Laure, qu'il
semhle au moins super0u de s'eo
occuper de nouveau; mais la
bcauté de la nature, la poésie, les

I.A \ILLF. ll'AHEHS COU IIONNANT TliNIERS, GIIOUPE DE 11. J. VAN ARENDONCK.

!

e:t par:
~lasource, au pomt mt:me ou
,enu ..
énorme rocher tout crevassé
UD
J
..
,
, ·¡•ve d'une seu e p1ece a une
se~
d
·
t · d
bauteur de plus e s1x cen s pie s,
pour surplomber sur votre tet~
. ne nianiere mena~ante, et ou
du
l'on a a ses pi_eds ou b'1en un antre horrible, s1 les eaux sont has- ·
u si elles sont hautes, une
es' º '
scascade
jetant sur des rochers
niassés, environ deux cents toises
ecubes par minute d' une eau qm.
se transforme en écume avec un
rracas épouvantable. Dans les
crues annuelles ordinaires, l'eau
sedivi,e, par chutes inégales, entre
des blocs de rochers entierement
recouverts d'une grande mousse
,ert-noiratre
(gymnostomum
aquaticum), et la cascade est d'un
aspect richement varié de forme
et de couleur; mais, aprcs de
grandes pluies, l'eau recouvre
toutes les formes inférieures d'un
¡0101ense manteau d'écume qui
semble se réduire en poussiere.
, Plusieurs paysagistes ont visité
Vaucluse et ont trouvé avec juste
raison que ce site était peu dans
les conditions de leur art. Un
des plus savants, notre ami, feli
W. Schirmer, qui fut directeur
et fondateur de l'école de Carls-rube, se trouvait une fois avec
nous a Vaucluse, et il fut désappoioté au point de n'avoir pas
la force de tracer un seul croquis;
mais pendant qu'il errait tristement au bord de la Sorgue, nous
ne re~tions ni oisifs ni découragés,
et nous rcjoignimes notre compagnon, muni de plusieurs études
de~inées. A la vue de nos croquis, le professeur Schirmer fut
désolé de n'avoir rien fait de son
coté. Le courage lui 'venait; mais
c'était trop tard, car il fallait reprendre laroute d'Avignon. Pour
se consoler, il nous demanda de
lui confier nos études, et, combinaot ces matériaux avee ses sou-•
noirs, son talent sut produire un
des plus heaux dessins qu'il ait
faits.
Quoi qb.'il en
soit, il est certain qu'a Vaucluse, l'horizon
est a peu pres
entiereme n t
borné par des
rocbers dont la
disposition générale n'est pas
de nature a
fournir de bonnes masses a13.
composition pittoresque d'un
tableau. On ne
saurait se tour.
ner d'aucun
coté saos qu.e
quelque maison
dépourvue de
tont style ou
quelque jardin
plantédechoux
de salade et d;
pelits arbres
alignés ne viennent détruire
ridiculemen t
l'unité des impressions Jiro-

1

ROCHER ET FONTAINB DE VAUCLUSE.

CROE DES EAUX DE U_FONTAINB 06 VAUCLUSE.

fondes qu'oD re~oit des belles parties du paysage; mais il n'est pas
moins certain que Vaucluse est
un lieu riche en détails de différents caracteres, On voit, au bord
de la Sorgue, des arbres, ormeaux, figuiers, micocouliers de
la forme la plus gracieuse. A chaque pas, ce sont des chutes d'eau
pétillantes par la variété et par la
richesse des couleurs; il y a des
parties de rochers d'1rne silhouette
rnperbe ; le vieux ehateau, qui
appartenait aux éveques de Cavaillon et qu'on veu:t, a to11te
force, appeler le chateau de Pétrarque, est une ruine trcs-pittoresque. Enfin, l'intérieur du village offre q11elques vieilles maisons
et quelquessingularités de terrain
que nous signalons comme tresdignes d'attirer l'attention d'un
dessinateur.
On trouvera, dans toutes les
biographies de Pétrarque, des appréciations plus ou moins étendues de ses reuvres, et dans tous
les livres publiés sur la fontaine
de Vaucluse, les passages de ses
écrits qui ont rapport a son long
séjour dans cette retraite.
« Cherchant, dit-il dans son
Epltre a la postérité, « une re11 traite qui me servlt d'asile, je
1c trouvai, a quinze milles d'Avic1 gnon, un vallon tres-étroit,
1c mais solitaire et délicieux, que
&lt;&lt; l'on nomme Vaucluse, et au
&lt;&lt; fond duquel nait la Sorgue, la
« plus célebre des foDtaines. Épris
« des charmes de ce lieu, je m'y
1&lt; retirai avec mes livres. Mon
&lt;&lt; récit serait trop long, si je rae&lt; contais tout ce que j'ai fait daos
« cette solitude, ou j'ai passé UD
« grand nombre d'années. J'en
« donnerai une idée en disant
&lt;&lt; que de tous les ouvrages qui
&lt;&lt; sont sortis de ma plume, il n'en
« est aucun qui n'y ait été écrit,
e&lt; commencéou con~u; et ces oi:&lt;&lt; vrages sont si nombreux qur
(( daos un age avancé ils m'occt &lt;&lt; pent et me fatiguent encore ...
&lt;&lt; Cette
re&lt;&lt; traite m'a ins« piré des rll'••
&lt;&lt; flexions sur la
« vie solitaire
&lt;&lt; et le repos
&lt;&lt; des cloitre~,
&lt;&lt; dont j'ai fait
« l'éloge dans
e( deux
traités
&lt;&lt; particuliers.
« C'est enfi n
&lt;&lt; sous les om&lt;&lt; brages
de
e&lt; cette solilude
&lt;&lt; que j'ai cher« ché aéteindre
1&lt; le feu dévo&lt;1 rant qui con&lt;&lt; sumait
ma
e&lt; jeunesse ; je
ce m'y
retirai
e( comme dans
(&lt; un asileinvio« Jable : impru« dent ! ce re&lt;&lt; mede aggra1&lt; vait mes souf1&lt; frances.
Ne
• &lt;&lt; trou vant pcr• 11 sonne, dans
(&lt; une si pro fon-

�rno

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

« de solitude, pour arréter les progres du mal, j'y souf« frais davantage. C'est alors que le feu de mon creur,
« s'échappant au dehors, je fis retentir ces vallées de
« mes tristes accents qui, d'apres quelques lecteurs, ont
« une douce mélodie. ,,
En 1805, l'Athénée du département de Vaucluse dé-

cida qu'une colonne serait placée au lieu meme de la
fameuse source, comme hommage a la mémoire de Pétrarque. Bien que cette colonne fut taillée sur le modele de la fameuse colonne Trajane de Rome, son effet
fut d'une mesquinerie tellement choquante, qu'il fallut
hrentot l'enlever du voisinage des rochers dont la hauteur la faisait paraitre trop petite, pour l'élever a l'entr.ée
du village, ou elle est encore debout. En votant l'érection
du monument, l'Athénée avait invité tous les gens de
lettres a proposer des inscriptions pour etre gravées sur
le piédestal de la colonne, et voici celle qui futre~ue un
beau matin par le président de l' Athénée, M. Blaze, correspondant de l'Institut, pere du spirituel conteur
connu sous le nom de Castil-Blaze:
Pétrarque considérant de Vaucluse le Jieu,
·De la félicité il se vit au milieu,
D'avoir mis sous ses yeux J'immense source d'eau
Tellement abondanle qu'elle porte bateau.
Cet Apollon profond aima sans cesse Laure
Celle qui en beauté fut l'émule de Flore.
Par d'étonnants sonnets, amoureux, magnifiques,
Tellement éloquents qu'ils sont d'un genre unique,
Comme prince des poetes italiens
Pétrarque fut mis »ar les historiens.
De ce département Vaueluse fut le nom
Et son digne préfet, Marc-Antoine Bourdon;
Avignon, en ce temps, eut pour ion maire Puy,
Thivelier, Collinet, les adjoints dºaujourd'hui.

C'est un peulong, dit un des membres de l'Athénée vauclusien ! C'est bien curieux, nous a dit une fois un
membre de l'Académie fran~aise, ancien ministre, aqui
nous a.vons récité ces vers; tellemeut curieux qu'il en
voulut avoir copie.
J.-B. LAURENS.

LES ENTREMETS ET LES ÉPICES (1).

Le plaisir de la table est incomplet, si le cerveau reste
inactif pendant que l'estomac fonctionne. La communication entre ces deux organes est constante; chacun a
son heure, le cerveau devant l'étude, l'estomac devant
le repas, doit prendre la prééminence, mais sans annihiler l'autre, sou~ peine de bestialité ou de folie. Dans notre temps de haute civi!isation, le complément de la
bonne chere est une conversation aimable sans fadeur,
intéressante sans pédanterie, animée, légere, eftleurant les sujets pour en indiquer le suc, passant de
!'un a l'autre sans fatigue pour !'esprit, remplissant
en un mot, -,is-a-vis de l'intelligence, le role des épices dans les mets. Cette application des vrais dogmes de l'épicuréisme n'était encor!!, il y a cent ans, que
le privilége de quelques esprits hors ligne. Rabelais,
Théophile de Viau, Saint-Amant, en avaient été les promoteurs un peu excentriques; Gassendi fut le premier
grand-maitre de la moderne école tl'Épieure.
Mais des les premieres lueurs de la ci,ilisation, les
hommes ont cherché A rendre leurs festins agréables
par des distractions conformes aux mreurs de leur épo-•
que.
Les repas des Grecs étaient égayés par des chants et le
jeu des instruments. A Rome, il y avait, en outre, entre
les services, des danses, des pantomimes et meme des
combats de gladiateurs. Néron, dans son habitation dite
Maison cl'or, a cause des plaques de ce métal qui couvraient les murs, avait une salle a manger dont le plafond mobile représentait les mouvemenl~ du ciel, et
duque! tombait A certains instants des piuies de parfums
et de fleurs.
Les divertissements, ayant lieu a Rome pendant qu'on
enlevait les mets d'un service pour les rempl3cer par
ceux du service suivant, prirent naturellement le nom
d'entre.ets. On employa méme longtemps ce mot dans
le sens que nous donnons a intermede, et on trouve dans
llaií (mort en i591) l'expression entremets de la tragéclie
Je Sophonisbe. Aujourd'bui, on nomme entremets les
plal~ qui se servent entre les lég1mes et le dessert.
Les rois de France, jusqu'au seiziéme siecle, déployerent un grand luxe pour les entremets de leurs festins.
(t) C•t article ell ntroit d'un ouvrage import·nt qui paraitr-3 prochain,meot sous ce tilre C11rioli/t1 de, rep111 ancieru et IIIOdernu.

Au mariage de Robert, fils de saint Louis, en i237, on
vit aux quatre coins de la table des musiciens montés
sur des breufs, et des singes a cheval aupres d'eux faisant mine de pincer de la harpe. Au son de la musique,
des chiens, couverts d'étofles tres-•riches, cabriolaient en
mesure autour des convives. En meme temps, un cavalier traversait la salle sur une corde tendu!l au-dessus
de la table. Un des plus célebres de ces entremets est
celui qui eut lieu au repas offert par Charles V a l'empereur d'Allemagne, qui était venu a Paris en i378.
Pendant le repas, apparut un immense vaisseau monté
par des chevaliers chrétiens, ayant a leur tete un personnage représentant Godefroy de Bouillon. Ce navire
attaqua uue ville fortifiée de tours simulant Jérusalem,
et défendue par une troupe de Sarrazins; aprcs de nombreuses et curieuses manreuvres, l'assaut fut donné a la
ville, qui fut prise apres une vigoureuse résistance.
En 1453, Philippe le Ben, duc de Bourgogn~, donna
un spectacle anatogue, a l'occa,ion d'nne croisade projetée contre Mahomet II. A la fin du repas, 11ne jeune
filie entra, portant un faisan doré sur le4uel les convives jurerent de reprendre Constantinople et de conquérir la Palestine. Mais l'expédition se borna A ce serment.
Le poete Chapelle fit au moins autant pour la délivrance des lieux ,aints. Nous pouvons meme dire qu'il
fit plus, car il expMa sa vie; voici comment:
Chapelle se trouvait un soir a souper avec un maréch:i.l de France. Le vin était excellent et abondant. Nos
convives en vinrent, a la fin du repas, a aborder la
grande question des douleurs humaines, puis celle de
l'inanité des biens périssables de ce monde, qui les
amena A envier le sort des martyrs.
- Eh bien! dit Cbapelle, allons en Turquie, je precherai la foi, on nous menera devant le hachar, je luí
parlerai de la bonne fa~on; vous direz comme moi, monsieur le Marécbal, on m'empalera, on vous empalera
ensuite, et nomi voila saints.
- Comment ! reprit le maréchal en colere, il vous
sied bien, petit compagnon, de tenir ce langage; c'est
moi qui parlerai, c'est moi qui serai empalé \~ premier,
011i, moi, moi, maréchal de France, duc et pair !
- Quand il s'agit de la foi, riposta Chapelle en bégayant, je me moq11e du maréchal, du duc et du pair.
Aussitót, le marécbal lui lance ~on assiette a la tete;
Chapelle se précipite sur tui; ils renverscnt table, buffet
et chaises. On accourt au bruit, on les sépare ; mais ils
expliquent leur diflérend et on a toutes les peines du
monde a les décider A se mettre au lit saos ctre empalés.
Les seigneurs avaient dans leurs chateaux des spectacles analogues a ceux des festins royaux. Un jour Charles IX étant a diner chez un gentilhomme, pres de Carcassonne, le plafond s'ouvrit a la fin du repas. On vit
descendre un gros nuage qui creva avec un bruit semblable A celui du tonnerre, en \aissant tom ber une grele
de dragées suivie d'une petite rosée d'eau de senteur.
Les entremets royaux a grand spcctacle se passaient
au palais de la Cité, dans la grande salle (aujourd'hui.
salle des Pas-Perdus). Mais quand ils n'exigeaient
point un développement aussi considérable de machines,
on faisait glisscr les décorations sur l'immense table de
marbre, ou ne s'asseyaient pour les repas que les princes souverains. Ces entremets représentaient généralement des villes, des pares, desjardins avec des fontaines,
et des jets de vin ou de liqueurs de toutes sortes. C'est
de la qu'était venue la coutume, dans les fetes solerinelles, de remplacer les distributions de vin par des
fontaines publiques, comme celles qu'on établit lors
de l'entrée de Charles V a Paris, sous Charles VI et sous
Louis XI. Ces fontaines versaient a grandes nappes du
vin, de l'hypocrac;, du lait et diverses liqueurs.
On voyait encore les restes des magnificences théatrales du palais de la Cité, au temps de Henri IV. Mais
apres le terrible incendie qui éclata daos la nuit du 5
au 6 mars !618, et qui détrui~it, avec les pieces du proces de Ravaillac, une grande partie du Palais ainsi que
la table de marbre, on ne songea pas a les rétablir.
Le Palais n'était plus, d"ailleurs, destiné a servir de
séjour aux rois; il était devenu exclusivement le temple
de la Justice.
Cette transformation du Palais, si splendide sous
saint Louis, nous conduit naturellement a parler des
épices (espices) auxquelles les basocbiens doivent au
moins autant de reconnaissance que les gourmets.
l,es Romains avaient eu 4'&lt;\bord pour épices et ll-SSai•

L'ILLUSTRATION, JOURN AL UNIVERSEL.

sonnements le poivre (différent de celui de Sumlll'II,
l'ail, l'ognon, le poireau, le vinaigre, la sauve (nio..
tarde), le miel et quelques plantes aromatiques. Soaa
l'Empire, ils connurent la menthe, le cunnin, le safran
roxymel, l'anet, le thym, le laurier, la pistache, et~
assaisonnement qu'ils nommcrent silphium, qu'on ClOit
étre l'opium.
Au quatorzieme siecle, on comprenait, en Franct,
sous le nom d'épices, ontre le poivre, le piment et les
aromates dont nous parlons ci-dessus, les dragées, le
sucre et les confitures.
La muscade et le giroOe furent découverts au moyen
age, par les Chinois, dan~ les iles Moluques; mais les Portugais ne commencerent a les exploiter, pour les rép¡¡.
dre en Europ~, qu'en l 5i 1.
Avant la découverte du cap de Bonne-Espétance, les
relations avecles Jndes étaient difficiles; le poivre valait
deux mares d'argent la livre, et les épices douces (&lt;Ira.
gées, confitures, sucre) étaient tellement rares qu'on ea
présentait seulement aux rois et aux grands seigneurs ala
fin eles repas. On les offrait en cadeaux, comme marque
de déférence ou de gratitude, et Mezerai attribue ¡
cette coutume \'origine des frais judiciaires.
Un riche bourgeois, qui avait un proces, envoya des
épices en cadeau au juge, et, comme il avait sans nnl
doute raison, il obtint gain de cause contre son advtrsaire. Les autres plaideurs envoyerent des ce momeot
des épices aux juges, aux rapporteurs et aux greffien.
Ces épices, ainsi prodiguées, perdirent de leur charme, et
on arriva bientot a les remplacer par des especes. Les
dons, de volontaires qu'ils étaient, devinrent implicitement obltgatoires, et, sous Louis XIII, un commis ayaot
emporté la caisse des fonds destinés aux dépenses de
justice et aux traitements des greffiers, on ne la rétablit
poin t. Les frais de j ustice furent des lors a la charge des
parties belligérantes.
Nous terminerons ce rapide aper~u de l'historiquedes
épices par un document assez curieux sur !'origine dela
célébrité de la sauve, ou sennevé de Dijon, eous le nora
de moutarde. Cette citation est d'ai\leurs tout a l'bonnenr des braves Dijonnais.
&lt;&lt; Le roy Charles VI, en l'an 1382, lorsque luy a,ee
&lt;&lt; Philippe le Hardy, son oncle, furent au secours de
&lt;&lt; Louys, comte de Flandres, les Dijonnais, qui, de
« tout tem ps, ont été trcs-fideles et tres-affectionnez en&lt;&lt; vers leurs princes, se monstrerent si zélez, que de
« leur propre mouvement ils envoyerent mille hommes
« condnits par un vieil chevalier jusques en Flandres.
&lt;t Ce que reconnaissant ce valeureux duc leur donna
« ptusieurs priviléges, et notamment voulut qu'ajamais
&lt;&lt; la ville portat les premiers chefs de ses armes; lni
« donna"sa devise qu'il fit peindre en son cnseigne q1li
&lt;&lt; estoit : ~fouLT ME TARDE. Mais comme cette de,iJe
« estoit en rouleau, de fa~on qu'encore aujourd'hui elle
« est eslevée en pierre a la porte de l'église des Cbar« treux de Dijon, plusieurs qui la voyaient, meme les
« Fran~ois, ne prenant pas garde au mot de me, ou dis« simulant le voir par envíe, allerent dire qu'il y avait
« mo,-'5tarde, que c'estoit la troupe des moustardiers de
&lt;&lt; Dijon. 1&gt; (Les Bigarrures, DEs AccoRos, page 62, Paris,
i662).
J. LrnGAY.
---ll®&gt;ó"-•- -

; ; Les municipalités penvent, sur celte base, lraiter
r le nombre de lampes qu'elles désirent, et les ap~ils établis par _M~f. Guillen:iont et H~u deviennent, A
rexpiration du tra1té, la propriété des v11les.
l)écidément, notre civilisation, pour créer des reuvres
105 durables, emprunte a tous les métaux leur puis:.Oce. Si la charpente ou la cons'truction utilisent le fer,
rarcbitecture et l'ornementation arrivent a ne plus emlover que le zinc, la tole, le cuivre et le plomb. Ces
pétaUX, estampes et repoussés, se pretent aujourd'hui
:ec docilité A toutes les capricieuses fantaisies de l'art.
n fant avoir visité les ateliers et les magasins de
ID(, Bonnet et Coutelier, boulevard Richard Lenoir, 74,
pour se rendre compte de l'i?1mense dév~loppe~ent que
remploi des métaux a donne aux arts mdustriels. LuCAJl'IE-,, CRtTES POUR FAITAGES, POIN¡;ONS, marquises, lambreqoins, rosaces, feuillages, frises de chaineaux, etc.,
tont se fait la a la vapeur, par qnantités énormes et
1,ec un fini d'exécution irrérrochable. Le travail a la
,apenr, un outillage spécial et l'exploitation de procédés brevetés, ont permis a MM. Bonnet et Coutelier de
cooduire a sa perfection eet art de l'ornementation, qui
est aujourd'hui une des gloires de !'industrie parisienne.
L'EmpP.reur vient d'accorder a M. Dagron l'autorisasation de prendre le litre de son pbotographe breveté.
Noos avons déja, a plusieurs rcprises, signalé a l'attention publique les charmantes nouveautés dont M. Dagron a doté l'art photographique. A leur début, ces
merveilleux bijoux ont fait révolution, et plusieurs applications variées de la photographie microscopique lui
ont donné en ce genre une vérit:ible célébrité. Le
monde entier est aujourdºhui tributaire de cette industrie, qui a pris un développement cons' !ér~le, et
noos sommes heureux d'avoir a annoncer le nouveau
soeces qui vient de couronner les efforts persévérants de
JI. ·Dagron.
HENRJ V1cNE.
e,,q,~

BAcCALAURtATS ts LrnREs &amp;T ts scm.'&lt;CES. - Dans les
trois sessions de novembre 1863, avril et aout i 864, qui
composént l'année classique 1863-t864, l'ancienne institution Oelavigne, dirigée par M. H. Chevaltier, agrégé
de runiversité, a eu 66 éleves re~us aux divers bacca\auréats. Ce sont :
DaM les lettres: MM. Baudry, Bertault, Barbier, BQauinetz, Bourgeois, de La Bully, de Béthune, Colombier,
Conrtois, Coxe, Cur... , Canonnc, Cordellier, Dessolier,
Dobost, Dernoncourt, Doens, Ferté, Fleury, Guillau·min, Raymonel, Hennessy, Humbert, Hocquet, Jsbert, Javal, Jullet, Kerst, Laporte, Lelievre, Laratc, Mages,Muyard, Naquet, Perriquet, Proust, Paillard du Cléré,
tiellonx, Pontagnier, Prévótel, Rolland, Sebert, Toutain,
Vaudey.
Dans les sciences : MM. Boiron, Baudry, Bcrthelier, Cadix (2• parlie), Courtois, Chatagnon, Delorme, Delassasseigoe, Dubois, Flamet, Frontier, Gastambide, Jardé,
Lerat, Lesguillette, de Mallet, de Maurepas, Murisier,
Oyon, Pauliat (2° partie), Pronier, Thévenot, Watelet.
Coors préparatoires (pendant les vacances) pour la session de novembre. - Ouverture, le 4 octobre, des cours
préparatoires pour la session d'aotit 1865. -· Paris, rue
de5 Fossé~-Saint-Victor, 33.
~

REVUE DES ARTS ET DE L'INDUSTRlE.

Le progres fait partout sa trouée. Le voila qui fournit

aux petites villes qui ne peuvent ambitionner l'éclairage
au gaz, les moyens de renoncer a l'antique et fumelll
réverbere. L'éclairage par le schiste, de MM. Guillemonl
et Heu, brevetés (s. g. d. g,), offre aux villes dépouuues
d'usines a gaz, des avantages si bien appréciés partout,
que leur systeme se généralise rapidement. Soixante
villes ont déja appliqué sur tous les points de la
France les appareils de MM. Guillemont et Heu, et plus
de trente départements ont aujourd'bui reconnu les
progres incontestables réalisés par l'éclairage au schiste.
Trois avantages principaux ont contribué a faire la
fortune rapide des procédés de MM. Guillemont et Hen:
t• La lumiere de lenrs appareils Aschiste se regle absolument comme celle du gaz, au moyen d'une perche;
2° l'éclairage se regle, a volonté, par l'extinction de la
lampe a une heure déterminée, bien que la lampe ne
soit pas vide; 3° l'économie du systeme le fait préférer
par les municipalités a toutes les autres combinaisons.
Dix réverberes allumés pendant cinq heures, peodant les cent vingt nuits de l'hiver, déduction faite
des dix jo\Jrs de \upe de chaque mois, ne couteut que

CAISSK GblRALK DKS AVAIICKS SUR TITRK8
RAISON SOCIALE H. DESTREll ET e•.
.~to,ui, du 26 aoíU {864, dépo,i1 chn 11. Armanll Gourot, notaire
a Parí.!.

tYISSION DES 38,600 ACTIONS
restant disponibles sur le capital social de 40,000 actions
de 500 fr. Premier ver~ement, i25 fr. par action.
But. - La Société est in~tituée pour faire des préts
sur rentes, fonds d'État, actions, obligations et autres litres qui lui seront déposés, comme le Crédit foncier prele
sur la propriété territorial e.
Garanties. - Gér;mce responsable souscrivant i,000
actions. Conseil de surveillance; con~eil des :i.vances;
deux divisions de reqseignements et d'études; anthenticité des opérations assurée par une publicité mensuelle.
Rtpartition de béne~es. - Premier prélevement au
profit des actionnaires, 7 0/0 du capital versé; 1O0/0 a
la réserve; 75 0/0 du surplus pour le dividende complé•
mentaire.
On souscrit a Paris, dans les bureaux, rue Saint-Georges, n• 23.
~ans les département!l et a l'étranger, chez les banqn1ers ou agents de ¡:hange, au choix des souscripteurs.
l.acl6ture aura lieu le dimanche 25 septcmbre,

1

JIYGJENE ET MÉDECINE.

Les Anglais n'ont pas seuls le privilége de ces court~
plaisters et de ces hasty-cordials, qu'on est si souvent
heureux d'avoir sous la main, en cas d"indisposition subite. Nous avons aussi les notres, dont l'efficacité n'est
pM contestable.
On sait que c'est a l'un des derniers moines de l'ordre
des carmes, décédé en l 83i, queM. lloyer( 14, rue Taran ne)
doit la mystérieuse recette de ce cordial tout-puissant,
que tout le monde connait aujourd'hui sous le nom
d'Eau de M~lisse des Carmes, et qni rend, daos une multitude d'atfections, des services dont la médecine ellememe a reconnu et consacré l'efficacité. L'usage de cette
bienfaisante liqueur préserve et guérit des vapeur~, des
vertiges, de \'apoplexie méme; elle facilite la digestion,
soulage les maladies des voies respiratoires, en un
mot, elle a des droits au titre de bienfaitrice de l'bumanité.
Voici une innovation qui a aus~i ~on mérite.
Le m1gnon corset qu'on nomme la Ceint11re régente
voit s'éterniser son soeces, grace a 11 nouvelle forme
des robes rle nos élégantes, qui ont fait revivre la taille
Empire. 11 parait que cette ingéniense ceinture seconde
admirablement la couturiere {1-PPE:lée a confectionner les
robes nouvelles, car de quelque fa~on que la mode se traduise, elle veut une taille mince et flexible, des proportions irréprochables, et tout cela existe pour les
femmes qoi se servent de l'beureuse création de
~lm•• de Vertus. Mais les contrefa~ons en sont nombreuses; et le moyen de les éviter est de ne s'adresser 4u'a Mmu de Vertus elles-memes, 3i, Chausséed'Antin.
La fontaine de Jouveuce n'est plus pour nous une
légende.Grace a l'Eau de la Floride deGuislain(l 12, rue
de Richelieu), on peut aujourd'hui conjurer les outrages
du temps; nous parlons pour ceux qui, jeunes encore,
redoutent de voir leur chevelnre sillonnée par les premiers fils d'argent.
L'Eau de la Ploride ne teint pas les cheveux, elle leur
rend leur séve, et, par suite leur couleur. On peutdonc
etre parfaitement fier de sa chevelure, redevenue brune
ou bloi:ide, grace a ce bienfaisant remede.
L'Eau de la Floride n'opere pas sa révolution en un
jour. Elle agit « sagement et lentement, comme la nature. 11 Son emploi est des plus simples aussi hien que
des plus efficaces.
Le charlatanisme se meurt, le charhtanisme estmort!
Pourquoi? Parce que le savoir et l'expérience appliquenl
des remedes spéciaux consciencieusement étudiés. C'est
ainsi que les cors aux pieds disparaissent aujourd'hui
de la maniere la plus simple et la plus eíficace. Plus
d'outils tranchants ! Plus d'eau-fortc ! Plus de corrosif!
Une simple petite lime sulfurique peut vous garantir radicalement contre cette gcnante et douloureuse infirmité. Le dépot des véritables limes sulf1.1riques se trouve
a Rouen, a la pbarmacie des deux Palmiers, rue de la
Gro~se-Horloge. On en trouve également un dépot,
Grande-Rue, 20, aDieppe, eta Paris, rue Neuve-SaintDenis, 5.
11 est un établissement de parfumerie de premier ordre,
dont nous croyons devoir de nouveau recommander
les produits.
L'emploi de la Glycerine de Rimmel, 4i, boulevard des
Italiens, est tres-efficace, surtout en cette saison qui v::iit
le public abonder aux bains .de mer. Les bain~ de roer
ont l'inconvénient de rendre les cheveux secs et cassant.~.
Pour combattre cet effet nuisible, rien n'est supérieur a
l'E:r:trait de jus de limons et a la Glycdrine de Rimmel,
qui ncutralise le sel marin et laisse la chevelure souple
P.t bril\avte.
BULLETIN BIHLIOGRilPHIQUE

Dictiom1aire des Communes de la Fra,1ct, par Adolphe

Joanne

(1).

Ce o·e~t pas un Dictionnaire de poche. 11 jau.ge 2,271
pages, divisées en deux colonnes d'un caractere assez
fin, mais d'une netteté remarquable. On y trouve, A
chaq11e nom de commune, petite ou grande, tous les
renseignements que l'on peut désirer ou imaginer : la
division administrative, la population d'apres le recensement le plus récent, la situation géographique de chaU) Peri~, Rachrlle et t:i•,

191

que lieu et son altitude ou r.lévation au-dessus du niveau
de la roer, la distance des chefs-lie•n de département,
d'arrondissement et de c¡mton, les bureaux de poste, les
stations de chemins de fer et les correspondances, les
bureaux de télégraphie électrique, les établissements
administratifs, judiciaires, religieux, militaires, maritimes, les produits agricoles ou industriels de chaque
localité, les objets de son commerce, les curiosités naturelles ou archéologiques, les monuments, canaux, phares, etc., etc. Jamais on n'avait fait sur la France un
travail aussi exact, aussi complet, et l'on est effrayé,
lorsqu'on y réfléchit, de tout ce qu'il a fallu, pour le
mener a bien, d'études, de soins consciencieux, de patience, d'obstinatiori.
Une longue introduction précede le dictionnaire. C'est
un tableau vaste et multiple, ou la France est étudiée et
décrite atous les points de vue. - D"abord au poipt de
vr.e géographique : configuration du territoire, orographie el géologie, ou description des montagnes et cons.{jtution du sol, hydrographie Ouviale et maritime, météorologie; - puis, aux points de vue social, poli tique,
économique, administratif, financier, etc. Cette seconde
partie commence par nne étude sur la population, extremement curieuse. L'agriculture, \'industrie, le commerce de terre et de mer, les institutions de crédit, leur
mécanisme et leurs opérations, l'organisation, le jeu de
la machine administrative, et ce qu'elle cotite, c'est-adire le budget, tout e~.t exposé avec une précision rigoureuse, une merveilleuse clarté et une exactitude incontestable, car tout y est fondé sur des faits et des chiffres
offlciels. On ne saurait imaginer un omTage plus substantiel, plus instructif, attestant des connaissances plus
étendues et plus variées. C'est a M. Élisée Reclus, le
collaborateur le plus actif de M. Ad. Joanne, que l'on
doit ce heau travail. Et M. Reclus n'est pas seulement un
des hommes de ce temps-ci qui ont l'instruction la plus
solide, la plus étendue, la plus variée, un de ces esprits
encyclopédiqaes qui peuvent s'appliquer a tout, c'est
aussi un écrivain d'un mérite rare. Son style ferme,
nerveux, rapide, et, daos l'occasion, tres-pittoresque,
rend l'attcntion facile au lecteur, et burine daos sa mémoire d'inefla~ables empreintes. Son Jivre est plein d'apergus ingénieux, d'observations dont la justesse et la
nouveauté vous frappent, vous illuminent cQmme un
éclair. En voici une, par exemple, d1mt personne que je
sache ne s'était encore avisé:
.•. « Depuis la Révolution fran~aise, le nombre des
divisions et des subdivisions adminislratives de toute espece est resté a peu pres invariable, tandis que la société s•e~t transformée. Graee aux moyens de communication rapide, la France s'est rétrécie, ponr ainsi dire;
chaque année, les frontieres se sont rapprochées du
centre. Au commencement du siccle, on n'aurait pu
traverser la Fr1nce, de Dunkerque a Bayonne et de
Cherbourg aAnti bes, en moins de ciuq jours d'un voyage
non interrompu ... Actuellement, on peutse rendre dans
un seul jour d'uoe extrémité a l'autre ... Au point dP. vue
'des distances, le territoire fran~ais e~t done cinq fois
moins large qu'il ne l'était il y a soi:cante ans... - En
meme temps, il faut tenir compte des rapprochements
opérés entre toutes les régions de la France, par l'é~
change incessant des livres, des journaux, des lettres,
des télégrammes; il faut évaluer l'importance des modifications subies par les moours et les coutumes locales,
sous l'influence de la civilisation moderne. Les distances
se sont effacées, les diversités se sont fondues, les langues distinctes ont disparu ou se sont changées en pa-•
tois; et cependant, on n'a supprimé aucune desdivisions
et des subdivisions du territoire. Tous ces faits ont eu
pour résultat ele fortifier le pouvoir central aux dépens
des lihertés publiques. L'État a gagné tout ce qu'a
perdu la province. Dans le moindre village, les rouages
administratifs obéissent au moteur qui se trouve aPari~.
Non-seulement la France est centralisée, mais on peut
dire, en se servant d'un barbarisme consacré par le
style administratif, qu'elle devient de plns en plus l'agglomération parisienne. C'est la un grand malheur : car,
si l'autonomie des communes est confisquée par l'État,
la valeur personnelle de chaque citoyen est amoindrie
dans la mcme proportion. Le probleme qu'il faut néces-•
sairement résoudre, sous peine de décadencr. nationale
r.'est de maintenir la centralisation politique, tou'
opérant la décentralisation administrative. i,
Cela est vrai, et M. Reclus parle d'or. Mais ne voit-il
pas que plus l"État devient fort, et moins il est facile de
lui faire lacher ce qu'il tient1

�L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNlVEnSEL.

f9!

C'est en 1815, c'est en 1830 qu'on aurait du penser a
cette rHorme. On po11vait encore l'essayer en 1848.
Maintenant, il est un peu tard.
G. füouET.
~

PU1lLICATIONS N0UVELLEll.
Philosophie du droil pefnat, par M. Ad. Franck, membre

de l'lnstitut. Germer-Bailliere, libraire-éditeur, rue de
l'École de Médecine, 17. Un vol. in-18.1864.
1

Nous aurions presque bonte de ne consacrer qu'une
simple note a l'excellent livre de M. Franck, si le nom
&lt;le l'anteur ne recommandait suffis1mmenl ses reuvres.
Jamais ríen de meilleur el de plus utile n'est sorti de sa
plume. Qui aura lu une l'ois ses déductions rigoureuses
et ses définitions parfaites, saura que « les lois pénales
ne sont justes, ne snnt légitimes, ne sont d'accord avcc
la raison, que si elles ont pour base, non le principc
d'ernmoN, la rétribution proportionncllc du mal par le
mal, ou l'équilibre du mal moral et de la souífraucc,
mais LE DROIT DE CONSERVATION DE SOl•MtME, qui appartient al1 société comme al'individu, el qui résulte pour
elle du memc príncipe. La société étant la condition hors
de laquelle L'ORDRE MORAL est irréalisuble pour l'homme, sa
conservation est pour elle le premier des droits et pour
l'individu le premier des devoirs. » Cctte deraiere proposition, claire et inébranlable, devrait etre inscrite
en tete du Code. (( Mais le
droit de la société contre
l'individu peut-il s'étendre
jusqu'a la vie elle-meme? 11
Y. Franck accorde que si
la société (( ne pouvait etre
défendue que par la peine
de mort, cette peine serait parfaitement légitime ; 11
mais il prouvc qne l'écbafaud cst inutile et bieu
pis, nuisible, soit qu'il fasse tomber des teles inuocentes, soit (( qu'il accoutumc
a11 meurlre par la loi d'imit-ation. J&gt;
Un passage nous a particuliercmenllouché daos l'reu v1 e
de M. Franck, ce sont les pages ou, sur le point d'altaquer les théories moralés de
l'auteur des Misémbles, il
mainlient au premier rang
de nos gloires nationales
l'illustre poete qui &lt;( du
fond de l'exil ou l'ont jeté les
e 1prices de la fortune, adresse
a la France tous les frnil~
de son génie, de sa vigour ~use et féconde vieillesse. »
Jamais la grandeur de notre
siecle, et en particulier le
mouvemeni liltéraire de !830, n'ont été appréciés en
termes plus élevés et plus chaleureux.
AN!lRÉ LEFÉVRE.
~

LES

daos les bois et les solitudes, se coÚchant sur la lel'l'e
l'été, autour d'un feu au-dessus duque! estsuspendollll
cbaud ron qui leur sert a la fois pour préparer le11r
nourriture et pour rassembler la troupe, en cas de be.
soin, en le frappant avec une tige de métal. l\are,.
ment, ils sont munis de lentes. L'hiver, ils chercbent
un refuge dans les grottes et dans les cavernes, 00
bien ils se construisent des huttes enfoncées de qoet.
ques pieds dans la terre et recouvertes de gazon sop.
porté par des chevrons.
lis sont naturellement paresseUI et ennemis de toote
contrainte. Toute occupation suivie et régulicre leur
fait horreur. Ccpendant, quelques-uns consentent l
exercer quelques métiers (peu fatigants. En Espagne,
en Hoogrie et en Transylvanie, daos leur jeunesse,
les llohémiennes sont danseuses, et l'on admire la ,6,
rilé des poses et des gestes de leurs danses nationales,
Des qu'elles deviennent vieilles, elles se fonl diseuses
de bonne aventure, talent qui leur est propre daos
toute \'Europe el qui constitue leur principale indQS..
trie. Elles jouent aussi volontiers le role d'entreJllel..
tcuses, et a l'occasion elles vJlent les enfants. On ,oit
qu'elles ne manquent pas de petits talents de société,
Les Bohémiens n'ont pas de religion particulicre; en
Turc¡uie,ils sont mahométans; en Espagne et en TransylBOHÉMIENNB DlSANT LA BONNE1AVENTURJ!.
vanie, ils suivent les riteR de l'Église chrétienne, mail
sans se préoccuper de se faire
instruire. Outre leur laogue
maternelle, ils parlent cou.
1 •'
ramment celleR des pays qu'ils
:¡-' -~
:N·,, :--.
habitent. Dans la Transyl,anie, il arrive qu'ils font baptiser plusieurs fois leurs enfants, afin de recevoir des
présents de bapteme plus
nombreux. Les mariages se
concluent parmi cux de la
fa~on la plus simple. Saos se
soucier du &lt;legré de pareoté,
le jeune Bohémien, arrivé
a l'age ·de quinze ans, prend
pour femme qui lui plai~
meme sa sreur. Le mari estil las de sa femme? il la
~hasse. On comprend que l'éducation n'ait rien a faire
avec un pareil µeuple. Un
amour presque brutal pour
leurs enfants empeche les
parents de les chatier jamais,
et ils les laissent s'habituer
a la paresse, au vol et ao
mensonge. On peut mcme
dire que les seuls talents eoseignés aux petits Bohémicos
sont la tromperie et le vol.
~
En Angleterre,j'ai souveot
---===---_ u, .DL/l?Al-iD
rencontré des troupes de
Bohémicos bivouaquant daos
UALTE DE BOIIÉMIBNS,
les bois et rodant autour
des ermes. Les Gypsies, en Angleterrc, sont tres-jolies;
RÉBUS.
elles ont une propensiou tres-grande a dire la bunne
aventure aux messieurs, et une propension non moios
grande a leur voler leur montre.
PIERRE P.10Et.

--

Gr

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BOHÉMIENS,

Tout, daos ce peuple nomade,- constitution physique,
mrours et langage, - révele une origine asiatique. Les
Bohémiens paraissent pour la prcmicre fois daos l'histoire de la Hongrie,au c¡uinzicme siccle, sous le nom de
Zigari ou Zingani. Apres leur émigration, ils se sont répandus daus toute l'Europe. lis vivcnt presque toujours
en grandes hordes daos la Moldavie, la Bessar1bie, la
Crimée, les environs de Constantioople, la Hongric, la
Transylvanic; mais en France, en Angletcrrc et en Allemagnc, on ne les rencontre que disséminés en petites
famillcs.
Les llohémiens offrent tout a fait, dans leur extérieur,
les caracteres des peuples orientaux. Une taille moyenne,
grele, hicn prise; un teint olivatre, des dcnts d'une.
lilanchcur élilouissante, des cheveux et des yeux d'un
noir de jais. Les femmes ont cependant le teint un peu
moins foncé, et les filies, surtout en Espagne, sont quelquefois tres-bellee. Tous ces gens ont rarement des demeures fixes¡ ils errent ~a et la, vivant de préférence

=-

ÉRECTION D'ONE STATUB A CHATEAUBRIAND.

KXPUCATION JlU DERNIER RÉSOS.

Som·ent un IJeau désordre est un cfTet de l'art.
~.~

AuG. MAR e, directeur-gérant.
En.1,1. TEXIER rédacteur en clief.

-----.r--~__,,,______
Imp. de L'ILLUSTRATION, A. Marc,
fil, rue de Vernt11il.

M. Parent-Desbarres a con~u la généreuse pensée de
contribuer de tous ses efforts ~ élever un monument i
la gloire de Chateaubriand. 11 s'est adressé, a cet effet,
a la ville de Saint-Malo, et lui a proposé d'employer
une partie notable du prix de l'édition des reuvres de
Chaleaubriand, qu'il vient de publier, a l'éreetion de la
statue de l'immortel auteur du Génie du christianisme.
11 n'y a pas a douter que la combinaison dont M. Parent-Desbarres a eu l'initiativc ne soit féconde en heureux résultats.
Celte édition des reuvres completes de Chateaubriand
forme neuf beaux volumes grand in-8°, salinés, reofermant de jolies gravares snr acier. Le prix de la sous•
cription, qui est ouverte rue Cassette, 28, a Paris, est
de 60 francs.
Tout souscripteur a celle édition sera en milme
temps souscripteur a la stalne, et son nom sera inscril
parmi ceux des fondateurs du monument.

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IOUBl'AL VRiVEBSEL.
,·
_;;'?&lt;&lt;"~ - ,~~•. - -

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Direction, Ridaction, Administralion :
y.- Jet communications relatises au joumal, réclamation1, demandes
de cbangements d'adresse , doivent étre adressées _franco i
. . AUG, JIIARC, DIRECTEUR•GERANT.

endes

22 8

ANNÉE. VOL. XLIV. :r,;o 1126.
~ ,t Sepien1bre t 8tU,
L'adminislralion ne ripond pas d11 manmrils el ne s'engage ¡amai, i 111 insirer,.

Samedi

Vu ltt traités , l:t lradudion

Les demandes d'abonnement dolvent étre accompagnées
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SOMMAIRE.
lund· Effendi. - Revue politique de
se1111ioe. - Courrier de voyage. - Les

1, .l,
111

11C1111mtnll d11 camp de Cbaloo, en 1864.
_ &amp;rritée de S. A. R. le prinre numbert

¡ Cllubourg. - Obsequ,a de ll. le Sénateur
Vaialf, - Le jeune Anglaia ( onuvelle 1, fin.
- Espoliboo dn oouvrea d'Eugeoe Delaerois. - Cau&amp;erie dramatique. - Le mooulDtlll d' Ancyre, - La Finaoce autrefo11 et
llljoard'bui. - Un café a Con.stantinople.
- Poblications oouvelles,

'
~~
:,,:~'\

t:,aniru: S. A. Murad-l!fftndi, neveu du Sul-

Lea monumeots du camp de Cnali1111 ea 1861 (5 gruures). - Arri•ée de
S. A. R. le prince Bumberl dans la rade de
Qi,rbourg. - Fuoérailles de &amp;t. lo Sénaleur
T1ilat, admioistrateur du départemeot du
lh&lt;lllf. - Un canlier arabe, dessin d"EuJU• D.!l1croi1. - Les victimes de la mode,
' pu Berlall (suite): Essai 1ur lea beaulés de
la cnoolioe (15 grnures¡. - Testament
pohlique de l'l!mpereur Augustt, leste latin
4e l'Augusteum d'Ancyre (3 ¡ruures). Le IIOÍI de &amp;eptembre. - Écbecs. - Rebus.

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S. A. IIURAD-EFFENDI.

Les fréquents voyages de princes
européens appartenant a des familles régnantes font un singulier
eontrasle avec les habitudes sédentaires des princes ottomans. A la
vérité; ceux-ci ne sont plus tenus en
état de réclusion comme autrefois,
IIUis la liberté dont ils jonissent
ne peut etre appelée liberté. Elle
conaiste A pouvoir aller du palais
i11périal a quelque habitation de
plaisance situéc dans les environs
de la capitale. Mais il ne leur est pas
permis de choisir leur entourage.
11 en résulle que souvent leur bon
naturel est altéré et abatardi par
le contact de ceux qu'on leur don ne
ponr gouverneurs ou pour compagnons. GrAce a ce systeme, ils arri,ent au trone dépollrvus de lulllieres et d'expérience : ne connais~t ni les affaires de leur pays
tll celles de l'Europe , ils sont tres-

,,

s. A.

MURAD.EFFl!NDI, BERITIER PRÉSOMPTlP

nu TRONE OTTO)IAN,

souvent les dur,cs de flatteurs corrompus qui sacrifient la gloire du
souverain et le bonheur du peuple
a leur propre ambition.
Ce n'est qu'a partir du regne de
Soliman le Législateur qu'on a tenu les princes enfermé&amp;, ou qu'on
leur a fait une destinée bien pire.
Aussi est-ce de ce regne que les auteurs turcs font dater la déc:itlence
de l'empire ottoman. Les sultans les
plus célebres ont vécu en liberté, et
plusieurs d'eutre eux, avant de
monter sur le trone, ont occupé des
postes élevé,; dans l'administration
des provinces : c'était un utile apprentissage pour gouverner l'État.
Si l'inslruction était nécessaire
aux sultans ~ une époque oti lcur
pays était, en quelque sorte, isolé
du reste du monde, tille l'est hien
&lt;lavantage, aujourd'hui que la Turquie se trouve étroitement liée a
l'Europe par la politique, les finances et le commerce. C'est ce qu'a
parfaitcment compris le prince
Murad-Effendi, héritier présomplif
du trone ottoman.
Ce prince est dans sa vingt-qua' trieme année. Nous ne donnerons
pas beaucoup de louangcs aux premiers temps de son adolescence; il
pouvait mieux employer son temps.
Mais il est juste de dire qu'il n'a
jamais été libre de choisir le personnel de sa maison. D'ailleurs,
quels exemples avait-il devant les
yeux? Prodigalité au-dessus de lui,
dilapidation au-dessous.
Aujourd'hui, le jeune prince est
un homme réfléchi. 11 cultive son
esprit et cherche a se rendre digne
des hautes destinées aUiquelles sa
naissance doit un jour l'appeler.
S. A. l. Murad-Effendi se distingue par beaucoup de pénétration
et de tínesse : il s'exprime avec
une rare élégance en turc, et le
frangais luí est familier. Sa pby-

�L'J LLUSTRATION, JO URNAL UNJVERSEL.

194

síonomie esf pleine dP. distinction, et l'on vante¡la généro~ité de son caractere. Les idées de progres n'qnt pas,
en Turquie, de plus chaud partisan que luí: a ses yeux,
les habitants de l'Empire ne sont rlus des esclavesaveuglément soumis a la volonté du maitre, mais des hommes
qui ont des droits. Il se considere comme prince européen, et son vceu le plus cher serait de faire un voyage
en Europe. Mais quel est celui des ministres actuels qui
proposera ce voyage au sultan?
H. MAIWID.

REVUE POLITIQUE DE LA SEMAINE.
1.e fait important de la semaine, c'est la nouvelle confirmée aujourd'hui d'un traité r.onclu entre la France et
l'ltt•lie. La question romaine ~erait de nouvean posée
entre Paris et Turin. Le patriotisme italien appelait de
tous ses vceux la reprise de l'cenvre si douloureusement
interromrue par la mort du comte de Cavour. et il est permis de dire que l'ajonrnement du travail diplomatique
énergiquement roursnivi par le grand ministre italien,
a constitoé le principal ;rief du sentiment publie contre
ses successeurs.
On a done repris J'idée du comte de Cavour au point
juste ou l'avait laissée sa haute intelligence. Les discnssions parlementaires nous ont, Pn eífet, appris qu'au moment ou le grand ministre était ravi a son pays, il avait
noué avee la France, au sujet de la question romaine,
des nérociations reposant sur les hases snivantes:
l O La France, obéissant au principe de non intervention, s'engageait a évacuer, daos un délai déterminé, le
terr1toire romain;
2• L'Jtalie prenait envers la France l'engagement
forme) rle ne point attaquer ce territoire et de ne point
permettre que des bándes armées, quelles qu'elles fussent, tentassent d'y pénétrer.
Des articles spéciaux avaient trait a la dette publique
et aux troupes pontificales.
Avec M. de Cavour disparut l'reuvre commencée entre
Paris et Turin.-Elle vient d'etre reprise daos des conditions a peu pres identiques. Une convention, élahorée
a París, au sujet de la question romaine, a été apportée
a Turin par le marquis Pepoli, dans son dernier voyage.
Cette convention, discutée et examinée par le gouvernement it~lien, a été de nouveau transmise aux Tuileries
par l'intermédiaire du meme diplomate.
Un traité aurait done été conclu entre París et Turin,
et la durée de l'occupation de Rome aurait été fixée a
deux ans. Le gouvernement franpis se réserverait
meme le droit d'avanr.er ce terme, si les circonstances
le rendaient nécessaire. En donnant satisfaclion au principe de l'indépendance de~ nations, la France· lrouvera
en mrme temps dans l'Italie une alliée plus forte, si jamais les puissances du Nord coalisées prenaient une
attitude agressive.
Voila seize ans que la Franc" esta Rome. Elle n'avait
pu concevoir la pensée d'entretenir éternellement des
troupes dans cette capitale; aussi in~iquait-elle comme
époque de l'évacuation, le jour ou le gouvernement papal
serait a meme de fonctionner saos secours étrangers.
Une autre occupation qu'il serait urgent de faire cesser, c'est celle des Ouchés conquis par les Austro-Prossiens; si elle se prolongeait, les po¡,ulatioos qu'ils prétendent avoir affranchies s'uniraient, allemandes et danoises, daos une éclatante protestation. Les Duchés sont
soumis au doux régime de l'état de siége. Quicon1ue y
rédige 011 propage des pétitions PSt passible des luis de
la guerre. On cherche a étouffer toutes les plaintes;
elles méritent pourtant qu'on en tienne compte. Une
adresse présentée au roi de Danemark contieut le passage qui suit :
« Livrés il la merci d'un vainqueur orgueilleux, ¡¡
nous a falla supporter en silence toutes les calamilés de
la guerre, dévorer les larmes que nous arrachait la ciéfaite de notre patrie. Pendant ce temps, l'agresseur,
s'emparant rle nos foyers, iosultait a notre douleur par
ses jubilations, il croit déja nous tenir sous son joug; il
espere avoir, par ses mensonges répandus au loin, convaincu l'Europe que le Slesvig tout entier est dévoué a
l'Allemagne. 11 a arraché a Votre Majesté ces funestes
préliminaires dr. paix qui doivent pour toujours river
nos chaines. Faites-nons espérer que ces iniques clau- ,
ses ne seront pas sanctiopnécs a la letlre. Pourvu qn~
no_us ne soyo~s pas asservis a~•Allemagne, nous so.nmes
prets a souflr1r encore, malgre to11t ce que nous avons
déja enduré. ))

¡

Si l'on dispose aujourd'hui, d'un peuple contre 1' son
gré, il amvera un jour ou ce peuple pourra manifester
sa volonté, et alors il détruira d'uu mot ce frete édifice,
qui repose seulement sur la !orce. En ne tenaot aucun
cumple du suffrage des populations, on viole un príncipe
invoqué daos un seul but d'ambitioo, et on s'expose a
voir uo jour ce priocipe triomphaut renverser toutes les
comlJinaisons, faites par le despotisme, en dehors du
droit qu'ont les nations de disposer d'e:les-memes.
L'Espagne a eu sa crise mioistérielle. - L'ancien cabinet a fait place a l'administralion du maréchal Narvaez,
duc ele Valence. Quelle ¡,eut etre la sigoification de ce
nouveau cabinet? Déja appelé a la présidence du conseil, eo i84i, 49 et 59, le duc de Valence s'est fait remarquer par l'atteiute qu'il a portée a la liberté de la
presse et aux franchises municipales. Son nam veut dire
réaction, et son avénement S6ra accueilli avec une émotion douloureuse.
f
Déja les joornaux espagnols annpncent le retour a
Madrid de la reine-mere, Marie-Christioe. On se demande si c'est pour prendre parta quelque projet de
contre-révolution, que Marie-Christine rentre daos un
pa_ys qui l'a deux fois bannie.
Le ministre des aífaires étrangeres d'Espagne a notifié il tous les cabinets que l'Espagne garderait les iles
Chinchas tant qu'elle n'aurait pas obten u satisfaction de
la république péruvienne. Les emprunts que les commissaires de cette république pourraient faire sur le
guano des Hes ne seront pas reconnus par l'Espagne. Que répondront les puissances? Laisseront-elles l'Espagne entraver leurs relations commerciales avec l'Amérique méridionale, troubler la paix du nouveau monde
~t s'emparer d'iles importantes?
Les dépeches de New-York coofirment la nouvelle que
les fédéraux ont pris Atlanta, que l'amiral Ferragut et le
générat Granger continuent leurs préparatifs poar attaquer Mobile. Ces succes contribueront a ha.ter le terme
de cette guerre désastreuse, que prolonge seule maintenant l'obstination des chel's du partí séparatiste.
Les assemblées politiques se multiplient. Au congres
de Malines succede la réunion des associations catholiques allemandes, a Wurtzbourg. Elle a voté cinq résolutions qui tendent a recomman'rler l'emprunt pontifical,
a demander l'affranchisselI!ent des catboliques des Duchés, a soutenir l'archeveque de Fribourg dans sa lutte
contre la liberté de renseignement, et a déplorer les attaques rlirigées contre les ordres religieux du grand-ducbé de Bade, de la Hesse et du Wurtemberg.
Un nouveau décret vient de créer une chaire d'économie polilique et de droit public a la faculté de droit
de Paris. Comme le dit le rapport, dont les conclusions
ont été adoptées, l'école de droit donnera, sous une
forme scientifique et dans la généralité philosophique,
un enseignement dont le cours d'histoire con~emporaine, daos la derniere classe des lycées, présente historiquement les parties principales.
Une ordonnance royale de 1819 avait fondé une
chaire d'économie politique destinée a ceux qui se préparaient a l'administratioo, et qui n'était pas obligatoire pour l'obtention des grades de bachelier et de
licencié en droit. Une ordonnance de i822 divisa la
faculté de droit en deux sections, a chacune desquelleg
étaient attachés trois professeurs de code civil, un profes,eur de procédure civile et criminelle, et un ¡,rofesseur des lnstitutes de Justinien. TI y avait, en outre,
pour les deux sections, un professeur de code de commerce et un professeur de Pan&lt;lectes, ensPignés principalement dans leurs rapports avec le droit fran~ais;
le cours d'écononiie pohtique était implicitement supprimé; il est désormais rétabli. Le dévelop¡iement immeuse qu'ont atteint !'industrie et le commerce, l'équitahle répartítion des richesses, les relations du capital
et du travail, les lois de la production, de la consommalion et de la distribution, que de sujets d'étude intéressants! que de faits curíeux a signaler, de projets sérieux et d'uto¡,ies a juger, de problemes difficile~ arésoudre, pour celui qui enseigneral'économie politiquea
la jeunesse deE écoles!
Plusienrs journaux assurent que M. Rouher, de retour de Belgique, a présenté a l'Empereur un rapport
concluant a la suppression des octrc is. On préparerait
un projet de loi con~u en ce sens, et les choses marcheraient assez vite pour que ce projet put etre délibéré en
conseil d'État, et apporté an Corps légíslatíf durant le
cours de la prochaine session.
EDMOND Tlll&amp;I\.

L'ILLUSTRATlON. JOURNAL UNIVERSEL.
COUBBIER DE VO'Y.I.GE.

Arenes de Nimes.
TOROS

DE MUERTE.

« Deuxieme et derniere grande course de taureanx
(( espagnols, déja. annoncée, et qui aura lieu dim1ncbe
(&lt; i t septembre courant, a trois heures et demie.
'
&lt;&lt; Les habites toréadors qui composent la brillante cua.
« drilla sont déja. trop connus et· appréciés du pubtic
« dans les courses amérieures, pour qu'il soit néces,.
« saire de faire leur éloge dans le programme. Du reste
&lt;&lt; justice a été rendue a leur réputatíon émérite, aJe~
« habileté, adresse et sang-rroid, a en juger par les
,. nombreux applaudissements et les chale11reuses ova.
« tions dont ils ont été l'objet dimanche dernier.
« Les taureaux étaot des mémes manad.es que les Pl'é&lt;&lt; cédents, il est inutile de meutiooner leur faroocbe
« sauvagerie, qui justifie si bien leur réputation en
« E,;pagne. »
Suivaient les noms des toréadors et des taureaux.
Cette affiche était placafdée, la semaine Jerníere, sur
les murs de \lontpellier.
Une course de taureaux daos les Arenes de Nimes
cela valait bien la peine qu'on se dérangeat. Nos amis'
les Espagnols, a qui les Romains n'ont pas, que je sache, laissé un seul cirque dont on puisse lirer aujourd'hui le moindre partí, sont obligés de se conteotea
d'amphithéatres en planches. Voir tuer des taureau1 a
l'endroit meme ou s'entr'égorgeaient les tigres, les hoos,
les pantheres et les gladiateurs, n'était-ce pas une vraie
honne fortune? Pour rien au monde je ne l'aurais maoquée.
A une heure de_l'apres-midi j'étais a Nimes; la course
ne devaít commencer qu'a trois heures et demie, j'anis
done deux heures au moins pour revoir la porte d'Augoste, la Maison Carrée, les bains, le temple de Diaoe
et la fontaine de Pradier.
·11 n'est pas besoin d'avoir été a Nimes pour connaitré
la Maison-Carrée daos tous ses détails. Ce reste, merveilleusement conservé, de l'art romain, a été décrit et
dessiné tant de fois. que tous ceux qui ont quelqne
souci des cboses de l'antiquité le retrouvent dans leur
souvenir, et peuvent a loisir l'adm1rer en fermant les yeUI.
Rien de plus harmonieux que les grandes lignes de
l'édifice, ríen de plus délicat et de rlus charmant que les
chapiteaux des colonnes et les sculptures de la frise,
rien de plus chaud et de plus riche que la teinte doree
dont dix--sept ou dix-huit siecles de soleil ont amouren;
sement réchaaffé la pierre. Ces beautés, personne oe
les ignore; mais peut-etre beaucoup de ceux qui n'oot
vu la Maison-Carrée que daos les livres et les recueils
de gravares se figurent-ils qu'elle se dresse daos une
poétique solitude, au milieu des oliviers, des figuiers et
des muriers, et qu'on a eu le soín de luí épargner tout
prosa'ique voisinage.
Bélas!
Des hotels, des rlébits de tabac, des boutiques de pa•
tissiers, de coiffeurs, d'épíciers, voila ce qui entoure le
cbef-d'ceuvre.
La porte d'Augusle, qui fut batie quinze ans avant
!'ere chrétienne, n'a pas eu meilleure chance, mais je
m'en console plus aisément; cette rumen'est qu'un sonvenir h1storique, ce n'est point un chef-d'ceuvre. Elle a,
comme le temple, son nom familier: on l'appelle la poru
desCasernes; un nom qui n'entlamme gucre l'imaginatioo.
Les bains sont une perle antique sertie daos une mon•
ture moderne, si l'on veut bien me passer la comparaison ; et la montare, en vérité, ne gate point la perle;
les bassins et les terrasses de Philippe Maréchal n'ont
ríen en levé de leur élégance aux légeres culoonades qui
entouraient le vaste atrium et donnaient acces au1
chambres de bain. Pour ell~s, point de voisinage vul·
gaire ; ni hótels, ni cafés, ni boutiques; de beaux om:
hrages, des fleurs, des charmilles, un moniicule plante
d'arhres toujours verts, ou quelque dévote paienne s'é·
garerait pour príer Minerve ou Vesta, le prenant pour
un bois sacré.
Tout pres des Bains, on vo•1s montre une ruine sur la·
quelle les antiquaires ne sont pas d'accord. - Ces messieurs ont-ils jamais été nnanimes sur quoi que ce soit!
C'est un temple de Diaoe, disent les uns; c'est une nymphée, disent les autres. Temple de Diane ou nympbée,
c'est bien la plus jolie et la plus gracieuse ruine qu'ou
puisse voir. Les colonnes se sont brisées, _les volites se

Les spectateurs ont été ravis de voir les chevaux épar- hon vieux temps, une si grande déconflture de Bourguisootdémantelés, les pierres se sont disjo!ntes avec un
gnés
et six taureaux .martyrisés, égorgés et agonisants gnons, qu'il fallut saler les cadavres de peur de la peste.
't exquis et la plus rare entente p1ttoresq11e; un
gou • r amoureux de ce lieu charmant y a grandi et pro- daos une mare de sang : la multitude a des caprices; il Bourguignon salé vient done tout droit d'Aignes-Mortes.
On vous fera voir, scellé daos la muraille, un anneau
~gu•\00 ombre sur les heaux débris qui jonchent le sol. y a un sang qui la dégoute et un autre sang dont elle
Jette
'
l
F
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d
p
d"
'
ou
fut attachée, suivant la tradition, la nef de Saintaime
a
se
régaler.
En arrioot a Ni mes, e est a ontame e ra 1er qu on
Cependant, il se rencontre des gens qui n'ont de gout Louis, quand le pieux roi s'emba"rqua pour sa seconde
•t tout d'abord : elle s'éleve, blanche comme au preJ·our au milieu de l'esplanaoe, a laquelle a~outit a voir couler ni l'un ni l'autre ; cerlaines gens ne sup- croisade. Si vous etes un savant, vous hocherez la tete,
nuer
' part_ de la ~a~~- La vi·11e de N'1mes, ayant .ª. portent pas plus tous les spectacles que certains estomacs ~t vous direz : &lt;' La mer n'est jamais arrivée jus~u'a
ravenue qui
Aigues-Mortes, done Saint-Louis n'a pu s'embarquer ici. ,,
ieds les principales rtv1eres du département, tel étall tous les aliments.
ses Prouramme donne' au scu1pteur. Une v1·11e qui· se res11 y a deux a.ns, daos l'amphithéatre de Nimes, un gros A quoi l'on vous répondra que rien n'empéchait qu'il
1e P O
A
¡.
•
te ne doit se montrer que vdue ses conc1toyens. homme se trouva mal pendant la course. Ou s'empressa s'embarquat sur le canal, ce qni vous fermera la bouche.
Les maisons d'Aigues- ~lortes, a l'exception rl'une
pe:dierlesavait, et il a consciencieusement habillé sa vi lle autour de lui, on luí fit respirer des seis; a grand'peine
Pr
.
.
1
seule,
ont eu le hon esprit de se faire petites et de ne
il
reprit
ses
sens.
Ú Nimes; mais le costume conven~1t_moms qu? _e nu
poiut
regarder par-dessus les murs, de sorte qu'en
C'était
un
boucher.
talent de l'artiste, et sa stat•Je prmc1pale est mediocre,
maint
endroit
on n'aper~oit pas, ele l'extérieur, le moinLes
conseils
généraux
émettent
des
vceux
pour
le
re:dis que les rivicres, que leurs fonctions dispensent de
dre
ho•Jt
de
toit
moderne, et que ríen ne gate le plaisir
boisement
des
montagnes,
et
ils
ont
bien
raison
;
mais
tout voile, sont des chefs-d'ceuvre.
Mais voici les picadores a. la veste éblouissante de s'il est bon de se préoccuper des intérets de t·agriculture, de l'archéologue qui veot se croire en face d'uoe ville
broderies qui sortent de leur hotel; il est temps d'entrer ne serait-il pas bon aussi de s'opposer a la barbarie des du moyen a.ge. Le désir de s'agrandir ne tourmente pas
non plus Aigues-Mortes. O la ville exemplaire, a qui
mceurs?
daos les Arenes.
suffit
son enceinte du treizieme siecle ! Encore y ai-je
Qu'en pense le conseil général du département du
J'ai vu autrefois l'amphitbéatre vide : le soleil dorait
vu
~a
et
la des terrains vagues. On m'a dit que le maules gradins supérieur~ que le _temps n'~ pas ruinés, !es Gard?
vais
air
était
pour quelque chose daos cette modestie
Quand vous irez a Montpellier, n'en revenez pas saos
randes voutes de p1erre qm soutena1ent ceox quasingul
iere.
Oh!
les méchantes langues!
:aient délrnits les siecles, les barbares et la guerre, se etre alié a Aigues-Mortes.
Ce
jour-la,
toute
,a populatíon était en fete; on devait
Aprcs avoir quitté le ehemin de fer a Lunel, une pedressaieot im;1osantes et pleines d'ombre: c'était un macourir
les
taureaux
daos l'apres-midi, comme on l'avait
tite
ville
dont
le
nom
a
infiniment
de
douceür
pour
les
·est•ieux et mélancolique aspect. Mon imagioation refait
déja
la
veille,
la
surveille et le jour précédent. Qnoi!
gourmets,
vous
traverserez
le
gros
bourg
de
Marsillar!ulant dans le passé, reconstruisait sans peine le cercle
des
taureaux,
encore
des taureaux? Et toi aussi, Aiguesgues,
une
oasis
d'omhre
au
milien
de
vignobles
brulés
immense et le repeuplait.
Mortes!
par
le
solcil.
Les
anc:ens
seigneurs
de
l'endroit
étaient
Aujourd'hui, le spectacle u'est plus le meme, et mon
Soudain, une grande rumeur éclata; c'étaient les
esprit est un peu dérouté. C'est une foule vivante qui les descendants de e~ Nogaret, d'audacieuse mémoire,
taureaux
qui arrivaient, chassés par les picadores amaqui
osa
souftleter
le
pape
Ooniface
VIII.
J'ai
les
plus
remplit les Arenes, mais celle-ci ne ressem.ble guare a
teurs,
qui
étaient allés les cbercher daos la manade.
agréables
raisons
de
me
souvenir
de
Marsillargues
avec
celle qu'évoquait mon reve.
Au heu des tuniques et des toges, des blouses, des un plaisir extreme ou l'histoire n'entre pour ríen. Deux 11 y en avait neuf; on les fit entrer daos une écurie, ou
vestes, des paletots, au lieu de légionnaires de petits lieues plus loin, un vous montrera, sur la droite, un do- nous· eumes l'honneur de les voir : ils étaient tres-genfaotassins en pantalon garance; au lieu de patricicus maiue que l'hospitalité du maitre avait fait appeler Ta- tils et ¡,omt trop farouches.
Apres avoir déjeuné a l'hótel de -Saint-Louis, qui est
et de patriciennes, des messieurs et des dames sur des ble• Mise. Mérite-t-il encore son nom? Je l'igoore; apres
voisin
de l'hótel de la Macreuse, - une enseigne médío(baises de paille; au lieu de licteurs, des gendarmes et Marsillargues, je n'étais goere en disposition d'y aller
crement
succulente, - nons allames voir la course.
des sergents de ville; daos la loge du proconsul, mon- voir. Aprcs Table-Mise vous verrez, sur la gauche, une
Le
ruaire
voulut bien mettre a notre disposition le balsieur le maire de Ni mes et son conseil municipal; en ferme, et vous apercevrez de la route un buut de mnr
con
de
la
mairie.
plus
vieux
que
le
reste.
C'est
tout
ce
qui
subsiste
de
l'ab{ace, une douzai,oe de braves gens coilfés de cbapeaux
M. le maire d'Aigues-Mortes est un bomme du meilde paille et soufflant daos des trombones et des cor- baye de Psalmodie. Ne voila-t-il pas un nom merveilleuleur
monde et un tres-habile médecin : il est né a
sement
trouvé,
et
que
Rabelais
regretterait
de
n'avoir
nets a piston.
Smyrne,
d'ou il s'enfuit a quinze ans, survivant seul a
pas
imaginé?
Ou
p_
s
almodiaient
les
moines,
les
valets
de
O mon siecle, tu n'es pas majcsmeux '.
sa
famille,
massacrée par les Turcs. Son nom est Schilizzi
fcrme
chantent
en
engrangeant
les
blés
ou
en
vidant
Les portes de la lice s'ouvrent a deux battants. Les
Omérídes,
c'est-a-dire Schilizzi, descendant d'Homere.
la
vendange
daos
les
foudres,
et
les
servantes
babillent
braves gens a chapeaux de pa11le jouent une marche
triomphale. La Cuadrilla s'avance : trois picadores, mon- en remplissant la creche ou en préparant le souper: et Qui se serait attendu a voir un arriere-petit-fils rlu poete
pas la ferme d'un reil de l'Iliade ceindre l'écharpe municipale? Ce n'est point
tés sur trois haridelles aupres desquelles Rossinante Peut-étre Dieu ne regarrle-t-il
I
•
.
était obese, quatre banderilleros, la premicre et la se- moins paternel que l'abbaye; la sagesse des nations n'a- Bomcre, a coup sur.
Parlez-moi
des
courses
de
taureaü:x d'Aigues-Mortes.
t-elle pas dit: « Qui travaille prie? ,,
coodtl épée, le cachetero et le vétérinaire.
Des
bancs,
des
charrette~
pleines
d'hommes, de femmoJ,
Vous passez sous une porte fortifiée qui soutient vailCes personnages, en ¡,assant devant la loge municid'enfants,
des
trétcaux
sur
lesquels
trónent les dames et
pale, s'inclinent respectueusemeut, puis se dispersent lamment le poids de six siecles. A cbeval sur la routP.,
les
demoiselles,
en
hrillante
toilette,
entourent la place :
eile suffisait jadis a défendre Aigues-Mortes de toute surdaos l'arene.
dans
le
cirque
improvisé
on
lance
un
taureau, qui porte
prise,
car
ce
qui
est
plaine
aujourd'hui
était
ruarais
auLes trompettes sonnent l'entrée du premier taureau.
un
nreud
de
rubaos
entre
les
cornes;
aussitót qu'il patrefois,
et
c'était
par
la
chaussée
seulement
qu'on
pouLa course commence, ou plutót la boucherie.
rait,
on
8iflle,
on
críe,
on
l'apostropbe
énergiquement,
vait
arriver
a
la
ville.
Die u me préserve de vous raconter ces atrocités, de vous
.
afio
de
l'exciter;
les
plus
braves
passent
en courant deVoici
les
mnrailles
d'Aigues-Mortes
.
cherchez
daos
montrer cette malheureuse bete qu'on pique de coiips de
vant
t,¡j et cherchent a luí enlever sa cocarde; !'animal
to11te
la
France
du
moyen
a.ge
une
enceinte
plus
solide,
lance, dans la chair de laquelle on enfonce quatre ou
cioq paires de banderillas a fer recourbé, garnies parfois plus fierement dehout daos sa masse superbe, des bas- les charge, ils écbappent a ses cornes en se suspendant
d'artifices, dont la flamme la brule et dont les détona- tions, des voutes et des machicoulis a aretes plus unies, aux planches des tribunes, en se glissant mus les bancs
tions l'exasperent, qu'ou attaque enftn avec l'épée quand des tours se détacbant avec des proftls plus francs sur le ou entre )P.s roues des charrettes; et l'assistance d'apelle a mugi et hurté, qu'on ne tue presque jamais du pre- ciel; vous ne les trouverez poiot. Et cette teinte blonde, rlaudir; elle applauJit plus bruyamment encore quand
mier coup, et que vient achever le cachetero, une sorte chaud reflet du soleil du Mirli, vous ne la verrez nulle le taureau atteint quelque maladroit et le roule : il
l'endfrnerait, que jP, ne voudrais pas parier qu'elle n'apde valet de bourreau qui lui Lranche la moelle épiniere. part a11lenrs plus dorée et plus belle.
Une tour énorme, la tour de Constance, est comme la plaudit pas. La cocarde enlevée, le laurean est chassé
C'est horrihle et c·est ignoble.
sentinelle
avancée, la farouche gardienne de la ville; vers l'écurie et un aotre est lancé. Pendant la course,
Quand Domingo Mendivil, une des épées, un gar~on
el'.e
gardait
trop fidelement aussi les prisonniers qu'on !'animal re~oit bien, par ci par la, un coup de trique ou
plein rle saug-froid et d'audace, faisait reculer le taureau
y
enfermait.
Deux petites filies huguenotes, coupables d'aiguillon; mais la se bornent ses infortunes. Debout,
devant lui rien qu'en le regardant, et, mettant un ged'etre
allées
au
preche, y furent jetées, !'une acinq ans, au milieu de la place, le bon roi saint Louis, du haut de
oou en terre, le saluait avec grá.ce, on applaudissait. A
l'autre
a
sept
ans;
les pauvres créatures y grandirent, y son piéde&amp;tal, préside a la fete, et, le doigl levé, semble
merveille; mais quand il luí plongeait son épée jusqu'é\ la
vieilhrent;
quand
elles en sortirent, elles avaient dire : « Amusez-vous, mes enfants, mais ne faites point
garde daos le corps et la rctirait sanglante et fumante, on
applaudissait encore; c'étaient des battements de mains et soixante ans. Les prisons de la tour de Constance sont de mal a ces pauvres betes. ,,
Vivent les courses d'Aigues-~ibrtes!
X. FEYIINET.
des trépignements furieux; voila qui est épouvantable. d'immenses salles en ogive, de quarante pieds de haut,
Quand un taureau, piqué de banderillas a feu, frappait au milieu desquclles est un puits d'oubliettes. A travers
la terre du pied, ruaít, bondissait, rngissait, fou de dou- d'étroites meurtrieres, percées dans un mur de quinze
leur, d'épouvante et de rage, hommes, femmes, enfants, pieds d'épaisseur, on aper~oit l'azur du ciel, éternelle et
LES MONUMENTS DU CAMP DE CHALONS EN !864.
désespérante tentation de la captivité.
riaient aux éclats.
'
Le camp de Cbalons a offert, cette année, un vif intéLes portes basses des prísons soot ornées de fines
L'innocente et honnete gaieté !
ret a tous les points de vue.
11 estvrai que la foule, si cruelle aux taureaux, est rem- sculptures : l'art a coté de la barbarie.
Le nouveau systeme de manceuvres inauguré par S. E.
Montez
sur
la
to11relle
qui
couronne
la
tour,
vous
dépli de pitié pour les chevapx des picadores. A la course
le
duc de Magenta, la présence insolite de deux mille
couvr1rez
la
chaine
des
Cévennes,
la
campagne
semée
précédente, elle avait témoigoé, par de bruyants sifflets,
hommes
de nolre jeune réserve, l'arrivée récente de la
de
buuquets
rle
pins
maritimes,
les
trois
ranaux
qui
qo'il luí était désagréable qu'on laissat éventrer ces
division
de
clragons de Lunéville, les brillantes cuurses
vont
du
Rhóne
ala
mer,
la
ville
d'Aigues-Mortes,
les
mapauvres rosses. Dimanche dernier, le programme annon~ait qu'on prendrait « les précautions convenables, rais salants ')Ue bordent d'imrncnses tas de sel, qui res- du mois d'aout, naturalisées aujourd'hui sur ce turf guer•
et dans les limites du possible, aftn d'éviter la mort des semblent aux lentes d'un camp, et plus loin la Mérliter- rier, ont contril&gt;né a augmenter l'attrait qu'excite cette
chevaux. ,, Le fran~ais était mauvais, mais la résolution ra11ée, lileue comme le saphir, ou éblouissante comme le magnifi~ue école rles grandes opérations de la guerre.
Suivanl son he.ureuse coutume, l'Empereur, entouré
était bonne. La promesse faite au public a été tenue; il diamant.
du,
Prince Impérial1 de plusíe\ll'S person_na¡es augustes
C'est dans ,une des tours de l'enceinte qu'on fit, au
n'y a pas eu mart de cheval.

'º.'

(1

�197

L'lLLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
,,...

_,··,:·,
l.,.

\

,
.,;¡

- - , aux dont les doigts babiles ont tenu
SP.Ur Lecur alrt de s'armer de la carabine rayée.
le ciseaud av1·ane s'éleve une colonne d'un gout charA 25' e lo
'
u Une double
guirlande de lauriers et de cbene
rnant,
.
s'enroule en sp1•·
aJes coquettes

-

.., : .....

'

---...

............

'""

~~'."--.:
--..;

:-,.,_'

:utour du

ftit,

chiffres et de devises. - Parmi les travaux de sculpture
elle compte deux productions séduisantes_. .
La premiere qui appartient au 43•' se d1stmgue par u~
a propos plus ~aisissant que la précédente. Elle tradmt

'--~-'
~-

~
~

--~

~-~~

IIONU~IKNT DU 33• DE L!GNR,

Par M. le capilaine Meyrel,

pas toujours compte des
difficultés que présente
au ciseau la chaux carbonatée, friable a l'exces, et de la délicatesse
inoui'e de toucher indispensable pour en
fouiller les blocs.
Nous renon~ons a décrire ici to utes lesreuvres
qui surprennent par la
variété ou la richesse de
l'invention; nous allons
seulement, en parcourant le camp de la droite
ala gauche, nous arre ter
devant celles qui frappent le plus vivement.
A !'extreme droite de
la premieredi"Vision d'infauterie (général d'Autemarre, comruandant),
le H • bataillon de chasseurs a pied a érigé un

Par MM. Reynard, sergent, el Poly, greuaditr,

=---=-11,.-,,..,,...

s-

i' ,' 1J\.'V\·
/\'N\NII

MONUMENT DU 58' DE UGNE,
MONUMENT DU 90• DE L!G~E.

'Par le caporal Donne,.

IIONUMKNT DU t l'BA T. DE CBASSEURS

Par M, le eous-lieulenant Bertrand.

D'llpreSt,, lea photographiea de M. Dtlllplact,

A PIED, par M. Lécurau1,

~llflíl'IÍF. OE ¡;, Á. R, LE PRl:'i'CB ill!IIURRT llANS LA IIAOE DI! CHRRBOUHG. - D'aprés un c~oq11is de M, Adolphe G,

monument d'un grand
air et d'un rcmarquable
tra vail. C'est un aigle i
Ja vaste en vergure, au
regard superbe, majestueusement posé sur un
globe. On voudrait voir
la foudre olympienne 1
ses serres puissantes. Le
piédestal enregistre Je
nom des combats daos
lesquels s'est illustré le
i t• batai!Jon. L'une de
ses faces représente les
armes impérialcs, burinées daus la pi erre avec
une incomparable finesse; les autres sont décorées d'ornemenls en
ronde bosse d'un bean
style.
Cctte reuvre, qui a
quatre metres de hauteur, est due au chas-

~ ~

que couronne
e corbeille de
'
.
UJ1
'
8 ::--...
""-."'-.-...::,
neurs et de frmts.
Au 3t•, le buste
de l'Empereur,
d'une ressemblance parfaite.'
s'appuie sur t_ro1s
obus 011 la pomte
du stylet a buriné
les noms de trois
grandes victoires
de la guerre d'Italie : Marignan,
Magenta, Solferino. A la base on
,
lit : Nous le sui---&gt;
l)f'OIIS
partout.
C'estsimple, mais
la sévérité de l'é'
difice est en complete barrnonie
avec la pureté de
l'exécution, qu'il
raut rap¡iorter a
M. le lieutenant- ·
colonel Dupré.
Le monument
du 33• est colossal. M. le capitaine Schinck l'a
dessiné. Le sergent Reynard et
Je gren1dier Poly
l'ontfait sortir de
la matiere brute.
11 séduit, a premiere vue , par
l'idée ingéniense
qui l'a enfanté et
par un esprit d'a
propos qui lui
Ce ne son t que fesimprime le ca[tons, ce ne sonl
chet de la cou[qu'astragales;
leur locale. On se
souvient que du
a l'intérieur, ce
camp de Chalons
ne sont que parpartit naguere
terres
émaillés de
une division franfleurs,
inondés
~aise pour la Syd'arbustes,
011 le
rie, et les nobles
gout lutte avec
paroles tombées
l'étude du pittodes limes impéresque. Sur ce
riales, a l'o::capomt, l'activité
sion de cette gédu soldat a néglinéreuse expédigé l'ébaucboir et
tion, sont encore
le ciseau pour se
présentes a la
tourner vers la
mémoire:
beche.
« Partout auNéanmoins, on
• jourd'hui 011
doit
un éloge a
• passeledrapeau
l'aigle du 90•,
«de la France,
assis sur un fut
• une grand-e
de colonne en
• cause le précefeuilles d'acan~
«de, un grand
the, découpées
«peuple le suit. i&gt;
par M. le sousOr, l'édifice du
331 a pour but de
lieutenant Bertrand, avec une
les consacrer.
Une belle Renomfinesse
et une pa- .
FUNFRAILLES
DE M. LE SÉNATEUR VAJSSI!' ADMINISTRATEUR DU DÉPARTEMENT DU RBONE. - D'aprea un croquis de M, A, Sle}eri,
tience incompamée embouehe la
trompette comme
rables. C'est d'un
modelé
sans
rival
dans
le
camp.
Le
drapeau du réun
inoi
fameux
ei
d'une
aciualite
plus
recenle
é~core.
pour les redire au monde, et de sa main austere el!e
La France la main droite a la poignée d1:1 gla1ve, la g,ment repose en arriere, avec cette légende : 1&lt; Honmontre l'étendard lihérateur.
La 2• division (général Bourbaki) est haraquée . . Elle main g:mch¡ appuyée au drapeau, pose le pied sur le. neur a ceu~ qui l'ont défendu. » L'Empereu~, ~pres
avoir complimenté l'auteur de ce monument, ams1 que
n'a pas pour elle l'aspect poétique de la tente, ma1s la traités de 1815.
..
brique et le bois de ses babitations ont su prendre un
Heureuse pensée, dignement interprétée au m1heu le caporal Donnet, du 58•, leur a remis .ª chacun une
air de féte en s'habillant de guirlandes de verdure, de destentes fran~aises par M. le capitaine Meyret; Lasta- médaille en or al'effigie du Prince lmpér1al.

~

MONUMENT DU 43• DE L!GNE,

tue a peut-etre trop d'ampleur. - La seconde, au 58º
de ligue' est sans contestation le chef-d'reuvre ~u
camp. Elle réunit tous les suffrages et toutes l~s ad~1rations. Le caporal Donnet, un vrai statuaire, 1a t~a1tée
avec sent1ment
et avec amour. 11
y a dépensé un
talent digne de
nos belles expositions.
•
Son travail est
un groupe de
grandeur naturelle, qui offre
au ravissement
duspectateurl'allégorie de la
France armée de
l'épée et protégeant le Prince
impérial. L'au~guste en fan t est
~
revetu de son
costume popu-•
laire de grenadier et ticnt son
petit fusil.
~"~
U est hors de
doute que cette
reuvre magistraJe, reproduite par
la gravure ou la
photographie, atteindra la célébrité qui lui est
due.
La troisieme division d'infantcrie (général Dumont), adossée a
un bois, a fait un
prodigue et ingénieux usage des
richesses sylvestres mises a sa
disposition par la
nature. Sur le
front de bandiere,

~

"

~

~

~

�L'lLLUSTRATlON, JOURNAL UNIVERSEL.

19R

Mentionnons aussi le monument du 60•. Sur un socle
élevé gil un sergent frappé d'un coup mortel en défeudant le drapeau.
Ce symbole de l'intrépidité, vertu en bonneur chez le
soldat, ne pouvait non plus occuper une place plus digne qu'au seio d'une armée.
Le rno• de ligne fait miroiter aux rayons du soleil
une croix d'bonneur monumentale et métallique sur le
faite d'un échafaudage en mousse. L'exécution est a
la haute11r d'une telle idée.
Le train des équipages a érigé une pyramide surmootée d'un buste de l'Empereut bien réussi.
L"artillerie et la cavalerie ont des parterres coquets,
mais peu de sculptures. Daos ces armes, il est peu commode de concilier les exigences du service a cheval,
qui est de tous les instants, avec de rares loisirs.
Le jour de l'arrivée de l'Em¡,ereur, le camp avait une
teinte plus artistique encore, et une ornementation nouTelle preoait naissance sous les doigts des fées en pantalon garance.
La fete nocturne a été d'un effet prodigieux. Cherchez
done ailleurs une illnmination de six kiloruetres de parcours, prenant feu au conp de canon de la retraite, ou
des légions d'instrumentistes s'avanfant vers la lente
impériale, au milieu d'un cercle de flammes, et faisant
retentir les airs embrasés d"une harmonie puissante.
Ces scenes ét:-aoges, sous le ciel étoilé, dans le silence
de la nuit, dépasFent tout ce qu'on peut imaginer en fait
de visions faatastiques.
Nous pouvons, pour terminer, passer de la sculpture
au théatre, car entre les arts il n'y a qu'un trait d'union.
En Crimée, nos troupes avaieot fondé un théatre sous
le tir des obus, mais comme le Théd.tre- Impérial du camp
clt Chdlons siége a Mourmelon, ils ont amené Guignol,
qui n'y existait pas.
L'idée appartient au rno• de ligne, dont les artistes
éclipsent le Guigool traditionnel, le Guignol des bords
du Rhone.
Les bouffonneries y sont si amusantes, les lazzis si
imprévus, que tout le camp s'assemble dev,rnt ces marionnettes. Cette vogue l&gt;ruyante est arrivée jusqu'aux
oreilles de Sa Maje,té, qui a voulu voir Guignol avec
tous ses botes. Le Prince lmpérial y a pris un tel plaisir,
que l'Empereur a accordé l'exonération du service au
premier sujet de la troupe. Voila une place princierement payée.
C'est ainsi qu'apres les heures de service nos soldats
et nos officiers, toujours pleins de bon vouloir et de
gaieté, utilisent les heures de repos.
Chez enx ('esprit rle nos percs, !'esprit gaulois, ne dégenere pas plus que le courage, et ils bravent l'ennui
comme la mitrai lle.
FERDINAND DE LACOMBE.

-~--L..~_,_.___
ARRIV&amp;K DI S. A. R. LK PRINCK HUIIBKRT A CHERBOURG.

µ.u DffiECTEUR.
Cberbourg, U septembre.

Le Jérome-Napoléon, portant S. A. R. le prince Humbert, accompagné du prince Napoléon et de la princesse
Clotilde, mouilla1t sur la rade de Cberbourg, le i o septembre, dans la matioée. Aussitot que le yacht rut signalé, tous les ba.timents de la rade hissercnt les arands
pavois, le pavillon italien en tete du grand mil.~- tous
les équipages se rangerent sur les verbTJles, et l'a~lillerie de toute l'escadre salua d'une salve les augustes visiteurs. Le vice-amiral, préfet maritime, arcompa"'né
des
0
autorités du port, se rend1t aussitot aupres de Leurs Altesses, qui visitcrent la digne, la rade, le vaisseau a
éperon le Magenta et !'arsenal marilime. Le mauvais
te~ps, qui dura toute la jouroée, abrégea la visite du
prrnce Humhert a Cberbourg. Le lendemain, le JéromeNapoléon appareillait pour l'ile de Wight.
Agréez, etc.
Pour ea:trait: P. PAGET.
~

OB!!tQUES DE M. LE SÉNATEUR VAISSE
FRÉFET DU RHONE.

Les obseq•1es de M. le sénateur Vaisse préfet du
Rhone, ont eu lieu le 2 septembre, a Lyon.'
A neuf heures, un escadron de chasseurs a cheval et
un peloton de gendarmerie ont pris position daos la
1'1le de l'lmpératrit11, et formaient la tete de la colonne;

venaient ensuite la fanfare lyonnaise, les enfants de l'école mutuelle et des écoles chrétiPnnes A neuf heures
et demie, Mgr l'évéque de Torento a opéré la levée du
corps, et le cortége s'est mis en marche.
Le cercueil, recouvert de l'habit brodé du sénateur
avec toutes ses décorations, était porté par douze sapeurs-pompiers; les cordons du poele étaient tenus par
le marécbal Canrobert, M. le premier président de Gilardin, M. Devienoe et M. le procureur général Gaulot.
Derri~re le cercueil venait la Cour impériale de Lyoo,
les préfets de la Loire, de la Savoie, de l'lsere, de
Saonc-et-Loire et de l'Ain, et M. le secrétaire général
de la Loire, l'état-major de la place, et des officiers rlélégués par les differents corps de la garnison, le conseil
géoéral du département du Rhone, le conseil d'arrondissement, le conseil des prud'hommes, les membres du
barrean, les juges du Tribunal de commerce, les agents
de change et les courtiers de commerce, les sommités du
corps médica( et de l'enseignement, et les maires des
différentes communes du département.
La marche était fermée par un peloton de médaillés de
Saiute-Hélene et un détachementdes facteurs de la poste,
d'employés de la Compagnie des eaux et de la Compagnie du gaz.
Le corps étail précédé dn clergé de toutes les paroisses et du chapitre métropolitain.
Le cardinal de Bonald a refu le cortége sur le seuil de
la cathédrale, et au sortir de la messe funebre, qui a
été célébrée par M. Beaujolin, grand-v1caire, le cercueil
a été déposé sur un char somptueux, noir et argent,
orné de panacbes et tralné par six chevaux caparagonnés &lt;le housses noires a l&gt;roderies d'argent, et tenus en
main par des valets de pied.
Le cortége s'est mis en marche dans le meme ordre,
et s'est dirigé lentement, au milieu d'un immense con.
cours de population, vers la gare de Perracbe, ou un
salon somptueusement décoré avait été préparé pour la
réceptiori du corps de M. le sénateur Vaisse.
Parmi les nombreux discours qui ont été prononcés a
ce moment, on a particulieremeot remarqué ceux du
maréchal Canrobert, de M. de Gilardin et de lt. Cazan,
secrétaire général, chargé par interim de l'administration du départeme.ot du Rhone. A une beure, la cérémonie était complétement terminée.
H. C.

ment. Le vieux monsieur ne s'arréta. pas en si ~
chemin. Sa maniere de penser et de vivre semblait
com¡,létement changée. JI conduisa1t toas les jo1111,
apres diuer, son neveu a la cave taillée dans le roe de la
montagoe, ou les notabilités de la v11le buvaient de la
biere et s'amusaient au jeu de qnilles. Le neveu brillait par son adresse, il n'en abatlait jamais moio~ de
cinq ou six. Parfois, il est vrai, un esprit bizarre paraissait s'emparer de lui. 11 lui prenait fantaisie de se jeter
rapide comme un trait, et avec la b~ule, au milieu d~
quille.s, et de se livrer a des ébats excentriques. Lors.
qu'il avait renversé le roi, on le voyait soudain les jalQ.
bes en l'air, posé sur sa tete liien frisée; ou bien au ~
sage d'une voiture il s'élan~ait a l'improviste sur l'ilQ.
périale, d'ou il faisait forre grimaces. ll y restait un bout
de chemin, puis il revenait en courant.
A chacune de ces scenes, le vieux monsieur avait l'babitude de prier instamment le bourgmestre et les autrea
messieurs de vouloir bien excuser les iocongruités de son
neveu. Mais ils riaient, attribuaient le tout a sajeunesse,
et prétendaient avoir eu, a son age, la meme agilité. 11a
raffolaient du jeune étourdi.
11 était toutefois des circonstances ou il leur causait 1111
vif déplaisir, saos qu'1ls osassent l'exprimer; pmque
généralement, on tenait le jeune homme pour un modele d'éducation et d'esprit. Le vie•ll monsieur fréquentait régulierement, ainsi que son neveu, l'auberge dn
Cerf d,'or. Malgré sa jeunesse, le jeune homme avait les
allures des personnes plus agées; il s'asseyait derriere
son verre, mettait des luoettes monstres, sortait une
grosse pipe de sa p'Jche, et apres l'avoir gravement al111mée, il lau~ait d'épaisses l&gt;ouffees de fumée au plafood.
On discourait des nouvelles du jour, de la paix et de la
guerre. Le bourgmestre et le docteur émettaient des
opinions opposées, dont la profondeur faisait l'admiralion de la compagnie. Eb bien! le neveu avait la velléité
subite d'étre d'un avis différent. 11 frappait la table de sa
main, que les gants ne quittaient jamais, et il donoait
a entendre, saos ambages, au bourgmestre et au médeci n, qu'ils ne connaissaient pas les choses exaclement,et
qu'il possédait a cet égard des renseignements plus précis et une intelligence plus pénétrante. ll exposait en~uite,
en allemand entrecoupé, ses raisons, qu'au grand déplaisir du bourgmestre tous trouvaient excellentes. Ea sa
qualité d'Anglais, il devait naturellement tout sa,oir
mieu:x que le.~ autres.

LE

JEUNE
-

ANGLAIS.

Fin.

Le vieux monsieur était un homme digne et plein de
sens. 11 souriait un peu, il est vrai, a chacune &lt;le ses paroles, en sorte qu'on ne savait pas au juste si elles éta,ent
011 non sérieuses. Mais il causait du teu.ps, de la contrée,
des plais1rs ele l'été dans la montagne, avec tant de
raison et de profondeur, qu'il enchantlit tout le monde. Et
le neve u! ll était charmant, il gagnait tous les creurs. En
ce qui concnne son extérieur, on ne pouvait précisément
dire qoe son visage füt bcau. La partie inféricure, la machoire surtout, étail trorsaillante. Son teintétaitlres-brun,
et de temps en ternps il faisait de siogulieres grimaces en
fermant les yeux et en gri ngant rles dents. Néao moins on
trouvait sa physionomie fort intéressante. Bien que ses
habits ne s'adartassent pis bien a ses formes, tout tui allait a ravir. ll circulait daos les pieces avec une grande
vivacité. 11 se jetait tantot sur un sopha, tantót daos un
fauteuil, et étendait les jambes. Ces habitudes, que de la
part d'un autre on aurait traitées d'incouvenantes, passaient chn le oeveu pour un signe de génie.
- c·est DO Anglais, disait-on, c'est la leur genre. Un
Anglais a le droit de s'étaler sur un canapé et de s'y endormir, tandis que les dame.s manqueot de chaises et se
tiennent debout. Ce n'est pas chose a prendre en mal de
la part d'un Anglais!
Le jeune homme était eovers son oncle d'une grande
docilité. Lorsqu'il se mettait a gambader ou a ramener
ses pieds sur son siége, un regard sévere wffisait pour
le rappeler a l'ordre. Et comment liJi en vouloir, en enr
tendlnt l'oncle dire a la dame de chaque maison :
- Moa neveu n'est pas encore dégro~si, il manque de
formes, mais je me promets de la fréquentation de la
société les pi us heureux résultats. Son éducation s'v
fera parfaitement. C'est a vous, madame, que notam:
ment je le recommande d'uoe mauicre toute spéciale.
Telle fut la présentation du neven, et Grünwiesel ne
parla, cejour-lA et les jours suivants, que de cet événe ..

Si alors, pour faire diversion a leur colcre conteoue,
·le bourgmestre et le docteur se mettaient a une partie
d'échecs, le neveu se rapprochait tout au3sitot, regardait avec ses grandes lunettes par-dessus l'épaule dn
bourgmestre, critiquait les coups et indiquait au doc•
teur les pieces qu'il devait faire marcher. 11 les bourrait
tous deux d'un courroux intérieur. Qu'ensuite le bourg•
mestre, qui se croyait un second Philidor, lui proposit
une partie dan, le dessein de le battre a plate couture,
le vieux monsieur serrait la cravate du neveu, qui, re•
devenu calme, faisait son adversaire écbec et mat.
Jus~ue-la, l'enjeu des' parties de cartes, que l'on faisait
tous les soirs a Grünwiesel, n'avail pas dépassé un demi•
kreutzer. Le neveu trouvait cela mesí]uin, et il mettait aa
jeu des écus et des ducal~, prétendant que persoone
n'était de sa force. Habituellement il se réconciliait a,ec
les messieurs que ses fanfaronnades avaient froissés, en
perdant contre eux des sommes assez rondes. lis ne 8e
faisaient pas scrupule de gagner son argent, car ils se di·
saient : il n'y a pas de mal a empocher ses ducats, c'e11t
un Anglais, un Crésus de race.
Au bout de peu de temps, ses faits et gestes valurent
au neveu du monsieur étranger la coosidération de la
ville et des environs. De mémoire d'homme, on n'avait
vu son pareil a Grünwiesel. Rien d'aussi curieux ne s'y
était eocore produ1t. 11 aurait été difficile de citer ce que
le jeune homme savait en dehors de la danse. Le grec et
le latín étaient pour lui de l'algebre. 11 tui échut, un
soir, daos la maison du bourgmestre, d"avoir, aux petits
jeux, a écrire quelques mol~, et on s'apergut qu'il n'a·
vait pas appris a signer son' nom. 11 faisait les fautes de
géograpbie les plus choquantes, il transportait, saos en
avoir conscience, une ville allemande en France, ou un
fleu,e polonais au Danemark. 11 n'avait rien lu, rien
étudié, et sa grossiare ignoraoce fai~ait souvent bocher la tete au premier pasteur. NPanmoins, on trouváit
¡,arfait tont ce qu'il fai~ait ou disait; te! etait rucendant de son effronterie. 11 voula1t toujours avoir
raison et terminait chacun de ses discours en disant :
« Je sais cela mieux que personne. »

L'JLLUSTnATION, JOURNAL UNIVERSF.L.
-¡:;;er survint et fouroit au neven l'occasion__de h:il.l d'une gloire encore plus grande. Toute societé ou 11
;~quait tanguissait, et _les paroles d~ l'homme le plus
sé provoquaient des ba1llements. Ma,s lorsque le neveu
:~itait, en mauvais all_emand, les propos les plus abrdeq on était tout ore1lles. On fit la découverte que ce
suuoe.homme supérieur était poete, car il se passait raJe ment une soirée sans qu'il tirat des papiers de sa po~e et hit a la compagnie quelques sonneLq. Il y avait
:ien q1Jelques personnes qui préteodaient qu'une partie
de ces poésies étaient mauvaises, dépourvues de sens, et
qu"elles avaient vu ailleurs le reste déja tout imprimé;
mais te neveu ne se troublait pas, il lisait, il appelait
l'atteotion sur la beaulé de ses vers, et recueillait chaq ue
(ois de bruyaots applaudissements.
C'était aux bals de Grünwiesel qu'il remportaitses plus
beaux triomphes. Personne ne dansait avec autant de
constance et de rapidité, personne ne faisait des sauts
aussi bardis et aussi gracieux a la fois. En outre, son
oncle lui donnait la toilette la plus recberchée et du
deraier gout. Bien que ses vetements lui pendissent
quelque peu au corps, on trouvait néanmoins que tout
('babillail a ravir.
Peu importait que ses fafons déplussent aux cavaliers.
Autrefois, c'était toujours le bourgmestre qui ouvrait le
bisl. Les jeunes ger.s des meilleures familles jouissaient
do droit de conrluire les danses suivantes. Mai~, depuis
l'arrivée dujeune étr:rnger, tout cet ordre était dérangé.
De son autorité privée, il prenait par la main la premicre dame venue, se plafait en tete et faisait a sa faotaisie. ll était le seigneur, le maitre, le roi du hal.
Comme les dames trouvaient ces allures parfaitcs et
agréables, les cavaliers durent s'abstenir d'objections, et
le neveu conserva le rang qu'il s'était arrogé.
Ces bals paraissaient causer au vieux monsieur un
plaisir extreme. Son regard ne se détourna1t pas de son
neveu. Un ~ow·ire permanent accusait sa joie intérieure,
et, lorsque la foule l'accal&gt;lait de l'éloge du jeune
bomme, si coovenable, si bien élevé, sa satisfaction débordait en un rirejoyeux. 11 était comme ivre. Les gens
de Grünwiesel attribuaient ces manil'estations singulieres
au grand amour qu'il portait a son neveu, et les regar•
daient comme des démonstrations toutes naturelles.
,1Ct:pendant, il lui arrivait d'etre obligé d'user de son
autorité eovers son neveu : quelquefois, au milieu des
daases les plus gracieuses, il passait par la tete au jcune
bomme de s'élancer d'un bond prodigieux sur la tril&gt;uoe
de l'orchestre; il arrachait la basse a l'organiste et la
íaisait griocer d'une maniere horrilile. Ou bien, il Fe
mettait la tete en has et les jambes en l'air, et dansait
sur les mains. A ces incartades, l'oncle le prenait a part,
et le ramenait a la raisun par quelques paroles séveres et en tui serrant davantage le nreud de sa eravate.
Telle était la conduite du neveu en societé et au bal.
Les mauvaiscs habitudes se communiquent plus facilemeot que les bonnes, et une mode nouvelle:, si excentriquc et ridicule qu'elle puisse etre, a toujours quelque
cbose de contagieux pour les jeunes gens, qui n'ont pas
encore ré0échi sur eux-memes et sur le monde. Le ne ,eu ne mangua pas de produire cet elfet a Grünwiesel
me ses fagons siogulieres. Les jeunes gens ne se furent
pas plus tot apér~us que ses manieres débraillées, son
rire et son bavardage inconvenants luí attiraient !'estime des dames, qu'1ls se dirent:
- 11 me sera facile de devenir un polisson spiritueldu
m~me genre.
lls s'etaient jusqu'alors appliqués au travail, mais ils
6oirent par dédaigner les connaissances, lorsqu'ils virent l'ignorance conduire a plus de succes. lis ahandonnmnt leurs habitudes laborieuses pour flaner sur les
places et daos les rues. Jusqu'alors ils étaieot aimables
et p'llis envers tout le ~onde; ils attendaient qu'on leur
p&amp;rlat, et répondaient avec décence et modestie. L'exemple dujcune homme cbarmant cbangea tout cela. Bient6t, on les Tit prendre place au milieu des hommes faits,
et s'emparer de la converbtion. lis donnaient sur toutes
cboses leur aYis et prétendaicnt tout mieux savoir que
personne. Au lieu de leur ancieune horreur des allures
brutales et communes, ils s'exergaient a de ma11vaises
chansons, fumaient daos des pipes énormes et hantaient
les cabarets du plus has étage. Malgré leurs yeux excellen~, ils s'armaient le nez de grandes lunettes, et se
croyaient des gens accomplis du moment qu'ils ressemblaient au jeune Anglais.
Que ce fut cbez eux ou dans 1es maisons étrangeres,
ils ae couehaient sur les canapés aTec bottes et éperons;

il~ se balan~aient sur leurs chaises, ou offraient le spect:icle ravissant de coudes appuyés sur la table et de vi~ages encadrés daos les mains. Les observations de leurs
meres et de leuri; amis sur la sottise et l'inconveuance
de ces altitudes étaient peine perdue. lis invoquaient
l'exemple du neveu. On avait beau leur rlire qu'en sa
qualité d'Anglais, on devait tui pardonner une certaine
brutalité nationale, les jeunes gens de GrünwiesPI soutenaient avoir autant dP droit qu'un Anglais pur sang a
etre spirituellement sans gene. En un mot, c'était pitié
de voir combien J'imitation du neveu avait fait déchoir
les vieilles mreurs et les honnes habitudes.
Toutefois, le charme que le~ jeunes gens trouvaient a
cette vie de grossiereté et de licence fut de courle durée.
Un événement inattP.ndu amena tout d'un cou¡, un bouleversement totaJ.
Les plaisirs de l'hiver devaient se terminer par un
grand concert, auquel étaient appelés a concourir les
artistes et les amateurs de Grünwiesel. Le bourgmestre
jouait le violoncelle; le dor.teur était un basson de premiere force, et, nonobstant une embouchure dérectueuse,
le pharmacien faisait sa partie de flute. Quelques demuiselles avaient étudié des airs; tout était préparé pour le
mieux. Le vieil étranger, tout en approuvant les rlispositions déjil. prises, signala cependant une lacune : il
manquait un duo, etsans duo pasde concert complet!
CettP. observation embarrassa toutes les fortes tetes de
Grünwiesel. On avait bien le gosier de rossigool de la
filledu bourgmestre, mais ou trouver un c!Janteur? On
songeait déja au vieil organiste, excellente bas~e-taille
dans son temps, lorsque l'étranger dil qu'il n'était pas
besoin de recourir a cet expédient : son neveu chantait
á merveille. Quelle agréable surprise pour les dames, que
cette nouvelle qualité dn jeune homme charmant !
On le mita l'épreuve, et, sauf quelques singularités anglaisPs sans doute, il chanta comme un ange. Le duo fut
appris a la hate, et en fin arriva la soirée du concert, dont
les oreilles de Grünwiesel se promettaient tant de plaisir.
Malheureusement, le vieil étranger ne put assister au
triompbe de son neveu. Une ind1sposition le retPnait;
mais'il donna ses instructions au liourgmestre, qui vint
le voir une beure avant l'ouverture.
- Mon neveu, lu1 dit-il, est un creur excellent; mais,
par ci par la, il lui prend des idees baroques, et il se livre a des folies. Cette raison me fait regretter de ne
pouvoir aller au bal. Devant moi, il est sur ses gardes,
et il sait bien pourquoi. Je dois, du reste, dire a son
honneur que ses extravagances ne vienneot pas d'un
dévergondage d'esprit: elles procedeot d'une infirmité
pbysique. Auriez--vous la bonté, monsieur le bo•Jrgmestre, lorsqu'il tui viendra en tete de se placer sur un pupitre, ou de manreuvrer la basse, ou de se laisser aller
a quelque autre incartade,auriez-vous la bonté de lui desserrer un pea la eravate. Si le remede reste sans effet,
otez-la- lui entierement. Vous verrez comhien il redevieudra doux et raisonnable.
Le bourgmestre remerciale vieux monsieurde la confiance dont il l'honorait, et promit, en cas de besoin, de
su1vre ~es conseils.
La salle du concert était comble. Tout Grünwiesel et
les environs s'y étaient donné rendez-vous. Tous les
chasseurs, pasteurs, ba1llis, propriétaires et autres personnages, étaient accourus avec leurs nombreuses famillcs pour prendre part a la fete. Les musiciens de la
ville débuterent en exécutant quelques morceaux brillants. Ce fnt ensuite le tour du violoocelle du bourgmestre, accompagné de la flute du pharmacien. Puis un air
de basse-taille valut a l'organiste des bravos unanimes.
De bruyants applaudissements ne firent pas défaut au
basson du docteur.
La premiere partie du programme était remplie et
tout le monde attendait avec impatience la seconde, q~i
se composait du duo du jeune étraoger et de la filie du
bourgmestre. Le jeuoe homme charmant était habillé
avec une grande d1stinction. Il avait attiré tout d'abord
l'attentiou des assistants : il s'était renver~é saos fafOD
dans un magnifique fauteuil, tenu en réserve pour une
comtesse du voisinage. 1: allongeait les jambes et braquait sur les uns et les autres la lorgnelte énorme qo'il
avait ajoutée a ses lunettes. La comtesse a laquelle le
fauteuil était destiné était entrée saos qu'il eut fait un
geste pour se lever. Au contraire, il s'était installé encore plus a l'aise et personne n'avait hasardé une observation. La noble dame avait été obligée rle prendre
place au milieu des autres dames, s11r une simple chaise
de paille a siége. Jugez de son dépit.

199

Pendant le jeu admirable du bourgmestre, pendant
l'excellent air de hasse-taille de l'organiste, meme pendan! que le docteur improvi~ait sur le basson, alors que
tous retenaient leur respiration et ne perdaient pas une
note, le jeune Anglais causa1t a haute voix avec ses voisins. Quiconque ne le connaissait pas était stupéfait de
l'étrangeté de sa tenue.
On était d'autant plus curieux de voir comment il
s'acquitterait de son duo.
La seconde partie commenfa apres le prélude de l'orchestre: le bourgmestre s'approcba du jeuoe homme a,ec
sa filie; il lui présenta une feuille de musique et lui dit:
- Monsieur, vous plairait-il de chanter le duo?
Le neveu grinp des dents et se leva vivement. Les
deux autres le suivirent au pupitre : toute la société
était daos l'attente. L'organiste marqua la me~ure et fit
signe au jenne homme charmant. Celui-ci regarda les
notes au travers de ses monstrueuses bésicles, il ouvrit
sa grande bouche jusqu'aux oreilles, et poussa des sons
vraiment horribles. L'organiste lu_i criait :
- Deux tons plus has, cher monsieur, c'est en sol.
Mais au lieu de cbanter en sol, le neveu arracha un de
ses souliers et le jeta a la tete de l'organiste dont il fit voler lapoudre au loin. Ace spectacle le bourgmestre se dit:
- Ah ! voila encore un de ses acces !
JI se précipita sur le jeune honime, le saisit ala nuque,
et tui desserra la eravate. Alors ce fut bien pis :
Le neveu ne parlait plus l'allemand, mais une tangue
étrange, que personoe ne comprenait, et il faisait des
sauts vraiment prodigieux. Le bourgmestre était désespéré.
Pour remédier a la violen ce inusitée de la crise, il prit
le partí d'enlever la eravate du jeune homme. Cette opérat10n était a peine terminée, que le bourgme~tre resta
comme frappé de stupeur · au lieu de peau, le cou du
jeune homme ne présentait qu·un cuir brun et Telu. Ses
bonds redoublerent de force et de hizarrerie. Jl passa
ses gants glacésdans sa chevelure et l'arracba. Nou,eau
prodige, cette chevelure n'était autre chose qu'une per. ruque, qu'il langa au visage dubourgmestre, et sa tete
apparut brune et velue comme le cou.
Jl s'élan~ait par dessus les bancs et les chaises, Coulait aux pieds les violons et les clarinettes et ,e démenait comme un furie1u.
- Saisissez- le! cría le bourgmestre, hors de tui, saisissP.z-le ! 11 est enragé, saisissez-le !
Ce n'était pas chose facile, car il avait oté ses gants et
mootrait des ongles dout il der.birait cruellement le Tisage de ceux q11i l'approchaient. Enfin, un cha~seur
hardi parvint a s'en emparer et a serrer ses longs bras.
11 ne faisait plus quetrépigneren riantet en criant d'une
,oix enrouée. On se groupa autour de ce singulier cavalier, qui n'avait plus ríen de la figure bumaine. Un
savaot du pays, propriétaire d'un cabinet d'histeire naturelle d'animaux empaillés, s'approcha a son tour, regarda de pres et s'écria tout étonné :
- Mon Dieu, messieurs et mesdames, comment pouvez-vous introduire cet animal daos une société bonnéte ? C'est un singe, 1'Homo tl'Oglodites de Linnée. J'en
offre six écus et je rempaillerai pour mon cabinet. Qui
décrira la stupéfaction des gens de Grünwiesel a cette
révélation?
- Quoi ! un singe, un orang-outang d:..ns notre société? Ce jeune homme ne serait qu'un ignoble singeT
Et ils se regardaient, bébétés d'étonnement. On n'en
croyalt pas ses yeux, on n'en croyait pa., ses oreilles. Les
messieurs examinerent attentinment la bete. C'était
bien un singe !
- Est-ce possible ! exclama la femme du bourgmestre.
Ne m'a-t-il pas souvent récité sespoésies,n'a-t-il pas maintes fois diné ama table, ni plus ni moins qu'un autre?
- Quoi ! dit avec véhémence l'épouse du docteur,
comment, lui qui a pris chez moi tant de bonnes tasses
de café en fumant sa pipe et en s'entretenant uee 111.on
maride matieres savantes!
- Comment cela se peut-il T firent les messieurs.
N'a-t-il pas, a la cue de la montagne, joué avec nous
aux guilles et parlé politique comme nous antres?
- Eh quoi! n'a-~il pas meme conduit les danses de
nqs bals? Un singe, un singe! C'est surnaturel, il y a
la-dessous de la ~orcellerie.
- Oui, de la sorcellerie, un tour du démon, fit le
bourgmestre.
Et il montrait la crante du neTeu.
- Regardei ! ce mouchoir renferme tout le cbarme
qui éblouis.,ait nos yeux ; -voila une large,bande de par-

�200
"

!Ot

· L'JLLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UN IVERSEL.

LES VICTIMES DE LA MODE, PAR BERTALL

'

(smrE). -

Essai sur les beautés de la crinoline.

(VOIB LEN• 1118,'.

'

'

✓
1/

ldéal de la crinoline.

•

Toujours oo ne se plaiod,a pas que la crin?line aceuseI les ,formes quaod elles sonl
deíectueuses.

Mais au moins les plis sonl si souples el si
harmooieux, la démarche emprunte á la crino
lioe un si gracieux balallcement 1

EITet d'appui,

k:rée de M.adame en omo1bus.

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•
UN CAVALIER ARABll. - Denlo d'llugeue Delacroix, {«e si111!le par M. Robaud, de Douai.

Eft'et de porte.

Chinoi1erie.

Effet de marche.

Femme períectionnée en 188\, Le triwgle a tou¡ours peno••
nifié ta perfeelio11. - Pruhlemt de géomélrie : ét&amp;nl doOllé le
triangle ABC, délerminer au juate la poeilion que Madame occupe
dans le triangle,

�chemin couverte de signes cabalistiques; e'est du latín,
si je ne me trompe. Qui le déchilfrera?
Le premier pasteur, personnagc tres-savant, qui sou_vent avait été hattu anx échecs par le singe, s'approcha,
regarda le parchemin, et dit :
- Nullement, c'est de l'anglais; en voici la traduction:
- Recette pour faire un jeune homme charmant :
11 Prendre un singe, l'habiller a la dernicre mode, et,
pour le reste, s'en rapporter a la betise hu maine! »
- C'est une dupcrie de ce vieux coquin d'étranger,
continua-t-il tout pale d'indignation; il faut un chatiment
exemplaire.
Le bourgmestre partagea cet avis. Escorté de six sergents de ville qui portaient le singe, il se mit en route
pour procéder saos retarda l'interrogatoire de l'étranger.
lis arriverent a la maison déserte, suivis d'une foule
immense. Tout le monde vonlait voir le dénoument de
!'affaire. On frappa, on sonna, personne ne parut. Le
bourgmestre, exaspéré, fit alors enfoncer la porte et pénétra daos la demeure de l'étrauger. On n'y trouva que
de vieux menbles. Sur le bureau etait r,lacée une grande
lettre cachetée a l'adresse de M. le bourginestre, qui
s'empressa de l'ouvrir. Voici ce qu'elle disait :
c1

Chers habitants de Grünwiesel,

« Lorsque vous lirez cette letlre, j'aurai quitté votre
ville, et vous connaitrez la qualité et la patrie de mon
neveu. Acceptez, cumme une bonne le~on, la plaisanterie que je me suis permise. N'imposez plus votre société
a un étranger qui tient a vivre seul. Je ne me sentais
pas le moindre gout pour vos eancans et vos habitudes
ridicules; c'est pourcela que j'ai fait l'éducation dujeune
Homo troglodites que vous avez tant chéri a ma place.
Adieu, que la le~on vous profite. »

Les nabitants de Grünwiesel étaient confus de honte.
Ceux qui rougirent le plus, ce furent les jeunes gens
qui avaient copié les sottises du singe et sa détestable
tenue. A partir d., ce jour, ils cesserent de s'accouder et
de se balancer sur leurs chaises. lis gardaient le silence jusqu'au moment ou ils avaient a répondre a une
quest1on. Leurs lunt ttes disparurent, ils redevinrent
polis et bien élevés. Si, par exception, quelqu'un tombait daos des habitudes vicieuses onridiculee, on disa1t:
11 C'est un singJ. »
Quant a l'orang-outang, qui avait joué, durant plusieurs mois, le róle de jeune homme charmant, il fut
remis au naturaliste, q1J.i le laisse circuler dans sa cour,
le nourrit et le montre aux t'trangers comme une picce
rare. Vous pouvez l'y voir encore aujourd'hui.
MUNTZ.
(Tnduit de l'allemand de Guillaume Hautl).

EXPOSITION DES CEUVRES D'EUGENE DELACROTX
AU BOCLEVARD DES ITALIENS,

Ce n'est jamais saos un certain trouble que nous
abordons les reuvres d'Eugene Delacroix. Le plus souvent, elles nous saisissent et s'imposent; mais si notre
émotion veut se traduire en louange, quelque incorrection flagrante nous vient arreter. Parfois ellts nous choquent et nons repoussent, et si nous voulons exprimer
notre sentiment, quelque qualiLé éminente nous commande le respect. Trois fois déJa nous avons vu un
grand nombre d'reuvres d'Eugene Delaeroix réunies : a
l'exposition universelle, lors de la vente de son atelier,
et aujourd'hui daos les galeries de la Société nationale
des Beaux-Arts; et touJours les memes hésitations nous
dominent.
Que ceux qu'intéresse uniquement la question d'aspect daos les choses d'art; que les exécutants, saos
cesse aux prises avec les dimcultés de la couleur, admirent saos réserve, parce qu'ils se placent a un certain
point dé vue; nous le eoncevons. Mais que nous, qui
n'avons a examiner que le résultat d'ensemble, nous
nous livrions aussi facilement; cela nous est impossible !
Trop souvent, apres avoir loué, nous devons dire: bélas !
Cependant une considération nous arrete. Lorsque
Eugene Delacroix vivait, la critique, qui a foi en elleméme et en son efficacite, pouva1t avoir quelque action
sur lui, et lorsqu'elle luí disait, tantót de retourner aux
sévéritcs de la Bur ¡11e dn Dante, tantót de s·en tenir aux
splendeurd de la Prise de Constantinüple, elle avait raison de parler airui, si elle était dans cette eroyanee que

la forme et la couleur avaient fait dans ces•reuvres une
alliance suffisante : la forme l'emportait ici, la dominait
la couleur.
Mais que servirait aujourd'hui de renouveler des souhaits inutiles? Le peinlre n'est plus, et son reuvre est la,
telle qu'il l'a faite, telle q11e les évolutions de sa pensée, le
cours des années, et la main plus ou moins fiévreuse
l'ont fixée sur la toile; et c'est d'apres cette reuvre que la
postérité prononcera, faisant justice de cerlaioes exagératioos que nous croyons 1rréllechies, lorsque plusieurs
pretendent que l'amour-propre y était surtout intéressé.
Maintenaut que tout le bruit fait autour de la vente
d'EÚgene Delacroix est apaisé, et que l'on n'est plus
forcé de prendre d'informes ébauches pour des reuvres
achevées, et qui plus est, pour des chefs-d'reuvre, on
nous permettra de n'admirer qu'avec les réserves que
nous impose l'étude des vrais chcfs-d'reuvre de toutes
les époques.
.Comme le disait M. Ch. Clément, daos un article du
Journal des Débats, ou nuus sommes heureux de retrouver comme un écho de notre propre pemée : 11 A certains égards, Eugene Delacroix est un artisle de premier
ordre. 11 avait une imaginalion riche et poétique a un
&lt;legré tres-remarquable; le sentiment pathétique et
l'émotion. Son co1oris est admirable, puissant et harmonieux tout a la fois. » C'est par le colorís et par l'émotion que les reuvres d'Eugene Delacroix resteront.
Car non-seulement la beauté idéale leur fait défaut,
mais souvent la forme y est remplacée par la simple indication du mouvement. Indication tres-juste, il faut le
dire; suffisante daos une esquisse, mais qui ne saurait
satisfaire dans un tableau achevé. Aussi les toiles de ses
dernicres années, malgré une exécution tres-laLorieuse,
n'étaient plus guere que &lt;les esquisses.
Si l'on s'étonnait que cette exécution, qui semble pé oiele, n'eut pas éteint les splendeurs du colorís, l'incertitude du dessin laissait croire a beaucoup qu'Eugene
Delacroix manquait d'éducation premiere.
11 n'eo était rien, cepcndant. On l'a bien vu aux études d'atelier, et aux copies d'apres les maitres qui figu•raient a la vente, et on le voit encore mieux a l'exposiposition actuelle. 11 y a la une Tete de jeune filie, étude
contemporaine, saos doute, de la RorricadP., du mnsée
du Luxembourg, qui est d'une exécution admirable, en
meme temps que d'une tonalité soutenue. A cette époque, Eugene Delacroix était encore sous l'inlluence de
Géricault. Mais daos cette tete, dans r.ette poilrine maigre, étudiée dans tous les détails de sa forme et de ses
tons, il y a déja le príncipe de ces hacbures qui sont devenues depuis 1m ~ysteme, et qui ontajouté, daos les derniers temps, les incerLitudes du modelé aux incertitudes
d11 dessin.
La simplicité fut la moindre des qualités d'Eugene
Delacroix, et l'on ne peut s'empecher de sourire lorsqu'on le voit en ses commencements, alors qu'il s'ignore
lui-meme, contraint de peindre, pour l'hótel de Talma,
les figures des saisons sur un fond rouge uni, comme te
sont les murs d'une maison de PompeI. Cependant lorsquc, i11certain encore, il se dérobe a l'inlluence de Géricault pour subir celle de Bonington, un certain calme
se remarque encore dans sa peinture. A ce temps appartiennent Je Sa1·dan•rpale ainsi que le Combut du giaour tt
du pacha, celui qu'a exposé M. Malher, l'une des reuvres
les plus éclatantes el les moius discutables d'Eugene
Delacroix. Mais bienlót les fonds iocertains ou sacrifiés ne
sauraient plus s'allier a des figures et a des premiers
plans ou tout s'agite, la ligne et la couleur; E. Delacroix, introduisant le paysage dan~ ses tableaux, se
montre la l'égal des plus grands et des plus habiles. C'est
a la suite de son voyage dans le Maroc que cetLe qualité semhle s'etre développée chez lui, a en juger par le
paysage des .lllusiciens ou bouffes a!'abes, un chef-d'reuvre
de puissance et d'harrnonie dans la couleur, qui se
trouve au mu~ée de Tours. Dcpuis, une grande place ap·
parlient au paysage daos son reuvre; soit que d'un pin..
ceau ému 1I nous montre, dans un coin de la furét sombre, la blanche Ophelia, qui se retient encore a ia branche de saule, lorsque les eaux s'emparent déja de son
corps alourdi, - soit qu'il étage la ville, lamer et le ciel,
derr1ere les chefs des croises qui, les gonfanoos a,1 ,ent,
fotlleut du pied de leurs chevaux les dalles de marbre
du palais de Constantinople.
Si J'émotion pouvait remplacer ce sentiment surhumain qui, résultant de l'union de la forme avec la pensée, nous transporte daos un monde supérieur lorsque
nous centemplous les reuvres des maitres, Eugene Dela-

!03

L'lLLUSTRA'J'ION, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

~=

croix serait un peintre religieux. 11 est impossible
efTet, .de ne point contempler, sans en etre touché,
be lle Pieta dont I' lllttstration publiait naguere un dess·111
~,ac-s1m1
. ·¡e; de ne pomt
. trouver, dans le Saint SebastiQ
et daos le Saint Étienne, une grandeur morale qui gran,.
&lt;lit ces compositions au dela de leur cadre; mais ce SOnt
des sentiments de douleur ou de terreur humaines qu¡
s'en dégagent. Les acteurs de ces drames rnngent a 1
victime, aucun ne pense et ne fait penser au ciel. ~
douleur n'y est point anoblie par ce sentiment de l'infini qui nous semble constituer l'essence de la peinture
religieuse. Oans le drame huruain, Eugene Delacroix es¡
supérieur; que ce soit une ardente melée, comme cette
Bataille de Taillebourg; une orgie de tumulte et éelatante
d'ivresse populaire,comme le Boissy d'Anglas;unesombre
et sinistre justice monacale, comme l'Amende honorable·
mais le drame di vin lui échappe. Daos le Jés11s da.ns~
barque, nous ne vflyons que la mer; daos la Montée GIi
calvaire, une course hatelante, comme dans le Rubens
du musée de Bruxelles : quant a ses reuvres dernieres
l'IIéiiodo!'e et la Lutte de Jucob avec l'ange, nous n'en
vouluns point parler, de peur de trop en dire. Trop
fidele a la poétique moderne, Eugene Delacroi1 rem.
place volontiers le sentiment par l'action.
S'il est l'égal des plus grands par l'intelligence et par
la clarté de la composition, en meme temps que par l'imprévu du groupement des persoonages; si sa couleur
qui cherche l'harmonie des tons sans poursuine ¡~
ré~lité des choses, qui peint la draperie et ne traduil
point une étoffe, transporte des persounages en dehon
des vulgarités tangibles, et les rend bistoriques dansl'acception artiste du mot, il s'en faut de beaucoup, cependant, que l'antiquité ait été aussi favorable aEogcne Delacroix que le pourraient faire croire les oombreuses compositions ou il s'en est inspiré. L'antiquilé!
nous la sento ns v1 vre dans les marbres de la Grece et daus
lts fresques de Raphael. C'est un monJe jeune et beao,
surhumam par la pureté et l'harmonie des formes, p:ir
la sévérité plutót que par la profondeur de la pensée.11
nous est impossible de nous la figurer autre que l'ont
figurée ceux auxqaels la Cable s'imposait comme croyance
ou comme idéal. Cet idéal, Eugene• Delacroix le portait
en luí et le confessait daos ses ecrits, d'un dessin si sobre
et si net; mais c'était la seulement qu'il le dessinait
ainsi. La tournure de !'ensemble, la couleur, car 1I faut
toujours en revernr la, et l'aspect décoratif, tels soot, a
notre avis, les principaux m•érites des peintures du Sénat et de la Chambre des Députés; saos que nous voolioos fermer les yeux devant la fierté du dessin de quelques parties, comme la Guerre, du Palais Bourboo,
comme l'Éducation d'Achille ou les Jeunes fillts de Sparll
du Sénat, penden tifa dont les dessins figurent a l'e1position. Mais ailleurs les impcrfections de la forme el
l'absence de beauté nous choquent et nous empecheot
de reconnailre la véritahle anti4uité.
Nous parlions des dessins d'Eugene Delacroix. Dans
cr.s improvisations, dans ces indicat1ons sommaires, 011
les sous-entendus completcnt plus surement la pensée que
ne le ferait trop de• préc1sion, ses qualilés de mou,e•
ment se développent et s'exaltent. L'exagération et les
fautes elles-memes deviennent un accent de plus ajouté
a la vérité, si bien que le caractere général du dessin
s'affirme en faisant oublier les défaillances tle la forme.
On subit une impression avant q11e de sooger a pronon•
cer un arret, cbose bien soleunelle pour un simple ero•
quis. Aussi les dessins d'Eugene Delacroix forment-ill
une des parties les moins discutables de son reuvre et
de l'exposition du boulevard des ltaliens. Anssi, plut6t
• que d'essayer de traduire ici une de ses compositioos
par une gravure qui ser:iit c-irtainement une trahiaoo,
- E. Delacroix étant trop personnel pour n'avo1r pu
défié tous les graveurs, - nous préférons empruoter le
fac-simile de deux des dessins exposes par M. le baroD
de Laage a l'album ou M. Robaud, de Douai, a reproduit avec un grand bonhcur d'imitation un certain
nombre d'entre eux, faisant varier ses procédés suivant
que le maitre avait usé du crayon ou de la plume.
E. Delacroix fut le peintre inquiet d'une époque troublée. Tout ce qui avait passionné !'élite de ses contemporains l'a ému. Avec la littérature romantique il com·
mente le Dante, Sbakespeare et Grethe, et nous montre
un moyen age un peu sinistre et conventionnel, corume
celui que le drame mettait sur le théatre.11 se passionne
pour la Grece avec Byron, et pour la liberté avee AU·
guste Barbier. Ses études classiques et son propre sen·
timent le rappellent a l'a.ntiquité, non pas triste et figée

manque... que des idées et le don de les eiprimer. Or, la nouvelle comédie de M. Émile Augier passe décidétout a co1Jp, idées, taleols, lui arrivent comme par mira- ment vers le milieu du mois prochain.
La politique est, dit-on, complétement étrangere a
cle, a en juger, du moins, par un triomphe qu'il obtient
a la t:omédie-Fran~aise. Mais, au moment ou son nom cette nouvelle reuvre de l'auteur du Fils de Giboyer.
va etre proclamé, une voix, a la vérité un peu avinée, Est-ce bien sur? Ne nous llatte-t-on pas, nous qui serions
declare tout haut que M. Delahaye n'est qu·un plagiaire, si charmés de retrouver, apres une si longue absence,
et que la piece n'est pas de lui, mais bien de Paul Gé- l'auteur de la Cigue, de l'Aventuriere, de Philiberte, etc.?
Au théalre du Palais-Royal, nous avons eu la rentrée
rard, le jeune poete dont nous avons parlé tautót.
de
Geolfroy dans un des meilleurs roles de son réperOn en appelle a celui-ci, qui, engagé par un serment,
toire
: le fameux Pincebou!'de de Une Corneille qui abat
repousse l'honneur qn'on -veut I ui faire a trop bon droit,
des
noi:J;.
Geoffroy revient de son cougé chargé de couet DelahRye triompherait sur toute la ligne si un interronnes
provinciales,
et plus amusant que jamais. Les
médiaire, qu'il a sottement ofTensé, ne révélait le secret
honneurs
ne
l'ont
point
changé.
de certain marché, etne luí arrachait publiquement ((et
A
ce
meme
théatre,
ou
les Ficelles de Montempoiure
ses myrtes et ses lauriers, » qui retournent a qui de droit.
Voila, mais trop en raccourci, le canevas de cette se soutiennent a l'abri du répertoire de Geoffroy, un
piece, dont les m11le détails ont un éclat, un cbarme, une Tailleur pour dames, vaudeville en un acte de M. Jules
franchise, une jeunesse, dont nous ne saurions donner Renard, est tres-joliment joué par Priston et Luguet,
une idée. Il faut voir, il faut entendre les Plumes du Paon. ornés de M Keller et Damain; aussi a-t-il bien rr.ieux
11 le faut d'autant mieux que cette comédie est admi- réussi que feu Hé! Lambert. Le sujet, 1I est vrai; pretait
rablement rendue, surtout par tels de ses pe1·sonnages davaotage a une de ces légercs études de mreurs, ou
~
que nous n'avons ¡,u qu'indiquer. Thiron et Roman- études de mreurs légeres, dont le Palais-Royal s'est fait
ville y sont particulierement excellcnts, et quant a une si piquante spécialité.
C&amp;l!ll~IIRDIE DIRlllJUVDG)UI,
Les types du tailleur pour dames et de ses clientes
Mil• ~fosé, c'est a ne pas la reconn~ itre : la jolie statue
« Les Fran~ais n'ont pas la tete épique, 11 a dit quelmanquaient
a cet album des fantaisies parisicnnes;
que vo11s admiriez est maintenant une vraic femme; c'est
qu'un a propos de la Denriade, et certes, si la regle est
pc:urquoi
faut-il
qu'ils aient trouvé un portrait si timide,
tout ce qu'on tui demandait.
trOP absolue en ce qu'elle engage J'avenir, l'exemple, du
si
lioutonné,
la
ou
c'était si bien le cas de se mettre a
0
N'o1Jblions pas M' • Masson, parfaite daos un róle,
moios, était heureusement choisi.
l'aise:
qne
craignait-on?
L'on n'aurait jamais pu atsecondaire, il faut le dire, mais dont le pcrsonnage est
De toute fa~on, le mota fait fortune,et nul poete,que d'une vérité comique et aímable au possiule. Vite, un teindre au décolleté de !'original.
¡e sache, ne l'a encore fait mentir.
Le théatre du Chél.Lelet donne en ce moment avec
grand róle a Mm• Massou !
Un jour, cependant, qu'on le redisait chez Balzac, en
Avec les Pltlmes du Paon, le théatre de l'Odéon donne, succes une reprise des Sept chdteaux du Diable, grandisl'appuyant d'uo exemple plus récent que la Ilenriade, en Jever de ridcau, une comédie en un acte bien con- sime féerie qui ne date pas de moins de vingt ans. La
quelqu'un de ma connaissance la plus intime lan~a la
duite, bien écfüe, spiritnellement dialoguée, amusante direction avait fort a faire pour rhabiller de neuf cette
boutade suivante :
enfin, et tres-bim jouée, une picce a laquelle rien vieille carcasse, une des plus creuses, ma1s des plus so_ Mesbicurs, dit-il, vous eles bien séYeres pour volre
lidcmeot baties, qui soit sortie de main de carcassier.
ne manque ... que des spectate1ns.
pays; il me semble pourtant, qu'il. cela pres des divisions
A la voir aujourd'hui sous ses nouveaux costumes et
Le voila bien, ce théatre de l'Odéon ! Tout a coup, avec
régulieres et d'autres vains détails de forme, nous avons,
avec
ses nouvelles décorations, vous la croiriez née
une piece médíocre, ou meme mauvaise, avec une
nous aussi, un grand poeme, un poeme embrassant un
d'hier,
et ce prodige pourrait tout aussi bien se renouvieille tragédienne, 1111 pis encore, avec une nouvelle trasujet tuut aussi un et mille fois plus vaste que l'Iliade,
veler
tous
les vingt ans, tant le sujet se prete volontiers
gédie, il fera salle comble pendant trois mois; et une
t'Odyssée et l'Enéide réunics; car, si l'ltalie a le Dante
aux
modifir,ations
les plus étendues et les plus diverses.
autre fois, avec une charmante comédie, précédée d'un
a,ec sa Divilie Comédie, la France, daos les Fables de La
Les
Sept
chdtea11x
du
Diable, il va sans dire que ce sont
tres -joli lever de rideau, il jouera devant les banquettes
Fontaine, peut se vanter d'avoir produit la Comédie huvides, ou, ce qai est plus froid encore, devant les amis les sept péchés mortels ou capitaux, aulant de halles
maine.
que doivent traverser les deux filies d'un maria en dande la maison et autres eotrées de faveur.
La Comédie humaine! a ce mot, Balzac fit un bond vers
Je ne veux pas dire que les choses en soient a cette ger de mort. La vie de lcur pere est a ce prix.
le cooteur paradoxal, et, tui serrant avec effusion les
On devine ce que Satan, amoureux de l'une d'el\es,
derniere extrémité pour le spectacle avec lequel M. de
deux mains :
dépluie
de roses et de pompes pour les arreter ou les
La Rounat vient d'inaugurer la réouverture de son tbéa- Merci, mon- ami, luí dit-il, j'ai compris tout ce que
faire
broncher
en chemin. II n'y réussit pas, ce qui va
tre, mais seulement que ce spectacle est loin d'avoir le
l'allusion a de délicat, de llatteur pour moi. Grace a vous,
encorc
sans
dire,
et le~ deux sreur~, - Mm•• Esclozas et
j'ai trouvé ce que je cherchais vaioement depuis tant d'an- succes qui luí serait du, a mon sens.
Tautin,
escortées
de leurs fiancés, Colbrun et Rosier,
Car, enfio, si la piece de M. Leroy est un peu plus séne,es; la Comédie humaine, voila le tilre de mon reuvre !
parviennent,
sans
avoir
perdu la croix de leur mere, a
rieuse de fond, un peu plus dénuée d'amourettcs, un
Persoone, cela va rnns dire, ne songea sur le moment
la
crolX
de
Notre-Dame
de
Bon-Secours, oú elles tompeu plus rnasculine, si j'ose m'exprimer ainsi, que ne le
acootester la justesse d'une te lle a~similation ; moi •
bent
dans
les
bras
de
leur
per-e.
Sauvé, mon Dieu !
veut la derniere mode du jour, celle de M. d' Anthoine,
meme je ne soufflais mot : mon succes m'avait ahasourdi.
Tout
cela
n'est
paa
bien
neuf,
sans doute, mais c'est
en revanche, est aussi leste, aussi galante que possible;
Plu5 tard, cependant, saos avoir cessé d'admirer le
plus
qu'il
n'en
faut
pour
offrir
aux
yeux un merveilleux
elle peint des mreurs aussi libres que, par exemple, le
plus profond an3:lyste de nptre siecle et de bien d'autres,
spectacle.
Bonhomme Jadis, cet éternel lever de rideau du premicr
il me vint ce scrupule,que si la premicre condition d'nn
N'oublions pas Colbrun, - la gaieté de la piece, - ni
Théatre-Fran~ai$. Pourquoi done réussit-elle moins?
poeme est d'etre en vers, le fabuliste, ne ful-ce qu'a ce
La meilleure réponse, ce serait peut-etre de raconter MM. d'Ennery et Clairville, qu'ou dit en etre les auteurs.
seul litre, aurait plutót écrit un poeme que le romancier.
Un théatre nouveau, je croi~, le théatre Saintici tout au long Une D~fuite ai:a11t la victoire, et de mettre
Lui-ii1éme, d'ailleurs, - le Bonhomme, - s'il ne préainsi le lect'.lur a meme de trancher une question que Pierre, vient d'user de la nouvelle loi Pn donnant dans
tendit jamais avoir fait la Comédie humaine, dn moins
j'avoue u·avoir pu compreodre; mais, - heureusement, sa représeutation d'otiverture les Fréres a l'epreuve, de
nous a-t-il mis sur la voie d'un pareil litre en définissant
- l'lllustration n'a pas que des lecteurE, et, je le répetc, Pelletier-Volmérang'.!s. C'est, pour le moment, tout ce que
son muvre :
ta piece de M. d'Anthoi ne est un reflet de mreurs si ca- j' en sais, n'ayant pas été de la fcte, et si j'en touche ici un
Une ample comidie aux cent ac(es divers.
valieres, que les paniers, les mouches, la poudre, d'un mot, c'est que la tentative me parait avoir des chances
de succcs. Le répertoire classique du second et meme du
Aquoi on pourrait ajo uter que chacun de ces actes, et il cóté, et !'uniforme de mousquetaire de l'autre, en font troisieme ordre est inépuisable, et mieux que eelui du
y en a bien plus de cent, est lui-merne une comédie, pour seuls accepter les franches coudées au rigide public du prewier ordre, a la purtée de la grande masse du pune pas dire tout un poeme, tout un monde. La preuve second Théatre-Fran~ais.
Tout cet attirail préservatif est suffisamment bien blic; saos compter qu'il n'exige de ses interpeles ni de si
en est daos tout ce qu'en a t:ré le théatre : pas une des
porté,
du reste, par M11• Génat et sa soubrette, M11• La- heureux dons, ni des études si profondes.
rabies de La Fontaine qui n'ait fourni un ou plusieurs
A cela pres, l'agitation de la liberté des théatres s'asujets du comédie et meme de drame, a compter seule- maiilerée, ainsi que par Riga et Delacour, bien que le paise de plus en plus a Paris. On parle bien depuis quelpremier
manque
un
peu
de
légereté,
et
le
second
d'exmeut les auteurs qui ont avoué leurs emprunt~ en preques jours d',10 TJ.élitre religieWl), ou ne seraient reprépérience.
nantau maitre jusqu'a ses titres.
~entées
que des pieces conformes a ce titre, qui sonne
MIi• C:énat, une débutante a ce théatre, parait avoir
Tel est, entre autres, M. Louis Leroy, qui, sur la meme
faux;
mais,
d'autre part, il n'est plus question ni du
scene ou nous applaudissions naguere le Lieore et la Tor- une prédileclion pour Marivaux et son école, - un ha- Grand-Thédtre du Peuple, ni du 7héatre-foternational.
tue, de M. Paul Jnillerat, vient de nous donner les Plu- bite maitre, ma1s une bien dangereuse école, - elle n'a L'autorité a meme fait démentir le bruit qui donnait
mes du Paon. Nous avons déja mentionné le succes d'é- pas moins réussi daos la Sylvia du Jeu de l'amour et du
pour futur emplacement a ce dernier un des futurs pans
lite obtenu par cette comédie en quatre acles, ou, a dé- hasa,·d que daos l' An lrée d'Une füfaite auant la uictoire.
coupés de la future place de la Purte-Saint--Denis.
D'autrea
débuts
ont
eu
lieu
au
théatre
de
l'Odéon,
mais
faut de la bonhomie de La Fontaine, brille uo esprit
Daos les départements, en revanche, c'est autre
ils m'ont encore dit si peu de cho~e, que j'attendrai pour
dont la vivacité rappelle celui de Beaumarchais.
chose.
La, du moins, il n'y a si petite liberté qui ne soit
Un des priviléges des données comiques fournies par en parler qu'il y ait lieu.
prise au sérieux et ne provoq11e de généreuses tentatives.
Dans
ce
meme
Jeu
de
l'amour
et
du
hasard,
la
Coméle grand fabuliste, c'est qu'elles se pretent aux applicaAinsi, saos parler de Bordeaux, de Lyon, de Marseiltions, aux personniíications les plus diverses. leí, les die-FranQaise a vu, cette ~emaine, la rentrée de le, ou s'elevent de nouveaux théatres, voila Saint..Gerplomes du paon, ce sont les idées et le style d'un M11• Plessy, je veux dire de Sylvia, la vraie, l'unique
main-en-Laye, dont la pauvre petite salle est menacée
jeune poete que la m~re empeche seule de faire la Sylvia, ramenant avec elle la Célime11e, naturellement d'uoe redoutable concurrence. Tout récemment, a la féte
roue comme il voudrait, et comme le voudrait bien suivie d'Alceste, autrement dit Geffroy.
w1e Augustine Brohan vient, elle aussi, de rendre a de Saint-Louis et a celle des Loges, la tragédie de Jeanne
a~si une certaine Mil• Cumille. - Le geai, c'est un soid'Arc, le drame des Chévaliers du brouillard et autres
disant écrivain, auquel, pour mériter ce litre et s'en Regnard sa Ltsette. Enfin, toute la société rentre peu a
pieeee a grand spectacle, ont été représentéee a,ec un
Prévaloir, lui aussí, aux yeux de M11° Camillt, ríen ne peu au bercail: e'est qu'il n'y a plus de tempe aperdre;

--;;nds ácadémique, mais agissante et émue,
dan9 e daos ces études sur les tragiques grecs que l'on
comllla montrées au théatre. Eufin, l'Afrique l'attire au
pOU! du soleil et l'd
'ts
m onne des SUJe
ou,' tout en se
pays ant d'accord avec les préoccupations du moment,
trOU'
.
.
t eó peiunant des scenes actuelles, se cr01re transil peu,
0
rté dans le ~onde de s~s reve~:
.
.
PoEsprit cultive et fin, 11 eut I mtelhgence du succes,
en marchant inébranlable dans sa voie, et ce rare
1
tobou beur d'avoir été formé a cette forte école née de Dao
d .
,
'd dont il est l'avant- ern1er representant.
n,Apres tui et apres M. Ingres, des reuvres de qm.
urra•t-on faire une exposition qui rappelle celle-ci?
PoPeut-etre, apres l'affaissement d'aujourd'hui, va-t-il
aitre uoe autre école et d'autres maitres qui nous con~leroot de ceux qui disparaissent. Mais nous voyons se
ferlller une ere qui fut grande par ses promesses et par
ses reuvres, ere dont E. Delacroix fut un des plus illustreS représentants.
ALFRED DARCEL.

10

••

�!04

L'ILLUSTRATION, JOURNAL. UNIVERSEL.
TESTAMENT POLITIQUE DE L'EMP'EREU1R AUGUSTE.
TEXTE

.-,~~;

l.&amp;Tllf

DE

L'&amp;IJGIJSTEIJ!II

D'A.lf«l'W'BE,

i,
PREMillRE PARTlll A GAUCHE EN BNTRANT DA.NS LE PRONA.OS.

--

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

i111intnse soeces dans une
saiÍe de toile
,
peinte élevee
en une nuit sur
le cbamp de
foire,
tvidemment,
cette salle n'en
restera pas la ;
elle cst faite
pour voyager et
se susciter des
émnles : il est
plus aisé de
trouver des comédiens, que
des géan ts ou
des nains; des
vea111 a deux:
tetes ou des
hcrmles; d'au130! mieux que
la dernicre de
ces deux profPssions vient
J'etre considérablement disrréditée. Voila
1!onc tout un
avenirqui s'oune aune foule
&lt;l'artistes. Nous
allons voir reoaitre les beaux
jonrs du Roman
comique et du
Capitaine Fracasse, car s'il n'y
s ríen de nou•
veau sous le
soleil, il n'y a non plus ríen de vieux:. Nous tournons
daos un cercle ou tout, et prineipalement la liberté, se
déplace sans cesse, mais oü jamais ríen ne se perd.
Hicr, par exemple, Louis XIV faisait jouer Athalie et

L'AUGUSTEUM A ANCYRB (Galalie).

Esthir par les demoiselles de Saint-Cyr, et aujourd'hui
ce sont les Demoiselles de Saint-Cyr qui sont joaées sur
un vrai théatre par EstheretAthalie. Que! déplacement!
Que! chassé-croisé !

ATEIF j PARTHOl'JIJVM EXIR
MIHl•lVPPLICEl1lVE·AMICITIA1'o:POPVLl·ROMANI
,AINfiNEIMU~VCO'.IÍIN·TlMII0JIAP.TIS•VtTORIS

.HTEME fRIH&lt;IPEJl· POPVll·.R9~NI•EXER.&lt;I.,l•NVN
,oNEM (lVI-TVl&gt;HR~T-PRI R LEGAlV.fMI VS
O·PRólVLIQVE·IINISIL
FLVMINIS
M5 '.HX!RaTVSHll

VM•bVaVS-T-f

UN C4Fé A CONSTANTINOPLE.

!05

Et, a ce propos,en voici bien
un autre : Défense, - c'est
le Constitution•
nel qui l'annonce, - défense est faite a
tous les instituteurs et chefs
d'institution de
faire jouer des
comédies, réciter des morceaux ou lire
des compositio~s par leurs
élcves aux distributions de
prix.
_'.Comment?
Ce que l'Églisc,
si sévere pour le
théatre, a, rle
tous tem ps permis, et je dirai
méme autorisé,
l' Université
nous le défendra!
Dam !
Puisquele Constitutionnel le
dit:
Allons
done! un usa ge
auquel nous dcvons, sans aller
plus loin, les
deux plus purs
chefs - d'reuvre
de Racine, nous ne sommes plus libres de nous y ranger?
- Non; mais, en revanche, on est libre de vous le défendre. Ce u·est done, comme je le disais, qu'un simple
déplacement de liberté.
A. DE Bw.ov.

�i06

de lui emprunter, te! qu'il luí avait plu de le tracer, le
tablean
de ses propres actions.
LE MONUMENT D' ANCYRE.
On a trouvé, daos deux autres villes d·Asie Mineure,
.l U
D I R E e T &amp; U R.
sur les murs de temples détruit~, des fragments tresMayence, 21 aoiit.
courts de ce méme document; mais a Ancyre, cornme le
Le moment est venu ou tout le monde cbange de place, moutre la gravure si habilement faite d'apres une phoou les étrangers et les provinciaux s'abattent sur Paris, tograpbie de l'un de mes compagnons de voyage, M. Delpar gourmandes et bruyantes volées, oti les Parisiens bet, le temple de Rome et d'Auguste, l'Augusteum,
s'enfuient a tire-d'aile au moins jusqu'a Trouville ou comme on l'appelle quelqnefois, est encore debout; la
jusqu'a Bade. ll n'est pourtant point impossible qu'il y. cella du moins s'est conservée presque tout entiere. Or,
ait encore quelques bonnétes gens qui, par raison de snr les deux faces du pronaos ou vestibule, on avait transfamille ou d'argent, suient condamnés a restercbez eux, crit, en six colonnes, le texte original, dans son simple
et qui gardent la maison jusqu'au moment oti revien- et ferme latin. 11 est un mérite que l'on ne saurait refu •
dront au nid tous les oiseaux voyageurs. Or, si jamais ser a Auguste, c'est celui d'etre un excellent écrivain.
on a envie de courir les cbamps, c'est quand on se sait Sur la paroi extérieure du mur septentrional de la cella
enfermé sous une double cié. C'est a tous ces malheu- se développait, en dix-huit colonnes et demie, une trarenx, a tous ces prisonniers du travail et des a{Taires, a duction grecque de l'Index rerum gestarum. Le latín, qui
tous ces exilés a domicile, que s'adresse l'lllustration. parait avoir été tres-usité a Ancyre, des le second siecle
Un cbarmant poete nous donnait, il y a une trentaine de notre ere, n'y était encore parlé et compris que de
d'années, le Sp•ctacle dans 11n fauteuil; vous nous de bien peu de personnes, vers le temps d'A11guste et de
otfrez, chaque semaine, ce qui vaut encore mieux, le Tibcre.
Le texte latín, placé daos le vestibule de cet édifice,
voyage dans un fauteuil. L' Asie Mineure, oti vous
dont
les chrétiens firei:lt une église, et les Turcs, plus
m'engagez a pruu1ener vos lecteurs, n'est plus qu'a
tard
une
école, est exposé aux regards de tous ceux qui
cinq 011 six jours de París. 11 ne serait pas impossihle
visitent,
dans
l'enceinte de la mosquée d'Hadji-Bairam,
de parcourir le dimanche, emporté au galop d'un
ce
qui
reste
de
l' Augnsteum; il n'avait pourtant pas été
rapide coupé, res bruyantes allées du bois de Boulogne
et, le vendredi suivant, de s'asseoir, parmi les arabas que recopié depuis Tournefort, ce grand naturaliste qui est
trainent lentement de grands breufs blaacs, a coté des en meme temrs un hardi voyageur et un écrivain des
dames turques voilées, sur les riantes pelouses des eaux plus aimables et des plus vifs. Tournefort a fait de
douces d' Asie, d'oti on regarderait couler les eaux son mieux, ainsi que ses prédécesseurs Busbecq et Paul
bienes du Bosphore et voler ces bandes d'oiseaux qui ne Lucas, et ce sont leurs·copies qui avaient servi jusqu'ici
se reposeIJt ni jour ni nuit. Beaucoup pourtant de vos de base a toutes les récensions; mais a'1 seizieme et au
abonnés, j'oserai méme dire la plupart d'entre eux, dix-septieme siecle, on se cootentait lisément d'a peu
risquent lort de ne jarnais aller passer une seule de pres, en toutes ces matieres d'archéologie; il suffit, pour
leurs vacances en Galatie, en Phrygie ou en Cappadoce. s'en convaincre, de jeter les yeux sur la vue que donne
Une promenade a Angora, l'ancienne Ancyre, pourra Tournefort de l'Augusteum d'Ancyre et de sa belle
peut-étre done ne pas leur paraitre tout a fait dénuée porte: c'est l'reuvre d'un enfanl. Dan, sa copie, Tournefort, pas plus que ses devanciers, n'indique exactement
d'intéret.
Ce n'était pas, avouons-le tout d'abord, pour étudier la longueur des !acunes, malheureusement si nomla guestion des chats que nous. avions été envoyés a An- breuses, ~ui coupent sans cesse le texte latín. C'est
gora par le gouvernement fnn~ais, il y a déja trois qu'aussi il n·avait pas regardé la pierre d'assez pres et
ans; nous n'étions pas chargés de ramener un convoi en y revenant assez souvent. Deux siecles et demi de
de ces beaux animaux a longue soie qui regardent avec soleil, de neige, de pluie et de barbarie turque ont
tant de mépris, du lauteuil oti ils se prélassent, leurs passé, depuis Tournefort, sur ces pages de marbre, et
frcres, les habitués des gouttieres. Si telle eul été uotre pourtant, en nous y reprenant a plusieurs fois el a diffém1ssion, no11S eussions été liicn cruellement dégus; car rentes beures du jour, nous avons réussi a Jire des letil uous a fallu y regarder de bien pres pour reconnaitre Lres et des mota eutiers que n'avaient pas vus nos dequ'a Angora le poil des chats était parfois un peu plus vanciers. Daos quelques passages, nous avons ainsi
long qu'ailleurs. Oans tout Angora, nous n'avons pa:, vu arraché au marbre jnsqu'a deux ou trois ligues de suite
un angora vraiment digne de ce nom ! Si la Soc;été d'ac- que l'on avait jusqu'ici remplacées par des points.
Quant a la traduction grecque, donl l'existence avait
climatation cherche a se procurer de beaux individus
de cette race, c'est encore rue Vivienne que je lui con- été, deruis plus d'un siecle, signalée par un voyageur
seille de les chercher et de les envoyer prendre - sans anglais, R. Pococke, elle était restée, j usqu'en i 830,
cacbée derriiJre des maisons turques adossées au temple.
le dire au public.
Notre voyage avait un autre but, 'lU'il me soit permis 11 y a une trentaine d'années, un autre voyageur ande dire un but plus sérieux. Il s'agissait de donner un glais, W. Hamilton, réussit a acheter une de ces maisons
texte nouveau et plus complet de la célebre inscription et a la démolir; il lut ainsi cinq colonnes et demie,
connue sous le nom de Monument rl.'Ancyre ou de Testa- qui permireut déja de compléter a coup sur presque
ment politique d' Auguste, inscription découverte au sei- toute la derniere partie du texte original. Grace aux
zieme siecle par le Flamand Busbecq.C'est un résumé de circonstances, grace aux ressources libéralement mises
toute la vie et de tout le regne d'Auguste, écrit par lui- a notr&lt;' disposition par le gonvernement fran~ais,
roP.me a 76 ans, une année juste avant sa mort; c'est nous vons pu, pendant les deux mois et demi que nous
cet lnrlex retum a se gestarum dont parle Suétone, et avons passés a Angora dans l'été de i861, achever,
qu'il résume ou développe si souvent daos sa vie d'An- a tres-peu de chose pres, le travail si bien comguste. Mais, dira- t-on, comment un pareil document se mencé par M. Hamilton. Nous avons rapporté douze
trouve-t-il a Ancyre,et comment est-ce laqu'il faut l'aller colonnes de la traduction grecque; elles sont entiechercher? C'est que, daos les dernieres annéfls du regne rement inétlites, a part quelques mots de la dixieme
d'Anguste, les cités provinciales commencerent a se dis- et de la onz1eme, que :M. Hamilton avait pu lire en
puter l'honneur d'adorer l'empereur comme un Dieu et grimpant, comme un ramoneur, dans des chemide lui élever des temples. Auguste consentit, a condition nées dont la paroi du temple formait le fond. Ce que
que le nom de Rome serait associé au sien daos le culte nous avons transcrit nous conduit jusqu'au milieu de la
nouveau; aussi, sur un de ces temples, sur celui de ces cinquieme colon ne du lalin; viennent ensuite les cinq
monuments qui suh~iste presque entier a Ancyre, lisons- colonnes et demie de l'inscription grecque copiées par
nous encore, dans l'inscription qni e11 rappelle la dédi- .M. Hamillon. C'est en tout dix-sept colonnes et demie;
cace par les princes galat~s : (( Au Dieu Auguste et a la il en manque une seulement pour que nous ayons, telle
que l'ont faite le teLDps et des dégradations successives,
dées3e Rome. i&gt;
Apres la mort d'Auguste, le culte rendu a ce chef de toute la traduction grecque. Cette colonne, la neuvieme
la maison Julia, a ce fondateur de l'empire, ne fut pas du texte grec, est cachée derriere un gros mur dont
interrompu; or il parait que, sur les p:trois de plusieurs nous n'avions pas sour~onné l'épaisseur, perdus que
des temples qui avaient été consacrés a cetle mémoire, nous élions au milieu de ces maisons qui ne communion transcrivit 1'111d1x rerum gestar11m, tel qu'il avait été quent point les unes avec les autres. Nous n'avons fait
gravé, par ordrc du Sénat, sur deux piliers de hronze cette découverte qn'au moment oti le propriétaire de la
placés ~ Rome clevant ce ma•1~olée d'Auguste, qui scrt maison voisine, appuyée a ce gros mur, avait déja reaujourd'bui de théatre diurne, et ou l'on joue nos vieux cunstruit tout ce 'lUe nous avions abattu chez lui. JI se
drames, revus et corriges par la censure romaine. On trouve d'ailleurs beureusement que cette colonne corn'avait rien trouvé de mieux, pour louer l'empereur, que respond a une des parties les mieux eonservées du latín.

i07

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

L'JLLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

- ------------- ------- - -- -- -- --------------------------M. Mires a d'ailleurs montré, dans le maniement des

-;e temps en Étbiopie et dans l'Arabie qu'on appelle
: ureuse. En Éth1opie, les armes romaines furent por~ ¡usqu'a la ville des Nabatéens, et en Arabie, la pro. ce s'étendit jusqu'aux frontieres des Sabé~ns, et nos
parvinrent jusqu'a la ville de Mariba. &gt;&gt;
Le vieil empereur continue sur ce ton, racontant
mmeot il a su résister a toutes les tentations de con-•
co ete et donner a Rorne, au milieu de ces tribus barfares'qui s'agitaien1. sur ses fronticres, et de ces royauiés caduques qui s'usaient dans les intrigues de sérail et
tes guerres de famille, l'attitude de la force au repos.

Vous voulez bien donner aux lecteurs de l'Illua~
une copie du monument d'Ancyre, d'apres le beau rae.
simile qu'en a tracé, au dixieme de l'exécutioo lllOn
collaborateur, M. Guillaume. Je voudrais leur en'offnr
la traduclion; mais elle prendrait trop de place dana
vos colonnes, et d'ailleurs, dans bien des points, po1J?\
parties du texte latín qni ont le plus souffert, et qu'il 8,ag':
de rétablir a l'aide de la traduction grecque et desdOJI.
nées éparses dans les auteurs et dans les inscriptions,1e
travail queje -prépare n'est péisencore définitivementterminé. On secontenteradonc de quelques échantillons qu¡
A guisa di leone quando si posa.
suffiront a douner une idée du style d'Augqste, et de l'~u.,
tude dans laquelle avait voulu poser, pour les sieclesfnosos ce tableau des rapports de Rome avec le reste
turs, cet babilecomé.:lien, qui mourait quelquesmoisapreg
du monde, daos cette revue du passé, Auguste n'oublie
avoir écrit ce récit de sa vie, en laissant échapper ceUe
qu'ooe cho.e, l'échec douloureux de l'nn de ses lieuteparole : &lt;&lt; Applaudissez, amis, la piece est jouée. »
nant.s en Germanie, le massacre des légions de Varus.
Voici d'abord le litre, écrit en gros caracteres, et qu¡
Lui semblait-il que les succes de Tibere avaient effacé
avait été ajouté a l'reuvre d' Auguste, soit par le gouverioute ta honte de cette défaite? Avait-il réu~si a oublier
neur de la province, soit peut-étre par le sénat romam
ce que cette catastrophe avait d'inquiétant pour ('avenir,
quand il avait autorisé les cités provinciales atran~
ce qu'elle contenait de présages funestes et d'obscures
crire sur les parois des temples élevés a l'empereor le
meoaces? Je ne sais; mais celle omission me semble
document important qui formait comme le résuméofficiel
plus faéile a expliquer qu'il ne me parait juste de laisser
du premier regne impérial.
pas.~r sans protestation les _phrases hautaines de l'exor&lt;( Actions par lesquelles le divin Auguste a soumis l'o.
de, [Jar lesquelles Auguste cherche a donner le change
nivers a l'empire du peuple romain, et dépenses qo'il a
al'histoire, et oti il se vante, en termes froideoient Ci!.1-faites pour la répablique et pour le peuple romain; coculés, de ce que Rome avait presque oublié, et de ce
pie de I'acte authentique gravé sur deux colonnes d'ai.
qu'il avait tout intérét a ne point lui rappeler.
ram, qui ont été placées a Rome. &gt;&gt;
G. PEIIROT.
Auguste prend ensuite la parole :
« Agé de dix-oeuf ans, j'ai levé, sans autre cooteü
LA FINANCE
que moi-méme eta mes propres dépens, une armée nee
laquelle j'ai rendu la liberté a la république oppriméf
AUTREFOIS ET AU10URO'HUI.
sous la tyrannie d'une faction. En vertu des décrets honorifiques du séuat, j'ai été admis, sous le consulat d'Uir11 y a entre la finance, telle qu'elle a l\té entendue et
tius et de Pansa, da.ns cet ordre illustre, avec le druit
appliquée dans le passé, et la finance telle que nous la
de prendre rang parmi les personnages consulaire~, et
comprenons et appliquons aujourd'hui, autant de différeoce qu'entre l'ombre et la lumiere.
la république m'a décerné le litre de propréteur, aini
Qu'était autrefois la finance? L'argent, et rieu que
que l'imperium, partagé entre moi et les consuls Uir.
!'argent,
que l'on thésaurisait d'un coté, et que l'on
tius et Pansa. Cette méme année, le peuple m'ayant
gaspillait
de
l'autre, saos le comprendre.
élevé au c~sulat avec Q. Pédius, et atu fonctioos de
Comprirent-ils ce que c'étail que !'argent, ces
triumvir, chargé d'organiser la républiqne, j'ai puni de
grands usur;ers de Rome qui n'aspiraient qu'a preter
l'exil les conjurés qui avaient tué mon pere, tirant ,enHO ·nour iOO, et qui mouraient en laissant, comme
geance de leur altentat, en vertu de sentences légaleTrimalcion, l'épitaphe suivante : - &lt;&lt; Ci-git Trimalcion,
ment rendues. Leurs chefs portant ensuite les armes
qui laissa trente n,illions de ~esterces, et qui n'assista
contre la république, je les ai vaincus en bataille ran- , •jamais aux legons des philosophes? ,,
Et ces hauts-barons du moyen age, qui ne savaient en
gée. Plus tard, comme ils recommen~aient la guerre tiobtenir qu'en pressurant la gent taillable et corvéable a
vile sur terre et sur mer, je les ai défaits encore, et,
merri;
vainqueur, j'ai pardonné a tous les citoyens qui in,o,
Et ces granrls monarques, qui faisaient 4e leur trésor
quaient ma clémence. Ceux qui, depuis longtem¡Ís, Yiun véritable tonneau des Dana'ides, et se trouvaient révaient dans l'exil, j'ai mieux aimé, quand je pou,ais
doit~, comme Louis XIV, a implorer humblement la géles épargner sans danger, leur laisser la vie que d'ornérosité de Samuel Bernard;
donner leur mort.
Et meme ces grands miuistres, qui, désireux de bien
1l est curieux·de voir quel tour Auguste sait donner
faire, ne sureot,comme Sully, que prati([uer l'économie,
a cette scabreuse histoire de ses débuts et de son aveneet qui s'lmaginaient, comme Colbert, enrichir le pays en
prohihant \'exportation de !'argent.
ment au pouvoir. Sans doute, le parti qui lui était op,
Voila ce que fut autrefois la finance, une longue et laposé n'avait guere plus que luí. quoi qu'il en pul dire,
mentable abcrration, qui nous présente a peine, de loin
le respect de la légalité, et se füt montré, Octa,e eut~I
Po loin, quelques idées, quelques étincelles courant
succombé a Philippes, tristement impuissant, et tout a
~ et la sur le fond noir des catastrophes financieres.
fait incapable de ressusciter le fantome de la républ~
Aujourd'hui, il faut bien le recoonailre, un F,at /11x
que; on ne peut cependant s'empecher de faire un soo•
~ venu, non-seulement dissiper ces ténebres, mais P.llbresaut en entendant Auguste vanter la clémence d'Oe·
core íaire de la finance et de ('argent une science tout
tave, el en l'écoutant appeler sentences ltgalement rnaossi posittve, tout aussi arretee que les autres lois de
dues ces édits de proscription, dont le funehre et sanl'économie sociale.
•
L'argent n'est plus, comme autrefois, uniquement une
glant préambule no11s a été conservé par l'exact Appien.
charge pour les uns, uniquement une jou:ssance pour
On se sent plus a l'aise avec Auguste quand il pule
les autres; il est, avant tout, une force pour les gouvcrde sa politique extérieure, qui, a la prendre dans SOi
nemenL~ comme pour les peuples; et cetle force, en s'éensemble, a ét~ babi le et sage. 1l y a de la noblesse el
parpillant un pen partout, devient, au point de vue colde la modération dans ces lignes empruntées a la der·
lectif tomme au point de. vue individue!, une ruissance
niere partie du testament politique :
toujoors renouvP.lée et féconde en bienfaits. L'aritent de(( Toutes les proviuces qui touchaiimt a des nalioll
lient ainsi le molPur de la civilisation tout entiere.
non encore soumises a notre emp1re, ont vu reculer plt
Commei:it s'est opérée cette transformation? Lisez la
page sui,ante :
moi leurs limites. Les provinces de la Gaule et de l'Bt• Aujourd'bui, la cause d~ la grandeur et de la décapngne, que baigne l'Océan, et qui s'étendent depoi
• dence dP.s peuples réside principalement dans la disGarles jusqu'a l'emboucbure de l'Elbe, et tout ce paJI
1 position r\u capital, qui anime et vivifie tout, qui fait
qui occupe l'espace contenu entre la mer Adriatique el
1 les alliances des gouvernenieuts, en créant les rel ations
la mer Tyrrhénienne, ont été pacifiés et organisés par
« entre les peuples, quand les gou,·ernements ont l'inmoi, sans que j'aie jamais fait injustement la guerrel
1 lelligtnce de fa1re du Clpital un instrument de proaucun peuple. Partant de l'embouchure du Rhin, une
• gres et de civilisation. Ah! si l'on ne voit dans le callotte romaine a navigué, sous mes auspices, vers 1'0• pi~l que les satisfactions vulgaires qu'il traine a sa
1
rient, jusqu'aux dernieres limites du monde, vers del
!º•~e, comme, par exemple, le gout immodéré des
'Jouissances matériellcs, aulquelles on sacrifie parfoisles
lieux oti aucun Romain n'était encore parvenu, ni P'
1
vtus nol,les instincts, certainemenl on le condamnera,
terre ni par mer. Les Ambres, les Charudes, les Sell1
pa~ce qu'on n'aura considéré le capital qu'a un seul
nons, et d'autres peuplades germaniques de celle méllll
• pomt de vue.
région, ont, par des amh1ssade,urs, sol\icité mon amilit
1 Mais apres avoir prononcé cette condamnation, on
et celle du peuple romain. Par mon ordre, et sous 11111
1
se
trouve en présence du néant, parce qu'en proscriauspices, deux- armées ont été conduites a peu pres 11

:iées

,i

vant le capital on détruit l'instrument de travail sur
lequel reposent les sociétés modernes.
(&lt; Sur quelles bases est assise notre société, qui n'a ni
aristocratie mobiliere, ni aristocratie territoriale? Elle
&lt;( n·en a plns qu'une, qu'il faut bien se garder d.éhranler,
&lt;( si l'on ne veut pas exclure son unique point d'appui
« dans les sociétés modernes: le travail que le capital
(( seul peut fécondcr. &gt;&gt; •
Qui a écrit ces lignes judicieuses, qui anal_ysent, d'une
maniere anqsi simple que grande, la constitntion du
monde moderne? L'un des hommes qui ont le plus
fouillé la ~cience financiere, qui ont le plus remué les
i&lt;lées de crédit, et r¡ui ont le plus fait mouvoir les capitaux a notre époque, M. Mires.
La est, en effet, le secret r\e la révolution radicale et
profonde qui s'accomplit dans notre siecle. Le travail devient le premier et le dcrnier mol de toutes choses. Pour les gouvernements, pour les pel)ples comme
pour les indivirlus, le trav:ii\ est manifestement la premiere loi. Pellple ou individu, qui reste oisif marche a la
df\cadence, qui travaille marche a la grandeur, et dans
cette voie féconde le capital s'est fait lui-méme et se ¡,roclame hardiment le premier des travailleurs !
Et cela est si vrai que la tangue économique a consacré ces données dP la théorie et r\e la pratique. Qu'estce qae le capital? demandent les économistes, et ils
pronvent que le c1pital n'est que d11 t1·avail accvmnlé.
Voila done ce qu'est devenu !'argent: un travailleur.
Mais il y a mieux. La science financiere et la pratique
des affaires ont voulu communiquer a ce travailleur,
déja si actif, lá puissance que la. science et la mécanique
ont ajouté au travail des bras, et on lui a donné le crédit, que M. Mires appelle j ustement «une arme plus puis-•
(&lt;

&lt;&lt;

&lt;(

sante que tous le~ canons rayés. »
Mais remarque¡-le hien, - et c'est a11ssi l'observation
que faisait M. Mires en réfutant le point de vue erroné
qui a fait écrire les Manieurs rt'argent,- le créditesl et
doit rester le frere jumeau du travail, le compagnon
inséparable de son activité productive. Avec le travail,
le crédit est to1Jt; saos le travail, il n'est rien. En voulezvous la pre uve?
Au siede dernier, un hornme, par un éclair de génie,
comprit toul ce que le crédil ponvail dooner d'empire
aux gouvernements et aux peuples. Law, sachant que
('argent n'était qne le représentant du travail, créa immédiatement l'instrument oui devait etre pour tui le
levicr d'Archirnede. ll fonda des compagnies, il émit
des litres, des valeurs, et l'appui du ponvoir leur donna
immédiatement une vogue que la spéculatioo la plus effrénée n'aurait jamais osé rever. Mais comme ce crédit
n'avait ancune hase, cornme il n'av;iit rias pour fondement in&lt;lestructiblP le travail, le Systeme, c'est ainsi
qu'on l'appelait, croula, et la Fran~e fut ruinée. Total,
une gigantesque tlambée de pariillottes !
Pourquoi n'en a-t-il pas été ainsi pour les tre11te
milliarJs de valenr3 que nous avons vu créer sous 11os
yeux? Parce que le crédit, qui leur a donné la vie, ne
fait que mettre en mouvement les plus vastes entreprises que le génie de l'homme ait encore exécutées. Le
savoir et le travail ne nous font-ils pas assister a une
vfritable transformation du globe?
Et voyez comme les grandes idées sont simples et
s'enchainent facilement. Le capital u'étant que le travail, M. Mires se dit, en 1854, que les plus grandes opérations financieres, les emrrnnts d'Etat, pouvaient et
devaient se faire par le travail, c'est-a-d 1re par tout le
monde, et a la veille de l'emprunt de 1854, il proposa
hardiment d'inaugurer le systeme des souscriptions publiques.
C'est la un des plus grands progres de la science
financiere a notre époque, et il n'est pas sans importaix:e et sans intérét d'en hien préciser la date et les
circonstances. Oepuis plusieurs générations, l'in Uuence
financiere de MM. de Rothschild dominait l'Europe; ils
avaient, potJr ainsi dire, le rnonopole tout-pnissant des
emprunts. Eh bien! en tlépit de cetle autorité souveraine, M. Mires demeura convaincu qu'une idée ¡us.te
était plus{orte qu'une maison géante, et il soutint que
si tout le monde a plus d'esprit que M. de Voltaire, tout
le monde aussi devait avoir plus d'argent que M. de
Rothschild.
La tulle fut vive. Oes négociations étaien't engagées
entre M. Bineau, ministre des flnances, M. de Rothschild et le Crédit mobilier. Les conditions étaient méme
apeu pres arrétfies entre M. de Roth•child et le ministre
des fina.nces. 11 fallait se hater. M. Mires remita M. Tbibaudean une note qui démontrait clairement les avan-tages de la souscription publique, et la certitude de
réunir ains1, saos divisrr les iníluences fin:incieres ele
Paris, la haute l,anr¡ue, les capitalistes et les peliles
épargnes du pays. C'était le suffrage universel applique
a la finance. La logiqne et les uénéfices du systeme
commandaient de l'appliquer. MM. Mires et Thibaudeau
virent le ministre, et l'idée de la souscription puulique
triompha. Ce Cut un grand jour !

affaires, que la justesse d'uue idée étant une fois démontrée, il ne rec•1lait jamais devant l'application; et il a
fait sentir la pui3sance du capital et du travail dans les
pays les plus abandonnés par les grancls banquiers de
l'Europe. C'est ainsi qu'il a prouvé que l'Espagne, les
Etats de l'Église et la Turquie pouvaient, grace au travail et au crédit, entrer dans l'orbite de notre· civilisation industrielle et financiere.
Mais, en résumé, une vérité reste aujourd'hui surabonrlamment établie; c·est que la fin anee est une
science soumise a des lois générales et posit1ves
qu'on ne peut enfreindre, et les trois termes qui
forment les poi11ts culminant~ de celte science sont :
capital, travail et crédit. Certes, nous verrons encore
bien d'autres innovations et bien d'autr!)s réformes.
C"mme la science, comme !'industrie, la finance est loin
d'avoir dit son dernier mot. On peut méme constater que
jamais les idées financieres n'ont plus remué le monde,
et les esprits qui se sont montrés les hardis pionniers
de nos réformes, ne feront certainement pas défaut :\
l'heure des grandes batailles qui pourront encore se livrer pour le progrcs de nos inslitutions et le bien de
l'humanité.
En esquissant ce rapide parallele entre la finance
d'autrefois et ia finance d'aujourcl'hui, nos lecteurs s'étonneront peut-t\tre de voir le nom de M. Mires venir
souvent au bout de notre plume. C'est qu'en vérité tout
critique qui voudra sincerement se rendre compte du
progres de la science financiere se verra, comme nous,
dans la nécessité de rendre justice a l'initiative hardie
qui place le nom de M. Mires a la tete des plus grandes
créations du crédit de notre temps. L'impartiale histoire
nous commande de dévoiler le sic vos non vobis quand
nous le rencoCJtrons. Et quant a nous, nous rappellerions vo\outiers a M. Mires, au sujet des idées qu'on lui
a empruntées, le mot de Jeanne d'Arc a ses juges de
Rouen:
- Ponrquoi portiez.vous yotre banniere a Reims?
- Elle avait élé a la peine; il était juste qu'elle fut a
l'honneur.
HENRI

VIGNE.

UN CAFÉ A CONSTANTINOPLE.
(&lt; Le café Tnrc du boulevard du Temple a égaré bien
das imaginations deParisiens sur le luxe des cafés orientaux. Constantinople reste bien loin de cette magnifi.
cence d'arcs en coour, de colonnettes, de miroirs, et d'reufs
&lt;l'autruche. n Ainsi p.arle M. Théophile Gautier, l'écrivain frangais qui a le mieux vu Constantinople. Ríen
n'est, en effet, plus simple qu'un café turc; cela est simple comme un public house de Lonrlres, ou comme un établissement de bouillon hollanrlais de Paris. Une salle de
douze pieds carrés, peinte a la chaux, cutourée d'une
boiserie a h:rnteur d'homme et d'une sorte de di van recouvcrt a'uie natte de paille; voila la cbose. C'est la
qne se réunissent les fils du Prophete ; ils n'ont pas besoin, comme les Parisiens, d'un luxe de glaces et de do- ·
rm es qui tient lieu trop souvent du luxe de la consommation.
Le café turc n'est pas seulement une salle oti l'on
prend le café et oti l'on fume le chibouch au bouquin
d'ambre, c'est aussi une boutique de barbier. Oes étageres appliquées aux rnurailles sout chargées de rasoirs et
de petits miroirs oti les élégants se regardent pour voir
s'ils sont accommodés a leur gré. Ces memes murailles
sont ornées de maximes du Coran. d'images qui semblent
venir en droite ligne d'Épiaal, d'arabesques, 'tte portraits de souverains et de figures d'animaux; tout cela
péle-méle, et au hsaard. « Les sirenes, dit Théophile
Gautier, y nagent a coté des hateaux a va¡;eur, et les
héros 1lu Schah-Hameb y brandissent leurs haches d'armes au-dessus des grognards de l'Empire. ,i
Le calé noir est apporlé par un jeune dróle dans un
grand coquetier de filigrane d'arge~t ou de cuivre, découpé a jour. Mais le consommateur a eu soin, .s'il veut
fumer, de se précautionner de tabac, l'établissement ne
fournissant que le chibouch ou le narghiléh; le rrix de
la tasse de café est de vingt paras (a peu pres deux sous
et demi).
11 y a, sur la rive européenne du Bospbore, quelques cafés d'nne construction plus pittoreRque. Le café de Beschik-Tasch, entre autres, ombragé de touffes d'arbres, fait
de treillages et de planches sur pilotis, est baigné par le
courantrapide, et rafraichi par les hrises rle lamer Noire.
Vu du large, il prodl'il un effet gracieux, avec ses lumieres dont le rellet traine sur l'eau.
Les cafés turcs sont souvent égayés par des troupes de
mu3iciens, chantant et jouant sur des toas bizarres, que
les Orientaux écoutent pendant des heures entieres,
avcc des signes de plaisir que ne partagent pas les Euroréens. Parfois des almées dansent devant l1•s consomrnateurs, mais le cas eol rare, du moins a Con~tantinople.
P. P.lGET.

�L'lLLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

208
PU13LICATIONS NOUVELLES.

PUJlLICATIONS NOlJVELLBs,

Sous ce titre, Hommes et
rhoses de divers temps ( Dentu,
in-18), M. Charles Romey,
historien, bibliopbile et polygrapbe distingué, a réuni
d'intéressants articles sur le
Tasse, Cervantes, Saint-Cyprien, les autos-drvfe de l'inquisilion etde Calvin, Cbapelain, l'abbé Cotin, Q. Beu••
chot, M. Viennet. L'auteur est
souvent piquant, toujours
bien informé. La Phedre inconnue de Gabriel Gilbert, qui
ful jouée en i 646, trente ans
avant celle de Racine, est tresjustement réhabilitée par
M. Romey, si l'on enjuge par
la premiere scene ; a nos
yeux, les viugt-deux premiers
vers que prononce Phedre
sont parfaitement beaux.
Lisez done, si vous pouvez
dét!ouvrir ses reuvres, l'Hypolite (sic) ou le. Gar~on insensible de Gabriel Gilbert.
L'histoire d'un plagiat est
une amusante polémique engagée, en octobre 1841, entre
la Presseet le National, a propos du Val funeste, épisode
des mémoires de Cagliostro,
élucubralion du comte Poto~ki, reproduite mot pourmot
par un prétendu comte de
Courchamps. L'affaire fil du
bruit jadis, et elle valait bien
d'etre remise en lamiere.
Nous n'examinerons póint
si les Manuscrits d'un suicidé
ont été remisa M. Romey, ni
ou il les a trouvés; mais ils
ont de quoi plaire a des esprits libres; et la hardiesse de
cerlaines pages en fait, corome dit l'auteur ou l'éditeur,
« une curiosité psycbologique et un signe des temps. »
La métaphysique ne les remplit pas tout entieres : on y
voit des aphorismes tels que
ceux-cí : « Voler doucement
dans les aflaíres, de l'air le
plus bonnéle du monde, de
quoí avoir un grand traín de
maison, voíture, chevaux et le
reste, c'esl la probité a l'ordre du jour. » C'est dur, mais
cst-ce sí loín de la vérité?

Ce que nous avons lu du
livre de M. Jacques Legrand,
intitulé le Probleme de /a 8"
recherche dés bases d'une ~
losophie pratique (Ed. Dento,
in-l8, i864), nous a P8l'U
l'expression sincere d'une
raison éclairée qui voit plos
loin que les mots et ne se paye
pas volontiers de chimeNs,
L'auteur, a notre se118
n'aura pasa. regreller d'a,oit'
11 dirigéson esprit versl'en.
men des plus grands pro.
blcmes que se soient POSés
de tout temps les hommes. 1
ll est arrivé, sur plus d'on
point, bien pres de lasolution,
Pour M. J. Legrand, ao.
tant qu'il nous a semblé, le
but de tout élre vivaut est le
bonheur; le bonheur réside
dans la conservation et l'accroissement de nos facultés.
Rien n'est absolu. Le bien
el le mal ne sont que dea
points de comparaison creés
par l'homme selon les milieux ou il vít. ll n'y a point
de morale en dehors de la
société. Nés pour vivre, et
uniquement pour cela, nous
ne devons pas mépriser la
terre qui nous nourrit, et la
traiter de vile matiere.
Mais une citation fera
mieux connaitre !'esprit de
J'ouvrage : 1&lt; Ainsi que l'oot
répété tous 1es moralistes,
et les pbilosopbes (mais sans
en rien conclure), c'est la
pratique du bien qui prodoil
le bonheur : il y a en elle,
pour l'auteur lui-mcme une
sorte d'eifot en retour. L'io•
tention et l'effort, sans l1
rtsu ltat, ont aussi pour elTet
une satisfaction précieuse de
la conscience. i&gt;
ANDRÉ LEFtVRI,

MM. les Souscr1pteurs donl
l'abonnement expire fin septembre, sont priés de le re•
nouveler immédíatement,
s'ils veulent n'éprouver au•
cun retard dans la réceptíon
du journal.

LI! MOIS DI! SEPTEMl!RE.

ÉCHECS.
PROBLtME

N• 175,

PAR

:M.

ÁLllEllT ENSOR,

SOLUTIONS EXACTES DU PROBU:ME Nº

ii4•

Obozinski, Stiennon de Meurs, Rombaut, Émile 1''rau,
A. Damoll e, capitainc J. Gharousset, Moriceau, D' Rcvcl,
le Cerde des Échecs de Liége, E. Ponciu, Gérard Saturnin,
Joseph Pecoul, a Genes, E. Morgau, L. Lefrancq, E. et Js.
Toché, Henry Frau, Éd. de Vaucelle, Thionville, Burchard,
Lea Ricardo, J. Planche, Cercle littéraire d'Aulnay.

:º"I

Réponse -:i M. Rennesson :
Les noirs doivent jouer le roi.
J.A.deR.

Au&amp;.

MARC,

directeur-gérant. ·

Eim. TEXrnn, redactcur en chef.

-

999

~~
l!Il'LICATION DU DERNIER RÉBUS:

Imp. de L'ILLUSTRATION, A. Marc,
22, r11e de Vemeull ,

Les leltrcs de Mm• de Sévigné sont des modeles de
épistolaire, et unissent la grace au naturel.

stJle

�</text>
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                <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores</text>
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        <name>Sénateur Vaisse</name>
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                    <text>-

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22 8

Direction, Rédaction, Admioistration :
Toatn les communications relatives au journal, réclamations, demandes
de cbangements d'adresse , doivent etre adressées franco a
■• AUG. JIIARC, DIRECTEUR-GERANT.
Le1tdemendes d'abonnement doivent etre accompagnéea
d'un manda! sur Paris ou sur la poste.

VOL. lllV.

ANNÉE.

Nº

AbonnPments pour Paris et les Départemcnts :

1127.

Samedi ter Oetobre l 8tU,.
L'adminillration ne répond pas des manuscrils el ne s'en~nge ¡amais a les in1irer,

3 mois, 9 ír. ; -: 6 mois, 18 fr.; - unan, 36 fr.; - le numéro, i5 e,
la collecbon mensuelle, 3 fr.¡ le volume semestriel, H fr.
4BO:wNElllENT8 POUR L'ÉTRA.NGER :

Vu les traltés, 13. traduclion et la reproduclion i l'clran~er !ont interdltes.

:Mémes pnx ; plus les droits de poste, suivant les tarifs.
Les abono. parten! du ter n• de cbaque mois.

BUREAUX : RUE RICHELJEU·, GO•

.er la
, et la

fera
rit de
: l'ont

fates,

is saos
est la

rodoit

1

elle,

e une
. L'io•
11111 /f

I

SOMMAIRE:
f'tzlt : Re,ue politique de la semaine.
Courrier de Pari!. - Expédition dans lu
pro,ioc•s du nord du llexique. - Chronique
mo1ic1le. - tes Lilas blancs (nouvelle). Joc,ndie de Loutlres. - Bénédiction de la
ebapelle de Notre-Dame d' Afrique. - La
elédeschamps. - Pete Mobarram aBombay.
- Les industries inconnues de Londres (lll),
- Le monument des freres Van Eyck. Pac-1imile des dessins et croqu,s d'Eugéne
Delacreix. - Bulletin b1bliogrnphique. Afaire de Blagnac, pres Toulouse.

r e!ret

11Se de
/RI,

'S dont

n seple re111ent,
:r au.eplion

Granru: S. Exc. le maréchal Baraine. -

J!x_

pédition dans les provinces du nord du
Mniqae (4 gravures), - la place SaintCharlei, i. Turin, dans la soirée du U sep•
tembre - lnceudie de G1·esbam-Street, j
Londres. - Bénédiction de la chapelle de
JIOlre-Deme d'Afrique, sur le plateau de la
Boudzaréah, pres d'Alger. - Pete musul•
mane Mobarram, célebrée á Bombay le
I" jour de la lune de juin; - Lea
Tahoull sur la plage; - Tabouts exposés
uas lei rues de Bombay. - llonument des
lrerta Van Eyck. - Affaire de Blegnac :
llllque de la maison Gu,mbaud. - Rébu1.

------·-~~·--REVUE POLITIQUE
DE LA SEMAINE,

•

e style

C'est s11rtout sur les affaires d'Italie q11e s'est concentrée l'attention
publique. C'est le f5 septemhre que
a con,ention franco-italienne a été
signée, il Paris, par M. Drouyn de
Lhuys, au nom de la France, et au
nom de l'Italie par M. Nigra et par
e marquis Pepoli. Le 20, ont été
~hangées les ratifications définilins.
. Cette convention contíent plumeurs clauses. L'Italie se serait en•
gagée arespecter le territoire pontifical et a empecber par la force
loute attaque qui serait dirigée
du dehors contre ce territoire. La
Frauce retirerait ses troupes de
llome gráduellement, au fur et a
lDesore de l'organisatíon de l'armée
da saint pere. L'évacuation sei:ait

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S. EXC. Lll MAI\ÉCBAL BAZA!Nll. -

D'apres uue photographie de Al, C. L. Leblanc.

accomplie dans le délai de deux ans•
L'arméc papa1e, recrutée, s'il convenait au gouvernement romain, de
volontaires catholiques étrangers,
scrait suffisante pour maintenir l'autorité du saint pere et la tranquillité
de l'intéricur et de la frontiere de
ses États, sans que le gouvernement
italien élevat aucune réclamation
contre la composition ou le chiffre
de cette armée, pourvu qu'elle ne
dégénérat pas en moyen d'attaque
contre l'Italie. Enfin, l'Italie pren' drait asa cbarge la part de la dette
romaine afférente aux anciennes
provinces de l'Église.
A Tarin, on se dispose a transporter a Florence le siége du gouvernement. Ce déplacement projeté
de la capitale a produit, chez les
Turinois, une vive animation, qui
s'est traduite par des actes sanglants. Des collisions mcurlrieres
ont éclaté entre le peuple et la
troupe; le chi[re des morts cst
consídérahlc, et le ministcre, surpris par l'émcute, a du donner sa
démission. C'est le général La Marmora qui, appclé par le roi, a été
chargé de composer le r.ouvcau cabinet. Ce changement de cabinet
doit ctre interprété dans le sens
d'une satisfaction plns apparcntc
que réelle donnéc a l'agitation publique. Il n'implique nullement
l'abandon du traité du i5 scptembre, ni des mesure(qui en rnnt le
corollaire.
Onpeut présumerque Ienouveau
président du conseil apportera dans
le cabinet qu'il vient de constituer
un élément précieux dans les circonstances actuelles : une grande
fermeté de vues et de caractere.
Done, le traité franco -i talien va
recevoir son exécution. Le Parlement est convoqué pour le i5 octobre precbain. N'est-íl pas regrettable seulement, que, pour aller a
Florence, le .roí Victor-Emmanuel
soit obligé de passer sur le corps

�210

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

L'I LLUSTRATION. JOURNAL UNIVERSEL.

des gens tués dans la triste journée du 22 septem- leurs forteresses ceux d'entre les patriotes du Sleswig
bre, et ne peut-on pas faire retomher sur les mys- qu'ils acctL~ent de propager un mécontentement et des
teres diplomaliques les conséquences funestes de l'émo- déOances factices. Pour trouver insupportable la domition causée chez les Turinois, en appreoaot tout a nalion allemande, le Sle~wig nord n'a l,esoin de rececoup que leur vi lle cessait d'étre capital e? Si, par une in- voir l'impulsion de per$ouoe. On envoie des députatioos
telligente publicité, l'opinion publique, en France comme á Copenhague, et l'on proteste contre l'annexion a 1' Aleo Italie, avait rté préparée a la cnnvention du 15 sep- lemagne, rneme aupres des autorités germaníques. Une
temhre, on n'aurait pas eu tres-certainement a déplorer · adresse, couverte d'un grand nombre de signalures, a
les funebres événernents qui se sont passés a Turin.
été remise, en mains propres, aux commissaires austroLe gouveroement italien est décidé a indemoiser Tu- prussiens. Cette adresse contient, entre autres passages
rin, dans nne certaine mesure, du dommag-e que fna fort clairs, la déclaration suivante : &lt;&lt; Nous voulons reséprouver acette ville la translation de la capitale aFlo- ter unis au Danemark. Nous préférerions une division
rence. 11 transportera a la charge de l'État la dette muni- du Sleswig d'apres la nationalité, plutot que d'etre
cipale. Cette mesure est équitable. La dette turinoise pro- réunis au Holsteio pour appartenir al' Allemagne. '&gt; C'est
viP.nt, en grande partie, sinon en totalité, des sacrifice~ parler franchement, et nous verrons si la Diete, le roi
que Turin a du s'imposer depuis 1860, soit pour donner de Prusse et l'empereur d'Autriche, qui se sont armés,
son coneours a la cause nationale, soit pour se mettre a s'il faut ajouter foi a leurs déclarations, pour sauver le
la hauteur de son role de capitale provisoíre de l'ltalie. príncipe des oationalités dans le llolsteio, ponr briser
Quoi qu'il Pn soit, le traité fraoco-italien n'en reste les liens odieux qui unissaient les Duchés allemands aux
pas moins le fait le plus important de cette année.
iles danoises, enchaineront le Sleswig danois au HolsLes journaux semi-officicls ont annoncé que notre tein allemand. Apres l'ad.r:esse publique i:;ui leur a été
ambassadeur a Rome, M. de Sartiges, avait communiqaé adressée par le Sleswig nord, ils ne pourront pas arguer
au gouvcrnement da s:iint siége le texte de la conven- de leur ignorance.
tion italienne; mais ils n'ont pas soufllé mot des sen tiLe premier acte du ministere Narvaez, en Espagne, a
ments avec lesquels la population romaine, d'un coté, et été la dissolution des cortes. Les élections générales aula Cour romaine, de l'autre, ont pa accueillir ce docu- 1 root lieu le 22 novembre proehain, couformément a la
ment. Si nos renseignements parliculiers sont exacts, la · loi électorale en vigueur, et les cortes se réuniront un
convention du 15 septembre aurait été accueillie par le mois apres a Madrid, le 22 décembre.
monde officiel romain avec une excessive réserve, pour
Une correspoodanee espagnole aononce la rentrée de
ne pas dire une excessive froideur.
Marie-Christine a Madrid pour la fin de ce mois. On
Les jouroaux anglais, fort libres d'altures, comme on ajoute que plusieurs notabilités du parti progressiste se
sait, commentent le traité du i5 septemhre, et lears proposeraient d'aller au devant de la reine mere et de
commentaires se ressentent de l'ignorance des lerme~ faire, en son honoeur, une manifestation publique d'afmemes de ce traité. Le traosfert de la capitale de l'lta- fection, de respeet et de sympathie. On se rappelle que
lie, de Turin a Florence, est-il ,mposP par le traité ou ce fut la dictature d'Espartero qui, en 1840, détermina
par une disposition secrete annexée? Est--ce une mesure l'abdication de Marie-Christine, alors régente d'Espagoe,
de précaution pour uu état de guerre qui ne peut s·a- et que ce ful encore le retour du duc de la Victoire au
journer plns longtem¡,~, a moins de provoquer une explo- pouvoir qui amena son second bannissement en i 854.
sion? Rome reste-t-elle la capitale prédestioée de !'ItaUn revirement doot !'avenir nous indiquera le vérilie, ou sera-t-elle définitivemeot interdite au royaume table but, parait s'étre opéré dans la politique russe a
décapité? Toutes ces r¡uestions se prcsseot et restent na- l"égard cie la Pologne. Par un rescr~t du i 1 septembre,
turellement saos répoose. De plus, qu'adviendrait-il de Alexandre II déclare vouloir améliorer le systeme de
la conventio11 si, a un momeot, Rome et son peuple, l'instruction publique daos le royaume, de maniere il.
ainsi que le patrimoine de Saint-Pierre et ses popula- accorder a tous les habitants, sans distirrction de classe,
t1ons, se révoltaieot contre l'autorité temporelle da pape d"origine ou de religion, les moyens de donner a la géet son armée, composée de catholiques étrangers, armée nératioo nouvelle une bonoe et solido éducation.
perdue au milieu de ce débordement d'aspirations vers
En atlendant, on peut dire que la Russie est en flaml'ltalie unitaire? Victor-Emmanuel serait--il obligé de mes; elle brille; ies incendies partout. Ces incendies
rPster les hras croisé~ et de s'interdire une entrée triom- ont commencé a Viazniki; 54 maisons ont brulé daos la
phale daos Rorne, s'il y était appelé par la révolution provioce de Kalouya, 60 sur 204 étaieot détruites a
triompbante? Telles sont les q•1eslioos qu'on ~e pose de Okhansk. En meme temps, Sarapoul était la proie des
l'autre coté du détroit, questions que se sont, du reste flammes. A Serdohsk, il n'y avait plus trace de 561 haégalement posées, en se plagan! a un autre point dP.' bitations. La moitié de la ville de Mozyr, province de
vue, les jouroaux de la nuance du Monde e~ de l'Union. Miosk, a été inceodiée.
« Ce qui frappe ici les esprits, clit la Correspondance
Le 4 juin, c'était le tour de t,514 boutiques et de 148
générale de Londres, c'est moin~ le sens d'une conven- batiments diversa Nijni-Novgorod. Du 4 aÚ 23 juin, 6
tioo eoeore incomplétement connue qne le milieu daos sinislres ont eu lieu daos un seul district de la provioce
lequel elle s'est élaborée, etle momeot ou elle s'est pro- de Saratof. Le 16, la poudriere d"Okhta ~autait en l'air
duite. Elle a été sigoée par le ministre qui était veo u et le feu était mis a celle de Kazao. Le 30 juin et la
aux affaires étrangeres daos l'iotentioo officielle de ten- nuit suivaote, il se déclara a Riga en plusieurs endroits
ter le rapprochement des idées extremes de Turin et de a la fois. Le Ier juillet, Orenbo1Jrg était en cendres. Le
Rome. Des deux eótés, le non possumus iltail prononcé 4 et le 5, c'est la province de Kostronina qui est désolée.
alors. Est-il maintenu d'uo coté? Ce qu'il y a de eer- Le H a Arkhangel, le !3 et le 14 a Turnen et a Kourtaio pour le peupl~ aoglais, c'estque dans la plus grande gan, jusqu'en Sibérie, des milliers d'habitationssont départie de l'Italie on croit que la question de l'1mité ita- vorées. Le 26 juillet, quatre incendies éclatent a Péterslienne a fait uo grand pas vers sa solut~on. »
hourg, a la meme heure, daos quatre quartiers diITéA Vienne, le traité du 15 septembre a excité les in- rents. Le 18 aout, Serpoukhof est sur pied, puis Jaroslaf
quiétudes. La mesure de la translation de la capitale a a failli disparaitre, etSimbirsk, une des plus-importante5
Florence et les motifs stratégiques p:i.r lesquels le cahi- villes de l'empire, n'existe littéralement plus.
net de Turin la justifie, donoent d'autant plus de souci
A l'intérieur, nous n'avons a signaler que le r,hassé
aux hommes d'État de l'Autriehe. L'Autriche, disent les eroisé de M. Adolphe Vuitry, gouveroeur de la Banque
iournaux de Vienne, était si peu disposée a l'agression de France, qui passe a la présidence du Conseil d'État,
contre l'Italie, qn'elle s'apprétait a congédier une partie et de M. Rouland, président le Conseil d'État, qui dedes troupes stalionnées en Véoétie. La nouvelle de la vient gouverneur de la Banque de France.
convention franco-italienne a done éclaté a Vienoe
EDMoNo TEXIER.
comme un coup de foudre, et on croit communément,
~
en Autriche, que le t·oi Victor-Emmaonel, en transporCOURRIER DE P/lRl8.
taot la capitale du royaume derriere les Apennins, craint
moins d'et.e attaqué qu'il ne sooge a attaquer lui-meme Jadis et a11jourd'hui. - L'économie politique a l'école de
droit. - Chaire rl'Homceopathie. - École inter11ationale.
quand le moment sera venu.
- Les cours de Passy. - Vérité hier, erreur aujourd"hui.
- Le berce,rn sauvetPur. - L'lnventeu,.. - L'hótel des
Toutes les informations qui nous arrivent démontrent
postes et le dóme de l'Assomption. - Lettre d'une bonne
que les habitant, du Sleswíg nord ont pris leur parti.
dame a M. About.
lls aiment mieux se séparer du Sleswig méridional que
du Danemark, et, si oo les détache de la couronne daVive notre sicclfl! Que d'autres en médisent et louent
noise, ce sera par la violence et par la force. Les com - a.son détrimeot les siecles qui l'ont précédé; je ne me
mandants prussiens ont beau jeter daos les casemates de seos vraiment pas d'humeur, pour l'amour des cathé-

drales gothiques, des pourpoiots et des souliers ala
poulaioe, des feutres et des hauts- de-chausses, a exattep
le bon vieux temps, c'est-a-dire le ternps de !'ignoran
des baroos féodaux, des hastilles, des geoles, de la to~
ture, du carean, de la roue, de l'estrapadr, des Pl'Océdures secretes, des guerres de religion, de l'inquisition
du droit d'a1nesse, des corvées et autres menues ¡tentit~
lesses contemporaines de nos arriere-grands-perea.
Vivenl les chemins de fer, malgré les déraillements
les coups de tampon et les chauriieres qui sautent! Vi,;
la photographie, malgré les pbotograpbes ! Vi Ye le gaz
malgré les ophthalmies ! Vive le suffrage universel,
gré les gardes-champetres!
Oui, en dépit des.honnétes fakirs qui demeurent ab.
sorhés daos la contemplation du passé, le présent ne
manque pas de gloire et de grandeur.
11 m'est assez indifférent que chaque jour amene l'ioauguration d'un hirpodrome nouveau, et qu'aux der.
nieres courses de Chantilly Guillaume le Taciturne et
Vermout aient remporté la victoire; les vainqueurs s'ap.
pelleraient Fille-de-l'afr et la Toucques queje n'en seraig
ni plus ni moins fier; les femmes honoetes se donneraient un peu moins de peine pour ressembler aux da.
mes qui ne le sont pas, elles ne prendraient pas aox
Polonais leurs bottes, a Louis XIV sa canne et a mesdemoiselles telles et telles leur désinvoltore, leurs fa~ns
de parler et leur teint, que je n 'en aurais pas le moindre regret; DOUS aurions un peu rnoins de gout poor
Blondin, pour Léotard et pour M11 • Thérésa que je n',
verrais aucun mal, et si les Prussiens ont sifflé la dan~
de M11 e Rigolboche, ce n'est pas moi qui supr,lierai le
gouveroement de déclarer la guerre a la Prusse. 11 oe
me déplairait pas non plus que la fievre qui nous tieot
d'élever des statues se calmat un peu; nous allons eo
dresser une a Chateaubriand et une il. Franrois Arago,
mais ne risquons-nous pas de causer quelque embarras
a la mé'moire d11 modeste Hippolyte Flandrin, en lui décernant les honneurs du bronze ou du marbre? 11 ~- a
nne quinzaine d'années, c'était fort la mode des statuettes;
elle a tout a coup passé; j'aimerais a la voir rel"emr:
a chaque ta.lent u·ue récornpense a sa taille. Tous les
Franrais sont égaux devant la loi, voila un principe et•
celleot, mais déelarer tous les Franrais égaux dmn
la postérité, c'est aller bien loin.

mi

Ce qui me réjouit beaucoup, c'est le grand désirde
nous instrnire qui nous a pris depuis quelque temps.
On annonce déja \'ouverture prochaine des conférences de la rue de la Paix. Elles seraient, assure-t.on,
tranfportées daos un milieu plus populaire, et l'on parle
du quartier Poissonniere. Le quartier n'y fera rien; eUes
seront toujours pour le public les Conférences de la 1'111
dela Pai:.r,·
Un décret impérial vient de créer, a l'École de droi~
une chaire d'ér.onomie politiq11e. L'idée vient-elle de
M. Duruy, qui est, a coup sur~ un des ministresde
l'iostruction publique les plus actifs et les plus fécond.,
qu'aitjamals eus la France? Je ne sais; mais certainement \'idée est bonoe. L'imagination emporte quelqoefois M. Ouruy un peu loin, surtout quand il parle ala
distribution des prix du coocours général, mais on ne
pourrait que lui savoir gré d'avoir pensé a donner al'économie politique ses entrées a l'École de droit. 11 sem•
blait jusqu'ici que la science d'Adam Smith, de JeanBaptiste Say, de Frédéric Bastiat, ne fut, ehez noos,
qu'une science tolérée, bonne a étudier pour les geos
qui n'avaient rien de mieux a faire : désormais, on
pourra étre a vocal, magistral, auditeur au conseil
d'État, sous-préfet ou préfet, et avoir quelque connaissaoce des grandes lois d'ou dépend la prospérité ou la
ruine des sociétés moderoes.
Un autre bruit a couru : M. Duruy, disait-oDcesjours
derniers, avait congu le projet de créer une cbaire
d'homooopathie. Doutez encore, apres cela, que M. le
ministre soit un homme d'imagioation et d'initiative.PI
Peut-etre, au moment ou ces lignes paraitront, _ce
bruit sera-t-il démenti ou confirmé par un décret. Plaise
a Dieu qu'il soit confirmé! Les médecins allopathes sont
tout émus dit-on, a la pensée qu'on ouvrirait a Habne·
'
.
mann les portes du temple, et 1ls ne négligeront r1en
pour empecher la violatioo du sanctuaire.
Je supplie tres-respectueusement M. le ministre ~e
n"écouter ni leurs doléapces /ni meme leurs c~is d'indigoatioo. Sait-on jamais ou s'arretera le fanatisme do&amp;trinai? Que Son Etcellence persévere daos son idée, et
que nous ayons le plaisir d'entendre proclamer l'aiio~

- - - - - - - - - - - -- - - - - -

•,nilia ,imilibu.' curantur, et publiquement enseigner
• rooins forres sont les doses, plus puissant est le re~ed et qu'un grain de quinquina, dissous daos un
roe e,d'eau a beaucoup mOJns
. d'act1on
. sur I'organisme
.
,erre
,
d
. . d.
d
in qu'un gramme e qumqmna 1ssous ans une
buma
• · des clilq
·
quantité d'eau égale a ce11e des 11 euves reums
arties du monde.
.
p Eo attendant la création de la ehaire d'homooopathie,
Braodt prépare la réalisation d'une idée qui, plus
11
·e toute autre, porte le signe du temps.
qun va deux ans environ, la sous-commission frao~aise
d c~mité pour l'enseignement international, pré3idée
:r M. Dumas, et doot M. Eugene Rendu est le secré~ire-rapporteur, émettait le vrou que des étahlissemeots
~ sseot foodés dans les principaux pays de l'Europe, ou
;e métbode identique étant adoptée pour l'étude des
sciences et des lettres, un Frau~ais, un Anglais, un AlJemand, un Jtalien ptit séjourner succe~sivement et
arriver au terme de son éducation, apres avoir ajouté a
la connaissance et a la pratique de sa langue materoelle la conoaissance et la pratique de trois tangues
étrangeres vi van tes.
M. Brandt a ouvert, a Saiot-Germain-en-Laye, nne
école ou les éleves peuvent faire, soit en frangais, soit
en aoglais, soit en allemand, soit en italien, les études
qui leur permettront de subir les examens qui, daos
leur pays, ouvrent l'entrée de la carriere qu'ils se proposent de suivre. Cette anoée, un des éleves de M. Brandt
a été admis a l'école militaire de Londres, et un autre,
fils d'un pair d'Aoglcterre, a ohtenu le numéro f a
!'examen pour le mioistere des aílaires étrangeres.
Daos quelques mois, un établissement pareil s'ouvrira
en Angleterre, et un autre a Turio.
Et voila une idée lancée qui va marcber toute seule.
C'est en matiere d'idées, surtout, que le proverbe est
vrai : « JI n'y a que le premier pas qui coute. i&gt;
Quelques anoées encore, et quand, a la Sorbonne,
un aspirant bachelier auquel on adressera cette questioo : &lt;( Ou avez-vous fait vos études? » répoodra: « Au
collége de Pékin; » cette réponse n'étonnera personne.
Si oous nous apprr.tons a faire des bacheliers, des licenciés et des docteurs en toute langue, nous avons
aossi assez de galanlerie pour ne pas prétendre aujourd'hui que \'esprit d'une femme se hausse seulement
A connaitre un habit d'avec un paletot.

Il y aura des bereeaux a deux places pour les pcrsonnes qui aiment a se sauver en compagnie.

Le titre de la comédie que M. Émile Augier va donner
au Tbéatre-Franrais est l'Inventeur~ Ccrtes, le tiLre promet un sujet actuel. JI n'y a point de types nouvcaux de
ootre temµs, disait-on partont; il n'y en a point pour
ceux qui ne savent pas chercher et trouver.
L'invention, voila la grande passioo, et l'beureuse
passion de l'époque.
Je n'ai point !'él.ge d'uo patriarche, et que de choses
ont été inventées depuis que je suis au monde!. .. Que dP.
choses ont pafll'. Parfois il me semble que des sieeles
ont passé sur ma tete, ou que le moi d'aujourd"hui n'est
pas le moi qui a vu towtes les cboses qui ont cessé d'elre.
Est-ce bien lemoi de 18Gl-, qui, bien des fois, est demeuré houche béante devant le télégraphe perché sur
uo clocher, q11i faisait avec ses graods bras des gestes
faotastiques mystérieux? E$l-ce ce moi-la qui s'est ext¡¡.sié a la vue des plaques daguerriennes sur lesquelles le
soleil avait déposé un reflet si vague, si va~ue, qu·on
avait de la peine a \'apercevoir? Est-ce ce moi-la qui est
alié a Versailles en coucou et a Meaux par le coche, qui
a vu des po~tillons a bolles fortcs, qui a lu le journal
sous un reverbere en pleine place Louis XV, qui a porté
des pantalons a sous-pieds, qui a eu des picces de tren le
sous daos sa hourse, qui s·est serví d'un briquet phosphorique pour allumer sa ebandelle, et qui a cntendu précher l'abbé Chatel?
Et que de vérités de ce temps-la qui ne sont plus des
vérités aujourd'hui 1
En ce temps-la, il n'y avaitqu'une douzaine deplanetes;
Speke, qui vieot de mourir d'un acciuent a la cbasse aux
perdreaux, n'avait pas fait son grand voyage, et la
source du Ni\ était inconnue; on n'avait pas mesuré encore le Gaurisankar, le Deepsang et le' Kuochinjinga, et
les géographes les plus avances enseignaient bravement
que le Dawalajiri était la plus haute montagoe du globe.
En ce temps-la, il n'était pas question de faire déloger
J'admiuistration des postes de son vieil hotel de la rueJeanJacques Rousseau, et de lui en construire un plus vaste
et plus commode dans le voisinage des Champs-Élysées.
Les négocianls de la rue Saint-Denis, de la rue SaintMartin, de la rue du Sentier, de la rue Montmartre,
trouveront peut-élre que l'emplacement est mal cho1si.
On aura peut-ctre d'excellents arguments pour leur
prouver clair comme le jour qu'il ne saurait l'etre
mieux. Ce n'est pas mon affaire; mais le déménagement
des postes souleve une autre question.
L'église de l'Assomption occupe une partie du terrain
destiné au nouvel hotel, et sera supprimée; or, l'église
de l'Assomption a un dome. Que fera-t-oo de ce dóme?
La Ville voulait l'enclaver daos les constructions de
l'hótel; le clergé, assure-t-on, réclame cootre ce projet,
et l'oo suppose que l'on $e servira de ce dome consacré
pour en coiffer quelque église nouvelle.
I1 y a une autre autre faroo de sortir d'embarras, a
laquelle personne ne parait avoir soogé, et qui, a nos
yeux, ne serait pas saos avantage: ce serait tout simplement de démolir le dome de l'Assomption.
Nous avoos le dóme du Panthéon, le dome des Invalides, le dome de la Ralle au blé, le dome de l'Institut,
et le dome du nouveau Tribunal de commerce; nous en
faut-il absolument un sixierne? ou bien le dome de l'Assomption serait-il si joli, qu'il y aurait de la barbarie a le
supprimer du nombre des dómes existants?

Nous ne tenoos point a ce qu'uoe jeune filie sache le
Jatin et le gree, mais il ne nous fachera pas qu'elle
mette l'orthograpbe, qu'elle distmgue un ernpereur
d'Allemagne d'avec un roi de France, et qu'elle ne se
figure pas que le Soleil tourue autour de la Terre, et
que la Lune est grosse comme un fromage. Nous ne lui
en voulons pas non plus d'etre musicienne et de dessiner
un peu le paysage.
11 y a done des bommes qui daignent s'occuper de l'éducation des femmes.
La grande vogue est aux cours; j'en connais qnatre
oo cioq fort en réputatioo a París.
Admioistrativement, Passy est a Paris, cela est certain;
mai~, géograpbiquement, il y aurait bien des choses a
dire. Jusqu'a présent, il n'y avait, pas a Passy, de cours
poor les jeunes filies : c'était fort incommode pour les
mamans. M. Eugene Trouvé est venu a leur aide; la
maison de l'excellent peintre est devenue une académie
oit l'on enseigoe les lettres, les sciences, l'histoire, la
mosique, le dessin, la peinture et meme la danse.
Sur la liste des professeurs,je lis les noms de MM. SamAu temps dont je parlais tout a l'heure, le Petit jourson, de la Comédie-Frangaise, Ad. Le Carpentier, Renal n'existait pas, et c'était domrnage, - u'allez ¡,as croire
naud de Vilbac, Émile Duraod et Coralli, des noms anau moins que je ne parle pas sérieusement.
glais, italiens, polonais, pour les littératures étraogeres,
Chaque numéro du Petit journal est spirituel depuis
et ceh11 de M. Trouvé pour le dessin et la peinture.
la premiere jusqu'a derniere ligoe.
Bonne chance anx cours de la rue Vital ; ce ne sont
L'autre jour, une lettre de M. Edmond About apprenait
pas leR talents qui leur manqueront pour leur porter
au
\ecteur qu'une dame de province avait écrit a l'au-bonheur.
teur de Germaine, pour lui demander l'adresse du méUn esprit ingénieux vient d'inventerun appareil grace decin qui guérit l'béroine de ce romao, et qu'elle luí
aoque!, a \'avenir, on pourra faire naufrage sans aucun ª'"ait envoyé 1 franc en timbres-poste, /t titre d'honoinconvénient. Cet appareil est un berceau qui va sur raires, pour la peine qu'il prendrait de lui répondre.
M. About ajoute aux honoraires une offrande plus
l'eao, eomme le premier hateau ven u. Daos une traversée, le batiment que l'on monte menace-t-il de sombrer, ronde, et envoie le tout a la caisse du journal, qui l'apon se met daos son berceau, et l'on attend, le plus tran- plique a une bonne rouvre doot M. Timothée Trirn a
qui\lement du monde, les événemeuts. Le batiment pris l'initialive, puis il plaisaute agréablement la letlre
coole, on suroage tout naturellement, et J'on s'en va, de la bonne dame.
Si pourtant la bonne dame était un malin provincial,
nooveau Moise, aborder a quelque bord inconnu ou l'on
est reeueilli par une filie de roi ou par une borde d'an- rusant pour avoir quelques lignes de l'écriture d'un
hc,mme d'esprit?
X. F&amp;YRNET.
thropophages; e'est cbarmant.

KXP!DI?IOK DANS LIS PROVI!CXS DO KORD DO IEXIQUE
MONTE RE Y (iuite).
AU DlílECTEUJl..

Matcbual•, 8 aoüt 1864-.

Depuis ma derniere correspondance, datée de Matehuala, J'événement importaot, 1'événcme11t attendu
depuis si longtemps et depuis si longtemps en vain, est
enfin,arrivé ! Je ve11x parler du débarquernent &lt;le l'em-pereurMaximilien.Voscorresp·ondants de MexicQ vous auront bien eertainement eotretenu, rmeux que je ne pourrais le faire, de l'enthousiasme avec lequel l'ernpereur et
l'impératrice ont été regus ! Je me dispenserai done de
vous raconter les fetes et les bals donnés dans tout le
Mcxique, et j'entamerai, de uouveau, la question militaire, toujours et pendant loogiemps encore pendaote
au Mexique; car, si j'en erois la ténacité de Ju ares, il
faudra courrir pour pouvoir atlraper l'ex-président et
soo congres. Toutefois, a l'he1:re qu'il est, plusieurs expéditioos sont parties simultaoément dans les provioces
du nord du ~lexique, et déja le général Lbérillier a
fait son eotrée a Ourango; mais il n'est pas encore a
Chihuahua ni en Sonora, ou Juares pourrait bien nous
conduire. Quaot au général de Castagny, commandant
¡a. premiere division, il a quitté, le 7 juillet, Ron quartier
général de Queretaro, pour se diriger sur Monterey. La
route que le général a suivie, des Queretaro, estbien différente de celle de San-Luis de la Paz, doot j'ai entretenu dernicrement vos lecteurs; au5si je rn'empresse de
la faire connaitre, d'autant plus qu'elle offre deux points
tres-remarquables et peu conous : San--Miguel Allende
et Dolorés Ilidalgo !
San-Miguel Allende, appelée autrefois San-Miguel el
G-rande, fut fondée peu de temps apres la capitale de
l'État de Gtumojuato, État dont elle fait partie : son nom
nouveau luí a été donné en l'honnenr du vaillant compagoon du curé Hirlalao, l'illustre général Allende,
cornme lui, martyr de la liberté.
L'aspect de cette ville, vue de lavaste plaioe que l'on
traverse en venant de Queretaro, est an des plus beaux
qui puissent se produire aux yeux du touriste : en effet,
on domine, de la, toutes les ruaisons ornées de beaux
jar-dios dans lesquels croisseot de grandioses cypres, et
l'on est frap-pé d'admiration a la vue des superbes couvents dissémioés en grand nombre de toas les cotés, et
dominant de leur majestueuse hauteur toas les autres
édifices. On ne peut mieux comparer, du restP., la position de San-Miguel qu'a celle de la vil!e d'Alger, car,
ainsi que la ville africaine, elle est batie sur les flanes
d"uoe montagne, et les mai,;ons a terrasses, ainsi que les
cypres qui s'élevent a une hauteur prodigieuse, lui donnent tout a fait l'a~pect d'une ville d'Orient. Les rues
qui descendent presque a pie, pour aller aboutir sur la
place principale, ou se trouve le bel hotel d'Albmde, sont
droites, larges et ornées de belles maisons. Les édifices
les plus remarquables sont : la Parroquia, le couvent
des Franciscains, eelui de Saint-Philippe de Néri, ou
l'on voit un magnifique p'.)rlrait de ce saint, envoyé par
la cour de Rome; le couvent des nonnes de la Conception, avee un irnmense et beau jardín, et enfln, le collége de Santo-Domingo. On remarque aussi la belle maison du géoéral Allende, couverte, il y a quelques années encore, d'ioscriptions dédiées a la mémoire de ce
premier libérateur de l'Anahuac. C'est daos cette antique ville de San-Miguel, babitée par les desceodants
des Espagnols et des Tlaxcaliens qui conquirent ces régions, que se trouverent, apres le cri de liherté poussé
a Dolores, les premiers éléments de la révolution qui
devait renverser la tyraonie des vice-rois d"Espagne.
Non loin de San-Miguel est le grand et bean couvent ·
de Xochicalco, dans Jeque! trois a quatre milliers d'Jµdieiis viennent, tous les six mois, passer buit jours a
écóuter les instructions des prétres de l'endroit. Moyenoant 8 piastres, ils sont logés, hébergés et pa~sent tout
leur temps en pricres. On peut voir, a la fin de ces buit
jours d'instructions religieus_es, le sol maculé ~u sang
de ces pauvres ignorants, qui se tlagellent dPpms le matin jusqu'au soir, ce qui ne les empéche pas, lors de
leur retour dans leurs foyers, de vous dévaliser sans
aucnn serupule. Les femmes indiennes vieonent aussi,
apres les bommes, recevoir l'ins1.ruction religieuse; mais
elles ne paient que six piastres, et nul bomme ne peut
les voir dans leurs exercices pieux.
Apres San-Miguel, vient la charmante petite ville de

�.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSBL .

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

- ·- .
-=---~--=--·-

DOLORES HIDALGO.

EXPÉDITION DANS LES PROVJNCES DU NORD DU MEXIQUE: SAN MIGUEL AllENDE,

Dolorés Hidalgo, perdue daos un amas de verdure : ses

rues sont droites, larges, bien pavées et bordées de
bailes maisons avec cours et jardins daos J'intérieur.

Cette petite ville, si fraiche et si proprette, possede une
belle place, dont l'un des cotés est formé par une église
fort remarquable, malgré son architec.ture massive. Le

,.... __:==--,

..

l luxe intérieur est meme, contre l'habitude, au Me1iqae,
d'un fort bon gout, si l'on en excepte pourtant dem
chapelles dans lesquelles on retrouve, a profusion, les

l

sculptures en bois doré. Un grand tableau assez curieux le peintre ingénieux a cu soin de placer, non loin d'un
décore l'un des grands murs de l'église : il représente roi, toute la hiérarchie du clergé, depuis un pape juste paradis, le purgatoire et l'enfer. Oans ce dernier lieu, qu'au simple maine. Les étrangers ont aussi a voir la

--==~~

~!!,,,¡.;:::;;;;:;~~~~~~-......

~=¿Í"-~ . j., ~ -~~
COTÉ OUEST DK SAN H.IGUEL ALLE~DE:: VUK PRISK DE LA TERRASSE DEL COLLEGJO.

VALLl!E DE SAN ~'RANCISCO. - D'apres les croquis de M. Cibot.

maison du curé Hidalgo, et íls ne se font pas faute d'enlever quelque parcelle du bois de la porte cochere ! C'est
une maison d'assez médiocre· apparence : un des vieux

�compagnon~ d'armes du héros "de l'indépendance en
fait les honneurs, et vous prie d'apposer sur un registre
ad !toe votrc nom et vos qualités.
Sans rien vouloir diminuer ici de la gloire d'Hidalgo,
je vous dirai, en passant, qu'il n'était pas précisément
le modele des prétres orthodoxes, aimant asscz le jeu et
sacrifiant heaucoup au veau d'or et aux aulres douces
idolcs du siccle. Toutefois, on ne pcut s"empécher d'admirer son énergie dans la lutte grandiose qu'il avait
entreprise, et qui s'est terminée p1r une mort violente,
puisqu'il fut fusillé, le iO mai t8l0, a Chihuahua, ains1
que ses amis et compagnons, Allende et Abasolo, laissant
a ses successcurs la tache presque achevée de conquérir la liberté de leor pays.
Apres Dolores Hidalgo, vient la ville plus grande de
San -Felipe, maü, bien moins attrayante; puis, peu apres
avoir descendu une grande et pierreuse montagne ap-·
pelée San-Bartholo, on trouve, au milieu d'un bosquet
de superbes mesquites (mimosas), la magnifique et
royale hacienda de El Jarar, propriété du marquis de
Moncade, rapportant a son heureux maitre de 40 a
50,000 piastres par an. Enfin, apres la petite ville de
San-Francisco, oi.t l'on remarque une belle place ornée
d'une statue de l'Amérique, une belle église et une promenade pilloresque longeant les bords d'un ruisseau,
on trouve la grande hacienda de Pila, et l'on arrive a

San-Luis Potosi.
La colonoe du général Castagny s'arréte pcu dans
cette ville de San--Luis, dont je vous ai déja parlé, et
prend le chemin de Monterey, en passant par Matehuala,
Vanegas et Saltillo.
Mon prochain courricr vous mettra done au fait des
événements qui vont surgir, car on assure que Juares, a
la tete de 4 a 5 mille hommes, commandés par Negrete,
veut tenter la fortune des armes, dans un endroit tresfortifié, pres de Alonterey (t).
Recevez, etc.
AcmLLE Cruor.
(t) A la date ou notre correspondan! écrinit cette 1ettrc, 11 igoo•ait
le depnrt de Ju.rez pour les Etats- U1ois, 11 et1t orobablc que les e•e11emeu1s auiquels nutre corrc1po11d,nt faot allusiun ne se re,liseront pu.
lln quittant le lle.tique. Ju•res seruble avoir egalement qulllé la partie.

Cet intrépide et imperturbable Roland, que l'on a si
longtemps attendu, et n,rii s'inqu1ete si pcu de se faire
attendre, s'est montré enfin sur !'affiche de l'Opéra.
Avant huitjours, s··¡ ne sunient aucun accident fachPux,
on verra étinceler sous les feux du lustre son armet
d'acier poli et sa formidable épée. Tout le monde sait
déja q•1'il en est de cet ouvrage comme des Troyens.
Est-ce M. Mermet, le musicien, qui a demandé un livrct a
M. Mermet, le poele? Est- ce au poiite qu'appartient l'ioitiative? Je !'ignore. Mais il esl certain qu'en cette affaire
le musicien et le poete ne font qu'un. La réuoion de ces
deu.x. talents, la musique et la poésie, est assez rare pour
qu'on la remarque et pour qu'on en tieone compte. La
représentation de Roland á Roncevattx, que! qu'en soit
d'ailleurs le succes, est done, par elle- méme, un fait
tres-digne d'attention. Toutes les personnes qui s'intéresseut encore au.x. choses de l'art accourront sans don te
avec un vif empressement au rendez-vous que l'Opéra
va leur donner.
Si je suis bien informé, M. Mermet a suivi d'assez pres
la Chanson de Roland, ce glorieux poeme du moyen age,
dont l'érudition contemporaine a su, apres tant de siecles d'oubli, pénétrer le sens et apprécier la valeur. On
verra done en scene le comte d'Angers, et la belle Audc,
sa mailresse, IJUi, en apprenant sa mort, me•Jrt ellememe de doulcur aux pieds de Charlemagne. On verra
avec eux tous les héros de la légende, le lidcle Olivier,
l'archevéque Turpin, le traltrc Gaoelon, l'émir Marsille,
le général Baligant, etc. Sujet épiqne, s'il en fut jamais !
M. Mermet aura-t-il réussi a le renclre dramatiqui?
Tliat is the question, question qui sera résolue dans q uelques jours.
On dit que M. E. Perrin n'a rien négligé, rien épargné
pour rendre la mise en scene digne de l'mu1re. On parle
surlout d'un décor représentant le théalrc du combat,
décor peint d'aprcs nature par un artiste envoyé tout
expres dans les Pyrénées. Si les détails du pJcmesont fabuleux, le paysc1ge, du moins, sera confqrme a la réalité.
Voici tout ce que l'histoire nous &lt;lit de cclte aventure
de Roncevaux et de Roland lui-méme, qui n'y est nommé
qu'une seu.le fois, et n'y apparalt que pour mourir. -

Je me sers de la traduction de F. Génin, que j'extrais
de l'lntroduction á la Chanson de Roland, ce chef-d'reuvre
de critique historique et littéraire auquel on n'a pas
encore, ce me semble, rendu justice.
&lt;&lt; Charles marche coolre l'Espagne avec toutes les
forces qu'il peut rassembler, franchil les gorges des
Pyrénées, re~oit la soumission de toutes les villes et de
tous les cbateaux devant lesquels il se présente, et ramcne son ar 1 ée sans avoir éprouvé aucune perle, si non
qu'au sommet des Pyrénées il eut ttn peu á souffrir de la
perfidie des Gascons. Car, tandis que l'armée fran~aise,
engagée daos un étroit défilé, était obligée, par la nature du terraiu, de marcher sur une ligne énorme et
resserrée, les Gascons, qui s'étaient embusqués sur la
crcte de la montagne (a quoi se prete admirablement
l'épaisseur et l'étendue de la forét), descendent et se
précipitent soudain sur la queue des bagages et s1Jr
l'arriere-garde, chargée de couvrir tout ce qui allait
devant, et les culbute au fond de la vallée. La s'en&lt;&gt;aº
gea un combat opiniatre oi.t, jusqu'au dernier Frangais,
tout périt.
« Les Gascons, ayaut pillé les bagages, profiterent de
la nuit qui était survenue pour se disperser rapidement.
lis durent, en cette reocon're, tout leur succes a la légcreté de leurs armes et a la d1sposition des lieux .. .
Dans ce combat périrent Eggihard, maitre d'hótel du
roi, Alselme, comte du palais, et Roland, préfet des
marches de Bretagnc. (Eginhard, Vie de Clia1·lemagne.)
Eginhard consigne également ce fait daos ses Annales, avec les memes détails et les memes réflexions, ou
peu s'en faut. 11 ajoute seulement : &lt;t Ce revers effaca
presque entierement dans le creur du roi la joie d~s
succés qu'il avaitoLtenus en 'Espagne. »
Cette derniere phrase n·est guere d'accord avec le cu-•
rieux euphémisme cité plus haut: « ll eut 110 peu a
souffrir. » Eginhard ne peut se décider a avouer que les
Frang:i.is, - il vaudrait mieux, vu l'époque, dire les
Francs, - ont él~ battus. Qui aurait imaginé que le
chau1inisme, ou, comme disait Stendhal, le patriotisrue
béte, remonlat Ei haut?
La trace profonde que cette défaite des Francs a imprimée dans la mémoire des hommes, et les grandes
proportions que la poésie lui a donnécs a travers les
a.ges, prouvcnl que ce ne fut pas un événeruentordinaire.
A la vérité, elle se renouvela vingt-huit ans apres. Une
autre armée franque, aprcs avoir pénétré jusqu'a Pampelune, fut de nouveau exterminée dans ce meme défllé de
Roncevaux. Usque all mtemecionem de/eta. c·est encore
Eginhard qui le raconte,el commc,celle fois,Charlemagne
n'y était pas, on voit que l'his!or1ographe se gene moins.
Ces snldats bartlés de fer, q11i faisaienl trembler l'Eurnpe, qui ava1ent détruit les Lombards en Italie, les
lluns en Pannonie, qui avaient snbjugué les Saxons, refoulé les Slaves au nord et les Arabes au midi, avaient
succombé deux fois sous l'effort d'une peuplade perchée au sommet des Pyrénées. Quelle gloire pour les
Escaldunac! lis ont conservé la mémoire de leur triomphe dans un chant national pleiu d'enthousiasme et
d'orgueil, qui nous a élé conservé, et dont M. Ilenri
Martin a mis la traduction littérale a la fin de son
deuxieme volume. On ne me saura peut-ctre pas mauvais gré d'cn ciler une strophe :
« Qu'avaient-ils a faire dans nos montagnes, ceshommes du Nord? Pourquoi sont-ils venus troubler notre ¡,aix? Quaod Dieu fait des montagnes, c'zst pour que
les hommes ne les franchissent pas. .Mais les rochers, en
roulant, tombent, ils écrasent les bataillons, le sang
r11isselle, les chairs palpitent... Oh! combien d'os broyés!
quelle mer de sarig ! fuycz ! fuyez, ceux a qui il reste de
la force et un cheval ! fuis, roi Carloman, avec tes plomes noires et ta cape rouge! Ton oeveu, ton plus
brave, ton chéri, Roland est étendu mort la bas. Son
courage ne lui a serví a ricn ... » etc., etc.
Ce sont les roetes et les romanciers fran~ais du moyen
age qui ont substilué aux montagnards basques de~ Sarrasios innombrables, pour épargner aux paladios de
Charlemagne l'humihation de périr sous les coups d'un
trop faible ennemi.
Des que Roland sera joué, on commencera les répétitions de l'Africaine, sous la direction de ~l. Fétis, qui a
quitté Bruxelles et son Conservatoire pour remplir cette
tache, et rendre a la mémoire de lleyerbeer ce suprcme
et pieux dcvoir. 11 n'aura, d'ailleurs, qu'a déterminer
les mouvements, a indiquer les intentions du compositeur, et a régler les détails de l'exécution. L'reuvre est
complete, il n'y manque pas une note.

215

L'ILLUSTH,, TION, JOURNAL U~IVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
L'Opéra-Comique a repris Lara, qui est chanté tro·
fois chaque se maine, par les artistes du mois d¡ maIS
dernier : M. Moutaubry, M. Crosti, M. Gourdin :
Mm• Galli-Marié, a qui l'on fait toujours répéttr la 'ballade arabe. 11 est certain que cet air a un caractere
étrange, une couleur aussi vive qu'originale. Que! do111mage qne pour les autres morceaux l'auteur n'ait pas
ét_é. aussi heureusement iospi ré ! Sa partition serait, en
venté, un chcf-d'muvre. 11 n y a eu qu'un changement
daos la distribution de Lara. Mil• Monrose a remplacé
Mil• Baretti. Mil• Monrose minaude a peu pres autant
que M11 • Baretti. Elle a la voix plus forte, mais moins
jeune, moins fraiche, et fatiguée avant l'age, comme il
arrive a presque toutes les roix: de ce temps-ci. Brer
l'Opéra-Comique ne paralt pas avoir beaucoup gagné ~
change. ll se prépare la des nouveautés que l'on verra
éclore avanl peu, et dont les journaux amis disent par
avance des merveilles.
Le Théatre-Lyrique, au lieu de s'endormir sur le sor,.
ces de Don Pas1uale, qui est tres-réel et parait devoir
durer longtemps, a repris Fa11st, oi.t M. Michot, qui a
quitté l'Opéra, remplit le principal role. 11 y est un peo
froid, ma1s correct, et sa voix est charmante. Puisse-t-il
la conserver longtemps ! Les téoors deviennent plus ra.
res de jour en jour. Mm• Carvalho chante le role de Mar.
guerite avec la simplicité, le calme, le bon gout et l'hab~
leté d'exécution qu'on l11i connait. MM. Petit et Lutz complctent !'ensemble, et sont tres-j1.1stement applaudis tous
deux. 11 semble que le talent de M. Petit grandisse a
chaque róle qu'iljoue.
Une nouvelle société s'est formée, je croís, pour l'e1¡,loitation des Bouffes-Parisiens, mais le dirccteur est
toujours le me1ne. Sculement M. Varney, désormais af.
franchi de certaines entraves qui génaient un peu trop
ses mouvements, et rentré dans la jonissance de son libre arbitre, promet un réperloire plus varié, et annooce
un ai,aissement de tarif qui pcut av.:&gt;ir pour son théatre
les plus heureuses conséquenccs. Vendrc a bon marché
est le meilleur moyen de vendre beaucoup.
C'est probablement un théatre a b.:&gt;n marché qui va
s'ou·,rir sur le boulevard Saint-Germain. On n'en a pa.1
encore vu le~ affiches, mais les pieces d'ouverture se rép&amp;tent avec activité, et l'on prépare déja celles qui doiveot
leisuivre. Ces piecessontdesopéras-comiques. C'est done
sur la rive gauche de la Seine, et a cóté des Thermes
de Julien, que la lil:ierté des théalres aura d'abord fructiflé ! Tous les a utres projets, - il y en avait beaucoup,
et de g-igantesque~, - paraissent abandonnés pour le
momcnt, ou furieusement compromis. C'est que, pour
faire un théatre,.et surtoui un théatre lyrique, la boone
volonté ne suffit pas. JI faut encore de !'argent. - llille
cinq cent., li vres ne se trouvent pas dans lepas d'un che•
val, disait le bonhomme Géronte. - Or, ce n'est plus ici
de mi lle cinq cents livres, c'est de deux ou trois millioos
qu'il s'agit.
·
G. lliouEr.
0

LES LILAS BLANCS.
A .11..

CAROLINll BERTON ( oée Samson ).

Ruiné par son trop de confiance et de bonté, mon pere
ne put survi vre a son désespoir, a ses regrets, surtout i
la pensée incessante et fatale que la misere él.pre et rarouche allait s'abattre sur une femme chérie et sur un
fils adoré, ses seules affections sur terre, habituées par sa
tendresse a toutes les recherches du luxe et de l'élé·
gance.
11 languit quelque temps, puis expira, en nous disant
comme Jésns, si cette comparaison ne semble pas impie:
« Mere, voila ton fils, enfant, voila ta mere. 1&gt;
Et joignant nos dcux mains dans ses mains défaillantes,
il leva les yeux au ciel comme pour appeler sur nous sa
bénédiction, et rendit l'ame.
A ce lle époque, fa vais vingt ans.
J'étais bien je une, hélas ! et bien peu préparé a cette
lutte cruelle et corps a corps avec les difficultés de la vie;
nourri dans l'idée qu'uue grande fortune devait étre un
jour mon partage, je n'avais pris souci que d'efOaurer
toutes les conna1ssances humaines, sans croire utile
d'eo approfoodir aucune. Une des conséqucnces les plus
funestes dn la fortuoe qui vous sourit au berceau, c·e~t
cet -oubli total de son inconstance; elle vous a souri
vingt ans, la cruelle ! puis, un matin, son sourire se glace,
et vous voyez s'effacer avec elle toules ces chaleureuses
affections qui la flattaient en vous faisant cortége, el qui

- abandonnent pour la 0atter encore. Des lors, vous
,ous
. I'1te,
' qm. de"da1gne
.
de
,ous trouvez face a face avec 1a rea
her plus longtemps, sous un masque, son austere et
cae• itable vi•age, et l'a ou' vous etlez
' . hab'1tue' 'd 1·1re ces
vert.~ ravonnants de JOJe
· · : msnuc1ance
·
·
et l'b
1 erlé, vous
mo
. elez en. trcmblant, et 1e creur ~erre,. ces deux a11tres
epots terribles : trava1·1 et m1s1;re.
.'
111
Cependant, dans mes jours de prospérité, désireux de
rouver que j'avais quelque valeur personnelle, j'avais
rait quelques pas nonchalants dans cette carriere de la
littérature, si belle et si douce a parcourir quand on ne
tui demande que des bravos légers, des sourires et des
0eurs, mais si pleine de ronces et d'épincs lorsqu'oo lui
demande du pain. Quelques vers applaudis dans des sociétés intimes, imprimés dans une revue amie; une nouvellr, parue daos un journal dont mon pcre était un des
principaux actionnaires, d'autres succes du meme genre,
mais que je croyais de bon aloi, m'avaient facilement
persuadé que je n'avais qu'a vo11loir pour poutoif. Hélas!
avingt ans, sait-on le profond abime qui sépare ces deux
mots.
Aussi: lorsqu'aprcs les prcmiers jours donnés au désespoir, ma mere, ses grands yeux pleins de larmes, sa
figure bouleversée par la douleur, vieillie de dix ans en
un jour, vinl un matin a moi, rue mit les deux mains
auwur du cou et s'oubliant, comme s'oublient les mere~, me dit d'une voix altérée et tremblante : « Mon
pauvre enfant, que vas-t•J devenir? n Je la sais1s avec
tran~port entre mes bras, et daos une exaltation risible
au fond, mais respectable en fait, comme tout ce qui est
convaincu, je lui déroulai mes plans d'avenir,je lui parlai du bonbeur que j'aurais a etre -on soutien et sa consolation, je lui dépeignis mes projets, mes espoirs, cbateaux en Espagne, sans doute, mais illusions saintes,
co111me toutes celles qui viennent d'une source pure. Mes paroles disaient : gloire et fortune, - idées folle5
et vaiues, - mais elles signifiaient encore : énergie et
travail, - idées saines et bonnes a !'ame.
Ccux qui me lisent comprendront-its· ce que renferment les quelques mots suivants :
Ma rr.cre crut en moi 1
J'avais une mere! mais qu'on se figure un instant la
situation morale d'un orphelin, saisi par ce brusque réveil de la misere, qui venait imµérieusement s'emparer
de moi; avoir été riche etseretrouver non passeulement
pauvre, mais dénué de tout; avoir été insouciant, heubeux et gai, deveuir, en un momenl, sérieux, grave et
trtste; avoir d1ssipé toutes ses premieres heures de jeunesse dans des plaisirs que dorait un éternel sourire, et
vivre désormais en économisant chaque minute de sa
vie pour des travaux souvent assombris par une !arme
amere de tr1stesse et de découragement; avo1r gouté une
aune toutes les splendeurs de l'existence, et ne mordre
désormais qu'au pain dur et sec du travail; pour le gagner, ce pain, ne sentir en soi que des forces douteuses,
une energie, réelle sans doute, mais qui peutctre vaincue
par l'impuissance, et pour résister aux heures nombre uses
des défa11lances et des découragements, se trouver seul,
entierement seul, sans un creur qui vous comprenne,
saos un regard qui vous crie : courage: sans un baiser
qui vous releve, sans un trésor de confiance· et d'amour,
oil l'on trouve des forces nouvelles pour remplacer les
forces épuisées, saos un étre enfin, qui croyant a vous,
aveuglément, naivement, avec exces peut-etre, mais
ITiee bonne foi, vous communique ce bien si précieux,
8lllS lequel il n'y a ni grand homme, ni héros, ni conquérant, ni poete : la croyance en vous-meme. N'est-ce
pas horrible?
Te! est pourtant le probleme qui, presque chaque
oor, est posé a tant de jeunes et rares intelligences !
Qoelques-unes trouvent moyen de le résoudre, beaucoup expirent a la peine. J' eusse été, je crois, de cel-

les-ci.
,
llais ma mere était la, et je me crus sauvé. Combien
de Cois, en relevant mon front alourdi par une pensée
rebeUe, n'ai-je pas rencontré, posé sur moi, son !impide et bien regard, tout empreint d'une naive et
douce confiance! Combien de fois n'ai-je pas sentí qu"il
était impossible que je fisse défaut a cette foi maternelle
et aainte qui rayonnait dans ses doux yeux:, et combien
de fois - miracle divin des :úfections vraies ! - n'ai-je
PIS éprouvé que sa chere iofluence écartait les nuages
!¡ obscurcissaient ma pensée, et dégageait nette et pure
1•dée vainement cherchée par moi, et sans doute introulable sans elle.
llaia je me laisae entrainer trop tót a ces doux souve-

nirs d'une tendrcsse qui devait étre le seul bonheur de
ma vie laborieuse et so)itaire. Ce furent la les joies
aOJstercs et les saints enthousiasmes de !'avenir; je
dois parler d'a\Jord des rudes obstacles des débuts et
des douloureux désenchantements des premiers jours.
Sans elle, sans roa mhe encore, je ne les eusse pas wrmontés, et j'ai besoin de tl)ut dire, pour qu'on comprenne bien a que! point nos deux pensées n'en faisaient
qu'une, et nos deux creu1s n'en faisaieni qu'un.
Dans un récit aussi simple que celui-ci, je désirerais
dire le moins de banalités possible; qu'il me soit done
permis de regarder comme démontré que, des le jour
de notre ruine, nous n'avions plus ni parents, ni famille,
ni amis. Nous fimes bien d'abord quelques-unes de ces
demarches q-u'on tente souvent, plus par suite d'un
reste de respect et de croyance en la nature humaine
que par suite d'une espérance réelle et positive; mais
hélas !... il nous fut Lientot évident, a roa mere et a
moi, q11'ici-ba.s nous devions etre désormais tout l'un
pour l'autre; qu'il me soit encore permís de n'en pas
parler davaotage.
Des débris presque nuls de notre immense fortune,
nous retira.mes pourtant de quoi nous loger, bien a
l'étroit, mais suffisamment encore, au cinquieme, rue
du Bac. Trois pieces : deux chambres a coucher et une
salle a manger, ou, faute de place, j'installai roa bibliotheque et mes manuscrits - Spes ultima Troj(E - composaient tout noti e petit do maine. Ce ful la que je commcncai mes jours et mes nnits de laheur, et ma sainte
mer: son existenre de sublime abnégation et de dévoucmenl absolu, qui ne devait finir ,qu'avec sa vie
elle-meme.
Daos le principe, 11 m'étail resté une illusion; croyant
avoir fail mes pre uves, je pensais que les portes qui
m'avaient. été ouvertes au temps de ma prospérité se
regarderaient corrme engagée, a ne pas se reíermer
devant moi; je m'adressai done, mon manuscrit a la
main, au journal doot mon pere avait élé actionnaire.
La politesse est une des choses les plus exquises qui
soient au monde, surtout parce qu'elle ne coute' rien.
J'obtins des compliments de condoléance sur mon infortune. Le directeur de cette feuille, importante a tant de
titres, daigna me parler de mon pcrc d'un ton attcndri
qui me lit bien au cmur, prit mon manuscrit de l'air le
plus g1·acieux, et mP promit d'cn faire la lccture avec
l'attention et l'interet les plus vifs. Je sortis heureux et
touché; en rentrant, j'embr.assai ma DLeré avec transport; des les premiers pas je touchais au but; on avait
gardé mon manuscrit. .. On ,e garda si bien, que je
restai huit mois saos pouvoir obtenir de ses nouvelles.
Chaque fois que j'insistais pour connaitre mon sort, ou
le directcur était absent, ou le lecteur chargé du rapport r,tait malade, ou les événements politiques absorbaient tellement la rédaction, qu'on ne trouvail pas le
temps de s'occuper de simples muvres d"imagination.
Enfin, apres huit mois, mon insistance porta ses fruits.
Le secrétaire général du journal m'écrivit qu'il était, a
son grand regret, obligé de m'annoncer que l'administration ne croyait pas pouvoir se charger de la publication de mon ouvrage, d'ailleurs trcs-remarquable.
A la revue célebre, qui m'avait jadis ouvert ses colonnes, la fa~on de procéder fut diífer~nte. Quand j'eus
expliqué le motif de ma venue, et quand mon 1 manuscrit fut entre les mains de !'arbitre de ma destinée, il le
feuilleta, tout en disant: Comment done, jeune homme !
ma1s vous etes un de nos rédacteurs, vous le savez bien;
je lirai avec soin et: manuscrit; mais, j'en suis sur d'avance, ce ne sera qu'une question de forme. 'si nous
vous demandions quelques changements, quelques coupures, vous n'hésiteriez pasa les faire, n'est-il pas vrai?
Vous savez, ici nous avons l'habitude de conseiller no8
rédacteurs, et je me suis laissé dire, ajouta-t-il en
riant, qu'ils ne s'en trouvaient pas plus mal.
Je protestai que nul moins que moi n'était réfractaire aux: bons conseils.
- A merveille ! reprit-il en me tendant la main avec
un bon sourire.
- Puisque vous me promettez de Jire, lui dis-je en
me levant, je vous demanderai comme faveur de lire
vite.
- Soyez tranquille; j'ai, dans cet instant, quelque
chose qui m'occupe, sans cela j'y mettrais plus de bate
encore, mais je suis obligé de vous demander .quinze
jvurs.
Un. signe de moi trabit ma joie d'un délai plus court
que je n'aurais osé l'espérer.

- Eh bien! c·est entendu, dit-il; a quinzaine, comme
d isent les magistrats.
Je sortis, sur au moins de ne pas languir.
Quinze jours plus tard, j'étais exact au rendez-vous;
nwn j uge était fidcle a sa promesse.
- J'ai lu, dit-il, c'est bien, tres-bien, trop bien,
mcme.
Je fis un geste surpris.
- Je m·e~plique, reprit-il en souriant d'un air de
hienveillance; iI y a dans votre ouvrage des pages jeunes et fraiches, des scenes dramatiques, un ensemble,
en fin, satisfaisant au premier conp d'reil; mais apres
mur examen, on sent que c'est cela et que ce n'est pas
cela; c·est trop délayé, trop abondant; disons le mot,
c'est trop bavard !
- Croyez-vous, fis-je en l'interrompant, qu'un tra- 1
vail de retouche puis~e remédicr a ces critiques?
- Non, reprit-il; tPnez, je vo1Js parle franchement
et en ami; eh bien! certes, je ne vous refuse pas cet
ouvrage, mais de vous a moi je vous dis : faites-nous
autre chose; n'essayez pas encore le grana roman; faites-nous une nouvelle út apportez-nous-la.
Je m'en allai un peu triste, et cependant avec quelque espoir; ce n'était pas précisément cela que j'étais
venn chercher, mais enfln c'était deJa quelque chose.
Je fis la nouvelle demandée; la nuuvelle faite, je l'envoyai au bureau de la revue.
Trois semaines s'écoulerent; je me crus un iostant
ouhlié; mais au moment ou j'allais me rendré moiméme aupres de mon juge pour me rappeler a son souvenir, je re~us mon manuscrit timbré du sceau de la
Revne; le petit billet suivant y était annexé :
t&lt; Cette nouvelle est jolie, mais trop légere; on sent
« que l'auteur s'est préoccupé de faire court, el ne s'est
« pas aper~u que sous l'influence de cette préoccupation,
« il étriquait son muue et rétrécissait sa pensée. Du
« reste, il y a la de !'avenir, br.aucoup d'avenir, et nous
« croyons, sous toutes réserves, que l'auteur fera bien
« d'abandonner le genre nouvelle, et de tenter le grand
« !"omon; c'est la sa véritable voie, selon nous. ii
Ce billet était d'une écriture a moi tout a fait inconnue, mais il était forme!.
- Bienheureux ceux: qui pleurent, dit l'Ecclésiaste,
parce qu'ils seront consolés; bienheureux ceux qui se
font facilemeut illusion, pourrait-on dire, parce qu'ils
se consolent vite. 11 y a des gens qui ont l'esrrit ainsi
fait, et je les en félicite, qu'un échec ne leur canse,
pour ainsi dire, que le coup du moment, et que l'instant
d'apres, ils ne s'en ressentent plus. Ceux-la, si le présent est sombre, croient en !'avenir et ne se laissent pas
abattre par les circonstances~ soutenus qu'ils sont par
l'eternel mirage d'une perspeclive lointaine; cela est
bien, cela est beau, sans doute; mais il n'est pas donaé
a tout le monde d'avoir cette légereté de sensatiou qui
monte chez eux au niveau de la persévérance et du génie. « Le génie est la patience, a dit B•Jffon; mot vrai,
je vem. le croire, mais pas pour tous peut-étre, et bien
ccrtainement pas pour moi.
Aus,i je compris; l'illusion que je m'étais faite se dissipa, sans qu'il en restat la moindre trace dans mon
esprit. Je compris qu'en littérature, comme en toutes
choses dans ce monde, la meilleure chance, pour réussir,
est de commencer par n'avoir pas besoin du succes:
l'eau va toujours a la riviere, dit la sagesse des nations
pour gagner de l'argeut, il faut d'abord en avoir, dit la
sagesse du commerce. Les deux sagesses se rencontrent
dans la méme pensée, et Je compris que cela revenait a
dire : Qui veut vivre de sa plume doit en premier lieu
ne pas attendre apres sa plume pour vivre. Attendre,
pouvoir attendre, voila le grand mot, et tant d'économistes qui écrivent des livres bons et sublimes, sans
doute, sur le droit au travail, ont peut-étre tort de ne
considérer la question qu'au point de vue de l'ouvrier
proprement dit; qu'ils y songent: il y a peut-etre des
miseres plus poignantes encore que celles de cette classe,
lntéressante d'a1lleurs, dont ils se font les infatigables
avocats; ils le savent assurémenl, mais me répondront
que cette these est moins ferlile en popularité, et que
pour tant faire que d'etre philantbrope, il faut que la
philanthropie rapporte quelque chose; c'est juste, et je
m'incline avec respect devant cette quatrieme maxime,
non moins évidente que les trois premieres.
JULES DE W.,1.JLLY.

(La suite prochatntmtnt.)
Reproduction inlerdite aux journ•u• qui n'oot pas lraité avec la Soeiété

dee gem de lettres.

�\

!t7

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

L'lLLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

BtNED1CTI01'
UiJCENDlE

DI LA

DI

CHAPE LLE

LOIDR&amp;S.

!OTR&amp;-DAU D'ArRIQUE
A.U pIRl!CTEUR,

1,olldttl, io 1eptembre,

Lundi 18 septembre, éclatait a
Londres, dans une
des principales
rues de la Cité,
Gresham strect, oü
sont situées les premicres maisons de
banque, un incendie commc Londres
o'en a pas vu dcruis vingt ans.
Les maisons monumentales élevées dans cette
rue, il ]y a quelques annécs, ne
sooi plus que des
ruines. Le fcu a
commencé dans
une maison, occupecpar les hureaux
et magasins de
Mll. Tapling et Cie,
fabricaats de tapis,
et par ceux de mr.
Uellahy, fabricants
de aouveautés. Ce
batimeat, doni la
fa~ade était fort
belle, se trouvait
en Cace de la cor•
poration des orfe~
vres; il avait quatre étages et contenait d'immenses
quaptités de tapis,
de soicries, de toiles, de nouveantés,
etc.
Ce batiment était
allcnant a la corporation rles mereiers, Haberda~her's compa11y,dont
les richesses artisliqucs étaient bien
connues.
La salle de banqueta été délruite
daos !'incendie du
18. L'édifice des
merciers avait été
réparéaucommencement de cette
année. Les tableaux ont pu etre
sau,és, mais les
perles dépassent
de beaucoup, rlitoo, lcs250,00'.l fr.,
cbiffre de l'assurance.
11 est difficile de·
connaitre jusqu'ici
le chilfre total du
dés3slrc.
Un né"'o.
o
ciant pcrd a Iui
seul cinq millions.

Pour eJ:trait :
P.

PAGET.

~

INC~NUIE DE GRESHAM-STREKT, A LONDRES. -

É'l'ABLISSRMBN'f DE Mil. TAPLING ETC'•,

AU DIRECTl!UII,

Alger1 30 aoút,

Le 28 aout, le
pl:!.teau du premicr
contrefort de la
Boudzaréah, sur
lequel s'éleve, dominant de toutPs
parts la Médilerranée, la magnifique
chapelle élevée en
l'honneur de Notre-Dame d'Afrique, présenlaitl'afpect le plus animé.
C'cst que la plus
grande partie de
notre population
avait voulu assister
a la bénédiction de
la 11ouvelle basi.l1que qui, grace il
l'infdtigable acti,·ité, a la persévérante volonté de
Mgr Pavy, est es~enticllcment l'reuvre de la eolonic
algérienne.
A qnatre heures
précisef, la procession, dont le point
de départ avait été
fixé sur l'avenue
qui longe la partie
rnd de l'hcipital militairc, se mettait
en· marche, bannicrcs cléployécs,
et gravissait la
montagnc '
en
chantanldes hymnes et des canti •
ques que répétaienl des milliers
de voix.
Arrivée an carrcfour de~ Consuls oú
l'altendaicnt Mgr
Chalandon et Mgr
Pavy, elle traversa
la chapellc, oü
prircnt place le
nombrc1u clergé
qui l'avait accompagnée jusque-la,
les corporations
l'cligieuscs et une
partic de la fouk.
M. le Gouverneur général, vicomte do Martimprey, M. le Directeur général des
~ervices civil~, )f.
lo général comtc
de La Serre, M. le
?tlaire
d'Alger,
ainsi qu'un asscz
grand
nombre
d'uflicicrs supéricurs, de fonctionnaires et de
magistrats assista icn l aéctte cérémonie.

�L'ILLUSTRATlON, JOURNAL UNIVE RS EL.
A cinq heures et demie, la bénédiction extérieure du
monument fut faite par Mgr l'archeveque d'Aix et par
Mgr l'éveque d'Alger; puis, immédiatement apres, a
commencé la bénédictiou intérieure, a l'issue de laquelle Mgr Chalan don a remercié Mgr Pavy de sa louable
persévérance, et la population algérienne du concours
empressé qu'elle apreté jusqu'a ce jour a son vénérable
éveque. Mgr Chalandon a terminé sa trop coarte improvisation en faisant un nouvel appcl a 13. piété et a la générosité de la p')pulation, afin d'arriver promptement a
l'acbevement complet du monument que la religion venait de consacrer.
A sept heures, la cérémonie était terminé1:.
Pour extrait: P. PAGET.

LA

CLÉ

DES

CHAMPS.

Autrefois on croyait a la puissance des sorciers; aujourd'hui on croit a l'infaillibilité des reglements administratifs. On croyait que les alchimistes, avec leurs for. moles et lenrs alambics, pouvaient fabriquer de l'or; on
croit bien aujourd'hui que M. le maire, a l'aide rl'un
simple arret~, peut faire murir le raisiu; car si les magistrats municipaux n'avaient pas cette conviction, com. ment o~eraient-ils décréter que, dans telle commune,
tel jour, a tel heure, le raisin sera múr et que l'on
pourra le vendanger. ll y a des clos exposés au midi,
d'autres au couchaut; il y a des vignes sur les coteaux et
des vignes dans la plaine; il y a des cépages qui murissent vite, d'autres plns lentement, des variétés qui doivent etre vendangées avant la complete maturité, d'autres qui ont besoin d'etre tres-mures pour donner de
bon vio; peu importe : M. le maire a décrété que le rai ..
sin' serait mur te! jour, a telle heure; il faut que cela
. soit. Le bon Dieu s'arrangera comme il poúrra et le vigneron aussi.
On appelle cela le bao devendange, et comme on atrouvé
un mot pour l'exprimer, la chose devient respectable. 11
y a si longtemps, du reste, que le maire procl:i.me le ban
de vendange ! Autrefois, da.ns le bon vieux temps, c'était
le seigneur, quand il daignait, ou son suppléant; :iujourd'hui, c'est le maire on son adjoint. De quoi vous plaignez-vous? N'est-ce pas le repré,entant de la commune
qui dé~ide la chose; c'est comme si vous la décidiez vousmeme. 11 n'y a rien a répondre, en effet; du moment oü
on a démocratisé une absurdité, cette absurdité devient
inviolable.
Le maire qui décrete la maturité du raisin n'est ponrtant pas plus infaillible que le seigneur décidant le jour
de la vendange. Pourquoi ne pas laisser a chacun le soin
de fa:ire ses petites affaires comme il l'entend, et de couper son raisin quand il le croit mur? Ce serait probablement plus sage et certainement plus commode.
c·est ce qu'a pensé le maire d'une grande ville, située
au milieu d'un pays vignoble. M. le maire de Riom a décidé, par un arreté tout récent, que dorénavant, cbacun,
dans sa commune, vendangera quand bon lui semblera. Tous les maires ne se croient done pas omnicompétents et omnipotents. C'est la un bon exemple, et je
m'empresse de le citer. ll est vrai aussi que Riom est la
ville natale de M. Rouher, et l'ancien ministre du commerce est bien capable d'avoir développé la contagion
libérate daos ~on pays.
Et il faut d'autant plus le citer, ce salutaire exemple,
que, daos certaines communes, les magistrats, 'usant et
abusant de la faculté déplorable que la loi leur donne,
ont imaginé d'interdire aux vignerons d'entrer dans les
vignes, vous entendez, d'y mettre le pied, de s'y promener, d'y pratiquer les derniers travaux di) la saison. En
décrétant une I mesure aussi ahsurde, les maires outrepassent leurs droits. - D'accord. 11 y a quatre arr.3ts de
la Cour de cassation, en date de t 819, t84i, i855 et f 856,
qui dénienl au maire le droil de vous empecher d'en. trer chez vous. - Dire qu'il a fallu en ·appeler, pour
cela, a la Cour de cassation ! -· Néanmoins, daos beaucoup de communes, les arretés existent et persistent,
car les vignerons ne sont pas partout assez riches pour
faire réformer par la Cour supreme les sottises de Jeurs
magistrats.
Les partisans du ban de vendange n'ont qu'une seule
raison a donner; la voici, dans toute sa na'iveté : tous
les vignerons sont des voleurs qui, en vendangeant leur
vigne un jour plus tot, vendangeraient celles de leur
voisin; - meme si la vigne du voisin est située a une

demi-lieue. Mais si l'humanité agricole est si perverse,
pourquoi ne pas publier un ban de fauchaison, un han
de mo1sson, un bau pour la récolte du colza, un autre
pour celle rles pommes de terre, etc.? Les champs se
touchent tous par un bout, et en coupant son blé, qui
empeche mon voisin de couper le mien, - comme pour
le raisin?
A cet argument et a tous les autres, les maires fanatiques du réglement ne répondent pas un mot; ils décre-tent, et tout est &lt;lit. Heurcux magistrats, a qui la loi ne
demande pas compte de leurs iospirations ! Il y a pourtant l'-&gt;pimon publique, et il faudra bien, un jour 011
l'autre, compter avec elle.
En agriculture, comme en politique, l'opirtion publique est une puissance dont on reconnait tot ou tard les
arrcts. La fécondation artificielle des céréales, par la
métbode de M. Hoo1brenck, dont j'ai dP.ja entretenu nos
lecteurs, esl sur le point de comparaltre devant le tribunal supreme de l'opinion. Des commissions ont été nommées pour suivre les expériences officielles; de nomhreux agriculteurs out .expérimenté, proprio motu, les
franges de laine et le miel sur leurs récoltes;- les renseignements commencent a se produire.
· Je n'ai jamais eu le moindre engouement pour ce systeme, que la science me sembl:tit condamner, m.ais que
la pratique devait, disait-on, justifier. 11 faut s'incliner
devant les faits; c'est ,entendu. Seulement, jusqu'ici les
faits se montrent peu favorables aux fécondations artificielles. Est-ce que le compte-rendu de l'Empire en serait pour ses espérances un peu prématurément exprimées?
Je vous en fais juge. Un agronome habile, savant et
consciencieux, M. Adolphe Dailly, membre de la Société
impériale et centrale d'agriculture de Fl'ance, faisait
partie de la comrnission chargée d'examiner les expérieoces faites par M. Hoo1brenck chez M. Jaquesson, a
Epernay. On le sait, la commission ne voulut pas conclure; les deux champs d'expériences ne lui paraissaient
pas daos des conditions identiques. La partie fécondée
scmblait avoir re~u une part plus large de « charup et
ne soleil. ))
C'était a recommencer, et on a recommencé.
M. Oailly fait partie de la seconde cornmission. Non
content de suivre et de contróler les expériences d'autrui, il a voulu expé,rimenter par lui-meme, daos ses propr1étés. Afio tle soustraire ses expériences a tomes
chances d'erreur et de controler ses essais pa:r: lui-meme,
M. Dailly répete ses expériences dans deux charnps différents, consacrant, daos chaque champ, une part égale
de terrain a la fécondation artificielle, au rouleau de
M. Hoo'ibrenck et a la culture ordinaire.
Voici les résultats qu'il a obtenus. Je les reproduis
tels qu'ils ont été donnés, par !'honorable ~i. Dailly,dans
!'une des dernieres séances de la Société impériale et
centralé d'agriculture. Ces résultats frapperont surtout
ceux qui connaissent les soins minutieux, J'exactitude
et la précision que M. Dailly apporte daos les études
qu'il entreprend. Ríen n'y est laissé au hasard, tout est
prévu; les observat1ons sur le terrain empruntent, par
!'ensemble des précmtions, le caractere particulierernent rigoureux d'une expérience de laboratoire. La récolte, le pesage de la paille et dll grain, ont été exécutés
avec le meme soin et la meme impartialité que les travaux de préparation, d'ensemencement et d'entretien
du sol.
On remarquera que M. Dailly ne donne pas des appréciations, il apporte des chiffres. Ce n'est pas un agronome qui coQ1munique ses impressions; c'est une balance qui' parle.
Dans la piece nº f, désignée sous le nom de Clef de
saint Pierre, les parcelles fecondées 'a l'aide de la frange
emmiellée de M. Hoo'ibrenck, ont donné en moyenne
2,505 kilog. 50 de grain, ce qui représente a 80 kilog.
l'hectolitre, 31 hectolitres a l'hectare. Daos la meme
piece, la partie 110n fécondée a produit 2,807 kilog. 50,
ce qui représente a 80 kilog. l'hectolitre, environ 35 hectolitres a l'hectare.
On voit que l'avantage n'est pas demeuré ala fécondation artificielle.
Daos la piece n• 2, dite le Chemin des Charbonniers,
les parcelles fécondées accusent un produit moyen de
2,489 kil., tand1s que les parcelles non fécond.ées ont
donné un produit moyen de 2,~83 kil. 50.
L'avantage est encore ici aux blés non fécondés. On
annon~it, au nom du jardinier allemand, une augmentation de produit de 25 °lo, un gain de 20 a 25 millions

d'hectolitres pour la France, obtenu, pour ainsi?
sans bourse délier. Nous sommes assez loin de
M..Dailly a aussi expérimenté le rouleau cnnnelé ~
M. Hoolhrcnck. Les résultats ne sont guere plus h
,
. . d
1
en.
reux. 11s se resumeot ams1 : ans a premiere elp6.
rience, la récolte au rouleau cannelé a donné 2,662 kil
a l'hectare, tandis que le champ, suivant la culture O•
dinaire, produisait 2,651 kil., ce qui attribue un
tage de H kil. par hectare au rouleau cannelé. Dans~
déuxieme expérience, les roles sont renversés, et dans
des proportions autrement considériibles : la CUiture ordinaire fournit 2,670 kil., tandis que le rouleau
cannelé ne fournit ~ue 2,402 kil. C'est une perte de
268 kil., soit pres de trois hectolitres et demi par hec.
tare.
Je n'ai pas la prétent10n de dire que ces expériences
condamnent saos appel le systeme de M. Hooibrenck.
Suivant un axiome de droit : Teslis unus, testis n11U11,,
un seul témoignage ne prouve pas; il faut done atte~
dre avant de porter un arret définitif; mais je ne pllis
m'empecher de reconnaitre que la frange et le rouleao
cannelé sont bien malades, la frange au miel, surtoot!
J'aime mieux les expériences de mon vénérable ami
~J. Danicourt, un ancien confrere du Journal du Loir,/
qui a laissé la plume pC1ur la charrue. Daos son charmant'
dornaine des bords du Loiret, il a eu l'idée d'essayer
l'hybridation du fromerit, saos bruit, saos réclame, et
saos demander aucune espece d'encouragement ,HÉtal
Son mélange est composé de blé d'Australie, de ble de
Hongrie, de blé du Mesnil (sa propriété), de blé de Saomur et de blé de Noé. Toutes ces sortes ont des formes
bien accusées; cependant, aucun des épis obtenus par
cette hybridation ne ressemble aux sortes meres. 11 yl
huit ans que M. Danicourt poursuit patiemment ses précieuses recherches. En i 863, il obtint, en terre Corte, 36
hectolitres a l'hectare, malgré la rouille; cette annee, il a
obten u, en terre légere, 27 hectolitres. M. Danicourt a
envoyé des épis de sa derniere récolte a mC1n conírere
et ami, M. Jotgneaux, un maltre en ces matieres. « Le
développement extraordinaire des épis dont je vous eovoie un spé~imen, lui dit-il, me faisait espérer beaucoop
plus; mais l'échaudage, produit par des chaleurs trop
vives, a mis a néant cet espoir. Veuillez ex,aminer IJ\es
épis, vous y compterez 60 grains et plus; mais la moitié
sont mai¡;res, ternes, ridés, et la belle couleur jaoneclair, qui est propre a ce blé, a complétement disparo.
C'est une épreuve arecommencer, et je n'y manquerai
pas. Des épis géants, tels que ceux que vous voyn, doi,
vent donner 45 a 50 hectolitres a l'hectare. Uu tel résoltat mérite qu'on fasse quelques efforts pour l'atteindre. &gt;&gt;
En effet, les épis envoyés par M. Danicourt étaieot
magnifiques. lis mesuraienl om i i cent. de Jongueiir!
lis contenaient jnsqu'a 75 grains ! Comme le dit mon an•
cien rédacteur en chef, un te! résultat mérite les cfforl.l
qu'on fait pour l'atteindre, et j'ajouterai que de tcl~ eíforts méritent les encouragements, les sympatbies et les
applaudissements, non-Eeulement de ceux qui produiseot
le blé, mais aussi de ceux qui le conscmment.
Au reste, la France ne se montre pas toujonrs ingrate
envers ses Lieufaiteurs agricoles. Le -soeces rapide qu',
obtenu la souscription pour Je monument élevé ala mémoire de :&amp;1. Je comte de Gasparin, en est une pre!lff
que l'on aime a citer. En deux ans, la souscription a
été remplie, la statue a été modelée par un artiste de
grand mérite, M. Hébert, elle a été fondue et elle a été
inaugurée.
Je ne trouve pas mauvais que l'on éleve des moouments aux braves soldats qui tuent les hommes pourla
défense et la gloire de la patrie; mais il est bien templ
que l'on dresse, a coté d'eux, des statues en J'boonear
de ceux qui nous ont nourris.

com:•

a,;

VICTOft BoRIE,

FtTE MOHARRAM A BOMBAY.
AU DIRECTEUR,

Bombay, le t5 aoüt Id&amp;,

Ayant déja vu daos votre journal plusienrs des8ÍJIS
tres-intéressants sur différentes parties de l'lnde,jevoul'
envoie aujourd'hui deux croquis d'une de nos grandel
fetes annuelles musulmanes.

-;;e;,

L'lLLUSTltATION, JOURNAL UNIVERSEL.

!19

MM. Tiffin n'ont pas, a proprement parler, de conVicat et de Burnichon. Mais ils ne se contentent pas,
comme nos industriels parisiens, d'attirer l'attention des currents; il y a bien des gens qui vendent aussi dans les
passants en faisant promener des voitures-enseignes sur rues des paquets de poudre insecticide, en se les procules houlevards; ils ne clédaignent pas de prendre place rant de seconde main; mais c'est la un moyen peu réeux-memes daos leurs véhicules, et s·en vont déhiter par gulier d'existence, auxquels ils n'ont recours que tranles rues un boniment traditionnel qui ne le cede en rien sitoirement et quand ils ne peuvent rien faire autre
acelui de Iack Black.
chose.
II y a aussi les vendeurs de mort at/.3: rats; mais Jack
Les Timo sont daos les affaires insecticides depuis
Black
ne leur laisse guere a faire, et M. Mayhew, cet ini 695, époque a laquelle un de leurs ancetres, ouvrier
corsetier de son état, contrarié par une colonie de pu- fatigable investigateur ues industries misérables de
naises qui s'étaient introduite&amp; dans son babitation Londres, n'a pu recueillir que des renseignements tressaos sa permission, et qui s'obstinaient a ne pas vou- vagues a leur égard. Ces destructeurs de rats ont
loir déguerpir, fnt amené a étudier a fond la question. 11 cependant parfois des aubaines; c'est quand ils sont
engagea contre ces hotes importuns une lutte acharnée, chargés, a l'entrée d'un navire dans les docks, de le
jusqu'a ce que le hasard, ou ses recherches studieuses, débarrasser des rats qui l'infestent.
Puur en finir avec cette classe des destructeurs de verJui eussent fait découvrir une poudre qui causal leur
complete deslruction. Notre corsetier fit part de son spé- mine (the destroyers of vermin), nous wentionnerons encifiq ue a ses voisins pareillement in festés, et c' est ainsi core les enfants q1Ji vendent du papier a prendre les
qu'il en vint, par dévouement ponr l'humanité~ a se mouches (µy paper). Ils gagnent jusqu'a un shilling par
consacrer exclusivement a cetle utile profession, deve- jour et meme un peu davantage, mais seulement pennue héréditaire daos la famille, le pere transmettant au dant les trois mois de J'année que dure la saison des
fil.s ainé sa précieuse rccette. On peut oLserver, a ce mouches. La fabrication de ce papier est encore une hranpropos, que c'est apres l'inccndie de Lonclres, qui eut che d'industrie qui fait vivre, a Londres, un petit nombre
lieu vers le milieu du dix-septieme siccle, que furent de pauvres geus. Il s'obtient au moyen de vieux jourintroduites en Angleterre les premieres punaises, avec naux soumis a une préparation dont Je secret, comme
·celui de la poudre insecticide de M. Tiffin, se transmet
le bois importé pour reconstruire la Cité.
La maison Tifíln traite aussi par abormements an•• de pere en fils daos quelques familles, qui gardent ainsi
nuels, pour la destruction des punaises. lis ont ainsi des le monopole de cette mdustrie.lls n'ont pasacraindre la
clients pour lesquels ils travaillent, de pere en fils, de- concurrencll des fabricants de produits chimiques, parce
puis plus de cent cinqnante ans, et les noms les plus il- que leurs clients habituels sont les enfants qui vont enJustres de l'aristocratie anglaise sont inscrits sur leurs suite revendre ce papier uans les rues, et ces malhtluJivres. Une inspection reguliere est indispensable pour reux se soutiennent par une mutnelle solidarité.
tenir les lieux en état: les domestiques peuvent apporter
A. VERMOBEL.
des punaises daos leurs malles,etil suffit de deuxou trois
pour peupler un appartement. Les visites se font habituellement au·printem rs, avant que les punaises aient
pondu
leurs roufs, 011 au mois dejnin, avant que les roufs
LES INDUSTRIES INCONNUBS DE LONDRES.
soient éclos. Ces insectes ont surtout de la prédilection
LE MONUMENT DES FREI\ES VAN EYCK.
Li TL'EUR DES P~NAISES DE U REINE,
a s'installer daos les bois de lits. Si les lits sont en fer,
Maeseyck est une petite ville de 5,000 ames, situi\e
elles se nichent daos les boiseries, mais cela ne vaut
Nous avions promis a nos lectenrs de leur faire lier pas mieux, car, pendant la nuit, elles gagnent invaria- daos Je Limbourg beige, aux confins de la Hollande.
connaissance avec le tueur des puces de S. M. la reine blement le lit et harcelent les dormeurs.
C'est la, dans cette « petite ville du rude pays de Caro••
Victoria. Nous en sommes bien faché pour leur délicaNous allons laisser la parolc, si vous Je voulez bien, a pine, )&gt; comme dit Marc Van Vaernewyck, - l'auteur
tesse, mais les devoirs de notre véracité et les exigences M. Tiffin ainé lui-meme, dtmt M. Mayhew nous a trans- Je plus ancien qui nous fournisse ce renseignement, de la couleur locale nous obligent de modifier cetle dé- mis les confiden ces.
que sont nés les deux imruortels freres Hubert et Jea~
signation, suífisamment risquée déja, et de restituer a
« 1e pourrais citer le cas d'une punaise, qui, dans une Van Eyck.
nolre personnage le nom sous lequel il tient lui-meme tres-grande cbambre, faisait chaq11e nuit un parcours
On a essayé de contester a Maeseyck d'avoir été le
abonnéur de se présenler au public.
de 30 a 40 pieds, pour venir rendre visite a une vieille berceau de ces grands artistes, mais il existe en sa faLors de J'illumination pour la paix qui eut lie1J a Lon- dame. Il n'y avait qu'une seule bete, et elle contí- veur un ensemble de preuves suffisantes pour admettre,
dres, il y a dix ans bientot, apres la conclusion de la nuait depuis longtemps son manége. On me fit venir comme vérité historique, que c'est bien dans la cité oü
gnerre d'Orient, on pouvait lire, daos le Strand, a la fa- pour la prendre. Je cherchai Jongtemps. J'avais sondé ces hommes illustres ont vu le jour, qu'on leur a érigé
veur d'un énorme transparent, cette originale inscrip- vainement les boiseries de la chambre. La rusée s'était un monument, inauguré solennelle,nent Je 5 septembre
tion :
nichée dans l'erobrasure de la fenetre, et ce fut le der- dernier.
Mais, avant de parler du marbre destiné a éterniser les
nier endroit ou je songeai a la dépister, parce que ces inMAY TRE
sectes évitent avec soin la lumiere; mais j'appris que la traits des deux freres Ha.bert et Jean Van Eyck, qu'il
vieille dame ne se levait jamais avant onze heures, et nous soit permis de retracer ici succinctement Jeur his-DESTROYERS OF PEACE
que ses rideaux restaient toujours soigneusement toire, prenant pour guide l'éloquent discours, - si pleie
BE DESTROYED BY US.
clos, ce qui empechai( Je jour de pénétrer daos la de faits et de preuves, - prononcé par M. Schoolmeesters, bourgmestre de Maeseyck, a l'occasion de l'inauguchambre.
TIFFIN AND SON
ration du monument.
&lt;&lt; Oui, monsieur, on me fait souvent venir pour se déBUG-DESTROYERS TO HER MAIESTY
barrasser d'une seule punaise, et je fais souvent cent ou
Bubert, l'ainé, naquit vers l'année i366; Jean est venu
deux cents milles pour prendre au plus une demi-dou- au monde plusieurs années apres son frcre, et l'on peut
AND TIIE ROYAL FAMILY,
zaine de ces animanx.
placer sa naissance aux environs de J'année 1380. On ne
« Je visitai une fois le bois dn lit de la princcsse Char- sait rien de leur jeunesse. Cependaut leur maison pa-Traduction littérale : « Puissent les destructeurs de la
paiz étre détruits par nous, Tif{in et {ils, tueurs des punaises lC1tte. J'étais daos la chambre quand elle entra; elle me ternelle devait etre tout imprégnée de J'amour de l'art,
demanda si j'avais trouvé quelque chose. Je lui répon- dit Van Mander, car il y avait encore une sreur, nomde Sa Majesté et de la famille royale.
dis que non. Mais, au moment meme, je découvris une mée Marguerite, qui mania le pinceau avec beaucoup de
Nons lisions dernierement, daos le récit d'un voyage punaise; et la princesse pla~a sa main sur mon bras succes. Ce fut, a ée que l'on conjecture, Hubert qui fut
en Mantchourie, celte curieuse particularité sur les pour la regarder. - « Oh! la vilaine bete ! dit-elle; c'est le maitre de cette· sreur et de Jean. Mais, lui-méme, oiI
íemmes de ce pays, qne nous rappelle involontairement elle qui m'a tourmentée la nuit derniere. Ne la laissei avait-il appris les secrets de l'art? Selou les uns, ce fut a
l'enseigne de MM. Tiffin et fils : « Ces &lt;lames, petites pas éch3.pper. &gt;&gt; Néanmoins il me parut qu'elle la regar- Liege; selon les autres, a Cologne. Néanmoins, ce ne
maitresses, se peignaient religieusement au peigne fin, dait avec plus de complaisance, en songeant qu'elle sont la que de pures hypotheses.
Quoi qu'il en soit, le plus ancien document anthentique
eta chaque fois que le peigne sortait" de }'ondulante avait sucé du sang royal. C'était bien celle-la, du reste,
que l'on possede au sujet des Van Eyck nous montre
chevelure, elles regardaient, cherchaient, puis prenaient car je n'en trouvai pas d'autre.
« C'est daos le lit d'un homme de couleur que j'ai Jean, Je plus jeune, mais saos doute déjil. le plus céledijicatement, entre le pouce et l'index, ce petit animal
qui ne hante roint, chez nous, les tetes aristocratiques, trouvé les plus belles et les plus grasses que j'aie ja- bre, comme ayant été au service du souverain de son
Pnis se le posaient délicatement aussi sous la den t. J'en- mais vues. C'était le domestique favori d'un général in- pays, le fameux Jean de Baviere, prince-éveque de Liége.
11 portait Je titre officiel de peintre et varlet de chambre
tendais a chaque fois un petit: tac! et la Miinchoue me dien. »
M. Tiffin, d'ailleurs, ne se dérange que pour l'aristo- de Monseigneur le duc.
regardait en m'adressant un sourire, qui me causait un
Ce prince, apres avoir, en Hf7, résigné son éveché,
ébahissement qu'on n'aura pas de peine a coroprendre. l&gt; cratie. 11 est bien mis et a les aliares d'un véritable
Mais Londres est moins loin de Paris que la Mant- dandy. Jl a la prétention de traiter scienlifiquement ces pour aller conquérir la Hollande et la Zélande, s'était
cbourie, et si nos récits sont aussi réalistes qu'ils se,nt animaux pour opérer leur destruction, et il ne veut pas fixé a La Haye. Il est fort probable que Iean Van Eyck
réels, ils ne seront pourtant pas a ce point fantastiques. paraitre se borner a les massacrer. Sa profession l'o-- s'y établit également comme att:i.ché a la cour. Et c'est
llll. Tiífiu et fils sont de fort honnetes industriels, in- blige aussi a tuer les poux, quand l'occasion s'en pré- peut-etre a son séjour dans ce pays qu'il faut rattacher
venteurs et marchands de poudres insecticides, de la na- sente, mais c'est un travail dont, par gout, il se soucie les vieux maitres hollandais, dont la maniere a tant de
rapports avec celle de l'école des Van Eyc.k..
tnre de celles qui ont illustré, en France, les noms de peu.

appelée Moharram, est célébrée pompeuset par les sectaires d'Ali, en souvenir du martyre de
men n et Hossein, fils de Fatma et Ali, considérés par
uassa me Les succeseurs 1·eg1t1mes
..
du proph'cte ~,a•
elll eºOl
bOlllet.
1 i .
d 1 1
d . .
La rete commenc_e _e " JOUr e a une e JUID.
tabout.~, ou im1tat1ons du mausol~e de Hassan et
Des
· avec grand som,
· en
~ein a Kurbala, sont fb'
a r1ques
80
. ire ; 0 ébene, en santa!, et menie en argent, selon les
,vo '
.
. •
v,ins des religionna1res, et sont promenees a travers
rnoies les rues du quartier musulman, ou Bheudi-Bazar.
~ veille du Moharram, ces mausolées, qm. mesurent
L
:elqnefois dix pieds de haut, sont exposés daos les rues,
qt les fideles viennent devant eux réciter des prieres et
:ru!er des encens. Le lendemain, tous ces, tabouts, po~tés par des musulmans et accompagnés d une foule deguenillée, pouss.ant des_cris et brandissant de~ étendards
t des piques, s achenunent vers la plage, ou les attend
~ grand concours de peuple. Les plus fanatiques sont·
tout nus et pt:ints en tigre, et se li vrent a une série de
conto:r:;ions grotesques.
Sur la plage de la Back-Bay, les tabouts sont dépouillés des objets de grande valeur, et ensuite précipités
daos la mer au milieu des acclamations de la multitude.
Une centaine de tabouts sont ainsi sacrifiés chaq ue
année.
·
Cette fete, qui daos !'origine n'était qu'une cérémonie religieuse en l'honneur des .deux martyrs, a dégéoéré en un jour de mascarade fanatique, pendant lequel les Mabométans se livrwt a toute sorte d'exces, et
qui nécessite un grand déploiement de force de la part
de la police anglaise.
Loms Rouss&amp;LET.

�2!0
Car, a cette époque, ainsi que nous
l'avons dit, Jean
était déja célebre:
. il avait fait la grande innovation qui
est un de ses titres de gloire, celle de J'emploi de
la peinture a l'huile
dans les reuvres
d'art. · '
L'antiquité, pour
ce qui conccrne
la pcinture artistique, ne connaissait que les procédés de l'encanslique et de la fresque. Pcndant tout
le moycn agc, jusque -vera le commencement du xv•
sicele, le procédé
général était la
peinture a la détrempe, procédé
lent, difficile, dér~ctucux, et qui ne
pouvait donner
aux rouvres qu'uac
durée limitée. Par
ses opérations
uombrcuscs et
compassées, ses
manipulations délicates, il excluait,
pour ainsi dire,
la spontanéitr, ce
soutfle du génie
qui crée, et rendail difficile la retouche , cette action indispensable
a la raison qu'il
perfectionne. Anssi, daos les ceuvres, meme les
plus célebres, exécutées par cette
maniere imparfaitc, remarqnc-t-011
de la sécheresse,
de la dnrcté, de
la roidenr, un manque de rclicf et de
transparcnce, et,
pour le dirc en un
mol, l'abscncc de
la vic.
Tout a coup,
dans le prcmicr
quarl du xv• siectc, on vnit apparattre des tahleaux
d'une couleur vigourcusc et limpi-•
de, dans lcsqucls
les tons sont fondus et forment des
gammes d'une force et d'un éclat
inconnus jusqu'alors. La nature s'y
montrr, pour la
premicre fois, dans
toute sa splendeur,
les chairs prennent
de la vie, l'ombrc
et la lumicre s'y
jouent harmonieusement. Un procédé
nouveau, mis en
reune par un peintre de génie, opere
une
révolution

L' lLLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JO URN AL UNIVE RSEL.
da~s l'art. Apllall
dans un coin de
l'Europe, il se !é.
pand bientot de
peuple en peuple,
et l'école dont i
sortit fut la 11ft.
miere des grandes
écoles dont a'ho.
nore le monde IDoderne. Si les raita
n'étaient Pl! li
pour en témoigoer
.
'
on pourra1ttrou,er
peut-~tr~ quelque
exagerat1on daos
l'influence que
nous attribuons 1
uue simple décou.
verte toute malérielle. Mais n'ea
est-il ¡¡as ainsi de
toutes les décoo.
verles? Leur sim.
plicilé ne fait-elle
pas leur grandeor!
Qui oscrait affir.
111cr que l'art rut
j amais parveou ¡
la hauteur ou il
arriva un siccle
apres, si un homme inspiré, en essayant cette hanale
substitution de
l'huile a un ,ébicule de la coulcur, n'eut fail da
pinceau un instnJ.
ment mille fois
plus docile, plm
obéissant a l'impulsion du génie !
Les Raphael, les
Rubens, les Titien
auraicnt-ils puu&amp;cnler leurs pages
colossales, prodigiouses, au moyea
du procédé dont
se servaicnt les
Giotto, les FraAII•
gclico, ks Stepban
Lochcner?En 1-UO,
Jcan Van Eyckétail
dans la force de l1
jcunesse, et ce fut
peut-etrc la beaute
des reunes crééef
par le procédé nooveau, qui luí ,alut
la protection de
son sou veraio.
Jean de Baviert
mourut a La Haye,
le 6 j:rnvier U-25;
son peinlre quilla
la Hollande, Jivrée
aux déchircmenll
des factions, et entra au service de
Philippe le Bon,
duc de Bourgogne.
Par ordonuancedi
rn mai 1425, Jeau.
Van Eyck re~utsa
commission dt
peintre et varlet~
chambreduprince.
Son frcre Hu,
bert a cette épo-que'1 était établi •
Gan d, et y a,3il
commencé, a 1•
priere de JOIII"
Vydt, seigneur dr

- - -1; rameux rétable de Saint1e,
n.111e
ºd, bl ·¡
r...- Ce travail cons1 era e, 1
)lafOD,
b
t

t le terroiner. Hu ert mouru
. ne pu tembre H26, et fut enterré
le 18 seppas de son reuvre inache1 dent
daos un caveau de la cha,ée,
t t
lle fondée par son pro ec eur.
pe J'époque de la mort de son
A Jean résidait a Lille. Sa porrere,
.s1llúD
. a la cour, - , la· pr1ust bbri·11ante
de ce temps, - eta1t 1or onoraet son titre de varlet de cbamb1e,
.d, d
bre o'iropliquait pas• uneA I ee ••¡e
domesticité. 11 para1t m1;me ,qu 1
fut particulic_re~ent remarque par
1 duc qui a1ma1t les arts, car nous
1: ,oy~ns, peu apr~s ~a nomin_ation,
cbargé de deux m1ss10ns secretes ~t
importantes. Deux ans plus tard, _il
fil partie de l'ambassade que Pb1lippe le Bon envoya a Jean 1er, roí
de Portugal , pour demander la
main de sa filie lsabelle.
C'eEt apres ce voyage que Jean
s'établit a Brugcs, ou il exécuta di,ers chefs-d'reuvre qui nous restent
de Jui. 11 y achcva d'abord le grand
rétable de Gand. Pend:mt qu'il
s'occupait de ce magnifique travail,
Je duc Philippc, le bourgmestre et
le magistrat de Bruges se rendirent
ason atc11er pour admirer le chefd'reuvre, qui fut exposé au ¡.,ublic le
6 mai l432. L'inscription qui se
trouve au has de !'un des volets a
conservé cette date mémorable.
Selon les historiens, le soeces de
l'reuvre fut prodigieux, et elle fut
immédiatement entourée do plus
solennel respect. C'était la page la
plus éclatantc que la peinture eut
produite jusque-la. Ce saint respect
dura pres de quatre siecles. 11 était
réservé anolre époque d'ymettre fin.
En 18{7, le conseil des marguilliers de la
cathédrale, autorisé par un vicaire général, étranger au pays, vendit, sans honte
comme saos droit, a un hrocanteur beige,
et pour une somme ridicule, six des volets
de !'admirable composition. Aujourd'hui
ils forment un des principaux ornements
du musée de Berlín.
Apres avoir terminé cette page colossale, lean Van Eyck passa a Bruges les
dernieres années de sa vie, en y créant
des reuvres nou,elles, et en fondant, soit
par son exemple, soit par ses le~ons, cette
primitive école flamande qui brille d'un
si vif éclat dans l'bistoire de l'art, avec les
noms de Pierre Cristus, d'Hugo Van der
Goes,de Roger Van der Weyden, de Thierry
Bouts, de Memling.
En6n, le grand artiste mourut aBruges,
le 9 juillet 1440.
Voila, en résumé, ce que l'on connait de
l'bistoire de ces hommes illustres; et c'est
d'hier seulement que l'on a exhumé de la
poussicre des archives quelques extraits
de comptes, au moyen desquels il a été
permis de la reconstituer en partie. Ces
détails sont encore bien ngues, et satisfont
peu l'ardente curiosité des érudits.
Mais qu'importe, apres tout? Les reuvres
des Van Eyck sont la pour témoigner de
leur génie, et leur gloire est immortelle.
lis furent les premiers peintres de leur
siecle, les fondateurs de !'une des y,remieres écoles artistiques, les vulgarisateura d'un procédé de peinture qui a con-•
duit l'art daos la voie de la perfection.
Ces litres incontestables donoent a Mae-•
seyck, et ala Belgique en général, le droit
d'étre fleres de ces enfants.
Nons laisserons a la science le soin de
diseuter auquel des deux freres appartient
la Pl'éénunence. Si Jean a eu l'honneur

UN DBStTABOUTS llXPOSÉS DANS LES RUllS Dll BOMBA.Y.

MONUMENltOES FRERRS VAN JlYCK, SCULPTÉ PAR M. W!ENER.

2!1
d'obtenir de Giovanni Santi, le
pcre de Raphael, ce bel éloge :
1&lt;A Bruges, entre tous le plus digne
de louanges, c'est le grand Jobannes, ,i n'oublions point que c'est Hubert qui commen~a \'Agneau mystique de Gand. Pour exécuter ce sublime chef-d'reuvre, ils ont associé
leur génie, et pour les associer dans
son admiration, Maeseyck les a réunis sur le meme piédestal. Devant
la reconnaissance, leur talent et
leur gloire sont égaux et indissoJubles !
L'inauguration du monument
que 110us reproduisons, a eu lieu
solennellement le 5 septemhre. Le
roi Léopold, pour rendre un témoignage a la mémoire de ces deux
illustres citoyens, a voulu assister a
la cérémonie. Son passage daos
cette. partie du pays, qu'il visitait
pour la premiere fois, a été une
Jongue marche triomphale. Des milliers de drapeaux, d'orillammes,
llottaient le long d'une route de
plus de 28 kilometres, que S.M.
devait parcourir en voiture. A l'entréc, comme a la sortie de chaque
villagc, des ares de triomphe avaient
été dressés. Les habitants de ces
vastcs campagnes étaicnt accourus
de toutes parts pour saluer de leurs
acclamations enthousiastes leur
bien-aimé souverain.
Maeseyck a fait dignement les
choses. La ville avait organisé des
fetes Rplcndides en l'honneur des
deux freres Van Eyck et a l'occasion
de la visite du Roi. Quant a décrire
les décorations, c'est une ch ose a
laquelle nous devons renoncer. Jamais on ne vit ville en fete décorée
avec une telle prodigalité. Pas une
rue qui n'eut sa décoration particuliere,
pas une maison qui ne füt tapissée de ,erdure, de fleurs, d'écussons allégoriques.
Partout des drapeaux, dea oriOammes,
L'ensemble présentait un aspect charmant
et pittoresque. Mais c'est surtout dans l'ornementation de la grande place, ou s'éleve
Je monument, qu'on a fait preuve de véritable bon goul.
Le groupe des freres Van Eyck, du
au ciseau de M. Léopold Wiener, assure
a cet artiste, dont le nom brille depuis
longues années au premier rangde la gravure européenne, une place remarquable
parmi les statuaires modernes. C'cst la
une reuvre de vraie statuaire monumentale, et, en ce genre, l'une des rares
reuvres parfaitement réussies. Elle est en
marbre de Carrare, blanc clair, et composée de deux blocs iotimemeut soudés au
point de jonction des dcux persúnnages.
M. Wiener 3 pris pour sujet de sa
composition la révélation faite par Jean a
Hubert de la précieuse découverte de la
peinture a l'huile. Jean, appuyé d'un
bras sur l'épaule de son frere ainé, lui
montre le tableau qu'il vient d'achever, et
semble jouir de sa joie autant que de sa
surprise. llubert examine avec bicnveillance, avec bonheur, ce tablean, sur le
cadre duque! se trouve inscrite la devise
modesle et noble : Als ik Kan. Les portraits
sont conformes a la tradition, qui prétend
les reconnaitre dans les panneaux qui se
trouvent maintenant a Berlín. Les costumes rappelleni l'époque de Philippe le
Bon, et l'ampleur de ces costumes, leur
élégance et leur richesse ont admirablement serví le statuaire.
Rien de plus grand et de plus simple a
la fois. De tous les cótés, le groupe se
présente de la fa~on la plus favorable et

�L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
la plus harmonfeuse. 11 n'y a aucun aspect théatral

qui voit les r.boses de haut. n a fait plusieu;;;;
dans le maintien des personnages ; leur atlitude est
PRIMES DE L'ILLUSTRATION.
gnes ou stations, comme dit son titre, sur les cotes tan.
digne, sans exclure cette nuance de familiar1té que
En attendanl l'apparition de la 2e livrai,on de la orientales qu'occidentales de l'Amérique du Nord. ll 1
comportait, qu'exigeait le sujet. Tout daos ce gro upe est France nouvelle illustrée, qui paraitra vers le {.,dé- a visité les villes maritimes les plus i111portantes N en
naturel, noble et sympatbique a premiere vue.
cembre, nos abonnés recevront avec le numéro du York, Hllifax, San-Francisco. Son livre est le ~ ;
Le Roi, pour témoigner sa satisfaction a M. Léopold i5 octobre, la neuviéme livr:iison du Par-is nouveau des observations qu'il y a faites et des renseignementa
Wiener, l'a promu, prndant la cérémonie d'inaugura- illustré. ·cette livraison e;ontiendra des vues inté- qu'il y a recueillis.
tion meme, au grade d'officier de son ordre.
rieures du nonveau Tribunal de commerr.e, la fon11 es~ plein d'(ntéret, ce !ivre, et n'a guere qu'un déGusuvE LEMAIRE.
taine Saint-Michel, des vues extérieures et intérien- faut, e est de n etre pas plus gros. ll est écrit sans pfé.
res des Halles centrales, des morceaux de sculpture teution, - a partir de la troisieme page. - On,.011
' s' essaye, et ne sait paa
décoratifs de l'école des Mines, du Conservatoire et qu'en de'h utant, l' auteur se tate,
encore
quel
ton
il
va
prendre.
Mais son hésitation
du square des Arts et .l\létiers, etc., etc.
heureusement,
ne
dure
guere.
11
jette híentót de
FAC-SIMILE
' Ces livraisons sont, comme on sait, envoyées gra- le clinq uant descriptif et les oripeaux
aujourd'bui pas,
tuitement tout abonné ancien ou nouveau, ainsi
DI
sablement
faués
de
la
poésie
en
prose,
et se met adire
que les livraisons de la France nouvelle illustrée.
le fait tout rondement, comme le conseillait Voltaire
DESSINS ET CROQUIS ORIGINAUX n'EUGll.NE DELACROIX.
~
Aussitót il devient l'écrivain le plus agréable et le pi~
instructif tout a la fois que l'on puisse imaginer. Je ne
LE
PARTHÉNON
DE
L'HISTOIRE.
L'Illustration, dans son numéro de la semaine dersais ríen de plus piquant que le récit qu'il fait, page 10
Saos aucune interruption, LE PARTRÉNON DE
niere, a publié la reproduction de l'un des admirables
des incidents d'une lutte électorale a New-York. 11 8•ag¡;
fac-simile de M. Robaut, d'apres les dessins et croquis L'HlSTOlRE poursuit la publication de ses six volumes.
Les livraisons n•• 45 et 46, viennent de paraitre. de savoir qui sera maire de cette grande ville. M. Fer.
d'Eugene Delacroix, le peintre de génie, dont tant d'reuCet avis est donné a nos abonnés souscripteurs a cette nando Wood, dont le mandat est"pres d'expirer, a de111
vres, vendues apres sa mort, ont atteint des prix consic9ncurrents également redoutables : M. Gunther le dédérables. Cette reproduction, fort remarquée, nous en- publication.
mocrate, et M. Opdyke le républicain. Les électeurs se
~
gage, sur de nombreuses demandes d'artistes et d'adprononcent pour le maintien a tout prix de l'Union et
COLLECTION COMPLETE
mirateurs du grand peintre, a insérer daos nos colonpour l'aLolit100 de l'esclavage. En d'autres termes ils
DES
nes le prospectus de M. Alfred Robaut, l'auteur habite,
. a M. Opdyke. Mais le résultat'es¡
donnent la majorité
le courageux lithographe qui a entrepris la publication
OOUVRES SPRCIALES POUR PIANO A DEUX IAINS
longtemps inC'ertain, la bataille acbarnée, et M. du
DI
d'un volumineux al bum, divisé par séries de 25 a 30 desHailly, spectateur aussi curieux que désintéressé, en
BEETHOVEN, 1 OZlRT, WEBER, HATDI
sins de l'artisle si regretté,
décrit
les comiques périp~ties et les épisodes grotesques
1T
DI
A.M.
avec une vivacité charmante et une verve intarissable.
SEPT SONATES CHOISIES de CLEMENTI
L'Illustr11tion met en vente sous peu de jours la série. Ríen de plus pittoresque, rien de plus ani:ué que le
En vente, a París, chez M~t. A. CADART, éditeur d'escomplete dcGRonates d'Haydn, 7• et 8• vol. de la collec- tahleau qu'il trace de la rade de Ntw-York.
tampes, 79, rue de Ricbelieu; - DusAcQ et Cie, éditeurs tion des reuv1ts spéciales pour piano a deux mains des
Les usages, les mreurs de ce peuple, qui nous ressemble
d'estampes, t (), boulevard Poissonniere ;-MouREAU, mar- maitres classiqncs, annotées et doigtées par J. Moscheles. si peu, son organisation municipal e, ses pratiquesreligieuchand de curiosités, rue Fontaine, au coin de la rue DuCes volumes paraissent a des intervalles assez éloignés ses, ses institutions d'instruction publique etde charité,le
perré, et che1. l'auteur, Alfred RoBAuT, imprimeur-litho- les uns des autres; mais cette lenteur est indispensable mouvement prodigieux de son commerce et de son inpour la bonne exécution dn tirage. Néanmoins l'ouvrage dustrie sont pour M. du Hailly une source inépuisab~
graphe, a Douai.
complet sera terminé avant la fin de l'année.
de fines observations et de réflexiop.s judicieuses; ca,
Nous rappelons a nos abonnés que tous ceux qui
Premi~re aérie d83 Fac-Simile de Desaina et Croquia origina01
souscriroot d'avance a la collection complete n'auront a non-seulement il voit ce que d'autres ont déja vu annt
luí, mais il comprend parfaitemeot ce qu'il voiL On
payer que 50 fr. au lieu de 87 fr.
D'KUGENE DELACRO[X.
n'en pourrait pas dire autant de tous les voyageurs. D
Cette Collection allemande, annotée et dvigtée par le célébre professeur
n'a point cette faiblesse qui porte tant d'esprits élroiu
MOSCHI!LES, tormera H volumes de Ht pages chacUD, en moyenne.
(Toutu lu ¿preuvu ,om iur chínt.)
a censurer, a condamner daos les coutumes étrangeres
IEIITBOVJI■, le1 4 volumes, u fl'. au lieu de aa fl'.
IIOZART,
les 1 ,olDmes, 11 fl'. au liea de 17 fl'.
tout ce qui est contraire aux notres. 11 ne prend pas
WBIER
les 1 •olumes, 11, fl'. au licu de 11 fr,
TIRÉ
fRlX
BAYD■,
les 1 •olumes, 10 fl' au lieu de 14 fl'.
pour regle de ses jugements ses habitudes personnelles,
de la
du
ClLIIIUUITl,
1 •olume, $ fl'. au lieu de a fl'.
SUJETS.
mais les lois éternelles de la morale et de la justice. D
Prix de la CoLLECTHJII 111miu des H volumes :
ne repousse que ce qui les viole.
• c.
80 francs au lieu de 87, et 10 frane• SEIJI..EUNT
L'affreuse guerre qui couvre aujourd'bui de sang et
C:' Legentil.
1 •
Cnal,er •ube. - Fautasia.
P"ur ceiu de nos abonnés qui souscriront d'avance A la cellecB'" p. de I'A•ge. !
•
Lino reirardaot une tortue.
de
ruines ce qu'on appelait jadis les États-Unis luí~
tion compl~te. Cette derai~re faveur ne sera rigoureusemeni
Alf. Robaut,
t 50
Cavalier démonté.
pire
~a et la des réflexions fort j udicieuses, et quelqnes
Id.
!!
•
accordée que sur l'envoi de 50 írancs en ún mandat sur la
Jacob rec••it le manteau de loseph.
Id.
1 •
Li«nne déchiraot uoe proie,
poste,
ou
en
une
valeur
sur
Paris.
vues
dont la sagacité frappera tous les esprits sensés, Id.
t 50
t.:naher ar•be g"lnpant.
Pb. Burty.
i
•
Les prix indiqués ci•dess,, &lt; s'uppliquent aux volumes retirés Celle-ci, par exemple : l&lt; ••••• 11 serait puéril de se di&amp;
au repos.
B" de l'Aage.
! •
Lio11nes couchées.
dans nos bureaux; les frais de poste (90 cent. par volume en- muler que la lutte sera néces.,aireruent longue, si l'on
Alí. Rob11u1.
! •
l'ombat d'uD !ion et d'un tigre.
voyt i,oUment) n'y .sont pas compris.
'ieouer.
! •
Mo t de Lara.
veut obtenir un résultat sérieux, et je ne sais s'il n'est
B" de l'Aage.
!
•
f.avalier mameluck pas~ant UD gué.
Id.
!
•
C.valier marooluck au galnp.
pas mieux qu'il en soit ainsi, meme daos l'intérét des
Id.
!
•
Lion t•nant un liene aou1 se• p•ttes.
États-Unis. De ce rude enseignement de l'adversité, ill
Alí. Robaut.
t 50
Pyrrhus et Anoabal.
.
CEUVRES
NOUVELLES
PE
GAVARNI.
[rl.
1 50
Cornbat d un lion et d'un cavaher.
emporteront ce qui leur a manqué jusqu'ici, l'homogéPaul Tesse.
1 50
L1on emportsnt une femme.
Par-ci, par-la, et Physionomies parisiennes, splen- néité. De la guerre civile, par une de ces contradielions
f.'
Dutil•eut.
!
50
Panlhere attaqnant un cbenl renversé.
s•· de l'Aage. ! •
dide collection de !00 sujets, tirés sur chine par Le1 ion ass,s.
apparentes ou l'on reconnait le doigt de Dieu, ils feroot
Alí Rohaut.
!
•
Lioone atl&gt;Quant UD eavalier renversé.
mercier,
formant l magnifique volume grand in-4° colomB" de I'Aage.
! •
CM,bat d'un hoo et d'un bomme.
~ortir, vivace et profond, !'esprit de nationalité, dont ib
!
•
Id.
bier, relié en maroquin et doré sur traoches :
Rtud•s de tétes oc linos et de lionnes.
M.
! •
n'av:üent auparavant qu'une notion imparfaite et eonTigre bl•né ae désaltérant.
!
•
10 fr. AU LIIIU DI t 10 fr.
Id.
f,100 d•pouill&amp;Dl un oo.
fuse, et ils auront eu la gloire d'accomplir cette révoln41!.lloh•ut.
4 •
Lutte de Jacob et de l'An~e (St-Sulpice).
6 •
B.. de l'Aaee.
5 fr. en sus pour l'envoi franco daos une caisse, tion en assurant a tout jamais sur leur vaste coutinent
Eouc,tion d'Achille.
! •
r.,,mbat dan, la foste (sc•ne d'Hamlet . Alí. R,.b,ut.
pour la France continentale. Les souscripteurs de le triompbe de la dignité humaine. )&gt;
1 50
t:ba,se aux lions
( deux esQutJSes). Cb. Oesavary.
l'Étranger devront le faire réclamer par leurs corresLa Californie et San-Francisco ne sont pas pour M. da
pondaots.
Hailly une mine d'observations moins féconde.11 raconte
'
Une nouvelle série de 25 a 30 dessins est sous presse,
en une centaine de pages la formation de ce nou,el
L'ALMANACH DE L'ILLUSTRATION est sous presl\e et État, son rapide et prodigieux développement, malgri
pour paraitre prochainement.
paraitra dans la premicre quinzaine d'octobre.
Cette collection de fac-simile se continuera, grace a 84 pages, ornées de 78 gravures. - Prix : l fr. broché des obstacles sans nombre et des crises formidables, dont
l'énergie et l'indomptable tJnacité de l'Yankee pouvaient
la communication de nouveaux dessins du meme
et doré sur tranches.
seules triompher. Puis il retourne dans l'Atlantique, il
maitre, empruntés a MM. les artistes ou amateurs obliaborde a la Nouvclle-Ecosse, et fait de cette terre si pel
geants. - Des échanges auront lieu a cet égard.
connue, de cette terre jadis fran~aise, et ou végeteal
111 LIOelA, IU l.
Toute personne qui demande la collection entiere
encore tristeruent quelques milliers de Fran~ais, une
jouit d'un avantage de 25 ol°; elle paie 40 fr. toutes les Compagnes et stations sur les cótes de l'Amérique du Nord, peinture curieuse et touchante. Le croira-t-on, qn'íll
par L. du Hailly (1).
planchea ci-dessus, brochées, tandis que le prix par unité
tiennent encore a nous par les mreurs, par le langage,
produit 54 fr. - Les memes faveurs seront accordées
M. du Hailly est officier de marifie. C'est, de plus, un par le creur surtout, ces pauvres colons vendus par 111
par la suite.
homme tres-instruit, e~ je veux dire par la qu'il sait roi de France a l' Angleterre depuis un siecle et demiT
heaucoup de choses étrangeres a sa profession : littéraEnfin il double le cap Horn pour la deruiere fois, dil
Dans la bro&lt;'hure, les 0 08 l et 5 .sont réunis sur une ture, beaux-arts, histoire, philosophie, politique, fcono- adieu a l'Amérique, et va combaltre les Russes al'el•
mie politique, économie sociale; - il parle de tout, a trémité de l'Asie... Rien n'est moins connu ici que rex·
3 et 7
méme feuille.
(Cependant il a été fait pour chacun d'eux un tirage sé- l'occasion, en fort bons termes, et fort pertinemment. pédition anglo-fran~aise de 1854 au Kamtcbatka. Le íraparé, dont Je prix est celui porté ci-dessus, au tableau.) C'est de plus, chose remarquable, et assez rare dans nos cas des batteries de Sébastopol a couvert ce bruit lollarmées de terre ou de mer, - un esprit tres-libéral, et tain. Nations et gouvernements, victorieux sur la mer
(1) Puio1 Dento.
Noire, n'ont guere pri.s garde a un échec subi sur la

a

J

c¿J

-

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

(ükhotsk. 11 semble que l'on se soit donné le mot
IPer , n pas parler. Mais on a beau garder le silence
Pour nefait on n'empeche pas pour ce1a qu,.I 1 n, a1t.. eu
s~ un ~e le dérobe point a l'histoire. Et pourquoi

heU,. ººait--on'! A-t-on la prétention d'étre invincible?
re~aterérite aurait-on a· vamcre,
·
s1· 1'on ne coura1·11 a
1
Que md't\tre vaincu? Soyons de meilleure foi, et ne
chance
·
• ons pas d'avouer que la forteresse de Petropavroug1,s
d
h' .
été attaquée par une esca re com mee, que comJosk a
.
p .
.
daieotde concert 1es am1raux rice et 0 espo1ntes, que
man ·ttanue échoua, et que 1· am,ra
· 1 P rice,
· ehef supreme
•
cette" ·,
b
b·¡· ,
a I' xpédition, succom ant sou~ une responsa i 1te que
e ett·mentdº~ quelques fautes qu'il avait faites, - hésitaJe sen
.
. temps perdt1, fausses manreuvres, etc., - lm ren~~
.
d 1• ntpesaote, se donna la mort i.le sa propre mam, an
ª:ent meme ou l'action allait s'engager . Témoin de ces
roo
'
d
d
,eve•nements, acteur l&lt; ob~cur, » ace
qu,•·¡
1. d.1t,
. . e ce rame
·u oré M. du Hailly en raconte 1es per1pet1es avec une
1~ 0 '
. d d .
ticre sincérité et la rect,tu
e e Jugement qut. 1m. est
en
é.
.
.
1t '
babituelle, et ce c1t, succmct: ma1s _co~p ~ , n es: pas
la partie la moios mstructtve m la moms mteressaute de
son Jivre.
G. litQuET.

r

~

En vente, a la libraire Larousse et Boyer, rue SaintAndré-des-Arts, 49, a París, le 9• fasci~ule, d_u GRAND
Olc:nom!AJRE UNIVERSEL DU x1x• SLtCLE . S iJ eta1t perm1s
de bai1tiser chaque ra~cicule, celni-ci s'appellerait le
Fascic11/e des anecdotes: il n'en compte pas moins de 250,
ce qui n·usurpe aucunement la place des articles sérieux.
Les principautsont: Ane, Aned'or(d'Apulée), Ange, Angelo (de M. V. Hugo); Anyers, et surtont le mot Angleterre (!Ui a été l'ohjet d'nne étude approfondie et de développements qui sont de nature a satisfaire la curiosit,!
atous les points de vue. Aussi l'on pent dire que M. Larousse a réalisé, de la maniere la plus complete et la
plus heureu5e, le précepte du pocte latin : titile dttlci.
_ Prix de chaque fascicule, 1 fr. L'ouvraire en renfcrmera au moios 260. Souscription a l'reuvre complete,
100 fr. A partir du i º' octobre prochain. la souscription
sera élevr.e a 120 fr., et dans ces nouvelles conditions,
les souscripteu.rs bénéficieront encore d'une remise de
25 0/0.
- Le curieux journal de bord du capitaine Semmes :
Croisiei•e.~ de l' Alabama et du Sumter, est en vente chez
Dentu. Rien de plus émouvant et de plus instructif que
cette suite de récits de voyages et de combats livrés sur
tonles les mers par ces hard is corsaires. 1 vol. de 440
pages a,,ec portrait et vignetles, 3 fr. 50, franco.
LES ASSURANCES.

foods de garantie de 7l millions; pour les assurances
contre \'incendie, elles s'appuient sur un autre fonds de
garantie, entierement distinct du premier.
Aussi, les résultats obtenus par la 1'atinnale sont- ils
pleinemeot satisfaisaots.
Depuis trente-quatre ans qu'elle
1
existe, la com pagnie s'est constamment applir¡uée amettre la plus g-rande célérité et la plus scrupuleuse exactitude ·a remplir ses engagements. Elle a payé, ~ans réclamations, plus de soixante-douze millions d'arrérages
et plus de qnatre miflions de sioistres !
Mais ce sont les assurances sur· la vie qui prennent
mainteoant un prodigieux accroissement. L'exemple qui
nous a été donné par I'Angleterre commence a porter
chez nous ses fruits. On en arrive enfin a comptendre
en France que chaq1ie homme, par son travail, par son
acti vité personnelle, représente, en réalité, un capital
véritable, et que ce capital, comme le capital foncier,
cornme le capital industrie!, comir.e le capital maritime,
pe1Jt trouver daos l'Assurance deux forces nouvelles :
Une force résultant de l'exemption de tout risque et
de toute perte;
Une force résultant de la mise en valeur des plus minimes r ~ssources, que l'on regardait jusqu'a présent
comme perdues.
Les plus faihles capitaux peuvent, en effet, de nos
jours, produire des résullats profitables.
C'est daos le but d'étendre jusqu'aux limites extremes
de toute propriété cette heureuse application de l'Assurance, que la Nationale a répandu partout la connaissance des avantages qu'elle présente dans les opérations
multiples q11'elle embrasse.
Assurances sur la vie ;
Assurances en r.as de déces;
Assuraoces d'un capital fixé a l'avance, etc., etc.•
Toutes les combinaisons les plus variées et les plus
fécondes dont la pratique anglaise a démontré 1'11tilité,
oot été abordées dP. front et pratiquées avec les plus beureux succes par la Nutionale.
Les avantages de cette assuraoce sont aujourd'hui
compris de tout le monde. Ses formes sont si diflérentes,
que nous ne pouvons les reproduire toutes. Citons toute••
fois un ei emple :
En l 836, M. D... fait assurer sur sa tete, a l'age de
quarante-dem ans, un capital de 40,000 fr. payable a
son rléccs, et puur lequel il paye une prime annuelle de
l,400 fr. En i863, voici les résultats de l'opération :
t O M. D... conserve naturellement ses droits au capital
assuré de 40,000 fr.; 2° M. D... a re~u pour sa part de
bénéfice, aux différents inventaires de la Nationale, une
somme de 2fl, i 33 fr.; 3° si au lieu de recevoir ses bénéfices a chaque inventaire, M. D... les eut laissés a la
compagnie pour. uamenter le capital assurl!,ce capital se
serait accru de 48,350 fr. et Je capital assuré qui, dans
)'origine, n'élait que de 40,000 fr. se trouverait, en
!863, porté au chiílre de 88,350 fr., sans augmentation
de la prime aonuelle !
De pareils faits ont leur r.loquence. lis montrent tout
ce que peut produire la prévoyance unie au calcul des
íntérets. M. Dupin peut done attaryuer impunérnent ces
· eréations lécondes en hienfaits. L'exemple tle la Nationale nous prouve qu'elles enrichissent la société en la
moralisant. En frappant sur une telle institution, on obtient le meme résultat qu'en frappant sur un pie u; on
ne fait que l'enraciner plus profondément dans le sol.

Daos les récentes polémique~ que la question des assorances a soulevées, la presse a été unanime pour proclamer l'utilité de ces institutions, qui ne sont qu'une des
formes les plus ingénieuses et les plus profitables de l'assoeiation. Un des recueils les plus estimés, le Journal des
étonomistes, dita ce sujet, avec l'autorité qui lui appartieot: « La cais5e d'é¡,argne, la caisse des retraites, les
~ciétés de secours mutuels, les assurances sur la vie,
soot, en définitive, sous des noms et des formes diver.,es,
la mise en pratique d'une méme vertu, et de la vertu
HENRI VIGNE.
la plus uble aux sociétés humaines, la prévoyance. Rien
ne doit etre uégligé pour en Jouer les efforts, pour en
pnpulariser les bienfaits. On a vivement recommandé
HYGIBNE ET MÉDECINE.
le.~ caisses d'épargoe au moment ou elles se fondaient.
Les Anglais n'ont pas seuls le privilége de ces courtLes a.~R•1rances sur la vie méritent les memes éloges et
les mémes encouragernents. ,,
plaisters et de ces hasty-cordials, qu'on est si souvent
. Et les faits vienoeot heureusement légitimer les_prin- heureux d'avoir sous la main, en cas d'indi,position suc1pes. Prenons un exemple, et voyons, par les eomptes- bite. Nous avons aussi les notres, dont l'efficacité n'est
~:idus de la Nationale, a. quels puissants résultats ahou- pas contestable.
On sait que c'est a !'un des derniers moines de l'orüt l'application de l'idée de I' Assurance, sous toutes ses
formes.
dre des car mes, décédé en t83 I, que M. Boyer (14, rue
Ft1t-il jamais, dans une institution, garanties plus Taran ne), doit la·mystérieust! recette de ce cordial toutgl'andes que celles présentées par la _¡yationale? Au point puissant, que tout le monde conoait aujourd'hui SOU$ le
de vue moral, comme au point de vue financier, ces nom d'Ea•,1, de Mélisse des Carmes, et qui rend, dans une
multitude d'affections, des services doot la médecine
garanties défient le plus scrupuleux examen .
Au point de vue moral, la Nationale donne aux ioté- elle-meme a reconnu et consacré l'efficacité. L'usage
'7'1Sés, d'une maniere absolue, une double satisfaction. de cette bienfaisante liqueur préserve et guérit des vaDun coté, elle va au devant des désirs du public, par peurs, des vertiges, de l'apoplexie meme; elle facilite
nn~ publicilé si large et si claire, que l'assuré suit, en la digestion, soulage les maladies des voies respirapleme lumiere, et la marche de son capital et l'ensem- toires, en un mot, elle a des droits au titre de bienhle des opérations sociales. De l'autre, il sait que la faitrice de l'humanité.
Nationale opere avec un conseil d'administration formé
11 est un établissement de parfumerie de premier ordre,
des hautes nolab,lités financieres : MM. de Rothschild, dont nous croyons devoir de nouveau recomman&lt;ler les
Périer (Joseph), régent de la Banque de France; De- produits. - L'emploi de la Glycérine de Rirnmel, 47, hoú~ert (Benjamín), Davilier, de Germiny, Pillet-Will, levard des Italiens, est tres-efficace, surtout en cette saidallet, Hottinguer, etc... c'est-a-dire les premiers noms son qni voit le public abonder aux bains de mer. Les baius
nmonde financier.
de mer ont l'incoovénient de rendre les cheveux secs et
A,1 point de vue pécuniaire, aucune Compagnie n'of- cassants. Pour cornbattre cet effet nuisible, ríen n'est sufre de garanties aussi considérahles que la Nationale. périeur a l'E.ctrait de .ius de limons et a la Glycérine de
·~ . en effet, ce~ garanties de la Nationale sont doubles. Rimmel, qui neutralise le sel marin et laisse la chevelute
onr 11\S ,Assurances sur la vie, elles s'appwent sur un souple et brillante.

CRÉDIT FONCIER DE FRANCE .

47• Tirage trimestriel des obligations foncidres 3 et 4 0/0
.
(1853).

Le nº 638, sorti le premier, gagne. . • . !00,000 fr.
Le nº 83,344, sorti le deuxieme, gagne. • . 50,000
Le nº 97,142, sorti le troisieme, gagne. . . . 20,000
807 nurnéros, sortis ensuite, seront remboursés : les
4 0/0 au pair et les 3 0/0 avec une prime de 20 0/0.
4• Tirage trimestriel des Obligations fonciéres de500 fr. 4 0/0
(1863).
Numéro sorti : 5,879. Les obligations portant ce numéro
gagnent, suivant la série a laquelle elles appartiennent, les lots suivants :
24° série. . . . . . . . . . . . . . • . • . . f00,000 fr.
36• série. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30,000
Séries 4, - 34, - 2,-39, - 37, - 35, 25, - iO, - cbacune. . . . . . . . . . .
5,000
Et les séries 28, - 23, - 5, - 31, -8, 40, -32, -21 , -26,- 30,-19,13, - 17, - 9, - 38, - i8, - H, 20, - i5, - f, -7, - 27, - l2, - i6,
- 14, - 29, - 3, - 33, - ti, - 22, ch acune . . . . . . . . . . . . . . . . . .
f ,000
40 numéros sont en outre remboursés au pair.
8• Tirage semestriel des Obligations communales 3 0/0.
Lenº i 32,929, sorti le premier, gagne. . . hl0,000 fr.
Les nos 4i ,066, - i 94, - 4,62!, - 40,369
gagoent cbacun. . . . . . . . • . . . . . f0,000
Et les nos H ,996, -- 98,461, - !06,043, 122,045, - 74,696, - 75,446, - 139,039,
i29,536, - 81,536, - 28,865, chacun un
lot de ... , . . . . . . . • . . . . . . . .
t,000
397 numéros, sortis ensuite, seront remhoursés au paír.
La liste complete de~ numéros sortis achaque tirage
est adrPssée franco a toute persono e habitaut les département.~ qui en fait la demande par lettre affranchie.

COMPAGNIE &amp;ÉNÉRALE TRANSATLANTIQUE
semce poatal fran91la

ENTRE LE DA.l'RE ET NEW-YORK
U.NS BSC1.LB

Par lu 111agniflquu paqiubotl ll rouu

WASHINGTON, capitaine A. Ducbesne, de 5,600 tonneaux de déplacement et 950 chevaux de force.
LAFAYETTE, capitaio'l A. Bocandé, de 5,600 tonneaUJ
de déplacement et 950 chevaux de force.
Les départs se feront le mercredi, tous les vingt-huit
jours, tant du Havre que d~ New-York.
Les prochains départs auront lieu comme suit :
DU BAVR.E :

Steamer J,afayette.... Mercredi i9 octobre.
Steamer Washington. Mercredi i6 novembre.
Lafayette.... Mercredi,l4 décembre.
DE NEW-YORK :
Steamer Washington. Mercredi 12 octobre.
Lafayette.... Mercredi 9 novembre.
Washington. Mercredi 7 décembre.
J,afayette.... Mercredi 4 janvier l 865.
Pria: des places :
Premieres. . . . . . 700 fr.
Secondes . . . . . . 400
S'adresser, pour passage, fret des marchandises, des
especes, et pour tous autre~ renseignements :
A Paris, au bureau spécJal de la Compagnie, l2, boulevard des Capucine~ (Grand-Hotel);
Au Havre, a MM. William Jselin et e•, agents;
A Ncw-York, a M. Geo. Mackenzie, 7, Broadway.

AFFAIRE

DE

BLAGNAC,

Pres Toulouse.
AU

DI RECTE U R.
Toulouse, U aeptembre. .

Mardi 20 septembre, le village de Blagnac, un des
plus pittoresques de nos envirous, était le théatre d'un
drame terrible q11i venaitjeter l'épouvante dans la populatioo de notre ville, encore toute émue des crimes de
Laba.~tide-Besplas.
Deux hommes, Guimbaud pere, agé de 60 ans, et son
fils, agé de 36, apres avoir attenté a la vie de plusieurs
personnes, se barricadaient dans leur maison,et la soutenaient un siége de quatre heures contre la force
armée. Permettez-moi de vous di.re en quelques mots
quelle a été !'origine de cette triste scene et quelles en
ont été les pbases.
Un sieur Meilhorat, qui a,aii épp!JM il y lit qllelque

�L'ILLUSTRATION , JOURNAL UNIVERSEL •

..... ~-~ -

~
~

-._-

......:..·-

/~Ji~

L

,H'FAIRK DE BLAGNAC: ATUQUB DB LA IIAISON GUlllBACD. -

temps une femme dont ia réputation n'était pas, dit-on,
reproche, avait été, d'apres un usage
assez commun dans nos contrées, l'objet d'un charivari.
A la suite d'une plainte portée a ce sujet par Meilhorat, plusieurs individus, parnji lesquels se trouvaient
Guimbaud et son fils, furent condamnés, le i7 septembre, par le Tribunal de simple police.
Ces derniers résolurent de se venger.
Mardi, a midi, le fils Meilhorat passait devant l'habitation de Guimbaud pere, quand tout a coup il re~oit
une baile dans l'épaule; l'auteur du meurtre s'écrie
alors en brandissant son fusil : «Je vais en faire autant a
ton pere et a ta mere. » Ceux-ci travaillaient dans un
champ voisin; ils sont assaillis par Guimbaud. La femme
:Meilhorat re~oit un coup de baionnette dans le coté, et
~leilhorat ne doil son salu.t qu'a l"intervention de quelques personnes qui désarment et garoltenl le crimine];
mais celui-ci est presque aussitót délivré par son fils, qui
est accouru armé. Les deux criminels s'enfermerent alors
dans leur habitation, en déclarant qu'ils étaient prets a
se faire tuer et a vendre cherement leur vie. Les autorités locales furent obligées de se retirer pour demander
main forte. Snr ces entrefaites, un chasseur passant devant l'habitation, était arrété par les dcux Guimbaud,
qui l'obligerent a leur donner sa poudre et son plomb de
chasse. lis rentrerent de nouvcau, fermerent toutes les
issues, les barricaderent et se préparerent a soutenir le
siége. Daos la maison, se trouvaicnt déja deux femmcs
et un enfant de douze ans.
L'habitation est une maison d'un seul étage, blanchie
·a la chaux et surmontée d'une petite tourelle. Ou n'eut
pas mieux disr,osé ce batiment rustique, si, lors de sa
construction, on eilt prévu le siége qu'elle a soutenu. Elle
est isolée, elle n'a des ouvertures qu'a la fa~ade principale et qu'aux murs latéraux. Les ouvertures de la fa ~ade principale sont murées et percées de meurtrieres;
la tour a de•n étroites ouvertures, dont !'une commande
la fa~ade de derriere etl'autre cellc de devant.-Guimbaud pere et fils étaient deux intrépidcs chasscurs;
ils avaient dans leur mais1Jn pluEieurs fusils de cbasse,
un fusil de guerre, une canardiere, des pistolets, des
moules a fondre des halles. Le commissaire de police
de l'arrondissement, s'avan~ant bravement devant la
maison, Jlt sommation a trois reprises aux criminels

a l'abri de tout

D'apres une photor,1phie de 11. Pro,ost.

de se rendre. A la troisieme, Guimbaud pere ajuste le
commissaire en s'écriant : « Cochon de commissaire, tu
vas y passer ! » ~t lache le coup, qui heureusement ne
porte pas. On comprit alors qu'on allait avoir une lutte
acharnée a soutenir, et des renforls furent appelés. Bientót arriverent deux nouvelles brigades de
gendarmerie , commandées par un capitaine , que
rejoignit bientOt un commandant et une compagnie

du i 7ª bataillon de chasseurs a pied. Par prudena,
on se borna a cerner la maison, et de nooftl.
les sommations furent faites aux meurtriers, qui ripondirent par de nombreux coups de fusil; des lorscommen~a l'attaque. Le capitaine de gendarmerie fit aswllir
la fa~ade principale et battre en breche la porte banicadée; pendant qu'assiégeants et assiégés échangeaiell
une vive fusillade, plusieurs assaillants sont blessés. l&amp;
feu s'étant déclaré dans la maison, les deux fe1111111
se halerent de sortir; mais les Guimbaud, suffoqués par
la chaleur et la fumée, leurs vetements en flammes, ui,
RÉBUS.
més d'une sorte de rage, continuerent a décharger lem
armes de tous cótés. 11 fallait cependant se reodre •
chercher le salut daos la fuite. Guimbaud fils, ayul
quitté ses vetements enflammés, se présenta, nu, l la
fenetre du rez-de-chaussée du mur latéral qui bordela
route; il leva son fusil en criant: Je me rends! Un gea,
darme sort de derriere une embuscade pour l'arréts;
au meme instant, il re~oit a bout portant un coop •
l l'Sil qui l'étend sans vie. Mais un chasseur Apied, ~
avait vu le mouvement de l'assassin, le mettait en jOII
et le frappai t mortellement.
Guimbaud pere élait encore au milieu des flammes.
Sentant que le plancher s"abimaitsous lui, il sautesorlt
petit toit d'une porcherie en se tirant un coup de pittolet. En meme temps, il est atteint de plusieurs ball&amp;
11 est auc;sitót saisi et garroté. «Ah! dit-il, je suis eolN
les mains de la jJJstice, ce n'est pas ma faute : je•
suis tiré deux coups de pistolet et donné un coup •
poignard, et je n'ai pas pu me tuer. »
Telle fut l'issue de cet horrible drame, daos leqaei
il y avait eu deux tués, le gendarme Montaigut et Goillbaud fils, et neuf blessés, le commandant et le capitailt
&amp;XFLICA.TION DU DERNIER RÉBUS:
de gendarmerie, trois chasseurs, deux sergents de 'filll,
Ce ful a la suite des harangues de Desmoulins, au jardin Meilhorat et sa femme, et enfin Guimbaud pere.
du Palais-Royal, que commenca la Révolution de 89.
Ce dernier, ainsi que les deux femmes Guimbaa4 ll
leur jeune fils sont sous les verroux. Les inteJTOII"
toires ont déja commencé.
GAVOY,
Auc... M.1Rc, directeur-gérant.
EoM. TEXIBR, rédactcur en chef.
~

Imp. de L'JLLUSTRATlON, A. Marc,
22,

TIIC

de Vm14ui1.

La réouverture des Coneerts populaires de llutif'
classique sous la direction de M. Pasdeloup, aura '
au Cirque Napoléon, le dimanche 23 octobre.

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                    <text>L'ILLUSTR
.
.
ATION~
.
IOUBRAL UKIVEBSBL.

-

Direetion , Rédaction , Administration :

,...,.1es
communications relatives au joumal, réclamations, demande•
de chan•ements d'adresse , doivent etre adressées franco a
... AUG.

0

Nº

1128.

Oetohre t 8tU.

L'adminislralion ne ripond pas des manuserils et ne s'en~age iamais ales insirer,

Les demandes d'abonnement doivent etre accompagnéea
d'un mandat sur Paris ou sur la poste.

Vu Jts traités, la lraduclion et la reproduclion i l'élrangcr sont ioterdite,.

SOMMAIRE.

Gravuru : Garde impériale me11ca10e : Régimen! beige Impiratrice
Gharlotle. - Bnlrée du maréchal Mac-Mahoo a AIJ:er, - Colonne sous

L'Ullée me1iuine. - Revue politique de la semaine. - Courrier de
TIIJ1ge. - Arritée du maréchal l\lac-!labon 11 !lger. - Correspond'Algérie. - Causerie dramatique. - Les lilas blancs ( nou•elle) 1uite. - Tableaux du Morvan: i propos de la pipée. - M. Perdioand de r.roze. - Les embellissemenls de Naples. - Mamrs et
lfpH d'au¡ourd'bui : Le gar~on de bureau. - Bulletin bibliograpbique.
- loau~uratioo de la stalue du général Pajol. - Établimmenl thermal
de la lrégate la Ville de Paris.

•uce

dellflt,
1outel•
ui ré-

JHARC, DIRECTEUR GÉRANT.

22e ANNÉE. VOL. XLIV.
¡samedi 8

BUREAUX : RUE RICHELIEU-, 60.

les ordres du colonel Pechot, opérant contre les Ouled.Sidi-Maosour. Torio. - Floreoce. - Fac•simile du porlrait de s. A. R. la jeune
princesse Marguerile de Parme. - Plan général d'un quartier nouveau
et d'un palais d'exposition sur la colline de Chiaja, a Naplea. - Palais
d'exposition a Naples. - Les vir.times de la mode, par Berlall (suite).
7 gravures. - Slatue du général éomle Pajo!, rnaugurée a Besan~on, le
!8 aoüt !86i - Échecs. - Rébus.

Ahonnements pour Paris et IMDépartemeots :
S moi• 9 fr.; - 6 mois, 18 fr.; - unan, 36 fr.; - Je numéro, 7&amp; c.
Ía collection mensuelle, 3 fr. ; le volume semestriel, 1~ fr.
A.DONNE~IENT8 POUR VÉTRANGER 1
Mémes prix ; plus les droits de poste , suivant les tarifs.
Les abono. parrent du I er no de cbaque mois,

L' ARMÉE

MEXICAINE.

GARDE IMPtRIALE.
IIÉGIMENT BELGE IMPtRATRICE CHARLOTTE,

Le régiment beige lmpératrice Charlotte, de la garde
impériale mexicaine, s'organise·aAudenarde, petite ville
de la province de Flandre orientale, célebre par son

l'S COll-

.swllir
barri~eaim
sés. Le

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S tequel

t Goimspitainl
~e tille,

baudll

erroP'

GAROB WPÉRIALB Ml!llCAOO!: RÉGWBNT BELGB IMPÉRATRl{;B·GHARWTTE. - D'apres une pbotorraphie de 11111. Ghémar fr!res, p~otogrsphes du~Rol,

a Bruxellea.

�226

--

L'ILLUSTRATION , JOURNAL UNIVERSEL.

Hótel-de-Ville. Ce régiment est composé de deux hataillons a six compa~nies, l'un de grenadiers, l'~utre de
volti~eurs. Le cadre de ces compagoies, d'un effectif de
150 hommes, est celui des corps d'inf~nlerie de l'armée
helge sur picd de guerre: i capitaine, i lieutenant,
2 sous-lieutenants, í sergent-major, 5 sergents, i sergent-fourrier, 8 caporaux, 2 cla1rons et 2 tambours.
Grenadiers et voltigeurs ont, indistioctement, des tambours et des clairons a la fois. Ces derniers servent aux
signaux des tirailleurs.
Les grands et petits états-majors de bataillon et de régiment comprennent: pour le bataillon, 1 major, í capitaine-adjudant-major, í lieutenant ou sous-lieutenant
officier payeur, í médecin de bataillon, í adjudant, 1 adjudant-sous-officier, í caporal tambour, í caporal-clairon. Pour le régiment, í lieutenant-colonel commandant,
í major commandant en second, í capitaine quartiermaitre, í capitai ne administrateur d'habillement, í médecin de régiment, un lieutenant porte-drapeau, 1 lieutenant chargé de l'armement, un chef de musique avec
grade d'adjudant sous-officier, le nombre de musiciens
gagistes nécessaire a la composition d'un corps d'harmonie; i tambour-major, 1 sergent clairon.
Le régiment Impératrice Charlotte est commaodé par
le baron Alfred van &lt;ler Smissen, major daos l'arn1ée
beige. Cet officier clislingué, fils d'un officier général
qui servit sous le premier Empire, était aide de camµ du
ministre de la guerre, quand l'empereur Maxim1lien
l'appela au poste d'honneur et de confiance qn'il occupe
aujourd'hui. Le lieutenant-colonel, baron van rler Smissen, homme du monde accoropli, n'est pas étranger a
l'armée fran~aise. En 185-1, il fit, en volontaire et en
vertu d'une autorisalion royale, la campagne de la Kabylie. Attaché a l'état-major dn général Saint-Arnau&lt;l,
il fut décoré de la Légion d'honneur et mis a l'ordre rlu
jour de l'armée pour sa belle conduite a l'attaque du
col de Menazel, ou, daos une charge brillante des
chasseurs rl'Afrique, il tua deux Arabes de sa main.
M. le baron van &lt;ler Smissen est aussi chevalier de
l'ordre de Léopold.
L'01·ganisation du corps a été confiée a un lieutenant
énéral
en retra1te, M. Chapelié, qui fut pendant trente
6
1nnées gouverneur cte l'école militaire de Ilruxelles.
C'est a lui que cet établissement doit la haute renommée
dont il jc,uit en Europe.
Le recrutement s'est opéré dans l'armée et dans la
popnlation civile. L'armée a fourni les cadres, saos exception aucune, et un grand nombre de soldats. Parmi
les ~ous-officiers de toutes les armes s'est manifesté le
vií dé5ir de faire partie de l'expédition. Un grand nomhre ont abanrlonné leurs galons pour étre admis a l'incorporation. Ceux qui ont été mainten•Js daos leur grade
unissent anx aptitudes mililaires et a une condnite
irrilprochabte, les qualités physiques les plus développées, l'énergie et l'aclivité. Instructeurs accomplis, ils
ont promptement formé au maniement des armes et aux
manreuvres, les enrólés qui n'appartiennent pas a
l'armée.
Complétement équipé, armé d'une carabine Enfield
du calibre rle treize millimetres et d'une ba'ionnelte-sabre, le régiment lmprratricP. CharlottP. se rendra au
Mexique par tes bateaux a vapeur de Saint-Nazaire, en
trois df\tachements, échelonnés de mois en mois. Le
premier détJchement, composé de l'état-major du régiment, d'un état-major de bataillon, de !a musique, de
deux compagnies de voltigeors et &lt;le deux compagnies
de grenadiers, au grand complet de guerre, s'embarquera le 1G octobre prochain. Les homnws seront transportés a Saiot-Nazaire par chemin de fer et saos séjour. Des ralions alimentaires leur seront délivrées
dans les gares désignées a !'avance par l'admimstratJon
fran~aise.
Notre dessin. represente les uniformes de la troupe
daos les difft1rentes tenues de service et &lt;le ville. Les officiers, en petit uniforme, ont le ceinturon en cuir noir
et la tunique a brandehourgs et a olivPs noires sans
liserés, sans rouleur distinctive aucollet, aux parements
et aux pans. En tenue de campagne, ils ont la giberne
en handouliere, un revolver a six coups et des bottes
au-dessus du pantalon.
La giberne est aussi la marque de service pour les officiers.
Le bonnet de poi ice des sous-officiers et soldats, dont
le galon et le glan&lt;l, rle meme que les galoos de la tunique et le liseré du pantalon, sont rouges pour les grenadiers, verts pour )es lvoltigeurs, blancs pour les mu-

siciens, les clairons et les tambours, est orné d'un galon
de soie noire et d'nn gland &lt;l'or pour les officiers.
Officiers et soldats portent un plumet de plomes de
coq noires. Les tarr:bours, les clairons et les musiciens
ont le plumet blanc.
•
Les uslensiles de campemeot, marmites, gamelles et
bidons, outils, tentes, abri5, etc., ele., sont du modele de
ceu.x en usage daos l'armée fran~aise.
'
GusTAVE L ~WRE.
~

REVUE POLITIQUE DE LA SEMAINE.
L'Italie est calme, Tnrin est tranquille, et toutes les
correspondances s'accordent a dire que la convention
franco-italienne a été accueillie partout avec la plus
grande faveur. Le général La Marmora a mené a boniJC
fin la composition du nouveau cabioet, composé de gens
tres-honorables, et IJUÍ avaient déja pris part anx affaires : a peine iostallé, le cabinet a publié son programme, donl il est ioutile de faire ressortir l'importance daos les circonS\ances présentes.
« En assumant le gouvernemeot des affaires publiques
dans d'aussi graves circoastances, le oouveau ministere
se croit obligé de faire connaitre a la nation, de la maniere la plus claire et la plus explicite, ses intentions
sur la question prédominante qui préoccupe si vivement
les esprits et agite l'opinion publir¡ue.
&lt;&lt; Le cabinet accepte la convention récernment stipulée avec le gouvernement impérial de France, pour l'évacuation des troupes fran~aises du territoire pontifical,
ainsi que la eonditiori du Lraosfert de la capitale daos
un autre siége. Avec r,ette inleution et a cet effet, il soumettra, des la réouverture du Parlement, un projet de
loi aux Chambres.
« En meme temps, le cabinet a la conviction que des
motifs de haut~ coovenance politique et de stricte
équité imposent au gouvernement du roi le devoir de
proposer au Parlement' tous les tempéraments qui peuvent étre les plus propres a alléger les &lt;lornmages de la
ville qui cesserait d'etre capitale du royaume, sans
toutefois éloigner le délai fixé daos la couvention pour
l'évacuation des troupes fran~aises du territoire ponti0cal.
« Cette tres-nohle cité qui, au-dessus de toute pensée,
a toujours eu celle de l'avemr de la nation, saura donner a l'Europe, en cette circonstance, le splendide
exemple de ce calu,e digne qu'elle a toujours gardé
dans toutes les phases de la résurrect1on italienue, et
qui lui a valu les sympathies et l'approbation de toute
' la Péninsule et du monde civiltsé.
« Daos de teUes résolutions, qu'il se plait a croire
partagées par la tres-gr-ande majorité de la nation, le
ministere se presentera au Parlement avec la certitude
que les populations italiennes, péoétrées de la gravité
et des ,difficultés de la situatioo, attendront avec une
pleine confiance les votes de ce meme Parlement, et
sauront garder et cooserver cel accord de volootés,
cette foi inaltérable daos la couronne, qui ont été notre
force principale dans les événements glorieux accomplis
&lt;lepuis i 859 j us4u'a C'llte époque, et qui do1vant encore
étre le gage le plus sur de l'entiere réalisation des destinées de la oation. 1&gt;
On avait préten lu rue le Parlement, convoqué le
~4 octobre, se réuníra1t partout ailleurs qu'a Turin,
mais cela ne parait pas probalJle.
Le gouveroement italien est parfaitement en mesure
rl'assurer la liberte rles délibéralions du Parlement, a
Turin aussi bien qu'a11leurs. Le général de La Marmora
et ses collegues sout des hou111,es tres-fermes, qui ne
tolereraient pas des désordres daos la roe. De plus, il
n'y a pas a craindre que ta populat1on turiooise essaie
d'1mposer son opio ion au Parlement. D'ailleurs, les trouble·s du ~1 et du 22 septemhre n'ont éclaté que parce
qu'on ne les croyait pas poss1bles, et que la nouvelle du
changement de capitale, jetée com.me uue bombe, avait
troublé tous les espr1t.s.
Les termes de la discussion politique n'ont jamais étl\
mieux posés. Les ennemis de la convention déclarent
qu'elle est une renonciation formelle a R1me; mais la
masse du puhlic vo1t daos celte convention la chute,
daos un tem¡ls dooné, du pouvoir temporel.
Un document également tres-importaot a été publié
par le Moniteur. C'est la déreche de M. Drouyn de
Lhuys a M. le comte de Sartiges, ambassadeur de
France a Rome.

Le ministre croit que le moment est venu d'etaminet
lt. nouveau la position que nous occupons a Rome• U
r:ippelle les considérations qui ont conduit daos la
tale du monde chrétien le dr:ipeau de la France, ~
le gouvernement n'a jamais pensé que la situatioo que
la Fraoce ti,ent a-Rome depuis quinze ans dut étre permanente.
An commencement de í859, le saint-pere avait fait,
de sou cóté, la proposition de fixer a la fin de cette année l'évacuation du territoire gardé par nos troupes,
mais la guerre qui éclata alors en ltalie ne permit ~
de donner suite a cette proposilion. 11 fut conveou ce.
pendant IJUe les troupes se retireraient au mois d'aoot
1860, mais les troubles qui survinrent empéchereot encore une fois l'exécution de la mesure.
Cependaot le gouvernement fran~ais coní.inue a,oir
daos la présence de nos troupes a Rome un fait eicep.
tionnel. « Combien de raisons, en efTet, dit M. Drouya
de Lhuys, n'avons-nous pas de souhaiter que l'occupa.
tion ne se prolonge pas indéfi nimeut? Elle constitoe na
acte d'intervention contraire a l'un des príncipes food¡..
meotaux de uotre droit public, et d'autant plus difficile
a justifier pour nous que notre but, en prélant au Piémont l'appui de nos armes, a été d'affranchir l'ltalie de
l'interventioo étraugcre. »
Le ministre sigoale en3uite les inconvénients gra,es
qui résultent de notre positioo a Rome, inconvénie1111
que les agents fran~ais les plus sincerement dévonéR ao
saint-siége ne sont pas parvenus a écarter : conflits de
juridiction, différence des points de vue politiques, ete.
Les deux gouvernements n'obéissent pas aux mémes
inspirations et ne proccdent pas d'apres les mélllfS
principes. « Notre conscience nous ohlige trop souveoU
don ner des conseils, que trop souvent aussi celle de la
cour de Rome croit devoir décliner. &gt;&gt; Cependant, malgré ces ioconvénients, le gouvernement fran~ais n'a PIS
voulu se détouroer de la mission qu'il avait acceptée.
Tant IJUe le cabinet de Turin semblait vouloir tr.in~porler a Rome la capitale de l'Ital,ie, le go11vernemeot fra.
~ais pouvait craindre que le rappel de nos troupes ne
rut suivi de la chute du pou voir pontifical. Mais l'apaisement des esprits s'étant fait en ltalie, et le gouveroement italien ayant fait depuis deux aos Lous ses efl'olls
pour fa1re di,;paraitre les deroiers débris d'as5ociatiom
redoutables, en donnant a sa politique envers le ~aiotsiége une atlitude plus en harmonie avec les devnin
internationaux, et en choisissant Florence pour capitale
de l'ltalie, il n'y a plus de raison pour que l'occupalioa
de Rome par les troupes fran~aises se prolonge plm
longtemps.
)l. Drouyn de Lhuys ajoute qu'apres avoir obtenu de
l'ltalie les garanties en faveur do saint-siége contre les
attaques extérieures, le gouvernement fran~ais senil
heureox d'aider le gouvernemeut pontifical a former
une arrnée assez bien organisée et assez nom breuse J)'JW
faire respecter son aulorité il l'intérieur. Ses ressoul"lllil
actuelles ne luí permettant pas de subvenir a l'entreliea
d'un effectif considérable, des arrangements a premhe
déchargera1ent le saint-siége d'une partie de la delle
dont il a cru de sa dignité juaqu'ici de servir les intérets.
« Rentré ainsi en possession de sommes importaotes,dil
eu term111ant le ministre des afTaires étrangeres, défena
au dedans par une arrnée dévouée, protégé au deboll
par les engagements que nous áurions demandés a!'Ita•
lie, le gouvernement pontifical se retrouverait placé dus
des c,ooditions c¡ui, en assurant son indépendance el 11
sécurité, nous permettraient d'assigner un terme i la
préseoce de nos tróupes daos les États-Romains. »
pans celte dépeche du ministre des atfaires étrall·
geres, les convenances politiques sont observées anc
scrupule, les difficultPS et les écueils eludés avec adressei
les choses vives dites avec une paríaite modératioa;
~ais quelque grande que soit l'habileté de M. Drouya
de Lhnys, on ne peut se dissimG.ler que le documenl,
signé de luí, est ia condamnation la plus formelle d_l
pouvoir temporel. On se demande commeot, aprcs a,oir
dressé un pareil acte d'accusalion, M. Drouyn de LhllYI
peut croire encore qu'une armée, recrntée n'importe ~
et corn posée de mercenaires, sera assez forte pour maiDtenir l'autor1té rlu pouvoir temporel du souverain ~
tife? Daos te cas oú l'armée pontificale serait implllf'
sante, a qui reviendrait l'héritage de Rome, sinon l
l'unité italienne, et alors pourquoi le gouveroeinell
fran~ais signe-t-il avec le gouveroement italien une COI"
vention ou il est dit que Rome ne sera jamais la ~
tale de l'ltalie? ~ous ne prenÓns pas partí púlll' 81

dp¡

-

L'ILLUSTRATlON, JOURNAL UNIVERSEL.

·--- - -- - -

227

cootre la traoslatioo future de la capitale a Rome,' mais nemeotation sobre, a l'architecture robuste : une église- Jesté qui me l'a prouvé clairement. 11 y a, en province,

voudrions voir, dans les docnmcnts officiels, un
peu plus de logiq ue, ~t peu~-étre de siocérité.
Le Moniteur a auss1 pubhé un rapport du maréchal
Randon sur l'état sanitaire de l'armée. Lr. fait saillant
qui s'y trouve consigné est celui-ci : en 1846, la mortalité était, pour les troupes de l'iotérieur, de dix-neuf
déces pour í ,000 hornmes, et en Algsrie de soixautequatre, En {862 et en 1864, les deux chiffres soot tornbés
¡ dix ¡iour l'intérieur, a douze pour l'Algérie. M. Je marécbal Randon fait remonter le mérite de cette amélioralion daos la santé des troupes, au nouveau mode de
recrutement, qui date de la loi sur la dotation de I' armée, et qui a pour effet d'augmenter, daos une forte
proportioo, le nombre des hommes servant plus de sept
ans. Or, les tables statistiques, dressées par le service
de santé militaire, établissenLqne, parmi les hommes
.qui coruptent de un an a cinq ans de service, la proportion de la mortalité varíe entre treize et neuf pour
cent, 'taodis qu'elle n'est que de cioq pour cent r,armi
les sous-officiers et les soldats qui coruptent de sept a
quatorze a.ns de service.
L'extension de l'enseignement supérieur vient d'étre
l'objet d'une circulaire de M. le ministre de l'instruction
publique, reproduite également par le Moniteur. M. le
ministre pense que dans chaque circonscription rectorale ou se trouvent de populeuses cités, rapprochées du
centre par les chemins de fer, les professeurs de la faculté pourraient faire, hors du chef-lieu académique,
des le~oos daos le geore de celles qui ont ea lieu, l'hiver
deroier, a la Sorbonne. Nous reviendrons sur cetle circalaire de M. Duruy.
Les journaux de Madrid rendent comr,tent de l'arrivée
de la reine-mere Marie-Christine, et constalent la grande
cordialité qui a présidé a l'entrevue des deux reines
apres une si longue séparation.
0005

EDMOND TE.IIER.

COIJRBIER DE '1O'1'.A.GE.

Béziers. - Saint-Nazaire. - Le paysage. - Les bourgeois
de Béziers en 18li4. - Le Béziers neuf. - Le théAtre. Deux médaillons-énigmes. - Les r.afés. - Pas de citron. - Charlem,,gue. - Salon biterrois. - Narbonne.Un jeune musée d'avenir. - A propos d'une copie de la
Tr1msfiguratin,,. - Du danger de préter un tableau de
milre. - La cathédrale - Le tour des remparts. - Les
JWa de Narbonne. - La maison des Nourrkes. - Rue
lhw. - Carcassonne i.mpossible

11 y a dP.s noms qui vous attirent: j'avais toujours eu
eo'fie de voir Narbonne : le miel n'était pour ríen daos
mon désir, mais le souvenir de Rome y était pour beaucoup : il semble toujours qu'une colooie de l'immortelle
,me doit avoir gardé quelque chose de la mere patrie,
et e'est ce quelque chose qui séduisait mon imagination
et piquait ma curiosité.
Béziers était sur mon chemin : Béziers, lacouraaeuse
c_1te qui pr1t part1 pour les Albigeois, et plutót que de
livrer ses alliés, préféra encourir la colere du légat
pontifical; or les légats avaient la main lourde, en ce
temps-la.
Un eothousiaste écrivait jadis un vers latín qui signi6ait: • Si Dieu reveoait sur la terre il voudrait habiter
Béziers. » Je n'étais pas faché de savoir a quoi m'en teoir sur les agréments de Béziers, et je me m'y suis ar..
•

•

•

•

•

l)

rité.
La ville est batie sur le sommet d'une haute colline,
et nn faubourg y conduit'par une pente assez raide:
~oand le soleil chauffe a trente degrés, la montée n'est
PIS précisément un plaisir.
Des quartiers populaires et marchands, on peut dire
qoe ee sont de vieux quartiers, mais voila tout · des rues
étroites et tortueuses, pour la plupart, beaucou~ de paul?es boutiques et quelques magasins élégants, ce qu'on
troo,e partout en province, mais point ce qu'on aime
1 "! trouver, c'est-a-dire une physionomie originale, un
Clractere apart.
Saint-Nazaire, ou se passerent au moyen age de si
~glantes tragédies, esta l'e1trémité rle ces vieux quartiera et du plateau qu'ils couvrent, et qui, de ce cóté-la,
to~be presque a pie daos la plaine. Vue d'en has, l'égl11e, coostruite sur une terrasse soutenue par de gigan11.8qnes murailles, a tres-grand air: de pres, l'effet d1minue; c•e~t encore pourtarit un tres-noble édifice, admil'lblement conservé, au.x lignes males et séveres, a. l'or-

forteresse nu les créneaux ne manquent pas, bon ne ponr mainte ville ou un coiffeur, pour attirer la pratique, -la priere et pour le combat, et comme on en vo1t plus pardon, messieurs les coiffeurs, c'est clieotele que je
d'une daos le Midi.
voulais dire, - aurait tenté de séduire le public par ces
JI s'eo faut que l'intérieur soit simple comme l'exté- mots : Salon parisitm. Charlemagne, luí, connait ses
rieur; il a sacrifié ¡a la pompe du dix-septieme et du dix- concitoyens; il sait a merveille que le prestige des éléhuitiemesiecle: le chreur s'est alourdi d'une de cesflam- gances étrangeres ne les éblouira pas, et il écrit brave-•
boyantes décorations de marbre, le maitre-autel d'une ment sur son enseigne : Salon biterrois.
de ces gloires d'or qui font dire anx badaud~: « Queo'est
Narbenne n'est qu'a une heure de Béziers.
riche ! » et au.x gens de gout : &lt;&lt; Que c'est laid ! n
Je suis alié tout d'abord au musée, somptueusement
Qe la terrasse de Saint-Nazaire, le regard plane surune logé daos l'ancien palais des Archevéques, un tres-bel
campagne d'une fécondité merveilleuse; des monta1mes édifice du moyen age. Un des archeveques fit magnifid'une belle couleur et d'une belle forme termioent l'ho- quement décorer ce palais en 1634. Le plafond d'une des
rizon lointain : le canal du Midi et la rivicre d'Orb bai- salles a élé peint par un maitre italien, et vaut, a lui
gnent le pied de la colline, et on les suit a travers la seul, la visite.
plaine, ou ils couleut entre des lignes de graods arbres
Le musée de Narbonne est un jeune musée qui n'a
aux ombrages magnifiques.
pas plus de vingt-neuf ans; mais, grace a la libéralité des
La riviere d'Orb coulait a pleins bords, ce jour-111; habitants, au zele, a l'intelligence et aux soins de
comment le soleil ne buvait-il pas d'un coup cette eau M. Touroal, le directeur, il est en bon chemin de faire
transparente? il devait avoir si chaud!
parler tres-honorablement de lui. 11 renferme des débris
En voyant une des principales places de la vieille ville romains, une mosa'ique admirablement conservée, des
couverte de gens discutant avec animation, j'ai soogé bas-reliefs des premiers a.ges du cbristianisme, tres-diaux tumultueuses délibérations dPs bourgeoisde B.éziers, gnes d'etre étudiés, et des sculptures de la Renaissance
au temps de Raymond de Toulouse, et je me suis ap- d'un travail exquis.
proché d'un groupe animé; on y faisait des affaircs de
Parmi les tablean~, j'ai vu un chef-d'reuvre de Rubens:
vio : j'étais tombé au milieu d'une bourse vinicole.
Jés11s chez Marthe et Marie. Les accessoires ont été peints
Ailleurs, dPs paysms vendaient et achetaient des par un peintre de nature morte hollandais. H y a quelveaux et des cochons; et un marcband forain, trcs-élo- ques charmautes petites toiles de Téniers ou de son école,
quent, offrait aux Biterrois un hahilltment complet : et le portrait d'une demoiselle Catellan, maitresse des
paletot, gilet et pantalon, pour trente-six francs.
jeux ílorau:x, qui était bien la plus jolie et la plus graPres dela se tenail une fo,re: c'étaient,comme partout cieuse pocte qu'ou puisse imaginer.
ailleurs, des boutiqJJes ambulantes de confiserie a bon
Daos la grande salle est placée une bonne copie de la
marché, de petite bimbeloterie, de porcelaines commu- Transfiguration, destioée a consoler Narbonne de ne
nes : il y avait quelqnes baraq ues de montreurs de cu- point posséder l'origioal.
rio5ités et de ¡.,hénomenes. Sur la toile d'une de ces baC'était, en eifet, pour Narbonoe que le pape, qui vouraques, on voya1t, dads l'un des cornpartiments, un pho- lait du bien a la ville, avait commandé le tableau a Raque jouant du tambour de basq ue, et daos l'autre le phael; mais, l'reuvre achevée, il la trouva si belle IJu'il
meme phoque jouant de la harpe. Mais l'entrepreneur la gard a. Plus tard pour dédommager ces pauvres Nardu spectacle, en homme habile qui connait la province hoonais, il leur envoya une Resurrection de Lazare de
de nom, s'était bien gardé d'appeler son musicien tout Sébastien del Piombo, pour le maitre-antel de la cathé'
simplement un phoque : ce homme de mer ,, avait bien drale. Mais, voyez le malheur: il &amp;e trouva que le tameilleure tournure, et Buffon s'y prétant, c'était une hleau de Sébastien élait un chef-d'reuvre aussi; on le
lionne de mer qu'il pr~sentait au public.
demanda d'Angleterre pour le faire copier; Narhonoe
Des Albigeois, pas un mot.
le préta. On le copia, en effet, seulement, ce ne fut pas
Je vous dénonce Béziers : Iléziers a formé le projet de la copie, ce fut l'origin;¡l qui resta en Angleterre •
devenir le plus possible un petit Paris.
et voila comment, au lieu d'avoir un original de Ra~
ll batit, batit, batit sans treve ni repos, et dans ses pbael, Narbonne n'a que la copie d'un Sébastien del
maisons nouvelles, pas une pierre qui ne soit taillée, Piombo.
sculptée, ciselée; en Dléme temps qu'il hatit, il plante;
Je souhaite achaque musée de Franre un gardien
il a déja un square a la derniere mode, dont la statue de comme celui du musée de Narbonne; outre que ce n'est
Riquet occupe le centre, et je suis sur qu'il ne s'en tien- poiot un cicerone importun et havard, c'est un homme
dra pas la.
qui a l'amour de son musée et le gout des belles choses:
A l'extrémité de la promenade s'éleve le théatre, qui a il a créé une collection de céramique qui n'est pas une
vingt ans, et en parait deux 011 trois tout au plus. Point des moindres curiosités du palais rles Archevéques, et ¡¡
de colonnes, de larges escaliers, de frontoo triaogulaire, esta l'affut de toutes les bonoes occasions qui se présenrien qui rappelle l'Odéon. Un petit style coquet, gentil, tent de l'enrichir.
avenaut, qui scandaliserait fort, j'imagi'ne, les surviLa cathédrale de Narboone n'est pas finie : elle avait
vants de l'école nob/P.
été con~ue sur un plan tres-grandiose. On se mit a l'reu11 y a, sur la fa~ade de ce théatre, deux bas-reliefs en vre; on batit le chreur et une partie de la nef, et puis le
terre cuite; a droite et a gauche de ces bas-reliefs, un zele se refroidit, ou bien !'argent manqua; peut-étre
médaillon ; les deux médailrons de droite sont les pro- aussi les guerres et les dissensions, si communes au
fils de Corneille et de Moliere : en face de Corneille, un moyen age, tournerent les esprits ailleurs, et les piliers
contemporain, en face de Moliere, un autre contempo- commencés s'arréterznt daos leur élan hardi, et les ares
rain. Chacun de ces deux messieurs regarde son vis-a- des ogives ne se rejoignirent pas,et les courbes des voti.vis en face, et ne parait pas embarrassé du tout de sa si- tes demeurerent suspenclues daos les airs; au premier
tuation. 11 m'a été impossible de mettre un nom sur la moment, on croirait a une ruiue, ce n'est qu'un comfigure de ces de ux hommes iotrépides.
mencement; l'achevemeot viendra-t-il jamais?
D'JJ.n cólé &lt;ie la promena&lt;le il n'y a que des cafés; on
Non, sans doute, et ce sera grand dommage, car ce
se croirait sur le boulevard des Italiens ou sur le boule- qui est complet est d'une grace, d'm1e él~gance, d'une
vard Montmartre. Senlement, dans un de ces calés, qui a,udace facile et heureuse, qu'on ne saurait trop louer.
porte un nom fort reteotissant, j'ai demandé de la limoCherchez daos la pénombre de la nef la chapelle du
nade, et le cafetier m'a répondu : &lt;&lt; Je n'ai pas di:: ci- Saiot-Sépulcre, vous aurez plaisir, j'en suis sur, a regartron. »
der les deu:x soldats auxquels a été confiée la garde du
Cela m'a fait plais1r; il n'y a pas un café a París ou tombeau. lis ont l'air si ingénu et si naif, en dépit de
l'on ne trouve du citron Béziers a done encore quel- leur barbe et de leurs moustaches, il- ont une si honque chose a envier a París.
nete iigure, rouge et luislrnte, avec des yeu.x noirs si
Entre deux marquises de café, j'a1 ,u ces mots écrits étonnl!s! Ah! voila dtl braves gens, que ce qu'ils vont
en grosses lettres : Chal'lemagne, coitfeur.
voir ne manquera pas de surprendre beaucoup.
Ah ! pour le coup, voici qui nous humilie : nous
Je vous disai&amp; que le musée de Narhonne avait été
avons Mojesté; c'est quelque chose, certainement, mais il commencé il y a vingt-neuf ans seulement, je rue tromy a majesté et majesté, et je connais des majestés qui pais, et de beaucoup; c'est le roi J&lt;'ran~ois 1er qui J'a
ne sont pas IJien grosses; tandis oue Charlernague ! Que fondé, il y a plus de trois siecles, mais, je crois bien,
n'ai-je eu le temps de me faire accommoder par Char- saos le vouloir et sans le savoir, tout ami des heauxlemagne!
arts qu'il etait.
A Béziers, l'on est fier, et l'on trouvc que le gout de
Sa Majesté avait jugé a propos d'entourer Narbonne
Béziers en vaut-bien un autre: c·e~t l'enseignc de Ma- d'une enceinte de murailles, pour le mettre a l'abri

�228

L'ILLUSTRATlON, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

pas ni ne faisais paitre, mais je passais, cela était hors \ souci d'etre écrasé. - De temps en temps, vous re;d'une attaque. On creusa des fossés, et en les creusant
de doute, done j'avais encouru un proces-verbal. O ¡me odeur de vio nouveau; ce sont de braves gens~
on mita découvert une quantité prodigieuse de débris
contravention ! contravention ! qu'il est qif6cile de J¡e font la pressée en pleine rue,
41li
antiqucs, des tombeaux, des autels volifs, des fragments
pas t~ ren~ogtrer sµ,r 1~ ~Ql d~ mHre bel le fr;nrne 1
11 parait que les touristes sont plus rares, a Narbonne
de frise et de corniche, des bas-reliefs, des inscriptions.
,
d
,
~
- Ah! l'heulée de l'Ober.
• reuse pensée, me
land : un petit
direz-vous, qu'agar~on, devant
vait eu.e le roilequel je Passais,
chevalier de form'interpella poUt
tifier Narbonne !
me demander si
Et l'on ne man..
je n'avais pas de
qua pas , sans
lettres. A ma sadoute, de rascoche de voyage
sembler toutes
il m'avait p~
ces précieuses
pour un facteur,
trouvailles, et de
A moins qoe ce
leur donner asile
gamin narboodans quelque panais ne ftit 00
lais magnifique
jeune fárceur
que vous allez
qui voulait se me:
nous décrire?
quer de moi.
- Vous n'y
Au bout de la
eles pas.
ville , daos une
Les pierres de
rue solitaire, je
construction coume suis troové
tent cher : i l faut
en face d'un véles aller cbercher
ritable bijou da
seizieme siecle,
dans la carriere,
C'était une fenéJes.amener sur le
chantier et les
tre dessinée uee
un gout irréprotailler; on avait
sous la main des
chable, et seolptée avec une ft.
pierres, voire des
nesse et une sonmarbres touttailplesse de cisean
lés, et il ne resmerveilleuses: le
tait que la peine
vieux Louvre n'a
de les mettre en
ríen de plus riplace; c'était auche et de pl111
tant de travail
délicat. Une autre
d'épargné; on ne
fenetre voisine,
manqua pas de
d'une ornemeoprofiter d'une si
tation différente,
bonne aubaine.
est aussi un chef.
Et voila comment
d'reuvre. Lamailes murailles de
son sur laquelle
Narbonne sont
s'ouvrent
ces
tout incrustées
deux
ravissanta
d'aigles, dü guirfenetres s'appelle
landes, de che1
a M.aison da
vaux, de chars
Noumces : cinq
et de guerriers!
caricatures, qui
C'est plaisir de
décorent l'uoe
faire le tour de
d'elles, expli·
ces murailles-la.
quent ce nom.
La belle et puis
N'allez pas ,oos
sante végétation
figurer de grosses
des fossés vous y
fillP.s, coiffées ala
invite. Je n'ai
mode du pays de
point résisté a la
Caux, et donnaol
tentation. Pas un
a téter aun mai~
canon sur les
lot
; non, ce sont
remparls, pasune
áes
c.réatures
sentinelle, pas
moins
femmes
une barriere,
que
chimeres,
el
rien qn'un mouqui ne sont nourlin a vent qui ne
rices que partt
se donnait meme
que l'artiste les
pas la peine de
a fort libéraletourner ses ailes
ment pourvues
pour effrayer les
de ce qu'il faul
esprit~ faibles !
pour l'etre.
Oh ! les bonnes
En regardanl
et hospitalieres
ces
reuvres el•
fortifications, me
quim
d'un géqie
disais-j e, qui ne
mconnu,
j'avail
songent pas a
oublié
l'heure.
empecher Bles
Je m'engageai,
gens de faire une
ENTRÉK DU MARÉCH!L lll!C•lll!HON A. A.LGl!R. - D'apréi; un croquii de M. Houet.
pour regagnerla
agréable proroenade !
1e rentrai dans la ville : une bonne petite ville bien gare, dans une rue dont les nombreux méandres
Au moment 011 je me réjouissais de cette humeur inm'inspirerent quelques inquiétudes : en levant la úte,
dulgente, je me heurtai presque a un poteau ea avant tranquille, 011 personne n'a l'air pressé, ni affairé, 011 par hasard, je lus ces deux mots a une encoignure:
de la porte de Béziers; je levai la tete, et sur une plan- les femmes travaillent et causent, assises devant la roe Droite. 11 n'y avait pas a en douter, c'était la pi~
che je lus ces mots: (&lt; Défense de passer, de laver et porte des maisons, 011 les marchands attendent pa- administrative; et (&lt; Rue Droi(e » était officiel, en dépil
de faire paitre sur le terrain du génie militaire, sous tiemment la pratiq•1e snr le seuil de leur boutique, 011 des apparences.
peine de proces-verbal. » Je ne lavais pas, je ne paissais les voitures et les chevaux ne vous donnent pas grand

. .

m~-

I

,/

,

229

�L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

230

Done la ligne &lt;\roite n'est point du tout, a Narbonne,
ce qu'elle est a Paris. Ah! la belle cbose que les voyages, et comme on s'in~truit en courant le monde!
Je n'élais qu·a douze lieues de Carc~s~onne, et Dieu
sait si j'avais !'envíe de voir la cité du moyen age, célebre entre toules, r¡ue couronnent cinquante tours:
une ville gotbique sur une vi lle romaine ! Mais hélas !
ces ilouze lieues, il m'était interdit de les faire; j'avais
promis d'etre ailleurs ce soir-la.
Et je n'ai pas m Carcassonne 1

X.

FEYRNET.

ARRIV&amp;K DU l!R8CHAL DX IAC-IAH0!f AAl GXR
Le i 9 septembre, arrivait a Alger le marécbal MacMahon, nouv~au gouverneur de l'Algérie; des drapeaux
flottaient a to utes les fenetres; la rue de la Marine était
pavoisée d'un bout a l'autre; sur la place du Gouvernement, des mats s'élevaient, chargés d'oriflammes et décorés d'écussous aux armPs de France.
Un vaste pavillon tendt1 de drapeaux fran~ais, italiens,
espagnols, et surmonté d'un aigle immense, avait été
élevé en avant de la porte de France. Des couronnes
rle lauriers encadraient des écussons qui porlaient les
inscriptions suivanles : France, Algérie, Magenta, Malakof(, So/ferino, Kabylie, Crimée, ltalie.
La foule se pressait daos les rues. On voulait recevoir
dignement l'illustre maréchal auquel est confié le gouvernement général de l'Algérie.
A huit heures moins cinq minutes du malin, le stationnaire tirait trois coups de canon; le navire qui
portait M. le duc de Magenta était en vue d'Alger. A ce
signal, la milice prenait les armes, les troupes de la
garnison venaient se masser a la Marine, sur la place
du Gouvernement et devant le palais du Gouverueur.
Les autorités civiles et militaires se rendaient au lie 11 du
débarquement pour recevoir M. le Gouverneur gé..
néral.
A neuf heuri:s, la frégate la Thémis entrait daos le
port, saluée par une salve de quinze coups de canon.
M. le sénateur général de Martimprey, gouverneur
général par intérim, M. le général Oesvaux, sous-gouverneur, et M. L11p1ine, secrélaire général du Gouvernement, se rendaient a bord pour prendre les ordres du
maréchal.
A neuf heures et demie, les batteries de la marine saluaient le moment oti. M. le d1Jc de .Magenta mettait le pied
sur le sol africain.
Le maréchal a été re~u sous le~ voutes de l'amirauté
par les autorités civile8 et militaires. Le maire d'Alger,
M. Sarlande, a la tete du Conseil municipal, ayant a ses
cotés le maire de Blidah, attendait le Gouverneur général a la porte de la cité et luí a adres~é un discours.
Son Exc. a répondu en quelqúes mots.
« Vous me connaissez toas, a dit le marécbal, vous
pouvez compter sur mon concours dévoué. Mon passé
vous répond de mon avenir. ,,
L'escorte du maréchal était composée d'un peloton de
la milice acheval, de cinq brigacles de gendarmerie,
de spahis et de chasseurs d'Afrique.
Le maréchal était a cbeval, accompagné d'un nombreux état-major.
Sa marche a été une ovation. 11 a été accueilli partout,
sur son passage, par de chaleureux vivats et de vives acclamations.
Arrivé au palais du Gouvernement, le maréchal a
re~u l'éveque d'Alger, la Cour rl'appel et le Tribunal, les
chefs de service des administrations, et les fonctionuaires
musulmans.
Le m:i.réchal a eu un mot bienveillant pour tous.

CORRESPONDANCE D'ALGÉRIE.
AU DffiECTEUR.

15 septemhre.

Les dernieres nouvelles annoncent que le mouvement
combiné du général Martineau et du colonel Pechot
dans le Nador a eu le résultat qu'on en attendait.
Les Ouled-Sidi-Mansour, les marahouts des OuledKhelif, qui avaient amené les contingents ennemis dans
le Tell, une fraction des Harrars et la majeure· partie

rles &lt;lissidents d11 cercle d'Ammi-Moussa ont été atteints. nulle que le sien. Il n'y a pas que les dracs pour Pl'lliLeurs troupeaux, leurs teotes, 400 de leurs femmes sont quer le dévouement.
restés entre les mains des·troupes. Pres de 500 combatEncore un acte, encore un succes au théatre de ro.
tants, refugiés dans les parties dif'ficiles de la montagne, déon, et cette fois, du moins, nous ne nous plaindrons
ont été entourés par nos colonnes et ont succombé.
pas que le développemenl de la piece excede la valeur
Nos perles ont été insignifiante~, graee aux mesures du sujet. 11 y en avait long a dire sur les meres terribles
prises po~r faire concourir a l'opération, malgré les dis- opposées aux enfants terribles, et pri~es dans le mé~
tances et les &lt;lifficultés de toute nature, des forces con- sens. Mais toul le monde n'a pas, en pareille matiere
sidérables.
l'heureuse et brillante facilité d'un Gavarni.
'
Les
auteurs
de
la
nouvelle
piece
de
l'Odéon
ne
son
Agréez, etc.
Pour extroit: P. PAGET.
pas de l'école de ce profond et cruel observateur; ils ap.
partiendraient plutot a celle du bonhomme Picard, dont
leur comédie rappelle l'ordonoonce, le style et les Principaux procédés. De plus, c'est, comme ce dernier, dans
C.tll.DH:RDII lll&gt;HIJ~TDQUI,
le plus petit monde, qu'ils ont placé leur centre d'observation
et choisi leurs personnages, dont la trivialité ellt
Le théatre du Vaudeville vientd'emprunter au dernier
mieux
convenu,
peut-etre, a la scene des Variétés qn'au
ouvrage de George Sand l'idylle la plus poétique de ce
second
Théatre
•
Fran~is.
mcme Thédtre de Noha11i, que j'annon~ais dans un de
MM.. Dergeret et lJucoudray sont deux meres qui aimes derniers articles; et je ne faisais pas que l'annoument
leurs filies, mais qui les aiment comme peu,ent
cer, j'osais prédire que ce Théátre de Nohant deviendrait
aimer
des natures saos élévation, sans culture et IIIJll
avant peu le thM.tre de tout Paris; et voila, - sera is-je
tradition,
c'est-a-d1re sottement, aveuglément, terribleprophete daos mon pays? - '{Oila que le Drac, comédie
ment. Quand ces fllles étaient en has a.ge elles s'en sont
fantaslique en trois actes et quatre tableaux, est repréfait des poupées; plus tard, au lieu de príncipes, elles
sentée au Vaudeville, oti. il a, comme de juste, réussi.
Entendons .. nous bien, cependant: il y a succes et suc- leur ont donné des le~ons de coquetterie; elles les ont
ce~. Nous avons le succes d'élite, le succes immense, le bourrées de ces talents superficiels qui feront plus tard
succes fou, le succes de vogue, le succes de !armes, le damner leurs maris. Enfin, l'heure de chercber ces masuces de rire, le succes de scandale, le soeces d'estime; ris étant venue, les voila qui se livrent a cette chas.,e
sans pC1ursuivre une énumération qui pourrait etre in- avec cette fougue, cette impudeur sauvage qui, dans le
terminable, avouons fraochement que le Eucces du Drac grand monde, se dissimulent sous des formes décentes,
est un soeces de déférence, et, a ce titre, un soeces et ailleurs s'étalent avec une naiveté qui serait repoussante sur un théatre, si le talent ne la rendait gro~
mérité.
Ce qui a réussi, en effet, au théatre du Vaudeville, que, ou du moins n'en écartait l'odieux jusqu'au dénoument.
c'est, avant tout, le nom de George Sand. Qnant a la
Chez nos deux meres, le sentiment le plus respectable
piece, t•impression qu'elle me semble avojr généralede
tous s'est exalté, on le sent, par une émulation de
ment produite, a la premiere représentation, c'est une
vieille
date. Contemporaines, voisines, nées et grandies
sorte de désappointement, que j'attribue au changedans
un
merne milieu, elles ont pu s'aimer dans leer
ment qu'elle a subi pour passer du livre a la scene.
jeunesse,
comme s'aiment aujourd'hui leurs fillP.s; naiOans le livre, l'auteur explique, en avant-propos, et
vement, sans arriere-pensée; mais bientot, mariées l
~a et la, comme quoi son Drac est une sorte rle lutin deux imbéciles, - on en voit un échantillon, - l'aaquatique, qni, par amour pour une jeune Provengale,
mour maternel en quoi s'est fondue toute leur ame, a revetu la forme hnmaine, et s'est soumis anotre compeu de chose, - l'amour maternel, le plus absorbant
mune destinée. - Dans la piece, un prologne en vers
des amours, en a fait peu a peu des rivales de tous les
semble ajouter aux simples motifs du lutin des mes
jours, de toas les instants. De la, entre elles, une guem
abstraites a la hauteur desquelles l'action a le défaut de
s'&gt;urde toujours, une guerre ouverte souvent; des mines,
ne pas s'élever.
des contre-mines, des stratagémes, des éclats, que les
Ce n'est pas tout. Ce arac, si gratuitement amourP.ux
auteurs ont dtl étudier sur le vif.
d'une petite filie, bien moins intéressante dans la nouPeut-etre y aurait-il eu plus d'art a donner am
velle piece que daos l'ancienne, 11 n'est franchement ni
deux meres, et meme a1Jx deux filies, des caraeteffll
follet ni homme; il a conservé de sa premiere nature des
opposés P.ntre eux, mais cela nous eut jetés en pleioe
pouvoirs étranges, surnaturels : il endort celle-ci d'un
grande comédie, et nous n'avions pas de si hautes prégeste; ií fait prendre a celui-la des coquillages pour des
tentions. De caractere, Camille et Hortense n'en ont pas
lonis rl'or; il soufne au crear des hommes le courage
ombre, c'était plus vite fait; et leurs meres, physiqae
ou la lacheté; mais alors, se dit-on, que n'inspire-t-il
a part, se ressemblent si bien, qu'elles n'ont jamais que
tout bonnement de l'amour a celle qu'il aime? C'est
les memes plans, les memes idées, les memes rubriques
que l'amour n'obéit qu'a lui-meme. A la bonne heure,
pour faire valoir leur marchandise. 11 en résulte des
mais du moins fallait-il que cela fút dit, et la piece
rencontres de front tres-amusantes.
ahonde en !acunes de meme sorte. Pourquoi? parce
Inutile de dire que le méme prétendant est visé par
q1Je deux esprits tres-divers y ont travaillé, ce qui, par
Piles; mais ce prétendant ne dit pas- :\ qui il prétend.
parenthese, est d'un assez facheux exemple. On attenUn meme confident s'était bien chargé de lui délier la
dait mieux de ~i haut.
langue dans uue soirée chez les Bergeret, mais il n·en a
En fln de compte, le mot de dévouemeut, prononcé
obtenu, pour toute confidence, qu'un billet a remeure
devant le drac, éveille en lui des sentiments sous le secretement a une jeune personne qui n'est ni Camille
charme desquels il n'hésite pas a sacrifier sa vie; il s'éni Hortense.
lance &lt;\ans un gouffre marin, et son rival, qui s·y jette
Les deux meres arrivent sur ces entrefaites. L'one
apres lui, le raméne noyé, brisé, mais tenant daos ses s'empare du billet, l'autre le lui arrache, et n'y trouvan~
petites mains roidies un collier de perles qui sera la dot
non plus que sa rivale, lenom de celle a qui un rendez.
de Francine. Pendant que les deux fiancés, réunis par vous est demandé, chacune veut prendre pour soi !'oí·
ce sacrifice, donnent une !arme au jeune pccheur, le fense, comptant bénéficier de la réparation dans la perdrac, rendu a 5a forme premiére, s'éleve lentement ausonne de sa filie.
dessus de l'abime, el appelle sur eux la bénédiction du
Jusque-la, nous sommes daos les termes d'une plaiciel.
santerie d'a~sez mauvais ton, mais divertissante, et qui
Encore une fois, tout cela est joli, touchant, éloquent, n'a ríen d'absolument invraisemblable; mais oti. ces camais rien ne s'y tient, ne s'y déduit, mais l'idée et le racteres changent, c'est quand, le billet décbiré ~ur
fait ne s'y épousent pas assez étroitement, - pas plus mettre un terme a la contestation,Hortense et Camille el
étroilement que le talent de M. Paul Meurice et le genie re~oivent ch acune· un tout semblable, qu'elles s'empres·
de George Sand :
sent de se montrer en s'en moquant, et bien décidéel,
comme il va saos dire, a ne point répondre a cette sotte
Ne dérangeons pas le monde,
et injurieuse demande d'un rendez-vous.
Laissons chacun Cllmme it est.
Ce qui va moins de soi, c'est que les billets sont l'rea·
Cette sentencei ne s'applique pas, bien entendu, a vre des deux meres terribles, aspirant, chacune de SOi
Mil• Jane E~sler, qui, dans son double role, conserve coté, a voirsa fillecompr,omise publiquement, et parsoilt
la gra~ieuse ambigu'ilé de sa personne et l'unité de son mariée au comprometteur. Ceei, a notre avis, passe la
rare t:tlent. Parade, Delannoy et Febvre sont excellents permission; mais avant que le public ait le temps des'et
chacun dans son role, et Mil• Celliez-Fra11cine est aussi apercnoir et la critique de protester, les choses toUJ'Dtlll

L'lLLUSTR .\TlON, JOURNAL U.NIVEHSí~L.
de ía~n asauver une sit~a~ion !si scabreuse, par la leapea pres morale qm sen dégage.
~~e 'triple confident des meres terribles et du prétendant supposé a fait verbalement la commission que tui
,ait donnée par écrit ce dernier, et lorsqu'il 011vre
~ute grande la porte du petit salon, ou chacune des
deux meres croit surprendre sa filie en flagra"t délit de
conversation imprudente, le prétendant se montre, donoant Ja main a une troisieme larronne, qu'au grand désappointement des deux meres, il leur présente comme
(emme. Chacuue d'elles alors se rejette sur le confi51
dent: c'est luí, malgré ses cinquante ans sonnés, qui
épousera l'une des deux jeunes filies.
_ Mon Dieu ! ait-il, je ne demanderais peut-etre pas
JDieux, mais je suis moi-meme marié depuis dix-neuf
ans... et séparé de¡mis dix-huit.
Qu'il y ait dans tout cela ombre de sens commun, ce
n'est pas moi qui me cbargerais de le démontrer, mais
Je sujet, les intentions Pt les détails sauvent l'inanité du
fond. L'impression de la piéce est gaie, d'autant mieux
que ce petit acle sans préterition est joué a ravir, surtout par Mm• Picard-Bergeret, par Romanville-ltiba/lier,
Clerh-Bergeret, et j'ajouterais l\tm• Lemaire-Ducoudray,
si cette pétulante duegue n'exagérait un role qui demanderait plutot a elre un peu atténué. Mm• Du.cou.dray
est une tres-petite bourgeoise, sans doute, elle a meme
venda des pommes, mais que diable ! elle n'en vend
plus.
En résumé, le succes a été tres-grand; les acteurs rappeles, et les noms de \IM. Chivot et Duru salués par
es plos vives et les plus sinceres acclamations.
Avec les Meres terribles et une Défaite avant la Victoire
escortant les Plumes du Paon, l'Odéon a maintenant un
spectacleauquelje souhaite les cent représentationsq11'il
mérite.
Ce théatre n·a ríen perdu, on le voit, de son activité
honorahlement proverbiale. On luí en saurait plus de
gré, si ses nombreuses tentatives littéraires étaient serv1es par une troupe dramatique plus complete. Célle
qu'il possede aujourd'hui compte des sujel~ tres-distingués, sans doute, mais elle peche par trop de !acunes.
En femmes, il lui manque ,me gr,mde coquette, une due-•
gnemarquée et une forte pnmiere amoureuse(vieux style);
en hommes, un pt!re noble et un fort premier role. Aucun
des artistes qu'il nous a montrés jusqu'ici dans ces diters emplois, n·est, par le talent ni par le phys1que, a la
bautenr d'une scene qui tienta justifler son titre de second Théatre-Fran~ais.
C'est surtout daos l'ancien répertoire que ces !acunes
sont sensibles. Je ne parle pas seulement de la tragédie,
qui, partout, faute de sujets, faute de public, faule de
tout, n'esl plus que l'ombre d'une ombre, mais de la
comédie classique, dont l'interprétation supporte mieux
une certaine médiocrité. Ainsi, par exemple, dans les
Femme~ savantes, que l'Odéon donnait récemment pour
les débuts du jeune Laroche, on regrette d'avoir a dire
que le seul personnage rendu d'nne fa~on supérieure
est celui de Martine, joué par Mm• Picard. - A part
11•" Lemaire, Oebay et Mosé, dont il n'y a ni bien n¡
mal a dire,etle dP.butant qui cst froid, mais convenable
toot le reste, Sainl-Léon en tete, est d'une faiblesse, et:
qui pis est, d'une tristesse vraiment navrantes.
Cette insuffisance de la tro1Jpe de l'Odéon, je sais que
l'administration de ce théatre y suppléera, dans lts
fl'Glld,s occasions, en louant au mois des artistes d'élite;
mais ce procédé a le facheux effet de ranger dans les·
JJetiles occasions toute nouvelle piece otl ne figure aueun de ces artistes nomades qm s'appellent Berton,
Taillade, ek.. etc. Or, la foule ne se méprend pas a ces
Préíérences, et elle réserve prudemment son concours
aox seols ouvrages pour lesquels la direction lui parait
s'étre mise en frais.
De la, tant de p,eces qui, apres un brillant soeces de
Premiere représentat1on et une ovalion dans la presse
ne laissent a cette meme direction que l'honneur et 1~
?egret de les avoir re~ues et jouées.
Ajoutez que le répertoire classique ne profite en au~ ~ de ces extra, et qu'on ne songe pas meme a
faire pour Corneille, Racme, Moliere, Regnard, Mari'IDI, ce qu'on fait pour Sbakespeare traduit, ou pour
Georges Sand adapté.
, Au reste, ce reproche que nous faisons, dans son in~ au théatre de l'Odéon, nous ne l'épargnons a bien
d_aatres que }lar une préférence qui n'a pour ces derDlers ríen de 11.atteur.
Ce l'est pas, d'ailleurs, notre seconde scene littéraire

qui a donné l'exempl~ de ces marcbés a terme, qui,
Dieu merci, luí deviendront avant peu impossibles,
l'accaparement des élotles tendant de plus en plus a
devenir le mooopole d'une maison IT'oins noble sans
doute , mais bien plus riche que l'Odéon.
~ Parmi les dernieres acquisitions qu'elle a faites, au
nom des trois tbéatres appartenant a l\lM. Hostein, Harmant, Fournier et C•, on cite W1• Rousseil, une ingrate,
car elle se devait a l'Odéon, ou du moins a l'art sérieux
qui l'a faite ce qu'elle ... fut; et M'1• Duverger, engagée
a des conditions brillantes, pour créer un des premiers
roles des Drames iu cabaret, grandissime piece en répétition au théatre de la Porte-Saint-Martín, et qui, diton, va passer trcs-prochainement.
Tres-prochainement aussi, le 20 ou le 25 de ce mois,
au plus tard, nous aurons la comédie en cinq acles de
M. Émile Augier. Le litre provisoire de la piece est:
Un inventeur, - l'inventeur de la poudre, sans doute,
- et on tui donne ponr interpretes Geffroy, Got, Delaunay, Mm• Plessy et Mil• Favart, pour ne citer que la
fleur du panier.
En attendanl cette grande occasion, le meme théatre a
repris le drame d'Alfred de Musset, On ne ba,iine pas
avec l'amour. La distribution des roles est toujours la
meme, a l'exception du Baron, oti. Provost est remplacé
par Mirecour, lequel, par parenthese, ne plo1e aucunem~nt sous le fardeau d'une si lourde succession. Mirecour, il faut bien le dire, est aujourd'hui, cotnme distinclion, comme tenue, un des premiers sujets de cette
Comédie-Fran~aise ou, a ce point de vue, la tradition
va s'effa~ant de jour en jour. Personne n'y rendrait
aussi bieu que luí l'Oronte du .Misanthrope, et il en serait
ainsi de bien des roles dans lesquels il ne sera jamais
· remplacé. Singuliere carriere que celle de cet utile el
estimable artiste, qui ne sera bien apprécié qu'apres
sa retraite; present, l'éclat tui aura toujours fait défaut;
il ne commencera de briller qne par son absence. On ~e
dira: Comment! Mirecour, cet excellent Mirecour n'était pas sociéta1re, tandis que M11 •• ... Mais n'anticipons
pas sur un avenir qui, Oieu merci, est encore bien éloigné.
A. DE BELLoY.

------r---....,.....~-,...,- - - - LES LILAS BLANCS.
(SUITI).

Pour en revenir a moi, je fas atterré et morne devant
cette conviction acquise, que ma plume laborieuse n'avait pas et ne pouvait avoir la valeur de la plume que
je µossédais jadís, et que doraient les cinr¡ uante mil le
livres de rentes de mon pére. Je craindrais de me naire
par trop dans !'esprit du lecteur, si je tui confiais en détail les !armes ameres et les jours d'abattement qui furent le fruit de cette tri~te vérité. Je comprenais dans
toute sa cruelle étendue la valeur de ce mot : impuissance. J'avais vingt ans; j'étais lancé sur cet ociian de la
vie, otl chacun, humble ou brillant, trace ~on sillon, et
j'étais impu,ssant a rlir1ger ma barque au milieu de toutes les autres. - J'ava,s soif de gloire et de renommée,
et j'étais impuissant a r1en faire qui püt m'apporter
mcme le refl.et afJaibli de ce trésor que j'ambitionnais;
- j'avais une lllére adorée a soutenir, a consoler, je
m'étais vanté d'etre son orgueil et son appui, et j'étais
impuissant meme a lá nourr,r, impuissant a tenir mes
promesses, impuissant a tC1ut ! 11 y a des instants oti. l'espril de l'homme vacille au bord de cet abime qu'on
nomme la folie, et l'on se demande plus tard avec
surpr1se quel est le miracle qui l'a préservé de sombrer?
Cependant, nos ressources s'épuisaient; la misere
montait, montait, entiere, evidente, implacable, comme
la vague qui se bate lentement, sure de dévorer bientót
sa proie.
Un matin, ma mere entra chez moi; depuis six semaines que durait mon abattement, rien n'avait pu réveiller mon énergie si cruellement éprouvée ; ma mere,
qui n'avait cessé de me consoler et de me plaindre,
et qui m'avait caché sous un sourire incessant et bon les
anxiétés qui la dévoraient elle-meme, s'approcba du lit
oti. j'étais étendu dans l'attitude de la victime qui attend
le coup mortel, saos ríen faire pour l'év1ter, puis, de sa
voix douce elle me dit :
- Mon enfant, ce qui tue les grandsjoueurs, m'a-t-on
dit, c'e11t l'impo~ibilité oti. ilssont souvent d'attendre la

veine heureu~e; quelques minutes de sécurité de plus,
et la chance tournait, et le bonheur venait leur sourire
a leur tour. Eh hien ! cette conqucte de la gloire dont le
désir te tourmente et dont tu es digne, mon crear de
mere me le dit, esl une sorte de jea de hasard. Bien
souvent, devant ce tapis vert, comme devant l'autre_. il
ne faut au joueur que la possibilité d'attendre; cette
po~sibilitr., je te l'apporte; reprends courage et recommence la lutte.
Puis, elle posa simplement devant mo~ douze cents
francs en or, qui tinterent en touchant la table, et 4ui
rendirent un son rloux et vibrant qui me fit un eITet
élrange.
Je pressentis un grand sacrifice fait par l'i.mour de ma
mere a l'avcnir d'un fils dont les défaillances l'afnigeaient,
sans tuer dans son crear la sublime et naive confiance;
elle vit mon regard plein. d'une surprise anxieuse, le r.omprit et me dit, en y répondant:
- Je tenais a mes bijoux, mais je tiens p!us encore a
ton bonbeur. Je les ai vendos.
- Oh! mere, mere! fis-je sans pouvoir parler et le
crear plein ele sanglots.
Je savais, en eflet, quelle superstitie•1se affection ma
mere attachait a quelques pierres précieusesqu'elleavait
j usque-la sauvées de notre naufrage, et qui toute~ étaient
les clons de quelque main chere, les souvemrs de quelqnes-unes de ces amitiés, souvent éteinl~s, mais dont
on garde précieusemenl la mémoire embaumée dans
quelque·profond repli de son creur.
- Je n'ai réservé que les diamants r¡ui entourent le.
portrait de ton pere. 11 cut peut..étfe été plus sage de
faire le sacrifice entier, mais je n'en ai pas eu la force;
d'ailleurs, je suis tombée sur un honnete bomme qni n'a
pas trop abuse de la nécessité oti. j'étais de vendre ce~
bijoux, et q1Ji m'en a donné plus que tout autre n'eü.t
fa1t sans doute asa place; cela m'a meme ins¡;iré une
idée, ajouta-t-elle llpres avoir hés1té un peu; je l'ai rapporté la montre qui te vient de ton pcre, et que tu avais
eté oloJ1gé d'cngager, il y a quelques jours, pour faire
vivre ta mere. Autant que possible, il faut éviter de profaner ces sonveuirs-la.
En effet, j'avais été obligé a cela pour vivre.
Pendant que ma mere parlait, j'étais a ses genoux et
je l'écoutais en silcnce, les yeux fixés stir l'or qui scintillait toujours sur la table. lllusion saos doute, mais il
me semblait que cet or pleurait.
Soudain, je me relevai, je serrai passionnément ma
mere dans mes bras, et l'embrassant avec ivresse, je lui
dis :
- Je sais maintenant ce qu'il est de mon devoir de
faire !
J'avais pris mon partí; le courage, le vrai courage
m'était reveno.
Quelque temps auparavant, un libraire m'avait offert
un traite qui engageait pour plusieurs années ma plume
a son service; a son service est le mot; il s'ag1ssait de
compilations, de traductions, que sais-je, de ces mille
travaux de librairie, utiles sans dout~, mais obscurs et
toujours assez mal rétribués. Poursuivi par mes idées de
glo1re personnelle, et par une cerlaine flerté qui me
faísait considérer l'acceptali&lt;;m de cetle oflre comme une
dechéance, j'avais ref'usé; il m'eut semblé que d'arbste
je passerais manreuvre; ma mere, elle-meme, m'avait
conseillé le refus; son orgueil pour mo1 n'était pas
moins i-usceptible quP. mon pauvre orgueil; c'était a t·epoque ou je conservais encore quelques-unes de mes premieres espérances; Je courus chez le libraire, un éclair
m'avait montré mon vra, devoir, éclair qui n'était qu'un
reflet du sacrifice meme de ma mere; je foulai aux
pieds l'ambition et la gloire, ces sirenes trompeases, et
je me préseDtai, en tremblant qu'il ne füt trop tard,
devanl l'homme de qui dépendait la réalisation de mes
nouveaux projel~.
ll était temps encore; tout fut conven u en quelques
mots, et je signai. Moyennant cent vingt francs par mois,
j'appartenais pour trois ans, intelligenee et plume, a cet
homme.
Cela fait, je rentrai cbez moi, un peu triste peut-etre
au fond du creur, mais calme et résolu.
Quand ma mere eut lu le traité, ce fut a son tour de
s'atlendrir et de s'écrier :
- Oh 1 mon pauvre enfant! mon pauvre enfant!
Puis, eomprenant le sentiment qui m'avait pous.~é,
elle ajouta :
- Tu n'a,q done ríen voulu me devoir, et nous voila
quitte~ !

�232

L' IIJLUSTRATION, JO URNAL UN l VERSEL.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

!33

�--

L'ILLUSTRATION, .IOllRi~ J\L UN IV'ERSEL.
- Mere, luí dis-je, la premiere des gloir~s et des ambitions pour un fils, c'est de faire vivre sa mere et de
vivte pour elle.
Et l'étreignant dans mes hras, je l'embrassai doucement au front; mon parti était bieu pris.
Non, nou8 n'étions pas quittes, et cependant qu'il me
soit permis ici de faire une rétlexion ; .certes, le suicide
physique est affreux, et le sang se glace a cette idée
qu'une créature humaine en soit arrivée a ce point de
découragement et de misere, qu'elle n'ait trouvé d'autre refuge que la tombe, et qu'elle ait étreint face afllce
ce pale fantóme de la mort, toujours si terrible, mais
qui doit etre bien plus terrible encore quand on l'évoque soi-meme, et quand on cherche entre ses bras l'acre
et supreme volupté de la délivrance; c'est le fait d'une
minnte, minute de poignant dlchirement et d'amer désespoir ~ans doute, mais enfin, minute vite
écoulée, et si cet acte fut un crime envers Dieu, on peut
espérer que ce Dieu de miséricorde, de justice et de
bonté, daignera faire entrer en ligne de cumpte la faiblesse humaine et les souffrances passées, et que, dans
sa droite paternelle, la somme des douleurs épro•1vées
compensera grandement celle du crime lihérateur.
Mais i\ est un suicide qui, pour etre moins sanglant,
et pour n'etre pas coupable, n'en a pas moins sa face
douloureuse et poignante, c'est le suicide moral, celui
qui consiste a dire a sa pensée: Tu n'iras pas pb.1,.~ loin;
c'est l'avortement d'u[le idée qu'on a crue grande et
qu'on est forcé par les circonstances d'enfermer daos les
bornes étroites d'une obscurité cruelle. Qui n'a frémi en
lisant daos l'histoire ce cri de Galilée, contraint par les
tortures de se mentir a lui-meme, et laissaot échapper
malgré lui, de sa poitrine, cette sublime protestation :
Et cependant elle tourne ! Qui n'a frémi en entendant
André Chénier crier au bourreau cct adieu : Et pourtaot il y avait quelque cbose la!
Et qu'on me comprenne, je ne compare pas; certes,
jamais l'idée ne m'est veoue que je pouvais avoir quelque cbose adémeler avec d'aussi grands noms, mais il
est une vérité, qui est bonne a dire, parce qu'elle n·est
pas assez présente a !'esprit de ceux qui croient raisonner juste en écrasant l'homme a ses débuts sous le
poids des grands noms arrivés; c'est que la foi gans
!'avenir, quand elle ne prend pas sa source dans une
sotte vanité, mais qu'elle nait de la noble ambition de
bien faire, est toujours respectable. Daos l'inconnu qui
meurt, il y a toujours du grand homme qui avorte; et si
cela n'est pas vrai, aux yeux de la multitude, c'est du
moins vrai et justement vrai a ses propres yeux; ce qui
fait sourire la foule qui passe, fait saigner le creur de
l'etre qui ne peul avancer. Je n'irais que jusque-la., sans
doute, se dit-il, loin, bien loin des maitres, mais je me
sens la force d'atteindre au moins ce but modeste, et je
meurs de n'y pas aller. Devant un tel cri, la raillerie
doit se ta1re.
Galilée, du moins, avait la consolation de se sentir
écrasé par tout un siecle, et l'orgueil intime d'avoir
lutté contre quelque chose de grand; André Chénier, du
moins, pouvait se dire, en mourant, qu'il mourait de
cette mort des martyrs qui mene a l'immortalité; mais
le poete qui, succombant sous les mesquines nécessités
de la vie, saos se croire l'égal de Cbénier, s'écrie pourtant: Et moi aussi, je pourra1s chanter a mon tour, moi
aussi, je suis jeune et j'espere; moi aussi, je voudrais
bien ne pas mourir encore; que peut-it se d1re comme
consolation de sa gloire avortée? Ce que je me disais
moi-meme, moi qui ne suis pas un roete, moi qui ne
serai jamais un grand homme, mais qui me sens au
creur les facultés nécessaires pour souffrir et pleurer
autant qu'eux :
« Certes, il est doux de chanter; certes, il e8t beau
« d'entendre résonner son nom sur les Ievres de la foule
'.
« certes, il est grand d'etre l'écho cher et bien-aimé de
« maints creurs inconnus qui soufirent et qu'on con&lt;( sole; mais le devoir ordonne, et le devoir accompli
« peut avoir sa do1Jceur; mais la vertu commande, et
« la seule vertu, quoique obscure, peut avoir aussi sa
« beauté; mais le travail te réclame, et l'humble travail
« peut avoir aussi sa grandeur; ta pensée t'entraina1t a
11 courir, tu rappelleras ta pensée et rnarcheras d'un
« ras lent et cal me; tu voudrais etre illustre et grand,
« tu te feras volontairement modeste et petit; tu revais
« l'admiration de la foule, tu te contenteras de l'a« mour de ta mere, et plus tard, qui sa1t? de quelque
« femme aimée, et tu sentiras peut-etre, un jour, que
« cette humble deatinée n'est pas sans porter quelques

« fruits doux au creur et bons a !'ame; si.le monde ne
« t'applaudit ras, tu t'arplaudiras toi-meme, et cette
&lt;( approbation vaut bien l'autre; si tu n'es ras célebre,
« tu pourras encore etre heureux; immole-toi, et tu re&lt;( connaitras enfin que de certaines immolations ren&lt;&lt; ferment de secretes et douces jouissances, qui laissent
« bien loin derriere elles la gloire et ses fanlómes vains;
&lt;&lt; abdique, meme avant d'avoir régné, et tu éprouveras
« qu'uoe telle abdication n'est pas saos cbarmes. »
Tout cela était vrai, mon crear me le criait; mais, je le
répete, c'était le suicide, avec toutes les amertumes du
présent et tous les effrois de !'avenir, et cependant ce
suicide, en un seul jour Je l'accomplis, non sans douleur
peut-etre, mais du moins sans hésitation; non saos souffrances, mais sans faiblesse, et, qu'il me soit permis de
le dire, j'aurai bien assez a ro'accuser plus tard, je puise
encore aujourd'hui daos cette idée des coosolations
réelles, et un certain orgueil, que je crois juste et qui
m'éleve a mes propres yeux.
Du reste, l'imagioation humaine est ainsi faite, qu'elle
s'exagere de loin les difficultés et les épreuves de !'avenir: tel un enfant dont la pensée grossit la peur, la voit
se dissiper en grande partie, ou meme s'évanouir tout a
fait, s'1I marche droit au fantome qui la causait; tel
l'homme, ce grand enfant, s'étonne, en abordant de
front les situations qui lui semblaient les plus redoutables, des adoucissements et des facilités imprévues
qu'il y rencontre.
Amsi pour moi la récompense ne se fil pas trop attendre; certes, pour qui comprend la tyrannie d'une
idée, il sera évident que plus d'uoe fois, au moment ou
j'essayais de fixer ma pensée sur le sens d'uo auteur
étraoger qu'il me fallait traduire, cette pensée s'envolait malgré moi, sur ses propres ailes, vers des régions
~leues, quand un mot, un souvenir, quelquefois meme
une pbrase de l'auten.r que je traduisais, la ramenait
daos les sentiers librement parcourus; certes, j'eus des
iostants de reverie, pendant lesquels, uubliant le travail
présent, je me laissais emporter dans des songes saos
but, qui me retra~aient l'image de mon avenir un moment entrevu; mais, je puis le dire, ces instants furent
rares, cefl oublis de moi-méme furent courts, et lorsque
le hasard ramenait mes yeux sur ma mere, assise a
quelque distance de moi, qui me regardait et qui me devinait, la bonne ame'. j'avais vite secoué cetle apathie
dangereuse, et je reprenais aver. courage la tache interrompue.
Dois-je le dire? je trouvais une sorte de bonheur
a ces victoires secretes, victoires d'abord cheremeot débattues, mais qui, peu a peu, devinreot plus faciles. 11
me semblait que je m'affirmais ainsi ma puissance sur
moi-mcme; je trouvais un bonheur étrange et tout nouveau daos cette iotiine et muelle affirmation.
Puis, tout n'était pas servitude daos la chaine quej'avais acceptée; j'a,ais souvent des bonheurs, que jusqu'alors je n'avais pas compris; un travail de compilation, si mécanique qu'il par;¡.isse :i.11 premier abord, entraiue forcément une série de rechercbes, dans le cours
desquelles on est tout étonné oouvent de rencontrer un
intéret q11e rien ne faisait pressentir; créer est une belle
chose, mais souvent que de créations antérieures, celui
qui aspire a son tour a etre créateur, ignore et ne soup~onne meme pas! Que de surprises charmantcs et nouvelles l'homme intelligent découvre daos ce c!Jamp du
passé si souvcnt parcouru, mais qui vous tient toujours
en réserve quelques perspectives inconnues ! Je devenais
conscient d'une vérité, qu'aucun jeune auteur ne devrait
perdre de vue, c'est qu'avant de produire, l'homme le
plus savant peut avoir beaucoup encore a apprendre
dans les productions des autres.
Et quand je faisais part a ma mere de ces félicités impersonnelles, si je puis ainsi parler, quand je lui dépeignais le vif iotéretque m'inspiraient quelques-unes de mes
eludes, elle me regardait bien en face, et lorsqu'elle était
sure que ce n'était pas la un role que je jouais, et qu'en
e[et, je trouvais daos mon travail une compensation
réelle a mes reves envolés, elle m'emhrassait en silence
et je voyais passer dans ses yeux un regard de joie secrete et de reconnaissance enve!'ll le ciel; regard qu'elle
croyait incompris, mais que je saisissais au passage et
que j'interprétais comme une douce récompense de ma
soumission a11 destin.

1

(La suite prochaintment.)
Reproduction iolerdite
de. gen de lelnl.

&amp;IIX

JULES DE WAILLY FILS.

j ounaux qui n'oot pu traité uec la Société

!TABLEAUX ~ DU~' MORVAN.'~
'A

PROFOS DE LA Piri!E.

11 était midi; le soleil ruisselait sur les ;sommeu de
la chétine morvandelle; jamais la fraicheur paríulllée
des longues terrasses de Valouze n'avait été plus tentante; mais les chevaux piaffaient a la porte, et tous la
engins de la pipée avaient été transportés sur la grande
voiture de chasse, moitié mail-coach, moitié cbar-¡.
bancs, qui nous sert ~'ordinaire pour les parties d~ cain.
pagne.
En une seconde, nous l'avions escaladée : il faut donner ce nom d'escalade au genre d'ascension pérille111e
dont je veux parler: on monte a l'assaut; les jupes s'accrocbeot, les blouses se déchirent, puis, arrivés aa
sommet, le vertige vous prend, car vous eles a quinze
pieds au-dessus de la route, appuyés' a une barre de
fer, seul dossier de la banquette.
Sur le siége de devant, un peu plus bas que les autre.
s'était assise une Parisienne peureuse et un peu ma~
sade; le char triom phal ne la rassurait pas, le soleil loi
brulait les yeux et la pipée ne la tentait guere; j'ajooterai que notre automédoo lui inspirait une médiocre co1fiance. Bien qu'il·s'entende en chevaux autant qu'homme
de France, le comte de Chiddes a, par tout le pays, une renommée de casse-cou; on renonce a énumérer les voitures versées qui l'accusent. Sa voisine l'exhortait a étre
sage; il riait aux éclats et ne l'écoutait pas. Heureusement
son attelage ne secondait que fort peu ses projets téméraires; j'ai dit, par pure habitude descriptive, que les cAt,
vaux piatfaient dans la cour; ces coursie1 s fouguem
se bornaient a un seul, toutes les autres beLP.s de l'éca.
rie étant pour le moment fourbues, ou a peu pres. Encore
ce swl, n'était-il qu'un cheval de lahour, de taille gigantesque, fort comme plusieurs taureaux, lent a proportion, espece de colosse, sur la peau duque! les coopt
de fouet n'ont pas plus de prise que les paroles ·1es plus
énergiques. n'ont d'écho daos se&amp; oreilles; superbe animal, d'ailleurs, d'aspect antédiluvien, créé saos aneo
doute pour porter des cavalier&amp; de soixante coudées.
La jeune Parisienne, habituée aux choses mievres el
mignonnes, aux cascades artificielles du bois de Boulo,
goe, aux minces pur-sang britanniques, aux petil~ messieurs qui les montent, considérait d'un air d'effroi et la
grande nature environnante et le monstre a l'aide daquel elle aUait l'explorer. Cette physionomic troublee
contrastait avec le calme de la belle comlesse de Cbiddes, qui, aguerrie depuis longtemps contre les prouesses
de son mari, les courses folles et les chevaux de toole
esµece, souriait des terreurs de sa creintive amie et les
raisonnait sans les comprendre. - Si je ne m'étais dé•
fendu de raconter autre cbose qu'une pipée et la promenade archéolog1que a laquelle cette pipée don na lieu, je
décrirais ici Mm• de Chiddes avec sa grace si naturelle,
son esprit péti llant et son profil grec, qui se dessinait si
noble sous l'ombre d'un parasol ouvert; m:i.is le sujel
m'entrainerait trop loin, et puis il me couterait trop d'avouer les distractions dont je n'ai pu me défendre peo•
daot la premiere partie de notre excursion; auprés de
la comtesse, il est impossible de ne rien admirer, méme
le Morvan. .
Touristes, qui voulez mériter ce nom, gardez-vous de
la compagme d'une jolie femme! Vous aurez beau parcourir l'univers, au retour vous n'aurez vu qu'elle.
Par bonbeur peut-etre (c'est; a coup sur, un bonbear
que daos le moment meme je o'ai pas su apprécier), OI
ne m'avait point placé aupres d'elle, et de mon poste, sur
la banquette supérieure, l'aérienne banquette que j'ai
déjil.nommée, je ne voyais que sa mante et son ombreile.
En revanche, je voyais son mari, et j'élais forcé de 111
dire en étudiant, non sans envíe, les lignes de cette télt
impériale, que mon róleseraitajamais celui d'unamoare11x transi. Je laisse a penser les tristes rét1exions qui
s'ensuivaient ! - A peine en étais-je détourné par le
voismage d'un fort aimable homme, nouvellement arri16
a Valouze, et dont la conversation, pleine d'intéret el
d'or1g10ahté, avait déja conqu1s tout ce cercle de cbat'
seurs et de chatelames. M. V..., philosophe et artiste, a
voyagé en Suisse et en ltalie, a la fa~on de Toppfer; i
aime a causer et cause a ravir.
C'est sa simplicité surtout qui gagne et qui séduit; i
n'~st jamais professeur, si par la on entend un pédanl,lt
son école en plein air est pourtant la plus instrudi1t
qu'on pui$C fréquenter.

L'ILLUSTRATION, .JOURNAL UNIVERSEL.
Un marmot jouffiu, accroché d'une main a son bras, rigation seule rendrait productive. Ca et la, dans une
d rautre au m1en, se tenait entre nous tleux, mourant gorge, quelques groupes de maisonnettes forment un
d: peur et 1vre de plaisir, pret a pleurer et riant aux hameau qu'on appelle Palézau, Vaulchézeuil, etc., etc.
Le dernier que nous apercevons est celui des Latois.
édalS.
•
Al'arriere de cette longue plate-forme, les enfants de 11 est célebre par son dévouement a la cause napoléo1(. v..., deux beaux gar~ons intelligents, de dix a douze nienne. Lors de l'invasion des alliés, les plus chaud:1
-partisans de l'Empereur, dans le Morvan, s'y étaient
antienoe de Cbiddes., affublé d'une blouse grise et d'un rassemblés et avaient formé un camp q'ui se lit redouter,
bspean de berger kabyle; sa sreur Odette, pimpante bien qu'on n'y comptat qu'uo tres-petit nombre
\mme un pastel de Latour, avec sa jupe r~troussée, ses d'hommes.
\ e,eni au vent et son minois espiegle, préparaient des
Lors de lenr passage a Alli 6ny, auquel ce camp aTait
1
~ 0101, plus occupés de la chasse que du paysage. Leur donné une réputation de bonapartisme, les alliés en
jge seo! les_ excusait de ne point l'admi_rer, mais je n'en traiterent rudement les habitants.
,eOI rien dire encore. 11 me reste a pemdre auparavant
On s'attendait au pillage; il n'en fut rien cependant,
la Hgure la plus originale de la caravane, le garde Doyeo, et les plus mauvais procédés s'exercerent contre le curé,
11 Doyen, comme oo le nomme, d'apres l'usage du pays, a qui la persécution au~richienne valut la croix de la
00 tous les hommes des champs s'appellent encore, le Légion d'honneur dans les Centjours.
Jeao-Jean, le Paturiaux, le Lazare, etc., et au féminin,
Du chateau de Valouze aux Latois, la campagne ne
la Jeao-Jeanne, la Paturiande, la Lazarette.
varie guere; ce sont toujours les memes nappes de verLe Doyen, un des gardes de notre Mte, a été élevé dure, entre deux rangées de montagnes, du tlanc desa,ec lui. Petits, ils se sont battus a coups de poing; plus quelles sort une infioité de petites sources qui se répantard, ils ont chassé ensemble, buvaot a la meme gourde. dent en ruisseaux d'argent, réunis bic11tót eux-mémes
AU&amp;'i daos cette province, si entichée de vieilles coutu- en riTiere ou plutót en torrent. L'imprévu, pour nous,
mes et oil la féodalité est encore en vigueur, le Ooyen se c'était un jeune lapin qui traversait la route tout efTaré;
croit l'egal de tous, ayant été traité en égal par son un coup de fusil du Doyen, un concert de grillons daos
maitre. - Il a quarante ans, est grand et robuste, halé les genets, une piece de sarrazin dont la neige se marde ,isage, velu comme une bete fauve, avec des yeux brait déja des teiotes rouges de l'automne; un parfum
gris doot le regard estnoir, une physionomie moqueuse, de résine qui tout a coup nous enivrait. Et puis, le plus
des bras toujours nus, sur lesquels soot tatoués en bleu beau spectacle, c'était encore cette gloire de rayons audes chasseurs d'Afrique.
tour des cimes arrondies, les gerbes de feu qui étinceSon maitre et compagnon a bien compris l'apre et sau- laient daos l'eau et derriere le feuillage, cette vapeur
T&amp;ge nature de ce Nemrod rustique, lorsqu'il lui a pro posé, !impide de l'atmosphere surchargée des senteurs du
aolie•1 de l'emploi que sa famille briguait pour lui dans bois : car nous étions en plein bois depuis dix minutes.
la domesticité du chateau, les fonctions de garde, qui le
Les montagnes se découraient a l'horizon, mais notre
pla~aient dans son élément : les bois. - Au contraire véhicule venait de s'arreter sur une des plus élevées, et
de tous les Morvandeaux, le Doyen ne se soucie gue11e de au bruit des roues, les gardes, qui depuis le matin préM&gt;D enaret, de son cliocher, de sa mafoun; il est libre
paraient la pipée aux Latois, venaient saluer notre
peoseur, ne va pas a l'église, couche volootiers en plein arrivée.
air, et o'a que des parents éloignés, qu'il ferait griller vifs
Déja les jeunes chasseurs avaient disparu sous la
pour épargner un cheveu de son patron. Si la destinée feuillée d'un vert intense; a grand'peioe on leur impoo·eo avait íait un gar...te, ses instincl~ l'anraient fait bra- sait silence, en leur représentant qu'un cri, un éclat de
coooier. - 11 nous regardait de haut, le brave Doyen, rire, une branche froissée suffit a mettre la gent emplu,on,aiocu que la pipée a laquelle assistaient des Mes- mée en fuite, et alors.... adieu, carniers! la chasse est
sieors et surtout des Dames de Paris, ne pouvait etre faite! - Moi, je m'obstinais a rester perché sur mon
qo'ooe pipée manquée, le silence étant la premiere con- baoc. Durant le trajet, mon voisin J'érudit m'avait
dition de ce genre de chasse. Quelle opmion un sylvain conté des merveilles, et entre autres l'existence de cera des femmes! Mm• de Chiddes aurait du cependant le taine Pierre-Écrite, a deux Lieues ie la. J'étais décidé a
convertir a elles, mais malgré son iovitation, il refusa la voir, et la. pipée des oiseaux ne devant commencer
de prendre place aupres de 001Js. Le fusil sur l'épaule, qu'au coucher du soleil, il me semblait que nous avions
il marcbait daos le fossé du chemin, guettant un lievre encore quelques heures a employer. Grands cris et oboo une perdrix, tandis que son colle~ue, le pere Jeannet, jections de M. de Chiddes, qui me soutient que son chel'entretenait avec la volubilité qui le caractérise; - car val est en nage, comme si rareille machinc pouvait se
c'est un vrai type morvandeau, le pere Jeannet, tres-poli, fatiguer!
tres-buard, sanguin, prompt a s'emporter, mais calmé
Elle me paraissait, a moi, aussi impassible que le pallapresqo'aussitót, et plus sensible encore que colere.
dium troyen, qui, jadis, logea l'armée des Grecs daos ses
Le Doyen a l'habitude de siftler quand on lui parle, flanes de bois. Hélas ! ce calme était celui du martyre. Le
troo,ant inutile, comme il dit, d'écouter des paro/es. Les Rouan se conduisait en héros a notre insu; il était déseuls jaseurs avec lesquel~ il cause volootiers sont les ferré et marchait toujours, malgré les aspérités du chemin.
merles, les geais et les jacques (corbeaux), qu'il imite
Le pere Jeannet s'en aperfut le premier; aussitot ora a'y méprendre.
dre fut donné de faire remettre le fer absent au prochain
Voila toute la bande; les chiens étant aussi inutiles village.
que les íusils a la pipée, on avait bourré le coffre qui
En cette circonstance, je témoignai d'une incroyable
lenr est réservé, de vetements et de provisions.
dureté de creur: l'accident qu'on déplorait me lit hattre
Nous allons traverser en une heure deux départe- des mains, car le maréchal-ferrant le moins éloigné
ments : Saóne-et-Loire et la Cote-d'Or.
était celui de Pierre-.Ecrite. Le Rouan y allait, j'y pouvais
Qne ~rala Cóte-d'Or? Je n'en sais encorerien; Saóne- aller aussi, ma cause était gagoée; le hasard me servait.
et-Loire est splendide. Notre route, celle d'Autun a SauComme la curiosité rend cruel! Le philosophe et moi,
lieu, ondule au pied d'une chaine de collines graniti- nous restames sur ce char déja lourd, imposant notre
ques d'un aspect sévere, un peu pelées, toutes les mois- double poids a la victime, qui, avec une résignation
sons étaot faites.
stoique, continuait atrainer son pied nu, sous les coups
De l'autre coté, au fond d'une ravine, ('Oule un petit de fouct répétés du pere 'Jeannet, auquel j'avais acgue limpide, qui laisse scintiller les cailloux sous l'é- cordé les honneurs du siége. Nous allions au pas, au
eume transparente de ses eaux. 11 borde d'immenses petit pas. - Quel plaisir, quand le chemin 4u'on suit
Prairies, oü iles troupeaux de breufs blancs ruminent, ressemble au chemin de Pierre-Ecrite ! - Que lle beauté
IIIOllement couchés, les veux clos, tant ils sont accablés ont ces bois, retranchés derriere leur rempart de rochers,
P~ la pesanteur d'une ~pres-midi d'été. La lamiere, en couvert de mousse et de bruyere, - de bruyere sur~~uant sur eux, leur donne des reflets de marbre, tout, - ce manteau de pourpre qui déguise si magnifiIIDsi doivent briller, sous le ciel d'Égypte, les sphinx gi- quement la nudité du sol pauvrc, résistant aux intempérntesque.~, dont leurs poses alanguies rappellent le so- ries des saisoos, gaie, rustique, d'une poé~ie naive,
eunel re pos.
saine et fraiche encore dans la mort, séchantsursa tige,
C'est la le fond de la -vallée, fermée, a notre gauche, sans qu'aucune brise parvienne a l'en détacher jamais.
une triple chaine mamelonnée, que les sapins et les J'aime la bruyere, si bumble, ~¡ forte et si fidele; j'aime
loes de rochers revetent de tristesse. Toutes ces monta- l'harmonie de sa 11eur violacée et de son feuillage som~es sont uniformes, défaut du granit, qui, devenu bre. Comme je le disais a mon compagoon :
friable sous l'intluence de la température, se désagrege
« L'harmonie, me répondit-il, n'est-elle pas partout
et C&lt;)Q)e en pentes douces, lil'l'ées aune culture que l'ir- dans la nature? C'est la plus frap¡,ante supérierité de

r

l'reuvre de Dieu sur les reuvres humaines; aussi, c'est
la qualité la plus haute qu'on puisse apporter daoa l'art.
Comme elle est rare ! tout chante faux daos le monde
des hommes. La seule voix vraimentjuste estce!le de ces
etres inférieurs qui vivent par lacouleur, par le parfum,
et que nous foulons · aux pieds, insensibles a la lefon
qu'ils nous donnent. »
L'harmonie... c'est le charme supreme des paysages
du Morvan; on n'y trouve pas les grands effel~ qui,
daos les Alpes et les Pyréoées, bouleversent I'Ame : ce~
courbes molles, ces lignes inclinées de la montagne, ces
vallons humides, ces tableaux qui s'enchainent les uns
aux autres saos se heurter jamai~, vous laissent sous
l'intluence d'une paix indicible. Au pied des pies abruptes, en présence du chaos, des sublimes horreurs, .on
s'étonne, on tléchit le genou et on adore, épouvanté, se
sentant si petit, si faible, si impuissant a mesurer l'immensité. - Ici on voudrait rever, paresseusement couché sur la mousse, un de ces reves doux et faciles que
bercent les chansons bocageres, et dont tout le theme
est qu'une muraille verte se découpe merveilleusement
sur une voute bleue, que les ébats du moucheron, dans
1m rayon égaré, ont une grace inimitable, que la vie
est bien douce et Dieu bien bon.
Les Alpes et les Pyrénées le faisaient entreToir s
grand, qu'on n'osait plus l'aimer.
TntoPHILE Buz.
(La fin prochainement).
~

FERDINAND DE CROZE.

Plus connu a l'étranger qu'en France, M. Ferdinand
de Croze commen~, avec son pere, un des prerniers
professeurs de Marseille, l'étude du piano. Sous la direction d'un tel maitre, les progres de l'élcve furent si
rapides, qu'au bout de peu de temps il put se présenter
au Conservatoire, ou il fut admis.
Ses études a peine terminées, notre jeune pianiste, il n'avait que dix-sept ans, - se mil aussitót a courir le
monde, et visita successivement la Savoie, la Suisse,
l'Italie, ou il donna de nombreux concerts. A Turin, il
eut l'bonneur de jouer a la cour.
Apres avoir joué daos tous les théatres d'Italie, a
Parme notamment, ou le duc Robert lui conféra le titre
de pianiste et maitre de chapelle de la cour, Ferdinand
de Croze reprend :1on vol, et cette fois, c·est vers les
cours du Nord qu'il se dirige. Il visite tour a tour la
Russie, l'Allemagne, la Prusse, la Baviere. A Vienne,
l'empereur d'Autriche le complimenta publiquement; a
Munich, le duc Maximilien lui donna la médaille de
mérite; en un mot, tous les souverarns qui l'entendaient
lui faisaient un excellent accueil, et il ne tint qu'a lui
d'avoir a la cour de Russie une belle position daos la
musique de la chambre impériale, avec des émoluments
magnifiques. Mais il fallait pour cela renoncer a la
f'rance.
Ferdinaml de Croze sentait le hesoin de demander a son pays la consécration des lauriers cueillis a
l'étranger. Du reste, dans ses voyages multipliés, il avait
composé nne série d'reuvres remarquables pour le piano;
de plus son talent avait graodi, et il arrivait en novateur avec des arpéges et un doigté nouveaux. C'était le
moment de soumettre a la seconde ville éternelle, suivant l'expression de Victor Hago, et sa réputation et
ses travaux. Paris, qui aime les chercheurs autant que
les hommes de taleut, Paris accue11lit avec faveur l'art1ste voyageur, et lui accorda la Jettre de naturalisation
qu'il était venu y chercher.
11 n'est pas un virtuose qui, asa place, ne se ftit empressé, en récompense de la bienve1llance qu'on lui
accordait, de se fixer a Paris et d'y faire ample moisseo d'argent et de célébrité. Notre artiste, lui, n·eut
qu'une idée, celle de repartir, et de poursuiv-re son systeme de locomotion musicale, qui lui avait procuré ses
premiers succes. C'est qu'en etfet, Ferdioand de Croze
est le seul artiste fran~ais qui ait fait du voyage a l'étranger une quasi-specialité, et qui ait réellement propagé son talent, avec autant de persévéraoce que de bon•
heur, dans les plus lointains pays. Il est allé a Moscou,
dans le Canease, et jusqu'aux frontieres de la Sibérie.
Cette existence et ce mouvement continuel ne l'empechaient pas d'apporter a son art l'étude et les soins nécessaires. Ainsi, apres ses premieres explorations en
ltalie et avant de se rendre en Autriche, il venait a
Paris pour y étudier avec Ckopin les me"eilleuses

�!36

L'ILLUSTRATION~ JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

Btudes de ce maitre éminent. Disons, a
ce propos, que Ferdinand de Croze est
un des rares adeptes de ces admirahles
productions, si improprement nommées
Études, et qu'il les exécute de mémoire;
il suffü pour cela de les lui indiqucr
par leur numéro d'ordre.
, Ferdinand de Croze n'est pas seulement un piaoiste de premier ordre,
c'est aussi un chercheur qui a doté l'art.
d'effets inconnus avant luí. 11 a trouvé
d'abord une maniere de harper toute
nouvelle; sous ses doigts on croirait
entendre sorlir du clavier des sons véritablement éoliena. 11 est également
auteur d'un doigté d'octaves, approuvé
par Thalberg. 11 s'est aussi approprié
un systeme de sonorité imprimant a la
note une vibration d'une douceur et
d'un velouté des plus délicats, tout en
lui conservant la plus grande énergie a
l'attaque de la note.
Enfin, lout dernieremcnt, il faisait
connaitre un nouveau clavier dont le
mécanisme est si peu en rapport avec
le jeu ordinaire que l'ut, par exemple, au lieu d'etre sur une touche
blanche, se pose sur une touche noire,
ce qui n'expliquerait pas grand'cbose,
si nous n'ajoutions que les touches de
ce nouvel instrumcnt sont disposées
chromatiquement, c'est-a-dire une touche blanche, une touchc noire et ainsi
de suite. Cepcndant, malgré cetlc iné-

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YArrSIMILE DU PORTRAlT DE S. A. R. LA JEUNI! PRINCF.SSE MAI\GUERITE OR PARllE.
Drisiué par sa mi-re, S. A, R. feu la ducbesse de Parmc.

galité entre les_deux pianos, Fel'diuaiid
del Croze parvenait a jouer allernali,
vement,~dans la meme séance, lllr
111
et l'autre clavier, et avec un talent hOII
ligne.
Un mol sur i le· compositeur, llllia.
tenant. Ses reuvres comprennent
11
Concerto pour piano, avec accomp1g1e.
ment d'orchestre et de chreurs
11
Crescendo, devenu classique para:¡ lea
pianistes; di verses fantaisies, entr'q.
tres celle de la Pavorite, devenue claa.
sigue comme le Crescendo. Cinq albua,,
compósés 'chacun de six morceaox, •
caracteres tres-variés, et quelquea q.
tres morceaux d'une grande ,atear.
Ferdinand de Croze venail dernieie,
ment a Paris, pour faire entendre le
O.. album qui, dans un petit comité,
a obtenu tous les suffrages. Cet albra
cst un hommage a fcu la duches.,e tle
Parme, qui, de meme que M. le co111e
de Chambord, portait le plus gl'lli
intérét a son maitre de chapelle. ta
six morceaux de ce nouveau recod,
dont les ti tres sont : le ·Dernier adift,
élégic; Chanson hongroise; Brisn •
Danube; Pleurs du Rhin; DifllGlltl,1
idylle; Souvenir de lJellini, sont orná
d'un dessin, fait et signé de la maia
de la duchesse de Parme, pour lllle
composition de Ferdinand de Crw,.
C'est ce dessin que nous reproduisom,
Ca. L1iuun.

EMBELLISSEMENI . ,
du

DE

Quadie-.
CHIAIA

(N.APLE S)

LES VICTIMES DE LA MODE, PAR BERTALL (smrEJ. -

1,11

DI

'..:..'.,

NA.PLES,

L'édilité napolita!ne
décidé la coostrucllon
:.un quartier nouve~u,
en utilisant la collllle
de Chiaja, la plus agréable, la plus salu~re de
tontes celles qm entourentlaville. Ce qu~rtier, qui n'a pas m01ns
de '6!í,OOO met_res carrés en superficie, part
de la roe de Chiaja, a
la bauteur du palais
Francavilla, et va abou,
iir au corso Victor-Emmanuel, pres de l'église de Piedigrotla. 11
estdi,isé par une artere
priocipale de plus de
t,000 metres de longueur, presque parallele a la riviere de
Ckiaja, a l'extrémité
de Jaquelle un palais
de cristal sera construit,
en dil-huit mois, par
une société partic11••
liere, qui doit en outre
b&amp;tir toot le quartier
en douze années au

plus.
Cette importante entreprise est accueillie
lrel-faYOrab)ement, car

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LI m,rquis• cl'Eu1our,n,1LL1, - CberJmon1ieur Huotell,jesuis in•itée
cbtteau de Trois-Étoiles. Vous concne• que je tiens l avoir 'quelque

IIION de cllaraiant, de nou,eau, qui n'ait jamaisité ,u.

SLR LA COLLINE CHl!JA Al'iAPLES. - D'apre&amp; les pbctogr&lt;1phies de 11. Bernoud.

1

elle aura pour premier
résultat de calmer l'avidité des propriétaires,
qui depuis quatre ans
ont presque doublé
les prix des loyers. De
plus, elle sera la source
de travaui et de profits dont la partie industrieuse du pays a
tres-grand besoin ; et
enfin, cette idée d'un
palais pour l'exposition
des produits de !'industrie et de l'agriculture est heureuse, car
elle complete bien le
quar1ier, lui donne une
grande valeur , et se
trouve d'accord avec
un décret du Parlcment
italien, qui a décidé
que la premiere Ex_position
universelle
d~vait avoir lieu a
Naples.
P. PAGET.

L'ALMANACil DE L'ILT.IJSTRATION est sous
presse et paraitra dans
la premiere quinzaine
d'octobre.
Si pages, ornées de
78 gravures. - Pri:x: :
i f1·. lwoché et doré sur
tranches, t fr. 25 par

-== , =
la poste.
- 11111, moraieur, c'est horrible ce que vous lui mettez sur le dos á cette malheureuse. - llonsieur Alce,te, tpprenez que maiutenant l'art d'ltabiller
lea femmea n'est autre que de leur faire dépeoser beaucoup d'argent. D'ailleurs, daus trois mois, ce ne sera plus la mode, je m'eo charge.
~
comrB ~A. SE JOUE (liberté des tbéatres). - Per1011nagu: M. Hu11T1LL, couturier pour dames; C.Omtesse de K1.1NoL1Ns1&lt;0•; 1111• d'Bsnournttv1LL1, femmes a la mo1e

M

A CONSTRi;IRE

1

.

La comte11e de KaiNou.-110,. - Cher mon1ieur Huotell, je désirerai1 vous
COIIIUlter eu particulier pour une aft'aire de la plu1 baule importance.

PALAIS D'EXPOSITIO~

Vozr les N°s 1118 et t 126.

MESSIBURS LES COUTURIBRS l'OUR DAijES,

JIIJLLISSUBMTS

237

Recueillement proíond de M. Huntell. - Je sui1 iovitée au chAteau de
Trois-Étoilea. Vous cooee•ez que je tieos á ¡uoir quelque choseld• char111ant. de nou,eau, qui o'ait jam&amp;Js été ,u.

- lladame, pour •ous je vaia étre lindiscret : Vous conoaissez la belle
comtesse de Krmolinskof. Voici un magoilique eostume de réoéral mexicaio que je lui fai1 en graqd secr~t. Vous _aurez le pareil, mais plus
riche, et.de111joun uant eUe. _ ~ ...u.1\3Jllll

- Madame, pour vous je vais etre iodiscret: Vousconnais..-z la hclte marqu1se d'Ksbrouífeoville.Voilá un ra•
vissant costume d'amiral mexicam que ie lui fais en
~rand secret. Vous aurez le pareil, mais p'u1 ricbe, et
deux jours avant elle.
·

Le tour e,it fait !! lleasi~urs, •0111 ne trou,ea pu 91
joli, c'est pouible. llais ~- se paye l,too fr. Toutet cea
dames en •oudroot, j'en ftral ceiit dalla mon moia, Je
trone 91 tre►joli.

�L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

!38

I

L'I LLUSTRATION. JOURNAL UNIVERSEL.

Sir Edward traversa deux couloirs beauco-;-s'il entendit; Tmais il ne daigna pas tourner la téte.
sombres
qne le premier. 11 entra de plain-pied - ~
Apres une nouvelle explosion de oous, qui n'obtinrent
chef
de
hureau.
•
M&lt;EURS ET TYPES D'AUJOURD'HUI.
pas un meilleur succes, le gar~on de bureau, enfiévré,
Sir Edwartljouait de malheur. Ce chef de b~
prit sir Edward par l'épaule.
11
LE GARCON DE BUREAU.
Celle fois, celui-ci considéra son adversaire. 11 n'y trouvait etre précisément le protecteur du gar~
l'avait insulté. lis étaient attachés par mille liens. Qt'
Il y a des autorités inconnues; 11 y a des puissances avait pai a se le dissimuler, c'était bien un gar~on de a savoir lequel des deux cirait les bottes de l'antre : '
occultes dont l'intluence s'exerce avec une facilité d'au-· bureau qui se permettait de toucher sir Edward.
, •
« Voulez-vous sortir, vous? 11 est défendu d'entrer ici. ce a quoi nous devons reooncer.
tant plus grande, que l'ombre recouvre les chemins qui
Olie
désirez-vous,
monsieur?
demanda
le
cbet
leur servent de passage. On trouve, de ci, de la, certaines Allez-vous-en, monsieur; monsieur, je vous prie de vous
Sir Edward conta son cas, nous ferons grAce ¡ 1111
administrations qui ont pris atache de réaliser la parole en aller.
lecteurs
de sa narration, bien que l'indignation r
Sir Edward ne répondit pas davantage. I1 est vrai
de Jésus-Christ : Les dernier~ seront les premiers; sous
remplie
d'intéret.
•
leur toit hospitalier, serre chaude de l'imbécillité, ger- qu'alors sir Edward rétléchissait. Se battre contre un
Le
chef
de
bureau,
ayant
écouté,
s'étendit
sur
son
faQ.
ment, croissent, grandissent et fructifient tout un monde gar~on de burean était une chose complétement impos- teuil noir; et, comme il n'avait pas songé un seul ~
d'etres purement végétatifs, chez qui la pensée est une sible. C'était scholting, c'~lait ridicule. 11 n'y fallait pas taot a toucher a sa calotte verte, vous ne serez ,.
songer. La discussion devenait presque Je l'égalité. 11
bypothese, la réO.exion un mythe, et qui emhra&amp;ent de
étonné d'apprendre qu'il l'avait encore sur la tete.
leurs replis nombreux la grande famille des employés, n'y aurait eu qu'un moyen a prendre; c'eut été de saisir
Il faut bien que les chefs de bureau aient queiq..
réussissant parfois a en étouffer jusqu'a l'apparence, le gar~on tres-proprement et de le jeter par la fenetre, méoagements pour leur calotte, devant les ioférieon,
a peu pres comme un lierre épais cache le tronc du qui, précisément, se trouvait ouverte. Par malheur, les étrangers; n'est-ce pas déja assez de la rouler daai
chene qui le prvtége. Cettc espece singuliere excite ra- considérant ses bras et ceux du valet, sir Edward devint la poussiére quaud un supérieur se préseote~
rement l'attention des jeunes gen~, bien qu'elle ait droit sombre; il ne pouvait jeter le gar~on par la fenetre,
Le chef de bureau réO.échit murement ; pais 1
a tous leurs respects; plus d'un a vu changer sa destinée grace a cette raison, qui veut qu'a une patere ne sau- dit:
et s'envoler loin de lui le plns ardent de ses réves, rien ra1t etre suspendo 110 mo~llon.
-- Sans doute, monsieur ... Peut-etre, monsieur, ...
Le hasard voulut qu'un employé eut affaire, et passa.
que pour avoir oégligé les indispensables courbettes
tiste
aurait-il pu agir... s'y prendre d'une autre ~
que, dans notre société progressive, le maitre doit au va- Nnus disons le hasard, car il était rare qu'un employé Cependant, monsieur, permettez-moi de vous \e dit,
eut affaire, soit par la, soit ailleurs.
let, l'intelligence a la brute, et le tout au néant.
Sir Edward n'avait jama is adressé la parole a cet em- vous enfreigniez les reglements.
La femme n'a tant de pouvoir que parce qu'elle est
En réalité, les administrations n'ont aucune espece•
sotte : malheureusement, la femme est gracieuse. Le va- ployé, sous-chef ou commis principal; mais il l'avait vu reglements, et \'on scandaliserait fort ceux qui en ,..
Jet étant beancoup plus sot que la femme, et n'élant pas souvent. Il se leva.
lent, si on leur demandait ou ils sont. Mais il eatl•
- Monsieur, dit-il...
gracieux, conserve done un double avaotage; sa puissage que, quoi que fasse un étranger, il enfreiot UI liL'employé s'arreta.
sance est double. La proportion est mathématique.
Ayez done !'extreme ohligeance de dire a ce ..... do- glement imaginaire.
Dans un ministere que je ne nommerai pas, éta,t un
Sir Edward réponditque lesreglements l'avaient •
petit salon vert, embclli par qnelques statuettes, consa- mestique qne je n'ai pas \'habitude d'étre dérangé.
fert,
lui, sir Edward, pendant vingt ans, et que, i'ill •
- Baptiste, flt l'employé, qu'est-ce que vous diles
cré, je crois, aux séauces de quelque conseil d'architecréveillaient d'aujourd'hui seulement, cela seul proaa
ture. Aujourd'hui, on ne fait pas de l'art avec des artis- done a monsieur?
La scene aurait du finir la. C'était bien ainsi que \'es- leur flagrante inutilité.
tes, mais avec des conseils, tout comme on vote un imLa-dessus, le chef de bureau commen~a un ditae
pérait
sir Edvard, qui se rassit. Mais les gargons de bupot. Ce petit salon vert était devenu la résidence quotiacadémique
en 11uatre points, tendanta montrerBaplilli
dienne d'un Anglais riche et bien posé, nommé sir Ed- reau se souc1ent bien des sons-chefs et des commis prin- sous quatre jours également élogieux:
ward. Comment sir Edward avait-il pu péoétrer dans ce cipaux ! Leur puissance est autre. Celui-ci avait mis
t O Baptiste était laborieUI ;
sancrnaire, lni qui jamais n'avait fait partie d'aucune dans sa tete que sir Edward sortirait, et il fallait que
2° Ba¡,tiste était obéissant;
administration? Comment s'y était-il plu, lui, homme sir Edward sortit.
3° Baptiste était complaisant;
- J'ai des ordres, monsieur, dit-il d'un ton sec, qui
d'esprit et de gout? Ce sont deux énigmes dont le mot
i• Bapliste était économe.
restera introuvable. On peut simplemcnt présumer que ne permettait pas la réplique.
Le tout, sanpoudré de détails, embelli de preu,■ l
Cela signifiait évidemment :
sir Edward avait eu préalablement un ou deux amis en
l'aopui,
dura trois grands quarts d'heure.
11 J'ai des ordres de qui a droit de m'en donner, et
ce lieu, qu'il s'était habitué a y vemr, que l'babitudf',
Le chef de bureau termina en con~tatant avec plli!i
entraioaot tout homme, continuait a entraioer sir Ed- ce n' est pas vous. 11
- Cependant,glissa \'employé d'un ton patelin, mon- que Baptiste était moral et marié.
ward, ou que peut-etre il était amoureux d'une des staCe fut seulement en ramenant ses jambes
sieur vient habituellement ici... Monsieur est de la
tuettes de la cheminée.
ble a écrire que le chef s'ape~t au'il parlan
Toujonrs est-il que, depuis vin~t ans, sir Edward ve- maison ...
- Je ne connais ríen a cela, dit l'irasc1ble autocrate. muraiUe. Depuir, une demi-heure, sir Edwd
nait la chaque jour, s'installait adeux heures fiUr nn casorti.
napé, regarda1l la statuette jusqu'a quatre, et sortait im- J'ai des ordres. Oans ce salon, il ne doit y avoir perSir Edward était chez le chef de la division. JS01 ,_
sonne,
il
est
défendu
d'y
laisser
entrer
qui
que
ce
soit.
médiatement, cetle derniere heure sonnée.
exaspéré,
mais a peu pres en délire,l'Anglais n'availfl
Personne n'avait jamais pensé a s'occuper de sir Ed·· Je suis responsable, monsieur.•. Monsieur, eocore une un de ses cheveux qui ne labourat son era.ne ceaa
ward. Sir Edward était peu genant. On le considérait fois, je vous prie de sortir... Sortez, monsieur, s'il vous une pointe d'aiguille. Apres avoir fait aotichambre.généralement comme un meuble du salon; chacun était plait...
La Corroe y était a peu pres; mais l'air était impé- qu0s minutes, il trouva un homme a l'air affairé, prill,
fait a le voir la, tout aussi bien que la penilule et les
cupé, parfaitement vetu, et portaot sur son front si pn,
fauteuils; ceux qui avaient a entrer ou a sortir, en- rieux, la voiI mena~nte, le commaodcment formel. fondément gravée la convictioo de son importa,
traient ou sortaient saos lui dire bonjour, saos le regar- Sir Edward, se fiant a l'employé, s'était repris a regar- qu'on eut été fort impertineot d'oser seulement lui •
ner, saos l'inquiéter; c'était tout ce que demandait sir der la statuette.
ser la parole. 11 semblait que cet homme n'osAt
11 Du moment 011 il en est ainsi, dit l'employé..., ce ne
Edward.
la téte trop vite, de peur de laisser choir l'univers, qaiA la porte de ce salon, daos une embrasure arrangéc sont pas mes affaires.
videmment il soutenait comme Atlas. Un autre que*
Et il s'en alla.
en forme de niche, tronait, depuis vingt ans aussi, ce
Edward eut admiré cetle naive vanité.
Sir Edward regardait tranquil,ement a statuette.
Pharaon immob1le, vetu de grosse laioe bleue, qu'on
Mais sir Edward n'hésita pas a se jeter a corps
Tout a coup 11 se sent1t saisi par le bras, et poussé
appelle uo gar~on de bureau. Tete blanche, front r1dé;
sur cet impénétrable rocher. Il avait fait serment
ce gar~on-la mourut. Sir Edward ne s'eo inquiéta pas. violemment vers la porte.
tenir le reovoi du gar~on, et il aurait ce renvoi,
- Moosieur, dit-il, je m'appelle .....
Par une coincidence qui ne lui parut nullement singu11 n'eut aucun loisir pour achever. Le salon fut fermé, nourrir apres la famille de sa victime.
\iere, attendu qu'il était impossible a sir Edward d'en
Le chef de division lui demanda toutd'abord po
deviner les résultats, le gentilbomme anglais s'absenta le gar~on disparut, et sir Edward se trouva seul dans le il ne s'était pas adressé au chef du bureau.
deux mois. Le second mois écoulé, au ter m~i, par coulo1r.
Sir Edward répondit qu'il avait eu cette idée, qu1
Les couloirs de miuisteres sont tres-sombres ; cela tient
un gentil soleil de printemps, il revint prendre sa place
souvenait
meme de \'avoir mise a exécution; mail
a ce qu'on éleve ces maisons pour en faire des m01111accoutn-mée.
l'éloge
de
Baptiste étant indubitablement l'un des
ments, et nullement pour les rencire habitables. La nuit
A peine était-il la depuis un moment, et il venait seuproposés
pour
les prix de l'Académie, lui, sir Ed
lement de tourner ses yeUI vers la statuette, quand un couvrit done les changements de couleur par lesquels avait laissé ledit chef de bureau tres-occupé a co
passa le visage de ,;ir Edward.
bomme entra.
Quand il reparuta la lumiere,sa face était vert-pomme en cette matiere. Tout portait a croire qu'a ce
C'était le nouveau gar~on de hurean; un jeune et fort
la péroraison était eotamée; ce qui permettait l1ll
gaillard, insolent comme la paresse, convaincu comme et ses yeux tres-blafards.
Il se croisa les hras; et, tandis que ses pensées se suc- . faires publiques de se continuer saos encombre.
l'idiofüme.
- Monsieur, dit le chef de division non saos UDt
Sir Edward ne se retouroa méme ¡,as pour le regar- cédaient, chacun de ses chevcux se heri~sa1t subitement. taine majesté, je ne saurais m'immiscer dans ces o
- Il est incontestable, se disait- il, que je viens de suder. Qu'avait-il a faire avec ces gens-la~
bir
une grave injure. On m'a jeté a la porte. Je sms dés_ déta1ls de \'administration. Notre temps est p
tt Monsieur, cria une voix a son oreille, par 011 etesune grave question m'est soumise; ces sortes de
vous entré, vous? Que faites-vous la, vous Y Que deman- honoré. De plus en ¡,lus 1mpossible de me battre. Sir mations ne nous concernent point. Si j'avais su ce
Edward ne peut avoir un duel avec un gar~on de budez-vous, vous?
il s'agissait, il m'aurait meme, je vous l'avoue, éd
Ce ~ous était prononcé avec un dédain superbe. I1 y reau. Les offenses qui partent de bas sont les plus diffi- possible de vous recevoir... jP ....
avait daos ce i:ow toute une pbrase ainsi coo~ue : tt Je ciles a punir; je m'aper~ois que ce sont les plus redou- Comment? s'écria sir Edward , il se peut, m
ne vous conoais pas; je ne vous ai jama.is vu; done vous tahles. 11 faut rourtant que la mienne soit vengee, saos que cette affaire n'a1t a vos yeUI aucune impo
quoi il ne me resterait plus qu'a me bruler la cervelle.
n'étes pas estimable. ll
ma1:, tout ce qm concnne mon bonneur en a
Je ne ws pas si l'An,tais comprit cela, je ne sais pas Ce gar~on do1t etre deat,tué.

re•

me pour moi; et, quelle que soit la gravité de \a

qaq stion qui vous est soumise, je la considere comme
félu, relativement a cette petite chose,
Le chef de division se leva. Un sourire digne (un chef
de Jivision ne rít jamais) effleurait sa levre mince et
tooi a fait impo~ante ; il. reconduisit galamment sir Ed.ard, et il devmt certa10 pour ce dernier qu'il Jtait
l'objet d'une profontle pitié.
ÜE.'IRY lliRET.
(La ftTI prochainement).

81

~

BULLETIN BIBLIOGRAPIDQUE.
Lt [Ac des Cygnts; - Danitllt, par Ét. Énault (1).

l)eux nouvelle,. La seconde, ponr le fond, est assez
fll(Pire. Une filie de seize ans, orpheline, pauvre, ne
sacbant rien du monile, abusée, trah1e, lél.chement abandoonée, encore plus lél.chement accusée, et fort ínsolemment, par celui qui devrait rougir devant elle; uu amant
de bonne mai,on qui voit outrager celle qu'il aime ou
qn'il dit a1mer, et ne sait ni la défendre, ni rem:ttre
cho¡;es et gens a leur place ... Oevant la question morale
qu'il a soulevée, - question importarúe et délicate, _
rautenr manque de fermeté d'esprit. 11 voit la vérité
maisil n'ose pas la dire, ou du moins il se borne a l'in~
sinuer timiilement, tant il a de respect pour les "cooveolllees ! » Était-ce la peine de prendre la plome pour si
peu?
Daos le Lac dP,s Cygnes, aucune question morale n'est
enjeu, mais bien deux questions médicales, dont la solutioo fournit a l'auteur son denoument. M. Hermano
a un anévrisme au creur, ou pres du creur, et Mlle Wil-belmine e,t atteinte de phthisie pulmonaire. Celle-ci a
on tuteur avide, celui-la une cousine coquette et ruinée.
Les deux intrigants, chacun de son coté, obtieooent tles
imprudents jouvenceaux une promesse de mariage, avec
tesUment en pe~pective, ce qui manque •m peu de variéte. Mais la nature déjoue ces profondes combinaisons.
Les denx malades se prennent d'amour. Quand ils se
savPnl condacnnés a u11e mort prochaiue, ils ne s'en aimenl que mieux, et ils Cúnfondent si bien leurs ames
dans une premicre élreinte et daos un premier hai~er
qu'elles brisent du coup leur fragile eoveloppe, et s'en~
,olent en,emhle daos le pays des amours éternelles.
Grand desappointement ?Our M. le major et pour
11•• Freysberg, mais grand tr1omphe pour la faculté!
Cette dnnnée esl moins rebattue que l'autre. Et
M. Etienne Éoault, d'ailleur~, éi:rit facilement, correctemeol. 11 a le style élégant, et parfois le tour ipgénieux.
11 eonte avec gr.lee; ses personnages vivent et ont sou,ent de !'esprit. Bref, on le lit avec plaisir.
Cela dit_, il 01e permettra, je !'espere, de lui reprocher
qoelques maJvertances, comme de meltre en sclme un
usuri~r j_u1f qui s'écrie . « Par Isaac, mon patron ! » et
de f~re Jouer, daos un concert, un &lt;¡uintette ele Haydn.
Cn hl~rateur_n'est pas obligé de savoir que Haydn n'a
pas_ f~1t de quintette~. Mais il ne devrait pas oublier que
l~Jmfs son_t c1rconc1s et non haptisé,, qu'ils n'invoqnent
pomt les sarnts, e~ que, par conséquent, ils n'ont pas ele
pati:ons, - ce qui ne les empeche pas de faire assez
agreablemeot leurs aflaires.
G. HÉQUET.
(1) lllclielle el C,e.

--~
Les_ nomhreux souscripteurs au premier volume des
Gal_~e.~ publiques de I' f'11rope (Rome) apprendroot avec
plaisir que M. J. ARMENGAUD vient de partir pour l'Italie
afio _de mettre la derniere main au deuxieme volume d;
cet 11r.portaot o~vrage, si impatiemment attendu, qui

r.omprendra T1mn, Génes, ,!ilan, Parme, Veni,e Man•
tooe, ~logne, Pise, Florence, Naplés Hercui'anum,
~~ria, etc., etc., c'est-a-dire le complémeut de toute
-.ue.
_.;~o li.-re charmaot, appelé aun véritahle succes, le~
ires du Géant, par Nadar, vien t de paraitre chez
~tu. Cette reuvre humoristique, pleine de verve et
dim~révu, est rubliée daos son entier avPc une intl'o3
M. Babrnet. - i vol. de 450 pages. - Prix:

n::_par

Lo"":' En vente, cbez Oubuisson et CI•, 5;rue Co11-Héron,

l~s ~om~gnes, la Lombardie, etc., lui ouvrent le cbamp
d op~i'allons le plus vaste, et lui permetlent de ne pas
nPghger les enlreprises qui, daos toute l'Italie, recherD'ENTREPRISES lNDUSTRIELLES EN ITALIE
ch~nt en ce moment un établissement financier Slll' l'apAulllnS"t par decrela d•s t7 mars 1817 •• 10 oelobre •85R. c•&gt;ns•ituee
pm duque! elles pui,sent compter.
par acte 1t0larie du t9 ,eotcmbre 18-19. et n,a,ntenue dans tou, se• dro,t.
Les mines de cui vre, de fer et autre~, si riches et si
ea vertu de la l01 d'&amp;W1u1ou du !! mars 1860.
considérables en ltalie, la canalisation, dont l'utilité esl
si vivement réclamée par les besoins de l'agriculture et
SIEGE A FLORENCE
du commerce, les approvisionnements d'eau daos les
Avec succursales dans les principales villes de J'Itahe.
villes, les usioes et fabriques a créer les travaux d'utilité publique, les emprunts publics en un mot toutes
COlllTI&gt; l"T SJ;CCUR::,ALE A PARIS,
.
'
'
destinées a augmentPr
la richesse
du
1es entreprises
45, rue de Provence.
pays, seront le hut des opérations de la Société, et assureront a ~a ~ompagnie des bénéfices importants.
CONSEIL D'ADllINJSTRATION.
La Soc1été possede dans ses archives un certain nomPrésident.
bre d'affaires complétement étudiées dont elle entreSon, . Exc. ~e ma~q_uis Cosn10 RmoLFI, ancien ministre prendra immédiatement l'exécution. '
d Etat, v1ce-pres1dent du Sénat italien, etc. etc. a
~
Floren ce.
'
'
Directeur général.
Ll•: S MA:-GASINS DU LOUVRE
M. Cn. BuRuu, administrateur de la Banque du Sud et
L'.établissement des Magasins du Louvre a produit a
des Péninsules, a Florence.
Pam, daos le commerce de la nouveauté une véritahle
Vice-présiden Is.
~ra?sformation Tout en ne vendant q~e des produits
S. ~xc. le prince CnA11LES PoNIATOWSKI, graod-croix, etc., ir~~prochah_les, de qualité supérienre, et sortant des prea Florence;
m1eres fabriques de Fraoce, les Mogasins du Louvre ont
M. le baron de VrncE:-T, ~ommandenr de la Lérrion inauguré péri_odiquement des ventes qu'on peut citer
d'.honoeur , ancien préfet, aocien conseiller d'itat, comme des m,racles de hon marché et qui.ont fait date
3enateur, a París.
daos l'histoire de la nouveauté a Pa'ris.
Membres.
MM. P. A. m BAGN"ANO' comte M
.• ~e~ ~ aga~ins du Louvre ont ainsi montré la puissance
. ..,
ASETII, gonfalonier 1rr~s1st1ble. d'u.n établisseme,n_ t q,ui ne fait que les plus
(ma,r..,,, a Florf'nce;
Marquis A~DREA GARkEGA, des dncs de GALLIERA ;~:l:~~-perat,ons, parce qu il s appuie sur un capital
soc1trli GKNÉRALI!

ANO:ffllR

administrateur des chemios fer L1vournais, a Fl;
rence ;
Chevaher Cn. CERIASA (freres Ceriana), r¿gent de
la Banque nationale il'ltalie, baoquier a Turin;
Baron A!iTo;-110 CmARAMoNTE BoRDONARO, banquier a
Palerme;
Che,alier FENZI (Emm. Feozi et O•), banquier a
Floren ce;
Baron ~nENco (French et Ci•), banquier a Florence;
Chevaher A. 01 Lo11E:--zo (!rilres di Lorenzo), régent
de 1~ Ban11ue de Na1lles;
Marqms LorrtRJ:-Go DELLA STUFFA, chef de l'lnttindance générale de la liste civile dn roí. a Florencc ·
Chevalier füzzo:,¡1 (de la maison A. Uboldi et (;it)'
banquier a Milan;
'
N. PAcm1, hanqu,er a Ancone;
Ce. QoARTARA (Quartara frcres), ban'luier a Genes·
P. ~oooc.uucm (Rodocanacbi fils et Ci•), banquier ~
L1vourne;
Che~a~ier Cu. SMITZ (Smitz et Cappezuoli), consul
general de Prusse, adminislrateur des chemins
de fer Livournais, ¡,résiilent des chemins de fer des
Ma remones, hanr¡uier a Floreoce;
EsrnoE TAGLJA_BuE, banquier a Milan;
8AYVET, offic1er de la Légion d'honneur ancien
maire a Paris, ancien vicc-président de Ía C:hambre de commerce de Paris membre du ConseH
municipal de la Ville de Paris, censeur de la Baoque de France, a Paris;
Vic~m_te NAPOLEO~ OucnATEL, commandeur de la
Leg1on d'bon~e~r, ancieo préfet, ancien pa1r de
Francc, adm101strateur des chemins de fer de
l'Ouest, a Paris ·,
A. FERoT, Chevalier de la Légion d'honneur :inci~n directeur général de l'exploitation des'chemrns de fer de l'Ouest, a Paris;
LEFEVRE-OURUFLt, commandeur de la Légion d'honne_nr, ancien ministre-des travaux puhlics, de l'aChgr1c;~tture et du commerce, sénateur, a Paris;
eva 1er LE MovNE, comma01teur de la Léofon
d'honnenr, ministre plénip'otentiaire &lt;le Fra~ce
admini,trateur de la Société financiere d'Egypte'
a París;
'
Comte d'HAUTERIVE, officier de la Légion d'honneur
ancien député, président de ia Société financier;
d'Egypte, a París;
J. Rus~u~, propriétaire a Paris;
F. \AN-Dt-:N BROECK, officier de la Lé"ioo
d'hon0
• ;:~{;. consul général des Pays-Bas, banquier a

Secrétaire géwral.
Cheva~ier F. Bm.1.uLT, ancieo banquier,

a Florence.

· bl'1ssement a de capilaUI, plus il peut of.PI 1'.s un eta
fr1r d avantages a sa clientele:
Parce q1ie l'étendue de ses affaires lui permet de traiter avec les premieres fabriques pour des stocks entiers
de m_ar_chandises, que le fabricant peut lui vendre a des
con d1t1_ons pus
1 avantageuses, puisqu'il économise tous
ses frats de vente par une seule opération ,·
par~e q~e 1e capital disponible qu'il a toujours sous
la mam lu, permet de profiter des occasions Jes plus
heure1Jses que pPut ofTrir le va-et-vient des atraires.
Parce qu'en coocentrant sur un seul point tout un
ensemble d'opérations diverses il économise Jui .. meme
tous les frais généraux qui pes;nt sur 110 etablissement
qui ne tient qu'un certain nombre d'articles.
Les ,,•tagasins
· du Louvre ont ainsi inauguré pour le
commerce de la nouveauté, un systeme de ~ente et
d'achat qui se traduit ¡,our le· puhlic en un bienfait incontes_table; car ilans un temps ou chacun gémit sur la
eherte de toutes ehoses,_ Jes Magasins du Louvre, en annon~aot les plus beaux t1ssus, les plus splendides étofles
les pl~s helles soieries, etc., ont affiché des prix qui ont
prorlmt,dans la société parisienne, le plos vifétonnement.
Les marchandises étalées et examinées étaient unanime~ent Jrouvées de prl'mier choix; les chiflres ann?_nre_s éta1ent le plus bas prix qu'on eut J. amais vu.
Cetait le bon et le bon marché; c'était l'utile et t'agréable . TTtil, dulci.
C'est ainsi que, daos les premiers jours d'octobre les
Magasins du Louvre viennent de mettre en vente pour
tous les artic~es qui conceroent l'ameublement, ;n immense assort1'llent de m_archandises dont les prix vont
c;iuser la m_ éme sensat1on que les grandes mises en
vent,e an tér1eurement annoncérs par cet établissemeot.
N est:ce p~s la une bonne fortune véritable pour le
retou~ a ~ar1s de la société élégante, et pour tout ce
trava1l d ame u blement que nécessitent les nouvelles
constructions de Paris?
Cette mise en vente comprend:
_Les choix les plus riches et les plus variés de TAPIS
fa1sant partie des marchés que les Maqasins du I,,mvre
ont pa•sés, en mars dernier, avec les PRE!iJERES FABRIQUE:5
DE FRANCE ET o'ANGLETERI\E (douze mil/e .,ieces a 'ab"•quer
"
" ter septembre
'' ••
s,1r des ,,e~sins
exclusi/s), et livrables du
au 1" octobre.
Cette immense opération, qui présente sur les cours
actuels une d1fiér~nce nE FLus DE JO POUR Ct'iT, va perme~tre aux Magas,ns_du Louvre d'ofirir ces magnifiques
tapis aux plus ~as pr11 que cet article ait jamais atteints.
. A cct asso~t1meot de tapis, les Magasins du Lour·re
aioutPnt la m_1se en vente d'éto(fes pour meubles, et TROis
ll
d d
b dé
p~%~::e ::~li~:~1 ro s, brochés, et de guipure de

.:;n Marpon, libraire, 4 a 7, galeries lle l'Odéon Pt
Banquiers de la Socitté e,¡ ltalie.
Cette mise en vente sera, comme im¡,ortance et comme
,.,,_tous les lihraires: BrnuorneouE N!TIONALE. - Col- M~. Em1. FE~z• et Ci•, a Florence, et leurs correspon- extreme bon marché, la plus remarquable qu'on ait eu
dants.
eocore a con_stater jnsqu'a ce jo•.ll'. C'est le ntc plus ullt·a
.
des meilleur~ wdeurs anciens et modenie~, format
des comb10a1sons economiques .
'25 c. l_~ vol. (35 c. franco pour toute la France). PROSPECTUS.
. L_e~ Magasins du Lom:re, en organisant ces grandes et
. : · oot deJa paru. - Cette jolie collection obtient un
La Société généralp d'entreprises industrielles en Ita- JUd~c1euses operat1ons, rendent réellement a la société
de vogue, qu'elle mérite a tous égards.
líe a été décrétée pour développer le commerce et !'in- par1S1enne le plus signale des services. Ces bas prix
dustrie de la Péninsule.
fabuleux pré~entent, en efTet, une agréable compensation
L~s s~ccursales, a_gences ou corrrspondances qu'Plle avec la h~ussr cro1ssante des autres produits. L'étahliset 1:S,~irées daosantes et musicales du jardin '1ahille
lllo' 11d¡ardm des Fleura seront continuées pendant le v~ etahhr dans les cmquante premiáres villes de la Pé- sement a 10aug~é cette voie heureuse, et le soeces l'y
18 octobre.
mnsule en S1c1le, daos les Marches, l'Émilie, l'Ombrie, pousse plus hard1ment que jamais.
H. v.

:-32,

�uo

'

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

~t

L'UOG!JRATIO~

de la

-~ ,~
~

STA'fUE DU GtNtRAL PAJOL.

Dimanche, 28 aout, se faisait a Besan~on
l'inauguration solennelle d'une statue du général Pajo!, l'un des membres les plus brillants de celte pléiade de généraux que la
Franche-Comté a fournis a la Révolution et
a l'Empire. Ce beau morceau de sculpture, en
dehors de son mérite incontestable, présentait
un intéret tout particulier : i1 est l'reuvre
d'un ténéral de l'armée fran~ise, et ce
général s'est fait statuaire pour bonorer la
mémoire de son pere, et offrir celte noble
image au berceau de sa famille.
A trois heures et demie, heure annoncée
par le programme, les membres du Conseil
général du Doubs, ayant a leur tete leur président, Son Excellence M. le marquis de
Moustier, ambassadeur de France a Constantinople, et leur vice-président, M. LatourDumoulin, député du Doubs, entraient daos
le rond-point de Chamars et venaient pren-•
dre place sur une estrade située a droite de
la statue.
Quelques instants apres, arrivait le cortége
officiel. La statue du général Pajo! est digne
en tous points de l'accueil enthousiaste dont
elle a été l'objet. Elle tiendra, comme reuvre d'art, un rang distingué parmi les monuments analogues que possede ,a France.
Le général Pajol, l'un des plus beau:x hommes
de son temps, avait l'attitude ma,tiale; il portait haut la tete, et sa figure, d'une régularité par.faite, respirait la soudaineté d'intelligenee, unie au calme et a l'énergie : ríen
qu'a le voir, on devinait qu'il était né pour le
commandement. Tout cela est fort bien rendu
par la statue; le mouvement en esl simple et
expressif, le modelé consciencieux et vrai, les
acceuoires étudiés avec soin et arrangés avec
art.
H. CASTELMANS.

......

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N~A BmNíoN 177/l
VoLONTAIRE

17!)2

CENERAL EN ÜHEF 1812

tTilLISSEMENT TlIERMAL DE LA FRÉGATE
la Vllle de Parls,
S11r la &amp;int, 411 ponl Royal, quai d'Or,au. ... •

Les guérisons merveilleuses, obtenues par
les bains de roer et les établissements thermaux, onl popularisé en France l'usage des

____

'.0,1!.
..
STATUE DO GÉNERAL COllTB PAJOL, INAUGURÉE A BESAN{:ON LE t8 AOOT 1864,

~,...,...

ÉCHECS.
PROBLÓIE

r,¡•

no,

ACTEOR A.'iCIEN.

Les blanca font mat en cinq coups.

leurs príncipes chimiques, réduits a l'état de poussiere,
pénetrent dans tous les tissus du corps humain.
RÉBUS,
On peut done proclamer hardiment que Paris possede
désormais un vaste établissement tbermal, daos le sens
le plus étendu du mot, puisqu'il offre a la fois et les bains
de roer et les caux les ¡,lus renommées de l'Europc.
Et remarquez avec quels avaotages ! - Plus de déplacement, plus de fatigue, plus de dépenses extraordinaires de villégiature, plus d'absence pour les affaires
el les travaux ! Le m_alade, le fonctionnaire, le négociant, etc., etc., saos quitter París, oot l'eau de mer
et toutes les eaux sous la main. 011 reqoit méme l'ea,, de
mera domicile; chacun sait que pour le~ enfants d'une
faillle constituLion c'est la uo stimulant efficace. Ces conditioos économiques mettent ces baios a la portée de toutes les rortunes. C'est la un bienfait immense pour les
ramilles, et l'adminisration supérieure l'a parfaitement
rcconnu, car une décision ministérielle et un arreté
préfectoral ont immédiatemeotautorisé cette exploitation
El.FLICATION DO DERNIER RtBUS:
comme répondanl a un besoin d'utilite publique.
Lepatronage du corps médica! et les excellents résulLa littéralure est-elle appelée i gagner avec la libri
tats constatés par les praticiens les plus distingués, dé- théatres?
_ __,..,....,....--uile.&gt;--•---montrent d'ailleurs, par des faits, et le succes éclatant
SOLUTJO!'iS EXACTES DU l'ROBIDIE Nº { 75.
de l'établissement, et les immeuses services qu'il est apMM.
Henry
Frau, Bacquet, G. Baudet, Lea Ricardo,
pelé a rendre a la population parisienne.
H. V.

SOLOTION DO PROBWE Nº i7:i.

Blancs,
D pr. F
T i• c. du R échec

!l'oirs.
T pr. D (a)

P 5- c. du R
C Se c. du F du R écbec. Mat.

(4) 81 l'uoe des Toun se place sur a diagona,e, commaudée par a
J1u1e, (;atalier a• we du Fou du Roi et Dame matlt.

eaux. Toutefois Paris,qui représente seul
sa banlieue, le viogtieme de la FranCC:
sa population, avait été jusqu'a. présent
des avantages d'un établissement therm
et la capitale, qui aspire a devenir un gr '
port, ne pouvait prendre des bains de mer.
On sait, en effet, que cette pbrase stéréo.
typée de h chronique parisienne, u Tout Parfa
est au:i: eau:i: ! » représente a peine, ch141e
année, le départ de quelques milliers de pe,.
sonnes. La masse de la population, retenae
par ses travaux, par ses intérets, par ses ai,
faires, par ses obligations de toutes sor1e1,
reste sédentaire a Paris. Et c'est P0111'1111
cette foule immeose qui a le plus besoin •
régime fortifiant des eaux; car c'est elle q11e
le travail fatigue et aflaiblit, et c'est ¡ ..
que les propriétés bieufaisantes de l'eau •
mer peuvent donner l'énergie qui lui esi 116,
cessaire.
Cette !acune regrettable de la vie par.,
sienne est aujourd'bui comblée par l'ÉtaWfl.
sement .thermal de la Frégate la Ville de P--,
sur la Seine, au pont Royal.
u Quoi ! transporter de l'eau de mer ¡ París ! &gt;l s'est-on écrié toul d'abord. Et l'on 11
réflécbissait pas que c'est la, en définitne,
une idée toute simple et vieille comme le
monde. Les caravanes transportent a tmen
le dé~ert d'énormes quantités d'ean, et q.
jourd'hui on transporte a Constantinople •
l'eau du Nil, pour les dames de Sa Haulelt
le ·sultan.
Avec nos voies ferrées, ríen n'étaiL .t.
plus f:i.cile que d'établir des bains de me,
il. l'aris, et le succes de vogue obtenu ,l'organisation bien facile de ces bains sur la
frégate la Vil/e de Paris, démontre qui
surfisait d'organiser ce service pour réussir.
Bien mieux, un nouveau systeme de 6all
hydroféres de M. Mathieu (de la Drome), im,
tallé sur la frégate avec tout le confortaWe
désirable, permet d'administrer, au centre•
Paris, des bains de Vichy, de Condillac,•
Plombieres, des eaux-meres de Salins, •
Kreutznach, enfin de toutes les eau1 mini• rales connuea en Europe.
Et qu'on ne ~•imagine pas que ce soit lla
systeme de balnéation inefficace et sana profit. Le rapport de M. Poggiale a l'AcacNa
de médeciue a surabondamment prou,é q11
l'l1ydrofére, daos lequel le liquide ne íait ..
passer rapidement au contact de l'air, •
décompose pas les eaux minérales, et ..

AuG. MARc, directeu7'1lérant.
Em,. TnIER, rédacteur en ch8f.
PARIS,-1.Ml', DB L'ILLUSTR.lTION, A, IIARC, t!, RUE DE VBMEUlL,

Brezin, a Paris, L. Bonnin, Ed. de Vaucelle, Melfre, aN
stiennon, de Meurs, Rombaut, Cercle littéraire d'
E. Poucin, J. Planche, E. Frau, Capitaine Chuouaet.E.
let, Briquet, A. Damotte, D• Revel. Café de l'Europe, l
riol, F. Tillelongue et J. Castinel, Jules Borchard, t.erdl
Lezignan, Café Moliere, i Nantes, L. Lefrancq, V. Th'
Eugene )(or¡¡sn.
J. A. de R.

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                  <text>Semanario francés ilustrado se publicó entre 1843 y 1944. Aborda temas políticos, económicos, sociales, científicos, artísticos, y deportivos. Fundado por los periodistas Jean- Baptiste Alexandre Paulin y Édouard Charton. Sus ilustraciones eran realizadas por los mejores dibujantes como Henri Valentin, Édouard Renard, Paul Gavarni, Janet-Lange y Cham.</text>
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                <text>L’Illustration : Journal Universel, 1864, Año 22, Tomo 44, No 1128, Octubre 8</text>
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                <text>Publicación periódica</text>
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                <text>Semanario francés ilustrado se publicó entre 1843 y 1944. Aborda temas políticos, económicos, sociales, científicos, artísticos, y deportivos. Fundado por los periodistas Jean- Baptiste Alexandre Paulin y Édouard Charton. Sus ilustraciones eran realizadas por los mejores dibujantes como Henri Valentin, Édouard Renard, Paul Gavarni, Janet-Lange y Cham.</text>
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                <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores</text>
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                    <text>\

L'ILLUSTRATION,
IOUBXAL UKIVEBSBL.

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Direetion , Rédaetion, Administration :

22 8

ANNÉE.

VOL. XLIV.

Nº

Abonnements poor Paris et les Déparlements :

1129.

Toalll let communications relatives au joumal, réclamations, demandes
de changements d'adresse , doivent étre adressées franco a
&amp; A.UG. MA.RC, DIRECTEUR•GÉRA.NT.
Les demandes d'abonnement doivent etre accompagnées
d'un mandat ,ur Paris ou sur la poste.

t 84U.
L'admioistralion ne ripond pa1 des manuscrils et ne 1'engage ¡amais i les insérer,

SOMMAlRE.

Grav11re1·: Académie impériale de musique Roland a Roncevaux.
Grands Prix ,t eovois de Rome (5 gravures). - M•• L•~rang•, caola•
trice du Tbélitre-llalien. - A,cension du ballon le Géa11t, i,. Bruxelles.
- Les ruines d'Ani (3 gravares). - Le mar•cbal Narvaez, presiden!
du Conseil en Espagoe. - $tatue de brooze doré, récemment découverte a Rome. - Chemin de fer don Pedro JI (3 grRVures). Statue de Benoit Raclet, inau~urée le 3 octobre i,. Romaoécbe. - Machine a fahriquer les tui!es, carreaux, tuyaux et briques creases. Appareil de labourage vapcur . - Rébus.

lrnle politique de la semaine. - Courrier de voyoge. - Grand¡ Prix
ti ..,oi1 de Rome. - M•• Lagrange. - Ascénsion du Géant a
Bruullet, - Cbronique musieale. - Le maréchal Narvaez, duc de
V1leoce. - Corrupondaoc-. d'JIA!ie. - Les ruines d' Ani. - f.ourrier
de londm. - Cbemio de fer don Pedro II lBrésil) . - lnauguration du
buste de Beuoit Raclet. - Machine a fabriquer les tuiles, briques
ereuse', etc. - r.orrespnndance d'Algérie. - Le Palaméde fran~ais. Appareil de lahoursge a npeur.

8amedi t&amp; Oetobre

Vu les traite!, la. traduction et la rep,oduelion

a l'élranger !Ont Ullerdites.

BUREAUX : RUE RICHELJEU·, 60.

-1

a

S mois 9 fr.; - 6 mois, 18 ír.; - unan, 36 rr. ¡ - le numéro, 15 e,
la collection mensuelle, 3 ír.; le volume semestriel, lk ír.
A.BONNDIENT8 POUR L'ÉTRA.NGER 1
Mémes pnx; plus les droits de poste , suivant les tarifs,
Les abono. partent du I er n• de cbaque mois.

REVUE POLITIQUE DE LA SEMAINE.
Toutes les pieces diplomatiques relatives a la convention franco•italienne ont passé sous les yeux du public.
Le Moniteur a reproduit l'acte, son protocole, sa déclatíon, et les dépeches du ministre des affaires étrangeres

t lioa

IS pro-

1.démie
vé que
a.it que
air, ne

et qoe

do,

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aNbleli

l'Aulnlf•

et,E,Val&gt;e, i JI'
:::ercle dr

hiondlt,

le R,
ACADIÍAUB llll'ÉRIALB DE MUSIQUE ROLAND A RONCEVAUX, ACTB 3', SCENE 4 (voir la Chr011ique muricale,rpage 11'6).

�L'ILLUSTR¿\TION, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, .JOURN AL UNIVERSEL.

de France a ses ambassadeurs a Rome et a Turin. dans leurs foyers, et l'on assure qu'a la marine, l'ordre
CO(JBBIEB DE WO"IAGB.
On sait officiellement que le roi d'Italie s'est engagé a serait donné déja. de ralentir les armements.
Ces
mesures
seraient
évidemment
les
plus
propres
a
décréter la translation de la capitale de son royaume
ny a deux ans, je pa.~sai un mois aAix-les-Bains,
dans l'endroit qui sera ultérieurement cléterminé par ce rétablir rordre dans les fin anees et a faire renaitre le
crédit, que les dernieres agitations ont contribué a dé- Savoie. Je ne pouvais me mettre ama fenetre sans ª!letsouverain;
cevoir, de l'autre coté du lac de Bourget, - le lac. de
Qu'il ne Jaissera pas attaquer le territoire du saint-pere précier encore.
M. de Lamartine, - une cime apre et nue, qui te!'liA
Rome,
l'ordre
de
Malte
aurait
deman~é
a
e~e
et empechera, meme par la force, toute atteinte venant
chargé de l'organisation de la nouvelle armee pont1fi- nait désagréablement la plus maussade muraille de
de l'extérieur contre ledit territoire;
.
.
montagnes que j'aie vue de roa vie; oette cime s'appeUe
Que la France retirera ses troupes des Etats pont_1fi- cale. Bien des projets ont été retirés des cartons; ces
la
Dent-du-Chat. Si peu engageante qu'elle fut d'a.~!&gt;ed,
caux graduellement, et a mesure que \'armée du sa1~t- divers plans different des idées formulées, en t 860, par
je
me disais tous les jours en la regardant : demain,l)
pere sera organisée; que l'évacuation devr:i. néanmoms Je général Lamoriciere, en ce qu'ils proposen~ tous _un:
monterai.
,
sorte d'organisatiqn d'armée catholique, qm ~erVJra~t
etre accomplie dans le délai de deux :rn~;
,
Le
temps
se mit a la pluie, et je quittai Aix-lf.s_
Que le gouveroement italien s'int~rd1t toute recla.ma_- non-seulement aux États du pape, mais qui sera1t
Bains
saos
étre
monté a la Dent-du-Chat. Je l'ai toa.
tion contre l'organisation d'une armee papale, composée mise, au besoin, au service de la cause ireligieuse, par
jours
regretté,
surtout
d~pui:. qu~ des am!s, qui•en ont
meme de volontaires catholiques étrangers, suffi~a~te exemple, en Orient.
fait
l'ascension,
m'ont
d1t
qu 11 o y en ava1t pas de plus
Tous ces plans ont quelque chose de chevaleresque
pour maintenir l'autorité du saint-pere et la tranqmlhté,
ennuyeuse et de pli1s fatigante ... L'esprit de l'homme
qui
ne
va
guere
a
notre
temps,
et
sont,
par
coméquent,
tant a l'intérieur que sur la frontiere de ses États, pourvu
est vraiment quelque chose de bizarre.
que celte force ne puisse dégénérer en moyen d'attaque un peu chimériques.11 est probable qu'on s'en tiendr~ a
Je ne suis pas allé me promener une seule fois 11
ce
qui
s'est
fait
en
f
860.
On
ajo~tera
seuleme~t
une
lég1on
contre le gouvernementitalien;
Peyrou, - et quand on habite Mont?ellier pendant 111
polonaise,
qui
sans
doute
arr1vera
a
un
ch1ffre
respecQue l'Italie se déclare prete a entrer en arrangement
mois, c'est une promenade qu'on fatt souvent, - 11111
pour prendre asa cbarge une part proportionnelle de la table. u serait aussi question de former des ~orps par
Jangues, par nation : lé~ion frauco-belge, lég1on polo- que mes yeux s'arretassent longtemps sur une m1111e
dette des anciens État~ de l'Église;
sombre, qui semblait isolée au milieu de la me~, et qui
Que le délai de six mois pour la translation de la ca- naise, tégion irlandaise, légion espagnole, etc. Le pa~e
se détachait, imposante et gigantesque, sur le c1el bleu.
pitale de J'Jtalie commencera, .ªi?si que l_e délai_ de deux a toujours caressé l'idée d'avoir une larmée composee Et chaque fois je me disais, comme en fa.ce de la Dentans pour l'évacuation du terr1ton:e p?nti~cal, a ~a da!e de soldats de toutés les nations catbolique~.
,
D'apres les correspondances italienn.es, le _gouvern_e- du-Cbat: « J'irai voir cela de pres. n
du décret royal sanctionnant la 101 qui va etre presentee
C'était
l'église
en
ruines
de
Maguelone.
ment pontifical aurait résolu de para1tre, smon sattsau parlement italien.
.
nu temps que Montpellier était un petit village loll
Nous n'avons aucune observation nouvelle a fa1re sur fait du traité, du moins tranquille sur les conséquenc~s a fait inconnu dans l'bi~toire, Maguelone était lllle
~es nouveaux documents. Le texte officiel de la conven- de ce traité. n parait certain qu'il se dispose a orgam- grande ville tres-célebre. Elle eut, ~e ne sais trop poar
tion ne differe en ríen du texte télégraphiq•1e. La dépe- ser son armée, et qu'il agira et fera tous ses efiorts pour quene· raison, le malheur de déplaire a Ch_ar~es_ Mutel
che de M. Drouyn de Lhuys a M. de Malaret, m!n!s_tre de sauver sa périlleuse situation. «Ainsi, dit un correspon- Ce terrible homme ne badinait pas, quand 11 eta1t eaeoFrance a Turin, n'est guere qu'une seconde e~1t10n de dant, ni sortie des gonds, ni manche apres la cognt!e, tel est lere : il détruisit tout simplement Maguelone, et si biea,
la dépecbe adressée par le meme a M. de Sart1ges. La Je mot d'ordre qu'on semble avoir adopté .. 11 Le ?ºu:er- que les habitants, saos abri, vinrent se refugier a_llotllsituation reste done dans toute sa simplicité et sa clarté. nement romain, en •m mot, croit pouvo1r ~orl!r VJcto- pellier, qui devint une ville. Plus tard, cependant,_ 1I r~
L'armée frangaise sort de Rqme, l'armée italienne ?'Y rieux de la position qui lui a été faite par le traité du que Ma"uelone se soit relevée des coups que hu llll
entre pas, et le pape y reste. Le gouvernement pontifi- t5 septembre; et s'il réussit, tant miem: ! c'est qu'il aura
portés rude marteau des Francs, ~ar elle se batit ~
cal rentre dans la situation ordinaire de tous les_ gou- avec lui la population romaine.
tres-belle
église; celle qu'on aper~o1t du Peyrou, etq11
A l'intérieur, peu de cbose. La nomination .de nouvernements. U &amp;. une armée a tui, des fin anees a lm, une
tentait
ma
curiosité.
administration alui. S'il se·fait accepter des gouvernés, veaux sénateurs: M. le duc de Montebello, ancien amSi
je
n'ai
pas vu la Dent-du-Chat, j'ai vu l'église de
personne n'a rien a dire; si, au contraire, les gouvernés, bassadeur, M. l'arcbeveque de París, M~. Boinvilliers et
Maguelone.
,
.
.
mécontents, se soulevent et renversent le gouvernement, Godelle, vice-présidents du Conseil d'Etat, M. A~olphe
Le
voyage
est
plus
facile
que
l_ascens1on.
D_eux
lieaei
qu'y faire? Peut-on reprendre les arm~s pour _replac~r Barrot ancien ambassadeur, M. le comte de Sahgnac- en chemin de fer une lieue a p1ed ou en vo1t11re, 1111
les Romains sous l'autorité du souveram pont1fe? Ma1s Fénel;n, ancien mini~tre plénipotentiaire, M. Chabrier, traversée de dix ~in utes en bateau. Voila qui est l la
alors il aurait fall u les prendre pou'r faire rentrer les ancien conseiller-maitre a la cour des Comptes, et M. le
porlée de toutes les jambes.
Toscans et les Napolitains sous l'obéissance des Haps- comte de Nieuwerk.erke entrent au Sénat. Quelques
Le cbemin de fer traverse un paysage assez mo•
changements
aussi
dans
le
personnel
diplo~~tiq~e
:
M:
le
bourg-Lorraine et des Bourbons.
.
tone,
qu'accentuent seulement de temp8 en temps di
Voila ce qui ressort clairement de la convention du baron de Talleyrand, ministre plénipotentia1re a Berhn,
garrigues.
.
.
.
t5 septembre. Nous l'avons dit des le premier jour, et passe a Saint-Pétersbourg en qualité ~•ambassadeur, et
Les garrigues sont des mont1cules p1erreux, o~ poate
est
remplacé
a
Berlin
par
M.
lienedett1.
.
.
nous ne pouvons que le répéter aujourd'hui.
.
Nous avons dit un mot, la semaine dermere, de la c1r- une végétation sauvage, et qu'babitent volont1e~ d'6Autaut qu'on en peut juger par la lecture des_ f~uilles
normes araignées-mygales, qui sont bien les ¡,los msí:
autricbiennes, le pape, s'il 5'.adresse au cabm~t de culaire par laquelle M. le ministre de l'instruct!on pu- nieuses vilaines beles qu'on puisse imaginer. Elles 11•
Vienne, comme on \'avait donné a entendre, ne do1t pas blique étend le cercle de l'enseignement snpér1eur, en vent au fond d'un trou, fort proprement creusé: eecl
s'attendre a en recevoir une réponse bien satisfaisante; engageant les professeurs de Facult~s a f~i~e des le~?ns est l'enfani:e de l'art pour des araignées; mais ce INI
l'Autricbe se résigne a l'abstention dans la question daos le genre de celles qui ont eu lleu, 1h1ver de~mer, est entouré d'un fascinage de brins d'her~e~ 011 de rt
a la Sorbonne. L'État a le droit et le devoir d'enseigner,
romaine.
nous
ne saurions done trouver mauvais qu'il les exerce milies, travaillé a vec une adresse, une soltd1~, un 1011
LPs organes ministériels, daos un examen approfondi
tous
les
deux, mais nous ne pouvons l'approuver de merveilleux : les soldats du génie ne font r1en de plll
de la convention, déclarent qu'il est impossible de se
1A
faire
de
l'enseignement un monopole. Que les profes- achevé.
méprendre sur la signification réelle du traité. En déOn descend de wagon a la station de_ Villeneu,e.
seurs
dµ,s
Facultés,
les
membres
des
sociétés
savantes,
pit des circonstances, de~ ménagement~, ils_ ª:ouent
premiere maison du village est une ma1son toute !MIi
qu'une chose s'en dégage nettement : le prmc1pe du reconnues d'utilité publique, répandent la science dans et fort ornée. Sur la fagade est sculpté u~ persono~•
le pe1iple, rien de mieux; mais p?urquoi inter~ire l'!xerdroit national.
1
cice
des cours publics aux vocat1ons non offic1elles. Les costume d'alchimiste, tenant un alamb1c a la mam.O
On ne se fait done, a Vienne, aucune ill,usion s_ur la
personnage est Arnauld, un enfant de Villeneu,e,
convention franco-italienne. Dans les organes hah1tuels conférences de la ~alle Barthélemy auraient ouvert une
Je premier, distilla l'alcool.
.
.
du gouvernement autrichien, la portée et lei con~é- voie féconde dans laquelle toutes les villes de France
Au
moment
ou
nous
trave!'lHOns
V1llene11ve,
_des
quences de cet acte sont envisagées avec une cla1r- s'appretaient a entrer. N'est-il pas facbeux qu'on arrete
es
char"ées
de
vendange,
revenaient
des
v1gno~
voyance qui ne ce-le en rien a celle des fP.uilles ultra- cet élan, ou qu'on cherche a le confisquer au profit de tur '
. ·
les pressoirs" trava1lla1ent
a f~rce, ~t 1·¡ _Y av~_1·t dans
. 'od!'Ir
montaines, et la grande préoccupation des journaux de l'État? S'il est une concurrence que l'État devrait accep- une odeur de raisin foulé, qm aura1t bien reJolll l
,Vienne semble etre, pour le moment, d'écarter toute ter etsollicitermeme, c'est, a coup sur, celle du dévoue- du bon Arnauld, s'il avait pu la respirer.
idée que l'Autriche veuille prendre une attitude mena- ment individue! dans l'reuvre glorieuse de l'éducation
En vingt minutes, nous arrivames a l'étang de ._.
gante. A cet efiet, ils proclament a l'envi que la réduc- des ruasses.
lone. L'église se dressait devant nous_, et P~~ un
EoMOND TumR.
tion de l'armée autrichienne est imminente; que cette
lier pour nous faire passer l'eau; il fall~1t en
réduction projetée, d'aílleurs. bien avant la convention
chercher
un a Villeneuve, d'ou nous vemons, et
'
.
du 111 septembre,
s'étendra aux troupes de la Vénélle,
venir
a
l'étang,
et la journée était des plus c~audes.
PRIME DE L'ILLUSTRATION.
et que les arrangements pris a l'égard de Rome entre la
- Mais dira un géographe, ?tfaguelone n est pas
France et l'ltalie, n'en retarderont pas l'accomplisse' presqu'ile, et daos une presqu''lI e OD
&lt;EUVR.ES NOUVELLES DE GAVARNI.
ile c'est une
ment. ns ajoutent meme, - faut-il les croire? - que des
'
· saos doute, mais souvent
arriver a pied sec. - Om,
ordres ont été expédiés a ce sujet daos. le quadrilaPar-ci, par-la, et Physionomies parisi~nes, splen- un grand détour: il nous aurait fall11 deux beures
tere.
dide col\ection de too sujets, tirés snr cbme par Le- faire Je voyage par terre.
.
D'un autre coté, en dépit des bruits de g11erre qui mercier, formant t magnifique 1&gt;olume grand in-4º colomNous nous décidames a retonrner a V1lle?euTe,
commengaient a c\.rculer a Turin, le nouveau ministere bier relié en maroquin et doré sur tranches :
Le premier pecbeur que nous y rencontra~es se .
'
italien, qui semble ne pas croire a la guerre, est dégea de nous conduire par eau. Nous ne pouvio~ t
SO fr. J.U Lllm DI 110 fr.
cidé, assure-t-on, a réaliser immédiatement de fortes
tomber : c'était un brave homme, qui n'était polD t
5 fr. en sus pour l'envoi franco daos une cais.se,
économies. Or, les seules économies permises que l'on
qui lisait lorsque la pAcbe tui en laissait_ le temps, e
puisse opérer, consistent a réduire l'effectif de l'armée pour la France continentale. Les souscripteurs de tirait profit de ses lectures. 11 se nomma1t...
et aralentir les dépenses de la marine militaire. 11 se- l'Étranger devront le faire réclamer par leurs corresMais non, j'ai, pour ne pas vous apprendre son
rait ¡uestion du renvoi de cent cinquante mille hommes ponrlant~.

1:

~:t

raisons que je vous dirai plus tard. 11 prit pour maun marin de la marine impériale, qui avait fait
'expédition de Chine, ~~ q~i ne s'était _Pª~ assez enrichi
ies dépouilles du pala1s d Été pour deda,gner de gagner trente sois en ramant pour des Parisiens.
Noos nous emharquames, nous leva.mes l'ancre et
005 commen~ámes a voguer sur \'étang. Ie suis daos.
~e pays dn pr~térit défini, ma foi, j'en profi~e.
Cet étang de Maguelone est bien le plus malpropre
que je connaisse : cbaque fois que les avirons s'enfon~ent daos l'eau, une a_ffreuse_ vase noire montait a la
surface, qui •ous donna1t des 1dées de peste et de fie••
,re. S'il en hait ainsi du temps de Charles Marte!, ce
fot no service qu'il rendit aux Maguelonais, que de
leor ra.~er leur ville, et peut-étre l'histoire a-t-elle calomnié les intentions d'un bon prince.
Non~ abordames. La masse noire, que je voyais de
Montpellier, était, de pres, un édifice d'une teinte blonde
et dorée, qui s'harmonisait admirablement avec \'azur
roncé du ciel.
L'église de Maguelone est ruinée ; mais c'est mieux
q11•un débris. Le portail en marbre est entier, et les
scnlptures, dans le gout byzantin, semblent étre sorties
bier des maios de l'ouvrier. A l'intérieur, les voutes robostes, en plein cintre, et l'abside majestueuse, sont de
force encore a porter bien des siecles.
L'église était sombre; et c'était a grand'peine qu'on
pouvait distinguer les figures sculptées sur les pierres
ffépulcrales, enlevées de leurs tombeaux, et appuyées
contre les murs du transept.
La presqu'ile de Maguelone a été acbetée tout entiere
par un tres-ricbe négociant de Montpellier, qui est de,eou ainsi propriétaire de l'église : des réparations ont
été commencées par ses soins, et le bruit court que son
61s aurait dit : « Ie veux me marier daos l'église de
Maguelone restaurée. »
Ainsi soit-il.
Le toit de \'édifice, formé de larges et belles pierres,
est un tres-commode observatoire, d'ou le regard embra..c;se un admirable panorama, qui ne ressemble guere
ace qu'on voit ailleurs : d.'un cóté, la mer; de l'autre,
d'immenses étangs, la -plus riche campagne, Montpellier
daos le lointain, et a l'borizon, des montagnes aux belles
lignes et aux teintes superbes. •
En nous ramenant de l'autre coté de l'étang, notre
pécbeur nous donna quelques détails sur l'ancienne
Maguelone : (( C'était, nous dit-il, du temps que Montpellier et Villeneuve n'existaient pas. 11
dlontpellier et "illeneuve... 1&gt; Qu'en pense Montpel-

lier7
Cd ier enfant de Villeneuve nous raconta un bon tour
que joua jadis un éveque de Maguelone a un des grands
dignitaires de son clergé.
Ce pretre avait formé le projei de renverser le pouttir de l'évéque; il mit plusieurs personnes daos sa
conidence : un complot fut tramé.
Le prélat apprit ce 11ui se passait.
0n était a la veille d'un jour de féte.
Ce jour-la, le prélat donna la sainte communion a son
Le chef du complot était agenouillé avec les autres pretres au pied de l'autel. L'évéque s'approcha de
luí, tenant l'bostie entre ses doigts, il se pencha, et la
mil sur les levres de son ennemi.
D.se tronva qu'elle était empoisonnée : le pretre ambitieux mourut, la conspiration avorta, et l'adroit éve-•
que con~nua a gouverner paisiblement Maguelone.
Le second de notre pecheur est moins lettré que son
pa1ron, mais sa conversation, a lui aussi, est remplie
d"mtérét. 11 avait commencé a nous raconter la prise de
: « On trouva, nous disait-il, le diner de l'Empereur tout servi dans son palais, avec le fricot a /e,,r mallUre. » Je vous lai~ a penser si je souhaitai~ d'entendre la suite du re,t; malbeut!é1'ement nous étions
ll'l'ités ,a Villeneuve.
f
La chaleur nous avait donné
soif :
e Dn'y a guere, en ce moment,. que du vin doux a
Yilleneuve, nous dit notre pecbeur : il m'en reste ce)lelldant un peu de i'année darniere, si vous voulez bien
e&amp;lrerchezmoi ...
Jiella entrons, nous buvons d'un vin qui u'était pas
du tout, et nous noifs appretons a payer.
1 llessieurs, je vous ai in1&gt;ité1l... 11
Il n'y avait rien a dire, nous serrons la main de notre
Mte et nous partons.
:-Maispourquoi, medemanderez-vous, ne -..oulez-vous
PGmt nous dire le nom d'un si brave homme?

el•

gr4d

_,ais

Ah! voici:
J'avais pour compagnon de voyage un ami 1qui a un
faible pour la bouille-abaisse, et ne manque jamais l'occasion de faire sur ce mets de baut gout des études
comparées pratiques ... ou théoriques, a défaut de mieux.
Ayant un pecheur de Maguelone sous la main, il voulut naturellement connata-e la recette suivie pour la
bouille-abaisse sur une partie du littoral.
Quelles especes de poisson? Quels assaisonnements?
Que! mode de cuisson? Ses questions ríe souffraient pas
q~'aucun point restat dans l'ombre.
Le pécheur répondit sur toute cbose en docteur.
- Ainsi, demanda mon ami, voici les éléments et la
fa~on de faire votre bouille-abaisse:
Et il récapitula tout ce qu'avait dit le pecbeur avec une
fidélité de mémoire qui eut fait envie a to115 les gastronomes.
- C'est bien cela.
- Mais ce n'estpoint du tout la bouille-abaisse marseillaise.
- Oh! monsieur, aMarseille, ils ne savent pas faire la
bouille-abaisse.
«A Marseille, ils ne savenl pas faire la bouille-abaisse !ll
Vous comprenez maintenant r¡ue je n'aie pas voulu
vous nommer mon pecheur; c'e.ut été livrer ce pauvre
homme a la vengeance des Marseillais.
Et plaise au ciel que ce que j'ai dit n'attire pas un
orage sur Villeneuve !
Ie suis alié a Cette, la semaine derniere. Riquet, l'ingénienr du canal du Languedoc, a creusé le port de
Cette, et Vauban l'a corrigé. En dépit de Vauban et de
son génie, ce n'était qu'un port assez incommode; mais
la fortune le favorisait quand meme et lui amenait des
navires, malgré l'hospitalité pen sure qu'il leur donnait.
Aujourd'hui, les choses ont bien changé; le dix-buitieme siecle a donné une jetée a Cette, la Restauration
luí a donné un brise-lames, Louis-Philippe un second
bassin, et un canal qui joint un grand étang Ralé a la
roer.
Cette est devenu le septieme des ports de commerce
fran~ais, et personne n'a plus le droit de lui reprocher
d'etre au-dessous de sa position.
Entre la mer et un étang grand comme un lac, dont
les llols baignent pl1Jsieurs villages, Celte a de l'eau a
sa droite, de l'eau asa gaucbe; ce jour-la, une pluie effroyable le rendait plus aquatique encore.
Quelle pluie !... et quel vent! Ah! la Restauration a
vraiment été heureusement inspirée en faisant présent
a Cette d'un brise-lames. A en croire les peintres et les
poetes, la Méditerranée serait toujours bleue comme un
ciel sans nuages et nnie comme un miroir. Ne vous y
fiez pas; quand elle se mele de sortir de son calme, c'est
bien lamer la plus sombre et la plus violente qu'on
puisse se figurer. Comme elle écumait, comme elle se
tordait, comme elle rugissait, dans cette lugubre apresmidi, comme elle montait, furieuse, 11 l'assaut des rocbers,
et burlait de rage de ne les pouvoir ébranler !
Ce n'était guere un temps a courir la vi lle, aussi n'aije pu prendre, en la traversant a la bate, d'autres notes
que celles-ci : &lt;( Peu de monuments et beaucoup de
maisons peiotes en jaune; un tbéatre, si modcste en ses
dehors qu'on risquerait de le cbercber longtemps sans
Je trouver, si le café qui loge au rez-de-chaussée ne
s'était pompeusement intit1 lé: Café de l'Opéra; un autre café qui s'appelle le café Neptune; 1m boulanger
nommé Tbéodose. 11
Si j'avais eu a Cette le soleil au lieu de la pluie, je me
plais a croire que j'y aurais trouvé de superbes édifices
et toutes sortes de curiosités plus intéressantes les unes
que les autres.
Et Frontignan, la ville au vin parfumé et au nom
charmant, qui du cherr.in rle fer m'a paru si triste et si
maussade, Frontignan m'aurait semblé, a coup sur, la
plus jolie et la plus joyeuse ville du monde et du Languedoc_. C'est un voyage a refaire.
X. FEYRNEr.

GRANDS PRIX ET ENVOIS DE ROME

l'efiet produit par le décret du t3 novembre dernier. Ce
décret avait, on le sait, la prétention de tout changer et
d'obtenirdes résultats meille11rs, en retirant a la quatrieme classe de l'lnstitut la direction de l'École des
beaux-arts, ainsi que le jugement des concours pour
les granrls prix de Rome.
Des cbangements que ce décret avait d'abord opérés
daos les dispositions réglementaires de l'Ecole, il en est
peu resté, au grand· honneur des bommes ill11stre~ et
dévoué3 qui se sont succédé a la direction de l'École,
depuis sa fondation, et qui tous avaient constamment
cherché et trouvé les moyens émulatoires les plus propices a stimuler les jeunes éleves, en meme temps que
les plus conformes a !'esprit d'un établissement que
ces maitrcs considéraient, non comme une école primaire ou meme un lycée pour les arts, mais comme une
sorte d'arene olympique, ou de jeunes talents, acquis au
debors, chez des professeurs de prédilection, venaient
tous les ans lutter pour atteindre une récompense élevée, un brillant encouragement. De ces cbangement5,
disons-nous, il ne reste plus guere que des restrictions
pour l'age des concurrents, la durée de leur séjour a
Rome et le nombre des récompenses.
Nous n'avon~ done pas a nous occuper·maintenant de
l'influence de l'organisation nouvelle; nous ne ponvons,
comme les années précédentes, qu'analyser les différent~
concours, en appréciant la valeur de chacune des oouvres
récompen~ées.
Nous commencerons par reconnaitre que les concours
de cette année ont été généralement bien jugés, saos
en excepter celui de gravure, auquel le jury a refusé un
prix.
Le programme du concours de sculpture demandait
une figure ronde-bosse. Son sujet était ainsi 1mposé
aux jeunes artistes : Ulysse courbe sans peine l' are que les
prétendants n'ont pu ployer. L'interprétation de ce sujet
était facilitée aux éleves par la version fran~aise d'un
passage de l'Odys~ée que nous avons relu avec un plaisir
infini, plaisir qui nous entraine a reproduire ici cet admirable morceau.
11 Ainsi parlaient tous les prétendants; cependant
UlyssP., apres l'avoir considéré longtemps, se dispose a
courber l'arc immense. De meme qu'un cbanteur habite
monte facilement la corde de sa lyre, en adaptant une
clef d'airain au boyau préparé d',me jeune brebis, de
meme Ulysse, sans aucun efiort, tend l'arc magnifique.
Alors de sa main dro.te, faisant vibrer le nerf, il l'éprouve, et rend un son aigu, semblable au cri de l'hirondelle. Les prétendants sont saisis de crainte, tous
changent de couleur. 11
Les dix statuettes produite3 par les concurrent~ inspirés par ce théme, présentaient toutes quelques bonnes
qualités. Aussi }P jury a-t-il accordé deux prix égalll'.,
l'un aM. Delaplanche, éleve de MM. Jouffroy et Fabisch,
l'autre a M. Deschamps, éleve de M. Dúret.
L'Ulysse de ~[. Delaplanche, dégagé de son manteau,
qui forme draperie sur une stcle placée derriere lui, se
tient debout, maintenant de son pied gauche \'are piqué
en terre, tandis que la main gahche, avec une force
lente, mais irrésistible, il baisse l'extrPmité supérieure
vers le bout de la corde déja attachée par le has et raidie
par la main droite.
Le mouvementdecette figure est majestueux et calme;
il est bien celui qui convenait au héros dont la force et
l'ancienne habitude de manier cette arme devaient le
faire redouler des prétendants. Ce mouvcment vrai, en
rapport avec l'idée du sujct, pretait peu a l'aspect général de la statue, et il faut louer M. Delaplanche d'avoir
eu le courage d'y arreter sa pensée.
M. Deschamps, moins fin, moins judicicux dans l'idée
qu'il s'est faite du caractere a donner a Ulysse, a congu
!P. mouvement du héros plus développé, indiquant plus
d'efforts, mais plns avantageux pour l'agencemeot des
lignes; au point de vue de la composition sculpturale,
nous pré(érons sa statue; nous en donnons le dessin.

Un hospice sur une des hautes montagnes des A.lpes,
avec église, couvent pour les religieu:x, logements pour des
ou1Jfie,-s employr~ au déblayement des 1lelges pend1111t l'hi1&gt;er, salles et chambres pour les voyageurs, etc.; tel était le

programme donné aux ar.,hitectee; l'établissement pouvait etre, selon la fantaisie du concurrent, placé sur un
Le pnblic nombreux qui s'intéresse particulierement plateau ou sur un versant.
aux conctiurs de l'Ecole des beaux--arts pour les grands
Un prix a été obtenu par M. Guadet, éleve de M. Anprix de Rome, et par suite aux ouvrages envoyés dré, et un autre prix accordé a M. Dutert, éleve de
cha4ue année par les pensionnaires de l'école fran~aise a MM. Lebas et Ginain; ce dernier éte,e, entré dans la caRome, n'était pas encore appelé, cette année, ajul{er de tégorie de ceux qui sont soumi11 au nouveau reglement,
CONCOURS POUR LES GRANOS PRIX.

�244

plouer. - Pri1 ex-requo, M. Deschamps.

llNVOJ DE ROM!!. - Arg111 endormi par

PRIX DR ROME. - PEINTURE : Homere tlans t'íle de Scyro,. - Grand prix décerné

llercure, tableau de M. Micbel, élé,e de 3• anuée,

tiere est relégué
derriere et assez
loin du logis des
ouvriers. Une terrasse demi-circulaire, &lt;le chaque
coté et en dehors
des murs de soutenement qui servent &lt;l'enceinte,
sert a la fois de
lieu de repos et
d'observatoire. Le
style roman, adopté par M. Dutert,
ainsi que par M.
Guadet, est bien
en rapport avec la
destination d'un te!
édifice : ce style
est supérieurement
traité daos le projet
de M. Dutert; son
intérieur d'église
est un hijou d'une
grande simplicité.
Eu peinture, le
sujet dn conc-0urs,
pris daos l'antiquité, est resté
conforme a l'usige
adopté a l'école
des Beau1-arts depuis sa fondation,
usage que nous
sommes beureux
de voir respecté

a M.

Maillud.

Dieu dont rarc est d'argent, dieu de Claros,
[écóute,
oSminthée-Apollon, je périrai sans doute
Si tu ne sers de guide acet aveugle errant. »
C'estainsi qu'achevait J'aveugle en soupirant,
El prés du bois marchait, faible, et surune
[pierre
S'asseyait. Trois pasteurs, eníants de cette
(!erre,
Le suivaient, accourus aux abois turbulen•s
Des molo~•es gardiens de leurs troupeaux
[bélants.
Jls anient, retenant Jeur fureur indiscrcte,
rroté¡;é du vieillard la faiblesse inquiete.
Jlsl'écoutaient deloin, et s'approchantde luí:
e Qoel est ce vieillard blanc, aveugle et sans
[appui?
Serait-ce un habilant de l'empire céleste?
Ses traits sont grands et fiers; de sa ceinture
[agreste
Pend une lyre informe, et les sons de sa voix
Émeuvent l'air et !'onde etleciel elles bois.»
1

PRI.X DE ROME. - Sculpture : U/yi,e cawit
sans peine l'arc que lt1 prtlendant, n'0111,a

ENVOI DE ROME. - Céru rendant la vie
a Triptoleme. M. Cugnot, 5• aonée.

semble d'a peu pres qu'il a attiré l'attention du jury et conquis ses suffrageE.
En effet, le tableau de M. Maillard
(Diogene Vlysse-Napoléon), éleve de MM.
Cogniet, Cornu et Laemlein,semble etre
un vague rellet des différentes qualités
de ces professeurs. Nous croyons que le
degré d'avancement de cet éleve, qui n'a
que vingt-quatre ans, le rend propre a
l'expérimentation de la décision concernant I'age maximum des concurrentE,
age auquel il nous parait difficile d'avoir
acquis assez de science daos l'art pour
pouvoir profiter surement de quatre années de pension et d'uue large liberté.

. roposer, cette année, aux jeunes peinp
. an t'1q11e :
tres un suJet
• Homére dans l'ile de Scyl'os. - Trois
• unes bcrgers, apres avoir écarté lcurs _
Jebiensqui veulent se
''lancer sur 1u1,
. l' ac:ucillent avec respect et admiration. 1&gt;
Tel est le texte du programme. Nons
rappellerons _le~ beaux_vers d~ l'4v~ugle,
d'Aodré Chemer, qui le delerrrunent
el l'expliquent :

en· faveur de M. Dutert, luí rend son prix et place pour !'avenir la limite d'agc au
1er janvier précédant l'époquc des concours.
M. Guadet a étagé les vastes batiments de son hospicesur un plateaulégerementdéclive;
l'entrée, formée d'un pavillon a arcade basse, est flanquée de constr_uctions basses également, et servant de logements aux ouvriers. De cette entrée, on monte a une terrasse par
un escalier de face, et de coté par des ramp.es douces. Sur la terrasse, a droite et a gauche, se développen~ deux grandes ailes a deux étages, reliées par un porlique a jour qui
forme le centre de la facade. Ce portique donne acces dans une cour en forme de carré
long allant en profondeu~, les grands cotés forment les clollres, et au fond s'éleve l'église
avec sa tour quadrangulaire, puis derriere, un jardiu devant servir a la sépulture des
religieux.
Le plan de Al. Guadet nous a paru remplir parfaitemcnt les données du programme; il
est d'une exécution irréprochablc, fine, cbarmante meme, surtout daos la grande coupe
longitudinale,ou l'on remarque l'ornementation de l'église.
A ce plan, nous préférons cependant celui de M. Dutert; le partí de celui-ci est plus
franc, plus primesautier, Ees dispositions satisfont davantage les convenances; l'ageucement de ses batiments, destinés a des usages si divers, nous paraitde meilleur gout;
ainsi il aplacé daos une premiere et grande cour lés baliments destinés aux voyageurs;
ses logements d'ouvriers sont reculés au dela du j:i.rdin qui touche au cloitre, et son cin'te-

a vu un instant son prix retiré, pour
avoir compté douze heures ue plus
a ses vingt-cinq 1ns. Douze heures
de nuit, peut-etre ! et alors que la
limite d'age avait été fixée, saos réflexion, a l'éµoque de l'entrée en
loge, époque dont la fixité pouvait
varier chaque année pour des causes
relativement insignifiantes, comme
un jour de fete, par exemple. Une
récente décision , prise a la suite
d'une requete présentée au ministre,

245

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNlVERSEL.

L'ILLUSTRATlON, JOURNAL UNIVERSEL.

par le conseil supérieur d'enseigoe,
ment de l'école. Du reste, ce conseil,
composé d'artistes éminents, la plapart élevés dans les saines lraditiom,
ne pouvail, nous n'en doutions pas,
cherche1· un sujet ailleurs que daos
un thcme consacré, familier a chacon
de nous. Les sujets de l'antiquité, de
quelqJie genre qu'ils soient, amenent
toujours l'élévation de la pensée. C'est
done avec satisfaction que noas
avonR v11 le programme suivan~

Les dix concurrents admis en logc
oot été médiocrcment inspirés par ce
beau sujet, et l'heureux lauréat de cette
année ne doit assurément pas son succes au charme de son interprétation;
c'est plutot, pensons-nous, avec un en-

Envois de Ro,r.e.

--

-: : _ ¡p'r·

A

1t ;°/
•

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t/

' ..¡"/

l\l"' A, DE LA GRANGE, du Théatre-ltalieD, -

D'apre&amp; uDe phot, de M. Trioquart (voir page '54 ).

Plusieurs pensionnaires de l'Académie
se ~ont abstenus ou ont été empechés
d'envoyer, cette année, leurs ouvrages a
l'exposition de l'École des beaux-arts;
quatre peintres et trois sculpteurs seulement y figurent par leurs reuvres.
Parmi ces reuvres, qu'il convient d'examiner suivant le rang d'ancienneté de
chaque pensionnaire, il en est de tresremarquablcs.
M. Henner, qui termine son séjo1Jr
ele cinq ans a Rome; a envoyé uue
Suzanne au bain d'un attrayant et solide
aspect. Di!Iérents motifs ne nous ont
pas permis ele donner une gravure de
ce tahleau; avant d'en apprécier les qualités, nous reproduirons la cbarmante
description qu'en a faite M. Tb. Gauticr
fil~, dans le Moniteur du 4 de ce mois :
&lt;&lt; Elle a .laisEé ses vetements sur un
banc de pierre auquel vient eftleurer

llNVOI 01! RO:IIE. - Forlt en Catabre, tableau de 11, Gimd, eleve de I' wée,

EXPOSITION DES PRIX DE CONCOURS ET DES ENVOIS DE ROME,

ASGhNSlON \lU BALLON LE Gi:AN1', A IJIILXLI.LL··. -

D'ap1cs uric I hotogra¡,bie de .llll. Ghc,, ar frims, phutograµhcs a Oruiellci.

�246

L' lLLUSTRATf ON, JOURNAL UN IVERSEL.

l'eau, et elle va plonger son corps svelte et jeune dans
la piscine. Un peu saisie par la fraicheur de l'élément
qui serre son pieil droit d'un bracelet transparent,
elle hé~ite et tient encore son genou gauche posé sur le
banc. Elle se croit seule, et cependant, par un charmant
mouvementde pudeur, instinctive, elle cache son visage
derriere son bras qui la soutient, et ne laisse voir que
des yeux de gazelle inquiete.
&lt;&lt; Derriere le petit mur qui clót la piscine, daos l'ombre du feuillage qui s'était fait touliu p'our abriler cette
pudeur, on voit se glis~er les vieillards líbidineux. »
A part la draperie abandonnée de Suzanne, d'un
jaune ora.nge ne convenant pas au plan occupé par cette
draperie; a part la tete, cachée en partie, il est vrai,
mais dont le type paralt manquer de distinction, on
peut louer les autres parties de celte reuvre, qui dénote
de précieuses quahtés de palette et meme de crayon.
A ceux qui ont suivi les études de M. Henner, depuis
son entree a l'atelier de Drolling, cette reuvre, d'ailleurs
si digne d'altention, laisse le regret de ne pas mesurer
suffisamment le talent de l'artiste sous le triple rapport
de l'idée, du senliment et de la composition. Espérons
qu'aux procbaines expositions ~1. Henner se montrera
artiste autant que peintre.
Notre gravure nous dispense de decrire le tableau de
M. Michel, éleve de troisieme année : Argus endormi par
Mercure. Cette ¡ieinture est d'un aspect trompeur, d'une
exécution trop fgale; elle ne captive pas les regards; les
chairs, les draperies, le lerrain, la végétation et le ciel
sont de la meme pate épaisse, épaisse dans les ombres,
épai~se dans les lumieres. Avec la pensée d'etre utile a
M. Michel, nous tui signalons franchement un défaut
grave, rnais nous avons la conviction qu'il pot1rra facilemenl s'en corriger, en se rendaut meilleur compte de
la nature de chaque objet qu'il voudra représenter :
qu'il se rappelle que, dans une tete seulement, on
doit approprier la régularité ou l'imprévu de la toucl!e, l'épaisseur de la pate ou la finesse des glacis,
suivant qu'on peint des parties osseuses, charnues, mobiles, lurnineuses ou ombrées.
Les ouvrages de M. Lefebvre, éleve de deuxieme année, non moins exempts de critique que les précédents,
se présentent avec plus d'altraits. Une femme endormie,
vue de dos, est une étude excellente; un dessin correct,
une couleur vraie eL lurnineuse et un modelé parfait,
font de ce1te toile modes·e une sorle d'augure qui révele
un talent éléganl.
La Nymphe et 1Jacchus enfant, du meme peintre, a des
qua!ités moins solides que la Femme endormie; elle parait avoir élé peinte a la bate, pour etre envoyée a temps
pour l'exposition, ce qui est d'autant plus regrettable
que les reglernents n'obligeaient pas M. Lefebvre a deux
ouvrages de cette importance, et qu'il a ainsi sacr1fié
une trcs-gracieuse composition.
M. Ulmann, peosioonaire de quatrieme année, s'est
conformé strictemeot au reglement de l'école; il envoie une copie d'un fragment de la Dispute du Saint-Sacrement, de Raphael; étant donné le sujet, cette copie,
un peu mesq1line, est néanmoins poussée aussi pres que
possib'e &lt;le !'original.
ll. Girard, paysagiste de deuxieme année, envoie deux
toiles, l'une représentant la Val/ée de laCremera, daos la
campagne &lt;le Rome, l'autre une Forét en Calabre. Daos
la premiere, le motif tres-beau, bien arrété &lt;lans son
cadre, parail peint devant la nature, et cette toile est
agréable. Daos la seconde, au contraire, le molif, pris
en croquis, peint de souvenir, n'est pas assez étudié.
Parmi les envois réglernentaires, mais peu importants, de lfll. Monchablon, Niciol, Dubouchet et Huot,
consistant en &lt;:squisses, dessins, aquarelles d'aprcs les
maitres, el en Hguresacadw,cniques rlessinées, nous nesignalerons que l'esquisse pleine d'idée de ll. Monchablon,
le Sommeil a'un tyran, l'aquarelle de M. Dubouchet, l'Ano11ciation, d'aprcs André del Sarte, et un fragment de
!'Incendie du Bourg, de Raphaill, par M. lluot.
La sculpture n'est pa5 tres-sati5faisante. En quatrieme
année, M. Cugnot nous envoie un groupe plein d'indécision : Cerés rencl la t:ie á Triptoleme. Pourquoi pas la
Cha, ité '? La figure de femme expliquerait mieux ce litre
que le nom de la dé&lt;1sse d'Eleusis, protectrice puissante
et généreuse de l'agriculture. On est loin de retrouver,
daos ce groupe, le style franc, l'exécution ferme et correcte du Corybante, envoyé l'année derniere par ~f. Cugnot.
Que dire de la reproduction en marbre de l'Enfant,
d'apres un antique du Vatican, si oe n'e@t que M. San-

son aurait pu mieux choisir son modele? ~L Hiolle
(premiere année) expose un bon bas..relief• en platre":
représentant Sata,1 tramporta11t le Christ sur la montagne.
Cetle reuvre dénote du savoir, ses lignes se composent
bien, ses saillies sont bien calC1tlées; seulement, daos
son agencement, elle nous rappelle un peu trop le Mercure enlerant Psyché, de Flaxman.
La médaille de M. Lagrange, éleve de troisieme année
(Anne:cion de la Savoie et du Comte de Nice á la France),
est bien naivement composée; ou ne s'arréte pas, on
passe devant elle, malgré heaucoup de finesse dans les
figures qtJ.i personnifient les provinces annexées.
Onze dessins d'arch1tecture de M. Boitte, pensionnaire
de quatricme année, nous montrent les Propylées etl'Acropole d'Atbenes daos leur élat actuel, et uo projet de
restauration; ceux de ces dessins qui représentent les
ruines sont des plus iutéressants par leur exactitude;
nous trouvons moins satisfaisants ceux qui représentent la forteresse sacrée reconstruite: le gout romain
vient y altérer le style grec, la grande fa~ade semble
ineomplete, et présente, dans certaines parties, un genre
de toiture plus moderne qu'antique, qui nuit a l'unité,
a la grandeur de l'ensemble.
Louons, eu terminant, l'exécution des dessins envoyés
par M. Moyaux, éleve de seconde année: entablement du
temple de la Concorde, a Rome, une table trouvée daos
la maison, de Cornélius Rufos a Pompe'i, et une vasque
du musée Lle Naples.
M. Chabrol, éleve de premiere année, a reproduit des
détails du théatre de Marcellus.
Le Moniteur de mardi, H, publie l'arrété qui nomme
pensionnaires du gouvernement : MM. Maillard, Delaplanche, Oeschamps, Guadet et Outert, chacun pour quatre années, a partir du ter janvier 1865. A ces noms il
ajoute ceux des concurrents qui ont obtenu des accessits. Ce son t :
Pour la peinture, M. Leloir, t•• accessit; M. Thirion,
2• accessit.
Pour la sculpture, M. Comb"arieu, accessit.
Pour l'arcbitecture, M. Pascal, accessit.
Tout le monde applaudira a ce re tour aux encouragements secondaires.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

On assure qu'elle a fait, a son profit, une petite recetto ·
de cent mille francs, dont Nadar, en vrai Nadar qu'ü
est, n'a eu que la fumée. Sic vos non vobis.
Mais il ne s'agit pas de cela. - Douze ou treize voya.
geurs ont pris place aupres de Nadar snr la plate-forme
de la nacelle, mais le l.Jallon ne peut s'enlever, et apr~
quelques infructueuses tentalives, trois des passager9
sont jetés, en guise de lest, par dessus bord. Alors le
Géant prenrl son élan et son vol, il s'élance et plane aa
milieu des bravos et des acclamations. - 011 va-t-il!
Vers la France, mais le vent, soufflant tout a coup de
l'est, le pous;e vers l'Océan. Apres quatre heures de
voyage, la vue dee phares apprend aux intrépides aéronautes qu'ils ne sont plüs qu'a quelques metres de la
mer. On se résout a atterrir, et l'on descend a Ypres,
cette jolie ville beige que le souvenir &lt;le Jansénius a
rendue célebre. La descente s'opere dans le~ conditions
les meilleures. Le Géant, enfin dompté, consent, pour la
premiere fois, a ne pas casser les Lras et les jambes des
mtrépides explorateurs.
Pl.ERRE PA.GET.

-----r----~-·------CGO!ll@RIQ~~IE li'.i!MIDCAO.IE.

JI est venu, - il a été entendu, - il a vaincu.
C'est du héros de Roncevaux que je parle. Lui, qui
&lt;l'un seul revers de Durandal ouvrit jadis les Pyréoéea,
combien lui a-t-il fallu d'années pour se faire ouvrir la
porte de l'Opéra? M. Mermet seul en sail le nombre. De
guerre lasse, il y a quelque dix-buit mois, il était alié
frapper au Théatre-Lyrique. Mais il avait eu beau aiticuler la formule sacramentelle : Sésame, ouvre-tol! rien
ne s'était ouvert, et il éta-it retourné a son poste, rne
Le Peletier. On s'est décidé en fin il. ten ter cetle aventUJe.
Était-elle done si périlleuse?
Voici, en peu de mots, la fable dramatique qoe
M. Mermet a extraite de ce heau poen1e de Theroulde,
la Clumson de Botana, avec les modifications commudées par les convenances théatrales.
La lielle Alde, jeune comtesse orpheline, gémit d&amp;111
un chatean perdu au fond des Pyrénóes, a l'approcbe du
jour marqué pour son mariage avec son tuteur, le comte
AUGUSTE lliRC.
Ganelon. Ganelon n'a pomt su lui plaire. Mais le pere
d'Alde a ordonné, en mourant, cette un ion mal assortie,
et lajeune filie se soumet. Elleameme obtenudeGanelon,
pour cadeau de noces, la liberté de Saida, fil le de rémir de
La 9• livraison du París Nouveau illustré est en Saragosse, que le comte avait prise dansje ne sais quelle
ce moment en cours d'exéculion, et nos souscrip- chevauchée. Pendant que Saida se réjouit et qu'Alde
teurs anciens et nouveaux la recevront gratuitemenl s'affli'ge, un cbevalter inconnu, poursuivi par la temdans le courant de la seconde quinzaine d'e,clobre. péte, s'arrete a la porte du manoir, et demande l'hospiLes soins apporlés aux gravures et au texte de cetle talité. Alde est frappée de la noblesse de son mainúen,
publication, nous ont occasionné cette fois un re- de la fiert~ de son regard, et a l'aspect de la belle cbi•
telaine, l'inconnu sent Lattre son sreur. ll lutle contre
lard que nous n'avions pu prévoir.
ce sentiment nouveau pour lui.

ASCENSION DU "GÉANT" A BRUI):LLES.

On allait féter, en Belgique, le trente-quatrieme anniversaire de l'indépendance, et la municipalité de Bruxelles proposa a Nadar de concourir a l'éclat de cette fete
par une ascension qui attirerait un grand concours de
populations daos la capilale Lelge. Nadar ac.cepla. Le
Géant, encore malade ele la terrible descente de Hanovre,
fut tiré du hangar sous lequel il reposait depuis dix
mois, et dirigé vers la Belgique, 011, a peine arrivé, il
fut immédiatement remis sur pied. Les déchirureg, les
échancrures, les parois brisées de la nacelle, tout fut
raccommodé dans l'espace de vingt-quatre heures. A
l'heure dile, la foule était immense, - elle était accourue de parlout, de Bruges, d'Anvers, de ?tfalines, de
Verviers, de Liége. Le nombre des spectateurs dépassait
le chiffre de deux cent mi lle; corps diplomatique, ministres, bourgmestres, écbevius, 1'3 ban et l'arriere-ban,
tout le monde était la, meme le roi Léopold et la famille
royale de Belgique. Au rnoment 011 Nadar allait s'enlever pour la troisieme fois a bord du terrible Géant, le
roi le fit ,demander, et apres l'avoir compliruenté, il le
présenta a son fils et a sa belle-fille, Je duc et la duchesse de Brabant. C'est daos le Jardin Botanique de
Bruxelles que l'ascension allait s'opé¡er. Nadar, qui avait
re~u vingt mille francs de la rnunicipalité (a peine les
frais du voyage, dn raccommodage du ballon et des mille
détails accessuires), ne fut pas peu surpris de voir qu'on
faisait payer aUI spectateurs un droit d'entrée. C'était la
direction du Jardín Botanique qui avait eu cette idée.

Mon crear, mon creur, point de faiblesse 1
J'entends un ange me crier :
Roland, tu m'as fait la promesse
D'avoir toujours un creur d'acier.

Mais il lutte en vain. Sous le regard de feu de la
chatelame, l'acier est déja. fondo. 11 y parait bien lorsque
Ganelon se présente, et veut procéder a la célf\braúon
du mariage, malgré les pleurs de sa fiancée. Roiand in·
tervient du droit de ses éperons d'oi et de ses vreUI de
chevalier. 11 défie Ganelon. L'archtiveque Turpin s'interpose, et défend aux deux guerriers ce duel, dont GaneIon, je crois, ne se soucie guere. La partie est remi..ce
a la fin de la campagne qui va s'ouvrir contre les Sarrasins. Mais si Roland consent a ce coropromis, il y mel
pour condition que le mariage odieux sera suspenda.
Voila le premier acte.
Le seconJ se passe a Saragosse, dans le palais de
l'émir. Alde s'y est réfugiée aupres de son amie Saida,
pour échapper aux entrepr1ses du peu scrupuleux Ganelon. Pendant l'entr'acte, Charlcmagne a envahi !'Es·
pagne, forcé ,illes et chateaUI, occis des milliers de mécréants, el Roli.nd vient en arobassade portera l'émir
les conditions de l'Empereur. Elles sont peu courtoises.
La Prusse n'est guere plus dure, a l'heure qu'il est, envers le Danemark. Mais tout est perm1s avec les infideles.
L'émir, trop faible pour résister, se soumetil. tout. RoJand
repart pour le camp, chargé de la ran~on du pays con•
quis par dela lesPyrénées, - cent mi lle hesans d'or,-et,
de plus, emmene u la belle chatelaine &gt;l a la barbe de
Ganelon furieux, qui jure de ~e venger a tout prix, restB
a Saragosse, et suggere au chef arabe J'idée de l'elllhGt'

cade oil I'arriere-garde des Francs doit périr. TI est sur
qae RoJand s'y trouvera, car
Qoand les Franr,s partent pour la guerre,
Roland est toujours le premier,
Mnis s'ils repassent la frontiére,
C'est 101 qui marche le dernier.

Superbes Pyrénées,
Qui dressez dans le ciel
Vos clmes couronnées
D'un hiver éternel,
Pour nous livrer passage
Oovrez vos larges llancs, etc.

Quand les Francs se voient cernés, ils pressent Roland,
par
trois fois, d'avertir Charlemagne du danger qn'il
gorge de Roncevaux. A droite et a gauche se dres1
l!Ourt,
d'emboucher le cor enchanté dont le son porte
ant les flanes abrupts de deux montagnes géantes, dont
jusqu'au
bout du monde.
~ ne voit point la cime. Au fond s'ouvre, entre deux
~urailles de granit d'une hauteur formidable, l'étroit
Roland, sonne ton cor d'ivoire,
défilé qu'on appelle la Bréclte de Roland. Le gros de l'arEt vers nous reviendra l'Empereur triomphant !
lllée rranque l'a déjil. francbi avec l'Empereur. Roland
s'y arrete ¡;our y passer la nuit avec l'arriere-garde, pour
Par trois fois Roland s'y l'clu,c : ,1 se croirait désbodes raisons stratégiques que je suppose excellentes, noré, s'il ne battait pas l'ennemi tout seul. Ses compamais queje n'ai pu deviner. L'ennemi n'y est pas encore, gnons, moins présomptueux, ne se font pas d'illusion
et s'ils poursuivaient leur marche, le complot du traitre sur le sort qui les attend, et quand il Jeur dit :
Ganelon avorterait. Jls sont fatigués, apparemmenl,
A travers ces paiens condamnés a périr
et, d'ailleurs,. ils ne se doutent de rie~. Cependant, RoJe vous ouvre un passage,
land est inqu1et. Un sombre pressent1ment pese sur son
lis lui répondent
111agination. Un remords secret le tourmente. ll confie
sa peine a l'archeveque, et lui raconte d'o11 il tient son
11 ne t'en manquera pas un seul pour mourir.
jrrésistible Ourandal. C'est un ange qui l'a mise en ses
mains, et lui, Roland, a promis a l'ange « d'avoir touTurpm s'avance, les exhorte a faire vaillamment leur
oul'l! un creur d'acier, » de n'aimer jamais personne. devoir, et a s'y préparer par la priere et la confession.
S'il manque a ce serment passablement téméraire, Du- Tous s'agenouillent devant le pretre qui leve la main, et
r.mdal perdra aussitót sa vertu.
le&amp; bénit:
Le décor du troisieme acte est superbe. Il représente

e Hélas j'ai trahi ma promesse 1
Pardonne-moi, prétre, je m'en confesse,
L'amour est le plus fort, il me tient enchalné,etc.

On devine la réponse de Turpin et sa conclusion.
- Que la voix de l'bonneur rappelle ta vertlll
Le devoir te prescrit d'oublier cette femme.

n faut t'en séparer a l'instant... ,

Alde, qui entend ce conseil, le trouve d'abord tres-mauvais; mais quand elle sait de quoi il s'agit, elle prouve,
en s'1mmolant, qu'elle était digne d'épouser un paladio.
Elle demande a partir. Roland cesse de s'y opposer,
quand i1 apprend que les Sarrasins s'approchent. JI ne
songe plus qu'a faire une belle défense. Tous les Francs
accourent et s'arment pour le supréme combat, comme
les Spartiates aux Thermopyles, mais avec moins d~
calme. L'esprit cbevaleresque e~t moins recueilli que le
dé,ouement antique; en revanche, il est plus fougueux,
plns bruyant, plus propre a faire éclater les trombones
al'orehestre et l'admiration au parterre.
· La toile tombe sur le chant de guerre des Francs, et
on n~¡voit point la bataille.
.•. Il · est des objets que l'art judicieux
Do1t olfrir a l'oreille, et reculer des -yeux.

Le quatrieme act~ est fort court. Ce n'est qu'un tablean final. Toas les Francs sont morts et gisent étendns sur le sol. Parmi eux est Ganelon, dont la trahison
a été chatiée par Roland et Durandal. Rolaud seul est
encore debout; il a été mortellement atteint. En digne
héros d'opéra qu'il est, il chante, avant de mourir, une
petite romance. Alde re-vient avec Charlemagne pour
recnoir son dernier soupir et transporter son corps sur
la terre de France.
Comme on a pu le voir, Rolancl á Roncevau:e est plutót
nne &lt;lluvre épique qu'une reuvre dramatique. C'est un
poeme, mais un poeme plein de vie, tout brulant
de l'enthousiasÍne religieUI et guerrier qui inspira les
Cl'Oisades, et, a un moment donné, précip1ta !'Europe
80r l'Asie. L'ardeur chevaleresque du moyen a.ge
éehauffe les sccnes qu'a tracées M. Mermet; le soufOe
poétique des Chansons de Geste anime ses vers. J'ai déja
cité la stance 011 Ganelon apprend aux Sarrasms les
habitudes du héros des Francs, le ¡iremier daos l'attaque, le dernier dans la retraite. Au premier acte, un
IIAlredit:
..... L'empereur Charlemagne
,bec ses douze pairs arrive d'Allemagne,
Et nous, de nos yeux nous verrons
C. grands soldats de fer, ces comles, ces barons,
Et ce rude enfant de la Gaule,
Qui, chez les Saxons insoumis,
De la lance percait jusqu'a trois ennemis
Ou'il emportait sur i;on épaule .....

....._,

Superbes Pyrenées! chante Roland avant d'entrer en

Je vous absous. Ayez pour pénitence

D'e:derminer les S!ll'rasins!

Tout cela est mil.le, fier, et a une grande allure.
II y avait au second acle une tres-jolie ballade tirée
du Coran, 011 était contée, selon la version arabe, !'aventure de la reine de Saba. C'est la filie de l'émir,
Saida, qui devait la chanter. Mais Saida pronon~ait si
mal qu'on n'en enteudait pas un seul mot, et qu'il a
fallu y renoncer. On l'a supprimée apres la derniere répétition. N'est-ce pas dommage?
M. Mermet s'était révélé une premiere fois, en 1846,
par un opéra en trois acles, David, qui avait assez médiocrement réussi. Au lieu de se décourager, il s'est remis bravement a l'ouvrage, et, tout en écrivant le livret
dontje viens de faire l'analyse, il a complété par l'étude,
l'observalion et la réllexion, son bagage de compositeur.
A ce point de -vue, il y a de David a Roland de notables
différences, et d'immenses progres accomplis. La pensée
est devenue plus précise, le ¡,lyle plus ferme, l'harmonie
plus riche et plus hardie, l'instrumentation plus vigoureuse. On peut adresser encore a M. Mermet quelques
reproches sur la maniere dont il emploie l'orchestre. 11
abuse un peu des instruments graves, qu'on enlend trop,
et qui rendent sa partition épaisse, pesante. Elle est
Corte, ~ans doute, mais de la force du breuf, dont le pied
ne s'éloigne jamais du sol. Elle manque d'élasticité, et le
coloris en est un peu monoto!Íe. Grétry disait, a la premiere représentahon d'Uthal, 011 Méhul avait imaginé de
remplacer les -violons par des altos : &lt;&lt; Je donnerais un
louis pour entendre une chanterelle.1&gt; On entend les chanterelles dans Roland, mais pas assez, et l'oreille la plus
attentive réussit rarement a y saisir le son de la llute.
Les cors, les trombones, les bassons, les violoncelles,
les contre-basses y dominent et couvrent tout. Ces réserves faites, on doit reconnaitre qu'il y a daos Rolana
des dispositions instrumentales fort heureuses, et de tresbeaux eífets. lis se ressemblent un peu trop : voila tout.
Les parties vocales sont fort bien écr1tes. Les notes vigoureuses et brillantes de chaque voix y sont toujours
en dehors. C'est ce qui donne tant d'éclat aux morceaux
d'ensemble, et notamment am. finales du premier et du
troisieme acle. Une chose dont il fautsavoirun gré infini a
M. llermet, c'est le respect qu'il a pour la prosodie,etlesoin
qu'il prend, daos ses cantilenes, de faire toujours coincider la note forte du chant avec la syllabe forte de chaque mol. La plupart &lt;les compositeurs contemporains ne
s'en soucient guere, et c'est pour cela qu'on entend si
incomplétement les paroles daos les opéras d'aujourd'hui.
Daos Roland, pour peu que le chanteur se donne la
peine d'articuler, on ne perd pas un seul mot. Grande
jouissance pour l'auditeur, et grand bénéfice pour le
musicien comme pour Je pocte!
Je ne saurais parler de tous les morceaúx de cetle vo-lumineuse partition, et je dois me borner a mentionner
ceUI qui produisent le plus d'eífet, et qui me paraissent
avoir le plus de valeur. C'est d'abord, au premier acte,
la romance de Saida : Solll z, 6- tiel • IIOtr, Bepagne,

247

dont la mélodie est élégante et noble; c'est !'ensemble a
cinq voix du finate: Obonheurimprévu! etc., 011 le chant
est expressif, l'harm◊-nie excellente, 011 les cinq parties
sont disposées avec art, et manreuvrenl de la fa~on la plus
intéressante. Le couplet de Roland : Supe1'bes Pyl'tmées,
est plein d'énergie et d'audace, et quand le chreur des
guerriers francs le répete a l'unisson, il produit un efiet
grandiose.
Le chreur des esclaves : Au:c sav.les verts, prés lks
fontaines, a beaucoup d'élégance et de grace, et daos le
ballet qui vient peu apres, le second morceau se fait remarquer par J'originalité du rhythme, la voluptueuse langueur de la mélodie, et le coloris oriental de l'instrumentalion. L'air de Roland : Rayonnan!es beauléi, dou:c
parfums qu'onrespire, etc., n'a qu'une pbrase, mais cette
phrase est charmante. Je glisse sur le duo du héros avec
sa maitresse, qui ne me semble pas trcs-heureusement
inspiré, pour arriver au finale du second acte, aux couplets de Ganelon, au refrain du chreur : RoncevaU.'.C, vallon
triste et sornare, etc. Cela est petit de proportions, je l'avoue, mais le chant a beaucoup de caractere, un accent
~aineux, mena~ant et lugubre qui saisit l'imagination.
Le troisieme acte est le meilleur de beaucoup. JI dé~
hute par un petit air pastoral mélodieux, élégant, plein
de grace, de fraicbeur, de mélancolie, orné d'une instrumentation charmante, et d'harmonies qui sont des trouvailles. La marche des Francs arrivant au défilé a de
l'élan, de l'ardeur, et pas une formule triviale, rare mérite pour une marche! La Farand-0le qui suit n'est pas
seulement une mélodie franche et originale, qu'anime
un rhythme entrainant. L'auteur y déploie 1:1-ne grande
richesse de développements et une verve peu ordinaire.
La confession de Roland, les exhortations de l'archevéque,
le petit trio qui suit, entre ces deux personnages et la
belle Alde, qui défend énergiquement les intérets de son
amour avant d'en faire le sacrifice, ~ont écrits d'un style
mil.Je, héroique, pleins d'accent~ passionnés, que
M. Gueymard rend a merveillc, et le chreur des Francs
résolm, au comba! a une fermeté de rhythme, un feu,
une vigueur qui électrisent la salle entiere. 11 n'y a pas
la pourtant de mélodie saillaote et originale. C'est tout
simplement un effet de sonorité. Mais il est puissant et
grandiose, et l'on n'arrive point a de tels résultats si
l'on n'est passé maitre daos l'art de grouper les voix
et les in&amp;truments.
Je ne terminerai pas saos signaler encore, au quatrieme acle, les stances de Roland, mélodie élégante et
tres--expressive. On peut trouver que le héros, pour un
héros hlessé a mort, et Qui -va rendre l'ame daos cinq
minutes, a encore la voix biPn retentissante. Mais on
n'est pas Roland pour rien, et d'ailleurs M. Mermet peut
alléguer d'illustres exemples, le fils de Lucrece Borgia,
a qui le poison des Borgia ronge les entrailles saos gener
sa resp1ration; le sire de Ravenswood, qui se perce le
poumon gauche d'un coup de poignard, et recommence
immédiatement sa cavatine, etc., cte. Puisqu'a l'Opéra
on fait tout en musique, il est clair qu'un béros lyrique
manquerait a son devoir et ferait preuve de pusillani.mité, si son dernier soupir n'élait pas musical, et parfaitement d'accord avec les violons et les flutes.
Le succes de Roland a Roncevau:e, tres-brillant a la
premicre représentation, a grand( aux représentations
suivantes. ?tf. Mermet est bien vengé des injustes défiances qui l'ont condamné au silence et a l'inaction pendant tant d'années. ?tfais qui le dédommagera du temps
qu'on lui a fait perdre, et des reuvres qu'il aurait pu
produire, s'il etit trouve les théatres lyriquer. plu&amp; accessibles, et les directeurs plus intelligents?
Roland a été monté avec beaucoup de soin. On ne
saurait voir aujourd'hui, al'Opéra, une partition mieux
exécutée. L'orchestre et les chreurs y font merveilles.
M. Gucymard y montre une cbaleur et une verve singulieres : énergic¡ue et fier quand il arrete les noces de
Ganelon, vivement passionné quand il confesse a l'archeveque Turpin l'amour qui l'obsede et le rend infidele a son vreu, magnifique d'élan et d'enthousiasme
quand il anime ses compagnons au combat supreme, et
qu'il leur críe, en branfüsant Durandal : .&amp;terminons
les Sarrasins! C'est la que, de sa voix puissante et vibrante comme une trompette, il pousse des la et des si
de poitrine a mettre en fuite cent mille ennemis et A
faire crouler la salle. Il a une qualité fort rare aujourd'hui : c'est une prononciation correcte, énergique, et
d'une surprenante netteté. On ne perd pas un seul mot
de tout son role.
Les décors sont superbes, surtout celui du troi-

�sicme acle, dont le dessin, je l'ai déja &lt;lit,
a été pris sur les lietu memes, et qui fait
le plus grand honµ~ur a MM. Cambon et
Thierry. 11 méritait d'etre reproduit, et rn.
lustration lui a rendu cctte justice.
Le Théatre-Jtalien a rouvert, le i er septembre, par Rigoletto, dont l'exécution a été désastre11sc. Laissons M. Sarti tranquille, puisqu'il s'est rendt1 justice et ,n'a point reparu.
Aux: représentations suivantes, M. Naudin a
chanté ,Lucréce Borgia et la Somnambule, et
M. Fraschini Lucie de Lammermoor. On sait
que M. ,Naudin va quitter le Théatre-Italien
pour chanter, a l'Opéra, le role de Vasco de
Gama, dans l'Africaino, dont les répétitions
vienncnt de commencer. La voix.de M. Fraschini est aussi belle que l'an passé. Celle de
M11 • Patti semble plus fraiche encor:e, plus sonore, plus métallique.
~tm• Gennetier a débuté avec succes, a l'Opéra-Comique, dans le Songe d'une nuit d'été.
G. 8ÉQUET.
~

LE MARÉCHAL NARVAEZ,
DUC lll!1 VALll\'CE.

Un nouveau cabinet vient de se former a
Madrid, sous la présidence du maréchal Narvaez. Au dela comme en de~a des Pyrénées,
Je nom de Narvaez est depuis longtemps considéré comme
un symbole de résistance aux idées progressistes, pnur
tont dire, comme un symbole de réaction. Pourtant, le
programme de l'administration nouvelle est assez libéral, et, comme don de joyeux avénement, cette administration a proclamé une amnistie générale, a relevé
les journaux des peines dont ils avaient été frappés
sous le cabinet précédent, et elle a meme poussé la

Ll! MA!IIÍCHAL NAll.VUZ, PIIKSWEN'f IIU ¡;Q.~SE!L liN liSPA .. :'iE.

D'apr~ une photographie de M. Disdéri.

libéralité jusqu'a resliluer a ces journaux les ameudes qui leur avaient été imposées et que le fisc avait
per~ues. Le général Prim était confiné a Oviedo; le
maréchal Narvacz a levé ses arrets et tui a permis de
résider en tél lieu qu'il lui phirait, sans se soucier
autrement des complots qu'on prétend qui se couvent a l'abri de son nom. Nous ne voulons pas nous
laisser éblouir par les fausses lueurs d'un programme ,

politique; nous savons malheureusemenqtrtp
~ue les acles viennent le plussouvent déme11•
ltr les p,us belles promesses, et si nous co
. d
.
n.
su1tons 1e passe u ma~echal Narvacz, DOUs
ne sommes pas t~.ut a fa1t ~ans ~ppréhension
sur la marche qu II se propose d 1mprimer 111
go'uveruement espagnol. Toutes les préTen.
tions qu'éveille et que doit légitimemenl é,eit.
ler le nom de Narvaez, fauteur de C')Ups d'Eta~
ne peuvent etre dissipées par l'apparition d'n
simple programme.
A l'époque ou Narvaez fut créé duc de
Valence ({844), son administration ful 1lDt
réaction déclarée contre le parti libéral. H
rappela · Marie-Christine , et fit réviscr la
constitution de f837. Le principe de la son.
veraineté du peuple fut effacé; un ccns éleetoral ful établi, et le droit de nommer les Sónateurs fut conféré a la royauté. Ajoutonsque
'.'-larvaez restreignit la liberté de la prcfse e.t
l'indépendance des corporatious municipales.
Nous le retrouvons encore a la tete de
l'administration espagnole, en l8!í4. 11 a ponr
collegues MM. de Pidal, Nocédal, les géoéraux Urbistondo et Lersundi. A ce moment,il
travaille résohiment a la restauration pleine
et entiere de l'autorité royalc, elface les der.
nieres traces de la révolution dans les Ioil,
épure l'administralion, rend la condilion de,
journaux plus dure, et remet en vigueur, sar
le conseil royal, sur l'adminislration communale et pro.
vinciale, les anciennes lois qui semblent le complément
de la constitution de i845. Tel est le passé polili1¡ue et
administratif du duc de Valence, et l'on comprendra
que ce passé nous donne a ré'fléchir, malgré le programme libéral qu'il a cru devoir puhlier en prenani
de nouveau possession du pouvoir. Cependant, si Narvaez reste fidele a ses dernieres promesses, nous seroos

" 249

L' J LLUSTRATION, JOlJRNAL UNlVERSEL.

L'lLLlJSTRATION, JOURNAL UNlVERSEL.

248

1

surpris, nous l'avouons, mais nous ne demandous pas
micux que d'ctre surpris. La rentrée de la reine mere
en Espagne, qui est un fait accompli au moment oü
nous écrivons ces lignes, n'est pas faite non plus
pour inspirer confiance aux amis de la liberté. Nous
nons souvenons que presque toutes les mesures rétro-grades ont été priscs en Espagne par Narvaez, avec
la collaboration de la reine llfarie-Christine.
PJERRE PAGET,

CORRZSPOIDANCE D1TALIE.
AU DJl!ECTEUR.

_

Rome,

io septembre

186,,

événcment? Scrait-cc au tcmps oü les chrúliens détruisaient sans pitié tout ce qui leur rappelait le paganisme?
scrait-ce plutot lors de l'in vasion des haru:.ires? Curieuse
question, que les savants &lt;le profession résoudront sans
doute, lorsque les fouilles scront tcrminécs.
Quoi qu'il en soit de ce nouvcau monument de la splen~
deur des anciens; que ce bronze soit l'image de Titus
ou de Domitien, qu'il ait été sauvé de la destruction par
la rriain d'un artisle amourcux d'un chef-d'reuvre, ou
par celle d'un sujet fidelc a la mémoire de son maitre,
ce n'en est pas moins un trésor de plus a ajouter a1u
richesses incalculables accumulées dans Rome : tous
ceux qui se réjouissent de voir les merveilles de l'art
disp•Jtées au passé et sauvées de l'oubli, doivenl applaudir a la boune fortune de M. Righetti, et l'encourager a
continuer des fouilles.dont la réussite est certaine.
Jules U enrichissait l'homme qui découvrait le Laocoon, en t506, et luí accordait des lettres de noblesse;
Pie IX, qui s'est toujours montré curieu1 et jaloux des
antiquités de sa capitale, saura récompenser royalement
celui qui vient de ressusciter un ouvrage unique pour la
grandeur et la beauté.
L'on ne sait point encorece que deviendra la nouvelle
slatue. Jusqu'auJ pontificat de Pie IX,! le t·'uvernement
avait le droit d'expropriation,
c'est-a-dire qu'il pouvait forccr
les particuliers alui vendre les
objets découverts. Aujourd'hui,
il n'en est plus ainsi; depuis
¾820, l'État n'a plus qu'une
seule prérogative, celle d'avoir la préférence, en cas de
vente, sur tous les autres concurrents.
Chacun doil aouhaiter de
voir ce bcau bronze rester il
Hnme; mais, dans le cas oti il
~i:raiL mis ~nv enchcres, la
France doit songer a le disprt ·r al'Angletcrre ou a la Rpi,ie. Ce serait pour le Louvre
nue magnifique acquisitior.
L•)rsqu'on paie un tableaudorkux de Morillo plus lle si1 cent
111ille francs, on peut bien, ce
me semble, jcter les yeux sur
1ne reuvre de cette importance.
Je vous envoie une prerniere
photographie qui reproduit la
statue au milicu des ruiner,,
¡¡ ·, elle a été trouvée; bient,it dégagée de ses entraveF,
elle s'élcvera plus bella ene &gt;re et plus imposante; eh
bien! je n'éprouverai point, .
;,, coup sur, en la re,·oyant
ainsi, l'émotion que j'"ai re~-·
sentie en apercevant pour la
p~emiere fois ce grand cor1 s
di bronzo allongé daos sun
to-obeau de marbre.
Ur.10.
Agrécz, etc.

Je ,o,1s écris a la hate pour vous annoncer la plus importante découverte peut-etre qui ait été faite a Rome
depuis la renaissance. C'est une statue en bronze doré,
nne et colossale (quatre metres au moins de hauteur), qui
semblejusqu'ici d'une conservation parfaite. Cette découverte est due ¡au hasard d'abord, et puis a l'intelligente
direclion du chevalier flighetti, ancien sous-secrétaire
d'état du ministcre Rossi et propriétaire du terrain oü
J ORTE DU PALA IS des rois d'A.rménie. - D'aprés un dessin de~!. Ja:nes.
s'cxécutent les fouilles.
Le 3t aotit, des ouvriers, en
cherchant dan5 la c~ur du palais des assises solides et profondes pour de nouvene·s constructions, découvrirentle pouce
d'une main colossale. Averti
sur le ch:i.mp, M. Righetti accourut, semita diriger les travauxavectoutcs les précautions
possible.s, et bicntut l'on put
apcrcc,oir le hoste enticrd'une
magnifique statue.
Ce brome, aussi précieux
rar ~on exécution que par sa
rareté, est une rouvre grecque,
el représcnte, dit-on, un des
Flaviu~, Titus ou Domitien,sous
la forme d'Herculc. On avait
cm d'abord a une statue de
Pompée, les fouillcs ayant liet1
m l'emplacement meme oti
s'élevait le théatre du glorieux
,aincu de Pharsale; mais l'ab&amp;ence complete de draperies
1,endroil précis oü la statue a'
été découverte (un petit temple de Vénus victri1 au centre
40 lhéatre), tout indique un
empereur de la décadence,
divinisé par son propre caprice,
ooceluiplusextravagantencore
du penple romain.
A voir la statue c.luchée et
tnse,elie '!:Mime daus une
tombe, Uesta supposer qu'elle
~élécacbée la et enfouiea une
~oque de troubles et de bou,d ~ n t . Mais a quelle
IIIJINIIS u·t,:;i,; Jl,.,LISK, Slill u: B01\U llU ll. 1Vl~ DK L'AIIPA-TCHAI. - U'apre¡ un des,iu de
ate do1t-.on faire remonterceC

\

ll, J,meao

�L'ILLUSTRATION. JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
conduisait, par un chemin taillé dans le roe, a tonde élégante et assez hardie. La quatrieme sery .
un pont jeté sur l'Arpa-Tchai. Ce pont, d'une seule ar- dit-on, de sépulture aux rois d'Arménie. La cinquie:
LES RUINES'.;.:tD'ANI.
che, élait d'une hardiesse remarquable, a en juger par est la plus remarquable de toutes par l'élégance de la
Le!symptóme le plus frappant de l'indolence et de la la courbure des ares de cercle, qui sont resté/; attachés construction et la délicatesse de l'ornementation. L..
tataliste indiflérence des Turcs, est l'incurie déplorable aux culées apres l'écroulement du eiotre. La teti; en murs en sont presque tous couverts, a l'intérieur de
avec laquelle ils laissent s'accumuler les ruines daos les était défendue par un chateau, dont on voit les ruines peintures 1·eligieuses que voile a peine une couch; de
blanc de chaux. Ces peintures, daos le genre byzantin,
contréts soumises a lelll' domination, et leur peu de sur l'escarpement de la rive gauche de la riviere.
ne
sont pas des chefs-d'reuvre sans doute, mais en8a
Tel était l'Ani militaire, dont les restes attestent des
soin a entretenir toutes celles que le temps a faites.
elles
out une exp:res3ion naive qui ne laisse pas de pro.
Parmi ces ruines, il en est auxquelles se rattaclient de connaissances spéciales approfondies de la part de ceux
duire
un certain effet. Les dessíns des sculptures m'ont
bríllantes traditions historiques, de nobles et poétiques qui construisirent cette forteresse, formidable pour le
paru,
en général, plus corrects que ceux des peintures,
temps
ou
elle
fut
édi::ée.
L'Ani
civil
et
relígieux
n'est
souvenirs. ll en est d'autres qui, quoique plus obscures
J'ai
meme
remarqué, parmi les ornements de la frise
pas
moins
digne
d'attention
sous
le
rapport
architectoet moins connues, n'en sont pas moins de terribles chefs
une
tete
de
femme dont le caractere vaporeux et aénea'
nique.
On
voit
d'abord
le
palais
des
rois,
a
main
droite
d'accusation, par le contraste qu'ell_es établissent entre le
m'a
rappelé
ces délicieuses danseuses, gravées dans le
en
entrant
par
la
porte
de
l'isthme
ou
du
plateau,
a
l'anpassé et le présent. Telles sont les ruines d'Ani, ancienne
marbre, que l'on admire au musée Bourbon a Naples,
gle
formé
par
la
berge
del'
Arpa-Tcha'i
et
la
grande
excapitale de l'Arménie chrétienne. Elles gisent sur la rive
En descendant d'Ani vers le pont de l'Arpa-Tchai, 00
droite de l'Arpa-Tchai, daos le pachalik de Kars, a !'ex- cav:i.tion dont j'ai parlé plus haut. Les murs, toas en
laisse
a gauche, sur un réssaut de rocher, les rninea
grandes
pierres
taillées,
en
sout
d'une
épaisseur
remartreme frontiere turque, du coté des possessions moscovid'un
couvent
de femmes, fondé par le roi Sumbat, don1
quáble,
qui
rappelle
ceux
&lt;le
I'ancien
palais
des
papes
a
tes du Canease, a quelaues lieues au-&lt;lessous de la ville
la
filie
fut
la
premiere ahbesse. J'ºespere, pour ce11e
Avignon.
11
a
trois
étages,
qu'il
faut
compter
en
commenrnsse d'Alexandropol, qui s'éleve, pendant qu'Ani contipauvre
princesse,
qu'elle aura été lqgée daos l'ao.tre
~ant par le plus haut, lequel est de plain-pied avec le
nue a crouler.
monde,
plus
gaiement
qu'elle ne le fut dans celui-ci,
Au cinquieme siec.le, Ani n'était encore qu'un petit sol de la ville. C'est la qu'est la porte d'entrée que reLes
inscr1ptions
que
l'on trouve a Ani, en langue archatean de peu d'importance. Les princes Bagratides, en produit notre gravare.
ménienne
et
en
tres-grand
nombre, indiquent les prinDe la on descend, ou plutót on descendait, car l'escaayant acquis la possession des prínces Camsar, en firent
ces
qui
en
éleverent
les
monuments
et les dates de ces
une forteresse considérable, ou, daos le huitieme siecle, Jier est obstrué maintenant, daos les étages inférieurs,
constructions.
Une
d'
elles
a
une
portée
originale et pbion enferma le trésor roy¡tl, pour le mettre a l'abri des dont le plus bas se trouve presque au niveau de la rilosophique.
En
effet,
elle
contient
des
menaces et des
Arabes qui, a cette ·époque, commencerent a inquiéter viere. On voit une disposition aualogue au palais de
reproches
adressés
a
celui
qui
la
mettra
au
jour; or, no.
l'Arménie. En 96t, Acbat IIl y transporta la résidence l'ambassade de France, a Péra. Mais a Ani, les étages
tez
qu'elle
est
batie
daos
l'intérieur
d'un
mur qn'il a
des rois. Les grands et nombreux travaux qu'il y fit exé- ínférieurs du palais des rois d'Arménie m'ont paru avoir
fallu
démolir
pour
arriver
jusqu'a
elle.
C'était
ainsi 111
cuter le rendirent digne de cette destination. En i045, été surtout des casemates qui donnaient des flanqueanatheme
contre
le
génie
de
la
destruction.
Une
antre
ments
utiles
a
la
défense
sur
le
ravin
de
la
riviere
et
les Grecs le prirent par trahison; mais ils en devinrcnt
inscription,
celle-ci
en
langue
persane,
recommande
l'excavatíon
dont
nous
avons
déja
parlé;
au
palais
de
bientót légitimes possesseurs par la cession volontaire
qu'en fit a l'empcreur de Constantinople le roi Kakig II, l'ambassade, la bizarrerie de la construction n'est &lt;lue aux musulmans de respecter les chrétiens, rappelle qoe
a la condition que celui-ci défendrait l'Arménie contre qu'a un caprice malheureux de l'architecte ou a une plusieurs avaient déja émigré, au grand détriment dela
prospérité du paJs, et promet protection a ceux qui re.
les attaques des Musulmans. Cela n'empecha pas le sal- appréciation erronée des exigencts du terrain.
terout
ou qui reviendront.
Un
écroulement
a
mis
a
découvert,
au
second
étage
tan turc-seljoukide, Alp-•Arslan, de s·emparer d'Ani en
Le
style
dominant darls l'architecture des monuments
du
palais
d'Ani,
une
série
d"appartements
voutés,
dont
1068. Alors commen~a pour celtP. ville chrétienne la péd'Ani
est
bien
moins celui de Sainte-Sophie, de Consriode de sa décadence, lá plus grande partie de la popu- le plus extérieur a sa volite en contre-sens des autres,
tantinople,
que
le style du Domo de.Palerme et de l'églist
lation l'ayant abandonnée pour ne pas vivre sous le joug de sorte que la poussée de celle-ci est saos action sur
de
Mont-Réal.
11
se rattache un peu a celui de la Saint&amp;celle-la. Mais comment cette poussée se décompose-tmusulman.
Cbapelle,
qui
a
tant
de lien de parenté avec les monnEn t t24, David, roi de Géorgie, l'enleva aux Seljouki- clle ptrnr n'agir que sur les pieds-droits, qui ~out infiments
religieux
de
la
Sicile, et surtout avec la chapeDe
des, qui la reprirent deux ans apres; mais les Géorgiens niment plus minces que les murs extérieurs?
palatine
de
Palerme.
On
retrouve quelque chose de toal
Les églises sont les monuments les plus nombreux et
la leur enleverent de nouveau en H61. Ani continua~
cela,
mais
affaibli
et
pervertí
par le mauvais gout, dw
passer aingi de la domination géorgienne a la domination les mieux conscrvés d'Ani. La tradition est qu'autrefois
le
palais
neuf
du
Sultan,
a
Galata,
dont l'architecte était
musulmane, et réciproquement, jusqu'en f239, année il y en avait rnille; ce qui veul dire tout simplement
un
Arménien.
·
ou les Mongols s'en rendirent maitres. En f3t 9, un trem- qu'il y en avaít beaucoup. Maintenant on en distingue
La píerre des monuments d'Ani est tres-bonne el
blement de terre en renversa toutes les maisons, ne cinq. La principale fut longtemps la métropole du patres
dure. Elle est naturellement fortement colorée en
triarcat
d'Arménie.
C'est
un
magnifique
vaisseau,
d'une
laissant debout que quelques édifices publics, plus ou
ja•me,
comme celle de la belle cathédrale et meme de
architect1:1ve
noble
et
simple.
Ce
temple
est
d'ailleum
si
moins endommagés.
toutes
les
constructions de Berne, si ce n'est qu'elle tire
peu
dégra&lt;lé,
que
je
suis
certain
qu'il
ne
faudrait
pas
Des lors, la ville fut complétement abandonnée; cependant, quelques pauvres familles s'étabhrent daas les plus de cent mille francs pour le restaurer compléte- sur le vert.
Quand on arrive a Ani, apres avoir traversé, en ae
carrieres d'ou avaieot été tirées les pierres de ces monu- ment. On assure qu'apres que les malheurs d'Ani eubouchant
le nez, les amas de décombres infects, d'imments, dontnous allons essayer de faire connaitre au lec- rent fait transporter ailleurs le siége du patriarcal d'Armondíces
et de charognes en putréfaction que les Tura
ménie, quelques moínes y resterent et continuerent a y
teur les restes vraiment remarquables.
décorent
du
nom de villes, coro me Erzeroum et Kars,oa
Lorsque les Turcs Osmanlisse furent emparés de l'Ar- célébrer le service divin jusque vers le milieu du derse
dit
avec
tristesse:
combien, de toute maniere, estdar
ménie, sous le regne de Sélim I, Ani tomba daos l'oubli nier siecle, ou une invasíon de Lesguis détruisit leur
et
déplorable,
pour
un
pays, le vre victis de certains vainle plus profond. C'est a peine si, de siecle en siecle, de couvent.
queurs.
p. DE fu:YN!UD.
Non loin de la grande église s'éleve un monument
bien rares voyageurs en out connu et visité les ruines.
Cette ville était batLe sur une pre~qu'ile rocheuse for- musulman; c'est un minarct isolé, simple et élancé.
mée par une sinuosité de l'Arpa-Tchai, qui coule la au L'escalier est encore en assez bon état pour qu'on puisse
COURRIER DE LONDRES.
fond d'un ravin profond, a bcrges abruptes et en plu- rnonter sur la plate-forme,d'ou l'on a sous les yeux tout
sieurs endroits inaccessible. Cette presqu'ile est rattachée le panorama &lt;l'Ani.
Apres une assez longue absence de France, - sop,
Sur le bord du ravin de l'Arpa-Tchai, au-dessus du
a un vaste platean de meme niveau qu'elle par un
posons
dix-huit mois, - quittez Londres pour Paria;
pont,
a
peu
pres,
est
une
autre
église,
la
seconde
par
la
isthme ou out été entassés tous les moyens de défense
ou
apres
une égale absence d'Angleterre, quittez Paril
grandeur,
mais
de
construction
lourde
et
massive.
Les
que fournissait, avant le systeme moderne, l'art de forpour
Londres,
que d'aspects nouveaux, que de cbangttifier les places, poussé a sa plus extreme perfection. musulroans l'avaient eonvertie en mosquée. Elle a une
ments
profonds
ne trouverez-vous pas dans les cbosel;
C'est une ligne brisée de courtines peu lo'ngues, flan- galerie qui domine la riviere, et d'ou l'on jouit d'une
et
meme
chez
les
gens de ces deux villes en pleine trant'
quées de robustes tours, le tout précédé d'un chemin de assez helle vue. Nous fimes la un excellent déjeuner, oú
formatíon
!
ronde couvert par une bonne faussc-braie, ce qui cons- les conserves préparées a Paris et a Londres se méleEn partant de París, vous aviez laissé des Fran~ais f.l
titue une double enceinte; inutile de parler des cré- rent aux: gigantesques rótis bomériques encore en usage
des
Fran~ises, des enseignes écrites en fran~ais, on.l
en Orient. C'était le mudir du districl de Cheraguel qui
neaux, machicoulis, meurtrieres et autres détails.
peu
pres, et des rues a la frau!:aíse.
A l' est, l'enceinte est précédée d'un fossé large et pro- avait fait préparer ceux-ci et qui en fit le~ honneurs.
En
partant de Londres, vous aviez laissé, &lt;le mema,
fond; a l'ouest, une excavation naturelle, encore plus Apres le repas, je fis remarquer a ce digne homme un
des
policemen,
strictement vetus a l'anglaise, des Altlarge et plus profonde, un véritable abime auquel je ne pilier qui mena~ait ruine, et qu'il aurait été facile de
glaíses
coiffées,
empanachées a l'anglaise, des édifid
trouve de comparable que le ravin de l'Oued-Rummel, a consolider en glissant en dessous une des grosses pierres
batís
du
haut
en
bas a l'anglaise.
Constantine, tient lieu de fossé. A l'extrémité de la pres- de taille qui jonchaient le sol; mais luí, en vrai OttoA votre retour dans la capitale de la France, v
man,
me
regarda
d'un
air
profondément
~tupéfaít,
ne
qu'ile, vers le sud, s'élevent deux émiuences ou sont entassés les débris d'une double citadelle. Enfin, on aper-• comprenant pas que! intérét on pouvait mettre a em- troutez des Fran~ais singeant, plus que jamais, les
~oit, sur !'arete de la berge du v~llon encaissé de l'Arpa- pécher quel~ue chose de tomber. Cette inintelligence glaís, et des Fran~aises, ennemies irréconciliables
Tcha'i, des pans de murs qui attestent que nulle part on de toute resta:uration est poussée sí loin, en Turquie, la perfide et blonde Albion, portant le filet, la ch~
ne s'était assez fié sur la force naturelle de la pos1tion c¡ue les masses, ne pouvant se mettre daos la tete que sette garibaldienne, et le pork-pie-hat des Anglaisd
pour en laisser un point quelconque complétement a les pui~sances occidentales aient, de gaieté de crear, quant aux choses : des enseignes bariolées de mots
glissé des pierres de soutcnement sous les piliers crou · glais a faire mourir les Anglais de rire, des rues 1
découvert.
et longues comme des rues anglaises, mais appttées.
Ani avait deux portes, commo nolre Constantine; !'une, lants de la Sulllime-Porte, airnent mieux croire qu'elles
Jennellement
boulevards, et des jardins publicsl bap
dans le rempart de l'isthme, répon&lt;lait exactement a n'ont fait en cela qu'accoroplir un devo1r de vasselage,
,guares.
/
celle de la victoire ou de Coudiat-Atti de la ville gal- comme l'Égypte, Tunis et les Merdites.
De
retonr
dans
la
capitale
britannique,
voua
ren
La troisieme .Sglise que nous visitames est une rolo-'arabe l'autre, répondant a celle du Cantaro,

)

-;;~olicemen, coiffés d'une salade, saletl, a la
Voila trois ans bien révolus, qu'un beau jour, votre
trez sienne, des Anglaises en chapeaux de matelot, vernis serviteur se trouva investí des fonctions de ministre de
:~~rnés d'ancres d'or, des toitures a pyramide tronqué~ l'Il/ustration a Londres. 11 n'entrera pas daos le détail
mme celles d11 Louvre, et des raes et des ports a de ses labeurs. Qu'il lui suflise de dire qu'il faut passer
~milricaine, c·est-a-dire des chemins de fer daos lesrues, par les soucis d'une ambassade pour les bien connaitre.
de~ chemins de fer sur_les ponts,.des trains roulant sous Rapporter fidelement les péchés véniels et capitaux des
Anglais et &lt;les Anglaises, éviter soígneusement la men,os pieds.
randis, done, que París se londonnise, Londres s'amé- tiou de tout ce qui pourrait portera l'absolution on faire
·canise, et cela par l'eflet des chcmins de fer, destinés compensation en leur faveur, n'est pas une tache aussi
n
.
facile qu'on le r,roit, surtout quand les gens ainsi mis en
acbanger la face de l' umvers.
Le rait est qu'en ce moment, le sol de Londres, l'in-- cause sont des gens chez qui l'on dine. Pourtant votre
térieur aussi bien que la surface, est sillonné, trans- serviteur n'a pas cessé un seul instant de mcttre le mal
percé, tuhulé daos ~outes les directions, de lignes_ de en lamiere et de tenir le bien sous le boisseau. Pour
cbemins de fer, de V1aducs et de tunnels. Ces ch~mms, bien se convaincre lui-meme qu'il s'était convcnableune fois terminés, auront, avec ceux qui existent, une ment acquitté de ses patriotiques devoirs, il a dressé la
longueur totale de deux cent quatre-vingts milles, soit nomenclature suivante de tous les faits rapportés par
luí, et qui peuvent se classer comme il suit:
environ cent lieues.
Tel Anglais qui a passé par Londres, il y a seulement
six mois, poar aller achever son éducation par une tour- Faits a la gloire des Anglais, y compris les gens
o
de la Manche, en face de Cherbourg .....•
née sur le• continent, et que la chute des feuilles fait
5
acherniner, le ha.ton ferré a la mai11, souvenir des gla- Faits al'honneur des Anglais, en trois ans . ...
94
ciers de la Suísse, vers le pafaíble et libre home, cet An- Faits d'une nature indifférente ou équivoque ..
glais peut tomber dans les plus grands étonnements en Faits franchement scandaleux, tels que1. divorces,
enlevements, conversations illégales, etc., etc. 307
,oyant tout ce qui s'est accompli pendant son absence;
ses étonnemeots seront des plus légitimes. Que dir:lit,
qu'éprvuverait le Parisien qui, apres une pointe sur
Ces chi ffres, qui représentent la quintessence des
Constantinople ou PéterEbourg, verrait les locomotives nouvelles courantes, dans la périodesusdite de troisancirculer du nord au sud, et de l'est a l'ouest de Pa- nées, ont une éloquence qui .dispeose de tout commen rís, passer souverainement sur le pont Neuf et le pont taire. Votre servíteur appelle particulierement votre atd'Austerlitz, et des gares établies des deux cótés de la tention sur le dernier nombre. Eh bien ! parmi ses amis
riviere ! C'est le spectacle que Londres présente actuel- de France, il s'est trouvé des gens qui tui ont reproché
lement. Les trains vont et viennent sur ce qui ~lait hier de dlner un peu trop souvent chez les Anglais, tandis
le magnifique pont suspendo d'Hungerford, reuvre de que la plupart de ses amis d'Angleterre accusaient son
Brunei, et, dan!\ quelques jours, ils rouleront sur le estomac de ·u·avoir pas de mémoire. Ménager la cbevre
nouveau et gigantesque pont des 131ackfriars. Tout n'est et le chou, telle est la constante alternatíve d'un cb.argé
pas beau daos ces transformations; ce sont de nouveaux d'aflaires; aussi eut-il été pris, plus souvent qu'on ne
traits de force, ajoutés a la physionomie de Londres, pense, de !'envio do joter le manche apres... la fourmaís non des traits de beauté ! Quant a leur caractcre chette. c·est tout ce qu'il voulait dire, et il poursuit,
de grandeur, il est si frappant que les transformations apres avoir fermé la parenthese.
de París, dans ce qu'elles ofirent de plus h:i.rdi,.sont surJe viens de d1re cambien Londres est, depuis quelpassées par l'audace et la nouveauté destransformations que temps, remué, agité, enflammé, ébranlé meme jusde Londres.
· que daos ses fondements. Ces transformations et ce~ seLe Londonnien, en voyant tous ces rails s'allonger cousses matérielles ne sont ríen, si on les compare aux
sournoisement sous terre, on: effrontément a ciel ouvert, transformations et aux secousses morales et sociales qui
en lignes droites et courbes, en voyant ses plus belles se préparent non-seulement a Londres, mais sur toute
rues crevées daos leur milieu, et les édifices, et les mo•- l'étendue des lles Britanniques, pour un temps non éloinuments marqués par les viaducs, le Londonnien a été gné, et qui vont jusqu'a faire penser aux désordres dont
saisi d'une profonde inquiélude; cette inquiétude est Belfast a été dernicrement le théatre.
loin d'etre dissipée. 11 s'est demandé si Londres doit s'éEn ce moment, les protestants et les catholiques sont,
tanouir pour faire place a un filet de fer et de feu, dans par toute l'Angleterre, a l'reuvre avec un redoublement
les mailles duque! il se trouvera condamné a une tré- inexprimable d'énergie et de fiel, et il est diflicile de
pidation et a un toonerre continuels. Que deviendra la dire qui, des catholiques ou des protestants, mérite le
paix du home? Jusqu'ou faudra-t-il aller, a !'avenir, plus de bénédictions. 11 ne se passe pas de semaine qui
pour trouver une douce et poétique retraite? Si le Par- ne voíe l'érect1on d'une église catbolique, tantót ici,
lement maintient fermement sa derniere décision, s'il tantót la. Le catholicisme semble avoir des charmes
refuse la concession des 400 milles de chemins ferrés, j usqu'ici inconnus, pour les plus hautes et pour les plus
qu'on lui a demandé, cette année-ci, de construire dans humbles classes de la société anglaise. Les classes
Londres, les mailles du filet seront assez grandes pour moyennes regardeut, et, pour le moruent, laissent faire.
ne pas troubler la paíx du foyer de la grande majorité Encouragés par le succes interrompu de cette propades habitants. Puisse le Parlement demelll'er ferme ! gande, voila que maintenant les catboliques ne marEn attendant, les signes fatals de la transformation s'ac:.. chent plus daos le sentier tracé par la loi, mais en
cwnuleut. Que le tunnel sous-marin de la Tamise, jus- debors. Ainsi, des capucins irlandais, dits freres Augusqu'ici objet de curiosité, doive etre utilisé daos les bou- tins, viennent d'ouvrir un couvent au centre de Londres,
le,ersements nouveaux, ríen de míeux; mais qu'apres et cela en violation formelle des lois anglaises. Comme
&amp;Toir abattu la maison de Goldsmith et celle de Mílton, il fallait s'y attcndre, la presse anglaise, représentante
on s'attaque au Monument, cette colonne commémora- d'une race peu contemplative, s'occupe · activenient des
ti,e du grand incendie, et la plus haute, je crois, de freres capucins, et, qui plus est, irlandais.
Pendant que les catholiques, qui se prétendent les dél'Europe, c'est autre chose. Pourtant, selon toute propositaires
uniques de la parole de Dieu, se livrem a ces
h~bilité, le Monumeut est destiné a disparaitre, pour
envahissements, les protcstants, qui, de leur coté, se
laisser place libre a un cbemin de fer.
Le moment est assez mal choisi, car depais longtemps disenl obstinément les porte-lanteroes de la vérité, traon n'avait eu plus besoin qu'a présent de l'enseignement vaillent a la confection d'110 éteignoir qui n'a rien a en-,
q~'il porte jusqu'aux nues. Depuis un mois, les incen- vier a ceux des ferblantíers ultramontains. lis font cirdies se répetent presque journellement, avec une fré- culer, parmi les bommes pensants &lt;le la Grande-Bretaqnence et une vigueur telles, que le feu semble s'es- gne, une piece ou ceux-ci sont invités a déclarer, par
~ye~ arecommencer sa razzia de 1666, et comme si ce l'appositwn de leur signature, que to utes les &lt;lécouver~ était pas assez des conflagrations dévorant des mil- tes scientifiques auxquelles les cherchenrs modernes
lions de propriétés, voila que la poudre a canon s'en peuvent arriver, sont fausses, qui seraient en contradic~le, et que les vingt lieues carrées de maisons et de tíon avec les saintes écritures.
Cette déclaration a été adressée a sir John Herschel,
lilles qui composent Londres, sont ébranlées un matin
qui a refusé de la signer. Mais la confrérie protestante
Par l'explosion des poudrieres d'Érith.
le crois que j' en ai dit assez pour faire comprendre se con,olera assez facilement de cetéchec, 11 esta croire,
le Londres actuel commence a etre bien dilférent en songeaot qu'elJe a embrigadé le colonel Rawlinson.
Ains1 va l'Angleterre religieuse, voguant comme les
; _Londres d'il y a seulement quelques années. Et
u.::~nant, je demande la faveur d'ouTI'ir une paren- yeux fermés entre deux écueils également fatals a la
raison : la bigoterie protestante et l'obscurantisme catho-

re

lique. Qui saisira le gouvernail et poussera l'équipage
a la manreuvre?
Pendant que ces faits se passent et se discutent daos
les journaux, faits qui viennent d'etre enveuimés, en ce
qui concerne le progres du calholicisme, par l'enlevement mystérieux et le transport, semble-t-il par force,
d'une jeuoe Anglaise daos un couvent de Belgiqne, facheux auspice pour les freres•Augustins, le Congres de
la science sociale tient ses séances. Le cbamp est vaste,
certes, mais ce qu'il y a de bon, c'est queJes plus éminents comme les plus obscurs penseurs peuvent s'y rencontrer et y travailler de concert. Lord Brougham, entré récemment daos sa quatre-vingt-septieme année, a
ouvert la huitieme session du congres, le 23 septembre,
a York.
L'opmion publique est moins alarmée, a Londres, des
chemins de fer qui menacent de tout percer, de tout
renverser, des inceudíes qui se succedent saos reta.che
en faisant de désastreux ravages, et des explosions
meme de poudrieres qui sementia mortetlesruinesautour
d'elles, que de la constr11ctíon journalier0:: d'églises catboliques et de couvents élevés par des transfuges de
l'Églige anglícane et des moines irlandais; et il faut
bien convenir qu'un peuple fait comme le peuple anglais, et pensant comme íl pense, pourrait bien etre
alarmé a moins.
JusT .AMÉRO.

IIUUGURATIOI DU CHKIIH DE rER DK DOH PEDRO Il (BRiBIL).
La Cbambre des députés du Brésil vient d'adopter un
projet de loi relatif a la construction de chemins de fer
et a l'établissement de certaines ccmmunications fluviales.
Cette loi permet au gouvernement brésilien d'avoir
recours désormais· a des compagnies étrangeres, qui se
chargeraient, moyennant garantie d'intéret, de la construction et de l'exploitation de ces voies, qui donneront
a l'exploitation des ressources locales une tres-grande
extension.
Parmi les chemins de fer brésiliens, le plus important,
par sa position, son étendue, son utilité, dans le présent
et surtout daos !'avenir, car il doit réunir la province de
Rio-Janeiro a celles de San-P¡1oln et de Minas, par les
difficultés de terrain a vaincre, etc., est celui de don
Pedro 11.
L'lllustration a publié, dansson numéro i059, un premier article sur cette ligne. Notre correspondant nous
adresse, en date du 8 juillet, avec les croquis que nous
reproduisons, les détails suivants :
« Le souvenir que j'avais gardé de ma premiere excursion sur la ligne de don Pedro 11, me détermina a
m'enquérir, aussitót mon retour a Rio, de la sítuation
des travaux. Malgré ma haute.opinion Slll' le mérite de
M. le conseiller Ottoni, président de la compagníe, et sur
l'habileté bien reconnue de MM. Ellisson freres, ingénieurs, je ne pus cependant me défendre d'une certaine
incrédulité en apprenant que la voie ferrée serait avant
peu livrée a la circulation jusqu'au Parahyba.
M. le capitaine commandant du génie, Vlemincx, inspecteur général de l'exploitation, me propasa alors de
vérifier par·moi-meme l'état des travaux, et nous partimes, le 3 juin, pour Rodeio.
Rodeío est établi sur un point ~out a fait sauvage,
saos habitatíon aucune avant la construction de la voie,
mais o[rant aujolll'd'hui l'aspect d'une station importante,
pres de laquelle se sont élevés, comme par enchantement, des hótels, des magasin~, des gares, tout, ~nfin,
ce qu'entrainent apres eux un concours incessant de population et d'intérets, en mcme temps que la réunion
sur un meme point de tous les produits de provinces aussi
ricbes que celles de Río et de Minas.
Rodeio est situé a 85 kilometres enviran de Rio, et a
t,500 pieds au-dessus du niveau de la mer. On traverse, pour y arriver, onze tunnels. JI faut encore s'élever de t50 pieds pour atteindre le sommet de la montagne, avant de pouvoir descendre dans la plaine qui con•
duit au fleuve. Un tunnel de 2,230 mctres a été
nécessaire pour amener la voie ferrée au versant,
vers le Parahyba ; il est entierement percé, et sera li vré
a la circulation dans un an. D'ici la, il y avaít nécessairement un temps d'arret dans l'exploitation. Mais ne
pouvant traverser la montagne, l'entrepreneur, M. Humbird, un de ces Américains que ríen n'arrete, songea
a l'escalader. Il a fait établir une voie provisoire q11i,

�L'JLLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

PUNT IJU CBR611:i PROVlSUIIIE.

RRESIL. - CHEMIN DR FER OR

franchissant des peotes de 55 millimetres par melre et
d'une courbe de 70 et meme de ·60 metres de rayon, travcrse des ravins profonds sur des ponts en bois, fixés
par de simples chevalets, présenté un développement de
6,600 metres, et vient se rclier, a l'autre extrémité du
tunnel, apres avoir passé de¡.¡x fois au-dessus de Jui.
De puissantes Jocomotives américaioes, a quatre roues
couplées et munies de freins vigourcux, circulent sur
cette section, et c'est par ce moyen qu'on a pu transporter les matériaux nécessaires pour continuer la voie jusqu'au Parahyba, que·tra,·erse ur1·pont en bois de 1go me-

ro~

SHTION DE RODEIO.

PEOI\O 11. - D'apres tu croquis de M. Vlemi1&gt;Cl,

tres de long et de 37 arches. Pendant que nous nous
préparions a parcourir cette voie presque aérienne, nous
avons pu voir partir dix-sept wagons .ehargés chacun de
40 arrobes de café, soit environ 60 tonneaux. Ces wagons,
laissés sur la voie, sans locomotive, sont descendus jusqu'a l'embrancbement de Macocos, ou ils ont été reliés
au train des marchandises partant de ce dernier point
pour Rio.
Je terminerai en vous disant que de l'avis de tous les
hommes compétents, Je chemin de fer de don Pedro ll,par sa conslruction, les soins apportés a son entretien,

son ~ysteme d'e&gt;.ploitalion, l'activité que l'on remarqw
daos tous les scrvices, l'intelligence et la persévéran«
de son conseil de direction , el la haute aptitude 4e
M. le capitaine Viriato de Medeiras, commissaire di
gouvernemcnt, - est une des preuves les plus évidcnlls
de ce que peut la fcrme volonté de l'homme. Administrateurs, ingénieurs, em¡íloyés, chacun ici rinlilt
de zele et apporte Je tribut de son activité a l'acbetement de cet important travail. »
L'inauguration de cctte ligne a cu licu le 7 aout dernier; l'Empereur a fait le trajet de Saint-Christophei

-

----barre
de Pirahy, et a été trCs-satisfait
la
.
son excurs1on.
.
.. . . .
de
demain, un tralD spec1al eta1t mis
I
Le en
.l
.
d
d'15po"ition du corp, d1p omat1que, es
l la rs ~ des députés et du contre-amiral
sén~tellea~ commandant la station franCha1gn ,
.
·se de Rio-1ane1ro.
11
~ A]'occasion de cette 1~augura
·
t·10_n, 1e
.
Fluminense
a
donnc
un
magmfique
0
castnauquel
.. Leurs Ma¡esles
' ·1
ont ass1ste
m-.
ba,1
periales.
Le 12 aout, a dix beures et demie du
•un
écrit un des officiers • du navire
111a ,
·ral l'Astrée, au moment ou nous nous
a1111
.
.
l'
. .
ttendions le mo1Ds, pu1sque on etait
y atrain de faire la propreté du batiment
enur se préparer a célébrer la fete natio~e no officier brésilien est venu nous
o
'
. . de l'Empereur ; et, en
anooncer
la v1s1te
lle~ une demi-beure apres, le yacbt de
:, )lajesté stopait derriere nous. ~algré
cette surprise, car c'en était une véritable,
savions mis la frégate en état de rece000
voir son auguste visiteur.
« Au moment 011 l'Empereur a laissé
son yacbt pour embarquer daos son canot,
le grand pavois, pavillon brésilien au
grand mát, a été hissé et salué de trois
salves de toulc notre artillerie et de sept
cris de : « Vive l'Empereur ! » par les
bommes sur les vergues.
« Puis l'Empereur a accosté, et a été
re~u au has de l'échelle avec tous les booneurs dus aux souverains.
«Sa Majesté, avec sa suite, a visité tresminutieusement notre belle frégate, interrorreant
saos cesse et voulant tout connai- •
0
tre. La machine surtout, construite aux
rorges et chantiers de la Méditerranée, a
beaucoup attiré son attention, et Sa Majesté
avoulu en voir jusqu'aux moindres détails.
, Aussitot apres cette inspection, on a
commandé le branle-has de combat, pendantlequel l'Empereura porté la plussérieuse attcntion a l'artillerie, dont il s'occupe

SEG CONCliOVEr&lt;S
ACCD,,NAJSS~ns

MONUMENT DE BKNOIT RACLET, INAUGURÉ LE! OCTOBRE A ROM4NECHK.

-----= ___ _

VISITE J&gt;E S M. L'E.IIPEllEUK DU BIIRSIL A LA FllÉGATE L'ASTll/íE. - U'apl'l!I un cruq1111 ~e M.
•

¡

.,..

h.,,••1.
MACIIINK A FABRIQUBR LES TUILliS, CARREAUX, TUYAUX ET BRIQUES CREUSES.

253
beaucoup, et a paru tres-satisfait de l'exercice, qui a été terminé par le défilé de
tout l'équipage armé comme pour le combat. Enfin,. la relraite a été battue, et,
apres un exercice de m:mre.uvre, Sa .&amp;lajesté a bien voulu accepter une légcre collation, que l'amiral avait fait préparer, et
s'est retirée a deux beures de l'apresmidi, avec les memes honneurs qu'a son
arrivée, en témoignant a plusieu'rs reprises sa vive satisfaction po.ur la bonne tenue et la précision des exercices de notre
équipage.
« Le yacht s'estensuite dirigé vers la
corvette brésilienne Imperial •Marinheiro,
a bord de laquelle l'Empereur est monté
pour faire saluer de vingt et un coups de
canon le pavillon frangais, arboré au
grand mat de ce batiment.
« La fete de l'Empereur des Fran~ais
se célebre ici avec la plus grande solennité. Ce jour-la, indépendamment des salves
et des pavois, la compagnie de débarquement en a,rmes descend aterre, a !'arsenal, ou l"amiral la passc en revue; puis on
se meten marche avec musique et tambours, l'amiral en tele avec tout son étatmajor fl.apqué de mousses armés, et l'on
se rend a J'église d'Ajuda, 011 se dit la
messe et ou le Te Deum est chanté par
des cbreurs choisis daos l'équipage meme
de la frégate. Cet apparat produit toujours
la meilleure imprcssion sur la populátion
frangaise, heureuse de voir si loin du pays
et de suivre daos les rues de Rio•Janeiro
le drapean de la France.
« Cette année, la fete ne l'a cédé a aucune des précédentes, et, daos l'aprcs:.
midi, la population frangaise a été admise
abord, ou des jeu1 de toutes sortcs avaicnt
été organisés; en fin, la journée s'est terminée par un grand diner olficiel, auquel
l'amiral avait invité tous les personnages
marquants de la rade et meme quelquesuns de la ".ille. Le soir, la frégate a été

�L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVRRSEL.
illuminée, et les danees, tant parmi l'équipage que dans
l'état-m~or, avec les familles fran~aises qui avaient été
invitées a diner par les officiers, se sont prolongées jusqu'a minuit. »
Pour extrait: P. PAGET.

apres le banquet. Le soir, course anx flambeaux et bal,
ou l'on a dansé jusqu'au matin.
Pour extrait : P. P.

---~~--l!CHIH AJABRIQUKR LKS Tll1US, BRIQUKS CRKUSKS, KTC.

INAUGURATI0N DU BUSTE DE BEN0IT RACLET,
LE DES'IÍlUCTEUR DR LA PYI\AT,E PAR t'JÍCHAUDAGE.

llomanéche-Thorins, 3 octobre t 864.

Les tuiles diles Boulet et Buissart sont celles dont l'usage est actuellemcnt le plus répandu. Ce succes est du
a leur prix peu élevé et a leur légereté, r¡ni dépas,e celle
de l'ardoise, ~ans nuire en ríen a leur solidité. Elles sont
en outre d'on aspect agréable, qui leur vient de leur
couleur rouge ou rosée, d'on ton tres-heureux.
Ces avantages incontestables eussent été inutiles, si
un inventeur ingénieux n'avait su tirer partí, a leur
profit, des ressources immenses qu'offre la mécanique.
Le probleme a résoorlre était de construire des instruments a bon marché, d'une grande précision, et cependant d'une solidité a toute éprcuve, de fa~on a ce qu'on
put travailler lea terres sans les délayer dans l'eau, et
cependant obteni:- des produits tres-minces et tres-résistants. c·est a l'aide d'une de ces machines, inventée
par MM. Boulet et euissart, et dont le dessin nous a été
remis ¡,ar M. Ernest Kreutzer, construcleur, 4, rue SaintQuentin, a Pari5, leur représeutant, que se fabriquent
a la foiq, sans addition d'eau, et mé01e abras d'homme,
carrea1n:, tuiles, tuyaux de drainage, briques creuses,
et tous les produits céramiques creux servant dan;; la
construction et l'agriculture, et cela en proportions énormes, puisque certaines de ces machines peuvent donner
jusqu'il. six mille de ces produits par jour, el que d'autres méme font en terre dure sept mille brignes pleines,
et ayee un modele plus grand, quinze mille briques en
dix heures. Des fonrs annulaires intermittents, dont
nous publierons plus tard le dessin, donnent une écono•
mie de 60 0/0 sur n'importe quel combustible, et une
cuisson tres-uniforme. La qualité de ces prodmts est saos
égale, tous les rapports en font foi; jamais ils ne sont
altérés par la dessiccation, ce grand écueil pour les fabrications d'autre systeme; ils sont, de plus, d'une
régularité parfaite, et toujours également consistants.
Les résultats produits par ces machines leur donnent
une supériorité incontestable sur les machines anglaises,
qui cependant, a leur apparilion, furent prónées par le
gouvernement fran~ais lui- méme. Un nombre cons1dérable de nos machines se trouvent actuellement daos
les nsines d'Anglet.erre.
Tant d'avantages sérieux ont valu a MM. Boulet et
Bmssart, dont l'usine est une des plus importantes de
France pour les produits céramiques, 35 médailles et
primes dans les di verses exposilions ou ils ont fait figurer
leurs produits. Jamais récompenses ne nous ont paru
mieux méritées.
H. C.

Nous aimons tout ce qui a pour but d'élever les sentiments du peuple, de dégager de son ame les nobles aspiration~. Elles y sont souvent a l'état latent; il ne s'agit r¡ue d'en favoriser t•e~sor. C'est la rétlexion que nous
faisions hier, au milieu de la foule qui était venue rendre un hommage de tardive reconnaissance a la mémoire de Benoit Raclet. Cet homme, otile autant que
modeste, a découvert, vous le savez, les moyens de détruire la pyrale. Qu'est-ce que la pyrale? demandcront beaueoup de nos lecteurs. La pyrale est une chenille de deux millimetres, qui ronge la vigne au printemps et la stérilise. Elle apparait dans nos vignobles a
des intervalles inégaux. De l828 a t840, elle a ravagé
le Beaujolais et le Maconnais de telle sorte, que le~ vignerons, réduits a la misere et désespérés, avaient fini
par se décider a arracher le cep. Le seigle eut poussé
daos ce sol, dont le produit vinieole vaut cinq ou six
fois au moins le produit des céréales.
Benoit Raclet eut heureusement la pensée de combattre le fléau de la pyrale. Apres quatorze ans de tatonnemenls, il découvrit un moyen simple etpratiqoe de
l'anéantir. Ce moyen, c'est l'échaudage du cep a l'eau
bouillante. Des qu'il fut appliqué, on triompha du mal,
et l'abondance vrnt remplacer la stérilité et la misere.
Le Maconnais et le Beaujolais doivent a Raclet, apres
Dieu, les belles récoltes des vingt dernieres années,
e· est-a-dirP. plus de cent miIlions.
Raclet, comme cela n'arrive que trop souvent aux
bienfaiteurs de l'humanité, tout en enrichissant sa
contrée, ne s'est pas enrichi lui-méme. De plus, il a été
méconnu peudant sa vie par ses concitoyens et par le
gouvernement de son pays.
Un homme de bien, M. Charles Rolland, sympathique
a tout ce qui prodoit pour le peuple une amélioration
morale ou matérielle, s'est ému de l'ingratitude de ses
concitoyens envers Benoit Raclet. Depuis trois a.ns, aidé
d'un comité qu'il préside, il a travaillé a la réparer. 11 a
réussi.
L'inauguration du buste de Raclet a eu lieu avanthier, 2 octobre, par un soleil splendide, en présence de
plus de trois mille spectateu~. Ce buste est du jeune
sculpteur Brunet, r¡ui s'est fait remarquer, par des reuvres d'un mérite réel, aut dernieres expositions. 11 est
~
bien coo~u et dºune belle exécotion. Le nom de M. BruCORRESPONDANGE D'ALGÉRIE.
neta été fort applaudi lorsque M. Rolland a dit ~u public que cet artiste n'avait voulu accepter aucune rémuAU DIRECTEUR.
nération.
Le discours que M. Rollanrl a prononcé en cette cir-•
Rass el ain, !i septembre 1864.
constance contient un enseignement élevé : c'est que la
Le 23 septemhre, des le matin, la population oranaise,
démocratie moderue doit sortoot se prémunir contre
l'ingratitude, ce vice des démocraties antiques ! 11 démon- toute en émoi, occupe avec empressement les places, les
tre, l'histoire a la main, qu'elles se sont perdues par ce promenades, les avenues 4ui ont vue rnr la mer, et qui
vice, qui décourage les dévouemenlq et les empéche de se trouvent entre le port et le Chateau-Neuf. Notre nounaitre. Puis abordant la hiographie de Raclet, il a fait res- veau gouverneur, le maréchal de M1c-~Iahon, est atsortir la fatalité de sa mort. qui, dans l'antiquité, aurait tendu; déja l'on aper~oit, s'élevant vers le ciel, la fumée
été considérée comme une vcngeance des dieux contre du na vire qui le porti:. Le ciel est splendide, la roer,
un mortel assez audacieux pour leur déroher les secrets d'un bleu brillant, n'a pas une ride, le soleil donne aux
de la nature. Raclet est mort des suites d'une commo- collines qm séparent les eaux d'Oran de celles d'.Arzew,
des tcintes et des aspects qui cbarmenl l'reil.
tion causée par la foudre, tombée pres de lui.
Le vapeur approche du port; c'est l'E11ménide, au
La parole de M. Rolland est élégante et 1magre. Elle
corps tout noir et dont le nom, - auquel les Grecs
a une vibration qui fail tressaillir la fibre populaire.
Atrois beures, banquet de neuf cenl~ couverts. Dans avaient attribué une signification terrible, contra1recette agape fraternelle, ou le vigncron coudoyait le ment a son étymologie, - rappelle la série des batiments
bourgeois, le vio capiteux du cru n'a fait oubliPr a per- de l'État qui font 011 ont fait le service, le long de la
sonne la plus parfaite convenance. Daos sa réponse a cote algérienne, 4epuis plus de vingt ans, sous les apun toast a la comm1ssion, M. Charles Rolland n'a pas été . pellations sinistres de Styx, Achéron, Ténare, Cocyte,
moins brillant, ni moins ápplaudi qu'il ne l'avait été le Tartare, Gorgone, etc.
L'ancre est jetée, le navire se pavoise de nombreux
matin. Il avait trouvé un émule digne de lui en M. Vernette, sous-préfet de Villefranche. Macon était représenté pavillons, le maréchal de~cend dans un canot. En méme
a cette féte par un conseiller de préfecture, rempla~ant temps, les matelots, perché, sur les ver~ues, poussent
M. de La Guéronniere, empéché pour cause d'indi~posi- les acclamations qui sont leur salut militaire, et les calion, )}ar son maire, par une députation de l'Académie et nons du bord lancent des nuages de fumée blanche,
par son orphéon. Les sociétés de musique de Ville- qui ondulent et se déroulent grarieusement le long des
franche et des communes envirormantes, étaient venues flanes sombres de rEuménide.
A peine arrivé au quai, le gouvernenr général monte
se joindre Acelle de Romaneche, et ont donné un concert

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

a cheval, et se dirige verR le CMteau-Neuf,~
d'une population avide de revoir le chef ~
qu'elle n'a pas vu depnis que la campagne d'I~
venue accroitre si glorieusement sa réputation. ~
avons parlé, il y a quelques années déja, et dans r
tratio12 méme, des brillantes qualités du vainque~
Magenta, nons n'avons pas a reproduire ici tout ce
depuis quelque temps, du reste, se trouve a peu :
réédité par tous les journaux.
Un nomhre~x cortége, _f~rmé. des re_p:ésentanta •
toas les serv1ces et ad mm 1strat1ons m1htaires S\lit ~
.naréchal. A voir ces habits brodés, ces chape¡ux-1"gates, ces fonctionnaires au frais visage, on se croirait
pleine France, et cependant on nous reproche ..:
cesse de ne pas nous assimiler assez vite. Au te11¡11
de la conq uéte, les escortes de nos généraux 0,
vaient pas, il s'e~ faut, cette_ physionomie. On y ~o~
d~ ~odestes tumques, des cemtures de laine, de simpi.
kepis, surmontant des figures seches et brunies. 1'&lt;,
prét'frons ces dernieres, méme sous le rapport do
resque.
Le maréchal a convoqué, quelques instants apres 111
arrivée, les divers services adminislratifs; il lear 1
adressé une allocution qui a eu pour but de développir
le~, p:nsées déja exp_rimées daos sa proclamation, pu.
bhee a Alger, quatre J0urs auparavant. Nous lisons daai
cette proclamation du gouverneur, &lt;1 qu'il a toujourslJi
bienveillant pour les hommes qui cherchent le bien...,
qu'il a toujours cherch~ a suivre les inspirations de r6quité et de la juslice. » La fermeté et l:i. persistance •
duc de Magenla sont connues, il n'est done pas donlell
qu'il saura reconuaitre les hommes qui chercbent~
bien, et qu'il ne se laissera pas tromper par de Cq¡
semblants d"équité et de justice.
Le 22, veille de l'arrivée du maréchal, la ville d'Ona
avait re~u son nouveau préfet, M. Brosselard, &amp;allM
tres-connu par ses découvertes archéologiques et■
trava1u: sur l'hiEtoire du pays. Les 24 et 25, nous
eu les courses de la province. Elles ont été peo bri,
!antes, cette année : l'élément arabe, qui donne •
d'animation a ces fétea, manquait a peu pres compléle,
ment, par suite eles opérations militaires qui se po11,
suivent ou se préparent. Cependant, a la fin de !aj•
née, un petit go11m, composé de cavaliers, qui qoittaii
leur tribu pour se rendre daos le Sud, a défilé sur llip,
podrome. Ces Arabes, couverts de vélements sales, mi,
et disposés de la fa,on qui est la ph1s commode ach&amp;111
d'eux, pour les journées de marche Pt de razzia,•
ont paru éveiller l'inlérét et la curiosité, plus vivemei
que lorsqu'ils viennent parmi nous, préparés pour a
ter seulement a des réjouissances. La plupart avaiell
la figure sérieuse, rétléchie; leurs regards chauds
fonds retlétaient des préoccupations, causées soit pr
l'espoir d'aventures prochaines, soit par le souveni!•
années de guerre passées. Les allures indépendaall
des chevaux et des cavaliers nous ont rappelé ladicussion que nous avo.ns soutenue, daos un recueil aól
que celui-ci, et que nous reprendrons incessammen~•
les caracteres d'une véritable cavalerie légere.
Ma1s nous sommes sur une terre ou s'agitent des•
ciét~s bien dilférentes. Si, d'une part, nous assislal
a des chevauchées du moyen age, d'un anlre coté,•
préparons, a Oran méme, l'e1posilion ann11elle de l'Alli!
rie, pour les produits agricoles et industriels. Les
vois commencent a se caser. Et puis nous espérons
la compagnie des chemins de fer prescrira bienta
premier coup d&lt;' pioche, que la popution oranaise
tend depuis plusieurs années, et qu'on lui promet
trois mois en trois mois.
Les agriculteurs sont dans la désolation, a caoae
tres-bas pri1 des céréales.
F. HL"c.o11m.

*

a•

et,..

~

11•• ANNA DE LA GRANGE.

Cette remarquable artiste, qui n'a presqÓe j
chanté que le répertoire italien, est née a Paris, el
positi1n que sa famille occupait dans le monde ne
mettait pas d'imaginer qu·elle dut un jour monterSlf
théatre. Quand elle apprit la musique, on ne pe
qu'a lui donner un talent d'amateur. Elle re~nt del
~ons de piano,successivement, de différents maitres,
le plus ha hile et le plus célebre fut Kalkbrenner.
devint tres-habile, en quelques années, sur cet i
ment.
Tout en étudiant le piano, elle entendait chanter,

;¡--déepar son instinct,répétait
tout ce• •qu'elle
é d
,. avait
. . endo.
son
pere,
frapp
e
cette
facilité
d
1m1tation
ten
,
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,, •
, et
!abeaute
de
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vo1x,
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onna
Bordo
0 m pour ma1tre.
de
. • d b .ll
e d 1
.
Elle eut b1e~tot e ri ants succ s ans e m?nde. Pms,
des spéculations malbeureuses ayant anéanti, en f ~45,
la fortune. de M. de La Grange, elle prit la résolution
coorageuse de tirer partí de son talent, le perfectionna
d'abord en Jtalie, avec les conseils d'un des plus habiles
rofesseurs de Milan, et débuta comme prima donna a
~ ,~e. Son soeces fut éclatant, et sa réputation gran•0 .
EII h
.
dit rapidement. e e anta successivement a Varese, a
a
B¡
•v ·
C'
Torio, aR_orne, , o ogne, "- emse. est dans cette
dernie~ v1ll~ q~ elle r~ncontraM.le comte Stankowitcb,
qui devmt b1entotson epoux. En 184g, Meyerbeer songea
un moment a la fa.re engager a l'Opéra, pour jouer le
role de Fides, daos le Prophete. Elle le joua, en effet,
mais aVienne, quelques mois plus tard. Elle vint a Paris en f!l52 et sontint le ré¡,ertoire du Théatre-Italien
,ec un éci'at dont les dilettanti ont conservé Je souve3.
. .d .
•
nir. Elle a chante epms, avec le plus grand soeces, a
· · p th · s · t Pét b
,
Berhn, a es· , , aB arn - A ers ourg,
a New-York, a
,
Rio de _hne~ro, a ~enos~ yres, "- 1a Havane, et enfin
aMadnd, ou ll. Bag1er lm a passé au cou la cqaine d'or
d'un engagement de trois années.
PIERRE PA&lt;,ET.
r,-

LE PALAMEDE FRANCAIS.
REVOE DES

ÉCBECS ET DES AUTIIES raux DE COIDIITAIS0N.

Voici one revue qui ne s'adresse pas seulement aux
joueurs d'échecs, - pbalange a.ssez nombreuse, r.omme
on sait, - mais aussi a tous ceux qui aiment le jeu de
dames, le whist, le billard, etc. Cette revue est, en quelqoe sorte, une encyclopédie des jeux de combinaison,
une collection unique ou chacun peut pui~er, selon ses
gou~, les notions qui l'intéressent. Eufiu, le Palaméde
(ranrlli3 contient, en outre, une partie littéraire, et il se
propose de publier la galerie photographique des célébrités d'échecs contemporaines, accompagnée de notices
et de biographies. Avec de pareils éléments, il est
impossihle que cette revue des écbecs et des jeux de
combinaison ne se fasse pas, en peu de temps, une
place au soleil.
Ajoutons, pour ne ríen omettre, que l'exécution ty,.
pogra¡!hique répond complétement au titre et au car;c.
tere de cette revue, confiée aux presses d'une des meilleures imprimeries de París, l'irnprimerie Lahure.
P. P.
REVUB DES M0DES ET DE L'INDUSTRIE.

C'es~ daos le courant d'octobre, du l5 au 20, que les
mag~ms de l'OMBRF. DO VRAI, rue Vivienne, 5, pres le
Pala1s-Royal, ouvrent leurs salons du premier élaf.?e.
Cette inauguration aura lieu par une splendide exposition de bijout en imitation, réunissant toutes les comp~itio~s arlistiques les plus en vogue .. Le rayon de
p1errer1es sera assorti des plus merveilleuses parures ;
diademes, colliers, broches, boucles d'oreilles, etc.
Les v1trines des bijoux de fantaisie ne le cederont en
ríen acelles des premiers bijoutiers de la capitale. Nous
engageons nos lectrices a ne pas manquer d'assister a
cette eiposition, qui leur ofirira des ressources charmantes pour leurs toilettes de la saison d'hiver.
Cette année, on emploiera principalement, pour le décor et l'ornementation des robes et des confections d'hi,er, la passementerie et les chamarures.
~ Vil/e de Lyon, passementiere de l'impératrice Eugém~, 6, roe de la Chaussée-d'Antin, brode quelques
~"!1tnres artistiques en perles de corail et en perles
dac1er.
Comme primear pour la saison d'automne, la Vi/le de
~ orfre aux belles étrangeres qui visitent Paris : la
~mtnre almte, en trcs-larges rubans, n• 80, bordés
d~ eífilé neigeux, se drapant a l'orientale autour de la
tad.le, et 11e nouant derriere par un chou retombant en
lrois pans; de tres-larges ceintures en rubans d'or
rapdespelant les ceintures des aspirants de la marine; pui~
~ucles en écaille, en acier et en jais pour les hautes cemt~res en rubane gros grain; puis des gants RéCCl!der, s ~nfilant comme une mit11ine de peau, saos
~ntons DI manchettes, et le gant JosPphine, qui n'a pas
e coot~re le long du petit doigt et qui moule la main
et 1e po1gnet.
De toutes part,, !'industrie prouve qu'elle a travaillé
~~e la fourmi de la fable, pendant que les belles
-es étaient aux eaUI.

¡

Grace a l'attrait tout part·1cu11er
- qua
, su donner a J'étoffe dite 1"oulard
tin
ét
bl.
d
. ordre
1
'
•
a ssement e prem1er
(Te Comptoir des Jnrles
129 boufe"ard s,b t " 1•
. '
,
a.5 opo,,, usatie
de ce genre de soierie s'est rapirlement propagé depuis
quelques années. On pnrte maintenant le foulard de
l'Jnde en tout~ saison, car il ne le cede en rien au taffPt/.lS le plns riche, et .il coule un prix de beauconp inférieur. On pe~t ~dm1rer, au Comptoir des Inrles, une
c?armante variéte de rohe~ d'automne aux coulrurs
;;;~: ~t cdhabtloyant~s. N'.ouhlio~s nas non plus les fou· on
aJJC, a pet1fs rlessms de toutes nuances. Ce
g-enre de foulards est ,
•
.,
.
· · resnve a,n 11ames. Am: mes•1eurs
sont•destinrs les foulard.• corah~. 1P~ hanrlanos de~ 1 ~~
des et l~s riches cachP-nez &lt;le l'In rle et de la Chine. Le
Comptoii· rifs Inries expPdiP franco ses érhnntillons dr robes a_u,: clames qui lui en font la demande.
1tbis r¡uelq_ue soin ~u·on arinorte a la confection d'une
ro~e, i:nerv~ille _tl" ti••u et ~'élég-ance, pour que cette
~\ e aille 1en, 11 e5t e~sentiel rl'avoir un corset sans
l~nª:~-- La,st~e7: le ~0r:,et ~la~tiq~e, la palis~ade de ba1con ra1res a 111,vgiene, et portez la ceintltre régente qui vons dé,,arrera les lianches et 1
- • C
. .
.. ·
•
a poi 1rme. e1te
mrn1ature
du
co~Pt
ne
se
trouve
que
ruede
la C/
,
, wus•éed ~ntin, 31. chn Mm•s rie Vertus, qui J'ont inventée et
'lUI n'en ont étahli rle Mp&lt;it nulle part • ce qui pourtant
n'a poin_t empéché les contrefa~ons gro~sieres.
Par_mi les succes hi&lt;'n étahlis, il faut placer ans•i en
e~ qm con cerne l'hyg-iene, l'Ealf et la Pommade viv,dr¡ues
s1gnées des in.itial~s A. B, dont le dépót est chez M. BINET,
29, n1e de lt?chefiett. Ces denx prorluits donnent des rrsultats certains, inconnus jusqu'ici, des qu'il s'agit de
comhattrr. la chute des cheveux ou de faire renaitre
~e1!x qui auraient ahandonné la place. C'cst imrtout
1h1ver, pendant la saison des soirées, que t'on est le
plu~ exposé aux affections que combattent avec tant de
soeces l'Eai, et fo Pommade vi-vifiques.
En terminant, nous rappellerons quP l'Ea,1 rie la Fforirle renrl aux cheveux blancs lenr coulenr natnrelle. Ce
n'est point une trinture. c'est une eau bienfa.is,rnte composée des sucs de plantes exotiques. - (M. ft11i~lain,
rue de Richelieu, 112).
A. DE c.
•V

•

('.

?

les combinaisons les plus ingénieuses pour faire fructifier leurs économies.
~-UNio~. ·est arrivée a prouver a tout homme qui tra~adle qu 11 a, dans son activité méme, des ressources
mconnues dont il ne tirait JUsqu'a présent aucu.h profit.

PUBLICATIONS NOUVELLES.
Si la grandeur d'un sujet, l'étude sincere des éléments
qui le composenl, une foule d'idées justes avec cette
pointe d'exagératio11 qui marqoe chez un auteur la force
d'un sentiment personnel, si en fin l'opportunité l'utilité
d'un livre, étaient les rnules qualités exigées pa; la critique. nous n'aurions que des éloges a donner au nouvel
ouvrage de M. Daniel Ramée, Artion de Jésus sur le
monde, ou conseq,unce du christianisme. Mais ni la corre~~ion du langage, ni la viguenr du style ne répondent
a 11mportance de la donnt\e. La philosophie de l'histoire
est une science dont l'expression rrleve de l'art. RiPn
n'a plns besoin d'une forme nette et pure que les idées
générales. Au moins, a défaut d'ornemenl~, réclamentelles absolument la suite et l'enchainement logiqJJe. U
nons semble·que, dans l'reuvre de M. Daniel Ramée tout
ne se tient pas, que les idées dont l'auteur est assailli se
pressent aulour de sa plume dans l'encrier et finisscnt
souvent par s,y accrocher avant leur tour;' saos doute
elles ont leur raison d'etre, mais elles ne sont pas précisémPnt a leur place.
Malgré les impérfections que nous signalons, les personnes qu'intéresse l'histoire des religions, sauront faire
leur profit de tous les faits rassemblés par M. Ramée;
pour nous, une fois notre devoir de critique rempli,
nous devons remercier tout écrivain qui cherche a établir l'absence des causes surnaturelles dans la marche
des choses humaines, et qui renvoie aux tristessiecles du
moyen age l'anathcme que les fanatiques et les aveu,,les
lancent chaque jour contre la lumiere de la Ren;issance et de la libre pensée.
ÁNDI\E LEFtVM.

L 'UNJON,

APPAREIL DE LABOURAGE A VAPEUR.

COXPAG\]F. D'ASSURANCES SOR LA VIE.

Le systeme de lahourage a vapenr de M. Lotz fils
ainé est le fruit de longues études et de nombreuses
e~_périences._ Ne doutant pas de la possibilité d'apphquer prat1quement la vapeur a la culture, mais se
rendant compte de toutes les préventions et de toutes
les objections qui devaient accueillir cette idée et mettre
obstacle a son exécntion, c'est d'abord sur des terres
lui appartenant que l'inventeur a fait ses premieres
expériences; Lien certain alors des résultats il ne s'a. .
'
g1ssa1t plus que de combiner un appareil qui put ofirir
les garanties d'une application économique, d'une marche réguliere, d'une installation facile, et enfin d'un
prix relativement modéré.
Le premier appareil (ou du moins la mise a exécution
de l'idée, qui remonte ii i 859) laissait grandement a désir~r; le príncipe admis était celui de la fixité du motear et des treuils d'enroulernent, en faisant passer le
cahle sur des poulies fixées a l'aide d'ancres qu'il fallait rléplacer a chaque parcours de la charru~. L'installation était difficile, et la manreuvre nécessitait un personnel assez nombreux; il y avait une grande perte de
temps e? ~anreuvres accesrnires, et le résultat n'était que
tres-ordrna1re. Cependant cet appareil, présenté au concours régional de Vannes, en l860, obtenait une médaille d'or, et au concours universel, méme année, a París, apres des essais faits aVilliers, une mention luí était
accordée. Ces faits établissent une priorité qui, jusqu'a
ce jour, a été injustement contestée.
Un remaniement complet de tout le systeme eut pour
eflet de fixer M. Lotz sur l'avantage qui résulterait de la
mobilité des engins de traction, dont le premier et tressérieux avantage était de supprimer une installation
difficiie, et qui ne peut ctre bien faite que par des ouvners tres-exercés; de réduire le personnel des deux
tiers, et de n'employe.r que la quantité de cables nécessaire pour le parcours de la charrue entre les deux
points de rési~tance. Le motear était auto-mobile, et servait de moyen de traction pour les divers engius composant !'ensemble du systeme; seulement les treuils d'enroulement devaient étre reliés au motear, et, par leur
disposilion, donnaient un porte-a-faux. Le motear était
de la forc~ d~ _huit chevaux. La charrue a deux corps
do1ibles ag1ssa1t sur une largeur de 60 a 70 centimetres.
t;et appareil, apres des essais publics qui eurent

L'U1''lOX est une des plus anciennes rompaanies que
l'assnrance ait fonrlée en France. La date d; sa création re~onte a TRE\,E-QUATRF. A.'i's, et elle peut hautement
revend1quer le mérite d'avoir enraciné et popularisé
dans notre pa,vs une institution qui a révélé a l'homme
tout ce qu'il .V a de puissance daos 1'épargne, la prévoyance et le calcul des intéréts composés.
Apres avoir ér,argné au pays la perte de eapitaux
énormes par l'Assurance contre l'incendie, l'Union a répandJJ sur toute la France les bieufaits de )' Assurance
sur la. vie humaine, et sur ce point encore, l'Ul\'lON se
place rncontestablement au premier ran" des institutions de ce genre, par l'importance et 1~ variété des
avanta~es qu'elle a présrntés a ses assurés.
E~ effet, des le oremier jour, l'UN10:-; a pralir¡ué la
m~x_ime anglaise, qui consiste a ne rechercher qu'un
m1mme profit pour multiplier a l'infini les opérations.
. C'e~t ª!nsi que l'U:-.IO'I a été la premiere Compnanie qui
a1t prom1s a ses a~~uré, 110P parlicipation dans ses bPnéfices, et cette répartition vient de se faire pour la onziéme
fois, avec des avanta!;'es dont on peut se rendre compte
par les deux exemples suivants:
Un jeune hommf' a contrarti1, en iR29, une assurance
sur sa vie de 10,000 fr. Les arlditions failes asa poi ice
par suite de la réparlition des bénéfircs s'élevent ,
9,5112 fr., c'cst une augmentation de 96 O,'o.'
Un homme, 'agé de 37 an,, a fait, en i R30, une assurance de 30,000 fr., exigihle a son déces, moyennant
une prime de 900 fr., et il a pris part au,: 001.e réparti-tions faites par la Compagnie. Sa prime est complétement éteinte, et le capital assuré se trouve porté a
4l ,700 fr.
N~us ponrrions multiplier les exemples. C'est par la
praht'ue de ces fructueuses opérations que l'U:\,o:-; est
devenue une institution qui a sa place daos toutes les
familles. Le dernier exercice de l'U'l10:-; nous prouve que
la Compagnie a réahsé, en assurances sur la vie seulement, un chiffre d'opérations qui dépasse srx Yn,uoxs ET
DEMI DE CA PITA ox ASSURÉS en une se,iTe annre ! El le développement de ces opérations va chaque jour grandissant.
. Un éminent pnbliciste disait r¡u'il amorlirait le grandhvre de la dette publique avec les sous gaspillés et perdus par chacun en France. Eh hien ! ce sont ces mini mes
épargnes que l'U¡,,'Iox m_et tous les jours a profit, non
plus a l'avantage de l'Etat, mais a l'avantage des fa-·
milles qui trouvent ches elle, avec une sécurité absolue,

�2!i6
lieu a quelques kilometres
de Nantes, figura au concours régional de Cbar •
tres (mai t863), et au
concours régional de Rennes. 11 obtint, daos Ir. premier, une médaille d'or,
et, daos le second, la
grande médaille décernée
par le ministre de l'agriculture.
A la suite de ces concours, des expériences eurent licu a la Cerme impériale de Vincennes, au mois
J'aout. C'est apres ces nouvelles expériences que M.
Lotz Cut honoré de la
commande de l'appareil dont nous donnons les dessins, et
qui est acheté par
S. A. le vice-roí d'E-

L' 1LLUSTRATION, JOURN AL ONIVERSEL.

1 ABOUnAGE A U VA.PEOR. SYSTEME LOTZ¡ DB NANTES. - CHA RRUR A TRIPLE SOC

gypte.
Le nouvel appareil
compase : t 0 d'un
moteur locomobile, 2°
d'un chariot portant
la poulie de ren voi,
3°delacharrue.proprement dile, •• d'une
barrique a eau.
Le moteur, disposé
en locomotive, est de la
force de t 4 chevanx;
il peut marchersur une
¿-oute, ordiuaire aune
vitesse de O kilometres a l'heure.
Les treuils servant
a l'enroulement des
cables métalliquessont
montés sur le moteur
et entourent la chaudiere qui leur sert d'axe. Le moteur se place
sur le hord de la piece
a labourer; en Cace, a
l'autre extrémité, est
IIACBINB IIOTRICE.
le chariot portant la poulíe de renvoi; ce
chariot est auto-mobile.
La charrue,toute spéciale, esta deux ou trois
socs doubles, montés sur un méme axe, et formant deux corps équilibrés sur deux roues, a
l'aide desc;uelles on regle l'entrure des socs.
Elle est attirée alternativement vers le chariot
et vers le moteur ; achaque parcours, !'un de
ces appareils avance de 11 largeur du sillon
ouvcrt, Par ce moyen, le cable de traction se
trouve toujours dans la ligne droite du sillon
a ouvrir. Apres chaque sillon, les socs qui
viennent de travailler sont relevés, et l'axe bascule, en faisant une demi-révolution qui
dispose les socs opposés a repartir. Cette
manreuvre s'accomplit rapidement et saos
CBA RIOT DE RETOLR DE CA BLE.
peine.
Le personnelnécessaire pour le service de cet appaRÉBUS,
reilse composed'un mécanicien etd'un aide,d'un laboureur, d'un manreuvre pour le service du treuil.
Les avantages que présente le labourage a vapeur sont, entre autres :
La facilité de faire les opératious de culture en
toutes saisons; d'obtenir une culture bien plus proConde et bien plus efficace; d'ohtenir ainsi des récoltcs supéricures avec moins d'engrais; pour les
labours difficiles, d'avoir une force beaucoup plus
régulíere, et bien moins cbere que celle des chevaux et des breufs; de permettre aux fermicrs de
réduire le nombre des animaux de travail; d'agir
avec un personnel tres-restrei11t, qui ne retire aucun bra, a l'agriculture et qui ne force pas de
se procurer quand méme cenx qui manquent souvent
aux exploitations naissantes, et méme aux exploitaEXPIJCATION DO DERNIER RtBUS:
tions en pleine activité; de pou,oir employer l'appareil
C'est dans l'hi\•er que la charilé doit voler avec quelque
moteur a t1&gt;us les besoins d'une grande exploitation pour
raire marcber les instrumcnts d'intérieur, et l'utiliser zéle au secours des malheureux.

comme locomotive
.
cole i et moyen de :
tío~ sur les routes •
naires.
. Le prix de revicnt d'1111e
JOurnée de trav~l, a111or.
tissem_ent compris, est de
46 a 50 rr.
Cct appareil a été présq.
té au Concours internalio.
~al _de _labourage avapeur
1
mstitue par la Sociélé d'agricullure de Seine-et-llb,
ne, au mois de mai i86i •
• .
l
au concours regional de
Melun.
ET A DOUBLB EFFET.
La commission du q.
cours international 1
décerné a M. Lot&amp; 11.
né une médaille d'a,.
gent et une prime de
i ,ooo fr. Une médaiUe
d'or luí a été accordie
par le jury du COI·
cours régional de lle.
Jun.
L'appareil de labou.
rage a vapeur de 11.
Lotz est maintenaat
suffisamment perfec.
tionné pour etre employé avec succes. Des
essais récents, qui ont
cu lieu pendant bait
jours a Maisons-AICOll,
dans la belle forme de
M. Wallebled, ont cié
des plus concluants:
de l'avcu d'hommes
essenliellement coa,
pétents, le travail élail
irréprochable.
Cet appareil peal
soutenir hardimen~et
avec les chances d'ua
grand succes, la coaparaison que l'on ,011o
drai t établir uec les
machines anglailes
tant réputées; et nous souhaitons a M. Loll
de trouver daos le succes !ajuste récompena
des efforts et des sacrifices faits par luí poar
doter la France agricole du labournge o•
H. C.
peur.

Dimanche t6 octobre, il sera donné, •
PM.'C.ATELAN, une grande fete de bienfaisance
au profit de l'Association des Artistes mui•
ciens. - Pour la premiere fois, le puhlic d'élite de la capitale et les nombreux étraogen
qui se trouvent a Paris auront le privilége d'•
sister a ce spectacle unique, du a la bieave1llance de LL. Exc. les maréchaux Rsndal
et Magnan, et a la sollicitude toute pafer.
nelle du baron Taylor.
Organisé par les soins empressés d'une direclia
aussi active qu'intelligente, lepremier Festital di 'la
Cavalerie sera la solennité la plus imposante •
l'année i864c. M1LLE ARTISTES de toutes armes esécuteront les chefs-d'reuvre de la musique; et•
brillante Fantasía militaire avee les trompettead.
clairons couronnera, au bruit des salves d'a11illtric, cette Céte de I'Art et de la Charité.
Le cirque Napoléon a inauguré la saison d'IÍ'
,·er, le jeudi t3, par les débuts de deux élepbaiill,,
dont on dit merveilles.

Auc;. MAac, di~cteur-gérant.
Emit:. TEIIER ' rédacteur en wf.

-----,r-~

o

PABIS,-IIIP. DE L'ILLUSTR!TION, A, lfABC, U, RUB DE VBIN-

�</text>
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                <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores</text>
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L'ILLUSTRATION,
·UITIVEBSEL.
IOUDAL

con.

lal 1

1111.

d'arde

1e

daille
ordée

con-

e lle-

aboo.
de JI.
enani

irreeeem-

e.Des

uiont
1 buit

~líort,
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nt été
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mlllft

1

comil élall

peol
ent,el

Direction, Rédaction, Administration :
Tealel les communications relatives au jonrnal, réclamations, demandes
de changements d'adresse , doivent etre adressées franco a
11. A.UG. MARC, DIRECTEUR-GÉRA.NT.
J.es demandes d'abonnement doivent etre accompagnée~
d'un mandat sur Paris ou sur la poste.

SOMMAIRE.
Rew• poli tique de la semaine. - C'.orrespood•nce d'Al~érie. - Courrier
de Voya¡e. - Le chemin de fer dana les Pyréoées. - Causerie drasubque. - Le comba!. - Tableaux du Morvan : A propo• de la pipée
(60). - Jacques Jasmio. Appar,il d'éclairage soui-marin de
l. Buin. - Revue Jilléraire. - L'estomar, parol•s et musique de
1. Gu&amp;tave Nadaud. - Bibliographie : Proores du 8!Jlleme métrique

a l'ttranger.

Gra"'re,: Iosurrecfion d'Algérie : Pri&amp;onniers ara bes inferné&amp; dans la

casemate de la porte du Sersou, a T,aret. - Chemin de fer de Bayonne
i Madrid ( 10 gra,urea ). - Le combat, - Le poete Jacquea Jasmin.

22 8

ANNÉE.

VOL. XLIV.

Nº

8amedi t~ Oetobre

t 130.
HUU..

L'adminislralioo ne ripond pas des maouscrils el ne a'engage ¡amaia á lea inserer.
Vu )es traite!, la lraduction el la reproduclion

a l'élra.nger sonl 1nterdite1.

BUREAUX : ROE RICHELIEU-., 60.

Abonnrmenls pour París et les Déparlcmenls :
3 mois, 9 fr. ; - 6 mois, 18 fr.; -

unan, 36 fr.; - le numero, 7~ c.
la collection mensuelle, 3 fr.; le volume semestriel, f ~ fr.
&amp;D0Nl''E~IENT8 POUR L'ÉTRANGER s
Memes pr,~; plus' les droits de poste, suivant les tarif•.
r.es abonu. partent du fer no de cbaque mois.

opinions les plus di verses se fassent jour daos les journaux et dans les réunions préparatoires qui se tiennent
au dela des Alpes. Le Parlement offrira tres-certaine •
~
ment un assortiment de toutes les nuances : nuance turinoise, nuance napolitaine, nuance to;canc, nuance
de Rome capitale quand meme, sans compter une foule
REVUE. POLITIQUE DE LA SEMAINE.
d'autres nuances, qui ne peuvent manquer de surgir
C'est toujours le traité franco-italien qui fait les frais au milieu des débats; Je parti de l'action, Je parti de la
de la polémicrue. Au moment ou vont s'ouvrir les débats résistance, le tiers parti, le parli du gouvernement,
de ce traité devant Je Parlement, 1l est natuiel que les échangeront certainement bien des paroles; mais on
- Appareil d'éclairage sous-marin de M. Bazin ( i gravurPS), - L'estomac, paroles et musique de JI. Gustave Nadaud. - Fac-simile de
dessins et croquia d'Eogéne Delacro,x. - Écbecs. - Rébus.

s d'un

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INSURRECTION D'ALGÉRIE: PRISONNl~RS ARAB•S INTERNES DANS LA CASEMATE DE LA PORTE D11 SERSOU, A TIARl!T. - U'•prcs un croquis de 11. Lefc~vre.

�258

L'lLLUSTRATlOl',. JOURNAL UNlVEHSEL.

L'lLLUSTRATlON, JOURNAL UNlVERSEL.

2a9

I

Rien n'est venu contredire la nouvelle des succes
peut néanmoins considérer c~mme certain le résultat du ·
CORRESPONDANCE D'ALGÉRIE.
remportés par le général [édéral Sheridan contre le gévote. La convention du i5 septembre sera adoptée a
néral Early, aFisher's-Hill et aM.ount-Jackson. Ces deux
AU DIRECTEUR,
une grande majorité.
positions, déchrées imprenables par les journaux de
Alger, le 4 octobre 18'l.
L'ltalie presque toute entiere d'est prononcée d'aRichemond, ont été emportées au pas de course. Ainsi,
vance daos ce sen~; le traité franco-italien a été pour
peodant que Grant reste inébranlable devant Petersburg,
Les courses de la province d'Alger ont eu lieu, cette
elle une occasion de donner une nouvelle preuve de
d'ou il coodamne a l'immobilité Lee et la principale année, le dimanche 2 octobre, a 2 heures de 4taprescet instinct polit1que qui ne l'a abanuonnée daos aucune
'
des crises de sa laborieuse wüté. Que pouvait raisonna- armée du Sud, Sherman et Sheridan, par une série m~.
Ordinairement, ces courses commencent le samedi et
blement attendre l'ltalie du goavernement fran~ais? d'heureuses manreuvres, s'emparent successivement
Qu'il l:üssat le différend engagé entre elle et la papaulé des lignes ferrées et des voies fluviales, par ou_ la capi- se continuent le lendemain. La premiere journée est
se vider saos l'intervention étrangere, et que l'armée tale des con[édérés tirait ses renforts et ses subs1stances, réservée aux courses d' Arabes, et la deuxieme a celles
des Européens et a,u courses mixtes; une fantasía, e1éfran~aise évacuat Rome. Cette évacuation .est d~cidé~, et réduisent peu a peu les corps qu'on leur oppose.
Il semble évident que cette 1001,'lle lutte entre daos cutée par les tribus de la province et par les r~gimenta
et la question romaine est redevenue, ce qu elle n aura1t
jamais du cesser d'etre, une question itali~nne. _Le c?mte sa derniere phase. Nous ne voyons plus ces alternatives de la garnison, donne a ces f~tes un cach11t d"originalité
·
Cavour ne demandait pas autre chose, et il ava1t ra1son, de succes et de revers des campagnes précédentes, qui, locale qui n'est pas saos attrait.
Cette année, il a fallu se contenter d'une maigre
car du moment que l'ltalie n'entend pas rompre avec en prolongeant la guerre, faisaient presque douter de
la papauté, ce qu'elle doit souhaiter, c'est qu'u_ne force sa fin. Aux coups d'éclat et a la brillante tactique journée; les Arabes boudcnt, et les troupes sont emétrangere ne prolonge pas les résistances du sa1Dt-s1ege de Lee et de Beauregard, dont les armées du Nord ont ployées a mettre a la raison les insoumis. Aussi, rien de
contre une réconciliatiof.l qui est daos la force meme été victimes dans le príncipe, celles-ci ont répondu par uien saillant ne s'est fait remarquer pendant cette juurdes choses. Sur ce poiot, la convention doune pleineruent la résistance des masses, par les sacrifices de tous uée ; cependant le temps était magnifique, et chacun ne
genres, par la constance et par la patience; et c'est demandail pas mieux que de se divertir; mais l'occasion
satisfact1on a l'ltalie.
Fondé a la suite d'annexions di verses, dont quelques- .,.race a cette fermeté que le Nord a fini par trouver les manlJ.uait.
A deux heures précises, S. Exc. le maréchal gouverunes n'étaient qu'une série d'atteintes et presquc de dé- hommes qui ont su porter si haut la gloire militaire,
saos
compromettre
la
démocratie
américaine.
'
neur
Mac-Mahon, duc de Magenta, accompagné de
mentis a des stipulations diploruatiques signées récem··
Ce
qui
se
passe
en
Amérique
est
une
réíutation
des
M.
le
sous-gouverneur
Desvaux et d'un nombreux éLaLment par le gouvernement l'rau~ais et a la politi~ue
meme qu'il suivait a Rome, le nuuveau ruyaume 1tahen idées de M. de Tocqueville, lef{uel prétendait que les major, arrivait a la tribune réservée~ au milieud'acclaa.vait un pui$sant intérét a voir se régulariser un pareil grandes démocraties, comme celle des Ét.ats-Unis, étaient mations chaleureuses. Son Excellence a été re~ue, asoo
etat de choses; sur ce poiot encore, le traité n'est pas incapables de s'imposer des sacrifices pour une guerre, arrivée, par les membres de la corumission hippique,
moius satisfaisant; tout ce que l'ltalie possede en ~e pour un príncipe ou pour une idée, cumme les aristo- présidée par M. J. de Vassoigne, colonel dd t" régimen!
1Dument est bien a elle, le traité le lui garantit. C' est craties. Sur ce point, comme sur plusicurs autres, son ju- d'artillerie. Déja MM. les généraux commandant la diYicomme une seconde reconnaissance de la monarchie gement, si sagace d'ordinaire, s'est égaré sur des appa- siou et la subdivision, ceux commandant l'artillerie et
rences. Plutót que de s'ecarter d'un pouce du pact_e fonda- le génie, M. l'amiral et MM. les fonctionnaires de tous
italienne.
L'ltalie voit trop bien les choses, elle a un sentiment mental de i 787, libremenl accepté par les treize Etats, les corps civils et militaires, occupaient la tr1bune. On y retrup Juste de la s1tuation, pour ne pas se rendre compte Américains du Nord ont ex posé leur vie et leur prospérité marquah aussi un grand nombre de dames vetues des
de l'eteutlue dupas qu'clle vientde faire, et pour ne pas sans ex.emple pour le ruaintien de la constitution et l'aboli- plus fratches tuilettes d'automne.
De chaque coté de la tribune officielle se trouvaient
savoir s'en content~r. Que l'ltahe, daos cette nouvelle tion de l'esclavage. Réussiront-ils a atteindre ce double
but?
Nous
le
croyons.
Les
journaux
du
Sud
n'ont
plus,
placées
les tribunes publiques; elles étaient peu garnies.
crise ecoute done les couseils de ses amis; d'ici il&amp; voient
A deux heures et quelques minutes, le défilé des el&amp;·
peut~e1.re mieux les choses qu'elle-meme: l'Halie n'a comme l'année derniere, le ton triomphant. &lt;&lt; La prise
plus uesoin de ha.ter le pas en marchant _sur Rome; d'Atlanta dit le Co1irrier de Richemond, avait déja ré- Jons a commencé; c'était certainement la partie la plus
découragemeot parmi nous, et l'échec qu.e serieu&amp;e et la plus remarquable de la fete, car oa nous
Rowe s'a.vance en ce moment vers elle et hu epargne la pandu
nous venons d'éprouver (celui d'Early) n'est pas fait a fait voir des étalons de la plus helle race et de la plus
wo1lié du chemin.
Des bruits d'abdicalion du roi Victor-Emmanuel ont pour le diminuer. &gt;&gt; Ailleurs, le meme jour~al ~-énonce grande ueauté. M. le général Morris, commandanl lar&amp;
· circule daos presque tous les journaux europ~ens, et les Géorgiens, qui songent a rentrer daos l Umon, ou- monte, présidait cette exhibition, qui a produit peu _d'ef.
pourtant rien ne serait moins vrai que ce desir du roi hliant que ce sont eux qui ont entratné la Virgine ~u fet sur la plus grande panie des spectateurs; cec1, da
d'ltalie de déposer la cou.ronne. Si Victor-Ecnmanuel a combat. Ainsi done, les iléfections s'annoncent. Les V1r- reste, ne doit point surprendre, attendu qu'il faut plus
éprouvé quelques heures de fatigue, comme to~s. le_s giniens, de leur coté, feraient bien de ne pas oubli~r d'une qualité hippique pour pouvoir éprouver quelque
.
hommes sur qui pese une immcnse responsab1hte, 11 que Washington est né au lllilieu d'eux_, et que le vene- plaisir a regarder 110 beau cheval.
rable
vétéran
de
l'indépendance
d1sa1t,
dans
sa
lettre
A
deux
heures
et
demie,
la
cloche
a
sonne
pour la
paratt plus ardent que jamais, en ce moment, pour med'adieux
:
&lt;&lt; Si nous continuons a former une seule nacourse
de
cAVALIERS
INDIGtNES;
deux
chevaux
étaient
ennoc a bonne fur la grande reuvre de l'unite italienne.
tion
nous
n'aurons
,bientót
plus
ríen
a
craindre
de
pergagés.
•
Rien dans les circonstances présentes, ne motiverait
'
.
.
Zina, a Said ben Lounie, a gagné le prix de 200 fr.,
une abdication. Les actes de cette gravité sont la res- sonne. » lis devraient surtout _se souvemr, eux, qm se
sont
faits
éleveurs
des
negres,
que
Washington
avait
battant
Dr1fftJ. (3,000 metres en 4 minutes i7 secondes).
source supreme des dynasties, ressource quclqu~fois faindiqué
l'abolition
de
l'esclavage
comme
un
des
devoirs
PRJ:x:
DE
1.A VILLE n'ALGE11. (Européens). Pour poulda
tale et quelquefois heureuse, comme le delllontre
imposes
a
la
jeune
république
qu'1l
venait
de
fonder,
en
et
pouliches
de 4 ans, t,500 J,etres; i ,000 fr. et l'entrée,
l'exemple de Victor-Emmanuel lm-méme, appelé au
..
Trois chevaux étaient cngagés : .Etincelte, a M. Marc
tróoe par l'abdication de Charles-Albert, son jlere. Ma1s léguaot, par testament, la liberté a ses esclave8.
Une tlépeche télégraphique de Vienne annonce pos1t1- Bellard est arrivee ¡irermere, en 2 minutes 3 secoodt:S,
c'est préciséruent parce que l'abdication est uue r~svement
que dans laséancc du i7 octobre, la conféreuce en dist~n~ant 41.'une dcmi-téte Que,~adrw, q~i ~urad
source supreme, qu'on n'en use pa~ ~aus ra1son , io~L
de
Vienne
'a.urait adopté le traité de paix entre le Dane- probablement gagné, si le jockey qui le monta1t n avatl
«rave. Or, aucune de ces ra1sons n e1'1ste auJourd hm.
0
mark
et
les
deux puissances allemandes, tel 'qu'il a été pas manqué son départ.
Suivant les juurnaux autrichiens, l'áttitude de l'Aurédigé
par
un
de ses membres, M. le baron _de Bre~ner.
Prux DE L'füdPEREUll (course mixte), pour chevaux _el
tricbe en presence de la convention du i5 septembre ne
Un
journal
du
soir
a
parlé-d'une
convent1on
~Ul
~uj
uments
de ti ans et au-dessus, i ,400 fr. et les entreel
tart.lera ¡,as á revetir un caraclere clair. Sans s'ecarter
rait
été
signée,
le
23
juillet
&lt;lernier,
entre
les
tro1s
pmsues príncipes qui out d,rigé jus4u'a prés~nt la puht1qu~
(3,000 metres).
Trois chevaux out couru cette course : Me11brouk, 111
du cabinct de Vienne, da.ns toutes les affa1res relat1ves a sances du Nord, et qui contiendrait une clause aux terl'ltalie, le gouvernement autricl11cn aw·ait ¡,ris, para1t-il, mes de taquelle la Prusse ·garantirait a l'Autriche la pos- ca1dAdda ben Foudad, est arrivée premiere en 4 oun~
des uec1siuns qui cont1·iliuera1ent a donner pour long- session de ses provinces non allemandes. La Gazette de 8 secondes, uattant Vapeur, a M. Brossette, et Ctlt
.
temps a cctte affaire un aspect plua calme et plus ras- l'Allemagne du Noo-d, organe semi-officiel du c_abinet Heures, a M. Bellard.
prussien, donne un démenti positif a cette asserllon du
Le gagnant est un cheval arabe, bai lirun, d'une ~
surant.
robuste constitution ; il est a.ge de lO ans, et, depoll
Le cabinct de Vienne sera1t done a la veille d'inau- journal [rao~ais.
.
.
.
.
La Gaz.ette officielle de Madrid pubhe une cmula1re l'age de 3 ans, il a gagné 4 prix a Oran et_6 prix aAlger,
guret' une politique de prévenances envers le g?uverne_~
Prux DU MARÉCIU.L GOUVEllNEUR (course m1xte), i,000 rr.,
ment frau~ais, en ce sens que, sa~s r~no~cer ª. sa pol~- adressée par M. le ministre de l'intérie_ur, M. Gonza~es
Bravo
aux.
pré[ets,
pour
leur
tracer
la
hgne
de
condmte
pour poulains et pouliches de 4 ans (i,500 me~es).
tiq ue pass1ve dans les affaires de_ l Itahe, ü se dec1de_ra1t
Sii: chevaux. étaient engagés au départ, trolS seolea luí impriruer un caractere de b1enve11lante abstent1on. qu'ils'auront a suivre daus les prochainee_ élections de_s
députés.
&lt;&lt; A d'autres époques et dans plus1eu'.s pays, d1t
ment
se sont présentés. Mystere, a l'!L Péret Trémol, el&amp;
lndépendamment de la résolution prise par_ le goute
ministre
a
ses
agems,
to
u
tes
les
entrepr1ses
contre
arrivé
premier en 1 minute 59 secondes.
vernement autrichien de ne pas faire op¡,os1t100 a la
Le
i,rux
nu coNsEIL MUNTCIPAL (Européens), 2,000 Ir., a
te
libre
el.ercice
du
Jroit
électoral
ont
été
malheureuses.
conventivn du i5 septemlire, l'ambassadeur d'Autr1che
N'imitez
pas
ces
déploraules
exemples.
&gt;&gt; Voila une cirété
gagné
par Fusée, a M. Mare Bellard, qui a parcourtl
pres la cour de Rome travaillera activeruent a éclairer
culaire
qui
est
nouvelle
par
le
fond,
et
que
nous
vou~
3
000
metres
en 4 minutes 20 secondes.
le sarnt-siége pour qu'il ne se livre pasa de trop grandes
'La
cou¡¡sE
DES
CAIDS (3,000 metres), 400 fr. et les ea•
drions
bien
voir
mise
en
pratique
dans
tous
les
pays
ou
illusions sur la miss1on ne l'Autriche.
l'on
se
pique
de
constitut1onnalité.
M.
_Gonzale~
Br~vo
trées
a
été
"ª"née
par Menbrouck, qui a parcouru r,ellld
Le Journal la t'resse de Vienne nous apprend en
0 0
'
·
23 secon ,.._
rueme temps ce dont nous nous doutions uien un ¡,eu, atteste, par cette circulaire, son 1~tent1on de r~p_ud1er distance pour la seconde fois, en 4 mrnutes
Le PR~ DE LA PI\OVINCE (Européens), t,000 fr .. e_tle&amp;d"
que ~¡ l'Aut;iche réduit son armement, c'e.st qu'elle Y les pratiques et les traditions arbitra1r~s des adm1mstraest contrainte par l'etat de ses finances. Ce memeJournal tions précédentes. Que le nouveau cabmet espagnol per- trées, distance 2,300 metres, avait d'abord e~
pa; Fusée, battant Vapeur et Sans-Virryoyne, m~15 a:,,.
adjurc les autres puissances européennes de se cuncerter siste da.ns cette voie liliérale !
EDMOND TEX.I.ER.
part, le jockey muntant le ga~na~t. aya~tc~u~e la •
pac1fiquement, de se mettre d'accor~ sur les ~~ebtwn~
a Sans-Veryogue, le prix ava1t ete adJuge a Votpttl
pendaules, atin de rétablir la situat1on financiere, qw

1:

gas:

n'est satis[aisante chez aucune d'elles.

eornrne l'une et l'autre ont parcouru la distaoce en
3 minutes 20 secondes, la course a enfin été remise au
mercredi suivant.
La partie du programme qui a été la plus émouvaote
est, saos contredit, ce11e d·e la couttsE DES rurns, par
MM. les sous-officiers de cavalerie et un brigadier du
trllÍD_..

Huit coureurs sont partis a food de train, pleins d'espoir et de vigueur, mais a moitié chemin, cinq étaient
en arriere; trois seulement de ces messieurs som arrivés a destination.
Lti premier prix, 500 fr., aété gagné par M. Gaillard,
maréchal-des-logis aux. chasseurs d'Afrique, montant
Batave; et le deuxieme prix, un magnifique [usil dou••
ble, offert par M. le gouverneur général, par le brigadier Tournier.
A 4 heures et demie, tout était terminé, et chacun regagoait Alger conservant l'espoir d'une fete plus brillante pour l'année prochaine.
Agréez, etc.
A. RAVEAU.

____

~~---,,__

COUBBIEB DE '10"A.GE.

Arles mort et Arles vivant. - Les Arlésiennes. - Les taureaux. - L'abbaye de Montroajnur. - Une sociélé. - Trop
de géolo¡(Ues. - "Cience et théologie. - L'omoibus ne
Vence-Cagnes aNice. - Conqué(es des A11gldis en France.
- Le nouveau Nice. - Le Cuele des ALpe.,· tnui·itime•··
- Attente. - M11• Benedetlina Grosso : le lever d'une
étosle.
Arles est habité : jusqu'ici, j'en doutais presque. J'avais consciencieusement visité la vieille ville roruaine,
j'avais vu son théatre, une des ruines les plus élégantes
de la France·, ses arenes grandioses, que le temps, les
barbares et la guerre sembleut avoir pris soin de dévaster tout expres pour les plaisirs des pcintres et des poetes, sa fa~ade et son cloitre de Saint-Trophyme, deux
· O.eurs exquises de l'art roman et de l'art gothique, et ce
cimetiere des Alyscamps, avec ses tombeaux gallo-r_omains,
vraies hótelleries de la mort, d'ou les dépouilles des
chrétiens exilerent les cendres paiennes, et qui sont vides aujourd'hui, vides P?ur toujours; je m'étais promené dans ses rues pleines des débris de tous les siecles, et j'avais trouvé partout la solitude, le silence, l'immobilité, comme si le bruit, le mouvement, la vie, craigoaient de troubler tant de souvenirs, et de déranger
l'harmonie et la majesté du passé.
.
Pourtant j'avais bien aperc;u quclques boutiques, mais
de marchands, point; sur l'enseigne d'un épicier, j'avais
In ce nom: Polynice, mais je n'avais point vu Polynice, et je me figurais que c'était l'épitaµhe de quelque
Grec venu a Arles an temps d'Adrien ou de Marc-Aurele,
pour y veodre du miel et des raisins de Corinthe.
Je ne savais pas mauvais gré a Arles de faire aiosi la
morte pour mieux laisser les ~ll'angers en tete a tete
avec l'antiquité; je ne suis pas faché non plus qu'elle
res.suscite une fois par semaine : j'ai vu les Arlésiennes.
Sont-elles toutes belles? Non, vraiment, ce serait trop
dire; mais la plupart sont charmantes : un type qui est
bien a elles, une finesse de traits, une souplesse et une
•richesse de taille, et une grace noble dans la démarche
que des duchesses leur envieraient. Regardez-les,
admirez-les, elles ne vous en voudront pas, et daos
leurs yeUl'., qu'ellés arreteront franchement sur vous, il
n'y aura pas la moindre surprise; et le regard de ces
beaux yeUl'. vous dira tres-clairemeut: u Vous me trouvez
agréable a voir; je sais que je le sui3; vous me rendez
hommage, vous ne faites que ce que vous devez. ,1
On avait aononcé pour ce jour-la une course de tauraux daos les Arenes; mais une course toute nationale,
9Uls picadores , sans banderilleros, sans espada, une
COU18e oti le taureau ne court aucun danger; pour les
-.Oes, c'est autre chose. Le dimanche précédent, un
PlaYre diable avait été encorné, et quelques jours apres
il était mort.
La íoule se pressait contre les grilles de l'amphith~, qui n'étaient point encore ouvertes : il s'agisl&amp;lt de voir les taureaux entrer par une porte et dispa~ ' poussés par deUl'. cavaliers, sous l:t volite béante,
lautre extrémité du cirque, ou se trouvait la prison
dans taquelle ils devaient etre enfermésjusqu'a l'heure
du lpectacle.
Da ll'l'lverent : c'étaient six taureaux noirs de la Cale~ plus jolis qu'on puisse imabriner; ils traverd' 1 l ~~e; les deux cavaliers, dont l'un était armé
11D pet1L tr1dent, galopaient derriere em. et les empé-

:!°e',

chaient de s'écarter; ils s'engoufirerent de la meilleure
grace du monde daos l'ombre, et la foule [ut enchantée.
Je n'avais pas vu l'abbaye de Montmajour; une corne
de taureau n"était plus une nouveauté pour moi; je partís pour l'abbaye, qui u'est guere qu'a une lieue d'Arles.
A Montmajour, un bonhomme de concierge me montra, tout en fumant sa pipe, une église et un cloltre romans ruinés, une crypte entourée de cinq cbapelles, un
couvent du dix-septieme siecle tout démaotelé, uue
tour du moyen a.ge d'u.ne hardiesse et d'une · élégance
merveilleuses, a laquelle il ne manque pas une pierre,
et qui se dresse dans le ciel, en face des monticules oti
fut le camp des Maures, aussi fiere ffU'il y a cinq ou six
cents ans; une chapelle, élevée en l'honneur de Charles
Martel, environnée de tous cótés de tombes creusées a
fleur de sol, une petite ég'lise soutt:rraine, qui date du
temps de Childebert. Une grotte est au f0,1d de cette cha-pelle; c'était la demeure de saint Trophyme, le premier
é~eque d'Arles. Assis dabs un fa11t1,uil de p1erre, il y
confessait les pénitents agenouillés de~riere une paroi
de rochers, percée d'un troq par lequel ;;l voix repentante arrivait jusqu'a lui.
Dans un endroit otila g1·otte forme un défilé sumbre,
on vost, a dix pieds du sol, une e1'cavatson, qui est
comme uue secondc petité grottc au deuxicme étage. En
cati de visite inquietante, Trophyme s·y cacbait, et si les
visiteurs y mettaient quelque bonne volonte, il échappait a leurs regards: le métier de saint était, en ce tempsla, moins commode qu'a présent.
Je n'étais pas seul a Moutrnajotu·, et ce fut une lionne
fortune que je ne saurais trop bémr : j'y reucontrai une
société : uue mere, sa filie, un jeune hornme et un petit gar~on. La société visita l'abliaye avec moi.
Seul, j'aurais oublié que mua guide avait une figure
un peu trop jovial e pour la majesté et Id. tr1stesse du lieu,
je ne me serais point aper~u des petites plaisanteries
dunt il assaisonnait ses eiploratioos, - l'habitude des
cicerones permet de ne les pas voir et dé ne les pas entendre quand la fanlaisie vous en prend; - les fantómes qui haoteni les débris et lts pensers qui oichent
daos les vieux murs, n'auraient pas manqué d'envahir
mon imaginatiou; j'aurais eu des visioosusées de mowes,
de chevaliers, de soldats francs a barbe rousse et de gt1erriers sarrasins a barbe noire; j'aurais bu une fois de plus
la coupe éventée des souvenirs, l'espr1t des ruines m'aurait dit toutes les banalités qu'il m'a dites mille fois; la
mélancolie béte du passé se serait mise a faire des sienne&amp; et a me remplir la tete de ses ennuyeuses vapeurs,
et, qui sait, peut-etre le lendemain aurais- je noirci une
belle feuille de papier blanc sur un ponci[ de Volney.
Grace a roa société, il n·eu a rien été.
Nous visitions la crypte :
- Aux grandes fetes, nous disait notre garde, l'ablié
orficiait au maitre-autel, en meme temps que dans chacune des chapelles quis'ouvrent sur le chreur, un µretre
disait la messe.
- Eh bien ! il y a longte.mps 4ue prétr~s et abl.Jés
n'ont plus mal aul dents, fais:üt sp1rituelleme11t remarquer lajeune personne.
Daos un souterrain otiles momes, coupable6 de quelque faute ou de quelque infraction a la regle, étaient
emprisonoés, quelques freres ont inscrit leur nom sur
les murailles. On lit en plusieurs endroits celui' de Guillaume Piolenc, avec la date de i 627.
- Et Lamberl, n'a-t-il pas gravé son nomsur le mur?
demandait la jeune personne.
Vous comprenez qu'en si aimable cumpagnie, il n'y
avait pas moyen de se laisser alter a des révasseries poétiques.
Ce soir-la, je couchais a M.arseille, et le lendemam matin je partais pour Nice, sans m'etre donné la peine d'aller voir si les maisons neuves s'élevaient dans la rue
Impériale, si les vieilles maisons tombaient dans les vieux
quartiers, si les hótels monstres coniinuaient a pousser
comme des champignons apres la pluie, bien certain que
les ma~ons, les architectes et les entrepreneurs n'étaient
pas gens a perdre leur temps.
La gare de Marseille est pleine d'honnétes gens portant
en bandouliere des sacs de toutes formes. Ce sout les
membres d'un congres géologique, qui s'en vont casser
des pierres quelque part sur la route de füce; il y a des
jeunes gens et des vieiUards, de graves habits noirs et
des jaquettes de fantaisie; c'est plaisir de voir tant de
savants de tout a.ge et de tout costume réunis.
A Touloo, ce spectacle nous parait moms touchant.

Nous nous apercevons que l'amour de la science peut
avoir cies inconvénients pour les pauvres ig11oraots qni
ont faim. Le buffet n'a pas compté sur taotde géologues;
or, les géologues mangeant comme les simples mortels,
voila le déjeuner des simples mortels terriblemeut
réduit.
Nous restons s11r notre appétit et tacho ns de nous consoler, en songeant qu'il estbeau de souffrir pour l'avancement de la géologie.
Chemin faisant, nous prenons aux statioos un nombre
prodigieux de soutanes, qui s'eo vont assister aux conférences que préside Mgr de Fréjus.
Au sifflement de la vapeur et au bruit des rones sur
les rails se melent la récitatiou d•J ·bréviaire et des diticussions profondes sur la formatiou des couches terrestres.
La science et la théulog1c voyageant daus le mcme
train ! 11 est impossible que nous n'arrivions pasa bon
port.
En effet, nous voici sains et saufs dans la gare de
Vence-Cagues. Les wagons nous versent daos les omnibus de Nice. J'ai pow· compagnon de route six Anglaises
d'ages divers, mais de laideur a peu pres ¡iareille; un
Anglais, une Fran~aise, deui Fran~ais, dont l'un'res- .
semble a un Auglais a s'y méprendre, et un perroquet
gris taciturne : ce perroqueL a l'air tl'Up spleenétique pour
n'etre pas ne daos une colooie ang'laise. Ilurrah ¡iour la
vieille Angleterre ! Elle a perdu la Guieuue, mais elle
est en train de conquér1r le Var et les Alpes-Maritimes.
C'est pour elle que fleurissent nos oraugers et nos citronniers, que nos palmiers étalent leurs verts parasols,
pour elle que resplend1t notre soleil meridional, pour
elle que les flots de notre bleue Méditel'I'anee chautcut
leura plus douces melod,es eu deferlant mollemeut sur
les plus beaux de nos rivages.
Nice, dont M. le capitaine Carpeñtier et M. Hallo,
avocat et vaillant soldat de la pressc libérale, un vieil
ami et un ami d'hier, m'ont fait les honneurs avec une
boune grace charma.nte, l\1ce n'est pas resté 01s!r de-¡mis l'année derniere : il vient d'achever so'n chemin de
fer, qu'il inaugurera demaio, et dont la gare sera la
plus magnifiquequ'oo ait construiteen province; ila uuvert un nouveau boulevard, large cornrue le lioule,ard
Sébastopol, il a agrandi son jardín public aux dé.peus du
Paillon, ..¡ui tachera de se contenter du lit qu'on lui a
laissé; il a planté sur sou quai de droite des pa1miers.
- Pourquoi des palwiers? demandais-je, sans dc,ute, le
palm1er est un arbrll elégaut, mais l'ombrage en est
pauvre, et des acacias uu des platanes donneraient plus
de fraicheur et plus d'abri.
- Des acacias el des platanes, m'a-t-ou répoudu, mais
cela se voit vartout; des palmiers, c'est autre chose, et
il est bon qu'aux yem des étrangers l\ice prenne des
airs un peu afr1cains.
Soyez sur que M. Conte-Grandchamps, l'ingéuieur en
chef du département, un homme de icooceplion et d'act10n, prépare pour l'íice bien d'autres magnificences eucore.
Cependant il faut, dans une belle ville, passer agreablement ses loisirs : Nice a dem théalres, Ún théa1re
italien et un théatre frao~ais, et les cercles ne 11:1 i manquent pas. Le Cercle des AlJJes-1\faritimes, dout 'M. Hallo
est le vice-président, n'a guere qu'uu an, mais il cst
plein de vie déja et d'activité. Sa physiouomie, ses hal.Jitudes, ses allures sont toutes frangaises, mais son patriotisme n'a rien d'étroit; il appelle a luí les étrangcrs,
il leur fait le meilleur accueil, et, mérue a ceux qui
n'ont que quelques semaines ou quelques ruois a passer a
Nice, il offre lll. plus courtoise hospitalité et l'altrait de
ses fétes.
Au moment ou M. Tempel appreJ_lait au monde ~avant qu'il avait découvert, le 30 septembre, la 81•
planete du groupe entre Mars et Jupiter, je voyais, moi,
en iort aunable compagnie, se lever une étoile au Théatre-ltalien de füce.
On jouait la Sonnambula : le début de :M.11• Benedettina Grosso, da.ns le róle d'Amina, était annonce.
La chanteuse, une toute jeune personue, entra en
scene; ses preruieres notes gagnerent le public : une
voix. de vingt ans, jeune, pleine, sonore, facilE., est
chose si belle et si rare ! ll se trouva que cette voi1 c' ...u-mante était accompagnée d'une méthode eicellent et
du sentiment le plus délicat. Ala fin de son aiJ.• la d, t,utaote éta1t acclamée.
Apres le secoud acte, on la rappelait deux fois; a.1res
le troisieme, ce n'était plus M11• Grosso, mais c'tlait

�L' lLLUSTRATI ON, JOURN AL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

--

-

descendre et d'aller voir
un peo ce qui se pass~.

. : : : : : : : - - .... ~____!,__.._~

· La-~usique, c'est tout
simplement un régiment qui traverse la
,ille; quant aux drapeaui, ils alten?ent~'arrivée de S. M. I Imperatrice de nussie, qui sera
ici vendredi prochain.
vous voyez qu'on ne
veut pas etre pris aq
dépourvn.
Nice s'apprele a recevoir dignement les augustes hóles qui luí sonl
promis. La population
ouvre d'avance de

VIADUC D'ORMAIZTRGUI.

TUNNRL D'OSINA.

FONfARABIF.

la représentation a. un de
mes compagnons de voyage.
Six mois plus tard, le
Théatre-Italien se chargeait
d'accomplir ma prédiction,
J'ai bien envie d'etre prophete encore une fois, au
risque d'encourir les malé•
dictions des dilettantes de
Nice.
Au moment ou j'écris,
des drapeaux et des oritlam·
mes fl.ottent a la brise ma•
rine; sous rna fenétre, des
bruitq de tamhours et une
marche militaire me donneol
une ·. envíe irrésistible I de

la Grosso; si l'opéra avait
eu quatre actes, elle aurait été portée en triomphe.
C'est la seconde fois qu'il
m'arrive, en voyage, une
bonne fortuue de ce genre.
En ! 858, j" entrais, saos grandes espérances, au théatre
·de San-Gallo, a Venise, et
j'entenclais daos Norma les
&lt;leux sreurs Marchisio, alors
tout a fait inconnues en
France.
- Voila deux personnes
que nous vcrrons a Paris
avan~ un· an, dis-je [aprcs

VITTORIA.
SAINT-SFBASTIRN,

'i"

1

grands yeux pour con•
templer tant &lt;le maJestés ; le rouleau aplanil
les nouvelles promenad~s, une diva se révele
tout a point, les hótels
rafraichissent leurs tentures, déploient toutes
les magnificences de
leurs mobiliers, et j'ai
quelque raison de eroi-·
re, élcvent déja lcurs
prix a la hauteur de la
circonstance.
11 n'y a que !P. Paillon,
toujours philosophe, qtd
ne se donne pas la
moindre peine pour
faire la cour aux puis-

�U2

L'ILLUSTRATION, .IOURNAL UNIVERSEL.

hois qui s'élevent, s'abaissent el s'éparpillent a tous les porter la moindre pression a l'époque des pluies et de la
coins d!l l'horizon. Les lignes d'azur se prolong,ent rle- fonte des neiges. So11s tous les remblais et au voi~inage
puis le Jasquibelet le mont Saint-\1artial jusqu'a la mer. de toutes les tranchées, il a fallu exéculer des travaux
Behob,v, UruRne, Renda_ve, se dressent sur leurs colli- d'assainissement. Il a fallu ramasser, détourner et faire
nes : Fontarabie, la cité espagnole, an milieu de ses écouler les eaux, qui, s'infiltrant dans la rnasse du ter.
P.-S. - Dans un de mes derniers courriers, décrivant
remparls en ruine, éleve sa forteresse sur le cotean qui rain, auraient nécessairement a.mené des glissements et
deux fenetres de la Renaissance devant lesquelles je
domine la mer. Vous avez traversé cette petite riviere, des éhoulements; adopter un systeme de pente~, de
je m'étais extasié a Narbonne, je lonais les rariatiries
moitié fran~~, moitié espagnole, qui rappelle de bien tranchées a ciel ouvert, de galeries souterraines eucu.
qui les décorent : ces cariaticles se sonttransformées, a
grands souvenirs : la Bidassoa. L'ile des Faisans, la trées dans le rocher et bloquées en pierres seches. Force
l'impression, en earirafures : je tiens trop a ce que les
limitP des deux États, qu'ont rendue si célebre les ronfé- a été de créer un sable factice dans ce~ montagnes ou fe
-Narhonnais ne me considerent pas comme un Tartare
rcnces diplomatiques de Louis XI avec le roi de Castdle, sable n'existe pas; de construire des fours aupres de
pour ne point protester contre cette coquille.
X. F.
de Mazarin avec le ministre de Philippe IV, Louis de chaque chantier; de prendre de l'argile, de la faire cuire,
Haro, l'entrevne du r0i Louis XIV avec le roi d'Espagne, et de broyer a la mécanique un sable dont la fabrication
est au milieu de la Bida~soa. Les eaux la rongent chaque n'a pas employé moins de !2 m11lions de kilogrammes
de houille : c'est a J'aide de ce sable de nouvelle espece
jour: elle a presque entil&gt;rement disparo.
que toutes les ma~onneries et les ouvrages d'art ont élé
A
gauche
et
a
droite
se
montrent,
sur
les
pentes
des
u: rITEMIN DE FER DAN$ LES PYRÉNÉF.S.
colliues ou au fond des vallées, les villas au badigeon exécutés.
Voila, certes, un travail des plus gigantesques et dontil
Le chemin de fer n'avait pas mis encore Paris en éclatant, aux pignons et aux colombages du moyen Ag,e,
nous
faut faire honneur a!'importante compagnie qui l'a
communication directe avec Madrid, lorsqne nous par- Olt aux larges balcons et aux toitures ne chalets suisses.
entrepris,
a la maison Gouin, qui, se chargeant de cette
times pour l'Espagne, dans les derniers jours de juillet Vous voici a Renteria, placée sur son cours d'eau, non
immense
entreprise,
remplissait fidelement ses engagedernier. Un des ingénieurs de la compagnie voulut bien loin de l'Océan, bourg a !'industrie active, q11i vit la prements,
et
livrait
a
la
cornpagnie des chemins de fer do
nous servir de g,uine au milien de ces Pyrf\nées qui al- miere fonderie établie en E~pagne. Renleria dresse aunord
de
l'Espagne
cette
magmfique voie des Pyrénées,
laicnt hientñt s'ouvrir au public. Pendant que la loco- dessus des prairies ses murailles noires et rougeatres,
dix-huit
mois
apres
avoir
commencé cettP. reuvre comotive qui nous emportait volait bruissante, assourdis- ses maisons aux halcons brisés, aux fa~ades peréées de
lossale.
H. LAvo1x.
sante sons les souterrains, se suspendait anx ffancs des vastes ouvertures. Deux villes jumelles, Los Pasagos,
contreforts, s'enfon~ait de tunnels en tunnels et reparais- se mirent plus loin dans les eau,: de leur lac tomsait nans les tranchées, pendant qn'elle opérait, sacca- mun. Deux promontoires, en rapprochant leurs poindes pa1· sacra.des, convulsions par convulsions, son as- tes, ensetrent ce va.~te port etne laissent a lamer qu'un
ccnsion tlans la montagne, et qu'elle tonrbillonnait au- étroit p~ssage. L'Océan a ouvert dans une des ramifiC&amp;l!Jt,llRIIE lll&gt;lllb\111&amp;VDQUL
dessg,s des vallées ele l'Oria et &lt;le l'Urola, franchissant cations cette bouche géante. Vous voici a Saint-Sébasles rlix licues qui nous séparaient de Béasain a Oloza- tien.
Voici enfin une nouvelle piece de M. Victorien Sardoo;
Sur les ruines faites, au mois d'aoül 18i 3, par les bom- si je dis enfin, c'est ponr faire comme toul le monde,
. go"illi:., nous nous demandions quels rnoyens, quelles
forces humaines avaient frayé une voie a ce Titan de fe1J, bes anglaises, Saint-Sebastien a relevé ses murs : car plus un écrivaín produit et pl11s le monde parisíen
a ce Lev1athan qui nous entrainait sur ses a1les. Com- notez que l'Angleterre était alors unie a l'Espagne, que exige de lui de fécondité, et vice versa. ll me souvient
hien ,rannées avait-il fallu pour rénuire un tel obstacle? son alliée l'appelait a délivrer Saint-Sébastien, et qu'une que, jadis, lorsque feu Alfred de Vigny, apres un silence
Combien d'hommes 9 Oix-huit mois, nous répondit-nn, et fois la ville arrachée au pouvoir de l'armée fran~aise, de cinq ou six ans, sortait, un petit livre a la main, de
une armée de travailleurs de 12,000 hommes. Une colo- · elle la saccagea et la ruina de fond eu comble. Pour- sa fameuse tour d'ivoire : -Oh! oh! s'écriait-on, l'auteor
nie rl'ouvriers venue de partout, c1ui avait recruté ses quoi? Le commerce de Saint-Sébastien, sa prospérité d'Éloa prend le mords anx dents. - Au contraire, l'au• .
mineurs en Piérnont, ses charpentiers et ~es ma~ous en maritime inspiraient une jalousie profonde a l'Angleterre teur d'Eugénie (h-andet restait-il trois mois saos publier
Francc, ses terrassiers da.ns l'Aragon et les Castilles. et a son alliée. - N'attentlez done pa.s d'une vi lle recons- un roman ou une nouvelle ; - Eh bien! disait le prcCet effectif fornndable comptait 3,000 mineurs, i,000 lruite depuis cinquante :rns uu caractere bien pittores- mier venu, c'est done fini, Balzac ne fait plus rien~ ma~ons, 5,000 terrassiers, 600 liouviers ou charretiers, que. Ses maisons sont baties sur un modele uniforme, Quant a Alexandre Dumas, paraissait-il de lu1, en livre
1,ouu carriers et tailleurs de pierres, 400 forgerons et ses rues d'nne largeur invariable : ríen de curieux; et, ou en feuilleton, moins de trois romans a la fois,
ouvriers en mrtaux.
n'étaientces deux collines, surmontées, !'une, rl'une forte- on assurait de tous les cotés qu'il était entré a la
Pour fournir au,: besoins de cette cité laborieuse, il resse et l'au·tre d'une tour tclégraphique, a peine auriez- Trappe.
avail íallu fonder des magasins de vivres, apporter sur vous pris garde a cette ville toute moderne, assise au
Bien qu'aujourd'hui on s'occupe moins qu'en ce tempsla cote des approvisionnements, jeter dei villages sur la bord de la mer.
la des écrivains, il en est encore quelques-uns auxquels
montagne, improviser des etablissements de Louie
En quittant Saint-Sébastien, la voie ferrée abandonne l'impatient publie semble se faire un jeu d'interdire le
nature. Un tel service, joint a cehll des travaux, avait le littoral et se jette daos l'intérieur du territoire par la recueillement, tandis qu'il le pardonne et l'impose meme
necessite l'achat de 600 mules, tout équipées, venues vallée de l'Oria. Les montagnes se groupent et se rap- a tel ou tel de ses favoris les plus dééclarés : qu'un frere
rle Ca~tille, servant pour les transporls de route entre proch.enl, leurs pies se pressent, les lig-nes blanchatres ou une sreur, par exernplP, arrive daos dix ans i
le port de Saint-Sébastien, q1Jí rccevait de Franco et des torrents deviennent plus nombreuses; les pentes se Mm• Bovary et a ~1 11• Salammbó, et tout le monde dira:
d'Angleterre le hois, la houille et le matériel, et se pro- dressent plus ardues; les hautr.urs ne sont plus couron- - Déja? - Mais qu'un pendant soit donné, daos troil
curer daos le pays et aux alentours 500 paires de breuls n~es de villas ou de bourgs, les villages s'étendent dans mois, a la charmante Madeltm de M. About, et il n'y
occu¡,es aux transports daos les chemins de la mon- le vallon : Hern&amp;ni, Andain, Villabona, Tolosa, avec aura qu'un cri : - En fin!
tag11e.
Au théatre, M. Victorien Sardou est de ceux auxquels
son pont délendu par une tour, ses promenades qui borVoulez--Yous la liste des principaux matériaux employés dent l'Araxa~, ont sucessivement disparu. On arrive a la fécond1té est imposée, une fécondité sans bornes.
a cet immense travail, le nombre des outils et des clia- Béasain; la commence l'ascension des Pyrénées.
Aussi, voila déja bien des semaines qu'on se deriots? 11 est curieux de les relever; ils feront l'etonnemaudait
partout : - Que fait done le charmant autenr
Vingt kilometres a vol d'oiseau séparent Béasain d'Oment et la joie de~ passioonés de statistique.
des
Ganar.hes?
Que devient l'ingénieux créateur des
lozagoitia. les deux points extremes de la traversée.
Mais la voie ferrée, soumise a des courbPs et a des Intimes?
12,000 tonnes de houille.
Et des voix émues répondaient : -- Chut! il travaille,
ponles, double cette distance; elle compte 44 kilometres.
12,000 metres cubes de bois venus de France.
il
cherche
il feuillette, il accouche.
Elle trace ses méandres en cherchant le développement
En erre{, l'auteur des Pattes de mouche travaillait ase
2,000 tonnes de fer pour les viaducs.
surfisant 'pour atteindre le point d'altitude voulue. La
t,0U0 tonnes de fer pour les outils.
locomotive gravit une pente ménagée de 15 millimetres mettre au diapason du théatre du Palais-Royal; l'auteor
20,000 pelles et pioches.
par metre. Pendant plus de trois lieues, elle suit, sur de la Perle noire cherchait le la du crin-crin de la Moo460,000 planches.
le flanc droit, la vallée de l'Oria, en traversant, a l'airle tansier; l'auteur de la Papillonne feuillela1t Charles de
3,000 brouettes.
de tnnneis, de remblais et de víaducs, les contreforts de Bernard; J'auteur de Garat accouchait des Pommes dll
300,000 kilogrammes de poudre de mine,
la chainc. De la vallée de l'Oria a la vallée supérieure voisin.
La nouvelle reuvre de M. Victorien Sardou est, dil-oo,
et 3,000 kilometres, c'est-a-dire 750 licues de meches de l'Urola, elle passe a Zumaraya par un souterrain de
imitée
d'un roman de l'auteur de Gerfaut; j'ai bien lo,
pour allumer les mines.
720 metres; de la, elle contouroe, pendant i i kilometres,
autrefois,
ce roman, mais je ne !'ai pas sous la main, et
sur des courbes de 300 metres de rayon, les vallées seil
m'est
trop
peu prflsent a !'esprit pour je le compar~ i
Mais aussi quelle reuvre gigantesque ! Nous ne savons condaires et les contreforts. Elle atteint au pied de la
la
nouvelle
piece
du Palais-Royal; il me suffit qu 88
rien de plus beau et de plus 1mposant que cette voie a montagne de Mutilou, et par •m tunnel de pres d'une
travers les Pyrénees, ríen de plus gracieux et de plus lieue, celui de Oazuna, elle rentre dan!i la vallée de cette derniere rien ue porte les marques d'une adapta•
pittoresque que le chemin qui conduil de Bayonne au l'Oria,qu'elle avait abandonnée a Béasain. Apartir de ce tion inopport~e, ou maladro1tement opérée; or, les
·
l' · anee
p,ed de la muntagne, au milieu de ce grac1eux pays point, elle vole sur le flanc gauche de la vallée de l'Oria, Pommes ttu voisin ont bien les proportions et a1s .
basque, cdtoyant l'Océan, traversaot ces monts tapísses jusqu'a la source de la petite riv1ere, et traversant, dans d'une reuvre spontanée, a cela pres de quelques prepade fongere, constellés de rochers blancs, et portaut sur un parcours de 7 kilometres, onze tunnels, elle atteint, a rations superflues dans le premier acle, et,·~a etL'ala,
leurs flanes de grands chenes rares et clail'!-emés.
Otzaurte, le point culminant de son asccnsion. Songez quelques Jourdeurs sentanl leur roman de µro~rnce. •
L'Océan se montre de distance en distance; vous en- que nous voici a G00 metres au-dess1Js du niveau de la gilité n'était pas la qualíté dominante de Cha_rles dt
Bernard • je l'ai connu, il n'avait que deux ma10s, 811
trevoyez Biarr1tz, le rendez-vous de la population élé- mer.
'
'assu1·e-&amp;ut
game du Mid1, Guethary, Saint-Jeau-dc-Luz. Les PyréQue de difficultés a surmonter ! D'abord l'absence des somme, tandi~ que d'autres en ont quatre,_m
on,
mais
aussi,
parfo1s,
cela
les
embrou1lle,
surto_
nées vous apparaissent dans le lointain, dominant les res,ources locales, et puis la nature meme de ce terrain
colimes en amphitbéatre groupées a leors pie is. C'est argileux, détrempé par les eaux qui s'écoulent de toutes quand 1ls s'amusent a jongler avec les pommes du vot·
une confusion de montagnes couvertes de vignes et de parts des sommets de la montagne, et impuissant a sup- sin.
san('l'S de la terre; iln'a pa~ mi~ d1ns son lit une goutte
d'ea11 de plus qn'a l'ordinaire.
X. FEYRNET.

263

L'ILLUSTRATJON, JOURNAL UNJVRRSEL.
Et cependant, je comprends a merveille que M. Victo·en 5ardou, chez qui l'imagination n'esl qu'une éton" ante virtnosité de mémoire, ait cherché et trouvé son
:ien chez le meilleur éleve de Balzac; il devait s'y sentir porté par unr. secrete affinité de race et rle fonction
Uttéraire, étant a peu pres a M. Scribe ce que Charles
de Bernard est a Balzac.
Le défaut capital, mais non pas irrémédiable, des
p,¡mmes du voisin, c'est que la piece ne commence propremenl qu'a11 deuxiemc acle. ~e premier est une longue
exposition que Geoffroy se11I amme un peu de sa verve;
)l. Scribe n'en cut fait qu'une sccne, et surtout il n'aurait
eu garde d'y étaler deux personnages aussi semblables
J'nn ¡ J'autre, aussi inutiles, et, par parenthese, aussi faux
que Je sont M"'"' de Valembréche et de Parte-bfahon. Ces
~ provinciales, comme les eüt appelées Moliere, ont
bien pu fleurir a Carpentras, du temps que ce dernier y
tronvait, en se faisant faire la barbe, le type provincial
du Bourgeois gentilhomme; mais la graine s'en est perdue,
et on ne la retrouverait certes pas, de nos jours, dans
cette aimable ville de Dijon que M. Sarnou a donnée
pour cadre aux premiers tableaux de sa piece.
De tous les autres personnages, le principal et Je plus
comique est uu avocat nommé, avec intention, Larosiére.
M••• de Valembreche etde Parte-Mahon le destinent pour
époux a lenr nier.e, mais celle-ci a déja fait secretement
un autre choix, et le vertneux Larosiere, qui la trouve
(roide el commune, ne la recherche que pour faire,
comme on dit, une fin.
Mais, pour faire une fin, avoue-t-il au dernier moment,
faudrail• il du moins avoir commencé; et notre aspirant
substilut, repassant sajeunesse uniquement vouée a l'étude, en est presque au regret de l'avoir si sagement
employée.
Ce sentiment tres-humain, trop bumain, il fant bien
Je dire, et dont Balzac a fait, dans le Lys de la Vallée,
une analyse aussi profonde que malsaine, est pris au
comique, cela va sans dire, dans la nouvelle piece, et
l'auteur en a tiré, a ce poinl de vue, des etfets d'une
complication, d'un imprévu, d'une gaieté incroyables. La
morale meme pourrait, a la rigueur, trouver son compte
dans la série de catastrophes ou se trouve précipité le
candide Larosiere, des qu'il a, je ne dirai pas mordu,
- il n'a plus d'assez bonnes dents, - mais seulement
ré,é de mordre aux pommes du voisin.
Ce fruit défendu s'est offert a lui sous les formes d'une
jenne et fort avenante drolesse, venue a Dijon sous des
babits d'homme, pour rompre Je mariage d'un ancien
amant. Celui-ci, prétendant secret de la veuve destinée
i Latosiere, croit faire d'une pierre deux coups en mettlllt l'avocat aux prises avec l'aventuriere qui l'obsede,
et il le décide a se présenter en amant chez cette vindicative Italienne, qui a toujours un poignard a sa jarreüere. Cette dernicre circonstance acheve la défaite de
Larosiere, el ce tardif amant du pittoresque, ce romantique de la derniere heure, suit le perfide conseil de son
ami; il ose entrer chez Paola, mais avec des palpitations,
une gaucherie, des restes de pudeur vaincue, que Geoffroy interprete comme on peul se l'imaginer; et alors
commencent pour l'infortuné les tribulations a mourir
de rire, qui sont tout le sujet et font le succes de la
piece.
Le pauvre homme n'est pas depuis un quart d'heure
avec cette femme, qui avoue en aimer un autre, que
traqué par l'ancien amant, par le mari, par un laquais,'
par un gendarme, par toute la ville de Dijon, il a déja
enfoncé trois cloisons, brisé six portes, forcé je ne sais
comhien de serrures, volé une malle pleine de bijoux, et
lancé un homme du baut d'un toit sur le pavé : adultere,
,oleur avec effraction, homicide, il a accumulé sur sa
téte, naguere encore si iunocentc, ¡,our deux cent vingtsept ans de travaux forcés, plus une condamnation a
mort.
·
Ce eompte ne fait que s'accroitre pendant toute la durée du dernier acte, ou, passé a l'état d'outlaw, Laroliirt conrt lr,s champs avec l'ltalienne; il sera bientót
acensé de l'avoir fait cuire dans un four, apres avoir
empoisonné l'aubergiste qui lui avait d1mné asile; et
ríen, dans ce crescendo de folies sinistres, ne s'écarte
nn instant d'une vraisemblance... relative, bien entendu.
Tout s'explique de meme, dans un dénoüment leste,
opportun, bien amené, et aussi bouffon que ce qui précede, bien qu'imité d'Anne Radcliffe.
Geoff'roy est meilleur que jamais dans le role de La.ro-•
IUre, un role un peu monotone, s'il n'était nuancé par

le comédien avec autant d'art que l'autenr en a mis 11. le
composer.
Le personnage de Paola s'offrait comme une grave
épreuve a M11• Honorine; elle s'en est tirée avec éclat,
malgré la peur qui lui serrait la gorge, surtout dans les
premieres scenes. Ce n'est pas seulement une bataille
¡!'agnée, c'est une position conquise par cette aimable et
vaillante comédienne.
Le second rfile de la piece, comme importance, est celui de Lamouroum, l'infortuné mari de Paola; Lhéritier
en sauve les longueurs, et ce n'est pa~ un petit éloge a
luí faire.
Lassouche n'a qu'W1e scene et un monologue, mais il
y est sublime d'ahurissement. Les autres rtiles sont bien
tenus par Mmes Hinr,v, Delille, Dupuis et Dalonrle.
Bref, grace aux artistes qui n'ont jamais été meilleurs,
et a l'auteur, qui a pu avoir plns d'esprit, mais n'a jamais
été si gai, le soeces de la Cagnotte est atteint, sinon drpa~s¡I, Mais, encore une fois, il faut ahsolument, ~i re
n'est déja fait, allé¡rnr un peu ce premier acte, et ne pas
faire dire tant d'italien a W1• HonorinP.
Je ne rlemanrlerai pas de coupures au nouveau rlrame
de la Gaité : le Marquis - Caporal n'est pas un blessé
auquel on puisse sauver la vie par de légeres amputations; ses hlessures sont a la tete, et tout ce qu'on peut
faire de plus charitable pour lui, c'est de ne pac; empoisonner ses derniers moments par des opérations et rles
reproches inutiles. Ses fautes ont été de celles qui réu$sissent tous les jours a nos plus fameux généraux. Les
Anicet-Bourgeois, les d'Ennery, ont remporté de grandes
victoires avec des plans aussi absurdes que celni tlu
Marqnfs-Caporal. Peut-etre bien, cependant, avaient-ils
un peu mieux compris le cñtf\ faible de l'ennemi, et par
l'ennemi j'entends le pub!ic; pent-etre avaient-ils mis
celui-ci sous le vent, pour mieux lui jeter rle la poudre
aux yeux; peut-etre avaient-ils choisi un champ de bataille plus propice a la faiblesse de le1Jr style et au jeu
de leurs machines; peut-etre enfin est-ce toot bonnement le ha.~ard qui, seul, les a favorisés.
Quoi qu'il en soit, le Marquis-Caporal mérite d'etre
enseveli avec tous les honneurs mi\itaires; il a brülé
as.0 ez de poudre pour cela. Ajoutons, pour changer
d'image, que les dieux étaient contre lui, et, certes, il
n'en fallait pas moins pour terrasser un Briarée comme
Dumaine, un Encelade comme Clarence, une héroine
comme Lia Félix. Par Pollux ! la belle guerriere ! J'échapperai malgré les dieux ! - Rappelez-vous ce cri,
c'est tout le jeu, c'est toute !'Ame de cette vaillante sreur
de Rache!.
·
Mais Jupiter est Jupiter, et le public est le public: l'un
fronre le sourcil et l'autre baille, et le rocher s'abime
daos lamer, et le mélodrame, comme un navire qni fait
ea1J, descend lentement dans l'oubli.
Les théatres devraient bien s'entendre, afin de ne pas
si souvent donner, daos la meme soirée, les nouveautés
• que chacun d'eux veut bien soumettre au jugement de
la critique. Lundi dernier, - lorsque déja la grande
moitié de cet article était sons presse, - l'Odéon reprenait le Marquis de Villemer, avec une nouvelle et tresimportaute distribution de roles. Le Gymna.se donnait
un acte intitulé les Curiewes et un Menaae en ville, comédie en trois actes, pour les débuts de M11•• Camille Dortet
et Samary. Enfin, nous avions, a la Comédie-Fran~aise,
M"• Baretta, dans J'ancien et le nouveau répertoire,
sans compter la suite des débuts d'Étienne Maréchal
dans le Cia.
Naturellement, nous n'avons assisté qu'a une seule de
ces représentations, la derniere. Aussi bien étions-nous
tranquille sur le sort de Brindeau, et meme de Laroche,
rempla~ant Rerton et Rrbes dans les personnages du
Duc d'A/éria et du Marquis de Villemer; le succes pour
eux, pour Brindeau surtout, n'étail qu'une question de
plus ou de moins; et, en effet, le superlatif l'a tranchée,
a ce qu'on nous dit.
Les débutantes du Gymnase ne nous inquiétaient pas
davantage. Nous les avions vues et entendues, au printemps dernier, a la campagne : on les appelait Avril et
Mai, ces charmantes uieces des deux: Brohan, et nous
savions bien que si beau sang ne pouvait mentir. Ma1s
nous y reviendrons, et en détail, en meme ternps que
sur les nouvelles pieces du Gymnase, lesquelles n'ont
pas moins réussi que leurs interpretes.
En conséquence, et par respect pour la maison de
Moliere, et un peu aussi faute d'espace, nous terminerons cette revue par quelques mots sur les derniers débuts de la Comédie-Fran~aise.

En débutant dans le personnage de Rodrigite, Maréchal, on peut hien le nire, a attaqué le taurPau par les
cornes. C'était risquer beauco11p, car, en pareil r..as, c'est
trop peu d'1m demi-succes, et Maréchal n'a pas obtenu
davantag,e. Ce n'est pas qu'il soit dPpourvu de sentiment
ni d'étude, mais on ne sent en lni rien de spontané,
rien dr. supérieur. En outre, sa persono&lt;!, ses gestes,
son organe, manquent de l'ampleur qui a fait si longtemps l'unique succl&gt;.s ne )fauhant, aussi bien que du
charme et de l'élégance qui font accepter Delauna,v,
meme daos certains roles trag,iqnrs. La trag,édie, celle
de Corneille surtout, veut pour ses héros surhumains
des interpretes qu'on puisse prendre au moins pour des
hommes; or, a présent, et c'est pourquoi je touche tt un
point si nélir.at, dans toutes les école!i tragiques, a commPncer par le Conservatoire, s'il se trouve uu éleve
rachitique, grele, cag,neux, gringaht, et ils le sonl tous
plus ou moins, c'est ce pygmée, so_vez-en nien sur, qui
sera l'Oreste ou l'Agamemnon de la hande.
Pourquoi ne ferait-on pas 'pnur les acteurs comme
pour les cent-gardes? Je demande qu'on fi,¡e une taille
au-dessous rle laquelle il ne soit permis qu'au g,énie de
représenter Achille ou Marcean.
Disons, an reste, qne le jeune Guérin, charg-é du rtile
rle non 8anrhe, et qui s'en tire passahlement hien, n'est
pM d'une stature plu~ imposante que Marfrhal. Placée
entre ces deux rivanx, M11• Tordeus a l'air de jouer, un
peu tard, sur l'nncien thratre de Comte.
En somme, daos cette rPJlrésentation du riri, la scrne
n'est hautement tenue que par Maubant. J'ai df\jit eu
plusieurs fois a noter l'autorité croissante clP cet artiste,
chez lequel le talent s'est enfin mis au niveau des
movrns; j'ajoutr.rai aujourd'hui que, vieil hahitué des
Fran~ais, je n'ai jamais vu le prrsonnairn de nnn niegue
rendu avec autant de pathétique et de rlignité qu'il l'est
aujourd'hui par Mauhant.
Et, la-dessus, faule rl'espace, je rrmets a un autre
jour mes compliments de hie~,venue iL M11 • Raretta; elle
ne perdra pas pour attendre.
A. llE BEu.ov.

UE

COMBAT.

Un rude combat ! Iamais, aux temps rle!i ¡rrandes lnttes
chevaleresques, les paladins n'ont plus vil!'Oüreusement
combattu sous le re¡?ard rles helles, que res deux cerfs
qui se disputent la possession de re srrail atlentif a la
lutte, proie destinée au vainqueur. « S'ils sont d'r.gale force, dit Buflon, ils se menacent, fü irrattent la
terre, ils raient rl'un cri terrible et se précipitent l'un
sur l'autre, ils se battent a 0utrance, et se donrent des
coups de tete et d'anrlouillers si forts que souvent ils se
blessent a mort. » Le comhat ne finit qne par la défaite
ou la fuite de l'un des deux, et alors le vainqueur ne
perd pas un instant pour mettre a profit sa victoire, a
moins qu'un autre ne survienne encore, auquel ca~ il
part pour l'at.taquer et le faire fuir comme le premier.
Vie sauvage ! mreurs des premiers ag,r.s, combien vous
avez rté métamorphosées par l'action de la civilisation !
Les cerfs sont encore aujourd'hui ce qu'étaient les
homme~ aux premiers jours du monde ! la meme impétuosité, la meme fougue, le m&amp;me coura)!e. Les forets
n'ont pa.s chan¡?é, non plus que leurs habitants. La société a aus~i ses combattants, et hélas ! elle a meme ses
bichos, mais quel rapport entre les biches des taillis et
celles des cahinets particuliers ! Celles-ci, on les rPncontre aussi par groupes dans les forets peu sauvaires
du Chateau-des-Fleurs ou du hal Mabille, elles viennent,
comme leurs sreurs des fourrés, s'offrir a l'amour des
vainqueurs. Mais quels vai11queurs! et quelle victoire !
pas de lutte, pas de bataille. - Ah! monsieur ! apres
vous. - On sail le prix de la victoire, et l'on triomphe
a tour de rcile; et voila pourtant ou l'on en arrive, ~race
a la douceur des mceurs, grace, comme di~ent" les philosophes, aux bienfaits de la civilisation, qui en leve a
l'homme la rude et sauvage écorce des aieux. Ces fiers
habitants des forets qui ont garrlé tonte l'ardeur primitive et qui engagent leu~ vie au terrible jeu de l'amour,
ces rugissanl~ compagnons, si fierement camp(is en face
\'un de l'autre par Bodmer, comme ils doivent paraitre
ridicules aux galants cavaliers d'aujourd'bui !
PIERRE
~

PAr.ET.

��!67

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
L' 1LLUSTRATION, JOURNAL U~IVERSEL.

vaient deux navires, et de telle ~rte qu, pas un des déd'unc cruelle maladi&lt;'. On prut dire qoe l'inspiration l'a
~, piten'&lt; _a voir, gisaient a terre sans force pour
tails de ces navires, a l'intérieur aus.~i bien qu'a l'extétoé. Sa muse, a laquelle il eroyait avec une conviction
romaine; je l'ai a peine regardée. Savez-vous pour- chant du cygne, et un peu, je pense, du chant de lllO
rieur, échappait aux regards, et que daos les angles
(;'éta•l triste et grotcsque.
s1 ferme et si noble, laissait peu de repos a ce rude trades Templiers. Le pere Jeannet, qui est sensible aU:
quni?
~
raroa.~se les fugitifs, on détacbe du gibet ceux qui
meme il était facile de hre ,de l'écriture. Le soleil le
TABLEAUX DU MORVAN.
C'est que tout en face se déroulait un de ces tableaux pourtant, mais d'une to11te autre maniere, ne compre~ debattent encore; le couvercle d'un panier, qui re- vailleur. C'était en lui comme un continuel cbant inté- plus brillant n'eut pas mieux fait.
rieur, qui s'exbalait en vers d'une co•1leur étrange et
exquis qui embrassent un espace grand comme la main, pas et répete :
ntera pour eux le plus sombre, le plus desolé des
Un grand mat de signau.x, disposé pour la circonsA PROFOS DE LA PJFtE,
Ce
sera
une
bonne
pipée,
avec
la
plus
barbare
d'un saisi~sant relief.
traiteot un sujet modeste, et dont la sobriélé reste mieux
tance, fut éclairé par l'appareil. Divers signaux furent
se souleve et les engloutit.
Ja~min naquit a A~en, le 6 mars ii9R, d'une famille
gravée daos !'esprit que ces détails ambilieux qui visent satisfaction.
(llltlÍes reflexions éch~ngent-ils, tandis que la voiture
faits a J'aide de ce mat, et deux na vires ancrés, l'un a
l'io. d'artisans. 11 emhras~a la profession de perruquier, a laInsensi_b~em~n_t,
la
symphoni,e
gra?dit;
elJe
s'augmente
ausublime.
¡es emporte avec nou~ roule toute remplie des rires
700, l'autre a 500 metres, repéterent ces sigoaux sans
quelle il ne resta pas fülcle jusqu'au dernier moment,
Une picce d'eau, bien inattendue' sur cette cime, de fanta1s1es etmcelantes; e est I heure ou les Petila
des enfants, des causeries qui s'entre-croifo descends a grand'peine des hauteurs ou je trone,
commettre une seule erre•ir, tant la forme et la couleur
1
comme l'ont prétendu a tort l)lusieurs journaux; mais
chanteurs rentrent au logis . le jour bais.'!C, un demipour alter arracher asa tooífe natale un pied de hruye- deu-c grands arbres qui, inrlioés !'un vers l'autre, fordes pavillons se dessinaient nettement pour enx.
crépuscule enveloppe le bois." Bien doucement noQA ~t nuit est belle : prés et montagnes s'enveloppent de qu'il avait quittér, au contraire: depuis au rnoins vingtLa plus curieuse de ces expériences a été celle relative
res roses, d'une nuance idéale. 11 est la sur ma table, maient une sorte d'arceau, d'ou tombait un jour verdanous glissons daos notre abri feuillu; nous y voici toos
¡.ténehres qui les graodissent fantru.tiquement; on cinq ans.
oit il fait une figure étrange dans le vase qui essaie de tre sur des vaches en pature...
al'
éclairage sous-marin.
Ses premiers essais datent de i82R. JI débuta, a cette
Une autre vache, daos l'eau jusqu'a. mi-jambe~, la blottis, la porte close, et le rappel eoromence. C'estM. d
distingue bien que les petites sources auxquelles les
Un ploogeur est descendu r;.1us l'eau a 511,20 de
le contenir. La bruyere n'est pas plus née pour les vases
époque, par une piece intitulíe : Me cal mo11ri (Il me
Chiddes qui s'en est cbargé; au moyen d'une feuille de
profondeur et a 6 metres de distance de J'appareil.
de la \une, en s'y baignant, communiqnent leur
que le rossignol pour la cage; elle se tient gauchement tete fieremen, tournée vers le soleil; une bande n'oifaut mourir), qm revéla une nature poétique d'un ordrt!
lierre
percée_
au
milieu,
il
module
un
petit
cri
qn~
La, il a rama.,sé divers menos objets qu'on lui a jetés,
a cóté d'une rose épanouie, comme une villageoise sons éperdus qui !uyaient, les ailes ouvertes, devant nn
diamanté.
élevé, et attira sur lui l'attention publique. Puis ses
on ne C0D\:0tt trop comment, trompe les oiseaux. Le jdal
sans hésitation, saos tatonnemenl~, agissant comme en
l.t ciel est pur, sans étoiles; une seule s'allume
transportée daos le logis de quelque grande dame, et in- bambin au~si rose que déguenillé.
triompbes commcncerent, et chaque production nouvelle
Ce n'était rien, et c'était une toile de Potter ou de Doyen, debout a se!I cótés; Étienne, couché parterre
plein jour; et, de plu~, a distingué et montré la division
iement, a la pointe du Mont-)foux, ou elle sert s3.Jls
habile a l'imiter. N'importe, elle me plail ainsi, et lorsrépetent
le
méme
cri
av1!c
des
variations
infioie~,
et
d~
rehaussait l'éclat de son nom.
décimale qui lui était demaodée sur un metre qu·on luí
de fanal pour eclairer le camp de César.
que la rose sera ftétrie, elle me parlera encore du cadre Troyon.
Lis Papillottes (las Papillotos), recueil complet de ses
- Sur que! fond saisis.~ant tout cela se détache, s'é- gazouillements saos fin y répondent.
Kais le camp de César est a plus de 600 metres aupittoresque auquel je l'ai enlevée, de la feuillée qui \'abriprincipales oouvres, publiées en quatre volumes, ont été avait jeté.
Ce devait etre no spectacle bizarre que celui de ces
Que pouvait-on exiger de plus, et y avait-il a espé~ de nous, le Mont-Moux s'élcve bien loin daos le
tait, et surtout du grand pré, coupé de marécages, eria M. V. - Quel lointain immense' A l'extrémité de
myriades de petits percheurs sautillant de branche en laal-!llorvan, et Vénu~ brille plus loin et plus haut beaucoup lues en France et a l'étranger. JI en existe rer des épreuves plus significatives YII n'était plus possi-•
qu'elle a si longtemps regardé du haut de son banc de ces grandes plaines bourguignonnes, q•Ii s'étendent debranche, et décrivant un cercle de plus en pin! étroit .-ire; ne nous perdons pa'! dans la contemplation de meme des traductions en Angleterre, en Amérique et en ble de douter qu'une nouvelle application de l'électricité
rorhers. En les appelant marécages, j'ai calomnié CPS vant nous, voyei-vous cetle ma,;se blanche? C'est le
autour de notre cabane, attirés par ce cri perfide comme f'1lCCes~ible; voici devant nous le logis, la vieille grille Allemagne. Daos pre.~que toas les séminaires et lycées était trouvée, et que l'écla1rage sous-marin était décondeux petil~ !aes voilés de roseaux, sur lesquels tourbil-• Mont-Blanc peut-etre 'I
du Midi, elles sont devenues classiques.
le pbalcne par la O.arome qui doit le consumer. Mais
- Ou un nuage, interrompis-je.
• vatouze et les grands parenl~, qui viennent 11. la renlonnent dea essaims d'éphémeres, dans l'extase de la laEn l 846, le roi Louis-Philippe re~ut Jasmin en au- vert.
sous
cette
espece
de
ruche,
la
vue
est
fP.rmée
de
toos
Que nous importe? Notre imagination n'a ríen a
La lanterne électrique sous--marine de M. Bazin a la
1111ire des chasseurs.
miere.
dience particulicre et le nomma chevalier de la Légion
les ciités; on doit se conten ter d'entendre, et point n'est
.
.
.
.
.
.
.
chercher
au
dela
de
ce
petit
coin
si
simple
et
si
vivant.
forme
d'une sphere; a l'intérieur, se trouve unesuspenUne borne nous annnnce que nous franchissons les li. . . . . .
d'honneur. 11 était deja décoré de l'ordre de Saint-Grébesoin d'avoir le don oriental de comprendre la tangue Le' lendemain,
ll
aura
été
la
fin
véritable
de
notre
pelerinage
a
la
sion
a
Ta Cardan supportant une lampe du systeme
les
gazouillements
cristallins,
les
plumites du département de la Nievre. La route, en gades oiseaux, pour sai~ir le sens des questions eurieoses aa,es cbatoyants qui nous avaient charmés, subis- goire-le-Grand. En i856, ses compatriotes luí offrirent, Gramme, évitant tout 1·hoc et permettant la verlicalité
Pierre-Ecrite.
Combien
de
fois
n'a-t-on
pas
oublié,
pour
¡mant encore du et.té pittoresque, commence a perdre
et précipitées qui s'échangent entre eux. Les rouges-gor- 1111 nne bumihante transformation; ces artistes ailés, par souscription, une couronne d'or, que M.. Henr1
constante des graphites.
de son caractere d'isolement; des attelages ile breufs quelque détail de la route, le but qu'on se proposait au
ges sont les plus bavards et les plus aventureux; dn • nommait linottes, piosons, roerles, rossignols, Noubel , député au Corps lrgislatif, aujourd'hui
En outre, et c'est la oil réside l'invention de M. Bazin,
passent de loin en loin; quelques champs de seigle et de départ?
00
maire d'Agen, lui remit au milieu d'une magnifique so- C'est vrai, dans la vie comme en voyage, répon- moins, c'est l'avi8 du Doyen, et cet avis doit etre ilndé p1ettes, apparaissent sur la table, convertís en un
l'appareil est muni de deux t1.1bes en caoutchouc qa1
treOe ont remplacé les bois des Latois; ils sont clo~ de
lennité.
car le premier cri de détresse qui nous annonee
conduisent dans la lampe l'air nécessaire au refroidisseiit excel!Pnt, qu'arrose beaucoup de vio de Bourpetits murs sets, rustiquement formés de gros.~es pierres dil-il.
Nos plus grands critiques se sont pin a reconnaitre le
capture,
sort
d'une
de
ces
petites
gorges
empourprées.
Et nous restame~ en extase devant cette vache au
,ogne. 11 en faut borre des flots, et du meilleur, pour génie de Jasmin. MM. CbarlesNodier, Sainte-Beuve, Vil- ment, et partant a la neutralisation de la vapeur, qui,
gri~es, entre lesquelles le jour pas.'!e comme a travers le
11 est suivi de beaucoup d'autres; des qu'un inforsans cette précautioo, se forroerait sur les glaces, et ap·ttourd1r sur un pareil crime.
résP.au d'une dentelle, et qui 5'éeroulent ~a et la autour bain, jusqu'a ce que Jeannet fut venu nous avertir que
tuné est pris, il devient presque inutile d'avoir reCJIIJ'I Les eofaol~ me racontent que, parmi les captifs, il y lemain, Léooce de Lavergoe, Char\P.s de Mazade et portent en méme temps l'oxygene indispensable a la
d'une toufle de gPnel'!, décidée a garder la place quP le le cheval était ferré.
Armand de Pontmartin tui ont consacré d'importantes
Nous revenons trop vite, car la brave bete, impatiente a l'appel; ses freres, en s'abattant autour de lui, demeaavait trois, frais, dispos, a peine froissés, dont on a
combuetion.
Createur loi a faite. En revanche, la végétation des ro111
étude;;.
rent
prisonniers
a
leur
to)lr.
Le
roerle
et
le
geai
surtout
Le systeme de fermeture de cette lanterne, dite Tanliito voulu leur accorder la vie, et qui commencent, en
teaux est plus riehe; le va\lon s'est tout a coup élargi; sans doute de nous flire changer d'opinion sur son
Ja~min,
dont
l'existence
entiere
fut
vouée
a
la
cbarité,
soni bruyants; c'est une bonDe fortune quand J'an ue, une existeor.e embellie de grain, de mouron, de
teme
Jego-Bazin, car, di~ons--le, l'idée premiere en recompte,
se
sert
de
sa
chaussure
neuve
pour
emboiter
il s'ouvre sur nes abimes de verdure; les pPntes boisées
était d'un désintéressement absolu. 11 ne vivait que pour
d'eux se prend aux gluaux; alors Je succes de la chasae :ohficbets, d'e tout ce qui peut contribuer au bonheur. vienta
M. Jego d'Auray, est tel, qu'il est facile a l'opéun
bon
trot
régulier.
s'entrecroisent et se multiplient de telle sorte, que l'ooil
\"art et les bonnes oouv'res. Ses pérégrinations poétiques
est assuré.
rateur
de
remplacer sous l'eau les crayons producteurs
11
faut
varier
les
plaisirs.
Apres
celui
des
yem,
nous
Jo
me
cooduit
vers
eux.
lis
sont
la,
trois
rouge-gorges,
ne parvient plus a les compter. L'eau ne manque pas;
Depui1, un quart d'heore, les cavatines de bravome ~ 1•lus fiers, les plus sauvages, le, plus amoureux dans le Midi éta1ent autant de bienfa1ts.
de
la
lumiere,
ou de changer l'inclinaison du rayon lupassons
a
celui
de
la
causerie,
qui
n'est
point
a
dédainoo-seulement répaodue en ruisselets daos les prés,
Au~si Jasmin est-il mort pauvre. 11 ne laisse a sa faavaient fait place a des clameurs déséspérées, plusieon líodépendance de toute la gent des airs. Le dos hérissé,
mineux,
suivant
ses besoins.
gner
entre
deux
espril~
qui
s'enteodent.
mais sur les sommets les plus é.levés. Les glaces de l'higeais piaillaientencore autour de nous, et Odette ornait ue~tent blottis dans un coi o sombre; le gram, le mou- mille qu'un héritage de gloire, mais un des plus pur.,
Nou!i
reviendrons,
du reste, avec plus de détails, sur
M.
V.
a
beaucoup
vu,
ohservt'\,
comparé;
il
a
sur
moi
ver ou les ardeurs de l'été ont feod11 et broyé le granit,
dont notre bistoire littéraire offre l'exemple.
déja,
en
imagination,
son
plus
heau
chapeau
de
leun
cette
précieuse
découverte,
Qui fait le plus grand hon,o, si teotaol~, sont intacts.
creusé des vasques de formes irréguliP.res et b1zarres, milie supériorités; je le presse done de questions, et 11 y
Ja,min recevait de l'Etat le maximum de la pension
plumes
moirées,
lorsque,
soudain,
le
pas.~age
d'un
in•
neur
a
son
ingénieux
inventeur,
et dont la portee,
- Bah! ils se consoleront ! dit avec insouciance un des gens de lettres. Cette modeste rente suffisait a ses
qui ont re~u et qui cooservent les pluies. Ríen ne trou- répond si bien, que lorsque nous arrivons aux Latois, je
trus
vint
tout
gater.
comme
nous
le
disions
en
commen~ant,
est de la plus
~ petit,, dont je connais l'optimisme entelé.
ble la transparence du miroir bien dall!! lequel le S(lrbier crois a peine avoir quitte la Pierre-Écrite.
gouts simples.
Atlirée
sans
doute,
elle
aus.~i;par
les
siffiemenl~
delliLe M&gt;ir, deux de ces rouge-gorges se sont consolés
Chut, maintenant ! Nous approchons du tbéatre de la
des oiseaux contemple ses longues branches chargées
Un comité s'organise, sous la présidence de M. le haute importanee.
nés a d'autres, une as5e7. grosse couleuvre se glissa 80DI "9~ la mort. - Je vois, de ma fenetre, Odette, pensive,
Terminons en signalant une remarque assez curieuse,
chasse.
de fruits de corail, plus abondants que le feuillage.
maire
d'Agen, pour élever un tombeau monumental a
les branchages, et passa rapidement au milieu de no111. ~ant leurs petil~ corps raidis; elle bésite ... elle requi
a été faite pendant les P.Xpériences. On a observé
Doyen,
posté
sur
la
\isiere
du
bois,
met
un
doigt
sur
ses
Tandis qu'a dro1te et a gauche l'borizoo lointain a des
celui qm rut le deroier et le plus grand des troubadours,
- Étienne, dont elle avait frolé la main, retiot braveque
lorsque l'électricité illuminait les eaux, des bandes
e
íurtivement
al)tour
d'elle
;
personne
ne
la
blalcvres
et
nous
fait
signe
de
le
suivre.
Dix
minutes
apres,
profondeurs infinies, l'horizon du chemin lui-méme est,
a celui que Lamartine appelle &lt;&lt; le pocte le plus vrai dP. innombrables
ment un cri, mais je criai pour lui et bondis sur me1
de poissons venaient se jouer daos le
nous
sommes
sous
d'épais
taillis,
etje
commence
a
coma deux pas de distance, absolument fermé, tant ce chepieds. - L'éclat de rire qui accueillit mon époMYID\e Elle preod un grand partí. .. elle ouvre la cage ... sai- ce temps. ii
rayon lumineux. ll y avait la une véritable pécbe mira•
prendre
pourquoi
les
gardes
travaillent
depuis
lematin,
ll est certain,. en effet, que, malgré ses brillants soemio a de replis et de méandres.
m'eut fait mourir de honte, si la Parisieone ne f1it il l'oi,;eau palpitant... le pose a terre. 11 n'est pas
culeuse a raire. Les pecbeurs de profession ont pris bonne
On ne peut deviner oil il va, et il nous est aisé de croire et les cbasseurs depuis trois heures, aux apprets de la
ces,
Jasmin n'a pas été encore apprt&gt;cié asa juste valenr.
venue tres a propos en aide a ma faiblesse par l'éva- llop agile; ses ailes sont encore no peu engl uée~, et
notP, nous en sommes certains, de cette particularité, et
pipée.
Avant
de
l'appeler,
il
faut
la
tendre,
c'est-a-dire
On l'a svuvent comparé maladroitement a Reboul, qu'il
que ces montagnes, cC1nfusément entassées, forment
nouissement de rigueur.
sauroot en tirer partí. Voila l'électricité passée a l'état
pai~
il
úst
meurtri
aux
barreaux
de
fer
de
sa
prison
..
ramener
sur
une
étendue
considérable
toutes
les
brannn cirque sans is.~ué, au milieu duque! notre voiture,
dépas.~e de cent coudées.
Les femmes peureuses ont déeidément leur mérite;
Notre littérature perd en lui une de ses originalités d'appdt pour la peche.
placée sur une étroite plate-fnrme, n'a moyen d'avan- ches les unes vers les autres, les attacher solidement, ce beau trait me réconcilia avec elle. Je n'avais pas s'moler, il ne le peut eocore.
Pl!Rll PAHT.
A,aot
le
mouvement,
la
voix
lui
revient.
De
cette
les
couVTir
d'entailles
invisibles,
destinées
a
retenir
des
cer ni de reculer. Singulier et charmant effet des ontremblé seu 1, et je pouvais trouver un pretexte galant 1 ,oii claire, perlée, métallique, pleine sans doute de lar- les pi ns hautes et les plus fieres.
doiements et des sinuosités dn terrain, qui nous donne milliers de gluaux.
F. L.
A l'extrémité d'une clairiere s'éleve la butte de feuil- mon émoi ridicule, en laissant croire que j'avais trea- aesd'oiseao, il entonne - un hymne de reconnaissance,
encore l'illusion de la solitude, alors que la solitude
lage dans laquelle nous devons nous cachex; pour cette blé pour elle. - On la ranima assez vite, mais non 81111 -se dit la boune petite Odette, qui n'a pas encore reve
n'existe plU!' !
~
quelque bruit. Le Doyen regardait d'un ooil de mépril
Grace a Dieu, le Rouan se traille plutot qu'il ne mar- chas.~e, qui ne me parait etre qu'un guet-apens. On me et de culcre tous ces trouble-fete, la Parisienne, moi et beancoup a ce bien auquel nous aspiuns en vain, a ce
REVUE LITTÉRAIRE.
chP., et la compassion du teodre Jeannet est excitée de met entre les mains un paquet de minces baguettes en- les rieurs. Le péril le plus réel ne l'eut pas fait sortir, ~n que les oiseaux, plus heureux, possedent et ne
Al'PAREIL D'ÉCLAIRAGE R0US·MÁRlN
telle sorte, qu'il use d• consolations amicales plutot que duites d'une glu fétide, et j'essaie, maladroitement, d'imi. pour sa part, de son immobilité de Terme pendant nne ietmnt perdre saos mourir : la liberté!
La seconde vie, par X. B. Saintine (Hachette}. - w compa11 chante l'espace inRni, et puis il s'y élance, pour aller,
ter
M.
de
Chiddes
et
son
fils,
qni,
tous
deux,
en
mangnons de la !,Jarjt,laine, par Benri Maret (Hetzel-Lacroix).
de remontrances.
pipée.
Son
regard
semblait
dire
:
Odette en est stire, précher la prudence a ses freres des
DE )l. BAZIN,
-Les Extravagances du lw.sard, parCh.d'Hiricault (Dentu).
Malheureusement, ~ impressions les plus agréables ches de chemise, actifs, vigoureux, infatigables, sont les
- Mais pour des citadins, ríen n'est sacré !
Latois.
- Le Combal de l' honneur, par Adrien Robert (Baehette).
meilleurs ouvriers.
ont leur fin ; il faut arrinr tót ou tard : O miaere !
Jamais profanation, survenue dans un temple, 11
llo,, dans mon expérience, je lui soubaite seulement
Mais tandis que je m'acquitte de cette besogue, je
- NouveauUs.
Un pli nous cache encore le hameau de PierreM. Bazin est un de ces inventeurs dont la puis.~ance
scandalisa
un fidele plus que cette infraction aUJ loil de ne pas oublier les le~ons du malbeur sur la premiere
seos,
0
11 crois sentir, derriere moi le sourire un peo railÉerite; a la premiere descente nous l'apercevons : c'est
créatrice semble inépuisable. M. Baiin en est a sa
de la chasse ne scandalisa Doyen.
braucbe O.enrie!
vingtieme invention. Les plus récentes sont le lochome11 y a en nous deux existences qui, se croisant, se
une agglomération de cbaumieres des plus pauvres et leur de la comtesse. Je me retourne déconcerté : bélas !
Nous
pouvons
sortir
maintenant,
grommela-t-il.
Que les chasseurs me pardonnent de faire du senti- tre et l'avertisseur, qui portent son no~; l'Jllustrotion a continuant tour a tour, forment la trame coropliquée de
des moins propres, parmi lesquelles on distingue, au elle s'occupe peu de moi, meme pour me railler.....
Tout est fioi.
lllellt A propos de la p1pée!
déja yiarlé de ces deux instrumenl,. .M. Bazin a fait des la vie. De tout temps s'est manifesté le sentiment plus
premier plan, celle du forgeron que nous venons cher- présomptueux que j'étais!
En effet, nous nous étions trahis; en vain essaya-t-OI
Toute son attention est absorbée par l'arrangement
TnMPOJLE
BArz.
etudes toutes spéciales sur la lumiere électrique; esprit ou moios vague de cette dualité; les termes ame et corps,
cher.
de ramener les oiseaux par les sons les plus séducteorli
d'un
couvert
rustique
sur
la
mousse.
Les
patés,
les
jampratique avant tout, il a principalement étudié les ap- intelhgence et sensibilité, sont nés du besoin de l'expriLa pierre écrite n'est rien : une pierre tumulaire renun silence profond s'était établi, et apres quelques IIÍboos,
les
bouteilles
sortent
de
leurs
paniers.
plications de cette précieuse découverte, en a perf'ec- roer; mais peut-etre n'oot-ils servi qu'a introduire daos
versée, sur laque lle se détachent, en relief, des figures
On va diner ... on dine; - toujours sans mot dire, ou nutes de tentatives infructueuse:1, il fallut se ré.qigner 1
tionné quelques-unes, et a su créer un systcme d'éclai- l'opinion générale une confusion si inextricable que
d'un dessin grossier, dont il faut deviner les contours,
quitter l'embuscade. Je le fis, quant a moi, saos gra•
rage sous-marin, pour lequel des expériences viennent mieux vaudrait les avoir toujours ignorés. Ces distinctant le frottement des roues et des pieces de bois qu'un du moins en parlant le langage des éleves de l'abbé de regret, les jambes brisées par la fausse position que l'esiJACQUES JASMIN.
d'etre faites a Lorient.
tions subtiles ont dégénéré en séparations absolues,
charron du voisinage dépose sur elles, les a effacées et l'Epée.
Rien de plus curieux que d'observer les mouvements, guité de notre repaire m'avait fait prendre. Alors on •
ces
expériences
ont
été,
de
l'aveu
de
toutes
les
elles ont fait de l'homme un étre réellement double en
brisées.
partagea le bois; l'examen des gluaux commen~a.
POtTE )l~RJDIONAL.
personnes compétentes, anssi concluantes que possible. nature, et nous ont valu ces théories, ces conjectures
De l'in1eription, on ne retrouve qu'une trace illisible. les allées et venues, le travail de cette vingtaine de perHélas I sur chaque baguette étaient comme embrocMI
Le• paysanR qui n'oot pas su la relever, et qui tous les sounes, si muelles, que le hourdonnement d'une mou- les petits chanteurs de tout a l'heure; les uns, rete••
La nou,elle de la mort de Jasmin a fait le tour de la Gráce a J'appareil de M. Baiin, on peut éclairer les d'essences immatériellei; enfermées en des liens grossiers,
jour&amp;, au cootraire, tra,aillent a compléter sa destruc- che s'entend distinctement. De terops en temps un bruit par l'aile; les autres, suspendus par !P.s pattes; d'ao
hance, aceueilhe partout par les plus douloureux rl'- passes et les fonds pour les travaux sous-marins; c'est d'anges déchus et prisonniers, enfin toute la série plation, nous ont entourés avec cariosité pendant que nous d'ailes, un cri léger révcle que les innocentPS victimes encore la poitrine en l'air, le dos collé anx brane
Ptta. L'1llu~tre poHe méridional etait trcs-populaire. une découverte d'une utilité incalculable.
.
tonicienne et éclectiqne. A nos yeux, l'homme n'estyas
examinions leur monument, eten ont fait un éloge exa- ne sont pas loin et que rien ne trouble leur confiance. tous daos les poses lamentables et contorsioonées
Sa_]lenonnaltte caractcrist,que tui avait conquis une
Les expériences se sont faites par une ~mt de~ plus d?u.ble, et no~s ne ?lassons i;:s a~t~s en deux famil_les
lllll•eneue renommée.
noires et par un temps pluvieux. La machUJe a d al,ord d1strnctes que !ante den pouvo1r sa1s1r la complexe un1té.
geré, insinuant qu'ils savaient bien avoir parmi eux un On en aper~oit dans les braocbes quelques--unes qui, Dante donne a ses damnés. Quelques-uos s'étaient
le gosier gunilé, entoonent leur fanfare du soir; ces
trésor dont les connaisseurs denaient s'oecuper.
J11min
a
suceombé,
le
5
octobre,
a
Agen,
aux
suites
éclairé
un ba.%iU de plus de rno metres, ou se trou- C'est de la dissection pure. ~n fait, parmi les di verses
Jemment arracbés a la glu iaexorable, qui rete
Sehm mon compa,;non, la pierre écrite doit Mre un notes joyeuses fourni~ent a la sensible Parisienne le encore des paquets de duvet, et a demi-déplumés,
tombeau eeltique, postérieur cependant a J'invasion sujet d'une comparaison daos laquelle il est question du

'°ºs

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un;

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I

I

�268

L'ILL lJSTRATION , JOUR NA L UNlVERSEL.

que soient la complication et la variété de 008 OMta.
parties de la machine humaine, aucune n'agit isolétions intellectuelles, de nos sentiments et de
ment, et, lorsqu'ou les considere a part, i1 ne peut etre
~~u~e~ents, ils µe ~ont jamais exprimés que~1tt
queslión que d'un ordre factice introduit dans l'intmte v1tale de tro1s éléments organiques ro )e.
téret de la clarté.
une cbainti a anneaux distincts : l'élément D 'llllt
Ceci entendu, El supposant pour un instaot que
sensitif, l'élément nerveux moteur et l'élément ~
les deux faces principales de l'homme, le dehors et
laire. »
le dedans, puissent exister l'uoe sans l'autre, nous
Des paralysies ou des arrets momentaoés de 'rechercherons les principaux caracteres ·des deux
ou de l'autre de ces éléments suffiront A
existences que nous sigoalions au début. A l'une sequer les anomalies, les plus rares phénomenes de~
ront altribués les actes immédiat.~, ceux ou la méintérieure. L'engourdissement plus ou moins '
moire et la réflexion jouent le moiodrc role, depuis
de I'~lément nerveux motenr et l'isolement
les gestes instinctifs sollicités par la faim, la soif, le
ment nerveux sensitif, tels sont !'origine, la sui.t..
désir et la crainte, tout le coté passif, animal de.
et
le caractere du sommeil et de l'extase.
l'hommc, jusqu'au point délicat ou commence notre
Toutes
les sensatioos accumulées daos le cenea.,
réaction propre sur les éléments fournis par le detoutes
les
impressions partielles en chemin pour""
hors a notre rntelligence. L'autre, qui nait de la prerendre, fragmentées par la vie individuelle de~
micre ets'y rctrcmpe sans ccsse, réclameralaréflexion,
ces petits infusoires ou individus qui forment IIGi
l'abstraction, la méditatioo, la reverie, les citases et
organisme, délivrées du commun enchainement •
les reves. D'ordioaire, on ne· concede a la seconde
les coordonoe et les met au service de notre 11nitéltt
vie que ces deux dernicres manifestatioos extremes
ce moment rompue), toutes ces sensations, dis-je, 1
de notre puissance de conceotration. De la une
prenoent a jouer pele-méle, formant au hasard •
tres-grande difficulté pour les rattacher au jeu de
hymens incobérents d'ou sortent des visions 1enila
l'orgaraismc; il faut avoir recours· alors acet expédieot
LB POETB JACQUES JASIIIN, DÉCÉDIÍ A AGEN LR S OCTOBRE.
ou gracleai¡
d'ames libérées
Ajoutez aeee11par le somrneil
tions isoléa •
ou tout autre
fibrilles se11111.
stupéflant, et qui
ves, la pfellill
voltigeraicnt auet
le travail laliii
dessus de leur
cl'autres
'ill.
prisoo. C'est prédes
globolea
•
cisémeot la solnguins,
des•
tion, si l'on peut
les glandole•
appclcr aiosi une
et
de tout
tellc hypothcse,
vit
en 00111, •
que semble adopvous
aurez 1"1'
ter le plus volonla plus jlllle, 1
tiers M. Saiotiue
moins la ,i.:
daos son livrc
voisine du ~
charmant, intisur
le ré'8 ,
tulé : Réves et ,·el'hallucinaliol.
veries, visions et
Ici,M.SailJilj
cauchtmars; toului-meme,
tefois, elle n'est
venablemeld
pas absolue, meme daos son esprit, et il a soio
d'interroger de
tcmps en temps
eertain docteur
tf:nuesc
t1ui lui rend coruque la
pte avec assez de
ne nous
vraisemlilance de
plus, n
t'origine et du
croyoos
dévcloppeme11t
jamais;
de ses hallucinasont qu'
tions.
tbargie,
&lt;&lt; Nolre orgaséesles
EXPÉRIE:-lr:ES D'ÉC.LAIRAGB SOUS- MARIN DE i\l, BAZIN, A LORIFNT. - IÍCLAIRAGE DU POIIT.
nisme, » dit M.
des
autres,
les
unes
sur
les autres,
Claudc Beroard dans un réceot et
foodément
eufouics
sous
les
mervcillcux travail, « n'est qu'un agréinférieures
de
notre
cerveau
gat d'organismcs élémeotaircs innom-·
un amas de vaines reliques, com
brables, véritables iofusoires qui vidétritus
glacé, inerte; puis un
ve'nt, meurent et se renouvellent chaapres
!Jien
des années de sile
cun a sa maniere.... Notre corps est
d'oubli,
il
suf6t
d'un son daos
composé par des millions de milliards
du parfum d'une fleur, du cboC
de petits etres ou individ11s vivants et
nolre regard contre l'objet le pllll
d'espece dilféreote. 11 en est qui sont
signifiant, pour ressusciler I'une I
libres comme les globules du sang;
au fond de ses catacombcs. f.e
mais la plupart sont unis et soudés.
une fois en mouvement, eu é
Les éléments de meme espece se réu-d'autres, qu'elle tire asa suite.
nissent pour constituer nos tissus, et
toute une série de notre existeuce
nos tissus se mélangent pour former
sée qui renait, qui se ravive et
nos organes; les éléments d'espcce difvent nolls harcele ... » L'auteur,
fJrente se soudent entre eux, afin de
ce passage, cotoie la vérité de
pouvoir réagir les uns sur les autres et
pres que daos sa Grande dtcOtlt
concourir avec harmonie il. un meme
animules et les Cinq ,chelons de r·
but physiologique. Néaomoins, dans
Jerry, ou il refait asa maniere I
toutes ces réunions ou soudures, aucun
these de la statue de Condillac.
élérneot ne se confond avec son voisin;
Ce préambule presque philoso
ils s'unisseot et restent distiocts
est nn hommage rendu a un li
comme des hommes qui se donneraient
fait penser. Nous ne vouloos pll
la maio. Chaque espcce d'éléments redéfeodre davantage contre le
présente ainsi une espece d'iodividus
lres-délicat que nous a causé la
qui dépend d'un tout auquel elle est
de la Seconde vie, ni tarder plus
associée, mais qui a toujours son indéterr¡ps
a en signaler les s1,1rpriset
Lll!lRAGB ELECTRIQUE SOUS-MARIN, - D'apréa les croquia de 11, Julea Noel,
pendanee et u tvie propre ..,. Quelles

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5

S01gnoos ce précie111 ,1scere
Comme la prunelle des ye111 ;
Le retablir, c'est nécessaire,
L'entretemr, cela vaut m1eu1

ce qu'il

1

..

~

•

L'estomac, c·est l'homme lu1-méme;
C'est par la qu'on nous a légué
L'espnt malsain et le teint bleme
Ou le temt clan et le crear gai.

llEUGKL ET COMP., .ÉDlT.l':URS.

est.

.

C'esl eR ef.
~

•

r.-

-

r.,

4

Les mécontents, les pointos et lu aigres,
Xspeces maigns,
llécbants oullls, pauvru tempéraments;
L'ambition, la lureur du ricbessu,
Paums espetes,
Grands appétits et mauva1s iostrumeots.

Connaissez-vous un hypocnte,
Un b1heu1 au teiot cumé 7
Vous conna1sse&amp; une gastnte
Daos un apparei l délabré
6

r.•

1

3

Certam man, gouverné par sa lemme.
Un jour. réclame
L'autonté, signe d'écbauff~meot ·
Un purgalll rétablit l'équthbre,
Kt, l'espnt libre,
ll redevtent mouton en un.moment.

..

:t

r.-

... ,.-,:t.tt-

Selon i'état du corps qui la vo1t naltre,
Klle peut étre
Triste ou riante alors qu'elle ja1llit,
Pare11le a l'eau qui va calme ou rapide,
Trouble ou !impide,
Selon le sol ou s'est creusé son ht.

L'eatomac dinge la tétt,
Kt la pensée est un ru1S1eau
Qui preod sa source daos la béte
Pour se filtrer daos le cerveau.

..
1

Et je vous di.raí

1

C'est en effet l'estomac qui te mene,
llachine humaine
Qu'un grand ressort amme el lait mouvo1r.
S'il marche mal, l'borloge la meilleure
Ne Mil plus l'beure
Kt prend toujours le matm pour le so1r.

ll seot toujours germer daos sa po1tnoe
La fleur divine,
fleur de gallé qut s·ouvre me le jour,
11 est beureux d'un ra1on qui l'emvre,
HeureUI de vim,
lnclm au bien et d1spos a l'amour.

:t

,,

1
ge.
re,

!

V01c1 ce dicton populaue
(C'est de l'bomme que l'on parla1l) :
1 D1te&amp;·moi comment 11 dtgere
lt ¡e vous d11a1 ce qu·11 e&amp;t 1

j

..

1

,. +

1

1

Ce n'est paa tout de mangér et de bom.
S'il en faut croire
Certain dicton tourné comme un refrain ;
Je n·en connais ml'auteur. ni la date;
Kst-ce Bippocrate,
Ou résaugiers ou Bnllat-Savann7

-j

ci ce die.ton po. pu . lai • r.e ( C'esl de

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da . le; Est-ce Hippo.

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Je n'en con. nais ni l'autéur ni la

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Ce n'esl pa)stoul de manger et de boi. re, S'il fa ut en

!

... 1-tf:

~

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~

Gnimem

-

Voyez au contrure cet boro.me
Qui nt et chante en uu taud1s,

Rouge et poli comme une pomme,
11 d1gere, je vous le dts.
7

Hter, un pmson me lan~tl sa roulade :
a Ion camarada,
Lu1 d1s-¡e alors, te voua bien joyeu11 1
11 répood1t dans sa tnlle légere:
o L'oiseau digere
lltm que personne . 11 óott done cbanter
[mieux. n

�L' ILLUSTRATION , JOURNAL UNIVERSEL.
veilleuses, Psylla ou la Mangeuse d/fYr, la Chi,1e a París,

M. Saintine. Parlerons-nous, ne parlerons-nous ras des
vers qui se melent assez discretement a la prose? Il y a
un passage de Martial qui serait bon a citer ici. Insectes
et Ptwrs et la Prise de Ptolémaís sont despieces réussies.
Partout ailleurs, la facilité qui distingue la prose de
Ces lleurs qui croissent sans culture,
M. Sa.intine émousse sa poésie. Le vers veut plus de reEt, fier de sa conquéte, ~ surprendre en chemin
lief et des contours plus marqués. Trop pour trop peu,
Sous leur robe d'émail, d'albatre ou de carmín,
résume assez bien l'impression que laissent a !'esprit ces
Quelques secrets de la nature?
rimes improvisées.
11 assiste aux jeux et a la vie des insectes, carabes do-·· De la Seconde vie a. la Mariolaine de M. Henri Maret,
rés et demoiselles, répandus sur les nénupbars, ici cou- la distance n'est pas trop grande, par ce temps de vapeur.
chés comme des visirs sur les larges pétales, la dormant ll suffit de traverser la Manche; mais ce court trajet nous
dam les flots d'or des étamines, sous le vol des libellules, transporte de la gracieuse 1magination de notre climat
tventa,ls animés; mais bientot les combats terribles suc- tempéré a l'excentricité bizarre et triste de nos voisins.
cedent a la paix, et les insectes de proie font leur repas Bien que l'auteur ne oous averti~e point du degré de
aes convives.
realité de ses récits, n'en cherchons les héros que daos
Consolez-vous, ailes et corolles blessées ! Pourquoi ne un monde a peu pres imaginaire : cette Marjolaine qui
pas rever pour vous comme pour l'homme une justice fascine et réunit en club admiratenr une foule de jeunes
immortelle? Aux belles fleurs, aux plantes nourricieres, Lovelaces, cet Excentrique qui fait sauter un train pour
médicinales, religieuses, industrielles memes, le dieu se débarrasser de sa femme, (P pcureux sir John Pyke,
Foltey ouvre des vallées bienheureuses. La, vous vous li- tué daos une cheminée par un ami qui décharge son
vrerez a la danse des couleurs, mariant la blancheur i:_1,; 1-.:volver, ne sont pas des vivants de notre sieclc et de
jasmins au violet de l'héliotrope; et les papillons immo- notre nature; il y a bien en eux l'apparence humaine,
hiles regarderont vos évolutioos charmantes. Les sour- mais un ablme les sépare de!í etrcs raisonoants, appelés
noises, les épineuses, les vénéneuses expieot leurs cri- hommes.
mes daos un Tartare voisin. Une peosée juste et proL'&amp;ce11trique et les Compagno1is de la Marjolaine préfonde éclaire cette aimable descente aux enfers : Je vé- senteot de rée(les qualités de style et d'agencement. Si
gétal occupe un degré de la vie et peut, toute proportion nous insistoos perpétuellement sur ce coté des reuvres
gardée, demander réparatioo au destin aveugle; sinon, 1le )'esprit, c'est que ootre époque n'a pas de coté plus
cerlains rais¡)Unemeots soot argués de mensonge.
faible; c'estque, saus le style et la composition, il n'est de
Mais M. Saiotine, pareil aux iosectes qu'il a saisis au sal11t daos aucun art, et que daos l'expression de la penvol, efOeure les questions graves saos les agiter. 11 passe sée, la. forme passe le fond. Trahi par la forme, !'esprit
d'un sujeta l'autre avec une ravissaote iocohérence. La le plus profond ou Je plus ingénieux ue se préserve pas
veille et le sommeil s'entremeleot daos ses récits. De la de l'oubli. Oo le verra bien quand seront morts cclui-ci
Lune morte a la naissaote planete de M. Leverrier, son et celui-la, astres IJrillants duraot leur vie et qui laishippogriffe ne fait qu'un bond. Des centaines d'aor,¿es sc,ront a peine un nom. Notre critique o'est-elle qu'extienoeot daos une minute. Comment s'étooner, apres de térieure, et s'en va-t-~lle répétant avec Brid'Oison · la
si fantastiques écarts, que le céleste voyageur trouve l'Eu- f,,-orme, la-a forme? Loin de la; en personne charitable,
rope cooquise par la Chine, et París transformé en ville elle suppose toujours a tous ceux qui écrivent des idées,
a pagodes et a clochettes? Parti en 1860, il revient juste de grandes idées, de belles idées. S'il lui était démontré
un siecle apres, pour entendrc d'un fou, enfermé aCha- qu'un grand nombre de ses justiciables n'ont pas plus
rentoo, l'histoire de la grande invasion maodarine, la d'idées que de style, elle changerait de ton et ne leur
défaite du moucheron rouge (Albion !) par le lion fumeur deman&lt;ierait que le silen ce et la modestie. Eh bien!
d'opiuru, et la grande confédération des peuples ~ous la meme daos cette hypothese (purement chimérique),
protection du fils du Soleil.
M. Henri Maret est de ceux que nous encouragerioos a
Sommes-oous las de voyager daos )'avenir? Sautons demeurer fideles au bon style et a la belle langue. Sous
daos le passé; saccageons Ptolémais avec je ne sa.is que! ce rapport, tout le début de la Marjolaine est excelleot;
roi des croisada;. Pour si peu, que nous a-t-il fallu faire? les ali u.res sÓnt d'outre-Maoche, mais !'esprit et le laogage
Bouquioer sur le quai, en feuilletant Montmerqué, Mi- appartieooent a M. H. Maret.
chaud et Poujoulat. Bientot l'histoire, lasse de nos é14uiL'excentricité est parente de l'extravagaoce, et le hapées, nous renverra a la médecioe et a la fantaisie. sard est la plus extravagante des forces incoonues. Nous
Mordillez seulement les feuilles poilues de la jusquiame, arrivons done tout nat4rellement alll.'. E:dravag1mces du
cette plante farouche,aux fleursjaunatresveinées de pour- hasard, par M. Ch. d'Héricault, et nous lui faisons compre, et tout prend autour de vous la couleur de l'or pur. plimeot de son titre, attrayant et juste en lui-meme.
La nél.ture n'est pl•JS qu'orfévreric; les oiseaux ont des Mais est-ce bien le hasard qui réduit Alhert de Beralva.l
yeux d'or, des plumes d'or. Aux arbres ¡,endeot des a l'alteroative de l'opium ou du suicide, et qui le rapgousses giga.ntesques, laissant échapper des dryades aux proche de sa pareote, &amp;1110 de Morefeuilles? Certes, Becheveux dorés; une lumiere intense encadre ces tablcaux ralval est extravagant, mais le basard l'est moins que
vivaots. La maison aussi resplenciit; le malade preod lui, ce hasard (providentiel) qui lui offre toul d'un coup
des bains de piedsd'or liquide et deux grains d'émétique l'amour longtemps cherché en vain et la félicité d&lt;1ns
dans une pinte de limonade dorée; le lendemaio, le le ffidriage. 11 est beau d'aller combattre en Pologoe;
monde est eneore jauoe foncé; le surlendemain, jaune mais était-ce bien la le cas? surtout lorsqu'on risque de
clair; puis la vie redevieot terne et pale. O Joseph De- condamner a de mortels déplaisirs une fiancée veuve
lorme ! nous savons maintenant le secret des Rayons sans avoir été épouse? Espérons au maios que Beralval
;aunes!
en sera quitte pour un peu de gloire et quelques rhuL'or, mais non la jusquiame, joue encore le grand role matismes, et que Marie-Diaue-Rodolphioe de Morefeuilles
dans l'histoire de Psylla. Psylla est une petite couleuvre rachetera son caprice par une dose de bonheur qu'elle
a collier. ll Son corps souple scintille sous un merveillem eut vraiment pu accorder a moiodre prix. Le livre de
réseau d'ocre et de pourpre. » Mais ses riches couleurs M. d'Héricault. est fort amusant jusqu'a la page 2i2;
coutent cher ·: elle mange de l'or, elle boit du saog, le j'aime beaucoup son M. Fumart, qui fume l'opium de
sang de la poitrine de son maitre qu'elle a ruiné. II faut son maitre; mais je ne vois guere ce que fait en tout
que l'idéal, le véritable amour, entre daos la chambre ceci l'abhé Dutaillis.
d11 moribond et broie du talon la tete du reptile sédui11 nous reste a examioer le Combat de l'honneur, par
saot et funeste. Au lieu de Psylla, lisez Camélia. Cette M. Adrien Robert; et c'est la une tache agréable. L'aallégorie gracieuse et terrible est la perle du recueil, troce silhouette du cerote de Bresles, la belle tete loyale
une reuvre d'art accemplie.
de Paul Gonthier, et le profil olympien d'Aurélio, camée
Merci encore a la Seconde vie; il est si doux de loueri aux chevenx de pourpre, vivent eucore daos moo souUne laogue géoéralement pure, quoique familiere, un venir; j'affectionne surtout le D• Rolder, personnage
style coulant, facile, ou se reflete aussi bien l'éclat des bourru et sympathique, nalurel et original. L'intéret ne
glaciers que la verdure des prairies, une imagioation languit pas; les péripéties logiques courent au dénotiqui, de la pure fantaisie, s'élance au bord des profoods ment, doot les circonstances, au moins, sont imprévues.
ablmes de la pensée et du creur, un parfum de pureté La scene a demi fantastique du boudoir égyptien, malmorale, et, derriere tant de pages attristées e.u mélan- gré quelque érudition, est écrite avec brio; jamais la
coligues, un rayon de gaieté pareil a une tete d'enfant sablonniere du bois d'Aulnay n'a vu d'amours plus pasrieur qui souleve un coin d'une vaste draperie a person- sionnées que celles de Gérald et d'Aurélie. 11 y a de la
nages{; tout cela est daos le livre et dans le talent de grandeur et de la vérité dans les pages ou Gonthier fait

les Hallucinations du Docteur, le Paradis des f/,eurs.
Qui dépeindra mieux les fleurs que l'auteur de Picciola,
lui qui aime

L' 1LLUSTRATION, JOURNAL UNIVE RSEL.

comprendre au co~te de Bresles ~ u ' i l ~
le mépr1se. Enfiu, r1en de m1eux d1sposé aux galan ·"
réc1proques de deux futurs époux que cette Piaf~
Dieppe, doot les horizoos lointaius, guarid le SOi~ •
éclaire, peuvent figurer la plénitude du bonbeur . Ita
fini. Paul Féval, daos une lettre jointe au Présen~8'é,.
Jume, juge avec une équité bienveillante le talent"son ami, lui signale ses défauts passés, et applaudit~
leureusement au succes mérité du Combat de ri.o.....
On ne peut mieux dire, ni mieux faire ; et 00118 •
mercioos l'auteur du Bossu de nous avoir ici e~
une page de compliments : il y en a déja beaidans cet article.
-...,
L'espace noua manque pour nommer meme toos lii
!ivres que nous apporte l'autollíJle, moissoo mürie .._
rant l'été et cueillie en temps opportun. Poésies, ro
reuvres d'érudition, d'histoire, de politique, bourdo=
autour de nous comme un essaim bariolé, Pareil
1
ces ames que Virgile a vues voltiger au bord du ~
demandant la vie et le grand jour de la publicité. lai
beaucoup n'oot pas besoin de nous; d'autres ont dip
trouvé des issues daos le has des jouroaux, et a la tri,¡.
sieme page. Enfio nous en mettoos quelques-lllls 11
réserve pour le mois de janvier. Voici venir les li'1!1
d'étrennes nouveaux et aociens, mais anciens toojnan
nouveaux, les contes de PeITault, les Robiosons, et O.
Quichotte, et Dante; ils réclament impérieusement ._
place qui ne peut leur etre refusée.
Nous recevons a l'iostant le tome IV et compléJLeotlÍft
de la Wtérature anglaise, de M. Taioe. On pense biia
qu'il n'attendra pas longtt:mps nos éloges.
AND!\t
~~-

LEmU.

PHOTOGRAPHIE BAYARD ET BERTA~
i5

BIS, RUE DE LA MADELEINE

Au bout de la galerie, place de la Madeleine.

*,

sa"'

M. Bayará
!'un des iovente11rs et des plus
propagateurs de la science photographiQue, et M. Jt
tall, l'artiste observateur et fin que coooaissent.
lonb'lemps nos lecteurs et les collectionneurs de'illustrés, dirigent ensemble des ateliers construí\
tous les perfectionneroems indiqués par une Ion
périence. Leurs portraits sont remarqués pour 11.•
cherche et le gotit qui y président, et pour leur e1éallíll
irréprochable. - Emaux, grandissements, rep•
tions en tous genres.

La 9° livraison du París Nouveau Wmtré ell
ce moment en cours d'exé.:ution, et nos soosat
teul's ancicns et nouveaux la recevrQnl graLuileM
dan~ le cÓuranl de la seconde quim:aioe d'oclOllff.
Les soins arporlés aux gravures el au lexte der,f
publication, uous oot occasionné cetle fois
tard que nous n'avions pu prévoir.

u•

Au moment de la rentrée des classes, nous.
devoir apµeler l'attention des familles sur deux ou
qui oflreot a l'écolier studieux le plus utile seco
soot le Dictionnair~ d'histoire et de geographie et la
tionnaire des sciences, &lt;ks lettres et d~s arts, de 11.
inspecteur géoéral de l'instruction publique. Ott
eu effet, daos le premier, des notices aussi exacll'
succinctes sur tous les ,10ms de lieua: et de
célébres; dans le deuxieme, I'explication somm ·
toutes les difficultés qui se rapporteot aux chose,.
ces deux ouvrages forment une enc_yclopétlie co
Deux forts volumcs grc1nd in -8 a deux colonne.t,
L. Hachette et e•. Prix de chaque volume, 2i fr.

ne contienn
mais !'ensemble des principes que renferme le
quina ; de ces príncipes, les uns manquent tout
quoique d'unc utilité absoluc ; les autres n'y soai
proportion toujours variable et tres-restreinte. kocna, a l'aide de procédés dont il est l'auteur, ea&amp;
venu a iutroduire, daos un Élixir agréable e&amp;
d'amertume, la totalité des pri11cipes actifs d,
LES VINS ET SffiOPS DE QUINQUINA.

cieuse écorce.
L'extrait r,omplet de quinquina (ou Quina

~ d é m i e de Médecine, a déja valu a son
P r M. Larocbe, les éloges les plus flatteurs. Aucuoe
auteU
'
. (e, s1. cenes
' t cct extra1t,
. lie présente
·paration
officLDa
pre ·union des plus précieux alcaloides des matieres rél~ ~•es et du taonio, substances auxquelles l'écorce du
s)lle...,
''bri·ruges ton!q
. ues et anttseptiques,
.
. udoit ses vertus 1e
peroreste daos la tbérapeutique un remede iocomparablt:.
et
a Par1s.
.
aue orouot, l5,

du iO aout n'eut élevé sur les débris de la mooarchie la
dictature de la Convenlion. Le nouveau. systeme avait
Tous les esprits éclairés, tous les hommes d'affaires in- pour base le mécanisme de la numération. JI s'adaptait
telligents, d'un hout de l'Europe a l'alltre, voudraient naturellement a l'iostrument de tous les calculs. On ne
voir partout les mémes mesures de longueur et de capa- pouvait imaginer rien de plus simple, de plus rationnel,
cité, les mémes poids, les mémes monnaies. On pcut se de plus praticable, et cépendaot cioquante aonées ont a
dispenser de démontrer l'utilité de cette réforme : elle peine suffi pollr le faire eotrer, chez nous, dans les hasaute aux yeux. Tout le monde comprend combien les bitudes du plus grand nombre.
- ·Afi?tle
JI y a, daos les reuvres de Napoléon
1°•, une loogue et curie use dissertaPOLICHIN ELLE,
tion, écrite ou dictée aSainte-Hélene,
sur
l'applicalion du systeme déciJ.uoai 1U111tré des ¡elllles gar~ll8.
mal aux mesures et aux monnaies.
UIJ.111.lll'T DIDl POlS H.a XOJS,
Napoléon, qui a, toute sa vie, regardé le passé plutot que !'avenir,
critique ce changement avec une
extreme vivacité, et déplore amereoureaux : rue des Enfants rouges,
meot la violence faite aux habi2, a l'lmprimerie des Arts.
tudes des méoageres fran~aises. JI
París, un ao: iO fr.
insiste particulierement sur le peu
6 mois: 6 fr.
de
diviseurs que pré3ente le nombre
3 mois: 3 fr.
iO, sur la difficulté d'opérer sur ce
Départ., un an: !2 fr.
nomhre une divisioo mentale par 3,
6 mois: 7 fr.
µar 4, par 6, et en cela il n'a pas
3 mois: 3 fr. 50
tort. - C'est, en effet, le défaut du
systeme décima(; mais il faut bien
30 magnifiques primes de 200 a
croire que l'incoovénieot est plus
25 fr. aux 5,000 premiers souscripque compensé par les avaotages,
ieurs d'une aonée.
puisque la Belgique, la Suisse, le
Tous les souscripteurs ont droit a
Piémoot, la haute Jtalie, quaod
~o portra1l-carte chez MM. Susse frei Si 4 les eut affrancilis de notre
res, place de la Bourse, 3i.
domioation, malgré leur haine pour
La bande numérotée servira pour
nous, malgré les efforts de leurs
le tirage et le portrait.
gouvernements, gardereot obstil}éOn s'aboune également chez
ment nos mesures et nos moooaies.
MI. Susse freres.
Grace aux événements de i860, le
systeme décimal s'étendra saos doute
bieotot a l'ltalie tout entiere.
Parmi les diverses substances tour
Voila done un groupe de nations
a tour proposées et employées deassez considérable qui jou1t déja
pnis viogt ans pour la fabrication
de ce précieux avantage, l'uniforPOLI CH IN ELLE
des .dtnts arti/i,cielles, il en esi qui
mité des mesures et des moonaies.
JOUR.'iA.L II,LUSTRÉ DES JEUNES GAR~ONS, PAllA.lSSANT Dl!UX: FOIS PAR MOIS.
oft'rent de nombreux et graves inDaos d'autres pays on en comprend
convénients. M. Georges Fattet, auteur du Traité de opérations commerciales et meme les relatioos de la vie la valeur, et l'on cherche les moyens de se l'approprotAese dentaire (255, rue Saint-Honoré), et !'un de nos civile,- entre des contractaots appartenant ades nations prier. On y pense sérieusement en Allemagne. En Anpraticiens les plus distingués, se sert depuis lonatemps
différentes, -y gagneraient de facilité et de sécurité.
0
gleterre, on afait mieux. Ily a deux ans, la chambre des
lai, d'une no uvelle matiere tout a la fois legere et dia~
En théorie, personne ne fait d'ohjection. Mais il n'eo Communes a chargé un comité d'étudier la questwo.
¡,ÁQIIB, et complétemeot inaccessiblc a l'acidité des ali- est pas de meme daos la pratique. On recule devaot Apres deux mois et demi d'un examen approfondi, ce
ments et des boissons; cette matiere peut etre surnom- l'obstacle a vaincre. En effet, cet obstacle est énorme, et comité a conclu a l'adoptioo du systeme décima.l daos
mée la rivale de la nature, taot elle imite la teinte et il n'y en a pas de plus résista.nt, car c'est la routine. ~ un rapport dout l'Annuaire de l'ér.{)nomie politique de
la traospareoce des dents naturelles.
Déraoger les populations daos leurs habitudes! ... Et re- i864 (1) reproduit les passages les plus im¡,ortauts.
&lt;l Lal grande exposilioo de i85i,ditcerapE!U DE MÉLISSE
port, révéla soudaincDES C!.IWES.
ment l'état de dcsordre
et d'obscurité de notre
Laréputation séculaire
systcme de µoids et mede f Eau de Mélisse aes
sures, et fit rcssortir l'aCarmes a fait 011.itre une
vantage d'un systerue
foule d'imitations de ce
iuternalional et combieníaisant cordial. Les
mun. Le jury .de cettc
religieux qui la prépac&gt;.po~ition éprouva les
raieot ne dévoilerent
vlus t,l'aods embarns,
jamais le secre t de sa
¡,ar suite de la diversité
COlli~ition,ct M. Boyer,
des poids et mesures
leur successeur par acemployes par les eipole&amp; aotbentiques, possauts des divers ¡,ays. It
sede leUl aujourd'hui
pouvait difficilemeot arsa Ytritable formule.
rivel' il un étaloo comToos les composés qu'on
mU11. C'est pour ce mo,end sous ce nom peutif que la Société des Art.~
~ent bien avoir la méadressa une pétition a
lisse pour base, mais
la tré~orerie en faveur
cette plante n'est qu'uo
d'uo systeme uniforme.
dea éléments contenus
Le meme objet fut pourdans la véritable Eau
suivi par le coogres de
la plupart
statistique réuni a Bru,: ~ et les plus essentiels restent, avec sa mani- marquez, s'il vous plait, qu'il s'agit d'habitudes invété- xelles en i863 ..• )&gt; Le rapportajoute qu'en préseóce des mele ~ec~et exclusif dt: M. Boyer (! 4, rue Taranoe). rées, qui se sont établies d'elles-memes, et dont !'origine mes obstacles, les mémesidées se fireotjour a París eni 855,
lousl 8 une mteressante monograpbie, M. Boyera réuni se verd da.ns la nuit des temps 1C'cstle monde a soulever! a Londres en i861J, oti elles eurent pour orgaoe le prince
a . esdocuments concernant l'histoire du cordial qu'on Archimede lui-méme serait effrayé d'une tell e entreprise. Albert, a Londres encore en i86!, oti les chambres assonvent et si vainement cherché a imiter · ils consEn Fraoce, oo a demandé eu vain, pendaot plusieurs sociées de corumerce du Royaume-Uni votereot a l'una-niqn~ les ~o~~ et font connaitre les propriétés hygié- siecles, avec l'abolition des douanes rntéricures, l'unité nimité la résolutioo que voici : &lt;l II est tres-désirable
..,_:,' med1c10ales qu'ont résumées les auteurs de la des po1ds, des mesures et des monna.1es. 11 n'a pas fallu d'adopter le systeme métrique, qui a été introduit daos
di,e,s . contemporaine, dans un article reproduit par moins qu'une révolution pour faire ce miracle, qui n'au- beaucoup de pays de l'Europe avec grand profit, pour
Journaux de médecine.
D• Bu.
rait peut-étrejamais été accom¡,li, si la victoire populaire
(1) PAi is, Gudlau.wa et Comp.

t ~;
0:º•

ia:

PROGRÉS DU SYSTEME llÉTRIQUE A L'ÉTRANGER.

�!72

L'ILLUSTRATIO.N, JOURNAL UNIVERSEL.

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...

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FAC-SlllltR DR DFSSINS ET CROQUIS D'EUGENE Dl!LACROIX. -

l'économie de temps, dans les comptes de commerce et
autres. »
L'espace nous manque pour quantité de détails trescurieU.I, révélés par l'enquete dont ce rapport contient le
compte-rendu. Nous citerons seulement ces deux faits.

ÉCHECS.
PROBLOIE

N• l77,

PAR

M. A.

FERRANTE.

Les blancs font mat en trois coups.

SOLUTION DU PROBL~ME Nº

Blancs.
R 7• D
R 61 R
F 7• F échec
R 6• D
R 5t D échec et ma1.

f 76,

Noirs.
R pr. T

R 5• F du R
R 5' R
n 5• f du R

COLLECTION DE M. ALF. ROBAUT, DR DOUAJ. -

&lt;&lt; :M. Dickson dit qu'a l'aide du systeme. métrique,
qu'il oonsidere comme un des plus grnnds bienfaits qui
aient été octroyés ci la France, il peut mencr ses atfaircs
de commerce avec un nombre de commis moindre qu'il
ne le pourrait dans le systeme auglais. » - «M. Lorsont,
qui cst négociant et manufacturier en Belgique, en
France et en Angleterre, dit que si le systemc métrique
existait en Angieterre, il pourrait conduire ses aflaires
avec un nombre de commis considérablement diminué,
et eviter un grand nombre d'errem·s. Un bureau anglais
est encombré de prompts calcul0:teurs et de vade mecum,
choses parfaitement inconnues a l'étranger. Avec le
systeme métrique, ajoute-t-il, il est beaucoup plus facile et plus court de faire les comptes soi-meme &gt;&gt;.
Plusieurs des personnes entendues par le comité ont
insisté fortemeut sur la difficulté d'enseigner auxjeunes
gens le calcul des poids et des mesures usités en Anglelerre, de leurs divisions et subdivisions, - il y en a
pour chaque espece de deorées, - et sur l'économie de
temps qui résulterait, pour l'éducation, de l'emploi du
systcme métrique. On comprend saos_ peine combien
cet argument a dti frapper des Anglais. Bref, apres
avoir examiné la question sous toutes ses faces, le comité demande, en finissant, que le systeme metrique
soit adopté en Angleterre, qu'il soit institué par une loi,
sauf les attermoiements et les précautions nécessaires
pour ménager les habitudes ·de la population, adoucir
la transition et óter a cette meRure toute apparence de
violence, et que le systeme décima! soit appliqué aux
monnaies aussi promptement que faire se pourra.
Aucnne suite, que nous sachions, n'a été donnée
jusqu'a présent a ce rapport. Mais il ne faut désespérer
de rien. C'est surtout en Angleterrc que l'on se bate
lentement. C'est la, aussi, que tout vient a point a qui
sait attendre. Peut-on admettre que tant.d'hommes considérables, commissionnés par 111 Parlement, aient procédé a une enquete si consciencieuse, rédigé un documcnt si étendu et si complct, formulé des condusions si
bien motivécs, saos qu'il en résulte rieu? Cela répugne
au bon seos. La question, évidcmment, a fait un

(Voir les fi" 11!6 et IUi.)

grand pas. L'Angleterre qui hésite encorc, peoMM,

a passer de la th'éorie a la pratique, se décidera t/JI ■
tard, et son exemple entrainera irrésistiblement, dam■
ten1ps donné, tout le reste de l'Europe.

-----==otc-~ o&gt;-c=----RÉBUS.
1\

R RRH
R R
R B. 1\
R 1\
RI\R R RIU\

EXfLICATJON J)U DERNIEII RÉBUS,

Si les nations sont jamais réunies, c'est par l'ind
la ~cience moderne.
~

SOLUTIOl'iS EXACTES

nu PRODL~lE Nº {76.

MM. E. Frau, G. Baudet, Moriceau, de Gironde, J.
Baillif, Cercle de la Sorgue, a l'Isle, Metrre, Café
Petit-Montrouge, A. Thionville, Café des Écoles
E. Vallet, capilaine Charousset, L. Lefrancq, J.
Henry Frau, Stiennon, de Meurs, E. 'F., a Paris,le
L. Bonnin, Léa Ricardo, Cercle de Duras, Ed. de
Café Moliere, a Nantes, Becker s, Loge ma~onniqal,¡
Daniel Collet, G. K.
J. A. de lL

_______,-~.

AuG. MAiie, directeur-gérant.

EDK.

TEXIE!l,

rédacteur en chtf.

~.t.--~-_,,_---;
PAUIS.-WP. DE L'ILLUSTIUTION, !. IIARC:, !2, RUE DI

�</text>
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                  <text>Semanario francés ilustrado se publicó entre 1843 y 1944. Aborda temas políticos, económicos, sociales, científicos, artísticos, y deportivos. Fundado por los periodistas Jean- Baptiste Alexandre Paulin y Édouard Charton. Sus ilustraciones eran realizadas por los mejores dibujantes como Henri Valentin, Édouard Renard, Paul Gavarni, Janet-Lange y Cham.</text>
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                <text>L’Illustration : Journal Universel, 1864, Año 22, Tomo 44, No 1130, Octubre 22</text>
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                <text>Semanario francés ilustrado se publicó entre 1843 y 1944. Aborda temas políticos, económicos, sociales, científicos, artísticos, y deportivos. Fundado por los periodistas Jean- Baptiste Alexandre Paulin y Édouard Charton. Sus ilustraciones eran realizadas por los mejores dibujantes como Henri Valentin, Édouard Renard, Paul Gavarni, Janet-Lange y Cham.</text>
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                <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores</text>
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                    <text>-

..

.L'I.LLUSTRATIO·N,
~OUBRAL URIVEBSBL.

22 8 ANNÉE. VOL. XLIV.

Direction I Rédaclion, Administration :
Toutei les communications relatives au jou!"'al, réclai;nations, d~mandes
de ohangements d'adresse , do1vent etre adressees franco a

Nº

f 131.

Ahonnrmenls pour Paris el les Déparlemeuls :
3 mo;,. 9 fr.;- 6 mois, 18 fr.; -

unan, 36 fr.; - le numéro, 15 c.
la collection mensuelle , 3 fr.; le volume semestriel, 1~ fr.

· • AUG. JIIARC, DfflECTEUR GERANT.

t 864,.
L'adminislralion ne ripond pas des maouscrits et ne s'engage ¡amais a lea insircr,

l.es deman&lt;les d'abonnement doivent étre accompagnée~
d'nn mandat sur París ou sur la poste.

Vu les lraités, la traduction et la reproduelion a l'clran:;er ront 1nlerdite1..

ABONNE111ENT8 POUR L'ETR&amp;NGER 1
Mémes prtx; plus les droits de poste, suivant les tarifs.

BUREAUX : RUE RICHELIEU', 60.

Les abonu. partent du ter no de chaque mois.

0

8amedt 19 Oetobre

Gravure, : Distribution de croix et de médailles faite par M. ie ,iceSOMYAIRE.

amiral de Cbabanne,, le 16 oclobre, sur la place d'Armes de Toulon.
- V11la Peillon,

Rem politique de la semaine. duce de Nice. -

(nou,clle) 1uite. -

Courrier de Voya¡e. - Correspon-

Correspondance d'Amérique. Riéges. -

Rossini. -

La cbanson de Roland, poeme de Tbéroulde. La ,tatue de Jasmin. -

Bibliographie,

Les lilas blancs

Théodosie de Crimée. Revue musicale. -

a Nice :

Résidence de LL. MM. 11. de Russie. -

Événements des États-Unis : Campagne du général Sberidan, batailie
de Fisher's-Rill (i~ sep'.embre}, ! gravures. - Riéges (3 gravures).
- Rouini. - Tbéodosie de Crimée. - Re,ue trimestrielle. p•r Cham

( 14 gravures). - Le mois d'o~tobre. - Rébus.

REVUE POLITIQUE DE LA SEMAINE.
Nous sommes a. ce mtiment solennel qui est l'objet
d'une si vive préoccupation. Le 24, le parlement italien
s'est réuni a T11rin. La session qui commence n'étant
que la suite de celle qui a été prorogée il y a quelques
mois, ce n'est pas le roi qui l'a ouverte en personne, c'est

iuW!re,
1ta\11
dwa

1UET,

DISTRIBUTION UE CIIOIX Er UI! 111WAl1LES l'AITI:. PAII M. LE VlCti-AllllllAL DE CUAl!ANNl!S, LE 16 OCTOBIIE, SUR LA PLACE D'AJ\illES DI! TOULON. - llapré, un croquia de M. Letuaire.

�'t7 4

L'lLLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

le général La Marmora, président du conscil et ministre voit souvent. Quoi qu'il en soit, l'Autriche déclare ne
vouloir pas de privilége pour elle, mais elle n'en veut
COIJBRIBR DB WO'TAGB.
des afiaires étrangeres.
pas
non
plus
pour
la
Prusse.
C'est
a
ce
propos
que
la
Toutes les mesures avaient été prises pour le maintien
De Nice a Dordighera : Eza, Roquebnme, Monaco. _ 1de l'ordre, et nous devons a,ussi constater le concours Presse de Vienne invoque énergiquement, mais un peu
palmiers de Dordigbera. - L'obélisque d~ la place •
preté au gouvernement italien par toutes les classes de tard, les droits de la Confédération germanique, les prínVatican : Sixte V et le pécheur de Dord1¡¡hera. -n..
lasociété, pour assurer le calme et la pacification _des es- cipes constitutionnels de l'Allemagne. (( On peut, dit ce
di¡¡bera int1·a-muros. - Douaniers modeles. - Vinlimiatia,
prits. Le maire et le commandant des gardes nat1onales journal, faire de Kiel un port fédéral, et de Rendsbo_urg
- San-Remo.- Le palais Borea.-Une :ue de San-~
Les jeux de Monaco. - Enfer et Parad1s. - Une Tille•
~aient publié, la veille de l'ouverture du parlement, des une forteresse fédérale; mais cela regarde exclus1verepos. - La ¡¡arnison de Monaco. - Pourrai&amp;-je ,o1r le
proclamations. Des manifestes, émanant des sociétés ou- nfent la Confédération germanique. i, La meme feuille
¡¡ouverneur? - Cannes.- Le club. - Un hótel de pl111.
vrieres recommandaient l'ordre et la tranqu.illité, et in- s'éleve contre la prétention que montre déja la Prusse
vitaient' les ouvriers a prouver par leurs acles que le d'accaparer le Lauenbourg a litre d'indemnilé de guerre.
Les jeunes misses pales et languissantes ne sont PII
En atlendant, les exigences du gouvernement pruspeuple turinois ne dément pas son ancienne renommée.
encore venues respirer l'air vivifiant et tiede des tillea
sien
redoublent
daos
les
Duchés.
Quelle
que
soit
la
résiLa plus grande partie de la presse s'est associée a ce
d'biver, les lords anglais et les majors russes ne ch&amp;oi.
mouvement public, et son langage est empreint de con- gnation du Danemark a accepter les plus_ lourds s~crifices,
il ne parait pas qu'1l ait encore réuss1 a convam~re fent pas encore leurs rhnmatismes au soleil dn llidi, la
ciliation.
catarrheux de tous les p1ys ne toussent pas encore IOII
Presque tous les députés et les sénateurs étaient :mi- lesalliés de son sincere dé~ir de voir la paixse conclure.
les orangers et sous les citronniers chargés de mi.
vés depuis quelques jours a. Turin. Lundi, a deux heures L'occupation a chaque jour des rigueurs nouvelles. Non
déja jaunissants; la belle saison de Menton, de Mo11111o,
de l'apres-midi, les deux chambres italiennes étaient contents d'avoir ruiné le Jutland par la prohibition de
de Bordighera, de San-Remo, ne commencera guere._
réunies au grand complet. La Chambre tles députés était l'exportation des eéréales et du bHail, les élrangers
viennent de prendre une mesure qui annulle compléte- dans un 11\0ÍS; n'importe, profitons de ces quelques loiprésidée par M. Cassinis.
sirs qui nous restent, résignons-nous a nous passer des
Le président du conseil, général de La Marmora, a pré- ment l'article 6 de \'armistice, en vertu duque\ les excé-• misses, des lords et des majors,a ne rencontrer daaa la
senté la convention du i 5 septembre et la correspondance dants trouvés dans les caisses publiques, apres payement des fournitures faites aux troupes alliées, et des paradis terrestres de la Méditerranée que des gensfni,
diplomatique échangée a ce sujet.
dispos et bien portants, et faisons une petite promeDMe
Le ministre de l'intérieur, M. Lanza, a présenté le pro- dépeoses de l'administration, doiveot etre restitués au
sur
la Corniche.
jet de loi pour le translerement de la capital e du royaume Danemark' lors de \'év11.cuation du pays. Le général-com.
.
Aimez-vous
les longues montées en diligenceY Laroate
d'ltalie de Turin a Florence; M. Lanza a demandé l'ur- mandantde Falkenstein vient, en eflet, de fa1re para1tre de Nice a Menton jusqu'a la Turbie sera bien ,oin
un
arrété
duque\
il
ressort
clairement
que
bien
loin
gence pour ce projet.
affaire : vous aurez le temps d'admirer tout a,otte lile
Beaucoup de députés ont déposé des propositions d'avoir a toucher un excédant quelconque apres la con- le golfe de Villefranche et d'y rever un port magni&amp;qa
clusion
de
la
p1ix,
le
Danemark
doit,
au
contraire,
~•attendant a ordonner une enquete sur les événements de
tendre a payer une somme considérable pour acqu1tter t:e beau gol fe est si bien abrité, la roer y est si tranquille,
Turin.
il s'arrondit avec tant de grace, que c'est vraimeot doa,
La Chambre a accepté l'tnquete. Le président Cassi- toutes les dépenseR de l'occupation.
Quoi qu'il en soit, le Danemarka été contraint de céder mage de n'y pas voir toute une tlotte a l'ancre, ao PÍN
nis a désigné une commission de neuf membres qui sera
a la force. La question de délimitation des nouvelles d'une grande et s•Jperbe ville couvrant, comme C.,
chargée de cette enquete.
un des plus harmonieux amphithéatres que la 1111111
M. lE. général de La Marmora a fait au sénat les me mes frontieres et la question financiere ont été réglées coro me se soit plu a dessiner; je serais bien étonné si •
il a plu aux grandes puissances de les régler. Mais voila
tommunications qu'a la Chambre des députés.
ne nous laissions pas prendre quelque jour a la teotalill,
En dépit des rumeurs qui avaient circulé a Paris lundi maintenant les conquéraots aux prises, et \'on se rapQuand on a dépassé la Turbie, on descend, et si tila,
soir, et qui présentaient Turin comme en proie A une pelle les prédiction• des journaux aoglais, qui disaieot qu'en vérité c'est dommage; on voudrait qu'uo 4Wlla
vive agitation et meme a des troubles, la ville était par- récemmeot : (( Le Danemark sera vengé t6t ou tard par indirect du chemin ne vous cachat pas si tot Eza,le
faitement tranquille. Aucun déploiement de forces n'a eu ses spoliateurs, loraq:u'ils se retrouveront face aface apres vieux nid de pirates; les pirates ont disparo, mais le li,
la spoliation. »
.
lieu.
perché snr son rocher, a conservé toute sa pittoresq11111
La
Suisse
présente,
en
ce
moment,
un
spectacle
qui
Le paquebot transatlant1que, en retard de plusieurs
sauvage
physionomie; on voudrait jeter un regard ._
jours, est arrivé dimanche a Saiut-.Nazaire, apportant prouve a la fois sa prévoy1nce et son humanité. Le sau · rapide sur RoqtJebrune et deviner un peu ce qu'apea
vage
écrasement
du
Danemark,
apres
celui
de
la
Pol~goe,
des nouvelles du Mexique.
le prince de Monaco en consenlant a vendre les _dnl
Ces nouvelles sont datées de la capitale, i Oseptembre. lui a fait comprendre que! danger menace les nallona- qu'il tenait de ses ancetres, et que son peuple anit f11
Les opérations milit1ires, apres l'anéantissement des lités faibles en nombre et en territoire, devant la force soin de rendre quelque peu illusoires; on soubaileni
guérillas qui infestaient les provinces centrales, ont été brutale érigée en loi supreme. La Suisse montre l'exemple que la montagne ne se hatat pas tant de vous ma..-r
dirigées contre Juarei. lui-méme. Ce dernier n'a P~ at~ a plus d'un grand État par l'énergique et active sympa- Monaco lui-meme, mollement étendu sur son cblllllll
tendu l'attaque. ll aurait licencié son armée et pr1s, }ui thie qu'elle témoigne aux débris de la Pologne. En meme
promontoire.
troisieme, la route de Chihuahua, saos troupes, presque temps qu'elle tachait d'arracher le général Langi~wicz
Nous voici a Menton.
saos escorte, en fugitif. On attendait d'un jour a l'autre des mains de l'Autriche, en lui conférant les dro,ts de
La France, en ajoutant Menton a son territoire~ irl.
la nouvelle de la prise de Matamoros. Le général Zu- citoyen suisse, elle donnait asile a un grand nombre enrichie de vergers d'oliviers, d'orangers et de ~
loa"a ancien président de. la république, le général La de proscrits et les aidait généreusement a se créer chei. niers d'une avenue de platanes, d'une petite plaee l
Ga;r;, le géaéral Uraga et le général Doblado, ont fait elle des moyens d'existence. Elle pousse actuellement
peu ~res carrée qui ne fera jamai~ beaucoup. de bnl
leur soumission et ont adhéré au nouvel ordre de la réalisation d'un projet con~u par des bommes ém1- daos le monde de boutiques a ense1gnes anglaises, 111
nents de l'émigration. Un comité siégeant a Zurich s'occhoses.
cupe
de fonder une maison d'invalides pour deux grand h6tel d'Angleterre, et de quelques centaines d'lt
Une seule cbose nous inquiete : au moment ou la corbitant.-. dont l'occupation la plus importante paral&amp;*
respondance du Mexique publiée par le Moniteur annonce cents blessés polonais. Le comité de Zurich fait un de se sentir vivre agréablement en évitant de troulll
que le général Doblado a fait sa soumission, nous li- appel spécial aux artistes fran~ais et ~tra ng_ers, en _fa- cette douce quiétude par un geste trop brusque OI
sons le discours que ce meme Doblado vient de prCl- veur d'une loterie d'olijets d'arl qui se tiendra1t a Zur1ch mouvement trop rapide. Et pourtant, ces bravee
noncer a New-York, a l'occasion de l'anniversaire de au profitde l'reuvredes invalides polonais. 11 prie les ~r- ont fait leur révolution en i848. Oh! la bonne,
l'indép~ndance du Mexique, discours dans lequel il fait tistes qui seraient disposés a concourir a cette. fondat1on douce, la tranquille petite révolution que cela
enteudre les plus énergiques appels a la résist1nce contre de vouloir bien envoyer leurs offrande~, a Zur1ch, au se- etre !
Maximilien. La correspondan ce officielle nous représente crétariae a•; comité de la maison des invalides polonais, a
Peut-etre, quand vous vous serez promené une
Juarez ayant licencié son armée et errant saos troupes l'agence polonaise. Espérons que les artistes fran~ais, heure daos Menton et que vous saurez la ville sar
au hasard. Le fait peut etre vrai, cependant le gouver- toujours si sympathiques aux bonnes reuvres et aux bout du doigt, vous aviserez-vous de trouver_que ,
nement des États-Unis ne parait pas croire que lapo- belles causes, prendront une part digne d'eux a ce no- curiosité est fort désappointée. Regret de tonr1ste,_ ~
sition de Juarez soit si désespérée. La preuve, c'est ble concours, et qu'une telle entreprise rencoutrera_par- a-dire d'égoiste; ne fallait-il pas que pour votre_plaillf
que ce gouvernement vient d'accorder l'exequatur a tout, et ~ous toutes les formes, l'appui dont elle est digne. bon~ Mentonais se fatiguassent a batir des éghses
On sait que l'empereur de Russie a traversé une
M. José Solero Nieto, nommé par Juarez consul ASanpartie
de la France, accompagoant a Nice l'impératrice dioses et des pa\ais somptUt~ux, alors qu'ils pon
Francisco. Le gouvernement des Etats-Unis pourrait-il
etre parfaitement heureux sans cela?
reconnaitre l'autorité de Juarez, si celui-ci était errant, sa femme, a qui les médecins ont recommandé le doux
En contemplant du i;euil de l'h6tel d'Angleteffl
climat méd.iterranéen. L'empereur et l'impératrice ont
fugitif et sans domicile connu?
bonheur
si calme, je me suis sentí pris d'un lége!'.
u parait que la Prusse n'a pas beaucoup a compter été accueillis a Nice avec tous les honneurs que les villes Pissement; au lieu d'y céder, comme un Mentona1U
· J·•a1· secoué la
sur la complaisance de l'Antriche, au sujet des petits ar- d'eaux ne manquent jamais de rendre aux augustes per- certainement pas manqué de le faire,
sonnages.
On
nous
dit
qu'il.
quelques
stations,
entre
rangements que M. de Bismark se tlattait de conclure
et je suis partí pour Bordighera : le démon du
a la faveur de la constitulion du nouveau duché de Macon et Marseille, leurs majestés moscovites ont pu est impitoyahle.
. •
Slesvig-Holstein. Le cabinet de Berlin voulait, il est entendre beaucoup de voix crier : Vive la Pologne !
On sort de Menton par une avenue de launers,
L'empereur Napoléon est parti le 26 pour faire une
vrai laisser au gouvernement autrichicn une part
visite
courtoise au czar et a la czarine, et presque nous, cette avenue est un peu ruaigre, et pe~t.-é~
d'inlluence. On parlait de Rastadt, ou l'Autriche tienrait-il a propos de remplacer l'arbre de la vi
drait seule garnison, tandis que la Prusse aurait son tous les journaux de l'Europe se préoccupent, a _des un ombrage moins glorieux_ et plus_ touflu.
contingent dans le Nord, a Rendsbourg. Mais ce n'est points de vue difiérents, de cetle entrevue; les fewlles
A une demi-lieue de la v11le env1ron, la mon
point ainsi que l'entendent les journaux de Vienne : ils anglaises, tout en déclarant qu'une tclle.démarche ne peut déchire de la facon la plus sauvage; en avant dt
ont peu de coníiance daos les concessions de la Pr~_se, avoir aucune signification politique, constatent cepen- ravine escarpée ·une borne se dresse, qui porte
et beaucotJp de méfiance a l'endroit de la pos1tion dant qu'elle a provoqué dans les cercles une assez vive aur une de ses faces le mol frtutt,t, et sur l'autre le
qu'elle voudrait prendre en Allemagne. Les alliés d'hier inquiétude.
Italia.
EDlfOND Tllllll,
sont bien pres d'itre ennemis aujourd'hui, et cela se

.ª

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
- - -- - - - : . : - - - - - - - - - -- -- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -- -- - - - - - - -

Je ,ous engage beaucoup a passer la frontiere, ne
rut-ce que pour av~ir 1:oc~a..~ion de voir vos bagages
,isités par les douaniers 1tahens. Avec quel soin minutieus, quelle sage lenteur, ils font l'inventaire de ll
malle la plus innocente; certes, on n'aurait pas beau jeu
atenter la contrebandr; je félicite le gouvernement de
Sa Majesté Victor-Emmanuel d'etre si bien servi, et c'est
plaisir de rencontrer des gens qui remplissent si conscieocieusement leur devoir.
La route grimpe bientot sur la montagne, traverse,
au bout d'une heure, l1 citadelle de Vinlimiglia, puis
redescend pour s'engager daos la grande rne de la ville,
00 j'ai admiré la plus belle maison bleue que j'aie vue
de ma v:e.
Nous 50mmes arrivés a Dordighera, une pépiniere de
palmiers. \'ous savez qu'en Jlalie c'est avec des palmes
qu'on fete l'annivcrsaire de l'entrée du Sauveur a.Jcrusalem: ces palmes viennent de Bordighera, et voici l'anecdote qu'on raconte a ce propos.
Le pape Sixte V avait résolu d'éleYer un obélisque
sur la place du Vatican. Lejour fixé pour l'érection du
monolilhe était arrivé. La foule était immeose, et défense avait été faite, sous peine de mort, de pousser un
cri, de proooncer un mol j usqu'au moment ou l'obélisque serait debout sur son piédestal.
C,ependanl les ouvriers ~'épuisaient en vains efiorts;
la lourde masse demeurait immobile et les cables tendos allaient se rom pre.
- Mouillez les cordes, mouillez les corJes! s'écria
tout acoup une voix.
f.ette voix était celle d'un pécheur de Bordighcra.
• On suivit le conscil du pauvre pechcur, et bientot l'obélisquese dressait au milieu de la place.
Si1te,Quint, le terrible justicier, ne se souvint pas de
la déíeose qu'il avait faite, et meme il da.igna accorder
a Bordighera le monopole des palmes pour la fete des
Rameaux, en récompense de l'heureuse audace d'un de
ses enfants.
GrAce ases palmiers, qui étendent leurs parasols audessas des oli viers au pale feuillage, le paysage de Bor-digbera pent tres-bien passer pour un paysage africain :
le c1el sur legue\ ces beaux arbres découpent leur tronc,
élégamment élancé ou recourbé avec ~race, ne brille-t-il
pM d'ailleurs d'un éclat presqu'aussi radieux que le ciel
de l'Afrique, et n'est-ce pas la méme mer qui baigne
Bordíghera, Alger et Ceuta?
lléme aprés le paysagc, la petite ville assise sur sa
collioe a bien son mérite. Ne vous lai,sez pas décourager
par l'aspect banal de ces maisons peintes a la dctrempe
en bleu, en rose, en jaune ou en lilas; cherchez une
1'icille porte. ruinée et entrez dans la Bordighera du
temps pas~é. La petite cité républicaine Yaut bien une
mite: vous revieudrez amoureux de ses tours démanteléts, de son chemin de ronde, suivant le circuit dr. ses
f~rtes marailles, de ses roes étroites et pleines d'ombre,
ou passeot des femmes et des filies robustes portant sur
la tete un fardeau qui ne les fait pas plo)'er.
L'église vous gardera une surprise artistique dont vous
serez ra,i : imaginez-vous un autel en marbre blanc rcb~ d'or et de marbres de couleurs différentes, de
l'etfet le plus doux et le plus tranquille, et sur cet autcl
ooe statue de la Vierge, les hras ouverts, la face tournée
,en le cicl, d'un élan extraordinaire et d'une suavité infioie: cela ne dédomu.age-t-il pas de tant de fresques barbares,semées aYec une fécondité et une libéralité inépui~l~ daos les moindres eglises des villages de la cote
hgor1enoe,
.
~i ,ous couchez a Bordighera, soyez sur que le lendemam vous ire1 revoir tout cela.
Sao-Remo, apres Bordighera, c' est presque une
gra~de 1'ille. On y entre, ma foi, par une rue a peu pres
dro,~ et apeu pres alignée; et tout d'abord un 1mmense
Plbis Toos montre que San-Remo n'est point pour etre
lraité eavalierement. Ce palais est le palais Borea. JI
t1t loat l fait magnifique, mais le bon gout y a Rouffert
P1us d'une atteinte.
Lea de111 portes sont charmantes et ornées des sculpturea les plus Mlicates en marbre blanc; maís les feoh! il y aurait beaucoup a dirc contre les
¡nétres; franchcment, c•c~t du rococo, en avance de
eox 8iecles, mais du rococo éoormc, du rococo qui
lembl~ fait pour des géanl,. Le rez-de-chaussee, avec
DDe hien,eillance de grand seigneur, donne a..,ile aux
modeste~ industries. Aufond du vesliliule, qui raptes ,esubules des palais génois, se voit l'ecus_,. des Borea: un Borée souffiant a pleineR joues. CP

:étret;

::e

:estibule est bien le plus hospitalier qu'on p~isse voir¡:
1\ est ouvert a tout venant, et les San-Remo1s abusent
vraiment un peu trop de l'hospitalité ... dans les coins:
Borée sourtlerait au naturel, au licu de soumer en reinture, que les vis1teurs un peu délicats ne songeraieut
pasa s'en p aindre.
Otcz de San-Remo cette rue du palais Borea dont l'a..,pect est presque moderne, et vous aurez la vi lle la plus
encbevctrée, la plus étrange. la pl1Js bizarre, et aussi la
plus amusante qu'on se puisse figurer: c'est le dédale
le plu., incongru et le plus inextricable de ruellcs, qui
montent, descendent, se croisent, s'embrouillent et
grimpent les unes sur les autres en escaladant ou en
dégringolant une colline abrupte; achaque pas,"des arcades sombres, des escaliers, des ponts suspeodus, joignant deux maisons, et,jetés daos ce fouillis, deséglises,
des bouls de jardins, des débris de fortíficat1ons. Dans
les ruelles, des femmes assises sur les seuils, vons regardent avec curiosité, et une foule d'enfants Lruns
barbotJillés vous entourent familierement, vous interrogeant avec leurs grands yeux noirs, et parfois vous souriant d'un air en mcme temps ingéou et mutin.
Voila San-Remo.
Un brave homme a qnitlé son ouvrage pour nous engager a monter sur la terrasse de sa mai•on, d'oi.l l'on
découvrait la ville, la campagne et la mcr.
line vigue, la plus haute que j'aie vue, a coup sur,
tentée sans doute par la beaulé da spectacle, s'ét1mdaii,
d'un seul jet droit et vigourPux, a quara11te pieds du sol
en s'attachant au mur. Cette ,·igne avait donné trois récoites cette année . il fait bon étre vigneron a SanRemo.
Je suis entré dans une église de belle apparence ; par
malbeur, je ne puis guere YOIJS en parler: on l'habillail
pour la fete du soir ou du lendemain. Les Jtaliens croiraient faire une grosse impolites~e a Dieu, a la Vierge
ou aux saints, s'ils ne couvraient pas, daos les grandes
occasions, les plus beaux marbres de serge ou de percaline rouge.
J'avais vu, il y a trois ans, Mooaco; mais alors les jeux
étaient modcstemcnl logés dans un pav1llon donnant sur
un joli jardin : depuis lors, M. Blanc leur a hati une demeure digne d'eux, de l'autre coté du fort; Je suis retourné a Monaco pour voir le nouveau temple de la
déesse Roulette et du dieu Trente-et-Quarante.
La route de Menton a Monaco court au-dessus d'un
immense jardjn d'orangers, de citronniers, de fig11iers,
ele capriers, qui descend vers les eaux lileues de la liéditerraoée; il est impossible d'aller a la fortune ou a la
ruine par un plus joyeux chemin.
Le Casino s'é!eve au milieu d'un pare délicieux, planté
de beaux arbres, embaumé des plus doux parfums : il
domine lamer, au bord de laquelle on arrive par de
magmfiques escaliers en marbre blanc et des terrasses
ornées de supcrbes balustres.
L'édifice est d'une blancheur éblouissante, immaculée:
il vous vienten le contcmplant des pensers d'une pureté
virginale; oo se demande si l'on a l'ame assez chaste
pour y pénetrer, et l'on s'attend a trouver dans le vestibtJle une statue de l'Innocence.
Un pb1losophe, qui avait pcut-etre perd11 la ve1lle
quelques napoléons sur le tapis vert, me montra, d'un
geste tragique, la roer, dont le Oot chantait, et le contonr
harmooieux &lt;lu golfe, puis le Casino, que la Ju[¡e enveloppait de ses plus amoureuses caresses, et d'nne voix
sentimentalc pronon~a ces quatre mob : l'enfer dans le
paradis.
J'entrai l,ravement daos l'enfer, au bruit d'uue valse
de Strauss, que jouait l'orchestre.
Autour de la table il y avait trois croupiers, deux dames ou den, demoiselles, peut-étre l'uu et l'autre, OWJpéesa piquer gravement sur de petits cartons les numéros sortis, une autre dame qui jouottait sagement, prudemment, froidement; une demi-douzaine de messieurs,
pas tous tres-propres, qui risquaient bien quarante sous
a la fois, et une dizaine de curiem qui regardaient, ou
jouaient en esprit.
JI dut se pcrdre et se gagner, daos cette folle nuit, cinq
cenL, francs, au moins.
A d1x heurcs une cloche sonna; a la porté de l'enfer
quelques-uns des damnés montcrent en omnibus, et
s'en allerent preudre un joli petít batcau a vapeur qui
les ramena a Nice.
Je tenais a revoir Monaco, et je \'ai revu avec infiniment de plaisir. Enfin, j'ai rencontre une Yille qui, en
troisans, n'a pa..q percéunerue, creusé un égout, bAti une

¡ 1;1~ison : tellP elle ótait ~u l R6i, tell e elle est en i R64_
J a, retrouvé le méme chatc:iu, les memes fresques dans

¡1a cour, dignes de Rorrc ou de Flnrrnce, dont la restauration arnit étéwmmenc"e par ~lnrat, un peintre de talent que la mort nous a pris avant 11• temps; le meme escalier, daos le gout de celni de fontainehlean, et qui n'a
qu'un ioconvénient, celni d'ctre un pcu plus grand
qu'il ne serait nécessaire; les memes remparts, les
mcmes pieces d'artillerie : onzr canons d'un calibre formidable et deux ohusiers, les memes tas de bombes et
de bonletsrangés sur la place, et je crois, le meme factionnaire a la porte du palais.
L'importance eles forces militaires de la principa.,té
n'a point changé non plus; je me suis renseigné sur ce
point : toujours quatorze hommes de troupe, c'est bea,ucoup, car l'armée monégasque, si l'on tient compte de
la population, est aussi 110111hreuse que l'arm \e fran~aise.
Les soldats de Charles lil sont écrasés de bcsogne.
- Vous avez, disais-je a un habitant, des gendarmes,
des douaniers, des sergents de ville?
- Oui, monsieur.
- Partant, un nombre considérable d'employés et de
fonctionnaires?
- 'on, monsieur.
- Comment cela?
- Ce sont les quatorze hommes de troupe qui sont
douaniers.
- Et les gendarmes?
- Encore les quatorze hommes de troupe.
- Et les agents de police?
- Toujours les quatorze hommes de troupe.
- Et ils remplis5ent en méme temps tant de fonctions
diO'érentes?
- Oh! non, monsieur, successivement: celui qui
était gendarme avant-hier, douanier hier, est aujourd'hui sergent de ville, sera soldat demaiu, et redeviendra gendarme aprcs demaio.
- Et !'uniforme?
- L'unirorme, monsieur, change avec la fooction,
oaturellement.
Je désirais visiter l'rntérieur du palais, et j'avais songé
a solliciter une autorisation du gouvemeur.
- PourrJis-je voir le gouverneur? demandai-jc a
un scrgent de ville du jour, douanier de la veille.
- Voir le gouverneur!
Je n'oublierai jamais l'acccnt de stupeur avec lequel
ce lirave homme, bouleverse de mon audace, pronon~a
cctte phrase.
Un instan! je pensai que la Jangue m'avait peul-etre
tourné, et que j'avais demandé a contempler Dieu face
a face.
Quand l'honnete sergent dP ville fut un peu revenu
al11i, il ajouta :
- Monsíeur, le gouverneur a du monde.
J'exposai te motií de ma demande.
- Adrr.ssez-vous au commnndaot du pala1s.
Malheureusemcnt, le commandant du palais était sorli
et n'avait delegué ses pouvoirs a persvnne.
Je m'en retournai asscz dé~appointé. En passant devantles prisons, l'idée me vinl de dcmander la permission
de YOir les priso11niers; mais je craignis de commettre
une indiscrétion, et n'en lis ríen.
. . . . . . . . . . . .
Avant de dire adieu a la Corniche, je m'arrete deux
jours a Cannes, ou l'Angleterre m'offre la plus cordiale
hos¡,italité. I.'année derniere, j'annon~is la création, a
Cannes, du premicr cl1Jh méditerranéen. L'idée est de"enue, a l'beure qu'il cst, uu fait accompli, qui se manifeste á tous les yeux par un tres-gracieux édifice, élevé
en pleine vue de la mer.
M. Béchard, le vic~-présidcnt de la société, a bien
voulu me faire visiter, dan5 tous ses détails, les appartements du club, dont le conforLaLle ne le cede en ríen
a celui qu'on rencontre dans les étahlissements de ce
geme les mieux organi~és.
Autre nonveauté : un hotel immense et somptueux,
sorli de terre comme par enchantement, tout armé et
tout orné.
- Et Canncs aura, cet hiver, assez d'étrangers pour
peupler ce grand caraYansérail? demandai-je.
- Per.;onne ici n'en doute, m'a+on répondu.
11 en est, a ce qu'il parait, des hótels comme des journaux: ils multiplient les voyageun; comme les journaux
multiplient le., lecteurs.
X. fn¡¡r;1r.

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Gorges de la Sbenandoab.

BATAILLE DE FJSHER'S-BILL -

D'apres les croquis de W. S.

Lir;uc, rebelles.

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�CORRESPONDANCE DE NICE.
AU DIRECTEUR.

Nice, U octobre t 864.

L'empereur et l'impératrice de Russie sout arrivés ici,
hier a cinq heures du soir, daos le traiu impéria\. Une
foule considérable a stationné toute r apres-midi le long
de l'avenue du Prince lmpérial (une magnificence), qui
aboutit a la gare, et le long de~ rues par lesquelles devait passer le cortége impér1al pour se rendre a la résidence de Leurs Majestés. Toutes ces rues avaient été,
comme la gare, pavoisées de drapeaux russes et fran~ais, d'oriflammes surmontant des écussous aux aigles
noires.
L'empereur et l'impératrice ont été re~us daos l'intérieur de la gare par la colonie russe, nombreuse aNice,
par des personnes de distinction, Frao~ais et étrangers,
qui avaient été invités. L'incognito, que l'on avait si
fort recommandé, a été rompu au clernier moment. En
effet, quelques heures avant l';;.rrivée de LL. ~rn ., le
grand maréchal du palais exprima au préfet le plaisir
que l'empereur éprouvrrait a étre re~11 par les autorités.
Done, le préfct, le géntral commandant le département
et le maire étaient présents, en grande tenue, a l'arrivée d11 train ímpér1al.
L'empereur, en costume de voyage, paletot et petit
chapeau gris, est desceodu le premier du wagon, ét il a
offert la main a l'impératrice pour lui aider a descendre
le marche-pied. Le grand chambellan a présenté a
Leurs Majestés d'abord les &lt;lames russes, puis les hommes, groupés il. gauche; enfin, les autorités frangaise~,
qui attemlaient a l'entrée du passage conduisant a la
sortie de la gare. L'empereur a adressé la parole individuellement au préfet, au général et au maire, pour
les remercier de l'accueil qui lui était fait, el leur exprimer le plaisir qu'il éprouvait de visiter un si beau pays.
Cet accueil a été tres-digne et tres-respectueux. En ce
seos, l'incognito que désiraient LL. M.1'1. a été rigoureu••
seruent observé.
•
L'empereur et l'impératrice ont été recus a leur villa
par les dames de la halle, 'l ui leur out oÓ:ert des masses
de fleurs. L'impératrice s'est montrée tres-sensible a
cette atlention. Ce déluge de fleurs l'a .étonnée, et elle
en demandait toujours que les corbeilles étaient épuisées.
Les résidences impériales se composent de deux propriétés, dont l'on a réuni, par une élégante passerclle,
les deux pares splendides plaotés d'orangers, qui seront
couverts de fruits jaunes daos un mois, et magnifiquement plantés d'arbres de tous les pays. Les arbres tro, picaux se trouvent la comme cbez eux.
La villa Peillon, habitée par LL. MM., est une des plus
belles de Nice. Elle cEt située sur un versant de colline
et exposée en pleio midi. L'aspect de la maison est gran-•
diose avec ses trois étages, et son rez-de-chaussée ento•1ré d'une galerie a colonnes grises. Elle est flanq uée de
·deux pavillons bas d'un rez-de-chaussée, surmontés
chacun d'un groupe de statues; dans les niches creusées dans ces pavillons, se trouveot égalemeot des statues. L'intérieur de la villa répond a l'extérieur. C'est
tres-vaste, tres-áéré, trés-riche. Le salon impérial est
d'un gout excellent, et meublé comme peu de villas le
sont ici. Il s'y trouve, chosc encore asscz rare a N1ce,
des objets d'art a~sez bien choisis. Les tentures sont en
soie bleue; les ornementations en or, pas trop surchargé,
les meubles du style Louis XV rocaille. De la grille qui
ferme l'eolrée de la villa a la maison, on arrivc par di:ux
allées en pente douce.
A droile de cette habitation, en regardant le midi, et
séparée d'elle par quelques bouqnets d'arbres, se trouve
la villa destinée aux dncs. Cela a un peu l'aspect forteresse, avec des votltes colossales et une grantle et belle
terrasse sur laquelle s' élcvent trois jeunes palmiers, ce
qui donne un certai1. caractere a cette maisoo.
La villa Bermond, voisine de la précédente, se com. pose de quatre pavillons ou palais, comme on dit.aussi.
Ces babitatiuns, qui oot été la demeure de la grandeduchesse Hélene, ainsi que l'atteste une inscription gravée sur les portails en pierre de la grille d'entrée,
sont moios priocieres que celles de la villa Peillon; elles
sont échelonoées sur une propriété qui ne compte pas
moios de huit ou dix hectares, et sont cacltées daos une
véritable forét d'orangers et de citronniers. On y arrive
par une splendide avenue d'oraogera. Les villas Ber-

sur sa figure chérie; nous nous serrions la main dana
une muelle étreinte, qui nous prouvait que nous n
..
d
.
oaa
et,_ons tous eu1 c~mp~.1s saos ~ou_s parler, et je n'ypen.
. sa,s plus, ou du moms J y tacha1s s1 fort que je parvellaii
souvent a réussir.
Que de bonheurs mystérieux et tendres deux C«l!ura
qui s'entendent peuveut trouver ainsi da:is un regard, dans un sourire, daos un serrement de mains
sympathique et doux ! Ne me plaignez ·pas trop, lectenr
car en vérité, je le sens maintenant, je n'étais pas alo~
a plaindre.
Un de ces gran,ds bonheurs qui paraitra puéril peut,
ctre, mais que je veux rapporter, parce qu'il fut le premier, disons meme le plus grand, c'est celui qui inonda
mon creur le jour ou je remis pour la premiere fois ama
mere l'or gagné par son fils .
~'était le prix d'une traduction interlinéaire des rabies
d'Esope, aá usum paroulorum; elle n'était meme pas signée. O ~loire !
Eh bien! j'ai dit plus haut que l'or de ma mere me pa.
CORRESPONDANCE D'AMÉRIQUE.
raissait pleurer; il me sembla que cette fois je voyais le
mien sourire !
AU OíRECTEUR.
Done, j'étais heureux apres tout; et comme la riviete
New-Yorl.., 5 octobre t 86i.
un instant soulevée par la ternpete, redevient hmpi~
et calme, ma vie avait repris son niveau, moins enthonJe vous envoie deux croquis faits pendant la deroiere siaste et moins passionnée peut--étre, mais pure et hondes deux grandes batailles que le général Sheridan a néte, et méme un peu enthonsiaste encore, mais de cel
livrées au général Early, a Vinchester, le rn septembre, entbousiasme qui prend sa source dans les régions les
et a Fi,her's-hill le 23. 11 a cvmplétement battu ce gé- plus intimes de l'ame et qui l'éleve sans la troubler.
néral et presqne anéanti cette armée qui, il y a peu de
Il est temps maintenant que je présente au lecteor
temps, mena~ait Washington.
Emmanuel de Terville. Quoique effacé en apparence, le
En quelques jours, Sheridan a balayé la vallée de la róle qu'il joue daos cette simple hisloire eut un proíond
Shenandoab, fait six mille prisonniers, pris toute l'ar- retentissement daos roa vie.
tillerie confédérée et les drapeaux de la brigade dile
Emmanuel était mon ami des le collége, et sans que
Stooewall-Brigade, en sou venir de son général Stonewall cette amitié eut jamais trouvé l'occasion de se prou,er
Jackson. Ces drapeaux, déchirés et noircis par le feude par un fait particulier, elle portait cependant ames yem
vingt batailles, sont maintenant a Washington.
ce cachet de franchise et de sincérité qui fait présumer
Toute tentative d'attaque contre le Potomac esta pré- que, l'occasion venue, le dévouemeut ne fera pas déíao~
seot mterdite au général Lee, et la route de Lynchb11rg j'en a vais ainsi jugé, et je dus croire, auxjours du mal,
sur Richmond est ouverte. 11 ne reste plus aux confé- heur, que j'en avais jugé sainement. Ce qu'Erumanoel
dérés qu'il. réunir les derniers débris de leurs armées était pour moi la veille de ma ruine, il le fut le lendemain,
sous Tes murs de Richmood, .pour résister an choc que rien de plus, mais rieu de moins, et c'était beaucoop.
vont lui porter sur ce point toules les forces combinées La main tonjours loyalement oflerte, le regard toujoun
du Nord. M. Seward, dans un récent discours, compa- nettement et amicalement fixé sur moi, l'abord toujoun
rant la sécession il. la coquille d'un reuf, disait : &lt;&lt; 11 y a fr:mc et cordial, tels étaient les indices sur la foi deamai ntenant une pointe écrasée, le reste doit bientót quels s'augmeotait l'attrait qui m'avait toujours entomber en moreeaux. 11 Nous sommes tous de cet avis et trainé vers .Emmanuel. Aux yeux d'un homme qui, tMs
ootre enthou, iasme est immense; la démoralisation la que la fortune l'avait trahi, avait pu voir taot de jellllll
plus complete regne, au confraire, dans le parti en- gens traverser le boulevard a son aspect, afio de gagner
nemi. La lm de cette funeste guerre approche, il n'y a le cóté opposé et n~ pas suhir la géne d'une renconlre
plus a en douter, et l'Uoion sera rétablie. Nous écrase- importune; pour celui qui avait vu tant d'ingral~, mille
rons, s'il le faut, jusqu'au dernier débris de la résis- fois les obligés de sa famille, détourner avec atrectatiol
tance; nous servons une cause qui nous permet la ri- la tete et ne pas le saluer, on m'avouera que cette OOII•
gueur et que nous devons faire triompher a tout prix. duite d'Emmannel avait quelque mérite; cela est triste
Une révolutioo s'est faite déja dans les esprits et daos a dire, mais il fut le seul exemple d'un semblable héles mreurs a l'égard des negres; il était facile de la pré- roisme, car, daos notre société, l'homme riche qui res
voir. Dils qu'on permeltait a ces braves ~ens de verser connalt en pnblic un ami pauvre peut passer pourDI
lcur sang daos nos rangs sur les chamris de bataille, on héros de courage ou de singularité. Une chose m'ank
les relevait a leurs' pro pres yeux et aux nótres, et ils de- encore touché, c'était l'attitude d'Emmanuel envers ma
venaient forcémentnos égaux. Aussi voit-on maintenant mere; il semblait la saluer avec une nuance de respei
saos étoonement un blanc causer en pleine rue avec un plus marq uée encore dans sa mansarde de la ruc du Bit,
negre et lui donner la main; un négre monte dans une qu'il ne l'av~it jamais fait daos les salons aristocrali·
voiture publique ou sur un s'teamer et y occupe s.a place ques dont elle avait été si longtemps la reine; et cepet'
tout i::omme un aulre, et nous comptons par centaines daot il joignait a ce respect quelque chose qui, sans étre
des negres portant les épaulettes de capitaine et les de la familiarité, avait le bon parfum d'une affecliol
portant tres-bravement. Les espérances d'un abolitioniste vraiment sentie, et tout cela prelait, pour moi, a ceUt
n'anraient jamais osé s'élever jusque-la, il y a quelques unique courtisan de l'infortune, un ch arme irrésistible el
tout-puissant. Rien n'était d'ailleurs plus charad
années.
Pour
extrait:
P.
PAGET.
qu'Emmanuel quand il le voulait.
·
Agréez, etc.
Juste assez beau pour n'etre pas remarqué, justeallli:
simple pour ne pas sembler négligé, tout, chez Emllll'
nuel, paraissait réglé par le bon goi.tt et par une sort
LES LILAS BLANCS.
de gr-a.ce molle, qui, saos e1Iacer en lui le caractere df
l'homme, lm donnait cette espece d'attrait qui vientil
1sum ,).
la doucem·, et qui est particulier aux femme's; spiritoflt.,
mais d'un esprit mordant et vif, il semblait ordioaiJ1!l&gt;,i
N'importe, parl'ois eocore le vieil homme se réveillait
ment dédaigneux de montrer son esprit, et 1'ab1itít
en moi; le bruit d'un triomphe étranger arrivait jusqu'a
sous un masque d'insouciaoce .trop naturelle pour ,.,
nons; un succes venait de faire apparaltre s1Jr l'horizon
raitre a1Iectée; puis, soudain, quand un mot oo
littéraire un nomjeune et jusqu'alors inconnu; un autre
pensée venait a heurter plusvivement cetteinsouci&amp;D
avait touché ce but, un instant et vaioement entrevo
comme l'étincelle qui, s011s le choc, jaillit de la pie
1 par moi. Je pnis le dire, je n'étais pas bassemeotjaloux,
il laissait échapper une réflexion qui frappait juste,~ce sentiment n'est jamais entré daos mon creur, mais,
qu'il exprimait par une parole presque toujows inc
malgré moi, il m'échappait un soupir. A son tour, ma
et sceptique. Cela peut-étre m'etlt fait mal augurer
mere l'interceptait au passage, et je voyais alors un reson creur, si maintes fois je n'avais YU perler une l
gard anxieux et comme voilé d'une \arme s'arreter sur
dans ses yeux au récit de quelque souffrance 011
moi ; bientót je la rassurais d'un sourire qui se reflétait

mond sont'. occupées par la maison de l'impératrice. Le
jardin d'Alphoose Karr, ce nid de roses, cst limitrophe
avec la villa Peilloo.
Voila, au couraot de la plume, ce que je puis vous
dire aujourd'hui des demeures impériales et de l'arrivée
de LL. MM. a Nice. Cependant, voici deux faits caractéristiques. Comme je vous l'ai dit plus haut, l'impératrice a été enchantée des montagnes de flcurs qu'on a
répandues a ses pieds; et l'empereur s'est haté, ce
matio, de passer, sur la place d'Armes, la revue dubataillon de chasscurs de la garde, chargé du service
d'honneur.
Je vous tiendrai au courant. Et avant de terminer, je
vous dirai qu'on attend ici deux frégates russes pour
compléter une escadrille. Une fr~;;ate et une corvette
sont déja mouillées a Villefrauche.
Loms DE SAINT-PIERRE.

¡

.279

L'lLL UST RATlON, JOURNAL lJN IVERSEL.

L' 1LLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

etqoe belle action. 11 cachait cette !arme soit par res-

tu troubler notre bonne vie? Mes livres, ton amour et

qo bumain, soit par systeme, mais cela suffisait a me l'amitié d'Emmanuel, ne sont-ce pas les éléments d'une

~ croire

que l'attendri~se~ent, :ve~ait bien réelle- existence heureuse?
- Aussi ne s'agirait-il pas de l'interrompre dit-elle ·
:,
esprit paresseux qui se réveille a l'improviste et je suis désireuse de la conserver autant que !u peux e~
00
etre jaloux toi-méme; mais sans l'interrompre on peut
nijailüt san~ avoir eu le temps de mesurer son élan.
q Do reste, il m'eut été impossible d'expliquer alors le l'embellir; voila ce que m'a proposé Emmanuel et ce
.,
'
,éntable caractere d"Emmanuel ; il me serait encore que J approuve tres-fort. Assieds-toi pour mieux enimpossible de l'expliquer aujourd'hui que je le connais tendre.
arieDI, si l'on refusait d'admettre qu'il y ait des gens
- Voyons, dis-je, la séance est ouverte et je suis tout
tout ala fois sceptiques et croyants, bons et pervers, in- oreilles.
- Emmanuel a si souvent parlé de toi, de tóñ talent
capables de_ la m~indre indélicatesse, et fort capables de
ces petite, rnfam1es de creur, que le creur condamne, de votre amitié a sa cousine, la comtesse Blanche, qu;
mais que le monde absout. Ces apparentes contradic- cette dame désire te connaitre; présenté par Emmanuel
tions ne peuveot, je crois, se concilier qll.e par le mot tu_serais re~u par sa cousine comme un ami, et tu pour~
que j'ai déja prononcé plus haut, le mot : systeme ; on ra1s trouver dans son salon, sinoo des connaissances
est né boonete, mais il faut de la vertu, pas trop n'en qui plus tard te seraient utilés, au moios cet écbange
faut, dit le systeme, et l'on obéit au systeme. 11 y a tout de pensées et ce frnttement avec d'autres esprits qui te
un admirable code a l'usage des gens du monde, et dont sont, je erois, nécessaires. Il n ·y a pa.s de repos qui
oous nous taissons presque tons aller a respecter les dé- puisse valoir celui-la, et c'est, j'oserais le dire, le com.crets; la probité, dans certains cas, est chose inviolable; plément presque indi,pensable d'une existence de Jadans certains autres, elle passe pour duperie; une beurs et de fatigues intellectuelles.
Puis, voyant que je restais muet, elle ajouta :
mauvaise action qui tourne en élégante raillerie n'est
- Quelle objection peux-tu faire au projet d'Emmaqu'une plaisanterie spirituelle etgaie, et dont oo ne fait
plus que rire; c'est convenu, c'est entendu, et bien col- nuel?
- Mere, je ne sais, lui dis-je; je suis loin d'avoir de
Jet monté serait celui qui se gendarmerait pour si peu.
Tel était saos doute Emmanuel: une bonne nature, sots préjugés, et je ne crois pas que l'h.omme ruiné ait
gatée par un caractere incertain, et que n'avait jamais dtl perdre de sa valeur persnnoelle par le seul effet de
éprouvée l'infortune, cette grande maitresse. ~lais je sa ruine, mais j'bésite a la pensée de retourner dans ce
m'aper~o1s que je me laisse aller a juger Emmanuel avec monde ou j'ai vécu dans des circonstances meilleures ·
la lumiere que devait m'apporter !'avenir; au moment puis, je n'ai pas encore senti jusqu'ici le besoin de cette'
011 je le présente au lecteur, je ne le jngeais pa$ aiosi; diversion a mes pensées dont tu parles, et je craindrais
j'avais bien remarqué chez lui de nombreux disparates, que le travail ne me ftlt, au contraire, rendu plus pénimais je l'avais toujours vu linvariablement mon ami, et ble, si je m'exposais a gouter, ftlt-ce rarement, les plaicette ~délité, en ce qui me conceroait, compensait gran- sirs élégants d'un monde aimé jadis, mais qui ne doit
dement a mes yeux sa versatilité sur d'autres points. plus étre le mien.
- Tout ce que tu dis la serait sans doute fort juste
Bref, je l'aimais, et c'est tout dire; daos ma nouvelle
sitoatioo, les affections étaient rares ; je croyais a la interrompit Em~anuel, avec cette nonchalance grac1eus;
sienoe, et elle tenait une bien grande place daos le cer- dont j'ai parlé plus haut, s'il s'agissait de te laocer a
nouveau dans un tour~illon inconciliable, je le crois
cle restreint ou j'enfermais mes pensées.
comme1oi,
avec la vie sérieuse et digne que tu as adopAossi fus-je vivement peiné, et meme un peu froissé,
tée;
aussi
n'est-ce
pas la ce que je te propose; laisse-moi
lorsqu'un jour ma mere me dit, daos.une de ces causete
faire
un
court
historique
du salon de ma cousine et
ries coofidentielles qui composaient un de nos graods
'
tu
verras
les
choses
sous
un
tout autre aspect. Blanche
booheurs :
- C'est étrange, rien de ma part ne justifie ce senti- est mariée a un vieillard qui a qnarante-cinq aos de plus
qu'elle, qui ne sortjamais, et a de plus le ridicule d'étre
ment, mais je n'aime pas M. de Terville.
- Pourquoi? fis-je, avec un bond de surprise. N'est-íl d'une jalousie supérieure a celle d'Othello. Ces diverses
pas le seul de nos amis qui ne nous ait pas atandon- circonstances foot a roa pauvre cousioe une existen.ce
des plu!- décolorées, et son unique ressource contre l'ennés!
- Je sais tout cela, dit-ell~; je sens que je suis, que nui mortel qui la menace, est une société tout intime et
je dois elre injuste, mais c'est plus fort que moi, je ne composée de gens intel\igents et distingués, joignaot
aux recherches de l'esprit la simplicité de gout des
l'aime pas.
Ceue découverte me serra le creur, etje pensai que gens sages. Je recrute pour ce salon tout ce que je conma mere recoonaitrait elle-méme que cette répugnauce nais d'esprits jeuoes et brillants, capables d'animer ces
de sa part était saos cause, et, bonne et juste comme je réunions sans leur faire perdre leur cachet·de réserve et
la conoaissais, je ne doutai pas qu' elle ne fit tous ses de bon gotlt. A ces titres, tu m'as paru une recrue
a ambitiooBer, et j'ai plaidé cette cause, je te l'avoue,
eft'orts pour la vaincre.
Un jour vint ou je crus voir se réaliser cette espé- plus encore daos l'intérét de ma cousine que daos le
rance ; je rentrais d',me conrse, lorsque je trouvai tien propre, quoique je partage les idées de ta mere en
Emmaouel seul avec ma mere; ils semblaient occupés ce qui te concerne. Quant a Blanche, c'est le naturel et
d'une conversation qui les absorbait, car j'arrivai pres- la bonté mémes, et des que tu la connaltras, je suis etlr
que jusqu'au milieu de la chambre saos qu'ils eussent que tu l'apprécieras comme elle le mérite. Bref, en acl'air de s'apercevoir de ma présence. Enfin, ma mere se ceptant moo invitation, ajouta-t-il, ~u obligeras deux
personnes, Blanche et moi : Blanche, en lui donnant un
lourna vers moi et me dit :
ami;
moi, en ne me faisant pas subir l'affront de m'étre
- Je viens d'avoir avec notre ami Emmanuel une
targué
de plus d'influence sur toique tu ne m'en accordes
co~versation qui m'a charmée, car ses paroles réponréellement.
daient ades craintes secretes que je nourrissais depuis
- Et quel jour comptes-tn présenter a ta cousine le
quelque temps au fond de mon creur.
poete
que tu protéges? lui dis-je en souriant, a moitié
- Qu'est-ce done? fis-je, surpris et charmé de l'air
convaincu.
SOuriant de ma mere.
- Samedi, si t1J le veux bien, je lui présenterai l'ami
- Un complot infernal, dit Emmanuel avec cet air
ros:nenard, au moyen duque! il cachait quelquefois la que j'aime, répondit-il avec cette grace irrésistible, une
de ses séductioos les plus réelles.
vénté sous la raillerie.
- A samedi done, puisque vous le voulez tous deux,
. - Depuis longtemps, cher enfant, reprit roa mere,
J~ m~ demandais si ce bonheur si grand que je ressens a repris-je en me décidant.
Et Emmanuel sortit emportant ma promesse.
ta,01r tout a moi, n'était pas entaché d'égoisme, et .si,
- Tu es done un peu revenu sur le compte d'Emmaen conservant la bonne vie que tu me fais, il n·y aurait
nuel?
dis-je il. ma mere quand nous fumes seuls .
pas moyeo d'introduire dans ton existence quelquesOui
et non, dit-elle en souriant. Emmanuel a fait
unes de ces distractions, presque un besoin. pour qui
preuve
a
mes
yeux de deux déhcatesses dontje me plais
:llaille sans cesse; a force de se tendre la pensée se Cague, et peut demander d'autres ressources qu'un tele-a- a lui savoir gré; il o'a pas ignoré notre misere et n'a
~ avec une mere, bien tendre saos doute, mais qui jamais tenté de nous faire de ces offres de services tounest pas bien amusante, ajouta-t-elle en mettant une jours humiliantes, si franchcs qu'elles soient, et, je le
crois, cette abstention de sa part est le fruit d'une noble
IIU&amp;nce de coquetterie daos sa voix.
-.Oh! mere, luí dis-je avec élan, pourquoi crains-tu réserve ; car je le sais généreux et méme prodigue a
que Jepuisse m'ennuyer avec toi? Et pourquoi voudrais- l'occasion; de plus, il est fier de l'amitié de mon fils, et

ent du creur, et que la ra1llene n etall que le caprice

---------s'en pare hautement; voila une raison bien forte contre
l'espece de·froideur inexplicable et certainement injJ~te
que, malgré moi, je ressens po11r lui.
J'embrassai roa mere, doublement heureux, et de ce
qu'il y avait de caressant pour moi daos sa phrase, et de
ce qui s'y trouvait de flattenr pour un ami bien cher a
mes yeux.
Nous étions au lundi; c'était done dans cinq jours que
j'avais promis de retourner, pour la pre111iere fois depuis ma ruine, daos ce monde dont les portes jadis m'étaient ouvertes a deux hattants, et dont une crainte,
puérile saos doute, me faisait alors redouter iostinctivement le contact.
Ce ne fut pas sans quelqnes réflexions que je vis s'approcher ce jour, en lui-meme si peu solennel.
Un~ des ch oses dont se préoccupe le plus l'imagination
de l'bomme dans sa jeunesse, c'est la croyance de son
importan ce personnelle aux yeuxd'autrui; aucun horr.me,
Cut-ce le plus obscur et le plus iofime, ne veut se per-•
suader que ses pas, ses démarches, sa tenue, puissenl'
ne pas etre l'objet des commentaires et de la critique de
ceu.x sous les yeux de qui il passera; de la, une crainte
qui, parfois, lorsqu'on s'efforcc le plus de fuir le ridicule
Y0US le fait atteindre du premier conp et au grand com:
plet.
Si e'est la un sentiment naturel a tous, il faut avouer
que j'étais assez excusable de m'y abandonner· saos
. . ,
'
'
a,_01r J0Ue un role. br1llant avant ma ruine, puisque j'éta1s encore trop Jeune pour en avoir joué un qui me fút
personnel, cependant on n'avait pas ignoré daos le
monde élégant de París, et quelle avait été roa'situation
passée et quelle était celle dont les circonstances m'avaient fait une nécessité. Sans doute, depuis d.eux ans
déja, tout cela s·était accompli, et il aurait du etre évident pour moi que pas une ame au monde ne s'en souviendrait; mais l'bomme ne peut se juger avec les memes yeux que les indifférents; et lorsque ceux:-ci ont
oublié depuis longtemps son nom, son infortune et jusqu'a son souveoir, l'homme en est encore au lendemain
de ses malheurs et croit en trouver le reflet daos le regard ou daos la voix de chaqne personne qui !'aborde.
n,_en é_t~it ainsi de ~oi, et, pour bien expliquer le genre
~ rnqmetu~e ressent1e au fond de mon creur, je dirai que
Je ne sava,s trop si, dans le saloo de la comtesse Blanche, je devais prendre l'attitude d'un élégant ou celle
d'un homme pret a accepter le patronage des gens influent~ qu'~mmanuel_ avait nommés a n:a mere, et qui,
daos 1ave~1r, pouva1ent m'aider de leur suffrage ou de
leur appm. En un mot, que devais-je laisser prédominer en moi? L'homme du monde ou l'homme de \ettres !
Apres Y avoir beaucoup réflécbi, plus, je crains bien
q_ue cela n'.était nécessaire, je me décidai pour un troi~
s1eme part1, en eflet le meilleur: c'était de me mootrer
~urement et simplement comme un homme bien élevé
JU?eaoi, que c'était la le point de contact qui unit
m1eu1 l homme de lettres, l'homme véritablement digne
d~ e~ nom .d~ moins, a~ véritable homme du monde, je
d1ra1s au ver1table genttlbomme, si ce mot était de mise
de nos jours.
C'était la une délibération bien futile saos doute et
je n'en aurais certainement p11s rendu compte au J~cte~r, si je o'étais entré, en faisant ce récit, dans une
vo1e de franchise qui me fait désirer de relever un a un
jusqu'aux antécédents les moins 1mportants de mon iotroduction daos une société, sonrce des beures les plus
douces et les plus cruelles de roa vie.
Enfin, ce samedi, l'objet de tant de réflexions, arriva.
Emmanuel fut exact au rendez-vous, et vint me prendre
a huit heures.
, Ma ~ ere m,': ~br~sa'. qua~d ~ous partimes, aYec plus
d effus10n qu a I ordma1re; e éta1t, depuis la mort de mon
pere, la premiere soirée que j'allais passer loin d'elle .
puis, peut-étre, elle aussi, se préoccupait-elle de cett; •
nouvelle entrée de son fils daos le monde; puis, peutetre entore, qui sait? pressentait-elle, tremblait-elle
craignait-elle, comme craignent, ~omme tremblent:
co~me presseotent souvent les meres, saos, causes et sans
ra1sons appareutes.
Une fois dans la rue, Emmanuel congédia son coupé
et prit mon bras.
Juus DE WAILLY ms.
(La suite prochainement.)
,\

1:

Reproduction interdite aux j ournau1 qui n'oat pu traité uec la Société
le1 gens de lettm.

�280

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

,

1

RltGES.

Ce mot, qui
ne doit certainement exister sur aucun
dictionnaire
géograph ique, est le
nom d'un petit coin de
terre quin' est
pas saos intérét pour l'artiste, pour le
géologue,
pour le cbasseur, en un
mot, pourtout
ami de la nature, qui n'est
la ni mutilée,
nitransformée
par la main

des bommes¡
mais si les livres se taisent
a son égard,
les belles cartes dres.ws
pour la r..
margue, soil
celle de l.
Veran, d'Ar1es, soit celle
de M. Ílii·
líen Damll,
de Somllires,désigDellt
dans la parlie
méridionale
du vaste della
du Rhone,a
milieu des
étangs et del
0aques d'ea
qui sépared
l'étang de
Valcaresdela

,

armi ces bandes ·d'alluP
01er,
,r
Tions fluviatiles r écentes don t
vent de roer cbange ' les
un
t ..
dispasitions, tant ces e~rams
sont bas ., ces cartes, d1sonsdésignent une langue
S
ollU'
.
d'alluvions"ane1ennes, longue
de quatre kilometres et large
d'environ cio_q ~en~ metres.
Cette ile est md1quee comme
s'élevant de deux metres quatorze ceetimetres au-d.issus de
lamer : ce qui est une altitude énorme, daos un pays ou
la platitude est telle qu'elle
vous cause, a J'état de vertige,
la crainle, , sioon de tomher
daos un ¡1réci1)ice, ainsi que
cela arrivc lorsqu'on est a
la marge d'un haut rocber
taillé apie, du moins d'ctrc
envahi de tout coté par les
eaUI.
Qui connait ce pays, que
ces eau1 et la dislance placent
loin de toute hahitation et préscrvcnt ainsi de ton te dévastation? Des chasseurs passionnés et intrópidcs, des gardicns
de hreufs saurages parvicn- ·
ncnt sculs rlans cette solitude.
L~s arhrcs y poussent et y
rucurcnt san, y etre mutilés.
Les oiseaux aquatiques, des
troupes de 0ammants, des avoceles, rle~ goi\lands y vi venten·
pai1, el les pancl'atium épa-nouisscnt leur corolle odorante sans que les jardiniers
fleurisles vien nent arracher ala
terre qui- les nourrit • leurs
bulbcs recberchées. 1 Le bois
qui couvre toute la petite ile,
el qui s'appelle le bois de Rie- ·
ges, est done une vraie forét
,ierge. Les arbres qui la· composcnt. sont: le Juniperus phreaitea(legeucvriermurvan), qui
éleve son parasol, souvent élégant, sur dos toufles enchcvctréesdephyllil'ea.Au printemps,
les grands asphodeles éL'.llent
ROSSINI. - D'apres un médai!lon de M. H'• Chev•lier.
leur tige chargée de fleurs
blanches. Des cystes divers y
brilleut aussi err abondance. En été, les statices parcnt de d~lresse. Enfin, arrivé sur la terre forme, nous
le sable, et, au commenccmenl -de l'áutomne, l'aster avons tracé sur le papiér l'image de ces troncs morts,
11111ellus s'y montre, sinon plus fastueux, du moins renversés, desséchés, qui reslent debout au mi'ieu de
plus gracieux que
8'!S congéneres nombreux de l'Amérique du Nord, qui
sont, a la meme
époque de l'année,
la parure la plus
apparente de nos
parterres. Chasseur
de pittoresque aussi
passionné
qu'un
chasseur de gibier,
nous avons voulu •
connaitre le hois de
Rieges. Avec des
goides, nous avorrs
tra,ersé de grands
espaces d'eau; nous
a,ons troublé, pen- ·
dant nne matinée
de printemps, des
troupes de 0amlllants, craign an t
saos doute de voir
détruire lenrs ooufs
déposés-sur le sable;
des avocetes, planant sur nos tetes
.
'
IIOllllaieµl lle~ .9ri&amp;- - .

1 ••

la vigoureuse verdure des plus
jeunes, et nous reproduisons
ici deux de nos croquis exécutés d'apres nature.
Si le bois de Rieges et le
terrain qui le supporte sont
11ne antiquité, végétalement
et géologiquement parlant, il
n'en est pas de méme des autres parties de la basse Camargue. 11 n'y a guere que cent
cinquante ans que le cours liu
Hhóne a été grandement modifié, et il y en a deux mille
que l'étang deValcarcs h'avait
certainement pas la forme
qu'il présente aujourd'hui. On
trouve t.les prcuves 111atérielles
de ces changements incontestables clans le niveau de constructiun~ romaines, existant au
bord de l'eau et daos l'eau
meme de l'étang, a la bauteur
du grand dornaine appelé le
chatcau d'Avignon. Ainsi que
peut le faire comprendre notre
dcssin, une couche de deux a
trois metres d'alluvions fluviatilcs recouvre ces traces de
conslructions romaines. Est-ce
la trace de la ville de Natilia,
dont parle Strabon, comme
exislant aux emboucburcs du
Hhone? 11 serait bien difficile
cl'éclaircir ce point de géographie anciennc. Contentonsnous d'o~scrver, avec les ré0exions qu'ils doivent faire
naltre, ces spectacles imposants des pbénomenes de la
nature, a coté des témoignages de la fragilité des· choses
humaines.
J. B. LAUOENS.

ROSSINI.

Ce grand artiste est né a
Pesaro, pctile villc de la Romagne, le 20 février i 792.
Son pere, Giüseppe Rossini,
était tubatore, trompelte de
ville. C'était lui qui proclamait les arretés municipaux, qui annoncait les cérémonies publiques, les ven les aux encheres, ;te., etc. 11 était
en outre inspecteur dé la boucherie. :&amp;Iais les deux places
réunies ne produisaient qu'un assez
maigre revenu.
Sa femme, Anna
Guidarini, était filie
d'un boulanger de
Pesaro. Elle avait un
gotit tres-vif pour la
musique, et une jolíe voix, dont elle
tira partí un peu
plus tard, quand le
vent des révolutions
eut soufflé sur l' ltalie, et que Giuseppc,
victime de la réaction, fut hors d'état
de nou·rrir sa famille.
En i796, en effct,
le général Bona-•
parte, vainqueur de~
Autrichiens et maltre de la haute rta-lie, partil de Bologne, baltit J'armée
papale, et contraignit le saint-pere au

tr~ité qe Tol~M!!!ij,

�is3
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -- - -- = - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - L'ILLUSTRATION. JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
300,000 fr. Il n'a répondu que par un sourire, et l 1'11,
Il forma la république cisalpine,'puis la république ,fis.- filfreprésenter, dans le courant de l'année t8t2, six fermé son manuscrit avec cent autres ouvrages, gr._
padane, et une république anconitaine se forma bientót opéras, daos trois villes difiérentes: a Venise, l'Inganno ou petits, que ses amis seuls connaissent. Aprea llli
d'elle-méme. En t798, ce qui restait encore du domaine felice, Il. cambio della ualigia, la Seala di seta, l'Occasione
été toute sa vie au-dessus de ce qu'il produisai1, 11
de saint Pierre ful envahi, Rome prise, le pape exporté. fa il ladro, - a Ferrare, un opéra sérieux : Giro in Batrouvé moyen de se mettre au-dessus de sa gloire ea.;
Une république romaine fut organisée, et bientót apres bilonia, - a Milao, un opéra bouffe en deux acles, la
méme. Ce grand musicien est assurément un grand ,i.
une république ¡,artbénopéenne. 11 parait que ces grands Pietra del Paragone. JI y a daos l'Inganno un finale charlosopbe.
G. HtQun.
changements inspirerent a Giuseppe Rossini plus de maot, un trio qui est un chef-d'reuvre. La Pietra del Pasympathie que d'borreur, si bien que l'an d'apres, quand ragone mit en émoi toute la Lombardie. Oo accourait a
la chance tourna, il perdit ses deux emplois et fut mis Milan, pour l'entendre, de toutes les villes environTllÉ0D0SIE DE CRIMÉE.
en prison, ou il resta dix mois. Anna Guadarini se ré- nantes, et l'auteur ayant, sur ces entre!aites, atteint sa
fugia a Bologne, obtint de débuter au théatre Cit&gt;ico, vingtieme année, le prioee Eugene, vice-roí d'Italie,
Théodosie, CAFFA ou KtFt, port de laRussie d ~
réussit, et tint l'emploi de prima donna, pendant plu- l'exempta de la conscri¡,tion. Il justifia immédiatement
est
situé sur Je détroit de Caffa, qui unit la mer Noire ¡
cette
faveur
exceptionnelle
par
la
partition
de
Tancredi,
sieurs années, a Sinigaglia, Forli, Ferrare, Mantoue, etc.
celle
d'Azof. Cette ville ful batie en t266 par les~
executée
a
Venise
pendant
le
carnaval
de
t8l3.
Tancrede
Giuseppe, devenu libre, la suivait partout, et jouait
sur
les
ruines de l'antique Théodosia, qui devint alonle
est
plein
de
beautés
du
premier
ordre
et
d'inspirations
la partie de premier cor daos l'orchestre des théAtres
centre
du
commerce de leur république avec la
que
Rossini
lui-meme
n'ajamais
surpassées.
ou elle remplissait les premiers róles. Gioachino RoslaPerse
et
l'Inde. lis la conserverentjusqu'en ft75,é~
L'ltaliana
in
Algeri
~uivit
de
pres
Tancrede.
En
t8H-,
sini, leur fils unique, a done entendu chanter, répéalaquelle
Mahmoud
ll !es expulsa de la Crimée, etronia
Rossini
fil
jouer,
a
Milan,
A.ureliano
in
Palm!ra
et
le
ter, jouer du clavecín, etc., des sa plus tendre enfance.
de
cette
presqu'ile
un
Etat tartare dépendant de ta y.,
Turc
en
Italie,
puis
Sigismondo
a
Venise.
En
t8i5,
l'enll avait sept ans lorsqu'on pla~a tant bien que mal ses
quie.
Cet
État
passa
sous
la domioation russe en t7tt
trepreneur
des
théatres
de
Naples,
Barbaja,
s'allacha
le
petites mains sur un clavier et qu'on tui apprit le solfége.
sous Catherine JI. Mais avant d'abandonner Tbéodosie.;
jeune
et
triomphant
maestro
par
un
traitement
magni11 avait une voix charmante. A neuf ans, il commen~a
de chanter dans les églises de Bologne. A onze ans, il fique, t2,000 fr. par an. JI débuta, a Naples, par Eli- Russes, les Tur~ la détruiairent ~e fond en comble, 1
ne firent qu'un monceau de rumes de cette cité, 4(i
cbantait a merveille et exécutait a premiere vue, avec sabetta. Puis il y écrivit successivement la Gauetta et
était
panenue a un tel degré d'importance et de r i un aplomb imperturbable, tous les accompagnements Otello (t816), Armida (18f7), Mose in Egitto, Ricciardo e
qu'on
l'appelait la petite Consto.ntinople. L'étendne de•
qu'on tui présentait. Son pere luí avait appris a jouer Zoraide (t8t8), Ermione, la Donna del lago (t8iíl), et
ruines
et les vestiges de ses fortifications, attestent e-.
du cor. Un artiste de Bologne lui donna des le~ons de Maometto mondo (!820).
son ancienne grandeur et l'état llorissant daos leqael
Ces
grands
011vrages
ne
sont
encore
que
la
moitié
de
violon. Quand la mue vint lui enlever sa voix de soelle se trouvait, a cette époq11e, sous la domination g6,
prano, iJ tira partí de son talent d'accompagnateur, qui ce qu'il produisit daos l'espace de six années. ll
noise ou turque. Elle comptait alors une population d'•
trouva
encore
le
temps
d'écrire,
a
Rome,
Torwaldo
était fort remarquable. Des cette époque, il était déja
viroo t 5,000 ames, qui fut dispersée, et se comJIOIII
e
Dorliska
(1815),
Je
Barbier
de
Séville
(t8t6),
Cenerentola
d'uo grand secours a son pere, dont le métier ne valait
en grande partie de riches oégociants arménieos; cq¡.
(t8t7),
Adelaida
di
Borgogna
(t818).
11
partil
de
Rome
rien, et a sa mere, dont la voix s'était promptement faci, dirigés par leur esprit actif et industrieux, y avaleal
tiguée. 11 avait écrit déja quelques pieces de musique, apres y avoiT donné Cenerentola, pour aller écrire a
établi l'entrepot de leur commerce. On n'en sauraitdol,
Milan
la
Gazza
ladra.
11
retourna
a
Milan
le
lendemain
de
bien qu'il ne sut pas un mot de contrepoint. Son merla premiere représentation de la Donna del lago, pour y ter, si J'on songe que q~arante-deux églises arménie•
veilleux instinct lui révélait toutes les regles.
étaient élevées daos son enceinte.
Il y parut bien quand les Mombelli vinrent a Bolo- pire jouer Bianca P. Faliero. Cette accumulation de
Depuis une vingtaine d'années, Théodosie tend hegne, et que M"" Mombelli la mere, en lui donnaut chefs-d'reuvre improvisés coup sur couµ efiraie l'imagi- co11vrer son ancienne prospérité, depuis surtout qae 11
successivement les paroles d'un air, d'un duo, d'un nation.
Il revint a Rome en t82t et y donna !,(atilde di Sha- constructiou d'un chemin de fer, qui•la réunit l . .
quatuor etc., qu'on essayait des qu'ils étaient faits,
cou et a Saint-Pétersbourg, et qui relie, par suite, ta
Jui fit composer, de cette fa~ou, un opéra tout entier. l&gt;ran. Puis, Barbaja ayant soumissionné et obtenu l'en- mer Noire a la Baltique, est venue apporter nne vie•
C'est l'opéra intiulé Demetrio Polibio, ou l'on trouve des · treprise du théatre impérial de Vienne, il écrivit pour velle daos cette contrée, et donner au commerce •
inspirations du premier ordre, notamment un duo et un Vienne Zelmira (1822), ou il déploya des richesses d'har- impulsion extraordinaire. Plus de cinquante maia
quatuor qui sont des chefs-d'ceuvre. Depuis, Rossini a monie a éblouir les Allemands les plus exigeants sous ce nouvelles s'élevent tous les ans sur les ruines de l'•
été plus savant, mais il n'a jamais montré plus de rapport.
Semiramide, jouée a Venise en t823, fut sa derniere cienne cité, et la valeur territoriale s'est considérülagénie.
reuvre
italieone. Sa carriere de compositeur italien, com- ment accrue. Des que les communications entre Call&amp;II
C'est ce qui décida son pere a le mettre au lycée
mencée
a la fin de t810, emhrasse done douze années. l'ancienne et la nouvelle capitale de l'empire russe •
musical de Bologne, dans la classe du pere Mattei,
l&gt;endant
ces douze années, il avait mis au jour une qua- ront établies d'une fa~on réguliere et rapide par la 1li
professeur de contrepoint, alors en grande réputaferrée, eette ville deviendra le Dieppe de la Russie ella
tion. ll avait quioze ans. 11 y resta jusqu'a dix-buit ans. rantaine d'opéras. - Je n'ai pas mentionné tout ce qu'il rendez-vous de toute J'aristocratie. Déja, en effet, mllpl
- Trois ans consécutifs de contrepoint et de fugue! Se a produit.
On luí proposa un engagement pour Londres. Il l'ac- l'éloignement des autres points de l'empire, ses blil
figure-t-on bien tout ce qu'a pu faire, pendant une péde roer sont tres-fréquentés. Batie en ampbitbéatre •
riode aussi longue, et tout le chemin qu'a dü nécessaire- cepta, et passa par París, oti il revint apres quelques mois des collines chargées de vignes et surmontées de..,
ment parcourir un éleve aussi ¡,rodigieusement doné Y de séjour en Angleterre. Ces quelques mois, qu'il em- lins a vent, Théodosie présente un aspect des plus pilll
Les pédants, qui, pendant tout le cours de sa car- ploya moins a écrire qu'a se faire entendre et a se faire resques et jouit d'un air pur et sain. Du haut destf
riere, Jui ont reproché, on ne sait pourquoi, de ne pas voir, furent l'époque la plus lucrative de sa v1e d'ar- teaux qui l'entourent, on a devant soi une magmt,I
étre assez savant, ne soup~onnaient guere a quel tiste. C'est la qu'il amassa !e capital qui, tres-habile- perspective, et le plus riant tablean se déroule
ment administré et grossissant d'année en année, a propoint l'accusation était ridicule.
yeux. La vue peut se porter tour a tour sur de rielll
L'étude des procédés scholastiques ne lui faisait pour- duit la belle fortune dont il jouit aujourd'hui.
Le gouvernement fran~ais d'alors tenait a honneur campagnes ou sur la ville, ou bien elle s'étendra lit
tant pas négliger celle des maitres, sacrés ou profanes.
l'immensité de la surface de la mer Noire, de celle
Il dévorait toutes les partitions qui lui tombaient sous d'J\llacher nossini a la France. 11 s'y prit convenable-- zof, de la mer Putride ou Sivasch, le Putridum flMII
la main. 1l s'était pris de passion pour l'école allemande, ment, et il réussit. nossini, directeur du Théatre Italien
anciens.
dont les inveutions harmoniques ouvraient a son imagi- sans en avoir le titre, puis inspccteur général du chant
La population actueHe de Théodosie est d"en
'
titre
qui
n'était
qu'un
prétexte
a
appointements,
écrivit
nation des perspectives infinies. Il adorait Haydo et
t5,000
ames, parmi lesquelles on compte bon nomlllt
Mozart avec autant de ferveur que Paisiello et Cima- a París, de t825 a 1829, ll Viaggio a Reims, piece de Francais. Mais les Arméniens forment toujours une
rosa, et oo l'appelait, daos J'école, Il Tedeschino, circonstance pour le sacre de Charles X, le Siége de Co- grande partie de cette population. lis possedent, ootre
le petit Allemaod. C'est en se nourrissant de l'art alle- rinte, qui n'était que le Maometto s,condo, arrangé pour anciens temples ~nés, quatre nouvelle~ églisea
mand qu'il se préparait a transformer, a régénérer l'art la scene frau~ise et enrir.hi de morceaux nouveaux; ont fait édifler, et sont entrés daos une voie de p
Moise, autre arrangement oti la parlie purement franitalien.
~aise
avait encore plus d'importance; le Comte Ory, oti rilé qui rappelle l'époque ou ils faisaient de leurvilll
Il était d'usage, au lycée de Bologne, que Je meilleur
des plus riches entrepóts de l'Orient. Cette situatiOI
éleve fut désigné, chaque année, pour composer une les deux tiers du Viaggio trouverent leur place, et enfln fait que s'améliorer a la suite de la nominatioo de JI,
cantate, qui était exécutée en séance publique et en pré- Guillaume Tell, joué pour la premiere fois le 4 aout briel Aivazovski, un des directeurs du collége nation
sence des autorités municipales. Rossini, apres un an t 829. 11 avait alors trente-sept ans. Il était dans toute ménien de París, et frere du peintre qui fut
d'études, obtint celte récompense et cet bonneur. Sa sa force. ll pouvait faire encore, sans se fatiguer, vingt a notre expositioo universelle de t85!:(, au poste
cantate, intitulée: Pianto d'armonia perla morte d'Orfeo, chefs.-d'reuvre. Mais ces chefs-d'reuvre ne pouvaient cbeveque diocésain. Le R. P. Gabriel a toujOUJI
fut exécutée le R aout t808. 11 avait alors seize ans et guere ajouter a sa gloire, et leur enfantement aurait en effet, mériter la réputation qu'il s'est acq
certainement troublé le repos auquel il aspirait. - 11
quelques mois.
París, dans le monde savant, par ses qnalités n
Malgré le succes de sa cantate, i1 resta encore al'école est bien temps, dit-il, que je laisse la pl:ice aux au· et ses profondes connaissances linguistiques et th
pres de deux années. Ce ne fut qu'a la saiso~ d'au- tres.
C'est lui, en effet, qui a fait connaitre en France ques. O'apres ses conseils, un riche et patriote Arm
tomne de t8l0 qu'il débuta a Venise sur le petit lhéatre
M. Kbaliboff, a doté la ville de Théodosie d'un
San-Mose, par une partition boufie en un acle, intitulée Meyerbeer, Bellini, Dooizetti. Quant a lui, ríen n'a pu fique collége, dont la construction seule coute P
la Cambia/e di matrimonio. En t8t 1, il fil une cantate: tui faire rompre le silence. Son Stabat, composé Ala quatre cent mille francs, valeur représentant,
Didone abbandonata, et un opéra en deux acles: L'Equi- pricre d'nn chanoine espagnol, n'était pas destiné a conditions ordinaires, plus d'un mili ion en France,
,ioco strauagante. Ces trois premiers esssais ayant pleine- voir le jour, et n'est connu que parce que le manuscrit, ontété inaugurées une importante bibliotbeque et
ment réussi, tous les théatres de la haute Italie s'ouvri- mis en vente par les héritiers du chanoine, esl tombé primerie, qui sont en pleine prospérité, grAce aDI
rent devant lui. Or, il était assez Jaborieux, assez actif, entre les mains d'un spéculateur. L'an passé, pour amu- assidus et éclairés de l'archevéque.
et il avait l'imagination assez féconde pour faire face de ser ses loisir&amp;, il a écrit une messe qui est une merveille,
Pow adrlil: P. P.
ious,les wtés a la fois. Cbose incroyahle ! il écrivit et el l'a tait entendre une seule fois. On luí en a offert

-----r----~---·----

R-,

SOII•

perdre, nous, notre honneur et nos biens, et de nous
voir réduits a mendier. Le jour viendra de cette si
LA. CHANSON DE ROLANn .
grande fete de saint Michel, le terme passera, et Charles
PO.EllE DE rneROUI.DE.
n'entendra de nous paroles ni nouvelles. Il est fier et
son creur est cruel ; il fera trancher les tetes de nos ótaSi populaire que soit le nom de Roland, qui vient ges. Mais mieux vaut que nos fils y perdent leurs tetes
d'emprunter, pour ainsi dire, un iotéret d'actualité a la que de perdre, nous, notre belle Espagne, éclatante de
préstJotalion du bel opéra de M. Mermet, le poeme de lumiere, et d'avoir a supporter taot de maux et de souf;béroulde, qui cha11te ses gestes et sa mort, est a peu frances. »
res inconnu. Tout le monde ne peut pas lire un pocme F.l les paiens de dire : «11 a raison ! »
~u douzieme siecle, et tout le monde ne préfére pas a la
Le roi Marsille a leve son conseil. 11 appelle a lui dix
tangue d11 óix-neuvie~e siccle, qui ~~t pou~. nous la des rtus félons : « Seigoeurs barons, leur dit-il, allez
tangue vraimeot vulga1re, cclle du sememe s1ecle, que trouver Charlemagne. Portez daos vos mains des bran-·
• Génin a jugée mieux faite pour reproduire le~ gr.ices ches d'olivier, signe de paix et de soumi sion. Diles a
11
naives de la cbanson de geste. Ce n'est pas ici le lieu Charles que, pour son Dieu, il ait merci de moi. 11 ne
d·esposer tcutes les rai~ons ri me font préfér~r, pour verra point s'achever ce premier mois que je ne l'aie
la traductioo du poeme de Théroulde, la tangue que rejoint avec mille de mes fideles. Je recevrai la loi chréparlon~ a celle que parlaient nos peres il y a trois tienne, je serai son homme-lige par amour et par foi.
0005
cents ans. Une seule raison suffit : cette Chanson de Ro- S'il veut des otages, je luí en donnerai. Ayez assez d'a/atld, dont on ne sait presque plus rien que le nom, esl dresse pour nous mettre d'acord, et je vous comblerai
le ,ieux cbant oational de la France; tous ceux qui ont d'or et d'argent, je vous donnerai terres et fiefs autant
pu ta tire doivent vouloir qu'elle redevienne popu- que vous en voudrez. » El Blancardin de dire: « Vous
aurez a vous réjouir de notre message. » Am.
taire.
c·est la peosée qui me l'avait fail traduire il y a trois
Les messagers montent sur leurs mutes et vont a
aos. Mais le~ esprits étaient alors bien loin de notand, Charles, qui tient la France ~ous sa gouverne.
bien loio meme du roi Charles, notre grand empereur.
L'empereur est daos un granel verger. JI a aupres de
Une tentative bardie, couronnée par un brillant succcs, lui Roland et Olivier, le duc Sanche et le fier Anséis, et
a rajeuoi ces viei!les gloires de la France et de la che- bien d'autres encore. lis sont la quinze mille fils de la
valerie. Le jour de Théroulde est venu.
douce France. Ces cbe,ahers sont assis sur des tapis de
En offranl aux lecteurs de l'Illmtration la CuAxso;s- DE soie blancs, ils se divertissent au jeu de dames, les plus
RoLAND, j'ai du la débarras~cr de quelques rediles et de agés et les plus sérieux jouent aux échecs, et les jeuoes
quelqucs développements qui ne sont point saos grace bacheliers s'amusent a l'escrime. So11s un pin et a l'omdaos le poéme, mais qui ne pouva1ent pas entrer daos bre d'un églantier, brille un fauteuil tout fait d'or pur :
te cadre du journal. On ne trouvera saos doute pas la sied le roi qui gouvcrne la douce Fraoce; sa barbe
ici tout,le poeme de Théroulde, mai on ne trouvera ríen est blaoche et sa tete pleine de beauté, son corps est
que tui. En l'abrégeant, je ne me suis du moins jamais noble et bien pris, et sa contenance est fiere. A qui le
pennis de parler a sa place.
cherche, il n'est besoin de l'indiquer.
ALEX. DE SAINT-ALBIN.
Les messagers de Marsille descendent de leurs mutes
et vont saluer l'empereur avec empressemenl et respect.
Blancardin parle le premier, et dit au roi : « Soyez béni
de Dieu le glorieux que nous devons adorer! Voici ce
LA CILL'ISO:i DE ROLAND.
que vous mande le vaillant roi Marsille. Apres avoir bien
cherché des moyens d'arrangemcnt, il veut vous donner
une grande part de ses trésors. Vous avez été longtemps
La Trahison.
en notre pays, vous devez avoir bate de retourner en
Fr;mce. Mon maitre vous y suivra, il en prendl'engageLe roi Charles, notre grand empereur, est depuis sept gcment. »
ans en Espagne. 11 a conquis jusqu·a la mer ce nohle
L'empereur leve ses mains vers Oieu, puis, la tete
pays; il n'y a pas de chateau qui tienne cootre lui, pas pencbée, se met a réflécbir. 11 ne se presse point de réde mur ni de ville qui reste a forcer, hors Saragosse, pondre, accoutumé de prendre son temps pour parler.
mise sur la montagnc. La regne le roi Marsille, qui Enfin, il releve la tete, el montrant aux envoyés sarran'adore pas Oieu, qui sert Mahomet et invoque Apollon : zins un visage ple in de fierté, il leur dit : « Vous avez
~¡ son adresse ne pourra le soustrair~ au malheur. tres-bien parlé. Mais le roi Marsille est mon grand enAo1 (1).
nemi. f.,1mment pourrai-je m'assurer en ces promesses
Le roi Marsille est a Saragosse, dans un verger, coo- que vous venez de me faire? - Par des ótages, dit le
ché a l'ombre du feuillage, sur un perron de marbre Sarrazin, dont vous aurez, ou dix, o•J quinze, ou vingt.
bleo. Plus de vingt mi lle hommes J'entourcnt._11 s'adresse Au risque de sa vie, j'y mettrai un mien fils, et vous
a ses ducs, a ses comtes : u Eotendez, seigneurs, quel n'en aurez pas, je crois, de plus noble. Quand vous
mal nous encombre. L'empereur Charles est venu de serez en votre palais impérial, a la grande Cele de Saintson pays de France en celui-ci pour nous confondre. Je Michel-du -Péril, mon maitre vous rejoindra, il en prend
n'ai pas d'armee qui puisse donner bataille a la sien ne. l'eogagement. C'est la qu'il veut Jevenir cbrétien. »
f.onseillez-moi done et sauvez-moi de mort el d'afTront. » Charlemagne répond: «11 peut done se sauver encore !»
Pas un de ces paieos ne trouve un mol a lui répondre, Aor.
bo~ le subt1I Blancardin, qui lui dit : « Ne vous effrayez
Le soir est beau, et le soleil encore éclatant. Le roi
po1~L Feignez de vous soumettre a cet orgueilleux. Té- Charles fait conduire a l'etable les dix mulets. ll fait
mo1goez-lui une grande amitié. Eovoyez-lui quatre cents dresser daos le verger une tente ¡,our les dix ambassamnlets chargés d'or et d'argent, cinquante chars chargés deurs. Les Sarrazins y passent la nuit et resteot jus.de n:aéme,donnez-lui ours et lions, et chiens et chameaux, qu'au grand jour.
et antours déja grands. Mais c·est assez de guerre en
L'empereur se leve de grand matin. 11 entend messe
IIOlre pays: qu'il retourne en France. Promette1-lui que et matioes. JI va s'assec,ir a rombre d'un pin, et fait ap'º~ l'J rejoindrez ala fete de saint Michel, pour y rece- peler ses barons pour tenir conseil avec eux, car il veut
YOl? la loi des chrétiens et devenir son homme-lige. S'il en toutes choses marcher d'accord avec les Frau~ais.
,e~t des otages, vous tui en envoyez dix ou vingt. Pour Arrivent la le duc Oger et l'archeveque Turpin, le vieux
qnil prenne coofiance, nous lui envoyons les fils de nos Richard et son neve1.1 Henri, le preux comte Acclin de
femmes. Au ris~ue de sa vie, je luí envoie le míen. 11 Gascogne, Thibauld de Reitns et son cousin Milon, et
'1111 bien mieux qu'ils y perdent leurs tetes que de. Gerer et Gerin; avec elll arrivPnt le comte Roland et
le noble et preux Olivicr. JI y a la plus de mi lle Fran~ais
~I O. ••• PII PU bien 61,r le seos de ce mol, qui termine I• plupart de France. Arrive Ganelon, qui trahira. Le conseil s'ou~ - - •· Francisque Michel. le premier éd1teur de la Cha111on de
._ 4tJ l."'~ ••ee &amp;•M'z dA 1'1'111fmhhoce un cr, de guerre, une tnduc- vre, dont l'issue sera funeste. Aor.
191it en • elan 1ur l'ennemi, away. 11 •e dem•ude crpenda11t •• ce ne
L'empereur leur expose !'affaire, et lcur dit : « Le roi
. _ . : ane excl1mation du jon~leur pour urrur le n,eoelrier que la
Marsille
me rejomdra daos ma résidence d'Aix, il y recela do ft qa",l 111 a .-.r,éter. llllis ulle e1cl1m1tion de•ra1t se trou,er
111
_
, loa1ea lea llnd,a, et il en e.t, au contrlire. un graud nombre vra notre loi, meilleure que la siennP; devenu chré,- .. 1oot pu.
tien, il tiendra de moi ses domaines. Mais je ne sais
•.....,:Opcu
8::.iilllle no1e manuscr,te
que J'•i so111 le• y•uz, M, lilonmerqué relate
pas quel est le fond de son creur. » Et les Fran~ais de
l'op10100 de ll. Barrv,s, qui re~arde Ao1 co..,me une
liiiL Iba de ce qu, pr,cPde. uoe contracMu de Oui. 0111, c'elt bitn dire : 1( 11 nous faut prendre garde ! 11 Aor.
"""
combien de slaoces de la Challlllll ,u RD'4114 ,,,enoent conLe comte Roland, qui ne veut entendre a rien avee
._ iaterpnlatioJI !

.

le Sarrazin, se leve vivement et vient repousser les propositions : « Ne croyez pas aux promesses de .Marsille,
dit-il au roi. Voila sept ans que nous sommes en Es¡,agne, Marsille ne vous a fait que trahison. 11 envoya
quinze mille de ses paiens, chacun portant une branche
d'olivier et vous disant les me mes paroles qu'aujourd'hui.
Vous prites le conseil de vos Frao~ais, qui vous persuaderent d'accorder quelque treve. Vous envoyates au
paieo deux de vos comtes, Bazin et Bazile : il les fil décapiter... Poursuivez la guerre comme vous l'avez entreprise, conduisez votre armée a Saragosse, poursuivezen le siége, s'il faut, toute votre vie, mais vengez ceux
que le trailre fit périr ! 1i Aor.
L'empereur rembrunit son visage, il tourmente sa
barbe, il lord sa moustache, et ne réµond ni oui ni non
a son neven. Tous demeurent en silence, bormis GaneIon, qui s'avance et tient au roi ce discours : « N'écoutez ni moi ni d'autres, n'écoutez personne, n'écoutez que
votre avantage. Quand le roí Marsille veut se rendre a
mains jointes votre homme-lige, tenir toute l'Espagne
de vous et se soumeltre a notre sainte loi, celui qui vous
induit a rejeter ces offres ne se soucie guere, sire, de
quelle mort nous mourrons. Conseil d'org•1eil qui ne doit
pas prévaloir. Laissons les fous et tenons-nous aux
sages. 1i Aor.
Le duc Neimess'avancc pour parler au roi, qui n'a pas
de vassal plus fidele: 11Vous avez entendu !'avis du comte
Ganelon? 11 est plein de sages.~e. Le roi Marsille, vaincu
par vos armes, a vu tous ses chateaux rasés, ses remparts détruits par vos machines de guerre, &amp;es villes brulées et ses troupes défaites. Quand il se rend a merci et
vous offre des ótages, ce serait pécbé de vouloir faire
encore plus cootre luí. Cctte guerre terrible ne doit pas
etre poussée plus loin. Et les Fran~ais de dire : &lt;( Le
duc a bien parlé. » Ao1.
1&lt; Seigneurs barons, qui enverrons.-nous a Saragosse,
au roi lJarsille? » Le duc Neimes répond : 1( J'irai, si
vous daigoez m'en charger. Donnez-m'en le gant et le
baton. - Vous étes homme sage, lui dit le roi. Par ma
harbe et par ma moustache, vous n'irez pas si loin de
moi cette année. Allez vous asseoir... s~igueurs bar,ms,
qui pourrons-nous envoyer au SarrazioY » Roland répond : 1( J'y peux bien aller. - Non, ferez, certes ! dit
le comte Olivier. Votre courage est trop bouillant, vous
vous feriez qnelque affaire. Si le roi le veut, j'y peux
bien alter. - Ni vous ni luí n'y mettrez les pieds, répond
le roi. Par ma barbe blanche, les douze pairs y seront
malvenus! 1i
Tout le monde se tait... Turpin, l'archeveque de
Reims, se leve et dit : (( Laissez les reposer · depuis sept
ans que vous étes en ce pays, ils ont eu assez de peines
et de fatigues. Donnez-moi, sire, le baton et le gant, et
j'irai trouver ce Sarrazin d"Espagne, et connaitre un
peu l'air de son visage. » L'empereur lui répond d'un
ton faché : « Allez vous asseoir sur ce tapis blanc, et ne
parlez plus que je ne vous l'ordonne ... Fran~ chenliers
pouvez-vous m'indiquer un baron de mon domaine pour'
porter mon message a Marsille?
11 Celui qui vous convient, dit Roland, c'est Ganelon, mon beau-pere. 1i Et les Fran~ais : « JI s'en acquittera bien! Vous n'en pouvez trouver un plus habile. »
Mais le comte Ganelon tombe daos une grande angoisse. «Fou! dit-il a Roland, d'oti te vientcetterage? On
le sait bien, qne je suis too beau-pere ! Tu m'as proposé
pour aller chez Marsille! Si Dieu permet que j'en revienne, je t'en garderai un souveoir qui ne fin ira qu'avec ta vie. - Orgueil et démence ! répond Roland. On
le sait bien, si j'ai souc1 de vos menaces ! Mais il faut
pour cette mission un homme habite. Si le roi le veut,
j'irai a votre place. - Tu n'1ras point ama place. Si
Charles me commande pour son service, j'irai trouver
Marsillc a Saragosse. »
Ganelon lui dit encore : « Ne comptez plus sur mon
affect1on, apres avoir fait tomber sur moi ce sort
funeste ... Juste empereur, me voici devant vous, pret a
fa1re ce que vous me commanderez. Je vois bien qu'il me
faut alter a Saragosse. Et qui va la n'en peut revenir.
Apres tout, je sois le mari de votre sreur; j'ai d'elle un
fih1, le plns beau qui se puisse voir. C'est Beaudouin, qui
¡,romet d'etre plus tard un preux. Je lui laisse mes fiefs
et mes domaines. Veillez sur lui, mes yeu1 ne le verront
plus. » Charles répond : « Vous avez le ereur trop tendre. Puisque je vous l'ordonne, il faut partir. » Aor.
Quand il vint recevoir le baton et le gant, Ganelon
dit au roi : « Sire, c'est Roland qui a fait tout cela. Je ne
le luí pardonnerai de ma vie, ni a Olivier qui est son

�REVUE

TRIMESTRIELLE,

par

285

L'lLLUSTRATlON, JOURNAL UNIVERSEL .

L'ILLUSTRATION , JOURNAL UNIVERSEL.

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Furmation de la marine allemande. - Le capitaine : Prenez
uu riz. Le matelot : un riz ! ~loi connaitre que cl,oucroule.

Préléranl n'avoir affaire qu'aux petits joueurs.

- Yous m'avez tout ralisié et ,·ous vous appelez un troupier !
Allons done, vous n'etes qu'un croupier.

_ Sergeut, c·eit done necessa1rP les manreuvret

pour gagner les batailles !. - pui: z·a~ ca••p de Cbáloot! parce qu'1I m'esl inltrd,t d y fa,re usage de ma
fourchette.

M. llillaud trouvant mo¡en de faire marcber son jourual.

. Vuu.s avei visité la Fraoce au mois d'aoül ! Qu~y disa,too '? Rh ! Lambert ! M•Jesté. - Mais, on dit cela aussi cbez
mo1 depuis I• 15 amit.

V,EME A

tl!EMEA
u

Ce négociant habite Turin et tu lui écris a Florence. • que je faia elt daos l'int~rét de l'ltalie.

Le capitaine confédé_ré Sen_&gt;mes ay~nt la gracicuseté d'altend t·e l'arrivée do train de pla1s1r parti de Paris pour commencer le branle-bas
de combat.

\__

- -~

Madame,' CP.

Les &lt;lames allemaudes rempla~anl lcurs bijoux par des saucissons de Strasbourg, afin de gagner l'Alsace a l'Allemagne.

l.

, Vous permelttz?, •

- Moosieur l'adminislration exige qu'on soit encbaioé daQs sa &amp;talle ponr
voir Roland? '.._ Oui monsicur, 1ou1 vous laisseriez entrainer par le chreur du
3• acle it. vouloir ta~r aussi sur les Sarrasins.

« Viens ici, ma filie, que je te mocche.

-=-11

.. THfATR.E D~fiAiELET j t

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LES JEpT
(' HATE

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Votre mari, - II est dans ma malle; l e douanier a perdu la clef,

L'Opéra el l'B/\lel• Dieu lout ~a le méme Jour. Les
malacJes qui ne trou,eronl pas de place A l'un,
iront se !aire soiguer a l'autt'e.

-

a B~de, cette année? Oh
pardon, ¡e ne pensais plus au nouveau reglement.

l{adam•i, aurai-Je le plaisir de vous voir

- Si ce n'est pas ■•• hurreur ! Le diab:e q111 a dea chateau1! Parbleu, c'est
M. Renan qui y aura fail u fortuue.

Do• Quichotte s'échappant du 1ivre de G. Doré pour
cnurir au G~mnase.

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THEATRE RHi

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4e s¡-per111a•11-1'4u11rrol•l - lrlPll1le11r1o'e1t poi~, !llOIPJ u11 qvart,

- Vuye•-vuu•, mauame Poch, 1, i\s cnaugeront les noms ~-e•

1'1111 ·puur des u,,rns d'hommes. JI o'y a pas de daoger qu lis

IIOtuient du now&amp; de cb1eos, lis n'aiwent pas asscz ces pauvres
béta pour ~-

- Allou:;, bon, voilt qu'il,

1

111 011l

chau..:e 1~ uum U~

111a

rue pendan! que ¡'étai• au ,pccl•cle; 1I t•I 1111ou11 el Je ne
sais plus ou je demeure.

Le tht:éltrt 1'd1~1cu1 (¡,rojct). - \'ous m'avcz vulllu cellc contnmarqu~ en ~e
d1saut qu'il y .vait eucore c1uq aelu, el 11 n'y en avait 4u'un. - Mons,eur, Je
voua ai dit &amp;al.lit acte.

�286

IL

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

éompagnon, ni aux douze pairs qui n'aiment que luí. Je
le~ défie tous, Sire, sous vos yeux. » Le Roi l11i dit .
« Vous avez trop de rancune. Mais partirez-vous, quand
je vous le commande ! »
Quand Ganelon veut prendre le gant que luí tend
l'Empereur, il le laisse tomber aterre. Les Frao~ais de
dire: e&lt; Oieu ! quel est ce présage ! II nous adviendra de
grands malheurs de cette ambassade. - Seigneurs, dit
Ganelon, vous en entendrez parler... Sire, donnez-moi
votre congé : puisqu'il me faut partir, je ne veux pas
attendre. » Le Roi lui dit: « Pour la gloire de JésusChrist et pour la mienne ! &gt;&gt; De sa main droite il l'absout
et lui donne le signe de la croix, puis il luí remet le ha.ton et la lettre.
Vous verriez tant de chevaliers plenrer, qui disent a
Ganelon : « Sire, emmcnez-nous ! - A Oieu ne plaise '.
répond-il. Mieux vaut périr seul que d'entrainer daos
ma perte tant de bons cbevaliers. Vous retournerez,
seigneurs, daos notre doux pays de France ; allez salner
de ma part roa femme et Pinabel, mon pair et mon ami,
et Baudouin, mon fils, que vous conuaisse1 bien. Aidez-le et le tenez pour votre seigneur. &gt;&gt; Il se met en
route et va ou le Roí l'envoie. Ao1.
II chevauche, il rejoint les ambassadeurs sarrazins
sous un grand olivier, car Illancardin a ralenti lepas pour
l'attendre. Ils s'abordent avecdes paro les pleinesd'artifice.
Blancardin dit a Ganelon : « Que! homme merveilleux
que ce Charles ! 11 a conquis la Pouille et toute la Calabre . '11 a passé la mer salée pour conquerir a SaintPierre le tribut de l'Angleterre. :Mais que vient-il chercher daos notre pays? - Telle est son humeur, répond
Ganelon; et jamais homme ne tiendra devant lui ! Les Fran9ais sont vraiment gentilshommes, repart Blancardin; mais ils font grand tort a leur seigneur, ces
ducs et ces comtes qui lui donnent de tels conseils : ils
tourmentent et ils désolent lui et les autres. - En vérité,
répond Ganelon,je n'ensais pas un qui mérite ce reproche,
si ce n'est Roland qui encore en aura honte. Hier matin
l'Empcreur était assis al'ombre daos une prairie, devant
Carcassoune; arrive son ncveu, vetu de sa cuirasse et tenant a la main une pomme vermeille: Tenez, beausire, dit
Roland a son oncle, je vous o[re les couronnes de tous
les rois de la terre. Mais son orgueille devrait bien confondre, car chaque jour il s'expose a la mort. Vienne le
coup qui le tuera, et nous jouirons d'une paix profonde.
- Roland est hien cruel, dit Blancardin, de vouloir réduire toutes les nations et mettre tous les pays en guerre.
Sur quelle nation compte-t-il pour faire de tels exploits?
- 11 compte sur les Fran~ais, qui l'aiment tant, quejamais ils ne luí feront faute. lis ont par lui tant d'or et
tant d'argent, et mulets, et destriers, et vetements de
soie et vetements de fer. L'Empereur meme doit tout a
sa valeur. Roland lui fera la conquete du monde d'ici
jusqu'en Orient ! » Aoi.
Tout en chevauchant, Blancardin et Ganelon s'engagent l'un a l'autre leur foi de travaiiler a la mort de
Roland. Et tant ils chevauchent par voies et par chemins, qu'enfin a Saragosse ils mettent pied aterre so•1s
un if. Blancardin, tenant Ganelou par la main, s'avance
aux pieds de l'Empereur et luí dit: ce Charles vous envoie un bomme a lui, un noble baron, !'un des plus
considérables de France. Vous allez savoir de lui si vous
aurez la paix ou la guerre. » Et Marsille de dire : &lt;e Qu'il
parle, nous l'écoutons. » Ganelon dit au Roí: « Voici ce
que vous mande le puissant Charlemagne: Vous recevrez la sainte loi de Jésus-Christ, et la moitié de l'Espagne vous sera donnée en fief. ·s¡ vous ne voulez pas
accepter cet JJ.ccord, vous serez pris de force et garrotté,
amené a•1 siége de l'empire, A Aix-la-Chapelle, et la un
jugement finira vos jours, et votre mort sera pleine de
honte et d'ignominie. &gt;&gt;
A ce discours, le roi Marsille, tremblant de colere et
d'eflroi, leve le javelot qu'il tient a la main et veut en
percer Ganelon. Ma1s ceux qui l'entoureut ar:etent son
bras. Cependant Ganelon a déja porté la main a son
épée, il en a tiré du fourreau la longueur de deuxdoigts,
et il lui dit : &lt;&lt; Ma belle et glorieuse épée, tant que je
vous porterai a mon coté en la cour de ce roi, jamais
l'Empereur de France ne pourra dire que j'ai péri seul
sur la terre étrangere: auparavant le sang des meilleurs
vous aura payée. » Et les paiens de dire : (( Empechonsles de se battre. &gt;&gt;
lis ont fait ra~seoir Marsille sur son fauteuil. Son oncle,
le calife, luí dit: « Vous avez mal conduit vos afiaires,
en voulant frapper le Fran~ais: vous devez l'écouter.
- Sire, dit Ganelon, cela ne m'a point otfensé. » Puis

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

s'approchant du roí: « A tort vous vous emportez quand
Un autre paien, Climorins, vient, d'un visa;:;Charles vous mande de recevoir la loi des chrétiens. 11 et riant, dire a Ganelon : e&lt; Prenez moa heaume ja ett
veut vous donner la moitié de l'Espagne a fief et donner je n'en vis un meilleur. Aidez-nous contre Rola;d 1111s
l'autre moitié a son neveu Roland: un arrogant compa- curez-nous le moyen de le couvrir d'opprobre. _: p~
gnon que vous aurez la! Si ne voulez accepttr cet accord, sera fait, répond Ganeloo. &gt;1 Puis ils se baisent a la::
vous serez assiégé dans Saragosse, pris de force et gar- che et a la j.:&gt;ue. Aor.
rotté, conduit en France et condamné par jugement a
Alors vie~t la _reine _Bramimonde : e&lt; Je vous airte
la décollation. Voila le bref de notre Empereor. » l\lar- beaucoup, sire, d1t-elle a Ganelon, car mon seigneoret
sille, rouge de colere, brise le sceau et en jette la cire. tous ses bommes vous ont en grande estime. A'Olre
Le fils du Roí dita son pere: (( Ganelon a parlé comme femme j'enverrai ces deux bracelets : voycz que d'4t
un fou. Livrez- le moi, j'en lerai justice. » A ces mots, d'améthystes et de jacinthes! Tous les trésors de
Ganelon brandit son épée, il va s'adosser a la tige d'uo ne valent pas autant. Votre empereur n'en eut ja11q
pin.
de si .ricbes. &gt;l Ganelon les prend et les met dallS
11
Le Roi est descendu dans le verger, emmenant avec botte. Aor.
lui ses meilleurs vassaux. Blancardin lui dit: ce Appelez
Marsille prend Ganclon par l'épaule et luí dit: 1 y11
le Fran~ais, il m'a engagé sa foi d'agir pour nous. &gt;, paroles sont belles et sages. lllai~, par cette loi que lOII
e&lt; Le noi luí dit : e&lt; Amenez-le vous-meme. 1&gt; Blancardin
tenez pour meilleure que la notre, gardez-vous de cb11prend Gane:on et le mene au Roi dans le verger. La, ils ger envers nous. Je veux vous faire de mes ricbtrament la trahison déloyale. Aor.
une large part. Jamais année ne se passera saos queje
,, ·neau sire Ganelon, &lt;lit lllarsille, j'ai été un peu trop vous donne dix mulets chargés de l'or le plus fin d'A.
vif. Je veux vous offrir, pour réparation, ces fourrures rable. Prenei les clefs de cette opulente cité, oll'rez-ea
de martre zibeline: c'est la valeur en or de plus de cinq tous les trésors au roi Charles. Mais faites-moi donner
cents livres. Tenez pour vrai que je suis disposé a vous l'arriere-garde a Roland. Si je peux le trouver dans 11
aimer beaucoup. Je veux vous entendre parler de Char- passage ou dans un défilé, je luí livrerai un comha
lemagne: il estsi vieux ! il a fini son temps. Si je ne me mortel! - M'est avis, répond Ganelon, que je tarde
trompP, il a deux ceuts ans et davantage. 11 a démené trop. » 11 monte a cheval et se rnet en route. Ao1.
L'empereur Charlemagne approche de son royanme.
son corps par tant de pays 1 11 a paré tant de coups sur
son écu bouclé ! ll a vaincu ou tué sur les champs de Déja il est arrivé a Gauna, la cité que le comte Rol._
bataille tant de rois superbes ! Quand done scra-t-il las a prise et démantelée. (11 y a cent ans de cela et elle
de faire la guerre? - Jamais, dit Gaoelon, tant que est restéc deserte.) C'est la que le roi attend des noa.
Roland vivra. 11 n'y a point de vassal pareil d'ici jus- velles de Ganelon et le tribut d'Espagne. Le matin, •
qu'en Orient. C'est encore un vaillant preux que son premiers feux du jour, le comte Ganelon arri,e •
compaguon Oli~ier. Les douze pairs si chers a Charle- camp. Ao1.
L'Empereur s'est levé de bon matin, il a enteadl
magne sont l'avant-garde de vingt mille Fran~ais. Bien
messe et matines. 11 est sur 'l'herbe verte, de,ant a
tranquille est Charles, qui ne craint homme vivant. Beau sire · Ganelon, j'ai mon armée: vous n'en verrez tente. Roland est avcc lui, et le-·brave Olivier, et ledac
pas de plus belle. Je peux avoir quatre cent mille the- Neimes, _et bien d'autres. Gauelon arrive, le fo urbe, Je
parjure ! Ses paroles sont pleines d'artifice. 11 dit •
valiers; je peux combattre Charles et les Fran~ais. N'ayez pas cette confiance ! vous perdriez grand nombre roi : « Que Oieu vous bénisse! je vous apporte ici 11
de vos pa'iens. Laissez la témérité folle, tenez-vous-en au clefs de Saragosse, je vous en fais amener de grana
savoir-fa1re. Donnez a l'Empereur tant de richesses, que richesses et vingt otages. C'est le roi Marsille qui•
tout Fran9ais en soit émerveillé. Sur la foi de vingt les envoie. Vous n'avez pas de reproches a luí Cairel
otages que vous lui enve_rrez, le Roí s'eu retournera ·daos propos du calife, car j'ai vu de mes yeux trois cent milt
le doux pays de France, laissant apres lui son arriere- hommes armés, vetus de le,urs hauberts, qnelques-a
garde, ou seront, je !'espere, son neveu Roland et Olivier. couverts de heaumes, ceints de leurs épées a la gut
lis sont morts, si l'on veut m'écouter ! Charles verra d'or niellé, qui se sont embarqués avec le calife. lis •
t.:&gt;mber son orgueil superbe, et il n'aura plus l'cnvie de voulaient plus vivre sous Marsille et venaient se réCu/1
vous faire jamais la guerre. - Beau sire Ganelon, que au milieu des chrétiens. lis n•étaient pas a quatre liew
Oieu vous bénisse ! par que! moyen pourrai-je tuer Ro- du bord, 4u'ils furent assaillis par une tempete furi
lis filrent engloutis, et jama!s vous ne les verrez. Si
land?
seul
avait survécu, je vous l'aurais amené. El q
- Le Roí sera daos les grands défilés de Fizaire, ayant
roi
pa'ien,
tenez pour assuré, sire, que vous ne
derriere luí son arriere-garde, ou seront Roland et Olipoint
passer
ce premier mois qu'il ne vous suift
vier. lis conduisent avec eux vingt mille Fran93is. Faites
marcher contre eux cent mille de vos paiens, qui d'abord royaumc de France, pour y recevoir notre loi chrétielllli
leur livrent une bataille ou ceux de France sont blessés 11 vous rendra hommage ses deux mainsdans lesv~
et tués. Je ne dis pas pour cela qu'il y ait un grand mas- et tiendra de vous le royaume d'Espagne. - Que Dií
sacre des votres. Vous livrerez de méme une autre ba- soit loué ! dit le roí. Vous vous en eles bien tiré,
taille. N'imporle daos laquelle, Roland y restera. Et de en aurez un grand proftt. »
Mille clairons sonnent parmi l'armée. Les Fr
toute votre vie vous n'aurez plus la guerre : car qui
pourra faire que Roland soit tué, fera perdre a Charles lcvent le camp. On cbarge les chevaux de somme.
le bras droit de son corps. Ce sera la fin de ses mer- tous s'acheminent vers le doux pays de France. Aoi.
Charles '1e Grand a dévasté l'Espagne; il en a pris
veilleux bataillons. Charles n'assemblera plus jamais de
chatea!lX
et forcé les villes. Le roí déclare la guerre
si puissantes forces. Et la France sera condamnée au
et
dirige
sa
grande armée vers le doux pays de Fr
repos. » Quand l\larsille entend cette promesse, il saute
Le
preux
Roland
plante au front d'une moutagoe
an cou de Ganelon et l'embrasse; puis il commence par
éteudard,
qui
llotte
sur le ciel. Les Fran~ais se cam
faire venir son trésoricr. Ao1.
par
toute
la
contrée.
Marsille dit a Ganelon (pourquoi tarderais-je plus a
Les pa'iens chcvauchent daos les profondeurs de
le redire?) e&lt; 11 n'est preux conseiller dout il ne faille
une assurance : Jurez-moi, s'il y est, que vous le trahi- vallées, vetus de leurs hauberts, couverts de leurs h
rez. &gt;1 Ganelon lui répond : « Qu'il en soit selon votre mes, l'épée au coté, l'écu au cou, les lances bien Ci
plaisir. 11 Sur les reliques de son épée Murglcis, il jure la bies, les étendards bien attachés. Quatre cent
hommes attendent le le ver du jour.
trahison. Et le forfait e&amp;t consommé ! Aor.
Dieu! quel malheur que les Fran~ais n'en •
Marsille fait apporter devant lui un livre ou est
écrite la loi de Mahomet et de Tervagant. Sur ce livre, rien ! Aoi.
(La .mite prochainerd-)
le Sarrazin d'Espagne fait le serment, s'il trouve Roland
a l'arriere-garde, de le combattre avec tous ses hommes,
et, s'il peut, jusqu'a la mort. Ganelon lui répond: &lt;&lt; Que
votre commandement soit béni ! » Aor.
CIXl:11.@flDQIWIE flll~IBCALI.
Un paien, Valdabron, qui éleva le roi Marsille, s'avance
d'un air riant et dit a Ganelon : ce Prencz mon épée,
Le succes de Roland a Roncevoua: a pris des pro
personne n'en a une meilleure. La garde en vaut plus I tions énormes. On le donne trois fois par semaioe,
de mille mangons. Par amitié, beau sire, je vous la qui, je crois, ne s'était jamais vu a l'Opéra. A ch_
denne, pour que vous nvus aidiez contre Roland, que représentation la salle est ple_ine, et les di~ett~ti
nous pmssions le trouver dans l'arriere-garde. - Bien ont leurs entrées, a quelque titre que ce s01t, J?
sera fait, tui répond Ganelon. » Puis ils sel baisent a la listes, auleurs, compositeurs, professeurs, abon_oes,
joue et au menton.
peuvent jouir que daos les couloirs. On court a

a-;

¡

d tons les coins de París et de tous les points de la
~ce, en attendant q_ue les théat~es d~ province
t1rent 8 leur tour ce festm de haut gout a l 1mpatience
~aJDée du dilettantisme départemental. Déja l'on répcte
Rolaod a Lyon, et c'est M. Dulaurens qui jouera le role
du Ci&gt;rmidable paladín. M. Dulaurens n'a pas tout a fait
la taille que notre imagination prele an propriétaire de
ooraodal. 11 faut, ce semble, un bras plus qu'ordinaire
pour manier une telle épée. Mais M. Dulaurens a un
laryDI d'airain, d'ou les la et les si de poitrine s'élanceot clairs et vibraotq comme ceUI d'une trompette, et
c'est la le point important. 11 renouvellera entre Rbone
et Saóoe toutes les prouesses de M. Gueymard. 11 ébran.
lera les combles du grand théatre. 11 fera frémir tous
les écbos de la rue lmpériale. Que faut-il de plus?
Le succes de M. Gueymard grandit de jour en jour,
00 de soir en soir, comme celui de Roland, et il est certaio que l'on concevrait difficilement l'un saos· l'autre.
11. Jlermet a écrit Roland pour M. Gueymard, cela est
é'fideot, et je ne serais pas étonné que M. Gueymard
elil été créé et mis au monde pour chanter Roland. Cette
prédestination est bien aussi vraisemblable qutl celle du
cauon chargé de toute éternité qui tua le maréchal de

rurenne.
La presse a été a peu pres unanime pour acclamer le
triomphe de M. Mermet. Oeux ou trois notes discordantes oot tenté vainement de troubler ce ooncert d'éloges:
on oe les a pas entendues. Que le poeme de Roland ne
soi1 pas une piece, qu'il manque de variété, que la note
béroique y sonne d'un bout a l'autre, et y couvre un
peu trop les accents de la tendresse, tout cela peut etre
vrai, mais il 11'en est pas moins certain que M. Mermet
a touché d'une main tres-vigoureuse la corde qui vibre
le mieux en France, et y réveille le plus d'échos. La est
le principe de ce succes si franc des le premier jour, et
qo'UDe ceuvre plus complexe n'aurait peut-etre pas
obteou.
1111' Patti a ramené la foule au Théatre-Italien. Son
meilleur role est, comme l'an passé, celui de Norina,
daos Don Pasquale. Pourquoi? C'est qu'il ne faut la que
de la ,erve, de l'audace, de la gaieté, de la mutinerie, et
l'éclat d'une vocalisation pour laquelle rien n'est diíficile. A cet égard, elle a gagné encore depuis ses débuts.
Sa ,oix est plus étendue, plus sonore, plus brillante
que jamais, et il n'y a pas d'exécution plus facile, plus
natorelle, plus spontanée, plus insouciante que la
sienne. c•~t un grand charme d'écouter une cantatrice
qui chante comme on parle, et qui ne fait jamais venir
a!'esprit l'idée de l'effort, ni meme celle du travail.
Elle est fort bien aussi d1ns la Traviata, surtout au
premier acte. 11 semble que le role de Rosine, daos Je
Bar6i,r, devrait lui convenir, et pourtant elle y a un
peu trompé l'attente du public. N'est-ce pas parce qu'elle
J 111et trop du sien? 11 esl dangereux de substituer aux
idées de Rossini ses propres idées.
M. Baragli n'a décidément pas assez de voix pour le
tbéatre. Personne n'en doute apres l'avoir entendu daos
le ~bier. M. Scalese veut trop bien faire. 11 charge le
couuque de ses roles. 11 Coree sa voix, et luí donne le
tim&amp;re ffatteur d'une crécelle. Souhaitons a M. Scalese
moins de zele et plus de gotit. M. Naudin a chanté la
2\&gt;aviata en homme qui va bientót passer a l'Opéra et
qui, d'avance, exhibe ses titres. Quels éclats de v;ix !
qnels Cormidables cris ! Et quelle lutte va s'engager, daos
qnelques mois, entre cet atblete et M. Gueymard !
~ai eu a peine, il y a quinze jours, la place nécesS&amp;ll'e pour annoncer l'heureux début de Mm• Gennelier,
i l'Opéra-Comique, dans le Songe d'une nuit d'été. Chaque représentation nouvelle a justifié les applaudisseme~ta du premier jour, et fait apprécier davantage l'inlelligence musicale de cette artiste distinguée, et l'élé81Dce de son exécution.
llon honorable confrere Seudo a succombé au mal
lerri~le qui avait brisé la plume daos sa main, et qui
l'n~t depuis deux mois éloigné du monde. 11 est mort a
Blo18, dans une maison de santé. Né a Venise et élevé
en Allemagne, Seudo écrivait notre langue avec une
srande correction et une remarquable énergie. 11 avait
na atyle tres-original, qui était l'expression firlele de
9:° caractere et de son tour d'esprit. Son gotit était sé' re~ et parCois un peu exclusif, et il e1primait ses antis~tout daos les derniers temps, avec úne vivallllguhere. Cette amertume, cette violence de lan~n'éhient que le symptome de sa maladie, et, s'il a
. quelques amours-propres, sa mort doit avoir
'Plilé leur ressentiment. Cet homme de talent était un

:es,

honnete homme daos la plus haute acception du mot. n
honorait la presse, et la presse doit honorer sa mémoire.
L'association
de!! artistes musiciens qui, chaque
,
annee, honore comme il convient sa patronne sainte
Cécile, prépare pour le 22 novembre prochain une solennilé religieuse et musicale digne de l'attention des
dilettanti. La messe de Beethoven sera exécutée a SaintEustache, avec tout le soin et tout Je respect dti a cette
reuvre sublime, par des chreurs uombreux et un orchestre immense. On a déja entendu cette messe l'année
derniere. Elle a produit un grand e[et. L'expérience
doit avoir porté ses fruits, et l'on ne peut douter que la
seconde exéculion ne soit encore plus satisfaisante que
la premiere.
M. Henry Warnots a une belle voix de ténor dont il
sait tirer un grand partí. On l'a en~ndu a l'Opéra-Comique, il y a trois ou quatre ans, si je ne me trompe;
daos Jean de Paris : mais ce role n'allait pas a la nature de son talent, et l'on se Terait de lui une tres-fausse
idée, si on le jugcait sur cet essai. M. Warnots n'est pas
seulement un chanteur de mérite : c'est un pianiste fort
habile, qui a un doigté brillant et délicat, beaucoup de
grAce et d'expression. C'est, de plus, un lecteur imperturbable, un musicien consommé. C'estcnfin un compositeur instruit, un contrepointiste exercé, un harmoniste
ingéuieux et hardi, dont les combinaisons surprennent
souvent, et charment toujours. L'éditeur S. Richault a
publié, il y a quelques mois, no échantillon tres--intéressant de son savoir-faire. Ce sont six morceaux de salon,
six mélodies pour voix de ténor ou de meuo-soprano,
dont le chant est gracieux et expressif, et dont l'accompagnement est d'une rare élégaoce. - Rappelle-toi, -

Nitella, - l'Écrin, - Sur terre on peut encore aimer, -

poétiques, U0,000 francs, qui furent consacrés au soulagement d'infortunes, a la réparation d'églises de village, a la dotation de pauvres orphelines. Le curé de
Vergt et ses paroissiens tui envoyerent un tableau représentant l'église de Vergt. Le curé de cette petite
commune avait eutrepris de batir une église a ses frais,
mais manquant d'argent pour élever le clocher, il s'étalt tout naturellement adressé a Jasmin. Celui-ci fit
une tournée, rapporta 20,000 francs, et l'église de Vergt
eut un clocher, qu'on appelle encore aujourd'hui le
clocher Jasmin.
Auch a donné au poete une coupe d'or, Toulouse un
rameau d'or, GaiUac une bague, Angouléme une tabatiere d'argent; Villeneuve-d'Agen lui a fait présent
d'un cachet, reuvre de Froment Meurice, et dont les
quatre faces, sculptées en relief, représentent des sujets
tirés des poemes de Jasmin. En me montrant toutes ces
belles choses, la femme du trouvere languedocien me
disait: e&lt; La muse a visité mon hom,n¿, il l'a re~ue
comme l'ange du ciel, et depuis ce jour tout a pr&lt;»!péré
dans notre maison. » Maison bénie, en etfet, ou l'on
respira1t les trois plus rares parfums de la terre : la
poésie, la bienfaisance et le bonheur.
On ditque le Midi, reconnaissant, vent élever une statue a Jasmin daos sa ville natale, et qu'une souscription
est ouverte a cet effet. Nous sourions parfois de la statuomanie qui s'est abattue sur la France, et qui improvise
des grands hommes meme ou il n'y en a pas. Mais Jasmin est une figure assez populaire, assez poétique,
assez inspirée pour se dresser, en marbre ou en bronze,
sur une place publique. Celui-la est vraiment passé
demi-dieu; il a droit a l'apothéose.
PI.ERRE PAGET.

~
la Neige, - la Fiiuvette. La Neige me semble mériter
une attention toute particuliere, pour le charme de la
M. H. Taine vient dP publier, a la librairie Hachette,
mélodie et pour la belle basse qui descend chromatile tome quatrieme et complémentaire de son Histoire
quement sous le rcfro.in. 11 n'arrive pas a tout le monde
de la littérature anglaise, contenant l'ét11de des auteurs
de faire d'aussi heureuses rencontres.
contemporains
: Dickens, Thackeray, Macaulay, CarG. Ü4QUET.
lyle, Stuart Mili, Tennyson. On sait que daos cet ouvrage, autour duque! il a été fait tant de bruit, M. Taine
appliquant a l'bisloire une nouvelle méthode, a cherché
LA STATUE DE JASIIIN.
les lois générales d'apres lesquelles s'accomplissent les
événements. Afin de donner de la précision a cette reNous avons déja dit, dans le dernier numéro, quel- cherche, il a pris une civilisation particuliere, et a suivi
ques mots de Jasmin; nous y revenons, et d'aulres apres daos les monuments littéraires la série comp,ete des
nous y reviendront encore, car Jasmin est du petit transformations par lesquelles le Saxon· barbare est denombre des poetes qui ne meurent pas. Le malheur de venu l'Anglais que nous voyons aujourd'hui. Le volume
Jasmin, aux yeux de nous autres, gens du Nord (est-ce que uous annou~ons contient done la dernicre phase
un malheur?}, est d'avoir été vraiment inspiré dans de cette transformalion, étudiée par l'écrivain avec tant
une languP. que nous ne parlons pas et que nous com- de vigueur et d'éclat. (t vol. in-8, broché, 7 fr. 50. L'ouprenons peu. Aussi, de ce coté de la Loire, ne connait- vrage complet, 4 vol. in-8, brochés, 30 fr.)
on guere de Jasmin que la gloire et le nom; son amvre
n'est vraiment appréciée que daos ce Midi aui le com-----=&gt;&lt;&gt;&lt;&gt;o&lt;:prend, qui l'aime et qui sait par creur tous ~es chants.
P RIME DE. L'ILLUSTRATION.
La, il regne et il est le roi acclamé de pres de dix millions
de sujets, car cette langue d'oc, que nous appelons dé&lt;EUVRES NOUVELLES DE GAVARNI.
daigneusement du pato is, est, sinon parlée, du moins
Par-ci, par-la, et Physionomies parisiennes, splencomprise par une population de dix millions d'indidide collection de tOO sujets, tirés sur chine par Levidus.
Cependant, Ja5min a fait sa tro11ée jusque chez nous. mercier, formant t magni~que volume grand in-4° colomce Vous etes l'Homere de notre temps, » lui écrivait bier, relié en maroquin et doré sur tranches;
M. de Lamartine. Les critiques les plus autorisés, Sainte•• r.. AU LIBU DI f aO fl',
Beuve en tete, se sont occupés de luí et l'ont traité avec
5 fr. en sus pour l'envoi franco daos une cais.se,
tous les honneurs dus a son génie. Ce qui distingue la
p~ur
la France continentale. Les souscripteurs de
poésie de Jasmin, c'est le tour gracieux, joint a la vil'Etranger devront le faire réclamer par leurs corresgueur de la pensée. 11 est original dans une langue
pondaots.
originale, mais on peut affirmer qu'il n'etit ríen perdu
de son originali té si, doué comme il était, il fut né a
París et s'il etit drapé sa pensée daos les plis majesMM. les souscripteurs dont l'abonnement expire le
tueux, mais un peu lourds, de la poésie fran~aise. 3l octobre, sont priés de le reuouveler immédiatement
Jamais pocte (j'excepte Béranger) n'a exercé sur le s'ils veulent n'éprouver aucun retard daos la réceptio~
peuple une inffuence plus directe. Tous les paysans du journal.
du Midi savent ses chants par creur, et lui demandaieut saos cesse des vers nouveaux. Un jour que
je causais avec Jasmin, daos sa boutique de coif.
a11L1oe1A PHI ••
four, entra un campagnard qui venait se faire couper
d'un Artiste dans le Liban, par M. Richard Corles cbe,-eux. 11 s'assit et dit aJasmin : - Moussu, dija Aventures
tambert. - París, Maillet, f86i, 1 vol. in-So.
nouss auna devise en me coupant lous piels (dites-nous des Peuples et voyngeurs contemporains, par le méme. - París
Gay, fSM.. in-1.2.
·
'
versen me coupantles cheveux). Jasmin était trop rbapsode par tempérament pour ne pas se rendre aussitot a Impressions d'tm Japonais en FranCI!, suil1its du imprt1tions
des Annamites en Europe. - Paris, Faure, 1.84», in-1.8.
la priere de la pratique. Sa conversation, d u reste, était
vive, colorée, pittoresque comme sa poésie.
Daos l'espace d'un mois, M. Richard Cortambert vient
11 avait chez lui un musée. La, il étalait glorieuse- de faire paraitre les trois ouvrages dont les titres sont
sement les prix que lui avaient décernés les villes ou il énoncés ci-dessus. Il y a des auteurs qui ne livrent leurs
avait promené sa muse populaire. Dans respace de dix productions que l'une apres l'autre, par a varice, parcoans, le rhapsode agenai$ avait récolté, dans se1 courses quetterie, et quelquefois aussi par d'autres motifs; il y

�288

L' 1LLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

en a d'aulres qui ap¡,ortent
leur gerbe toute faite. Au
reste, celle fécondilé s'explique dans la circonstance
actuelle: il y a plusieurs années quedeux de ces ouvrages étaient a peu pres terminés, comme nous l'apprend l'auteur.
Les Aventures d'un A!'tisle
dans le Liban forment un
agréable récit, rempli d'anecdotes piquantes et de
sccnes aémotions. C'cst ala
fois un voyage et un roman,
ou plutót unesnite d'aventures, comme les aiment les
Orientaux, mis en gout par
les Mil/e et ttne nuits, et
comme les aimeront aussi
les Occidentaux, dans l'ouvrage que nous citons. Eo
elfet, il y a de la chalcur et
de l'enthousiasme, qualilés
de pluseo plus rarcsaujourd'hui, dans toutes les pages
de ce livre,coloré des chaudea nuauccs du ciel oriental. On sent que l'auteur est
artisle; il a du manicr le
pinceau en memc tcm ps que
la plume. Nous signalerons
le chapitre ou est racontée
J'histoire complete de la vie
d' Abd-el-Kader.
Vous plait-il maintenant
d'affronter sans dang,·r les
glaces du pote et les sables
de l'Afrique, ou de vous
élanceren Australie ctdans
les savanes du Nouveau
monde? Parcourez Je volume intitulé: Peuples etvoyageurs contemporains ; vous
ferez le tour du monde saos
aucuoe fatigue. Le jeune
auteur y présente un résumé de toutes les grandes
explorations contemporaines, et fait déíller devant
nos yeux la plupart. des
peuples qui, depuis une dizaine d'années, out atliré
sur eux l'attcntion publique : les Chinois, les Japonais, les Annamites, les
Touaregs, les Mexicains, les
populalions voisines du
lleuve Amour.
Ce livre, écrit d'un style
facile et élégant1 se recommande de lui-meme aux
amis des voyages et de
l'ethuographie. C'est un annuaire exempt de pédantisme,
qui va droit au but et n'égnre pas le lectcur en d'inutiles
et fastiuieuses digressions. Non-~eulement il fait connattre la géographic contcmporaine, mai~ il sait aussi la
faire apprécier et aimer.
Le troisieme ouvrage a un vif intéret d'actualité; c'cst
le récit des lmpressions d'un laponais en France. Tout en
restant !'interprete indiscret et malin d'un certain docteur Kouen-fou, M. Richard Cortamhert a su remuer,
daos ce livre, bon nombre d'idées qui lui appartiennent. C'est done un savant Japonais, avide de connaissanccs, qui vienten France; il a pour guido une espece de Figaro, voyageur du nom séduisant de Francrour. 11 voit tout, il étudie tout: les musées, les bibliotheques, la société, les théatres, etc., ele. Aussi en rapporte-t-il une moisson de remarques caustiques, d'amusantes anecdotes. L'auteur n'est pas un moins aimable
causeur, sachant nous altacher et nous intéresser, daos
la relation qui termine l'ouvrage et qui retrace les
aventures réelles d'un certain truchemcnt annamite qui
a dernierement visité l'Europe. M. Richard Cortamhert,
curieux, lui aussi, de tout ce qui est étranger et élrauge,
a beaucoup connu ce jeune el docte personnage de l'ex-

~reme_ Orie~t durautaoal6,.
JOur a Par,s; ¡¡ peat ._

en parler en cono.._
de cause, et il en Parle hiea.
GUILLAUIIE DEPPII&amp;.

Le Roman de deux jelllltf ~'-i
par M. Pascal Doré (t).

i•-..

Elles ne se sont
vues. Aucune des deu 11
connatt le nom de l'llllrl,
El pourtant ce sont dela
amies intimes. Elles
fient leurs pensées et lela
aventures les plus - .
tes, - par COITelflldancc, · bien entcnda.....
Et il arrive que, sans '"
doulcr, elles viveot SOll le
mcme toit, se voient 'les jours, se haissentle,r.
cordialemcnt du monde,a
le discnt avec une rra..
chise qui va parfois ¡ la
brutalité. El il se lroate
que !'une de ccsjeDDell,
les en cst a son ~econd1t,
ri, qu'elle est la belle-llla
de l'aulrc, qui la c1'Git •
rivale. Ce bizarre imbNJgla
amene en foulc les iocidall
étrangcs, les complicai..
les scenes passionnées,a
dres ou violentes. Cetldi,
toire n'a point pour IWI,
tre le pays lointain des a
et une Nuits, mais la F!ace, et, daos la France,•
élégante, paisible et•
cieuse ville de ~ancy,•
pres de laquelle Venala
meme n'est que bruit,11multe et confusion. Ne•
pas a l'innaisemblanee,111
du moins ne tirez pai
cette invraisemblanee.•
conclusion fachease. L'lill!ur a le talent de IW
gue. ll sail l'art de lii
contrastar les car.-,
de préparer les situllillldc les scrrer, de les. ilt
nouer. JI a le dialogue 4
rapidc, vigoureux, oo""
de saillies selon l'ocellla
11 a to utes les qualilél •
font réussir au thMII
C'esl la que sa n . pousse, et je luí ~
fort de ne pas manq...
sa vocation.
Une nouvelle qui fait suite a. son petit roman el
¡,lete le volume, !'Intrigue masquée, olfre la réunica
memes qualités et des memes défauts. Le style de
Doré a besoin d'elre réglé, aussi bien que son i
tion. On peut lui souhaiter un peu plus de correcti
pe11 plus de goul. Mais cela lui viendra tout naturell
s'il est jeune, comme je le crois, et s'il travaille,

se-.

LB MOIS OOCrOBI\E.

RÉBUS.

(t) Paris, llicbel Lé•y Creres.
~

Nous avons indiqué le Lion et la Tortue 4'Eug,
croix, publié daos notre dernier numéro, comine
nant de la collection de M. Alíred Robaut, de
Nous ajoutons que ce fac-simile remarquable re
un dessio faisant partic de la collection de M, le
P. de l'Aage.

~.-

MAile, directeur-gh'ant.
En11. T&amp;11.ER, rédacteur m chef,
AUG,

~ - ,,_,.._...,.__ _ _"""!

ElPUCATION DU DEI\NlEI\ RE.BUS,

Les fédéraux el le; confMérés continuanl encore leur

lulle homicide.

Imp. de L'JLLUSTRATION, A. )!are,
22, rue de Vmitutl.

1...

et

�</text>
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                  <text>Semanario francés ilustrado se publicó entre 1843 y 1944. Aborda temas políticos, económicos, sociales, científicos, artísticos, y deportivos. Fundado por los periodistas Jean- Baptiste Alexandre Paulin y Édouard Charton. Sus ilustraciones eran realizadas por los mejores dibujantes como Henri Valentin, Édouard Renard, Paul Gavarni, Janet-Lange y Cham.</text>
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                <text>Siglo XIX</text>
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                <text>Semanario francés ilustrado se publicó entre 1843 y 1944. Aborda temas políticos, económicos, sociales, científicos, artísticos, y deportivos. Fundado por los periodistas Jean- Baptiste Alexandre Paulin y Édouard Charton. Sus ilustraciones eran realizadas por los mejores dibujantes como Henri Valentin, Édouard Renard, Paul Gavarni, Janet-Lange y Cham.</text>
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                <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores</text>
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                    <text>L'ILLUSTRATION,
IOUDAL URIV .SBSEL.
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Direction, Rédartion, Administration :
1..1.. les communications relati,·es au journ,l, récla'!'at1ons, d~mande•
de changements d'adresse , do1vent ette adressees franco a
11. AUG. !IIARC, DIRECTEUR•GÉRANT.
l es dem~ndes d'abonnement doivent étre accompagoéeP
d'un mandat sur Paris ou sur la poste.

SOMMAIRE.
Reout politique de la semaine. -

Courrier de· Parí,. - Voya¡¡e en
Fl'lllce de Leurs Majeslés l'Empereur et l'lmpératrice de Russie. - Cau. ierie dramatique. - Les États de la Plata. - La Cbanson de Roland,
poeme de Tbéroulde lll). - Comba! de l'Oued-Derm•I. - Les A.llinges.
_ Le cbemin de fer dans les Pyrénées (i• article ). - Mª" Barbara
et Carlolla llarcbisio. - Nou•eau reliquaire de Saint-Lllurent.

22e ANNÉE. VOL. XLIV.
8amedi 5

Nº

f f 32.

No-ve111bre

L'admi11islralio11 ne ripond pas de1 manumits et

18&amp;.&amp;,
ne s'engage ¡amai1 ales iosirer.

Vu Jes trailC.~, la lraduction et la rcproduclion i. l'clrang-e.r ~ont interdites.

BUREAUX : RUE RICHELJEU·, 60.

Gravures : Voyage en France de Leurs Majeslés l'limpereur et l'lmpératrice de Russie (5 gravures). - Les Étals de la Plata (• gravures). Algérie : épisode de la défense du camp de l'Oued-Dermel, par le
3• tirailleurs. - Procession pour la féle de Saint-Fran~oi, de Sales, au
chaleau dea A(linges (Haul&amp;-Savoie). - Le cbem•n de fer daos les Pyrénées ( 8 gravures ). - Alª" Barbara et Carlotta Marchisio. - Nouveau reliquaire de .; Saiul-Laurent , exposé daos la l,a¡ilique de
Sainl•Laurent, a Rome. - Échecs. - Rébus.

Abonnrmenls pour París et les Départements :
lmois, 9fr. ; - 6 mois, 18 fr. ; - unan, 36fr. ; - le numéro, lSc.
la collection mensuelle, 3 fr.; le volume semestriel , 1~ fr.
ADONNEIIIENTS POUR L'ÉTRANGER 1
Memes pnx ; plus les droits de post&amp;, suivant les tarifs.
Les abonu. partent du l er no de chaque moi~.

REVUE POLITIQUE DE LA SEMAINE.
Les documents diplomatiques déposés sur le bureau
du parlement !italien ne permettent plus de douter
du sens qu'il faut donner •a la convention du i5 septemhre. Tout le monde a Ju les deux dépéches de M. Vis-

~cy,aersailm
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AKRIVIÍE Ok LL. MM. 11. L'EMPERhlJR ET L'!MPÉRATI\ICE DE RUSSIE AU GRAND llUTHL DE LYON. - ll'aprPs un croquis.de M. Steyert.

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L'ILLUSTRAT10N, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
_____________________________
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b-.,-.-.-.---t-d'-lt_al___t_d-::-,A-:l~le_m_a~~La:--:To-mb-:-o:--la-d:-es-:--:art--::;-:is=:te:-:-s-:-,drama:=:=ti;:::qu=:es:-:-.-_-:Le-:46nol.,:--.._
conti-Vcno~ta il M. igra, remontant toutes deu! a 'o11 s i;ur ces ru11$, qui viennen
1e e
. l · d I' • 1
dn proces Müller.
rigine meme des nl\gocialions, et la dépeche dP. M. Ni- gne. Nous ne sommes pas opposés, b1eu om e 4 , "' a
gra au ministre des affaires étrangeres d'ltalie. Apres convocation d'une réunion pacifique, 011 les grands inté'Avant de rentrer dans le broubaba parisien,j'ai'fOalt
la lecture de ces documents, il n'est plus permis de se rets européens seraieol solennellement examinés. Que!
savourer une derniere fois, tout a mon aise, le cahnet1e1a
réfugier dans les équivoques. L'llalie a signé le traité, que ful le résultat d'un Congres, nous croyons que les
province, et je me suis arreté pendant trois jours a Dijoa.
mais en réservant ses aspirations unitaires. Elle s'inter- discussions qui s'engageraient éclaireraient d'une vive
J'ai parcouru, saos trop craindre les voitures, les rae.
dil tout moyen violent vis-a-vis (lü sonverain pootife, lumiere la situation si difficile et si compliquée des peutarges, bordées rl'hotels du xvn• siecle, auxq11els te1111
mais elle ne reoonce pas a l'emploi des forces morales. ples et des gouveroements.
grands toits d'ardoises, leurs hautes fenetres, leurs beU.
Elle n'entrera pasa Rome par la breche, mais s1 la porte
Napo\éon 111, en quittant Nice, s'est dirigé vers
portes cocheres ouvertes sur de vastes cours dollllenl
de la ville éternelle tui est ouverte par la volonté du T,mlon, 011 il a assisté aux grandes manreuvres de
un air noble, intime et hospitalier en meme tempg; i'li
peuple romain, elle n'hésitera pas a se rendre au vreu ta llotte cuirassée, puis de la il est partí pour Marétudié dans tous ses détails la belle fa~ade de Notre.
de la population. Tel est le seos qui res.~ort des docu- seille, ou il a visité le boulevard Dugommier, la nouve_lle
Dame, pleine de grandeur, de grace e~ ~·originalité; i'li
ments diplomatiques publiés crs jours deroiers, et apres rue de Noailles, la rue Impériale, les docks, le chantier
eu tout le loisir de m'étonner que la v1e11le tour du ~
ta ler.ture attentive de ces pieces, nous défions les ca- de la cathédrale et l'Hotel-Dieu.
teau des Ducs se dressél.l, apres tant de sier.les, si ferae
suistes les plus retors d'y Jire autre chose que ce qui
Le lendemain, l'Empereur était a Lyon, ou il passait
et
si droite encore daos le ciel ; j'ai admiré, saos ae
y est.
en revue l'armée de Lyou. 11 revenait mardi soir, a
presser, les tombeaux de Philippe le Hardi et de Jeaa,
Le parlement italien a nommé ses bureaux, chargés dix heures, a Saint-Cloud.
sans-Peur; seul au musée, j'ai longuement et libi.
de !'examen et du rapport de la convention. Ces buLe Moniteur annonce que les nouvelles du Mexique
mentessayé de retrouver le Téméraire, ce sauvage broal,
reaux se sont prononcés a une graqde majorité en fa- continuent a etre satisfaisantes. Un combat aurait été
loo qui donna tant de tracas au hon roi Louis XI, daa
veur de cette convention, et pour la traoslation du siége livré, daos le&lt;.'uel Je colon el Martín, tué daos cette jourle portrait le plus étrange et le plus inquiétaut qui du gouvernement a Florence. L'opposilion se concen- née, aurait vaincu et dispersé, a la tete de cinq cents etre ait jamais été peint; j'ai vu, saos étre déraogé par
trerait sur deux points principaux : lº sur la nécessité Fran~ais et de.cent Mexicains, les dernieres troupes de personne, tomber, au souflle du vent d'octobre, i.
d'ajouter, a. l'article relatif a la translation de la capitale, Juarez, fortes de quatre müle hommes avec vingt pieces feuille~ jaunes dans le pare aux allées majestueuses, ff
le mot provisoire¡ 2º sur la nécessité pour le parlement d'artillerie.
Jes plantes frileuses frissonner daos lejardin de l'Arqae.
de renouveler le vote du 27 mars ill6l, en proclamant
La paix est signée entre le Danemark et 1'Autriche et buse; j'ai vainement cherché ces dames au balcon da
le maintien absolu des droits de \'ltalie sur Rome.
13. Prusse. Pour l'échange des ratifications un délai de
théatre.
Parler de Florence comme capitale provisoire, ne se- trois semaines a été fixé~ a l'expiration duque! commenLes longues heures de pluie, - elles m'ont paru hiea
rait-ce pas altérer !'esprit de la convention et préjnger en cera un nouveau délai semhlable pour l'év:i.cuation du courtes, - je les ai passées dans l'atel_ier d'un scnlp,
quelque sortc Je résultat d'une expérience loyalement Jutland. Le principal point de la nouvelle frontiere est teur, un des meilleurs éleves de notre Ecole des beaai,
conseotie par l'ltalie? Le véritable caractere de la con- Christianfeld, ville du duché de Slesvig, située a huit ki- arl~, petit-fils par alliance du maitre de Rudde, mallre
vention est, en effet, de laisser le pouvoir temporel libre lometres du petit Belt. Les sommes exigées du Danc- a présent loi-meme dans sa vil le natale; et j'ai eu alle
en face des Romains, afio que, si Rome doit un jour mark ont été &lt;liminuées d'un demi-million. Ces vain- bonne fortune de rencontrer en M. Dameron un artistu
échoir a l'Jtalie, l'lta1ie ne doive Rome 4u'au libre suf- queurs sont bons princes.
modeste, qu'il semble ignorer lui-méme que son W.
fragc de ta population. Quant au renouvellement du
Il reste a savoir ce que deviendront les Duchés, que peut supporter la pleine lamiere de la publicité, et qae
vote dn 27 mars l 86l, c'est-a.-dire la &lt;léclaration réité- les armées austro-prussiennes avaient la prétention d'af- le jour ou son nom sera connu, il sera bien pres pea,
rée de Rome, capitale de !'avenir, a. quoi bou? Cette dé- franchir et qui ont été si peu conqu)tés sur leurs propres etre d'etre célebre.
claration pouvait signifier quelque chose avant le destinées. Des mesures seront-elles prises en faveur de
Des rues qui n'ont pas changé depuis deux siecles, •
1:¡ septembre; mais, formulée aujourd'hui, elle ne ser- cette importante portion de la P?Pulation qui a constam- l'on ue risque ni d'étre heurté ni écrasé, de belles proa,
virail qu'ajeter des doutes st¡r !'esprit de la convention, ment protesté de ses sympathies pour le Danemark et nades solitaires 011 l'on poursuit commodément se.~ pea,
saos ríen y ajouter en réali{é. Les bureaux se sont pro- qui en est séparée malgré elle~ Comment r~glera-t-on le sées ou ses reverie~, un vieux donJ0D et de vieiBI
noncés pour une simple déclaration de príncipes, et conflit entre les compétiteurs qui aspirent a gouverner églises qu'on ne songe ni a gratter ni it. récrépir, •
la convention sera définitivement sanctionnée par un le Slesvig et le Holstein? Consentira-t-on enfin a. con- salle de spectacle qui u'est peuplée que d'honnetes reaordre du jour motivé, rédigé d·accord avec le gouver- su\ter les babitants, a leur demander sous quel régime mes de, arti~tcs trop modestes !
nement.
il leur convient de vivre et quel est le duc de l~urchoix?
E~t-ce 1.,ien vrai que Oijon n'est qu'a soixante-dix-1111
La retraite de M. le comte de Reichberg, annoocée
Que devient l'insurrection du Frioul? On sait qu_e licues et trois quarts, et a si.t heures trente-quatre •
déja depuis une dizaine de joul'l-, est un fait accompli. cinq cents hommes environ, revetus du costume gar'.- notes de París!
C'est M. te comte de Mensdorfl-Pouilly, gouverneurde la baldien se sont lancés dans les montagnes pour entraiOui, soixante-dix-huit licues et troi~ 11uart~, ou llá
Gallicie, qui succedea.M. de Reichberg, comme ministre ner l'll~lie dans une levée de boucliers contre l'Autri- cent quinze kilometres, pa.~ davantage; voyez plutlJt
uesalfaires étrangeres et de la m~ison impériale. Daos les che. A Turin, on croit que cette insurrection a des chan- Livret Chai:J;; six heures trente-quatie minutes lout ■
circonstanres présentes, il est ~sez uaturel de supposer ces, et que si elle peut durer quelques jours seulement, juste, puisque je pars h1er a ome heures _cinq~anlHI
que cet événement n'est pas étraoger aux affaires géné- Garihaldi n'hésilt'ra pas a. prendre le commandement minutes du soir, et que j'arrive aujourd'hu1 a. s1x ben
rales de \'Europe. La Gazette d'Augsbourg,dénonce ou- des volontaires. Mais, d'apres des nouvelles qui arrivPnt et demie du matin.
vertement l'inconsistance et la versatilité de la polilique d'Allemagne, on serait porté a croire qu'on se fait beauA peine débarqué, je jette bien vi~e les_ yeux ~
suivie par M. de Reichberg, daos toutes les grandes ques- coup d'illusions en Italie sur la portée de cette insurrec- de moi, et je prete l'ore1lle a1u brmts qui se croilla
tions de la politique européenne. « Daos l'espace d'uoe tion. La petite troupe qui s'est lancée dans le Frioul et se cboquent daos les airs.
année, dit la feuille allemande, nous avons vu la po- serait bloquée par les troupes autrichiennes, et toutes
París, qu'as-tu a apprendre a l'enfant prodigoeqaialitigue autricbrenne accomplir les sauts les plus s~r- les issues seraient gardées. Du reste, si la conquete de vient9 Que\ est ton nouveau vice? Quelle est ta•
prenanL~. A t'improvisation habile du congres_des pr1n- la Vénétie doit se faire un jour, elle n'est possible que velle vertu? Que! est too dernier deuil et ton denil
ces a succédé la renonciation a. la réforme fedérale; a par l'armée italienne, l'armée disciplinée. De~ _volont_~i- éclat de rire? Ois-moi le succes d'hier et la mode
\'ho~tilité envers la Prusse, l'abandon aux vues de la res peuvent donner le branle, mais a la cond1t1on qu 1\s 'lJain, ta plus fraiche snttise et ton prochain. chef-d
rivale &lt;lu Nord,. a. l'accord avec la France et l'Angleterre soient suivis par une grande force organisée.
vre ta belle action la plus récente et ton recent
daos ta question polonaise, la conversion vers la Russie
Le roi des Hellenes vient de signifier a l'a.qsemblée dal~. De quoi te van tes-tu, de quoi t'indignes-tu, de
et les a,qpirations a. la sainle alliance. Le dernier revire- nationale, siégeant a. Atbenes, d'avoir avoter, dans le te moques-tu?
ment de celle politique mobile semble consister en un délai de dix jours, un projet destiné acompléter la consTrois expositions ont ouvert leurs portes aux
retour vers les puissances occidentales et daos un nou- titutioo, dont la premiere partie a déJa été d1scut~e ~ar qui ne se contentent pas du Louvre, du Luxembo~!f,
vel éloignement de la Prusse. » C'est a la convention du les représentauts du peuple. Ces derniers auront ega e- \'hotel de Cluny, du Conservatoire des Art~_ ~t M~\í
l5 septembre, d'une part, et a l'avantage remporté par ruent a voter, daos le délai de dix jours, la loi électorale du Muséum d'histoire naturelle: c'est l'expos1t10010
la PruSlle dans \a question douaniere, que la Gazette qui lcur est soumise en projet par le gouver~ement. tionale el permanente des heaux-arts, de l':,gri_
&lt;f Augsbourg attribue ce nouveau changement de front Daos le cas 011 l'assemblée nationale refusera1t de se et de !'industrie, l'exposition des beaux-arts apph
daos la politique autrichienne. M. de Schmerling serait rendre a. l'invitation du roí, Sa Majesté lui laisse la res- 1'ind11strie et l'exposition des arts industriels.
favorable a un rapprochement entre l'Autricbe et la ponsabilité de ce qui peut arriver, et se réserve toute
Je suis bien impatient d'aller voir l'exposition des
France, et Je comte de Mensdorfl-Pouilly partagerait l'o- liberté d'action. La Constituante atbénienne s'est con- vres d'Eogene Delacroix.
pinion de M. de Schmerling.
.
.
formée aux injonctions contenues daos la missive royal e,
On commence a. vendre a. !'hotel Drouot. L'autrt
L'empereur Napoléon lll est rentré seul a Par1s. Le et tout danger de conllit entre les deux pouvoirs semble c'était une collection de faiences persanes.
czar est repartí pour la Russie, et, sur cette entrevue a écarté pour le moment.
EmtOND TEXIER,
~ous avions les faiences italiennes, les faied
Ro1Jen,
les faiences de Marseille, les faiences de
Nice entre les deux souverains, on a ha.ti, a l'étranger
ttJ""4
CJ
T CI &amp;,n
surtout, un vaste éd1fice de suppositions. Que laut-il
tier. Salut et bienvenue aux faiences per~anes! V
nouveau moyen offert !lUX honnetes gens riches
croire t Ríen, puisqu'on ne sait rien et qu'on ne peut
COIJRBIBB DB PABl8,
rien savoir. Cependant, s'il faut s'en rapporter a. certaipenser agréahlement leur argent.
Changement de décoration sur la place de l_a
nes feuilles étrangeres, une entente complete se serait Recueillement avant París. - Aimei-vous les expositions?...
établie entre Napoléon 111 et Alexan&lt;lre 11 sur la conven- Autres faiences. - Les transíormations de la place de leine : les trotto1rs rétrécis, la chaussée élarg1e,
la Madeleine. - Ruines. - Modes nouvelles. - Le Pal11- arhres plan tés de char¡ue ctilé de la rue Royale.
tion d'un Congres. Ces journaux affirment merne quP les
medt. - MIi• Dupont. - Mallrt t;uérin. - Les deux éléPuissent le gaz et le bitume étre cléments aux P
négociations tendantes a cette convocation seraient
phants du Cirque. - La demiere de M. Sardou. - ~ bal~ de (a place de la Madeleine !
tres-a vancées; que la Prusse et l'Italie y adhéreraient,
let aox ltaliena. - Tbéátre religieu1. - Le ténor qu 11 hu
Grauds embellissements derriere
que l'Angleterre, et l'Autriche elle-meme, ne feraient
faudrait. - M. tmile • Girardin, auteur dramatique. que de faibles objections. Nous ne saurions tarder Utre
0

de•

foul un quartier tombé sous la pioche en moins de rien !
Ce n'est plus que monceaux de phl.tres et de moellons,
ors bonteux tout étonnés de voir le jour, mysteres de
111
uvres'vieux logis brutalem.:nt mis a nu. De loin, au
~lie•J do désert, on aper~it la Chapelle Expiatoire,
111
:ec sa funelJre architecture et ses mélancoliques om:rages. Cn étranger la pourrait croire consacrée au die u
des ruines.
11 y a une nouvelle coiffure q11i s'appelle Zingarella. La
robe dumoment est la robe Récamier, et le moucboir en
,ogue est le mouchoir Tallien. Cela sent bien un peu son
Directoire ; et pourquoi pas? le Directoire avait du bon ;
les mreurs y étaient peu séveres, et les costomes
légers: un joli temps, qui ne nous effraie pas du tout. ·
ties-,ous prude, Madame? prenez le loup en chenille,
00 mieux encore, le masque en jais, et l'on ne vous
recoooaitra que si vous le voulez bien; n'est-ce pas la
l'importanl !
Le t• novembre, les plus illustres coureurs de la
saison ont montré leurs talents a Porchefontaine. Porc.hefootalDe est, vous le savez, un nouvel hippodrome.
lloi, je m'étais figuré que c'était assez de Longcbamps,
de la Mar1he, de Vincennes, de Chantilly : une erreur
impardonnable ; Porchefontaine était néccssaire, Porcbefootaioe était indispensable. Saos Porchefontaine,
point de salut pour la race chevaline.
Une nouvelle Revue nous est née.
Ni politique, ni économie politique, ni &amp;eiences naturelle11, ni romans, ni finances, ni poésie, ni histoire, ni
géograpbie, ni arcbéologie, ni ,critique, ,ni peinture, ni
sculpture, ni musique, ni théatre, ni sport, ni escrime.
La re,ue nouvelle s'appelle le Palaméde.
Elle s'est donné pvur mission l'avancement des échecs,
du wbist et du piquet: une noble idée !
Une des bonnes soubrettes de la Comédie-Francaise
'
uoe de ces fideles servantes de Moliere qui ont fait tant
d'booneur a leur maltre, w•e DupJnl, vient de mourir.
En reoon~ant a la scene, elle n'a,·ait pas renoncé a la
comédie, et son grand bonbeur était de dire une des
bellPs scenes du vieux répertoire, n'eut-elle pour lui donuer la réplique que le plus inexpérimenté des Frontins,
des Orgons ou des Tartufes.
Je la vois encore, cette pauvre Mil• Dupont, avec son
sonrire franc et spirituel; on lui aurait preté bien des
&amp;nnées encore sur sa belle mine; je crois qu'elle n'avait
jamais dti etre plus jeune qu'en sa vigoureuse vieillesse;
les cbeveux les plus blancs et les yeux les plus noirs, et
jaillissant de ces yeux des regards dont ríen ne saurait
reodrP. la finesse et la malice.
Samedi dernier, a la Comédie-Fran~aise, premiere représentation de Maitre Guérin, une comédie en cinq
' actes, de M. Augier. Quelques personnes ont critiqué le
litre de la piece: c'est un litre qui ne signifie ríen, disaient-elles. Que fait ce maitre Guérin et que! est-il?
no avocat, un peintre, uu musicien o.u un avoué, 1mposmble dele deviner, a coup ~tir. Moi, je trouve que celle
iocertitude 011 M. Augier laisse les curieux est tres-sage:
il y a des gens qui, sur un titre, batissent une piece, et
si la piece de l'auteur n'est pas celle qu'ils ont élevée
daos leur petite imagination, ils la trouvent détestable
et la aifflent. M. Augier, qui est un homme d'esprit, a
,oulo coojurer ce danger. Pour accroitre les chances
• IUCffl, il a semé a pleines mains, daos son reuvre,
l'esprit, l'éloquence, la verve et les audaces beureuses: wit mieux !
Tout Pariscourt a Maure Guérin; ceux qui ne trouvent
PIS de place au Théatre-Fran~ais se consolent en allant
'ºir, au Cirque, les deux éléphants dres.~s et présentés
JlU' l. Moffatt; il faut aveir de la pbilosophie, en ce
~nde, et nous en avons beaucoup, nous autres Parimeos, Certes, c'est plaisir d'entendre de la honne prose
ldmirabtement dite, mais les- éléphants ne sont pas non
plus t.dédaigner.
Le Théatre du Palais-Royal a dtnné une comédie
ooa,elle de M. Sardou, intit11lée les Pommes du voisin.
~ement, il s'en est suivi quelque bruit. Les cri~ - et les confrcres de l'auteur ont trouvé que les
Ptallllea de M. Sardou étaient un peu beaucoup les
IIOaaeade son voisin, et qu'il avail eu mauvaise grace a
ne PIS nommer son voisin, Charles de Bernard, mor-t
dePlia quinze ansa peine. A quoi M. Sardou a répondu
qne lotiere avait emprunté a bien des gens qu'il n'avait
PIIIOllmés, qu'il avait, lui, abandonne d'avance le tiers
~~é8ees que luí rendraient ses pommes a l'éditeur
~OlliD,qo'enfin si la critique et ses confreres se monlrlient i~ point puritains, c'est que sa piece avait réussi.

.

Elle a réussi, c'est vrai. Avez-vous remarqué que les
pieces de M. Sardou réussissent toujours? On dit qu'il a
des relations avec les esprits; je le croirais volonticrs. 11
y a cinq ans environ, il fit une petite piece qui s'appelait les Pattes de mouche et qui n'etait pas un vaudeville,
puisqu'il n'y avait pas mis de couplets. Deux ou trois
scenes de cette bluette étaient charmantes. Depuis lors,
M. Sardou a écrit Nos Intimes, les Ganaches, la Papillonne,
et pourtant la 011 on le joue, il y a foule: il faut bien
que le diable s'en mele.
M11 • Tbérésa, pour ménager sa voix #licate et suave,
chante maintenant a couvert, elle est retournée a !'Alcazar, qui fut, si je m'en souviens bien, son berceau.
A M11 e Tbérésa, l'Eldorado oppose M11• Risette.
Le Théatre-ltalien n'a ríen a y voir.
Ah! si Mil• Thérésa ou M'1• Risette dansait ! Le ballet,
voila ce qui, pour le moment, préoccupe M. Bagier.
La danse, aux Italiens, est-ce une idée vraiment heureuse? J'ai peur que ~l. Bagier n'ait pas autant sujet de
s'en féliciter qu'il le croit. II me semble que les Italiens
perdront beaucoup it. ce qu'on s'y amuse trop. On y allait
pour regarder la salle et non la scene, pour y lorgner
le prochain et en médire gentiment et poliment, avec
accompagnement de bonne musique; quand il se passcra dcrriere la rampe des choses trop intéressantes,
cela distraira : adieu le spectacle clans la salle; de ce
jour-la, le Théatre-Italien deviendra un théatre comme
un autre, et sa fin pourra bien élre proche, car il n'aura
plus pour tui que Rossini, Bellini, Donhetti, Verdi, les
meilleurs chanteurs et les plus belles voi:x du monde, et
cela, je le crains bien, ne suflira pas aux alJoonés.
11 est toujours question de la création d'un théatre
religieux. Les lilJres penseurs se sont fort égayés a ce
sujet; reste a savoir si les spectateurs trouveront plus
tard l'idée aussi joyeuse.
Le clergé ne s'est pas encore expliqué sur et projet.
L'homme d'imagination qui l'a con~u se croit sans
doute stir de l'appui de l'Eglise ; il voit d'avance les
cardinaux se disputant ses avant-scenes, les éveques et
les archeveques louant a l'envi ses loges a l'année, les
curés se jetant a l'assaut des stalles d'orchestre, et les
simples abbés s'étouffant a la porte du parterre.
Si pourtant l'Église allait qualifie1 d'impiété la pensée
d'un théatre re1ig1eux?
Fb ! eh! il y aurait bien a celle sentence quelques
petits prétextes assez spécieux.
Puissent mes craintes etre chimériques! Si le théatre
religieux se fonde, je prends la liberté de recommander
des a présent, a M. le directeur, un sujet qui asa place
naturellement marquée daos une troupe édifiante et
chrétienne.
C'est un téoor qui s'appelait..... Quand M. le direct~ur
en témoignera le désir, je lui dirai le noru de mon ténor.
N... avait obtenu des débuts a l'Opéra. La redoutable
soirée était arrivée : le pauvre gar~on, qui deva1t remplir le role du Daupbin daos Charles VI, tremblait a
faire pitié. Ses camarades essayaient de l'encourager
daos le foyer, et il n'en tremblait que plu~ fort. Le spectacle commence; le moment 011 N..• doit entrer en scene
approche; il est venu.
- Entrez, dit l'avertisseur.
- N... ne bouge pas.
- Entrez done.
- N... s'appuie c0ntre un portant et sent ses jambes
fléchir.
- L'avertisscur court a. lui pour le pous.~er, alors N...
jette un regard vers la frise a défaut du ciel, fait un
grand signe de croix, s'élance sur la scene et entonne
bravement son récitatif.
Le ciel lui accorda de cbanter juste.
Le bruit court que M. Émile de Girardin va Jire au
Thédtre-Fran~ais une piece intitulée : Le Supplice d'une
femm11.

Jusqu'a présent, l'auteur dramatique ne pe~ait pas
beaucoup sous le polémiste; mais M. de Girardin rst
l'bomme de l'imprévu et des sorprises. Apres des années
d'alinéas, ou de style politique reuilleté, M. de Girardin s'est soudain mis a la pate ferme de la longue tirade. Des lors ríen ne saurait nous étonner du rédacteur
en chef de la Presse.
Une grande tombola s'organi¡¡e par les soins de laSociété
des artistes dramatiques. La liste des lots a été publiée.
Le Vaudeville, les Variétés, le Tbéatre-Lyrique, le.~
Folies-Marigny octroient a certains numéros gagnant~
une entrée d'UD an dans leor salle.

11 y aura un mortel favorisé de la fortune qui gagnera
111i°e entrée de deux ans il. l'Ambigu !

Une entrée de deux ansa l'Ambign!
Je vois figurer parmi les lots un portrait de Grassot
par Lhérilier... C'est plu~ drMe.
Muller, reconnu coupable d'avoir as,assiné M. Briggs,
vient d'etre condamné a mort : cet arret sera certaiaement blamé par Jud. J'aime a croire que cet bonnéte
hommr, donnera quelques )armes au sorl d'un confrere
infortuné; malheureusement, il est probable qu'il s'eíforcera de dérober ce mo•JVement de aensibilité a la police. . . . . . . . . . . . .
Et voila, un peu au bas.ird, les nouveautés que m'offre París a mon retour... saos compter les Sept Chdteaux
du Diable et la Tour de Nesle.
X. F&amp;VR.'iET.

VOY.A.GE EN FRANGE
0

DE LL. M~. L'EMPEREUH ET L 1111l'tRATRICE DE RUSS11t

Nous publions trois dessins dus au crayon de notre
correspondant, et rappelant le séjour it. L)'On de Leurs
.Majestés l'Empereur et l'Impératrice de Rus,ie. Parties
de Mnlhouse le i9 octobre, a lO beures du matin, Leurs
Majestés sont arrivées .a Lyon le l9 au soir, a 8 heures,
et se sont immédiatement rcndues au Grand hotel de
Lyon, 011 tout avait éte faposé pour la réception des
illustres voyageurs.
Le Grand hotel de Lyon est, comme chacun le sait, la
station habituelle des cours et maisons souveraines; disposé pour les besoins d'une clientele aristocratique,
il offre toutes les ressources d'un confortable exceptionnel et de bon gout.
Un envoyé de Sa Majesté l'Empereur l'iapoléon rn s'était rendu a !'hotel de Lyon dtlja depuis quelques jours,
pour aviser a toutes les mesures nécessaires.
Nous empruntons aux journaux de Lyon les &lt;létails
qui suivent :
« L'Empereur et l'Jmpératrice de Russie sont arrivés
le l 9 octohre a. la gare de Perrache, a huit heures du
soir, accompagnes d'une nombreuse suite.
« Leurs Majestés amenent avec elles a Nice leurs trois
eofants, la princesse Marie, agée de onze ans, le prince
Paul et le comte Serge.
(( Son Excellence M. le maréchal r.anrobert et M. (;bevreau, conseiller d'État, prMet du Rh&lt;ine, s'étaient rendus
a la gare pour salucr Leur~ Majestés Impériales. Une
vingtaine de voitures stationoaient dan~ la cour de la
gare pour recevoir les illustres voya~curq et leur
suite.
« L'Empereur et l'lmpératrice ont pri, Jllt~r &lt;lans la
prcmiere, puis le cortége a gagné le Grall · hotel de
Lyon, en suivant le quai Tilsitt, le quai Samt-Antoine
et la rue Grenette.
« t.:n piquct de dragons précédait les voitures, mais il
n'y a pas ea de déploiement de troupes; seulement rle
distance en distance étaient postés des sergents de ville
et des gendarme~. pour faire observer l'ordre.
&lt;( Les apparlemcnts destinés au czar el a la czarine
sont s1tués au premier étage, en face le grand escalier.
(( Le directeur du Grand hotel de Lyon a fait subir
a son étahlissement tous IPs embellissemenl~ dont il est
susceptible¡ des fleurs garnissent toutes les embrasures,
des lustres, partout allumés, répandent des flots dt: lu
miere ; on remarque colui qui est ~uspendu au plafond
de la piect&gt; d'honneor, qui est en cristal de roche le plus
pur. L'administration a déployé, en cette circon~tance,
un luxe de tapis et de tentures, qui ne pour,a manquer
de donner aux augustes voyageurs la plus haute idée
de l'industrie lyonnaise.
« Sa Majeste l'lmpératrice a été transportée JU~qu'a
son appartement en cbaise a porteurs. L'Empereur suivait la chaise et précédait les jeunes princes. Sa Majesté
n'a pu, a cause de son etat de soufrance, as.~ister au
diner. L'Empereur a done seul, avec ses enfanl~, pris
plaee a la table dressée daos le grand !la.Ion d'honneur,
et il a graci('Usement in.vité son Excellence le maréchal
Canrobert a s·as..c;eoir a cette table.
« L'lmpératrice et les dames dela suite n'ont pa.~ couché dans les lits du Grand hotel ; des meables les
ar..eompagnent. Ce sonl des lits en palissandre, d'une
forme simple et sévere, et n'ayant d'autres ornements
qu'llD filet d'or garnissant les aretes.
« L'EmperellJ' et l'lmpératrice de Russie étaient vetos
comme de simples mortels. L'Empereur portait une re-

�292

L1 ILtu·s rRATlON, j()lJtlNAL UNlVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

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IILI.JiOEUVRES EXÉCUTÉES PAR LE BATAILLON DIS CBASSEURS A PIED DE LA GARDE DEVANT S. M. L'RMPEREUR DE RUSSIE, SUR LA l'LACE. D'ARMES, A NJCE. - D'apre&amp; un croqua de H. Lieto."

« Quant al'Impératrice, nous pouvons dire qu'elle était
dingote nc.ire, avec un pardessus de nuance gris foncé,
d'une
simplicité qu'une bourgeoise eutpeut-etre dédaignée.
et avait sur la tete un de ces chapeaux de feµtre rond,
«
Alexandre
II est de tres-haute stature. 11 domine de
aailes étroites, que la mode a adoptés. Sa Majesté ne
toute la tete les personnes de sa suite; ses traits énerportait, d'une f~on apparente, aucune décoration.

S • E U 'R!t'IO HOTEL D~ LYU'.'i - D'apr~s les cr,¡4u1, Je tll. Sleyerl.
SALLll A MANGER DES OIGNITAIRES ET &gt;Oflllf.ll!RS C:OllPOSANT LA 1,UITE DE LL. MM. 11. L'EMPHREUR ET L'OIP.EltATRICE DE RU :;l · A 1,; '
• '

giquement accentués rcspirent la force calme froidement
impo8ante. Cette belle tete blonde et cette fiere physionomie contrastent étrangement avec le visage doux et
poli de l'impératrice Matie Alexandrowna.

LS. 11. L'EldPEREUR NAPOLÉON PASSANT SUR LE QUAI DES PALMlBRS, A NJC!,

�294

L'ILLUSTHATION, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JO URN AL UN IVERSEL.

faisait la le~on a une bonnete femme (fourvoyée), et la ils éclaireraient la femme légitime, si aveugle qu'on\
mariait, si j'ai bonne mémoire, ou du moins la récon- suppose. La piece toute entiere repose sur cette équi,~
voiture et a visité toute la ville. Sa Majesté est entrée a
que, sans laquelle point de dénoument. Mais ce dél'église Saint-Jean, dont elle a attentivement examiné les cilia1t avec son mari.
MM. Meilbac et Delavigne ne sont pas si séveres pour noument, qui n'en 6St pas un, fut-il admis par le bon
détails archéologiques.
les charmantes filies d'Eve ,qu'ils nous font voir aux sens, que dénouerait-il, en réalité? La femme abandon.
&lt;&lt; Leurs Majestés ont déjeuné a l'hótel, et sont parties
née se tiendra a l'écart, je le veux bien, elle en a pris
prises avec une situation encore plus délicate : elles se
un peu avant dix heures.
l'engagement, un engagement comme celui de Ninon 1
« L'lmpératrice a deux fois 1émoigné sa vive satisfac- font seulement \'une a l'autre une peur affreuse, par La Chatre; mais l'enfant, devenue la cousine de son Yrai
suite d'une double méprise, qui ne tarde pas, du reste,
tion des bons soins qui lui ont été prodigués a \'hotel de
pere, recevra-t-elle impunément le&amp; caresses de celni-ci!
Lyon; Alexandre 11 a également remercié avec beaucoup a s'éclaircir. La comtesse Ismail a bien vite reconnu que Que! intérieur nous est offert en perspective par cette
la baronne de Lauwereins n'est qu'une fausse Bébé-Patade grace et d'etlusion les administrateurs et les dames
comédie, qui a pourtaut des intentions de moralité! La
pouf et la baronne s'est doutée tout de suite que la comfemme
de Marcel vivra-t elle tonjours dans l'ignorance
de !'hotel.
tesse IsmaU ne pouvait etre une vraie Nina Patapon !
« La population l,vonnai~e, fort empressée sur le pasde \'indigne supercherie a laquel\e on n'a recouru, 80¡_
Mais comment se trouvent-elles, et toutes deux en
sage de LeursMajestés, a été calme et respectueuse, exerdisant, que pou.r \'empéeher de mourir? Mourir! qnelle
meme
temps, dans une position si fausse, étant donné
~nt dignement celte hospitalité que les grands peuples
plaisanterie. Tont au plus pourrait-ony croire, si M••Froce qu'elles sont? Mon Dieu ! ríen de plus simple, vous
doivent aux représentants des grandes nations. ))
mentin, qui joue avec une passion si vraie le role de la
allez voir. La comtesse Ismail, qui arrive de Pétersbourg,
ma1trese abandonnée, jouait celui de \'épouse trahie.
avait cbargé son intendant de luí retenir pour quelques
On nous écrit de Nice :
Mais a qui M11• Dortet, avec sa voix qu'on prendrait ponr
LL. M)f. II. de Russie et leurs enfants (excepté jours un appartement meublé; or, ce maladroit, par er- celle de Madeleine Brohan, sa tante, a qui cette lloris11
le prince héritier, qui ne sera ici que le mois reur, lui a limé l'hótel de M • Nina, partie de la veille sante ingénue fera-t-elle croire qu'elle va mourir, qu'elle
prochain), ainsi qu'une suite de soixante personnes pour le camp de Chalons. La comtesse, avertie, n'en va se tuer? E3t-ce qu'on meurt comme cela dans
environ, sont arrivées le 2t octobre, a cinq heures trouve que plus amusant de profiter, pendant une heure cette immortelle famille?
du soir, a Nice. Malgré l'ordre qui avait été donné de ou deux, de cette méprise, en recevant ceux des amis de
Mais uous avons trop insisté sur le fond d'une piece
respecter l'incognito de Leurs Majestés, la ville avait fait la maison qui peuvent ignorer le départ de la demoiselle. que la forme seule a sauvée. Ne prenons pas le pué dn
Parmi ces personnages, qu'elle retrouvera plus tard
décorer l'avenue du Prince impérial, la rue Masséna et
bon sens pour écraser la mouche de la fantaisie. A•ec
la rue Saint-Étienne de trophées et de drapeaux fran- dans ses salons, - et elle s'en fait d'avance une fete, tous ses défauts, et elle en est rousue, la nouve\le cose trouve un jeune bomme du meilleur monde, dont la
~ais et russes.
médie de M. Barriere est une des plus gaies, des plus
Le lendemain matin, Leurs Majestés ont fait une pro- cousine, la baronne de Lauwereins, se meurt d'envie de vivantes que nous ait données cet esprit incomplet, invoir l'intérieur d'uue Aspasie ahsente. On comprend que
menade en caleche découverte.
culte, bizarre, mais d'un mordant et d'une verve irréA midi, l'Empereur a passé la revue du bataillon de le jeune comte, a¡ant reconnu la comtessc, profite de
sistibles.
chasseurs a pied de la gartle impériale, envoyé de Ver- l'occasion pour mettre en présence les deux curieuses.
Le Ménage en ville est en outre joué a ravir par Numa,
Le
dénoument,
vous
le
savez:
le
cousin
emmene
sa
sailles, par l'Empereur Napoléon, pour le service de
impayable
dans le personnage de l'oncle Vaubernier, et
Leurs Majestés. L'empereur Alexandre, en costume de cousine tout attrapée, et le comte Ismail, qni venait pour par Landrol, qui mene toute la piece, daos un role de
général des chasseurs russes, était accompagné du tout autre cbose, se trouve arrivé fort a point pour offri:- beau-frere et d'ami dévoué. Ce dernier role est e.cellent,
comte d'Adlerberg et du comte Orloff Donizoff, ses aides son bras a sa femme, et la ramener a un bótel plus sé- du reste, et il fait honneur a M. Barriere, tandis que cede camp. A son arrivée sur la place d' Armes, la íanfare rieux que celui ou il l'a trouvée.
lui de Numa vaut surtout par son interprete. En d'anTout cela cst bien simple, comme je le disais, a l'exdes chasseurs a joué \'hymne russe; puis ont commencé
ception du caprice de nos deux dames: mais, la encore, tres mains, au lieu de faire en grande partie le succesl
les manreuvres, qui ont été suivies du défilé.
de la piece, il l'eut pent-etre compromis.
L'empereur Alexandre 11, avant de quitter la place se montre le tact des auteurs, et l'excellent gout du
Mm• Fromentin rend vraiment trop intéressante la
d'Armes, a demandé a M. le comte de Geslin, comman- Gymnase.
femme
délaissée qu'elle ne nous fait qu'entrevoir. c·est
Observez bien que nos curieuses appartiennent a cette
dant du bataillon des chasseurs, de lui présenter le corps
le seul reproche que je trouve a lui faire, et elle me le
des officiers, pour leur témoigner sa satisfaction. 11 a haute société cosmopolite, que sa grandeur n'attacbe pa,rdonnera d'autant mieux, qu'il s'adresse a rauteor
serré la main a M. le comte de Geslin, un héros de pas invinciblement aux memes rivages que la bonne autant qu'a l'artiste . .Luuise Vernon est une figure qn'il
Crimée, ou il a été grievement blessé, ce qui ne l'a pas compagnie franpise. Cette nuance explique tout, et fallait ou ne pas montrer, ou montrer tout a fait en
M11• Delaporte la rend avec la plus remarquable finesse;
empeché de se disting11er en Italie.
pied : telle qu'on la voit un instant, elle fait hair
L'empereur Napoléon III, arrivé a Nice le 26 octobre, la pbys1onomie, l'accent, le geste, la démarche, la mise, l'homme qui l'a séduite et abandonnée, tandis qne la
a visité la ville le lendemain : la foule se pressait par- tout fait d'elle non pas seulement une comtesse lsmaU, femme légitime, avec sa beauté réguliere, sa jalousie létout sur son pa.~sage. Nous donnons un croquis fait au non pas meme une slave, roa.is la slave, le slavisme, le gale, ses pleurnicheries de petite filie, palit devant ceue
moment ou Sa ~ajesté a parcouru le quai des Palmiers. panslavisme !
Mil• Pierson ne s'est peut-etre pa.c; aussi complétement nouvelle Hermione, une Hermione que Pyrrhus aurait
Agréez, etc.
Pour extrait: P. PAGET.
assimilé le germanisme de baut vol; mais elle est jolie rendue mere, et qui épouserait Thersite, pour faire na
sort a son enfant ! Voila, traduite en grec, la Louise
-----r--.-.W"""-----elle est blonde, elle ne prononce pas tres-bien le franVernon de M. Barriere et de Mm• Fromentin. On com~ais, et tout cela fait d'elle une cbarmante baronne de
prend a que! point une telle note fait dissonance dans
Lauwereins.
une partition aussi gaie que celle d'Un ménage en viU,;
Berton est la distinction meme dans le personnage
Le théatre du Gymna,,e a comvlétement et beureusec'e$t l'ut de poitrine de Tamberlick daos les GendarM
du
cousin; il joue son role comme ce role est écrit, élémenl renouvelé son affiche, ou se prélassaient depuis
de Nadaud ; la romance du Saule dans une opérette
trop longtemps des ouvrages dont la valeur n'égalait pas gammeot, aisément, simplement, en homme dn monde. d'Oíl'enbach.
Derval est parfait dans 1~ personuage d'une illustratoujours les prétentions, ni surtout les dimensions colosUne autre dissonance, mais celle-la est un mi
tion
financierc, que tout le monde reconnait, a la fasales. La piece en cinq actes et en vingt tableaux débo~
couac, c'est l'apparition de M. Ludov1c d'Orilly, dont le
dait par trop cetélégant et modcste pa5se-partout, taillé ~on dont il aboie et fait le chien.
role, a peine pl'lS long que le nom, serait supprimé a,ec
a la mesure des pastels et aquarelles de M. Scrihe et de Enfin, M11 • Céline Chaumont donne a un personnage avantage pour tout le monde, bien qu'il soit joué Cort
son école. Ne pouvant élargir le cadre, et vraiment, il aecessoire de femme de chambre une mal ice, une convenablement, du reste.
serait facheux qu'on le put, on a réduit les images, on gentillesse, un relief, je dirais presque une imporConvenable aussi est Nertann dans le personnage •
leur a donné beaucoup de marge, et le to!lt n'a fait qu'y tance, qui completent !'ensemble de cette remarquable sacrifié du mari infidele; impossible d'etre volage a,ec
gagner. C'en est meme au point que la plus réduite, les interprétation.
_
M. Barriere aime les tours de force, et c·en est un moins de légereté.
Curieuses, en est de bcauconp la mieux venue. M~f. MeilQuant a M11u Dortet et Samary, ces deux jeunes dé
bac et Delavigne en sont les auteurs, et je leur en fais qu'il vient d'accomplir au Gymnase, en faisant réu,sir a butantes n'ont guere tenu qu'a moitié les prome~es raíce théatre si régulier, une piece en trois actes, con~ue
mon bien sincere compliment.
tes en leur nom par la presse. Leur jeu dénote une pré,Cela n'est qu'une esquisse, mais on y reconnait, avec en dehors de toutes les regles, une piece hasée sur la coce expérience, mais ríen de plus jusqu'a. présent, el
la touche de l'arliste, le gout, le tact de l'homme corume coníusion de tous les genres, une piece enfin dont la cependant on ne saurait dire que la timidité ait paralJl6
il faut, ce sentiment des convenances, de la mesure, ce donoée est grave, pénible meme, et qui fait rire pres- leurs moyens.
je ne sais (JUOi de fran~ais, qui manque a beaucoup de que d'un bout a l'autre, mais rire comme on n'avait pas
Avec le Ménage en mi/e et les Curieuses, le GylDJllll
nos écrivains, et des plus en vogue, meme en des sujets ri depuis bien longtemps au Gymnase.
don ne depuis huit jours, et il donnera longtemps encort,
Cctte donnée, elle est tout entiere dans le titre, un tibien moins ~cabreux.
un charmant lever de rideau de MM. Barriere et LoriD:
tre
elliptique pourtant, mais que l'usage aide trop a faire
Celui qu'rnt abordé ~rn. Meilhac et Delavigne est de
Quand on veut tuer son chien... est le titre de ce pro,erbe.
ceux ou il faut parfois savoir plus de gré a l'auteur de comprendre : qui ne sait, en effet, qu'Un ménage en ~ous n'en dirons pas davantage sur une reprise doll
ce qu'il a tu et caché, que de ce qu'il dit ou fait voir. vil/e, c'est un ménage irrégulier, rival secret du foyer Landrol et M11u Pierson et Chaumont ont fait presqlt
Que ne verr1ons-nous pas, en etlet, que ne serions-nous conjuga!, et destiné tot ou tard 1l. y faire éclater la fou- une nouveauté.
pas exposés a entendre, si MMmu lsmail et de Lauwereins, dre; car un mari libertin ne trouvera pas tous les jo•:irs,
Au théatre de la Gaité, le Marquis caporal, apresquelune fois introduiles chez une de nos cydalises, y trou- comme le Marcel de M. Barriere, un oncle assez dé"oué ques représentations peo fructueuses, a fait place kla
vaient la millieme partie de ce q•1e, sans trop s'en rendre pour prendre sur lui tous les torts, pour épouser la femme Tour de Nesle, rajeunie par une splendide mise en dDI
compte, elles y sont venues chercher ! - 011 si seulement en ville, et recounaitre pour sa filie la petite-niece que et une nouvel\e interprétation. Dumaine y tient, a,ec
lui a donnée son neven.
elles s'y rencontraient avec la déesse du licu !
une autorité suffisante, le role du fameux Buridan, et 11
Et encore faudrait-il qu~ cet oncle impossible eut
L'énormité d'une telle rencontre, et de bien d'autres,
non moins fameuse Marguerité de Bourgogne a tro11•
en l'a vue se produire au Palais-Royal, da.ns un vaude- donné a son neveu et filleul tous ses propres noms de dans Mil• Agar la meilleure interprete qu'aitjamais elll
vil\e intitulé, je crois, Vente cfu11 riche fMbilier. La cu- famille, car, autrement, ces noms inscrits sur un acte ce personnage si éminemment dramatique. - Ce ..
riosité ét,,it la cruellement punie par une drólesse qui de donation ou la petite filie est implicitement reconnue,
« A huit heures, le lendemain, l'Empereur est sorti en

Nommé d'al,ord consul pour trois ans, don Carlos Anprouve, par parenthese, que meme pour interpréter
t?nio_ Lo_pez se vit proclamer président de larépublique a
LES ÉTATS DE LA PLATA.
)(11. Gaillardet et Alexandre Dumas, il n'est pas mauvais
1exp1rat1on de son mandat. Imbu d'idées, si.non plus libéd'avoir commencé par traduire Corneil\e et Racine.
Les contrées baignées par le Rio de la Plata formaient rales, au moins plus intelligentes que son prédécesseur, le
Le Vaudeville, lui aussi, a renouvelé son affiche
grace a une reprise de l'éternel Jeune homme pauvre e~ sous la domination espagnole, la vice-royauté de Buenos~ nouveau président s'empressa d'ouvrir les ports du Parade rleux nouveaux actes, dont nous parlerons la pro- A,vres. En 1806, les Anglais ayant déclaré la guerre a guay au commerce étranger. 11 eut le talent de savoir se
cbaine fois. Ce spectacle, bien composé et hien accueilli l'Espague, s'emparerent par surprise de Buenos-Ayres, faire rééliie plusieurs fois et de gouvcrner Jusqu'a sa
permettra d'attendre, saos trop d'impatience, la Jeunes~; et essayerent de soulever toutes les provinces · mais leur mort, tout en ayant refusé le pouvoir a vie, qui lui était
de Jlirabeau, de M. Aylic Langlé, l'heureox: auteur d'Un libéralisme suspect tronva tres-peo de partis~~s et loin otlert par un congres complaisant. A défaut de libertés,
de l~ur vemr
· en aide, l'opinion publique applaudit
' ' aux que sa prudence croyait ne devoir acco,der qu'il ues
Mfllme rle ríen.
L'Odéon, auquel le présent, meme le plus brillant ne s~cces de~ Es~agnols qui, commandés par Liniers, par- doses infinitésimales a un peuple trop jcune pour
pouvoir les supporter, don C.-A. Lopez a bP.aucoup fait
fait pas négl!ger !'avenir, a re~u une piece en qu;tre vmrent b1entot a reconquérir le terrain perdu.
Néanmoins, a la faveur de cet intérim de liberté de pour la prospérité intérieure du Paraguay. L'lllustration
actes de M. Edouard Plouvier; mais le succes toujours
croissant du Marquis de Villemer ne laisse pas prévoir pa~ler et d'écrire, les idées libérales avaient pu se pro- ª. déja parlé de ce personnage et de son fils, clon Franmeme approximativement, quand sera ouverte la suc~ d~1re et ger·mer, dans l'attente d'une occasion plus pro- cisco S. Lopez, qui luí a succédé, il y a deux ans, dans
cession d'un gentilhomme (JUi songe si peu ii mourir. Le p1ce a leur complete éclosion. L'invasion de l'Espagne h prés1dence; nous nous contenterons de di1e que don
Napoléon détermina une crise 0"énérale ' dont les Francisco marche dignement sur les traces de son pete.
,oila pourtant centenaire, et sa vogue n'a point faibli. par
.
v1oleutes
secousses agiterent simultanément toutes les Sous son administration éclairée, le Paraguayest devenu
Cette belle création de George Sand est de celles qu'on
colonies
espagnoles.
La métropole perdit en un msta:1t un État parfaitement organisé, dont l'importance s'accroit
,eut voir ~lus d'une fois, ne fut-ce que pour s'expliquer
ces
beaux
pays
qu'elle
avait conqnis au prix de tant de tous les jours. 11 possede des voies ferrées, des lignes téléeomment Brindeau, avec un art et des moyens tout
sacrifices,
mais
que
son
insatiable avidité lui avait graphiques, des canaux, et un service régulier de bateaw:
autres que ceux de Berton, soutient et fait meme valoir
aliénés
pour
jaruais.
a vapeur, lesquels descendent le Parana pour vemr corl'fÍéritage d'un si habile artíst~.
Apres
bien
des
péripéties
et
des
luttes
sanglantes
dont
resµondr·e
avec les steamers anglais et les paquebots des
Nous voici maintenant arrivé au plus grand événela
narration
demanderait
plusieurs
volumes
la
viceMessageries
impériales, qui, tous les quinze jours, apment de la quinzaine, et, qui plus est, de toute l'année
.
'
dramatique, a la premiere représentation de Mattre Gué- royauté de Buenos-Ayres en est arrivée a ~e fractionner portent alternativement de Southampton et de Bordeaux
rin, comédie en cinq acles et en prose de M. Émile Au- en tro1s républiques reconnues par toutes les nations le~ nouvelles d'Europe.
Le Paraguay est, relativement a sa superficie, la plus
gier. Le peu d'espace qui nous reste dit assez qu'on civilisées, saufl'Espagne, qui ne peut se consolerencore
peuplée des républiques hispano-américaines · il compte
trouvera uniquement ici une sorte d'avant-propos a de leur perle.
. i ,500,0&lt;,o habitants. Cela tient surtout' a ce qut&gt;
Seul des trois républiques, le Paraguay n'eut pas a envnon
l'étude q~e dem~nde un pareil ouvrage, interprété par
subir
de
guerres
intestines,
ponr
arriver
a
fixer
les
limites
la population n'a pas été décimée par les guerre~ civile~,
les prem1ers arllstes du premier théatre du monde.
Disons avant tout que Mattre Guérin a obten u un succes de son ~err1toire et a posséder un gouvernement unique comme dans les république&amp; voi~ines. Elle se composc
eomplet, et ajoutons, si on veut bien nous le permetlre dans l'Etat. Le docteur Francia, qui avait pris l'initiative de trois races distinctes et du produit des mélanges de
qu'a nos yeux ce succea est complétement mérité. L'au~ du soulevement contre la domination espagnole, confis- celles-ci. Ces trois rdces sont, comme dans toos les pays
teur s'est monlré paríois plus bril\ant, mais il n'a encore qua a son profit le pays qu'il venait de déltvrer. Les de l"Amér1oue : les lndiens, d'origine américaine; les
rien donné au théatre de si achevé, de si mur, au point Paraguayens ne firent que secouer un joug ponr en blan~, d'origine européenne, et les noirs d'ori"ine
0
prendre un plus lourd. Pendant 26 ans, de i.8l i a t 840 africaine.
'
de vue surtout du style.
Les indigenes font partie de la nation yuarw,ie la
Iaitre Guérin est une comédie de caracteres; c'est la la main de fer du dictaleur s'appesantit sur ce malbeu:
un point qu'il ne faut jamais oublier, pour la juger et reux peuple. 11 le séquestra du monde e-ntier pour le plus vaste de l'Amérique du Sud, car, daus le príncipe,
mém~ pour la bi_en gouter. De"ses buit personnag-es, pas mieux subjuguer. 11 n'était permis a personne de sorlir elle s'étendait de la Guyane jusqu'a la province de
un n est accesso1re, tous ont une large part dans J'ac- du Paraguay, et ceux qui parvena1enl a s'y introduire Buenos-Ayres, apres avoir traversé tout le Brésil. La
étaient obligés d'y rester. Le célebre naturaliste A. Bon- seule tribu qui soit restée a l'état sauvage est celle des
tion, et chacun d'eux asa pbysionomie propre.
De tant de caracteres cependant, aucun n'est neuf pla~d dut,.Y pa.c;ser les meilleures années de sa vie, pour Caaguas; ils vivent tres-pacifiquement dans le nord-est
absolument parlant, mais ils doivent tous au milieu tou~ avo1r eu 11mprudence de frauchir la frontiere a la pour- du Paraguay. Il n'en est pas de méme des lfbayas, qui,
afait actuel d'ou ils sont pris (la scene est en l 864), cette suite dequelque plante qui manquaita son herbier. Fran- ayant changé leurs flechPs contre les armes de la civ!lisation européenne, se servent de celles-ci pour donner
nouveauté de nuance, la seule peut-étre qu'il soit désor- cia le chargea de construire une route de commerce.
La
position
géographique
du
Paraguay
se
preta1
t
a
de temps en temps de rudes le~ons a leurs maitres. lis vimais possible de mettre en scene, soit daos le roman
mervei!le
a
son
isolement;
il
représente
a
peu
pres
un
vent sur les confins du Brésil et du Paraguay.
soit au théatre, sans sacrifier a la fantaisie, une déesse ~
triangle
dont
la
hase,
tournée
au
Nord,
est
défendue
par
Oans la capitale du Paraguay, a l'Assomption, on relaquelle M. Augier ne prodigue pas son encens il
d'infranchissables
foréts
peuplées
d'Indiens
saun11es·
trouve
les derniers restes d'une population toute locale
s'eo pique du moins; et pourtant si \'on eherchait bieL.
les_
cótés
s~n_t
óordés
par
les
rivieres
Parana
tt
Parag~ay'.
les
Payaguas;
ils vivent la comme a l'époque de la con~
~a n?~velle piece, quoi qu'on en ait dit, et malgré ce
qui precede, ne manque 1pas d'unité, mais ce n'est ni qm, se reJotgnant au sommet, forment une presou'ile. quéte, mais ils ne sont nullement a redouter. Ces bradans l'action, qui commence par ~embler double, ni dans (&lt; Le Paraguay dut se suffire a. lui-méme; son agriculture ves sauvaites ne demandent qu'a échanger leurs carle temps, ni daos le lieu ou se déroule cette action· c'est et son industrie devaient satisfaire a tous les besoins de quois inoffensifs contre la monnaie du voyageur ama'
dans le caractere de Maftre Guérin qu'il faut la 'cher- ses habitants. Le dictateur permit seulement des relations teur de curiosités.
Le Paraguay comp~ i i Oéglises, la plupart construites
cher, comme du reste le titre !'indique assez clairement. de commerce tres-insignifiantes avec le Brésil, par Jtapua, et encore n'accordait-il ces autorisations qu'a un su~ le méme mode, le mode des jésuites; c'est tout ce
Réduit a sa plus simple expression, le sujet de la
nombre
limité de pcrsonnes, auxquelles il donnait un qm reste des fils de Loyola. On sait que, sous Ja domi.
m~die de M. Augier c'eat l'honneur et l'argent, un sujet
permis
spécial
signé de sa main.
nation espagnole, les missions avaient réussi a fonder
qui porte bonheur, un sujet vieux comme le monde et
«
Francia
prenait
les
précautions
les
plus
minuune théocratie assez puissante pÓur lutter victorieusetoujours aussi neuf, aussi actuel que la lutte éternelle
tieuses
pour
empecher
toute
réaction
contre
sa
dicment pendant un siecle et demi, contre les reveudicade l'esprit et de la matiere. Ces deux pui$sances ennetature.
II
remplit
les
cachots
des
citoyens
les
plus
tions
armées ou diplomatiques de la métropole.
mies, l'auteur les a personnifiées dans Mo.itre Guérin et
respcctables,
et
sacrifia
sans
pitié
heaucoup
d'enlre
eux
Les
principales ressources du Paraguay provicnnent
fils, u~ notaire et un soldat, au-dessous desquels
peut-etre
pour
inspirer
la
terreur.
Saus
amis,
sans
con~
d~
\'agriculture;
seule, la yerba mate ou tM du Parayuuy
sétagent d1vers représeotants ou alliés des deux forces
qu'ils symbolisent. Le choix des deu1 professions a été seillers, il remplissait lui-méme toutes les fonctions du fa1t entrer tous les ansiO millions de francs dans les cai;
critiqué, mais quelle antre désignation d'état n'etit preté gouvernement, qui n'avait d'autre regle que sa volonté. ses de \'Etat, qui a le monopole de l'e1ploitation et de
davantage encore a la critique? Une autre hardiesse Personne ne pouvait l'approcher, le voir, ni lui parler. la vente. Apres viennent le tabac, qui y est e.xcellent
qu'oo peut louer, du moins, sans blesser persono e, et que 11 mourut le 20 septembre 1840 d'une attaque d'apo- les cuirs, les bois, les matieres tmctoriales, etc... Pou;
le s~cces a hautement sanctionnée, c'est ce jugcment en plexie, ne laissant ni pap1ers ui correspondance • il s'é- résumer en trois mots la richesse du pays, ou tout au
faonlle, dans lequel une heureuse interversion des roles tait toujours refusé a recevoir celle qui venait de l'ex- moins faire l'éloge de la perception de \'impot : l'Etat
·
n'a pas de dettes; au contraire, il compte a l'act1f une
fai~ applaud1r a la condamnation du pere par le fils. térieun (1).
Une
particularité
de
sa
mort
prouve
bien
a
que!
pcint
forte réserve métallique. La chose est as.se¿ rare pour
Quon se rassure cependant, Maltre Guerin n'est point
il
était
redouté.
Quelques
instants
avant
de
rendre
le
étre remarquée.
battu par l'ordonnance du colonel Guérin, son fils, corome
dernier
souvir,
il
ordonna
a
son
médecin
de
le
soulever
La République argentine est le plus grand des Etats
Géronte par Scapm; on ne lui vole pas sa chere cassette
un
peo;
ce
mouvement,
quoique
exécuté
avec
toutes
les
formés
par le démembrement de la vice--royauté de
eomme a l'Avare, de Moliere. Tout au contraire et a
l'bonneur des mreurs modernes, on la refuse, sa ca:sette, prccautions desirables, lni occasionna sans doute une Buenos-Ayrcs. Sous le sage gouvernement du genéral
et on le laisse seu! avec elle, et c'est la sa punition. Le sensation douloureuse, car il jeta un cri de fureur et se D. B. ~htre, elle commence a se remettn de l'épuisement
saisit d'une arme qui était a sa portée. C'en était fait du prodmt par des luttes de partís, aussi inatiles que san~ •
pere garde son argent, et le fils garde son honneur.
~t ce qui prouve que ce dénotiment, qui ~ent son Cor- malheureux médecin, si cet effort n'eut épuisé les der- glantes. l'i'étaient les périodiques invasions des Jndiens
ne1lle, n'est pas si étranger aux mreurs ou du moins au nieres forces du dictateur; le bras levé retomba lour- cur~e.ux de rev~ir leurs anciens domaines, et quelque~
lentimentmoral de notre époque, c'est ~u'il est applaudi dement, entrainant le reste du corps, qui gfüsa a bas du s~d_1ttons sans 1mportance a l'époque des élections, sélit. Le médecin rcndit graces au ciel aµres avoir cons- d'.t1ons dénommées pal' les journau1 du pays, Ma11ifestutous les soirs avec transports.
.
, Et maintenant, par quclle succession d'événemenl~ par ~té que son bourreau était bien mort; puis il fit signe t~o?5 de ~a tJref~de vitalité politique du pays, la tranquillopJ)Os1tion
· · de quels caracteres l'auteur a-t-il rendo
' ce a un des gardes de venir \'aider a relever le cadavre : lite sera1t parfa1te.
dénoument si naturel et si patbétique a la fois, c'est ce « Je n'oserais jamais le faire, répondit cet bomme en . Le sol es_t ~res-fertile, et la culture devient de jour en
J0Ur plus ser1euse, grace aux bras robustes et intelligents
que nous tacherons d'exposer d:rns notre prochaine tremblant, sans qu'il l'ait lui,meme ordonné ! »
de nos Basques. On en compte au moins 251000, et pres.
lll U 1Rlpu&amp;ltque au Parag11at, par le colouel A. du Graly,
eauserie.
A. DE B&amp;LLoY.

co.

'?º

�296

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

que tous dans la province de Buenos-Ayres. Le préfet des
Basses:Pyrénées essaye vainement d'arreter l'éroigration toujours
croissante. Les Basques sont bien vus, bien traités, bien payés
dans la République; ceux qui y sont, y restent, et font signe a
Jeurs faroilles, aleurs compatriotes de venir les rejoindre.
Nuus devons dire, a l'honneur de notre département, que ses
fils gagnent la petite aisance qu'ils vont chercher au dela des
mers, au prix d'un travail assidu, d'une honneteté et d'une
bonne tenue qui ne se démentent jamais.
La Républi~ue argentine compte une armée réguliere de 6,000
hommes qui, a l'occasion, peut etre portée a plus dudo uble; cette
petite armée est organisée al' européenne et surtout a la fran~aise,
car les instructeurs sont presque tous d'anciens officiers fran~ais.
On trouve chez les Argentins qui la composent toutes les vertus

du soldat: la bravoure, le respect de la discipline, et surtout une
admirable patience pour sopporter les privations et les intempéries des saisons, terribles sous leur climat. La cavalerie de ligne
compte dans ses rangs les fils de ces fameux hussards de BuenosAyres q11e commandait le colonel Rauch (un Fran~ais), et qui furent la terreur des Indiens Pampas; les descendants des lanciers
d'Olavarria, descuirassiersde Lavalle, descarabiniers de Brandzen
(encore un Fran~ais), et des grenadiers montés formés par le général Iosé de San-Martín. Tous ces noms, illustrés a l'époque de
la guerre de l'indépendance, appartiennent maintenant a l'histoire. Ces vaillants cavaliers, montés sur des chevaux indomptés,
firent alors une campagne prodigieuse. Apres avoir battu les
Espagnols a San-Lorenzo, sur la cote du Parana, ils traverserent
les neiges de la Cordilliere des Andes et délivrerent le Chili par

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--~~~~

~"'("0""--

ARMÉE DE LA RKPUBLIQUll ARGllNTINll : IN'FANTERIE.

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L'ILLUSTRATION, JOU RN AL UNIVERSEL.
les victoires de Chacabuco et de Naypu ; puis, ayant aidé les Péruviens a expulser l'ennemi commun de Lima et du Callao, ils
s'unirent a l'armée colombicnne, commandée par Bolivar et
Sucre, et contribuerent puissamment a,u soeces desjournées de
Rio-Bamba, de Pichincha et enfin d'Ayacucho, qui acheva l'émancipation de la Bolivie. Ils revinrent enfin daos leur patrie,
mais non pour jouir d'un repos bien mérité; un nouvel ennemi,
le Brésil, venait de s·emparer de !'Uruguay. La cavalerie argentine le for~a a reconnaitre, apres la bataille d'ltuzaingo, l'indépendance de la Banda Oriental.
Buenos-Ayres, la capitale de la République, est incontestablement une des villes les plus éclairées de l'Amérique espagnole;
la seule rivale qu'on puisse lui npposerest Santiago de Chili. Elle
püssecie une université avec toutes ses subdivisions en facu lté~,

une bibliotheque de 30,000 volumes et un observatoire. On y
remarque plusieurs beaux monuments, entre autres : !'Hotel de
Vi lle Cavildo; Recova, immense bazar avec arcades, la cathédrale et les églises de San-Francisco el de la Merced, l'Hótel
des Monnaies et le palais du gouvernement. Les ru~s, Lirées au
cordeau et se coopant toules a angle droit, la font ressembler, comme toutes les villes de l'Amérique, a un vaste échiquier. Comme luxe, Buenos-Ayres peut rivaliser avec Mexico et~la
Havaoe; les voitttres les plus élégantes s'y croisent en tous sens,
transportant de charmantes senoras vetues selon les dernieres
modes de París. Une des particularités de cette ville est que
tous ceux qui n'ont pas de voiture vont a cheval; meme les
mendianls.
Buenos-Ayrcs n'a p1s d'industrie spéciale; il luí suffit

�L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

!:~9~8~-----~--------~~~~~~--=-~==-;-::-:::::::::-::::=-::::::;;~;;-;-IH~~~~¡;;z-;~w~;;;i~~~~~;
•
e personne.
Hauts sont les pies, et ténébreuses les vallées, et noirs
1 . t'

erde leurs écus etde leurs épieux deValence. Ils laist tes mules et tous les palefrois pour m_onter sur le_urs
•~tre
l'entrepAt
g1néral
des
produits
de
la
République
'
Le
Paraguay
apprécie
a
situa
ion
m1eux
qu
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d
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f
d
L
F
.
de
u
e
et comme il a tout intéret a ce que !'Uruguay reste ré,. les rocbers, et les e s pro on s. es ran~a1s passent triers, et ils cbevauchent serrés. L~ _Jour est cla1r et
qui consis_tent en cuirs, viandes salées, laines, e~c., ~te.... publique inrlépendante, il s'occupe ae porter sournoise- ce jour-la dans une sombre tristesse. Le bruit de leurs ·nant le soleil. L'or de ces armures etrncelle et flamtout ce que l'on peut faire avec l'immense béta1l qm erre menl son effectif militaire a 40,000 hommes. 11 faudra pas s'ente~d ~e qui?ze lieues ! Mais ils appr~chent de la ,ie. Et, pour que ce soit encore_ plus beau, ils font
dans les vastes plaines, nommées Pampas.
mere patrie, 1ls voient la Gascogne, domame de leur
tir roille clairons.
n manque a Buenos-Ayres un bon port; .il n'a malcomp ravec lui.
,
seiimeur.
n
leur
souvient
de
leurs
fiefs,
de
leurs
tenbru·it
en est tel que les Franrais l'entendent. Olíd
Ent. _., le gouvernement (ran~ais vient de donner 1orv
beureusement qu'une rade fortdangereuse, ª cause es
'd
biens,
de
leurs
enfants,
de
leu.rs
nobles
_épouses.
d'it
·.··
&lt;
Srr'
e compa.,anon,.nous pourrons bien,J·e crois,
o
dre a son représentant de presser vivement 1a 11qu1 ar
,
sables, et aussi des Pamperos ou vents des Pampas. n a tion des vieilles dettes montévidéennes. Que va-t-il sortir II n'en est pas un qui ne pleure d'at~endr1sseu_ient.' voir bataille avec les Sarrazins. - Dieu nous la
parlé, dans le temps, de foads a v~ter pou_r 1~ cons:ruc- de tout cela?
A. :nE Losr~or.
Mais, sur tous les autres, Charles est plem d'ango1sse; donne! répond Roland. Nous devons ici bien nous
tion d'une immense digue. Co proJet se reahsera tot ou
il a laissé son neveu au p_ays ~'Espag~e, et les ~ouze oontrer pour notre roi. Il fa•1t pour son seigneur satard et doublera l'importance de la vílle.
~~
pairs, et vingt mille Fran~a1s qm ne cr~1gnent pornt la voir souffrir détresse, endurer le chaud et le froid,
La capitale de l'Uruguay, Montevideo, est tres-a;,m~mort. Daos sa douleür, il ne peut reten1r ses !armes. 11 isquer sa peau et sa tete! Que cb.acUD s'apprete a
geu~ement située sur une petite péninsule de ª rive
LA CHANSON DE ROLANn.
.s'acbemine vers la France, cacbant. sous so~ manteau rapper de grands coups. Qu'on ne puisse pas chanter
gauche du Rio de la Plata. Elle possede un ·port qui est,
son visage baigné de pleurs. Le duc Ne1mes, qui chevaucbe nous une vilaine chanson ! Le tort est aux paiens,
saos contredit le meilleur, sinon le seul de tous ceux
PotME DE THEROULDE
a son coté, lui demande:)&gt; Qu'est-ce qui vous afflige! » ~ cbrétiens Je bon droit. Jamais vous n'aurez de moi
de ces parag;s ; ceci lui constituerait une _supérior!té
Traduit par Alexandre de Saiot-Albin.
Charles répond : &lt;&lt; Daos un si grand deui_l, p~is-je ne auvais exemple ! &gt;) Aox.
considérable si jusqu'a présent les révolutions ne 1a« pas gémir? Par Ganelon la France se~~ detrmte. C'est livier monte sur un grand pin, regarde a droite daos
vaient empe~hée de tirer complétement parti_ de sa_ posi11.
&lt;&lt; lui qui m'a fait mettre_Roland a l'amere-~arde._ Il me allon touffu, et voitvenir la borde paienne. 11 appelle
tion. L'Uruguay est celle des provinces-UDies qm ª le
&lt;&lt; l'a fait laisser en unétrange pays! Mou D1eu! SIJe le and son compagnon: e&lt; Voici venir du coté de l'Esplus soutfert pendant la guerre de l'iu dépeo dance. S?n
LA BATAILLE.
&lt;&lt; perds, nul ne me le remplacera ! &gt;'. A~x.
e un grand tu multe. Que de blancs h1uberts ! que
territoire a été sillonné alternativement par les armees
Le grand Charles ne_ peut retemr_ ses !armes._ Cent beaumes flamboyants ! Nos Franc;ais vont faire ici une
· nes sans
Le ¡· our s'enfuit, la nuít arrive; Charles s'endort, \e
.
brésiliennes, espagnoles et b uénos-ayrien
', .
éfil , d mille Fram;ais s'attendr1ssent avec lm et sont P1ems de rencontre ! Ganelon le savªit bien, le félon, le traiId
ts
d
Art,
puissant
empereur.
11
se
voit
en
son
ge
aux_
d
es
e
.
_
compter les ravages qu'y firent les terri bl es so ª , . -,
d f~
frayeur pour Roland.
qui· devant l'empereur nous l'a. préparée ! - Paix,
Cisaire. 11 tiententre les main, sa lance de b01s e rene.
fas un libérateur comme l'on en a tant vu en Amerique ·
Marsille mande les barons d'Espagne, les comtes, vi- ·,er'. dit le preux Roland. C'est mon beau-pere : ne
'
1· ·
· ·
Le comte Ganelon la luí prend, la secoue et la hrandit
Aujourd'hui encore, l'Uruguay est 1_vre en proi~ ª, un
comtes et ducs et aumacours, les émirs et lesfils de séna- ri·en de luí. »
·
1
general
si fort r¡ue J·usqu'au ciel en volent les éclats. Charlesdort
libérateur · voila bientot dix-hmt mois que e
teurs. En trois jours il en rassemble trois ~ent mille. Il Olivier est monté sur un pin, d'ou il peut bien voir le
Flores a e~trepris de délivrer un pays qui ne se plai~t si bien qu'il ne s·éveille pas.
fait battre le tambour dans Saragosse. Il fait exposer ~ur ame d'Espaime et cette si grande troupe de SarraApres celle-la, il reve une autre vision. Il est en France,
l ,
v
nullement des exactions de son gouvernement · Le Préslla plus haute tour l'image de Mahomet : i n est paien .11 voit les heaumes reluisant d'or et de pierreries,
· b
· s ' asa chapel!P, a Aix.Un sanglier mécbant lui mord le bras
dent, M. Aguirre, est un fort honnete omme, qm ~ · u~ceque cette vue n'enllamme. Puis ils chevauchent.tous e11 les écus, et les hauberts ciselés, et les épieux, et les
·
t
tt t
droit. Du coté des Ardennes, il voit venir un léopard
dé a M. Berro d'apres les regles fi xees par ª cons I u iou.
grande bate; a travers la Cerdagne, et les vaux et les aoons au vent. Mais il ne peut compter les bataillons:
11 d
,. btenus par qui l'attaque tres-rudement. De l'intérieur du palais
Un paquebot apportela nouve e essucc.,so
monts. lis voient les gonfanons de France et l'arriere- ¡¡yen a qu'il n'en sait la mesure. 11 en demeure
¡
M t
s'élance un lévrier qui vient a Charles, sautant et bonle général Flores : il est maitre de tout e pay_s; 00 evid
¡·
earde des.douze compaenons.
bti au dedang de luí. 11 descend du pin et vient aux
t b
dissant. Il arrache d'abord l'oreille droite u sang 1er, v
v
deo inv&amp;sti de tous les cotés, ne peut tarder ª om er en
· d'
Le neveu de Maroille arrive sur un mu_let: &lt;&lt; Bea_u sire ~ais leur rendre compte de tout : « J'ai tant vu de
'
b
· t
d q e le puis se J. ette furieux sur le léopard. Lr.s Fran~a1s 1sent :
,
son pouvoir. Par le paque otsmvan , 00 appren u
roi, dit-il a son oncle d'un air joyeux, ¡e vous a1 tant ns que J. amais homme ici-bas n'en vit davantaa-e !
• ¡·
d
¡ t
e&lt; Quelle grande bataille ! )&gt; Mais ils ne savent qui la gav
général Flores s'est retiré a vmgt ieues a_ns. es . err,es;
, 11
serví! J·'ai eu pour vous tant de labeurs et de fatigues l j'ai en aceot mille a l'avant-garde, avec leurs écus, leurs
.
bl
d
fa
te
¡
n
y
a
gnera.
Charles
dort
si
bien
qu'il
ne
s'evei
e
pas.
Aox.
sa retraite n'est explica e par aucune 8 1 ' 1
livré tant de combats et remporté tant de victoires ! Ac- mes lacés, leurs blancs hauberts, leurs lancesdroites,
t
L'ombre a fui, et l'auhe blanche apparait. L'empereur
ul · ·
l
bruns épieux luisants. Vous aurez une bataille
Pas eu de combat. Le généra a rec e umquemen ~our monte a cheval et promlme un regard de fi erte· sur son cordez-moi pour ma récompense l'honneur d'abattre
avoír la faculté d'avancer de nouveau; saos dout e I11 ui
Roland. Je le tuerai de mon épieu tranchant, si Mabo- me il n'en fut J·amais! Seümeurs fran"ais, demanarmée : e&lt; Seigneurs barons, dit-il, voyez ces défilés et
v
x
•¡¡
de met veut m'assister. Je délivrerai toutes nos provinces aDieu le couraee
! Demeurez fermes et ne soyons pas
Plait de continuer la campagne.
,
1·
&lt;&lt;
ces
étroits
passages
.
a
qui
me
conse1
ez-vous
v
Fatigué de ce manége, le pays en a appe le au,x na ions
d'Espa"'ne depuis les défilés jusqu'a Durestant. Charles eus! » Et les Pranc;ais: &lt;&lt; Malheur a qui s'enfuit! Pas
· ,. ,. ¡ f ·
L
&lt;&lt; donner l'arriere-garde? )) Ganelon répond : &lt;&lt; A mon
o
•
voisines qui ont aussi tout interet " e aire cesser. es
d b
d · se tassera, ;es Fran"ais se rebuteront. Vous serez délivre de nous pour mourir ne vous fera défaut! » Aox.
'
1·
·
d
t&lt; beau-fils Roland. Vous n'avez point e aron e s1
•
ministres d'Angleterre, d,e la Répub ique argentme et u
de la guerre pour le reste de vos jours. » Le roi Marsillt Les pa1ens ont le grand nombre, dit Olivier, et il me
·
&lt;e rare vaillance. &gt;) A ce mot, le roi le regarde durement
Brésil ont otfert leurs bons offices pour essayer de reconlui en accorde le gant. Svn neven lui dit d'un ton fier, la le que nos Franrais sont bien peu. Compaimon
~t lui dit : e&lt; Vous etes un vrai diable ! Quelle mortelle
•
v
cilier les deux partís, les blancos et 1es colora.dos.
main wuverte du gant qu11 vient d'obtenir ; « Beau d, sonnez votre cor : si Charles l'.entend, il rame-•
..
Apres bien des pourpar1ers, 00 e·tat·t t 0mbe' d'accord &lt;&lt; rage vous est entrée au corps! l&gt;
sire roi, vous m'avez fait une grande faveur. Ch01s1ssezson armée. -J'a.,&lt;&gt;irais comme un fou! répond Ro'
d I f t
Le comte Roland,qui s'entend ainsi reléguer al'arrierel
sur les termes d'un traité tout a avantage u P us or ,
moi onze de vos ·barons: je combattrai les douze pairs de . Je serais perdu d'honneur en notre France. Je vais
·
·
d
d
garde, parle en chevalier : &lt;c.Sire beau-p_er,e, q_u_e ne vous
le général Flores. Amnistie, reconnaissan~e '.es gra,. es
France ! )) Fanseron, le frere du roi Marsille, répond to
t frapper de grands coups de Durandal; la lame
¡
,
dois-¡· e pas, d'avoir demande pour mo1 1arriere-garde !
militaires conférés par le généra1; 1es lffipots qu 1 ª
le premier : &lt;t Beau sir e neveu, vous et moi nous irons, iera sanglante J. usqu'a l'or de la garde ! Félons pa'iens
'd' '
e Mais le roi n'y perdra ríen, j'en réponds! 11 n'y perdra
levés pendant la campagne seront consi eres comm
, •nous la livrerons, cette hataille ! L'arriere-garde de la mal venus dans ces défilés: je vous les garantís tous
· l d ni
·t ni palefroi, ni destrier, ni mule, ni mulet chevauchab,e,
&lt;&lt; entrés dans le trésor nationa •n ; e ~us, on reconnai
!rrande armée du roi Charles, nous la détruirons ! &gt;1 AoL · amort ! )&gt; Aox.
·
t t a ni roussin, ni sommier, dont nos épées n'aient aupara- o
lui devoir une petite note de faux fra,s mon an
b
,.
Puis viennent tour a tour le roi Corsalis, rempli d'as- 'Yier reprend deux fois encore: (( Roland, mon coro·¡¡·
t d ·d
t
vant fait payer la valeur! » 11 drt encore a.son eau-pere:
500 000 piastres, soit deux mi tons e emt e no re
fi
·
tuce, Mauprimis de Rigaut, plus prompt a la course on, sonnez votre oliphant. Si le son en arrive a
'
·
·
&lt;&lt; Ah! misérable fils de race maudite ! Tu te gura1s que
monnaie. C'était lort convenable; neanmoms, toutes
qu'un cheval, l'émir de Balaguer, fier 6t de beau vis3.ge, es qui passe aux défilés, il viendra nous secourir
,
t
t le gant me tomberait des mains eomme a toi le ha.ton
.
b '"
réflexions faites, Flores n'y a pas trouve son comp e, e
fameux par sa bravoure, et qui serait assez no le su ses barons. &gt;J Et deux fóis encore Roland lui réil a demandé en plus que le ministere fut changé et devant CharleSl )) Aoi.
était chrétien. Chacun dita Marsille: t&lt; J'iraijouer m : «Dieu me garde de faire a la douce France cette
,.
· ¡¡
t&lt; Droit empereur, dit le baron Roland, donnez-moi
composé de telles et telles personnes ; " ce prix, con•
·
corps a Roncevaux : si je trouve Roland_, ce sera sa fi. ! Que nul homme vivant ne puisse dire que 1''aie
· bl'
l'arc que vous tenez au poing. Je suis bien sur au moms
sentait a laisser le président de 1a repu ique exercer
·¡ et celle d'Olivíen, et celle _des douze pa1rs ! Les F_ran pour des paiens ! Mes parents ¡· amais n'auront a
,
h ·
·¡ r10
que je n'aurai pas l'affront de le laisser choir comme 1
..
L'
y périront! »
· ce reproche. Q11and J·e serai daos l'ardente melée,
Paisiblement le pouvoir jusqu aux proc a_me_s e ec_ .ºs
t
advint
a Ganelon quand sa main re~ut 1e b'atoo.»
emM. Aguirre a refusé ce qu'il croyait contraire ª sa digm e,
b
d
L'aumacour de Maurienne, le plus félon du pays d'
pperai et mille et sept cents coups de Durandal, roa
·
d ·t h t
ti · e pereur rembrunit son visage, tou_ rmente sa bar e et_ tor
et il a eu le bonheur de voir sa con ui e au emen oue
Ar
¡
paene,
et
Turgis
de
Tourtelouse,
et
Ecremis
de
Vautern
épée que J''ai ceinte a mon soté. Vous en verrez
'd
sa moustache, et ne peut retemr ses 1armes. r1ve e
.,
dans uue réUDion populaire tenue a MonteVJ eo.
d ? L et Esturganz et son compagnon Estramariz, tous de
sanirlant ! Les Fran"ais sont braves, et ils frappe·
d duc r-ieimes qui dit au roi : &lt;&lt; L'avez-vous enten u e
v
•
D'autres médiateurs se sont présenté8 avec aussi peu e
'
,
félons et fourbes, et traitres, et Margariz de Sibille, ,aillamment! Et ríen ne sauvera ces pa'iens de la
· ·
t · &lt;&lt; comte Roland
est dans une grande colere. L arrieresucces: le ministre italien et Urquiza, qm eut autre ois
qui les dames sourient, et Chernubles de Mont-Ni
!, Aor.
· ,.¡·
A
t' d d' t
(&lt; "'arde lui est adjugée: vous n'avez baron pour Ia conla gloire de délivrer la repuu ique rgen me u ic a- e&lt; "'duire mieux. Trouvez-lui qui le seeonde t·1en. )&gt;
dont les eheveux balayent les talo ns, et qui porte P De que! reproche parlez-vous? dit Olivier. J'ai vu les
teur Ro3as.
L'empereur appelle son neveu Roland : &lt;&lt; Beau sire s'amuser un faix plus lourd que celui de quatre mnle
· s d'Espagne si nombreux que les montagnes et
De .,auerre lasse, le plénipotentiaire brésilien ª pré- ct neven J. e vais vous donner la moiti é de mon armee
· : 1·1s 1,'ont tous au roí Marsille promesses pareilles : «
lées, les landes et les plaines en sont toutes cousenté un ultimatum dont les terllles ne sont pas encore
'
f · · , l · con.dui·ra1· ma compagnie a Roncevaux. Si¡· e trouve R . Gr•nde est l'armée de cette race étranee ! Et nous
,
é
(( prenez-la, c'est votre salut. - ~e_n'en era1 r1en. m
,.
v
connus,· on sait néanmoins qu'il n'a pas éte accept, ¡et &lt;( dit Roland. Dieu me confonde s1· ¡e dé mens ma race., land, J·e Je garantís mort! Charles ne passera plus
squ'une bien faible compagnie! - Mon ardeur
que les relations diplomatiques sont rompues 1:ntre ª
·¡¡ ts F
· p
¡·our sans Je pleurer... Ne vous tourmentez point! M·
lecroit, répond Roland. A Dieu ne pla1se, ni 4 ses
., · ¡
d · ¡ · t &lt;&lt; Je garde avec moi vingt mi11e va1 an_ . ran~a1s. ~république et le Brésil. De l¡,. a a, guerre ec
aree
e
t
met
est
plus
fort
que
saintPierre
de
Rome
:
Fhonneur
niasesan.,"'es,queparmoi laFranceperde sa.,0-loire!
·
• (( sez tes défilés avec assurance; et, mo1 y¡van , ne cra1surtout commencée, il Y a loin; si ¡ on en cro,t ce qu ª
la bataille nous restera! Les douze pairs sont tous ju
mieux mourir que de supporter cette honte ! L'Em-

te

dit le président du conseil devant le sénat brésilien, le
l
t
gouvernement diamantin se bor_n_erait, pour .e ru_om_en~t,
a user de représailles. Le Bresll ª· de grandts rliltere
s
·t
dans l'Uruguay, surtout daos les departemen s imi ro· 1 d
d0 S
Phes de la province du Rio-Grande- • ur, oula Pus e
28,000 de ses nationaux sont établis; c'est de · surtout
.
que viennent les réclamat1ons.
D'un autre coté, il ne faut pas perdre de vue que la
·¡
·
· t· d
république Argentine et le Brési ont touJours_ Je e es
1
t
1
regards de convoitise sur la Banda Orienta ; 1. s saven.
·
d
M
t
d
00
l'importance d'un port tel que celm e
evi eo, qui
té
voit forcément passer tout ce qui entre dans 1es con r es
·
d
de la Plata ou en sorl. L'Uruguay est la Belg,que u
·
· r t'•,.
nouveau monde· le Brésil peut Y voir aussi sa ron ii:re
'
d ¡• · l · ·
du Rhin, et l'on con~oit qu'il regretle e av01r a1sse
échapper en t828.

« gnez person~e ! ))

d · A1 · · · t
Le comte Roland monte silr son estrier. 111 se Jom
é.
t
Olivier son compagnon, et G rm, et 1e preux coro e
'
·1
,.
Gerer et Josse et Bérenger, et Jastor, et le vie1 Anse1s,
'
'
· b d G 'fi
et le fier Gérard de Roussillon, et 1e r1c e uc a1 er.
·
&lt;&lt; Par mon chef, dit l'arcbeveque Turpm, ¡·,·1ra1· auss1.· G ·
·
·
Et je vais avec vous, dit l_e ~omt~ . aut1er. : Je s_ms
l'homme de Roland, je ne lm do1s fa11lrr. » Et vmgt m1lle
chevaliers se désignent ainsi. Aox.
d
p
Le comte Roland appelle Gautier e Luz : &lt;&lt; renez
l
t
mille Franrais de France notre terre; occupez es mon s
•
,
d
et tes défilés si bien que l'empereur n y per e pas UD
d "
des siens. )) Avec mille Fran~ais de leur terre e r rance,
·
Gautier se J. elle sur les défilés et les monts. Si mauva1ses
d'
nouvelles qui arrivent, il n'en descendra pas avant avoirtiré aept centsépées.

Nous demeurerons inébranlables en la place. C'est de
nos bras que viendront et les coups et la mort! &gt;) Aor.
ALEX. DE SAINT-ALlllN.
(La suite prochainement.)

•

a· m"rt! Les Franr.ais mourront et la France seradése
nous aime davantage quand nous frappons
•
~
Nos e'pe'es sont bonnes et tranchantes, nous les fe
,
chaudes et vermeilles du sang de nos ennemis ! N
d est preux, et Olivier est sage : ils ont tous deux
vous ferons présent du royaume de France. Nous P
age étonnant! Des qu'ils sont a cheval et sous
dronsl'empereur Charles et vous le donnerons. LesF
s, ils n'esquiveront point la bataille ..:our
écb.ap"
"ais périront, et la Frauce sera honnie ! Le vi_eux Charl la mort. Les deux comtes sont braves, et leurs pa•
a la barbe fleurie, passera le reste de ses ¡ours dans &amp;~res!
deuil et daos la fureur. Avant un an, nous aurons P paiens chevauchent, animés ala vengeance: &lt;&lt; Ro.
la France et nous pourrons coucher au bourg de Sai dit Olivier, voyez : les pa'iens sont tout pres, et
Denis ! n
est bien loin de nous ! Vous n'avez pas daigné
Les douze pairs se sont réunis ·, ils menent avece Totre oliphant: si le roi était la, nous n'aurions
cent m1·ne Sarrazins qui s'entr'excitent et s'enflamme. mma.,ae. Regardez la haut, vers les défilés: vous
pour le combat. Ces pa'iens vont dans une sapiniere -Yétr oir dolente l'arriere-garde. - Paix! dit Roland,
leurs cottes de mailles sarrazines, Jacer leurs bons heau_ faire outrage! Maudit soit le creur qui faiblit!
mes de Sara¡osse, ceindre leurs épées d'acier vieDn018

C0MBAT DE L'0UED·DERMEL.

Camp de l'0ued-Dermel, 3 oetobre 1864,
La colonne commandée par le colonel de Lacroix,
du 3• tirailleurs algériens, a laquelle est venue se
joindre la. colonne du sud du colonel Séroka, apres
un assez long séjour a Bou-Saada, vint camper pres de
la fontaine, située vers la bouche de l'Oued-Dermel
(Foum-Oued Dermel), a quatre lieues du camp insurgé.
Le jour de son arrivée, elle eut une petite affaire avec
les insurgés, qui nous tuerent quelques chasseurs de
France; le 2, a midi enviroo, les cretes des I\1ontagnes et
les ravins qui entourent le camp, sur sa face occidentale, se couvrirent de fantassins arabes, qui ne tarderent
pas a venir nous attaquer de pres.
Quelques compagnies de tirailleurs et du 66• de ligne
habilement placées, et les grand'gardes ont eu raison
de cette agression. Malgré la vigueur avec laquelle elle
a été conduite par le ca'id Brahim, gentleman de BouSaada et membre du Cercle militaire avant sa défection,
- qui a été blessé daos cette affaire par un éclat d'obus, - le soir, quarante-quatre morts ont été recueillis
et transportés a Bou-Saada, ou les habitants de ce ksar
ont pu reconnaitre quelques-uns de leurs freres. Je ne
parle pas des morts et des blessés qu'ils ont emportés
en grand nombre.
Nous avons regretté de ne pouvoir faire razzia, a cette
occasion, sur quelques troupeaux oour améliorer l'ordinaire. Mais le 4 octohre, vers midi, nous nous sommes
amplement pourvus de viande de mouton. La colo1rne a
pris, daos cette journée, plusieurs milliers de moutons
ou de chevres, saos compter l'orge et le beurre enfouis
dans les silos.
L'ennerni est toujours retranché daos l'Oued-Medjedel, ou il est a l'étroit. Nous pensons en finir bientot
avec lui.
Pour ea;trait: P. PAG&amp;T.

LES

ALLINGES

(Haute-Savoie)
t

ET LE PÉLERINAGE DE SAINT-FRAN~0JS DE

SALES.

A peu de distance de la petite ville de Tbonon, - ancien chef-lieu de la province du Chablais, aujourd'b.ui
chef-lieu d'arrondissement, - surgissent, au falle de
deüx monticules escarpés, détachés de la chaine des
Alpes, d'immenses ruines féodales, reste du 'double chateau-fort des Allinges.
Ce site merveilleux, fréquemment visité par des touristes
profanes et par de pieux pelerins, jouit d'une célébrité
grande dans toute la contrée. Une tour de construction
moderne, haute et blanche, servant de clocher, s'élance
du milieu des décombres et annonce au loin la forteresse démantelée, enserrant l'oratoire d'un saint a qu¡
le catholicisme doit d'avoir reconquis sur le protestantisme le plus beau comme le plus fertile des cantons
lémaniques de la Savoie.
De Thonon, un chemin agreste, embelli par de fraiches prairies, des ruisseaux d'eau vive, les sources de la
Versoie - que la médecine songe a utiliser - et opulemment ombragé par des noyers et des chataigniers,
centenaires, conduit d'abord au village des Allinges,
commune et paroisse de la physionomie la plus rustique.
De la, apres avoir tourné le mont tout en le gravissant,
on pénetre, par une porte béante et croulante, daos
l'enceinte ravagée de l'antique fort. Les remparts se
présentent sous l'aspeét de rriurailles presque entier~ment éboulées, crevassées, pantelantes, couvertes de
ronces et de végétations sauvages.
Aucun batiment n'estdebout sur ces cimes ou sourflent
tous les vents,- surtout l'apre bise,-si ce n'est la chapelle et une maison, demeure des pretres desservants, ou
pour mieux dire, queteurs.
Au nord, on découvre Thonon et sa plaine, puis le lac
Léman, purs le canton de Vaud, et enfin la ligne bleuatre du Jura, formant fond de tableau..• d'un tableau Siliaissant.

Au midi, on embrasse du regard une partie du massif
des Alpes pénines avec leurs sapins, leurs roes, leurs
paturages d'un vert éclatant, et ce qui s'en détache le
mieux,c'est la croupe boisée du mont Hermone. Au pied,
sur le premier plan, des vallons aux luxuriants omhrages laissent entrevoir les villages de Fessy, de Périgny,
de Draillans et de la Rochette, semblables a des nids a
demi cachés dans d'épais buissons. Cette nature du
Chablais est essentiellement forestiere ... ou bocagere,
si vous aimez mieux. Elle fait penser aux toiles de Claude
Lorrain.
Je résume en quelques lignes une description qui,
pour etre complete, demanderait bien des pages, car,
ici, les sites exceptii:mnellement beaux et les lieux célebres ne se comptent pas.
Les deux sommets étagés du baut coteau des Allinges
portent chacUD une ruine. Il~ ne sont séparés que par
un tout pelit pli de terrain, ou un taillis s'est installé
saos fa~on, et qu'il n'est point facile de traverser.
Certains auteurs lo·caux peusent que les deux fiefs
jumeaux avaient des maitres différents qui, d'apres de
vagues traditions, étaient toujours en guerre, ou du
moins en état de rivalité; mais l'histoire n'en dit ríen.
Le nom des Allinges indique etfectivement la dualité.
Les chateaux rén.nis pouvaient contenir quime cents
hommes, garnison plus que suffisante pour ten ir en respect le Chablais. lis avaient titre de marquisat et ont été
l'apanage d'une illustre maison qui portait : de gueules

a la croia: d' or.
Le 14 septembre 1594,- c'est-a-dire soixante ans environ apres que les Bernois eurent introduit dans le
duché de Chablais le culte réformé, qui y régnait alors
saos partage, - a la chute du jour, deux étrangers,
simplement vetus et voyageant a pied saos aucun bagage, se présenterent devant la herse du chatean, qui
était plein de troupes et daos un formidable état de défense. Ayant décliné leurs noms, ils furent introduits
chez le baron d'Hermance, qui commandait les Allinges,
et pour lequel ils étaient porteurs de trois lettres de
recommandation. L'un de ces voyageurs, agé de vingtsept ans, avait une physionomie douce, reveuse, et l'allure bénigne : c'était Fran~ois, fils du comte de Sales,
gentilhomme savoyard de haut parage. L'autre était
Louis de Sales, son cousin. Tous deux avaient embrassé
par vocation l'état ecclésiastique, le premier, au grand
regret de ses parents.
Le baron re~ut avec joie ces visiteurs des qu'il eut pri~
connaissance des lettres dont j'ai parlé : l'une émanait
du souverain (le duc de Savoie), l'autre de l'éveque
d'Ann1Jcy, dit de Geneve, et la troisieme du comte de
Sales. Comme il s'agissait alors de la conversion du
Cb.ablais, définitivement abandonné a ses anciens maitres, ie duc ordonnait au gouverneur de la province de
preter aide et assistance aux missionnaires de bonne
volonté qu'il leur dépechait. L'évéque le priait de les
protéger; quant au eomte de Sales, il suppliait M. d'Hermance, son ancien ami, d'empecher que son fils et son
neveu ne s'exposassent, par exces de zele religiet.U:, a de
trop grands dangers.
Le gouverneur, catholique de creur et d'ame, n'avait
nul besoin de recommandation pour étre favorable a
une entreprise qu'il avait appelée de tous ses vreux. Il
félicita les deux pretres, les invita a souper et leur dom1a
UD appartement dans le redouté chatean. Le lendemain
matin, on célébra la messe,- ce qui n'avait pas eu lieu
depuis bien des années; - ensuite le baron fi t visiter a
ses botes la forteresse et ses moyens de défense. Les
ayant conduits sur la terrasse, bordée de cano11s qui
mena~aient le bas pays, il leur dit : - Nous n'aurons
pas besoin de tout cela si les calvinistes peuvent se résoudre a vous 011ir. Et cette parole peint on ne peut
mieux la brutale intolérance de ce convertisseur canonnier.
Pendant qu'il parlait, Frangois de Sales, accoudé sur
le parapet, restait abimé dans une coatemplation douloureuse; il découvrait de tous cotés, dans la campagne,
des croix renversées, des couvents et des églises en
ruines; enfin, n~us dit-on, il se prit a pleurer et s'écria :
- Seigneur ! les peuples ré-Yoltés contre vous et contre
tiotre Christ sont entrés daos votre héritage; ils ont profané vos temples, abolí votre culte, ruiné votre sanctuaire. Levez-vous, Seigneur'. Jugez vous-meme votre
cause, mais jugez-la dans votre misérieorde. La réfutation d'un pareil langage serait bien facile, mais nous
ne voulons ni ne devons faire ici de la controverse reli•
gieu.se.

�L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

301

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

300

PLAZA VLEJA, A VITTORIA.

Al.GÉRIR. -

ÉPISODE DE

u

DÉFENSI&lt; llU

cu,r DR L·ouED-DliRMEL, PAR

LE 3• TIRAILLEURS. -

D'aprés

Ull croquis

de M. E. Caillot.

l

Une autre version prete ce
laogage a celui qui a été
décoré du titre d'Apótre du
CJ¡ablais: «Voila done comme
le Seigneur a arraché la baie
de cette vigne autrefois si
chérie; voila comme il a
détruit tous les murs qui la
déíendaient; elle est exposée
au pillage et foulée aux
pieds... O Chablais! O Geneve ! O Jérusalem ! convertissez-vous au Seigneur votre
Dieu. »
Nous préférons, quant a
nous, cette version a l'autre'.
Si c'est le Seigneur qui a tout
fait, pourquoi attaquer les
Cbablaisiens et les menacer
ducanon? N'est-ce pas agir·
oootre l'reuvre meme de Die u?
Les deux cousins commeneerent immédiatement, d'apres les conseils du baron
d'Hermance, par ouvrir une
mission a Thonon. lls s'y
reodaient a pied quelque
temps qu'il flt, cbaque ma1io, ne portant qu'un ha.ton
et un sac dans lequel étaient
no bréviaire,- bien étonné
de se trouver en compagnie.
d'uoe Bible. - Le soir, par
précaution, les convertisseurs
reotraient aux Allinges et y
coucbaient.
lis eurent a surmonter de
grands obstacles, a vaincre
de vives répugnances, et
,~yant bien qu'attaquer de
frontle culte établi, c'etit été
s'eiposer a un écbee com~e~ ils procéderent par les finesses, les feintes,
les roses, les équivoques, et le saperent a petit
bruit, daos l'ombre, jusqu'au moment ou le prince,
Tiolant ouverlement le traité de Nyon, qui garan ·
lissait la liberté de conscience dans le Chablais,
preta a ses envoyés l'appni d~ la force militaire.
0n a reproché au quiétiste Fran~ois de Sales, a

liGLISR !JE P.HiCOl\110.

VIA IJUC APHKS MII\ANllA.

V!LLAGE DK l'ANCORllO

VIADUC DE PANCORJIO.

TUNNEL IJE PANCUl\llU.

!'ami de Mm• de Chanta!,
au doucereux apótre, de
tricher au jeu. Oans !'affaire
de la conversion du Chablais et du pays de Gex, il
fut fidele a ses habitudes
de joueur. Pendant qu'en
France Henri IV accorclait a
ses coreligionnaircs l"édit de
Nantes, l&lt;'ran~ois de Sales,
jetant en fin le masque, obtenail de son souverain l'expulsion du clergé proteslant,
et luí faisait déchirer un
trailé qui l'avait mis en
pcssession d'une province.
L'apótre écrivait ceci au
duc, entre aulres cboses :
&lt;( . .... II importe beaucoup
qu'eq obscrvant les articles
du lraité de Nyon, et laissant
la liberté de conscience a
ces peuples, vous favorisiez
principalement et ahsolument les catholiques. » Ce
conseil blesse les plus vulgaires notions de l'équité.
A en croire les hagiograpbes,
nos missionnaires eurcnt a
affronter mille périls, aévitcr
mille embuches t::ndues par
les protestan Is. Nous n'avons
pas besoin de dire que ces
assertions sont empreintes
d'une exagération manifeste.
L'bistoire des cxpéditions
di urneset nocturnes des deux
de Sales nous entra,nerait
trop loin. Et nous ne vouluns pas memela résumer.
Pendant que !'Apdtre du
Chablais rompait des lances
contre l"hérésie;lson pcre lui écrivait pourjle dissuader
de poursuivre cette reuvre ardue, lui disant qu'il fallait, en désespoir de cause, &lt;&lt; contraindre ces peuples
a recevoir la foi par la seule bouche /tu canon; » mais
le jeune lévite ne voulut point déserter sa táche,
resta sur la breche, et bientót l'ancien culte fut
rétahli per fas et ne.fas.

I\UlN~S OU CliATEAU 1J'ISAl!b1LE JI,

�L'lLLUSTRATION, JOURNAL UN IVERSEL.

303

L'ILLUSTRATION, JOUtlNAL UNI-VERSEL.
son chreur fermé par des grilles de fer, et au-dessus du- plus anciens romanciers ne nous le peig11ent paaLa chapell e, lieu de pelerinage tres-Créquenté, est
un jour plus favorable. Ecoutez-les :
80lls
d'ailleurs fort peu remarquable. Le chreur oflre quelques que! eslle dome, avec ses sculptures, ses colonnettes, ses
Ce fut malgré tui qu'il épousa Chimene; quand le .
traces de fresques, et on exhibe, sous un globe, le cou•• pendentifs; une vi~ion; elle a sa sacristie; un musée Alphonse exigea de lui ce mariage, il avait quar~
rempli des cbefs-d'reuvre de Murillo et du Greco, sa salle
vre-chef du bienbeureux.
de Juan Cuchille, qui ne contient qu'une chose : un quatre ans, et il était veuf, - j'en demande pardon l
Le petit et modesle temple, éclairé par des ouvertures
coffre retenu au mur par des crampons de er : lourd, la peésie, mais qu'elle s'en prenne, de tout ceci, al'Jii&amp;.
en forme de croix, porte sur sa fa~ade deux tablettes de
profond. Arretez-vous devant cette malle en bois ver- toire. « Seigneur, fait dire au Cid la Cronica rimada,
marbre ou sont deux longues inscriplioIJS latines dont je
vous m'avez fiancé contre ma volonté, mais je jure Plr
moulu, aux ais effondrés : c'est le Cofre del Cid. Vous en
vollS fais grace. L'un d~ ces échantillons d'épigraphie
le Christ, que je ne verrai pas cette femme avant d'~YOi
cléricale oflre le millésime de {836, date de son inau- savez l'histoíre, ou plutot la légende.
Le Campeador, manquant d'argent, fit venir en sa mai- remporté cinq victoires en bon combat. l&gt; 11 tint Parole.
Une autre fois, les vassaux du roi Alphonse t·accuae..
guration.
son, - la maison du Cid existe encore a Burgos, - l'usuCertain dévot personnage, qui s'est caché sous la dérent du meurtre de son pere : le roi fut humilié t ce
rier le plus honnete qui se pul trouver; c'est ce coflre qu'il
nomination de l'Ermite de Bange, a publié,a.Annecy, une
point que les chevaliel'1'1 castillans lui firent jurer, en1rt
oflrit aujuif pour nantissement, avec défense de l'ouvrir
petite brochure intitulée : Pelerinage aux Allinges ; en
leurs mains, qu'il était innocent de ce crime. Dans 80I
avant que lui, le Cid, n'eut remboursé la somme emprunvoici un extrait qui complétera cette trop courte notice :
indignation, il s'adressa a calui qui, plus audacieux que
tée. L'usurier y conseotit. - Remarquez que leschroni1&lt; Environ cent ans apres la mort de saint Fran~ois
les autres, avait exigé ce serment, a Rodrigue :
ques ne tiennent jamais compte des invraisemblances. &lt;t Tu as fait mal, ó Cid, de me faire jurer une telle
de Sales, c'est-a-dire au commencement du dix-huitieme
Quánd le Cid eut ten u ses engagements et payé lasomme,
siecle, le roi Victor-Amédée JI fit démolir la forteresse
chose, car, plus tard, tu devras me baiser la maiu.
on souleva le couvercle du coffre : il était plein de sable
des Allinges, et les matériaux furent vendus. La cba- Baiser la main du roi n'est pas pour moi un honneur.
et de cailloux. Le Campéador vit, dans un geste du juif,
- Éloigne-toi de mes terres, mauvais cheulier, a
pelle, on ne sait comment, demeura debout, environnée
comme un regret rétrospectif de son imprudente conet couverte de décombres, et exposée a toutes les inj ures
n'y
retourne pas d'aujourd'hui a un an.
fiance : - Que craignais-tuY dit froidement Bivar; ne
- Cela me plait, dit le Cid, que le premier ordre qae
du temps. Un siecle plus tard, a. l'époque de la Révolucontenait-il pas l'or de la paro/e du Cid?
tu me donnes soit celui de mon exil : tu m'ex1les pou
tion fran~aise, quelques vandales du philosophisme et de
Puisque nous voyageons avec toute la liberté, tout le
l'impiété l'aper~oivent et frémisst:nt de rage. L'ordre est caprice du touriste, faisant halte ou il nous plait de nous un an, je m'exile pour quatre. »
Lorsque le roi entendit cela, il dit : « Celui-ci n't11
donné de la raser entierement. Les hommes chargés de
arreter, permettez-nous de vous parler de ce fameux
cette inique mission arrivent sur la colline. A l'aspect Rodrigue Diaz de Bivar, de ce héroi- de l'Espagne; peut- pas un homme, mais il a la mine d'un démon.
C'était un terrible homme, en effet, que Rodrigue Dial
de ce monument religieux auquel se rattachent de si etre n'aurez-vous pas perdu votre temps a nous lire.
de Bivar, le premier de ces soldats indomptahles dn ODdou:c sm.wenirs, une foru surnaturelle semble enchafner
Le Cid était, au seizieme siecle, un des saints involeurs bras; ils s'en vont sans avoir osé toucher cet édi- qués du peuple. 11 faisait des miracles : la légende avait zieme siecle, toujours a la tete de leurs bandes terribles,
fice; mais effrayés par les menaces de ceux qui les sanctifié Rodrigue. Le Campeador, toujours en armes, ne reconnaissant ni la religion du Christ, ni la loi de laavaient envoyés, ils reviennent a la charge et se dispo- vei\lait, disait-on, couché au fond de son tombeau, dans homet, ou plutot les acceptant tour a tour, vivaiit de la
sent a renverser la cbapelle, guarid tout a coup un orage l'église de Saint-Pierre de Cardegne. 11 arriva un jour guerre et du pillagc, et ne relevant ni de Dico, ni a
roí, mais de leur épée. Voulez-vous encore un trait dece
des plus tet'ribles les disperse et les force a renoncer a
qu'un juif entra dans réglise, pour voir face a face ce
cette entreprise. Des lors ce projet odieux ful oublié et Campéador si redoutable. L'église était déserte. « Voila démon : je le prends daos un romancero du ldooziae
la chapelle demeura, comme auparavant, en hutte aux done, dit-il, ce Oiaz, dont personne, tant qu'il vivait, siecle.
Le Cid suit le roi Ferdinand a Rome, ou il "
iotempéries des saisons. La voute était ~urchargée, dans n'osa toucher la barbe. Si je la prenais a présent, que
toute son étend11e, d'un tas de décombres qui avait on1e me ferait-il, ce héros endormi depuis cinq siecles dans rendre hommage au pape. Daos l'église de Saint-Pierre,
pieds d'épaisseur. On a peine a coroprendre comment son cercueil?i&gt;Le mécréant s'approcba done du Campea- ou il entre avec son souverain, se dressaient les se,t
trónes des sept rois chrétiens. Le trone du roi 4e
elle n'a pas été écrasée sous ce fardeau. »
dor; mais au moment ou il étendit la main sur cette
Enfin l'oratoire fut déblayé, restauré et restitué au barbe vénérée, le Cid se saisit de son épée, et tira, comme Fra.nce était d'un degré au-dessus de celui du roí d'llculte en i836, comme il appert de !'une des inscriptions aux jours de combat, l'invicible Tizona hors du fourreau. pagne. « Le Cid alla a relui du roi de France et leraversa d'un coup de pied; puis il prit le trone de son ni
de la fa~ade, le l 4 septembre.
Le juif tomba a la renvel'!-e comme foudroyé d'une telle
et le posa sur le degré le plus élevé. Un duc Honoré,ct
C'est en mémoire de cette restauration que l'on céleapparition ; revenu a la vie, il raconta le míracle et
bre, chaque année, un triduum avec indulgence plénicre se convertit a la foi catholique. Apres un tel prodige, luí de Savoie, lui dit alors : u Soyez maudit, Rodri&amp;lt,
et excommunié par le pape, parce que vous avez déslleles i4, 15 et lGseptembre.
et bien d'autres encore, le roi Philippe II, répondant au
noré le meilleur et le plus noble des rois! .,, Quan,11
Les cérémonies religieuse~ et les processions autour
vreu du public, fit demander la canonisation du CamCid
cut entendu ces paroles, il répondit ainsi : • Lait
de la montagne, sous les chataigniers, attit'ent un grand
peador aupres du saint-siége, et quand on retira de son
sons
la les rois, duc ! Si vous vous sentez offen!lé, terlinombre de pelerios.
ALl'RED DE BouGY.
cercueil le héros chrétien, on le trouva enseveli dans ses
nons i'affaire entre nous deux. 11 s'approcha du dacfl
vetements arabes.
tui a.sséna un violent coup de poing. Informé de ce~
c·est qu'en effet le Cid, - notez qu'il porte un nom
s·était passé, le pape excommunia le Cid. Quand ~
arabe, - avait été, peodant sa vie, aussi musulman que
LE CHEMIN DE FER DANS LES PYRÉNÉES.
gue le sut, il se prosterna devant le pape: u DonneHli
chrétien, et avait passé les plus vaillantes .années de
l'absolutioo, pape, sinon, vous me le pai~rez cher. -u
sa jeunesse au service des rois mabométans de Sapape, en pere clément, tui répondit avec beaucoÍlp ■
Nous voila arrivés sur le platean de l'Espagne: A par- ragosse. Pendant que la chronique espagnole s'emparait modération : ti Je te don ne volontiers l'absoluúon, 11
tir de la, l'Alava et les Castilles vont dérouler devant trop tardiveroent de son personnage, pour bien juger j'espere qu'a ma cour tu seras courtois et tranqoille.J
nous leurs panoramas dfl cités pittoresques. C'est un sa personne et sa vie, des Arabes, ses contemporains,
Jly aloin dece CidauRodriguede GuillendeCastro.•01
immense musée de vieilles villes du moyeu age que écrivaient son histoire. Les premieres notes, les premiers homme, le fléau de son temps, a dit l'auteur arabe, tlll.
cette Espagne. Parcou.rez-la. dans toute son étendue, renseignements biograpbiques, viennent d'eux : on les par son amour pour la gloire, par la prudei\te Cel'911l
des Pyrénées a son Guadalquivir, de Valence a Ba- trouve dans lbn-Bassaro; elles sont curieuses a relever. de son caractere et par son courage héroique, oA ..
dajoz, plus que tout autrc pays du monde, elle montre, « Tel était, dit !'historien arahe, en réclamant son héros miracles du Seigneur. )1 C'est cette vaillance qui ••
orgueilleuse de son passé, ses cités pienses et guerrie- avec orgueil, tel étaitce chef terrible, dont la vigtoire sui- fait un béros populaire. Les jongleurs Pt les polll
res. Voici Vittoria, avec ses larges places, ses portes ma- vait toujours la banniere, qui triompha des barbares do moyen a.ge se sont emparés de éette gloire guerrilll
jestueuses, les vastes fa~ades de ses palais aux fenetres (des cbrétiens) a diflérentes reprises, qui combattit leurs La poésie a imposé silence a l'histoire. Suivant l'ialf
armées de grilles, et ses églises gotbiques. Miranda est chefs, tels que García, surnommé par dérision Bouche- changeante que chaque époque donne a ses héros,leal
plus loin, avec son chatean et ses murs qui l'enserrent Tortue, le comte de Barcelone et le fils de Ramire, s'est métamorphosé insensiblement. Soldat terribleaa•
dans leur triple enceinte. Le chemin de fer a jeté un qui mit en fuite leurs armées et tua, avec s'&gt;n petit nom- zieme siecle, gardantencore sa raideur ausiecle
immense viaduc de l'une a l'autre des rives de l'Elbe; il bre de guerriers, leurs uombreux soldats. »
s'épurant, s'ennoblissant avec les époques plus
Voila un puissant auxiliaire pour les Arabes: la nature
entre par un tunnel a Pancorho, que deux chateaux
plus nobles : type complet du temps ou on le chante
maintenant en ruines défendaient autrefois; il atteint de ses alliés séyait, du reste, a la nature du Campeador. des pocmes succes.~ifs; plus tard, loyal serviteur
Briviesia, entourée de ses murailles; la locomotive (role « On étudiait, ajoute lbn-Bassam, les livres en sa pré- son ro1, bon chrétien, rendant graces aDieu de ses
dans son •ol Quintanapalla, pauvre village qui vit, dans sence, on tui lisait les faits et gestes des anciens preux res; plus tard encore,génére1u, loyal, avec toute la
son humble église, le mariage d'un roi d'E~pa~e,-Char- de l'Arabie, et, quand on fut arrivé a l'histoire de Mo- rosité et la loyauté de l'Espagne du quatorzieme si
les 11,- et d'une niece de Loui~ XlV. Nous voici a Burgos. hallab, il fut ravi d'extase, et se montra rempli d'ad- au siecle qút suit, le modele de la galanterie castil1
Burgos, la capitale de la Castille, avant que Madrid miration pour ce héros. &gt;&gt;Quel étaitceMohallabY Un sol- beau diseur et amoureu~ comme les persono
n'eut éteint en elle la s1iprématie de toutes les villes es- dat rusé, qui ava1t pour surnom le Menteur. U agissait Cervantes. Le Cid n'est pas un homme, c'est un
pagnoles, n'a pas, i1 est nai, comme Saragosse, Tolede d'apres ces parole~ du prophete, qui disent : • Chaque Son hiRtoire est celle de l'Espagne, qui s'est peinW
ou Cordoue, cette physionomie du passé que le temps a men!\Onge sera compté pour tel, a l'exception de trois : son héros favori. Le peuple anglais s'est nommé loi
laissée a ses sreurs de l'Aragon, de l'Andalousie ou des le mensonge que l'on fait pour réconcilier deux per- John Bull, et le peuple fran~ais Jacques Bon
Castilles: mais elle a sa cathédrale aux fleches tailladées sonnes qui se querellent, celui de l'ilpoux envers son mais c'est la une simple dénomination; le
en scie, brodées et festonnées; avec sa tour, ciselée dans épouse, quand il lui promet quelque chose, et celui du sa vie écrite en un poeme tour a tour guerrier,
ses moindres détails, et son magnifique portail, fouillé, capitaine en temps de guerre. &gt;&gt;
valeresque et amoureux, en une légende dans 1
Voila le Cid des historiens arabes, celui que la Coi
décoopé comme une dentelle. Un peuple d'arehanges,
il se reflete a toutes les phases de la civilisation de rois, de moines suspPndus a. ses flanes, fourmille dans aucune religion, que le respect pour aucun pou- gloire de l'Espagne.
sur les bas-cotés et les pilastres, comme les légions di- voir n'arrete dans ses fureurs. Est-il done odieusement
Pardonnez-nous cette digression historique, et
vines dans la cité de Dieu ; elle asa porte en bois sculpté, transformé par les écrivains musulmans, ce héros de nant, en route pour Madrid.
H. wvOIJ.
qui clonne 1111' le doltre, un illcomparable chef-d'reuvre, l'&amp;,pagneY Non, il est vrai, soyez-en sur; du reste, les

soi•

4

COURRl&amp;R DX LA IODK KT DX L'IJDUSTRII.
1.,e5 rob~s que l'on portera le plus volontiers, désor191Í9, en biv~r comme e~ tou~e saison, sont celles diles en
~ de I Inde. Un etabhssement de premier ordre
le eo,,iptoir des _Indes (i29, boulevard de Sébastopol):
appetant a son a1de les plus charmantes dispositions de
•-~, a su donner un attrait inconnu jusqu'ici a cette
"'°reuse _étoffe, et l'usage de ce nouveau genre de
perie, qm ne le _cede en rien au tafletas le plus riche
et qui coüte un pr1x beaucoup moindre,
'
Ne trouve plus aujourd'hui de cruelles.
Ah! les belles variétés de robes dºautomne, les ravis•ts foulards a fond hlan.c, a petits dessins de toutes
Dllllces, que nous avons admirésau Comptoirdeslndes!
sans parler d~s corahs, des bandanos et des riches
eaehe-nez destmés a messieurs nos maris! On vous en
es¡,édiera, sur demande, les spécimens ou les écbanlilloDS le,s plus attrayants. (Nous parlons des foulards.)
Poor I ornementat,on des robes et des confections
d'biter, on emploiera princi~alement, cette annéc, les
dlalDll'ures et la passe_menter1e. Les garnitures artistiqaes e~ perles de corail et en perle~ d'acier, celles surtoot ~u1 sortent des !°agasins de la Ville de Lyon, passeaent1ere d? S._ M. l lmpératrice Eugénie (6, rue de la
(liaossée d Antm), ne peuvent manquer d'obtenír un
gr¡nd et légilime suc1-es.
Comme
primeur
pour la sailOlld'autom
oe, la Villt
•LiJon oflre aox belles étrangettS qui visittnt París,
eta nos Parisiennes elles-memes,
la ceioture
&amp;l■te, en
tres - large
rabaon°RO,
~é d'un
dlilé neigeuxse drapanl autour
• 1a taille,
!lit oouant
derriere par
un rbou relOmbanl en
1rois pans;
- pu1~ CI'.
IODI de lreslarges cemlatts en ruhn d'or, rappelaotde
loincellesde
•~pirants de_ 1~ marine;- puis des boucles en écaille,
• aaer _et en Jais, pour les hautes ceintures en roban
P'OI gram; - puis des gants Récamier s'enfilant
une mitaine de peau, sans bouto'ns ni man' - et enfin, le gant Joséphine, qui n'a pas de
~ le long du petit doigt, et qui moule a ravir le
'81gnet et la main tout entiere.
Yeilr:s', la Vi/le de Lyon, a qui l'on doit toutes ces mer. , n est pas pres de déchoir de sa haute réputation
1 llllle~ent acquise : elle sait la conserver, et y ajoute;
~eJour un nouveau lustre, par le bon gout qui dislllgae aes produits, et par l'activité qu'eUe déploie pour
• créer de nouveaux.
L'activ1t· é ! c'est la,, en effet, un des é!éments essen111a
• , : progres, ,. et ~ est surto?,t en m_at1e~e de toilette
Alllli ~ce qu 1I n est pas d mnovation msignifiante.
tlaee la Cemture-Régente de M11. . de Vertus a-t-elle sa
leQsetmat:'lºé~ dans touÚ: Rev1Je de la ~lode. _Bannissons
l1111re el~t1que, la pahssade de haleme, s1 contraires
ti.Me hygieoe, pour porter laCeinture-Régente qui a le
-.; a,antage de mettre en relief le talent de notre
et de n_o~s dégager les banches ainsi que la
6e&amp; • ~tte mmiature du corset ne se trouve que
~ames qui l'ont inventée (3i, ruede la Chaus~ti~); elles _n'en ont établi de dépót nulle part.
~ é Co,s, a la promenade, au bois ou au théatre, j'ai
quelque dame du monde, et le zéphir m'a re1161
ie a¡~~om d,e tel ou t~l_par_fu~enr en réputation. Celui
._. , el !11 ª poursume amsi pendant une soirée en11'11· c éta1t aux ltaliens, il est vrai, et c'est la surtout
lrouve rassemblée la haute clientele du fournis-

=

.,.:re,
._,lea

seur des reine~ et des princesses de l'Europe. Mai5 l'espace
11:1~ man~uerait pour énumérer seulement ici les compos1t10ns s1 nombreuses et si variées dont la. fée Beauté a
donné le secreta Rlmmel (17, boulevard des ltaliens¡.
U~e tell e no~enclature donnerait le vertige; il faudrait
avo,~ recours a quelque cordial pour le fa,re cesser. En
pare1I cas, quelq_uos gouttes d'eau de Mélisse produisent
un bon, effet,. et 11_~st prudent d'en avoir toujours un
flaco u a sa d1spos1tion. Mais il faut ici encore choisir
son fourniss~ur : 1I en est qui v~ndent des'produits
ayant la méhsse pour base, mais ne possédant auca.ne
des vertus de l'eau de Mélisse des t:armes de Boyer
(i4, rue Taran'ne). Celle-ci est d'assez vicille noblesse car
11 n'y a _µas moins de deux siecles que les Carmes la mi~ent
en lamiere sous le patronage de leurordre et de teurnom.
Elle _ren~, dans l'apoplexie, dans les maladies des vo1es
resp!rato1res, dans une multitude d'aflections enfin des
s~mces dont la médecine elle-rueme a recon~u l'efficac1t~ :_ elle guérira vos vapeurs et vos vertiges, elle les
prev1endra, pour mieux dire; que puis-je ajouter de
pIus apres cela?
~ous n'arrivons que trop tot a cette période tranchée
qui nous condamne a jouer le role de spectatrice dans
les fétes du monde, et il ne dépend que de nous de retard~r, cette h~ure fatal e. Oes qu'un pli accusateur
se _revele au v1sage, aussitot qu'un fil argenté s'introdmt dans une tresse blonde, et surtout urune, - comme

. Prim des p!aces :

Premieres. . . . . . 700 fr.
Secondes . . . . . . 400
S'adresser, pour passage, fret des marchandises des
especes,.et pour tous autres renseignemeots :
'
A Paris, au bureau spéollll de la Compagnie, t2 boulevard des C~rmcmes (G_rand-Hotel) ;
'
Au Havre,a. MM. Wilham lselin etc• agents ·
A New-York, a M. Geo. Mackenzie, Broad~ay.

1:

~--,,-_-

Nous donnons ci-contre la vue d'une des rues principa!es de Grasse (Al pes-Maritimes), ou est installée la fa~r.1que de_ri~rfums de M. L.-T. Piver. Nous n'avons pa.s
a ms,_ster ic1 sur cet éta,blissement, qui peut etre classé
parmi les gr~ndes usines de l'iudustrie fran~aise; il nous
suffira de d1re que la science du préparateur et les
moyens de _fabrication dont il dispose, ajoutent encore
a !ª réputat1on des produits qui sortent de son laboratoire ;_ réputation qui justifie le mouvement incessant
des cmq ~aisons de dét~il que possede, a Paris,
M.-L. T. P1ver, et de son importante maison de Londres, Regent-Street.
~

LES S&lt;EURS

MARCHISIO.

Nées a Turin, elles ont grandi ensemble, elles ont
fai t leurs
études musicales dans
lamémeécole, elles ont
débuté le
méme jour,
en t 857, sur
le meme
théatre et
dans le meme ouvrage. C'était
Matilde di
Shabran, ou

FABRIQUE 08 PARFU\1S n¡¡ L.-T. PJVER, A 1:IIASS~ (Alpes-.llarit,mes.

un juste ~hatime~t, sans doute, de nombreux péchés de
coquetter1e, - ,1 convient de s'adresser a M. Guislain
(H 2, rue de Richelieu), qui a le secret de l'Em, de /q_
Fl~rifL:,. et qui fera tout rentrer daos l'ordre. Ce n'est
pomt
t .
. 1c1, une emture ~our !es cheveux que je vous propose• e est ~e eau b1enfa1sante, cornposée des sucs de
plantes exot,ques: elle rend leur couleur naturelle
aux tresses qui l'ont en partie perdue, et leur donne, en
outre, une v1gneur de seconde jeunesse.
A. DE c.
~ --COMPAGNIE &amp;tNIRALE TRANSATLANTIQUE

••me• po1ta1 tren~
EN1'aE I..E RA.WRE ET NEW-YORK
l~I ISCALS

Pal' lu 111af11',4quu paqiubot, tl rouu

W&amp;sa.u;GroN, capitaine A. Duchesne, de 5,600 tonneaux de déplacement et 950 chevaux de force
LAFAYETIE, capitaine A. Bocandé, de 5,600 tonneaux
de deplacement et 950 cbevaux de force.
. Les départs se feront le mercredi, tous les vingt-huit
JOurs, tant du Havre que d!l 1'ew-York.
Les prochaim départs auront lieu comme mit :
DU DAVRE;

Steamer Wa.~hington. Mercredi i6 novembre.
Lafayette.... Mercredi i4 décembre.
DE NEW-YORK :

Steamer Lafayette.... Mercredi 9 novembre.
WaMington. Mercredi 7 décembre.
UJflJIJeUe.... Mercredi 4 janvier i865.

Carlotta
remplissait
le role de
Matbilde, et
Barhara celuí d'Odoardo. Leur
succ/os fut
hrillant, et
elles jouerent succcss i vt&gt; me n t ,
daos le cours
de cette saison, - toujours a Turin, - llfos~, Guglielmo Telt, Jl
Trovatore,
Semiramide,

'nfm t f t
II
ou l'union
, i e e r:i erne e de leurs voix donne un si grand
char~e au duo du second acte. Elles contracterent
ensuite, sans se. séparer jamais, des engagemeuts
avec les. entrepr1ses tbéatrales de Venise' Trieste '
Ale~andr1e, Rom~, Parme, Milan. Méry, voyageant en
Itah~, le~ en~end1t, et tes applaudit avec transport dans
Semtramtde; 11 parla d'elles avec enthousiasme a M. Alp~onse Royer, le directenr d'alors, qui envoya aux deux
v1_rt uoses deux. pté11ipotentiaires' i\lM. de Nuitter et
D1etsch. Le traite fut co:iclu a Alexandrie et c'est . .
. a pu en ten dre, en 1860, Sémiramis,
' élégamment
ams1
que Pa. r1s
t~aduit~, éleg~mment chantée, et mootée avec tout le lnxe
d un theatre impérial. Oepuis, les deux srelll'!, Marchisio
ont chanté ~n Italie, en E~pagne, en Angleter~e, en Allemague, et ~usques en L1vonie. M. Bagier nous les arendues au. prmtemp_s derni_er, et leur rentrée prochaine est
annoncee. Les dilettant, ne pouvaient recevoir une plus
heureuse nouvelle.
G. B.

NOUVEAU RELIQUAIRE DE SAINT LAURENT.

L~ reliquaíre oflert par M. 1~ comte de NédonchelChoiseul pour renfermer la tete de saint Laurent a été
ex~osé, par ordre du saint-pere, dans la basili~ue de
Samt-Laurent inDamaso.
La chromolitbograpbie pontificale a exécuté une l'th
1
"
h'ie co1or1'ée de ce beau monument; M. le chanoine
onrap.
8arh1er de Montault en a fait une de~cription détaill'
' M1
ee,
etde' d'é
I e .. . e comte Huyttens de Terbecq, qui la fit

�L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

304

publier en un splendide in-folio, imprimé a Rome par
Benri Sinnimberghi, et qu'il a généreusement oflert
a des personnes de
istinction et a ses
amis.
M. Je comte Georges de NédonchelChoiseul eut, il y a
deux ans, la pieuse
inspiration d'enfermer la téte de saint
Laurent daos un reliquaire vr:;.imentdigne du saint martyr
et de Rome. M. le
commandeur Poletti,
architecte de sainl
Paul, eut le talent
de combiner, dans
un harmonieux ensemble, les regsources di verses du bronzier, du statuaire,
du peintre el du mosaiste. Le dessin obtint la haute approbatio11 du saint-pere. ~...:::::
,--,
Le reliquaire, en
,,,
/¡.I
style ogival italien du
.'
/
treizicme sieclc, ap- 1
1/
partient a la catégo,11 /
rie des monslrances;
il est tout a jour et
laisse voir la relique
a tnvers le cristal.
/
'
11 esl en bronze coulé, ciselé et doré, el
'
"'-.,
pese 195 livres. Sa
hauteur est de 1 metre 25 cenlimetres,
et sa largeur, ala ba11ª" BARBARA ET f.ABLOTrA IIARCBISIO. se, de 55 centimctres.
11 se décompose en trois parlies : le souba.~sement, la
theque et le clocbeton. Le soubassement, baussé de trois
marches circujaires qui donnent acces au petil temple oil
sont conservées l_es reliques, dcssine un hexagone. Trois
écussons en mosaiques décorent trois des faces. La par•/

f

'/
j

---~,

__-.;::

tie supérienre eat
contournée par une
tahlette en saillie aa,
laquelle six statnet.
tes sont rangées.Une
se~nde tablette pina
é~a1sse, et ornée de
pterres précienaes,
forme, le socle des
si1 colonnettes de la
theque et le suPPGrt
du chef da saiot mu.
tyr. Si1 baies, 91
ogive treflée, COl'ftl.
•
pondent aux si1 pana
de la theque, etlOld
fermées par des lames de cristal. Aadessus de la téte de
saintLaurent,estune
volite divlsée par
pans et peintc sor
cuivre aux effigiesda
sauveur 1:t dessaints.
Le clochclon s'annoncc a l'intérieur
par une coupole, i
l'extéricur par une
fleche ; ses peotes
sontcouvertesdellOsair¡ues, et la &amp;tatue
du saint mart)l' e!l
aq sommet. Au pied
des pignons se tiennent debout, dus
l'attitude du recueilf
Jement,desanges~
chantent un bymne
ala louangedeaill
Laurent.
Les armoiries al
celles du saint-pen,
celles de Mgr le Sacrisle, qui comene
la reliq•Je danslalipsanotheque dupaD'apres une photograpbie de 11. Trinquart (Voir page 303),
lais apostoliqne, el
celles du donateur, M. Je comte de Nédoochel-Choisenl.
Le Pere Tongiorgi, de la compaguie de Jésus, a compá
les in~criptions du reliqu~ire, qni ferout parvenir ala pallé
rilé le nom du pieu1 donateur et ceu1 de tous les artisteslfÍ
ont concouru a son e1écution.
C. CAsrEUUIIS,

------=,,.., ~1-C&lt;&gt;,-.C=------

- - - - - - : = &gt; O - E l~ O

_,,i~~~p~t i
RÉBUS.

ÉCHECS.

PRoBLtM&amp; N• 178, PAR M.

ALBERT

ENsoR.

EULICATION

nu

111
(1
11r

DEI\NIER RÉBUS,

L'année se ferme, la chasse ouverle.
_ _ _ _ __,,_=. , . . , . ~ - - ~ - - -

nu PROBLDIE Nº t 77.
Cercle de l'Union a Saint-Georges-sur-Loire ..l. Laugé, de 11;
ziers; Café Moliere, a Nantes; Jose Librero, a Burgos;ME. f.,
Paris; flombaut, E. Vallet, Henry Frau, Sliennon de _.
Persoz, L. Ilonnin, Cercle de Pont-a-Mousson, cercle du .
ld. de Vaucclle. tmile Frau, Cercle de Duras, Café B~
Montrouge). Café des Écoles réunics (Paris); J. M. V._;a
Cercle douaisien, a Douai; P. Bartet, de Nantes; Moncel~•
Café de la Comédie, a Périgueux; Cercle du Commerr.e a.
t1éres; Cercle Jnduslriel de Douai; l.. Lefrancq, V. Th•
L_:ercle de Lezignan (Aude); Gazelle des étran¡:ers. G
Echecs, de Liége; (;ercle de la Sorgue, a l'lsle; Ded n
Sourvillé.
J. A. • p,
3OLUTIO:SS !.UCTES

Les bl:mcs font mat en quatre coups.

SOLUTION DU l'ROBWE

Blarm.

1.

c 6• c n

~- R ~• R
3. D 3• R rchec.

N°

~~~

AuG. MARc, directeur-gérm1t.
Eo11. TEXIER, rél}.actP.Ur en chef.

177.

1'ioirs.
1. R 5• R
i. R 5• D

3. mal.

NOUVKAU REf.lQt;.~lllf: DE SAJ!,T LAURENT,

l!xpolé dan1 la lluilique d mut Laurc, t, i Rome,

Imp. de L'ILLUSTRATION, A. Marc,
i.2, "'e de \'erntuil

t11

laa

._¡,
t.:....
11111:

�</text>
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                    <text>L'ILLUSTRATION,

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Direction, Rédartion, Adminislration:
flllltl let1 communication• relati•e• au journ&gt;l, recla';"ations, demande~

de changements d'adres~e , do1vent ctre adressees franrG "
■· ~ U G . lllA RC, DIRECTEUR•GÉRA.NT.
leo demandes d'abonnement doivent etre accompagnee•
d'un mandat sur Paris ou sur la poste.

22e ANNÉE .
llamedi

t~

m. XLIV. Nº

t f 33.

N oTembre 1 it6.&amp;.

L'adminislralion ne ripond pas dei manuserils et ne 1'engage ¡amais i •les insírer.
Vu Jtt trait.é.111 , 1:1 lriduclion et b. reprodnction i l'cll'ilnger sont mterclita.

BUREAUX : RUE RICHELJEU-. GO.

1847, elle n'a done pas eo.core
dix-sept ans; le grand-duc
Nicolas, né le 20 septembre
1843, en a vingt et un. lis
sont l'un et l'autre remplis
de distinction, de bonnc gnire
· et d'élégance. La princesse ei t
de plus une tres-jolie pc1sonne.
uu asrnre que te grand-dr e
s·appliquc aacquérir une coi naissance approfondie des b, soins et des ressources de la.
Russie; qu'il n'ignore poi11t
qu'il manque a la. Russ,e
beaucoup de ces choses que
la civilisation apporle ave e
lle, et qu'il est convainm
qu'on doit pou.sser sans rclache la Russie dans la voic
des réformes ou elle est entrée depuis trois ans, si l'on
veut qu'elle se maintieone aLL
rang élevé qu'elle occupc
parmi les grandes nations de
la terre.
La samr ainée de la 1irineesse Marie-Dagmar a épousé~
au commencement de ":rnnée derniere, le prince Je
Galles, fils ai né et héritier óe
la reine d'Aogleterre, en sorle
que deux filles de ce roí Chri~tian IX de Danemark donl la
situatiou est aujourd'hu1 ~¡
pénible et si incertainP, sont
appelées a régner a Londr1s
et a Saint-Pétersbourg, et
que la maison royale de Danemark sen. le trait d'union
entre ces deux puissances que
tant de passions dive~es et

som1AIRE.

1ymoe
sainl
SIIODI

-¡,ere,
JeSaneene
laliu pa·

e, el
l.

m~
posté
tesqoi
.IIIS,

h Jrllld- duc Nic,las et la princ•sse
llrie llmnar. - Rnue politique de
la -••~- - Courrier de Paria. c.n-pondance• de Nice, Toulon et
llaneillt. - La cié rle&lt; cbamps. lspéditioo dan, les pro,inces du Nord
.. l,sique. - L• cab,o, t La Marmo•
n. - 1e marquis Vi,conti-Yeuosta.
- Clornniqu, music•le, - Le chf•
llio ~. ftr daru&lt; les Pyrénres (lllº
lllide). - L' Air el le Monde aérien.
- llsai typo~rar,hiq•oe ,ur I• ~,av,,rc
•boi1. - L'am•r-.il Ron1ain l)c,fu»é;.
Cltnrtl: 1e 1trand-dur.,hérifür Nicol•s
ft I• princes•c Mar~e na~mar. - for..
lflOOldances de Nice, Toulon et Mar.sle (4 ~r••ure•.)- Fxpéd,tion daus
In pnmnc,s ~u Nord du Me,iqu,
ti ~•uures,. - Le cabinet L• MarllOrl (9 gravurrs). - Le chemin de
ler dan l,s P!renee• (6 ~ravures ¡.
- L'Air 11 le llonde airien ( 4 grallffl). - S. Eic. l'amiral Romaiollafilél. - Rebus.

LE GRAND-DUC NICOLAS

ll la priocesse Marie Dagmar.
Le grand -duc Nicolas, fils
aioe de l'empcreur de Russie

Aleiandre II et son héritier,

'ª se marier avcc la princessc
r.¡, llaymm·, deuxicmc filh:

de Christian IX, roi de Oane·
lllrk. La ·nouvelle de ce mana«e, a11no11cé depuis si:&lt; se~ ' rst aujourd' liui offi9elle; les fian~ailles ont été
célébrées a Conenha&lt;&gt;ue et
r
,. º '
.on pense a préparer l'éducalio~?eligieusc de la princesse,
~. Bllivant l'usa&lt;&gt;e devra
t.:....
0
'
llll1l profession du culte orlhodose de l'Église catholique
8retqne.
La .
•
( prmccsse llfarie Dagmar
I) est née le 2G novemure
.:_1.e P~nom de Dagmar est d'oltt, dio,.,se 11 &amp;i¡¡nifie Vierqe du
~D n•,is 1• donnerent, au com1 du lre1w•u1e si,cle 8 une

'

Abonnrments poor Pilfis et. les Départements :

1 mois 9 fr. ; - 6 mois, 18 rr.; - unan, 36 fr.; - le numéro, n c.
la collection mensuelle, 3 fr.; le volume semestriel, 1~ fr.
A B O~
POUR L'ÉTRANG ER 1
Memes pnx ¡ plus les droits de poste, suivant les tarifa.
Lea abono. partent du I er no de ebaque mois.

LF. GRAl'lD-01:C UEHITIEH NICOLAS ET LA l'llt~t'FSS6 MAIIIK 1J1,. 11 di.

de leurs reiues, llarguerile de BoMme,
qui nait tpousé le roí Waldemar, d,t
le Victorituz. La reine Dagmar tient
une grande place dna lo "1lciennc1
lradillons du Nord ; elle étai,,. selon SIi
léitende, remarquahl,ment betle, et renommee pour 5' piélé, pour sa douceur et pour 10n inl&gt;puiubie cbarité•
L,s ptuple&amp; du NQrd snnt con•aincu•
que le prénom de Dnomm· porte bonheur a cellc• i. qni on t'a donné att momenl de leur uaiewoce.

�306

L' í LLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

novembre. Le roi, daos son message, a exposé les-;;:
ditions de la pau. Ses sentiments soot les memes que
ceux du peuple, au moment 011 il vient demander aux
députés de sanctionner la cession d'une partie dn territoire natiooal · mais il invite le peuple a conser1er la
'
.
force d'ame nécessaire pour s11pporter un grand malheur
et en éviter un plus grand encore. Le Oanemark, en et.
fet ne peut trouver son salut que d~ns !'intime cohésiQJl
de' toutes ses parties constitutives, auxquelles on ne
pourra certes plus reprocher maintenant de n'etre pas
homogeoes.
Les nouvelles de New-York signaleot un fait impor.
tant. Les gouverneurs des États du Sud auraieut tena
une conférence daos laquelle ils auraieot résolu, nonseulement de poursuivre la guerre avec vigueur, mais
encore de changer de politique a l'égard des negres, qu¡
seraient désormais employés pour le service public, c'es&amp;a-dire incorporés daos les armées séparalistes. Ríen ne
prouve mieux a que! exces d'épuisement est tombée la
Confédération du Sud.
A l'h.iure ou nous écrivons, le peuple américain, assemblé daos ses comices, nomme au suffrage universel la
électeurs chargés de choisir le futur président; les deux
seuls concurrents sérieux sont MM. Abraham Lincoln,
le président actuel, et le général Mac-Clellan.

307

restreirrnent daus d'étroites limites le sens des déclara-Comment! c'est bien simple; mais songez done mon- gloire, et, que notre génie ait enfanté un cbef-d'ceuvre
A propos de musique, un des derniers numéros de
tions de M. Nigra relativement aux aspirations natiosienr, qu'il y a le papier, l'impression, la commission aux ou que notrejockey soit arrivé premier aux courses de l'lntermédiaire, cet excellent moniteur des chercheurs
nales de \'Italie et au maintien de ses droits sur Rome
lllJ1Cband$ en détail, saos compter la rédaction .....
Loogchamps ou au steeple-chase de la Marche, c'est et des curieux, nous apprend qu'il y a en Angleterre des
comme sa capitale naturelle. lis ne vont pas cependant
_Ah! vous ne savez done pas? dit le monsieur com- de !'argent que nous gagnerons.
bacheliers et des docteurs en musique. Pour obtenir le
jusqu'a. détruire la légitimité de ces aspiration~. _Hs
Mon Dieu! j'entends bien que le génie, voire méme le grade de bachelier, il faut j ustifier de sept années d'éplaisant.
_ Quoi done? ....
établissent que l'ltalie renonce a aller aRome, auss1 bien
simpíe talent, ne dispense pas de mangar, et qu'au-des- tudes musicales, et présenter une cantate a cinq voix et
_ Eh bien, mais, ~ se fait dans les prjsons.
par les manceuvres d'agents révolntionnaires sur le tersous du cerveau il y a l'estomac, qui a ses exigences, a grand orchestre. Le grade de docteur n·est conféré
ritoire pontifical et pa!' toute excitation tendant a proque bon gré, mal gré il faut contenter; je sais qu'une qu'a¡;res un second stage de cinq ans : l'épreuve est 'lne
duire des mouvements insurrectionnels, que par le
Lesentretiens de larue de la Pau vontrecommencer... ceuvre de !'esprit n'en sera pas plus mauvaise parce cantate a six ou buit parties, qui doit etre executée publimoyen d'attaques dirigées du dehors contre les États du
ao wauxball.
qu'elle nourrira son auteur. Gilbert, Malfilatre, Hégé- qnement, tam 'VOcibus quam instrumentis etiam musicis.
pape; mais l'Italie ne se condamoe pas, et la Fraoce ne
)l. Alexandre Dumas ,ioit aussi causcr quelque part, sippe Moreau, et ce pauvre et doux Armand Lebailly,
C'est parmi les docteurs en musique qu'on choisit le
dit pas qu'elle veuille la condamner ~ renoncer ~ Rom~,
a&amp;'inre-ton.
qui vient de mourir a l'hospice Necker apres une vie si profcsseur de l'uoiversité d'Oxford, et c'est devant l'unimeme si les Romains. rendus aleur hbre volonte, se desnr quoi M. Dumas causera-t-il? Sur Benri lII, sur douloureuse, tous ces jeunes poetes qui eureot faim et versité que les candidai,s au baccalauréat et au doctorat
barrassaieot saos le coocours d'aucun élément étranger,
AntoDY, sur Schamyl, sur Garibaldi, sur les Bourbons qui eurent froid, moins souffrants et moins dénués, se présentent pour ohtenir leurs grades.
du gouvcrne~ent temporel, pour se donner a l'Italie.
de Naples, sur la Terre sainte, sur la chasse au fusil, au n'auraient été ni moins ínspirés, ni moins éloquents, ni
Le premier prol'esseur de musique d'Oxford fut, dit-on,
L'éventualité d'une révolution intérieure aRome est
temer ou a l'oiseau, sur les empereurs romains, les moins mélodieux. Que le labeur de la pensée rapporte installé en 886, au temps d'Alfred le Grand.
complétement réservée et reste abolument en dehors
coorses de taureaux, l'astronomie, les mathématiques, doncacelui qui lui consacre sa vie de quoi largement subDes bacheliers et des docteurs en musique ! Étonnezde la convention.
011 la cuisine? Ríen de tout cela. M. Dumas cansera sur venir aux besoins du corps, et que le paio quotidien de vous apre~ cela que l'Angleterre ait produit tant de grands
Une dépeche de M. Nigra au général L~ :Marmo_r~,
Eugene Delacroix. Je ne serai pas faché, je l'avoue, de l'écrivain soit abondant, a la bonne heure; mais est-ce musiciens.
éualement reproduite par le Moniteur, cont1ent le rec1t
r,onnaitre les opinions de l'auteur des Trois mousque- une heureuse idée que la prime introduite dans la littéVoila une institution que nous devrions nous hater
t;es-détaillé de l'entrevue de M. Nigra et de M. Drouyo
tairtS, en peinture. Évidemment il a sur cette importante rature? Voila qui est 'bien contestable. La digoité des d'emprunter a notre alliée.
de Lhuys. M. Nigra s'attache a constater que le contenu
maliere de grandes lumieres, comme sur toute autre écrivains, a coup sur, n'y gaguera rien. Les lettres y
L'lntermwiaire ne nous dit pas si les bacheliers et les
REVTIE POLITIQTIE DE LA SEM.AINE.
dlose, et il est dans le cas de nous prouver qu'il a con- gagneront-elles quelque chose?
de la dépeche du i5 septembre, cette dépeche qui ~
docteurs en musique portent perruque : J'aime a le
sacré la moitif\ de sa vie a l'étude des maitres anciens
Je doute fort que l'appat d'un prix de quinze ou de croire.
X. FEV"NIT.
La polémique soulevée par la convention du i5 sep- donné lieu a tant d'interprétations, a été reconnu vra1
~
et
modernes
.....
a
moins
qu'en
nous
parlaot
d'Eugene
par
M.
Drouyn
de
Lhuys,
qui.
a
tou~efoi~
ajouté
qu'~u
vingt
mille
francs
soit
capable
de
donner
a
ceux
tembre était a pen pres éteiote, lorsque les deux dépeEDMOND Tuw.
Delacroix, il n·oublie de nous parler de ses tableaux, ce qui ne seraient point devenus sans cela de grands
ches de M. Drouyn de Lhuys sont venue~ la raviver. Ces point de v'.le financier, il ava1t beso~n ~ etre c~mpleté
CORRKSPOND~CKS DK HICE, DK TOOLON KT DE IAI\SKILLK.
qui polll'l'ait bien arriver.
auteurs comiques, de la gaieté, de la verve, de l'observadeux documents, relatifs a la ..:onvention franco-italienne, sur plusieurs points. Reprenant les prmc1paux pomts sur
Nice, 31 oclobre.
llalgré tout le plaisir que j'aurai a entendre Eugene tion, des idées et du style. Si l'Europe a dit vrai, .nous
ont pour but d'en préciser le seos et la portée. Ils sont lesquels oot porté les éclaircissements résumés daos la
COUBRIIB&amp; DB PA&amp;l8.
dépeche
de,M.
Drouyn
de
Lhuys,
le
ministre
d'Jtalie
exDelacroix,
homme
ou
peintre,
raconté
par
M.
Dumas,
il
verrons bien.
datés du 30 octobre et du 2 novembre, et soot adres~és
Passons sur les hésitations, les contre-ordres et les
m'eot été plus agréable d'entendre M. Dumas raconté
La chance d'étre joué au Thédtre-Lyrique, de par le contradictions qui ont précédé le voyage de l'empereur
a M. le baroo de Malaret, ministre de France a plique et rectifie les interprétations don_nées, s_urchacu~ Tout pour !'esprit. - Feuilles d'hiver • - Le secret d'111
par lni-meme.
de ces poiots, aux passages de la prem1er~ depeche q~1
talent seul, saos sollicitations, saos présentations, sans Napoléon a Nice. 11 est venu, malgré qu'on ait d1t, et
journal a bon marché. - Les causeries du WaUihall. Turin.
M.
Dumas
sur
Eugéne
Delacroix.
U?e
anec~ote.
Le
Tont est possible a M. Dumas, me dira-t-on, et il ne démarches, ou se dépensent le courage et le temps, c'est tout ce quej'ai a vous raconter. En vertu du privis'y
rapporteot.
Qu'ou
nous
permette
de
c,t~r
les
exphOn se rappdle les interprétations données par les
prix de comédie. - Concours du Théatre-Lyr1que. - La
!andrait pas trop s'étooner qu'il lui convint de fa1re a nous donnera-t-elle un bon opéra? Nous le saurons lége dont semble jouir l'Empereur, le temps, qui était
journaux de toutes nuances a la dépeche de M. Nigr~, cations fournies par M. Nigra, sur un des pomts les plus
Fiancée d'Abydot de M. Bol'dier.-Pourquoi il y a tantde
son
aimable et sympathique figure, une petite place daos bientót.
importants
ou
M.
Orouyn
de
Lhuys
les
avait
provoquées.
aux averses diluviennes, s'est mis au beau le jeudi maen da1e du 15 septembre, dépeche daos laqnelle M. Nlgrands musicie?s en An¡¡leterre.
lecadre
ou il se propose de nous montrer le plus illl).Stre
«
M.
Drouyn
de
Lhuys
a
rappelé,
dit
M.
Nigra,
que
dans
Le Thédtre- Lyrique a mis un opéra au concours, sur tin, et peu s'en est fallu que l'Empereur entrat a Nice
gra disait que le gouvernement italien ré~.udiait tout
peintre de temps-ci 1
Qui done a osé dire que nous avions 1:e~prit exclusiTe' un poeme donoé, dont M. Adenis est l'auteur : tous les par un soleil éblouissant. Malheureusement, la nuit élait
moyen violent pour entrer daos Rome, et qu 11 ne corop- les conférences, il avait été déclaré, de parl e_t d'autre,
Plaise
au
ciel
qu'il
en
ait
l'heureuse
pensée
!
mentaux
cboses
matérielles,
etque
lesspmti;.ellesneno111
qu'on
ne
devait
pas
se
préocc~per
du
cas
ou,
~al~é
lauréats des prix de Rome étaieot appelés a prendre venue, et c'est a la lueur de milliers de lampions que
tait que sur les forces morales, le progres e~ la ci;ilisapréoccupaient
pas?
C'est
une
abominahle
calomnie._JaBah
!
bah
!
il
n'y
pensera
pas.
Cela
se
fera
saos
qu'il
\'exécutioo
loyale
de
la
convent1on,
de
la
part
de
I
Itahe
part a la lutte. L'age ne faisait rien a !'affaire; le seul Sa Majesté, en voiture découverte, ayant a ses cótés le
tion. Ces interprétatioos de la presse fran~a1se et etranypense.
point était de montrer une tete couronnée, blonde, brune, ¡,réfet du dé¡,artement, a traversé au pas les rues, ¡,laces
gere ont paru au ministre des affaires étrangeres de et de la France, le gouvernemeot pontifical ne pourrait mais au contraire, il n'y a eu un mouvement plus tif et
-A merveille. Quelle bonne fortune, s'ilallait... sans blonde ... ou ch:i.uve.
et avenues, qui l'ont conduit a la préfecture, ou e1istent
France nécessiter des explications réciproques, :i.fin de plus subsister par lui-meme et ~e r_endrait im~ossible; plus 'marqué vers les choses de !'esprit. T?u.t le monde
y
penser
... nousraconter lui-meme quelques-lllles de ces
s'en
mele,
et
c'est
vraiment
un
spectacle
ed1fiant
et
reLa récompense du vainqueur était le droit d'etre re- des appartements spécialement affectés aux souverains.
dissiper les équivoques, de prévenir les malentendus, et que cette év~ntualité aurait const1tue une s1tuat100 noumille anecdotes dont il est le sujet, que tout le monde présenté daos l'année.
velle, indépendante de la conveotion, et en dehors des confortant.
Le roí Victor-Emmanuel les a hahités, mais ils ont été
de constater enfin l'accord des deux gouvernements, sai~ mais qu'il mettrait si bien en scene. Celle-ci, par
Voulez-vous
des
faits
irrécusables?
Le poeme avait po'.lr titre : la Fiancée d'Abydos. Si.x rerr,aniés depuis cette époque. lis se composent de deui
accord qui, selon M. Orouyn de Lhuys, ne pouvait se con- prévisions des parties contractantes .•~es de~x .gouv~reiemple.
Une dame s'est fait inscrire sur le registre du seerélamusiciena sontentrés en !ice. Six ! etDieusait que les prix belles chambres a coucher, d'un salon, d'un cabinet de
cilier avec certaines divergeoces qui séparaient le com- nements se réservaient pour ce cas, s 11 veua1t a se reaUnjour, un de ses amis entre dans son cabinet, elle de Rome ne manquent pas ! Six ! Et les autres, pourquoi toilette et d'une longue galerie vitrée, plus reruarquable
riat
de
la
Sorbonne
et
va
subir
!'examen
du
baccalal·
liser
toute
liberté
d'action
de
part
et
d'autre.
Cette
rémentaire de la léuation
italienne
des
commeotaires
o
.
IIOue en manches de chemise, suivaut sa coutume, pen- se sont-ils abstenus? Est-ce modestie, P.st-ce timidité, par son ampleur que par le gout dudécor. Cette galerie,
aotérieurement émanés de la chancellerie franga1se. serv~ mentionnée par M. Orouyn de Lhuys, esl parfai- réat es-lettres daos le courant du mois.
dié sur sa table, et couvraot de sa belle écriture une est-ce saisissement en face du paradis entr'ouvert?
Un
nombre
prodigieux
de
journaux
sont
sur
le
poill
teme~teiacte,
etj'ai
eu
soin
de
la
faire
conuaitre,
en
son
que l'on avait toujours connue sous le nom de Galerie des
Une conférence a eu lieu, a cet effet, entre M. Drouyn de
feaille
de ce grand papier a lettres, sur lequel il aime
temps
au
uouvernement
du
roí;
mais
je
n'ai
pas
cru
Le jury vient de prononcer sa sentence : la partition Palmiers, a cause de la forme des colonnes qui soutiennent
de
parailre.
Lhuys et M. Nigra, et, apres qu'on se fut mi~ d'accord,
i ,oir sa plume courir en tra~ant une scene de drame de M. Barthe (de Bayonne) l'a emporté sur celles des cinq le plafond, a été débaptisée et s'appelle aujourd'hui, je ne
M. Peyrat, aucien rédacteur en chef de la~,•
elle ful renouvelée devant l'Empereur. Les dépecbes pu- devoi; ta r~ppeler daos une dépeche livrée a la publioade comédie, un cbapitre de roman ou d'impressionsde autres concurrents .
obtenu
l'autorisation
de
publier
un
jonrnal
quotídiel,
cité.»
11
résulte
done
de
la
note
de
M.
Orouyn
de
Lhuys,
sais pourquoi, et on serait embarrassé de me le dire,
.bliées par le Moniteur sont le résultat de cette double
,oyage.
dont nous ne connaissons pas encore le litre.
comme
de
celle
de
M.
Nlgra,
que
daos
ce
cas;
qui
n'a
Au moment ou le titre du libretto était publié, un Salle des Garetes. Elle sert de vestiaire, aux jours de réentrevue.
- Eh! quoi, toujours au travail, Dumas? lui dit le poete et un musicien, M. F. Dartol et M. Paul Bordier, ception du préfet.
M. Ernest Feydeau fon de le Bon sens. Le Bon sem, '~
M. Drouyn de Lhuys s'étudie surtout a préciser le pas été prévu par la convention, les d~u:x gouverne.~ents
tisiteur.
une
feuille
ou
Panny
n'a
guere
de
chance
d'etre
réía·
se
réservcnt
également
leur
liberté
d
act1on.
La
serie
de
écrivaient a plusieurs journaux, non pas pour protester
Les autres p1eces des appartements impériaux sont
sens de )a conventioo, dans la pensée du gouvernement
-Toujours.
contre le chou du sujet, mais pour revendiquer la prio- fort belles. Le salon, ou plutót le cabinet de l'Empereur,
fran~ais, et il formule une série de propositions qm ,le- ces nouveaux documents est complete, et l'on peut dé- primée.
-Ah! ~a, mon ami, quand vous reposerez-vou3?
On aononce un journal intitulé la Rive gauc/11.
sorruais les étudier et les apprécier daos leur ensemble,
rité de l'idée : depuis plusieurs aonées ils avaient une est tendu de damas de soie vert; on y remarque deux
mandent a etre reproduites :
- Qnand je me reposerai? dit M. Alexandre Dumas. Piancée d'Abydos en deux actes, toute prete a marcher a belles glaces de Venise, un tableau représentaot la place
Un
sol
iourat
et
fécond
a
la
fois
que
cette
rive
ganehe:
« t• Parmi les moyens violeots dont l'Italie s'est in- en toute connaissance de cause.
o
.
legarde1 bien.
Par un décret reodu su, le rapport du ministre de la les fruits précoces n'y murissent guere, ma1s
l'autel, ou a eotrer en scene, si vous l'afmez mieux.
et l'église de la Superga, le portrait de l'Jmpératrice et
terdit l'emploi, on doit compter les manceuvres d'agents
Et il onvre un tiroir daos Jeque! il y avait une pieee
Cette Piancée, depuis lors, s'est résignée a sortir de celui du prince Impérial, les bustes de Napoléon 1" et du
révolutionnaires sur le territoire pontifical, ainsi que maison de l'Eropereur et des Hcaux-Arts, une commission
S'ils tombent, ces jeunes journaux,
d'or et quelques pieces de monnaie blanche.
l'ombre du foyer paternel, ou elle abritait trop pudique- roi Louis. Le cabinet de toilette est d'une élégance digne
toute excitation tendant a produire des mouvements nouvelle cst instituée, qui aura aexaminer d'importantes
La terre en produit de nouveaux,
- Vous voyez cet argent.
questions
relatives
a
la
ville
de
Paris.
Plusieurs
édifices,
ment sa jeunesse. Pourparler en prose, M. Retlé a édité de l'impératrice Eugénie, aqui il a servi lors du voyage
Comme
eux
tout
préts
.....
a
disparaitre.
iosurrectionnels;
-Oui.
atlectés
aux
services
publics,
peuvent
ne
plus
répoodre
le
poeme de M. Dartol et la musique de M. Bordier, et de 1861; il est, comme les chambres a coucher, de style
« 2• Quant aux moyeos moraux dont elle s'e~t réservé
Ce qui n·empeche pas que nous ne souhaitio~s boDM
- r.omptez-le.
la
partition est aujourd'hui exposée a la vitrine de Louis XV.
au
beso
in
de
ces
services,
et
il
devient
nécessaire
de
les
l'usage, ils consisteot uniquement dans les forces de la
chance a la Rive gauche : le courage et la perse,~
L'ami compta.
M.
Brandus.
agrandir,
ou
meme
de
les
reconstruire
totalement.
C'est
L'Empereur, qui fut re~u a !'hotel de la préfecture
· civilisation et du progres;
ont parfois lassé la sévérité des dieux.
.•
~~y aquarante-trois francs cinquante-cinq centimes,
La Piancée de M. Barthe ira au Théatre-Lyrique, celle par le général commandant le département et par le
« 3• Les seules aspirations que la cour de Tw-in con- ainsi qu'on doit rebatir l'Hotel-Dieu, et remplacer par des
Nous avons encore le Contemporain, de MM. Benn
de M. Bordier irait un peu plus haut encore qu'elle se- maire de la ville, les garda a diner, et a peine le diner
sidere comme légitimes sont celles qui ont pour objet la abattoirs extra-muros ceux qui, depuis l'annexion de la
Lasserre
et Duboscq de Pesqu.idoux: un journal hebdomt
- Eh bien! dit M. Dumas, je me reposerai quaod il rait tout a fait a sa place : elle charmerait le vrai public, achevé, Sa Majesté, en habit de voyage, et accompagoé
banlieue,
se
trouvent
en
dedans
du
mur
d'enceiote.
La
réconciliation de l'Italie avec la papauté;
daire tout pénétré du soufOe catholique. La note légete• 1llra dans ce tiroir soixante francs.
et les abonnés eux-memes daigneraient l'accueillir avec du général Fleury, ;on aide de camp, sortit a pied pour
i&lt; 4° La translation de la capitale est un gage sérieux commission décidera quels sont les immeubles qui sont
sera
;ourtant pas bannie du Contemporain. 1'. Dans In cetemps-la, il gagnait deux cent mille francs paran. quelque bonté; car un opéra en deux a..:tes n'a jamais parcourir la ville sans que son incognito ait été trahi.
donné a la Fraoce; ce n'est ni un expédient provisoir_e daos te cas d'etre agrandis ou reconstruits, daos quel
salon, Rivarol aura le d~oit de_ rire et de d1re ~ ~
VÓUI .6gurez-vous cela accommodé par M. Dumas lui- empecbé qu'on dansat un ballet1e meme soir.
Le lendemain, 28, le v01le de l'incognito avait été levé;
ni une étape vers Rome. Supprimer le gage, ce serait ordre les travaux devront etre exécutés, quelles sont les mots, apres une dissertation pmssante de M. de Maislft.
l!ae,
a,ee sa belle humeur et son esprit?
J'ai
entcndu
l'ceuvre
de
M.
Dartol
et
de
M.
Bordier
au
propriétés
domaniales
dont
l'aliénati~n
pourrait
etre
au~
les
réceptions officielles commencerent, et bientót on
détruire le contrat;
Ainsi s'exprime M. Lasserre daos sen prograwme. i'
piano : une action bien conduite, pas une longueur, des aonon~a l'arrivée de l'empereur Alexandre, qui voulut
i&lt; 5• Les pro¡,ositions de M. lecomte de Cavonr,en i861, torisée daos le département de la Seme; elle aura auss1
Enfin le Diable vert..... dut le Nain jaune en creter
Le sénie íait le mort, on songe a l'obliger a secouer récitatifs d'une clarté et d'une rapidité.extreme, une poésie devancer l'empereur Napoléon. Les deux souveraios se
ne cootenaient point cette clause relative a la capitale; a donner son avis sur les moyens d'exécution. Tout cela
•Mlhargie.
dépit.
.
.
•
pleine de grace, d'élégance et d'élan; voila pour le li- retirerent daos ce salon tendu de damas de soie vert
est
fort
bien,
mais
beaucoup
de
gens
persisteront
acroire,
en outre, elles limitaient a un chiffre déterminé l'armée
Beaucoup de journaux, c'est un grand pomt; DIII
L'~ apprenu a ses confrer-es parisiens qu'il serait bretto, et c'est bien quelque chose, les plus difficiles en et y resterent enfermés plus d'uoe demi-heure. II y avai~
avec
nous,
que
toute
commission
de
ce
genre,
quelle
. du saint pere, et assignaient pour le dépar.t de nos tr?un'est pas tout, il faut que les jour.naux ne cotilent
'8eilion de rétablir le prix qui avait été créé par la se- conviendront. Daos la partition, les contrastes les plus de la cire aux trous des serrnres, et ¡:,as une parole
pes un délai de quinze jours. On ne saura1t méconna1tre qu'elle soit, ne saurait suppléer aux délibérations d'un
cher.
:
~publique pour la comédie la mieux écrite et la beureux et les plus habilement ménagés de douceur et échangée n'arriva au dehors. Un peu apres, l'empereur
véritable
conseil
municipal.
les différences considérables qui existent entre ces proVous savez a quels prodiges de bon marc~é D°!'9
-..
ltile
aux mceurs. Et ce prix, que serait-il? Une d'énergie, l'accent dramatique saos effort, les cótés ten- Napoléon, en uniforme de général de di,ision, se rendit
M.
Persil,
conseiller
d'État,
est
nommé
sénateur,
~t
positions et les arrangements du mois de septembre.
babitués certaines feuilles. 11 y a des gens qm ne 8
llb.l....~es
reuvres de Moliere, de Regnard, ou de Beau- dres et passionnés du poeme, rendus avec une suavité a la villa Peillon, ou l'empereur de Russie, en uniforme
M.
le
comte
Treilhard,
directeur
de
la
_presse
au
m1&lt;t 6º Le cas d'uoe révolution qui viendrait a éclater
quent
pas
qu'on
puisse
donner
tant
de
marc
-:-~T
Un buste de Plaute ou de Térence, ou tout infinie et une chaleur entrainante, et sur les accompa- de colonel du régiment de Lithuanie de sa garde, rc~ut
ºspontanément dans Rome n'est point prévu par la con- nistere de l'intérieur, passe au Conseil d'Etat. Il est propom·
si
peu
d'argent.
•
une couronoe de lauriers? Non, vraiment, gnements les plus riches et les plus variés, des motifs Sa Majesté, et s'enferma avec Elle daos un salon du
,ention. La Fraoce, pour cette éventualité, réserve sa bable que M. Treilhard n'aura pas de s~ccesseu~ au mi- Et penser que cela ne coute que ..... (mettez le
•
le
hebonnesomme
de quinze ou de vingt mi lle francs; 011 la mélodie ahonde toujours. Le piano vous montre rez-de-chaussée de la villa. L'entrevue dura encore
nistere de l'intérieur, et que les fonct10ns de d1recteur
liberté d'action.
qu'il
vous
plaira),
s'écriait
l'autre.jour,
en
_frappanl
i:-es-nous
pas
dans
le siecle de l'utile et du positif? tout cela, mais que de trésors perdus que l'orchestre et pres de trois quarts d'heure, tete-a-tete et portes closes,
« 71 Le cabinet de Turin maintient la politique de de la presse sont supprimées; mais le régime admioisson
jo•irnal,
un
brave
homme
qw
voyage:ut
en
IIÍlu1
les
temps
anciens,
daos les a.ges naifs, pour les voix releveraient soudain. La Piancée cl'Abydos a déJa avaot que l'empereur Jliapoléon se rendit au premier
M. le comte de Cavour. Or, cet homme illustre a déc~aré tratif auquel la presse estsoumise n'est malbeureuseme~t
de fer; n'est-ce pas inconcevable?
..
¡,,¡
~ ou pour réveiller le génie, on montrait a'.11. fait un pas vers le public; un autre, vraiment décisií étage, ou l'impératrice l'attendait.
pas
modifié.
Il
y
aura
un
bureau
la
011
il
y
avait
une
dtque Rome ne pourrait etre unie a l'Italie et en de,ernr 11
- Mais non, c'est bien simple, dit un voiSll
gloire en perspective et leur nom au Temple celui-la, lui reste a faire ... par malbeur, ce n'est pas de
A partir de ce moment, il n'y eut plus de mystere daos
capit1\e qu'avec le consentement de la France. » vision.
cieux.
; aujourd'hui, le billet de banque remplace la M. Bordier tout seul qu'il dépend de luí frayer le ehemin. les paroles, dans les cordiales poignées de n1ains, dans
Les
séances
du
rigsraad
danois
ont
commencé
le
5
Nous ne pouvons nous dissimuler que ces docuroents

tant d'intéréts opposés scmblent diviser profon~émcnt.
Mais on se tromperait si ¡'on croyait que le mariage du
grand-duc Nicolas a été dé~erminé p~r. de_s considérations politiques. Le jeune prmce a cho1s1 lm-meme pour
son épouse la princesse Marie Dagmar de D~nemark,
parce que c'est elle qu'il préfere. Du reste, eec1 es_t conforme aux usages de la cour impériale de Russ1e e~ a
ses traditions. Quand l'empereur Alexandre ll se maria,
¡¡ y a vingt-trois ans, avec la princesse ~ari~ de HcsseDarmstadt c'est que cette princesse lu1 ava1t plu entre
toutes les 'autres. Le mariage de feu l'empereur Nicolas
avec \a princesse Louise-Charlotte de Prusse ne se fit
pas autrement en 18i7. Les empereurs ~usses ont pour
babitude de laisser les princes et les prmcesses de leur
maison se marier a leur gré. lis considerent les ma-·
riaues non comme des allaires d'intéret public, mais
co~me des choses de la famille, 011 la diplomatie n'a aucune r:i.ison d'intervenir.

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�L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
308

L' ILLUSTRATION' JOURNAL UNIVEB.S~L.

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1

llil: I,~ DE RUSSJB ASSISTANT AU SRRVICK DIVIN DANS LA CHA PELLE RUSSB, A NlCR.

309

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L' ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, .lOURNAL UNIVER~EL.

------------- - - du Nord, la place des Fainéants, ou l'Empereur a
les sourires échangrs entre les deux souverains. Tout se guerre pré~ents sur rade, en meroe temps qu_'ils se cou- une députat.ion de l:i société des portefaix; le bo~
vraient
de
pavois,
et
que
les
hommes,
montés
sur
les
verpassa devant témoin~. Pourtant, pendant la visite a l'imv_ard Dugom'?i.er: la ru_e Noailles do~t les belles propo:.
pératrice, il ne resta dans le salon que les trois augu~tes gues, faisaient entendre les cris de: Vive l'Empereu_r!
t1ons ont att1re I attent1on de Sa ~laJesté, qui a exprilllé
L'Empereur,
apres
avoir
visité
la
Delliqueuse,
aiRsi
personnages. La pluie s'était de nouveau abattue sur la
a diverses reprises son admiration.
-.ille; elle cessa pour laisser l'Empereur passer la revue que le batiment bélier, le Taureau, et la seierie a -.apeur,
L'Empereur s'est arreté devant l'hOtel du·Lou'l'e et
de la garnison, y compri~ le bataillon des chasseurs de a fixé un momeot son attention su_r un are de triorophe de la Paix et est allé faire une courte visite au roi des
la garde. L'Empereur fut fort acclamé, par les milliers élevé par les ouvriers, au moyen des outils divers Belges. En quittant cet hotel, l'Empereur s'est dirigé
de curieux qui encombraient les abords du cours et cou- de charpentiers.
II s'est rendo ensuite a bord du 8-0/fér'ino, oü il a été vers la C&lt;tnnebicre et la rue Impériale, bordée déji de
ronnaient les terrasses longeant le bord de la mer. Promaisons gran dioses en -.oie de construction. 11 a décoré
menade daos les rangs, dislrihution de croix, défilé, toot re~u par M. le vice-amiral comte Bouet-Willaumez, a la de sa main, au_ milieu meme des chantiers, M. Chatelain
cela fut !'affaire d'une heure, apre~ quoi Sa Majesté par- tele des états-majors de l'escadre, et la, il a distribué les l'habile entrepreneur, entouré de ses quinze cents
til pour Villefranche, oü Elle visita les batiments de guerre croix de la fLégion d'honneur et les roédailles militaires vriers, qui applaudissaient a lile distinction si bien méru~~es et le yacht l' Aiqle, qui y sont encore mouillés. aux officiers et marins ; en passaot devant la frégate es- ritée.
A six heures, il y eut grand diner chez l'empereur de pagnole Isabel/e, qui se trouve mouillée sur notre rade,
Apres avoir parcouru cette magnifique rue, l'Empe.
Russie. L'empereur :'\apoléon était placé, a table, entre l'Empereur a été salué par to,1te l'artillerie de ce 'navire, reur s'est rendu au nouveau port, dont les ouirea,
qui
arborait
en
meme
temps
a
son
grand
mat
les
courempereur et l'impératrice. Les maisons des deux soucomme ceux du port intérieur, étaient tou_s puo~
verains a-.aient été invitées a ce diner. La, il y eut une leu_rs fran~aises.
LPs vaisseau_x et autres hatiments composant l'escadre sés et cou,ert.s de marins. Sa Majesté a -.isité d'abord le
distribulion de croix de la Légion d'honneur ,:t de croix
vaste établi~sement des Docks, création importante doot
de Russie. Des deux cótés, grands cordons et comm:10- se sont mis en mouvement pour exécuter au large uo on appréciera de plus en plus l'utilité, et qui est no des
deu~. - ríen de moins, - furent créés en nombre exercice &lt;le feo général, puis a eu lieu_ un branlebas et points remarquables du vaste bassin Napoléon IIJ.
assez respectahle. Le soir, il y avait spectacle de gala simulacre d'attaque contre les forts et batterie qui déSa Majesté a ensuite visité la cathédrale, oú l'atteodait
aux Italiens, offert par la municipalité. L'empereur ~a- endent l'entrée de la rade, et au milieu_ duque) de Mgr l'é-.eque, entouré de son clergé; Elle a parco1111
poléon, anivé le premier, a fait les honneurs de la loge nombreux tirailleurs, placés sur le pont, n'ont cessé de a-.ec intéret ce vaste et beau monument; ¡mis l'H&lt;\tela l'empPreur Alexandte, qui vint un quart d'heure aire entendre le bruit d'une mousq•1eterie a volonté.
Toutes les hauteurs de la c1ite étaient garnies d'une Dieu, qui vient d'etre reconstruit presque en eotier sur
apres lui. La salle accueillit avec enthousiasme l'empeles plans laissés par Mansard qui n'a-.ait pu qu'ébaocher
reur des Fran~ais, pendant que l'orchestre jouait l'air foule de spectateurs.
A cinq heures, les naYires revenaient, en petite rade, ce monument, a également re~u la visite de l'Empereur,
de la reine Hortense. Ou ne ménagea point les bravos a
auquel un malade, un pauvre petit enfant de cioq ana,
l'empereur de Russie, que salua l'hymne national russe. reprendre leur poste, et Sa Majesté, rentrée a la préfec- amputé du bras gauche, a remis un placet et une l'Ol!e.
ture marilime, réunissait, a sept heu_res, daos un grand
lis étaient tous deux en habit de ville.
C'est cet épisode que représente roon croquis.
Des fleurs a profusion garnissaient l'escalier et le dioer, les autorités maritimes,..civiles et militaires.
En rentrant a la gare, l'Empereur a témoigné UI. de
A huit heures, les salons de la préfecture étaient le
salon qui précede la loge impériale, richement ornée
de
Maupas tout son contentement pour la rapidité et te
pour la circonstance. Daos le salon, l'empereur Napo- rendez-vous des chefs &lt;le corps de toutes armes, des di- soin aYec lesquels a été exécuté le programme ~o'il
léon a admiré une corbeille, un vrai chef-cl'reuvre de recteu_rs des divers services administratifs et des nota- aYait tracé lui-meme, il y a quatre ans, pou_r la !'éoo,.,
flenrs et de feuillages, que la rounicipalité avait com- bilités de la ville.
Pour extrait : P. P.
L'excellente musique des équ1pages de la flotte, dirigée tion de Marseille.
mandée au seul jardinier capable de la con[ectionner
avec un tel gout et une telle éléganie; j'ai nommé Al- par son habile chef, M. Duchou_x, artiste d'une réputa-•
phonse Karr, a qui l'on commanda également, le lende- tion bien méritée et d'un zele infatigable, s'est fait enLA CLÉ DES CHAMPS.
main, un splendide bonquet que le train impérial ero- tendre pendant tout le diner.
L'Empereur
s'estmontré
a
trois
reprises
diflérentes
au
porta a la destination de l'Jmpératrice. Vous ,avez le se-•
De la dépouille de nos bois
cret que possede Alphonse Karr d'expédier daos toute balcon, et a exprimé a M. Montais, préfet du départeL'automne avait jonché la terre;
l'Eu_rope des bouquels qui arrivent frais comme au mo- ment du Var, le bonheur qu'il éprouvait de l'accueil qui
Le bocage était saos mystere,
luí était fait, et luí a témoigné, en méme temps, le
Le rossignol était sans voii.
ment oü on les cueille.
L'Empereur est partí samedi matin a huit heures, saos désir qu'il avait de donner a la popu_lation une marQuoi qu_'en dise le poele élégiaque, le rossignol o'll•
bruit et saos appareil. L'empereur 'Alexandre s'est mis que de sa sympathie, en la personne d'un homme que
tend
pas ordinairement la chute des feuilles pour peNlre
en rou_te, de son cóté, hier, dimanche, a onze ,heu_res du l'opinion publique et !'estime générale désigoeraient a
sa
voix.
Les feuilles jaunissent et tombent sur le MI:
matin, se dirigeant sur Pétersbourg. On m'assure qu'il une telle faveur.
on
les
ramasse,
- parlons en vile prose, -pourenfaire
C'est alors que le premier magistrat a nommé a Sa
reviendra a Nice a la fin de décembre ou_ ,lans les pred'excelleuts
composts,
quelquefois des litieres d1111
miers jours de janvier. C'est alors que pourrait bien s'ef- Majesté M. Pons Peyruc, président du Tribunal et de la
les
bergeries,
la
chasse
sous bois commence l de•
Cbambre de r.ommerce, président du conseil d'arrondisfectuer le voyage a París prématurément annoncé.
venir
possible.
La ville est revenue au_ calme. Je ne vous écrirai pin~ sement, ancien conseiller mu_nicipal. L'Empereur, en déLe rooment est ven u_ de faire le bilao de la prododial
corant M. Pons Peyruc, lu_i a adressé des paroles tres qa.'a l'occasion.
Lou,s nE S.uNT-P1ER11E.
agricole
de t864. L'année, en somme, n'a pas été mu•
flatteuses, et lui a dit qu'il tenait a honorer !'industrie,
vaise,
et
mal venu serait celui qui s'en plaindraiL D
en décorant \'un de ses représentants les plus distingués
faut
dir~
pourtant
que les fourrages naturels ou artifi.
daos notre pays.
Toulon, 31 octobre 1864.
ciels
n'ont
pas
été
abondants, et que la production de
A dix heures, tout était terminé et la foule s'écoulait.
la viande s'en est fortement ressentie. Daos les uDimanche,
30
octobre,
l'Empereur
s'est
rendu
a
pied,
Samedi 29 octobre, et vers une he1Jre de l'apres-midi,
nées seches, on éleve moins et on engraisse moins; par
l'Empereur arrivait a la.gare de Toulon, venant de Nice, a huit heures 6t demie, a l'église de Saint-Louis, pour y conséquent, la viande se vend plus cher, et tout ntllentendre la messe.
accompagné de M. le général Fleury.
Sa Majesté est montée ensuite en voiture pour se rellement, on s'en prend a la liberté de la boucberie,
Déja M. le ministre de la marine attendait a la gare
rendre a la gare. La, elle s'est arretée quelques instants pou_r luí reprocher de n'avoir pas fait baisser le l'ÍI
Sa Majesté.
d'une denrée dont on consomme de plus en plos 1'11
Apres que le wagon impérial se fut arre té, l'Empereur, au milieu_ d'officiers supérieurs, d'officiers et de sous-offi- les jou_rs, et qui devient plu_s rare quand la ¡.ai80I ei
en grand uniforme de lieutenant général, est monté en ciers de la marine et de l'armée de terre, auxqu_els ont
défavorable.
voit•ire, daos laquelle ont pris place M. Chasseloup- été remises des décorations.
Pour les blés, malgré tout ce qu'on a dit de la riL'Empereur e~t monté daos le train impérial et est
Laubat, roini~tre de la marine, M. le général Fleury et
coltf'
actuelle, il ressort de tous les renseignements ...
M. le vice-amiral Jurien de la Graviere, pou_r se rendre parti salué par la fou_le.
j'ai pu recueillir, - ils sont précis et nombrem, directement al'arsenal maritime.
~ue la récolte a été tres-ordinaire. - Mais les priull
Partout, sur son passage, Sa Majesté a été accueilhe
A l'arrivée du wagon impérial daos uotre gare, baisséY me dira-t-on. - Une récolte ordinaire, et 1M11
par les plus vives acclamations de la foule. 'routes les
écrit-on de Marseille, l'Empereur a été regu_ par M. le au-dessous de l'ordinaire. n'est pas une mauvaiM ""
fenetres étaient pavoisées.
coite, répondrai-je. Et puis, ne faut-il pas lenir coafl
L'Empereu_r a élé re~u a la porte de l'rseanal, par sénateu_r chargé de l'administration du département, des arri-.ages de l'étranger, et su_rtout du stock
M. le vice-amiral préfet maritime, vicomte de Chabannes M. le général commandant la division, Mgr l'éveque de gasiné chez les cu_lti-.ateu.rs on chez les négocill9i
et M. le vice-amiral, comte Bonet-Willaumez, com- Marseille, le roaire et le corps municipal. Sa Majesté s'est stock qui était considérable au moment de la récolllt
dirigée vers la salle d'attente des premieres, qui avait été
mandant l'escadre d'évolutions.
Il est probable que les prix ne baisseront pastocoovertie
en salon, et la Elle a re~u un grand nombre de
Les troupes de marine, se composant de la gendarL'effet de la liberté du commerce des grains, qui 1'1
merie, de l'artillerie, du 4e régiment d'infanterie, des fonctionnaires civils et militaires.
Apres la réception, Sa Majesté s'est rendue daos la pas permis que nous fussions affamés, il y a trois ..,
équ1pages de la J.ivision, formaient u_n vaste carré, sur
cour de la gare, ou stationnait u_ne foule immense, en se fera nécessairement sentir daos quelques sel!llilllt
la place de l'Rorloge.
La liberté, qui nous a sauvés de la disette, empecllll
Apres ,noir pa~é la revue des troupes, Sa Yajesté a tete de laquelle on remarquait les médaillés de Sainte- l'avilissement des cours. Daos ce moment-ci, l'AIP"
pris place daos le canot impérial, qui s'est dirigé a la Helene, les sociétés de secours mutu_els, et la société terre vit, comme on dit, sur elle-meroe. La crise e..
rame vers !'arsenal de Castigneau; sur son passage, Sa chorale !'Avenir.
Sa Majesté est ensuite montée en voit11re d a invité ciere qu'elle subit lu_i interdit momentanément .,,,Majesté a visité la petite canoonicre cuirassée et démonspécu_lation sur les céréales; elle est obligée d'entable, et la frégate cuirassée de 40 canons, la Provence. M. le sénateur d.e Maupas a prendre place a ~LS cótés. En son stock, et il parait qu'il est assez entamé, car les,..
De la, le canot impérial, trainé par deux chalou_pes a face se sont placés l'amiral Jurien de la Graviere et le tits ports de l'Océan commencent a demander des t ·
vapeur, s'est diri¡é vers les chantiers du Mourillon, et, général Fleury, aides de camp de l'Rropereur.
Le cortége s'est mis en marchepourentrer daos la -.ille. au port de Nantes, peur alimenter la consoIJllllllllf
a mesu_re qu_'il sortait de la passe, Sa Majesté a été saluée
Le cortége a pwé par les boulevards de la Liberté et courante.
par une triple salve d'artillerie, de ton~ le~ navires de

on:

e_.

Oo ne sup-pose pas que la crise financiere dépasse la

pant plus ~irecte~~nt le vitrage interne, il n·y a plus de

311
Les ménageres possedent une foule d'autres procédés

6JJ d•J roois &lt;le novembre. A cette époque, la liquidation condensation, el I a1rconserve toute l'humidité nécessaire. pour con~erver les reufs frais; seulement ces procédés

aura été faite, et les établissements ébranlés auront dis-

maison~ solides, les crédits a l'épreuve ré»isie,oot, et les aff:ures de spéculation reprendront leur
cours normal. Or, qu_'arrivera-t-il? Il faudra réparer tes
breches faites daos le stock pendant la crise; a qui s'ad,eSSera-t-on? Les glaces auront paralysé le mouvement
intérieur d~s marchandises américaines; on ne pourra
plus eipéd1er les blés ou les farines que la guerre aura
épargnés; la Baltique sera fermée, le Danube aussi. JI
faudra nécessairement s'adresser a la France dont les
ports soot voisins, dont les frontieres sont ouv~rtes.
~oc~¡ j'avais -~~ blé,. et que je n'eusse point trop
l,esOtn d argent, J a1mera1s autant « voir venir. »
Faut-il s'en rapporter a M. Mathieu (de la Dróme)?
Ses prédictions sont peu_ rassurantes pour i 865. Comme
il est interdit de les reproduire, meme partiellement
111t\me indirectement, et que je ne vtmx pas ex pose;
l'JU.Stration a un proces en contrefa~on de prophétie
je renvoie les lecteurs a. l'Annuaire de i865, au n,mhl;
j ~ h o~ au Triple Almanach; ils y verront que, si
J. Jlatb1eu (tl y a des noms prédestinés) dit plu~ vr~i
que son homonyroe Laensberg, on fera bien de gardrr
sa récolte; mais je n'en jurerais pru:, d'autant mieux
qu'on proverbe dit que « il ne faut jurer de rien. &gt;&gt;
AD reste, des que le mois de novembre arrive il fait
bon prédire le beau et le roauvais temps, parÍer des
récoltes et do prix du blé, aupres d'u_ne flambée de sarmeot, les p!eds su~ les chenets, pendant q11e la pluie
fooette les vitres rmsselantes. Le vigneron tire alo!'s une
boooe bouleille de derriere les fagots, car on peut bien
oe pas trop ménager le bon vio, l'ann¿e l81l4 a élé excellente. On ~ eu, chose rare, presque partout la qualité
"ec la quant1té. Dans quelques mois, quand le vio aura
(ait son travail, ce sera le moment de monter sa cave.
En Bourgogne, les vignerons se réjouissent de la récol~, et !Is P;.étendent qu'ils ne craigoent plus Ja
gelee~pmsqu 1ls espacent leurs ceps, et qu'ils donnent
ala ,1gne toutes les fa~ons dont elle a besoin. On n'a
besoin ni de paillassons, ni de toiles-abris ni de
íamée au printemps; la houe suffit a préserver Ía viaoe
des te~ibles g~lées d'avril et de mai. La vigne résiste
ID íro1d, produ1t davantage et produit de meilleur vio•
e'est tout bénéfice. II faut plus de travail le travail es~
~ox payé, et. tout le monde y trouve ;on a vantage,
1111tres et ouvr1ers. Je crois qu_'on peut appeler cela du

paro, Les

progres.
11 parait qu'aujou_rd'hui le progres pénetre partout.
En ce moment-ci, la construction des serres est a la
Yeil_le de subir, non pas une transformation, mais une
•éntable révolution, La révolution nous vient d'Angleterre, et c'est un célebre horticulteur anglais, M. le
11' Li_odley, qui esta la tete du roouvement. JI s'agit de
er111r les serres d'un double vitrage. Le double vitr1ge
reae~ble aux vetements de faine blanche, dont on nous
pul11t a la classe de physique; il garantit du froid et
4u ~a~d. Je m'explique. Le double vitrage repose sur
eepnnc1pe de physique, que l'air est maunis conducteu_r
a ealorique. Pourquoi nos vetements de laine épais
•lleUI, nous tiennent-ils chaud? Parce qu'ils empri~
llllllleot l'air daos leur épaisseur, et s'opposent ainsi a
la dé_~rdition du_ calorique. Mais, s'ils empechent la dé,erd1t1on du calorique daos l'hiver, les memes épais
1tleme_nts
laine, su_rtout s'ils sont blancs (A cause
•la refraet10n), nous isolcnt du calorique extérieur par
le méme motif. Les Arabes ne résisteraient pasa l'ar- du soleil d'Afrique, s'ils n'avaient pas la tele et Je
-,. cou,erts d'épaisses étolfes de laine blanche.
Le double vitrage produit absolument le meme elfet.
~ eouche d'air, interposée entre les deux parois des
lllra,_ est un écran que les rayo ns solaires ne traversent
..e d1fficilement, et avec lenteur, quoiq,1'ils soient pé-. Pai: le~ rayons lnmineux. La couche d'air qui enleloppe 110s1 la serre entre les deux vitrages met la
,._ l l'abri du froid, en meme temps qu'ell~ la met
,
•l fab~· d'un echaulfementexcessif,
produit par les rayons
IOletl. On peut done supprimer l'usage des paillassons
ett auss·I cette pemture
.
verdatre qu_i donne a l'intérieur'
lllle serre un aspect sépulcral, qui blémit horrible:-' le vi~age des visiteurs, et altere accidentellement
eoloration des fle11rs.
0n Bait aussi que, pendaut le froid, l'humidité conte~ d~s l'air de la serre se condense su_r les vitres, ce
obhge amultiplier les arrosages et les seringages.
'te le_ double vitrage, la fraicheur extérieure ne frap-

d:

r

Je n'ai pas besoin d'ajouter qu'il est absolument indispensable que l'air interposé entre les deux vitraaes
• .
o
n a1t aucune espcce de communication, soit avec l'air
exléricur, soit avec l'air intérieur. Saos cela tout le
bénéfice de la transformation serait perdu.
. On économise encore, par le ·double vitrag~, une quanltté ~ez considérable de combustible, l'air intcrieur
se mamtenant a peu pres uniformément a une tres-douce
températu_re. Le double vitrage est surtout un isolant •
c'est la le caractere particulicr qui lui donne tant d'a~
vantages pour la culture en serres. 11 est bien entendu
qu'il faut tout vitrer, les parois aussi bien que le toit de
la serre.
Je soumets cette innovation a ceux de nos lecteurs
qui possedent une serre et tiennent, tout en faisant des
économies, a conserver a leu~ plantes un a~pect agréable. « Pendant sept mois, écrit a ce &amp;ujet M. Naudin
membre de l'Institut, il n'y a plus a s'occuper du fou_r~
neau ni de ses accessoires, .mais ce n'est encare lil.
que la moinrl_re partie des bénéfices du nouveau systeme; ce q111 vaut bien mieux, aux yeu_x de l'horticultenr et de l'amateur, c'est la brillante santé, la vi¡rnrur et Ir rapide développement des plantes soumises
a re régime, qui sont lcls que, si on travaille pour Je
commerce, les produits peuvent devenir doubles de ce
qu'ils seraientavec une serre construite dans le svstcme
ordinaire. »
•
Je n'ai pas besoin d'ajouter que la serre a double vitrage a pour premier résultat de diminuer considilrablemPnt les arrosages. Un léger seringage le matin en
. . est suffi sant; on en donne deux ou ' trois par ' seete~
mame au príntemps et a l'a,utomne, et un seul tous
les huit ou dix jours en hiver.
Puisque nous nous occupons des serres, il ne sera pas
hors de propos de mentionner ici un remede contre les
pucerons, publié par un journal hortiMle. Que n'a-t-on
~as fait pou_r détruire les pucerons? f ,..rosages, fumigat1ons, le tout saos résultat, ou entminant des inconvénienls souvent pires q1-1e le mal. Les fumigations de tab~c, par exemple, qui tuent les pucerons, tuent quelquefo1s la plante, et, daos tous les cas, remplissent la serre
d'une atmosphere empestée. Un amateur, qui ne se
nomme pas, a eu l'idée de recueillir, daos son jardin
une vingtaine de cGccinelles; il les mil dans sa serre et'
en trois joúrs, les pucerons furent dévorés, et les pl~te~
attaquées reprirent leur vigueur. « 11 faudrait, ajoute
le narrateu_r de cette Saint-Barthélemy di! pucerons arrivera élever artific1ellement ces intéressants petits 'animaux. ,&gt; La domestication de la coccinelle, voila une
question qu'il faut renvoyer ala Société d'acclimatation •
mais la Société protectrice, qu'en dira-t-elle •
'
Un mol, eu terminant, sur une question qui intéresse
les cultivateul'8 et les ménageres. 11 s'agit des reufs. Un
petit journal auquel je suis fort attaché, la Ga:.ette du
village, vient de publier, sur les reufs de poules, une petite étude tres-intéressante. On y dit ce que pese un reuf:
son poids varíe de 50 a 88 grammes. Les plus gros nesont
pas lPs meilleurs. La qualite des reufs est tres-variable.
Les reufs ae voliere, bien soignés, $00t gén~ralement plus
délicats que les reufs de poules vagahondes, dont la principale nourriture consiste en vers et en lar\'eS. Quaud on
veut manger d'excellents reufs a la coque, il faut done
conserver les pondeu•es en bas•e-cour fermée, et les
nourrir exclusivement de grai11 et de verdu_re. Les reufs
de ponles qui ont glané le nouveau grain daos les champs
récemment moissonnés, sont de premiere quahté; dans
ce cas, le grain ahonde, et la poule dédaigne de rechercber les insectes. Les renfs de poules habitant les montagnes sont plus savoureux que les reufs de poule de la
plaine. Lorsqoe le jaune de l'reu_f est foncé, cela indique
une poule qui a mangé de l'herbe. Enfin, les poules
nourries au_ mo)'en de vermisseaux, de hannetons,
d'escargot.s, de vers a soie, roort.s ou malades, pondent
des reufs d'un gout détestable. On d1t que les reufs clairs
c·e~t-a-dire non fécondés, sont mal•ains; ilil valent au~
tant que les a11tres, mais ils se con~ervent moins bien.
Je ne connais qu'un seul mo)"en de conscrver les
reufs frais : il a été inventé par un négociant du Mans.
On en&lt;luit l'reuf d'une e~pece de Yerni~ a ba•e de térébenthine. J'ai conservé, ainsi préparés, des reufs pendant
huit mois. Mangés a la coque, la légere odeur de térébenthine qu'exhalait la coquille était assez dtlsagréable •
mais l'reuf était tres-frais. Sur le plal, ces mufs étaieu~
excellenL~.

n'ont qu'u_n seul inconvénient : ils ne conservent pas.
VJCTOR Bl)Rli:.
~

llP&amp;OITIOJ

om us PROYIWCKS DO XORD DO IIIIOOK
{NOEVO-LEON

ET COUABl'ILA.)

ISuit•.)

r

Sal hilo, !t aotlt I S64

[le Matehuala a Saltillo, la distance est

a peu pres de

60 a 70 lieues, a traver• une immense plaine inculte

imprégnée de sub~tances salines, et daos laquelle o~
trouve, en abondance, le carbonate de soude. On ne
peut, du reste, mieux comparer cette plaine qu'au dé~ert algérien : au loin, a l'horizon, s'étendent de hautes
montag-nes entierement dénudées, pas un arbre, et, a la
place des touffes de l'Alpha algérien, des toulfes d'une
grande bruyere a fleurs blanches, et d'une plante connue sous le nom de Saladilla.
~n sortant de Matehuala, du coté du nord, la campagne est encore cultivée en mais, ju_squ'a une lieue
c'est-a-dire jusqu'au petit et misérable village de Ojo
Agua. La, commence la grande plaine dont nous venons
de parler plus haut, puis, a cinq lieues plus loin on
trouve la petite vi lle de Cédral, jadis importante pa/son
minerai d'argent, mais aujourd'hui bien déchue. La ville
a pourtant des rues larges, droites, mais non pavées
des maisons a un rez-de-chaussée, quelques-unes gran~
des et autrefois belles, mais u'avant pour la plupart
'
d' autre ouverture que la porte, •laquelle
est toujours'
close : aussi croirait-on etre daos une ville dont les habitanls auraient abandonné leurs pénates! Du soir au
ma_ti_n, on ~encontre tout au plus quelques etres, pales,
cbet1fs, qm constituent la population de Cédral; - ils
sont tous employés a transporter le précieux métal, a le
broyer et a le laver.
Non loin de Cédral, mais tout a fait au centre des
montagnes de la Sierra Madre, est la ville de Catorce
qui, ~ans le principe, était tout simplement un gisement
de mme appelé Purissima Concepcion de Alamas de Catorce, en 1773. Sa découverte est due, sPlon les traditions, a un negre, iequel ayant couru inutilement tout
u_n jour, daos la montagne, apres un cheval écbappé se
trouva surpris par la nuit, au sommet du cerro de
torce Viejo (ainsi appelé parce qu'il avait autrefois serví
de refuge a une cuadrilla de quatorze voleurs). Ayant
froid, le pauvre ncgre fit un grand feu toute la nuit et
l'on peut juger de son étonnement, lorsqu'en remu¡nt
a la pointe du jou_r, son foyer, il y trouva un morcea~
d'argent.
En 1778, Don Dernabe Antonio de Cepada, apres avoir
recherché, pendant plusieurs mois, quelques veines de
p1inerai, en rencontra une, appelée Veta grande dont
il tira un million de pesos.
'
Le pr~duit moyen des mines de Catorce, a cette époque, était de 2 a 3 millions de pesos par an. Aujourd'~ui encorP, la principale mine est celle de Dolores, situee nu nord-est. Les de1u premiers mineurs furent
lldefonso Diaz Iéon et Javier Martin · leur filon atteignit
une extension de l 9,000 vares.
Les autres mines sont celles de Seceno, a 80 vares·
celle de la Escondida, a 240, el celle de S. Ramon a370'
La mine de la Purissima, située a l'est-sud-est'de Ca~
torce, antique propriété du colonel Obregon donnait un
produit annuel de 200,000 pesos.
'
La chaine de montagnes de Catorce est un rameau
de la Si11rra ]ladre : les richesses métalliques de cette
montagne occupent une superficie de 7 a 8 licues. On y
trouve, en outre de !'argent, l'amiante, la serpentine et le

d;

Ca-

cinabre.
La vi lle de Cato-l'ce est située ~ur une montagne aride·
elle ne p~ssede qu'u~ s~ul édifice : la Parroquia, qni
appartena1t aux franc1scams. - Catorce, situé a 2,füíOm
au-dessus d11 niveau de lamer, a un c!imat froid; il y
tombe pourtant rarement de la neige, mais il y gele
fortcment.
Oe Catorce, un chemin pavé comme les anciennes
voies romaines, parl a pie du haut de la montagne et
C')11duit a !'hacienda de Vantgas, remarquable surtout
p~1: ses sources d'ean thermale, dont les propriétés méd1c111ales sont nombreuses. Vanegas est situé aux pieds
d'un petit cerro en forme de cune isolé au milieu de
l'immense plaine qui conduit a Saltillo ': ce petit cóne
es• terminé par des colonnes en basalte. Unr i,oprce

I •

�L'JLLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
pcu rultivJes, mais nourrissent un grand nombre de

i,reur~ et de chevaux.

i1o1Jv1111u1 11111nsT1E1111 1T~Ul!N,

Le lcndcmain, l'cscadron se remettait a la poursuite
de la guérilla, prenant la route &lt;le Chihuahua, par
p,aras, tandis que le o• escadrou, apres une marche
de nuit de seize licues, arrivait a Agua Nueva, a sept
¡¡eucs de Sal tillo et ~ix de Buena-Vista, ou se trouve Je
quartier géneral d'Ortega. Cet escadron surprend, a
cinq hcures du matin, le régiment &lt;le los fieles de
l{'de1)1)-Leo11, lai tue vingt hommes et fait six ¡¡risonniers : un cha,&lt;,seur d'Afrique, nommé Vincmt, est
tué, et le capitaine commandant Micarcl gricvement
bles.,c,
Le 17, la division Castagny arrive a !'hacienda de
Apa .Xueva: la on apprend qu'un général de l'ancien
goo,erneur de Nuevo-Leon, Viam,ri, le général Quiroga est entré a Montel'ey, et qu'Ortega et Negrtte abandoooent au plus ..-ite leur posilion fortifiée &lt;le la Angostura, adeux lieues de Saltillo, position au moyen
de laquelle i's espéraient arreter l'armée fran~aise.
La Anaostura est un déíllé domin~ par 1me petitc
mootlgne, ~ur laquelle est un fortin : Ortega y avait
amuncelé des munitions et descanons f(U'il abandonna
daos sa fui te précipitée. - C'est a la An 0&lt;&gt;03tura, c1u'en

· ,. ALl'IIOXSR DR L4 MAII.\IORA, Pllli.SlllRNT Dll CO~SF.11..
LF. GKN~IIAL

i84&lt;l, un général américain b1ttit complétement les
llexicains rrlranchés.
Le 20, le général Castagoy fait son entrée· aSallillo
que venait d'abandonoer Juarcs pour se sauver &lt;lau;
le Chihuahua.
Saltillo, appelée aussi, par un décret de 1'État de Cohuhuil ,, Cuidad de Leona Vicaria, est une p~tite ville
proprette et assez bien située. Ses rues sont droites
et larges. Les maisons, excepté quelques-unes sur
la ~lace principale et daos la grande rue qui 'condmt a la route &lt;le Mon!erey, sont de médiocre construclion. La Parroquia et une maisoo appelee le Palais
&lt;lans laquclle résidaient les autorités de l'État, son;
a~ez remarquables.
Su/tillo est le point de transit du port de Matamoros
pour les vi lles de Monterey, Duranao et Zacateca&amp;. '
A l'ouest de Saltillo, et séparé seulement par une
gran?e rue, cst le pueblo de Tlaxcala. Ce pueblo fut
foode par un_e colonie de Tlaxcolie,is que les Espagnols emmenercnt au quatorzicmr. ~icele pour Jeur
gervir d'auxiliaircs contre les Thichimequcs,'qui avaient
détruit les établissements- fondés ¡&gt;ar les conquérauts
en 1582. - Ce ful le vice -roi Don Luis de Ve/asco
.
'
qui, en 1502, emmena cette colonie, composée de

ilPÉDITION DANS US l'ROVINCES DU NORD DU MEXIQUB. - ROUTE DE MONTER&amp;Y : SALTILLO, aiége do gounrnemeut de Juares, jusqu'au !O aoüt 18M.

abondanle et déhcieuse, chose si rare au milieu de ce
desert, sorl des tochers silués non loin de la source
d'eau thermale, forme un petit lac ombragé de vieux
trembles, et sert..a'abreuver les nombreux troupeaux de
breufs et de chevaux errants dans les montagnes.
Le 8 aout, toute la division du général de Castagny est
réunie a Vanegas. Un colonel polo1dis, du nom de Tabagensky, commirndant une guérilla de soixante-dix

hommes, fait défcction complete et ,adbere a l'empire. voirs d'eau; a une heure de la nuit, la petite colonne
Apres deux jours de repos, la colonne se porte au ran- arrivait a El Sal/lao, grande hacienda fortifiée, eotonree
d'eau salée; elle repartait trois heures apres, passait &amp;Q
cho de L·is Anim 1s. - Le méme soir, un e.;cadron de
chasseurs d'Afrique ainsi qu'une compagnie du 7° batail- petit village de S. Salva•.lor et arrivait a !'hacienda de la
lncarnatio11, aprcs quarante bcures de roare,he.
lon de chasseurs a pied, quittent suhitement le camp,
La Jncamation, que venait d'abaodonner au plus ,ite
pour aller tomber, apres une marche forcée de treute-trois
la guerilla de Naranjo, fait partie du territoire de C.·
lieues sur une guérilla commandée par Naranjo, lequel
hulla : c'est une grande hacienda dont les terres sont
a pour mission de détruire toutes les norias et les réser-

11. LANZA, IIINISTRE DE L'l:'lTRRIF.l'R.

l U B&amp;R0:'1 NATOLI, 111:"IISTR&amp; OE L'l:'lSTRt:CTION l'UBLIQUB,

)l. SELLA, MINISTRB DES FINANCF.S.

M. LE GENÉllH COllTE l'ETITTI, MINISTIIE llP. LA GUERRE.

Al. J. VACCA, IIINISTI\B DB LA J¡;sncs.

11. JACIXI, IIINISTRE DF.S TR, VAUX PUBLIC~.

quatre cents familles. Aujourd'bui, le pueblo de Tlaxcala est
coa,ert de jardins bien arrosés
et dans lesquels prosperent les
ubres fruitiers des terres froides et tempérées. Le climat de
Sollil/o est plutót froid que
~d : les hi vers y sont assez
hgoureux; daos les autres sailOns, le ciel est toujours pur.
Acmr.1.E Crnot.

LI CABlHKT LA IIARIIORA

r Le nou,·eau

ministere itaien, malgré son caractcre
'81entiellemeot transitoire
1'
_est formé daos des condi-'
lions lelles, et se trouve ap-

~

/

~-Y~
M. TOIIELLI, MINISTR&amp; U&amp; L'AGRICULTLRR llT IJU COIL\IBRCl!.

M, VISW~TI VENOSTA, t;X-MINISTRR DES AFFAIIIES i-:TIIANGERES

ll'aprea lea pbotograpbiea de IU. llurua, et llurer.

•

pelé a présider a des acles
d'une si haute gravité, que la
rcvuc des personnalités fort
diverses &lt;lont il se composP.
offre un intéret tout particulier
de circon,tance. - 11 ne faut
pas chercher ici un parti liicn
caractérisé, arrivaot au pouvoir a la suite d'une viotoire
parlementaire, et constitua11l
un grou¡ie compacl et homogcne. Appelés, dans un momcnt de tronble indescriptible,
par un général illustre, pour
sauver l'Etat en péril, cr~
hommes politique~, tri,·s I n
peu an hasard sur les 1,an, s
des deux chamhres, et nalurellement saos ¡?rancie cohésion
se sont cepcndant mis a l'ret.-'

�314

L' JLLUSTRATlON, JO lJ Rl', .\L UN l VERSE L.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

s~;

sion, etFerdinand TI le fitjeter en prison avec les
l'impot. Ali sujet d'un amendement pr~posé Pª: lui, et
vre :n-ec un zele tout a fait patriotique. lis ont a faire
que Je ministere refusa, l'ancien mimstre pnt feu et les Liborio Romano tt tant d'au.tres. Il n'en sorlit q,1
face a de grandes difficultés, d9nt les débats act~el\.ement
tlammes et attaqua M. Minghetti avec une force et une, pour J'exil, ou il resta dix ans, a Florence.
ouverts dans le Parlement ne sont que le prelude. -:-Rentré cbez tui en i860, quand la révolution de Silogique ~ui le désar~onnerent presqu~ et qui produisiEspérons, pour le bien de l'Jtalie, qu'ils sauron~ se temr
cile
eut contraint Fran~ois II a remettre en vigueur le
rent Je plus grand effet. A dater de cette mémorable
jusqu'au bout a la hauteur de la tache entrep'.1se.
statut
constilutionnel, M. Vacca re~ut l'offre du porte.
séance, M. Lanza abandonna la majorité et revint a ses
Le président du conseil, ministre des atfaires étranfeuille
de la j ustice, qu'il déclina pour travailler de tont
anciens amis du centre gauche (alljourd'hui le tiers-parti).
geres et de la marine, est ce meme gén~ra~ Alphonse de
son
pouvoir
au mouvement unitaire, qui entrainait
M. Rattazzi et tui :se donnerent de nouveau la main.
La Marmora dont les campagnes de Cr1mee et de LomNaples
a
l'annexion
avec le Nord. - ll accepta de la dicM, Lanza est un bomme tres-énergique et tres-integre.
bardie ont ;opularisé le nom dans l'Europe entie~e: 1~
tature
de
Garibaldi
la
charge de procureur générat pres
U possede une grande intluence danJ la chambre, q~i,
est issu d'une famille de tres-ancienne noblesse (lame
la
cour
de
cassation,
reprenant ainsi sa carriere judj.
depuis t862, Jui maintient la présidence de la comm1sportait le titre de prince de Masserano), et tou~e mili~aire.
ciaire,
si
longtemps
interrompue.
Appelé au sénat do
du budget. Reste a le voir a l'reuvre daus le poste
ny a eu \ongtemps, dans l'armée sarde, tro1s géneraux sion
royaume
d'Italie,
il
fut
nommé
aussitot
vice-président
si considérable et si difficile en ce moment de ministre de
du nom de La Marmora. Celui dont nous nous occupons,
de ce grand corps, 011 il exerce une grande influence.
arrivé a ce grade ¡)ar sa brillante conduite pendant ,la l'intérieur.
Sur le méme rang que M. Lanza, et d'une importance M. Vacca est auteur de plusieurs écríts, parmi lesquelg
guerre dei848, fut, au mois d'octobre. d~ l~ meme annee,
pulit1que et administrative au moins égale a la sieune, un opuscule tres-remarqué dans ces derniers temps:
appelé par le roi Charles-Albert au m1mstere de la guerse présente le commandeur Quentin Sella, chargé du sur la situation des provinces napolitaines.
re dans ce cabinet Rattazzi qui eut le courage, en mars
M. Jacini, ministre des travaux publics, est un des plus
portefeuille des finauces. Celui-la a fait preuve d'un déi84~ de recommencer les hostilités avec l'Autriche,
riches
propriétaires de la province de Crémone (Lombarvouement hors ligne en consentant a prendre l'héritage
plutót que de désarmer et de mettre le Piémont a sa
die).
11
se fit connaitre en i857 par un tra.vail sur la
de cet incroyable M. Minghetti, qui, apres avoir, en
merci, comme le conseillaient la France et l'Angleterre.
situation
de la propriété fonciere daos les provinces
outre des resEources du budget, dissipé un emprunt d'un
_ Apres Novare, ce fut le général Alphonse de _La Maritaliennes
de l'Autriche, qui lui valut d'etre rechercbé
milliard en unan et demi, laissait, au jour de sa retraite,
mora qui réorganisa l'armée et prépara l~s sohdes b~par l'a.rchidue Maximilien, lieutenant de l'empereur a
le trésor avec cinquante mille francs en caisse et tous
taillons de la Tchernafa et de San-Martmo. Au mo1s
Milan. En i859, M. de Cavour appela M. Jacini au poste
d'avril H\59, il quitta son portefeuille pour le comman- les services a découvert.
de ministre des travaux publics du royaume d'Italie.
M. Sella, arrivé tres-jeune au pouvoir (il n'a pas quadement en second de l'armée piémontaise, a la tete de
M.
Jacini ne garda ces fonctions que quelques mois. rante ans) par ses aptitudes exceptionnelles, appartient
laquelle s'était placé le roí. Apres l'armistice et les _conDaos la chambre, il était un des plus chaleureux partí.
a l'ancien Piémont. lngénieur tres-distingué, il fut d'aventions de Villafranca, M. de Cavour étant sorll des
sans du dernier minislere, qu'il a soutenu jusqu'a la fin.
bord professeur de mathématiques a l'université de ~u.affaires M. de La Marmora donna son noma l'adminisUn autre Lombard, M. Louis Torelli, est chargé de
rin. Sa carriere politiq11e ne date que de i 862, ou 1l
tration 'qui se forma alors, mais dont le p_résident réel
l'a&lt;&gt;riculture et du commerce. Ecrivain de talent, enaborda la députation. Plusieurs discours fort écoutés,
º mortel de l'Autriche, M. Torelli prit une part actile
fut M. Rattazzi, ministre de l'intérieur, q_m prépar~, p~r
nemi
sur des sujets spéciaux, un grand bon sens politique, une
son habileté et son énergie, les annex1ons de l ltahe
a l'insurrection de Milan, en mars i 8,48. ll fit ensuite la
remarquable facilité d'élocution, le signalerent a l'at- .
centrale, réali~ées au mois d'avril suivant.
campagne de Lombardie comme oíticier d'état-major.
tention de M. de Cavour, qui, peu de temps avant sa,
En i8M, l'ltalie ayant été partagée en grands comRéfogié en Piémont, apres tes revers, et naturahsé, il
mort, luí fit offrir un porteíeuille, qu'il eut certainement
mandements militaires, le général de La l\larmora fut
fit partie de la chambre des députés depuis iR49 jusqul
occupé saos la fin si soudaine de l'il\ustre comte. - En
pourvu de celui qui avait rnn siége a Milan. Quelq_ue_s
i86i, 011 il entra au sénat. ll parlait souvent, et était
i862, M. Rattazzi l'appela au poste de ministre des
mois plus tard, et sur la µriere pe~so~n_elle du ro1, 1\
toujours tres-écouté. Tres- lié avec M. de Cavour, qu'il
finances dans l'administration qu'il formait. M. Sella déalla remplacer a Naples le général C1aldm1 d:rns la ~eme
soutint envers et eontre tous, il prit une part active it. la
passa toutes les espérances que l'on avait fondées sur lui.
position. C'était l'homme qu'il fallait pour ces p,rovm~~'
rédaction du Risorgimento, journal de l'illustre homme
ll eslreconnu que s'il eut eu le temps de réaliser tous ses
fort peu gouvernables, et livrées aux tléa~ de 1~nar~h1e
d'Etat. Apres la guerre de i859, M. de Cavour l'envoya
intérieure et du brigandage.- En 1862, a la suite _d As- projets, la situation financiere de l'Italie ~erait, al'he~e commissaire civil en Lombardie. Depuis, il a été tour a
roruonte M. de La Marmora fut cauRe de la retra1te du actuelle complétement assurée, et la me1lleure peut-etre tour préfet de la Valteline, de Palerme et de-Pise.
p b·net R;ttazzi pour avoir fait illégalement arreter et de J'Eur~pe. 11 prépara. la concession des chemins de fer
Le département de l'instruction publique, enfin, a ponr
ca 1
,
f d.. napolitains a la maison Rothschild, si mal adroitementrefudétenir dans une prison de Naples les députés l or m1,
titnlaire M. le baron Natoli, de Messine (Sicile), sénateur
sée par la chambre (et la scandaleuse enquete BastoggiFabrizi et Calvino,. malgré les ordres réit~rés du minisdu royaume. M. Natoli, qui joua un role dans les événeSusani a suffisamment dit pourquoi et comment), celle du
tere, auquel il affirmait avoir entre les mams les preu:es
ments de i 848, fut un des citoyens exclus du bénéfice
crédit foncier italien au crédit foncier de France, et nomde la complicité de ces députés dans le mouve~ent mde \'amnistíe par Ferdinand ll, lors de la rentrée des
bre d'autres mesures de la meme portée. Les diverses plasurrectionnel : preuves que, le moment venu, Il ne pµt
troupes royales a Palerrue. ll resta en exil jusqu'en 1880,
ces italiennes avaient la plus entiere confiance en son
Revenu a la suite de l'expédition de Garibaldi, il occopa
cependant fournir.
.
Le général La Marmora est céleb~e _en Itahe par son haLileté, et il y eut trouvé un crédit illimité.
quelque temps, dans le cabinet du dict~teur,, le poste~
M. Sella fut un des députés appelés par M. Minghetti,
énergie, et par sa rudesse comm_e mm1stre de la guerre.
ministre des affaires étrangeres. Appele au senat, M. Ri•
apres la signature de la convention' du i5 septembr~,
C'est le Cr9quemitaine de~ parlls extremes. Il a re?r1s
casoli lui confia le portefeuille du commerce daos son
pour renforcer le cabinet. Aiosi que MM. Lanza, Bert1,
Genes aux Mazziniens apres Novare, et ~on nom ¡~~
administration. Depuis, M. Natoli a été préfet a Brescia,
Petitti, il refusa de s'associer anx ministres en charge.
pose singulierement a la m•Jl!itude. On sa1t que lo~squ 1l
et, en dernier lieu, a Mes~ine. C'est un homme de fa~m
_ Rentré aux affaires avec le général de La Marmora,
a accepté une consigne, il la fa1t respecter et executer
tres-courtoises, un parfait gentleman, dans toute l'a~
il est désormais le ministre des finances indispensable
jusqu'au bout.
.
,
.
de toute administration sérieuse, le seul capable de sau- tion du mot.
Sa spécialité militaire ne l'a pomt empeche de se fa1re
Tels sont les ministres actuels de l'Italie. - J'ai di~ ea
ver l'Ilalie de la ruine, et de procurer cet équilibre tant
commen~ant, que ce cabinet était essentiellement PtO_"
une place dans le Parlement.
désiré entre le budget des recettes et celui des dépenses.
M. Lanza, ministre de l'intérieur, est un gra~d-pr~visoire. En effet, son chef, le généri!.I LaMarmora,ad&amp;Le portefeuille de la guerre est confié a un officier de
priétaire de la province de Casal, qui a j~dis p~1s le diclaré, des Je premier jour, sa ferme intention de rela plus haute distinction, le lieutenant général comte
plome de docteur en médecine, pour avo1r un t1tre. I_l a
mettre le pouvoir en d'autres mains, aussitót que laconAugustin Petitti-Baglioni di Roreto. Né a Turin en i8t4,
vention du i5 septembre aura été votée et se trouten
cinqoante-six ans environ. Membre du Parlem~n: p1éd'nne des premieres familles du Piémont; sous-lieutenant
montais depuis la création, M. Lanza appartena1t a cette
en bonne voie d'exécution, du moin.s quant au transAen i8~i, major d'artillerie pendant la campagne de 1848,
fraction de la gauche qui, sous le nom de ~entre gauche
rement de la capitale. 11 est probable que la ruissioo de
qu'il fit brillamment, M. Petitti devint, en i853, secrét sous la direction de M. Rattazzi, fi.t al hance 'en i 852
constituer un ministere définitif sera confiée alors i
taire général de la guerre, sous M. de La Marmora, et
eavec uu,. de Cavour, et luí assura définitivement le pouM.
Ricasoli ou a M. Rattazzi, suivant les circonstaoees
. aida puissamment ce ministre dans son énergique revoir. Presque tous les bommes du centre gauche arr1qui
se seront produites d'ici la.
constitution de l'armée. Il fut chef d'état-major du meme
verent successivement aux affaires. M. ~anzadébuta ~~r
générat en Crimée et en Lombardie (1859). Apres cette
etre vice-président de la chambre. P01s, en i857, si_ Je
derniere
campagne, le général Petitti fut nommé présiLE MARQUIS VISCONTI · VENOSTA.
le portefe01lle
ne me trompe, M· Rattazzi lui fit donner
.
,
dent de la commission de délimitation des frontieres
de l'rnstruction publique. Des dissent1ments ayant eclat~,
Le marquis Visconti-Venosta, ministre des atl~
entre la Lombardie et le territoire resté a l'Autriche.
au commencement de i858, ·en_tre ~'. de Ca.vo.~r, ,P:és1étrangeres
daos le dernier cabinet italien, et signa~
L'année ·d'aprés, il remplit le meme emploi pour les
dent du conseil, et M. Rattazz1, mm1stre de
• ,,l mlerieur,
·
é frontiéres de la Savoie et de Nice. Il re~ut en outre di- de la convention du t 5 septembre, est Lombard de nmt:
ce dernier sortit du cabinet. M. Lanza, qm s eta1t rang
sanee et descend de cette illustre famille Visconti ..
verses missions diplomatiques, notamment en Russie.
du partí de M. de Cavour, en fut récompensé par la conLe général Petitti fut ministre de la guerre daos le régn¡ a }filan pendant le moyen a.ge et eut l'honneurdt
fi nce entiere du tout-puissant maitre de l'Etat. 11 cumula
cabinet Rattazzi. ll accomplit le grand acte politique de s'allier a nos rois.
mªeme bientot deux portefeuilles, en joignant'.a son déDévoué a la cau.~e nationale comme toute la noblell
la fusion des restes de l'armée méridiouale (volontaires
partement celui des finances.
.
\ombarde,
M. Visconti-Venosta, a l'exemple de ses coade Garibaldi) avec l'armée réguliere, acte anquel ses
Rentré daos la vie privée apres V1ll~franca, M. Lanza
patriotes
les'
plus distingués, quitta de bonne heure IOl
prédécesseurs s'étaient ob:tin~ment re~usés._ L'organisafut par les soins de M. de Cavour, le premier pré~ident
pays
devant
les persécutions de l'Autricbe. A.p~e&amp; aJ
tion militaire actuelle de l ltahe, que l on d1t excellente,
' se donna le Parlemeut italien. A la mort du celebre
assez
long
séjour
en France et en Angleterre, ou 1! éllque
l
. . é . lui est due en grande partie.
e
d'Etat
il
devint
un
des
cheís
de
a
maJor1t
qm
hom m
M. Joseph Vacca, garde des sceaux, né a Naples en dia avec profit les hommes et les instit~ti~ns, il ~ot ~
'
appuyait
le ministere
Ricasol!· Pl°:s tard' I·1 fiit une o~poi809, parcourut tous les degrés de la magistrature ju~ fixer a Turin, centre du mouvement 1tahen. Il sy
sition remarquée a l'admimstrat10n de M. Rattazz1,_ et
qu'en t848, époque a laquelle il fut nommé, par le m1- avec M. de Cavour, et étudia la politique ainsi que ladisoutmt
contr ibua fortement a sa chute. M. Lanza
.
. .
nistere constitutionnel, directeur au ministere de grace et plomatie sous ce grand maitre, qui, peu facile daos
. e dernier cabinet jusqu'au jour 011 M. Mmghe~t1 vmt
amitiés, avait cependant été conquis par le caractere _.
justice. Apres lesévénementsdu 15 mai, ildonnasadémisprésenter au Parlement la loi sur la péréquation de

¡

ll

érenx et la remarquable intelligence du jeune gent.il.
boonne milana1s.
On en vil la preuve au mois d'avril i859. - Le général Garibaldi avait été chargé de pénétrer le premier en
(.Olllbard1e, pour faire une diversion utile aux ¡,rojets de
)'état-major franco-sarde, et soulever les populations.
)(. de Cavour confia au marquis Visconti-Venosta les
importantes fonctions de eommissaire royal aupres de
ce corps d'a!'mée, avec mission d'organiser le pays au
(111' et a mesure de sa délivrance. M. Visconti-Venosta
s'acquitta de cette tache ardue avec un zele et un dé,ouement au-dessus de tout élogti.
Elu en t86i député au premier parlement italien,
)(. Visconti-Venosta fut appelé aussitót a faire partie du
comité diplomatique, sorle de conseil consultatif institué
aopres du ministre des affaires étrangeres. Il y déploya.
de telles aptitudes, une telle science du droit public, et
nne si parfaite connaissance des questions a l'ordre du
jolll' de la diplomatie européenne, qu'a la formation du
cabioet Farini (décembre i862), le nouveau ministre
desatlaires étrangeres, M. Pasolini, luí ofirit de devenir
son secrétaire général.
M. Visconti-Venosta accepta cette position, et le comte
pasolini s'étant retiré quelques mois ~pres, il lui succeda, et devint ministre titulaire des affaires étrangeres,
comme il l'était déja réellement de fait. - C'est en cette
qualité qu'il a présidé aux négociations avec la France,
el signé cette convention du t 5 septembre, que le Parlemeot italien discute en ce moment. Ca. DE LA VARgNNR.
o

CIIMl@faDCWJI fll\DIIIC&amp;LL

L'Opéra-Comique vient de se mettre en frais. Deu:x
pieces nouvelles en moins de deux semaines ! La premiere, a la vérité, n'a qu'un acte, et l'on voit peu d'aetes aussi l~gers. L'auteur a voulu montrer que les Ab,ents, quoi que le proverbe en dise, n'ont pas toujours
tort. Son béros, M. Eustache, que l'on trouve charmant
tanl qu'il apprend, a la ville, le métier d'avocat, arrive
comme un tourbillon, ravage le potager, casse les assiettes, apprécie mal les attentious de M11 • Suzette, et méconoail la délicatesse discrete de ses sentiments, en un mot,
blesse tout le monde. On voit alors ses défauts, qu'on
mil oubliés pcndant son absence Quant a M. Léonard,
qui est toujours la, et qui n'est qu'un sot, ces revirements
ne cbaogent rien asa pJsition. D'oi.t il suit que si les absen1s ont souvent raison, les présents ont toujours tort.
(!uelle que soit la valeur du théoreme de M. Daudet, il y a
daos sa démonstralion des scenes bien posées, et traítées
6nement. Son dialogue est naturel, vif, rapide, souvent
spirituel, sans que l'on puisse l'accuser jamais de faire de
!'esprit. 11 n'y a ríen, daos sa piece, qui ressemble a ce
qo'oo nomme au théatre une intrigue : mais elle passe
si lite qu'on n'a pas le temps de s'ennuyer.
L'auteur de la musique est M. Ferdinand Poise, un
des meilleurs éleves d'Adolphe Adam. 11 rappelle sou,enl son maitre par la clarté de l'instrumentation, mais
il o'a pas, a beaucoup pres, sa facilité, son natnrel et
son abondance mélodique. Tous les morceaux des AblOII.! sontcourts, lres-courts, et la partition ressemble fort
ho album de chansonnettes. La plupartsont vives etassez piquantes. Quelques-unes ont de l'originalité. A ce
point de vue, il faut citer en premiere ligne une chanson maritime intercalée dans un duo· entre M. Eustache
et l. Léonard, et les couplels cha.ntés par ce Léonard :
Coiament voulez-vous qu'on aime? M. Sainte-Foy y met
une expession touchante, que l'on a vivement sentie et
lpplaudie comme il. convenait. Le vieux jardinier ra")
r.onte la dévastation de ses légumes et de ses giroflées
daos 11D petit air plein d'entrain, et d'un tres-bon comi•oe. faime moins une romance a trois temps chantée
par Eustache, dont lajolie voix et la bonne exécution de
K. Capoul ne corrigent pas la banalité. Il y a, au commeniementde la piece, un petit trio dont le rhythme est vif,
~ ou les voix sont assez bien disposées. Bref, la partiliondes Absents ne fera pas de révolution daos l'art, mais
~~ des parties agréables, et personne ne regrettera de
entendue. Elle est, d'ailleurs, fort bien rendue par
•~Girard et Révilly, MM. Capoul, Sainte-Foy et Nathan,
~sachant, comme on dit, leur affaire, et dont le liretliste n'a pas moins a se louer que le musicien.
~. Tresor de Pierrot se trouve au fond d'un puits; mais
~ &amp;lait jeté? Je crois que c'est Jean de La Fontaine.
, t ne ressemble pas mal au savetier du bonbomme,
cela pres que les usages de l'Opéra-Comique et le dé••
COrQn¡ d'un tbéatre impérialont e:rigé qn'il futjardinier .

;voir

.315 ,

11 est fiancé a la jolie Lucette, et la cérémonie du ma- trine, et il y a beaucoup de la dans le r~le du comte
riage doit avoir lieu dans quelques heures. Avant de d'Essex. On comprend facilement, d'ailleurs, cette prépasser son bel babit, il tire un seau d'eau poiJ.r arroser dilection de M. Fraschini. Achaque la qu'il lance dans l'esses lleurs, et amene une cassette pleine de pieces d'or. pace, les applaudissements éclatent a la fois de tous les
Le voila riche! Et aussitot il devient avare, cupide, cotés. Décidément, le public aime cette note; des qu'il
foar-be, déloyal et sot. ll ne songe plus qu'iL augmenter l'entend, il est traHsporté dejoie, et M. Fraschini suit Je
sa fortune, et manque brutalement de parole ala pauvre conseil de Bilboquet. A Dieu ne plaise que je !'en blame !
Lucette, croyant épouser la filie d'un richard qui est son
D'ailleurs, il chante noblement et avec une helle exvoisin. Lucette pleure, et luí adresse de tonchants re- pression certaines parties de son role, notamment son
proches dont il ne fait que rire. Florise lui préfere un air du dernier acte, dont l'andante est remarquable.
dragon, le luí dit fort nettement; et lui notifie qu'elle Il y a dans le role Elisabeth un grand air qui ne l'est
le traitera en Georges Dandin. - N'importe ! JI s'obstine pas moins. ll y a encore un trio dont le mérite est ina ne voir que la dot, jusqu'au morr¡.ent ou Lucette, en contestable. Le reste de cet ouvrage est banal. La fachabit de noces, traverse le théati:e au bras du dragon, ture en est savante, sans auc11n doute. On y reconnait a
qu'elle feint d'épouser. Alors il n'y tient plus : la jalou- · chaque mesure la main d'un maitre, mais rl'un maitre
sie réveille en lui l'amour, et l'amour réveille ses bons pressé par le temps, et qui se passe de l'idée, quand
sentimentsd'autrefois. Pierrot redevient honnete homme l'idée se fait attendre. Si, au lieu de jeter sur le papier,
aussi promptement qu'il avait cessé de l'etre. Mais pour- avec uue rapidité déplorable, pres de quatre-vingts
quoi rejette-t-il dans le puits ce terrible coffret, qui a opéras, Donizetti se füt contenté d'en écrire trente, il
fait tant de mal? Un plus sage que lui se servirait de ce nous aurait laissé trente chefs-d'reuvre, au lieu de dix
qu'il contient pour rendre Lucette heureuse; mais les ou douze, qui, pour la postérité, composeront tout son
nouveaux convert1s poussent toujours le zele trop loin. bagage. A la véritél, c'est déja beaucoup, et tous les
Cette ceuvre légere de deux écrivains de talent et musiciens n'en pourraient pas offrir autant.
d'esprit, MM. Cormon et Henri Trianon, a fourni a M. EuL'Elisir d'arnore doit etre comptée, assurément, parmi
gene Gautier l'occasion d'écrire quelques bons mor- ses meilleures partitions. C'est la que les idées abondent,
ceaux, - un joli trio boufie : Toi qui guéris de l'amour, élégantes, gracieuses, piquantes, pleines de verve et de
charmante bouteille, etc.; un duo bouffe entre Pierrot et joyeuse humeur. 11 faut done féliciter l'administration
le dragon, duo p:us plaisant encore que le trio; un du Théatre-Italien d'avoir remis en scene M charmant
chreur de tailleurs qui viennent babiller Pierrot; un air , ouvrage, et d'en avoir donné le role principa a
du maitre tailleur, qu'on ne saurait écouler saos rire. M110 Patti. Aucune autre ne lui convient mieux. Elle est
Des gens qui aiment a faire parade de leur mémoire, la sur son terrain, comme dans Don Pasquale. Sa grace
diront peut-etre que le tailleur de Pierrot leur rappelle naturelle, son piquant minois, son regard expressif; son
celui du bourgeois gentilhomme, et que l'air qu'il geste mutin, tout ce qui caractérise son talent d'actrice
chante les fait penser a Grégoire. Mais je leur réponds est parfaitement a sa place daos le role de cette coque la scene n'en est pas moins gaie pour cela, ni la quette de vil\age, et il semble que ces cantilenes vives,
musique moins chantante. Enfin, il y a vers le dénou- légeres, sémillantes, et d'une élégance si peu étuiiée,
ment, lorsque Pierrot redevient raisonnable, un air : aient été écrites pour sa brillante voix. Quelle facilité,
Ainsi qu'u.n chien fidéle, ou l'auteur, qui est quelque peu quelle hardíesse dans les vocalises! quel!e justesse et
archéologue, a ressuscité les formes d'il y a un siecle quelles fines nuances dans l'expression ! Jamais cette enet demi, mais ou il a su mettre Ull chant expressif, des fant gatée de la na. ure et du public n'avait été mieux
harmonies distinguées et une couleur tres-originale. inspirée, et jamais elle n'aTait olas complétement réussi.
Tous les 111.orceaux u~ valent peut-etre pas ceux que je Tout París, - j'entends le·París dilettank, - voudra la
viens de mentionrier. Laissons-les en paix, et conseil- voir daos l'Elisir, et tout París l'applaudira.
lons a M. Montaubry de ne plus se charger de roles co1\1. Naudin la seconde bien. 11 ne trouve la que tresrarement l'occasion de forcer sa voix, et c'est tant mieux
miques, lesquels ne sont pas du toút son fait.
Le Théatre-Lyrique ne se lasse pas de traduire. JI a pour lui, comme pour ses auditeurs. M. Scalese (Dul~
pour cela d'assez boones raisons, que je ne dirai poiot, camara) parle son air d'entrée au lieu de le chanter, ce
parce que je ne veux désobliger personne. Violetta qui n'est pas agréable a tout le monde; mais il dit bien
vient done de remplacer Don Pasquale, dont le succes ses deux duos, quand il ne se laisse pas trop emporter.
élait épuisé. Violetta, c'est la Traviata de M. Verdi. On M. Antonucci n'a pas, tant s'eu faut ! une mauvaise v@ix.
l'avait chantée en italien le mardi, place Ventadour. On Quel dommage qu'il la mene si lourdement, et qu'il
\'a chantée en fran~ais le jeudi, place du Chatelet. Exécu- soit si souvent en mauvaise intelligence avec l'orchestre !
tion tres-soignée. Beaux décors, riches costumes. Chceurs Malgré ce petit inconvénient, l'Elisir d'amore a fait le
et orchestre manceuvrant a merveille, avec des nuances plus grand plaisir, et sera sans doute joué fréquemmen
et des finesses dont le Tbéatre-Italien ne se doute pas. cet hiver. 11 y a de tres-jolis chceurs. Or, les choristes
C'est M. Monjauze qui joue le role du ténor, qui s'ap- ont toujours chanté jusle, et n'ont pcrdu la mesure
pelle Germond dans la partition italienne, et dont j'ai qu'une seule fois. 11 faut prendre note de cettc amélio- .
oublié le nom franpis. M. Monjauze dit assez lourdement ration : depuis longtemps, le chreur du Théatre--Italien
\'a.ir a boire du premier acte, mais il a de la tendresse avait perdu l'habitude de ménager les oreilles du public.
dans la romance, ainsi que dans le duo du dernier acte,
Apres l'Elisir, on a vu le premier essai cborégraphi-•
et de la force dans le finale, 011 il commet les gros- que, - un divertiss,ment, si l'on en croit \'affiche. C'est
sieretés que vous savez. M. Lntz est chargé du role de une succession incessante de tab/ea'Ull) vivants, comme
Germond le pere, et l'on regrette vivement que ce per- on dit en All~magne, accompagnés d'une musique qui
sonnage ne tienne pas dans la ¡,iece une plus grande m'a semblé passablement monotone. Le tout a duré plus
place, car M. Lutz a une voix tres sympathique, un ex- d'une heure. M. Costa, l'auteur de ce divertissement
cellent style et beaucoup d'expression. M11• Nilsson, qui a prétendu, ne comprend-il pas qu'on cesse de se divertir,
débuté dans le role de l'héro"ine, est Suédoise, blonde, quand on se divertit aussi longtemps, et toujours de la
assez jolie, tres-distinguée dans toule sa personne. Sa meme fa~on? Dans cette immense quantité de tableaux,
physionomie révele du sentiment et de l'intelligence, sa il y en avait de fortgracieux: mais cela, autant que l'on
voix est fraiche, pure et d'un timbre charmant. Le mé- a pu en juger, ne se rattachait arien. Pas de fable dradium en est faible, mais le registre aigu a une sonorité matique, pas d'action appréciable, pas de seos, par contres-brillante, parce qu'elle ne fait jamais d'efforts. Elle séquent. J'ai bien vu une troupe de beautés a demi-nues,
vocalise avec facilité, correction, souvent avec beaucoup plus ou moins bien enjambées, et armées, qui d'une
de grace, et prononce nettement, - mérite qui com- harpe, qui d'une cithare, qui d'une palette, qui d·un
mence a devenir trés-rare, et qu'on ne saurait évaluer compas. Elles représentaient sans doute les Beaux-Arts.
trop haut. - Début tres-heureux et plein de promesses. Ces Beaux-Arts pre¡:¡aient des poses étranges, et levaient
M. Carvalho doit s'en féliciter a tous les points de vue. parfois les jambes bien haut -pour des Beaux-Arts. Au
J'offre de par1er qu'il ne fera point traduire Roberto milieu d'eux ou d'elles se promenait un homme barbu,
Devereux, qu'on vient dé reprendre au Théatre-Italien. portant pourpoint et haut-de-chausses, a la mode du
On y avait déja donné sans succes, en i 838, cette ceu- temps de Charles IX.... Que faisa.it-il la? Je n'ai pu le
vre hative de l'expéditif Donizetti, qui trop souvent deviner. Il m'a semblé ne songer qu'a boire. Je crois que
cueitlait le fruit ava.nt qu'il ne fut mur. Quelle in- Y. Bagier a été, cette fQis, assez mal serví par des arfluence s'est trouvée assez puissante pour la faire exhu- tistes qui connaissent ras encore le gout fran~ais. Il
mer apres vingt-six ans? C'est, dit-on, celle de M. Fras- nous faut des choses qui aient un sens. 11 nous faut une
chmi, et je n'en serais pas étonné, car M. Fraschini pa- piece, une action, une histoire quelconque. Autrement,
rait aimer pass1onnément a pousser des la de poi- les jambes les plus belles du monde et les plus agites

�L' lLLUSTRATION, JOURNAL UN lVERSEL.

316

1/ ILLUSTRATION, JO URNAL UN IVERSEL.

3i7
vrant au mouvement industrie! 'cteños jourS:et
se transformant d'une
fa~on si complete, nous
songions a ce fantome de
forteresse qui avait glissé
devant nos yeux. Derriere la Valladolid moderne,
nous avioos vu la ville de
Philippe U, et plus loin
cncore, dan~ le passé, la
vieille cité du moyen agc.
Nousévoquions dansnotre
mémoire tous nos souveoirs sur la vieille Espagne, toujours en armes,
couverte de castillos, luttant incessamment contre l'ennemi commun, le
\laure, qui l'avait envahie, et voyant combattre
sur tous les points de son
vaste territoirc ses barons
et ses comtes: lutte de dix
siecles et plus, qui fi t de la
péninsule une tcrre gucrriere, hérissée de villes
fortes et dech:Ueaux. Nous

U CHIIIK DK FER
¡¡..,NS t,ES PYRÉNÉES,

(111' article).

ont hicntot dit tout ce qu'elles avaicnt a
dire,ctnc peuvent plus queserépétcr. Done,
si Al. Oagier vcut absoment nons prendre
par les yeux, il fera bien, amon avis, denous
dunner de pelits ballets pantomimes courts
et amusants, comme le Marché des Innocents
ou Diatolina : mais il ferait mieux encore,
dans l'iotérel de sa Lourse, de nous pl'endre uniquemeul par les oreilles. On ne lui
demande que cela.
Les concerts dn Cirque Napoléon ont
recommcncé. . L'aftluence y est aussi

AVILA.

L'l!SCURIA L.

GRANOS TUNNl!LS DE GUADARRAIU,

avec un plaisir extreme l'ouverture des Joyeuses
commeres de Windsor, charmante composition de ce
Nicolai qui est mort, il y a peu d'années, apres
avoir été longtemps chef d'orchestre, puis directeur
du tbéatre italien de la capitale de l'Autricbe. L'ouverture des Joyevses commeres de Windsor est savammenl écrite, et néanmoins tres-chantante. C'est la
facture allemande appliquée a la mélodie italienne.
11 résulte de cette combinaison que la science n'est
amais lourde, et que la mélodie n'e~t jamai~ frivole.
L'assemblée a vivement applaudi cette reuvre charmante, et. l'a bissée tout d'une voix. Un tel soeces

grande que l'année derniere, l'auditoirt
aussi avide, aussi attentif, aU$Si entboosiaste. Ce sont toujours [les graods sym.
phonistes allemandR qui en fünt les frais,
et l'on comprend que 1:i. critique n'a plus
a s'occuper de la symphonie pastorale ou
de l'ouverture d'Oberon, sinon pour at.
testi:r que ces chefs-d'reuvre oot été dignement rendus. Mais elle doit applaadir
aux efforts que fait M. Pasdeloup poor
agrandir et varier son répertoire. C'esl
ainsi qu'an sccond conccrt on a cnlendn

Si Je platean pittoresqne et dénudé de la Manche el des deux Castilles
ne nous appelait a luí,
nous oous arreterions, au
sortir de Burgos, achacun
de ces Pueblos gracieuseDlentassis sur le penchant
des coteaux ou endormis
an fond de leurs vallées,
aQuintanelleja, a Estapar, a Quintana, a Torqnemada, dans tous ces
,illages situés au milieu
des jardins arrosés par
!'Hormaza et l'Arlanzon.
)lais il nous faut aller en
avant; aussi bien n'est-ce
pas la encore l'Espagne
,éritable, avec ses paysages séveres et gran dioses;
p85$0ns done, franchissons

LOPHORINll SUl'ERBI!.

VIADUC' DR RO8LllDO.

ARRIVIÍE A MADRID

encouragera sans doute M. Pasdeloup a ces tenla•
tives au:xquelles l'art a tout a gagner.
On m'annonce la mort réceute d'un digne artiste
que nous avons tous r.omm, et 11ui s'était retiré a
Bordeaux depuis dix-huit mois seulement. M. Rbeil
éíait un musicien tres-instruit, excellent barmoniste,
pianiste élégant, babi le accompagnateur et lecteuri•
perturbable, bomme aimable, homme de bien, el doal
le caractere était aussi correct que le talent. Tous 111
artistes parisiens qui ont eu avec lui qnelques relations personnelles le regretteront fincerement, el
honoreront sa mémoire.
G. HtouET,

JlUllAbE.

Cardenas en race de Rubens.
11 était tard quand nous
quittames Valladolid, et la
nuit se faisait lorsque nous
arrivames, quelqucs heures
apres, a :Médinadel Campo;
l'obscurité n'était pas tellement grande que IJOUS ne
pussions apercevoir devant
nous, comme une masse
noire, les ruines d'un castillo; c'étaient les restes de
la Mota, cette vieille fortcresse ou · César Borgia fut fait
prisonnier, et ou mourut lsabelle ¡re : la dernicre chose
vue dans une jtiurnée de
voyage et celle sur laquelle
s'arrete l'espri,t. Oubliaot
done Valladolid avec ses
monuments et son musée,
avec Philippe II qu'elle vit
naitrc et Christophe Colomb
qu'elle vit mourir, sentant
tomber une a une les pensées qui ava\ent plus ou moins longtemps séjourné ¡lan_s
notre cerveau a la vue de cette vieille capital(} envahie par l'activité et !'industrie modernes, s¡ou-

Duena, et Cabczon, et arretons-nous quclques hcures a Valladolid, l'ainée ~ apres Tolede, des capitales de l'Espagoe, la vi lle préférée des rois, jusqu'au moment ou Philippe II, nolez que ce rei est né a
Valladolid, - installa la
coor a Madrid. Le roi
temble avoir pris acreur
de se faire pardonner
toningratitude enverssa
filie natale; Valladolid,
reconstruite, réédifiée,
loteu grande partie son
ltD'fJ'e. Elle lui doit sa
cathédrale, dont Herrera avait voulu faire
llDe rivale de SaintPierre de Rome son
église de la Cr;z, sa
Plaza Mayor, aux vastes
galeries dallécs aux
. aquatre'étages
18aisons
de balcons, qui devaient
!enir de modeles a la
place de Madrid. Valladolid a un musée
tomme presque to ules'
les ,mes de l'EsP.agne,
lllle réunion &lt;les toiles
les plus médiocres et de
cbels-d'oouvre : Basch a
~ du Bronzino, RiGravures tirées de l'ounage de M.
'alta aupres de ~furillo,

Arlhur Man,in, t'Ai1· et le JC011.de aérie11, éJité par M.

•.

--

\. J!,, )?~c1)
e:
-

:..-&gt;

FULGOHK PORTE-CHA1illHLE \graua nat.)

nous eoJormlmes, et, r l vaot de ce passé; les imagcs du
Cid, d: Sanche le l•'ort, de Piene le Justicier, chargés de
leu.rs armures d'acier, traverscrcnt nos songcs.
La voix d'un cmployé
d'uoe statiou nous réveilla aux premiers
rayonsdujour: elle criait
Avila ! Lorsque. nous
evamcs les ycux, nous
crümes que notre revc
se prolongeait : devant
nous, daus un pli de la
moulagnc, sur· un sol
nu, s'élevait, avec toule
la mine imposante et
flcre d'une cité belliqucusc du treizicme
,iccle, nnc Yillc enser-•
n;e dans ses murailles
commc un chcvalier
dausson armure. Avila
' 5c drc~sait, élevant sa
tete au-dessus de ses
l'ortiflcations et coilfée
de sacouronne de tom·r,
Pas un mouvemcnt, pas
un bruit autour d'elle.
Nous nous arrctames,
laissant nos compagnoos poursuivrc leur
routc, et nous marchames seuls pendaot pres
d'une dcmi-heurc vcrs
Alfred Mane et fils.

�L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEt.
Ainsi, MM. Mathieu (de la Dróme), Raspail et co-;;;cette apparition qui s'était mootrée a nous aux premiers que s'éleve l'Escurial. L'endr9it est merveilleusement ponrroot se vanter d'avoir contribué, a leur mao·•1'11
choisi
pour
un
te!
palais
:
une
chartreuse
royale
daos
.
tcre,
rayons du soleil. Nous ne pouvions croire a une ville enaux progres de la sc1ence. Le malheur est qu'en me
un
désert.
Vous
avez
vu
saos
doute
quelque
beau
et
saichaotée, pourtantnous nous promenames quelque temps
temps ils propagent de nouvelles erreurs, des préjo:
sous ses murs, comme si nous n'avions devant nous qu'une sissant portrait de Philippe 11 par Titien; vous vous nouveaux sur un sujet déja si fécond en fansses idé
vision; no 11s tournions autour de cette enceiote, de cet rappelez ce roí terrible, énigmatique, qui garde, sous
De remede a cet engouement si stupide, je n'en ,:·
hexagone irrégulier,011 ni les hommes,ni le temps, n'ont son pourpoint de drap d'or, zébré de bandes d'argent, p_as d'autre que la diffusion, .trop lente hélas! des con~
encore ouvert une seule breche :nousregardions ces mu- sous sa toque noire que surmoute une aigrette de dia- naissaoces positives, elles-memes si imparfaites encore
railles, baties comme des murs cyclopéens en pierres poly- mants, sa physionomie sombre et ascétique; malgré le que la science possede sur les éléments du temps.
'
gonales; nous levions les yeux sur les tours arrondies, aux merveilleux talent du peintre, vous ne pouvez faire reL'air,
cette
enveloppe
mobile,
indispensable
a
la
vievécréneaux denticulés et profondément entaillés, sur ces vivre qu'a demi, daus votre pensée, le fils de Charles- gétale et animale, ce théatre _de tant de phénomenes ªllSli
murailles, portant en collerettes leurs machicoulis, nous Quint: pour le comprendre il faut entrer daos ce mo- mobiles et aussi variables que lui, est indispensable a
éloiguant avee un certain respect des gueules béantes de nument de granit, au corps de logis a six ou sept étages, connaitre pour qui veut se faire une idée un peu nette
ces forteresses, comme s'il en devait tomber encore le masse énorme, 011 le jour ne pénetre que par de petites des changements incessants du temps, et des causes
plomb fondu et l'huil~ bouillante. Quand nous nous fenetre~ écrasées: un couvent et une caserne. 11· faut probables de ces changements. Sa composition son
fumes bien assuré que ce n'était plus la une ville, mais marcher dans ces clo1tres a arcatures basses et tristes, poids, sa hauteur, la densité de ses couches, l'acti;n de
le cadavre d'une vi lle endormie, comme le Cid, &lt;lans son 011 l'ennui vous tombe sur les épaules, pénétrer dans la chaleur solaire sur les mouvementsde ses parties, etc...
tombeau, nous entrames, nous guidant nous-memes, cet intérieur d'église triste et nue, regarder, anpres des Voila autaot d'éléments dont il est impossible de sepastant bien que mal, dans l'écheveau de ces vieilles rues stalles du chreur, la place 011 s'asseyait le sombre roi ser, quand on veut, je ne dirai pas résoudre le probleme
et au milieu de ces constructions des temps passés. Apres d'Espagne. 11 faut enfin passer quelques instants daos mais se rendre compte de la difficulté de la solution. '
quelques détours, nous arrivames sur une place oü cette cbambre ou Philippe II rendit !'ame, les yeux fixés
Ce sont ces premieres notions qu'un vulgarisateur
s'éleve une église, église anx murs de granit. Des sur le sanctuaire de l'Église. Elle est comme prise dans bien connu des gens du monde ainsi que des homm~
lions'héraldiques, accroupis au portail, roogent les mors le mur de la uef; elle ne re~oit de jour que celui qui de science par ses précédents travaux, a voulu répande fer d'o11 partent des chaines qui les relient les uns lui vient de l'intérieur de l'église; ce n'est pas une dre sous une forme attrayante.
aux autres; deux statues, l'une d'uo homme, l'autre chambre royale, c'est une cellule.
Daos son nouvel ouvrage : l'Air et le monde Ufflll,
Depuis que Philippe II a fondé l'Escurial, le couvent
d'uoe fell!me sauvage, couvertes de poils, montent la
M. Arthur Mangin s'est proposé de mettre a la portie
est
resté
une
résidence
royale
pleine
des
trésors
de
la
1
garde de chaque coté de la porte. Les murailles, saos
des personnes qui n'ont pas de connaissance11 scienliflornements, auxquels ne sont appendus aucuns tahleaux, monarchie espagnole, d'ornements, de reliquaires, de ques étendues ouspéciales, tout ce qu'on sait de l'atmosont une nudité austere. Le sanctuaire est comme emhas- chasses, de lampes, de Uambeaux, de vases en or mas- phere, considéré aux points de vue physique, chimique et
tillé, le clocher est crénelé comme une tour. C'est bien la sif, ciselés et ornés de pierres précieuses. Bien que Ma•• météorologique. Tout ce qui, de pres ou de loio, touche
une église du douzieme siecle, digne d'avoir pour évéque drid ait en partie recruté les richesses de son musée na- a l'air, exige son intervention ou se manifeste daos son
tional de peinture parmi les tableaux que renfermait
~ de.ces pretres guerriers qui, auxjours de batailles, se
l'Escurial,
la galerie du palais n'en est pas moins en- milieu, est l'objet d'explications ingénieuses, rendues
c01ffa1ent du heaume et revetaient l'armure du checore fort précieuse; elle retient 1e voyageur bien des plus claires et plus attrayantes encore oar des fig•1res
valier.
beures devant ses toiles nombreuses. Quant a sa biblio- abondamment répandues daos le texte. M. Maogin n'a
Avila, perdue jusqu'a ce j"ur pour les voyaaeurs
theque, si riche en manuscrits orientaux, que la piété et point oublié la partie historique 011 anecdotique de son
éloignée qu'elle était de toute route suivie' est'oar&amp;ce a~
la magnificence des rois 1d'Espagne ont rendue •rne des sujet, et les chapitres oti se trouvent racontés, daos un
chemin de fer, comme retrouvée. Elle est l'idéal de la
plus précieuses du monde, si vous y etes conduit par la style vif, imagé, pittoresque, l'invention du baromelre, ·
place forte, de la ville inexpugnable du treizieme siecle.
curiosité, ou mieux encore par quelque sérieux iotéret les expériences aéronautiques et la découverte de la
Étrange contraste I C'est dans cette cité guerriere qu'une
d'étude, soyez plus beureux que nous, et que votre bonne composition chimique de l'air, offrent le plus réel intériL
sainte filie, !'ame pleine de l'amour éthéré et brulant
Une troisieme partie de i:e beau volume est consacrée
étoile vous mette en rapport avec quelque moine, nouvel
de la flamme céleste, vécut d'une divine extase. L'hon arrivé dans le cloitre, et qui sache vous guider au mi- aux habitants de l'air, Ji. ceux, du moins, parmi ces haneur, la gloire d'Avila, c'est une femme, sainte
lieu de ces trésors de la science, a travers cette biblio- bitants, que leur organisation a·plus spécialement destiThérese. Avila conserve de la sainte quelques restes
theque de manuscrits arabes, dont Casiri nous a donné nés a se soutenir et a se mouvoir daos l'air, aux oiseani
du mobilier de sa cellule. Sur l'emplacement meme
et aux insectes : c'est le monde aérien dont l'aotenr
un catalogue, devenu a ce qu'il parait inutile.
011 s'élevait sa maison, s'est fondé un couvent de
Une heure encore; passez les stations de Villalba, de passe en revue les individus les plus curieux, les types
carmélites placé sous son advocation. Le couvent a subí
Torreladones, de Las- Rosas et de Pozuelo, pueblos qui principaux. De sorte qu·apres avoir suivi des le~ns de
bien des transformations ; il a passé par les appropriapointent de temps a autre daos ce désert, et daos le physique, de chimie et de mécanique, le lecteur se
tions les plus di verses. Celle a laquelle Il est aujourd'hui
lointain vous apercevrez les palais, les clochers, les do- trouve avoir complété son instructiou scientifique par un
soumis n'est pas la moins singuliere de toutes. Il estdemes coupant la ligne de l'horizon de leurs silhouettes : cours, aussi agréable que savant, de zoologie.
venu un conservatoire de musique' et de déclamation.
11 n'est pas inutile de dire que l'Air et le.monde ahlM
c'est Madrid.
H. LAV@'..
Les ~utres établissements, !Ilis sous le nom de la sainte,
forme un beau volume, imprimé et illustré avec soin, el
~
ont été mieux respectés, tels celui de l'Incamation, 011
si, pour joindre la critique aux éloges qu'il mérite, j'asainte Thérese prit le voile, et de San-Jose, le premier
joute qu'uo certain nombre, parmi les gravures, me
L'AIR ET LE MONDE AÉRIEN (l).
qu'elle fonda.
paraissent un peu en dehors du sujet, ce n'e~t pas le
Nous reprimes a pied la route poudreuse qui mene
La pluie et le beau temps, le chaud et le froid, la public qui se plain dra de cet exces de désir de luí
d'Avila a la station du Ferro -Carril, 011 le train nous
A.lliDiE GUJLLDIJII,
neige et la grele, en un mot, tous les phénomenes mé- plaire.
prit apres une heure d'attente. La locomotive, a partir
~~
téorologiq ues, sont choses qui intéressent a peu pres tout
d'Avila, se lance daos la région du Guadarrama. Elle
le monde, et cela pour mille et une raisons que je ne
vole parmi ces roches amoncelées, ces montagnes jetées
prendrai pas la peine d'énumérer, par le motif fort sim- L'ALMANACH DE L'lu.usTRA.TI0N est en vente : s, pagel
daos les vallées, sur des remblais, dont quelques-uns
ornées de 78 gravures.
ple que tout le monde les connait aussi bien que moi.
mesurent jusqu'a cinquante metres dºélévation · elle
Prix
:
t
fr. broché et doré sur tranches.
Il n'est done pas étonnant que quelques prophetes a
s enfonce daos les tunnels forés daos le granit, bondist
fr.
25 par la poste.
longue échéance des variations et des vicissitudes atmossant de souterrains en souterrains de mille metres
pbériques, aient réussi a attirer l'attention de la foule
comme a Navel-Grande ou a Robledo, franchissant les'
sur leurs prédictions : un certain appareil scientifique,
sauvages et montagneuses contrées de la Castille.
un habile mélange des préj ugés populaires et des corrnaisASSURANCES SUR LA VIE.
Il_ est des pays qu'il faut visiter en voiture, 011 plutót
sances astronomiques; en fin, une imperturbable assua p1ed, lentemel'.l.t, relevant détail par détail chacune
L'attention publique s'est portée depuis quelque templ
rance devant les démentis infligés par les faits a leurs
de leurs beautés. Il en est d'autres sur iesquels il faut
sur une institution déja ancienne, mais que des événeprédictions hasar!olées, paraissent avoir détroné pour ja- ments récents et la polémique qui s'en est suivie OII
passer a vol d'oiseau, planer pour ainsi dire. La Castilla
mais les bons vieux prophetes des almanachs d'autrefois, grandement mise en lumiere.
Vieja, avec ses immenses horizons, ses solitudes coules Matbieu Laensberg de l'ancien régime.
Cómme pour toute chose utile, la publicité a fait ret'
vertes de roches bleues, bizarrement amoncelées, comme
Avouons, comme beaucoup d'autres l'ont fait déja, sortir les nombreux avantages que présente cette iJllli:
daos un cataclysme, avec ses vastes forets de sapins, est
que cette recrudescence de charlatanisme a eu du bon: tution; et il n'est pas aujourd'hui un pere de famille qll
de ce nombre. Nous doutons que les touristes les mieux
elle a secoué la torpeur des savants patentés, des météo- ne sache que, moyennant un prélevemeníannuel sur•
co~stitués, les enragés de couleur locale, ceux qui ne
rologistes de profession, etsi nous nesavons pasquel temps revenos, il pe11t assurer apres ·lui la tranquillité et 11
vo1eni pas saos quelques larIIles la vapeur s'emparer
il fera le t2 novembre {865, µar exemple, nous sommes bien-etre de ceux qui lui sont chers.
d~s pays classiques du pittoresque, regrettent ces temps
,Édifiés maintenant sur l'institution en général, il ~
arrivé~ du moins a connaitre, jour par jour, l'état du
a ceux qui en recherchent les applications, a faire
ou la vieille Castille se traversait en trois jours : tout ce
temps daos l'Europe entiere, nous pouvons prévoir la choix judicieux de l'établissement auquel ils con
panorama sauvage est de l'aspect le plus saisissant et
tempete qui éclatera demain. Grace a la promptitude des intérets aussi précieux, et nous croyons leur readlt
des plus curieux, mais a la condition de passer rapidedes télégrammes électriques, les cotes sont renseignées un service en leur indiquant une compagnie qui se 1P
ment
devant vos yeux. C'est d'un waaon
qu'il faut le
.
0
sur les mesures a prendre pour meltre les navires a commande par son ancienneté et les garanties qu'
vo1r, pendant le temps assez court qui sépare Avila
l'abri, et le nombre des sinistres va en diminuant de présente, tant sous le rapport et l'importance de
de l'Escurial : -quelques heures de plus, et devant ce
plus en plus, avcc le perfectionnement de !'admirable fonds social et delses réserves, que par l'honorabili\é
spectacle toujours le meme, vous sentez promptement
service météorologique aujourd'hui centralisé a l'Obser- hommes qui l'administrent.
aniver la monotonie et l'ennui.
La compagnie l'Union, établie a Paris, rue de la
vatoire de Paris.
C1est pourtant en face d'un de ces rudes et désolants
que, nº i5, compte aujourd'hui t.rente-cinq an
d'e:xisten ee, pendant lesquelles elle a fait ses pre11ves
paysages, s'appuyant sur le flanc du Guadarrama et
(1) Par Anhur .llangia. Ua vol. in-3•. - Toun, Alíred Mame, IH4,
regarda.nt sur la campa¡ne onverte devant 'lui
1

'

'

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

319

,empli ses engag?ments, non-seulement avec l'exacti- la rive gauche de la Marn u t
·
tude que le pubhc est en droit d'attendre de tout éta- 1 ch
. ~- ne orce motr1ce de i50,
blissement sérieux, mais encore avec t'équité et l'empreseva~Í marchant_nuit et JOur, met en reuvre cet énorsement qu'il désire trouver daos une administration ;e outi age de cyh~dres en granit, de moulins a sucre,
binveillante.
e broyeuses, de melangeuses, etc.

tout_a f~it remarquable, on inventait simulta11 ément la
fabmation du papier. Ce concours d'événements heure~- ª quelque chose d'extraordinaire, et semble prémed1!é pour annoncer une époque oti il était écrit que la
p~n~e~
pr~~dra1t des forces nouvel les, pénétrerait partout,
Cette com_pagnie revendique l'honneur d'avoir introu_n
cordial
d'une
nature
tout
hyaiénique
et
qu·
re?ene~era1t
en quelque sorte l'espece humaine. Les preduit la pr~m1ere en Fra~c? le systen'le de la participation a b
,.
º
'
i
des a..~ures daos le~ b;nefi~es de la compagnie, et c'est , ie~ son ~er1te, apres le repas, - nous en parlons m1~rs hvres imprimés le furent a11 moyen de tranches de
la seule encor_e qm_ l apphque en traitant ses assurés d apres_ des temo1goages irrécusables, - c'est la liqueur bo1s s~r lesquelles on avaitgravé enrelief et les caracteres,
comme ses act10nna1res, de telle fa,-on cependant 1
d~s .mome~ bé~édicti~s de l'abbaye de Fécamp, dont le et les 1~ages dont on voulait les accompagner. On ne
· ~'ont que 1~s benefices
' '
t ue
les P1:oners
de• l'association, saos
depot est etabh a Pans, i 9, rue Vivienne. Sa base spiri- se serva1t alors que de la brosse pour faire marquer les
jamais pouvo1r etre, attemts par les pertes auxquelles les tueuse re~oit l'ar?me des nombreuses plantes qui crois- lettr~,s et les dessinsenduits d'encre. On exécub. de cette
seconds sont exposes.
sent ~ans les fala1ses de la Normandie, et ces plantes y mamere la Bible aes pauvres en 40 planches, l'Ars moLa p~rticipati~n peut étre em_ployée a l'augmentation
riendi, t { planches de figures et i t planches de texte·
do cap1ta,I assure ou a la réduct10n de la prime; et meme sont mf~sé_es au moment de la séve ou de la floraison.
Jugez
ams1
_de
la
,s~:eur
et
des
effets
de
cette
liqueur:
le
Specu~u~ h~manm salv~tionis, 58 planches; l'Apoc:
les assures o~t la faculté de recevoir en argent la part
elle
~st
tomque,
emmemment
digestive,
et
d'un
gout
lypse
et 1Histoire de la V1erge. La presse inventée un
qui !e?.1" re~1ent, ~e telle sorte que le contractant retire
peu p!us tard, fut un grand progres. Le' premier ouains1 11ntéret de ses versements et fait un placement en exqms l
ou\me temps q_u'un acle de prévvyance.
vrage en caracteres mobiles date de l'année i454.
La ~o.mpagme ~' ?u reste, déja. fait a ses assoéiés onze
. A peine
, . ces. trois moyens de multiplier et d'orner 1es
HYGIÉNE PRATIQUE.
répartil!ons de benefices ~ont les résultats ont été des
l1vi:es eta1ent-11s découverts, que leur tendance a popaplus remarquables, comme on peut s'en convaincre en
_On n•~ pu percer encore le mystere du saYant chi- lariser
se manifestait. Les gens
, . les travaux de \'esprit
.
consaltant ses prospectos.
miste qm_ se cache so.us les initiales A. B. et qui a établi tres-r1ches, les grands se1gneurs pouvaient seuls achechez M. Bmet (29, 1'.º~ de Richelieu) le dépót de son Eau et ter les couteux manuscrits du moyen a.ge. 11 fallait une
de s~ Pommade vivifique. Ces deux produits ont été infortune royale pour réunir quelques centaines d'ouvra LEJouRNAL DES CREMINs DE FER publie chaque semaine ventes pour com~attre la.chute des cheveux et, au beges. Le texte, presque toujours écrit en latin traitait le
une corre~p?ndance financiere de l'un des plus émi- som,. pou~ le~ ~aire rena1tre; ils donnent des résultats
certams,_ mfa1ll~bles _et incounus jusqu'ici. - Avis a plus _souvent des matieres scolastiques, théoÍogiques et
nents pubhc1stes d'Angleterre.
,Cette corresp~n~ance, .qui, des son apparition toute nos lectr1c_es. qm sera1ent menacées de se voir prématu- ascét1ques i les_ poemes, les ouvrages d'imagination, les
de toute reuvres fac1les a comprendre formaient la minorité. Des
recente, a atttre 1attent10n de la haute banque vient ~é~ent pnvees de ces indispensable~ avantaaes
0
que typographie et l'art c\,e graver sur bois sont incompléter le cadre, déja. si complet, du JouRNAL D~s CeE- J0he femme.
Puissent-elles ne pas hésiter non plus daos l'occasion ve~tes, ~a ~roportion change. Les livres savants et absIIINS DE FER,
En effet, cette feuille, la plus ancienne de toutes co _ et s'empresser ~•avoir recours a M. Déjardin fils, pro: tra1t~ d1mmuent, reculent au second plan; les protient. ~es articles d'appréciatiou sur toutes lea v¡le! fesseur de prothese et de ch1rurgie dentaire (57, bou- d~ct1ons en tangue vulgaire, d'un intéret général, definanc1eres; e_lle donne également les rapports de toutes leva~d de Sébastopol); comme professeur, M. Déjardin v1en~ent plus nombreuses_, s'emparent de l'attention
les Compagmes et fournit tous les renseianements de est I auteur de plusieurs traités spéciaux daos soIJ art
et _nous n'avons pas ici asecommander ses ouvraaes' ~u~h_que. Cette révolution, comme le remarque tresBourse et de finances.
t&gt;
qui
sont t;es-répandus; mais en sa qualité de praticie~, iÍ Jud1c1eu~ement M. Didot, n'a pas eu seulement une
Des primes sont délivrées aux abonnés.
a compose u,ne Eau qui a la propriété d'entretenir et de {?'~nd~ importance au point de vue de la librairie et de
On s'abonne a Paris, 22, rue de la Banque.
10 fr. par an pour Paris; t2 fr. pour les départe- conserver daos tout leur éclat ces fretes ornements de la l ?1sto1re des beaux-arts, elle exer~a une influence cament~; i8 fr. pour l'étranger.
boucbe, d?nt l_a perl~ ou l'insanité déparent les plus p1tale ~u_r la htt~rature elle-meme. Tandis que les
grac1eux v1sage~; les resultats sont certains. Que n' a-t-on compo~1tLOns or1gmales, enfouies daos les bibliotbeques
~
~as te~té saos soeces contre de tels maux ! et quelle sa- des pr1_nces et des couvents, sortaient de l'ombre et de
t1sfact10n de rencontrer un remede presque infaillible ! la sohtude, les auttrurs furent conduits tout natuUN TlRAGE DÉFINITIF LE 28 NOVEMBRE
~elle~ent a s'occu_per, bien plus qu'ils ne l'avaient fait
Billets a25 centimes dans toute la Franoe
Jusqu alors, d~s suJets et des formes littéraires accessibles
LES Vrns ET srnoPs DE QmNQUINA ne contiennent jamais
Cb~z tous les libraires, débitants de tabac, etc.
l'ensemhl_e
~es príncipes que renferme le Quinquina; a tou~ le m~n~e, puisque tout le monde maintenant
La ires-importante et tres-intéressante
de ces prmc1pes, les uns manquent tout a fait quoique P?uv_a1t_ acquer1r leurs ouvrages. Les gravures sur bois
LOTERIE DES ENFANTS PAUVRES ET INCURABLES
sed~1sa1ent la foule, comme jadis les miniatures char~•une u~ilité abs~lue; les autres n'y sont qu'e~ proporma1~nt_les_ grands. Pour compléter cette métamorphose,
603 lots. - Gros lot, t50,000 fr. a gagner pour 25 c.
:10~ ~ou~ours variable et tres-restrei,nte. - M. LAR0CHE,
les ccr1v_ams _abandonnerent le haut style, renoncerent
LOTERIE MUNICIPALE VILLE DES ANDELVS
~ 1a1de_ de procédés dont il est l'auteur, est parvenu a
3!0 lots. - Gros lot, t00,000 fr. a gagner pour 25 c. mtrodu1re, daos un Élixir agréable et privé d'amertun:ie a 1~ vers1ficat1on; s'adressant au peuple, ils furent contramts d'adopter sa langue, la maniere la plus natu'
WTKRIE MUNICIPALE V1LLE DE SAINT-CLo'.lD et LoTERIE la totalité des principes actifs de cette précieuse ecorce.
relle de s'exprimer : ils parlerent en prose.
0RPBELINAT de l'Avenue au BEL-Arn d~nt le tirage
~'extrait ~ompl_et _de quinquina (ou Quina Laroche),
C?mme toutes les choses a leur début, l'imprimerie
de~tif est fixé au 28 novembre. '
presenté a 1Academie de médecine, a déja. valu a son
ava1t ª.~ors ~es procédés et des habitudes nahes. BeauLe BUREAu EXACTITUDE a placé ce qui restait de billets auteur, M. Laroche, les éloges les plus flatteurs. Aucune c?up d im_pr1meurs transportaient un faible matériel de
d'.one douzaine de loteries qui ne les pla~aient que diffi- pré~ar~tion gfticinale,,s~ ce n'est cet extrait, ne présente ';~le en v1lle pour le mettre au service des libraires, et
c'.lement, - et, tres-rapidement, ceux d'une vingtaine lareumon des plus prec1eux alcaloides des matieres rési- seJou_rna1ent daos uu endroit aussi longtemps qu'on ocda_ntres lo~eries dont il a eu la totalité des billets (32 lo- n~uses et _du tannin, substances auxquelles l'écorce du cupa1t leurs presses. Quelle différence entre ces typoPerou do1t ses vertus fébrifuges toniques et antiseptiter1es representant t5 millions de francs).
g~aph_es º?mades et ceux de nos jours, qui ont besoin
Il ~lacera aussi promptement les billets de ces quatre ques, et daos la thérapeutique son rang de remede in- d atel~er~ immenses' de nombreuses machines, d'un
tlemieres nouvelles loteries, surtout ceux des Enfants comparable. - Rue Drouot, t5, a Paris.
attu·a1l d1spendieux et de fonds considérables l
~es, loterie qui se recommaode par son but de bien~
Les ducs de Bourgogne, et surtoul Philippe le Bon
(IASallce genérale.
Parmi l~s diver~es ~ubstances tour a tour proposées encourag~rent ~es premiers le nouvel art. Pour enrichi;
Le BoREAu-EucrrruDE, qui a re~u sia: cent mille Jetet employees depms vmgt ans pour la fa bricatioIJ des sa. splend1de b1bliotbeque d'ouvrages en langue vultres de demandes de billets, re~oit de si nombreuses
dents artificielles, il en est qui offrent de nombreux et ga1_re, le fils de Jeau-sans-Peur avait fait traduire du
::mandes de _r~nseifnements, qu'il se voit dans la nécessité graves inconvénients. M. Georges Fattet auteur du latm plusieurs _liv_res célehres, notamment le Speculum
répondre 1c1 qu 11 est complétement étranger a toute
~raité de prothe~e. dentaire (255, rue Sain;-Honoré), et humana¡ salvationis, que Jean Mielot, chanoine de Lille,
antre _actuelle L0TERIE et a ces papiers a combinaisons
l un de nos prat1c1ens les plus distingués, se sert depuis translata _par son ordre enprose(ran~oise, des l'année i448.
~ s fra~tionnées, saos contróle ni limites, qui ont longtemps, lui, d'uoe nouvelle matiere tout a la fois Le Recueil des histoires de Troyes, composé par Raoul le
Paru le~ t1tres _les_ mots Crédit foncier, - Vi lle de légere et diaphane, et complétement inaccessible a l'aci- Fevre, son chapelain, en t463, sortit de sous la presse
.. , ma1s que na signé aucun des directeurs des ad?ité des aliments et des boissons; cette matiere peut vers i467. De tous les ouvrages écrits daos notre lanlllDistrations dont ils prennent le titre.
etre surnommée la rivale de la nature tant elle imite gue, c'est ~e premier qui fut imprimé. William Caxton,
le plus anc1en des typographes britanniques, employa les
la teinte et la transparence des dents n~turelles.
~emes c~racteres pour sa traduction anglaise de ce
~
llljGrice• a~ pro~es industrie\, Je chocolat n'est plus
hvre.Ilen commen~a l'impression aBrugesetlat .
t47t ' C
ermma,
Ollrd_hm un ahm_ent de luxe, et quelques kilos de
e~
' a ologne. En f475, le fameux Colard Mansion
ES5AI TYP0GRAPBlQUE ET BIJ!Ll0GRAPIUQUE
1C' précieux analept1que sont bien accueillis partout.
entreprit daos la vi!le flamande une série d'éditions tresSUR
dtp•. 1aune _fabrication qui_ s'est beaucoup développée
reche~chées ele nosJours par les bibliophiles et les curieux.
l,'HISTOIRE DE LA GRAVURE SUR BOIS
pazDIB f82? : une seule usme, celle de Noisiel, dirigée
Par1,s et Lyon devaoce,rent l~s autres villes du royaume
Par Ambroise-Fimun Didot (1).
,_,'Id M~mer, en prod~it annuellement pres de 5 mildaos I .usage des. caracteres mobiles et de la gravure
1
dire .e hvr~s (8,090 kllogrammPs µar jour), c'est-asur_ b~1s. La ca~1tale conserva un gout prononcé pour
~u m~m~nt 011 rart des miniaturistes allait ElispaD '1Dgt fo1s plus s¡u'on n'en consommait en France
la htterature latme et pour la littérature sannte en lanra1tre, ou 1on alla1t cesser de peindre lentement et
~ ~ quarante ans. Nous avons eu l'occasion de visi~ue vulga1re : c'étai~ le séjour de l'université; Lyon
pieusement des images sans nombre dans les livres
¡¡ Y a peu de temps, cet établissement exceptions
oc~upa _surtout ~es lmes populaires. Depuis les débuts
d'heures, les missels et les évangiles, le procédé nouL'~t nous en avons conservé le meilleur souvenir.
de
1emp~re , r?ruam, Lyon, comme le remarque M. Diveau, qui devait remplacer la vieille rnéthode,naissait en
paz de de Noisiel forme un vaste parallélogramme réuni
do~,. ~va1t ete un centre de civilisation pour la Gaule
meme temps que l'imprimerie, et, par une co'ineidence
,~ux ponts solides et élégants, d'un coté a J'ile de
mer1d1ona~e. «Favorisée par la supériorité de sa position
1
am vastes dépenaances qu'elle possede 'sur
(1) 1 vol. in-&amp;• i. deux eolonnes.
topograph1que, par sa condition de ville franche, elle

'.ª

ld

�L'ILLUSTRATlON, JOURNAL UNIVERSEL.
,-oyait, au quinzieme siecle,
ses foires attirer une afOuence
considérable d'aebeteurs. La
typographie, une fois introduite dans eetle intelligente
cité, y prit un essor extraordinaire; les chilfres en font
foi. Daos les vingt-huit aonées r¡ui se soot écoulées de
1473 a 1500, on y compte
quatre-vingt-trrize imprimeurs, tandis que, pour la
meme période, le nomhre ne
s'éleve, a Paris, qu'it soixante-rlix-huil Les livres frao~ais, sortis coup sur coup des
prr.~ses lyonoaises, ~on t extremt ment nombreux.
« La gravnre s·acclimat..,
sur les bords du Rhone pmqne aussi vite que la typographie. Bienlót les imprimeurs
lyonnais ne publierent plus
gucre de Iivrcs fran~a is 411 i
ne fussent orn11s de gravnrc~.
11 en cst ainsi a partir ele
1484 environ, meme pour
leurs édilions prin, eps; de
plus, des qu·un livre fran~a,s
avait étP. pulJlié ailleurs san~
gravures, l'imprimerie lyonnaise s'en emparait aussitót
et lui donnait une nouvelle ·
vie, une nouvclle destination,
cu le décorant de son imagerie. 11
Ces détails imporlants et
curieux, que nous ti rons
d'un seul chapitre, donncront une idée suffisante clu
volume de Al. AmbroiseFirmin Didot. C'est une
reuvre exécutée avec la patience la plus méritoire, oir
ahondent des rensei¡rnrments de toute especc. L&lt;'~
i•nprimeurs, les dessina
teurs et graveurs sur lJoi~,
l ·s historiens et les amnteu rs des beaux- arts 11\:
pourront guere s'en pa~srr
désormais. lis y ,·erront
lraitées une foule de r¡uc~tions intéressantes a divers
litres; ils y apprendront
:,, FXC, L'AIIIUAL
commcnt s'cst fondé, com menta grandi, quclles vici5~iturles a éprouvées un art désormais populaire. La gra..
rnre rnr bois a pris de tcls développements depuis un
quart de siccle, on l'a employée a tant d'usages, le pulJlic y est si bien accoulum~, qu'elle forme maintenanl
110 auxiliaire indispensable de la typographie, qu'on ne
renoncera jamais adécurer de ses travaux uoe foule de
puhlicalior.s. Tout ce qui la concerne, tout ce qui a rapport ason histo,re éveillc done immédiatcment la curiosité. L'ouna~e de M. Firmin Didot y réussit d'autant
micu\ qu'il suit en meme temps les destinées de 1·1mprimcrie et celle$ de la gravure. En caracteres ordinaires, il composerait un vol ume de six ou sept cents pages.
Nous regrellons sculement que l'auleur n'ait pas joint a
son texte un certain nombre de planches qui auraient
montré les di verses phases de l'art 1ylographique, pcrmis de comparer les différents styles. La gravure sur
lJois ne pou,·ait nulle part ctrc cmployée avec pl•Js d'i.t
propos. Le savant historien a sculement reproduit les
monogrammes et les marques des artistes; ce n'cst pas
assez. Mais comme l'ouvrage aura une scconde édition,
M. Ambroise•Firmin Didot comblera saos doute cette
!acune, _malgré les dépenses considérables qu'exigeront
les spéc1mens.
ALFRED M1cmE1..s.

IIOM.AIJ\•V~S~O~S►S. -

ll'apm u11 ¡,vrtml de 11.

RÉBUS.

mort le 25 octobre. Joserta
Romain - Desfossés élait .
• G
ne
a. ouesnau (Fmistere), le 8
decembre ii98; entré ao
service a l'tl¡;e de neuf lll
·1
.
,,
1 comota1t, sur une ciistea
ce de soixante-dix ans, pres
~•un dcmi-sieclc de naviga.
tJon.
11 Pcndant de longuc~ an.
nécs, dil l'Opinion natio,!ale,l
laquelle nous empruntona cea
lignes, l'existence militaire~e
celui qui devait ctre un joar
le premier de notre marine
ful aussi ru¡le que stérile, e;
déja il avait parcouru plus de
la moitié de sa carricrc sana
que ricn pul encore hn faire
prcvoir a lui-mcme 11ue le
b,lton de maréchal de Fr3nce
dut éLre un jour la ré1·ompense de 5es services.
« lleureusement, enfiu, les
qualités eiceptionnelles qui
distinguaient le jeune officier
attircrent sur luí l'attention
du prince de Joio~illc, qui
exer~ait, a cette époque, !Ur
notre marine une inOuence
si favorable ; et des lors íranchissant rapidement les gra•
• des d'officier supérieur, le
commandant Desfo~és se
voyait, en i847, nommé contre-amiral, a l'age de 4!1 am,
apres une série non interrompue Je serviccs utiles.
« Séparé presque au~itot
par les événements de celui
qui avait étéa la fois son protecteur et son ami, l':imi•
ral Homain-Desfosséssutalon
1
concilier les devoirs de la re•
con naissance a vec ceux do
citoyen et clu mililaire. don•
nant ainsi un exemple biel
rare au milieu ,le nos lour•
mentes populai1·es. 1&gt;
Peu de tcmps aprcs, appelé
a siéger a la Chambre par
nos populations du littoral
breton, auxquelles il apparlcnait de crour et de naissance, il commen~ait sacarriere politique et adminitJules lla,el,
tralive, qui ne ful pas !01
moindre litre de gloire. En effet, tour lt tour dépnti,
ministre, conseiller général, sénateur, l'amiral Homain:
Desfossés eut saos cesse a tache de se montrer l'apt9
et le soutien de nos gens de mer, dont il était a la fais
le représentant et le chef; et si, imbu des idées dt IGII
temps, il ne crol jamais possilile de les affrancbir ff
plus injusle des servages, au moins prit-il pour 1111&amp;
constant de sa vie et de ses etlorts ó'attircr les fueun
et la sympathie du pays sur ces victimes sacrifiées d'¡.
vanee asa prospérité et a sa puissance.
Au momcntde la guerre d'ltdlie, l'amira: Romain-Ddfossés, alors vicc-amiral dep•Jis l'année i853, coro_.
dait en chef l'escadre de la Méditerranée, et, soos •
halJile et énergique impulsion, une llotte formidJblr,
sortie en moins de deux mois tout armée de nos ¡iorlP,
se présentait devant Venise.
Depuis cette époque, il vivait retiré de la ~ie ~
18
quand, il y a quatre ans, la dignité d'amiral venall
trouver au sein de ce repos si bien gagné, et contribaal
a clore dignement une carricre si belle et si noble_.
rcmplie.
Pour extrait : P. PAG11'•

- - ~..~
Aoo. MARc, directeur-gérant.
Eo.11. Tu1rn, rédarteur r.n chef.

..

~~

L'AMIRAL ROMAIN-DESFOSSÉS.
EXrLIC!TIO:i' nu DERNIEII RÉJJUS.

S. Exc. l'amiral Romain-Desfos5é~, sénatcur, ancicn
C'esl aux bains de mer que les ciladins prcnncnl la
ministre de la marine, grand-croix de la Légion d'hon11eur, président du Conscil général du Finisterc, est el l.i santé.

Imp. de L' lLLUSTRATION , A. Marc&gt;
for&lt;'e

22, rue de VtnttMII

t

....

�</text>
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                <text>L’Illustration : Journal Universel, 1864, Año 22, Tomo 44, No 1133, Noviembre 12</text>
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                <text>Semanario francés ilustrado se publicó entre 1843 y 1944. Aborda temas políticos, económicos, sociales, científicos, artísticos, y deportivos. Fundado por los periodistas Jean- Baptiste Alexandre Paulin y Édouard Charton. Sus ilustraciones eran realizadas por los mejores dibujantes como Henri Valentin, Édouard Renard, Paul Gavarni, Janet-Lange y Cham.</text>
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                <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores</text>
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