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L'ILLUSTRATION,
DIVEBSEL.
IOUBR.A.L

- -=-==--E&amp;
~~~-- ·-:· _. ·. -·
--

- --

Ue ANNÉE. VOL. ILIV.

Direction, Rédartion , Administralion :
T~utu les communitations relatives au joumal , réclamations, demaodt11
de changement,; d'adresse , doivent etre adressées franco i
11. AUG. JIIARC. DIRECTEUR-GÉRA.~T.
Les demandes d'abonnemeot doivent étre accompagné~•
d'uo mandat •ur Paris ou sur la 9oste,

~

N•

S'.a n, e di ~a .Jui llet

f 117 .
1 8 a.&amp;.

~'auwnnliat II n,ea pu 4a ■u11cri11 et ae l'ugagt ¡am1i1 i I• i11ir•.
fa la lniWt, la traductioa 1I la r•productioo i l'jlr&amp;nger ~•I ialtr4ilo&amp;.

BUREAUX : RUB RICHELIEU, 60,

!bonnements pour París et les Déparlt.ments :
6 moia, 18 fr.; - unan, 36 fr.; - le numéio 1&amp; o.
!a collection mensuelle, 3 fr. ¡ le ,·olume semestriel, 18 fr. 1

3 mois 9 tr. ¡ -

ABO,NNEMENT8 POUR L'ÉTRA.NGBR 1
Mémes pnx; plus les droits de poste, suivant les tari!t.
Le• abono. parteol du ter o• de cbaquo moi1,

Gravuru : Arrivée de LL. Mlt. l'Emperenr •I l'lmperatrice dn Me1ique a

SOlUJAIR E.

;n

.ne.
. scrar"4,
é¡;ére~
1miniua.
,acune
et de

A•rivée de 1.1. MM. l'Empereur el l'lmpératrice du Mcxique. - Revue
politique de la ,cmaine - r,ourrier de Paris. - Célébratioo de la ftlte
ele Saiut-Pierre l la cbap,llc Saiut-Louis de Tuuis, - forrespoudaocc
d'Al~érie, - Autobiograpb,c d'un poete (suite), - E1pédi1io11 daos
l'mtóricur du Meuque. - G,uli, (nourelle ), fin. - La c!é des champs.
- Pete ,lu f,onrban-Dairam, a Brousse. - Orage dans l'Oberland, r,a,ette du Pala.is. - L'appareil Remkorff eí la scicnce.

Vcra-C.ruz. - Messe célébréc j¡ la chapclle Saint-Louis ( Tunis) pour
la !~te ~•trnnale des matelr ts ~nbiers ('!1 JUin). - In,urrect,on d'Algérie: r.ombat d'Aio-KI-Sueta; - Les chef, des Flittas rerenLI du
~énéral Deliguy la coofirmation de l'amao, au bi,ouac de Has-OuedEI-Anur. - Etpédibon daos l'ir.lérieur du Metique ( 4 gravure&amp;),
- Hte du Courbau-Dairam daos la mosquée de Zeseb1l lmare1, •
Brousse. - Un ora,e daos l'Oberland. - Tbéalre Robiu; - Bloc de
verre de ucuf ccnhmctres, traversé par l'étincclle de l'appareil Rumko, IT.
- Rébus,

-- ~ ~~------

ARRIV8~ DE LL. lUI. L'KllPERKUR ET L'IMP&amp;P.ATRICK DU ll&amp;XIQUK.
AU DIRECTEUR.
V, ra-Crut, 30 mai.

Apres un vo~age accompli heureusement, et dont le
terme a devaneé l'attentc publique, LL. MM. l'Empereur

.

Lºll»PEII.EUR ET L'IMPÉRATRICB DU MEXIQUE A VERA-CRUZ: Pmage du cortrge ious 1'1rc ~e tri•mphc de la place d'Armea. - O'aprét une phot. com'llumquée par la UgÍtioo du lleiique.

�L'IL1USTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

50

.Marimilien et l'Impératrice Cbarlotte sont arrivés, le
28 de ce mois, a la Vera-Cruz.
Le 20 au matin, Leurs Majestés descendaieot sur. le
sol du Mexique, oü elles étaient re~ues par les capitaioes
et les états-majors de la marine frao~aise, la députatjon
de !'ayuntamiento, le général Almonte, le préfet de VeraCruz, le commandant supérieur, M. Maréchal, et le di•
recteur de la marine, M. Peyron. Les marios franfais
faisaient la haie d'Wl coté et la garde nationale mexi-caine de l'autre. A la porte splendide qu¡ sépare la ville
du mole, l'Empereur re~ut les clefs de Vera-Cruz, sur
lesquelles il posa la main, et entendit une adresse de
l'ayuntamiento, a.laquelle il répondit, daos le plus pur
castillan (( que top.tes les puiss~oces de sa volonté et de
son intelligeoce seraient mises au service du Mexique,
et gu'il ferait tout pour rendre.heurelll ceux qui l'avaien t
choisi. »
Ce fut en voiture que Leurs Majestés firent le trajet de
la porte ·de la ville au wagon impérial, au milieu des
cris iocessants de : Vi ve l'Empereur ! vive l'lrnpératrice !
au milieu des pétards, des bouquets de fleurs, d'une pluie
de fegilles de roses, en passant souS-Un magnifique are de
triompbe élevé sur la place .d' Armes et a tra vers les rues
élégamment décorées. A six heures et demie du matin,
le convoi impérial se mit en marche pour Mexico.
Agréez, etc.
Pour extrait: P. PA.GET.
~

REVUE POLITIQUE DE LA SEMAINE.
Le-s hostilités soot de oouveau suspeudues entre les
11nissaoces allemandes et le Danemark jusqu'au 3l juillet. A l'erpiration de ce•délai, !aguerre recommencera,a
m'oins que le cabinet de Copeohague n'ait présenté
d'ici la des confüioos de paix qui paraisseot acceptables a )'Autriche et a la Prusse. Le baroo Bredon a été
chargé' par Christian IX de négocier pour le Danemark.
·
11 reste asavoir quelle~ propositions la Prusse et l'Au. triche daigneront trouver accéptables, et' l¡Js journaux
allemands ne nous dooneot -sur ce point áucim renseignement pos1tif.
En attendaot, des proclamations du genéral Vazal de
Folk.enstein, datées de Randers daus le Jntland, portent,
entre autres cheses, que les rassemblements de plusieu.i,,
persannés sont défendus ; que personne, a partir de dix
heures du soir, ne pourra sortir de la ville ; que les
fonctioonaires qui quitteront leur poste ou qui se montreront récalcitrants, seroot jugés par un conseil de
guerre, et que leur fortune sera confisquée.
Le général ne menace encore personne du fouet ou
dQi verges.
Le l4 juillet, les nouveaux ministres du Danemark se
sout rendas au Rigsraa.d, et le ministre de l'intérieur a
donoé lecture, au nom du président du conseil, d'un
messa-ge daos lequel les membres du cabinet appelé a
prendre la direction des affaires daos de si graves conj1mctures, exposent qu'ilsne peuvent tracer le programme
de leur politique, et qu'ils doivent se borner a déclarer
(( qu'ils se tiendront inébranlablement sur le terrain de
la légalité, qu'ils ne se permettront jamais de rlonner
a Sa Majesté UD conseil qui ue soit en harmonié parfaittl
avec ce principe,conseil que le roi d'ailleurs,-le peuple
doit en, etre convaincu,-serait le premjer a condamner,
et que le salut, l'honneur et l'indépendance du Danemark. seront l'étoile qui guidl!ra tous lenrs acte~, le but
précieux auquel tendront tous leurs etTorts. »
Le roi de Wurtemberg a ouvert les chambres du
royaume. 11 a bien voulu assurer les (( nobles et honorés
m~ssieurs, amis et féaux » auxquels il s'adressait, que ce
ne serait pas une faible satisfaction pour lui de pouvoir
prouver, au début meme de son regne, « que les vrais IJesoiris du pays sont reconous et que tout intéret légitimc,
soit moral, ~oit matériel, trouve la protection qui lui est
due. »
L'avenir nous apprendra ce que le nouveau roi de
Wurtemberg entend par les vrais liesoins et les intérets
légitimes du pays. Sa Majesté a fait allusion a un nouveau code de procédure mis a l'étude et fondé sur la publicité des déhats. Si le Wurtemberg en est encore a d,;_
sirer des débats publies et oraux, on peot bardimeot supposer que le nombre des vrais besoins du pays, tels que
nous les comprendrions, nous autres fils de 89, est assez considérable pour donoer quelque besogne a un
prince trien intentionné.

.

L'auguste orateur ne s'cst pas dissimulé que le temps
était grave et plein d'agitation.
M Toutefois, a-t-il aj0uté, ce qui est de nature a oous
rassurer beaucoup, c'est qu'un afcord ait été obtcnu entre les deux grandes puis~aoces allemandes, doot les
vaillautes troupes out versé leur sang daos un meme buL
pour l'honneur et le droit de l'Allemagne, accord qui
auwrise a espérer que laquestion des duchés de SlesvigHolsteío, qui agite l'Allemagne tout en tiere, trou ver:1
sa solutíon daos un seos conforme a !'esprit national et
au droit national. »
La conquete du Jutland serait-elle, dans la pensée du
roi Charles, un des (( vrais besoios )) de l'Allemagoe en
général et du Wurtemlierg en particulier?
Le géoéral Wilson, apres avoir détruit le chemin de
fer de Oanville, sur un parr.ours de 20 milles, a été attaqué par les confédérés, le27 juin,sur le chemin de fer de
Weldon a Pétersburgh. Le combata duré toute la nuit, et
les fédéraux se soot vus contraiots de suspendre leur
marche en avaot. Le général Meade a envoyé, le lendemaio 28, des renforts a Wilson. ·
Le méme jour, les coofédérés ont opéré un mouvement
sur la gauche pe Grant.
Des dépéches plus récentes rlonoent la nouvelle grave
d'une invl!.sion partielle dn territoire du Nord par l'armée confédérée : un corps, évalué a 30,000 hommes,
sous les ordres du général Ewell, se portant vers l'ouest,
aur.:i.it débouché daos le Maryland, presque aux portes
de Washington, a travers la va:llée de Shenandoah, et
occupé Harper's Ferry et Hagersto"'n, saus avoir, selon
to~te apparence, rencontré d'obstacle au passage du Po1.0mac, non plus que dans le has Maryland.
V~tat de Maryland avait voté récemment l'abolition de
l'esclavage.
Une dépecbe du général Oeligny annonce que la soumission des Flittas est complete, et que l'ordre est rétabli
dans la partie de la province d'Oran ou la paix avait été
troublée par le soulevement de cette tribu. Le général a
recommaodé qu'on évitat avec grand soin tout mauvais
propos, toute menace, toute provo~atioo a l'adresse
des indigenes. Voila une sage et bumaine recommaodation a laquelle on ne saurait tro¡, applaudir.
Le marabout Abd-el-Aziz, qui s'était mis a la tete de
l'insurrection apres la mort de Si-Azereng, traqué depnis
plusieurs jours par les Fli\tas eux-mémes et par les tribus limitrophes de lasubdivision de Mascara, s'est reodu,
le 9 juillet, au lieutenant Monier, chef de l'annexe de
Zammorah.
Deuxjours auparavant1 les Harar-Cheraga avaieot remis au commandant sapérieur de Tiaret les chevaux,
les mulets et les armes enlevés par eux au début de
l'insurrectioo, et notamment les chevaux du colonel
Beaupretre et du sous-lieutenaot Marsot.
Les dernieres dépecbes du MexiqÚe oous oot apporté
des détails sur la prise d'Acapulco. La garuison s'est
rendue sans coup férir et s'est retirée a Providencia, oü.
se trouve le quartier général d' Alvarez, chef des bandes
juaristes de l'Etat de Guerrero. Le contre-amiral Bouet
a pris posse.sion de la ville et du port.
Une partie des bandes d'Alvarez, campées a PuebloNuevo, village situé a trois lieues d'Acapulco, a été mis
en déroute par nos troupes, sous les ordres du capitaioc
Bézard, des tirailleurs algérieus. L'ennemi a perdu cinquaote ou soixante hommes, un drapean et deux pieces .
de campagoe.
Une curresp0ndaoce adressée dn Mexique au Times
contient des détails tres-intéressants ~ur l'accueil entbou~iaste que les lndiens ont fait a l'Empereur Maximilien. Ceux de Naranjal ont remis a Sa Majesté une
adresse oü ils la comparent a (( un arc-en-ciel qui dispersera les nuages qui semblaient pour toujours amoncelés sur le pays. &gt;&gt; Franchement, il ne doit pas etre tresfacile, pour un prioce tout nouvellemeot débarqué d'Eu-rope, de rendre politesse pour politesse a des sujets qui
vous harangueot dans ce style-la !
Le bruit courait, d'apres la méme correspoudance,
que la coaronne des rois Azteqoes, religieusement conservée par une tribu d'lndiens d~puis la chute de l'antique dynastie, devait étre offerte au nouvcl empereur,
comrne au prioce qui, d'apres une vieille pruphétie, était
destiné a la porter.
L'avénement d'un archiduc autrichien prédit par les
oracles azteques ! Qui s'en serait douté?
Une nouvelle loi sur la presse vient d'etre votée par
le.; Cortes; les articles 6 et 7 de cette loi ¡,oo t ainsi con~us :
Allt. O. 11 ne sera publié aucun écrit snr le dogme de

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

notre sainte religioo, sur l'Écriture sainte, ni sur
morale chrétienne, saos l'approbation des diocésai
Art. 7. Le gouvernement est autorisé a prohiher l'i
portation sur le territoire espagnol de tout écrit qu
conq,ue qui sera imprimé ou puhlié en pays étrang~
ll parait qa'aux yeux rlu gouvernement espagnol, ce
compression de la pensée est l'an des vrais besoins n
l'Espagne.
Le bruit a couru, dans ces derniers jours, a Milan,d'
départ de garibaldiens du port de Genes. De la destma
tion du batiment qui portait les volontaires, rien.
. Le comité central franco-polonais, présidé par M.
duc Eugene d'Harcourt, ancien ambassadeur de Fran
a Rome, adresse un appel aux sympa1hies frao~aises e
faveur des Polonais qm ar,rivent tous les jours dénu ·
de tout, épuisés et malades des blessnresre~ues en co
battant pour l'indépendance de leur patrie.
En méme temps, la misere et les 'Souffraoces des Cir
cassiens qui ont préféré l'exil a l'esclavage exciten
daos l'Europe libérale, une pitié qui ne sera pas stéril
Deux peuples chassés de leur pays, mutilés, moura
de faim, demaodant au méme moment asile a la Tu
quie et a la France et imploraot un morceau de pain
la compassion des natioos étrangeres! Voila de qiloi
faite la grandeur de la Russie.
Le l6 juillet, a H heures du-soir, S. A. l. la prince
Clotilde a donné le ;our a un 61s.
Proces-verbal a été dressé sur les registres de la C
mili e impériale de la naissance du prince, qui a re~u 1
noms de Napoléon-Louis-Joseph-Jéróme. '
Le roi d'Espagne sera, dans quelque~ semaines, l'h
de la France. Sa Majesté catholique arrivera a. Paris
l Oau 20 aotit; elle sera accompagnée de sa maison mi ·
taire et habitera le palais de Saint-Cloud.·
S. M. le Roi des Belges est arrivé mercredi soir
Paris.
EoMoNo TEXIER.
~

t;UIJIUUEll bl!

P.&amp;.llllll,

Le rlub des Bébés. - Statuts apocryphes. - Un arrété d
Premier Préfet du palais en l'an XIII. - L'bymen et 1
tableaux vivanls. - La stalue de Relioul. - U11 accesso·
1-&gt;roposé. - Une statue á Greuze. - Autre idée. - La ré
bilitalion et M. Mr.quillet. - Un ver• du Misnnthrope. Est-ce Turtufe? Est-ce Tartuffe~ - Transforma1ion
Nafa jaune.

On discute encore sur la véritable portée des instructions que le comte de Glücksbourg, en voyé en Alle,ma150
pour traiter de la paix, tient de son auguste frere
Christian IX, roi de Oanemark, et les intentions des
puissances allemandes sont toujours un mystere, au
moins pon:- les simples mortels qui ne soot point miti'
aux desseins des dieux; mais il est hors de doute qu'ua
club nous est né, qui s'appelle le Club des Béblis.
Les journaux, qui oous anooocent cette importan
nouvelle, ometteot de publier les statuts de l'associatioo,
et vraiment ils ont le plus grand tort; il serait bon de n
pas laisser les esprits en suspeos lorsqu'il s'agit de m
tieres aussi gr4ves.
J'ai recu bier sous eoveloppé une piece manuscri
qui ne se~ait autre chose, si j'en crois le titre, que le d
cument dont la presse a jusqu'ici négligé d'entretenir le
public. Cette piece, je me bate de le dire, m'a tout ra·
d'etre apocryphe; j'en cite quelques extraits, et je peo
qu'apres les avoir lus tout le monde sera de mon avis:
Art. 2. Les deux sexes sont ad mis a fa!re partie du club.
• A1't. 4. Tout membre du club doit etre sevré.
Art. 5. Tout membre du club cesse d'eo fair~ parti
aussitot qu'il a percé sa premiere dent de sept aus.
Art. 7. L'admission est proooncée a la majorité d
dcux tiers des votaots. Le vote a lieu pl!.r assis et levé,
tout membre qui n'est point encore capable de se
nir sur ses jambes vote ou.i en disaot papa, et non en disant mama,,.
Art. 9. Toutmeml1reduclub doit avoirlesjambeset
col nus, a l'aoglaise; le costume de rigueur est la ja·
quette blanche et le pantalon blanc festonné couvrant 1
genou. Le baveron et le liourrelet sont obligatoires po
les membres agés de moins de trois aos. Le présiden
peut autoriser l'usag'e des lisieres et des hor.hets.
At't. l 3. Les seuls jeux permis daos. le club sont 1
main chaude, le pied de breuf, la marellc, la baile, 1
billes, le colin-maillard et le jeu de cache-cache. 11
expressément détendu de jouer au sable dans les..salons.
Art. i5. Les seuls eojeux autorisés sont les suc
d'or¡re et les booshommes de pain d'épice.

'

5t

une figure noble, saos défaut rlans les yeux, dans'les jam- l'histoire naturelie, l'astrooomie, la chimie étaient du
d'orge ou q11atre bonshommes de pain d'épice. est tenu bes, et généralemeot aucunes difformités naturelles. i, grec,et meme de l'hébreu pour tous ceux qui n'étaient
pas des savants a di¡ilóme. Un homme du monde aurait
de se retirer do jeu.
Nimes
va
élever
une
statue
a
Rehoul,
son
boulangermeme
eu assez inauvaise gr.lee a s'occuperde ceschoses;
Art. 20. Des bonoes sont attacbées au club.
11 suffit de lire ces quelques articles pour etre bien poete; qu'oo dise a pres cela que la province est in grate, aujourd'bui, noussommes en train de changer cela, peu
-d·e gens rougiraiem encore de ne plus etre des ignorants
convaincu il me semble, que la piece a laquelle ils sont et que nul n'est prophcte dans son département !
'
.
Or, Nimes est une ville romaine, toute éprise de l'an- et l'on ne croit plus qu'il y ait la moindre honte a savoir
empruntés est dépourvue de tout caractere d'authent1-cité • il faut évidemment n'y voir autre cbose qu'unc tiquité; et vous verrez que le Reboul de la statue sera comment on respire, comment on digere et quelles lois
plai~anterie, et d'ici a quelques jours la publication offi- vetu d'une toge et chaussé de sandales, de sorte que régissent la nature 011 les nombres; la vulgarisation de
cielle des statuts du club des Bébés dissipera toute mcer- rien n'empéchera les Nimois de l'an 3,000 de le prendre la science est done devenue une nécessité, et les vulgaripour un consul, voire méme pour un César, si l'enthou- sateurs sont tres-estimés, tres-rechercbés, tres-los, trestitude sur ce point.
siasme des coutemporairts ne recule pas devant la cou- écoutés. Les .11ondes de M. Guillemia, la Bou~hée de pain
En attendant que nous sachions au juste quelles sont ronoe de laurier, ce qui ne serait pas impossible : on de M. Macé, les ouvrages de M. Louis Figuier vulgarisent l"astrooomie, l'histoire naturelle el les sciences
es qualités requisespour faire partie du club des Bébés, sait ce dont les méridionaux sont capables.
Va
done
pour
le
costuine
romain;
seu'.emeot,
je
supphysiques, et le succes de ces livres charmants et sérieux
peut-ctre vous sera--t-il ag,:éable d'apprendre a quelles
conditioos on entrait, il y a soixante .:i.ns, daos la troupe plie rartiste qui sera cbargé rlu marhre ou du bronze, balance celui des romans en vogue. Ce que M. Figuier
d'ajouter asa statuc un petit accessoire que la statuaire fait une fois paran daos sonAnnéescientifique, ~f. l'abbé
chantante de l'Opél'a.
Moigno va le faire une fois par mois daos des entretiens
Les archives du théiÚre conservent un arreté sign1; antique ne lui fournirait peut-etre pas.
Soyons de bonne foi, il e~t évident qne si Jean Re- qu'il a inaugurés il y a huit jours. thaque legon sera le
Lugay, Premier Préfet du palais, et tlaté du 5 veotosc
bo11l n'avait été que poete, on n'.aurait pas songé a lui résumé des découvertes et des applications scientifiques
an XIII, ou je lis ceci :
Le Premier Préfet du palais, cbargé de la surveillance et dresser une statue; mais, en méme temps que poete, i, récentes, des dernieres conquetes de !'industrie, des derdirection priocipale de l'Académie impériale de musique: était boulanger, et cette circonstance doublait le prix de 'niers travaux sur les grandes questions a l'ordre du
Voulant assurer le service de cet établissement, fait ses vers; eh bien! puisque la boulangerie est pour jour. Dans la séance d'ouverture, le savant abbé a touappel aux jeunes gens des départements possédant une moitié daos sa gloire, que le sculpteui le représente ché, parmi beaucoup d'autres sujets, a l'antiquité de
voix décidée de haute-contre, ténol' et basse-taille1 et les avec une lyre daos la main droite et une miche daos la l'homme, aux générations spontanées, a la pluralité des
main gauche.
mondes et aux liallons.Ccrtes, voila d'asc;ez intéressantes
qualités ci-apres :
(&lt; Le sujet présenté doit savoir la n:lusique au point de
questions. Les entretiens de la salle de 13. Société d'enLes coocitoyens de Greuze se sont, eux a115si, sentis pris,
solfier tres-couramment.
conragement auront, avant peu, la faveur du puhlic,
dans ces derniers temps, de l'irrésistible besoin d'élever
« Il ne doit pas avoir plus de vingt-cinq aos, ni moins
corume les entretiens de la rue de la Paix.
une
statue au peintre de la Cruche cassée et de l'Accordée
de dix-huit.
de village. Ce n'est qu'au bout de soixante ans, que cette
Si nous ne sommes pas, daos quelques années d'ici,
« Sa taille ne doit point etre au-dessous de 5 pieds
pensée s'est tout a coup imposée aleur esprit; mais c'est des gens pleins de savoir et d'érudition; ce sera bien no3 pouces, ni au-dessus (le 5 pieds 5 pouces, a moins qu'il
qu'on n·a pas, a Tournus, l'admiration aussi impétueuse tre faute; certes, les moyens de nous instruire ne nous
n'ait une superk vJix.
qu'a.Ntmes.
.
manqucnt poiot.
'
··
(( n faut qu'il ait une figure agréabTe, ou du moins une
Eh
bien!
l'avouerai-je,
il
y
a
comme
cela
des
impres11
y
a
quelques
mois,
je
vous
annoo~ais
le premier nufigure noble, saos défau.,t daos.les yeux, daos les jambes,
sions _singulieres, je ne puis ru'accoutumer a cette idée méro d'un journal dédié aux chercheurs et curieux, et
et généralement aucunes diflormités' naturelles.
(( Le sujet qui remplira toutes ces conditions se fera de .voir l'ima~e de Greuze se dressant majestueuse sur qui s'appelle l'Intermédiafré. .Une difficulté littéraire,
inscrire a la préfecture de son département; sur !'avis un piédestal, comme celle d'un maréchalde France, d'un historique ouarchéologique, vous préoccupe-t-elle? vous
faites partde vos doules a l'Interméaiaire. L'Interméaiaire
que le préfet du département est prié d'en donoer au ministre, ou d'un magistral.
Si j'avais été tourme~té de l'envie de rendre a Greuze en informe ses lecteurs, et c'est bien du malheur si
Premier Préfet du palais, il sera pris des mesures pour
faire subir a l'aspirant un premier examen sur les les honneurs posthumes, je luí aurais bati une petite quelqu'un d'eotr7eux ne trouve pas la bonne répon~e et
chapelle a l'omhre des tilleuls et des acacias, au milieu ne s'empresse pas de l'adresseraujournal, ou v&lt;¡us la troulieux. . . . . . . • • •
(( Ceux qui auront été jugés réuoir les conditions de- de parterres de myrtes et de roses. Sur un petit autel de vez, un mois ou deux mois plus tard, tout au vif imprimée.
Un vers du Misanthrope a donoé lieu, daos les derniers
mandées seront admis a l'Académie, et il leur sera de marbre blanc, j'aurais placé- son portrait au pastel, et
chaquc
année,
au
printemps,
des
jeunes
filies
vetues
de
numéros,
a des interprétatioos tres-diverses; c'est le vers
suite assuré un traitement suffisaot pour les mettre dans
blanc, de jeunes villageois portant des habits hleus, des ad,ressé par Alceste a l'homme au sonnet :
le cas de ne s'occuper que de leurs talcnts. »
Cet arreté a été mis sous verre et encadré; franche- culottes jaunes et des has chinés, des vieillards d'un viFranchement, il est bon a mettre au cabinet.
sage noble, avec de longs cheveux blaocs leur tombant
ment, ce n'est que juste.
sur les épaules et un gilet a ramages,:seraient allés proDaos quelle acceptioo faut-il prendre le mot cabinet't
La Gazette aes Étrangers annongait, dans un de ses cessionnellement déposer sur l'autel des fleurs, des reufs Est-ce la chambre de travail? Est-ce le meuble intime
derniers numéros, que les tableaux vivants de société frais·et des colombes avec des rubans bleus ;.u col ; un ou nos peres serraient leurs papiers et leurs bijoux?
faisaient fureur a Londrés, et que ces most attractive centeoaire aurait Ju une page du doux Gessner ou de l'ai- Est-ce autre chose? En lisant cette intéressante polémiexhibitions avaient décidé plusieurs mariages dans ces mable Florian, jeunes gens et vieillards auraient chanté que, j'ai rougi quelque peu d'avoir attribué trop facileensemhle : Tfrcis en vain aimait Colette, ou bienAnnette
derniers temps.
.
soupirait
pour Blaise, et apres avoir répandu quelques- ment a cabinet le seos le plus grossier.'Cepeodant, en y
Oh! que j'aime le tablean vivant devenu négociateur
réfléchi5sant bien, il me semble qu'il y a bien des chanen mal'i.ages; que cela va bien avec la pudeur anglaise ! unes de ces !armes que les creurs sensibles ont toujours e-es pour que ce seos grossier soit ie bon. Certes, il n'éEt vraiment M. de Foy doit regretter de n'avoir pas eu a leur service, on serait rentré au hameau en se faisant tait point fait pour eflrayer Moliere ; en outre, Oronte
encore cette idée si simple et ~i heureuse du tableau vi- une fete de recommencer l'année prochaine.
Ois-moi, tendre et vénérable Greuze,mon idée ne vaut- avait assez échauffé la hile d'Alceste, pour que celui-ci
vant ! Mais je me fie a luí, s'il ne !'a point trouvée, il
se laissat échapper a quelque réponse un peu vive, et Je
elle pas mieux que celle de tes concitoyens?
l'appliquera.
« franchement &gt;J qui précede, indique clairem1::nt qu'il
Pretons - nous a cette admirable innovation, proSi jamais la réhah•.itation postbume devient une vé- ne va pas méoager le petit moreeau qu'on vient de lui
fitons en Fraoce du bon exemple que nous dono.e l'An- rité légale, comme elle est déja une vérité philosopbi- lire avec tant de complaisance.
gleterre : plus de bals, plus de soir¿es ~e musiqne : des que et une nécessité morale, la gloire en revieodra a un
tableaux vivants, rien que des table:,ux vivaots, l'hiver homme qui a coosacré sa longue vie a la justificatidn
u·y a une autre controverse littéraire sur laquelle il
prochain.
serait
fort opportun que Moliere put dire son mot : eUe
d'un innocent mort sur l'échafaud, et aujourd'hui en-•
Qu'il sera touchant d'entendre une mere dire asa filie: core légalement coupable. Si l'ou ne sooge pas a élever est née de la liberté des théatres; e'est, vous le voyez,
- Ma chere enfant, te voila dans ta viogtieme aonée, une statue a M. Méquillet, le subrogé-tuteur des petits- une actualité.
l est temps de trouver un mari; allons commander un enfaots de Lesurques, assez de creurs béniront sa méTartuf•.. (pour le moment, permettez-moi d'en rester
maillot.
moire pour qu'elle se passe d'un plus solennel hommage. la) Tartuf... est joué depuis trois semaines sur trois
Et qu'il sera charmant de voir un roman commencer
On sait que, s'il n'a pas encore obtenu un succes dé- théatres de Paris ou ¼foliere est du fruit nouv·eau; c'est
ainsi :
cisif, M. Méquillet a du moins eu, cette aonée, la cooso- assez dire que tous trois sont d'accord sur ce, point que
(&lt; Henri Y ... iítait un jeúne homme accompli; Blanche
lation de voir un grand mouvemeot d'opinion se faire Tartuf..• est un cbef-d'ceuvre; ils s'1mteodent moins sur
Z... était une ravissante jeune filie, belle, modeste, dé- en faveur de la nobl\l entreprise qu'il poursuit. 11 vient l'orthographe du uom assez étrange que le comir¡ue a
cente, et remplie de toutes lesvertus qui fo11t une femme d'adresser, dans les termes les plus touchants, un re- donné a son irupost':lur. L'un d'eux écrit Tartuffe, un
modele ... i,
merciement public aux orateurs qul ont plaidé devaut autre Tartufe, le troisieme, tantot d'une f~on, tantót de
« J'ai écrit (( femme modéle ,i saos peoser a mal, qu'on le Corps législatif, et aux journalistes qui ont soutenu l'autre.
en soit bien persuadé.
Qµelle est ta bonne? , •
de leur plume une cause a laquelle taut d'avocats se
&lt;( Le jeune Y... était deveu u éperdtiment amoureux sont déja dévuués.
L'autre jour, un critiqll~ tranchaít la qdestion sans
d'elle en la voyant poser daos le saloo de la princesse
Acceptons ses remerciements, mais _songeons que rien héshation aucune : c'est Tartufe qu'il fa)lt écrire, disaitde X..., ou elle représentait Judith séduisant Holopherne n'est fait, puisqu'il reste encore quelque chose a faire.
il, ¡,arce que ce nom vieut ,q.e l'allemand dtr ieu/el1 qui
avant de lui couper la tete... ,i
signifie le diable.
Les personnes qui auront l'excellente pensée d'orgaTandis que les idées philosophiques font tout douceMais voila que dan~ l'Intermédiaire, M. Hippolyte
niser des tableaux vivants dans leur salon, ne pourront ment leur chemin, les ootions scientifiquesse répandent Lucll$ écrit Ta,:t11ffe, et qo'il se déclar~ tres-disposé a
mieux faire que de s'iospirer de l'arreté du Premier d.:i.ns le public et se vulgarisent. Vulgarisation, voila un partager l'opinion d'apres laquelle Moliere aurait eu
Préfet du palais, et de décréier·qu'aucun suj.et ne sera au-. mot toutil faitmoderne, et la chose ne l'estguere moins l'idée de donner au personilage de sa comédie le nom
torisé A poser s'il n'a &lt;( une figure agréable, ou du moins .que le mot. Autrefois, la pbysique, les mathématiques, qu'il lui a donné, en voyaot s'épanouir le visage de cerArt. 16. Tout membre qui a gagné cinq sucres

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L'lLLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

L'lLLUSTRATION, JOURNAL UNl VERSEL.

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IIIESSE CÉLÉBIIÉE
A LA CHAPKLLB SAlNT-LOUIS (Tuais) POUR LA FtTE PATllONALE DES M.\TELOTS GADll!I\S ('U juin). ;

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D'apres un croquis d~ M. N. de 1·escadre ,d'év~lutions.

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CÉLÉBRA.TION

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Au nombre des collaborateurs nouveaux, on cite
tains chanoines devan.t un plat de truffes ou tartuffes
M. · Granier de Cassagnac, M. Veuillot; M. Pro·udhon,
que leur avait envoyées le .nonce du pape.
ºª u .
J'attends avec grande impatience le prochain numéro M. Barbey d'Aurevilly.
.
Ce n'est pas par la monotonie que,péchera la nouyellé F8TK DK SAIHT.PIERRK A LA CHAPKLLK SAIRT-LOUIS DK TUMIS.
de l'Intermédiaire, qui ne peut manqµer de contenir une
rédaction,
et SQUS ces noms je vois miroiter tant de cou•
réponse a M. Hippolyte Lucas; car il est évident que la
¡\U DIIIECTEUR,
leurs
différentes,
que ce litre de Nain jaune me parail
question n'est point épuisée.
Rade de Tuni1, I" juillit.
manque¡ désorn1ais d'a propos; il y en a un autre
Le vice•amiral, comte Bouet-Willaumeí, corrimandaot
Le Nain jaune vient décidément de se métamorphoser qui viendra certainement sur toutes les levres et qui
en chef l'escadre d'évolutions mouillée en ce~momeot
ferait bien mieux l'affaire.
X. FEYRNET.
en journal politique.

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INSURRliCT!O:i O'ALGÉRIH: COllBAT O'Allí-EL-SllETA. -

O'aprcs un dessin de M. Lefebvre,
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L'ILLUSTRA TION , . JOURNAL UNIVERSEL.

deTant Tunis, vient de décider, par un ordre du jour,
qu'a !'avenir, les matelots gabiers prendraient pour fete
la Saint-Pierre. Cette déeision a été re~ue avec enthousiasme par cette parlie des équipages de la flotte provenant de nos populations maritimes, si profondément
religieuses; jusqu'~ présent, il était d'usage que les gabiers fétassent un jour de l'année quelconque, jour qui
était déterminé parla convenance duservice, etquelquefois,l'année se passaítsans que cejour arrivilt, faute d'indication précise; a l'avenír, le jour de la Saint-Pierre sera
cons.acré spécialement a\.1~ gauirrs. Pour donner plus d'éclat a l'inauguration de cette féte, le vice-alnifül a voulu
que la mess'e fut célébrée dans la chaphtlé élevée, iI y a
quelques années, sur l'emplacement de I'Aeropole de Cartharge, la méme óu l\l ro¡ S¡iint-Louis était venu expirer, a la suite de la croisade entreprise en l 270. Aussí
cette chapelle, souvenir pieux, sentinelle avancée rle la
catholicité au mílieu de la population mabométaue,
avait pris un air de fete: les pavillons de1; na vires de l'escadre, arrangés ¡,.ve14art, agrandissaient l'intérieur dP.
cette chapelle en profungeant sa nef. L'amiral a bien
voulu assister a cette cérémonie, accompagné de tout son
état-major. L'aumonier de la Ville d.e Paris a prononcé
quelques paroles appropríées a. la circonstance, et la musique de ramiral a fait ente,ndre ses plus beaux morceaux. Toute la population fran~ise de la Goulette ou
de Tuni~ était accourue pour témoigner de sa reconnais~ance f!Dvers l'escadre chargée de la prgtéger.
Agréez, etc.
Pour e:etrait: H. CAsTELlllANS.
~

CORRESPONDANC E

D'ALGÉRIE.

INSCRRECTION DES FIJTIAS.

On se rappelle l'insurrection qui éclatait, le t3 mai
dernier, pres de l'un de nos grands centres de colonisation de l'Algérie. Les Flittas, travaíllés p9.r les émissaires
de Si-Mohamed-Ould-Hamza, qui avait déjil soulevé le
sud ,de la province d'Oran, fanatisés en outre par leurs
marabouts, se levaient en ma~se, venaient insulter le
poste de Zemmourab, dont ils pillaient les établissemenls
européens, s'em-paraient du caravansérail de la Rahouia
et en égorgeaient les défenseurs. Enfin, les 27, 28,
29 mai, ils investissaienL Ammi-Moussa, qu'íls ne quittaient que le 30, pour venir le 3l mai etle i •~ juinenvahir
la plaioe de Relizane. Pl11sieurs fermes de cette plaine si
ricbe, si féconde, furent pillée~, et quelques-uns de leurs
habitants, re~tés bravement a leur poste, succomberent
devant un ennemi qui assouvit sur eux les instincts
d'une sauvage cruauté.
Une panique générale, que les événements récents
• étaient certes de nature a expliquer, exislait daos la
oontrée. Les fermes isolées étaient abandonnés; !'incendie avait commencé a entamer les magnifiques blés et
orges de la colonie, et la culture du coton, sur laquelle
se fondaient tant d'espérances, mena~ait, faute d'irrigation, d'etre a jamais coUtpromise.
Telle était la situation, lorsque M. le général Rose
arriva le t •• juin a Relizane, pour y prendre le commandement d'une brigade formée des -t2• et 821 de
ligne, déharqués de France en toute hale. Malgré l'excessive fatigue de ses troupes, le général se dirige des
Je 2 juin sur Zemmourah, et le lendemain, 3, il pénetre
dans les montagnes des Flittas.
Le col de Had-el-Atech, qu·il a a fraochir, est bordé
de fourrés impénétrables. L'ennemi veut en défendre
les approches; mais apres trois heures d'un combat opiniatre, il doit se retirer, laissant sur le terraio de nombreux cadavres.
La colonne atteint ensuite, saos autre incidenl, son
bivouac de Dar-Ben-Abdallab , ou elle commence, le
i au matin, la construction d'un retranchement destiné
a abritflr. ses approvisionnemenl~, ses malingres et ses
autres imredimenta, pendant qu'elle irait ultérieurement
rayonner daos le pays. A peine a-t-elle entrepris l'exé~
cution de cet ouvrag::, qu'elle se voit attaquée par de
forts contiogenls qui sont repoussés avec des perles sensibles pour l'ennemi.
Le len&lt;lemain matin, 5 juin, le camp de Dar-BenAbdallah est de nouveau assaílli; mais cetle fois les Flittas se présentent en plus grand nombre et avec un
ensemhle inaccoutumé. El-Azereng-Bel-Hadj, qui veut
ten ter un effort supréme, est en tete; il a réuni tous ses
adhérents; les tribus des cercles d'Ammi-Moussa et de
Ma~r~ra lui ont fourni de~ fantassins, et des quantités

de femmes venua~ asa suite garnissaient les hauteurs
environnantés pour exciter de leurs cris l'ardeur des
comb?.'. t:rnts musulmans. L'ennemi, qu'on laisse appror.her a une tres-faible distance, est re~IJ par la mitraille
et des feux d'ínfanterie bien nourris. Au bout de trois
heures, pendant lesquelles il a combattu avec beaucoup
d'énergie, il est forcé de se retirer, laissant aux abords
du camp un grand nombre de morts. Le sultan El -Azereng-Bel-Hadj et son premier l&lt;alife a·vaient été mortellement frappés, et cet événement, rapidement connu de
tous, était pour nous un succes des plus signalés. L'insurrection, privée dt: chef, ne tardait ¡,as a se désunir;
les tribus compromises du cercle d'Ammi-Moussa accouraient faire leur soumissíon. Bien d'autres de la subdivision de Mascara, disposées A s'associer au mouvernent, étaient contenues. Les Flittas se trouvaient isolés,
réduits a leurs propres forces, et ils ne devaient pas se
momrer longtemps agressifs. Le combat du i t juin,
qu'ils•livrerent ª· la colonne du général Rose en ravitaillement a Zemmourah, fut le dernier de la campagne.
Apres ce combat, qui couta beaucoup de monde a l'en•
nemi, et a nous deux morts et dix-neuf blessés, on ne
rencontrc plus une résistance sérieuse. Les populations,
revenues an sentiment de notre force, alarmées en outre
par la marche des trois autres colonnes qui mena~aient
de les étreindre, se· pressaient autour des représentants
de l'autorité pour demander l'oubli du passé. Le 27 juin,,
la majeure partí e du pays était soum1se; il ne restait
plus que quatre tribus a réduire: c'étaient celles chez
lesquelles le marabout Ahd-el-Azis, qui s'était levé pour
succéder au sultan El-Azereng-Bel-Hadj, avait trouvé le
plus d'appui. Le 28, on marchait contre ces tribus, et
leurs représentants avaient ha.te de venir implorer leur
pardon. Trois d'entre elles, surprises par la colonne
du général Rose, ~e livraient a notre merci avec leurs
remmes, leurs enfants et leurs biens.
Des le 29 juin, l'action militaire étaít terminée chez
les Flittas. L'action administrative allait commencer,.
ioaugurée par une allocution tenue le 2 juillet, au camp
c\P l'Oued-el-Anzar, par le général de division Deligny,
commandant la division d'Oran, au.x Djemmaa des
Flittas.
Cet Abd-el-Azis, dont l'arrestation a été en quelque
sorte imposé,: aux Flittas, ne fut tout d'ahord qu'un
liandit. Poursuhi pour de nombreux méfaits, il se réfugia daos les groltes difficiles des Ouled-Sidi-Yahia, sa
tribu natale. Dan~ cette retraite, il sut attirer a lui uo
crrtain nombre d'individus dont il exalta )'esprit par le
l'PCit de visions gro~sieres; bienlot méme il insinua qu'il
avait re~u la mission divine de défendre l'islam, et ses
lmpm;teurs ne tarderent pas a lui' gagner des adhérents
dans presque toutes les tribus environnantes.
A l'abri du r,restige religieux qu'il exerce, il parcourt
,ouveot le pays et y jctte des éléments d'intrigues et de
désordres, saos q•úl ait été possible jusqu'ici de le saisir. Abd-el-Aziz, agé de quarante ans environ, marche
mystérieu&lt;ement; sa figure est presque constamm€Dt
voilée, el il ne ia découvre qu'en pr¿sence de quelques
111arabo11ts initiés a ses projets.
P. P.

lUT0BIOGRAPHIE D'UN POETE.
(Suilt.)

Nous étions partís pour le bois quelques camarades et
moi, et tout le loug du chemin nos jeunes imaginatíons
s'étaient montées par le récit d'aventures attribuées a la
folle, aventures ou le merveilleux et le terrible jouaient
le principal role. Chacun cependañt af6cbait uu air de
bravoure, et ce ful a qui déclarerait, du ton le pi us vaillant, qu'il ne lacherait point pie&lt;l devant la folle. Nous
arrivames en face de sa cabane, et nous aper~ümes sa
tele a travers la lucarne de la guérite. Elle ne tarda pas
a sortir, armée d'une beche, ce qui nous lit bien un peu
hattre le creur; mais elle ne fit pas attenlíon a nou~, et
alla retourn"r la terre daos son jarrlin. L'un de nous
lan~a un caillou contre sa porte, qui résonua fortement.
La folle se retourna soudain el JIOUS apostropha comme
nous le méritions. Nos réponses ne furent pas de nature
a l'apaiser, et, frémissante de colere, les cheverrx épars,
la beche levée, elle accourut vers nous. C'était le moment de montrer notre héroisme. J'éprouvai une violente envíe de fuir, et mes camarades firent plus que
d'en éprouver l'envie : ils prirent leurs jambes a leur
cou. D'oú vint qne je ne les imitai pas? Je n'ose vrai-

ment pas rattribuer amon courage : la terreur m'avait
peut-étre changé en statue. La folle arriv'a sur moj
comme une furie. - &lt;&lt; Incorrigibles polissons ! cria-t-elle
en me saisissant au collet, il est temps que je fasse un
exemple '. « J'avaís pris d'une main le manche de la
beche, dont je redoutais les coups, et de l'a11tre, f étreignais convulsivement le haut de la robe et les cheveux
flottants de mon adversaire. Ce que je redoutais le plus
en ce moment critique, c'était que mon visage, daos la
lutte, ne touchat le sien. Nous semblions ainsi rivés l'un
al'autre. Un brusque mouvement que je fis pour me
dégager délogea son pied de son sabot; elle perdit l'équilibre et nous roulames sur le cbemin, mais saos
lacher prise. A ce moment mes camarades arriverent;
chacun d'eux tui saisit 'ln bras et une jambe, et je parvins ainsi a recouvrcr ma liberté. Nous étions déja loio,
,¡ue la pauvre folle n'avait pas encore pu se remettre
rl'aplomb sur ses pieds. A partil" de ce jour je passai
presque pour un héros; mais, daos mon for intérieur,
je n'ai jamais cru l'avoir été.
Trente ans plus tard, j'ai voulu revoir ce village, oú
.it· n'étais plus revenu depuis ma sortie du collége. Une
~orle de nostalgie s'était emparée de moi. Une voi1
~rerete me disait qu'il fallait me hater. Je partís. Par une
f'antaisie du souvenir, je résolus d'arriver par Menin, et
, de ne p;is entrer dans Halluin par la grande route, mais
par un sentier qui longe le village et vient aboutir au1
I prairies pres de la porte de l'ancien jardín de mon pere.
A Menin, ríen n'était changé, excepté l'enceinte de la
vi lle, dont on abat~it de nouveau les fortificat10ns,
comme je l'avais vu faire apres la révolution beige de
H!3 l. Toutes les maisons de la grande place avaient
conservé leur physionomie et leur couleur : la jauoe
rtait encore jaune, la rouge encore rouge, la violette
toujours violette. Au coude de la longue rue que nous
avions si souvent descendue en courant au retour de
l'école, je reconnus la petite boutique oü nous acbetions
pour deux cen.~ (menue monnaie hollandaíse), ces délicieuses agglutinatioos de sirop et de farine_désignées
daos le pays sous le nom de babélars. En francbissant
le seuil, je retrouvai spontanément daos roa mémoire les
traits et le costume de la bonne vieille femme qui nous
les vendait alors. La femme plu, jeune qui la rempla~ait, avait exactement les memes traits et le meme accoutrement. C'était la filie de la vieille Lisbeth. Nous
rausames longuement de Lisheth avec la nouvelle marchande, qui s'était assise en meme temps que moi sur
les bancs de l'école de Menin. Quelle évocation de souvenirs; Tous ces noms, que je croyais avoir oubliés pour
toujours, me revenaient en ce moment avec une l:lcidité merveilleuse. Je voulus m'assurer si les babé/11n
avaient encore le méme goüt exquis. Mon palais n'éprouva plus lajouissance d'autrefois; ma,sc'était la faute,
de mon palais et non des babélars. Je devais rencontrer
des déceptions plus cruelles. Je me dirigeai vers la maison ou se tenait jad1s notre école. Son aspect intérieur
était resté intact. On entraítencore par les trois marches
de pierre que j'avais franchies si souvent. La maison
d'en face était toujours le magasín de ferraille, d·outils,
et de plomb de cbasse, ou nous allions nous procurer
nos hame~ons de peche et notre poudre a tirer. Je pénélrai jusqu'au fond dú corridor. Un menuisier éta1t
établi dans la cour el rabotait ses planches. Afaís la
cour n'avait plus son grand p•Jits ni son grand noyer.
Le noyer surtout me tenait au creur, etje crus que j'allaís pleurer. Je m'informai d'une jeune filie qu'avait
beaucoup aiméll un de nos plus chers camarades, et •~ui
avaiL été fort belle. Elle étaít de-venue presque vieille et
laide. Je n'eus pas le courage de lui parler du passé. Je
traversai le pont sur la Lys : l'eau était trouble, cette
eau si transparente, autrefois, qu'on apercevait a travers
le~ poissons endormis sur le sable : les décombres des
rempart.5 s·y écroulaiPnt maintenant de tous cótés. Je
pas~ai. J'étais parvenu a la cbaussée qui domine les
prairíes, et qui est bordée de fortes murailles et de
sapins entrelacés, bariolés jadis des couleurs néerlandaises. Je me rappelai qn'un jour, un ami de ma famille
m'avait surpris courant 1mprudemment sur ce dange•
reux garde-fou, et fait punir en allant le raconter amon
pere. J'arrivai a la borne séparatrice des deux territoires, théatre de nos combats enfantins. Je tournai les
yeux du coté oü devait se voir le clocher de l'église. Je
chercbai en vain le clocber. J'appris bientot que depuis
deux ans la vieille église était démolie et qu'on en construisait une autre. J'étais a l'entrée du village, et mes
regards po11vaient plonger au loin daos la longue rue

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
qui 11' traverse. Cette rue me sembla complétement mé- que son lit eüt toute la netteté désirable. Mon attente y resta buit jours, pendant lesquel~ le général ~tPjia ~e
tamorphosée. Je pris le sen\ier qui longe les jardíns de ne fut d'ailleurs pa~ longue, et la jeune filie vint me portait a il!atehuala, observant les mouvements contioroite. Les jardíns existaient presque tous encore; mais cherchn avec un sourire affable.
nuels et incertains des généraux Doblado et Nerc11u,jadis si claire, du ruisseau qui les borde, exbalait
J'essayerais en vain d'exprimer les sentimeqts qui grete, qui tantot se rapprochaient des aYant-postes de
une affreuse odeur chimique , témoignant de l'usage in- m'assaillirent a la vue de cette sereine et vénéff.ble fi- l'armée alliée, tantót s'en éloignaient, puis re'ven.-it sur
dustrie! auquel on l'avait réduite : mon vieux ruisseau gure. - « Entrez, monsieur, me dit-elle d'une voix an- leurs pas, mena~aient la vil le de Catorce, célebre par ses
]impide n'était plus qu'un ruisseau d'eau rle Javel !
gélique, et pardonnez moi de vous recevoir ~si; par- mines d'argent. Par suite de ces mouvements de l'enJe vis enfin luire les tui les du toit qui uous avait si donnez-moi aussi de vous demander qui me fa~ l'honneur nemi, le colonel Aymard se décíde a quitter Venado et a
longtemps abrités. La maison avait fait le contraire de de me visiter? 11
•
J
marcber en avant, afirÍ d'étre plus a portée de seconrir,
rooi : elle était sensiblement rajeunie, embellie; mais
Je luí dis mon nom, '\pres quelques préliminaires s'il en élait besoin, le général Thoma~ Méjia.
Je mur du jardín était resté le meme; seulement, il n'é- destinés a lui éviter toute brusque secousse. -Comment !
Le {3 mai, la colonne fran~aise campe a )'hacienda
tait plus surmonté du cerisier qui s'y dressait daos notre vous etes monsieur Nicolas, s'écria-t-elle en me tendant de Charcos, et le i4, a celle de la Laguna secca, oü 61.le se
temps, et dans les branches duque! je grimpais d'un uile mam qui tenait une rustique sculpture de Jésus sur trouve a cheval sur deu.x routes, prete a tout événepied si leste. La porte du voisin, le charron, était ou- la croix! Ah! que je vous remercie, mon Oieu, de me ment.
verte. J'entrai, la poitrine palpitante. Des rouesoa moi- donner cette joie avant d~ mourir ! Mais cette joie ne
De Venado a Charcos, il y a cinq lieues, a travers u:ne
tié ébauchées, des planches et des madriers de toutc sera pas enliere, ajouta+elle en soupirant, car mes plaine ou l'on aper~oit, de loin en loin, quelques rangrandeur, placés ~a et la daos la cour, annon~aient que yeux sont éteints, et je ne vous verrai poinf.
chos dont les misérables habitan~ cultivent a peine
Je voisin était encore un cbarron ; mais était-ce bien
J'appuyai pieusement mes levres sur sa main que je quelques portions de ce vaste terrain rnns eau. L'hatoujours le meme, celui qui me prétait avec tant de retins pressée daos les miennes.
cienda de Charcos est peu importante et tombP. en ruine~.
complai~ance rles scíes et des rabots? Un homme d'une
- Oui, c'est l'espiegle d'il y a trente ans, qui a voulu Six lieues a travers un pays en tout s~mblable an préquarantaine d'années se tenait au milieu de tout ce vous remercier une fois encore des honnes instruct1ons cédent, séparent Charcos de la Laguna seccn : cette derbois. C'était le fils de l'ancien charron, un autre compa- que vous luí a vez faites; il épronvait depuis longtemps niere hacienda, qui n'a pas moins dP. quarante lieues de
gnon de mes jeux. Son pere était mort, sa mere était le vif désir de vous revoir et de vous demander votre terrains, offre quelques ressour,:es en grams et en besruorte. 11 voulait me retenir. J'avais une idée fixe, et je bénédiction, car il sait que vous etes aimée de Dieu.
tiaux dont les nombreux troupeaux parcourent en liberté
lui demandai une échelle.J'allai l'appuyer contre le mur
- Ah ! je ne vous ai jamais oublié daos mes• prieres, ces solitudes.
du jardín paternel, et je montai d'un pas que l'émotion depuis ce jour de votre punition daos l'église par notre
Le i5 mai au soir, une dépecbe pressante du généfaisait chanceler. Mes yeux avaient ha.te de plonger vieux curé a qui, je !'espere, vous a vez pardonné depuís ral Méjia, dépécbe annon~ant que Doblado conéentre
daos ce jardin plein des scenes du passé. Hélas ! je ne longtemps. C'était no saint homme; et on en a eu la 7,000 hommes au Cédral, il. cinq lieues de Matehuala,
reconnus plus ríen : ji avait été bouleversé de fond en preuve lors de la t"ranslation 4es tombes daos le nou- force le colonel Aymard a se mettre subitement en
comble. Deax chaudes 1armes glisserent le long de mes veau cimetiere: savez-vous que son corps a été retrouvé route.
joues. - « O maison paternelle ! maison qui me fus intact, tel qu'il avait été mis daos la biere ! Oui, j'ai
La colonne quitte la Laguna secca a huit beures du
longtemps si accueilla'nte et si douce , maison pour qui prié tous les jours pour vous et pour votre bonne fa- soir, et arrive a onze heures et demie a rbacienda de
je ne sois plus qu'un étranger, un étranger qui n'ose mille. Parlez-moi de votre excellente mere, je vous Sob's, d'oü. elle repart, a quatre heures du matin, pour
plus franchir ton seuil et qui te regarde furtivement du pr¡e; j'espere qu'elle est encore de ce monde pour le venir a la Preza, a éinq lienes de Matehuala : elle a fait
haut de tes murs comme un voleur . Sois bénie, ó cbere bonhenr de ses enrants. J'ai toujours, voyez vous, la ainsi, d'une seule traite, une vingtaine de lieuPs a tramaison! Sois ajamais bénie, toi et tous ceux qui t'habi- robe de soie noire dont elle me fit cadeau ~pres votre vers des plaines et des montagues incultes, ne rencontent ou qui leur succéderont ! 11
premiere c0mmunion. Je l'ai conservée mieux q1ie la trant qu'un assez grand village appelé Villa de GuaJe m'avan~ai vers les prairies. Ce n'étaient plus des prun.elle de mes yeux, et je me la fais quelquefois ap- dalupe.
prairies : des ma1sons, d'affreuses maisons de tisserands porter sur mon lit pour la touc~er avec mes doi¡,rts;
Le 17, jour anniversaire de la reddition de Puebla, au
avaient pris la place de l'herbe. Je suffoquais. Je m'in- il me semble alors que je toucbe la main de votre digne moment ou la colonne frangaise arrivait devant Matefurmai de mon vieil ami, le patre idiot. JI était mort de- mere.
huala, l'armée ennemie descendait des montagnes qui
puis bien des année~, mort sans avoir vu se réaliser ses
J'abrége cette scene dont les détails intimes veulent couvrent la ville a une lieue et demie, a l'est, prenait
deux revcs, sans avoir fait sa premiere communion, ni etre conservés dans le sancluaire du creur. Je partis position au Cei'1'1:to blanco, oü Doblado établissait son
possédé, enfin, cette montre d'argent si ardemment dé- l'ame en quelque sorte embaumée par le parfom d"es- quartier général, et déployait bientót, dans la plaine,
sirée ! Je continuai courageusement ma route. Chaque pérance et de vertus qui s'exbalait de cette longue exis- sa nombreuse artillerie, ses 8/10 cavaliers commandés
pas que je faisais complétait la destruction de la fralche tence, dont la pu reté, la suave blancheur, me rappelaient par le général Carvajal, et ses 5,000 fantassins.
idylle, si longtemps, si doucement caressée dans mon le lis des champs. J'avais eu raison de ne plus vouloir
Le général Méjia avait, depuis quelques jours, sa divisouvenir.
différer ce voyage, car quelques jours plus tard la sion forte de 3,000 hommes, campée aux portes de la
Je revenais par le haut du Tillage, descendant cette bonne demoiselle de Lannoy allait rejoindre dans le ville; il n'avait done plus qu'a la porter en :ivant de
fois le long de la grande rue. Je m'arrétai devaut une nouveau cimetiere son guide spirituel et son ami, le l'ennemi, qui marchait a grands pas, protégé par son
modeste maison que le temps avait respectée. C'était la vieux curé.
artillerie. Pendantce temps-la, la petite colonne fran~aise,
maison de la bonne demoiselle de Lannoy. Vivait-elle
J'arrivai done a onze ans au collége, vierge de toute forte de ! ,200 hommes, prenait quelques instants d'.un
encore? Je n'osais interroger les pa~sants, et je restai notion de latin, mais plus ferré a glace ~ur mon fran~ais repos dont elle avait grand besoin ; mais impatiente,
longtemps plongé dans maréverie. Enfin,je fis un grand que beaucoup de bacheliers es lettres &lt;l'alors, et l'ima- comme toujours, lorsqu'il s'agit de combattre, on la vit
etfort sur moi-meme, etje questionnai une vieille femmP. gination déja ébranlée par certaines lectures qui lui bientot s'élancer d:ms la plaine, a la vorx du colon!'I
doot l'air sympathique m'avait atti1é. - &lt;&lt; C'est ici, ma avaient ouvert une portevers les merveilleuses perspec- Aymard.
bonne mere, que demeurait autrefois M11 • de Lannoy ? &gt;i tives de l'inconnu. Les contes allemands que ma mere
Doblado avait mis en ligne sept batteries de grosse
- « Elle y deme1Jre encore, monsieur; mais elle est nous avait si souvent repétés, et que je devais retrouver artillerie servie, dit-on, par quelques aventuriers amébien vieille, plus vieille encore que moi, et ses infirrnités plus tard avec bonheur en traduisant le recueil des ricains; le feu était bien nourri, et, sous cette protecne lui per111Lltent point de quitter son lit. »
frercs Grimm, avaient surtout laissé en moi comme de tion, les nombreux tirailleurs d'une partie de son infanJe frappai douceme,nt a la porte. - Ah ! mon creur vagues écbos de cor enchanté. La compression de ces terie s'avant:aient a grands pas, ayanl sur leurs flanes
frappait plus fortement au fond de moi ! Une jeune filie, jeunes élar.s, de ces jeunes bourgeons de )'esprit, par toute la cavalerie1 Le colonel Aymard, d'accord avec
vetue avec un·e propreté presque coquette, vinl m'ou- l'apprentissagfl du rudiment latín, me fut d'abord une le général Méjia, avait fait déployer sur la droite, qui
vrir. - « Comment se porte M11• de Lannoy?ii - &lt;(Ah! amere souffrance. 11 me fallut a~i rnrmonter la nostal- était l'aile gauche de l'ennemi, d'abord la compagnie
monsieur, elle est bien faible ! Elle s'affaiblit d'une ma- gie de mes prairíes et de mon village. Mais ces douleurs franche {officiers : Prax, Moulis), puis les TOltig~urs
niere visible de jour en jour. Mais le creur, chez elle, sont communes a tous les enfants, et, corome tous les (ofñciers : Bellefroid, Pampéani, Turlin), puis enfin, les
est de plus en plusgai, de plus en plus ferme. Elle a une cnfants, je réussis par degrés a m'y habituer et a m'en- grenadiers (officiers: de Bailloux, Crist), pour teuir tete
si gr-ande religion! Elle a une si grande &lt;iOnfiance dans durcir. Ma robuste santé el l'amour-propre aidant, je re- a cette atta.que, tandis que sur la gauche l'artillerie de
la bonne Vierge ~tarie! Et la bonne Vierge menera tout gagnai bientot le temps perdu,et a dix-sept ans, je reve- Méjia 1Jtait fortement engagée depuis pres d'une heure.
droit cetle sainte a.me au paradis ! ii - • Je le pense nais, avec un diplome universitaire en regle, dans ma Mais l'ennemi, se senta.nt en force et croyant sane
comme vous, mademoiselle. Mais croyez-vous qu'un ami, famille qui habitaít alors Dunkerque.
doute n'avoir affaire qu'a l'armée de Méjia, avan~ait raqu'elle n'a pas vu depuis bien des années, puisse lui
pidement.
N. MARTIN.
fa1re visite, sans craiute de lui occasionner une émotion
(La suite prochainement.)
C'est alors que le colonel Aymard donna l'ordre a
dangereuse dans l'etat oü elle se trouve? » - &lt;(Oh!
l'escadron de chasseurs d'Afrique de déblayer le terrain
non, monsieur; elle vit trop daos la pensée de Dieu,
(textuel) et d'arréter non-seulement la cavalerie, mais
pour que vous deviez craindre cela. Elle vous recevra
l'infanterie. Les braves cavaliers qui n'attendaient
avec joie. Je vous prie seulement de me laisser le teqips
EXPÉDlTI0N DANS L~: N0RD DU M.EXIQUE.
que. ce moment, pousserent un cri de joie, auquel réde la prévenir. 11
pondit le 62• de ligne en entier, et l'on vit bondir dans
(mu.)
1111trai dans la petite chambre sur laquelle s'ouvrait
la plaine, sur l-'extréíne droite,. les deu.x premiers pelola porte de la rue. J'en connaissais tous les coins, et les
tons (officiers :Rapp, Faivre), qui bousculerent, en un clin
Comba\ de 1111&amp;\ebula (17 - • 1116).
'lieux meubles ne m'étaient pas non plus étrangers.
d'reil, les 800 cavaliers de Can;ajal. En méme temps,
C'était dans cette chambre que je venais prendre mes
les deux autres pelotons de l'escadron (officiers : LaiAU DIRECTEUk.
l~ns de catéchisme. J'entendis et reconnus la voix de
Malehuala, 19 mai 1864.
gneau,
Cibot), prompts comme l'éclair, fon~aient sur
1111• de Lannoy. Elle recommandait a la jeune tille de
l'infanterie, laquelle, cachée derriere un ruur en pier-res
tout disposer dans la chambre ou elle était pour me reLe colonel Aymatd, arrivé le 4 mai Venado, ainsi · et de hautes broussailles; faisait déja beaucoup de mal a
t!evoir convenablement. Elle insistait 'surtout pour que je vous le disais dans roa derniere correspondance, la compagníe franche et aux voltigeurs. En quelques

a

�L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
minutes, cette infanterie, bousculée, surprise, ques pertes a regretter: dans l'armée de Méjia, iO blessés, un commandant, un capitaine
taillée en pieccs, mettait bas les armes.
Pendant que les chasseurs d'Afrique . déga- tués; dans l'armée fran~aise, 8 morts et 43
geaieot l'aile droite, l'infanterie de Méjia et les blcssés.
De toute cetle- armée de 7:000 hommes de
300 ,cav¡liers s'avan~aient agauche; l'eoncmi,
se croyant envcloppé, lachait pied de toutes Doblado, il ne reste plus, dit-on, que les cavaparts, abondonnant son artilleric, ses muoi- liers de Carvajal, l'infaoterie ayant fui de
toutes parts ou
tions eL ses armes.
ayant été prise,
Pendant ·-quatre
ainsi que l'artilgrandes lieues, les
lerie. Le .role du
chasseurs d'Afrigénéral Méjia qui,
que poursuivirent,
dureste, s'estmonpar une chaleur
tré
digne de sa réaccablante, cette
putation
de vaarmée débandée,
leur
et
de
capa•
espérant s'empacité,
est
done
facirer de Doblado et
le
:
a
l'heure
qu'il
de Negrete. Mais
est, il tient dans
ces deux chef, ont
ses
mains la clef
pu
s'échapper. '
de
Monterey,
derQuant a Carvajal,
nicr
refuge
de
J
uale soir meme, il
rcs.
élait a Tula, ayant
Le coloncl Ayabandonné sur 1e
mard rentre aSanchamp de balaille,
Luis Potosi, laisafin de n'etre pas
sant
sur sa route
réconnu, sa 1este
une
.
force sufüdans laq uelle on a
LE COLO~EL DAII0:'1' AYAIAI\U.
santc
pour maintrouYé des papiers
tenir
ses
cou¡mumportants.
nications
avec
l'arméc
alliée.
Quelques
mots
Ainsi finit, en peu de temps, cclte aclion qui
adressés
a
la
colonne
expéclitionnaire
résument
,
avait pris, des le principe, les proportrcJns ct'unc
!'affaire
de
Matehuala:
hataille rangée. Les résultats sont: 1.200 pri- :
sonnicrs, i 9 pieces d'artillerie ainlii qu'une grande quantité d'armes et 190,000 ear'lollChes.
« Soldats,
Malheureusement, malgré la promptitude et'
« Vous venez de remportcr un succes éclale peu de durée de l'action, nous avons quel-

'. ,.

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-~~/~r
/'. -::.. .
.o,( I V ~ l.

t::7 ·--:

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

57

tant sur les troupes de Doblado, comman- Sortons... en prenant cette porte, nous
dées par ce général en personne. Voui, avez trouverons une rue ou nous pourrons causer
été d'un élan remarquable dans le combat, plus convenablément qu'ici.
tout le monde a fait dignement son devoir.
Puis elle se signa dévotement, apres a voir
Je suis heureux de vous adresser ici mes félici- indiqué a Louis fa porte, par ou celui-ci sorLit
tations et d'avoir eu l'honneur facile de diriger le premier. Elle le suivit aussitot.
des troupes comme vous,»
B:i.ron AYM~RD.
- Aviez-vous pensé, dit Louis, dont les levres tremblaient,
Je vous envoie
que ce j our était
une vue de Maune date importehuala, petite vi lle
tante daos ma vie,
assez intéressante,
qu'il m'offrit , le
située au milieu
plus beau spectad'une {plaine ¡fercle qu'aient admitile, aux pieds
ré mes yeux, qu'il
d'une séric de
fit de moi un autre
montagnes richcs
homme?
en minerai de
- Vous parlez
cuivre et d'or, dont
bcaucoup trop vite
les plus remarpour moi, qui ne
quables sont nomcomprends qu'immées los Fra'iles
parfaitement votre
(les moines), plus
langue, dit (,iulia
un dessin clu comavec une politesse
bat dont je viens
de reine. On a
de vous faire le
remarqué ancienrécit.
nement déja que
c'est un privilége
Acn. Crnor,
LE GE~ÉIIAL 1tlli.JIA.
spécial auí tilles
LielitenaDt aux cbasseurs d'Aírique
d'Italie, de ne point
ttrer lcur air de grandcur d'une naissance illustre ni d'un rang élevé, mais simplement de
la nature, qi1i leur a dcnné a toutes cette maGIULIA,
jesté inconsciente, et de la passion, e'est•a~
NOUVELLK. (PIN,)
dire de la puissancc de soulfrir, cette pre•
L'Italiennc cut un charmant sourire, se leva micre des grandeur, morales.
et dit:

- Je vais répéter, dit Louis.

�· L'JLLOSTR/1T !ON, .JO UR1'AL Ul'llVERSEL.•

58

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

- Non pas, fit vivement l'Italienne, dont le pale visage se colora soudain.
- 11 serait fou d'espérer que vous ayez jamais pensé a
mói, si~nora. Vous m·aveza peine vu durant cette courte
visite chez votre pere, et il y ~ cinq ans de cela. A nos
ages, Giulia, cinq ans, c'est comme un abime jeté
entre dlíux espaces tout différents de la meme vie. Chez
moi, cet abime fut jour par jour comblé. D'enfant, je
suis devenu un homme.
- Brave et bon, je le sais.
- Et de petite filie, vous etes devenue une dame, et
la plus belle quej'aie vue.
Giulia abaissa aussitót sur sa figure un voile épais.
Louis, intimidé, consterné, ne sut ríen dire pour l'empecher de lui soustraire sitót le bienfait d'une vue si ar·demment souhaitée. Heureusement cette action ne montrait pas, chez Giulia, le désir de metlre un terme aleur
entretien, car elle reprit la premiere :
- Je mentirais si je disais que je vous ai a peine vu
chez mon pere. Un peu de curiosité est naturel cbez une
petite filie, et j'étais d'ailleurs bien excusable en vous
regardant, vous, le premier étranger que j'eusse vu a la
maison, ou il venait cependant beaucoup de visiteurs,
mais non a titre d'amis, comme vo•1s, ce jour-la. Cette
exception 'Occupa mon esprit d'enfant, et apres cinq aus,
en croyant vous reconnaltre, il m'a été doux de compter,
dans ma douleur, sur votre sympathie.
- Elle est toute a vous, Giulia; mon ame vous comprend et vous appartient, depuis ce beau jour dont le
souvenir est melé de si amers regrets. S'il ne vous plait
pas de me laisser admirer, dans un respect religieux, la
pure splendeur de votre visage, du moins, ne me refusez pas votre oreille.
Ecoutez-moi, Giulia. Je crois fermement (et si j'étais poete, ce serait le constant sujet de mon unique poeme), je crois fermement que nous ne naissons
pas pour la premiere fois, le jour ou notre mere nous
met au monde : je crois que la meilleure part de nous
e~t éternelle, celle avec laquelle il me semble. queje vous
ai toujours aimée. J"ai vu, specta.teur froid, les richesses
·et le génie de la plG.s belle des trois grandes villes du
monde. J'ai été melé, acteur docile, a des événements
que l'histoire conserve. J'ai fait mon devoir, non sans
tristesse, et non sans honte parfois. La grande fievre de
la guerre, uúe fois calmée, me laissait en proie a un
noir accablement, et je me disais : ce n·est que cela!
Mais lorsqu'on m'eut d[t que vous étiez 1ci, j'ai sentí
mon creur bondir, d'un vol impétueux, des profondeurs
de votre souvenir, jusqu'aux hauteurs qt.'habite votre
grace. Qu'importe la fa~on dontje vous le uirai, puisque
je vous aime. Je n'aurai jama is le nom des grands poetes
de votre patrie, mais que ce qu'ils ont écrit de meilleur
sur l'amour me semble incomplet, inlltile, indigne de
1eur gloire, aupres du sentimeut qui m'anime polli' vous
et devant vous, Giulia... et cependant, je rcnoncerais
plutót a vous voir encore qu'a abréger d'une ligne !'es-pace qui nous sépare, si vous ne l'ordonniez vous-meme,
qu'a toucher votre maiu, si elle ne se tendait la premiere vers la mienne.
Louis était assei grand, blond, hardi, frémissant, et
paraissait plus jeUlle encore que son age. Sa tenue de
eampagne lui seyait a merveille; sans parler des mérites
de sori creur, on pouvait l'aimer tout d'un coup, et l'on
a pu· voir, d'apres la chaleur de ses paroles, qu'il avait
le mérite de n'y pas trop compter.
- Oh! monsieur, dit Giulia, ce n'eet pas moi a qui
vous parlcz ainsi, ou tout au moins c'est une épreuve de
Totre part, et vous ne pouvez croire que je me sois rendllc vers vous avcc la pensée, meme la plus éloignée,
d'entendrt un tel langage.
- Giulia, bien loin que je puisse jamais séparer mon
respect de mon amour, apprenez que l'un est nécessaire
a l'autre,. que celui-ci ne serait pas sans celui-la. Si toutefois il vous est plus agréable que je me taise tout a
fait, ordonnez.
- 1e n'ai a relever ríen d'inconvenant dans vos paroles; je leur reproché seulement de nous avoir fait perdre de vue l'objet princiral de notre réunion, qui était
de nous eniretcnir ~e Thomaseo, mon pere, et de ses
derniers jours:·Que de fois il m'a dit: Ah! du moins, si je
connaissais J'ádresse de M. Louis, je lui écrirais tout de
suite pour lui apprendre, !ID peu tard, il est vrai, que
~ n'a pas été du tout ma faute si je me suis abstenu
d'aller lui dire adieu a son collége. Le prochain départ
du bateau me laissait a peine le temps d"achever des
préparatifs indispensables, et, d'ailleurs, ma démarche

eut pu etre mal interprétée; cela) aussi m'aurait, retenu. ,
Un regret, une !arme, ríen qu'un soupir, s'il est sin cere, de l'amitié absente ou morte, a sur !'ame la plus
pa~sionnée, la plus 'orageuse, des droits vainqueurs.
Louis sentit des pleurs monter a ses yeux.
- J'ai éprouvé aussi vivement que Thomaseo, chere
Giulia, la douleur de cette brusque séparation. Pardon,
si je vous interromps, je !Jl'Y vois forcé par mon dévouernent meme a la mémoire de celui que nous pleurons.
Quellc a été votre vie depuis qu'il n'est plus? Je crains
que sa mort ne vous ait laissée seule dans le monde.
- Daos ,a jeunesse, mon pere, qui est natif des environs de cette ville, était, sinon tres-riche, du moins maltre d'une fortune suffisante pour vivre. 11 épousa m4
mere, qui était un peu plus agée que lui, malgré l'opposition ardente de deux familles ... et c'est trois ans
apres ce mariage qu'a la suite d'indignes persécution~,
de dénonciations, il ~e vit d'abord dépossédé, puis, dans
l'intéret de sa liberté et de ses jours peut-etre, forcé de
s'expatrier. Permette1.-moi de passer rapidement sur
cette phase de notre histoire. Vous savez déja que dix
années de notre exil s'écoulercnt a Londre-s; mon pere
s· en est amérement repenti depuis, a cause du sóup~on
,¡ui lui est venu, que le climat d'Angleterre avait du
abréger la vie de sa femme. Pour ce qui est de luimeme, il était tellement insouciant des choses matériel1es, tellement heureux de ses re ves, qu'il ne chercha pas
it triompher de ses épreuves autrement que par l'indifférence. Sur la nouvelle, un peu prématurée, que son
ancienne aisance allait lui étre rendue au sein de son
pays natal, il se ha.ta de m'emmener ici; vous savez
quand et comment. Notre bonheur promis dépendait de
la décision des tribunaux ; il en dépend encore.
- Mais vous, Giulia?
- Je n'ai plus ríen a vous dire sur ce qui nous concerne, répondit la belle jeune filie, sur le front de la11uelle la fin de ce récit avait répandu une teime sombre.
J'avais a m'acquiler envers vous d'un message sacré ...
.1'ai rempli ce devoir. Vous recevrez bientót, par 'mes
~oins, le petit souvenir que l'intention de mon pere vous
destmait. Maintenant, je n'ai plus ríen a vous dire, quitlons-nous. Seulemeot, jurez-nioi de ne pasme suivre, de
ue plus vous occuper de moi.
·
- Giulia, songez done que ce que vous me demandez
la est impossible, répondit Louis hors de lui. Eh quoi !
je ne vivais que par l'espoir de cette heure ... et vous l'alirégez a de,sein ... et vous; qui _n'ignorez pas qu'un mot
peut me tuer, vous dites froidement ce mot : Adieu. 11
n'en peut etre ainsi ... vous-meme ne pouvez le vouloir...
et je ne saurais m'y résigner.
- Vous autre~, Fran~ais, dit Giulia, simulant avec
Leaucoup d'efforts un calme empire sur elle -méme...
vo,us vou~ croyez toujours a París, toujours vous croyez
avoir affaire a ce que vou~ nommz1. la coquette, c'est-aJire,· si je ne.me trompe, une femme qui joue avec le
creur d'un homme, se plalt a le voir s'élever tres..haut
dans l'air, puis retomber en mille morceaux sur le sol;
une femme qui transforme toute une conversation d'amour en une joule saos noblesse, d.ont la '&lt;ictoire revient, non pas au plus tendre, mais au plus habite. Nous
autres, lorsqu'apres avoir entendu nous feignons de
n'avoir pas écouté, c'est qu'une dure loi nous oppritne.
- Parlons franc; si vous refusez de me révéler le capricieux obstacle qui, apres nous avoir permis de nous
réunir une fois, nous séparerait maintenant pour toujours... je croirai que vous ne faites qu'obéir a votre antipathie, et que ma vue vous déplalt.
Giulia r.é¡Íondit avec la simplicité d'un enfant.
- Ne le cro_yez pas, votre vue ne saurait me déplaire.
- Alors, ce n'est pas sérieusement que vous m'avez
dit : Adieu, partez; car, ou bien vous n'etes pas votre
maltresse, mais je ne.veux pas m'arreter a cette épou-vantable idée... ou bien) vous n'etes pas libre de m'ai-·
mer si votre creur s'y tr,ouve un jour poussé, et le prix
me parait digne qu'on l'attende !
'
Giulia répondit seul~ment a cette exclamation par un
soupir qui donna une grace souveraine au rapide soulevement de ces formes suaves dont le modele, a la fois
humain et céleste, a immortalisé de si beaux peintres.
- Je ne vous comprends pas, Louis, lui dit-elle avec
une adorable naiveté, qui prouvait qu'elle était peu habiluée a de tels entretiens, et qu'ils lui inspiraient a la
fois du malaise et de la curiosité. Sans doute, mon
creur est libre, et j'espere qu'il le sera toujours. Caro,
pQurquoi me 'demandez-vous de vous aimer, puisque

vous avez vu que je vous· regarde comme mon ami, et
qu'il m'est presque }mpossible de jamais penser a mon
pere saos penser a vous en_meme temps?
'
- Alors, chere Giulia, si je vous ai bien comprise,
dit-il, vous n'étes pas la femme de ce ... vous etes lihre,
en un mot, et les seules entravc~ qui s'opposent a notre
réunion, viennent toutes du fait de votre creur, qni n·y
est pas encore préparé, mais don,t le temps peut vaincre
l'irrésolution?
- Je vous ai prié rle vous taire désormais et de me
laisser.
Louis obéit. .. mais ce n'était plus cette fois le timide
amoureux d'hier, content d'un souffle, c'était un homme
qui voulait savoir, un homme jaloux, et dont lepa~ avait
acquis cette certitudP. que donne la pleine connaissance
de la route ou il s'engage; et n'ayaut pu ríen aP.prendre
de la bouche de Giulia, il voulut s'instruire par luimeme, et alta reprendre son poste non loin de la maison
de l'ltalien. 11 y resta jusqu'a 1me heure tres-avancée de
la soirée, mais sans profit. JI vit s'anumer et s'éteindre
les lampes derriére toutes les jalousies, et, a bout de patience, il reprit la route de son logement, tellemrnt absorbé en de confuses pensées, qu'il resta ~ourd au hruit
d'un pas qui suivaitavec précision la trace du sien. Aussi,
quoique brave, ne put-il se défendre d'un geste de
frayenr, en sentant soudain une main se poser sur son
épaule. En wurnant la tete, il reconnut le petit ltalien,
dont les yeux moqueurs brillaiént dans cette ob~curité.
· - Monsieur, dit ce dernier, je ne viens pas a vous en
cnnemi; done, a bas la méfiance. Depuis trois heures,
vous vous tenez la, debout sur le pavé, nos soirées sont
fralches, et.vous avez bien gagné l'hospitalité d'un salou
chaudement éclairé, d'un verre de vin au coin du feu;
tout cela est a votre service.
- Une réponse que vous m'avez faite, monsieur, va
dicter la mienne, répondit Louis dont la surprisé grandissait. Je ne sais pas r,e que vous voulez de moi.
- Comment! vous avez tout {ait daos le but d'entrevoir seulement Giulia... Je vous ollre maintenant de la
venir voir honorablemeot, mais a votre aise, de lui causer un agréable étonnement, et vous reculez.
- Treve de fourberie. La premiere fois que je pro11on~ai ce nom devant vous,. vous n'avez pu cacher votre
colere; vous a vez juré que vous ne connaissiez pas Giulia, et vous voule1. que votre proposition de ce soir ne
me paraisse pas la derniere des moqueries?
· - C'est que l'aspect des choses a bien changé pour
moi depuis notre prem1ere· rencontre. J'ai questionné
Giulia, et ses réponses m'ont satisfait. Puisque vous savez qu'elle n'est pas libre...
- Elle est mariée?
- Pas enc?re, monsieur.
- Lache!
- Sachez, monsieur, que je ne relcverai aucune de
vos iujures. Vous ne pourriez done persister a m'en
poursuivre sans encourir votre propre riíésestime.
- Qu'est-elle done? Qu'etes-vous, enfin?
.
- Je ne suis pas, comme vous, un brillant officicr,
mais un simple adorateur de la musique, professcur,
pour mon plaisir bien entendu, de chant, de contrepoint, et compositeur moi-meme. D'honnetes revern:s
me permettent de consacrer mes soins et mon expérience
aux sujets qui m'en paraissent dignes. Je connaissais
Thomaseo avant que vous fussiez né, mais notre amitió
date seulement de son dernier retour en Italie. Je reconnus dans Giulia une voix si merveilleuse, el un si
rare instinct musical, que ne pas en favoriser la culture
m'eut paru une véritable ingratitude envers le ciet, auteur de si beaux dons, et une noire trahison envcrs celle
a qui de semblables dispositions promettaient la richesse
et la gloire. J'ai fait mes preuves, monsieur; c'est a moi
que le baryton Pasellini et la celebre Lé:nora, de votre
Théatre-Italien, doivent en partie leurs succes. Ils ne le
vient pas. J'ai de chacun d'eux vingt lettres qui en témoignent. Thomaseo, avant de mourir, me confia sa
filie, qui n'avait d'autre tolt que le míen ...
- Et !'infame a abusé de ce religieux dépót!
- Monsieur, l'on a bien. mauvaise gr.lee, je vous jure,
a répondre a de bonnes raisons par des grossieretés. 11
vou.~ eut paru plus noble de livrer Gmlia aux hasards de
la so!itude, aux gouffres de la pau vreté ! Heureust:ment,
sa tendre reconnaissance me dédommage de vos mauvaises paroles. Je n'ai point forcé son inclination. Elle
reste chez moi de son plein ¡;ré; et c'est d'un co_mrnun
accord qu'il a été d.écidé qu"elle deviendrait ma femme
aussitót que, son éducation musicale terminée, un bel

ogagement a Vi_enne, a Londres, ici meme, sera venu un haiser indéfinissable ... le seul baiser de cette sorte
qu'un poete donne dans toute sa vie.
·ironner mes soms.
Et Giulia lui répétant : « A vous, cbere ame!)) s'affai-Est-ce vous injurier, mohsieur, que de vous dire que
blit
et mourut, tandis que Louis la croyait seulement
toutes les spéculations ignobles dont j'ai oui parler,
recueillie.
e-ci me parait la plus vile?
Fou de terreur, en reconnaissant la vérité , il se
_ Monsieur! ... vous m'échaufl'ez bien malgré moi.
,urquoi done ne me seraít-il pa• per~i~, autant qu'a dressa ... il crut a un odieux caucl.lemar. La porte s'ou-us, d'etre sensible aux charmes de Gmlia, et, en ou- vrit, l'Italien parut suivi de la garde-malade.
- Comment, déja morte ! fit-il en s'adressant a Louis
1 de tenir a mon bien? Je suis trop bon, en somme,
. 'chercher a vous persuader. Depuis deux ans, Giulia d'un air d'intelligence, et.comme s'il venait seulement
ele le quitter. Je n'ai pas de chance; ne vous a-t-elle ríen
L moi ne nous sommtls pas quittés, et vous l'avez vue.
dit
pour moi?
ne fois. Elle m'aime beaucoup; elle me l'a dit cent fois,
La.
garde-malade dut trouver plus bizarre cet officier
nous vivions tres-heureux ensemble, lorsque votre
fran~ais,
qui ne répondait pas aux questions de son
ue, 'ayant réveillé en elle des souvenirs ancien~, il lui a
hóte
...
,et
s'enfuyait saos que ce dernier cherchat a le
aoqué de pouvoir causer avec vous de son p~rc Thoretenir.
aseo. •Ah! si ce dernier revenait au monde, je vous
Louis regagna machinalement son quartier ... U était
rie de croire que, malgré son estime pour vous, entre
foudroyé,
anéanti, muet. Un de ses amis lui dit :
ous et moi il n'hésiterait guere.
-·Ah ~a, tu reviens done de cbez les morts?
_ Assez; monsieur, reprit Lo11is, affectaot un graud
11 répondit simplement :
lme. Je vous dis adíen; ne craignez pas de me revoir
- C'est vrai.
amais.a cette place, et ne parlez jamais de moi avotre
A la meurtriere journée de Solferino, il re~ut au
iulia, que j'aurai oubliée daos cinq minutes.
La vanterie fran~aise cberchait en vain a traverser de c.reur une baile autrichienne, qui ~chancra en passant
tes piquantes le tremblement de ~a voix. Louis avait le ~rtráit en émail d'une petite filie de sept ans.
J'ai vu l'an dernier ce portrait daos la collection du
peine laissé l'Italien qu'il fondit en !armes, et que,
vénérable
M'. L. C., rue Notre-Dame-de-Grace.
otré cbez luí, il s'abandonna a la plus c111sante douur, celle de pleurer un vivant mort. Je ne sais quel
Loms füPRET.
pport l'ltalien fit a Giulia, mais en meme temps que
· · - - ~ !t tnis pleurait, la je une filie terrifiait, par la violence de
o désespoir, le maitre de chant, et son beau corps,
LA CLÉ DES CHAMPS.
ulevé par des sanglots, se tortlait sur un fauteuil dans
es angoisses d'un mal inconnu. Elle répétait : heureuseent, je vais mourir,· je ne cbanterai jamais dana . La grande préoccupation des agriculteurs aujourd'hui,
n théatre I Le lendemain, 1:ne fievre intense la ~ai- c'est la récolte. - Quand je di¡; les agriculteurs, je de-·
lit, et raccablement qui suivit la retint plusieurs vrais ajouter les marchands de grains, les meunier~ et
ours au lit. L'Italien n'osait plus luí adresser la pa- les boulaogers. - Mais cctle préoccupation est purement
ole. .. Mais rl ne croyait pas payer trop cher le bon- commerciale, et c'est pou.r cela qu'elle est l'apanage ex1eur de n'etre plus au cunement jaloux, d'autant plus clusif de ceux qui produisent le blé et de ceux qui le ven¡u'il venait d'apprendre te prochain départ du régiment den t. Depuis l'in.,.ention des cheminsde fer, des bateaux
a vapeur et des télégraphes électriques, et surtout dele Louis.
En effet, le jour du départ était fixé. La veille de ce puis l'abolition de L'échelle mobile, on n'en est plus,
!our historique, Louis,' quelque résolu qu'il fut aneja- Dieu merci, a considérer une mauvaise récolte comme
r¡ais revoir Giulia, a ne plus prononcer son nom, ne se une menace de disette.
Les disettes sont désormais impossibles.
1eotit point le courage de ne pas arpenter une derniere
Voi)a un souci dont est débarrassé l'oreiller sur le~is la rue droite, silencieuse et solitaire, mai~ peu¡Mt&gt;
jour pour lui des visions du plus bel amour. Ce pro- quel le citoyen fran9ais repese sa tete ohaque soir,
1 lui vint d'en haut sur les ailes d'une pitié altcndrie quand la fortune l'a condamoé a ce meuble aussi malsaín qu'in utile.
[ d'un pardon qui ne pouvait pas etre l'oubli. Un bon
Nous pouvdns parler li brement de la récolte proleil éclairait ce miséricordieux pelerinage.
chaine,
saos nous exposer a jeter la terreur parmi les
Ce matin-la, Giulia, se sentant moins faible, quitta
populations
paisibles, ou a les en dormir dans 110e per,on lit, approcba son fauleuil de la cro1sée ouverte... et
fide
sécurité.
Si la réco:te est mauvaise, on payera le
""~ardait
tour a tÓur .le ciel et le pavé, et asp1rait la
••o
pain
un
pet1
plus
cher, et les cultivateurs vendront un
+:Jialeur de ce généreux soleil.
peu
moins
bon
marché.
11 y aura Rn peu plus de gene
Sa blancbeur, encore accrue par de profondes so~fdan&amp;
le
pays,
mais,
grace
a Dieu, personne ne souffrira
lfrances, qui attiraient tout le sang au creur, ennobhsde
la
faiQ.1.
iait sa beauté de tout le prestige du paradis con¡:ruis par
Quand on porte ses regards en arriere, - et sans al-·
la mort.
Elle était toute seule dan~ la maison; l'Jtalien était ler bien .)oin, - on est frappé de l'importance de ce réalié daos un couvent des faubourgs lui cborc,b.er une sultat. Pendant des siecles &lt;l'ignoraoce et de misere la
famine a décimé la France. On pratiquait acette époque,
garde pour la nuit.
Son adorable figure, auréolée d'un doux rayon, fut la et sur une vaste échelle, la devise de M. le procureur
-emiere, la seule chose que vit Louis. Elle l'avait éga- général Dupin : « Chacun chez soi, chacun pour soi ! ,1
La circulation des grains était iuterdite de commune a
1 menl vu tout de suite. Elle se pencha pour le sa]uer...
commune, de province a province, de royaume a
1
1 pleura... en relevant la tete il ne vit plus ríen, et
royaume,
et on mourait de faim (&lt; chacun chez soi . 11
¡.ette crainte le saisit, qµe, vu son état de faiblesse, elle
C'était
bien
une consolatioo que de souffrir la faim a derenait sans doute de perdre connaissance.
micile;
cependant
j'ose préférer ce qui se passe aujourDivine clémencc ! ta porte, mal fermée, ne résista
d'hui.
Les
traités
de commerce, aidés des moyens de
a.~ au premier choc. Louis, poussé par d'instinctives
communication
rapide,
ont établi une complete solidarité
armes, gagna, en moins d'une seconde, un salon au
mier étage; il y trouva Giulia renversée sur son fau- entre ~a plupart des nations du continent européen.
nil, non évanouie, ·mais inexprimablement blan•• Quand le blé hausse de quelques francs a París, les
blés et Les farines d'Angleterre affluent dans nos entrehe.
póts, et réciproquement , quand les prix s'élevent a Lon11 s·agenouilla aupres d'elle.
dres,
nos produits encombrent ses marchés.
- Je vous attendais, tui dit-elle, soyez sur que je vous
En
cas
de mauvaise récolte, - comme nous l'avons vu
~ndais. Nous ne pouvions pas nous dire ad1eu pour
en
1861,
-l'Angleterre,
au moyen de ses innomurablP.s
~njours sans que je vous eusse remis moi-merne le movaisseaux,
de
ses
immens~s
relations commerciales, cone présent de mon pcre. ,Je vous ai dit que j'avais le
centre,
au
mei!leur
marché
possible, d'énorrnes quanoix. J'ai choisi ce petit portrait émaillé, fait d'aprcs
tités
de
céréales.
Or,
nous
profitons nalurellement,
i,quandj'avais sept ans. Et... et... moi aussi, je vous
· e, ajouta-elle plus bas, tandis que des !armes cou- grace au libre jeu de l'offre et de la demande, des ri. nt le long de ses joues. Louis n'appartenait plus a chesses de nos voisios, comme ils profitent eux-memes
des nótres a un moment donné.
terre.
C'est la liberté qui nous a assuré ces bienfaits.
- Avant de partir, ne me donnerez-vous pas un baiser
L'utopie du libre échange s'est róalisée. Les fous de la
le front et sur lesyeux?
veille
sont devenus les bienfaiteurs du lendemain. Ne
Le jeu11e homme, sans cesser d'etre a gen·oux, mit,
disons
plus : « A bas les fous! ,1
e on le tui demandait, sur ce front doUl'. et pale,
1

59

Le Jibre-échange, cette loi naturelle de solidarité
internatlOnale, devait aussi, on le sait, nous ruiner au profit de nos voisins. L'expérience de 1862 a
prouvé, au point de vue de l'alimentation, ce qu'il fallait
eu croire. Avec un déficit énorme de seize millions
d'hectolitres, grace a la liberté du commerce, le blé n'a
manqué nulle part, et il n'a jamaisatteint,- a beaucoup
pres, - les prix des manvaises années précédentes, ou
le déficit était moindre. JI manquait i 6 millions d'hectolitFes, ·et il est entré, en farines ou en blés, un peu plus
de i6 millions d'hectolitres de blé !
· Un documcnt officiet récent, le Résumé comparatif
des marchandises importées et expartées pendaut les cinq
premiers mois des années 1861, 1862. 1863, 1864, nous
montre que la liberté, si elle nous met a l'abri des effets
désastreux de la Camine, ne nous livre pas sans défense,
comme on le prétendait, a la concurrence de nos voisins. Au lien de ruiner notre industrie, le · libreéchange L'a vivifiée. En voulez-vous une preuve, et une
preuve irréfutable?
Prenons d'abord les tissus de lin et de chanvre; voici
quelle progression ont suivie nos exportations pendant le~
cinq premicrs mois des quatre dernieres années. 1861,
G,711,000 fr.; i862, 5,795,000 fr.; i863, 7,175,000 fr.;
1864, 8,457,000 fr.
Voici maintenant ponr les tissus de ~oie: 1861,
14t,877,000 fr.; 1862, l40,24=i,OOO fr.; l 863, 162,412,000 f.;
l 864, l!l0,680,000 fr. On dira peut-etre que cet accroissement de fabrication et d'exportation est' dti a la diminution de la maladie du ver a soie; malheureusP.ment,
l'intensité de la maladie s'est peu modifiée, et ce n'est
pasa la disparition de ce fléau qu'il faut attribuer cerapide accroissement de production et d'exportation. Le
meme phénomene ~·est présenté pour les lins et chanvres;
il se représente encore, bien plus accentué, pour les
tissus de laine; que mon lecteur daigne affro?ter eilcore
ces quatre chiffres, ils sont pleins •i'utiles enseignements.
D'ailleurs, c'est la réhal,ilitation d'uoe école honnie,
hafouée, pourchassée pendant de longues añnées, au nom
des intérets matériels. On va voir que ces intérets matériels n'ont pas été tout a fait sacrifiés par l'usage de la
liberté.
~
.
L'exportation des tissus de laine as · la progression
suivante, toujours daos les cinq premie mois des quatre dern ieres années : i861, 70,408,o-OO fr.; 1862,
i7,904,000 fr.; l863, i02,246,000 fr.; enfin 1864,
135,547,000 fr.
Voulez-vous que nous prenions les fils de !in ou de
cbanvre? lis vont de jlOO,OUO fr. a 1J millions; les peaux
préparées vont de t ... a23 millions; iesouvragesen peau
ou cuir de 24 a 35 millions; en fin la bimbelotterie, les
articles-Paris ont été de 35 a 61 millions ; les vins ont été
de 88 a H4 millions; les reufs, de 7 a !! millions; les
chevaux, de 2 a 8 millions.
U faudra bien que l'oo reconnaisse un jour unanimement que la hberté a du hon, a tous les points de vue.
Pour la liberté de conscience, c'est a peu pres démontré,
clu moins je !'espere. Pour la liberté économique, la
démonstration vient d'etre faite sans contestation possihle. 11 ne restf!ra hientót plus qile le courmmement de
l'édifice. Ce n'est qu'une question d'arcbitecte.
En atlendaut, les choses vont le11r train ; les· amis de. ,
h réglemMitatíon s'agitent et contrarientde toutes leurs
force~ le¡¡ tendaoces de l'administration des haras, qui
"eut aussi se montrer libérale. On cherche a supprimer
pcu a peu l'intervention de l'Etat dans la production de
J'cspece.chevaline; tout le ban et l'arr1ere-ban des protéaés
réclame l'intervention de l'Etat, de ses écus et de
o
ses chevaux. En vain, le directeur général des haras
chercbc-t-il, par de sages mesures de transition, a rassurer les esprits et a démontrer avec une sage abnégation que tout serait au mieux si le directeur général des
haras n'avait plus rien a désirer ¡ la peur ne raisonne
pas, surtout quand elle a un intéret a déraisonner. On
fait tout ce qu'on peut pour nous faire retourner au
comn,unisme de l'État, fournisseur d'étalons. On n'y
réussira pa.s, Dieu merci !
Mais comme nous sommes logiques en France ! La
meme administration qui veut laisser la producti:1n chevaline a l'initiative individuelle, au moyen des primes
accordées aux étalons, oublie ses príncipes aussitót qu'il
s·aait de notre race percheronne. Les meilleures lames
d'a~ier peuvent renfermer une paillc. C'est la paille qui
me console. Figurez -vous que l'administration des haras,
- quoiqu'il n'y ait plus de haras, - a pris en gri~pe _la
robe grise de nos percherons. Qu'est-ce que cela lm fa1t~

�60

L'ILLUSTRATlON, JOURNAL UNIVERSEL.

si d'aílleurs !'animal est irréprochable ? C'est la paille. tent mutuellernenl. M. Barrault fait mouvoir son pétris- du combustible, afio de conserverla machihe en pression.
Or, comme il est encore nécessairc cl'encouragcr indi- seur avec le gaz qui éclaire sa boutique. La machine Quand il ne travaille pas, il ne consomme pas.
rectement la produétion chevalinc, on donne aux.étalons ne tient pas plus de place qu'un buffet, et ne produit ni
Voila pourtant ou nous conduit la liberté de la bou.
percherons une prime de 400 franca. 11 y avait i8 éta- bruit, ni odeur. Point de fourneau:r, point• de charbon, langerie. Est-ce que, avec la limitation, la réglementa.
lons de cette race daos le Cher et dans la Nicvre, tous point de feu; une pile électrique de dcux éléments et le · tion, la taxe et tout ce qui s'ensuit, on aurait pu songet
les 18 primés l'année derniere. Cette année, C\n a ~up- moteur.
sérieusement a perfectionner la fabrication du pain? O.
primé 4 primes sur f8; les 14 proscrits avaient la robe
Une pile électrique chez un boulangcr! Et pourquoi n'apercenit que quelques tentatives isolées qui dispa.
grise, c'est-a-dire la
raissaient bientot
robe distinctive de la
sous la pression
race.
pneumatique . de la
M. legénéral Fleu -·
machine administra.
ry préfere les robes
tive.
sombres; est-cc une
On verra peut-etre
raison pour faire vio-'
un jour que décidélence, sans nécessiment la liberté a do
té, aux goüts des éle-·
bon.
veurs? Pour ceux-ci;
Vieron Bomt.
la robe grise .est le
signe de pureté de
~
• la race; ils ont ~ien
quelques
b~nnes
FETE
raisons pour avoi~
DU
cette préférencc. El
d'aillcurs, les gens
COURBAN-BAÍRAM
qui ont couduit la race pcrchcronne á11
Dm la" mosquée
point de perfection
de Zeschil-lmaret. ABrousa
ou elle est arrivée
ont, amonavis, 'plus
AU DIRKCTEUR,
de chances d'avoir
rnison que les jennes
D•uuase, 18 mai 186'.
théoriciens qui n'ont
pcut-étre vu de per:
Quelques mois a
cherons que ceux
peine sont écouléti,
qu'on atlelle aux
et ils ont surti pour
omnibus. Laisse~
faire passer de l'état
done faire ! ; :
de projet a la réaS'il ne s'agisrnit
lilé l'muvrede la rééque d'un caprite, a
dification de la ville
propos des robes
de Brousse, -entresombres ou des roprise 'par le commii.bes grises, onpo.ursairc impérialAmedrait esµérer que ce
Véfik effendi.
caprice s'évanouira
Dans chaque quar•
prochainement de,tier, les principales
vant une plus arorues ont été élar"ies,
. ple
information.
alignées et réparées;
Mais, au fond de
de Balouk Bazar a
cette mesure, il y a
l'ancien
cháteau
la maladie d'outre1l'Ouloun-Djami au
mer, l'anglomanie,
Sérail, du Sérail i
le croisement avec
la routc de Geumle cbeval de Norfolk.
Jek, tout cela forme
C'est la qu'est levéen quelque sorlc
ritáble danter 'pour
une suite de boulenotre bclle race pervards dont le dercheronne. Le cbeval
nie1· est en ligne
de Norfolk est ch¡irfiroite, hordé d'argé de fournir la 'robe
bres superbcs; et
sombre. Que nos élécl'un parcourssi étenYeurs y prennent
du, que l'reil du progarde, le Norfolk tuemencur n'apcr~oit
rait le percheron.
pas l'horizon. Son
Nous aurions quelpercement a été exéque chose de no4cul~ en 22jours, sous
vcau, un hatard bqn
l'acli ve survei llanr.e
ou mauvais; mais le
du commissaire imperchcron auraitdispérial. Ici, c'est un
paru; nos éleveurs
immensc et magnifivetllent-ils suppri-que Kau que 1'011
JihE Dd COtJllB.\~-BAIRAM, llANS LA MOSQUÍ!E DI! ZKSCHIL-IMARET, A BROl'SSR, - D'a~es un dc,sin de 11. Léon Pa"."iilée,
mer le percheron?
reconslruit; ia, c'cst
C'est la toutc la
la réinstallation
qucstion.
pas? ~i. Barrault n'a pas eu besoin d'engager un pby- d'une corporatíon· ouvriere, plus loin s'éleve un hu-La liberté du commerce cst encore eu train de faire sicien, ni un mécanicien pour entretenir la p_ile et ré•• pita!. Les cours d'eaux, les ponts, les routes, les habides sienncs a Pa)•is et mcme aillcurs. La liberté de la gler la marche de la machine. C'est un ouvrier boulan- tations particulieres, les marchés, les monuments historiboulangeric, si eÚe n'a pas cncore fait baisser suffisam- ger qui fait tout cela, et il s'en acr¡uittc a mcrveillc. Que ques, enfin tout se rétablit comme par enchantement.
ment 1c prix du pain, a du moins ouvcrt la porte aux ne m'a-t-•on pas dit quand j'ai parlé pour la premicre Encore quelques mois, et fa ville de Broussc, tant par sa
pcrfectionnement~mtcaniques. On voit, depuis quelques fois du moteur Lenoir, il y a quatre ou cinq ans! On voit splendeur que par sa prospérité industrielle et commerjours, ruc de l'Université, !:i2, chez M. Barrault, boulanger, combien ce systeme est pratique aujourd'hui. Chez ciale, aura reconquis sa véritable place de troisieme vi lle
dans UD atelier entouré de glaces saos tain, comme la M. Barranlt un ouvrier boulanger le dirige; daos une de l'empire ottoman.
maison de verre du philo'sophe antique, un pétrisseur maison en construction de la ruc d'Enfer, c'csl un ouLundi dernier, 16 mai, a eu lieu l'inauguration de
mécaniquc de M. Drouot, mis en mouvcmcnt par un mo- vrier magon. Il ne faut jamais douter de l'intelligence Zeschil - Djami; la restauration de cette bclle mostcur LeDoir. Je suis un des premiers qui aient parlé, il des ouvriers fran ~ais.
quée complera daos l'histoire du regnc du sult:1n
y a quelques années, du pétrisseur Drouot et du moteur
Pour la boulangerie, dont le travail est toujours in- Abd-ul-Aziz, et fera suite a l'muv,e du fondatcur MoLenoir, ne songeant pas qu'ils s'uDiraient un jour en termittent,le moteur Lenoir est excellent, parce qu'il n'est hammed re•, qui, a l'exemple de ses prédécesseurs
légitime mariage. Bien leur en a pris, car ils se complé- pas nécessaire, avec luí, de consommer inutilement Mourad et Béyazid, a pendant son regne embelli de mos-

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
~es les deux capitales de l'empire, Brousse et Andrinoplc.
,
.
,
C'est a luí que Ion do1t cette superbe mosquee de
zeschil-Imaret (la· fondation verte et, bie~faisante), ce
chef-d'reuvre de la décoratton et de I arch1tecture ottomane.
Cet édifice, d'une richcsse presque sans égale, était
abandonné depuis
de longues années; ·
les tremblements de
terre, le manque
d'entretien, et surtout le manque de
gotitpour lesarts, l'cvaient laissé tombcr"
dans UD oubli corr:plet. Mais le commissaire impérial
Amed-Vefik effendi
a fail restaurcr complétement cctte bel le
mosquée, et le t fl
mai la ft\tedu Courban-Bairam y a élé
célébrée. Cettc inauguration, faite par
le commissaire impérial, a été des plus
imposantes; ph:sieurs milliers de
musulmans, en téte
desquels figuraient
les hauts dignitaires, y assistaicnt.
Les travaux importants de cetle
restauration. ont été
dirigé~ par AmedVéfik effendi fu personne; il n·a négligé
aucun détail et en
a dessin~ plusieurs
de sa propre main.
Aujourd'hui, ce monument est décoré
d'une variété considérable d'arabesques sculptées sur le
marbre blanc de sa
fa~ade. Les orncments de la grande
porte et des croisées
sont d'une beauté
supérieure a tout ce
que l'on connaitdans
ce genre d'architeclure. Al'intérieur, le
reYetement des murs
jusqu'a trois n:ctres
de hauteur, le Mirah, sont couvertsde
faiences, formant un
des pi us beaux spécimens de l'art céramiq•J~. Enfin, ce monumeat tout enticr
est redevcnu digne,
a cette heure, de
l'admiration de tous
les artistes.
Agréez, etc.
L~ON PARVILLtE.

ORAGE

DANS

L'OBERLA.ND,

AU DlRECTEUR.

Genéve, !3 j uin.

Voici un dessin représentaDt la destruction d'un village bernois par un des nombreux orages qui ont dévasté une grande partie de la Suisse, et principalement
l'Oberland, au commencement de ce mois. Je ne vous
doonerai pas lo détail de tous ces désastres ~ on a eu a
déplorer des victimes en assez grand nombre et les
pertes sont immenses.

61

leur fait l'exil, a raconter les actions des grands hommes qui ne sont plus; en Franca, S.M. Napoléon JII
écrit l'histoire de Cé$3r; en Angleterre, S. A. le duc
d'Aumale écrit l'histoire des princes de la maison de
Condé anx seizieme et dix-septieme siecl~s.
Une saisie a été pratiquée par M. le préfet de policc
sur les feuilles et exempl~ircs ilc l'ouvrage .de M. le duc
d'Aumale; espérons
qu'un pareil danger
ne menace pas l'Ht'stoire de César de
S. M. Napoléun Ill,
et qu'au dernicr
moment M. le préfct
de police ne mctrra
pas son veto a la ¡iblication des augustes volumcs.
Mais, grands
dieux ! qui cut cru
qu'nnc histoire des
princcs de la maison
de Condé r,üt ctrc u11
livre plus dangereux
que Cespetitesdames,
les Ti·eize nu.its de
Jane ou les Cyt111Jrcs
pariste/lnes. Voyez
pourtant le danger
de juger les livres
sur lcur litre.
M. le duc d'Aumale et M. Michel
· Lévy, son éditeur,
ont cru devoir demander a M. le préfet de police la restitution de ce qu'il
avait saisi; ce fonctionnairc s'est laissé
assigner, et devant
le Tribunal il a soutenu que, ayaut agi
en .vertu d'une instruction
ministérielle, il .ne pouvai t
etre poursuivi saos
autorisation du Conseil d'Etat, que cettc
~utorisation n'avait
point été demand.ée,
que des lors les jugel\ devaient repousser la demande.
Le Tribunal, accueillant les raisons
de M. le préfct de
policc, rnrsit a statucr pendant trois
mois.
, M. le duc cl'Aumale et M. Michcl Lévy
unt appclé du jugemcnt; la Cour l'a
confirmé.
Je lis dans les
journaux judiciaires
qúc M. Dufaure a
plaidé pour M. Michel Lévy, M. HéUN ORAGB DANS L'OBERLANO. - D'aprés un de1sia de 111. !. Cbampod.
bert pour M. le duc
d'Áumale, M. Busfilie a la aare da Montbéliard. Le voleur n'a pas voulu, son-Billault pour M. le. préfet de. po}ice, et que M. le
parait-il, "compar¡¡Jtre devant le grand juge avcc.cette procureur général de Ma{nas a donné ses couclumauvaise action sur la conscience, et s'est empressé de sions; mais des plaidoiries des avocats, mais des
conclusions de M. le procureur général qui avait
restituer le fruit du larcin.
trouvé !'affaire assez importante pour se mélcr de sa
A. CnAMPon.
Agréez, etc.
personne au débat, pas UD mot; ce n'était ponrtant
point, que je sache, matiere interdite a la presse; pourquoi done ce silence? Mais les journa?x judiciaires ont
eu probablement leurs motifs. Gro$jean était un sot qu
G.lZETfE DU PALUS.
voulait en remontrer a son curé, et ma foi,je fais comme
I Nous vivons daos un siecle privilégié, et nous assis- la Gazette des Tribuna11x et comme le Droit, je me tais.
&lt;&lt; Le prince Fran~ois-Claude-Auguste ~e Crouy-Chanel
tons a des spectacles qui' ne se sont guere vus dans les
temps passés; les empereurs régnants occupent les loi- de Hongrie, contre l'archiduc Fran~ois ~'Autriche d'Este,
sirs que leur laisse le tróne, les princes'bannis ceux que ex-duc de Modene l »

Ces événements avaient été prévus, en quclque sorte,
etl'absurde croyance de la fin d11 monde circulail dans les
populations catholiques. Elle a eu au moins cela de bon
que quelques pécheurs ont sérieusement réfléchi sur
leurs méfaits. C'est ainsi que le curé d'Alle (dislrict de
Porrentruy) a re~u un paquet renfermant des montres
qui av.\icnt été '1Qlécs1 un a.n au¡1arava11t1 a pne jeune

�62

Voila qui sonne bien dans la bouche d'un huissier. 1 commence par la seconde piece. Jusque-la, ríen n'est
Cette ~~osse cause é~it tout Técemment appelée de- perdu, mais la piéce s'acheve, le rideat1 · tombe, et
vant le tr1liunal de Modene.
Mil• Neveux n'a point paru; on prolooge l'eotr'acte fort
De grandes affiches roses, si je m'en souviens bien, ..u dela du uécessaire, Mil• Ncvem. n'arrive pas.
oous ont appris depuis longtemps que M. le prince de
Le public recommence a se fa.cher ; nouvelle allocuCrouy-Chanel est un descendant d' Arpad, et qu'a ce titre tion du régisseur; cette fois, d'une voix plus émue encore
il a des droits a la couronue de Hongrie.
i il pr,1p )Se respectueusement un changement dans 1~
Or, comme il est sage, en prévision des événements, menu : on remplacera Sous les toits par une piece qui
d'éclaircir autal1t que possible les situations a !'avance. o'est point sur !'affiche. Magnanime comme une majesté
M. de Crouy-,Chanel assignait l'ex-duc de Modime devant qu'il est, le public accepte la'substitution.
les juges deModene, et conclua.it il. ce qu'il plüt au Tribu- ; Cependant le médecin du théa.tre court chez Mil• Nenál, (( Déclarer qu'audemandeur, prince Fran~ois--Claude,- ! veux, le commissaire de poli ce l'accompagne ; Mil• NeAuguste Cróuy-Chanel de Hongrie, appartient la double veux est daos son lit : le _public atttnd, lui dit~on elle
qualité : t º de descendaot en ligne directe masculine de va faire maoquer la représeotatioo : (( Je Eluís souffr~nte,
Félix Arpad de-Crouy-Cbanel, fils d'André III, arriere- répood-elle; il m'est impossible de me lever. » Et le
p;tit-fils d'Aodré ll, aocien roi de Hongrie; 2° de des- proces-verbal,·qui. n'est pas galaot, constate'que ~1 11• Nec~~dant de Béa~ix d'Est~'- filie d'Aldobrand J•r d'Es!~, veux a l'air souriant, et que le médecin ·ne découvre pas
rem1:1 de Bongne, par Et1enne le Postbume, marqms chez elle la plus petite trace de maladie. On presse cette
d'Este, son fils, et par ledit André lll, marquis d'Este, jolie personne de faire un effort qúi sauvera la recette ·
petit· fils de ladite Béatrix; luí attribuer, en conséqueoce, elle répond par un non possumus inflexible, et un mon~
le droit de porter le titre de marquis d'Este) comme il fut sieur, qui se trouve par hasard dans la chambre injadis porté par ses ancetres. &gt;&gt;
tervient et supplie les -visiteurs de ne point fatigu;r la
A cette demande, l'ex-duc de Modene opposait une malade.
exception d'incompétence fondée sur deux motifs : le
Le médecin et le commissaire de police se retirent,
premier, que le prince de Crouy..Chanel réclamait des rapportent a l'administration du théa.tre le refus de
droits féodaux aboli,s par les lois frao~aises et par la lé- M11e Neveux, et le régisseur parait une troisieme fois
gislation italienne; le second, que l'árchiduc Fraµfois devaot le public pour annoocer qu'on va rendre !'argent.
d'Autriche d'E~te, n'étant ni citoyen italieu ni domicilié
Cette triste opération dure deux heures, le temps de
dans le royaume, ne poovait etre soumis a la juridic- jouer une tragédie.
tion des tribunaux italiens.
Le théatre a eu la cruauté de traioer sa pensionnaire
· Ainsi voila un prince qui n'a cessé de protester con- devant les tribonaur. M• Carraby n'a pas craint de tr;i.itre les changements que la révolution a introduits en ter la maladie d'uoe si charmaote personoe avec toute
Italie, et qui invoque les décrets promulgués par la ré- l'irrévérence imaginable, au risque des plus grands malvolution; voila un prince qui persiste a se dire de droit heurs, et les juges barbares ont condamoé Mue Neveux
souverain d'un duché &lt;l'Jtalie, et qui rejette la qualité a payer quatre cents francs d'indemnité et le montant
d'ltalien ! Étrange embrouiUement des choses humai- d'une recette, salle comble, en dépit de la spirituelle et
nes!
-vive plaidoirie de M• Cresson.
Les júges ont repoussé le premier motií de l'archiduc
Si jamais il y eut un homme qui aima la vie du baret accueilli le second. Fran~ois &lt;l'Autriahe a gagné son reau avec une ardeur vébémente et presquc jalouse, et
proces, et il est judiciairement déclaré étranger'a l'ltalie, aux yeux de qui le titl'e d'avocat fut le plus beau de tous,
suivant son désir.
ce fut a c&lt;¡up sur M. Liouville. ll ést resté, au Palais, daos
• Le prince de Crouy-Chanel a interjeté appel devant la la mémqire de tous ses contemporaius; il sera, pour tous
Cour royale de Milan.
ceux qui le suivront dans cette liell-e et larue
o carriere'
S.M. \'empereur d'Autriche fera bien de suivre les comme le type du dévouemeot infatigable et passionné
débats de pres; une fois marquis d'Este, si la Cour de il. ~a professioo.
Milan lui reconnalt ce titre, M. le prince de Crouy-Cha.
Daos les dernieres années de sa laboriéuse existence
nel esl bien homme a réclamer par exploit la couronne alors que la dignité de ba.tonoier &lt;lont il était revétu t;
de Hongrie.
mettait plus directement en présence de ses jeunes conDes priuces, passons aux ingénues, qui parfois se per- freres, M. Li~uville s'était ptu"a retracer les devoirs a cémettent des fantaisies de princesses.
lébrer l'honoeur de cet!e chere profession dans
disM11• Deribeaucourt, jeune actricé du Palais-Royal, est cours pleios de force, de raison, de bon sens, d'élévamodeste encore en ses caprices. Elle a conclu, en 1862, tion, et empreints de celte originalité familiere qui lui
un engagemeiit avec les directeurs du Palais-Royal, et cet élait propre et qui donnait il. ses paroles un acces plus
t:ngagement, elle le veut rompre aujourd'hui, pas da•- facile et plus intime dans les esprits.
-vantage.
Un de ses fils, qui a recueilli dans son héritao-e l'amour
Le motif de W1• Deribeancourl, c'cst qu'elle est mi- d'un des plus libres et des plus nobles états ;ui soient
neure,et qu'elle a contracté sans l'autorisation de mon- vient de réu?ir avec un soio piem., en un seul volume:
sieur son pere. On ne saurait se 'ngurer avec quelle fa- ces quatre d1scours, auxquels il a ajouté la liste des discilité les jeunes personncs se passent' de l'autorisation cours de rentrée prononcés ·a l'ouverture des conférenpaternelle pour monter sur les planches; c'est a croire ces, le texte des lois, des ordonnances et des arretés élu
qu'elles le font tout expres pour se donner o.n moyen de conseil de l'Ordre de París qui composent le code du barmanquera leur sign.i.ture; mais non, !'esprit d'une in- reau. C'est un livre complet, .ou la regle écrite et ta tragénue est tncapable d'un calcul si pervers.
ditioo sont commentées avec une pleine et douce· a:itoMll• Deribeaucourt était mineure en i862, Le fait esl rité: ce sera le livre par excellence de l'avocat.
eertain; son pere ne l'a point autorisée expres$ément a
HENRYS.
traiter avec MM. Plunkett et Contat-Desfontaines, la
~
· chose est constante; mais M. Deribeaucourt a-t-il pu
ignorer que sa filie, dont la personnalité ne s'est jamais
La Cotrespondance de Napoléon Jer, dont le XV• volmne
déguisée sous un pseudonyme, jouait la comédie? Ce 'vient de. paraitre, est le monumeot historique qui supn'est guere probable. S'il ne l'a point ignoré, n'a-t-il plée le mieux a toutes le.i histoires: Daos ces lettres inpas, par son silence, rati.fié l'engagement de la mi- nombrables, ou, au jour le jour, l'Empereur dicte ses
neure? Évidemment, oui.
Ol'dres, résume ses actes, fait marcher ses armles, crée
Et le Tribunal de commerce, raisonnant ainsi, a cond«!s rois et regle tout son empire avec la vigilance d'un
damné M11• Deribeaucourt il. payer am. directeurs du per&amp; de famille, il y a quelque chose de merveilleux et
théatre du Palais-Royal un dédit de 6,000 francs.
qui ne cesse d'étonner meme ceux qui ne s'étonnent
Mlle Neveux, une autre ingénue, a mis le théa.tre Dé- plus de ríen. Ce xve volume embrasse presque toute
jazet dans un bien grand embarras.
l'_année i807, l'une des plus splendides de l'ere impéLe t •• juin, elle devait jouer daos une piece mono- r1a~e. La question d'Orient est soulevée et traitée; on
logue •qui s'appe.le Sous les toits et dan~ le Dégel.
ass,ste il. la grande bataille de Friedland, et l'Empereur,
L'heure du spectacle tst arrivée; l'orcbestre joue une courant, de victoire en victoire, rédige en poste ou sous
ouverture, deux ouvertures, trois ouvertures, et le rideau la tente toute 1·ette correspondaoce si rnultipliée et si
se leve ... sur le régisseur. Celui-ci, avec l'acceot ému diverse, qui s'attache a tout, qui explique tout et or(1qui appartient a cette institution, » annonce 11ue M11 eNe- donne tout dans une mesure parfaite. - l beau vol.
-veu:i:: n'est point arrivée et les prie de permettre qu'on in-8º; prix : 6 francs; B. Pion, éditeur. Eovoi franco .
intervertisse l'ordre de la rsprésentation. Les spectateurs
daignent oetroyer la grace qui leur est demandée. On

d:.~

63

L'ILLUSTRATJON, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLU::;TRATlON . .IOURNAL UNJVERSEL.
PRIME

DI.&lt;;

L'ILLU$.TRATION .

L'Illustration meten vente le prem'íer' volume des se.
nates de Mozart, le cinr¡uieme de la collection comp~
des ce.uvres spéciales pour piano a deux maios des maf.
tres elassiques, annotées et doigtées par J. Moscheles.
Ces volumes paraisseot ades iotervalles assez éloigllit
les uns des autres; mais cette lenteur est indispensabiJ
pour la bonne exécutio11 de l'impression et rlu tirage.
Nous rappelons il. nos abonnés que tous · cem. q11
souscriroot d'avance a la coilection complete n'auronti
payerqri.e 50 fr. au lieu de 87 fr.
,:ene Collection allemande, annotee el d,i¡rtee par le célebre professtw
MO$CHELES, formera U voluo1es de 160 pages cbacun, en moyenne.
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pnur ceux de nos abonnés qui souscriront d'avance a la celleotion complete. Cette derniere raveur ne sera rigoureusemem
accordée que sur l'envoi de 50 írancs eu un mandat sur la
pos~, ou en une valeur sur Paris.

Les prix indiqués ci •dessus s'uppliquent aux volumes re~
dans nos bureaux; les frais de poste (DO cent. par volume e11,
voyé isolémetit) n'y son/ pas compris. _

.

La Direction générale des Don.anes•et des Contributioos
indirectes vient de pubher une no~velle édition du T•
bleuu des droits, en vigueur d'epuis le i5 j uin dernier,
avec des observations sur le régime spécial auquel sont
admis, en France, les produitsides puissances a,vec lesquelles il a été conclu des traités de commerce.
Ce document est en vente a l'Imprimer1e lmpériale,
au prix-de 3 fr. 50 c. Yexemplaire.
•
M. Larousse vient de mettre en vente le 7e fascicule de son GRAND Drcrro:w·.uae. Ce fascicule sera peu,telre un des plus favorisés de tout l'ouvrage; il renferrue
quatre des mots les plus ricbf's de -notre tangue : AME
AMI, AM1TIB, AMooR, AMtRIQU.E, si gros d'actualité. Le éa~
ractere indépendant, élevé, libéral de cette colossale publication se dessine chaque jour ..de plus en plus, et
nous appelons pa,rticuliilremeot l'attention de nos lecteurs sur deux artic\es importants de -ce 7e fascicule:
L'Ami du peuple, de Marat, et La G~rre de l'Amérique~
vnnt la co11,sience de la France. Prix de chaque fascicule :
1 fr.- Sept fascicules sont en vente. L'reuvre complete
renfermera au moios cent cinquante fascicules. Ce
magnifique travail, qui sera le plus v'aste monument
élevé par notre siecle il. la Jaogue, aux lettres, aux
sciences et aux arts, a droit aux encouragements de toas
les bommes éclairés.

Di manche prochain, 24 juillet, M. Leprévost, organiste
il. Saint-Roch , fera exécuter en l'église Sainte-Marguerite, a 1:occasion de la féte patronale de cette paroisse,
sa nouvelle messe .~olennelle a grand orchestre. L'office
commencera il. dix heures précises.
L'orehestre et les chreurs seront dirigés 'J)ar M. Leprévost.
~

P~ CATELAN. - Dimanche 24 juillet, grande et magnifique solennité musicale : l'orchestre dirigé par
M. Forestier, et musique du 2• cbasseurs a cheval. Bal d'enfants sous les tilleuls du quiocooce, - Kiosko
et Sabra dans leur royaume diabolique et fantastique.
Incessamment, inauguration dans ce féerique jardín
du Palais des Colibrís, merveille uniq ue en Europe.

- ----==-~------BIBLIOGRAPHIE.

Réunir en no seul volume le ph1s grand nombre possible de renseignements utiles ou ~urieux sur tontes les
cornmunes et sur· les princ1paux villages de la France,
tel est le but du Dictionnaire des Communes de la France,
que M, Ad. Joanoe vient de publier il. la librairie Hachette (1 voltJme grand io-8° contenant 2,400 pages;
brocbé, 20 fr.; relié en percaline, 22 fr. 50 c.).
Le Dictio1,11uire des Communes de la Frunce est un cata·
logue aussi cornplet et aussi exact que possible de la
France actuelle, au point de vue géographique, o-éologique,_ hydrographique, administratif, statistiqu~, in-

dustriel, co:mereial, agricole, monumental, archéologique, etc.
ce "'rand travail a, de plus, le rare mérite d'etre entiere;ent nouveau. Résumé fidele de tous les ouvrages
publiés duraot ces vingt deroieres aonées sur les quatreviogt-neuf dép1rtements fran~ais, il cootient, en outre,
un grand nombre de documents complétement inédits.
La rédaction en a été coofiée a M. Adolphe Joaone, qui
a su, p'&gt;ur ce Dictionnaire comme pour ses ltinéraires,
s'entourer de collaborateurs dont les noms offrent une
oouve\le (!araotie au puhlic.
Le Dictionnaire des Communes, qui renferme daos ses
~uatre mille buit cents colonnes plus d'un mil/ion de
renseigoeroents, est l'ouvrage de ce genr~ le plus r.xact
et le plus complet '}Ui ait paru jus'}u'a ce jour sur la
France; c'est le vad1-mecum indispensable de tous les
gens d'afiaires ou d'étude. de tous les fopctionnaires, de
tons les géographes, de tous les archéologues.

REVUE DES MODES ET DE L'INDUSTRJE,

La mode est dans tout' pour unP. femme / rlans sa toilette comme daos ses parfums., Ceci explique la mode de
portf\r sur soi, en voyage, l'Eau de mélisse des Carmes
dans quelque flacon richerneot ciselé. Munie de ce remede souveraio, une femme peut se dire invulnérable
et porter bravement le litre de lionne. La chaleur, la
fatigue, les courses a cheval, elle brave tout, car avec
de l'eau de mélisse oo ne connalt ni les syncopes ni la
migraine, ni les maux de oerfs et l'on•se moque 'meme
un peu, a l'occasion, de « ce' bon docteur » dont on
oublie les conseils.
Toutefois, mesdames, je vous dois une importante recommandation a ce sujet : n'oublie1. pas que i'Eau de
mélisse authentique, la seule vraie, est signée Boyer, l 4,
1 ue Taranne, ca~ cette liqueur a ses contrefa~ons,
comme tout ce qm est bon et consacré par la vo"'ue.
L'iodiscrétion des cheveux gris est grande "sur une
tete encore jeune, et l'on ne saurait trop s'en défier.
C'est pourquoi M. Guislain fait couler, au numéro H2
de la rue de Richelieu, une des plus vi vifiantes· sources
d'eau de Jouvence qui existent.
L'Eau de /,, Flrvride nr teiot pas !, s cheveux, elle leur
rend leur ~év1•, et, par suite, leur couleur. 11 n'y a 'done
ancun artífice a s'Pn servir, et l'on peut etre parfaitemeot fier de sa chevelure, redevenue brune ou blonde
grace a ce bienfaisant remede.
'
L'Eau de ta Ploride n'opére pas sa révolution en un
jour. Elle s'agit &lt;( sagement et lent,:meot, comme la nature. » Son emploi étaot des plus simples aussi bien
que des plus efficaces, je la recommaode il. toutes celles
de mes lectrices doot la chevelure est sillonnée des premiers 1( fils d'argent. »
Nous atteignons la saison oü. la vie de chateau et de
campagne devient aussi brillante dans son genre que
les plus splendides soirées de l'biver.
Les maitres de maison rivalisent d'émulation pour
recevoir dignement leurs hótes. O'est l'occasion de se
d_istioguer par l'?riginalité, le gout, le pittoresque d'une
fete. Pour Y arr1ver, on ne sa,irait mieux faire que de
s'adresser a la_ maison Ale.1 is Goditlot, a Paris-Passy, i2,
avenue Dauph1ne.
Rien n'e,t plus imprévu que ses créations magiques:
ici eile éleve un petit théa.tre comme par eochantement,
- la, c'est un pare si royalément illuminé que l'oo croirait Y voir htire toutes,les étuiles du ciel, - ou encore
c'est une vallée suisse qui sen.ble improvisée par la ba:.:114\tte d'uoe fée. L'art et la oature sont ernployés par la
iuaison Gúdi//ot avec un gout et un bonheur toujours
souteous, et les heureux du jour ne sauraient mieux attend.re du génie de l'inv__en·ti~on
et de )'industrie.
--~
.
1

A cette heure, la mode est fantaisiste, et o'imagine plus
que des toilettes dont la commodité et la légcreté puissent
braver les chaleurs. C'est ainsi qu'on remplace les corsages de robe par la chemise Garibaldi en foulard de
Shaoga'i-blanc, ou fond blanc avec semis r!e pois.
Comme étotie a la fois brillante et Jégr.re, le foulard
a:du reste, Ja vogue du jour. Ríen n'est plus charmant
qu'uoe toilette - robe et vetement - en foulard uní,
ouance mais ou bieue, du Comptoir des fo.les (128, boulevard de Sébastopol, rive droite).
Nos lectrices peuvent se donner une plus juste idée
des charrnaotes nouvea11tés du Comptoir des Jndes en faisant a cette maison la demande de ses échaotilloos si
variés; celle-ci les leur expédiera franco dans le plus
bref délai.
Plus que jamais on affecte de porter les tailles du premier Empire, mode peu avantageJJse si, pour y remédier,
oous n'avions la Ceinture-régente.
11 ne s'agit que de la demander aux inventeurs memes : Mm•• de Vertus (31, Chaussée-d'Antin). De loiu
comme de pres, on peut commaoder ce mignon corset
qui, tout en ménageaot les organes essentiels,donne a¡~
taille une souplesse et des proportions irréprochables. 11
ne s'agit que d'envoyer a Mmea de Vertus tes mesures
suivantes : tour de taille a la ceio,ture ; largeur de pmtrine; t9ur des han ches, longueur du busc . lono-ueur
de la taílle sous le bras. Ces mesures se predneot ºétant
tout habillée.
On me demande quelques détails au sujet des mou:.
choirs de la Compagnie irlandaise (97, boulevard de SéLastopol). Ces mouchoirs sont, pour la plupart, de véri- ·
tables petits tableaux miniatures. On y voit des oiseaux
aquatiqnes sur des fll¡urs rares; on y trou ve égalemeot
de char,naots et léger.s dessins convenaot aux femmes
d'une élégance aussi modeste que vraie. Tout e~t d'un
choix exquis il. la Compagnie irlandaise, depuis le plus
riche jusqu'au plus modeste mouchoir.
Les chaleurs nous font une nécessité de la parfumerie
et je rappelle, a cet égard, qu'une femme qui veut re/
t~r fraiche. et jeune ne sa.urait trop employer la glycérme de Rimmel (17, boulevard des Italiens), surtout en
• cette saison qui voit le public abonder aux bains de
111er. Les bains de mer ont l'inconvénienl de réndre les
rheveux secs et cru,sants. Pour combattre cet effet nui~ible, il u'y a ríen de meílleur que-l'extrait de jus de ¡¡_
11100s et de glycérioe de Rimmel, qui neutralise le sel
marin et laisse la chevelure souplc et brillante.
., Rimmel, on le sait, jouit d'une grande vogue a Paris, et
J engage mes lectrices a demander a Rimmu tous ses
secrets de beauté.
Une cbose fort importante aussi pour la conservation
de la jeuoesse, c'est la beauté des dents. Rien ne dé ..
forme un visage comme la perte de ces précieux oro-anes; ri~n ne fait tant souffrir. sous lé double rapportd,.
la santé et de l'amour-propre. Nous nous faisions ces
rell_exi~ns ces jours derniers, en lisant un tout pctit, ·
ma1s h1e~_précieilx opuscule sur l'liygiene des dents,
¡iar M. De¡ardrn fils, professeur de prothese et de chirurgie deotaire.
. A.coté de conseils d'une utilité remarquable, M. DéJ~rdm a placé fort a propos le double masque d'un mernc
visa¡:e, le premier édenté, et l'autre avec ses dents. Le
~eme visage p,eut avoir, de cette fa~on, tantót vingtcmq ans et tantót quarante. Ce changr.ment est aussi
surprenant qu'affreux, sans compter que le manque de
de~ts doooe une voix cassée, vieillie, etc. Ces considérations seules décideraienl quand méme pour le parti
tes.denl~ a_rti_fi~ielles, surtout quand elles sont merveildeoseme~t 1~1tees et posees sans douleur par les mains
b~ M. ~e¡ar~m. C est dans un quartier central que l'ha1e ch1rurg1en a étabh ses salons, t le meilleur conseil
~oe ~~us puissions dooner a nos lecteurs, c'est d'aller
es v1s1ter, boulevard Sébastopol, 37 (rive droite).
1

0

~'APPAREIL RUIIOlff KT LA SCIIKCK AU TIIIATRI ROBII.

Tous les journam. ont anooncé que le prix de 50,000 fr.
destiné par l'Empereur a récompenser l'application la
plus utile de l'électricité, vient d'etre décerné récemment a M. Rumkorff, inventeur de la nouvelle bobine a
induction. La nouvelle assurément a fait le tóur de la
France et de l'Europe. Mais que de lecteurs, en parcourant ce bulletin de victoire, se so~t dit silencieusement
a em.--memes :
.
- Qu'est-ce done que cette bobine Rumkorft qui
remporte si vaillamment une récompense de 50,000 fr.?
A tous ceux qui se sont fait cette question, il est hon
d'apprendre qu'il n'y a guere, dans to~t Paris, qu'un
seul établissement qui puisse les édifier complétement
sur les merveilleuses propriétés de l'appareil Rum)c,orfl.
Et ce n'est, sachez-le, ni le Collége de France,ni la Sorbonne, ni 1'Académie des sciences, ni le Conservátoire
des arts et métiers; cet établisseruent, unique en son
genre, est le Théatre Robín.
Et en effet, M. Robín, qui serait tout aussi bien a sa
place dans une chaire de professeur que sur son théatre,
a produit toute ~ne révolution daI1s ces spectacles d'enchantements et de prestiges que la magie nous a· transmis
de siécle en siccle. Pina de devins '. Plus d'enchantéurs 1
PIns de mysteres ! Les ªl!.tre; de Trophonius sont 011,verts:
et les dieux de la grande et de la petite rnagie s'en ,voot!
Gra.ce a M. Robín, ces secrets sont aujourd'hui, pour
tout le mónde, le secret de la comédie; cette vieille histoire est percée a jour; le sac a mal ices est épuisé. M. Robin no·us fait assister il. toul ce défilé d'ensorcellements
qui commence il. l'escamotage pour finir a cette armée
de spectres qui l'étreignent, tons les soirs_, daos leurs
bras impalpables. Mais en renouvelant ces prodiges,
M. Robin nous fait toucher du doigt le ressort qui fait
tout mouvoir. Nous nous apercevons alors qµe depuis le
trépied de la pythonisse j_nsqu'a la table du médium, il
o'y a, dans la magie, qu'un dupeur et un dupé; et
M. Ro~in peut se vanter de contribuer pmssammeot a
éclairer !'un et a démasquer l'autre.
Aujourd'hui, le prix de !íO,oon fr. créé par l'Empereur,
met a l'ordre du jour l'appareil Rumkorff. Eh bien! entrez dans la salle de M. Robín, et vous allez bien vil.e
comprendre la place importante qu'occupe la puissante
bobine de l'iµventeur dans l'histoire de l'électricité.
Et tout d'abord, voyez tour a tour, sous vos yeux, les
plus curieux phénomenes ele ce fluide prodigieux, qui,
HYGitNE ET MÉDECINE.
demaio, fera courir votre _pensée, en une seconde; auOn introduit chaque jour en thérapeutiquc des ~uccédaoés de l'buile de foie de morue, dont la ¡;lupart o'ont tour du globe. En q1Jelques mots, M. Robin vous prépas la moindre valeur. Le sirop de Raifort iodé, preparé sente un. exposé clair et 'rapide des propriétés de l'élecafroid, de M. Grimault, 7, rue de la Feuillade, réumt tricité, et immédiatement toute une série de phénome.
seul tous les avantages médicaux; ainsi, le docteur Gui- nes fautasliques se déroule a vos regards.
Attention ! la,salle, éblouissante de clartés, vient d'etre
bout, médecin des hópitaux de París, en parle en ces
termes : 1( Le Siror, de Raifort iodé a tous les avantaues plongée dans les téoebres. D'un mot, M. Robín a éteint
de l'huile de foie de morue, sans en avoir tous les incgn- toutes les lumieres. Obscurité complete! Mais si d'un
vénients : il stimule l'appétit et releve les forces de l'or- rnot, il fait l'ombre, d'un mot aussi, il fait la lumiei:e, et
ganisme; par la quantité d'iode qu'il contient, il exerce toutes les bougies se rallument asa voi:i::. C'est le Pial lt1.:i:
la plus heureuse influence sur les fonctions respiratoires. '
11 est utile spécialement au début de la phthisie pulmo- avec l'iostantanéité de l'éclair !
C'est 1~ une vieille expérience. Il y a virigt ans que
naire; son action n'est pas moins efficace dans les affecM.. Robin la produisit, pour 19. premiere fois, au Kurlstions scroíuleuses et rachitiques. »
Theatre de Vienne. Au moyen de l'électricité vitrée 1rois
' bougies s'allumaient et s'éteignaient tour a' tour,
cents
au
cornmandement de :&amp;f. Rohin. On l'a reproduite
FONDS MEXICAINS
aussi,
cette année, il. la premiere séance d'uuverture
RAPPORTANT 4 FRANCS PAR AN, sorr 8 0/0
des soirée~ scientifiques de la Sorbonne. Étendez l'ap_pliPayables le 1•r juillet ~e chaque année.
. caticn .du procédé, et vous allumez d'un seul coup tous
Remboursables par anouités al 00 francs.
les becs de gaz de París.
Ces; certi!icats, érnis a 45 francs par la Caisse mobiliere
Passons. Prenez ce joli coffret; M. Robín le remplit
société anon_yme de crédit provincial et communal, A
d'or,
le dépose sur un tabouret, et vous permet avec
París, rue Drouot, 24, représentent daos ces conditions
d'émission et de remboursement un intéret de 10 0/0. un sourire de l'emporter. La tentation est forte, mais hélas ! la p11issance de l'électro-aimaut c.st plus forte en~
core, et ce r,offret de nabab, que vous souleviez tout a
Quel plus joli voyage pouvez-vous' faire pour i05 fr. l'beure comme un fétu de paille, reste cloué au tabou40 c. que le voyage en Hollande, BP.lgique et Prusse ret qui le porte. Hercule ne !'en arracherait pas!
,,1,mane, organisé par la compagnie du Nord, surtout
Voulez-vous que l'électricité écrive? Elle r.st prete a
avec le nouveau guide circulaire de M. Henry A. de vous obéir. Commandez, et a la voix 'de M. Robin, elle
Conty?
va vous présenter les caracteres que vous désignerez
Ce guide, divisé par jouroée et vendo aux gnichets
et avec la couleur désirée par vous. Jci le télégraphe
de la Compagoie, indique, jour par jour et beure par
heure, tout ce qui peut intéresser le voyageur, depuis le électrique appelle a son aide la chimie et la prestidigiprix des hotels jusqu'aux itinéraires et excursions a faire tation. Chez M. Robín, la science et l'art se donnent contin11ellement la main.
dans chaque ville.
Un phénomene plus surprenant encore. Vous avez
- La cité Malesherbes, ou M. Bercoet a transporté sa
Maison d'éitncation de la rue Pépioiere, s'ouvre d'un tous vu des tours de force, et l'hercule Damourette vous
cóté rue de Lavc1I. 20, et de l'autre, rue des I Martyrs offre encore en ce momeot, a l'Hippodrome, une ma.vis-a-vis l'avenue de Trudaine.
' choire assez remarquable. Eh bien! M. Robin les sur-

�04

L'ILLUSTRATIO N, JOURNAL Ul'\ IVEn s r:L .

,,

1

Tcu

IAS

di

m

passe tou!t en tenant un emant suspendu daos
l'air par un seul de ses cheveux. Miraclc, ditcsvous; mais M. Robin s'empres~e, en souriant,
de vous démontrer que c'est un miracle ... de
l'électro-ai m:mt !
Écoutez! c'est le tambour magique d'un
zouave tombé a Inkermann. Ce tambour est
seul, isolé, saos liaguette~, et pourtant, ala voix
de M. Robin, le ra, le fil, le roulemcot, la retraite et la générale se foot successivement
1:ntendre. Encore et tonjours l'électricité ~
Et pourtant, la rcpréseotation ne vous
a encore qooné la que les bagatelles de la
porte. Voici la bobine Rumkorff, et avec • BLOC llE VEl\116 llE 9 CENT., TRAVERSÉ PAR L'ÉTINCELLE DE L'A.PPAllRIL
elle, c'est la foudre avec ses terreurs, qui
vient agrandir le spectacle et le rendre p!us émouRÉBUS.
vant. Cette bobine formidable a je ne sais quoi de ~inistre et d'imposant qui commande le respect. 11 n'y a
#
qu'un instant, M. Robin se promenait dans la salle et
.,
vous faii,ait rire avec les commotions de sa torpille; mais
en ce moment, il reste seul avec le monstre qui porte le
tonnerre. Un seul attouchcment, et vous seriez foudroyé
sur place!
,
Jngez de la puissance de la machine ! M. H.obin
luí arrache des étincelles qui déchirent l'air avec ·
une traioée de feu de i 5 centimctres de longueur; c'est
le zig-zag de la fouclre daos les nuages ! M. Robin soumet au choc de l'étincelle un bloc de verre de 9 centimetres d'épaisseur, et, en un clin d'reil, le bloc est tra••
versé d'outre en outre par des déchirures qui ressemblent a de fines dentelles. f AIT A LA SÉPIA
Pour le coup, M. Robín se transforme en Jupitcr assembleur de nuagcs. En voici un qui nous fait assister a
tout lé travail de la fou~re daus l'espace; en voici un
IUPUCATION nu Dl!RNIER REBUS,
autre qui fait passer sous nos yeux une aurore polaire,
L'abus émousse lous les plaisirs.
avec ces brillantes couronnes de feu que le fluide trace
daos l'atmosphere.
Ce n'est rien encore. Embrassez du regard toute cette
AuG, MARC, directeur-gth'ant.
série de tubcs c!e verre, contournés daos les formes posEm,. TIWKR, rédacteur en chtf.
sibles. L'air en a élé soutiré, et on l'a remplacé par certains gaz raréfiés. A un geste du maitre, l'étincelle élec.......-,__
trique s'élance daos tous ces tubes, et en illuminant les
Imp. de L' ILLUSTRAT ION, A. Marc,
douze metres de longueur qu'elle sillonne a la fois, elle
les fait rayonner des couleurs les plus variées, les plus
22, me de Vm1e11il.

féeriques. M. Robin peut ctre fier de celte splcndide expérience; on ne trouverait, ni a la Sorbonne ni a l'Académie des sciences, une col!ec•
tion de tu bes assez riche pour la reproduire.
Ponr remplir de tous points son programme,
M. Robin veut que la magie de l'art et fde la
science surpasse les vieux tours de la sorcellerie. Regarclez cet arbre de Noel, tant admiré
a Londres et a Paris. 11 secoue tristement ses
brancbes poudrées de givre; l'hiver le fait greloter. Mais quoi ! M. Robin fait un signe, et la
- métamorpbose est complete. L'arbre reverdi~
et le voila qui se, couvre de lumicrc, de fleu~,
de fruits et de jouets d'enfants. Diles cloóc,
RU)JKORFfl.
aprcs cela, que l'électricité n'est pas une fée!
Apres .l'agréable, l'utile: utile dtdci. M. Robin vous démontre que la puissante bobine doñne daos l'industrieles applications les plus intéressantes. Comme la lumiere
éleclrique brule daos l'eau, ainsi que le feu grégeois,
M. H.ouin vous donne le moyen de la faire servir a111
travaux hydrauliques. Elle peut aussi s'ü.tiliser dans le
travail des houillcres, que la lampe de Davy n'a qu'im•
parfaiternent préservé des redoutables explosions da
grisou. Elle permet enfin de faire sautcr, a de grandes
distanccs, les mines fortement chargécs.
N'avions-nous pas raison ele vous dire que la science,
cbez M. Robin, se pla~ait au-dessus de la magie, et que
les représentations de son théatre vulgarisent les grandes découvertes du siecle, autant et plus que les le~ons
de la Sorbonoe? Ajoutons que chez lui le savoir se pre•
sente dépouillé de ses formules algébriques et du pédao•
tisme de l'école. M. H.obin a su donner a la science tout
les attraits. Depuis vingt ans, ses clémonstralions ont une
réputalion européenne, et cette réputation, l'expérimen•
tateur l'a conquise par son habileté, son savoir et s~
manieres aussi distinguées que sympathiques. L'reuvre
de M. Robín mérite done les encouragements les plus
sinceres. Son théatre, sérieusement compris, est une
forme cbarmante de l'enseignement populaire, et- si d'un
coté nous y voyons les noms de Cagliostro, ele Mr.smer,
d'Albert et de Nicolas Flamel, ele l'autrc, nous y Yoyolll
fi 6urer triomphalement ceux d'Archimcde , de Ga•
lilée, de Franklin, de Cuvier, de Humboldt et d'Arago
H ENHI Coz1c.

~ =__:::ltitt~ "

-------,-~- ____

�</text>
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                <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores</text>
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                    <text>L'ILLUSTRATION,
IOUD.lL -URl'fEBSEL.
i

1

~Ue ANNÉE. VOL. XLIV.

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l,'aJia1nlil1 N ttptad pu ~ea ■uaaerill ti
fa i. lnii., I&amp; tndocliH 1t I&amp; reproduction 1 l'olranger sonl iallr4il&amp;

BUREAUX: RUE RICHELIEU, 60.

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Le corute Ounin Wousuwicz. -

L'HJS)OSSé-

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1e les
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Grosse

1116.

1 lilG,.
oe 1'eugage ¡amai1 i l11 ÍIIIÚC,

SOMMAIRI!:.

•

Ne

16 .Juille&amp;

Correspoudance d'Algérie. llevue po.itique de la semaine. - Courrier de París. L'armée fedéralc devant llichmood. - Salou de 18H
( 5' article), Chronique musicale.- Les C:ircassiens en exil.
- Causerie dramaliqde. - Giulia (nouvelle), sui1c. - Ga1elte du Palais. - Audition des iuslrumenls de M. Ad. Sax.
- Sociélé frao~1se des Aéroseaphcs.

?:'

-~

f'

Gravure, : Le comte Dunin Wonsowicz - lnsurrectioo de
l'Algtirie: Vue de la ville d'EI-Abiod, - Vue avol d'oiseau
du lhealre de la guerre en Virginie (Élats-Unis). - Salou
de 1854: Le livre de Ruth (la Biblc). - Coup de TCDI daos
les plaines d'Alfa (Sabara). - Campemenl de Moota~nards
du Caucase dans le cimetibre d'Erzeroum. - Revue trimeslrielle, par Cbam (!5 gruures ). - Jnstruments do ~l. Ad.
Sax (! gra•ures), Socielé des Áéroscaphes. Écbecs. - llebus.
~

LE COMTE DUNJN WONSOWJCZ.

Le comte Stanislas Dunin Wonsowicz naquit
en Wolhynie (Pologne), unan apres le premier
partage de sa patrie, qui eut lieu en 1772.
Apres avoir terminé ses études, et lors de la
formalion du grand-duché de Varsovie, il passa
la frontiere, gardée par les Russcs, et se présenta, aVarsovie, au général Zajqczek ( Za'iontchck ), connu de ses parenls, qui le fit cntrer

LE COMTE DUNlN WONSOWICZ. -

D'apres une pbotographie de M. Bingham.

Abonnements pour Paris et les Déparlements :
3 mois , 9 fr.; - 6 mois, 18 fr.; - unan, 36 fr. ; - le numéro 1 15c.
la collection mensuelle, 3 fr.; le volume semestriel, 18 fr.
ABONNEIIIENT8 POUR L'ÉTRANGER 1
Mémes prix ; plus les droits de poste, su(vant les tarif¡,
Les abono. partent du I er no de cbaquc mois.

dans l'armée polonaise, le i " avril i809, avec
le grade de sous-lieutenant. Quelques mois
apres, promu au grade de lieutenant, il fut
nommé aide de camp du général Krasinski.
En 1810, du 2° régiment de cavalerie, il passa
au rn• hussards, et un an apres, il donna sa démission pour entrer comme lieulenant en sec,ond daos le iº' régiment de chevau-légers
de la garde impériale. En 1812, il était déja. capitaine et chevalier de la Légion d'honneur. 11
se fit remarquer de l'Empereur Napoléon, qui
le nomma officier d'ordonnance, et c'est avec
ce grade que Wonsowicz ,fit la campagoe de
18!'2. 11 assista aux l,atai)les de Wilebsk, Smolensk, \Valentina, DoroholJourz, Borodino, Moza'isk, petit Jaroslawietz, et, aprcs le désastre
de l'armée fran~ai~c, c'est lui qui, avec le duc
de Vicence, ramena l'Empereur de Smorgoui
it Paris. Ce fut daos ce voyage que l'Empercur, craignant d'étre pris par les cosaques
qui parcouraient les environs de Wilna, remit
ses pisfolets a son officier d'ordonnance avec
l'injonction de le tuer plutót que de le laisser
prendre par l'ennemi.
En 1813, nommé chef d'escadron, il fut décoré de lá croix mililairc de Polugne par le
grand-duc de Varsovic, et de celle de la Réunion par le roi de Naples.
-·

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plus
s les
s nos
vouulent

INSURRECTION DE J.'ALGÉRIE; VUE DE LA VILLK O'EL-ABIOD. - D'apres uu_croquis de M, Merle, capila1ne au 67• de lilíllC,

�35

L'ILLCJSTRATION, JOUR NA L UN IV EHSFL.

L'ILLUSTRATlON , JOURNAL UNIVERSEL.
Tandis que les afiaires du Danemark mettaient aux
prises le ministere et l'opposition, daos lé parlement
REVUE POLITIQUE DE LA SEMAINE.
anglais, le roí Christian IV envoyait son frere, le comtede
Glücksbourg, en Allemagne, pour traiter de la paix, et
Les discussions du parlement anglais ont été la grande
chargeait M. de Mollkc de coustituer un ministere: le
préoccupation de ces derniers jours. Toute l'Europe at-ministere Monrad n'étan t plus possible dans la sit11ation
tendait avec une curiosité extreme l'issue de la bata1lle
&lt;&lt; Monsieur le colonelWonsowicz, xous n'avez pas ces~é
nouvelle que la mis ion donnée au prince allait nécesengagée entre l'opposition et le gouvernement.
&lt;&lt; de me donner des preuves de zele et d'activité d¡rns le
Le comte de Mal mesbury avait proposé il la chambre sairement créer.
« service que vous avez fait pres de moi pendant les
Le bruit a couru qn ~ le roi faisait proposer aux
des Lords une motion ainsi con~ue : « La chambre re,&lt; dernicres campagnes. C'est avec plais1r que je vous en
puissances alliées la sol1.t"on suivante : Le Danemark
,, témoigne ma satisfaction. Celte lettre nºétant-a autre ,, grette l'issue de la conférence; elle est d'avis que la entrant tout entier dans la Confédératiou germanique,
« politique du ministere, daos !'affaire du Danemark, a
,, fin, je prie Dieu qu'il vous ait en sa sainte garde.
au meme titre que les royaumes allemands qui en font
&lt;&lt; abaissé l'Angleterre daos !'estime de l'Europe, et a mis
« i\. Fontainebleau, ce 4 avril 1814.,
partie; la possession des Ouchés maiotenue au Dane« en danger le maintien de la paix. »
mark.
&lt;C NAPOLtON. »
M. Disraeli avait, de son cóté, saisi la chambre des ComEn admettant que le duc.r:e Glückshoorg ait,en effet,
munes d'une résolution portant « qu'une bumble adresse
Depuis son retour de la Russie jusqu'a l'entrée du e&lt; serait présentée a Sa Majesté pour la remercier d'a- re~u de son frere les instr11ctions nécessaires pour faire
corps polonais en Pologne, Wonsowicz assista aux ba- « voir ordonné que la correspondance sur le Oanemark une pareille ouverture, il rcsterait a savoir si les gouta1lles de Lutzen, Dresde, passage de l'Elbe, Bautzen, &lt;&lt; et l'Allemagne, et les protocoles de la conférence ré- vernemeats qui ne sont point partie daos la lutte, croiou il fnt contusionné, de Hanau ou il eut un cheval toé « cemment tenue a Londres, seraient communiqués au raient pouvoir approuver une combinaison qui ajoute-sous lui, Brienne, Montmirail, Montereau , Fere-Cham- « Parlement; pour exprimer aSa Majesté leprofond regret raít un État a une conlédération dont la Prusse et l'Aupenoise, Arcis-sur-Aube, Vitry, etc. - Le 14 septernbre &lt;&lt; avec Jeque! le Parlement avait appri~ que cette coufé- tricbe se disputent l'hégémonie, et que l'une ou l'autre
. 1815, il entra au service du nouveau royaume de Polo- « rence s'était terminée saos atteindre le but pour le- de ces deux p11issances pourrait, a un .moment donné,
gne, qu'il quilta trois ans apres, ne ponvant supporter « que! elle avait été réunie, et aussi le grand regret armer daos l'intéret de son ambition personnelle.
La Diete germanique a résolu, sur la propositioll de
les caprices du grand-duc Constantin.
« éprouvé par le Parlement de ce que la politique du
110
la
commission du Holstein, d'inviter le gouv~rnemeot
En 1820, il épousa M Anua Tyszkiewiez (Tychkie- « Gouvernement de Sa Majesté, tout en n'atteignant pas
d'Oldenbourg
a présenter, le plus tót po_ssible, l'exposé
witch), par un premier mariage comlesse Poto~ka, nicce ,, son 'but avoué de maintenir l'intégrité et l'indépendu ·prince Joseph Ponialowski, maréchal de France, et &lt;&lt; dance du Danemark, avait amoindri la juste inlluence des prétentions du grand-duc a la succession du Holspetite-niece du d.ernier roi de Pologne, Stanislas- « du pays dans les conseils de l'Europe, et, par consé- tein.
Le i2 juin, l'Empereur et l'Impératrice du Mexique
Auguste.
.
&lt;&lt; quent, diminué les garanties de la paix. )&gt;
ont fait leur entrée a Mexico. La veille, le général Ba1La révolution polonaise de 1830 le trouva au chateau
La question, on le voit, était posée devant les deux
de Willanow, résidence mémorable de Jean Sobieski, et chambres daos des termes qui semblaient devoir don- zainc, le ministre de France et le général Neigre étaient
aujourd'hui appartenant au fils de la comtesse, le comte ner d'avan.ce au vote une portée immense. Daos la pré- allés recevoir Leurs Majestés a Guadalupe.
« Jamais pareille ovation n'a été faite a un souverain,ii
Auguste Poto~ki.
vision d'1m échec pour le ministere, on prononsait ces
écrit
M. le préfet politique de Vera-Cruz daos la dépeLe l 2 mai 1831, le gouvernement national polonais mots : Changement de cabinet ou dissolution du parle-•
che
qu'il
envoie au ministre du Mexique a París. Voila
nomma le colonel Wonsowicz général de brigade. Aprcs
ment.
une
assertion
bien téméraire; sait-on j ama;s au juste,
la falale issue de la guerre, il se retire. avec sa femme
La lutte a été longue, ardente, passionnée, tumulen
pareille
matiere,
si le passé ne s'est pas mis d'avance
daos son chatean de Zator, en Gallicie, et en l 852, il tueuse parfois, et melée de tempetcs. Les orateurs de
a
la
bauteur
du
présent'I
vint .s'établir en France, oi1 deux ans apres, par un l'opposition ont donné coutre les ministres avec une imLe 3 juin, Acapulco a été occupé saos coup férir par
décret de l'Empereur, il fut admis a jouir de tous les pétuosité extreme. A la chamhre haute,.le comte de Malles
batiments de la division et un .bataillon de tirailleurs
droits civils.
·
mesbury, le marquis de Clanricarrle, lord Coernarvon,
. Une maladie de quelques semaines viept de l'enlever lord Grey; a la chambre des Communes, MM. Disraeli, algériens. Les juaristes se sont retirés daos l'intérieur
a ses amis, a !'a.ge de quatre-vingt-un ans, l,e 30 juin Cobden, Roenuck, lord R. Cecil, M. Rolt, lord Montagu en abandonnant 38 pieces d'arlillerie.
Les dernieres dépecbes nous apportent la nouvelle
!864. Ses obscques ont eu lieu a l'église de Saint-Au- et lord Henri Vane n'ont pas épargné a leurs adversaires
gustin, ou son corps a été déposé en altendant qu'on le l~s amers reproches et les accusations violentes) au ris- d'un engagement entre le colonel Aymard et le général
Májia et un partí de 0,000 hommes commandé par Dotransporte daos le tombeau de famille, a Zator.
que, parfois, de compromettre quelque peu l'Angleterre
blado, en avant de Matehuala. L'ennemi a laissé sur le
P. P.
elle-meme daos l'estime de l'Europe. Mais chez nos voichamp de bataille 8 officiers et 24 soldats tués. Un drasins, on ne se soucie gucre du qu'en dira -t-on; l'importaot est d'arriver au but; et puis l'Angleterre , est assez pean, toute l'artillerie du corps d'armée de Doblado,
forte pour qu'on puisse lui dire tout haut la vérité, composée de i8 pieées de canon, et tous ses équipages,
COllRES·PO~D.lNCE D'ALGtRIE.
meme quand elle n'est pas !latteuse. Et voila comment 800 fusils, 39 officiers et f ,200 soldats, sont restés entre
A.U DIRECTEUR.
M. Cobden ne s'est pas fait scrupule de développer ce les mains de notre détachement.
1!1-Abiod,. 19 juin.
Le général Grant cst revenu devant Pétersburgh. Au
theme, que l'Angleterre était impu.issante daos les queamoment
du départ du courrier, les opérations militaires
Voici un croquis de la ville d'El-Abiod, ville sainte qui, tions de politique contioentale, et lord Montagu d'affir- étaient interrompues it cause des grandes chaleurs.
datls !'esprit des Arabes, prend rang apres la Mecque ; mer que le nom de l'Angleterre était «exécré» sur le conA la suite d'un débat tres-vif: la Chambre des dé¡iutés
c'est la que se trouve le marabout de Sidj-Ilamza, ancetre tinent, et comment, lorsque lord Cecil a déclaré que la de Turin a voté, a une iµajorité de 56 voix, un ordre du
avait perdu son honneur et sa dignité,
ctu Sidi-Seliman, qui a commencé l'insurrection et a été Grande-Bretaane
o
.
une
partie
de
la
chambre
a couvert ses paroles d'app1au- jour exprimant la confiance de l'assemblée daos le goutué par le colonel Bea upretre. Nous avons trouvé la villc
vernement.
abandonnée et l'avons saccagée. C'est une des exigences dissements.
La session des Chambres fédérales a été ouverte, en
Tout cela n'a point convaincu le ministere qu'il eut
de la'guerre daos ce pays; il faut agir avec une grattde
Suisse,
le 6 du courant. M. Jreger a été nommé présivigueur et terrifier les esprits par des mesures quelque- mérité le moindre blame; il a opposé a toutes les attadent
du
Conseil national, et M. Roguin présideni dn
ques le front le plus serein, et jamais lord Palmerston
fois impitoyables.
Conseil
des
États.
La ville n'a pas été défendue; le jeune Mohamed, qui n'a paro avoir plus intimement conscience d'avoir fait
L'Empereur est en ce moment a Vichy. L'Impératrice
a remplacé son !rere dans la direction du mouvement de la bonne et sage politique.
A ta chambre des Lords, 177 voix contre l08 ontadopté et le Prince Impérial ont quitté Fontainebleau et rési••
insurrectionnel, a été abandonné il notre approche; sur
dix mille combattants qu'il avait avec lui, quelques cen- la résolution de lord Malmesbury; a la chambre des denta Saint-Cloud.
Un décret impérial prescrit aux batiments fran~ais
Communes, 31 3 voix contre 295 ont repoussé la motioo
taines seulement lui sont restés.
l'emploi exclusif du Code commercial des signaux al'usage
Plusieurs tribus sont déja venues demander !'aman. La de M. Disraeli.
Cette majorité de 18 voix daos la chambre des Com- de toutes lesnations, tel qu'il a été adopté par la commissituation va done en s'amélior:i.nt.
munes suffit a lord Falmerston: il n'est plus question de sion anglo-fran~aise, pour toutes les communications
Agréez, etc.
Pour extrait : PIERRE PAGET.
chan"'ement
de ministere; tout au plus sacrifiera-t-on. échangées soit entre eux et avec les sémaphores, soit
e
aux susceplibilités dp la France lord Russell, dont la ra1- avec les batiments étrangers.
Une convention conclue entre le gouvernement frandeur :i. fort déplu daos ces derniers temps.
Un de nos correspondants d'Algérie nous écrit: " Dans
~ais
et le gouvernement ilalien fixe au chi!Ire unifor~e
Quant a la majorité de 9 voix qui a conóamné la polivotre numéro du 18 juin, VO\JS nous faites plus nomde
4
fran cs le prix d'uoe dépeche de vingt mots adressee
tique du eabinet dans la chambre des Lords, c'est
breux que nous ne l'étions réellement au combat d'Ainde
France
en Jtalie et d'Italie en France.
quelque chose de tout a fait indifférent, et personne ne
Federeah ; nous étions bien mi lle huit cent fantassins,
M~t.
Marie,
Jules Simon, Ed. Charton, ancien repré•
songe a s'étonner, en Angleterre, que le ministere ne
mais vous a vez multiplié par dix le nombre de nos cavasentant
et
Hanri
Martín ont adressé la lettre suivante aux
daigne pas meme en étre touché si légerement que ce soit.
liers, qui étaient trois cents et non trois mille. »
personnes
chez
lesquelles
ont été faites les récentes· perLe Moming-Post a publié de nouvelles dépeches qui
Nous nous empressons de rectifier cetle erreur d'imquisitions qui ont si vivement ému l'opinion publique :
ont
motivé
de
uouveaux
démenlis;
le
prince
Gortpression. Nous savons que nos braves sol&lt;lats n'ont pas
besoin d'etre quatre contre un pour vaim:re : ils laissent schakolf a pris a son tour la plome pour déclarer men• Paria, le 9 juillet 1864.
« Chers collegues et amis,
cetle mesure de prudence a d'autres armées, qqi n'en songers les documents produits par le journal anglais.
sont pas inoins pleines d'un orgueil saos mesure apres L'efiet des dépeches est considérable; celui des uémen«Membres comme vous du Comité électoral de i863,
tis est moindre, et l'on prétend meme que les gouvernedes victoircs si facilement remportées.
nous
tenons a vous dire que nous ne comprenons ni le
ments qui protestent, se montrent quelque peu ollensé&amp;
H. C.
proces
qui vous est fait, ni l'exception qui, jusqu'ici du
de la froideur avec laquelle leurs protestations sont
moins, nous a laissés en dehors des poursuites.
accueillies.
En t 814, nomrné colonel, pl'omu ,au grade d'officier de
la Légion d'honneur, il ne donua sa démission qu'apres
le départ de l'Empereur pour l'ile d'Elbe. C'est. a cette
epoque que l'Empereur lui adressa la lettre suivante :

0

,. truction se continue. Nous n·y avo ns pas été ap- 1 la musique de la cantate et du duo du sieur Zéliot,
L
«ms
.
d..
d
h
,
Ame comme témoins. Nous ne pouvons garder « gran mus1c1en. &gt;1.Une cantate et un uo seront c aupe1es, me
·
C 1·
1 d
. ll N.
f
le silence plus tongtemps.
.
.
tes ~a_r un sieur o m et a emo1se e_ ma, « ~meux
«Dévoués a la liberté électorale eta loutes nos hberte~, mus1c1ens du Canada. ,i Enfin &lt;&lt; le s1eur Dom101que
ne cesserons de réclamer celles qui nous man · dansera l'Darliquinade, le sieur Silva, la Matelcte hol5
n:~nt et d'u,er, comme vous et avec vous, de celles que landai~e, et le sieur Grivois, la Chilloise; tous trois
~ous ~nons de ta toi. »
grands danseurs, qui ont toujours été applaudis daos
cette partie de l'Amérique septentrionale. l&gt;
Quelques détails que je ne rapportc point ici me donnent
a penser que les villageoises canadiennes étaient
Dimanche dernier, a deux heures trois quarts de l'ade ces bergeres que n'effraie pa~ une aimable libert~ de
pres-midi, le hateau a vapeur la .Mouche n• 4, c1ui fait ':service omnibus ~ur la Saóne, se renda1t de Perrache a mreurs.
En ce temps la déja les nobles plaisirs du turf étaient
Vaise . .Le pont était couvert de nombreux passagers se
a
la
mode : la Gazette annonce qu'une bourse de quatenant debout. Une inclinaison brusque s'étant produite,
rante
dollars sera courue daos les plaines d'Ahraham.
les voyageurs se porterent, par un mou_vement instincLe
favori
était alors un certain Vandanyo - ne seraittif sur Ir. cólé droit du bateau. Le bast1ngage céda, et
ce
pas
Fandango?qui se toa en hutant contre un chien,
q~arante personnes furent précipitées daos la riviere.
Au moment ou nous écrivons, trente-deux cadavres ont daos une course. Deux odes furent composées sur son
trépas.
été retirés des tlots.
Je lis daos la GazettedeQuébec la liste des jo11rnaux puEDlt!OND TEXIER.
hliés au Canada jusqu'au ¡•r jauvier l85i ; il y en a 05 .
Sur ces 65 journaux, 2i sont morts dans l'année qui
les avait vos naitre; i8 o·ont p11 vivre plus de deuxans;
10 jouissent encore de la douce lumiere du jour. Chose
colJaBIBB DB P&amp;BJ8.
digne de remarque, les trois premiers journaux fondé~
L'il Jubilé d'un journal. - La Gazetft! de Québec. - Les jour- au Canada sont an nombre des survivants; ce sont: laGanaux du Canada. - Abd-el-Kader frauc-ma~on. - L11 zette de Québec - i704, la Gazette de Montréal - i784,
symbolisme de la franc-ma90nnerie. - Le Commandeur le Cunadien - 1800.
da Gama Machado. - DUP.ls et duellisfes; M: Fayot. Le Caoada a eu, comme h France, un Constitutionnel,
Un .fanatique de M. Meissonier. - Fleurs et feuilles. une Quotidienne, un Temps, un Avenir, un Ami de la
Tartuffe au théAtre Saint-Pierre. 'l... Un drame Iyrique. Religion, un Progrés, un Charfrari, un Argus, un Glaneur,
Le Soldal magicien. - Néméa. - Mlle Mourawief. - Les
une },Jinel've, un Ménestrel, une Lancette, un Album,
pieds qui chantent. - L'Amour.
un Écho des campQ{lnes, un Écho de la Presse et des
Abeilles.
Savez-vous qnel est, apres la Gazette de France, le
Je vois dans la Jiste un e. Étoile qui s'est éclipsée en
doyen des journaux du monde? En vénté, je crois bien
moins
d'un an, un Cot'n du feu qui n'a pas brulé longque vous ne vous en doute2 pas. C'est la Gazette de Québec
temps,
no Phénix, mort daos sa tendre enfance et qu'on
(Canada). Cettevénérahle feuille a célébré, 1e2l juin dern'a
point
encore vu r~naitre de ses cendres, un pauvre
nier, son centieme anniversaire. Les abonnés ont rc~u
Castor
qui
avait si mal construit sa maison qu'elle s'éce jour-la un numéro de seize pages, fort bien imprimé
croula
dans
l'année.
et fort mal illustré, qui racontait l' bistoire universelle du
La
Gazette
de Qw!bec apprend a ses lecteurs avec queljournalisme a partir des Acta diurna des Romains jusque
orgueil
que
beaucoup de ses abonnés tui sont fideles
qu'a laHickings Gazette,fondée aCalcutt:i. en ! 781, et l'bistoire p;rticuliere de la Gazette de Q.1,ébec en grand dé- depuis trente ans, et quelques-uns dcpuis quarante ans.
tail. Au numéro du 2! juin ·1~64 étaitjoint le fac-simile du Elle sert encore les descendants de quelques-uns de ses
premiers souscri pteurs de i764.
premier numéro du journal, pnblié le 2t juin l704.
Le meme journal Ju pendant cent ans daos la meme
Daos ce premier numéro, le chapitre des crimes et
famille,
quel étonnement pour MM. Havin, Delamarre,
des accidents, cet Eldorado de la presse contemporaine
Emile
de
Girardin et leurs confreres ! quel reproche a
est bien pauvre; nous n'y trouvons pas le roman-feuilleuotre
inconstance
! Cambien de nous li~ent le journal
ton meme PU germe, mais laréclame apparait déja: seuqu'ont
lt1
leur
pere
et leur grand-pere? Combien, daos
lement elle est simple, modeste, ingénue; elle ne bc.t
leur
a.ge
mur,
le
journal
de leur jeunesse?
pas le tambour, elle ne sonne pas la trompette : c'est
un nommé John Baird qui ]'inaugure.
Une feuille qui n'est peut-etre pas centenaire, maisque
La Gazette fut probablement, diseut les propriétaires
je
veux croire bien informée, annon ce qu'Abd-el-Kacler
actuels du journal, le premier papier imprimé publié
vient
de se faire recevoir franc-ma~on a la loge des Pyau Canada.
En 1763,MM. Brown et Gil more. qui devaieut la fonder ramides.
Qu'on dise apres cela que la franc-masonnerie n'est
un an plus tard, avaient fait part de leu1· projct au puqu'un prétexte a banquets; l'ex-émir n'est pas homme,
blic dans les termes suivants :
« En casque nous serons assez heureux d'avoir bon je pense, a cbercher les occasions de festoyer; c'est un
soeces, notre dessein est de nous établir au printemps personnage trcs-sérieux, il l'a prouvé plus d'une fois,
prochain daos cette ville comme imprimeurs, et de pu- et qui m'a tout l'air d'etre trcs-indiíli\rent aux plaisirs
blier aussitót chaque sema;ne une gazetle, laquelle, de la table. J'ignore ce que penser:i.it Mahomet de la
comme la présente condition du pays ie rend beaucoup franc-ma~onnerie, ou ce qu'il en a pensé_. car il n'est
nécossaire, nous proposons de publier en franpis et en point impossible qu'elle existat de son temps, mais il me
anglais. Cette méthode fournira une le~on toutes les semble qu'une pareille institution doit séduire les imasemaines pour l'avancement de chaque habitant, porté ginations orientales. Je vicns de lire le Cours oral de
pour acquérir une parfaite connaissance de la langue de franc-maqonnerie symbolique du frere Cauchois, 3ü•, anl',mdroit, différeute de celle de sa mere tangue, soit un cien orateur du Grand -Orient de France (chambre symbolique), et, vraimenl, les gens qui ont le gout de coulemFransais ou un Anglais. »
Les bonnes le~ons de fran~ais que la GazettP. de Qué- pler le réel a travers le figuré, ne peuvent que trouver
bec dut donner aux Anglais! Malheureusement, elle ne lenr cornpte a prendre le taLlier. M. Cauchois explique
pou.rsuivit pas jusqu'au bout son reuvre d'enseignement toute cette symbolique avec une science et une clarté adpratique; un jour vint ou elle ne parla plus qu ·aoglais. mirables, etl'on a plaisira voir lajoie qu'il éprouve a tirer
Apres le petit échantillon qu'on vient de voir du style de d'une formule mystérieuse une idée philosopbique, a
MY. Brown et Gilmore, on peut aisément se fi gurer la montrer la pensée cachée sous une apparence qui dégrandeur du coup porté ce jour-la a la langue fran~aise concerte les profanes, comme la lleur daos le bouton, a
convaincre ses auditeurs de la beauté et de la grandeur
daos notre ancienne colonie.
Daos l'historique de la Ga?.ette de Québec je troU1 e des dogmr.s et des préceptes de sa chere franc-ma~ouquelques extraits des numéros qui parurent en i704 et nerie.
Lisez les le~ons du frere Caucbois ; si elles ne vous
daos les années voisines de cette date.
Un de ces extra1ts renferme le programme d'un grand inspirent pas le désir de devemr lranc-ma~on, elles vous
divertissement donné par les Villugeoises ca11adien1ies, auront au moins appris ce que signifieot les acclamanouvelles sujettes de Sa Majesté britannique d'un cer- tions, les accolades, les batteries, les voyages, les épreutain canton de la province de Québec . 11 y aura co- ves, les mots de passe, les mots sacrés, les signes, les
médie, ballet et concert : les paroles de la comédie se- instruments: ce qu'enseignent les piliers, le plafond et
ront d'un sieur Lanoux, « célebre poete du Canada, )&gt; et les fenetres de la loge, les bijoux mobiles et les bijoux

.

immobiles, la pierre brute et la pierre cubique, les marches du temple, le pavé mosaiqne, l'étoilc llamboyante,
.
et bien d'autres chotes eneore, que vous ne serez pas
facbé de connaitre.
Je ne sais si le commandeur don Gama Machado
était franc-ma~on, mai~ personne n'entendit plus largement la liberté, l'égalité et la fraternité; il n'en voulat't
pas ~eulement entre les hommes, mais encore entre les
bommes et les animaux.
Le ciel me préserve de moissonner daos le champ de
mon voisin, je laisserai done M. Heurys vous apprendre
l'issul:) du proces intenté a la raisoo de don Gama Machado, mais ce qui n'est point du proces m'appartient,
et j'en use sans scrupule.
En l 824, le bon commaudeur eut 1:i. pensée de donner
son porti:ait a ses amis, et chargea un artiste portugais,
nommé O. A. de Sequeira, du soin de le faire.
J'ai sous les yeux un des exemplaires de la li thographie q11i fut tirée d'apres le dessin de M. de Sequeira.
~1. da Gama Machado est assis; il tieot daos ses hras un
chien et un mouton, asa droite, perché sur un ha.ton,
un corbeau le regarcle avec tendresse; a sa gauche est
assise une dame coilfée lres-baut, eogoncée daos une
collerette ruchée a trois rangs qui sort d'une robe montante, a manches plates et a petits gigot!-. Sur le doigt
de r.ette dame est posé un perroquet; Ull second mouton se pres$e contre ses genoux, et leve ver~ M. de
[\fachado des regards plus éluquents encore que ceux du
corbeau.
Je ne saurais vous dire ce qu'il y a de bonté, de douceur, de sensibilité, comme on disait alors, sur le visage
du Commandeur, de la dame, du chien, du corheau,des
moutons et du perroquet. On s'étonne de ne pas Jire au
has de la litbograpbie ces mots : l'Hetweuse Famille.
Juge, je n'aurais jamais eu le courage de troubler un
bonbeur si por en brisant letestamentdu Commandeur;
et puis c'était de folie qu'il s'agissait dans !'affaire, et
ils ont tous l'air si raisonnable, meme les hetes ! ·
L'alJ!our des animaux ·et des peti ts oiseaux, voila ce
qui consola la vieillesse d'un homme a qui beaucoup de
ceux qui ont entendu parler de luí n'auraient pas supposé, sans doute, tant de tendresse d'ame pour les innocentes créatures du bon Dieu.
Daos un livre qu'un conteur de grand talent vient d'écrire sur son lit de do1.leur, et ou vous trouverez toute la
helle humeur, d'une florissante santé, dans les Duels et
duel/istcs de M. H.oger dr. Bea11voir, ou vous verrez passer devant vous, l'épée ou le pistolet a la main, le dnc de
Richelieu, Sainte-Foix, Lacios, Mm• de Nehle et Mm• de
Polignac, Fleury, Martainv1lle, Cbodruc-Duclos, Fayot,
Uesmoulins, Choquart et heaucoup de leurs partenaires
moins illustres, vous ne lirez p:is sans surprise peutelre, que le trop heureux adversaire du jeune SaintMarcelin, dont la mort fit tant de hruit a Paris, est vivant encore. Il y a· de ces noms qui ont eu leur jour de
céléhrité et qui disparaissent soudain; on croit que c'est
la tombe qui les a pris, et l'on est tout étonné de s'apercevoir que ce n'est qne l'oubli.
Grace a M. Roger de Beauvoir, nous savons maintenant que M. Fayot habite un anci~ chatean a Villeneuve-lez-Avignon.
« Le propriétaire de ce manoir,ditM.·Roger de Beauvoir, a cbez lui des autruches, des cerfs, des chamois,
uhe foule d'animaux vivants qui hondissent au milieu
d'un pare coupé de ruines et d'eaux vives. Ces ruines
ont pour festons nat1Jrels des figuiers, des capriers tordant leurs hras noueux sous un ciel torride ... Arrivé a
cet age ou l'on ne vit plus guere que par les souvenirs,
Fayot s'est fait une amie dr la solitude; il ne veui voir
personne et v:t comme un véritable ermite. Une dame
lui fait la lecture, et cett&amp;providence vivan te de sa cécité
lui en allége le chagrín. Possesseur de pluR de vingt
mille livres de rentes, il pent faire le bien, et il le fait;
son p·lus grand bonheur est de donner.
« En revanche, son plus grand regret est de ne plus
voir les eiseaux de sa voliere.
-Je ne les vais plus, disa1t-il récemment encore aun
ami, mais je les reconnais a leur chant.
Fayot, le terrible tireur, et le doux commaodeur da
Gama Machado, se réunissant dans le commun amour
des petits oiseaux; n'est-ce point étrange?

I

, A cbacun sa fantaisie. M. l)el..., qur a récemment
acheté 70,000 fr. le Mil huit cent quatofze de M. Meis-

�L'ILLll STl1ATI ON , JO URNAL UNlVEBSEL.

36

L' ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
sonier, vient d'avoir celle de faire
peindre son portrait par le grand
maitre de l'infiniment petit; je le
comprends a merveille, et c'est une
meilleure idée que celle de collectionner des boutons d'uniforme: une
manie dont je me garderais bien
d'ai\leurs de dire du [mal, puisqu'elle a rendu d'honnetes gens
tres-heureux. M. Del. .. payera sa
fantaisie 25,000 fr., ce n'est ríen;
car jusqu'ici, je ne sais qu'un seul
particulier qui puisse se vanler d'av.oir son portrait de la main de
M. Meissonier. Si l'artiste veut bien
ne pas trop hausser ses prix, la
mode en viendra bien vite.
Une mode nouvelle en pleine floraison, c'est celle des belles feuilles.
Nos jardiniers cherchent saos
doute encore a perfectionner_les roses et les cactus, mais pour le moment c'est aux feuilles surtout qu'ils
appliquent leur génie. J'en ai vu
hier d'admirables a l'exposition
d'horticulture de larue de Grenelle;
les unes avaient drs reflets de pourpre, d'autres des reflets d'argent;
quelques-unes étaient d11 velours,
d'autres du satín; il avait neigé sur
celles-ci, il avait plu des émeraudes
sur celles-la; et les formes les plus
nobles, les plus élégantes, les plus
majestueuses ! De vraies feuilles
pour les duchesses et les princesses,
qui s'étioleraient daos un intérieur
bourgeois ct¡que i'air d'une boutique tuerait net.

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Ce n'était point a~sez de Tartuffe auThéatre-Déjazet et au théatre de la Porte SainHlartin, il a
débuté l'autresoir au théatre Saint-

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SALON DE 1864: Ll! LIVRl! 01! RUTII (La Bihle). - Tableau de M. J . Pauvrlol. -

(Voir page 38.)

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CO!IP DF 11l~T OANS LES PLANES D'.H f'A( Sahara). - TablMu de 11 Eug. Promruliu . -

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(Voir p~if 2i).

37
Pierre : ce gaillard-la ne se refuse
ríen.
Une nouveauté pour l'automne
ou pour le printemps procbain :
le Théatre-Lyrique jouerait un
drame en vers, melé de cbant, ele
M. _Legouvé; l'ouvrage a pour litre : les Deux Reines. 1ri1"• Ristori
étudie le principal role.
Mais le printemps prochain est
loin de nous, parlons des choses
de dcmain.
On va représenter sur le théatrc
crEms, q1Je dirige M. Briguiboul,
le frere du peintrc dont les reuvres ont été fort remarquées aux
dcrniercs expositions, deux opércttes de MM. Nuitter et Tréfcu, musique de M. Offenbach : Jeanne q•J.i
pleure et Jean qui rit, et le Soldat
magicien.
MM. Nuitter et Tréteu ne prétendent poiot du tout avoir inventé le sujet du soldat musicien.
L'un d'eux a bien voulu m'apprenclre, avec une modestie cbarmante,
qu'on le voit poindre _pour ' la premicre fois •dans un intermedc joué
par la troupe espagnole qui vint
en France sous Louis XIII. Poisson
fit plus tard les Fous dive11tissants,
ou Dancourt prit son Bon soldat,
d'ou Anseaurnf:, en 1760, tira le
Soldat magicien. La vieille intrigue
espagnole parut depuis quatre ou
cinq fois, sous de¡ costumes dil'Crs,
au Vauclevillc, aux Variétés et aillcurs; et lorsqu'on ·parla pour la
premicre fois clu Soldat magicien de
AIM. Nuitter et Tréfcu, MM. Adcnis
ot Leuven annoncereut aussitut
daos les journaux qu'ils avaient un
Soldat magicien en portefeuille.
Tant mieux, vraiment; une fable

�.38

J,'ILLUSTR .\Ti0N, JO T:RNAL lj NIVER~EL.

L' ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

- - - - - - - -- - - - - - - -- - -- - - - - - - - - - ----tifique. Ce qui est en premiere ligne, oe sont les condi-

qui séduit tant d'auteurs doit étre excellente, et le Pannunkey, avec mission de gagner Gordonsville et
tions du pittore~que. 11 importe peu de savoir si le style
MM. Nuitter et Tréfeu sont gens a l'accommoder de la Charlottesville, pour se rallier au général Hunter. C'est
done bien, comme je vous le disais, un immense mouvc- de l'architccture est celui de l'époque de la dix-huitieme
bonne fagon.
ment concrntrique qui tend a investir complétement Lee dynastie ou de· la vingt-sixicme, si les costumes sont du
temps de Sésostris ou de celui de Psammétichus; mais
On pourra déclamcr, chanter et danser mille aris en- et Rir.hmond.
De part et d'autre, l'énergie ne faiblit pas un seul ce qui serait a désirer, ce serait que les figures princore sur le sujet de Némt'a, le nouve,au ballet de l'Ocipales, celles des dan¡mses, fussent d'un dessin plus
péra, saos risqucr de l'épni,~r. L'amour vengé ! que instant. S'il le fant, nous ferons des efforts surh11mains;
•
correct et d'un mouvement moins disgracieux. -M. T1sde tiracles, de roulades et d'entrechats il faudrait pour mai~ il faut qne nous l'emportions, et nous l'emporterons.
sor
avait attiré l'attention, aux deux avant-dernieres exStevens, le vice-président du Sud, di~ait derniere mettre hors de service un si riche theme !
positions,
par des peiotures de style archa"ique dans la
Nous avions eu des ballet, fran~ais, des hallet• na- meút dans un discours : &lt;&lt; Le negre n'est pas l'égal du
maniere
de~
premiers maitres allemands et vértitiens de
politains, des ballets belges ; le temps était bien ven u ,&gt; blanc, et l'esclavage, sujétion a une race supéricure,•
la
Renaissance.
Cette année, il a renoncé, et il a hien
d'un ballet hongrois. Et puis, on avait Mil• Mourawief, 1, est la condition morale et naturelle du negre. No.tre
fait,
a
ce
mode.
conventioonel
de peindre en vieux; il est
,1 gouvernement est le premier dans l'histoire du monde
et la Russie n·est pas loin de la Hongrie.
entré dans la vie moderne, mais en conservant une cer1,
qui
ait
pris
pour
base
fondamentale
de
son
o,ganisaPar Mourawielf, le général, dont je donnerai, tous
taine singularité qui coostitue l'originalité de sa males talents pour une pointe de sa gracieuse homonyme, 11 tion ce fait incontestablement vrai physiquement,
niere. On 'peut reprocher a son Portrait de M110 L. L. la
la Hongrie n·est point un pays aussi barbare que je me n philosophiquement, moraiement. »
confusion
optique qui existe entre la chevelure réelle et
Voila, 11 me sembl,,, une profession de foi hien forl'imaginais: il y a la le plus joli bois du monde. avec un
~on
reflet-dans
la glace, et a la couleur la dominante
ravissant petit temple dédié a Cupidou. Cupidoo, c'est melle. c·est contre de ,ernblables príncipes que nous
aigue
d
u
corsage
rouge. Daos le Portrait des dttt.:l! S11JUrs,
Mil• Fiocre, q11i ne dépare pas son bois, je vous as- combattons.
011
il
a
associé
le
raysage
aux figures, une teinte généNe devo'us-nous pas avoir avec nous tous les gens de
sure. Et comme le~ paysans et les paysannes s'habillent
rale
verdatre
enveloppe
tous
les objets et se reflete sur
creur?
galamment en Hongrie !
les
robes
blancbes
et
sur
les
carnations.
On peut ne pas
Pour extrait: P. PAGET.
Agréez, etc.
La nouveauté de Néméu, c'est un air que chante
aimer cette coloration, mais on doit reconnaitre que le
Mil• Mourawief du bout de ses petits pieds mignons. Vous
jeune art1stc fait preuve, daos cet ouvrage, d'un senti."
vous rappelez, dan, un vieil opéra, la scene ou la chanment harmonieux et délicat des valeurs de tons dans
teuse fait écho a un rossignol; eh bien! M11 • Mourawief
une gamme sourde et liII!itée. Ces diverses transformajoue cette scene d'une fagon merveilleu~e; \'orche,tre
tions sont les indices d'un talent qui s'affirme, mais qui
parle, et die répcte l'orchestre sans manquer une note.
15• article).
héfite encore sor sa voie défioitive. - M. HAMON contiPas une mélodie, pas un trait, pas une fiorilure que ne
11 y a une qualité qui fait souveot, dfl nos jours, dé· nue a poursuivre celle de la fantaisie, parfois alambimiment ces pieds-fées. Un vieux monsieur sourd, qui les
quée, ou il a établi son domaine. Son Av.rore n'a aucune
avait regardés avec beaucoup rl'attention, chantait l'air faut au talent, c'est la sincérité. La concurrence et le
espece
de parenté avec l'Anrore aux doigts de rose du
désir d'attirer les regards et de les étonner entrainent
tres-correctement au sortir de la répétition générale.
vieil Homere; c'est une jeune filie matinale, sort.ant de
lrs
arlistes
a
faire
des
choses
exagérées,
excessives,
a
reMil• Fiocre ne danse guere, mais elle n'en a pas
cbercher des données singulieres et bizarres. Daos cette ~a couche et retenant sa cheroise d'une main, les pieds
moins un succes qui doit réjouir Phidias.
nus posés sur une feuille de chou et buvant la rosée
Le lendemain du jour de la premiere représentation, rnauvaise direction, les uns faussent leur talent; les audans
les clocheJ,tes d'un convolvulus, le tout enveloppé
on a trouvé, écrits sur la porte du Musée des Aotiques, tres, µayant d'audace, se font une originalité de leur
d'une
teinte aéi:ienne. Un charmant meu~onge ! - Le
impuissance meme. L'épreuve réussit toujours dans une
les cinq vers que voici:
contraste
le plus violeot a opposer a cette évanouissante
certainc mesure; le public se laisse surpren&lt;lre; et une
peinture,
e'est l'éblouissante toile 011 M. MoNGINor a
critique amie, acclamant les novateurs, malmenant leR
Dianes et V6nus et chaque déité
peint
d'une
si vive couleur Pierrotenfant, mordant dans
Que dans le blanc Paros sculpta l'antiquité,
bour¡;cois, souticnt qne le laicl, c'est le beau, et que les
une
grenade
et 'JYT'ÍS sur le fuit de gourmandise par ArleVous dont J"hymne sublime ou l'ardent dithyrambe
teintes les plus criardcs c'est de la couleur. Cela réu~sit
quín.
Immortalisa la baaulti,
a faire de petites renommées éphémeres qui, aprcs un
Nous avo ns du, dans notre revue rapide et tres-limitée,
Allez voir l'Amour-Fiocre el voilez-vous ... la jambe.
retentissementd'un jour, tomberont demain dans l'oubli.
omettre
bierf des noms e! bien des ouvrages. Nous reLa n'est pas le ma.l; il est dans le trouhle -qui s'introX. FEYRNET.
g.r_
e
tt4lns,
entre autres, de ne pouvoir que citer la Venduit dans les idées, dans les imitateurs égar'és ,que de
rlange
a
Procicla,
de N. CuRzoN; les Nymphes au tombeau
fa!_).sses doctrines encouragent.
Le maitre des grandes audaces, peintre d'un talent d'Adonis, de M. GENDRON; le Repos et l'Épisode des gumes
réel; qu'il a le tort de forcer, M. Courbet, est, cette de la Pologne en 1863, de M. LAUGÉEj le Liwe de Ruth,
L'ARMÉ~'. FÉDÉRALE DKVANT RICIIMOND.
année, absent de. l'Exposition. - Un peintre nouveau de M. FAUVELEr, tablean plein de grace et de sentiment,
venu, M. MANET, qui était resté exilé, l'aonée derniere, que nous reproduisons dans ce numéro, et les petites
A.U DIRECTEUR. · '
Ncw-York, 15 jum.
dans les s·alles des refusé~, a eu, cette année, deux ou- scenes rle MM. Fm,RE, F1caEL, PARGELAs, etc., etc. ·
Le gouvernement des États confédérés d'Amérique a vrages admis au Salon: Daos l'Episodt d'une course de
PAVSAGE,
montré une grande babileté en choisissant Richmond tau!'eaux, Il0US ne saurions voir que la hardiesse de
mettre
du
noir
sur
du
jaune.
Dans
le
tableau
des
Anges
pour capitale. JI ne pouvait pas trouver une ville dont
Le PAYSAGE est le geore de peinture qui envahit dt.
la défense fut plus facile. La vue a vol d'oiseau que je au tombeau du Christ, _on ne remarque que l'abus d11
jour
en jour davantage nos expositioos. Pour le nombre
vous envoie vous en convaincra. Le pays environnant noir et de la laideur. Quels q11'aient élé ces débuts, le
des
muvres
produites, il passe meme avant le GENRE. Si
est boisé, d'une nalure inégale, couvert d'ondulations nom de M. j1anet a surgi de la foule; c'est une bonne· l'on se reporte par la pensée a ce qu'était le paysage
et de ravins, traversé de rivicres et de ruisseaux sans fortuoe qu'il doit s'efforcer dorénavant de justifier par tlans les premieres années de la Resta11ration, lorsqu·¡¡
nombre. Chac1m de ces obstacles peut de,enir, a l'oc- des muvres étudiées et moins incorrectes. - M. LAMllRON
cherche toujours les rnjets excentriques. Tel était, cette n'était, pour ainsi dire, qu'un tbeme classique de com•
. ca$ion, un retranchement. un point de résistance.
posilion conventionnelle, lorsqu'on n'avait pour princi•
Oeux lignes de chemin de fer, !'une allant vers le annce, celui de son tablean intitulé Déception, 011 l'on
paux· peintres du paysage champetre que Demarne et
voyait
un
jeune
homme
cos~umé
en
polichinelle,
s'apnord de Richmond a Frédéricksburg; l'autre, le Virginia
ses paysanneries de la banlieue, Jolivard, Watelet ...,
puyant
la
tele,
en
désespéré,
contre
un
arbre
et
froisCentral liailway, se dirigeaot al'ouest, peuvent rendre les
r¡uelle pénurie alors et quelle ahondance aujourd'hui !
communicatioos et les approvisionoements faciles. De saot la letlre d'une infidele qui tui signifie qu'il peut
n
offre également une inépnisable variété d'aspects. Le
plus, le général Lee, maitre depuis trois ans de cette l'attendre sous· l'orme tant qu'il voudra, mais qu'elle
paysa¡re
de style, le paysage poétique et idéal, a encore
partie de la Virginie, en connaissant a fond l'importance ne se soucie ni de lui ni du beau bouquet qu'il lui
quelques
adeptes; mais la tendance génér¡tle est au
stratégique, avait construit des forteresses rlans le~ en•• destinait et qu'on aper~oit la déposé sur un banc.
réalisme,
et
trop fréquemment a un réalisme étroit, apdroits propices : !'une sur le Rapidan, l'autre sur le. Triste journée de carnaval! Cette douleur demipauvri
et
mesquin.
11 semble que d'etre réaliste, cela
Mine-Run, une aulre a Spotsylvania, une encore s11r les comique a trouvé le public un peu indifférent. dispense,
non
pas
seulement
de coll}poser, mais de dis•
deux brancbes de la riviere Anna; une derniere, enfin, Sa curiosité a été excitée par l'aspect singulier et l'a.pposer
des
plans,
de
choisir
un
site ou les Iignes se compareil archéologique du tablean de M. ALMA-TADENA,
a quatre· milles de Richmond.
binent
d'une
maniere
harmonieuse,
oules masses se baMalgré tant d'obstacles, le général Grant, au prix de éleve de M. Leys, les Égyptiens de la XVIlI" dynastie, ce
lan
cent
beureusement;
que
cela
autorise
une exécution
grands sacrifices, de combats incessants il est vrai, a tableau avait été, dit-on, exposé l'année derniere a Brulachée, qui supprime l'étnde de la forme, les détails du
xelles,
sous
cette
désigoation
:
Comment
les
Egyptiens
avancé, et de ses retr.anchements actuels il peut voir la
rendu et ne dépasse pas l'improvisation de l'ébauche,
fumée 'l.es maisons de Richmond, qu'un seul combl!t s'amusaient il y a trois mille ans. En l'envoyant a París,
Aussi un tres-grand nombre des paysagP.s exposés sont
beureux fe:r'a tomber en sa puissance. 11 entoure Lee et l'artiste lui a donné un titre plus grave et qui a une apmoins des tableaux que des esquisses, des impressioos,
son armée d'un cercle de fer; Mearle, Butler, Sheridan, parence scientifique, comme s'il s'agissait d'un mémoire
des
souvenirs de paysages. La•tache, aiosi réduite, ei4
Hunter, les vaillants lieutenants de Grant, tiennent la présenté a l'Académie des inscriptions. 11 y a, dans cette
rendue
plus facile encore par le systeme de colorís neucampagne tout autour de la ville; ils. ont coupé les eomposition, une recherche et une étude curieuses; l'étre
adopté.
C'e~t presque exclusivement dans la gamme
lignes de chemin de fer, et intercepté ainsi les ap- rudition archaique qui y est mise en reuvre est-elle de
du
gris,
favorable
a l'harmonie, que s'exécutent aujourprovisionnements des sécessionnis\es, tandis que les bon aloi? C'est ce qu'un savantégyptologue seul pourrait d'hui nos peintures de paysages. Dans l'école qui a proleurs se font tbujours avec une regularité parfaite, a dire. Peut-etre aussi pourrait-on contester la valeur
duit Claude Lorrain, on a peur des colorations chaudcs,
l'aide de leur flottille qui sillonnf les divers cours d'eau ethnographique des types 'des figures. Ces personnages
du soleil et de la lumiere, qui oUige a une certaine
du pays. Grant, fortement établi a l'ouest de la riviere sont-ils bien surs d'etre des Égyptiens? N'y a-t-il point
étude
des ombres portées. Toutefois, tel est le charme
Jame~, s'est formé comme deux ailes avec l'armée de parmi enx des Hottentots ou meme des Mohicans? Qúoi
de la nature, que l'on s'arrete avec intéret devant ces
qu'il
en
soit,
nous
n'attacbons,
quant
a
nous,
qu'une
Butler a l'oue:;t et celle de Hunter a l'est; rle plus, au
ouvrages impi:ovisés, devaut ces ébaucbes, qui en reti2nsud-est, Sheridan et sa nombreuse cavalerie ont passé importance secondaire a la question de précision scien-

strapassée 011 les valeurs de tons sont bien observées, fanée. A ce propos, me sera-t- il permis d'adresser un
- -----:--~~~~~==::::.:~~~;;,·--'
.,.
'd ·
vmu _ le vreu de tous les musiciens, - a
l'ar.mais ou le colorís est absent. Cette mam1:re se re

é ·
-nent quelque accent, qui en refletent quelque cót vi••
eule•
·s, dans la complete indé pen, danc,e d· _es r ". •
Yace. Et Pul
et de la tr"'•dition 011 s'est placé l'art auJourd hm, les m_·v1·dual1'te's se manifestent avec la var,iété la plus capr1dl
·euse,· ce qui est encore une cause d amus_ement_pour
¡
Cl
ur. Out.re la diversité des mamc_res, 1 Y .ª
·
le Spectate
_baiau "•si· ce lle qui provient des contrées. Autrefois, les.)m
tres du Paysage, et, pour ne citer que le _pl11s cefie ére
t , s,
dans le genre vrai et naH: Ruisdael, rcsta1ent con in
1e con r,ee,
ans
des
limites
tres-restreintes,
a
une
seu
t
t
et d
a une province, a une commune. Actue_lJem,en ''ce~
Arr
1
t I
· r c e_s
t desnon-seulemeut l'Europe tout entiere, mais
e
c'est
t'Asie
c'est
l'Amériqoe,
qm
,olJ.I'mss~n
qu '
'
· t L cbamp
scenes pittorcsques etétranges aux paysagis es.. e
.a
s'est done infioiment agraudi. L'école fran~a1se,
qui
seldorf les
our concurrents l'école alleman de de Dµs.t stes • 'ma1s
.
P
de nom breux ar .1 '
Belires,
les
Anglais,
compte
v
d
b b teté et de
elle s·enorgueillit peut-etre trop e so~ ~ 1 ,
son renom . elle se bercerait dans une 1lluswn facheuse,
si elle ne s;apercevait pas que de jour en jour elle se
· é·d
t
arque dans un coin plus retr. c1 u paysag~, e que,
·
h
ta s qua
P
dans son dédain, elle 1a1sse ec apper cer m~ ,. , b
t
longee 5 1ns
lités pittoresques, dont 1a sence rop pro
. crirait comme une !acune regn.ttable dans son bis-

m1,

,

M.

dans certains de ses ouvrages, a une sorte de peinture ch.1tecte qm· est cbargé de l'ope'rat1·on? Cette .salle de
• eom1que
· est cbarmante· ",. beaucoup d'égard~·,
monochrome, 011 ne dominent que le gris et le noir. 11 1'Opera, bº1en décoree,
, commocle,
cst hon de prémunir ·contre le danger ele l'imitation les bien coupée, bien e¡·1str1'buee,
d
él
·
t
t
t
'1
·s
avec
tous
ces
me
'ritcs, elle a
J. euoes paysairisles, que la réputation et le mérite e
egan e, e c., e c. Jl ai ,
v
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·r
11
1
o·
d~s
chanteurs
qu'on
l'arliste ponrraient entrainer. - M. P,rnL HuEr, le repré- un e aut: e e repousse a. v IX c.
,
1 de
f
d
d
1
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1
10·1
sentant de l'ancienne école romantique dans le pay~age, entend mieux au on e a sc1:ne, erri,;re ª
e
·· ¡oges. EIIe amor1·t
avait daos le salon d'bonneur, non Join du paysage de fond, qu'au balcon et aux premieres
1
M. Th. Rousseau, une vue prise dans te département de la sonorité de l'orchestre, et, en ce sens, e11 e n' ag1·t pas
.. ega
. 1e, s1. bº1en
l'lsere: Porte de la route d'Uriage a Vizille, peinture so- ~ur tous les instrumenl~ d' une mamere
.
donn é, que1 qu•·¡I so1·1, pro ·
lide et Jum·ineuse.
qu'un passage symphornque
'f. CABAT ava·1t exposé deux tableaux : Une heure dans duit un autre effet, et change pour ainsi dire de coulesJlbois, paysaire sombre, étoulfé, daos Jeque! se reflete leur, selon qu'on l'écoute d'en haut ou d'en has, de
•
· ?.
un sentiment v de la nature ,· l'autre, Souvenit' du lac de droite ou de gauche. A quo1• t1ennent
ces b.1zarreries
I
d.
Nlmi, 5cene calme, site imposant, et qui respire une cer . Je !'ignore, assurément. Mais ne serait-i pas esirable
taine grandeur a défaut de la vie •, on dirait, a voir cette que nos architectes prissent la peine de Ie cbereh.er ·?
•
¡e mi:me
, ¡our
·
touche du feuillage allourdie,qu'on estdans le voisinaa.,e
Le Théatre-Lyrique a fait sa cloture
que
du palais :le la Belle· au bois dormant. - Le Bois sacré, l'Opéra-Comique. On sait qu'il prend tous les ans deux
de M. FRAN~Ais, nous transporte en plein paysage poé- ou trois mois de vacances; apparemment, il s'en trouve
tique. Le peintre a voulu exprimer la luxuriante frai- bien .. Les villes d'eaux, en France et en Allemagne, s'cn
cheur de la végétation au printemps. On ne voit que la- trouvent mieux encore. Bade, Ems, Spa, Vicby, Bafi
1
verdure qu; verdoie,· d'une teinte un peu convention- gneres, etc., tirent un assez grand pro t des oisirs qu¡¡
•
nelle et d'un feuillé touché d'une maniere monotone : le Théatre--Lyrique fail a ses acteurs.
cela manque d'air, de profondeur et de vraie lumiere;
La Porte--Saint-Martin a tenu ses promesses. Arborant
toi~:~ petits table.aux de MM. CoRor et TRÉODORE Rou3 .. mais cela séduit par la suprerne élégance que l'artiste pour devise la liberté des théatres, inscrite en vedette sur
sEAu, placés daos le $alon d'honneur a peu de distance sait répandre sur ses ouvrages. - Un Souvenir du Duu- son affiche, ce théalre a inauguré le Dlois de juillel par
!'un de l'autre, peuvent servir a caractériser tout a la phiné, paysage oomposé, de M. BELLor, est un petit pay- la représentation du Barbier de Séville, qu'a suivie, Je
fois et le charme c¡u'on trouve dans certains paysagistes sage de style classique, dont le dessio est également élé- lendemain, celle de Norma. Le succes de cette douhle
de notre école, et les ]acunes treo-sensibles qu'accusent gant, et qui est tres-finement exécuté.
tentative a réalisé ou dépassé toutes les espérances. Les
le choix de leur colorís et le procédé de leur exéeution.
Deux jolies toiles de M. ANAST.ASI: Terrasse de la villa habitués du lieu ont fait, a Rossini commc a Bellini,
Le Souvenir de Mortefontaine, de M. CoRor, est un reve Pnmphili a Rome et Aqueducs de Claude, camragne ro- l'accueil le pltJs chaleureux, le plus sympatbique. Eux
de fraicheur matiµale. C'est vague comme un souvenir; maine, sont des souvenirs de $00 réceut séjour en Italie. que l'on croyait si complétement inféodés au mélodrame,
cela n'est pas fait, c'est entrevu; c'est une impression, M. AcnENBACH, de l'école de Dussedorf, a exposé, cette si affamés de prose emphatique, si friands de coup$ de
I
et elle est charmante. - Lé tableau de M. TRÉODORE aonée, des ouvrages moins importants que ceux qu'il poignard Fiez-vous done au public ! Ces grands déveRoussEAu, Chaumieres sous les arbres, est d'une tonalité avait envoyés aux avant-derniers Salons. Mais il y a un loppements de l'art italien, qu'a l'Opéra-Comique on
aussi vigoureuse que celle du tablean de M. Corot est ton fin etharmonieux daos sa vue de Rome, prise du Mo- proscrirait comme nuisant al'action, n'out pas le moins
faiLle. La sombre intensité du vert feuillage des arbres nument de Crecilia Mete/la. - La Vue de la villP. de Crevil- du monde effrayé les auditeurs du boulevard. J'y ai vu
est puissamment saisie par l'artiste. C'est un aspect dé- lente (Espagne), de M. BALFOURJER, est une bonne et so- applaudir des morceaux de N(Jf'fTla, exécutés intégralepourvu de variété, mais dont la moootonie voulue, dont lide peinture, a laqnelle ou peut reprocher un faire uo ment, et qu'au Théatre-Lyrique on avait raccourcis par
la forte unité s'impose a l'attention, et empeche de sen- peu lourd. - Les Rochers sur le Doubs sont exécutés (a prud.ence, les jugeant trop longs. Le croira-t-on? C'étir les délauts provenant de l'insuffisance et de la lour- chaux et a sable) par M. BAvoux, avec une apreté d'aspect taient les spectateurs des petites places qui mootraient
deur de la facture. Ces deux petits tableaux ne soot pas qui rappelle complétementla maniere de M. Courbet, dont la satisfaction la plus vive. C'est du parterre et des
des ouvrages acbevés et qu'on puis·se, dans un concours on croirait qu'il est l'éleve, tandis qu'il sort de l'atelier de étages Supérieurs que partaient surtout les applaudisseuniversel, donner comme de!' spécimcns de la valeur M. Picot ! - L·Embouc\ure de l'Elorn (Finistere) est un ·ments et les acclamations.
des paysagistes frangais; mais ils offrent l'un et l'autre site bien pris, rendu avec vérité par M. BERNJER, dans
II faut ajouter que l'exécution de ce§ deux ouvrages a
un vif intérct par leur accord individue l. La critique ce malheureux ton gris qui est la livrée ordinaire-de été tres-soignée, et généralement tres-satisfaisante.
s'est divisée dans l'appréciation d'un autre tableau· de notre école. -M. CAsrAN, éleve de Cal ame, a un sentiment M. Capoul, eogagé temporairement a la Porte -SaintM. Th. Rousseau, le Village.; les uns y ont vu &lt;&lt; un des agréable du paysage, choisit ou dispose bien ses sites, Martín, grace a la clóture de l'Opéra-Comique, charite
tableau:x les plus remarquables du Salon, » les autres y dºun ton cla1r et assez juste au premier aspect : seule- fort agréablement le róle du comte Almaviva. Le réperont vu &lt;&lt; une triste défaillance de son talent. ,1 Quand ment sa couleur Jluide et sou procédé, qui couvre a toire fran~ais ne luí laisse guere montrer que la fraila critique en vienta des appréciations aussi diamétrale- peine la toile d'un léger frottis, ótent de la solidité a sa cheur etle timbre velouté de sa voix. Le style brillant de
· ment opposées, il semble qu'el\e ferait aussi bien d'ab- peinture.
Rossini luí a permis d'en faire apprécier !'agilité facile
11
diquer et de laisser le public a son sentiment naturel.
M-. CÉSAR nE Coc.x cherche a transporter dans ses toiles et correcte. M • Balbi a beaucoup de grace, 1Jn char-·
Quant a nous, qui trouvons le Village une peinture l'bumide fraicheur de la végétation de la Belgique; la mant minois, un organe dont la sonorité !impide, l'émisfausse de ton, d'nn coloris maladif, d'uneexécution pau- toucb1; ronde de son feuillé est monotone, et il s'aban•· sion naturelle, la légereté, la souplesse conviennenl
vre, enfantine et laborieuse, nous cherchons vainement donne aussi aux Iicences de l'improvisalion. Que d'ébau- merveilleusement a la musique bouffe." Dans Norma, le
comment ce qui est pour nous une aberration de gout ches et d'études a la place de tableaux ! - CP. sont deux róle principal est rempli par Mm• Écarlat-Geismar, dont
d'un artiste de talent, est pour d'autres une muvre hors excellents paysages, dans des genres rlifférents, que la la voix étendue a quelques défauts. Son médium est un
ligne et transcendante. Cette incertitude des jugements Vue du 1'ibre, prisede l'AcquaAcetosa,campagne deRome, peu voilé, mais son registre grave a de l'énergie, et ses
et ces contradictions, qui malheureusementse reprodui- de M. LANouE, qui a été reproduite par 1'11/ustration, et notes élevées ont beaucoup d'éclat. E.Je prononce avec
sent trop souvent, attristent, sans les troubler, les der- que la Mare dans les clairs chenes (Moselle), de M. M1cnEL¡ une netteté parfaite. Elle vocalise a merveille. Elle a du
niers moments ou nous tenons ici la plume de cri · les dernieres clartés du soir s'y relletent, ét des bérons, style, de l'expression, de J'ampleur. Mm• Ismael joue
tique.
s'abattant sur ses bords, y cberchent leur ¡::ite pour la et chante fort bien le role d' Adalgise. M. Pieot (Pollion)
M. ClllNTREtnL a le tort de vouloir saisir des effets pas- nuit: se/me paisible, bien comprise et d'un effet barmo- est possesseur d'une tres-bon ne voix de ténor, franche,
sagers et insaisissables. Un pré; l11 soleil chasse le brouil- nieux. - Nous avons du errer un peu au hasard dans sonore, étendue. On voudrait seulement qu'elle fut un
lara, est un effet de ce genre. Le peintre a mis toute son I'énumération des dernlers ouvrages que . nous venons peu mieiu posée. Mais six mois d'un travail sérieux lui
industrie pour traduire ,un aspect qui l'avait frappé au de parcourir. Nous laissons forcémlnt bors du cadre de suffiraient pour acquérir ce quilui manque. L'orchestre
passage. ll est impossible de donner un éclat plus vif notre revue une quantité considérable de paysages plus ne parait pas renfermer des solistes de premier ordre;
qu'il ne l'a fait a'ia verdure, opposé aux tons gris de cen- ou moins intéressants et dignes d'etre signalés. :Mais ici il a de l'ensemble, il observe bien les nuances, il soudre, lourds, étouffés du ciel et du reste du paysage, en- l'ahondance est telle et l'habileté, un certain ensemble tient les voix sans les écraser, sans les gener. Son chef,
vahis par le brouillard. Cette éclaircie, ce coup de soleil de qualités moyennes, sont si généralement répandus, dont je ne saurais dire le nom, est évidemment un
sur la prairie, est une véritable illumination qui agace la que le compte-rendu des paysages exposés au Salon dé- bomme de mérite, auquel on ne peut reprocher qu'une
vue. Cela est plus curieux qu'agréable. L'art a voulu passerait les limites d'un article de journal et deviendrait ten dance a ralentir les mouvements qui altere parfois le
surprendre la nature et lutter de trop pres avec elle; il un livre, si on voulait le faire complet.
caractere des morceaux, en affaiblit l'expression. Au
a été vaincu. - M. MAZON a le sentiment et l'entente de
A• ·¡ • DU pAYS.
Théatre-Lyrique, on a joué presque tout l'opéra de Norla lumiere; c'est la ce qui donne de la valeur a ses payma trop vite : a la Porte-Saint-Martín, on le joue trop,
sages : les Bor~ du Taven, Soleil levant et Novembre.
lentement. De ces deux défauts contraires, c'est encore
Mais il a un procédé égal et monotoue, et la naturc,
le dernier qui fait, daos une partition, le moins de
qu'il se propose au~si de serrer de pres, n'en a pas. Sa
CDRONIQUE MUSIC.&amp;LE.
dégats.
toucbe a de la maigreur; il semble que les chenilles
La Porte-Saint-Martin tend a devenir un tbéatre a
aient en partie grignolé sa verdure. - Nous nous récuseL'Opéra-Comique est fermé pour un mois au moins. plusieurs faces, comme les théatres de provinee. Tar- .
rions volontiers en présence des tableaux de M. DAua1GNY, On fait a l'édifice des réparations que les gens de l'art, tuffe et l'Aváre accompagnent le Barbier de Seville et
comme nous serions disposé a le faire devant certaines du11ent consultés, ont déclarées nécessaires. On profi- Norma. :Mais c'est a mon spirituel · collaborateur, M. de
peintures de M. Tb. Rousseau. Nous n'y voyons que des tera de l'occasion,selon toute apparence, pour restaurer, Belloy, qu'il appartient de juger cette incursion un peu
ébauches, des études largement brossées, d'une touche nettoyer la salle et ra(raWair sa toilette, passablement bardie sur les terres de la Coméwe-Fran~ise.
V

�Toujours e~t-il que Norma, l:l Norma de Bellini, reuvre
écrite jadis ponr W00 PaHa, et qui, par conséquent, réunit toutes les difficultés de l'exécution vocale, vient d'etre
chantée impromptu, pour ain~i dire, dans nn élablissement
dramatique ou, au point de vue musical, tout . était a
créer; •que celte entreprise, qui semblait d'avance fort
téméraire, et au succcs de laquclle on ne pouvait croire,
a ¡,leinement réussi; q11e
l'orcheslre, Lrcs-suffisant,
des aujourd'hui, ne peut
manquer de s'améliorer rapidement, que le chreur
manreuvre aYec une préc,sion et un entrain rem:irquables, que1e'premier
rule est rempli par une
cantatrice de beaucoup de
talent que persoone a Paris ne coonaissait, et le second par une artiste qui,
de son coté, n'est pas saos
mérite, et que cette exécution esl, dans son ensemble, supérieure de plusieurs ~
degrés iL ce que l'on avait
Yu, quinze jours auparavant_. au Théátre\-Lyriq11e,
Jeque! est impérial et subv :ntioooé. Sur ce qu'a produit, du premier coup, la
liberté des théatres, 011
peut facilement juger de
ce qu'elle produira par la 1_
suite, et de l'impulsion que · ,_l'art en recevra.
~
M. JulesCohen avait don- ~ ·
né, il y a trois ans, je crois,
au Théatre - Frao~ais, le~
chreurs d'Atl11lie. Les
chreurs d'Esther vienuent
d'avoir leur tour. Des élcves du Conservatoire soot
chargées de l'exécution.
Comme dans Athalie,
~r. Ju les Cohen a cru devoir
leur adjoindre quelqucs
élcves masculios, afio d'avoir des ténors et de,
bas~es-tllilles. On pouvait,
ii. la rigueur, admeltre de~
léYites dans Atltalie. lis y
ont mcme été indiqués par
le p~cte:
0

1

.

1

dis¡,osition augmente la sonorité, j'en conviens. Mais ce
développement de sonorité ét:lit pcu nécessaire, et ces
grands cris poussés dans le palais d'Assuérus ressemblent beiucoup a un contre-sens.
Un chreur it l'uoisson n'est plus un chccur. C'est un air
clt:rnté par une voix gigantcsque. Cela permet d'augmenler
proportionnellement les forces de l'orchestre, de mettre en

citer le premier vers, - qui a beaucoup de grace. Tous,
le systcme une fois admis, - sont bien écrits, et l'insnon.
trumentation qui les accl&gt;mpagne est parfois tres-distinll est certain qu' au tbéatre, et dans certaines ci
s¡ Molte-Houdart a dit, dans un ve'.s célebre, ce qui guée. Enfio, si le nouvel ouvrage de M. J. Coben ne vaut
ces données, un chreur a l'unisson peut produire
quit un jour de l'uniíormité.
, ,. . .
cffet dramatique. Le finale du Barbier de Séville, ¡ , n peut aJ·outer, sans etre accuse d mJust1ce, que ,les pas cette jolie partition : Maítre Claude, qu'il nous a
donnée il y a deux ans, il n'est pas ahsolument saos mé•des bardes dans la Dona del Lago, celui des gonda
mes mélodiques de M. Coben, pour la plupart,. ~ ~- ritc, et l'on voit que l'auteur fera beaucoup mieu1
la Gazza ladra, celui des conjurés &lt;lans le C icnt pas un accent assez vif, un rhythme assez decide,

a aimer le fracas,

sans doute pour s'accoutumer e, de substituer J'uniformité a la variété des corobinai-

..,...

CIRCASSIENS EN EXIL,

[ moi les accords ....

111

ses si bémols, ont une sonorité vigoureuse, éclatante. 11
parait en avoir abusé. C'est ce que font aujourd'hui tous
les ténors. Le médium de sa voix est lourd et n'a plus de
timbre. D'nilleurs, acteur assez froid, et inr.apable de
suivre ~leyerbeer daos ces élans de passion draroatique qui
furent le plus beau coté de son génie, M. Morere fait sonner la note, mais il n'exprime qu'a moitié le sentiment.
Qui nous rendra jamais
Adolphe Nourrit dans ce
role de Robert?
On a coupé, daos le cinquieme acte, le commencement de la seconde sccne, oti l'orgue prie, ou le
chreur glorifie la Providence. Ce qui se disait
deux fois ne se dit plus
qu'une seule,et le bel effet
que produisaitjadis le morceau est diminué de plus
tle moitié. On l'entendait
d'abord isolément. Puis,
quand on le connaissait
bien, on l'entendait denouveau derriere le dialogue
de Bertram et de Robert.
La sensation profonde que
faisait naitre la seconde
reprise avait été préparée
par la premiere. Mais qui
comprend encore, aujourd'bui, le grand art .' des
préparations ? En coupant
les reprises on abrége le
spectacle, et c'est le poínt
imporlant. On ~e soucie
peu de finir plus t,Jt, mais
on tienta commeocer plus
tard, afin que les gens
comme il faut et les belles
dames qui dinent iJ. sept
heures aient le temps d'arriver. On n'y gagnera rien.
Les belles dames arriveront toujours trop tard.
Autrement, leur entrée
ne serait point rcmarquée.
G. füourr.r.

Lea

Lévites, de vos sons pretez-

Cette fantaisie s'cxplique
moins dans Esther. Des la
premicre scene, la reine dit
qu'elle a réuni pres d'elle,
dans son palais, c'est••adire dans celui du roi de
Persc, les filies des meillcut es familles juives,
qu'elle y assure un asile a
leur faiblesse et a leur innor,ence, et l'on voít assez
clairemeot qu'elle s'occupe
de leur éducation commc
M de Maintenon de cclle
des élcves de Saint-Cyr.
Comprcnrl-on l'intrdduction
et le srjour d'une &lt;louzainc
dejeunr,s gaillards &lt;lans ce
pensionnat? ?\e sait-on pas
d'aílleurs que le h.:irem desrois de l'Asie était, des
cettc époque, soumis aux
mcmes lois qu'aujourd'hui •/
Esther ne dit-elle pas a chaque instant « Mes filies,,. it
ce trou¡,eau de jeunes jouveneelles? M. Cohcn ne peut
mcme alléguer ici, pour excuse, les nécessités de l'harm~nie, puis~u'il a éctit tous ses chreurs a l'trnísson. Les
YOLX 1~ascnhn:s _d?nnenl invariablement, ou peu s'en
faut, 1octave rnfcr1eur du chant des jeunes filies. Cette

4i

L'ILl.,USTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JOURN.\L UNIVEilSEL.

40

AU DIRECTEUR,

•

ETIERI! D'ERZEROUJ. -

I

jeu símull,inémc;it les tromprltl~, lrs tromLune,, les pe- Egitto, en sont d'illustres exemples, et j'en pou
tites Otiles, les timbales, le~ tarnbours, tous les instru- bien d'autres. Mais ce procédé ne s·esl employé j
ments percants et contondants. On fait ainsi un bruit for- qu'accidentellcmcnt. 11 était résené II M. Jules
mídable. Ce fut toujours un infaillible moycn &lt;le succes en de l'étendre iJ. toutes les parties d'uue reuvre de
France, et f en est un également en Italie, depuis q11e les haleine, de se priver systématiquemcnt des effets
Jtaliens, dont l'oreille était aatrefois si délicate, se sont mis iJU 1Jn contrepointiste hahile sait tirer de l'harm ·
1

.

D'apm un croquis rle Al T.

n caractere assez original pour se passer de l'intéret
ui résulte de l'agencement des parlies, du choix et de
'enchainement des accords.
Quelques moreeaux, néaumoins, sont vigoureusement
n~us, et produisent un assez bel effet, notamment au
econd acte. 11 y en a ~n, - je rcgrette de n'en pouvoir

quand il ne se laissera plus égarer par le gotit du para~
doxe et le parti pris.
M. Morere vient de reparaitre a l'Opéra, dont il était
éloigoé depuis quelques années. 11 y avait débuté, on doít
s'en souvenir, en sortant du Conservatoire. 11 y a de belles
note$ a l'extrémité snpéricure de sa voix. Ses sol, ses la,

La Gazette de .11foscou expi iquait dans un de ses
derniers numéros, avec unt
brutal e franchise, le systcme suivi par le gouvernement russe au Canease,
systcme dont la Pologne a
éprouvé déja les hienfaisants effets.
« On a essayé au Cau..
case, disait ce journal, de
tous les rnoyens : on a
cherché a attirer les montagnards par les faveurs,
p:ir les avantages commerciaux; on a augmenté ·Je
pouvoir de leurs princes,
on leur a donné le self-got·crnment : rien n'a r6ussi.
Alors on leur a dit : Vous
ne pouvez rester sur vos
rochers, dans vos forets, car des que nos armées s'éloigneraient, vous reprendriez les armes et la guerre recommencerait. 11 faut done vous disperscr aux quatre coins
du monde, et nous avons chassé les Circassiens de leurs
montagnes et de leurs íorets. ii
Les Circa~~ien~ ont préféré l'exil a la soumission a un

�L'ILLUSTRATION , JOURNAL UNIV"',.,,RSEL.
.
pouvoirqui leur était odieÚX. lis ont quitté leur patrie
et sont venus demander asile a la Turquie.
En ce moment, disent les correspondance~, ces malh¿ureux sont campés dans les environs de Trébizonde
d'Erzeroum, de Samsoun, de Batoun. A Samsoun il;
sont plus de cent_ mille agglomérés sur un méme p;int,
presquc sans abr1, dans la plus profonde misere, ne vivant que des secours et des vivres que leur fournit
Je gouvernemenl ottoman.
Mais ils supportent avec courage leur iníortune et espcrent trouver enfin, dans lcur nouvelle patrie, la paix
et le repos.

Pour extralt:

P. PAGET.

CAIUl,'!:;IIU ~ Dll&amp;liHTIQUL

Je n'ai pas perdu mon temps depuis~quinzejours : saos
~a~ler ~•une so'.xantaine· d'actes religieusement écoutés,
J a1 lu a peu pres tout ce qui s'est écrit sur la liherté des
théatres, musique a part, - et je suis encore émerveillé
non pas seulement de l'éloquence, de !'esprit, du bo~
s~ns ª;~e lesquels mes confreres ont traité cette question dehcate, m~is encore, et surtout, de la sagesse, de
la prudeuce qm, sur toute la ligne, _leur a dicté une
meme conclusion.
. Cette unanimité de la critique m'a ravi : elle était si
m1portante, si désirée, et elle est venue si a propos !
Car enfin, _on ~~ut bien l'avouer aujourd'hui, le public
com~~n~a1t as 1mpatienter devant les perpétuelles contrad1ct1ons de la presse. Telle picce portée aux nues
par un jouroal, un autre journal la promenait dans le
ruisseau'/•un troisieme feuilleton la déclarait intéres. sante, mais mal écrite; un quatrieme bien écrite· mais
ennuyeuse, et ainsi du reste.
'
_E_ncore un peu, et bien des gens se seraieut dit : o
~r1llque, tu n'es qu'un mol! Déja plusieurs, - car touJ~u~ .un excc~ mene a l'exces contraire, - déja pl11s1eurs regretta1ent ces ages de Corte discipline~ oü AriS•·
tote, chef d'orchestre, menait l'art a coups de ha.ton.
Plus modérés, ,d'autres rappelaient de leurs vroux ces
temps moins recalés oü la critique était partagée en
deux camps, ayant chacun pour devise : Hors d'ici point
de salol; ~ar, apres tout, se disait-on, mieux vaut la
guerre que l'anarchie.
, M~is, heureú:~ement, chez nous, l'anarchie n'est que
1acc1dent : touJours, pour y mettre fin, éclate a•propos
un_e, de ces grandes questions, comme cette liberté des
t~eatres, qu'il faudrait encore bénir, n'eut-elle d'autres
resultats que de coucilier lesesprits; et elle en aura lieaucoup d'autres, et de nombreux, et de féconds a en ju- ·
ger par l'échantillon qu'elle en donne des le débul. Que
ne _pas attendre, en effet, lorsque, mise sur la scllette,
fomllé~ dans son passé, questionnée sur son présent,
. !orturee sur son avenir, elle vient de forcer ses ju ges
a prononcer cet arrét aussi décisif qu'unanime : Qui vi-na verra.
Cela n'est pas long, comme vous le voyez, mais ce ne
son_t pas seulement les plus courtes folies qui sont les
me11leures. Court~s sentences ont aussi du bon, et je
Toas donne celle-ct comme le résumé de l'immense tranil d'élimination auquel j'ai soumis les feuilletons de
mes ~nfre~es, trav~il pénible s'il en fut, car vous jugez s JI m en a couté de réduire a trois mots tant de
ph:ases bien .faites, tant de traits piquants, d'images
brillantes, qw ont fait vos délices et les miennes tous
ces temps-ci.
Mais ~uoi ! les tleurs aussi, et les plus embaumées, on
les empile, on les écrase, on les réduit a un rien qui est
leur tout, pour obtenir la quintessence de leur arome
~e méme aassi en usez-vous avec les plus grands écri~
~ams, et les moins bons ne sont pas ceux qui, condensés,
tiennent le plus de place: - Que ~ais-je? - Trinque!
- Dans ces ~eux _mots, vous respirez tout Montaigne et
tout ~abela1s. Bien plus, vous y respirez tout l'esprit
fran?JS, de meme qu'en ce précieux : Qui vivra verra
le~uel n'est qu'une variante de Rabelais eLde Mon~

taigne.
N'~ttend.ez done pas que j'a;oute une seule note a ce
Nfram un1versel, une syllabe ace mot d'ordre qui m'est
d?,nn~ par °:1es chefs de file, par mes maitres en l'art
d ecn~ e!de Juger. -Dumaine a-t-il bienjoué Tartuffe?
- ~w y¡vra verra. - M11• Marquet-Elmire sera -t-elle
touJours aussi blonde a la Porte-Saint-Martin qu'a
l'Oüoll• - Qui '""" nrra. - Montdidier, dans l'Avar,,

fera-t-il oublier Provost? Le théatre Déjazet sera-t-il une
succursale ou une parodie du Théatre-Fran~ais? Moliere,
enfin, quand ses seringues auront jeté leur premier fea
,
.
'
ces 1a~euses sermgues toujours si applaudies aux représentat1ons gratuites, Moliere avec Don Juan et Je Mirnnthrope restera-t-iJ aussi gouté aux boulevards qu'il l'est
encore a la rue de Richelieu? Corneille et Racine, dans ce
mcme cm pire des boulevards, auront-ils bientot détroné
MM. d'Ennery et Auicet Bourgeois? - Qui vivra
verra.
Et Marivaux? Parlons un peu de Marivaux : est-il bien
vrai, comme on le dit, que Mm• Marie Laurent va débuttlr l'Ambigu dans l'Araminte des Fausse~ confi,dences?
Oh la! pour le coup, c'est une autre affaire : il ne s'auit
plus d'une a~préciation, mais d'un fait; aussi puis-je répoudre hard,ment que je n'en sais rien.
Et pui~que nous voila sur le chapitre des faits, j'en
P:o.6tera1 pour démentir quelques faux bruits, un surtout des plus facheux, a en juger par la mine allon"ée
0
de ceux qui le propageaient tiier encore.
Au fol espoir qu'on avait nourri de voir notre répertoire tragique livré a toutes les queues-rouges de París
et de ses baulieues, avait succédé la terreur d'un Cid
d'?n Polye:ucte, d'une Athalie, d'un Cinna, interprétés au;
Delassements-Comiques, a )'Alcazar, aux Bouffes-Parisiens, et que sais-je encore? par les tragédiens ordinaires ~e l'Odéon. Certes, l'Odéon est un théatre queje respecte, que j'aime, et qui se trouve en ce mo;nent admirablement dit;igé; un théatre qui, mieux que tout autre, a sa_raison d'étre ... la oü il est; mais j'avoue que la
perspect1ve de le rencontrer partout oü j'ai dit, n'était
pas des plus gaies pour les habituéR de ces lieux fo· la.tres.
Qu'ils se rassureut: c'est a tort qu'on a attribué aux
ac~~urs ch~rgés de l'interprétation de nos cla~siques .au
thcatre DéJazet, la qualité d'artistes du théatre de J'Odéon; auc•m artiste faisant partic de la troupe du second _ThJatre-Fran~ais n'est autorisé ajouer Je vieux réperto1re sur les autres scenes.
On avait parlé au~si d'artistes retirés de la ComédieFran~aise, comme dcvant faire a ce théatrc une sorte de
coucurrence. A leur grand honneur il n'en sera rien •
d'a!lleurs ,parce q~e, évidemment, ils ne s'y seraient ja~
ma1s pretes, ensmte parce que, autorisés ajouer n'impo_rte ou des piece_s nou\'elles, ils ne le sont pas a pa..
ra,tre daos les p1eces appartenant au répertoire du
Théatre-Francais.
L'effet de
interdictions, dont la convenance ne
saurait etre contestée, sera done, on le voit, de rcndre
au moins tres••difficile une interprétation de la comédie
et surtout de la tragédie, déja si faiblement rendue
meme aux Frao~ais. Y renoncera-t-on pour cela ou bie~
la tragédie, ce noble lioo devenu vieux, rece~ra-t-elle
le coup de pied de !'a.ne? C'est le cas de dire: Qui vivra
verra.
Au reste, il faut se défier de tous les bruits qui courent
e_n ce moment d'effervescence passagere. Amsi, MI'•
r1ga, par exemple, qui devait, soi-di~ant débuter a la
Porte-SainHlartin daos le personna"e d'Elvire elle a
'b ,
o
,
de ute, en effet, mais au Lhéatre du Chatelet et daos
l'~li~a de l'Oncle Tom, une reprise. Et quant ~ Paulin~1en_1er, dont _on faisail déjil. un Harpagon, - et pourquo1 pas? - 11 a repara avec un succes mérité dans le
role do sénateur Bird, un role charmant. On n'est pas
plus vrai, plus amusant, plus touchant et a moins de
f .
11
,
rats. M • Périga, Maurice Coste, Latouche, Desrieux,
Colbrun, - ces deux derniers en premiere ligne, - ont
leur -~rande part dans le grand succes de cette reprise.
La p1ece, du reste, est jouée avec un rare ensemble•
m_ise en scene_soignée, beaux décors, surtout au qua~
tr1eme acte, ou se danse un tres-original et tres-vivant
ballet de caractere.
Une autre reprise, mais de celle-la il en faut parler
chapeau has, comme d'une fete, d'une gloire nationale
c'est l'Esther de Racine, remise a la scene avec tous Je;
honneurs et toutes les pompes qui lui étaient dus depuis trop longtemps. Mieux que tout autre du reste elle
Y pretait, grace au bon marché qu'a fait Í•auteur de sa
chere unité de lieu. En outre, les récentes découvertes
des édifices et sculptures assyriennes ont permis de donner a )a mise en scene un degré de couleur locale en
rapport avec !'esprit de notre temps.
Quant a la musique des chreurs, ne voulant plus qe
celle qu'y avait adaptée un compositeur nommé Moreau
dont Racine se loue beaucoup, on ne pouvait mieux J;
confier qu'a M. Cohen, dont Racine ne se plaindra pas.

ª,

~e;

p/

L'ILLUSTRAT10N, JOtJRNAL UNIVERSEt.

Mais, !n~épendamment de cette musique,dontje ne dOia " " - ' - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - note, "' q"'. le '?ccés, .et , pa,t l'effet des décon • s - • ; j'ai été l'entend,e A mes frais, et, en ,érit,, app,ene, q•e j'ai pris un ,ir inté,!t • eette découmte, sonne, s•rto•t • un obse.-.aten, revétu d'un o&gt;stume
costu~1~s qm sont a la fois tres-curieux et tres.. beaul'. plaide fort bien; j'ai retrouvé chez lui tout !'esprit que attendu que M. Louis V.. . était de la part de mon pere militaire, la possibilité d'y stationner, sans devenir susass~oauou des_ pl•s mes, Ja piMe, con,eoableme,Í . Ra¡mood Deslaodes a,ait trop ménagé daos sa de,- l'objet , ·••e estime et d·m affcction mes. J'a, le mal- pect
p,em;e, habitaot • qui il p,end,ait fantaisie de
JOuee, a prod u1t une grave et délicieuse impression so iere picce du Gymn~e. La revanche est courte, mais heur d'étre orpheline depuis deux ans deja. La veille de regarder par la fenetre . A quoi songeait Giulia, en dontoas ceux qui l'ont entcndue.
r lle est bonne.
sa mort, mon pauvre pcre, l'excellent Thomaseo, me nanl rendez-vous a Louis ºdans un licu si défavorable,
~ien n•~ vic(lli dans cette noble idylle, que semble Parlez-moi des Variétés; voila un théatre qui ne parlait encore &lt;le Lille et de M. Louis V... S'il vous était au centre meme des obstacles? Louis, tout pénétré de
arnmer a Jama1s le souffle de Dieu. Uo tel spectacle t raint pas de ,vous déranger pour un acte. La, on ~ait agréablc, monsienr, de causer avec moi de ces chercs respect pour le mystcre, jeta de loin sur les jalousies
le recueillc~en~ des spectateurs Je complete, rapp;l~e ue !'esprit, en France, n'est jamais si gouté que lors- chuses, veuillez vous trouver demain, ou plutót aprcs bai5sées de la maisoo de J'Jt;i.lien cet ineffable regard
les temps s1 loJn de nous oü Ja reJiaion et le théat u'il est bref. Daus les petits pol~ les bons onguents. demain, a une beure, sea!, daos le voisinage de l'en- de tout amant, qui, a cinq cents heues du pays natal
ob,éissaient ~ncore a ll.(le meme inspi;ation. On se pre~ oy~z les Caracteres de Labruyere, les Pensées de La Ro- rlroit ou nous étions si voisins la dernicre fois, mais contemple en réalité, et croyant encore rever, la maison
me~e a crotre que ces siecles peuvent renaitre. On vou- befoucauld, les Fables de La Fontaine, les Contes de Vol- alors saos pouvoir nous parler. Je serai heureuse si ces ou habite l'etre unique dont ni Raphael lui-meme, ni
dra1t ~e plus voir que de tels ouvrages, ou du rooins en ire, les (}uepes d'Alphonse Karr. En dernier lieu, en- ligues vous trouvent heureux.
Andrea, ni Léonard ne fcraient un aussi beau portrait
pacle, 1.~?"".'meot, s'y é~od,e " " compl•. o , et toute proportion g"dée, ,oye, les Pince"""
, Grnw. •
que l'inhabile ,heW' qui r ,•me, s'il aime ,é,itable·

ª"

Pº"'°"

sanee, quand deJa I espace vous manque. D'ailleurs 'Iléloíse, ce petit acte et ce grand succcs des Variétés.
pour si pe~ _qu'on s'y attardat, comment passer de la au; Au reste, je ne preche pas _tant pour la brie:eté qu_e
Femrnes serieuses, aux Pinceau:r. a'Hé/ofse a la Filie dll !our la mesure, pour ce sentiment des proport1ons qm,
!tlaudit? Comment remonter meme a la 'comtesse d'E _ ussi bien dans les lettres que dans la peinture, fait décarbagnas, une reprise insensée déplorable et dev 't aut a la plupart des productions de ce temps-ci. Quoi !
laquell,e on se demande si celle d~.&amp;ther n'est 'pas,com:e ,ms_ ne sentez_ pas q11e si le ~isanth,:ope, l'Avare ou !e
tan! d autres moins heureuses, un hasard un ca r· ~anage de P,garo ont besom de CID"f acles pour ded'Ardélion ~
'
p ice floyer a l'aise leurs caracteres et leur intrigue, il n'en
Voila qui a vieilli, cette comtesse d'Escarbagnas:
plus de ~eme pour des ouvr~ges_ représent!nt la
Quelle grossiereté de mreurs! Quelle bassesse de su· t elite monna1e de ces memes caracteres, ou n ayant
de langage ! Que voila bien Ja scurrilité re J·argon ét '. u'un simple malentendu pour intrigue?
ne s o J~ts
!
,. es~ a1ors,• pourtant, et d~ns 1e derm~r
. des reproches de Boileau et de
' Labruyere
' er
C'
· cas surtout,
1 qu~t
b bon de semblahles essais de résurrection, u 11 n y a pas une secqnde a perdre, qu 1I ne faut pas
A
Ressusc1t~r d~ morts, passe encore, bien qu'aprcs delll aisser au_ s~ec~teur le. temps de respi~e~- Le qui proc~nts ans JC nen voie pas trop la nécessité · mais galva- 1quo, cet rnepu1sable ahment de la comedie con temporns~r des... carognes? Ma foi, tant pis le mot est d aine, demande a étre servi chaud et pris rle meme. Un
Moliere.
'
e ,;mi entr'acte, et il n'est plus bon qu'a jeter. Si les PinLa Comédie-Fran~aise, si elle avait tant de temps a ce~ux cl'Héloise ont tant d~ succcs aux Variétés, ~•est
p~rdre, que ne nous donnait-elle une des nombreuse qu on vous les y sert bomllants, car, autrement, 11 y
p1eces modernes qui moisissent dans ses cartons? ~ aurait la bien des choses difficiles a avaler.
Ou!!. mais jouer un auteur vivant, ce serait f~ire
Figurez-vous, - si c'est possible, - une M'"º Héloise
pla1s1r a quelqu'un, tandis qu'une Comlesse cl'Escarba- Montengraine, peintre d'histoire en dépit de Minerve et
g11as...
en cachette de son mari, qui voit et aime en elle la

fst.

J'entends: fª ennuie tout Je monde et ~a ne profite a
personne.
Ex~ctement comme les Pemmes sérieuses, de MM. Siraudm, Delacour et Blum, car ils se sont mis a trois ponr
cette lourde bluette, et ce n'est pas le cas de dire que
plus on est de fous plus on rit.
.
Ces f~mmes séri~uses, au premier acte, sont des filies
~e la pire sorte, de celles qui pensent au solide, de ces
1~mondes créatures qui font ce que font tant de jeunes
v1veu_rs comme il faut; elles ne venlent pas ruourir sur
la pa1lle; elles ne demandent qu'a se ranger, a faire
1Jne fi_n. Hommes, elles épouseraient volontiers une guenon _r1che; femmes, eiles revent un singe opulent pour
man ou un bureau de tabac pour invalides. Voila nos
femmes sérieuse~ du théatre du Palais-Royal. et un
moment cet éternel sujet, - la courtisane _ ;emblait
devoir etre pris d'un point de vue assez ne~f.
Le second acte a fait envoler cette illusion. Nos préteodues femmcs sérieuses, dont une a trouvé le fameux
li~e-~u de tabac, une autre une m:i.ison de lingerie, une
l~o1s_1eme un débit de Jiqueurs a comptoir d'argent, el
ams1 du reste, les voila déja prises par la &lt;&lt; nostalgie
de la boue »; de la boue! Elles s'en croient sorties les
malheureuses, et elles grillent d'y rentrer· elles y 'res•
tent, voila tout.
'
Et nous, nous voila retombés dans la donnée du Ma•
~iage cl'Olyrnpe, une doonée qui ne demandait pas, que
J~ sa~he, a etre reprise en sous-reuvre, une comédie qui
n ava1t pas besoin de réparations.
Aussi ne lui en fera-t-on pas, que ~l. Augier se ras··
sure : voyant qu'ils allaient droit sur se brisées, les au5
teurs des Pemmes sérieuses ont tourné court
avec beau•
coup de présence d'esprit. _ Nos Femmes sérieuses vous
enn11ient? Eh bien! nous aJlons les faire sauter. ~ Et
l~-dessus un théatre s'éleve, et avec ce lhéatre, la quest10n de la liberté des théatres; et sur ce théatre et sur
cette liberté, c'est a qui fera comme sur le pon; d'Avignon,. ou &lt;&lt; l'on y dame tout en roncl. » Mais moi qui le
conna1s, ce pont, je puis vous jurer que si l'on y danse
au moins ne s'y moque-t-on pas du pubÍic.
'
Ou il n'y a ríen, le roí perd ses droits : Hyacinthe est
froid, Priston gris, Luguet pale, Mm• Thierret languissante, Lassouche lugubre. On a sifflotté.
11 ¡ a des théfües, et cdui du Palai~Royal est du
nombre, qui ·sont vraiment trop scrupuleux: a les entendre, ils craignent ~e vous déranger pour un acte.
Combien, cependant, n'aurais-je pas mieux aimé me
déranger pour l'Avocat des aames que pour les Femmel
aérieuses! C'est un excellent petit aete, que cet Aoocal

plus bourgeoise, la plus tcrre a terre des femmes. Sans
qu'il s'en doute, le salon du pauvre homme est un atelier de peinture. A peine a-t-il le &lt;los tourné, qu'Héloise
pousse un bouton, et le guéridon se transforme en boite
acouleurs. La canne, la propre can ne de Monsieur, il n'a pas le droit de s'en servir, - contient un pliant,
u.n appuie-main et un chevalet. Reste le modele a trouver; il s'en trouve deux, et la commence une série de
de quiproquos entre uu ténor se croyant en bonne fortune et voulant poser a ce titre, et un véritable modele
croyant pcser pour de l'argent.
Sur ces entrefaites, Monsieur arrive a l'impro"iste, et
comme denx modeles vivants sont moins aisés a cacher
que des pinceaux, un chevalet et autres objets de nature
morte, il surprend le vrai et le faux modele daos le sirople appareil ou se trouva Joseph quand Mm• Putiphar lui
eut arraché son mantean. La dessus.. . mais je sens que
déja je deviens trop long et que mon récit, refroidi, pourrait ne point passer comme une piece que le bouillant
Dupuis et la volcanique Alphonsine n'enlevent qu'en
brulant les planches. Disons done vite, pour en finir, et
dans l'intéret de la morale, que les malentendus s'expli,
quent, et que, 'réconcilié avec la peinture d'histoire,
Montengraine sera désormais l'uniq 11e Joseph qui posera
devant les pinceaux d'Hélo'ise.
Mais, encore une fois, je demande grace pour ce récit
lent et glacé de la pétillante comédie de MM. Choler et
Rochefort. On ne raconte pas un éclat de rire.
On ne raconte pas davantage le Roman cl'un jeune
homme pauvre; il suffit de dire que cet ouvrage, un des
meilleurs de M. Octave Feuillet, vient d'étre repris au
Vaudeville avec les memes artistes qu'au début, sauf Lafontaine, que Febvre a tres-beureusement suppléé.
A. DE BELLOY.

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_Rentré dans sa chambre, Louis, saos attendre que J'im-

i:"""" agitation

de son

'°''"' íót apaisée, décbfr•

1en,eloppe et lut :
• llonsieur,
•Si ne je me suis pas trompée en croyaut, l'autre jour,
rec.naitre en vousLouis V..., dont le pere habite Lille,

Par un prodige de bonne volonté de la part du dieu
des amants, cette lettre était exactement telle que pouvait la désirer un amouréux aussi &lt;léliactement susceptibie que Louis, et elle était un magnifique début pour
une campagne se'ntimentale et romanes(Jue. Plus vil'e,
plus accentuée dans la tendresse, elle eút respiré les
chaudes instigatio11s du climat et de la jeunesse; plus
réservée, plus mystérieuse, elle cut, a un· homme soup~onncux, permis des doutcs sur l'innocente sincérité de
Giulia; ains1 franchement accn.eillante, elle réunissait
toutes les qualités et toas les avantages. D'abord elle
était une excellente introduction; elle épargnail a Loms Je
ridicule et le danger d'une entrée banale; c'est une
grand~ force, en amour, de n'avoir pas a s·annoncer,
d'etre dispensé de dire : Comment vous portez-vous?...
d'etre autorisé tout de suite a poursuivre la conversation, sans avoir a l'entamer.
La soirée n'était pas tres-avancée. Louis, ne pouvant
tenir en place, descendit; il demanda asa propriétaireconcierge qui avait apporté la letlre; il lui fut répondu:
« Un jeune gar~on. » Cela parut lui ctre fort !'gal, mais
cela l'intéressait beaucoup au fond ... puis il alla dans un

ment.
Dans cet instant, il n'y cut plus pour Louis ni colonel,
ni tuteur, ni porte close; il y cut l'amour inspiré, impérieux, p1ússant comme le génie, et auquel ne ressemble
pas plus ce qui constitue le plaisir et la recherche d'un
certain nombre d'hommes, qu'un crieur public ne ressemblc a Démosthenes, a Mirabeau, qu'un faiseur de
coup:ets ne ressemble a lord Byron. « Dans cet instant,
se dit Louis, a travers la jalousie, elle me regarde peutétre. »
Gardc toujours, bel amoureux, cette fievre divine, et
ne demande rien d'autre au ciel. Si tu es sage, ne demande pas qu'elle se leve cette jalousie, qu'elle s'ouvre,
cette porte. Bénis Dieu de t'avoir fait connaitre, ne fut-ce
qu'un jour, l'incomparable émoi qui possede aujourd'hui
ton crear, car il n'a pas de meilleur pr"sent pour les
purs humains. Si tu prétends a davantage, si tu veux
épuiser la coupe, au lieu de savourer seulement son
parfum, et l'éblouissement du reOet enchanteur se
jouant a la surface du liquide doré, tu vas biootot te
trouver découragé et plein de doute devant une coupe
terne et vide. Tu te sens fort, triomphJ.nt; l'orgueil de
cctte inlérieure victoire t'étonne et te charme... Que ton

caféjouer anx dominosavec ses amis d'un airsi tranquille,
si posé, que ces derniers, se rctrouvant ensemble, adoptcrent a l'unanimité la con&lt;:lusion suivante ·: « Décidément, il nous la baillait belle avec son prétendu roman !
Au fond, il n'y a ríen '&lt;iu tout; il n'a pas été faché de
nous y prendre tous en jouant le discret; mais le ressort
est usé, et ne nous prendra plus. »
Daos le meme temps, Louis se livrait a des réOexions
d'un autre ordre :
&lt;&lt; Chcre Giulia... Je vais la voir !. .. Oe quoi est-il done
mort, ce pauvre Thomaseo? 11 était jeune encore, vraiment. 11 m'aimait bien, cehii-la. La veille méme de ~on
dernier jour il parlait de moi a elle, a Giulia. Relisons... Dcmain, ou apres-dcmain, pres de l'cndroit ou
nous étions si voisins la dernicre fois ... Toutcela est tresclair. Dans tout ceci, il ne peut etre, bien entendu,
question de la cathédrale. Mais ¡,ourquoi ne me parlet-elle point de précautions a prendre, et surtout, pourquoi
oublie-t-elle de me dire le nom de la rue. Pauvre sot
que j'étais ! je me réjouissais déja, et les embarras se
présentent en foule. Je devrai arpenter toute la ville, et
semer du grain le long da pavé avant de retrouver cette
maudite rue ... Et son gardien ... (aquel litre d'abord
est-il gardien ?) la laisse done libre a certaines heures,
pour qu'elle ose m'inviter a aller, si franchement, eo
picio jour, a sa rencontre? 11 y a quelques obscurilés
dans cette lettre; mais ce ne saurait etre la faute de Ginlia, adorable créature, et qui a ses raisons pour agir
ai,nsi; employons demain a de sages préparatifs, et qu'aapres-demain me soit propice...
Au jourfixé, a onze heures, libre de toutservice, Louis
entreprit son voyage a larecherche de la fameuse rue, et,
sans trop savoir comment, il s'y trouva tout rendu il.
onze heures et demie, longtemps, beaucoup trop longtemps avant l'beure du rendez-vous; il tressaillit des
pieds a la tete en reconnaissant la maison, et puis, il eut
une toute petite minute de désenchantement, en examinant a froid la situation.
Sans les termes nets et précis dans lesquels était contue la lettre de Gmlia, sans l'instinctive et inébranlable
conviction ou était Louis, que le caractere de cette jeune
filie était le moins fait du monde pour laisser supposer
qu'elle put plaisanter sur un pareil sujet, notre héros
mait ,,,. • une mystificaüon, ou d• moins, • une de
ces épreu~s dont vivaient les dames d'autrefois; la rue
était droite, claire, blanche, et bordée, de chaque coté,
de maisons exactement pareilles les unes aux autres, et
toutes fermées, comme si chacune d'elles cut contenu
un petit ltalien, gras, au front déprimé, au regard per~anL .. Enfin, catte rue, quasi déserte, n'offrait a per-

reve soit t9ujours un reve 1
Louis cut payé cher alors le droit de s·asseoir a !'une
de ces cent fenetres inutiles, derriere lesquelles ne semhlait pas se mouvoir la vie, et d'oü il cut pu inspecter a
son aise toute l'étendue de la rue, sans J'ennui d'un
role monol?ne et d'une surveillance presque impossible.
lleureusement, elle ne se prolongea gucre.
· Parvenu au dcrnier tiers de sa promenade, notre
héros entendit le double bruit d'unc porte qu'cm ouvre
et qu'on referme aussitot. ll to urna ademi la tete, et ne
conserva plus aucun doute, en voyant descendre d'une
maison bien coonue, une dame a Ja tournure jeune, et
to1Jte vetue de noir, 'qui, en descendant les trois marches indiquées plus haut, Jaissa voir ta naissance d'une
jambe exquise. Elle ¡,rit la direclion opposée a celle oü
marchait Louis au moment de cette découverte: sa démarche rempla~ait par je ne sais quelle majesté ia grace
des promeneuses parisiennes. Louis, qui la suivait de
trcs-loiu,1 et mesurait son pas sur le sien, s'étonnait de
sa lente 1r, s'en irritait presque. O'ailleurs, ta prétendue
Giulia ne trahissait point, meme par un de ces imperceptibles mouvements classés et étiquetés dans ta cervelle des hommes dits a bonnes forlunes, aussi régulierement que les racines dans un herbier, qu'elle cut la
conscience d'étre suivie. Louis se disait : Allons, ¡¡ parait
4u'~lle n':i. pas peor de se compromettre; tant mieux,
vra1ment ! Elle ne saurait agir ainsi sans avoir ses raisons; suivons toujours sans nous plainqre.
Croyant seconder les intentions de Giulia, il raleutit
encore son pas; mais a ce jeu, il ne tarda guere a la
perdre de vue, quand elle eut dépassé l'angle de Ja rue,
oü ils étaient deux jusque-la, et ou ¡¡ se retrouvait seul.
Soudain, il précipita sa marche, et atteignit le maudit
angle, a temps pour apercevoir la jeune dame vetue de
noir, déja parvenue a l'extrémité de l'antre rue, continuer désormais, sa promenade, au bras d'un petit
homme, grós et vif, sorti on ne sait d'oü, d'une impasse
latérale, saos aucun doute, qui gesticulait en marchant,
et avait l'air d'amener sa compagne oú il lui plaisait,
sans que nul cut rien a y redire. Louis ne chercha
pas a en savoir davantage, et tout reveur, alla droit
devant luí. 11 se retrouva bientót devant l'entrée de la
cathédrale; il ne risquait ríen désormais en y entrant
il l•i plut de
Ja place oó Gi•lia el l•i s'étaienÍ
trouvés si pres l'un de l'autre six jours auparavanL
11 n'eut pas de petne a reconnaitre la cbapelle ou
ses amis l'avaient vne agenouillée et curieuse : la
chapelle était vide. 11 prit une chaisc au hasard, s'y
accouda, et se livra a de puissantes songeries. « Si pres
et si loin, se disait-il, la sentir et ne point la voir, l'en-

"'°"

�44

REVUE

TRIMESTRIELLE,

par

45

L'lLLUSTRATlON, JOURNAL UNIVERSEL.

L'JLLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSBL.

REVUE

Cham.

TRIMESTHIELLE,

par

Cham.

- -=:::..."'-"';,--_, -. La Prus;e profite du mois de juin pourl aire entrer l'écro•_1sse •u •:on;rés. dans .l'espnir qu'&lt;lle lera avancer la ¡uesdano1se, cumme elle l'entend.

• Que! malbeur qu'?n. a,t s~spendu les hostilités ! qu•nd il tenait
son fusil II ava,t les mains moios libres. ,

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Vcillaut sur Je ~ellt!

JuiD tSGl.- L'Anglet,rre revenan! des counes

d'Epsom.

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a ve~r son hcnneur,
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- Hffl

-,. ·'&lt;,·,
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Le malhcurc, x Jchn Bull cherchan!

Les jockeys fran~ais obli~é• de ,e !ester a•ec des policcmrn pour
coum la vie Eau,c rn1· le turf bri•aun r1uc.

~_r;;

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;,

1
)

~
tl\1n1:

11

~
• Qui est-ce qui a gngné aujourd'hui en Amériquc·!
- Vous n'avez done 1ias tu le journal d'hicr?
- Si, c'e!Ait le Nord qui avait ga~ué?
- Eh bien! aujourd'bui c'est le Sud. ,

Les Américains mettaut les Lruis l'aiqut:s sur les Ulllb, cu lu,r fai.au~
couper tant de fils daos la meme journée.

-

Le Bey de l'unis fai sant. cett• f is, ""' possib e
pour no rien rece,oir de son peuple

« illais_ faites do~c atlcut1u11 ser~ent ! Vous allez vous faire démolir•
- i\1111! alloos done! fai zété Solferino. J'ai z'nonte seulemrnt d~

leur riposter. ,

.

a

• Cun,me il me regarde, ce Japona is·/
, - Mon cher, c'e,t en s'ouvraut le veolre qu'il satisfoit á
1honneur ! ll t_rouve probablement que tu as de quoi satisfaire
lugement le tlen, •

Félicien Da~id trouvant qu'il n'y a pas
que lui pour fairc le de,ert. La Russie
es! !out aus,i habite.

La libertt des tl,édtru.

Gui11nol se mettant

a chauter les

/fug11enot1,

Pemlt d'un décrotteur. - Ou •• m~nt,r l'Africaititl Sapristi ! pour•u que cela ne fasse pas monter

le prix du cirage.

Le comte de Lara, entre lord Byron et Aimé Maillard, ne s•
chao! auquel des deux il doit lo plus de reconnaissance l L'uu
tui a consacré un si beau poeme ! L'autre uno si belle musique !

-

• Vou~ ,oulez_pla1Fa!1ter, ,de tirer aussi pre• que cela?
- Ma1s, MonS1eur, J a, un ce, llficat de mon médecio comme quoi ''ai la ne
basse. ,
'

. ':~

~:~

'~.
~~

-=:::..;::....._·- ----=::-

---

• )lo11sicur! ,e cl.eval írau~a1s a 1,tagué! tout le mondo doit
s'embraaser !
- Sapristi ! ~o ne mene nlus ma f•mme aux courscs.,

fille-de-l'Air douna1,t uu bai,e-main, le lendemain de

sa brillaute v;ctoire.

L'Fsp3~nc ne se' félicit•nl qu'a moitié de
nouvelle conquele.

1a

N, Crockett s'entélaot a venir tous les joura á l'Exposition, fv,.r.
rer sa tete dan• la gueule de la lioune ele M, Caji11.

Le petit Cbaperon rouge av, e sen rot de bcurrc, Le pci11tre
1'est ch~rgé de fa1N la gatet1e.

• J'allOIII ¡¡ois dépecber de t~er not' porc ! Y parloPl de suppri111er la
pe111e de mort. 1

�47 .
L'JLLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
- - - - -- - - - -- - - - -- -- - - - - -- ---:------:- ·~"'
Le trombone, naguere circonscri( danf des tformu~es c'est qu'ils sont tous construits a sil pistons ou atubes

L'ILLUSTRATION, .JOURNAL .UNIVERSEL.

46

tendre et ne pouvoir répondre a son appel. n Alors, il ne
sut si e'était la continuation de son extase, mais le frólement d'une robe, arriva jusqu'a lui et en ouvrant les
yeux, il vit s'avancer, entre les cbaises, une forme charmante et voilée de noir, qu'il n'osa pas reconnaitre tout
de suite, bien que la voix de son cceur, de Ra mémoire,
de son adoration lui criat: voici Giulia! Elle s'avan~ait
toujours.
11 n'y avait qu'eux deux dans le vieux temple; entre
les piliers gothiques se jouait un rayon ... Giulia se mit
a prier.
Le visage de Louis offrait les teintes du marbre blanc.
Son cceur battait a se rompre, maiE il ne soufirait pas. JI
se sentait transporté bien haut, par-dessus les mondes
ou regnent l'injure, la sottise et la misere, daos ces régions inénarrables oú -triomµhe l'immense amour.
Giulia, ayant prié, s'assit et eut l'air d'attendre.
- Je vous ai cherchée longtempE, mademoiselle, lui
dit-il enfin, et ce n'est p:is ma faute si vous ne m'avez
pas revu plus tót, apres cette chere lettre, qui m'a rendu
sijoyeux, mais n'eut-il pas été coupable a moi d'abréger une seule des lenteurs que semblait commander
votre intérét?
- Je n'étais pas moi-meme bien sure que ce füt vous,
répondit avec une grande sérénité la belle Giulia, car
c'était bien elle, et cette incertitude me troublait... J'étais si heureuse, a la pensée de pouvoir parler de mon
pere a quclqu'un qui l'avait connu et aimé !
- Je l'ai pleuré. Lorsqu'on m'eut dit la couleur de votre vetement, je pressentis le malheur qui vous avait
frappée, et je vous remercie de vouloir bien me mettre
de moitié dans votre deuil et vos souvenirs.
- 11 y a plus, je suis votre débitrice.' Mon pere m':i
chargée de vous oJirir, en mémoire de.luí, un objeta mon
ehoix, dans cette petile. collection qu'il m'a laissée, et que
vous et.es venu visiter un jour.
- Un ,iour que je n'oublierai jamais, Giulia.
Loms ÜÉPRET.
(Ln fin prochainement).

GllETTE DU P ..U,.US.

Peut-etre vous souvient-il du Commandeur d~ Gama
Hachado, qui aim:iit tant les oiseaux et qui avait sur
l'histoire naturelle des idées qoi n'étaient pas celles de
tout le monde : au demeurant, U(! excellent homme,
dou1, obligeant, poli, et ne se dis?ensant pas d'aimer
son prochain sous prétexte qu'il aimait les betes. Ses
dernieres volontés, exprimées dans soixante-douze testarnents ou codiciles, étaient attaquées par des parents
qui soutenaient que le Commandeur était fou. Le Tribunal, dans un trcs-heau jugement, avait déclaré qu'on
pouvait etre un savant médiocre et n'etre point un insensé : testarnents el codiciles étaient sorlis victorieux de
l'épreuve.
La raison du Commandeur a résisté,devant la Cour, aux
efforts réunis de M• Senard, de M• Nicolet, de M• Allou
et de M. le premier avocat général Osc~r de Vallée; certes, il fallait qu'elle ne füt pas trop fragile. Mais aussi
comme elle a été défcndue par M• Léon Duval ! La premiere plaidoirie du célebre avocat était un chef-d'muvre; la' seconde est un miracle. Devant le Tribunal,
M• Léon Duval avait tout dit; il a tout dit encore devant
la Cour, et il ne s'est pas répété: miracle est le motjuste.
Non-seulement il a gagné son proces sur les points
les plus délicats, mais il a fait aimer son client, et le
Comrnandeur da Gama Machado est devenu !'ami posthume de tous eeux qui ont lu ces curieux débats.
Quel digne homme, en effct, et comment ne pas chérir et vénérer sa mémoire?
11 avait fégué une rente viagere a une soubrette, a
ch:irge de ne pas se m:i.rier. « L'année suivante, dit
M• Duval, il sent qu'il a fait une faute, car il n'empechera pas Genevieve d'aimer, et il l'empecbera de réparer ses péchés; aussi annule+il la clause par un prudent codicile. »
« Un matin, racontc encore M• Léon Duval, on lui
apporla un martin-pecheur qu'on venait de prcndre
dans un rosea11 de l'étan.g de Trappes. « Que! dóm« mage, dit-il, ces oiseau1-la ne vivent pasen captivité ! n
JI paya néaumoins la ran~on du martin-pécheur, et 1!
ounait déja sa croisée pour lacher l'oiseau dans les peupliers du quai Voltaire, quand il rélléchjt que le gazon
et les O.eurs sont rares sur les berges de la Seine, et que
l'oisea11 íarouche y serait dépaysé. ll se ravisa, demanda

ses.chevaux, se dirigea vers l'étang de Trappes, et un
&lt;&lt; Messieurs, les peres Cordeliers vous supplient
il!stant apres, le martin.pecheur ridait de son aile ses humblement d'avoir la bonté de les mettre au no
eaux natales. II est difficile de dire qui était le plus con- des pauvres religieux a qui vous faites la charité.
tent des deux. &gt;&gt;
a point de communauté a Paris qui en ait plus de
L'aimable ombre du Commandéur doit etre contente. soin, eu égard a leur grand nombre et a l'ex
Fasse le ciel qu'elle ne soit plus troublée désormais, et pauvreté de lcur maison, qui, le plus souvent, m
qu'héritiers et légataires la laissent en paix .e réjouir, de pain. L'honneur qu'ils ont d'étre vos voisins leur
sous les ombrages des Champs-Élysées, de la vue et du espérer que vous li::ur accorderez l'effet de le,ll's pri
ramage des charmants et mélodieux oiseau1, qui, sans qu'ils redoubleront vers le Seigneur pour la pros
doute, peuplrnt le séjour de l'élernelle félicité.
de votre chere cornpagnie. »
Le l'rogres de Lyon n'est point encore, Oieu merci, des« L'honneur d'etre vos voisins... votrc chere co
cendu chez les morts, mais s'il vit encore, il est endormi. gnie ... &gt;&gt; Qu'íls étaient tolérants, ces bous Corde ·
Les génies tout-puissants qui président a la destinée des Traiter ainsi des excommuniés, ne trouvez-vous pas
journaux l'ont condamné tout récemment a un nouveau prodigiememcnt touchant?
'
sommeil de deux mois. Dormir, pour un journal, c'est
Ce n'est pas M. Juppel qui souffrira qu'on em
ne point parlP.r, mais pour étre muet, on n'est pas in. sur son terrain; il n'a pas moins de susceptibilité qu'
sensible, et le Progrés de Lyon n'aura pointentendusans administration pulilique. JI y a a Levallois un marc
quelque plaisjr le Tribunal condamner un autre Progres, de vin qui donne de temps en temps un petit co
qui parait a Paris, a ne pas s'appeler le Progrés tout amical aux pratiq11es qui se sont foulé le pied oq
court, ·mais le Prog&amp;rs de Paris, afin que toute confusion poignct; il y a aux Ternes un brave bomme qui a un
fut désormais impossible .entre la feuille parisienne et de main merveilleux pour réduire une entorse, et qui
la feuille lyonnaise.
fnse obstinément toute rémunération de ses soins o
Parlcz--moi des administrations publiques pour veiller geants. M. Juppel, qui demeute au Vésinet, crie a lacon
a leurs intérets; elles ont si peor d'elre lésées, que par- rence déloyale, et cite devant le Tribunal de police
fois elles réclament meme ce qui ne leur est pas du, avec rectionnelle de la Seine M. Vinet et M. Roze, coupa
les meilleures intentions du moade, d'ailleurg, r.ar leur suivant lui, d'avoir illégalement exercé l'art de gué
fortune est la fortune de tous.
- Mais vous demeurez dans le dép:irtement de se·
L'autre jour, l'administration des c,rntr_ibutions direc- et-Oise, et ceux que, vous avez assignés habitent le
tes prétcndait faire payer l'impót des portes et fene• partement -de la Seine?
tres aux kiosques des boulevards.
- J'ai un pied a t\.&lt;t&gt;rc a Paris, reprend M. Jup
La Compagnie de publicité diurne et nocturne, ainsi s'ap- . une loge tle concierge oú je donne mes consultations.
pelle la Société qui exploite ces petits pavillons, n'a pas
Le Tribunal n'en a pas moins déclaré M. Juppel
entendu de cette oreille, et s'est poarvue devant le con- recevable dans sa plainte. Le Tribunal est bien rigoure
seil de préfecture. Les contributions directes ont sou:
Le pl~ignant, dans.le cours du débat, a négligemm
tcnu que les kiosques étaient de véritables immeubles. appris aux juges qu'on l'avait empéché jadis d'exe
- Des immeubles, ces pauvres kiosques de rien du tout ! la médecine sans diplome, et qu'il s'était vu alors
- Eh I mais sans doute; les dimensions ne font ríen a traint d'étudier et qe passer ses examens.
la chose. Qu'est-ce qu'un immeuble? Ce qui est fixé au
C'était ingénu, mais cela ne donnait peut-etre pa
sol: les kiosques sont-ils fixésau sol? Oui; done leskios- la plainte de M. Juppel une rouleur tres-heureusc.
· qucs sont des immeubles.
La Cour impériale a vrairuent rendu un bien bon
-A la bon ne heure, arépondu le conseil de préfecture, rét en maintenant le testament du Commandeur
daos sa sentence; mais le sol de la voie publique n'cst Gama Machado. Avec cette théorie que pour avoir
pas soumis a l'impót, et c'est sur le sol de la voie publi- droit de di~posér de son bien asa fantaisic, il faut n'
que que s'élevent le~ kiosques, done tes kiosques ne doi- voir jamais, rien fait, rien écrit, ríen dit, ríen pensé
vent pas payer l'impót.Et la compagme a gagné son proces. de ·parfaitement sagc et d'absolument sensé, qui po
L'administration de l'assistancc publique est une ad- rait dormir tranqnille sur le sort de ses volontés dernie
ministration fort respeetable aussi, d'áll.tant plus· respecJ'ai la sur ma table un volume que je viens de r
table, que si elle ambitionne d'etre riche, c'est au profit avcc un plaisir extreme, un livre plein de cceur, d'
des malbeureux.
prit, de &lt;louce et sereine philosophie, qui s'appelle 1
L'année derniere, une grosse discussion s'éleva entre Échos du passé. Ce sont des épitres, des satires, des co
elle et les théatres. Elle réclamait le droit des pauvres sur tes, des stances, la moisson µoétique de ioute la vie d'
les billets d'auteur. 11 fut jugé que ces billets n'é- honnéte bomme, qui n'a voulu confier a ses amis 1
taient pas une libéralité gratuite des directeurs, mais émotions et les pensées de son matin et de son midi q
une partie de la rémunóration des écrivains dont les le soir venu.
ouvrages sont représentés; des lors, les billets devaient
Or, le poete dont je parle est un avoué. Un avo
etre frappés du droit comme les autres.
' poete ! Supposez que M. O~lorme n'ait pas d'excellen
Ce proces vient d'avoir son épilogue.
cnfants dont il e$l chéri et respecté, en faudrait-il d
I1 s'agissait de savoir par qui, des auteurs ou des di- vantage pour que quelque héritier prosuique dirigeat
recteurs d.e théatre, devait etre supporté le droit. Le Tri- joQr contre sa mémoire tme accusation de démence?
bQnal s'est prononcé en faveur des auteurs.
avoué poetc ! c'est-a-dire la muse et le papicr timbré,
Le droit des pauvres n'est pas une cho•e nouvelle en lyre et l'état de frais, Pégase et les conclusions! Q
France.
theme ! Oui, óui, que M. Delorme veuille bien m'
Ouvrez l'ouvrage de IDf. Lacan et Paulmier sur la croire, qu'il bénisse l'arrét Machado.
Législation des Théátres, vous y verrez r¡u'un arret du
N'as-tu pas vu parfois une pauvre hirondelle
parlement de Paris de i54i, prescrivait aux confreres
Volli'geant so11s le toit qui s'est fermé sur elle,
de la Passion de bailler aux pauvres la somme de mille
Donner, d~ns sa frayeur, contre tous les l'ambris?
livres tournois, ~auf a ordonuei plus grande sommP.. )&gt;
C'est J'emblémtJ trop vrai de ces tristes esprit~,
.Ten tés, comme le mien, de déployer leurs ailes
Le motif de cet arrt\t était que la représentation ayan t
lieu a l'heure des ornees, le peuple serait distrait du , - Sous-la voule oii '.fhémis pese sur ses lideles.
Digue objet de pitié, le.ur ridicule vol
service divin, et que cela diminuerait les aumónes.
Les ramene bientót halelnnts sur le sol.
Sous Loms XIV, une ordonnance du 25 février i699 ' C'est ainsi que, trente ·ans, sorte d'étre é1uivoque,
Je ·vécus au Palais, étouffant sous la toque;
confirmait l'impót : « Le roi; y était-il dit, vo•1lant conLégiste par devoir, dP-mi-lettré par gout,
tribuer au soulagement des pauvres, dont l'hópital géNe m'arrt\tant a rien et mécontent de tout.
néral est surchargé, a cru devoir leur donner quelque
part aux profits considérables qui reviennent des opéras
Eh bien ! sur ces jolis vers si nets, si élégants, si bi
de musique et comédies qui se jouent a París par sa frappés, je vois s'abattre l'héritier prosaique et en ti
permis&amp;ion. »
des arguments terribles contre la raison de M. Delorm
tes comédiens franfais ne se contentaient point de Je le vois saisir cet airoable volume, oú le poete mau ·
faire au1 pauvres les aumónes qui leur étaient prescri- avec tant d'esprit et une verve si affectueuse son 'mai•
tes par les ordonnances, ils prenaient encore sur le~rs tre, M. Villemain, qui l'a induit en littérature et en po
reccttes pour secourir les couvcnts les moins ricbes de sie, oú il imite Boccace avec tant de go1it, de délica'tes
París. Leurs premiers pensionnaires avaient été les Ca- et de convenance, oü il se souvient de sa jeunesse da
pucins. Les Cordeliers penserent qu'ils avaient les me- des strophes empreintes de tant de grace; je l'entend
mes raisons d'étre favorablement traitt!s par la comédie, s'écrier, le barbare : C'était un poete, c'était u11 fou !
et le H juin i6~0, ils présenterent a la troupe un plaAh! que je sais, moi, bon gré a M. Delorme de sa
cet ainsi con~u .:
Colie!
Buan.

L' cl-'die militaire et maritime, éditée par A. Le
en,CJJ "l""'"rue de Ricbelieu 60 est terminée et'mise en
Cbeva ,er,
'
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. d'hui, en deux forts volumes m º con enan
vente anJ0Ur
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a~ec 6·cartes et planches. au prix de 3~ fr. broches, 35 fr.
cartonnés. Nous rendrons tres-pr_och~meme_nt un co~ pte
détaillé de cette importante pubhcat,o~, qui ne conv,ent
pas moins aux bibliophiles, aux archeologues, aux artistes, etc., qU;'aux militaires de tous grades de nos arrnées de terre et de mer.
~

Oimanche 24 juillet, auront lieu, A une heure, dan_s la
rade du Havre, en face des chantiers de. constru~t1on'
les grandes régates organisées par la Sociéte_des regates
du Havre sous le patronage de S. A. l. le prmce Napoléon. Le; prix seront décernés le tundí 25 j~illet, a onze
heures du matin, dans les salol'ls de Frascat1.

·-__..,...,.__~.,,.,......----AUDJTION

•••
lBSTRUIEiiTS R!CEM.IENT JNVEKTiS PAR MADOLPHE SAX.

?e

Le propre des artistes véritables est
chercher c?n"tamment a perfectionuer leur ceu~re; e estce qui explique
les transformations de style qu on remarque chez les
grands peintres, les grands sculp_teurs et les g1:ands ~1usiciens. JI en est de meme des 1~vente~1·s : a ce _titre,
M. Adolphe ~ax mérite d~_fixer l_atten~ion des amis ~es
arts et d'l la gloire de I mdustrie art1st1q_~e ~ran,a1sc.
Non content d'avoir doté nos orchestres m!l1ta1res de la
famille des saxhorns etde celle des saxopbones, Adolp~e
sax a v:iulu simplifier ses propres systeroes, et par suite
de proíondes méditations, d'es~ais en tou~ g_enres _fort
couteux il est parvenu a app!Jquer aux d1fferents mstruments de cuivre les plus rebelles a la justesse et aux
traits rapides, un systeme de pi~t?n~ a tubes ind~pendants qui, grace a cette récente decouverte, va releguer
dans les mnsées archéologiq11es les corps de rechange et
les coulisses si en fa veur autrefois.
On a cru, jusqu'a Sax, que le métal était l_acause premiere de la voix particuliere de chacun des mstruments
de cuivre · c'est une grave erreur, et comme le fait
observer ~vec vérité M. Weber, rédacteur musical du
journal le Temps, c'est uniquement dans .::crtaines proportions des tubes, théo_rie découverte par Adolphe Sax,
que réside la cause de le•1rs timbres particuliers.
Ayant eu l'o~casion d'assister a plusi,urs aud itions
des nouveaux instruments inventés par Adolphe Sax,
nous pouvons parler, de awtitu, de ses nouvelles et mer ·
veil!euses créations. Grace a lui, la trorn~ette qui était
vouée a l'exééution restreinte de quelques soris de
l'échelle music¡¡.le, peut maintenant rivaliser avec le
violon en vélocité, tout en conservant ce timbre martial qui en fait un instrument si précieux dans les orchestres civils et militaires.
:::iC'~m

ÉCHECS

169.
P pr. F (a)
R pr. F
R51 FR

SOLUTION DU PROBLtKl'; Nº

F 6' R échec

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A.

e &amp; e Réch.
F 4t FD
P&amp;CR
C oa F doune mat.,

Mat.

R J!r, C

p 3" R
p joue.

d'exécution qui le faisaient le plus souvent le satelhte
obligé des basses de l'harmonie, a le droit d'élever sa
voix puissante au milieu des timbres roultiples de l'instrumentation. Mais pour parvenir a réaliser de tels prod1gcs,
il fallait etre, tout ala foi$, un exéculant de premier ordre doublé d'un facteur de génie. Adolphe Sax possede
ces 'deux qualités rares au ph1s haut degré. Meyerbeer,
q11i avait le scntiment mnsical le plus exquis, }isa,it
qu' Adolphe Sax était l'arliste le plu? complct q_u Jl ent
jamais rencontré; et, dans ces dermers temps, 1I honorait de sa présence toutes les séances de la rue SaintGeorges.
Le grand compositeur avait meme formé le projet
d'orchestrer toute la partition de son Africaine avec les
nonveaux instruments d' Adolphe Sax. Comme tous les
inventcurs de mérite, Adolphe Sax a été calomnié, dépouillé de ses propres créations, et mis sur les ~ords d_e
sa ruine par vingt années de luttes et de proces; ma1s
un arret du conseil d'État, en proposant une extension
aux brevets du célebre facteur, a fait cesser les persécutions.
M. Fétis, dans une lettre puhlit•e par la Gar.ette Musicale et adresséc a !'honorable G. Kastner de l'Institut,
s'est proposé de vcnger Adolpbe Sax de toutes ces
injustices.
&lt;t Je devancerai la postérité, dit l'éminent auteur de la
&lt;&lt; Biographie !les musiciens, et lorsque tou~cs les hain~s
« ~eront éteintes, lorsque la mort aura rav1 et les perse« cuteurs et le persécuté, le nom d' Adolpbe Sax brillera
« parrni les plus cdehrP.s du dix-neuvieme siecle. n
Mais laissons parler les documents officiels que nous
trouvons dans une Notice biographique: ils ont une force
ele logique irrésistible.
Le conseil d'État, dans un exposé des motifs pour la
prolongation des brevets d'invention d'Adolphe Sax,
s'exprime amsi:
&lt;&lt; Enfin en 1835, le jury international de l'Exposition
&lt;t univers~lle de Paris, accusa encore mieux la supério&lt;&lt; rité de M. Sax sur tous ses concurrents in di genes et
« étrangers: il lui donna la récomµense de prem1er rang,
« tandis qu'il n'attrihua que des récompenses de troi..
« sieroe ran" a ceux de ses concurrents qu'il distingua
&lt;&lt; le plus. M~ Sax, en transformant les orchestres d'har« monie n'a pas seulement contrilmé au progres de
« l'art ¡'¡ a en outre donné une grande iropulsion aux
« ind;stries qui ont pou11 objet la fabrication des nou« veaux instruments. &gt;&gt;
Le rapport dn Corps législatif, au nom de la Com mission, s'exprimait en ces termes:
« Avant Sax, la fabrication des instrurnent~ de cuivre
&lt;&lt; était tres-mPdiocre en France. Anjoard'hui, cette fabril&lt; cation a pris un développement consiMrable, et l'é« tran"er vienten France. C'est a París qu'est la véritaº
'
. ,
« hle fabrication, c'cst la que s esl constituc un centre
« d'exportation tres-considérable. 11 y a lá un service in« dustr1el rendu au pays, et qui a vivement frappé la
« commission. En conséquence, elle a déci&lt;lé que
e&lt; M. Sax await accompli la premicre condition imposée a
« la prolongation d'un brevet, c'est-a-dire qu'il avait
1&lt; introduit une amélior:ttion considérable daos nn art,
« et développé, presque créé, une industrie en France.
Et plus has, le rapport ajoule :
&lt;• JI est intéressantde voir cet bomm-e, fort de sa convic&lt;&lt; tion et de son droit, rester debout contre tous et soute« nir la lutte saos démoralisation, sans découragement.
« Beaucoup auraient succombé; mais s'il a été ruiné, il
« a su, au milieu de la ruine et du chagrin, conscrver
&lt;( intacts son couragc et son intelligenQC. » Ne chercbant
que la perfectiou, et voulant rendre témoins de ses efforts
pour la découvrir amis et ennemis, dissident_s r.t partisans, Adolphe Sax adressa des invitations personnelles
aux facteurs, aux exécutants, aux gens du monde, ainsi
qu'aux artistes et aux ,compositeu~ l,es plus _émine_n~.
C'est ce qui explique I affluence qm s est portee, en JUJD
et en juillet dernier, a la salle de la rue Saint--Georges.
- Mais aussi quels beaux programmes on y a exécutés!
et quels interpretes! - Nous y avons entendu successi-vement : un duo sur Gtiillaume Tell, puur trombone et
saAhorn basse, tous deux a six: pistons et a tllbes indépendants; une fantaisie pour trompettcs sur Robert le
Diable et une Marche triomphale, de Ocmerssmann; un quatuor original pour saxophones, par Singelée, chef
d'orchestre du grand théatre de Gand; - puis un quatuor de trombones sur le Comte Ory, et enfin la sublime
Marche funebre, composée a la mémoire de Meyerbeer, par Henri Littolf.
Cette composition, qui vous jette dans un vérilable
épouvanternent, a été écrite pour un_e trompette, deux
trombones, un saxhorn en si bémol, un saxhorn contrebasse en mi bémol, et un saxborn contrebasse en si bémol a pavilloñ tournant. Mais ce qui rend formidables
ces six instruments, dans les instanL~ pathétiques,

indépendants.
Tous les nouveaux effets sont la. Maintenant que tout
te Paris industrie!, artiste et dilettante a été a meme de
ju"er et d'acclamer les récentes découvertes acous!iqu0es d'Adolpbe Sax, ses babiles interpretes vont parcourir la France la Belgique et la Hollande, afin d'y
faire entendre 1:s nonveaux instrumcnts. Ces véritables
mi,sionnaires du nouvel évangile acoustique et instrumental apres av')ir porté la bonne nouvelle daos
Bruxell~s La Haye et Amsterdam, reviendront en France,
ou le dir¡cteur du Casino de Fécamp prépare a leur intention un Festival, auquel des concours d'orphéons apporteront un intéret tout populaire.
..
L'art musical est un art tout moderne, quant aux mstruments de musiq•1e, - ríen, dans l'antiquit~, ne pouvant étre comparé a ce qui existe aujourd'hm.
Mais Adolphe Sax, dans sa vaste spécialité, a eu tout
a créer, depuis le premier mandrin jusr¡u'au der~ier
cxécutant · tout a la fois professeur an Conscrvato1re,
virtuose :Uécanieien, forgeron, métallurgiste, acousticien rédacteur de métbodes spéciales, guide des com. '
. , '
positeurs qui voulurent bien cerne P.º•~r s~s ,nouveaux
instruments, Adolphe Sax a de plus ete obhge, pour se
défendre ou pour ne pas etre dépouillé _de ses plus ch~res inventions, de se faire légiste et de palir les nmts
sur 1es codes.
On en aura une juste idée en parcourant l'extrait suiv:i.nt des conclusions deM. l'avocat général Osear de Vallée a l'audience de la Cour impériale du 26 mai i 860 :
«' ..... J'ai bien envíe &lt;l'ajouter qu'il est vraiment dou&lt;&lt; loureux de ,·oir a quelles épreuves a été soumise cette
« propriété de Sax. Ce n'est pas son éloge que je veu1
« faire; cela ne conviendrait pas dans ma bouche. Je
« parle de son droit. Souverainement recom;iu par tant
&lt;&lt; d'arrets ce droit a été tellement contesté, qu'il s'é,.
« teindra 'demain et qu'il n'aura pas vécu un instant li~ bre et fructueux pour son auteur....... »
« Cet horome a vu son droit privatif livré a toutes les
« attaques, a tous les combats; son champ a été envahi :
« d'heure en heure, d'année en année, les combattants
« se succedent, les assaillants s'y remplacent; B... est
« le ·dernier mais le champ est épuisé. La propriété s'é« teint a l'heure 01.1 je p1rle ... Sax ava1t une propr1ete
« plus recommandable peut-étre encore que la pro« priété qui vient de nos peres, puisqu'elle est le résultat
« de nos eJiorts personnels et de,s travaux de notre,
« esprit.. ...
« En meme temps que je demande a la Cour un ar« rt\t souverain et définitif, qui mettrait hors de corubat
« les derniers assaillants, je fais des vceux pour que le
« droit privatif ne soit pas, par l'eflet du temps, enlevé
« a celui qui, par son travail et .son mérite, se· l'est légi-'
&lt;&lt; timement acquis·. »
Ajoutez a toutes ce5 luttes une maladie qui n'avaitjamais pardonné, et vous reconnaitrez que la nature, en
donnant a Sax le génie et la volonté, lui a donné.
'

•

SOLUTIONS EXACTES DU PROBLEME Nº

• 1

I

169.

Café de l'Europe, a Phalsbourg , Café Ilrezin ( Pelit-?tfontrouge), le capitaine J. Charousset, G. de V. Allevard,
E. Frau, E. Dubedout, Ed de Vaucelle, Obozinski, Henri
Frau, Athané, maréchal-des-logis-chef, Ilaudet.

~XVI.ICATION

no

DKkNll!R RERns.

JI faut, pour percer dans les lettres on dans les arui, une

individual1té prononcée.

- ---·

-·---~
A.UG. MAKC,

airecteur-gerani.

Eo11. Tl!.IlE11, rédacteur en chef,

-----~-

Imp. de L'ILLUSTRATION, A'. Marc,
H,

,w

lle V,niew.

1 !

�48

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

aussi une bien large
part des miseres humaines. Mais pourquoi
rappeler des calamités
qui, tout le fait supposer, ne fondront plus
sur le graud artiste?
Redisons plutot en terminant, avec la Gazette
musicale, « que l'im« mense propagation
« de la musique d'ins« truinents de cuivre
« cst due aux inven« tions d'Adolphe Sax,
" et en particulicr a
" la facilité et ala siro&lt;&lt; plification de ses sax« horns, et que l'on ne
(&lt; peut
s'empecher
,, d'admirer l'inépuisa« ble fécondité du céle« bre invcnteur, que
« ríen ne saurait arre(&lt; ler, pas méme son in« térét bien entendu;
(( car, par leursupério(&lt; rilé incontestable,
&lt;( ses derniers instru« ments sont évidem(; ment appelés a rem« placer eui-memes le
« saihorn ; et cette
(( substitution ne peut
AUDITION DES NOUVEAUX 1NSTRU6!ENTS D'ADOLPHE SAX
« se faire saos de nou&lt;&lt; velles luttes, saos de
(&lt; n9uvelles résistances, toutes choses assez µeu favoral(·bles, comme chaeun sait, aux intéréts pécuniaires;

(SALLE SAX, RUE

(( mais le véritable
(( tiste ne se, laisse
«.envahir par de
(( reilles · consid
(&lt; tions: il créesans
« cul et sans a- ·
&lt;( pensée, comme
(( bre donne son
,f. parcequeDieul'a
(( au mo.nde pourc
Nos lecteurs n'i
rcnt pas que M.
phc Sax a non-se
ment régénéré les
truments de e
presque unive
ment adoptés,
que le constate lej
de la del'Oiere ex
tion de Londres,
&lt;1u'il est la cause
miere du grand d
loppement qu'ont
lr.s nomhreuses s
tés de fanfaresetd'
monie de la Fran
de l'étranger.
Fondée a Paris
1843, la manufac
d'Adolphe Sax Oet.
u11 grand,11ombred'
vrir.rs q11'il a fo
et cettc espece d' ·
11ormale a donné a
SAINT-GEORGES),
dustrie et a l'art
snjets distingués
l'admirent, les uns comme un grand maitre, et qui
le respectent comme un perc.
A. ELwA11r,

~~~~

SOClÉTÉ FRANOAISE DES AÉROSCAPHES.
fu auront, m 011tre, pour obJet de soustraire l'aérostat aux elf&lt;
,·ent qui le prt11drait en fla11c, cai· ils feront dévier son action sel
1a11ge11tu de teur ,·otatiun.

Xxposé des príncipes d'apres leiquels un aérostat peut élJe dirigeable
I' La facult~ de pou,•oir, a volonté et sans perle de gaz, modifier en
plus ou en moms le rapport de son poids spécifique a celui du milieu ambiant déplacé, ce qui permettra de monter et de descendre a volonté.
~• La faculté de pou,oir, i, volonté, déplacer son cen_tre de gravité P,Our
prendre, par rapport au plan normal de statique, lels pinos inclinés que tomportero11t les be,oins de descenle ou d'ascens,en.
Nou, ci·oyons devoir insis1e1· sttr ce que /11 1°ém1io11 de ces deux

condítiom stt{(irait a
elle sen/e pour déte1·miner la progreuion
forcée d'un aéro,tat
dan, m1e direction
voulue.
3• La faculté de pou-

voir, a volonté, soit
que l'on marche en
avant ou en arriere,
opérer daos la masse
atmosphérique, •mema
centre le vent s'il y a
lieu, et antérieuremerit
a la marche de l'aérostat, une rupture d'équilibre suffisante pour
f&amp;ire résulltr un elfet
utile de la pression ,
qui reste constante
dans les autres points
du milieu.
Sam revenir 1111r lu
explicalio111 dij,, don11ée1, no111 pe111011.1
pourta111 qu'il ne sera
pa, ,ans intéret de ,e
rappeler qu'a elle
,eule, cette condition
diterminerait encore
(01·ceme11t la marche
da111 une direc1io11
voutue, 1am comp1e1·
qu'el/1, aU/lmentera de
beaucoup le, 1·ésultat1
a obtenir des moteurs
propru de I'11ppareit.

Ancienne timbale. Nouvelle timbale.
Nouveau saxhorn.
Nouveau trombone.

5axophone.

g• La faculté de su moul'oir a volonté, soit en avaut, soit en a
saos qu'on soit obligé de virer de bord. Ce qtti, de plu,, combiné
le, condition, f et 2, rendra e((icacement l}l(ltlre de la descente
point donné. A cetle fiu, les extrémités de l'aérostat serout cont
mais symétriques.
to• la forme de l'aérostat sera un eUipsoide allongé. C'est celle qui 1 •
le moins de prisc au vent, quelle que soit la directiou d'oú il vienne.
meme hui, il sera
ver! d'une légere
pac~ en alumini
t t • A chacuue
extrémilés et de
que coté serout
gouveruails pour
changements de ·
llon par légercs
llexions.
/ls BtrOIII dt
susceptible, de
1ionne1· dam u•
hori:i.ontal ou
ca.t, a volimté,
que, stlon les b
1l1 pttissent 11t
p1'ésmter de
nu vent ou, aprt,
lion, tire facil
1·ammés au poi
départ 11111, pr
de réaction rur

constances, soit
marche, soil á la ·
tien de l'aérostat,
pres le calcul
4• La solidarité insnríace de toile 1 '
time de la nacelle et de
en prise au vent.
l'aérostat, afin qu'il ne
13• Dans la
se -,produise pas i la
destinée a l'inslal
marche des résiatandu malériel ou des
ces, qui usÚaient inn,
grurs, il est d'u
tilement parlie de la
que les fen~tres
force dé progression
mobiles sur pi•
déployée.
,orle que l'on
Pour t'obtenir au
avoir de l'air l v
plus haut degrt possans que celui-ci
sible, nous avo1u i,la- '
ne á s'engouílrer
SOCl~TÉ FRA.N(jAISE DES AÉROSCAPRES, ,POUR LA PIIO,\tOTION DE LA NAVIGATJON AÉRIENNE PA.R LES AÉI\OSTATS (Systeme A. Charvin).
cé la nacelleaudedans
l'appareil et faire
de l'aéro,tat ,n¿me,
Le but de la Société est de prouver, par l'expérime11tation, que la navigation aérie~e est possible, .et que les aérostats sont dirigeables. Tout en s'arfirmant, comme initia- lance ida marche,
entre /e, parlie1 d,
tive privée, elle compte trouver dans le senlimenl uatioual l'appu, le plus ilatteur, cemme le plus puissaut. File iollicite le patronage de tous les gens éclairés et amis du
•-dire absorber-,
ballon qui le compoprogre,, espérant de chacuu un coneours pah-,otique. La Soc,ete admet dans son sein des memhres cotre,poudaots, avec tilre de Fo11dateurs llonol'lliru.
ment partie de la
1ent.
S1ío1, A Pn1s, !O, nua Ross1N1. - L'admi11istration adresse un prospectns franco, sµ~ toute demande aflranchie, et une brochure contre t r. en timbres-poste.
déplnyée.
~• .\fin de présenter
14• Des siéges
toute la sécurité désirable, l'aérostat sera divisé en plusieurs comparbments,
7' Des soupapes de surete.
peudus en conséquence permeltront aux voyageurs de se mainteni,· d
de aorte ·qu'une rupture, un accidenl quelconque de l'enveloppe n'agissant
8• Des propulseurs laté~au1 iudépendants les uns des autres, afin qu'en perpeodiculaire, malgré les rlans inclinés que pourra prendre l'aé
que sur un~ partie ne puisse compromettre l'eul;emble.
arretant ceu1 d'un cóté, sans que ceux de l'autre cessenl de fouctionner,
15' Ponr plus de sécurité, des paratonnerres seront disposés de m
6• Une enveloppe le moins ponible pcrméable nu g3Z, aún de ¡¡'en pas on puisse oblenir méme des conversions de l'aérostat sur lui-meme ou a pouvoir soutirer et laisser déperdre le fluido électrique don! pourr
permeltre la déperdilioo,
des cbaugemeuli de direction dan, des an¡¡les pl'Ononcés.
~tre chijrgés les milieux qn'on aura &amp; lraverser,

�</text>
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                <text>L’Illustration : Journal Universel, 1864, Año 22, Tomo 44, No 1116, Julio 16</text>
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                <text>Siglo XIX</text>
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                <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores</text>
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                    <text>L'ILLUSTRATION~
IOUBKAL UXIVEBSEL.

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!'.!e ANNÉE. VOL. lLIV. N• 1 i i 5.

Oirection, Rédartion, Administration :
T~utes les communications relatives au journal, réclamations, demandes
de chan•ements d'adresse • doivent etre adressées franco a
IIIARC, DIRECTEUR-GÉRANT.
Les demandes d'abonnement doivent etre accompagnées
d'nn mandat sur Paris ou sur la poste.

... AUG.

S01'1MAIHE.
Uevue polilique de la semaine. - Courrier de Paris. - Correspondance
d'Algérie. - Bal dooné par s. A. le vice-roi d'Égypte a la colonie
europóeone, daos le Palais de Ras-el-Tio. - Banquet oftert a Versailles, a la premiére batterie du
régiment d'artillerie de la Garde. - Tableaux reproduils par l'Illtutralio11. - Giulia (nouvelle),
suite, - Revue littéraire. - Renards el Perdrix.
- Salan de 1ss, (4' article). - La Régence de
Tunis. - Promenade au Jardín du Midi ( premi,r article). - M, Rouviere, maire de Maneille.

l!lame•i

9

.Juillet

L'auini1tnlit1 ne répond pll d11 mana1erits et ne 1'eng\ge J1D1ai1 i Je, iuérw.
fa i.. lnilél, la lraducUon el la reproduclion i l'élranger 1001 inlerclilol.
BUREAUX: RUE RICHELIEU, 60.

REVUE POLTTIQUE DE LA SEMAINE.

S. M, CHA IILKS, ROi DE WUIITEMllllllG. - O'apres une

Abonnements pour raris et 1~ Déparlemenls :
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la collection mensuelle, 3 fr.; le volume semestriel, IS fr.
ABONNEMENTS POUR L'ÉTRAIWGBR
Mémes pnx ; plus les droits de poste , suivant les tarife.

s

Les abono. partent du l •r n• de chaque mois.

pas exciter les susceptibilités du gouvernement fran~ais.
Les dépécbes publiées par le Morning-Post révelent
des faits de la plus .haute gravité, et nous parta•
geons complétement l'opinion du llloniteur du soir,
aux yeux duque! cette correspondance a
prouvé &lt;&lt; que les intérets communs de l'Au•
triche, de la .Prusse et de la llussie ont
inspiré a ces puissances l'intention de re•
nouveler la Sainte-Alliance. »
La Russie ne déclare-t-elle pas, en eflet,
qu'il importe de former une ligue eontre
certaines tendances et certaines prétentions?
Le czar n'a- t-il pas insisté sur la nécessité d'une entente complete entre les
trois puissances du Nord ? N'a-t-il pas dit
qu'il fallait rayer une fois pour toutes la
question polonaise du programme des
questions européennes? _
L'empereur d'Autricbe ne s'est-il pas
déclaré pret i.t. adhérer i.t. toute combinaíson
qui serait de nature a garantir les intérel8
réciproques des deux pays?
M. de Werther ne se demande-t-il pas
avec ioquiétude si une entente intime
entre l'Autriche, la Prusse et la Russie,
n'aurait point pour résultat un rapprochement de la France et de l'Angleterre?
.M. de Bismark ne se montre-t-il pas
préoccupé de l'impression que l'entrevue
des trois souverains a faite sur Je cabinet
des Tuileries? Ce sont autant de symptomes dontil faut tenir compte. Aujourd'hui,
grace a la publication des dépéches repoussées comme apocryphes par l'ambassadeur de Prusse, la meche de la SainteAlliance est éventée, ma1s la France et
l'Angleterre sont prévenues, et nous espérons qu'elles comprendront ce qu'elles
ont a faire en faee de la pensée hostile
des trois puissances du Nord. Qu'elles
abandonnent les vieilles querelles, qu'elles
comprennent que leur intéret est le meme, et qu'elles s'unissent fortement. L'union sincere de l'Angleterre et de la
France mettra bien vite en déroute le vieu.x
fantome de la coalition.
Les journaux anglais ont une toute autre
attitude que la semaine passée, a propo11
de !'affaire du Danemark. La prise de l'ile
d'Alsen, qui sera bientot suivie de l'occupation complete du Jutland, a produil-sUT
phot. de M. Dl1deri (,oir len• 111 4).
l'opinion publique, au dela du détroit, une

rnc¡uer une entente intime de l'Autriche, de la Prusse et
de la R•1ssie. L'empereqr Fran~ois-Joseph, tout en adbéraot aux idées du roi GuillaÚme, aurait ccpendant conseillé beaucoup de prudence et de réserve, afin de ne

Gi·avuru : S. M. Charle,, roi de Wurtemberg. ln&amp;urrection de l'Algérie : Redoute•RQse, conslruite.
a Daar-Sidi-Abdallab. - Bal dooué le 8 juio au
Pal1i1 de Ras-el-Tin, par S. A. le vice-roí d'Él(lple. - Banquet olfcrt a VersailleF, a la 1&gt;remiére.
batterie d'artillerie de la Garde, a son retour d,
llexique. - Salon de l86t : Le Tribunal des Eaux
de Valence, en 1800. - Un terrier de renards. L'insurrection de Tunis (t gravures). - Promen,de au Jardin du Midi (3 grnores). - E1po1ition des restes de M. nouvoér,, maire de Mar·
s,ille, d~ns la C!hapelle ardt nle de l'll&lt;itcl-1e-Ville.
- Rébus.

L'émotion a été vive, au début de la semaine, et cette émotion a été causée par
1a pu_blication de dépeches de M. Bismark
et du baron de Werther, insérées dans le
Morning-Post. Ces dépeches, nous ne les
analyserons pas: tout le monde les a lues.
Elles étaient a peine publiées que l'ainbassadeur de Prusse a París en déniait en
termes absolus l'authenticité. Tout mauvais cas est niable, et nous comprenons que
des plans destinés a· rester secrets soient
déclarés faux, aussitot qu'ils sont divulgués.
11 nous parait d'ailleurs impossi.ble que le
journal de lord Palmerston se soit preté a
une indigne supercherie. LaJecture de ces
dépeches n'apprend rien, en somme, a
eeux qui savent voir au deli.t. des déclarations officielles ; elles ne sont que la confirmalion des renseignements que nous
connaissons sur l'accord qui s'est établi, iL
Kissingen et aCarlsbad, entre les trois souverains dn Nord. Desdépéches partieulieres
de ces deux villes ajoutent que le roi de
Prusse s'est montré le plus ardent a pro-

t 881..

�i8

L'lLLUSTRATlON, JOURNAL UNIVERSEL.

1mpression pénible. Le Morning-Post insiste pour qu'on
ne laisse 'pas périr un royaume auquel l'Europe doit
quelques belles pages de son histoire. D'autres feuiHes
anglaises constatent que I'Angleterre toute entiere sent
profondément la honte de sa politique, et que les .déclarations do comte Russell en faveur de la paix a tout prix,
succédant a des rodomontades, ont exposé l'Angleterre
aux railleries do monde entier.
A la chambre des Communes, le ministere et l'oppvsition sont aux prises. M. Disraeli a énergiquement stigmatisé la politique de lord Palmerston et constaté l'humiliation infligée a l'Angleterre par les tergiversations et
les avortements de la politique ministérielle. M. Richard
Cobden, l'apótre de la paix, n'a pas été, a un autre
point de vue, moins vif que M. Disraeli. Aux yeux de
&amp;1. Cobden, la conduite du gouvernement anglais a élé
marquée au coin de la plus profonde ignoranee de la
diplomatie étrangere; il l'a qualifiée de politique de
vieillards. La discussion en est la, mais elle va continuer.
On sait qu'en ce moment la candidature du grand-duc
d'Oldenbourg, suscitée par la Russie, se pose en face de
celle do duc d'Augustenbourg. On as~ure que le gouvernement fran~ais, daos des entretiens de vive voix
avec les ambassadeurs étrangers, comme daos ses dépeches anx agents fran~is a l'étranger, se montre treshostile aux prétentions' du grand-duc d'Oldenbourg. Le
cabinet des Tuileries verrait, dans ces prétentions, le résultat d'un accord secret entre la Prusse et la Russie, et
il espere li;s voir écho!ler devant la résistance des populations des Duchés. Le grand-duc d'Oldenbourg se serait
informé des intentions du gouvernement fran~is, et il
lui aurait été répondu que s'il était appelé par la libre
volonté des Slesvig-Holsteinois, la France respecterait
cette volonté, mais a cette condition seulement.
D'apres la Gazette de la Croix, le détroit qui sépare l'ile
d'Alseo du Sundwitta été franchi sur les deux points les
plus extremes de son parcours, l'un au nord, l'autre au
midi. Les epérations les plus importantes ont eu lieu sur
le premier point. Apres avoir frauchi l'eau sur des barques et des pontons, sous le feu des canons do vai!-Seau
le Rolf-Krake et des batteries danoises élevées sur la cóte,
nne division prussienne a pris pósition pres d'Arnkie.
Marchant vers le sud a la rencontre d'une autre divi8ion
prussienne qui devait forcer le passage pres de Sonderbourg, elle a du enlever de vive force chaque fossé,
chaque rideau de terrain, chaque ferme qui otlrait un
poínt li'appui aux troupes danoises. La résistance supréme a eu Ueu ¡;res d'Ulkbull et de Vollerup apres que
les deux divisions prussiennes eurentopéré leur joncfüm.
A la fin, apres une résistance acharnée, les Danois se
sont repliés dans la péninsule de Keknis, formée par le
golfe de Hoerup et lamer. lis ont pu y opérer, loin des
atteintes de l'ennemi, l'embarquement de la plus grande
partie de leurs troupes.
Les perles de part et d'autre ont du etre considérables, car le combat, commencé au point du jour, s'est
prolongé toute la joornée. Les troupes danoises ont fait
de nouveau preuve de leurs admirables qualités. Mais
leurs régiments, réduits aquelquescentaines d'hommes,
,eont trop faibles pour résister au choc de forces infiniment supérieures.
Les nouvelles d'Amérique nous annoncent les pertes
éprouvées par l'armée de Grant, par suite de l'assaut
infructueux de Pétersburg. Les pertes des fédéraux
sont considérables. Un seul corps d'armée, celui du général Hancok, aurait perdu 4,200 hommes, et le général Hancok lui-méme a été mis hors de combat. Sa division est maintenant commandée par le général Berney. Les défenses de Pétersburg étaient commandées
par le général Beauregard, sous la direction duque!
elles ont été construites. Beauregard était soutenu par
le général Ewel et par une partie de la division de
Longstreet. On dit qu'une concentration générale des
troupes confédérées menace l'armée de Grant, et on
suppose que toute l'armée de Lee se rend a Pétersburg,
renforcée elle-meme par les troupes du Mississipi; cependant, d'autres nouvelles venues de New-York annoncent que la position de Grant n'est pas aussi mauvaise, et qu'il s'est emparé des défenses eonstruites au
nord de la ville. Les généraux confédérés ont rappelé
en toute h.l.te les forces séparatistes campées devant Bermuda-Huodred. Le général Butler a profité de leur départ pour prendre possession des deux routes qui condoisent de Pétersburg a Richmond. D'un autre cóté, le
g, :,t' r:il ShPridan, dont on avail annonce il. tort la dé-

faite, a culbuté la cavalerie confédérée aquelques milles
de Gordonsville, et luí a fait de nombreux prisonniers.
On mande de Lima que le gouvernement péruvieo,
espérant que le cabinet de Madrid désapprouvera la
conduite de sts agents, est resté dans une attitude
complétement expectante. L'exaltation du pays, qui
s"impatieote de ces retards, s'est manifestée par des
plaintes contre le ministere. Celui-ci a essayé d.:i calmer
l'émotion publique en faisant espérer que le 1:,ouvernement espagnol remettrait les choses dans l'état antérieur
au différend.
Cependaot on prépare tous les moyens pour la défense des droits nationaux. On attend plusieurs batiments de guerre et des renforts de grosse artillerie
pour les fortifications de la cóte.
A Vera-Cruz, il y avait beaucoup de monde sur le
port, sur la place et daos les rues qui condnisent a la
station du chemin de fer pour recevoir l'ernpereur et
l'impératrice du Mexique. Toutes les autorités fran~aises
et méxicaines, civiles, militaires et maritimes s'étaient
groupées sur le móle. Leurs Majestés étaient accompagnées par le général Almoote. Toute l'arlillerie de la
flotte et des forts 8aluait le débarquement. Le préfet politique, les membres de !'ayuntamiento et beaucoup de
notables de la ville s'étaient placés en tete du cortége,
donnant le signa! des acclamations et des vivats. Au lieu
de fleurs, on jetait, de tous les l&gt;alcons garnis. de da mes,
des papiers de toutes les couleurs, qui contenaient, les
uns des épitres en vers a l'empereur, d'autres des bommages a l'impératrice, quelques autres des invocations
a la Paix, a la Concorde, a la Gloire, a la Prospérité.
Yais c'est surtoo.t a la gare que la foule stationnait
nombreuse. Les moins joyeux des assistants n'étaient
pas les quelques marins venue de la 1'hemis et auxquels
on venait d':mnoncer le don de 5,000 francs fait par
l'Empereur a l'équipage de la frégate.
Le train qui emporta l'empereur e\ l'impératrice s'ébranla au milieu de hourrahs prolongés. L'ingéoieur du
chemio de fer, M. Sansac, conduisait l'empereur. La
municipalité de Vera-Cruz l'accompagnait. On s'arréta
pour déjeuner a la Soledad. La garde nationale était
sous les;armcs. Différents mouvemeJ}ts de trains nécessités par le trausport des voitures impériales et des bagages retinrent a.~sez longtemps l'empereur et l'impératrice dans cette statioo.
L'accueil fait a l'empereur et al'impératrice n'a pas
été moins brillant a Orizaba. A peine arrivé, le cortége
impérial se reodit a la cathédrale, ou fut chanté un 1J
Deum. Voila un bel enthousiasme, et qui a du singulicrement flatter l'empc1eur Maximilien et l'impératrice;
mais ce n'est jl!-mais J'enthousiasme qui manque aux
premiers jours d'un regne.
.
Sur la proposition de M. le ministre de l'instruction
publique, l'Empereur vient de oommer les membres du
conseil impérial de l'instruction publique pour l'année
1864. Nous remarquons que le nom de M. Saint-Marc
Girardin brille par son absence sur cette liste ou il a vait
figuré jusqu'a ce jour. M. Saint-Marc Girardin parait
san~ doute trop libéral au libéral M. Duruy.
M. le comte de ~lontalivet vient de publier un volume
intitulé : Ríen, dix-huit années du gouvernement parlemenlaire.
On se rappelle en quels termes dédaigneux M. Rouher parla, au commencement de la session, do gouvernement de juillet. M. de Montalivet a entrepris d-e répondre a l'opinion énoncée par le ministre d'Etat, et il a
démontré qu'on ne pe\J.t accuser un gouvernement de
n'avoir rien fait quand il a forcé l'Europe de reconnaitre le droit qu'a toute nation de disposer d'elle-meme;
quand il a brisé les traités de l 8i5 dans la partie de
leur ·texte la plus bostile a la France, c'est-a-dire dans
l'établissement du royaume de Belgique; quand, a Ancóne, il a fait échec a la prépondérance de l'Aulriche en
Italie, quaod il a interdit aux puissances du Nord toute
intervention dans les Etats libres, etc.. etc... Ajoutez a
cela, la transformation de notre marine, les fortificatious
de Paris et tant d'autres faits importants, et l'on conviendra que M. le comte de Montalivet avait beau jeu
pour répondre a M. Rouher.
Ce livre de M. de Montalivet, écrit sans hostilité contre
le gouvernement impérial, est plein de faits et estun des
plus intéressants qui aieot été publiés dans ces derniers
temps.
EnMOND TKit.KR.

VI LLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
COIJRRIEB DE P&amp;B18.

Le premier jour de la liberté des thélltres. - Les affiehes de
ce jour-Ia. - l\foliére au boulevard. - Esther et M11• Favart. - Dlondin.-Le fran~is de l'Hippodrome.- Romulus.
La Re,1ue des Provinces et le Pru11incial. - Une lettre de
M. Víctor Hugo en 1828. - Grand assorliment de dieux et
de demi-dieux. - Un philanthrope. - Mise en vente do
Café de Foy. - L'hirondelle de Carie VerneL

Enfin, le grand jour 011 plutót le grand soir s'est levé:
depuis le vendredi i •• juillet, les théatres sont libres.
Une liberté qui commence un vendredi ! Que le ciel
la préscrve de toute facheuse aventure !
En attendant qu'on nous ait octroyé le droit dºécrire
sur la politique tout ce qui nous passera par la tete,
meme des sottises, saos payer de timbre et saos déposer
de cautionnemeut; le droit de causer de nos affaires ou
de celles du pays en compagnie devingt personnes, sans
autorisation préalable; le droit de nous associer pour
fonder quelque chose saos la pern:iission de l'autorité;
le droit de parler littérature ou philosophie a ceux qui
voudront bien venir nous entendre, saos l'agrément de
M. le ministre de l'instruction publique; le droit de nommer oous-memes nos maires, qui sont chargés de nos
iritérets; le droit de proposer des lois; le droit de prouver
en justice que, si nons avoos critiqué les actesd'un fonctionnaire, ce n'était pas sans de bons motifs; le droit de
vendre du tabac et des cigares si bon nous semble, et
quelques autres menos · droits encore, auxquels nous
avons la faiblesse d'altacher quelque imporlance; en attendant que les dieux nous accordent ces faveurs, il est
permis a Guignol de jouer la tragédie,au Théatre-Fran~ais de représenter des pantomimes avec Pierrot, Cassandre, Arlequín et Colombine; au Cirque-Olympique,
de flanquer le Misanthrope de Léotard et de l'Écuyer
quadrumaoe; aux Var1étés, de donner le meme soir une
piece a jambes et Athalie avec Mll• Alphonsine.
Le matin de ce t•• juillet mémorahle,je regardai avec
une vive curio~ité les affiches de spectacle, et tout d'abord voici ce qui frappa rues regards : Opéra-Comique,
clóture pour réparations; Théátre--Italien, clóture annuelle; Thé&lt;itre-Lyrique, clóture annuelle; Palais-Royal,
relache; ThéatreduLuxembourg,clóture annuelle; Théátre-Beaumarchai~, clóture annuelle; Bouffes-Parisiens,
clóture annuelle.
Un reta.che et sept clótures ! Une réflexion amere me
vint a !'esprit :-Hélas ! me dis-je, est-ce ainsi que nous
usons de la liberté? Quel triomphe pour les réactionnaires ! Pourvu que cela ne dégoule pas le gouverne•
ment de nous faire des cadeaux.
Un relache et sept clótures ! et pas un spectacle nouveau, ne fut-ce qu'un spectacle de marionnettes !
Seuls, le théatre de laPorte-Saint-Marlin et le ThéatreDéjazet fetaient la grande &lt;late.
Le théatre de la Porte-Saint-Martín donoait le Barbier
de Rossini, avec M. Capoul, de l'Opéra-Comique, et des
lauréats du Conserv~toire. Le Théatre-Déjazet, le Dépil
amoureux et Tartuffe, avec des lauréats du Conservatoire et des acteurs de l'Odéon. Norma, l'Avare et Tartuffe étaient annoncés, a la Porte-Saint-Martiu, pour le
samedi, pour le dimancbe et pour le lundi snivants, avec
M. Montdidier dans le róle d'Harp~l{on, et M. Dumaine
daos le role de Tarlutle.
L1 liberté des tbéatres va-t-elle rendre Moliere populaire? Ce n'est point impossible. Messieurs de to1.1t en
haut lui ont fait un accucil des plus chauds; c'étaient
des applaudissemeots trcs-vifs et des éclats de rire trcsfrancs. Et, ce qu'il faut remarquer, c'est que ce public
neuf semblait trouver les pieces du grand homme tressnffisamment intriguées, et s'amuser beaucoup, non-seo•
lement des mots, mais des situations. O MM. d'Ennery,
Bouchardy, Anicet Bonrgeois, Ferdinand Dugué et Ci•,
vous seriez-vous done inutilement mis en si grands frais
de charpente, et tant de ressorts secrets, de rouages,
cl'engrenages et de ficelles si laborieusement disposé
dans cbacune de vo~ énormes machines, étaient-ils don
du superflu? Quoi ! vous auriez pu triompher sans pren
dre la moitié de la peine que vous avez prise, et fai
des économies d'imagination pour les drames de vos vie
jours, et vous ne vous en doutiez pas ! O découverte tar
dive ! ó regrets impuissaots !
- Comment ! il n'y avait qu'a faire comme MoliereT
- Mon Dieu, oui, messieurs, faire comme Moliere
et... etre Moliere, pas da.vaotage.
0

Au moment 'lu j'écris, la Coméd1e-Fran~aise répete Esther avec les chreurs. Mll• Favart jouera le role charmant et
touchant d'Esther. 11 me semble qu'on peut lui prédire
l.eaucoup de soeces. Je me figure tres-volontiers la dúuce
et be lle Juive étoonée de sa fortune, émue du danger de
son peuple et implorantAssuérus, sous les traits, avecla
voix, les yeux et le.~ !armes de M11• Favart.
Les cbreurs ne seront pas chantés par les sociétaires et
les pensionnaires du Théatre-Fran~is, et je ne pense
pas que personne s'en plaigne, soit dit sans offenser la
Comédie. M. Bressant a un tres-joli ténor, et rien qu'a
entenqre parler Mm• Madeleine Brohan, on devine qu'elle
doit chanter les ~ontraltos a 111erveille; mais delll vou:
pour des chreurs a quatre parties, avec la meilleure volonté du monde, c'est un peu court.

t9

M. Victor Rugo a Ch. Brugnot,1 qu'on ne lira pas saos le tiers de ce capital. Pour le moment il tait son nom
quelque plaisir:
' de fonds. S'il'
s,en~ageant a le révéler a ses bailleurs
..... « Je ne sa_urais tr~p applaudir, pour ma faible part, garde l'anonyme, dit-il, c'est pour imposer plus de cona tout _ce qm pourrait ranimer l'esprit des·départements. fiance; ceci est profond.
11 seraJt temps, en effet, que la province cessat de recevo~r de P_aris de_s opinions toutes faites, il serait temps . Je viens de tire sor une affiche ces mots : « Adjudica~ elle eut ses hvres et ses journaux, qu'elle se sentit taon, par suite de faillite, du café ae POIJ. Mise a prix :
vivre par elle-méme ... La centralisation produit a la fois 35,000 francs.
deux_ effets opposés, deux maladies contraires pour la
Le car~. de Fo! e~ faillite : Une triste nouvelle et qui
provmce et la capitale. La France est un pays défaillant
ª.
causé, J en srus sur, un véritable chagrín au1 vieu:r haet app1uvri, Paris est une ville pléthorique.
bitués de la vieille maison.
~ 11 faudrait, monsieur, qu'il s'élevat sur tous les
Hélas ! l'hirondelle de Carie Vernet, qui amena Jadis
pomts du royaume des feuilles comme la v~tre; ce serait
tant de gens dans ce café célebre, n·a pu le sauver réautant de sourees de circulation, autant de centres qui cemment de la ruine.
lutte~ai~nt contre le grand centre, le grand tourbillon.
Q~e(qu~s-uns de mes lecteurs ne connaissent peut-etre
La v1cto1re serait longue aremporter mais Dieu aidant pas I h1sto1re de cette hirondelle, la voici :
. a sa fin : les provinces ' relevées et París'
Du Théatre-Fran~ais a l'Hippodrome il y a un peu on arr1.vera1t
Un so~,. Car_le ~ernet entre dans le ca.fé pour y faire,
loin, et, d'une seule enjambée, passer de l'un a J'autre rentré dans son lit.
comme
a l ordma1re, sa partie de dominos. La salle vela chose est quelque peu hardie; mais bah! avec la ti~
&lt;&lt; J'attache done le plus grand intéret avoir réussir Je
nait d'etre remise a neuf.
berté des théatres, n'est-il pas possible que la maison de Pr~incial~ J'y contribuerai certainement pour le peu
.Carie Vernet demande une bonteille de hiere et la
Moliere et le cirq~e de .M. Arnault se rapprochent dans qm me sera possible.
debouche;
le bouchon saute, va frapper le plafond frall'universelle confusion des genres?
_« Si ,messieurs vos collaborateurs ont, comme vous·me
cbe1::')nt
repeint,
et y laisse une tache. La maitresse du
- Done Blondin a débuté a l'Hippodrome.
faites l honneur de me le dire, la bonté d'attacher quelc~fé
ne
se
permet
ni une réfleiion désobligeante
- Qui~, Blondin? le grand Blondin le seul Blon- que pri~ a_mon nom, transmettez-leur mes applaudissem &lt;&gt; un ges_te . d'~umeur; mais l'artiste a surpris u~
din, Blondin do Niagara, enfio?
'
ments smceres et la promesse de les aider de mon mieux
re0 ard qm s1gmfie : Oh! mon rauvre plafond ! que!
- ~elui-,t_a.. .._ou un aut.re_; en tous cas, un gaillard. daos les limites ou je dois me renfermer... &gt;&gt;
malheur!
On dit qu i1 lw en a coute de se manilester devant
Sans ~arler de !'a propos qu'ont encore les réflexions
- Consolez-vous, mapame, luí dit-il, j'ai 'fait une
Paris en détail et non devant París en gros • mais de M. V1ctor Hugo sur le vampiri"sme littéraire de París
'
maladresse,
mais je vais effacer cette vilaine tache.
. que voulez-vous?: ayant vainement sollicité ta fa- n'est-il pas piquant de voir le poete acceptant modeste~
Et
aussitót
il se leve, va prendre dans un coin les
veur d'accrocher son cabte par un bout au sommet de ment une coll~boration dans une revue &lt;Je province?
br?sses
et
_les
couleurs
des peintres décorateurs qui del'arc-de-triomphe de l'Étoile, par l'autre au sommet de
Charles Nod1er et David d'Angers avaient aussi donné
va1ent
vemr
le
leodemain
donner la derniere couche a
l'une des tours de Notre-Dame, il s'estrésigné a travailler au Pro~ncial des marques d·intfiret qui devaient, ce semla
coroiche,
installe
un
tabouret
sur la table monte
en ~~tit. D'ailleurs, le suffrage de quatre ou cinq mille ble, cOnJnrer la mauvaise fortune. Mais a cette époque les
dessus
et
se
met
a
l'reuvre.
'
Par1S1ens ne vaut-il pas le suffrage de tous les fédéraUI reuv~es mémes de David' d'Angers, de Charles Nodier,
Un quart ?'heure apres,.la tache n'y était plus et la
et de tous les confédérés ensemble? Et n'est-ce pas quel- ~e V1ct?r Hugo et de beaucoup d'autres, attiraient trop
que chose, pour un Fran~ais, que de se promener sur la 1atte~t1on du public pour la laisser se porter sur un cha:mante h1ron1lelle qui fit en ce temps-la courir tout
Par1s et que tous les étrangers veoaient voir planait
corde ra1de devant des Fran~ais?
re~ue1! publ!é a Dijon, et,sans le vouloir, les nobles par'
OLéotard! gymoaste-bachelier-es-lettres ¡¡ ne vous ra.ms ecrasa1ent le filleul. Trente-six ans out moissonné dans la blaocheur immaculle du pl~fond:
Pu_isse-t-e_lle porter encore bonheur au café lle Fo
reste plus qu'a aller faire du trapeze au-dessus de la trop de génies et n'en ont point, hélas! assez produit
y
grande chute du Niagara, ou a passer votre examen de pour. que le_s bel les. cboses de la province n'aient pas et fa1re monter les encheres:
baccalauréat es-sciences.
X. Fl!YRNET.
chao, e' au¡ourd hm' de ne point demeurer inaper. L'affiche_ ~e l'Hippodrome annonce que Blondin s'ar- ~ues.
··
rete au miheu de sa promenade aérienne et fait une
omelette sur la corde. Un second alinéa ajoute :
~h ! co~m_e notre temps a le génie commercial ! 11
CORRESPONDANCE D'ALGÉRIE.
« Les spe¡:tateurs sont autorisés a descendre daDs !'ae_11ste Birmmgham, - si vous avez le moindre doute,
rene pour s'assurer si elle est bonne. »
AU DlflECTEUR,
hse_z I Ind~pend~ce beige de vcndredi dernier, - une
« Si elle est bonne! » Est-ce !'arene l'omelette ou la
Redoute-Rose, 1! juin
ma1~on
qui
fabrique
et
qui
exporte
au1
lndes
....
Devinez
u
.
'
'
cord~ ~·. mons1eur
Arnault, ~e grace, eipliquez-vous.
Ah quo1 '. Des draps, des cotons, de la coutellerie, des néJe vous adresse un croquii de la redoute que le génédam. s1 nous voulons nous hvrer au genre littéraire il cessa~res de voyage, des manteaUI imperméahles, des
ral
commandant en chef l'expédition contre les Flºtt
faudra tacher de soigner un peu notre fran~ais.
'
puddmgs, do breuf salé, des sandwiches, des iostitutri- vient de faire construire par le i2• et le ~2• de lig: as;
c~s? - ~on, vraiment, vous n'yetes pas; la mairnn Z... et Par 1e 3•
· ·
du génie. Le i f juin, a quatre he.ures
ee
. reg1meut
Le Cir~e, lui, se pique de délicatesses de langa.ge. u Ce fabrique et exporte des D1eUI pour la consommatio11 du matm, la colonne se dirigeait sur Zemouna pour
n?lli conv1e tous les jours a alter admirer les tafonts de sa grande colooie. Les p:-oduits de la maison z... et Cíe chercher un convoi de vivres nécessaires laissant da y
ns
d un cheva1 présenté par .M. Loyal.
sont conf~ctionnés avec Je plus grand soin et tout a fait 1a redoute a. 1~quelle on a donné le nom de, Redoute-Rose,
A la bon~e heure, le public doit etre content. on en confortab1es. 11 y a des dieUI peints des dieui do ,
d d'
.
,
res, une compagme du f2• et une du 82• le corps du gt ·
..
d' .
'
me,
use fort po,liment a son égard, et les Anglais doiveot' es . ieux argentés;. pemture, dorure et argentare ga- deu~ p1eces
art11lerie, l'ambulance, les blessés et Ja t3•
trouver qu on commence a savoir vivre en France. Mais ranties. Pour les pet1tes bour~es qui ne peuvent se don- sect1on d'administratioo, le tout sous les ordres du comRomufus, le cheval de M. Loyal, n'est-il pas quelque peu ner que_d~s demi-~ieUI ou des dieux de seconde qualité, mandant Coulommieu d,u f 2• de ligue.
blesse dans so~ amour-propre de ce que son cavalier ne r,~tte ~rec1~use maJSon a « de petits demi-dieux et autres
Les Arabes~ bien qu'ils conuussent le peu d'hommes
songe pasa lw préunter le public?
d1eux 10fér1eurs daos le plus grand choix. » Le bl' que renferma1t la r~~oute, n'on_t pas osé nous attaquer.
t
é
•·¡ ,
pu IC
es pr venu qui n est pas fait crédit, mais que l'es~utour _de no~ s etend le desert que ríen ne vient
,L~ pr~~i..n~ avait la liberté d'avoir du talent, voire du compte est accordé a ceux qui paient comptant.
a~1mer,_ s1 ce, n est quelques vautours se chargeant de
Nous avo11s bien a París des fabricants et dei; mar- fa1re d1spara1tre les cadavres que les Flittas n'ont u
g~~e, ~ ~cr~e de boI1S livres de critique, de philosop
p '. d histol.J'e, de bons roma.ns et de bons peemes. il ~bands d_e petits Jésus et de petits saints Jeans en cire emporter.
ne lw ma.nquait qu'une voix pour entretenir le mo~de a tous pru, mais nous n'avons pas encóre de manufacLa Redoute-Rose nous servira de quartia- général
tur~s et de magasins d'idoles pour l'eiportation. ca_r on parle de 00011.Jreuses sorties que nous devon;
savant et 1~ monde lettré de ses travaUI.
Cette voix, aujourd'bui, De luí manque plus et elle s'ap- patience, cela viendra, il ne faut désespérer de rien ' fa1re dans les régions environnaotes. La redoute sera
pelle la Bevue des promnces,
·
dont M. Edouard
' Fournier
S~yez 8~ , ~'ailleurs, que les chefs de la maisoo
un ca~p fue dans lequel nous reviendrons prendre nos
eat le rédacteur en chef.
et c,_,, de Bu~mgbam, sont de parfaits anglicans, lisant quartiers apres chaque eipédition. c•~st la, du reste,
La r ·
. . IVrat.son. du ~ois dernier rappelle que ce qui la B1ble, prat1quant le culte de famille observant ri&lt;&gt;ou- que campe en ce moment le général commandant en
~ u.11S1t a me~vedle .ªºJourd'hui fut tenté, il y a treµte- re_us~ment la loi du dimanche' et s~ventionnan~ les chef.
:1.1 ans, et, 1;ette f~1s, en province, a Dijon. Une revue m1ss10ns chez les peuples pa'iens : commer~ants ils Agréez, etc.
Pour ~trait : P. PAGET.
e:t créee_ ~us ce títre: le hovincial, dont le rédacteur ;endent des idoles et font leur fortune; cbrétiens; ils
Be ibef etait Charles Brugnot, un poete auquel M. Sainte- lo~t le°:1' s_alut et travaillent a la destruction de l'idola~
. uve accorda une mention tlatteuse et qui ne chanta tr1~. Ams1 les affaires marchent, Dieu n'a point a se
p~ longte~ps, la mort, amante des poetes, lui ayant plamdre, et tout est pour le mieUI... aBirmingbam.
BA.L DOINi PAR 8. !. LI VICI-ROI . D'iGYPTI
llllS son doigt glacé sur les levres en !831.
Je ne sais si tout sera pour le mieux dans les princiLe premier numéro do Provincial avait paru le t"mai
t 828b. Cette jolie date printaniere ne lui porta pas p~utés allemandes, de l'avis des souverains de ces États
DANS LI! PilAIS DE RAS•l!L-TJN.
b011 eur et te n......~M-·~, ,
llllgnons, quand les banqnes qui leur donnent de si
'
cnfl/1- n eut que peu de matins
comme les flenrs du mois ou il était né.
' be~ux ., bénéfices, auront sauté une fois pour toutes.
Aleundrie, tll jllia.
ma1s
J
engage
leurs
Altesses
sérénissimes
a
prépare:
Po~t les heureuses prédictions, les vreUI fenents
Le _vice-roi d'Égypte, ven u du Caire pour passer quelD~ l!11 avaient point fait faute, et d'illustres amitiés s'é- leur_ Ame a ce grand évéaement. Les tapis verts sont
ques
Jours a Alexandrie, a visité dans r.e pol't le Peluse,
taient plu a sourire a son berceau
.
terr1blement menacés. Voici un philantbrope qui se fait
un
des
pi~ bea~ paquebots desMessageries impériales.
Voici quelques passages d'une. lettre adressée par fort de gagner le capital de toutes les banques. il monA_pres
~vo1r
témo1gné son admiration de ce paquebot le
trera son talent aussitot qu'0D aura versé entre ~~ mains
v1ce-r01 a chargé le :directeur des Messageries de 'tui
.

.

1

,ª

i...

�20

21

t•11LUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UN lVERSEL.
faire construirc en
France deux baliments,
1lont l'un de grande dimcnsion et de 'la force
de GOO chevaux.
Avant de quitter le
fe/use, Isma'il-Pacha a
liicn voulu accepter une
collation qui lui était
offcrte, et, a son retour dans son palais,
il a envoyé de beaux
cadeaux aux officiers du
Peluse, ainsi qu'une
somme d'argent pour
l'équipage.
Le 8 juin,'le vice-roi
a donné a Alexandric,
dans le palais de Ras-elTin, un bal magnifique,
oü était invitée la colonic curopéenncrlu Cairc
et d'Alexandrie. Le palais de ·Ras-el-Tin est
admírahlement situé
sur un cap avancé, enserrant le,port d'Alexandrie daos une courbe
gracieuse.
Son Altesse, entourée
de ses principaux 10uc•tionnaires, se tenait dcbout, en costume de
ville, en haut de l'escalier d'honneur, pour
reccvoir chaqu.e dame
qui luí était présentée
par les ?ommissaires.
La r.ot¡mde occupant
le centre du pal&lt;!is servait de. salle . de bal.
Cctte salle ronde, entourée d'une riche galerie

cirwldire, ollrait l'as ·
pecl le plus splcndidc.
Des fcnctrcs de cctte galcrie, on a pu as~istcr
au l'cu d'artiílcc,donl Ir,
millc fuséc3 ont illuminé, pendant 1¡uclquc,
in,tanls, le pu1'l tout
e11tier et ·1es a~or'é!, de
la résidence royal c.
A une hcu rc tlu ma-·
tin, quatre gramlcs salles, oir quaral)lc-dcux
tables de six · couvettR
chacune avaíent éltl
dressées, ont ~te ou-vcrtcs anx in,·ités, qui
s•}·sont condu itslh aus,i
liravcmcnt que dan~ la
salle de danse.
La fete ne s'est tcrminée qu'a six heurc3
&lt;lu matin. Chacun s'cst
retiré. entho11siasmé de
tant de spleudcnrs el
touché du graciellx accneil de Son Altes,e.
Agréez, etc.
P. PAGET.
~

fANQUET
OFFERT A VERSAILI.ES

A la 1,e batterie du régimrnt
ó'artillerie moJte de la Gart' e.

1

llANQUIIT OFFERT A VERSAILLl!S, A LA PREMI.ERE BA'!'l'ERIB D'ARTILLl!RIB, A SON RETOU!l IJU MllXIQUt. - D'ap1e&amp;

UDS

pllot. de ll.

-~-=~--

E~~E~f.=~~~ ~
SALON DE 1861,: LF. 1111BUN.AL

=

,,.

A LA COLONLE EUIIOPIÍEN NE. JJAL 110NNJÍ, LF. 8 JlilN. AU PAI.AIS UE IIAS-1.1.-TJV. l'All ~ A. 1" 1' I('.F.-Rlll U'F.t:YPTF,
.

ll'apres un croqui&amp; de M E. de Gr•ndchamp.

La premiére ballrric
rlu régimrnt d';trtillcric monté &lt;le la Gartlc,
composéc de 2:0 homme~, ofílciers , sous-

ms EAIIX

DE YHF.~CF, E\' 1800, - Tableau de }1, U. Ferra11dii.

111111',

raro ,

�L'ILL USTRATlON . .JOUR NAL UJ'J IV ERSEL.
o('ficiers et soldats, et détaclrée a l'armée do Mexique
depuis le commencement de l'expédition, est revenue en
France depuis quelques semaines et vient de rejoinilre
son régiment en garnison aVersailles.
Elle a fait sa rentrée précédée par delll canons mexicains pris a San-Lorenzo, et devant lesqullls marchaient
un groupe de sous-officiers décorés portant un drapeau
et t~ois fanions enlevés a \'ennemi.
Venaient ensuite les six pieces fran~aises, dont trois·
portent les empreintes glorieuses des boulets ennemis.
A trois heures, un banquet offert par les canonniers
a leurs camarades, réunissait officiers et soldats dans
la.cour du quartier, et a sept heures, un granddiner, ou
étaient conviés tous les chefs de corps de la garnison, a
été offert par les officiers du régiment monté A leurs
camarades du Mexique, au mess de l'artillerie.
La salle auit été habilement décorée pour la circonstance, et un trophée composé des canons et des drapeaux pris au Mexicains en formait le principal ornement. •
P. PAG-ET.
~

TABLlilJI RIPRODUITS PAR L'ILLUSTftATIO!.
Les sept canaux qui distribuent les eaux du Turia aux
environs de Valence sont régis chacun par un syndic
et un éclusier. Tons les jeudis, de temps immémorial,
les syndics se réunissent a la porte de la 'cathédrale
pour juger les délits que leur dénoncent les éclusiers.
C'est une séance de ce tribunal qu'a reproduite M. B.
Ferrandiz daos le tablean qu'il a envoyé au Salon.
Il a traité son sujet avec une grande verve; les physionomies de ses personnages sont des plus beureuses
et la composition du tablean est bien entendue. A. M.

GIULIA,
NOUV E L L E,

(Suite.)

En s'arretant a cette seconde supposition, Louis, avec
sa honne foi naturelle, devait se reconnaitre coupable
d'une. puérile tén-acité aggravée d'une double méprise;
daos les deux cas, la situation deviendrait promptement ridicule et embarrassante, s'il n'en triomphait a
force de bon gout et d'heureuses inspirations. Pendant
qu'il bésita.it encore, le regard genant de l'Italien, dont la
main ne quittait pas la porte, l'interrogeait ironiquement:
- Avez-vous affaire avec moi, monsieur l'officier?
cela m'étonnerait.
D'un geste br~sque, il congédia la vieille femme au
bavardage intéressé de laquelle il n'avait pas preté la
moindre attention, et, sans fermer la porte, il désigna a
Louis le couloir, comme le seul endroit 011 il lui plut
d'accorder une audience, qu'il souhaitait courte, au plus
inattendu des visitenrs.
Louis se fit plus poli encore que de eoutume, et, avec
toutes sortes de protestations du vif regret qu'il éprou vait de déranger de ses Affaires un si respectable signore,
il raconta toute entiete a ce dernier l'histoire de Thomaseo, de fcu sa femme, et de Giulia sa filie, d'apres les
documente; qu'i\ possédait. ll insista beaucoup sur Thomaseo, afin d'arriver plus naturellement a Giulia, qu'il
croyait avoir recrmnue, une heure auparavant, et dont
l'hahit de deuil lui avait inspiré de grandes alarmes
concernant son pere.
Cet exposé, si sommaire que son auteur eut vou\11 le,
rendre, prit beaucoup de- temps a Louis; mais il fut récompensé de sa patience et de ses circonlocutions, en
devinant, avec des sentiments tres-tlatteurs, qu'il était
compris mot a mot, malgré l'irritation nerveuse que
l'Italien cherchait a dissimuler sous une affectation d'impassibilité, par 011 les gens du Mídi l'emportent sur ceux
du Nord, bien que ces derniers soient renommés pour
leur empire sur eux-memes.
- Monsieur, répondit l'Italien, qui réussissait de moins
en moins, surtout lorsqu'il parlait, a cacher i;on dépit, je
déplore de ne pouvoir vous etre d'aucun service. Votre
Thomaseo m'est totalement inconnu. J'ai pris beaucoup
d'intéret a votre petite historiette, intitulée &lt;&lt; Giulia; »
mais cette Giulia m'est également étrangere...
Au bout du couloir ou causaient les deux hommes, il
y avait un escalier. Cet escalier conduisait a des cbambres, dont on avait, sans doute négligé de fermer les
portes, car, dans ce moment meme, Louis entendit aussi

distinctement que possible écl:iter une fusée denotes séraphiques. Cetincident le clouasur place, mueJ d'admiration
et de stupeur. Une justice a rendre a l'ltalien, c'est qu'il
montra francbement la sensation désagréable que lui
causa cette voix enchanteresse. Louis, rendu a lui-meme,
ne douta plus un seul instant.
Non-seulement il venait de reconnaitre, bien que ne
lui ayant entendu prononcer que deux ou trois mots
cinq ans auparavant, la voix de 'Giulia, mais daos ce
chant inespéré, énergique et doux, il entendait un appel. « fa.i voulu, bravant toute mesure et au mépris de
mon repos, te faire savoir quP. je te vois... 11 n'y avait
pas f autre moyen, et peut-etre m'en coutera-t-il cher
pour l'avoir employé. N'importe ! sache que j'existe, et,
pour le moment, n'excite pas contre toi l'homme a qui
tu parles, ne lui résiste pas ... nous nous reverrons. »
Voila tout ce qu'i! y a dans une simple roulade, pour
qui sait l'y découuir.
Malgré cet appel a la prudence, et malgré ses propres
efforL~, Louis ne put s'empecher de dire a l'Italien, avec
les yeux, bien entendu : &lt;&lt; Vous mentez. l'
' A"(JUoi l'Italien répondit avec la langue:
- ~Ion temps ne m'appartient pas, souf{rez que notre
conversation en reste ia... » Se fut-il appelé don Giovanni,
Louis ne pouvait plus que battre en retraite, c'est ce
qu'il fit, mais son embar¡as n'en devenait pas moindrc.
Il luí restait a aff'ronter oe la part de ses camarades, de
plus en plus intrigués, un minutieux interrogatoire dont
la seule pensée le crispait. 11 crut s'en tirer a son avantage, en affectant Tis- a-vis d'eux un air mystérieux, destiné a leur insinuer que le résultat de son expédition
n'otfrait rien de plaisant; ils se le tinrent pour dit, et
penserent a autre chose.
Le lendemain; vers midi, Louis fut, a sa grande surprise, mandé chez son colonel, qui lui dit avec beaucoup
de sévérité :
- Monsieur, je vous tiens pour un brave officier, cela
est certain, mais cela aussi ne constitue point, parmi
ceux que j'ai l'honneur de commander, une' exception
suffisante pour vous soustraire a mon mécontentement,
si ce que je viens d'apprendre se renouvelle.
- Daignez vous expliquer, mon colonel, jusqu'a présent, je •,ous jure que je n'ai pas l'honneur de vous
comprendre.
- Cette feinte, lieutenant, ne sied ni a votre caractere, ni a votre rang. Qu'un simple soldat, qu'un novice
dans nos rangs, ait l'air de n'avoir ni la conscience, ni
le souvenir de sa faute, afin d'éviter la salle de police ...
~ se voit.
- Colonel, je n'ai jamais fui devant les suites de mes
acles ... parlez.
.
- N'avez-vous pas, bier meme, été l'instrument d'une
mystification, sans grand sel, je l'avoue, tranchons le
mot, d'une vraie farce de collégien... oui, monsieur,
pratiquée sur un honorable habitant de cette ville. On
s'en est plaint justement a l'autorité supérieure... et je
me compromettrais en n'agissant pas de maniere a préTenir le retonr de semblables faits. Pour aujourd'hui,
je me borne a l'expression d'un b!Ame absolu, mais a
la r~cidive, vous me tro-:nerez inflexible.
L'entretien engagé dans ces termes, la fierté de Louis
lui interdit dP. faire la moindre allusion a certains faits
qui faisaient plus qu'excuser sa démarche, et la légitimaient. 11 quitta son supérieur, non saos maugréer,
a part lui, contre les lois de la gent militaire, qui exposenl leur homme, si distingué qu'il soit, au chatiment
des ecoliérs, la ~11 le dernier bourgeois ne releve que
de sa fantaisie.
Cependant, malgré sa vive sensibilité, Louis n'était
pas porté au découragement, et en rentrant chez lui, i1
se disait : Allons, a tout prendre, je n'ai pas encore
payé trop cher la certitude que cet aflreux bonhomme
connait Giulia.
11 employa une heure a écrire a son pere, avec lequel
il entretenait la correspondance la plus affectueuse, et
qui était fier de tui; le bourgeois fran~is est toujours
pret a dire que s'i\ n'était pas filateur, il serait volontierli
Alexandre; le pere tle Louis lisait a son cercle, et méme
a la Bourse, les lettres du lieutenant, et remportait toujours, au nom de l'absent, un premier prix de style.
Oans la soirée, Louis reparut, porteur de l'air le plus
gai, parmi ses freres d'armes, qui ayant tous fait une
expérience plus ou moins approfondie des choses de
l'amour, et sachant qu'elles se composent essentiellement de brusques passages de la tristesse la plus sombre ala gaieté la plus folle, décréterent que Louis avait

trouvé son idéal, et qu'il fallait les laisser tous deux en
paix. - S'il ne fait pas de nous ses confidents aujourd'hui meme, penserent-ils a l'unanimité, l'indiscrétion
n'y perdra rien, et son silence actuel n'est qu'une
balte trompe11se, qui pré~are de grandes fatigues a nos
oreilles... Laissons-le venir a nous, et imitons sa résérve.
To11tefois Alfred, par pure amitié, avisa Louis de se
méfier des maris jaloux, et sur ce conseil, marqué au
coin d'une vaste généralité, ils laisserent Louis en
pleine possession de son roman ; pour une ame chaste,
vive et tendre, c' en éta it la un tout fait, bien préférable a ceux qu'on lit, et ayant la saveur d'un fruit
délicieux, aspiré sur le sol natal, aupres de la séve
meme de l'arbre nourricier.
Ce sont l~s conteurs qui ont imaginé toutes les subtilités que vous ~avez, toucliant \'origine et les causes vitales de l'amour, et leur création est contre nature, surtout lorsqu'il s'agit du premier amour. Louis aimait
parce qu'il aimait. Saos nul doute, les circonstances
particulieres au sein desquelles s'était produit cel
amour, devaient exercer leur influence sur sa marche
et son dénoument. Mais qui ne sera .tenté de plaindre,
d'envier et d'admirer ce jeune homme 6ouillant et reveur, pret a mourir pour un salut a la femme, dans la
personne séduisante d'une signora jeune et mystérieuse, aux beaux yeux éloquents et profonds, entrevue
pour la premiere fois a l'age 011 l'amour s'annonce par
de si délicieux troubles, perdue et revée a l'entrée de
la jeunesse, au seuil de la vie libre, miraculeusement
retrouvée dans sa patrie au lendemain d'une victoire
libératrice, et toujours revetue de l'ineffable prestige
de l'inconnu, du malheur peut-etre?
Cependant le colonel n'était pas un homme dont on
put méconnaitre impunément les ordres, et Louis avait
trop besoiu de l'entiere indépendance de son action, pour
la risquer par un inutile coup de tete. Aussi, malgré
l'immense envie qu'il en tut, il fut deux jours sans chercher le moyen de retrouver la rue et la maison du rancunier petit Italien, qui savait s'y prendre d'une maniere·si
habile pour fa1re savoir aux officiers fran~ais qu'ils n'avaient pas fait sa conquete du premier coup. Ce qui
compliquait la situation morale et matérielle de Louis,
c'est qu'il était loin de posséder dans sa tete le plan de
la ville... Et pourtant, comment revoir cette Giulia:, si
ardemment attendue, saos se hasarder daos le voisinage
de la maison ou elle demeurait? Le dilcmme était aigu.
En y rétléchissant davantage, Louis qualifia d'excellente
inspiration celle qui l'avait poussé ane pas dire un seul
mot, au colonel, qui otfrit son aventure a ce dernier
sous IID autrP. jour que celui de la plaisanterie. En
attendant, il fallait se faire des amis dans la place, sans
preter aux remarques, compter sur l'imprévu, saos négliger l'emploi actif et,. assidu des moyens proclamés
bons par le témoignage des siecles, compter sur la ProTidencef,~ans négliger le secours des bumains ... rester
chez soi et aller partout, flairant le bon moment, le bon
endroit... enfin tout ce qui constitue la tactique du
siége amoureux, déja difficile lorsqu'on a la citadelle
sou~ les yeux; hérissé d'assauts inutiles, d'escalades
dans le vide, de retraites parfois irréparables, lorsque
ladite citadelle vous parait tlotter dans la brume. Cependant, les amis de Louis menaient galante et joyeuse
-,.je a Milan, et.s'ils avaient, vis-a-vis de leur camarade,
l'infériorité résultant du manque d'une passion sincere,
discrete, pleine de souvenirs, de difflcultés et de périls,
i\s n'en avaient pas du tout l'air inconsolable, et rem- ·
pll~aient •volontiers les Madones par les Madeleines.
Louis, au contraire, avait beau s'en défendre. Depuis
trois jours, il paraissait tristP, et il l'était, je crois. C'est
un vieux préjugé d'affirmer q\J.e le premier amour est
gai. Il est vrai, au contraire, que chez les ames impétueuses, passionnées, mais contenues et studieuses,
nourries de la religion du serment, du dévotielll respect de la promesse faite, du nom engagé, l'envahissement du premier amour fait pénétrer avec lui je ne
sais quel souftle pénible, qui d':iilleurs n'attiédit pas sa
tlamme, et que je ne saurais nommer plus brievement
que par ces mole; ; La fascination du remords.
Les roués traitent cela de duperie. lis prétendent que
tout en ayant pour but le plaisir ou le bonheur, selon
les dialectes, l'amour est essentiellement un duel entre
la femme et \'hommt&gt;, armés chacun d'armes différentes,
et que rlans ce duel, chacun tour a tour attaque et se
défend pour son propre compte, emporte une haute
idée de son adversaire, lorsqu'il est vaincu par lui, et le
dédaigne dans le cas contraire. Je sais que l'événement

L'I LLUSTR ATION, JO URNAL UN IVE RS EL.
semble fréquemment appuyer c_et~. v~lgaire phi_lo~ophic,
· n'était point ce\le de Lou1s, J a1 quclque ¡01e a le
qm
' ·
h. t.
dire,
car sans cela je u'aurais pas ecr1t cette 1s 01re en
son honne11r.
.
.
Un heureux incident vint bientot rendre aLoms la hb rté d'esprit dont il avait tant besoin pour agir efficac:ment. A un diner d'officiers, auquel était présent le
olonel celui-ci s'adressa a notre héros, non-seulement
c
'
.
. e
san5 la moindre marque de ressenttment, ma1s ~ me
avec une faveur m~rqu_ée. Done, il avait t,out a ~~Jt ~~­
blié !'aventure de l ltahen, et la preuve, c est qu 11 p,a1santa fort agéablement quelqucs jeunes lieutenants sur
le~rs affaires d'arriour. Louis se dit: le moment est :ven u?
récapitulons nos chances : de la liste ~es_ en~ro1~ ou
j'aie quelque espoir fon dé,de retro~:er ?mita, Je~pms et
je dois supprimer_la cath: d~ale, ou '.' n e~t pas p.obable
que son énigmat1que geoher_la la1sse _retour~er_ apres
ma na'ive confession. Les hah1ts de deml de Gmha détruisent l'hypothcse du théatre et dei; promenades publiques; i\ ne me reste done qu'a établir un poste d'obvation daos sa rue, a sa porte; mais comment retroqver
cette rue, dont j'ai été assez fou pour négliger de prendre le nom ... C'cst ainsi qu'il se parlait en revenant de
ce joyeux diner. Comme il regagnait son logement, on
lui rc111il dans les mains une lettre dont l'aspect lui causa
une des plus profondes émotions qu'il eut ressenties de
sa vie. L'écriture était loin d'en elre, selon un mot
qu'affectionnent les romanciers, aristocrat1quement déhée; elle étail, au contraire, large, confuse, incorrecte,
mais elle trabissait, par de certains signes irrécusaLles,
la main d'une femme. Daos ce moment, i1 n'est rien que
Louis eut préféré au bonheur de lire tout de suite cette
lettre, pas meme peut-etre la vue de celle qu'au trouble
de son cre11r il devinait \'avoir écrite. lci le raisonnement appµyait le pressentiment. L'auteur de cette lettre
devait etre soit Giulia, soit la jeune dame en noir, soit
!'invisible possesseur de la voix délicieuse qui avait naguere éclaté comme un chant céleste daos l'escalier de
l'ltalien, parce qu'elle ne pouvait provenir d'un~ autr~
source; Louis ne connaissait personne dans la v11le. qui
eut lieu de luí écrire. D'ailleurs, la premiere lettre d'amour nou~ vint-elle de l'inconnu. ne se laisse pas mécon' .
.
naitre un seul instant; elle a un charme qµe ne saura1t
oublier le crear de celui qui a airoé. Parfois el1e nous
fail peur, lorsq•1'une pas.~ion inaltendue l'a dictée,
qu'elle est une violente réponse a nos aveux muets.
Mieux que toutes les paroles du monde, elle est un engagement, sinon rétléchi, du moins volontaire, et dans
la situation 011 se trouvait L')uis, il n'est pas surprenant
que la simple vue d'une Jettre l'ci1t ému a ce poinl.
Rien que pour la faire parvenir a son adresse, ne fallaitil pas que l'auteur de cette lettre eut épié toutes les dé·
marches de Louis, et se fut constamment informé de
de tui? Et, comble de joie et terme ile toutes les curiotés longtemps entlammées! elle allait se dévoiler enfin
a !'esprit jaloux de la connaitre, cette adorable Giulia,
cette beauté sans égale, cette chanteuse sans pareille !
Loms Dá&gt;RET.
(J..a ~uite prochainement.)

REVUE

LITTÉRAIRE.
LE ROMAN.

MM. V. Chanvin, J. Jonin, Cho&lt;hko , M•• Ch. Reybaud,
MM. Fénl, Serrel, l'abbé ... , Erckmann-Chatrian.

Des légendes, des contes, des nouvelles, des romans !
romans d'aventure, de mreurs, de caractere; romans
polémiques, utopiques, historiques et contemporains !Autant une année en verse aux étalages des quais, autant
l'autre en étale aux vitrines op i;ur les rayo ns des libraires
en neuf., On dirait une machi ne montée comme celle de
la Monnaie, qui vomit régulierement les pieces d'or,
d'argent et de hronze, les napoléons et les centimes. Et
tout cela s'écoule; le livre passe de main en main, retourné et froissé en tout sens par une Jiseuse qu'il endort, Amoins qu'un voyageur insoucieux ne le jette par
la portiere du wagon. La littérature courante convient
seule a un siccle affairé, 11ui ne prend guere le temps
de la rétle1ion et docne une heure par jour a la culture
de ~on esprit; il 'veut unP. histoire amusante, qu'il puisse
oublier comme la p1ece d'hier, uu spectacle dans son
fauteuil; souvent meme, il se contente de son feuilleton,
léger intermede au milieu de~ intrigues oiseuses de la
politique contemporaine.

prétend pasa l'Aréopa11;e, d'ou l'exclut son sexe; elle se
contente de plaire et de frapper l'imagination par le
foule? N'y-a-t-il pas des reuvres sérieuses, íruit d'nn choix de ses sujel~ et l'agencemenl de ses drames intilong travail, et que la critique seule aide a se produire? mes. Ici, c'est la filie d'un bourreau, filie charmante, qui
Saos donte, et si quelques livres remarquables, parmi les- aime et meurt pour ne pas entraver la vie de son ami;
quels no ou deux vivront, ne nous avaient forcé la la, c'est une coqu&amp;tte froide, dont les roueries amenent
main, nous aurions des aujourd'hui analysé l'Histoire de une catastrophe, un meurtre et un suicide; ailleurs, un
Richard II, par M. Wallon; les Réhabilitations de Marie · récit path'étique nous montre les Antilles fran~ises au
Stuart et de Marie Antoinette, ou les Aventures authen- temps de Louis XV, et la cruaulé du code noir, parfois
tiques d'Henri IV. Au reste, nous sommes loin de dédai-• corrigée par la pitié féminine et par un· dévouement pi us
gner le roman, et de le tenir pour genre inférieur a l'é- tendre. Une femme qui, par vengeance, fait épouser a
popée ou a la tragédie; e'est une des voies les plus inté- une ambitieuse un idiot sans fortune: voila bien une
ressantes de l'art; son domaine est vaste et tout entier histoire que Balzac eut placée dans la bouche de Bianouvert a l'irnagination; il y apparait des types 1mmortels, chon et de De Marsay. La méprise d'uue jeune filie amouClarisse, l'écuyer Western, Don Quicbotte et Gil Bias, Jane reuse d'un voleur termine dignement cette série d'étuEyre, Grandet et Goriot, Valentine et la Petite Fadette, des et de compositions, qui mériteraient un plus long
et tant d'autres etres imaginaires, doués d'une vie examen, s'il ne valait mieux en laisser la primeur au
plus puis~ante que :les banquiers et les rois. Lors meme public. (Le recueil est intitulé : Valdepei,·U$.)
De si rapides péripéties ne convienóent pas a M. Paul
que les héros de cette année ne ~eraient pas tous de
Féval.
11 lui faut aujourd'hui deux gros volumes pour
cette force, ils auront toujours ce mérite d'etre créés par
fondre
ensemble le Bossu et les lfysteres de Londre~, ses
l'bomme et a l'image de l'homme. Les réalistes prétendeux
reuvres
les plus populaires. Réellement, avec tant
dent bien ne rien créer; ils copient, disent-ils, san&amp;
d'imagination,
quel bes&lt;fin de s'\miter soi-meme? Saos
meme composer le tablean. Mais leur prétention est chidoute,
l'extraordinaire
enchevetrement des Habit.~ noirs,
mérique; notre esprit, plus encore que nos yeux, est
qui
renchérissent
sur
Jean Diable meme, renferme un
toujours un miroir infidele, qui change les conleurs et
les proportions de ce qui 's'y réfléchit. Le romancier est certain nombre d'heureuses inventions partielles, de
done créateur malgré lui, etje n'en -,.oudrais pour exem- scenes terribles et bien menées. Mais il n'en est pas
ple qne M. Champtleury, dont les reuvres, dites réalistes, moins vrai que Trois-Pattes et Lagardere, M. Bruneau et
ne se distinguent des autres romans que par le talent le Bossu, ne sont qu'un personnage en quatre noms. Coparticulier de l'auteur, et malheureusement aussi par cardasse et Passepoil, deux grotesques excellents, ont leur
quelques erreurs de langage qui lui appartiennent en inutile caricature daos Similor et Echalot. La preruicre
partie seule est digne des meilleurs jours de M. PaJJI
propre.
Féval,
et eíit suffi seule a un beau roman comme Bouche
Mais entrons dans le royaume de la fantaisie. Le.~ rode
fer.
L'idée
du hrassard ciselé est merveilleuse; qu'on en
manciers grecs et latins (qu'on ne nous accuse pas de rejnge.
Lecoq,
autrement dit Toulonnais-l'Amitié, a vendu
monter au déluge !) ont serví de theme a un travail a
la fois savant et agréable de M. Víctor Cbauvin. On sait a un banquier de Caen un coffre- fort a secret, qui vous
combien peu l'antiquité no11s a légué d'reuvres d'imagina- empoigne le bras des voleurs; or, ce meme Lecoq a
tion, a moins qu'on ne range sous ce litre la République vendu aussi jadi;,, au ciseleur Maynotte, un brassard que
de Platon et une bonne part de ses Dialogues. Deux sé- celui-ci a réparé et exposé da.ns sa 1vitrine; Lecoq vole
ries de peintures raffinées dues a Pétrone et Apulée, le brassard et force saos danger le coffre-fort. Quant a
les spirituelles folies de Lucien, enfin une perle pure qui Maynótte, il est condamné aux travaux forcés. Par bona nom : Daphnis e't Chloé, constituent l'appoint de dix heur, les malfaiteurs n'ont pas, en général, le talent ie
siecles. M. Víctor Cbauvin a fort habilemP.nt groupé et faire condamner a leur place un innocent. Le style de
raltacbé les diversesélucubrations d'Héliodoreet consorts, M. Féval esttoujours le meme, spirituel, brillanl, mais le
et avec assez de résnvc pour que son liue soit donné plus forcé du monde, et fait a J'image de ces imbroglios
terribles.
en prix aux jeunes faiseurs de vers latins.
Nous procédons par contraste. Si M. Féval est la com- ,
Les peuples, tres-raisonnablement nommés barbares,
qui renverserent l'édifice romain, ne connurent, en fail plication meme, M. Serret est le plus uni et le plus mode littérature, que la litanie, la chronique terre a terre. déré des écrivains. Son histoire de Neuf fi,lles et un garLe temps et les moyens leur manquaient pour cultiver 9on, une fois cette fécondité rare acceptée, marche d'une
leur esprit. Toutefois , ils ont laissé qnelques vestiges de allure calme et vraisemblable. L'irritation de la belleconipositions légendaires, aujourd'hui recueilli par les mere a la vue de tant de filies, sa joie ala naissance dn
polyglottes. Tels sont les charmants Contes Slaves qu'a gar~on et le raccommodement qui s'ensuit, !'honorable
choi~is et publiés M. L. Chod1.ko; ils sontpleins de poésie persévérance du pere et de la mere, forment un ensemet d'antiques réminiscences soigneusement notées par ble ou une cerlaine gaieté se mele a la plus saine mol'auteur. On ne peut les liM saos demeurer convaincu rale. C'est memela morale qui se charge de conclure et
de la commune origine des Pélasges, des Germains, des · de suppléer a l'absence de dénoument. M. Serret a
Celtes, des Slaves et dei- Indiens. L'Inde est au fond de voulu prouver que « les familles nombreuses se tirent
tout; c'est elle qui a donné au monde, avant la disper- mieux d'affaire que. les familles 011 il n'y a qu'un ou
sion des ¡aces, les Mi/le el une nuits, lesFables de La Fon- deux enfants. » Axiome bardi, mais contestable, et qui
taine et les Contes de Permult. La Be/le auro chel)eux d'or, ne résout pas les difficultés positives de la question. Le
l'Eau de beauté, le Petit Poucet et les fi,lles de l'Ogre, la sort des neuf fille5 n'est déja pas si enviable. Si deux se
Jeune fi,lle qui pleure des perles, l'Or fabriqué par le démon marient bien, si quatre autres fondent un pensionnat, il
sur les montagnes, sont de ces légendes qui appartiennent v en a deux qui meurent et une qui se fait religieuse.
a tous les peuples européens. On retrouve encore daos · La pauvre enfant! sans doute ellP. n'avait pas tu Je lile livre de M. Chodzko l'Enlevement d'Orythie par le vent vre de l'abbé Étoilé; elle y aurait vu les vices secrets de
et celui de Proserpine. L'Oiseau de feu, Ohnivak, qui joue de la spiritualité, et de ce mysticisme qui bébete ou anun grand role chez les Slaves, est l'épervier divin, le nulle tant de femmes destinée3 a d'autres devoirs. Que
symbole du Soleil, vénéré dans l'Inde, et dont la figure les amis du vulgaire et du convenu, r¡ue les petits journaux, voués, on ne sait pourquoi, atoute idée rétrogade,
est sculptée a Persépolis, a Nioive et Pn Égypte.
Les Oiseaum bleus, de J. Janin, n'ont qu'un rapport insultent aplaisir l'auteur anonyme de la Religie1i~e; ce
lointain avec l'oiseau Ohnivak, si ce n'est qu'ils sont livre, a. défaut d'art et d'intéret romanesque, se recomhrillants comme luí. C'est tout un essaim de nou.,.elles mande par sa. visible sincérité. Les meilleurs chrétiens
aimables. Rien d'amusant comme la Peíne du talion, de n'v trouveront aucune attaque contre le dogme. Des
piquant comme Théodora et les Fausses confi,dences, épi- abus criants, de funestes tendances, a la fois contraires au
sode inédit de la vie de Manon Lescaut. Les lnsomnies patriotisme et au bon sens, plusieurs poléruistes acerbes
transparentes d'Eutyphron nous initient aux tribulations qui portent avec eux les odeurs de la place Navone;
d'un Athénien qui voudrait représenter la littérature a voila les plastrons de l'abbé ...._ 11 avait ce*s le droit
l'Aréopage. 11 y a bien de l'ironie, et de la meilleure, de représailles, et la galerie est pour lui. Un exccllent
dans ce Mercure, permettant au candidat évincé de pas- cbapitre nous fait voir les changements insensibles apser ses soucis et ses espérances au premier venu. Le portés dans les prescriptions religieuses par ,m maitre
plus gros des Oiseaux bleus se nomme les Harpagons, souverain, le temps, l'usage; rien au monde n'échappe,
et .,.ollige du tragique au comique, de la tragédie a l'a- sous peine de mort, a la loi du renouve\le1:1ent. Peu s'en
mour; ses marraines, s'il plait a Eutypbron, sont Tha- faut que le dogme lui-meme n'éprouve une transformation radicale; croirait-on qu'UJJ petit livre pieux ose
lie, Melpomene, Erato !
Mm• ,Ch. Reybaud, )'auteur de M11 • de Malepeyre, ne émettre les opinions suivantes: &lt;&lt; Marie est une beauté
En commencant cette revue, un scrupule nous venait :

a quoi bon apprécier ce qui est connu et recherché de la

��r:r LLUSTRATION' .IOllR N.i\ L UNIVERSEL.
gel'!\ que leurs pareilles peuvent conrir ; un léger bruit,
tre~aneienne. Elle a existé de toute éternité. Marie fut noos mangeons 1P~ oiseau.'C avec le reste. Depuis le com- un froissement dans les feuille~ les a dénoncées: la rel'obj'et, de la part d'Adam et d'Eve, d'unr grande Mvo- meocemcnt, les choses ont été arrangées pour que nous narde a hondi; elles oot pris leur vol ; mais une paution? » Que! style, et quelles erreurs! C'est pourtaot ce mangions tout : nous avons trente2deux dents pour cela; vrette n'a pas assez vite déployé ses ailes, elle est tombée
les unes pointues, les autres tranchantes, et les autres,
qu'oo enseigoe a nos sreurs et a nos filies.
ce
qu'on appelle les grosses dents, pour écraser. Cela sous la patte de l'ennemie, et l'impitoyable chasscres.c;e
Nous ne croyons pas que de pareilles élucubrations
l'a férocement égorgée.
soient fort du gout d'Erckmaoo-Chatrian. Avec la noble prouve que nous sommes les rois de la terre. 1&gt; Maís un
Et triomphante, sa victime aux dents, la renarde resi
·bon
etre
ne
peut
toujours
admirer
seul
la
cave
de
ses
mere Catherine Lefev\e, l'oocle Jacob et l'excellent ami
vie11t
en courant au terrier.
Fritz, il ne peut etre question que d'honoeur, de loyauté, aocl\tres et philosophersur la puissance de ses mAchoires.
Le
succulent
repas que va fai~l:a /amille !
d'amour, et des véritables joies dela vie. La vive expres- A la grande stupéfaction de ses ámis de la taverne, il
Grande
chere
et liesse chez les ren'ards, deuil et dé
sioo du sentiment humain a fait d'Erckm:mn-Chatrian entonne des ditbyrlmbes en faveur de l'amour. 11 danse sespoir chez les perdrix. Ainsi va le monde!
le nom le plus brillant et déja le plus populaire qu'ait le Treieleins avec la filie de son fermier et s'évaoouit
X. FEYRNET.
produit la liltérature d'imagination durant ces dernieres lorsqu'il apprend le futur mariage de Suzel avec un
anabaptiste.
aonées.
Une figure excellente est encore ce bohémien Josef
Le Docteur Mathéus, les Contes fa11tastiques, etc., révéleIALOft DI Uf!.
rent tout d'abord un tourd'esprit original, une veine large Almani que Fritz a dérobé aux rigueurs de ta' police :
et facile, pareille a une eau qui court entre des rives « Grand, maigre, jaune, déguenillé comme toujours, le
(4• article.)
accidentées, tour a tour ruisseau, torrent et belle riúere menton allongé sur le violon avec sentiment, l'archet
frémissant
sur
les
cordes
avec
amour,
les
paupieres
baisau sein des prairies. ll se dégageait de ces histoires, plus•
Les tableaux de genre sont, pour l'art, ce que les rocaractérisée~ par l'allure que par le sujet, une boone sées, ses grands cheveux noirs laineux recouverts du mlns et les nouvelles sont pour la littérature; c'est danR
odeur de terroir, un parfum montagoard. Erckmann- large feutre en toques, retombantsur ses épaules comme, ces den,'C modes que se produisent, de nos jours, les
Chatrian ne vit pas daos le pays classique ou murissent la toison d'un mérinos, et ses narines aplaties sur sa reuvres les plus nombreuses et les plus v¡a.riées. D'année
les orangers, daos les plaines aux grandes ligne~, au grosse levre bleuatre retroussée. » C'est un tableau tout en anoée, nos expositions voieot se multiplier les peinmilieu d'on horizon noble, majestueux, mais monotone !ait. Que de choses sensées, que d'observations sérieuses, tures de genre dans une progression toujours croissante,
et ennuyeux. 11 vit en pleine réalité, daos une région dans ce livre entrainant ! Le voyage du percepteur Haan et s'il était pos!rible de ressusciter, a cóté d'une exµosiassez voisine, mais inconnue, la ou le costume et les et son discours aux paysans qui ornent l'idole de saint sition actuelle, un Salon d'il y a une trentaine d'années,
m~urs ont jusqu'a présent échappé au niveau de la ba- Maclof au lieu de pay~r l'impót, est un pur chef- le traille plus marqué de leur différence serail, sao~
nalité, e,ntre les Vosges et les forets uu Hartz. ll y a la d'reuvre.
contredit, la pénurie de ces sortes d'ouvrages, a cette
Erckmann-Chatrian, c'est Meissonier avec sa précision
d'anciennes synagogues abandonnées ou nichent les orépoque, opposée a leur extreme abondance aujourd'bui.
fraies, des etres antédiluviens tels que baillis de Schmet- et sa llrgeur, mais avec plus de rondeur et de mouve- Nos artistes ont acquis, daos celte voie féconde, une
tenbourg, bourgmestres, voire meme Lathoire Kirchen- ment. Pour tui, la beauté est un peo jouffiue; le bon- souplesse de talent, une facilité de pinceau et des quabaum, forestier du chatean; il y a la des 'Grédelé, des heur ne va pas sans trois gros plis circulaires autour des lités pittoresques to1Jt a fait inconnues aux peintres de
Katel, des Orchel, et la gentille Suzel «en train de battre joues rebondies; la joie est une kermesse. Fi de la ligne l'école de David et a ceux qui les ont suivis. Par suite de
le beurre daos la cuisine, le tablier blanc a L,avette pure et de la composition méthodique; ici, tous les en- l'intéret plus vif qu'a pris la peinture de genre et de sa
serré a la taille, agrafé sur la nuque, et remontant du fants et beaucoup de jeunes filies ont la tigna.~e ébouri- prédominance, les limites qui la circonscrivaient se sont
has de sa petite jope de laine bleue a son joli rnenton fée ! La correctioo du laogage souffre quelquefois un effacées; au lieu d'etre reléguée, comme autrefois, daos
rose. Des centaines de petites taches blanches moucbe- peo de ces procédés familiers, mais non la conceptioo une condition infNlieure par rapport a la grande peintaient ses bras dodus et ses joues; il y en avait jusque d'eosemble. 11 n'est guere de livre mieux fait, en somme, ture de style, il s'est opéré une sorte de fusion entre
daos ses cheveux, tant elle mettait d'ardeur a son ou- que M•,. Thére.e et \'Ami Pritz.. 11 y a la unité parfaite et elles, telle que la dénomination de GENRE, qui avait une
vrage .... , appétissaote comme une assiette de fromage a intéret toujours croissant.
signification précise autrefois, n'en ·a plus aujourd'hui;
Commeot croire que ce nom d'Erckmann-Chatrian est
la creme!» Les taveroe~ regorgent de cbopes a facettes.
il en est de méme dn terme de peinture d'histoire. Ce
On y sent le vin du Rhin, la saucisse, l'andouille dans une raison sociale, et qu'un écrivain partout si sembla- ~ont des expressions consacréec; par l'usage, dont oo
son jus et le jambon de Mayence. 11 y a la foule pour ble a lui-meme est double, comme Castor et Pollnx, cootinue par cela meme a se servir, mais qui sont deveYOir le Petit-Vigneron abattre le Grand-Charbouoier Oreste et Pylade, Pythia~ et Darnon? C'est pourtant la nues tres-éla~tiques; ce qui justifle le pele-mele des ou(deux coqs d'élite), et a certain Combat a'ours et de chiens, pure vérité, et les deux amis (r.ar l'amitié la plus pro- vrages que nous allons µasser ici en revue.
je crois que les planchers ont croulé sous les specta-. fonde de deux ames peut seule expliquer cette collaboraNe pourrait-on pas citer comme un des nombretll
teurs. Sur tout cela joue le soleil, entrechoquant les tion invisible) déclarent qu'une fois le livre achevé, ni ~ymptóme1- de l'envahissement de la peioture de genre,
ombres et les lumieres daos les recoins de la ville angu- \'un ni l'autré ne pourrait distioguer ce qui tui appar- \'exemple de M. GtRoiu:, qui y a laissé absorber un taleuse, les mariant dans le jour pur des campagnes pit- tient daos \'reuvre commune. Un crear en deux person- lent élevé et qui semblait• de~tiné a des reunes de baut
toresques. Heureux Erckmaon-Cbatrian, de pouvoir reo - nes, voila Erckmann-Chatriao.
Si le but de \'art est d'exprimer et de donner la vie, style? 11 y porte une science et une précision de dessin
contrer encore de vraies paysannes poétiques et qui
dPS plus remarquables. Cette année, il a peint la dause
chantent, en enfants de la vieille Allemagne, le vieux ces inséparables l'ont atteint pleinement. Tout s'anime voluptueuse d'une AlmPe, debout, se cambraot, se tor~011s leur main, et leurs créations restent daos la mélied :
moire. « Je vois encore l'oncle Jacob, élancé, le front dant, et juste a11SSi peu vetue et au~i nue qu'il le faut
'
Quand je pense a ma bien aimée!
haut, surmonté de sa chevelure blonde, dessinant ses pour exciter les brutales convoitises de quelques bachibouzouchs au costume pittoresque, assis daos une vaste
Ab ! salut au pays de la frauchise et de lajoie, a la terre larges tempes avec grace; le nez légerement aquilin, les ~alle qui semble leur servir de corps-de-garde. Les types
pai~ible qui sait de ses entrailles !aire jaillir ses défen- yeux bleus, le menton arrondi, les levres tendres et des physionomies sont saisis avec une vérité qui atteste
seurs ! En vain Yégof, le sinistre fou, le traitre(et voyez bonnes. » Comment oublier la belle figure longue de !'esprit d'observation de l'artiste. Les moindres détail~
quelle heureuse idée d'avoir joint la folie a la trahison !) Thérese, les jeux du bon petit Fritzel, tous les cr.efs de sont étudiés et rendas avec un soin extreme. 11 est imguide par les sentiers des montagnes les borde~ cosaques; paysans enrólés pn; Hullin et décrits comme des héros possible de pousser plus loin le fini de l'exécution ; mais
il suffira d'un ancien ~oldat et de deux femmes coura- d'Homere et de Virgile, et le sage horloger Goulden, dis- cette exécution trop égale communique a toutes choses,
geu~es pour organiser la défense et pour écraser l'enva- sertant sur la responsab1lité terrible du général qui ar• carnation, vetements, murailles, le poli et ~ luisant de
rache aux meres&lt;&lt; le crear et les en trailles?» Les auteurs
hisseur, sous les rochers des défilés.
vivront
longtemps en moi, grace a leurs héros, et leur l'iYoire. M. Gérome gagnerait amoins finir ses ouvrage,,
Erckmann-Ch-atrian n'est point un phi\osophe austere,
et a consentir a la nécessité des sacrifices, qui est aussi
mais ses reuvres n'en renfermcnt pas moins, d'ordinaire, nom n'est pas du genre éphémere.
une partie de l'art, puisqu'elle serta établir les valeu~
une le~on élevée. Le Fou Yégof enseignc le patriotisme;
relatives des objets sonmis aux regards. - Les peintres
Maaame TMrése chante l'enthousiasme de la liberté; le
de l'Orient continuent a nous donner leurs sinceres imConscrit de t8t3 pleure les guerres injustes. Quant a
pressions de voyages. M. 8ELLY, moins poétiquement
RENARDS E'!' PERDRIX.
\'Ami Pritz, la meilleure part tui est échue : ce gros
inspiré cctte année qu'a. J'exposition de 11163, ou son
bonrgeois, ce buveur émérite, grand próneur.du célibat,
tablean de~ Pemmes felfohs puisont dt l'eau dan~ le Nil a
Nous recommandons al'attention de nos lecteurs la
est convertí au dévouement et a l'amour par une petite
laissé de si heoreux souYenirs, a pris, sous le titre de
filie des champs qui excelle a. frire des beignelc;, a con- gravure a l'eau-forte de M. Bodmer que nous publions Pantasiah (Égypte), un sujet semblable a celui traité par
fectionner les noudels et les lm(l)pfels. Son exemple engage dans notre numéro d'aujourd'hui. L'artiste, a qui nous M. Gérome. Daos un autre tablean il a groupé avec un
a l'imiter. Que! bon creur ! quelle figure épanouie ! devons tant de dessins empreints d'une vérité si saisis- aspect d'une vérité saisissante des Pellahs hdlant une
Comme il aime, malgré son semblant d'égoisme, ses sante et d'un charme poétique si vif, n'a jamais mieux dahbiek, ou grande barque sur le Nil. Lei; figures des
camarades de chaque jour, le grand Schoulz et le ~ros montré, il nous semble, toute la souplesse, toute la hommes presque entierement nus qui la remorquent,
Haan, le vieux reble David et sa servan te Katel ! Au grace et toute la vigueur de son talent, en meme temps présentent de bonnl's études, largement peintes. Le ciel,
commencement, Fritz Kobus se formnlait ainsi la théorir. qu'il n'ajamais pins he¡¡reusement mis en scene un su- d'un bleu intense, offre tette coloration mate et éteinte
du parfait bonheur : &lt;&lt; Tu fumeras des pipes, tu videras jet emprunté a ce rlrame permanent de la vie des ani- qui déroute un peu nos impressions naturelles, mais que
des chopes, et tu seras l'homme le plus heureux du maux dont il a si souvent reproduit les épisodes.
Les petits reoards sont daos leur terrier, altendant les peintres de l'Orient reproduisent trop sc:uYent ¡;our
monde; tache d'avoir la tete froide, le ventre libre et les
qu'elle ne soit pas justifiée par la réalité. -M. 8ERCBtRZ,
pierls cbauds, c'est le précepte de la sagesse, et surtout avec impatience leur repas. Leur mere est allée en cbas.~e, dont Je talent progresse chaque année, et a qui une mé•
évite ces trois choses : de devenir trop gras, de prendre. car les dents sont venues a ses chers renardeaux; elle, daille a été déceroée, a exposé déux tableatll qui ont
des actions industrielles et de te marier. 1&gt; Ou bien il les a senés, et c'est une proie vivlnte et sa1gnante qu'il été également remarqués: le Crépwcule (Nubie infé ·
raisonnait ainsi philosophiquement : « Oui, voila com- leur faut dérnrmais.
Dans uneluzerne, une diiaine de perdrix déjeunaient: rieure), avec ses teintes qui colorent l'horizon, ses tro~
ment tout marche dans ce has-monde ! Les insectes dépea\ll accroupis, la petite colonne de fumée qui s'éle,e
vorent let plantes, le.~ oiseaux dé..-orent les insectes et elles étaieut saos défiance, ignorantes encore des dan-

L'ILLlJSTRATfON, JOURNAL TJNIVERSEL.
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droite a traYel'!I un ciel clair et serein, est une scene de
calme solennel a laquelle les sphinx gigantesques, immobiles sur leurs bases depuis des milliers d'années, ajoutent la majesté religieuse des souvenirs. Aprés le Simoun
est une scene d'un caractcre tóut a fait opposé, inspiré
a l'artiste pcndant son voyage au Sinai. Le redoutable
métécre a laissé des traces mortelles de son passage a
travers ce désert de sable; un voya geur y est a moitié
enseveli, et des vautours au vol sinistre s'abattent sur le
chameau qui le portait, tandis que des chacals apparaissant au loin, ~•appretent a venirprendre leur part de ces
rares épaves. - M. FRoMENTIN a peint un Coup de vent
aans les plaines &lt;fAlfa (Sabara); cinq Arlbes, surpris par
la tourmeute, ~e serrent les uns contre les autres pour
résister a la -riolence du ..-ent qui s'engoulTre daos leurs
l'Arabe en cho&amp;e. Cet artiste, dorrt nous avons applaudi
burnous; cette composition est d'un jet hardi, d'un ton
vigoureux, mais d'une exécution un peu lach·ée daos certaines parties. - 11 faut aussi compter, au nombre des
peintres de l'Orient, M. ScHREYER, pour son tableau de
les débuts a l'Exposition de t863, et qui a obten u cette
année une médaille, juste récornpense de son talPot, a
peint avec une vérité saisissante et avec une grande largeur de pinceau des Cheooux de cosaque8 irréguliers par
un temps de nlltge; ils se serrent l'un contrc l'autre a la
porte d'une cabane, ou leurs maitres s'abritent contre la
violence do vent dont les rafales balaient la neige; oo
se sent pris de pitié a la ,11e de ces pauvres animaux délaissés, chétifs, patients de la douleur, un des types de
la misere chevaline ici-bas, les plus éloigoés du cheval
du Parthénon. - M. MAGY semble s'etre attaché exclusivement, en Algérie, A étudier la ..-ie pastoral e et agricole.
11 a exposé un Convoi de moissonneurs dans un défilé de
l'Atlas et le Chei'f'ier de Ben-Acknoun. - M. Eugene Gi11Auo, loin de peindre les scenes orientales daos ce ton
décoloré adopté aujourd'hui par les peinlres les plus renommés du genre, les illumine de chaude couleur et de
plein soleil. Une Procession de la Circoncision au Caire
est une grande toile d'une exécution facile et ferme
mais a laquelle manque l'accent vrai qui s'impose. o~
le retrouve, au contraire, dans la bonne étude dujeunc
Pellah aux pige~ns.
Unernesu en mer (t793), de M. DUVEAu, est un sujet
dramatique et une composition pittoresque. Pendant la
Terreur, les églises étant fermées, les pecheurs des cotes
de Bretagne se réuoissaient en roer pour assister au service divin, officié par un pretre sur un autel improvisé
daos une barque; quelques-uns sont aux aauel~ de
'
D
'
peur d etre sorpris par les bleus. La scene est hahilemcnt disposée et bien étodiée; mais ce tablean remarquable ne fait pas l'irnpression qu'il devrait faire, a
cause du ton froid, éteint et inharmonieux de son coloris.- La quéte au loup; souvenir a'.Espagne, deM. BruoN,
:,t une boone peinture, doot la fermeté contraste avec
la mollesse et la couleur assourdie de la petite toile ou
l'artiste a peint l'arche de Noé, a la fin du déluge. - Lt
Bravo recevant sa récompense, de M. BECKER, de Berlín,
est largement pemt et ne manque pas de caractere. i-ne jeune Bohémienne chassant un papillon, par M. HoRNEYANN, de l'école de Munich, tableau placé trop haut a
l'rxpo~ition, est une peinture réaliste dans la bon ne ac..
ceplion du mot, et d'une bonne couleur. Cette figure
méritaitd'ctre plus remarquée. - M. Lm,urms a mis un
charme naif daos son tableau .: les Deux Gardien.~ et
répandu sur celui de la Récolte de varech la sombre t;istesse a travers laquelle M. Millet entrevoit souvent les
rudes travailleurs de la vie de3 champs. - Puisque
nous venons de nommer M. MILLET, nous dirons tout de
suite qu'il y a une grande unité de ton et une couleur
barmonieuse daos son tableau d'une Bergére avec son
tro11pe,1u. Cette unité se retrouve encore a un certain
degré daos les Paysansrapportanta leur habitation un tieau
n, dat1s les champs, mais si le ton estjuste, l'exécution et
le rendu sont par trop insuffisants. - L'interprete de la
paysannerie le plus gouté du public esUf. BRETON (JulesAdolphe). On a remarqué sa Gardeuse de dindons excellente étude et figure vraie. Son tablean des v:ndanges
aChdttau-Lagrange (Médoc) est une composition ou le
paysage a a peu pres autant d'importance que les
figures qui l'animent; celles-ci n'ont point toutes le caractere que l'ariiste sait d'oruinaire leur imprimer. JI v
a des intentions tres-marquées de soleil, mais d'un soleil
pile et attristé d'automne. Le vrai soleil est, depuis
Claude Lorrain, chose tres-rare daos notre école peu
col6riste,I
L'éco1e de Dusseldort était représentée a l'Exposition

par un certain nombM d'artistes. Si M. KNAus, qui a si coiffes blanches des íemmes est d'un effet singulier et
vite conqnis la faveur du public parisien, faisait défaut, déplaisant. - Les Lutteul's en bilsse Dretagne, peinture
il était remplacé par M. LAsCH, qui semble un imit~teur facile, mais d'une exécution monotone, par M. AooLPHE
de sa mani~re. A premiere vue, on aurait pris sop ta- LELEUX, - M. ARMANO LELF.ux a mis en scene avec natublean du Retour a',me kermesse en Souabe pour un ou- rel des Abbé.~ italiens jouant aux echecs. - L'Espagne a
vrage de M. Knaus. Meme aspect, memes costumes, aussi ses adbéfents : M. WoRMS a peint un Cabaret aans
meme couleur, meme entente de la composition, mais les Asturies et une Cuisine a Valence. - Le Marchand dt
moins de comique et de recherche spirituelle dans les fruits a Si!vi/le, par M. AcmLLE Zo, a un aspect original
physionomies. - On retrouve un peu de cette mim1que, et une éclatante couleur. - M. FFRRANOIZ, un Espagnol
avec toute la vulgarité qui appartient au sujet, daos le pur sang, a exposé une composition importante, les syntablean de M. UNKER, la Garde-robe du Cirque. - Notre dics du Tribunal des Eattx de Valence, en 1800, jugeant
célebre peintre de sujetsmilitaires,M. 8ELLANGt, a voulu, les délits et réglant les contestatious. 11 y a de l'énergie
101 aussi, prendre rang parmi les peiotres de Dusseldorf et du naturel dans ces figures d'uo caractere typique
pour traiter des sujets allemands. ll y a &lt;le la vérité et de tres-prononcé. Tout le monde la est bien occupé de
l'entrain daos ses Paysans badois allant passer le diman- ses affaires et ne pose pas pour le spectateur, défaut si
che a la ville. JI á eu tort seulement de placer daos 011 fréquent mcme daos les meilleurs ouvrages.
Apres la spécialité des natiooalités, on pourraít classer
coin un touriste anglais et sa femme, qui lorgoe ces
les
tahleaux suivant les spécialités de certains caracjoyeux pay!,3nS. Ces touristes, britanniques ou áutres,
teres,
de certaines professions : les abbés, les maitres
gatent la scene.
d'école,
les ouvrieres en liuge, les honnes d'enfant, les
Pour remonter a des ouvrages d'un caractere plus
lorettes,
les c11isinierr,, etc. - ll. fusor, qu'oo prendrait
élevé, nous ramcnerons notre attention sur le petit tapour
un
éleve
de M. Bonvin, taot il affectionne le noir
blean ou M. CoMTE a représenté Eléonore d'Este, veuve de
semble
se
rilserver
le type de la laideur. Rien de plus'
Praneois de Lorraine, duc de Guise, faisant jurera son
fils, Henry de Guise, S11rnomméplus tard leBrilafré, de ,¡enger laid, de plus sale, de plus commun que les pet1tes filie~,
son pere, as.~assiné dcv1mt Orléans le 24 fé1•rier i563. Mal- a faces rougeaudes, du tablean intitulé le Cha11t du cangré un peu de molles~e daos les tetes et uo mouvement tique (un joli oom pour une laide chose !). Les Rétapeu gracieux dans les jambe~ du jeuoe duc de Guise, meurs oot aussi des mains et des figures noires; mais,
cette scene bien con~ue intéresse pal' sa gravité et par out re les oéce~sités de leur profession, ils sont envelople ~ractere arcbaique de l'ameublement, traité avec pés d'une couleur noire si odieuse, qu'il fant bien, ne ·
fut-ce que pour l'harmonie, qu'ils y participent dans
habileté.
Les peintres italiens envoient rarement a nos exposi- une certaine mesure. Si cette peinture était décidément
tioos desreuvres de valeur. Cette année, on a beaucoup mauvaise, nous n'en parlerions point; mais loin de la, il
remarqué deux petites toiles spirituellement touchées y a daos les ouvrages de M. Ribot des qualités de moet d'un vif aspect, par un Romain, M. VA,~LL1, pa- delé et de fermeté d'exécution tr/ls-remarquab\:)s, et
raissant pour la premiere fois a une Exposition pari• nous ne lui reprochons seulement que de chercher a
sienne, et a qui a été décerné une médaille ; !'une est plaisir la laideur, et d'attri~ter volontairement sa peinintitulee : Com:er•ation au jardín; l'.autre : Une intrigue ture par l'abus de la couleur noire, si l'on peut donner
sous le portique du Palais Ducal aVenise; un grand nom- le nom de couleur a ce qui en est la négatiori.
Pour ne point terminer cet article sur ce triste sujet
bre de personnages, des bourgeois, des nobles, &lt;les
pasrons
a des sujets gracieu.x, et meme ultra-gracieu;
courtisanes, s'y pressent, vetus du costume élégant et
(dussent-ils
souffrir un peu du contraste). - M. HuGuES
pittoresque du commencement du seizieme siecle. Deux
~fERLF.
a
exposé,
sous le titre de Primavera, une jolie
femmes, le visage couvert d'un masque, y sont l'objet
scene
de
jeunesse
et d'amour, daos un mode amolli qui
d'noe attention particuliere de la part des galants; a
contraste
avec
la
dureté d'exécution de sa grande toile
qnelqur. distance, un membre du conseil des Dix, ou
de
l'assassinat
de
Henri m, de l'exposition de 1863. peut-etre un des inquisiteurs d'État, observe attentiveLe
Nid
a'Hirondelles,
par M. CoM1'TE-CAt1x, est une de
ment sous son masque tout ce qui se passe. Tout ce
petit monde e8t tres-bien agencé, et le type des tetes ces compositions élégaotes et fausses, dont la gentillesse
italiennes est saisi avcc vérité. - M. H.01MAN a moin~ a dé~a obtenu les bonneurs de la gravure; les Amies de
cherché l'aspect vrai que le cóté poétique daos le tableau pension est un drame bourgeois sentimental, a qui ne
du Doge, monté sur le Bucentaure, jetnnt son anneau dans manquent ni l'attrait ni la.fadeur du genre. - M. WILl'Adriatique. - Deux tableautins de M. BARON, Tir a LEYS continue a exécuter avec une grande perfection de
l'arc im Toscane, et une Marchande de pantins, sont des fini, mais en meme temps avec une grande froideur des
du
peíntures gaies, lumineuses, spirituelles, qui, a force de tableaux d'intérieur daos le style du seizieme
dix-septieme
siecle;
les
données
varient
un
peu
mais
gentillesse et d'élégance, se font pardooner leur coquetterie et leur caractere tout conventionnel. Le peiotre a les personnages et les costumes restent a peu p~es les
empruoté la disposition de sa scene de~ tireurs a l'arc memes. Le peintre affecbonne surlout uD'e blonde jeune
a une décoration du jardin de Boboli, a Florence; cir•• filie et un beau cavalier a chevelure noire. avec lesquels
constauce qui prouve que tout daos ses tableaux n'est il nous a déja fait faire connaissaoce depuis longtemps.
Nous a~ons assisté a la premiere visite, a la demande
pas exclusivement donné a la fantaisie.
Deux ou trois :Moliere dtnant a la table de Louis XIV en mar1age, a une course en ville chez un marchand
avaient plus qu'émoussé l'intéret du publica l'Exposition d'étoffes, etc. Aujourd'hui, nous les retrouvons au modP i863. Le merne sujet, traité cette ann~e par M. VrnEil, ment de leur sortie, puis allant visiter l'aooouchée. Nous
a trouvé l'attention d'autant plus distraite, que la bonne leur souhaitons le bonjour jusqu'a l'année prochaine.
11 est encore un certain nombre de tableaux de gPnre
dispositioo de ~a composition ne compensait pas la froidont
nous sommes obligés de renvoyer !'examen a un
deur de l'exécution. Les masques des personnages y
prochain
article, qui sera consacré au PAYSAGE.
sonttout a fait inexpressifs. - Ce public, si facile a surA.-J. Ou PAYS.
prPndre, si difflcile a retenir, se lasse si vite! L'année
dcrniere, il avait été surpris de la nouveauté d'aspect
des scene1- russes de M. SWERTC11Kow, de ces sombres foL'INSURRECTION DE TUNIS.
rel~ de sapios, traversées par des chasseurs a \'ours, et
Ce qui se passe actuellement a Tunis est digne en
offrant le contraste de la neige couvrant le sol et des
teintes empourprées du soleil couchant. Cette année, c·é- tous pomts de fixer l'attention; et l'on co:nprend sans
taieut les memes scenes et la meme habiletl!; mais ce peine le hruit qui s'est fait autour de cette insurrection
n'était déja plus la meme atteotion. - Les sujet~ alsa- ainsi que les susceptibilités qu'elle a fait naitre au sei~
.gouvernements frari~ais et 1talien. 1J ne s'agit pas
ciens conservent encore de l'attrait. M. MARC.HAL, qui y
reste fidele, avait envoyé un tableauqui a eu du soeces: 1c1 s~mplement d'une révolte comme il s'en produit tous
la Poire aux servantes a Bouxvi/ler. De lourds et épais les Jours; le soulevement des tribus arabes et kabyles
bourgeois offrent leur prix et font leur choix entre ces contre l'autorité des beys a des causes trop extraordiservantes alignées sur une place publique. M. Marcha! naircs pour qu'on ne s'y arrete point. Un gouvernement
s'est trop également appliqué a faire celles-ci toutes jeu- plu~ lihéral que la nation, ou une nation éprise de desnes et jolies; mais c'est un petit mensonge qu'on est pot1sme, est chose rare. Tel est cependant l'état du goutres-disposé a excuser. -Quelques peintres se consacrent vernement et du peu~le ~unisien: celui-ci voulant, par
encore aux sujets bretons. Nous citerons la Recolte du tous les moyens dont JI d1spose, faire monter le second
goemon (Pinistere), par M. Víctor Du11As ; une Noce a au ran~ des nations les plus civilisées de l'Europe; l'autre
Pontaven, par M. OTTo-WEBER; paysage d'un ton solide se reb1ffant contre ce louable désir en exigeant le mainet bien éclairé; nombreuses figures; le ton ble u des tien des plus vieilles et des plus absurdes traditions.

e¡

?~s

�L'ILL USTRAT IO N, JO URN.\L UNIVERSEL.

29

L' lLL USTRATION, JO URNA L UN lVERSEL.
r;.

RI (;E"ICll DE TUNIS : lliB DB LA VILLE OB BIZEIITE,

Personnc n'ignore la
situation géoguphiqul!
de la régence de Tunis;
on connait également
ce qu'elle produit, et
que! role intéressant
elle remplit sur Je petit
coin qu'elle occupe en
Afrique. Ce rule, elle le
doit tout entier a la dy~
nastie actuclle de ses
beys, qui, depuis· le
commenccinent de ce
siccle, n·011t pas manqu~
une occasion de rapprocher leurs peuples
des grandes nations européennes. Ils commencerent par I abolir
J'esclavage &lt;les cbrétiens et firent fermer
les marchés de noirs;
la liberté des cultes vint
ensuite; mesures hardies, si J'on considere
le fanatisme religieux
pes populations musulmanes du nord de
l'Afrique et Jeur haine
pour les chré'tiens. Ces
principes établis par des
lois, les beys appelerent
pres d'eux tous les Européens instruil'I qui
voulurent bien s'associer a leur noble entreprise : ingénieurs,
officiers, savants, lettrés. Sous la direction de
ces dernier~, qui étaient
presque tous Fran~ais,
la géographie du pays
ful connue, &lt;les routes
s'ouvrirent, des puits artésiens furent creusés,
des phares élevés ; les
restrictions douanieres
disparurent, enfin une
constitution d'un libéralisme plus avancé que
ce qu'on avait vu de
semblable jusqu'alors
daos toute l'Afrique, ful
proclamée dans la régencc.
Les libertés qu'étahlissait cette constitution, qui est dse a Sidy-~lohamed, n'étaient
que les prémisses de ce
que · &lt;lcvait · accorder

-=

ARRIYAE DfS EAUX A CANNES: CIÍREMO;'ilR Ll'INAl'.GUR.lTJON. -

D'apres un croquii de 11, Lieto,

VIIS GÉ:SF.RALE llE ~REJUS ET llFS Jl•~TF.S DE L'AQUEDUC ROllAIN.

son successeur, S. A,¡
Sicly-Mohamed- el - Sa
dal... Mal neureusemen
tous les p !up1es ne so~
pas aptes a ~e sen-ir ti•
cet instrument pui~sa111
et dangereux que l'oa:
nomme la liberté Jet¡
Arahes moins que 'to..¡
les autres; ans5i 11,'i,
voyonE-nous se soulen,¡
anjourd'hui contrc des
institnlions que beacconp béniraient.
11 Ferait injuste d,
orétendi;.e cepenrlan1 •
que la levée de honcliers iles Tuoi~iens ait
pour motif uniq•1e Jcur
horreu'r des idécs européennes. Les dépen.
ses auxquelles entr~inent généralement les
réformes ont en~agé le
bey a surélever les impots; la capitation, rntre autres, qui n'était
que de 36 piastres par
an (50 francs enviroo),
a été portée au donble.
C'est trop, et l'on con~oit que le penple se
soit serví de ce prétexte
pour renverser un goc•
vernement dont il n'aime point !'esprit; au~
est-ce sur le ~hasnadar,
ou ministre des flnances, que se dirige sa
colere.
Quant au déploiement de forces navales
auquel la France, l'llalie, la Turquie et l'An•
gleterre font assister en
ce moment les habitants
de Tunis, il a son¡ ex•
plication daos les inté•
rcts assez divers que res
quatre nations entrctiennent daos la ré.
gcnce.
Bien que la Tunisie
n'ait relevé de la Porte
que pendant une période assez coarte, la Turquie n'en conserve pas
moins l'espoir d'y réta•
blir sa moroe autorilé;
ce dont serait trcs-:úu
'Angletcrre; qui, a·SQII

·t la Tunisie sous son protectorat,
tour, mettra 1

et uous enleverait du mcme coup une des
rrrosses parts de l'intluence que nous
15
~x~r~ins dans la Mé_iliterr_anée depuis que nous
y avons détruit la p1rater1e.
.
C'est pour lutter contre ces m,al_ve1llan~ desscins que nolre escadre de la Med1terranee stationne en ce moment dans ~es eaux de 1~
Goulette. La mcme nécessite uous y ava1t
amcnés déja bien souYent. En1-18~8, AhmedBey rérrnant une expédiliou parllt de Consta11tioo;le so~s les ordres &lt;le Ta~ir-P~cba, et
se présenta devaot Tnnis pour y retabltr laldolllination turque. Les amiraux Gallo!s et Lalan~e
ne le permirent pas. Le meme fait se representa en t8~t, et toujours derriere la tlotte turque se trouva \'escadre angkise.
, .
Cette fois ce n'est pas seulemeut la martne
'
.
de la Grande-Bretagoe
qui appuie l«:,s tentat1ves
iosensées de la Turquie, c'est
&lt;liplomatie,
représentée par M. Wood, le , meme. con.sal
que nous avons cu it. comba:tre en Syr1e: Cest
tui qui a répandu dans la regence le brUJl ahsurde que la France avait l'intention de s'en empuer.On sait que nol!·e consul général s'est halé
de démenlir cette calomnie. &lt;1 Mais en meme
temps, ajoute M. de Beauval daos la cir~ulaire
qu'il a adressée ace sujet aux agents places sous
ses ordres, je vous engage adéctarer hautem.e~t
que les exigences de notrll position en AlgerJc
ne nous permcttraientjamais de fermer les ye~x
s'il se manifestait, de la part de qui que ce fut,
quelque tendance a modifier en Tunisie un état
&lt;le choses consacré par le terops, par l'assentiment général et par celui du Diyan en particulier. » De son cuté, en voyanl arriver la division
turque, ayant a!io~&lt;lHai&lt;ler-Elfendi, commissairc

·:

..

---

.~ª

de ta Porte, l'amiral fran~ais, M. le comte Booét•Willaumez, l'a prévenu que toute ihtervention
matérielle serait mal accueillie, et que. le gouYerneur de l'Algérie avait rc~u l'ordre d'envoyer
ses contingents disponibles dans la province de
Constantine, qui, on le sait, avoisine la régence.
Pendant ce temps, l'insurrection augmcnte.
A Gabcs, il. Djerhi, a Sfax, aMonestyr, il. Soussah, a Neble, partout les autorités sont en fuite
ou enfermécs daos les forts; le bey lui-mcme
n'est plus en sureté daos son palais. Les chrétiens et les représentants de t'rance et d'Italie
ne sont pas davantage a l'abri &lt;le la populace,
et ils ont du chercher un refoge a bord de l'e!cadre franco-italienne, taodis que les vice-consuls anglais occupent paisiblement leurs postes.
ll y a évidemment connivence entre ces éhargés
d'affaires et les rebelles, qui d'ailleurs ne dissimulent point la main qui les mene, en' réclamant hautement la suzeraineté de la Porte el la
protection de la Grande-Bretagne.
Mais si l'Angleterre et la Turquie se sont alliées pour le succes de cette intrigue, le consul
et l'amiral fran~ais ont trouvé pres de ·leurs
coile"UCS
italiens tout le concours propre a
la
0
• •
déjouer. L'ltalie ne saurait voir, on le con~o1t,
t'intluence anglaise dominer si pres d'ello ;
aussi ne cache-t-elle pas la part qu'elle prendrait daos nos intéréts, qui sont les sicns, si
par malheur ·un conllit se produisait entre les
diverses puissances qui surveillent en ce moment l'insurrection tunisienne.
L.

LA. PORTE OORlE, A. FRKJI S,

LA :iAPOULE H L1! GOLt'f. o•;l:ANN•.s.

fü::SARD.

La 1ille de Bue,te, doot nou1 donnou ici la 1ue, fl
íorlifiée· die est 1ituée a quin1e 1i,ue1 N.-"1.-0. de Tuni1
entre u¿ lac ti le g~lle de ce nom, qu, a quatre lituPI de

�30

large. L~ port 11e peut recevoir que des na•irea d'un raíble tonnage, La
ville coutieul eoviron 8,000 bab1tants. l!lle eat. uec Gabés, Ka,rouao et
Rl ,K.d, une des quatre ~laces importantes occupéea par les troup,'1
inaurgée,. L'armée tunisienoe M! compose de troupe• irrégnlieres et de
troupea réguliérea. Le nombre de cea derniert1 esl de 1!,000 bommes ¡
e nombre dea premieru eat plus cou,idérable. Ces troupes n'onl pas
ét~ payéea depuis longtemp1; c'est pour ce moti( qu'ell.. ool pri1 part
a l'¡nsurrectioo.

C'est le désir de paraitre, de triompher en plein so- de statues, parmi lesquelles une belle tete de Jupiter.
leil, qui enfante toutes ces extravagantes toilettes: roParmi les édifices postérieurs ala domination romaine
.
bes relevées par des agrafes e~ laissant voir une jupe il faut citer l'ég)ise Saint-Etienne,
du douzieme siecle,'
écarlate, corsages écarlatcs; baudriers avec clous d'a- classée parmi les monuments historiques.
cier; plumes tombant sur les épaules. Ainsi acco11trées et
Les environs de FréJUS sont charmants, soit qu'on se
posant fierement, les femmes apparaissent comme des diri~e vers l'Estérel, soit qu'on se promene sur les bords
actrices écbappécs de la se/me daos le costume de leur de l'Argens ou qu'on aille -yers la plage de Saint-Ra~
role. Les casinos des villes de bains, Trouville comme phael.
Dieppe, Vicby 1comme Nice, présentent l'aspect d'un
C'esl ASaint-Raphael que Bonaparte débarqua a son
PROMENADE AU JARDIN DU MIDJ.
grand carnaval - la deseente de la Courtille dt- la société retour d'Égypte, en i799; c'est la aussi qu'il s·embarqua
européenne.
pour l'ile d'Elbe, en t8!4. Sur ce rivage méditerranéen,
l.
Ceci dit en forme d'avant-propos, parcourons cejar~ on retrouve partout la trace des pas de Napoléon. De
din proven~al, ou les valétudinaires qe toutes les nations Saipt-Raphael a Cannes, le chemin de fer longe le bord
Les chemins de fer, en multipliant les voies de comviennent pendant l'biver s'abattre par volées.
de la roer, et offre a cbaque instant un aimable panornunication, ont fait dans les mceurs une révolution comMe voici done a Fréjus, a deux pas de ce gigantesque rama. Oo voit passer comme un éblouissement, a traplete. La locomotion est devenue le besoio le plus impéanneau détacbé de la cbaine des Basses-Alpes, et qu'on vers les pins et les arbousiers, cette grande nappe
rieux de cette France, naguP-re citée comme la plus canomme l'Estérel. Cet Estérel était, il y a quelques an- bleue inondée' de rayons et tachetée de voiles blanches.
saniere des nations. Tout le monde est par monts et par
nées avant l'établissement du chemin de fer, un des Bientot on aper~oit les deux tours carrées du vieux chavallées, sacrifiant les lares du foyer aux di vinités hasardes derniers refuges de la poésie de grand chemin. De teau· de la Napoule, dont le golfe, aux contours arrondis,
deuses de l'hótel garni, et l'intimité du repas domestemps en temps, les diligences et les cbaises de poste présente un des plus charmants aspects. Je ne sais ríen
tique a la promiscuité de la table d'hote.
avaient maille a partir avec certains chapean~ pointus de plus beau que la vue de ce golfe par une belle matiLa vie de chateau, dont on parle beaucoup dans les
de l'école dramatique de Fra-Diavolo. Du reste, ces née de printemps ou d'automne. Cette Méditerranée··est
romans, n'existe pour ainsi dire pas en France, taot
brigands étaient gens de gout. 11 leur eut été difficile de splendide, et meme sous ce soleil proven~al, - soleil
cette vie est le privilége du petit nombrú; en revanche,
cboisir pour tbéatre un coin de terre plus pittoresque : de plomb, - on reste des heures entieres a eonles stations thermales, les villes de plaisance, les bains
ravins, gouffres, précipices, moots hérissés d'épais tail-- templer ce spectacle sans cesse renouvelé des flots bleus.
de mer sont ?attus par des flots de populations. Telle
lis, routes taillées daos le roe, et qui se tortillent comme On $uit d'un rtgard inquiet ces vagues mystérieuses qui
commune pau,vre s'est réveillée riche a'pres avoir fait
un serpent en belle humeur; blocs énormes de granit chantent, selon l'beure du jour et l'aspect du ciel, une
savoir qu'elle avait une . plage. Te! pays, perdu dans
découµés en profils, et qui semblent regarder comme chanson joyeuse ou quelque plaintive romance. - Que
les montagnes, est devenu, par la vertu d'uoe source
des tetes humaines. Te! eilt, en résumé, ce pays sau- disent les flots, ce matin? demandait une femme q1Ji
plus vantée qu'efficace, le centre des élégances valévage et primitif, dont l'aspect développait chez les so- avait fait une savante étude des voix de la Méditerranée;
tudinaires. Pour partir, on ne demande qu'un prélitaires qui s'y réfugiaient une propension a la vie con- voix profondes, voix claires, vou tour a tour pleines de
texte, et l'on part. Allez au Nord ou au Midi, aux bords
templative et á l'arrestation des voyageurs.
joie et de sanglots, voix qui racontent a l'esprit tous les
du Rhin, aux Pyréuées, sur les cótes de l'Océan on les
Fréjus, cette vi lle qui ne fut pas sans célébrité, n'est reves de l'imagination. D'ou viennent-elles, ces vagues
bords de la Mé¡literranée, partout vous rencontrez la
plus qu'un chef-lieu de cantoo. Qui se douterait, a l'as- écumantes? Dans leur course, quels rivages ont-elles
foule, une foule avide de distractions, et venant cherpect de ses rues moroes et désertes, que Fréjus est l'an- baignés? Quels navires ont-eUes bercés ou engloutis?
cher le plaisir sous le prétexte de trouver la santé.
cienne cité des Césars? Son port, qui abritait les vais- Quels cris funebres ont-elles entendus? Elles berceot,
La vie des eaux,serait la plus agréable, la plus facile,
seaux du peuple-roi, a disparu, et la roer elle-méme s'é- en se jouant, ces corps souples et jeunes qui s'abansi la prétention n'y avait tant de parl On arrive, on
tant retirée, le vaste gol fe &lt;:_reusé par César s'est transformé donnent Aleurs caresses; mais combien de vies n'onts'installe_; le premier jour, on ne connait personne, et le
en un marais ou poussent les légumes et ou courent les ellei&gt; pas dévorées? Ah ! l'histoire de ces folles filies mélendemam on est connu de tout le monde. Une partie
nliviers. On peut sui vre les traces de la ville anti que, et diterranéennes, qui la racontera? histoire lamentable
s'organise, on s'y mele. Celui-ci est Russe, celui-lA Hondans quelques endroits juger de la hauteur des murs ou et charmante !
grois, cet autre est Espagool; cette dame, qui caracole
penden~ eocore les anneaux de fer qui servaient a !'aEt l'horizon, comme le regard, se précipite au dela de
sur son cheval montagnard, a va le jour aux Antilles.
mare des navires. Étrange spectacle ! qui fait rever, en ce cercle immense baigné par la vapeur des nuages, et
On dirait que toutes les ráces ont voulu envoyer a~
montrant combien les assises qui semblent les plus iné- cherche Apercer le rideau d'argent qui voile l'infini !
moins un de leúrS exemplaires a ce pique-nique interbranlables sont cependant broyées par l'impérissable Pendant que les troupeaux d'écume, fouettés par le vent,
national. On cause, et tout va bien; car la conversation
main du temps.
jettent leurs cris effarés, l'reil voit surgir du sein de la
ne roulant que sur les généralités, tout le monde est
Les vestiges rorr.ains soot répandus partout dans cette plaine liquide uu monde inconnu. Le mouvement des
d'accord. La journée passe comme une heure, et l'on reville. Voici l'Amphithéa.tre, monument de forme ellip- vagues fait de ces éternelles vagabondes autant d'etres
vient le soir, ravi de la.bonne grace de ces nouveaux
tique; les gradins sont en partie détruits. Dans ces vivants; néréides, sirencs, tritons, qui revetent tour a
~mis, dont, huit jours apres, on ne se souvieodra plus.
arenes ouvertes iÍ. to.us les vents, j'ai vu de jeuoes pro- tour ~es apparences gracieuses ou grotesques, et sP.mComme on se lie ón se delie, ét c'est la un des boas co ..
fanes établir une glissade au pied du Podium, ce gradin blent exécuter la plus désordonnée des contredanses.
~és de cett&amp;r'm51uéiantc vie, ou·l'on glisse sansapµuyer,
sacré réserxé a l'empereur. Des loques séchaient, éten- Puis tout change, et des chenux: gigantesques, poussés
'OU ltnn ne demande a chacun que la fa~ade de son perdues sur les gradins supérieurs, et les braves gens du les u.ns sur les autres, se précipitent avec furie dans une
'Sonnage, et ou l'on respire l'heure présente sans son&lt;&gt;er
pays avaient métamorpbosé en btlcher les arcades du course fantastique. Nul cri humain ne saurait rendre le
aux heures qui suivront.
t&gt;
rez-de-chaussée. Tout déshonoré qu'il est, ce vieil am- sauvage hennissement de ces cavales a la -eriniere blanLe revers de la médaille, c'est, comme je le disais
pbithéatre a encore un tres-grand air, et produit sur le che. Comme on comprend que l'imaginat~on de la Grece
tout a l'heure, la prétention, !'a.pre désir de briller le
,pectateur une vive émotion, tant l'homme se sent tou- ait peuplé de tant de chimeres, de tant de monstres diparti pris de faire de J'effet; et ceci s·a~resse surtout ~ux
¡ours vivement impressionoé par l'auguste majesté des vins, ce mystérieux royaume de la mer. Mais le vent a
femmes. Pas une d'elles qui n'arrive, - quelque malade
ruines.
· cessé avec les premieres heures du soir. Chevaux maqu'elle soit, - montée sur le cheval de bataille de la
Cet amphithéatre de Fréjus me rappela celui de Treves, rias, monstres charmants, tout a disparu; il ne reste
toilette. Celle-ci a vingt robes, celle-ci trente, celle-ci en
et je fus tout a coup transporté par le souvenir du ri vage qu'une nappe immobile, une nappe bleue sur Iaquelle
a quarante, et il faut que toutes ces robes défilent la
méditeri:anéen aux bord! de la Moselle. 11 me semblait, se détache, comme des points blancs, de distance en disparade. Robes du matin, toilette du jour toilette du
tant les deux m?numents se ressemblent, revoir ce tance, la voile endormie des pécheurs !
s.ir. Une rivale est vaincue quand, daos ~e combat df:
grand cirque de la superbe Augusta Trevisorum, aussi
HeureUI qui peut rever encore, en ce siecle ou l'on n'a
fanfreluches, elle a épuisé tout son répertoire. Alors elle
dégradé, aussi triste que celui de Fréjus, ce cirque otl plus le temps de rher!
part, P.t elle va ailleurs étaler ses robes et recommencer
le pieux Constantin, canonisé par l'Église, fit déchirer par
Me voici a Cannes, et je tombe, dans ce joli nid médila_ lutte. Les, batailles d'étofles et de ruhans ont les plus
des lions et des tig~es les prisonniers qu'il avait faits en terranéen, au beau milieu d'une fete. Cannes n'avait
tr1st~s co~seqaences. Une excursion préparée depuis
combattant contre les Francs. Plusieurs de ces infor.. pas d'eau, c'était son seul malbeur. Une ville de plaiplus1eurs JOUrs manque parce que cclles-ci ne veulent
tunés survécurent a cet horrible duel. lis égorgerent les sance ou il n'y a pas d'eau a boire ! Il fallait done replus se rencontrer avec celles-la. Et puis, ce sont des
beles féroces et resterent maitres du cbamp de bataille • médier a ce grave inconvénient. On a emprunté a la
gestes, des sourires aigre-doux, des regards féroces
rnais alors le peuple, se tournant vers César, demand; Siagne, - une des rares rivieres de la Provence, - une
accompagnés de médisances et meme de calomnies. Parque le combat continuat, et Coostantin ordonna anx partie de ses ondes pour l'irrigation des jard!ns et l'arrofoi.,, _les maris sont obligés d'intervenir et de prendre
prisonniers sunivants de combattre entre eux pour di- sage des rues de Cannes, et depuis qu'on Iui a fait cette
part,.
vertir les spectateurs. Les Francs lancerent un regard salutaire saignée, la Siagne ne s'en porte pas plus mal.
De toutes les toilettes, c'est aux eaux que se pavanent
de mépris sgr la foule et, plutot que de lutter les uns L'exécution des Lravaux, confiée A MM. Conte-Grandles plus extravagantes. U y a dix ans, on ne portait en
contre les autres, ils préférerent s'égorger mutuellement. champs, ingénieur en chef, Camerc,ingénieur des ponts
debors de la 'ville que le grand chapeau de paille • ce
Ce n'étaient déja plus ces gladiateurs des premiers jours, et chamsées, et Lagarde, conducte•ir, a été, on peut le
chapeau de bergere, qui garantissait le teint eles mo:.Sutombant avec grace et mourant en criant: Salut, César! dire, enlevée, en dépit de toutes les difficultés. Cannes,
rea clusoleil,
Puis ce chapeau, manié, taillé' coupé:, a pris
.
A Fréjus, comme a Treves, on marche au milieu de pour célébrer ce grand jour de l'inauguration, avaii
aucceasl\ement les formes les plus di verses. 11 s·e~t transl'bistoire. Apres la porte de César, c'est l'aqueduc su- pris ses hahits de fete: clergé, l'éveque de Cerame en
formé en cba~au Louis XJII, en chapeau Louis -XJV, en
perbe dont on peut suivre les arceaux sur une étendue tete, autorités, fonctionnaires, tout le monde officiel
cbapeau L~u1s XV., en toquet avec plume d'aigle, puis,
de ,quarante kilometres; c'est la Porte-d'Or arche était la; mais comme ce n'est pas l'habit brodé que je
comme touJours, la toilette s'est fa~nnée sur le cha.
'
tr1omphale conlitruite en assises superposées de pierres viens chercher en Provence, je passe légerement sur la
pe_au, et c'est ainsi qu'il ~emblerait que les eaux ne
et de briques. Plus loin, le Phare d'Auguste, puis des cérémonie et je vais examiner Cannes a son point de vue
so1ent plus fréquentées que par des princesses de
thermes
antiques; des fouilles faites Acette place ont mis pittoresque.
~ütre,
•
EnxoND TmER.
a découvert des colonnes de marbre et des fragmenta
(La suite procAain,ment.)

3i

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIYERSEL
PIA!08 DK LA IIAISO! l!URY KT DUIIAS, DK NIHS,
SYSTiME LEVlGRAVE.

París n'est pas la seule ville de France ou l'art de la
fabrication du piano soit arrivé asa perfectioo. Nous
pourrioos citer plusieurs maisons de province d'oü sor·
tent chaque aonée des milliers d'instruments qui, pour
la qualité de son et l'élégance de la for~e, sont loin
d'etre inférieurs a ceux provenant des atehers des Hen
ou des Pleyel. Si nous avions a passer en revue e ~ maisons de province, nous commencerions, sans : :siter,
par ta maison Maury et Du~as, de Nime~. Cett41 1aison,
fondée depuis trente ans, n a pas cesse. depu s cette
époque, de prendre une extension toujo rs croissante;
aussi les médailles et les récompenses oh nues par elle
aux expositions universelles et départe1 mtales sontelles fort norubreuses.
Le deroier sucees remporté par cette maison est du A
l'invention du systeme Levigrave. Ce systeme remédie
enfin a l'inconvénieot dont s'étaient plaints, jusqu'ici,
leli piaoistes; ils n'étaient jamais surs, en effet, du clavier sur lequel ils exécutaient: tantót ce clavier était
trup mou, tantót il était d'une dureté excessive. 11 fallait
trouver le moyen de lui donner le degré de résistance
voulu par l'artiste. Grace au systeme Levigrave, ce progres est réalisé.
Cet ingénieux mécanisme peut s'adapter a tous les
pianos, dont il ne gate en ríen l'aspect. 11 se compose
d'une barre transversale tournant sur elle-meme et s'abattant insensiblement sur une rangée de ressorts fixés
sur les touches. Cette barre est mise en mouvement a
l'aide d'une clef, pres de laquelle se trouve une piece
graduée fixant le degré de pres¡¡ion ou de légereté que
désire l'exécutant. Cette importante amélioration a de
plus l'avantage de donner aux éleves la vigueur et la légereté du doigté, en les habituant a jouer sur des pianos
plus ou moins durs : avantage que les inventeurs ont su
con'server meme pour les pianos d'un mutisme absolu,et
dont le clavier possede ainsi le meme, degré de résistance que lorsqu'il met en jeu la mécanique.
On ne saurait trop signaler ce progres importa.nt; il
est précieux pour les éleves, et, disons-le. en passant, il
doit etre fort goüté des parents, qui peuvent échapper,
par ce moyen, au supplice de l'exercice et de la garume
prolongé pendanl plusieurs heures de suite.
Cette invention oous a frappé, et nous avons cru de
notre devoir d'en dire ici quelques mots. D'autres juges
bien plus experts que nous et dont l'a(ipréciation, en fait
d'art musical, est tenue en haute estime, ont fb.it de la
nouvelle invention de MM. Maury et Dumas tont le cas
qu'elle mérite. Nous avons vu,les lettres q•1e les inven'teursont re~ues de MM. Auber, Ambroise Thomas, Gounod, Prudent, Marmontel, Lefébure-Wély, Ferdinand
Poize, Louis Lacombe, etc. Cbacuo s'y récrie a l'envi
sur le mérite du systeme Levigrave, et déclare qu'il est
d'une utilité immense et incontestable pour les exécutants distingués aussi bien que pour les éleves.

B. C.
COUBlllEB DES E..1.UX.

Parmi les villes de l'Allemagoe qui se sont fait une
réputation bruyante, Erru se distingue par une physionomie particuliere. C'est encore une ville de malades
sérieux. On rencontre la peu de ces touristes qui vieonent -voii: ou etre vus, et qui, par leur bruyante activité,
dérangent, daos Ieurs graves occupations, ceux qui sont
venus pour rétablir leur santé. A Ems, on ne , ient
point en curieux, mais en malade: on reste, et l'on se
soigoe. Ces eaux gazeuses, caractérisées par des carbonates alcalins, chlorurés, se rapprochent de celles de
Vichy par leur action, sur les aflectious des voies digestives. Les maladies nerveuses, celles de la poitrine, les
palpitations, en re~oivent aussi un remede elficace. Les
eaux qui sort.ent a une température variant de 27° a
52" centigrades, les halles fermées du kurh3.us avec ses
µromenoirs, ou regne toujours une meme chaleur, rendent possible le traitement de certaines maladies pendant les mois extremes de la saison, qui ouvre des le
ter mai. Aussi les gens qui redoutent la foule, les plaisirs et le bruit peuvent passer a Ems une saison hative
ou tardive, en laissant la saison moyenoe a ceUI pour
qui les distractions du Kursall ont de l'attrait. Des salons
Plagniftques, décorés pour le bal, le concert et la con-

versation ; nne salle de lecture, des galeries de fer pour
la promenade au son des orchestres, réunissent, le soir,
la société d'élite qui a choisi Ems pour son rendez-vous.
Dans le jour, les ombrages de la vallée de Lahn, les
courses a travers les collines boisées qui la dominent
permettent a chacuo de s'isoler, de vivre un peu en
dehors des murs d'une ville, de compléter eiifin l'action
satisfaisante des eaux par celle non moins eflicace du
grand air. La bonhomie allemande s'unit, a Ems, a l'élégance de París. D'ailleurs, quatorze beures seulement
séparent la grande ville de la petite, et le chemin du
Nord vous y conduit en vous faisaot toucher barre a Cologne.
Cette année, lesoleilet le beau temps sont venus, comme
toujours, faire leur saison d'Ems.
On promet aux visiteurs trois premieres représentations : Le soldat magicien, Jean qui pleure et Jeanne qui
rit, d'Offenbach, et ta Boite a surprises de Deffes. C'est le
hilan des reuvres. Quant aux interpretes, ce sont :
~IM. Désiré, Pelva, Jean Paul, Mi:e, Bouffar et Taffanel,
c'est-a-dire !'élite de la joyeuse t:,oupe des Bouffes parisiens; M. Guyot, M110 AlbrecJÍt et Estagel du TbéatreLyrique; M. et Mm• Duboucher, du Théatre royal de la
Monnaie, de Bruxelles. ll y a la de quoi faire fuir, au
moins jusqu'A Carlsbad, la tristesse la plus invétérée et
la lassitude la plus chronique.
On passera de l'opérette au concert. Vivier, Servais,
Batta, Alard, Joseph Wieniawsk.i, Vieuxtemps, Léo Lion,
Arbao, Meyer, etc. etc.; Mm• Escudier-Kastner; M11• Marimon, de l'Opéra-Comique, et Mm• Le:nmens . Sherrington, composeroot le personnel musical. Des sons, et non
du bruit. N'est-ce pas le repos le plus heureusement
occupé que l'on puisse désirer?
Les représentations théatrales au Kursaal ont com-·
meneé déja. - On a ouvert par le Chien du be'l'ger, opéracomique en un acte, paroles de MM. Lockroy et Cormon,
musique de M. Albert Grisar; et c,-oquivnolle, opérette en
un acte, paroles de M. de Forges, musique de M. Ernest
Lépine.

essentiellement de celui du café, mais auquel le cona proportions
n égales avec le café, 11 détruit en grande partíe son
n effet surexcitant sans e.n altérer le gotlt; - comLiné
&gt;J par moitié avec le tbé, le karouba produit un bren)) vage nouveau etagréable';- mélangé au lait, il forme
J) un déjeuner nourrissant et salubre, particulierement
)) recommandé aux femmes et aux enfants.- En un mot,
&gt;J le karouba a les á.vantages du café sans les inconvéJ) nients de la sureYcitation et de l'insomnie.
» Chaque consommateur peut done a son gré, et sui)) vaot son gotlt, ou employer le karouba a l'état pur
)) ou le cornbiner avec le café, le thé, le lait, le rhum et
)) l'eau-de-vie · dans les proportions qui convicnnent le
» mieux a ses habitudes et a son tempérament. i&gt;
ii

» sommateur s'habitue vite. Combiné

-Qui n'apprécic aujourd'hui 1'Eaude Mélissed-esCarmes,
ce remede souverain, dont !'origine remonte a une date
si ancienne, qu'~lle est presque devenue une légende?
Léguée par le dernier des Carmes de la rue de Vaugirard aM. Boyer, qui en possedc seul le secret, cette pré- ·
cieuse liqueur a acquis une popularité sans égale.
L'Eau de Mé/isse des Carmes compte autant de partisans qu'elle a opéré de guérisons merveilleuses, c'est
dire qu·elle est uoiversellement adoptée. Seulement, on
ne saurait trop se rappeler que la véritable Eau de Mélisse est signée BovER, et que, cornme toute chose excellente en soi, elle a donné lieu a des contrefa~ons.
L'Eau de Mélisse des Carmes, dont tous les pays du
monde possedent le dépot, - est fabriquée, 14, rue Taranne, a París.
. C0MPAGNU: &amp;ÉNÉRALE TRANSATLA.NTIQ0 E
Servlce poatal tr1n911S.

E~TRE LE D..I.VRE ET NEW-l'OBlí.
S.AN'S ISCi.LI

Par lu magniflquu paq!Uboll

a ri,ua

WASHINGTON, capitaine A. Duchesne, de 5,600 tonneaux de déplacement et 950 cbevaux de force.
LAFAYETIE, capitaine A. Bocandé, de 5,600 tonneaux
LIBRAIRIE.
de déplacement et 950 chevaux de force.
Réunir daos un dictionnaire tous les renseignements
Les départs se feront le mercredi, tous les vingt-huit
otiles, tel est le hut du Dictionnaire de la vie pratique a jours, tant du Havre que d'cl New-York.
la ville et a la campagne (i), que M. G. Beleze, ancien
' suit :
Les prochains départs auront liei.t comme
éleve de l'École normale, a publiéala librairie Hachette.
DO BAVRE:
On a souvent a rédiger des acles, a donner des quitSteamer Washington. Mercredi 27 juillet.
tances, Afaire constater des délits, a se faire délivrer un
Lafayette .. .. Mercredi 24 aout.
passe-port, un permis de chasse, a déclarer une naisWashington. Mercredi 21 septembre.
sance, un déces; mais on ignore la maniere de procéder
Lafayette.... Mercredi t9 octobre.
dans ces diverses circonstances.
Washington. Mercredi i6 novembre.
S'agit-il d'un mariage, d'un engagement militaire,
Lafayette..... Mercredi 14 décembre.
d'un placement de fonds? Nouvelles formalités. - Veuton-savoir quels sont les avantages, les inconvénients et
DE NEW-YORK :
les conditions d'une profession; que Is sont les soins a
Washington. ~~rcredi i 7 aoüt.
.
donner aux enfants; quels moyens peuvent rendre plus
Lafayette. .. Mercredi i4 septembre.
faciles l'ordre et l'économie dans un méoage; a quoi
Washington. .Mercredi 12 octobre.
obligent les devoirs religieux, les devoirs de société, les
Lafayette.... Mercredi 9 novembre.
regles du savoir-vivre ; comment on doit. diriger un
Washington. ?tfercredi 7 décembre .
faire-valoir, un jardín, une basse-cour; quels sont les
Lafayctte.... Mercredi 4 janvier 1865.
meilleurs procédés de chasse et de peche, les regles d'un
Pri1t des places :
"Jr'r
je11 de cartes, du trictrac, des échecs, du billard, etc. ?
Premieres. . . . . . iOO fr.
Pour trouver une réponse Aces questions et a taot d'auSecondes . . . . . . 400
tres semblables, il suffit d'ouvrir le Dictionnafre de lavie
S'adresser pour passage, fret des marchandises, des
pratique. Religion, droit, assurances, industri~, agriculespeces,
et pour tous autres renseignements :
ture, horticulture el syl viculture; rnédecine domestique,
A
París,
au bureau spécial de la Compagnie, f2, bouhygiene et art vétérinaire; économie domestique et rulevard
des
Capucines (Grand-Hotel) :
rale; cuisine et office; exercices du corps; j~ux de toute
Au
Havre,a
MM. William Iselin et ce, agents;
sorte, etc.; ces diverses matieres ont été traitées daos le'
A
New-York,
a M. Geo. Mackenzie, 7, Broadway.
Dictionnaire, au point de vue pratique, et de maniere
que le livre fut également utile Ala ville comme a la
~
campagne. Le Dictionnaire universel de la ,¡;e pratique
CAISSE GÉNÉRALE DES CHEMINS DE FER.
forme un beau volume de pres de quatre mille colonnes.
MM. les commissaires nommés par l'assemblée du
(1) Un ,ol gr&amp;11d in-8•, de plus d• t,i00 pages. Brocbé, ~t fr.
6 février dernier préviennent les actionnaires que, par
des ,-aisons de haute convenance, la réunion qu'ils ont
convoquée
pour le 30 juin est remise au samedi, i 6 juilHYGIENE.
let p,'Ochain, a deua: heu,-es de l'apres-midi, au Cirque de
Le directeur de la Société fran~aise d'alimentatioo, l'lmpératrice.
rue du Cygue, 4, a Paris, publie la note suivante, en réPour que les solutions de l'assemblée aient ph1s d'aupqnse aux nombreuses questions qui lui sont adressées torité, la commission prie instamment les actionnaires de
chaque jour sur la nature et l'emploi du nouveau pro- ne pas négliger d'assister a cette réunion ou de $'y faire
duit aíimentaire, le Karouba :
reprt!senter poui· toutes les actions qu'ils possooent.
&lt;( LE KAI&lt;0UBA NEsr PAS DU cAF~. Comme le café, il
On dépose les actions chez M. Mires, rue Neuve-des» se prépare par infusion daos les memes proportions Mathurins, 39.
» et sert aux memes usages. La s'arrete l'analogie; pris
Les cartes déja délivrées serviront pour l'assem.bléedu
)) a. l'état ·pur, le karouba contient un arome qui difiere t6 juillet.
1

.., ' J.t

~

�L'ILLUSTRATION, JOURNÁL UNlVERSEt.

32

T,

Le

EXPOSIT!ON DES RESTES DE M. ROUVIÉRE, MALRR DB .MARSEJLLE, DANS LA CliAPELLE ARURNTE DE L'HOTEL-DE-VJLLE. -

La Société impériale et centrale d'Horticulture ouvre
aujourd'hui, 9 juillet, sa troisieme exposition partielle,
AU DIRECTEU!i.
qui est spécialement consacrée aux roses, reillets,
Marmll•, ~O ;uio.
orchidées, etc.
Le public sera admis tous le,s jours a cette exposition
La villc de Marseille vient de perdre son premier majusqu'au i4 juillet inclus, de íO heures du matin a
gistrat. C'est la premiere fois qu'un maire y meurt dans
O heures du soir.
'eiercice de ses fonctions. M. Rouviere (BaltbazarLe prix d'entrée est fixé a i fr. par pcrsonnc.
Fran~ois-Xavier), d'une anciennc famille marseillaise,
était né le 2 décembre 1778. Jl avait fait ses études au
ycée ~e Marseille, ou il avait été le condisciple et le camarade de classes de plusieurs des hommes les plus
RÉBUS.
distingués de notre époque, de M. Thiers, entre ·autres.
Apres avoir fait son droit a Aix, il déhuta dans le barrean, aMarseille, en f8i8. En f826, il ful nommé avoué,
et, dans l'exercice de cette profession, il se distingua par
son intelligence, sa droiture, son intégrité.
M. Rouviere entra dans la vie publique a partir de
1860; nommé membre de la commission Il)Unicipale,
qui succéda au conseil municipal dissous au mois de
janvicr de cette année, il fut, le t•• juillet suivant,' appelé aux fonctions de premier adjoint. Lors des élections
qui survinrent peu aprcs, il fut maintenu au eonseil par
le choix de ses concitoyens; enfio, un décret impérial
du 22 février f862 lui conféra la dignité de maire, apres
la démission de son prédécesseur. 11 était, en outre,
eonseiller d'arrondissement et chevalier de la Légion
d'honncur. M. Rouviere a succomhé a une rap:de maladie, le 27 juin. Son corps a été exposé, pendant toute la
journée du 28, daos une ch¡;pelle ardente, a l'Hótel-deVille. Ses funéraillcs ont eu lieu le 29; la ,ille prcsque
tout entiere assistait a cette triste cérémonie. Trois discours ont été prononcés sur sa tombe : le premier par
M. de Maupas, sénateur, chargé de l'administration du
l!.XPLlCATION DO DERNIER RltBOS,
département; le deuxieme par M. Roussicr, pre~ier adLa pensée est tout dans un tableau.
oint; le troisieme par le président de la chambre des
avoués. M. Rou,iere est vivement regretté de toutes les
classes de la population. C'était un véritable bomme de
A~G, MARC, directeur-gérant.
liien; bon, doux, charitable, conciliant, plein de zele
pour ses fonctions.
Em,. TKXIER, rédacteur en chef.
Agrée1., etc.
B. L,1NoA1s.
M. ROUVIERE, MAIRE DE MARSEILLE.

-------.,..~..
--.,,_____
......

Tous les sam~dis, fete de nuit aMabille. Tous les mercredis, au Chatean.-des-Fleurs.

Imp. de L'ILLUSTHATION, A. Mar&lt;;,
22, rue dt Ver11tuil.

U'apres un croquis de M, B. Landais,

LE PARTHÉNON DE L'Hl$TOIRE.

Sans aucune interruptioo, LE PARTHÉNON DE L'HISTOIRE poursuit la publication de ses six volumes.
L'avance considérable de planches gravées que possédaient les éditeurs pe cette vaste entreprise avant de
mettre en vente la premiere livraison, leur a permis de
continner Ieurs travaux saos aucune précipitation préjudiciable a la beauté de l'reuvre; de telle sorte que les
liyraisons qui se succedent sont aussi parfaites ·que les
premicre~.
./
C'est ainsi, du reste, que· dcvraient toujours se traiter
les ouvrages publiés par fascicules.
Les livraisons n•• 39 et 40, qui viennent de paraitre,
témoignent de la vérité de notre observation.
Ces deux livraisons renferment :
Salon Lo,;,is XV, tete de chapitre. - Portrait de
Mm• de Longueville. - Brúle-parfums, cut-de-lampe. Chien et chat, tete de chapitre. - Portrait de Marion Delorme. - Bas-.relief antique, cul-de-lampe. - Vv,e de
Venise, tete de chapitre. - Portrait de Bianca Capello.
- Amour aux couronnes, cut-de-lampe. - Église de Notre-Dame de Géorgie. - Place Krassnay!}, - Monastere
de Deritschiye. - Polé. - Vue de la Porte rouge. - Grosse
cwche de Moscou, cul-de-lampe. - Panoplie d'armes, tete
de chapitre., - Image de Notre-Dame, dite du patriarche
Josaphat. - Mitl'e du premier patriarche de Russie,
Job. - Mitre du palriarche Nikor. - Mitre, dite bonnet
grec. - Paragia. - Ciboire du temps du grand-duc Jean
Vassilievitch. - Couronne en diamants du tzar Jean Ale•
xéiévitch. - Casques lithuaniens et livonie1is. - Sceptre
de céremonie. - Encen.1oir en or du tz&amp;r Theodore Ale·
xéi&amp;vitch. - Couronne du tzar Michel Feod.-Orovitch, dite:
bonnet d' Astrakan. - Couronne en diamants d11, tzar
Pierre 1". - Couronne en drap, dite bonnet de Sibérie.
Cet avis est donné anos abonnés souscripteurs acette
pub\ication, et particulierement a ceux q1ü ne le son\
pas encore.
~

Le renouvellement de juillet étant un des plus
considérables de l'année, et occasionnant dans les
burcaux un travail supplémentaire, nous prions nos
souscripteurs dont l'abonnement est expiré de vouloir bieri le renouveler au plus t6t, s'ils veulent
éviter tout retard dans la réception du journal.

G1

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                <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores</text>
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                    <text>L'ILL USTRATION
TOME XLIV

.Juillet, &amp;.out, Septe111bre, Oetobre,
No'l'emhre, Déeembre

1864

PARIS
60, RUE RICHELIEU

�L'ILL-USTRATION,
lOUBRAL Ul'IVEBSEL.
------------

-~':'?-

-:;~~~-.

-=-~e,

-- - -

Direclion, Ré1lartion, Adminislralion :
Toutes les communications relat;\"e&lt;; 'au journ~l , réclamations, demandei
de chan~ements d'adresso . doiveot étre adressées franro a
:1:. AIUG. ~fARC, DlllECTEUR·GEP.~~T.
Les dem:irn1es d'ahonnemPnt rloh·ent etre accompagnees
ri'nn m:rn-1:.t en:- P:trii.

/

F.O N DO
FERNANDO OIAZ RAMl!lEZ

011 :-1ir

la nc,ste.

Ue ANNÉE. VOL. XLIV. Nº 11111.
8an1edi ·~ .Juil!e t
L'admiuillratioo ne ripond pas dc1 maouscrill el ne 1'engag1 ¡ama11 i le1 msirer.
fu let traités, la traduclion r.t la reproduction i l'etra.ngér sonl mteranas.

BUREAUX : RlTF. RrCHF.LIF.fl. GO.

Abonnrmrnls pour París el les Déparlemcnls :
3roois.9ír. ; - 6 mois, IS fr. ; - unan, 36ír.; - le numéro,~Sc.
la collection mensuelle, 3 fr. ; le volume semestriel, 1&amp; fr.
AilO~'NE:IIENTS POUR L'ÉTRANG6R 1
~1émes prix ; plus les droits de poste , suivant les tarifl.
Les abonn .. partent du I tr no de ch3~ue mois.

France. Le dix-huitien:e siecle a vu le partage de la Pologne,
et cette tache souillera éterne1icment sa mémoire.
REVUE PDLlTlQUE DE LA SEMAINE.
SO.\UIAlíl E.
Le dix-ueuvicme siecle est-il destiné a voir le partage
Le Monileur nous a aononcé, en termes tres-laconi- du Dancmark?
Re•ue polilique de la srmaii,e. - r.ourrier Je Pari;. - Tableaul
ques, une nouvelle a laquelle DQUS nous attendions :
Un écrivain, M. Léon Plée, fait remarquer que, jusreprodu,ls par l'lll11s11•ation. - Cormpoudnuco d'Algérie. - Giulia
« Une dépeche télégraphiq ue de Londres annonce que la qu'il. ce jour, nolre histoire ne nous avait pas habitués it
( nou.elle), suite. - Caus•ric dramaliqne - La Fiorata de Gcnconférence a tenu sa derniere séance. »
voir tomber les faibles sans que nous leur portions seiano. - Lea Courses de Printemps a Pékin. - Autobiograpbie
L'opinion publique n'a pas re~u celle nouvelle avec cours. « Au trait9 de Vervins, nous avons fait reconnaitre
d'un poete (suite ). - Consécration de la nouvclle église S3iutcautant de calme que le journal officiel. Le courage dont l'indépendance des Provinccs-nnies; it la paix de West•
Perpétue, a Ntme,. - Cbronique musical•. - Queslions p111iliques
le Danemark a fait preuve, la rési, tance de celte petile phalie, nous avons cÓnfirmé cetle indépendance et ,fait
et littéra1res (XIV) : Quelles sont les idécs de la nouvelle généraet hér.o'i que nation aux masses considérahles de la Prusse r,econnaitre celle de la Suisse; par le traité de París et
tion intellectuelle? - lclire de M. Yictor Hui,.
Statues de diet de l'Aulrichc, ont excité la sympalhie de toute la de Ycrsaillc.:;, en 1784, nons aYons fait reconnaitre l'in,inité1 et ohjets didépendance des
•en nposés au
Etats-Uñis d'AMusée de Mnico.
mériq ue; en
- Le général Dem1831,
nous n'abinski.
vons pas hésité .A
défendre la BelGravuru : lnsurrecgique et A forhon d' A l~érie : Aracer l'Europe a la
bes enlevant le corps
reconnaitre comdu sherií Si-Lazereg,
me indép1,ndanau combat de Dar-•
te; en 1853, nous
hen - Abdallab; n'avons pas
Comb,t l,ué le 5
jui1a coutrc l,s Flit.
craint de défendre l'indépentu a Dar-bon-Abdance de l'empidallah. - État acre ottoman et de
tual des trnaux du
Pal1i1 de · Jushce.
faire reconnaitre
celle de la HorL'/nfiorata a
Genzano : Pay,ans
manie; enfin, en
formant le tap11 de
1858, nous avons
fleur&amp; puur le pa,couru an secours
IIKe de la procesde l'Italie et nous
1ion ; - La procesavon.~ commeneé
1io11 de 1'111/lorata.
SOD unité. »
a r,euunn. - Les
Quoi qu'il en
f.ourses de Prinsoit, la conféreotemps i Pékin. ce k été rompue,
Conséeration de l'éet l'état de guer
glise Sainte-Perpére entre le Danetu-. i_Nimes. - Samark et les deux
l•n de 186+: fri,its
grandes puissancueillis. - Diviuitu
ces allemandes a
utique. - Statue&amp;
recommencé.
de , dieu1 azteqn,s
Dans cette derttposé•• au llnSPe
nicre séance de
de lle,ico. - Le
samedj, une 'd¿-'
claration, lue par
M. de Bernstorll
au nom de la
PrUS11e, a essayé
INSURRECTION D'ALGÉRIE: LES ARABES ENLEV.A.NT LE CORPS DU SHERlF Sl•LAZEREG, AU~COMBAT DE DAft-BEN-ABDALLAH, - D'apres uo croquis de M, de la Brilfe.
de~r sur le

�2

L'ILLUSTRATIO

L' lLL USTRATlO,. , JOU RNAL UNIVERS EL.

JOUR .\ L ll~IV ERSFL.

-

résu\tat de ce scrutin de ballotage a été favorable aux
Oanemark la responsabilité de la rupture des négociaAvez-vous vu, dans Bl rcelone,
1 •
COIJBlllft 81K P.&amp;BIM,
Une AndJlouse. . . . . .
tions. Le représentant do cabioet de Copenhague, M. de candidats de l'opposition.
S'il existe encorc de nombre•Jses dissidences d'opinion
.
.
Bille, a répondu a cette accnsation, puis il a ajouté que
au sujct de l'abolition de la peine de mort, tout le Un moins pour un m1t11J:. - t • le marq11is de Ferriere
Mais il eut des scrupulcs, et improvisa quatre strole Oanemark retirait son anhésion au projet de démarYaycr. - U"e amhassodef,·•tnf11ise en CMne. - t'::thange
monde est d'accord do m0i11s sur ce point, q~'il est bon
phcs
tout ei pres pour ~on hule.
cation proposé par l'Anglelerre, et qu'tl reprenait ses
roli·ess~s poétiques. -Lajo11r11ée d"uri elég,nl de Cakut
de refréner ce cruel mstioct de curiosité, qu i fa it du supEt
voila
comment il n'est point mal qu'un diplomate
druits sur toute la mooarchie, tels que les censacrait le
La Cou1 d11 !la, l.1y. - Le nouveau Palais de Jw.tice.plice un speclacle; en attendant que 11ar suite !les prosoit
un
lcttré,
voire meme un poclc, el comment le gou'l"Oilte de la salle des Pas-Perdus. - Le T1 ibunal de
traité de i s:,2.
gres de l'éducation publi11ue le peuple s'éloignc de lui,verncment
fera
sagement de pourvliir d'ambassldes
inerce et le Prado. - Clll'oniques et Ugendes des ruel
Immédiatemcnt, le prince Albert de Prusse, qui commcme de l'échafaud, partout les autorités chargées de
\JM.
Lecontc
de
Lisie,
Théodore de 8am illc, Chailes
Paris. - Joscph ll au calé de la Rign1ce. - Les rata
mande une divisiou de l'armée prussienne dans le
régler l'application de la peine de mort s'eíiorcent de
Reaudelaire,
Louis
Douilhct
et mai nt autrc, capable d'cn
.Pdfis.-Lcs
vente~
de
c,
:
s
dames
au
siecle
dernier.Sleswig, recevait de Carlsbad, par le télégraphe, l'ordre
restreind re la publicité de cette application autant qu'il
remootrer
sur
la
metaphorc
et
sur le rhythme atous lesacaques
statuls
du
Cricket-Club.
·
de se rendre le jour mcme ap. quartier géoéral.
est possible de le faire saos violer la loi. Aussi n'est-ce
,dcm1
c1ens
de
la
Perse
et
a
toas
les mandarios de la Cbine.
La lutte va done reprendre, et, cette fois, avec une
pas saos un triste étonncment que nous avons lo le récit
Qlle de fois j'ai regretté, depuis samedi dernier,
animosité plus grande. O'uo coté, le Oanemark s·y préde l'exécution d'un malheurcnx nommé Ouwez, dit le
M. ne Ferriere le Vaycr nous -lonne, daos son journal
l'li,~tration ne fut pas un journal quotictien !
pare en se faisant allouer par les Chambres les somme~
Petit sorcicr, et qui a cu lieu a Valencicnoes.
,de
voyagc, la journée d'u n élégar t de Calculla.
En laisant all usioR a la brochure de M: Émile Au
nécessaires pour les besoins de la guerre, et en rétahlisEn tete do cortége veoait un demi-escadron de dra((
A l'aube du jour, ou, comme on dit ici, au coup de
sur la question électorale, j'écri vais eett~ phrasc, ,
sant immédiatement le blol'U~ clevant les ports prussieo~
gons précédé de trompelles sonnant la marchP, puis trois y a huit jours : « 11 s'est trouvé que 16 brochur
canon ele la forteresse, il saute do lit et va, légcrement
de la Baltique et les pa.~ses des Ouchés. Cette ré~olution
membres de la confrérie de Miséricordc portaot le Christ
habillé, re,pirer l'air qni n'a pas eocore touché la llammc
M. Augicr n'était pas plus mau vaise, ¡iour le fond,
a été annoncée par une lellre du représentant danois a
voilé et deux laoternes, ct'cnfi n lacharrette rlu coodamoé,
du soleÍI. l)cs q,rn l'astre s'esl mnntré tout entier, il rensi elle était l'reuvre d'un sous-préfet, mell\e d'un pré
Londres, qui a informé le comte Russell qu'il sera accordé
entourée d' une soixantaine de coufreres de la Miséricorde
tre et se rccouche. A sept hcures, il prend un baio et
anx navires neutres un délai suffisaot pour sortir des ports
et "qn'elle valait mitt,x par la forme.,,
coonus sous le nom local ele beubeux ; apres le supplice,
fail sa to:lette. A huit he ures, il boit son tbé en lisant ses
Or, voila qu'a l'impression mon mieux est ·devenu
de l'eonemi. O'autre part, les Prussiens, dit-on , seraient
ces mcmcs beubeux ont suivi le cor ps jusqu'au cimetiere,
:ournaux et sa correspoodaoce. A ncuf heures, il se fait
résolus a recourir aux plus extremes moyens: il serait
ce qu i a valu a la foule 1.n double spectacle et deux pro- moins.
porler ou traioer a son bureau, et il y travaille jusqu'a
Le fran~ais de l'administration préféré au fr&amp;n~is
questioo de coofisquer, a titre de. représailles, la récolle
deux heures. A deux heure~, it ti/(f.11e, c'esl un repas subce55ion,.
•
entiere du Jutland. On dit aussi que la Prusse et l'AuM. Émile Augier, =1uelle hérésie !
Ne se croirait-on pasen plein moyen age? Dans ce
stantiel et qui se fait en famille. Ensuite il dort lasiestc
Si par hasard cette phrase maleocontreuse est to
triche espereot pré"enir l'interventioo maritime de l'Antemps-la, on con~oit que des bommes pieux se soienl·
ou
se repose en l_isant jusqu'a qnalre hcnres; quelques~
bée sous les yeux do poéte, il aura souri, devioant bi
gleterre en s'abstenant de porter la guerre sur le terriréunisen confrérie, ct aient mis au nombre de leurs bonnes
uns merne né qU1ltent leur 1.,urcau qu·a ce momcot et
ce qu'il en était. Ce n'est done pas pour &lt;looncr satisf
toire des iles danoises, et en se bornanl a employer les
reuvres \'enterrement des suppliciés qui, par suite des
s'y sont fait a¡,pon er un verre de sherry et un bis~uit
tion a M. Émile Aogier que j'étáis impatient d'effa
forces navales dont elles disposent pour empccher le
préjugés et de l'lucurie do temps, auraieo t pu rester saos ma dé¡,lorable coquille. Mais il n'était poiot impossi
en guise de tiffi.n. A cinq heures, oo 5'habille pour aller
blocus sur certains points de la cote d'Allemagne. Le·
sépulture. Mais aujo•Jrd'hui, pourquoi tout cet appareil? qu'un préfet ou nn sous-préfet eut pris ce moins au
en voiture ou a chcval manger rair du soir, seloo l'cxJ1Jtlaod continuera, bien entendu, a clre occupé, daos
Oans plusieurs pays de l'Allemagne, c'cst daos la
pre!\Sion pittoresque des Anglais de l'lnde. On fai t une
rieux, et qui sait, peut-elre les lettres allaieot-elles no
toas les cas, au moios comme titre de gage, jusqu'a la
cour de la prison, en préscnce d'uoe commission spénouvelle toilette pour le di ner, qui a ticu vers sepl heures
priver d'un Mounicr ou d'uo Rambuteau; c'est ce d~
cooclusion de la paix.
ciale, que se font les exécutions. C'est ce que nous vouet d~01ie. Les dames se retireot au dosscrt et les hommes
Les dépeches arrivées de Londres ne donnent pas a
ger-la que j'avais ha.te de conjurer.
drioos qu'on flt eo France. En attendant que la peine
foot circnler les carafoos de ,•írb pen&lt;lant une demipen~er que l'Aogleterre soit a la veille de preodre fait
de mort soit eilacée de nos co&lt;les, que la guillotine du
heure en fumant daos un bec d'argcnt, pms on renlre
et cause pour le Oaoemark. A la derniere heure, toutes
Les diplomates-écrivains ou les écrivains-diplom
moins se cache; que l'échall ud disparaisse de nos places
dlns le salon join the Jadies, ou l,1eJ1 1' on au club ou
les menaces de la semaine passée se soot envolées. Le
ne sont pas rares : ~rn. Joseph de Maistre, Cha.te
.au spcclacle. »
Times, le rude balailleur de ces derniers jou~, déclare publiques.
briaod, de Lamartine, soot assez célebres, et M. de M
Le doyen des souverains de l'Europe par l'Age (82 ans),
. Lne vie charmlnte~ n·est-ce-pas, et faite pcur teoter
que la nation est opposée a la guerre. J.ecabinet de Saintcel111s n'eut point dédaigné, chacun le sait, d'etre
le troisicme par la d-:i.te desoo accession au tróne (i8t 6},
úñ elégaol de Londres ou de Paris'? Un "rai paradis que
Jame~, apres avoir bieo et nument considéré la situati.:&gt;n
Guillaume )••, roi de Wurtembcrg, vient de mourir au l'Académie.
l'In~e,
n'étaient la chaleur, ~es tigres, les serpents, l'btde l'Angleterre, j~ge compati ble avee l'honneur oational
M. le marquis de Ferriere Le Vayer, qui représe
cbateau de Rosensteiu apres une longue maladie.
pal1le, la fievre, le choléra, les thugs et les ¡mees.
et avec sa propre politique de s'abstcuir de faire la
la Fraoce pres de _plusieurs cours allemandes, et ~
Né a Luben (Silésie), le 27 septemlire i781, do duc
guerre. Le gouvernement britannique veut bien advieot de monrir ministre pléuipoteotiaire a Bruxelles,~
Vous souvient-il qu'autrefois, daos des temps tres-an(depuis roí) Frédéric Jcr et d'une princcsse de Drunswick
mettre cepenelaul qu'il puisse elre créé une situation
littérateur avaot d'ctre diplomate, et ne crut pas qu'~ ciens, il y a cinq ou six ans pcut-étre, alors que \a ruc
Wolfeobuttcl, favorite et confidente de Catherioe de
-qui obligerait l'Anglelerrc a examiner ele nouveau les
époasaot la politique, il fut daos la nécessité de rom, LafaJetle n'avait pas encorc étc prolongéc, que le IJouRussie, et donl la fi n, restée mystérieuse, a longtcmps
résolutions a prendre, atteodu que l'existence de lamolevard ~Jalesherbes, le boulevard Haussmanu, le bouleexcité les conjecturPs, voire les soup~ons, le prioce Guil. avec la littérature.
r¡archie danoise importe a l'Europe et a l'Aoglelerre;
Sous le pseudonyme de Samuel Bach, il :ivait pu vard d!l Prince-Eugcne et cinq ou si, autres houlevards
laume eut a luttcr de bonnc heure contre le despotisme
mais tant que la guerre serait lim1lée aux possessipns
a.utrefois des p:iges spiriluclles. Plus tard, attacb n'.e.xistaient pas, q~e_M. le préfet de la Sl•ine ne ~oogea1t
de son prrc. Oevant la couroonc a la Francc, Frédéric 1er
continentales do Oanemark, il n'y aurait pas de raison
l'ambassade de M. de Lagrené, en Chine, il écrivit
mala rue AobPr m a larue Scribe, que les dcux théatres
obéissait anx moindres volootés de Napoléon : il doona
d'abandonner la polilique suivie jusqu·a pré~ent.
journal de voyage sous ce titre : U11e Amb~sade fran
du
Chatelet n'étairnt poiol sortis de terre, qne saint
une de ses filies au roi Jérome de Westphalie, et quaod
Au moment oú celte déclaration élait fai te, le Moniteur
en C/iine, et signa cette fois de son nom.
Augustin
et sainl Ambroise n'étaieot mcme pas dessioés
Napolcon jugea utile a sa politique le mariage de Gnilanooo~ait que les Prussiens avaient ouvert le fcu conSes talents lilléraires le servirenta merveille, a Ma a~ors qu"il _Y avait eucore des arbres a Chaillot et qw'iÍ
laume avec üne princesse de Bavierc, Frédéric ordonoa
tre les fortifi cltions d' Alsen, qui a été prise presque saos
Un jour, a pres la conclusion du traité, il avait dioé
n y en ava1t pas roe Montholo0, alors que le canal Saintcctte union. Comme les deux futurs nourrissaieot d'aucoup férir. L"Angleterre considérera-t-elle l'ile d'Alsen
le p'énipotcntiaire chinois Houang, un maodario
M
artin ne coulait pas sous des lleurs et que Paris ne
tres inclioalions, d'un comm uu accord ils arretereot un
comme une posscssion cootinentale du Oanemark?
montrait saos cesse, en parlant,son bras qu'il ava1t
comptait
guere que douze cent millti habitan l~ vous
L' Angleterre restera !'arme au pied. Le comte Russell arrangement secret, constatant ala fois la nullilé de leur fait. Pendant qu'on prenait le thé, son bóte lui
souvient-il
qu'il y avait derriere la place Oauphi; e une
conseotemcnt appareot et leur volonté formelle de ne
a la Chambre des lords, lord Palmerston a la Chambre
- « Nous allons nous séparer bientót ; c'est un
'"1c1l!e cour triangulaire, médiocrement gaie, qu'on ap-•
pas vivre en époux. Auss1, l'iapoléon tombé, ces lieos si
des communes, ont préseoté l'exposé historique de la
usage chez nous de doooer a nos amis, quand ils n pela1t la cour du Harlay '? Des bureaux, des greffes et la
peu serrés se déoouerent: Guillaume épousa la sreurde
t¡uestion daooise. A quoi bon ce cours d'histoire rétrosquittent, quelques lignes de notre écriture. 1&gt; - Et il buvette occupaient une des ailes ; les ma¡:istrats, les
la czarioe, et la princesse de ¡laviere devint irnpératrice
pective? Ce qu'oo attendait. du gouveroement anglais
mit au marquis des vers, oú entr'autres belles choses av?cats , les avoués, les clcrcs, les plaideurs qui ve1
c'était un acle. Or, de la déclaration de lord Palmerston d' Autricbe.
oa1ent &lt;
!ela place Dauphioe la traversaient pour eotrer
Guillaume avait, on le voit, pour détester Napoléoo, \isait ceci :
et do comte Russell, il ressort que \'Angleterre gardera
&lt;&lt; ll y avait a Paris un excelleot docteur, a l'as
au
Pala1s,
aoque!_ conduisait un escalier quelque peu
décidémeot la neutralité, « a moios que Co11eohague ne des raisoos de politique et de sentiincnt, auxquelles n brillant comme le ja~pe. Au dedaos, il était lumm so~bre; des cahr1olets et des coupés de remise y atten, soit attaqué, et le roi Christil n fail prisonnier de guerre. » s'ajouta encore la dure obligation de suivre jusqu'a fa &gt;l comme la lune d'automoe ; au debors, il était com d31ent commodément la pratique. La pioche a supprimé la
Si le Oanemark di~parait de la carte de l'Europe, ce se- Moskowa la grande armée. F.o !814-, il combattit vaillam- » le léopard qui chaoge en 8ecret sa robe magoifiq cour _d~ llarlay; mais apres la piocbe cst vcnuc la truelle
ra pour avoir ajoutP. foi aux promesscs de son alliée, la ment cootre nous, surtout a la Rothiere et a Montmi- ,, et comme l'aigle qui , daos son vol, est babi~ué
et ,·01c1 que sur le sol déblayé s'úlbe un hatiment tou~
rail, ou sa résistaoce acharnée empécba l'écrasement
n mouvemenls gracir.ux. S'il parlait d'armees, e llambant neuf, Mtirnent a colonnes, s'il vous plait, don t
puissante Anglcterre.
Le jour meme ou la treve prenait fin, le Rigsraad complct de~ alliés.
,, comme s'il avait ouve1 t un arsenal ; s'il suivait les la fu~~de rappelle celle de l'anc:ien pafais donl il est une
Pendant son long regoe, Guillaume ¡er se montra-un
s'ouvrait a Copenhague, et le principal ministre, M. Monn de l'harmonie, il dépassait les maitres du tympan
des dependa_n_ces. ~~ ~ mettra le grand cri mine), forl picrad, donoait lccture du messagc r.:&gt;yal, qui i:cspire les prince relati vement liberal.
» Ses habits d'or avaieot un éclat étincelant ; son ét tremPnt logc Jnsqu te,, et pcut-ctre Paris aura-t-il une
Le
oouveau
roi
(prioce
Charles)
e5t
né
le
6
mars
1823.
sentimenls les plus patriotiques, et dout nous extrayons
» d'argent avait une fnule de poinls lumineux, et des salle d'assises qui ne preter,a pasa rtrc aux départements.
11 a le rang de lieutcoant général wurtembergeois et le
le pas~age suivaol :
1&gt; roles admirables sortaient de sa bouchc comme
« Nous traversons une crise mena~ante pour !'avenir titre de chef d'un régiment de dragons russcs. 11 est ,&gt; morceaux de jade. Son maiotien le faisait resse
:"-ious supplions trcs-humblement messieurs les mado pays. La néces.&lt;ité de faire face aux dépenses qu'exige marié depuis le 13 juillet 18i6 a la grande-duchesse » a un rameau de pierres précieuses. »
~?ns, quaud ils auron t íini de ce coté- la, de vouloir
la continuation de la guerre a ameoé la convocation do Oiga, filie du czar Nicolas, de laquelle il n·a point d'en11 est bien colendo que l'excellentdocteur, qui re
bien pre.odre la peine d'eotrer nans la salle des Pas-rerRisgraad. Nous avons appris que les droi~ les plusclairs rants. Tenu a l'écart des affaires par son pcrc, le prince blait au dehors /J. la lune d'automne r.t au dedans dus et den raccommoder la volite. Messieurs les archi-Charles n'a eu aucune occasion de laisser presseotir
comptent peu en Europe. Nous sommes isolés.
léopard et a l'aigle, n'était autre que le convive du
~~tes, peosant qu'il serait dommagc qn'elle écrasat
1e~oqu~~ce . judici~ir~, ont donné l'ordre, un jour,
« l'\ous avions du consentir a un sacriíice péoible en quellcs seroot ses sympathies poli tiques. Elles seront darin. Certes, il est tres-agréable de s'enteodre lou
abaodonnant le territoire situé au dela de la Schlei. franchement rus~es, s'il faut tirer qnclq•Je ioduction lé- la sorte, mais il faut répoodre, la politesse l'exig ~u en 1ctayat. Les eta1s sont superbes, mais les pl us beaux
L'eonemi ayant demandé encore davautage, nous avons gitime de son éducation, des le~ons pateroelles (oo se Houang ne manqua pas de dire au marquis : - &lt;&lt;
ela1s. du monde ne sont poiot jolis a voir a la lon"ue
o ,
r.;pondu oégativement. Nous sommes convai ncu que le rappelle l'attitude provocante aoü-occidentale du cabi- tcoant, vous allez me faire aussi des vers sur moi. • et pm~' qu•on y songe : beancoup d'Anglais visitent
la
pays .!St d'accord avec nous. Que Oicu augmcnle les sym- net de Stuttgard pendant les guerres de Crimée et d'lta~l. de Fcrriere Le Vaycr raconte qu'il ful tenté d"é :!le des . Pas-Pe~dus, il serait bon de leur oler le prépathies pour nous chez cerlaine puissauce et la décide lic), et enfio &lt;les alliances de famil le et personnelles.
tout simplement de la prosc, et qu'il songea ensui b te de dtre : ,, T,ens, ces Fran~ais, qui font lant d'emL'Empcrcur et l'Impéralrice du Mexique ont dcbarqué
a nous accorder un secours actif. »
offrir au mandarín les quatre premiers vcrs du
1arras avec leurs nouvelles roes, leurs oouveaux bouA l'intéricur, rieo de bien iotéressaot, si ce n'est le a la Vera-Cruz, el se sout immélliatcment dirigés vers de la mort,d'llippolyte ou le premier couplet de '-e
e,ard~ et lcu_rs nouveaux édifices, ils dcvraient bien ré, résultat des scrutms de ballotage pour les conseils géné- Orizaba. Au départ do sleamer, Maximilien se disposait son d' Alfred de Musset :
,arer. leurs v1eu monuments. »
E»KOND Tm.ER.
'r~lll et les conseils d'arrondissement. Presque partout le a partir pour Mexieo.

"ª

- -- - - --

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--

-- -

-

Quand Joseph eu.t floi de boire son café, il se lt. 1 tv
s'approcha do comptoir et jet:i un douhle louis.
I/
- Ah ! la bellc piccc, dit la limonadicre, c'est la figure
de nolre bon roi Louis XVI.
-Oui, madame, ctquant acelle de l'Empcreur, la voici,
Et souriaot, il saina et sortit.

Je me demandais un jour pourquoi le palais que le
Tri bunal de commerce est en train de se l.,alir avait 110
aspcct si riant, sijoyeux,si íolatre. Je le sais aprésent, el
me hale de vous l'apprcnelrc. Voici la chose en dcu:t mots.
11 y avait jadis sur le ter1ain qu'il occnpc un hal pu
lilic d"hiver, qui s'appelait le Prado, et que fréqncolaient
Ce café de la Régence vil toas les grands joueurs d'éles étudiants. Le Pra lo cst tombé, mais le génie do l1eu
ne s'est pas envolé, el il a inspiré l'architecte do nou- chccs du dix-huilicme et do dix-oem·ieme siccle : le
veau palais; or, comme c'est un génie d'hu111eur .,aie et grand Philidor, Légal, Foubcrt, Mayot, Oeschapelle~,
d'imaginalion plaisanle, il est arrivé ce que vous"savez. La Dourdoonais, Saint-Amane\, Boncourt, Bois,y d'Anglas, de Jouy. Le jcu d'échecs est immortel, et le café de
Notre savant et spirituel ami, M. Édouard Fournier la Rúgencc n'a fait que changcr de place ; peul-ctre y a.
.
'
est, commc oo le rn1t, IP court1san de tout ce qui s'é- t-il encore des Philidor et des La Bourdonoais, mais la
cro_ulc et de toutce qui s'en vadans París; que d'aulres mode n'est pasen ce momcnt aux écher.s, et le 11ublic ne
cclcbreot les gloires vivantes, il célebre, lui, les gloires les conoail pas; il connait Pille de 1'11fr et Vermo11t, el
morles, ce qui est pro~cril et conrJamné l'allire mvinci- un de ces jours sans doule le Cricket aura son héros,
hle~ ent, et c'est de tui r¡u'on peut dire : 11 n'a jamais dont le nom ~era dans toules les bouches.
tlaltc que le malhcur. Son zclc pieux cst infatigable :
Le r a,·is Cricket-Club ne fait parler de lui que depuis
chaque fois q1J'il enlcnd quelque part une pierrc tom- quelques semaincs; mais il y a, aujourd'hui t" juillet,
bcr, vite, il court et lui fai t son oraison funcbre · et un an juste qu'il esl fondé.
Dicu ~ait s'tl en tombe des picrres en ce temps-ci ! '
Ll' 28 septembre i 8G3, il comptaitd{ja 127 membres.
M. Edouard Fournier vient d'ajouter un volume charLe rcglemcnt de la société se compose de 20 articles.
maut a ceux qu'il a déja écrits sur le Paris d'autrcfois ·
L'art. XV autorise l'admission de membres hoooraires.
celui-ci est intitulé : Chro11iq 11es et légendes des rues d; Membre ho noraire du Cricket-Club ! C'est granel domPuris. 11 nous mene au donjan de Jeun -sans-Peur, a l'hó- mage vraimcnt qne Jérome Paturot ne soit plus a la
tel Pimodan, a l"hólel Saint-Paul, a la Civctte, au Veau- recherche d'une position sociale.
qui-tettP, au chatean de Be ,·y, au chateau de Madrid
11 y a, du res(c, parmi les membres hoooraires do
au café de la I\égcoce, au te 1ple de la Guimard et dan; Cricket-Cluh, des hommes qui ne se conteolent pas de
v~n_gt autres lieux, qui vraimeut mérilent bien qu'on les cette dignité, et entre aulres, le comte Cowlcy, lord
v1s1le.
Gray, M. le préfet de la Seine, M. Oayton, ministre des
Etats-Unis, el M. le duc ele Morny, prés1dcnt du club.
Uo chapitre iotit1Jlé Archéologie du rat de Pari~, nous
Aux termes de l'art XVI des statuls, chaque mcmbre
apprc11d que le premier rat qui vial en Franre y vint doit, pendant les parties, obfüsance au capitaine.
avec les Vandalcs, ctM. Fournier a retrouvé daos Grégoire
L'art. XIX recnmmande aux joueurs le panlalon et la
de ~o_urs un passage ou ce pré,at racoole la surprise des chemise de llaoelle blanche, et porte que les couleurs du
Par1s1cns en apcrcev:int un jour des rats daos leur vi lle. club sont le bleu, le blanc et le rouge. Ne vouloir arlioLe ral des Vandales était le rat brun; il posséda Paris rer en France que le drapean fran~ais, voila qui est tout a
sans con~cste jusqu'en IC47, oú apparul le rat noir, que fait courtois. Mcs~ieurs nu Cricket sootde n ais gcotlemen.
nous ava1cnt prolrnblement apporté les lansquencts d'AlL'art. XX cst aiosi con~11 : « Aucuoe partie ne sera pcrlemagne. Yers li70, les hordes du surmulot le "ros ral mise le dimancltc sous aucun prélexte. n II es~impossid'Asic a potl roux, cnvahirent la France. E; n;5 a la blc que le Seigneur ne bénisse pas une société si jalouse
s11ile d'un épouvantable treml.,lcment de tcrre d;ns le de ne pas violer ses rninls commandements.
voi~inage de la mer Caspienne, ces barbare3 s'étaient
mis en route vers l'Europc; ils élaienl mon tés sur des
Lu neli dern ier, foule fügante au faubou(g Saint-.\ nvais,eaux rus,es qui les avaient déb:irqu¿s en An,,.lelerre toine. On se pres:,ait daos une pctitc maisoo, - tro I peen n:;o, et vingt ans apres. ils arri ~aient che~ nous tite comme toutes les maiions de la charilé, - dans l'etamassacraient les rals ooirs, el s'établissaient en maitre; blissement ou a tité installée fa Creche de Reuilll'. L'asa Par1s.
semblée était présidéc par M. le curé de Saint-Éloi. Le
président de la Crcche, M. Jean-Baptiste Desplaces, a
Vers cctte époque, de pelits aoimaux plus ª"réables a
prononcé un excellent discours, plein d'utiles conse1ls
voir, mais n'ayaot ni moios bon appétil ni m"oi ns bonaux ouvriel'l', et que ceux-&lt;.i ont chaleureuscment. acncs de_nts, rong_eaient a qui micux mieux sei~neurs et
cueilli. Mm• Hermanee Le~guillon a dit avec onction et
fi nanc1ers. M. Edouarel Fournier parle d'uoe certaioe
éloqueocn
de trcs-beaux Yers, et M. Marbeau, le fondaM11 º Bcauvoisin, ~ui fut Úne dévorante fameuse. Apres
teur des crcches, a lern,;né par quelqucs paroles part ics
sa mort, on vcnd1t sa garne-robe, ses hijoux et ses diado creur. C'élait une féte charman te. L'empressement eles
mants: les robes etaicnt au uomhre de quatre-vin"ls.
onvricrs et l'accueil fa il par eux aux persoooes qui
il y avait deo~ cents bagues plus bclles !'une que l~au~
étai.cnt accourues de toas les p,)iuts de París, prouvcnt
tr_p, et des d1amants sur papier comme chez les tapicombien \'iostilution des crcches est populaire dans l'esdaires.
prit des clasEes laborieuses.
V_iogt:cinq_ª ?s auparavant, la Deschamps, de l'O péra,
X. F EYRNET.
ava1t éte_ obltgee de veudre de son vivaot. Des billets
pour ass,ster a la vente furent eovoyés aux gens du
grand moude, et le jour venu, il se trouva daos les a¡,mmox RIPRODOITSPARL'ILLOSTRATION.
partemeots de la dan·euse plus de soixante femmes
tant de la premicrc qu:ilité que de rohe ou de finance'.
Les tahleaux de fleurs rt de fruits de M. Maisiat avaicnt
., Certes, pareille ~hose ne se verrait pas de nos jou~,
cté fort remarqués aux quatre ou cinq dcrn icres cxpoJ en ~1·~ nds a témotn toutes mes contemporaines. Oh!
sitions : nous reproduiEons la bel!c toile qui a valu cette
les v1!a10es mreurs qu'on avait au siccle dernier!
aonrc la médaille au pein' re.
~l. Mai,iat est L~·onn:üs, rnais il ne suit pas ser\'ileEnonard Fourmer a un fonds si riche d'aoecdotcs
mer.t
les traces des maitrrs de l'écolc de Lyon ; il sait a
qn 1,1 . m~ permettra bien de lui en prcndre une.
merveille
peindre un bouq•Jct daos un beau vcrre
~ eta,t e~ iii7._ Jo,eph 11 ' empercur d'Allcmagne,
éla1l venu_ tncogmto a Paris sous le nom de comte de émaillé ou dans une pot1chc du Japon , mais le plus
Fal k~nste1 n. Un matin, le liruit court qu'tl doit aller au modeste églautier au bord du chemin, la moindrc toutre
de glaieuls au dessus cl'un r uissean, une branchc de
Pala1s-Hoyal. . Tout
,
, . le monde y va., mais iu·,, qu,. sen
doute,. et qui n a1me pas la foule, au licu d'eolrer daos íruils sur un banc de mousse, font' bien micux son afle p~la1s, ~n tre au café de la Régence, que les habitués fai re : il pensc que ce qu'il y a de mieux pour encadrér
la nature, c'est la nature elle- meme.
A. M.
ava1ent deserté ce matio-la.
. - Ah ! m?osieur, lni dit la limonadiere' ,oyez le
b1cnvenu; s,_ v.ous n'éticz arrivé, l'on n'étrennait pas de
loute la n.atmce; ce mau&lt;lit empereur en est cause il
CORRE SPO NDANCE D'ALGÉRJE,
nous vole toutes nos pratiques.
'
- Avcz:~ous vu cct empcreur? dcmaoda Joseph II.
AU OIR.ECTEUR.
-M~ fot n_on, ctf~anchement jc voudrais Lieo le ,·oir,
Le général Rose a livré, le 5 juin, un combat trcs~épo,n~,t la hmonad1ere; mais, il se fait trop attendrc,
heureu.1 coutre le marabout Si-Lazereg, qui est venu l'at•
Je n ª1 pas de temps Aperdre.

~!-

�4
taquer daos son camp de
Dar-ben-Abdallah, a la
tclc ,le nombreux contingents.
Le combat a duré
deux heures. Re~u d'abonl par la mitraille et
des feux bien dirigés,
J'ennemi, qui s'étail avancé j11squ'a une demiportée de fusil, a été ensuite
vigoureusement
chargé it la ba"ionnette et
mis en pleine déroute.
Les insurgés ont la¡ssé sur le terrain plus de
200 morls; nous avons
pris 25 fusils, un drapeau, t I selles et 8 chevaux; nos perles ont été
insignifiantes : to hommes blessés, dont un cava\ier du goum.
L'agitateur, le schérif
Si-Lazereg-be\-Hadj, a ·
été tué daos ce combat.
Nous n'avons pas retrou vé son corps, car suivant l'usage ses cavalicrs l'ont enlcvé. Je vous
envoie un croquis du
eombat, pris au moment
oti l'énnemi bat en re•·
traite en emportant le
corps du schérif et un
autre croquis de ce dernier épisode.
Agréez., etc.
[Pvur extrait : P. P.

GIULIA ,
NOUVELLE,
(Suite.)

Le lendemain, lor5que
les deux amis se rctrouverent ensemble au bureau, a l'heure aocoutumée, Thomaseo parut si
fort vouloir éviter de faire
la moindre allusion a leur
rencontre de 1a veille,
que décidément Louis ne
put s'y méprendre, et en
fut choqué et attristé. 1l
en gardamemejusqu'ala
fin du jour une mélancolie telle (vous savez., cetie
mélancolie des lendemains de bal), que son
pere, habitué a des allures plus bruyantes de la
part de ce fils q!l'il chérissait tendrement, malgré
la ¡;lifférence absolue de
)eurs caracteres, nota le
ehangement et questionna Louis. L'enfant était
la sincérité meme, mais il
savait bien qu'il n'aurait
pas été compris, et, en
outre, il lui aurait été si
difficile d'expliquer net-·
tement son état moral,
qu'il jugea hon de faire
une réponse en l'air, se
terminant par \'assurance
que demain il p'y paraltrait plus. Le lenrlemain,
apres une nouvelle lcutJ.tive de libre cxpansion, il
fut im¡1ossible a Louis de
ne pas voir que Thoma •

__________________ ____________
L' ILLUSTRATION, JOURNAL
:.......__UNIVERSEL:

L'ILLUSTRAT10N, JOURNAL UNIVERSEL.
seo était d'une réserve et
meme d'une froideur qui
s'affirmerent chaque jour
davantage, pour ainsi parler, et l'approche duretour de Louis a son collége ne changea rien a
cet ordre de choses. Bien
entendu, il n'était nullement question d'aller faire
ses adieux aGiulia, corome il en avait caressé le
reve. Toutefoi5, dans la
poignée de main qu'ila
échangerent, Louis sentit
trembler la main de'Fhomaseo; il ne se trompait
pas : il y avait des \armes
dans les yeux de l'Italien.
Le chemin de fer n'attend
pas; ils tomberent dans
les hras !'un de l'autre, et
touis partit. 1l avait i
peine repris de¡mis húit
jours le cours de ses études (en buit jours, mille
destins s'accomplissent),
lorsqu'il re~ut de son pere
une lettre par laquelle le
ftlateur s'excusait sur un
surcroit de travail de ne
lui avoirpasécrit plus tót.
Il avait a dresser un nouveaucommis, attenduque
Thomaseo, rappelé par
une dépeche daos sa patrie, le surlendemain- du
clépart de Louis, venai
de quitter Lille et de s'e
barqucr pour l'Italie. C
que le filateur n'avouai
pas dans sa lettre, c'est l
satisfaction qu'il éprouvaiL, au fond, de se vo·
débarrassé, tout naturel
lement, sans secousse
d'un homme dont l
longs cheveux, la lon
gue barbe et les yeux tro
brillants 1ui déplaisaie
peuonnellement et
cadraient pas avec l
habitudes de la mai,o
Louis ne prit pas la cho
de rneme, et cette nou
ve\lc lui porta un cou
des plus sensibles. E
quoi ! l'avoir a peine en
trevue, assez toutefo
pour l'aimer de toute s
ame et saluer en elle
meilleur de la vie, ordo
ner en soi-meme l'empl
de tous ses jours, sel
la fantaisie revée d'u
chaste et jeune enchan
resse, et soudain appre
dre qu'on l'a perdue
jamais, qu'elle n'est
votre sreur ni votrc me
qu'elle ne vous estde ri
comme disent les
chants, enfin, qu'elle
subir les brutalités
basard et' les retours
la destinée !
Dans l'émotion de
regrets, il n'avait ga
d'oublier ce loyal et
dide Thomaseo, sobre,
sintéressé, composant
bonheur d'un rayon
d'une mélodie, et r
enfant quoique pi:
Louis ne pouvait sépa
Thomaseo de Giu\ia. D

son romanesque atten•
dris~ement, il etit alors
toilt donné pour les ~uivre et vivre avec eux.
Pourtant, il ehérissait son
pcre, dont il se savait
aimé, qui était un modele de probité et de délicatesse, et qui, en dehors
de leurs petites altercatións, avait toujours mis
au service des gotits et
des fantaisies du jeune
gar~on les facilités que
donne la fortune. Pour
Louis, la poésie n'était
point la; elle fuyait l'abondance, le million, le
rcpos, pour dorer de son
reflet la pauvreté errante
de Thomaseo, contcnt de
peu, de Giulia la divine,
au front pale, a la char-·
m¡mte sanvagerie. Le
soir, dans son lit, sentant son creur s'agr·andir
au dela des proportions
humaines, puis déborder
en chercs !armes, il
adr~ssait a la vierge disparue de sublimes invocations; il luí disait: &lt;tTu
finiras par m'aimer, Gi11lia, car, bien que nous
soyons tous deu1 encore
des enfants, je sens bien
que je n'aimerai jamais
que toi. »
11 aurait bien voulu
mettre dans la confidence
de son poeme, de son
aventure, swi voisin de
classes et ami Herbert,
mais celui-ci, malgré ses
dix-sept ans, était déja un
viveur, qui répondit par
de quasi-grossieretés a11
récit immatériel des aspirations de Louís, et ce
dernier ne renouvela plus
la tentative. Le travail et
le temps eurent heureu-•
sement sur notre jcune
amoureux leur action ordinaire. C'était sa ·der nicre année de collége, il
se préparait au baccalauréat es-sciences, etcomme
c'était une détermination
récente, il n'avait pas
trop de six moís_d'un labeur assidu pour ctrc en
mesure d'affronter a\'Cc
chance de succes cette
dernicre épreuve scolaiM. La trigonométrie
n'est pas si hostile qt:1'on
le croit généralement aux
reveries sentimentales,
car dans les intervalles
de loisir qu'il s'accordait
forcément, Louis voyait
passer et repasser devant
ses yeu1, fati~ués de lozanges et d'hypothénuses,
comme une fée, comme
une princesse, Giulia si
oin, hélas ! mais toujours
présente a son camr. Le
ba.ccalauréat est, probablement daos l'idée de ses
honorables fondateurs
. . .
'
une mslttut,on destinée a
modérer, acontenir, chaque année , daos chaque
collége ,de France, une

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vingtaine de jeunes cerveaux, qui sans ce frein
tutélaire éclateraient a
J'enthousiasme de la délivrance prochaine.
Louis sortit vainqueur
de la !ice redo11tée.:ct en
l'honneur de Giulia, il
n'escorta pas son triomphe des liesscs usitées; il
regagna tranquillement
la maison paternelle, et le
filateur,. curieux de pénétrer la cause mystérieusc
d'un si grand changement, se demandait ce
qu'étaitdevenu son volean.
Le pere de Louis était
jeune encore; la ¡vie d'affaires était la seule dont il
¡nit vivre, et i1 revait de
la mener longtemps encore. D'autre part, vu les
précédents, il n'avait jamais beaucou,p compté sur
la coopération de son fils
dans la direction de sa
maiEon. Aussi ne fut-il
guere dé~u en recevant
un jour de Louis la réponse qu'on valire, a une
question relative au choix
d'une carriere :
- Je veux entrer a
Saint-Cyr, dit nettement
Louis, j'cn ai le temps.
~ela t'étonne, pere, que
Je songe afaire de ton fils
un soldat. Cela t'étonnera
encore plus, quand je
t'aurai dit que ce n'est
aucunement l'ambition'de
revenir maréchal 'de
France qui dicte mon
choix, mais tout simplement l'ambition d'étre
maltre absolu de ma pen~ée, en ayant une profession et un passé d'études
qui me mettent a l'abri
du reproche de paresse,
tl'égo'isme et d'inutilité ·
un officier ne vit pas seul,'
et trouve la solitude
guand il lui plait. 11 voit
de grandes choses bumaines, et a le temp3 de
rcgarder le ciel. 11 peut
écrire, et c'est aussi mon
rcve. L'action et la pensée
· sont a ses orJres.
La these cst plus ou
moins discutarle; le filateur se garda bien de Ja
discuter. En l856, Louis
fut re~u a Saint-Cyr, oti
une discipline méthodique, la nécessité du travail et l'habitude de la
méditation, aiderent, avec
de délicieux souvenirs a
'
entretenir chez lui cette
fleur d'innocence qui est
la grace meme de la fougue juvénile.
Cependant, Louis ne
vivait pas en ermite. n
passait ses jours de congé
daos les allées méconnues de Rambouillet, a
Versailles, don t la royale
rnélancolie parlait un haut
langage a son esprit déclaigneux de toute vulgarité, et plus souventencore
au Louvre, oti frémit sur

�6

L'ILLUSTR!ITIO N, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, JOURN AL UNIVE RS EL.

dans leur monnaie nationale, de . notre ·piece de 5 fr.
des toiles immortelles, daos des portraits qu'on n'oublie toute folie avec une si belle figure d'amoureux aimé.
Sur ces mots, l'aelorateur de Giulia accosta l'une- des
pas, l'ame des peintres italiens. Giulia, toujours Giulia! Toutefois, pressé de se rendre a l'évidence, il dirigea
vieilles: -Ma bon ne femmc, il me semble que je viens de
son
regard
dans
le
sens
qu',1n
lu
i
indiquait,
et
vit
~e
déElle aurait clu l'aimer pourlant, et Thomaseo fut bien
reconnaitre une parente perdu:) pour moi depuis long~
aveugle P.t IJicn cruel! C'était encore, avec un peu de tonrner, comme reculant devant la bontr d'é tre surprise
temps, daos la jeune dame vetue de noir q1:i priait
en
ílagrant
délit
d'indiscrétion,
une
femmc
dont
la
tourbarbe soyeuse sur les lcvrcs, le Llond adolesccnt de
tout a l'heure ici meme; ne pourriez-vou!\ me dire ou
nure
el
la
vivacité
trahissaient
la
jéunessc;
de
la
tele
rhéloriq11e, vif, mais pur, songcur, mais ardent. A le
elle deme ure?
aux
pieds,
l'inconnue
était
habillée
en
noir.
Moitiériant,
voir cmbr:isser, d'un rcgard plcin d'adoralion, une
Dans le trouble immense qui l'agitait, bien qu'il cut
femme du Titien, de Léonard ou de Raphael, on se sur-· moitié sérieux, Louis clit aux autres :
parlé de sang-froid, ,Louis ne pressentit pas la pertur-,
Pourquoi
toujours
la
meme
farce?
Vous
devriez
prenait a rever un imilatcur digne de ces grands modebation qu'il dE.vait ca11ser parmi les pauvresses, en s'ales, qui cut recopié lcur reuvre antique. En vai:1, ell ~ changer.
dressant a elles en fran~ais, dont elles ne comprenaient
Je
te
jure,
dit
un
autre
officier,
qu'Alfred
n'a
pas
était blonde sur la toile, la fcmme que semblait adorer
pas le moindre mot. Au second plan, les cinq officiers.
Louis, il la voyait avec des cheveux noirs; en vain elle été seul arcmarquer la sollicitude dont cctte jeune dame
avaient grand'peine a ne p:is éclater de r ire. Louis-ro1Jgit
paraissait avoir vingt-cinq ans, elle en avait dix--sept; a paru remplie a ton aimable vue, et, toute jalousie
de sa bévue, et répéta sa question daos un italien éléen vain elle étalait le luxe incc,mparable d'un velours mise de coté, je dépcse ,dans le meme sens.
men taire, appris dans les grammaire$, et qui ne luí fut
- S'il eo est ainsi, je vous crois,
et vous voila obli1rés
rouge, digue d'habiller la reine de l'Orieut, elle portait
•
•
0
pas tout d'aborcl ,run mcilleur secours que le fra!l~ais;
une robe noire d'étoffe légere, et sans doute usée ... ele me croire aussi lorsque je vous affirmerai ']Ue cette
il
aboulit seulement a faire se quereller entre elles les
Giulia, Giulia! rose a peine respirée! Fuite irréparablc gracieuse dévote se trompe fort, si elle s'imagine me rctrois vieillcs fcmmes.
.
connaitre
ou
m'avoir
vu
quelque
parl,
comme
il
est
dit
du temps ! tra~ison de l'éloignement!
Voyant qu'elles étaient d'humeur a se ,disputer longdaos
les
i·omans,
attendu
que
Je
n'aijamais
parlé
a
une
Cette phase d'idéalité, pour avoir une influence exceltcmps a qui avait le mieux compris la question de l'élente sur la jeune,se d'un homme, l'expose a des périls fcmme de ce pays.
ºtranger, Louis s'avi,a d'un moyen plus simple. Appuyant
Puis
cédant
a
l'exemple
de
Lonis,
qui
se
remiten
marcl'une sorte particulíere, que vient heureusement conjula main sur une chaise, qu'il supposa gratuiteme6t etre
rer une grande sccousse extérieure, un grand mouve- che, ils continuerent lcurs explnrations dans J"é,,lise
" ' celle abandonnée récemment par Giulia,.il se borna a
malgré
les
sollicitations
des
amís,
désireu~
soit
cl'assisment unanime parmi ccux qui nous entourent. Louis, a
force de se re'plier constamment sur lui-meme, de vivre ter au dénoument de !'aventure, soit d'en exploiter la dire : La signora? d'un air interrogatif. Deux des vieilles
femmes sel'i1blerent aussitot vouloir quitter la partie, la
exclusivement avec une image, de demander l'espéranee suite a leur profit, s·¡¡ le fallait. 1\ trente pas ele la chalrois!eme
(cela suffisait) répondit aussilot par un signe
a l'éternité, allait elre précipité daos la vallée sinistre pelle, Louis s'arreta tout d'un coup comme ébloui par
cl'entiere
intelligeuce-,
et, marchant devant Louis, le pria
des terreurs religieuses, quand une aventure, aujc,ur- une lum\erc trop vive, se frappa le fronl et parla aimi :
de
la
sui
vre.
- Mes amis, en vJus disant tout a l'heure que je n'ad"hui historique, vint le rendre a la vie agissante et
Cette petite scene avait légeremcnt impatienté notre
vais jamais parlé a une Italienne, en faisant presque un
l'animer d'une fievre nouvelle et intense.
héros, et en passant, précédé de son étrange guiele, defaux
serment,
je
reniais
tout
le
charrr.e
de
mon
passé.
La
. En 185\l, on afficlia sur tous les murs de Paris, a11
vant ses camarades, dont l'air intrigué garantissait la
profond et sympathique trcssaillement de toute la nation vérité est, au contraire, que j' ai passé une partic de ma
bonne foi, il eut le tort de s·exprimer ainsi : Nous som~
jeune3~e
dans
le
voisinage
de
la
plus
belle
des
llaliwnes.
fran~aise, - la seulr. nation du monde qui trcssaille de
mes tous bons amis, mais si vous vQus etes moqués de
Daos
le
fait,
main
tenant
que
mes
souvenirs
se
préciscnt,
bon~eur a l'idée de ,·ider sa·lJourse et ses veincs pour
moi,
je le saurai dans une demi--heure. ~omme j'a"l'.ai&amp;
j'avais
raison,
je
ne
lui
ai
gucre
parlé.
Elle
se
nomm:iit
défendre les opprimés, - le prochain départ de nos troudes motifs pour prendre la chose au s,érieux, vous me
Giulia;
son
pere,
Thomaseo,
une
vraie
nature
d'arti~te,
pes pour les plaines de la Lombardie.
Ce jour-lil. fut un des grands jonrs de la France mo- était cummis chez le mien. Croiriez-vous... je seos que je permettrez d'aller jusqu'au bout dans cette voie, et de
vous dcmander sérieusemeut raison.
derne, et ceux qui ont assisté de Paris a ce prodigieux deviens outrageusement bavard, mais, ma foi ! je n'y
- Comme tu viens de le dire, nous sommes t-0us bons
spectacle, n'en rcvcrront pas un aulre fait pour les tiens plus... croiriez-vous que je l'ai vue une seulc foi~,
amis,
répondit Alfred; a ce litre, nous nous connaissons
transportcr davantagc. Louis venait d'etre nommé licu- et que je pu's dire qu'elle a possédé toute mon ame penbien;
a ce litre, tu sais que nous ne sommes pas de
tenant dans un régiment désigné pour partir, et il em- dan t cinq ans, que, sans elle, je n'aurais sans doute pas
ceux
qu'nne
menace a jamais corrigés; et at.tendu que
bra~sa avec une chalcur extraordinaire la mission libé- l' honneur d'étre votre collcgue... Tout cela est done
j'
ai
parlé
le
premier,
ce sera a moi de te rendre to utes
écrit
la
haut.
Elle
avait
une
clélicicuse
fiaure
de
viero-e
0
0 J
ralrice ou il avait l'honneur d"etre engagé. Notre dessci11
11:s
raisons
que
tu
voudras,
hormis ce lle qu•it te pourrait
le
teint
tres-pale,
de
grands
yeux
brillants
d"t1ne
flamme
n•e~t aucunern ent de suivre pas it pas la marche victoprendre
fantaisie
de
perdre
quand tu ne seras plus aveq
surnaturelle,
et
les
plus
beaux
cheveux
elu
monde.
rieuse de notre armée daos la dcrniere campagne itanous.
Toutefois,
non
pas
a
Louis qui se fache, mais a
Que
tu
as
du
faire
de
mauvais
vers
sur
tant
de
lienno, d'abord parce que ce ne fut pas une marche.
Loui~,
mon
ami,
j'atteste
de
nouve.m qu',I n'y, a pas
beauté,
mon
cher
Louis
!
mais un vol, ensuite parce que nos lectcurs n'ont rien a
l'ombre
de
plaisanteri~ni
de
méprise daos nos affir-,
N"irnpor~e,
le
signalcment
est
exact,
interrompit
le
apprrndre de nous en cclte occasion, enfin, parce qu·un
mations
de
tantót.
Une
jeunc
dame
qui était la tout a
scul hornme, parmi ces millicrs d"hommes, intéresse premicr qui avait découvert la préoccupation inspirée
l'heure,
qui
n'y
est
plus
maintenant,
et répondant, si
directcmc?t notre récit. A sa premicre enlrée daos par la pré~ence de Louis a la Lelle inconnue. JI n'y a
ma
mémoire
est
fit.lele,
au
sigoalcment
donné par toir
Milan, le régiment de Louis fut, ainsi q•1c le reste de plus a revenir la-des3us; tu es certainemcnt le camaramcme,
t'a
honoré
pendant
dix
minutes
cnviron
de l'atf
l'arméc, accueilli avec un enthousiasme délirant, par un de d'enfance de la signor1 agenouillée. Une telle sitention
la
plus
marquée;
je
le
jure.
pcuple ivre d'espérance et de jo;e. Louis avait rencon- tuation confere- de grands droits, et, vu sa fa~on de te
Louis, désarmé r,ar cette frai.1chise, tcnait la main a
. tré, parmi quelqucs-uns de ses égaux par le ~rack, de regarder, je gagé que notre ch.1rmante alliée en juge
tous
ses amis, et sortit de la cathédrale. Apres une marsympalhiques et joyeux compagnons, avec lesquels il de meme. Revenons done sur nos pas, nous sommes
che
&lt;l'un
qua.rt ct·hcure, a travers un nombre ipfini de
s'Hait lié d'amitié, et dans les intervalles du service, nos trop bien élevés pour ne pas voir tout de suite quand il
petites
rues,
son cicérone, s'arretant devant une maison
jeuncs gens ne se quiltaient pas. Ils déjeunaicnt gaie- convicn~ra que nous nous retirions.
d'aspect
élégant
et révélant un intér;eur confortable,
Louis,
ne
trouvant
pas
d'ohjection
raisonnable
a
cette
mcnl ensemble dans quelque café, et allaicnt visiter en-·
l_
ui
fil
signe
avec
la main : C'est la. On arrivait a la
offre,
ne
résista
plus
a
ses
amis,
ei,
deux
minutes
plus
suite les n:uséeset les é;;lises de la ville. lis étaient ainsi
porte,
aprcs
avoir
monté trois marches. Daos le momeut
tard,
ils
se
trouvaient
devant
la
chape
lle;
mais_
la
place
unjour, cinq ou six frcres d'armes, tous pleins d'3 loyauté,
préseut,
nulle
autre
inquiétude que celle de ne ·pas ren. de galanterie et de courage, tous resplcndissants de occupée naguere par la jeune dame vetue de noir était
contrer
l'ohjet
de
sa
rechercbe ne possédait Louis;
cette vie radieuse que soufíle aux jcunes Fran{:ais le vide, et il ne restait plus autour de l'aulel que deux ou
quant
a
l'accueil
qui
lui
éta,it réservé, pour peu que
chevaleresque dessein d'arracher un pays, souvent et tro1s mendiantes cassées par l'age et absorbées daos un
cette
maison
fut
récllemenl
habitée par Thomaseo ou
justement comparé aune belle femme, aux fers qui en- apparent rccueillement.
par
que;qu·un
des
siens,
cet
accucil
serait au moins fra- C'est bien fait, &lt;lit le licutenant i\lfred. Loujs,' vosanglantaieot ses mains et meurtrissaicnt ses picds; il,
ternel.
La
personne
qui
vint
onvrir
ét:i.it un petil
étaient la, cinq ou six officiers, en train d'examiner avec tre conduite, en cctte occasion, n'a pas été digne de la
homme
gras,
a
barhe
noire,
au
frout
tres-dégarni&gt;
et
admiration l'intérieur de la célebre cathédrale de France. Messieurs, ai-je &lt;lit vrai_? Ne pas sentir qu'une
au
total,
d'une
physionomie
fort
peu
romanesque
dans
M1lan, dont chacun a pu voir, a la dernicre exposition femmc jeune, jolie et ¡,ieuse vous regarde, c'est la une
de Londres, une réd uctioa digne de grancls éloges et gra_nde faute; ~,ais se retourner trop tard pour en ac- sa robe de chambre. Sous 3es épais sourcils pétillait un
qui attirait beaucoup de regartls. lis tournaient a demi quérir la cerlitude (ma parole d'honneur, saint Thomas regard rapide, furtif, per~ant, empreint d'a~tuce et de
le -0os aux chapelles latérales, lorsqu'apres un quart eta_it un prodige de crédulité aupres de ce' gar~on-la), sensualité. 11 entendait un peu le fran~ais.
Plusieurs su ppositions pouvaient, avec un égal &lt;legré
d'heure environ de contemplation, un des olficiers, par-· pu1s proposer a ses amis de faire un petit tour; PI.lis, atde
vraisemblance, s'offrir a !'esprit de Loui~ : la prelant d'ailleurs assez haut pouí- ctre cntendu par tout le tci nt cl'un remords, revenir sur ses pas et ne plus rien
micre,
la plus obvious (comrne disent les Anglais), c'estgroupe, dit, en s'a,drcssant directcment a Louis : &lt;&lt; ~Ion trouver, voila une série d'actes qui sentcnt lcur décaa-dire
cclle
qui déco•1lait le plus directement du raisoncher, saos jamais avoir mis en doute vos avautages phy. dence ... et que je déplore tout en répélant : c'est bien
nemcnt,
un mot qui n'a pas d'équivalent dans nolre
si,iues jusqu,'aujourd'hui, je ne vous savais pas ctre un fait, avec ce post-scriptum : c'est humi!iant.
lan~ue,
par
la
bricveté, - e'cst que la filie de Thomaseo
- Ce qui est digne de la France, c·c~t d'inrnllcr· aux
fascinatcur a prcmiere vue : et je le sais maintenant;
éta1t
mariée,
'et
que, dans la personne a5sez grotesq ue
car dcpuis vingt minutes, il y a daos cette chapelle, vainéus, n'est-ce pas, mon cher Al(red? répondit Louis,
dn
petit
homme,
il conlemplait pour la premiere fois le
1
dcrricre nous, une magnifiq 1e signora, qui aprcs s'étre paraissant gai a la riposte, mais, daos le fond, tres-vexé.
maitre
de
tant
de
charmes. Avant de s'arretcr a cctte
D'ailleurs,
mcssic1..rs,
continua-t-il,
si.
vous
croyez
que
retournée une prcmiére fois au bruit que nous avons
douloureuse
concl•1sion,
il fallait ctre · sur que c'était
je
souffrc
daos
mes
sentimcnts
intimes,
ou
seulement
fait en cntrant, ne ,·ous a pas dcpuis quitté des yeux, el
vons examine avec une obstination bien 0.atteuse ou dans mon amour-proprc, votre erreur est graude, et bien Giulia ellc-meme qu'il veoait de retrouvcr, et des
vous allez la constatcr tout de suite par le sang-froid lors tout se trouvait rt'-mis en question.
bien mena~ante. i&gt;
Louis crut sur le champa une de ces ino(fonsives mys- qui va diriger mes investigations a la rccherche du vrai
Loms Dfil&gt;RET.
tifications dont l'on est prodigue entre jeunes hommcs daos cetle affaire. Je vois marmotter daos ce recoin ero(La
suite
prochainement.)
.
"
rlu meme métier, et auxquelles l'exposaient particuliere- th1que_trois bouches qui doivent répondre au moins a
:---~ - ~ - mITTJt son air de réserve, son éloignement reconnu de cent questions, et de toutes sortes, pour l'équivalent,

cil\DIIIIDI Dllli\\llfJ&amp;TDcaUIE.

Les théatres ont peu br:llé cetle quinzaine : la plus
~-nportante nouvelle que nous ayons a en donner, c'est
le départ des ambassadeurs japonais.
lis sont partis ! Lugete veneres, cupidi~es que! plcurez
amours, pleurez théatres, cirques, hippodromes, etc.!
lis sont partís! et avec eux un de vos plus puissant.s
moyens d'attraction. On ne lira plas dans vos réclames :
« Lcurs Excellences les ambassadeurs du Japon assisteront a cette représentation, en grand costume et dans
une tribune en vue. )l Comprenez-vous, l~cteurs, toute
la portée d'une telle annonce: en grand costume et daos
une tribune en vue? Le spectateur donné en spectacle,
et quel spectateur ! Ou allons-nous? ou allons-nous?
Caveant consules ! que nos consuls et autres diplomates
y prennent garde : ce n'cst pas la la moindre atteinte
qui ait été portée, daos notrP. sieele , a leur prestige.
Voila déja longtenips que les peuples se passent d'eux;
les souverains commencent a en faire autapt; on se demande s'il est besoin de diplomates pour faire des trai.
tés qui n'engagent personne, des alliances qui se décollent le lendemain, des treves pend:mt le3quelles on
s'assomme; partout les questions s'éternisent; partout
les protocoles résonnent daos le vide; les notes diplomatiques pre«bent dans le désert; les conférences avortent en congrcs qui ne congressent rMme pas; et voila
maintenant que l'ambasrndeur, l'hote par excellence,
paye a la fois en argent comptant et en monnaie de
singe l'hospitalité qu1il vient demander a nos jeux. O
Popilius ! o RPgulus! que diraient vos grandes ames, si
elles pouvaient voir de pareilles choses; et toi, que dirais-tu, pere trop oublié de la diplomatie moderne,
noble paysan du Danube !
·
Eh quoi ! n'était-ce pas assez l]Ue tout mélodrame tombé
a plat, que tout vaudeville sim~ a outrance, essayat de
se perpétuer, en faisant crier a son de trompe qu'a sa
seconde représentation « le prince ou la princesse une
telle a manifesté a plusieurs reprises sa vive satisf11.ction, en donnan.t elle-meme le signa! des. applaudissements, et que, la piece terminée, Son Excellence a fai t
venir le directcur et les principaux artistes, pour leur
ex primer de vi ve voix sa salisfaction? ,,
De pareilles réclames, du moins, n'ont jamais 'fait
avoir une seulereprésentation de ¡,lusa une piece sifflée ,
par _Sa Majesté le public; d'ailleurs l'exploitation, en
parell cas, ne porte que sur les noms des personuao-es
respectables qui la secondent a leur insu; mais, dan; te
fait des amhassadeurs japonais, c'est la personne meme
des représentants d'une nation jaune, mais amie, qui
sert d'appoint a l'exbibition d'un a.ne savant ou d'un
écuyer quadrumane. '
Encore une fois, ou allons-nous?
Si nous allions vite, du moins, je n'en demanderais
pas davantage, pour ma part. 11 y a uIJe jouissance
propre a ce seul fait d'aller vite : voyez plutot les montagnes russes: la, on ne va nulle part, cornme dans tes
Marionnettes del'Amour, la derniere chuteduVaucleville·
, . ~ .
'
on n arr1ve a rien,comme daos.les Mai'ionnettP.sde l'amour·
mais, du moins, on va vite daos les Marionnettes 1-usses'
tandis qu'on s'y traine, on y rampe, dans ces Montagne;
ele l'amour.
D'une certaine fa~on, cependant, elles ont passé assez
vite, ces Marionnettesde t'amour,011 il n'y avaitni amour
ni marionnettes; il n'en est déja plus question. Erreu;
de delll hommes d'esprit.
Au reste, il n'y a plus que les morts qui vbnt vite :
on vous parlait, cesjours derniers, de ce talent aimable,
de cette a1mable femme, enlevée coup sur coup a la
~médie-Fran~aise et au monde, dem scenes ou elle
laisse d'unanimes regrets, et voila maintenant que Je
paune Ribes de l'Odéon, l'excellent Marquis de Villemer, a suivi dans la tombe Mil• Fil'., a peine devenue
Mm• Salvadoi:.
Ribes, du moins, n'a surpris personne en mourant •
att~int d'un mal qui ne laissait pas plus d'espoir a se~
amis (¡u'a lui-meme, il s'est comme plu a bater sa fln
par l'étude et l'interprétation d'un role de malade qu'il
ne rendit que trop au naturel.
A chaque représentation, ceux qui n'ianoraient pas
son_ état réel se demandaient avec angoiss~ s'il reviendra1t ~e c~t évanouissement, joué par tui avec une
perfect10n s1 navrante. P~ut-etre en doutait-il lui-méme
pendant que la touchante Mil• Thuillier feignait de s'ef~
forcer de le rappeler 'ala 'fie.

Trop souvent condamné a réciter, sur cette meme
scene de l'Odéon, des vers d'écolier, des proses barbares,
il n'avait voulu a aucun prix renoncer a etre, ne
fut-ce qu'un jour, !'interprete applaudi de la plus
éloqnente, de la moins mortelle des muses passées et
présentes. Il voulait lai3ser cette trace.
On eut dit, d'ail'.eurs, que ce role si complétement
assimilable a son talent, a sa nat11re, a sa personne,
avait été expressément écrit pour tui, - ce qui, du
reste, n'est pas impossible; - aussi ne le lai,sa-t-il échapper que quand ses mai~s roidies ne purent meme p:us
rctenir la vie.
Le caractere général du talent de Rihes éta:it la disti~ction daos l'énergie, deux qualités qui, memc séparces, ne coureot pas précisément les rues. Aussi, bien
qu'il ne réalisat pas complétemént le type de l'omoureux
- il n'avait de heau que les yeux, - l'Odéon trouvera -t-il diffic:lement a le remplacer, meme daos cet
emploi, ou Alliaiza, avec un zele louable et souvent beureux, n'a pu faire que le doubler.
Cependant, qui vivra verra : Alhaiza est Jeune, il a de
l'ardeur, il n'est pas mal de sa personne, et si la distinction était chose qui se donnal... Maís c'est déja beau~
coup pour lui que rl'avoir été accepté du public comme
rem~la~ant d'nn comédi11n qne soutenaient tant de sympath1es de son vivant et qu·évoquaient tant de regrets
apres sa mort.
Au reste, jusqu'a la cloture de l'Odéon, telle a été la
vogne du marquis de Villemer, qu'on eut accueilli un
acteur tres-inférii,ur a Alhaiza, plutot ,que d'elre privé
de la piece. La derniere recette a été énorme et l'on
,
'
preteotl que, pour la réou'verture, la salle cst louée .
'
Je n ose pas ,lire pour combien de représentations. '
O'ou il ressort que l'Odéon rouvrira forÚment par le
marquis de Vil/emer; ce qui ne l'empechera pas, j'espere,
de nous éonner, daos le courant ele l'hi ver prochain,
cette fameuse Jeune.,se de Godh~ dont il est parlé sous
le mantean, et meme a11leurs, depuis si longten1ps.
La mort de Meyerbeer a rcmis plus que jamais sur le
tapis cette qucstion capitale, je veux dire ~ctte arande
affaire, car, de question il ne saurait,je m'imacrin°e s'en
élever : l"élernelle ab5encc du maestro, loin d~ r:culer
l'apparition attendue, est plutot faite pour la hater.
Mais j'oublie que tout le monde n'est peut-etre pas informé, comme moi; qu'il s'agit ici d'une piece moitié
opéra, moitié drame, dont les paroles sont de M. Blaze
de Bury et la musique de Meyerbeer, ni plus ni moins.
M. Blaze,de Ilury n'est pas seulement un de nos critiques et de nos romanciers les plus dislincrués si je
n'en dis pas davantage, c'est que pour ju~tifie~ mon
dire, il me faudrait trahir le secret d'une réputation
anonyme. Son livre Écl'ivains et poetes de l' Allemagne,
et surlout sa belle tradnction du Faust de Grethe accom,
'
pagnee de notes et de commentaires aussi ingénieux que
savants, l'auraient désigné a Meyerbeer_,a défaut méme
des relations intimes qui existaient entre eux depuis
longlemps. ~·reuvre due a leur collaboration cst, depuis
env1ron tro1s ans, authentiwement réservée au direc-t~ur du sec?nd ~héatre--Fran~ais, M. de La Rounat, q11i
s occupe auJourd hui avcc une-ardeur aisée a comprendre
de trouver les interpretes et surtout la-cantatrice l'ét~ile, lá Marguerite a laquelle sera confié le pr;mier
ro~e. de cette reune qui fera époque. Le sujet est aussi
or1grnal que poétique et la musique est, dit-on, !e bouquet du feu d'artifice de Meyerbeer.
U~ mot maintenant, pour en finir avee les morts,- je
d_1s pa~ cela pour Meyerbeer, qui, le pauvre homme !
na Jama1s t_ant et si bien vécu qu'aujourd'hui, - un mot
sur un art1ste qui ai1I1a trop le bruit de son vivant
pour que je refuse ici une pelletée de t:rre a sa fosse ~
peine fermée.
·
. Pierre Lerebours, jadis connu au théatre sous le nom
de Víctor, vient de terminer obscurément une vie la
plu_s tourrneotée du monde, etqni eut son beure· d'éclat.
Q':" s'en douterait, a présent? Tour a tour, et meme a la
fo1~,. auteur dramatique, historien littéraire, historien
polit1que, tragédien, publiciste, dessinateur et toutcela
non saos rnérité, l'ardeur qu'il mil a se f;ire un nom
avec des aptitudes si di verses,' n'eut d'égale que le peu
de succes de tant d' efforts.
~l,eve couronné du r.onservatoire, pensionnaire au
Tbeatre-Fran~ais, il débuta, e~ t 8i6, daos Oreste, d'Andromaque, fut tres-applaudi daos l'Hamlet de Ducis et
des l'année suivante, il se trouva, grace a l'absenc; d;
T~lm~, _en possession du premier emploi dans la tragéd1e ou il eut de grandssucces. En 1824,-déjatrop tard,

º;

1-

- il fit représenter a l'Odéon les Scandinave~, tragédie
de sa composition, daos laquelle il joua le principal
role. La picce et l'acteur réussirent. Rappelc au ThéatreFran~ais par la mort de Talma, qui semhlait devoir !'y .
aacrer, il n'y trouva plus qu'indifférence pour sa per-'.
sonne et pour le genre auquel il s'étaitconsacré. Sa: des-.
linée, do11t j'ahrége les singulieres et continuelles péripéties, fut toujours et en tout d'arriver trop tard...
meme.a la fin. Poor Yorick!
M'"º X... , elle aussi, est arrivée trop tard, bien qu'elle
eul pris le train express, a deux intentions inégalement
respectables. Son mari s'était logé daos le gosier une
monstrueuse arete d'esturgeon, que, seul, le fameux
ducteur G... , de Paris, était capable d'en e:xtraire. Elle
arrive done _en toute hate cbez ce docteur, au moment
ou il venait de part!r, comme tout Je monde, pour le
Cirqne des Champs-Elysées. Or, voyez la coincidence:
Mm• X•.• venait a Paris moins peut-etre pour y chercber
le docteur G... , que pour alter elle-meme au Cirque.
Naturellement, elle n'y va pas, elle y court, admirant
en son ame celle complaisance du ·sort, qui lui permet
de !aire d'une pierre deux coups, et de concilier són
devoir d'épouse avec sa passion pour un saltimbanque.
Car la pauvre dame, jusqu'a ce jour irréprochable, n'avait pu Jire saos en perdre la tete tout ce qui se publie
sur ce fameux gymnasiarque dont les exercices alternent avec les gentillesses du non moins fameux Papion,
autrement dit l'écuyer quadrumane.
Longternps elle avait résisté, roa.is cette maudite arete
d'esturgeon dansle gosier de son époux lui avait fourni
a l'improviste, une de ces occasiCJns perfides qui fon;
aussi bien la femme légere que le larron.
La voila done courant au Cirque; mais, la encore, elle
arrive trop tard: toutes les places sont prises; que faire?
Elle ne verra pas son gymnasiar1Jue, et son mari va. périr étranglé. D'une orcille, elle entend les bravos les
cris fréuétiques de ses rivales, daos le Cirque; de ,:autre, elle croit entendre le rale d'un rna1 i qui élouffe
daos son alcóve : ne la jugeons pas, plaignons-la!
Tandis que, partagée entre ces bruits divers mais
également im¡,ortuns, elle erre a1ix alentours d~ cette
s_plendiele rotoude, ou respirent, inabordables, son sal- ,
t1~banque _et son docteur, une jenne et jolie bouquet,ere se plamt amercmcnt, de son coté, de n'avoir pas
e11core élrenné. O fortune ! _Mm• X.•. offre ii la belle enfaot de lui pr, ndre tous ses bouquets, acondiiion qu'elle
les jettera en hommage au béros du Cirque. - Je ne
l'aurai pas vu, se dit-elle, mais j'aurai, du moins travaillé d~ns J'ombre asa gloire. Humble violette, Je Jui
cachera1 mofl amour, n.ais il respirera mon parfum.
Naturellcment la bouquetiere accepte le marché· elle
'
'
' la
napas
ses entrees
au Cirque, mais son fiancé fera
commission : - Et d'autant mieux, ajoute la friponne
que c'est luí qui est chargé de garder...
'
- On le garde ! interrompt 111me X... On est obligé de
le garder ! Je le crois bien, il doit etre l'objet de tant
de poursuiles, de tant d'entreprises désespérées ! .Mais
moi, je ne demande qu'a le voir, a l'apercevoir un ins~
tan t.
- Rien de plus aisé, dit la bouquetiere. mon fiancé
e_n le recon·duisant, pourra vous l'amene; ici ~pres l¡
représentation, qri, juslement, va finir.
Aussitot dit, aussitot fait. Le fian'cé amene furtivement l'objet. La timide Mm• X.•. n'a pas la force de luí
parler; elle avance dans l'om_bre une main tremblante ...
Mais, en meme tempi:, elle pousse un cri de désespo1ret
de dégout : cette main qui étreint ia sienue, c'est la
main du singe Papion !
Comme vous pouvez le croire, cette épreul'e suffit pour
ramener Mm• X... au sentiment de ses devoirs. Elle n'a
plus maintenant qu'une idée : retrouver le docteur
.
. ,
'
s~uver ~on mar1 qm etrangle.Mais non; un -télégramme
Vhlllt lm apprendre que !'arete est sortie d'elle-meme et
que le rideau va tomber. Elle salue lepublic et se retire
au,s1. applaudie que l'objet de sa passion. '
Te! est l'beureux penda_nt que les Folies-Marign1 viennent de donner a la Crise de M. Octave Feuillet. Cet
a-propos est intitulé Apres le Cirque. Mm• Delorme y est
excellen' ~ daos le role de &amp;im• X•••
La bourgeoisie n'a qu'a se bien tenir; les Variétés ne
la ménagent pas : je viens d'en voir a ce théatre une
.
caricature
dont l'unique défaut est 'de ne pas plus' ressernble_r a !'original, que les marquis d'a présent a)ll
marqu1s de Moliere. Singuliere manie que de s'attacher
a peindre des classes qui n'ont plus rien de caractérisé
et ~e confondent tous le~ jours davantage. A cela pre11~

•

�8

'
o

la piece de ~Uf. Clairville, Siraudin
et Blum est amusante; il n'y a qu'it
la supposer écrite depuis cinqua11te
ans. Prenons-la done comrne nne
reprise, et disons en trois mols ce
qu'elle dit en de•1x actes.
M. Dun;ioulin, venu a Paris en
sabots, - l'expre~sion est consacrée,, - et aujomd'hui deux ou
trois fois millionnaire, a conservé
des gouls plus modestes que sa
forlune, ce qui n'est pas déja un
si grand crime, et pourrait servir
de le~on a bien des lions et des
lionnes pauvres.
Tout cela change un beau matin:
Dumoulin jette \'argent par les fenetres. Dumoulin refOÍt, Dumoul•n
a. un mobilier et un train dignes
d'une . petite .dame. Dumoulin ne
vcut plus donner sa filie i1 un honncte gar~on, qu'elle , aime et dont
elle est aimée. 11 veut pour gendre un homme titré, un baron
apocryphe, et qui, en fin de
compte, se trouvera etre un aventurier, un escroc. Qucl coup de baguette a pu faire de Dumoulin une
si . plate coutref.lfon du Bourgeois
gcntilhomme? ·
Ce n'est pas un coup de baguetle,
c'est la crainle d'un coup de plume : Dumoulin a découvert que la
femme de chambre écrit ses mémoircs, et c'est pour J'honneur de
la bourgeoisie, appelée ajouer un
role daos ces mémoires, que ce
bourgeois comme il n'y en a. plus
se donne des airs de gentilhommc
comme il n'y en a jamais eu.
Heureusement, . la fcmme de
chambre a plus de Lon sens que
son maitre, · et, sous menace des
plus: drólatiques révélations, elle le
force ·a mettre le baron á la porte
et a•donoer la· jolie Agathe a son
fiancé ..
Et voila. le fond de cctte comédic,

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTRATION, . JOURNAL UNIVERSEL.
dont les détails valeut mieux que
le fond. Kopp, Couder et Hittemans, d'uoe part, et M11• L. Durand
de rautre, y mettent une vie' Ull
entrain, un talent qui ne font pas
de tort aux recettes.
Comme nous l'avions prédit dans
un de nos précédents comptesrendus, les Fourberies de 'Nmne, de
M. de Banville, n'ont pas tardé a
passer de la librairie Lévy au théa.
tre. Tout cbemin mene au Vaude,•illc. Graces a Saint-Germain et a
M11• Bianca, l'interprétation vaut la
piece.
A.

DE BELLOY.

"L'INFIORATA" DE GENZ~NO
AU DIRECTEUR.

ílome, 11 juin.

Voici deux croquis sur l'lnfiórata, ou fete des Fleurs, qui s'est
célébrée le 2 de ce mois /J. Genzano, petite ville située pres du lac
de Némi, dans une situation des
plus pittoresques. 11 y avait dix-sept
ans que cctte fétc n'avait eu lieu;
aussi a-t-on déployé cclte année un
luxe tout particulier.
Vous savez sans doute en quo
consiste princi palement cette féte.
Un tapis de fleurs naturelles est
formé dans la rue principale de la
ville et eonduit a l'église; puis la
procession arrive, et; en suivant ce
tapis daos toute sa longueur, elle
se rend a l'église. La procession
seule a le droit de marcher sur le
tapis.
Ce sont de simples paysans q11 .
forment ce tapis, une véritable merveille d'art et de gout. Guirlandes,
écussons, vases antiques, etc., y
sont représentés en grand nomL'/NFIORATA, A :;ENZA,0: PAYSANS FORillANT LE TAPIS DE FLEURS POUR LE PASSAGE DE LA PROCESSIO~.

• 1

LA PRO,:ESSION DK L'INFI0HA1'A, A \;h~ZAIIO. -

u·apres le, croquis dé ~l. A. Zwahlen.

9

�to

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UN IVERSEL.

L'ILLUSTRATION. JOURN AL UNIVERS'EL.

bre; l1mr forme est irréprochable et l'assemblage
des couleurs aussi parfait que possible. Ces Italiens sont
tous de vrais artistes.
A. ZWAULEN.
Agréez, ele.

LES COURSES DE PRINTEMPS A PÉKIN.
AU DIRECTEUR.

Pélin. 10 avril 18o4.

Les plaisirs du sport sont de ceux qui font le tour du
monde a la suite des Européens. Pour la premiere fois,
le 'rn mars dernier, ils prenaient pied dans la capitale
me;ne du Céleste-Empire.
La colonie européenne de Pékin (1), bornée aune.centaine de personnes, complétement isolée au milieu d'une
population a peu pres hostile, et avec la~uelle tous rapports sociaux sont impossibles, est de celles qui doivent
se suffire a elles-memes, sous peine de succomber a
l'ennui, qui est pour elle un mal plus a craindre que
les effets d'un climat relativement as~ez sain. Aussi,
l'institution de courses bis-annuelles est-elle un événement·heureux qui fait treve ala monotonie de \'existence
habituelle.
La race des chevaux indigcoes du nord de la Chine
e~t assez médiocre, et, en genéral, les Européens font
venir leurs chevaux de Mongolie, ou se trouve une race
de petite taille, mais pleine de feu, et pouvant donner
des sujets assez disti11gués. Les chevaux destinés aux
courses sont pris parmi ccux de cinq a huit ans, et avec
deux ou trois mois d'entrainenient, fournissent une vitesse remarquable.
Un comité, formé de membres des quatre légationsde
France, d'Angleterre, de Russie et des É:tats-Unis, avait
pris la direction de la fete, dont une sou,cription géuérale faisait largement les frais. Le fO mars, toute la colonie européenne se réunissait sur un vaste terrain situé
a deux kilomelres environ de la vi lle; une foule immense de Chinois était accourue pour voir ce spectacle
si n·ouveau pour eux.
ºLes Chinois, lents et méthodiques par nature, ennemis
de toulP. fatigue, n'ont pas d'analogue de ces plaisirs;
les Tartares, plus guerriers, vivant beaucoup ·acheval,
comprennent un peu plus ces exercices; aussi, manifestaient-ils un étonnement mélé d'admiration devant les
résultats obtenus pour des chevaux auxquels ils ue
soup~onnaient pas de tclles qualités.
Le spectacle de cette plaine couverte de monde était
vérnablement curieux et intéressant; des gens de t0ut
age, des femmes parées de leurs plus beaux alours, le
demi-monde meme de Pékin, se groupaieot sur les collines ou grimpaient sur le sornmet des voitures; des cuisioe5 en plein veol, des marchaods de gateaux, s'étaienl
établis de colé et d'autre; c'était comme un champ de
foire. En un mot, pour la premiere fois, cette population, en général si hostile aux étraogers, se groupait
autour d'eux et preoait parta ses plaisirs.
Sur une estrade couverle et ornée avec gout avaient
pris ¡;lace les ministres étrangers, les dames du corps
diplomatique, et deux mandarins du Tsong-ly-Yamoun
(conseil des aífaires étrangercs) rcprésentaient ce corp~
auqnel des invitalions avaient été adressées. C'étaient
les mandarins Heng-ki et ·shong-Lueo; le premier,
vieux beau de cinquante ans, passe a Pékio pour le type
de l'élégance et donne le ton a la mode, car il y a des
modes, mrme daos ce pays de l'immuahilité ; aussi avaitil revetu ses plus belles fourrures et une sorte de robe
de dessous d'un rose teodre qui jurait avec sa figure
(1) La population européenne de Pékin éta,t ainsi répartie,
I" uril 1864.

Lé11ation de Fraoce . . .•.
!Jration hrllaunique. . . . .
U~ation de llussie. . . • . .
Légatiou des État1-Uuis••.
llis,;ion e11tlioliquc••••••
S.Zurs de charité. . • . . ..
Miuion ¡,rotestaulc anglaisc.
Miuiou protesta~tean~ricaine
Douaoes cbinu111e1. ... .
Cou,eul ruue. • • • . • . . •

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seche et janne. Tous les deux portent le.fbonton rouge
de deuxieme classe et les plumes de paon. Ces hauts
personnages avaient' amené une suite nombreuse de
maodarins inférieurs et de domestiques; ils s'étaient fait
prPcéder du hataillon désigné par eux sous le nom de
« Yang- Tsiang » (fusiliers étrangers).
Ce corps, entierement équipé el arméa l'européenne,
se trouve actuellement a Pekin pour instruire quelques
trouµes d'¡i.pres notre tactique .militaire. Son origine remonte a deux ans a peine ; instruit au fort anglais de
Takou, commandé d'abord par un officier de celle natioo, il a pris en i 863 une part active aladestructioo de
quelques bandes de rebelles, les « Nénuphars hlaocs, »
puis a tenu garnison a Tien .. TSin. Il est commaodé actuellemeot par un officier supérieur tartare, homme
assez intelligent, etqui cberchait, dans cette circonstaoce,
a faire valoir les connaissances de ses soldats.
En effet, ceux-ci, tlans l'espace d'une demi-heure,
ont exécuté, sous les yeux des résidents étranger,, toutes
les maoreuvres de l'école de peloton et de bataillon avec
une précisioo relativc; le déploiement eo·tirailleurs, qui
coovient mieux a leur genre spécial de combat, a surtout été parfaitement rendu.
Le costume du bataillon eEt entierement tartare et
consiste dans une sorte de veste large, de conleur jauoe
ou bleue, suivaot les compagnies, et bordée de rouge ou
de blanc; sur la poi trine est une lune b!anche au centre
de laquelle est écrit le mot &lt;&lt; courage ii en caracteres
maotchoux. Le paotaloo large reotre di:ns une bolle de
drap assez haute, et figur:ml a peu pres la molletiere de
nos chasseurs. Les grades se distioguent par le bouton
du ch:ipeau; qui est doré pour les sous-officiers, blanc
clair ou mat, suivant le grade, pour les officiers subalternes, bleu pour les officiers supérieurs; ceux-ci sont
montés, aiusi que cela se fait daos nos bataillons d'iofanlerie.
Ce qui nuit un peu a l'effct de ce petit corps, c'est
l'abseoce de clairons ou de tambours; les commaodemeots sont faits en anglai3, quoique certainement pas
un Chinois ne comprenne le seos exact des paroles,
mais il sait a quel mouvement enes se rapportent.
L'armemeot, essentiellcment européen et de provenance russe, consiste en un excellenl fusil rayé, armé
de sa baionnette; la giberne est soutenue par un cein..
turoo, le sabre par un baudrier de buffleteries blanches.
Apres avoir re~u, de la part des ministres, des félicitatioos qui ont paru vivement toucher les mandarins et
les officiers, le bataillon a défilé avec un ordrc parfait
et a été fQrmer les faisceaux pour pren:lre part en spectateur a la fete.
Les co11rses se sont succédé avec une régularité parfaite et dans l'ordre suivaot : Les reglements, entieremeot semblables a ceux des courses d'Europe, ont été
suivis ponctuellement; les prix seuls constituaient plutot une sorte de stimulant de la partie qu'uoe véritable
recompense.
{° CocRSE AU TROT. - Distai:ice, trois quarts de mille
anglais : Prix, 60 francs; 3 chevaux engagés. Gagoé par
Tarlarin, a. M. Petscbouroll, de la légation de Russie.
2° PtKJN-DERBV. - Distnnce trois quarts de mille:
1•r Prix, 240 fr.; 2• prix, GO fr.; !J chevaux engagés. Gagné par Kreschack, a M. de Bismark, attaché a la légation de Prusse, et par Tim Whiffler, a. M. Brett, des
douanes chiuoises.
3° CouRSE DES MINISTRES. - Pour chevaux anglo-indiens du golfe Arabique: distance, i mi lle, prix : 240 fr.;
5 r.bevaux eogagés.
Cette coui'Se, .la plus inléressante par la valeur des
chevaux engagés, a été brillamment eolevée par Joviat,
a M. Hubert, de la légatiou de France, arrivé premier,
quoique placé par le sort au dernier rang, au momeot
du départ. Kettle Drum, a M. Saiot-John, de la légation
d'Aogleterre, suivait second adeux loogueurs.
4° HANG-no-Lou StAKES. - Distance, demi-mille : Prix,
!JO fr.; i I chevaux eogagés. - Gagoé par My Grief, a
M. Hobson, des douanes chinoises.
'
5° LEG,\Tlmls PLATE. - Distance, trois quarts de
mi lle : {•• prix, i 20 fr.; 2° prix, GO fr.; 8 chevaux engagés.
Gagné par Tim w1qper, a. M. Brett, et Excelsior, a
M. Hohson, des douanes chiooises.
6° SruoENr's Pure. - Dislance, trois quarts de mille :
Prix, 120 fr'.; onze chevaux engagés.
Gagné par Pi~t ·l, a M. Denoys, de la légation d'Angleterre.

Distance, un demi-mille : i er prix,
90 francs; 2° prix. 60 fr.; 3° prix, 30 fr.; 9 chevaux eugagés.
G:igné par Kieselark, a M. de Bismark : My Grief, a
M. Hob~oo, et T im Whiffler, a M. Brett.
·
8° PR1x. DE CONSOLATJON. - Pour cbevaux n'ayaot pas
e11 de prix : distance, trois quarts de mili e; prix,
120 fr. ·
Gagné par lron Sides, a M. le docteur Pogogeff, de la
légation de Rus.~ie.
Comme on le voit, le comité avait cherché a multiplier les épreuves pour encourager les coureurs, et le succes a répondu a l'attente. Daps un pavillon voisin ·avait
été servi un lunch élég:rnt, auquel les Chinois faisaient
le plus grand honneur; enfin un joyeux banquet réunissait le soir tous les souscripteurs des courses.
En résumé, cette premicre journée, marquée d'uoe
grande origioalité, a laissé d'agréables souvenirs dans
!'esprit de tons les assistants, et l'institulion des courses,
en créant uoe occasion de rapprochement entre Eur.opéens et Chinois, ne sera pas sans influen,ce heureuse
sur leurs rapports mutuels a!'avenir.
Agréez, etc.
Pour extrait: P. PAGET.
iº Itu,'!l!CAP. -

AUTOBIOGRAPHIE D'UN POETE.
(Suite,)

Le lendemain, seloo l'usage, toute la troupe des
r·remiers communiant~, gar~ons et filies, dl?vait, sous la
conduite des deux boEsues, aller faire une promenade
en Belgique (Comines et Werwiq), pour en rapporter
des fig11es. Bientot le soleil devint fort ardent, et l'altératioo contracta plus d'un gosier. Quelques g:ir~ons,
doot j' étais, eurent \'idée d'eotrer dcux ou trois fois
dans des cabarets de la route pour s'y faire servir a
a boire. Les bossues ootcrent le fait; elles noterent, en
outrc, que nous fumes ensuite tres-exaltés, tres-pcu
remplis de \'esprit saiut pouruo lendemaio de premiere
communion, et qu'cofin, ce qui ne futjaruais démont~é,
nous poussames, au retour, plus d'une fillette daos les
fossés.
Ah! les sournoises bossues devaient en ourdir une
bien noire trame! Je o'a\lais plus a \'école depuis quelques jours, et je travaillais ci. la maison, oü mon pere
était provisoirement reten u par une blessure a la jambe,
lorsqu'uo beau malin le curé entra. C'était un véritable
apótre. Il avait de beaux cheveux blancs, des traits réguliers et un air d'ascétisme empreint sur le visage
comme dans toute sa per!onne. On le savait dur pour
lui-meme non moins que pour les autres, et nul n'aurait
jamais eu la pensée de douter de sa vertu. JI avait au
plus haut degré le zele du bien ; il avait peut..etre quelquefois lrop de zele. Grand et maigrc, il ne sortait jamais
sans un baton blanc, qu'il teoait comme un pasteur fait
de sa houlette; mais il ne s'appuyait pas. 11 aimait a se
promener daos les sentiers du village, et j'avais vu bien
souvent, avec je ne sais quelle impressioo de terreur
respectueuse, sa grave silhouette se détacher sur le fond
verdoyaot des prairies. En chaire, il montrait la roa.le
éloquence rustique qui convenait a ces hum bles esprits,
et comme le Christ, son maitre, il leur parhit de préféreoce daos un langage plein d'images et de comparaisons empruotées aux travaux des champs. Je me complais a ces développemeots sllr cet boro me qui me chatia
rudement, mais qui, je n'en ai jamais douté, me cbatia
par conviction et pour moa bien.
A ce1te eotrée du curé, je resseotis comme un choc
électrique. Le pressentiment d'un malheur m'eovahit.
Mon pere était assis devant une grande table.chargée de
papiers; sa jambe était éteodue sur une chaise; ma mere
se tenait pres de lui, occupée a quelque travail tl'aiguille;
moi, je burinais sur un cahier d'écolier, a une table de
dimensions plus modcstes. L'arrivée du pretre mit tout
le monde en émoi. Son visage avait une expression grave
et sév~re. Apres quclqnes questions prouvant l'iotéret
qu'il preuait a l'infüposition de mon pere, il ajouta :
« Je regrette beaucoup d'avoir, en de pareilles circons•
tances, avous révéler des choses qui vous seront péoibles.
Je crains bien que votre fils n'ait pas accompli ce grand
acte de la premiere communion dans les dispositions de
piété qu'il comporte. ii Et il exposa mes prétendus torts
avec toutes sortes de détails, hahilement groupés, qui
n'étaienl pas de nature a me valoir le bénéñce des circonstances atténuante5 : les infemale11 bossues1avaient

11

de mon pere. La situation allait devenir critique·
r~ide~meot d.istillé dans leur compte-rendn toute la m'ordonner de me taire. N'importe! mon amie savait
Par malheur, le café était excellent, et le gofit de la
mal ice et tout le fiel de leur bosse. - &lt;1 Cet enfaot est maiotenant que je n'étais point terrassé ! J'avais meme chicorée ne s'y faisait oullement sentir. Maladroile sertres-coupable, continua le curé, et je ne doute pas que, remporté une douhle victoire, puisque mes oppresseurs vante ! Ma planche de salut allait glisser entre mes
daos J'intéret de son ame, comme pour réparcr autant m'avaieot vu si vaillanl.
Avant le Credo, le pasteur monta en chaire, et j'eus doiats. Je lns ma condamnation sur le visage paternel,
que possible le scanclale de s~ _cond~it~, v~us ne m'au_tol'l~onneur
d'occupcr une large place daos son sermon. ou t'influence du moka faisait monter une inquiétaote
risiez a lui infliger une pun1t1on oecessa1re. ii Ma mere
JI
rappela
le
scandale qui avail eu licu et qui devait etre lueur de mansuétude. La cloche soooa pour la seconde
avait pali, mais elle resta muelle. Mon pere, qui était
expié.
Le
texte
prctail aux développements, et !e véné- fois, ce qui voulait dire : prenez vos chapeaux et vos
tres-ncrveux, entra contre moi daos une grande coli&gt;re, ·
11vres de priere ! Je ne bougeai point, et crus babile de
et accorda sans réscrve tous les pouvoirs qu'on lui de-- rable prelrt: ful entrainé fort loio par son zele. Comme
demaoder
a Jrton pcre, pour détouroer son attention,
mandait. - « Oui, il faut un exemple, dit en partant elles ·portaieot a faux, ses paroles, loin de me toucher, s'il me permellrait de l'accomp~gner chez M. le curé de
l'austere vieillard, et comme prelre de cette paroisse, il acheverent de me raidir par le sentimeot de l'injustice
Menin: Mon pere semblait étre devenu tout a coup la
est de mon devoir d'etre inflexible. ii Cela promettait, et auquel l'enfance est si naturcllement accessible. Je teproie d'un embarras qu'il cherchait a surmonter. Il mit
je o'avais plns qu'a attendre,avecune confiaoce aoxieuse, nais mes yeux fixés, iosoumis et presque mt'na~aots,
un
peu de cognac dans le restant de son café, ce qui
vers la chaire. Bref, la sainte éloquence du prédicateur
le chatiment :rnnoncé.
devait
achever de me perdre, et dit en allemand a ma
Apres le départ du curé, ma mere clut intervenir pour produisit sur moi un effet tout contr:iire a celui qu'il en
mere
{!Uelques
mots dont je compris f esprit, smoo le
empecher le courroux paternel de prendre de trop fortes attend::it.
sans
littéraL
Ma fermeté fiévreuse se détendit pourtant un r,eu
proportions. Elle avait compris qu'il y avait dans toul
_._ « Mon enfant, dit-il enfin, tout biPn pesé, il s'agit
cela a faire la parl des exagérations vindicatives des deux quand la messe approcha ele son terme. Je me pris aréici
de prendre une détermination fort grave. La sagesse
fléchir aux suites de ma mésaventure. Comment traverméchantes fées.
commande beaucoup de circonspectio~. Meme dans too
ser
la
place
ou
les
paysans
avaieot
coutume
de
s·attarLe reste de la semaine s'écoula paisible'Jlent, et je
intéret il convient, je crois, de ne pas s'arreter légecommen~ais a respirer. Le di manche, je partis pour la der longtemps en conversations? Commeot affronter
'
.
rement et sous l'impression d'uo mécontentement, s1
tous
ces
rcgards
curieux,
et
doot
la
pluparl
seraieot
saos
grand'messe avec mon pere; el je mesuissouvenu plus
motivé qu'il paraisse, a un parti sur lequel il o'y aurait
tard qu'au moment ou nous allioos uous mettre en doute moqueurs et malveillants? _c'était le plus amer
plus ensuite a revenir. Avant tout, il est d'ailleurs escalice
qu'il
me
restait
a
porter
a
mes
lcvres.
Je•me
deroute, ma mere vint m'embrasser d'un air ému : j'ai
sentiel
de savoir si M. le curé de Menin consentirait a
pensé depuis qu'elle savait alors, du moins en partie, ce maodai d'abord si je ne ferais pas mieux de traverser le.
t"accepter.
11 me vient la crainte qu'il ne 'juge peut etre
qui allait m'arriver. Quand le troisieme coup eut tinté, cin;eticre et de revenir a" travers champs en faisaot le
devoir
s'abstenir,
ne ful-ce que par égard pour son conquand chacun fut a sa place, le curé s'avan~a, seloo la tour du village, le seul chemin a prendre pour éviler la
frcre.
Tu
as
trop
de bon sens pour ne pas comprendre
couturr.e, pour distribuerl'eau bénite. En passant devant place. Mais il me sembla que ce serait une fuite, une
que,
dans
le
doute,
il importe que nous ne brulions pas
oous, il me lao~a un regard qui me terrifia. P111s 1i ren- lacheté. Je renon~ai a cet cxpédieot, et me résolus il
nos
vaisseaux.
11
faut
cependant bien qne l'accomplissetra daos la sacristie pour y déposer l'a,persoir. La messe attendre, pour sortir, que la foule eut quitté l'églis!l.
ment
de
tes
devoirs
religieux ne soit pas interrompu.
allait commencer. II sortit de nouvcau, mais sans avoir Moa camarade partil le prcmier. Je pris mo11 courage a
Oue
ferions-nous
si
l'on
ne voulait pas t'admettre au caencore revelu l'étole, et se dirigea de ootre colé précédé deux mains; j'essuyai de mon mieux la poussiere doot
téchisme
de
M
enin?
Je
te
promets de chercher sans reles
dalles
avaient
marqué
mon
pantalon
a
l'endroit
des
du bedeau. Je sen lis un frisson me courir de la t~te aux
tard
a
tout
concilier
pour
le
mieux. Mais, en atlendant,
genoux,
et
je
me
glissai
leotement,
mystérieusement
pieds. lis s'arreterent devant moi. Le curé me saisit par
je
dois
faire
appel
a
ta
raison,
aton courage, et te prier
vers
le
portail.
Des
groupes
nombreux
s'entreteoaient
l'oreille et m'enjoignit de le snivre saos résistance. Je le
de
prendre
sur
toi
de
retourner
aujourd'hui a l'instrucsur
la
place.
Je
me
dis
qu'il
ne
rue
siérait
pas,
apres
ce
suivis ainsi jus~u·au milicu du chreur, ou il me fil mettre
tion
de
n~tre
,église.
Je
suí$,
du
reste,
persuadé que tout
qni
v
,cnait
de
se
p.i.sscr,
de
la
lraverser
du
pas
calme
de
a genoux. Cette premiere exécution fa,te, le curé et le
le
mcode
verra
ta
conduile
avec
édification,
et que
quelqu'un
doot
la
réputation
est
saos
tache;
la
voix
~ebeilcau se d1rig-erent encore une fois vers le food de
l'église, et je vis hieotót arriver, comme j'avais fait moi- crete de l'amo11r-propre froissé me conseillait aussi M. le curé sera le premie!' a t'en tenir compte. &gt;l
Je r.onnaissais trop mon pere pour risquer une objec..
meme, c'est\il-dire tiré par l'oreille, le plus e~piegle de d'abréger autant que possible cetle dcrniere épreuve.
tion
: elle n'aurait eu d'aulre résultat que de me faire
nos camarades, le fils cl'un mus-brigadier de la douaoe, J'cnfou~ai mon cbapeau sur mes yeux, et, saos me déordonner,
d'uu ton séYere, ce qui m'était demandé
pauvre garfOD qui n'ét:iit pas non plus alié apprendre lourner une seule foi~, je pris ma course et volai comme
d'une
maniere
si bienveillante. Je partís.
son catéch1sme chez les bossue~, mais qui, en reva11che, une fleche jusqu'a la maison pateruclle.
D•1
courage,
me cría encore de la porte mon exMa mere se tenait derriere la porte pour me serrer
avait partagé mes détnrdcments a la promenade. A la
cellente
mere;
cette
soumission t'honore et t~ portera
dans
ses
bras.
Mon
pere,
qui
venait
d'eotrer,
lui
avait
maniere doot se contraclait son oreille, on voyait bien
bonheur.
tout
dit,
et
sans
doute
qu'elle
ne
s'attenclait
pas
il
une
que celui-lil n'avan~ait pas tout afail en victime résigoée.
Voici comment elle me porta booheur. Quand le ca11 me fil vis-a-vis, selon toutes les regle, de la symétrie, puoition aassi cruelle. Cette fois, je ne pleurais pornt.
téchisme
fut terminé E:t que la foule eut pris place pour
~Ion
reil
était
aride:
il
couvait
la
colere
et
la
fievre.
Le
de \'aulre coté du chreur.
Que se p~-.;sait-il au fond de moi? Cette blessure a creur des femmes devine tout; a plus forte raison le lts vepres et le salut, le curé, dans la meme forme et
l'amour-propre était si vive, que je crois la ressentir en- creur des meres, quand il s'agit de leurs enfants. La avec le meme accompagnemeot que le matio,. vint me
core. Qu'allait-on penser etdire? Ma honte était publique, mienne crut devoir ne faire allusion que par quelques chci'cher pour me mettre de nouveau a gcnoux daos le
mots a :ce qui s'était passé. - « Mon ami, je sou!fre chreur. Je vis également arriver mon pauvre camarade,.
011 n'oublierait jamais cela. Je ne me savais pas d'enoemis, mais il y avait bt!aucoup de famiLIP.s jalouses de la plus que toi de ce que tu as· sou!fert. 11 faut montrer dont la résistance se traduisa1t plus visiblemeot qu'a la
mienne, et cel~es-la ne maoqueraient pas de se réjouir que tu deviendras un homrne en supportant cela avec grand'messe. Le bedeau dut employer une certaine'viode mon humiliation el de me mootrer au doigl. Je rumi- fermeté. Qui u'a pas eu a subir daos sa vie quelque in- leoce pour le réduire a s'ageoouiller. Mais le bedeau et
nai d'abord amerement toutes ces pensées; puis, ayaot justice? Mais l'épreuve est traversée maiotcoant;:tache le curé curent a peine fait quelques pas, qu'il se leva
brusquement et s'enfoit de toule la vitesse de ses jamtourné les yeux vers mon camarade d'infortune, je lui de 11'y plus penser. i,
l\ous pas.•ames dans la salle a manger, oú mon pere bes. J'admirai son audace, mais je ne l'imitai pas.
trouvai un air de révolte et de moquerie froodeuse qui
Je m'arrele. Ce fut ma mere qui alla définitivement
nous
attendail ponr le diner. Il avait une agitation visime releva de mon abaltemenl. Lt:s réflcxions philosophiques prirent le dessus, et j' eovisagcai plus froide- ble, et je compris que ma mere, par ses observlltioos, régler ce compte avec l'impitoyable pasteur; et quelques
meot ma posit,on : j'étais a geooux daos le cbreur, ce. l'avait préparé a trouver maiotenant mon chaliment mois plus tard je quittai le. village pour le collége de
qui élait peu flalteur, a la vérité. mais ma conscience excessif. - &lt;&lt; M. le curé a été trop loin, dit-il tout a Lille.
JI y a un post-scriptum a cette aventnre. Mon pauvre
ne me reprochait ríen, et je sou!frais injustement. Une coup d'une voix qui ne pouvait vas dissimuler son irrifois sur cette pente .du raisonncment, moo jeuoe esprit tation émue. J"irai lui dire ce que j'en peose. On ne camarade rebelle re~ut plus tard le prix de sa vaillance
se ra!fermit bientot au point d'oscr laisser mes regareis flétrit pas aiosi l'ame d'uo enfant dans son amour--pro- Je l'avais perdu de vue clepuis vingt-cinq ans, lorsque
les hasards de la vie le replacerent sur moo chemin.
plonger résolument daos la foule des assistants. Hélas ! pre ! &gt;i
ce bean courage ne fut pas de loogue durée, car j'aperJe crus le moment opportuo pour iosinuer que j'étais Arres avoir été soldat, il étaitdevenu douaoier. Un jour,
~us coutre la colon ne, ou elle avait l'habi!ude de se pla- certainement victime de la r:mcune des de•Jx méchantes daos un port de mer, ou j'étais de passage, il enteod
cer, l'excellente dcmoiselle de Laonoy, qui fondait en bossues. - &lt;t Elles auront voulu se venger de ce que citer mon nom, et vient me rappeler le sien. 11 n'avait
!armes. J'eus ,le creur brisé. - 1&lt; Pauvre boooe iustitu .. vuu5 ne m'avez pas eovoyé chez elles pour le caléchisme. qu'un désir, etre placé a París dans son modeste emploi.
trice! pensai-je, la voila plus désolée que moi-meme, Elles •1oulaient surtout vous humilier en m'humiliant, et Je me trouvais en position de lui etre utile, et je le lis
parce qu'elle me croit tres-malheureux ! &gt;•
je les ai vues sourire en regardant les fabricaots, qu'el- avec bonheur. J'ai meme eu la joie de pouvoir, depuis,
Je sen lis alors de grosses !armes glisser sur mes joues.• les savent ne pas aimer les chefs de la douane (ce qui améliorer sensiblement son sort. N'avait-il pas partagé
Puis la certitude d'etre plaiot par une amie me devint était vrai). i&gt;
les plaisirs etle plus grand chagrin de moo eofance?
par degrés une consolation, une douceur, une force,
L'argument porta coup.
Derrie1e le jardín de mon perc s'élendaicot de vastes
et je ne songeai plus qu'a. tirer de son chagrio ce creur
- « Eh bien! cela ne se passcra pas ainsi, reprit moq prairies, ou de belles vache~ flamaodes avaient presque
compatissaot, en lui faisant comprendre que je preoais pere dont \'exaltatioo allait croissant. A partir de ce en tout temps de l'herbe jusqu'au poilrail, car la luxumon mal en patience. Que! moyeo employer pour cela? jour, je ne veux plus que tu ailles i"ci au catécbisme. A riance des rcgains égalail celle des premieres séves. J'ai- Je n'ai jamais su chanter juste, bien que mon oreille !'avenir, c'est a Meniu que tu iras. Des ce soir, je m'cn ma1s a les contempler, le soir, couchées dans cette
m'avertisse exactemeot d'une note fausse. Je m'étais entendrai avec M. le curé de Menin. i1
épaissc verdure, aux trois quarts enfouies, et ne laisdone toujours ab~teou de mcler ma voix a celles des
C'était parler d'or, du moins a moo avis; et je me sant voir que leurs corncs reluisaotes, ou leurs humifideles. Daos l'espoir de sécher les pleurs de la bonne sentís tout triomphaot quand soooa le premier coup de dt:s oaseaux, qui semblair.nt aspircr les rayons du soleil
derr.oiselle de Lannoy, je me seotis tout a coup l:i. force clocbe pour appeler les eníaots au catéchisme: Hé- couchant. Quand, chassées par le patre, elles quittaieot
de surmonter tous mes scrupules, et je fis éclater mon las ! au meme moment entra la servante apportant enfin r,e doux nonchaloir pour revenir vers l'étable,
timbre discordant de toute la sonorité de mes poumons. le café. J'avais eu plus d'une occasion de remarquer leurs pis gonflés avaieot peine a retenir leur lait, qui
L'effet fut tel que le bedeau vint, de la part du curé, que le café possédait la. propriété de détendre les oerfs jaillissait a chaque pas et marquait leur passage d'une

�L'ILLUSTRATION, JOLIRNAL UNIVEHSEL.'
t2

L'ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.

extraordinaire. Le maire avait d'abord voulu s'opposer a
trace d'argent : c'était comme une autre voie lactéc. derniers temps de mon srjour au village, une femme, une installation qui allait etre longtemps pour les popuLeur pfüe 'était un pauvre idiot, fort inoffensif d'ordi- jeune encore, et qu'une immense douleur avait saos Iations un sujet d'émotion et de trouble; mais l'acquisinaire, et qui avaitpris en grande affection mon frere, ma doute poussée a cette détermination étrange, était ve- tion de la Folle avait été soldée en beaux écus comptants;
sreur et moi. Chaque jour, quand approchait l'heurc de nue se construire une retraite a l'endroit le plus sombre la propriétaire était m:ijeure et non interdite; et bien
nos ébats dans les hautes herbes, il venait exactement, et le moins fréquenté de ce bois; le! bruit s'en répandit que ressemblant peu au:x acles de la sagesse commune,
avcc les deux batons qui lui servaient a rallicr ses va- bientot aux environs, et ce ful aqui irait voir la Folle. sa vie sauvage ne constituait pas, Jégalement, un titre
La panvre femme, en effet, ne fut jamais désignée sous
cbes, l.iattre une marche de rappel sur la porte de notrc
suffisant pour la
faire enfermer. Elle
ardin, et sa voix
ne fut &lt;lnnc pas inmonotone mclait nos
quiétée .si ce n'cst
ooms a celte champar la turiosité des
pétre musique. Le
paysans et des villapauvre idiot, qui
geois, qui venaient
alors déja était aratout moment l'exarivé a\'a.ge mur, n'aminer, l'épier, comvait que trois idées :
me une bete féroce
nous voir, parler.de
dans fa cage. Les
sa premierc commuenfa ts surtout la
nion, qu'il espérait
tourmentaient saos
bien faire aux processe, et, pour mon
ch:iines fétes de Pacompte, je faillis un
ques, et de la belle
jour payer cher une
montrc
d'argcnt
importunité semblaqu'on lui avait promise pour cette céble.
N. M.ARTIN.
rémonie. Hélas! bien
que trcs-assidu aux
( La ,uite prochaiiwnenl J•
catéchismes, il voyait
toujours rcmettre a
l'année suivante la
réalisation de ce
CONSÉCBATION
double désir. Je puis
dire qu'il était en•
lt&amp; U ?IOCffLLI
core plus heurcux
lGLISI SAI'KT&amp;-PKRPiTUK
que moi lorsqne, les
jours ou sifOait la
All'!mu.
hise,j 'accouraiR daos
la prairie avec mon
AU nIRECTEUR
gigantesq11e cerf-volant, et qu'il m'aiNimc1, 15 juin.
dait a lui faire prenNimes vient d'adre son essor au
voir
une cérémonie
plus haut des nues.
analogue a celle qui
Oc quel air étonné
attirait la foulP. a
et de quelle houche
Marseille, il y aquelbéante il regardait
ques jours; le 8juin,
monter, en frétillant
on consacrait la noule long de la corde
velle église Saintetcndue, les petits paPerpétue. Plusieurs
piers troués que
hauts dignitaircs de
j'envoyaisalors, sous
l'Église
étaientvenus
forme de mi~sive,
dans
notre
ville pour
au cerf-volant daos
a~sister
a
cette
solenles célestes espaces !
nité.
A
huil
hcures,
Si l'id1ot m'aimait, il
Mgr l'éveque de Niaimait pourtant enmes, accompagné de
core plus ses vaches.
tout le clergé de la
Un soir que, par un
vi lle, des archevé •
caprice d'enfant, j'aques de Genes et
vais taquiné tme de
d'Avignon et des
ces paisibles beles
évéques de Viviers,
au point de la faire
de Valence,d&lt; j,aintbondir au détriment
Jean-de:-Maurienne
de son lait répandu
et de Digne, s'est
sur l'herbe, il me
dirigé, escorté par
poursuivit comme
une fonle nombreuun furieux , lan~ant
se, vers la nouvelle
apres moi ses ha .
église.
tons, que j'entends
Les prélats.se sont
encore sifOer a mes
CU:,jSECRATIOS OE l}t,;GLISE SAISTE-PERPl;rLf., A -;1.uE$. - O'apres uuc phv!ograpbie de M. A. C.respo11.
p\acés sur une esoreilles, etqui étaient
trade qui leur étai~
bien de taille a me
de
la consécration a
pndre le era.ne.
destinée et aussitcit la cérémonie
Heureusement que mes jeunes Jambes m'arrachc- un autrc nóm. Son haLilatio11, qui est t eslél! gra~~é en commeneé.
rent au danger. Le lendem:iin, nous étions redeve- relief daos ma mémoire, se composait d'ubc )'otlte tnaPuis la proeession est allée chercher les reliques de
nus les meillcurs amis du monde, et rien ne me fit ~onoée et couverte de gazon, au-dessus de laque\le s'é- Sainte-Perpétue, qui étaient déposées au pensionnat de
croire qu'il se rappelat l'épi~ode de la veille. L'idiot ne Ievait une toute petite maisonnette en bois, qui ressem- l'Assomption, et est venue les placer sur le parvis de
disposait que de quatre a cinq mots au plus pour expri- blait a une grande guérite. Un étroit escalier mettait en l'église. Apres une allocntion de Mgr Dubreuil, archevémer sa pensée, ou ce que j'appe\lerai plus justemeot la communication cette cave et cette maisonnette, et un que d'Avignon, les reliques·ont été introduites dans le
jardín d'une centaioe de metres environ entoura1t le
pale et ,aci\lante lueur dr. son impression actuelle.
sanctuaire et la cérémonie de la consécralion a conCe péril, auquel un bizarre verti~e de l'idiot m'avait tout. On l'avait pris sur le bois dont il avait fallu abat- tinué.
ainsi tout a coup ex¡&gt;osé, me rapp;lle une autre aven- tre des arbres; et ce singulier domaine était enclos
Le tout s'est terminé par la célébration d'une messe
ture de cette mcme époque, et qui m'avait alors d'une haie vive. Quand la Folle n'était pas daos son ca- pendal'.Jt laquelle la musique de la ville et la société
tres-vivement impre~sionné. A deux licues environ veau ou dans sa guérite on l'aper~evait dans son jardín, chorale la Lyre d'or se sont fait entendre tour a tour. 11
d'Halluin, il y avait un grand bois oü la bande de qu'elle béchait elle-m~me, ou elle plantait des Iégumes, était pres d'une beure quand la cérérnoeie finissait.
gamins intrépides dont j'étais membre, faisait de nom- et ou l'on ne vit jamais qu'une fleur, le souci. Le maire
Agréez, etc.
Pour ea:trait: P. PAG!T •
breuses battues daos la saison des noisettes. Vers les P.t le curé connaissaient seuls le secret de cette e1istence

'

•

i3

Cié du Caveau. Le voila qui redevient entreprenant. 11 les_ pieccs _que l'on fai~ aujourd'hui sont si Iongues et
pré¡,are, pour commencer, un opéra-comique en trois fimssent s1 tard, que les habitants des quarliers entréCHROIIIQUI lill!DtmC~L!lt,
acles. J'en ni Ju le titre quelque part, et je pourrais mes n':m peuvent plus jouir. JI y a déja plus de six mois
Malgré toules les difficultés qui semblent devoir con- nommer l'auteur de la parlition. VoilaParis menacé d'un qu'une pétition chargée de huit cents signatures a réclamé l'éreetioo du théatrc de Montrouge.
trarier, a París, l'éreclion d'un nouveau théatre, la li- déluge de do ubles croches ... Que París se ¡,assure ! il ne
Je n'ai encore parlé que des entreprises en cours d'exésera
pas
noyé,
Le
Thé4tre-Lyrique
et
l'Opéra-Comique
berté, dont le regne commencera le i" juillel proohain,
cution.
Les thé.itres en projct sont plus nombreux. On
vont
fermer
la
fois
le
mois
prochain
et
les
provinciaux
1
&lt;1 la liberté, vierge féconde, » comme diiait Béranger1
en veut faire un•
ne tardera pas a faidit-on, dans la rue
re, si l'on en croit
Scribe, un daos la
les on dit, tout ceque
cité d'Antin, un sur
l'on attend d'elle, et
le square Monthopeut-ctre méme
lon, un sur le boulequelque cbose de
vard Malcsherbes,
plus. Un nouveau
un sur le boulevard
tbéalre italien, conBonne-Nouvelle, un
current redoutable
a Passy, un au bois
de celui dont M. Bade Boulogne (spec¡;ier est le directeur,
tacle de jour), un
surgira bientot rue
aux Champs-Élysées
fiicher, tout pres de
(Opéra
d'été ), etc.,
la rue de Trévise. 11
etc.
Qui
aurait jasera exclusivement
mais cru que la spéconsaeré au genre
culation, chez nous
bouffe, que son ainé,
• aussi hardie T '
f ut
depuis longtemps
Ce sera un curieux
déj a, négli geai t
spcctacle
que cct
beaucoup trop. L'oimmense remue-m 1 _
pera butfa est née en
nage, et il ne Eera
ltalie, et n'a jamais
pas saos intérct d'en
pu prospérer ailétudier
les résultats.
leurs, quelques tenEn
attendant,
I'Opétatives qu'on ait faira
prépare
son
noutes, a di verses époveau
ballet,
Néméo,
ques, pour l'acclimadont MM. Ludovic
ter au dela des AlHalévy et Meilhac
pes. A ce qu'il paont tracé le pro..
rait, il faut a cette
gramme, et dont
filie insouciante et
M. de Saint-Léon a
rieuse un soleil plus
écrit la chorégrachaud que le nótre,
phie. M11• Marie Sax
et le laisser-aller des
a
chanté derniercmreurs méridionament
les Vepres Siles. Pendaot plus
ciliennes
avec une
d'un siecle, !e drame
rewarquaLle
énerioyeu:x, dramma oiogie,
ce
qui.
n'a
coso, a tenu en Jtasurpris personne, lie le baut du pavé.
et en méme temps
Les plus habiles maiavec u9e agilité fa.
tres, les génies les
cite et eorrecle. On
mieux inspirés, des'y attendait beaupuisle Buranello ju¡coup moins. On a pu
qu'a Rossini, luí ont
constater cbezM.Wadu leurs soeces et
rot, qui remplissait
leur gloire. Que de
le role du ténor, de
cbefs-d'rouvre ils ont
grands
pro::;res ,
produits ! Quelle mine a exploiter pour
ll'heurcnx cha11gcune administration
ments. Ln timbre de
intelligente ! - C'est
sa voi~ s'est amélioré. d ne fait pln,q
M. Caimi qui dirigera le nouveau tbéad'efforts. 11 a du
tre bouffe, aidé de
calme, lle l'éléganM. de Filippi, diletce, de la ~rúcc, un
tante tres - expe1 •
exccllent SLJ le.
daos les affaires draM. David a dél,uté
matiques.
daos l!obert le DiaLe théatre de la
blc, role de Bc1 Porte Saint-Martín,
tram. 11 a du talent.
oil logea, de ii8l
Mais les notes graves
a f 7:JJ, le grand
lui manquent, et son
SALO:i DE 1864: FRUITS ClJBlLLIS. - Tableau de». J, Mais1at (voir la page 3).
Opéra, va redeveexécution n'a rien
nir, au moins dans
d'infernal. A coté de
1!°e.ce~ioe mesure, nn théatre musical. On y prépare qui pendant l'été visitent &lt;&lt; la capitale, " n'y trouve- luí,~'"• Pascal continuail ses debuts daos le role de la prin1exe~ut1on de Jliorma, tralluite en frangais, et celle du ro~t pas, tout comple fait, plus de musique qu'il. l'ordi- cesse Isabelle. Elle y a produit tout justement le mcme
Barbier de Séville, en attendant des reuvres nouvelles na1re.
effet que daos Guillaume Tell. M. Gueymard jouait RoL'entreprise est passablerutnt audacieuse.11 faut aNorma.
La salle de coneerts ouverte il y a quelques mois sur bert, M11 • Sax la « gentille Al ice; » et uu "éometre de
~omrue ~u Barbie~, des ehanteurs de prcmier ordre, e~ le boulevard Sai:it-Gcrmain, va se transformer en salle joviale humeur s'amusait, de l'orchestre, suppuler la
Je ~e sa1s trop o~ la Porte Saint-Martín a pris ceux de spectacle. On en construit d'autres encore - une au somme métrique ou pouvait monter l'addition de ces
. Montrouge, une aux Ternes, une daos ' l:i rue La- trois circonférences : M11 • Su, M. Gueymard et Mm• Pas~~ elle va nous fa1re entendre. Mais quel que soit Je suc- pet1t
ces -~e ce_tte aventure, ce théatre sera sorti de sa vieille fasctte, entre la gare du Nord et celle de I'Est, une en- cal.
ormcre, 11 aura fait une infidélilé a11 mélodrame hrutal fin_rue tle Lyon, entre la gare de Lyon et celle de
On a vu plus récemment le début de Mil• Camille de
et déelamatoire : ce sera toujour.; cela de gacrné.
Que'
la
Maescn
daos les Hugucnots. C'est la sreur cadette de la
Samt-Maur. Qu'on explique comme on voudra, - ou
0
musique lui soit légere!
com~e on pourra, - cette bizarre attraction que les cantatrice qui a eu, l'hiver dernier, tant de succcs au
1~ Y a plus loin, sur le boulevard du Temple un tout ch?mms de fer semblent exercer sur les entreprises Théatre-Lyrique, daos les 11écheurs de Perles et daos RiP~~1t tbé~_tr~, qui jadis cultiva l'opérette, et d;nt l'am- th_eatral_es ! Apres tout, ce qui est excentrique n'est pas goletto. Mil• Camille a les traits les plus distiorrués lea
bit1on s eta1t, depuis, restreinte aux ftons flons de la necessairement extravagant. Paris est devenu &amp;i grand, plus fins, et ll taille la plus élégante du mond/ Sa 'voix

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L'ILLUSTR.¡\TION, JOURNAL UNIVERSEL.

L'ILLUSTR.\TION, JOURNAL UNIVERSEL.

est étendue, égale, facile, et le {tilllbre en est délicieux.
Elle vocalise avec assez . d'agilité, sinon tres-correctement, et prononce le moi9s qu'elle peut : mais elle a
laissé échapper quelques mots r¡uiont suffi pour pro•JVer
qu'elle parlait beige. Bref, elle a des déíauts qui peuvent se corriger,• et des qualités fort rares que le travail.
et l'exercice développeront infailliblement. C'est done
une acqnisition excellente.
Sa sreur ainée, au- Théatre-Lyrique, vient de jouer
Adalgise daos Non_ng, )l,coté d_e Mm• Andrieux-Charry,
qui débutait par le rol~ de la terrible druidesse. 11 est
fachem:: qu'on n'ait point ¡adopté la dimibution inverse.
C'est M11• de Maesen qui aurait dü chanter Norma, et
Mm• Charry Adalgise. D'ailleurs, on exécute la musique
de Bellini, au Théatre-Lyrique, avec l'ardeur, la violence et le formidalile bruit qui conviennent a celle de
M. Verdi. C'est un contre-sem perpétuel. Les compositeurs italiens se suivent et ne s~ ressembleot pas. Mais
on ne se doutait pas plus de cela daos la salle que sur
le théél.tre, car les applaudissements allaient toujours a
celle des deux cantatrices qui criait le plus.
G. 8EQUET.

temporains rendent hommage aux fondateurs de l'éclec- Celui-ci devait, d'inspiration, lui'rendre peu a pen son
tisme, mais n'acceptent point leur philosophie. Elle leur véritable caraclere. Mais il lui fallut des années, non
semble mam¡uer de caractere scientifi,r¡tte. Ce n'est pas saos doute pour créer des cbefs-a'ceuvre immortels,
1ju'1ls prennent parti pour le matériahsme: ils sont divi- mais pour avoir le secret de sa propre création, pour
sés sur cc'tte question ; les uns veulent maintenir le spi- ré;igir complétement contre ses prcmiers maitres, pour
ritualisme en le lransformant; le~ autres, et notamment saisir dans quel sens la formule de l'art pour l'art est
un jeune étudiant en rnédecine, esprit trcs-vigoureux, vraie et dans quel sens elle est fausse, pour arriver, enM. Blatin, acceµte la doctrine de MM. Auguste Comte et fin, a reconoaitre l'ideutité profonde. de la révolution litLittré, mais en la couronnant par celle d'Hégel, dont téraire dont il restera le représentant le plus illustre,
peut-etre il n'a pas péoétré la signiflcalioo intime. Le et de la révolution p_olitique ioaugurée dans la grande
rédacteur en chef, M. Charles Longuet, parait incliner déca&lt;le 080-1700. ll y a done, sous ce rapport, deux
vers les théories que M: .Yacherot a exposées d'une facon phases dfstincte~ daos la vie du poete; et, comme nous
si lumineuse daos son beau livre: f.Iétaphysiqu.e positive. l'avons déja dit, c'est a la scconde phase que se rattache
Voila bien desdivergences; mais elles n'empechent point le journal des étudjants. 11 se cléclare pour le romanque les, jeunes écrivains n'aient sur ces difficiles ques- tisme, mais non pour celui qui picore sans cesse au clair
tions une idée commune qu'ils expriment ainsi: «. Arra-· de lune, qui tombe en ,des pa.moisons héates au seul
« cher la philosophie aux vaines dissertations de l'école, nom d'og'ive, et se désintéress;:, 'Cl·ans un vague pan&lt;&lt; en lui ouvrant levaste champ des sci:mces naturelles
théisme ou dan~ une mélátlcoli-e fáde, du souci.liril, des
« et des sciences sociales. »
destinées humaines; il ie solnm'e d":i.joutcr asa lyre cette
Les vues historiques des Écoles de Prance sont tres- corde d'airain que Juvén.al avait drja connue, que Bar.ncttes, tres--décidées; ici, pas l'ombre d'une divergence bicr a rctrouvée, et qui Íl doooé aa poete du R.oi/a?iiuse
entre les rédacteurs, tl11 moins quant aux principes. lis ses notes les plus sures de traverser les siecles,. Ainsi
acceptent la doctrine du Prog1'es, mais ils se refusent a :n. P,erre Den is, en son propre nom et 1u nom sans doq¡.e
drfioir et a comprendre le Progrcs comme M'. Guizot et de ses collaborateurs, definit tres-énergiquement la poésie ,
ses disciples directs ou indirects, et, par conséquent, l'exallation de la conscilmct, e\ il ajoute en· termes·excel-comme les saiats-simoniens et les positivistes. lis se rat- lents : &lt;&lt; II faut que l'art sQit de son tcínps, qu'il en
tachent a la conception qui a été développée, il y a dix « parle le lan¡;age, qu'il en traduise les idées, qu'il en
ans, pal,' la Revue de Paris, par \'Avenir, par l'lllustra- &lt;&lt; exalte les aspirations; saos cela, ce n'est p,us de l'art,
tion (1), et qui a été exposée au moins'partiellement, vers &lt;&lt; c'est du dilettantisme. •&gt; C'est, du reste, ce que M. Aula méme épo~ue, avec une éloquence inci;&gt;mparable, par guste Vacquerie avait déja dit avecson relief habituel:
le maitre préféré de la gPnération nouvelle, M. Edgard &lt;&lt; Oo ne demande pas aux poetes d.'.etre les commis de
Quinet. En d'autres termes, ils déflnissent le n:ot de &lt;&lt; la politique : on leur demande de-u'etre pas lesdése~
progres, non par celui d'étolution, mais par celui de l'é- « tcurs de l'h11manité. »
volutio11. « L'idée de progres, dit le rédacteur e'n chef des
Telles &amp;ont, en résumt!, les diverses tbéories des gé•
« Écoles, introduite pour la premiere fois daos l'histoire nér:itions nouve Hes. 11 ne faudrait pas croire cependant
« par Herder, comme elle l'avait déja élé par Leilinitz que leur jouroal dogn1atise saos cesse, 011 mcme clog« daos la philosophie, n'a pas encore été analysée dan5 matise beaucoup; il a ses heures de doctrine, il a ses
« les divers éléments qui la composent. L'école histori- heuresdP. combat etde gaieté généreuse. ll aime prendre
« que de M. Guizot, comme les écoles saint-simonienne a partie M. Sainte-Beuve 'et tous ceux de cette école; il
&lt;&lt; et positivi~te, ne voit daos le progres que l'évolution
lance a droile ou a•gauche ses fines épigrammes, il dé&lt;&lt; incessante d'un certlin nombre de faits primitifs que
croche en passant, du bou.t de sa plume, les écriteaux
« l'iotelligence de l"homme ne peut jamais ni transfor- qui menterit et les étiqullttes hypocrites; il fait leur part
cc mer, ni détruire. Elle n'admet pas que la raison buau roman et a la poésie. Mais ji:squ~ dans ses bluetles
« maine puisse, a un moment donoé, créer de nouvelles les plus capricieQses on les plus azurées, il reste fidele
&lt;&lt; idées et modifier complétement et brusquement, en
a ce•seotimeot énergique de liberté, de ,4noV'dtion et
&lt;&lt; vertu de leurs conséquences, la sociélé oü elles se prode haute moralité qui · est ¡;on inspiration premicre. JI
&lt;&lt; duisent. C'est contre cctte théorie du Progres continu,
applaudit a ceux yui pratiquent le sur.~um corda; il
ce qui, logiquement emlJrassée, conduirait a condamner s'iodigne cootre ce qui esté9uivoque, ténébreux, servile,
ce toutes les rénovatioos médicales, a amnistier dans .le
et d0, haut de ses sentiments généreux, il prévolt, il de&lt;&lt; pays tous les crimes lleureux et persistants, c'est contfe
vine un élargissement des ,clutrines re~•Jes.
&lt;&lt; cette théorie, dis-je, qu'.il faut élever une nouvelle docVoila ce que l'observatellr atteotif constatera , en lie&lt; trine plus large, plus hardie, mieux en accord avec
sant les Étoles de Ftance. Nous pouvons done nous dire,
&lt;&lt; le!i principes éternels du droit et de la morale. ii
nous qui montions sur la breche,. •il y a dix ans, pour
Tcls sont les príncipes historiques du jóurnal, et il les lutter daos la mesure de nos forces contre les théories
a déjil. appliqués avec audace et avec 1Jonheur.1e recom- de fatalisme deveuues le prétexte de toutes les bassesses
111ande notamment a l'attention des puLlicistes une et de toutes les corruptions, nous . pouvoos nous , dire
longue et brillante étude sur La Boétie et son temps. Je avec une joie profonde que nos efiorts n'ont poiot été
recommande aussi divers articles sur certains person- stériles. Les prétendus habiles nou:, criaient: &lt;&lt; Stoicrens
nages de la Révolution, et notamment sur l'école héber- nouveaux, vous prechez cµ¡ns le désert! i&gt; Le déserta eu
tiste, articles oü les arguments pour et coutre ont eté des oreilles. Nous avons fait appel aux énergies sacrées
présentés tour a tour avec force, puis résumés avec un de la eonscience individuelle, et la. conscienc&amp;- indivisens critiljne des plus rares par le rédacteur en chef des duelle s'est réveillée; elle nons don ne déja une jéunesse
Écoles de Fra,¡ce.
sérieuse et vitile, qui sent avec for~e ce qui mangua a
Passoos mainten:mt au programme littéraire des étu- ses pcrcs pQur ·accomplir la tache · tlifflciie, mais oblidiants. Leur écrivain de prédilectiou, c'est Víctor Rugo, gatoire, de la liberté. Contiouons done notre reuvre: nous
mais le vrai Victor Rngo, le Víctor Rugo de la secoo&lt;lc décourager aurait été hier une lél.cheté, aujourd'hui ce
maniere, le poele souverain qui n'accomplit pas seule- serait une folie. L'avenir qui s'approche est déja visible
ment une rénovation littéraire mémorable, mais finit pour les yeux de la raison, et nous avons des indices
par la compren'dre dans toute sa portée sociale. Au fond, certains qu'il égalera nos plus hautes esperances (1 ).
le romantisme, s'il est permis de se servir encore Je
FRÉDÉRIC MoRIN.'
cette vieille .ixpression de bataille, n'a jamais été que
l'introduction de !'esprit révolutionnaire daos l'art et
(1) l,,s jQumanx s•nt commc les morts de la balhrle allem~ndP., ill
daos la poésie : c'est aiosi, du reste, qu'il se considérait 11011/ t'ice. llana l'inlerv•II• 0111 • separé l'•mrr,ssion de cet art,cle de ••
publication, le jQornal lt1 Écolu de France a ele supprimé pour avoir
lui- méme sous le Directoire, car il date vraiment de traite des quest,ous d'eco11u1111e social•
celte époque si calomuiée et si créatrice. Mais,~ous l'Empire et dans les premieres années de la Restauration, a la
--~
fois gené et dévié, il perc!it, par l'action indirecte des
Nous nous empressons de po;ter Ala connaissance de
pouvoirs publics, l'intelligence claire et réfléchie de
son véritable role : il se mela au mysticisme, il hanta les nos lccteurs la leltre suivante, que M. \'ictor Hugo vient
cathédrales du moyen él.ge; il se compromit pulilique- d'adresser a M. Pierre Larousse, l'auteur du Grand Dictio1maire univ~rsel du XlX• siede :
ment en compagnie de Joseph de Maistre. C'est ainsi
&lt;&lt; Hauteville-1Jouse, iO avril.
défiguré qu'il fut traosmis par Chatea1.1briand aM. Rugo.
MoNSIEUk,
~·

QUESTIONS PCLITIQUES 'ET LITT(Rl!RES.

XIV.
QUELLES SONT LES JD!l:ES DE LA NOUVfil.LE GllliÉRATION

INTELLECTUELLE?

Tous les hommes préoccupés de !'avenir en conviendront sans peine, il n'y a rien de plus important que
d'éludier avec soin les tendances, les aspirations, les
1 idées des générations nouvelles, de cette jeunesse active
qu'oo appelle aujourd'hui le pays Latin, et qui sera demain le pays de France. Or, cette étude est singulir.re-·
me,nt facile a l'heure actuelle. Le quartier Lati.n a un
journal; journal tout littéraire saos do'ute, mais tres-sérieui¡, et qui aborde avec tact et avcc vaillance toutes
les questions perrnises a une feuille aussi indépendante
que peu timbrée. Ce journál, intitulé les Écofos de Prance,
exprime tres-incontestablement la pensée iotimP. des étu••
diants, car la liote qn'il a proposée, daos de récentes
élections a l'École de MéLlecioe, a passé a une Corte majorité, et de plus, quoique fondé il y a cinq mois a peine,
il présente déja un ensemble varié d'articles trcs-nets,
tres· iotéressant~, quelques-uos tres-vigonreusemcnt défiois, qui permettent d'apprécier ce que pensent ses je1ines rédacteurs en matiere de littérature, d'histoire, de
pbilosophie, el meme ~e soup~onner ce qu'ils veulent en
matiere de morale puhlique.
11 suffit d'ouvrir le premier numéro des Écoles pour
s'apercevoir que les étudiaots contemporains ne sont ni
les admirateurs passionnés des choses présentes (je parle
des choses littéraires, bien entendu), ni les disciples
aveugles des grandes écoles qui ont commencé, il y a
' quarante ans, lcur regne intellectuel. lis leur rendent
justice, ils regrettent que leurs maitres illustres ne soient
plus entendus, mais ils les releguent daos le Panthéoo
du passé, et appellent ou préconisent des doctrines nouvelles, plus larges, plus viriles, plus radicales que les
eurs. Cette appréciation éleyée, a la fois tres-respectueuse et tres-libre, vaut la peine d'étre citée, car elle
est un peu le prograrnme du jeune journal. ·
« Combien de fois, s'écrieM. Charles Longuet, n'avon~&lt;&lt; nous pas déploré, aux heures mauvaises, de n'etre pa~
« nés au commencement de ce siecle ! Nous a urions eu
&lt;&lt; alors d'illustres maitres ! A peine sortis du collége,
« nous a•1rions pu nous éprendre avec Royer-Collard de
« cette -pbilosophie spiritualiste, si noble, mais si peu
« scieritifi(]ue, dont il commen~ait arestaurer le culte. &lt;&lt; Avec M. Villemain, nous aurions étudié ce grand dix&lt;&lt; huitieme siecle, alors méconn•1, dont il nous eut. fait
« l'éloquente peinture. Les le~oos de M. Guizot nous
« eussent appris a cbercher une loi daos les faits bisto« riques, et nous aurions embrassé cette doctrine du
« Progres qu'il fondait alors et que de plus jeunes mal« tres ont maioteoant dépassée. Nous aurions lu les pre« mieres reuvres des Lamai·tine, des Víctor Ilugo, des
« Lamenoais; oous aurions pu choi&amp;ir enfin nos maitres
&lt;&lt; daos cette illustre foule de philosophes, d'artistes, d'é« crivains que le dix-neuvieme siecie, monarque adoles« cent, traioait comme une escorte d'honneur sur ses
« pas. »
('!¡ En 1856, l'lllu1tration a publié sur cette question. a propos d'un
On voit par cette profession de foi, présentée avec un livre remarqu•ble de M. Pelletan, une elude assei lo, gue donl l'autcur
de ces lign•s ful chargé, et qui avait pour bul de mettre en lumiére lei
vrai talent et une rare précis1on, que les étudiants con- lacw.e,¡ dea theoriés ductruwrl!i.

•

,}

j

--

«J'ai re~u vos quatre premicres livraisons. Votre plan
est vaste, votre but est noble; quelques parties que j'ai
lues déja sont excellentes. C'est, ~n v~ai, monument que

'

vous élevez an dix-neuvieme siecle. Condenser daos un
]ivre les connaissances,bumaines au dix-neuvicme siccle,
c'est uoe belle et ~rande idée. Arres tant d'essais manqnés, tant d'ébauches malheureuses, tant de rrpertoires
empreiots de !'esprit rétrograde, donoer en fin a la ma-gniflque encyclopédie de Diderot im pendant plus complet et plus grandiose encore, voila. une reuvre qui,
achevée, sera pour l'éditenr la fortune, et pour l'auteur
la gloire. Pénétrez-vous rle plus en plus de !'esprit nouveau; éloignez ce vieux reste du passé, dont il est si
difficile, surtout dans un travail de ce genre, de se dégager entierement, et saos nul doute, Monsieur, vous
aurez cette fortune et cette gloirll. Presque tous les dictionnaires biographiques et encyclopédiques de notre
temps sont faits daos une pensée bostile au siecle; aussi
n'oot-ils que peu de succcs, el \'avenir les dédaignera.
Vous, vousvoulez servir le progres, Y0US voulez créer le répertoirc de la pensée humaine universelle, vous méritez
la réussite, vous l'aurez. Votre succes sera d'autant plus
grand que votre union avec le siecle ser:t plus-profonde.
·Courage !
ii Je suivrai votre travail avec un vif intéret. Je vous
envoie tous mes vreux et tous mes applaudissemeots.
n Croyez ama bien cordiale sympathie,
(( VrcroR HUGO. ))
~

CRÉDIT F0NCIER DE FRANCE.

46° Tirage des obligations fonciéres 3 et 4 0/0 (1854).
Le 46• tirage trimestriel des obligations foncieres 3 et
4 0/0 a eu lieu le 22 juin i854.
Lenº 64,644, sorti le i•', gagne l00,000 fr.
~ nº 83,616
2•
50,000
Le nº f86,489
3•
20,000
Total. .. 170,000 rr.
3• Tirage des obligations foncieres de 500 fr. 4 0/0 (1863).
Le 3• tirage trimestriel des obligations foncieres de
500 fr. 4 O/O a eu lieu le 22 juio t864-.
Numéro sorti : i,0t7.
Les 40 ohligations portant ce numéro gagnant, suivan't la série a laquelle elles appartiennent, les lots suivants.
6• sérlo. l00,000 fr., - 7° série, 30,000 fr.; - séries
33, 24, i2, '8,, 26, i, 30, 14, chacune 5,000 fr.; - et les
séries 21, 13, ~. Hi, 32, 4, 3 f, 36, 34, H, 27, 29, 3, 39,
9, i 9, lO, 23, 25, -28, 40·, 5, 35, 2ú, n, 22, i6, 38, 37, 2,
chacuoe t ,000 fr. - Total, 200,'l00 fr.
La liste des numéros"4,'obligations sortis aux tirages
précédents, et qui n·oot ~s encore été présentés au
remb,oucsemeot, est adressée --,.,,aneo a toute persoooe habitaot les départements qui en faiHa d&lt;Jman&lt;le par lellre
affranchie.

15

º!léf!ciaires, ,qu'elle oflre'auxJpersonnes qui recherchen t.
outre la sécurité du placement et le payement régulier
des intéret3, nn hénéfice certain par l'éventualité d'une
prime de remboursement.
SOCIÉTÉ l,l(MOIJIUERE
« Elle va émettre des obligations de 500 fr. rembour- ,
DBS
sahles
en 3t ans, et donnant droit. i 0 a 25 fr. d'intéret
BOULEVARDS DU TEMPLE.
annuel, et 2° a un nmboursement avec prime aussi avunÉm;ssio,1 jMqu'a co11cm·rence de huit rnille ohliga/iQns de tage,1x r¡u'-il e~t j11ste et ér¡,,üable.
500 f•·ancs (soit quati-e millions de fmncs) poi·tant inflfret a
ce A la différence des Compagnies qui offrent des pri5 o/o, paya ble par semesfre, et i•emboursables er, 31 annuitlfs, mes de rem boursemeot boones pour les quel ques perAVEC PRIME PROGRESSIVE.
,.5onnes que le sorl favorise, et presque illusoires pour
Garantie: 1re hypothéque sur 9,000 métres de terrain si- les autres, tous les porteurs d'obligatioos de la Societé
tués dans le quartier Je plus populeux et le plus commercant des Boulevards du Temple joniront de la prime, en raíde Paris, a q11elr¡,1es pas de l'emplacement des anciens théa- son dtrecte clu temps qn'elle se sera fait attendre.
tres du boule\'ard du Temple, et sur les immeubles :i la
construction desr¡uels serontexclusivement employés les fonds
&lt;&lt; Aiosi les 4,000,000 se diviseront en 8,000 obligade cette émission, savoir:
tions.
Tmis TMdti-es rlo11t les baux .font signlfs, une Salle de
« ll Y en aura 258 remboursables chaque année, penconcerts et sept Maisons bow·geoises, le tout !!valué a IIUIT d10t 3f ans. Or, ces obligatioos s'accro1troot ~ 25 fr.
MILLIONS.
par an et seront rernboursahles par conséquent: celles
, Remboursement. - Oulre l'intérét it 5 0/0 payable par de la premiere année a525 francs; celles de.la deuxi.cme
semestre, le rPmhoursem•nt s'ell'ectuera en 31 annuilés,.soit année a 550 francs; cel les de la dixicme année a 725 fr.;
258 obli:;atious par an, avec bénéfice pro:¡rcssif, savoir:
celles de la viogtieme a 975 francs et celles de 'la trente
1re année it 525 12• année a 775 2.1• année a 1,050 et unieme a l,250 francs.
2•
»
523 1B•
»
800 2i•
•
1.075
« L'accroissement de capital est, nous le répétons,.
3:
1
1
•
~
·
Bl_~~
2fi•
1
;100 tout a fait indépendant des it,téret,· a 5 o¡g qui seront
4
75 1
8
5•
:
600
16•
»
payés chaque semestre.
875 §~: :
11•
»
61:i 17º
900 2~•
•
1.175
i&gt; Comme on vient de le vrir, ce placement réunit une
7•
1
650 18•
,
9'25 29"
,
•1,200 sécurité parfaite et un bénéfice assuré, et il n'est point
8•
fi75 19'• ;
9.'&gt;0 30:· »
2"
9•
:
~ou;nis aux ris(]ues des spéculations iodustrielles, car Ja
700 20
975 01
10,
,
72.'l 22•
»
000
•
Société immobiliere des Boulevards du Temple borne
1
11•
,
750 23•
,
Ú25
1 son action au role de prorriétaire foncier, et trouve son
.
é
.
d'
des loyers, asLe t1rage
au sort tant rnter zt par la loi le rembourse- ¡ bénéflce
, exclusivement
d h
· dansd'la perception
,
ment aura ¡1·eu' a· r3 ·I50n de 2"°
,u bl. t'
d auo 1ga 1011s ' par anuée ,Slll-·. ' sures pard es ]' aux ex1stant
· avance d une part,et
·
vant l'ordre des demandes faites par les obligataires dans tre part fDS a~gme~tat1on de valeur des 1m~eubles.
les trois mois qui précederoní l'époque de rembonrsemPnt • &lt;&lt; Que Ion vemlle bien remarquer que la pNme qui
Versements: 50 fr. en souscrivant, 75 fr. á la réparti!io~. va ch:ique année s'ar~ondis~ant ~u profit des obligations
75 fr. un mois aprés, et 30 fr. par mois pendant les dix I non eocore remboursees, n accro1tra pas les charges de
mois suivants.
; la Snciété; elle en trouvera l'équivalent daos les intérets
Les actionnaires de la Comp3gnie auront le droit de ' qn'elle aura il payer en moius aux porteurs des obligapréférence dans la souscription a raison d'une obligation · t1ons remboursées.
pour une action.
&lt;&lt; Des que l'on annoncera l'émission, nous aurons soin
On souscrit il Paris, au siége social, boulevard du Tem- d'?º prévenir nos lecteurs, car il y a lieu de croire que,
ple, 3ti. et de la provi_nce: p.1r l'Pnvoi de billets de hanquP- faite dans de telles conditions, la souscriplioo sera inéou de valeurs sur Parzs, a I ordre de M. A.MIEL, directeur- vitablemeot couverte en tres-peu de jours.
gérant.
&gt;l LÉON JEANNIN. »
On souscrit aussi chez les har.quiers correspondants de Ja
Compagnie.
PLACEMENT HYP0THÉCAIRE.

t •

J:~~
b~

!

....._.,._..

A ~e sujet on lit dans le Glohe:
7'~:Depuis la seconde moitié du siccle dernier, les ma« Les grandes entreprises de notre époque ont absorbé ladcs atteinte de la goQtte ou d'affections,des reins,etc.,
un chiffre con3idérable de capitaux. Et si le pnhlic au- se rendent a Contrexéville et y sont notalJlement améqnel on a fait appel a eu lieu quelr¡uefois de se féliciter lioré~ ou radi_c~lement guéris. Sa Majesté l'Empereur, par
des placements qu'il a faits dans les opérations aléatoiun dccret spec1al en date el u 4 aout f 860, a déclaré d'inres, il en a été aussi souvent la victime.
téret
public la sou-rce du PAv11..LoN, doot l'eau se conserve
« Les affairessont rares qui peuventa la fois offrir une
~
~arfaitement et cst expédiée d:tus le monde entier. sécurilé
parfaite
et
un
produit
élevé,
üt
quand
nous
trouLA F1NANCE est le plus complet des journaux 6nanciers.
vons ces avantages réunis, nous nous empressons de les Ecrir_e a M.. P,1.sou&amp;r, a Contrexéville (Vosges), qui
Elle p~.rait le jeudi. Correspond. de toutes les places de sigoaler
a nos lecleurs.
cnv01e gratu1tement un ouvrage tres-détaillé sur ces
l'Europe. Rédacteur en chef: A. Cnu1PoN. J an, 20 tr.;
&lt;&lt; Oo peut se rappeler les articles qui ont été p11bliés
eaux célebres et actuellement si fréquentées.
6 mois, 10 fr.; rue Ri!!helieu, !08. .
lors de l'émission de~ actions de la Compagnie immobiliere des boulevards du Temple.
&lt;&lt; Les fonds provenant de cette émission ont servi a
REBUS.
acheter des lerr:tins dans une des plus belles situatioos
ECHECS.
de Paris, a l'eotrée d'un des graods boulevards, a quelPhUBLEME N° l69, PAR M. WM., ÁWORY.
ques pas de l'emplacement des anciens tbéél.tres démolis.
·
&lt;&lt; Ces terrains, d'un seul tenant, mesurent 8,900 metres, d'une valeur de 4 millions environ, et se déploient
en fa'.{ade sur deux boulevards et deux rues (les terrains
voisins se vendent 500 francs le metre ). lis doivent etre
mis en valeur par la construct:on de trois théél.tres, d'une
salle de. concert et de sept maisons hourgeoi.ses.
&lt;&lt; On s'occupe aujourd'hui de réaliser le plan concu
par les fon&lt;lateurs, c'est-a-dire d'édifier sur ces terrai~s
les constructions auxquelles ils sont destinés.
&lt;&lt; Ces construclioos rnüteront aulant ,yue les terrains
soit 4 millions. Ces 4 millions et les 4 millioos de ter~
rains présenteront done une valeur de 8 millions en immeubles de premier ordre.
« Pour remplir le buten vue duquel elle est fondée
la Société im'.°obilicre, d_es. Boulevards du Temple s;
lt:(~l,l(;A1'J()N 111' OKHNl!!H K~KI b,
• propose de fa1re une e mss1on de quatre millions d'OUn bon bailleur en fait bailler dix.
BLIC.ATIONS BYP0TilÉCAIRF.S' lesqnelles auront pour "ªªes
0
et garantie 8 millions d'immeubles des mieux 'situés de
Pari~, et dont la plus grande partie est louée d'avance et
a long bail (1).
VARIANTES.
(a) F pr. T
&lt;&lt; Ces obligations représenteront done un plaeement
T 4• D échec
T pr. T (b)
sur premicre hypotheque, c'est--a-dire avec la garantie
C 6• CD échec
Mat.
la
plus
solide
que
l'on
connaisse.
Les blancs font mat en quatre coups.
(b) F pr. T
« La Compagnie ofTre EN 0UTRE des avantaaes
qui méP 4• R échec
Mat.
0
ritent une sfrieuse considérati,,n.
C~rcle _de Del!ac (Haute-Vienne), L. Lefrancq. G. Baudet,
« Elle a,cboisi un mode enlierement nouveau d'obli- Cafe Dr~zrn (Peut-Montrnuge), Dégiron. E. Dubedout, Cercle
SOLUTION DU PROBLÉlfl! Nº 168.
gations, a la fois sérieusemeot hypotht!cafres et largement de l.e_z1¡¡;11an, Café dPs Arts (lla1Te), G. de V. Allevard,
TcCR
T pr. T (a)
C. Ca1llet, lJr fürnl, Planche . E. J?rau, Cercle Laborie,
C 7• ~• D échec
R 5• F D
de
Perpzgnan, 11. Frau, Cafi\ Charles Burger aParis Café du
(t) Les loyers des théatres déja loués •ssurenl á eux ae~ls, et·au dela,
TcFDécbec
Sénat,
J. Gharousset, A. Vcrdier. Calamier' Romba~t Léon
Mat.
le serv1ce dos intérels des oblirations et de l'amortiuema1.
Ferrut, Café de París,

a MP.ns

(Isere).

'

J.·A. d~ R.

�L'I LLl! ~TR i\TION .

16

.lOJIRN.A L

STATUES DE DIVINITÉS

Kt objets d1vers expos!s aú Kusée de
AU DIRECTEUR.

Je vous adresse une suile a mon premier envoi et la reproduction de quelques objets exposés au musée si curieux ,
de Mexico. Tous ces, objets o,nt rapport au culte sangui ..
naire que pratiquaient les Aztecs. Voici d'abord la statue
&lt;lu dieu si avide de victimes et auquel on en immolait chac¡ue aonée de~ milliers. Peut- on mieux représenter une
divinité qui ne pouvait se rassasier de sang et a laquelle
il fallait pour offrande des creurs humains encore· fumants?
Sa tete est celle d'un serpent monstrueux armé de dents et
de crochets, des tetes de serpents remplacent les mains, et
ses pieds sont des serres d'oiseau de proie aux griífes gigantcsq11es. La poitrine, d'ou rnrt une immense trle de

Oil'l~ITÉ AZT'EOlrR.

fJNIVRR~F,T,".
mort, esl couverte de mains coupées et de ereurs bumains.
Les vetements, la ceintnre, tout ce qui recouvre cette divinité monstrueuse est formé de tetes de serpents.
Celte statue a 2m55 &lt;le hauteur et im50 de largeur.
L'autre statue a été trouvée daos une de ces pyramides qui
existaient anlrefois a Mexico et qui ont disparu a la suite de
la conquete espagnole; elle représente un Indien assis; ses
&lt;leux mains rapprocbées forment un trou qui correspond A
un autre situé entre les pieds. On sup¡,ose que les deux trous
servaient a tenir la harnpe d'un drapeau. Cetle statue est connue so 11s le nom de l'lttdien triste.
Quant a cette petitc statue a la tete de mort, aux bras armés de grilfes aigucs, et portaut sur la poilrine deux puissantes mamelles, c'est la Mort, mais la M0rt comme se la figuraient les Azlecs, cruelle, féroce et impitoyable.
Au musée de Mexico figurent aussi plusieurs spécimens
- rl'une pierre circulairc dont je vais vous expliquer l'usage.
1
Quand les Aztecs avaient fait prisonnier UR chef eunemi d'une
certaine importance, ils lui offraicnt 1~ mcyen d'écbapper
au snpplicc el a la mn:·t. A rrt cffet, s'r1cvait sur la place

STATUES DE DIELX AZTEQUES FXPO!'Ü.S All Ml'Sf:J¡ PR )IEXlf.O. - o·arrc; :es croqu s de M. L. de llarqué.

par ses compatriote~, général en chef de7l'armée polonaise. En 1849, il otrrit son épée a la république bongroise. On sait les mervcilles accomplies par les Madgyares, alors que Dernbinski chassait les Autrichiens de
la Hongrie, et que Bem délivrait la Transylvanie. Vienne
était menacée a son tour quand les Russes passerent la
fronticrc. Dembinski baltit les Russes comme il avait
battu 1..~ Autrichiens, jusr:u'au jour ou la trahison de
Georgey livra Kossuth et la république qu'il avait fondée
il la rcaction européenne.
La Pologne, la Fr-ance, la Hongrie pleurent en Dembinski. un de leurs plus braves soldats et de leurs plus
grands citoyens. La démocratie universelle a pe~&lt;lu en
lui un de ses chefs.
Toute vie digne de ce nom cst un combat; celle de
Dcmbinski fut une longue bataille pour la patrie et pour
la :il..1crlé.
H. C.

publique une lplate--torme:creuse au m1liet(de laquelle
était fixée une pierre placée horizontalement. Un trou élait
creusé au milieu de cette pierre et par ce trou était passé
une corde qui retenait le prisonnier par un picd, puis on
donnaita ce malh.cureux un baton, etainsialtachéetarmé,
il fallait qu"il mit hors de cornbal un certain nombre de
gucrriers qui venaient l'attaqucr. S'il av:iit le bon heur de
réussir, la liberté et ses armes luí étaient rendues. S1
au contraire il était vaincu, on le portait sur la pierre a
sacrifice ou il était immolé. Chacune des pierres qui servaient a cct usage était sculptée, de fa~on il ce que le
picd du gur.rricr ne glissat pas dans le sang coulant de ·
ses blcssures. Je vous l'ai &lt;léja dit, le muséc de Mexico
est d'une richcsse inou'ie : les spécimens de l'art aztec
y abondent. Je vous adresscrai bicntot quelques nouveaux croquis.
Agréez, etc.
De M.

AoG. MARC,

LE GÉNÉRAL DEMBINSKl.

Eo.M.

Le général DemLinski vient de mourir a Paris. Ancien soldat dé Kosciusko et de Ponialowski, &lt;lécoré par
Napoléon 1er, il dérendit Paris en 1815 contre les armées
"Victorieuses de la Saiote-Alliance. En i 83!, il fut élu,

directeur-gérant.

TE.llER, rédacteur en chif.'

- - - - - - r - -..
.,..~-....--.,,______
Imp. de L'ILLUSTRATlON, A. ~!are,
LE GÉN.IÍRAL DEMBINSIU. - D'apres une pboi. de M. A. Franck.

22, rue de VerneuiL.

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          <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                  <text>Semanario francés ilustrado se publicó entre 1843 y 1944. Aborda temas políticos, económicos, sociales, científicos, artísticos, y deportivos. Fundado por los periodistas Jean- Baptiste Alexandre Paulin y Édouard Charton. Sus ilustraciones eran realizadas por los mejores dibujantes como Henri Valentin, Édouard Renard, Paul Gavarni, Janet-Lange y Cham.</text>
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                <text>Semanario francés ilustrado se publicó entre 1843 y 1944. Aborda temas políticos, económicos, sociales, científicos, artísticos, y deportivos. Fundado por los periodistas Jean- Baptiste Alexandre Paulin y Édouard Charton. Sus ilustraciones eran realizadas por los mejores dibujantes como Henri Valentin, Édouard Renard, Paul Gavarni, Janet-Lange y Cham.</text>
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                <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores</text>
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