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                    <text>��Vol. XXIII.

Octobre-Décembre 1921

FERl!N GOXZALEZ D.\~ Ll CHRONIOUE J,tONAISE
(Suile •.)

Il convienl de bien élablir a présenl l'affinilé des inlerpolalions qui, dans nolre chroniquc, sonl relatives a Doña Sanc~a,
avec les Généalogies qui figurenl dans les inemes manuscrils
A 189 el G I de l'Académie de l'Hisloire el que j'ai reproduiles
a la suite. Nous remarquerons d'abord que les Généalogies
énumerenl dans des termes prcsque identiques les lrois
mariages de coite princesse :
Domina Sanclia uxor fuit Ordonii imperaloris Legionensis.
Postea habuit virum Albarum Harramelliz, comilem de Alaua. Ad
ultimum fuit uxor Fernandi comitis.

Dans le lexle de Silos, il n'est queslion que d'une seule
femme d'Ordoño III: Urraca, filie du comlc Ferdinand (S 62
el 6'¡ de Silos, 69 el 71 de la Chronique Iéon. ). La rédaclion
de Sampiro (S 25, reproduile par la Chronique léonaise, S ¡o),
insiste sur la répudialion, simplement · menlionnéc d'une
fa\;on équivoque, el ajoule qu'Ordoño épousa une aulre femme,
Gehira, donl il eul Bermuda (II) « celui qui fol podagre ".
D'Alvar llarramelliz, pas un mol, pas plus dans Sampiro que
daos Silos. Du mariage du comle avec Sancha, pas davanlage.
Pourlanl, que la femme de Fernán González se soil appelée
Sancha, c'esl ce que nous apprennenl des documents ou elle
figure a colé de son mari (nous verrons Iesquels).
Quanl a Alvar Harramelliz, ce n'esl pas un personnage
imaginaire; nous le voyons menlionné dans une charle de
Valpuesta ', en 929, comme comte de Lantaron, forleresse
1. Voir B■ll. hilp., 1921 1 p. t et 77.
2. Barra.u-Dihigo, Rev. hi3p., Jgoo, p. 316; cf. p. 311 et 18o._C'e:.l é,idemmeot
ce document que l'auteur de l'arlicle Lantaron daos le Dice. geogr. hisJ. de Espaiía
(1ecc. 1, t. 1, p. ~ 10), anil en yue quand il ~ignale un Herrera Melliz comme comte
de LaoLaron en 929.

l

BuU, h.....

B I l3 L l O T E. ,:_ A C E N8T R A L
A. N. L

_______ u.

-----

�BULLBTl:S lllSPAJ'ClQUE

sur les fronlieres d. Alava vis-a-vis de la Gas tille. M. BarrauDihigo a relevé a ce sujel dans la Coleccion de privilegios,Jranquezas exeneiones y fueros concedidos rí varios pueblos ... de la
Corona de Castilla de González, "un comte d'Alava du meme
nom ... , mentionné dans une charle du 11 janvier 931 ».
L'ordre donné par les Généalogies pour les trois mal'iages
de Doña Sancha ne peut done tenh·qu'a une premiere condition,
c'est que l'Ordonius imperalor qui ful son premier mari soil
Ordoño II, et non prdoño III. Qr, que nous dil la Chronique
léonaise (au ~ 63), suivanl d'ailleurs Silos-Sampi\·O' Que le
roi Qrdoño Alfonso étanl venu aider le roi Garcfa de Navarre,
épousa sa filie, Sancha " qui lui convenait et lui plaisait ».
C'étail sa troisieme femme, au comple de ce texte (sous la triple
forme que_ nous en connaissons) : la premiere était, selon
Silos, Gelvira , nom que Sampiro corrige en Doña Munnia et

que la Chronique léonaise garde tout en ajoutant celui-ci ; la
seconde était Agaronla , d'apres les trois rédactions. Flórez,
qui parle de ces trois reines, pl~ce le mariage de la troisieme
en 92 3, l'année de Nájera. Si Ordoito II mourul en. 924, elle fut
presque aussitot veuve que mariée. Flórez (Reynas cathólicas, t. l,
p. 88 et 9 ) constate qu'il n'esl plus question d'elle apres la
9
mort du roi, a moins que ce ne soit d'elle que parle Luc de
Tuy quand il dit que Ramiro ll, apres son expédition contre
Madrid, revint se reposer a Léon, ou il étaitavec la reine Sancha
quand il appril l'arrivée d'Aceyfaavecunegrande arméemaure.
Nólons tout de suite que Luc a compris de travers el interpolé
d'une fa&lt;:on bizarre la phrase qu'il lisait dans Silos: il a pris
pour le nom d'un chef le mot arahe lalinisé qui veut dire
armée, et il a compensé la suppression des mots " a Fernando
Gundisalui » en ajoutant « sedente cum Sancia regina ".
SILOS (Florez, t. \.VII, p. 295).
Luc (Scholl, P· 83, l. 4&gt;)·
Legione uero consedenti nuntius
venit a Fernando Gundisalai ex

Legione uero eo sedente cum
Sancia regina nuncios venit quod

azeipha grandi quae properabal
ad Castellam.

Aceyfa cum grandi exercitu Maurerum properabal ad Castellam.

Pareille bévue nous averlil qu'il faut nous méfier de son
texte, au moins ici.

FSH'.'iAN GONZALEZ DA:-lS LA CHRONIQL'E LÉONAISE

271

La Chronic¡ue léonaise se contente d'ajouter au texle de
Silos !'Era DCCCC LXXI (année 933) . Pourc¡uoi Luc a-t-il
introduit celle mention d'une reine Sancha, qui n'est pas la
femme de Ramiro? Ne faut-il pas y voir une interpolation
maladroite provenant d'une addition marginale mal comprise ·
et qui pouvait se rapporter a tout autre chose qu'au roi de
Léon? Qui sait s'il n'y avait pas la la mention du mariage de
Fernán González avec la reine Sancha, veuve d'Ordoño 11 ~
Hypothese tentante·1
Quoi qu'il en soil, c'est peu av~nt cetle date de 933 que
Fernán GGnzález aurait épousé Doña Sancha, si nous nous en
rapporlons a M. Fernández de Béthencourt (Hisl. genealógica,
l. 1, p. 448) , qui dit « por los años 931 ».
En 94t, Fernáu González et sa femme, la comtesse Doña
Sancha, font une donation au monastere de Cardeña•, et ils
mentionnent dans l'acle les noms de leurs enfants, qui sont au
nombre de cinq : Gonzalvo Fernández, García Fernández,
Sancho Fernández, Muño Fernández et doiía Fronilde ,.
Mais en 929 , déja, le comteFernán González, dotant l'abbaye
de San Quirce, menlionne deux fois sa femme Sancha,· " uxor
mea Sancia 3 "; et en 919, l'acle de donation par Jeque[ s'ouvre
Je Recueil des charles de l'abbaye de Silos publié par Dom Férotin, est libellé au nom de Fredenando Gundisalviz et uxor
mea Sancia_4 ".
J. Muiíoz J Romero, Colección thfueros municipales t I p 2 5 d'aprfla B
A.11/igiiedades de Esp.i t, '11, p. 361.
' . , . '
ergania,

2 • Dolla Urraca ne figure pas, sans doute parce qu'elle élail mariée depu is
940
ª~vec ;Ordoño IIL (Saluar, Hist. de la ca!a de La.ra, t. I, p, 5o). Ni Nuñ.o 0 ¡ Doña
Fronilde ne sonl comptés au nombre des eníants du comte par Salazar qui a¡·oute
Doña Nuna (p. 5o).
'
3, Doc. publié ~r Dom Férolin, p. 1~, note, de son Hi.stoire di L'abbaye de Silos,
• Tome 1 &lt;.Par1s, 181n), p. t, Que d'ailleuTs Fernán González, en 919 , ftiL déj3
coml_e, de Cashlle, noua en auriona uno confirmalion dans un document de 1
pu~l10 par le P. Serrano dans le Becerro Gálico de Car/Uña, p. 3og-3 1 o, _ Sal~J;
~Hi.st. dt: la casa de Lara, t . I, p. 10) n'aUCguc pas de document antérieur a 937 oll
igure la comtesse Sancha, femme de Fernán González. Cf. Barrau-Dihigo (Rev ltisp
1 9° 0 , P· 3 18~, _qui cile l'opinion de José Barbosa Canaes de rigueiredo Castello iHanc~
dans 58. 1Voltew c~onologica dos Condes de Castilla, admettant que Fernán Gonzále.z.
fut co1!1le de _Cashll~ avanl mai gh. De Coltc année-13 le P. Serrano, daos son recueil,
produit plusieurs acles, ~ont aucun, en eliet, n'esL antérieur au 1 u· mai (p. 21 3). On
pc":L don~ ae demander 11 le &lt;1 ~'redenando camilo jn Castella, du document de 017
dé st ~~e ~1en Fernjin González . Généralement le patronymique n'esl pas omil· toutefo1s 11 test dans un acle du 28 mai 932 (p. r19 du m8me recueil)¡ el 111, « comil; Fre•

�BULLETl:'.'f IIISPANIQUl.

Si le premier de ces documentsest authenlique el exaclemenl
daté, il esl difficile d'admellre que la veuve d'Ordoño 11 ail
épousé Femán González alors que son second mari, Alvar
Harramelliz, étail encore vivanl (nous venons de voir qu'il
l'étail encore en 931).
Mais si le second ne comporte pas une fausse dale, il faul
toul de suite exclurc l'identificalion de la femme du comle
avec celle d'Ordoño U : la dale proposée par Flórez pour le
mariage de ce dernier avec Doña Sancha, 923, serail difficilemenl reportée avant 919.
Or il y a bien une fausse dale, el Don Férotin l'a constaté
lui-meme. Dans ce document, qui porte a la fin les mots :
&lt;1 Ego Fredenando Gundissalvet et uxor mea Sancia ... 1&gt;, la
date est ainsi libellée : « ... nolum die sabbato, 111 nonas
iunias, eraDCCCCLVII, rcgnantc Domino no siro Ihesu Christo
in celis el prínceps terre huius rex Ordonio in Legione, comile
vero Fredenando Gundisahel in Caslella. " L'éditeur fail
observer q~' e( il doit y avoir ici une erreur de copiste, car en
l'année 919 le lroisieme jour de juin tombait un jeudi el non
un samedi i,; et il proposc de lire « in non. iun. n au lieu
de « 111 non. iun.,. Sans doute, mais qui prouve que ce n'esl
pas l'era qui esl fautive? Le documenl, nous dit encore Dom
Férotin, n'esl pas l'original, mais un vidimus de 1 :a55 !
Ass11rément, a quelques années pres, une correclion de l'era
ne nous avancerait nullement, puisque Fernán González apparalt
ici comme marié avec Sancha du vivanl d'Ordoiio. Mais qui
prouve qu'il ne s'agil pas d'Ordoño III? A l'era DCCCCLVJl
il faudrait substiluer une em allanl de DCCCCLXXXVIII
a DCCCCLXXXXIII. Nous ne savons si a pareille époque
Doña Sancha élail vivante, ainsi que j'aurai i\. le dire plus
loin; mais nous ne savons pas non plus si elle étail morte.
Toulefois, celle correclion admise ou supposée admise,
denando io Caslella )l parall bien dé!!iigner le mCmc persoonagc que le &lt;( comile
Fredinando Gundissalbi,: in Caslclla , du ,documeot du 2! mai 932, ioséré a la
page 333. Jeuote que Gonzaho Fernández, dam ce m1'me recueil, ne parail plu1
apris 915 (p. u6), si ce n'esL par rérérence (en 931, p. 209). 11 faudrait d'autres
pillees oncore pour décider de la question, qui a une groHe importance pour le
problema qui 00111 oocupe.

FER"AN GOXZALEZ DA.:,s LA CBRO:,JQUB LÉO:'iAJSE

nous nous heurlons en sens inverse a une autre impossibililé, qui nous vient de la contexlurc meme de la Chronique
léonaise.

11 es! clair que la dale de 960 assignée par nolre Chronique
i, la capture el a la romanesque aYenlure du fameux comte ne
peut etre admise si la Doña Sancha qui le délivre sous promesse de mariage esl la veuve d'Ordo,io II. Et comme il y' est
di! que le comle ful pris avec ses fils, il sensuivrait que celle
Doiía Sancha esl dislincte de la comtesse signalée par des
documenls antérieurs.

11 y a, de loute évidence, une impossibilité irréductible a
concilier ces données contradictoires.
Au surplus, l'interpolaleur de nolre Chronique, tout en
s'inspirant des Généalogies, n'a pas du lout compris que
l'hérofae de l'avenlure ful la veuve d'Ordoiío II. 11 en a fail la
femme répudiée d'Ordoiío III : c'est dans le chapitre de
Sampiro-Silos consacré a ce prince, qu'il a inséré l'addilion:
Iste habuit uxorem Sanctiam, filiam regis pampilonensis, Sancii
Abarca, que ab illo relicta, nupsit comili AlaÚensium Aluaro,

deinde comiti Castelle Fernando Gondissalui.
Ce qui n'esl pas pour simplifier les choses, ·malgré l'apparence, c'est que les dales de la Chronique générale cadrent avec
celles ou les documents nous menlionnent la Doiía Sancha
historique, femme du comie. 11 convien I de faire abstraction
de celte lrompeuse concordance, que condamne formellement
la date de 940, ma,·quée par celle meme Chronique (S 728),
pour la morl du comte.
Ce qui complique encore, c'esl la Doiía Sancha, filie. de
O. Sancho de :\'avarre et femme de Ramiro II, donl parlent
le Liber 1/egum et la Cbronique de S. Juan de la Peiía , . Elle
parait procéder de la méprise signalée tout a l'heure dans
Luc ', et en loul cas se confondre avec , 0 la Doiía Teresa dont
la Générale (S ;01), comme Sampiro (suivi par la Chronique
Cf. Bull. lli$p,, 1921, p. 82,
Luc n'a peul-~lr-e íait que transcrire un tede erroné ou tronqué. J'ai trouvé
en tout cas la meme phra~e dans les mu. Hh 98 de la Bibl. \ac. el 2-~ de la Bibl.
Real.; ce dernier porte consedent~ (9$edtnte) au lieu de sedente.
t.

2.

�BULLETU. HISPA~IQUE

FEfl"iA,- GO"i'ZALEZ DA.NS LA C_HRONIQUE LÉONAlSE

léonaise) fait la femme de Ramiro II, la mere de Sancho 1 et
de Gelvira, mais de plus (la-dessus la Chronique léonaise esl
muelle aussi bien que Sampiro)la filie de Sancho de Navarre et
la samr de García el Tembloso; 2• Ja navarraise Doiia Urraca,
mere également d'un Sancho Ramfrez et d'une Elvira (affirmation toute spéciale aux Généalogies et a la Cbronique
léonaise) •. II y a done trois traditions louchanl le nom de
celte reine de Léon, femme de Ramiro II : il, s'agit probablement d'une seule et meme princesse sur la tete de laquelle
déja Flórez se résignail a accumuler deux noms, Urraca-Teresa,
et nous voyons qu'il conviendrait, pour tout concilier, de tui
en adjoindre un lroisieme, Sancha •. Nous avons vu, d'aulre
part, qu'il y a deux traditions touchant le lien qui l'unit
a l'hérolne de Castrovicjo 3 • C'est un personnage, en somme,
tres instable, a qui son intervcntion dans la légende a coüté
quelques avatars.
Je ne puis ici (et d'ailleurs je n'y reussirais sans doute pas)
reprendre les discussions de Flórez sur les femmes des rois
léonais contemporains de Fernán González; mais pour rendre
plus claire la question telle qu'elle se pose du fait des interpolalions successives . du texle pélagien de Sampiro et de la
Chroniquc léonaise au texte primitif de Silos-Sampiro, je
réunirai ici, en mettant e¡¡tre [ ] ce qui esta la fois dans le Sampiro de Pélage et la Chronique léonaise, et entre -&lt;&gt; ce qui
n'est que danscelle-ci, les passages qui concernent ces femmes.
On se rendra compte des additions faites au texte primilif
rnprésenté par la Chronique &lt;lite de Silos, tres pauvre, ou tres

sobre, en indicalions de ce genre (on sait que le texle original
de Sampiro s'cst consel'vé plus pur dans celle derniere que
dans la compilation allribuée a Pélage) :

1,

"Ramiro II épousa Urraca, les diplómes l'affirment

i,

Ordonius 11. - invenit reginam [domnam Munniam] domnam Gelviram, defunctam, [ex qua 'genuit Aldefonsum et Ramirum]
(§ 61). Tune accepit filiam eius (Garceani) in uxorem, nomine

Sanctiam, convenienlem et placentem sibi (S 63).
Froilanus II. - [duxit uxorem nomine Munnia Domna ex qua genuit
\ldefonsum , Ül'donium et Ramirum, et genuit Acenare, sed
non ex legitimo matrimonio] (S 64).
Aldefonsus lV. - filius domini Ordonii, [duxit uxorem ex qua genuil

Ordonium, nomine] &lt;Onecam, (Sampiro: Xemenam) filiam
regis Pampilonensis Sanlii Abarca&gt; (S 66).
Ranimirus II. - [ex Tarasia, cognomento /i'lorenlina 1 genuitSanctium

eL Geloiram] (S 69).
&lt;duas habuit uxores. Prima galleca fuit, ex qua genuit
regem Ordonium.
Secunda vero navarra fuit, que uocabatur i -rraca, et ex isla
genuit Sanctium Rainimiri et domnam Elviram 1 Deo devotam&gt;

(S 69).
Ordonius lll. -

i
.1

.¡

·' !

(Barrau-Dihigo, Revu~

hiJp. , 1900, p. 179).

l. E;L up quatriéme, Gimena, si nou, en croyons Sandoval (cf. Flórez, Reynas
Cath., t. J, p. 100),
3. On peut facilement les représenter:
P()eme et Chron, de 1344.
Chron. Gén. (Marden-Pidal).
Teresa, sreur de

·~

1

García.

=---~

Sancho.

Sancho.

1

Sancha,
comtesse de
Cas.llllc.

1

Teresa.

)

1

García.

Sancha,
comteue de
Castille,

~

&lt;habuit uxorem Sanctiam, filiam regis Pampilo,1

nensis Sancii Auarca, que, ah illo relicla, nupsit comiti
Alavensium Albaro, deinde comiti CaslelJe Fernando Gondissalui&gt;.
[Uxorem propriam nomine Urracam filiam íam dicli comitis

1

:1
1
1

Fredenandi reliquit].
[Aliam duxit uxorem nomine Gelviram 1 ex qua genuit Yerrnundum regern, qui podagricus fuiL] (S70).
Santius. - [uxorem nomine Tarasiam duxit, ex qua filium genuit
quem Raimirum uocauit].
&lt;qua defuncla, accepit aliam, nomine Godo&gt; (S 7&gt;).
Ordonius IV. - F_redenandus ... comes.dedil ei filiam suam uxorem,
relictam ab Ordonio Ranimiri (S 71) . lpsa quidem remanens
Urraca nomine alio se sociauit viro, &lt;.scilicet Veremundo&gt;

(S 7,).

Nulle trace, on le voit, dans ces texles surajoutés, de la
Do ita Conslanza, filie de Sancho Ordoñez, qui, dans le Rodrigo,
remplace dans son ·role de libéralrice notre Doña Sancha.
Ignoran!, bien enteodu, que le comle Fernán González avait
pour épouse une Doi'ia Sancho depuis de longues années au moment de sa capture, en 960, l'interpolateur de la Chronique

'!
•

1
1
1
1

• 1

1

�2¡6

BULLETIN HISPANIQUE

léonaise a cru se tirer d'affaire en attribuanl a Ordoño III une
des femmes d'Ordoño Il .
II a done imaginé que Doila Sancha, filie de Sancho Abarca,
el veuve d'Ordoño III en 955, puis épouse d' Alvar Harrameliz,
s'est lrouvée en 960 chez son frere García, libre de nouveau el
en état de se faire épouser par le comte .
S'il a opéré celle lransposition ', c'est qu'il n'avail pas d'aulre
moycn de concilier les données hisloriques que lui fournissaienl
les lextes memes sur lesquels il lravaillait, avcc la légende de
Fernán González, légende alors en voie de formalion, sinon
définitive, embryon de celle que nous lrouvons dans le Poeme
et dans la Chronique généralc. A propos des passages de la
Chronique léonaise qui concernenl le Cid, j'ai déja monlré la
légende ajoulant ses broderi;s a l'histoire,; el il s'a~issait
d'événemenls plus récenl~ d'un siec\e ! La déformalion devail
etre plus avancée louchanl Fernán González; el l'hislorien qui
voulait faire cadrer histoire et légende avait beaucoup a faire .
La critique de notre interpolateur s'est trouvée inférieure a la
tache. Qui s'en étonnerait? 11 fal!ait accepler le nom donné a
la libératrice : Sancha.
Avec son systeme, Fernán González en arrive a épouser la
femme de son gendre (cf. Chron . léon . § 72, note 1, et Généalogies, § 12, note 6). 11 a cru que dans les Généalogies (§ 12), a
l'endroil oú il est dit: « Iste Ranimirus ex alia uxore galleciensi domine (un blanc) habuil filium Ordonium regem »,
l'Ordonius re:c se confondail avec l'Ordonius imperator désigné
un peu plus haul comme maride Doi1a Sancha(Sánchez): « Domina Sane tia uxor fuit Ordonii imperaloris legionensis ». La
ful son erreur. C'esl au § 63, a l'endroit ou le texte de Silos
dil de celui-ci (Ordof10 11 Alfonso): « Tum accepil filiam eius
(Garceani) in uxorem, nomine Sanctiarn, convenientem et
1 . C'est a lui que l'erreur scmhle imputable, - et non a l'auleur des Généalogies
elles-memes, comme je l'ai dita la note G du S 1:1 desdiles Généalogies (p . 79 du
tiré :i parl), ol, il faut done remplacer Ordo1ío III par Ordofio JI. «11 est certain
qu'Ordofio II a eu une femme du nom de Sancha, qui Ctait filled'un roide t'lavarre)),
déclare M. Barrau-Dihigo (Revue ltisp, 1900, p. 79), qui d'ailleurs ne cite a l'appui
que le Codex de Meyá (c'est-11-dire les GénéaJogies) et le lexle de Sampiro (et Silos)
que nous rctrouvons daos la Chronique léonaise et queje discuterai plus Join, loucbanl Je mariage d'Ordoiio JI avec Sancha, filie de García.
2. Cf. Bu//. hisp., 19d, p ..~o, tiré 11. parl, p. 98.

FERNA:"I GO"ZALEZ DANS LA CHRO~IQUE LÉONAISE

placenlem sibi », el non au § 70, relatif au roi Ordoiío 111
_(Ramírez), qu'il eut fallu mellre l'interpolation « Iste habuit
uxorem Sanctiam ... i&gt; etc. 1 .
En fail, pour l'auteur des Généalogies, cetle Doiia San cha ful
la femme d'Ordoiío 112, el non d'Ordoño III . Au premier il
donne le litre d'imperato,·; au second, celui de re:c. ll suivait
sans &lt;loule un usage ou une tradition .
Élant données les dales admises par lui pour les regnes de
Sancho Garcés Abarca et García Sá;chez le Trembleur, il ne
pouvait du res le admelti·e que celle San cha 3 fiit filie du
second. Mais précisément le nom Garceanus que l'inlerpolateur de la Chl'Onique léonaise !l'Ouvait au § 63 empechail
celui-ci de confondre la Sancha de ce paragraphe avec celle
donl parlen! les Généalogies "·
Ce qui paralt cerlain, c'est que D01ia Sancha, femme de Fernán González, comte de Castille 1 était bien filie d'un Sancho :
Salazar (liist. de la casa de Lara, t. I, p. úo) cite un documenl
de 947 oú elle est appelée Sanctia Sanctionis.
M. Fernández de Béthencourt, dans son llisloria genealógica
1. L'addition du S 71, « Vnde cum Sanctia.,., etc., ne spécifie rien, puisqu'elle
porte seulemenl I Ordonii regis legionensis ,.
2. La Sanctia de Luc ne serail autre que celle-13.: c'est ce que supposaiL Flórez
(Reynas Cath. 1 t. 1, p. 99).
3. Une note marginale du ms. du Chronicon Silense dont 1\f. Santos Coco (Crónica
Silense, Madrid 1 1919, p. 48) a tiré son lexte pol"le: « lste Garsias regis Sancii Pampilonensis filius regnavit anuos XXXV et obiitera MVIII n1 ce que nous retrouvons
d'ailleurs, sauf le chiffre XXXVI, au lieu de XXXV,:dansles Gémíalogies{S1 2,cr. note 7);
cela donnait les dates de 93/1 ou 936 pour l'avi:nemeot de ce García Sáochez, et de 970
pour sa morL. Or la date assignée par le texte du Chronicon, reproduiL par notre
Chronique, pour la mort d'Ordoiío 11 est l'era DCCCCLXII, soil 92!1. García Sánchcz
a11rail done donné sa filie acelui-ci avant son propre avbnement. (Le texte silé'sien
le qualifie de rex: il a pu porLer ce litre, en clfet, avant 924, année de la morl de son
pCre Sancho.) 11 y avaitquand mCme quelquc in\"raisemblance 3. ce qu'en 924 il fLil
déj3. heau-p6re d'Ordo1io 11, d'autant qu'il n'élail mort lui-mCme qu'en 970. La difflculté subsiste avec le systCme chronologique de !.\f. d.e BÍ'thencourl. qui place Je
916 a 970 le rCgne du pCre de celte San cha, lequel serait García Sánchez ,111 (cf. plus
loin, p. ::q8, n. 1). Je rappellerai que les Géoéalogies fixenl aiu~i /les dates des rois
de Pampelune qui nous intéres;;ent ici (noler l'inlerrCgne de 924 ~ 934):
Sanctius Garsicz Maior cognomento Abarca 905-924;
Ganias rex cognomento Trernulosus 934-970;
Sanctius Quatrimanus 969 (~oit 970)- 1034 (10351).
4. Le texte de Silos est ainsi corn;u dans l'édition San los Coco: « lnterea nuntii
venerunt ex parle regis Garsiani .. . 11 Précédcmment, le lexte porte (p. 47): « Rex
vero Sancius Garsiani filius ... •• et la Chronique léonaise (S 62) C( Rex vero Sanctius
Garsia filius.,, )&gt;, soit Garsia au licu de Garsiani. Uans le passage qui nou~ occupe
il pourrait y avo ir eu primitivement de part et d'autre Sancii Garsiani ou S. Garsiani.

�FER:'&lt;IAN GONZALEZ DAiiS LA CHRONIQUE LÉONAISE

8ULLE1'l'.1 HISPANIQVB

y heráldica de la Monarquía espa;ro/a (l. I, p. 352 el :l57), dis-

tingue neltemenl les deux Sancha. La femme du comte, pour
lui, esl filie de Sancho Garcés I, el Reparador, qui aurait régné
de go5 a 926; ce lle du roi Ordoiio II serail filie du successeur
de ce Sancho Garcés I, a savoir García Sánchez III roi de
' serait
Pampelune, Alava et Aragon de 926 a '970. La seconde
done a la fois la niece de la premiere par son pere, et sa !ante
par son mariage avec Ordoiio 11, cousin germain (Bélhencourt,
t. r, p. 357) de son pcre. C'est « por los años de 923 » que
M. de Béthencourt la marie a Ordoiio II: pas de difficullé.
Mais est-ce par inadvertance, ou par une faute d'impression
qu'il date, p. 352, « por los aiios de 911 " (d'apres Moret, sans
doute), et p. 41,8, « por los aiios de 931" le mariage de la
premiere?
- II faudrait, au préalable, examiner le systeme généalogique
et chronologique adopté par M. de Bélhencourt•. La discussion n'est pas facile; ceL autcur ne produisanL pas ses textes .
Et je m'excuse au surplus de ne pasen lamer pareille question.
Je dais me contentcr de faire ressortir des contradictions qui
montrenl assez d'elles-memes les difficullés auxquelles les
chroniques donnent lieu. Seuls, comme l'a fait remarquer
judicieusementM. Barrau-Bihigo, les diplomes pourraient nous
lirer d'embarras ... quand la date en esL indiscutable.
Vlais je ne me propase pas de lirer au clair une question
aussi embrouillée que celle des premiers rois de Navarre, pas
1. Le voici, en ce qui concerne les princcs et princos!ICs qui nous inl(•renent dans
la. dynaslie dés rois de Pampelune:
_
Sancho Garcés 1, e!_ Reparador (goS-9~G).

1

1

García Sáochez III
(9,6-970).

-,.,-.;::....

---

Sancho Garcés J J,
Abarca
97o•995).
1

García Sánchez IV,
el Ttmblador
(995-999)
1

Sancho Garcés m, ti .Vayor
(1000~1035)

O• Sancba,
condesa de Castilla.

1

D• Sancha,
reina ~f': Loóo.

1

D• Teresa,
reina de ' Leónt

,79

memc ce lle des rois du x• siecle; je ne chercherai pas non plus a
fixer historiquement celle des alliances de famille quºils
contracterent avec les rois de Léon el les rois de Caslille. Je
me préoccupe seulemenl de savoir comment le rédacteur cm
l'interpolaleur de la Chronique léonaise a utilisé les Généalogies, qu'il considérait évidemment comme un texle incontestable. Simple pelil probleme d'historiographie.
·
Si done les Généalogies nous olTraient uft ter rain solide, nous
serions amenés a résoudre ainsi la q ueslion hislorique : la
femme de Fernán González, celle qui signe avec son mari el
ses enfants le document de 94 1, pourraiL etre la Doiía Sancha,
filie de D. Sancho (Abarca?)•, roi de Navarre, el successivemenl
femme d'Ordoi,o II Alfonso, puis d'Harrameliz, avanl d'etre
unie au comte ele Caslille Fernán González . - Deux difficullés
cependant toul au moiBs: 1° Commcnl est-elle déja, en 919, la
femme de Fernán González? 2' comment a-1-elle élé entenée
plus tard avec Ordoño II Alfonso et la premiere femme de
celui-ci, Munna Don na, ainsi que le consigne la Chronique
de Pelayo dans l'édition de Flórez, c'esl-a-dire selon le
m&amp;. F 134, mais non selon le ms. F 86, ou tout le passage
manque 2 ? La premiere de ces difficu!tés disparall d'elle-meme
si nous refusons de nous arreter a la date marquée dans le
vidimus de 1255 (voir p . 272). Mais la seconde?
En tout cas, cette Doi,a Sancha ne saurait elre la Doirn
Sancha qui délivra Je comte a Castl'Oviejo, a· moins: 1° que
l'événe'!lenl romanesque ou celle-ci joue le role que l'on sait
ne soit avancé d'un quart de siecle, et 2° que l'on ne supprim~
les fils qui figuren! dans notre Cl:ironique el dans le document
cilé. C'est beaucoup demander !
1. 0n remarquera que pour ce roi et. son successeut il n'y a pas grand'chose de
changé, en cequí touche 8 notre dliicussion, si nous admettons le systeme géoéalog1que ·cte U. Bét.hencourt, les dates élanl a peu prCs les mdmes, abstraclioa faite de
l'interrCgne. L'identification des deux rois seule change, maí&amp; les noms Sancho et
García resLant de part el d'autrc, on peut s'en tendre._Et c'cst bien pourquoi je n'entre
pas dans la discussion relativc aux rois de ~avarrc: nul besoia. Voir rinquiétanl
Lableau des Tariations des historiens ace ,ujol1 drcssé par M. A. Campión dans Enskariana, q• Serie, p. 1,96.
,. Cf. Bull. hisp., 19161 p. 150; tiré 8. part, p. 137. ll s'agit donc1 encore ici, d'uoe
interpolation. Mais d'autre part, on nous dit que Ooiia Sancha, femme de Fernán
Gonzá.lez, íul enterrée avec son mari a San Pedro de Arlanza. (BHhencourt. t. 1,
f· M8).

�,So

HULLETfl' HISPANIQUE

FERl'UN GONZALEZ DANS LA CHRO'i'IQUE LÉONAISE

Ainsi, dans la Chronique léonaise, les données fournies par
les Généalogies, de la valeur desquelles je ne discute point, ont
été tissées !anl bien que mal avec le roman qui se localisait
dens le Valpirre, non loin de la chaussée des pelerins ...
U ne chose me paralt éviden te, e·est que les Généalogies son!
indépendantes du texte de Sampiro-Silos.
II n'es! pas _dou!eux que les quelques dates• qu'elles comporten! aient élé jointcs apres coup. En príncipe, l'auteur ou
les auteurs ne paraissen t pas s'etrc souciés de préciser la
chronologie, mais uniquement de bien spécifier par des détails
hisloriques apparemmcnl noloires ou par des surnoms proba- ,
blement biep connus les personnages mentionnés. Or, une
généalogie est un sysleme, et pour etre juste, il faut qu'il le
soi! comple!ement. La moindre erreur de filiation le fausse a
fond. C'est probablement a cette difficulté que s'est heurté
notre interpolateur quand il a voulu enrichir de Jeurs données
le texte de Sampiro-Silos, sans se douter que peut-i\tre la conciliation n'était pas possible.
Quant aux tradilions auxquelles il a cherché a faire une
place dans le meme texte, elles étaient sans chronologie, en
l'air si l'on peut dire, et sans idenlificalion bien certaine.
Faice de l'histoire avec de pareils élémcnts était une entreprise candi de. A nous de ne pas nous y laisser prendre.
Ces éléments, il convient de les considérer en eux-me'mes;
c'esl seulement la combinaisoh qui en a été faite qui es! a
reje!er. Nous savons ce que fournissait le texte de S'!mpiro~ilos, ce qu'il y avait dans les Généalogies. Ce qui ne se trouve
ni dans l'un ni dans l'autre· vient-il d'une source écrite ou
d'une lradition orale, Nous ne pouvons le dire, mais il y a la
pour nous, une matiere des plus inléressanles. La fa9on dont
l'inlerpolateur a arrangé lesdits éléments esl facilement per9ue
a l'analyse: nous en ferons abslraction, pour réserver notre
attention aux faits allégués.
Non seulemen! la phrase « Iste habuit uxorem Sanctiam ... n
a été insérée a la place qui ne convenai[ pas, mais au s 7,
l'idenlificalion de la Sanctia qui délivra le _comte avec la filie

de Sancho Abarca, veuve d'Ordoño II, veuve ou ex-femme
d' Al var Harrameliz, puis femme de Fernán González, est arbitraire : elle 'n'est pas indiquée par les Généalogies.
C'est d'ailleurs dans ces interpolalions maladroiles que
réside _surtout l'inlérel de la Chronique léonaise. Nous y relrouvons en etTet l'écho de l'épopée, alors en pleine effervescence,
écho d'autanl plus facile a distinguer qn'il se marie moins
bien a la voix de l'histoire.
Mais nous y prenons aussi sur le fait la facon don! toutes
ces chroniques onl été rédigées, sans cesse agrémentées ou
loul simplemen! augmentées de délails mis d'abord en marge
puis passanl dans le corps du texte, si bien qu'il faut, en these
générale, se garder de les considérer comme représen!ant
respectivemenl l'reuvre de l'auteur sous le nom duque! elles
sont connues. Toules sonl, plus ou moins, des miscellanea 1 ,
el aucune ne mérile spécialement d'elre désignée par ce mot,
pas plus la Chronique léonaise qu'une au!re ', con!rairemenl
a ce qu'a imaginé de faire M. Santos Coco dans son édition
du Chronicon Sitense3.

r. Elles manquent dans le Medfonense.

1. Daas l'étaL otl DOus les donnent la pluparl des manuscrits et 011 elles ont été
édilées jusqu'il ces dernicrs temps. C'est seulement. pour la Chronique dile de
Sebastien ou d'Alphonse 111 que nous pouvons mainlcnant remooler, semble-l-il, au
texte primitif, dégagé des addilioos postérieures. Pour les autres · chroniques, ou
bien le tranil est 8 faire, ou bien nous nous trouvons en préseoce d'une miscellanea,
el c'est le cas, j'en com·iens, de la Chronique léonaise, mais c'est aussi celui de la
Chronique dite de Silos.
1. Au surplus, si non seulement chaque éditeur des Chroniques, m11is chacun
des criliques qui s'é'U occupent plus ou moins a fond s'ingénie a leur trouver de
nouveaux litres plus ou moins adéquats, il faudra bieotót renoncer a s'enlendre.
Ne vauL-il pas mieux conserver, autant que po;;sible, et quoi qu'on puisse penser
de leur appropriation, les noms sous lesquels les textes soot connus déj1l, soit par
le jait de l'éditeur, soit pour une autre cause. Cela, bien enlendu, a moins d'une
découverte qui donne le titre original ou le véritable auteur. Je ne crois pas que la
CliroDique de Silos ait été rédigée a Silos : je continue pourtaot a l'appeler Chronique de Silos.
·
3. M. Sanlos Coco ne s'esl pas laissé convaincre par mes arguments au sujet
du seos a donner a Domus Seminis. ll persiste done a prendre ces dem: mots
pour une sorle de périphrase équi,·alant a Silos. Ainsi il faut admetlre que daos le
parler d'alors 1 Silos désignait le monastere. comme on dirait aujoQrd'hui, par
exemple: ((ll est moine 8. Silos. • JI me semble que l'habitude, en latin tout au
moins, était d'énoncer Je mot monasterium, ou coenobiam, ou domus, ce dernier
surlout, comme daos les e::r.emples quej'ai rappelés (Bull. hisp., ~914, p. 17; p. 85 du
tiré a part), ou encore dans ces quatrains latins monorimes sur le monastere, la
• maison • de Roncevaux :
_
Domus ista dicilur Roscidee vallis ....
publiés plusieun fois, et en particulier par le P. Fila (Bol. de la Real Acad. de la Hüt ••
1885 1 p. 172). Avec non moins d'assurance, M. Santos Coco écarte toutes les objec-

�BULl,ETl:i

IIISPANIQUE

Revenons á l'hérolne de Caslroviejo. Si la Chronique générale (texte Marden-Pidal), en fait non pas la sceur, mais la filie
de D. Garcí:J-, c'est sans doule que la vraisemblance et l'intéret dramatique imposaient ce changement, vu la chronologie adoplée.
Sancho de Nava,-re, suivanl celle chronologie (S 69LÍ), •élait
morl en 908 (Era DCCCCXLVI); !'aventure du comle el de
Doila Sancha (§ 710) est placée en 928 (Era DCCCCLXVI).
L'héro'ine, si elle eíl.l élé la filie d'un roi morl depuis vingtans,
n'aurail plus eu le chai•me de la prime jeunesse. Assurément,
il lui fallait une cerlaine expérience pour mater le vilain
archiprelre ;' mais !'aventure étail plus charmanle pour le comlc
el le lecleur dans la mesure ou la libéralrice élail plus jeune.
On comprend c¡ue pareille considération n'ail pas arreté le
tions quo j'ai énoncées, pa.r exemple la constatatioo du fait que le Chronic(Jn ne
figu_re poinl dans le catalogue, dress.ó au unª siCcle, des lines apparteQant au
monastern, oU figure, par conlre, la Vita sandi Dominici, auS&amp;i bien que la Vitasancli
Emiliani; ou ancore le silence étrange gardé par le chroniqueur au sujet du sainl
fondateur de la ;\laison. 1\1. Santos Coco croit répondre suffi1ammenl. en citant le
passage deNicolas Antonio sur la Vie latine de saint Dominique, quel'auteur de la
Bibliotheca vetus n'esL pas éloigné d'attribuer au moine qui a écrit la fameuse
Cbronique. Mais \l. Sao tos Coco aurai(pu se rappeler que l'auteur de la Vie est
Grimald, asse1, coonu, sur.loul. depui~ les publicalions de Dom FeroliD et de !\f. Filz•
Gerald; c'est encare 8. lui, en fail, que :\l. Santos Coco nous suggilre de reconnaitre
la paternitó du Clironicon, simplemenl sur l'autorité d'une conjecture d'Anlonio
qui, comme l'a démontré Dom Férotin (Hist. de l'abbaye de Silo,, p. 2-4), a commis un;
confusinn, Cetle pateroitó reconnue, tout s'c:i.pliquerait: le maine qui avaH consacré
trois livres l. aainL Dominiquo aurait cru inul.ilc de rappeler1 fút-ce son nom dans
une histoire poli tique. Bel esprit de méthode ! Trop beau pour Ctre vraisembJable.
,Jem'étonne que Grimald n'ait pas, daos sa Vie, mis quelques vers comme daos sa
Chronique, qu'il y ail. 6ll un style Yraimenl bien d.ifférenl, qu'enfin nulle partil en
songe 8. employer, pour désigner son mouaslere, cellepériphrue pourtant f lrouvée ,,
de Domin Seminit, et qu'il ail próféré la plate désignation de monasterium &amp;iliense,
Pour moi, je ne puls que maintenir rnes objections, dont aucune certe, ne,m'csl
app~rue par clle•méme comme péremploirc quaod iJ s'agit d'ébraoJer une opio ion
pltuneurs fois séculail'e, mais qui, réunics, me paraissent peser au moins au11i lourd
que les contre-objecl.ioos du dernier édiLeur. Quant a l'établiuement du te.de
silésien, je ne puis que rendre hommage a la conscience el it la bonne préparation
donl il Lémoigne, ne voulant pas m'engager ici dans une diseussioo sur la móthode
employée el sur la valeur des manuscrils. Je les avai11 il pcu prCs tous énumérés
sioon tons décriLs; j'avais méme reproduit des pholographies réduites· et bici;
défl:ctueuscs, mais ~uffisanLes pour donoer une idée des écrituros el des différenccs
de mains (nol.ammenl entre F-181 el X- 190, quoi qu'eo pense M Santos Coco),
J'aurai l'occasion d'y revenir; je m'en liéns pour le mome.nt ace qui louche de plus
prils 8 la Cbronique léonaise, soit la ilfi!fcellanea pour M. Santos Coco, - P.-S. TouL
ccci élail. prdl pour le tirage quand je re~ois l'lnlroducción a la Hisloria Silense de
M. G6mez Morcuo, oll je vais (.p. n:1 eL -,;uiv.) c¡ue mes objeclions ont ou plus d'effet.
Oo rccoonail que la Chronique de Silos ne sor\ pas el ne peul pa. sortir de Silos.
C'est l'cssentiel. Car pour ce qui esl de faire de seminis un nom propre 1 je n'y ai
pensé que faut.ede mieux. M. Gómez Moreno n'a rien trouvé non plus.

FERNAN GONZALEZ OANS LA CURO'.'ilQL'E LÉONAISE

,83

P. Mariana (VIII, 5), qui place les faits auxquels nous faisons
allusion en 958, el marque la mort de Sancho de Navarre en
926, &lt;&lt; salutis anno nongentesimo vigesimosexto 1), ce qui donne
a l'intéressée au moins trente-deux ans, et combien avec !
C'est cel écueil que le chroniqueur a voulu éviler. Je dis le
chroniqueur: il s'agil de celui de la Générale; car celui auquel
11ous devons la Chronique léonaise dans l'état · acluel ne s'est
pas embarrassé pour si peu, encore moins que le P. Mariana.
Les Généalogies lui donnaient la dale de 92iÍ pour la mort de
Sancho. En 960, dale adoplée par lui pour fa capture du
comte, Doña Sancha aurail eu lrenle-six ans, sans compter le
reste ... Le rédacteur de-Ja Générale a eu plus d'égards pour elle .
Il estcurieux que cesoit acelui-ci que soient venus les scrupules, et non au poele. Mais le poete ne s'encombrail pas de chronologie. Parlant, sceur ou filie, peu lui impcirlait: elle ne pouvait, celle qui délivra de ses fers le comte de Casti,lle, celle qui
excita les demiers désirs (combien funestes) ! de l'archiprelre
chasseur, manquer d'etre jeune: elle l'élail nalurellement.
L'idenlification de celle vaillante navarraise, qui rappelle a
!'esprit le souvenir des rudes serranas de l'archipretre de Hila,
étant ou paraissanf impossible avec une Doña Sancha, filie ou
sceur d'un roi de Pampelune, faul-il rejeler simplemenl l'historicité de la légende, meme dans sa forme la plus .réduile,
celle de notre Chronique?
En 960, Fernán González, comte de Castille depuis plus de
quarante ans, élait probablement veuf de Doí,a Sancha,, donl
le nom ne parail point parmi les personnages qui confirmenl
un document du 5 juillet 963, et parmi lesq uels on trouve Fredenandus comes, Urraka regina (sa fille)3, G rsea Fredenandiz
(son 61s).
11 a pu alors, certes, promellre le mariage a une fille deroi
• 1. Les ~eu:i. _derniers documenl.s cilés par Salazar (Hisl. de la casa de Lara, t 1,
p. So) et ou elle figure soot de 947.
~- Becerro Gótico dt Cardeña, p. 13.
3. VeltVe d'Ordoil.o Ul el d'Ordoño lV 1 peu\•etre a cctte époquc remariée a,·ec
Sancho .\barca, si l'on ea croit. le P. Serrano, qui combaL l'opinion conlrairc de
Morcl (Cartulario del lrtfanrado dt! Col}(lrrubias 1907, p. :u.1 et. 38). D'apris la Chronique léooaise, son troisiéme mari aurait Cté un certain Bermudo « scilicet Vcremundo » (S 7,).

•

�•

BULLETIN HISPA '\'!QUE·

ou a loule autre. Ce qui est sur, c'est que les ·acles ne nous
fon! pas connailrc d·aulre comtesse de Castille, épouse de
Fernán González, que Dofia Sancha, et que le nom de celle-ci
dispáralt des documenls a l'époque oii nolre Chronique la

T.... E

S'appelait elle Conslance, comme veul le Rodrigo? La tradilion que représente ce poeme peut avoir des lrails historiques,

RO;\IAN DE SAINTE TIIÉRESE

marie avcc le comte.

a cOlé de défonnations évidentes,

comme le nom donné au roí

de Navarre, Sancho Ordonne:. l\lais Constanra n'est pour nous
qu'un nom de plus, et qu•un embarras de plus.
Tout en admetlant que Doiia Sancha mourut avanl son mari,
Salazar (llisl. de lit casa de Lara, t. 1, p. 5o) écarle deux documenls d·o¡, il résulterait que le comte Fernán Gomález aurait
eu une seconde femmc, du nom d·Urraca; l'un d'eux est de
965: pour le savant généalogiste, il s'agirail la d'un autre
Fernán Gonzále,, comte de Lara (cf. l. 1, p. 44).

Pour les raisons exposées par M. Sanpere y Miqucl (Rev.
de Arch., 1904, X, p. 380), on peut admeltre que les Généalogies furent rédigées en Navarre. n·aulre part, d·apres M. Serrano y Sanz (Noticias ydocamenlos hist. del COlldado de Hibagor:a
hasta /u muer/e de Sancho Garcés lll •, p. 48), les Généalogies
dans le ms. de Meyá - il en juge par les fac-similés de Palomares - scraient du début du x1• siecle; aussi, réagissant sur
une opinion invélérée, mais mal appuiée, en fa¡¡.¡¡ grand cas
(p. r59). Dans ces condilions, il est dillicile de ne pas tcnir
compte de ce que nous en retrouvons dans les Généalogies du
ms. A 189, el c'est le cas pour ce qui cst dit des unions conlractées par Dofia Sancha, filie de Sa11c/ius Garsie::; Maior cognomento Abarca, car cela nous le lrou vons dans le Medianense
comme le A 189 et dans le legiO/lense de Traggia '· L'addition
de a: Legionensis" a pres e, imperaloris 1i el de n comitem »
avant « de Alaba» n'a rien de lrouhlant.
G. CIROT.

( A suivre.)
1.

Madrid, Centro de Estudios hist.,

Memorias _de ln R. Acad.

1912.

~ la 1/ist.,

t. _IV. 31. Campion daas le ,·ol. cité, p. 4¡r,
compa~e le Leg,ontn.se d_o ~ rdgg,a o_t le l/edi11~eflSe; el ll. Serrano (ou,·r. ciló, p, ¡o),
2.

1
Je .1ledtarumst: avoclc e cod1ce de Leon n, q u1 o e~t autre que Je A 189, donl je venais
de pubUcr(1911) le conlenu (je veut. diro la Chron. léouaisc el les Géaéalogies),

PAR

M. EDMOND CAZAL'

En 1908, M. More! Falio, conslalail en ces termes l'une des
plus grandes !acunes de rl1isloire lilléraire d'Espagne :
Nous 11e possédons aucu¡¡ ouvrage importan/ sur la myslique
espagnole au xr,• siéc/e et /out fait prévoir que ce chapilre si
considérab/e de /' hisloire religieuse de la Péninsule ne sera pas
/1-.iilé de longlemps comme on souhai/erail qu·u pfit r, 1tre,
j'enlends par u,¡ esprit libre,
inféodé ,, te/le ou le/le lcole,
mais !léanmoins sympaWiique aux doctrines conlemplatives en
mt!me temps que Iris informé.

"º"

M. Edmond Caza) s'est cru désigné pourcette haute interpré-

tation. 11 a eu l'initiativc d'éludier ladoclrinedesainleThércsr,
non dans la lourde atmosphere d'une bibliotheque, mais au
creur meme de l'Espagne lhérésiennc. 11 a suivi les traces
de la carmélite d'Avil;,. a Medina, de Tolede a Séville, de.
Burgos a Alba de Tormes. Sur son passage, les couvenls du
Carmel se son! ouverts avec une hospitalilé toule caslillane
el M. Edmond Caza! en a profilé pour inlen•iewer sur l'amour
divin les earmélites de bonne volonlé. Le pcre Silverio de
Santa Teresa a bien voulu aider cet enlhousiaste biographe
de son érudilion et de son crédil. Toutes ces ressources pou,. L'élude écrite par ~l. Edmond Cual (Sainle Tltirese, Paris, OllendorO', 3,3 pag~s
in• 1 2), comprend oulre l'avcrlissc~~nt : 1• un~ _bio¡rraphie (145 pages)¡ 2•. uoe séne

d'éludes complémentaires: ,l/yst1cume, hysterie, auto-irotume. le prob~me de la
catalepsieet de l'exlraction du caur. Un plag~t malhear:,eua:: ~m.ur ThérAae de l'Enfant
Jés1U (35 pages); un appendice: La profemon de .sainte Therese, Le caur de samte
Thérbe. Bibliographie {8 pages).
2. les ltcluns de sainte Thértse. Bullt:lin hispaniqut de janvier-man 1908.

Bull, hilpan.
'9

�•
•
BULL6TIN HISPANIQVE
286
vaienl, en effet, nous offrir une étude magistrale 3. la fois
vivante et documenlée, imparliale el pénélranle.
L'échec de M. Edmond Cazal n'en cst que plus décevanl,
el ses erreurs n'en sonl que moins excusables. Commenl ·
Je lecteur de bonne foi, qui ne peul recourir aux sources
originales, n'accepterait-il pas avec confiance la déclaralion
du prologue :

J'ai cherché la vérité avec tout le calme qu'il esL possible de garder
devant une femme aussi passionnanle que ThérCse d'Avila et je
me suis efforcé d'étre un biographe exact, complet et, peut-etre,
impartial 1 •

Hélasl on esl toujours moins imparlial qu'on "': le croil.
M. Edmond Ca~al le sail mieux que personne, lui qui a si bien
défini les posilions respeclives de ses devanciers :
Cette vie exceptionnelle, ils l'ont fait servir 3. la démonslration
étroite et Corcée de leurs conceptionssur certains étals psychologiques,
de Ieurs doctrines sur les caractCres de l'amour divin, de leurs
hypolheses scientifiques SUl' l"hypnose et l'llxtase. La Carmélile
est une sainte 1 une. malade ou une folle, selon. qu'ils étaient aliénistes, médecins ou moines. lls n'ont méconnu que ceci qui est

capital : c'est que Thérese fut d'abord une femme, une ardenle
femme d'amour ...

Or, c'est bien un roman d'amourquenous aolferl M. Edmond
Caza!, un roman de voluplé, de sang et de mort. Et nous lui
en savons plus gré qu'il ne croil. 11 fallaiL pour obtenir ce
résultal des qualités vraiment originales et qui n'abondent pas
chez les thérésiens, je veu,c dire : un enthousiasrne optimisle
pour les choses d'Espagne, ¡•jmagination d'un-arliste el le
talent d"un auleur dramatique . Grace ces ressources, la biographie de sainte Thérese devient une brillante narration,
illustrée d'images vives, animée d'émouvanls dialogues,
rehaussée enfin par un dénouement d'outre-tombe.

a

1.

Sainte Thir!se, p.

A la vérilé, on aimerait connaitre davantage le caractere des
parents de Thérese et l'influence de leur éducation. Mais
M. Edmond Caza! esl pressé de nous présente_r son héro!ne:
Le Pére FranQois de !libera·, jésuite, qui l'a connue et qui fut son
premier biographe, dit qu'ellc avait un teint d'un blanc mat émou~
vant, des chevcux noirs et bouclés, un front large, uni et tres beau,
des ycux noirs prcsque tonjours vifs et gracieux, avec de la profondeur et de la gravité certains moments ... 1.

a

En réalilé, si l'on a tl!cours au lexle de Ribera; on constate
qae le leinl de Thérese, loin d'elre mal, élail « blanc et rose o.
&lt;&lt; Quant aux ·yeux, ils étaient noirs, ronds, a fleur de tete,
pas grands, mais si bien placés, si vifs el si gracieux qu'ils
obligeaienl chacun a rire des qu'ils riaienl toul en devenant
tres graves des qu'~lle voulait que son visage exprima! de
la gravité'. •
Edrnond Caza!, oubliant la réservc de l'honnéle Ribera,
agrandil les yeux de sainle Thérese par de suaves gradations :
Que n'oblient pas de ses amis la Carmélite? Tout cela, rien qu'en·
posanl sur eux'le velour.s profond de ses yeux 3.
Calme, souriante merne, a peine plu~· pille que d'habiltide~ veloutant

aforce de volonté le feude ses grands yeux noirs ... 4,

.i.

•••

:a, P. ~-

LE ROMAN' DE SAINT.E THÉRi:SE

1 •

l\lais celle idéalisation n'esl qu'une faiblesse . M. Maurice
Maindron n'en est pas loujours exempt, comment la reprocherait-on a M. Edmond Caza!?
Ce biographe .nous évoque ensuite, un peu rapidemenl,
Thérese dans son enfance inquiete, sa brillante adolescence
el son pénible noviciat. Le tableau qu'H nous faitdu monastere
de l'lncarnalion .rappelle les reveries romantiques de Calulle
Mendes:
A l'lncarnation, celte perdition devait etre assez facile. Autout des
murs du vaste jardin&gt; toutétait désert. Qu'un Don Juan o5at J'escaladc,
il ne risquail point d'étre vu . A la nonne amoureuse, au galant
t.P.~3.
-Rihera, Vid 11 di 3a,1ta Teresa, lib. IV, cap. 1, &lt;1 Los ojos negros y rc&lt;lon&lt;los s un
p:&gt;cu papujados ... no grand.es, pero muy bien pncslos y ,·ivos y graciosos, que fn
riycndo8e; se royan todos ... y por otra parte muy graues quando ella q_ueria mmlrar
en el rn~L:o grauedad, ))
·
3. P. i78 .
4. P. 186.
:.i:.

�,88

ernpressé, les bosquets offraient de discrcls refuges. Quant aux conséquences, pour si redoutables qu'elles soient, quelle amoureuse y pense
dans l'entraincment de la passion 1 ?

Aussi sommes-nous rassurés d'entendre M. Edmond Caza!,
dont l'intuiLion est infaillible, affirmer la virginité de sainle
Thérese.
A ces jeux, Thérese perdit tres certaiuement sa candeur, mais plus
certainement encare, elle n'y risqua pas sa virginité, qu'elle garda.

Apres ce témoignage d' &lt;e impar,tialité », le biographe, dans
son savoureux chapitre : !'Amante de Jésus, idenlifie, sans
discussion oiseuse, l'amour divin avec l'amourcharnel. JI oublie
que Jésas fait homme n'apparait a Thérese qu'a la fin de son
évolution mystique.
Par son amour, Théresc possédait Jésus fait homme, Pour taus les
sens de son corps, instinclivement a vides, Jésus était une réalilé tangible, visible, odorante, parlante et bruissanle, qui avait au baiser un
go\It déleclable et précis; une réalité aux formes vivan tes qu'elle
serrait sur son sein, qu'elle étreignait et sur la poitrine de qui, souriante et les yeux fermés, elle s'abandonnait,.

Une qÜeslion se pose cependant qui aurait du arreter au
passage M:. Edmond Caza!, expert en pbysiologie sexuelle .
Dés ·1ors, ce que Thérese appelle l'oraison ne sera pour elle autre
chose que l'acle d'amour sous sa double forme :le don etla possession.
Dans l'acte d'amour, chacun des amants se donne et possede, prend
et est possédé. Cet acte, en plus des extases spirituelles, produit une
jouissance cofporelle dont la profondeur, l'acuilé, l'intensilé varient
suivant les qualités physiques des amanls 3,

Apres cette définition péremptoire, on s'attendrait a ce que
l'oraison, si directement intluencée par le tempérament de la
Carmélite, soit parliculierement fervente pendant la période
de jeunesse. JI n'en est rien ·cependant. Apres nous avoir
déclaré que, a !'a.ge de dix-neuf ans, Thérese était déja un « brasier » d'amour, le biographe constate lui-meme que de 1538
a 1555, c'est-a-djre de la vingt-troisieme année a la guaranl.

2.

•

BULLETIN H!SPANIQUE

P. 43.
P. 55.

3. P. 5~.

LE ROMAN DE SAINTE THÉRESE

•

,89

tieme, la Carmélite abandonna l'oraison. A ,¡elle dale seulement (l'i\ge critique, précisc M. Edmond Caza!¡ et jusqu'a
soixante-sept a □ s, elle s'adonnait a l'auto-érotisme. Pourquoi
se serait-elle privée de le faire pendant dix- sept ans, alors que,
d'apres ce biographe, son tempérament, ses leclures, son idéal
religieux la ramcnaient vers des émotions dont elle avait déja
gouté la volupté? 11 semble au contraire qu'elle n'obtint la
plénitude des graces mystiques qu'apres avoir discipliné son
tempérament.
La réforme du Carmel appara!t bien dans la vie de sainte
Tbérese comrne le nrnud de l'action dramatique et il faut
rendre celte justice au narraleur qu'il a décrit, comme elle ne
J'avait jamais été, cetle lutte arden te des amis de sainte Thérese
et de ses adversaires.
Contre le Dieu éternel; contre un saint mort; contre le Pape et le
général de la Compagnie de Jésus bien vivants; conlre un évé.que 1 des
dominicains 1 des jésuites, des prétres séculiers, des gentilshommes
puisso.nts qui ne se montraient pas toujours 1 mais dont on sentait
l'infatigable acli•m; contre toutes ces forces du Ciel et de la Terre
conjuguées, que pouvait le provincial des Carrnes, la prieure de l'lncarnation, quelques centaines de carmes et de carmélites effrayFs par
la Réforme dorrt ils prévoyaient la généralisation, enfin une douzaine
d'hidalgos et leur clientele 1 ?.••

Encore, pour bien comprendre le caraclere de cette réforme,
faudrait-il écrire l'histoire de la réforme générale de l'Espagne
rcligieuse dont l'un des dirigeants les plus actifs paratt ctre
Pbilippe II.
A pres avoir célébré le triomphe de sainte Thérese et la fondation du couvent de Saint-Joseph, M. Edmond Caza! nous
décrit la « formidable né_vrose colleclive" des nouvelles carméliles en r.ecourant aux images les plus impressionnanles de
son laboratoire :
Ce sont les vio1ons et les violoncelles d'un orchestre dont les vibrations1 uniesen crescendo, se poussent, se soutiennent, s'exasperent,
éclatent en une tempéte h:irmonieuse et puissanto; ou bien, c'est Je
bouillon de cuJlure otl toutes les germinations s'enlr'aident, oll e}les.
1.

P. u6.

�BULLETJN BJSPA~IQUE

LE ROMAN DE SAINTE THÉRESE

croissent d'autant plus vite ~t fort qu'elles sont plus nombreuscs el
virulentes; ou encare, c'est l'alambic de vingL liquides amalgamés,
formant un gaz unique d'une énergie sans limites.,.'·

Mais enfin un cri gémissant s'exhala de leurs étres et ilsretomhCrent,
soupirnnts, épuisés, revenant de si loin 1 !

,90

Cependant, la fondatrice sort de sa relraile pour crécr en
Castille et en Andalousie de nouveaux monasleres. Le biographe
reconslituc celte campagne spirituelle avec un cnlhousiasme
communicatif. GrUce a lui, nous savons les épreuves nombreuses dont l'intrépide Carmélile tl'iomphait dans ces lointains voyages .
Malheureusement, le roman passionnel rcnait au chapilre
snivant 2 • Rien n'y manque, ni les homélies improvisées, ni
les portraits moins vrais que vraisemblables, ni les enlrcliens
romanliques de Thérese de Jésus et de Jcan de la Croix :

a

Et le dialogue la fois sombre et passionné &lt;lut se tcrminer ainsi :
Quand, O ma mere~ -- Aussilol que j'aurai la maison et les quatre
rnurs d'un monastere d'hommes. - ~1 'appcllcrai -je alois comme
aujourd'hui? - Non! Tout en vous sera renouvelé . Vous serez Jean
de la Croix 3, n
&lt;1

Et apres avoir expliqué l'amour divin dºaprcs sainle
Thérese, M. Edmond Caza) vcut bien nous éclairer en
quatre lignes sm· la fa~on dont le comprend sainl Jean de la
Croix.
Ne pas dormir. ne pas manger, s'exlénuer dans les agenouillcmcnls
de quaranle-huit heurcs 1 qu'étail cela, en vérité, puisqu'cn plaisant
Ace Jésus qu'elle aimait, il lui plairait a elle! ... 11 cricrait, il balbu•
-tierait dans ses ex.lases : « Jésus ! Jésus ! 1i Mais c'csl: &lt;t TbérCse !
ThérCse ! 1) que gémirait passionnément son creur !r.

ll faut voir avec quelle complaisance, le biographc, - si
.i'ose le nomme,· ainsi, - décrit les « ébals, de la Carmélile
et de son fils spirituel :
Cramponnés aux. barreaux. de la gril1e, face a face, la bouche
entr'ouverte, les paupieres mi-clases, les Jeux révulsés, ils se tendent
l'un vers l'autre, et leur ardeur est si violente, leur allirancc muluellc
est tellement irrésistible que leurs genoux ne touchent plus le sol!

Apres un tel tableeu, la fin du livre serait bien fade si ne
sortait de l'ombre le moine fatal qui va bientot jouer le role
de bourreau el transformer le romanen mélodrame.
Tous les biographcs anlérieurs a M. Edmond Caza! ont terminé leur récil a J°enterrement de sainte Thérese. l\lais l'imparlialitéde notre historien lui fait douter dela mort elle-meme.
11 nous ofire done un épilogue sensationnel en trois tableaux :
Thérese es/ enterrée .vivante, L 'arrachement da ca,ur el la mort,

Le marlyre posUiume.
Nous citons le passage le plus pathétique :
En Yiolant la sépulture (le P. Gratien) avait un but. Il y alla droit, ·
Sans pudeur; il enleva le drap breché d'or, écarla le large scapulaire,
passa les rnains sous le corps étendu, dénoua la robe, la fit glisser
d'un coup, avec les manChes qui se retourn8rent, avec la chemise
qu'il avait en meme ternps saisie. Les converses élaient tombées
Agenoux. Lui, il se penchait 1 de nouveau admiratif, devant le miracle
plus complet que jamais il ne l'eut revé : le bus te, nu jusqu'a la taille,
élait blanc, de chairs pleines et fermes, de formes nm·males, avec les
seins dressés comme s'ils eussent étévivants ! Et pas la moindre puan·
teur de cadavre, non! mais une odeur saine et néanmoins troublante
de femme exlremement propre, un peu grasse. En_ce temps de routes
peu sU.res, les moines eux-mémes ne dédaigoaient pas d'etre armés.
Pourquoi le P. Gralien, grand voyageur, n'aurait-il pase~ sa navaja?
ll sorlit d'une de ses poches le long couteau, l'ouvrit et la lamelarge,

effilée, poinlue, réfléchit en éclair les flammes des chandelles. Les
con\1erscs, rnaintenant apeurées, se cachaient le visage dans leurs
mains. Pour qui n'est pas anatomis_te, le cmur humain se trouve tout
a fait a gauche. Done, le moine n'hésita pas. Et sous le sein, il planta
le couteau . . ThérCse I ThérCse! tcréveillas-tu brusquement, unefoi§
de plus - la dcrniere-3. ~a piqllre et au froid de l'acier ?-Ouvris-tu
les )eux ~ Vis-lu le maine a la fois relors et lémérairc qui int:onscie1nment te tuail 2 ?

Je crains fort que la vision de M. Edmond Caza! n'inspire
mémorable, que l'Espagne ne nous pardonnerait jamais. En allcndant cette consécration populaire,

a Pathé un film

l. P. ! ',l',I.
2. P lii, cl1Jp. \"111, .!/1 chenenls¡1 :1ssio1111is.

3 P. 1¡1.
~. P. 178.

1. P. 191.
~- p, -.a3~-

�BULLETIN BISPA''UQUE

LE ROMA1'4' DE SAIN:TE TBÉR°ESE

nous examinerons la documentation du biographe. Mais il est
d'abord nécessaire de définir sa mélhode el son critérium au
point de vue de la psychologie expérimentale, de la lhéologie
et de l'histoire .

.

•
••
En écrivanl la derniere biographie de sainte Thérese,
M. Edmond Caza! a-l-il tenu ses engagements de n'elre ni
médecin, ni lhéologien, ni philosophe?
Des apologistes et des compilateurs religieux, des psychologues et
des savants, en redingole de lalcs, en soutanes de jésuites, en tuniques
raisin sec de carmes ou en robes blanches de dominicains, sont allés,
- ou ne sont pas allés, - a Avila. lis ont taconté ou commenlé la
vie de sainte Thérese selon une idée, un plan, un but précom;us. lis
l'ont racontée plutót mal. Ilsne l'ont ni bien connue ni bien comprise,
parce qu'ils ne voyaient a traven elle, que leur superstition, ou leur
foi, leurs lhéories, leurs systemes, .. 1.

Apres ce réquisitoire, d'ailleurs justifié, M. Edmond Caza!
est lenu plus que personne de n'avoir ni systeme, ni théorie,
ni superstition. On pourra en juger par cel averlissement
dénué de toul artífice :

,93

ramenant a la neurologie? Tel est bien le point de vue de
M. Edmond Caza! :
Taus les grands mystiques, fernmes et hommes, sont de grands
hystériques. La puissance de leur mysticisme est en fonclion directe
de la gravité de leur névrose 1 •

Celle explication, d'ailleurs un peu désue!e, réunit encore
parmi les neurologues contemporains d'illustres suffrages,
mais pour la bien défendre, il faut une mallrise de tout premier ordre. Les études spéciales des D" Richer et Eugene
Lcroy se limiten! a des observalions de clinique ou a de
simples hypolheses, sans cesse révisées, jamais définitives.
Alors que le D• Jane!, donl la consciencieuse observalfon fait
aulorité, hésite a recourir au mol d'hystérie, qui est décidé.ment d'un emploi dangcreux, M. Edmond Caza! ignore ces
timidités. A trois siecles de dislance, mais en quelques ligncs
péremploires, il diagnostique ayee une étonnante hardiesse
« l'asthénie de sainte Thérese, ses fievres paludéennes, ses
crises d'hystérie, et surloul ses allaques de catalepsie n.
Que serail-ce si M. Edmond Caza! était médecin? Peut-etre
alors prendrait-il ces grands mots moins au sérieux. Celle
foi, un peu nalve, en la science médicale, nous conduil au
précieu,x chapilre : Mysticisme, hystérie, auto-érotisme, ou les
problemes les plus complexes de psycho -physiologie sont
résolus en seize pages inclusivement.

Il n'y avait tout sfmplement qu'fl écrire ceci: &lt;( ThérE:se n'avait pas
la vocation religieuse. n Parfaitement ! Celte jeune filie n,était pas
faite pour la vie conventuelle. Si, a seize ans, elle avait épousé un
homme digncd'elle, qui l'ellt, ou rendue grosse tout de suite, ou emmenée a la cour de Philippe II, ThérCse serait devenue une trCs
bonne mere de famille, ou une tres puissante femme d'Etat. Elle n'aurait pas été malade. Daos l'un ·et l'autre cas, elle eut obéi ala logique
et ala nature qui veulent qu'une jeunc filie d'imagioation et de sang
chaud cesse d'6tre vierge le plus tót possible et qui exige .qu'une
femme intelligente, d'esprit indépendant et curieux de savoir avide
d'autorité, ne soit pas astreinte aux puériles pratiques superstitieuses
d'un couvent 2 •

. Dios, l'invocation: Baise-moi avec le baiser de ta bouche ! » est comme
un leit-motiv . .'Mais on connait assez maintenant l'amour de Thérese ,.

Las! Fallail- il abolir toutes les inte1·prétalions, pour se
rallier ensüite a la moins originale d'enlre elles, je veux dire :
celle du D' Charco!, qui a cru expliquer le mysli.cisme en le

Hélas, non! Apres celte lecture, nous le connaissons moins
que jamais! Si ignorant que soil M. Edmond Caza! de la
méthode d'inlerprétation allégorique, familiereaux théologiens

1

Sainte ThérCse insiste plusieurs fois sur le fait qu'elle s'unissait

a Jésus dans sa tres Sainte Humanité. « En ses Conceptos del Amor de

1.

P. 5.

I.

:i.

P. 29.

2.

P. :152.
Op. cit. J p. :i54.

•

•

�•
&gt;94

1.E ROMAN DE SAUl'TE THÉRi:SE

médiévaux, il n'a pas le droitde faire et primer a sainte Thérese
ce qu'elle n'a jamais voulu dire. Le lecteur qui voudra bien
ou vrir les Pensées sal' l'Amoul' diuin • connaitra l'inlerprétation
que nous donne la mystique sur le Can tique des Cantiques:
La réalilé n'esL-elle pas plus admirable encore ! ~e nous appro-

Si l'on est d'imaginalion pauvre, de nerfs calmes, de. sens lourdement
endormis, l'on n'y trouve que palhos et l'on s'endorL sur de longucs
phrases 1 •

chons-nous pas du tres Saint-Sacrcmcnl? Je me suis m6me demandé
si l1Épouse ne sollicitait pas ici de Jésus-Christ cetle faveur qu'il nous

fait plus tard ...
Apres cela, notre biographe peut inclure le sacrement de
l'Eucharisli·e dans son chapilre : Myslicisrne, hyslérie el au/oérolisme. Mais que devient son impartialilé?
Ce contre-sens prouverait - s'il en était besoin - que
toul historien d'une myslique «catholique orthodoxe • devrait
connallre la doctrine de ses Lhéologieps. Sainle Thérese (il faut .
bien en prendre son parli) demeurrr;t toujours espagnole
et catholique Pour comprendrc sa doctrine, il cst done nécessaire d'éLudier le Moyen-Age espagnol, c·esl-a-dire de faire
lant soit peu de théologie.
Les iecteurs, qui ne sont pas au cournnt de la terminologie ffiJStique,
sont priés de vouloir bien palienter un peu jusqu'au chapitre intitulé:
l'A manle de Jésus et de lire en suite le chapitre intitulé : Mysticisme,
hyslérie, aulo•érolisme 2.

a

N'en déplaise M. Edmond Caza!, pour expliquer la terminologic d'une mystique du xv1 e siecle, ce n'esl pas aux interprétalions médicales qu'il faut recourir) mais bien aux sonrces
lilléraires et historiques de celte terminologie, c·esl-3.-dire aux

théologiens caslillans c¡u·a lus sainle Thérese : Alonso de.
}ladrid, Francisco de Ossuna, Bernardino de Laredo et San
Pedro de Alcántara 3. )l. Edmond Caza] n'ignore pas que' son
hérofae a lu et relu, pendan! dix-huit ans de féconde assimi- /
Jation, le Tl'oisi.eme abécédaire spiriluel, mais il néglige eette
source essentielle :

•

,g5

BULLETU'f UISPANIQUE

Ce sont des livres ala fois décevants et forrriidables, les ouvrages
de mysliques comme un Fran&lt;;ois d'Ossuna et un Jean de la Croix.
1.

TraUuclion d, s Carmélih:s, l. Y, p. ~oo.

~- P. 3~, nole 1.
•
.
3. i\J. ,forel-Fatio a ót.abli celt.e nécessité dans son éLude rnr les f,tctures de samte
1'bérCse. Op. cit.

,.

M. Edmond Caza!, pour ne pas nous endormir, ferme ces
livres redoulables et préfere expliquer la terminologie mystique
d'apres les docleurs " Legué , et « Gilles de La Tourette n ou
encore d'apres le psychologue" Havelock Ellis n.

• ••
L'élude de M. Edrnond Caza! ne rentre pas plus dans le
domaine de l'hisloire que dans celui de la théologie. Certes,
ce biographe a mis a conlribulion les archives du Carmel el sa
biogn1.phic. en témoigne, mais quclle critique a t-il fail subir

a sa

documenlation? Quelles référcnces donne-t-il? Quelles
sont les sources de ses cilations? Sous prélexle qu'une édition
enriehie de tout cela serait onéreuse et réservée aux seuls
" nababs», M. Edmond Caza! s'esl limité a publier ses affirm~tions. Libre au lecleur d'alleren Castille et de recommencer
Ja campagne inlrépide du bi~graphe thérésien. Ribera est cité.
d'apres la défcclueuse traduclion du Pere Bouix et sainte
Thérese, d'apres celle des carmélites de París sans l'indicalion
de la page, du cbapilre, du ,·olume donleslexlraile la citation.
Le naL·ralcur en arrive -

ce qui est plus grave -

a uliliser

les textes pour improviser des dialogues passionnés et des
hon1élies fanlaisistes ou sa pensée se substitue plus ou moins
a celle de la Carmélile. )loins le slyle el l'équilibrc, c'est bien
l'histoire a la maniere de Tite-Live.
On comprend aisémcnl que Ollendorf, soucieux avanl lout
d'éviter les notes el les références, est responsable de la plupart de ces !acunes. Encore fallait-il qu'il lrouvat un_ auleur
complaisant.
Que si l'on s'en tient slrictement aux procédés de raisonnement, sans discuter la qualité de la pe~sée,-011 esl frappé par
de nombreuses cóntradictions. II est vrai - et M. Edmond
1,

P. 33.

�096

BULLETlN RISPA.NIQUE

Caza! ne s'esL pas trompé en le disant - que sainte Thércse
n'avait, a son enlrée au couvent, qu'un mínimum de vocation
rcligieuse. Mais cambien l'exagération de l'expression· nuit
a la vérité en la rendant paradoxale, c'est·a-dire suspecte :
ll cst une chose que tous les biogl'aphes el commenlateurs ont
paru ignorer et qui pourlant vaut qu'on en parle. Monialc arden te et
mystique, et cependant malicieuse et gaie; carmélite et réformatrice
impitoyable du Carmel; séduisante créatrice d'une regle suave, féroce
el logique; hystérique tourmentee par d'insatiables désirs et p3.mée
dans des hallucinations, des suggestions el des ex tases érotiques d'une
violence inouie, Sainle Thér'ese n'ajamais ea la vocation religieuse 1 •

11 semble bien que cette derniere ex pression est prise au
sens. le plus restreint: « Une nonnequi a vraiment la vocation
suit la regle avec calme et y trouve tout son plaisir.,,Quelques
pages plus loin, M. Edmond Caza! nous apprend qu'en 1534,
c'est.a-dire 0. l'fige de dix-neuf ans, ((Thérese et Jeanne, brasiers
ardenls déja, ne pouvaient que brCiler davanlage aux flammes
cachées dans le Troisieme Abécédaire et que loul de suite elles
découvrirent avec la plus vive émotion ,&gt;.
D'aucuns répondront sans doule que la vocation religieuse
des grands mystiques est bien cet ardent désir d'aimer Dieu
et que pour s'enflammer si vite a la lecture du Troisieme
Abécédail'e (« ce sombre pathos ", vous en souvient-il ?), il faille
vraiment ctre prédestiné ...
En r.éalité, si l'on s'en tient au témoignage de sainte Thérese,
aucune de ces deux positions n'est soutenable. Loin de nous
dire qu'elle était a Becedas « un ardent brasier », la carmélite
nous apprend qu'elle est restée de longues années sans comprendre ses lectures .

•• •
Mais que sont ces vices de définitions ou ces !acunes de
documentation a·coté de la sensationnelle découverte d'une
« Thérese enterrée vivante "? C'est elle qui a valu a Ollendorf
i.

P. 7.

LE ROMA.N DE SAfNTE TJ-IÉRESE

le succes lucratif de plusieurs éditions . ll est done nécessaire
de lui consacrer une élude approfondie.
L'on lrouvera dans le chapilre 11, parlie 11, le résumé du severe
travail de recherche et de classificalion documentaire, d'examen critique, de déduction logique et parfois syllogistique auquel je me
suis livré pour arriver ;\ la cerlitu&lt;le de la vérité.

Le caractere de ceUe documentation est surtout négalif.
111. Edmond Cazal-cette constalalion n'est pas une critiquen'a établi sa these sur aucun document nouveau, mais sur une
inlerprélation personnelle du ,premier biographe de sainte
Thérese, Fran9ois de Ribera, des déposilions faites a l'occasion
de la béatification, des cerlificats d'exhumation et de la tradition orate.
M. Edmond Caza!, frappé des nombreuses inexactitudes et
des conlradiclions d11 récit de Ribera, ému, non sans raison,
par l'enterremenl hi\lif de Thérese et les mystérieux appels
que deux carmélites entendirenl résonner .dans le cercueil de
la sainte, en déduit :
1 ° que Ribera dissimule un elTra)'anl secret;
2° que sainte Thérese fut enterrée vivanle a l'état
de
catalepsie.
Une découverte en amene une autre. Notre observaleur,
poursuivant son enquete, fait trois nouvelles constalations :
I o le cceur de sainte Thérese, vénéré a Alba de 'formes, fut
ealevé a une époque indélerminée ;
· 2º il porte a son sommet une cicatrice horizontale, &lt;( valve
d'un trou en estafilade ", que l'imaginalion espagnole a atlribuée a la transverbération;
3° un « inconcevable silence " pese sur le P. Gérome Gratien
pendan! et apres l'enlerrement de sainte Thérese .
Des lors, lout apparatt avec une lumineuse évidence. Ce_ne
sont pas les deux carmélites dont parle la tradition qui ont
arraché le coour de sainteThérese, mais le P. Gratien lui·meme.
Il a du le faire saos adresse, ce qui explique le coup de navaja
en plein creur. 0r, ce geste fut un meurtre par imprudence,
puisque Thérése vivait encore dans son cer.cueil 1•.•
Examinons successivcment les arguments précités.

�098

LE RO.HAN DE SAINTE 'l'HÉRESE

•99
Thércso constaten! que sa vieillesse, inévitablement déprimée
par une vie de combal et de nombreuses infirmités, paralt,
dans les dernicres années, s'ctre libérée de la névrose.
Ribera la décril ainsi sur le lit morluaire:

BULLETIN HISPA:'tlQUt

Les inexactitudes de Hibera sonl beaucoup moins {eqdancieuses qu'elles ne le paraissent. Ce hiogrnphe n'écrivail pas la
Yie de sainte Thérese, d'apres la nouvelle mélhode historique.
Ayant. recours non seulemenl aux lexles, mai" a la lradition
orale, il essa:yait de concilier les témoignages les plus no1nbrcux
el les plus frappanls saos les soumellrc a une critique minutieuse. Ses crreurs n'attendent pas I'enlcrrement el les cxhumations de sainte Thé_rese pour s'accumuler. Elles abondent dans
toul le récit de la vie et en particulier dans celui des Fondations
dont ilélait bien difficile, acetto époq ue, de conlroler les innombrables gestes. Sur ce sujet, je ren voie M. Edmond Caza! a la
biographie castillane du P. iligucl Mir (qu'il ne cite pas dans
sa bibliogrnphie). 11 y lrouvera les nombreuscs coneclions que
l'académicieu espag1&gt;ol csl obligé de faire subir au récit de
!libera. Cette sévérité, d'ailleurs nécessaire, devrait tenir
comple des contingences. Si l'on compare l'muvre de Ribera
a la pluparl des biographies castillanes, on se rcnd comple que
le premier historien de sainte Thércse s'efl'orva,'au contraire,
de réagir contre les tendances générales a l'inexactilude clll'onologique. Sainle Thérese ne nous offre-t-elle pas le meilleur
témoignage de celle insouciance, elle qui se lrompait sur la
date de sa naissance, de la mort de sa mere et dénon~ait avec
sa franchise coutumiere les défaillances de sa mémoire? Les
contradiclions que M. Edmond Caza! releve dans le texte de
Ribera sonl moins concluanles qu'il ne croit. Si !'historien
avait prétendu dissin1ulcr un monsLrueux secret, íl se serait
efforcé de le8 éviter daYanlage. Ce~ argumenl est done, en Soi,
de faible portée.
Tout autre e,t celui de l'enterremenl prématuré. Treize
heures de veillée mortuaire 1 sont insuffisanles pour un sujet

qui a eu des attaqucs de eatalepsic. Encare faudrait-il élablir
celles-ci. Le biographe nous rappcllc que, dans sa jeunesse,
sainle Thérese demeura quatre jours en lélhargie. Mais, a cette
époque, des symplomes caracléristiqucs précédcrenl el préparerent la léthargic. Au conlraire, tous les biographes de sainle
1. lforle un jeutli., le 4 octobre 158 :i, b. neuf he ures du soi1·, !lainte ThérCse ful
enternie le lendemain malio a di:1. heure11.

Des que la Sainte ful morte, son ,isnge parut plus beau qu·a
rorrlinaire; elle était sans aucune ride, quoique, a cause de son iige,
elle en ellt auparavant quelques-un_es. Son corps élait blanc comme
de l'albfi.tre, sa ch.air douce el maniable, ses membrcs aussi tendres et
aussi flexibles que ·ceux d'un enfant,.

Le D' Georges Dumas 11ous a jadis présenté a l'hopital de
Sainte-Anne une cataleptique dont les membres avait une
soup\esse exceplionnelle. Mais cambien de cadavres la présenlent sans l'inlervention de la catalepsie ! Qui d'eotre nous
n'a vu sur un visage aimé celte expression plus vivante_.que

la vie elle-me me el qui semble nier la mort?
Le troisieme argument est celui des coups mystérieux

•

entendus par deme carmélites daos le chmur du couvent
d'Alba.
Elles veillaient et priaient une nuit dans le chceur du couvent
d' Alba ... et brusquement les deux femmes trcssaillirent ensemble
ébauchant a la hite Je triple signe de croix. L'une et l'autre avaient'
entendu. Des coups, des coups assourdis et pourtant retentissants
jusqu'au plus lointain de leur conscience superstitieuse, des coups
rompaient le silence ... Les coups venaient du ca vea u. C'était tout
simplement l'Ame de sainte Thérese qui se manifestait 2 ,

Pour que ce témoignage ail quelque valeur, il faudrail :
1; Fixer la date de l'événement. Notre biographe !'ignore.
« Des jours passent. Cambien de jours ?... on oe sait pas. ,,
2' Établir que ces bruits ne sont pas des hallucinations.
Et c'est ici qu·apparait l'étonnante partialité de M. Edmond
Caza!. A l'exemple d'Havelo9k !Iellis, Leuba et la plupart des
psychologues con lemporains , il interprete les visions et les voix
des mystiques comme des hallucinations. Quels que soient le
nombre des témoignages, le crédit des témoins, les anlécédents du visionnaire, la cause est jugée comme•une expédence
1.

P. 269 ,

2,

P. 226,

�BULLETIN BISPANIQUB

300

de cli niquc. Tout l'appareil critique fonctionne alors pour
réduire les faits aux explications les plus rationnelles.
Faut-il, au contraire, pour les besoins de la these, que tels
bruits mystérieux soient vraiment les appels d'une catalepLique
enlerrée vivante?-M. Edmond Caza! se garde de les allribuer
a de simples hallucinations. Ces deux ca,rmélites seraient-elles
les seules qui échappenl a la« formidablenévrose collectivc»?.
ll n'en estríen, beureusemcnt.
CaLherine Baptiste, quelques jours avanL la mort de la Mere, avait
vu une étoHe d'une extraordinaire grandeur qui descendit du ciel touté

éclalanle el alla se placer au-dessus de l'église du monastere. De plus,
depuis longlemps privée du sens de l'odorat, Callierine Bapliste, en
baisanl les pieds de la MCre aprCs sa mort: avait recouvré la faculté
de sent{r et subodoré avec délices les suavités exhalées par la sainte

dépouille •.
11 va sans dire que la descenle de l'étoile est pour M. Edmond
Cazal une hallucination visuelle et les suavités mysliques une
ha\lucination olfactive. Pourquoi les appels funebres ne sonl-ils
pas des hallucinations auditives? Parce que M. Edmond Caza!
a besoin de les entendre pour ressusciter sainte Thérese.
Cependan t - el !'historien le reconnait lui-rneme - ces
indices, si émouvants soient-ils, ne peuvent faire naitre que
des hypotheses. C'esl !'examen « imparlial » du cceur de sainte
Thérese qui élablira la certitude.
Comme le fond terrible du drame est le creur, le cceur palpitanl de
ThérC:se, on n'en parle que sons le manteau. Dans les documents
officiels, rien ! Le P. Gratien n'en souffie mot. On ne le voit pas sortir,
ce creur. Tout a coup, sans que personne e-0.t dit oll il se lrou,·ait
auparavant, on ne le voit sortir, ala lumiére du jour public, dans un
récipient en cristal, qu'en 1671, plus de cent ans apres le drame,
quand tous les acteurs et confidents plus ou moins renseignés sont
morts dcpuis longtemps '·

D'apres la citation précédenle, on pourrait croire que la
Carmélile es! marte avant 1571. Or, a celle époque, elle était
encare bien vivante sans etre en catalepsie, puisqu'elle n'est
1.

p.

2.

P. :191.

LE ROMAN DE SAINTE TUÉRfSE

3or
marte qu'en r58,. Le cceur a done été découverl quatre-vinglneuf ans el non plus de cent ans apres le drame. Le seul objet
d~ .celte recti~calio'.1 cst de montrer a ]11 . Edmond Caza!_ qui
pretcnd co'.rr~er Ribera- combien il esl facile de se !romper.
La descr1ptwn du cceur, telqu'il es! vénéré a Alba de Tormes
est d'une précision toule réaliste:

'

Le viscere est allongé, racorni, complétement déformé sec et tombant en poudre peu_ a ~eu. Une cicatrice borizontale, val;e d'un trou
en eslafilade, se v01t tres nettement ason sommet 1.
·

Sans autres « faits" que les deux précédents, M. Edmond
Caza! prétend démonlrcr que l'enlevemenl myslérieux du cceur
el sa large « estafilarl.e " n'onl qu'une explication possible : Je
coup de navaja du P. Gratien. 11 a beau jeu de railler les
dévots qui croient au niiracle de la transverbéralion. Ce n'esl
pas sur ce terrain que nous le suivrons. Mais sans recourir
a l'inlervention du miracle, qui est une ques~ion de foi on

peu l examiner d'aulres hypolheses plus vraisemblables 'que
le geste du « moine a la fois relors el térnéraire "· Daos le
domaine des suppositions, les plu's prudentes sont les
meilleures.
M. Edmond Caza! allribue judicieusement les épines de ce
cre~r sa~ré a ~ne supercheric loute cspagnole. Pourquoi Ja
ma111 qm a ose planter les épines n'aurail-elle pas créé J'estafilade,. afin de concrétiser, a sa maniere, l'apparition du
séraphrn?
Le biographe aurait pu s'avancer davaritage encore el douter
de l'anthenlicité de la relique. Existe-t-il 1111 document du
XVI' siecle qui atlribue celle-ci a sainte Thérese? Sur ce SUJ'et
•I
'
lll a sceur Ana de San Bartolomé n'a rien dit ni )'historien
~iber~ n'a rien écrit. Quelque lhérésien du xvn: siecle a peuletre decouvert, dans un reliquaire anonyme, un cceur don! la
hlessure l'a fait r~ver. Par une association bien nalurelle
il a pu évoquer la fleche d'or qui blessa Thérese « jusqu'au~
entrailles ».. . ªien en tout cas, ni le moindre documenl
d'archive, ni la plus vague lradition orale ne permetd'allribuer

:1:17.
1.

P. 273.

Bull. hispan.

'º

�3o,

AULLETL."11 11.lSPANlQUE

LE R.OMA.N DE SAINTE TBÉRESE

la blessure a la navaja du P. Gratien. M. Edmond Caza! n'en
est-il pas réduit a inlerpréter l'absence du carme comme !'une
des circonstances tés plus suspectes de celle ténébreuse affaire?

diflérence appréciable : on chercherait vainement chez l'illustre romanciet· cette apologie toute personnelle ou M. Edmond
Caza! s'accorde délibéréme1it la consécration de la Science
et de l'Histoire :
Les graphies (antérieures) n'existent qu'en fonction de la conlinuelle

Quelle extraordinairc chose que l'absence totale du P. Gratien !
Logiquement, H eut dll présider a toutes ces .exhumalions, défendre
avec vigueur lajusle these du maintien du corps au Carmel d' Avila. Et
on ne le voit point, personne ne parle de Lui. Ol1 est-ilt En ces années
1583- 1588 1 sa vie est e!Tac~e, elle rentre de plus en plus dans l'ombre,

et cela au milieu de l'hostililé générale. Lui-méme, il lulle mal 1 sans
conviclion et sans force , sans intelligence et sans énergie ... Et un
jour, en 159~ , il sera ex.pulsé de la lléfm·me thérésienne ... On dirait
qu'une malédiction pese sur lui ! Pourquoi? Il est comme accablé par
un remords. Lequel? Mais surtoul, pourquoi ne p~rait il, de 1583

a 1588,

pendant ces cxhumations répétées) ... En 1085, il fait une

furtive apparition au chapHre de Pastrana et ensuitc pour reprendre,
aux Carfllélites d'Avila, la main de ThérC:se, qu'il emporta jusqu'8.
Lisbonne ... Et c'cst toul. .. je ne comprend~ pas 1 •

Nous comprenons moins encore que sur de telles hypotheses, M. Edmond Cazal ait osé porter un jugemení définitif.
Résumo.ns celte pénible instruction : Parce que sainte Thérese
,
a connu, dans sa jeunesse, le sommeil léthargique, !'historien
découvre qu'a l'age de soixante -sept am elle fut enterrée
vivante a l'état de catalepsie. Parce que personne ne parle
du P. Gratien depuis l'enterremenl jusqu'a l'exhumation
officielle, il en déduit que ce moine a ouvert la sépulture,
poignardé Thérese encore vivante et an·aché son caiur.
On ne regrettera jamais assez que la carmélite n 'ait été
exposée quelques jou;·s dans la froide église d'Alba de Tormes.
Cette précaution élémentaire ne lui aurait pas rendu la vie,
mais nous aurait épargné les macabres visions de M. Edmond
Cazal. Cerlaines indiscrélions, quand elles demeurent slériles,
ressemblent fort a des indélicatesses. 11 est des Lombeaux dont
on ne devrail pas essayer de se faire un piédeslal.

.

. •.

Ainsi, M. Edmond Cazal, sans elre spécialiste de théologie,
d'histoire ou ·de psychologie expérimentale, s'est serví de ces
Lrois ennemies a la maniere de \Vells . 11 existe cependant une

3o3

inlervenlion divine eL de la croyance au miracle, tandis que mon
travail est éclairé aux lumieres de la raison, d'une patiente et sereine
critique, d'une science enfin qui a particuliCrement distingué, étudié,
c!assé, rendu matiere banale de manuels neurologiqué3 les phénomenes qu'au xv1• si8cleon altribuait, avec une admiration pieuse ou
une horreur épouvanlée, 8 l'amour de Dieu ou al'incubat et succubat

de Sátan, selon que la patiente et le palient étaient puissants ou
misérables , .

Les résultats oblenus par M. Edmond Caza! sont, a la vérité,
bien dilTérents, mais n ·en présen tent pasmoins une réelle utilité.
1° Son livre a le mérile de réagir contre les fad.es apologies
qui ont di minué sa.inte Thérese au lieu de l'agrandir, Les chapitres comacrés a la réforme et aux fondations décrivent l'activité
de la Carmélite, comme elle ne l'avait pas été jusqu·a présen t.
2° La these de Leuba sur l'érotomanie de sninte Thérese et
les assertions d'Havelock Hellis sur son aulo-éroli,me avaient
besoin a·etre stnlhétisées dans un livre qui ea montrat toules
les faiblesses. Saos trop le vouloir, M. Edmond Caza! nous
a rendu ce se1·vice-.
3• Enfin, son insucces lui--m8me ofl're aux thérésiens relí~
gieux ou laiques un a vertissemenl précieux; la person na lité
de sainte Thérese est si vaste que sa biographie nécessile au
préalable la collaboration de · plusieurs spécialistes. 11 est
indispensable de préluder a tout travail de synthese par
l'ing1·ate exposition de la doctrine, l'in(liption précise des
sources el la définition de la terminologie thérésienne.
Apres ces Lravaux de bibliographie el d 'hisloire, les philo•
sophes el les médecins, les théologiens et les psychologues
pourront avancer leurs interprétations.
u C'est une grande cbose, nous dit sainte Thérese, que de
comprendre une ame ... "
G•sToN ETCHEGOYEN,
Membre de l'icole fran~.ii$e do Rome.
, . P. 208 .

�3o5

A PROPOS DE L ..\_ MQ;,iNAlE DE SÉGOYIE

A PllOPOS DE LA MONNAIE DE SÉGOVIE
•
Les premieres machines a frapper la monnaie furent aussi
mal accueillies par les ouvriers monétaires experts a manier
le marieau. et les coins d'acier, que l'avaient été jadis les
premieres presses a imprimer par la foule des copistes de
manuscrits et des enlumineurs de livres d'heures. u Ceci tuera
cela)) ; les Yieux artisans qui} de pere en fHs, se transmellaient
les secrels d'un métier difficile, ne voyaient pas sans déplaisir
les rouages d'un mécanisme se subslituer a la force habile de
leurs bras. Lcur amour-propre était en jeu, leurs intérets
malériels aussi. Dans tous les pays de l'Europe civiliséc,
rusagc des 1nouJins U monnaie ful aussi long a se généralíser.
On vit se dresser contre eux la meme opposition obstinée.
L'histoire de toules les invenlions sé double ohligatoirement
. du récil de la bataille qu'elles eurent a livrer, et des perturbalions économiques ou sociales dont elles apporlaieni le germe,
a l'insu de leurs auteurs . Par cela meme, et a cause de son
contenu psychologique, elle mérile de retenir l'intérel.
Je voudrais d'abord rappeler en quelques mols ce qui s'était
passé en France lors du changement radical de la technique
de l'art monétaire '. Au milieu du x11" siecle, l'autorité ro y ale
s'était émue de voir circuler dans le royaume quanlités de
pieces rognées. Les contours inégaux des Oans monétaires oll
l'on imprimait au marteau les lypes qui conslituaient la
marq,¡e de garantí~ apposée par l'Élat sur le métal précieux,
permetlaienl a une íoule de délinquanls d'emplir leur escarcelle de copeaux d'oretd'argenl, a rinsu des pouvoirs public,.
Henri II, par une ordonnance dalée du 23 janvier 1.550, interdit
le cours des monnaies rognées et prescrivit de les conyertir en
1. Voycz F. Uazerolle, la Monnaie (Collection des Grandes Jnstitutions de France,
Pari;:., 1907). Pour les délails techniques, v. Ch. Frémont: Origine et évolulion des
outi/s (P· 98 ctsq.), daas le,H• .'11émoire publié par la Société d'encouragement al'induslrie
nationale. Cf. A. bieudonné (Revue numismatique, 19 1 3, p. 42li), Lºorigine du balancier,
et F. ~fazerolle, les médailleurs Jran~ais du xv• au .tV!l• si~cle (passim).

nouvelles especes. La Monnaie de Par is se trou vanl insuffisante
a ce surcro1t de travail, la i\fonnaie de Nesle ful fondée. Avec
les coins de Marc Béchot on y frappa les gros et demi-gros dits
de Nesle. L'existence de cet établissemenl fut éphémere; des
dissensions, le manque de discipline furenl cause que des
l'annéc suivante il était réduil a l'inaclion.
C'est alors que, voulant en finir coiite que coute avec les
fraudeurs, le roi s'enquit d'instruments permellant de donner
aux pii\ces une forme régulierc, en assurant une frappe
_perfeclionnée . Charles de Marillac, ambassadeur á Augsboufg,
fil savoir qu'un orfevre de cetle ville avait inventé un procédé
ingénieux qui répondait aux désirs de Sa Majesté. Henri II lui
dé pecha sur-le-cham p le mailre de la Mo_n naie de Lyon flanqué
de Guillaume de Marillac, valel de chambre du roi, frere de
1

l'ambassadeur. On traila avec l inventeur, un certain Marx
Schwab, dit le chevalie,· du Saint-Sépulcre. On fil conslruire les
machines qui, a pres a voir été transportées a Paris, puis essayécs,

furent installées en 1551 au bout du jardiu du Palais, dans la
Maison des Étuves. L'établissement tira d'abord son nom du
moulin de la Gourdaine, dont on se servil pour metlre en
mouvement les appareils, d'ou Alonnaie de la Gourdaine; plus
tard, ou le connut sous le ti tre de .\lonnaie des Etut•es ou Mo111taie
du Jfoulin. Les instrumenlsimportés d'Allemagnecomprenaient
des laminoirs, des barres a tirer, engins tireurs ou filieres, des
découpoirs, des presses ou balanciers, des tenailles. Peu apres,
Aubin Olivier, un habile mécanicien fran9ais devait les
compléter pat· l'invention de la virote /¡risée, qui permellait de
graver une ioscriplion sur la lrancbe de chaque piCce, suppri1

mant par la meme toute chance de fraude .
La perfection meme des produils du nouvel atelicr, la faveur
du roi qui s'altacha (l leur personnel - Hemi 11 avait trouvé,
mis en présence des pieces d'essai 1t la figure et graveure
d'icelles tant singuliere, subtiile et excellenle que, sans grande
apparence de faulceté, il esl impossible de la pouvoir contrefaire, rongner ni alterer 1&gt; leur valurenl immédiatement
la jalousie de la Cour des Monnaies. Des l'abord, la guerre
étail déclarée. Et le dernier mot resta a la rouline. Di\s , 556,

�, 306

BULLETI~ HISPA.:~HQUE

A PROPOS DE 1,A MO:"iNAIE DE SÉGQVJE

la fabricalion monétaire se ralentit considérablement, on
employa la Monnaie du Moulin a frapper mcdailles, jctons et
pieces de plaisir, « L'hostilité de la Cour des Monnaies, dit
M, Mazerolle, avait réussi a arreter complelement la fabricalion
de l'or et de !'argent, qu'elle fil maintenir a l'llotel des

1570, et l'usage de la frappe mécanique ne devinl régulier
qu'en , 662, un siecle a pres les premiers essais,

Monnaies, malgré s-on oulillage imparfait. » En 1585, trenle-

cinq ans apres l'invention de la frappe mécanique, on ne
fabriquait plus pratiquement de monnaies qu'au marleau,
comme dans l'anliquité, au huiLiCme siecle a,1ant notre Cre.

'Nicolas Briol, sous Henri IV, essaya de réagir, les ateliers
furent transporlé_s au Palais du Louvre, dans la galerie du
rez-de-chaussée; puis, découragé par une opposilion persis-

tan le, Briol dut aller oíl'rit- ses services en Angleterre, en 1626,
Sons Louis Xlll, les agissemenls de la Cour des Monnaies,
toujours hoslile aux innovalions, furcnl cause que l'on éiablit
deux aleliers, la )lonnaie des Médail)es - c'élait l'ancien
balancier du Louvre - el la Monnaie des Especes, qui plus
tard fut lransporlée dans !'Hotel du quai Conti, devcnu, en
1878, nolre seul Hotel des Monnaies,
En Angleterre, de semblables difficullés se présenterenl sous
Je regne d'Élizabelh, C'esl en 1560 qu'nn Fran9ais ccllc fois,
nommé Éloi Meslrel, apporla a Londres une invenlion qui
permellait de lransformer l'oulillage monétaire ,_ Éloi Meslrel,
selon loute vraisemblance, n'avait fait que s'inspii-cr des
príncipes venus d'Allemagne el mis en praliq.ue a París peu
d'années auparavanl, Des 1562, on commenra a la Tour de
Londres d'utiliscr ses appareils; les rémllats íurenl excclfcnls
el la frappe parfaile, 11 en coula cher au malheureux inrenleur,
et son hisLoire fat plus lragique que cel le de ses confreres
pari•iens, Quelques années apres, il ful accusé de fabriquer
clandeslinement de la fausse monnaie, a l'aide de ses presses
mécaniques. C'est du moins la version officielle; j'aime

a

croire que des jaloux - &gt;Is étaient nombreux - ne trouverenl
poi ni ce délour pour se venger, Bref, Éloi ful pendo a TI bum,
en 1569, ses 1nachincs ne furent plus gu8re cmployées apres
1,

V. Herberl A. Grueber, Handbook of thi&gt; coins o/ Gnat Britain and [reland~

London, 1889, p. nxvrr.

A Augsbourg, en 1550, l'ambassadeur du roi de France
s'était h.ilé de poursuivre les négociations av~c les orfCvres

allemands, parce qu'on courait le risque, en en différanl
l'aboulissement, de voir l'i,wenleur vendrc sa découverte a
Charles-Quin!, qui, déja, l'cmployait a d'aulres lravaux:
« L'cmpereur, écril Marillac en juin-décembre 1550, pretend
se valloir de cesl artiflice, ayanl a cesl effecl faicl venir d'Espagne leur prcmier maislre en faict de monnoye, pour appren•
dre ce que ledict chevalie,- s~ail faire •, »
11 est done assez surprenanl qu'on ait atiendo en Espagnc
quelque quarantc ans pour faire subir a l'art monétaire 111
rórnlution inauguréc en France, IJ y a d'autanl plus lieu de
sen étonncr qu'on sail la passion de f\hilippe ll J'OUr l'architeclure el pour la mécanique, Aulour du roi prudenl, les Herrera,
le, Gianello della Torre, les Jacopo da Trezzo s'ingéniaienl
a invenlcr lea machines les plus merveilleuses que l'on eul
vues jusque-la, depuis les horloges savantes jusqu'aux appareils compliqués destinés a amener a_ !'Escorial les matériaux
du monaslere de San Lorenzo en conslruction, el a les mettre
en reuvre, jusqu'aux tours hydrauliques qui servaient au
polissagc el a la gravure des pierres fines'- 11 semblerait
nalurel qu'on ail installé a la mcme époque des machines
reposan! sur les memes príncipes et destinées a la frappe dn
numéraire, Pourlant ce n'esl qu'en 1582 qu'on en fit le projet;
el e'esl a celle date que Philippe II fil venit- d'Allemagne les
ouvriers spécialistes donl' il a vait besoi n, "(, Casto M• del Rivero
a fait réeernmenl l'hislorique de la Monnaie de Ségovie,
a l'aide des documenls conservés a Madrid aux Archives du
1 _V. P. de \"aissiCrc, La dCcout•erle d A ugsbourg des insiruments du monnayage moderne et Leur importa/ion en France en 1550, d'oprl!s lrs cUpéchts dfl Marillac, ambassa•

deur. Montpellier 189:i; Maurice Roy, La .ilonnaie du illoulin, in Rcvue Numismatique
11.PO~ p. 187 et sq. - L'achO\'cment du premier malér;el pl'rfeclio11né n'eut lien
qu'en 1553.
2. 0.1 me pcrmctlra de renvojcr a mon arlicle de la Rttuuc de L'arl ancien ll moderne (,i;,d), GiaMllo CW:l ~ T,1rre, lurloge,· de Charles-Qufot et de Philippe 11, p. 2p273. V. aussi Bralli. Pliilippe/f. París, 191-&gt;, p. 67; Felipe Picalo..,le. Apimtes para una
biblioteca cientifica española del siglo .\ l'I. Madrid, 1891 1 etc.

�3o8

BULLETI::¡ HISPAl'UQtE

Palais Royal•. J'ai eu la bonne forlune de lrouver naguere
a la Bibliolheque Nalionale de Madrid el a Si mancas quelques
textes qui me permeltenl d'ajouter plu,ieurs détoils a cette
excellente étude.
II s'agissail d'établir des machines hydrauliques, en d'aulres termes, des moulins, el l'on délibéra longtemps sur le
choix du cours d'eau propre a les aclionner. Le Manzanarés
ful éearlé pou'r les raisons que l'on suppose, el l'Eresma ful
élu. L'Ingenio de la Moneda ful done construit a Ségovir. Des ·
,583 Philippe II visitait les chantiers. L'édifice subsiste encore
de nos jours, transformé en moulin a farine, mais quelques
modifications furent apportées a l'ordonnance des batiments
sous Ferdinand Yll '· Le P . Sigüenza nous a laissé une précieuse description de la mécanique, je demande la prrmission
de la traduire. C'csl a propos d 'une visite du roi a Sé~o,·ie, en
septembre 1583 :
«Dela, [le roi] vinl a Ségovie pour voir cette excellente
invention pour [aire la rnonnaie, invenlion de l'archiduc d'Autriche 3 : l'eau fait mouvoir une roue, el celle-ci, des deux cótés
opposés, a l'aide de l'eau, en meten mouvement deux autres
(c'est la le principe des mécaniques d'Aristote) en passant
entre les deux axes ou roues de celles-ci (qui sonl en aeinr et
sur lesquelles sont figurées et gravées les armes royales, comme
nous les voyons sur la monnaie, !'une portant la face, et l'autre
le revers); une bande ou ceinture d'argent, de l'épaisseur
que doit avoir la monnaie, la laisse empreinte ou sculptée
sur ses deux faces, loul du long, formant des réaux, qui par
la suite sont découpés en rond par un aulrc tour, avec une
grande facilité . C'est une excellcnte invenlion, qui pcrmcl
1. Casto Ma del Ri,·ero, El ingenio CU la moneda de Segovia (extr. de la Revista de
Archivos, Bibliotecas J Jfuseos. l1adrid, 1919) .
~- On en lrouvera la dcscriplion, le plan el les pholograpbic1 dans l'ouuage cil6
de '.\J. del Rivero. Les archilecles furent Juan Je llerrerael Francisco de \Jora. AYant
la conslruclion del' Ingenio de la .lfoneda, il ex islait a Ségovie un atelicr monétaire
connu dé,ormais sous le nom de .1/oneda vieja.
3. 11 s'agit ici de l'archidu c Ferdinand d'.\ulricbe, second fils de l'empereur Ferdinand ¡ar, et par conséquent cousin gcrmain de Phi! ippe JI. C"est gratuitcmcnl que
le P. Sigüeo:za lui fail ici les honneurs de l' « inveotion t. Rien ne ,icot corroborer
'-eS dires. L'archidttc, en sa qualité de comte du Tyrol, avail sans doute patronné les
ingénienrs allemands, sans plus.

A PROPOS DE LA MO:'(XAIE DE SÉGOVIE

309

d'épargner beaucoup d'argent, de réftexion et de temps, mais
la nation cspagnole se soucie peu de ces in ventions, et les supporlc impaliemmenl; ce qu·on pourrail faire aisémenl el sans
lravail, il plall davanlage de Je fail'C a force de bras. On y a
travaillé quelquc peu d'argent, mainlenanl on en foil pcu, ou
plus du toul, pat·ce qu'on dit que cela présenle des inconl'énienls, ou parce qu'on n'en laisse pas arriver 3. Ségovie 1 • &gt;&gt;
On ne jugera sans doute pas sans intéret de me tire en regard
de la dcscription du P . Sigüenza celle qu'écrivit Jehan Lhermite, ce Flamand qui ful un temps cbambcllan de Philippe ll,
et qui rédigea ses mémoires sur l'Espagne en 1602, une fois
de retourcn son pays,.11 visita la Monnaic de Ségovicen 1596.
Sa description esl moins précise que cdle qu·on Yient de tire,
il insiste loutefois sur l'opération préliminaire du laminage,
la préparalion des fouilles de métal - ce qu'on appelail jadis
en France « ballre la chaulde n - par la les deux récils se
completen!:
&lt;&lt; Et encores que pour lors J'on n'y forgeoit nulle monno):e, si y
avoit il aulounes pieces apprestées 1 pour par icelles monslrer audict
comte [Charles de Brandebourg, vicomte d'Esclay, neveu du comle de
Ber1aymont] et ceulx de sa compaingnie, la maniere el la faQOn de la
forger et hallre:_, lequel se faicL tout par la violence d'eaue, en forme
de moulins et roues qui se gouvernent par ladite eaue, tellement que
pour forger le_s planches ou lames d'or, d'argent et de cuyvre, s'y for-

gent avecq ta plus grande facilité du monde; car ne faull que les
mettre sur l'enclume, et les y tenir fermes &lt;lessoubz le martillaige
1. Fr. J. de Sigllenza,'/li.,toria de la orden de S11n Gerónimo, 1605 (Nueva biblioteca de
autores españoles, t. XII, p. 463). Colmenares (J/istoria de la insigne ciudad de Segovia,
1637, cité par ,t. del Rivero, p. •~) doone une descriplion analogue, mais moins
détaillée, sauí en ceci que pour le déCQupage des piCccs. i1 meulionne un Lour: &lt;• lln
torno redondo, de macha y embra. ►) Cf. llaltasar Porrcfio. Dichos J hechos de el señor
rey Dan Felipe S(•gundo. Réimprimé Madrid, 17 118, XII, 103: ;e EdiOcll allí la casa. de
la mone:ia, coo su ingenio para balirla con el mo,·imienlo del agua, obra tan arlificiosa que en un dia se labran treiolo mil ducados de moneda de plala de preciosa
estampa, con bien poca gente. i&gt;
,. l,,e Passe-lemps de Jehan Lhermite, éd. p. Ch. Rueleilr, Anven, 1890, t. 1, p. ,83.
On notcra que les machines de Ségovic di IJéraient notablemen l des machines frao~aiscs, puisque celles-ci se compossicnt essrntiellement d e presscs ou balancier~,
analogues en principe au vnlo11t doot l'usage se généralisa plus lard. A Ségo,·ie il
n'esl question que de roues, mues par la force hydraulique, comme des laminoirs.
GrA.ce au P. Sigi.ienza nous avoos sur ce point un peu plus que de ,·agues indicalions. L'origioedu balancier doit etre cherchée dans la pres~e 8 vis dont se senil
Bramanl~ pour comprimer le plomb des bulles, el Benvenulo Ccllioi pour frapper
ses méda1lles. Comparez l'el:pression anglaisc: the mill and lhe screw.

a

�311

BULLETI~ HISPANIQL'E

A PROPOS DE LA MONNAIE DE SÉGOVIE

d'un gros vilain marleau qui se gouvernc par lesdictes roues, et en
donne dessus avec une si grande roydeur et force, qu'impossíble me
seroit de le dire; de ces planches ainsi forgées se faict la rnesme
monnoic en moins d'un rien, les passans par cel'tain instrument
dnquel elles sorlent loules .monno-yécs du coing, de l'inscriplion et
armes royales, nerestant autre q11e de coupper-jus chasque piece de
par soy, qui aussi se faict avecq certaine industrie f~rt facile, comme
par les mcsmes pieces de monnoye se peult veoir, lesqueJles ont, du
costé de l'éscu des armes royales, ung pctit pont contr.efaict a celluy
de Segovie qui est l'aqueduct, lequcl d'icy allions aussi veoir comme
une des choses plus rares et anciennes de la Yille. i1

lui qui avait fait venit' les ouvriers du Tyrol, par l'intermédiaire deGeorge Gerling, qui est qualiflé de&lt;&lt; son serviteur )J. Il
fut re1&gt;u a Ségovie par l'éveque qui !'invita a des chasses et
aulres parties de plaisir. A u mois de juillet de l'année suivaute,
l'ambassadeur retournail a Ségovie chargé d'une semblable
mission 1 •
Les machines étaient arrivées a Ségovie le 15 juin 1585; les
premieres monnaies qui y furent frappées: ,-ea/es de á ocho,
portent la date de 1586, et, comme différenl monétaire, l'aqueduc de Ségovie . C'ést Clemente Birago qui avait gravé les
coins. On connall ce Clemente Birago; il avail épousé une filie
du célebre Milanais Jacopo da Trezzo, .dont j'ai déja cité le
nom plus haut, médailleur et lapidaire fameux qui eut une
grande part u la construclion de !'Escorial. Birago exer~ait la
meme profession que son beau-pcre, il y gagna une renommée
universelle: on lui allribua l'invention de la gravure du
diamant. ll fournit a la Cour d'Espagne quantité de joyaux, de
gemmcs gravéés, de sceaux et de bagues . 11 mourul en 159,.
Quant" aux relalions de Jacopo da Trezzo avec Kevenhuller,
elles sont allestées par l'exislence d'une médaille a l'effigie de
l'ambassadeur qui porte la signalure de Trezzo '·
Nous avons des renscignement~ précis sur les condilions
memes du monnayage. On fabriquait alors une monnaie dile
de vellón, qui se composait de cuivre additionné d'un alliage
d'argent3. Le marchand se présenlait a la ~Iaison de la Monnaie avec un marc de cuivre, qu·il avait payé 3o maravédis
auxquels il faul ajouler /1 maravédis de frais pour la fon te . De
son marc de-cuivrc, il tirait 1 ,4 maravédis, mais il lui fallait
payer au roi 34 maravédis pour l'alliage d'argent, plus 24 maravédis de frais de brcrssage, et 12 maravédis de droits". Le marchand s'en tirait done avcc unbénéfice net de 10 maravédis. Un
assez nombreux personnel était employé a la mise en aclion

310

L'inventeur du moulin était en elTet un Allemand, peut elre
ce George Gerling, qui arriva en Espagne en 1585 avec toule
une éqnipe d'ouvricrs tyroliens, et que la morl surpfit presque
aussil6t, Barcelone. ll fuL remplacé par Magno Mayz, el voici
les noms de quelques-uns de ses collaborateurs. C'élaient
Martín Fagel, maltrc de la machine, Maestre Wolfo, Mathias
Smincer, Jacobo Sauroban, Ballhasar lllepull, tous envoyés par
l'archiduc Ferdinand d.,\ u lriche; Jorge Grayft, fondeur, Pedro
Ardebeco, e11Yoyé pour tailler les nou,eaux coins, Joachim
Lingue!, essaycur, liaos Liserburgher, Rrabian Holchar, qui
déclarent "qu'ils sonl ceux qui s'entcndenl le mieux a la construction et la conservation de la machine, el qui sont mariés
a des femmes du pays • ».
Philippe TI, lorsqu'il avait formé le dessein d'employer des
procédés modernes a la frappe de ses monnaie.s, avait eu
reeours a Kevenhuller, ambassadeur d'Aulriche, qui fut son
ami el son conseiller en mainte circonstance~ et en parliculier
lorsqu'il s'agit d'acquisilions d'objels "d'art, d'antiquités, de
médailles, de conslruction de batiments.
Le 4 juillet 1585, Kevenhuller, par ordre de Sa Majésté, se
rendit a Ségovie en compagnie de Jacopo de 1'.rezzo, du capitaine Tiburcio Spanochio et d'une nombreuse suite, pour
visiter la Maison de la Mo,;naie; il en passa l'inspection. C'est

a

a

1. Si mancas, Obras y Bosques1 Segovia 1 leg"aj(J 2. Je respecte ici l'orthographe donnés
par le scribo espJ.gnol aux noms a\lemanéis. Pedro Ardebeco est appelé quelques
lignes plus b:ts Pedro Harlepegue. V. le te'lle publié plus loin, n° :i. Cf. Casto M' del
R.ivero, op. cit. p. 26, 27 et c. On trouvera la, cilés aYec d'autres encare, les m~mes
noms, diversemenl défigurés.

1, V. les documcnls que nous publions ci-aprCs n" 4 E:l 5.
2. 'celle médnillocslreslóe ioconr,u }d'Armaad qui n'cn dil mot dans sorl ounage
sur Lt!s .\Jédailleurs ilaliens. J'en connais an moins deux exemplaires, l'un a u ~lusée
archéologique de :\!adritl, l'auLr.c an Cabinet des méd1illes de Paris.
3. Ccl alliage d'argent fut supprimé en 1596. Doc. n• 14 p. p. M. del Rirnro.
A cetlc date, toute la monn·aie de vellón du royauroe ful frappée a Ségovie. Le docu.
menl que j'ulilise ici date de 1594. (N" 3),

..

�..

3,,

de la machi ne. On complait parmi les« officiales mayores» un
teneur de comptes, et un &lt;e balan\ario &gt;&gt; 1 •
Comme le servicc des nouveaux appareils clifl'érait forl de
ceux qu'on employait dans les aulres ateliers monélaires (a
Grenade ou a Tolcde,'p?r exemple), on dul sen remetlrc au
clirecteur de l'entreprise pour la réparlition des sa\airc; suivant les mérites de chacun. Ce maitre recevail un tant pour
cent par marc de mélal el se chargeait de payer les gages des
employés. Chaquc marc de mélal monnayé coulait a Sa Majeslé i 4 maravédis, el lui en rapporlail 56.
On a vu plus baut qu'avec les machines élail arrivée d'Allemagne une équipe d'ouvriers spécialisles allemands. Pourlaul,
il est conslammenl queslion dans les lexlcs contemporains en
1ó90 d'un Espagnol, Miguel de la Cerda, qui aurail été l'invenleur de l'engin'. ll y a done ici une apparcnle contradiclion. 11 esl probable qu ·il s'agil d'un perrectionnemcnt apporlé
au malériel venu d'Augsbourg, ou d'un nouveau mécanisrne
destiné á le compléler. J'a i parlé plus haut de la virote bris¿e
due a Aubin Oliviel'. Peul-étre faul-il en rapprocher l'invention de Miguel de la Cerda, donl malheureusement nous ne
connaissons que le nom : tijera, les ciscaux. C'est a son sujet
que s'éleverenl les proleslalions de l'ancien personnel; un
documenl fort inléressant nous renseigne au sujet du conllil.
JI en ressort que les ouvriers de la vieille monnaie, dirigés
par un cerlain Juan Castellanos et ses freres, s'opposerent de
touies leurs forces a l'établissemenl des nouvelles machines,
del',, ingenio de Miguel de la Cerda 1i, et montrCrent un mauvais vouloir irréduclible, parce que, disaient-ils, s'il en était
fait usage 1 il n'y aurait-pour ainsi dire pas de ce cisaille»,
et qu'ainsi ils perdraient les !,oo ducals qu'ils gagnaienl par
la chaque année, en conséqucncc d'un accord passé avec le
trésorier de Ségovie. Qu'élait-ce done que la cica/la? On
désignait ainsi les déchels ou rognures de métal qui subsislaient, selon les anciens procédés, apres le découpage des
, . Ce dernier ter me est curieux a relevcr; il n'y avail pasa propremeot parler de
balancier,comme nous l'a,·oas vu toul al'hcure.
!L Voyez le docoment que nous publions plus loin, n• 1.

3,3

A PROPOS DE LA MO~NAIE DE SÉGOVIE

BULLETli'f HISPANIQUE

monnaies, ces déchets étaient le partage des ouvriers monétaires, qui les fondaienl et rcce~,aient pour ce travail une

redevance du lrésorier. La machine de Miguel de la Cerda,
plulot qu'a la frappe des monnaies, serrnil done, semble-t-il,
au découpage aulomalique des llans, supprimant radicalemcnt
la source des bénéfices escomptés par Castellanos et ses
collegues. Inde irre.
En novembre 1586 Hans Bella' élail entré au service de la
machine de Ségovie. ll en ful le surinlendanl jusqu'aux premieres an nées du regne de Phil i ppe 111. La íra ppe de !'argent continua en 1587 et, au cours d'une nouvelle visite otlicielle, Philippe 11, l'impéralrice, sa sreur, veuve de Maximilien II, le prince don Philippe, l'iníanle Isabel le et leur suite,
assisterenl au lravail des engins. Nouvelle visite royale en
1592, donl Jehan Lhermile nous a laissé le récit, en nolant
que l'on continuait en « une allre vielle mayson de monnoye
dedans la vi lle" a forger et batlre la monnaie a coups de marteau; les deux ateliers subsislaienl done l'un a colé de l'autre ,
avcc leurs_ personnels spéciaux et indépendants. Cetle fois
encare les innovateurs n'avaient pas eu le dessus, el malgré
la prolection royale, n'avaient pu supplanter sur-le-champ
Jeurs anciens collegues.
En 1596 la non velle Monnaie de Ségovie recut sa charle
conslitulionnelle sous la forme d'une "Instrucción para el
Gobierno del Ingenio» . M. del Rivera a donné minutieusement
l'hislorique de son aclivité. On y frappa des monnaies d'or,
jusque sous le regne éphémere de Lou,s l". Mais les progres de
la frappe mécanique íurenl tels que la machine de Ségovie
parul des le débul du xvm• siecle une anliquilé. Une ordonnancc de 1730 preserivait de ne plus frapper de monnaies d'Dr
el d'argent que dans les ateliers de Madrid et de Sévillc. c·'était
le cou p de grke porté a Ségovie. Pourtan t, on recommenca
en 174 2 a y frapper des monnaies de billon, comme aux premie,·s jours. Les helles man naies de cuivre de Chartes Ill en
son L a peu pres les derniers fruils.
JEAN BABELON.
1.

Ce llJ.ns Bella, ou Bellhac, íut aussi orren-e de Philippe II platero de oro

V. Documentos i11éd.ílos para la hi!loría de España, LV, 464.

'

•

�BULLE'rl.X HlSPANlQUB

1 '·
Señor, esta mañana vino a mi posada Phelippe de Bcnavides, y m~e
traxo una dozena de piezas de reales hechos con el ingenio. de Miguel
de la Cerda y acuñadas con el cuiio nuevo que ha hecho Clemente
Virago: 4 de a dos, 4 senzillos, y 4 medios, que todos van aqui porquo
me dixo que V. ~Id. le havia mandado quando eslu,·o ai que ~o
embiasse las muestras de los cuños. En eslando 1.iechos, dan a entender
los omciales que aun con el uso se liaran mejores. A mi solo se me
offreze que las rayas de las armas y de las letras serian mas a proposito
algo gruesczillas; dixele a I3enavides viendo que nadie pudiera ha ver
hecho como el esta moneda, y que hiziesse corlar luego otros pocos
que se havian acuñado quando estos [para que no quedasen mas que
lexir ]~. Dixome que se havia topado con un acuñador de la casa de
la moneda de Toledo, y que se los hizo acuñar antes que se fuesse
par.a que se pudiessen emhiar a V. ~Id. Tambien me dixo como esta
apunto todo lo que es menester para hazer la experiencia y prueva de
los mili marcos de plata conforme a lo que V. Md. tiene mandado,
y assi 1 en teniendo respuesta deste papel podremos [yr a la casa que
era de Jacobo 3. Juan de Ybarra ~l, por ha verme dicho Benavides que
'V. Md. lo manda assi. Pero hame parezido que tengo ohligacion de
acordar primero a V. Md. que quando hable en_ esla maleria, dixe a
V . Md. qne Francisco Baptista Veyntin me havia advertido que Juan
Castellanos y sus hermanos harian todo quanto pudiessen porque no
se use del ingenio de Miguel de la Cerda, porque usandose del, no
baria casi sizalln, y perderian asi los l1 c ducados que dize en lo
[rayado de la] memoria que va aqui 1 que entoni;es me dijo les vale
cada un año un concierto que tienen hecho con el thesorero de Segovia
para lo del fundir la sizalla que se haze de la plata que se labra en la
casa de la moneda de alli 1 y que se temia que el Sr Juan de Ybarra
eslava inclinado en el pleyto a las cosas de los dichos Castellanos 1 y
que como les yva tanto en esto procnrarian mucho ser ayudados de
Juan de Ybarra en el estorbo de lo del ingenio de Miguel de la Cerda,
-y yo dixe de passo a V. ~Id. que no creya que esto seria estorbo, pei'o
que si a V. Md. le paresiesse, adeJanle podrian )'r.los despachos por
Biblioteca Nacional de MadTirl. Ms. S. 86 1 fol. 4J6. Recueil de leltres et de
copies de lcltres coneernanl principalement la moneda CU vellón et la r.asa de la mon¿da
de Ségovie. Oo ignorC le nom Jo l'autcur aussi bien que celui du destinataire de la
leltre reprodujte ici.
2. Les móls en ilali&lt;¡n~ sonl de~ notes margiutles surajoulées d'une autrc maiR.
3. La Casa que era di.: Jar:ob·i c-L l'alelicr de Jacopo da Trezzo, sis a Madrid, dans la
rue qui [lorle aujourd'ln1i son nom. Jacopo da Trczzo mourut en 1589, mais aprCs sa
morl on continua d'utiliser son alelierpour le service du roi.
4. Juan de YbarraéLait le secrétaire qui avaitla cbarge des affaires de lamonnaie
1.

de SégoY-ie.

A PROPOS DE U. )IQNYAIE DE SEGOVlE

.

315

:Matteo ~asquez, que es secretario de )os arbitrios, y porque tambie,n
se offrcz10 en la platica recuerdo que Malteo Vasquei es thesorero de
la casa de la moneda de Granada, quedo en que la prue,a se hiziesse
entonces en T_oledo, y que despues se miraria en lo demas, y lo dicho
no es mas de para hazcr recuerdo dello a V. Mrl .. y en teniendo
respuesta deslo, luego yremos Juan de Ybarra y yo a la casa que era
de Jacobo ~le .Trezo, de que resultara tratar de los depachos que se han
de hazer SI ' . Md. no mandare otra cosa. Dios guarde a V. Md. Ea
Madrid. ,8 de Octubre 1590.
. Luego que llego de Sevilla el S· Juan. de Ybarra, me di.ceron Bena- •
mdes Y Veynlin que_ nos acadia brev, el examen del ingenio, aqui
despues hablo c~nmtgo, y de alli creo que resallo que tos mismos me
han vuelto a dezu· que les ha hablado bien en lodo lo que a ello loca
despues aca.

Los &lt;( oficiales de la nueva casa de la moneda»
Marlin Fagel, maestro del nuevo ingenio,
Maestre Volfo.
llathiaS Smincer .
Jacobo Sauroban.
Balthasar lllepult.
embiados por el serenissirno archiduque Don Fernando de Austria
Jorge Grayft, fundidor aleman.
.
Pedro Ardebeco, aleman, embiado por el S. A. D. Fernando de
Austna, para entallar los sellos necessarios al nueho ingenio de
moneda.
·
Joachin Lingue!, ensayador aleman.
Hans Liserbur~her y Rrabian Jlolchar, somos los que mejor entendemos en la fabnca y conserbacion des te yngenio ... y estamos casados
con mugeres desla tierra.
Pedro Harterpeque es el qúe obre los sellos.

Conforme á las ordenanzas del Reyno en las casas de moneda el
mercader, de cada marco de cobre, que le questa treynta mrs 4 p~co

�316

BULLE'flN HJSPANIQUE

mas o menos, con mas quatro mrs que le tiene de costa el fundir y la
merma I del cobre, haze ciento y catorze mrs. Su Magestad a de
haver de cada marco lreynla y quatro mrs de la plata que el
mercader dexa de poner, y ve)'nlc y quatro mrs de los derechos
de la labor de cada marco, y doze mrs por la licencia, que monta
todo setenta mrs, por manera que le quedaran al mercader diez mrs
de ganancia.
Por quitar algunos ynconvinienlos y que el yngenio quede del Lodo
asentado, parece conviene al servicio de Su Magestad se labre ladicba
moneda a un lanlo por marco, para que Su Magestad entienda pontualmente la costa que liene en esta manera.
De fundir la Sisalla de presentacion, con la merma della, costara
tres mrs.
Para hazer las herramientas que se gastan en la dicha labor, seran
menester tres blancas 'l.
A los officiales mayores, que son : iicrivano, balanQario y dos
guardas y alcaldes y alguaciles, an de tener sus derechos; parece
que se les podra dar tres blancas, la una, al scrivano, y las dos
rrepartidas entre los demás, cada uno conforme a la calidad de su
officio.
Por ser la orden de labrar moneda en el yngenio muy diferente de
otras casas de moneda, y que no se pueden trepartir los derechos a
satiE,facion de tantos officialés tan desyguales en abilidad, es mexor
pagar a cada uno lo que mereciese, y baver de estar la dicha labor de
la moneda a cargo de ta·persona que eslu"Viere el syrviente3 della;
parece conviene al servicio de Su Uagestad que a la dicha persona se
pague un tanto por marco y quel pague los officiales·por su quenta,
y que, mientras se labrare moneda 1 la dicha persona no tenga salario,
y qnel pague a los officiales assala_riados el salario que al presente
tienen, sin que Su Magestad tenga gasto en ello, parece que se le
podra dar ocho mrs por cada marco de moneda labrada. Por manera
que a toda costa montara lo que ~u Magestad paga por cada marco
catorze mrs, y quedara limpio para Su Magestad cinquenla y seys.mrs
en cada marco, que es la mitad de ganancia de todo lo que Su Magestad
mandare.labrar.
Qqeda a la quenla de Su Magestad el conserbar las rruedas, y el
canal, y pressa, y lo demas que toca a la fabrica del yngenio. C. N. S.
[signature illisible]. A XII de Agosto MDXCJIII•.

,:k

1.

Dcchet.

l.

1

blancas=

1

A PROPOS DE LA. MOl'fNAIE DE SÉGOVIE

1585, A quatro de Julio, por mandado de Su Mageslad, fue a
Segovia con Jaime 'frezo y el capitan Tiburcio Spanocbio y bastante
numero de criados y familia, a visitar la cassa de moneda de Segovia.
Aviendo dado cobro a las cosas de la cassa de la moneda, hizo venir
oficiales del condado de Tyrol, por medio de George Gerling su criado,
que avia acudido y atendido tres añós a esta profesion, y con esperanza
de el premio avía passado a España; pero, como las mas vezes las
mercedes de España caminan con pies de plomo, la muerte que le
cogio le privo de todo. Ullimamente, mientras estubo en Segovia, le
regalo y ospedo el obispo de Segovia, convidandole a diversas meriendas y cazas _en el bosque de Segovia, l1asta que, acabados sus
negocios, bolvio a Madrid a doce del mes dicho.

Año del Nacimiento de Christo de 1586. Por el mes de Julio bolvio
el conde de Franquenburg a Segovia, por mandado de Su Magestad
del Rey Calolico, donde le os pedo y regalo el obispo de aquella ciudad,
y a viendo concluido con su cúmission de la visita de aquellas casas de
moneda, bol vio a Madrid y dio cuanta a Su Magestad de lo que avia
hecho.
1. Biblioleca fli'acional. Ms. J. 150. c. Historia de Joan Kevenhuller de Aichclberg.
seplimo desle nombre, conde de Franquenburg, baron de Landtscroon y Sumcreck,
_ señor hereditario en Hallo Osterwilz y Carlsperg, cavaleri~ mayor perpetuo del
Archiducado de Carialhia, cavallero de la orden del Tuson de Oro, de los consejo&amp; de
los Emperadores Maximiliano II y Rudolpho Ú, gentilhombre de sus camaras,
erribaudoi de Sus Magcslades Cesa reas eó. mut:has occasiones, y en particular en Roma
y en la Corle de España 1 mayordomo mayor y sumiller de corps del Sereoissimp
Archiduque Alberto, y governador del condado de Goritia. En la qual también se
conlienen los mas sefialados successos y negocios que se tralaron y sucedieron en su
tiempo casi en Lodo el mundo. Sacada de sus originales y manuscriplos con tod
brevedad. » P . 5n.
1. Historia de Joan Keveohuller, p. 5&amp;&amp;.

maravédi. (Pragmatique de 1566, citée par A. Heiss. Descripción

las mORedashispano-cristianas. Madrid, 1865, T. I, p. 164.)

3~ Sic.; il s'agit évidemment du personnage qu'on eüt appelé en Franca le surin•
tendant.

Bull. hispan.

.

�CA.TALOGUB DES MANUSCRITS Da H, MOREL-FATIO

819

vembre 1856. - LeUre de D. Xavier Abadia a D' Francisca Bolh de
Larrea, Cadix•lsla, 18 mars 181 r. - LeLtre de D. Juan Agn Ceán
Bermúdez

CATALOGUE
DES MANUSCRITS DE M. M0REL-FATlO
(Suite

1

.)

Paula Pereyra, Madrid, j8 janvier 18t8.

avec une poésie, El soldado herido, datée du 9 février 1860. - &lt;1 Fragmento de Un matrimonie ci lq moda"; par M.. Lafuente (Fr. Gerundio).

- Coplas de El curioso parlante (Mesonero Romanos). - • Sonnet de
sainle Thérese au Chri•l crucifié ... Traduélion de J'espagnol olTerte it
Madame de Saint Auber par son respeclueux serviteur J . M. l\laury. •
&lt;(

178. D. Gonzalo Fernández de Córdoba, troísieme duc de Sesa.

a D . Francisco de

- LeLlre de J" G. de Escalan te a Fernán Caballero, R'onda, 3o septembre 1866. - LeLlre de Amos de Escalante, Madrid, 7 décembre 1863,

Lcttre de Pizarro i:t un inconnu. - Poésie de D. José Marcbena
A Cristo crucificado n. Copie íaite a l'Universidad literaria de

Sevilla. - Lettre de D. Fedcrigo de Madraza, écrile par sa filie
Isabclle, Patis, mercredi i , . - Lettre de D. Vicente de la Fuente

Extraits tirés de la Casa de Lara, d'Antonio Pérez 1 du Comines de
\' i trian 1 de sain te Thérese, etc.

aD. Santiago Tejada. -

179. Dante. Bibliotheque Nationale. Catalogue des a,uvres de Dante
Alighieri conservées au déparlement des lmprimés. Un exemplaire el
une épreuve. - La materia della Divina Comedia ... , de Michelangelo
Caetani, Firenze, 1897. - G. Parodi, La rirría e i vocaboli in rima
nel/a Divina Comedia, 1896. (Bulleltino della Sociela Dantesca italiana,
Firenze, mars-juin 18g6).
180. Autograpbes espagnols et !et tres espagnoles d' Alphonse
de Latour. Lettre de D. Pascual Madoz a « mi apreciable amigo

Guerra au marquis de rtfolíns, Madrid, 27 février 1866. - LeUre du
duc de Valencia. « Lundi i9. St•Lcu-Taverny. » - Trois lettres de

l\osano », Zaiauz, 14 juillet 1850. - u Epigrama Vicenlii Espineli
Hondensis. » - «Cuento &gt;l, commern;ant par: u Acostóse un buen
marido ... n - « Carla inédita del Venerable caballero D. Miguel

Mañara ... , 16n, » Copie de D. Francisco B. Palomo, Sevilla,
,3 avril 1857 (double exemplaire) . - Biographiedu Pcre D. Cayetano
Fernández y Caballo. - , Antecedentes relativos á la V. M. Francisca
Dorotea, fundadora del monasterio qomínico de N. S·• de los Reyes., »
(Archivo Municipal). - « Las cuatro SSSS. Fabula ... 4 set· 1860. » «·El Zarandito. Villan• de Navidad ... Copla.» - o Tonadilla ... Seguidillas. » - Deux lettres de D. Felix José Reinoso. - « La vela de
sebo. A mi querido amigo, el distinguido literato Don Ramon de
Navarrete. )) - Biographie de-D. Tomas Rodríguez Rubi. - Ordre de
la reine Isahelle II conféra+nt a Gas ton d'Orléans, corute d'Eu, la croix
de l'ordre de San Fernando, 6 février 1860, et lettre du général
Leopoldo O-Donnel au ministre de la guerre, 15 janvier 1860. Letlre de D. J. Juaquín de Mou Fernán Caballero. - « Felipe ,• ...
Madrid, 1849. José M• Diaz ». - Deux autographes de Juan Melénd~z
VaJdés. Antaine de Latour a mis: &lt;,de la main de Fern. Caballero.
Ant. de L. ». - Autographe de D. Agustín Durán. Madrid, ,8 no-

a

1.

Voir Bull. hisp. 1 t. XXlll, p . tS et

211 .

Deux lettres du mnrquis de Molins, l'une de

Londres, 14 novembre 1865. -

Lctlre de

ri. Aureliano

Fernández-

D. Antonio Sánchez Moguel, Sevilla, &gt;4 mars 1868; 11 février 1869
el 18 janvicr 187 r. -"--- Letlre du comte deCheste, Madrid, ,5 avril 1865.
- Lettre du comte de Allamira, duc dé- Monlemari Madrid, II fé ...
vrier 1858. - Leltrede D. Cayetano Fernández, Madrid, i,janvler 1866.
- Septleltresde D. Pedro Ant. de Alarcón et une poésie. - Quaranlequalre lellres de D. José M;• Asensio. - Trcnte-septloltres de O. Juan
,l. Ilueno et deux poésies, !'une El Pecho de Gorila, de D. Juan:\.
Gallego, et !'nutre /ti Pastorcito, Leyenda d l•'ernan Caballero, de Juan
J. Bueño. - Huit lellres de D. Eduardo Buslillo. - Sept leLlres du
marquis de Cabriñana el une note concernanL le poC.te Górtgora. Onze Iettres de D. Manuel Caflete. - Deux lnttres de D. Valenlín
Carderera. - Scpl leltres de D. Adolfo de Caslro. - Q11inzc lettres de
D." Antonio Cavanilles. lne letlre de Cavanilles a Fernltn Cáballero,
oll la romanci€:re a écrit: (( Quemela V. despues de leida. Feman. •

Trois Jetlres de .D. José M• de Cerrageria, beau -fils de Cavanilles.. Trente-deux lettres de D. José Fernández Espino et trois poésie9: de
l'auleur. - Vingt-deux letlres de D. Fernand de Gabriel y Ruiz de

Apodaca· et de Dª Elisa Lópei de Morla de Gabriel. - Onze letlres de
O. Manuel López Cepero et deux poésies. - Six Jet tres de O, Alejao-dro Mon. - Cinq lettres de D. Eugenio )luíioz, - Trois leLlres de
D. Guillermo Morphy. - Une lellre de D. Eugenio de Ochoa, une
letlte de D. C. de Ochoa. - Deux lellres de D. Eugenio de Ochoa a
Fernán Caballero et a D. Juan José Bueno, - Cinq letlres de D. Narciso Joaquín Juárez. -

Qnatorze leltres de D. Santiago de Tejada. _.

Six lellres de O. Francisco Mada Tubino.
t8t. Sainte Thérése (en huit paquels).

�3•o

C.I.TALOGOB D88 IU1'VICB.IT8 D'E K. MORBL-PATIO
BULLKTffl BISP.UIQVB

t.

Notes pour le mémoire intitulé : Les leclurts de 1ainle TMre11, ele., dan• le Bulhlin hispanique, t. X, p. 17-67, comprenanl:
lnlroduction, Bréviaire, Bible, Vies-de Saiots, sainl Jérome, sainl
Auguslin (lellre·de M. Paul Monceaux el de D. Ramón Menéndez
Pida!), Ludolpbe de Saxe, l"Imitalion, Fr: Alonso (\e Madrid, Fr.
Francisco .de Osuna, (letlre de D. Daniel Granada, du P. Michel
Ange, capucin, de M. Je.an Saglio), sainl Grégolre, Fr. Bernardino
de Laredo (Ernesl Cordonnier, , Notice sur les M_odu, faciendi, traité
médico-pharmaceulique en tangue espagnole de la premiere moilié du
JCVt- •Ücle e_
l 1ur son auteur : Bernardino Laredo. Tirage parl de
Jaaus, février 1900, avec une carie de M. Lebegue), Fr. Anlonio de
· Góevara, sainl Pedro de Alcántara. - Nolés pour les Lecture,.
2. Necroloula de ... Don Vicente de la Fuente ... por E1cmo s• D. Ale- •
jandro Pidal y Mon, Madrid, 18g8. - Henri Cbérot, S. J., Une nouvelle traduclion franfaiie des Lellre, de sainté Thérue; exlrail des
Étude1 du 20 juin 1901. - llenri Guerlin, L'art el le, saitÍts. Sainle
Thér;se, Paris, s. d. - Fr. Gerardo de San_ Juan de la Cruz, Otra
carta autógrafa de ,anta Teresa (Boletin de la R. Academia de la
Historia, l. LVII, juillel-seplembre 1910). - Fidel Fila, Una carta .
inldila de santa Teresa (Bolet. de la R. Acad. de la Historia, t. LVII,
novembre 1910). - Du m. Una ·carta autógrafa de ,anta Teresa que
po,e, el·Du.que de Gor. Nuevo estudio (Boiet. de la R. · Acad de la //u•
toria, t. LVII, décembre 1910). - Du m. Dos cartas autógrafas de
,anta Tere,a. Recobro y/otograjia cú la ,egunda ( Bolet. dt la R. Acad.
de la Historia, l. LVII, juillel••~plembre 1910). - B. Bernardioo de
Melgar y Abren, marqués de San Juan de Piedras Albas, Autógrafo
epistolar inédito de ,anta Teresa de Jesús en el que narra y detalla 1u
entrevista con Felipe JI. -Do, autógrafos inédüos de santa ·Teresa de
Jesús ... , 1obre perrona,, parente,cos y lugares. - Cuolro autógrafo,
i.nldao• de ,anta Teresa de Jesfu en lo• que narra 1 detalla ·vici8itude1
Í!'lportanles de,;, vida -Autógrafo •pistolar inédilo de ,anta Terúa
de Je,ús en d que reiteradamente alude a su padre DonAlonsoSánchez
de Ctpeda (Bolet. de la R. Acad. de la Historia. l . LXVI, mai 191fi;
t. LXVII, juillel-novembre , 915).
·
3. Laogue de llainle Thérese dans ses am vres,. en six cahiera. M K. Pielscb, Notes on Spanish Folklore, dan_s la Modern Philology,
t. V, o• ,, juillel •9"7·
4. Cours sur saiote Thérese professé au College de Fraoce en 19071909. CEllvres en neur cahiers; lellres en neuf cahiers.
5. Autograpbes de saiote Thérese. - La derniere leUre de,saiote
Tbérese, publiée par D. Manuel Maria Poli!, Quilo, 1901. Copie. Carta de sanla Teresa de Jesus al canónigo Gerónimo de Reynooa.
Copie prise par H. Léonardon ·¡ la Bibliolheque de l'.~cadémie de
l'Histaire a Madrid. - Leures de saiote Tbérese publiées par D. Fran-

a

cisco Herrero y Bayona, Madrid, 1881. ·Copie.--: Acle .de reooncialion de sainte Thérese a la miligalion, avec une lelfre de la Mere carinélite Mario ·de S'-Paul, Aoderlec,h t, 6 avril 191,. Copie. - Lellre a
Cristóbal Rodríguez de Moja. _Notes. - La Jettre de juin 1fi62, qui ·
accompagne la Vida, transcrite sur l'autographe, Copie. - Leltres
fausses. Notes. - Copie de quatre letlres de sainte Thérese conservées au monaslere d' Anderlechl. Les trois premieres onl été copiées
par une carmélite, 1~ quatrieme par moi. - Varios autógrafos
de ,~ Teresa de Jesús, reproducción foto/itogrdjica de su, autógra/o,•par Vicente de la Fuente. Entrega I et ,, Madrid 1884. - Deux
rac-similés de la Vida. - Fac-similé de la sceur Louise de la Miséricorde (La Valliere).
8. Vida, y virtude, y milagros de ·la bienaventurada virgen Teresa
de Jerús, par Fray Diego de Yepes, (:aragO&lt;;H, 16o6. Extraits. - Vida
de la Madra Tere,a por el Padre Francisco de Ribera, Salamanca,
,figo. Extrails. Copie par llené Costes d'.une lellre du P. Ribera
a la Mere Maria de Cristo, telle qu'elle se trouve dans la pnblication
de Herrero Bayooa. - Carta, de santa Terisa .de Jesús ... con nota•
de Don Juan de Palafo1 y Mendoza, Bruxelas, 1674. Ellrails. ·/,..,en/ario dé lo• bienes que qlU/daron e fincaron por fin e muerte del
1eñor Lorenro-de Cepeda. Copie de D. Alfredo Alvarez, avec une lellre ..
- Reforma de los dtscalfº' por el Fr. Francisco de Sanla María.
Extraits. - María de S' Josepb. Exlraits de lellres de sainte Tbérese
i, elle adressées. - Carmel. Bibliographie. - Habil el étiquelle des
Carmélite,; - Mere Anne de Jésus. Lellres de 1ainte Théres~ a elle
adressées. Déposition d'Anne de Jésus lors du proces de canonisatiori
de sainle Tbérese, d'apres Je ms. des Archives Nalionales de París,
L 1046, n• 6o. - Historia del Carmen descalzo por Fr. Gerónimo de
S. Joser, tomo J, Madrid, 1637. Extraits pris par D. Alfredo Alvarez,
avec une "iellre. - Teile de la Vida, d'aprcs les ceuvres de sainle Thérese, publié par Fr. Luis•de León en 1588 el en 158g. - Lettres de
Fr. Luis de León aux carméliles de Madrid. - Comparaison des
éditions ,!i88 el 1fi8g. - ,:anonisalion de· sainte Thérese, d'apres
le ms . de la Bibliolbequc Nalionale de París, Espagnol 3». Nic. de Ormaneto, éveque de Padoue ( Archives du Valican, Nunz.
Spagna, t. 8 el 10), peodanl son séjour a Madrid. Copie de Roberl
Micliel avec une leltre • .!.... Saintc Thérese el le Fr. Julian de Avila.
Edraits. - Testimonio del padre maestro F. Domingo Bañez ... sobre
¡., Yid11 i libros de la madre Teresa ... t591. Eitrails d'apres le ms. de
Ja Bibliolheque Nalionale de París, Espagnol 322. - Allusions a la
Vida de sairile Thérese. - Fray Gerónimo Gracián de la madre de
Dios. Eitraits. - Lellres de sainte Thérese, citées par D. Miguel de
·Lanuu, dans la Vida de Isabel de Santo Domingo, Madrid, 1638.
Exlrails. - Deux lettres de ~- Cuninghame Graham au 1ujel de la

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cai.len. - Conalitulion dea Cirmélllea. Trou miien. - Qudél 11!11'
la comapoada~ de Nia1e TWrile. Brouilloo lllCOlllpW. - El
ntmto d6 IOllla T,rua por 1). Ati¡el 11. de Bi11cl1, dana la Bo1illlt • •
~"""'1. bibfiofnirl 1 . 1111111#, jeDYitr,févrler 1909. - ieare da
1). Rrhmdo fedro,o l Fem6n Caballero ,ur un potirall 4e Nhlle
eop.. - P. lafoDd, Qa,/,¡ve• porlrmll u famUil,-.ü1aittr.
T~IIHC "'ltJ ~ a n , /wr, levete, Paria, 19.u.
8, llldell del DDDII de- penoq- qui te lrouvtnl dan• lea Iettrea a
fainll Thireee. Dauit c,arlóna et un douier de lícbn,
tfl. J). Carlat ~116m11 de Jqa Blat, CO!IIW dt ranlD •falu..
,.,.....&amp;ion au·Yolume dba Blwl#1 ,ur f/llpagtlr, Parli, tpoo, l. u.
• é!f. 'P• - Notea 1v le prinoe Emanuel de 8ahn llelm eur le am:
• lea'!_loñ, lllr lll dile de-1'1nF1111tai:IÓ, -t11r la COllllt. de Fer:.in N~
- Copie dff lellm.da eornlo de Fern6A Nállea u1illúe1 dau óe
YOiulJIO, - l,tltre de G. l\,ynaud. - Deiilt ldltel de A; d'Al'llelh;
tll, P ~ au RuiuU d# in1trutiotu donnJu au CIMboull·
.,.,., ~ mitúll,.,. ~,-,.,_ ,upui, lu lralUI df W11tpl1a/ilja1qtid U,
IUlíolalioll trcnr,u,,, publié. (1ar A. Morel-Fetlo et H. Léonardoil.
Pui,, •8t4-et, 3 volum1111.
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11. Utlératore. - 13. Romances. F1D1 el Btllü. 1$-14. VocabQlalra,
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l. ~ - de Lope. L''Pltre oommt!Mlllll par: Cllllldlo1 •i qoinM
4wlir1111poco,, TRDICl'iptload'unlmprlmé (Jlibliót~ue Uimallt
de ~dr141-88-11) • .- L'2pbre comm1111oanl per: Gaipai' ,u,iwiafl'f 1:1111 4oa oarlal, oopie, avcc une lellN ció ll. .\. Reatórt. _
M. l. Deluille le Rouls, - Noi. llU' 1- ipllnia. - Compee
~d11 ~ (»l'QI di ~,,. ,. YfC/11, L i Aku, par A•• Rqt.ori, cknt la
~ far ~ A e Pltiló_logw (cWdiR,tea). - B:e~talatio &amp;pon•
, -... - ~ Jlllio Colambtlrio, 1618, Traucription d'ua imprim6
... i. Biblaol~11• Nllloaalt de llldtid f· 1 &amp;¡34. - DórollO, ID de111

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Carpio, P - • .
1893. - HotJQ l\ennert, 1Apll de Y-,a'1 ooillifti&amp; BQllliag,o ,l ,,,..,

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~ JliMM i~ra, 4" Ülftlliol .,,.,.1e1te 4-m le a.lldül "i•n.tiV••
L llf. p. S18•M7. - Damaa-Htu.-rd, /A GatomuAie 8"
4t1
diau. dan• la ~ iruUP4Adatm, L V1 (1841). - A..-F. OlllMm,

14,..,,..

"· pq¡,,vl dMJn •""'9-nl, dan• le'Cof',.,pondoM du 10 mal 184D.

- DamaaeHinaÑ,

Lo,- de V1g4 (fltv•

imltl~, P• 756-7'/t•

~ di Vffdl Bl 0,,.U,0 a/A
"""""'"' dm1 la Z.U.clirifl,/IJr ro-•lina\rPlrilolofi,, l. XXV, p. 411•
4SS, ,;_ Georg Sleffen1, Rotroll-SlrldlfA l . hM • )lolroa al, naAaA11111' J,o¡,- da l',ga'•, Oppelln, 1891 (dMIAce). - Albert Ladwig,
ü ,..., Dramlll au daM KaroliagiullM&amp; &amp;ag,nknul, lledin,
1'98- - El'Jl!lll Mou\, UM ldw ll!Niw da LDJN ü fffa, dana lea
_.,,,,..uoJl,rtn 111. tmUe Picot, Parla, 1815 (cWdlcaoe). - Cllcb6
del fle.ibol161 du tD6aillire ialiln1': Lu OrigiMa ,. ,,..
V-,.,
18,\2). -

Hago A.lbeít I\Mlnerl, UMI'

Lo,.

*

dlll.,_ BeM• ~Jltlnfftt,. t. VU, p. 38,6S. - Blblioppble da Lope
ile Vep.. ojl!II IUl' le doc de S-.
&amp;tiúllea 111r Lope de Ve¡a (qa•tre rabien). - ·Lelr.ique d• IIIOII
iDIPl)llUII de tope de Vep (ua oahler). - Arlbur Ludwig ll&amp;lefel,
J,an ~ 1Co1NÑI• ,eiM Qaelle• úd NacltGfllnangM, llllltln,
igo,\ (dédicl&lt;:!e), - ldmund l&gt;ffl!r, Die Lop, d, V,go-t.ür,_,.,. lia
~ . Z1lrioh, ,a,, (dédlcacc). -IOl6 ele Arm" y ~
L a ~ u IApl da Yffll, Habana, 1884.
18'. liatrdi dl ■. Fr, GalooiáNlilll, lpreuVN de l'arllcle lnll•
iiil'~ d. P"flllOa di1 Glllthardin dans le Bal/elin ilalÑa, LXV, p. 111u-1. - Conoonlance de l:Millon lac. Corbinelll avec Ju m.orlfl del
0peniMIIUI. - l'lolea sur Gulccianlini. - Prologue de la trad1iellon
de la Sloria tl'llali4 de Guiccianlllli par I&amp; IOl Pbillppa IV, d'apn&amp; le
- ; de la BibliotMque Nationale de Madrid 164 1. TrallllCriplion da
11. F.. IIOUNel -et une lattre. - Lexique dea Jl!III• des Rilordi,

t

d'apna lea o,., IMdite.
tat. D. Lllh lle Bequettaa. ~paratlon au mémoire lnlitul6: lA
PI, ti, D. Llie de Req1111eiu 1 ZWg11, graAd_ COIIIIIIO_..,. G CadUII,
ilana le .Baltlfin / t ú ~ , t. VI, p. 1gó-~M - Note■ 1ur 11aq1111r·
ti - 114reuta. - Copie par D. R, llurlllo de l'lndl'llCÍIIII • nuutra
1,Jlorq Donll &amp;t,pbatúa P""ª ,a hijo Don Luú de B,qu,uu, do mi, ele
16:Billllella6que a&amp;lonale de Madrid G 15D. Carie de D, R. Milrilld,C~e d'u.ne lettre de Dolla Ettepbania l sou tUs, D. Lul1 de l\tqll►
--. d'apns 110 IDI, clu Bri\isb 'llu-m. - D. ConllllllllllO Dooifillo
Buh, bóa lM á Beq!IUflU, 8aíoelom, J88&amp;, - D. Fnncilco
.Bando, .Qoll l.ai,.ü R,,,_,,-,, lladlid, 1909, - l. L. l . . ~ •
,

�3,4

BULLErIN RISPAN'IQUB

Le/tres inédites de Don Luis de Requesens, Utrecht, 1859. - Lettre de
E. Castelot. - Leltre de D. Francisco Barado. - Letlre de D. Francisco Marti Grajales. - Trois letlres de D. José Enrique Serrano y
Morales. - Leltre de D. Manuel Magal!ón et les preuves de noblesse
de D. Juan de Zuñiga y de D. tuis de Requesens. - Lettre de D. Joaquín Miret y Sans. - Copie et épreuve du Testamenl de Doña 'Mencía
de Mendoza, marquise del Zenete, comtessc de Nas~au, puis duchcsse
de Calabre. Burgos, 3 jui!let 1535.
t87. D. Francisco de Quevedo. -Estebanille Gonzalez . Liste des
mots importants dans les reuvres de Quevedo. - Don Francisco de
Quevedo, Obras políticas, históricas y críticas, t. I, Madrid, 1893
(exemplaire annoté). - Suppliquedu duc d'Osuna, d'apres !'imprimé
de la Bibliotheque N'ationale de Paris, Oa 1 98 "'· - Lisie des personnages de la Vida y hechos de Estebanillo González.
t88. D. Diego Hurtado de Mendoza, Guerra de Granad,. Prépa•
ration au mémoire intitulé : Quelques remarques sur la Cu.erre de
Grenade de Diego Jlurtado de Mendoza, extrait de l'Annuaire de tEcole
pratique des _Hautes Éludes, 1914-1915. - Lellres de Mendoza de
1547-48. Recueil d'Aymon. - Sienne en 1552. - Quatre lellres de
Mendoza aZurita, copies de M. A. Pages dans le ms: de la co1leclion
Salazar, A. 1u (Bibl. de l'Acad. de l'Hisloire, a Madrid). - Liste des
personnes mentionnées dans la Guerra de Grana1Ja. - Archivo de
investigaciones históricas, año l tome II, n°~ 1 a3, 5 el 6, Madrid, 1911.
-J. Fesenmair, D. .Diego Hurtado de Mendoza, ein spanischer Humanist
des XVI Jahrhunderts, Müncben, 1884. - Lucas de Torre, Carla del
Bachiller de Arcadia y respuesta del capitán Saldzar, atribuidas á
D. Diego Hurtado de Jlend(fza, Madrid, 1913 (Revista de archivos,
bibliotecas y museos, mars•avril 1913}. - Du m. Don Diego Hurtado
de Mendoza no Jué el autor de la « Guerra de Granada ii, dans Ie
Bo/etln de la R. Academia de la Historia, t. LXIV, mai•juin 1914. Lettre de D. Ramón Menéndez Pida!. - Sept lellres de D. Lucas de
Torre. - Leltre de M. Ernest Mérímée.
t89. D. Francisco Manuel de Mello. Liste de mots importants
dans la Guerra de Cataluña. - Note sur la Guía de casados. - Re/a/ion
da Portugal en 168// (Bibliotheque Nalionale de Paris). - Letlres de
l'abbé Legrand sur le Portugal (Clairamb. 1028). - Notes sur D. Francisco Manuel de Mello et bibliograpbie. - Lettre de Charles Kohler.
- Deux leltres de M. Georges Mus.set. - Sept lctlres et neuf cartes de
M. Edgar Preslage.
t90. D. Gonzalo Fernández de Cordóba y Aguilar. Notes sur son
hisloriographie.
t9t. Christoval de Mesa (trois cahiers). Bibliographie et étude de
ses ceuvres. - Carte de M. Ch. Bémont. - Asajrae nobilissimi Turdelanorurn Baeluriae oppidi du.catusque emporitani breois descriptio ...
1

'

CATALOGUE DES YA:NUSCRtTS DE M. MOREL-FATIO

325

autore Henrico Coquo ... Copie dans le ms . de la Bibliotheque Nationale de Madrid par D. Antonio Rodríguez Villa.
.
t92. D. Gaspar de Guzmán, comte -duc d'0livares. Préparalion
au mémoire intitulé : P. lppolito Camillo Guidi, Caduta del con/e
d'Olivares /'anno M. DC. XXXXIII, dans le Bulle/in italie11, t. XII et
XIII. - Gazelte des Beaux-Arls. Le comte-duc ,tOtivares (Eau/or/e
de Velazquez). - Gravare au burin attribuee a Velazquez. - Carte
de D. Rafael Ballester, avec le portrait du comle duc d'Olivares
(g,lerie de Dresde). - La supplique inlilulée: Catholica, sacra y Real
Jlfagestad, altribuée a Quevedo, transcrite d'apres des imprimés el des
manuscrits de la Gibliotheque Nalionale de Paris, Dupuy, 591, fol. 181,
Oi 197 et ms. espagnol 449, fol. 15,. - D. Juan l'érez de Guzmán,
La labor polílico-literaria del conde-dúque de Olivares (Revista de
archivos, bibliotecas y museos, annec Vlll, aout-seplembre 1904). Ou méme, La caida de un valido, dans la Ilustración española y americana, année 1874, nº" 3!l et 33 . Copie. - D. Manuel Co 1meiro,
Discurso de los polilicos y arbitrislas españoles de los siglos _\ n y .\ v11,
Madrid, 1857. - D. F. Ja,ier de Salas, Informe sobre la obra: Les
mariages espagnols sous le regne de Henri IV ... , por Mr. J . T. Perrens
(Revista de España, 1v~ anné~, t. XIX, nº 74, ~5 m~rs 1871). - Notes
sur le comte•dnc d'Olivares. - Jlita e polilica. - Ferranle Pallavicini.
Carie de M. Arturo Farinelli. Leltre de Ch. Kohler. - Yirgilio
Malvezzi. - Vittorio Siri. - Caduta del comle d'Olivares. - La sloria.
-Notes finales. Table de la Caduta. - Leltre de M. R. Reuss. -Satisfacían que da el conde de la Roca a un agra,:io que se le achaca auer
dicho contra el conde-duque. Copie du ms. de la Bibl. Nac. de lladrid,
T. 195 p. 197. - Extrait des Archives de Simancas, secretaria de
Estado, legajo 3540, sur le comle de la Roca. - D. Juau Antonio de
Vera y Figueroa, comle de la Roca. - Extrail des Fragme[llos hisló•
ricos, pris par M11e Blanchard Demouge dans un ms. de la Bibl. Nac.
de Madrid. - Letlres de Madrid, en italien, mars elavril 1643. Copie.
- Leltre de ~l. E. Rouvy. - Nica~dro. - Minute du comptc rendu
de Martín Hume, trad. frarn;aise de J. Condamin et P. Bonnet. Carie
de M. James Condamin.
t93. D. Gregario Mayans y Sisear. Préparalion au mémoire
intitule: Un érudil espagnol au. xvnl° siecte. D. Gregario Mayans
y Sisear, daus le Rulletin hispanique, t. XVII, p. 157-»6. - Letlres de
~fayans de la colleclion Tiran et table de ces letLres. - lndex des
personnages de ces lettres. - Amis el patronsde Mayans. - Garriere.
Travaux faits ou A faire. - f:tat des lellres en Espagne. - Remarques
sur le slyle. - Ad versaires. Victimes. Ranc1.J.Des. - Bibliograpl1ie. En.seignement de la grammaire et du latín. - Diccionario de autoridades. - Philosophie. - FamiHe. Vie domestique. Oliva. - Droit. Mayans et les grands d'Espagne. - Leltres d'antiquaires espagno/s de
1

�3,G

CATALOGUE DES MA~U~CRlTS OE "M, YOREL-FATIO

BULLETlN AISPA:,-IQUE

la /in du Krul· sil~cle adressées_au comte de Lumiares, de.ns la Bibliotheque de l'École des Charles, t. LVII, p. 64-76. - José Ceva)los et José
Bermúdez, d'apres les ms. de lacollcctionTiran. - Carle de D. Julián
Paz. - Neue spanische Schriflen. Rechlsgelahrtheit und Polizey , dans
le Journal zur l(unstgeschichte, 1 í8o . - Correspondencia literaria de
D. Gregorio Mayans y _Sisear, 1771 -1779 (Revista de achivos).
194. Lettres de Carmélites. Lellrcs de la Mere )larie du S'-Sacrement, de la Mere Marie de S 1-Paul 1 de la MCre Genevieve de Sl-Bernard, '
de la ~!ere Marie de l'Immacult1e-f.onceplion, de Ía Mere Agncs de.

a

Jésus-Marie, du prernier monastCre de Paris,
Anderlecht 1 prCs
Bruxellell-, et du P . Séverin de Sainle Thérese. - Lettre de D. Antonio
Paz y Mélia, de D. Miguel Mir, lellre et deux caries de D. lllanuel
Magallón, leltre de 1\1. L. Lambeau, letlrc et une carle du comte
P . de S'-Phalle. - Em ile Gebhart, L 'originalité de sainte Therese,
dans le Journal des Déba/s du r3 novembre 1907. - Notes pour
servir l'article intitulé: CEuvrrs complfles de sainte Thérese de

a

Jésus, traduclion rwuvelle par les Carméliles du premier monastere de
Paris, dans le Journal des Savants de rnars 1911.
f95. Mystiques. Mysliqucs (ordre alphabétique). - Livres mystiques. - Dª Luisa de Carmjal, d'apres l'imprimé de la llibliotheque
Nalionale de París, Rés. 01 785. Extraits. - Mystiques (Mazarine). l\lystiques a la Bibliolheque d6 Versailles . Note de Ilenri Léonardon.
- Copi_e par Mn~ Lilia Cassis ele la bíographie de Fr. Francisco de
Osuna dans ]a Bibliolheca universal franciscana. - Copie, de la
mérne, de la biographie de Fr. Bernardino de Laredo, dans Fray
Andi·és de Guadalupe, llistoria de la santa provincia. de los Angeles.
- The science o/ To-nwrrow and .1/ediaeval .lfysticism by Mrs Cunninghame Grnham. - ,1a11rice Mignon, Sienne et Catherine de Sienne.
Nevers, 1907. - La vida de la seraphica santa Caiherina de Sienna.
Venundantur in monasterio sanctc Cn.therine de Senis civitatis
Yalentinc. - Traite du purgaloire de sainle Calherine de Gines,
Rome, _1899. - D. Fulgencio Aíán de Hivcra, La virtud al uw
y mistica á la moda, Mallorca, 1813, et M,drid, 1887 (Biblioteca
universal).
f96, Fr. Francisco de Osuna. Extrails de son Abecedario spirilual
et dn ,Yorle de los Estados.
197. Miguel de Cervantes (trois cahiers).
i. Liste des rnols imporlants du Casamiento engañoso et du Coloquio de lns perros.
2. Liste des noms de personne et des noms appartenant a la mylhologie de 1a Galatea. - Cervantes : militaires, soldals, jeu, coches,
destreza de la espada, médecin, gouvernement, justice, arbitristas,
jitanos, mots, expressions, versificution, provinces, rivalités entre
villes et familles, bandoleros, littéralure, poésie, langue, comédies,

espagnols, élrangers, marisques, religion, église, clergé, agueros,
astrologíe judiciaire, noblesse, caballeros, hidalgos, duegnes, donsi
trailemenl de merced, maríage; - Cervantes en Anglelerre. - Un
.faux autographe de Cervantes, dans le Bulle/in dtt bibtiophile, 1905,
n• 4 1 15 avril, p. 155-163 (exemplaire annoté). - Un second exemplaire, tiré part. - LeUre de M. C.-M. Briquet. - Lellrede D. R. J .
Cuervo. - Deux fac-similés du faux exernplaire. - Notes sur cetle
falsification.
3. Cervantes : généralilés. - Carie de M. A. Chuquet. - Émile
Gebhart, Hors de France. A propos d'éludes 1·écentes sur le « Don Quichofe, dans le Journal des Débats du 16 et du 21 juillet 1897. Bibliographie. - Une leLlre et une carie de D. Alvaro Verdaguer,
a,'ec une notice biographique sur D. Leopoldo Rius. - Lettre de
D. Fidel Giró a Murillo. - Novelas ejemplares. - Persifes. - Idées,
biograpbie, etc. - Notes sur Cervantes. - Minute du mémoire intitulé: A propos du /roisieme centenaire de Cervantes par Alfred l\lorelJi'alio, dans la Revue des deux Mondes du 1°'" juin 1916. - Epreu,•es
(exemplaire annolé). ~ Exemplaire de la Revue des Deux Mondes
(exemplaire annoté). - Andrenio, More/ Falio y el centenario de Cervantes, dans la Vanguardia, du 18 juin 1916 (deux exemplaires). C. R. Salamero, Un estudio de M. Morel-Fatio. - Laurent Tailhade,
Don Quicholle a París et dans les franchées par M. Ventura García
Caldero11(L'CEuvre littéraire). - Sainle Beuve, Don Quichotte (/\ouveaux lundis, 9 mai ,864). - LelLre de M~• Hélime Dournic . - Lettre
et -carie de M. René Doumic. - Don Quicholte traauil par César
Oudin. Notes bibliographiques. - Leltre de M. de llarchéville a
M. Émile Mayniel. - Cervantes dans le Calogue genéral des imprimés
de la Bibliolheque nationale. - Lellre de M. Léonce Celier. - Lettre
de M. Joaquín llazailas. - Deux caries de M. H.'Morf. - Lellre de
1\. J. Cuervo. - Pero ~ludo, Los de acá y los de allá (Sobre el centenario del(&lt; Quijote ii, dans El Universo du :.i3 mai 1905. - Préparation au mémoire intitulé : Cervantes el le lroisi/Jme cenlenaire du. « Don
Quiclwtte ._ par .l.lfred More! Fatio, dans l' Archio far das Stadiurn der
neueren Sprachen un'l Literaturen, t. CX.Vf, p. 340-361 . - Letlre du
marquis de Laurencin. - Lellre de D. José Ramón Mélida - El
marqués de Laurencin, Hommaje póstumo d la duquesa de Villahermosa, dans le Bolelin de lci. R. Academia de la /lisloria, mars 1906 . José Ramón Mélida, El legado de Villahermosa, daos le Correo du
3 janvier 1906. - La duquesa de Villahermosa, dans El Universo du
7 novembre 1905.
f98. Catalan (denx cahiers).
i. Copies prises a Palma de Mallorca en 1881 : Collalion du Desconort de Ramon Lull, d'aprcs des mss. de llayorque: Regiment de la
cosa publica ordenal per lo reuercnt meslre Francesch Eximenes

a

�3,8
BULLETIN BISP."\NIQUE

Poésie du

se_qle .\ v, fin,'i al presenl inedita, Barcelona, 1889. - Historia y succes

niz. -

·

.

u.e com e

rge , crontca de autor anonim del

/lamentable de Don Ja_yme de Aragd, comte de l'rgell, segon de aquest
n?':1', cognomenat lo desdil.cat. Copie du ms. de !'Arsenal 83o6 et collallon par M.. Amédée PagCs du ms. de l'Académie de l'IJistoire a

Madrid, copié par Diego de iloníar y Sors, · 163,. Préparation d'une
édtt1on de ce tex_te. -

Copie de diverse.s poésies catalanes, d'aprCs le
rns. _de Carpenlras, n'' 3¡¡. -- Eduard Wecbssler, Die Uomanischen

M~rtenl&lt;iagen, Halle, 1893 (dédicace). - Quatorze lellres de M. Amédee PagCs. -:- Deux lcltres de D. Bato lomé J\funtuaer. 1

Descriplion

par M. Amedée Pages, du ms. Bb 1n de la Bibliotheque Nationale
de Madnd. -

Note sur la liltérature catalane.

2. Copie prise a Palma de Majorque en 1881

a !'Archivo del

Patri-

monio el it I'Archive h.is.lorique de di\·ers documcnts historiques. _

Mort de D. Manuel '11la y Fontanals (16 juillel 1884): articles de
D. G~yet:no Y1~al y Valenciano y de _D. J?. Miguel y Badia. _ J?acstmiles d un~ P_iece,&lt;le moss~n Jordi de sant Jordi et du prologue du

ms. de

!~ 81bltotheque \'at,onale de

París, Espagnol »5, faits par

Joseph lastu. -lsop en catalan. Extraits. -

Descdption des mss.

Baluze &gt;34, ,38 el 039, de la Bibliotheque 'íationale

a Paris

conle-

nant des documenls historiques reJalifs a l'histoire de C;taloo-n~
recueillis par Hieronym PU)'ades. - Notes relalives a l'histoire d; la
langue catalane et des mceurs catalanes. - Lei;on d'ouverle faite a
l'É~ole ?es Hautes Eludes : langue el littérature catalane. - Préparatwn d une chrestomathie catalane: Lettre de change du ~ septem2
1
brc 4oQ, dans la llustracion espaffola y americana du 8 avril 1881
- Regimenl preservalia de la pestilencia composl per meslre Luy;
Alcanys. - Testameni d'En B. Serrad,ell de Vich. - Révolution de
16ft0. - Desconort de Ramnn Lull. Deu, lettres de M. Amédée Pages.

-

CATALOGUE DES MA~USCRITS DE J\I. MOREL-1''ATIO

(Yale~cia, &lt;499). Extraits. - 8pi/l de la vida religiosa(Barcelone, 5 5).
1 1
Extra,ts - La fl ,r l
t d'l' //
·

Proverb,s e d,t de pltilosojs per Jq{uda. Copie du ms. de la lliblio-

tbCque Nalionale de Paris, Espagnol, 55 et variantes du ms. de Ja

Bibliotheque 'íacional de Madrid, L. ,. Carie de M. Neubauer. Fragments del roloquis de m• Crislophol Despuig, caval/er de la ciutat
de Tortosa. Copie de certains passages de ce texte dans la co11ection
Baluze. - Psaum_e VI, d'apres le ms. Espagnol 5 de la Bibliolheque
::Vat1ona!e ~e Paris. -

Doctrina moral d'En Pac!is 1 d'aprt!s les mss.

de la B,bjwtheque Nalionale de París, Espagnol, 54 et 55. -Sompni
d'En Bernat Aleige. Extrails el notes pour l'édilion de. Guardia._

Textes Jittéraircs. Extraits de I'Arbre de sciencia de- Ramon Lull
d'aprCs le. ms. appartenant a D. Gerónimo Rosselló. - Proces~
instruido en 1345 contra el Gobernador Arna/do de Eril/ d'.apres la
copie de D. José Quadrado. - Costumes de Catalanya, d'apres le ms.
latm 10, 15,, f' 3 a 8'" de la Bibliotheque Xationale de París. 1

o~

Yicens Garcia. -

329

Extraits du Dotze·de Cristiá cl'Exime-

En/remes de los labradores . - _0rdonnances de Pierre IV. -

Poésies de Serafi .
f99. Jtaiie.' Notes d'ho!el. - Caries de savants. - Bibliograpltie.
- Carte de j\f. Ernesto Uagusa, propriétaire de l'hótel de Trinacria, -

Lettres de M"º Maria Pilrc. - Le,ltre de M. E. Pércopo . - Lettre
du prince Pietro Lanza di Scalea. - LelLre de M. A. Salinas.
200. Corresponda nce littéraire. 1871-1880 (deux volumes).
t. Années 1871-1878 : Academia de.Ja Historia, Adee (Aug.), Aguiló
y Fuster (D . Mariano), Asenjo Barbieri (D. Francisco). Baumgarten
(ll.), Boehmer (Ed.), Boíarull Sartorio (D. Manuel), Cam¡,illo (D. Toribio del), Cbabaneau (C.), Circourl (c'º Albert de), Coellto (Franc.
Adolfo), Delisle (Léopold), Dilthey, Elias y de Molins (Antonio;,
Escudero de la Peña (D. J. M), Fabié (D. Antonio ~!aria), Fernández
Guerra y Orbe (D . Aureliano), Fierville (Ch.), Féirsler (We~delin),
Fuensanla del Valle (m;, de la), Gabara (J .-B.), Gacbard, Gallardo
y Víctor (Manuel J.), Gatli, Gayangos (D. Pascual de), Georgi (Karl),
Gourncrie (J. de la), Graux (Charles), Grober (Gustav), Guardia
(J.-)1.), Gutierrez de la Vega (D . José), Heinemann (O . van), lleredia
/J.-i\J. de), Hoefler (van), Hofmann (Konrad), Jimenez de la Espada
(Marcos), Knapp (W. l.), Lasso de la Vega (D . Angel), Latour (Antoine
de), Lehr (Esnest), Lemeck (Ludwig). Litchtenberger \Fr.), Luanco
(D. José Ramon), Menéndez y Pelayo (Marcelino), Menéndez y
Pintado (Marcelino.), Meyer (Paul¡, Michaelis (A.\ Michaelis de Yasconcellos (Carolina), Milá y Fonlanals (D. Manuel) Ministerio de
Estado, Molinier (AngusLe), Molins (marquis de), Montoro (D. Rafael),
)lorel-l'atio (Arnold), Morel-Fatio (Caroline), i\forf (U.), Murillo (D.
Mariano), Muro (D. Gaspar), lfussafia (Adolf), 0clavio de Toledo
(J. )l.), Paoli (Cesare), Pasqualucci (Loreto), Pécoul (Augusle), Pella
y Forgas(José), Perojo(José del), Piot (Eugene), Puymaigre (comte de',
l\euss (Rodolplte), Revilla (D. Manuel de la\ Rocbat (Alfred), Rodríguez Villa (D. Antonio), Romero de Castilla y Perosso (D. Francisco),
Rouget, Sancho Rayon (D. José), San~ós (de), Tailhan (Jules), Tamizey
de Larroque (Ph.) Toreno(comte de), Tubino (Franciso Maria), Van
den llergb, Yasconcellos (Joaquim), Vida! y Valenciéno (D. Cayelano),
Viollet'(Paul), Vollmoller (Karl), Vuilleumier, Zarco del Valle (Manuel
l\emon).
2. Années 1878-1880: Academia de l,Í Historia, Arhois de Jubainville (d'), Asenjo Barbieri (D. Francisco), Asensio (J. 1\1"), Asociacion
de escritores y artistas, Baist (G.), Baumgarlen (H.), Bémont (Ch.),
Boehmer (Ed.), Boucherie (A.), Cámara (Fr . Thomas), Campillo
Toribio del), Caslan (A.), Cbabaneau (C .), Claude (C.), Claudia,
Coehlo (l'ranc. Ad.), Cornu (Jules), Costa (Joaquín), Delisle (Léop.),
Denis (Ferdinand), Oeprez (Michel), Ebbardt (Franz), Fabié (D. Anlo-

"

�330

CATALOGOE DES )U.'NUSCBITS DB 11, M.OREL..F'ATIO

BULLBTIN HISPA:,lQUB

nio M'), Fernandez Guerra y Orbe (D. Aureliano), Foersler (Wendelin),
Fuensanla del Valle (m'· de la), Gachard, Gayangos (D. Pascual de),
Gener (D. PompeyoJ, Graux (Charles), Grüber (G,), llarrisse (Henry),
Heredia (J.-~I. de). Hinojosa (D. Eduardo de), Jimenez de la Espada
(Marcos), Knapp (W. J.), Lande (Louis), Letourneur (J.), Majorque
(lellre au sujet de ll. Lull), Malleftlle (L.), Mariategui (D. Eduardo),
Mayniel (Emile), Menéndez Pelayo (D. Marcelino), Meyer (Paul),
Michelant (H.), Milá y Fontanals (D. Manuel', Morel-Fatio (Arnold),
Müntz, Murillo (D. Mariano), Mussafia (Adolf), Navarro (D. Felipe B.),
Nicolas (A.), Niemeyer ()!ax), Oclavio de Toledo (J. M'), Oechsli
(Wilhel ), Otiver (Bienvenido), Paillard (Ch.), Palomo (Fr. de B.),
Paris (Gaston), Pastor, Paz y Melia (Antonio), Pécoul (Auguste),
Pella y l'orgas (D. José), Pierson (Paul), Piñar (BJas Leoncio de),
Poullet, Rache! (Paul), Raynaud (Gaston), Hiant (comte), Rodríguez
Villa (D Antonio), Sanchez Moguel (Antonio), Sanpere y Miguel,
Schuchardt (Hugo), Sorel, Slengel (E.), Suchier (H.), Tailhan
(Jules), Tamizey de Larroque (Ph.), Thomas (A .), Vaesen, Viollel
(Paul), follrnotler (Karl), Withney (James L.), Yriarte (Charles),
Zarco del Valle (Manuel Remon).
20i. Carlistes. Notes sur les Carlistes. - Lellre du marquis de
Laborde. - Lellre de M. Albert Mousset. - Exlrails de Lichnowsky,
de Goben, de Rahden, ele. - Coupure de journaux. - Letlre de
D. Francisco Melgar. - Deux lellres et une carte de M. Albert
Mousset. - Carie de D. Gabriel Molina. - Bibliografía espagnola,
1"' mars 1915 (íactum de Sancho-, Marques). - Deux letlres de
M. l\.laurice Brillant, secrétaire du Correspondanl, avec une lettre de
D. Bernardiho Matin Minguez. - Deux lettres de M. Trogan 1 directeur
du Correspondanl.- Deux caries de Fr. José M. de Elizondo. -Leltre
de D. l\amon Menéndez Pidal avec une consultalion sur la parole
Requeté. - Indiscreciones, par D. Miguel de Unamuno. - Trois
lettres, une dépCcbe et deux carles do marquis de Cerralbo. - Lettre
de !l•• 1. Dáchelelte adressée M. Camille Jutlian. - Deux lellres de
D. Alvaro Alcalá Galiano. - Carie de D. Julion Paz. -Así nos tratan.
Pregunta y advertencia de Aforel-Fatio por el conde de Doña Marina.
- En desagravio, por Francisco Melgar, avec l'avant-propos en
minute. - Découpure de journaux sur l'allitude aliadophile de D.
Francisco )lelgar. - Porlrait et aulographe de D. Francisco Melgar
(America latina,, 15 mars 1oi;). - Deu1 leUres de D. Francisco
}lelgar. - Carie de F,. José M. de Elizondo. - Biblioteca de /a
banderti regional. Bio.1rajla de Don Jaime de Borbon. B. de Arlagan,
Barcelona 1 s. d , anc nne collection de limbres porlant l'effigie de
Don Jaime (Dios patria Rey). - Découpure de journaux. - D. Juan
Vá.sqnez de Mella, El úleal de España. Los tres dogmas nacionales,
Madrid, 31 mai 1915. - C. Irom, Espaiia, graripotencia. Prológo del

a

331

Excmo Sr. D. Juan Vásquez de Mella, Madrid, 1915. - El cardenal
]Jlercier y s1i cilebre pastoral. Opinión de Juan Vásquez de Mella.
Madrid, s. d. - LeUre pastorale de Son Eminence le cardinal Mercier,
archeveque de Maliñ.es, sur le palriolisme et l'endu,.ance, NoCl 1914. El cori"eo catalán et d'autres journaux sur la c~nfércnce du 31 mai 1915
de Juan Vásque,. de Mella.
202. Faucnnnerie eu Espagne. Brouiltori d"une étude sur la fauconnerie en Espagne, de M. Georges de l'rézals etde D. Ramon Zarco
del Valle: 11: l'un lient la plume fran('aise, l'autre les notes espagnoles ,.
- &lt;t Aulrefois, Bibliographie. n Leltre de D. Ramon Zarco del Valle á
M. G. de Frézals, Madrid, ,5 aoúl 1886. - « Aulrefois. llistoire,
chasseurs el faucons. 1) Cinq lettres de D. Ramon Zarco del Valle a
M. G. 'de Frézals, Madrid, 7 juin 1886 - ,. seplembre 1888. t\ Aulrefois. Langue et croyances. il • De nos jours )). Lettre en
anglais a M. ~ - Lilford, 22 février 1886. Qualre leltres de D. Ramon
Zarco del Valle a M. G. del'rézals, 15mars 1886-,6décembre1887.
- « Lois el coulumes . n - « Portugal. 11 - u Prouesses de faucons. n
- Coupure d'un journal: « La hazaña de un azor 11 1 par ~I . Gulierrez
Jimcnez. - &lt;t lconographie. » - 1t Document de fauconnerie des
archives d'Aragon. » - Lettre de D. Manuel de Bofarull a M. G. de
Frézals, Barcelone 1 18 février 1886. Leltre de P. Reman Zarco del
Valle 1, \l. G. de ~'rérnls, n septembre 1888. - «Autrefois, Arls et
lellres . 1i - tt Poésie. i - (t Libro de Cclreria de Cava de a¡;.or 1i,
Salamance, 1565. Extraits. - Documenls sur la fauconnerie extrails
des Archives du Pala is Royal de Madrid, de 159~ a 174,. - Documenls
ex.traiLsdesArchives de Simancas. Casa real, lcg0 44 1 45, 6oet Contaduria
mayor,¡, época, leg" 1017 et 1&gt;13. xv1• siecle. - Leltre de M. G. de
Frézals
D. Hamoo Zarco del Valle(?), 31 janvier 1886. - Sur
plusieurs dossier, il y a:« Vu et lraduit. S. O.» (M1" Sara Oquendo).
203. La guerre de i9i4-1918 (cleu;,; cahiers).
t. Académiciens franc¡ais en Espagne en 1916: u Déclaration de
M. Henri Bergsou » (Le Temps). - Mémoire de M. Aguero, ministre
de la République cubaine en:Altemagne, sur les visées de 1' Allemagne.
(Journal des Débats, 8 juin 1917.) - Alvaro Alcalá Galiano. La
verdad sobre la guerra. Origen J aspecto del conflicto europeo, Madrid,
MC}IXV (dédica.ce). - Altemands en Espagne. August H. Hofer
(Barcelona), Das Deulsehtum in Spanien, dans Der Turmhahn, juillel
1914. - La hora de la comida en la llamada &lt;1 Casa de los alemanes &amp; ,
en Barcelona, dan~ le Nuevo mando, janvier 1915. - Découpure de
journaux. - Leltrn de D. Rafael .\llamira. - D. Rafael Altamira,
Comrnent 1'ulformée en Eó:lpagne l'opinion favorable aux alliés, dans
le Petit Parisien du, juiu 1915. -Conférence de M. Rajall Altamira,
Pa•is, 19 ,3. - F. Martin Caballero, Impresiones americanistas, dans
le Boletin del centro de estudios amei·icanislas de Set•illa, t. 111, uum 8,

a

�33,

BULLETIN HISPA~IQVB

CATALOGUE DES MANUSCRlTS DE M. MORBL-FATIO

- Découpures dejournaux. - Lettres de M.. Quiñones de Lean, me
demandant d'accorder un rendez-vous au lieutenant-colonel Benitez.

Torra{xa, 15 janvier 1915. - Traduction en espagnol de l'article du
Correspondan/ el polémiques. - Cotare/o (D. Emilio). Le bénéjiciaire
de la prime par Pierre et Paul. - Cotare/o es germanójilo, daos El
Debate du 31 aoul 1915. - Rafael Altamira, Giner de los Rios ed1tcador, Valencia , s. d.- Lettrede M. G. Koechert. - Jnstilucion libre de
enseffanza. Programa, Madrid, 1910. - Lettre de D. Ram.ón Menéndez
Pidal.-'-Francisco Giner de los Rios. Datos biograjicos, dans la España.
- Gobineau et les races germaniques. Réponse de la baronne de Gulclencrone, née de Gobineau, dans le Temps du 8 janvier 1915. - Germania, Año I, núm. 3. Coupure de la Germania, año 1, núm. i. avec
« elocuentes manifestaciones para « Gormania &gt; del Excmo Sr. Mar-

- Armée espagnole. Extraits. - Azorin. Lellre et carte d'Azorin (José
Martinez Ruiz). Découpures de journaux oU a éclt Azorin. - Rafael
Ballester. Deux lettres et une carte. - Pio Baraja, De un germanójilo
d un suizo. aleman, daos I'lmparcial, ag octobre 1914. - H. Peseuxllichard, Un romancier espagnol Pio Baraja, dans la Reune hispanique, l. XX!ll (1910). - Basques. Euzkadi du &gt;7 el du 3o septembre
1914. Découpure du Temps. - Corpus Barga. Los personajes de

Francia hablan de España. Visita el Monseí'íor Baudrillart, rector del
Instituto catolico, dans La España, .lO janvíer 19 16'. - A la Belgique.
Manifes/e des catholiques espagnols, Paris, Pion, 1916. - Arturo
Campion, Bélgica, el 2 de mayo y los católicos españoles, Londres,
1916. - Jacinto Benavente, El año germanOfilo. Juicios y opiníoncs de
Vásqaez de Mella, Rodriguez Marín, Cotare lo, Carracido, Commelerán,
Satillas,Bonil/a y San Martín, Peñajlor, Ga_y, Saldaña. Año 1, 1916.
Deux arlicles de D. Jacinto Benavente, De Sobremesa, dans Los lunes
del Imparcial, B et :u février 1915 . - V. Blas.colbañez, Las atrocidades
alemanes . . Valencia, s. 'd. - Le romancier Blasco Iba,'tez dans le
Temps du , février 1915. - Breuil (l'abbé). Deux letlres de l'abbé
Breuil des ,1 el 27 seplembre 1915. La idolatría de lajuerza en Alemania y sus consecuencias par Enrique Breuil.-Calalans.Deux lettres
et une carie de C. ~lonloliu - Leltrn de M. Marius André. - Lellre
d~ M. Alfons Maseras, avec Los Parlamentarios Regionalistas al País
por Catalrtña y la Gran España . - Qualre lettres de M. Brutails . Lctl re de M. Cal melle. - Calalans fideles á la maison dº Autriche, par
Lichnowski. - Montanyes Regalades, janvier 1918, contre M. Bernard
Schaedel el D. Antoni M• Alcover. - La Barbarie a/lemande fiétrie aux Jeux floraux de Barcelone en 1915 ... texte catalan et traduction frant;aise, Toulouse, 1915. - Revue calalane, 9• année, nº 97,
janvier 1915, avec une leltre d'envoi de M. Alíons Maseras. « A Morel-Falio de I' Académie des Inscriplions et Belles Lellres .
Paris. » Manifeste. - Pere Corominas, Per l'amor de la Frant¡a.
Amb les uersions castellana y Jran9esa, Barcelona, 1914 (dédicace). Lellre de M. Alfons Maseras avec l'arlicle: Dans la Castille et dans
la Catalogne, par Eugenio Garzon . - Lellre de M. Alfons Maseras
avec le Manifest deis Catalans daos El Poble Calalá du ,7 mars 1915
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a

333

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Lettre de la charnbre _de commerce espagnole

a Paris.

-

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de l'Union fran&lt;¡aise. - Cinq cartes de D. Ramón Mefféndez Pida!. Lettrn de D. Ramón Martinez Sol. -Deux lettres de M. AlberlMousset.
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Numance, dans L'Anlhropologie, l. XXVI, 1915. - Miguel de Unamuno, LºEspagne, r Allemagne et la France, dans le Temps, du 16 janvier 1915. - Article d'Unamuno, dans la Iberia du 10 avril 1915.. Trois articles d'Unamuno : Deber cívico, La fuerza de la opinión,
Papeletas á la alemana, dans le l\'uevo mundo. - Pages acluelles,
1914-1915. L'opinion calholique et la guerre par P. fmbart de La
Tour ... suivie d'une lellre de Don Miguel de Unamuno, Paris , s. d. Unamuno y Zuloaga en Madrid dans España_ - Maurice Barres, Les

..

Bull, hi5pan.

•

�334

BOLtETffl HISPA.!'flQUE

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g février 1915. - D. Julio de Urquijo, Lettre de protestation adres_sée
a ses collaborateurs de France des Études basques Sl-Jean-de-L1Jz,
16 janvier 1915. - Un traitre arr8le a A,-cachon, dans la France de
Rordeaux el du Sud-Ouest, du 29 septembre 1915. - Deux lettres de
O. Julio Urquijo, de Palacio de Setiaes, Cintra, 10 el 23 septembre
1915. - Minute d'une letlre de M. Morel-Fatio Urquijo du 18 septembrc 1915. - Trois lettres de M. Henri Courteault. -Deux lettres

.BIBLIOGRAPIIIE

1

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de París, 1"' juin 19 16 (dédicace). - Letlre de M. A. Olorgel, Propa!JOnde espagnole. - Carte de M. lmbarl de La Tour. ;;- Lettre de la
marquise Arconali Visconti . - Deux lettres de M. Boris de Krjefrki.
- Lettre de D. Ramón Menéndez Pidal. - Letti:e de l'Administraleur
de la librairie Berger-Levranlt. - Deux lellres de M. G. Cirot. Lellre de M. Guerlin avec une lettre de D. Felipe Alaiz: - Découpures
de journaux. - Bibliographie.
A. MOREL-FATJO.
( A suivre.)

Fernando de Los Rios Urruti, Vida e instituciones del pueblo de
Ando,·ra, Una supervivencia se11orial. Madrid, 1920, in-8•,
164 pages et une carte.

M. de Los Rios Urruti, professeur

a l'Université

de Grenade, a

beaucoup lu et il aous en fait généreusement bénéficier. Nous vo:yons
défiler sur les pages de son livre, comme sur un écran, en outre de
Léon, de la Navarre, de la Galice, des Castilles, les Grecs, les Romains 1
les Suisses, les Gerrnains et les néo-Germains, les Hongrois, les
Slaves, les Orientaux et le reste. Le droit comparé est une belle chose,
mais qui n'est pas sans danger; que 1 pour comprendre les institutions
de l'Andorre, on fasse appel aux institutions d'un autre pays, ríen de

mieux; encore fa'udrait-il choisir. Toutes choses•étant égales d'ailleurs,
plus l'exemple vienl de loin el moins profonde doit etre l'analogie.
M. de Los Hios invoque, en un passage 1 Aristote, Cicéron, Machiavel
et Montesquieu; je préfererais qu'il se référilt a la jurisprudence des
tribunaux catalans ou meme du parlement de Toulouse.
Cette réserve formulée sur la methode, voyons comment sont
présenlés les faits el les usages dont il s'agit.
Le premier chapitre est un sobre el intéressant aper9u du Milieu
socwl de l'A.,uf.orre.
Le seoond chapitre traite de la J,'ormati.on lústori,¡ue. En 819,
l'occasion de la consécration de la calhédrale, Je comle d'Urgel aurait
donné l'Evéqueles paroisses de J' Andorre. Peut-etrele comle reprit-il
partie de 5.es droits, car, en 1007, il cédait au monastere de San-Cerni
certaines redevances a percevoir daos les Vallées et, en 1133, il
abandonnait l'Eglise toul ce qu'il possédail en Andorre. En 1176, un
accord reconnalt l'Evique Je domaíne direcl sur les Vallées, Cependanli des le xi" siecle, les - prélals baillerent l'Andorre en lief aux
vicomtes de Cabóet 1 qui les transmírent aux Castelhon et a la maison
de Foix . Des contlits furenl réglés, en n78, par la Paréage: cet acte
attribua nommément au comte de Foix certains pouvoirs, que le
comte déclara tenir en fief de l'Evéque.
A pricri, cette these est claire, simple. Elle l'est meme lrop : ainsi
que j'en ai fait l'oboervation ici méme ', la réalité eot heaucoup plus

a

a

a

a

1. Bulletin hispanique, 1918, pp. r86 et ss. ¡ 19~0, p. 31r,

�•
336

BULLETlN HISPANIQUB

obscure et ernhrouillée. En dehors des textes ut.ilisés par l'érudit
professeur, il en est d'autres, plus nombreux, qui comportent des
conclusions contradictoires a son opinion. N'en point parler, c'est
tourner la difficulté, ce n'est pas la résoudre.
:Mais le récit n'esL pas seulementincomplet, il esterroné; la documentation offre des lacunes et le commentaire, deS inexactitude(graves.
L'acte de 819, - don! la v-raie date est 839 •, - a pour objet la
juridiction ccclésiast.ique et nullement le pouvoir seigneurial. Le texte
est formel, et, d'autre part, si on recherche de quels territoires il
s'agit daos celte charle, on se rendra compte que l'ÉvCque n'en a
jamais été le seigneur 2. Voil.i. done ruinée la base de tout le systeme
bistorique édifié par M. de Lo• Rios. J'en viens au documenl de r 133.
Par cel acte, Armengaud VI, comte d'Urgel, fail donationa l'tveque
de tÜus ses droits dans les vallées andorranes ; il concede aux
habitants «en l'honneur dudit comte et de ceux qui viendront, de
posséder ce territoire ad empramenlun 1&gt; 3 1 c'est-8.- dire qu'ils en
déliendraient le domaine utile, le domaine direct étant réset:vé a
l'Eveque 4. Voila, du moins, ce que l'auteur a vu. On me permettra de
comprendre les cboses autrement.
Propter hoc ego prelibatus Ermengaudus laudo et concedo vobis jamdiclis bominibus ut abeatis ad 5 empramentum in meo honore et amparamentum de me et de meis hominibus meisque successoribus 6.
Honor signifie bien-fonds, seigneurie. Je traduis done:

C'est pourquoi, je susdit Armengaud, je Yous accorde, a vous, ci-dessus
nommés, le droit d'usage sur mes terres, ainsi que ma protection, celle de
mes vassaux et de mes successcurs.

En d'autres termes, Armengaud cElde aux Andorrans, non pas le
domaine ulile sur leur tcrritoire, - a qui aurait-il appartenu, sinon
a eux? - mais un droit d'usage 7 sur le sien, , in meo honore )l.
_Toutes les déduclions de 111. de Los Ríos relativement au régime des
alleux tombent du coup.
1. M. Ferran Valls Tabernera fait celte rectification 'dans les Estudis univcrsitaris
catalans, 19 18,
•
2. Baudon de ri-Iony est, ª"ec raison, tres affirmalif (Relalions poWiquts des comtes
~ Foi::c avec la Catalogne, t. I, pp. 58- 59). En 839, les comtes ét.aient-ils assez indépendanls pour constituer des seigneuries?

,7.

3. F. de Los Rios, Vida e,inslituciones, p.
ti •• Meme ouvrage, p. ~¡.
'
5. Baudon de Mony (t. II, p. 11, note), dit que le texte présente

•

a cet endroU un
blanc, &lt;1 enviroo la place de trois lettres :t. Je lis adtmpramentum, en un mot.
6 Baudon de Mony, t. II, p. 1 , 1 et F. de Los Rios, p. 132 .
7. M. de Los Rios renvoie a une Elude sur la loi Straa, oU j'auraís défioi
aulrement le mot emparamentum. Mais: 1" j'ai indiqué plusieurs acceptions possibles;
2" la loi Strate porte emparamenlum, dont on _peut ne pas faire un synonyme de
adempramentam; 3" un méme mot a souvent, daos divers textes, des 1en1
différeots.

�•
336

BIBLIOGJiAPHIE

BULLETlN HISPANIQUB

obscure et embrouillée. En dehors des textes utilisés par l"érudit
professeur, il en est d'autres, plus nombreux, qui comportent des
conclusions contradictoires a son opinion. N'en point parler, c'est
tourner la difficulté, ce n'est pas la résoudre.
Mais le récit n'est pas seulement incomplet, il esterroné; la documentation offre des lacones et le commentaire, deSinexactitudes-graves.
L'acte de 8rg, - dont la vraie date est 83g •, - a pou~ objet la
juridiclion ecclésiastjque et nullement le pouvoir seigneurial. Le texte
est formel, et, d'autre part, si on recherche de quels territoires il
s'agit dans cette charle, on se rendra compte que l'Eveque n'en a
jamais élé le seigneur ,. Voila done ruinée la base de tout le sysleme
historique édifié par 1\1. de Lo, Rios. J'en viens au document de r 133.
Par cet acte, Armengaud VI, comte d'Urgel, fait donation l"J:;véque
de taus ses droil6 dans les vallées andorranes j il concede aux
habitants « en l'honneur dudit comte et de ceux qui viendront, de
posséder ce territoire ad empramenlun n 3, c'est-8-dire qu'ils en
détiendraient le domaine utile, le domaine direct étant réseivé a
l'EvCque 4• Voila, du moins, ce que l'auteur a vu. On me permettra de
comprendre les choses autrement.
Propter hoc ego prelibatm Ermengaudus laudo et concedo vobis jamdictis hominibus ut abeatis ad 5 empramenlum in meo honore et amparamentum de me et de meis homfoibus meisque successoribus 6.

a

Honor signifie bien-fonds, seigneurie. Je traduis done:
C'est pourquoi, je susdil Armengaud, je vous accorde, a vous, ci-dessus
nommés, le droil d'usage sur mes terres, ainsi que ma protectibn, celle de
mes vassaux et de mes successeurs.
En d'autres termes, Armengaud cede aux Andorrans, non pas le
domaine utile sur leur tcrritoire, - a qui aurait-il appartenu, sinon
eux? - mais un droit d'usage 7 sur le sien, « in meo honore l&gt;.
_Toutes les déductions de M. de Los Ríos relativement au régime des
alleux tombent du coup.

a

1.

M. Ferran Valls Ta.berner a fait cette rectificalion "daos les Esludis uniuersitaris

calalans,

•

Baudon de Mony esl, avec raison, tres affirmalif (Relations politiquas des comtes
ck Fou; avec la Catalogne, t. I, pp. 58 · 59). En 839, les comtM élaient-ilsassez indépendants pour constituer des seigneuries?
3. F. de Los Rios, Vida &amp;instituciones, p. 37.
4.• Méme ouvrage, p. 4 i.
'"
·
5. Baudon de Mony (t. ll, p. 11, note), dit que le texte présente a cet endroil un
blanc, e&lt; environ la place de lrois lettres :t. Je lis adempramentum, en un mot.
6. Baudon de Mony, t, H, p. 11, et F. de Los Rios, p. 132 .
7. M. de Los llios renvoie a une Eta/U sur la loi Slrat!, oll j'aurais défini
ª!1lrem~nt le mot emparamentum. Mais: 1"j'ai indiqué plusieurs acceptions possibles;
2 la 101 Strate porte emparamentam, dont on peut ne pas faire un synonyme de
adempramentu.m ; 3' un méme mol a souvent dan 11 d.h'ers textes des sen,
difl'érents.
'
'
2,.

•

1918.

Dans I'accord de 1 ,,6, M. de Los Rios voit la preuve que le
domaine direct [de l'Andorre] appartenait a J:Eglisel)1. Soit, mais
alors comment peut-on prélendre que les familles de Caboel el de
Castelbon avaient l'Andorre en fief? L'auteur, nous le savons, a oublié
des textes: il en res le encore trop pour que· sa démonStration puisse
etre admise.
Au sujet du Pariage, je signalerai, une fois de plus, deux ou trois
inadvertances. que j'ai déjA relevées a plusi_eurs reprises chez d'autres
écrivains. D'abord 1 le Comte tient ses droits de l'Eveque, non pas u en
fief &gt;) mais &lt;&lt; en fief honoré i&gt;.; ce n'est pas la mCme chose. Ensuite, le
Pariage n'esL pas une concession faite au Comte par le Prélat, qui
aurait retenu tous les pouvoirs non compris dans celte concession;
c'est un arbitrage qui énumCre certains droíls attribués a l'une 'ou a
l'autre partie et qui, pour Je surplt.Is, maintient le~dites partiesen )a
jouissance de ce qui leur appartenait déj3. Cetle disposition est
formellement énoncée dans l'acte 2.
L'Orgunisalion polilique fait l'objet du chapilre 111.
Le temps a effacé l'inégalilé proclamée par le Pariage, &lt;1 la souverai•
neté seigneuriale exclusive de l'Eglise,d'Urgel... Une adaptation poli ti~
que aisément exp1icable a donné lieu au modus vivendi actuel, qui est
une co-souverainelé 3. J&gt; Souverainelé seigneuriale. est un terme peu
juridique: la souveraineté est une chose, la seigneurie en est une
autre. Quand mCme l'EvCque ~erait nelternent le suzerain du Comle,
H n'en résulterait pas qu'il est le souverain. Toute une facedu prohleme
échappe á \l. de Los Ríos.
Nous apprenons en passant,6 qu'il existe chez les Andorrans &lt;( un
désir pro.fond • de supprimer les tribunaux ci\lils de tercera sala et
de reporter leur compétence sur les deux viguiers et le juge des
appellations. Comme le juge connait déjh des affaires civiles en
seconde instance, comme il serail appelé, en troisieme instance,
départager les viguiers, on cooviendra que voila une combinaison
impoisible.
(&lt;

a

r. Op. cit., p. 43.
M. de Los Rios écrit, p. 58:

&lt;( Exclusivamenle tiene el conde de Foix. derechos
de caraclcr patrimonial, quedando el resto de los derechos in legro a favor del Obispo
e Iglesia de Urgel.» El p, 92: u Quedando limitado el poder de los representantes
de Foix por este documenlo ,. Or, p. 160 de son livre, il a imprimé la clause suinnte
du Pariage: 1: Nec per banc presentem seu novam compositionem prejudicium
eliquod generetur episcopo Urgellensi ... nec· comili Fuxensi..., circa hec vel in
hiis que quilibet jam recipiébat. in predicta valle seu vallibus et hominibua de
Andorra; sel quilibet ea recipialpaci6ce et quiete, sine contradicto allerius, sicut
retroaclis temporibus recipere i:onsueverunt, etceplis superius declarati:;. » Ce n'est
pas tout: le co~le de Foi1 pourra conlinuer 3 nommer Un viguier, lequel excrcera
les ml}mes fonéhons qu'auparavant (p. 139). Tout cela mel en pleine lumi6rel'erreur
de M. de Los Rios.
3. P. 63.
4. P. 86.

2.

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338

339

BULtETffl BISP AlUQUB

IUBLIOORAPRI:r.

En somme, que! est, se demande l'auteur, le .statut de I'Andorre?
L' Andorren'est pas une Répuhlique, notamment parce que la puissance
souveraine est en partio exercée par des élrangers. Cela est incontestable; ce qui est moins heureux, c'est de mettre en parallOle u le droit
qu·Q l'Etat espagnol de nommer, en qualité de- patron, l'évCque
cl'Urgel et le droit qu'a le peuple franQais de désigner le chef du
pouvoir exéculH)) '· L'Espagne n'a rien voir en Andorre; l'Eveque
n'est pas le mc,ins dn monde, dans les Valh'·es, le représentanl du
gouvernement de Madrid .
L'Andorre est-elle une principauté? M. de Los Rios ne le pense pas :
la principauLé n'est pas une calégorie d.u droit médiéval. « Le litre de
prince d'Andorre peut llatter la vanité de certains 1 mais il ne saurait
se légitimer scientifiqucment ,. n
L' Andorre, juridiquement, est aujourd'bui ceci : u une seigneurie
avec deux coseigneurs. C'est l'u1time survivance d'un régime universellement abolí ; c'est le dernier écho du Moyen-Age et de la lui
vient un vir inlérét archéologique et humain 3,,
Le quatriBme el dernier chapitre porte sur l'Organisation administra'ive: cuarls ou scctions, paroisses, Conseil général. L'auteur exagere sur
plus d'un point l'imporlance de ce Conseil. Ainsi le Conesil don ne« des
réponses pour définir la coutume; or, définir la coutume, c·esl légifé•rer,
lorsque la réponse a une valeur de décision, commeil esl de lradition i&gt; 4.
N'y a-t-il pas lit une confusion, et bien f8cheusc? Légiíérer, c'cst créer
la loi ou la modifier; constater la coutume, ce n'est pas la fairc.
Les dernieres pages étudient l'au tonomie administrativa de~ Vallées ..
La question étant présentement a l'ordre du jour, on peut se dcmander
si le livre n'est pas une ceuvre de circonstance .. Celle considération
expliquerait bien des choses ...
Done, on raconte que l'Andorre jouit de J'antonomie administrative
et de la propriété des biens domaniaux. J'avais fait obsener jndis que
les Andorrans ne produisent pas de litre et que le probleme doit Btre,
en conséquence 1 résolu d'apres les regles générales du droit; ar, tant
en France qu'~n Catalogne 1 les droits ancien et rnoderne nssurent la
propriété des biens domaniaux au souverain ou au seigneur. non aux
populations. La réfutation est intéressante: la France, on objec.te
que ses altribulions sont limilativement énumérées par le P&amp;riage; nous savons que le Pariage dit exactement Je contraire. - Quant
l'EvCque, on lui opposc «des pratiqucs séculaires 5 n1 sans préciser
autrcment, et on avouera que c'est vague.

On pafle de dófendre oontre lesconvoitises « les richesses forestie,,.,
et hydrauliques' n du pays. 11 ne faudrait pas confondre: forets et
rivieres ne sont pas soumises aux me¡nes ri&gt;gles. Que les autorités
locales prétendent a la propriété des bois. c'est ~dmíssible. Le cas est
différent pour les ruisseaux et les mines : ici le probl6me juridique,
plus complexe, se double de diffieultés d'orclre technique inaccessible,
oux Conseils de cuart ou de paroisse ·el méme au Conseil généraL M. de
Los Rios peut en oi:oirn lo vieil Andorran que je suis : les , pratiques
séculaires » ou plutot les prétep.tions dont il se constitue !'a vocal entralneraient de1 consóquences piteuses. 11 impol'le 8 l'intóri\t m~me dei
VaJJées de rejetor ce régime que des imprudents prétendenlinstaurer.
Jé me resume. Si M. de Los Rios avait voulu donner des preuves de
son érudition générale 1 il aurait parfaitement t•éuS&amp;i; mil,is cela n'étaiÍ
pasen question. Sur le point particulier ·qu'il avait l lraiter, a savofr
l'hi!toire et les usages del'Andorre, le savant professeura áté trap vite et
il a pris la plumo avant que son lnformation fut au poinl, 11 eherche le
litre fondamental de la seigneurie andorrane dana un document du
11.• siecle qui ne se rapporte pas aux droits seigneuriaux; il prcte a une
charle de Ir 33 un sons et une portée que cette charle n'a pas; il se.
méprend relativem.ent '11 des clauses essentielles du Pariage de r!178.
Sur l'un des points prir1:oípaux, M. de Los Rios a pleinement raison;
l'Andorre est une seigneurie en pariage 1 une survivance des temps
passés. C'est la vérilé historique; mais alors il e•t de bonna logique
de laisser aux deux seigneun, 1,urtout en matí0ré législalive -et «,:n
matiere dornaniale, le bCnéflce de celle déflnition. u Le Conseil
général, dit l'auteur, pénelro 1a vie oi,-ile da l'Andorre el on nurait du
mal a trouver une fonclion a lnqucllc sa compétence ne s'Ctende
pas,. n Un Parlemenl qui légH6re et qui administre, qui dispose du
domnino 1 qui jugc, pnr surcroit 1 et qui cassé les sentences des
magistrats donl la nomination lui échappe, serait intolérable daos une
République. Dans une &lt;t seig:n,eurie 11, cela ne se oonQoit mtlme pat.
Ratificr les cmpiétements 1 les confusions de pouvoir 1 les Jbus de tous
genres qui se oommeltent conLro l'autorité des coseigneurs, ce n'est pas
do pragmatisrne ou de la démocrntie, c'est purement de l'anarchie.
Constalons 1 une fois de plus, que l'Andorre exeroe sur les travailleurs
un attrait périlleux et qu'il ne suífit pas de parcourir en touriste les
gorges des deu• Vallées pour parler congrument des usages locaux.
Sans doute, M. de Los Rios Urrutl défondrait d'autres theses s'il avalt
priA le tomps de 1e faire une opinion personpelle 1 a.u licu d'ernprunter
~ des Andorrans paasionnés et dépourvus de toute compélence histo~
riq~e des theses qui ne se p~uvent pas soutenir.
J .·A. llRUTAll.~.

a

a

a

r.
2.
3.
4.
5,

P. 89.
P. 91.
P. 93.
P. 108.
P. 125.

•

1,

P.

126,

a, P. 108,

��3b

BULI.J;TIN 111SPA1''1QUE

a
&lt;t

croyance )J,

N" 13: v. 1 : confusion de 'a9ara (9-y-r) ,, rendre to! ou tal» avec
:a9ilra (9-w-r) • briser n.
N~ T4: ajouter majzü'- entre« metrcl) et« baúl'»,
N• 15: v. 6: le poete dit ceci: mon seul désir esL de te satisfaire;
si je cherche en toi autre chose que cela, Dieu veuille me le refuser,
Nº 16 : v. 3, wara{aka, Jire wariiqaka. - v. 7: qilii « haine • el
non e granáeur n; il faudra done « les causes de la hajpe» la place
de « les causes les plus élevéos »; qila ost également mal traduit
n• 15, v. 1, mais il est bien rendu n• 17, v. 37. - v. ,6, ali- 'ilal, Jire
al- 'ita/. - V. , 1 : confusion de mukralu¡" (parlicipe ·passé de
'akraha « forcer, ohliger ») avec makrühu• (participe pasaé de
kariha «détester, abhorrer n). Le sens du vors ost celui-ci: u Ce n'est
pas de bon gré que je mo consola loin de toi, mais je suis forcé de le
faire ... u.
N° 17: v. 13, traduire plutót: • O Abou 'Ámir, ou est done cella
fidélité (amitié), aio1·s que le mauvais destin dormait profondément
et que Jp vie élait heureuse ... ? n. Le poeta reprocho son rival d'avoir
changé de sentiment a son égard, ainsi qu'on le voil clairemont par
les deux vers suivants. ,o : confusion de wafa' u• • fidéJité 11 avec wafdtun &lt;( mort u1 ce qui, naturellemeat, fausse le sens du
vers. Le poete dit lt son rivaL ,&lt;Jo n'ai pas éprouvé de joiede ta fidéliié
(dans l'amitié), ni de peine de ton inimilié,. Cf. v. 13 et i7 ou wafa'11,•
est également mal traduH. - V. n ; 'aradh ne veut pas dire « malchance "; il y a opposition ici entre jauhar « subs~nce n et 'aradh
« accidenl •· - V. ,3: traduire 'aja pa-;: ,, etre effacé n et non par
l(etre touffu n. --. V. 24: confusion de nidhiiJu,n e,. action de lancen1
avec nudhdhiilu 11 &lt;1 vainqueurs )) ce qui rend fausse la, scansion du
vers. - V. 39, traduire plutót: "C'est assez, pour moi, d'avoir
cueil_li les fruits au rooment voulu, et de t'avoir autorisé aramasser
les fruits lombés sous J'arbre "·
N· 19: v. 6 et 7. On n'a. pa"s Jait ici attention a J'opposilion que le
poete exprime daos ces deux vers. « Dis /,, celui qui a pris rnon aban·
don pour religion, el dont l'amour est pour rnoi une religion : O toi
qui es trap généreux (qui fais peu de cas) de ma personne, moi, au
contraire, je suis tres avarede toi ... "· (Cf, n· 4, v. 2),
N· ,o: v. ,, traduction assez éloigqée du sens que voici: " ... Et
je plante mes désirs dans le jardin de ton amour, et, comme fruits de
ma plantation, je cueille la mort! ».

a

•

a

v:

1

343

DIBLIOGRAPBIE

meme au prix de la vien. Le poote dit: tandis que je tiens heaucoup
ton amitié, toi, au oontraire, tu fais peu de cas de la mienne (cf, idée
semblable, n• 19, v. 7).
N• 8: v. 1: a9-9ubh' u, lire li9-r11bh'i,
N· 11: v, 1 _: mad'habu" veut dire ici « maniere d'agin et non

Nº

:;,2:

v. 7 et 8, voici le sens exact:

ll

11 m·a visité en se cacbant.

mais il est bien difficile que la splendeur de la pleine lune puisse iitre
cachée par les ténebres 1 En oITet, d6s qu'il s'avanc;a vers la prison ... ,
sa présence fut signalée par la parure (qui tremblotait) et par Je
parfum qui se répandait. .. n. (cf. idée identique, n• 37, v. 16 ou la
traduction est excellenle) . - V. n,jannahi, lirejannati. - V. 10 et
11,

l'idéedu po6teestcelle-ci:

&lt;•

De mémeque, parmi les astros du ciel,

seula le soleil et la lune s'éclipsent, de m~me le mauvais destin n'accable da ses grands maiheurs que les grands hommes (cf. meme
pensée, nº ~3, v. H),
N• ,3·: v. "et 13, traduire plutot, « L'ancienne joie de ses jours
ne reviondra plus, ni la félicité de ses nuits n'est plus attendre,
moments ou J'échange de salutations ne se faisait pas (comme main•
lenant) par un signe furtif, et
la visite de l'amie n'était pas un
danger. .. 1i. - V. :;i: r, traduire le tn hémisticbe i &lt;t Les vents ont-ils
prise sur les piantes de la torre ... ? n, najmu •
plante sans tige, cf.
n• n, v. 10. - V. 37, takl1n, lire takun. - V. 4,: "Tu es la beaulé
de lon siecle pendant ta vie, el, apres ta n1ort, tu seras l'ornement de
l'hisloire ... ll ....... V. 45, 'dsinun, lire 'asan u", autrement le vers serait
faux.
Nº ,4: 1, qanli, Jire qatlL - V. 10: hawa qabli « lomba avant rnoi •
el non« s'esl élov{i dovant moi lL - V. 11: t'awat du 1'r hémisliche
doit ctre placé au commencement du deuxicme. ~ V, 36, le vers est
fan,; il faudrn saos doute ajouter bihi apres ta/¡fü; il en est de meme
du vers 38, oii il faudra probablement ajouler min avanl ba'd.,.
Nº ~6: v. 7, remplacer ma par wamii aprc)s nakü.nu - V. ~9, traduire t'alama par «que de fois, il y a longtemps que ... • et non
par« il y a longtemps que ... ne pas ,,.
l'\ 0 ~9 : v. 1,, nuhzahu 1 lire nuhzatu; lire aussi (atan «jcune
homme, braven et non/atü'un ((jeunessen. Le poete dit: &lt;tLesjeunes
gens ignorent-ils-que je suis (moi qui suis Jalo.hum= leur brave) la
proie de la tyrannie ... ?». Sur jata•, cf. en particulier Tarafnh,
Mo'allaqa, v. 4,, ~ V. 16, 'innl, lire 'abi.

a

ou

=

Nº 3o : v,

10: tt

O toi qui veux, par ignaránce, me conduire vers un

autre que Jui (sache bien que) la lumiere de raurore rend inutile le
flambeau ii.
N" 3,: Y. 17: ne pas confondre jiddun 11 eífort, travail soutenu »
avcc jaddu 11 « bonheur 1 succCs ». - V. 19, voici le sens: toutes les
fois que le destin fait le mal, il le fait volontairemenl, mais si une fois

il fait quelque chose de bien, il le fait par erreur et comme malgré
lui. - Y. 26: &lt;1 On ne doíl pa, pleurer la mort de l'un d'eux, car, il
est imrnortel par les belles actions, les souvenirs qu'il laisse ... • · V. 70, fad'hahiru, lirefad'hdhiruhu.
N° 32: v. 3, 'asa'a, lire 'isd'atu. - V. 1:J, 'it'dfaha, lire 'a'fdjahü..

�344

,

BULLETIN HISPAlUQUE

- V. 18 : « Apres toi, les malheurs les plus considérables paraitronl
insignifiants (tellement ton malheur est grand) ... ,.
N° 33: v. 8 et g: e: ~oui, sommes inslruits par ce qui arrive aux
autres, máis nos ambitieux désirs nous séduisent, et nous nous Jais•
sons tromper; si la morl doit t\tre le terme de toul vivant, peu importe
que 1a v'ie soil longue ou cour_te ». - V. 15, 'anfas-, lire 'a'anfas~
(cf. n• 5,, v. 13).
N" 34: v. 8, traduire le~$ hémisticbe: (t Comme les nuils éclairées
par la pleine !une sonl au-dessus des (surpassenl les) nuits fajblemenl
éclairées ... n ¡ btdh ul- liyri.ll, ce sont les quatre ou cinq nuits oll
le clair de lune cst le plus vif1 tandis que dura ll"', ce sont le!f trois ou
quatre nuits sombres au commencernent et éclairées vers la fin par
l'apparilion de la \une. C'esl done par inadvertance que dura'u• a été
traduit par (t montagnes &gt;J. - V. 16, il faudra suppriffier 'a!! du
1•~ hémisliche pour que la scansion du vers soit juste.
N· 36: v. 7: « Si un jour quelqu'un, fut-il doué d'une puissante
éloqucnce, essaie de décrire ses hautes qualités, il sera comme un
muet (lellement elles sonl nombreuses). "
N• 37: v. 48: confusion de cha 'wu" « le poinl le plus éloigné,
extrémité )) 1 avec chii'un H moutons, brebis ,,, ce qui, naturellement,
-a faussé horribleme.nt le sens du vers. Le poCle dit ceci: « Demande
aux aulres rois qui le jalousent : quand done le cheval né de vil
étalon (non arabe) a-t-il prétendu dépasser aux coµrses le coursier'
de noble race qui arrive toujours le premier au but? &gt;) - V. 49,
'alaisü, lire 'ala!sa. - V. 51 : confusion de bahat u elle a rivalisé de
bea~té&gt; (3' fo;me de bahii « Mre beau ») avec blihat « elle ,·esl
rappelée n (1" forme, racine b-w-h); 'a!.!juhu" signifie &lt;( visages 11 et
non « apogée •· Le poete veut dire: « En possédanl Benou 'Abbad, la
terre a pu rivaliscr en beauté avec le ciel, car leuts visages sont des
soleils et leurs mains sont beaucoup plus riches et plus généreuses
que les nuages du ciel (qui donnenl la pluie). - V.-68: il s'agil icisi du moins il n'y a pas de faute d'impression - de qunyatu11 • acquisition 11 1 et non de qalnalu" (( filie belle, esclave chanteuse»: &lt;( Pour
lui, la louange esl la chose la plus précieuse qu'on possede "·
Nº 39 1 v. 10, ne pas confondre wa-raqqa « •.. et il devint mince,
diaphane n avec waraqun &lt;1 feuilles ».!
. N· 41: v. ,, 'arafab, Jire ·a~afat. - N· 4,bis: v. 9, jira, Jire
firüri.
N• 44 : v. 1 : « Tu m·as reviltu des plus larges vetemenls de la
maladie ... », c'est-3.-dire u tu m'as rendu tres malade )l.
Nº 45: v. 6, fadii veut dire « écho n et non &lt;&lt; mort ~- Lo sens est
ceci: &lt;e Tu as appelé la victoire, et elle t'a répondu : me voici; tu n'as
pas ressemblé a celui qui appelle et a qui répond l'écho (de sa
voix)».

•

345

BIBLIOGB.APBI.I

N• 51 : v. 14, al- 'ud' ru, lire al-ghadru. - V. 181 but'iinunn,
ire bal' nu'', etc.
Relevons encare quelques erreurs qui. se sont gNssées dans la
premiere partie:
"
Pag 27, note 1, vers t: • AprCs celte séparation, n'y aura-t-il
done plus, pour"'nous, de mayen de nous réunir, afin que chaque
amoureux puisse raconter 3. l'aulre ce qu'il a rencóntré (en fait de
souffrance ... ) l)
P. ,8, note,. Le jcu de mots csl impossible dans le mol Mochlari
planete Jupiter. 11 ne faul pas oublier que le participe muchlari
veut dirc uniquemcnt u acheteur n; c'cst muchlar&lt;i qui signifie
« acheté1&gt; ¡ or, Ja forme muchtarl est exigée ici par la rime, autrement
il faudrail supposer une licence poélique ( 'iqwa 'u") plus que rare.
J/. 42, note 3: confusfon de-'ahiibu (1~ forme) « j"éprouve de la
crainte, du respect n _avec 'ahiiba (4" forme au prétérit) « il a invité, .
On n'a pas réfléchi que le verbe haba fait l"aoriste 'ahabu avec
maintien de - a-.
P. 43, note 5, au lieu de lan, Jire 'an. ll faut done traduire
le i" hémistiche : • O vous donl il nous sera bien pénible de nous
séparer ... &gt;, et non pas e&lt; O vous qui vous étes montré bienfaisant a
notre égard, apres nous etre séparés de vous ... »; car, 'azza 'al&lt;i ne
veut pas dire « se montrer bienfaisant envers ... &gt;, mais seulement
« elre dur, pénible a...».
P. 97, note,. La pensée exacle du poete esl celle-ci: « Si le feu ne
brUlait pas ce qui l'avoisine, on ne reconnaitrait pas la bonne odeur
du bois d'aloes (que l'on brule en guise d'encens) ».
P. 101, note 1. Le seos du vers de Motanabbi ne parait pas completement rendu; car, au lieu de: « Et je n'avale, A me suffoquer, point
d'eau si je ne sais que vers cetle eau a campé une famille d'amis J), il
faudra plutOt traduire: et Et síje me suffoque en avalantde l'eau, c'est
parce que cetle eau me rappelle l'eau pres de laquelle campenl les
parents de mon ami e n, etc.
En terminant, nous prions l'auteur de .voir dans ces quelques
observations, non une critique, mais bien plutót la preuve que son
travail nous a vivement inléressé et que rious l'avons lu tres attenti•
·vement. Nous saYons bien qu'il est toujours délicat d'étudier un texte
arabe, surtoul_quand il s'agit de poésies, et qu'il est difficile d'éviter
dans le délail toute imperfection et faute d'impression. Nous reconnaissons done volontiers la valeur de cette étude et le méri te de son
auteur; nouS souhaitons qu'il poursuive ses ;echerches scientifiques
sur l'histoire des Arabes et qu'il n~us donne bientot f)e nouveaux
travaux qui seront certainement bien accueillis par les cercles
arabisants.
MICBEL FEGHALI.

=

a

�346

BULLETm RISPAlUQUB

BIBLIOGJlAPRIB

S'• Teresa de Jesús y San Juan de la Cruz (Bocetos psicológicos)
por Juan Domínguez Berrueta, Madrid, Beltrán, 1915, 69 p.
petit in-8•. - S. lean de la Croix '1542-1591) par Mgr Demi-

comme les autres personnages de l'histoire; et cela ne les rapeti&amp;se
point, au conlraire. C'est ce qu'a su mettre en lumiCr~ M. Domíngoez
Berrueta daos le Bocelo psicológico dont j'ai donné ci-dessus Ie titre.
S'il y a un élétnent qui nous échappe, qu'il soit divin ou, en défini•
tive, simplement inexpliqué, mettons-1~ en marge sahs discussion
oiseuse. Faisons, de méme, la part de la légendc en mettant celle-ci
part; et attachons-nous a ce qui est vraisemblable et sllr. Pour un
saint du xv1.. siecle, il me semble que ce n'est pas impossible. Cambien je p1·éíere un de ces épisodes qui marquent la conftance de Jean
de la Croix en Dieu pour ce qui touche aux nécessités Lemporelles;
par exemple celui qui se place
Grenade: les provisions arrivant
juste 3. point, sans qu'U veuiJle qu'on se melle en quCte. Tl faut
aussi le voir confectionner lui•meme la décoration des creches pour
la Noel, Baeza, et diriger la représentation de rudimentaires .autos al
Nascimiento; ou .supporter une·opéralion douloureuse, sans broncber.
Et cette lettre de la Mere Thérese, qui aurait pu elre citée, et ou elle
dit qu'elle s'esl fachée parfois contre lui: elle ajoute, il est vrai, q11'elle
n'a jamais vu en lui uneimperfection (letlre citée par Mir, ll, p. 96).
Thérese se ruchan\ contre Jean de la Croix, contre son Senequita :
voila des saints vivants, et non de saintes images en pierre ou en

muid, Paris, Lecotfre, 1915

(2'

éd. 1916),

210

p. in-24.

La helle collection « Les Sainls •, á laquelle appartient le second de
ces volumes, est jusqu·a présent assez peu orientée vers l'Espagne. Je
note le Saint Fran9ois de Borgia 1 par Pjerre Suau, et la Sainte Thérese
d'Henri Joly. C'esl lout, avec le Saint Jean de la Croix. Raison de plus
pour dire au moins quelques mots de celui-ci, a l'occasion de ~a
2• édition. Espérons que sur ce mystique nous aurons bientOt beau•
coup mieux, et sur sainle 'fhérese aussi. En attendant ne déprécions
pas les amvres de bon ne Coi, méme médiocres.
Dans sa préface, qu'il nous prie instammentde lire, et que j'ai lue
(aucun mérite: elle tient une page), Mgr Démimuid tienta nous faire
savoir que sa principale documen_talion lui a été donnée libéralement
par le P. Grégoire de Saint-Joseph, le lraducleur des Leltres de sainte
Thérese. Dont acte: l'auleur ne pouvait d'.ailleurs mieux recommander son amvre qu'en s'acquittant de cette dette de reconnaissance.
11 se concilie l'attention dCs le début d'une autre maniere: par la
critique qu'il fail des déposilions des témoins qui comparurent lors
des procE:s de béatification, touchant le miracle, par trois fois répété
avec des variantes, auquel le saint 1 enoore enfant, aurait dü son salut.
On aimerait peul-itre pareille indépendance par rapport a la tradilion
qui fait reman ter !'origine du Carmel au propbete Élie. Aulant valait
n'y fair~ qu'une allusion 1 puisquerien n'ohligeait, en somme, ada van•
tage. L'auLeur peut, il est vrai, faire valoir que cette tradition a dti
avoir quelque influence sur son personnage daos le choi:x d'un ordre,
aussi bien que ce qui est raconté de la regle donnée en 12 14 par
Albert, patriarche de Jérusalem et de l'apparition de la Vierge au
pape Honorius. Je dirai meme que le scepticisme, m6me le plus dis..
simulé, eUt été déplacé jci, aussi bien que la discussion sur l'authenticité de pareits faits. Et ce n 1est pas sur ces préliminaires que nous
pourrone juger le travail de Mgr Demimuid, pas plus que ce ne sont
ceux qui nous iqtéressent réellemen\.
Par conlre, on aurait aimé encore plus de réserves (il y en a) touchant les dires des témoins qui déposerent aux proces de béatification,.
ou propos des récits ..plus ou moins extraordinaires qui tendent
prouver des dons ou des pouvoirs surnatu.rels: telle l'histoire de cette
jeune religieutie de l'lncamation qui avail signé un pacte avec le
diable (p . 181). Tout cela est loin de produire la elarté 011 nous voulons voir.m0me les saints: ce n'estque l'ombred'une fantaisiepieuse.
Les 88ints penvent etre étudiés historiquement et d'une fa,¡on critique

a

a

a

a

a

bois I\

Mais ce qui nous attire surtout 1 c'est la partie vraiment historique, l'exposé de la vie active du saint; et nous y arrivons dbs le
chapitre II, avec la réforme des Carrries, dont il fut selon le P. Mir
(11, p. 57) la« premiere pierre fondamentale •. Nous suivons done Jean
de Yepes, devenu successivement Jean de Saint-Mathias-et Jean de la
Croix, á Duruelo (1568, il n'a alors que vingt-six ans)•, á Mancera
(1570), a Pastrana, a Alcalá de Henares (1570), partouL 011 il innove,
par son exemple et de sa personne, la réíorme des Carmes; .i. l'fncarnation d'Avila ( 1572 ), 011 il dirige pendan! cinq ans la conscience des
Carro.élites, oU, en m~me temps que sainte 'Thérese: it aurait eu, suivant une relation, les faveurs du ravissement (Mir, II, p. 223 et s.), et
d'oU vinl l'arracher la fureur des Miligés. Enfermé, a TolE:de, daos un
ignoble cachot, et soumis aux plus odieux traitements, qui justifient
assez les craintes de sainte Thérese .á l'égard du P. Gratien, il réussit
s• enfuir dans des circonstances voisines du:miracle (Mir, 11, p. 432 ),
racontées ici avec une sainte candeur qui en releve le piquant et le
fantastique. La re~anche des adveN3aires, qui emprisonnerent le
P. Gratien et le P. Mariano, l'abandon général ou sainte Thérese
parait alors tombée, semblaient néanmoins avoir eu raison de la
reforme. C'est it ce moment que la volonté de l'hilippe 11, signifiée au
nonce Sega, fit tourner le ven!, Bientot les Déchaussés eurent un

a

1.

Cf. Mir, U, p. 9$.

�348

8ULLETIN HISPA.!fIQUB

supérieur pour eux (sinon a eux, puisqu'il était choisi parml les
Mitigés), le P. Ange de Salazar. Puis, malgré l'opposition des Mitigés
d'ltalie, el grace a l'appui de l'ambassadeur d'Espagne, du cardinal
Sforza et du futur Sixte-Quint (cardinal Montalte), ils obtiennent de
· former une province autonof!le, dépendant, il est vrai, du général de
l'ordre des Carmes, mais gouvernée par un provincial de leur
observance (1580): siluation provisoire qui ne dura que jusqu'en
1587 1 oll Sixte-Quint, les constiluanten congrégation, leur donna un
vi"caire général encare dépendant du Supérieur de l'Ordre; et celle
dépendab.ce se termina en 1553, par la Bulle de Clément VIII, qui
promulguait l'entiere séparation des deux Ordres.
Pourtant, pas plus que-pour le P. Gratien, premier provincial des
Carmes déchaussés, chassé de l'Ordre en 159'.l, cette période d'ascension vers le triomphe n'est, pour Jean de la Croix, celle de la tranquillité. Apres son séjour au Calvaire, oll il est supérieur,
Baeza,
oll il est recteur, a Grenade, son élection comme membre de la Consulte fut l'occasion de dissentiments graves avec le P. Nicolas. Victime des rancunes d'un confrere, le P. Diego Evangéliste, il est relégué, avec·son assentiment du reste, au couventde la Peñuela, Ubeda
enfin, oll il est traité· comm~ un pestiféré par le prieur. Apres sa
mort, qui ne tarde pas (1591), Ségovie et Ubeda se disputent son
corps el se le partagenl (a aucune époque peut-etre on n'eut, en Espagne, ce point la passion des reliques). 11 ne devait litre béatifié qu'en
1675, et canonisé qu'en 1¡,6.
Outre le P. Nicolas Doria, deuxieme provincial et premíer vicaire
général du Carmel réformé, el l'odieux P. Diego Evangéliste, nous
voyons défilet d'autres fi¡;ures: le P. Antaine de Jésus (de Heredia),
C&lt;&gt;mpagnon de Jean de la Croix (les deux faisant, comme disail plaisamment sainte Thérese, un maine et demi, car Fr. Jean était tout
petit et Fr. Antaine assez bel homme) et prieur de Duruelo, le
P. Ambroise de Mariano, le P. Balthazar de Jésus, Jean de la
Mis8re, le P. Jér0me Gratien. Quel Sainte-Beuve nous fera revivré ce
milieu,
Mais la figure qui dominerait, c'est bien enlendu celle de la
Mere Thé,ése. C'esl d'ai!leurs peut-elre
cause d'elle que Jean de
la Croíx nous intéresse le plus (A ÍOrt?), vu ce que nous savons de son
autorilé sur elle ..
On comprend incomparablement mieux la grande réformatrice et
son reuvre quand, au lieu de la considérer dans l'isolement relatif du
premier plan,on s'attache a l'un ou a l'autre des grands seconds róles
qui lui donnent la réplique, si je puis me servir d'une image bien
profane. Suivre taus ses mouvements comme s'il n'y avait qu'elle en
sOOne, c'est bien: mais il faudrait aussi regarder les autres acteurs, si
l'on veut saisir tout entiere l'action qui se déroule. On voit alors,·sans

a

a

a

8IBLIOGIU.PBIE

349

rien rabatlre de l'initiative de la sainte, que le mouvement de réforme
a ~té assez ?énéral alors chez les 8.mc~ d'élile, qu'il était « dans l'airi&gt;.
D autres f~1t~ montrent aus~i que ce mouvement n'esl pas exclusiyeme~t parh_ d ~n has, du cceur de quelques religieux ou religieuses~
ma1s auss1 ,d ~n haut: Parmi ces fai.Ls 1 la venue en Espagne du
P. Rubeo, general de I ordre du Carmel, est un des prodromes lesplus
1mmádiats (cf. Mir, 11, p. 9 et suiv.).
,\. l'oomTe écrite de Jean de la Croix, i\lgr Demimuid, utilisant les
Lellres du P. B~rthier, consacre a peine le quart de son volume C'est
p~u, pour expUquer la protluJtion d'un mystique de cette envergure.
C est_pour~a~t un peu ~e cl arté sur&lt;&lt; les hauteurs oll ceux qui ne sont
pas _1llumm?s o~l pern_e a le suivreo, comme dit bien justemenl
~~: F1t7:maur_1ce-Kell)'(ltllérature espagnole, p. 259). Et ceserait assez,
s tl éta1t vra1 que loulc Ja doctrine de la Subida del A!onle Carmelo
tient en trois quatrains que commente notre guide mais oU pcrce
~urlout, l'imporlance des anlilhCses dans ccttc éthi~ue éprise. cl'absolu. C est assez, en tout cas, pour éalairer déjíl un pcu la vie in lime
de sainte Thérese. Celle crainte des -Ca\'eurS di\"ines, qui lransparait si
souvent dans ses écrits elle, n'est-ce pas ce que préche l'autenr de
Noc_he. esc~ra .del alma? Aussi b_ien la doctrine mystique résumée par
~Jg~ Dem~mmd a~ec une netl~le non trompeuse, j'espere, parait-dle
avoir son 1]1ustrat1on dans mainte pnge de la Vida écrite par la sainte:
on nous_ en donne du reste un exemple froppant (Vida, cb . XX:).
Est ce l'rnfluence de l'un sur l'aulre de ces deux saints~ Esl-ce refftt
de fa logiq4e mf:me des 'choses ~
~ogique et poésie sont cleux éléments essenliels de ce mysticisme.
)la1s Jean de la Croix ne verse pas la poésie uniquement daos ses
vers, oll la sensualité n'est que symbole, et dont la fraicheur a rnallirureusement quelque peu souifert de l'abus qu,on a fait, depuis, des
memes images et des mCmes gémissements :
1

a

1 Oh noche, que guiaste,
Oh noche amable más que el alborada,
Oh noche1 que juntaste
Amado con Amada,
Amada con el Amado transformada J
En mi pecho floridO,
Que entero para él solo se guardaba 1
Allí quedó dormido,
Y · yo Je regalaba,
\ el ventalle de cedros aire daba.

a

El aire del almena
Cuando ya sus cabellos esparcía
Con su 114ano serena
En mi cuello hería
Y
Bull. hi&amp;pan.

todos mis. sentidos suspendía.

�3$o

BIJ~ -

Ll poélle .. IIOUYII ausú datt&amp; .. prole, Mgr tHmlftlllld Clle · Ulle
image, qui, par la jullellJe, ·•11 moine apparenlé, MI • - leialaaanle: !'Ame compaÑe ·aa morceau de bois IOUltlia l faclloa _
du fe11.
lli la penaée de saiot Jean de la Ctolll. klaire la vle el l'o,utte
de •ainte Tbére.1&amp;, elle y trouve auHi tob cot,-ecllf, au molnt .
en ce qui 1oucbe la cootemplatiOD, La saiole ne conrnnil pa1
avec oelle-cl la perfection et ne la croit p11 lodi1pelllllble; l 11nuve
ce oojam,n, di\ l 1a plume 81 voloolien humorlalique el cité ptr
. M. Berrueta daos . IOn OpUICille : • DIOtl DOI llbte de gettltl tan
eeplrilual, que todo lo quiere hacer co111en1pltclon, d6 donde
diere ... •· Sana doute Jeao de la Crolx; en maliere de myetlélsme.
.,., un paychologue et un expériméJltal; mais Tb4Ñllé l"eel enoore
4-vanlagé.
•
.
. . .
Jean de la Crob esl úne dea figures ioléressantes, ma,1 ti a
~ttl auaai une des flg,ires loqulélantee du xn• siecle eepagnol.
Eet-ce parce quºon. l'.avait mal compris, ou parce qu'on avall
défiguré ses écrils~ Toujourt1 eat-11 qu'il n'a paa lnqul6té •~uleinenl de aon vivalll, mais aussl aprés ,a mórt, des gen, qu, lle
coosidéralont pn les queeliooa de doctrine a1ec l"ioaouolance deo ·
pblloaophes et né preoaieot pas a priori II d&lt;!!en1e des my11lquet,
comme oo le fait · Volooliera 11uJourd'bui par dlleltlhtl&amp;me. Dane 1t.
Corre,p0ndanu d4 M, Lollil Tro1110n, troi1iltn1 1up1rkur de &amp;lnl·
SWpice, édittle par J'abbé llerlrand (Paris, 1go4), oous liacm1 ceci Ala
dale de 16g6 :
Lo Jlvre du B. Seen de la Croix est boo, el on a bien éclálrd

lolilés lea

proposlllons qui ae trouvent daos ses ct,uvres, el que quelques pem,nnea
peu m7lllques n'apprOllvalent JIIS (t. 1, p. •67).
·

poa,an

La'. queslion est de sa,oir que! leste lºabbé Troolire ...
Quand il s'agil dºapprécier la • valeur lilléraire de l"~uv": n,
Mgr Demimuid 6'l dérobe rapid?~ent. 11 M conteole _de a_ter
des autorilés qui ne sont pas precitémenl modernea : V1llemun,.
1&gt;emogeot. 11 faudrait connallre toule lt lyrlqu~ espagoole du
xv1• siecle pour mettre A •• Pla&lt;:9 un lel ~ - Ce "61&amp;-la de•~!'
forcément échapper 1 quelquºuo qm y esl ao peu profane, ce qu il
· semble.
La plaquetle de M. Berruela i laquelle j'ai tléjll fakallusion, conlienl
deu, cooCéreooes luea a l'Uoiversilé de Salamaoque el consacréea
ruoe sainle Thérese, l'autre sainl Jean dela Croi1. 11 esl dºaillenn
questioo dea déu, sainls daoa !"une comme dana l'autre. La premihe
esl peul•élre la plus agréable, parce qu'elle fai, ne.oorlir dºune Ca~n
piqnaole le vrai caractens de la oaiale, La - • est pl'!ll&gt;I une

a

a

a

-•!Mi.....

...IQIJI

3&amp;,

~ • \111 li.tllhlltaÍe l iMII elll! 1k11U ljljlOfÍé tul fell-1gllffll6llt
~ ... ai6Ilflahlt !
4ot • ,,,... lfl,i/o Jtalldti, 481
:111■,l111o ti, lfdl81ftt lll!llor 11d Abdft!I, 1161Uf11 da Ullllli-teros •
..... -.11, - tt,lwe. de l'Ulli1'8fslW de llllllln1•aqué; da i&amp;65 l 1&amp;ea,
Gllllllll.,.,,., (M11411111 e, •m), l!i 1111 1911 COllllbe "6h;go •.
G. &lt;lUl.01'.
.

e-•

O ~ t ó 4b

,,.tl/idade,

cU Lula Pella Cru, noira edifáó

· ,o,.Jo,,,. d tk i 6bl I publicada por Edgar Pn!lllage1 éoimbn 1
lmpNBlll-cla tJaiTertldade, •fl•tlt 41 P•

t'bfifl'aa'e tillm¡i,lm6 par 11. Jlresiage ilait de,e11u prééque introu"ilflft. 0A ll'lill c611oalilalt ,¡ue deux exemplaires. 11 nous reoaeigne
jjlf U. ~ód6 lmporiaole de l'blsfolre d'Angola, c¡elle t¡u, va da 1 ~ 1,
dall! iL! l'appaílllon sur la c&amp;le al'riclloe de é:oroefüe Jol, dlt Jambeill,.lkrit, Jdstpi'l la d6Uvrsnoe de Loanda ~t Correia de Sá e lie..avides

ill 11141. C'eal le rkll d'un Wmoln ocule.lre. llaia il tend a aggraver
111 tAtta die HóllmcWs. !:11 outi-e, le catbollclsme exalté de J'auteur

r.11-. cléue bilervmlr fa tlrondeoce. 11 n'est paa douteux, comme
1'lll'lll6 Lata lells !=nu, qne la Colooie tu I altaqude 10 Dl41pria do
dftllc iltls pos, quaníl un lnl6iil COlllmun rapprochait lea l&gt;ro'fÍnoaelfni.&amp; et le l'ortul,ál conll'e fes Espagool1, ao moment ¡,deis oa del
~ 0 1 1 1 ~lent d~l eogapea, apreio l'aveoement de Jean W,
pllUt lé' nlla:bll1aeo:16Dt de la palx el la conctnaion d'une alliaoce
lllll'lliJé.

Pendtnt

les aonéee qu{ suMnnt, la prniaon d'Aogoja,

pf!Wa d6 ,16,tle ooolinttoícalióo

ávec la c6te, meoac4e d'un aouH¡yemeal ~ dee Sobu qui preoaieot le parti du vainqueur, harcelée
par les lacursloiu aubites de la reiDe Ginga, depuia Jonglemps en
molle oovarte, eut de la peine II se maioteoir aMa,;aogaoo. Tut6t
11N ■I CSlldl
Glllldllllh liDmllMtlW fflll. lal lm¡IIINII ud édlledll
■apsieur en nombre, tanlOI, pllllllé a • IIOIII flU MI felllllon1, elle
repmiall lelt armea. Let renforls de la mélropole -ne lui parve11alent
qll'l de ntilé láteñáll,s. 11 6tal1 plus qu'évídenl ctue la ltollaode Íe
rétuuit l U:á:liler l. claos68 du iralkl. L'am,'8 dea ageo!a de la
Connia,nle deo fndes occldeolalea, porteara de m-¡ea pacific¡uu,
an~t preaqae teaJoura de nouveaux -piélemeota, D'aolle

*

,-11,

r~.•·fr.-•

•• Je •'"""- de_poder '8 f6d11Íoa deo 06ra ül ál,Uoo Sa ; _ • la
Cllt (lfts,,o,.., da1II .. Jta1 8'fut • - • d'j¡,fnW61f - léolean dos

. . . . . ' .......... A.a l l l l - llflpltlftlltt 81 lrifde 11111H dfaf
..- _t.,_
de laCroiu,
Dom PI,. CbeTOller dau ua aulre, ialllul, «te Cono&amp;

•-••o

..... opillluel de IOjal ~ de la Crolu-1-U '1&lt;I llllerpoWh lhls Jo don aú mo1ao
..,._. 1111 f'mn...,. ,ta P.
1111 8. 81111-ld, "'-'- " .. f&gt;odM-

&lt;• • .........,1,1l)IIIUl-dl di 11. lewiNll-.

~
- IIIIIW • Mrl/t (....._., 11d~ o6 l'OII llóllWfl ;liñliun .,..__~P4-tlNla&amp;1eaaÑlaGni&amp;.

le

�352

353

BULLETlN •HlSPA!lilQUE

BIBLIOGRAPHIE

le roi de Portugal, craignant de rallurrier la guerre en Europe, s'était
prononcé officiellement pour le slalu quo. Cetle situalion équivoque,
que les deux gouvernements, _ponr des raisons dinrses, évitaient
d'éclaircir, dura sept ans . CoL·reia de Sá, en 1648, avait-il reyu l'ordre,
comme le prétend Cadornega 1, d'expulser les Ilollandais parce qu'on
manquait d'esclaves au Brésil, ou l'avait-on chargé Seulement - c'est
la version du Manifeslo das ostilidades - de se forlifier dans une
posilion d'attenle
Quicombo) Le lcxle réédilé par M. Prcstagc
ne fournit, pour trancher la question, aucun argument décisif. On
peut supposer, néanmoins, que le gouverneur était encouragé par des
·inslructions secretes prendre une initiali-ve donL la monarchie devait
le rendre responsable en cas d'échec . ll est a remarquer, en effet,
qu'il amenait de Rio de Janeiro 700 ou 800 hommes, ·qu'il résolut de
brusquer l'attaque, avec le plein consentement de ses capitaines, apres
un naufrage qui avait enlrainé la perte de :wo faatassins, en.fin que le
combat, mené avec une vigueur exceptionnelle, lui c01lta plus d'un
liers de son elTeclif. Dans la lellre ou Jean IV fail part de l'événement
au marq~is ·de Niza 1 son arnbassadeur, il s~efforce d'établir qu'il y avait
eu provocalion et rejette la faule sur ses adversaires . Ce qui se dégage
netlement de cette narration sans appret, éma-Ulée pourtant de quelques citalions de l'Arioste et de Guarini, c'est l'habileté de Correia
de Sá qui profita, pour surprendre la ville, de l'absence d'un corps
expéditionnaire envoyé contre les Portugais de l'intérieur, qui facilita
la r-etraite des v:aincus par une capitulation avantageuse eL réussit, en
employant tour a tour les pi-omesses et les menaces, a rallier les
Sobas . Tout nous porte a croire que le roi avait préparé savamment ce
hardi c&lt;:mp de main.
G. LE GENTIL.

main. Avec lui nous parcourons les quarlicrs délabrés , les ruelles
tortueuses . 11 évoque le passé des corporations, si prornptésjadis
8 braver l'éveque et la monarchie. Nous les voyons lransporter
leurs pénales de la ville haute a la ville l.Jasse, du fleuvc au largo
de S. Domingos, invoquer l'appui de Jean"l.11 contre les propriétaires
exigeants ou récalcitrants, batailler, pour le maintien de leurs
privilCges,\ avcc les forains et les colporteurs. Parfois ce sont les
fommes qui poussent le cri de guerre et lapidenl les agents du roi.
On peut suiyre ainsi, a travers les si8cles, la vie turbulente et
pourtanl laborieuse d'une pelite bo1lrgeoisie qui ne délCgue se.s
pouvoirs qu'él bon escient et qui défend son droit de contróle avec
une singuliCre Upreté. C'est dans les revendicalions du Conseil des
vingt•qualre, adjoint pour le surveiller au sénat municipal, dans les
démélés de la populace avec les almotacés, fonctionnaires préposés
a l'hygiéne, chargés de fixer le prix des denrées, qu'on découvrirait
les fondements de la démocralie, du libéralisme tel que l'ont compris
Fernandes Tomas et les frt!res Passos. L'auteur, d'anecdole en anecdote, retrayant l'histoire des murailles, des couvents, d·es hópitaux,
de la navi•gation du Douro, des transformations opérées vers la fin
du xvm· siecle par le corregedor de Alroada, passe en revue tous les
aspects du vieux bourg ecclésiastique, depuis le Moyen-Age jusqu'8
l'invasion napoléonienne. Nous souhaitons qu'il ras:;emble ces fragments épars, qui tous ont la saveur de l'inédit, pour en faire, dans un
cadre plus vaste, une véritable reconstitution archéologique, sociale
et Poli tique, dont il possede, d'ores et déjii, les éléments essentiels.

a

a

Carla~ de Passos, Lembran9as da lern,, chronicas hisloricas do
Porto, primeira sede, Porto, _1919, 202 p.
Ce livre· pittoresque 1 formé d'arlicles publiés au jour le· jour el
relevés d'une pointe d'archa·ísme et de régionalisme, rappelle, toutes
proporlions gardées, la maniére du roman historique. L'auteur
s'insurge, comme Garret et Arnaldo Gama, contre le zele iconoclaste
des municipalités entichées de ·progresa l'américaine. I1 a pris a tAche
de réveiller chez les Tripeiros, ses concitoyens, le patriotisme looal.
En attendant il leur enseigne, par une série de digressions humoristiques, le chemin des archives . Sa documentation esl de premiere
1. Outre la relation de Cadornega, compagnon de Correia de Sá et historiograpbe
de la province, consultar Gover110 gual de Angola, Repartü;ilo do gabinete, subJidios
para a historia de A.n1ola, eol/eci;M de documentos, restaw;a~o CU Angola, Loanda, 19.18,

5-1 p.

G. LE GENTIL

le Maroc, publié sous la direction de Marce! Monmarché,
2• édition, 3o caries et 21 plans, xv1-396 p. Paris, Hachette,
1921, 20

francs.

Dans la colleclion des « Guide, bleus • aucun dont l'apparition ful
plus désirable. Nous n'avons pas altendu, cette fois, le Baedeker. Ce
guide, c'est un Franc;ais qui l'a rédigé, sur lJDe documentatio.n réunie
par lui. On lui a laissé l'honneur exceptionnel de voir son nom
figurer sinon sur le litre, au moins au dos du faux-litre; c'était reconnaítre sa méritoire paternité. ll s'agit de M. Prosper Ricard, jadis inspectcur des Arts iodigenes 8 Fez, aujourd'hui chef du mt3me service a
Rabat. 11 a apporté a la confection de ce manuel le meme soin minutieux qu'il met depuis des années a la reconstitution, a la réhovation
de la technique des villes et du bled, ¡jour le plus grand avantage des
ouVriers marocains et par conséquentaussi de·ootre Pª)'S. La ,Médition,
qui est de 191 g, a été sans dou te bien vite épuisée: une seconde a d éj.\

�354

RIBLIOGRAPIIIE

paru1 avec Ja date de J 921. Elle a, de plus que la premi~re, 20 cart.es,
• plans et une cinquantaine de pages. Beaucoup d'additions onl été
faites. L'auteur, et pour cause assurément, avait óté tres succinct sur
quelqucs monuments: les tombeaux des chérifssaadiens8. Marrakech
•
par exemple; il a pu cetle fois fournir plus de details. Des remaniements, meme simplement typographiques, donnenl plus de clarté o la
description. Un tableau synchronique permetau lecteur de se repérer
plus facilement dans la chronologie de.J'empire marocain •. Un AperQu
religieux précede ce lle fois I' Aper~u artistique et littéraire, el/¡ 1' AperQu
adminislratif estjoint un Aper&lt;;u etbnographiquect linguistique, avec
un petitvocabulaire franco-marocain qui fait le pendanl du pelit voca•
bulairc marocain~fran&lt;;ais. Ces amélioralions scraient utilement complétées par une autre, dan, la 3• édition: un lexiquecxplicalifdcs termes lechniquesemployés daos la dcscriptlon des monuments, Jexique
dont M. Brutails a démontré récemrnenl l'exlr~me nlilit~, In plupart
des nulcurs employant les mols dans des sens différents, snrloul
quand il s'agit d'architecture 1 une habitude fAclJeu~e qui doit
remonler la Tour de Da bel.
Los plans Sont aussi clairs que le permellent l'étroilesse C'l l'enchcvCtrement des rues et rueJles, aussi bien que l'échelle forcément
réduitc qu'il a fallu adopter pour eles villes si ótendues. fonnées de
douhles bu triples agglomérations, cornmc Fez, Marrakech, Rabal. la
description des centres touristiques a élé clhis(•c en itinétni1es qu'on
fera bi'e n de suivre, de préférence aux indications des interpretes
(avec 011 sans médaillc), qui n'ont qu'unc idéc, mcner leur client
aux souk.s et gagner une pelite commission sur les achats qu'il pourra
fuiro .
.

Georges Hardy et Paul Aurés, Les grandes élapes de l'histoire du
Alaroc; Paris, E. Larose, 1921. 115 p., grand in-8•.

a

Le ~laroc et l'Aadalousie, pour ne pas dire ausfli la Castille et
l'Aragon, sonl a de multiples égards el ju,qu'a un cerlain point
le meme pays.
La partie dont nous avons assurné le proleclorai cst pour nous une
~aison de plus de nous intéresser a la péninsule ibc'·rique oll tant
d'aflinilés d,_c lout ordre, gJographiques, gáologiques, historiques, clhniques, linguistiques et littéraires, qucl q11e soit J'énorme écart de
ci vilisation actuelle, allirent l'obscrvation el donneront peut-étre Ja
clef de plus d'un problllme. Les éludes marocaines et les études hispaniques sont liées. Je crois d'ailleurs qu'on l'a bien compris ou
Moroc.
G. CIROT.
1. M. llica.rd a publlé en 1919 (Cas3b(anca, Sen ice lo~ographlque du ~hroc) une
plaquelto qui pcul rendre de• icrrices, quols que soienl h:s amcodemenls l y apporter: ,les dynulies marocaines en dix lablrau.r- et un gro1,hique. Lo grapliiquc, lorL irtgfnieux. doune une représcnlation de l'extenslon eL de la d nréo dc:1 dl11éren f('¡¡ rlyna s~
Uos.

•

355

BULLETJN HISPANIQUE

Ouvrage destiné aux maitrcs de l'enseignement primaire du l\laroc,
et conlenant l'essentiel au point de vuc hislorique et artistique. A signaler· ici, car il peut intércsser en Espagne, et i1 ne parait pas avoir
son équivalent en espagnol. Un expos{· sobre, des croquis simplifiés,
tout ytend a mellre en lumiCre "Ce qui est caractéristique et ce qu'il
iaut retenir.
G. C.

Angel Marvaud, L' Espagne au ,.,, siecle. Étude politique el
üonomique. Deuxieme édition, revue. Paris, A. Colin, 1915,
in-16, xv-517 p. Carie en couleur

a 1:

5.000.000, liors

texle.
Le livre de M. Angel Marvaud se divise en quatrc parlies: l'Espagne politique, l'Espagne économique, la Question sociale, l'Expansion espagnole au dehors.
La premiCre parlie cst la p]us longue. L'autcur y e-xpose loulcs les
questions qui intéressent la vie publique du paJS: l'étoblissement du
régime conslitutionncl et parlcmeritaire; - la justicc et radministralion pro,inciale; la ro1auté et les portis politiques; - le mouvement
régionalistc en Catalogne et en Biscaye; - le clergC et la question
religieuse; - l 'arrnée. U monlre la persistance des forces du passé,
l'iníluence des gucrres carlistes, les déformations suhies par le r0gime
représcntatif sous l'inlluence clu caciquisme, la puissnnce énormc du
clergé et de l'armée, seules forces organisées daos le pays.
La seconde parlie lraile des finances publiques, ele la poli tique
douaniCre, de l'agriculture, du sous i;ol, de !'industrie, du commerce et
de la navigation , du crédit, des Yoies de communication et de l'enscignement. On regreltera que l'auleur, dans ce lableau de l'Espagne
au lrarni1 1 n'ait pas tenu assez de comptc de la diHrsité des aptitudes
régiohales, dontil a su, par ailleurs, montrer lC's contrastes (p. 2 a 5;
p. 491 ). Le probleme agricole ne se pose pas dans toules les parlies
de l'Espagnc dans les mémes termes. ll y a des difTérences profondes
qui proviennent du so], du climat, de J'abondance ou de la rareté de
l'eau, du régime de Ja propriété, du gcnre Oe vie des habitanls. ,tames
contrastes dans le domaine industriel. Et la procluctivilé, suivnnt les
régions, s'en ressent. Mais, a tout prendre, J'inlention de l'auleur n'a
pas été de nous donner une clescription géographique de l'Espagne.
Tel qu'il esl, son livre nous fournit un état économiquc tres complet
et tres judicieux. Et les conclusions sont parfaitcmenl exactes (voir

�356

BIBLIOGRAPHJE

BULLBTIN HTSPANIQUE

notammenl ce qui a trait au régime minier, p. 308; 3. !'industrie,
p. 316; aux aptitudes commerciales, p. 337).
La troisieme parlie est volontairement résumée, l'auleur ayant antérieurement consacré la Queslion sociale une élude complete, . ll se
contente d'en reproduire les données essentieJles.
~ La qualrieme ré.sum~ ta· politique étrangere de J'Espagne et expose
la question marocaine. Un chapitre .est consacré a11 mouvemcnt
&lt;i américaniste n, question peu confl.ue de la pluparl des lecteurs
franQais. Enfin uneconclusion générnle résume !'ensemble du livra
et indfque les queslions qui se posent devant l'Qpinion. L'Espagnc
se rel8vera a.la condition de s'allaquer a l'ignorance, de renoncer
au particularisme el de s'eur.opéaniser. La France lui servira d'interm~diaire.
Le Livre de M. Angel Marvaud est done une enquete sur l'Espagne.
Ce n'est pas la premierc. Peu de pays onl provoqué comme nolre voisine la curiosité des franQais. fl serait utile d'en chercher les raisons:
question de voisinage 1 sans doule 1 et communauté des som·enirs
guerriers ou paci(iques; sentimenl aussi, que ce peuple idéalisle esl
a la fois tres dilTérent du nótre et tres rapproché. De la lanl de livrcs
publiés depuis lrois siCcles: le Journal du conseiller Berlaut (1669),
les Mémoire. de Saint-Simon, l'État présenl de l'Espagne de l'abbé
d, Vayrac ('718), le Tableau de l'Espagne moderne de J. Fr.
Bourgoing (1789), l'llinéraire descrtpli(de tEspagne du comle de Laborde ( 1809\ - pour ne citer que les onvragcs qui traitent du gouverneffient des hommes et de l'économie politiqne 1 . Le livre de
M. Angel Marvaud esl une nouvelle maille ajoutée a éetle chai:ne. ll
est un nouveau témoignage de l'intéret que nous prenons a nos voi•
sins el une conlribution a la connaissance de l'Espagne.
Mais il estdilférentde ses prédécesseurs. D'abord il.en estséparépar
tout un sif'cle d'Uistoire. riche en événements de toute sorte. Entre
l'Espllgne du comte de Laborde et l'Espagne d'aujourd'hui, il' )' a
toutC la période rnoderne: la JUvolution, les guerres carlisles l'apparition du parlemenlarisme, la perle des colonies. Une nouvclle
enquét~ était devenue nécessaire. Celle ci 1 loii:i de faire double emploi,
marque le chernin parcouru. Elle vient done a son h!:mre. Mais,
d'autre part, elle est conc:ue dans un esprit assez nouveau. jf. Angel
Marvaud ne nous don ne pas des im pressions de voyage, ni meIDe
une vue personnelle sur Jes choses et sur les hommes de l'Espagne.
L'ol'iginalité de son livre, c.!'cst qu'il e:xprime, bier:i plus que Je jugemenl d'un élranger, l'opinion eles Espagnols sur leur propre pays.

a

1

t. Angel l\larvaud, La Q[ustion sociale en Espagne. Paris, F. Alean, 1910, In-SG,
47j p. Cf. Bull. hisp., 1910 1 p 352.
:.1
On trouvera un exposé de cette lilléralure dans la premiiil'e série des belles
/~ludes sur l' Bspagne de M. ,1orel-Fatio, cha p. I : l'Espagne en France,

M. Marvaud, en efTet, a pu dísposer 1 pour écrire son livre, d'une
tres riche collecllon de témoignages. Au len&lt;lemain de la guerre américaine, il y a eu, en Espagne 1 une vérilable floraison d'écrits, de
livrcs et d'articles. L'opinion publique, tout au moins l'opinion de
]'élite qui pense, s'est trouvée, apres la défaile, en proie l'ioquiétude
et au pessimisme. Préoccupée de !'avenir, elle a cherché les causes de
la décadence et les moyens de l'arreter. Elle a fail son examen de
conscience.' Toute une école d'écrivains, histqriens, juristes, économistes surlout, dont les Joaquín Costa, les Altamira, les Unamuno
sont les plus clairvoyanls el les plus originaux, s'esl appliquée a
l'étude de ce prob!eme. 11s se sont qualifiés eux-memes de lt regenera•
dores )l. Comme au xvm" siecle, au lemps de Jovellanos. cCdanL a ce
goUt des idées générales, a ce besoin d'élaborer des projets grandioses
et de bdtlr la cité future 1 qui est un des traits de la race, les Espagnols
ont mulliplié enquetes, consultations 1 études.
C'est dans celte littératurc que.~I. Angel Marvaud a trouvé les éléments de son enqn8te. Non pas qu'il ait négligé de se renseigner sur
place et directement, ni qu'il ne d&lt;;mne en plus d·un endroit une vue
personnelle des choses. Mais cetle inlervenlion subjeclive est volon•
tairement limitée. Le plus souvent, l'auteur s'efface. Et c'est l'opinion
des intéressés eux-memes qu'il nous don ne. Sa méthode e!Zt érninemrnent objecl~ve.
Le livre y perd probablement en couleur et en pittoresque. Nous
n'y trouvons pas ce que nous avons été habitu-és a trouver chez
)~s visiteurs et les historiens de l'Espagne, la vive lumiere, l'od.eur du
terroir, l'anecdole. Mais ce n'est pas ce que l'auteur a voulu nous
donner. Ce que l'ouvrage perd en piltoresque, il le gagne en exactitude. Ce qui frappe d'un bout a l'autre de ces pages, c'est la sincérité,
l'elTo~t polir etre vrai, pour rester impartial entre les parlis, enlre les
Espagnols et nous. On appréciera avec quel souci de ménager les susceptibililés nationales M. ~Iarvaud parle du clergé et de la queslion
religieuse (p. 161-004), ex pose les atraires du Maroc (p. 44&gt; el 498),
ou les senlimenls des Espagnols pour nolre pays(p. 497-50,). Le livre,
il est vrai, a élé publié a.\'ant la guerre. Écrites quelques années
plus lard, ses concfusions eussent sans doule été un peu différentes.
Elles auraienl certainement conservé leur caractCre de haute impartiaHté.
Les événemenls decesderniCres anilées qui nous ont tenus si souvent les yeux tournés vers l'Espagne, imposent a l'auleur l'obligation,
non de refaire 1 mais de compléter son exposé. Comme il le dit trCs
bien (p. 499), nous mérilons de moins en moins le reproche
d"ignorer l'Espagne. ~lais il reste beaucoup a faire pour renseigner
l'opinion, le monde des affaires et la presse, d'ordinaire si mal informée. Cherchons done a nous mieux. connai:tre encare. M. Angel

a

�-UIQU•

11111
IIIJLl.ffla
~41&gt;1&amp; _ . y aider en 0001 donnanl 11118 nou'ffllle 6dltion de
-11-. U•l"'l1 nmdre UD meilleur -.Ice a
qo'il m
aYeC

lllU d e ~ el de bQane (ol,

la.,._

.

B. CAVAIÍ.I.h. -

, .•. Tai'all,

u

nuna rnoluoi41t,

.1

CBRONIQUE

vol. in-So, 233 , . . .

Baroelone, Benrioh el C0, 191!1,
· L'aulear de 04 livre esl un partiaan de la té«Wnllon iWrlque. Son
eapOir ell de voir, daut une lbérie llbrement uniflée la Catalope
oblenir pour ea tangue el ta cullure propre1, deo gara~lieo analogueo
l callea qu-i l'indépendance a valuea au Portugal, Ansai ae moatre'-il ,parliaan enlbou1iasle de la Société .deo nationa el comecre-t• il la
premin parlie de son livre, el Ja plua Iongue, l en jnalifler l'idée. .
S'il n'en fail pn une élndejnridique, il en raltacbe la créallonll lé&gt;Ule
une rbolullon morale, 1 une • nueva revolución » qui imposera aux
peuplea ooimoe aox lodividns un profond lravall de reforme el de
culture inWrienre,.
On lrouve done dans ce -livre une aynlb~se ingéniense de deux
idéea lres ditrérentes: l'une (p. g5. 163) eaHe droit de la Calalogne
• se rég'8érer, • libérer-dºnne centralisalion oppreSBive, complice
d'nn ·mercanlilisme dégradanl, sa langue el ea culture tradílionnelllll
aa¡aa faire d'ailleun ancun torl a l'unité de la péninaule !Mriqoe;
.l'aotre eal l'aplilode de la Sociéltl des oations garantir anx populalions ih'riquea la possibilllé de jouer lenr r61e daos le monde ooovean. La Sociélé dea nations ae presente d'aillenrs l Taoléur COIDIDI
foadée anr une pénélration tolljoun plus .inlime des denx cultnlalioe el anglo-eaxoone, qui onl taol·d'emprunb l se faire (p. S&amp;). '
Turull eat vl1iblemenl un de ces esprit• ouverb el entboaaiasle1
,vec_qu_i l'oo vondrait communier dan, l'npérance. Son livre fall
comprendre la proronde unité de dedx j&gt;roblemea. que l'opinion
fraoQaÍle n'i¡nore pu, bien qu'ils se posen&amp; ches noos A denx clasaes
d'11pnla tres ditrél,nll, celni da .;gionall■me el celnl dn ilroil .
inlern■lioilal.
·

a

=~-11"1

•

-Lea 4,t6p6t 4,IColnllú ~ ele ._¡pr:,.emn• liul,d•'fllll&amp; /AJ Í'Qllfllllll" le 8 ootobl'e • lardeau 911 - H
l'
JI tl~i,111C11. ,arlllalaa JICIÚI&amp; -di _ .....,d ¡ 11 i ~•

111# ..,...,,.. M-11.dlll , u ~ qaidoil &amp;Yoir liMI

¡...,.

la dioQled prile au -,rh de Siint-~ea.
J4' ~~ de Paria, l.ylia, Grenoble, llootpelliCr, Toialoaa,
IIIJOIIIIO ,1 Biarrilz t'Máienl fai&amp; rejriaenler. péu Ñancea ont 6té
fel!M, 1'111t I la Cba111hnl de commeiee, l'auir. l l'll6tal dé 'Jiih,
11, QIIJ!lrd, pmideal de k Cbambre de commeroe, fort de l'oplidoll
billl '-blle 4et Chambrea de Jonte la régloo, • montré l'ln1'1tt clwi•
· lllllií -' l111.IPUial d'une ent.eale ,commelCiale enlr6 lea c1eoJ. pa;p.
•· Plllll,rn, mm de Bordaaax, a teft .-!ir lea ~ fflldna
ea , ~ ,-r les traval(le,Jn eapepol,; 11, Telnler, dincteur clt la
~ ue c:hemlna de rer da MWI, .e 11. Maxwell, - , ~
a'ia6ral, an nom dn Oomiléd'eooonrapmenlau toarlame, 011&amp;, i-r du
~ prec:1111, ,fixé les icWes aur le mouvement lonriatic¡ne el lu
IIIOJIDS de l'enc3UNP,, · ton&amp; au moiD■ d11 ne i-• l'entraver. 11 -eil
cl'alr que le COl\t du IM!ll8fl0!"', ,1e,é l 61i franca pour alld en Espt,,
gne, tt aalaot pour revenir, el le d~t de 5o.ooo fl'lllCI pour tnnéblr en aatómobile la rronllire ..pa¡nole, ae soat guere de ualure
l esciler ce monvemenl ni daoa un sens ni daos l'aulr6.
D'aolres qnestions, d'ordre social, écooomiq11e ou unlversilaíre, on 1
616 IIOllletlles el i111Crlle■ ao pro¡ramme du congra. IJail la rélolnlloll 11 plas implll'tanle a 6lé Cltlle od'oovrir uoe con1ollalion entre
ie.
quaUIIN des intélits r.,...&lt;¡aia dan• le but el,, préeber
1eara ~ u deólerlll • d'euminer qnellet conceaaiona leur
.,.__l poealblea en •1111 d'arrlver l meUn fin l un 6tat de ten1Jon
~ p r lea clen,. nation1 rolsinu etamiea •· En conséqueaee, lea
11zk Olll~• ■ 1 lioo •,¡ pnmclMl de la "8loD ~ de
'9 lilt
4a W
el ao Comii! de np~mmt ~
U U 1\1111 I , ,:
a. . .1111, reo~ a'-"ire aupria d11
'o i P ol:,t 1 1 ■ .41rC ·114a,1erapproc1i-1de■ n!gio8'
'118 : •·• 11 er :r .tt 1 ;¡a1at.....,011:\411l6.illtt--4uit
__., t ~ - ·; ~ C P o
111 •4s!!C llf
•

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:-&amp;

•11

�360

BULLETIN HISPA.NIQU:S

de rapprochement, afin qu"une confrontation des desiderata des deux
~ays p~r_mette d'élaborer rapidement, dahs un esprit de large concilia~100 re?1proque, le programme d'entente dont l'adoption pourrait
etrP. ut1lement recommandée aux Parlements et aux gouvernements
espagnols et fraiii;ais •·
Les séances ont élé présidées par M. Imbart de La Tour el M. le docteur Maure. Ont pris également la parole: MM. Thamin, recleur·
CarrCr~, directeur-fon?ateur de l'Amilié Jranco-espagnole; Oyarzun';
Chevaher, professeur a la Faculté des lettres de Grenoble; A. Marvaud, Falgairolle, Ilossfls, Dours, Tronel et plusieurs membres du
comité de Bordeaux.
Le congres de Biarritz aura lieu le lundi de la Quasimodo, ,4 avril
19,~. Pour les renseignements, on peut s·adresser a M. Alioth secrétaire général du comité de Bordeaux, rue Ducau, ?9·
C.

G.

Erralum: 19,0, p. ,98, l. 15, lire CXXX pages (et non XXX;
19", p. ,38, l. 4, lire mollaqd (an lieu de molqaya); l. 15, Pons
Boigues.

•

TABLE ALPHABÉTIQUE
PAR NOMS D'AUTEURS

B.t.BELO.'.'I (J.). - A propos de la monnaie de Ségo,·ie. . • . • . ~ . • . •
RisSBT (R.). - Gl, Burguete, Reclificacione&amp; hístóricas, De Guad.alele a Couad,mga (bibl). . . . . . . . . , . . , . . • , . . . . . .
l:hu1LLO!t (M.). - Les sources historiques de Zaragoza • • • . • . .
BsRnuim (J.-J.-A.), - Herder et le Cid . • . . . . . . . . . • . •
Paul Ferdinand Fricdrich Buchholz • . . . .
Spanicn, Zeitschri{t Jiir AU$land&amp;kunde (bibl.).
li«UTAtLs (J.-A.). -J. Puig y Cadafalch, L'A.rquileclura roínánica a Calalunya
(bibl.) . , , ,
.•..... , .•.
F. de Los Ríos UrruLi, Vida e instiluciones d.el pueblo de
A11dorra (bibl.) . . . . • . . . • . . . • , •
1, 77,
CmoT (G. ). - •·ernán González dans la chronique léonaise • . . , •
Cervantes el les fr(lres Tharaud • • • • • • . • • , ,
Chronique . , • . . . . . . . • . . , . • . . • . 171, 267,
Duque de Berwick y de Alba, Contribuci6n al estudio de la persona
del ll l duque de Alba (bi bl.) • • . • • • • • • • . • • •
Andrenio, Novela&amp; y novelistas (bibl.) • , . • • . • . . . . . •.
A. de Llano !loza d'e Ampudia, El libro de Caravia (bibl.) • . •.
R. de Orneta, Berrugade y su obra(bibl.) . • . . • . . . • , . .
Cervantes, Novelas ejemplares, Edición y notas de Fr. Rodríguez
Mal'Ín (bibl.). • . . . . • . . . • . . . . • . . . . . . • .
A.-C. Pires de Lima, Traditóes populares de Santo Tirso (bibl.) •.
Analecta Monlserrateruia (bibl.). • . • • • . • . . . . . . • . .
A. Castro y Federico de Onís, Fuero, leoneses de Zamora, Salamanca,
Ledesma y A.Iba ck Tormei; Galo Sáncbei, Fuero&amp; castellanos de
Soria y A lcafá de Henara (bibl.) . , . • . • . . . . . • . . .
Lope de Vega, Teatro, tomo 1, Prólogo de Alfonso Reyes {bibl.}. •
Eugeniusz Frankowsk.i, Hórreos y palafitos &lt;k la península ibérica (bibl.) • • • • . • . • • • . . • • , • • • • • • • • • • •
Miguel de Toro-:,-Gish11rt, Ortología castellana de nombres propios:
Americanos; Los nueuos derroteros del idioma; La ck11.xil!me
annie d'espagnol (bibl.) . . • . • . . . . . • • , . • • .
J. Domíngue1 Berruela, S1ª Teresa de Jesús l' ion Juan de la Cruz;
Mgr Demimuid, S. Jean de la Croi:,; (bibl.) • . . • • • • . • .
M. Monmarché (el Pr. Ricard), Le Maroc {bibl.) . • • . . • • .
G. Hardy el P. Au fes, Les 9randes ita.pes de l'hi!toire du ~laroc (bibl.)
CA.n.1LLEs(H.). - A. Marvaud, L'EspagM au XX• siecle (bibl.}. . • . • . . .
Cosns (R.). - Pedro M.exía, chronbte de Charles-Quinl (sui/e). . . . • • • .
ETCHEGOTElf (G.). - Lo roman de sainte ThérCse par M. Edmond Caial. . • •
FEGUALI (M.). - Aug. Cour, Unpoete arabe de l'A.ndalousie: lbn Zaidotln (bibl.).
LB GEl'ITIL{G.). - Le mom·emenl intelleciuel en Portugal.. . • . • . . . . .
V. Ribeiro, Sousa Viterbo e a sua obra ¡bibl.). . • . . • , .
Revista da Faculdade da Universidade do Por!o(bibl.).
Ántologia portugMsa: Frei Luis de Sousa, Vida d.e D. Prei
Bartolomeu doi mártires; Bernardes, Nova Flor_esta (bibl.).

•

3o4
,35
"9

,80

'"
161

,39
335
::169

57
325

153

,so
,69
2!1!i

245
251

346

353
355
355
95
285
34a.
49
163

246

�•

362

BULLITIN HISPA~IQUt

LB GEnrt (G.). - Edg. Prestage, O manifesto dai 01Widades de Luis Felis Cru/&amp;ges_
(bibl.) .•• . . . . • . • • . . . . . • . . . , . . • . 351
,
Carlos do Passos, lembranyM da terra (bibl.). , • . • , • • 35.1
MERUfÉE (E.). - llco~y 'fbomas Spanísh and Porluguese Romances of chivalry
(b1bl ) • • • , • • • • • • • • • • • , 1 ,
1~6
N, A. Corli1, lllfu.lstJ Q/Jijote y Fray Uri~fobal de
(hibt.) 1 50
,tiLLA.RDBT (G.) - T, Navarro Tomás, Manw:il de pronunciació1i española (bibl.). .
6g
Moa.EL-F.n1o(A.).-D.Jua,nAnlonioLlorente . . , • • • . • . . . • . . . 117
Catalogue dea livres de M, Morel,Fatio,
15, ni, 3 1 8
J. H. ,viffen. . . . . . . . . . . . . • .
.
1 4:J
PARIS (P.). - Bas-relief ibérique du Musée prol'incial de Cordoue, ~ ,
17 3
llrnET (G.). - Cbronique . . . . . . , . . • . • . .
•
268
R. R. - C. Moráo Bardón, lnvestigacione, acerca de arqu;olog.ía·y ~;eh.isio;ia· d~
&gt; fo región sal'?1antina (bibl.) . . . . . . . • • . . . , . . . . • , . ,
6i
R1c.tRo (1 r.). - R. Velazque1 Bosco1 ilfe4ma Aual1ra y Alam.iriya (bibl.) .
6,
R1cHARO (G.). Turull, La nueva rduoltloión (bibl.).
• • 1 1 • , ,
358
S.1.kRA.1Lu (J.). - Quelques sources du Cádiz de Galdós.
33

TABLE ANALYTIQUE

Fo~s;c~

DES MATIÉRES

l.
p.

ARTICLES DE FO~D.

Autiquilés. - Bas-relief ibériquc au Musée provincial de Cordouc
1 73-179.

(P. Parle),

1/isloire. - rernán Qouzáfez daos la Cbroniquo Jéonaiso (G. Cit'Ot}, p. 1-1.'i,
77-94, 269-28&amp;. - A propos de la monnaie de Ségodc (J. Babelon), p. 304-311.
• 1/islorillyraphie ..... Pedro Mefia, chrohlste de Charles-Quin, (suite) (R. Costes),
p. 95-110,
Hi.,t oire littét-aire. - Le roman de sainte Thér8~c,par M. Edmond Caza! (G. Etohegoyen), p. 285,303. - Herder et le Cid (J.-J,~A. Bertrand), p. 180-no, - raul
Ferdinaod Friedrich Bucbholz (J •. J .-A. Bertrand}, p. ,rr-116, - D. Juan
Antonio Llor~ntc (A. Morel-Fatio), p. 117-1 28. - Quclque!i souTce&amp; du Cddiz
de G-alriós (J. Sarrailh), p. 33-48 ....... Les sourccs hi&amp;toriques de Zaragata (M.11ataillon), p. 129-141. - Le mouvement intellectucl en Portugal (G. Le Gentil),

p. 49-56.

•

Bibliographie. - Catalogue des lines de M. Morel-Falio (A. Morel-Fatio),
p. 1&amp;-32, 2lM34 1 31$-334.

11. VAR[ÉTÉS,
-

NOTES, CHRONIQUE.

H~toire Wtiraire. - Cervai1tes el les rreres Tbaraud (G. Cirot), p. 57-59.
J. n. Wifl'en (A. Morel-Fatio), p. 142-143,

Unitiersités et enseignement - Programme des coocours d'agrégation el de certiflcat
pour l'année 1921, p. 60.
Chronique. - Albert Léon, R. Menéodez Pidal. Congres íranco-espagnol de SaintSébaslien, p. 1 72. - Cours de vaCances a Effirgo3, a Madrid; Melgar, Morel-Fatio,
Brutails, Imbart de La Tour, p. 267. - Comités Crani;ais de rapprochemeDt francoe&amp;pagnol, p. 359.

III.

BIBLIOGRAPHIE.

C. MoRb-BARDÓ.1, Investigaciones acerca de arqueología y prehistoria de la región
salmantica (R. R.), p. 61. - RIC&amp;RDO VEL.Í.IQCEZ Bosco, .lfedina Azzahra y Alamiriya (Pr. Ricard), p. 62, - DVQOB DE 8Eaw1cK Y D'8 ALB.l 1 Contribución al estudio
de lapersonadet 1/1 duque de Alba (G. Cirot), p. 66,-A:mRENI', }\"otJelasynotJe•
!utas (G, Cirot), p. 68. -T. NH' ARRO Tm.l\s, Manual de pronunciación española
(G. Millardet), p. 6tJ, - A. DE LuNo Roz&amp; DE A)IPUDI&amp;, El libro de Caravia
(G. Cirot), p. 76.
R. DE OaosTA, Berruguele y su obra (G. Cit'ot), p. 14~ . - HENRY Ta0&gt;us, Spanish.
and Portuguese Romance$ o/ chiualry (E. Mérimée), p. 146,- N.A. Coads, EL/al.so
Quijote 1 Fray Cristóbal de Fonseoa {E. Mérim6e), p. 150. - Ci1tU1t1'Es 1 Novelas

•

�364

BULLETIN Hl!PANIQUE

ejempla,.es, Edición y notas de FR. RooRÍGuEz M.rnb- (G. Cirot), p. 153, - A.-C. PrnES
uE LrnA., Tradi~Oes populare$ de Santo Tirso (G. Cirot), p. ,Sg.-Spanien,Zeitscltrift
Jür Ausland.skunde·(J.-J.-A. Bertrand), p. 161. - V. RrnE1ao, Sousa l'iterbo e a
sua obra (G. Le Gentil), 163. - Revista da Faculdade da Universidade do Porto
(G. Le Gentil), p. 167. -Analecla Montserratensia (G, Cirot), p. 169.

Gl BuRGuns, Rectificaciones históricas, de Giwdalete a Cavadonga {René Basset),
~35. - J. Pum y CA.DffALCU, L'Arquitectura románica a Catalunya, vo1. 111
(J.-A. Brutails), p. ~39. - A. CASTRO Y Fi::o . DE Otds, Fueros leoneses de Zamora,
Salamanca, ledesma y Alba de Tarmes; G~Lo S.hcuEZ, Fueros castellanos de Soria
y Alcalá de llenares (G. Cirot), p. 2fi4, - LoPE OE Vm::A, Teatro, tomo I, Prólogo
de ALFONSO llEYES (G. Cirot)7 p. :,45. - Antología portuguesa: Fnin l.u1s DE SouSA,
Vida de D. FreiBarlolomeu dos Mártires; BERtW\OES, Nova Floresta (G. Le Gentil),
p. :,46. - EUGEl'IIUSZ FRA.NKOWSU, llúrreos y pala/ilos de la pe11Íllsula ibéricu
(G. Cirot ), p. ,5 1 . - MIGUEL DE Toao GtsBBRT, Ortología castellana de nombres pro•
pios; Americanismos: Los nuevos derroteros del idioma¡ La deuxibme année d'espognol
(G. Cirot), p . 255.
p.

FERNANDO DE Los

Ríos

URatJT1,

Vida e instituciones del pueblo de Andorra (J.·A.

Brntails), p. 335. - AuG. Coua, Un poele arabe d'Andalousie: Ibn Zai"doun
M. Feghali), •P• 3~o. - J . Do)1Í:wuEz BERRUETA, Santa Teresa de Jesus y san Juan
dela Cru::: Mgr Demimuid 7 Saint Jean de la Croix (G. Cirot), p. 34f'i, - Eoc,
PRES'l'AGE. O manifesto das oslilidades de Laü Ji'elis Crw (G Le Gentil) p. 35,.
- Cu1,r,os nB PAssos, Lembrancas da tura (G. Cirot), p. 35,. - M. MON.\IA1tcm:i
(et PR. RtcARo), Le .Uaroc (G." Cirot), p. 353. - G. IÜ.RDY et PAuL AuREs, Les
grandf'-S étapes de L'histoire du Maroc (G. Cirot}, p. 355. - A. M.rnVAun, t'Espagne
au XX• siecle (H. Cavaillés), p. 355. - P. ~l. TuRuLt, la nueva revolución (Gaston Richard}, p. 358.

lV: GuAvunEs.
Ltinéraire de Feroán González, p. , , . - Manuscrit portugais de Paris (Cbrouique
générale, p. 85 . - Hórreo aslurien, p. :,5::1.

v.

PLANCHE.

Bas•relief ibériquc du Musée provincial de Cordoue.

30 novembre 1921.

LA RÉDACTIO!i, E. l!ERI\IÉE, A. MOREL-FATIO, P.• PARIS
G. CCROT, secrüaire; .G. RADET, directeur-géranl.
Bordeanx. -

lmprimeries Gou11:ou1LH01J, rue Guiraude, 9-11.

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                  <text>Fundado en 1898, el Bulletin Hispanique está editado por las Presses Universitaires de Bordeaux. La revista, actualmente, se publica dos veces al año e incluye reseñas de libros y una lista de obras recibidas. Los artículos dan cabida al ámbito ibérico e iberoamericano, sin distinción de época, área o método y se publican en francés y español, así como en cualquiera de las lenguas de la península ibérica. Revista indexada: HCERES, ERIH, SCOPUS y WOS-AHCI.</text>
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              <text>https://www.codice.uanl.mx/RegistroBibliografico/InformacionBibliografica?from=BusquedaAvanzada&amp;bibId=1784789&amp;biblioteca=0&amp;fb=20000&amp;fm=6&amp;isbn=</text>
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                <text>Bulletín Hispanique, 1921, Tomo 23, No 4, Octubre-Diciembre</text>
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                <text>Fundado en 1898, el Bulletin Hispanique está editado por las Presses Universitaires de Bordeaux. La revista, actualmente, se publica dos veces al año e incluye reseñas de libros y una lista de obras recibidas. Los artículos dan cabida al ámbito ibérico e iberoamericano, sin distinción de época, área o método y se publican en francés y español, así como en cualquiera de las lenguas de la península ibérica. Revista indexada: HCERES, ERIH, SCOPUS y WOS-AHCI.</text>
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                <text>Université de Bordeaux, Faculté des Lettres et Sciences Humaines</text>
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                <text>Morel-Fatio, Alfred (1850-1924), Redacción</text>
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                <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores.</text>
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        <name>A Propos de la Monnaie de Segovié</name>
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                    <text>��róYinelal ~ Gi:mlóué, l!Qü ff n'II

de r•8o, lniUle 1!iro•-4c7; ua
· et iocomplift I faútllle,
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clan• le eymboliame .cbretieni&gt; d• ...-f r e ~ t-U u
IOauep ~iá, mutyr de aa rol fllithoUque, OOlllllle il
ea&amp;a Ylllpule I.éol'i1Jilde1 Terrible fu&amp;la peMlltioiu
tM.l' a11 Ífllell8rque, q.ui ll''pal'IJ.U métnf pu la Yif 4hl
~ 111,, comre l• OdMea eatholilJaee, Et pclQ1' r•tn1111ab"'""'""'"
da _,, Nlnl "~""oDl8, ~politaia de ~ (Glí7

·•·prime
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' lieé&amp; V111pit barelice l\ouam; de qao diellar Rldul etn
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!PM ia.v~ doctrine in a!ldi.enlioJD. cordibu peooaii
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Vi'nlm: •lslOlíll e,1111 IBWDO retrl118tio lilbn«ut.

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le!Dble 111perlu, cu ~ aoua le lliiHtliet a'a •
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p,UJ lM,uolier rond l lltll6fl dH ™r1111, tel. qV le po,teíit .._
ebiuHQ~ d81 handeau:1 du Loan-e, qaelque■-lllll d8I I O ~
d"Oauaa, oeu:1 dft 11lle1 de Clania, ee11ll de■ monlllleif
• ~ • o'eat oelai anfta d'ane •rande qt¡antiU de _.
peüll ,nrrléra l pied et l cbeval qnl out 6&amp;6 recaeillia pUmi
lea illDOlllbrabl111 flprinea de bronu da 1anc'1lalre de Ca,,-lltfr
• Banli4úlion et d11 aanotnaire du Collado da m Jardil,u cla•
la Sierra Morena, o'eat-a•dire dana une nifio11 att11nanw l -.llo:
d1 Conloue•,
i\Jotit0n1 que l'erma otrenaive qui acoompqoe OQDalalnn(ql
Je peijt bouoliét eat l'épleu; 11mblable l eelai que b ..DdU le
~ d aaerlier, et non la fteohe. Quoique Je pnmls . . . . .,
porte un
11 o'.., bien UD aré que l' 0D YOU derriere 801l . . ..
U lle aomble pes 1'en étre aervi, et o'eat plutat le ■acnnd ... ,
aU.illt le cérr, QOD d'une ft~he, oomm• le dit Je P. Fila, $811
d'Qn llpieu aemblable a oelui qu'll Uent aaOOl'II. Or, i• ~lt
bl'(n1ea nona apprenneot que IODYent lea perrien purtalem
d111• de o.e traita •, ce qui ■'npllque aiMlment. Le P. Fila
inlerpnte antremeut cea detalla : • L'arti■!e, dlt-il,, Caule el•
~ .,a v~u eaqul1aer dam aotiona différeote■ du cavalier,
d'abord oello de lanoer i. ftloho avec ton aro et frapper le liut
l\iatlif, p11i1 celle de 1'emp1Nr de la prole, Je pro"trer aYeo 1e111
bt&gt;uollei- de titw intlidio,o. de la 11111rta que ha cabido. • Nutre
eiplie11tion 0901 paralt moi!l• h111rd1uae.
Bnlln, ea ee qui coacarne la ohenu:1 del oh■-re, oon1&amp;a,.
tofla nulémellt qu'ila ont en guiae de 1ell1 una simple
bQ11119 maintonue par une larra oroupi~re. Ca détoll ae
· retrQ11ve conelamment 1ur lea repréaentalio1ts de mvallan
ibóriqllea, et peur nou1 en tenir anll es-voto de la que.va de IOIJ

aro,

1. R. LaaUer:, ~JI' s..turio ilMri,o • S.U,t,ha, pi. l. ••• 1, 1; 11, Is, •• ..._
I.CahoyJ. Cabri, E.nc~,.Alc C-7 Collcdod, to.Judlu. ( S - - •
hM), •1111, pi. VIII, ll, lll: 1911, pi. VI, VII: t91I, pi. YI, Yllf, - A. Soll\láa,
6nmn1tOIIH .,.,.. /roa o.p...,,.,.,...1111M S..-r4JI......,, Sr, 14,
16, et pi. XllY1, X Ya. - cr. P. Paria, - 4 .......... 1'8,147,pl. ilJ ,111,.a,s,
1. 1, Cabo, flll. lnd.. 1917, pf. VIII, .X.•H... Dllatt, op. ,._,, pi, X, 1, XXV1.

r-

-

a&amp;a-ULID' 1aá'JQot AD Mll&amp;Alt PaOflllCIU D11 _ , .

119

.ftidtnea, noua pouvoll8 clter lea planchea VIII du Mrunoire
~ fouillea ¡le 1918, el VIII et IX di! Mémoire de 1917.

tleate le atyle. S'il n'y anil tea d"8U1 d!lnt nous avóoi tiré ·
eta argumenls qtd nou1 semblent décisifa, serions-noua

eu&amp;óriséa, seulement d'aprea ce style, a parler d'art ibérique ?
Jf eat dilllcile de l'afflrmer, car nous aomrnes eo préaenoe
d'"""' OIIIYre trk bar~re~ &amp;out au mllin11 tres mah1droite, lelle
AQ' Oll peuYeQt produire da119 tona les pays el a tou~• 181
'éJIIJII* d(II ertiaans au:1 inatincts, aull goflls, a la lecboique
,..... primitiCs. DII moina eat-il certain que les personnage1 et
lea ani111au de ce ba1-relief, par s11ite de la rondeuP dt la
1DC11l,a1t des fürmes, du manque de proporlione, d'un ensemble
de dlfáula qu'il aerail oheu:1 d'111alyser, produiaent enctement
i-..
lmpresaion que Jea moua el lourd1 .,peraonn11~ et
de bn,n..,q1li rormeul e11 ·gra11de partie lea collecliona
4, lprin• do Slintiateban et.de loa Jardines. 11 fanl 1eulemeut
..:9lor sur le baa-relief une certoine ju1tea1e avec- 1101 certoille
~ ele 1DQ1lveJQent1 411e l'H ne trouva pea cilios la aérie
..,_ ~Yotó, d'ordinaire flgéa d11111 des 11ttihlde1 oonvention~ - el QJQnotooement rilfldea. Maia oe\to legere aupériorU6
ti,nl 11ao1 dqute au:1 f11cililé1 que donne méme 1t de■ art1,1é.
Q Q ~ lt aoulpture en btt~-relief. Eofln, quelle■ que p11"'opt
ih Ita diJl'éren!)OI, il y • entre la eculpfure de Conlouo et
t't111tQlblo 4111 lllllll pturea cerlainement ibériques un 11ir de
flllllill• qu'il aor11il diflloile d'&amp;:&amp;pliquer 11 Ja prerrliere 61ait
1...vre cl'uu ar«ste poalérieur de pluaieun fl!!Dt&amp;iiaea d'annka,
'et puiJIUlt aea io1piratlon1, cbercbant sea o¡odelea et 1e1
evmplCII d1111 11ne civiliaatilln qui u·avait plus Yr■i111111t
_.._ npl)llrt avec l'autre.
Si nÓ~ C11bChHio111 aont 1dmiae1, n9ui noua féllciterllna
d'avoir revéndiqué pour l'art ibériqae un níobumeol qui eat
bien Joln d'étre UD cl!ef-d'a,uyre, ,mais qui°. le gnmd lnlértt
:.t••1re J1uqu'll p~nt aeul do 100 espece, et d'iuaugurer une
'4tfe JtOnvalle dana nn&amp; cellectlon eocore bien rédulte, mala
q,it a'accrott po11l11nt ohaq•Jour de r,~on preaque loeapém.
Ptaaas PAll.ls.

""lllll
_......_.J:

•

..

�HERDER ET LE CID

JIEHD"ER ET LE ClD
Les légendcs onl la vie dure. Lºhisloire litléraire en est pleine,
qui s'obstinenl a ne pas mourir. 11 es! enlendu, depuis Masson
el son impertinenl pamphlet, que la Frnnce, !out au moins la
France du x-v111c siecle, n'a jamais su comprendre la &lt;( sreur
latine" espagnole. Il es! enlendu,_ depuis Herdér, que seuls les
Allemands • ont aimé avec largeur d'espril et chanté avéc talen!
les choses et les héros de la loin taine péninsule . Des voix savantes
onl contesté quelques-uns des mériles de Herder; la critique alleñrnnde elle-memc admit, la preuve faite, que le Cid de Herder,
qui fait le meilleur de sa gloire poétique, est essentiellement un
Cid fran~ais. N'importe: Herder reste, aux yeúx du plus grand
nombre, l'homme du Cid; le Cidest, pour la plupart, le plus beau
íleuroo de rhispanisme allemand. Nous lisons, dans le l,vre
pourtan I bien beau d'un grand savanl ' : « L' Épopée castillane
a lmvers la liltéralure espagnole ", des lignes bien surprenantes.
. "Herder, sous l'impulsion de son esprit largemenl hu~1anilaire,
sentí! s'éveiller dans son ame, docile a toutes les suggestions
de ce qu'il appelail • la voix des peuples," une sympalhie profonde pour lapoé°sie héro[co-populairede l'Espagne. Son poeme
du Cid es! une heurcuse adaplalion des romances espagnols
consacrés au héros . .. La France, oll le romanlisme était une
i mporlation d' Allemagne et d' Angleterre, commenra elle aussi,
quoique plus tard, a considérer la légende épique de l'Espagne
comme faisant parlie intégrante du romantisme3. i&gt;
1, ll:t quelques Aoglais. Xous limilons aujourd'hui cette enquete 3 l'Allemagne,
mais les conclusions ne seraient pas sensiblemenl dilférentes pour l'Anglelerre.
2. Cette opinion n'est pas isolée. Le Diccionario encir:lopédico Hispano-Americano de
Literatura, ciencias r artes (Barcelone, 1892, l. X 1 art. Herder, p. :rno), dit, par exemple,
e&lt; Dos a1ios antes de su muerte, Herder h'adujoel Romancero del Cid, y esta bellissima
lr.iducción, a la que se han reprochado con exceso ciertas inexactitudes en los
delalles J en el color, es hoy un monumento cl.isico en Alemania. "
3. R; Menérldez Pida!. l'Épopée castillane d travers la littüature espagnole, Trad. de
11. ~lél'imée. Paris, Colia, 1~10. Conférences prononcées a Baltimore du 5 au
16 mars 1909.

Saos aucun souci polémique, ni animosilé nationale, refaisons aujom·d'hui l' en que te. Puisque découverte il y a, voyons
qui, hors d'Espagne, a découvert l"épopée espagno!e du
Romancero. Cette histoire posthume de Cid est curieuse, et la
parl de la France y est assez grande pour qu·il soit utile de
faire valoir ses litres. Le role de Herder reste important, sa
pensée et son ceuvre méritent qu'on en étudle les origines et
le développement. Suivons-le sur la route qui le conduisit au
Cid. Nous y ferons des renconlres intéressantes.

•••
l. Théories de Herder sur le Romance.
Herder n'est pas un spécialiste de liltérature espagnole, il
y est ven u par un détour, encare n'en a-t-il abordé que quelquesuns des rivages les plus ·fréquentés. Ses curiosités s'évcillerenl
lentement.
En 1 767, il faisait allusion, sans plus, aux c1 rimes assonanles n
des Espagnols et au ro.man de Cervantes'. En 1769, il cilait
les poeles fran~ais, anglais, italiens, grecs et allcmands : il
oubliait les poetes espagnols. Ce sont apparemment les conseils
de llamann, son maltre el ami, qui aviverent cet intéret pour
l'Espagne.
En 1772, Herder lit:el commente le Don Quicholte'. En 1773,
il se propase de lire Cervantes dans le lexle espagnol. En
1777, enfin, il étudie effeclivement l'espagnol sous la direction de l'hispanologue déja réputé qu'était Bertuch. Il esl
bors de doute que Herder connut, des lors, tres convenable- menl cette tangue.
Les études d'histoire littéraire ;de l'Espagne commen~aient
a devenir familieres aux érudils allemands. Dieze publia en
1769 sa Geschichle der spanischen Dichlkunsl, traduclion corrigée
,. Je cite, faule de mieux, d'apl"es l'édition publiéc en 1827-18,S cbez Colla,
SluUg.-Tubingen, J.-G. vo11 Herders sümmll. IVerke, l. I, p. 74. Fragmente iiber die
net1e tetitsche Lileratur.
L Sur les rapports de Herder ~t de Cervantes, voir Herders Briefe an Hamann
Berlln, 188~ (q69-1773) et Erinnerungen aus dem leben Joh. G. uon Herders, hrgg.
von Müller, Stultg.-Tübingen, 1820.

�•u- º''?llft
et allnoWe d111 Or(geau 41 la ,,.,._ ~1,11ena de Vela-..,
qui inléresu vivement Herder. Die.te annon\lllit dans 1a prifaee
une 111thologie dea poete, e1p1gnol1, qui denlt contenir en
parUculier lea plus anotena poemea do r:ancioM"° flM-',
m•I• qui ne vil p11 le Jour.
Herder eulvail-avec allentlon cette enquéte en !erre eapagnoH1. !n , 77/1, cllant, a.propoa d'O11lan, dlvera romanoea de
dlYets pays, il négligeall encore le romance espagnol. Mala
lonqu'en 1777-1778, 11 a'atlacha au folklore el puhlla ses célAbres Voix des Peuples, Slúnmen der ViJlker· in Liedern, 11 ren-. ·
contra quelques roniances, 11uasi peo populaires que po31ible,
d"Espagne. Ce f11t une révélation. Romanoe moresque de Giués
Pérez de Hita, romance précleÚse de Góngora, la acience de
Herder ne semble pas avoif été, a celle époqu·e, plu11 loin.11
lraduil un cerlain nom1&gt;re avec un rare booheur. 11 tradull
avec cooacience et lalenl, non saos quelque liberté, supprime
· des longueurs, concentre, ravive. Rylhme lrochaYque, vera de
quatre pieds, slrophe de qualre ven. Ni riml!, ni aHooance. C'eat
141 maniere déftnilive de Herder, A laquelle i1 restera 0dele •.
Herder sou~onoa les richesses cachéea de ce genre qu'il
dé~uvrail i l'insligaU011 d'initialeura anglais et írant11i1. • 11
o•-, a rien de plus ardo; dit-il, que la lraduction d'une si_mple
romance eapagnole. . . En ce qui conceme la romance et la
chansoo, nous avons beaucoup a apprendre ·dana celte lilléralure; peut~lre qu'un jour lleurira a nos yeux ·s ur ce sol tout
un Jardi_n des Hespérides. Je ne connaie, en dehon del'ilalien,
auenne l4ngue modeme qui soit capable de tresser des guirlandes lyriques plus jolles que la lan¡¡ue ihérique, plua sonore
du reale que l'italien •. »
• Lea romances espagnoles, ajoute-1-il, aont les plus narve■,
· les plus anciennes, el, du reste, les premil!res de la lignée fout
entil!re des romances s. » ·
·

"º

•1. SQr Herder el l'ltpeflle, toir, en peruculler, A, f'trln1Ui, ~,,.. Jlr ptl,

u,,,... •

,,.,.,-,. ,ao~. V, p. !19 i J.•J. A. 8'rlrand, CrM#ln,_ rt le .ROfltflAlg,_ """1,ellll, , 1 14,
p. 7' "l•. S•-• w l'llti,r ÍII U.d,,.,,.8. Worlo, édiU.., Colla, ,Sal,-• VII.,-.
deo Qoaais populal"", p. 9a.
3, lbúl., p . 16o.

.

-

ffUICID

D111 ifnorona bon nombre de1 leolures de Herdet. Qael1
IOlllan- Ya-t--il déaormaia trou~er sur son chemin P 1.ea ..stea
•i,cit raree. Herder n ·a JIBI été un cheroheur de tlocuineula,
mail il f&gt;arlicipe ii la vaate enquéte critique qui ae dllYeloppe
. ii lrnera l' AUema¡ue; 11-dévore lea ouvra... d'hi,tolre littéralre qui pa11enl ii aa portée, Sarmien&amp;ó, Rengilb, Huet,
Hermilly, Ockley, Marigny et lea pl'Mt!nfalieles fl'o\l&amp;I■•
L'inlatigable chasaeur d'idées qu'll ful IOÚt au long de ta vle
reunit oo certain nombre de lhéorie1 relalives 1u romanee,
donl il fil la t'orturie,
La culture arahe, infusée anx olvllí88llon1 nal~Uf!le•. du
Midi de l'Europe, leur transmit l'ln1pira&amp;lon orien~le el
lee rormu d'art ancestrales qu'ellc Hlil pulúea .aus
aoureea a1ialiques. C'était une loogue querelle, parml lea
é'rudits, qne )'origine de la rime et de la poosie. Lope de
Vega, daos son Laurel de . A polo, Saumalze voulalent que
nos poésies modernea fussent nées des liltérstorea grecque
· et latine. D'aulres Conl dérh·er la rime des langues germanlques, tudesque•, CÓmme on dlsalt. Huel •,. Masaieu •, el·
a leur suite l'érudil allemand Reiake 3 sºinacrivent en faux
contre cea idées. • Lea Arabes, dit Huel, fonl leura délices
. de la poésie : c'est l'élude la plu1 ordinaire de leun beaux
8ª1}rils.,. C'esl des -Arabea, a mon avis, que noua lenons
l'arl de rimer 4.,. L'Espagne ayant recen enfio le Joug ·deá
Arabes, elle re~eut au~•i leen mreurs, el prit d'eux la coutume
11e chonter des vera d'amour el de célébrer les actions des
granda hommes. • C'élaienl " lea chaola qu'ila nomraoienl
Romanceas» .
Herder reprend ces éonclusion1. Ce sont, dil-il, les Arabea
qui onl inlroduit la rime dans la lillérature européenne; lea
paya les plns altelnts par celte iriftuence Curen! ceux ou

1, ,.,,_ • ........, la 11.,.,,.,_ • • • 1ur le •fel 4a la Prlltet1# di, 00,n, Pari1 ,
1e,I. 8n 171 t pantl la 8• édlUon, qui porte le tll.-e: TraiU U l'o,·lgine dn Ro1tU1111,
.,.. M. llno&amp;.
•• 11,.,.,,_t!Ü,. Pohl.Jf'ftfaiu. Pari1, 17S9 .
a.• Huel, l. a. p. 1.-19,
w......,Ao/1,. •""f,.;,n la.ui,, t. x.
6. Hu«, l. c. p. ali.

-•-.1w-.

•

�BULL&amp;TDI HISPANIQUE

HERDER ET LE CID

les rapporls, amicaux ou hosliles, avec les Arabes onl été te
plus fréquents •.

de Tressan réveilla les cantes el les romans du Moyen-Age
fran9ais, s'aventura, avec une prédileclion symptomatique,
parmi les héros de l'ancienne épopée espagnole. Elle résum~,
a l'usage de ses lecteu1·s, dans le style agréable, spirituel
el lrop habile des belles infideles de l'époque, nombre de
romans, reuvres épiques ou autres, dont l'Espagne afrancesada, elle, se désintéressait : la Gatomaquia, la Célestine,
Mingo Revulgo, le Cupido11, l'flistoire d.es Guerres de Grenade
(de Pcréz de liila), etc. En 1782, 1783 el 178~,elle s'oecupe
de la légende du Cid. Au mois de décembre 1782 1 , elle don ne,
dans une note,.. un romance espagnol, les adieux du Cid a
Chimcne . Dans le denxiemc volume de juillel 1783 (p. 3916:l), parail, sous la rubrique du Romancero « flisloire en
Romru,ces" d'Eseobar, l'hisloire toul entiere du Cid, L'auleur
rend compte el s'inspire du Romancero d'Escobar, mais il
ulilise a l'occasion le Tesoro. escondido, de F. Meige et le
Romancero General de M. de Madl'igal. Qui esl cel auleur~
La pluparl des analyses de la Bibliolheque des Rornans sonl
anonymcs. « Nous avons a peu pres la cerlilude, dil le J\la11ttet
Horel, que cclle premiere lraduclion d'une partie du Homancero esl due a Couchut, qui était tres versé dans la languc
espagnole et qui a íail _connaltre la pluparl des Romances de
la Péninsule :1. &gt;)

Le romance est né de celle influence; il y a pris les deu~
caractCres qui la singularisenl: chcvalerie et galanlerie. On voit
aquel poinl le romance moresque avail .ftappé l'altention de
l'eslhélicien. 11 ne connail en somme qur le romance lyrique,
et ce n'esl que vers la fin de sa vie qu'il découne l'inspiralion
du romance épique espagnol. Et c'esl grace au Cid franrais,
paru dans une colleclion a la modc, la Bibliolheque des Romans.
Les idées de Herder sur la poésic sonl tres sourn1ll emprun- ·
tées. ll emprunle, sans scrnpule, a Vollaire, Oiderol, Ronsseau
et a lcurs disciples franrais. Malgré s&lt;'S allures révolulionnaires, Herder ne fil guerc que répéler el reprend re des theses
fran~aises '· Lorsqu'il voulul illuslrer ses idées, c'esl encore a
la France qu'il alla demander son modele. Son Cid esl une
traduction, non des originaux espagnols, mais de l'adaplalion
fran~aise du xn 11 siecle.
1

11. Le Cid fran9ais du

XVIII'

siécle.

On n'a pas &lt;lit tous les mérites des lellrés fran~ais du
xvm• siecle. Sans doute, ils onl leurs lravers; ils sonl lrop de
leur temps, avec ses préjugés et ses reilleres. Mais une universellc curiosité el une vive intelligence, qui sonl des l'ées
merl'eilleuses, les enlralnerent dans des !erres Joinlaines el
belles, el leur découvrirenl les lrésors inestimables des poésies
oubliées. Tandis que Vollaire ressuscilail Shakespearc, que
l'on relrouvail Dante el Pétrarque el les lroubadours de
Provenee, d'aulres sallachaienl a la lillérature espagnole. La
Bibliolheque Universelle des Rornans3, ou l'aimable et curicux
1. S. W., t. '\.VIII, p. 5 sq. (1801-1803). G. Scblegel condamaait déj3. celle lhCse
dont le succes n'est pas long.
'
i. cr. L. l\eynaud, Jlisloire génirale del'influence fran,;aise en tllemogne, ,, édilion.
Paris, HachellP, 1915, p. h5 sq.
3. Bibliothtque L'nivuselledes Homans. Ouvrage pério&lt;lique, dam. lequel on donne
l'anal:yse raisoonée des Romans ancieas et moclerncs, Fram;:ois ou traduils dans
notre Langue, nec des Andcdotes el des Notices hisloriq_ues et criliqucs concernant les Auleurs ou leun Ounages: ainsi que les :\frours, les Usages du temp~, les
circonstances particulilfres et relatiwcs et les Persoonages connus. déguisés Ou
emblématiquei,; Ellefut íonJée et rédigée de t773 it. 1¡7R par le IJ).arqui~ de Paulmy;
c'est aprfls cette dale qu'elle publia de nombreuses études du comte de Tressan.

,

, . Bibl. des /t()mans, 7 décembrc 178~, p. 39-43, note.
Souveau .1fanuel de Biblir,graphie L'nii,erselle, par 1''. Den is, P. Pin~o, de
"arLonne. Paris, librairic l\oret, 1857, p. 459. Romancero. art. 43,
Abel lhtgo (Romances historiques, 182:1, p. 101), atlribuc, semblc--l-il, ce poCme
en prose au marquis do Paulmy (do Voycr-Argco1,on). Mais il y a 18 cerlainemenL
uae crreur. Le marquisd'Argcnson a quillé la Bibliolheque dts Jlomaru en 1778 pour
fouder en 1779 les .!lélange, tirés d'une grande Bib/iotMquc (1 779-1 787). ·
Voir aU!ól:ii .mr ce poinlA. Farinclli, Zcitsch.Jür vgl. lilgesch. V. 1892, p. 331 sq.
(Spa11ien und die spanisclie Lit. irrt Lichle der d. Krilik und Poesie (:1' art.icle).
Le nom de Couchul est aussi mis en avanl par Romanía. VIII, p. 477. • Cctle
ven;ioo e,;t probablemenl de Couchul, fantastiquc écrivain, passionné pour la
littéralurc cspagoole el collaboraleur de la Bibliotheque des Roman.s. •
Ce Couchut (odhographié aussi Couchu, et méme Cochu) est un obscur compilatcur dll i:v111• siflcle, qui vendait. ses serviccs, prosc el vers, a quelques graod,;
:scigneur:. de lcttres. La Bibliotheque CU llmnam publia de lui en déccmbre 1ín,
p. Jr 178, dcux edraiLs, trrs mécliocrcs, de Partiuuplcs do Blois (d'iiprll, ,·ersions
calalanes). Ces e\'..lrait.s ~onl signés Couchu. Cf. Roquefort : Mémoire su,· l'Htat de la
poésie dans le XII• et le .\IJI• sit1cles. Paris, 1815, in-16, p. 167. Couchut. se mt:la a la
querelle de l'A111adis, soulenanl, coalre Tressaa, que l'Amadis n'et.l. pas d·origine
frani:,;aise, ni picarJe, el que Vasco de Loberia en e~l lc ,érit.ablc au teur. L'érudition
de Couchut en imposa au marquis bcl-e:ipril. (Voir Lettres ai1.1; auleurs du Joúrnal de
:1.

��188

UEI\DER ET LE CID

BULLETl~ HISPA,.''UQUE

Perse, marche a la renconlre du roi Maure Boucar, qui vient
lui dispuler Valence. 11 meurt, léguant a Chimene Valence
et son épée.
On le voil. Ce n'est qu'un extrait de la légende. Maints
épisodes sont a peine indiqués ; d'autres manquent tout a fait.
Les aventures qui se passent sous les murs de Valence sont
sacrifiées. A par! quelques digressions, les quatre romances
zamoranes en parliculier, toute la narralion gravite autour
de l'unique personnage dtt Cid; lout, acles el discours, esl
destiné a éclairer un moment ou un trait de son caractere.
Les délails de couleur locale s'effacenl. Qu'imporle le jour des
Rois, et la fete oú les dames et demoiselles ré\'oivent l'étrennc
du Roi, ! Qu'importc la messe de relevailles et l'habit des
écuyers « en drap de Courtrai !' n. Qu'importenl toutes autres
particularités trop exclusivement espagnoles ! Tandis que les
ambassadeurs de Perse s'étonnent, dans le Romancero, des
riébesses du Cid, notre Fran\'ais, se rappelant Cincinnalus,
affirme que ces ambassadeurs « ne revenaient pas de leur
surprise en voyanl une si grande pauvreté n.
Ce qui intéresse l'homme de notre xv111º sie_cle, ce sonf les
conilils psychologiques, les fines nuances du sentiment, le
développement des. caracteres. Aussi bien notre Cid est-il,
moins un tablean de l'Espagne du MoJen-Age, que l'épopée
d'un caractere.
Le Cid du Poeme et de la Chronique était d'une farouche
violence, guerrier brutal, téméraire, Castillan superbe el
triomphant. Le Rodrigue du Romancero est d'une énergie
plus endiablée encore. N'est-ce pas lui qui brise le tróne du roi
de France ponr mettre au plus haut le lróne de son roi, qui
insulte un duc et menace le pape? Le Rodrigue du Romancero
refuse de baiser la main de son roi et ne la baise que par piété
filiale. « Si quelque autre m'eut dil cela, il me l'aurait déja
payé, mais puisque c'esl vous qui l'ordonnez, mon pere, je le
ferai de bonne gr&amp;ce. )) - &lt;t Ote-toi de ta, lui dil le roi, Ole-loi
1. Primavera y Flor de Romances por J. \Yolf y C. Hofmanu, Berlin, Asher, 1856,t. 1, p. 103 (1\.. 3ob). - Cf. trad. Oarua~ Hioard. I p. :rn.
2, Damas Hinard, 1, P· 45,

de la, diable, dont fa figure est d'un homme el la conduile
d'un lion sauvage 1 • )) Le Cid fran~ais est moins méchant.
Lui aussi demenre en selle el il faut que son pere le prie pour
qu'il baise la main de son seigneur et roi, mais il obéit et ne
commet point d"aulre incarlade. Eh bien, ce Cid apprivoisé
choquait le goul délicat de nos gens du xv111' siecle. « Le Cid,
dit l'anteur, en maniere d'excuse, n'était pas d"un naturel forf
docile. On n'aimera point cette rudesse, car ¡¡ est sur que
nos femmes ne nous font plus que de petits singes'. n II y a
bien d'aulres difiérences. Notre Cid ne menace point Chimene
de couper les pans de sa robe un endroit honleux. Ilnebrise
point le tróne du roi de France, il n'encourl pas l'excommunication _papale. II 1·essenl l'injuslice des acles et des ambitions de son nouveau roi don Sanche, et c'esl lui qui délivre
Alphonse. 11 morigene le roi son maltre, mais le respecte et
lni obéit. II conna1t le remords, le devoir, la loi morale.
C'est avant toul un testarudo, un homme de tete , droit ,
forme, chevaleresque, altier et fier. Mais c'est aussi un
Cid amourenx.
L'amour n ·avait auc_u ne place dans les épopées primitives du
Cid. Le Romancero ne parle guere que des senti,¡nents de
Chimene el de !'infante pour le Cid. Guillén de Castro et
Corncille avaienl magnifié les sentiments du héros lui-meme
el la lutle poignante de l'amour el du devoir. L'adaptateur dn
nrn• sieclc se sonvient du Cid dra~aliquc, il rend a l'amovr
tous ses droils el tout son role, il mele aux ftpres scenes de la
reconquista les mariYaudages de la passion. II fallait bien du
romanesque a la Bi/,/iotheque des Romar,s. On en a mis, et du
pire. Car c'esl en vers que s'exprime l'amour de Rodrigue, et
ces vers son l détestablcs :

a

Oh I qu'elle csl bolle ma ChimCne !
La fleur que le prinlemps ramElnc
Est moins douce a l'ceil des passans.
La rcgardant, on se promCne,
On la vante, le nez aux venls:
Et moi, je l'aime et l'aimerai long-lemps.
1.
""2.

Prima.vera.y Flor ... t. 1, p. 98. Bibl. des Romans, l. c., p. 17 r.
Bull, hispan.

Damas Hi11ard, t. II, p. 18.

'3

�BULLETl:'i: HISPA~JQUE,

Sa couleur esl un peu brunette .
Mais qu'elle porte,_ un jour de féte.
Son jupon verd, ses souliers blancs,
La regardanl, chacun s'arréte,
Chacun la vante, nez aux vents:
Et moi, je l'aime et l'aimerai long-lemps.

Chanson d'opét·etLe, peu digne du héros castillan ' .
Ce n'est pas la seule . Voici un madrigal:
Qu'a votre noble colombier,
Dame charmanle,
Moh épervier
Porte la mort el l'épouvanle, _
De mes dcsscins, c'est le dcrnier.
Dame champetre,
Quand d'une-lettre
On n'ose se fier,
Qu'on ne peut oublier
Et qu'on craint tant de rétre,
Un épervier 1
C'est l'écuyer
Qui dit les desseins de son mattre :
Ah! puissiez-vous, Chimene, entendre le premier ~ 1

Ce deuxieme poeme, si l'on peut dire, est un peu moins plat
que Je premier. Lee tr isime, qui esl un dialogue entre
Rodrigue et Chimene, est plus prétentieux, plus nuancé,
mieux venu.
RODRIGUE,

Voici les lieux charmanls oll man ame repose,
Oú je cherche l'objet qui peul me secourir.
A minuit seulemcnt, c'est l'heure que je l'osc,
C'est l'heure oU je ne vois aucun risque a courir.
CHIMENS

g¡ ce sont la les lieux oll son ame repose,
S'il cherche la Beauté qui peut le secourir,
Que mon cruel Amant me parle, puisqu'il l'ose
Je ne vois que pour moi des risques ii courir.
.

H.
C.
R.
. C.

R.
C.

'

Un curieux peut nous cnlcndre.
Un curicux pourroit nous voir.
~la Chimene, mon doux espoir 1
IIélas ! quand mon camr est si lcndre !
Ah I Rodrigue, c'cst ton devoiri
Le mien esl de ha'ir.
Et tu me hais?
Bonsoir3.

1. Bibl. de! Romans, 1, c., p. 62-63-64.
~. Bibl. des Romaru,.l. c., p. 49.
3. Bibl. des Romans, l. c., p . .'ao.

UER DER ET LE CID

La suile manque, au rneme degré, d'envol el de force. Mais
il y a quclque subtilité et une certaine grace mélancolique.
On y senl l'influence de Corneille. Galanlerie, finesse, lutte
du devoir el de l'arnour, loute cette dialeclique du sentirnent
ou se complaisenl nos héros est de style moderne el de style
fram;ais.
Le caractere du Cid a quelque peo souffert dans la traduclion. Ce sentimenlalisme mievre luí fail du lort el le rend un
tantinet ridicule. Mais dans !'ensemble, le type esl définitivement fixé, tel qu'il vil dans l'imagination populaire du public
mondial, impavide guenier, mauvais courtisan, fidele a son
roí, loyal sans bassesse, sincere, confiant, droit et noble, dévoué
a ses amis, généreux a l'égard de ses ennemis, bon époux et
bon pere, bon chrélien, secourable aux malheureux,admirable
dans le soeces el superbe dans le rnalheur, homrne d'honneur
et de devoir, te! esl le preux du roq;,an francais. Le Cid du
Romancero est un féodal, le nütre est un chevalier, (( honneur
et miroir des braves ))' et c'est sous ces traits idéalisés que
nous aimüns, mCme aprCs Dozy, a nous le.représenler .
Chimene aussi a des aliares moins primilives . La Ximena
espagnole n'cst pas une senlimentale, Elle demande Rodrigue
en mariage, elle le redcmandc, m_ais c'esL par calcul, c'est
aussi par admiration. Nulle passion. Pourtant c'est elle qui
fait la premiere démarche Naire Chimene a plus de savoirvivre. Elle accuse, c'est son devoÍI&gt; elle va meme &lt;f jusqu'8. se
donner pour le prix de la vengeance n. Motif singulier,
empt'Unté a la lradition dramalique, mais dont naire auleur
ne Lire aucun partí. Elle aime Rodrigue, el le lui dit, mais avec
décence :
Tu fais ce que tu dois, si lon coour esl sensible,
Sensible aux pleurs que lu nle fais verser
Pour un Amanl el pour un pi!re;
A.u triste amour que ne peut effacer
Ni mon devoi-r ni ma colúre ...
Quel est celui que doil intéres.ser
l\fa peine? hélas ! ma peine amere!
Et qui doit m'en récompenser,
Si non l'aulcur de ma misCre?
Va-l-cn, Rodrigue.

•

•

�19,

BULLETIN l:USPA?ilQCE

Les dames qui formaienl le public élégant de la Bibliolheque
des Romans n'auraienl pas compr;s que le Cid ne fut point
aimé et que Chi~ene ne fut poinl amoureuse. Mais cet amour
est chasle. Chimene est douce, vaillanle et modesle, digne
compagne du héros sans peur et sans reproche.
Le Romance espagnol faisail une allusiou a un anlre amour,
plus haut et moins beureux, a l'amour de !'infante Urraca:
Que pen~é ca~ar contigo,
No lo quiso mí pecado . ..

Ce qui n'était qu·un souvenir mélancolique devient chez
notre rom~ncier cruel souci et jalousie vivante . Doña Urraca
(O urraca) avoue sa passion : « Ah I le beau Chevalier, ma
mere! que Rodrigue est un Chevaliel' cha!'mant I Ileureuse la
1·oluriere Bergere qui peut le regarder a son aise sans craindre
la médisance ! Heureuse la noble épouse qui sera conduite par
sa mere a ce Chevalier charmant'. »
Doj1a Urraca morigene ringrat avenlureux dont le creur bal
pour une autre. « N·oble Chevalier Rodrigue, jeune et vaillant,
pmdent el fier, charmanl el renommé, que le Ciel le puuisse
et te couvre de honte, audacieux qui viens atlaquer mon cceur,
s::tn!J te souvenir de ce queje suis, de ce que tu es 3. &gt;J
Notre auteur revient a,·ec prédileclion a !'infante el a son
amour malheureux. Il nous montre doi,a Ul'raca pleurant s9n
pere el les défailes de ses freres, el la 1:uine de sa smur, el une
autre douleur qu'on deYine "·
L'entrevuc de !'infante et des pelites fllles du Cid, aussi peu
authenlique, est d'une charmanle inspiralion, lrop jolie peulclre pour de si rudes temps. Elle esl lout entiere de l'invenlion
du traducteur. « Les aimables enfans ·ctu Cid réjouiroienl les
cceurs les plus sauvages, a les regarder seulemeot; d'oll vient
que la belle Infante pleura quand ils lui sourirent~ On ne sail
si elle les haiL ou si elle les aime; elle les repousse avec colere
el les reprend pour les dévorer de baisers ... Elle dérange leur
,. Primauera y Flor de Romances.,., I, p. t17,
Bibl.desRomans,l.c.,p.34.
3. Bibl. des Romans, l. c., p. _54-55.
fi, Bibl. des Romans, l. c. 1 p. 95-96.

HERDER ~T LE CID

jolie parure et croil qu'elles auroienl été parées avec plus de
graces et plus d'amour par ses mains 1. ,&gt;
_ Deux aulres romances on.l été lout entiers imagines par
l'auteur fran9ais, entreliens de salon sur la femme, l'amour el
le mariage. C'est le Roi Ferdinand qui sonde le cmur du jeune
homme et le mel en garde contre les pieges féminins: • Vous
ignorez ce que c'esl que les femmes .. . les hommes ne sont
que les instrumenls de leur empire ... La force des femmes sur
nous, c'esl leur secrel. La distance esl prodigieuse de !'esprit
du plus habile homme a celui d'une jeune filie, el J'ayantage
est pour elle ... C'esl une regle de la sagesse que de ne point
épouser. n Aphorismes auxquels le Cid répond, sans peine,
vicloricusemenl:
« Celui qui fuit le saint lien du maria«e
.
o
déserle nécessairemenl de sa Religion, de sa Patrie, brise le
frein de l'honneur el le lien qui le faisoit tenir a la famille des
hommes ... Jamais femme ne régna sur un homme bien entier
4ans son honneur ... Toules les femmes sonl mauvaises &gt; mais
cha que femme est bon ne si son époux est homme , ... »
L'auteur fran9ais ne se prive done pas d'ajouler. II ajoute ce
qui manque, a son gré, aux légendes espagnoles, l'amour el la
fe°'.me. Ce qu'il ajoule n'esl pas dans !'esprit de !'original,
muis dans !'esprit de la litléralure du xvm• siecle. Les caracteres eux-memes o.nt perdu une bonne part de ce qu'ils avaient
de frusle el de barbare. L'adaplation francaise du Cid a done
quelque chose d'original, qu'on peul ne pas aimer, mais dont
il esl difficile de méconnallre la modernité.
La forme elle-meme de celte pseudo-lraduclion esl nouvelle.
Les qualités de naturel et d'énergie, qui caractérisent le texte
spagnol, s'elfacent. Notre auteur vise au slyle; il recberche la
rapidité, la concentraliqn, l'élégance. Répétilions, anlitheses,
jeux de phrases, co~paraisons, il ne néglige rien pour rendre
la lecture agréable. Tantot, le ton s'élargit. « Honneur, talen!,
verlus, puissance, orgueilleuse pompe du monde, vous n'etes
qu'un soufile arreté pour un moment dans une bulle Jégere 3,
Bibl. des Romatts, l. c., p. 125-126,
Bibl. d•s Roma.ns, l. c., p. 58-fü.
3. Bibl. de5 Romans, l. c. 1 p. 81 .

2,

1,

2.

•

193

�BULLETfN BISPA"'i'IQUE

Tanto\ il s'abandonne a de galantes préciosilés. Les vers sont
en général médiocres el désuets. Par conlre, la prose esl généralement de belle venue, ferme et sobre, ample el grave, a l'occasion nuancée el vibrante. Débarrassée de ses fautes de gout
et de quelques obscurités, ce serail une belle prose fran~aise.
Nous ignorons le sueces immédiat qu'eut cette adaptalion;
il n'esl pas douleux que ce succes n'ait été tres vif, car l'année
d'apres, il fallut, a ·1a demande certainemenl des abonnés,
donner la suite et la fin du Romancero.
La Bibliolheque des Romans avait, en effet, en 1783, dédaigné
l'épisode des infanls de Carrión, épisode « intéressant, disaitelle, mais peu vraisemblable, et d'une longueur mortelle " et
qu'elle se contentait de résumer « en deux mots" •.
Un scrupule lui vint. L'an d'apres, elle se décide a donner
tout de meme cel épisode sous ce litre : E/vire et Sol, Filies du
Cid'·
L'auteur est inconnu. Ce n'esl certainement pas l'auteur du
Cid de 1783. A la fin de la préface, nous lisons une nole, toul
au moins singuliere, et qui est une condamnation. Le traducteur est, &lt;lit la rédaction de la revue, « un homme qui a
quelquefois engagé sa plume dans ce Recueil el a qui nous
n'avons jamais pu donner de !'esprit" 3,
Le style, qui a souffert de l'influence de Rousseau, cst
pénible, filandreux et sentimental, mais passionné. Les idées
sont celles d'un disciple de Rousseau.
La préface nous apprend que les matériaux sont tirés de
différentes sources. « Nous sommes, ajoute-elle, un peu plus
lyriques que nons ne pensons. Nous nous trouvons, malgré nous-memes, sensibles a ces tournures animées, a ces transitions inattendues ou \out a fait brusques des vieilles chansons
militaires ou víllageoises. » lt Les regles classiques sont de
mauvai• vents qui flétrissent toutes les fleurs ... Nous n'avons
pas une bonne piece lyrique dans _notre langue, et les morBibl.
Bibl.
plelement
3. Bibl.
1.

2.

des Romans, l. c., p. 164-165.
des Romans, Octobre, fase. 11, 17~4, p. 7·32, en 13 romances (donl 5 comoriginaux).
des Romans, p. 6,

IIERDER ET LE

cm

ceaux de poésie qui font le plus honneur au sentiment sont
abandonnés aux livres du peuple•."
La lraduction, tanlot liltérale, el lantót trap libre, peche par
les memes défauts. Citons, a litre d'exemple, un des passages
les plus fideles:
Acabado. de yantar
La faz en somo la mano
Durmiendo está el señor Cid
En el su precioso escaño.
Guardándole están el sueño
Sus yernos Diego y Fernando
Y el tartajoso Bermudo,
En lides determinado.

Sa noble face sur sa main, 8 la
suite du déjellné, Je Seigneur Cid
dormoit daos son fauteuil de bois.
Ses gendres le vcilloient durant son
sommeil, ses gendres Don DiE'gue et
Dort Fernand, avec ce délerminé
begue de Bermudo 2 •

Mais ce beau zele d'exaclilude se lasse :
Cuando unas voces oyeron
Que atronaban el palacio
Diciendo : Guarda el leon,
Mal muera quien lo ha sollado
No se turbó don Bermuda,
Empero los dos hermanos
Con la cuita del paYor
De la risa se olvidaÍ'on ..
(Su.ivent 4 uers non traduils)
El menor Feman Gonzalez
Dió principio al fecho malo ...

Ils sont galants el beaux parleurs,
les gendres du Cid. Mais voici des
éclats de voix qui remplissent tout
Je Palais comme un coup de tonnerre: • Gairc du lion, gaire I Maudit soit qui l'a déchatné » C'était un
grand !ion nouvellement arrivé de
ses déserls. Bermudo, tout en con ti+
nuant la joyeuse histoirc qu'il contoit, prit au poing sa longue épée.
Les deux gendres oubliCrent ce qu'il
disoit, et cessBrent de rire. Don Fernand, le plus jeune, commenca la
vilainc action 3.

L'histoire des deux infants esl connue; la version de la
BibUotheque des Romans es\ a peu pres exaclement celle du
Romancero. 11 semble que daos toute celte histoire, assez ignoble et dont la gloire du Cid elle-meme sort un peu ternie, il
y ait peu de place pour des confidences d'amour. L'auteur
fran~ais, séduit par l'exemple de son prédécesseu·r, n'a cependant pas su éviter une aussi invraiseniblable se/me; il invente
lout un dialogue ou les dem: sc:eurs, filies du Cid, découvrenl
les secrets de leur alcóve:
" Diegue est jaloux, di\ !'une, et ne m'aime pas. Si je me
leve la premiere, c'esl par empressement pour un homme; si
Bibl. des Romans, p. S.
Ed. Baudry. Romancero, p. 54. - Bibl. dts Romans, 1¡84, l. c., p. 1 J+u.
3. Ed. Baudry. Romaflcero, l. c., p . 54-55. - Bibl. des Roman,, l. e 1 p. 12,
1.

2.

�BLLLETIN I:USf'A:SIQUE

HERDER ET LE CID

la derniere, c'est pour rever d'un autre que je demeure au lit.
Je lui déplafs par ma gallé, je lui déplais par ma tristesse ... "
Et l'aulre : "El vire, ma sreur, je suis plus malheureuse que
vous. Fernand me parle a toule heure de son amour et je ne
puis ni l'entendre, ni le croirc ... 11 brule, il meurl pour moi,
etje ne puis l'entendre, ni le croire ... 11 me dit partoul qu'il
m'aime. Ilmele dit lejolll'; lanuit, il me le répete ... et moije
ne puis l'enlendre, ni le croire ,'. ))
La page la plus inléressante de cet exlrait est une peinture
du caractere du Cid: " Le Cid ful le meilleur de lous les hommes et le plus déterminé de tous les guerriers, le plus inflexible ennemi . des traltres et le plus prudent Conseil de ses
Rois. » Mais la légende du Cid contient des invraisemblances:
la victoire qu'il remporle apres sa mort; - des taches: son
emprunt a des usuriersjuifs; - des faiblesses: sa mansuétudc
a l'égard des infants de Carrión ; - des exagéralions : son
arrogance devant ses rois. N'imporle: « Si tout ce qu'on dit
du Cid n'étail pas vrai, il faudrail penser qu'il esl bon de le
croire a la lettr,e. Il y a des mensongcs qui sonl bien meilleurs que la vérité, et si c'est un mensonge que les si€lcles
d'honneur et de franchise, il est á peu pres honnele d'clre
la dupe de ces mcnsonges-13. :J. »
Malhelll'euscmenl, la traduclion est mal écrite, d'un style
amphigourique et fumeux. Elle n'esl pas dans le ton du Cid de
1783, ni, en général, dans le ton de la Bibliolheque des Romans.
Elle n'a qu'un mérite: c'est de donner une idée approcbante
d'un épisode grave de la vie du Cid el de compléter l'ceuvre
commencée l'année précédente.
ll est regrettable que ce Cid franc;,ais, tel qu'il est, avec ses
!acunes et ses défauts, n'ail pas été édité en volume, il aurait
sans doute exercé une aclion plus durable. Mais la Bibliothequedes Romans eut un nombre considérable d'abonnés, en France
el hors de France, el un succes considérable. Elle ful suivie,
en Allemagne surtoul, avec le plus vif inléret. \Vieland,
Nicolal, les revues et recueils s'en inspirCrent copieusement.

Grace a elles le Cid, sous son habit a la mode, fil le tour de
l"Europe. Sans doule, ce Cid franc;,ais n'est pas loul a fait
áuthentique, mais le Cid du Romancero ne l'était guere plus.
Son mérite esl d'avofr rajeuni la gloire et la figure du héros.
Tandis que l'Espagne oubliait son passé, c'est la France qui
révcilla sa lradition héro1que. C'est la France qui fil du Cid un
type d'humanité vivante et superbe, qui allait inspirer la fan•
taisie des poeles et l'admiration des a u tres peuples '.

, . Bibl. desRomans, 1784, l. c., p. 16-17.
2. Bibl. des Romans, l. c., p. 3o.

1 97

..

. III. Le Cid allemand.

•

L'adaptalion franc;,aise du Cid ne pouvait passer inapervne.
Le Neuer Teulscher Merkw· de Wieland publia, en février 1792
(p. 199-215), le début de cette traduction, les neuf premiers
romances, sous le til,·e : Rornantische Geschichle des Cid. La
traduction allemande, assez fidele, en prose, est signée S.
(peut-etre SeckendorffJ.
L'auteur ajoulail, dans son avant-propos : « Il esl incontestable que les vieux romances ou vieillcs canlilenes héro"icopopulaires des Castillans formen! la plus belle el la plus
intéressante partie cle.leur lillérallll'e ... il serail fort a désirer
qu'un poele, pénétré de !"esprit des Ch,anls popuiaires de
Herder , nous donnal une lraduclion de tous .les romances
' qui
ont pour sujet le Cid et sa Chimene, traduction dans laquelle
¡¡ s"efforcerait de garder le plus possible de la sublime simplicité, de !'ingéniense éncrgie, de la ravissante na1veté, de la
délicatesse et del 'émotion de !'original.» Tous éloges a l'adresse
du Cid de notre Bibliothi!que des Romans.
1 , Le Cid de la Bibliotheque des Romans, ne disparaiL pas tout enLier dans la poussiere du temps et de l'oubli. Creuzéde Lesser, qui le décou-vré--a son tour etl'imile i.
son tour abondammenl, en fait, dCs 1814, un dithyrambique éloge. &lt;e Peu de livres
m'ont fait une aussi vive impression. Elle le ful d'aulant plus que je m'y attendais
moins. J'étais comme un homme qui, en cherchant un coquillage, vient de découvrir un trésor ... &gt;&gt; (le Ci.d, , .. édition, 1814. = 3• édition, 1836. Préface p. -vu.)
M. H. Tronchan a, dao1 une excellenle élude parue daos la Revue littéraire deBranr:e,
J91 :J (p. 489-533 et 855-883), et dans un chapilre de son précieux ouvrage sur la
fortune intellectuel/c de IIerder enFrance. (These, Rieder, Paris, J920, p. 291 sq),
confronté avec beaucoup de soin le_ texte de Creuzé de Lesser et celui de Herder et
éta.bli que C. de Lesser ne s'est pas inspiré direclemeot du poOme allemand (sauf en

quelques détails secondaires). Ce qui semble d'inspiration herdérienne Yient de
Sismoodi.

�198

JJERDF.R ET LE

8ULLET1N UISPANJQUE

L'invite ful entendue : c'est Herder lui-meme qui se mil
a l'reuvre. 11 chercha des lextes . 11 emprunta des livres
d'espagnol a Einsiedel. Ayanl découverl un exemplaire du
Cancwnero de Roma,ices (Bibliothequede Weimar, édilion 1568,
Anvers), il en recopia 38 romances, dont 10 romances du Cid .
Heyne lni procura le Sepúlveda, des 1793. Herder recut d'autres
romances de Madame de Berg. Il lrouva d'autres ouvrages
espagnols a la Bibliotheque de Dresde. En 1797, il demandait
a Knebel de lui rechercher a Nuremberg et Ansbach des
romances espagnols relatifs au .Cid. 11 ne pul rassembler les
texles nécessaires. Les romances qu'il eut a sa disposilion
étaienl verbeux et confus . Il eul voulu le texle d'Escobar dont il
pensail que le Cid de la Bibliotheque des Romans étail une reproduclion a peu pres fidele. Mais· Escobar resta inlrouvable.
He,·der se résigna, et loules confrontalions faites, préféra s'en
ten ir au Cid francais,.
Il se mil au lravail pendant l'hivcr 1802-1803 '· ll avait déja
presque terminé le 12 juillet 1803 . Un mois plus tard, il
mettait le point final, et achevail une copie de sa traduction .
Ce meme été, il recut d'un correspondan! la Crónica et le
Poema del Cid, trop tard pour en tirer parti .
Le début du Cid (romances 1 a 13) parul dans l'Adrastea
(V. 1, de mai 1803), sous le litre : Der (;id . Geschichle des
Don Ruy Diaz, Grajen von Hiuar, nach spanischea Romanzen.
Herder mil en !rain la publicalion des huit romances
suivants dans l'Adro:stea (V. 2, 1804), mais il mourut le
18 déeembre 1803, avant cette publicalion . Le reste parut en
volurne a pres sa morl, en 1805, avec une préface historique sur le
Cid, qui fil date et qui esl du célebre historien J. von Müller 3,
,. cr. B. Suphan, /-lerders sümtl. IVerke t. 28 1 édité par Uedlich, Berl. 1886. R. Haym, Herder nach uinem ·úben und seirun J.Verken, t. II. Bcrl 1885. - E. Naumano, Der Cid, Geschichte des Don Ruy Dias, Grofen van Bivar, von J.-G. Herder,
Sluttg. 1894.
2. A la mémc époque, Je Cid de Corneille retrouva en Allcmagne des sympalhies.
Schilledui-m8maeut un momentl'intenLion de le traduire. Sophie Mereau, conseillée
par Schiller, en acheva une traduclion qui ne fot pas publiée (Preus:ische Jahrbü,her,
1920, avril . Art. de H. Ameluog, p. 119 sq.). -_Bormann, Der Cid im Drama,Zeit. für
vgJ. Lilg. N. F. VI, 1803.
3. Collection Z. schiin. Lit. und Kunst, t. lll. L'iotroduclion de Müller esL datée
du 3juillet 1805. Rééditiqns en 1832 1 1837, etc. Edition illustrée en 1838 (dcssins de
E. Neureulher~. 1844 1 ele.

cm

1

99

Nach spanischen Romanzen. On y crul. On y a cru longlernps.
La parole de Herder et Jean de Müller pouvait-elle etre
révoquée en doule? EL pourtant, il a bien fallu se rendre
a l'évidence. C'est une reuvre franraise que Herder a traduite,
l'reuvre du probable Couchut.
Herder traduit exaelement le texte francais, rnot pour mol.
Il est vrai qu'il traduil en vers, et dans une forme qui a une
paren té notable avec le rythme dn romance espagnol. C'esl
une traduction de génie, mais c'est une traduction.
Dans !'ensemble, Herder suit, pasa pas, son auteur. 11 garde
le dispositi f général du poeme, la division en trois grandes
périodes - auxquelles il ajoute un quatrieme épisode. Il
garde, sans rnéfiance aucune, les romances ammueux, qui
sont une invenlion du Frani;ais. Les romances sont numérotés
de r a 70. 56 de ces romances sont de source fran~aise. Les
romances apocryphes de l'auteur fran~ais portent les n" II,
12, 13, 111 , 27 et !1o, qui n'onl ríen d'approchant dans les
divers recueils espagnols.
Le récit est exactemenl celui de l'auteur francais, les aventures sont les memes, les détails de la narralion et de la
description sont, en général, une exacte tranecriptíon du
modele fran~ais. Qu'on en juge, des le débul :
Traucrndlief sass Don Diego,
Wohl war keiner je s0 traurig ¡
Gramvoll dacht'er Tag' und ~iichle

Nur an seines 1-Iauses Schmach,
An die Schmach des edlen al'len
Tapfern Hauses der von Lainez 1

Jamais homme ne. fut plus triste
que rétoit Don DiCgue; jour et nuil
il ne faisoit que penser ala hontc de
sa maison. La maison de Laignez
étoit riche, noble, antique, passant
celles des Ignigos et des Abarca 1 •

Das die lnigos an Ruhme 1
Die A.barcos übertraf,
1. IIerder, Der Cid, Rom. 1, vcrs 1 O. 8. Bibl. des Romans, juillet 1 783, t. U, p. 36.
Voici 3. titre de comparaison le tede espagnol et La traductioo de Damas Hinard:
Cuidando Diego Lainez
En la mengua de su casa,
Fidalga, rica y antigua
Antes que liiigo Abarca.

(éd. fran.;aise, El romancero del Cid (Collección de loR mejores autores cspa11oles,
Dramard-Baudry 1 préface de Ochoa, 1870. Rom. 11, p. 1.)
&lt;1 Diegue Laynez pensait tristement 3. l'outrage qu'a re¡,u sa maison, noble, ricbe
et ancienne avant Iiíigo et Abarca ... (Damas Hinard, Romancuo espagnol. Paris,
Cbarpeniier, 1844, t. 1, p. 9).

�wo

HERDER ET LE CID

BULLETI:"i HISPANIQUE

Et plus loin
Nie erscholl ein Ruhm gerechter,
Grószer nie, als Don Rodrigos.
Denn fünf Kónige der Mauren,
Mauren aus der Moreria
,varen ihm Gefangcne .
Und nachdcm er mit Vercidung

In Vasallenpflichl und Zinspílichl

Jamais renommée ne fuL pareille
;\ celle qui couroit de Don Rodrigue
de Bivar, le vainqueur de cinq rois
Ma11res, vrais Maures de la Morisenaille, qu'il venoit de renvoyer dans
lcur Pays, apres avoir pris leur
serment de Vassaux et de Tribulaires 1 •

Sie genommen, sandl' cr a1Le
Wieder in ihi Land .zurück.

Les trois premieres parties sont une version dans !'ensemble
presque liltérale de l'adaptation fran~aise. Quelques variantes,
a l'honneur de Herder. Les slrophes, si plales, de Rodrigue
a Chimene :·
Ob ! qu'C'llc est belle ma Chim6ne

sont abandonnées. Herder supprime aussi les dhisions intérieures (suppression du litre secondaire: « Les quatre Romances
fameuses appelées Zamoranes »). On a découvert quelques
détails empruntés directement a la source espagnole ,, en petit
nombre._Ge ne sont que des détails. Le dispositif général, les
gestes et gens sont empruntés au fra119ais.
La qualrieme partiese compose de quelques romances provenant de !'original fran~ais (n" 4g, 5o, 62 3, 63, 67) et de
romances; au nombre de r 4, puisés directeqient dans le recueil
de Sepúlveda, et qui traitent de la bataille posthume du Cid

el de !'aventure des infants de Carrión. Le litre en est :
Geschichte Cids auj seinem Feldzuge in Valencia'· Herder
connaissait-il la traduction franraise de 1784? Il ne semble
pas. Sa traduction a lui n'a rien a faire, en tout cas, avec le
texte fran~ais de '784. C'est une adaptation directe, tres libre
et beaucoup plus heureuse du romancero espagnol.
Herder, vieilli, est las et désabusé. Sa combativiié s'est
apaisée. La fin du Cid lui parul un tablean assez fidel_e de sa
vie propre. L'histoire des infants de Carrión est pénible.
Le Cid y apparalt diminué, ohligé de quémander, de chatier
des indignes. Herder n'amoindrira certes pas son héros. Son
Cid parle encare en seigneur, les infants son! punis et dés~onorés . Cependant, é'est bien le vieux Cid qu'il nous décrit,
atteint par l'age et le malheur.
Abcr Lhr seyd all geworden,

Guter Cid ... ,

lui dit le roi. Et Rodrigue:
- So viel Sorg' und Kriegsarbeit
Macht schon alt: kaum hatl'ich Rub,
Kaun'l Erholung eillen Tag.

ti porte le deuil et devient tacilurne:
Und war stiller als rnrher.

Mais il n'en garde pas moins jusqu·a sa dernicre heure sa
généreuse bravoure el le souci de ses devoirs. Meme apres sa
mort, le Cid fut bienfaisant:

, . Herders Cid. Rom. 10, vers I a 18. A noter que Herder rélahtil a \'espagnole,
1ulant qu'il le pcul, les noms propres. - Bibl. des Romans, l. c ., p. 53-54.

:Ein WohltiHer für die Armen,
Ein Beschülzcr den Verlasznen
Ward der Cid auch in dcr Grun.

Texte espagnol de Sepúlveda:
De Rodrigo de Vivar
Muy grande fama corría,
Cinco reyes ha ven_cido, ·.

Moros de la morería.
Soltó los de la prision
Do metidos los tenía,
Que da.ron por sus vasallos

Sus parias le promelian.
1

Rom;;incero, Ed. Baudry, p. 6.,

~. VOgclin : Herders Cid, Heilbronn, i879, p. v1u, en cite quelques-uns
~,- 15, v. 77 tiefbe3Chii.mt (francais : aoec un pea de rougeur; espagnol : tolo ~urbado);
R. 22, v. 92, spruche1l Amen (fr. : Maudil qui; esp.: responden Amen), etc. ll y en
a d'autres.
'
3. La derniCre strophe de ce romance est cmprunlt.:e direclement ilu Cid de
_ Sepúlveda.

301

Ainsi llnit le poeme. Et c'est pour nous montrer ce Cid, qui
lui ressemble, que Herder mourant ajouta cette quatrieme
partie.
A part cette fin, a part quelques nuances légeres, son Cid
est une fidele reproduction du Cid franrais. Herder insiste sur
la générosité et l'humanité de son héros (R. 52, vers 8-12), sur
la simplicité de ses mreurs et de sa maison (R. 62, vers 53-54¡,
1.

S. W. (lid. 18:17), 5• partie, p. 170: Der Cid zu \'alencia und im Tode.

�BU!.LETI'.'i lllSPANlQUE

llERD.ER ET LE ClO

avec plus de nelteté que !'original frarn;ais. En somme, la
figure était définitivement fixée dans Je roman de notre
xvm• siecle. Les autres personnages ont sensiblement gardé la
physionomie que leur avait donnée notre romancier. Ce n'est
pas une transformation profonde et générale que Herder a fait
subir a son modele.
Par cóntre, nous relevons de nombreuses modifications de
détail. lnfidéli'tés involontaires d'abord, je veux dire conlrescns pur et simple. 11 y en a de tres caractérisés:

gaucheries de style indiscutables. Les confidences amoureuses
sont écrites dans le jargon sentimental et faux de l'époque.
Herder s'applique a supprimer tous vains jeux d'esprit, a
dégager la vérité humaine et générale. Le ton est plus ".iril et
plus noble.
Herder évite les appellaLions trop vagues de son modele; il
aime le nom propre; il en abuse meme dans quelques romances de la derniere partie ou les noms propres encombrent véritablement le discours. Mais ce n'est que l'envers d'uné qualité.
Herder vise a la précision et a la vigueur, et obLient généralement des effets dont ·r auleur fran~ais ne fut pas capable.
Par contre, il sacrifie fréquemment, parfois sans s'en douler,
des nuances et des finesses. L'esprit du lexte fran~ais, dialogue
de Rodrigue et de Chimene, de Fernand et de Rodrioue
•
e
'
reproches de l'infante, devient chez Herder plus gros et plus
gauche. II force les antitheses, accentue les allusions, précise
et appuie, appuie parfois lrop lourdement. Le style de conversation de !'original, rapide et ·aisé, devienL a l'occasion filandreux. Que l'on compare :

:20:2

Fráulein, einen Mano von Ehre
Leider hab'ich Euch getótel.
Wie Basen.
Leimrut'
Mit Wolfrachen auf den Schilden
Dann veriindcrl ihren Pulz sie
A.Is ob er durch ih re Iliinde
Schóner wurde

J'ai lué votre pere, ~la-dame, jei'ai
tué en homme d'hpnneur 1 •
Comme deux lévriers 2 •
Sur une arbalele de bois 3.
avec leurs écus orlés de gueule ~.
Elle dérange leur parure et croil
qu'elles auroicnl été parées ayee plus
de graces el plus d'amour par ses
mains 5.

La rapidité a vec laquelle Herder du t traduire explique,
excuse assez ces taches, du rc,;te légercs.
D'aulres chang-ements sont voulus et de parti pris. Le Fran{:ais, fils de son siecle, manque as-sez volo_nlier~ de respecta la
religion. Herder, croyant convaincu, qui voyait daos l'épopée
une intime collaboration du divin et de l'humain, conserve
rigoureusement tous les éléments merveilleux et religieux de
la légende .
Les notations réalistes, du réalisrne enjolivé de Greuze et de
Chardin, ne ROnt pas rares dans le Cid de 1783; la noce du
Cid a l'allure el le ton d'une noce de paysans cossus, oii ne
, manquent meme pas les chansons gaillardes. Les héros de
Herder sont plus graves, plus dignes, plus compassés.
IL y a chez le Fran~ais bien des lourdeurs, des préciosités
jnutiles, une accumulation facheuse de termes abstraits, des
r. Herder, R. , 5, rers 78. Bibl. des Romans, l. c., p. 69.
Herder, R. 3o, .ers 10. Bibl. des Romans, l. c., p. 101.
Herder, R. 38, vers 4-5. Bibl. des Romans, l. c., p. 123.

,.
3.
.\.
5.

Herder, R. 39, rnrs 41. Bibl. des Romans, l. c., p. 125.
Herder, R. ~o, rers 38-~o. Btbl. des Roinans, l. c., p. uG.

Eine Billc noch, o Kónig,
\'or clem Ende des Gespriichcs :
Zur \'crmahlung mit Ximencn,
\Yaise jetzt des Grafcn Gormaz
Bilte aus kóniglicher Gnade
!ch mir die Bewilligung.

Et parlant, Sire, je vous prie, si
c·esl votrc plaisir royal, de me faire
épouscr la Chimene, orphelinc du
comte de Gorrnaz 1 !

La quatrieme partie, d'une origine difl'érente, ofTre un caractere différent. Son original espagnol, Sepúlveda, est bavard et
lorlueux. Herder pouvait se permeltre a son éga1·d plus d'indépendance. ll ne s'en fit pas faute. II abrégea de parli pris. I1
écourta !'aventure du lion, il supprirna la guerre conlre le
More Boucar et la sccne de h.\ cheté. L'épreuve du lion suffit
aux Carrión de Herder ; leur vilenie est moins complaisamment établie, mais leur indignité n'en est pas moins coupable. De meme la vengeance du Cid est plus rapide. Les
grandes assises ro~·ales, de couleur bien féodale, sont chez
Herder réduites au simple duel; tandis que chez l'Espa-

•
•. Herder,

n.

13, ,·ers OJ-G¡. Bibl. de$ Romam, l. c., p. ú2 .

�:w4

HERDER ET LE CID

BULLETI~ HISPA~IQUE

gnol, nos infants s'y comporlent avec une bravoure qúi
nous déconcerte un peu, ils manifesLent dans l'ouvrage allemand la plus parfaite pusillanimilé, qai est leur plus vrai
chatiment. Tout cela est évidemment plus drama tique. Tqut y
est action . Le Cid lu\-meme esl au centre de l'action. Point de
réflexions morales a la francaise, cornme au débuL de l'reuvre,
qui retardent, mais un récil sobre et rapide, un récil de résumé.
On sent un peu la hute de l'auteur. J'y trouve pour rna part
une certaine sécheresse, et quelque chose de factice, mais une
belle vigueur épique_ 11 peuL paraitre regrellable, a ce point de
vue, que Herqer n'aiL pu travailler, d'un bout al'autre, d'apres
!'original espagnoL Mais d'au,tre part, combien son Cid n'eul-il
pas perdu, en ampleur el en digniLé humaine, si llerder avail
été privé.de l'adaplalion francaise !
Pourquoi Herder se passionna-t-il póur celte reuvre et pour
ce héros? On en a donné bien des raisons, qui sont toules des
raisons extérieures: amour de Herder pour les poésies primitives, couleur es})agnole du poE!me, romantismc d~s aventures et
des caracteres, chevalerie et chrislianisme, que sais-je encore?
ll est cerlain que Herder trouva dans ce poi\me la confirmation
desesidées littéraires_ Mais il est non moins cerlain que ce Cid
épique avait quelque chosede la nalure meme de Herder, etc'esl le motif essentiel de son gout pour le héros lointain. Protagonisle du Stunn und Drang, il avail dans ses jeunes années revé
d'un type idéal d'humanité supérieure, d'une figure de surhomme sublime par la volonlé et la bonlé du cceur, d'un
grand individu au service d'une belle cause. Un aulrc Slürmcr
und Dranger, Klinger, avait osé metlre le Cid, le Cid de Mariana, sur la sdme, sous le nom de Simsone Grisaldo (1776).
Grethe concut, des la meme époc¡ue, son Fausl, qui est une
aulre personnification d'un idéal paren t. Le Cid, parliculierement le Cid du roman francais, parut au vieux Herder représenler de la facon la plus parfaile l'incarnalion vivan le de ce
reve de force et de verlu, qui avail été le sien loul au long de sa
·vie. Dieu, le roi, la patrie, la famille, tous les devoirs qui rem•
plissent la vie du grand Caslillan el qui étaienL, aux yem:
du philosophe allemand, les lois mcmes de la n,alure humaine.

La mort ne lui laissa pas le temps de dire sa pensée tout entiere.
11 appelle le Cid: « l'épopée de romances la plus sublime qui
existe))' « le premier sujet épique n •~ &lt;1 L'histoire du Cid, dans
les Romances, esl aussi riche en scenes frappantes, en grands
sentiments et en nobles le~ons que - oserai-je le dire? Homere lui-meme. &gt; Herder fut, comme le Cid, un combattant de l'Idée, un champion de l'humanité. Humanus¡'¡ppelle
Grethe . Humanus, te! Herder, eul volontiers nommé son Cid.
Le héros du Romancel'O esf,agnol était trop barbare . C'es( le
Cid franrais qui réalisait supérieuremen t cet idéal de perfection
combative. En somme, exceplion faite de quelques trouvailles
heureuses, la conception générale do Cid, action et caracteres,
_est empruntée. C'est avanl tout une reuvre puissante de l'imaginalion épique de l'Espagne. C'est, de plus, la créalion de
l'intelligence psychologique, de la pensée philosophique et du
goul littéraire de notre xvm• siecle fran~ais. L'allemand
Herder n'a eu qu'a mettre au point. 11 a eu surtout a « Lrouver n
la forme épique moderne qui convenait a celle matiere.
Et c'est surtout la forme qu'on a vanlée dans son poeme. On
découvre sans peine des imperfeclions dans sa métrique et
dans sa langoo. Mais dans l'ensem]:,le, la forme du Cid de
Herder est d'une noblesse et d'une simplicité classiques.
La métrique est irréguliere . Herder adopte en principe,
comme dans ses Volkslieder, le vers trocha,que de romance •
espagnol, le ver~ a quatre pieds. Nous trouvons cependant
quelques variantes : vers lrochaique de cinq pieds (romances
28, 5 1, 63); vers trocha,que de deux pieds, mélangés á des
,·ers de quatre pieds (romance 23); vers iambiques (romance 1 4);
rythmes variés (romance 7)Herder se moquait des elforts de ses contemporains, des
ro man tiques en parliculier, pour acclimater l'assonance dans
la poésie· allemande. 11 se garde, pour sa part, d'y recoin·ir.
Les quelques assonances qu'on peut relever dans son Cid son t
le fait du hasard. La terminaiso_n du vers est de préférence
féminine; mais a la fin des strophes, á la fin des phrases, el,
J•

.'i"ole faisant suite 3. la Lraduclion du Cid daus l'Adrastea, fase, X.).
Bull. hispan.

�106

en général,

BEllDER ET LE GlD

BULLETI'l'( IUSPA..!IIQUE

a toutch~ngement de sens, la terminaison devienl

ma"sculine.
Pour traduire les quelqucs picces de vers dont s'émaille le
modele fran9ais, Herder se serl de la rime. Le petit poemc
An Donna Ximena (romance 7), contient huit "e.rs rimés a a,
h b, ce, d d. Le romance 1/1 est plus compliqué, aa, bcc b,
aabbdb e ea d f fe ff e' ggc' hhi - i aa, curieu:t entreme·
lement de rimes et de rythmes. 11 y a aussi quelques rimes,
9a et la, au rnmance o3·(refrain de "Chimene).
·, La distribution des strophes est disparate. Au début,
Herder essaya visiblcment de rester fidcle a la slrophe
authentique du romance, redondilla de quatre vers. Les
quatre prelniers romances sont toul enliers en slrophés de ce
type. Puis (romances 5 a 11), s'introduisent les strophes
de cinq, de six, de sepl, de huit, de neuf, de dix vers. Puis
la slrophe de quatre ,;ers devient l'exception. La strophe
réguliere fait place a la phrase poétique. Chose curieuse, les
strophes de quatre .vers disparaissent, a peu pres completement, dans les romances de la fin, empruntés directemenl
au modele espagnol.
La langue dn Cid est d;une belle venue, large, aisée, riche,
animée. Le poete recherche les tons archa1ques et populair es
C'est le style des Volkslieder, avec plus de maturité. Herder a
pratiqué les poetcs épiques et s'inspire de leur le9on. 11 s'en
inspire peut-elre un peu trop. 11 use de procédés, tantót
l'interro..,ation tantot l'exclamation, ou la répétition oratoire,
o
'
ou l'interruption et la réticence. 'Ces procédés so11t visibles el
parfois artificiels. Herder n'est pas un grand génie poétique.
On ne saurail, co,mme l'onl fait maladroilement quelques
critiques allemands, le comparer a Grethe, ni meme a d'aut-rcs
poeles de moindre envergure. Mais il connalt admirablemenl
et sa langue el les ressources de l'art. Et l'on s'explique que
son Cid soit apparu commc un poeme presque odginal, comme
l'reuvre presque spontanée, librement adaplée, d'une inspiration proprement allemande.
Les µroches de Herder ne se faisaient aucune illusion.
Wieland el la veuve du philosophe-poele savaient la source de

•

:l07

l'muvre posthnme •. Mais le s·e cret fnt bien gardé. C'élail
nécessaíre pour le succes du liv_re. Et l'on fil au Cid de Herder
un beau succes. La mode étail a l'Espagne, au Moyen-Age, aux
chants populaires. Les romantiques, qui n'élaienl pourtanl pas
les amis du poete, applaudirent, avec quelques réservcs :
" Herder attife bien son Cid de lemps a autre du mantean et·
de la collerette ... , la plus jolie romance est celle ou il s'habil le
pour la nace, puis celle des caisses qu'il envoie pleines de
sable, enfin celle ou, tout mort qu'il est, · il marche contre les
Sarrasins ... Les Espagnols onl un rare talen\ pour reproduirc
loules chuses avec _leur parfnm particulier'.,, Et le coryphée
de l'école, Frédéric Schlegel : " Les romances traduites par
Herder sonl beaucoup plus anciennes que le poeme, mais le
caraclere de la vieille poésie y esl conservé fidelement, et elles
ont dans la tangue de !'original une grace parliculiere et un
naturel qui e.;t un peu moins sensible dans l'!. traduclion
quelque peu négligée 3. »
Simonde de Sismondi, qui subit profondément l'influence
de Guillaume Schlegel et de M"' de Stael, est plus calégorique encare : " Un poete philosophe allemand, Herder, les
a recueillies, iI y a peu d'années, et les a rangées de maniere
a ce qu'elles formen\ une biographie complete du héros el il
les a traduites en vers de meme . mesure, avec cette exactitud e
scrupuleuse que les Allemands apporten t dans Ieurs traduc-·
tions ... (el, en note): Aussi Ja lraduction de Herder, qui
a connu tous les originaux, qui a choisi avec critique et ame
goul les meilleurs, ceux qui se rapportent le mieux a l'ensemble, est-elle supérieure a tous les recueils espagnols 4. n
0n a trnuvé bien d'autres mérites a l'reuvre de Herder:
conscience, indh·idualité du poete, génie épique, philosophie
1. Lettrc duo mars 1905 a. Caroline von Herder. (Voir llcdlich 1 dani, édition
Suphan, t. XXVII, p. 565.)
:1. Achim vou A.roim, a Bren\ano, 1806, Citó par A. 1''arinelli. Revue hisp., 1898,
p. 200 1 note.
.
3. Gfschichte der alten und neuen Litleratur, Wien, 1815, l, p. 301 (couférenccs
faiteseo 1812). - P. Monti (Romancero del Cid, Milano, 1838), repread les réserves
de Fréd. Schlegel (p. 20).
4, De la Litlérature da ,lfidi de l'Europe, t. lll, P¡¡ris, J813, p. 168-169. Cependaal.
la 2• éd.Hion {1819, t, III, p. 171 n.), porte la Lrace de la désillusioa qu'éprouva
Sismondi en confrontantde plus prEls le telle allem¡¡mJ.el le lexte espagnol.

�BULLETl'."i HlSPA'."i:IQUE

HERDER ET LE CID

de J'humanilé, bonhomie allemande: « Eine Nachdichlung,
im h6heren Sinne, dit Haym, qui connall pourtant le fin mol,
mchr Dichlung als Nachdich\ung waren nun aher die Cidro-

avons la certitud~ a fait-son travail. "
La preuve de celle affirmalion fut faite encore en France.
En 1 866, Sainl-Albin éludie la queslion de plus pres el arrive
aux mCmes conclusions, plus catégoriques encore 3•

« Ses romances (de Herder) sonl la lraduclion, souvenl
presque lillérale, d'une imilation fran9aise des romances
espagnols puhliés en 1783." A litre d'exemple et de piece a
conviclion, Sainl-Alhin donne, face a face, une traduclion
d'un romance de Herder et une traduclion de romance espagnol. 11 se refuse, en conséquence, a vanter a son tour l'exaclitude scrupuleuse el le colorís germanique el la fidélilé
hislorique du « grand pbilosophe el poele allemand ".
La critique allemande ful plus lente a se mellre en branle.
En 1806, une voix ti mide avait bien émis une douce réserve:
• Le Cid, disail Merkel dans Der Freimütige (nº 22), apparlienl
aux Allemands. " D'aufres s'inquielent, sans apporler de
solution. En 1856, W.-B. M6nnich étudie parallelemenl le
Cid el les originaux espagnols ' .
En 1860, le célebre commentaleur H. Dünlzer, analysanl le
Ci.d de Herder avec sa précision habiluelle, y constate des
défauls graves dont il n'arrive pas a découvrir l'explicalion.
Peu apres, R. Kohler, slimulé par le livre de Sainl-Alhin,
étudie, dans une dissertation succincte, mais concluante, les
deux Cid, le Cid fran9ais el le Cid allemand, et établil péremploiremenl, mome aux yeux des plus aveugles, que le Cid de
Herder esl en effet, dans !'ensemble, une lraduction de
l'oouvre fran~aise :i.
L'affirmalion de Damas-Hinard n'avail guere fail de hruil.
L'argumenlalion de Kohler troubla la crilique. Herder, palron
de nombreuses doctrines, critique, philosophe éminenl el
¡JOete de renom, régentail encore la recherche érudite. C'était
une profanation que de toucher a sa mémoire. Cependan l, le
doute n'était pas permis. A pres la premiere surprise, le monde
savant accepla le fail et s'effor\'a de l'expliquer, sans -lrop fairc
tort au poete allemand.
A.-S . V6gelin puhlia conjointement une lraduclion allemande, le lexte espagnol du Cid (d'apres le lexte de Kellrr;

R. Haym, Jlerder nacl, seinem Leben und seinen !Verken~ Berl., 1885, t. II, p. 819.
Romancero General oa Reeaeit des Chants p~pulaires de l Espagne, trad. complete,
_
2 k&gt;mes Paris, Delahaye, 1844, p. LXVII, sq.
3. E:nmanuel de Sainl•Albin, La légendedu Cid, comprenant le Pollme_du ~id,_l':s
Chroniques et les Romances. Préface d'Alex. de Saint-Alb_in,_ :i t?mes, Par1s, L1bra1ne
lnternationa!e 1 1 866, t. JI~ p. g-1 :i. Note a :gropos de deux 1m1tabons des Romances.

1. Herders Cid und die spanischer,, Roman;;en, Prorg. Tübingen, 185~.
2. lleinh, KOh\er, lferders Cid und seíne franziJsi.sche Quetk (Leipz., 1867), utilisa le
hrouillon de Herder. Conclusions reprises dans G. Schmidl : Du Cid nach tpa11.
Romanzcn, Leipz . , r868. (Notes de K. Michaelis, p. 127 sq.) Sur R. Kóhler, voir füt·u,·
critique, 18ü7, t. I, art. 44.

208

manzen 1 • )&gt;
1'/otre Villemain meme, dans son Tableau de la lilléralure au
Moye1'-Age, s'y laisse prendre sans défiance : « L'écrivain
étranger qui, par ses éloges et ses lraduclions, a jeté le plus
d'éclal sur ces romances, ¡Herder, an a délruÍI loul a fait la
simplicité par son faux coloris germanique. •
C'esl J'éloge qui l'emporta. Le Cid de Herderapparut comme
un chef-d'reuvre presqne original dans sa fidélilé, - monnmenl unique de la ·pensée el de l'art allema'_;ld, hy'."ne
o-,andiose du culle passionné que l' Allemagne romanltque
"vouait désormais a l'Espagne du passé .
. C:esl un Fran 9ais, Damas-Hinard, qui, en 1844, découHil
la supercherie . Dans la préface de sa lraduclion', il s'inscril en
faux conlre les apprécialions de Sismondi. « Cette lraduclion
(de la Bib/iolheque des Romans) esl spiriluelle, vive, élégante,
el révele une plume habite. Malheureusement, l'écrivain
_anonyme de la Bibliotheque des Romans ne possédail pas a un
degré suffisant la connaissance et le sentimenl du Moyen-Age
espagnol. A la suite de l'imilalion fran9aise, d'autres imilations des Romances du Cid onl élé publiées en Allemagne, en
Jlalie el en Anglelerre. La premiere en date et la plus célebre
est celle du fameux Herder ... Herder a donné plusieurs romances, telles que le.s Romances 3, u, 12, 13 et 14 de son recueil,
dont les originaux espagnols n'existent pas. Ces romances le dirons-nous? - sont tout simplemenl imitées de l'imitalion
de la Bibliotheque des Romans, d'apres laquelle Herder, nous en_

1

2

•

•

•

�BULLETlN HlSPANiQUE

pour les n°• 65 et 70, texte de Duran; pour le n• 70, texte de
F. Meige), le lexte franvais, le lexte de Herder•. 11 conclut,
comme Ki:ihler, mais il se garde de condamner, "Le poete
allemand a, dans sa traduction, ramené en quelque scil'le la
source fran9aise a !'esprit de !'original, le maniéré redevient
s implicité, l'affectation redevient naturel. .. On peul meme dire
que H;rder a, dans ces conditions, créé un plus beau chefd'ceuvre que s'il avait suivi le .texte primitif espagnol '. n Les
travaux ultérieurs n'ont pu que confirmer la these de Ki:ihler.
Aujourd'hui, la cause est entendue. Les Allemands consider,-nt leur Cid comme un chef-d'ceuvre classique. C'est Jeur
droit. La France a le droil a son tour de réclamer sa part.
La France a le droit de parler de son Romancero et de son Cid,
doublement sien. C'est notre xvm• -siecle qui a découvert et
'
rcssuscité l'épopée populaire
d'Espagne. C'e$l a un érudit
anonyme, et peut-etre a jamais inconnu de notre XVI11 siecte
franvais que revient la gloire d'avoiL- fait du preux espagnol
un héros éternellement humain.
J.-J.-A, BERTRAND.

CATALOGUE
DES MANUSCRITS DE M. MOREL-FATIO
(Suite'.)

94. Alfonso Martinez de Toledo. El Corvacho, extraits, d'apres
l'ex.emplaire de la BibliothCque Nationale de Paris, Réserve D 5:u

6

1. Herdus Cid. Dil' franz6&amp;ische unddil spanische Quelle. Heilbrooo, ITenning er, 1879
Cf. critique daos Romania:, VIII, p. 477.
,. L. e-. Préface, p. Y1--v11.

•

•

(Logroiio, 1529;. - Extrails des mss. de l'Escurial_ lll - h - ro. Notes pour l'édilion donnée par D. Cristóbal Pérez Pastor, Arcipreste de
Talavera (Corvacho é reprobacion del amor mundano), por el bachiller
Alfonso Martinez de Toledo, Madrid, 1901 (Bibliófilos españoles).
95. Antaine de Latour. Livres espagnols d'Antoine de Lalour,
Copie. - Catalogue d' autographes composant_ le cabinet de jeu
M. Antoine de Latour, Paris, 1885. - Catalogue de livres composant
la bibliotheque dejeu Af. Antaine de Lalour, París, 1885. - Albert de
La tour, Antoinede Lalour, bibliophile. Préjace du catalogue de sá bibliatheque, Paris, r885. - Catalogue de livres curieux anciens el modernes ...
provenant de la bibliolheque de /eu M. Antaine de Latour, Paris, 1903,
-Théopbile Lanathiere, Panthéon de la légion d'honneur (Antaine
Tenanl de la Tour), Paris, s. d. - Geofl'roy de La,Tour, A la mémoire
deMonsieur Albert Tenant de La Tour, París, 1~ q. -Lettrede M. Albert
lsnard. - Lettre de D. José M' Asensio, - Lettre de M. Eyssenhardt,
directeur de la bibliotheque de IIambourg. ~ Quatorze lettres de
M. Albert de Latour,
96. Marguerite d'York et Perkin Warbeck. Minute et épreuves de
l'article intitulé: Afarguerite d'York et Perkin Warbeck, daos les
Mélanges d'histoire ojJerls a M, Charles Bémont pa,: ses amis et ses
éleves, Paris, 1913, p. 4r 1-416, - Notes sur cet article, - Réplique
de M. James Gairdner. - Extraits de !'Archivo general de Simancas.
97, Alonso Fernández de Avellaneda. Préparation, en trois cabiers,
a l'arlicle : u Le Don Quiclwtte n d' Avellaneda, daos le Bulle/in
hispanique ü'octobre-décembre 1903. - El licenciada Alonso Fernández de Avellaneda; jué Juan Afarti? par J. E. Serrano y Morales, daos
la Revista de Archivos, Bibliotecas y Museos, -Madrid, 1904 (dédicace) .
- Lettre de D. J. E. Serrano y Morales. - L'na nueva conjetura sobre
1.

VoirBull. hiip., l. XXIII, p. 1:l.

•

�BULLETl:'i H!SPA...'1JQUE

CATALOGUE DES ,\fANUSCR.ITS DE M. MOJ\EL-FATIO

el aulor del« Quijole "de Avellaneda, parMarcelino Menéndez P~layo,
dans Los lunes de El Imparcial, r5 février 1897 . - Avellanedas ti Don
Quijote i&gt;, sein Verhiillnis zu Cervantes und seine Bearbeitung durch
Lesage, par Martin Wolf, Giessen, 1907. - Juan Millé y Giménez,
Una nueva interpretación acerca de los et articulas » omitidos pnr Auellanedn en su• Quijole" (Buenos Aires, Noviembre de 1919).
98. Luis Hurtado de Toledo. Cours fait au College de France,
1902-1903 . Fac-similé du litre de: TJuys llurtado a la Jllustre, sa/Jia
y graciosa Maria a quien amorosamente estas -cortes son dedicados ...
Lex.ique des Córtes de la muerte. - Carolina Michaelis de Vasconcellos, Versuch über den Rille;roman Palmerin de Inglaterra (extr. de
la Zeilschrift für romanische Philologie, t. VI). - Wilhelm Seelman,
Die Totenlünze des MiUelallers, Norden u. Leipzig, 1893. - Leyes de
Cupido 'dadas por la sabiduría en el Espejo de gentileza. Copie.
99. Diplóme d'Alphonse VIII. Minute et épreuve de _l'article
intitulé : La Nodriza de lY' Blanca de Castilla, par D. Francisco
Simón y Nieto, dans le Bulle/in hispanique, t. V (1903), p. 5-8. Fac-similé du diplome d"Alphonse VIII (École des Charles, Ancien
Fonds, n° 759). - Deux lettres de M. Pierre Paris. - Trois lettres de
D. Franciso Simón y Nieto.
'.100. Epistolae eruditae. Épreuve de l'article intitulé : Clarorum
hispaniensium epistolae ineditae ad humaniorum lillerarum histol'iam
perlinen/es, par Adolfo Bonilla y San Martín (exlr. du Bullelin hispanique, t. IV, p. &gt;76-,8~)- - Notes prises pour cet article. - Table

- La Chronique espagnole de la Pucelle d"Orléans, par le comle de
Puymaigre(extr. de la Revue des questions hisloriques, aYril 1881). Comte de Puymaigre, Jeanne d'Arc. Sa vie par un flalien du xv• sitcle
(exir. de la Revue des questions hisloriques, avril 1889; dédicace). -

des érudits qui écrivirent a D ..\ntonio AgusUn, d'apres les ms. D .292
- (ancien X- 2- &gt;6) de la Bibliotheque de S·. Juan de Barcelone, avec une

Pacheco. - Poésie épique. - Cascales. - Mayans. - Saavedra . Ambrosio de Morales. - 4. Pellicer. - Luzan. - Zurita. - Rey de

&gt;ll

note de M. Bataillon. -

Nebrixa. Extraits de ces amvres. -

Trois

Lettre de E. Piñeyro. -

2.

Garcilaso de la Vega. -

Gregorio Silvestre.

- Sonnels de Gongora . - Lettre du roi Jean 11 de Castille a Charles Vil de France. Arévalo, 24 aout 1450. Copie du ms. de la Bibliotheque Nalionale, lat. 5956. - Practica de las i•irludes de los buenos
reyes d'Espa,ía ... :\lurcia, 1518, d'apres l'exem_plaire de la Bibliothequc
Nationale, Yg 15. - Exlrails du ms espagnol de la Bibl. Nat. 533.
-

Suarez de Figueroa. -

Les Leonardo de Argensola . .-:. Cristóbal

de Caslillejo . - Cervantes . - Juan de la Cueva. - Deux lettres
de R. J. Cuervo. - La Epístola moral á Fabio. - La Epístola
moral á Fabio no es de Rioja ... , por D. Adolfo de Castro, Cadix, 1875.
-

Herrera. -

Yillegas . .:._ Antonio de Guevara . -

PiCces lyriques,

prises dans des ms. du fonds Espagnol de la Bibliotheque Nationale.
- 3. Quevedo, Epislola satyrica. Autre teste du. a M. Le Gentil. Francisco ·de Medina, Prologue du Garcilaso de 1580. - Lettre de
Lope á Marino. - Laurel de Apolo. - Divers écrits de Lope. Bartolomé Leonardo de Argensola . - Valdes, Dialogo de la lengua.
- Guevara, Diablo cOjuelo. - Tamayo de Vargas sur Garcilaso. Manuel de Faria y Sousa. - Argole de Molina. Leltre de D. Leopoldo
Eguilaz a D. Francisco Codera Zaidín. Deux leltres de D. Francisco
Codera Zaidín . Lettre de M. Julien Vinson. - Az~ra sur Garcilaso. -

Artieda . -

Boscan. -

Jerómino de Arbolanche. -

Francisco Sanchez

lettres de D. Adolfo Bonilla y· San Martín.
1.0t. Table, par nom de litre, des Comedias (XVIl -XV1Jlc siecle), de
la bibliotheque de M. Morel-Fatio.
.
102. Lectures espagnoles (quatre cahiers). 1. Juan de Mena. lnquisition. xv• siecle. Copie du ms. de la Bibliotheque Nationale,
latin 129,5. - Pedro Lopez de Ayala, d'apres le ms. de la Bibliotheque
\ationale, espagnol 115. __: Archipretr~ de Hita. - Letlre de
Villalobos, d'apres le ms. Add . 8219 du British Museum. - Jorge
Manrique. - Pavana, d'apres un ms. de la Bibliotheque Nationale.
- Diego Hurtado de Mendoza . - l\lalon de Chaide. - Lope de

de las BrozijS. - Villegas. - Bal'tolorné Leonardo de Argensola. Fr. Gerónimo de San José. - Le connétable de Castille, D . Juan
Fernández de Velasco - Fr. Luis de Leon. - Herrera. - Bartolomé
Ximenez Paton . - Jauregui. - Cristóbal de Mesa. - Mariana.
'.103. Maria Enriquez, duchesse d'Albe. Préparation a l'artide
inlilulé : La duchesse d'Albe Dª María et Catherine de Médicis, daos le
Bullelin hispanique d'octobre-décembre 1905. - Épreuve, du dit

Vega. - Mateo Aleman - Juan Huarte. - Pedro Niño, comte de
Buelna, avec la collation de H. Léonardon, d'apres un ms. de

de Toledo). - C. Douais, Les demieres années d'Élisabeth de Valois,

8

l'Académie de Í'Histoire a Madrid. - Gómez Manrique. - Antonio
Perez, d'apres le ms. Dupuy 705 el espagnol 77 de la Bibliotbeque
Nationale. - Fqeros de Madrid. - Fueros de Navarra, d'apres le
ms. espagnol 43 et 44 de la Bibliotbeque Nationale. - La Poncella de
Orleans, d'apres les exernplaires Rés . Lb

26

198 et Rés. Lb

:16 25:1.

article. - Deux fac-similé de l'écriture de la duchesse, insérés dans
l'article . - Arlicle de Cesáreo Fernández Duro, daos le Boletín de la
Academia de la Historia, juin 1903 (affaire du mariage de D. Fadrique
Toulouse, 1896. -

Archives de _Lille. Chasincourt, dame d'honneur

d"Élisabetb de Valois. Notes. - Lettre de 1\1. Jules Finot. - Trois
lettres de M. Louis Brandin. - Deux lettres de D. Antonio Paz
y Melia.
104. La reine Eléonore, femme de Frangois ¡,r_ Copie de lettres de
la reine Eléonore (Archives Nationales de Paris K 1483 et K 1484). -

••

�214

BULLETIN HISPA~IQUE

Copies de lettres de la reine Eléonore a Fran~ois ]" (Bibliotheque
Nalionale de Paris, Dupuy 211.) - Exlrail de J/uberlu., Thomas
Leodius Annalium d.e vita el reúus geslis ... Frederici JI electoris
Palalini libri 111. - Ch. Paillard, Voyaye dans les Pays-BaselMaladie
d'Eléonore d'A _utriche ... Bruxelles. 18¡9. - Lettre de René Costes
avec une note.

•.

f05. Miguel de Molinos. Catalogue d'ouvrages de Molinos (Biblia•
!beque Nationale de Madrid, Sainle Genevieve, Bibliolheque Nationale
de Paris). - Copie de deux lellres de Molinos a D. Anastasia Marcelino
Uberto Balaguer et a Joseph Ramirez (Bibliotheque ",ationale de
Madrid, rus. 19108.) - Obras de teosofia, etc. Biblioteca orientalista,
Barcelona, s. d. - Gvida spirituale ... del dotlore Michek di Molinos ...
Roma, 16i7. - Miguel de Molinos, Guia Espiritual .. Fué sacada d
la luz en ·1675 por Fray Juan de Santa Maria, y ahora nuevamente,
según su texto, por Rafael Urbano F. T. S. Barcelona, s. d. Exemplaire
collationné sur l'édilion originale. - Letlre de J. Massó Torrenls. Lellre de D. Juliirn Paz.
i06. D, Bernardino de Mendoza. Préparalion au mémoire intitulé:
n. Bernardino de Mendoza. l. La vie. - 11. Les a,uvres, dans le
Bulletin hispa'nique, janvier-juin 1906. - Correspon~ance de Granvelle. - OOuvres. \otes diverses. - Copie de D. Francisco
Barado. (Museo militar, Barcelona, 188&amp;). - Le conseiller Baston. Ode (1 O navis 11 d'Horace, traduite par D. Bernardino de ~tendoza. Notes, tirées de la COrrespondance de D. Bernardino de Men&lt;loza, aux
Archives Xationales de Paris. - Affaire avec le commandeur Frey

Juan de Moreo. - Affaire avec Mareo. Supplément. - La licencia el
le déparl de Paris. - Maladie. - Siego de Paris. - Affaire Ordoñez.
- Mission de La Varenne. - Langlée. - Extraits de la /Vueva Callee•
cion de documentos, - Ordre de S. Jacques. - Alfair~ Oberholzcr. Missions en Angleterre -

Avertissements de D. Juan de ldiaquez fl

son fils Alonso. - Trois letlres de D. Antonio Paz y Melia. Lellre de D.. Francisco llararlo. - Deux lettres de M. Anloine fhomas.
- Letlre de M. Cuvelier. - LelLre de M. Eugene Bocha. - Leltre de
M. L. Thomas. - Lellre de M. Clacs a M. L. 'l'homas, el un extrait
de Los seys Libros de Las Politicas ... de Justo Lipsio, traduit par B. de
Meodoza. - Deu&lt; leltres de D. Antonio Rodríguez Villa. - Lellre de
D. Juan CatMina García. - Lettre de D. Juan Catalina García :\
D. Antonio Rodl'iguez Villa; et letlre de ce dernier.
107. Casa de Alba. Notessur la maisond'Albc -Sepulcro del gran
Duque de Alba en Salamanca (la llustracion espa1iola y americana,
» juillet 1905). - Deux lettres du duc d'Albe au marquis de Velada.
Fac-simHf' et transcription. ([nvenlaire de la collection Édouard

Favre, vol. uxv.) - Un bastardo insigne ,kl gran duque de Alba
(el prinr D. /fernando de Toledo). por D. Angel Salcedo Ruiz,

CATALOGUE DES MANUSCRITS DE M. MOREL-FATIO

Madrid, 1893. - Carie de D. Julian Paz, avec la vue du palais du
duc d'Albe a Piedrahita (Avila). - Lettre de Monseigneur Douais,
éveque de Beauvais, a M. Picard, - A Morel-Fatio, Catálogo de los
colecciones expuestas en las vitrinas del palacio de Liria. Le publica
la duquesa de Berwick y de Alba, condesa de Siru.ela, Madrid, 1898
(dans le Journat des Savanls, février 1899, p. 117-n6).
l.08. Búcaros. Esquisse d'une histoire eles Búcaros. - Notes pour
cette hisloire. - Portugal. - Carie de M. J. Leite de Vasconcellos.
- Bucarophagie. Généralilés. - Bucarophagie. Espagne. - Leltre de
R. J. Cuervo. Trois leltres de M. L. Solon. - Lettre de M. K. Haebler.
Lettre de A. Caillens. - Natá. Deux lellres de R. J. Cuervo. - Le
comte Lorenzo M.agalotti'. - Lettre de Léo Rouanel. - Deux leltres
de M•• C. \lichaelis de Vasconcellos. - Carie de M. José Leite de
Vasconcellos. -

Lellre du directeur de la Manufactut'e nationale de

porcelaine de Sevres. - Pottery \Vorship. The fallen /dais f. The
nobles bucearas, by l1. L. Solon, ,3 octobre 1896(dédicace). - Poltery
Worship. The fallen Idols. Fnssil pottery, 11 janvier 1898 (dédicace).
- Pollery lVorship. The fallen /dols. Terra Sigillala (dédicace), Comer barro, par A. Morcl-Falio (extrait des Afélanges de [Jhilologie
romane dédiés cí Car/ Wahlund, Mácon, 1869).
i.09. Alumbrados. Copie 1 sur cette secte religieuse, d'apres le ms.
Archives nationales ele París, K ·169.li, nº .2:1, année 1539.

t tO. 'fable des mots intéressants du Diálogo y discurso de la vida de
corte, de Cristóbal de Castillejo.
H t. Charles- Quinl ( historiographie de). Notes pour le livre
Histodographi, de Charles-Quin/, par A. More!• Fatio. ( Bibliotheque
de l'École des Hautes-Étu.des, nº ,o,, Paris, 1913.) - Krilische
Beitrage zu1· Geschichle des schmalkadischen l(rieges. Zweiler
'feil. Von dern G. L. Dr. Rudolf Lorenz, Gumbinnen, 188o. Die Darstellung des schmalkaldischen Ifrieges in den Denkwiirdiglceilen J(aiser Karls V. ,on Richard Le Mang. Teil 1. Jena, 1890;
, Teil. Drcsden, 1899; 3 Teil. Dresdeo, 1900. - Die Denkwitrdigkeilen
Kaiser Kar/'s V... von Prof. D' Otto Walz, Bonn, 1901. - Lettre de
D. Julian Pa1..
H2. Espagool mondial. Préparalion au mémoire intitulé: L'Espagnol langue univérselle, dans le Bulletin hispani711e, avril-juin 1913.
- Exemplaire et épreuves. Famoso dis&lt;;urso en castellano de
Carlos V, en Roma, par le P. Miguelez, O. S. A., dans la Ciudad de
Dios, 5 a0Ut_1913. - Ferdinand lirunot, Le preslige de la civilisalion
Jranraise et la pénétration du fram;ais en Atlemagne au .v.rnc siecle,
Paris, s. d. (dédicace). - Du meme, la langue fran9aise en Alsace
apres 1648, extraitde la Revue de Paris du 1" juin 1916. - Letlre de
M. Ferdinand Brunot.
Deux leltres du P. ~liguelez. - Leltre
de M. V. L. Bourrilly.

i

i:

�CA.TALÓGUE DES MA:'iUSClllTS DE M . MOREL-FATlO

13ULLETIN lllSPA.:,tQVE

H3. Marie Mancini (trois cahiers et deux brochures).

1.

Compte

. rendo de A. Morel -Fatio sur Une princesse romaine au x 1,11~ siAcle,
Marie Mancini Colonna . .. , par Lucien Perey, Paris 1 1896, daos la
Revue critique du =i2 mars 1897 (doub]e exemplaire, dont un annoté).
- -Notes pour la biographie de i\larie Mancini : une partie de ces notes

ont été communiquées par Lucien Perey (M"· Luce Herpin). - Galerie
r.otonna. Catalogue . Via Archi della Pilotta, n. 17 , Rome, 1895. Relalione dellafelice morle dell' Eccellenlissimo Prencipe Gran Condestabile del Regno di.Napoli, il sig. D. Lorenzo Onojrio Colonna, Rome,
1689. - Lettre de G. de Manleyer. - Lettrn de M. Ch . Mortel. !L Le connétahle Colonna a Turin (copie) . - Sur Don Francisco ~esla
(copie). - Copie des Curiosilá e Ricer-clíe di storia suba/pina. Noliz_ie et Diari. - Papiers sur la duches.se de Mazarin, copiés a"ux
arclnves de Monaco par M. Lacaille . - Mémoires faux. Cologne 1 1676.
3. La Vérité dans sonjour ou les uérilables mémoires de JI. Mancini,

connétable Colonne (copie). - Lellres de Marie Mancini a Colberl
(copie). - Mariage de Marie Mancini ,. 1661 (copie) . - Archives
Colonna (copie) . - Letlres de Monsieur le marquis de *** escrites
pendan/ son .voyage d'Jtalie en 1669, Paris , 1676 (extraits). - Exlraits
des mémoires de ]a duchesse de Mazarin. - Archivio Vaticano. Nunz.
di Spagna, vol. 139 (copie). - Lettre de M. Lacaille . - Deux leltres
de M. Georges de Manteyer. 4-5 . G. Claretta , La principessa Maria

Colonna Mancini nelle particolari sue relazioni col duca di Sauoia &lt;&gt;:ir/o
Emanuele JI (exir.). A. D . Perrero, La Duchessa Orten,ia Maz zarino
e la principessa Maria Colonna Sore/le .\fancini ed il duca Cario
Emanuele 11 di Savoia , 16¡:J-75 1 daos Curiositcl e Ricerche di storia
suba/pina, vol. II, p. 1-94.
H4. Roman ¡íicaresque (trois cahiers). 1-2. Cours fai~ au college
de France (188,-1883). - 3. El subtil cordoves Pedro de Urdemalas ...
Autor Alonso Geronimo de Salas Barhadillo, Madrid, 16,0 (extraits).
- El gallardo Escaraman. Comedia famosa (extraits) . - El siglo pilGgorico y vida de D. Gregario Guadaña ... por Antonio llenriquez
Gomez (extraits). - Vicente Espinel, d'apres Marcos de Obregon el
d'apres Diversas Rimas (extrait). - Le, relations de Marc D'Obregon
traduites par le sieur d"Avdigvier (extraits). - La muerte entierro
y honrras de Chrespina Marau zmana, gala de Juan Chrespo .. . Paris,
1604 (exlraits), - Lazarillo de Manzanares ... por !van Cortes de
Tolosa ... Madrid , 16,0 (extraits). - Poema tragico del espa1iol
Gerardo . . . por Don Gonzalo de Cespedes y Meneses . .. Barcelona,
1618 (bibliographie). - La sabiajlor' Malsabidilla .•. A11tor Alonso
Geronimo de Salas Barbadillo. Madrid, 16,i (extraits), - La picara
montañesa llamada Ivstina ... Barcelona, 1605 (exlrails). - f,a guarduña de Sevilla y anzuelo de las bolsas . . . por Don Alonso de Castillo
Solor9ano .. Madrid, 164, (hibliograpbie). - Vida y hechos de Este-

vanillo Gonzalez ... Amberes, 1646 (extraits). - El sagaz Estacio
mariti.o examinado. . . Autor Alonso Geronimo de Salas Barbadillo
Madrid, 16,0 (extraits) .
:
H5. Gongorismo. Notes sur le cullisme espagnol au xvu• siecle.
-;-Mise en prose de Soledades de Góngora. -Lettre.de M. L. 'fhomas.
H6. D. André Maria de Guzman. Préparalion a l'article intitulé :
•Le révolutionnaire espagnol Don André Maria de Guzman dil 11 Don
Tocsinos », dan~ la Revue historique, t. CXXII ( 1916). - Compte
rendu de D. Miguel S. OHver sur l'article précédent, daos la Van guardia, Barcelone, juin 1916. - Lettre de D. Miguel S. Oliver. Lettre de M. Tueley. - Lettre de M. Camille Bloch. - Revista de
historia y de genealogia española, 3.ño III, nº 1, et n1, 15 nov.15 déc. 1914.
H7. Caron et P. L. Farnése . Préparation a l'article intitulé: Dialogue enlre Charon el ['tune de Pierre-Louis FarnAse, dans le Bulletin
ilalien, t. XlV, p. J 16-157. - Archivio slorico per le provincie parmensi. Nueva Serie, vol. VU, Anno 1907. Parma , 1907. - Dialogo
entre Garante y el dnima de Pedro Lu;s Farnesio, extrait des Curiosidades bibliográficas de D. Adolfo de Castro, t. XXXVI de la Biblioteca
de autores españoles.
tt8. Romances. Un romance a relrouve1\ dans la Revista de
filología española, t. 11, p. 371 a 373. - Original de cet article. _
Lellre de D. T. Navarro Tomas. Garle de D. Ramón Menéndez Pida!.
- Los Orígenes del romance por R. Menéndez Pida!, dans la Revisla
de libros. Año II, Núm. VII, janvier 19,4. -Spanische Romanzen auj
fliegenden Blüttern aus dem Ende des 16 Jahrhunderts, von Prof.
D· Christian Fass . Beigabe zum Jahres-Bericht.

1910- 1,.

Louis Koch.

Halberstadl. - Jacques Rosenthal. Librairie ancienne. Baviere
Munich,. Edilions originales de Romances espagnoles. - Ramó~
Menén~ez Vida!, Catálogo del romancero judío-español, Madrid, 1 907 .
-: Z6.wr meznanych Hiszpanskich ulotnych druków znajdajacych sie IV
Bibl!Jolece Jagiellonskiej W Krakowie. poda! D' Edward Porebowicz
(dédicace) . - Pio Rajna, Osservazioni e dubbi concernenli la storia
della romanze ~pagnuole, dans la Romanic Review, vol. VJ, nº 1 (dédicace). - S. Griswold Morley, Are ihe spanish Rommices writlen in
qualrains ? - and other questions, dans la Romanic Review vol. VII
~- 1 (dédicace) . R.' Menéndez Pida!, Endecha de los judíos e,pa'.
noles de Tanger (Revista de archivos).
. 1.~ 9. Memori~l de cosas antiguas. Memorias de cosas antiguas, ,
copiadas de un bbre de mano, que del dean Don Diego de Castilla quedo
en su almoneda quando murio (extraits pris dáns le ms. de Ja Bibliotheque Royale de Bruxelles, nº 14&gt;3).- Bibliotheque royale de Bruxelles. Manuscrits espagnols. - Une lettre et deux cartes de M. Sanz Arizmendi ► qui voulait publier le Memorial dans le Bulletin hispanique.

�218

BULLETl_:'f HISPAYlQUE

120. L'Estoille . Extrait des passages de L·Esloille concernant les
choses d'Espagne.
• 121. Jean Lascaris. Préparation a une lecLure faite a l'Académie
des Inscriptions (Comples rendus, 1916 1 p.114) 1 sur une inventíon de
Jean Lascaris, d"apr8s laquelle il aurait connu le secret d'un na vire qui
pouvait se mouvoir saos voiJes ni rames. - Lettre de Micer Miguel

~lai a Charles Quint, de Rome, le 24 juin 1531 (Noel Charavay, Le/tres•
aulographes el documents hisloriques, n° 80, 967). Copie de ce document et traduction.

122. Renaissance espagnole. Leonardo Bruni Aretino. Bibliographie. -AÚonso de Santa Maria. Notes . - Rodrigo Sanchez de Arévalo.
Notes. - Enrique de Villena. Chanl VI de l'Enéide, copié par G. Daumet. - Les Ilenri d'Aragon. Notes . ~ Les Diaz de Toledo. Notes.
Lettre de Alarcelino Menéndez y Pelayo . - Le prince D. Carlos de
Viana. Notes. Un livre de la bibliotheque de Don Carlos, prince de
Viana, par Léopold Delisle. Lille, s. d. - Le César de Decembri. Notes.
Lellre de M. II. Omont. Prologue du César, en castillan, d'apres le
n· 49 du catalogue de la Bibliotbeque d'Osuna par Rocamora. Nuño de Guzman. Notes. Lettre de M•• Carolina Michaelis de Vascon-

•

cellos avec une note. - Leltres d'humanisles it.alieris. Copie. - Deux
lettres de M. Cesare Paoli. - Poggio Bracciolini. Niceron, Hommes
illustres, t. IX (175,). - A. Morel-Fatio, Une version aragonaise
d'Eutrope faite sous les auspices de Juan Fernandez de Heredia (Romania, t. XVlll, p. 491-93). - Compte rendu pa1 M. Schück de
l'ouvrage de M. Attilio Hortis, Stadj sulle opere latine del Boccaccio.
- ,Notes sur les humanistes italiens et espagnols. - Lettre de
M. Remigio Sabbadini. - Quatre !et tres de 1\1. Vittorio Rossi.
123. Versification espagnole. Notes sur la versification espagnole.

- Nebrija. - La nova art de /robar Jeta per lo magnifich Francesch
de 0/ezu, cavaller, en fany 1538 (Copié en 1881, d'apres une copie
faite par Barte Pascual, d'apfes une" autre copie de D. Joaquin María

Bover; voy. Rapporl sur une mission phi/ologique á Majorque, p. 18). Leltre de M. W. P. Ker. - Lettre de D. E. Piñeyro, contenant une
note sur la Avellaneda. - D. Manuel Milá y Fontanals, Ilistoria literaria del decasilabo y endecasilabo anapésticos, dans la Revista lzisló1" juillet 1875.- D.M. A. Caro, Del verso enneasílabo,
,us variedades, sus origenes dans El repertorio colombiano, novembre
1882 (dédicace). - Francesco d'Ovidio, Dieresi e sineresi nella poesia
italiana, Napoti, 1889 (dédicace). - A. Morel-Fatio, L'arte mayor el.
fhendécasyllabe dans la poésie caslillane da xv• sietle et du commencemenl XYJ', dans la Romanía, t. XXJII, p. 209-231. - Philological

rica latina du

Society. Anatogies belween english and spanish Verse ( Arle mayor),
by Professor W. P. Ker, Hertford, 1899 (dédicace). - J. Saroibandy,
S1Ilabe perdue dan, l'ancienne versijication castillane, dans la Revue

CATALOGUE

ot:s

MA~liSCRLTS DE M. MOREL-FA.TIO

de l' enseignemenl des langues vivantes. Jan vier, 190:i. - R. FoulchéDelbosc, Juan de Mena y el &lt;1 Arle mayor n, traducido, anotado y pre.
cedido de un prólogo, par Adolfo Bonilla y San Martín, Madrid, 1903.
- Sul verso de arte mayor. Nota w,l Dot. John Schmitt, Roma, 1905
- (dédicace). - Om, slafvelserülrnin.gen i vissa fornspanska versarler,

•

af Erik Staaff, dans la Saertryk aj nordisk Tidsslcri.fl Jor jilologi
(dédicace).
124. Auteurs groes et latins traduits en italien et en espagnol.
Notes bibliographiques sur les auteurs suivants : Aristote, Botce,
César 1 Cicéron, Frontin, Josephe, Hégésippe, Juslin, Lucain, Lucien,
Ornse, Ovide, PCres de l'Église, Plutarque, Quinte Curce, Sal1uste,
Sen0que, Suétone, Tite Live, Vatere Maxime, Végece, Virgile. - Littéralure frarn;aise. - Auteurs du Moyen-Age. -Divers auteurs grecs et
latins lraduils en italien et en espagnol.. - Traducteurs espagnols
et humanisles. - Humanisles italiens. - Auteurs italiens traduits
en espagnol. - Vasco. Ramirez de Guzman. - Crónica troyana. Pétrarque . ....; Bocace. - Varia. - Bursario, avec des notes bibliogra-

pbiques de Mario Schitr el une lettre de lui. - Comieni;a el arenga
que jizieron e ordenaron Juan Alfonso de &lt;;:amora ..• Copie.
125. Poésie castillane. Bibliographie ses poetes castillans du
.ne c.111 xnu• siCcles, d'apr8s le Calalogue de la Bibliothe&lt;¡ue Nationale
de P. 1ris, de Sainte•Genevieve et la Mazarine . - ~otes diverses. Collation de H. Léonardon de la Cancion á las ruinas de Jtalü:a.
- Noles sur le sÜnnet : No me n~eve, mi Dios, .. Renseignements du
P. Fita et de D. Marcelino Menénciez y Pelayo. - Fragments d·une

chanson recueillis

a Honstchonk. -

·Notes pour une Anlhologie de la

poésie moderno par E. Piñeyro et une lettre de lui.

126 Gutierre de Cetina. Notes pour le compte rendu : Obras de
Gatierre de Ceíina, con introdaccion y notas del dolor D. Joaquin
Hazañas y la Rua, l. l et ll, Sevilla, 1895, dans la Re1me critique clu
31 aout-7 septembre 1896.
127. Alphonse V d'Aragon, Jean II de Castille et Juan Fernandez
de Heredia. Notes sur ces deux souverains et . sur le grand-ma1tre
de l'ordre de Saint-Jean de JC.rusalem. - Notes, daos le dossier
d'Alphonse V d'Aragon, sur Mic;er Ferrando Valenli et sur les Para-

doxes de Cicéron. espagnols.

Lettre de D. Gabriel Llabré; . - Homanistes

1.28. Centon epistolario . -Brouillon d'un mémoire sur l'Hislorio-

yraphie du reg11e de Jean Il de Caslil/e (cf. l'Annuaire de l'École des
Hautes Eludes, r 895, p. 111 a 122 ). ~ Original et épreuves de la
dissertation de D. R. J. Cuervo sur le Centón epistolario (Diccionario
de construcclon y regimen de la lengua castellana, Paris, 1886, t. I,
p. 2ux-tn1). - M.. de Pida}, Historia literaria ·sobr la legitimidad
del Centon epistolario del bachiller Fernand Come: de Cibdareal, dans

r

�&gt;20

BULLETIN HlSPANIQUE

CATALOGUE DES M:A.~USCR.ITS DE :\J. MOREL-FATIO

la Revista de ambos mundos, juillet 1854, t. II, p. ,57-,80 (exémplaire dédié par son auteur a Ferdinand Wolf). - José Amador de
los Rios, Estudio histórico. El condestable Don Alvaro de luna y sus
doctrinas polilicas y morales, févri.er 1871. - Sobre el Centon epistolario del bachiller Fernan Gomez de Cibdareal y su verdadero autor
el maestro Gil Goncalez Davila por el Excmo Sr. D. Adolfo de Castro.
Sevilla, 1875. - Z11r Cibdareal-Frage. Ein Beitrag zur spanischen
litleraturgeschichte von Prof. Dr Emil Gessner, Berlin, 1885-. ..:_ Zur

Cibdáreal-Frage van Carolina Michaelis de Va~concellos. dans les
Romanischen Forschungen, t. Vll, Erlangen, 1891. - Leltre de
. D. Antonio Paz y Melia . - Notes sur le Centón epistolario.

l.29. Juan de Mena. - Cancionero de Baena. Notes philologiques
sur Juan de Mena et sur le Cancionero de Baena. - P. Niño, Poeta,
antiguos españoles, dans Hojas literarias, año I, tomo II, 3o novembre

1893 (exemplaire dédié a E. Piñeyro).
l.30. Juan de Mena et marqnis de Santillana. Épreuves" de l'article
intitulé : les deux Omero Castillans, dans la Romania, t. XXV,
p. 111-1:;19. - Notes pour cet article . - Lettres et une citrte de
Novati. -

Auteurs grecs, latins 'et frarn;ais traduits pour le marquis

de Santillane. - Bibliotheque du marquis de Santillane.
l.3l.. Jorge de Montemayor. Lexique des mots dilliciles. - Georgelchünherr, Jorge de Monlemayor, sein Leben urtd sein Schüferroman

die • Siete libros de la Diana ,,, Halle, 1886. - Gottfrie~ Baist,
Compte rendu du livre précédent dans la Zeitschriftfw· vergleichende
litteraturgeschichle, Neuefolge, t. 11, Berlín, 1889.
l.32. Gregario Silvestre. Versification de Gregario "silvestre.
f33. Les Argensolas. Cours fait au College de France (, 90,-, 903).
Notes pour ce cours. -Description du ms. Hisp. 9, de la bibliothcque
de Munich, oll se trouveot des poésies des Argensolas. -

Lettre

de M. Henri Merimée, avec une collationde la Satira del Incógnito. L'épltre a D. Nuño de Mendoza. Copie el notes exp!icatives . - Note
sur D. Nuño de Meodoza; cf. J'article du Bu/letin hispanique, t. VII,

p. ,05-,07.

,,

.

134. D. Diego Hurtado de Mendoza. Notes sur la versification des
poésies de D. Diego Hurtado de Mendoza. - Notes pour servir al'article
intitulé : A Morel-Fatio, l' arle mayor et l' hendécasyllabe dans la poésie
castillane au .xv• et au commencemerit du xvr siCcle (Romania, t. X\111,
p . ,09-,31).-Epistola á Don luis de Avila, d'apres le ms . espagnol31,
de la Bibliotheque Nationale de París. - Notes bihliographiques.
135. Garcilaso de la Vega .. Notes sur la versification des poésies
de Garcilaso de la Vega.
136. Juan Boscan. Notes sur la versification des poésies de Juan
Boscao. -

Lex.ique de mots intéressaots. -

la littérature espagnole.

Note sur sa fortune dans

l.37. Fernando de Herrera. Notes sur la versification des poésies
de Fernando de Herrera, d'aprCs l'édition de 1619. - Notes sur son
orlhographe. - Notes bibliograpbiques. - 1'otes pour servir au
mémoire ·intitulé : Fernando de Herrera, L'Ilymne sur lépante, publié
el commenté par A. Morel-Falio, Paris, 1893.

l.38. Juan del Enzina. Extraits du Prohemio en una arte de poesía
castellana, d'apres l'exemplaire Yg 13 Rés., de la Bibliotheque Nalionale de Paris. - Notes.
·
l.39. Pétrarque. lmilation de Pétrarque par les poetes calalans et
surtout par Auzias ,1arch. -

Notes .

l.40. Pierre, marquis de Villars. Notes pour servir

a l'annotalion

de l'ouvrage suivant : ¡}Jarqnis de Villars, llfémoires de la cour

d' Espagne de 1679 a 1681, publiés et annotés par M. A. AforelFatio et précédés d'une introduction par M. le marquis de Vogüé,
Paris, 1893. - .Lelt•·e de H. Léonardon. - Letlre du chef de la
section historique des archives royales de Danemark. - Lettre de
M. Goovaerts. - Deux letlres de l'Archiviste général du royaurne
(Hollande). - Leltre de P.M. Perret. - Lettre et carie de M. le baron
de Saint-Pierre.
l.4L D. Cárlos Gutierrez de los Ríos, cornte de Fernan-Nuñez.
Notes pour les deux ouvrages suivants : A. ~lorel-Fatio y A. Paz
y Mélia, Vida de Cárlos 111 escrita por el conde de Fernan-Nuñez,
Madrid, 1898, , vol., et Grands d'Espagne el petits princes al/emands
au XV!ll siCcle, d'apres la correspondance ínédile du comte de Fernan
8

l\'wiez avec le prihce Émanuel de Salm-Salm et la duchesse de B°éjar,
Paris, 1906, ,. édition (Études surl'Espagne, t. 11). -Trois lettres de
D. Antonio Paz y Mélia. - Une note de D. _Antonio Rodríguez Villa
sur les ministres plénipoteotiaires

a la cour d'Espagne au xv111• siecle.

- LetLre d~ D. Ricardo Fé, - Dott. Agostino Zanelli, Don Cario di
Borbone a Firenze nel 1732, Torioo, 1887.
142. Le duc de Calabre et Germaine de Foix. (deux cahiers).
1.

Notes sur Ferrando de Aragon, duc de Calabre, et sur sa femme

Germaine de Foix. - A spanishfarce of the early sixteenth centu,,-,
dans le Afodern Language, Nouvelle série, t. XVI1 nº 1, mars 1909.
1

PiCce jouée devant la reine Gcrrnaine ,de Foix et le marquis de Brandebourg1 son mari. Extraits. - Lettres du duc de Calabre et d'autres
fonctionnaires, princes et princesses (Archives Nationales de Paris,

K 1628, 1689, 1699, 1700, 1705-07). - Lettre et carie de Novati. ,. Quatre lettres de D. Vicente Vignau. - Deux d'Antonio Rodrigue,
Villa. -Liste de documenls procédant de S. Miguel de los Reyes et se
rapportant au duc de Catabre el a Germaine de Foix. - libro de la
guardarropia de la Reina Doña Germana de Foix ... Testamento de

la serenissima Rey na Doña Germana.1536. -Testamento del Excellentissimo señor Duque de Calabria. 1550. - Inventario de tots los bens
Bull. hispan.

�•

C.\TALOGUE DES ~IA:1'USCR1TS DE ll. MOREL-FATIO

BULLETlN HISPA'.'l'IQUE

e recamara de la S. reyna D• Germana. 1536. - inventario de lo que
dexo el Ex. Duque de Calabria.
143. Juan de Valdés. 'lotes sur Juan de Yaldés. - Lexique des
mots difficiles. - Lellre de D. R. J. Cuervo, avec une note sur
Vsled. - Épreuves du mémoire du P. }liguélez, Sobre el verdadero
autor del" Diálogo de la lengua,, segun el Códice escurialense. -Lettre
du P. Manuel F. Miguélez. . Miguélez (O. S. A.), Sob1:e el verdadero autor del Didlogo de las lenguas, Madrid, 1919.
144. Courtoisie et civilitá (six cahiers et une brochure) : 1. Cours ·
fait au College de France (1895-1896). - ,.-Moyen-Age. Notes sur la
civilité au Moyen- ..\ge. - Te.tes latins. - Textes en Jangue vulgaire.
- Facetas. - Early English Texl Sociely. IVoodcuts for the Babees
Boolc, Londres, 1868. -Reineri J'hagifacetus ,sive, de facetia comedendi
libel/us... recensuit Ilugo Lemcke. Stetin, 1880. - Pamphilus.
Comoedia elegiaca medioaevalis. Ex codice luricensi edidiJ., Jacobus
t:lrich, Zurich, 1893. - Éprcuvcs du mémoire intitulé : Mélanges de
lilléralurecatalane. III. Le livre de courloisit, dans la Romania, t. XV,
p. 19,-,35. - Compte rendu du mémoire précédcnt, par ~l. C. Frati,
dans la Revista critica del/alellerat,ira italiana, mai 1887. - 3. Baldesar
Castiglione, JI Cortegiano. - Notes pour Je COUl'S fait au Collcgc de
France (1895-1896). - 4. Courtoisic. [lalie. - Giovanni della Casa,
JI galateo (extraits). - La Ciuile conversa/ion du S. Etienne Gua:zo
(exl,·aits). - 3abba da Castiglione, Ricordi (extraits). - Notes sur
d'autres llaliens. -

5. Courtoisic espagnóle. ~oles. -

Duc de Calabrc

et Germaine de foix, d'apres fe Cortesano de Luis fülan (exlraits). Biblioteca de la Revista catalana. Regles de bona c1·ian~a ... tre/es de
lo Terf del Crestiá del P . .11. Fr. Francesch Bximenis (seg/e XIV}, per
Joseph Balari y Jovany, Barcelone, 1889. - D. Adolfo Bonilla Y San
Martin El renacimiento y su influencia literaria en España, dans La
'
España moderna, féHier 190:J. -. 6. Courtoisie. Temps modernc. Notes. - Conversalion de l'air galant, Amsterdam, 1685. - Conversation de la polilesse, ,\msterdam, 1685. -Discours.sur la úienséance.
-Des baise-mains. - De Ciuilibus priscae Reverenliae ,J· Urbanilalis
Officiis in vita comm.uni, Amstcrdam, vol. I, 1731. - De la cérémonie.
Hené Bary, f,'Bsprit de cour, 1662. - Le Trésor des Pieces rares ou
inédiles. Les lois de la gatanter:e (16r,',}, Paris, 1855. - Edmond
Bonnaffé, Etudes sur la renais.,;ance. Les livres de cfoililé (Revue des
deux mondes, 1•• juin 18J3). - Émile Gebhart, Un avenlurier fran&lt;;ais
en ltalie au dernier siecle. Le chevalier Gondarl '( Journal des Débats,
18 juin 1895). - Leltre d'Émile Legrand. - 7. Altdeutsche Tischzuchten. Abhandlung ... von D' p.h. Moritz Geyer, Altenburg, 188,.
f45. Baltasar Gracian (quatrc cahiers). 1. Noms propres dans les

.

ceuvres de B. Gracián. -

(neuf carnets) :

1.

2.

ldées chez B. Gracián. -

3. B. Gracián

Bibliographic, avec des lettres de D. .\Hredo ,\Jvarez,

deux carles de ,1. Arturo Farinelli, une Iettre de R. J. Cuervo, une
lctlre de D. Américo Castro; - ,. Jleroe 1; - 3. Heroe ll, Discreto.
- 4, Agudeza. Crilicon:-5. Oraculo, lleroe, Discreto, Fernando. 6. lndex des fiches; - 7, Schopenhauer; - 8. ldées; - 9. Trajano
Boccalini. -4. Notes sur les divers ouvrages de Gracián etde Frant;0is
Filhol. - Ouvrages de Gracián et d'autres auteurs, traduits ou cités
par Amelot dans L'homme de co~r. - Delli de Giovanni Botero.
Rapprochements avec des ouvrages de Gracián autres que El Hefoe.
- Discreto. Variantes et correclions. - Notes pour le Heroe. - Vicerois d'Aragon. - Extraits des ouvrages de Gracián. - Crítica de
rejlexion ... escrita por el dolor Sancho Terzon .y .lfuela ... Valencia,

1658. Extrails. Lettre de A. Rodriguez Villa.-Épreuves de l'article
intituló : liste chronologique des letlres de Balthasar Gracidn dont
l'existence a été signalée ou donl le lexte ir été publié dans le Bulle/in
hispanique, t. XII,. p. &gt;o4-,o6. - Lettres autograpbes de Gracián,
d'apres le ms. de Já Bibliotheque Nationale de Madrid, V, q1. Copie.
- Ballhasa,· Gracian, and the chains of Hercules, dan, le Modern
Language Notes, janvier 1905. - Extraits des ,\faximes de P. de Courbeville. - Gracián, Oraculo, avec les traductions de litres des chapitres d'Amelot, Schopenhauer et Jacobs. - Cours du College de France,
1909-1910, sur les mora/is/es espagn.ols du xVIr siecle el en particulier
sur B. Gracián el la Liste chronologique, etc. (exemplaire annoté). Une description inédite de la demeure de Don Vicente Juan de La•tanosa, publiée par A. Coster, dans la Revue hispanique, t. XXVI
(dédicace). - 1 trallatisli italiani del « conceltismo » e Baltasar Gracian ... da! socio residente Benedetto C,oce (Memoria /ella ali' Academia pontana, Napoli, 1899). -V. Bouillier, Notes sur l'Oráculo manual
de Balthasar Gracidn, dan, le Bulle/in hispanique, t. XIII, p. 316-336.
-A. Coster, An/iquaires d'autrefois (extrait de la Re1Jue des Pyrénées,
1911). - Baltasat.' Gracián, El Héroe ... reimpresión de la edición
de 1639 . .. por Adolphe Cosler, Chartres, 191 1 (dédicace). - Catdloga
de la Librería de José A liaza ... Zaragoza, ÍÓVl'ier 190,. - Die Devisen
und Jfotlo des spüleren .lfitlelallers, von J. V. Uadowitz, Stuttgarl und
Tiibingen, 1850. - D. Ricardo del Arco, D. 1 incencio Juan de Laslanosa, dans le BQlelill de la Academia de la Jlistoria, avril, mai et juin
,910. - Obras de Gracián, dans la Biblwteca de autores españoles. Lcttre d'Antonio Rodríguez ,Villa. - Onze lettres de M. Adolphe
Coster. -Dcux lettres de M. Rodol¡,he Reuss. - Lettre de M. Auvray.
- Lettre de D. Américo Castro.- Lettre de lf. Émile Longin.-Lettre
de M. Ludwig Rosenthal. - Quatre lettres de ~l. Victor Bouillier. Lettre de M. D. S. Blondheim. - Lettre de la Mere Marie de Saint
Paul. - Trnis lettres de D.M. Gómez Gonzalez. - Lettre de D. Gre
gorio Garcia-Arista y Rivera aD. }l. Gómez Gonzalcz. - Deux lettres
de ~l. E. Seilliere. • Lettre de D. Alfredo Alvarez, avec des leltres de

�BULLE'fl~ HISP.l~IQUE

Gracián. - Lcttre de Émile Castelot, avec une note sur les juros
et les censos.
t46. Lazarille de Tormes (cleux cabiers). 1. Notes pour le Lazarillo
(i" et 2 • parlies).- Lexique de mols importanls. - Syntaxe. -Proj_et
d'un.commentaire. - D. Diego Hurtado de Mendoza. - Les fatts
merveil/eux. ensemble la vie du gentil Lazare de Tormes ... Lyoni 1560,
avec une épreuve de Ja PremiAre traduction fran9aise du Lazarille de
Tormes (1660), par M. Louis Loviol, dans la Revue des livres anciens,
t. II, fase. 11. Trois lellres de M. Louis Loviot. - Les classiques fran9ais du Moyen-Age . Le gar9on el l'aveugle, jeu du XIIJ" siecle, édilé par
Mario Roques, Paris, 191.2. - Lazarille de Tormes, par Louis Viardot,
dans La Revue indépendanle, 181,2. - Le poete lean Regnier, bailli
d'Auxerre (1399-1Í169), par Ernest Pelit, Auxerre, 190/1, - Juan de
Luna van Éduard Boehmer, daos la Zeilschrijl fü1· Vergleichende
J,illeralurgeschichte, t. XV, cahier 6, Berlín, 190/i (dédicace). - La
vida de Lazarillo de Tormes. Prospeclus de I' édition gothique publiée
a Barcelone en 1906. - Eugenio Melc, Una traduzione inédita del
« Lazarillo de Tormes" (dédicace). - J. D.M. Ford, Possibleforeign
sources of the spanish novel of roguery, Boston, 1913 (dédicacc). ,. Notes pour le Lazarille (1'" et 2• parties). - Syntaxe. - Descriplion
des plus anciennes éditions. - Bibliographie.- Extraits du Crolalon.
- Le casligado. - Luna. - Danse des morts. - llonra et pundonor . - Carie de M. H. Omont. - Deux letlres de _Paul ~ieyer. Lettre de A. Beljame. - Lettre du D' G. Laubmann. - Deux lettres
du D' Alfred Goldlin van Tieíenau. -Leltrede M. Henri Slein. - Deux
lettres de D. Marcelino Menéndez y Pelayo.
t47. Mateo Aleman (trois cahiers). 1. Bibliographie de ses amvres
en trois cahiers. - Lexique des mots importants . - Épreuves du
compte rendu inséré dans le Bulletin hispanique, t. X V, p. 482, sur
la Primera parle de G11zman de A ljarache, de Julio Cejador. - Notes

pour ce compterendu. -Compte rendo de Julio Cejador par M"• Atice
H. Bushee, dans la Romanic Review, t. IV, n· 3 (dédicace). .2 et 3. Passages des deux Guzman 1 celui d'Aleman et oelui de ~Jateo
Luxan de Sayaved ra.
1.48. Chronique de Sancho Cota. Copie de celte cbronique, d'apres

le ms. espagnol 355 de la Bibliotheque Nationale, par II. Léonardon.
- Autre copie parlielle. - Notes pour cette cl1ronique.
t49. Cronica de D. Francés de Zuñiga (deux cahiers). 1. Préparation al'ar:ticle intitulé : La &lt; Chronique scanclaleuse » d'un.. bou.ffon
du temps de Charles-Quinl, dans le Bulle/in hispanique, t. XI,
p. 370-396. - Notes a la Chronique. - Copie partielle du ms. 1905
de la Bibliotheque Ma,arine et notes sur les mss. de la Chronique . Ueber des Grajen Dón Frances von Viamonle handschrijlliche Chronilt
von Spanien von 1516 bis 1528 van W, Frhrn v. Tettau, dans les

CATALOGUE DES M.AXUSCRITS DE 3-l. l\IO~EL-PAT!O

Jahrbiicher der [(. Airad. gemeinen Wiss. zu Erfurl, 1890. Traduction
allemande. - Cronica de Don Francesilla de Zuñiga, dans la Biblioteca
de aulor,s españoles, t. XXXVII (A . de Castro) . -El Bufón de Carlos V,
D. Francesilla de Zuñiga. Carlas inéditas 1 por Juan Menéndez Pida),
Madrid, 1909 (dédicace). - Genealogía de Don Francés de Zuñiga
y Conlreras, bufan del Emperador Carlos V, por D. Vicente Paredes
y Guillen. Original. -Carie de D. Vicente Paredes y Guillen. -Lettre
de M. Pierre Paris. - Letlre de D. Juan Menénclez Pida l. - Lettre de
Rohert Michel. - Lettre de M. le Direcleur de la K. llof-und Staats

bibliothek de Munich. -

Lellre et une carle du P. José María
a la machine a écrire de la Crónica,
d'apres le ms. !Iisp., 7 de Munich (du a M. H. Léo¡1ardon). --:- Analyse
parlielle en franyais de la Crónica.
150. Charles-Quint (six cahiers). 1. Rela9ion de lo que ha pasado en
la cormmicafion de la paz. - Copia de la tregua que se ha sentado
en Nira, d'apres le ms. Nouv. acq. fr. 5o51i, de la Bibliotheque
de Elizondo . -

:i.

Nationale de Paris. -

Copie

Copie des Archives Nalionales, K 1693, 1483,

11,84, 164,; des Affaires Élrangeres, Espagnol , 17 et »3; de la Bibliotheque Nationalo de Paris, Espagnol 17,; de Dupuy /195; du fonds
franQais 3087, 3006; de M. Noel Charavay. - Lettrc de Guillaume
Vaodenesse a Guillaume des Barres. Original acquis a M. Noel Charavay. - :Notes. - Romanzefecho quando el Emperador Cario Quinto
entro en Francia 1 por la parte de, Flandes, con grand exercito M. D.
XLV años. Copie de Léopold Delisle. -- Trois leltres de CharlesQuinta D. Diego Hurtado de ~Iendoza Metafus cerya de Argel, 2 nov.
1541; Bugia, g nov. 1541; Cartagena, 4 déc. 1541. Copie, d'apres
le ms. A. 1,8 de la Colección Salazar de l'Académie de l'Histoire
3. Madrid, faite par l\l. Lucien Romieri avec une lettre. - Documenls
concernant Charles-Quint de la Celección de documentos ineditos,
t. 11 et lll.
,. Comptes rendus de mon Hisloriographie de Charles-Quint. H. Lonchay, dans les Archives be/ges, ,5 mai 1913 et lettre du méme. G. Cirol et René Costes dans le Bullelin hispanique, t. ~V, p. 350-36,.
- Ed. Barlhelemy, dans le Mercare de France, 1"' juin 1913. - D. R.
Bailes ter, dans la Vanguardia, 18 février 1913 - Lettre de 1\1. G. Cirot.
- Deuxleltres de M. R. B. Merriman. - Deux Iettres et une carte de
M. II. Pirenne. - Lettre de D. F. de Laiglesia. - Lettre d'Eduardo
de Hinojosa. - Lettre de M. Ernesl Mérimée. - Leltre de M. Arturo
Fatinelli. - Lettre de M. Ed. Fueler. - Leltre de M . Georges Gazier.
- Quatre leltres de M. René Costes, avec des exlraits d'une traduction
frarniaise des Epislres dorées de A. de Guevara. - Letlre ~e M. Léon
Dorez. - Leltre de M. A. Chuquel. - Lettre de M. Émile Pico!. Lellre de ~J. M. G. Constan!. - Lettre de Uiguel Mai a CharlesQuint sur l'évCque Paulo Jovio. Copie (Simancas, secretaria de estado,
1

�n6

BULLETfü HlSPANIQUE

legajo 1553, fol. 365). - Coilection Favre a Geneve, vol. l. Copies sur
Charles-Quint, 3 cahiers. - Enfqns de France en Espagne. Copies
d'apres le ms. Espagne &gt;18 des All'aires Étrangeres et les "Archives
Nationales a París, K 1483 (ces derniers ae H. Léonardorr). - Documentos relativos á los Delfines, hijos de Francisco I, dans la Colección
de documentos inéditos; t. ll.
3. Fiches sur Charles-Quint et sur les personnages de son temps.
4, Charles-Qujnt en France, 1539-40. - Lettres de rémission accordées par l'empereur Charles-Quin/ lors de son passage a Orléans
(,o décembre 1539), publiées par Jacques Soyer, dans le Bu/letin historique et philologique, 1908, Paris, 1909. - Lettre de M. Jacques
Soyer . .-.Not~s d'apre.s les ms . fran9ais3o86 et Dupuy 85, 3,5 et 591
de la Bibhotheque Na!Ionale de Paris.
5. Fray Prudencío de Sandoval. - Biographie et biblioaraphie. _
11
Copie de M • Paule Blanchard-Demouge du ch. XXXIV de Fr. Gregorio de Argaiz et de D. Gregorio Fernánde~ Perez, Historia de la
Iglesia y obispos de Pamplona, t. Ill, libr. XI, p. 65. - Notes sur
Sandoval el ses sources. - Lettre et carie de M. René Costos. - Lettre
de D. F. de Laiglesia aD. Julian Paz. - Lettre de D. Julian Paz, avec
des documents extraits des Archives de Sirnancas.
6. Historiographie espagnole, ilalienne et beige de Charles-Quint.
- Histoires Fécentes de Charles-Quint. - Chronistes. Trois lettres de
D. Jtrlian Paz, avec des documents touchant les chronisles tirés des
Archives de Simancas. Notes sur les chronistes. - Juan) Jinés de
Sepúlveda. , cahiers. Trois lettres de M. Léon Dorez. Deux notes de
M. G. Cirot concernanl Sepúlveda. Notes sur J'hístoire de Sepúlveda .
Documents sur la vie de Sepúlveda. - Cronistas aragonais. - D. Luis
Zapata. - D. Lorenzo de Padilla. - Lorenzo .Galindez de Carvajal. _
Florian de Ocampo. - Alonso de Santa Cruz. - Francisco Lopez de
Gomara . Compte reodu daos la Revue historiqÚe, de mars-avril 19 1 3,
des Anals of the emperor Charles V par Roger Bigelow Merriman,
Deux lettres de M. R. B. Merriman. ;'fotes sur l'hisloire de Gómara. Juan Paez de Castro. Notes de M. G. Cirot sur ses travaux conservés
dans les ms . de l'Escurial. - « La forma en que el oo, Paez trataba de •
escrebir su historia"· Copie du ms. 5938 de la Bibliotheque Nacional
de Madrid. - Barnabé Busto. Notes prises par 'l. G. Cirot sur Busto.
Deux lettrcs du P. Miguelez. Notes sur Busto. - D. Luis de Avila et
D. Pedro de Saiazar. Extrails pris par René Costes des Comentarios de
D. Lu_is de ~vil~, d'~pres les ms. de J'Escorial. Lettre du P. Miguelez.
Extra1ls pris d apres le ms. Espagnol 188 des Comentarios de la
Bibliolheque Nalionale de Paris. Notes sur Avila et Salazar. -Alfonso
de ~llo~ (de~x _cah'.ers). 1. Bibliographie.- ,. Manuscrit; et epreuves
de I arltcle ml1lule: Alfonso de U/loa et le comle Pierre-Ernest de
Mansfelt, dans le Bulletin hispanique, l XV, p. 445-450. Lettre de ~l. Lu-

CA.TALOGUE DES MA:'iUSCRlT!¡ DE

,r.

~1011.EL-FATIO

cien Romier. - Leltre· de M. Rodolpbe Reuss. - Notes d'Alphonse
de Ulloa pour les pasliches de l'Epjstola,·io de Guevara. - Pietro Marlire. - Paul iove (deux cahiers). - Girolamo Ruscelli. - Ludovico
Dolce. - Francesco Sansovino. - Frarn;.ois J•r. - Guillaume Snouckaerl. Lellre de M. Pirenne. - Guillaume van Male-:'licolas Mamera
nus. - J. M. de Garamendi, La batalla de Mülbherg (1547), dans la
Revista de archivos, bibliotecas y museos, nov.-déc. 1911. - Documents sur J'expédilion de Charles-Quin! a Alger (151&lt;1), dans la Colección de documentos inéditos para la historia de Espaíia, l. l, p. ~129 -l[fc ·
Copie. - Conde de la Viñaza, Los Cronistas de Aragón_ (discours
a J'Académie de l'Ilistoire de Madrid, 13 mars 1904), ~lad_nd, 1904.D. Juan Menéndez Pida), D. Luis Zapata (discours a J'Académie de
l'llisloire de :\Iadrid), Madrid, 1g 15. - Documents sur Cbarles-Quinl,
lirés des Archives Nalionales de Paris, K 1689. Exlraits. - CharlesQuinl. Bibliographie. - Notes de M. Lucien Romier sur Sleidan.
~ates de René Slurel. - Obra nuevamente compuesta sobre el gran
naufragio que (L la armada del invictissimo y calolico 1elior, el Emperador, Rey y seño,- nuestro le succedió en la conquista d_e Argel en ~l
més de setiemb,·e del año MDXXXXJ. Copie de D. Jose M. Oclav10.
de Toledo. - Compte rendu, daos la Revue Historique, t. XXXVII,
p. /1o5, de llermann Baumgarlen, Geschichte Karls V. - A. M. de
Barci~, Pompa fúnebre del empuador Carlos V (Rev,sta de archmos).
- Antonio Paz y \lélia, El libro de horas de Carlos V (ib1d.). - Portrails de Charles-Quint. - Padillas y .4cuñas en la comunidad de
Toledo (ibid.), etc.
i5f. Don Carlos. Etude biographique en lrois cahiers. - SaintRéal. - Exlrails de Strada. - Exlraits de L~is de Mayerne-TurqueL
- D. Cayelaoo Manrique, El príncipe Don Carlos conforme á los_
documentos·de Simancas, \ladrid, 186¡. - Ezio Levi, La leggenda dt
Don Carlos ne/ teatl'o spagnolo del seicento. dans la Revista de Italia,
juin 1g13 (dédicace). - Comple rendu, dans la Deutsche Literaturzeitung nº 3o, de 1914, de Ezio Levi, Storia poelic~a di Don Carlos,
Pa, ia, 1914. - Deux letlres de M. Ezio Levi. - Leltre de ~l. Henry
Marlia.
!52. Henry d'Arbois de Jubainville. Biographie. Renseignements
pris dans une histoire des d'Arbois de Jubainville1 r~di~ée par ~e
pere d'Henry. -Treize leltres de P.. d'Arbois de Jubamv1lle. Tro1s
Jeltrcs de L. d'Arbois de Jubainville. Carie de ,f. G. d'Arbois de
Jubainville. Deux: Iettres et une carte de· la vicomtesse de Jotemps.
Une carie de )!. el de }l•• F. de la Foil ye de Joux. Lettre de M•• Héli:ne
Samuel Berger. Letlre de Michel Bréal. Carie de M. Ferdinand Lot.
Lettre de M. A. Meillet. Garle de M. J. Vendryes. Tro1s letlres de
M. JI. Gaidoz. Leltre de M•• Cavaignac. '.'fote sur H. c!'Al'bois de
Jubainville par
Prou. Letlrede M. G. Perrol. Trois lettres de M. Bou0

,1.

•

�BULLET~N HISPA:SlQUE

CATALOGUE DES ,u:-.usCRITS DE ,1. ,10REL-FATIO

tillier du Retail. Lettre du D• Alfred Holder. Compte rendu de la
séance de !' Académie des Inscriptions, ou a· été Ju l'éloge sur Henry
d'Arbois de Jubainville. Lettre de Ia"Mere l\larie Réginald M. P. d'Arbois de Jubainville. Lellre du D' Alfred Holder aux membres de la
famille d'Henry. Leltre du professeur E. Windisch aux memes. Dt'.•peche du professeur H. Schuchardl aux memes. Copies. l\otice nécrologique sur M. [Charles] d'Arbois de Jubainville par M. Louis Lallement,
avocat la Co~r d'Appel de Nancy, s. d. - Discours prononcé sur la
tombe de M. Charles-Joseph d'Arúois de Juúainville, ancien bdtonnie,: de
l'ordre des avocats par 11. Depéronne, balonnier de l'ordre des arncats,
Nancy, 1875.
Travaux. Lettre de M. Salomon Reinach. - Lettres de Henry d' Arbois de Jubainville G. Paris et P. ~foyer.
Nécrologie. F. Lol, Revue historique, t. CIY (1910), p. :¡~8-233. Leite de Vasconcellos, Academia R. das Sciencias de Lisboa, abril 1910.
- J. Vendryes, Société d~ linguistique. G. Dottin, Revue des Iktudes
anciennes, avril-juin 1910. Salomon Reinacl1, Revue archéologique.
f:mile Chénon, Bulle/in de la Sociélé nationale des Antiquaires, 1912.
P. d'Arbois de Jubainville, Bihliographie des reuvres de I/enry d'Arúois de Juúainville dans la Revue Cellir¡ue, París, 19n. Guslav Fock,
Romanische Philologie und Lilleratur, Leipzig, s. d., J. Loth, Bibliographie des travaux de M. II. d'Arbois de Jubainvi/lP, Rennes,
avril 19co. M. Ernaull, Notice. J. Lolh, Les Études celliques, leur élat
présent, lezir avenir, extrait de la Revue internationale de l'Enseignement, París, , 911. Ferdinand Lot, Revue hislorique, t. CIV ( 1910),
p. 228-~33. Copie.
.
i53. El libro de Alexandre ( deux cahiers). 1. Texle de la Biblioteca de autores españolas, t. LVII, confrc¡nté avcc le ms. de Madrid
par M. H. ~forf et M. Saroihandy. - Comparaison des strophes du
ms. de Paris el du ms . . &lt;le Mádrid. - Variantes prises dans le ms. de
,\ladrid. - Fac-similé du dit manuscrit. - Note sur le ros. de Paris.
- Passage de l'Alexandre ulilisé par Gulierre Diaz de Gamez, d'apres
El Viclorial de l'Académie d'Histoire de ,tadrid. Copie du comte de
Puymaigre. Deux letlres de D. Antonio Rodríguez Villa avec le passage du ms. Collation de ce ms. par JI. Améaée Pages. - Fragment
de l'Alexandre de la Bibliotheque Jledinaccli. - Deux leltres de
M. A. Paz y Melia. - G. Baist; Eine neue Handschrijt des spanischen
Alexandre, dans les Romrmische Forschungen, t. VI, p. 292. - Carte
de M. Karl Vollrnoller.- Carte de )1. 11 . .\Iorf. - Lettre de D. Ramón
Menéndez Pida!. 2. Six fac-similé du ms. de )Iaé:lrid.
f54. Dª Maria Pacheco. ll:loge de D. Hurtado de .\lendoza par
Paul Manuce, d'apres le M. Tullii Ciceronis De Philosophica Prima
Pars (Bibl. Nat. R 9387). - A. Rodríguez Villa, La viuda de Juan de
Padilla. Relación histórica del siglo XVI, dans la Revista Europea,

a l'article intitulé: Doña .liaría
Pacheco, dans le Bulletin /zispanique, t. Y, p. 301-304:
i55. Dª Mariña de Aragon. Notes pour servir au mémoire intitulé: Doíia Jfarina de Aragon, dans l~s Étades sur l'Espagne, t. III,
p. 75-105, Paris, 1904. - Dem: letlres de D. José Ramón ,\lélida. Lettre de R. J. Cuerrn. - Carie de D. J. E. Serrano y Morales. Deux lellres de E. Castelot. - Leltre de 11. . Jos Yanden Branden.
- Lettre de D. F. Fernández de Béthencourt.
• i56. Dª Maria de Mendoza, femme de Francisco de los Cobos.
i\'otes pour servir a l'histoire de celle dame. - .llemoria de las joyas
que lleva mossen Juan perez á Valen9ia de mi
doña Maria de ,llendoza (Archives Nationales de París, K 1694, nº 16).
157. Poemes de Cock. Copie des Pocmes de Cock qui se trouvent
dans le ros. ,1-20 de la Bibliothcque Nationale de 11adrid, exéculés
par Antonio Rodríguez Villa. - Lisie des fonctionnaires de la cour
de Philippe 11, 1588. Ces listes ,icnnent d'un carnet de D. García de
Loaysa, chapelain et granel- aumonier du roi Philippe U. Copie
d'Antonio Rodriguez Yilla.
i 58. Gallophobie des Espagnols. Spanien Land Leule in den lelzten
Jahrhunderten vo1· Chris_lus von D' Hans Fertig, Bamberg, 1901-1902.
~ UIJsse Hobert, Étal des monasteres espagnols de l'Ordre de Cluny
au .1111•·,n-' siecle, 1ta¡ires les actes des visites el des chapitres générau.r, dans le Boletin de la R. Academia de la Historia, t. XX, 189:¡.
- Marce! Robín, Bemard de la Sauvetal, abbé de Sahagun, archevéque de Tolede(i,. 10'10-11211) el la réforme clllnisienne en· Espagne
au II• et au .w' siecle, dans École /\"alionale des Charles, Posilions de
theses, )l,lcon, 190,. -Joseph Calmette, La France el l'Espagne a la
fin du .u-• sii\cle. Revue des Pyrénées, Toulouse, 1904. - D. Tom.'.ts
)luííoz y Romero, Refutacion del op1ísculo Fueros francos, Les Communes Jranraíses en Espagne el en Portugal pendant la (sic) mayen
&lt;ige, ~ladrid, 1867. - V. n. Friedel, l?tades compostellanes. l. L'époque el le milieu 011 fut composé le Codex Calixtinus. Extrait des &lt;&lt; Olia
Merseiana n, Liverpool, 1899 (dédicace). Carte de U. V. H. Friedel. Ernest )lérimée, Note sur les archives municipales de Burgos et les
travaax historiqaes de M. Anselmo Salud. tpreuves. - Les chansons
des pelerim de Saint-Jacqaes ... par l'abbé Camille Daux, -;\lontauban,
1899. - ,ote sur le pelerinage des Franc;ais
Compostelle. D. Jaime Balmes. i\'otes bibliographiques. Bióliografia cronológica df
Balmes ordenada per Antoni Palau, Barcelona, juin 1915. Carte du
P. José 11" de ElizondÓ. - Anlipatia de Francesi e Spagnuoli... del
dollor D. Garlo Garsia, tradotta di Spagnuolo in italiano da Clodio
Vilopoggio, Yenelia, 1660.
159. Document de Charles VII, ~oi de France, confirmant certains priviléges accordés par Charlemagne aux habitants de la

n8

a

a

a

a

u janvier 1879. - ~otes pour servir

sm

a

�,3o

DULLETIN lTISJlÁNIQUE

CA.TA.LOGUE DES lL\:\'JJSCLHTS DE 11. )!Ol\EL·FATIO

Catalogne, Montils-les-Tours, octobre 1445. Transcription du document d'apr~s Je ms. des Archives Nationales de Paris, JJ 177, n" ,o~.
- Cartede M. A. Thomas . - Notes de M. Rcné Poupardin. - Garle
de M. Frarn¡ois Delaborde. - Deux leltres fte M.F. Valls-Taberner.
- M. FranQois Delaborde, La Vraie Chronique du religieux de SaintDenis, dans la Eibliotheque de l'École des Charles, t. LI, p. 93-r ro.

t . XII et .XIII. Notes sur cet al'liclc. - D. Francisco de Quevedo.
TrÓis cahiers .•- Cami!le Pitollet, Un épisode inédil de la carriere
scienlifique de J. B. Muñoz. Les mss. historiques de Suarez de ftfendo9a,
dans la Revue des langues romanes, t. LV, Vle sér. t. V, novembredécembre rgu. - D. Antonio Elias de Molins, Felipe IV y Galcerán
Albanell, dans kl Revista critica de historia y literatura espa,í.olas,

160, Deux ca:hiers. Bibliographie espagnole . Notes su'r certains
mots 1 personnages et coutumes espagnoles.
i6i. Fernán Caballero. Préparation au mémoirc intitulé: Femdn •
Caballero, d'apres sa correspondance avec Antoine de Latour, daos
Études sur l'Espagne, t. lll, p. &gt;79-370, Paris, 1904. - Correspon-

portuguesas é hispano~americanas, Año Y, avril et mai, 1900. - Discursos leidos anle la R. Academia de la l/isforia, en la recepción pública
del señor D. Juan Pérez de Guiman y Gallo, ,Maclrid, 1906. - F. Eys-

dance de Fernán Caballero a,•cc A. de La tour. Extraits. Cahiers r a 3.
- Famille de F. Caballero. Cahiers 5. - Notes. Cahier 7. - Acte de
bapleme de F. Caballero. Lellre au 8) ndic de La u san ne par~!. Aymar

de Crusaz. - :Xotcs sur Jaques Louis ChALry de la Fosse 1 communiquées par M. Jean Lemoine, d'aprCs les Archives du ~IinistBre de la

Guerre.
,
i62. D' Catalina de Mendoza. Préparation a l'article intitulé, Une'
mondaine conle!nplalive" au .J1 1" sif!cle, Catalina de Jlfendoza, dans le
Bullelin hispanique , t. lX, p'. 238-26&gt;. -- 'lotes se rapportanl a cet
1

-

article · fac-similés du British ~luse □m, ele. - Lettre de D. Eduardo
de Hin~josa. - Une mondaine CDnlemplatiue) etc. (e:s:emplaire annoté) .
163. D. Iñigo de Mendoz3. Nolcs pour la biographie de ce pet·son•
nage. Copies tirées des Archives ~alionales de Paria et du British
Museum. - D. Luis de Mendoza 1 marquis de Mondéjar. ~oles et
copies. - Jacques Flach. Le sieg• de Paris en 1590. Communication
.faite a L'Académie des Sciences morales etpolitiques, le 10 octobre 19/!1,
Paris, s. d. - Charles Valois, Un des chefs de la ligue a Paris.
Jacques de Cueilly .. . Paris, 1910 (clédicace). - Albert Mousset, Un
résident de France ·en Espagne au temps de la ligue (1583-1590),
Pierre de Séguson, Paris, 1908 (Mdicace). - Du rn , Les drotls de
l'infante lsabelie-Claire-Eugénie a la couronne de France, exlrail dn
Bulle/in hispanique, t. XYI, p. 46-79. Trois leltres de \l. A. Coster. -

Leltre de M. Paul \lonceaux. - Leltre de D. Antaine Rodríguez Villa,
avec une copie de sa main, de la Bibliotheque de !'Académie de l'Histoire de Madrid 1 concernanl l'enlerrement de D. ~laria de Mcndqza,

femme de D. Jñigo de }lendoza. - Leltre de D. Hamón Menéndez
Picfal, avec une copie de sa main d'un ms. de la Ilibliotheque du Hoi
aMadrid: "Memorial del Pleylo que se trata en el Consejo enlre el
Señor Almirante de Aragon y Don lñigo de Mendoc;a sobre los estados
de MondejarJ&gt;. - Leltre de D. Angél Salcedo Ruiz.
164. Littérature politique du xvn· siécle ihlienne et espagnole.
Préparalion a l'article intitulé: P. Ippolito Camillo Gµidi, Cadula del
conte d'Olivares l'anno ,1/. DC ..lXXXIII ... dans le Bulletin ilalien,

senhardt, Mitlheilungen aus der Stadtbibliolhek rn Hamburg, 18841889, 1-VI. - Lettre de M. A. Coster. - Deux lettres et une carie de
M. Arturo Farinelli. -

Deux leltres et une carie de ~f ....Paolo Negri. -

Lettre, carte et notes sur lppolito Guidi par M. Amilcare Hamazzini. - Letlre du. Directeur des Archives d'État a Modime.
i65. Historiog.raphie de Philippe II. Dichos y hechos de Felippe JI
por el licenciado Ballasar Porreño, Madrid 1 1663. lndcx des personnages. - Philippe H. Xotes en deux cahiers . Dans Je second, ·minute
d'un cours sur Philippe II. - Jnstruccion y advertencias que embio

Julio Claro al S" D.Juan de Auslria quando el Rey N'" Sº' le embio por
governador de los estados que Su .llago1 tiene en Italia. -

Inslruclion

a la gúarda mayDr de la S" Infante, d'apres les mss. des Alfaires
Étrangeres. Esp . móm. et docum. 237, IT. 185-186. - Luis de
Requesens A Philippe ll. J. de VerQos_a a Philippe 11, Deux notes
de J. de Ver,osa á (;ayas. Copies de M. Lucien Romier, d'apres les
Archives de Simancas, - Carle ele la marquise Arconati-Visconti
(Lettre de Charles IX a Philippe 11, février 1563). - Causes de l'abdication de Charlcs-Quint, d'apres Strada. - Molley. - Ulloa, sur les
campagnes du duc d' Albe aux Pays-Bas. -Chronistes de Philippe U:
Calvete de Garibay. Deux lettres de M. Louis Brandin. - Nolice
sur Luis-Prosper Gachard (1800-1885). Balletins de l'Académie de
Bruxelles. - Émile Longin, Philippe lf, l'histoire el la légende,
BesanQon, 1914 (dédicace). - Liste des lettres de Vargas a Philippe 11
et l'empereur Ferdinand ( r 562), d'apres les Archives Nalionales de
Parisi K 1710. - Vida de los privados (deux cahiers), d'aprCs le ms.
Esp. 338 de la Bibliothlx¡ue 'lationale de E'aris. Copie. - Discurso
critico que contra el gobierno del S' /ley D. Phelippe Jl. . escribió el
judiciario Yñigo Ybanez de Santa Cruz. Copie d'apres denx mss. des
Affaires ÉtrangCres de Paris, m{•m. et doc. Espagne I et :J3g. -,- Dis•
curso crítico, etc. Copie, par M. Albert Mousset, dans le ros. Egerton
3,g du British )luseum. Lettre de M. A. Mous'set. - Estilo que guardó
el Rey nuestro señor Don Phiüpe segundo en el despacho de los negozios

a

desde que comenzo a valerse del secretario Maleo T'azquez asta que

murio. Copie de M. ~lousset, d'aprcs le ms. E~erton 329. - Carta
· escrita del s'º jr. Geronymo Vallejo de la orden de S'º Domingo al rey

�•

BULLETIN TIISPANIQUE

Don Philippe 2°., . Copie de M. Moussel, d'apres le ms. Egerlon
3.9. - Philippe 11 . Testaments el v~ria. Copie. - Philipe 11. Jnstructions. Copie. - Instruclions du 3ojuillet 1596. Copie. - lnslruclions
diverseS. - Instructions, 1598. Copie. y 1\lelia. - Lellre de M. Gustav Turba. -

Cartes de D. Antonio Pat.

D· Gustav Turba, Beilriige
zur Geschichte de,· llabsburger. J. Aus den letzlen Jahren des spanischen [(onigs Philippe ll, Wien. 1899. - Mort de Philippe ll. Notes.
- Palma Cayel. - Loys de Mayerne Turquet. - Traduclion de
Philippe U des Enseignemenls de saint Louis. - II. Fram;ois Delabordc1 Le texte primitij des Enseignements de sainl Louis d son jils,
dans la Bibliolheque de l'École des Charles, t. LXXIII, p. 73 et 237. -

CÁ.TALOGUE DES MA.NUSCRITS DE i\f, MOREL-FATIO

233

Bruxelles, i " décembre 1643. Copie. - Copies de la collection Peiresc
Liste des secrélaires de Philippe IV (1621-1636). -

a Carpentras. -

Mémoire sur le gouvernement de Yalencepar Fray Miguel de Carranza

(Nouv . acq. fr. 5054, de la Bibliollleque Nationale de Paris). Copie.
- Copies tirées des rhss. de la Bibliotheqne Nalionale de Paris. Coupures de journaux.
,

l.71.. Fray Luis de Grenade. Deux exemplaires du comple rendu
(Bulle/in hispanique, t. IX, p. rn3) de Obras de Fr. Luis de Granada . ..
por.Fr. Justo Cuervo, 6 vol., 1906. - Lettre de Fr. Justo Cuervo. Francisco Pacheco, Libro de retratos . - Biographie de Fray Luis de
Granada, avec son portrait. -

a la

Bibliographie des livres de Fray Luis

Antonio de Herrera. Notes. Deux lettres d' Antonio de Herrera (Biblio-

de Granada conservés

theque Nationale de Paris, ms. frarn;aís 23.0511, fol. 116 el 125). Copie
parlielle. - Luis Cabrera de Córdola. Notes. - Philippe II. Cours du

des mots importanls dans les reuvres de Fray Luis de Granada.
l. 72. Karl Vollmoller. Dix-neuf cartes et deux lettres de bl. Karl

Coliege de France de 1913. -

Fac-simil~s du British ,\luscum: Anto-

nio de Herrera, Luis Cabrera. de Córdba, Dl Eufrasia de Guzman,
Calrnlle de Eslrella, la princesse de Ascoli.

f66. Lamothe le Vayer. Notes el bibliographie. - De la contrariété d'humeurs qui se trou.ve enlre cerlaines nalions _el singuliCremenl
entre lafranraise el l'espagnole .•. Paris, 1809 (exemplaire annoté).
l.67. D. Diego Saavedra Fajardo. Copies de lel!res et de consulle_s,
de D. Diego Saavedra Fajardo, d'aprCs lcsArchivesNationalcsdeParis,
· K 1!120. - Azorín, dans El Correo Espaifol du 12-2!¡ janvier 1915
et dans !'A BC de 9-ll janvier 1915.
:168. Medinaceli. Trois épreuves du mémoire intitulé: Les archives

et la bibliotheque des ducs de Medinaceü, dans le Journal des Savants,
1916, p. 385-395. - Notes pour ce mémoire.. -G. Daumet, Louis de
la Cerda ou d'Espagne, dans Je Bulletin hispanique, t. XV, p. 38-67.
- 11. Fran9ois Delaborde, Un arriere µetis-jils desaint Louis, Alfonse
d'Espagne, daos le Recueil des travau.x d'drudilion dédiés (1 la mdmoire
de Juli.en Havet, Paris, 1895, p. 411-42¡. - G. Daumel, Les lestamenls
d'Aljonse X le Sauant, dans la Bibliotheque de l'Éco/e des Charles,
LXVII, p. 70-99 (dédicace). - Deux carles de D. Gabriel llolina. Garle de D. Julian Paz. - Lettre de D. Antonio Paz y i\!elia.
169. Textes latins espagnols d'intéret historique. Alvar Gomez.
Copie et noles. · Paul Jove, Comunidades. Copie.
l.70. Copies de textes espagnols. Inventario del Colegio de San Bartolome de Salamanca (1433-1465), d'aprcs le ms. espagnol 524 de la
Bibliotheque Nationale de Paris . - Colléction Beltrán aux Archives
Nationales de Paris: Testament du comte•duc d'Olivares; Vicente
Marina; Inventario de los bienes temporales del D' Arias Alonlano;

Regalos de boda.

xv111'

siecle; Catalogue des documenls divers de la

Collection Bellrán, par G. Daumet. - Certificat de scrvices donné par
le duc d'Albuquerque a D. Femando de :.'Joroiía, comte de Linares,

Bibliotheque Sainte-Genevicve. -

Liste

Vollmoller. - Prospectos des Mélanges Chabaneau, en franQais el en
allemand. - Rundschreiben an den Verherliehen Vorstand der
Gesellschajt Jür Romanische Literatur. Quatre lettres. - Épreuves
du Libro de Alexandre.
l.73. Le,;on d'ouverlure faite au College de France, en 1907, Copie
qui_ a servi pour prononcer la lei;on au College.

l.74. Candidature au Collége de France (l.906). Leltre de R. J.
Cuervo, de la marquise Arcouati Yisconli (deux), Ji. Felix Naquet,
A. Chuquet, Ch. Ilémont, de Mille Gastan Paris, de M"'" Cavaignac,

M·• Paul Meye,, M. lwulet, 111. E. Mérimée, M. H.Hauvelte, }l. Meillet,
M. Levasseur. Carlesdu gónéral )Iojon, M. Henry Roujon, M. et.llf••G.
Fidiere des Prinveaux. 1 M. W. Foerster, ~I~. Arthur de Boislisle. Articles

du Temps, du Journal, de la Franlifurter Zeitung, de la Nació
catalana.
l.75. Antonio Perez. IV. Lellres d'Antonio Perez, écriles pendant
son séjour en Anglelerre et en · France. Découprires ele L'Espagne
au .xvr et au .rru~siecle, Heilbronn, 1878.-Extraclos de documentos
originales sobre Antonio Penz, por Don Manuel Landeira, Madrid,
1850 (Documentos inéditos para la historia de Espaíía, t. XV, p. 3975ir.3). - csoles sur Antonio Perez el copie de mss. de la Bibliolheque
Nationale de París.
176. Livres de la Mazarine. :'iebl"ija, Jolm Minsheu, Alonso llernandez, Amadis de Gaula, Primaleon, Diego Qrtuñez de Calahorra,
Juan de Palafox y Mcmdoza, Carranza, ele.
i77. Les faux Sébastien. Extratts des carlons K 1676 et 1677 des
Archives N"ationales de Paris.

A. MOREL-FATIO.

( A suivre.j

�BlBLIOGRAJ;&gt;flIE

BIBLIOGRAPIIIE
General Burguete, Rectificaciones hisl6ricas, de Guadalele &lt;Í

Covadonga y primer siglo de la Reconquista ele Asturias,
Madrid, Sáenz de Jubera, Iler·manos, editores, calle de Campomanes, ro; 1915, 321 pages, petitin-8°, avec 6 cartes.
Cel ouvrage se divise en deux parties : l'ei;itrée des Musulmans en
Espagne et la campagne de résurreclion. Le résumé de la premiere
partie, d'apres l'exposilion, j'allais dire le roman, du géñéral Burguele,
est celui ci. Roderic ayanl supplanté les fils de Witiza, ceux-ci voient
leurs prétentions appuyécs 'par Julicn, seigneur de Ceuta,' qui intéresse
á leur cause Mousa et les Arnhes: une premiere expédilion est envoyée
en reconnaissance avec Tarik, qui s'empare de Gibraltar, et, suivant
les indi'éations de Mousa, occupe la sierra de Rondá, position presque
inexpugnable et qui assurela sécuritó de Gibraltar. Pour faciliter son
entreprise, Julien avait par ses émissaires fomenté une révolle chez les
Yascons, au nord de l'Espagne, éloignant ainsi Roderic du point de
débarquement des Musulmans. C'est en voulant les chasser de cette
rcdou~e nalurelle que ce prince leur livra bataille sur le _cours supérieur du Guadalete pres du petit lac de Salado ou de Fuente Piedra,
el non pres du lac de Jánda, situé plus au loin au sud-ouest, reconnu
par tout le monde jusqu'ici comme le théatre du combal, au sud de
Medina Sidonia, et traversé par le H.io Barbate.
Pour arriver démontrer sa these, le général Burguete, qui n'est
pas arabisant, tourne et retourne les textes pour en arracher ce qu'ils
ne'disent pas et raisonne comme pourrait le faire un tacticien des
lemps modernes et pretant aux Arabes un plan arreté : pour un peu,
il nous ferai~ assister au conseil de guerre ou. ce plan a été établi. U ne
se rend pas compte de ce que fut l'expédition musulmane en Espagne;
d'abord simple razzia, saos autre but que le pillage : c'est ainsi que
de l'Égypte les Arabes avaient procédé dans le ~laghrib 1, et que les
razzias, dont la plus connue esl celle de'Abd Allah ben Sa'd, précéder.ent les expéditions régulicres de ;\}o 'aouyah ben Hodaidj et de 'Oqbah
ben Nafi' . . . C'était aussi l'opinion des fils de Witiza et la preuve en
est dans la conduile q?-'ils tinrent pendant la bataille, ainsi que l'a

a

1. CC. Akhbar .1/adjmoua', éd. Lafuenle y Alcanlara, :lladrid, 1867, in-8•, p. 8 du
Lexle; El Maqqari, Analectessur l'histoire et la littératuredes Arabes d'Espagne, Leiden,
1855- 186 r' l YOI. in-8·' l. 1' p. 16,.

bien élabli Dozy 1. C'cst une singuliere erreur de dire (p. 56) que
le comteJulien, suivantloules les chroniques, avait, par des émissaires,
provoqué des révoltes chez les Vascons pour tenir Roderic éloigné
pendan! le débarquem~nt d'un corps d'armée musulman destiné
soutenir les prétentions des fils de Witiza. Il est absolument invraisemblable 'q ue le seigneur de Ceuta, qui relcvail au moins nominalement de l'empire byzanlin •, put amir des relations avec les populations mal soumises du nord de l'Espagne 3. Quanl au plan de la
bataille, il est con&lt;;u d'aprcs celle supposilion donnée comme une
certitudc, qu'elle se livra sur le cours supérieur du Guadalele '1. Celte
certitude est lelle que les opérations militaires sont décrites avec
une précision d'aulant plus singuliere que les chroniques ne nous ont
· laissé qu'un récit asscz confus. Il est nai que le général Durguele
appelle comme garantie « la alta mentalidad del gran Estado major
alemán», qui en savait peut-clre encore moins que lui sur ce sujet.
Un aulre exemple de procédé de l'auteur est celui ou. apres avoir
supposé, d'une fa9on toute graluite, que les prisonn~ers faits la
bataille allerent grossir les troupes musulmanes (p. 67: Es de suponer
que el ejército ... ) il revienl sur cette idée,· non plus sous une forme
dubilalive, mais en l'alllrmanl puremenl el sirnplemenl, p. 78: Envió
candillos ... con tropas mixtas de 90Jos y berberiscos ». Le récit du
siege de ?llérida (p. ~o) nous olfre encore un exemplc de pareilles
assertions hasardées tort et travers : on lit en eífet : re Don .Jalián,
prosiguen diciendo los historiadores arúbigos, es llamad6 urgentemente por Tarik, r¡ue se impacientaba ante la resistencia de J/éri&lt;la ».
Or .Mérida ne ful pas assiégé par Tarih.; et /ous les historiens ·arabes,
l'auteur de l'Ald1bar medjmo11a, lbn 'ldza ri, En Xoua'i~i, Ibn 'uayam
ap. El ?llaqqari, lbn el Athir ne menlionncnl que Mousa ben l\'osair
comme ayant assiégé et pris la ville.

a

a

a

a

0

, . Dozy, Histoire d,,s .lfusulmans d'Espo:1ne, Leiden, 4 Y. in 8' , 1861, l. II, p. 3~.
•· Cí. les argumcn\s réunis par Dichl, l'.lfri,¡ue by=antine, Paris, 1896, in-8•,
p. 586 58í. G'csl égalcment l'opiuion d'fülnardo de Saa\'cdra, Estudio sobl'e /á invasión
de /.is ,trabes en España, ~ladrid, 1891, in-8•, p. 48-\9. Codera (Estulios críticos de
Historia arabe tspa,1ola, 1" série, Zaragoza, 1903, 1 , ol. in-12), y \'Oit (p. 88) « un
Gomera pizanlinizado ,, tandis que Juan :\tenéndez l'idal (Leyendas del último Rey
Godo, \ladrid, 1906, in-8', p. 84), en fail un princc des l3erberes Ghomara.
3. On peul s'élonncrque)l. Burguctc li'ail.pas produit,a l'appui dcsonasscrlion,
le témoignagc de Juan de )folina, lrad.ucteurdc.Ja Crú11ira de los reyes de Aragón, et
du libro: de .1/emorias de las antigurdacle., y cosas notables del monasterio de s. Joan
de la Pe,in, qui font d~ Jnlien nn comtc de Canlahria {cf. Juan '.\lcnéndcz Pida!,
Leyendas del úllirno Rey Gqdo, p. 81, note 5¡. Nolons pourlanl que l'auteur a cu Je
bon seos de rejetcr enlieremeut ta légeode ue la Cava (la filie de Jfilien), que
Fonrnel, malgré sa prudence, arnil aumi&gt;c san, difficulté (les Be,bers, 2 vol. in-4•.
Paris, 18¡5-1R81, L 1, p. Hg).
~- La r¡ueslion é-Lail régtéc depnis les recherches d'F.duardo de SaaYedra (Estudio
sobre la invasión de los trabes e/1 España, p. fió-f.9). 11 etit fallu, puisque ~l. llurguele
reprenail h •1ucslion, discul&lt;Jr lts argumcnts de "iguC'l :\lancheiío, La Batalla del
Barbate, Arcos de la rronlcra, 189a.

�IUBLIOGRAPHJB
BULLE"fl.L"í HlSPA.:'\lQUE

a

•

La seconde partie du livre ·est consacrée
l'histoire de la résurrectionde l'Espagnechrétienne et des premiers rois desAsturicsjusques
et y compris Alfonse II. C'est une des périodes les· plus obscures de
l'histoire de la Péninsule. Comme l'écrit fort juslertlen( Dozy 1 : (( Les
Musulmans se dirent qu'apr0s tout, une trentaine d'hommes (les compagnons de Pélage) n'étaient pas 3. craindrc et que ce serait peine
perdue que de s'aventurer pour eux ·dans cette dangereuse vallée o-U
tant de braves avaient déj8. trouvé une morl sans _gloire. )&gt; Bien
entendu, il n'y a pasa faire élat des di res de Conde, de Viardo\ et des
historiens franyais ou espagnols qui les ont reproduits, mais sans
aller aussi loin que le digne successeur du jésuite Masdeu, Somoza
García Sala, qui, dans son ouvrage, Gijon en la historia general de
Asturias, considere comme imaginaire le recit du cOmbat de Covadonga et n'y voit qu'une imitation de !'affaire de Roncevaux, on peut
le regarder comme sans importance au poinL de vue réel. Ce fut, si
l'on veut, l'étincelle qui donna le signal de la résurrection, mais une
simple élincelle qui faillit s'éteindre plus d'une fois : par un concours
de circonstances favorables, elle atluma l'incendie qui devait consumer
la domination musulmane en Espagne et ne s'éteindre qu~en 149:1.
Apres une longue et minutieuse description des montagnes de la
région des A.sturies, l'auteur oppos~ aux. récits des Musulmans qui ne
dissimulent cependant pas les défaites, les di res de Dulcidio et de
Sébaslien de Salamanque en avouant cependant qu'ils exagCrent un
peu (non exentos tampoco de exageracion) 2 . C'est cependanl sur ces
Chroniques 3 c¡ue s'appuie le général Burgacle 1 pour l'l)istoire de la
reconqu6te, toutefois en les.rectillant par enJroits, a l'aide des lravaux
de Dozy, á qui il rend pleine ,justice (p. ,og). Notons cependant que
l'accord d'AlfÜnse 1~, avec les Berberes méconlents des Arabes est une
simple supposition sans prCuve aucune et que l'opinion de la similitude des doctrines d'Elipand et de Félix d'Urgel (l'adoptianisme) avec
les dogmes des Berbercs non-conforroistes, ce qui aurait amené une
sorte de fusion, est absolument gratuile. L'autcur semblc avoir confondu l'islamisme et le kharcdjisrne; taus les musulmans, ó¡::thodoxes
ou hétérodoxes, peuvent etre considérés comme des adoptianístes.
1. Histoire des .Masulmans d1 Espagne, t. ll 1, p. 2 2'.
,. Le P. Tai!han avait- ccpendant fait justicc déjil des fanfaronnades rclcvécs
daos la Chroniquc d'Alfonsc 111, Vanonyme de Cordoae, chroni&lt;1ue rimée des deruiers
roif de Tol~de. Par is, 1885, in-f", p. 191. On peu t y joindre le_ ro man de .Pélageel de
sa sceur dans la chronique léonaise. Cf. Cirot, La Ghronique léonaise, Bordeaux, 1920 1
in-B•, p. 30"'31 et parliculikrcment la noto ir-onlque, ibid., p. 3o S ,, note 4. De mCmc
l'ouvrage d'A.cacio Pcrez Pral, Couadon9a (Madrid, 1890, iu-8°): ce n'esL, a part u11c
description pittorcsque des Jieux 1 qu'une sórie de légendes sans fontlemen t hislo•
rique. C'esl e11core le résumú de Dozy, J{istoire des Jl[u.sul1nans d'Bspagne, t. Iil,

p. 22-23, qui est le plus exacl.
3. Cf. sur leur valeur et surtoul Jeur inspiration et lcurs tendanccs, Dozy, Recherches sur l'histoire et la litl.érature de l'Espagne pendant le Jfoyen-A.ge,.Leiden, 2 vol. in·S•,
L. l, p. ,4-20.

.

Au reste, ce ne fut qu'en 4o

u'eu .
.
237
rection des kharedjites 7 t ·(
t heu en Afr1que la grande insurnekkarites ou abadhites' e ~ est peu,Rrobable que Jeurs doctrines
PEspagne au temps d'A' l~e us'slent deJa répandues dans le nord d;
.
'
1onse 1~ q e 1
h
.
regner de 739 a 75- et lbn KI Id' u
es e romques latines .font
t
¡
rn oun de 75, a 759 E t
au eurs, arabes ou chréticns . d'
.
n out cas, les
Vierges, ol.1 l'auteur voit , nten L~ent nen . Pour le tl'ibut des Cent
. ,
une entalive de ra
b
e cments maraaatos et b b'
. .
pproc ements avec les
1 .
~
er eres, lCL encare rhypothe
.\
gratu1te et aussi peu adro' 'bl
seest enllerement
mylhe solaire: les nual'J'es o1~sl~s e que c~lle_ de Braga, qui y voit un
d'un theme légendair; b.
apsaras rnd1ennes'; c'est l'application
ien connu au Masen A
td
pl us ancien est celui du tr'b t d .
. ge e ont le type le
par les Athéniens au :Mino,tau e Jeunes'gens et de jeunes filles payé
ure.
Dans son résumé du re n d'Al
a m'étendre ici l'auteur a lag .e .,ron~e ll, sur lequel je n'ai pas
bilitaot (p. 28G). Décidé1
tsL~lgultere idée de citer Conde en le réha.
nen , 1 est des morts qu'il f t ,
n est pas seulement Dozy ui a exé
.
.
au qu on tue. Ce
falsifications: c'est a ss·qc d
cu;e .n~agLstralement Conde et ses
, .
u I o era y Za1drn , ll
• ,
a d1sc11Ler la Lhéorie qui fa'L d M .
·
Y aura1t egalement
L'aulcur dit bien qu'il n'a .·' . es ~ ª.1agatos un peuple parliculier.
. •
11enrnvente(p 3o,) M • 1
..
1 s y prend non pas
• .
. . .
. a1s a marnere dont
1
'
memc poursolhc1terun text
•
ce qu'il ne contient pas et .
. I' d
e, ma1s pour en Lirer
inspirer de la confiance. co:~l))~rl ad-. es_sus ses hypolhCscs, ne peut
•
.
'
t e Je e isa1s en commen('!lnl 11
, .
( 3
Y"'
•
en ,a1t
l avcu mvolontáire quand il s''I'
live qui ne s'appuie que sur
p. o4) ~onlre « la critique néga~
beaucoup que de déblai·er le'
?cuhn~entaL,on adéquale. » C'est déji,
.
Lenatn istorique de to l l
qut ont pu s'y entasser· mais
t. .
. .
u es es erreurs
a les remplacer par les 'rantaisi:: et;v:1I serait mut,~le s'il a~outissaiL
par une idée préconQue: ¡¡ suffiL d:li~1y~olheses_d un espnL dominé
}?our s'en conv8.incre.
e es dermeres pages du livre

u::~e

On peutenoutre reprocher al'auteur
.
.
sans savoir l'arabe ce qui 't ·t
d' nonpasd avo1rabordésonsujel
.
.
'
e a1 cepen ant d'une exlrém .
ma1s, malgré cette ignorance de s'Ct 1 , d
.
e importance,
qui suffiraient a elles seules p,our d, r~ ~nce ans des interprétalions
eprec1er sa these Je n
. 1
.
·
e
pu1s
re ever
lGoutes les erreurs : il me suffira d' en d,es,gner
quelq
uadalete ne peut signifier río tercero il
.
ues-unes. P. ;i1,
nrabe vulgaire talit; la note I de la ~(Te aura1t f~llu thalith, ou en
l'auteur confond le nombr
d ' 1 p o _l3 est egalement fautivc:
J'explication de guad'l e or ma _avec le nombre cardinal.- P. :;i4
i uca par {t no de la conllu
.
,
,
admissible; on aurait dit tviidf lliqii '(avec l'article)
Lenc1al
n. n est pa5:
~
•
es
ex1cographes
1
1 · T· Braga, O pouo portugue" · L. bo
2. Decadencia y desopa.rición
l~~ Aal, 1886,:_; "ºl. in-12, t. 11, p. 445·446.
8
12
x
Cf
•
"
niorau~es en España: Zara'"'
,~:i 1,.
• aussi Jacqueton Lf::S A h.
•
,:,oza, 1 99. inP
l' ,l.lr,érie, Alger 189~ in-8'
'8
re ives espagnoles du Gouv~rnement général d;
•
1
,p.9-109.

de

·

Bull. hupan.

�BlJLLETil.'f 1:USPANIQlJB

.áIBÍ.IOGRA.PHiE

arabes ne donnént pas moins de qualorze formes de m.asdar él la pl'OmiCre forme de la VIQt J'ai choisi 1a plus usitée, mais ces quatorze
formes ne désignenl pas le confluenl de deux rivihes: il aurait fallu
cmployer le participe passif de la vu1 6 forme et dire wddí lmolqayá.
El aussi que signifierait le fleuve du confluenl? - Dans la note !l de
la page 23 , nous trouvons « beca en arabe signifie vaca; y Becca, hizo
llorar,,. Baca ne signifie pas vache; c'est baqarah (avec un qa})1
tandis que balw, pleurer (1· forme bakka, faire pleurer) s'écl'it avec
un ka/: les deu:x. racines o'onl r.ion do ·commun. - P. 165, l'auleur
supposeque Ali bab signifie &lt;&lt; porte d"Ali 1) , ce qui est contraire a la
syntaxe ara be : on aurait dit Bab Ali. - P. 007. Avant de dire que les
livres d'lbn Hayan sont perdus en majorité, le général Burguete
aurait pu consulter Brockelmann, Geschichle de,· arabischen Lilleralur 1, t. I, p. 338, ou au moins Codera y Zaidin, Misión histórica en
la Argelia y Tunez2, ou encore Paul Boigues, Ensayo bio-lJibliográjico
,obre los historiadores y geógrafos arábigo-cspaño/,s 3, p. 15,-154.
11 y a a douler de la prélendue origine bel'bere attribuée a des noms
comme Arcenorio , Arcobio 1 Argolibia, Coriscao (p. 2:13) et la liste
donnée p. 14:1:. Je puis affirmer qu 'aucun de ces noms ne se rapporle
une racine berbhe connue. - P. :145. L'étym.ologie de Mouregalo
par mourogato, homme-chat (qalt en arabe du Maghrib signifie chal
et non rasé) est au moins bizarre. - P. 089. lbn ldzari (lbn Adhari )
ne compasa pas une « histol'ia de los Omeyas &gt;) ; son histoire de
l'Afriqueet de l'Espagne, intitulée At Bayan al Moghrib·, !'étend jusque
bien apres la chute des Omayades.
l\ENÉ BASSET.

bout du doigt les théories qui ont cours sur l'archéologie monumenlale et sait les appliquer judicieusemen·t Quand j'aurai ajouté que
l'illustration , souvent ingénieuse, est largement comprise., on se rendra
comple de la valeur du Iivre. M. M:\le, en le présenlant a l'Académie
des Inscriptions, a porté témoignage que l'ouvrage de M. Puig est
l&lt; un des plus intéressants qui aient été consacrés dans ces dernieres
années a l'art du mayen 5ge ».
Dans les pages oll il recherche les origines de l'arcbitecture calalane du x:ue siCcle, l'auleur fait une large part aux influences du Midi
de la France. Pour un Frarn;ais qui est un vieil ami de la Catalognr,
c'est toujours unejoie nouvelle de noler ces affinités Jointaines et profoudes qui unissent intimement les civilisations et les Ames memes
des deux pays.
J.-A. B.

a

a

L'Arquitectura románica á Catalunya, vol. 111. Seg/es

XII

y

XIII,

par J. Puig y Cadalalch, A. de Falguera y Sivilla et J. Goday
y Casals.
Le Bulletin hispanique ne . peut pas laisser passer, sans la saluer
d'un mot de sympathie, l'apparition d'un travail aussi important que
celui de M. Puig et de ses collaborateurs. Avec ce t. III, en deux volumes, l'ouvrage compte ::1.100 pagés et 2.240 figures l
Voila un pays qui possede une tres nombreuse série d'églises
romanes. Le méme pays a eu la bonne fortune et le bon esprit de
conserver des archives d'une richesse admirable, qui permetlenl
d'écrire l'bistoire de ces églises. Un hornme s'est adonné a cette
a,u vre: architecle de talen!, il possede a fond la science technique qui
vivifie l'archéologie; aimant avec passion les antiquités de sa terre
catalane, il s'est fait érudit pour les mieux comprendre, pelerin. pour
les interroger sur place et leur arracher leur secret. Il conna:it sur le
\Veimar-Berlin , ~ vol. in-8•, 18 08- 190~.
2. ~h.1rid, 18!.J 2, in-a• , p. 86 el rnivaoti:s.
. 3. Madrid, 1898, in-8•.
1.

Fueros leoneses de Zamora, Salamanca, Ledesmu y Alba de Tormes. Edición y estudio de Américo Castro y Federico de Onís. /.
Textos. Madrid, 1916, 341 p. gr. in-8°. - Fueros castellanos
de Soria y Alcalá de Henares. Edición y estudio de Galo
Sánchez. Madrid 1919, xv-327 p. gr. in-8°.-Chaque volume
12 ptas. (Publications du « Centro de estudios históricos " -)
La publicalion des grands fueros reprise avec celle du Fol'lun
Turolii, par Fr. Aznar y Navarro, dans la Colección de Documentos
para el ,studio de La historia de Arag6n (t. 11 , 1905) ,, continuée par
celle tlu Fuero de Usagre par MM. Hafael de Ureña y Smenjaud et
A. Bonilla y San Martín (cf. Bul/etinhispanique; 1908, p. roo), puis par
celle du Forum Conche dans les Universily Studies published by the
Universily o/ Cincinnati (nov.-déc. 1909 et janv.-févr. 1910), el clu
fuero de Ayala, par L. M. de Uriarte ( 1910), a été notablement complétée ces clernihes années par celle des fueros dont les titres son t
reproduits ci-dessus. Complétéé n'est pas assez dire, car il semble que
les éditeurs de ces derniers fueros aient adopté une méthode toute .
nouvelle, aussi rationnelle, disons-le tout de suite, au point de vue
philologique qu'au point de vue de. l'histoire du droit. Mais ponr
m'expliquer, je dois dire un mot de l'édition du Foram Conche, due
au professeur américain George II. Allen, et de la critique qu'en a faite,
dans le Boletín d, la R. Acad. de Historio. (rg 17), le maitre espagnol le
plus qualifié, apres Eduardo Hinojosa, M. Rafael de Ureña y Smenjaud, professeur a la Faculté de Droit de Madrid.
M. Allen avait basé son édition critique du texte latin dufuero de
Cuenca sur: lº le ms. dela Bibl. nat. de Paris, fonds latin, nº 1:1:.9~7,
dont M, Morel-Fatio avait donné une description et publié la préface
dans la Revista de Archivos en 1898, p. 195; :Jº l'édition destinée

a

r.

cr.

Rtvue hispanique, t. XIII, p. 631 .

�•4o

!'°"Lfflll RIIPUJQR

servird'appendlceaux M,moria, hu~rico, iN la vida 1; aulonu del Rey
D. AIDMO ,1 Nóbl,, octavo del nombn, r~illtu por el marqua 4e
~ e U,ulrada6 con notiu 1 :a,1lldicu por D. FNIMÍICO C,,rd,d
y Rico (Madrid, 1783), bJeée aur le ms. de !'Escorial Q.m. 23 ~ ~i:"
aenúe· eeolement par troia exem¡,lairea COllllUa, dont un, celnl qai a
aem a M. Alleo, eal le R. 13.56o de la Bibl. Nacional de Madrid; 30 le
mi. Q. 111, 23 lui'Dleme, poor la prérace, la fin do ch. XLIII el tout
le cli. XLIV et dernier; 4º le ma. de l'Eacorial • JU. 14, conleunl le
t""'te lalin du/uro de Baro, qui, d'apree JI. All-,n,
la a liten! cop7 or U.e fruro ot ·cuenca, except that raro ( old tona ol
Haro) has heeo ,ubeUtuled ror Concha (LaUn rono or Cuenca) ud I npua
Dldacl (LaUn ror Dleco L6peo), or lhe ahrenatloo t. D, 1taoda In ~ or
· lbe ldng'a name or UUe.
·
· Au lleu de 18 débarraaaer, avec une _h&amp;te hienveillanle, de l'in,lortM
que l'Académie lui avail demandé, 11. Urella_ y· Smenjaod a
a
euminer de pres l'édilion ainai élaborée. Et 1'11 pouae un fOIIPlr de
,oulagemeol en 1:0mmen91n1 ion·compte réndu de 8• pa~, ce n'~t
pas uniquement parce qu'il eat venu ll boul de sa IAche ; e eat auss1,
,emhle-1,-il, parce qu'il a eu la satisíaction de ae dire el de démonlrer
· que, ai l'oo pouvail raprocher aux Espagnola de laissera dea élran~
leaoin de publier la documeolalion de loor hisloire, loul au moi_oa cea
~mea étrangen oe pouvaieot-ila toujoura ae poser eo mal'1ea illcOD•
tealés pour la m.ilhode acieoU6que el la coonaiasance dea éhoses
d'Eapagne.
11 ealde íait que M. Urelia, qui ae lrouvail avoir rédigé nne étude anr
ce mAme forum de Cuenca el publié en 1916, le Fluro tk Zorita dé ltis
Ctu,a, dérl-,lé. de celni de Cuenca, étail foodé ll reprocher M. A.llen
toul d'abord d'avoir conaidéré un exemplaire d'UBe édition prépaffll
au xnn• aiicle et miae ao pilon, comme l'éqolvalenl dn mannacrit
qu'elle avalt slrlvi, Ól1 éteil cenaÑ avoir suivi ; et enauite de . n'aw '
pa1YU que
,
loo c1oo Cóc11cea lalln111,' el Parlslenae 11917 J el Eacurlalenae Q. 111. 1S,
reprilenlm dos formaa clll'en!ntea, doa momenloo dbllntoe ea la traaarormaclóD éVoluUva del For,un eon.M.

"'.°º

•

a

'

Sur le prenlier polnt, il n'y a qu'i paaaer oondamnalion : 11. Allen
a ev IOrl de a'en rapporter .a une comparaiaon lrop aommalre de l'imprimé et dn manuacril, puiaque dea aondagea poa!Alrieurs ont ~ 6
dee différencea aenaiblea.
.
Sur le aecond pobit, J• dlrai aimplement mon aYia, c'lll que la
&amp;ran1C8ndance méme du poiní de vue d'ou le profeaaeur "8pajplOl ae
plÍée poor Jager le travail du pmf-nr américain et de8nir l'u¡iecl
de la queñlon, ealla meilleure e1cusede la faule commise.
·
~n 1909-1910, 11. AUen 6tail • ~i•tmt Proteasor or Latln » a
l'Unbenité de Ciucinnali. 11 savait 1811&amp; doale commenl oa prepare

iÍÍt WO.

,~

•4•

llrilfi¡úe 4'ua léile ~ t . \ par dea manuléritl· de

~

w,. ,t · · ~ cl~11111ee. B t!tail ~lué i MDlidérw qa'un
M!lttn'lll.nair11(11h'ol,Jet11, remonterau testeprimitlr, telquel'avail
~'«': 111D aulenr. 11. Ure&amp;.a mnt lni dire: « Non, cbacun dé voe
a.oiman~-.eprúente nae forme diO'érente dll Fano; le m1. de

Pátla, I¡ forme primozdiale ; le ms. de rE11COrial, la fol'IDe ayatéma~ • i .- i.¡deiiJDNlllt, mala 11. Urelia, en 'IU•Ilhl de juaiaconaulle, aajl
:1p1'il :t:• Qll8 Yié, une é,olulion necessaire dea te1lel de ce&amp;le aorta, el.
'l'l•·leu..aouacrifa peu~nl ~ t e r , non pu dea coplea pina ou
molnt lldilémenl eskuaet de la rédaclion llriginale, mala dea ~•e-

~ qu; oill cbacune leur va¡,nr reapecUve, lenr exiatence iodivi••re. Voalolr les tondre, c'esl cn!er un texte arbilralre et raux qui
11f nspréilllalli ni 1- unes nl'les autree.
l.....i que ne pán\1 l'ú¡for,M dool Je Yiens de rappeler lea
llp,ea -tleDee, nn aulre/a,ro, celo! de Molioa, avait íait l'ohjet
cl'ue 61ude donl le Bul/. hilp. a rendo compte ( 1919, p. So¡)·; el en
lempa MM. Alllérioo Castro el Federico de On!s publiaient rea
/'li,,ro, lbala de Zulaora, Salamanque, Ledeama et Alba de Tormea.
l'our lea deDlt dernlera, paa de dilllculléa, puiaqu'ils aont repréaenlá
cbacun pat un mannacrit uniqne, d'ailleun incomplel; et celui de
~ : doot llDe parlie dérive d'one des rédactiona do Salammque.
a pn étte oorrigé ulilement grAce ll celta ineme Ndaclion.
qu..1 au deu" premien, l'enatence de ¡_,luaieurs manulCl'ita
~ no problmne qui a élé ~ n , ponr le furo de Zainora, pll' le
dtQb 4u me. qui pÑleollit hl dialectalis}D8 le plus marqué, le texle te ·
~• Olllllple&amp; e&amp; laa lracel nialérieDee lea plua éridentea de maniem11111t;
f,CNir lt/811'.G de'Salamanque, par le chcilx do me. dont pai:aiJaeal
IN deluautree connua. Maia, et c'eal ici qlHNtt l'ianovalioo,
cu, le IDI. ¡rifére eet t'eprodnil 8dMemenl (les abmla~ 'Ñlólu!lll) -conip d'aprii lea aotrea daóale aeulcu d ' - r
fridefe ¡ de pbu, cbacu,n de ces man~ aecondalree est nprodolt
IIUáaliJllleat, on IOl!t au moina lea Yariantea en aonl tnnlea indlq,aea,
qDQd il a'agit d'une copie l peo pna Diot pour mot, comme c'ee&amp; le
ale pnnr un del ms, du/oero de Ledesma. Oo a done au beaola troia

m._

•~ll lClr•
--•den

IUteil ,upel'p(ll6s.
.
En 1019, M•.Galo Sánchez nona a donn6 l 80D toar le /a,ro ou -pr,~ CHllllan de Soria, avec· celui d'Alcala de Henarea enappendiaí.
Le prolilee 18 poaait poor loi cl'nne án\!"l l'ac¡on que ponr MM. Casa et -()oja, pulsque lea denx manuacrita ou se trouve le ./Ulro de
~
. Jiea queJenr arlp18 soit commune, aont indé~ta rq de

r--..

~ - - " - una redacción di.unta del,~ y repnaentao ~011
. . . . . .lea do la emldclóa que hl ourrtdo. Coa ,, .... Ad~~ ~ r elion el leido dé /J.: aquél ,.... una . _ del , _ , _
.,¡ ' . -

�&gt;43

BVLLETIN HISPANIQUE

BIBLIOGR.APHIE

moderna que la dada por éste según demuestran sus peculiaridades jurídicas
y lingüísticas. B es una redacción más técnica y perfecta que A, a la qµe en
ocasiones corrige y rectifica.
lL est permis de voir dans celle constatalion intéressante et capitale 1
un reílet en méme ternps qu'unc confirrnation de la théorie lumineuse
&lt;le M. Ureña louchanl le Jorum de Cuenca. L8 encore, on nous
donne done les textes des deux manuscrits, l'un au-dessus de l'aulre,
avec les variantes dedeux séries de fragments empruntées l'une a un
ouvrage inédit conservé a la Bibl. Nacional de Madrid, l'autre a l'édilion de 1788.
En ajoutant, en appendice, le fuero d 'Alcalá de Henares, apparcntó
a celui de Soria, el a peu pres conternporain, M. Galo Sánchez n'a pas
cru sa tache terrninée. Il a joint une Historia del fuero de Soria, qui
occope 46 pages. Apres avoir disculé la date de la repoblación de celte
, ille, établi l'époque oll elle passa au pouvoir des Castillans, et indi•
qué les-quelques vestiges qui subsistent de son premier fuero, dU saos
doule a Alphonse I d'Aragon, il conjeclure que le fuero d'Alphonse Vlll
date des années I r95-1196 1 étant donné que Soria fut dévastée par
Sancho de Navarre, pendant que le roi de Castillc se faisait battre á
Alarcos (1195): je croirais assez que cclui•ci,quicomrnenc;.a par régler
ses comptes avec le roi éle Léon, et ne s'altaqua au roi de Navarrc
qu'ensuite, ne reprit Soria que vers 1198 et peut-étre plus tard. JI est
en tout cas assez naturel de supposer, comme le fait M. Galo Sánchez,
que•Je fuero fut donné a.u moment du repeuplement (Cf. Chl'Onique
des Rois de Castille, S 16). Quant au fuero real d'Alphonse X, c'est
entre 1 ~s~ et 1 ~65 que cot érudit en place la concession, mais il semble que le fuero local ait continué Btre au moins occasionnellement
en vigueur, ce qui d'ailleurs ne serait pas une ~xception pour Soria.
ll dut y avoir une longue période de lutte plus ou moins sourde contre
cette législation nouveJle et uniforme qui tendait ¡;¡e subslituer aux
anciennes. L'attachement aux fueros ne devait pas ctre moindre au
xm" ou au x1v• siCcle qu'au xue.
Une question tout aussi délicate, et d'une impottance pratique considérabla en ce qui concerne l'histoire et la reconstitution du texte, ou
des textes du fuero. de So ria, c'est celle des rapports entre ce dernier et
le Forum Concl&amp;e, le Liber Judicum, le Fonim Turolii. M. Galo Sánchez
montre par plusieurs exemples l'influetice des deux premiers, 8. l'exclusion du lroisibme. •
Quant au fuero de 8'.lria, son inlluence sur le Fuero real esl mise

en relief égalemenl par des rnpprochements signiflcntiís, aux dépens
de celles du Líber Judicum (Fnero Juzgo). Cetlc conslalalion suffirait
a montrer l'imporlance de la publicalion de M. Galo Sánchez. Et il
sera bon de relire la page 7 de l'introduction de M. Allen, écho des
théories anciennes sur la formalion du Fllero real, pour cornpren&lt;lre
ce qu'a de nouveau cette affirmation de l'érudit espagnol:
... exceptuando el Fuero de Soria, los redactores del Fuero lleal apenas
han tenido presentes n'ueslros C\J.adernos municipales. Tambien es exage-,
rada la importancia quo suele darse al Fuero Juzgo como fuente del Fuero
Real. .. El Fuero de Cuenca, el Fuero de Soria, y el Fuero Real representan
tres monJenlos típicos de la evolución progresiva del derecho medieval castellano. Sólo gracias al segundo puede explicarse el último. G. CIROT.

a

a

1. Et encore ici : , Es éste un asunto que se liga con el problema general de la
formación y eYolución de nuestros fueros, no ectud.iado a!Ín. ~o siempre se redactaban
de una vez: es frecuente, en especial en los edensos, la superposición de capas
distintas, paulatinamente acumuladas gracias a una incesante labor legislati,•o
municipal. Los pueblos procuraban ampliar y majorar sus fueros por lodos fo¡¡
medios Jmagiaables ... » (p. 24:t),

Fr. Antonio de Guevara, Menosprecio de corte y alabanza de
aldea. Edición y notas de M. Martinez de Burgos. Ediciones

•

de « La Lectura". Madrid, 1915.
ll élail dommage que la Bibliolheque Rivadeneyra n'eul pas mis
a la portée du public cel opuscule charmant du célebre !3crivain.
L'édilion qu'en avait donnee M. Julián de San Pelayo Ladrón de
Guevara (Libro llamado Meno,precio de Corle y Alabanza de Corle,
Bil_bao, 1893), avait haureusement comblé cette lacune, en fournissant
en outre une introduction biographique qui, ~ l'heure actuelle, est
encore ce que nous avons de mieux; mais d'éclaircissemenls sur le
texte, pas l'ombre. Et pourlant il n'est pas possibte qu'un lecteµr,
móme espagnol, ne soit pas arrAté par des mots ou des expressions
difficiles a bien saisir 1 a moins qu'il ne se contente de comprendre
par .\ peu pres et m6me de travers.
Avec les notes, du nouvel éditeur 1 il y a réeUement plaisir et profit
a Jire ce texte, aussi curieux par les détails savoureux dont il est farci
sur la vie en Espagne dans le premier tiers du xv1• sib&lt;::le, que pa.r
la maniCre qu'afTecte l'auteur. Le vocabulaire presente quelques
difficultés : M. Marlínez de Burgos a su nous les aplanir par des
rapprochements heureux ou en recourant tout simplement soit au
Tesoro áe Cobarruvias, soit au Diccionario de Autoridades. Les observations grammaticales destinées a éclairer le sens ne inanquent pas
non plus: telle celle de la p. ,33 a propos de le (pronom) pris au sens
pluriel ou indéfini. Des citations de Pedro de Rhua nous avertfssent
utilement du cas qu'il faut faire de certaines affirmations de l'auteur
du More ~urele et des auleurs qu'il allegue .
lJ est regreltable que l'on n'ait pas complél~l'illustralion de ce petit
traité par des extraits de sa contre-partie, l'tiuiso de privados ou Despe,·tador de cortesanos. Peul-Btre veut.on publier intégralement
celui-ci, qui ne l'a pas été depuis le xvnº siecle, et qui complete agréablement le Menosprecio touchant la vie des gens qui suivaient la cgur.

�,44

BULT,ETIN HTSPANIQUE

BlBLIOGR.APJIIE

M. Martínez de Burgos n·a pas oublié de mentionner ]es coplas de
Gallegos qu'onl fail connailre M. Serrano y Sanz, puis l1. Morel-Falio
(Bull. hisp., 1901, p. 1¡-34) •. 11 s'est mis en devoir de se procurer
l'étude que ce dernier avait annoncée sur Ant. de Guevara; elle n'a
malheureusemenl.·pas été terminée, que je sache, bien que des matériaux abondants aient étéréunis et des parties importantes composées,
si j'en juge par le catalogue que M. Morel-Fatio publie de ses propres
manuscrits dans le Bull. hisp. (cf. 19,i ,. p . 3o. n• 88). Peut-étre l'idée
de cette publication a-t-elle été abandonnée du jour ÜU René Costes
s'est décidé a consacrer 3. cet auteur sa these principale, dont j'ai
promis de faire paraitre ce que je pourrais , promesse queje commencerai a réaliser sous peu ici meme.
G. C[ROT.

tirage, et i1 restera un précieux petit volume, avec un prologue de
M. Alfonso Reyes donl le défaut n'est cerles pas la banalité. L'expression
y est neuve et hardie. De Lope on nous dit:
nos aparece como una vertiginosa rueda metafísica que arrojara

Lope de Vega, Teatro. Tomo l . Peribá,iez y el Comendado,· de
Ocaiia. La Estrella de Sevilla. El castigo sin vengan.a. Lo
MCMXIX. Edito ria 1
« Satumino Calleja. »

(Jama boba. Prólogo de Alfonso Reyes,

Ce pl'emier tome fait partie de la jolie et commode Collection
Calleja. Nous allons pouvoir enfin emporter d'un conp daos notre
poche quatre comedias de Lope de Vega : on revienten effet aux petits
fol·mals; c'esl-ii-d.ire qu'on pense enfin aux lect"eurs qui lisenl ailleurs
que dans les bibliothéques. Ce détail tout matériel n·est pas saos
importance pour la culture intellectuelle, non plus que celui de la
re1iure, qu.i 1 hahillant le livre des sa naissance, le rend plus attrayanl,
plus présentable : en pays de tangue anglaise on ne l'accepte
qu'ainsi; broché, nu, il choque.
Seulement il faut veiller a la correction. A ces édit~ons saos notes,
on demande au moins un texle irréprochable. Or, je releve pas mal
de fautes. Je rétablis ainsi :
P. 44. Pero causame risa ...
P. 45.
¡ Que de sólo venir el que ts esposo
de una mujer que quiero, bien me sienta
descolorir j • • •
P. 67.
¡ Si gente no hubiera·!. ..
Itas despertaran 3 tambien.
Et p. 60. segadores; 6 r, tenido, comendador, nuestra villa ; 84, condes.
table; 95, La capa que tienes aqui; etc.

Mais loutes ces menues. imperfections disparaitront

a un ,p:ochain

1. N'est-ce pas cÚtainc page du Menosprecio qui a inspiré a Lope de Vega cetle
jolie lirada du Peribáñez y Comendador /U Oeaña oú l'héroine décril la vie rustiqu e ,
sans oublier le moúl de la vendange ni les ceps pour l'hiver ?
2. La virgole a,·anl bien et non aprCs.
3. lmparfait de subj. et non futur. Au vers suivaol pourquoi ne pas accentuer
hartín, puisque &lt;leux vers plus loin on écrit ra.:ón. L'accenluation esl trCs irn~g.uliere,
je ,·eux d re 5ans rilgle: eocore mCme page, mia el día.

(&lt; • • •

sobre el mundo estético la realidad práctica triturada y desmenuzada.
Yero en los rincones de sus versos, en el 'Secreto acogedor de sus interiores
poéticos, aquella impresión· gigantesca se atempera, se humaniza, y hasta se
resuelve en rosarios de cosas minúsculas y exquisitas que hacen de su lectura
uu continuado deleite,, .

Et del' ceu ~re, des comedias :
• Ningún hombre de mediana cultura puede dispensar'Se de leerlas; pero

et que las ha leído no conoc&lt;' 1 ni con mucho, a Lope, como no conoce el
¡¡_ilómetro el que sólo ha examinado el milímetro .. . ,

Lisons-les done, relisons-les, ces comedias, dans la collection
Calleja, afin de connaitre au moins le millim6tre, qui a cessé d'Ctre
encombrant. Et qu·on nous en donne, de ces millim6tres !
Le choix a été heureux. La premiCre, surtout, des quatre pieces ici
réunies, esl une merveille. C'est bien la tragicomedia, ainsi qu'elle est
intitu1ée a la fin, le type de la comedia de Lope, mixtura, comme Yeut
Ricardo de Turia) de comique et de tragique, avec des lii.bleaux exquis
{la noce &lt;lu début, la scene du peintre faisant le portrait de la jeune
femme a son insu, a Tolfde, le défilé des cornpagnies a Ocaií.a, etc.):
sans compter les deux héros, Peribáñez et Casilda, si vrais et si
nobles tous deux.
G. C.

Anlologia Porlllguesa. Frei Luis de Sousa. l. (Vida. de D. Frei
Bar/olomeu dos Mártires), 310 p. - Bernardes. f. (Nova
Jloresta, Estímulo prático, Luz e calor, Ultimos ji.ns do homem,
Exercícios espiritua_is, cte.). 273 p. Aillaud e Bertrand. ParisLisboa.

La nouvelle collection, que son directeur, M. Agostinho de Campos,
intitule Antologia portuguesa, reprend une tenlative intéressantc ·des
fréres Castilho. Ceux•ci avaient tenlé dans leur Livraria classica, dont
on a profit encore aujourd'hui a se servir, de nous donner, avec une
appréciation littéraire et une biographie, l~s rnorceaux les plus caractéi-isti.ques de chaque auteur. Nous possédons l'équivalenl dans nos
bibliotheques scolaires. Ce sont les pages choisies de la maison Colin
qui se ra.pprochent le plus, pour le programrne et la méthode, de
l'Antologia portuguesa qui se propase non seulement de reproduire les
pass;tges essentiels des écrits réputés classiqnes, mais de _faire une
sélection parmi Les modernes et meme parrni les auteurs Yi vants. La
collection de M. A. de C., comme la série des Cldsicos castellanos qui
jouit en Espagne d'un succes mérité, s'efforce de gagner le public

�HULLETI~ HISPAl'UQUE

BIBLIOGRA PHIE

mondain par une impression soignée, un formal élégant, el en évitant
tout appareil inutilement scolastique. Une inlroduction courte résume
pom· tout écrivain les résullats acquis par l'érudition. Des notes rares
expliquen! les difficultés historiques el philologiques du texte. Quant
aux libertés prises par l'éditeur,.elles se ram0nent 8 changerles litres,
a con den ser les chapitres par la suppression de phrases et de paragraphes, a éliminer chez les auleurs religieux la plupart des citalions
latines et des références. L'orthographe est modernisée et M. A. de C.
s'en excuse par des raisons qui ne manquent pas d'h-propos. Beaucoup de prosateurs et de poetes classiques, dans les éditioos les plus
connues et les plus accessihles, ont été réimprimés avec une orthographe conventionnelle. Ceux dont on a reproduit le texte original
sans négliger aucun des signes typographiques qui ont disparu de
l'usage, se présentent au lecteur a vec un aspect tróp rébarbatif. En fin
le meilleur moyen d'imposer la nouvelle orthographe, dont on peut
discuter 1a valeu:r mais dont il faut reconnaitre l'utilité, c'est encore
de l'employer dans les ouvrages qu'on imprime pour les écoles: u 11
convient de la suivre, dit fort justement M_. A. de C. ou, si l'on prérere, de la supporter, sous peine He continuer ou-d'aggraver l'anarchie
a laquelle elle prétendait porter remede., Ces argurnents, au point de
vue pédagogique et pratique, onl leur•importance. Théoriquement, il
serait préférable néanmoins 1 en ce qui regarde le choix , de retrancher
des paragraphes et non des phrases) en respeclant l'unité de chaque
alinéa, et pour l'impression, de conserver l'orthographe des premiCres
éditions en usanl des signes typographiques employés actuellement. 11
est vrai que c'est encare lli une déformation et qu'une méthode qui
repose sur le sentiment lilléfaire vaut par la fai;on dont on l'applique. En France, nous ne pouvom; que saluer avec un vif plaisir
l"apparition de 1' Antología portuguesa qui répond aux hesoins immécliats de l'enseignement.
Le premier volume qui vient de paraitre sur Luis de Sousa et qui
appelle une suite, renferme seulement la Vie de /'archeulque. L'introduction de M. A. de C. repose a la fois sur le travail critique
d'Alexandre Lobo et sur la biographie 11 romanesque mais sinCCre n de
Frei António da Encarna&lt;;ao
se rappelle que Manuel de Sousa
Coutinho, en religion Frei Luili do Sóusa, fils d 1 un grand seigneur
qui avait servi aux ludes, en Afrique, et acqui&amp; quelque renom daos
les leltres, devint chevalier de Malle 1 fut emmené comme captif
a Alger oll il connut Cervantes, s'inilia, apres avoir été racheté, au
mouvement littéraire valencien et aragonais. épousa enlre 1584 et 158G
D. Madalena de Vilbcna, veuve de D. Joii.o de Portugal, tué ou laissé
pour mort sur le champ de bataille crAlcacer~Quibir, voyagea ensuite
en Amérique et. apres la mort de sa fille se sépara en 1613 de sa
femme, tous deux s'étanl, d'un commun accord , retirés au couvent.

Cet événemenl surprit les contemporains. D'oll la version de Freí
Anlónio da Encarnayílo qui, pour l'expliquer, faít intervenir le retour
du premier mal'i, O. Joúo de Portugal. C'est de llt que Garrett a tiré
toute l'íntriouc de son drame admirable. Ce récit émouvant, ainsi
que l'avait déjU constaté Alexandre Lobo, souleve plus d'une difficulté
historique. JI cst probable que le renoncernent des deux Cpoux s'explique par l'inflnence d'un parent, le comle de Vimioso, qui venait
de donner le mCme exemple et aussi par les désillusions de la vie.
Entré dans l'ordre des domioicains, Luis de Sousa, au líen de se
vouer a la prédication, se consacra, sur le conseil de ses supérieurs,
a des travaux histodques et littéraires qu'il composa, dans un temps
relati vemenl court, 3. .un Bge avancé.
Son histoire de Frei Hartolomeu dos M.irtires, le célebre archev~que
primat de Braga, n'est que la mise en muvre des matériaux informes
rassemblés par un aulre dominica in, Freí Luis deCácegas. Elle futcomposée en dix-neuf mois. On la ~egarde comme un mod6le de pureté,
d'aisance, de grAce et de douceur, comme le symbole des qualités
classiques de justesse, d'élégance et d'équilibre. Le mérite de l'ouvrage
résidc 8. peu pres ex.clusivement dans la forme. ll se ressent, par la
natvetB de certaines anecdotes, des lendances apologétiques qu'on ne
s'étonnern pas de rencontrer dans un ouvrage écrit sur la demande
et sous le contróle des supérieurs de l'ordre. M. A. de C., en supprimant le sixieme livre, qui traite des funérailles, a retenu envirar¡ le
tiers des cinq premiers . D'un choix.judicieux. de passages caractéristiques se dl'gage nettement la personnalitédu saint, que nous définirons
par une formule contrndicloire: humilité combative. Nul n'a poussé
plus Loin, pal' abnégation chrétienne, le désir de se rabaisser. 11
n'accepte l'épiscopat qu'a sou corps déreudanL; il multiplie les démarches pour se faire relever d'une fonclion qu'il juge écrasante; il
conserve le grabat, la robe de hure et l'écuelle des dominicains;
envoyé comme représentant du Pol'tugal au concile de Trente 1 il
voyage incognito, recherche la frugale hospilalité des couvents,
déploie mille ruses innocenles pour éviter les réceplions fastueuses.
Mais c'est le mCme homme qui engage une lutte acharnée contre les
abus, excommunie les officiers du roí, dompte les grands scigncurs
endurcis, tient téle aux..cardinaux . dans les questions de prést'.•ance,
' bl,ime le luxe des pl'inces de l'Église méme a la table du Saint-P0re.
Les chapitres qu'on retiendra surtout, car le piltoresque s') ajoute
a l'onction ecclésiastique, c'est le récit, justement vanté par Camilo,
de la tournée épiscopale dans les terres de Barroso, au milíeu d'un
Pª)'s-age farouche de rochers abrupls, le long des µentes oll les mulets
de charge, tomi.Jant les uns sur les autres, s'écroulent comme des
chllleaux de cartcs, landis que le préla.t, indifférent au danger, insen¡¡\ble aux i11lempéries, chevauche les Uras croisés , les yeux levés au

º"

~

•

�UIBLIOGRAPHIE

RULJ,'&amp;Tl:V UISPAlUQUE

ciel, ne pensant qu'au salut de ces popnlations a dcmi-barbares r¡ui
manifestent leur enthousiasme en improvisant des canliques naivement
hétérodoxes. Ce portrait, malgré la déformation qui lient au panégyrique, reste une helle création litléraire. Du point de vue de la vraisemhlance on reprochera seulement a l"auteur d'avoir exagéré le pieux
machiavélisme de son modele qui déploie, pour se faire humblc, une
ingéniosité qui confine au mensongc. - La réimprcssion de ce texte
s'imposail. S'il date par les sentiments, par ce pcrp{•tuel recours au
mil'acle, il semble écrit d'hier et quelques noles hisloriques et gramrnalicales suffisent pou_r le rendre parfaitement intelligible.
De Bernardes (1644-1710) on sait lout au plus qu'il est entré rlans
la congrégalion de l'Oratoire vers la trentaine et que ses facultés
se sont alfaiblies deux ans avant sa mort. 11 nous apparaH comme le
prosateur le plus souple et le plus riche de la langue, avec le jésuite
Vieira. Victime dans ces derniCres années du dédain oll une grande
parlie de l'opinion tient la littérature mystique, il n'en o.ccupe pas
moins une place considérable dans l"es selecta,,;. Parmi les écrivains
qui comptenl au Portugal et au Brésil, l&gt;eaucoup -se sont formés en
lisanl la 1Vova floresta. ll est singulier qu'un aulenr qui a exercé une
teJle: inlluence ne soit pas l'objet d'étndes préciscs et nombreuses. On
n'apprécie guefe, chez lui, que le style. Encare le.s critiques n'arrivent-ils point a se meltre d'accord sur les points essentiels . Dédaignait-il son ceuvre au point d'en rougir 1 de laisser
d'autres la
correction des épreuves 1 ou n'eSt-il arrivé que par le travail patient de
la lime a l'absolue pu reté? A.-t-il, oui ou non, imité Vieira? Que3tions
que M. A. de C. pose sans les résoudre. Cependant il s'altache 1 comme
son prédécesseur Ca.stilho, a la forme qu'il examine scientifiquement,
du point de vue de la 'grammaire historique, et pratiquemenl, en cherchant ce qu'un étudiant d'aujourd'hui, qui veul s'initier a l'art
• d'écrire, pent tirer de la lecture des classiques. A vrai dire il y _aurait
peut-6tre intéret a séparer plus neltemerit ces d~ux méthodes qui se
confondent par endroits dans l'introduction. Car il importe de distinguer soi~neusement les constructions pénibles imposées par la tradition et la mode (~nacoluthe) des obscurités résultant de l'improvisation
et de la négligence (amphibologie) . Pour savoir, au surplus, ce qu'il
convienl de retenir de Bernardes, il n'est pas inutile de déterminer
jusqu'oll peut a~ler, en maLiCre de vocabulaire et de syntaxe, l'imitation des classiques. Daos cette queslion importante de l"archa"isme,
M. A. de C. adopte une solution moyenne. 11 condamne le travail de
mosaique et de marqueterie qui g.lte une partie de rceuvre de Camilo
et de ses discip]es. Mais il veut réagir, en fin lettré, contre l'iníluence
pernicieuse de l'argot, des langues ,éfrangf:res et des habitudes de
rédactio'n htitive iatroduites par la p·resse. Chez les classique~ il
y aurait lieu, d'apres lui, d'apprendre la sim_plicité, 9u'elle soit natu-

a

relle ou acqulse a force de labeur, pour l'opposer aux défauts d'une
école, en voie de décadence, qui prétend arriver a l'originalité par
l'alfectation On devrait chercher en mCme temps au xvn,. siCcle des
exemples de la grande phrase périodiqtie, dont l'emploi continu
fatigue., a laquelle on a renoncé par imitation du stJle frani:ais
moderne, rnais qui doit intervenir comme élémcnt de variélé dans
toute page bien faite. La préface lrCs suggestive du bCcond ,·oluBle
pose ainsi les bases d'un cnscignemcnl orienté dans le m6me sens
que les livres de M. Albalat. M. A. de C. prévoit le développement
~ulur d~ la tangue portugaise 1 subordonné, d'une part, au progres
econom1que et au peuplement du Brésil 1 de l'autre, au soin que prendronl les éducateurs de sauvegarder la tradition littéraire. Certes les
philologues portugais onl fourni depuis cinquante ans un remarquable
elfort. lis ont recueilli un grand nombre de textes archalques et populaires. lis ont donné ou rectifié des élymolooies , enrichi le domaine
?e l~ phonétique et de la sémantique. Cependant iJ reste beaucoup
a fatre, malgré les bcaux essais de ~nf. Epiphanio Días et Júlio
Moreira, dans celui de la syntaxe hislorique el de la stylistique. C'est
un signe hcureux, qui présage une prochaine renaissance des éludes
lilléraires, que de voil' un professeur du lycée Pedro Nunes orienter
l'enseignemenl dt la langue ,•f.irs l'ulilisation systémalique de la leclure des grands écrivains pour la formation du slyle.
D'ailleurs on n'aura pas tout dit sur Bcrnardes quand on aura
patiemment relevé les artifices qui font.de lui un virluose. Une étude
:s'imposerait sur les sources el la qualité de son érudition. F.:lle est
e,trCmemcnt riche et variée puisqu'elle embrasse l'ancien el le nouvcau Teslament,la patrologie, l'antiquíté gréco-latine, l'hisfoireanecdoLique des ordres religieux, celle de la péninsule tout entiere et m6me
de certains peuples du Nordi les récits des missionnaires de l'lnde
de la Chinei du Brésil, les notions sur la flore et la faune exotique~
rep&gt;ndues par les voyageurs portu¡;ais. EII~ se présente, le plus
souvenl, sous_forme d'anecdotes cboisies pour leur valeur pilloresque,
avec un sentiment trCs juste de ce qui peut éveiller et surexciter
l'aUenti?~· Le me~veilleux, depuis la crédulité 1a plus na'ive jusqu'au
sens ·poehque, y hent la plus grande place. Bernardes fait intervenir
les si renes, les nains de la ll'adition germanique, les génies malfaisants de la mythologie américaine, enfin le diable donnant l'assaut
11 la vertu chancelante des moines. ll aime surtout le miracle quand il
s'accompagne de mille détails invraiseinhlables. Nous retíendrons la
tomparaison ll'Cs ingémeuse que ~1. A. de C. étahlit entre Bernardes
et Anatole _France. 'tvidemment le premíer n'a rien d' un sceptique et
d'un dilettante et l'on ne respire point en lisanl le second un parfum
d'ingénuité. )fais taus deux affectionnent les vieilles bistoires et les
fai;ons de dire savoureuses. En dissertant a perle de vue sur les Yertus

-~

�BULLEtlN HlSPAIHQtrE
250
cardinales· et théologales, le tres docle et tres orthodoxe oratorien
nous fait plus d'une fois penser aux opinions de Jéróme Coign~rd. !l
pratique volontiers l'ironi~, celle du ~oins q_ui ne porte Jamais
atteinte aux croyances, il recueille et cultive les Jeu~ de mots, excelle
a décocber le trait, a introduire daos les propos decousus 1~ ry_thme
et l'harmonie, a transformer en nouvelle pgychologiqu~ le fa1t d1vers.
11 n'hésite meme pas a dénoncer, avec une bonho_m1e pater~~' l~s
pelits abus de la vie ecclésiastique. De ce méla~ge ."'.1prévu d erud1tion livresque, d'expérience mondaine, de credu~1te . enfantt_ne1 de
de raffinement littéraíre, de mahce 1nconsc1ente et
f. rveur reliaiense
o
'
.
d'ironie calculée se dégage un charme puissant. Aucun mystique
ne semble plus capable, sinon de convertir, du moi~s. d'ar_nuser
et d'attacher le profane. Sans doute, a l'exemple de Vieira, d use
ancore dans les sermons de ces procédés d·amplification qu'on a Juste·
ment comparés a des feux d'artifice. Comme direcleur de co~~c1ence,
il abuse, a la mani8re des Espagnols, des métaphores poursmv1es, des
comparaisons poussées jusqu'au symbole. _M,ais la Nov~ ,J!,preslai
d'allure plus familiere, dont M. A. de C. a tire les n_euf dmem~s de
ses extraits, rappelle a la fois Plutarque, Montaigne, _Mass1llon,
La Bruy8re Voltaire et certains contes de Daudet. Ausst les deux
volumes éléganls qui ouvrent la collection del' Antología portuguesa
el qui donneront l'idée de se reporter 3. l'édition com~l8te en crnq
volumes de la librairie Lelo, doivent rester, pour qmconque veut
pénétrer les secrets de la belle prose portugaise, un livre de chevet.
G. LE GENTIL.

251

B1BLIOGRAPHIE

qui en sont falles daos la liltérature classique, ele, Partout des aperQus
nouveaux et intéressaols, qui rnenent l'auleur a cetle conclusion:
&lt;1 Les greníers ~bériques des Asluries, de Galice, du Pays-Basque et
du Portugal do1vent étre considérés comme des vestiges du temps otl
régnail l'erchitecture palafittique qui survit encore en Portugal. ))
Pou~ ce qui est de la prononcialion du mot, n'est-elle pas horrio
au mo1ns daos certaines régions ?
, On m'a affirm_é que cette palafitte (puisque, pour M. Frankowski,
e en esl une), est un meuble, qu'on la déplace parfois, qu'on la
partage méme entre héritiers 1 chacun emportant le morceau ou les
morceaux qui lui reviennent. Est-ce exact? Et y a•t~il des rCgles -pré•
vues dans la législation ancienne?
Je n'avais pas vu d'hórreo dans la province de Santander, M. Frankm~ski n'en a pas_ vu non plus. Mais on lui en a signalé dans les
envuons de la cap1tale de cette province.
Le type de la Galice, nous dit-il, esl distinct de celui des Asturies
(p, ,_7) el présente une grande variété de formes, dont de nombreux
dess_ms ou photographies permettronl au lecteur de se fáire une idée.
Je "g?alera1 en outre une curieuse photographie d'hórreo galicien
dans I Almanaque Gallego para 1907, publié par Manuel Castro López
(Buenoo-Aires, 1906).
L~ (:0~tessc Pardo B~z_án nous en décrit un, mais de fac;on un peu
scltemat1que, dans Buco/tea, un des con tes qlli suivent Un destripador
de antaño:
A un lado de la era, plazoletilla redonda y rodeada de un seto de zarzas
arbustos, se levanta el hórreo, sostenido en cuatro pilastras de granito y
rematado ~or tos_ca cruz de ~adera pintada de rojo. Súbese al hórreo por
una escalerilla de mano, y Man pepa, bajando y subiendo, había sacado de él
h_uen~ cantidad de habichuelas, que iba desgranando sobre un pafio
y

Iiórreos y palafitos de la penlnsula ibérica, por Eugeniusz
Frankowski. Museo nacional de Ciencias naturales, Madrid,
1918, 160 p. gr. in-8, avec planches.
J'ai publié ici en 1916 (p. 2n), une nole sur le grenicr aslurien,
l'hórreo, ou panera, et je souhaitais qu'une étude sérieuse füt faite d_e
celte curieuse constrtlction ¡ le travail de l\-1. Eugeniusz Frankowsk1,
membre de l'Ecole de hautes étudcs hispaniques de Madridi est venu
combler mes vooux, grAce a la JtLnla para ampliación de estudios qui
l'a publié.
. .
.
.
.
On y lrouvera tout d 'abord une descriphon techmque qm ne.la1ss~
rien a désirer 1 avec l'énumération des variantes apportées de ci de la
a la forme de l'édifice, et d'excellentes photog~aphies; puis l'exa~en
des différents types de greniers plus ou mmns analogues que l on
rencontre dans les provinces de Léon, Palencia et Santander, en Galice,
daos les Provinces Basques et en Portugal, ailleurs encore, en Európe.
ou hors d'Europe; enfin, une revue des palafittes dans le monde
antier et de leurs représentations dans l'art préhistorique, des mentions

hmp10 ..•

a

La scene se passe ou est censée se passer Pontela; une des nom-brcuses Fontela de la Galíce,
trois Heues d'une Villa dénommée
~ebre, queje ne.s~tue pas tres blen, mais qui serait elle-m0me cinq
heues,
v~l d 01seau, de Pontevcdra, dont la province a fourni
plusieurs :.chantillons M. Frankowski. 11 esl facbeux que la descriptton de ~1 Pardo Bazan ne pmsse servir de document et ne soit pas
mieux localisée.
Cela ne veut pas dire queje la laxe d'inexactitude: ainsi le détail dé
la croix est relevé par M. Fra~kowski, dans les hórreos de Galice.
~tais je regrette_ q~e J'illustre romanci8re ne se soit pas cr_ue obligée
a plus de dcscr1pt1on. En revanche elle nous en fait entrevoir un
de temps en temps, el dans le paysage qui l'encadre habituellement :
Había amaneddo del todo, disipándose la niebla; el sol doraba ya con
alegre reflejq las cimas de los árboles. 1as aguas de los manantialillos que

a

a

.ª

a

�BULLBTIN HlSP.A.NIQUE

brincaban dei rnonle a la carretera, los cristales de las casitas que de trecho
en trecho se asomaban curiosas, con su cerca, sus .dos manzanos, su emparrado de vid , su meda· de centeno junto al hórreo.

Les paysages asturiens de Valdés en sont. aus.si é~ayés. ~~ns l' ldili~
de un enfermo , nous apercevons, un mallo ele fete, ran 0 es _sous ,lei;
hórreos, sur des comptoirs improvisés , les grandes oulres de v1n i e est
1a que les paysans cndimanchés vicndron~ boirc, conune a la lavernc:

voila une destination 3 noler dans l'étude de ces exlraorclinaires

greniers !
. .
Dans !'Aldea perdida, c·est sous un hórreo pres de l éghse que
'sonnent la gaita el le tambour, et que dansent deux bonnes
re
d'
1 1.
douzaines de jeunes gens et de jeunes filies, tan 1s ~ue p ,us orn ,
, ¡· · 1·~e d'immenses cercles exécutent . la •danza
prima. C est sous
a :iir Iu1 ,
,
, .
cet hórrro que ·Bartolo, le fanfaron, habltuc a mepnser le dan~er,
b it des ver.res de cidre pendant que les camarades se battenti et e est
la qu'il partira pour alter a&lt;;,hever le grand Toribion, mis hors de
combat par i\olo de la Braña,
,
.
.
.
Je dois .M. Feliciano Alvarez, avocal a Madrid etnahfdes Astunes,
une photog:aphie, qui, si elle ne fait pas ~pparait~e. nellement le
rofil de !'hórreo situé pres de la blanche ma1son famthale, donne au
p oins celui des montagnes et du site, ce qui n'est pas saos importance.
m Daos la Quimera, Mme Pardo Bazán fait allusion a l'utilisaLion ~~
l'hQrreo comme pigeonnier, a laquelleJovellanos, clans un passage cite
par ~l. Frankowsk.i 1 avait pr6té altention :
. . y las zuritas, descolgándose de la repisa del hórreo-palomar, bajaban ·
a trancos cortos . . .

d;

a

BIBLIOGRAPHIE

hasta las audaces palomas zuritas del jardín ... habíanse acogido a su
palomar del hórreo ...

Deux savants bordelais 1 M. E. Harlé et le D 0 Lalanne, me disent
qu'il existe daos le Lot-et-Garonne des pigeonniers montés sur des
pieds munis de pierres plates comme dans !'hórreo. ll est difficile d'y
voir des palafitles .
On trouvera deux gravures représentant des paneras asturiennes
dans le curieux travail de M. Aurelio dé -Llano deAmpudia y de Valle,
El libro de Caravia . (Oviedo, impr. Gutenberg, 1919.) Les paneras et
les hórreos ont du reste été repro"duits dans des cartes post.ales qu'il
n'est pas difficile de se procurer. Ils ont réellement un pittoresque
étonnant auquel le site n'ajoute sans doute pas peu de chosc. Et puis ,
témoins de cambien de vies, témoins intimes, plus que l'église, ils onl
certes des secrets, dont quelquei.-uns transpercent, plus ou, moins
déguisés, dans l'oouvre des romanciers 1
C'est Valdés qui, dans La Aldea perdida, nous montre la vieille
Rosenda espionna □ t, de son hórreo, tout ce qui se passe chez le mysté,
rieux D. Félix.
C'est Mm• Pardo Bazán qui, daos un autre des contes qui suivent
Un destripadJr de antaño , a savoir Viernes santo, nous fait d~couvrir
dans un hórreo, le cadavrc en décomposition du pauvre Cristo, la
victime du redoutable cacique Lobeiro, égorgée aprl,s de longs
tourments dont le pauvre corps porte les affreuses traces ... L'hórreo
des Pazos de Ulloa n'a-l•il pas, lui aussi, été témoin d' une triste idylle
et peut.etre d 'un crime? Sa silhouelte surmonté~ d 'une croix rouge,
prCs de l'era otl. )e marquis campagnard brandit le mallo, reste, dans
l'espril du lecteur, liée aux émotions de ce beau roman,
Au Portugal, l'hórreo, semblable /¡ celui de la Galice, s·appelle
efpigueiro ou canastro suivant les provinces. Sur le palheiro, qui en est
une variété, ~f. José Leite de Vasconcellos donne, dans la Revista
lusitana des notes de ses étudiants (1918 , p. 137 , 151, 157), propos
de la Casa portuguesa.
Pour ce qui est des Provinces Basques , M. Frankowski, sur la foi
des correspondants auxquels il s'était ad.ressé, avait cru comme moi
que !'hórreo n'y existait pas. 11 en a découvert a Marquina-Echevarria
et a Barinaga (Biscaye), qui sont fort analogues aux asturiens. Selon
une indication qu'il n'a pu vérifier, il y en aurait m8me un en Navarre,
-• Abarrea Baja, dans la vallée d'Aezcoa. C'est done /¡ lort que j'ai eu
scruplile voir u·n hórreo du type asturien daos celui oU se déroula la
se/me brutale relatée dans les Généalogies des llois de Navarre (Bull.
hisp., 1911, p. 437) :

a

a

Asnarius Galindi accepit uxorem domnam Onnecam, filiam Garsiez Enncconis, filii EnneconisA.riste. Etgenuit llliosCentollen Asnarez, et Galindum
Asnarez , et domnam Matronam,"que fuit uxor de Garsia Malo, filio de
!Jult. hispan.

'7

�BlJLLET[N IIISPA:'IIQUE

Galindo Blasquez, et domnam Faquillo. Et quia illuserunt eum in die sancti
Iohannis Bapliste in horreo, in villa que dicitur Belosca, occidit Centollem
Aznarez, fratrem uxoris sue, et dimisit uxorem, et accepit aliam
domnam( ... ), filiam de Enneco Arista el pepigit fedus cum eo, el cum
Mauris, et eorum auxilio eiecit socerum de comi(ta)tu. Perrexit ígilur,
Aznarius Galindi ad Frantiam, et procidens ad pedes Caroli Magni, conquestus est ei de facto generi. Qui dedil ei populationf}m Cerritaniam et
Oriello, ubi et tumulalus iacet.

Voila qui donne 3. l'hórreo une histoirc, pour laquelle les documents
espagnols manquent un peu, puisque, part les latins qui ont parlé
de l'hof'reum, M. Frankowski ne nous cite gu8re que Jovellanos et
Iturriza.
Je suis un peu élonné, a ce sujet, que M. Frankowski fasse état, il
est vrai a trnvers deux autres références 1 d'un passage de Florian de
Ocampo, pour étayer sa théorie 1 que &lt;( los hórreos asturianos pueden
considerarse como un resto de las construcciones populares de madera
hoy reemplazadas por las casas de piedra y ladrillo» (p . 15). Ocampo
est un historien de haute f.antaisie, je erais l'avoir démontré. Mais je
n'en suis pas moins troublé moi-m0me par l'affirmation qu'il glisse
dans son livre IV, c 0 lll, fol. CXXXVlll de l'éd. de 1543 :
Las cuas tenian en Espalla de madera, segun que tanbien oy día las vsan

a

en todas aquellas montañas, yen Inglaterra las tex.iancon brin bes
atadas en estacas largas y gruessas que hincauan sobre la lierra.

I

y vergas

Peut-~tre Ocampo, qui connaissait a merveille les .textes anciens
authentiques, n_'invente-t-il pas ici. Mais j'aimerais bien connaitre
alors sa source. Autrement son autorité estnégative, plus que négative.
ll exploite dans ce chapitre un passage de la Vi/a Agricolae (ch. XI):
&lt;t Silurum colorati vultus, et torli plerumque crines, et posila contra
Ilispania, Iberos veteres· traiecisse easque sedes occupasse fidem
faciunt)), pure _conjeclure du reste 2 • Mais Tacite ne parle pas des
habitations, que je sache.
G. CIROT.

in-8°; La deuxieme année d'espitgnol, Paris, A. Colín, 1920,

445 pages.
Les Apuntaciones lexicográficas du meme auteur, signalées ici en
191 • (p . 50,), contenaient, dans deux de leurs parties (Del griego al
caslellano et Disquisiciones), le germe des trois volumes de !'Ortología
castellana de nombres propios, d' Americanismos et de Nuevos derroteros del idioma,'tous trois d'une incontestable utilité .
Le premier est destiné a fixer les hésitations dans l'orthographe et
l'accentuation des noms propres. On lui a reproché un défaut de
méthode (Rev. Filología esp., 1915, p. 387); il faut pourtant reconnaitre que l'auteur, s'il a pu se tromper faute de considérer certailfs
éléments d'appréciation, a adopté la seule regle raisonnable la bonne
et sU.re rCgle de Vaugelas, l'usage; et c'est l'usage classÍque qu'il
a voulu fixer, en demandant aux poCtes leur accentuation, puisqu'il1
la donnent sans méme la IIiarquer. - Car si l'on a A choísir entre
l'accentuation latine suivie par quelques-uns pour Clímene, Prosér•
p'ína; Érebo, par exemple, et l'acccntuation grave, plus généralement
adoptée, il faut évidemment se résigner /J. adopter cette derÓiere.
L'étymologie ne peut done nous tirer d'affaire qu·a égalité d'aulorités,
par exemple pour Océano (Oceiinus), et c'est une grave affaire que de
décider: c'est pourquoi on s'en remet généralement aux Académies .
11 s'agit done d'abord de ne pas se !romper sur l'étymologie, et
ensuite de recueillir le plus d'exemples possibles dalls des ouvrages
de valeur; mais lil, c'est l'infini, et il faut amasser sans cesse. Peut~tre M. deToro-Gisbert, qui a consulté !'Isabela de Lupercio Leonardo
de Argensola, aurait-il bien fait de dépouiller aussi ses Rimas, car on
y voit souvent revenir des noms mythologiques. U y aurait trouvé un
bon exemple de Peleo grave et d'Hipólita, qu'il a omis (je reproduis
l'édition de 1634):
Que, por huyr de _Hypolita, Peleo
Casi provó la muerte:

Miguel-de Toro-Gisbert, Ortología castellana de nombres propios,
París, P. Ollendorfl', s. d. (191Q); 493 p., in-8'; Americanismos, ibid., s. d., 287 p. in-8°; Los nuevos derroteros
del idioma, Paris, Roger et

Chernoviz,

1918, 376

p.,

l\lélathese iotéressante de vimbre, devenu d'autre part mimbre.
Ocampo eiploite de móme uue asserti.on d'Annius de Viterbc pour prou\·er
que l'ldaude avait été colonisée par les lberes au temps du rol Brigo; il s'appuie
égalem~nt sur une tradilion d'apr6s laquelle un Espagnol nommé lberno ou Hierno,
aurait été jeté dans cetLe ile Aune époque tres reculée. En tout cas, d8s le n• aiCcle,
nous dit d'Arbois de Jubaimille, la légende irlanda.isa f.ait venir d'Espagne les fih
de M.ilc, anciHres des Irlandais (Cours M liUéralure ultique, t. XII, p. u"),
1.

255

BIBLIOGRAPBIE

Trayendo por disculpa

a su

desseo.

Bien que l'accent ne soit pas marqué sur llipolila, le rythme
demande évidemment la diérese hüyr et l'accentuation Hipolila.
Peu t-étre cette derniere ne lui a-t-elle pas paru pre ter a hésitation
de la part des Espagnols . 11 faut aussi penser aux étrangers.
De meme

:i.

Este que de Pilato se hizo amigo

(p . 92).

ll est bon d'~tre st\r que Pi/ato est grave, alors. que Püades est
esdrújulo 1 ainsi que Pindaro.

�,56

BIBLIOGRAPHIE

BUJ,LETIN HISPANIQUE

Toute inquiétude disparait pour Herodes, qu'un Fram;ais ponrrait
bien avoir la fantaisie de frapper d'un acceµt sur la premiCre:
Este de dos Herodes heredero .. .
Y del tercer Herodes condenada.

On est plus tranquille aussi pour /liturgi quand on lit (p . 88):
Tu famosa Iliturgi (c!lYª gloria
destas varias mudanzas ofendida,
con dudas anduviste en la memoria) . ..

Le beau sonnet « llevó tras si los pámpanos Otubre)) a:.1rait donné
une preuve de plus qu'il faut/béro.
No sufre Ibiro margenes, ni puente.

(p. 72).

Bref, de nombreuses confirmations seraient fournies par ce poete :
Y tratar de BoiJles i CaListo . ..
por guardar a Carlágo la fe d da...
héchura do Galigula arrogante.,.

(p. 3o)-

(p. 88).
(p. 92).

Caligula évidemment.
Viviendo en Flegetonle, i en Coccito ...

(p. 86).

Mais voici des cas oll son autorité aurait pu trancher ou tout au
moins apporter une preu,'e plus nette:
Mira puCs si con esta compañia
._de meSOn en íhesOu querrlln se1uirme
(p. 4,).
las señoras UrJnia, i Polimnia.
Non se1,1lement l'accenl circonflexe mais la rime avec compañia
appuient bien la prononcialion Polimnia 1 malgré le latín Poly_mnYa.
En la Scylhia beber el Tanais frio.
(p. 85).
ll faut bien lire Tánai.s, ce qoi ne ressort pas assez (?111iremenl des
exemples donnés par M. de Toro Gisbert.
Enfin 1 pour en finir avec l'aoliquité, voici une cinquiCrne forme
pour rendre le nom latin Tislpho
Arroja la Corona
del Di~lamo, que tanto abunda en Creta,
injusta Tesifona...
(p. 1~3).
Les noms modernes ne sont pas sans nous gener souvent. M. de
Toro Gisbert veut avec raison qu'on dise Sa11azáro (Lope de Vega,
Laurel de Apolo B. A. E., p. 199, fait rimer ce nom avec claro), Feijoó
(bienqu'on trouve souventFeijóo 1 aujourd'hui, le nom est écrit Feijoó
1. J.a comtesse de Pardo Bazán accenlue Feijóo (Memorias de un solterón, p, 35);
on sait qu'elle a consacré une étude a cet auteur. Azorín également Peijóo (folores
literarios, p. 117). Zerolo, prudent, ne met pas d'accent du tout.

en effet dans les approbations du Thealro universal, au moins dans la
3• édition, 1740, du t. V que j'ai sous la main).
On voit a quel-hesoin répond cette consciencieuse enquéte. L'auteur
de l'édition espagnole du Larouss-e se devait a lui-m~me de l'entreprendre, et il nous doit maintenant une continuation et un enrichissement, saos oubliet les noms géographiques espagnols qui peuvent
préter a l'incertitude.
Americanismo est le développement d'un chapitre de seize pages
(El cas/e//ano en Arrtérica), des Apuntaciones.
Dans le premier cha pitre, El idioma nacional de los Argentinos,
nous trouvons une spirituelle critique de la these d'aprCs laquelle une
langue nouvelle serait en voie deformation daos la grande République
sud-américaine. Si le parler vulgaire y para1t assez distant du castillan
classique, "M. de Toro Gisbert n'a pas de peine a montrer, en reproduisant des élialogues·de Palacio Valdés, de Pereda, de Gabriel y Galán
et d'autres, que le peuple parle un jargon toul aussi peu castizo en
Espagne meme.
Ces premieres considérations sont appuyées, dans le chapitre
suivant 1 par de judicieuses conSidérations sur La lucha de las lengUas
y el separali$mO Lingiilstico. Sans doute les parlers américains out d~s
mots /¡ eux (M. de Toro y Gisbert en releve un certain nombre dans
le chapitre Acepciones nuevas), et ces mols ou leurs acceptions difICrent souvent selon les pays 1 mais par contre, Com)Jien d'autres, qui
sont donnés dans les dictionnaires comme autant d'ameriaanismos se
retrouvent dans les dialectes ou les parlers de la péninsule, dans
l'andalou, par exemple ! Et c'est cette constatalion qu'est consacré un
autre chapitre, Andalucismos y otros provincialismos. Quoique moins
directement, les autres cbapitres de ce livre plein d'intérét et
d'actualité, tendenl a mettre au point la queslion des rapporls
linguistiques entre l'Espagne et ses anciennes colonies. Point de tbese
oulranciCre 1 ni de formules a efl'et, mais la conclusion est bien que
!'on a beaucoup exagéré les différences actuelles et surtout les ditférenciations fulures.
C'est en somme la méme question quj préoccupe l'auteur dans "Los
Nuevos derroteros de l'idioma, compasé de trois parties : El vocabu•
fario moderno, La Gramática y la nueva eJcuela literaria, El porvenir
de la lexicog rafia.
La premiCre est consli tuée par une sor te de dépohillemen t des
oouvres de quinze auteurs différents, sans compter cet.lx de la ,tjeune
littérature américaine )J et ceux del montón, au point de vue du vocabulaire. Travail précieux, et doublement: chaque auteur étant l'objet
d"un chapitre distinct, on constate mieux ses lendances, sa richesse
et aussi ses abus; et l'index qui esta la fin de tout l'ouvrage permet
au lecleur de voh· 1 s'il le désire, quels sont les auteurs qui ont

a

�,58

BlBLIOGRAPHIE

1::ll:JLLETllt H~SPA~IQUE

,59

apporlé ou patronné ou affectionné tel ou te! mol. Des chilfres entre
parentheses indiquent la page du volume, ce qui simplifie et allege
singulierement J'appareil des références . En général, quelques oouvres
de chaque auteur seulen¡ent ont été examinées; et si Blasco lbáiíez,
la comtesse Pardo Bazán, Pío Baroja, Azorín, Unamuno, Rubén
Darío, Enrique Rodó figurent en bonne place, on regrelle l'absenca

avec la préoccupation de démontrer que l'espagool américain n'est
pas aussi dilTérent qu'on l'a dit de l'espagnol péninsulaire actuel, du

de Palacio Valdés, de Pérez Galdós, et de Pereda; mais c'est un cornmenc;ement : de pareils travaux ne se font pas si vite! L'auteur a

américains, qui ont été employés et méme le sont encare en Espagne.

surtout voulu donner une idée de ce que l'Acodémie pourrait et
devrait tirer de la liHératura contemporaine pour faire de son
dictionnaire un lexique vraiment au courant. 11 a voulu aussi démontrer : ,. que l'e¡pagnol ne s'enric)üt pas seulemant en Al)'.l.érique et,
que pareille ingestion de vocables nouveaux se produit parallelement
dans la langue litléraire de J'ancienna métropole; ,. que beaucoup de
vocables qui passaient pour des américanismes sortent a présent du
fo11cls provincial, andalou ou asturien surtout, pour prendre rang
dans la langue écrite des auteurs péninsulaires. Juan Valera aurait•il,
en définitive, raison contre R. J. Cuervo~ N'entamons pas Ja discussion !

Mais quelle que soit la these que-pourront renforcer ces constatations,
il y a pour taus, et surtout pour les étrangers, un intéret énorrne
adistinguer ainsi l'apport de mots ou d'acceptions non classiques; et,

ace seul titre,

le présent livre a sa place daos notre enseignement.

La deuxieme partie du meme volume est formée de onze chapitres
de grammaire, dont l'un, intitulé Moderno di,sparatorio 1 est un relevé
amusant d'erreurs 1 de fautes généralement aggravées par la préten•
tion, un $Ottisier oU l'auteur a en la charité de ne pas meltre de

norns propres. C'esl la que l'on pourrait allonger et rallonger
l'infini. . .

a

La troisiCme par1ie 1 enfin, est une esquisse d'histoire du diélion•

naire espagno( depuis celui d"Antonio de Lebrixa (1506), jusqu'a la
14" édition de celui de l'Académie, avec l'indication des additions
apportées successivement dans la série 'a\pbabétique Balaje-Balín par
Cobarruvias César Oudin, Sobrino, le Diccionario de autoridades, etc.
ll y a la une cul'leuse comparaison des lexiques, et l'amorce d'un
travail qui serait vraiment curieux. Pleins d'inlérét pratique sont
également les ,hapitres qui suivent; E/lenguaje botánico, La Historia
natural y los Diccionarios, El vocabulario anatómico, El lenguaje de
la mQda. Mais je recomrnande particulierement le chapitre intitulé
Reimpresione$, oU l'on fait ressortir avec raison le caract6re arbitraire
1

et trompeur des réimpressions; peut-etre

y aurait-il a discuter

la

qwestion de l'orthographe et de la ponctuation a adoptar : la regle
dépend [orcément du public auquel on s'adresse; mais pour ce qui
est de la fidélité aux originaux, toul a fait d'accord . - Pour finir,
M. de Toro Gisbert étudie les diclionnaires de Garzón et de Segovia,

vrai, de celui qu'on parle, et non de celui du Dictionnaire de l'Aca•

démie.
Il est certain qu'3. ce point de vuele divorce n'est pas si pres d'6tre
prononcé. Beaucoup de mots ou · d'acceptions paraissent purement

Voyez le Libro raro de Gonzalo Picón-Febres (Curazao, Bethencourt,
,• éd., 19u), qui est un lexique des vénézuélismes, p. 83:
¡Coche! - Voz que generalmente se usa en las haciendas et.e varitts
regiones del País para espantar Íos puercos ó cochinos.
Je erais bien! Coche, en espagnol classique, signifiait encare la
mCme chose que cochino: a preuve la plaisanterie que Lope de .Vega,
jouant sur le double sens du mot, a mise sous le nom de Maestro
Burguillos (B.A. E., \. XXVIII, p. 345).

A la Virgen de Atocha
En procesión sin coches, que no había,
La corte, en coches cocha,
Más agua daba al campo que pedía ...

D'ou la plaisanterie de Lope de Vega dans El mejor Alcalde el Rey
sur cochero, pris dans le double sens de cocher et de gardien de
cochons.
Et ce mot coche, qui éxistait en fran~ais des le xm· siecle (cf. Littré),
faisait parlie aussi du vieux vocabulaire espagnol (cf. Cuervo, Apuntaciones crit., 5• éd., S 967).
R. J. Cuervo l'a assez mon.lré dans ses Apuntaciones criticas sobre
el lenguaje bogotano, et M. de Toro-Gisbert, nous l'avons vu, nous
document.e encare ace sujet c'est bien souvent que les texles anciens
1

ou meme les textes classiques apportent la justification de mots considérés un peu hiltivement comme particuliers al'Amérique.

Le mot emprestar, daos le Pequeño Larousse ilustrado de M. Miguel
de Toro y Gisbert est qualifié d'americanismo et de « disparate por

prestar. Or Antonio de Guevara l'emploie dans son Menosprecio de
corte (p. w3 et 135 de l'édilion de la Lectura) avec le sens de presta•.
Peut-etre l'auleur, qui était évcque de Mondoñedo depuis plus d'un an
quand parut cet ouvrage (1539), a+il pris le mol daos le langage du
pays: toujours est-il que J. de Santiago y Gómez le cite daos sa Filologia de la lengua gallega (1918), p. u9. Cuervo le signale du reste,
avec le seas contraire, dans Larra et Fernán Caballero; et il reconnail
que, dans le sens de &lt;( preter n, le mot n·a pas disparu de la langue
vulgaire (Apuntaciones) S 59~). L'américanisme n'est done qu'un
yieux. mol bien espagnol. Zerolo, a vrai dire, le marque comme
ancieñ.

•

�,60

BULLETIN HISPANJQUB

BlBLIOGRAPHIE

Mais les écrivains contemporains se chargent ene.ore mieux d'établir la solidarité des idiomes sud-américains avec l'idiome métropolilain. Dans quelle mesure et dans quels cas est-ce un retour, tout
simplement a la métropole? c'esf ce qu'il n'est pas toujours aisé de
déméler.
Le Larousse donne, commc acceplion particuli6re ay. Chili, canon
au sens de alquiler, ce que confirme Anibal Echeverria i Reyes dans
Voces usadas en Chile (Santiago, 1900), p. 141 : « Cánon. - b(arba·
rismo]. - m[asculino]. precio del arrendamiento.» Or Palacio Valdés
.l'emploie ainsi (El cuarto poder, p. 6?) :

Le Larousse signale comme américanisme engestado, qui est omis
daos Zerolo. La comtesse Pardo Bazán l'emploie dans Memorias de
un solterón (p. g) :

Sus títulos indiscutibles al dominio pleno de los Praducos.. y al directo
que poseía sobre el de las Meana:s, con un canon anual de ciento quince
ducados .•.

Est-ce les indianos qui onl rapporté ce mal d' Amérique? Mais Zerolo
le.catalogue comme terme de droit: « for[ense]. lo que se paga en
reconocimiento del dominio directo de algún terreno}).
Si leLarousse donne, comme d'autres lexiques, hipido, pas plus que
Zerolo il ne signale jipido, auquel M. Gonzalo Picón-Febres, dans son
Libro raro, p. 21 l, atlribue un sens un peu difTérent dans le parler
vénézuélien :
Jipido. - Debe de ~er la corrupción de hipido, pero no tiene la mism."a
significación que este. Jipido es fuerte exhalación de aire que se lanza del
pecho por la boca, doblando el labio inferior sobre los dientes respectivos.
Produce uno ast como silbido bajo y sordo, y es frecuente en los hombres
de los campos para aliviar la fatiga en sus más rudas labores, ó en los cami-.
nantes que,se paran un momento a descans~r.

Et c'r,st bien cette plaisa,_nte définition qui convient au jipido que,
dans le méme roman (p. 262), laisse écbapper Pablito aú nion1ent,
nul1ement plaisant 1 oU son rival, le coifTeur, occupé
le raser 1 Ju
ex pose avec quelle facilité il pourrait « con sólo empujar la navaja)&gt;

a

terminer toute cetle histoire.
Daos le méme romaii encore, un rnot qui, d'aprt!s MM. Echeverria
(p., 10) et Picón Febres (p. , 14), a au Chili et au Venezuela le sens de
te muerte)), du reste enregistré aussi, mais comme familier, dans
le Larousse: c'est pelona. Zerolo dit: «Amer[icanismo] C[olombia].
Ramera.&gt;, C'est dans un troisieme sens que Valdés l'a employé (El cuarto
poder, (p. ó65).:

•

Acabas de pasar una pelona .•. pero ya vendrán tiempos mejores. Tras •
~e lo malo siempre viene lo bueno ...
Le contexte indique assez qu'il faut comprendre « une épreuve terrible». Voila done une expression quelque peu argotique qui comporte,
suivanl les pays, Lrois traductions bien différentes !
·

•

... un retrato al óleo, muy duro y mal engestado, de la duquesa ...

M. de Toro-Gisbert a relevé dans La Catedl'al de Blasco lbáñez
·(p. 10 de Nuevos derroteros), el inséré dans le Larousse le substantif
carraSpeo, qu'ignorent Cuesta et Zerolo, mais non carraspear (en
parlant du chat qui ronronne), employé daos le meme roman, p. :u.
M. Picón-Febres signale (p. 76) Je mol avec le sens de "aclarar la
garganta, por ejemplo, después de tomarse un trago de aguardiente 1&gt;,
et cite un passage de l'Espagnol Salvador Rueda, dans Gusanos de luz:
(t Luego (Roque) carraspeó con la garganta no sé qué ecos de moribundo. )) Ce ne serait done pas un américanisme, non plus que
fer6stica, que le larousse marque comme tel, avec le sens de muy
feo, oll l'emploie la comtesse de Pardo Bazán daos le méme roman
(p. 61). Du reste, Cuesta donne le mot comme équivalent de feo.
Daos Afemorias de un solterón, encare, la comtesse Pardo Bazán
applique l'épithete de pericón !, une jeune filie évaporée qui ne se
soucie pas du qu'eo dira-l-on (p. i24). Je vois bien le mot rendu dans
le Larousse, d'accord avec Zerolo par u el que suple por todos en
cualquier cosa 1&gt;; ce n'esl évidemment pas le cas. Perico y est d~nné
comme signifiant au Mexique (&lt; hablador, charlatán n. Nous sommes
plus pres du sens avec M, Picón-Febres, qui déclare que pel'ico « en
sentido familiar, equivale a chiquillo que habla mucho. Es sinónimo
de picorelo ó picotero i1 ; el que picoreto s'applique au « niño medialengua demasiado hablador o chocarrero, pero con mucha· gracia.
Picorelo ... debe de ser corrupción de picoteroii. Nous y sommes 1 il
semble, cette fois.
Tronado ne figure pas dans Zerolo, M. Picón-Febres l'enregistre
(p. 316), saQs doute parce qu"il y voit un vénézuélisme. « Tronado.
Equivale, tantO como arrancado, a muy pobre ó paupérimo. ,i Or,
le díclionoaire de Cuesta donne le mot comme familier au sens de
&lt;t ruiné, sans le sou 11. Cf. Pardo Bazán, Memorias de un solterón,
p. 19:
Raro es también que a la hora del chocolate no aparezca algún conocido
a traerme la chismografía de la ciudad : quién se casa, quién se muere,
quién está lrMado, a quién destinaron a Filipinas ...
Le meme :\l. Picón-Febres, au mot bandearse, déclare (p. 46),
que:
En Venezuela es.manejarse. r Compadre, te.nga usted la bondad de no
meterse de ninguna manera en este asunto, que yo sabré de qué suerle me

bandeo .

�,63

BULLETD BISPANIQOE

Dl8LlOGRAPHIE

Or, c'est bien précisément le sens, et le seul, que donne le diclionnaire del' Académie de 18:u;

del montón dans Los nuevos derroteros del idioma (p. 1, 7); chacha
(p. 391), u nom que les enfants ont couLume de donner a leurs bonnes
ou a leurs nourrices », dit Cuesta; (hacer) cochinetas (p. 399), expression_ enfantine qui va-ul bien une mention, Aucun de ces sens n'est
dans Zerolo.
N'y a-t-il pas lieu d'enregislrer l'acceplion du mot abocar dans ces
deux phrases de Valdés :

Bandearse, v. r. Saberse gobernar 6 ingeniar para mantenerse. Callide
sibi consulere. rebus sais prospicere. commodis sui, prouidere.

Zerolo est conforme. J'y reviendrai.
Indépendamment de cette question du dualismo naissant, apparent
ou réel, entre J'espagnol d'Europe et celui d' Amérique, il est eerlain
que les dépouillements dont M. Toro-Gisberl nous apporleles résultals
dans ses dilférentes publicalions 1 parmi bien des scories enlrainées
par rimitatlon inconsidérée de l'étranger, par un exolisme souvent
puéril, ont ramené au jour bien des termes qui vivaient sans doute
depuis longtemps dans le langage populaire. 11 y a nalurellement
encare beaucoup faire pour mellre le ]exique au point, cela sans
parler des oublis loujours possibles et bien excusables (par exemple
hontanar, qu'emploie Azorín daos ses Lecturas españolas, p. 23, qui
est dans le Dictionnaire de l'Académie de 1812, daos Cuesta, daos
Zerolo, et manque dans le Larousse, qui ne cite que fontaíiar).
Le dépouillement d'un seul roman de Valdés enrichirait sérieusement les lexiques caslillans. M. de Toro-Gisbert lui-meme y trouvera
de guoi augmenter considérablement son Pequeño Larousse ilustrado
(ce n'est pas moi qui le lui apprendrai).
On n'y lrouve pas torga I largar~ ce mol sinistre qui désigne le
supplice infaman! dont l'Acbille de !'Aldea perdida, Nolo de la Braña,
-venge si terriblement son Patrocle, Jaciolo de Fresneda, qui en a
souITert l'horreur el la honle.
Mais voici, daos El cuarto poder, d'autres mots qui m'ont paru
cet égard assez intéressants.
Je n'ai pas lrouvé daos le larousseespagnol rasante, substantif, que
Cuesla rend par te surface, superficie, ligne d'une rue », et Zerolo a
peu pres de meme.

a

a

Cuando en alguna calle había una o más casas de cualquier socio del
saloncillo y ninguna de sus amigos, hacía que el arquitecto municipal
variase la ra,ante, dejándola más baja. (El cuarto poder, p. 3 r8.)
Pas davanlagepegueta (p. 319) el gacha (p. 397), qui désignent un
gibier de plume; ni zurdada (p. 330), mis en ilaliques par Valdés,
et signifiant, d'aprCs le contexte, une maladresse, une grossiereté¡
cruceta (p . 33:J), qui doit etre le nom de quelque confiserie; cursilería
(p. 371), que M. Toro y Gisbert releve du reste parmi les néologismes
1. Le mol esl d'ailleurs dans le Diccionario de Cuesta, mais pas avec le sens spécial
qu'a mis en valeur Palacio Valdés; il esl aussi dans celui de lil. Toro y Gómez, mais
avec reavoi ~ hort:a. Zerolo: Especie de prisión de madera, que se pone en el
pescuezo a los cerdos y otros animales 1,
e(

Hasta entonces no conocía de lal pasión más que el aspecto material y
grosero, las relaciones fugaces y tristes de las mujeres que le abocaban por
la noche en las calles de Londres y París ( El cuarto poder, p. 39) ?
Los que tenían de él agravios, le murmuraban y evitaban su encuentro ...
Lo! que no, se reían de sus exageraciones y le abocaban con gusto, sin
profesarle gran afecto tampoco (ibid., p. 65).
Le sens est &lt;( aborder )) 1 et Cuervo ne le signale point daos son Dice.
de constr. y ,-¿gimen; il n'en donne l'emploi qu'au réciproque et au
réíléchi, ou a l'actif dans le sens d'approcher une chose d'une
autre.
Qu'est-ce que les cuadros disolventes dontparle le meme auleur dans
le meme roman (p. 76), a propos d'un prestidigitateur?
Ne faudrait-il pas, dans les diclionnaires, rendre l'expression barba
de cazo (p. 157)? Et combien d'autres molsa relever 1
Y las más de las noches viene borracho perdido a casa, y le da cada
sopimpa que la deja por muerta ... (p. 114). - Si pudiéramos darle una
sopimpa, sin escándalo, se entiende ... (p. !UI), e - Quieres callarte ... zapa•
laslrona? (p. 131). - Oiga usted, señor majaderano .... (p. 293). - Hay que
advertir que en Sarrió se llamaba a los habitantes de Nieva mazaricos 1
a causa quizá del gran número de pájaros de esle nombre que allí suele
haber (p. 163).
On voit que le vocabulaire des injures daos ce seulrorrian de Palacio
Valdés ne manque pas de nouveauté 1 puisque les lexiques paraissen t

l'ignorer.
Que veutdire exactement calimoso 2 en parlant du semblante de la
mer (p, 174)? Que sont ces tazas de hortelana qu'absorbe D• Pauln
(p. 183)?
Valdés ne craint pas de consacrer un barbarisme comme palosanto
(&amp;I cuarto poder, p. 135).pour palisandro.
Les dictionnaires donnent seulement desvaído: u Dícese del color
apagado• (Larousse) . Valdés emploie 1'infinitif réflécbi :
Los contornos de los árboles y las montañas se desvaían con suavidad
exquisita (p. 397).
J .

C'es\ par ailleurs le nom d'une loca lité de la Galice.

2.

Faul•il lire t:alinoso~

�BULLETIN HISPA:'UQUE

BlBLIOGRAPHIE

Les dictionnaires font généralement l'économie des diminutifs, mais
quand ceux-ci ne sont pas prévus daos les grammaires, il y aurait
peut-~tre lieu de les signaler; lel monina (p. 399).
Voila pour un seul roman de Valdés. L'épreuve n'oflre pas moins
d'intérét si on la tente avec un roman de la comtesse Pardo de Bazán,
dont la langue doiL beaucoup de son expressive saveur a la richesse et
~ la variélé du vocabulaire. Cette épreuve, M. de Toro-Gisbert l'a du
resle tentée avec bonheur. (Nuevos derroteros, p. :;17), avec insolación.
Je l'ai commencée, a son exemple, avec La piedra angular et les Afemorias de un solterón, et je ne doute pas que l'ooil d'un lexicographe
n'arrive a y faire bien d'autres découvertes:

decoro 1 por respelo a nuestros .semejantes; por coquetería, niquis ...
(p. 139).
... el hijo espúreo, el guripa del arroJo ... (p. 169).

... Hasta media docena de ranchos segui□os 1 compuestos sólo de una
planla baja y un desván galero, ó Jayado 1 , como en \1arincda suele decirse.
(La piedra angular, p. So).
. .. A veces paso por la calle l\IaJor, y están allí muy tiesos y muy fonchos
los señores de la Audiencia, el Fiscal, el mismo sellor Presidente ... (p. :wó ).
... las criadas le se1ioriteaba1t a lodo trapo ... (p. ro3).
... las ruines ta!'imas, - donde sólo con vi daba al suefío flaco gergón
mal surtido de poma(*) o paja de maiz seca ... (p. :165).
... la bahía amplia, majestuosa ... poblada de gentiles minuelas, de chalanas, de pesados lanchones .. .' ( p. :J65 ).
... hacía falta un pandole ('), y nadie lo quería ser; todos aspiraban ·at
lucido puesto de asaltan les (p. 37).
... Dichoso\. para quien los objetos sensibles toman forma de ecuación
ó de algorilmio ' ... (p. 189).
... A ver si le moneas3 conmigo ... (p. 60).
... dió vuelta a la villa !1 del gas, y tomando otra vez su reverbero ...

Dans les Memorias de un solterón:
.. termino las operaciones de aseo 1 me pongo a gusto, en IJaUn, y salgo
al comedor... (p. 18)
... propenderá quien lea estos confesiones a suponer que ... soy de corcho
ó de pastaflora ... p. ,5).
- En cambio posee V, unos bijas superiores. - Favor que V. las dispensa - respondió él babándose 1 con el rostro dilatado y tal expresión de
dicha ... (p. 47).
La sociedad se ha puesto terrible, y vds. recelosísimos, lo que se dice
escamones'··· (p. 94).
Su pelo vive en perpetua insurrección: es el m.ambís más rebelde que
conosco ... (p. 76.)
"ltujer, abróchale bien ese cuerpo, que pareces el trai.no ... (p. 138).
De mis reflexiones resulta que' debe uno arrc&gt;glarse por higiene, por
1.

Zerolo le donne, mais non le Larousse.

(*) En italiques dans le texle.
2. Le Laroussedonae seulement algoritmo et algorítmico. Zerolo ajoute algoritmia.
3. Le larouue don ne seulemenl mo11eaJ' comme neutrc, de mCllle que Zerolo
4 Billa, bien enlendu; mais I'acception est asse1 particuliere pour etre nolée.
5. Daru Zerolo, pas dans le Laro11sse.

Sopicaldo (p. 186) esl évidemment du bouillon, mais qu'est-ce que
cette « sabrosa cachacha » (en italiques dans le volume) dont se délecte
le héros du ro man (p. 01),
Estece par «bloc» qu'il faut traduire peñila daos ce passage :
. .. como las sefiorilas que concurren a· la tertulia ... forman su peñita y
demuestran intenciones criminales, conatos de llevarme insensiblemente,
si yo me dejo, camino del ara santa ... me desvío de ellas ... (p. 77)?

Y a-t-il quelque lien entre pitojear ou pijotear, que Cuervo (Apuntaciones crit., § 79,) rapproche l'un de i'autre et pitoche dans l'expression &lt;t no Le importaba un pitoche 1&gt; (p . 103) ?.
Pourjachoso, le Larousse, donne le sens de &lt;I'. porle agraciado)&gt; (de
meme Zerolo), et, au Mexique, celui de 11 fachendoso, jactancioso,
vanidoso &gt;L -Ce.n'est certainement pas dans ce sens, mais dans celui
que le meme dictionnaire a donné ajachudo (amis dans Zerolo), "ridículamente vestido», que le mot est employé p. 110:
Sí, sí, ya sé que estoy muy derrotada y muy fachosa convirtiendo los ojos a su toilette 1 •

contestó ella

Je ero is m'etre aper&lt;;,u, du reste, que l'on confond parfois, eri
Espagoe, fachenda avecjac1ia .
Les dictionnaires prévoient bien l'expression dejar a uno con tantas
narices, con un palmo de narices; le Larousse traduit par « dejar bur•
lado n. Mais l'expression dar un palmo de narices n'est-elle pas l'équivalent de 11 faire un pied de nez »~
)' medió un palmo de narices, poniendo en ·fila las manos delante de su
remangada naricilla ... (p. 134) .
Le geste en Lout cas ne pelfl Blre mieux décrit.
Pitido (p. n), coup de siffiet de la locomotive.

« Caballeros de trusa y garzota. • (p . &gt;4).
Piececín \p. 37), aimable diminutif de "pie".
Atraquina (p. 120)
c1 atr-acón n.
Pescantinas (p. 1n) (?).
Le Diclionnaire de Cuesta et le Larousse connaissent, comme le
Dictionnaire de l'Académie, bandearse, mais non bandearselas:

=

Es extraordinario ... cómo se las bandea esa muchacha. De un cuarto

hace veinte... (p. 6z).
Zerolo :

u

bandearse las uno como pueden.

Si salen con ella un domingo por la tarde, se van parando en todas las
1.

En italiques daus l'imprimé.

�,66

BULLETIN HlSPANlQUZ:

tabernas del camino, dejándola, si se tercia, a la pobrecilla a la puerta, ...
(Palacio Valdés, El cuarto pode;, p. 114).
.
.
.. , declaro que mi honrado propósito era enterarle, si ,e terciaba la
ocasión, cuando me pareciese llegado el momento ... \Pardo Bazán, Memoria! de un solter6n, p, 5&amp;).

Ni le Larousse, ni Zerolo, ni Cuesta ne menlionnent cette expression .
Je me suis laissé entrainer, a l'exemple et a la suite de M. ·de ToroGisbert. Ces quelques coups de filel au hasard ne me le fonl pas
regretter, car je me suis convaincu moi-mCme de ce qu'il y a 3. faire
en lexicographie el des services que peuvent rendre ceux qui travaillent au Dictionnaire de la Jangue hispano-américaine - ne vaut-il
pas mieux dire simplement espagnole? - L'auteur du La_rousse nous
doit et se doit a lúi-mAme de continuer l'reuvre qu'il a entreprise.
Les publications dont je viens de parler ou dont j'avais parlé précédemment, auxquelles il faut ajouler Enmiendas al Diccipnario de la
Academia (Ollendorf, 1909), montrenl qu'il a vraiment les aptitudes
et l'entiatnement n6Cessaires.
11 n'y a pas actuellement de plus grand service a rendre a no•
études que de nous faire un dictionnaire aussi complet que possible.
Sans parler du vocabulaire de Pereda, qu'ont ·essayé de rendre com~
préhensible aux Espagnols eux-memes MM . de Mugica el Huidobro.
coro bien d'autres auteurs nous présentent des nlOts provinciaux ! Que
signifient au juste repijolero, estozolar, juada, besque, paniquesa,
rebolisero, echar el jubo? toutes expressions qui m'ont ten u en
suspens ala leclure de Tierra aragonesa, de G. García Arista y Rivera
(Bibl. Aragonesa, t.11, 1907)?
1
Plus modeste, non moins utile cst la derniBre publication de 1\l. de
Toro y Gishert, La deuxieme année d'espagnol, faisant suite a La premiere année, et basée comme elle tt sur l'acquisition progressive et
parallele des mols et des regles n. Le systeme des lableaux y trouve
sa part, un peu moins tout de méme que dans les tab\eaux Delmas,
et l'on ne craint pas demettre le mot frarn;ais a cOté du mol espagnol.
On a bien décbanté, dans notre enseignement secondaire! OU- est le
temps oU on ne jurait que par la méthode dite directe? A-t-on assez
Lerrorisé les professeurs et expérimenté sur ]es éleves~ Enfin !
G. CIROT.

CHRONIQUE

-...,.,. Comme précédemmenl, des cours de vacances, sous la direction de M. E. Mérimée, auront lieu cette année
Burgos (4 aollt
15 seplembre). Droits d'immatriculation, 5o pesetas. S'adresser a
M. E. Mérirnée, Institut frarn;ais, Marqués de la Ensenada, 1 o, Madrid,
ou a M. Guillermo Roca, secrétaire des cours, Instituto, Burgos.
Des cours de vacances auront également lieu a Madrid, du
g juillet au :;io aoU.t 1921, sous les auspices de la Junta de ampliación
de estudios. S'adresser, pour les renseignements,
M. le Secrétairc
des Cours pour étr~ngers, Centro de estudios históricos, Almagro, 26,
Madrid.
M. Melgar vient d'~lre fail chevalier de la Légion d'honneur.
Ainsi sont reconnus les services qu'il a rendus fl notre pays en éclairant son parti sur les véritables sentiments de D. Jaime, senliments
dénaturés ou dissimulés par des chefs et une prcsse dont la responsabilité etit été grande si la masse des bra,·es gens qu'on vou1ait
entrainer n'avait pas dbs lors éprouvé quelque hésitation. Quant aux
services qu'il a rendus par 13-méme A son pays en disant la vérité, et
en empéchant peut-étre une triste croisade de se produire, c·est d'abord
a ses compatriotes et a son partí de le dire. Que l'Espagne ail eu son
point de vue pendant la guerre, c'était son droit. ll cut été difficile
que ce point de vue co'incidAt tout ~ fait avec le nótre. Elle n'en a
pas moins eu vis~cl-vis de nous une attitude irréprochable, bienveillanté en somme, et, a un momentdonn"é (décembre 1916-février 1917),
véritablement et efficacement conforme a nos intérCts. M. Melgar a
empeché la mauvaise volonté de gagner du terrain dans les milieux
oU il eut jadís tanl d'influence; il a done contribué 3. maintenir la
politique du gouvernement espagnol daos une direction dont l'Espagne n'a qu·a se reliciler de ne pas avoir dévié. Qu'il soit permis,
quelqu'un qui a vu
l'reuvre el
la peine le grand honnete
homme qu·est M. Melgar, de le féliciler de tout ca,nr.

a

a

a

a

a

G. CIROT.

�BULLETl!'i HISPA!UQUE

- La promolion daos l'ordre de la Légion d'honneur, qu'a motivée
le centenaire de l'École des Charles, contient deux noms qui nous
touchent de pres : celui de M. Alfred Morel-Falio et celui de •
M. Augusta Brutails. Ces deúx savants, qui appartiennent l'un et
l'autre a l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, ont re~u la
rosette d 'officier.
·
Ce n'est pas aux lecteurs de cette reme qu'on a besoin d'apprendre
les mérites de M. Morel-Fatio, la ñaturé el la valeur de ses travaux,
son long passé de recherche~. Celle belle vie de labeur, de conscience
et de désintéress~ment est de celles qui ajoutent a la supériorité d'un
pays.
Mais, parmi les litres de M. Morel-Fatio, il en est un qui doit etre
particulierement signalé ici : je veux dire l'appui chaleureux, l'aide
généreuse et fidcle que nos initiatives provinciales n'onl cessé de
trouver aupres_ de ce mailre parisien. 11 s'est intéressé des le début au
ullelin hispanique. ll a pris une large parta sa direction. 11 ra soutenu
et guidé. ll lui a réservé le meilleur de son activité intellcctuelle.
Aux services qu'il nous a prodigués dans le domaine littéraire
correspondent ceux que M. Brutails noús a rendus sur le terrain de
l'archéologie. La rare compétence de celui qui rédigea ce modele du
précis exacl et alerte : Pour comprendre les monumenls de la France,
a été pour nous, elle aussi, une force éminente.
Puisque l'occasion se présente de nons réjouir en famille, rappelons
une distinction qui, pour étre plus ancienne, ·ne nous en est pas moins
chere : la croix de la Légion d'honneur accordée a M. Pierre Imbart
de La Tour, chez qui les talents de l'orateur valent ceux de !'historien.
Cette récompense neressemble en ríen a une atlention prémalurée. Le
titulaire esl, comme MM. Morel-Fatio et Brutails, un ami de la premiare heure. Le Ballelin hispanique, auquel il a maintes fois témoigné
un dévouement .efficace, se reprocherait de ne pas unir dans un meme
sentiment de gratitude ces lrois hommes doñt l'efforl aura été si utile
aux choses d'Espagne.
GEOIIGES

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G. CIROT, secritaire; G. RADET, directeur-gérant.
Bordeanic. -

lmprimeries Gou1ou1Laoo, rue Guiraude, g-1 1.

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L.l RÉD.&amp;CTION: E. ~ÉRlllEE; .l. YOREL-FATIO, P. PARIS

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RADET.

26 mai 1921.

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                  <text>Fundado en 1898, el Bulletin Hispanique está editado por las Presses Universitaires de Bordeaux. La revista, actualmente, se publica dos veces al año e incluye reseñas de libros y una lista de obras recibidas. Los artículos dan cabida al ámbito ibérico e iberoamericano, sin distinción de época, área o método y se publican en francés y español, así como en cualquiera de las lenguas de la península ibérica. Revista indexada: HCERES, ERIH, SCOPUS y WOS-AHCI.</text>
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                <text>Fundado en 1898, el Bulletin Hispanique está editado por las Presses Universitaires de Bordeaux. La revista, actualmente, se publica dos veces al año e incluye reseñas de libros y una lista de obras recibidas. Los artículos dan cabida al ámbito ibérico e iberoamericano, sin distinción de época, área o método y se publican en francés y español, así como en cualquiera de las lenguas de la península ibérica. Revista indexada: HCERES, ERIH, SCOPUS y WOS-AHCI.</text>
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                    <text>��Vol. XXIII.

Avril-Juin 1921

(S uite

1

.)

Si , pour I1itiné raire du comte prisonnier, J'auteur du Ferndn
Gonzdle z et l'interpolaleur de la Chronique se sont inspirés de
tradition s diil'érenles, il est encore deux délails sur lesquels
ils ne sont pa s d 'accord.
D'aprcs le Poeme, délaissé ici par la Chronique générale et
ses dérivés, Fernán González u'était accompagné,
Cirueña ,
que de cinq de ses guerriers, désigués sous le nom de varones,
puis d'escuderos, el lous s 1 e11fuirent quand ils virent qu'ils ne
pouvaient. secourir le comte réfugié dans une er,nila:

a

Tomo Ferran Goor.alez &lt;;inco de su s varones
Todos de buen derecho e ¡;rrandes ynfam;ones,
)luy grrandcs de linage e csfon; ados varones.. . (slr. 583).

Aquestos escuderos que con el conde fueron
Quando a su scnnor accorrcr non pudieron ,
Todos en sus cavallo:, ayna se cojeron ... (slr. 589J.

Or nolre interpolateur dil : « fuit captus et filii eius in
Cirnnia ,, (S ¡ 1): et nous lrouvons plus loin, au S 1 du livre 111,
un rappel tres explicile : « lste Garsias (Tremulosus) cepil
comitem Castelle Ferdinandum Gondissaluez in Cyronia et
filios eius. " Nous avons vu que d'apres les Annales Composlellani le comte fut bien fail prisoanier a-Yee ses fils.
J'ai dil que la Générale et ses dérivés délaissaient ici le
Poeme. En eO'et, aussi bien dans le texte édité par M. Carroll
Marden et par M. Menéndez Pidál (X-i-4) que dans celui du
ms. po,·tugais de Paris (voir plus loin), il est question de cinq
cavaliers, ou chevaliers ( caballerm) , venus avec le comle, et de
i. Cf. Bull. hisp. , 1921, p. 1. P. 10, note 1, l. 1,, a~ lieu d e· «. prCS de Berceo,
dan, le barrio de Berceo 1), lire • do nl fait partie le barrio de Berceo :io .

,tFB., 1V• Sh1s. - Bull. lti,pan., XXIII, 19:u, 2.

6

•

�78

BULLETIN HISPA:,ilQUE

FEll:-IAN GO:'iZALEZ DA:'IS LA CH.1\O:-IIQLE LÉO:'IAlSE

six écuyers (escuclel'os) qui portaient les épécs de celui-ci el des
cinq chcvalict·s. ll faut dire que la strophe 583, ou il est parlé
des cinco varones, qualifiés de grandes ynfwu;ones muy grandes
de linage e esfor~:ados varones est incomplete d'un vers. IL Y
a surement ensuitc une lacune, que le copisle auquel nous
devons le ms. de !'Escorial (le seul auquel nous puissions
rncourir pour ce passage) n'a pas cherché a masquer : sans
explication, ces chevaliers deviennent de simples escudel'OS;
et celui du comte s'étanl approché de la chapelle pour jeler
au comte les épées qu·ils avaienl en mains, tous s'enfuient
sur leurs chevaux :
Fizo su c~cudero a guisa de leal,
Vio vna finicstra en medio del faslial,
Vino poral hermita, metios por el portal,
Echo les sus espadas, que non pudo fer al. (slr. 588.)
Aquestos escuderos que con el conde fueron,
Quando a su sennor acorrer non pudieron,
Todos en sus cavallos ayna se cojeron ... (str. 589.)

U est vrai qu'on retrouve les chevaliers a la slrophe 597 :
Los vassallos del conde dexarle non quisieron ...

Et sur la priere du comte, le roi García consent
donner la liberté :

a leur

Soltolos don Garcia, a Caslyella veniernn ... (str. 599.)

Seul le les du quatrieme vers de la strophe 588 nous avertissait que les chevaliers ont été aveo le comte s'enfermer dans la
chapelle. 11 est clafr que la vérilable version du Poeme, c'est
dans La Chronique générale qu'on la relrouve, et qu'ici il ne
faut pas tenir compte de la leltre des strophes, ou la perle de
quelques vers a amené une confusion. L'opposition entre la
version réelle du Poeme et des rédactions de la Chronique
générale, d'une part, et celle de la.Chronique latine, tient done
surlout a ce fait que dans celle-ci ce ;sont les fils memes de
Fernán González qui partagent son sort.

79

Pas un mot, dans la Chroniquc latine, du comle lombard,
qui Joue un role important dans la délivrance du comte
castillan. Il semble bien qu'il y ait la l'apport toul spécial de
la légende. ~1. Menéndez Pidal a noté (Homenage a Menéndez
Pelayo, t. I, p. 472, n. 2; le rapprochement qui s'irnpose entre
cet épisode et un tout semblable de l'Hernaul de Beaulande;
el le poeme francais parait bien retléter le poeme castillan, en
particulier dans le géant qui y joue le mcme role que le comle
lombard. C'est done sur place qu'il faut chercher !'origine de
l'inLervention du pelerin étranger. Notons qu'il s'agit d'un
pelerin de Saint-J acques, et qu'il vient d'llalie. II a suivi le
chemin le plus direct : il a du venir par Pampelune et Estella
jusqu'a Logrouo, el la prendre la fameuse chaussée, la calzada
qui passe par le Val pirre; mais en roule il a appris la trahison
dont a été victime le noble Castillan, il n'a qu'a se ~étourner
un peu de sa route pour aller le voir ...
Est-il étonnanl que l'idée d'une si romantique visite soit
venue a l'espril d'un poete de cette contrée? Combien de
pelerins arrivanl de l'Est avaienl pris cette chaussée qui les
menait a Burgos, par Nájera et Belorado, laissant a gauche
Clavijo, Castroviejo, Tobia, Cirueña, a droite Bañares, c'esta-dire tous les lieux qui paraissent soit dans le texte latin, soit
dans les textes romans ! Et cette observation ne donne-t-elle
pas au Poeme de Fernán González un trait cssentiel de sa
physionomie,
a savoir le rapport a vec le pelerinage de Compos,
telle? et ce trait ne le rapproche-t-il de nos chansons de geste,
ou l'on sait l'importance du Chemin de SainL-Jacques... ,?
, . Au xu• siecle, c'csl du reste par Roncevaux, Logroiio, Nájera. Sanlo Domingo
de la Calzada el Belorado que passail la roule des pelerins venanlde France. Le Codex
de Saint-Jacques de Compostelle publié par le P. Fila (1884) précise bien cel iliné.
raire, sur lequel voir p. 171 du Pelerinage d'un paysan picard a Saint-Jacques de
Compostetle, par le baron de Bonnault d'Houct, eL la carte. Plus au nord, eL parallelemenl-a la chaussée de Nájera a Santo Domingo de la Calzada, l'Atlas de Coello
(Logroño) marque les vestiges de la Via Aureliana. 11 y a done toujours eu Ht un
grand mouvemenl de voyageurs. ~fail ce qu'il faut noter, c'esl que le chemin de
Compost.elle, le e camino francés, auquel lra,ailla, dil-on, sainl Oominique de la.
Calzada, eal Je- llen entre la Chanson de Rolla ad el le Poeme de Feroán Gonzále~.

�80

BULLETIN HISPA~lQUE

F!R~AN GON1.ALEZ DANS LA CHRONIQUE l,ÉONAISE

Mais ou nous lrou vons une coincidence remarqual!le en lre
la Chronique léonaise et le Poeme, c'est en ce qui concerne
l'héro'inc de l'histoire romanesque que ce dernier contient aux
strophes 576-701.
Cctte héroi:ne, Sancha, a qui sa lante, la reine de Léon,
faitjouer un role inconscient et involontaire dans la trahison
ourdie contre le comte, nous est présentée tres explicitement
et a plusieurs reprises dans le Poeme co~me la srour du roi
de ~avarre García Sánchez :
... o es de mi herma/lo o del moro Almon~or
(Slr. 667 d.)

... por ser ella muger del conde don Fernando,
tener a su hermano cavtyvo e lazrado.
(Slr. 669\.

Le comte voit, dans le roí, son beau-frere, et, quand il le
provoque au milieu de La melée, il l'appelle 11 frere ! » :
El conde orgulloso, de corac;-on lo,;ano,
V~o a su cun11ado en medio de un llano,
Puso se conlra el la lan(.l sobre· mano.
Dixo: e Parla se el campo por nos amos, hermano! •·
(Slr. 694.)

º

a

a

Quant la reine de Léon, qui le Poeme donne le nom
de Teresa (str. 579 b), elle est la sreur de Sancho, pere de
García:
Reina de Lcon, de don Sancho hermana ...
(Sir. 576 J.,.)

De mi donna Teresa a ly el rey Gar{:ia;
Perdi al rey tn padre que yo grand bien queria ..• •

«

(Slr. 5¡9.)

Et la princesse qu"elle a promise au comle est bien sa niece,
Por que finas la guerra le daría su sobrina
(Slr. 577 a.)

Nul doute a cet égard. M. Carroll Marden, dans son index
des noms propres, rectifie : 11 hija del rey D. García de
Navarra, no hermana, como dice el Poema». ll s'en rapporte
évidemment a la Chronique générale (.\.-i-4), qui fait de
Doña Sancha la tille du roí García de Navarre en meme temps

81

que la nicee de Doiía Teresa, laquelle y devient non plus la
sreur de Sancho de Navarre, mais sa fille et la sreur de García.
Il Y a, _eomme on di!. aujourd 'hui, décalage; le lien entre
Teresa et Sancho reste le mcme.
u Mas ante que el conde Fernant Gonvalez se fuesse, fablo con ell
la rey na sobre pleyto de casamiento que! farie dar por su mngier a su

sobrina, fija del rey don García de Navarra . ..
,, A uos don García, rey de Navarra, de mi, donna Teresa, re-vna de
Leon; salut. Bien sauedes uos como nos perdiemos al rey don Sancho
nuestro padre ... » ({·d. Pida!, p. 410 a,3o el b,3; Marden, p. 14o).

Notons la différence. Ici Doiía Teresa parle a García de Ieur
pere Sancho. Dans le Poc,me, elle lui parle de son pere a lui,
com me peut le faire une tan te en parlant a son neveu. La
réflexion de la jeune femme, dans le Poeme, a la vue des
Castillans qui arrivent : &lt;&lt; ce ne peut elre que mon frere ou le
maure Alman~or l 11, est remplacée par ceci dans la Chronique:
· Cuedaron que eran de algara de moros que andauan corriendo et
descubriendo la tierra. (Pida!, p. 415, a, 17; ?!farden, p. 146).
Lorsqu'elle demande l'élargissement de D. García, elle &lt;lit
bien &lt;&lt; mio padrn el rey don García 11. Cependant, quand le
comte provoque celui-ci, il ne le traite ni de beau-frere ni de
'
beau-pere :
El conde Fernand Gony11le:,. quando uro al rey, comenvol a dar
uozes et dixo : 11 rey don Garc;ía, salid aca et parlase por nos amos
esta batalla 11. ( Pida!, p. 4 1 (j a,26 ; rtlarden, p. , 48).

ll semblerait que la -siluation n ·est pas nette, et que le
ehroniqueur en est gené. Il est plus a l'aise quand il fait intervenir les Castillans, qui supplient le comle de rendre le pere
a sa filie, et pour nous montrer les deux nouveau-x époux cómblant d'altentions le roi délivré de ses cha1nes •. Le Poeme
présente ici une lacune, mais le récit doit y etre le meme, avec
la transposition nécessairc : c'est le beau-frere qu'on traite
avec ces égards. Et l'on comprend que, rentré en Navarre, il
,
1. « ... et pedimosuos por merced que dedes al rey don Garcia a su fija donna
!lancha •.. » - « et dalli adelanl fizieroo muchos plazeres el muchos solazes al rey
don García el conde Feroand Gon1,;alez et la condessa don na Sancha, su lija.. ·
(Pida!, p. 416 b, 29 el 43; :\larden, p. 149).
·

�8,

83

BULLETlN HJSPANIQUE

FER;(AN GONZA.LEZ DANS LA CHRONIQUE LÉO:VAISE

se déclare déshonoré lui el ses « omnes onrrados' "· On le
comprendrait moins d'un beau-pere.
Une critique, d'ailleurs purement subjectiYe, nous suggere
que le chroniqueur a corrigé le poeme . Mais pour que! motif?
Nolons que Flórez, dans ses Memorias de las Reynas calh6licas,
donne raison au poete quand il dit que D . Ordoiio Ramírez
épousa Urraca, la filie du comte Fernán González el de sa
femme !'infante de Navarre, Doña Sancha Sánchez, hija del Rey
D. Sancho Abarca'· 11 esl vrai que s'il donne sa source, Sampiro, en ce qui concerne la paternilé de Fernán González, il ne
dit pas ou il a vu que la mere d'Urraca était doiia Sancha
Sánchez 3, Les généalogies du Liber Regum, publiées par lui
en appendice, nommenl bien une Doiía Sancha, filie de
Sancho Abarca; mais elles en fonl la femme du roi Ramiro 4.
La Chronique de San Juan de la Pei,a est d'acord avec elles 5•
Rodrigue de Tolede ne connall pas de Sancha filie de Sancho
Abarca : d'une filie . de celui-ci il fait bien la femme de
Ramiro II, mais il l'appelle Tarasia, cognomine Florentinr, 6•
Tels sont d'ailleurs bien le nom el le surnom de la femme de
Ramiro II dans Sampiro, notre chronique el celle de Luc, qui
a utilisé d'une favon un peu intelligente, il faul le reconnallre 7 ,
l'inlerpolation qui la concerne dans le lexte commun a Sampiro el a ladite chronique 8. Nous reviendrons d'ailleurs sur
ce lle Tarasia.

Le rédacleur de la Générale a done pris sur ]ui de faire de
l'héro'ine du Poemc la filie de García Sáilchez et non de
Sancho. :\l'ais la Chronique de 1344, comrne on peut en juger
pat: le passage que M. Menéndez Pida! en cite dans une ñote
de sa belle étude sur le Romancero de Fernán Gonccílec, persiste
a faire de la jeune femme la smur de Garc[a '· 11 s'agit d'une
addition spéciale a cette chronique, sans équivalenl d'ailleurs
dans le Poeme: le comte voyanl arriver les Castillans les fait
prévenirparun hommequ'ilrencontre, quec'est lui, leurcomte;
qu'il s'esl échappé de sa prison, « e trae consigo por muger la
in fante doíía San cha, hermana del rey don Garvia de "iauarra. ,,
Bien enlendu loul le reste du récil esl d'accord avec ce passage,
e t Sancha y est bien partoul la smur el non la filie de García.

1. Pida 1, p. 417 a, 9; i\tarden, p. 1~9.
2. &lt;&lt; .•. casando al primogenilo Don Ordo,io con la hija del conde Fernan Goa2alez,
y de su muger la infanta de Navarra D01ia Sancha Sanchez, hija del Rey Don Sancho
Abarca. La novia se llamó Doria Urraca, .. , (l. 1, p. 107).
3, Distincte1 bien entendu, selon lui, de la Dn Sanchaqu'épousa Ordo1io 11 (p. 87).

4. • Este rey Sanch Abarca casó con la Reyna Dona Toda 1 e ouo della un tillo et
quatro filias; el filio ouo nombre el rey don Garcia, el tembloso; el de las filias la
una ovo nombre Dona Urraca, la olra dona Sancha . .. Dalia Sancha cai;ó con el rey
Ramiro .•. "(l. l, p. 498).
5. Sauí en ce qu'elle oomme Urraca et non Toda la íemme de Sancho Abarca
(éd. Tomás Ximénez de Embún, p. 35).
6. V, 8 et n. La femme de Sancho Abarca dovieot Thtoda. Zurita (Anales, 1, 11)
reproduit ici Rodrigue, mais semble admettre que la femme de Sancho Abarca était
Urraca (Fernández).
7. e( Adiuuabat his sanctis operis uxor eius Regina Tharasia cognomine Florentina • (Schott, p. 84, l. 33); je corrige d'apÑ.li les ms. Hh g8 de la Bibl. nac. el :i-c-5
de la Bibl. real.
8. • Et Ranimirus qui eral rax milisiimus, ex Tarasia cognomento Florentina
genuit Sanclium et Geloiram n (§ 60).

~o ante q se el conde partiese labio la Reyna con el muy engaúosa
mente como aqlia q le qria muy grant mal por la muerte de su hermano el Rey don Sancho de Nauarra q el conde matara t dixole ansy
conde pase auer de fenir la guerra nfa r; vfa r; de mi hermano el Rey
de nauarra tengo por bie q casedes con mi sobrina la infante doíia
sanchafija del rrey dó séi.cho mi hermano q vos matasles t hermana
del Rey dó gar9ia ... (Bibl. nac. Madrid 1081/i, anc. li-73, folio 137').

Cette parlicularité prend quelque inlérel si l'on se reporte
a la Chronique léonaise. Or si nous admettons la these de
M. Menéndez Pida!, a savoir que la chronique de 13114 a utilisé
un aulre poeme, d'inspiration plus populaire, el de date plus
récente que celui que nous connaissons, nous sommes cond uils a penser que, daos cel aulre poeme, Sancha était bien la
sceur du roi comrne dans le Ferndn Gon:ále, . Quant a la Chron ique générale éditée par Ocampo, de ce qu'en dit M. Menéndez
P ida! dans un aulre endroil de la m&amp;me étude 3, l'idenlilé de
1,

Homenage á Menénde:: Pela.yo, t. 1, p. 436 1 note

1.

11 avait été conduit a la m~me conclusion en ce qui concerne la légende des
lníants de Lara, lelle qu'on la lrouve dans les dC\ll'. ródacliom dislinctes de la
1•• Chronique générale et de la Chronique de 134&amp;.
3. P. 485, a propos du romance 17 (= ¡01 de Dnrán)
El buen conde Fernan Gonzalez
en qua! priaion eslaua,.,
M. Menóndez Pidal a notéd'autre parl(Calálogo dela 11. Bibliotua, p. 83 de la 111 ód.,
p. ,~7 de la 3") que l'auteur de celte réd&lt;1.ction (3•chronique générale) n'a dl.l uliliser
que le sccond tome de la Chronique de 13!14, ,·u qu'on n'y lrouve pas e los episodios
de la historia de Fernán Gonz~lez 6 de -Garci González. caracleríslicos de la Crónica
de 134ti. »
2.

�84

85

ftULL'ITil.'f HISPAl'fTQUE

FERl'fA:'i GONZAJ,EZ DA~S LA CHRONJQl'E J, ÉO~AISE

ccLle rédaclion sur ce point avec le ms. Ese. X-i- 11 peul déja
s'inférer; il en esl bien ainsi en fail :
(I" CCXLVIII) mas el conde don ferran Gon~ale, fablo con la reyna

vigado docode seo miidasse chamar afa]a c6 pouca gente t" hy
opndesse. Aelrrey de nauarra prouue deste egano. Eenuyou se')
rbaxadores aocode do ferna gl'z sobre elo. Ele rrespondeo q lbe p"'zia.
r: tomou. v. caualeyros e mulas desarmados r. fl?ysse ao clia q era
cócertado ·antre eles. Elrrey veeo c6 .A.XX.V. caualeyros acaualo
armados. Quado ocücle vyo q elrrey lhe metyra disse. e maao dia
nac~· poys me ha eganado, Lodoo müdo deuya ssenlyr ta g- nde tray~a.
Eu meesmo me Yrndy ffi:rndo ¡; xpanos. Agora cay no ij me disse o
muge sam paayo. !1º f' ffym nti veen.do out~ rremedio meteosse e hila
h'mida. os cscudeiros q cO ele vijnha ij era seys. auydo seu cclsselho
deJiberarO de hüu deles tornar có as espadas q lcllaua e Cio I demudado. Eos oul~s deo far.ere saber aos castelaaos. \'sto fcc6 elrrey de
nauarra cübalyá ocOde rryjamete. asna deffesa no lhe prestaua. ca
era poucos t" desarmados. t" ouuesse adar. cO tal couee&lt;;:a qo no
malaria nP aos se•J. Dize q esta p~itesya fez elrrey de nauarra, por q
vyo fugir os rscudeyros do cúde. r; cuydou q tijnha p'to algüa gete.
dS amostrou aly seu mylagre auorreyedo aqle maao egano. cao altar
dajg...ia se p'"'tyo p meo. t" ctize q assy esta. O códe foy metido e g·ndes
ferros. r: leuado ahuu castelo chamado castro velho. oc6de disse
aclrrey. q n6 auya por q leer p_sos os se9. Ca por ele ssoo aueria
q . .ntos auya e castela.

doña Teresa maélre del rey don Sancho antes que se fuesse sobrcl
fecho de su casamienlo / ca esa doña Teresa embio por el: t dixol
q le faria dar por muger a su sobrina doña Sancha hija del re)' don
Garcia de Na,•arra que dizien por sobre nombre Abarca ..•
, •. A vos do Garcia rey d' Nauarra d' mi doña Teresa la reyna vieja
de Leo salud como a hermano q mucho amo. Bie sabedes vos como
p.dimos al rey don Sancho uro padre.

Dans la rédaclion que suil Menéndez Pelayo (Obras de Lope
.de Vega, t. VII), Doiia Sancha esl également « fija del rey
don Garcia de Navarra n.
La Chronique de 1344 se distingue done ici par sa fidélité
au Poeme, ou plulól aux deux Poemes.
Quanl a la version portugaise dont le manuscrit de la
Bibliolheque nalionale de Paris nous donnc une des 1·édactioas, elle fail bien de D• Sancha la filie de D. Sancho el la
sceur de D. Garcia, comme la Chronique de 1344.
En voici le lexte pour la partie correspondanle aux chapitres ¡09-7 16 de la Chronique générale éditée par M. Menéndez
Pida! dans la Nueva Biblioleca de autores espa,ioles.
(Fol. 95') C• TTT. llyndo o conde Jlª burgos chegoulhe rrecado
delrrey do sancho de leon q fosse a suas cortes. Ele !he rrespondeo
queo fa ria e dhy alres dias q chegou a burgos p-ljo' pala pedindo ads
qo tirasse da p'ma rlos leoneses. El rrey dó sa~cho sayo arre&lt;;eber
oconde onrradamete. Aarraynha no p_.zia cü ele. porij matara seu
jrmado Elrrey dñ sancho de na1Larra. DespO)'S q acabar6 as cortes
Elrrey se cOlenlou muyto de hüu a&lt;;or r;: de huu caualo do cOde,
E disselhe ijlhos vendesse. OcOde se escusou ofTere&lt;;Cdolhos g -ciosamete. Elrréy no q;s. mas lodauya oafficou Qlhos vendesse; nü · se
podendo acode éscusar disse cjlhp p-zia. cü lal cüdic;a. q selhe. no

desse op~o acerlo dia q dhy adiale oadadia se dol&gt;rasse. Elrrey lhe
deu myl m-cos de p-ta co aqle codi(ii. dandolhe delo g"ndes firmezas.
Acabado ysto pMtiosse oconde . .po ante q p.,tisse falou ·arrª cO ele
di1.edolhe q por sseer tyrada a discordia dantre nauarra r: castela.
aela p"'zeria q casasse có sua sobinl,a (fol. 96) jilha delrrey dó sancho
de nauarra q ele matara. Ocóde lho outorgou. Arrª fez saber ysto
aseu sob'nho elrrey de nauarra. ooteflcandolbe q p aqiuy podia sseer
1.

parlio,

C. Tff l. Os castela~os sabida ap;sam do cOde. pesoulhes como
era rrazó por !1da de tal senhor. EajütarOsse os nobres t" fidalgos,
e det'minarO p cósclho &lt;lr hllu. ~º laynlio q era onrr_ado canaleyro
de fazere hila ymage de pedra e semellü'i\'a do c6de. e qa posessen
e hüu carro. z: oO abandeyra de castela na maao. r: ·q ag.,rdasse aijla
, . trajo (nHemenJ)-

1

�86

BULLETI'i" HTSPANJQUE

ymagc como farifi a seu senhor oc6de. r: q todos morresse ou otirassc
de tsan. Esta ymage foy feíta se muyta tarda,;a. Eajutarasse os
castelaaos todos de hiiu cora&lt;;6 pa fazere oij auyñ det'minado. Emosto 1
dS que no l;rn esqueecido dos seJ f'uydores . nébrousse do c6de dii
ferna gl'z r; rneteo e cora&lt;;O abüu cüde de lübardia q vijnha faz' sua
rromaria asanlyago q fosse ueer oc5de q estaua pto de sen camynho.
t lato rrogou r; deu aos porteyros q lho leixar6 veer. doq"'I ele foy mu~
c5tente asy de sua psern;a como de sua fala. Despoys foy acode de
lornbardia veer ajflanle jrmtia delrrey áe naua,-ra. r; culpoua muyto
por qo mylhor home despanha era pso por causa dela e ¡¡ Il Lodoo
müdo atijnha por molh' desauetiuada por este feyto. t qa l~uuaria
muyto se ela t'"balhasse deo tyrar da p;sam. tcj aueria g·nde merecimelo
ant~ dS. por qo códe do fema gl'z era destruydor dos jnf1ees t acrecCtador da ífe catolica. t q ela no podia seer cO out• home mays
onrradamete· casada por suas v;tudes e por sua valenlia. Passada
esta fala. foysse acode de lombardia. ajlfante no !he esquee,;eo oq
lhe ele dif'a. Eenuyou hiia sua dona a veer ocóde ferna gl'z. t cotarlhe
ai'jlas causas¡¡ lhe díf'a acode de lonbardia . Adona tornou aajlfanle
ca rreposta do code oq'l !he dísseq aela soomete ecarregaua ho(fol. 9Gº)
feyto de sua p'sam. Ca se no fora por casar com ela ele n5 fora preso,
e q ela opodía hem liurar. e q !he ['ya por elo semp abrigado. Adona
dísse aajlfanle i'jo fosse veer. Ela fezeo e disselhe q !he pesaua m1Jylo
de sua p'sam por seer achaque· dela. Pero i'jo quería tirar daly ca
juramcto q casasse c6 ela. oconde dise q !he p'zia . Elogo jurara
ambos de casare víjnda anoyle. Ajlfante foy onde oconde estaua preso
i filhoo pela maao. e disselhe q se fossen t forOsse fora conr' castela .
Oconde hya e Cerros e no podía ben andar. Eajlfante ho 'ajudaua. ·
E asy andarom ataa q amanheeoeo e c5 rreoeo .de no sseere descubertos f6rose meter e hüm mato. e jazendo aly. hüu creligo de
nauarra q andaua aacac;a. veeolhe ho ac;or c5 aperdiz onde estaua
6conde 2 • Evyoo e ajfTante e conhec;eos t disselhes. Treedores nO uos
poderees hyr. q eu uos leuarey aelrrey de nauarra. Oconde !he disse
qo no fezesse e q !he darya e caslela hua cídade. ho crelygo n(i curou
dysso. po p'so da fremosura da jffante. disse q sseo leixasse fnzer sua
vootade ca ela que os leixaria hyr. Oconde no querya. Ajlfante veedo
Sic (le premier o parait avoi r élé íait sur un y): moslro?
Dans le PoCme et la Chronique généralc (texte Marden-Pidal), ce sont Jes
chiens busels (podencos) de l'archiprétre qui condulsent celui4Ci dans le fourrJ ol,
se lrouvent les fugitifs. L'emploi de l'aulour pour la chasse a la pcrdrix 8 peu pr6s
exclusivementest al testé par un texte de Pedro Lópcz de Ayala que cite M. Menéndez
Pida! au t. 11 Qu Cantar de mia Cid, p. 429; et le mCme passage nous apprend que te
plus grand nombre et les mellleurs de ces oiseaux 3. l'élat sauvagc se preoaient
ce en una villa fronlcra de Na,·arra que llaman San La Cruz de Canpe¡;o i), au nord de
l..og-rorio el de la sierra de Codes. Pcut-etre avons-nous 13. pai· conséquent un trait.
bien local. Cf. une note de M. Pitollet dans Je Bull. /iisp., 1902, p. 158, sur le casque
l'on fai~ail des arlll)re1. Plus loin on voil que le comte prend a l'archiprCtre Je sien,
1.

2 .

FERNAN GONZALEZ nAiS U. CITRQ:'\'IQUE LÉO"iAISE

nne~essidade e que era pastos. disse ¡¡ era mylhor de jejüare a((le
pecado que auerem de morrer. e alongousse hiiu pouco do co~de .
oc reliao lnnc;on os brac;os e ela. Ajffante filhouo c6 arnbalas maaos.
di zed; treedor oque cuydas n6 sse fara 1 • t chamou oconde q lhe
acorressc. Oconde veeo e l)'rou ocuylelo do creligo ~ e degolouo.
r: tomou asua mula e os vestidos ¡:; oa&lt;;or3. Vijda anoyte caualgou
njffante na mula. e oconde &lt;letras. e forOsse caminho de castela.
t como foy dia mcler6sse antre huas aruores espessas. Edepoys
q veeo anoyle comeQarO andar r; amanhcec;eolhes C hüu escarpado .
t por tato no leixarO de andar. Ehyndo assy auCdo pouco pass~do
do dia. ryrO vijr abandcyra de castela co os castelaaos q auya ~art1d_o
de belfnrado. Ajlfante qa vyo p'meyro disseº ao corle. g q no sabia
se era de almdyor ou delrrey seu jrmaii.o. nó podendo conhecer
abandeyra desuyar5sse do caminho. Tanto se chegou abandeyra
qo conde conheoeo q era asua. f; disse aajffantc. Senhora esles
sson me') vassalos q me vee buscar. t todos sson vossos assy como
me'), Ela foy muy leda t teueo e merece adS. Oconde vyo hü.u home.
r. clissclhe q fossc aaqla gente q parecía r; q lhes disesse como ele bya
na eles. Os castclaaos foro sobeiamete ledos e foronsse !lªº conde.
;1u yf'onlhe beysar as malios t os pees. Ele disse qo no fezesse~ aelc.
masaajffanle por qo líuarara de marte. Eles asy ho fezercl . d1zen~o
vos ssooes nossa senhora . Ca uos nos auees tyrados de seruydooe
da ndonos nosso senhor q auyamos pdido. Dhy se for6 abelfurado
q era op;meºyro lugar de castela q p"'lya cO nauarra. hy tirar6 os
renos ao cOde t partiróse !lª burgos onde foro c5 g-nde p-zer t honrra
rrecibldos. hoconde e ajffante deceron na ssee dando g'"'c;as ads
r; aasua be aueturada madre. Dhy apouco fez oconde festa de seu
casaméto cO ajfTante dona sancha honrradamete segundo fazºse
deuya.
1. Celle scabreuse scene comporte ici moins de détails que daos le
Pol'mC'
el le texle\~Jardcn-Pidal. Si J'infanle s'y résigne 11ussi facilcment U fairc p_énilence
pou r le péché, elle ne \'ª pas jusqu'it confkr au comle 1!1 iarJe des ,·~lPmenl~
de l'archiprélr&lt;'. Le Poeme représenlc-L-il une amplificatmn de _cet ép1sod_r. si
franchcmenl pic'arNque, ou la version c.i-dcssus cst-clle au conlrure une t'-d1tion
e,:purgée?
2, Cf. Yenéndez Pida!, /lomenage a .Mcnénde:.: "Pelayo, t. r, Jl, !173, n. 1. Dans le
PoC'me. rien n'indique que l'archipretre ait été égorgé a\'CC son propre cou\C'au:
El conde a fa due1ia non podia ayudar,
Ca tenia grrandes !yerros e aon podia andar,
(Su) cuchyello en la mano º''º a ella llegar,
Ovyeron le entrramos al traydor malar. (str. ú5o.)
Su, en admaLlant qu'il ne 5oit pa,, comme propose M. Carroll Mard~n, a relranch cr, ne peut se rapporter q u'au comte. :\1ais dans ~a Chronique1 le--.:te P1dal-'1anlcn,
H y a (ti lego el conde con el su cuchiello del\ arc;;1prcste en la mano, e mala ron le
all i amos a dos)).
•
3. Le rns. X-i-4 ne mentionne pas le; v(:tements, ala difft'rence du PoCme (str. ú:i r):
La mula e los pannos e el mudado a1;or. _

�88

a

Toute cette fin diOere la fois du texte de Pidal (c'est--a-dire
celui de la Nueva Bibl. de Aut. &amp;p.) etde la Chronique de 1344,
au moins quant la lettre (cf. Pida1, Romancero de Fernáll González, p. 476, note). Suivent tes ch. fil. 11 et fíI 111, peu pres
équivalents, respectivement, aux ch. 714 (avec la variante tre,
TM1e, au lieu de trecr 1M1e1) et 715, mais avec cette dift'érence
que D" Sancha parle de D. García comme de son frere:
A condena dona Sancha aueclo g-nde.pesar da p;son de#Ujrmaao
q estaua pso. fallou co os castellaios dizedolhes assy. Amigos bé
sabedes como saqy da p;son ooode vosso seohor e queeo tijnha meu
jrmaao el r!:.~ do g-cia. por q oj~ ~ji dia té de my g-nde qrella. ca
te q por my lhe veo este mal e ~ OJe esta. Eagora oc()nde he muy
hyrado cotra my e no me qr dar ·meu jrmaao ne osacar da p;son.
Por q uos rrogo q uos sejades ta mesurados q uos rroguedes oconde.
e ajades oo elle q me de meu (pi. 97•) jrmaao e eu -euerey q uo1
g-decer semp...
·

a

a

Le chapitre s'arrete sur -les mots : 11 ••• Elrrey dó g-cia
depoys q chegou aseo rreyno foysse pa ca8lella •, ou il faut
lire e,~Ua (cf. texte de Pidal, p. 417, l. 6. Le cbapitre llil. 1111
équiva~t au 715 de Pidal : il manque la phrase « assi como el
agoila fambrienta. en la caca quando se quiere cebar 11. Le
suivaot, la fin· du 714 et au 716 (burueda pour b~rueua; Vul
perrij pour ool pirri) peu pres exactement:
e qif'a .leuar acodessa dona Sancba sea pod'a au' p algüe maneyra
r: eslo por faz' ao conde mayor desonnra. mas g-dous,e ella muy
ben de tal cousa r: no quys sayr a elle ne veello

a

8g

FSBl'CA'..'I 001'ZALEZ D,US LA CBR01'JQUII LÉOJIIAll;I

8ULl,IITDI Bl8P4JIIIQUI

a

Mais au lieu de la transition qui termine daos le texte de
Pidal le récil de la bataille entre Fernán González et D. Sancho
de Navarre e&lt; agora dexamos ... •, nous trouvons l'équivalent ·
de ce que donnent la Chronique de 1344 et celle d'Arredondo
( cf. Carroll Marden, P. de F. G., p. 109, n.· 23):
.•• r: oconde do fernii gl'z lhe deu e esta lide hüaferida de q despoya
morreo.

•• •
Vu la diffusion de la Chronique dile de 1344 avant l'apparition de celle que pul:ilia Oca~po, on · doit s'attendre voir
qualifier Do~a Sancba de 1reur du roi García daos les textes
· antérieurs a cettc apparitioo.

a

Tel est bien en ell'et le cas pour le Valerio de l(!8 historias
ucoláalica, de Diego Rodríguez de Almella, qui ful imprimé
en d87 .et eut tant de vogue peodant un siecle 1• Dans l'édition de 1541, contemporaine de l~ publicaliqn d'Ocampo,
nous lisons au l. VI, litre Vil, 1« de la fe que las mugeres guardaron .a sus maridos ll, chap. III:
En el titulo del amor q ea entre el marido e la muger ea dicho de
como la codessa doña Sancba muger del conde don Fernao Gom;alez
de Castilla guardo e ouo gran fe al sonde su marido en dos grandes
peligros que ella se poso por amor del ; ~ lo libro de priaion e muerte
en ij estaua. El vno fue quando J?.Or ,u hermano el Rey don García de
naaarra estaua preso/ lo fue eJ\a a'ver al castillo. El otro peligro fue
quiido lo libro de la prision "dei réy don Sancho d' leon e quedo ella
enla carcel, y el code aalio con sus paños della vestido.
Et au l. IX, lit_- I, cbap. IV (fol. LXXVIII):
Estando preso el conde feroan gonc;alez d' Castilla en poder d'I rey
don Garcia 4e oauarra en vn castillo llamado castro viejo. Uiendo la
infanta doña sancha hermana del dicho rey don· García como su
hermano auia preso a mala verdad al conde don fernan gonc¡alez ...

a

P}usieurs des historiens qui ont écrit postérieurement la
publicatioo de la Chronique générale par Ocampo, c'est-a-dire
a· l'anoée 15·41, ont naturellement suivi la version qu'ils
y trouvaieot au sujet de Sancha. Vassée, en 1552 •, précise .
bien:•
Tarasia Regina Legionensis, Saoctii Aiaarcae Regia Náuarrae
ftlia, capitali odio in Comitem Castellae incensa... persuasit illi,
vt Sancliam Garsiae Tremu.lijiliam, n.epl.em ipsi,u exfratre, uxorem
duceret. .•
De méme Julián del Castillo, dans son lli.storia de los Reyes
godo, que vinieron de la Scythia d'Europa, etc~, publiée en 1624,
par son fils Fray Gerónirno de Castro y Castillo (p. 173) :

Despues desto, la Reyna doña Teresa, que desamaua-de muerte al
Conde Fernan GonQ&amp;lez, le habló un día, y le dixo, q le baria dar
por muger a doña Sancha su sobrina hija del Rey don García de

Nauarra .••
1. Voir moo liffe Les iu,tou:n généralea d'&amp;pagn,, p. 16-18.
2. Dans Reale, t. 1, p. 6oo-6o1. Volr, sur Vauée, Le, 1",toiru générale1 d'&amp;pagne,
p. 158-168, et rarticle reclillcalií de~- ·Amalio Huarle Echcnique dana la Reti;.la da

an:1u-.

1920.

�91
()O

ftl't.u:n:-.

Hl~l'A'ilQl Y.

Comme on sait, ce sont la des écrivains sans beaucoup
cfautorité ni d'esprit critique. Si nous passons aux grands historiens, nous vo)·ons que ni cerlains délails ni meme l'ensemble du récit de la Générale ne leur ont paru insou'pronnables. Zurita n'est a mentionner ici que pour mémoire : il passe
rapidement sur les premiers roi-- de :'\avarre (Anales I, 11 ), son
sujel étant l'hisloire de l'Aragon; el, pas plus que Rodrigue,
qu'il cite a ce sujet, il ne parle de Doiía Sancha ni de ses aventures. )1ais déja Garibay, dans son C:ompenilio (1571), lout en
résumanl, d 'aillcurs sans la premlre pour son complc, !'aventure du comle el de doi1a Sancha (X, ro; t. 1, p . 529), relevait
l'erreur de la Générale en ce qui concerne les liens de parenlé
de la pri ncesse avec Doi1a Teresa el Don García; malheureusement sa correcliou se complique d'une erreur plus grave,
oii l'a entrainé sa chl'Onologie tres défcctueuse, et qui consiste
a dédoubler les rois de Navarre D. Sancho Abarca el son fils
don García Sánchez, en donnt1nl a celui-ci comme successeurs
un D. Sancho, puis un D. García qui serail celui que l'histoire
désigne ¡lar le surnom de el T1·111bloso • :
. .. refieren mas, que la Reyna doña Theresa, mudrecl'el Rey (O. Sancho) ... trató cautelosamenle casamiento en el aiío de nueuecientos y
lreJnta y dos, segun la comun opinion, con el conde para con la
infanta Doña Sancha .rn hermana, que la chronica General llama
sobrina, deliendo ser hija de Don Garcia el Tembloso Rey de ~¡marra.
El engaño que en esto recibieron los copiladores de aquella chronica,
y como la infanta üoña Sancha era hija d'el Rey Don Suncho Abarca,
y hermana d'e/ Rey Don Garci ::iancltez, y no d'el Rey l)on Garcia el
Tembloso, queda declarado en la historia del Rey do Sancho el Gordo,
y manifestar se ha mas, Dio!:i mediante, en la historia de ~auarra,
donde se ,·crú claro el daiío, que hasta agora han tenido lodos los
1. On vcrra aux chapitrcs \ 11-\1 '\ du lh ro :\ Xll du Compcmtio les ra1!ons alléguées par r.aríh11y en favcur de celtc nnu,cauté.
Voici ea chrouologie pour les rois J e :'iavorre de colle périodo :

1,;ra

ABOÓC,

:-ancho \barca . . . llCCCCX\.\IX,
Garei Saneht: . . • • DCCCCLV/11. ,
Sm,rho . . • . . .

ºº'
920
96/1
!193

,\H'IT • • . • •

&lt;,arela el T cmbloao, ,t'.\:\. XI • ,
M'\X\VIII.
Sancho el :llayor •
Garci Sanchez . • • :IILX\11 •. , •

J

·ººº

r.o3~

auctores, oluidando en la successiun su~a dos l\cJes de ~auarra, que
en su deuido Jugar maniícsLará nuestra chronica (l. X., cap. X; l. I,

p. 5:.19).
En effet, au ch. \.XX.lll du livre lX., oil il traite de D. Sancho
el Gol'do, il relate une premicre fob l'histoire de Doria Sancha,
que mucho5 !&gt;in fu111lamento alguno clizen ser hija d'el Rey Don
Garcia el Tembloso, cre~·Mo ser hermano de la Reyna Doña Theresa,
siendo en effecto el Hey Don Garcia y (sic) Tembloso visnielo d'el Hey
Oon Sancho Abarca, padre &lt;festa lle) na. I::sta infanta Doña Sancha
antes era hermana de la mesma Heyna, hija d'el Rey üon Sancho
Abarca ... (p. 466).
Ambrosio de Morales, qui loue Garibay d'avoir manifesté
de la méfiancc pour les « cuentos de guerras ) - prisiones del
Conde Fernán Goniález 11, ne prend memc pas la peine de
chcrcher ce qu'était en réalité l'héro'ine :
Y Garibay notó muy bien muchas destas cosas desconcertadas y
sin buen tino. Por esto lo dex.o • todo : quien !uniere gusto de leerlo,
en la Corónica General que anda impressa lo hallará, y en otros libros
harto comunes, y públicos sacados della. Todavía quiero poner un
exemplo, para que se parezca mi justa queja en tener mucho de
aquello por mezclado con f:'ibulas, siendo verdadero. Es verdad que
ol l\ey de Navarra prendió al Conde Fornan Gonzalcz y a sus hijos,
porque asi se halla en los Anales Compostelano:;, añadiendo que
habiéndolos prendido en Aronia los mandó lleuar a Pamplona. Esto
dicen aquellos A.nales sucedió el aito de muestro Redentor novecientos
y sesenta, señalado allí por la Era novecientos y noventa y ocho.
Prosigue la Corónica General tales particularidades en la manera de
soltarse el Conde, y voherse a Castilla, que con poca advertencia se
verá el poco concierto y menos rnrisimilitud que en ellas hay. En el
hecho hay estas faltas, epues quantas mas hay en el tiempo, y en las
personas y en los lugares? El que lo prendió, dice, fué el l:\ey Oon
García .\barca. La que lo hizo prender con mal engaño Ooita Teresa,
madre del Rey Don Sancho el Gordo, y hermana del Rey Don García
Abarca. Y todo esto dice sucedió el año de muestro Hedentor novecientos y veinte y ocho. Sin todo esto no han de faltar milagros espantosos, oirse una rnz en el ayre, sin decirse lo que dh.o , )' henderse la
Ermita con su altar por medio, y parar todo en una gran blasfemia
del Conde (Coró11ica general de España, l. XVI, cap. X\:XIY, t. VIII,
p. :.173 de l'édilion Cano).
,. L'éJllion de O. Cano acccnlue de.rú, Je croi~ qu' il faul tire ihro.

�RL'LLl::rJ \

fflSPA'.'tlQUE

Le Hvrc ou Morales, précur.,eur en bien des points ele l'hypercrítique Masdeu, reiette ainsi.. comme une indin-ne lén-endc
"
e,
~
'
le récit de la Généralc, n'a paru qu·en 1386. ,\ ce momenl. le
/Jt' rebu~ llis¡&gt;wtiae de ~1ariana, dont les vingl premiers livres
furcnt imprirnés en 15!)2, élait déja rédigé, et si l'auleur a
marqué « Ambrosius de ~forales ,, sur la liste de ses sources 1
c·cst que ce dernier arnil publié ses sepl premier~ lines'
anlérieurernenl: aussi ne s'csl-il pas an·eté a consirlél'er la
vraisemblancc de l'épisode et sa critique rclarde-t-clle sur
celle de son prédécesseur: on sail du reste qu'il lranscrivait plus de chosc~ qu'il n·e11 croyail ,. 11 corrige · pourtanl le récit de la Générale sur le poinl qui JIOUS occupc :
pour lui Doila Sancha e~l la sa:ur de Doi1a Terc~a ;,¡ du' roi
García:
Praeterca Tlicrnsiac viduac l\t•ginac aslu, cum palris ,·lciscendi
cnpiditate ae~luarel, !'.iandia cin~ surur Co111iti pacta esl: \'rraca
comitis uxor dcfuncta eral. Sancl ia apurl G.irtiiam jralrem \'asconum
Rcgem ... (\'fll, 7.)
Aillcurs (\'Ill, 'i), il compte Teresa el Sauclia parmi les
filles de Sancho Abarca. Heman¡uons en oulrc qu'il place
les fails en !)58-939, et non pasen 927-928, comme la Géuérale.
L'édition de 162í traduit fidelemenl le Iatin:
Demas dcslo, por astucia de la H.eyna viuda doiia Teresa, que
deseaua vengar la muerte de su padre, se concertó que doña Sancha
su hermana casasse con el conde. La 1¡ual esla,a en poder de don
Garcia hermano de las dos, Hey de Navarra: era ya doña Vrraca
muerta, la primera muger del Conde.
Je citerai également le Caifílogo real y genealógico de Espwia,
de Hodrigo i\Iéndcz Silva, paru pour la seconde fois en 1656,
non pas que l'auteur fasse preuve loujours de bon sens, puisqu'il énumcre sans la moindre inquiéludc les rois d'Annius,
mah: parce que lui aussi, faisant allusion au comte Fernán
, . \ oir mo11 .llariana lúllQritn, p. 13¡ el 6~\1, . !bid., p . 296 11 tlil e11corc ailleuro, préci,émont
la fin du lh re VJII, oti il a
raco~1lé le~ avcnt.ure, de Fernún González, de son fil, el de Sancho el .lfay,,r; • Tragrrd,a, scr,~rc ,·,dcor ,';:fabulas: •cd ipsis llispaolac bi,toriis 110n qua si commentilia
s~ tac.ta emsdem gcoerl_s mulla meruoria- suol commendala. no, fidc111 nequc
ad1ung11nus, oo,¡uedclnlumus: quam r11_s merelur eit ,e lectores slaluanl "• {éd. 1591,
p. 398).

a

Gonz,ílez « que murio en Burgos año 9¡0 &gt;, ·parle de sa
seconde femme, doña Sancha,
exemplo de lealtad, ·' amor a los casados, digna de mayores encomios, que Mico!, esposa de David; lsicratea. de Milridales: Sulpicia.
de Lenlulo; y Cornelia, del gran Pompe~o; Era infanta de :\arnrra.
hija legitima del Re)· Don Sancho Abarca (p. 45;.
Pour clol'e cet exposé, qu'on pourrail allonger indéfiniment,
mais sans autre utilité que celle de nous fournir ~faulrcs
échantillons &lt;le la critique des historiens de l'Espagne depuis les
lemps les plus reculés jusqu·a nos joul's, disoni- que Lafuente,
qui rejelle en note et ne relate que pour mémoire les aventures
de Fernán Gonzálcz, fait également de Doi1a Sancha la sccur
de Doña Teresa et la fille de Sancho Abarca (parte 11, libro 1,
ch. XYI, t. 11, p. 270 de l'éd. en 15 tomes, 1861), el que
,\ (. Fernández de Béthencourl, qui ne rclient de l'aílaire ele
Cirueña que· ce qu·en disenl les ,111nales Compuslellani (l. 1,
p. 346), esl du jmemc avis en ce qui concer~e Doi,a Sancha
(t. 1, p. 352-3 el ,'1181: sur ces deux points, il n'a fait que se
conformer a la réservc el a l'érudilion éprouvée de Salazar ~Castro (Casa de l"ra, t. I, p . 4!)).

.. •.
Que diseul les romances: Dans le nn ¡o r de Durán, El buen
conde p,.,.,um Gonrale: en cruel prision eslaua. du au r:almllcro
r:e.wíreo (, 566), l'héro'ine, nalurellemPnl, remarque ~l. Menéndez
PidáJ 1 , esl la .filie, comme dans la Chronique ( entendons la
Chronique édilée par Ocampo), et non la sreur, comme dans
le Pocme. c·esl également hija que disenl les romances ¡02 de
Durán \ En prision eslaua el conde, du au mcme caballero
Ces,íreo (1566), el 698, Haciendo estaba w1asferias 3 , de Fuentes
(, 550); ceux de Sánchez Burguillos, reproduits par M. :Menéndez Pida!\ et suremenl aussi postéricurs a r 5 'ir, puisque
l'auleur, né en 15r2, suil pas a pas la Chronique 3. Quant au
1, llomeM!fe ,; .Utné11,lt: l'tl,,yo. L. I, p. 4115,
,. /bid., n• 18.
3. /bid., n' 11.
\. !bid. , n., 2:i et,@.
o. Ibid.;p. 48jj.

Bu//. hilpan.

11• 1;.

'i

�BULLETIN HISPANIQUE

romance 700 de Durán 1 , Preso eslá Fernan Gonralez, el gran
conde de Castilla, que M. Menéndez Pidal estime inspiré par

l'Estoria del noble caballero el Conde Fernan Gonzalez, con la
muerte de los siete infantes de Lara, parue trente ans avant la

I1EDllO MEXL\, CHRONIS'l1.E DE CHARLES-QUINT

Chronique générale, il n'y est question ni de tille ni de sreur,
mais d'in.Janla; de meme que dans le nº 706 •, Preso está
Feman Gonralez el buen Conde castellano, inspiré la meme
source et consacré a l'emprisonnement du comte par le roi
de Léon, Sancho Ordoí1ez, la fidele épouse n'est désignée que
par le mot de condesa; de sorte que ces deux romances, manifestement plus anciens, et remontant indirectement
la
Chronique de 13H 3, ne décident rien.
En somme, aucun ne présente Doña Sancha comme la sreur
du roi García; aucun ne reproduit sur ce point le Poema de
Ferndn Gon:::rílez, non plu~ que le Rodrigo, qui fait de la jeune
femme, on l'a vu 4, la femme d'un Sancho Ordóiíez, roi de

(Suite'.)

a

a

Navarre, et l'appelle Constance.
(A suiure.)
,. Homena9e, n ° 76.
lbid., nº 7.
3. Jbid., p. 473 el 475.
4. Bull. hisp., 1921, p. 8.
2.

G. ClROT.

APPEl\'DICE

III

Les Emprunts de Sandoval.
Table de concordance avec le ms. 3779 de la Biblioteca Nacional.
[Rclacion de lodo lo sucedido en las comunidades de Castilla y otros Reynos Reynando
el Emperador Carlos V (Anonyme)'.]

Cap. l. - Ce chapitre commence a la mort de Ferdinand et
contient les documents suivants : « Testamento que hic;o el s•· don Fd•
que aya S 1• gloria&gt;&gt; (avec sa lettre au prince Charles)(= S1 L. I, § 62);
11 Carta que ymbio el Príncipe ñro S' al Card 1 despaña » (= S1 L. 11, § 4);
« Carta que ymbio el Principe a la reyna Xermana » ( = S1L. II, § 4);
« Carta que ymbio el Principe ñro S' al Ynfante su hermano 1,
(= s1 L. n, § 4).
Cap. II. - Bvénements de Valladolid, dispositions priscs par le
cardinal Cisneros, troubles qui en résulterent, et« Carta que Valladolid
ymbio al alteza a Flandes» ( = S1 L. II, § 18, 19, 20, jusqu'a: 11 detuvose
el cardenal. .. 1&gt; et L. III, § 6).
Cap. III. - Le couronnemcnt de Charles est représenté it Valladolid
en divertissement (Non suivi par S1).
Cap. IV. = S 1 L. lll, § .:io, plus un passage sur les événements de
Valence el Barcelone.
Cap. Y.= S1 L. V,§ 6, et quelques passages du L. V,§ 9 (p. 31,
depuis: « un hombre cordonero » a « ... priesa que pudo n et p. 3.:i,
depuis: 11 a 5 de marzo salio de su palacio .. . n a : &lt;&lt; reinos »; et depuis :
11 la justicia de Valladolid ... » a la fin du paragraphe).
Cap. VI. - &lt;1 De como se celebraron las Cortes en la Coruña, y
hechas, de lo que mas su~edio » ( = S1 L. V, dernier alinéa du § 11 et
premier alinéa du § 13).
1. Voir Bull. hisp., 1920, p. , et 256.
•· On lit toulefois en marge du ms : « El autor desla Relacion se llama va Ayora
natural de Palencia y noble y siguio las comunid'" y fue de los perdonados. • Puis,
d'une autre écrilure: « este fue de Cordova y caso en Palencia.• [Cf. Boletín de la R.
Acad. de la Htstoria, 1890, t. XVII, p. 445 (art. de Cesáreo Fernández Duro). G. C.J.

�96

BULLETl'.'l HISPA:'IIQUE

Cap. VII. - « Como acavadas las corles su ,1d embarco y los males
que suscedieron en Castilla». S' suil tres peu la Relalion pour l'embarquement (L. V,§ :l8) et pas du tout pour les événements de Zamora.
II le suil pour l'assassinaL de Tordesillas a Ségovie (L. V,~ 31) depuis
la page 85 : « quiso les manifestar la negoc;iacion que traia _ »
jusqu'a la fin, n'ajoutanl que ce simple détail : « Yha (Tordesillas)
encima de una mula y vestido de sayon y tavardo de terciopelo
carmesí 11.
Cap. VIII. - « Como ~ ino a Valladolid el card' de Tortosa pa.ra
remediar si pudiesse es los males&gt;&gt; ( = S' L. V,§ 39, moins les premicrcs
lignes).
Cap. IX. - &lt;&lt; De corno se rebeló la i;iudad de.Guadalajara &gt;&gt; (=S' L. V,

§ 43).
Cap. X. - &lt;• De como se rebelo la i;iudad de Burgos, y de la desastrada muerte de Jufre aposentador».
S' s'est peu servi de ce chapitre. LI rapporte cependanl d'apres lui
(L. V, 4o) les paroles , engcresses de Jufre, mais les allusions au
charbonnier, a \ ivar &lt;1el Cid, a l'ambassadeur de France. au curé el
l'intervention des chevaliers, proviennent d'une aulre source.
Ici se place une longue digression laquelle S' fait allusion (L. VI,
S 12). L'auteur de la Relation écrit en effet: « Porque V" Sria e) sepa
algunas de las cosas, de los juic;ios y algunas Profei;ias de sancto Ysidro
y otros sanctos que halle scriptas de letra antigua de muchos tpos
antes a esta parte acorde de poner aqui algunas aunque al parecer le
pare&lt;;eran cosas espantaQles ... &gt;&gt;. Et il cite successivement plusieurs
u juyzios ». L'un d'eux est ainsi mentionné: « Estas son las cosas que
dixo A.ndres de la Inojossa vzº del burgo de hosma quando se quiso
morir en el hospital de la Trinidad en Salamanca en el año de 1515 ».
Viennent cnsuite « las Profe.-;ias que hizo sant Ysidro y Fray Juan de
Hocac;isla y ~Ierlin y otros doctores ... 1); la (&lt; Profec;ia de S' Juan Dama&lt;¡cno »; « un planto que sancto Y sidro Lloro é hizo sobre España 1&gt;;
la 1&lt; Profe~ia que escrivio maestro Unay frayle menor aleman de la
llorden de Sanctiespiritus n el 1&lt; ciertas profecias glosadas año 15:l 1 , •
L'écrivain, qui a rassemblé toutes ·ces prophéties pour son histoire,
croit fermement tout cela et se juge tres pres de la fin du monde.
Cap. XI. - Contient une lettre que Tolede envoya a Valladolid et la
réponse faite (S' n'en donne que le compte rendu L. V,§ 7, puis une
page pour dire que_ le cardinal envoya Ronquillo sur Ségovie et lit
publier des&lt;&lt; mercedes,&gt; pour maintenir Valladolid dans le devoir.
Cap. X.U. - ce De lo que acaecio en la ciudad de Leon &gt;&gt; ( = S1 L. VI,
§ 1 1 ). C'est a la Relation que S1 fait allusion : &lt;&lt; Dice esta memoria ... » ele.
Cap. XIII. - &lt;( De como se rebelo la villa de .\1adrid. »
R.eproduit par S' L.V,§41, jusqu'a : e&lt; Levantaronse ... n, puis L. V,

s

a

a

a

PEDIIO ,tEXH, CHRO'ili-TE DE CHARI,ES-QUI'-T

~

o-

.'

u Un caballero principal. .. » (p. 131) jusqu'a : (&lt; ... y
desde alli hizo á los de Segovia.... &gt;&gt; (p. r 31 ), et L., , § 46 &lt;'TI cntier.

l14, depuis :

Yient ensuile, dans la Relation, une lettre dr Leon a Valladolid non
citée par S', un passage reproduit par Jui (1 '' alinéa du § /1í, L. Y) et
deux lettres du roi, dont il donne le compte rendu (L.\.§ 42).
Cap. XIV. - &lt;&lt; De ln que hizo el alcalde Ronquillo sobre Segovia ,1

( = S1 L. V,§ 4í).
Cap. \. V. - &lt;1 De como se levantó la ciudad de Murcia y de oomo iue
halla el alcalde Legi&lt;,:arno ~- lo que mas sucedio 1&gt; (= S1 L. n, § r 4, 1., et
:i' alinéa). Le discours de Gonzalo de A)Óra est reproduit intégralement
par S' (L. V,§ 35).
La Relation est interrompue au fol. 75. Quatre chapitres manquenl.
Cap. ~X. - (&lt;Delo que hizo Joan Arias Sr. de Torrejon en favor de
la fortaleza de 1\ladrid y de los daños de Torrejon y otros lugares. 11
Fournil tout le§ l1g du L. Y de S'; el, dans le§ 5o du L. Y, la derniere
phrase sur Ciempozuelos et Alcalit est le résurné de la derniere page
de ce chapitre.
A la fin qu § 49, L. \ . S' rapporte, d'apres la Rclation, la résistance
des habilants de Mostoles conlre Juan Arias qui venait de les piller:
« Acudieron todos sobre ellos cuando salian cargados, y quitáronselo
todo sin querer malar á ninguno n. La Relation ajou le le détail piltoresque suivant : « .•. excepto a un hombre que hiba lan cargado de
ropa como de codicia que apenas podia andar que jamas quiso dexar
la presa y rrobo que llebaba hasla que a lanzadas lo mataron y aun
estando para morir nunca le pudieron arrancar de la mano una
gallina».
Yoici, d'autre part, commen t l'auteur de la Relation raconte les
événements de Ciempozuelos, auxquels S' fait allusion :
&lt;( Otro luga1· que esta &lt;;:erca destos que he dho, llamado Ciempozuelos,
de al pie de 600 vez""', que es de don Fernando de Bobadilla, que
tiene título de conde, se le hal&lt;;:o diciendo que querian ser de la corona
real, y con este apellido los prales labradores convocaror_i tt todo el
pueblo á ello, y como ya todos los cora&lt;;:ones estavan alterados, no
obo mucho que hazer en los levantar, y estavan todos tan c;iegos y
ganosos de andar en mal, que hasta un hombre rico labrador v1,º de
este lugar, el mas rico )' de muy burn seso que abia en gran parte
(que nunca le vieron hazer ni dezir ningun desconcierto), les hizo a
todos un largo razonamiento, y entre otras cosas que prnpuso,
concluyo diciendo : « Ea, ombres, todos procuremos por la liberta&lt;),
&gt;)y¡ viba el rey J la reyna, y muramos todos contra Fernandillo (dicien• dolo par el conde de Chinchon su Señor), y veamos que nos hara ! »
Y con esto, todos fortalecieron su lugar y armaronse rondando y
guardándose lo mejor que pudieron. Y como don Fernando de Bobadillu su Sr. lo supo. allego mucha gente de sus amigos y parientes,~

�98

BULLBTIN HISPANlQUE

PEDRO MEXIA, CHRONISTE DE CHARLES-QUJ"IT

con mucha de su gente y tiros vino sobre ellos y cerco todo el Ju erar
o '
y con el artillería comen&lt;;o á jugar con ellos y derroco algunas casas;

Cap. XXVIIJ. - 11 Que habla de como se hordenaron estos capítulos
de la junta diciendo que hera en favor del reyno » = S1 L. VII,§§ 16,
17, 18, 19.
Cap. XXIX. - « Que habla de la embaxada que trajeron los que la
villa de Valladolid ymbiaron á los 8"' del consejo ,l = S 1 L. \'lll, ~ 20
et § :u, jusqu'a: u Como lo guerra era entre parientes ... »
Cap. XXX. - « Que habla de como se combatio Alaejos. n Pas dans
S 1 (Voir Appendice VI). Contient ensuite la lettre du comte de Benavente Valladolid ( = S1 L. VII, § :n, p. h7), et raconte les efforts de
l' Amiral pour réduire Valladolid ( = S1 L. VII, § n).
Cap. XX.XL - u De como embiaron los capítulos á su W á Flandes
y ele las cosas que en esta corte hizieron y acaescieron en Valladolid.»
Renferme la lettre de la Junta au roi de Portugal (S 1 L. YII, § 13,
jusqu'a: « No he podido saber..• » (p. 397). La Relation ajoute que la
Junta écrivit aux rois de France et d'Angleterre.
Cap. XXXII. - u De los grandes ejercitos que se juntaron de ambas
parteSl) = peu pres S1 L. Vlll,§3, jusqu'a: «El campo de los caballeros ... » (p. 16). Vient ensuite l'« Instruic;:ion que la junta dio á sus
capitanes ( = S1 L. VII, § :.i3) et la &lt;e carta de los capitanes de la junta
( = S 1 L. VIII, § 2).
Cap. XX.Xlll. - 11 De las cosas que subcedieron entre tanto que se
juntaban los exercitos ,1 = a peu pres S1 L. Vlll, § 4, depuis: &lt;( Fueron
el presidente... 11 (p. 2:1), jusqu'a: « En esta coyuntura... 1&gt; (p. '..13), et
L. VII, § 5 et§ 6, jusqu'a: « ... se alzase de Medina. l&gt; (p. 27).
Cap. XXXlV. - &lt;t De como los capitanes de las comunid~des ali;aron
su real de sobre Ruiseco I e los grandes cobraron a Tordesillas y a la
reyna n = S1 L. VIII, § 8, jusqu'a: « El conde de Haro ... n (p. 4o), et
le § 9 en entier.
Cap. XXXV. - &lt;1 De como los capitanes de la comd se vinieron á
Valladolid y de como derrocaron muchas cassas » = S 1 L. YJII,§ 11. C'est en outre á ce chapitre que S1 emprunte (L. Y, § 2) l'alinéa qui
commence: « Que no había moneda en todo el reino ... », jusqu·a:
« Además de esto ... n
Cap. XXXVL - 11 De como los deputados de la junta desvaratados
vinieron a Valladolid e reycieron otra hez sujunta » = S1 L. Ylll, § 12
et § 1 :S, jusqu'a : « con grandísimo contento . . .. n (p. 59).
Cap. XX.XVII. - « De ciertas cosas que acaes9ieron en Valladolid
en este tiempo. n N'a qu'une demi-page. Dit comment la ville voulut
norrnner des « alcaldes ordinarios n et comment &lt;1 los de las casas
de los linages 1¡ ne le permirent pas.
Cap. XXXVIII. - « De lo que acaescio en Cigales y del combate de
Fuentes n = S1 L. Vlll, § 14.

y despues de aver pasado entre ellos ciertas ponadas y portias,
entroles el Jugar por fueri;a y prendio y castigo y justi&lt;;:io a los mas
culpados; y al labrador que dizimos desuso, arrastro y ahorco y
tomole la mitad de lodos sus bienes, que eran muchos en mucha
cantidad, y la otra mitad, por rruego, dejo para sus hijos. ,i
Cap. XXI. - a: Que fabla de lo que acontecio al alcalde Leo-uii;ano
en Murcia ll (= S 1 L. VI,§ 14).
o
Cap. XXII. - &lt;( Que fabla del socorro que vino de Toledo á los de
Segovia y como se partieron el alcalde Ronquillo y D. Antonio de
Fonseca en Medina del Campo y de la quema y destrnii;ion della. &gt;l
A peu pres tout le paragraphe 54, L. V de S1 est la copie de ce
chapitre (depuis: «A. de Fonseca penso hacer. . . », jusqu'a : « Los de
:\fodina mostraron ... », puis de : e&lt; Quemase todo ·el monasterio ... »,
a: « Con esta plaga quedó la villa de :\fodina... » (p. 156).
Cap. XXIII. - « Que fabla de como se levanto Valladolid, y de los
daños que se siguieron. » Conslilue, dans si, le paragrnphe 2, L. VI,
partir de: « A.si juntos 5 ó 6000 hombre ... » (p. q2), et le
paragraphe 27 du meme livre, jusqu'a: « Habló muchas vezes Juan
de Padilla ... &gt;l (p. 2l4).
Cap. XXIV. - «·Que fabla de como se juntaron los pueblos de Avila
a hazer junta y de alli se fueron a Tordesillas y de lo que allí hizieron »
= S 1 L. VI, §§ 28, 29, 3o, 31. Ce chapitre contienl en outre la lettre
du roi
Valladolid pour la nomination des trois gouverneurs (de
Bruxelles, 9 sept. 15lo).
Cap. XXV. - « Que habla de como el card1 de Tortosa se quiso hir
de Valladolid y no le dexo la communidad » = S 1 L. IV, § 3.~.
Cap. XXVI. - « De como se alvoroto Ubeda y de la quema del lugar
de Xada y de como se fue el card1 de Valladolid secretamente» = S1
L. YI, §§ 6, 34, 35.
Cap. XX VII. - 1&lt; Que abla como despues de ydo el cardenal de
Valladolid obo muchas rebueltas en la villa. » Contient un épisode
des troubles de Valladolid non mentionné par S1 (voir Appendice 111),
puis la «carta requisitoria» de la Junta, el ce que la Junta écrivit
a L'Empernur (= S1 L. VII,§§ 1, 12, et L. VI, § 3l). Vient ensuite une
lettre de l'Amiral ir Valladolid (de Cerbere, :n oct.), celle de Burgos
a Valladolid ( = 8 1 L. VII,§ 5), les c1 capítulos de Burgos» (id. S1), la
lettre de la Junta
Burgos 1 ( = S1 L. VII, § 7), la suite des troubles
1
de Valladolid (S L. VII,§ 10), la lettre de Medina del Campo au cardl
de Tortosa (= S1 L. V,§ 54, p. 161), et six pages tres détaillées sur Je
couronnement de Charles Aix:-la-Chapelle (f" 129 de la Relation).

a

a

a

a

1.

La lettr-e de Burgos

dans la Rclation.

a la Junta, donnée

a

a

par Sandoval (L. VU, ¡ 8), n'est pas
,. Rioseco [G. C.j.

· 99

�BUU.ETl:'I HISPA:-IIQUE

100

Cap. \.\\1\. - &lt;&lt; De los dai\os que Valladolid recivia cada dia &lt;le
los de Simanca!' n = S L. VIII,~ 15, jusqu'a: « Con tanta rotura ... ••
et de: u Volviendo pues ... n, a~« Quericndose vengar ... »; puis L. VIII ,
§ ~7, § r 5, et ~ 17, jusqu'a : « Estas y otras razones ... 1&gt; (p. 70).
Cap. \L.
« Del combate que se dio a la fortaleza de Empudia y
de como la tomaron los de la comunidad n = S1 L. Vlll, ~ 16, moins
le dernier alinéa: &lt;&lt; De Ampudia partio ... », et moins la citation de
Guevara.
Cap. \Ll. - « De una carta que embio su Mag-' a Valladolid para
c¡ue saliese ele ella la chan&lt;;illeria e colegios e lo que snbcedio despues l)
= S' L. n ll , ~ 3o, plus le dernier alinéa des paragraphes 16,
31 el 33.
Cap. \ LI l. - u De como eligieron.-, J• de Padilla para ca pitan general e lo que ele aq11i subcedio n
S' L. YIII, ~ 39, et ~ 4o, jusqu'a :
« Lo que mas sentia ... »
Cap. XLlll. - &lt;&lt; De como se quenta que mas subcedio en Burgos
con el condestable))
S' L. \"111, ~ lp, et~ 43, jusqu'a: « Dignos son
de ... • Au début du chapitre se lrouve la lellre ele \'alladolid • á los
S'" cavalleros &gt;&gt; reproduite par S' L. VIII,~ 4o. Le monastere d 'Aniago
(~ 43) est appelé Ciniago dans la Helalion.
Cap. \LIY. - « Que habla de como anda va el concierto. &gt;&gt; Renferme .
la « carta que \" alladolid y mio á los S"· governadorrs y respuesta de
otras » (S' L. \ 111, ~ 3:l ).
Cap. \L\. - 1&lt; De como salio de Caratan Juan de Pad• con mucha
gente sobre Torre [lobaton] » = S' L. VIII,~ 44, jusqu·a: 11 Dieronle
un asalto ... n (¡l. 136), et de: « El sábado adelante . .. » (p. s38), la
fin; puis ~ 41i, depuis : 11 Habiendose concertado... n (,• alinéa), a :
« El almirante, gobernadores ... n. Le chapitre se termine par la lettre
de la "ille de Dueñas a Valladolid ( = S' L. Ylll, ~ !19).
Cap. \LVI. - t&lt; Como entendian personas y cavalleros en la paz.»
Chapilre lres longuement utilisé par S', qui lui emprunle: le dernier
alinéa du paragraphe 46, L. VIII: la fin du paragraphe 1, L. IX,
partir de: u En los dias que digo .. n (p. 160); le paragraphe :l, L. 1:-.,
ju,-.qu'a: « Esta carta ... ii (p. 16:¡); entierement le paragraphe 3, L. IX,
le paragraphe .i, L. IX. (p. 188), et le paragraphe :.i5 du L. YIII. 11
renferme en ontre un petit passage sur le comte de Salvatierra, mais
le récit des événemenls du paragraphe 26, L: Yll. n·est pas tiré de la
Relation.
Cap . .\.L n l. - « De como los de la junta hicieron processo contra
los grandes y los prendieron por traidores y lo qnr. mas sucedio n
= S' L. IX, ~ 6, depuis : « mandaron hacer un gran cadalso ... n,
plus L. 1\, ~ 9. et L. 1\., ~ 1:.1, jnsqu'a: « De esta manera ... ». Yienl
ensuile la • carla de la ciudad de Leon á lalladoliJ ,&gt; reproduile par
1

a

a

S' L. l\,

~ 1:.i.

101

PEDRO \IF.XIA , GHR0'.'11S1 F. DF. CHARI.ES-QUt:H

n

f.ap. \ L 11. - « De lo que el obpo de Osma hrrinano del almirante
hizo en el lugar de ~feneses » = S' L. 1\, § 13, moins le dernier alinéa.
Ce chapitre renf~rme en oulre la lettre de P• Giron que résume S' au
L. IX., ~ 8, et l"essenliel du ~ 14 , L. IX, qni esl généralement copié,
quelquefois résumP. Les « &lt;'apitulos de concordia n sont exaclement
reproduits par S'.
Cap . .\.U.X. - u De como no pudiendo a ver efeto las pazes, las
comunidades se aper1:ivieron otra vez de gente ) de lo que hi&lt;;Ó el
f.ondestable par campos» = ueu de choses pres le paragraphe 15,
1,. I\ de S'; le paragraphe 18, L. [\ ( moins les deux. premiers alinéas);
le paragraphe :ll, L. 1\,
partir de: u desbaratados, pues ... »,
jusqu'au « Perdon •; L. 1\, ~~ :lO, 21 et n, moins le passage, depuis:
« Si bien es verdad que hubo ... », jusqu'á: ll El castigo ... •· Le
chapitre renferme en oulre la substance du dernier alinéa du paragraphe
L. 1\. S' suit encore de tres pres la Helalion au paragraphe 16,
L. 1\. La con, ersation de Juan de Padilla avec le « clérigo l&gt;, ses
fameuses lettres
Tolede et
son épouse, sont empruntée:;
la
l\elation. Celle-ci menlionne également le mouvemenl de colere de
Juan Bravo (L. 1\, ~ 19), et la réponse de Juan de Padilla. Elle ne
parle pas. par contre. de Juan de Ulloa ni de l'alcalde f.ornejo.

a

a

i,

a

a

a

Cap. L. - « Que fabla de como se dieron muchos pueblos á lo~
grandes»
S' L.1\., ~ :l3, premier alinéa,jusqu'a: 11 Solo Toledo ... »,
el la « carta del &lt;\lmirante para\ alladolid ». Pour les événemenls de
\avarre, rapportés par S' au L.\, ~ 5, celui-ci emprunte la Relation
qnelques indications: &lt;1 Segovia dio 1000 hombres ... », etc. (p. 297),
jusqu'a : « Luego ... »
.

a

Cap. Ll. - « Del grande re¡;ibimiento que Yalladolid hho al almirante»
S' L. l\., ~ ll1 , premier alinéa. Puis vienl un long passage
sur la guerre de ~avarre, snivi d'assez loin par S' L. X, § 7.
Cap. Lll. - « De las cosas que aconle&lt;,.'ieron en Toledo estando
rebelada• = S' L. [\, ~ 23 , depuis: « Los gobernadores sentian ... "
( p. 145), a: « Venido el mes ... • (p. 2~6). Le chapitre traite ensuite
des événements de \ a len ce = L. Yl, ~ 37, clepuis : « Precedieron á
este miserable desconcierto ... », jusc¡n'i.i : a: Dije como al tiempo &lt;le
parlir el emperador ... &gt;1
Les dernieres pages du manuscril nr son! pas de la meme écrilnre
el n'obsenenl pas la dh ision en cha pi tres. Elles renfermPnt la
t&lt; Prision ~- fin de D. Ant de Acuña obispo de (:amora » \S' L. 1\.,
~ 25, dernier alinéa; L. YI, ~ 2 1, et L. 1\, ~ 28): u Fin del conde
ele Salvatierra&gt;&gt; ( = S' L. IX , ~ 29. moins le passage depuis: « Q11bole
castigar ... ••
« La muerte... »). et les • Degollados ele Palencia ll
(S' = L. 1\, ~ 27).

a:

�102

BULLETIN HISPANIQUE

PEDRO ,rnxrA , CHRO'ilSTE DE Cl-fARLES-QUl:iT

APPENDICE IV
Les Emprunts de Sandoval. - Table de concordances
avec la Relation d'Ortlz .
1~h. G 62 de la Coilec. L. Salazar (Bibl. de la ll. Ac. de la Jlist. ). -

222

feuillels. ]

Ce manuscrit, qui contienl trois relations se rapportant aux
i,,' est précédé de la note suivante de Ga1lardo: u No
creo que sea la Historia de las Comunidades de Castilla atribuida al
Loledano Pedro de Alcozer, pero que por los bien entendidos se tiene
por del canónigo Vergara ».
Une deuxieme note, signée Benavides, suit celle-ci et en fail
justement ressortir l'étrangeté: (&lt; Se conocen, dit son auteur, u que
el S· Gallardo no leyó este manuscrito. Si le hubiera leido hubiera
visto que en el se contienen 3 relaciones de lo acaecido en tpo de las
comunidades, y cada una de distinto aulor: la primera y la última
cuenlan en resumen lo ocurrido en aquella época desde su principio
hasta el fin; la segunda es una historia estensa aunque por desgracia
no concluida, por terminar antes de la batalla de Villalar; y esta
narracion es de Diego Hernandez Ortiz, jurado de Toledo residente
en la corte, y com[isiona]do por la ciudad en union del regidor
Gaitan para pedir contra los agravios que sufria el reyno. ,,
On ne saurait, en effet, douter de la personnalité de l'auteur de
cette deuxi8me relation, qui s'appelait cependant Alonso et non Diego
Tlernandez; il parle tres souvent de lui dans son histoire, qui comprend 61 chapitres, de meme que son coUCgue G• Gaytan 1 et d~clare
avoir voulu écrire cettc relation : &lt;&lt; Creyendo que aunque personas
d9cta~s se pongan en las escrivir, ninguno podra dar la relacion que
yo como testigo de vista y por quien se trataron las cosas mas señaladas que entonces se ofrecieron».
La relation d' Alonso Ortiz a été connue de Sandoval qui, sans
jamais le nommer (du moins en lant que source d'information) , lui
a emprunté bien des cbapitres du cinquieme Hvre de son llisloire.
Nous donnons ci-dessous l'étendue exacte de ce$ emprunts:
(&lt; Comunidades

Livre V. § 9 = cha p. 1 1 de la relation d'Ortiz .
§ 10 = chap . 14, depuis : &lt;&lt; El domingo despues de haber oido
misa ... ,, (p. 34) •, jusqu'a: ce El Emperador les dijo solamente ... »
(p . 35).
1.

Dans cet appeodice, comme dans les deui: précédents, nous donnons, pour les

cilalions de l'IIisLoire de Saadoval, la pagination d'apres l'&amp;J. de la ltctura.

w3

§ 14 = chap. ~o et cha p. :u, depuis : « ... dos horas despues de
anochecido ... » (p. 45),jusqu'a: "Estas y otras diligencias ... » (p. /i7).
§ 15 = chap. » et ,3.
§ 16 = chap. &gt;4, jusqu'a: "Persuadihon al vulgo ... n (p. 51).
§ 17 = chap. &gt;4 et 25.
§ 18 = chap. 26.
§ 19 = chap. &gt;7.
§ ,o = chap. ,8, jusqu'a: "Con esto se avivó el fuego .. . » (p. 59).
§ 2 r = chap. ,9.
§ n = chap. 3o et 31.
§ ,3 = chap. 32, jusqu'a: • Este favor tan grande ... » (p. 65).
Alonso Orliz ajoute ce délail:
(&lt; Cantavan entonzes ]os muchachos:
Viva la gala de Jn dr Padilla
que quito el pecho a Castilla.
Viva la gala de D" Pedro Lasso,
que hablo con el Rey papo a papo .. . ,.
§ ,4 = 33, '
§ ,6. S' donne d'apres Ortiz (ch. 34) la liste des pet·sonnes du
Conseil qui n'étaienl pas d'avis u que se cobrase el servicio&gt;&gt;.
§ 33. Le premier alinéa est copié cl'Ortiz (ch. 4/i).
§ li8 = chap. 37,
Uvre VI . § 8 =_cha p. 4o.
§ 9. \lentionne d'apres Ortiz (ch. 113) Toro et Ciudad Rodrigo.

APPENDICE V
Un épisode des troubles de Valladolid
pendant les Comunidades.
. Y~ saveis como el cardenal salio de Valladolid y se fue a la viJla de
Rioseco y con el se juntaron algunos de los señores oydores y ofü; iales
del consejo rreal; donde estobieron algunos dias esperando al al miran le
que fuera del rreyno eslava y al condestable, que aper&lt;;ibia quanta
gente podia. En Valladolid avia mucha dibision por aver huello el
cargo de capitan al ynfanté_, y algunos de los de la villa de malas condic;iones y de peor yntencion, urdieron una traicion que ñro señor no
quiso que ubiese efeto; antes pagaron como agora oyreis los que en
la trai&lt;;ion avian seido, y fue desla manera : que escrivieron una carta
a la junta de Tordesyllas ha&lt;;:iendoles saver como en la villa avia parc;ialidades y que no querian obedesver las probisyones de la junta y le
yban a la mano ert todo; que devian de probeher tal persona que con

�!04

BUU.ETIN HISPA'HQUE

gente viniesen a Valladolid para que castigasen y aorcasen a los que
des le bando heran, nombrandoles primero al ~ nfante y a Gon&lt;;alo
Franco y a los diputados de la villa y a todos los que enlravan en la
junta de Yalladolid, que heran muchas personas particulares; que
si a estos aorcasen, que la villa quedaria libre de lraidores, e los que
quedasen harian todo lo que la junta quisyese; y enbiaron a dezir
otras muchas cossas, como las quisyeron componer y hordenar. Y por
otra parte, estos traidores que abaxo oireis llic:ieron entender a la quadrilla de ::\lercado, que hcra una de las mayores de la villa, que estubiesen a punto para dende en tres dias, porque les hac:ian saver que
hera menester, porque se rrezelaban de gente forastera que creían
que hernia a Valladolid; porque tenian concertado de hazer una
rrebuelta en una calle, y entre tanto que hiban a socorrer, avian ellos
de yr a degollar al ynfante de Granada v a Gonc:alo Franco va Jorae
.
.
"
de Herrera y a todos los diputados y a todos los que en la junta de
Sancta Maria la ::\layor entra,an a entender en el pro de la villa.
y a lodos los escrivanos de ª)'tmlamiento y a un Fanegan platero y a
otros muchos; esto todo con favor y ayuda del obpo de (:a mora que
bino de Tordesyllas con mucha gente por lo que le ynbiaron a dezir
los que adelante oireis. El qual vino, y su ben ida se supo por avisso
de un bachiller que se llama Pulgar e de un Francisco Gomez e de
un Saldaña escrivano que la villa avia enbiado a Tordesyllas a la junta
:i ha¡,er saver a los de la junta las cossas que passavan en la villa de
Valladolid ; y estos dieron mandado a la villa para que tu bies en a buen
rrecaudo, porque benia el obpo de (:amora con mucha gente a meterse
dentro en la villa para hazer gran mortandad de los sobredichos.
E como el obpo vino e bio el gran rrecaudo en que estav11n las
puertas e toda la villa, obo efelo que ni pudo entrar ni quiso Dios que
entrasse porque tanbien benia el engañado. Que sy entrara, obiera en
la villa grande escandalo y muertes de hombrf"s, y avía muchos de los
que heran participantes en la rrebuelta que dezian que entrase el
obispo ~- su gente para her lo que avian de hazer. Los otros, como
beyan el mal alojo, dezian que no entrase, porque ValJ no tenia
nezesydad de meter gente, aunque el obpo decía que venia de parte
de Vall" a hermanarse con Vall\ y ansy por estonzes no fue creido
y se bolvio y en la villa quedo mucho desconcierto y diferenc;ias.
Otros estavan atonitos no saviendo el secreto de la traic;ion, e como
ñro señor es justo e lo save todo, no qu:so que pagasen justos por
pecadores e dio lugar a que la traic;:ion fuese descubierta, e fue desta
manera que bos dire :
lín Luis Gomez de ~fercado hera diputado en la quadrilla de Mercado
que dho avernos, e como a veis oido, a\'iase entremetido en estos autos
de la comunidad mas de lo que a su honrra conbenia. En conclusvon
que el hera uno de los que burdieron la traic;ion ya dha, juntam~nte

PEDRO )IEXIA, CIU\ONISTE DE CllARl,ES·QUJiT

105

con un Camargo barbern e con un bonetero, casados. vezinos de
Vall~ y otros muchos que adelante se diran; el qua! se fue a confesar
con un fraile de Sant Francisco y le dixo que por descargo de su
conciencia queria descubrir una gran traii,ion que el y los que dlio
lengo tenian conzertado de hazer a la villa con otros muchos, y despues
que obiesen degollado a los que arriba tenemos dbo, que davan
a sacomano a la trnperia y costanilla y las cassas de Juan de Morillo
y la freneria; y que esto, que lo podrían hazer, entre tanto que la
t1uadrilla de Mercado entendía en defender las puertas, a un rruido
qu&lt;.&gt; avian de travar, e con el favor del obpo de Zamora que avia
de entrar dentro con ellos. Y ansy descubierto, el fraile lo manifesto
a la villa, y un miercoles que se contaron veinte e quatro de otubre
del dho año, prendieron al bonetero y llevaronle preso mucha gente
de la villa e metieronle en la carzel de la villa adonde le dieron tormento, e confesso todo lo dho ~ aun mas y condeno al Camargo
barbero y a otros muchos.
\ luego el dho Camargo vino al monesterio de Prado, adonde
luego este dia fue la comunidad y la justicia de la villa ~ de la canc,illeria y lo sacaron e prendieron e lo truxeron hasta meterlo en la
villa e por milad della con mucba gente de a pie y de a caballo y· con
un tanbor de i;uica, y con grande autoridad lo metieron en la carzel
de la villa, adonde se careo con el bonetero ) confeso conozer al harnero y ya tenia en la carzel un asno y verdugo y pregoneros para sacar
al bonelero y los sacaron ahorcar sin lo traer por las calles, e dieron
con el derecho a la horca y lo aorcaron, y luego confesaron al Camargo
barbero y lo sacaron ansyrnesmo a acrcar en el mismo dia que fue
presso, y lo aorcaron junto con el otro, y ansy los dexaron aquella
noche en la horc~ asta otro dia que los llevaron a enLerrar.
Y ansy fue a eslos castigos y a otros exemplos que hic;:iesen semejantes delitos contra el mundo et contra sus animas et contra dios
ñro señor al qual rroguemos quiera guardarnos de traicion e poner su
bendita mano en l!Uestra Españ.a y en los sus subditos servidores,
e nos traya al buen tiempo pasado para que tengamos paz e mucho
sosiego y nos dexe acabar en su santo servi&lt;:io. Amen.
(l\elacion de todo lo sucedido en las Com••· de Caslilla ...
cap. XX VII.)

APPENDlCE VI
Belle défense de la forteresse' d'Alaejos.
A todos hes notorio ·como la villa e fortaleza de Alaexos quedo
muchos dias en la guarda y tenenc,ia ae Antonio de Fonseca, como
tutor de la marquessa, muger del marques de Zene,te, juntamente con

•

�106

BULLETIN lllSPA.'iIQUE

la villa y fortaleza de Coca y olros lugares, vienes y hacienda que le
dexara a la dicha marquessa (seyendo bella donc,ella) Remando de
• Fonseca su padre. El qua! dho Hernando de Fonseca, su padre, por
enoxo que obo della porque se casara con el dho marques de Zenete
por ~mores, seyendo como hera una de las mas lindas damas del reino,
mando al Antonio de Fonseca su hermano, que tuviese las dichas
fortalezas e no acudiese con ellas a la dha su hija, y así se apodero
dellas e las tubo mucho tpo; que aunque despues el marques de
Zenete su marido se las pidio, diciendo pertenezerle por su muger, no
le aprobecho nada, porque el dho Fonseca hera muy pribado del rrey
e se hac,ia en el 1-reino mucho de lo que el queria y manda va.
Agora saved que como se hallase culpante en estas alterac,iones,
espe&lt;;ialmente en la quema de Medina, por los de la Junta, con acuerdo
de algunos de los estados de las &lt;;iudades del rreino fue acordado de
le dar por traidor y que sus bienes fuesen tomados y aplicados a la
?ha villa para aJuda de los daños que avian rreszibido. Y ansy luego
Juntaron mucha gente de guerra con el artillería de la villa, fueron
sobre Alaexos y pusieron sitio y ayto (sic) a la fortaleza y rrobaron el
lugar e quanlo en el aliaron sin ninguna rresystencia; porque los
vezinos, como supieron su benida, con todo lo mas que pudieron
llevar de sus hac;iendas, se fueron dexando el lugar solitario y syn
defensa alguna. Pero las casas quedaron llenas de pan, bino, &lt;;evada, J
otras cosas que no pudieron llevar,} en el campo mucho pan e bino por
coxer e perdido; ansi que ynchieron las manos cada uno lo que pudo,
y ansi pusieron pretrechos e tiros contra la fortaleza con gran ympetu.
Pero si helios venían esforzados, no hallaron a los de dentro flacos
ni perec;ossos, mas antes comen&lt;;aron á jugar con ellos del artillería,
donde rresc,ivieron mucho daño los de fuera, e por uno que matavan
los de fuera, murian dellos dos e tres hombres, porque tiravan a barrera; e viendo esto hic;ieron mantas de vigas e tablones mucho gruesos
con que se defendían, allegando asta las barreras, adonde rresc,ivian
mucho daño ambas partes; pero desde las mantas asestavan á la fortaleza muchos tiros y derrocavan gran parte de la fortaleza, que a las
bezes davan con lienzo entero en el suelo, y ni aun por esto los de
dentro desmayavan, mas antes se defcndian muy bravamente, rreparando de noche lo que de dia les derrocavan. Pero con esto andavan
algunas bezes en partidos, enbiandoles a dec;ir como no podian escapar
de ser muertos e presos, que se diesen a merced en esta manera que
el alcaide y su muger e criados e hijos saliesen con todo lo que
pudiesen sacar de sus ha~iendas, libres, e que todos los otros se los
diesen para hazer justicia deJlos, porque avían seido en la guerra
y destrui&lt;;ion de ~Iedina; que a estos no les perdonavan las vidas,
y creían por c,ierto que en la fortaleza tenían cassi todo el despojo
e rrobo de Medina.

PEDRO '1EXIA, CIIRONISTE DE CllARLES·QUIYJ'

107

El alcaide, viendo este partido, rrespondio que no quixese Dios
que por salvar a si e a su muger e hijos, condenase e dexase morir
ú sus amigos e compañeros. Pues hiendo esta nespuesta. dioseles
el combate dende en adelante muy mas rrec;:io que nunca, y derrocaronles grande parte de fortaleza, casi todo lo alto y esquinas. Pero
como los de dentro tenían en lo vajo muy grandes fuerzas y rrcparos,
y mucha arina y carnes y &lt;;e&lt;;inas y agua de poc;os y mucho vinp, que
aun el pan amasa van con ello, e muchas otras probisiones e mantenimientos, e rra¡;onable gente que vastava para su defensa, peleavan
como gente condenada a la muerte, y ansy se clavan cruda guerra los
unos a los otros.
¿ Que vos dire? Duro el comba Le mucho tiempo, que nunca los
pudieron entrar, hac,iendoles los synsavores y muertes y burlas que
podían a los de fuera, hasta tanto que un día les hic;:ieron muy gran
daño et muertes de hombres, que fue desta manera : dexaron las
puertas de la fortaleza aviertas de par en par, _e subieron una puerta
levadiza, en lo alto atada, con solamente una muger, en son de dezir
que pares¡;ia en la muralla que hombre chico ni grande no pares&lt;;ia
sino sola ella. Y hiendo esto los de fuera, que uno ni otro dia ni otro
no beian gente, y las puertas avierlas ú la continua, pensaron : sus,
no ay naide, ydos son. Y asi un capitan de la gente de la villa de
Medina, que se dize Bobadilla, con un esquadron de gente, alc,o un
pendon en la mano, y con gran grita y alegria entraron por las puertas
primeras donde esta va alc,ada la puerta con su tranca, y dieron consygo
hasta el patio de la segunda puerta del alcac;:ar, di&lt;;iendo: ¡Viva el
rreyl ¡ viva la rreyna e junta! favor! venc;imiento por la villa de
~Iedina I
Y como los de dentro, que estavan con gran rego&lt;;ijo callando, los
vieron que estavan ya dentro en la prensa, dexaron caer la puerta,
y ansy quedaron todos.dentro; et luego les dieron el combate, que les
echaron en medio tres u quatro qubetos llenos de polvora, con su
Lic,on de fuego cada uno, y ansi andubo la polvora entre ellos, y el
fuego ac,iendoles mucho daño, e por la otra parte salieron los de
dentro y obo entre ellos muy grande y cruda guerra, hasta tanto que
no quedo hombre de los de fuera ni su capitan, que todos murieron,
de que sera gran dolor y pesar para sus mugeres y hijos, que toda su
vida tendran que llorar.
Y con aquesta victoria los de dentro quedaron mucho mas orgullosos
y bravos, peleando y defendiendose mortalmente, como hombres que
no esperavan ya remedio de vida. Pero eque les aprobecha ~ que lodos
ande morir, i les sera dada mas cruda muerte del mundo porque no
pueden mucho defenderse .....
(Relacion de lodo lo sucedido en las comdc, de Caslilla .•.
Cap. XXX que habla de como se combalio Alaejos.)

�rn8

PEDl\O MEXIA, CHRONISTE DE CHA.RLES-QUINT

!09

BULLETlll HISPA'.'HQUE

La posesyon e tomado
deste tan gran benefi~io
De los bienes que e causado.
El Bien(?) bienaventurado
dara a cada qual su oficio.
Quile myll daños malditos,
di remedios ynfinitos;
que tal desborden avia,
que quien menos entendia
daba mayores los gritos.

APPENDICE Yll
Comment l'Amiral de Castilla fut re~u

a Valladolid.

Porqne el condeslablc enlro de noche y el card 1 secretamente, la
villa no le hizo rrevibmiyento, e porque estaban tristes y desgastados
de lo pasado. Pern el almirante, porque beríia algo enfermo, enlro
un dia despues, a donde le fue echo gran rrei;ibimyento, alabiando
las calles por donde abian de pasar de muy rricos paños, con mud1as
dan&lt;:.as y farsas y nuevas ynbinc;iones, que a la persona rreal mexor
no sr pudo hazer. Y entre las otras cosas se hizo una inlroducion en
la manera siguiente:
Bino el cuidado en figura de hombre muy corcoba&lt;lo, con barba
larga, en dispusicion muy biejo, ! dixo asi :
Señores, soi el cu~claclo;
bo) huyendo clcsla villa.
La paz mr lleba forzado,
maltratado, dc¡;tcrrado,
de los n:cJnos de Castilla.
No tengo do rrcposar
dcsla parle de la mar,
11uc es tan bienaventurada.
Como gano mi posada,
deslicrranme del lugar.
Boyme para no bolbcr.
- Beis mi corcoba lamat'ia Mas que ,•ienlo se correr,
nunca, Paz, por no le ber;
jamas bolberc en España.
Pues lu temor me deslierra,
gran poder en ti se• cuzierra.
De lodo, siento lo mas,
que por siempre c¡ued aras
por sc;·1ora de la tierra.
Yiene luego la Paz, mu~ alegre:
Conmigo todo Iloreze;
a las gentes doy solaz;
adonde falta mi paz,
la claridad escureze.
La biela ago crecer,
a los campos florecer;
doy la bista al que es ciego,
á los rricos doy sosiego,
á los pobres de comer.

Bino luego el Rruslico en lugar del pueblo, muy viejo y abillanado,
y dixo ansi :
O cuerpo, de mi poder
el lugar es libertado.
Agora hemos placer;
agora podemos ber
que el tiempo estaba conblado.
) a esla la tierra segura,
con esta buena bentura.
Delante Vfa Excelencia
rrepresenlo la ynorancia
del pueblo en su figura.
Estabamos fatigados,
algo mal aconsejados,
unos clamaban a bozes,
otros mandaban a coces,
andabamos abobados.
Agora que claro hemos
con la paz y paz queremos,
serbimos a Dios y al rreJ,
acre~emos nuestra grey,
y ~ien myll bienes tenemos.
Cuydado é que pensáis?
- Que nuestra ynten~ion erraba.
- Ya nos llebaban alla,
ya nos tornaban aca;
asi la cosa pasaba.... .. .
El con~ejo del lugar
os ha~e gran reveren~ia,
sefíores. Quiero os acordar
que donde bibe el mandar
a de bibir la clemen~ia.
Y luego bino una dueña en lugar de la Jusli¡;ia, muy mesurada y
denodada e de gesto feroz y dho:
En el seno soy criado
de la poderosa vida,
de los malos aborrida,
de los buenos adorada.
Bult. hispan.

8

.

�8ULLETJ:, BISPANIQU8

.\gora en la villa mando,
mi poder bibira ufano:
Tirania ¡ afuera l ¡ afuera l
Luego, señores, se espera
ser mi tiempo soberano.

PAUL FEBDINAND ~'RIEDBICII DUCIIUOLZ

Y rresponde el Rrustico a la Justicia :
Rrcyna de nuestra litiria,
rrcrnedio de 1n discordia,
justicia os mJsericordia,
my~cricordia es justicia.
Atcndcmc dos bocados,
los que gocais de estados.
Lo que bos piden las gentes:
que no paguen myll ynocenles
la culpa de tres culpados.
My!lericordia cst bcritas ¡
obra bcrum sibe justiria,
et dabil oscula Jesus.
(Relacion de lodo lo sucedido en las com•" de
Castilla ... , chap. LI).

RE• É COSTES.

Dans son étude sur le Roman du, Pere Maril,na , , ~I. Cirol
évoque la figure originale d"un polygraphe allemand, historien _laborieux, hispanologue a ses heures, et donl rceuvre forl
diverse n'esl poinl insignifianle: P. F. F. Buchholz.
Sa biog1·aphie est peu mouvemenlée. Ce fut un éludiant
consciencieux, un professeur exact, un érudit. 11 naquit en
1768, a ..Ut-Ruppin, fréquenta les écoles de Perleberg, de
Neu-Ruppin et Berlin, fit ses études universilaires a Halle, oii il
s'occupa spécialemenl de litléralures modernes. En , 787, il est
professeur a Bcandenburg. En 1801 il quilte l'enseignement,
s'élablit Berlin el se consacre la recherche érudile et aux
lravaux de lillérature et d'histoire.
Nous ne le suivrons pas dans tous les domaines ou l'atlire
sa curiosilé multiple. Ce furenl généralement des sujets d'histoire moderne. Bornons-nous a dire ce qu'il a fait en faveur de
l'Espagne.

a

{.V. B. - Les deux documenls compris dans l'Appeodice 1 (1920 1 p. 256-7) onl étó
signalés par ~l. \loreJ.faliO daos son lli.storío9rophiedeCho.rks•Quint, p. 75. Le second
a été déjil publié dans le Boletín de lo. Real Arademia de la Hi.storia, t. XXH (1893),
p. !1261 d'aprCs un cuaderno de cédula, dL la Cámara proven1nt de Simancas, el avec
quclqucs ,·arianlcs saos imporlancc. - G. C.]

a

11 collabore a diverses revues des son arrivée a Berlín. L'Espagne est a la mode. Buchholz se spécialise daos des études
d'histoire espagnole. 11 publie des articles sur Mendoza, l'ordre
des Jésuiles, Mariana, le cardinal Ximenés, Gonzalo Perez,
Antonio Perez', sur l'invasion sarrasine en Espagne•.
A la vérité, il ne borne poinl ses recherches a l'Espagne
L'Italie, l'Allemagne oonlemporaine, la France lui fournissenl des themes fructueux. Mais c'esl l'Espagne qui l'altire,
1.

Bulktin Hi.spanique, ocl.-déc. 1920, XXI r. p. 269 sq.

&gt;. Daos la Geschichte und Politik deWoltmaan. Berlín, Uoger, 1800-1805, fue.

)l.

Diego Hurtado de Mendoza, fase. 111. Geschlchte der Eal.Alehung des Jesuitenordens
bis zom Tod seioes Sliften, fase. IV. Uber Mariana undeinige seiner Werk.e, fase. V.
Kardinal X.imene~ fase. X. Gonzalvo Perez, rase. XVI. Don Antonio Perez, ,Staat.ssecrelar Philipp del! Zweilen, Kónigs voo Spanieo.
J. Dcr EinfalJ dcr Sarazencn ia Spauicn 1 dans Eunomia, 1803, p. 169 a,53.

�l'AUL FERt&gt;J'i \NO FRlf:DBlGII BlC.IIIIOU.
112

1t3

BVLLETI'.'t HISl'A:'\IQl E

a cetlc époque,

tout particulicrement.t ll fréquenle a Berlin des
hispanisants, comme Sandvoss, qui s'intéressenl el collaborent
a ses travaux. Il renconlre des Espagnols de la colonie berlinoise, note leurs impressions, con te leurs souvenirs. Le résultat
de celle cnquete parait dans ses Lclll'es d'un Voyageur espagnol
sur l'Espagne et la Pl'usse

1

•

Ces leltres sont évidemment une ficlion. Buchholz, qui ne
signe pas, se donne pour un simple traducteur. 11 pousse le
scrupule jusqu'a se faire adresser un semblant de préface par
l'aulcur supposé. Mais tout n·est pas invention daos cet
ouvrage. Certains remeignements sont de source aulhentique.
Quel ful J'informaleur de l'érudit allemand~ La légalion espagnole de Berlín comprenail des membres distingués. Gonzalo
O'Farril, venu en 1799, a la place de Ignacio Músquiz, était un
esprit cultivé, parfait homme du monde. Le conseille~ de légation Casa Valencia esl un connaisseur aussi atten tif de la littérature allemande que de la littérature espagnole. C'est dans ce
cercle a la fois savant el mondain que Buchholz dut lrouver les
données les plus précises de sa pseudo-traduction. « Mes compatriotes, ditla lellre du 12 janvier 1801, de la légation berlinoise, ont eu la bonté de m'introduire daos tous les milieux. n
)lais les hautes classes n'intéressent pas notre homme. « lci,
tout bomme de bon ne éd?calion s'exprime en fran~ais•. » Ce
quilui importe, dit-il, « c'est de faire connaissance avec l'esprit
de la littérature allemande ». Aussi recherche-t-il la compagnie
des écrivains. :Mais nolre Espagnol laisse bien souvenl percer
le bout de l'oreille allemande. « Il y a quelque chose de tres
parliculier chez les Allemands, c'e:;t qu'ils sonl les amis de
loules nalions, qu'ils savent en pénétrer et comprendre l'originalité, qu'ils s'en approprienl toul ce qui répond a leur propre
caractere fondamental. » A l'occasion, il daube sur les Espagnols eux-memes. « Des nalions étrangeres ont appelé notre
attention sur une ceuvre de Cervantes, qu'on nous dit excel1. Briefe ein,s reistrnull Spaníer111/l se111en Bruder in .l ladrid über sein Vaterland und
Preus:en. l. Teil. €criL en 1801-,So•. Préface daléedu i avril 1803, Parue Berlín en
180!1. Anonyme (V. K. Goedeke. Grundrw zur Geschichtt der deutschen Dichtalll], t. VI,
p. 385).
, . Jbid., p. &amp;.

a

lente, et, depuis; nous le croyons et nous en établissons de
somptueuses édilions. n
La ne se borne pas l'acliYité de Buchholz. Simullanément il
travaille a· un grand ouvrage. C'est son Manuel de tangue el
de lilléralure espagnoles 1, qui parait en deux pa~ties, en 1 8o 1
et 1801.
« L'ignorance de la langue et de la litlérature espagnole est
si grande qu'on cmbarrasserait bcaucoup de nos saYants si on
leur dernandait ce qu'ils savent d'autres poeles que Cervantes
ou Boscan; encore ne les connaissent-ils dans la plupart des
cas que par des traductiona ou des imilations. •&gt; Quelques
chercheurs, Dieze, Denina, Tychsen, ont heureusemenl aplani
loule une partie des préjugés qui faisaient obstacle a l'étude
des reuvres intellectuelles des Espagnols. Buchholz défcnd
l'Espagnc contre les accusalions traditionnelles. &lt;&lt; On fait torl
a l'lnquisition rn la considéranl comme un comité de J·uoes
. f
o
m ernaux, qui prononcenl des eondamnations mortelles contre loul ce qu'il y a de beau el de grand• ,1. [l s·eo faul que
l'Inquisilion soil si cruclle qu'on le croil &lt;'n Allemagne. Que
reproche-l-on encore a l'Espagne? Sa paresse inlellecluelle? On
imprime moins sans doute en Espagne qu·en Allemagnc,
mais ce n'est pas une preuve qu'il y ail moins d'idées et
que le pays soil moins arnncé. Buchholz renvoie a Anlonio
'
Andreas, etc.
•
La deuxieme parlie confirme ces opinions. Elle aurait d11
parai,re deux années plus l&lt;il. Le reta1·d esl du aux multiples
oecupalions de l'auteur, el au manque de livres. 11 a fort
heureusement re~u depuis des lines de Goeltingue et de
Dresde.
1&lt; On ne doit jamais oublier, quand on lit un poete espagnol, que ce poele est membre de l'Eglise calholiquc romaine.
Des lors, nous n'avons point de peine a comprendre !'esprit
. __ 1. Handbuch der spanischen Spracl,e und Litteratur oder Sammluog inleressanlcr
~lucl,;e .ª"' bt&gt;r~ihmlen spanischen Pro,ai,ten und Oichlern, chronolos;:isch geordnct
_un_d m,L ;\achr,chlen "~º den \ 'crfassern uud ,hren Werl..en beglcileL. l'rosabchcr
feil . Her,hn bey G. C . :SaucJ.. •8&lt;;&gt;1. (PrMace datéc dll ~ jan,icr 1801. Poclischer Teil,
1804, Preíace daléc du 12 fé.-r,cr 180!.. Le nom de l'autenr e,I donné a la tln d
la préíace.)
e
• · /bid., p. VI.

�HULLETr.1 HISPANJQUE

de son reuvre. • TI faut tenir compte de la différence des temps
et elre indulgent aux erreurs du passé 1.
Buchholz voudrait &lt;llre imparlial. 11 ne veut point que l'on
voie dans son livre aulre chose qu'un cfforl de recherche hislorique. L'esthélique n·est pas la meme a toutes les époques. On
ue saurait faire revenir le monde aux: temps révolus et aux

idées morles. Aussi nolre historien maudil-il les discordes des
écoles poéliques el les tendances réaclionnaires. Buchholz
apparall comme un adversaire des romanliques.
Son livre contient de courls aper~us sur les classiques espaoanols ' Cervantes en parliculier el Calderon , ou porlugais
(Camoiins). Il donne des exlraits assez copieux, cinq chapitres
du Don Quichotte, la Se,1ora Cornelia, deux chapilres du Persiles,
le Principe Conslanle, ele.
Ce livre vinta son heure el eul du succes. Kiirner le lut, le
recommanda vivemenl A Schiller. L'Allgemeine Litleralur
Zeilung, !'estime, « dans !'ensemble, ulile » ; « Tres u lile
manuel », dil aussi la Neue Allgemeine Bibliolhek3. M._Farinelli
lui attribue4 quelque influence sur le monde classique et
romantique.
Buchholz avait eu l'inlenlion de donner en ml!me temps
un Aper~a lúslorique de la poésie espagnole, mais il fut
retenu par la crainte que la nécessilé d'etre sommaire ne
ful, pour des lecteurs peu initiés, une cause d'obscurilé. Il
s'en lint la.
Mais son reuvre d'bispanologue n'est poinl sans valeur.
Retenons qu'il y appara!t comrne un ami convaincu de l'Espagne et en meme lemps comme un fidi\le du rolionalisme
philosophique. C'est un e Auíklarer ». C'esl un historien. Ce
n'esl poinl un poele. 11 n'a aucune personnalilé littéraire. A
peine signe-t-il ses ouvrages.
Cependant, il fil, en passanl, une excursion daos le roman.
ll esl vrai que le ro man qu'il composa, a la meme époque, n'est
point davantage signé.
1.

!bid. t.

,. Sept.

n,

p.

1801,

xn.

p. 574.

3. 18o2 . LXIX, p. ,U.
h. Gril/par.:tr und Lope de Vega, 18~~- p . .26 n.

115

PA.UL f'ERDIN'AN'D PRIEDJ\JCH BUCIIJJOLZ

Juan de Mariana, oder· die Entwickelungsgeschichle eines
Jesuilen•, parut sans norn d'auteur '· M. Cirot o indiqué les
sources espagnoles possibles. De toule évidence, Buchholz ou
ses amis espagnols ont connu la biographie et les reuvres
hisloriques du P. Mariana. Cetle fausse autobiographie esl
fondée sur des données précises. Mais le roman propremcnl
dit est tout entier de l'invenlion de l'auteur allemand.
Le fau~ roman espagnol esl forl a la mode en Allemagne, a
l'époque de Buchholz. En 1794 parall une Geschichle des
;ungen Grafen Fernando von Mendoza (Leipzig), en 1798 Die
Eil!siedler von Mur:ia, en 1802, Die Zigeuner3. Les Bohémiens
sont inspirés de la nouvelle de Cervantes, mais sont, quant au
reste, une invention proprement allemande. L'histoire des
Jésuiles excitail particulierernent l'inléret des conlemporains
de Buchholz. On écrit une biographie de Loyola 4. D'autre
parl, il n'esl pas étonnant que notre auteur ail choisi ~1ariana
comme héros. Mariana était réputé, comme historien, en
Allemagne s. Korner en recommandait la lecture a Schiller.
Buchholz lui-meme avail étudié deux de ses reuvres dans la
revue de Woltmann.
Le roman de Buchholz esl con~u dans le style sentimental.
Le roman sentimental íleurissait en Allemagne, comme en
France, comme en Anglelerre. Le Sigwarl, de J.-M. Müller
(1776-1783), contait l'hisloire d'un fils de bailli catholique,
qui se destine au couvenl, mais aime une jeune filie et ne la
retrouve que mourante, nonne el pénitente désespérée. Le
roman de Grelhe, Wilhelm Meislers Lehrjahre(1796-q96) nous
dit !'aventure du noble genlilhomme italien, quiaima sa sceur,
saris la connaltre, et dont cel amour brisa la vie. Tieck,
en 1796, reprend le molif de l'amour incestueux entre frere et
sreur dans Der blande Eckberl. Je ne rappclle quepour mémoire

'

1.

2•

Unger, p . .269 sq.
Dooné, saos autre indic&amp;.tioo, dans la liste dí's ceuHes de Buchholr, par

K. GCPdeke, l. c., p. 3$5.

,

.

3 Ein Roman nachdem Spaniachen. A.rosladt und Rudolaladt, 1802, par \!ulp1us
(le r~tur beau-rrere de Goothe).
4. ú/Hn und w1.11ukrbart .-tbtnlhe!lu rhs trlltn u•d unuugleichlicfut~n alltr fahrtn den
Riller du r6misth katholischtn slrtittndtn Kirche lgna: van loyola. Le1 pi., 1Sn2,
5. Allg, LW. Ztit., 1787. IV. 230,

�llULl,E'l'l'i lllSPANlQUE

le René de Chateaubriand ( 1802). Le roman angla is donnait
d'aulres exemples, tels le Josef Andrews de Fielding (1740),
ou le Voyage sentimental de Sterne (1769), (traduction allemande r 778), ou le Maine de Le-wis ( 1795, traduit en
allemand en 1797). Les amours incestueux, mais point
~riminels, d'un frere et d'une sc:eur, ont été l'un des
themes de prédilection du roman sentimental allemand.
Klinger a conté l'histoire de Giafar le Barmecide ( 1798), Nicolai'.
les aventures de Sebaldas Nolhanker (1773- 1776), Gellert la
Leben der schwedischen Grafin. Dans les deux premiers romans,
l'incesle n'est point consommé, car les héros sont avertis a
temps. Quoi qu'il en soit, ces amours sont un sujet a la mode
autour de Buchholz. II a pu se contenter des exemples que lui
fournissait la littérature romanesque de son époque . Est-ce
!'aventure senlimentale qui piqua l'intéret de Buchholz? U ne
semble pas, car cette aventure était familiere aux auteurs et
lecteurs de romans. Ce qui l'intéressait, c'était la répercussion
d'une catastrophe amoureuse sur la vocation religieuse et la
formation du futur jésuite. L'historien allemand vil dans la
trame et le cadre d e ce roman biographique l'occasion de faire
revivre un moment et un milieu espagnols. I1 laisse bien
souvent percer ses propres idées . Il n'a connu l'Espagne qu'a
travers les récits des voyageurs allemands, les quelques ceuvres
littéraires qu'il put découvrir daos quelques bibliotheques
allemandes en une hative enquete, el des documents historiques encore raresetfragmentaires. Sa peinture estincompleteet
superficiclle. Son roman, comme ses idées, est de son temps.
L'ceuvre de Buchholz n'est certes point de premier plan.
Mais elle n'est point méprisable. Buchholz fut, aux environs
de 1800, un des bons intermédiaires entre l'Espagne et l' Allemagne, un érudit avisé, un esprit du moyen ordre daos un
role de moyenne envergure. Sa seule tentative proprement
littéraire, son Roman de Mariana, dénote un écrivain parfois
habile, mais un penseur sans originalité, - contamination
curieuse, mais confuse, du sentimentalisme et du rationalisme
alors a la mode en terre allemande.
J .-J.-A. BERTRAND .

D. JUAN ANTO~IO LLORE~TE

Depuis la publication, en 188 r, de !"Historia de los heterodoxos
españoles de D. Marcelino M.enéndez Pela yo 1 1 on n ·avait plus parlé du
fameux D. Juan Antonio Llorenle, si non pour dire qu'il fut compris
dans la note des sujets espagnols qui suivirent les Frarn{ais en
aout 1808, et qui furent condamnés par un décret de Ferdinand VII 2 •
Certains documents conservt\s aux Archives Nationales, et daos la
Correspondance d'Espagne au Ministere des AtTaires Étrangeres,
ajoutent quelques données intéressantes a l'adresse de ce personnage,
fort malmené par Menéndez Pelayo, et qui cependant ne le méritait pas
a ce point.
La premiere fois que nous trouvons mentionné, dans ces documents, D. Juan Antonio Llorente est le 3o mai 1808. 11 avait adressé
a l'Empereur un assez long reglement pour l'f:glise d'Espagne, de
seize pages in-4º, avec trois appendices de deux feuillets chacun, d
précédé de ses litres, emplois et mérites; le reglement est en espagnol
et l'exposé en frani;ais 3. Nous reproduisons l'exposé:
Dn Jean Antoine Lloren te est pretre, dignite et chanoine de
l'eglise de Toledo, laquelle est la premiere metropolitaine
d'Espagne.
Noble, chevalier de l'ordre de Charles troissieme.
Docteur dan la jurisprudence civile et canonique.
Academicien de la royale academie de l'bis toire, et di celle
de belles lettres de Sevilla.
Membre des societes patriotiques de Rioja, de Zaragoza , de
Tudela et du pais basque.
II a eté juge et vicaire general de tout le diocese de Calahorra, et chanoine de sa cathedrale.
1. Tome 111, p. 41 8-427.
Mario Mé ndez Bejarano, Historia política de los afrancesad.os, Madrid, 1912,
p. 371.
3. Archives Nationales. A F IV. 1609, piece 294. Ce document a été signalé par
M. Geolfroy de Grandmaison, f,' Espagne et Napoléon, 18/)l¡-180/i, Paris, 1 908, p. 250.
2.

�118

119

BULT.ETIN HlSPA.NJQUE

D. JUAN ANTO'.'UO LLOI\ENTE

11 ecrivit l'an 1797 un ouvrage contre la forme de faire les
proces dans le tribunal de l'inquisition. M' Jovellanos (qui a
eté alors ministre de la justice) le re9ut avec empressement.
La reforme seroit faite s'il aurait continué dans son ministere.
De la les Ynquisiteurs l'aiment tres peu : ils l'ont persecuté
et mortifié l'an 1801; mais l'auteur triompha malgre eux,.
II a ele membre de la congregation du clerge faite l'an , 799
pour deliberer sur les moyens de donner de l'alTermissement
au papier-monoie, qui s'appelle Vales reales.
11 a ecrit d'autres ouvrages entre lesquels le plus estimable
sera toujours celui qui porte le litre de Notices hi,loriques
d'Alava, Guipuzcoa et Vizcaya, parce qu'il est original et premierdans cetle matiere; parce qu'il comprend une tres precieuse
collection diplomatique de monuments historiques anciens et
inedits; et parce qu'il prepare l'opinion publique a recevoir
sans scandale touts les changementsqu'il conviendra fairedans
ces provinces pom· rendre sa legislation uniforme avec les
autres d'Espagne.

nement ancien, avec l'objet de preparer l'opinion publique a
recevoir, sans scandále des provínces exémptes, l'uniformité
de legislatíon, si désiré a present, heureusement etablí dans
notre precieuse constitution; graces au grand Napoleon 1 •
Quand les trois volumes quí restent seront publiés, j'aurai
l'honneur de diriger V. E. l"exemplaire par l'intern:iede dé
M' Dubois chanoine de Bayonne, qui aura le soin de passer les
uns et les autres dans les mains de V. E.
J'ai l'honneur d'etre, Monseigneur, avec toutte la reconaísence et la consideration posibles,

Le roi Joseph nomma Llorente au Conseil d'E:tat le25 juillet 1808,,
et Llore~te ne manqua pas de remercier M. de Champagny, ministre
des Affa1res Etrangeres, en luí remettant ún exemplaire des cinq
volumes de ses Nolic.ias históricas de los tres provincias vascongadas.
Le fran~ais de l'hislorien de l'lnquisition laisse a désirer mais les
compliments 1t l'égard de M. de Champagny sont des plus ~ourtois.

Trois jours apr8s, il témoigne sa reconnaissance
gny, pour sa nomination de Conseiller d'État:

a

J'ai l'honneur, Monseigneur, de comuniquer
V. E. mon
arrivée avéc mon roi pour temoigner ma reconaisence aux
honoe1tetés que V. E. á eu la bon té de me dispenser continuelmenl pendan! mon sejour a Bayonne. Puls je reussir
occassíones d'en donner des preuves efféctives.
Cependent je pris V. E. d'acepler un exemplaire des cinque
volumes publiés de mon ouvrage, ecrite par J'ordre du gouver'· Noticia biografica de D. Juan Antonio Llorente, Paris, 1818, p. S!l-108. ll parle ¡a,
de D. Gas~ar de Jovel la nos, qu'il vit1t Calahorra: e( pero ya en Ión ces estaba preparada
la _extensrnn de su infortuoio á mi persona por haber encontrado onlre sus papeles

m1 obra sobre la lnquisicioo, con algunas cartas mias. »
.'· Noticia., etc., p. 125. - &lt;( Sa .\lajesté a enfin arrñté bier uoe nomination de
lren:e roembres de son Comeil d'Elat actuel. • Madrid, ,fi juillet r8o8 (Correspondance ducomte d, la Portst, Paris, 1905, t. I, p. 188).

a

De V. E.,
tres humble et tres reconaisant serviteur.
Jean Antoine Llorente.
Madrid, 25 juillet 1808.
Monseigneur Champagní) ministre des relalions exterieures 2 •

a M. de Champa-

Excelentme Monseigneur,
Le roi m'3. nomme, Monseigneur, conseiller d'et3.t. Je crpis
q• cette grace provienne des idees que V. E. a eu la bonte de
donner a l'egard de moi: et par cela je vous rende les graces
les plus sinceres, et j'assure avec tout mon coeur que ma
reconaissence aux faveurs re~us de V. E. sera eternelle.
J'aurai la complaissence la plus intime si je puis prouver
1. Les N~icias íurent publiées, le1 trois premiers volumes en 180 , et les deux
7
derniers ea 1808 1 - el non pas en 1806 et 1807, comme il est. dit dans la Noticia biográfica, Les quatre premiers sent édilés: « Madrid, en la imprenta real ll, et le dernier:
« Madrid, en la imprenta de Don Luciano Vallin ))' et il contienl la réponse a
Aranguren, pour le tome I. L'ouvrage avail pour but de démontrer que les Fueros
de Biscaye avaient été consenties1 non comme des pactes, mais a cause du mauvais
étal de la terre, etc. D. Antonio María Fabié et O. Antonio Rodriguez Villa informerenl l'Académie de I' Histoire qu'ils avaient trouvé deux vol u mes laissés inédits par
D. Juan Antonio Llorenle, et l'Académie décida de les publier dans son Memorial
histórico. Jusqu'3. préseol t.lle a'a pas donné suite a ce projet(Boletin de la R. Academia
de la Historia, l. XXXfV, p. 174).
~. Correspondance d'Espagne, t. 675, fol. 170.

�['.10

BVLLETIN HISPANIQUE

effectivem•• q• je parle le memme queje pense en mon anímme.
En fin je sairaí toujours, Monseigneur,
De V. E.
servileur tres reconaissant et tres bumble.
• Jean Antaine Llorente.

' Ex"'• M' le Ministre des relations exter\ M1· Champagní •.
M. Dubois, chanoine honoraire el premier vicaire de la cathédrale
de Bayonne, dirigea les cinq vol u mes de 1\olicias a M. de Champign},
comme en témoigne ce billet:

L'abbé Dubois, chanoine honoraire el premier vicaire de la
Calhédrale,
A Son Excellence Mg' de Champagny,
Monseigneur,
Chargé par mon intime ami D. Juan Anlº Llorenle, Dignitaire de L'Eglise de Tolede, &amp; secretaire d'Etat de S. M. le Roy
dºEspagne, j'ai l'honneur de vous adresser un exemplaire de
son ouvrage intitulé: Noticias historicas de Las tres Pi·ovincias
vascongadas . Je viens de le remettrc la Messagerie de celte
ville daos un caisson l'adresse de S. E., M. Marret Secretaire,
suivant l'ordre quefen ai rei;u.

a

a

.Te suis avec un profond respect,
Monseigneur,
Votre tres humble &amp; tres
obéisst serviteu r.
Du Bois.
7bre

Llorente fut des trente nouveaux députés auxquels fut envoyé l'ordre
de se mettre en route pour Bayonne « immédiatement et saos
excusen , . ll s'excusa, mais voyant un renouvellement du meme
01ure, iL s'exécuta et arri va a Bayonne le 17 juin 1808 2 •
Sa p1·évenance, assez obséquieuse, envers Joseph, pretail un peu a
rire dans le quartier général du nouvel intrus Stanislas Girardin,
premier écuyer de Joseph, nous en a gardé le souvenir: « Parmi les
conseillers d'État, j'ai connu un abbé Llorente; il avait été attaché
l;inquisition; il en connaissait les secrets, il en a dévoilé les horreurs.
Son ouvrage a fait sa réputation, et annonce un mérite que nous
étions fort loin de soup&lt;,onner. Ce pauvre ecclésiastique était attaché
au quartier général, et il y était l'objet de la plaisanterie de tous nos
jeunes officiers 3.
Quatre ans apres, Llorente quilla Madrid, le 10 aofit 1812 1 pour
Valence, avec le roi Josef et sa cour, chassés par la bataille de Arapiles
que perdit le m~réchal Marmont, et il publia Valencequelques opuscules. LaNoticia biográfica ne mentionne pas-pas plus que Menéndez
Pelayo - la Carta biográfica publiée par D. Aléxandro Ferna~dez
de Ruidiaz, neveu de Llorente, oü se trouve une lettre de Llorente
a son ami D. Antonio Alcaráz, du 7 octobre 1812, dans laquelle il
donne un l&lt; indize razonado de sus obras lilerarias » 4. 11 y insiste
surtout sur les Noticias históricas de las lr_es provincias vascongadas
A lava, Guipúzcoa y Viscaya et montre qu'il n'a voulu causer de lort
a personne, d'autant plus que le manoir de sa famille Llorente est
a Ala va, et que d'autres familles, qui lui sont proches, se trouvent dans
le Guipúzcoa et dans la Biscaye. Le nombre des écrits catalogués est
de onze et sous le numéro douze, Llorente dit ceci : « Tengo escritas
varias obras ineditas de que no doy noticia individual, porque tal vez
no llegarán á \'er la luz pública, y necesita de la última mano. Tampoco la doy de algunos papeles en derecho impresos, trabajados
por mí, porque lleban el nombre y firma de otros juriconsultos que
pudieran sentirlo. Valencia. 7 de octubre de 1812. - Juan Antonio
Llorente. »
Lloren te résida a Valen ce j usqu'au mois d'octobre 18 e2, puis il passa
aSaragosse et ne la quitta qu'en juillet 1813, pour aller a Camfran et
Oléron, « fuyant les périls de l'anarchie et de la férocité que je jugeai,
dit-il, prochains en cette cité (Saragosse) et dans d'autres villes d'Espagne, a cause de la retraite de l'armée fran&lt;,aise 5. '&gt; U s'arreta dans

a

1808 2 •

Correspondanced' Espagne, t. 675, fol. 178. - Ces deux le llres ont éle publire,,
pas tres correctement, par 11. Geoffroy de Grandmaison, L'Espagne et Aapo/éon,
/804-1809, Paris, 1908, p. 289.
2. Correspondance d' Espagnt, t. 670, fol. 148.
1.

lll

a

Madrid 28 julio 808.

Bayonne, le 27

D. JUAN ANTONIO LLORENTE

, . Corres¡:,ondnnce du comte de la Forcst, l. 1, p. 92.
Noticia, ele., p. 123-124.
3. Journal et souveni,s, discours et opinions de S. Girardin, París, r828, t, lV, p. 283
4. Carla biográfica la daá luz D. Alexandro Fernande= de Ruidia:, Valencia, 1812 1 10
et 46 p. in-8•.
5. Noticia biogrúfica, p. r47 el 152.
2.

�llULLETll'I BISPA!'IIQUS

D. JUAl'I .lNTO1'1O LLOR!NTE

plusieurs villes du Midi de la France; aussi, ne nous étonnons pas de
voir une lettre de Llorente, adrcssée a D. Francisco Amorós, de Lectoure, 28 septemBre 1813, pour solliciter son envoi a París, Llorente
prétextant qu'il avait a rédiger un travail sur Antonio Perez, dont il
découvrit « avec beaucoup de peine» le proces original dans les
archives de l'lnquisilion de Saragosse. Voici ce qu'il dit dans sa Noticia
biogrd.fica (p. , 73) : &lt;&lt; Tengo tambien acabada otra obra intitulada :
Historia de la vida y sucesos de Antonio Perec, primer secretario de
1.;stado del Rey de Bspaña Felipe Jl. Los acontecimientos estraordinarios
de aquel ministro estan enlazados con otros muchos de la monarquia
española. Las obras que escribió intituladas Relaciones y cartas no
dan toda la luz n~cesaria para sal,er algunas cosas; ni tampoco los
.llanifiestos que escribió para su proceso de Aragon; ni el libro que
se imprimió en Madrid con el titulo de Proceso de Antonio Pere:. El
que se formó de su muerte á instancias de su viuda é hijos, para que
se,le reintegrase la fama, es el que conliene piezas y noticias important•s; ~- el de la lnquisicion de Zaragoza en su ausencia ilustra
muchas dudas. Si tengo tiempo, completaré la obra que debe interesar
á los amantes de la exactitud hislórica De positivo he trabajado la
parte que no puede saberse por los libros impresos ». Dans la lettre
a Francisco Amorós, Llorente dit que Antonio Perez donna a Sully
et a Villeroy les manuscrit§ qu'il n'avait pas cu le temps de publier,
et qu'il lui semble impossible qu'une bibliotheque ou famille, ayant
succédé a ces deux l&lt;,ran~ais, ne lui fournisse pas une copie de ces
pieces. Celle lettre et les deux autres d'Amorós ont été saisies par
la police.
Lectoure, 28 de sete de 1813.
Amado amigo mio: Ya sabes qe habiendo encontrado costa
de mucho trabajo en el archivo de la Inquisicion de Zaragoza
el proceso original del famoso Antonio Perez, me lo traxe
a Francia con animo de escribir la vida verdadera de aquel
varon ilustre, qe puede decirse ignorada, porqe sola consta
la verdad en dho proceso y en otro qe tambien me traxe,
formado en el mismo tribunal, despues de su muerte, para la
restilucion de su fama y buena memoria, a instancia de su
viuda e hijos; cosa qc hásta ahora nadie sabia en España
ni Francia, sin embargo de haberse escrito tanto en ambas
partes.

a

Comencé pues a escribirla con el gusto de prever quan
agradable podía ser a los frances,es una historia qe tiene

123
infinitas relaciones cou los sucesos de su' rey Henrique quarto
q 8 protegía a Perez impoderablemente, se vatio de sus luces
los diez y nueve años ultimos de su vida, y le sostuvo en Paris
con estimacion y conmodidad.
Pero la continucion de mis trabajos me hace conocer qe
. Lectoure no es pueblo proporcionado para dar a la obra la
perfection de qe es susceptible; ya por falta de los libros a que
se deve recurrir en especies importantes aunq 8 incidentes; ya
principalmente porque solo en París pueden hallarse las obras
manuscritas ineditas q 8 Antonio prometio, en las impresas, y
murio sin publicar, haviendolas dado al famoso duque de Sully
y a Mr de Villeroy, secretario de Estado de Henrique quarto.
En estas obras, dixo Perez en varias cartas, que descifraba
varios enigmas y declaraba sucesos ocultos suyos y de Felipe
segundo, para q e sirviesen de escuela politica; principalm'" en
las qe intituló Memoriales y consejos. Parece impossible qe
1leje de hallarse alguna copia integra ó diminuta de tan preciosos manuscritos historicos y políticos en alguna biblioteca,
i, casa qe sucediese a las de Sully y Villeroy.
De aqui me resulta la necesidad absoluta de pasar a Paris
a buscar estos manuscritos, u otras equivalentes, qe me auxilien para llenar algunas lagunas de la historia de Eispaña
y Francia, incapaces de llenarse sino por este medio, en la
vida del que tuvo intervencion activa en todos los grandes
sucesos de su tiempo, tanto en las relativos a Henrique IV
como en los de Felipe II.
Por lo mismo te encargo y estimare mucho qe me consigas
licencia para pasar a Paris con dho 'objeto, pues no dudo qe
manifestando el motivo, se concedera, ~· siendo necesario
consiento q e muestres o presentes ésta carla, haciendole servir
de memorial o de poder segun convenga.
Deseo qe te halles enteramente restablecido de tu indisposicion qe cuentes con la, invariable voluntad de tu amigo
verdadero y compai1ero.
Juan Antonio Lloren le.

y

Exmo Sr D• Fran'° Amoros, consejero de estado de Espaiía •.
1.

Archhe1 Nationale•, Fi 8¡88.

�125

BULLETill HISPAlllQUE

D. JUAN AIIT0'.'110 tLOl\l:NTE

Amorós, qui avait été nommé Conseiller d'État par Joseph, a peu
pres en meme temps que Llorente 1, s'empressa de recommander,
11 comme collegue et ami», la lettre de Lectonre, a M. le duc de
Rovigo, ministre de la police générale, le 16 octobre et le 27 octobre
1813. Sur la seconde leltre, un employé a mis la remarque suivante :
ll joindre au dossier. 11 y a ajournement. n

bibliotheque11 de Paris. Il desire et demande la permission dr
venir a Paris, qui d'alleurs l'a meritée bien par son dévouemenl, par sa réputation, comme savanl et comme homme
public, qui a rendu des grandes services a la dinaslie regnante ...
Paris, le 2¡ oclobre 1813.
Le Conseiller d'Elat de
S.M. C.
Franrois Amorós

Monseigneur,
i\lr Lloren le, conseiller d'État de S. M. C. m'a écriL la lellre
que j'ai l'honneur de presentcr a V. E., en me demandant,
comme college et ami, de lui procurer la permission pour
venir a Paris, a la recherche des ouvrages qu'il doit consulter
dans de grandes bibliotheques pour suivre les lravaux donl il
s'occupe. Ces recherches interessent l'histoire ancienne de la
France et d'Espagne, la filosophie et la politique. M' Llorente
est une personne tres remarquablc pour ses services a la
Dinastie regnanle et par ses talens e' ses écrits. Je m'honore
d'etre l'interprete de ses desirs envers votre Exe et je lui prie
de vouloir bien lui acco1·der le passeport necessaire pour
venir a París. Il se trouve a Lecloure dans le Departemen l
du Gers. París, 16 oclobre 1813.
Monseigneur,
Je vous prie d'agréer les assurances de ma plus haute
considération,
Francisco Amoros.
Monseigneur le duc de Rovigo, ministre de la Police
générale 2 •

M. Llorente, Conseillcr d'État de S.M. C., commissaire royal
de la croisade et Chanoine Dignité de Tolede, a ecrit dilfércnt
ouvrages que l'lnstitut Impérial de France a trouvé fort inléressanles. Le deroier siogulieremen t des Anales de Unquisilion
d' Espagne esl a·son second volume, el pour le continuer il doit
consulter des ouvrages qu'on ne trouve que dans les grandes
1. Daos sa D•claration (París, 1817), Amorós dit que sa nomination est du
• 5 novembre 1808.
2 • •\rcbives Nalionales, Fi 8781&gt;.

1

•

Selon Menéndez Pelayo, Llorenle, surpris par les événements de
1813, ne pul pas continuer en Espagne les Anales de l'lnquisition

d'Espagne et dut faire passer en France les extraits qu'il avait pris
dans les archives et un certain nombre de pieces originales, qu'il
« vendit sans scrupule a la Bibliotheque Nalionale de Paris, ou elles
sonl conservées, reliées en dix:- huit volumes, n. 11 faut avouer que
Llorente se vengea assez spirituellement du décret du 3o mai 181!1,
qui défendail aux Espagnols de rcntrer en Espagne sans la permission du roí, leurs biens etrenles restant confisqués. 11 J'ai supporté
celte peine, dit-il, et j'ai perdu, comme particulier, la bibliotheque la
plus importante de ~ladrid. Elle se composait de plus de httit mille
volnmes, dans lesquels un nombre considérable étaient des rnanuscrils inédits et un nombre plus considérable de livres imprimés, ºrares
el dil'ficiles a trouver 3. n Dans l'Histoíre de l'lnquisílion d'Espagne,
publiée chez Treuttel et Würtz, en 1817-18, le (1 Catalogue des manuscrits qui n'ont pas encore été publiés, et qui ont scrvi pour eomposer
l'Histoirc ct·itique de l'lnquisilion d'Espagne », se monte a quarantehuit. Que sont devenus les trente qui restent et qui conlenaient,
quelques-uns, plusieurs volumes? On ne le dit pas et Menéndez n'en
soufile mol.
Parmi les savanls franvais, Lloren te trouve d'assezchauds partisans.
Ch.-V. d'Hautefort parle de Llorente, dans son Coup-d'reíl sur Lisbonne
et Madrid en1814 4, et en fait le plus grand éloge : u Parmi les érudits
,. Archives jationales, F1 8788. - Llorente vinta París en 1813 ou en 1814, car
il ful présent au mariage entre la filie, Asunción, du fameull voyageur Domingo
Badia y Leblich, et Claude Izonard de Lisie de Sales, le 26 novembrc 1814, a la
mairic du Xte arrondissement de París, en compagnie de Pierre-Samuel Dupoot de
Nemours, coosciller d'Élat, Charles-Marie Pigoatelli de Gonzague et D. ~·rancisco
Amorós (RtaL civil de la Seine. Communication du comte Heori de Castries).
,. Historia dt los htterodo~o• españoles, t. 111, p . .422. - lliblotheque l\ationalc,
~·onds espagnol, 60 a ,í ·
.
3. Noticia biográfica, etc., París, 1~18, p. 15:i. O. A. Paz y )lélia a signalé la visile
faite par l'lnquisitioo des livrcs el de, papicrs de Llorente, en 1814 (Cat&lt;ílogo abre
uiodo de papeúis de inquisicion, Madrid, 1914, n• 613).
4- París, 1820, p. 435._

Bull. hispan.

9

�BULLETl:'l HISPA.!UQUll

U. JUA.ll A.!1'1'0!110 LLOREl'ITE

espagnols que je consulte journellement, je placerai M. Oon Juan
Antonio Llorente, chanoine dignitaire de Tolede, qui séjourne depuis
longtemps a París. Ce docte ecclésiastique, que j'ai eu l'honneur de
voir a Saragosse, m'a été du plus grand secours, surtout en ce qui
regarde la géographie et l'histoire de son pays, qu'il possede a fond
et qu'il a éludiées en homme judicieux : je dois l'avoue_r franchement,
sans son appui, je me serais trouvé fort souvenl embarrassé el hors
d'état de vaincre les difficultés que la connaissance topograpbique des
lieux, l'instruclion et la critique de M. Llorente ont résolues de la
maniere la plus satisfaisante. 11 L'arlicle publié dans la Revue encyclopédique par A. Mahut, peu de temps apres la mort de Llorente
(avril 18:13), et ornée de son portrait 1 , est également fort élogieux.
Depuis 1819, Llorente était un collaborateur de la Revue encyclopédique; il y publiait des nouvelles d'Espagne et le premier qui y figure
est un article sur le Sí de las ni,í.as de ;\Joratin (t. II, p. 497). La revue
protesté contre son expulsion; elle note son arrivée a Madrid, le 7 janvier 18:13, et son déces. &lt;&lt; Ce savant respectable vient de mourir a
lladrid, le 7 févl'ier 11 (t. X.Vil, p. 183 et 419).
Pendant les derniers temps de son séjour a Paris, Llorente écrivait
encore deux lettres : la premiere. du :i:i juillet 18:io, aux libraires
Treutell et Wurtz daos laquelle il lcur propose l'achat de l'édition
du Pro;et de constitulion religieuse considérée comme faisanl partie de
la conslilution civile d'une nation libre indépendante, qu'il considere
comme plus inléressanle que l'Histoire de l'lnquisilion 2 , et la seconde,
du 19 décembre 18:io, ou il proteste contre le décret qui l'a rayé de la
dignité de maestrescuelas et de chanoine de l'église de Tolede; il dit
qu'it renonce au premier litre et, pour prouver son désir de paix, qu'il
renonce aussi au second, mais qu'il exige qu'on lui paie la pension
consentie a des ecclésiastiques avancés en A.ge, c'est-a-dire ayant
dépassé la soixantaine3,
L' Hisloire áe l'lnqui.sition d' Espagne el d'au_tres, nolammen t les
Portraits politir¡ues des Papes, causerent néanmoins un assez gros
scandale dans le monde de la Congrégation, et le gouvernement de la

Restauration dut sévir. Llorente était réfugié et tombaitsous les coups
de la loi. Le cabinet du préfet de police prévint le ministre de l'lntérieur, a la date du 1,1 décembre 1822, qu'il a fait venir Llorente et lui
a &lt;&lt; enjoint de quitler París dans :i4 heures et de sorlir du royaume
dans le plus bref délai •. Cet étranger a demandé un jour de plus, qui
lui a été accordé. 11 a pris son passeport pour l'Espagne, en passant
par Bordeaux et Bayonne. U doit se mettre en route apres demain. n
Le 13 décembre, le ministre de l'Intérieur notifie aux préfets de la
Gironde et des Basses-Pyrénées : &lt;&lt; M. le Préfet, le s· Llorente, espagnol
réfugié, auteur d'ouvrages rédigés dans un fort mauvais esprit, a rei,u
l'ordre de quitter Paris, dans les :i4 heures et le royaume dans le plus
bref délai. 11 doit se metlre en route aujourd'hui 13, muni d'un passeport de la préfecture de police avec direction de Bordeaux et de
Bayonne». Et, a la date du 15 décembre,le cabinet du préfet de police
annonce au ministere de. l'lntérieur· le départ de Llorente de Paris :
&lt;&lt; Le sieur Llorente, pretre espagnol réfugié, est partí hier 14 du courant, a 4 heures du soir, par les messageries royales de la rue NotreDame-des-Victoires. ll a emporté avec luí deux valises et a lail\Sé
a París ses malles et autres effets, que son domestique fera sans doute
partir par le roulage. n 2 Enfin, la derniere dépéche concernant
Llorente est celle du préfet des Basses - Pyrénées au ministre de l'Intérieur, de Pau, 28 décembre, qui le prévient que Llorente u n'a eu de
relations dans cette ville (Bayonne) qu'avec un négociant nommé
Laloi, de qui ii'a rec;u de !'argent : il se rendait a Madrid 3 &gt;&gt;.
Llorente mourut, a Madrid, le 5 ou le 7 février 18:J3.

1. Dans le Catálogo de los retratos de personajes espaíwles ••. de la Biblioteca
nacional, par Angel M. de Barcia, Madrid, 1901, il y a, p. 467 el 753, qualre porlrai_ts
de Llorenle. Le dernier porte J'inscription : « Lilhographié par PierreCamus, d'apres
l'étude d11 portrait historié qu'il a peinl en 1821, qui est mainlenaot Cadi:r. ». Le
porlrait de Llorenle par Goya, qui a été exposé en 1900 par le Minislere de l'lnslruclion publique d'Espagne, apparlienl a un parenl, D. Francisco Llorenle y García de
Vinuesa. 11 a élé reproduit daos la Petite collection d'art Gowans, n• 26, en 1909.
~l. P. Lafond l'a formellemenl contesté (Ga,alte des beaux-arts, 49• année (1907),
,,. semestre).
2. Lettres autographa composant la collection ele M. A lfred Bovet, décrites par Étienne
Charquay. Paris, ,885, p. ~4!)3. Yo el infrascripto Juan Antonio Llorente, presbítero, Ciudadano español, ele. (Bib(,
:Sat. de París, Oo 390).

a

llj

A. MOREL-FATIO.
P.-S. - D. Aurelio Viñas, professeur a l'Université de Séville, et
qui prépare une étude sur Antonio Pérez, a eu l'amabilité de faire
copier la visite faite par l'Inquisition des livres et des papiers de
Llorente, en 1814 (n• 603 du Catálogo abreviado de papeles de
Inquisición de D. A. Paz y Mélia), et de la mettre a ma disposition;
C'est au mois de décembre 1814 que l'Inquisiteur fiscal du Saint
Office eut connaissance que les livres et papiers de D. Juan Antonio
Llorente se trouvaient dans le magasin des biens séquestrés, dans la
calle de Alcalá et dans la calle del Turco, avec les livres du Prince de
,. "Au commencement du mois de décembre 1822, il lui ful enjoint de quitter
Paris sous lrois jours, et la France sans délai. n (Revue encycwpédique, t. XVlll, p . 4 1 ).
2. • M. Llorenle étail dans l'usage de lenir un journal de ses voyagee. On doit
trouver, parmi ceux de ses papiersqui sonl restés aParis, le journal de son voyage de
Madrid a Valence, il ~aragosse et en France; dans ses papiers de Madrid, on lrouven
le journal du voyage de Bayonne, en 1808, qui contienl des renseignements intéressanla sur la révolution de celle époque "· (Revue encyclopidiq11e, l. XVIII, p. 51).
3. .-\rcbhea Nationales. Fi 664,.

�BULl,ETIN HISPANJQUE

la Paix; mais on apprit plus tard, le 14 janvier 1815, grace au mémoire
de l'archiviste de la Real Audiencia de Saragosse, O. Manuel
Rodriguez, que ses livres et paplers avaient été transportés en
France et que le Saint 0ffice se demande s'il serait possible de les
réclamer. II se réfere a la lettre du dit Llorente, datée de Saragosse, le
10 février 1813, disant que, en vertu d'un décret du général París,
gouverneur du royaume d'Aragon, au nom du roi Joseph, il a élé
autorisé a prendre les livres et les papiers de l'ancienne inquisition
de Saragosse. La lettre est signée par Juan Antonio Llorente, conseiller
d'Etat et commissaire général de la Sainle Cruzada, el adressée au
Président de la R. Audiencia d'Aragon. A la suite vient l'inventaire de
ces papiers :
1 • Diverses liasses de proces, in-quarto, se rapporlent aux premiers
temps de l'lnquisiLion en Aragon el qui conespondent aux numéros
60 a 71 du fonds Espagnol de la Bibliotheque Nationale de Pal'is ;
2° Les proces, in-folio, formés contre Antonio Pérez (numéros 72 a 77
du fonds Espagnol de la Bibliotheque Nationale de Paris); 3• Divers
écrits et notes sur les proces formés contre Mossen Francisco Ximenez,
Fr. Antonio Arpall, ele.; 4º Les relations des autos de fé de 1550 a
1623; 5º Les lettres des lnquisiteurs généraux et du Conseil de l'Inquisition jusqu'en '735; 6° Un ancien index du temps de l'établissement
de l'Inquisition a Saragosse; 7° Une liasse de bulles et d'édits anciens
de l'lnquisition; 8° Une autre liasse d'instructions du Tribunal de
l'Inquisition. A partir du n• 3 le catalogue formé par Llorente ne se
trouve pas a la Bibliotheque Nalionale de París, mais on le rencontre
~ peu pres dans Je catalogue du tome premier de l'Histo.ire critique
de l'lnquisilion d' Espagne. La razon, rédigée pour donner décharge a
l'archiviste Don '\ianuel Rodriguez, porte la date du 27 février 1813.
La visite du Saint 0ffice se termine par un assez long rapport de
l'arclliviste D. Manuel Rodriguez, daté d~ Saragosse, le 9 janvier 1815,
qui cherche a sauver les apparences : le Tribunal a, il est vrai, obéi
aux instructions de Llorente, données sur les ordres du général Paris,
mais maintenant que &lt;&lt; le Saint Tribunal a été rétabli daos la plénitude
de tous ses droits », l'archiviste demande qu'on le tienne pour &lt;&lt; bon
Espagnol et catholique apostolique romain ,,, et il prie qu'on tui
donne au moins un rcmerciement. Le Tribunal le lui donna.
A. M.-1&lt;'.

LES SOURCES HISTORlQUES DE ZAHA GOZA

L'étude des sources hisloriques des Episodios nacionales
vérifiera sans doule en gros l'affirmation tranchanle de Pío
Baroja : &lt;&lt; Como investigador, Galdós ha hecho poco o nada :
ha tomado la historia her.ha en los libros» 1 . L'objet de la présen le note n'est pas d'en procurer la démonstralion sur un
ca!\ particulierement favorable. 11 ne s'agit pas, en effet, de
dépouiller Galdós d'une gloire a laquelle il n'a jamais prétendu : les Episodes nationaux sonl une reuvre colossale de
vulgai·isation, et ils sonl aussi une reuvre d'art. II n·est pas
sans intéret de savoir ou Galdós en a pris les matériaux. Mais
. il faut chercher plus avant, et voir comment il les a élaborés:
il y a la, pour qui voudrait préciser sa conceplion du roman
historique, et, plus généralement, entrer dans les secrels de
son art, un travail préliminairc indispensable, que L'élude
direcle des Episodes ne saurait remplacer. c·est une infirne
partie de ce travail préliminaire qu'on a voulu faire ici.
On pouvait deYiner, d priori, que Galdós avaiL lu de pres le
récil de la défense de Saragosse dans la flistoria del levantamiento, guerra y revolución de Espa11a par le comte de Toreno.
En 1874, Górnez de Arteche n'avait encore publié que le premier volume de sa Guerra de la Independencia (1868), el le
second, qui n'arrive pas jusqu'au deuxieme siege, ne devait
paraitre qu'en 1875. Par contre, l'histoire de Toreno, déja classique, venai t d'etre rééditée par Rivadeneyra dans le tome LXIY
de sa Biblioteca de autores españoles ( 1872). La belle tenue
liLtérahe de cet ouvrage en faisait le guide le plus agréable
a suivre parmi la multiplicité confuse des événernents politiques et des théatres d'opérations militaires. Pour reconstiluer
, • Pío Baroja. Páginas escogidas. ~ladrid (Calleja) 1918, p. 37 1.

�r3o

BULLETIN HISPANIQUE

LES SOliRCl!S HISTOI\TQt:E8 DE Z.Hl.4G0ZA

l'hisloire des deu'- sieges de Saragosse, Galdós n'eut garde de
négliger un secours si précieux: il en relint meme, pour les
faire passer daos son roman, quelques visions d'un pittoresque
sobre telles que l'incendie de l'hopilal des fous,
la donquichottesque si1houette de D. Mariano Cereso courant au combat
armé d'un vieux bouclier., et l'épée nue. C'est également
a Torcno qu'il emprunle quelque~ délails relatifs aux événemenls qui suivirent la capitulation: me~rtre du Pere Basilio
Boggiero et de Mosén Santiago Sas, vol des bijoux de, NolreDame del Pilar.
Mai~ une histoire générale de la guerre d'Indépendance ne
pouvait luí donner en quantité suffisante ces détails concrets,
ces précisions de lemps et de lieu donl son roman fourmille.
Allait-il les demander aux documents d'archives? ll eut été audevant d'une déception, si l'on en croit M. Riba y García 1. A la
Gacela de la ville assiégée? C'est une publication fort rare, dont
on ne connaH, d'apres le meme auteur, qu'une seule collection
complete. Gald6s n'eut pasa chercher son information si loin,
car il en trouvait tous les éléments compilés dans la Historia
de los dos sitios que pusieron a Zaragoza en los años de 1808 y
1809 las tropas dr Napoleón par D. Agustín Alcaide Jbieca.
3 vol. in-8°. Madrid, 1830.
L'auteur, témoin oculaire des événements et chroniste officiel, eut a sa disposition non seulement la Gaceta mais une
foulc de documents qu'il emprunta aux Archives municipales
de Saragosse et qu'il négligea de rendre 2 • c·esl de ces documents qu'est formé presque en en tier le troisieme vol u me de
son ouvrage. D'ailleurs les pieces justificatives envahissent
meme les deux volumes de récit, qu'alourdissent, par exemple,
&lt;le longues proclamations de Palafox ou des comptes rendus
du commandement subalterne. Cette chronique confuse et
mal écrite n'est pas défendable au point de vue littéraire: elle
mérite tous les reproches que lui a prodígués, non sans

aigreur, un autre témoin oculaire, le colonel García Marín 1 •
:Mais pour Galdós, c'était une mine inépuisable de détails
précis el d'histoire anecdotique : il y trouvait, oulre la relation
circonslanciée des faits, un catalogue des principaux défenseurs de Saragosse avec J'exposé de leurs ex_ploits, une description minutieuse des lieux, et en fin un plan a grande échelle ou
figurent les ou vrages de forlification, les travaux des assiégeants, les démolitions de l'artillerie, 'les galeries de mines, en
un mot loules les indications de nature a faciliter l'intelligence des opérations. Galdós ne s'est pas fait faute de puiser
dans ce lrésor. D'ailleurs,'s•il ne nomme point sa source, parce
que de.telles références sont déplacées dans un roman, il lui
arrive de la citer entre guillemets (p. 190), en SQrle qu'on ne
saurait l'accuser de vouloir dissimuler la provenance de son
érudition.
Cetle ahondan te documentation lui a permis de réaliser dans
Zaragoza une densité de contenu historique qu'il n'a peut-etre
dépassée dans aucun des Episodios nacionales. Qu'on en juge
par le sommaire des principales concordances que nous avons
relevées soit avec Alcaide, soil avec Toreno. Nous renvoyons,
pour Zaragoza, a. l'édition complete des Épisodes (Madrid,
sucesores de Hernando) C'I pour Toreno, a l'édition Rivadeneyra (B. A. E., l. LXIV).

ou

1. Aparato bibliográfico para la historia &lt;Ú los sitios de Zaragoza, p. 183-184. Cette
bibliographie méthodique se trouve au tome IV des PablicacioMs del Congreso histórico i11temacionat de la Guerra de la Independencia y su época ( 1807-1815), celebrado en
Znragoza durante los días ft, a 20 de octubre de 1908. Saragosse, 1910.
2. Riba y García, op. cit. p. 184.

Ch. T, p. 7. Ruines de Santa Engracia (A. J, !)51).
Ch. 11, p. 11. Exploit d'Esteban López (A. lll, 112). La artillera
(.-\. l!I, 561. D. Andrés Guspide (A. III, 107) . - P. 1:l. Francisco Quílez
(A. lll, 117). D. Felipe San Clemente y Romeu (A. I, 219) . - P. ,3.
D. ,iiguel Salamero (A. III, 65). D. Mariano Cereso (T. 110 b
et 116 a). Défense de Santa Engracia (T. 115 b). - P. 14. Pepillo
H.uiz (A. f, :lo3 ). Mort de D. Antonio Quadros (.\. I, 204). - P. 15.
Incendie de l'hópital des fous (T. 115 b). D. Santiago Sas (A. I, H6).
D. Mariano Cercso, D. Marcos Simonó et Renovales (A. I, 199 sq.
passim). D. Lorenzo Calvo (T. 116 a). Martín Albantos (A. I, 216).
Vicente Codé (A. I, :l 13). D. Vicente ¡\{arraco (A. I, 217). La comtesse
1.

Fe &lt;U erratas y correcciones al estilo, lenguaje, contradicciones y equivocaciones de

a ,,bra ltiitórica ,te t,a cl,s m·-n1nbl~s sitio¡ de Zarago:a, por el Coronel de Infantería
Don Fernando García Marín. - Saragosse, 18H. -Opuscule as,ez rare, dont il existe
un exemplaire a la Bihliotheque du Sénat, de '.'lladrid.

�BULLETJ'I HlSPAIUQUI:

LES SOUl\CE~ BlSTOIUQUF.S DE ZARAGOZA

a

~le Bureta (A. I, 2:11). - P. 16. )fassacre de Frarn;:ais !'Arco de
Cineja (T. T16 a). Départ de Palafox (T. T16 a). - P. 17. Antonio
Laste (A. III, ro8). Hilario Lafuente (A. III, 119). D. Francisco lpas
(A . r, 20:i). - P. 18. Exploit de Codé (A. l, 213) ..
Ch. m, p. 19. Destruction volontaire des olivetles (T. 167 a). P. 23. Les fortifications de l'Ouest (A. III, 205).
Ch. IV, p. 27. ~ Nuestras carnes sólo se cubren de gloria&gt;&gt; (A. U, 9).
Proclama-tion dn 13 décembre (A. 11, 38). Appel aux débris de l'armée
du Centre (A. ll, /10). - P. 28. Arrivée des troupes assiégeantes
(A. 11, 45). - P. 29. Poste occupé par le bataillon de las Peñas de
San Pedro (A. lll, 80). Batlerie des Martyrs (A. 11. 16). Fortifications
adjacentes (A. lll, 206).
Ch. Vl, p. 41. Saint March el O'Neille (A. ll, 46). Liste d'unités
prenant parl al'action (A . 11, 46 sq. passim, et Ill, 74). Abandon de
Monte Torrero. - P. 42. Destruction du pont d'Amérique (A. ll, 47).
D. .losé Manso et D. \driano Walker lA· II, 46). D. Pedro Villacampa
(A. 11, Lt8). Yolontaires de Catalogne (_A. 11, 49). Renovales (A. 11, 46).
- P. 43. Altaque de San José (A . lf, !17). - P. 44. La cloche de la
Torre ~ueva (A. II, 49). - P. 45. Défense de J' \rrabal (A. 11, 48). P. 46. La cavalerie sur la place de la Seo (A. II, 48). - P. !17. Feux
croisés de San Lázaro et du Macelo (A. 11, 52).
Ch. VII, p. 4g. La foule sur le champ de bataille. - P. 5o sq.
La foule l'église du Pilar (A. 11, 54).
Ch.
p. 57. Réponse de Palafox
Moncey (A. lf, 61 el 63).
P. 58. Opportunité des sorties (A . II, 67). Sortie de Renovales
(A . 11, 65). Sorlie d'O'~eille (A. II, 67). - P. 59. Les travaux de la
premiere parallele C'\, 11, 68). - P. 59-6'.l. Sortie du 3 1 décembre
- (A. 11, 69-78). - P. fi1. La cavalerie laille l'ennemi en pieces. Frani;ais bnil~s vifs (A. II, 70). - P. 62. On bat la générale au Mont
Torrero (A. lf, n). La póele de Pirli (A. U. 77). - P. 64. Allégressc
populaire (A . 11, í8). Décoration commémorative (A. IT, 79). - P. 65.
Proclamation (A. II, 79).
Ch. IX, p. 65. Positions du Midi (A. 11, 84),- - P. 66. Juno! remplace Moncey (A. 11, 83). Le réduit du Pilar. Organisation du commandement (A. ll, 98). lnscription du réduit (A. ll, 15). - P. 68.
Escudo de premio y distinción (A. lll, 29). - P. 69. El Padre FraJ
\fateo del Busto (A . lll, 136). D. Pedro Ric \T. 171 a). - P. 71.
Manuela Sancho (T. 168b. - A. ll, 8:i). - P. 74. Casta Alvarez
(A . 111,57).
Ch. X, p. 16. Ouverture du feu (A. 11, 91). - P. 78. Renovales
défend San josé (A. II, 9'.l sq.). Les défenseurs écrasés sous les ruines
tT. 168 b). - P. 79. Allaques du 10 et du 11 janvier (A. 11, 89 sq.).
- P. 80. Feu d' enfer contre le réduit du Pilar; la panique (A. ll, 99).
- P. 83. Proclamation de Palafox (A. ll, 107).

a
vrn,

a

Ch. XI, p. 83. Les Fran&lt;;ais

a San

133

José. Manreuvres d'approche

(A. 11, 102). Proclamation du 1!1 janvier (A. JI, 109). - P. 84. État
lamentable du réduit du Pilar ( A. 11, 111 ). Confection de sacs a terre
(A. 11, r t0). - P. 85. Abandon du réduit (A. ll, 11 :i a 114). P. 86-88. AITTux de fausses nouvelles. Allégresse populaire. Le bombardement redouhle (A. 11, 114-115).
Ch. XII, p. 88. Sortie du 22 janvier (A. II, 126). Défense du moulin
hnile (A. 11, 134) . Cinquante bouches feu (A. ll, 122).-P. 89. Réponse de Palafox Lannes (A 11, 1'.lí)- - P. 90. D. Manuel Lasartesa
(.-\. 111, 28). D. Antonio la Casa (A. lll, 109). D. José '1artínez
(A. III, 1:15). D. Vicente Casanova (A. 111, 144 ). - P. 92. Junta de
Abastos (A 111, 196). D. Juan Gallart (A. III, 130).
C:h. \.11(. p. 102 :\toulin poudre (A. 11, 131). - P. 106. Travaux
de défense du faubourg des Tanneries (A. lf, 130). - P. 1oí.
Description des fortifications de l'Est (A.-11, 13l1-r35 et III, 207). P. 111. Le gibet (A. 11, 173).
Ch. XVII, p. r4o. Trois breches ouvertes. Abandon du moulin de
Goicoechea (.-\. II, 133-134)- - P. 142. Altaque de la maison González
el de la batterie des Martyrs (A. 11, 136).
Ch. XVlll, p. 146. Les FranQais sont maitres de la batterie des
\fartyrs, de S 1• Engracia et des Trinitaires (A. II, 137}.- P. 14(i sq.
La guerre des maisons (A. 11, 139) - P. 148. Premiere attaqne de
Santa Mónica. L'ennemi, échouant, se relranche dans les maisons
voisines (A. 11, 141).

a

a

a

a

Ch. \.IX, p. 156. Incendie de la Andiencia(A. II, 143).
Ch. XX, p. 167. Pendaison de D. Fernando Estallo (.\. II, 173). P. 168-169. Proclamation de Palafox (A. 11, 147). Echec des Fran&lt;;ais
contre Santa )tónica (A. II, 149-151). - P. 169. \'ouvelle attaque et
prise de ce couvent (A. Il, 153). - P. 170. Les derniers défenseurs
perccnt une ouverture pour s'échapper (A. ll, 154). dieta, Paúl. Benedicto, Oliva (A. n, 153).

P. 171. '1en-

Ch. XXl, p. 172. Guerre de maisons du coté de Puerta Quemada
(A. ll, 16í sq.). - P. 180. Contre-attaque au couvenl des Trinitaires
(A. 11, 155). - P. 182. Les Franc;ais font sauter le mur qui séparc
San \gustín de las }tónicas (A. 11, 163).
Ch. XXII, p. 183 sq. Défense de San Agustín(A. 11, 16;l-16l1J.
Ch. XXIII, p. 190. Intentions et situalion de l'ennemi (A. JI, r65).
- P. 197. Palafox aux poinls menacés (A. 11, 14:i).
Ch. XXIV, p. 198. Guerre de mines dans le quartier de la Magd:ilena (A. II, 1rl).
Ch. XXVI, p. 221. Prise du couvent de Jérusalem (A. 11, 172).
Proclamation du 2 féHier (.\.. 11, 17 1). Proclaniation du !1 février
(A. 11, 17'1). Proclamalion du 9 février(.-\.. ll, 181). - P. n2. Les

...

�134

IWLLETI~ HJSPA'ITQUE

Frani;ais commencent a miner en &lt;lirection de l'Hopital el de San
Francisco (A. II, 183-185)
Ch. XXVII, p. 232. Attaques conlre l' \rrabal (A. JI, 179). Bombar•
dement de l'église du Pilar (A. II. 180).
Ch. \XVIll,p.240. SasetLaCasa(A.11, 179). Piedrafita(A.ll, 191).
Escobar (A. III, 115). Leiva (A. ll, 189). Canon de l'Arco de Cineja
(A II, 185). - P. 244. Explosion de San Francisco (A. JT, 185). P. 246. Batlerie de la Subida del Trenque (A. II, 190). - P. 248.
Défense désespérée du clocher de San Francisco ( !\. 11, 187). Casa de
Sáslago (A. II. 189).
Ch. XXIX, p. 249. Destruction de l'Université (A. II, 208), de la
capilla de la Sangre ( A. II, 191 ), de la casa de Aranda (A. II, 210). P. 251. Effondrement de la ruedes Arcades (A. II, 210).
Ch. XXXI, p. :178. \1eurtre de Mosén Santiago Sas et du P. Basilio
Boggiero (T. 171 b). - P. 279. Vol des bijoux de \'otre-Dame
del Pilar (T: 172 a).
L'intéret - et l'excuse - de ce long index de référcnces,
c'est qu'il permet, en feuilletanl le l'Oman de Galdós, d'y faire
immédiatement le départ entre les éléments historiques et les
éléments inventés. Et l'on ne peut se délendre d'un certain
étonneme.nt en voyaot combien de détails intimes qui, a premiere vue, pouvaient sembler depure invention, ont été pris
a la chronique d'Alcaide ou au)( documenls authentiques qui
s'y trouvent inclus. Parmi le butin que Pirli rappol'te de la
sortie du 31 décembre figure une poele « en la cual aún habia
restos de almuerzo, comenzado en el campamento frente a
Zaragoza y terminado en el otro mundo n (p. 62). On ne
s'attendait certes pas a 1·etrouver ce détail dans le rapport de
Renovales : ll .:. habiendo tomado nuestras tropas cuatro
mochilas, seis fusiles, tres mantas, un poncho, una bota. y una
sartén con que estaban guisando de comer n. (A. II, ¡7.) Bien
peu nombreuses sont les précisions de lieux ou de personnes
qui ne reposent pas sur l'autorilé d'Alcaide ou de Toreno '·
Galdós a meme poussé le scrupule jusqu'a consulter attentivement, au tome Tll d'Alcaide, la liste· des unités dont la présence
, . :'ious n·en pou,·ons guere cíter que deut ou lrois : les noms du sous,-lieu~aant
D. \ligue) Gila (p. 12) et du commer,;,ant D. Pedro Pizueta (p. 92); - 1 ex_plml du
marquis de Pino Hermoso ala tele du lntaillon d'Orihuela (p. 243). !\ous ignoran~
rgalement ou Galdós prend l'orlhographe &lt; Cereso» au lieu de, Cerezo• (p. 77, n. 1).

LES S0URCB1' HJSTORTQl'F:S OR lARAl:()7,.4

135

a été conslalée sur les différents poinls du champ de bataille,
et il a soin, en général, de ne faire intervenir le bataillon de
las Peñas de San Pedro que Ht 011 sa présence est attestée. ~i
nous laissons de coté la trahison de la Casa de los Duendes,
inventée de loule évidence pour les besoins de l'intrigue romanesque, nous ne voyons guere dans Zaragoza qu'une invention
-importante superposée a la vérité historique et la·dénaturan t:
la conduile héro'ique de Manuela Sancho ramenant au combat
les défenseurs du _réduit du Pilar (p. 81). Non seulement
Alcaide n'en dit ríen, mais il n·en est pas question non plus
dans les Mémoires du lieutenant-colonel García Marín ', qui fut
l'un des principaux acteurs de ce tragique épisode, puisqu·il
était parmi les officiers qui se lancerent, sabre au clair, audevant des fuyards. Galdós 11 'a pas résisté a la tentation de la
« scene a faire », a l'attrait d'une antithese un peu trop facile
entre l'affolement des soldats aguerris et l'héro'isme d'une
faible fcmme. Le tableau laisse une impression douteuse,
ou le charme désuet de rimagerie populail.'e se mele a la
grandiloquence de certaines compositions rnmantiques.
}iais si Galdós n'ajoule que tres rarement a la matiere
hislorique que lui fournissen t ses sources, il n'est pas moins
intéressant de noler qu'il en retient le ma)(imum de faits et
d'anecdoles, comme s'il avait ,oulu présenter un tableau
complet de la défense de Saragosse. Bien caractéristique a cet
égard est le deux:ieme chapitre, ou le mendiant Sursum Corda
raconte a batons rompus les prouesses du premier siege. On
comprend par quel souci d'unité et de concentration dans le
temps Galdós a circonscril l'actjon de son roman dans les
limites du deuxieme siege; mais on comprend aussi que son
dessein de vulgarisation luí ait suggéré cet artífice pour
brosser un raccourci du premier, en guise d'introduclion.
Zarago:a apparait a'onc ~omme une image épique et libre de
cet épisode grandiose, réunissant tous les traits d .héro'isme ,
, . .lfernorias para servir a la historia militar de la Guerra de la insurrección española,
desde su principin en 1808 hasta su fin en 18H. - Resumen ... del segundo sitio de la
inmortal Zaragoza - Defensa heroica del memryrable reJuclo llama.do del Pilar, ele ...
'danuscril coo~ervé a la 'Bibliotheque du Sénal de ,tadrid. - Sur l',1dition tle ces
mémoires, publiér en 1817. cf. Riba y García, op. cit., p. 273.

�u ;s

BULLBTl!f BISPANIQUlt

toutes les scenes d'horreur, et mat'quant a,·ec une netteté
:mffisante l'enchaincment des événements militaires. Toutefois,
une réserve s"impose au sujet de la fin du livre. Galdós, en
imaginant la trahison de Candiota et son chatiment, a cédé au
besoin de lier étroitement la catastrophe de la défense de•
Saragosse, la catastrophe des amours d'Agustín Monloria.
Mais il a sentí que ce double dénouemenl tragique ne pouvait
etre accompagné ni suivi d'un brillanl récit d'action mililaire
sous peine de diviser L'inléret el de compromeltre l'émotion;
et c·est pourquoi il n'a pas hésité
passer soui; silence
l'attaque de !'Arrabal, qui ful vraiment le dernier coup porté
a la résistance, et, bien plus que la prise de San Francisco,
le fait qui u décida du sort de la ville » (p. 240). Tres habilement, il enveloppe les derniers jours de la défense daos la
brume incertaine d'un cauchemar (u Vele lejos de mí, horrible
pesadilla ... », p . ~67 sq.). Le héros ne sort de sa torpeur
fiévreuse que pour dire adieu aux survivanls de ses compagnonid'épreuve, ombres blemes, exlénuées, enant dans la ville
prise ou regne le silence de la désolation el de la défaite.
On voit quelles inlentions artistiques, d'ailleurs inégalement heureuses, répondent les libertés que Galdós prend avec
l'histoire, soit par · addition, soit par omission. Ces libertés
sonl fort peu nombreuses, et il en résulte que Znrngoza a une
valeur immense comme ceuvre de vulgarisation historique.
Faut-il souligner le caractere forcérnenl artificiel du genre?
Ce caractere éclate si l'on compare les Episodios nacionales
des ceuvres d'une élaboration plus subtile telles que les Memorias de un hombre de acción, que cerlains critiques saluerent,
lcur appari lion , du tilre de « nuevos episodios nacionales ».
Chez Baroja, l'histoire est habilemenl dosée, traitée en fonction
,du héros, vue sous l'angle particulierd' Aviraneta. Chez Galdós
l'histoire est traitée pour elle-meme: Araceli est partout, il
6ait tout, et domine les événements auxquels il assiste comme
pourront le faire les historiens de l'avenir. Mais ce qui est
surprenant, c'est la maitrise avec laquelle Galdós a joué de cet
artífice, l'al't avec lequel il nous fait accepler cette convention,
la Yie qu'il a su communiquer un récil dont presque tous les

a

a

a

a

a

a

•

SOLI\CES HISTOIUQUES DE ZARAGOZA

éléments, et parfois les mols cux-memes, tui étaienl fournis
du dehors.
Quelques citations paralleles monh·eroQt mieux commenl il
cnlend son role de vulgarisateur, et le pal'li qu'il tire de ses
sources.
Parfois son intervention se borne abl'éger sous une forme
plus nerveuse la matiere donnée par Alcaide.

a

ALCAIDE

(II, p. IJ4-ll5).

Ya l'uese que Palaíox tuviese
noticia de que Perena había reunido algunas tropas, o por mejo1·
decir paisanos mal armados, ~a
que en realidad recibiese por
algun conducto papeles de otras
partes, lo cierto es que el , 7 al
medio día dh·ulgaron iba a publicarse una gacela muy interesante ... Su contenido se reducía a
que en Cataluña habían sido
derrotados los francesrs, y que
Reding tenía un ejército de sesenta
mil hombres; que el marqués de
Lazán , de~pués de haber arrollado
las fuerzas que el enemigo tenía
en el Ampurdán, había entrado
en Francia, llevando el espanto
por todas partes y enriqueciendo
el ejército con los despojos; que
venía a auxiliarnos una gruesa
división de Reding y otra del
duque del lnfanlado: que Blak.e
) la Romana con los ingleses
habían derrotado a ~apoleón,
matándole veinte mil hombres,
incluso Berthier y Ney, y herido
a Sabary; y que de sus resultas
estaba aquél sitiado en el Paular.
Ultimamente que habían llegado
a Cádiz para nuestro ejército diez
y seis millones de duros ...

GALDÓS

(p. 86-87).

\o sé si efectivamente llegaron
a Zaragoza tales noticias, o si las

sacó de su cacumen el redactor
principal, que era D. Ignacio
Asso; lo cierto es que en letras de
molde se nos dijo que Reding
venía a socorrernos con un ejército de sesenta mil hombres; que
el Marqués de Lazán, después de
derrotar a la canalla en el norte
de Cataluña, había entrado en
Francia, llevando el espanto por
todas partes; que también venía
en nuestro auxilio el Duque del
Infantado: que entre Blak.e y la
Romana habían derrotado a ~apoleón, maldndole veinte mil hombres, inclusos Berthier, ~ey }
Savary, y que a. Cádiz habían
llegado diez y seis millones de
daros enviados . por los ingleses
para gastos de guerra. ( Qué tal~
eSe explicaba la Gn.cela?

�138

IIULLETIN HISPA.,IQU-E

1.ES SOURCES IIISTORIQUES DE 7.AIUf.OU

11 seraiL absurde de crier au plagiat. Le romancier en use

a l'égard

du chroniste comme celui-ci a l'égard de la Gacela
qu'il analyse : pour Galdós l'histoire d'Alcaide est un docu111ent sur lequel la vulgarisation a tous les droits. - L'exemple
suivant nous offre déja un agencement plus libre des éléments
utilisés.
ALCAIDE

(II, p. 173¡.

En este día apareció a los ojos
del pública un espectáculo sobremanera triste. La noche anterior
cayó una bomba en la casa ustensilios, si ta junto a la plazuela de
la Cebada, y habiéndose incendiado, entraron varios paisanos,
los cuales hallarnn una porción
de camas de las correspondientes
a dicho rnmo, } como los enfermos se iban multiplicando extraordinariame nle y había tantos
hospitales, comenzaron a declamar. No fué necesario más para
proceder contra el guarda-almacén
don Fernando Estallo. Todos lo
apellidaron traidor, lecondujeron
en seguida a la cárcel y en ella
sufrió la pena de garrote. Por la
mañana apareció suspendido en
una horca colocada en la calle del
Coso frente a la subida del Trenque, con un cartel al pecho que
decía : por asesino del género
humano, a causa de haber ocultado veinte mil camas.

GALDÓS

(p. 167-168).

Detúvose el pueblo irritado
junto a la subida del Trenque,
donde estaba la horca, y- al poco
rato uno de los dogales de ésta
suspendió el cuerpo convulso de
un hombre, que se sacudió en el
aire hasta quedar exánime. Sobre
e) madero apareció bien pronto
un cartel que decía : Por asesino
del género humano, a causa de
haber ocultado veinte mil camas.
Era aquel infeliz un O Fernando
Estallo, guarda-almacén de la
Casa - uslensilios. Cuando los
enfermos y los heridos espiraban
en el arroyo y sobre las frías baldosas de las iglesias, encontróse
un gran depósito de camas, cuya
ocultación no pudo justificar el
citado Estallo. Desencadenóse
impetuosamente sobre él la ira
popular, y no fué posible contenerla. Oí decir que aquel hombre
era inocente Muchos lamentaron
su muerte; pero al comenzar el
fuego en las trincheras, nadie se
acordó de él,

a

citations parallelcs de celle longucur. Un grand nombre
des concordances que nous avons notées plus haul se réfcrent
a de simples allusions , a des précisions jetées incidemmenl
duns le récit pour lui donner un air de chose vécue. Assez
souvent, pourtant, Galdós Lravaille sur ses sources historiques
comme sur un canevas, ou comme sur une matiere a développement pitLoresque.

(NoLons au passage l'artifice qui consiste faire dégage1·
Araceli le j ugement moral, la présomptiou d'i nnocence
n 'étaienl qu'implicitcs dans les termes d' Alcaide : « no
necesario más ... )l.)
11 Y~ sans dire qu'on ne pounail pas multiplier a l'infini

par
qui
fué
des

TonENO (p. 115 b-r 16 a).

GALDÓS

(p.

15).

Prendióse fuego, y los enfermos
Los enfermos, viendo que los
que quedaban, arrojándose por las • techos se les venían encima, se
ventanas, c.:~ían sobre las baJ·o- arrojaban por las ventanas a la
nelas enemigas. Entre tanto los calle. Otros se iban arrastrando
locos, encerrados en sus jaulas, y rodaban por las escaleras. Ardían
cantaban, lloraban o reían, según los tabiques oíanse lamentos, y los
la manía de cada uno ...
locos mugían en sus jaulas como
. . Dueños de aquella parle fieras rabiosas. Otros se escaparon
sentaron los enemigos su águilas y andaban porlos claustros riendo,'
victoriosas en la Cruz del Coso, bailando y haciendo mil gestos
templete con columnas en medio graciosos que daban espanto.
de la calle del mismo nombre.
Algunos salieron a la calle como
en día de Carnaval, y uno se subió
a la Cruz del Coso, donde se puso
a sermonear, etc ...
Le procédé d'amplification est tlagrant: c'est un travail volontaire qui, des sobres irul.ications de l'histoire, fait sortir tout le
piltoresque qui y était virluellement contenu. Mais ce qui est
particulierement curieux ici, c'est la dé marche irnprévue et vraiment créatríce par laquelle l'imagination du romancier utilise
celte image de la Cruz del Coso que le récit de Toreno lui
olfrait quelques lignes plus loin, mais sans líen avec la scene.
On pourrait établir une série ascendante, depuis des passages
tels que le précédent, ou la transformation estencore sommaire,
jusqu'a des créations beaucoup plus libres, dont les sources
historiques n 'ont fourni que le point de départ. c·est au terme
de cette série que nous trouverions les plus helles pages de
Zaragoza : le tableau des ruines de Santa Engracia (p. 7),
étonnante transfiguration d'une description précise, mais un

�IQO

BULLETl:"I HLSPAJHQUE

LBS SOURCES HISTORIQUES DE ZARAGOZA

peu seche; le récit épique de la défensc de San Agustín
( ch. XXII), pour lequel Alcaide n 'a donné q u'u n canevas assez
incolore; enfin la scene de Notre-Dame del Pilar (ch. VII), qui
est sortie de cettc simple phrase: &lt;&lt; La capilla de :'\uestra
señora del Pilar al anochecer estaba colmada de un inmenao
pueblo, que concurrió a desahogar sus afectos religioso•. &gt;A
11 est impossible de citer toutes ces pages célebres. Du res~,
nous ne nous sommes pas pt·oposé de suivre l'imagination de
Galdós en plein essor, réservan t nolre attention pour le
moment précis ou elle quitte le sol, 011 elle perd le contact
des textes historiques.
Nous permettra-t-on de mentionner pour finir un drame
d'Antonio Hurtado et Gaspar Nt'ii1ez de Arce, donl Galdós
semble s·etre souvenu en écrirnnt son roman~ \ous ne prétendons pas le ranger parmi les sources historiqucs de Zaragoza.
)fais il s'agit d'un drarne inspiré par le meme épisode de
l'histoire nationale, et Riba y García I omet de le ciler parmi
les reuvres littéraires se rapportant au siege de Saragossc.
La Jota rtragonesa• fit son apparition sur la scene de la Zarzuela
en 1866, I'année meme ou Galdós débutait dans la presse
maddlene comme critique liltéraire et dramalique. II est forl
probable qu'il vit joucr cctte piece. On ne peut tirer aucun
argumcnt décisil' de la ressemblance entre D. José Monloria
et D. Pablo Lizana: ce sont deux typcs rcprésentatifs de
l'Aragon, assez forlement styliséti. Mais la réceplion que
Montoria fait a Araceli et a D. Roque rappelle de bien pres
l'accueil du vieux Lizana aux .soldats qui viennent défendre
Saragosse :

LA

JOTA ARAGONESA

( A. l. Se. l[l).

Pablo.
Mas ai así tan mano a mano
seguimos aquí los tres,
1.
2.

GALDÓS

(p. 21).

Sepan que no me fallan
diez docenas de jamones colgados
en el techo de la despensa, ni
veinte cubas de lo añejo. . . Ea

buena tripa pondrá pues
ese sargento cristiano.
eNo hay un lomo que freír ?
No hay jamón que preparar?
o va en ayunas a entrar
y en ayunas va a salir?
Carmen.
¡ Oh ! no, eso no.

muchachos, entrad adentro y
mandar que frían obra de cuatro
libras de lomo, y que estrellen dos
docenas de huevos, y que maten
seis gallinas, y saquen de la cueva
siete jarros de vino, que yo lambien quiero almorzar ...

Pablo .

Pues dispón,
que hoy cuantos van contra
[Francia
dueños de mi casa son.
Ajoutons que D. Pablo Lizana a, comme D. José MonLoria,
un fils séminariste qui vole au secours de la patrie oppri mée :
il est vrai qu'il n'est ni amoureux ni romantique, et que l'intrigue du rornan se déroule dans un tout autre ordre d'idées
et de sentiments que celle du drame.
Mais il ne saurait etre question d'étudier ici les sources
littéraires de l'intrigue romanesque. Il faudrait entrer daos
le domaine des influences incertaines, des filiations discutables,
et nous avons seulement voulu montrer quelle base solide
l'étude des sources historiques peut donner a !'examen critique
des Episodios Nacionales. Elle devrait etre étendue a !'ensemble
de cette reuvre immense si l'on voulait quelque jour définir
dans toute son ampleur le talent de vulgarisation de Galdós,
démeler les formules diverses selon lesquelles il combine
histoire et fiction. A.u milieu de cette diversité, la cocilparaison
dégagerait sans doute les procédés fondamenlaux du romancier les démarches les plus constantes de son imagination
créa,trice, fournissant ainsi de précieuses indications a qui
voudrait analyser son art dans la tola lité de ses reuVI"es.
~l. BATAILLOi\.

Aparato biblwgráfico . .. p. 2 r 5.
La Jota aragenesa. Drama en !res aclos y en verso, original de Don Antonio

Hurtado y Don Gaspar Núñez de Arce. - llepresenlado en el teatro de. la Zarzuela.
el dia •~ de diciembre de 1866. - ',[adrid, imprenta de José llodríguez, Calvario,
18. - 1866.
Bull. hispan.

10

�.....

f( té _.._ ele lui -.YOlt Jli'N 1a rue '1llliall d-. GarcUuo, publWe
,ve remando de Berren: e wbloh I ha4 mvain-,ht for in ~
ooiW!on• nf'lll."'Dilh boob, bolh pllblic ud ~ato. t:'°51ioQ de

VAllIÉTES

a

J. H. Wi6'en.
. Sauf une cilation tres coorte dan1 la liltérature espagnole de
l'ickoor, ou le 118vant américain traite
dédaigneusement de .la
vie et de la traduclion du Garcilaso de J. H. Witren (trad. allemande
de N. H_. J ulius, t. I, 387 ), je ne vois pas que peraonne ail eJICOre
rend.ujusticea ce remarquable ouvrage, qui, vu 118 date (18,3¡, peot
pasaer pour une précieuse cootrlbulion de l"hiopmisme anglais
au x1x• •i~le. Le volume est inlitolé : • The woru or Gtlrcila110 de-"
Vega, 1urnam~ the prioce or caslilian poeta, ll'llnslated info En¡liah
~ene; wilh • critica) md historical us■y ob spaniah poetry, and •
bfe oí the author. By J •• ff. WiOen. - Loodon: Prinled for Horat,
Robinsen, and Co, 90, Cheapside, and 8; Pall-Mall, 18,3. »
J. H. Wift'en étail ·te frere de Benjamin Barron Witren J'6diteur
'
avec D. Santiago Usoz i Río, des R•/ormi11tu anliglJ06 &amp;pallot.1 ,
do?' .Ed. Boeh~er ~ poblié, en lrois volumee, la bio-bibliopaphie
(Bibliol/uca Wi8"e1W1na. Spanu1t. Reformar, qf lrDo Clllturi#
/rom ~520. Slrasburg el London. Truhner; 18¡4-19(14.) JI mooru&amp;,
noua dit sa filie, Mary laaline W. Witren : • in the noontide ól hu
career J. H. Wift'en was removed by death at the early age ot 45 In
May 18116» (Vie de B. B. Witren; Boehmer, t. I, p. 8.)
• D11111 aa préface, dal6e de• WoburnAbbéy,4 lb llonlh8 lh, 1825 ••
ll se récl•m• de D. José Maria Blauco (depaia !111 conYRnion au
protealanlisme : • the Rev. Blanco Wbite • ), et de J(. Heher. Voici ce
qu'il dit du premier: • I cannot forego lhe pleuure of ftnl acbnowl~ng the great advanlage I bave derived from lhe lr.iDd reviaion of
my MSS by the.Rev. Bla~co White. That genUeman'a dealre lo aid in
any thing lhat might seem to serve lhe reputation or bis counlrylhe country, whoae cualoms and instilullona he ha1 povtrayed wilh
1uch vivid inleresl, originality, and talent, joioed fo bis nalive goodnese of hes~, coold alone bave led-h_im fo volunteer bis -.ices, in a
-eon of sickness, lo one nearl7 a stranger and if I submil lhe
followiog pages to lhe public witb aoy degree of conJldence Íll ¡~
favour, it is from lhe m1ny improvements to wbich hie f'riendly and
judicious crilicisms have led. • Quant au 18COnd, le bibiiophíle Beber,

·••sez

.

t la 6litl l.la BWlotJaeip Nationale de
.,_(Yg. Ris. 41), etlla BlbliollMquede
¡E. 19&amp;-t).
Le contenu du l!YN eat le auinnt : • Ea-, on apani2h pietry •
(1"11a) • « We or Garcilaucu (&amp;5-167); • Versea on the death of
~ , (171-1.,S). Pulscha t.,logues, dN twgiea,desOdea et det
Sonnete, el, la In, DD appeodice, ou
dhe.-- traduotioDs :
d'abol'd J'éloge dee pelitei • - de t'archiprkre de mta, la proph61ie do Tage de Lula de Ltoa, - Abel Hapl'avail imprim6e, dau
la venlon arlglnale, den - plaa lb&amp; , Boma,u;ero • lii11Drla d6l rrr
• B,pdtl Don Bodrlfo, po,lnro tü lol Godo, en laig114ge '!'11111• i
, fllOJJIIDila , - AW Hago. Paria, 18111, - dea po/imM la~ dt
~ . etc. L'a...l aar la poéeie upagaole, qui
dee oritiJlllqD'ai, e "tabli_8D, del hons modMw •• eat rempli de citallou
a Jau de 11-. Sanllllalla, CutilleJo, etc., tradailel • aaglala, al
iJ :me ~ que Jea amateun d'aojollrd'hul feraial bien de a'en
111 plnr. Le Yle de Garcil8lo 811 ~te a'NIC 8andonl, Paul love, i1t
dOOllllen• de Berren Bembo, Zapata dua - lli,CllllanMI, • le
•
Smt - - - I n
8'ncbez lt (IIOJ&gt;Oa de IOD '11ilioll
ele ~ publiée en 1674. Toot cela indique che&amp; W-lh rz;:hn::ae ,ppriclable de la poÑú' 71p1poleat nne~ nfflMnbl
_._..,_ poor la ..._..pble do pMle.
Gudwlo par Henwa ·ea1

.

v-m.

uy•

Y'

,

Pnncl-.

A.

11,.r.

'

�BlBLIOGRAPHJE

BIBLIOGRAPHIE
Berragaete y su obra, par R. de Orueta. Biblioteca Calleja,
Madrid, 1917.
L'auteur m'en voudra-t-il si je commence par pester contre l'idée
malencontreuse qu'on a eue de réunir dans le meme volume l'édition
castillane de son travail et la traduclion franyaise? Pourquoi n'avoir
pas séparé les deux? Pourquoi alourdir un livre qu'on voudrait
emporler avec soi comme manuel d'excursion aux sanctuaires disséminés qui servent de musée
cet artiste fécond? Cambien de fois
n'ai-je pas regretté, de mCme, que la Gula de Toledo du vicomte de
Palazuelos (comte de Cedilla) doublée elle aussi de sa traduction,
conslitu.1t un de ces fardeaux dont on hésile
bourrer sa valise,
et surlout sa poche ! Allons ! MM. les Espagnols qui écrivez pour
faire connaitre les merveilles de votre pays, ayez pitié des pauvres
voyageurs !
M. R. Orueta s'est fait une spécialité de la sculpture espagnole. J'ai
dit ici-meme l'intérel de son livre sur Pedro de Mena (Bull. hisp., 1914,
p. 492). Il a publié depuis, d'aulre part, une étude sur la sculpture
funéraire en Espagne et il en a annoncé d'autres .
·
Dans la présente ceuvre, il consacre un premier chapitre préliminaire a une esquisse de la sculpture castillane au d ébut du xvx~siecle;
un second chapitre aux influences qui se sont exercées ou ont pu
s'exercer sur Berruguete; un troisieme a une biographie, et un quatriCme au catalogue des ceuvres, y compris les dessins et les ceuvres
douteuses. Une ahondan te bibliographie est jointe au volume, qu'illuslrenl 166 figures hors texte. On voit qu'il y a la taus les élémen-ts
susceptibles de documenter lelecteur, qui pourra adcnirer en connaissance de cause et sur d'assez bonnes reproductions photographiques
l'étonnant Saint Sébastien (cinq planches) et les autres pieces du
retable de San Benito de Valladolid (Musée de cette ville), les retables
de San Andrés a Olmedo, du College des Irlandais a Salamanque, de
l'Adoration des Rois a Santiago de Valladolid, de la Visitation a
Santa Ursula de Tolede, de l'église de Santiago a Cáceres, les stalles
du chreur de la cathédrale de Tolede, les portes de la cathédrale de
Cuenca et de Santa María de Castejón a Huete, la Transfiguration
a l'église San Salvador d'Ubeda, le sépulcre du cardinal Tavera
a Tolede. Des photographies d'ceuvres italiennes (de Micbel-Ange, de

a

a

Giacomo della Quercia, de Donatello, de Ghiberti , de la Chapelle
Sixtine, du Laocoon) suggerent, avec les remarques de l'auteur,
d'uliles comparaisons. Des dessins et deux autographes completent la
collection.
Cet ouvrage de vulgarisation qui s'appuie sur de nombreux travaux
cités par l'auteur et sur ses études personnelles, ne peut qu'etre bien
rec;.u de tous ceux qui aiment a étre éclairés dans l'admiration de
l'art espagnol.
On appréciera sans doute. son prernier chapitre, oll il cherche a faire
saisir Les dill'érences et les analogies d'inspiration et d'expression que
présente l'art espagnol et l'arl septentrional, d 'une pa rt, et l'art i talien,
de l'autre, jusqu'au momenl otl parait Berruguele. IL y a lil un aper&lt;;.u
rapide et général, suffisamment illustré d'exemples pourtant, d'oll
ressort la personnalilé de la sculpture espagnole, encore gothique
alors, forternent impressionnée par l'influence franyaise, mais caractérisée par des tendances visibles et nettes.
On lira avec plus d'intéret encorc le second chapitre, oll avant
meme de nous donner les délails biographiques qui ne sont relatifs
qn·a l'homme, M. de Orueta s'attache a déterminer les influences
subies par l'artiste, particuliCrement comme sculpteur et occasionnellement comme peintre; ses affinités italiennes (Donatello, Brunellesco, Quercia, Gbiberti, c'est•ll.•dire les plus gothiques); ses grands
modeles antiques (le Laocoon); son principal maitrc (~lichel-Ange) ,
dont iL a la tendance a l'expression, au mouvement (spirituel avant
tout). Yoici comment M. de Orueta définit sa maniere:
Lo que a él lo caracteriza es el retablo de San Benito, el de Salamanca,
el de Santiago, el de Santa Ursula y el de Ubeda; esta es su manera pecu•
liar, en la que unos escasísimos planos bastan para componer toda una
figura; con grandes superficies completamente vacías, sobrias, sin el menor
matiz; exagerando la importancia de los contornos; bastándole dos o tres
surcos para dar la impresión de un ropage; dislocando a veces los miembros
y siempre alargando las figuras. Este es el Berruguete personal y vigoroso,
que sabe armonizar la técnica de su ejecución con las direcciones de su sensibilidad. Y lo mismo es el pintor : un contorneador expresivo. que rellena
sus siluetas como mejor puede; su interés y su arle está precisamente en el
dibujo de esta silueta, Lo que quiere es hacer sentir, y ha de enderezar sus
trabajos para que estén en armonía con sus deseos; por eso si aprende la
técnica italiana de su tiempo, no la emplea siempre, prefiriendo la tradicional de los góticos 1 • • •
•
Plus concretes sont les observations qui suivent, touchant la proporlion et l'anatomie des figures traitées par Berrugucle~ les malériaux
qu'il a employés (le bois de préférence), la polychromie, la disposition
1. P. 59. Si je reproduis le passage en espagnol, ce n'esl pas queje dédaigne la
traduction, qui me parail au contraire bieo faite, mais comme je ne suppose pas
qu'elle soil de l\l. de Oruela lui•meme, il me parait mieux de le ciler dans !'original.

�l46

IIULLBTlN HISPA:VIQUE

BlBLIOGRAPHIE

des ensembles. Ce que furent ses disciples, M. Orueta nous le dit sans
indulgence, comme il nous fait comprendre commenl Berruouete est
en somme un isolé daos l'art castillan (3. moins qu'on ne le r:pproche
du Greco, avec lequel il a réellement une parenté bien visible), et
méme peut-étre jusqu'li. un certain point un incompris, de son teIDps
d_u moins; _comment enfin il est le type achevé du style (( baroqne ,,,
s1 le caraclere le plus essentiel de ce style est la suggestion, et la
suggestion par le mouvement.
C'est seulement apres cet exposé doctrinal et d'ailleurs quelque peu
philosophique, que M. Orueta place sa notice biographique sur Berruguete. Né entre 1486 et 1490, saos doute a Paredes de Navas, celui-ci
alla en ltalie, d'ou il était déja de retour en 15,o. Y a-t-il vu les cartons de Michel-Ange? C'est ce qu'affirme Vasar\ selon lequel il aurait
d'autre part exécuté une copie en cire du Laocoon daos un.s;~ncours
ju,gé par Rapbael. En Lout cas, il semble élabli, d'apres M: de Oruela,
que Berruguete séjourna a Florence, oll il éludia les premiCrcs sculptures de Michel•Ange; P.Uis
Rome, oU il s'intéressa surtout aux
plafonds de la Sixtine et au Laocoon; ensuile probablement il alla
il Bologne, Milan, Pavie et Naples . C'est a Valladolid qu'il se fixa ,eut
ses ateliers, et exécuta la plupart de ses cornmandes, - avec le
concours de nombreux aides ou él8ves, selon loute vraisemblance sauf les séjours plus ou moins prolongés qu'il dut faire /¡ Tolede.' ou
le chapitre lui assurait également logis et alelier, et oll il mourut en
r56r, enrichi par son art et son Lravail.
Le catalogue qui suit ces notes biographiques est en réalité une
étude de chaque groupe d'ceuvres; il tient la moitié du livre. n serait
trap long d'en reproduire meme simplement l'essentiel: descriptions,
données historiques, discussions, bypothCses et conclusions sont traitées avec une ampleur suffisante pour l'édification du Iecteur qui veut
surtout se renseigner et non peser chaque assertion d'une main
érudite. Les observations sur le saint Sébastien de Valladolid sont
particulierement intéressant.es en meme temps que sinceres. Et
partout on sent que cet artiste au génie si hardi et si vivant, si turbulent, si l'on peut dire, n'a pas seulement séduit, mais troublé l'écrivain qui, en ces pages attachantes, a cherché. le situer, le classer,
a r ex pliquer .
G. ClROT.

a

a

a

Henry Thomas, Spanish and Portuguese Romances oj Chiva/ry.
- The reviva/ oj the romance of Chivalry in the spanish Península, and its ex/ension and intl!ence abroad. - Cambridge, al
the University press, 1920. -

, vol. in-8°, vm + 335 pages.

Ce volume contient, en sept chapitres, la matitlre amplifiée de six
leyons faites, en cg 16, a1"Université de Cambridge (fondation Normaon

•

Maccoll). L'auteur s'y est propasé d'éludier dans son développement
bistorique, depuis les origines jusqu'.\ sa disparition, la liltéralure
cheval.eresque, qui commence, en Espagne 1 aux approches du
xvte siecle, s'épanouit, puis décline au cours de ce dernier siecle, pour
disparaitre au debut du xvu•. Ce vaste sujet a été souvent touché
et méme traité, l'auleur le reconnait. Mais il ne lui parait pas qu'il ait
été exposé méthodiquement daos son ensemble, du moins en Angleterre. 11 n'hésitera done pas a employer, en les contrólant, les matériaux réunis, et il y ajoutera ce que ses propres recherches lui auront
fourni.
Les litres des sept cha pi tres donneront une idée suffisa11te du contenu
et du plan de l'ouvrage. Ce sont, a peu pres, ceux de Menéndez Pelay~,
au chapitre V des Orígenes de la /\'ove/a. Cha p. l. Le roman de chevalene
dans la Péninsule avanl 1500 [El cavallero Cifar; la (1 malitre de
Bretagne )l; les romans divers de la fin du siecle précédent; Tiranl lo
Blanch, etc., p. 1-41]. - Chap. II. Amadis de Gaule, et ses conlinualions [p. 41-84]. - Cbap. III. Les Palmerins [p. 84-118]. Chap. IV. Les pelils groupes el les romans isolés [E.pejo de principes
y cava/leras; El cava/tero del Febo; El caval/ero det Sol; Don BehanIS
de Grecia· Florando de Inglaterra; El invencible cavallero lepolemo,etc.
[p. 119-147]. - Cbap. V. La grande vague et le déclin de c~ll~ liltérature. [p. 14 7.18o]. - Chap. VI. Exlension hors de la Penmsule,
en llalie, en l&lt;'rance, en Allemagne, en Hollande [p. 180-&gt;41].
Chap. VIL En Angleterre [p. &gt;42-301] .
Suivent deux appendices . Dans le premier, l'auteur recherche lequel,
du Leanrlro el B'el espagnol, qui forme le livre IL du Lepolemo llamado
el cava/tero de la Cruz (1563), ou du Leandro i/ Bello italien (1560),
est !'original, et il conclut que le premier n'est qu'une imitation du
second. Dans le deuxieme appendice, il établilqu'Anlhony Munday et
Lazarus Piott, traducleurs anglais de l'Amadis, ne forment qu'une
seul, et méme personne .
L'ouvraO'e se termine par unebibliographie et un excellent index. Le
lecteur y ~rouvera done tout ce qui lui sera nécessaire pour se rendre
compte de la nature, du développem:nt 1 de l'influence de celte littérature, si populaire jadis, si oubliée aujourd'hui. Taus les éléments
d'un jugement éclairé lui sonl fourn\s dans ce consciencieux ouvrag~.
g¡ 1 avec cela, il a lu au préalable, je ne dis pas tous ces romans (Je
doute qu'il en ait le temps et la patience), mais 1 du moins, les plus
célebres d'entre eux, il aura toul ce qu 'il peut souhaiter pour les
apprécier en pleine connaissance de caus~ et po~r se forrnc,r une
opinion personnelle Car M. Thomas, qm a la s1enne assurement,
semble plus préoccupé de réunir des faits exacts et nombreux que de
discuter les qualités et les défauts, la valeur morale on liltérairede ces
ceuvres 1 comme M. Menéndez Pelayo, par exemple, aim e a le fain¡.

�r48

BlBLIOGl\APHIE

HULT.ETIÍ'C H15PANIQUE

Et je ne dis pas que celte méthode ne soit pas la bonne; elle nous
laisse toute liberté d'apprécialion. Je me permets seulementd'exprimer
un regret tout personnel, que certains lecteurs partageront peut-etre,
el d'essayer d'en indiquer les raisons.
Nous nous trouvons ici en présence d'un fait imporlant d'histoire
liuéraire, bien délimité, s'appliquant a un genre, a une forme d'.invenlion romanesque, qui a ses caracteres propres _et sa signification
sociale, et qui, du début a la fin, a persisté, a peu de choses pres, la
m6me. Cette forme d'art littéraire, ébauchée au siecle précédent,
s'affi.rme tout a coup avec une force irrésistible au xv1" si6cle, dans
la Péninsule. Elle séduit aussitot toutes les imagiaations; elle se propage d'une fac;on prodigieuse, a lel point quede 1608, date de l'Amadis
de Monlalvo 1 jusque vers la septitlme décade de ce siecle, il ne se passe
point d'année oll quelque nouvelle e, chevalerie 1) n'apparaisse pour
le plus grand plaisir d'un public insatiable. Toutes les presses d'Espa•
gne el de Portugal semblent incapables de le salisfaire. - Comment
justifier cette vague? Et comment expliquer qu'elle cesse tout d'un
coup? Certes, M. Thomas n'ignore rien des explicalions données
maintes fois, mais qu'en pense-t-il lui-meme? Nous aimerions qu'un
j uge si bien informé nous le dise, non point en passant, a l'occasion
de t~l ou tel roman, et en prenant, pour ainsi dire, la queslion de
biais, mais en lui donnant toute la place et la valeur qu'elle mérite.
Car, en vérité, on n'a pas dit grand'chose, quand on a remarqué que
cetle littérature était un fidele reflet, sinon des mceurs, du moins de
l'idéal des contemporains . L'idéal chevaleresque n'était-il pas le méme
au sitlcle précédent, et peut-i:tre meme plus conforme a la réalité
historique? C'était cependant un aulre genre de fiction romanesque
qui prévalait alors. Et s'il n'y a qu'une part de vérité dans ce truisme
consacré, il n'y en a guere davantage dans l'opinion - également
consacrée- qui attribue la brusque disparition du genre a l'influence
décisive rlu Don Quichotle, constatation plutOt que cause de cet effondrement. En somme, nous restons perplexes et hésitanls sur les
causes, évidemment complexes, de cette vague comme de ceUe ruine.
Et l'on en peut dire autant de la portée morale et de la valeur littéraire de ces livres tant célébrés· et tantdécriés « aborrecidos de tantos
y alabados de muchos más. » Les moralistes ne tarissent pas sur les
dangers qu'ils font courir aux moours. Taus se font honneur de rompre
quelques lances contre , le monstre 1L On trouvera leurs témoignages
soigneusement réunis au chapitre V. lis sont aussi nombreux que
séveres. Les 1&lt; trufas, patrañas y mentiras caballerescas&gt;) détournent
des lectures édifiantes ou utiles, des Livres saints ou des bons auteurs
de l'antiquité. Elles ~mplissent les imaginations de billevesées ridi•
cules, qµ'on tient pour paroles d'Évangile, et surtout elles induisent
au péché de luxure. Que l'on rendrait meilleur service en répandant

149

le·s sages lec;ons des Ptlres, ou lout au moins celles des Séneque, des
Livius, des Valérius, des Eutrope, etc., etc.! Et la conclusion est toujours la meme: proscrire, détruire ces livres funestes. Cet anatheme,
cel appel la répression qui revient comme un refrain, nous élonne.
Car, s'il faut le dire, lorsqu'il nous prend fantaisie de rouvrir quelqu'un de ces derniers, c'est plus souvenl l'ennui qu'H nous paraU
distiller que ce u savouretll poison, sabrosa pon&lt;¡oña n, duquel les
Vives ou les Mexía, les Guevara ou les Granada, s'eílorcenl a l'envi
d'écarler nos 1evres. Ces in vectives nous parailraient plus a leur place
si elles s'adressaient a H la Mere Célestine » et a sa scandaleuse deseendance qui pullulait en ce sitlcle, ou au théAtre, qui se permettail de
singulitlres libertés, ou aux Picaresques, qui allaient succéder aux
Chevalefles. Que les Amadis, les Lisuarte, les Bélianis et leur innombrable escadron empanaché aient troublé quelques cervelles, avant
celle du bon' Quijada, on le dit; que l'on eul retiré plus de fruil
des pieux ouvrages des proscripteurs, il se peut faire encore.
i\lais, enfin, ce ne sont pas des leQons de dépravation morale, de
bassesse ni de luxure que le bon Chevalier de la Triste Figure y avait
puisées. Sans doute, il s'y peut trouver Qa et ta quelques peintures un
peu vives (l'entrevue de !'infante Elisena et du roi Périon, trop bien
servi par la soubretle Darioleta, les circonstances qui précedent el
accompagnent la naissance d'Esplandian et quelques autres); mais,
en vérité, elles paraissent édifiantes a cOté de celles que la literatura
amena se permettait alors. L'idéal de pureté, d'inébranlable fidélité,
d'ardente mais généreuse passion qui se dégage des amours du
« Doncel de la mar)) et de l'exquise Oriana, comment ne pas le
sentir? Et s'il est vrai de dire que de telles lectures ont brouillé les
idées de Don Quichotte, reconnaissons en revanche que c'est pour
avoir eu toujours les regards fixés sur cet et Amadis, fleur et rniroír
des chevaliers errants » et sur ses pareils, qu'il a pu si bien épurer ses
passions, atteindre a une beauté morale, monlrer une générosité, une
compassion pour les misérables telles que l'on n'en trouve guCre de
plus désintéressées a cette époque. H Peut-etre, écrit Brunetiere, (ces
romans] contribuCrent-ils, en posant, sije puis dire, la religion du
point d'honneur, a réintégrer quelque idée de lajustice dans ce monde
nouveau qui était en train de se fonder alors sur l'intéret, comme sur
sa seule base. 1)
Et si nous nous rappelons, d'autre part, que des hommes tels que
Don Diego de M_endoza furent d'enlhousiastes admirateurs de ces
romans, que Charles-Quint se plaisait a la lecture de Relianis de Grecia,
et FraOQOis ler a celle de l'Amadis, que sainte Thértlse de Jésus
« s'adonna a ces livres de Chevalerie avec tant de passion l) qu'elle en
compasa elle-meme, que saint Ignace de Loyola, qui y goUtail meme
plaisir, «aurait pu, selon l'expression de M. Thomas, au lieu de ]a

a

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�160

BULLETIN HISPA:,'JQUE

Société de Jésus, nous donner un autre roman de Chevalerie &gt;&gt; (mais
au fait, n'est'."elle pas elle-m6me une Caballería á lo divino?), ~ous n;
po~vons. nous emp6cher de penser que ces livres n'étaient pas aussi
nmrs qu on nous les représente et que leurs éloquents proscripteurs se
complaisaient trap a des lieux-communs chers aux moralistes de taus
les temps. 11 faudrait au moins entendre la contre-partie. Malon
de Chaide, cité par M. Thomas, demande aux amateurs de ces romaas
quel fruit ils en retirent, et il fait lui-m6me la réponse: &lt;i Nous
Y apprenons l'audace et la valeur a la guerre, la bonne éducation, la
courtoi_sie vis-a-vis des darnes, la fidélité et la Joyauté a J'égard du
procham, la magnanirnité et la générosité pour pardonner a nos
ennemis. n Et c'est bien lllque]que chose. D'ailleurs, pour son compte
personnel, le trov spirituel auteur de la Magdalena tient que Cavalleria
et Vellaquer-ia sont deu-x termes synonvmes.
11 n'entrait pas dans les intentions
l'au teur d'l•tudier en détail ]a
valeur littérair~ de ces romans, leurs procédfs d'exposition, ]eur
technique, ni l'inllueoce qu'ils purent avoir sur la prose castillane.
C'est 13. en e!Tet un vaste sujet, rarement ou incompleternent trailé
jusqu'ici. 11 mériteraitdetenterun travailleur patient, ungramrnairien
doublé d'un homme de goUL. En atlendant, on peut s'en tenir a J'opinion autorisée de Juan de Valdés, lequel, dés, 535, estimait qu' AmadiR,
Palmerin, Primaléon élaient de bons modeles de Jangue. 11 y a des
raisons de croire qu'.i cOté et a la suite de la Célestine, l'Amadis
en particulier, a eu, a ce point de vue, une influence prépondérante:
On sait quelle fut la popularité de ces romans dans la Péninsule
et comment ils se répandirent bientót a travers l'Europe entihe. C'est
ce dernier sujet que ~1. Thomas traite dans les trois derniers chapitres. Ils sont parmi les meilleurs et les plus originaux de l'ouvrage,
et constituenl une étude de liltérature comparée, solidement do~umentée et, sur bien des points, nouvelle. Les renseignements bibliographiques sont nombreux; les renvois aux sources, les citations,
empruntées direclement aux lexles originaux 1 en un mot, t011t l'apparat critique donnent L'idée d'un travail personnel, qui, sans épuiser
peut-étre une si abondante matiere, n 'omet cependant rien d'essentiel.
lnutile d'ajonler, puisque l'ouvrage sort des presses de Cnmbridge,
qu'il est présenté de lelle fai;on qu'il ferait douter de la crise du
papier et du livre, en Angleterre du moins.
E. M.

de

Narciso Alonso Cortés, El Jaho Quijote y Fray Crisl6bal de
Ponseca. -

Valladolid, 1920. ,;; pages.

L'infatigable érurlit de Valladolid 1, pour se délasser sans doute du
monumental travail qu'il vient de consarrer a son compatriote José
L. Profilons de l'occasion pour dire que Valladolid vienl de lul rendre uo public
el &amp;oleuael hommage, comme a l'un de &amp;es fils qui lui font Je plus d'honneur.

BIBLIOOAAPHIE

15 1

Zorrilla, nous donne aujourd'hui la brochure dont le litre p_récede. 11 y
yeut démontrer que le pseudo Alonso Fernández de Avellaneda, auteur
de la fausse deuxiCme partie du Quijote, n'est autre qu'un religieux
Augustin, Crislóbal de Fonseca, dont le nom se trouve dans le prologue
de ]a premiere parlie.
Ce serait done. si je compte bien, la seizifJme candidature
a la paternité du faux Quijote. Le seul fait que l'on continue
a chercher prouve que l'on n'a pas trouvé. Ces échecs répétés ne
découragent point M. A. C. 11 revcndique l'honneur de ce faux - si
ho.nneur il y a, - pour son clienl, qui est ce Fonseca. Voyons son
plaidoyer.
U part d'une double affirmation. 1" Cervantes, dans la premiere
partie du Quijote, a attaqué le soi-disant Avellaneda, ou, tout au moins,
ce'dernier le crut, ce qui suffit a justifier sa riposte. 2° Cette attaque
se trouvait dans le prologue de Cenantes. - Pour établir la premiere
affirmation, il suffit de rappeler deux lignes du prologue d' Avellaneda:
"El [Cervantes) tomó poi' tales [medios] el ofender á mí ... » Acceplons ce texte, et ceLte S)'nlaxe, malgré les réserves de M. P. Groussac,
el remarquons que cette attaque paraíl vi ser aussi Lope de Vega, non
nommé, mais assez clairement désigné, assurc-t-on. Quant a la seconde
affirmation 1 a savoir que l'atlaque se trouve dans le prologue cervantesque, cela résulterait de la préface des r,;ovelas ejemplares, oU Cervantes déclare qu'il voudrail.bien se dispenser d'écrire un prologue,
tt parce que, dit-il, celui que j'ai mis. en tete de mon V. Quijote ne
m'a pas si bien réussi que je désire en écrire maintenant un second. ))
Allusion évidente, assure-t-on, it sa querelle avec le faussairede Tordesillas. Meme en admettan t ces deux « bases 1), i I resterait toujou rs it prouver l'équation: Avellaneda= Fonseca. Pour ce faire, :\l. A. C. remarque
que, de tous les contemporains, il n'y en a que deux !qui soient nommés dans le dit prologue: l'évéque de Moridoflcdo et Fonseca; encore
pcut-on laisser de cóté Guevara, qui est hors de cause, puisqu'il était
mort en [545. Reste le seul Fonseca 1 lequel, en effet, esl bien nomm(·.
Pour ma part, et U priori, je verrais volontiers dans ce fait un argument contre la these, car il ne parait pas dans la maniere de Cervantes
de prendre ainsi directement et publiquement a partie ses adversai!'es.
Lope de Vega n'est pas nommé, quoiqne, affirmc M. Rodríguez Marín
u en este y olros lugares Cervantes alude conocidamente d lope de
Vega, con quien andaba enemisLado en 1?04 y 1605. 11 Pent-etre, rnais
Cervanles 1 lui, répondant 8 Avellaneda, s'en défend, et en termes si
formels, qne nous serio ns félchés pour lui que M. Rodríguez Marín ellt
raison. « Ce n'est pasa moi a poursuivrc un prétre, que! qu'il soil, et
moins encore un familier du St-Office ... , car de celui-18. j'adore le génie,
j'admire les oouvres et les occupalions toujours vertUeuses. u - lronie !
réplique l'illustre éditeur de Cervantes, qui a Ju les fameuses letlres au

i

1

�BULLETIN HISPA!HQUE

duc de Sessa. - JI se peut faire, mais, alors, que penser d'une telle
eífronterie? Défions-nous de nos amis.
Quoi qu'il en soit, ce n'est point de Lope, mais de Fonseca qu'il
s'agit. OU est done l'attaque contre ce dernier? - Elle est daos la
satire contre les compilateurs, fes érndits de pacotille, qui émaillent
leur prose, a tort et a tra vers, de citations, de renvois a tous les
auteurs passés ou présents. L'ami (&lt; _gracioso y bien entendido&gt;&gt; i qui
encourage Cervantes a en faire autant, luí explique le procédé el lui
1
indique mCme les auteurs chez lesguels il trouvera tout ce dont il aura
besoin . Et quels sont ces auteurs ? Virgile, Guevara, Ovide, Homere,
Plutarque, César, Léon l'Hébreu et notre Fonseca . Ce dernier ne se
plaindra pas du rnoins qu'on J'ait mis en mauvaise compagnie.
Ce Fonseca avait écrit, en 1592 et 1608 respectivement, un lratado
del Amor de Dios, en deux parties. (( On y trouve résumé, dit l'arnt a
Cervantes, tout ce que vous-meme el l'homme le plus ingénieux pouvez
désirer. ,i Yoila l'allaqi.Je ! - J'ignore ce livre, je l'avoue, et tous
ceux de cet Auguslin. Mais, si j 'en crois i'ifénéndez Pela yo et M. Cortés
lui-méme, c'était une pauvre rhapsodie, ol1 l'on avait compilé, compilé
tout ce que l'on avait dit sur le sujet. Aucune raison d'ailleurs de le Jui
reprocher; car, puisqu'il appartient « la categoría de predicables i&gt;,
c'est-il-dire des répertoires qui fournissent aux prédicateurs leurs
matériaux, nous ne nous étonnerons pas des citations, réfél'ences et
lieux-communs qu'il contient. Parmi ces derniers, il en est jusqu'il
trois qui S!3 trouvent a la fois dans le prologue de Cervantes et dans
Fonseca. lls sont, il est vrai, des plus insignifiants. Quel moraliste n'a
pas dit quelque part: (e Diligite inimicos vestros, ou: Donec eris
.feli::t:... ? - « 11 y en a probablement d'autres. • - Sans doute: les
memes banalités sont du domaine commun. - Mais le Fonseca
s'est reconnu lui-mCmc sous l'allusion du prologue! - En 1608, en
effet, dans la deuxiéme partie de son Amor de Dios, le Pere Augustin
se plaint de ceux qui aboient aprés Jui : &lt;&lt; Nunca falla un gozque
que ladra d un pobre. » Ce roquet, c'est Cervantes, s'il vous plait,
Cervantes qui aimait beaucoup (c'esl prouvé par le prologue de la
deuxieme parlie du Quijote) les histoires de chiens. - Mais Fonseca
pouvait avoir d'antres ennemi-s, en supposant que Cervantes l'ait été.
Et précisément, M. A. C. reproduit, apres Pérez Pastor, un violent
pamphlet contre un autre livre de Fonseca, et il y a la aussi une
anecdota perruna a la maniCre de Cervantes. AL A. C. veut bien
admettre que Cervantes n'en soit pas l'auteur, mais « elle est, dit-ili de
quelque personne en relations étroites avec ce dernier. A moins que
(tout est possible), quelque autre ennemi de Fonseca, connaissanl
l'hostilité qui régnait entre celui•ci et Cervantes, l'ait écrite pour
susciter les soupt:;ons du frere Augustin contre l'auteur du Quijote. Et
c·est pourquoi il prit peut-etre le nom de Aligue/ Ponce de León. ,

a

153

BIBLIOGRAPHIE

- N'est-ce pas, en Ve'r1'te', aller bien loin dans la voie des hypotheses)
- t"
de la
M A. C. est bref sur les preuves que l'on pourra~ 1 irer .
com~araison du style, du vocabulaire et de la grammalfe. 11 a ra1s~~
de s'en défier. Cependant, a défaut d'autres, ,I ne faut pas ~rop_ •1•
. . deux pom
• ts d e compara1son tres prec1s
. .e
dédaigner. Nous avons ic1
.
texte d'Avellaneda et celui de !'Amor de Dios. Je répete queJe ~e
de ce dernier que ce qu'en citent Menéndez Pelayo et. . or s,
n'a ant u me le procurer. Mais je m'en rapporte a eux ~.our
m'i~a i:er qu'il n'y a aucune ressemblance entre les ,d~u_x .mameres
et les !eux slyles. Menéndez Pelayo, peu suspect de sever,1te pour les
mystiques déclare que le trailé de Fonseca est le plus pedant~sque,
Je plus dé;ourvu d'art, le plus illisible qu'il y ait. On ne peut meru~~
conlraire qu'Avellaneda, toul grossier, grotesque et mco;gr: qb
soit parfois ait une verve bouffonne souvent amusante. « a am to. ·1' ',,I • p · Groussac 1 dépose contre son gollt plus•·1que·t con r~1
e ha d e ecn
son t:lent &gt;) Si bien que l'on a peine a comprendre qui_ a1 P.ª ~
:
d
la bure de l'Augustin la souquemllr. banolee
::~~:t compte de Ja diversité des genres. Q~ant a
p a, ses aragones1smes1
,.
catalanismes ou valenc1amsmes,
il faut
la langue
.
.
J
.
'
,
•
t
le
soin
d'en
décider.
Non
ltcet
znler
nos
...
laisser aux specia 1is es
. .
l'
l .e
serais bien étonné cependant si, mCme a ce pomt de vue, ana ogie
apparaissait bien clairement.
.
.
.
J
oursuivrai pas plus avant. En voila assez, Je cro1s, pom
. us~fi:: l~s quelques réserves que j'ai du faire apres la le~ture de cet
) • .
1 "d
Sil'habileettrescompétentavocatquestM. A. C.
rnge_meux :.a:~:r.pas de peine a dissiper mes doutes. Et dans le
a rarsont, .
il sera démontré que 13. oll des hommes comme
cas con ra1re,
. d
t
tres •¡ 'I , dez Pelayo et lui - pour ne rien dtre es qua orze au
'
lt . n- enen
'
1
1 tót de l'éniume
'
o
'
0 nt échoué s'ils n'ont pu trouver le mot, e nom p ~
'd t qu'avec les moyens dont nous d1sposons, elle est
~·estl sbalns E~ua~ors il y a encore, pour les Cervantistes, de belles
tnso u e.
•
· , b 1·
a, o-arder son
lances a. rompre conlre cet t aventurero &gt;&gt; qui so s me e

::lS

~:1;:•~~~~;r:::~
f¡

masque.

E. M.

· '6 n y no ta s de Francisco
Cervantes Novelas ejemplares' Ed ,e,
. .
Rodrígu'ez Marín, 2 vol. de xn-346 et 342 pages. Ed1c1ones
de La Lectura, Madrid, 1914 et 1917.
L'accueil fait par la critique aux huit tomes consacrés da~~ la
. d I
Lectura» dite Clásicos castellanos, au Don QuyoU,
~o~l~ctwn e. a (&lt; i\l Rodrí~uez Marín, n'a pas été aussi unan!me~r.nt
ed1leebtl
des prernieres bénédictions qui ont
favora aenno~e
qu onpar"t
eu p. u l'au:urer
o

�154

BULLETIN HlSPANIQUE

155

8IBLlOGRAPHIÉ

a~u~ illi leur naissance. Objet d'attaqnes passionnément furieuses,
trai~e couramment de zorle el de plagiaire (voir Luis Astrana Marin
El ltbro de las plagios, Biblioteca Ariel), le directeur de la Bibliotec;
:Na~1on~l ~ pu ,se rendre compte que les grandes réclarnes plus ou
moms mteres~e~s et généralemen l aussi hátives que peu autorisées de
la presse quolld1enne ne garanlissent pas le succes définilif et durable
JJ n:en a _pas moins ~éduit plus d'un lecteur par des qualités qui man~
qua1:nt
Clemencm: la mesure dans la dirnensioo des notes, un
esprit agreable, une connaissance assez peu ordinaire de Ja Jangue de
Cervantes et de ses contemporains, l'absence de pédantisme enfin.
Cela. reste._ ~e~ erreurs, des Iacunes, des réminiscences inconscientes
ou, ~ncons1derees en16vent, soit, a ce commentaire une partie du
mente et de la ~aleur que son auleur eUt révé de voir reconnus; mais
da~s tout tr,avaiJ de longue haleine 1 n'y a•t-il pas toujours plus ou
m~ms d~ dechct pour· le panier? ~~t puis, il s'en faut que tout ce
q,u on lu1 .ª reproché soit inexcusable. Quand i1 dit que D. Quichottc,
aJoutan~ a son nom de la llancha « siguió la usanza que había visto
en los libros
~ballerías, por parecerse también en eso a Amadis
de _Cauta, ~el!an1s de Grecia, Celidón de Iberia, etc. &gt;&gt;, il me parait
v_ra1ment severe de le taxer d'inadvertance pom· ce seul motif que «no
Ste~pre los caballeros andantes lomaban el nombre del lugar donde
na~1~n /), et quelque peu in utile de ra ppeler en méme tero ps les dates
de '.1ranl lo Blanch, de Palmerín de la Oliva .. . Mais ce que j'ai &lt;lit
del reuvt·~ de long~e haleine est vrai également des critiques qu'on
peut en fa1re. Ce qm n'emp&amp;be que les critiques sont unechose excellente, sinon agréable pour qui en esl l'objel. Leur plus ou moins de
virulen~ ~te~t a~ tempérament de celui qui attaque et aussi sans
doute a
s1tuat10n acquise par celui qui en est l'objet: elle ne
prouve nen en elle•méme. El jusqu'il ce que nous ayons mieux le
co~1mentair~ de. M. Ro~ríg~ez Marín au D. Quij'ote aura la préfére~ce
s,m ceux qui ex1stent a present, et, cela quoi qu'on puisse penser de
l au teu 1· et de ses procédés.

ª,

?e

!ª

a

Son édi,tion des Novelas egemplares n'est plus I'beure actuelle une
º?.~veaute. Chacun a pu la manier et l'apprécier. Peut-etre y a-t-il
de¡a sous roche quelque suite au Libro de los plagios. Ce n'est pas
dans le Bul/etm hispanique qu'on la trouvera.
Daos u~ court et mordant prologue, l'éditeur exptique ce qu'il
enlend Catre: donner un texte authentique et en éclaircir le seos.
d'abord par une bonne ponctuation, et ensuite par les notes conve~
na bles.
Pour réaliser son premier objet, il n'avait évidemment qu'3. •
Lenir a l'édilion _prínceps (~fadrid, Juan de la Cuesta, i6i3); m,ú: ~:
:o~trefayon ~e ~1~bo~ne, 1614, n'était pas 8 dédaigner, tout au moins
a htre de cur10s1te, s1 ce n'est pour les acnendements possibles, ce qui

pourtant parait bien le cas parfois : nous ne savons pas, apres tout,
dans quelles conditions celte contrefaQon a été exécutée. Ce qui
est sllr c'est que R. J. Cuervo l'avait délibérément écBl"tée pour
l'établissement de son excellenle édition de la Bibliotheca romanica
(1908).
Pour l'éclaircissement du sens 1 nul doute que la ponctualion (souvent &amp;i mal comprise dans les impressions. du temps) une fois établie
d'une facon rationnelle, iL reste encore a faire comprendre nombre
d'allusions, de tournures désuetes. Cervantes est clair ... a condition
de connaitre la langne de son temps, et les choses dont il parle. Si
vraiment il y a des gens qui le comprennent sans l'aide d'un cocnmen·
taire (comme il semble ressortir des railleries de M. Hodriguez Marin)1
c'est qu'ils connaissent tout ce qu'on peut savoir sur l'époque de
Cervantes et le pader usuel de ses premiers lecteurs . Ce sonl des as.
Qui done chez n0us peut se v;inler de comprendre tout Molihe?
Il serait bien étonnant que les Espagnols eussent le privil8ge delire
comme cela leurs classiques, a livre ouvert. M. Rodríguez María
n'avait done pasa se tourmenter sur l'utilité de son travail: elle étail
indéniable.
La Colleclion des Clásicos caslellanos, en principc, comporte des
ceuvres entieres mais non forcément toutes les ooavres d'un meme
écrivain. M. Rodrígt~ez Marín a done été amené 8. fai,re un choix parrni
les Novelas. 11 a pris La Gilanilla, Rinconele y Cortadillo, La Ilustre
fregona (t. 1), El licenciado Vidriera, El Celoso exlremelio, El Casamiento enga,ioso et El coloquio de los perros L. llJ . füen a dire a ce
choix: les trois premiCres et le Coloquio sont les quatre chefs-d'ceuvre.
Cuervo, qui n'en avait pris que cinq, avait choisi les mémes, sauf la
Ilustre fregona et le Vidriera; et c'est bien ce dernier que, pour ma
part, je sacrifierais le plus volontiers. Je regreLLe, en tout cas, que
M. H.odrígue1. Marín ait dtl rnettre de cóté par exemple La Española
Inglesa, oll M. ~- González Aurioles nous a fait entrevoir des indications autobiograpbiques intéressantes sur Cervantes (cf. Bull. hisp.,
191 4, p. 121), et qui, par son caraclere romanesque, tranche assez
nettement sur les autres. Il sera bien facile a M. Rodríguez Marín de
parer, pour un tome ll[, cetle sacrifiée, ainsi que les autres Cendrillons
restées au logis.
·
Bien que la collection des Novelas ejemplares n'ellt pas eu son
Clemencia, elles n'étaient pas toutes restées sans commentaíres. El
Casamiento engañoso et le Coloquio de los perros avaient été édités par
llf. Ag. González de Amezúa ( 19a), dont M. Rodríguez Marín ne se fait
pas faute de proclamer le mérite etd'utiliser les remarques. Cela ne veut
pas dire que lui-m8me n'a pas su trouver quelque chose ajouler:
sur la tangue, par exemph~, a propos de prometer= asegurar, ajar
""" ahajar, que non debiera, acabarlo con ella, se comenzó a santi-

a

•

�156

BULLETIN BISPA.NIQUE

BlBLlOGIIAPHIE

guar, etc. ; sur les usages, tel celui des costumes lu xueux pour
les voyages, etc.
Pour le commentaire du licenciado Vidriera, M. Rodríguez
1\tarín s'est aussi trouvé devaneé, mais d'un an seulement, par
M. Narciso Alonso Cortés, qui, daos la Biblioteca &lt;&lt; Castilia 1), avait
publié en 1916 (lmpr. Castellana, Valladolid), cette nouvelle avec un
prologue et des notes. Tout en déclarant qu'il lui était difficile
d'ajouter quelque cbose de nouveau et de substantiel, M. Rodríguez
Marín a encere su ici instruire le lecteur gr.ice a sa connaissance soit
de la tangue, soit des faits auxquels Cervantes fait allusion . On ne
peut que lui savoir gré de faire remarquer (p. g), a propos de la ler;on
de Tormes que donne 1613. au lieu de del Tormes (1614), que« de
ordinario no se ponía artículo a los nombres de los ríos 1); p. 1 1, que
Jelice et infelice &lt;&lt; fueron comunísimos en prosa )) 1 (comme interese
du reste); p. 1J, que « de la cuesta de La Zambra 6 de zqmbara,
también hizo mención Vicente Espinel. .. »; p . 18, que marchar la
vuelta de équivaut a caminar hacia, ou dirigióse a (M. Cortés dita lort
&lt;1 lo mismo que volver))); p. :J5, que olvidarsele ... de est fréquent
dans Cervantes, comme acordarse/e .. .de; de meme quedando úe
(p. ,6), determinar de (p. 38); p. ,8, que tiempo de mutación signifie
les jours caniculaires (ce qu'avait oublié de dire M. Cortés), ele.
Quand M. Cortés avait mis la note el l'exemple utiles, M. Hodr.íguez
~-larín emprunte la note, non sans signer le reyu; mais il a parfois la
coquelterie de fournir un autre exemple: pour envite (p. 16), il cite le
Quijote; M. Cortés avait cité Espinel. 11 ajoute rl'autres textes a propos
de coches (p. 5o) .
M. Rodríguez Marin a naturellement profité de quelques corrections
judicieuses, - telles que celle (p. 63) de retablos pour re/ralos ( 1613)
ou teatros (1614), - apportées au texte par son devancier. Celui-ci
imprimait, conformément aux éditions 11 venga la macareta, li polastri,
etc. 11, mais observait en note que &lt;1 la palabra macarela del original
parece corresponder a maccatella ... » M. Rodríguez Marín imprime
décidément macatela. U reprend pourtant venéficas (p. 34), au lieu
de veneficios (1613 et 1614), admis par M. Cortés, qui pourrait dire
qu'il y a la un trape bien populaire. Pas plus que M. Cortés, qui
pourtant déclareque la correction exigerait t( que era )1, il n'a corrigé,
p . 48, (( que eran las de sus damas» ; il sernble en effet que que eran
se ra pporle a manos.
L'édition princeps a été généralement suivie par l'un et l'autre
édileur, mais celle de 1614, dont ils révoquent taus deux en doute
l'authenticité, leur a pourtant suggéré quelques modifications a la
premiere. P. 17 1 il me sernble que M. Cortés a raison de subslituer
poner, et non ponerse (16 •4Y, a poder (1613), puisqu'il y a déja se (se
babia de sentar). P. 31, M. Rodríguez Marín a raison son tour de

a

supprime-r viagero, (Jui n'est ni dans ,6i3 ni dans 1614, el d'emprunter a cette derniere la levan cinta au lieu de tinta (p. 58).
ll reste peul-Ctre des obscurités éclaircir. M. Cortés ne nous diL pas
oll esl le sel de la répartie de Tomas Rodaja certaine rope,·a de Salamanque: 1t Filia: Hierusalem, ele.»; M. Rodríguez Marín nous dit : 11 lo
defilios vestros quería decir que no lo eran del marido». Je croirais
plutót que le malicieux licencié fait allusion 3 l'origine juivc de celte
marchande d'habits. - Que veut dirc exactement (p. 47) « que es ver
a un poeta destos de la primera impresión.'»?
Les détails que je viens de relever montrent assezque laconcurrence
de ~l. A. Cortés, assurément redoutable, n'a pas gené M. Rodríguez
Marin et ne rendra pas négligeables ses éclaircissements au Vidriera.
Ces memes d~tails donneront aussi une idée de ce qu·esl le reste de
son édítion.
Pour la Gilanilla (t. 1, 1914), il a bien pu consulter un article de
M. Corlés, paru en 1908, et qui fait voir dans le romance de Preciosa
une actualité concernant les relevaitles de la reine a Valladolid; mais
il a laissé au meme érudit, plus intéressé, il est vrai, a l'histoirc de la
capitale oU il professe, le plaisir de découvrir daus les Fastigimia de
Thomé Pinheyro da Veiga un commentaire des plus curieux (cf. Bull.
hisp., 1918, p. 194).
Du Rinconetey Cortadillo, M. Hodríguez Marín avait déjil donné une
édition critique, laquelle il renvoie de temps en temps (Se-villa, 1905)
le lecteur désireux d'une plus abondante illustralion (cf. Bull. hisp.,
1906, p.116). El celoso extremeño lui avait suggéré un travail tendant
a l'identification du héros, en réalité débordant aux alentours : El
loaysade &lt;1el Celoso extremeño» (Sevilla, 1901). Enfiñ.. une étude sur
La ·segunda parte de la vida del Pícaro (Revista de Archivos, 1908)
avait exploré les almadrabas de Zahara, oll le Carriazo de la Jiustre
fregona acheva son éducation du picaro.
En fait, le commentateur du lJon Quijote était assez bien désigné
pour éditer les Novelas de Cervantes et donner au lecteur les lumieres
indispensables. Mais sa connaissance du parler populaire, en parliculier du parler andalou, est peul-etre ce qui l'a le mieux servi
et inspiré.
11 m'a paru intéres'sant de voir comment ont été lraitées les difficultés du texle par Cuervo et par M. Rodríguez ~tarín. Pour le
Rinconete, ce dernier a eu d'ailleurs dans plusieurs cas l'initiative de
la correction, daos son édition critique de 1906 a laquelle Cuervo
se reporte. De mCme pour un passage du Celoso extremeño.
La pluparl des conections apportées au texle de 1913 par Cuervo
(voir son prologue, p. 1 7-24) se retrouY.ent .dans le texte de la Lectura,
qui toulefois maintient"": l, p. 174, magate (Cuervo, p. ll5, mogate):
U, p. 269 « háceme la barba» (Cuervo, p. :J21, &lt;( hazme la barba ))J ¡

a

a

a

1

�Bl'Lf,ETIN HISPANIQUE

p. 287 1 tt de otros muchos pecados otros J1 (Cuervo, p. 229, supprime
le second otros); p. ,98, Porineos (Cuervo, p. ,35, Pirineos); p. 331
« santo Brial 1) (Cuervo, p . 253, u santo Grial ll). Dans plusieurs
cas M. Rodríguez Marín défend la lei;on par lui conservée: on en
jugara; l'hésitation y est possible, contrairement a ce que pensait
Cuervo.
D'autres corrections ont été proposées par ce dernier avec des
réserves. M. Rodríguez Marín maintient, I, p. 90 1 allende (Cuervo,
p. 75, alinde, bien séduisant, surlout avec la référence de Correas que
lui-mBme apporte)i ~ - 111 u a ti está)) (Cuervo, p. 87, « a ti te está»);
p. 148, c1 en el piadoso lugar 1L (Cuervo, p. 104 1&lt; en el Pedroso,
lugar ... &gt;); II, p. 107 1 asestó (Cuervo, p. r48, acertó correction de
Rosell). P. 3,6, M. Rodríguez Marín juge inutile l'addition de
por distinguirlo} que Cuervo (p. 250) avait cru, apres Clemencín,
nécessaire.
Avec Cuervo (p. 94) M. Rodríguez Marín lit (!, p. u4), pues la
recompensa de habérsela vuelto mayores albricias merecía» au lieu
de recebla. La correction, nous dit Cuervo, date du xvn" siecle et n'est
pas satisfactoria . En eífet. Je comprendrais recebía dans le sens de
11 comporlaiL )) et le maintiendrais volontiers, car merecía est un
pauvre amenclement. P. 116, Cuervo imprime: ({ el que, cuando
alguno de nosotros va -!J.uyendo por la calle . . . uno se pone en medion,
admettant ainsi une correclion ancienne, car 1613 n·a pas alguno;
,\1. Rodríguez . Marín remplace alguno par uno, qu'il supprime devant
se pone, ce qui rend la phrase claire, avec el que sujet (1, p. 177),
P. 138, Cuervo avait adopté la correction de M. Rodríguez Marín dans
son Rinconele de 1905: ua estas y a otros peores semejantes», (Lec•
lura, I, p . .2j8). P. 2.29, Cuervo avait corrigé 11 vuessa merced nen ltes
merced»; M. Rodríguez Marín supprime tout simplement vuessa (11,
p. ,86).
On voit qu'iJ reste, pour les nouvelles incluses dans la collection de
1a Lectura, assez peu de lei;ons sur lesquelles il n'y ail pas accord avec
le lexte de la Bibliotheca romanica; et pour celles-lil il est dilllcile
de trancher.
G. CIROT.

A. C.

Pires de Lima, Tradi9oes populares de Santo Tirso, separata da Revista lusitana, (vol. XVIII), Porto, 1915.

C'e,t en réalité dans le vol. X.Vil (1914) de la Revista lusitana
qu'ont paru les deux articles réunis daos ce tiré a partj une suite
a d'ailJeurs été donnée non seulement dans le vol. XVIII, mais aussi
dans les trois suivants .
L'auteur s'est attaché a recueillir les traditions populaires de Lrois
paroisses, Arelas, Palmei ra, el S. :\iartianho de Bougado, mais il ne
s'est pas enfermé strictement dans ce rayon.

159

klRLIOGftAPlltE

Daos sa premiere série cj'articles, parue daos les vol. \ \'11-\Vlll,
il a adopté les rubriques suivantes: formules et pratiques pour guérir;
amuleltes 1 bons et mauvais augures; sorcieres, sortiléges, mauresques
enchantées; superstitions di verses; provet'bes et expressions populaires; romancero ; cancionero; prlercs; coutumes.
La :¡" série reprend les m~mes titres, en ajoutant Janeiras e Reis
(noels); priores ironiques; légendes et récits; fables.
On voit qu'il y a, lil une mine de renseignemenls. Je ne releverai ici
que le romance de D. Carlos, qui n'est qu'une nouvelle forme du
lheme de la jeune filie qui va a la guerre, dont M. José Augusto
Tavares a donné deu:x. autres rédactions du Traz os Montes (Mac;mres
et Vinhaes) dan, la Revista lusitana (t. VIII), et sur Jeque! M•• Carolina Michaelis de Vasconcellos a trois pages pleines d'indications dans
ses précieux Estados sobre o romanceiro peninsular, Romances velhos
•m Portugal, publiés dans Cullu1·a española (1907-1909), complétant
ainsi le Tratado de los romances viejos de Menéndez Pelayo (t. 11,
p. 511) . Celui•ci en a reproduit du reste la seule rédaction entierement castillane dans son Suplemento d la u Primavera y flor de romances »de Woif (t. X de !'Antología, p. 119), ainsi que la rédaction mi-cata•
lane mi-castillane publiée déja par Milá. La rédaction castillane avait
été recueillie par D. Juan Menéndez Pida!. Menéndez Pelayo comptait
neuf variantes du meme theme, et on le relroQve dans le romancero
judéo-espagnol. M. Pit·es de l,ima note que la jeune filie qui lui
a fait connaitre ce romance lui en a donné sous forme de récit, en
prose bien entendu, une partie ainsi que l'épilogue. 11 oignale
enfin une autre variante
Montalego 1 sous le titre de Leila Mar•
ques . On sait que les différentes formes portent chacune un nom
particuJier. M. Pires de Lima donne une autre variante, sous le titre
D. Martinho, dans le vol. XX, p. 15. M. Cláudio Basto en donne une
de son coté, sous le titre de D. Carlos de Montaluar, dans le vol. XVll,
p. 57. M. J . M. de Cossío en a publié encore une nutre depuis dans le
Boletín de in Biblioteca Men.éndez Pe/ayo,
p. 71.
Ce seul échantillon du recueil des Tradi9óes d, Santo Tirso montrera l'intérl\t du reste, en ml\me temps qu~ l'attrait et J'importance
de la Revue si vaillamment et si consciencieusement dirigée par le
grand savant qu'est M. José Leite de Vasconcellos.
G. CIROT.

a

•~'º•

Boleiín de la Bihlioleca Jlenéndez Pela.yo (año 1, 1919).
Ne serait-ce que par un sentiment de vénl'fation polir le souvenir
qu'elle évoque, et de reconnaissance pour la fondation dont elle est
l'organe, celte revue méritait un~ bienvenue toule spéciale. Elle le
mérite aussi par l'intéret et la valcur des articles par lesquels elle
a \l,ébuté.

�160

.BULLETlN Hl SPAIHQUE

Citons d'abord Algunas omisiones del Qicionario de la A.cademia,
pa_r Ednardo de 1:f-uidobro,

a qui

nous devons un petil lexique

tres

ut,le, Palabras, giros .Y bellezas del lenguaje popular de la Montaña
(Santander, 1907); Un retrato de Fernando Vlf par Uoya, et Iglesias
de la .l!óntaña (San Andrés et Santa )faría de Cayón , San Miguel de
la Penilla , avec planches), par Elías Ortiz de la Torre· Santa María
de Piasca (ms. de 1519, faisant parlie d'une coHection d e plus de cent
volumcs relatifs auX églises et monasteres de la Montaña: c'est un
inventaire des biens possédés par le monasLere de Santa ~laría lors
d'une visite de l'abbé de Sahagúo a la date ind¡'quée), par Tomás
\laza Sola.no; - los papeles de Quadrado (D. José María Quadrado,
dont l\fenendez Pelayo cite souvent le nom , par exemple a propos de
Ja danza prima , Anlologia , t. X, p. 15 , et dont les papiers sont en
possession de sa bibliotheque); - Retrato de Don Pedro de Ceba/los
Sáiz (par Velázquez? avec reproduction), par OctavAo Bianqui et
Anníhal G. lliancho; - Los primeros versos de NuñeZ de Arce, par
Gerardo Diego Cendoya i - Sancho de Muñón. Documentos para su
biograjia (il s'agit de l'auteur de la Tragi-comedia de Lisandro y
Roulia), par Am:-ilio Uuarte; - La influencia de las ideas tradicionales en el arle de Pereda , par John van Home (traduction d'un arlicle
paru daos Jes Pub. of lhe Modern Lenguaje Association of America,
mars 1919).
Deux publications se détachent sur cet ensemble dója estimable. La
premiCre est intitulée Un nuevo poema por la móderna vla , par Miguel
~rtigas_. C'est l'édition paléographique et, annotée d'un po6me casL11lan, mcomplet par le milieu , et copié par une main du XIV SiCcle. ll
est en strophes monorimes de quatre vers qui se décomposent chacun
en deux oclosyllabes , ce qui en fait un type spécial du mesler de
ele.recia. lnspirée par le De contempla m.undi du pape lnuocent lll,
qu'elle suit a peu pres chapitre par chapitre, cetle reuvre esl anonyme, mais l'auteur s'intitule maestro et devait avo ir re&lt;;,u lei ordres.
Le litre latin est Liber de miseria hominis.
L'autl'e publication cst due )1. José María de Cossío: Romances
recogidos de la tradición oral (en la Montaña). Ce sont des romances
recucillis dans la vallée de Tudanca 1 arrosée par le ~ansa , familiere
aux lecleurs de Peñas arriba. A noler surtont une variante du
romance du Prisonnier, sur lequel il ellt fallu renvoyer aux Estados
sobre o romanceiro peninsular de M"' Carolina de Vasconcellos (Cultura española, 190¡-1909, p. 177-181 ); une du Gerineldo, dont il y a
de nombreux exemplaires dans l'Antologla de Menéndez Pelayo(t. VII 1,
p. 28'.i ; lA , p. 140,318; X, p. 32 , 16.2) 1 et oü l'éditeur releve entre
autrns traits l'expression inédite t&lt; mi camarero florido»; puis un
romance sur Bernardo del Carpio, pour lequel M. de Cossío renvoie
au Tratado de los romances viejos, non· saos faire quelques Considéra1

8

a

8

l'ITBLTOGRAPHTE

tions inléressanles; en fin une vel'sion du romance de Doña Angela
donl l'A ntologia (X, p. 136) &lt;lonne une version aslurienne , avec
variante dr Goviendes (Colunga), et qne M. C:ossío préfere U cette dernit're version ainsi qn'/1 la versinn calalane de ,1u.t.

G. r.moT.
Spanien, Zei/sclll'ijl für Auslandskunde, Orgcm des Verbandes
Deulsthland-Spanien, hrgg. vom ibero-ameríkanischen TnstiLul. - Hamboul'g, 1919, fase. /¡; 19-20 , fase. 1-2.
Sommaire:
1919 fase. ~lV. O. \.Vestermann: CEuvres de paix hispano-allemandes en temps de guerre, A. L. Mayer. Le sculpteur Francisco
Gi ralle. - E. Schafer. Fernand Cortes et la conquele d u Mexique. F. ~uypers. Une excursion a Tanger (été 1914). Nouvelles du monde
économique. - Nouvelles littfraires , t artistiques, scientifiques. ~ou vel lrs publications.
19?.o rase. 1-:1. A. Castro (Madrid) : ProgrCs de la science dans
J'Espagne contemporaine. - M. Artigas (Santander): Un poeme espagnol inconnu du Moyen-Age. - A. Salaza (Madrid), et ReifT. L'année
musicale 1918- 19 a Madrid. - G. Richert (Munich) : Tableaux
espagnols daos les musées allemands. - Nouvelles économiques, etc.
Tous, sauf la publication de M. Arligas, articles de vulgarisation.
~ous avons déj3. noté le fait. Spanien veut etre surtout un organe de
grand public, avant toul un agenl de la pénétration pacifique allemande. L'article le plus intéressant a notre égard est celui de Weste·r mann. R.ésumons-le. Alemania vendrá, l'beure de l'A.Uemagne sonnera, dis.ent les germanophiles d'Espagne, plus convaincus que les
Allemands. L'auteur a vecu en Espagne pendant la guerre eL s'est
occupé tres activemenl du rapprochement germano-espagnol. Il nous
raconte la créalion et le fonctionnemenl de l'OOuvre de secours aux
prisonniers de Barcelone 1 fondée en 1915. Cette ceuvre rec;ut de nombrPnx dons d' Espagnols germanophiles et« archi•germanophiles » 1 el
disposa mensuellement d'un budgetde 5.ooo pesetas. Au total, recettes
de ¡00.000 pesetas, envoi de 80.000 colis aux prisonuiers allemamls
des pa~·s alliés.
Pendant l'hiver 1915-1916 1 on institua des séries de cours et coníérrnce:'- i . Barcelone. Conférenciers de nationalité allemande, quelques
Espagnols parlant allemand. L'hiver suivant, nouveau progres. Les
cours sont donnés en allerñar::d, espagnol et catalan. 11 s·y organise
une ligue german&lt;respagnole, les Amicbs de Germania, un comité
composé de trois Allemands el trois Espagnols, une sooiété de conférences. cursos de ex.tensión universitaria. L'hher 1917, il y eut

�BULLETlr. HISPA.NIQUE

Bl8LIOGRAPHIE

16 conférenciers espagnols, ,Q allemands; par conséquent 30 confé~
rences, dans les plus beaux locaux. Puhlic tres nombreux plus
d'Espagnols que d'Allemands. L'année d'apres, nouvelle sé;·ie de
cours, la plupart en espagnol, cours de propagande. De plus, séries
de com·s fermés , cursillos, avec public restreint, visites aux musées
et bibliotheques .

étrangCre de l'Institut ,ibéro-américain, le Cuide en pays étranger
(Amérique du Sud).
Les résullats de cette activité ne seront visibles que plus tard. Des
mainlenant, nous avons le devoir, nous, d'ouvrir l'reil. Le Lravail de
contre~offensive fram;aise est en bonne voie et en de bonnes mains.
A nous de suivre l'exemple allemand, en sonlenant, de nos rangs
serrés et résolus, ceux des nOtres qui mCnent le bon combat.
J.-J .-A-. BERTRAND,

a

Au printemps de 1918, se crée
Barcelone la Société germano~
espagnole, donl le but fut de développer les relations intellectuelles
des deux. pays. Cette société compta, en quelques semaines. plusieurs
centaines de membres. A Tarragone se fonda lout de suite une filiale
do~t le, maire prit Ja présidence. Les cours publics ouverts pal' celt~
soc1été a Barcelone, cours de langue allernande destinés aux ou vriers
et petits employés espagnols, compterent dCs la premi8re année plus
de 100 participants.
La paix a fait ~uelque tort a ces inslituti~ns, mais l'auteur compte
sur la collaboral1on des sociélés hispano-allemandes d'Espagne et
germano-hispaniques d'Allemagne.
Dans le mCme domaine du rapprochement inlellecluel des deux
pays, signalons: 1° La rep1·ésenlalion de piCces espagnoles en Allema~ne, Los intereses creados (en lraduction) de Jacinto Benavente,
Vienne et
Berlín, La Ciudad alegre
confiada et El úllimo
minué, du meme auteur BerJin ·
'
'
'
:lº La création d'un prix de 1.000 francs a l'occasion du centenaire
de Cervantes. et de médailles en faveur des meilleurs travaux relatifs
a I'Espagne ou l'Amérique latine;
3• La publication de Deutsche IVarte ( Atalaya alemana), revue
commerciale hispano-allemande, hebdomadaire, organe de l' Union
économique allemande, section espagnole :\ Barcelone;
/4' La publication de la Deutsche Zeitung.für Spanien, birnensnelle,
Barcelone, de caractere tres varié;
5• L'inLér!\t que l'on prend en Allemagne au développement de
l'enseignement de la langue espagnole.
Les Allemands s'inléressent ii. toutes créalions de sociétés d'études
scientifiques ou de travaiJ économique,
toutes publications espagnoles d'ordre éconornique ou politique. lis se préoccupent des points
de frotlement et des possibilités de conílils futurs entre l'Espagne el
la France. Une bjbliographie tres abondanle, tres riche el remarqua~
blement renseignée (signée F. Krüger), oriente le lecteur allemand
sur les publications les plus importanles relatives soil aux choses et
gens d'Espagne, soit aux rapports intellectuels entre l'Espagne et
l'Allemagne, soit aux progres de l'hispanoiogie aUemande .
D'autres pubLications completent cette revue : la Cultura latinoamericana, revue trimestrielle, destinée a l'Amérique du _Sud , la
Bibliothek der Cultura latino-americana 1 les ou vrages de poli tique

a

a

y

a

a

163

Soasa Vilerbo e a sua obra, notas bio-bibliographicas por Víctor
Ribeiro, Lisboa, Castro Irmiío, 1915 . 253 pages.
Parmi les érudits portngais de la derni6re génération , il n'esL pas
de figure plus respectable que Sousa Vilerbo. Sa vie nous apparait
comme un exemple de labeur probe et désintéressé. Son ceuvre
embrasse toutes les formes de l'aptivité nationale. On trouvera dans
le livre de M. Victor Ribciro un essai biographique tres complet,
accompagné de deux bibliographies, l'une qui suit l'ordre chronologique, l'autre qui groupe les publications par ordre de matieres. Un
syst6me commode de renvois avec numéros permet de les utiliser
concurremment. On peut considérer ce travail comme définitif et
comme indispensable. En effet la plus grande portie de J'oeuvre de
Sousa Viterbo est encare dispersée dans les journaux et les revues
sous forme d'articles dont il n'existe pas toujours de tirages 8 part.
En attendant qu'une réimpression les melle a la portée du lecteur
étranger, M. Victor Ribeiro nous fournit les moyens de nous orienter
dans ce labyrintbe .
On lui saura gré d'avoir fait revivre l'homme, sans craindre d'entrer
dans les détails familiers. Nous pénétrons avec lui au sein meme du
peuple 1 dans un milieu des plus modestes 1 auquel Sousa Viterbo dut
ses meilleures qualités et donl iJ euí le bon esprit de ne pas rougir.
De ces laboureurs de Rebordóes, de ces meuniers de Valongo, de ce
monde de petits commeri;ants au détail ou débuta son pere a Porto,
il conservait, tout en profitant, comme disait Renan, de la sobriété
intellectuelle de ses aleux, cette lénacité qui caractérise le paysan du
Douro et ce besoin d'action qui résistera meme
l'épreuve de la
maladie. Jamais son goU.t pour la vie simple et le travail silencieux ne
se démentit. Sa vocation s'était révélée, comme chez la plupart de ses
compatriotes, par des essais poétiques et romanesques, bien accueillis
dans la presse locale. On peut étre surpris du contraste entre la liberté
d'une improv-isation expansive et l'austérité qu'il afTectera plus tard
dans ses travaux scienlifiques. Cependant, comme le fait remarquer
1res juslemenl son biographe;jusqu'3. son dernier jour il restera poete.
Au séminaire de Porto , dans les hOpitnux oll il exerc;a la médecine,
au bureau de réd.action des grands périodiqnes de Lisbonne, dans les

a

�BULLETHf HISPnIQl"E

· BJRJ.IOGtHPHIE

proíessions qu'il ne fil que traverser, il étail guidé par la flamme intt'·rieure, par une sorte de foi démocratique, sacrifiant les intéréts matériels a ce qu'il jugeait atre une mission et un devoir. 11 refusa méme
les honneurs officiels par un geste U la fois digne et réservé. II ne se
sentit vraiment a l'aise que lorsqu'il ful nommé, sans avoir Osubir les
conditions du concours, proíesseur a !'€cole des beaux-arls. Déj/J il
comptait parmi les habitués les plus fcrvents des archives de la Torre
do Tambo. On nous le représente les jambes entrecroisées dans unealtitude conlrainte dºata:\ique, faisanl monter le:s infolio el les manuscrits jusqu·a son ceil de myope par un mouvement rl•gtilier el mécanique, tandis qu'il poursuivait, ele la mtme t·crilure serrée, d'interminables copies, dont il ne livra presque rien au public penelant dix ans,
el qu'il nºinterrompail que ponr décocher ll ses voisins et confrCres
en paléographie, quelque allusion mordi;mte oú l'on relrouvait, sous
lo. bonhomie du savanl, l'apfeté du journaliste incisif. Cetle assiduité
devait le conduire au mCme dénouement tragique qu'Augustin
Thierry. Dr-ja ses jambes íléchissaient et lui interdisaient non seulement de mo.rcher mais de se tenir deboul quand survinl la cécité.
Autour de lui ce ful nne conspiration de dévo1Jemcnt. Sa famil1e, des
secrétaires, eles amis désintéressés rencouragerent aexploiter une mine
dont la .richesse n·esl pas épuisée dü: ans apri~s sa mort. Une mémoire
prodigieuse l'aidail a diriger les recherches, a guider les bonnes
volonlés. Sa production n ·en l'ut point ralentie el su1· son lit de mort.
quand, aprCs dix ans d'épreuves, úne pneumonie rétoulfait, il songeait
encare a l'article qu·un granel journal de Lisbonne lui réclamait pour
le lendemain. Une parlie de la gloire de Sousa Viterbo revient a celle
qui fut son Antigone, qui soutinl ses pas chancelants, qui lut, copia,
rédigea , corrigea pour lui, que l'admiration des gens de lettres associa
aux honneurs éclatants que l'opinion di'·cernail a son J&gt;Cre. C'est a bon
droit qu'on a pu écrire, en faisailt allusion a M11 • Sopbia de Sousa
Vilerbo: ti Son exemple prouve de nouveau la capaciti'· inQ,éfinie
d'atfeclion el de sacrifice de la fernme portugaise. i¡ Ríen de plus
édifianl que celte carri8re ol1 les vertus familiales s'associenl ft la
probité du chercheur, au sens délicat de l'artiste.
L'activité de Sousa Viterbo s'est exercée dans les domaines les plus
Jivers. 11 est poele, non seulement 8 ses débuts, mais a sa derniere
heure, quand il appelle la morl pour mettre un termc ses soulfrances.
11 est journaliste et poursuit quolidiennement une propagan de socia le
et républicaine. 11 esl critique, aussi bon juge des conlemporains
comme Diniz et Anthero rle Quental que des vie.ux chroniqueurs. 11
apporte sa contribution aux études camoniennes, renouvellela biogra~ ·
phie de plusieurs classlques et témoigne d'une connaissance trCs
précise de la litté,·ature espagnole. Historien, il s'attache plus spéci:1lemenl U l'époque des grandes navigations et fait la part de )'orienta-

a

lisme . Médecin. i1 retrace l'hisloire des sciences oll ses co111palriote~
ont brillé. Professeur, il veille a la conservatioo des reuvres d'art.
prépare le catalogue des expo~itions rétrospectives, reconstitue la
biographif' détaillée des artistes, peintres el sculpteurs. lfais il est un
domaine 01 1 il ne crainl aucune comparaison, qui lni appartient en
proprei c'est l'hL.:.toirc sociale, celle des professions. Tous les métiers 1
depuis l'humble artisan jusqu·a l'arti~te éminent, défilenl dans ses
onvrages. On en a compté j11!:--q11·1\ 180. Dans cetle foule des charpentiers1 des calfats, des ma&lt;;ons, des laillcurs de pierre, des pelleliers,
des armuriers. des dorcurs, deb gra,eurs, des enlumineurs, des physiciens, des astrologues, des escrimeurs el des typographes, il regne.
a vrai dire, quelque confusion, qui tient surtout a la méthode adoptée
par l'émdit. Sonsa Viterbo avait tracé, entre la science el la littérature,
une démarcation infranchissttble. 11 se défendail, lorsqu'il prélendail
inslruire, du ~onci de plaire. C'est par s)·stCme qn'il a l'enoncé aux
exposés brillants. Ses attaches avec l'école positiviste, ses habitudes
critiques de médecin, une ~orle de pudeur qui le détouraait des
sncces faciles, l'obligCrent a arcentuer avec le temps sa maniere volontairemcnt aride. S'appuyant sur les principes incontestés de la méLhode hislorique, il repoussait les matériaux apportés par les écrivains.
que fausse lrop souvent le préjugé et roplique d'une mise au point
oratoire. ll dédaignait toul ce qui n'est pas le document originnl,
reproduil avec ses graphies exceptionnelles. Et dans l'exposition autant
que daos l'investigation. il restait fidele aux memes scrupules,
redoutant la banalité des transitions et la déformation des cadrrs
systématiques. 11 s'esl, par suite, effacé de son &lt;ruvre, préférant en
général l'ordre alphabétique, la forme du dictionnaire. 'folle part, en
elfet, il ne se croit obligé de replacer dans son ensemble connu ce
qu'il apporte d'inédit. ffoll le caract6re fragmentaire el composite
de certaines monographies. On peut regreller qu-·¡¡ n'ait pas essayé
Jui-meme d'utiliser les innombrable:,; matériaux qu'il accumulait.
Quelles furent les moours, les aspirations, les idées, l'originalité de ces
artisans et de ces artisles donl il s'est fait le biographe iníaligable?
Oans quelle mesure ont-ils contribué.a la formation de la nationalilé,
au progres des institutions municipales, 3. l'évolution de l'art? Quelle
part leur revienl dans la civilisation universelle? On trouvera de q uoi
répondre ces qucstions fondamentales dans la plupart des écrits de
Sousa Yiterbo. Mais il a dédaigné le plus souvent d'en extraire lc&gt;
pilloresque el d'en dégager la philosophie. Cependanl nul n'élait plus
capable de domincr celte vasle matiere, qu'u ne mémoire prodigien!-C
Jui rendait sans cesse présenle sous ses aspecls rnultiples. Or il a,nil
110 plan, une idée directrice, qui répondait a ses conviclions inlim('s,
qui s'accordait avec sa campagne humanitairr de journaliste. Plébéien
de race, il l'était aussi de cO'ur el, comme te!, a,ait la fierté de ses
1

a

�166

16¡

BULLETIN BISPANJQUE

BIBUOGf\APJIIE

origines. 11 voulait, par protestalion contre la gloire des artisles de
premier plan ou des capitaines de haute lignée, réhabiliter la foule
obscure, celle des artisa.ns mécoonus, du prolétariat anonyme. GrAce
Alui toute une partie, et non la moins importante de l'histoire nationale, est sortie de la poussi8re des archives oll elle dormait depuis des
si8cles. Aucune consécration officielle n'a manqué a Sousa Viterbo,
de son vivant ou apres sa mort . Il a connu les honneurs du bronze el
de l'éloge académique. On a célébré sa mémoire de la fay0n la plus
efflcace, en publiant ses ceuvres post.humes. Son influence n'a pns
cessé d'agir, tant sur les étrangers, auxquels il prodiguait, avec un
entier désintéressement, les conseils et les renseignernents, que sur ses
compatriotes dont beaucoup, avec le meme dédain du vulgaire,
s'efforcent de rendre la science peu abordable aux foules. Malgré
l'admiration d'une élite, il n'entrera vraiment dans la gloire que
Jorsque les résultats de son immense enqu8te démocratique auront
élé rendus accessibles, par un travail de simplification et de vulgari ..
sation, au commun des lecteurs. D1,1 reste la popularité, qu'il a
toujours négligée, n'ajouterait que bien peu O ses litres réels. Dans
un domaine oU tout est provieoire, il a su édifier 1 avec un acharnement 8 la tAche dont il est morl, un monument cyclopéen qui
survivra aux dentelles de pierre des chefs-d'reuvre trop soignés.
G. LE GENTIL.

dans une ville qui ful la patrie d'adoption de romanciers comme
Camilo et de poetes qomme António :'&lt;/obre. De plus on se rendail
mieux compte, apres les bouleversements inévitablei pour tout pays
qui fait l'expérience d1 un régirne nouvea.u, et surtout apr8s la derni8re
Lentative monarchiste, du besoin de confirmer, par une réforme de
l'éducation, le sentiment de l'unité nationale et la volonté d'agir en
commun. Ajoutons que le Portugal, depuis qu'il est intervenu dans
la conflagration européenne, est moins tenté de regarder la tradition
comme sus pecte. ll consid8re son passó avec plus d'indulgence et plus
de respect: il a repris conscience de son róle historique.
Certes il est imprudent de juger une revue d'apr8s les deux premiers
numéros, quand ils renferment des articles- inachevés, traitanl de
matieres différentes. On peut se demander toutefois si l'activité de la
jeune Faculté des lellres de Porto est orienlée dans le m6me sens que
ses ainées et ses rivales de Lisbonne et de Colmbre. 11 nous apparait,
a premi8re vue, qu'elle dépasse le domaine de l'érudition pure. Le lon
est donné par un article de M. Leonardo Col'mbra sur 1'induction, qui
tient lieu de préface. La plupart des travaux qu'elle publie ont, malgré
leur précision lechnique, un caractCre de généralilé. Les probl8mes y
s~nt envisagés dans leurs rapports avec la science européenne. La
revue, dans son ensemble, rellete des préoccupations philosophiques
et sociales. Elle se place du reste sous le patronage de M. M. Bergson
et G. Dumas. 11 ne nous appartient pas de suivre taus les collaborateurs sur un terrain oU seuls les spédalistes peuvent formuler une
opinion autorisée. Nous signalerons 1 dans le domaine qui nous occupe,
une étude en cours de publicalion sur les sources historiques du
roman anglais Torren! of Porlyngale et des extraits inédits du journal
d'António Nobre. 11 esta soubaitér que les cabiers de ce poCle, qui
rut le plus sincere et le plus touchant de la dernihegénération. soienl
pnbliés intégralement, car ils nous renseignent a la fois sur sa pensée
intime et sur l'importance qu'il attachait au purisme et a l'euphonie.
~otons encare deux articles conc~rnanl l'histoire coloniale de la
péninsule et contribuant a éclairer le probleme de l'Atlanlide. Le
premier, celui de M. -\.. A. Mendes Correa, discute les résultats fournis
par la géologie, la botanique et l'océanograpbie et aboutit 3. une
conclusion négalive. Le second 1 celui de M. Urbano Canuto Soares,
soul8ve la question des langues parlées par les premjers habitanls des
Canaries. On sait qu'clles difJ8rent d'une He a l'autre et l'on s'est
demandé si c'est une raison suffisante pour contester leur communauté d'origine. D'apres un chapitre inédit de l'historien Gaspa r
Frutuoso, l'archipel aurail été peuplé d'abord par des exilés am.quels
on aurait coupé la langue et dont les descendants furent obligés,
dans chaque ile, de créer de toutes píeces un langage différent, puis•
qu'il ne reslait de l'idiorne primitif aucunc Lrace écrite. Les Saudade I

Revista da Faca/dad.e de Letras da Universidade do Porto, ,,~ 1
el 2. Pol'lo 1920.
Cette publicatión marque une étape nouvelle dans le développement
des études littéraires en Portugal. On les avait longtemps sacrifiées,
pour des raisons politiques, a d'aulres disciplines. L'Universilé conserva, pendant la plus grande partie du xix• siOCle, le caractere que 1ui
avait imprimé la réforme de Pombal qui, par réaction contre le
formalisme des Jésuites et sous ]'influence dC' l'Encyclopédie, se
préoccupail de renforcer l'enseignement des sciences, sans perdre de
vue leurs applications pratiques. ll supprima la Faculté des arts et
c'est en 1871 seulement qu'il ful question de la remplacer. La fondalion
du Cours supérieur des lettres, qui dut son prestige aux travaux
remarquables de TheophiJo Braga, répondait 3 une orientation nouvelle des esprits~ La génération montante se passionnait pour les
études philologiques. On comprit bientót que l'enseignement de
l'histoire littéraire pouvaitavoir une répercussion sociale.De Lisbonne,
centre des idées nouvelles, il pénétraR Co'imbre, si0ge de la tradition.
Au lendemain de la guerre on ne formait 8 Porto que des médecins,
des jurisles et des ingénieurs. De bonnes raisons présid8rent l'an
dernier a la création d 'une faculté des lettres. Elle apparaissaitcomme
le développement normal de Loute université prospere. Elle s'imposai l

�168

Bl ■ LIOGRAPHII.

BULLIT(~ HISP.i.l'IIQt.11

da terra apportent, a coté de celte explication fantaisisle, des éléments
d'une valeur historique indiscutable. L'inlerprétation en •era racililée
par le soin que M. Canuto Soares a pris de rassembler ton• les lémoi-

monaslérfl de San Feliu de Guixola (16o6), par le bénédictin Alfonso
Cano, non signalée dans Muñoz; des copies de lravaux du P. Marlin
Sarmiento, en particulier • sobre el vegetable gallego seyxebra 11; vies

gnages concernant la découverte par les anciens et -

de sainles (mains du xvu· s.); « l\epNlsentaciones hechas por el Excmo
Sr. Conde de Florida Blanca a la Augusta :llagestad de Carlos lerceru
y lo ullimamenle expueslo al actual Soberano Carlos 4•,,, une Hisloire
de Montserrat inédile ( 1847) du P. filgueira; llcgle bénédictine el

qu'on nous

passe ce néologisme indisp,nsable - la redécouverte par les modernes
de l'archipel des Canarios. Cest d'ailleurs le propre de l'hisloire de la
péninsule, au moins a l'époque des grandes navigation:,, de poser de~
prohlemes qui inléressent la civilisation mondiale. On voil que la
/levi.da da Faculdade rle letras embrasse un horizon assez vaste. Elle

reste nationale sans étroilesse. F:lle coordonne, par un efforl de
s~·nthese, les résull.ats de disciplines dilférenles. Elle continue le
mouvement initié par les disciples d'Augusle Comle. Elle combat par
l'exemple le préjugé qui reru~e aux peuples de la péninsule les
aptitudes philosophiques. Ces tendances ne sonl pas enliCremenl
nouvelles. On les retrouverait dans plus d'un article publié Lisbonne
ou
Coimbre. mais elles nous apparaissenl iri plus clairement
affirmées. La nouvelle Faculté des lettres de Porto promel done de faire
oouvre originale. On n'attendait pas moins d'une ville qui a joué un
l'Ole de premier plan dans l'évolution économique, politic¡ue el
littéraire du pa~·s.
(;, LE GENTIL.

a

a

Analecta Montserratensia. \fol. l. Any 1917. Moneslir de Montserrat. MCMXVJII. Vol. 11, An~· 1918. MCMXIX.
Celte publication, qui paraitra annuellemenl, a justifié toul de
suite son utililé par des arlicles d'un grand inléret, parmi lesquels il
convient toul au moins de relever les suivants :

la

(Vol. 1). Manu:scrits de
Biblioteca de ,lfonts,rrat, par D. Anselm
M. Albareda. L'auleur, qui prépare le catalogue des manuscrit, de
l'ancienne Bibliothéque conventuelle, donne.la description analytique
de 71 numéros anciens ou d'acquisition récente, dont le plus, énérabJe
et le plus importanl, premiAre vue, parait etre le numéro 1, le Libre
Vermell, signalé par \'illanueva, sorti par bonheur du mona~tere a

a

l'époque des guerres de l'lndépendance, et rachele en 1885. Enlre
autres textes latins et catalans (xlV• et 'tV~ s.), il contient un Can&lt;:oner
monlserrati qui fait l'objet d'un article8 part: des miracles a l'invocacion de la Vierge per universum mundum (il ne s'agil pas des rniracles
de Montserrat, qui précedent el suivent; comme le premier est celui de
la rhasuble de Saint lldephonse,jc suppose qu·on y retrouve les miraeles recueillis par Gil de Zamora el publiés par P. Fila); &lt;'n loutcas il
serail intéressantde faire connaitreen détail celle colleclion dans une
des cotonnes des Analecta); de rudimentaires trailés de géographie,
d'aslronomie, df" monstruosilés humaines, d·enc~·clopédie (le toul en
deux folios). Parmi les autres manuscrits, je note une llistoire du

Constitution&amp; de l'abbr Cisneros(en castillan. mains du xv1• s.); Céri·•
monial el coutumcs de Montserrat (xv• et tvl" s.); « Exercilium el
devotiones fralris Pelri de Ortega,&gt; (1622): deux livres d'heures du
xv·-,VI· s. avec miniatures; copie des Exercice~ spirituels de sainl

lgnace (dat,&lt;e de Si-ville 16o6; divers e1emplaires de la regle de sainl
Benoit; anliphonaire du xr• s.).
C'est le P. Sui'iol, directeur des Analeda, qui s·est chargé d'i"•ludier,
sous le litre Els cants delt Romeas, lr.s chao l13 de f&gt;Clcrins conlenus
aux folios ,21•27 du Llibre vermell:
Por sa anliguilal és el monurnenl méM venerable que des del !M!gle uv
ens conserva uns canls queja alesbore!I cvcn lraditionals. !Pcr la factura
artística són un lestimonide diverses formes musicals,dcs de la aimplíssima
i unissonal del gregoriá, flns una perfecta polifonia a lresparls, o• tri plum••
passant, oi més, per la forma del ballet, del cánon, de la diafonía i del
Mo.lel Pcr qualque anolació meMdica é~ :el primrr documenl que usa a
Catalunya ccrta ~crminologla musical...
Ces chanls, dont deux en caLalan, sont au nombre de dix.. ll y
en avait s1jremenl d'aulres, puisque Villanneva en reproduit un
qui manque actuellement au recueil. De belles planches accompa•
gnent la transcription lillérale et musicale, et l'étude de chaquc mor•
cea u esl poussée fond, avec une science el un senliment arlislique
qu'apprécieront certainemenl les connaisseuns.
Le o~ Jaume Cullell, chanoine de la Seu de Vich, a donoé sa conlribulion en étudiant cette question : Vinf¡ueren a .Jlonserral monjas de

a

Morlle-Cassino a ,nüjans del segle XV, queslion qu'il résoul par l'allirmative.

Suivenl Te.ct,s calala11s del Llibre, pel 11. P . .\rchiver; Alguns
manuscrit, de l"anliga Biblioteca monlserratina communicats pel
D· O. Ramón d'Alós (d'apres le numérn 13.464 de la Bibl. 'lac. de
Madrid); - Reliqwes ijoies antigues de lfontserrat segons un manuscril recenlmenl rlescoberl ; - Fes/es lipi.ques (il s'agit de la fete encorc
célébrée annuellemenl a ~ontserrat, a la Saint•N'icolas, et rappelant
celle de l'Obispillo, donl Fr. José de la Canal signale, au lome \LV de
l'f:,p. sagrada, la représeulalion aGirone).
Le Vol. 11 conlienl d'abord uu magistral lra..ail de D. .\nselm ~l·
.\lbareda, La impremla de .llonlserrat (seg/es u·-u,•¡. Pour l'hislorique de e-elle imprimerie. les témoignage~ anciens sont rares. Le P.

�HUI.LETL'.\ HISPA'.\IQUli:

RIBI,TOGI\APHIE

Aluareda nol"' que Fr. Pedro de Burgos, A qui est·dü le choix du premier imprimeur (1498) et le premier rétablissement, en i5t8, n'en dit
mot dans son Libro de la historia y milagros hechos a invocacion de
Nuestra Señora de Monlserrate, el pas davantage Yepes, qui agite la
question de l'iníluence exercée par l'Exercitatorium de Garcia de
Cisneros, imprimé Montserrat (l5oo), sur les Exercices de Saintlgnace. C'est au P. Benet Ribas, maine el archiviste du monastere,
ami de Villanueva, collaborateur modeste et désintPressé de plusieurs
érudits du lemps, en particulier du P. Méndez pour sa Tipograf,a
Española, qu'il faut s'adresser pour reconstituer cette histoire; il est
vrai que d'autres travaux, énumérés par le P. Albareda, completent
les données (que des découvertes heureuses ont permis d'enrichir
encore); mais la plupart dt'rivent précisément des renseignements
libéralement fournis pal' le P. H.ibas ceux qui les luidema.ndaient.
L'installation d'une imprimerie a i\lontsel'l'at a-t-elle obéi ala n1!cessité de pourvoir de missels et de bréviaires les dix-neuf monasteres
dépendanl de San Benito de Yalladolid, initiateur de la réforme, et
auquel était atlaché .MontserraL depuis 1493 ~ Et si le choix tamba sur
ce dernier couvent, fut-ce pour des raisons économiques? Mais ces
raisons nous échappent, observe le P. Albareda 1 qui conside1·e par
contre comme.décisif a cet égard le rOle de García de Cisne ros, cousia
germain du grand Cisneros, el neuf fois réélu supérieur par Jes moines.
Les deux: premiers imprimeurs avec lesquels il eut contrat furent Jean
Luschner (décembre 1498-novembre 1500) et Jean Rosembach (16181621), aprCs lequel l'imprimerie fonctionna encare quatre ans.
La description, avecreproductions nombreuses(plusieurs en dimensions idantiques) des ouvrages parus a Montserrat, comprend: ,o les
incunables;~~ les imprimés de 1518•15i6, division qui se trouve correspondre aux deux époques otl les presses y fonctionnerent. Les
incunables sont au nombre de 17 ; le premier est le Liber meditationum Vitae Domini noslri lesu·Christi de saint Bonaventure (16 avril
r499). Le Jlfissale Benedictinum découvert au Chili et su,· lequel il y a
un article dans le meme vol u me des Analecta, doit etre de la fin de la
m8me année. Quelques ouvrages n'ont pu 8tre décrits ou mentionnés
que d'apre, les bibliog,·aphes antérieurs; quelques-uns le sont pour la
premie.re fois : tel est le ca.s pour le Miss ale Benedictin.um el pou r le
Directorio de las horas canonicas e&lt; postrimero de setiebre año de Mil
y qinietos ii.
•
Pour ce qui esl du Directorium (en lalin), sans date, et de l'Exercitatorium (traduit en latín par le P. Francisco de Torquemada), lequel
por le la m8me date que l' Exercitatorio en bastillan, 13 novembre r 600,
les objections du P. Albarnda aux scrupules d'Hrebler (n·· 151 et 235),
qui les oonsid8re comme postérieurs, ne paraittont peut-Blre pas tout
afait convaincantes. Le P. Ribas, auqucl se réff:lre l'érudit bénédiclin,

n'a-l-il pu mal interpréter lui-m6me la dale donnée a l'Exercitalorium,
et traduite littéralement de l'édilion castilla ne~
Parmi les impriinés de la seconde époque figurent de nombreuses
images pieuses. Quant a la grammaire de Lebrixa, le seul ouvrage
profane qui figure dans ce catalogue, le P. Albareda ne parait pas
tout fait rassuré cette fois par la mention tres succinctequ'en fait le
P. Ribas.
Le P. Suñol a collaboré a ce ,olume 11 en donnant un travail,
également des plus instructifs, sur la liturgia deis noslres impresos
(seg/es xv'-.rn'). Le caractere un peu spécial de cetle publication,
qui intéresse surtout les liturgistes, est malheureusement un obsl-aclc
assez sérieux. pour le profane qui voudrait en fairc une analysc
fidele et consciencieuse. Bornons-nous morlestement admirer, et
prendre bonne note pour le cas ol1 nous aurions nous renseigner sur
une question pour l'intelligence de laquelle il faut réellement !trc
quelque peu clerc.
Divers documents completent ce méme volume: Noticias del venerable P. Fr. Bernardo Boi/; Embaixada d'E8p,mya prop la Santa
Seu; L/etra del Rei En Joan f (r3go), etc.
Ces indications donneronl une idée, au moins sommaire, de ce que
sont ces Analecta, auxquels nous ne pouvons que souhaiter longue
vie et bonne récolte chaque année.
G. CII\OT.

a

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a

a

a

a

�•

CHRONIQUE
_ M. Ramón ~lenendu Pidal, en verlu d'un usage qui esl loin
d'etre banal en ~•rance, a re~u de l'Université de Toulom;e le litre de
docteur honori.'i causa. A. la cérémonie qui a eu lieu, a cette occasioo·,
le 18 íévrier. l'Universilé de Bordeau1 . invitée a se faire représenter,
avail délégué le doyen de la ~•acuité des Lettres, M. Dresch , qui. au
nom de ses collCgues, donl beaucoup sont hispanisanlll 3 des Litres
divers, a dil la haute estime, ou plulól l'admiration qu'inspire a lous
l'ceuvre du grand savant et de son école. En :;'associanl, comme
l'Université de Paris, 3. celte maniíe:;ldtion, l'Universilé de Bordeau&gt;:.
a monlré que les liens qui rall.achcnl M. \lenénde1, Pidal a l'Lniver~ilé
de Toulouse, le rattachenl a la France enti8re. On trouvera une relation détaillée de celle solennité dans L',lmitié .francu-espaynole,
publiée a Toulouse (2' année)
Le 11 mars a élé inauguré a la ~.,acuité des Leltres de l'LniYersité de Bordeaux un cours libre de langue el antiquilés basques,
professé par M. Albert Léon, docteur es lellres, professeur au lycéc
de Bayonne. M. l~on a expo::;é, dans sa le&lt;r&gt;n d'ouverture, les· travaux
des érudits qui se sonl appliqués a l'étude du basque, des ~·ran&lt;:ais
depuis Luchaire el le prince Bona parle jusqu'a Vinson, des étrangers
depuis Humboldt jusqu'a van i,;ys , Uhlenbeck, Schuchardl el Wcbster.
ll se propose, dans les leGQns suivanl.es, de lrailer du thé.ltre populaire
bas4ue. Le profcsseur a élé suivi avec beaucoup d'atlention el d'inter~l par de nombreux: auditeurs qui l'ont compris, mCme lorsqu'A la
fin de sa l~on il leur a adressé la parole en basque. 11 n'y a pas lieu
d'en etre surpris: Bordeaux a toujours eu une forte colooie basqne,
dont l'existence sutfirait a garantir le succes de cel enseignement .
......-. Une nouvelle occasion de manifester leurs senlimenls envers la
~'raoce a été olferle au• 1,;spagnols par le Congres leou du 31 mars au
4 avril i, Saint-Sébaslien. La présence d'un ministre espagnol (celui du
Travail) et l"accueil, inoubliable aulant qu'inespéré, que nous réservait la populaLion comme les autorilés dan'i la capitale du Guipúzcoa,
a Orio, Zarauz, Guelaria et Zumaya, oll le peintre Zuloaga a fait les
hooneurs de sa pittoresque demeure, onl comblé tous les vamx des
nombreux Fram;.ais venus pour consliluer définitivemenl les deux
~'édérations franc;aise el espagnole deS comités d'enlente. Nous ne
pouvons pour le m,Pmenl que signaler ces belles journées et les mar~
quer d'une pierre blanche.
7 avril 1921.
L.l RBD.lCTJOR ,~\IERI\IKE:-¡: YOREL - fATIO. P. PARIS
G. CIROT. secritairt: G. R..\OET, diruteur•géraat.
Bord•n1.--

lmprimeries Gou:.-OLll,ttOV, rue Guiraude,

1)-'

1.

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                  <text>Fundado en 1898, el Bulletin Hispanique está editado por las Presses Universitaires de Bordeaux. La revista, actualmente, se publica dos veces al año e incluye reseñas de libros y una lista de obras recibidas. Los artículos dan cabida al ámbito ibérico e iberoamericano, sin distinción de época, área o método y se publican en francés y español, así como en cualquiera de las lenguas de la península ibérica. Revista indexada: HCERES, ERIH, SCOPUS y WOS-AHCI.</text>
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              <text>https://www.codice.uanl.mx/RegistroBibliografico/InformacionBibliografica?from=BusquedaAvanzada&amp;bibId=1784789&amp;biblioteca=0&amp;fb=20000&amp;fm=6&amp;isbn=</text>
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                <text>Bulletín Hispanique, 1921, Tomo 23, No 2, Abril-Junio</text>
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                <text>Fundado en 1898, el Bulletin Hispanique está editado por las Presses Universitaires de Bordeaux. La revista, actualmente, se publica dos veces al año e incluye reseñas de libros y una lista de obras recibidas. Los artículos dan cabida al ámbito ibérico e iberoamericano, sin distinción de época, área o método y se publican en francés y español, así como en cualquiera de las lenguas de la península ibérica. Revista indexada: HCERES, ERIH, SCOPUS y WOS-AHCI.</text>
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                <text>Cirot, Georges (1870-1946), Secretario</text>
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                <text>Morel-Fatio, Alfred (1850-1924), Redacción</text>
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                <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores.</text>
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                    <text>��•

BUI,L~TlN HISPA 1QU"E

!'f.__,

(ll'aiN,s, h de ~ é •

-Tome XXIII, 1"21, N- 1

80Ml!!dAIHB

Clror, Yelilán Gonzll• daos la Cbroniqae léonaise . • ••
A. llerel-f• :&lt;:.lal!igue des maDUs¡:rits de M. l\hirel,- Fallo
G.

J. Sarralllt,

~ e s sobra,s du Cádiz d Gaidós . . . • • •

G. Le Gentil Le lllouveineflt mteUeclttel en Portugal. Academia das Sc1eóciu de Lisboa: • • • • • • • • • • • • • •

AN!IALES DE LA FACULTÉ DES LE'.lTRES DE BORDEJ.UX

Vuth# Ceñantes et* Freres Thar ud (&lt;l. ~ot), p. 57.
daiver)dtes et e11UigJle111e11t: Progah,uue d s ~un ~alion
~ de cerlificat pour l'année

rp,, I'· 6o.

JJtlJJ'!Bl&amp;pbie: ln~111igacio11er actrc.r tl.arqaeologro y preh4loria ú,,
la reqwn aalm•ttna por el P e 11,;,ú,r BA¡o6,, {R. R.), p. 61; Ric&amp;BDO V.BJ.ÁIQVJ&lt;z Bosco, )tletü.na A zqhra y /amif'iya (Prosper
IJloard), p. 62; - DVQ.lll! DB BK&amp;Wilm. y ns Au&amp;, Conlribucw,i
ellallio dé la pt!rlOIIIJ del JI/ tiuque
Alba (G. illrot}, p. 661...,
boaE1uo, !\ove/as y novefial (G. C ), p. 68; - T. N,1.n11ao Toll,{
Manual de pronanciaciQn upaliD/a (Q., Millprdet), p. 69; - A. o
LI.Affo Rou os AllPvnü, El r,&amp;, de Caravia (0. C.), p 76.

•

BULLETJN HISPANIQUE

•

G11nv... - Itinéraires de Feruán Gaeúlez, p. , , .

DCP~CTIO.N ET ftlÍ:DACTION
IIC B. •

"'!t--,·~-...-;;,_,..,,, _

QJMlÍE, 'f-..,. b - . , de la. . .e et lllb!nluro ..Nnoleo
-ruvenllf de Toulou99, dor• honorunt-de la Faculté dee LeUrea~

'11. A. IIJOREL-FA"llO m mbrodel"lw&amp;,tu prol'e.,.urau CollrpdeF
dln,ct

ur acljolo1 • l'tcole deo Haui.. E:1~dea.

H. P PAIU!I. meolbre ~ liQIUlu~ror._u,
l'Ar\ ti l'Vnh·__,
blipao1qaea l Madrid

.

attb~logie el d'hlolblre

Borde1u.z.. dJreo&amp;eu,- de l'tco)e d• Btut&amp;. Elll

s.,,.,,,;,.

d,

la páaiquea

111. G. CIKOT. ,,..,_., tft&amp;lldeo bl
facult daol.ellres

a Pul

:-----,-------------BJSLIOiECA CENTRAL.

a

Duwrnr-&lt;MrsAt •
M. G. RADE1\ profe.ueur d"hiltotre ancienaa i l'UrúvenJW
onora.ire de la .Fa ulté de• Lellrea.

U. A. t-;. L
ele Bordeau1,

doy

'

.t p B., lV' SiatE. - Hull. hUpan., XXIII,

1921, 1.

�Anuales de la Faculté des Lellres de Bordeaux
et des Universités du Midi
QUATRIEME SÉRIE

Commune au1 tnirersilés d'Aix, Bordeaux, Montpellier, Toulouse
XLIII• ANNÉE

BULLETIN HISPANIQUE
Paraissant tous les trois mois
sous la direction des Universilés de Bordeaux el de Toulouse

TOME XXIII

1921

Bordeaux:
FERET &amp; FILS, ÉDITEURS, g, RUE DE GllASSI
Lyon:

H1:i.R..1

GEORG, 36-4~,

PA..SSAGR

ns

L'l16TRL-D1su

Marseille: PuL RUAT, 54,.auE P.t.un1s I Montpellier: C. COULET, 5, GaANo'Rus
Touíouse: Énoo.1.RD PRIVAT, 14, !\VE DES A1tTs
lllladri~: E. DOSSAT, 9,

PLA.Z•

os Sun

A1u.

París:
E. DE BQCCARD, I I RUE DE MEDIC!S 1 \'le
ALPHONSE PICARD &amp; FfLS, 82 1 RUE BONA.PAUTE: ,

Vle

�Vol. XXIII.

Janvier-Mars 1921

FERNlN GO~ZALEZ DlNS LA CHRONIQUE LRONAISE

J'ai montré • dans quelle mesure la Chronique léonaise s'intéresse spécialement aux comtes de Castille: 1º par des emprunts au Cronicón de San Isidoro de León, 2° par des passages
qui lui sont propres. L'examen de ces derniers otfre un intéret
considérable.
Arrivons au passage de la Chronique ou il est question de
la capture de Fernán González (II, ¡r):
Huius Ordonii regis anno regni V, era DCCCCX:CVIII, prediclus
comes Fernandus Gonzaluet fuit captus et filii eius in Cironfa, in
ecclesia sancti Andree apostoli, a predicto rege pampilonensi Garsia
Sanctii, et transmissus Pampilem, inde Clauillum, inde Tubiam. Ynde
cum Sanctia eiusdem regis Garsie sorore 1 que prius Ordonii regis legionensis, poslea comitis Albari IIarrameliz extilerat uxor, habens nesciente fratre co1loquium, liberatus est, dato prius eidem sacramento
quod, si eum inde educeret, eam duccrd in uxorem. Quod et fecif.

11 convient de nous y arrcter avec altention, d'abord parce
que l'équivalent ne s'en retrouve pas ailleurs (abstraction faile
des Annales Compostellani, qui n'en reproduisent, je l'ai dit,,
qu'une faible partie); ensuile, parce que nous y voyons
résumé, avec toute la sécheresse, mais aussi toute la précision
qui semble, au moins au premier abord, convenir a un texte
historique et meme le dénoter, le fond essentiel du Poema de
Fernrín Gon:.rílez; enfin, parce que ce morceau, inséré dans la
Chronique au milieu du texte commun aux chroniques diles
de Silos et de Sampiro, semble bien se rattacher aux autres
1. Bull hisp. 1919, pp. 93-102; pp. 150-159 du tiré 8. part(l.a Chronique léonaüe,
Bordeau:1 , Feret, 1920).
L Bull. hi&amp;p. 1919, pp. g3•D4i pp, 150-151 du tiré i part.

�3

BULLETIN BJSPANIQUK

FBR:'fAN GONZALEZ DANS LA CHRONlQUE LÉONA ISE

additions relatives a l'hisloire des comtes dé Castille, et auxquelles nous arriverons ensuite.
Comme les deux autres addilions relatives a la mort du
comle Rodrigo et a celle du comte Diego, additions spéciales, on l'a vu, a nolre Chronique, la capture de Fernán
González est dalée (huius Ordonii regís anno regni V, era
DCCCCXC Vlll}; et il ne peut y avoir de doule sur la date que
l'interpolaleur a voulu marquer, puisqu'il a soin de la préciser en donnant a la fois l'Era el l'année du regne. La date de
955 (Era DCCCCXCIII) pour l'avimement de Sancho I, comme
porte le Sampiro édité par Flórez • ainsi que notre chronique,
s'harmonise bien avec la chronologie marquée par cette derniere pour celte série d'événemenls:

serait done déja d'Ordoi10 IV (el Malo} qu'il serail question.
Mais le P. Fita a maniré« par de tres solides raisons n, remai-que
l'éditeur de ces charles, que le regne d'Ordoño III n'a fini
qu'entre le 3o aoiit et le r 3 novembre 956 •. Admellons que
l'auleur ou l'inlerpolateur de la Chronique léonaise s'est
tro mpé sur les dates; il faul bien faire remarquer toutefois
que les noms d'Ordoño (lll ou IV?) el de Sancho s'enlrecroisenl de bien singuliere fa9on dans la série chronologique des
documenls da tés de 955 a 962. Le Becerro gótico de Cardeffa
publié par le P. L. Serrano, fait figurer, a coté du comle
Ferrán González,

2

Ordoño.

955 . Era DCCCCXClll, avénement de Sancho J.
956. annoque uno regni sui expleto, fuite de Sancho, remplacé par

Sancho.

Ordeno IV « el Malo n.
960. Era DCCCCXCV!ll, cinquieme année d'Ordono IV: capture
de Fernán González .

Ordoño.
Sancho.

D'ailleurs les dates sonl celles qu'indiquent Luis de Salazar
y Castro dans son Historia de /.a Casa de Lara (t . l", p. 48) et
M. Fernández de Bethencourl dans son Historia genealógica de
la Monarquía espai!ola (l. l", pp. 445-6). La dale de 956 pour le
début du regne éphémere d'Ordoiío el Malo lrouverait une
confirmation dans deux charles de Valpuesta publiées par
M. Barrau-Dihigo, (regnanle Domino Ordonio in Legione et
comite Fredenando Gondesalboz in Castel/a/ et confirmerait elle-.
memela date de 957 qui y figure (XV Kalendas decernbres, era
DCCCCLX" V; XIII/ Kalendasjanuarias, erct DCCCCLX'V). Dans
la charle du 1 e, avril 956, qui les· précede dans le recueil de
M. Barrau-Dihigo, et qui présenle a peu pres la meme íormule
(1·eg1wnle rege Ordonio et comite Fredenando Gondesalbii) 3 , ce
1. C'cst bien la date marq1iée dans la 2' comrue dans la 3' éd. du t. XUI de l'Esp.
sagr.; mais peut-étre la ,u a-t-elle la date erronée DCCCCLXXXIII que releve
M. Barrau-Dihigo (Charles de l'église de Valpuesla, Revue hisp., 1900, p. 3~3).
2. lbid., n••XXXIV et X.XXV.
3. Cetle similitude, au surplus, ne prouveraíL rien par elle-m~me, puisque la
charlen• XXXII, qtie M. Barrau-Dihigo atlribue ~ l'année 950 ou 95, et au rCgne

8 et 23 aout 955
23 aout 956
1" janvier 957
14 janvier
l)
23 mars
l)
1•· juin
)l
1" juillet
1•• mai
958

•

Ordoño.

22

juillet

l)

28 janvier 959
))
29 juin
))
4 sept.
3 février 961

Sancho.

'

Ju
l~r

nov.
mars

•

962, etc.

d'Ordoiío Uf, en comporte une semblable. Mais comme la date 950-951 n'est qu'une
correclioo (le te.1.te porle era DCCCCLXXXV ou DCCCCLXXXl/1 selon les copies), on
peu t aussi bien supposer qu'un· X tt été omis: on aurait aiosi l'année 955 ou 957; et
en 957 H s'agirait encare d'Ordofio IV. JI s'y rctrouve les noms de quatre ou cinq des
témoins qui figurent daos les n"' XXXIV et XX.XV, ce qui ind.iquerail assez des
acles contemporains.
1. Bol, de la R. Acad. de la Hist., t. XX.XIV, p. la59. Le P. Fitasignaledes dipldmes
datés du rflgne de Sancho etdu 13 nov. gá6, du 14 janvier 957 (publié par Berganza),
du 13 íávrier 957 (celui que publie le P. Fita lui•ml!me), du ,3 mars 957 (Berganza),
du 1 ,janvicr 958 (E~p. !agr.). Le premiar qu'on puisse atlribuer süremcnt a Ordoiio
el Malo serait du 26 mai 958. 11 es~ ccrtain que tout cela concorderait avec l'indicalion anno uno regni sui explelo de Sampiro·Silos, a condilion d'ajouter un 111. l'Era
DCCCCLXXXXl/1, marquée par ce texle pour l'avenement de Sancho: d'autanl que
le ~6 avril 9Go, ajoule le P. Fila, Sancho dale ainsi : tt anno regni nostri 1111" et de
advenlu Spanie II "; son rllgne n'aurait done bien commencé qu'en 957. Les &lt;, tres
solides raisous,&gt; du P. Fila e:r.igent, en lout cas, que l'on corrige les dates qui ne
s'accommodent pas avec elles.

�4

5

BULLETIN HISPANIQUE

FERNA~ GONZALEZ DA.NS LA CURONIQUE LÉONAlSB

Un tel nottement doit-il s'expliquer et s'amender comme
s'il provenait d'erreurs malérielles? Ne peut-on imaginer un
désarroi bien naturel dans un ro-yaume oll l'usurpaleur n'est
ni parlout ni constamment reconnu, et oll le souverain légitime a pu garder des fideles, surtout parmi les nolaires?

Dans le Diccionario geográfico-hi.s/6rico de la Rioja de Casi miro
Govantes, autrement dit Diccionario geogr. hi.sl. de Esp. por
la R. Academia de Espat1a (prov. de Logroiío), on nous dit, s. v.
Tobia, p. , 92, que « en el volo del conde Fernán González se
no mbra el ria de Tobia »; et p. 193 : « En el voto del conde
Fern án González se nombra así : el rivo de Tubio i&gt; J. puis s. v.
Clavija, que « G"tavijo está expresado en la escritura del voto
del conde Fernán González asi: et Claviggo et ria de Leza ».
L'au teur s"empresse d'ajouter : « Cito este documento por su
anligüedad, prescindiendo de las grandes cuestiones sobre si
~s falso o verdadero ».
Ce document, Morales (Coronica, XVI, 16, 1) et Mariana
(VIII, f), qui semblent d'ailleurs ne le conna1tre que par
l'an alyse qu'en fait Garibay (Compendio, I, 8, t. ]" , p. 52),
l'ad mettent comme authenlique sans guere plus de ,·éserves
que !'historien guipuzcoan. D. Antonio Yepes l'a publié en
appendice (Scriptura XIX) an t. l" de son Chronicon genera/e
Ordinis S. Benedicli. Les passages visés par Govantes se liennen t (p. 5 11) :

Quoi qu'il en soit, nolons la précision des détails qui, dans
l'addition en question, localisent la capture de Fernán González
et de ses 61s : ce ful a Cirueña, dans l'église de Saint-André,
apotre, d'ou il fnt conduit a Pampelune, puis a Clavijo, ensuile
a Tobia .
Si nolre texte dépe.ndait du poeme de Fernán González, ou
tout au moins de la meme tradition, ce n'est ni Pampelune,
ni Clavijo, ni Tobia, qu'il mentionnerait, puisque ces noms
ne figuren! pas dans le pocme, mais Castroviejo (str. 597, 605,
611, éd. Carroll :11.arden), puis Belorado (sir. 665, 68r), oü un
forgeron lui enleve les fers. Ciruefia seul est commun aú
poeme(str. 582, 584) et a notre Chronique •.
Pusieron su lugar do a uistas veniesscn,
Touieron por bien anbos que en &lt;;iruenna fucssen,
De cada parle cinco caberos aduxesscn,
Fablarian e pornian lo que por bien touiessen ...

Fueron pora Ciruenna assi commo mandaron;
Con el cond de Casliella solos seys enbiaron ...
Dentro en Cmlro Viejo al buen conde metieron ...

•

Omnes villas de Riuo de Alesaco

1,

&amp; Riuo de Cardinis, de vertice

aquae vsq; Najara, &amp; de Riuo de lubia &amp; Najara cü iuis villis, &amp; omnes
vill~ de Riuo de Ruegga, Metrano, Bequera, Clauijo ~, rim, de Leza, &amp; riuo
de lubera 3, per horum riuorum omnes villas ex vtraq; parte aqua•
. de vertice vsq; ad lberum, &amp; etiam de Barado, Castro, vsquc sarla
acuta4 1 orones villro ex vtraque parte aquae pcr omnes domus sin•
gulas medidas de vino, &amp; singulos panes in offerla ...

Tornemos en el conde dol auemos dexado,
Era en Castro Viejo en la caree! echado ...
Fues pora Castro Viejo, demando por los porteros ...
Caballeros castellanos, companna muy lazrada,
Fueron a Byl Forado fazer otrra aluergada ..•

Naire Chronique se. trouve done avoir une relation intéressante avec le fameux privilege de Fernán González en faveur
du monastere ·de San Millan: d'autant plus intéressante qu'il

Llegaron de ,·eniJa lodos a Byl Forado,
Aquesta vylla era en cabo del condado;
Un ferrero muy bueno demandaron priado,
El conde don Fernando de fierros fue sacado.

Belorado.

n 'est question, dans ce privilCge, ni de Castroviejo ni de

Alesanco et Cárdenas, au S. et a l'O. de Nájera, et aon loin de Ciruefia .
Ria de Iregua; Medrana sur la rive gauche; Viguera et Cla,·ijo sur la rive
droile.
3. Le Leza e~ le Jubera, qui se réunissent pour se jeter daos l'f:bre.
4. Sartaguda, sur l'Íbre, au N.-0. de Calahorra.
1.

La plupart des localités citées ici et dans les pages suh'antes se lrou:vent marquées roit dans la Carte de France dressée au Dépót des fortifications (feuille XIII), soil
dans la Carte tauri!te de France(feuille XIII), mais les noms y sont parfois estropiés.
Voir de préférence l'Atlas de Coello (Logroño et Burgas).
1,

2.

�6

BULLl!:Tll'( BISPANJQUB

FE!',NAN GONZALEZ DAl':S LA CHR01'fIQUE LÉONAISE

Ce document, Garibay a soin de le dislinguer de I'espece de
pastiche qu'en a publié

On sait de reste que Clavijo est mentionné dans le non moins
íameux privilege de Ramiro I en faveur de saint Jacques
de Compostelle (Esp. Sagr., t. XIX, p. 331) comme lieu de la
balaille livrée par ce roi anx infideles: « pervenimus in collem
qui Clavigium nominalur ». La date de ce privilege serait
l'Era DCCCLXVII, année 829 (cf. ibid., p. 329), soit I05 ans
avanl la dale adoptée par Garibay et Mariana ponr celui de
San Millán (Era DCCCCLXXII, année 934). Mais je ne puis
enlrer ici dans la discussion relative a l'aulhenticité de !'un
et de l'autre docnment •.
Je ferai seulemenl remarquer que dans le second, il est fait
allu sion a nne éclipse de soleil qui dura une heure :

7

~

Alonso de Fuetes en el libro, que escriuió de los Quarenta Cantos ...

dando a entender, que el voto de sant Millian, a que el llama Cogolla,,
otorgó el conde DO Fernan Gon1talez en su señoria de Castilla por esta

victoria, y en la glosa y exposicion del Canto primero de 1~ quarta
parte 2 quiere poner vn privilegio 1 sin data entera, con alguna imi•
tacíon d'el antiguo Romance, que a su parecer, se podia hablar en
este siglo. Es verdad, que en los cosas que despues va tratando sobre
esta materia, pone algunas razones, de las que se contienen en eJ

privilegio suyo, que es el primero d'e\ libro d'el Becerro de Sant
Millian ...
D'autre part, ce meme document, qui est done en tete du
carlulaire de San Millan, Garibay n'affirme pas qu'il ail pour
origine la vicloire de Simancas, a laquelle il ne pense pas que
le comte ait assisté :

Nam in istis fere temporibus talia in terra apparuerunt signa, quod
furor Domini veturus credebatur esse in ea. In era nongentesima

septuagesima secunda XIII!. Kal. Aug. •olis die VI. feria amitlens
lucendi virtutem obscuralü constitit ah hora secüda in tertiam. IIII.
fer. Idus Octob. colorem eiusdem solis multi cognouerunt effectum
palidum, signa magna facla est in coelo 1 vento africo ...

El privilegio, que por razon desta victoria, o por otra qualquiera

que fuesse, dió el conde al monesterio de Sanl Millian de la Cogolla,
que en el libro de Bezerro de aquella casa está escrito en letra bien
crecida 3, con muy largas y copiosas razones, conuertidas en lengua
castellana, tiene al principio estas palabras .. .
1. « ••. puesto en los montes de Oca, i¡ se llamó antiguamente de san Feliz .. . )J 1
note Mariana.
:i.. Je ne puis consuHer aucune des éditions décrites par Durán (Bibl. Aut. Esp.,
l. XVI, p. 685) et Gallardo (n.. :i.269 et -2270), mais je suppose que le Canlo 1 de la
JV• parle n'csl autrc que celui que reprodu it Durán (t. X, n° 69G), el oll, a pres que
Ramiro(I ou ll?) s'est mis sous la protcction de saint Jacques,on rnit l~ coml.cdc
Castillo et le roi de Navarre se tourner vers San Millan:

Y el conde Fernan Gonzalez,
Tambien el rey Don Garcia,

Respondieron : Otro H[!lo,
Muy devoto a maravílla, ~
Hay, que yace en nuestra tierra,

Que san lifillan se decia,
Al cual damos nuestra estado,
porque él nos ampararia ...
3. 11 y en a un du in' siCclc, note FJórez (l. XIX, p. 78) et c'est celui-18. que llerganza a consulté, ainsique Sandoval elle P. ~toret, négligeant l'original, en gothique,
sous prátexle que les • donaciones y escrituras ... del Becerro gothico, como tan
antiguo, estan de calidad, que no se puede h.icer cabal juicio de ellas .• ,, Flórez
ajoute (p. 81) quo le mastro Argaiz eut recours, lui, au Becerro golltico;cf. la note 3
Je la page 280 de la Revue hisp., 1900 (Charles~ l'églis.:de Valput!ta).

Or, notre Chronique ajoute au texte silésien (II, 68) une
date, celle de l'Era DCCCCLXXI, et celle phrase, qui se relrouve,
moins le dernier mol (diei), dans le Sampiro interpolé par
Pélage , :
Tune ostendit Deus signum magnum in celo et reuersus est sol in
tenebras in universo mundo per unam horam diei.

J'ai déja eu l'occasion 3 de dire que celte píuase provient
du Chronicon de San Isidoro, soil les Anales castellanos I pour
M. Manuel Gómez Marlírrez, qui imprime ainsi le texte 4 :
In era DCCCCLXXVII · videlicel die II feria ora llll sic demoslrabit
Deus signum in celum · et versus est sole in tenebris in universum
mundum quasi ora una.
• · Voir les notes despages 112 el 196-198 du t. 111 de l'édilion de l'Hisloria general
de España de Mariana par B. Monfort, Valen ce, 1 787. J.a premiére est tirée des Advertencias de Mondéjar (pp. 77-78 de l'éd.de 1746). Masdcu, bien enlendu lui aussi, considere les deux. documenls comme apocryphes (Hisl. crílica de Esp., t. XII, pp. 140
e t 218). Cf. Barrau-Dihigo, Revue hisp., n• 1 09, p. 64.
2. Cí. Ball. hisp., 1916, p. 143 (p. 130 du tiré b part).
3. Bull. hisp., 1919, p. 102 (p. 15 du tiré a part).
4. Discurso, leido! ante la R. Acad. de la Hist., p. :i.[¡.

�8

8ULLET1N HISPANIQUE

11 semble done y avoir un lien entre ces ditférents textes.
Mais il faut bien se dire que pour créer ce líen, il a pu suffire
d'un emprunt de copiste ou d'annotateur.
El, maintenant, que Fernán González ait été conduit a ·
Pampclune, c'csl ce que consignent également les Annales
Composlellani. Mais j'ai déja. expliqué que ces derniers peuvent
tres bien amir emprunté a notre Chronique.
Dans le Rodrigo, l"itinéraire ditfere a la fois de celui du
Poema el de celui de notrc Chronique; c'est a Bañares que le
comle ful pris lrailreusement, et c'est aTudela qu'il ful conduil;
il n'est pas quesLion de Cirueña:
Et ovo de aver contienda con el Rey don Sancho Ordonnez de
~auarra. EL este Rey don Sancho Ordonnez fizo vistas con el conde Ferr-

nand Gorn;.alez en vn lugar que di&lt;;en Vannarez. E yendo el conde seguro, prissol el rey en enganno. Et lleuolo presso a Tudela de N,tuarra.
Et yazíendo e1 conde presso sacolo donna Coslarn;a, hermana del Rey
don Sancho Ordonnez. Et yaz.iendo el conde en los fierros, tÜrnolo la

infanta a sus cuestas .. Et dio con el en vn monte, e encontraron a vn

•

•Gipresle de ay de Tudela de Nauarra ... El salio del monte priuado ...
(f:d. Bourland,1/evuehisp., 1911, l. \:\IV, p.310.)
C'esl évidcmmcnL un anachronisme que de meltre Tudela
en possession du roi de Navarre a celle époquc. Peut-etre !'auteur du Rodrigo, ou celui dont il s'inspire, avait-il une malice
a cxrrccr contrc un archipretre ou en général contre le clergé
de cetle ville; l'hisLoire peu édifiantc dont le Ferncín González
expose moins sobrement les dé-tails mais ne spécifie pas a ce
point ce héros, serait ainsi dcvenuc une satire presque personnelle. 11 n'y a done pas lieu de s'arreler acelte locali 0 ation du
licu ou le comte aurail été conduit pour etre emprisonné; elle
est arbitraire et tardhe . Au conlraire, le nom de Baí1ares,
petit village a deux licues au nord de Cirueña et a la meme
distance que celle-ci de Santo Domingo de la Calzada, de Bclorado el de Nájera, parait elre une localisation lraditionnelle;
el il est possible au surplus que la capture du comte ait eu lieu
_a Cirueña, mais que la poursuite ait commencé a Bañares. En
d ·autres termes, les deux localisalions ne son t pas i nconciliahles.

f'ER'.UN GON'ZALEZ DA."15 LA CHRON!QUE LÉONAISE

9

Notous que loutes ces localités se trouvenl voisines de la
chaussée qui va de Belo,·ado a Logroño el Pampelune. Cctte
chaussée est ·mcnlionnée dans le poeme (c'est au momenl ou
Fernán Gonzálcz el sa compagne fuient de Castroviejo) :
El camino fran(es ovyerOn a dexar,
YU grrand enQinar,
El conde don Fernando non podia andar,
Ouol ella rn poco a cuestas a llevar.
Tornaron a synieslra por

lis évitent la chausséc pour é, itcr les rencontres et ils passent par la montagne:
Quando se fue la noche el dia quier parcscer;
Enant que ningun omne los podicsse ver
Vyeron vn monte cspesso, fueron se y meter,
Ovyeron alli la noche atender ...

D'autre parl, llañar-es faisait partie de la Junta de Valpierre,
sur laquelle on pcut voir le Diccionario de Govantes (,. v. T'ctlpierre). Or une balaille cut lieu en cel endroil, d'apres le Poeme,
entre Caslillans el Navarrais.
Ayuntaron se en vno en vu fuerte val!Pjo,
Buen lugar pora ca,;a de liebres e conejo,
Cojen .) mucha grana con que liiien bermejo,
Al pye !(' passa Ebro much Jrado sobejo.
Valpyrrel dizen todos, e assi le llamaron ...

Et l\ladoz, s. v. Bwiares, nous apprend que « no lejos de
Bañares, en la llanura llamada de Valpiedra, fueron vencidos
dos mees en , 157 los Navarros ... ". Vatpyrre, Vnlpierre, Val
piedra sont done les formes diJTérenles d'un meme nom, qui
est lié historiquemen l a celui de Baiíares.
11 est vrai que la balaille de Valpyrre, •dans le Poeme, est
postérieure a la capture et a la délivrance du comle: il en est
de mcmc dans la Chronique générale, du moins d'apres le
ms. X-i-4 (Pidal, S 7 16; Marden, p. 15 r ). Mais une autre
batail le antérieure a la capture, et dans laquelle, d'apres le

�10

FERNAN GONZALEZ DANS LA CHI\Q;,JQUE LÉONAISE

BULLETiN HISPANIQUE

Poeme, fut lué le roi Sancho, se serait Iivrée dans un endroit
appelé Era Degollada.
Quando ovo el buen conde su rrazon acabada,
Mando contra Navarra mover la su mesnada;
Entro les en la tierra quanto vna jornada,
Fallo al rey don Sancho al Era Degollada.

Or, comme la note M. C. Marden (p. 217), le ms. X-,-4 porte
(Marden, p. 125; Pida!, S 695) "el
Era Degollada, el es en vall Pirri n el l'auteur de la Crónica
del conde Fernán González, le P. Gonzalo de Arredondo, qui
ful abbé de S. Pedro de Arlanza de 1505 a 1518 (Esp. sagr.,
t. XXVII, p . 54, 2• éd.), ajoute: ce E por la gran matanza y
degollacion que el conde y castellanos fezieron en los
nauarros le mudaron el nonbre y le dexieron la era de
gollada n; il n'y a probablemenl la du reste qu'un grossier
calembourg du a une fausse graphie: Mariana dit (VIII, 5 )
" ad Gollandam oppidum n, " cerca de vn lugar llamado Gol-

a l'endroit correspondant

lada

11

Ainsi Valpierre était lié par deux souvenirs a l"histoire du
comle: cela expliquerait assez la place donnée a Bañares par
le Rodrigo. Une confusion avec Ciruefia, en admettanl que la
capto.re a bien eu lieu dans celte derniere localité, s'admet
aisément. Nous sommes bien la en pays de souvenirs épiques,
en «terre d'épopée }).
Au surplus, précisément parce qu'il n'y a pas concordance
entre les trois itinéraires, on peut dire qu'ils décelent par leur
CJ,au.:uH
_ _ _ _ _ -/J1/Efinir81N¿,,]¾ninf1

... -----------.fH}

-

du Rodd¡o .

_. _ . _ . -/Ch,j . d,M CA_,~ lüN1S,

1) ' ·

1. M.C. Marden cite également Berceo dans son San Millán (1fso3):
Por medio de Valpirri, vn sequero lugar,
Fasta que en Villuvio ovo de arrivar...
Or Viltuuio n'est évidemment autre que le Bilibo dont il est question dam; les vers
précédcnts(texte de Sánchez-Janer, B. A . E., t. LVII, p. 65):
Sopo que sant Felives en Bilibo moraba,
La ora de veerle veer non la cuiclaba,
Non lo metió por plazo nin lo quiso tardar;
Movióse de la sierra, empezós a desprunar ...
11 s'agit du risco de Bilibio, oU saint Félix avait son ermitage, au nord de Haro. Et
poul" y aller de Madrid (pres de Beiveo, dans le barrio de Berceo, a deux lieues de
Nágera, au pied de la sierra de San_ Lorenzo), oU il était né (ibid., str. 3),

Cerca es de Cogolla de parte de Orient.
Dos leguas sobre Nagera al pie de Sant Loreo.t,
El barrio de Berc;;eo, Madriz la iaz present:
Y nació Sant .Millan, esto sin falliment,

le chemin du jeune MillanJtait en effet par le Valpierre. Pour Bilibio, menlionné
aussi dans le privilElge de Fernán González(Termino Cellorico, Villi!Jio, Burde .. . ) 1 voir,
oulre Madoz et l'Atlas de Coello (A.laua), le Dice. de Govantes et le Dice. gcogr.-hi31 .,
de Esp. por la R. Ácad, ~ la Hist., t. Jer, oU. la source de Berceo en cet eadroit cst
indiquée, Braulion: « Dictaverat ei fama esse quemdam eremitam nomine Felicero,
vir11m sanctissimum, cui se non immerito proeberet discipulum, qui tune morabatur in culello Bilibio. Arripiena iler pervenit ad eum. &gt;l (Patr. Iat., t. LXX~
col. 703•4). Seulement Braulion ne dH ni d'oU partit 11aint Emilien, ni par oU n pa 811a,
ni du reste oll il eat né.

/

ensemble une lradition locale. Les divergences marqueraientelles simplement des variantes ou des rivalités de clochers ...
ou de monasteres?
Ni Tudela ni Bañares ne figuren! dans le privilege de Fernán
González.
D'apres le Diccionario de Govanles, le monaslere de Santa
María de Bai,ares fut donné en 1075 a San Millán de la Cogolla,
qui des avant 1020 • avait re~,u celui de San Cristóbal de Tobia;
le chatean de Clavijo apparlenait au monaslere d'Albelda
depuis w33, el Ciruefia, a celui de Santa María la Real de
· Nájera depuis 1052: " Cimniam cum omnibus suis pertinenciis n, est-il dil dan, l'acte de fondation par D. García el de
Nájera '· Peut-on invoque.- les traditions respectives de chacun
de ces trois monasteres pour expliqner celles que refletent
i. En 1014 1 d'aprCs Dom Férotin (Hist. de l'Abb. de Silos, p. 35)¡ saiot Oomioique
Y fu t prieur six mois.
2 . C'est du reste daos les archives de ce cou\'ent que le fuero de Ciruefia était
conservé, selon Moret (Anales de l\'avarra, X-16) cité par le méme Diccionario .

�BULLETl:'i BlSPA:ilQUE
1•

le Poema,

2º

le Rodri{Jo, 3° notre Chronique (et les A11nales

Composlellani)?

L.itinéraire du Poema inléressait Sancta María de Nájera par
Cirueña, et celui du Rodrigo intéressail San Millán de la
Cogolla par Baiíares. Mais celui de la Chronique inléressait
Nájera par Cirueiía, San Millán par Tobia, A.lbelda par Clavija :
cela dn moins dans la seconde partie du xu' siecle. Doit-on
voir la un compromis, une fusion de traditions divergentes?
C'esl possible, maisje ne pnis qn'indiquer ce poinl de vue; el
il esl aisé de constater que l'Hinéraire de la Chronique passe,
en droite ligne et forcément, par Castroviejo, au retonr de
Pampelune et de Clavija . 11 ne fait done qn'allonger celui dn
Poema, qui a pu exploiter de préférence 1111 sonvenir, anlhenlique 011 non, du passage par Castroviejo . Toujours est-il que
la localisalion la plus importante est celle de Cirueiía, commune au Poe,na el

a la Chronique.

J'ai rappelé que le Pocme, suivi par la Chronique générale
(X.-i-4), place daos une chape lle, une« ermita» oü il s'était réfugié, la capture du comte. Or la Chronique léonaise nomme ce
lien saint: « ecclesia sane ti Andree aposloli »; et par Madoz nous
savons que te! élait bien vers 1850 le vocablc de l'église parois-

FERNA~ GONZALEZ DA~$ J,.A CliRONIQOE LÉO;,iAISE

Peut -etre cependant une église ou une simple chapelle
avait-elle élé déja construite ou reconstruile a l'époque ou le
comte castillan fut pris en trahison par le roi de Navarre. C-esl
bien ce que le Poema donnerail a inférer. On poúrrait meme
supposer que ce ful ponr expier la profanalion de cet asile
par son pere que le roi Sancho érigea ce monastere. Mais nous
ne pouvons faire état de telles conjectnres; il est plus prudenl
de ne pas affirmer, jusqu'a. prenve certaine, l'hisloricité des
délail s relalés tant par la Chroniqne que par Je Poeme, el de
nons en tenir a cette simple observation : que sur ce point les
deux textes .sont d'accord et reprodnisent une meme tradilion,
íondée ou erronée.
Dans le ms, 10814 (ancien li-73) de la Biblioteca Nacional
de Madrid, un de cenx qui représentent, pour M. Menéndez
Pida!, la Chronique de 1344, le lieu du rendez-vous et de la
lrahison esl déformé : il devient t;:eruera.
(Fol. 138). Et el conde tomo cinco caüallos de mulas ·, consigo
seys

r;

mas non . de aqllos meiores

q auia

a'ql dia q el puso e 9eruera cuydando
eubi,:tra de;ir. . . ·

syn armas ningunas t fue
ansy coffio lo

q ve'nia y el rrey

siale de Cirueíta, desservie par un religieux du monastere

Santa María de Xájera. Le Diccioll&lt;ll'io, cilant encare le P. Morel
(IX, 4, 10 et X, 1-) rapporle que « el Rey D. Sancho de Pamplonse fun_dó el monasterio de San Andrés de Cirueña en el
dia ,3 de noviembre de la era w10 (aiío 972), repoblando a
Cirueña y dándola fueros».
Au premier abord il semble que la dale de cette fondation
du monaslere de Saint-A.ndré dénonce une erreur dans l"addilion qui nous occupe, puisque celle-ci place dans une église
de Sainl-André apotre une scene qui se serail déroulée en 960
(Era DCCCCXCVIII). On dira que le monastere a pu etre bati
en 972 et l'église exister en 960. Mais l'acte de fondation
du monaslere, en 972, reproduit par Yepes et cité par le
Dicci.onario, porte que le lieu , olim fnil sub imperio pesimorum hret·eticorum habitatum, et a catholicis christianis
deserlum n.

~Iais si Castro viejo esl bien encare l'endroit ou sont condnits
d'abord le comle et ses compagnons, il esl ensuite séparé
d'eux et jeté dans une antre prison. N'avons-nous pas la un
son venir de Clavija 011 de Tobia?
(Fol. 138·). Entonce mando el Rey leuar al conde &lt; los suyos para
Castm viejo r: mandoles dar muy mala prisyon. Et partierO al conde
de los suyos r; lanyaronlo en otra prisi5.

11 est vrai qu·ensnite c·est bien encare a Ct!.stro viejo que le
lronve le comle de Lombardie (fol. 139); c'esl de fa aussi,
natn rellement, que le tire D• San-cha. Taus deux évilent le
cbemin fra119ais .
(Fol. 140 ). Et entorn;es se fueron su camino
fran~s ala mano syniestra por vn monte ...
Ball. hUpan.

~

dexaron el camino

'

�14

' BULLETIN IDSPANIQOE

Enfin c'est

a Bilforado encore que les fers

lui sont enlevés :

(Fol. ,41 ). o ansy llegaron abilforado que era de ally ~erca. Et el
primero lugar-del condado ij partía con nauarra. Et despüs q llegaron
abilforado enbiaron por un ferrero que tiro los fierros al conde . ..

CATALOGUE
DES MANUSCRITS DE .M. MOREL-FATIO

Dans la Chronique générale éditée par Ocampo en 15,\i, on
retrouve Cerueña (f' ccXLvm), Castro viejo (f' ccxux) el
Bilforado (f' ccL').
Enfin dan~ la rédaction que Menéndez Pelayo suit pour
l'illustration de la Comedia de Lope de Vega (Obras de Lope
de Vega. pub/. por la R. Acad. esp., t. VII, 1897), et qui est
celle d'un manuscrit de sa bibliotheque personnelle, c'est
encare á Ciruenna et a Castrovieio que sont localisés ces faits,
ainsi que daos la comedia elle-meme.
Quant aux romances, sur lesquels je reviendrai a propos de
!'Infante de Navarre qui délivra le comte, il n'y a rien a en
tirer, aucun de ceux qui concernent cet épisode n'étant antérieur au début du xvr• siecle, comme l'a démontré M. R. Menéndez Pida! (Homenaje a Menéndez Pe/ayo, t. I, pp. 471, 485, 495,
477, 486, 496). U n'y es! question que de Castroviejo et de
Bilforado.
G. CIROT.

( A suivre.)

J'ai donné a la Bibliotheque municipale de Versailles mes
livres et mes manuscrits. M. Cirot, secrétaire de naire rédaclion, a estimé que, vu les frais considérables réclamés par
le Catalogue des manuscrils des bibliotheques de France, il valait
mieux publier, dans le Bulle/in hispanique, l'inventaire de
mes manuscrits; j'y ai joint ceux de mon ami, H. Léonardon,
mort le 23 novembre 1912, qui furent donnés, comme
les miens, a la Bibliotheque de Versailles, par sa veuve,
M•• H. Léonardon.
Parmi mes manuscrits on trouvera :
,• La préparation a des articles publiés, soit dans le Bulle/in
hispanique, soit dans d'autres ouvrages et revues, avec des
retouches plus ou moins importantes;
2° Des cours au College de France;
3• Des mémoires qui n'étaient point encore en étal d'etre
publiés;
4• Des lettres et autres documents se rapportant surtoul a
l'histoire et a la littérature espagnoles.
Je n'ai conservé, par devers moi, que les notes relatives
a Jean de Quintanadoine, seigneur de Brétigny, le fondateur
des Carmélites en France; la biographie de D. Francisco
Amorós, marquis de Sotelo, le promoteur de la gymnastique
en France; des documents sur les révolutionnaires espagnols,
et une étude sur Mérimée •, espérant, s'il me reste des forces,
les publier, car vita, sine /itleris, mors esl. En tout cas, les
1. Une pelite parlie de cette étude, sous le litre de Mérimée et Ca/ckron, a été
publiée daos la Revued'histoire li,t.iéraire tú la France, t. XXVII, PP- 61 8. 69,

�BULLETI~ HlSPANIQUE

•

notes se rapportant aux quatre sujets en question devront faire
retour
la bibliotbeque de Versailles.
Les manuscrits donnés
la bibliotheque de Versailles ne
pourront etre consultés que quinze ans apres ma mort; ceux
de H. Lé,onardon en 1927.
A. M.-F,

a

a

CATALOGUE DES MANUSCRJTS DE M. MOREL-FATIO

6. Bartolomé de Torres Naharro. - Mceurs. - Mots. - ProYerbes.
- Variantes de l'exemplaire de la Bibliotheque \"ationale lle Paris, Y
6,31 (Séville, 1533).
7. Tragedia llamada Josephinr1 ... trabada por ,lficael de Car1.•qjal ...
J'a precedida de un prólogo ... escrito por D. 11/anuel de Cañete.
Variantes de l'exemplaire appartenant a M. de la Sizeranne (Palencia,
por Diego Fernandez de Cardaba, 1540).
8. Fiches de la Bibliolheque Colombine Sévillc, par Barlolomé
José Gallardo, communiqul•es par llenry Harrisse. - Epreuve et copie
des appendices des Excerpla Colomúiniana de 11. llarrisse. - Lellre
d~ M. Jean Babelbn.
9. Nouvelles espagnoles. Lines picaresques et nouvelles. Gazman de A(farache de Mateo Aleman. - Notes bibliographiques. Catalogues de la Mazarine, de la Héserve de la Bibliolheque Nalionale
de Paris et de D. Pedro José Alonso y Padilla, ele. - Catalogue de
laletlre y, de la Ribliolheque Nalionale de Paris (nouvellesespagnoles).
10. :\'oles sur fAraucana de D. Alonso de Ercil!J y Zuíiiga, d'apres
l'édilion donnée par M. J. Ducamin, Paris, 1900.
H. Copies de la Bibliotheque Nationale. -- Correspondance de
Chifllet, d'apres la Colleclion Baluze 16,. Extraits. - Copies dh·erses.
t2. ProcCs intenté par M. le duc de Frias 3 M. Je baron Pichon,
pour la restitution du saint- ciboire, donnt'' par le roi Jacques 1~r
d'Angleterre, en 1604, a un de ses aneé tres, al'occasion de la paix entre
l'Espagne et l'Angleterre, et que le duc de Frias offrit au xvn• siElcle
au couvent de Santa Clara de Medina del Pomar. D'apres la Gaze/le
des iribunaux de mars et d'avril 1885.
t3. Léopold Micheli ( 1877-19 1o). Dcux lettres de Léopold Micheli. Sept letlres de M. Fréd. Gardy.- Lettre deM. Ernest Muret. - Letlre
de M. Louis Cbavet.
t4. Dialecte navarrais. Chronique de Garcy Lopes de l\oncesvalles.
Copie de la Collection Duchesne
la Bibliotbeque 1iationale de
Paris, 113, fol. »7. - Extraits du fond franc;ais de la Bibliotheque
:'lationale de París, 6539, fol. 3; du fond latín 9,61, fol. 56, etc.
t5. Ate relegata et Minerva restituta, de Juan Perez de Tbledo.
D'apres le ms. fonds latin 876, de la Bibliotheque Nationale de
Paris. Cf. Une comédie de col/ege" Ate relegata el Minerva res titula»,
dans les Éludes sur l"Espagne de A. Morel-Fatio, t. lll, Paris, 1904,
pp. !09-137. - Lettre de D. llamón Menéndez Pida!.
16. Vicente Nogueira. Deux lettres de M. Sonsa Viterbo ºe t un
arlicle du meme, au Jornal da Manha, du 9 décembre 1889. - Letlre
de F. Adolpho Coelbo. - Lettre de M. J. A. da Grac;a Barreta. Lettre de M. Antaine Thomas. -Lettre de M. Joaquín de Vasconcellos.
- Lettre de Mm, Caroline Michaelis de Vasconcellos et un extrait du
Catalogue de la bibliotheque d'Evora mentionnant des lettres de

a

L La Société espagnole au XVIII' siécle (huit cahiers). , . Tab3.c; Afeites; Visites; Refrescos; Tertulias; Monnaies; l\Janger;
Boire. - 2. Madrid; Provinces. - 3. Littéralure; ThéB.trc; Musique;
Danse. - 4. Galanlerie; Cortejos; Allure de la femme et de l'homme;
Majisme. - 5. E:ducalion; Mariage et famille; Domestiques; Classes;
Professions et métiers; Usages, Mobilier, ele.; Toros, Grossiereté;
Jeu; Voitures. - 6 . f:glise; Étudiants; Saleté; Hospicio; ~laladies;
Gouvernement; Soldats. - 7. Mots et expressions; Menaces et
imprécalions; Jurnns et ex.clamations; Noms de personnes; Emploi de
la journée. - 8. Coslume; Étrangers el Modes nóuvelles.
2. La II monja alferez 11 , Da Catalina de Erauso. Copie, par D.
:\Januel Goicoechea, de la Relacion verdadera de las grandes haza,ias
y valerosos hechos que una rmijer hizo en veynle y quatre años q sirvio
en el 1/eyno de Chile. 1625.
3. Anciennes bibliotbéques espagnoles ou bibliothéques lran9aises
contenant des manuscrits en espagnol. - D.. Pedro de Aragon; le
comtc de Villaumbrosa ; l\Iarca; Noailles; Olivares ; Biblioleca
lleberiana; Baluze el le marquis de Mondejar; lnvenlaire de la
bibliothCque de D. Gaspar Ibaíiez ele Segovia, rnarquis de Mondejar;
Sevilla; Extrait de la bibliotheque de Gerónimo Zurita, d"apres les
Progresos de Dormer ; Lanzina; Trichet du F'resne.; Mazarin ;
Th6venot; Duchesne; abbé d'Estrées; Allaemps. - \otes prises pour
le catalogue des manuscrits espagnols el porlugais de la Bibliotbeque
Nalionale de Paris.
4. Sote:, pour la comédic du Pobre honrado, de Guillem de Castro,
publiée par D. M. Serrano y Sanz, dans le Bulleltn hispanique, t. IY,
pp. , 19 et 3o5. - Lettres de D. M. Serrano y Sanz et de ;\,l. Ernesl
~lérimée. - Corrections de Léo Rouanet.
5. Copie d'un roman -d'aventures (Cod. Val. 6966, fol. 68), commenc;ant par: «En el Reygno descocia ovo un escellente Rey complido
de todas virtudes, specialement en ser Justiciero, commo la mesma
Juslic:.ia, el qual en su postrimera hedat ovo una sola bija a quien
despues de sus dias subcedia el Hegno, la qual llamaron por nombre
mirabella ... " Cetle copie a été faite pour M. Adolf Mussafia, qui me
l'a donnée.

17

a

�18

Vicente Nogueira. -

BULLETIN HISPA.NIQUE

Cinq lettres de M. le Prof. Gatti et une copie des

lettres de Vicente Nogueira conservées a la Bibliothf:que Barberiána. Divers documents ulilisés daos la Zeilschrift far romanische Philologie, l. Ill, pp. 1-38. - Boletim de bibliographia portugueza, t. 11,
n° 1 : Série chronologique des Jettres enlre Vicente Nogneira et d'autres

personnages, publiées par M. J. A. da Gra&lt;;a Barreto, d'apres les
originaux ou les copies d' Ajuda, Evora, Torre do Tambo, Bibliolh8que
Nacional de Lisbonne.

17. D. Pedro Calderon de la Barca. Comptes rendus de M. G.
Baist du MáJico prodigioso, de M. Morel-Fatio. Heilbronn, 1877 (Literaturblatt /ü1· german. und roman. Philologie, 1881, n° 6), de D. Jerónimo Borao (Revista de archivos, bibliotecas y museos du 5 janvier
1878), d'anonymes (Magazin Jür die Literatur des Auslandes, La
Academia, 13 mai 1877, Lilerarisches Cenlralblatt, 15 juin 1878,
Revista contemporanea, 3o mai 1877). - El Día: á D. Pedro Calderón
de la Barca ... dedica este número el 25 de mayo de 1881. - Los
últimos autos de Calderon, avec fac-similé de la signature de l'auteur
(La Jlustracion española y americana, 1881). - Neueste deutsche
Calderon-Literalur par Rugo Sch.nchardt (B,ilage zur Allgemeinen
Zeitang, 1&gt;-19 juillet 1881). - Compte rendu des Documentos para
la biograjia de D. Pedro Calderon de la Barca par D. Cristóbal Pérez
Pastor, de M. Wolfgang von Wurzbach (Zeitschrift f. romanische
Philologie).-Biografia de Pedro Calderon de la Barca, Madrid, 1840.Calderon-Literatur par M. Engelbert Günthner (Literarischer Handweiser, n°· rg, 20 1 :¡j, ~3, :14, 1906). - Segismundo's soliloquy
on liber·ty in Calderon·s La vida es sueño par M. Milton A. Buchanan
(Publications oj lhe Modern Language Associalion of America, XXIII,
n ° ,).- Du m. Notes on Calderon : the Vera Tas sis edition; the text o}
La Vida es sueño (Modern language notes. Mai 1907) - Du m. Notes
on the spanish Drama. The date of Calderon's La Vida es sueño
(Modern language notes. Novembre 1907). - Leopold Schmidt, Deber
Calderon', Behandlung antiker Mythen (Rheinisches Museum jür
Philologie, 1855). - D. Adolfo de Castro y Rossi, Una joya desconocida
de Ca/deron, Cadiz, 1881. - Lucien Paul Thomas, la genese de la
philosophie et le symbolisme dans la Vie est un songe de Caldero n
(extrait des /1,félanges offerts a M. Maurice Wilmolte, Paris, 1910). Catalogue des ouvrages de Calderon conservé au département des
imprimés de la Bibliotheque Nationale, Paris, 1905. - Poesías inéditas
de Calderon, Madrid, 1881 (Biblioteca universal). - Poesias de Calderon
de la Barca, Madrid, 1874. - Edmund Dorer, Die Calderon-Literatur
in Deulschland Bibliographische Uebersicht, Leipzig, 1881. - Edmund
Dorer, Beilriige zur Calderon-Lileralur, ¡er et :1e cabiers, Dresden 1
1884. - Trois lellres de M. Karl Vollmoller. - Vita et Martirium SS.
Cipriani el Jastinae ex Simeone Melaphraste, etc. Copie. - Lettre de

CATALOGUE DES MANUSCRITS DE M. ?tlOREL-FATIO

19

D. Cayetano A. de la Barrera yLeirado a Antaine de La tour, Madrid, ,5
aout 1869. Copie. - Biographie de Calderon, d'apres le livre de
D. Felipe Picatoste y Rodríguez. Copie . - Catalogue des comedias de
Calderon, publié par Vera Tassis, dans la Verdadera quinta parle
( 1682), ele. - Memoria para la Biblioteca Nacional para el presente
año 1870, Madrid, 1870. Copie. - Exemplaire des fuc-similés qui
accompagnent le Mágico prodigioso (lleilbronn, 1877). - Papiers
divers . Exlraits d'éditions de la Bibliotheque Nationale de París. Notes
sur la comédie de Calderon, Guárdate del agua mansa, ele.

18. Correspondance d'Espagne. Deux arlicles du Temps, 31
décembre 1885 et 9 jamier 1886. - Deux articles de Revue du monde
latin ( 1886 ), signés Domingo Rostrituerto, sur A. Cánovas del
Castillo et sur Marcelino Menéndez Pelayo. - Letlre de D. A. Cánovas
del Castillo. - Douze lellres de D. Antonio María Fabié. - Lettre de
D. Marcelino Menéndez Pelayo. - Six lettres de Francis de Pressensé.
i9. D. Carlos Coloma. Lettre de D. Carlos Coloma au cardinal
Guid o Bentivoglio, Madrid, .26 juin 1637. Original. - Exlraits de
l'ouvrage de Azevedo Coutinho y Berna!, Généalogie de la famille

Coloma. S. l. n. d. (vers 1770) - Papiers divers pour servir a la préparation de l'article intitulé : Une letlre de l'historien D. Carlos Coloma,
dans le Bulletin hispanique, t. XIJI, pp. 230-,33.
20. Poétes castillans du xv• siécle. Préparation a l'article intitulé
le Débat entre Anton de Aforos el Gonzalo Davila, dans la Romania,
t. XXX, pp. 49 a 64. - Copie des imprimés de la Bibliolbeque
Nationale de Paris, Yg 86 a I Jj, et Y. n. p. Réserve; entre autres :
Unos coplas de las comadres, etc. - Article de M. Karl Vollmiiller
sur le Catalogue of the Manuscripls in the Spanisch Language in the
Brilish Museum (t. l" et II), dans la Zeitschrift Jur romanische Phi/ologie (dédicace).
21. Los proverbios de Salomon. Texle et introduction, d'apres le
ms. Español n' 559 de la Bibliotheque Nationale de Paris. - Lettre
du P. Félix Rozanski.

22 . Gil Bias. Poesías de Don Pedro Calderon de la Barca, con anotaciones y un discurso por apéndice sobre los plagios, que de antiguas comedias
y novelas españolas cometió Le Sa¡¡e al escribir su Gil Bias de Santillana, por Adolfo de Castro, Cadix, 1845. - Essai s«r la question de
l'originalité de Gil Bias ou rw.uuelles observations critiques sur ce
roman, par Charles Frédéric Franceson, Leipsic, 1857. - /Jlémoire
sur l'originalilé du Gil Bias de Le Sage, par M. Eugene Baret, Paris,
1864 . - Die Geschichte der Gil Blas-Frage, von Edmund Veckensledl,
Berli n, 1879. La question de « Gil Bias n, par ~l. Ferdinand
Brunctiere (Revue Bleue, 26 mai 1883). - Autre exemplaire manuscrit du Discurso de Castro. - Bibliographie de la question du Gil
lilas. - Notes bibliograpbiques.

�20

BULLETIN IDSPANIQUE

23. D. Juan Ruiz de Alarcon (deux cahiers), 1. Variantes de la
Parle veynle y dos de las comedias del Jenix de Espa,ia, Lope de Vega
Carpio, d'apres l'exemplaire de la Bibliolheque Nationale de Paris,
Yg 292, et notes concernant 1~ Verdad sospechosa. -

Autre copie,

remise d'Espagne, de la Verda sospechosa, allribuée a Lope de Vega Notes relalives /¡ la scene du duel de la Verdad sospechosa, de 11. Léonardon. - Sept paquets de fiches concernant Alarcón :
2.

21

CATALOGUE DES M.ANUSCRITS DE M. ?tlOREL·FATlO

1.

Biographie:

Langue; 3. Coutumes, modes; 4, Stylc, citations; 5. Classes;

6. Localités; 7. Pensées. - :J. Los estudios universitarios de .fuan Ruiz
de Alarc6n y Mendoza par Nicolás Rangel (Bolelin de la Biblioteca
Nacional de México, año X, núm. 1 y 2, marzo y abril de 1913), avec

deux lettres, l'une de D. Nicolás Rangel. - Cours sur Alarcon fait au
College de France, 1900- 1901, 4 cahiers. - D. Pedro Henriquez Ureña,
D. Juan Ruiz de Alarcon, México, 1914, daos Nosotros, n° 9. Marzo
1914 (double exemplaire; l'un, tiré a parl, avec dédicace). - Noticias

Cujas. - Sanloutius. -

Nom de Galés. - Quatorze letlres de Eduard
Deux lellres de D. Julian Paz. Lettrede M. Emesl \luret. -Lellre de D. José E. Serrano y Morales. Notes préparatoires /¡ l'arlicle de Ed. Boehmer el M. Morel-Falio :
L'humanisle hélérodoxe calalan Pedro Galés, dans le Journal des
Savanls, de juillet a seplembre 190,. - Bulletin de la Sociélé da
Boehmer el une copie en anglais. -

p,-oteslanlism.efram;ais du 15 avril, 15 mai, 15 aollt, 15 septembre 1900.
- Ol"ienliana par Louis Havel (Revue de philolog~e, de liltéralure et
d'hisloire anciennes, X.XVI, 2ª livraison, Paris, 1902). - Elnfalscher

Brief Justinians an Narses von a. 505. Ein J(rilik von Felix Dahn
(Beilage zur Allgemeinen Zeitung, 1902, n° 84 1

tl

avril).

30. Ambrosio de Salazar. Lorenzo Salazar, Sloria della Jamiglia
Salazar, Bari, 1898 (dédicace). - Du m., Sloria dellafamigliaSalazar.

r Sala::ar in Italia, Bari, 1900. - Eugenio ~lele, Tra grammatici,
maeslri di lingua spagnuola e raccoglilori di prove1'bi spagnuoli in

biográficas del dr4malurgo mexicano D. J1zan Rui= de Alarcon, par

/lalia, dans les Studi di jilologia moderna, Anno YII, 1914, fase. 1-0

Nicolás Rangel (Boletín de la Bibl. Nac. de México, vol. XI, diciembre
de 1915, núm. 2), avec une lettre de D. Nicolás Rangel. - J\'uevos
dalos para la bibliografía del insigne dramaturgo D. Juan Ruiz de

(dédicace). -

Alarccín, allega,dos por Francisco Rodríguez Mario. ~1adrid, , 91 2

Espexo. -

(exemplaire annoté).
24. Manuscrits des Augustins de Lyon, cnnservés á la bibliothéque de !'Arsenal. Catalogue des livres manuscrils, tres anliques el

M. le comle d'Oncieu de La Bil.lie. - Leltre de M. A. Perrin. -

curieux sur le velin el papier, etc. Lyon 1 s. d." Copie. -Aulre copie du

diL catalogue fail par Chabaneau a Monlpcllier. - Notes prises sur
les manuscrits des Augustins de Lyon. - Note de D. Antonio
Rodríguez Villa.
25. Arioste. L'Ariosle, caracteres généraux de son reuvrc par
G. d'Hugues (LefOn aouverlure du cours de liUéralure élrangere,
prononcée a la Faculté des lellres, le 9 novembre 1893, dans la Revue
bourguignonne de l'enseignemenl supérieur, t. IV, Dijon, 1894. -

Cours sur l'Ariosle fait au College de France (1896-1R97). -

Notes

prises pour ce cours.
26. Clairvaux en Espagne au xv1• siecle, d'apres les archives de

l'Aube.
27. Alfred Loisy. Notice sur les publications de Af. Alfred Loisy. Alfred Loisy, le&lt;;on &lt;louverlure du cours d'histoire des religions au

College de France, 3 mai 1909, Paris. -

Decoupurcs de joul'Daux. -

Quinze lettres de M. A. Loisy. - Lettre de M. George Foucart, avec
une carte de Gastan ;\!aspero le recommandanl. - Six lettres de la
ma.rquise Arcona ti Visconti. - Deux lettres de M. A. Houtin.
28. Camoens. Cours fait au College de France (1897-1898). - ~o tes
prises pour ce cours.

29. Pe 'ro G1lés. Pedro Galés. -

Antonio Aguslin. -Casaubon:-

Grammaircs el diclionnaires. - Lettre ele D. Eduardo
de Hinojosa. - Notes biographiques. - \'otes bibliographiques. Almoneda general.-Vergel del alma.-Las clavellinas de recreacion César Oudin et autres grammairiens. -

Dcux leltres de

Lellre

de l'archiviste de l'Aube. - Discours sur le déluge de Barcclone. Secretos de la gramalica española. - Floresta de Santa-Cruz. Tres tratados. - Traduclion du Faret. - Espejo de la vida humana. Libro de armas. -

Thesoro de diversa leccion. -

Tratado de las cosas

mas notable, de Paris. - Histoire journaliere de loul ce qui s'esl passé
au voyage du Roy, s. d. - Response apologélique au liúel/e d'un
nommé Oudin (reproduclion de l'exemplaire de la Bibliotheque
Mazarine,

20. 220).

3i. Los nuevos libros de los apologos naturales. Exlraits du ms.
Espagnol 350 de la Bibliotheque Nationale de Paris.
32. Berna! Diaz del Castillo. Notes pour l'explicalion des premicrs
chapitres de la Ilisloria verdadera de la Conquista de la liueva Espa,ia
de Berna! Diaz del Castillo, - Copie des deux lellres de Berna! Diaz
del Castillo /¡ Charles-Quin! et a Philippe lI (Carlas de Indias,
Madrid, 1877) .. - Deux lellres de Mm• de Heredia: - Deux leltres de
M. Albert Dufourcq. -Analyse des sepl lettres de M. Eugene Dufourcq
a José-Maria de Heredia. - Copie des lettres 3 el 4; Guatemala,
18 février 1880, et 27 février 1880, de M. Eugenc Duf"ourcq
i José-~laria de Heredia. - Originaux des sept lettres de M. Eugenc.
Dufourcq a José-Maria de Heredia. communiqués par \{me de Heredia
- Fac-similé du ch. CXXVlll de la Historia verdadera, découverle
par ~l. Eug6ne Dufourcq au Guatemala, et transcription du dil
fac-similé (le fac-similé a élé enlevé au tome IV de la Véridique

•

�n

BULLETIN HISPANIQUE

CATALOGUE DES MANUSCRITS DE M. MOB.EL·FATIO

histoire de la conque/e de la Nouvel/e Espagne, par le capitaine Berna!

41. Lope de Vega 1 Arle nuevo de hazer comedias en este tiempo. -

Diaz del Caslillo, de José-Maria de Heredia, Paris, 1887) . - Séance
de l'Académie des Iascriptions du 10 octobre 191 ::i (Comples rendus .
Bullelin d'oclobre 1912) . - Autre exemplaire. - Figaro, Débals, Temps
du ::io octobre 19, :.i . - ~égocialions pourobtenir du ministre de Franco
l'envoi du Guatemala du ms. de Bernal Diaz del Castillo 011 une

Les unités d'Aristote avant le Cid de Corneil/e. Étude de lillérature comparée, par H. Breitingei\ GenCve, 1879. - Lettre de D R. J. Cuervo.Let tre,de D. A. Bonilla y San .\lartin. - Préparalion a l'article Lope

photographie. - Quatre lettrcs du MinistCre des AfTaires Étrangeres. Trois lettrcs de ;\l. Tausserat-Radel.
33. Cháteaux en Espagne. Chdteaux en Espagne par Alfred MorelFatio, dans les ,lfélanges offerls a ,1/. Emile Picot, Paris, 1913 . -Tro is
lettres de M. Ernesl Langlois. - Lettre de M. A. Thomas. - Deux
lettres de M. Baldensperger. - Lettre de ~l. Marce! Aubert. - Letlre
de M. G. Cirot. - LeLlre de M. René Sturel. - Extraits de cbansons de
geste copiés par M. Bédier. '- Notes prises pour le dit article.
34. Lettre en espagnol de Voltaire á un correspondan! espagnol.

Copie tirée du ms. Add. 20.793, IT. 1-2º, du British Museum. Autre copie. - Leltre de Constantin Lahovary. -lntroduction acette
lettre de Voltaire,
35 . Cbronique de San Juan de la Peña. A. Morel-Fatio, La Chronique
de San Juan de la Peña, dans la Bibliotheq¡¡e de l'École des Charles,
t. LIV, pp. 97-100 (mémoire annoté). - Documents sur San Juan
de la Peña, conlenus dans la collection Bréquigny :.18 : cédule de
Charles l[J du 1"' aoóL 1 773, conférant D. Manuel ,\ bad y Lasierra,

a

moine du monastere, l'autorisalion de visiter les archives des monas teres d'Aragon et de s'occuper de rhistoire écrite par Pedro l\larfilo.
Copie, etc.
36. « La Comedia famosa de la Verdad sospechosa de Don Juan
Ruiz de Alarcon 1&gt;. - Édition critique, incomplete.

37. A propos de l' «affaire"· -

« Lettre

a un

ami de llollande

par un isolé. Cardinalipolis. 1898 &gt;1.

38. La comedia. Trois lettres de M. John D. Fitz-Gerald. - Lettre
de M. Jacob. - Cinq lettres de M. Le Gentil. - Deux lellres de
M. W. P. Ker.- Extraits de D . Carlos Boyl eL Ricardo de Turia, faits
par M. Le Gentil. - Extrails des Cigarrales de Toledo de Tirso de
Malina faits par M. John D. Fitz-Gerahl. - Préparalion de l'article
Les Défenseurs de la Comedia par A. )lorel-Fatio (Bulle/in hispanique
de janvier-mars 1902).
39. Hidalgos. Los hidalgos ( La vida en el siglo xmº) par Martínez
Ruiz 1 ~ladrid, 1900. - &lt;( Dialogo entre Mediano, page,y Juan de Lorca,
mercader, etc. Extraits du ms. espagnol 354 de la Bibl. nat. de Paris. Ex:traitsd'Otalora 1 Summa nobililatis hispanicae, Salamanque, 1559, etc.
40. Paquets de fiches désignant les cilations de l'ouvrage de
D. Gregario Garces, Fundamento del vigor y elegancia de la lengua
castellana 1 Madrid1 1791.

•

de Vega, Arle nuevo de hazer comedias en este tiempo, dans le Bulletin
hispanique d'octobre-décembre 1901. - Compte rendu de ~1. Arturo
Farinelli sur cet artide (Archiv /ür das. studium der neueren Sprachen
und Litteraturen, t. CIX, hefl 3/4, dédicace). - La poétique de Lope
de Vega par M. Camille Pitollet (Le Siecle du 16-18 novembre 1906).

42 . Frangais en Espagne (deux cahiers) : 1. Aper-ru de la géographie générale de l'Espagne par M. Raphaol Bailes ter Castel/ ... conférence
faite a Barcelone le 27 juille! 1914, Barcelone, 1915. - Période du
Moyen-Age; Gallophobie. - 2 . Modes et marcbandises frarn;aises.Bretons . - Pierre et a u tres noms. - F'ran.;ais en Espagne. - Gabachos, Franchutes, Aguadores. - Buhoneros et artisans. - Lamparones. - Juge1nents sur les Frani;ais. - Connaissance du fram;ais.
- Allusions a des usages de France. - J,fonsiures . - Manger et
boire. - Pelerins et mendiants frani;ais. - Mots franc:;.ais .

43. Espagne en France . L'injluence de l'Espagne dans la lillérature
fran9aise, par F. Brunetiere (extrait de la Revue d,s Deux Mondes,
1" mars i'891, pp. ,15-n6). - Études sur les rapporls de la lilléralure
fran9aise et de la lilléralure espagnole au xv11· siecle (1600-1660), par
Gu stave Lanson (Extrait de Ja Revue d'hisloire lilltlraire de la France,
t. 111, pp. 45-70). - La genese d'Ilernani, par Raoul Hosieres (E~trait

de la Reuue Bleue, ,5 avril 1896). -

Moyen-Age. -

L'Espagne en

France au xv1ª1,il3cle. - L'Espagne en France au xvu~ siecle. - L'Espagne en France au xv1nª si6cle. - L 'Espagne en France au xuª siecle.
- Modes espagnoles en France . - Préparation de l'article intitulé:
Comment la France a connu el compris l'Espagne clepuis le Moyen-Age
jusqu'd nosjours, dans }eg Études sur l'Espagne, par A. Morel-Fatio 1
t. J•r, Paris. 1895 1 2ª édition.
44. Pícaros. Pícaros historiques ou légendaires. - Lettre de

D. José 1\1. Octavio de Toledo. - La vida del pícaro, d'aprcs La vida
del Lazarillo de Tormes (éd. D. Joaquín María de Ferrer, Paris, 1807)
et les Rimas de Pedro liñdn de Riaza, Zaragoza 1 187G: La Vida del
P icara, por gafono estilo compuesta en tercia rima. - Deux letlres de
Marcelino Menéndez Pelayo. - Rendez-vous de la picardía-Gueseric.
- Lettre de Gaston Raynaud. - Baldíos, holgazanes, tacaños, bergantes. - Poltron. - Pica,io. - Pícaro de cocina. - Picara et ses
dérivés. - Picardo, picardía, picardear.
45. Charlatans 1 ciegos, etc. Q,-aciones des ciegos. - Ciegos. -

Cbarlatans'. - Pobres fingidos. -

Pauvres en gé~éral. -

Petits rnarchands . -

Gal/ojero,

Ordonnances.

46. Espagnols et Flamands. Lellre de E. Castelot. -

Lettre de

�BULLETIN HISPA1'f1QUE

CATALOGUE DES MANUSClUTS DE :\t . ~JOREL-FATIO

M. G. Huet. - Préparation de la coníérence: Espagnols et Flamands,
dans les Étades sur .f Espagne, par A. Morel-FaLio, París, 1895, t. i",
,• éd. - Articles du Patrio/e et de l'lndépendance beige sur cette

Si . Estampes. Descriptions prises au département des Estampes
5o, 51, 51 •, 5,; Vb 147; Tf &gt;; llf 4,
Bf 4', Bf 4h. - La cuchilleria en España (siglo xvn) por Manuel Rico
y Sinobas.
52. Prostitution en Espagne. D. Pedro Pérez de la Sala, Costumbres españolas en el siglo XVJ, dans la Revista de España, nº' 5,3-537,
1891.
53, Théiitre espagnol (deux cahiers)- 1. Le,on d'ouverture de la

conférence .
47. Suarez de Figueroa,
saillantes.

El Pasagero. -

Mots et expressions

48. La Societé espagnole au XVI• siécle et au

xvn• siécle (vingt

cahiers). 1. Provinces. - !l. Provinces (suite); Portugais; étrangers
en général; Italiens. - 3. Italiens (suite); Flamands; Allcmands;
Scandinaves; Anglais. - 4. Boire el manger; Afeites; Tabac; Jeux;
Carles; Danzas et Bailes; Palacio; Cortesías. - 5'. Soldals; Ordres
mililaires; .J usliceet police; Bandoleros; Voleurs et galériens; ESclaves
et domestiques¡ Venias. -6, Métiers, genre devie(hommes et femmes)

Pallas; Industrie; Épées; Armures (broqueles); Modes d'hommes et
de femmes; Golilla el hahit militaire; Chapines; Livres de chevaleries

a la Bibliotheque nationale: Ob

chaire de littératures étrang6res

al'École des leltres d'Alger,

en 1880.

Cours fait au College de France (1884-1885). -

,. Notes . - Représentations données au ThéAtre de la Renaissance par M º MaTia
Guerrero et M. Fernando Diaz de Mendoza. - Photographies de ces
111

deux acteurs. -

Découpures de journaux.

54. Sigisbéisme italien. Fiches sur ce sujet. - Lettre de M. Bernard Gaudeau, S. J. - / Cicisbei delusi. Dramma giocoso per musica

et Célestines; Nouvelle italienne; Types du théatre populaire. 7. Juifs et ~lorisques; Limpieza de sangre; Inquisition; Bulles et

da rappresentarsi in /?iren:e nel Teatro d~l Cocomero, ne/la Primavera

indulgences; Jellne du samedi; Classes; Hidalgos; Dons, écuJers,
pages, duegnes, Montañeses, caballeros et tilulOs. - 8. Comedia;
curiosités littéraires; Vers dechansons populaires; Études et étudiants:
Religion et clergé; Saint Sacremenl; Immaculée conception ; Saludadores, ensalmado,·es, hechiceros; disciplinan ls; Usa ges religieux,
carnaval, mort; Arrobos. - g. Alcahuetes et Alcahuetas; Rufians;

M(J!urs italiennes, comédie, en un acle, milée de chanls, par MM. Paul
Dupont et f:douard l\:lonnais, Paris, 1833. - Heise van Wien nach

Prostitution; Sodomie: Syphilis; Saleté ( espulgar, sarna); Votos et
reniegos: Gitanos, germania. - ,o. Mols el expressions; curiosités,
personnages historiques . - Cours du college de Franc,_( 1887 e( 1888),
1.

Hidalgos ; Escuderos, Dueñas, Caballeros. -

Limpieza. Madrid. -

~- Juifs, Marisques,

3. Limpieza (suite), Castillans, Burgo ,

del/ anno 1750 ... In Firenze, s. d. - Le cavalier servan/, ou les

Madrid. Berlin, 179,.
55. Sigisbéisme espagnol. Fiches sur ce sujet. - Deux lettres et
une note de M. Bernard Gaudeau, S. J. - El Chichi.sveo impugnado,
por el R. P. lf. Fr. Joseph Harn de San Clemente, Sevilla, 1754
(exlrails pris par H. Léonardon) . - Swna m.orai para examen de curas
y confesores, . . el P. Af. Fr. Vicente Ferrer, Valencia, 1770 {extraits
p,·is par [I . Léonardon). - Obras poeticas de D. Eugenio Gerardo
Lobo, Pampelune, 1729. -

Piflces sur le Cortejo, copiés dans le ms.

Valladolid,

Add. du British Museum, 17.704 el ,0 .790. - Co/eccion de diferentes

4. Madrid (suite), Aranjuez, 'l'olCde, Talavera, Extrema-

escritos relativos al cortejo ... recogidos, por D. Luis de Valdeflores,

dure, Andalous, Séville, Cordoue. -5. Cordoue(suite), Ecija, Osuna,

Madrid, 1764. - Azote del Cortejo . . D. Juan García Jove Llanos,

Pozo Airon, Valence, Catalans, Aragonais, Navarre, Biscaye, Asturies,
Montaña, Sayagues, Galice, Portugais. -6. Portugais (suite), Fran&lt;;:ais.

Madrid, 177~. -Sermon contra el luxo . .. de lns mujeres christianas;

-

predicado en la iglesia catedral de la ciudad de Málaga el Domingo
quinto de Quaresma del aíio de 1781, por Don Locas Campo y Otazu,
Madrid, 178¡. -Arle de manejarse en la corle, Madrid, 1793. - Optica
del cortejo.. . Don Manuel Antonio Ramirez, Madrid, 1796. - El
lechuguino á la derniere . . . D. M. A. J., Barcelona, 1830. - El lechuguino d la derniere ... D. Manuel Andres Igual, Barcelona, 1831. -

7. Fran,ais (suite), Italiens. - 8. Flamands, Allemands, Espagnols
a l'étranger (honra). - 9. Espagnols a l'étranger (suite), jurons. 10, Espagnols a l'étranger.
49. Ruy Bias. Préparation a l'article intitulé: L'Hisloire dans Ruy
Bias daos les Éludes sur l'Espagne, premihe série, Paris, 1888, 2" éd . ,
,895. Coupures de journaux.
50. Marisques u JO de febrero 1581. Lo que parescio se previniesse
para lo de los Moriscos y lo que Su Mag• manda se platique ~obre

expressions. -

ello». Extraits d'un docurnent de la collection Tiran conservé au gouvernement général d'Alger. - Mémorial sur les Marisques de (( Don

L a salire de Jovellanos contre la mauvaise éducation de la noblesse

Gomez Davila de las Ruelas, natural de Toledo». Copie du lexte
imprimé conservé a la Bibliotheque nationale de Paris, Réserve Oa 198.

.llanual del cortejo e inslruccion de corlejanles, Madrid, 1839.

56. D. Ramon de la Cruz. llibliographie. - Analyse. -

Mots et

Notes.

57. D. Gaspar Melcbor de Joveltanos. Notes sur l'arlicle intitulé:

(1787), par A. Morel-Fatio, Bordeaux, 1899 (Bibliotheque des universilés du Midi, 3• fase.). - Letlre de M. E. Pércopo. - Lettre de Léo

�i3ULLÉTIN HISPANIQUE

CATALOGUE DES .MA.i'IUSCRITS DE M. MOREL-FATIO

Rouanet. - Lettre de D. Felipe Pedrell. - Copie de la satire et du
discurso de Jovellanos dans El Censor. - El capitan Iñigo de Arguello
~lanrique, etc. Memorial. Copie. - Romance de la desgraciada muerte
de Joseph Delgado (alias /filio} en la villa y corte de Madrid el día once
de mayo del año de mil ochocientos y uno .. . Publicóse esta hoja
á espensas del Excmo Sr. D. Juan Pérez de Guzman y Boza, duque
de T'Serclaes ... el día" de mayo de 1901.-Reglamenloparajugar
al tresillo por un jugador .. . Madrid, s. d. -Articles sur la satire de
Jovellanos (éd. Morel-Fatio): The Athenaeum du 1"' septembre 1900 ;
Léo Rouanet (Polybiblion, février 1901); Emile Gebhart (Journal des
Débals, 1o octobre 1900).
58. Pan y toros. Pan y toros. Oracion apologica, que ... dixo en
la plaza de toros de .lfadrid D. Gaspar Melchor de Jovellanos, Cadix,
181:1. - Pan y toros. Oracion apologica, que . .. dixo en la plaza de
toros de Madrid D. Gaspar Melchor de Jovellanos, Madrid, 1820. Pan y toros. Bread and bulls, par M. Millon A. Buchanan, dans les
Modern language notes, mai 1905. -- Lettre de M. Milton A. Bucbanan. - Deux lettres et une note bibliographique de D. Marcelino
Menéndez Pelayo.
59 . D. Pedro Pablo Abarca de Bolea, comte d'Aranda. Préparation
ala biographie insérée dans les Eludes su.r l'Espagne t. U, París, 1890;
:.;ie édit., 1906. -Communication sur le comte d'Aranda, par Camille
Pi ton.
60. D. Alonso Pérez de Guzmau -,1 Bueno. j.'réparation l'article
mtitulé : La lellre du rol Sanche IV d Alonso Pérez de Guzman sur la
déjense de Tarifa (2janvier 1295), dans les Études sur l'Espagne, de
Morel-Fatio, Paris, 1904, t. IU, 3-:.;i3. - Extraits pris dans le livre de
Luis de Salazar y Castro, Casa de Lara . - Carla que escrivio el seño r
D. Sancho el Brabo á Don Alanzo Perez de Guzman ... communiquée
par Mm• la duchesse de Medina Sidonia. - Lettre de Mm• la duchesse
d'Albe. - Lettre de D. Antonio Paz y !lelia.
6f. Carlos 11. La Mission de ftf. de Rébenac a Madrid et la mort de
h!arie-Louise, reine d'Espagne, par A. Legrelle (compte rendu de
H. Léonardon, dans la Revue historique, n° 116). - D. Joaquí n
Maldonado, El gabinete negro y sus consecuencias dans la Revista de
España (Año XXJII, n" 5o4, 15 mars); du m. Un secreto de estado
(Año XXlll, n• 5o4, 3o mars); D. Antonio Cánovas del Castillo, De la
desmembración y repartición de la antigua ,lfonarquia española (Época 1
13 janvier 1895). - Notes sur Carlos II.
62. D. Diego de Torres Villarroel. Mots et expressions. - Sup•
plique du D'" Diego de Torres au roi (collection Tiran, nº 595). Don Diego de Torres Villarroel. Ensayo biográfico, por Antonio García
Boiza, Salamanque, 191 1,
63. Partisans de l'Archiduc (Charles 111). Extraits pris dans la
1

a

collection de Lorraine, conservée au département des manuscrits de

la Bibliotbeque nationale de Paris.
64. Dnc d'Uceda. Extraits de la biographie de D. Andrés Tellez
Giron, duc d'Uceda (Archives Nationales T 7g3) . - Notes sur les ducs
d'Uceda au xvn" et au xvrne siecle.
65. Fernand de Cordoue. Maitre Fernand de Cordoue et l' Université
de Paris au xve sifcle, par Julien Havet(extr. de Mémoires de la Sociéle
de l'histoire deParis et de l'/le de France, t. IX (188,), pp. 193-222). Maitre Fernand de Cordoue et les humanisles italiens du xv" sikcle, par
M. A. Morel-Fatio (exlr. de Afélanges Julien/favet, Paris, 1895). -Deux
exemp1aires d'épreuves du précédent mémoire. - Le Forma/aire de
Clairmarais, par M. Léopold Delisle (extr. du Journal des savanls,
mars 1899). - Deux ouvrages inconnus de Fernand de Cordoue, par
René Poupardin (extr. de la Bibliotheque de l'École des Charles, t. LXII
(1901). - Lettre de F. d'Ovidio. - Lettre de M. Remigio Sabbadini .
- Lettre de M. René Poupardin. - Notes pour l'article inséré dans
les Mélanges Julien Havel. - Fernando van Cordova und sein l{ü/ner
Aufenlhalt in der Faslenzeit 1446, von Prof. Dr. Herman Keussen,
19~0.

66. Golilla. El traje de Golilla y el tmje militar, par A. Morel-Fatio
(exlr. de La España moderna, septembre 1891). - Notes sur la
Golilla. - Lettre de M. G. Le Gentil. - Lettre de D. Carlos Cambronero a D. Ramón Menén&lt;lez Pida!. - Lettre de D. Ramón Menéndez Pida!.
67. Voyage en Espagne a la suite de S. A. E/oyale Mgr le comte
d'Artois, par Alexandre Ballet, valet de chambre de JW le comte
de Vandreuil. 1782 (extraits tirés du ms. francais 14.69, de la Bibliotheque Nationale de Paris) . - Notes.
68. Ambassadeurs espagnols, vice-rois, présidents du Conseil
de Castille, etc. Notes sur les deu,, marquis de la Fuente, qui furent
ambassadeurs en France pendant le xvne siecle (Recueil des instruclions. Espagne, t . J••, pp. 496 et 514). - Notes sur les autres ambassadeurs espagnols en France. -

Notes sur les présidents du Conseil

de Castille, etc.
69. Prince de Sanio Mauro. &lt; Copia de algunos de los documentos que tuvo presentes Don Mariano Fernandez de Henestrosa

YMioño, conde de Estradas y de Ofalia para solicitar, obtener y mantener el derecho de la casa de Villadarias al titulo de Príncipe de Santo
Mauro, convertido á su favor en Duque, con igual denominacion, por
Real Despacho de Su Majestad», avec des portraits (communiquée
par le duc de Santo Mauro actuel). - Notes pour les marquis de
Villadarias au xvm" siecle.

70. Duc de Villahermosa. Marcelino Menéndez Pelayo, Lettres
inédites de Beaumarchais, Galiani el d'Alemberl, adressées au duc

�BULLETIN HISPANIQUI

CATALOGUE DES !\fANUSCRITS DE M, MOREL-FATlO

de Villahermosa (Revue d' histoire littéraire de la France, 1.1, p. 330-35, ).
- Lcllre de :llarcelino Menéndez Pelayo. - Copie par Menéndez

e de D. Juan Perez de Guzman sur les documents diploma tiques de

Pelayo de letlres ci-dessus citées et de letlres d'un inconnu. -

imancas dans les Archives de Paris (Época. 3 juillet , 885). -Arlicle

Notes

pour l'article de Menéndez Pelayo.
7t. Entremeses, bayles, loas, etc. Pieces détachées. Table (Bibliotheque Nationale de Paris).-Zur Geschichte des spanischen Theate,s,
par Karl Vollmoller (1885). -Table du recueil, intitulé: Entremese,
y jlor de saynetes de varios autores. Madrid, 1657.
72. FuerÓ de Cuenca. Préparation de l'article publié daos la Revista
de archivos, bibliotecas y museos, tercera epoca, t. 11 (1898),
pp. 193-199. - Extraits du ms. de la Bibliotheque Nationale de París,
latín 1&gt;.9&gt;7. - Cinq lettres de D. Ramón Menéndez Pida!. - Lettre
de D. Antonio l\odríguez Villa.
73. Instruction de Charles-Quint á son flls, 1543. Copie sur
!'original de J'instruction donnée par Charles-Quint a son fils Philippe 11, le 4 mai 1543. -- · Épreuves de cette instruction, qui devail
paraitre dans les M,ttheilu11gen des Instituis Jür iisterr. Gesch,chtsforschu11g. - Lettrede M. B. ~liihlbacher. - Lettre de M. Eug. Lameere.
- Lellre de M. Claudin.- Lettreet piece de D. Antonio l\odríguez Villa.
-

Lettre de D. Vicente Vigoau. -

Copie du xv11" siCclcde l'inslruction

donnée par Charles-Quinta son fils Philippe ll, le 6 mai 1543 (Revue
de; autographes. n• 379,janvier , 9, 3). - Facture de M"' veuve Gabriel
Charavay. - Correspondencia de Juan Valera, t. 11 (1857), p. ,88
(instruction du 6 mai 1543, ms. du xrn• siecle de la Bibliotbeque
impériale de Saint-Pétersbourg). -;-Copie de I' Jnstruccion que el emperado1· Carlos V dexó al principe Don Philippe JI de lo que se hav,a de
guardar en la convernacion de Castilla, mientras eslaria ausente. Su

fecha en Barcelona a 1 de mayo 1543.
74. Copie de documenls se rapportanl a D. Juana de Aragon,
4uchesse de Terranova, lirés des archives de Palerme et ex.écutés par
M. G. Travali.
75. Tirso de Malina (trois cahiers). 1. Modes. - Mots. - Cboses.
_ Pays. - l. Prudencia en la mujer. Fiches. - Préparation al'article
intitulé :

&lt;&lt;

La prudence chez la femme )) 1 drame hislorique de Tirso de

Molina, daos les Études sur l'Espagne, t. lll, pp. &gt;6-p. - Amour,
femmes. - Dictons. - Littérature, cullisme. - Fingida Arcadia. Classes. - El Burlador de Sevilla y combidado de piedra (llibliotbeque
:'lationale de París Y 6380 A. 3). - Lettre de D• Blanca de los Ríos
de Lampérez. -

3. La prudencia en la mujer; édition. -

a l'article intitulé : Études sur le thédtre de

Préparation

Tirso de Molina. - La prudencia en la muger,dans le Bulletin hispanique d'avril-septembre 1900.
76. Simancas. Deux minutes de la lettre adressée au ministre de
l'lnstruc\ion publique,qui sollicite la mission de rédiger et de publier
un inventaire de la collection de documents historiques concernaot

spagne, qui est conservée aux Arclfrves nationales de Paris. - Arti-

onyme .sur les documents historiqnes dans les bibliotheques de

rance ( Epoca, &gt;¡ juin 1885). - Copie de documenls de D. Pedro
ile Ayala Y de son fils D. Juan, archivistes de Simaacas (Bibliotheque
Nationale de París, ms. espagnol &gt;78).
77. D. Benito Pérez Galdós'. Quatre lettres de D. Benito Prrez
Galdós. - Deux lettres de ~laurice Bixio. - Letlre de M. Vi ncenl ubles épreuves de la préface de Misericordia. - - Boris ele Tannenberg, Un grand romancier espagnol. Perez Caldos, dans le Temps du
19 février 1900. - Celebridades españoles contemporáneas. l. B. Pérez

Galdós, Estudio crítico biográfico por Leopoldo Alas (Clarín). Edicíon
Uastrad':' con el retrato y un autógrafo del biografado, Madrid, 1889.
- Menéndez Pela yo, Pereda. - Pérez Galdós, discursos leidos ante la
R. Academia española en las recepciones públicas del 7 y 21 de febrero
lk1897, Madrid, 1897. -Necrología de D. Benito Pérez Galdós, discurso
ronunciado en la Real Academia española, por el Excmo. Sr. D. Anionio Maura. Madrid, cg:w.
•
78. Jaume Roig. Préparation au mémoire intitulé. Rapport adressé

d M. le .lfinistre de l'Jnstruction publique sur une mission philologique
de Valence , suivi d'une étude sur le (1 livre desfemmeS&gt;l,poeme valencien du x v• siecle, de maitre Jaume Roig, París, 1885 ( Bibliotheque de
lEcole des Charles). - Extrails du ms. Cod. Vat. 4806. -Deux lettres
de M. Gio. Gatti. - Lettre de D. José M• Torres - Deux lettres de

D. José E. Serrano. - Livre incomplet, du Libre d; les dones,
Valence, 1531. - Libre de les dones, i, la Bibliatheque de Valence. _
Fac-similés du Cod. Val. 4806, annexés au Rapport.
79. Humanisme espagnol. Giovanoi Bocaccio, Della origine, vita,
coslumi, studii del chiarissimo poeta Dante Alighieri (extrait; D. José
Maria Rocamora, Catálogo abreviado de los manuscritos de la biblio-

teca del Excmo _Señor Duque de Osuna é lnjanlado, Madrid, 188,,
n• 33). - Traduction espagnole du Phédon de Platon (exlrait;
d. llocamora, n• 179). - Epislolas familiares en espagnol, de Leonardo Bruni d'Arezzo (extraits; cf. Rocamora, n• 15). - Enéide de
Villena, d'apres le ms. ll. 16 de la Bibliotheque Nationale de Madrid.
80. Jofre d,e Loaysa. Copie de deux pierres tombales (D Jofré
de Loaysa et de sa femme Jacometa), qui se trouvent dans la chapelle
de San Juan Balista aux Huelgas de Búrgos. - Lettre de D. Anselmo
Sahá a D. Ramón Menéndez Pida!. - Trois lettres de D. Hamón
llenéndez Pida!. - Lettre de D. Francisco Bofarull y Saos. - Lellre

de Pedro

Diaz Cassou. -

Ces leltres prépareot le mémoire intitulé :

lo(ré de Loaisa, _Chronique d,s rois de Caslil/e (1248-1305), dans la
Bibliotheque delº Ecole des Charles, t. LIX (, 898), pp. 3,5-3 78.
Bull. hi.,pan.

3

�CATilOGUS I&gt;. . IWIVIICIIITS l&gt;I: M. MOUL•P.lTIO

st. Fo•len-ault.

&amp;lrsila dea · ardliYea de Fonle"11ull (

e&amp;-J.ou-., arohivos départeme1111lea) ae rapporlaQI a le11rs pos
en E1pape.
111. Ripoll. Exlrsila du catalogue des mea. de Ripoll (Bdme,
- • Copia de carta á Po111ero, Buen Reliro, a 1° de !ebrero_de 1
· (Britilh Múaeum, Eprlo11 6or, fol. 56), - Copie de lellrs
O- G. Reine au Prof. D' Guslaw Hinel, renfennant UQ calelo,ue
bibliotbeque de Ripoll, Leipzi¡, 31 man 11147 (~rap,,UIII, l. Vlll, 1
pp. 81-85).
.
.
83. Refraau, Copie de l"i11lroduction la Philo6op/11a oo/gar
Ju1111 -de Mallara, - Cours profeBBé 1·r.:o1e dea Baulee &amp;ludes
l• proverbea eapapol1. - N°'8 pour ce coun. ·
84. Fray Lni1 de Le6n. Coun fail l'F.:ole dea Hautes ll:t
nolee pollf ce coun. - Leltre de M. Etnest Mérirnée. - Bio~ra/úa
~
Ca,tro, por el-&amp;·. doelor Don Vicente de la Fuenle,
186Q. - Jfni6to augiuUniaito. Podre Muslro Lui6 de L,ón, por
P. FnnCUQOlléndea(n• du li ja11vier el 1ioclobre1881 ). - Trois le
de Fr. Franci1co 8lanco Garcia. - &amp;gw,,do proceso uutruido, f'O"
l11J/UÜÍCion de Valladolid contra Fray Luis de Le6n, coa 11D pró
· n111U del P. fniocit® lllanllO Garola, Madrid, 1896.
8$. laiot Viceat Ftrrer. Nolea 111r ce aaiat. - Lellre du P. F.
- Renaei¡¡nemeol1 Q0111mo11iquéa au P. Fagea aur le cu lle de oa
Vi-1 Femr 1111 Breta,ne et une feoille d'un livre ,ur ce culle.
S,rlllOM de .oaiol Viceol Ferrer par le P. Fagea. - La Céte de
Vicenl Fen-er a Valence (Vicente Blasco lbaflez, Arroz '1
Vemacia, ci., p, 187). - Le calle de aainl Viceol Ferrer en Bni
(exlrsil dea Archivp Naliooales de Paria, K i45o).

a

a

a

u

a:

88. Pré16alic• t Boa, de l'aml&gt;..,.deur fruoaie. Romao
r~: - Coacile de Blle. - Priéminuce du rol
France. - Préséan'lO a l\ome, - D. Di980 Burlado de Mendose.
°"'1 l11llrea de D. lwllóu Menéndes Pidal. - I.tttre de M. Luc·
l\oinier. - Leltre de M. 8ourrilly.
87, Wol'IIII t52t, Pi-épuation l'arlicle.inlilulé: L4 prernür tí
/11141(/I upflliol ,ar fu i"'4rrogaltiru ú Luthér d la ~18 ú Wor
•• fll1ril 1521, daaa le Balletüt hilpallifu de janvie.-man 1914.
Epreuvea de cel arlicle. - Br;.¡,, &amp;puc/Mn und Beriol&amp;la llber Lul
- Wornu•r Reichllagf
VOD Paul Karhoff, Halle, r8g8. -Le
du P. Manuel F. lliguelez.
88. Fr. Antonio de Guenra (lroi.s Clbien). r, Bibliographie.
wique ·de · loutea lea &lt;11uvres. - Sltasp,11 an4 Eapllllum.
Qn adoplationfrom a-re, by Dr F. llandmanll (Reprinled Crom
N.-v Sbueape11re Sociely's Transaclione, 188o-82).-Der Eupkwm
Mi¡¡ We,en, ,eüu QMU.,
Guc4ichu..• YOD Friedrich Lailld.n111111
Gieaaeo, 1881. - Bop"'1u 1M GJ11U01117 oJ toil 6y Jolut. L,17 •• •

1- Cról!ic:11

a

•5•,,

,,itie

Sr

Friédrich Landmann, Beilbrono, 18&amp;¡. - Jol11i Lyl7 and
· m by Clarence Griffin Child, Erlangea und Leipzig, 1894. eompk/4 Workl o/ Jolm Lyly by R. Warwick Bond (compte rendu
F. E. Spingam, dana The Naüon, 10 sept. ,goa). - •· Comianfa

logo·general 1obre el libro llamado Marco Aurelio con el Reloa:

incipe,, etc. Copie. - 3. Coun du College de France, 18g9-rgoo.
reo Aorelio; b~liographie. - Deux leltres de Léo Rouanel. leltrea !le René Costea. - Guevara, Vie. - Lettre de D. J. Gómez
'o. - Memorial á Cario, V, Mejico, · •4 de julio de 1535, d'apres
• T. 190 de la Bibliolbeque Nalionale de Madrid. Copie de
Daumel. - Nomi de penonne• de J'Epistolario . -;- Laogue,
. -Bibliograpbie.-Cboaes. -Epistolario, Meno1precio. - Lieu1.
raduction1. - Gaztelu. - Ulloa . ..:. Pedro Me1ia.
. Copie du Viago jallo dal Card. Ale11andrino, descritw da
· Battista Venturina de Fabriano, d'apres l'exemplaire F. 128 de
lioiheque de Dresde (un cabier; deu1 brochures). - Lettre
.. N. Scborr voa Carolsfeld. - Emilio Nunziante, Un viaggio in
nel seco/o XYI, dans la Rassegna Nazionale du· février et
•• aoul 1884.
. Luiz V6lez de Gun-ara. Préparalion a l'arlicle publié dana
Ü/1 hispani,¡ue, l. V, p. 307-314, sur El dúJblo cojlll!lo por Luil
,fe Guevara. Reproducción de la edición príncipe de Madrid 1641,
Adolfo Bonilla '1 San Martin, Vigo, 1902. - Lellre de D. Adolfo
• la y San Martín. - Algunas poesías i,iMitas de Luu Vélez de
ra, por Adolfo Bonilla y Sao Martín (extrail de la Revúta
ragón). - Bermude. Deu1 tell"'!' de A. Beljame. - Le Monstruo
· . Notes .
. Buguea Cousin, maréchal des logis de Charles-Quiot.
:on au m émoire intitulé: Une húwire inidite de Charlu-Quint,
an fourr;,,r de
coar (extrait des Mémoires de r Acadlmie dt,
ptions et Belk1-Lettre1, t. XXXIX, Paria, 1911). - Cinq lellres
. E. Longio. - Qualre lelln,a de M. G. Gazier el un acle llODcer•
la famille Cousin de la bibliolheque de Besan,;on, - Letlre de
ebvre. - Trois lettres de M. Ch. Bémonl. - Letlre de M. Claudin.
x leltres de M. Ch. de La Ronciere. - Trois lellres de M. L. Lau• - Leltre de M. Max Brochel. - Lellre de M. Palry. - Lellre
11. G. Daumet. - Lellre de M. Mu: Prinel. - Deux lellres de
Pidou1. - l.ellre de M. B. Omoot II la marquise Arconali Vis- ·
•. - Le, rholutions d'Angleterre en 1553 et 1554 racontée, par
arrler de remperear Cltark1-Quinl, par Ch. Bémont (exir. de la
húwrit¡ru, t. ex, 1912; dédicace) . .
Grandeaae d'Bapagae. Gnndesse au1 xVI", xYU•, xvm• siecles.
'ratukza, de &amp;J)4ña 1 tltalo, del reino ... Madrid, 188g. - Repre. n docU11Nn/ada def dUIJru de lledinaceli ,obre precedencia en

,w

0

Pré-

,a

�RULLETl'.'t HISPA'VIQUE

el acto de la cobertura como grande de Esµa,ia, Madrid, 1900. - Critica de la obra del Sr. Fernande; de Béthencourt ... , por Félix Spínola
Grimaldi 1 ~1adrid, it,oo (excmplaire annoté).

- Deux

letlres

D. Francisco l'ernández de Belhencourt. - Lellre du duc de San
\lauro.
93. Bruxelles. Archives de 13ruxelles; papiers d'Élal el de l'Au-

urELQl'ES

sorrw~;s

DI' CADIZ OE G.\LllOS

clience: Rodrigo Catderon, D. Juan de Zuñiga, :\ligue! Juan Gralla,

Sandoval, arche~eque de Tolede, le prince de Ligne. Copie. - Correapondance de Garzia de Loaysa avec l'archiduc Albert. ,;;95-1598.
Copie. - L'infanle Jsabelle. - D. Nuño de Mendoza. - Le marqui&amp;
de \londéjar. -D. Juan de ldiaquez sur Jean l'llermite. - !)• Guiomu
de \!ello. - D. Galccrún ..\lbanell. - D. Francisco de !barra. - El
licenciado \"ermúdez de Pcdraza.

..\. \101\EL-FATJO.
( A suiL•re.)

En 187'1, entrainé par ~on sujet, Pércz Gald&lt;Js, qui avait

déja donné au public les si, premiers rnlumes des Episodios
1K1Cio1wles, étnit amené

a compo~er

son Cádi:. Ainsi l'exi-

geait la chronologie : a pres Bai/én, Zarago:a et Gerona, i 1
fallait Cddi:. Le romancíer de l'épopée moderno espagnole ne
pouvait pas s'abstenir de consacrer une de ses études au pelit
coin de sa patrie qui avait victorieusement tenu tete a l'envahisscur, et ou, au bruit des bombes fran9aises - qui d'ailleurs
n'éclataient pas- les premiers dé pu tés espagnols avaient forgé
la premiere constilution. Mais pour tenter cetlc résurrection
d'un passé tout proche, il fallait a Galdós quelques secoure.
Ou al!ait-il les trouver? On peut bien se douter que les archives
11e devaient pas etre souvent fouillées par un autcur si fécond,
pable d'écrire régulierement qualre Yolumes d' « Épisodes n
cbaque année, ~, dont tout le temps devait etre absorbé par la
~aclion et la composition, plus que par les recherches
tientes. C'est a des travaux de seconde main que Galdús
demande de préférence sa documentation historique. Nous
oudrions indiquer ceux qu'il a consultés pour écrire son
:Cádiz et examiner de quelle maniere il a utilisé l'muvre de ses
prédécesseurs.

Quelques annécs avant l'apparition de I' « épisode,, qui
nous intéresse, on avait publié presque en meme temps des
ltticles de journaux et un volume consacrés a Cadix de l'époue héro1que, c'est-a-dire a Cadix du siege et de la Constilotian. En r862, au moment ou la famille royale d'Espagne
lisitait l'Andalousie, la munícipalité de Cadix chargea Adolfo
Castro d'écrirc l'histoire de cette cité de 1810 a r812 •. Cet
ouvrage luxueusement relié devait etre offert aux augustes
1. Cddit en la auerra de la In/U pendencia. Cuadro histórico, 186~.

�34

BULLETIN UISPA.NIQUE

QUELQUES SOURCES DU CAD/7. DE GALDOS

visileurs. La meme année, dans le journal La América, Alcalá
Galiano commern;ait la publication de ses (&lt; Souvenirs 1&gt;, qu i,
plus tard, étaient réunis en un volume intitulé: Recuerdos de
un anciano 1 • Plusieurs de ces arlicles étaient des peinlures
de Cadix au temps de la guerre d'indépendance. lis avaient
pour litre : Cádiz en los primel'os años del siglo pl'esente,
Com,o se pasaba bien el tiempo en una ciudad sitiada. Un
peu plus tard, en 1870, le gouvernement espagnol s'avisant
enfin de combler une fftcbeuse !acune ordonnait la puhlication
d'un recueil olllciel contenant le compte rendu des séances
des Cortes. C'csl la célebre collection du Dial'io de Sesiones.
Il est inutile de dire que les discussions de I' Assemblée de
1810 sonl analysées dans ce recueil.
Il faut rappeler, enfin, que !'Historia del levantamiento,
guerra y revolución de Espa11a, du comte de Toreno, apparall en 1872 dans la Bibliotheque de Rivadeneyra. Elle
conlient de longs récils des événerri.en ts de Cadix, récits intéressants et bien informés, car le comte de Toreno eut l'honneur de siéger aux premiCres Cortes.
Ainsi Galdós avail a sa disposilion des ouvrages qu'il
pouvait consulter aisément pour la préparalion de son sixieme
épisode. Que leur a-1-il emprunté? Qu'y a-t-il dans son roman
d'original? Ce sont la les deux questions auxquelles nous
tacherons de répondre, apres avoir fait a.u préalable une
remarque importante. 11 est évident que pour bien des
passages de Cádiz, il est impossible, sinon fort malaisé, de
déterminer la detle de Galdós vis-a-vis de ses prédécesseurs .
L'almosphere géaérale de Cadix pendant le siege, la joie de
la foule, les enthousiasmes politiques d'un peuple qui se
déclare souvetain, l'allégresse bruyante éclalant a l'annonce
d'une victoirc remportée sur les arrnées napoléoniennes, tout
cela a élé répandu aussi bien par la lradilion orate que par les
récits écrits. Il est facile, m0me sans sepours étrangers, 8 un
artiste comme Galdós, doué d'une puissante imagination, de
faire revivre ces heures lléro1ques. Un détail lu ou recueilli

dans une conversation a pu ette une suggestion capable de
inettre en brnnle la prodigieuse faculté que possédait le
romancier de recréer le passé, de l'animer .
Aussi nous semble-t-il arnnturé de rechercher les sources
précises, si sources précises il y a, de eertaines peintures,
comme, par exemple, celles des salons de D' Maria ou de
la Comtesse. Les tertulias liLtéraires ou poliliqnes constituaient, en elfet, un des traits de Gadix assiégée aussi caractéri stique qu'universellement connu. De mcme que l'exislence
des clubs des Jacobins et des Cordcliers n'est ignorée d'aucun
Frarn;ais un peu cultivé, ainsi ces réunions a: gaditanes » oU se
retrouvaient députés et hommes de lettres sont bien connues
des Espagnols qui s'intéressenl l'histoire. Galdós avait dii
ccrtainemenl en entendre parler, peut-ctre mcme par des personnes qui avaient été re~ues chez la marquise de Pontejos ou
chez la femme de l'avocal D. M. Ayesa, ou chez D• Margarita
López de Morla de Virnes, ou cbez D• Francisca Larrea qui
avait épousé I' Allemand Bühl de Faber. Alcalá Galiano, dans
se s arLicles de La Arnél'ica, donnc de nornbrcux détails sur ces
réunions, lem,s caracteres rcspectifs et les personncs qui les
composaient Mais l'imitation de Galdós n'éclate pas, comme
pour d'autres passages que nous examioerons bienio!. ll faut
remarquer, en effel, que D• María et la Comtesse qui re,;,oivent
dans leurs salons, !'une les députés avancés, l'autre les partisans de l'absolulisme royal et du catholicisme exalté apparaissenl déja dans les Épisodes précéden ts.
Autre exemple. Tout le monde sait que les habitants de
Cadix montrerent une grande sérénité pendant le siCge; que,
ra rement, la vi lle fut plus animée et plus joyeuse. La fameuse
copla moqueuse composée sur les bombes de Soult est daos
to utes les mémoires. Galdós la savaiL par coour avant d'en
avoir Ju le tcxte dans l'arlicle d'Alcalá Galiano.
Il avait dü bien des fois cnlendre dirc que:

1. Recuerdos de w1 anciano, dans la(&lt; Biblioteca clásica», •878. Plus tard, en ,886,
le fils d'_\\ca\::i. Galiano publicra les .llemorias 1.k san pCre, en deux gros Yolm;nes.

a

Con las bombas que tiran
Los fanfarrones,

Se hacen las gaditanas
Tirabuzones.

35

�36

BULLETI"f HISPANIQUR

Nous pensons done que pour les traits les plus généraux de
la physionomie de Cadii pendan! le siege, Galdós a ulilisé
des souvenirs personnels, dont il serait diflicile de retrouver
la source exacte. 11 les a peut-etre vérifiés en relisant les
articles d"Alcalá Galiana, mais on ne pcut l'affirmer.
Examinons maintenant d'autres passages du Ccídi: et comparons-les a des récits de Castro ou du comte de Torcno
L'influence des prédéccsseurs de Galdós apparaltra ici plus
clairement et, en meme te1nps, on pourra rnesurer la dislance
qui sépare parfois la chronique du roman.
Castro, qu'intéressent surloul les faits el les événemenls,
décril cependant les principaux quartiers de Cadix, ainsi que les
édifices célebres. TI consacrc quelques lignes a la calle \ncha
ou s'agile une foule nombreuse d'oisifs qui commentent les
dernieres nouvelles de la guerrc et des Cortes•. Les mililaires,
aux costumcs variés, ont retenu surtout son attenlion. CalJós
a été intéressé par ce passage. Relisons les deux texles:
A.

DE CASTRO.

u Objeto de festivas alusiones
son entre sí y sus compatricios
los Yoluntarios distinguidos; estos se conocen por vía de mote
con el nombre de guacamayos por
ser rojo el uniforme de gala y
tener vueltas de terciopelo verde;
también se conocen por el de

obispos los artilleros gallegos;
lechuginos se llaman los de artillería de Puerta de Tierra por las
lechugas que se crían en sus
huertas, y peregiles los de infantería; cananeos los cazadores por
usar cananas, y pavos los de las
milicias urbanas por el color de

la ropa y vuellas. n

(Pp. 138-139.)

1 \. de Castro. ou,·. cité, p. 139.

PÉREZ GALDÓS.

« Llamábanse unos los guaca-

mayos, por haber elegido el color
de grana para su uniforme ...
Menos visto~o y deslumbrador

era el vestido de los dos batallones de ligeros á quienes llamaron cananeos, por usar cananas
en vez de cartucheras. Otros, por
haber aplicado profusamente á
sus personas el color verde, fueron designados con el nombre de
lechuginos, si bien hay quien
atribuye este apodo a la ci rcunstancia de pertenecer los tales
lechuginos á los barrios de Puerta
de Tierra y extramuros, donde se
crían lechugas. Con los mozos de
cuerda y trabajadores formósc
un regimiento de artillería; y

QUELQUES SOURCJ:S DU CADJZ DE GALDOS

como eligieran para decorarse el
morado, el rojo y el verde en
episcopal combinación, fueron

llamados los obispos ... otros que
militaron en la infantería y eran
modcstísimos en estatura y traje,
fueron designados con el mole de
peregiles; y a las personas graves
que habían formado una milicia
urbana y exornádose con un levitón negro· y cuello encarnado, sr
les tituló los pavos. 1)

(P. 164.)

On voit que Galdós a suivi son modele d'assez pres. II ne
s'rn écarte guere plus lorsq,u'il raconte les événements dont
nous allons parler maintenant.
Au début de janvier 1810, les Anglais offrent a la Junta de
Cadix de débarquer leurs équipages, afin de renforcer lagarnison de la cité déja menacée par les Fran~ais. Cette proposition est tres discutée et seule l'imminence du péril fait
accorder l'autorisation. Castro rapporte ainsi celle affaire :
« En medio del conflicto que á Cádiz se prepara, el marqués de
\Vellesley y varios generales ingleses solicitan que para salvar á esta

ciudad se permita el desembarco de tropas británicas y se les confíe
su guarnición )' defensa. La Junta de Gobierno oye c~n pre;ención
estas instancia¡f; teme por Cádiz; recuerda como los ingleses se apoderaron de Gibraltar... El general Ca!-itaños... ofrece a estos la
defensa de las fortificaciones de la Isla de León y del Castillo de

llatagorda , . "
Galdós imagine que dans un salon ou sont réunis les personnages principaux. de son rornan on s·entretient de cette

question d'actualité qui a été mise sur le tapis par lord Gray:
« Wellesley ha pedido permiso a la Junta para que desembarque la
marinería de nuestros buques y defienda algunos castillos.,

�,.
38

BULLÉTIN H!SPANIQUE

C'est l'occasion d'une vive discussion. Les &lt;lames respeetables accepteraient bien le secours des Anglais; mais Gabriel
Araeeli combat avee fougue J'avis de lord Gray: le peuple
britannique pourrait se pre11dre d'un amour trap exclusif
pour Cadix:
« Gibraltar casi nos está oyendo y lo puede decir. n

Ainsi le récit de Castro se transforme en une conversation
plus longue et fort animée, liée étroitement a l'aetion meme
du roman. On se rappelle, en ell'et, qu'Araeelí aura par la suite
de bonnes raisons pour détester lord Gray. 11 était done
habite d'avoir, des leur premiCre rencontre, mis aux prises ces
deux hommes.
Au début de mars 1810, une terrible tempete désole Cadix:
« El 6, 7 y 8 de marzo un horroroso temporal aflige á esta población. Desamárranse tres navíos y una fragata de guerra españoles y

van á dar en las costas del Puerto de Santa María y Puerto Real ...
Un navío de guerra portugués y un bergantín inglés de guerra igualmente y veinte buques mercantes son víctimas del furor del viento y

de las olas.• (Castro, p. 67.)
Galdós recueille ce souvenir. Il dit lui aussi que
« veinte buques mercantes y algunos navíos de guerra españoles é
ingleses estrelláronse aquel día contra la costa de Poniente. ,

QUELQUES SOVRCES DU CADJZ DE GALDOS

« Vive la Nalion ».
marche

« cuya letra si bien de ningún valor poético es al menos la expresión
sencilla de un amor patrio sin numen. »

Suit la strophe •.
Galdós raconte de la maniere suivante une partie de la
cérémonie:
« La procesión venía de la Iglesia Mayor donde se había dicho
solemne misa y cantado un Te Deum. El pueblo no cesaba de gritar;
¡ Viva la Nación! ... Y un coro entonó el himno muy laudable sin duda,
pero muy mal como poesía y música que decía ... :i 1)

S'il y a des ressemblances évidentes entre ces deux relations nous avons ha.te de rappeler les trois pages admirables,
pleines de mouvement, dans lesquelles Galdós décrit le départ
des habitants de Cadix pour !'lle de Léon, en ce jour glorieux
du 24 septembre. Rien de cela n'est dans Castro. C'est une
véritable ode en prose, composée de cinq strophes ou chante
l'enlhousiasme patriotique le plus ardent. Chacune s'acbeve
par ces mots entrainants: « 1A las Cortes! ¡Alas Cortes! » l.
Passons maintenant a un événement peu connu, rapporté
par Castro; a l'expédilion de Renovales, organisée a Cadix et
qui doit déharquer daos Je nor~ de l'Espagne afin de tourner
les Frarn;ais. Confrontons les deux récits:
A.

Mais cette description va etre agrandie et amplifiée, afin de
permettre a Lord Gray de s'exalter au spectacle de la nature
en courroux el de chanter un hymne a la Tempete, celle des
éléments et celle de son ame.
Le 24 septembre 1810, les Corles s'installerenl solennellement dans l'Ile de Léon. Castro décrit en quelques lignes cette
oérémonie, les salves d'artillerie, tirées par les canons des
bateaux et des forts; le scrment des dé pu tés, la procession
qui s'avance gravement de la Iglesia M:ayor vers le théatre ou
siégeront les Cortes; les acclamations de la foule, les cris de

39
11 rapporle aussi" que l'on exécuta une

tl

DE CASTRO.

No son

menos raros los

hechos que preceden á la expedición que de Cádiz se dirige á las
provincias del Septentrión, y á
cnyos preparativos con viva fe
ayudan los ingleses. El mando se
confió a D. Mariano Renovales,
oficial guerrillero, valiente hasta
A. de Castro, p. 77.
Cádiz, p. 80.
3. Voir Cú(ftz, pp. 77 8 79.
1.

2.

GALDÓS.

« Es el caso que D. Mariano
Renovales, aquel soldado atrevido
que tan heróicas hazañas realizó
en Zaragoza, fué destinado á mandar una expedición que debía
salir de Cádiz para desembarcar
en el Norte. Renovales era un
hombre mu y bravo; pero con esta

�4o

BULLBTl1" HISPAfflQUE

lo sumo, pero desdichado siempre, sin duda por su impruden-

cia. Publica en la Imprenta Real
y por orden del gobierno la proclama que él había escrito para
sublevar a los pue:blos, en cuyo
socorro ha de ir ... Denomina en
este documento oficial al rey
intruso José Botellas, y pone una
llamada para una nota, en que
aparece una figura malísimamente grabada y queriendo representará José Bonaparte, con una
botella de vino en la mano y me-

dio cayéndose por efeto de la
bebida. Sale en oto,1o la expedición y su fin es harto desgraciado.
Piérdese en los mares del Septentrión una fragata de guerra con

bravura salvaje ... ; valor desnudo
de conocimientos militares ... Había publicado el guerrillero una
proclama extravagant.ísima en
cuya cabeza se veía un grabado

representando á Pepe Botellas
cayéndose de borracho y con un
jarro de vino en la mano y el
estilo del tal documento correspondía {l Jo innoble y ridículo de

la estampa.
» No quiero contar los repe-

tidos desastres de la expedición.
Sufrimos tempestades, ... y parle
de las tropas desembarcadas en
Asturias cayeron en poder de los
franceses. n

QUELQUBS SOUB.CES DU CADJZ DE GALDOS

Mais cetle fois, l'originalité de Galdós est plus évidente: il ne
se contente pas de reproduire un portrait déja tracé par
Castro. II combine les traits les plus caractéristiques de divers
individus qui amuserenl Cadix par leur excentricité. II les
fond ensemble, et en tire le fameux D. Pedro. Galdós d'ailleurs nous renseigne exactement sur la fa,on dont il a composé
ce personnage. II nous apprend qu"il existait a Cadix un
homme aussi noble que ridicule - l'hisloire nous dit son
nom, c'est le marquis del Palacio - et qui s'était imaginé que
I"unique fa,on de corriger les mumrs de son temps consistait
a reprendre l'ancien costume espagnol. II prcchait d'exemple,
et portait le pourpoint, les chausses el la pelite cape. Mais iI
n"était pas le seul atteint de cette étrange folie. 11 avait des
parlisans convaincus, tels un marquis de Jérez, Jiménez Guazo,
el un Ecossais, lord Downie. Tous intéressent Galdós, mais,
dit-il:

los que la tripulan; el temporal
dispersa los demás buques; las
pocas tropas que desembarcan
son completamente batidas por
los franceses, y en medio de
aquel conflicto el extravagante
Renovales logra solamente salvar
la vida. &gt;&gt;

Si nous aviaos recopié tout le passage de Galdós, nous
aurions vu que le romancier a ajouté quelqucs réflexions sur
les dangers qu'il y a a confier des commandements a des
chefs ignorants, bien que tres courageux. II était assez vraisemblable qu' Araceli joignlt au récit d'une expédition a
laquelle il avait pris part un rapide commentaire. Remarquons
d'ailleurs que Galdós n'a ajouté aucun détail précis a ceux qui
sont daos Castro.
C'est encare a ce m~me historien que l'auteur de Cádiz va
emprunter tous les traits qui luí serviront a composer un des
personnages secondaires les plus curieux de son roman, celui
qu'il appelle D. Pedro, « para no ridiculizar un título ilustre».

&lt;t Por no aburrirá mis lectores presentándoles uno tras otro á estos
tipos tan característicos como extraños, he hecho con las personas lo
que hacen los partidos 1 es decir una fusión y 1ne he permitido
recoger las extravagancias de los tres y engalanar con tales atributos
á uno solo de ellos, al mas gracioso sin disputa, al más célebre de
todos,. ))

Voici comment Galdós nous présenle D. Pedro: • Vimos
aparecer a un hombre como de unos cincuenta años, flaco,
alto, desgarbado y tieso. Tenía como D. Quijote los bigotes
negros, largos y caldos. " Suil la description du costume
« á la antigua,, el d·un « tremendo chafarote» que D. Pedro
porte au colé, de celle épée « que fué la que llevó Francisco
Pizarra al Perú~ &gt;&gt;.
Les lraits de ce portrait se retrouvent dans le petit livre de
Castro; mais les uns appartiennent a Jiménez Guazo, les
aulres a lord Downie. Castro nous présente le premier de la
1. Cádit, p. 5o.
,. Cádiz, pp. 49-51.

�lllJLLlm IIIIPAIUQIJI

QDBLQUH

fa~n suiYante: « Su e•lrnapnteveslido, sus grandes bi
una gran espada, especie de mandoble, que siempre 11
ceñida ... le atraen l01 1arca1mo1 de la gente juvenil ... que
da el lítulo de nneYo Quijote•. • Lord Downie, lui, est .•
allo, 'I seco con bigote largo y caldo•· ll poaaecle l'ép4e
Pizarro, qui lui a élé donnée par la marquise de la Conqui
descendante du fameu capitaine •.
Comme non, le disions plus haut, don Pedro se figure q
l'amendement des mmurs est étroilement lié la reprise
oostumes d'autrefoia. Son ami, le journaliste Beña, approu
son opinion et l11 défend dans El Cone;.o. Galdós rep
duit un fragment de cet article. C'est préciaémenl le mé
pusage qui se trouve daua le livre de Castro, et qui avait
oomposé pour défendre les lhéoriea de lord Downie, á
penonnel de 'Bella a.

a

· Pour réaliser sa réforme, don Pedro constitue un corps
quatre cent■ cavaliers, tous désireux de lutter jusqu'a la m
poqr le roi et pour J'J:.:gliae. Tous, naturellement, sont vé
comme au temps de Philippe 11. Ce groupe s'appelle « la C
aada del obispado de Cádiz ». Ce nom est historique, en par
lout -au moins . Ouvrons le livre de Castro. Nous 'I Jisons
Jiménez Guazo avait formé a Séville un corps de troupe
s'appelle « la Cruzada•• et qui comprenait précisément qua
cenia hommea 4• Une fois a Cadix', Guazo entrelient en parfi
6&amp;at aa pqtite troupe
résolue. 11 prend part a pluaie
engagements et se donne oftlciellement le litre de , Coma
dante de la. Cnuada del obispado de Málaga n 5.
Oon Pedro, afio de ·raire aboulir ses idéea, va demander
la Rágence son appui. La scene baroque, que l'on peut li
daos Castro, est passée daos Cádit. Maia la prouesse du •
tesque marquis a beaucoup amusé Galdós qui l'a dóvelop
plus que ne l'avail fait l'hiatorien; ét iJ s'est complu a

trea

Cutro, OUY, cJt., pp. '9-lOO,
Culro, OUY, cil, p. ID'¡.
3. C~, pp. ,56-,S,, et Galdóo, pp. 53-56.
•. Culro, p. gS.
6. Culro, pp. 911-wJ.

:t,

souac:a

DD UD/~ DB GALDOS

4B

le comique. Le récit de Castro est l'esquisse

pu Galdós. Comparons les deux mor-

c,....no.
• ... Seis oficiales acompallaron
JDarqués [del Palacio].
;J:l día 3o, vienen a Cádii vestino de coraceros, pues ni una

coraza se ve, sino con jubon,
n y capa corta á la usanza
ligua. Uega el marqm!s con su
que liene lodo el aspecto
11118 comp.na de teatro. Entra
el salón de corte a liem po que
recibido por la regencia ; slenlo los seis o6ciales ;. . . Adelase al medio del salón, hace
a grao reverencia, oólase unoa
teoJos, desnuda y empuiiÍI la
da, 'I en altas y destempladas
lee unos desaliiiados ver' exhortando á· todos con el
plo ·de su. penona á seguir
costumbres antiguas, á desiar 1.. modernas 'I á contilidiando por la buena causa.
mp.iia sus voces con esgrila espada y tirar golpea al
a diestro y a siniestro. Lo
aí,dario del vestido, lo alto y
brudo del personaje 'I malo
loa versos causan riss á mu-

GALl&gt;Óa.

••• •« Ni él ni los demás llevaban
COl'IWIB,. .. Como divenión de

Carnestolendas, aquello podla
tolerarse ... Entró, pues, Congosto
seguido de cinco de los suyos.•.
.\travesó el salón de corte, y al
encarar con los de la Regencia,
hizo una profunda corteala ...
metió la mano en ql bolsil19 de
los greg(lescos y .con grar;i sor•
presa de los que le veíamos, sacó
unos anteojos de gruesa armadura que se caló sobre la mntilluda nariz ... Metió la otn mano
en el olro bobillo y sacó un
papel... Todos creímos que sería
un discurso¡ pero no, seliores,

eran unos venos ... Dió principio
a la lectura de una aarta de endeca1ilabos cojos, mancos y lltlado1,
tan rematadamente malos, como
obra que eru del IIIÍtmo penonaje que los leía ... Tengo presente
el sentido que se reducía a encomiar la necesidad de que lodo· el
mundo se vi•li~ra á la antigua,
único modo de resucitar el ya
muerto y enterndo heroismo de
' si bi~n se reprime. Retirase .los antiguos tiempos.
rqoés, recorre con su especie
Durante la lectura , babia aacuadrilla de máscar,s la pobla- cedo D. Pedro la eapada, y todas
n, hasta que a la hora de las frases fuertes las acompsiiaba
ecer lollla con ellas el ca- de lajos, Ol4ndobles y cuchilladas
o de la Isla de León •.. u
en el llire, volteando el arma por
(Culro, pp. 6tr70.)
ellCima de au c:ab.,,.., lo cual
remató el grotesco papel que
hacia •.•

�44

BIJLLSTIII 11W'.tJIIQUB

QVIILQUU

Después la gracioea p
recorrió las calles de Cádiz
grande alegría de todo el pu
que se regocijaba con tal mo
extraordinariamente..• •&gt;.

Nous venons d'enminer les pa88ages de Castro qui onl
imilés par Galdós. lis onl trail, on l'a vu, A des événemen
la plupart peu imporlants, .mais souvenl forl pilloresques.
livre de Castro est nne chronique forl minutieuse de la
" gadilane &gt; penda ni le siege. Mais elle laisse dans I' om
·raclivilé des premieres Corte~; elle ne rend pas .compte
séancea si agitées de I' Assemblée Consliluanle espagnole. Po
'lanl Gald6s nous fail assisler aux débals qui se livrent en
lea défenseurs de l'absolulisme el ceux des libertés nouvell
Deux fois il rassemble daos une tribune des Corles lea bé
de aon roman, et mille habilement l'intrigue de Cádiz
récil des discussions parlemenlaires. Ou s'est-il renseign
Pour la premiere séance, il suil de tres pres le comte
Toreno, bien que le romancier préfere le dialogue a la nar
tion hislorique. Analysons le lexle de Gald6s el comparona
a celui de Toreno. Les femmes qui sont avec Araceli d
une galerie s'entretiennent de l'inexpérience politique
dépulés, el des difficullés que, probablemenl, ils ne sauro
pas surmonter.
·• Aquí hablarán más los seglares, y •erá tal el barullo, que ve
moa escenas tan graciosas como la, ¡le un concejo de pueblo
tuero. Amiga, preparémonos á reir ...
- Será un disputar gracioslsimo, porque cada cual pedirá esto y
otro y lo de más allá.
- Con qne salga uno diciendo : « Yo quiero tal cosa • y
responda : • Puea no me da la gana • se animará esta desab ·

reunion.

- Veo con sorpnsa que el presidente no tiene látigo.
- Es que guardarán la■ formas, amiga mía.
- t En dónde han aprendido ellos á guardar formas?•
, . c.tdlz, pp. 11, 84, 85.

souacas

DU CÁDIZ D■ GJ.tooa

45

is, des que les débala son! el).gagés, les personnages de
os s'étonnent de l'habileté avec laquelle ils sont conduits:

eSabe

V', amiga mía, que este cleriguito no lo hace mal?
Muy bien, si lodos hablaran así, esto no sería malo.
Pues á mí me parece lodo lo que ha dicho muy puesto en razón.
sigue. Atendamos. • •

out le sujel de ce vivant dialogue, qui se divise en deux
ies, est daos les lignes suivanles du comle de Toreno:
[La'Regenciaj desestimaba á los diputados, consiaerándolos inexs y noveles en el manejo de los asuntos póblicos; y ningún
io le pareció más oportuno para lograr la mengua y desconceplo
aquellos, que mostrarlos descubiertamente á la faz de la nación,
reándose ya con la placentera idea de qae, a gu.úa d4 escolare,,
á entretener y enredar en/útües cuestio11u 7 ocw,as duputa&amp; •..
an cuerpo nuevo C0/11-0 el ,u las Cortes abandonado á si milmo,
,u reglamento y anteced4nte, qae le ilastrasen '1 1iroiesen d4
, era fácil el descarrío, ó á lo menos cierto atascamiento en
deliberaciones.• ... Maravillárome los expecladores, no contando
aún de lejos, con que los diputad-O,, en vista ,u su inexperiencia,
gasen tanta sen.,atez y conocimiento13. 1,

ar le moyen du dialogue qu'il conlinue a employer, Gald6s
le comple rendu minulieux des divers événements de la
ce: 11 parle d'abord de l'élection du président, puis de
lecture d'un document faissé par le Conseil de Régence. 11
·r a ce pmpos que, apres lecture faite, « los diputado•
an de decir que quedan enterados. • Toreno avail dil :
• Cortes... declararon quedar enteradas. ,, Gald6s cite
uite le premier discours de Muñoz Torrero: « que dice que
prudente adoptar una serie de proposiciones que tiene
rilas en un papelito » 4_ 11 reproduit ces propositions.
no les indique lui aussi, d'une Í8\'on plus complete, et
que Muñoz Torrero : "expuso lo conveniente que sería
). Cádiz, p. 87 .
•· Toreno, p. 287.
J. Toreno, p. 288.
• Galdós ajou&amp;e d'aiUeun que c·ea1 Lujin qui lit le documeo_t.

4

�46

47

BULLBTIN BISP.l.NIQUE

QUELQUES SOURCES DU CADJZ DE GA.LDOS

adoptar una serie de proposiciones ... de las que traía una
minuta extendida en forma de decreto su particular amigo,
D. Manuel Luján •. "
Argüelles intervinl au cours de cette séance : « empezó
a descollar, á manera de primer adalid"• écrit Toreno, sans
analyser son discours. Galdós nous le signale également, mai1
ne le connaissant pas, il se contente d'un commentaire aussi
élogieux que peu précis.
Reste a parler du dernier acte de la séauce: le serment dea
régents. Le récit de Galdós est ici encore conforme a celui de
Toreno. II en reproduit mame un détail, peu connu, rMalif a
Lardizabal. Galdós écrit :

juin de la meme année, jamais ces députés
n'ont pris la parole au cours de la meme réunion. ll snffit
pour sen assurer de consuller la collection du Diario de
Sesiones. García Herreros pronon~a son fameux discours le
·4 juin. Le 6, les a u tres orateurs prirent part. a la discussion.
Le comte de Toreno a fourni a Galdós les rcnseigncments
qui lui étaient nécessaires pour rappeler rintervenlion de
García Herreros. Dans la Historia del levantamiento, en eITet,
on retrouve les memes éloges que Galdós adresse a rorateur.
Torcno écrit :

• ¡Cómo! eTambién jura Lardizabal? Ese es el más fiero, el má1
orgulloso enemigo de la libertad, y andaba por ahí diciendo á todo
el mundo que él se guardarla las Cortes en el bolsillo'· »
Toreno indique les projets criminels que nourrissait Lardizabal contre l' Assemblée :
, Ya entonces se hablaba de planes y torcidos manejos, y de que
ciertos regentes si no todos, urdían una trama, resueltos á destruir las
Cortes, ó por lo menos á amoldarlas conforme á sus deseos. »

Suil une phrase de Lardizabal, aveu complel de ses menéesl,
Arrivons maintenant a l'autre ''séance des Cortes décrite
dans Cádiz. De meme que pour composer son D. Pedro, le
romancier a rassemblé des traits appartenanl a des amis du
marquis del Palacio, de meme, pour dépeindre cette réunion,
il a groupé des faits qui se sont passés au cours de plusieurs,
Galdós, en effel, dans la séance qu'il décrit, et daos laquelle
on discuta la légitimité des survivances féodales, reproduit un
passage du discours de García Herreros, et rappelle !'interven•
tion de Villanueva, d'Ostolaza et d' Argüelles. Or, pendan! Je,
longs débats sur cette question qui durerent du 3o mars 18r1

« Puede decirse que en la discusión se llevó la palma et Sr. García
Herreros, quien con elocución nerviosa, a la que daba fuerza lo severo
mismo y atezado del orador exclamaba ... ►J 1 1

et Galdós:
« La atención del Congreso estaba fija en el orador, uno de los más
1everos y elocuentes ... La palabra de García Herreros ... era enérgica

De plus, Toreno reproduit un fragment du discours de
Herreros, le meme précisément qu'on trouve dans Cádiz 3 •
Le comle de Toreno ne donne pour la suite des discussions
aucun détail précis. On pourrait done croire que Galdós nous
présenle les aulres députés au gré de sa fantaisie, el cela
d'aulant mieux que !'un d'eux, Ostolaza, joue un petil role
dans son roman: il fréquente la lertulia de la comtcsse. Parlan\
l' Assemblée, il pourra apercevoir la jeune Pre sen tacioncita
dans la galerie, et la dénoncer asa mere 4. Pourtant Galdós ne
s'écarte pas trop de l'histoire. U a du feuilleter le Diario de
Sesiones et dans le comple rendu de la séance du 6 juin, il a
pu voir qu'on rappelait les paroles violentes d'Ostolaza et
celles d'Argüellcs. Mais l'imitation n'est pas aussi évidente que
dans les exemples précédents.

a

Toreoo, ouv. cité, p. 357.
Cádiz, p. 181.
3. Cddiz, p. 181.
1.

r. Toreno, ouv. cité, p. ~88.
:1. Cádiz, p. 91.
3. Toreno, ouv. cité, p. :189.

2.

4. Cádiz, p. 199.

�48

BULLBTffl BlSPANIQUE

Ainsi, pour composer Cádiz, Galdós a utilisé principalemenl
l'ouvrage de Toreno el celui d' A. de Castro, chroniques véridiques, mais généralcmenl bien ternes, des événements qu i se
déroulerent dans Cadix assiégée. Ces texles, qui l ui serven! de
guide pour batir le cadre de son roman, il ne les accepte q ue
comme excitateurs de son imagination. 11 anitne leurs phrases
froides en en tiran! des dialogues pleins de vie . Un détail lui
suggcre un mer veilleux développement lyrique. D'un récil
incolore il íail un drame qui passionne. Ainsi s'expliquc le
pouvoir magique des ce Épisodes il oll la fiction se melc si
paríailement a l'hisloire que l'on ne sait plus « ce qui est vrai
el ce qui ne l'est pas n, . Ainsi se justifie le jugement d'un
critique contemporain sur Galdós qui, dit-i l, « a en le mérile,
ph.15 que ['historien, de révéler a l'Espagnc la connaissance
de ses gloires nationales &gt;&gt; :i.
J. SARllAILll.
1 el :i. Andrenio, Novelas y Novelistas.
P .-S. - Voir daos la Revista de LibroJ du mois de décembre 1 919, un fragmen l des
Mémoires de Pérez. Macias, publié par M. Rafael de Mesa. L'autcur des .1/émoires,
ancle do Pérez Galdós, racontc l'expédition organisée par son frCre D. Sebastian, p(lre
du romancier, conlre le!&gt; troupes de :'\apoléon. Ce qui, daos ce fragment, a lrai t a
Cadii: peodant la guerre d'indépendance, n'a pas fourni a Galdós do délail précis
llOUr !'Episodio que nous a,·ons ét.udié. Mais on doit. songer que D. Benito a dU sou•
vent enlcndrc conler par son pere l'histoire des Grenadiers des Canaries, el, comme
le dil M. R. de Mesa ((CS indudable que t.ales narraciones tenía.o que influir en la
mentalidad joYen de Galdós l:.

LE )IOllVEMENT INTELLECTUEL EN PORTl'lrAL

Academia das Sciencias de Lisboa , .
Les publications de l'Académie des Sciences de Lisbonne, ont

Lou-

jou rs tenu dans la vie iotellectuelle du Portugal une place lrCs importan te. Déja en 1816 Ferdinand Denis, auleur d'un précis d'histoire
litléraire qui reste le meilleur ounage de vulgarisation écril en
fra rn;ais par un lusophile, citait a\'ec éloge les lravaux d'Arag7io
\loralo sur le théá.tre, d' Alexandre Lobo sur Camües, les Mémoires de
liUéralure, les Afémoires économiques, les l\'otices pour l'hisloire el la
géographie d'oulre.mer: (( En lisan t cette importante colleclion, on
verra, clisait-il, qn'une nalion intéressanle. que l'on a crue trop
longlemps arretée dans ses progrCs, continue les plu s imporlanfs
travaux avec un zCle que le reste de J'Europe ne sait peut-elre poinl
suffisammenl apprécier. Cette aclivité que les Porlugais avaient
au treíois pour les découvertes, ils l'ont maintenanl pour les sciences,
et dans cette carriCre ils font encare des conquetes. 11 existe parmi
eux un foyer de lum ieres qui aura toujours la plus heureuse iníluence,
surtout dans ce qui a rapport aux sciences et a l'érudition i,, p. 499 .
L'Académie des Sciences de Lisbonne a connu lrois périodes d'aclivité intense, celle qui soit de prCs la fondation, celle qui co'incide
avec le romantisme, enfin celle qui vient de s'ouvrir. Le 3• fascicule
du c 2e volume de la colleclion intitulée Bolelim da Segunda classe
ram Cnc fort a propos l'attention sur ses débuts. Les documenls
rassemblés par ~1. Christovam Ayres nous font assister aux premieres
démarches des rondateurs. Tout le mérite de ceue cn'.•ation féconde
reyient, comme on le sait, au duc de Lafóes . De naissance illuslre
L

l.
11.
111.
IV.
V.

~lonumenlos de literatura dramatica po, luguesa, 1918• 19.
Jorge Ferreira de Vasconcclos. Comédia E1Jfrosina.
A) res Victoria A Vinganra de Agamenom.
Jerónimo Ribeiro . Auto do físico.
Auto das regateira, de Lüboa.
Antonio Feliciano de Caslillo. O médico ú for~a , Comedia ií anliga trasladada
libcrrimamcote da pro¡::a original a redoodilhas portuguezai:.

Roletim da Segunda classe. Aelas e pareceres, estudos, documentos e nolicia~.
\lolume Xll 1 Fasciculo n• 3, 1920,
2. 11 existe une société analogue do fondalion plus récen le, l'Académie des
Sciences de Portugal, présidée par M. Th. Braga. C'esl elle qui a pris l'initialhe de'I
manifeslations en íaveur des alliés doot nous parlioos daos un articlc consacn'
fl M. António Ferriío. Sur l'histoire de l'Académie des Sciencea de Lisbonne, consulter l'étude de M. Fidclioo de Figueiredo (Estados de lilteralura, 1' série).

�5o

OULLETlN HISPA~IQUE

puisqu'il se rattachait a la famille royale par un Mtard de D. Pedro II,
ayant re&lt;;u a Co'imbre une éducation lilt6raire et scientifique plus
soigné&gt;e que -celle des nobles de son lemps. initié pendant un exil de
vingt-sept ansa toules les formes de la civilisation européenne, grit.ce
a des séjours prolongés en Allernagne, en Autriche, en Angleterre,
ami et corrcspondant de Vollaire, il était gagné aux doctrines des
philosophes, a lel point qu'on verra ce grand seigneur recommander
ii. l'égard de la révolulion franQaise la plus stricte neutralité et
s'opposer meme 8 la campagne du Roussillon. Une expérience miHtaire acquise pendant la guerre de sept ans, quand il servait dana
l'armée aulrichienne 1 le prestige qui lui venait de mystérieux voyagea
en Turquie 1 en Egypte, en Asie, en Laponie, une haute culture qui le
mettait en rapport avec les savants étrangers, enfi.n les fonctions
administratives dont H fut investi, lui assuraient une autorité
indiscutable sur les contemporains. Son meilleur auxiliaire, dan•
cette entreprise qui heurtait les forces du passé, fut un pr6tre 1 l'ahbé
Correa da Serra, botaniste, revenant comme lui d'exil et comme lui
membre de la Société Royale de Londres. L'orientation de l'Académie
de Lisbonne· nous appara!t, des le début, comme tres difTérente de
celle de l'Académie franc;aise. Elle ne se préoccupe pas exclusivement, ·
comme les sociétés analogues qui l'ont précédée, !'Academia do,
Singulares ou l'Arcadia, de questions littéraires. Sans doute elle ne
se détache ni de la poésie ni de la langue. Elle aura, elle aussi, l'ambition de composer un dictionnaire. Mais son programrne esl celui
du xvul° siecle tout enlier. Plus ou moins ouvertement elle se réclame
de l'Encyclopédie. Comprenant
!'origine trnis sections, depuis
réduites a deux (sciences naturelles, sciences exactes, sciences morales
et beaux-arts) elle veut embrasser le savoir sous toutes ses formes,
•rassembler des collections, centraliser les instruments de lravail. Elle
dédaignait si peu l'application et la vulgarisation des connaissances
scientifiques qu'elle se chargea de répandre et d'imposer la vaccine,
Ce service ne lui ful retiré qu'a partir de 1835. Les documents publié1
par ~L Christovam Ayres ne sont pas tous d'égal intéret. On ne peut
guere tirer de la correspondance de Correa da Serra et du vicomte de
Barbacena avec Vandelli, professeur de Co'imbre, d'origine italienne,
directeur de la section des Sciences naturelles, que des renseignements
sur l'installation, matérielle de r Académie, les premiBres ressources
dont elle dispose, l'élection des membres titulaires, honoraires, surnuméraires. ll y a plus 3. retenir1 semble-t-il 1 du discours prononcé
le 4 juillet 1780, a la séance d'ouverture, par le P. Teodoro de
A]meida, figure originale de savant et de littérateur, moins connu
pour av~ir enseigné la physique a Bayonne et a Auch que pour avoir
compasé des romans édifianls qui lui valurent le surnom quelque
peu ironique de Fénelon portu~ais et dont le plus célebre, souveal

a

LE MOUVEMENT INTELLECTUBL HN PORTC!GAL

51

aduit d'ailleurs, est intitulé O Feliz independente. Dans ce discours
'apparat, il osait exprimer sans ménagement ses opinions d'exilé 1
attaquer la· tradition, tracer un programme utilitaire de réformes.
Les répliques vives ou sournoises qu'on lui opposa procedent d'un
~rtain patriotisme intolérant, capable d'admellre l'érudilion telle
,qu'on la pratiquait dans les monasteres, mais en reniant l'esprit du
siecle. Fidele au nom que Jui avaient donné ses fondateurs, l'Académie de Lisbonne ne séparera jamais l'aclivilé scientifique du mouvement littéraire.
'
Bien qu'elle ait publié des travaux imporlants de botanique (Flora
Cochinchinensis, Flora Jarmaceutica e alimentar portugueza 1 etc.),
qu'elle se soit intéressée au progrCs matériel 1 au perfectionnement des
arts et métiers (Memorias economicas para o adiantamento da Agricultura, das Artes e da Industria em Portugal), c'est principalement
dans le domainc historique qu'elle s'est assuré, au x1x.• siecle, une
p/ace prépondérante. Elle a voulu édifier avec le concours d'Herculano une ceuvre qui pUt rivaliser avec les Monumenta Germaniae. Elle
a repris a sa charge la colleotion de pieces diplomatiques que le
Yicomte de Santarem avait commencé de rassembler (Quadro elementar). La nature méme des sujets a éLudier lui imposait une
certaine prédilection pour la géographie (Collecciio de noticias para
a historia e geografia das na9óes ultramarinas, Annaes da marinha
porlugueza, Colleccao de monumentos inéditos para a historia das
conquistas dos Portuguezes em Africa, Asia e America). Les centenaires de la Découverle de l'Amérique (189,), de Ceuta et d'Albuquerquc (19 15-iñ) susciterent, dans cet ordre d'idées, une production
abondante. Mais la collection des Monumentos da literatura dramatica
portuguesa, inaugurée depuis deux ans, marque une orientation nouvelle et qui mérite d'etre signalée. ll est encore difficile de se procurer
les textes réputés classiques, malgré les e!Torls de M. Mendes dos
Remedios a Goimbre, de M. Luciano Cordeiro a Lisbonne, de la
Renascen9a portuguesa el de la librairie Chardron- Lelo a Porto.
Comme au temps de Ferdinand Denis, la rareté des livres s'oppose
l une large diffusion de la littérature porlugaise it l'étrangar. Les
cinq publications dont nous voudrions donner un aperc;u contribueront a combler ceLte !acune, bien qu'elles s'adressent moins a la
clientele des écoles gu·aux spécialistes.
La réimpression du texle de 1561 de la Cómédia Eufrosina par les
SOins de M. Aubrey F. G. Bell, auteur des Studies in Portuguese
Literature (Oxford, 1914) répond au va,u que formulait Menéndez
yPelayo dans les Orígenes de la novela (t. 111, p. ccxxx1) a propos de
ia traduction par Fernando de Bal1csteros de la piece justement
célebre de Jorge Ferreira de Vnsconcelos. Nous n'essayerons pas
6'attribuer a cette amvre toulfue et par endroits rastidieuse le mérite

�BULLETIN HISPAl'(IQUE

LE MOUVEMENT lNTELLECTUEL EN PORTUGAL

de l'originalité puisqu'elle dérive de la Celestine. l\lais il est possible
qu'on ne lui ail pas réservé sa vraie place dans l'histoire des littératures Elle devait laisser une longue postérité s'il est exact que le
donjuanesque Cariophilo annonce le protagonisle de Tan largo me
lo fiais. Sans doule le style en est obscur, eµcombré d'allusions
mylhologiquesl d'emprunts a l'anliquilé, a l'Italiel a l'Espagne. On a
déploré parfois que la plupart des personnagess'expriment, meme daos
le dialogue animé, au mayen de proverbes que l'aulcur juge tellement
connus qu'il se borne, le plus souvent, a citer les mols par lesquels
ils commencent. Mais il y a une rare pénélralion psychologique dans
la peinture des deux courtisans, l'un qui fail profossion de cynisme,
l'autre qui incarne 1'5.me élégiaque de la race. Nulle part les senliments qu'on s'habitue a grouper sous le vocable commode de saudade
n'ont été mieux définis. Ajoutons que la piece, si toutefois l'on peut
donner ce nom a une sorte de roman dialogué, renferme des indications extremement précieuses sur la socÍété contemporaine. On y Yoit
défiler toutes les classes, l'arist9cratie de conr, les nobles de province,
les magistrats, la bourgeoisie, le peuple; on y trouve un tablea u des
mceurs coloniales qui rappelle certaines 1eUres de Cam0es, enfin un
élément régional des plus colorés, une évocation dP. 1a vie des
étudiants de Coimbre et de leurs amours avec les moyas de cantara.
L'historien et le philologue auraient avantage
dépouiller cette
cornédie interminable qui, malgré l'affeclation du style et la banalité
de certaines prélentions moralisantes, nous apparait comme l'une des
ceuvres les plus significatives du xv1° siecle portugais, embrassant les
aspects essentiels de la vie nationale, témoignant d'une vaste érudition, d'une ricbe expérience psychologique et d'un sens du pittoresque
bien rarea cette époque. ll est regrettable que la leclure de I'Eujrosine, rn€:me avec le secours de la traduction castillane, qui n'est ni
compléte ni parfaitement exacte, olfre des difficultés redoulables
pour les étrangers.
Au contraire, la tragédie intitulée A Vinganfa de Agamenom (il faul
interpréter: comment l'ut vengée la mort d'Agamemnon) n'intéresse
que les curieux. C'est la tentative la plus ancienne de traduction ou
1
d adaptation d'une piece grecque en portugais. On peut conclure de
l'exUortation finale de l'auteur aux lecteurs qu'elle fut composéc en
1536. Or la Cléopdtre de Sá de Miranda, dont on ne connait qu'un
fragment, est de 155:.1, et la Castro, qui représente le meilleur tilre
de gloire d'António Ferreira, parut en 155¡. Des deux éditions menlionnées par les bibliophiles (la derniere remonte i, 1555). il ne
restait qu'un exemplaire unique, propriété du comte de Samod3es.
M. Francisco :\laria Eslf-wes Pereira l'a reproduit, en étudiant, dans
une iatroduction substantielle, les sources de ce premier monument
de la tragéJie _portugaise. Elle procede, d'apres Iui, non du {ex.te grec,

a

53

. mais d'une adaptation en prose caslillane de l'Eleclre de Sopbocle
par Hernan. Perez de Oliva (15,8). Etanl donné qu'on remarque dans
ces dcux transpositioas les mémes Jibertés prises avec l'original et
qu'on releve des mots espagnols daos les quintilhas de la piCce
portugaise, son argumentation parait décisive. De l'auteur, Anrrique
Ayres Victoria, on sait tout au plus ce qu'il a voulu nous dire luimémc, a savoir que sa tragédie fut composée a Porto. Le pathétiquc
de Sophocle, a travers celle imilation iJ. deux degrés, a subi une
transformation profonde. ll•ne reste plus rien de la couleur antique,
de l'éclat du style, des répliques brCves, du dialogue heurté, ele la
stichomJlhie de l'original. Les morceaux les plus brillanls ont été
résumés ou délayés daos une versification aisée, nuide 1 mais terne
et monotone. Les chceurs sont rcmplacés par un simple dialogue, les
récits abrégés. Anrriqoe Victoria, ou son modele castillan, supprime
ce qui faisait l'éconornie savanle des parties, la puissance dramalique
des contrastes, afln de se rapprocher d 1 un type conveno d'élégance
facile. Ces allérations répondent, évidemment, a un dessein arrClé.
Le traducteur, ou plutót les imitateurs 1 prétendaient concenlrer
l'action 1 dégager l'inléret en réduisant la part de l'&lt;~lément lyrique et
narratif. On y devine comme un pressentiment des besoins du théalre
moderne et de !'esprit de la comedia. La pifce renferme une signification pour qui veut étudier l'histoire de l'humanisme dans la pénin•
sule. Ce qu'on y retrouve, ce n'est poinl J'antiquité admirée pour
elle-mCme, avec une docilité aveugle. mais Jibrement interprétée au
nom d'une conceplion nationale du gollt.
L'Aulo do F{sico est l'ceuvre d'un poete relativement connu 1 Jerónimo Ribeiro, frere d'António Ribeiro Chiado. Devenue tres rare
puisqu'on n'en possede que trois exemplaires, elle avait paru néan•
moins dans un recueil imporlant, avec d'autres pieces de Camües et
d'António Prestes, en 1587. Son intérét vient, pour nous Fran9ais 1 de
ce qu'elle efileure un sujet que Moliere exploitera dans le Médecin
malgré lui, l'Amour médecin et le Malade imaginaire. Gil Vicente, le
premier, avait eu le mérite de meltre les physiciens sur la scCne, de
nous faire assister a une délibération qui réunit cinq d'entre eux 1
Jesquels n'arrivent a s'entendre ni sur les causes du mal, ni sur les
remedes a appliquer. Jérónimo Ribeiro apporte des élémenls nouveaux qui tombcront apres lui dans le domaine commun : déguisement de l'amoureux en malade pour s'introduire dans la maison du
médecin, déguisement du serviteur pour donner en l'absence de son
maitre une consultation burJesque. Les indicalions sur la rnédecine
contemporaine sont du reste tres sommaires. On relCverait a peine
une allusion aux Arabes qui partageaient 1 en matiere de science, la
faveur des Grecs. II n'entre point dans les intentions de l'auteur de
toucher au~ ridicules du métier lui-méqie, Sa piCce est une banale

�54

55

B(JLLETI"i HlSPANIQUE

J.E MOUVEM~NT INTELL'.ECTOEL EN PORTUGAL

comédie d'intrigue, ou le r6!e principal est tenu par la servante Inez,

naire (1878). 11 se proposait d'enricbir le patrimoine national en
prenant son bien a l'étranger 1 mais avec la prétention de ne jamais

Célestine di:! moindre envergure, qui exploite un noble, sous prétexte

de lui facilite l'acces aupres de la filie de son maitre. Celle-ci, trea
vraisemblable dans sa nai:velé enfant rieuse, parfaitement étrangere

a ce manege,

1

accepte, sans l'ombre d'une hésitation 1 le mari que son

pere lui propose, un étudiant frais émoulu de Salarnanque. Vraisemblable encorece type de pecheur qui intervient daos une sclme d'un
comique un peu gros qui annonce les plaisanteries de Moliere sur )es
apothicaires, ainsi que les matantes, aventuriers de la rue, bravaches
de profession, dignes ancetres desfadislas de Lisbonne. Le comique,
somme toute, réside moins dans les siluations et dans les caractéres

que dans les mots.
L' Auto das regateiras de Lisbod'. compasé a une date incertaine,
concerne l'histoire des mamrs encare plus que celle de la littérature.
Bien qu'il figure avec quelques variantes daos dcux manuscrits, !'un
de la fin du xvne siecle et l'autre du commencement du x1x-, il n'.avait
jamais été imprimé. L'auteur est inconnu, car on ne saurait prendre
au sérieux l'indication du sous.titre (um frade Layo) otl nous verrons

une simple plaisanterie a l'égard des moines du couvent dé Saint•
f:loi. M. Esteves Pereira suppose que la piece fut composée entre les
deux dates extremes de r 550 et de r 700. La grossiereté de certaines
plaisanteries ferait croire qu'elle n'a jamais pu etre représentée.

Son originalité, - qu'il ne faut pas du reste exagérer, - c'est d'an•
noncer la maniere des sainetes de Ramón de la Cruz et de faire
revivre le type cher a Gil Vicente (Barca do purgatorio, Romagem de
agravados) et toujours populaire de la regateira, ri~ale de nos poissardes. Au marché de la Ribeira, sur le bord du Tage, nous voyons
l'une d'entre elles aux prises avec sa servante. Des propos de
harengere, elles en viennent aux coups. La querelle se termine par un
arret d'une sévérité extravagante, hientot suivi de pardon général.
riu dialogue, généralement écrit en !angue verte, on peut extraire de
curieux détails sur la vie des classes pauvres. 11 n'est pas indifférent
de noter que ces revendeuses, probablement sous l'intluencc de la
domination espagnole et des chants d'église, émaillent leur conversa•
tion de provcrbes castillans et de latin macaronique. L'Au/o das
regateiras tient le milieu entre le théatre propremrnt dit et la lillérature de cordel.
Quant
la réimpression du Médico a forfa, elle souleve un probleme intéressant dºbistoire liLtéraire: Moliere n'était connu au
Portugal que par deux traductions en prose du capitaiae Manuel de
Sousa: Tartufe (1768), le lJourgeois genlilhomme (1769), lorsque \n•
tonio Feliciano de Castilho entreptit d'adapter successivement le
Médecin malgré lui ( 1869), le Tarlufe (1870), 1'Avare (1871), les.
Femmes savantes (1870), le Misanlhrope (18¡4) el le Maladc imagi-

a

céder au gout fran~ais. Le souci ele l'élégance et de la pureté du style
devait le conduire a en user fort librement avec ses modeles. 11
appliqua d'ailleurs ces milmes procédés de naliona/isalion /¡ d'autres
·wuvres 4ue le théatre de Moliere, notamment au Fausl de Gcethe, ce
qui fut l'occasion d'une retentissante polémique. On ne s'étonnera pas
qu'il ait été défendu par son propre fils, le vicomte Julio de Castilho.
Mais il trouva en la personne du dramaturge Mendes Leal, un
apologiste ardent qui devrait ériger sa méthode en systeme : « En quoi
consiste l'adaptation littéraire? Ce n'est pas une simple version et
c'est quelque cbose de plus qu'une imitation. C'est la transfusion de
la pensée dans ce qu'elle a de plus large et de plus complet; c'est en
somme une nationalisation, comme la définissait mon compatriote,

le grand poete Castilho. Pour tout exprimer et !out résumer sous une
forme plus concrete, la véritable adaptation, c'est une adoption ,.

n

En reproduisant la préface que ~!endes Le&amp;] avait composée pour le
Medico áfor9a, l'Académie des Sciences de Lisbonne ne prétend n\Jllement accepler la responsabilité de ses conclusions. Nous a.urions
mauvaise grAce, "d'a.utre part, a condamner avec la derni0~e intransi-

geance un procédé que Ducis appliquait a Shakespeare. A tout
prendre O Medico á for9a reste une reuvre curieuse et qui méritait les
honneurs d'une réimpression. D'abord les libertés prises avec le texte

y sont moins choquantes que dans les autres adaplalions du meme
auteur. Elle vaut par la qualité exceptionnelle du style. Le rythme
aisé de la redondilha était, de tous, celui qui pouvait le moins gener
le traducteur, une fois admise la singularité de transposer en vers
une comédie en prose•. En rerripla&lt;;ant par des noms réels (Januario,
D. J.uliana) les Géronte et les Lucinde de son prédécesseur, Castilho
donnait a sa piece un accenl de vérité locale et contemporaine. Le 1
décor se précise: on entrevoit, sous les pin0des, une maison blanche

avec le banc de pierre et !'indispensable treille. La peau de houc
a remplacé la bouteille de Sganarelle et les paysans s'expriment, daos
ce cadre rustique, en termes choisis qui sentent• le terroir et qui
amuseraient un dialectologue. Un élément nouveau de comique

inlervient: les proverbes. 11 en est de savoureux. Tout puriste qu'il
a introduire a roccasion un gallicisme
imposé par la mode (bon enfant). Mais dans sa recherche de l'expression pitloresque, il remonte jusqu'au xvn• et au XVI; siecle (pesar de
est, Castilho n'hésite pas

t. Cité par Santa Anna Nery daos un article de la Revue du Monde latin, 1883,
p. ~55. Le sujeta été repris par H. Fidelino de Figueiredo dans une étude qui épuise
la malibre As adaptm;ües do thmtro de MoliAre por Castilho. (Esludos de lilteralura,
i• série.)
2. De meme Filinto Elysio avail traduH. les Afarlyrs en vers.

�56

BULLETlN BISPAIUQUE

minha avó torta) et puise quelquefois aux sources régionales. II ajoute
un acte, modifie l'agencement des autres, force les intentions, attéoue
certaines crudités, et allonge le plus souvent par une continuelle para~
phrase. Une fois le genre admis, il est incontestable que le Medico
d Jorr;a représente un monumenl de la meilleure langue populaire et
familiere.
Comme on le voit, ces éditions ou réirnpressions n'offr.!nt pas le
méme intérét littéraire - il ne peut étre question de mettre en parallele l'Eufrosina et !"Auto das regateiras - mais toutes apportent des
matériaux utilisables pour l'histoire de la langue, des mamrs et du
théatre. Toutes répondent, en ce qui concerne 1'établissement du
texte, les études de sources et la mise au point des renseignements
biographiques 1 aux exigences de la critique moderne. Nous regrettons
seulement que les piCces du xv1~ et du xvue siecle ne soient point
accompagnées d'un commentaire. M. Aubrey F. G. Bell y a songé
puisqu'il a rassemblé dans son appendice non seulement les variantes
des éditions, la liste des noms mythologiques et historiques, mais les
63g proverbes qui ornent jusqu'3. rencombrer la comédie de Jorge
Ferreira de Vasconcellos. Ce travail est d'une inconlestable utilité.
;\lais il ne dispense pas a notre avis du commentaire philologique et
hislorique dont il est extremement difficile de se passer dCs qu'il s'agil
d'muvres anciennes. ll existe, dans ce genre, au Portugal, un livre
qui a fait époque: l"édition de Sá de Miranda. Auparavant Camiies,
par une faveur spéciale 1 a trouvé d'innombrables commentateurs.
Cerlains 1 comme Faria e Souza, valent mieux que leur réputalion.
Mais on ne possede pas encore sur Gil Vicente, malgré la conlribution
tres imporlanle de M. ~Iendes dos Remedios, de travail qui épuise la
maliCre. De ta vient que le créateur du thé.ltre portugais, dont la
biographie a été si souvent et si patiemment étudiée, n'a pas trouvé,
queje sache, de traducteur et que les étrangers ne lui rendent qu'im..
parfaitement justice. II nous semble qu'3. l'avenir les érudits devroot
prendre a tB.che, non seulement d'enrichir le patrimoine natiooal en
é-ditant des manuscrits et en repr◊duisant des livres rares, mais encore
- et nous nous plaQons au point de vue de la propagande - en fac¡.
lilant l'intelligence d'ceuvres classiques qui, pour etre pleinement
comprises, supposent la connaissance approfondie de l'évolution de_la
langue, des mrours, des genres littéraires et des relations internahonales. En attendant, Ja collection des Monumentos da literatura dra~
matica portuguesa fournit la base indispensable de textes solidement
rtablis.
G. LE GENTIL.

VARIETÉS

Cervantes et les fréres Tharaud.
Je crois vraimcnt bien faire en signalanL a l\1. James Fitzmaurice•
Kelly pour qu'il en fasse son pro.fil quand il publiera nouveau sa
Vie de Cervantes 1, un fait qu'il a completement amis de signaler
(comme du reste ses prédécesseurs, Navarrete par exemple) et qui
pourtant n"est pas a dédaigner: le séjour de Cervantes a Salé. Je ne
aais trop du reste si ceux qui l'ont découvert ont eu sous les yeux des
Üocuments nouveaux. L'ont-ils trouvé inscrit daos les cellules de la
medersa délabrée? L"onl-ils apptis en causant avec les lettrés de la
ville sainte? L'ont-ils !u dans quelque Ben Engeli encore inédit, Tout
est possible.
JI s'agit de MM. Jéróme et Jean 1'haraud, qui, dans Rabal ou les
heures marocaines ,, au chapitre intilulé « Un apres-midi
Salé»,
apr6s avoir évoqué le souvenir du pere d'André Cbénier, qui fut
oonsul de France en cette ville, continuent :

a

a

Dans ce dédale silencieux oll je vais a !'aventure, Cervantes, prisonnicr
des corsaires barbaresques, a erré lui aussi, portant dans son esprit les premiCrcs rheries de son extravagant chevalier. Au tournant de quel passage,
a.u sorlir de quelle voúte, daos quclle lumiCre ou dans quelle ombre a-t-il
Yu apparaitrc, monté sur un tout petit ii.ne et lespieds trainant a terre, ce
Sainte•Beuve, ce Renan 3, l'énorme Sancho Pani;a? Parmi les tombes de la
d.une, repose trés probablement l'homme dont il a été l'esclaYc; etje me
mande parfois, en regardant ces picrrcs cou,·ertes de licbens jaunes,
laquelle recouvre ce personnage qui a tenu asa merci la plus belle histoire

du monde~ ..•
Toute cette fin d'apres.midi, j'ai cherché le fondouk oU furent vendus
rvantCs et Robinson Crusoé. Mais bien que le temps ne soit pas loin oú
on trafiquait des esclaves, personne n'a pu ou n'a voulu me dire oU. se
• it la criée.
1. Miguel de Cervantes Saavedra, reseiía documentada ~ sa vida. O.1.ford, University
Press, 1917, g ptas.
2. Paris, !mile-Paul frCre11, 1918.
3. Faul•il soulígaer ce rapprochement, qui ne laisse pas d'(ltre original et inat•

loodu 1

•

�58

BULLETllf lltSPANIQUt

VARIÉTÉS

De ce fondouk, nous trouvons, un peu plus loin, une description
pittoresque et spirituelle. Je n'en retiendrai que ce qui est dit des
chameaux:
Accroupis sur leurs genoux, les cbameaux balanc;aienl, au bout de leun
cous inélégants, des tetes pensives et un peu vaines. ll ne leur manquait
que des lunettes pour ressembler a des maitres d'école surveillant avec
dédaín une troupe d'écoliers folAtres, une récréation d'animaux. On croyait
Jire dans leurs yeux le souvenir de tres lointains voyages, justement aux
pá.ys qu'on youdrait voir. Et cela, tout a coup, leur donnait le preslige que
paraissait réclamer le balancement de leurs tCles solennelles et la moue de
Jeurs grosses tevres perpétuellement agitées. Chameaux, vieux professeura
pensifs, chameaux pelés, chameaux errants, de vos courses poudreuses
qu'avez vous rapporté? Hélas I hélas ! vous ne répondez rien l Votre tete !le
détourne dédaigneusement de mes questions, et vos IeYTe8 contim.ient de
pétrir je ne sais quels discours inconnus. Scriez-vous par hasard stupides~
Vos longues randonnées au désert ne vous ont-elles ríen appris? Ah! que
de savants vous ressemblent I Combien de voyageurs du passé et des livres
qui, d'un pied lent, ont traversé l'histoire et n'ontjamais rien ramené d•

contréés parcourues 1•••

•

Dommage· qu'i1s se soient tus, tes chameaux 1 vieux professew-1
pensifs 1 car peut-Btre le savaient-ils, l'endroit oU l'immortel auteur
du Don Quicholle a gémi dans les geoles mauresques I Mais peut-elie
aussi d'autres professeurs, avec ou sans lunettes, eussent-ils pu le
dire I Que ne les a.\-on consulté,! car j'ai peur que l'reuvre des freres
Tharaud, si réellement réussie comme tableau, si riche d'un coloris
vigoureux et vrai, mosa'ique de déLails miroitants et précis 1 , d'imprea-,
sions pénétrantes et justes 2 , ne présente ici une grosse bévue. N'y
a-t-il pas eu confusion lout simplement enlre Salé et Alger, ou nous
savions qu'en effet Cervantes avait été captif cinq ans?
Pas plus d'ailleurs a Alger qu'a Salé l'auteur du Don Quichotte n'a
été vendu dans unfondouk; il n'a m~me jamais été vendu, avanl son
rachat. Navarrete et, apres lui, M. Fitzmaurice- Kelly nous expliquen!
fort bien comment il ful fait prisonnier en mer par un renégal albanail,
Dali Mami, dont il resta l'esclave jusqu'au jour ou, la suite d'une
tentativo d'evasion, il fut enfermédans le bagne du dey d' Alger, Hassan,
et enfin racbeté a ce dernier par un pere de la Merci, Fray Juan GiJI.

a

1, Je n'en relCverai qu·un,qui montre uoe io(ormation arLislique sér'ieuse: (( $oUI
les riches pavillons des ca"ids el des cheurfas, les scnlteurs allument de gn.odl
cierges de cire dans les hauts chandeliers qu'on fabrique 1i. Manchesler •.. i&gt; C'ed
tellement vrai que j'ai vu les memes partout en Écosse, et les touristés les achCteolt
au Maroc, comme des 1pécimons d'art araba!
2. Voyei la description de Chella.
3. Quant a Robiuson Cruaoé, s'il fut, d'apre, sa soi•dinnt autobiograpbiet
ero.mené capUC a Salé, il resLa, lui aussi, l'eaclave du cona.ire qui l'uait. pris. ll n'eui
done pas l puser par le Condouk..

59

. _11 serai~ ~out de mCme regrettable, alors, que ;elui qui nous parle
1e1, et. qui evoque av~c un _incon.testable lalent cette ville de mystefe
~~ ~e blan~heur, apres avo1r erre parmi les tombes du cimetihe avec
1 ide~ ~xe d Y 1:etrouver la tombe de l'homme qui eut entre les mains les
destmees de l'1mmortel écrivain, ait passé une fin d'aprCs-midi chercher le fondouk oll celui•ci fut vendu ... L'excitation Jittéraire a de
ces mécomptes I j.fais, en vérité, l'bistoire de la captivité de Cervantes
telle que nous la connaissions, n'est-elle pas assez émouvante? Et'
'?rlout, que M. P. Ricard, dans la,• édition de son guide du Maroc,
s1_ excellemmenl_ ~oni;u et documenté, ne se fasse pas le propagateur
d une telle fanta1s1e 1 saos l'avoir bien contrOlée !
, ~an~aisie~ ce u'.est peut-étre que cela: les auteurs ne faisaient ni de
1h1st?1.re m de l érudition ! Mais c?mme leur peinlure n'est pas une
f~nt~1~1e, nous, ge_n~ nai"fs, professeurs ou non, pourrions croire que,
la ou ds parlent d h1stoire, ils prétendent étre exacts encore.

a

G.

cmor.

�•

UNIVERSITÉS ET ENSEIGNEME

BIBLIOGRAPHIE
Programme dila CODooan d'agrigatloa et de cerllllcat
poar l'UIJl6a t92t.
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ICO

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Tino de Mollna, CI/Jarra
•
3 con la apazlble aus
miento; cigarral primero, depllll p . " r1a' . ·•-rral cuarto d
8
borre su memo •, -e•
'
jusqu'a p. u• •:".i...1reaadeloorecllante11,jusqu'ap.341,1

p.338, «laauon J ,. __ fraglllellls oonl repl"9'iuill daos Com
doojurbdlcdoneu."""
-")
Tir,od, Jlolina. M. Cotan,io y llori, l. I", pp. •ir- •
. .
.
Le
conle
el
l'apologue
en
Espagne,
des
ongines
3• Q U81TI011 •
.
ftn du xYDI" aibcle.
D J
libo.;_ BlcondeLUURAJI", ch, V, VI, V.~• XXIV.
lle
. 1.;_
Bl ,obr,mua 1 alwio U CtJf1Wlllllle,:, •" par '
34 .,_. •• part.le conteo •t• 5 • • 59.
tea 1, 4, 12,,.l.L!.::!.' 1 I•
8·' 1• 11 , ,.1 L JU, 8; l. IV, 14; l.
Samanlego Fcw ..... , • ,
'1 VIII, e18·1. IX, del 16,
- ~ : : : , : ~ , 0•'1, pr:,¡oga.e, s, 6, 8, 11, 18, 31, 43, 58, 63, 66.

°: nmoneda,

:ad

Anteua supplé111entairea :

.

Ida 11, Sanlo Domingo dt, Sillll, éd. FIII-Genld, copl. t-86.

••Campounor,
r....ua

•iaf•

"'1lrelonldo, l. l .. '
La gloria de !U
Paqrr,iio, - • B1 tren expreoo,
tdaa, LGe Buenos 'I !lle Sobioe.
de Rojas, BI

Autear latln :
Tlte-lJ'8, L XXI, 6- ,6, Prile de Sa¡o11te.

ligaciones a~rca ~ arqaeologla y prehi$/oria de la ngi6n
lmantina, por el P. César Morán Bardón, Agustino, Salaanca, 19_19, 131 pages, XVII planches.
P. Morán nouo communiqúe, dan, ce pelit livre, lea résultata
recherches archéologiques qu'il pounuil depuia plu•ieurs années,
une ardeur infatigable, dana les provioces de Salamanque el de
ora. 11 n'eat pa1 possible ici de discnter de pres les hypolbeses
émel au aujel de - lrouvaillea ni d'énumérer el de aignaler en
·¡ ces lrouvailles elles-~mea, dolmeos el sépulturea, débria
itecturaux, fragmenta de céramique, armes, ustensiles, inscrip• monnaies d'époquea diveraea - d'autanl plus que le P. M. a
té l'ordre géograpb.ique, qui évidemmenl pnlaente de aérieux
tages, mais n'eal peul~lre pu le plus scientiftque el rioque de
. er parfois l'expoaé une appareoce de confuaioo. Je me conteni done d'indiquer, parmi lea nombreuaea dkouvertes du P. M.,
qui m'ont paru leo plus iotéreaaanlea. Elles se rapportenl natument aux lrois lypes de civilisation qui ae sonl succédé dans la
11: civilisation préhistorique - autanl que l'on peul parler d'ane
· tioo pnlhistorique el la considérer comme un loul compact, ·sation ibérique, civilisation romaine.
P. M. a rencontré un cerlain nombre de dolmeos, entre )esquela
1 noler celui que lea habitaols du paya appellenl la Oua del
, situé non loin de Ledeama (ch. 11), celui de Sobradillo (p. 70),
uide la Pellacaida(p. 94); pres de ce demierdolmeo a été lrouvée
!dote de la période néolithique (pp. 94·!}5); enfin, le sommel du
del Berrueco préeente une grande abondance de fragmenta
'ques du type de Ciempozuelos (p. 123).
ni a l'art ibérique que se rattache un chapileau trouvé par
Y. lt Sanlibáñy del Rio (p. 35), de méme que la tele fémioine de ·
de Armuña; celle..:i, qui o'esl pu aans analogies avec quelatalues da Cerro de loo Santos, et laquelle il raut peut-&amp;re
er une 1igniftcalion funéraire, est rapprochée par le P. l(. de
conservée au Musée Provincial de Salamanque (pp. 48-So). Le
. a constaté la disparilion- du fameu1 loro de Ledeama et du
de Coalienaa (pp. 57-58). Par co~pensalioo il a découvert

a

a

·~. . .

.

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d m6me tJp8 l Beí1ocial ü l &gt; ~ (11¡¡.
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Aldea-Alhama, P'M
la r. taina' qui porte aajourd"hui le
,emt dea baiDa pril de
OD Chtillo de Santa-Cruz, qa'il
,-ate de la Salud (ch: In}, au
)· u l'f. d'HineJoea de
Cj)lllme 1'.,ntlqae Seotica (pp. 40-4•. • a
de profa
de San-Pedro, le P. M. 11gaale une ~ .
...~éraire1 romainee avec ou ~ns inacrip8üon ; i l ) ~
,,__
~ ibélo-romame (pp. 1 aqq. ·
a'ldt la une -v..-e
.
l'une dana un dupo61odo l I'
all0aflldaux-1qaee
-~plmNV),
11W de Zuatb (p. 1• e, . ' l'autle l Caatalleda de 11

~

·e· NW ~ l'Etpagae ne Nlllble,pu ~
Blm qae catte partí
•Andalcullie et la
de we uchéolotrkl0 • que 1
·e11e ne
D r-.
l'imporlance de ces trou...W., qa
ll1ircM, oa 1111t, par .
traire 11a111etueu111111ent, le
tlle com Wilemeat négliaée, au con
· .
· élait l
' ; dit lui-mkne, n'a pn étudier que ce qui
il nou1
hable • dee fouillee ••ur quelquee pointe
• terre; _u ut ~
resultata 118111 valeur. En toat
dlollil ne doDJ181'1JeDl pu 11 •
• aera otile eu ucWo
faut nmercier le p • M., de IOD livre, qm
,.¿.,¡- CM SalaJlldl
·
· a'intáreaae11I l l"hialolre de le •..,...,..
iltl lOUI ceuqm
-'-•'ter de le voir pounuivre-invea

(pp. h-64).

....i.,

4':t

el 1•on ne peut que 10wa1

.

R.

lledilla A-hra 'Y A/amiriya. par D. Ricardo Y6lúqnel
lladrld, 1912.

..u.,. l'empire .muaulman
d'Eapepe, De
A. la lln da 1x• ._,
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La coh'81on n'en pu p
~u161 1e forment de loate
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~tés ~ométanes, au _momeut méme oD elles perau
1-plu de pranti• de aolidilé,
lea ·ooea oméladee
D. l'aurore du .,. Mclt cei&gt;&amp;l'.dut,
Pfl Bahmane En
l l!lllblir l'unilé. L'un d en1, Ahd_ Er •
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.
. . de_,
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~ de l'Occlden•.

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iltMñ (tlr..,.,, 1118 d°AM lf B•bNne, 11'1111 pu

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Si dómlaalfon l'-■d • • 111 4ell dt,t !ben, ~t le
~ au ·~ t dea htlrlllilee de Twlla. Si
ft,6,JOol). fila 4'11 Babm, ed d ' ~ tn,p • • • pota lrllp
~ fOIIYeníer, la . . . . . . ..,. par un lnlílülle autofl.
et pnlNant, Dnl Abou Alner El MUIIOUr, •wc lequel l'empire
•111111 d ' ~ .. IOlllient.
'
Nl done tout un • ~ de pN,epérité qui • e aur la pénln1ale.
traduit DIIUNilelnent par 4'ldminblea lr&amp;Y&amp;D:r•.Alnal, d.- g56,
Er Raluuane !lit COllllllellcer, l quelque dlatance de Cordou6, la
ctlou d'un palal,, lledi114 AU'ahra, qui se poursult pendant
q ana, et qni 1e complile encere ayee El Halem. C'est 1A que
-.fa lop son harem (6.3oo femmea avec lea aer-,antea), 11
(S,?5o pages), aes troupes (12.000 hom-), IOnadminiaintiora.
aqu~, dea fonlafnea, dea halns, de1 ontotrea, etc., s'aJoutent
11. Une vllle enlln, peupl6e de 3o.ooo !mee, 1''1eve au Yoillf..
rnr lea deml6rea pentea de la monlipe, le palala appara1t
ceux qui le Ylllite11t, prlncee, ambaesadeura, ,oyageun, p61eC0111me~1a. comme le plua famenx aéjoor du tem¡s : la
14 dea construtllona, la aplendeur du décor, le beauté des
ta aédnlt tout le montle.
1•it1tar 4ea Mllln, le hrlllant mlnlstre El llauoar ~ve égalem911t,
IIOD UNge penonneI et cela! de IOD atoarap, nalment IO:,'al,
a, llouniat 111 Alamiriya «lea d611ce, d'Amer • qui ne le cAde
IUll babllallona lmpérialea pat le cbolx de IIOII alta, le donde aa tempénture, l'abondance de aea eau:r, la ptolbalon de .
11111111'8, la IOIDptuolilé de 10D archftecture, le charme de IOD
lalioD.
eurea.ement, cea mouuments dwireat pea. Lea berbhea de
lel lllmlll l Ne (1010) et il n'en l'Nta lon,iempa que dea
· tion1 flllllboulDialea. A l'aurore do prNent eilJC!e, on n'avait
Jl8I de doanée, certahtee sur leur emplacemant exact .
- . ffY0118 l une ~ ou lea plus pullounanta problhme,
ndable nenlr nona Nllldent paut-6tre plus curiem da capti•
. El depllil llD aiWe, l'humanilé ,xbume de aon sol ou de
lftll une clocwnealatioa qnl enricblt, complke, e:rpllq11e,
dana le d'une plw •ldcte Yérlté, ce ti"- ªººª l&amp;YODI d ..
Ílona ~ - Daa, ce concert de recberchee, l'E1p1gae joue
• Elle 1111 la len'e ou, U y a plu de mlHe ana, l'Orlent et
t .. ~ t . D en réeulta un rnariage qui, comme le
dee uniona, connut du altemativ• de bonhenr e&amp; de malhenr,
118 1ai1ta pa qae d'Atre fbad. Du lol chmd et géomux de
fertilW per le berMre aident, l'anbe YOluptaeu:r, mQaDa IIDe
e&amp; llpleadllle • • ~ . dont la grande mo,qu41e de Cordou,

1..,.

�..

·--.uacin

l'AJhembra d,e Grenade comptenl parmi les plus beanx fraita, si
ne conaidbre que le poinl de -.ue arlialique.
1laia par quelles pbasea ces íruita d'un arl en complete ma
élaieot-ila P,IUÓB? Qoele íurenl aurtoul lea débuta d'une époque
ae &amp;ermina
la brillanle formule d'arl hi•~no-mauresque?.
Voici que d'imporllnles fouilles, méthod1quement condu1les
D. Ricudo Veláequez Boaco, inspecleur général des monume~ta
toriqoee d'Eapagne, archilecle de la calhédrale de Cordou~, ~•en
noua rensei¡ner. Nona devona !'en féliciler h~ule?'enl at_ns, _qu
• Junta para ampliación de estudios y investigac1ones c1enl'.6.
qui a puhlié le travail de l'auleur daos · un tres bel ouvrage tire
papier de iuxe, avec de beaux caracteres typographiques et une
dance inaccoulumée de planches el de deaeins. Nous nous excu
en méme lemps d'arriver si 18rd pour un compte re?du. Si 1~ P .
cation est de 1912, elle n'a rien perdu de son aclualité. Elle _cela,
non aeulemenl le probleme de l'art musulman d'Espagne, ma11 en
celui du Maroc,qui a'ouvre aeulement auxétudes scienliftqu~• soi
Voici la série des faits qui nona intéressenl 1~ plus dana ce hyre :
Au r siecle, la constroction oméiade esl parl'aile. Les murs onl
, metre
m. 5o d"épaisseur et íormenl ainsi un écran i
éprenve conlre les nrialiona de température; appareillés avec
pierrea 18illées suivanl des modos tres dive~, ils son_l d'une tres g
solidilé. Le piaé n'apparall qu'a la fin do 11ecle, mats concu~rem
avec.la pierre de 18ille. Les architecles d"alon sont lea conlmua •
des conalrucleura romeins el byzanlins. Leurs émules aeront ulté
remen! moina scropuleu1.
Aotanl qu'on peul en juger, la batisse ae développe suivant
longnes ailes formées par lrois ou quatre mura parall•!•• reco
par des paroia transversales qui divisen! la surface constru1te en 1
plul61 longa que largea. La formule se relrouve intégralemenl
Maroc, ainon daos les babitalions privées qui a'édi6ent autour
patio, do moins daos les batiments impériaux qui se distri
aotour des grandes cours ou vaslesjardios, tela qu'on lss voil
¡ Fea, Melmes el Marrakech. Qnant a l'étroilease des salles, elle
dictée par la longnenr des poutres qui est elle-méme limi~ . ,
degré de réaistance a l' elforl, aasex faible, et le mod~ tres prum
transport qui ne permet guere le déplacemenl de bots longa de
de 4 metros. L'inlroduclion dans le nord de l"Afriqne de chem·
fer, pois d• bois européens, lres réliatants, el su~ul ,de Cera_a T
i la veille de faire subir des changements séneu1 a des p
-tél ju,qu'ici séculairea.
La décoration du ,.. siecle, pour élre carsclériatiqne, n'eal
encore nellemenl mD11olmane. Empreinle d'inlluences ro •
byzanlinea, -.isigolhea, elle ne íail -que merqner un _ache •

par

a,

66
l'arabaqoe. Lea rinceaox, lea enroolements, lea palmettea t
NIIX lambeaux, lea feuilles tres découpées trahiuenl tonjours
n origines. Dans ces formea si variées, la feuílle d'~nthe foumit
U.eme eaaenllol. n eat curienx d'en voir les méllmorphosea initiales
1 la térie fonmira l'élrange el ai peo réaliste íeuille hispano-mane. Le chapileso anliqoe est soumis a de■ lranaformalions de
nalure. Sor son épannelage non modelé, racanlhe ae traite
la maniere la plus inatlendue : elle ne s'y relroove qu'avec aes
tours el aes nervnres dessinés comme un lacis régulierement
du el maillé. C'est la peut~tre que commence a s'afflrmer a-.ec le
s de fermelé el d'assurance le véritable senlimenl arabesca! de l'arl
mique.
La polygonie n 'eiisle pas encare. Lex•siecle esl encore trop pres du ·
lratum antique. Ce ne sera pas pour longtemps. L'omement
mélrique exiale cependallt, mais les grecques, les zvaslikas, I••
posilions réticulées sonl loin de laisaer enlrevoir les formes polygoes "cristallisées » qui prendronl peo a peo une considérable place
s le décor maureaque.
L'épigraphie apparall. Elle se développe, anguleuse, daos des friaea
gues, mais étroiles. Austero, elle s'adorne /¡ peine, au sommel de
grandes ·1ettres et daos aes vides, de fteurons en germe. Rien ne
se sou~nner le développemenl scriptural ultérieur.
Pour tout, en somme, on eneal au point de départ. C'esl pour celle
o que lea fooilles de Medina Azzahrs el d' Alamiriya sont 1i
reasanles.
L'élude des lechniques présenle le méme allrail. Nous avons déji
alé les remarques suggérées par la conslruclion proprement dite.
pierre et le marbre sculptéa "OOnl plus en faveur que le aloe: on
e el apprécie encore l'elforl. La pierre sculptée s'incruste sonYenl
frsgmenta de terre coite blanche ou rouge : nous ,·oici done i
'gine de la marquelerie, vulgairement désignéa sous· le nom de
!que. Mais la mosaiqne de íaience vernissée, actoellement si en
ur au Maroc, n'apparallra pas avant le xut' siecle.
n connalt alissi les ¡&gt;Ates qui remplissenl parfois les vides creuaéa
1 la pierre &lt;iu le marbre. Ailleura, on peinl ces vides de couleun
• . Ces deo, procédéa se son! transmia juoqu'a nos jours daos
céramiques et les slucs.
s fouillea onl mis a découverl de grandes quantiléa de tessons de
coite el émaillée. Cordoue fabriquail pour aes btsoina. Ses ou vriers
furent pas tous d'une égale habileté, mais elle connot de bons
ns, qui pratiquerenl la peintnre sur émail stanniAre, la peinlore
rves el la peinture i refteta mélalliques. Le répertoire ornemental
-celui du califal, analysé plus haul. 0n s'inspira ausai de produita
rs :-learéminiscences grecqoes sonl assezcourantes. Leapointa

·

�66

BULJ.BTIN' BISPAlUQUB

BIBLIOGRAPHIE

de contact avec les poteries et falences de Tlomcen (Un atelier de pouries el de faiences du X' siecle, A. Bel, 1914) et celles de la Kalaa des
Beni Hammad (Les poleries el faiences de la J(a/aa des Beni Hammad
du xr siecle, G. Marqais, 1913) sont nombreux. Comme le suggere
M. -Velásquez Bosco, il serait intéressant de serrer la oomparaison de
plus pres en conírontant non seulement les trois études qui se rappor•
tenl au sujel, mais encore les fragments recueillis. D'ailleurs, a notro
avis, la comparaison devrait s'étendre aux documents anciens qu'on
trouvera si.irement a Fes. L'actuel quartier des potiers de la capítale
marocaine est établi sur des couches centenaires de vieux tessons.
Le marabout ele Sidi Mimoun, patron des céramistes fasis, esl
aujourd'hui cornpletement enterré dans les débris. l] y a tout lieu de
supposer qu'en effectuant des saignées profondes dans ces détritus,
on a toutes les chances de découvrir des documents qui permetlront
d'étudier et d'étendre le probleme des origines de la cérarnique dan,
le nord de l'Afrique et l'Espagne.
Le Maroc s'ouvre maintenant
la civilisation. U présente trop
d'attrait pour ne pas susciter, en peu de temps, des études dans le
gen re de celle de M. Velásquez Bosco, qui a déja pour émules sur
point, en Algérie, MM. G. ~larQais et A. Bel. II faut espérer que. pour
6tre le dernier connu, il ne sera pas le moins captivant.

Charles Bratli sur Philippe 11. L'a,·gumentation repose sur des textes.
Elle se trouve tellement éloignée de toute déclamation, l'auteur expose
ses idées avec une simplicité si convaincante par elle-rnCme, qu'il est
difficile de ne pas admettre, au moins, que sa fa&lt;;on de voir mérite
considération. Au surplus, il ne nie rien, bien entendu; il ne disculpe
mCme pas, si ce n'est en tant qu'il montre D. Fernando se pl'etant Ja
politique de son .souverain, qui était de rejeter sur luí, gouverneur,
tout l'odieux des répressions et des cxécutions. La statue qu'il se fit
élever a Anvers aurait été peut-Ctre, plutót qu'une satisfaction a sa
vanité, un subterfuge de son abnégation. Elle désignait aux Flamands, comme cause premiere de leur oppression, la. vo]onté du duc
d' Albe, et non celle de Philippe 11, cette « volonté a la fois bésitante et
méticuleuse 1 bien plus responsable, apres tout, des fautes commises
que ceux qu'elle faisait agir et qui en porterent a tort le poids ni.
G'est une explication; elle en vaut bien une autre, et elle n'est pas
en l'air. En tout cas, si telle fut l'intention hérolque de D. Fernando,
on peut dire qu'il a été pris au mol. JI n'est pas jusqu'a l'exécution
de Montigny, bien qu'elle ait eu lieu en Espagne, donl Bratli ne
fasse peser la responsabilité ,, surtout sur le duc d'Albe "·
Mais quelle que soit l'opinion définitive du lecteur, son jugement
moral, il lui restera au moins une connaissance plus détaillée, une
vision plus nette de l'époque, du milieu, de la personnalité du grand
duc d'Albe. Son descendant nous parle en historien, et, ajouterai-je,
avec la simplicité qui convient a l'érudit 2 • Comment ne pas lui Ctre
reconnaissant de tant de données qui font revivre non pas seulement
un grand personnage du xv1" siecle, mais le xv1" siecle lui-méme.
Trois beaux portraits du duc, dont celui qui est l'ceuvre du Titien,
les médailles a son effigie, dont une reproduit la slatue d' Anvers, un
plan de Lisbonne assiégée (1580), etc., forment l'illustration de ce
travail, qu'accompagnent une série de documents et deux séries
de uotes.
Dans sa réponse, le marquis de Lema- a rappelé les publications
auxquelles la derniere duchesse d' Alhe, mere du récipicndaire, a
consacré ses efforts et allaché son nom, Documentos escogidos del
Archivo de la Casa de Alba (1891), Aulóg,-afos de Cri.,tóbal Colón y
Papeles de América (1891), et aussi celles qu'a données le nouvel
académicien, Correspondencia de Gutierre Gómez de Fuensalida; Catálogo de la colección de pinturas del Palacio de Liria; Noticias históricas y genealógicas de los Estados de .lfontijo y Teba. Le discours

a

ce

PROSPER

RICARD,

Inspecteur des arls indigénes, Fes.

Contribución al estudio de la porsona del III duque de Alba.
Discursos leídos ante la R. Academia de la Historia en la
recepción pública del Excmo Sr. Duque de Berwick y de

Alba el día 18 de Mayo de 1919. Madrid, impr. de lllass
y Cía.
La reconnaissance franqaise a l'égard du duc de Berwick y de Alba
suffi.rait a nous dicter, a l'occasion de son entrée a l'Académie de
l'Histoire, des paroles de félicitation respectueuse. Mais son discou rs
de réception, a l'originalité d'ttre une étude sur le grand duc d' Albe
par uµ de ses descendants, héritier de son titre, joint cella d'étre
extrémernent riche en détails de toutes sortes et non pas, comme on
eíit pu s'y attendre, une apologie plus ou moins éloquente du fameux
gouverneur des Flandres . Nous lui devons done un compte rendo
daos notre hibliographie, et non pas seulement une mention danB
notre chronique..
Que cette étude soil tendancieuse, qui s'en étonnerait? Évidemment,
c'est une défense. Mais ce n'est pas une défense d'avocat; c'est une th~se
d'érudit, et beaucoup plus convaincante,
mon sens, que celle de

a

a

1,

2•

Morel-Fatio, La vie de D. Lu.i3 de Requesens y Zúñiga (Bull. hisp., 1 904, p. 113).
U o'est pas jusqu'au style qui ne présent.e une simplicité non dénuée d'élé-

gaoce Jue peut..etre en partie a l'absence de lout que, relat.if ou conjonction, en
dehor; des citations transcritas ou résumóes: il ~• a cu des íantaisies moins sérieuses

daos la lillératurc espagnole.

�68

69

BULLETIN BISPAl'UQUE

BIBLIOGRAPHIE

meme dont vient d'etre donnée lecture est heureusement caracté,.
risé 1 et les conclusions en sont appuyées par une réflexion ~ssez
j udicieuse :

vaincue la valeur du détail, la technique, Je cachet artistique. Auss
le Iecte~r suit-il avec confiance ce guide plein de bonne foi honnéte.
D'autre part, point de phraséologie, point de dithyrambe, point de
formules admiratives. C'est sirnplement déduit, sobre, impersonnel,
clair 1 divisé souvent comme un ex posé didaclique, et jarnais ennuyeux.
11 es t difficile de mieux faire comprendre par exemple les mérites et
tes tendances des romans sur la guerre carlisle de Yalle-Inclán, ou
de Paz en guerra d'Unarnuno, ou des deux nouvelles de la comtesse
Pardo Bazán auxquelles s'atlache Andrenio, La Quimera el La Sirena
negra. En ce quj concerne P~rez Galdós, il sernble que lejugement
esl moins condensé; il s'émielte en eITel forcémenl sur chaque reuvre,
et l'on convoit ici les t.i.tonnements de l'expert a qui incombe la 13.che
de taxer une ga1erie aussi di verse, aussi nombreuse, aussi ricbe. Mais
que d'observations fines et justes, moulées pour ain,si _dire .sur la
plastique mCme du grand romanci.er ! On po~rra ecnre d a~tres
études sur Iui, mais on ne pourra fatre abstractton des pages reellement aiO'uCs el pénétrantes que lui a consacrées Andrenio.
Faire analyse succincte d'un roman, la développer au bcsoin, présentcr les personnages, dire les intentions ele 1'auteur~ mettre en
va leur celles que l'artistc ou le moralisle, par raífinement, par
caprice, se plait le plus souvent a estomper, c'est peut-Ctre une _chose
tres simple; mais lout le monde n'y réussit pas également. Pom_t de
pédantisme ici, pas l'ombre. Des touch~s ~ucces~~ves,_ de~ re~nse~,
da os un laisser-aller d'improvisation qm denote l msp1rat1on 1mmediate et le souci d'arriver a la note juste ... Ces réflexions, on se les
fera particuliCrement aux pages oll Andre~i~ nous expliqu_e Pio
Baroja ,, plus encore peut-iitre qu·a celles ou 11 parle de Galdos. ,De
part et d'autre il semble bien avoir fa1t °:uvre d~ cbromqueur, d un
chroniqueur qui prendrait ses notes au JOur le _Jour, A ~esur~ que
pa raissent les reuvres, qui marquerait ses surpr1ses, _recltfie~:a•t ses
im pressions cherchanl toujours a voir sous leur vra,e lum1Cre ces
. aspecl
productions ' qu'irise la fantaisie arlistique et d ont .le prenner
n'est pas forcl•menl l"aspect réel.
G. C.

Más de una vez of a Don Antonio CánoYas del Casti1lo parangonar el
número de víctimas de París en 1871 con las atribuidas al gran Duque ...
Seguramente que este más exacto sentido de la realidad histórica, ya
advertido en críticos e historiadores belgas, habrá de encontrar triste
corroboración ante el espectáculo de los inenarrables sufrimientos de es te
pueblo, victima de una de las más grandes y descaradas violaciones del
derecho y la independencia de las naciones, y la huella de tan inmerecida
desdicha ... les hará estimar en su debida proporción y apreciar con más
sereno criterio Ja historia de la dominación de los monarcas espafioJes en las
siglos XVI y XVII.

Comme le remarque aussi le marquis de Lema, le duc d' Alba y
Berwick n'avait que }'embarras du choix, parmi ses a'ieux, pou r
trouver un theme historique a traiter dans son discours de réceplion.
S'il a eu le juvénile courage de prendre un theme en apparence auss i
ingrat, vu les circonstances, que celui qu'il a traité, c'esl qu'il avail la
conscience claire du présent en méme temps que la bonne foi sincere
vis-A-vis du passé.
G. CIHOT.

Andrenio, Novelas y nove/islas (Galdós, Baroja, Valle-lnclán,.
Ricardo León, Unamuno, Pérez de Aya/a, Condesa de Pardo
Ba:rín) . Madrid, Calleja, 1918, 333 pp. in-8°.
C'cst surtout pour recommander ce livre en France que nous lui
consacrons, bien tard, quelques lignes de comple rendo. En Espagne
il a vite acquis une légitime réputation; et la mort de Galdós, auquel
il esl consacré pour un bon tiers, ne pouvait que lui donner un rega in
d'actualitó. Les autres noms qui figurent en sous-litre sonl des
vedelles de la littérature conlemporaine. U y manque au moins, attendant leur tour dans un autre volume, Blasco lbáñez et Pala:cio
Valdés. Sur ce dernier, sans doute par cornpensation, M. PeseuxRichard vient de donner dans la Revue hispanique (nº 10:1), un article
compacl et solide, consciencieux et bienveillant, _
Consciencieuses et bienveillantes sont aussi les études réunies ici.
L'auleur s'est refusé le facile lriompbe de la critique plaisante et
agile, mordante et superficielle. U tourne et retourne les c:euvres qu'il
prend en mains 1 avec l'attention sérieuse de l'homme du métier qui
examine le travail d'un confr€lre, et qui sait apprécier la difficu llé
1. 11 ne sera pas hors da propos de rappeler celui que M. Bordei; a. consacré au
méme écrimin daos le pr-emier fascicule du Bulletin hiJpanique (janYier-roars 1899).

l

1

T. Navarro Tomás. - Manual de pronunciaci6n espariola. Publicaciones de la « Redsla de filología espai1ola ». Junta para
ampliación de estudios e investigaciones científicas, Yol. Ill.
Madrid, 1918.
Afin de me mellre a l'aise pour dire de ce livre tout le bien que j'en
pense, je me permettrai d'exprimer avant tout un regret. Paru en J 918,
1. Voir l'article publié par M. Peseux-Richard dans la Revue hispanique (1910,
n• 63), Un romancíer tspagnol, Pío Baroja.

�BULLETffl HISPA!fIQUE

B18LIOGRAPBU:

deux ans a pres le Petit trailé pratique de prononciation francaise de
M. Grammont, le .lfanual de pronunciación española ne fait aucune
mention di recte ou indirecte ni de l'ouvrage franQais ni de son auteur,
Et pourtant, non seulement le plan et l'économie générale du Manual..
rappellent de tres pres le livre de M. Grammont, mais encare le fond
de plusieurs Lhéories qui y sont exposées et la méthode linguistique
elle-mCme qu'emploie M. Navarro, monlrent jusqu·a l'évidencc que
celui-ci doit beau·coup au séjour qu'il a fait daos le laboraloire de
pbonélique expérimenlale de Montpellier, ou il a, pendant plus d" un
semestre d'études, travaillé avec pcrsévérance - en 19 ,3, sij'ai bonne
mémoire - sous la direction toujours présenle et jamais lassée de
món éminent collCgue et ami.
Je sais que M. Navarro estallé ensuite en Allemagne pour s'initier,
¡\ Leipzig, a IIambourg ou aiBeurs encare, aux mélhodes de recherche
d'outre-Rhin. Un scrup~le de (1 neutralité n a d\J l'empécher d'affirmer
en public tout ce que son livre doit aux maitres donl il a pu suivre la
d irection et les conseils. Je sais bien aussi que dans un Jivre elémentaire comme ce Manual, il n'est pas indispensab~e aprés tout que
l'auteur indique sur chaque point traité les sources oll il a puisé.
Mais alors pourquoi, a la page 163 1 M. Xavarro, ayant a caractériser
I'intonation espagnole, n'hésite-t-il pas a citer les Hauplsprachen
unserer Zeit de Scbülz? Le passage que M. Navarro extrait et traduit
de cetauteur n'est point tellement caractéristiqne ni important que le
lecteur averti ne soit surpris de le rencontrer cette page, alors qu'il
a cherché vaiaemenl dans toute cette fin de livre le nom du linguiste
qui, des 1916, exposait d'une maniere a la fois si précise et si neuye la
tbéorie du rythme et de l"intonation dans la pbrase fran~aise, tbéorie
sur Jaquelle est a peu pres exactement calquée celle que développe
M. Navarro a propos de l'espagnol. L'omission est regrettable. Je ne
parvioas pas
me l'expliquer clairement. Comment les scrupules
de 11 neutralité 11 que M. Navarro a oubliés a peine un instant a la
page 163, ont~ils pu se maintenir solides et efficaces durant les
deux cent trente-quatre autres pages du volume? Peut-étre est-ce apres
tout que M. ~avarro a pensé qu'une exception confirmerait la regle
adoptée par lui.
.Quoi qu'il en soit, et cette réserve une fois faite, je n'aurai plus qu'3
louer dans le H vre de M. ~avarro la conception d'ensemble, le plan,
les théories générales el á peu pres tout le détail de l'exposé.
Bien que l'auteur vise simplement a fournir un petit traité pratique
de prononciation espagnole, - but qu·il atteint admirablement, - il
se place a un point de vue nettement scientifique. lla fort adroitemenl
consen-é á son exposé ce double caractere d'un ouvrage a la fois élé·
mentaire et savanl. L'alliage de ces qualités est assez rare, parliculierement chez les étrangers, pour que nous lui en sachions un gre i nfi.ni.

La prononciation décrite avec tant de précision et en méme temps
aveo tant de clarté est ce que l'auteur appelle la u prononciation
oorrecte espa_gnole, qui n'est, cela va sans dire, ni celle des régions
bilingues (Catalogne, Valence; Galice, provinces basques), ol.l le
castillan local apparalt d'ordinaire fortement influencé par la phonétique propre il chaque région ; elle n'est pas non plus la prononqiation
d u·castillan tel qu'il se parle en Aragon, en Navarre, daos les Asturies,
r Extremadure ou méme l'Andalousie, et oll se maintiennent des
habitudes de phonation dues aux dialectes qui jadis prédominaient
largement dans ces provinces. La e&lt; prononciation correcte espagnole »
n'est pas enfin celle du peuple de Ca,tille, des paysans de la campagne
ou des ouvriers des villes . Elle est essentiellement la prononciation
soignée de la classe cultlvée de Castillo, spécialement celle des milieux
universitaires et académiques de Madrid, débarrassée de tout trait vulgaire local propre a la prononciation de Tolede, de Burgos ou meme
de Madrid, exempte aussi de toute alfectation d'un pédantisme qui
viserait des redressements fondés sur l'ortbographe ou l"étymologie.
Cette « prononciation correote espagnole », l'auteur l'a étudiée soit
sur lui-méme, soit sur des personnes choisies dans les milieux convenables. II s'est servi ~ la fois de I'observation directe par les sens el de
l'expérimentation (palais artificiel, inscripteur de la parole, etc.). Les
descriptions sont systématiquement accompagnées de figures, palatogrammes et schémas de diverses sortes. M. Navarro n'a pas négligé
non plus le témoignage d'inégale valeur des autres pbonéticiens,
depuis E. de Arauja et Escricbe jusqu'a Josselyn et M. A. Colton.
AprC.s un exposé rapide mais substantiel des principales notions de
phonétique genérale, viennent tour a tour l"étude des voJclles et des
consonnes considérées d'abord isolément puis en groupes l'intérieur
du mol ou dans la pbrase, l'étude de l'intensité et dela quantité, enfin
l'étude de la hauleur musicale ou intonation.
Bien qu'au S 19 1 page 19, l'auteur déclare que l'analyse de l'intonalion intéresse tout aussi bien le mot isolé que le groupe phonique ou
la phrase, il est notable que le chapitre de l'in tonation ne vise que les
variations de hauteur musicale de la phrase ou d'un groupe pbonique
en général plus développé que le simple mol isolé. Y a-t-il une relatíon
q uelconquo en espagnol entre l'acoentd"intenslté et l'accentdebauteur
de cbaque mot, indépendamment de~ Yariations dues 8. la syntaxe,
c'est ce que l'on aimerait savoir d'une maniere plus circonstanciée que
l'auteur ne l'expose en passant au S i 74.
ll n'en est pas moins vrai que les variations d'intonation affectent
surtout la phrase et tendent, en espagnol CfH;nme dans les autres
langues, A réaliser une expression tres claire et rapidement compré~
hensible des différents modes de la pensée ou du sentíment:
interrogation, affirmation 1 exclamation 1 ordre, priere, parenth8se1

a

a

a

a

���76

BULLETIN HISPA.NIQUE

font que ce chapitre clOture dignement l'ouvrage, qui reste le meilleur
traité de prononcialion espagnole écrit jusqu·a présent, et qui est un
livre sérieux, extremement utile au point de vue pralique et d'une
véritable valcur scientifique. Ufait le plus grand honneur a la .science
espagnole que M. Ramón Menéndez Pidal et ses excellenls-éleves et
collaborateurs ont promue a un rang tout 3. fait distingué .
GsoRGES MILLARDET.

El libro de Caravia por Aurelio de Llano Roza de Ampudia y de

Valle, Oviedo, Impr. Gutenberg, 19r9, 24, pages.
A mi-chemin entre Villaviciosa et Ribadesellas. Caravia, composée
de. Caravia la Alta et Caravia 1a Baja, est une des jolies et des
plus curieuses localités de la cóte asturienne. Aussi l'auteur de celte
monographie bénéficie•l•il d'avance, aupres du lecteur qui a gardé la
vision de ce charmant pays, d'une excellente disposition a la lecture.
Et il la mérite, aussi bien par l'illustration que par l'abondance de
clétails qu'il fournit sur la géographie, la population, la préhi:;toire et
l'hisloire, les travaux champ8Lres, le folklore, les co.utumes. Je signa·
lerai surtoul les nombreuses coplas donl les paysans accompagnent
leurs divers labeurs; les mythes et supec.stitions; les romances et
cantares; les parngraphes sur la ,foguera, el baile del pandero] el
ijujll, et la danza prima. Sur ce dernier sujel, l'auleur complC:tera les
pag1:s intéressantes du tome X de l'Antologia de .~1enéndez Pelayo,
(p. g): il don ne en etrel une variante, beaucoup plus courle d'ailleurs, du romance t( ¡Ay! un galan de esta villa)), recueilli par Juan
, l\1enéndez Pida! (ib. p. 79). Voici quelques vers qui ne se trouvenl pas
dans ce dernier :
¡ A.b I cogiolcs Catalina,
¡Ah! cogioles ora Juana,
De las que 'l rosal tenía,

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Cuatro y cinco en una pilla,
Cinco y cuatro en una caña.
Un amor que yo tenía
Un amor que yo le amaba.

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LA RÉDACTI0N , E. MERL\IEE, A. MOREL-FATIO, P. PAR!
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                <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores.</text>
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