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                  <text>��Vol. XXIII.

Avril-Juin 1921

(S uite

1

.)

Si , pour I1itiné raire du comte prisonnier, J'auteur du Ferndn
Gonzdle z et l'interpolaleur de la Chronique se sont inspirés de
tradition s diil'érenles, il est encore deux délails sur lesquels
ils ne sont pa s d 'accord.
D'aprcs le Poeme, délaissé ici par la Chronique générale et
ses dérivés, Fernán González u'était accompagné,
Cirueña ,
que de cinq de ses guerriers, désigués sous le nom de varones,
puis d'escuderos, el lous s 1 e11fuirent quand ils virent qu'ils ne
pouvaient. secourir le comte réfugié dans une er,nila:

a

Tomo Ferran Goor.alez &lt;;inco de su s varones
Todos de buen derecho e ¡;rrandes ynfam;ones,
)luy grrandcs de linage e csfon; ados varones.. . (slr. 583).

Aquestos escuderos que con el conde fueron
Quando a su scnnor accorrcr non pudieron ,
Todos en sus cavallo:, ayna se cojeron ... (slr. 589J.

Or nolre interpolateur dil : « fuit captus et filii eius in
Cirnnia ,, (S ¡ 1): et nous lrouvons plus loin, au S 1 du livre 111,
un rappel tres explicile : « lste Garsias (Tremulosus) cepil
comitem Castelle Ferdinandum Gondissaluez in Cyronia et
filios eius. " Nous avons vu que d'apres les Annales Composlellani le comte fut bien fail prisoanier a-Yee ses fils.
J'ai dil que la Générale et ses dérivés délaissaient ici le
Poeme. En eO'et, aussi bien dans le texte édité par M. Carroll
Marden et par M. Menéndez Pidál (X-i-4) que dans celui du
ms. po,·tugais de Paris (voir plus loin), il est question de cinq
cavaliers, ou chevaliers ( caballerm) , venus avec le comle, et de
i. Cf. Bull. hisp. , 1921, p. 1. P. 10, note 1, l. 1,, a~ lieu d e· «. prCS de Berceo,
dan, le barrio de Berceo 1), lire • do nl fait partie le barrio de Berceo :io .

,tFB., 1V• Sh1s. - Bull. lti,pan., XXIII, 19:u, 2.

6

•

�78

BULLETIN HISPA:,ilQUE

FEll:-IAN GO:'iZALEZ DA:'IS LA CH.1\O:-IIQLE LÉO:'IAlSE

six écuyers (escuclel'os) qui portaient les épécs de celui-ci el des
cinq chcvalict·s. ll faut dire que la strophe 583, ou il est parlé
des cinco varones, qualifiés de grandes ynfwu;ones muy grandes
de linage e esfor~:ados varones est incomplete d'un vers. IL Y
a surement ensuitc une lacune, que le copisle auquel nous
devons le ms. de !'Escorial (le seul auquel nous puissions
rncourir pour ce passage) n'a pas cherché a masquer : sans
explication, ces chevaliers deviennent de simples escudel'OS;
et celui du comte s'étanl approché de la chapelle pour jeler
au comte les épées qu·ils avaienl en mains, tous s'enfuient
sur leurs chevaux :
Fizo su c~cudero a guisa de leal,
Vio vna finicstra en medio del faslial,
Vino poral hermita, metios por el portal,
Echo les sus espadas, que non pudo fer al. (slr. 588.)
Aquestos escuderos que con el conde fueron,
Quando a su sennor acorrer non pudieron,
Todos en sus cavallos ayna se cojeron ... (str. 589.)

U est vrai qu'on retrouve les chevaliers a la slrophe 597 :
Los vassallos del conde dexarle non quisieron ...

Et sur la priere du comte, le roi García consent
donner la liberté :

a leur

Soltolos don Garcia, a Caslyella veniernn ... (str. 599.)

Seul le les du quatrieme vers de la strophe 588 nous avertissait que les chevaliers ont été aveo le comte s'enfermer dans la
chapelle. 11 est clafr que la vérilable version du Poeme, c'est
dans La Chronique générale qu'on la relrouve, et qu'ici il ne
faut pas tenir compte de la leltre des strophes, ou la perle de
quelques vers a amené une confusion. L'opposition entre la
version réelle du Poeme et des rédactions de la Chronique
générale, d'une part, et celle de la.Chronique latine, tient done
surlout a ce fait que dans celle-ci ce ;sont les fils memes de
Fernán González qui partagent son sort.

79

Pas un mot, dans la Chroniquc latine, du comle lombard,
qui Joue un role important dans la délivrance du comte
castillan. Il semble bien qu'il y ait la l'apport toul spécial de
la légende. ~1. Menéndez Pidal a noté (Homenage a Menéndez
Pelayo, t. I, p. 472, n. 2; le rapprochement qui s'irnpose entre
cet épisode et un tout semblable de l'Hernaul de Beaulande;
el le poeme francais parait bien retléter le poeme castillan, en
particulier dans le géant qui y joue le mcme role que le comle
lombard. C'est done sur place qu'il faut chercher !'origine de
l'inLervention du pelerin étranger. Notons qu'il s'agit d'un
pelerin de Saint-J acques, et qu'il vient d'llalie. II a suivi le
chemin le plus direct : il a du venir par Pampelune et Estella
jusqu'a Logrouo, el la prendre la fameuse chaussée, la calzada
qui passe par le Val pirre; mais en roule il a appris la trahison
dont a été victime le noble Castillan, il n'a qu'a se ~étourner
un peu de sa route pour aller le voir ...
Est-il étonnanl que l'idée d'une si romantique visite soit
venue a l'espril d'un poete de cette contrée? Combien de
pelerins arrivanl de l'Est avaienl pris cette chaussée qui les
menait a Burgos, par Nájera et Belorado, laissant a gauche
Clavijo, Castroviejo, Tobia, Cirueña, a droite Bañares, c'esta-dire tous les lieux qui paraissent soit dans le texte latin, soit
dans les textes romans ! Et cette observation ne donne-t-elle
pas au Poeme de Fernán González un trait cssentiel de sa
physionomie,
a savoir le rapport a vec le pelerinage de Compos,
telle? et ce trait ne le rapproche-t-il de nos chansons de geste,
ou l'on sait l'importance du Chemin de SainL-Jacques... ,?
, . Au xu• siecle, c'csl du reste par Roncevaux, Logroiio, Nájera. Sanlo Domingo
de la Calzada el Belorado que passail la roule des pelerins venanlde France. Le Codex
de Saint-Jacques de Compostelle publié par le P. Fila (1884) précise bien cel iliné.
raire, sur lequel voir p. 171 du Pelerinage d'un paysan picard a Saint-Jacques de
Compostetle, par le baron de Bonnault d'Houct, eL la carte. Plus au nord, eL parallelemenl-a la chaussée de Nájera a Santo Domingo de la Calzada, l'Atlas de Coello
(Logroño) marque les vestiges de la Via Aureliana. 11 y a done toujours eu Ht un
grand mouvemenl de voyageurs. ~fail ce qu'il faut noter, c'esl que le chemin de
Compost.elle, le e camino francés, auquel lra,ailla, dil-on, sainl Oominique de la.
Calzada, eal Je- llen entre la Chanson de Rolla ad el le Poeme de Feroán Gonzále~.

�80

BULLETIN HISPA~lQUE

F!R~AN GON1.ALEZ DANS LA CHRONIQUE l,ÉONAISE

Mais ou nous lrou vons une coincidence remarqual!le en lre
la Chronique léonaise et le Poeme, c'est en ce qui concerne
l'héro'inc de l'histoire romanesque que ce dernier contient aux
strophes 576-701.
Cctte héroi:ne, Sancha, a qui sa lante, la reine de Léon,
faitjouer un role inconscient et involontaire dans la trahison
ourdie contre le comte, nous est présentée tres explicitement
et a plusieurs reprises dans le Poeme co~me la srour du roi
de ~avarre García Sánchez :
... o es de mi herma/lo o del moro Almon~or
(Slr. 667 d.)

... por ser ella muger del conde don Fernando,
tener a su hermano cavtyvo e lazrado.
(Slr. 669\.

Le comte voit, dans le roí, son beau-frere, et, quand il le
provoque au milieu de La melée, il l'appelle 11 frere ! » :
El conde orgulloso, de corac;-on lo,;ano,
V~o a su cun11ado en medio de un llano,
Puso se conlra el la lan(.l sobre· mano.
Dixo: e Parla se el campo por nos amos, hermano! •·
(Slr. 694.)

º

a

a

Quant la reine de Léon, qui le Poeme donne le nom
de Teresa (str. 579 b), elle est la sreur de Sancho, pere de
García:
Reina de Lcon, de don Sancho hermana ...
(Sir. 576 J.,.)

De mi donna Teresa a ly el rey Gar{:ia;
Perdi al rey tn padre que yo grand bien queria ..• •

«

(Slr. 5¡9.)

Et la princesse qu"elle a promise au comle est bien sa niece,
Por que finas la guerra le daría su sobrina
(Slr. 577 a.)

Nul doute a cet égard. M. Carroll Marden, dans son index
des noms propres, rectifie : 11 hija del rey D. García de
Navarra, no hermana, como dice el Poema». ll s'en rapporte
évidemment a la Chronique générale (.\.-i-4), qui fait de
Doña Sancha la tille du roí García de Navarre en meme temps

81

que la nicee de Doiía Teresa, laquelle y devient non plus la
sreur de Sancho de Navarre, mais sa fille et la sreur de García.
Il Y a, _eomme on di!. aujourd 'hui, décalage; le lien entre
Teresa et Sancho reste le mcme.
u Mas ante que el conde Fernant Gonvalez se fuesse, fablo con ell
la rey na sobre pleyto de casamiento que! farie dar por su mngier a su

sobrina, fija del rey don García de Navarra . ..
,, A uos don García, rey de Navarra, de mi, donna Teresa, re-vna de
Leon; salut. Bien sauedes uos como nos perdiemos al rey don Sancho
nuestro padre ... » ({·d. Pida!, p. 410 a,3o el b,3; Marden, p. 14o).

Notons la différence. Ici Doiía Teresa parle a García de Ieur
pere Sancho. Dans le Poc,me, elle lui parle de son pere a lui,
com me peut le faire une tan te en parlant a son neveu. La
réflexion de la jeune femme, dans le Poeme, a la vue des
Castillans qui arrivent : &lt;&lt; ce ne peut elre que mon frere ou le
maure Alman~or l 11, est remplacée par ceci dans la Chronique:
· Cuedaron que eran de algara de moros que andauan corriendo et
descubriendo la tierra. (Pida!, p. 415, a, 17; ?!farden, p. 146).
Lorsqu'elle demande l'élargissement de D. García, elle &lt;lit
bien &lt;&lt; mio padrn el rey don García 11. Cependant, quand le
comte provoque celui-ci, il ne le traite ni de beau-frere ni de
'
beau-pere :
El conde Fernand Gony11le:,. quando uro al rey, comenvol a dar
uozes et dixo : 11 rey don Garc;ía, salid aca et parlase por nos amos
esta batalla 11. ( Pida!, p. 4 1 (j a,26 ; rtlarden, p. , 48).

ll semblerait que la -siluation n ·est pas nette, et que le
ehroniqueur en est gené. Il est plus a l'aise quand il fait intervenir les Castillans, qui supplient le comle de rendre le pere
a sa filie, et pour nous montrer les deux nouveau-x époux cómblant d'altentions le roi délivré de ses cha1nes •. Le Poeme
présente ici une lacune, mais le récit doit y etre le meme, avec
la transposition nécessairc : c'est le beau-frere qu'on traite
avec ces égards. Et l'on comprend que, rentré en Navarre, il
,
1. « ... et pedimosuos por merced que dedes al rey don Garcia a su fija donna
!lancha •.. » - « et dalli adelanl fizieroo muchos plazeres el muchos solazes al rey
don García el conde Feroand Gon1,;alez et la condessa don na Sancha, su lija.. ·
(Pida!, p. 416 b, 29 el 43; :\larden, p. 149).
·

�8,

83

BULLETlN HJSPANIQUE

FER;(AN GONZA.LEZ DANS LA CHRONIQUE LÉO:VAISE

se déclare déshonoré lui el ses « omnes onrrados' "· On le
comprendrait moins d'un beau-pere.
Une critique, d'ailleurs purement subjectiYe, nous suggere
que le chroniqueur a corrigé le poeme . Mais pour que! motif?
Nolons que Flórez, dans ses Memorias de las Reynas calh6licas,
donne raison au poete quand il dit que D . Ordoiio Ramírez
épousa Urraca, la filie du comte Fernán González el de sa
femme !'infante de Navarre, Doña Sancha Sánchez, hija del Rey
D. Sancho Abarca'· 11 esl vrai que s'il donne sa source, Sampiro, en ce qui concerne la paternilé de Fernán González, il ne
dit pas ou il a vu que la mere d'Urraca était doiia Sancha
Sánchez 3, Les généalogies du Liber Regum, publiées par lui
en appendice, nommenl bien une Doiía Sancha, filie de
Sancho Abarca; mais elles en fonl la femme du roi Ramiro 4.
La Chronique de San Juan de la Pei,a est d'acord avec elles 5•
Rodrigue de Tolede ne connall pas de Sancha filie de Sancho
Abarca : d'une filie . de celui-ci il fait bien la femme de
Ramiro II, mais il l'appelle Tarasia, cognomine Florentinr, 6•
Tels sont d'ailleurs bien le nom el le surnom de la femme de
Ramiro II dans Sampiro, notre chronique el celle de Luc, qui
a utilisé d'une favon un peu intelligente, il faul le reconnallre 7 ,
l'inlerpolation qui la concerne dans le lexte commun a Sampiro el a ladite chronique 8. Nous reviendrons d'ailleurs sur
ce lle Tarasia.

Le rédacleur de la Générale a done pris sur ]ui de faire de
l'héro'ine du Poemc la filie de García Sáilchez et non de
Sancho. :\l'ais la Chronique de 1344, comrne on peut en juger
pat: le passage que M. Menéndez Pida! en cite dans une ñote
de sa belle étude sur le Romancero de Fernán Gonccílec, persiste
a faire de la jeune femme la smur de Garc[a '· 11 s'agit d'une
addition spéciale a cette chronique, sans équivalenl d'ailleurs
dans le Poeme: le comte voyanl arriver les Castillans les fait
prévenirparun hommequ'ilrencontre, quec'est lui, leurcomte;
qu'il s'esl échappé de sa prison, « e trae consigo por muger la
in fante doíía San cha, hermana del rey don Garvia de "iauarra. ,,
Bien enlendu loul le reste du récil esl d'accord avec ce passage,
e t Sancha y est bien partoul la smur el non la filie de García.

1. Pida 1, p. 417 a, 9; i\tarden, p. 1~9.
2. &lt;&lt; .•. casando al primogenilo Don Ordo,io con la hija del conde Fernan Goa2alez,
y de su muger la infanta de Navarra D01ia Sancha Sanchez, hija del Rey Don Sancho
Abarca. La novia se llamó Doria Urraca, .. , (l. 1, p. 107).
3, Distincte1 bien entendu, selon lui, de la Dn Sanchaqu'épousa Ordo1io 11 (p. 87).

4. • Este rey Sanch Abarca casó con la Reyna Dona Toda 1 e ouo della un tillo et
quatro filias; el filio ouo nombre el rey don Garcia, el tembloso; el de las filias la
una ovo nombre Dona Urraca, la olra dona Sancha . .. Dalia Sancha cai;ó con el rey
Ramiro .•. "(l. l, p. 498).
5. Sauí en ce qu'elle oomme Urraca et non Toda la íemme de Sancho Abarca
(éd. Tomás Ximénez de Embún, p. 35).
6. V, 8 et n. La femme de Sancho Abarca dovieot Thtoda. Zurita (Anales, 1, 11)
reproduit ici Rodrigue, mais semble admettre que la femme de Sancho Abarca était
Urraca (Fernández).
7. e( Adiuuabat his sanctis operis uxor eius Regina Tharasia cognomine Florentina • (Schott, p. 84, l. 33); je corrige d'apÑ.li les ms. Hh g8 de la Bibl. nac. el :i-c-5
de la Bibl. real.
8. • Et Ranimirus qui eral rax milisiimus, ex Tarasia cognomento Florentina
genuit Sanclium et Geloiram n (§ 60).

~o ante q se el conde partiese labio la Reyna con el muy engaúosa
mente como aqlia q le qria muy grant mal por la muerte de su hermano el Rey don Sancho de Nauarra q el conde matara t dixole ansy
conde pase auer de fenir la guerra nfa r; vfa r; de mi hermano el Rey
de nauarra tengo por bie q casedes con mi sobrina la infante doíia
sanchafija del rrey dó séi.cho mi hermano q vos matasles t hermana
del Rey dó gar9ia ... (Bibl. nac. Madrid 1081/i, anc. li-73, folio 137').

Cette parlicularité prend quelque inlérel si l'on se reporte
a la Chronique léonaise. Or si nous admettons la these de
M. Menéndez Pida!, a savoir que la chronique de 13114 a utilisé
un aulre poeme, d'inspiration plus populaire, el de date plus
récente que celui que nous connaissons, nous sommes cond uils a penser que, daos cel aulre poeme, Sancha était bien la
sceur du roi comrne dans le Ferndn Gon:ále, . Quant a la Chron ique générale éditée par Ocampo, de ce qu'en dit M. Menéndez
P ida! dans un aulre endroil de la m&amp;me étude 3, l'idenlilé de
1,

Homenage á Menénde:: Pela.yo, t. 1, p. 436 1 note

1.

11 avait été conduit a la m~me conclusion en ce qui concerne la légende des
lníants de Lara, lelle qu'on la lrouve dans les dC\ll'. ródacliom dislinctes de la
1•• Chronique générale et de la Chronique de 134&amp;.
3. P. 485, a propos du romance 17 (= ¡01 de Dnrán)
El buen conde Fernan Gonzalez
en qua! priaion eslaua,.,
M. Menóndez Pidal a notéd'autre parl(Calálogo dela 11. Bibliotua, p. 83 de la 111 ód.,
p. ,~7 de la 3") que l'auteur de celte réd&lt;1.ction (3•chronique générale) n'a dl.l uliliser
que le sccond tome de la Chronique de 13!14, ,·u qu'on n'y lrouve pas e los episodios
de la historia de Fernán Gonz~lez 6 de -Garci González. caracleríslicos de la Crónica
de 134ti. »
2.

�84

85

ftULL'ITil.'f HISPAl'fTQUE

FERl'fA:'i GONZAJ,EZ DA~S LA CHRONJQl'E J, ÉO~AISE

ccLle rédaclion sur ce point avec le ms. Ese. X-i- 11 peul déja
s'inférer; il en esl bien ainsi en fail :
(I" CCXLVIII) mas el conde don ferran Gon~ale, fablo con la reyna

vigado docode seo miidasse chamar afa]a c6 pouca gente t" hy
opndesse. Aelrrey de nauarra prouue deste egano. Eenuyou se')
rbaxadores aocode do ferna gl'z sobre elo. Ele rrespondeo q lbe p"'zia.
r: tomou. v. caualeyros e mulas desarmados r. fl?ysse ao clia q era
cócertado ·antre eles. Elrrey veeo c6 .A.XX.V. caualeyros acaualo
armados. Quado ocücle vyo q elrrey lhe metyra disse. e maao dia
nac~· poys me ha eganado, Lodoo müdo deuya ssenlyr ta g- nde tray~a.
Eu meesmo me Yrndy ffi:rndo ¡; xpanos. Agora cay no ij me disse o
muge sam paayo. !1º f' ffym nti veen.do out~ rremedio meteosse e hila
h'mida. os cscudeiros q cO ele vijnha ij era seys. auydo seu cclsselho
deJiberarO de hüu deles tornar có as espadas q lcllaua e Cio I demudado. Eos oul~s deo far.ere saber aos castelaaos. \'sto fcc6 elrrey de
nauarra cübalyá ocOde rryjamete. asna deffesa no lhe prestaua. ca
era poucos t" desarmados. t" ouuesse adar. cO tal couee&lt;;:a qo no
malaria nP aos se•J. Dize q esta p~itesya fez elrrey de nauarra, por q
vyo fugir os rscudeyros do cúde. r; cuydou q tijnha p'to algüa gete.
dS amostrou aly seu mylagre auorreyedo aqle maao egano. cao altar
dajg...ia se p'"'tyo p meo. t" ctize q assy esta. O códe foy metido e g·ndes
ferros. r: leuado ahuu castelo chamado castro velho. oc6de disse
aclrrey. q n6 auya por q leer p_sos os se9. Ca por ele ssoo aueria
q . .ntos auya e castela.

doña Teresa maélre del rey don Sancho antes que se fuesse sobrcl
fecho de su casamienlo / ca esa doña Teresa embio por el: t dixol
q le faria dar por muger a su sobrina doña Sancha hija del re)' don
Garcia de Na,•arra que dizien por sobre nombre Abarca ..•
, •. A vos do Garcia rey d' Nauarra d' mi doña Teresa la reyna vieja
de Leo salud como a hermano q mucho amo. Bie sabedes vos como
p.dimos al rey don Sancho uro padre.

Dans la rédaclion que suil Menéndez Pelayo (Obras de Lope
.de Vega, t. VII), Doiia Sancha esl également « fija del rey
don Garcia de Navarra n.
La Chronique de 1344 se distingue done ici par sa fidélité
au Poeme, ou plulól aux deux Poemes.
Quanl a la version portugaise dont le manuscrit de la
Bibliolheque nalionale de Paris nous donnc une des 1·édactioas, elle fail bien de D• Sancha la filie de D. Sancho el la
sceur de D. Garcia, comme la Chronique de 1344.
En voici le lexte pour la partie correspondanle aux chapitres ¡09-7 16 de la Chronique générale éditée par M. Menéndez
Pida! dans la Nueva Biblioleca de autores espa,ioles.
(Fol. 95') C• TTT. llyndo o conde Jlª burgos chegoulhe rrecado
delrrey do sancho de leon q fosse a suas cortes. Ele !he rrespondeo
queo fa ria e dhy alres dias q chegou a burgos p-ljo' pala pedindo ads
qo tirasse da p'ma rlos leoneses. El rrey dó sa~cho sayo arre&lt;;eber
oconde onrradamete. Aarraynha no p_.zia cü ele. porij matara seu
jrmado Elrrey dñ sancho de na1Larra. DespO)'S q acabar6 as cortes
Elrrey se cOlenlou muyto de hüu a&lt;;or r;: de huu caualo do cOde,
E disselhe ijlhos vendesse. OcOde se escusou ofTere&lt;;Cdolhos g -ciosamete. Elrréy no q;s. mas lodauya oafficou Qlhos vendesse; nü · se
podendo acode éscusar disse cjlhp p-zia. cü lal cüdic;a. q selhe. no

desse op~o acerlo dia q dhy adiale oadadia se dol&gt;rasse. Elrrey lhe
deu myl m-cos de p-ta co aqle codi(ii. dandolhe delo g"ndes firmezas.
Acabado ysto pMtiosse oconde . .po ante q p.,tisse falou ·arrª cO ele
di1.edolhe q por sseer tyrada a discordia dantre nauarra r: castela.
aela p"'zeria q casasse có sua sobinl,a (fol. 96) jilha delrrey dó sancho
de nauarra q ele matara. Ocóde lho outorgou. Arrª fez saber ysto
aseu sob'nho elrrey de nauarra. ooteflcandolbe q p aqiuy podia sseer
1.

parlio,

C. Tff l. Os castela~os sabida ap;sam do cOde. pesoulhes como
era rrazó por !1da de tal senhor. EajütarOsse os nobres t" fidalgos,
e det'minarO p cósclho &lt;lr hllu. ~º laynlio q era onrr_ado canaleyro
de fazere hila ymage de pedra e semellü'i\'a do c6de. e qa posessen
e hüu carro. z: oO abandeyra de castela na maao. r: ·q ag.,rdasse aijla
, . trajo (nHemenJ)-

1

�86

BULLETI'i" HTSPANJQUE

ymagc como farifi a seu senhor oc6de. r: q todos morresse ou otirassc
de tsan. Esta ymage foy feíta se muyta tarda,;a. Eajutarasse os
castelaaos todos de hiiu cora&lt;;6 pa fazere oij auyñ det'minado. Emosto 1
dS que no l;rn esqueecido dos seJ f'uydores . nébrousse do c6de dii
ferna gl'z r; rneteo e cora&lt;;O abüu cüde de lübardia q vijnha faz' sua
rromaria asanlyago q fosse ueer oc5de q estaua pto de sen camynho.
t lato rrogou r; deu aos porteyros q lho leixar6 veer. doq"'I ele foy mu~
c5tente asy de sua psern;a como de sua fala. Despoys foy acode de
lornbardia veer ajflanle jrmtia delrrey áe naua,-ra. r; culpoua muyto
por qo mylhor home despanha era pso por causa dela e ¡¡ Il Lodoo
müdo atijnha por molh' desauetiuada por este feyto. t qa l~uuaria
muyto se ela t'"balhasse deo tyrar da p;sam. tcj aueria g·nde merecimelo
ant~ dS. por qo códe do fema gl'z era destruydor dos jnf1ees t acrecCtador da ífe catolica. t q ela no podia seer cO out• home mays
onrradamete· casada por suas v;tudes e por sua valenlia. Passada
esta fala. foysse acode de lombardia. ajlfante no !he esquee,;eo oq
lhe ele dif'a. Eenuyou hiia sua dona a veer ocóde ferna gl'z. t cotarlhe
ai'jlas causas¡¡ lhe díf'a acode de lonbardia . Adona tornou aajlfanle
ca rreposta do code oq'l !he dísseq aela soomete ecarregaua ho(fol. 9Gº)
feyto de sua p'sam. Ca se no fora por casar com ela ele n5 fora preso,
e q ela opodía hem liurar. e q !he ['ya por elo semp abrigado. Adona
dísse aajlfanle i'jo fosse veer. Ela fezeo e disselhe q !he pesaua m1Jylo
de sua p'sam por seer achaque· dela. Pero i'jo quería tirar daly ca
juramcto q casasse c6 ela. oconde dise q !he p'zia . Elogo jurara
ambos de casare víjnda anoyle. Ajlfante foy onde oconde estaua preso
i filhoo pela maao. e disselhe q se fossen t forOsse fora conr' castela .
Oconde hya e Cerros e no podía ben andar. Eajlfante ho 'ajudaua. ·
E asy andarom ataa q amanheeoeo e c5 rreoeo .de no sseere descubertos f6rose meter e hüm mato. e jazendo aly. hüu creligo de
nauarra q andaua aacac;a. veeolhe ho ac;or c5 aperdiz onde estaua
6conde 2 • Evyoo e ajfTante e conhec;eos t disselhes. Treedores nO uos
poderees hyr. q eu uos leuarey aelrrey de nauarra. Oconde !he disse
qo no fezesse e q !he darya e caslela hua cídade. ho crelygo n(i curou
dysso. po p'so da fremosura da jffante. disse q sseo leixasse fnzer sua
vootade ca ela que os leixaria hyr. Oconde no querya. Ajlfante veedo
Sic (le premier o parait avoi r élé íait sur un y): moslro?
Dans le PoCme et la Chronique généralc (texte Marden-Pidal), ce sont Jes
chiens busels (podencos) de l'archiprétre qui condulsent celui4Ci dans le fourrJ ol,
se lrouvent les fugitifs. L'emploi de l'aulour pour la chasse a la pcrdrix 8 peu pr6s
exclusivementest al testé par un texte de Pedro Lópcz de Ayala que cite M. Menéndez
Pida! au t. 11 Qu Cantar de mia Cid, p. 429; et le mCme passage nous apprend que te
plus grand nombre et les mellleurs de ces oiseaux 3. l'élat sauvagc se preoaient
ce en una villa fronlcra de Na,·arra que llaman San La Cruz de Canpe¡;o i), au nord de
l..og-rorio el de la sierra de Codes. Pcut-etre avons-nous 13. pai· conséquent un trait.
bien local. Cf. une note de M. Pitollet dans Je Bull. /iisp., 1902, p. 158, sur le casque
l'on fai~ail des arlll)re1. Plus loin on voil que le comte prend a l'archiprCtre Je sien,
1.

2 .

FERNAN GONZALEZ nAiS U. CITRQ:'\'IQUE LÉO"iAISE

nne~essidade e que era pastos. disse ¡¡ era mylhor de jejüare a((le
pecado que auerem de morrer. e alongousse hiiu pouco do co~de .
oc reliao lnnc;on os brac;os e ela. Ajffante filhouo c6 arnbalas maaos.
di zed; treedor oque cuydas n6 sse fara 1 • t chamou oconde q lhe
acorressc. Oconde veeo e l)'rou ocuylelo do creligo ~ e degolouo.
r: tomou asua mula e os vestidos ¡:; oa&lt;;or3. Vijda anoyte caualgou
njffante na mula. e oconde &lt;letras. e forOsse caminho de castela.
t como foy dia mcler6sse antre huas aruores espessas. Edepoys
q veeo anoyle comeQarO andar r; amanhcec;eolhes C hüu escarpado .
t por tato no leixarO de andar. Ehyndo assy auCdo pouco pass~do
do dia. ryrO vijr abandcyra de castela co os castelaaos q auya ~art1d_o
de belfnrado. Ajlfante qa vyo p'meyro disseº ao corle. g q no sabia
se era de almdyor ou delrrey seu jrmaii.o. nó podendo conhecer
abandeyra desuyar5sse do caminho. Tanto se chegou abandeyra
qo conde conheoeo q era asua. f; disse aajffantc. Senhora esles
sson me') vassalos q me vee buscar. t todos sson vossos assy como
me'), Ela foy muy leda t teueo e merece adS. Oconde vyo hü.u home.
r. clissclhe q fossc aaqla gente q parecía r; q lhes disesse como ele bya
na eles. Os castclaaos foro sobeiamete ledos e foronsse !lªº conde.
;1u yf'onlhe beysar as malios t os pees. Ele disse qo no fezesse~ aelc.
masaajffanle por qo líuarara de marte. Eles asy ho fezercl . d1zen~o
vos ssooes nossa senhora . Ca uos nos auees tyrados de seruydooe
da ndonos nosso senhor q auyamos pdido. Dhy se for6 abelfurado
q era op;meºyro lugar de castela q p"'lya cO nauarra. hy tirar6 os
renos ao cOde t partiróse !lª burgos onde foro c5 g-nde p-zer t honrra
rrecibldos. hoconde e ajffante deceron na ssee dando g'"'c;as ads
r; aasua be aueturada madre. Dhy apouco fez oconde festa de seu
casaméto cO ajfTante dona sancha honrradamete segundo fazºse
deuya.
1. Celle scabreuse scene comporte ici moins de détails que daos le
Pol'mC'
el le texle\~Jardcn-Pidal. Si J'infanle s'y résigne 11ussi facilcment U fairc p_énilence
pou r le péché, elle ne \'ª pas jusqu'it confkr au comle 1!1 iarJe des ,·~lPmenl~
de l'archiprélr&lt;'. Le Poeme représenlc-L-il une amplificatmn de _cet ép1sod_r. si
franchcmenl pic'arNque, ou la version c.i-dcssus cst-clle au conlrure une t'-d1tion
e,:purgée?
2, Cf. Yenéndez Pida!, /lomenage a .Mcnénde:.: "Pelayo, t. r, Jl, !173, n. 1. Dans le
PoC'me. rien n'indique que l'archipretre ait été égorgé a\'CC son propre cou\C'au:
El conde a fa due1ia non podia ayudar,
Ca tenia grrandes !yerros e aon podia andar,
(Su) cuchyello en la mano º''º a ella llegar,
Ovyeron le entrramos al traydor malar. (str. ú5o.)
Su, en admaLlant qu'il ne 5oit pa,, comme propose M. Carroll Mard~n, a relranch cr, ne peut se rapporter q u'au comte. :\1ais dans ~a Chronique1 le--.:te P1dal-'1anlcn,
H y a (ti lego el conde con el su cuchiello del\ arc;;1prcste en la mano, e mala ron le
all i amos a dos)).
•
3. Le rns. X-i-4 ne mentionne pas le; v(:tements, ala difft'rence du PoCme (str. ú:i r):
La mula e los pannos e el mudado a1;or. _

�88

a

Toute cette fin diOere la fois du texte de Pidal (c'est--a-dire
celui de la Nueva Bibl. de Aut. &amp;p.) etde la Chronique de 1344,
au moins quant la lettre (cf. Pida1, Romancero de Fernáll González, p. 476, note). Suivent tes ch. fil. 11 et fíI 111, peu pres
équivalents, respectivement, aux ch. 714 (avec la variante tre,
TM1e, au lieu de trecr 1M1e1) et 715, mais avec cette dift'érence
que D" Sancha parle de D. García comme de son frere:
A condena dona Sancha aueclo g-nde.pesar da p;son de#Ujrmaao
q estaua pso. fallou co os castellaios dizedolhes assy. Amigos bé
sabedes como saqy da p;son ooode vosso seohor e queeo tijnha meu
jrmaao el r!:.~ do g-cia. por q oj~ ~ji dia té de my g-nde qrella. ca
te q por my lhe veo este mal e ~ OJe esta. Eagora oc()nde he muy
hyrado cotra my e no me qr dar ·meu jrmaao ne osacar da p;son.
Por q uos rrogo q uos sejades ta mesurados q uos rroguedes oconde.
e ajades oo elle q me de meu (pi. 97•) jrmaao e eu -euerey q uo1
g-decer semp...
·

a

a

Le chapitre s'arrete sur -les mots : 11 ••• Elrrey dó g-cia
depoys q chegou aseo rreyno foysse pa ca8lella •, ou il faut
lire e,~Ua (cf. texte de Pidal, p. 417, l. 6. Le cbapitre llil. 1111
équiva~t au 715 de Pidal : il manque la phrase « assi como el
agoila fambrienta. en la caca quando se quiere cebar 11. Le
suivaot, la fin· du 714 et au 716 (burueda pour b~rueua; Vul
perrij pour ool pirri) peu pres exactement:
e qif'a .leuar acodessa dona Sancba sea pod'a au' p algüe maneyra
r: eslo por faz' ao conde mayor desonnra. mas g-dous,e ella muy
ben de tal cousa r: no quys sayr a elle ne veello

a

8g

FSBl'CA'..'I 001'ZALEZ D,US LA CBR01'JQUII LÉOJIIAll;I

8ULl,IITDI Bl8P4JIIIQUI

a

Mais au lieu de la transition qui termine daos le texte de
Pidal le récil de la bataille entre Fernán González et D. Sancho
de Navarre e&lt; agora dexamos ... •, nous trouvons l'équivalent ·
de ce que donnent la Chronique de 1344 et celle d'Arredondo
( cf. Carroll Marden, P. de F. G., p. 109, n.· 23):
.•• r: oconde do fernii gl'z lhe deu e esta lide hüaferida de q despoya
morreo.

•• •
Vu la diffusion de la Chronique dile de 1344 avant l'apparition de celle que pul:ilia Oca~po, on · doit s'attendre voir
qualifier Do~a Sancba de 1reur du roi García daos les textes
· antérieurs a cettc apparitioo.

a

Tel est bien en ell'et le cas pour le Valerio de l(!8 historias
ucoláalica, de Diego Rodríguez de Almella, qui ful imprimé
en d87 .et eut tant de vogue peodant un siecle 1• Dans l'édition de 1541, contemporaine de l~ publicaliqn d'Ocampo,
nous lisons au l. VI, litre Vil, 1« de la fe que las mugeres guardaron .a sus maridos ll, chap. III:
En el titulo del amor q ea entre el marido e la muger ea dicho de
como la codessa doña Sancba muger del conde don Fernao Gom;alez
de Castilla guardo e ouo gran fe al sonde su marido en dos grandes
peligros que ella se poso por amor del ; ~ lo libro de priaion e muerte
en ij estaua. El vno fue quando J?.Or ,u hermano el Rey don García de
naaarra estaua preso/ lo fue eJ\a a'ver al castillo. El otro peligro fue
quiido lo libro de la prision "dei réy don Sancho d' leon e quedo ella
enla carcel, y el code aalio con sus paños della vestido.
Et au l. IX, lit_- I, cbap. IV (fol. LXXVIII):
Estando preso el conde feroan gonc;alez d' Castilla en poder d'I rey
don Garcia 4e oauarra en vn castillo llamado castro viejo. Uiendo la
infanta doña sancha hermana del dicho rey don· García como su
hermano auia preso a mala verdad al conde don fernan gonc¡alez ...

a

P}usieurs des historiens qui ont écrit postérieurement la
publicatioo de la Chronique générale par Ocampo, c'est-a-dire
a· l'anoée 15·41, ont naturellement suivi la version qu'ils
y trouvaieot au sujet de Sancha. Vassée, en 1552 •, précise .
bien:•
Tarasia Regina Legionensis, Saoctii Aiaarcae Regia Náuarrae
ftlia, capitali odio in Comitem Castellae incensa... persuasit illi,
vt Sancliam Garsiae Tremu.lijiliam, n.epl.em ipsi,u exfratre, uxorem
duceret. .•
De méme Julián del Castillo, dans son lli.storia de los Reyes
godo, que vinieron de la Scythia d'Europa, etc~, publiée en 1624,
par son fils Fray Gerónirno de Castro y Castillo (p. 173) :

Despues desto, la Reyna doña Teresa, que desamaua-de muerte al
Conde Fernan GonQ&amp;lez, le habló un día, y le dixo, q le baria dar
por muger a doña Sancha su sobrina hija del Rey don García de

Nauarra .••
1. Voir moo liffe Les iu,tou:n généralea d'&amp;pagn,, p. 16-18.
2. Dans Reale, t. 1, p. 6oo-6o1. Volr, sur Vauée, Le, 1",toiru générale1 d'&amp;pagne,
p. 158-168, et rarticle reclillcalií de~- ·Amalio Huarle Echcnique dana la Reti;.la da

an:1u-.

1920.

�91
()O

ftl't.u:n:-.

Hl~l'A'ilQl Y.

Comme on sait, ce sont la des écrivains sans beaucoup
cfautorité ni d'esprit critique. Si nous passons aux grands historiens, nous vo)·ons que ni cerlains délails ni meme l'ensemble du récit de la Générale ne leur ont paru insou'pronnables. Zurita n'est a mentionner ici que pour mémoire : il passe
rapidement sur les premiers roi-- de :'\avarre (Anales I, 11 ), son
sujel étant l'hisloire de l'Aragon; el, pas plus que Rodrigue,
qu'il cite a ce sujet, il ne parle de Doiía Sancha ni de ses aventures. )1ais déja Garibay, dans son C:ompenilio (1571), lout en
résumanl, d 'aillcurs sans la premlre pour son complc, !'aventure du comle el de doi1a Sancha (X, ro; t. 1, p . 529), relevait
l'erreur de la Générale en ce qui concerne les liens de parenlé
de la pri ncesse avec Doi1a Teresa el Don García; malheureusement sa correcliou se complique d'une erreur plus grave,
oii l'a entrainé sa chl'Onologie tres défcctueuse, et qui consiste
a dédoubler les rois de Navarre D. Sancho Abarca el son fils
don García Sánchez, en donnt1nl a celui-ci comme successeurs
un D. Sancho, puis un D. García qui serail celui que l'histoire
désigne ¡lar le surnom de el T1·111bloso • :
. .. refieren mas, que la Reyna doña Theresa, mudrecl'el Rey (O. Sancho) ... trató cautelosamenle casamiento en el aiío de nueuecientos y
lreJnta y dos, segun la comun opinion, con el conde para con la
infanta Doña Sancha .rn hermana, que la chronica General llama
sobrina, deliendo ser hija de Don Garcia el Tembloso Rey de ~¡marra.
El engaño que en esto recibieron los copiladores de aquella chronica,
y como la infanta üoña Sancha era hija d'el Rey Don Suncho Abarca,
y hermana d'e/ Rey Don Garci ::iancltez, y no d'el Rey l)on Garcia el
Tembloso, queda declarado en la historia del Rey do Sancho el Gordo,
y manifestar se ha mas, Dio!:i mediante, en la historia de ~auarra,
donde se ,·crú claro el daiío, que hasta agora han tenido lodos los
1. On vcrra aux chapitrcs \ 11-\1 '\ du lh ro :\ Xll du Compcmtio les ra1!ons alléguées par r.aríh11y en favcur de celtc nnu,cauté.
Voici ea chrouologie pour les rois J e :'iavorre de colle périodo :

1,;ra

ABOÓC,

:-ancho \barca . . . llCCCCX\.\IX,
Garei Saneht: . . • • DCCCCLV/11. ,
Sm,rho . . • . . .

ºº'
920
96/1
!193

,\H'IT • • . • •

&lt;,arela el T cmbloao, ,t'.\:\. XI • ,
M'\X\VIII.
Sancho el :llayor •
Garci Sanchez . • • :IILX\11 •. , •

J

·ººº

r.o3~

auctores, oluidando en la successiun su~a dos l\cJes de ~auarra, que
en su deuido Jugar maniícsLará nuestra chronica (l. X., cap. X; l. I,

p. 5:.19).
En effet, au ch. \.XX.lll du livre lX., oil il traite de D. Sancho
el Gol'do, il relate une premicre fob l'histoire de Doria Sancha,
que mucho5 !&gt;in fu111lamento alguno clizen ser hija d'el Rey Don
Garcia el Tembloso, cre~·Mo ser hermano de la Reyna Doña Theresa,
siendo en effecto el Hey Don Garcia y (sic) Tembloso visnielo d'el Hey
Oon Sancho Abarca, padre &lt;festa lle) na. I::sta infanta Doña Sancha
antes era hermana de la mesma Heyna, hija d'el Rey üon Sancho
Abarca ... (p. 466).
Ambrosio de Morales, qui loue Garibay d'avoir manifesté
de la méfiancc pour les « cuentos de guerras ) - prisiones del
Conde Fernán Goniález 11, ne prend memc pas la peine de
chcrcher ce qu'était en réalité l'héro'ine :
Y Garibay notó muy bien muchas destas cosas desconcertadas y
sin buen tino. Por esto lo dex.o • todo : quien !uniere gusto de leerlo,
en la Corónica General que anda impressa lo hallará, y en otros libros
harto comunes, y públicos sacados della. Todavía quiero poner un
exemplo, para que se parezca mi justa queja en tener mucho de
aquello por mezclado con f:'ibulas, siendo verdadero. Es verdad que
ol l\ey de Navarra prendió al Conde Fornan Gonzalcz y a sus hijos,
porque asi se halla en los Anales Compostelano:;, añadiendo que
habiéndolos prendido en Aronia los mandó lleuar a Pamplona. Esto
dicen aquellos A.nales sucedió el aito de muestro Redentor novecientos
y sesenta, señalado allí por la Era novecientos y noventa y ocho.
Prosigue la Corónica General tales particularidades en la manera de
soltarse el Conde, y voherse a Castilla, que con poca advertencia se
verá el poco concierto y menos rnrisimilitud que en ellas hay. En el
hecho hay estas faltas, epues quantas mas hay en el tiempo, y en las
personas y en los lugares? El que lo prendió, dice, fué el l:\ey Oon
García .\barca. La que lo hizo prender con mal engaño Ooita Teresa,
madre del Rey Don Sancho el Gordo, y hermana del Rey Don García
Abarca. Y todo esto dice sucedió el año de muestro Hedentor novecientos y veinte y ocho. Sin todo esto no han de faltar milagros espantosos, oirse una rnz en el ayre, sin decirse lo que dh.o , )' henderse la
Ermita con su altar por medio, y parar todo en una gran blasfemia
del Conde (Coró11ica general de España, l. XVI, cap. X\:XIY, t. VIII,
p. :.173 de l'édilion Cano).
,. L'éJllion de O. Cano acccnlue de.rú, Je croi~ qu' il faul tire ihro.

�RL'LLl::rJ \

fflSPA'.'tlQUE

Le Hvrc ou Morales, précur.,eur en bien des points ele l'hypercrítique Masdeu, reiette ainsi.. comme une indin-ne lén-endc
"
e,
~
'
le récit de la Généralc, n'a paru qu·en 1386. ,\ ce momenl. le
/Jt' rebu~ llis¡&gt;wtiae de ~1ariana, dont les vingl premiers livres
furcnt imprirnés en 15!)2, élait déja rédigé, et si l'auleur a
marqué « Ambrosius de ~forales ,, sur la liste de ses sources 1
c·cst que ce dernier arnil publié ses sepl premier~ lines'
anlérieurernenl: aussi ne s'csl-il pas an·eté a consirlél'er la
vraisemblancc de l'épisode et sa critique rclarde-t-clle sur
celle de son prédécesseur: on sail du reste qu'il lranscrivait plus de chosc~ qu'il n·e11 croyail ,. 11 corrige · pourtanl le récit de la Générale sur le poinl qui JIOUS occupc :
pour lui Doila Sancha e~l la sa:ur de Doi1a Terc~a ;,¡ du' roi
García:
Praeterca Tlicrnsiac viduac l\t•ginac aslu, cum palris ,·lciscendi
cnpiditate ae~luarel, !'.iandia cin~ surur Co111iti pacta esl: \'rraca
comitis uxor dcfuncta eral. Sancl ia apurl G.irtiiam jralrem \'asconum
Rcgem ... (\'fll, 7.)
Aillcurs (\'Ill, 'i), il compte Teresa el Sauclia parmi les
filles de Sancho Abarca. Heman¡uons en oulrc qu'il place
les fails en !)58-939, et non pasen 927-928, comme la Géuérale.
L'édition de 162í traduit fidelemenl le Iatin:
Demas dcslo, por astucia de la H.eyna viuda doiia Teresa, que
deseaua vengar la muerte de su padre, se concertó que doña Sancha
su hermana casasse con el conde. La 1¡ual esla,a en poder de don
Garcia hermano de las dos, Hey de Navarra: era ya doña Vrraca
muerta, la primera muger del Conde.
Je citerai également le Caifílogo real y genealógico de Espwia,
de Hodrigo i\Iéndcz Silva, paru pour la seconde fois en 1656,
non pas que l'auteur fasse preuve loujours de bon sens, puisqu'il énumcre sans la moindre inquiéludc les rois d'Annius,
mah: parce que lui aussi, faisant allusion au comte Fernán
, . \ oir mo11 .llariana lúllQritn, p. 13¡ el 6~\1, . !bid., p . 296 11 tlil e11corc ailleuro, préci,émont
la fin du lh re VJII, oti il a
raco~1lé le~ avcnt.ure, de Fernún González, de son fil, el de Sancho el .lfay,,r; • Tragrrd,a, scr,~rc ,·,dcor ,';:fabulas: •cd ipsis llispaolac bi,toriis 110n qua si commentilia
s~ tac.ta emsdem gcoerl_s mulla meruoria- suol commendala. no, fidc111 nequc
ad1ung11nus, oo,¡uedclnlumus: quam r11_s merelur eit ,e lectores slaluanl "• {éd. 1591,
p. 398).

a

Gonz,ílez « que murio en Burgos año 9¡0 &gt;, ·parle de sa
seconde femme, doña Sancha,
exemplo de lealtad, ·' amor a los casados, digna de mayores encomios, que Mico!, esposa de David; lsicratea. de Milridales: Sulpicia.
de Lenlulo; y Cornelia, del gran Pompe~o; Era infanta de :\arnrra.
hija legitima del Re)· Don Sancho Abarca (p. 45;.
Pour clol'e cet exposé, qu'on pourrail allonger indéfiniment,
mais sans autre utilité que celle de nous fournir ~faulrcs
échantillons &lt;le la critique des historiens de l'Espagne depuis les
lemps les plus reculés jusqu·a nos joul's, disoni- que Lafuente,
qui rejelle en note et ne relate que pour mémoire les aventures
de Fernán Gonzálcz, fait également de Doi1a Sancha la sccur
de Doña Teresa et la fille de Sancho Abarca (parte 11, libro 1,
ch. XYI, t. 11, p. 270 de l'éd. en 15 tomes, 1861), el que
,\ (. Fernández de Béthencourl, qui ne rclient de l'aílaire ele
Cirueña que· ce qu·en disenl les ,111nales Compuslellani (l. 1,
p. 346), esl du jmemc avis en ce qui concer~e Doi,a Sancha
(t. 1, p. 352-3 el ,'1181: sur ces deux points, il n'a fait que se
conformer a la réservc el a l'érudilion éprouvée de Salazar ~Castro (Casa de l"ra, t. I, p . 4!)).

.. •.
Que diseul les romances: Dans le nn ¡o r de Durán, El buen
conde p,.,.,um Gonrale: en cruel prision eslaua. du au r:almllcro
r:e.wíreo (, 566), l'héro'ine, nalurellemPnl, remarque ~l. Menéndez
PidáJ 1 , esl la .filie, comme dans la Chronique ( entendons la
Chronique édilée par Ocampo), et non la sreur, comme dans
le Pocme. c·esl également hija que disenl les romances ¡02 de
Durán \ En prision eslaua el conde, du au mcme caballero
Ces,íreo (1566), el 698, Haciendo estaba w1asferias 3 , de Fuentes
(, 550); ceux de Sánchez Burguillos, reproduits par M. :Menéndez Pida!\ et suremenl aussi postéricurs a r 5 'ir, puisque
l'auleur, né en 15r2, suil pas a pas la Chronique 3. Quant au
1, llomeM!fe ,; .Utné11,lt: l'tl,,yo. L. I, p. 4115,
,. /bid., n• 18.
3. /bid., n' 11.
\. !bid. , n., 2:i et,@.
o. Ibid.;p. 48jj.

Bu//. hilpan.

11• 1;.

'i

�BULLETIN HISPANIQUE

romance 700 de Durán 1 , Preso eslá Fernan Gonralez, el gran
conde de Castilla, que M. Menéndez Pidal estime inspiré par

l'Estoria del noble caballero el Conde Fernan Gonzalez, con la
muerte de los siete infantes de Lara, parue trente ans avant la

I1EDllO MEXL\, CHRONIS'l1.E DE CHARLES-QUINT

Chronique générale, il n'y est question ni de tille ni de sreur,
mais d'in.Janla; de meme que dans le nº 706 •, Preso está
Feman Gonralez el buen Conde castellano, inspiré la meme
source et consacré a l'emprisonnement du comte par le roi
de Léon, Sancho Ordoí1ez, la fidele épouse n'est désignée que
par le mot de condesa; de sorte que ces deux romances, manifestement plus anciens, et remontant indirectement
la
Chronique de 13H 3, ne décident rien.
En somme, aucun ne présente Doña Sancha comme la sreur
du roi García; aucun ne reproduit sur ce point le Poema de
Ferndn Gon:::rílez, non plu~ que le Rodrigo, qui fait de la jeune
femme, on l'a vu 4, la femme d'un Sancho Ordóiíez, roi de

(Suite'.)

a

a

Navarre, et l'appelle Constance.
(A suiure.)
,. Homena9e, n ° 76.
lbid., nº 7.
3. Jbid., p. 473 el 475.
4. Bull. hisp., 1921, p. 8.
2.

G. ClROT.

APPEl\'DICE

III

Les Emprunts de Sandoval.
Table de concordance avec le ms. 3779 de la Biblioteca Nacional.
[Rclacion de lodo lo sucedido en las comunidades de Castilla y otros Reynos Reynando
el Emperador Carlos V (Anonyme)'.]

Cap. l. - Ce chapitre commence a la mort de Ferdinand et
contient les documents suivants : « Testamento que hic;o el s•· don Fd•
que aya S 1• gloria&gt;&gt; (avec sa lettre au prince Charles)(= S1 L. I, § 62);
11 Carta que ymbio el Príncipe ñro S' al Card 1 despaña » (= S1 L. 11, § 4);
« Carta que ymbio el Principe a la reyna Xermana » ( = S1L. II, § 4);
« Carta que ymbio el Principe ñro S' al Ynfante su hermano 1,
(= s1 L. n, § 4).
Cap. II. - Bvénements de Valladolid, dispositions priscs par le
cardinal Cisneros, troubles qui en résulterent, et« Carta que Valladolid
ymbio al alteza a Flandes» ( = S1 L. II, § 18, 19, 20, jusqu'a: 11 detuvose
el cardenal. .. 1&gt; et L. III, § 6).
Cap. III. - Le couronnemcnt de Charles est représenté it Valladolid
en divertissement (Non suivi par S1).
Cap. IV. = S 1 L. lll, § .:io, plus un passage sur les événements de
Valence el Barcelone.
Cap. Y.= S1 L. V,§ 6, et quelques passages du L. V,§ 9 (p. 31,
depuis: « un hombre cordonero » a « ... priesa que pudo n et p. 3.:i,
depuis: 11 a 5 de marzo salio de su palacio .. . n a : &lt;&lt; reinos »; et depuis :
11 la justicia de Valladolid ... » a la fin du paragraphe).
Cap. VI. - &lt;1 De como se celebraron las Cortes en la Coruña, y
hechas, de lo que mas su~edio » ( = S1 L. V, dernier alinéa du § 11 et
premier alinéa du § 13).
1. Voir Bull. hisp., 1920, p. , et 256.
•· On lit toulefois en marge du ms : « El autor desla Relacion se llama va Ayora
natural de Palencia y noble y siguio las comunid'" y fue de los perdonados. • Puis,
d'une autre écrilure: « este fue de Cordova y caso en Palencia.• [Cf. Boletín de la R.
Acad. de la Htstoria, 1890, t. XVII, p. 445 (art. de Cesáreo Fernández Duro). G. C.J.

�96

BULLETl'.'l HISPA:'IIQUE

Cap. VII. - « Como acavadas las corles su ,1d embarco y los males
que suscedieron en Castilla». S' suil tres peu la Relalion pour l'embarquement (L. V,§ :l8) et pas du tout pour les événements de Zamora.
II le suil pour l'assassinaL de Tordesillas a Ségovie (L. V,~ 31) depuis
la page 85 : « quiso les manifestar la negoc;iacion que traia _ »
jusqu'a la fin, n'ajoutanl que ce simple détail : « Yha (Tordesillas)
encima de una mula y vestido de sayon y tavardo de terciopelo
carmesí 11.
Cap. VIII. - « Como ~ ino a Valladolid el card' de Tortosa pa.ra
remediar si pudiesse es los males&gt;&gt; ( = S' L. V,§ 39, moins les premicrcs
lignes).
Cap. IX. - &lt;&lt; De corno se rebeló la i;iudad de.Guadalajara &gt;&gt; (=S' L. V,

§ 43).
Cap. X. - &lt;• De como se rebelo la i;iudad de Burgos, y de la desastrada muerte de Jufre aposentador».
S' s'est peu servi de ce chapitre. LI rapporte cependanl d'apres lui
(L. V, 4o) les paroles , engcresses de Jufre, mais les allusions au
charbonnier, a \ ivar &lt;1el Cid, a l'ambassadeur de France. au curé el
l'intervention des chevaliers, proviennent d'une aulre source.
Ici se place une longue digression laquelle S' fait allusion (L. VI,
S 12). L'auteur de la Relation écrit en effet: « Porque V" Sria e) sepa
algunas de las cosas, de los juic;ios y algunas Profei;ias de sancto Ysidro
y otros sanctos que halle scriptas de letra antigua de muchos tpos
antes a esta parte acorde de poner aqui algunas aunque al parecer le
pare&lt;;eran cosas espantaQles ... &gt;&gt;. Et il cite successivement plusieurs
u juyzios ». L'un d'eux est ainsi mentionné: « Estas son las cosas que
dixo A.ndres de la Inojossa vzº del burgo de hosma quando se quiso
morir en el hospital de la Trinidad en Salamanca en el año de 1515 ».
Viennent cnsuite « las Profe.-;ias que hizo sant Ysidro y Fray Juan de
Hocac;isla y ~Ierlin y otros doctores ... 1); la (&lt; Profec;ia de S' Juan Dama&lt;¡cno »; « un planto que sancto Y sidro Lloro é hizo sobre España 1&gt;;
la 1&lt; Profe~ia que escrivio maestro Unay frayle menor aleman de la
llorden de Sanctiespiritus n el 1&lt; ciertas profecias glosadas año 15:l 1 , •
L'écrivain, qui a rassemblé toutes ·ces prophéties pour son histoire,
croit fermement tout cela et se juge tres pres de la fin du monde.
Cap. XI. - Contient une lettre que Tolede envoya a Valladolid et la
réponse faite (S' n'en donne que le compte rendu L. V,§ 7, puis une
page pour dire que_ le cardinal envoya Ronquillo sur Ségovie et lit
publier des&lt;&lt; mercedes,&gt; pour maintenir Valladolid dans le devoir.
Cap. X.U. - ce De lo que acaecio en la ciudad de Leon &gt;&gt; ( = S1 L. VI,
§ 1 1 ). C'est a la Relation que S1 fait allusion : &lt;&lt; Dice esta memoria ... » ele.
Cap. XIII. - &lt;( De como se rebelo la villa de .\1adrid. »
R.eproduit par S' L.V,§41, jusqu'a : e&lt; Levantaronse ... n, puis L. V,

s

a

a

a

PEDIIO ,tEXH, CHRO'ili-TE DE CHARI,ES-QUI'-T

~

o-

.'

u Un caballero principal. .. » (p. 131) jusqu'a : (&lt; ... y
desde alli hizo á los de Segovia.... &gt;&gt; (p. r 31 ), et L., , § 46 &lt;'TI cntier.

l14, depuis :

Yient ensuile, dans la Relation, une lettre dr Leon a Valladolid non
citée par S', un passage reproduit par Jui (1 '' alinéa du § /1í, L. Y) et
deux lettres du roi, dont il donne le compte rendu (L.\.§ 42).
Cap. XIV. - &lt;&lt; De ln que hizo el alcalde Ronquillo sobre Segovia ,1

( = S1 L. V,§ 4í).
Cap. \. V. - &lt;1 De como se levantó la ciudad de Murcia y de oomo iue
halla el alcalde Legi&lt;,:arno ~- lo que mas sucedio 1&gt; (= S1 L. n, § r 4, 1., et
:i' alinéa). Le discours de Gonzalo de A)Óra est reproduit intégralement
par S' (L. V,§ 35).
La Relation est interrompue au fol. 75. Quatre chapitres manquenl.
Cap. ~X. - (&lt;Delo que hizo Joan Arias Sr. de Torrejon en favor de
la fortaleza de 1\ladrid y de los daños de Torrejon y otros lugares. 11
Fournil tout le§ l1g du L. Y de S'; el, dans le§ 5o du L. Y, la derniere
phrase sur Ciempozuelos et Alcalit est le résurné de la derniere page
de ce chapitre.
A la fin qu § 49, L. \ . S' rapporte, d'apres la Rclation, la résistance
des habilants de Mostoles conlre Juan Arias qui venait de les piller:
« Acudieron todos sobre ellos cuando salian cargados, y quitáronselo
todo sin querer malar á ninguno n. La Relation ajou le le détail piltoresque suivant : « .•. excepto a un hombre que hiba lan cargado de
ropa como de codicia que apenas podia andar que jamas quiso dexar
la presa y rrobo que llebaba hasla que a lanzadas lo mataron y aun
estando para morir nunca le pudieron arrancar de la mano una
gallina».
Yoici, d'autre part, commen t l'auteur de la Relation raconte les
événements de Ciempozuelos, auxquels S' fait allusion :
&lt;( Otro luga1· que esta &lt;;:erca destos que he dho, llamado Ciempozuelos,
de al pie de 600 vez""', que es de don Fernando de Bobadilla, que
tiene título de conde, se le hal&lt;;:o diciendo que querian ser de la corona
real, y con este apellido los prales labradores convocaror_i tt todo el
pueblo á ello, y como ya todos los cora&lt;;:ones estavan alterados, no
obo mucho que hazer en los levantar, y estavan todos tan c;iegos y
ganosos de andar en mal, que hasta un hombre rico labrador v1,º de
este lugar, el mas rico )' de muy burn seso que abia en gran parte
(que nunca le vieron hazer ni dezir ningun desconcierto), les hizo a
todos un largo razonamiento, y entre otras cosas que prnpuso,
concluyo diciendo : « Ea, ombres, todos procuremos por la liberta&lt;),
&gt;)y¡ viba el rey J la reyna, y muramos todos contra Fernandillo (dicien• dolo par el conde de Chinchon su Señor), y veamos que nos hara ! »
Y con esto, todos fortalecieron su lugar y armaronse rondando y
guardándose lo mejor que pudieron. Y como don Fernando de Bobadillu su Sr. lo supo. allego mucha gente de sus amigos y parientes,~

�98

BULLBTIN HISPANlQUE

PEDRO MEXIA, CHRONISTE DE CHARLES-QUJ"IT

con mucha de su gente y tiros vino sobre ellos y cerco todo el Ju erar
o '
y con el artillería comen&lt;;o á jugar con ellos y derroco algunas casas;

Cap. XXVIIJ. - 11 Que habla de como se hordenaron estos capítulos
de la junta diciendo que hera en favor del reyno » = S1 L. VII,§§ 16,
17, 18, 19.
Cap. XXIX. - « Que habla de la embaxada que trajeron los que la
villa de Valladolid ymbiaron á los 8"' del consejo ,l = S 1 L. \'lll, ~ 20
et § :u, jusqu'a: u Como lo guerra era entre parientes ... »
Cap. XXX. - « Que habla de como se combatio Alaejos. n Pas dans
S 1 (Voir Appendice VI). Contient ensuite la lettre du comte de Benavente Valladolid ( = S1 L. VII, § :n, p. h7), et raconte les efforts de
l' Amiral pour réduire Valladolid ( = S1 L. VII, § n).
Cap. XX.XL - u De como embiaron los capítulos á su W á Flandes
y ele las cosas que en esta corte hizieron y acaescieron en Valladolid.»
Renferme la lettre de la Junta au roi de Portugal (S 1 L. YII, § 13,
jusqu'a: « No he podido saber..• » (p. 397). La Relation ajoute que la
Junta écrivit aux rois de France et d'Angleterre.
Cap. XXXII. - u De los grandes ejercitos que se juntaron de ambas
parteSl) = peu pres S1 L. Vlll,§3, jusqu'a: «El campo de los caballeros ... » (p. 16). Vient ensuite l'« Instruic;:ion que la junta dio á sus
capitanes ( = S1 L. VII, § :.i3) et la &lt;e carta de los capitanes de la junta
( = S 1 L. VIII, § 2).
Cap. XX.Xlll. - 11 De las cosas que subcedieron entre tanto que se
juntaban los exercitos ,1 = a peu pres S1 L. Vlll, § 4, depuis: &lt;( Fueron
el presidente... 11 (p. 2:1), jusqu'a: « En esta coyuntura... 1&gt; (p. '..13), et
L. VII, § 5 et§ 6, jusqu'a: « ... se alzase de Medina. l&gt; (p. 27).
Cap. XXXlV. - &lt;t De como los capitanes de las comunid~des ali;aron
su real de sobre Ruiseco I e los grandes cobraron a Tordesillas y a la
reyna n = S1 L. VIII, § 8, jusqu'a: « El conde de Haro ... n (p. 4o), et
le § 9 en entier.
Cap. XXXV. - &lt;1 De como los capitanes de la comd se vinieron á
Valladolid y de como derrocaron muchas cassas » = S 1 L. YJII,§ 11. C'est en outre á ce chapitre que S1 emprunte (L. Y, § 2) l'alinéa qui
commence: « Que no había moneda en todo el reino ... », jusqu·a:
« Además de esto ... n
Cap. XXXVL - 11 De como los deputados de la junta desvaratados
vinieron a Valladolid e reycieron otra hez sujunta » = S1 L. Ylll, § 12
et § 1 :S, jusqu'a : « con grandísimo contento . . .. n (p. 59).
Cap. XX.XVII. - « De ciertas cosas que acaes9ieron en Valladolid
en este tiempo. n N'a qu'une demi-page. Dit comment la ville voulut
norrnner des « alcaldes ordinarios n et comment &lt;1 los de las casas
de los linages 1¡ ne le permirent pas.
Cap. XXXVIII. - « De lo que acaescio en Cigales y del combate de
Fuentes n = S1 L. Vlll, § 14.

y despues de aver pasado entre ellos ciertas ponadas y portias,
entroles el Jugar por fueri;a y prendio y castigo y justi&lt;;:io a los mas
culpados; y al labrador que dizimos desuso, arrastro y ahorco y
tomole la mitad de lodos sus bienes, que eran muchos en mucha
cantidad, y la otra mitad, por rruego, dejo para sus hijos. ,i
Cap. XXI. - a: Que fabla de lo que acontecio al alcalde Leo-uii;ano
en Murcia ll (= S 1 L. VI,§ 14).
o
Cap. XXII. - &lt;( Que fabla del socorro que vino de Toledo á los de
Segovia y como se partieron el alcalde Ronquillo y D. Antonio de
Fonseca en Medina del Campo y de la quema y destrnii;ion della. &gt;l
A peu pres tout le paragraphe 54, L. V de S1 est la copie de ce
chapitre (depuis: «A. de Fonseca penso hacer. . . », jusqu'a : « Los de
:\fodina mostraron ... », puis de : e&lt; Quemase todo ·el monasterio ... »,
a: « Con esta plaga quedó la villa de :\fodina... » (p. 156).
Cap. XXIII. - « Que fabla de como se levanto Valladolid, y de los
daños que se siguieron. » Conslilue, dans si, le paragrnphe 2, L. VI,
partir de: « A.si juntos 5 ó 6000 hombre ... » (p. q2), et le
paragraphe 27 du meme livre, jusqu'a: « Habló muchas vezes Juan
de Padilla ... &gt;l (p. 2l4).
Cap. XXIV. - «·Que fabla de como se juntaron los pueblos de Avila
a hazer junta y de alli se fueron a Tordesillas y de lo que allí hizieron »
= S 1 L. VI, §§ 28, 29, 3o, 31. Ce chapitre contienl en outre la lettre
du roi
Valladolid pour la nomination des trois gouverneurs (de
Bruxelles, 9 sept. 15lo).
Cap. XXV. - « Que habla de como el card1 de Tortosa se quiso hir
de Valladolid y no le dexo la communidad » = S 1 L. IV, § 3.~.
Cap. XXVI. - « De como se alvoroto Ubeda y de la quema del lugar
de Xada y de como se fue el card1 de Valladolid secretamente» = S1
L. YI, §§ 6, 34, 35.
Cap. XX VII. - 1&lt; Que abla como despues de ydo el cardenal de
Valladolid obo muchas rebueltas en la villa. » Contient un épisode
des troubles de Valladolid non mentionné par S1 (voir Appendice 111),
puis la «carta requisitoria» de la Junta, el ce que la Junta écrivit
a L'Empernur (= S1 L. VII,§§ 1, 12, et L. VI, § 3l). Vient ensuite une
lettre de l'Amiral ir Valladolid (de Cerbere, :n oct.), celle de Burgos
a Valladolid ( = 8 1 L. VII,§ 5), les c1 capítulos de Burgos» (id. S1), la
lettre de la Junta
Burgos 1 ( = S1 L. VII, § 7), la suite des troubles
1
de Valladolid (S L. VII,§ 10), la lettre de Medina del Campo au cardl
de Tortosa (= S1 L. V,§ 54, p. 161), et six pages tres détaillées sur Je
couronnement de Charles Aix:-la-Chapelle (f" 129 de la Relation).

a

a

a

a

1.

La lettr-e de Burgos

dans la Rclation.

a la Junta, donnée

a

a

par Sandoval (L. VU, ¡ 8), n'est pas
,. Rioseco [G. C.j.

· 99

�BUU.ETl:'I HISPA:-IIQUE

100

Cap. \.\\1\. - &lt;&lt; De los dai\os que Valladolid recivia cada dia &lt;le
los de Simanca!' n = S L. VIII,~ 15, jusqu'a: « Con tanta rotura ... ••
et de: u Volviendo pues ... n, a~« Quericndose vengar ... »; puis L. VIII ,
§ ~7, § r 5, et ~ 17, jusqu'a : « Estas y otras razones ... 1&gt; (p. 70).
Cap. \L.
« Del combate que se dio a la fortaleza de Empudia y
de como la tomaron los de la comunidad n = S1 L. Vlll, ~ 16, moins
le dernier alinéa: &lt;&lt; De Ampudia partio ... », et moins la citation de
Guevara.
Cap. \Ll. - « De una carta que embio su Mag-' a Valladolid para
c¡ue saliese ele ella la chan&lt;;illeria e colegios e lo que snbcedio despues l)
= S' L. n ll , ~ 3o, plus le dernier alinéa des paragraphes 16,
31 el 33.
Cap. \ LI l. - u De como eligieron.-, J• de Padilla para ca pitan general e lo que ele aq11i subcedio n
S' L. YIII, ~ 39, et ~ 4o, jusqu'a :
« Lo que mas sentia ... »
Cap. XLlll. - &lt;&lt; De como se quenta que mas subcedio en Burgos
con el condestable))
S' L. \"111, ~ lp, et~ 43, jusqu'a: « Dignos son
de ... • Au début du chapitre se lrouve la lellre ele \'alladolid • á los
S'" cavalleros &gt;&gt; reproduite par S' L. VIII,~ 4o. Le monastere d 'Aniago
(~ 43) est appelé Ciniago dans la Helalion.
Cap. \LIY. - « Que habla de como anda va el concierto. &gt;&gt; Renferme .
la « carta que \" alladolid y mio á los S"· governadorrs y respuesta de
otras » (S' L. \ 111, ~ 3:l ).
Cap. \L\. - 1&lt; De como salio de Caratan Juan de Pad• con mucha
gente sobre Torre [lobaton] » = S' L. VIII,~ 44, jusqu·a: 11 Dieronle
un asalto ... n (¡l. 136), et de: « El sábado adelante . .. » (p. s38), la
fin; puis ~ 41i, depuis : 11 Habiendose concertado... n (,• alinéa), a :
« El almirante, gobernadores ... n. Le chapitre se termine par la lettre
de la "ille de Dueñas a Valladolid ( = S' L. Ylll, ~ !19).
Cap. \LVI. - t&lt; Como entendian personas y cavalleros en la paz.»
Chapilre lres longuement utilisé par S', qui lui emprunle: le dernier
alinéa du paragraphe 46, L. VIII: la fin du paragraphe 1, L. IX,
partir de: u En los dias que digo .. n (p. 160); le paragraphe :l, L. 1:-.,
ju,-.qu'a: « Esta carta ... ii (p. 16:¡); entierement le paragraphe 3, L. IX,
le paragraphe .i, L. IX. (p. 188), et le paragraphe :.i5 du L. YIII. 11
renferme en ontre un petit passage sur le comte de Salvatierra, mais
le récit des événemenls du paragraphe 26, L: Yll. n·est pas tiré de la
Relation.
Cap . .\.L n l. - « De como los de la junta hicieron processo contra
los grandes y los prendieron por traidores y lo qnr. mas sucedio n
= S' L. IX, ~ 6, depuis : « mandaron hacer un gran cadalso ... n,
plus L. 1\, ~ 9. et L. 1\., ~ 1:.1, jnsqu'a: « De esta manera ... ». Yienl
ensuile la • carla de la ciudad de Leon á lalladoliJ ,&gt; reproduile par
1

a

a

S' L. l\,

~ 1:.i.

101

PEDRO \IF.XIA , GHR0'.'11S1 F. DF. CHARI.ES-QUt:H

n

f.ap. \ L 11. - « De lo que el obpo de Osma hrrinano del almirante
hizo en el lugar de ~feneses » = S' L. 1\, § 13, moins le dernier alinéa.
Ce chapitre renf~rme en oulre la lettre de P• Giron que résume S' au
L. IX., ~ 8, et l"essenliel du ~ 14 , L. IX, qni esl généralement copié,
quelquefois résumP. Les « &lt;'apitulos de concordia n sont exaclement
reproduits par S'.
Cap . .\.U.X. - u De como no pudiendo a ver efeto las pazes, las
comunidades se aper1:ivieron otra vez de gente ) de lo que hi&lt;;Ó el
f.ondestable par campos» = ueu de choses pres le paragraphe 15,
1,. I\ de S'; le paragraphe 18, L. [\ ( moins les deux. premiers alinéas);
le paragraphe :ll, L. 1\,
partir de: u desbaratados, pues ... »,
jusqu'au « Perdon •; L. 1\, ~~ :lO, 21 et n, moins le passage, depuis:
« Si bien es verdad que hubo ... », jusqu'á: ll El castigo ... •· Le
chapitre renferme en oulre la substance du dernier alinéa du paragraphe
L. 1\. S' suit encore de tres pres la Helalion au paragraphe 16,
L. 1\. La con, ersation de Juan de Padilla avec le « clérigo l&gt;, ses
fameuses lettres
Tolede et
son épouse, sont empruntée:;
la
l\elation. Celle-ci menlionne également le mouvemenl de colere de
Juan Bravo (L. 1\, ~ 19), et la réponse de Juan de Padilla. Elle ne
parle pas. par contre. de Juan de Ulloa ni de l'alcalde f.ornejo.

a

a

i,

a

a

a

Cap. L. - « Que fabla de como se dieron muchos pueblos á lo~
grandes»
S' L.1\., ~ :l3, premier alinéa,jusqu'a: 11 Solo Toledo ... »,
el la « carta del &lt;\lmirante para\ alladolid ». Pour les événemenls de
\avarre, rapportés par S' au L.\, ~ 5, celui-ci emprunte la Relation
qnelques indications: &lt;1 Segovia dio 1000 hombres ... », etc. (p. 297),
jusqu'a : « Luego ... »
.

a

Cap. Ll. - « Del grande re¡;ibimiento que Yalladolid hho al almirante»
S' L. l\., ~ ll1 , premier alinéa. Puis vienl un long passage
sur la guerre de ~avarre, snivi d'assez loin par S' L. X, § 7.
Cap. Lll. - « De las cosas que aconle&lt;,.'ieron en Toledo estando
rebelada• = S' L. [\, ~ 23 , depuis: « Los gobernadores sentian ... "
( p. 145), a: « Venido el mes ... • (p. 2~6). Le chapitre traite ensuite
des événements de \ a len ce = L. Yl, ~ 37, clepuis : « Precedieron á
este miserable desconcierto ... », jusc¡n'i.i : a: Dije como al tiempo &lt;le
parlir el emperador ... &gt;1
Les dernieres pages du manuscril nr son! pas de la meme écrilnre
el n'obsenenl pas la dh ision en cha pi tres. Elles renfermPnt la
t&lt; Prision ~- fin de D. Ant de Acuña obispo de (:amora » \S' L. 1\.,
~ 25, dernier alinéa; L. YI, ~ 2 1, et L. 1\, ~ 28): u Fin del conde
ele Salvatierra&gt;&gt; ( = S' L. IX , ~ 29. moins le passage depuis: « Q11bole
castigar ... ••
« La muerte... »). et les • Degollados ele Palencia ll
(S' = L. 1\, ~ 27).

a:

�102

BULLETIN HISPANIQUE

PEDRO ,rnxrA , CHRO'ilSTE DE Cl-fARLES-QUl:iT

APPENDICE IV
Les Emprunts de Sandoval. - Table de concordances
avec la Relation d'Ortlz .
1~h. G 62 de la Coilec. L. Salazar (Bibl. de la ll. Ac. de la Jlist. ). -

222

feuillels. ]

Ce manuscrit, qui contienl trois relations se rapportant aux
i,,' est précédé de la note suivante de Ga1lardo: u No
creo que sea la Historia de las Comunidades de Castilla atribuida al
Loledano Pedro de Alcozer, pero que por los bien entendidos se tiene
por del canónigo Vergara ».
Une deuxieme note, signée Benavides, suit celle-ci et en fail
justement ressortir l'étrangeté: (&lt; Se conocen, dit son auteur, u que
el S· Gallardo no leyó este manuscrito. Si le hubiera leido hubiera
visto que en el se contienen 3 relaciones de lo acaecido en tpo de las
comunidades, y cada una de distinto aulor: la primera y la última
cuenlan en resumen lo ocurrido en aquella época desde su principio
hasta el fin; la segunda es una historia estensa aunque por desgracia
no concluida, por terminar antes de la batalla de Villalar; y esta
narracion es de Diego Hernandez Ortiz, jurado de Toledo residente
en la corte, y com[isiona]do por la ciudad en union del regidor
Gaitan para pedir contra los agravios que sufria el reyno. ,,
On ne saurait, en effet, douter de la personnalité de l'auteur de
cette deuxi8me relation, qui s'appelait cependant Alonso et non Diego
Tlernandez; il parle tres souvent de lui dans son histoire, qui comprend 61 chapitres, de meme que son coUCgue G• Gaytan 1 et d~clare
avoir voulu écrire cettc relation : &lt;&lt; Creyendo que aunque personas
d9cta~s se pongan en las escrivir, ninguno podra dar la relacion que
yo como testigo de vista y por quien se trataron las cosas mas señaladas que entonces se ofrecieron».
La relation d' Alonso Ortiz a été connue de Sandoval qui, sans
jamais le nommer (du moins en lant que source d'information) , lui
a emprunté bien des cbapitres du cinquieme Hvre de son llisloire.
Nous donnons ci-dessous l'étendue exacte de ce$ emprunts:
(&lt; Comunidades

Livre V. § 9 = cha p. 1 1 de la relation d'Ortiz .
§ 10 = chap . 14, depuis : &lt;&lt; El domingo despues de haber oido
misa ... ,, (p. 34) •, jusqu'a: ce El Emperador les dijo solamente ... »
(p . 35).
1.

Dans cet appeodice, comme dans les deui: précédents, nous donnons, pour les

cilalions de l'IIisLoire de Saadoval, la pagination d'apres l'&amp;J. de la ltctura.

w3

§ 14 = chap. ~o et cha p. :u, depuis : « ... dos horas despues de
anochecido ... » (p. 45),jusqu'a: "Estas y otras diligencias ... » (p. /i7).
§ 15 = chap. » et ,3.
§ 16 = chap. &gt;4, jusqu'a: "Persuadihon al vulgo ... n (p. 51).
§ 17 = chap. &gt;4 et 25.
§ 18 = chap. 26.
§ 19 = chap. &gt;7.
§ ,o = chap. ,8, jusqu'a: "Con esto se avivó el fuego .. . » (p. 59).
§ 2 r = chap. ,9.
§ n = chap. 3o et 31.
§ ,3 = chap. 32, jusqu'a: • Este favor tan grande ... » (p. 65).
Alonso Orliz ajoute ce délail:
(&lt; Cantavan entonzes ]os muchachos:
Viva la gala de Jn dr Padilla
que quito el pecho a Castilla.
Viva la gala de D" Pedro Lasso,
que hablo con el Rey papo a papo .. . ,.
§ ,4 = 33, '
§ ,6. S' donne d'apres Ortiz (ch. 34) la liste des pet·sonnes du
Conseil qui n'étaienl pas d'avis u que se cobrase el servicio&gt;&gt;.
§ 33. Le premier alinéa est copié cl'Ortiz (ch. 4/i).
§ li8 = chap. 37,
Uvre VI . § 8 =_cha p. 4o.
§ 9. \lentionne d'apres Ortiz (ch. 113) Toro et Ciudad Rodrigo.

APPENDICE V
Un épisode des troubles de Valladolid
pendant les Comunidades.
. Y~ saveis como el cardenal salio de Valladolid y se fue a la viJla de
Rioseco y con el se juntaron algunos de los señores oydores y ofü; iales
del consejo rreal; donde estobieron algunos dias esperando al al miran le
que fuera del rreyno eslava y al condestable, que aper&lt;;ibia quanta
gente podia. En Valladolid avia mucha dibision por aver huello el
cargo de capitan al ynfanté_, y algunos de los de la villa de malas condic;iones y de peor yntencion, urdieron una traicion que ñro señor no
quiso que ubiese efeto; antes pagaron como agora oyreis los que en
la trai&lt;;ion avian seido, y fue desla manera : que escrivieron una carta
a la junta de Tordesyllas ha&lt;;:iendoles saver como en la villa avia parc;ialidades y que no querian obedesver las probisyones de la junta y le
yban a la mano ert todo; que devian de probeher tal persona que con

�!04

BUU.ETIN HISPA'HQUE

gente viniesen a Valladolid para que castigasen y aorcasen a los que
des le bando heran, nombrandoles primero al ~ nfante y a Gon&lt;;alo
Franco y a los diputados de la villa y a todos los que enlravan en la
junta de Yalladolid, que heran muchas personas particulares; que
si a estos aorcasen, que la villa quedaria libre de lraidores, e los que
quedasen harian todo lo que la junta quisyese; y enbiaron a dezir
otras muchas cossas, como las quisyeron componer y hordenar. Y por
otra parte, estos traidores que abaxo oireis llic:ieron entender a la quadrilla de ::\lercado, que hcra una de las mayores de la villa, que estubiesen a punto para dende en tres dias, porque les hac:ian saver que
hera menester, porque se rrezelaban de gente forastera que creían
que hernia a Valladolid; porque tenian concertado de hazer una
rrebuelta en una calle, y entre tanto que hiban a socorrer, avian ellos
de yr a degollar al ynfante de Granada v a Gonc:alo Franco va Jorae
.
.
"
de Herrera y a todos los diputados y a todos los que en la junta de
Sancta Maria la ::\layor entra,an a entender en el pro de la villa.
y a lodos los escrivanos de ª)'tmlamiento y a un Fanegan platero y a
otros muchos; esto todo con favor y ayuda del obpo de (:a mora que
bino de Tordesyllas con mucha gente por lo que le ynbiaron a dezir
los que adelante oireis. El qual vino, y su ben ida se supo por avisso
de un bachiller que se llama Pulgar e de un Francisco Gomez e de
un Saldaña escrivano que la villa avia enbiado a Tordesyllas a la junta
:i ha¡,er saver a los de la junta las cossas que passavan en la villa de
Valladolid ; y estos dieron mandado a la villa para que tu bies en a buen
rrecaudo, porque benia el obpo de (:amora con mucha gente a meterse
dentro en la villa para hazer gran mortandad de los sobredichos.
E como el obpo vino e bio el gran rrecaudo en que estav11n las
puertas e toda la villa, obo efelo que ni pudo entrar ni quiso Dios que
entrasse porque tanbien benia el engañado. Que sy entrara, obiera en
la villa grande escandalo y muertes de hombrf"s, y avía muchos de los
que heran participantes en la rrebuelta que dezian que entrase el
obispo ~- su gente para her lo que avian de hazer. Los otros, como
beyan el mal alojo, dezian que no entrase, porque ValJ no tenia
nezesydad de meter gente, aunque el obpo decía que venia de parte
de Vall" a hermanarse con Vall\ y ansy por estonzes no fue creido
y se bolvio y en la villa quedo mucho desconcierto y diferenc;ias.
Otros estavan atonitos no saviendo el secreto de la traic;ion, e como
ñro señor es justo e lo save todo, no qu:so que pagasen justos por
pecadores e dio lugar a que la traic;:ion fuese descubierta, e fue desta
manera que bos dire :
lín Luis Gomez de ~fercado hera diputado en la quadrilla de Mercado
que dho avernos, e como a veis oido, a\'iase entremetido en estos autos
de la comunidad mas de lo que a su honrra conbenia. En conclusvon
que el hera uno de los que burdieron la traic;ion ya dha, juntam~nte

PEDRO )IEXIA, CIU\ONISTE DE CllARl,ES·QUJiT

105

con un Camargo barbern e con un bonetero, casados. vezinos de
Vall~ y otros muchos que adelante se diran; el qua! se fue a confesar
con un fraile de Sant Francisco y le dixo que por descargo de su
conciencia queria descubrir una gran traii,ion que el y los que dlio
lengo tenian conzertado de hazer a la villa con otros muchos, y despues
que obiesen degollado a los que arriba tenemos dbo, que davan
a sacomano a la trnperia y costanilla y las cassas de Juan de Morillo
y la freneria; y que esto, que lo podrían hazer, entre tanto que la
t1uadrilla de Mercado entendía en defender las puertas, a un rruido
qu&lt;.&gt; avian de travar, e con el favor del obpo de Zamora que avia
de entrar dentro con ellos. Y ansy descubierto, el fraile lo manifesto
a la villa, y un miercoles que se contaron veinte e quatro de otubre
del dho año, prendieron al bonetero y llevaronle preso mucha gente
de la villa e metieronle en la carzel de la villa adonde le dieron tormento, e confesso todo lo dho ~ aun mas y condeno al Camargo
barbero y a otros muchos.
\ luego el dho Camargo vino al monesterio de Prado, adonde
luego este dia fue la comunidad y la justicia de la villa ~ de la canc,illeria y lo sacaron e prendieron e lo truxeron hasta meterlo en la
villa e por milad della con mucba gente de a pie y de a caballo y· con
un tanbor de i;uica, y con grande autoridad lo metieron en la carzel
de la villa, adonde se careo con el bonetero ) confeso conozer al harnero y ya tenia en la carzel un asno y verdugo y pregoneros para sacar
al bonelero y los sacaron ahorcar sin lo traer por las calles, e dieron
con el derecho a la horca y lo aorcaron, y luego confesaron al Camargo
barbero y lo sacaron ansyrnesmo a acrcar en el mismo dia que fue
presso, y lo aorcaron junto con el otro, y ansy los dexaron aquella
noche en la horc~ asta otro dia que los llevaron a enLerrar.
Y ansy fue a eslos castigos y a otros exemplos que hic;:iesen semejantes delitos contra el mundo et contra sus animas et contra dios
ñro señor al qual rroguemos quiera guardarnos de traicion e poner su
bendita mano en l!Uestra Españ.a y en los sus subditos servidores,
e nos traya al buen tiempo pasado para que tengamos paz e mucho
sosiego y nos dexe acabar en su santo servi&lt;:io. Amen.
(l\elacion de todo lo sucedido en las Com••· de Caslilla ...
cap. XX VII.)

APPENDlCE VI
Belle défense de la forteresse' d'Alaejos.
A todos hes notorio ·como la villa e fortaleza de Alaexos quedo
muchos dias en la guarda y tenenc,ia ae Antonio de Fonseca, como
tutor de la marquessa, muger del marques de Zene,te, juntamente con

•

�106

BULLETIN lllSPA.'iIQUE

la villa y fortaleza de Coca y olros lugares, vienes y hacienda que le
dexara a la dicha marquessa (seyendo bella donc,ella) Remando de
• Fonseca su padre. El qua! dho Hernando de Fonseca, su padre, por
enoxo que obo della porque se casara con el dho marques de Zenete
por ~mores, seyendo como hera una de las mas lindas damas del reino,
mando al Antonio de Fonseca su hermano, que tuviese las dichas
fortalezas e no acudiese con ellas a la dha su hija, y así se apodero
dellas e las tubo mucho tpo; que aunque despues el marques de
Zenete su marido se las pidio, diciendo pertenezerle por su muger, no
le aprobecho nada, porque el dho Fonseca hera muy pribado del rrey
e se hac,ia en el 1-reino mucho de lo que el queria y manda va.
Agora saved que como se hallase culpante en estas alterac,iones,
espe&lt;;ialmente en la quema de Medina, por los de la Junta, con acuerdo
de algunos de los estados de las &lt;;iudades del rreino fue acordado de
le dar por traidor y que sus bienes fuesen tomados y aplicados a la
?ha villa para aJuda de los daños que avian rreszibido. Y ansy luego
Juntaron mucha gente de guerra con el artillería de la villa, fueron
sobre Alaexos y pusieron sitio y ayto (sic) a la fortaleza y rrobaron el
lugar e quanlo en el aliaron sin ninguna rresystencia; porque los
vezinos, como supieron su benida, con todo lo mas que pudieron
llevar de sus hac;iendas, se fueron dexando el lugar solitario y syn
defensa alguna. Pero las casas quedaron llenas de pan, bino, &lt;;evada, J
otras cosas que no pudieron llevar,} en el campo mucho pan e bino por
coxer e perdido; ansi que ynchieron las manos cada uno lo que pudo,
y ansi pusieron pretrechos e tiros contra la fortaleza con gran ympetu.
Pero si helios venían esforzados, no hallaron a los de dentro flacos
ni perec;ossos, mas antes comen&lt;;aron á jugar con ellos del artillería,
donde rresc,ivieron mucho daño los de fuera, e por uno que matavan
los de fuera, murian dellos dos e tres hombres, porque tiravan a barrera; e viendo esto hic;ieron mantas de vigas e tablones mucho gruesos
con que se defendían, allegando asta las barreras, adonde rresc,ivian
mucho daño ambas partes; pero desde las mantas asestavan á la fortaleza muchos tiros y derrocavan gran parte de la fortaleza, que a las
bezes davan con lienzo entero en el suelo, y ni aun por esto los de
dentro desmayavan, mas antes se defcndian muy bravamente, rreparando de noche lo que de dia les derrocavan. Pero con esto andavan
algunas bezes en partidos, enbiandoles a dec;ir como no podian escapar
de ser muertos e presos, que se diesen a merced en esta manera que
el alcaide y su muger e criados e hijos saliesen con todo lo que
pudiesen sacar de sus ha~iendas, libres, e que todos los otros se los
diesen para hazer justicia deJlos, porque avían seido en la guerra
y destrui&lt;;ion de ~Iedina; que a estos no les perdonavan las vidas,
y creían por c,ierto que en la fortaleza tenían cassi todo el despojo
e rrobo de Medina.

PEDRO '1EXIA, CIIRONISTE DE CllARLES·QUIYJ'

107

El alcaide, viendo este partido, rrespondio que no quixese Dios
que por salvar a si e a su muger e hijos, condenase e dexase morir
ú sus amigos e compañeros. Pues hiendo esta nespuesta. dioseles
el combate dende en adelante muy mas rrec;:io que nunca, y derrocaronles grande parte de fortaleza, casi todo lo alto y esquinas. Pero
como los de dentro tenían en lo vajo muy grandes fuerzas y rrcparos,
y mucha arina y carnes y &lt;;e&lt;;inas y agua de poc;os y mucho vinp, que
aun el pan amasa van con ello, e muchas otras probisiones e mantenimientos, e rra¡;onable gente que vastava para su defensa, peleavan
como gente condenada a la muerte, y ansy se clavan cruda guerra los
unos a los otros.
¿ Que vos dire? Duro el comba Le mucho tiempo, que nunca los
pudieron entrar, hac,iendoles los synsavores y muertes y burlas que
podían a los de fuera, hasta tanto que un día les hic;:ieron muy gran
daño et muertes de hombres, que fue desta manera : dexaron las
puertas de la fortaleza aviertas de par en par, _e subieron una puerta
levadiza, en lo alto atada, con solamente una muger, en son de dezir
que pares¡;ia en la muralla que hombre chico ni grande no pares&lt;;ia
sino sola ella. Y hiendo esto los de fuera, que uno ni otro dia ni otro
no beian gente, y las puertas avierlas ú la continua, pensaron : sus,
no ay naide, ydos son. Y asi un capitan de la gente de la villa de
Medina, que se dize Bobadilla, con un esquadron de gente, alc,o un
pendon en la mano, y con gran grita y alegria entraron por las puertas
primeras donde esta va alc,ada la puerta con su tranca, y dieron consygo
hasta el patio de la segunda puerta del alcac;:ar, di&lt;;iendo: ¡Viva el
rreyl ¡ viva la rreyna e junta! favor! venc;imiento por la villa de
~Iedina I
Y como los de dentro, que estavan con gran rego&lt;;ijo callando, los
vieron que estavan ya dentro en la prensa, dexaron caer la puerta,
y ansy quedaron todos.dentro; et luego les dieron el combate, que les
echaron en medio tres u quatro qubetos llenos de polvora, con su
Lic,on de fuego cada uno, y ansi andubo la polvora entre ellos, y el
fuego ac,iendoles mucho daño, e por la otra parte salieron los de
dentro y obo entre ellos muy grande y cruda guerra, hasta tanto que
no quedo hombre de los de fuera ni su capitan, que todos murieron,
de que sera gran dolor y pesar para sus mugeres y hijos, que toda su
vida tendran que llorar.
Y con aquesta victoria los de dentro quedaron mucho mas orgullosos
y bravos, peleando y defendiendose mortalmente, como hombres que
no esperavan ya remedio de vida. Pero eque les aprobecha ~ que lodos
ande morir, i les sera dada mas cruda muerte del mundo porque no
pueden mucho defenderse .....
(Relacion de lodo lo sucedido en las comdc, de Caslilla .•.
Cap. XXX que habla de como se combalio Alaejos.)

�rn8

PEDl\O MEXIA, CHRONISTE DE CHA.RLES-QUINT

!09

BULLETlll HISPA'.'HQUE

La posesyon e tomado
deste tan gran benefi~io
De los bienes que e causado.
El Bien(?) bienaventurado
dara a cada qual su oficio.
Quile myll daños malditos,
di remedios ynfinitos;
que tal desborden avia,
que quien menos entendia
daba mayores los gritos.

APPENDICE Yll
Comment l'Amiral de Castilla fut re~u

a Valladolid.

Porqne el condeslablc enlro de noche y el card 1 secretamente, la
villa no le hizo rrevibmiyento, e porque estaban tristes y desgastados
de lo pasado. Pern el almirante, porque beríia algo enfermo, enlro
un dia despues, a donde le fue echo gran rrei;ibimyento, alabiando
las calles por donde abian de pasar de muy rricos paños, con mud1as
dan&lt;:.as y farsas y nuevas ynbinc;iones, que a la persona rreal mexor
no sr pudo hazer. Y entre las otras cosas se hizo una inlroducion en
la manera siguiente:
Bino el cuidado en figura de hombre muy corcoba&lt;lo, con barba
larga, en dispusicion muy biejo, ! dixo asi :
Señores, soi el cu~claclo;
bo) huyendo clcsla villa.
La paz mr lleba forzado,
maltratado, dc¡;tcrrado,
de los n:cJnos de Castilla.
No tengo do rrcposar
dcsla parle de la mar,
11uc es tan bienaventurada.
Como gano mi posada,
deslicrranme del lugar.
Boyme para no bolbcr.
- Beis mi corcoba lamat'ia Mas que ,•ienlo se correr,
nunca, Paz, por no le ber;
jamas bolberc en España.
Pues lu temor me deslierra,
gran poder en ti se• cuzierra.
De lodo, siento lo mas,
que por siempre c¡ued aras
por sc;·1ora de la tierra.
Yiene luego la Paz, mu~ alegre:
Conmigo todo Iloreze;
a las gentes doy solaz;
adonde falta mi paz,
la claridad escureze.
La biela ago crecer,
a los campos florecer;
doy la bista al que es ciego,
á los rricos doy sosiego,
á los pobres de comer.

Bino luego el Rruslico en lugar del pueblo, muy viejo y abillanado,
y dixo ansi :
O cuerpo, de mi poder
el lugar es libertado.
Agora hemos placer;
agora podemos ber
que el tiempo estaba conblado.
) a esla la tierra segura,
con esta buena bentura.
Delante Vfa Excelencia
rrepresenlo la ynorancia
del pueblo en su figura.
Estabamos fatigados,
algo mal aconsejados,
unos clamaban a bozes,
otros mandaban a coces,
andabamos abobados.
Agora que claro hemos
con la paz y paz queremos,
serbimos a Dios y al rreJ,
acre~emos nuestra grey,
y ~ien myll bienes tenemos.
Cuydado é que pensáis?
- Que nuestra ynten~ion erraba.
- Ya nos llebaban alla,
ya nos tornaban aca;
asi la cosa pasaba.... .. .
El con~ejo del lugar
os ha~e gran reveren~ia,
sefíores. Quiero os acordar
que donde bibe el mandar
a de bibir la clemen~ia.
Y luego bino una dueña en lugar de la Jusli¡;ia, muy mesurada y
denodada e de gesto feroz y dho:
En el seno soy criado
de la poderosa vida,
de los malos aborrida,
de los buenos adorada.
Bult. hispan.

8

.

�8ULLETJ:, BISPANIQU8

.\gora en la villa mando,
mi poder bibira ufano:
Tirania ¡ afuera l ¡ afuera l
Luego, señores, se espera
ser mi tiempo soberano.

PAUL FEBDINAND ~'RIEDBICII DUCIIUOLZ

Y rresponde el Rrustico a la Justicia :
Rrcyna de nuestra litiria,
rrcrnedio de 1n discordia,
justicia os mJsericordia,
my~cricordia es justicia.
Atcndcmc dos bocados,
los que gocais de estados.
Lo que bos piden las gentes:
que no paguen myll ynocenles
la culpa de tres culpados.
My!lericordia cst bcritas ¡
obra bcrum sibe justiria,
et dabil oscula Jesus.
(Relacion de lodo lo sucedido en las com•" de
Castilla ... , chap. LI).

RE• É COSTES.

Dans son étude sur le Roman du, Pere Maril,na , , ~I. Cirol
évoque la figure originale d"un polygraphe allemand, historien _laborieux, hispanologue a ses heures, et donl rceuvre forl
diverse n'esl poinl insignifianle: P. F. F. Buchholz.
Sa biog1·aphie est peu mouvemenlée. Ce fut un éludiant
consciencieux, un professeur exact, un érudit. 11 naquit en
1768, a ..Ut-Ruppin, fréquenta les écoles de Perleberg, de
Neu-Ruppin et Berlin, fit ses études universilaires a Halle, oii il
s'occupa spécialemenl de litléralures modernes. En , 787, il est
professeur a Bcandenburg. En 1801 il quilte l'enseignement,
s'élablit Berlin el se consacre la recherche érudile et aux
lravaux de lillérature et d'histoire.
Nous ne le suivrons pas dans tous les domaines ou l'atlire
sa curiosilé multiple. Ce furenl généralement des sujets d'histoire moderne. Bornons-nous a dire ce qu'il a fait en faveur de
l'Espagne.

a

{.V. B. - Les deux documenls compris dans l'Appeodice 1 (1920 1 p. 256-7) onl étó
signalés par ~l. \loreJ.faliO daos son lli.storío9rophiedeCho.rks•Quint, p. 75. Le second
a été déjil publié dans le Boletín de lo. Real Arademia de la Hi.storia, t. XXH (1893),
p. !1261 d'aprCs un cuaderno de cédula, dL la Cámara proven1nt de Simancas, el avec
quclqucs ,·arianlcs saos imporlancc. - G. C.]

a

11 collabore a diverses revues des son arrivée a Berlín. L'Espagne est a la mode. Buchholz se spécialise daos des études
d'histoire espagnole. 11 publie des articles sur Mendoza, l'ordre
des Jésuiles, Mariana, le cardinal Ximenés, Gonzalo Perez,
Antonio Perez', sur l'invasion sarrasine en Espagne•.
A la vérité, il ne borne poinl ses recherches a l'Espagne
L'Italie, l'Allemagne oonlemporaine, la France lui fournissenl des themes fructueux. Mais c'esl l'Espagne qui l'altire,
1.

Bulktin Hi.spanique, ocl.-déc. 1920, XXI r. p. 269 sq.

&gt;. Daos la Geschichte und Politik deWoltmaan. Berlín, Uoger, 1800-1805, fue.

)l.

Diego Hurtado de Mendoza, fase. 111. Geschlchte der Eal.Alehung des Jesuitenordens
bis zom Tod seioes Sliften, fase. IV. Uber Mariana undeinige seiner Werk.e, fase. V.
Kardinal X.imene~ fase. X. Gonzalvo Perez, rase. XVI. Don Antonio Perez, ,Staat.ssecrelar Philipp del! Zweilen, Kónigs voo Spanieo.
J. Dcr EinfalJ dcr Sarazencn ia Spauicn 1 dans Eunomia, 1803, p. 169 a,53.

�l'AUL FERt&gt;J'i \NO FRlf:DBlGII BlC.IIIIOU.
112

1t3

BVLLETI'.'t HISl'A:'\IQl E

a cetlc époque,

tout particulicrement.t ll fréquenle a Berlin des
hispanisants, comme Sandvoss, qui s'intéressenl el collaborent
a ses travaux. Il renconlre des Espagnols de la colonie berlinoise, note leurs impressions, con te leurs souvenirs. Le résultat
de celle cnquete parait dans ses Lclll'es d'un Voyageur espagnol
sur l'Espagne et la Pl'usse

1

•

Ces leltres sont évidemment une ficlion. Buchholz, qui ne
signe pas, se donne pour un simple traducteur. 11 pousse le
scrupule jusqu'a se faire adresser un semblant de préface par
l'aulcur supposé. Mais tout n·est pas invention daos cet
ouvrage. Certains remeignements sont de source aulhentique.
Quel ful J'informaleur de l'érudit allemand~ La légalion espagnole de Berlín comprenail des membres distingués. Gonzalo
O'Farril, venu en 1799, a la place de Ignacio Músquiz, était un
esprit cultivé, parfait homme du monde. Le conseille~ de légation Casa Valencia esl un connaisseur aussi atten tif de la littérature allemande que de la littérature espagnole. C'est dans ce
cercle a la fois savant el mondain que Buchholz dut lrouver les
données les plus précises de sa pseudo-traduction. « Mes compatriotes, ditla lellre du 12 janvier 1801, de la légation berlinoise, ont eu la bonté de m'introduire daos tous les milieux. n
)lais les hautes classes n'intéressent pas notre homme. « lci,
tout bomme de bon ne éd?calion s'exprime en fran~ais•. » Ce
quilui importe, dit-il, « c'est de faire connaissance avec l'esprit
de la littérature allemande ». Aussi recherche-t-il la compagnie
des écrivains. :Mais nolre Espagnol laisse bien souvenl percer
le bout de l'oreille allemande. « Il y a quelque chose de tres
parliculier chez les Allemands, c'e:;t qu'ils sonl les amis de
loules nalions, qu'ils savent en pénétrer et comprendre l'originalité, qu'ils s'en approprienl toul ce qui répond a leur propre
caractere fondamental. » A l'occasion, il daube sur les Espagnols eux-memes. « Des nalions étrangeres ont appelé notre
attention sur une ceuvre de Cervantes, qu'on nous dit excel1. Briefe ein,s reistrnull Spaníer111/l se111en Bruder in .l ladrid über sein Vaterland und
Preus:en. l. Teil. €criL en 1801-,So•. Préface daléedu i avril 1803, Parue Berlín en
180!1. Anonyme (V. K. Goedeke. Grundrw zur Geschichtt der deutschen Dichtalll], t. VI,
p. 385).
, . Jbid., p. &amp;.

a

lente, et, depuis; nous le croyons et nous en établissons de
somptueuses édilions. n
La ne se borne pas l'acliYité de Buchholz. Simullanément il
travaille a· un grand ouvrage. C'est son Manuel de tangue el
de lilléralure espagnoles 1, qui parait en deux pa~ties, en 1 8o 1
et 1801.
« L'ignorance de la langue et de la litlérature espagnole est
si grande qu'on cmbarrasserait bcaucoup de nos saYants si on
leur dernandait ce qu'ils savent d'autres poeles que Cervantes
ou Boscan; encore ne les connaissent-ils dans la plupart des
cas que par des traductiona ou des imilations. •&gt; Quelques
chercheurs, Dieze, Denina, Tychsen, ont heureusemenl aplani
loule une partie des préjugés qui faisaient obstacle a l'étude
des reuvres intellectuelles des Espagnols. Buchholz défcnd
l'Espagnc contre les accusalions traditionnelles. &lt;&lt; On fait torl
a l'lnquisition rn la considéranl comme un comité de J·uoes
. f
o
m ernaux, qui prononcenl des eondamnations mortelles contre loul ce qu'il y a de beau el de grand• ,1. [l s·eo faul que
l'Inquisilion soil si cruclle qu'on le croil &lt;'n Allemagne. Que
reproche-l-on encore a l'Espagne? Sa paresse inlellecluelle? On
imprime moins sans doute en Espagne qu·en Allemagnc,
mais ce n'est pas une preuve qu'il y ail moins d'idées et
que le pays soil moins arnncé. Buchholz renvoie a Anlonio
'
Andreas, etc.
•
La deuxieme parlie confirme ces opinions. Elle aurait d11
parai,re deux années plus l&lt;il. Le reta1·d esl du aux multiples
oecupalions de l'auteur, el au manque de livres. 11 a fort
heureusement re~u depuis des lines de Goeltingue et de
Dresde.
1&lt; On ne doit jamais oublier, quand on lit un poete espagnol, que ce poele est membre de l'Eglise calholiquc romaine.
Des lors, nous n'avons point de peine a comprendre !'esprit
. __ 1. Handbuch der spanischen Spracl,e und Litteratur oder Sammluog inleressanlcr
~lucl,;e .ª"' bt&gt;r~ihmlen spanischen Pro,ai,ten und Oichlern, chronolos;:isch geordnct
_un_d m,L ;\achr,chlen "~º den \ 'crfassern uud ,hren Werl..en beglcileL. l'rosabchcr
feil . Her,hn bey G. C . :SaucJ.. •8&lt;;&gt;1. (PrMace datéc dll ~ jan,icr 1801. Poclischer Teil,
1804, Preíace daléc du 12 fé.-r,cr 180!.. Le nom de l'autenr e,I donné a la tln d
la préíace.)
e
• · /bid., p. VI.

�HULLETr.1 HISPANJQUE

de son reuvre. • TI faut tenir compte de la différence des temps
et elre indulgent aux erreurs du passé 1.
Buchholz voudrait &lt;llre imparlial. 11 ne veut point que l'on
voie dans son livre aulre chose qu'un cfforl de recherche hislorique. L'esthélique n·est pas la meme a toutes les époques. On
ue saurait faire revenir le monde aux: temps révolus et aux

idées morles. Aussi nolre historien maudil-il les discordes des
écoles poéliques el les tendances réaclionnaires. Buchholz
apparall comme un adversaire des romanliques.
Son livre contient de courls aper~us sur les classiques espaoanols ' Cervantes en parliculier el Calderon , ou porlugais
(Camoiins). Il donne des exlraits assez copieux, cinq chapitres
du Don Quichotte, la Se,1ora Cornelia, deux chapilres du Persiles,
le Principe Conslanle, ele.
Ce livre vinta son heure el eul du succes. Kiirner le lut, le
recommanda vivemenl A Schiller. L'Allgemeine Litleralur
Zeilung, !'estime, « dans !'ensemble, ulile » ; « Tres u lile
manuel », dil aussi la Neue Allgemeine Bibliolhek3. M._Farinelli
lui attribue4 quelque influence sur le monde classique et
romantique.
Buchholz avait eu l'inlenlion de donner en ml!me temps
un Aper~a lúslorique de la poésie espagnole, mais il fut
retenu par la crainte que la nécessilé d'etre sommaire ne
ful, pour des lecteurs peu initiés, une cause d'obscurilé. Il
s'en lint la.
Mais son reuvre d'bispanologue n'est poinl sans valeur.
Retenons qu'il y appara!t comrne un ami convaincu de l'Espagne et en meme lemps comme un fidi\le du rolionalisme
philosophique. C'est un e Auíklarer ». C'esl un historien. Ce
n'esl poinl un poele. 11 n'a aucune personnalilé littéraire. A
peine signe-t-il ses ouvrages.
Cependant, il fil, en passanl, une excursion daos le roman.
ll esl vrai que le ro man qu'il composa, a la meme époque, n'est
point davantage signé.
1.

!bid. t.

,. Sept.

n,

p.

1801,

xn.

p. 574.

3. 18o2 . LXIX, p. ,U.
h. Gril/par.:tr und Lope de Vega, 18~~- p . .26 n.

115

PA.UL f'ERDIN'AN'D PRIEDJ\JCH BUCIIJJOLZ

Juan de Mariana, oder· die Entwickelungsgeschichle eines
Jesuilen•, parut sans norn d'auteur '· M. Cirot o indiqué les
sources espagnoles possibles. De toule évidence, Buchholz ou
ses amis espagnols ont connu la biographie et les reuvres
hisloriques du P. Mariana. Cetle fausse autobiographie esl
fondée sur des données précises. Mais le roman propremcnl
dit est tout entier de l'invenlion de l'auteur allemand.
Le fau~ roman espagnol esl forl a la mode en Allemagne, a
l'époque de Buchholz. En 1794 parall une Geschichle des
;ungen Grafen Fernando von Mendoza (Leipzig), en 1798 Die
Eil!siedler von Mur:ia, en 1802, Die Zigeuner3. Les Bohémiens
sont inspirés de la nouvelle de Cervantes, mais sont, quant au
reste, une invention proprement allemande. L'histoire des
Jésuiles excitail particulierernent l'inléret des conlemporains
de Buchholz. On écrit une biographie de Loyola 4. D'autre
parl, il n'esl pas étonnant que notre auteur ail choisi ~1ariana
comme héros. Mariana était réputé, comme historien, en
Allemagne s. Korner en recommandait la lecture a Schiller.
Buchholz lui-meme avail étudié deux de ses reuvres dans la
revue de Woltmann.
Le roman de Buchholz esl con~u dans le style sentimental.
Le roman sentimental íleurissait en Allemagne, comme en
France, comme en Anglelerre. Le Sigwarl, de J.-M. Müller
(1776-1783), contait l'hisloire d'un fils de bailli catholique,
qui se destine au couvenl, mais aime une jeune filie et ne la
retrouve que mourante, nonne el pénitente désespérée. Le
roman de Grelhe, Wilhelm Meislers Lehrjahre(1796-q96) nous
dit !'aventure du noble genlilhomme italien, quiaima sa sceur,
saris la connaltre, et dont cel amour brisa la vie. Tieck,
en 1796, reprend le molif de l'amour incestueux entre frere et
sreur dans Der blande Eckberl. Je ne rappclle quepour mémoire

'

1.

2•

Unger, p . .269 sq.
Dooné, saos autre indic&amp;.tioo, dans la liste dí's ceuHes de Buchholr, par

K. GCPdeke, l. c., p. 3$5.

,

.

3 Ein Roman nachdem Spaniachen. A.rosladt und Rudolaladt, 1802, par \!ulp1us
(le r~tur beau-rrere de Goothe).
4. ú/Hn und w1.11ukrbart .-tbtnlhe!lu rhs trlltn u•d unuugleichlicfut~n alltr fahrtn den
Riller du r6misth katholischtn slrtittndtn Kirche lgna: van loyola. Le1 pi., 1Sn2,
5. Allg, LW. Ztit., 1787. IV. 230,

�llULl,E'l'l'i lllSPANlQUE

le René de Chateaubriand ( 1802). Le roman angla is donnait
d'aulres exemples, tels le Josef Andrews de Fielding (1740),
ou le Voyage sentimental de Sterne (1769), (traduction allemande r 778), ou le Maine de Le-wis ( 1795, traduit en
allemand en 1797). Les amours incestueux, mais point
~riminels, d'un frere et d'une sc:eur, ont été l'un des
themes de prédilection du roman sentimental allemand.
Klinger a conté l'histoire de Giafar le Barmecide ( 1798), Nicolai'.
les aventures de Sebaldas Nolhanker (1773- 1776), Gellert la
Leben der schwedischen Grafin. Dans les deux premiers romans,
l'incesle n'est point consommé, car les héros sont avertis a
temps. Quoi qu'il en soit, ces amours sont un sujet a la mode
autour de Buchholz. II a pu se contenter des exemples que lui
fournissait la littérature romanesque de son époque . Est-ce
!'aventure senlimentale qui piqua l'intéret de Buchholz? U ne
semble pas, car cette aventure était familiere aux auteurs et
lecteurs de romans. Ce qui l'intéressait, c'était la répercussion
d'une catastrophe amoureuse sur la vocation religieuse et la
formation du futur jésuite. L'historien allemand vil dans la
trame et le cadre d e ce roman biographique l'occasion de faire
revivre un moment et un milieu espagnols. I1 laisse bien
souvent percer ses propres idées . Il n'a connu l'Espagne qu'a
travers les récits des voyageurs allemands, les quelques ceuvres
littéraires qu'il put découvrir daos quelques bibliotheques
allemandes en une hative enquete, el des documents historiques encore raresetfragmentaires. Sa peinture estincompleteet
superficiclle. Son roman, comme ses idées, est de son temps.
L'ceuvre de Buchholz n'est certes point de premier plan.
Mais elle n'est point méprisable. Buchholz fut, aux environs
de 1800, un des bons intermédiaires entre l'Espagne et l' Allemagne, un érudit avisé, un esprit du moyen ordre daos un
role de moyenne envergure. Sa seule tentative proprement
littéraire, son Roman de Mariana, dénote un écrivain parfois
habile, mais un penseur sans originalité, - contamination
curieuse, mais confuse, du sentimentalisme et du rationalisme
alors a la mode en terre allemande.
J .-J.-A. BERTRAND .

D. JUAN ANTO~IO LLORE~TE

Depuis la publication, en 188 r, de !"Historia de los heterodoxos
españoles de D. Marcelino M.enéndez Pela yo 1 1 on n ·avait plus parlé du
fameux D. Juan Antonio Llorenle, si non pour dire qu'il fut compris
dans la note des sujets espagnols qui suivirent les Frarn{ais en
aout 1808, et qui furent condamnés par un décret de Ferdinand VII 2 •
Certains documents conservt\s aux Archives Nationales, et daos la
Correspondance d'Espagne au Ministere des AtTaires Étrangeres,
ajoutent quelques données intéressantes a l'adresse de ce personnage,
fort malmené par Menéndez Pelayo, et qui cependant ne le méritait pas
a ce point.
La premiere fois que nous trouvons mentionné, dans ces documents, D. Juan Antonio Llorente est le 3o mai 1808. 11 avait adressé
a l'Empereur un assez long reglement pour l'f:glise d'Espagne, de
seize pages in-4º, avec trois appendices de deux feuillets chacun, d
précédé de ses litres, emplois et mérites; le reglement est en espagnol
et l'exposé en frani;ais 3. Nous reproduisons l'exposé:
Dn Jean Antoine Lloren te est pretre, dignite et chanoine de
l'eglise de Toledo, laquelle est la premiere metropolitaine
d'Espagne.
Noble, chevalier de l'ordre de Charles troissieme.
Docteur dan la jurisprudence civile et canonique.
Academicien de la royale academie de l'bis toire, et di celle
de belles lettres de Sevilla.
Membre des societes patriotiques de Rioja, de Zaragoza , de
Tudela et du pais basque.
II a eté juge et vicaire general de tout le diocese de Calahorra, et chanoine de sa cathedrale.
1. Tome 111, p. 41 8-427.
Mario Mé ndez Bejarano, Historia política de los afrancesad.os, Madrid, 1912,
p. 371.
3. Archives Nationales. A F IV. 1609, piece 294. Ce document a été signalé par
M. Geolfroy de Grandmaison, f,' Espagne et Napoléon, 18/)l¡-180/i, Paris, 1 908, p. 250.
2.

�118

119

BULT.ETIN HlSPA.NJQUE

D. JUAN ANTO'.'UO LLOI\ENTE

11 ecrivit l'an 1797 un ouvrage contre la forme de faire les
proces dans le tribunal de l'inquisition. M' Jovellanos (qui a
eté alors ministre de la justice) le re9ut avec empressement.
La reforme seroit faite s'il aurait continué dans son ministere.
De la les Ynquisiteurs l'aiment tres peu : ils l'ont persecuté
et mortifié l'an 1801; mais l'auteur triompha malgre eux,.
II a ele membre de la congregation du clerge faite l'an , 799
pour deliberer sur les moyens de donner de l'alTermissement
au papier-monoie, qui s'appelle Vales reales.
11 a ecrit d'autres ouvrages entre lesquels le plus estimable
sera toujours celui qui porte le litre de Notices hi,loriques
d'Alava, Guipuzcoa et Vizcaya, parce qu'il est original et premierdans cetle matiere; parce qu'il comprend une tres precieuse
collection diplomatique de monuments historiques anciens et
inedits; et parce qu'il prepare l'opinion publique a recevoir
sans scandale touts les changementsqu'il conviendra fairedans
ces provinces pom· rendre sa legislation uniforme avec les
autres d'Espagne.

nement ancien, avec l'objet de preparer l'opinion publique a
recevoir, sans scandále des provínces exémptes, l'uniformité
de legislatíon, si désiré a present, heureusement etablí dans
notre precieuse constitution; graces au grand Napoleon 1 •
Quand les trois volumes quí restent seront publiés, j'aurai
l'honneur de diriger V. E. l"exemplaire par l'intern:iede dé
M' Dubois chanoine de Bayonne, qui aura le soin de passer les
uns et les autres dans les mains de V. E.
J'ai l'honneur d'etre, Monseigneur, avec toutte la reconaísence et la consideration posibles,

Le roi Joseph nomma Llorente au Conseil d'E:tat le25 juillet 1808,,
et Llore~te ne manqua pas de remercier M. de Champagny, ministre
des Affa1res Etrangeres, en luí remettant ún exemplaire des cinq
volumes de ses Nolic.ias históricas de los tres provincias vascongadas.
Le fran~ais de l'hislorien de l'lnquisition laisse a désirer mais les
compliments 1t l'égard de M. de Champagny sont des plus ~ourtois.

Trois jours apr8s, il témoigne sa reconnaissance
gny, pour sa nomination de Conseiller d'État:

a

J'ai l'honneur, Monseigneur, de comuniquer
V. E. mon
arrivée avéc mon roi pour temoigner ma reconaisence aux
honoe1tetés que V. E. á eu la bon té de me dispenser continuelmenl pendan! mon sejour a Bayonne. Puls je reussir
occassíones d'en donner des preuves efféctives.
Cependent je pris V. E. d'acepler un exemplaire des cinque
volumes publiés de mon ouvrage, ecrite par J'ordre du gouver'· Noticia biografica de D. Juan Antonio Llorente, Paris, 1818, p. S!l-108. ll parle ¡a,
de D. Gas~ar de Jovel la nos, qu'il vit1t Calahorra: e( pero ya en Ión ces estaba preparada
la _extensrnn de su infortuoio á mi persona por haber encontrado onlre sus papeles

m1 obra sobre la lnquisicioo, con algunas cartas mias. »
.'· Noticia., etc., p. 125. - &lt;( Sa .\lajesté a enfin arrñté bier uoe nomination de
lren:e roembres de son Comeil d'Elat actuel. • Madrid, ,fi juillet r8o8 (Correspondance ducomte d, la Portst, Paris, 1905, t. I, p. 188).

a

De V. E.,
tres humble et tres reconaisant serviteur.
Jean Antoine Llorente.
Madrid, 25 juillet 1808.
Monseigneur Champagní) ministre des relalions exterieures 2 •

a M. de Champa-

Excelentme Monseigneur,
Le roi m'3. nomme, Monseigneur, conseiller d'et3.t. Je crpis
q• cette grace provienne des idees que V. E. a eu la bonte de
donner a l'egard de moi: et par cela je vous rende les graces
les plus sinceres, et j'assure avec tout mon coeur que ma
reconaissence aux faveurs re~us de V. E. sera eternelle.
J'aurai la complaissence la plus intime si je puis prouver
1. Les N~icias íurent publiées, le1 trois premiers volumes en 180 , et les deux
7
derniers ea 1808 1 - el non pas en 1806 et 1807, comme il est. dit dans la Noticia biográfica, Les quatre premiers sent édilés: « Madrid, en la imprenta real ll, et le dernier:
« Madrid, en la imprenta de Don Luciano Vallin ))' et il contienl la réponse a
Aranguren, pour le tome I. L'ouvrage avail pour but de démontrer que les Fueros
de Biscaye avaient été consenties1 non comme des pactes, mais a cause du mauvais
étal de la terre, etc. D. Antonio María Fabié et O. Antonio Rodriguez Villa informerenl l'Académie de I' Histoire qu'ils avaient trouvé deux vol u mes laissés inédits par
D. Juan Antonio Llorenle, et l'Académie décida de les publier dans son Memorial
histórico. Jusqu'3. préseol t.lle a'a pas donné suite a ce projet(Boletin de la R. Academia
de la Historia, l. XXXfV, p. 174).
~. Correspondance d'Espagne, t. 675, fol. 170.

�['.10

BVLLETIN HISPANIQUE

effectivem•• q• je parle le memme queje pense en mon anímme.
En fin je sairaí toujours, Monseigneur,
De V. E.
servileur tres reconaissant et tres bumble.
• Jean Antaine Llorente.

' Ex"'• M' le Ministre des relations exter\ M1· Champagní •.
M. Dubois, chanoine honoraire el premier vicaire de la cathédrale
de Bayonne, dirigea les cinq vol u mes de 1\olicias a M. de Champign},
comme en témoigne ce billet:

L'abbé Dubois, chanoine honoraire el premier vicaire de la
Calhédrale,
A Son Excellence Mg' de Champagny,
Monseigneur,
Chargé par mon intime ami D. Juan Anlº Llorenle, Dignitaire de L'Eglise de Tolede, &amp; secretaire d'Etat de S. M. le Roy
dºEspagne, j'ai l'honneur de vous adresser un exemplaire de
son ouvrage intitulé: Noticias historicas de Las tres Pi·ovincias
vascongadas . Je viens de le remettrc la Messagerie de celte
ville daos un caisson l'adresse de S. E., M. Marret Secretaire,
suivant l'ordre quefen ai rei;u.

a

a

.Te suis avec un profond respect,
Monseigneur,
Votre tres humble &amp; tres
obéisst serviteu r.
Du Bois.
7bre

Llorente fut des trente nouveaux députés auxquels fut envoyé l'ordre
de se mettre en route pour Bayonne « immédiatement et saos
excusen , . ll s'excusa, mais voyant un renouvellement du meme
01ure, iL s'exécuta et arri va a Bayonne le 17 juin 1808 2 •
Sa p1·évenance, assez obséquieuse, envers Joseph, pretail un peu a
rire dans le quartier général du nouvel intrus Stanislas Girardin,
premier écuyer de Joseph, nous en a gardé le souvenir: « Parmi les
conseillers d'État, j'ai connu un abbé Llorente; il avait été attaché
l;inquisition; il en connaissait les secrets, il en a dévoilé les horreurs.
Son ouvrage a fait sa réputation, et annonce un mérite que nous
étions fort loin de soup&lt;,onner. Ce pauvre ecclésiastique était attaché
au quartier général, et il y était l'objet de la plaisanterie de tous nos
jeunes officiers 3.
Quatre ans apres, Llorente quilla Madrid, le 10 aofit 1812 1 pour
Valence, avec le roi Josef et sa cour, chassés par la bataille de Arapiles
que perdit le m~réchal Marmont, et il publia Valencequelques opuscules. LaNoticia biográfica ne mentionne pas-pas plus que Menéndez
Pelayo - la Carta biográfica publiée par D. Aléxandro Ferna~dez
de Ruidiaz, neveu de Llorente, oü se trouve une lettre de Llorente
a son ami D. Antonio Alcaráz, du 7 octobre 1812, dans laquelle il
donne un l&lt; indize razonado de sus obras lilerarias » 4. 11 y insiste
surtout sur les Noticias históricas de las lr_es provincias vascongadas
A lava, Guipúzcoa y Viscaya et montre qu'il n'a voulu causer de lort
a personne, d'autant plus que le manoir de sa famille Llorente est
a Ala va, et que d'autres familles, qui lui sont proches, se trouvent dans
le Guipúzcoa et dans la Biscaye. Le nombre des écrits catalogués est
de onze et sous le numéro douze, Llorente dit ceci : « Tengo escritas
varias obras ineditas de que no doy noticia individual, porque tal vez
no llegarán á \'er la luz pública, y necesita de la última mano. Tampoco la doy de algunos papeles en derecho impresos, trabajados
por mí, porque lleban el nombre y firma de otros juriconsultos que
pudieran sentirlo. Valencia. 7 de octubre de 1812. - Juan Antonio
Llorente. »
Lloren te résida a Valen ce j usqu'au mois d'octobre 18 e2, puis il passa
aSaragosse et ne la quitta qu'en juillet 1813, pour aller a Camfran et
Oléron, « fuyant les périls de l'anarchie et de la férocité que je jugeai,
dit-il, prochains en cette cité (Saragosse) et dans d'autres villes d'Espagne, a cause de la retraite de l'armée fran&lt;,aise 5. '&gt; U s'arreta dans

a

1808 2 •

Correspondanced' Espagne, t. 675, fol. 178. - Ces deux le llres ont éle publire,,
pas tres correctement, par 11. Geoffroy de Grandmaison, L'Espagne et Aapo/éon,
/804-1809, Paris, 1908, p. 289.
2. Correspondance d' Espagnt, t. 670, fol. 148.
1.

lll

a

Madrid 28 julio 808.

Bayonne, le 27

D. JUAN ANTONIO LLORENTE

, . Corres¡:,ondnnce du comte de la Forcst, l. 1, p. 92.
Noticia, ele., p. 123-124.
3. Journal et souveni,s, discours et opinions de S. Girardin, París, r828, t, lV, p. 283
4. Carla biográfica la daá luz D. Alexandro Fernande= de Ruidia:, Valencia, 1812 1 10
et 46 p. in-8•.
5. Noticia biogrúfica, p. r47 el 152.
2.

�llULLETll'I BISPA!'IIQUS

D. JUAl'I .lNTO1'1O LLOR!NTE

plusieurs villes du Midi de la France; aussi, ne nous étonnons pas de
voir une lettre de Llorente, adrcssée a D. Francisco Amorós, de Lectoure, 28 septemBre 1813, pour solliciter son envoi a París, Llorente
prétextant qu'il avait a rédiger un travail sur Antonio Perez, dont il
découvrit « avec beaucoup de peine» le proces original dans les
archives de l'lnquisilion de Saragosse. Voici ce qu'il dit dans sa Noticia
biogrd.fica (p. , 73) : &lt;&lt; Tengo tambien acabada otra obra intitulada :
Historia de la vida y sucesos de Antonio Perec, primer secretario de
1.;stado del Rey de Bspaña Felipe Jl. Los acontecimientos estraordinarios
de aquel ministro estan enlazados con otros muchos de la monarquia
española. Las obras que escribió intituladas Relaciones y cartas no
dan toda la luz n~cesaria para sal,er algunas cosas; ni tampoco los
.llanifiestos que escribió para su proceso de Aragon; ni el libro que
se imprimió en Madrid con el titulo de Proceso de Antonio Pere:. El
que se formó de su muerte á instancias de su viuda é hijos, para que
se,le reintegrase la fama, es el que conliene piezas y noticias important•s; ~- el de la lnquisicion de Zaragoza en su ausencia ilustra
muchas dudas. Si tengo tiempo, completaré la obra que debe interesar
á los amantes de la exactitud hislórica De positivo he trabajado la
parte que no puede saberse por los libros impresos ». Dans la lettre
a Francisco Amorós, Llorente dit que Antonio Perez donna a Sully
et a Villeroy les manuscrit§ qu'il n'avait pas cu le temps de publier,
et qu'il lui semble impossible qu'une bibliotheque ou famille, ayant
succédé a ces deux l&lt;,ran~ais, ne lui fournisse pas une copie de ces
pieces. Celle lettre et les deux autres d'Amorós ont été saisies par
la police.
Lectoure, 28 de sete de 1813.
Amado amigo mio: Ya sabes qe habiendo encontrado costa
de mucho trabajo en el archivo de la Inquisicion de Zaragoza
el proceso original del famoso Antonio Perez, me lo traxe
a Francia con animo de escribir la vida verdadera de aquel
varon ilustre, qe puede decirse ignorada, porqe sola consta
la verdad en dho proceso y en otro qe tambien me traxe,
formado en el mismo tribunal, despues de su muerte, para la
restilucion de su fama y buena memoria, a instancia de su
viuda e hijos; cosa qc hásta ahora nadie sabia en España
ni Francia, sin embargo de haberse escrito tanto en ambas
partes.

a

Comencé pues a escribirla con el gusto de prever quan
agradable podía ser a los frances,es una historia qe tiene

123
infinitas relaciones cou los sucesos de su' rey Henrique quarto
q 8 protegía a Perez impoderablemente, se vatio de sus luces
los diez y nueve años ultimos de su vida, y le sostuvo en Paris
con estimacion y conmodidad.
Pero la continucion de mis trabajos me hace conocer qe
. Lectoure no es pueblo proporcionado para dar a la obra la
perfection de qe es susceptible; ya por falta de los libros a que
se deve recurrir en especies importantes aunq 8 incidentes; ya
principalmente porque solo en París pueden hallarse las obras
manuscritas ineditas q 8 Antonio prometio, en las impresas, y
murio sin publicar, haviendolas dado al famoso duque de Sully
y a Mr de Villeroy, secretario de Estado de Henrique quarto.
En estas obras, dixo Perez en varias cartas, que descifraba
varios enigmas y declaraba sucesos ocultos suyos y de Felipe
segundo, para q e sirviesen de escuela politica; principalm'" en
las qe intituló Memoriales y consejos. Parece impossible qe
1leje de hallarse alguna copia integra ó diminuta de tan preciosos manuscritos historicos y políticos en alguna biblioteca,
i, casa qe sucediese a las de Sully y Villeroy.
De aqui me resulta la necesidad absoluta de pasar a Paris
a buscar estos manuscritos, u otras equivalentes, qe me auxilien para llenar algunas lagunas de la historia de Eispaña
y Francia, incapaces de llenarse sino por este medio, en la
vida del que tuvo intervencion activa en todos los grandes
sucesos de su tiempo, tanto en las relativos a Henrique IV
como en los de Felipe II.
Por lo mismo te encargo y estimare mucho qe me consigas
licencia para pasar a Paris con dho 'objeto, pues no dudo qe
manifestando el motivo, se concedera, ~· siendo necesario
consiento q e muestres o presentes ésta carla, haciendole servir
de memorial o de poder segun convenga.
Deseo qe te halles enteramente restablecido de tu indisposicion qe cuentes con la, invariable voluntad de tu amigo
verdadero y compai1ero.
Juan Antonio Lloren le.

y

Exmo Sr D• Fran'° Amoros, consejero de estado de Espaiía •.
1.

Archhe1 Nationale•, Fi 8¡88.

�125

BULLETill HISPAlllQUE

D. JUAN AIIT0'.'110 tLOl\l:NTE

Amorós, qui avait été nommé Conseiller d'État par Joseph, a peu
pres en meme temps que Llorente 1, s'empressa de recommander,
11 comme collegue et ami», la lettre de Lectonre, a M. le duc de
Rovigo, ministre de la police générale, le 16 octobre et le 27 octobre
1813. Sur la seconde leltre, un employé a mis la remarque suivante :
ll joindre au dossier. 11 y a ajournement. n

bibliotheque11 de Paris. Il desire et demande la permission dr
venir a Paris, qui d'alleurs l'a meritée bien par son dévouemenl, par sa réputation, comme savanl et comme homme
public, qui a rendu des grandes services a la dinaslie regnante ...
Paris, le 2¡ oclobre 1813.
Le Conseiller d'Elat de
S.M. C.
Franrois Amorós

Monseigneur,
i\lr Lloren le, conseiller d'État de S. M. C. m'a écriL la lellre
que j'ai l'honneur de presentcr a V. E., en me demandant,
comme college et ami, de lui procurer la permission pour
venir a Paris, a la recherche des ouvrages qu'il doit consulter
dans de grandes bibliotheques pour suivre les lravaux donl il
s'occupe. Ces recherches interessent l'histoire ancienne de la
France et d'Espagne, la filosophie et la politique. M' Llorente
est une personne tres remarquablc pour ses services a la
Dinastie regnanle et par ses talens e' ses écrits. Je m'honore
d'etre l'interprete de ses desirs envers votre Exe et je lui prie
de vouloir bien lui acco1·der le passeport necessaire pour
venir a París. Il se trouve a Lecloure dans le Departemen l
du Gers. París, 16 oclobre 1813.
Monseigneur,
Je vous prie d'agréer les assurances de ma plus haute
considération,
Francisco Amoros.
Monseigneur le duc de Rovigo, ministre de la Police
générale 2 •

M. Llorente, Conseillcr d'État de S.M. C., commissaire royal
de la croisade et Chanoine Dignité de Tolede, a ecrit dilfércnt
ouvrages que l'lnstitut Impérial de France a trouvé fort inléressanles. Le deroier siogulieremen t des Anales de Unquisilion
d' Espagne esl a·son second volume, el pour le continuer il doit
consulter des ouvrages qu'on ne trouve que dans les grandes
1. Daos sa D•claration (París, 1817), Amorós dit que sa nomination est du
• 5 novembre 1808.
2 • •\rcbives Nalionales, Fi 8781&gt;.

1

•

Selon Menéndez Pelayo, Llorenle, surpris par les événements de
1813, ne pul pas continuer en Espagne les Anales de l'lnquisition

d'Espagne et dut faire passer en France les extraits qu'il avait pris
dans les archives et un certain nombre de pieces originales, qu'il
« vendit sans scrupule a la Bibliotheque Nalionale de Paris, ou elles
sonl conservées, reliées en dix:- huit volumes, n. 11 faut avouer que
Llorente se vengea assez spirituellement du décret du 3o mai 181!1,
qui défendail aux Espagnols de rcntrer en Espagne sans la permission du roí, leurs biens etrenles restant confisqués. 11 J'ai supporté
celte peine, dit-il, et j'ai perdu, comme particulier, la bibliotheque la
plus importante de ~ladrid. Elle se composait de plus de httit mille
volnmes, dans lesquels un nombre considérable étaient des rnanuscrils inédits et un nombre plus considérable de livres imprimés, ºrares
el dil'ficiles a trouver 3. n Dans l'Histoíre de l'lnquisílion d'Espagne,
publiée chez Treuttel et Würtz, en 1817-18, le (1 Catalogue des manuscrits qui n'ont pas encore été publiés, et qui ont scrvi pour eomposer
l'Histoirc ct·itique de l'lnquisilion d'Espagne », se monte a quarantehuit. Que sont devenus les trente qui restent et qui conlenaient,
quelques-uns, plusieurs volumes? On ne le dit pas et Menéndez n'en
soufile mol.
Parmi les savanls franvais, Lloren te trouve d'assezchauds partisans.
Ch.-V. d'Hautefort parle de Llorente, dans son Coup-d'reíl sur Lisbonne
et Madrid en1814 4, et en fait le plus grand éloge : u Parmi les érudits
,. Archives jationales, F1 8788. - Llorente vinta París en 1813 ou en 1814, car
il ful présent au mariage entre la filie, Asunción, du fameull voyageur Domingo
Badia y Leblich, et Claude Izonard de Lisie de Sales, le 26 novembrc 1814, a la
mairic du Xte arrondissement de París, en compagnie de Pierre-Samuel Dupoot de
Nemours, coosciller d'Élat, Charles-Marie Pigoatelli de Gonzague et D. ~·rancisco
Amorós (RtaL civil de la Seine. Communication du comte Heori de Castries).
,. Historia dt los htterodo~o• españoles, t. 111, p . .422. - lliblotheque l\ationalc,
~·onds espagnol, 60 a ,í ·
.
3. Noticia biográfica, etc., París, 1~18, p. 15:i. O. A. Paz y )lélia a signalé la visile
faite par l'lnquisitioo des livrcs el de, papicrs de Llorente, en 1814 (Cat&lt;ílogo abre
uiodo de papeúis de inquisicion, Madrid, 1914, n• 613).
4- París, 1820, p. 435._

Bull. hispan.

9

�BULLETl:'l HISPA.!UQUll

U. JUA.ll A.!1'1'0!110 LLOREl'ITE

espagnols que je consulte journellement, je placerai M. Oon Juan
Antonio Llorente, chanoine dignitaire de Tolede, qui séjourne depuis
longtemps a París. Ce docte ecclésiastique, que j'ai eu l'honneur de
voir a Saragosse, m'a été du plus grand secours, surtout en ce qui
regarde la géographie et l'histoire de son pays, qu'il possede a fond
et qu'il a éludiées en homme judicieux : je dois l'avoue_r franchement,
sans son appui, je me serais trouvé fort souvenl embarrassé el hors
d'état de vaincre les difficultés que la connaissance topograpbique des
lieux, l'instruclion et la critique de M. Llorente ont résolues de la
maniere la plus satisfaisante. 11 L'arlicle publié dans la Revue encyclopédique par A. Mahut, peu de temps apres la mort de Llorente
(avril 18:13), et ornée de son portrait 1 , est également fort élogieux.
Depuis 1819, Llorente était un collaborateur de la Revue encyclopédique; il y publiait des nouvelles d'Espagne et le premier qui y figure
est un article sur le Sí de las ni,í.as de ;\Joratin (t. II, p. 497). La revue
protesté contre son expulsion; elle note son arrivée a Madrid, le 7 janvier 18:13, et son déces. &lt;&lt; Ce savant respectable vient de mourir a
lladrid, le 7 févl'ier 11 (t. X.Vil, p. 183 et 419).
Pendant les derniers temps de son séjour a Paris, Llorente écrivait
encore deux lettres : la premiere. du :i:i juillet 18:io, aux libraires
Treutell et Wurtz daos laquelle il lcur propose l'achat de l'édition
du Pro;et de constitulion religieuse considérée comme faisanl partie de
la conslilution civile d'une nation libre indépendante, qu'il considere
comme plus inléressanle que l'Histoire de l'lnquisilion 2 , et la seconde,
du 19 décembre 18:io, ou il proteste contre le décret qui l'a rayé de la
dignité de maestrescuelas et de chanoine de l'église de Tolede; il dit
qu'it renonce au premier litre et, pour prouver son désir de paix, qu'il
renonce aussi au second, mais qu'il exige qu'on lui paie la pension
consentie a des ecclésiastiques avancés en A.ge, c'est-a-dire ayant
dépassé la soixantaine3,
L' Hisloire áe l'lnqui.sition d' Espagne el d'au_tres, nolammen t les
Portraits politir¡ues des Papes, causerent néanmoins un assez gros
scandale dans le monde de la Congrégation, et le gouvernement de la

Restauration dut sévir. Llorente était réfugié et tombaitsous les coups
de la loi. Le cabinet du préfet de police prévint le ministre de l'lntérieur, a la date du 1,1 décembre 1822, qu'il a fait venir Llorente et lui
a &lt;&lt; enjoint de quitler París dans :i4 heures et de sorlir du royaume
dans le plus bref délai •. Cet étranger a demandé un jour de plus, qui
lui a été accordé. 11 a pris son passeport pour l'Espagne, en passant
par Bordeaux et Bayonne. U doit se mettre en route apres demain. n
Le 13 décembre, le ministre de l'Intérieur notifie aux préfets de la
Gironde et des Basses-Pyrénées : &lt;&lt; M. le Préfet, le s· Llorente, espagnol
réfugié, auteur d'ouvrages rédigés dans un fort mauvais esprit, a rei,u
l'ordre de quitter Paris, dans les :i4 heures et le royaume dans le plus
bref délai. 11 doit se metlre en route aujourd'hui 13, muni d'un passeport de la préfecture de police avec direction de Bordeaux et de
Bayonne». Et, a la date du 15 décembre,le cabinet du préfet de police
annonce au ministere de. l'lntérieur· le départ de Llorente de Paris :
&lt;&lt; Le sieur Llorente, pretre espagnol réfugié, est partí hier 14 du courant, a 4 heures du soir, par les messageries royales de la rue NotreDame-des-Victoires. ll a emporté avec luí deux valises et a lail\Sé
a París ses malles et autres effets, que son domestique fera sans doute
partir par le roulage. n 2 Enfin, la derniere dépéche concernant
Llorente est celle du préfet des Basses - Pyrénées au ministre de l'Intérieur, de Pau, 28 décembre, qui le prévient que Llorente u n'a eu de
relations dans cette ville (Bayonne) qu'avec un négociant nommé
Laloi, de qui ii'a rec;u de !'argent : il se rendait a Madrid 3 &gt;&gt;.
Llorente mourut, a Madrid, le 5 ou le 7 février 18:J3.

1. Dans le Catálogo de los retratos de personajes espaíwles ••. de la Biblioteca
nacional, par Angel M. de Barcia, Madrid, 1901, il y a, p. 467 el 753, qualre porlrai_ts
de Llorenle. Le dernier porte J'inscription : « Lilhographié par PierreCamus, d'apres
l'étude d11 portrait historié qu'il a peinl en 1821, qui est mainlenaot Cadi:r. ». Le
porlrait de Llorenle par Goya, qui a été exposé en 1900 par le Minislere de l'lnslruclion publique d'Espagne, apparlienl a un parenl, D. Francisco Llorenle y García de
Vinuesa. 11 a élé reproduit daos la Petite collection d'art Gowans, n• 26, en 1909.
~l. P. Lafond l'a formellemenl contesté (Ga,alte des beaux-arts, 49• année (1907),
,,. semestre).
2. Lettres autographa composant la collection ele M. A lfred Bovet, décrites par Étienne
Charquay. Paris, ,885, p. ~4!)3. Yo el infrascripto Juan Antonio Llorente, presbítero, Ciudadano español, ele. (Bib(,
:Sat. de París, Oo 390).

a

llj

A. MOREL-FATIO.
P.-S. - D. Aurelio Viñas, professeur a l'Université de Séville, et
qui prépare une étude sur Antonio Pérez, a eu l'amabilité de faire
copier la visite faite par l'Inquisition des livres et des papiers de
Llorente, en 1814 (n• 603 du Catálogo abreviado de papeles de
Inquisición de D. A. Paz y Mélia), et de la mettre a ma disposition;
C'est au mois de décembre 1814 que l'Inquisiteur fiscal du Saint
Office eut connaissance que les livres et papiers de D. Juan Antonio
Llorente se trouvaient dans le magasin des biens séquestrés, dans la
calle de Alcalá et dans la calle del Turco, avec les livres du Prince de
,. "Au commencement du mois de décembre 1822, il lui ful enjoint de quitter
Paris sous lrois jours, et la France sans délai. n (Revue encycwpédique, t. XVlll, p . 4 1 ).
2. • M. Llorenle étail dans l'usage de lenir un journal de ses voyagee. On doit
trouver, parmi ceux de ses papiersqui sonl restés aParis, le journal de son voyage de
Madrid a Valence, il ~aragosse et en France; dans ses papiers de Madrid, on lrouven
le journal du voyage de Bayonne, en 1808, qui contienl des renseignements intéressanla sur la révolution de celle époque "· (Revue encyclopidiq11e, l. XVIII, p. 51).
3. .-\rcbhea Nationales. Fi 664,.

�BULl,ETIN HISPANJQUE

la Paix; mais on apprit plus tard, le 14 janvier 1815, grace au mémoire
de l'archiviste de la Real Audiencia de Saragosse, O. Manuel
Rodriguez, que ses livres et paplers avaient été transportés en
France et que le Saint 0ffice se demande s'il serait possible de les
réclamer. II se réfere a la lettre du dit Llorente, datée de Saragosse, le
10 février 1813, disant que, en vertu d'un décret du général París,
gouverneur du royaume d'Aragon, au nom du roi Joseph, il a élé
autorisé a prendre les livres et les papiers de l'ancienne inquisition
de Saragosse. La lettre est signée par Juan Antonio Llorente, conseiller
d'Etat et commissaire général de la Sainle Cruzada, el adressée au
Président de la R. Audiencia d'Aragon. A la suite vient l'inventaire de
ces papiers :
1 • Diverses liasses de proces, in-quarto, se rapporlent aux premiers
temps de l'lnquisiLion en Aragon el qui conespondent aux numéros
60 a 71 du fonds Espagnol de la Bibliotheque Nationale de Pal'is ;
2° Les proces, in-folio, formés contre Antonio Pérez (numéros 72 a 77
du fonds Espagnol de la Bibliotheque Nationale de Paris); 3• Divers
écrits et notes sur les proces formés contre Mossen Francisco Ximenez,
Fr. Antonio Arpall, ele.; 4º Les relations des autos de fé de 1550 a
1623; 5º Les lettres des lnquisiteurs généraux et du Conseil de l'Inquisition jusqu'en '735; 6° Un ancien index du temps de l'établissement
de l'Inquisition a Saragosse; 7° Une liasse de bulles et d'édits anciens
de l'lnquisition; 8° Une autre liasse d'instructions du Tribunal de
l'Inquisition. A partir du n• 3 le catalogue formé par Llorente ne se
trouve pas a la Bibliotheque Nalionale de París, mais on le rencontre
~ peu pres dans Je catalogue du tome premier de l'Histo.ire critique
de l'lnquisilion d' Espagne. La razon, rédigée pour donner décharge a
l'archiviste Don '\ianuel Rodriguez, porte la date du 27 février 1813.
La visite du Saint 0ffice se termine par un assez long rapport de
l'arclliviste D. Manuel Rodriguez, daté d~ Saragosse, le 9 janvier 1815,
qui cherche a sauver les apparences : le Tribunal a, il est vrai, obéi
aux instructions de Llorente, données sur les ordres du général Paris,
mais maintenant que &lt;&lt; le Saint Tribunal a été rétabli daos la plénitude
de tous ses droits », l'archiviste demande qu'on le tienne pour &lt;&lt; bon
Espagnol et catholique apostolique romain ,,, et il prie qu'on tui
donne au moins un rcmerciement. Le Tribunal le lui donna.
A. M.-1&lt;'.

LES SOURCES HISTORlQUES DE ZAHA GOZA

L'étude des sources hisloriques des Episodios nacionales
vérifiera sans doule en gros l'affirmation tranchanle de Pío
Baroja : &lt;&lt; Como investigador, Galdós ha hecho poco o nada :
ha tomado la historia her.ha en los libros» 1 . L'objet de la présen le note n'est pas d'en procurer la démonstralion sur un
ca!\ particulierement favorable. 11 ne s'agit pas, en effet, de
dépouiller Galdós d'une gloire a laquelle il n'a jamais prétendu : les Episodes nationaux sonl une reuvre colossale de
vulgai·isation, et ils sonl aussi une reuvre d'art. II n·est pas
sans intéret de savoir ou Galdós en a pris les matériaux. Mais
. il faut chercher plus avant, et voir comment il les a élaborés:
il y a la, pour qui voudrait préciser sa conceplion du roman
historique, et, plus généralement, entrer dans les secrels de
son art, un travail préliminairc indispensable, que L'élude
direcle des Episodes ne saurait remplacer. c·est une infirne
partie de ce travail préliminaire qu'on a voulu faire ici.
On pouvait deYiner, d priori, que Galdós avaiL lu de pres le
récil de la défense de Saragosse dans la flistoria del levantamiento, guerra y revolución de Espa11a par le comte de Toreno.
En 1874, Górnez de Arteche n'avait encore publié que le premier volume de sa Guerra de la Independencia (1868), el le
second, qui n'arrive pas jusqu'au deuxieme siege, ne devait
paraitre qu'en 1875. Par contre, l'histoire de Toreno, déja classique, venai t d'etre rééditée par Rivadeneyra dans le tome LXIY
de sa Biblioteca de autores españoles ( 1872). La belle tenue
liLtérahe de cet ouvrage en faisait le guide le plus agréable
a suivre parmi la multiplicité confuse des événernents politiques et des théatres d'opérations militaires. Pour reconstiluer
, • Pío Baroja. Páginas escogidas. ~ladrid (Calleja) 1918, p. 37 1.

�r3o

BULLETIN HISPANIQUE

LES SOliRCl!S HISTOI\TQt:E8 DE Z.Hl.4G0ZA

l'hisloire des deu'- sieges de Saragosse, Galdós n'eut garde de
négliger un secours si précieux: il en relint meme, pour les
faire passer daos son roman, quelques visions d'un pittoresque
sobre telles que l'incendie de l'hopilal des fous,
la donquichottesque si1houette de D. Mariano Cereso courant au combat
armé d'un vieux bouclier., et l'épée nue. C'est également
a Torcno qu'il emprunle quelque~ délails relatifs aux événemenls qui suivirent la capitulation: me~rtre du Pere Basilio
Boggiero et de Mosén Santiago Sas, vol des bijoux de, NolreDame del Pilar.
Mai~ une histoire générale de la guerre d'Indépendance ne
pouvait luí donner en quantité suffisante ces détails concrets,
ces précisions de lemps et de lieu donl son roman fourmille.
Allait-il les demander aux documents d'archives? ll eut été audevant d'une déception, si l'on en croit M. Riba y García 1. A la
Gacela de la ville assiégée? C'est une publication fort rare, dont
on ne connaH, d'apres le meme auteur, qu'une seule collection
complete. Gald6s n'eut pasa chercher son information si loin,
car il en trouvait tous les éléments compilés dans la Historia
de los dos sitios que pusieron a Zaragoza en los años de 1808 y
1809 las tropas dr Napoleón par D. Agustín Alcaide Jbieca.
3 vol. in-8°. Madrid, 1830.
L'auteur, témoin oculaire des événements et chroniste officiel, eut a sa disposition non seulement la Gaceta mais une
foulc de documents qu'il emprunta aux Archives municipales
de Saragosse et qu'il négligea de rendre 2 • c·esl de ces documents qu'est formé presque en en tier le troisieme vol u me de
son ouvrage. D'ailleurs les pieces justificatives envahissent
meme les deux volumes de récit, qu'alourdissent, par exemple,
&lt;le longues proclamations de Palafox ou des comptes rendus
du commandement subalterne. Cette chronique confuse et
mal écrite n'est pas défendable au point de vue littéraire: elle
mérite tous les reproches que lui a prodígués, non sans

aigreur, un autre témoin oculaire, le colonel García Marín 1 •
:Mais pour Galdós, c'était une mine inépuisable de détails
précis el d'histoire anecdotique : il y trouvait, oulre la relation
circonslanciée des faits, un catalogue des principaux défenseurs de Saragosse avec J'exposé de leurs ex_ploits, une description minutieuse des lieux, et en fin un plan a grande échelle ou
figurent les ou vrages de forlification, les travaux des assiégeants, les démolitions de l'artillerie, 'les galeries de mines, en
un mot loules les indications de nature a faciliter l'intelligence des opérations. Galdós ne s'est pas fait faute de puiser
dans ce lrésor. D'ailleurs,'s•il ne nomme point sa source, parce
que de.telles références sont déplacées dans un roman, il lui
arrive de la citer entre guillemets (p. 190), en SQrle qu'on ne
saurait l'accuser de vouloir dissimuler la provenance de son
érudition.
Cetle ahondan te documentation lui a permis de réaliser dans
Zaragoza une densité de contenu historique qu'il n'a peut-etre
dépassée dans aucun des Episodios nacionales. Qu'on en juge
par le sommaire des principales concordances que nous avons
relevées soit avec Alcaide, soil avec Toreno. Nous renvoyons,
pour Zaragoza, a. l'édition complete des Épisodes (Madrid,
sucesores de Hernando) C'I pour Toreno, a l'édition Rivadeneyra (B. A. E., l. LXIV).

ou

1. Aparato bibliográfico para la historia &lt;Ú los sitios de Zaragoza, p. 183-184. Cette
bibliographie méthodique se trouve au tome IV des PablicacioMs del Congreso histórico i11temacionat de la Guerra de la Independencia y su época ( 1807-1815), celebrado en
Znragoza durante los días ft, a 20 de octubre de 1908. Saragosse, 1910.
2. Riba y García, op. cit. p. 184.

Ch. T, p. 7. Ruines de Santa Engracia (A. J, !)51).
Ch. 11, p. 11. Exploit d'Esteban López (A. lll, 112). La artillera
(.-\. l!I, 561. D. Andrés Guspide (A. III, 107) . - P. 1:l. Francisco Quílez
(A. lll, 117). D. Felipe San Clemente y Romeu (A. I, 219) . - P. ,3.
D. ,iiguel Salamero (A. III, 65). D. Mariano Cereso (T. 110 b
et 116 a). Défense de Santa Engracia (T. 115 b). - P. 14. Pepillo
H.uiz (A. f, :lo3 ). Mort de D. Antonio Quadros (.\. I, 204). - P. 15.
Incendie de l'hópital des fous (T. 115 b). D. Santiago Sas (A. I, H6).
D. Mariano Cercso, D. Marcos Simonó et Renovales (A. I, 199 sq.
passim). D. Lorenzo Calvo (T. 116 a). Martín Albantos (A. I, 216).
Vicente Codé (A. I, :l 13). D. Vicente ¡\{arraco (A. I, 217). La comtesse
1.

Fe &lt;U erratas y correcciones al estilo, lenguaje, contradicciones y equivocaciones de

a ,,bra ltiitórica ,te t,a cl,s m·-n1nbl~s sitio¡ de Zarago:a, por el Coronel de Infantería
Don Fernando García Marín. - Saragosse, 18H. -Opuscule as,ez rare, dont il existe
un exemplaire a la Bihliotheque du Sénat, de '.'lladrid.

�BULLETJ'I HlSPAIUQUI:

LES SOUl\CE~ BlSTOIUQUF.S DE ZARAGOZA

a

~le Bureta (A. I, 2:11). - P. 16. )fassacre de Frarn;:ais !'Arco de
Cineja (T. T16 a). Départ de Palafox (T. T16 a). - P. 17. Antonio
Laste (A. III, ro8). Hilario Lafuente (A. III, 119). D. Francisco lpas
(A . r, 20:i). - P. 18. Exploit de Codé (A. l, 213) ..
Ch. m, p. 19. Destruction volontaire des olivetles (T. 167 a). P. 23. Les fortifications de l'Ouest (A. III, 205).
Ch. IV, p. 27. ~ Nuestras carnes sólo se cubren de gloria&gt;&gt; (A. U, 9).
Proclama-tion dn 13 décembre (A. 11, 38). Appel aux débris de l'armée
du Centre (A. ll, /10). - P. 28. Arrivée des troupes assiégeantes
(A. 11, 45). - P. 29. Poste occupé par le bataillon de las Peñas de
San Pedro (A. lll, 80). Batlerie des Martyrs (A. 11. 16). Fortifications
adjacentes (A. lll, 206).
Ch. Vl, p. 41. Saint March el O'Neille (A. ll, 46). Liste d'unités
prenant parl al'action (A . 11, 46 sq. passim, et Ill, 74). Abandon de
Monte Torrero. - P. 42. Destruction du pont d'Amérique (A. ll, 47).
D. .losé Manso et D. \driano Walker lA· II, 46). D. Pedro Villacampa
(A. 11, Lt8). Yolontaires de Catalogne (_A. 11, 49). Renovales (A. 11, 46).
- P. 43. Altaque de San José (A . lf, !17). - P. 44. La cloche de la
Torre ~ueva (A. II, 49). - P. 45. Défense de J' \rrabal (A. 11, 48). P. 46. La cavalerie sur la place de la Seo (A. II, 48). - P. !17. Feux
croisés de San Lázaro et du Macelo (A. 11, 52).
Ch. VII, p. 4g. La foule sur le champ de bataille. - P. 5o sq.
La foule l'église du Pilar (A. 11, 54).
Ch.
p. 57. Réponse de Palafox
Moncey (A. lf, 61 el 63).
P. 58. Opportunité des sorties (A . II, 67). Sortie de Renovales
(A . 11, 65). Sorlie d'O'~eille (A. II, 67). - P. 59. Les travaux de la
premiere parallele C'\, 11, 68). - P. 59-6'.l. Sortie du 3 1 décembre
- (A. 11, 69-78). - P. fi1. La cavalerie laille l'ennemi en pieces. Frani;ais bnil~s vifs (A. II, 70). - P. 62. On bat la générale au Mont
Torrero (A. lf, n). La póele de Pirli (A. U. 77). - P. 64. Allégressc
populaire (A . 11, í8). Décoration commémorative (A. IT, 79). - P. 65.
Proclamation (A. II, 79).
Ch. IX, p. 65. Positions du Midi (A. 11, 84),- - P. 66. Juno! remplace Moncey (A. 11, 83). Le réduit du Pilar. Organisation du commandement (A. ll, 98). lnscription du réduit (A. ll, 15). - P. 68.
Escudo de premio y distinción (A. lll, 29). - P. 69. El Padre FraJ
\fateo del Busto (A . lll, 136). D. Pedro Ric \T. 171 a). - P. 71.
Manuela Sancho (T. 168b. - A. ll, 8:i). - P. 74. Casta Alvarez
(A . 111,57).
Ch. X, p. 16. Ouverture du feu (A. 11, 91). - P. 78. Renovales
défend San josé (A. II, 9'.l sq.). Les défenseurs écrasés sous les ruines
tT. 168 b). - P. 79. Allaques du 10 et du 11 janvier (A. 11, 89 sq.).
- P. 80. Feu d' enfer contre le réduit du Pilar; la panique (A. ll, 99).
- P. 83. Proclamation de Palafox (A. ll, 107).

a
vrn,

a

Ch. XI, p. 83. Les Fran&lt;;ais

a San

133

José. Manreuvres d'approche

(A. 11, 102). Proclamation du 1!1 janvier (A. JI, 109). - P. 84. État
lamentable du réduit du Pilar ( A. 11, 111 ). Confection de sacs a terre
(A. 11, r t0). - P. 85. Abandon du réduit (A. ll, 11 :i a 114). P. 86-88. AITTux de fausses nouvelles. Allégresse populaire. Le bombardement redouhle (A. 11, 114-115).
Ch. XII, p. 88. Sortie du 22 janvier (A. II, 126). Défense du moulin
hnile (A. 11, 134) . Cinquante bouches feu (A. ll, 122).-P. 89. Réponse de Palafox Lannes (A 11, 1'.lí)- - P. 90. D. Manuel Lasartesa
(.-\. 111, 28). D. Antonio la Casa (A. lll, 109). D. José '1artínez
(A. III, 1:15). D. Vicente Casanova (A. 111, 144 ). - P. 92. Junta de
Abastos (A 111, 196). D. Juan Gallart (A. III, 130).
C:h. \.11(. p. 102 :\toulin poudre (A. 11, 131). - P. 106. Travaux
de défense du faubourg des Tanneries (A. lf, 130). - P. 1oí.
Description des fortifications de l'Est (A.-11, 13l1-r35 et III, 207). P. 111. Le gibet (A. 11, 173).
Ch. XVII, p. r4o. Trois breches ouvertes. Abandon du moulin de
Goicoechea (.-\. II, 133-134)- - P. 142. Altaque de la maison González
el de la batterie des Martyrs (A. 11, 136).
Ch. XVlll, p. 146. Les FranQais sont maitres de la batterie des
\fartyrs, de S 1• Engracia et des Trinitaires (A. II, 137}.- P. 14(i sq.
La guerre des maisons (A. 11, 139) - P. 148. Premiere attaqne de
Santa Mónica. L'ennemi, échouant, se relranche dans les maisons
voisines (A. 11, 141).

a

a

a

a

Ch. \.IX, p. 156. Incendie de la Andiencia(A. II, 143).
Ch. XX, p. 167. Pendaison de D. Fernando Estallo (.\. II, 173). P. 168-169. Proclamation de Palafox (A. 11, 147). Echec des Fran&lt;;ais
contre Santa )tónica (A. II, 149-151). - P. 169. \'ouvelle attaque et
prise de ce couvent (A. Il, 153). - P. 170. Les derniers défenseurs
perccnt une ouverture pour s'échapper (A. ll, 154). dieta, Paúl. Benedicto, Oliva (A. n, 153).

P. 171. '1en-

Ch. XXl, p. 172. Guerre de maisons du coté de Puerta Quemada
(A. ll, 16í sq.). - P. 180. Contre-attaque au couvenl des Trinitaires
(A. 11, 155). - P. 182. Les Franc;ais font sauter le mur qui séparc
San \gustín de las }tónicas (A. 11, 163).
Ch. XXII, p. 183 sq. Défense de San Agustín(A. 11, 16;l-16l1J.
Ch. XXIII, p. 190. Intentions et situalion de l'ennemi (A. JI, r65).
- P. 197. Palafox aux poinls menacés (A. 11, 14:i).
Ch. XXIV, p. 198. Guerre de mines dans le quartier de la Magd:ilena (A. II, 1rl).
Ch. XXVI, p. 221. Prise du couvent de Jérusalem (A. 11, 172).
Proclamation du 2 féHier (.\.. 11, 17 1). Proclaniation du !1 février
(A. 11, 17'1). Proclamalion du 9 février(.-\.. ll, 181). - P. n2. Les

...

�134

IWLLETI~ HJSPA'ITQUE

Frani;ais commencent a miner en &lt;lirection de l'Hopital el de San
Francisco (A. II, 183-185)
Ch. XXVII, p. 232. Attaques conlre l' \rrabal (A. JI, 179). Bombar•
dement de l'église du Pilar (A. II. 180).
Ch. \XVIll,p.240. SasetLaCasa(A.11, 179). Piedrafita(A.ll, 191).
Escobar (A. III, 115). Leiva (A. ll, 189). Canon de l'Arco de Cineja
(A II, 185). - P. 244. Explosion de San Francisco (A. JT, 185). P. 246. Batlerie de la Subida del Trenque (A. II, 190). - P. 248.
Défense désespérée du clocher de San Francisco ( !\. 11, 187). Casa de
Sáslago (A. II. 189).
Ch. XXIX, p. 249. Destruction de l'Université (A. II, 208), de la
capilla de la Sangre ( A. II, 191 ), de la casa de Aranda (A. II, 210). P. 251. Effondrement de la ruedes Arcades (A. II, 210).
Ch. XXXI, p. :178. \1eurtre de Mosén Santiago Sas et du P. Basilio
Boggiero (T. 171 b). - P. 279. Vol des bijoux de \'otre-Dame
del Pilar (T: 172 a).
L'intéret - et l'excuse - de ce long index de référcnces,
c'est qu'il permet, en feuilletanl le l'Oman de Galdós, d'y faire
immédiatement le départ entre les éléments historiques et les
éléments inventés. Et l'on ne peut se délendre d'un certain
étonneme.nt en voyaot combien de détails intimes qui, a premiere vue, pouvaient sembler depure invention, ont été pris
a la chronique d'Alcaide ou au)( documenls authentiques qui
s'y trouvent inclus. Parmi le butin que Pirli rappol'te de la
sortie du 31 décembre figure une poele « en la cual aún habia
restos de almuerzo, comenzado en el campamento frente a
Zaragoza y terminado en el otro mundo n (p. 62). On ne
s'attendait certes pas a 1·etrouver ce détail dans le rapport de
Renovales : ll .:. habiendo tomado nuestras tropas cuatro
mochilas, seis fusiles, tres mantas, un poncho, una bota. y una
sartén con que estaban guisando de comer n. (A. II, ¡7.) Bien
peu nombreuses sont les précisions de lieux ou de personnes
qui ne reposent pas sur l'autorilé d'Alcaide ou de Toreno '·
Galdós a meme poussé le scrupule jusqu'a consulter attentivement, au tome Tll d'Alcaide, la liste· des unités dont la présence
, . :'ious n·en pou,·ons guere cíter que deut ou lrois : les noms du sous,-lieu~aant
D. \ligue) Gila (p. 12) et du commer,;,ant D. Pedro Pizueta (p. 92); - 1 ex_plml du
marquis de Pino Hermoso ala tele du lntaillon d'Orihuela (p. 243). !\ous ignoran~
rgalement ou Galdós prend l'orlhographe &lt; Cereso» au lieu de, Cerezo• (p. 77, n. 1).

LES S0URCB1' HJSTORTQl'F:S OR lARAl:()7,.4

135

a été conslalée sur les différents poinls du champ de bataille,
et il a soin, en général, de ne faire intervenir le bataillon de
las Peñas de San Pedro que Ht 011 sa présence est attestée. ~i
nous laissons de coté la trahison de la Casa de los Duendes,
inventée de loule évidence pour les besoins de l'intrigue romanesque, nous ne voyons guere dans Zaragoza qu'une invention
-importante superposée a la vérité historique et la·dénaturan t:
la conduile héro'ique de Manuela Sancho ramenant au combat
les défenseurs du _réduit du Pilar (p. 81). Non seulement
Alcaide n'en dit ríen, mais il n·en est pas question non plus
dans les Mémoires du lieutenant-colonel García Marín ', qui fut
l'un des principaux acteurs de ce tragique épisode, puisqu·il
était parmi les officiers qui se lancerent, sabre au clair, audevant des fuyards. Galdós 11 'a pas résisté a la tentation de la
« scene a faire », a l'attrait d'une antithese un peu trop facile
entre l'affolement des soldats aguerris et l'héro'isme d'une
faible fcmme. Le tableau laisse une impression douteuse,
ou le charme désuet de rimagerie populail.'e se mele a la
grandiloquence de certaines compositions rnmantiques.
}iais si Galdós n'ajoule que tres rarement a la matiere
hislorique que lui fournissen t ses sources, il n'est pas moins
intéressant de noler qu'il en retient le ma)(imum de faits et
d'anecdoles, comme s'il avait ,oulu présenter un tableau
complet de la défense de Saragosse. Bien caractéristique a cet
égard est le deux:ieme chapitre, ou le mendiant Sursum Corda
raconte a batons rompus les prouesses du premier siege. On
comprend par quel souci d'unité et de concentration dans le
temps Galdós a circonscril l'actjon de son roman dans les
limites du deuxieme siege; mais on comprend aussi que son
dessein de vulgarisation luí ait suggéré cet artífice pour
brosser un raccourci du premier, en guise d'introduclion.
Zarago:a apparait a'onc ~omme une image épique et libre de
cet épisode grandiose, réunissant tous les traits d .héro'isme ,
, . .lfernorias para servir a la historia militar de la Guerra de la insurrección española,
desde su principin en 1808 hasta su fin en 18H. - Resumen ... del segundo sitio de la
inmortal Zaragoza - Defensa heroica del memryrable reJuclo llama.do del Pilar, ele ...
'danuscril coo~ervé a la 'Bibliotheque du Sénal de ,tadrid. - Sur l',1dition tle ces
mémoires, publiér en 1817. cf. Riba y García, op. cit., p. 273.

�u ;s

BULLBTl!f BISPANIQUlt

toutes les scenes d'horreur, et mat'quant a,·ec une netteté
:mffisante l'enchaincment des événements militaires. Toutefois,
une réserve s"impose au sujet de la fin du livre. Galdós, en
imaginant la trahison de Candiota et son chatiment, a cédé au
besoin de lier étroitement la catastrophe de la défense de•
Saragosse, la catastrophe des amours d'Agustín Monloria.
Mais il a sentí que ce double dénouemenl tragique ne pouvait
etre accompagné ni suivi d'un brillanl récit d'action mililaire
sous peine de diviser L'inléret el de compromeltre l'émotion;
et c·est pourquoi il n'a pas hésité
passer soui; silence
l'attaque de !'Arrabal, qui ful vraiment le dernier coup porté
a la résistance, et, bien plus que la prise de San Francisco,
le fait qui u décida du sort de la ville » (p. 240). Tres habilement, il enveloppe les derniers jours de la défense daos la
brume incertaine d'un cauchemar (u Vele lejos de mí, horrible
pesadilla ... », p . ~67 sq.). Le héros ne sort de sa torpeur
fiévreuse que pour dire adieu aux survivanls de ses compagnonid'épreuve, ombres blemes, exlénuées, enant dans la ville
prise ou regne le silence de la désolation el de la défaite.
On voit quelles inlentions artistiques, d'ailleurs inégalement heureuses, répondent les libertés que Galdós prend avec
l'histoire, soit par · addition, soit par omission. Ces libertés
sonl fort peu nombreuses, et il en résulte que Znrngoza a une
valeur immense comme ceuvre de vulgarisation historique.
Faut-il souligner le caractere forcérnenl artificiel du genre?
Ce caractere éclate si l'on compare les Episodios nacionales
des ceuvres d'une élaboration plus subtile telles que les Memorias de un hombre de acción, que cerlains critiques saluerent,
lcur appari lion , du tilre de « nuevos episodios nacionales ».
Chez Baroja, l'histoire est habilemenl dosée, traitée en fonction
,du héros, vue sous l'angle particulierd' Aviraneta. Chez Galdós
l'histoire est traitée pour elle-meme: Araceli est partout, il
6ait tout, et domine les événements auxquels il assiste comme
pourront le faire les historiens de l'avenir. Mais ce qui est
surprenant, c'est la maitrise avec laquelle Galdós a joué de cet
artífice, l'al't avec lequel il nous fait accepler cette convention,
la Yie qu'il a su communiquer un récil dont presque tous les

a

a

a

a

a

a

•

SOLI\CES HISTOIUQUES DE ZARAGOZA

éléments, et parfois les mols cux-memes, tui étaienl fournis
du dehors.
Quelques citations paralleles monh·eroQt mieux commenl il
cnlend son role de vulgarisateur, et le pal'li qu'il tire de ses
sources.
Parfois son intervention se borne abl'éger sous une forme
plus nerveuse la matiere donnée par Alcaide.

a

ALCAIDE

(II, p. IJ4-ll5).

Ya l'uese que Palaíox tuviese
noticia de que Perena había reunido algunas tropas, o por mejo1·
decir paisanos mal armados, ~a
que en realidad recibiese por
algun conducto papeles de otras
partes, lo cierto es que el , 7 al
medio día dh·ulgaron iba a publicarse una gacela muy interesante ... Su contenido se reducía a
que en Cataluña habían sido
derrotados los francesrs, y que
Reding tenía un ejército de sesenta
mil hombres; que el marqués de
Lazán , de~pués de haber arrollado
las fuerzas que el enemigo tenía
en el Ampurdán, había entrado
en Francia, llevando el espanto
por todas partes y enriqueciendo
el ejército con los despojos; que
venía a auxiliarnos una gruesa
división de Reding y otra del
duque del lnfanlado: que Blak.e
) la Romana con los ingleses
habían derrotado a ~apoleón,
matándole veinte mil hombres,
incluso Berthier y Ney, y herido
a Sabary; y que de sus resultas
estaba aquél sitiado en el Paular.
Ultimamente que habían llegado
a Cádiz para nuestro ejército diez
y seis millones de duros ...

GALDÓS

(p. 86-87).

\o sé si efectivamente llegaron
a Zaragoza tales noticias, o si las

sacó de su cacumen el redactor
principal, que era D. Ignacio
Asso; lo cierto es que en letras de
molde se nos dijo que Reding
venía a socorrernos con un ejército de sesenta mil hombres; que
el Marqués de Lazán, después de
derrotar a la canalla en el norte
de Cataluña, había entrado en
Francia, llevando el espanto por
todas partes; que también venía
en nuestro auxilio el Duque del
Infantado: que entre Blak.e y la
Romana habían derrotado a ~apoleón, maldndole veinte mil hombres, inclusos Berthier, ~ey }
Savary, y que a. Cádiz habían
llegado diez y seis millones de
daros enviados . por los ingleses
para gastos de guerra. ( Qué tal~
eSe explicaba la Gn.cela?

�138

IIULLETIN HISPA.,IQU-E

1.ES SOURCES IIISTORIQUES DE 7.AIUf.OU

11 seraiL absurde de crier au plagiat. Le romancier en use

a l'égard

du chroniste comme celui-ci a l'égard de la Gacela
qu'il analyse : pour Galdós l'histoire d'Alcaide est un docu111ent sur lequel la vulgarisation a tous les droits. - L'exemple
suivant nous offre déja un agencement plus libre des éléments
utilisés.
ALCAIDE

(II, p. 173¡.

En este día apareció a los ojos
del pública un espectáculo sobremanera triste. La noche anterior
cayó una bomba en la casa ustensilios, si ta junto a la plazuela de
la Cebada, y habiéndose incendiado, entraron varios paisanos,
los cuales hallarnn una porción
de camas de las correspondientes
a dicho rnmo, } como los enfermos se iban multiplicando extraordinariame nle y había tantos
hospitales, comenzaron a declamar. No fué necesario más para
proceder contra el guarda-almacén
don Fernando Estallo. Todos lo
apellidaron traidor, lecondujeron
en seguida a la cárcel y en ella
sufrió la pena de garrote. Por la
mañana apareció suspendido en
una horca colocada en la calle del
Coso frente a la subida del Trenque, con un cartel al pecho que
decía : por asesino del género
humano, a causa de haber ocultado veinte mil camas.

GALDÓS

(p. 167-168).

Detúvose el pueblo irritado
junto a la subida del Trenque,
donde estaba la horca, y- al poco
rato uno de los dogales de ésta
suspendió el cuerpo convulso de
un hombre, que se sacudió en el
aire hasta quedar exánime. Sobre
e) madero apareció bien pronto
un cartel que decía : Por asesino
del género humano, a causa de
haber ocultado veinte mil camas.
Era aquel infeliz un O Fernando
Estallo, guarda-almacén de la
Casa - uslensilios. Cuando los
enfermos y los heridos espiraban
en el arroyo y sobre las frías baldosas de las iglesias, encontróse
un gran depósito de camas, cuya
ocultación no pudo justificar el
citado Estallo. Desencadenóse
impetuosamente sobre él la ira
popular, y no fué posible contenerla. Oí decir que aquel hombre
era inocente Muchos lamentaron
su muerte; pero al comenzar el
fuego en las trincheras, nadie se
acordó de él,

a

citations parallelcs de celle longucur. Un grand nombre
des concordances que nous avons notées plus haul se réfcrent
a de simples allusions , a des précisions jetées incidemmenl
duns le récit pour lui donner un air de chose vécue. Assez
souvent, pourtant, Galdós Lravaille sur ses sources historiques
comme sur un canevas, ou comme sur une matiere a développement pitLoresque.

(NoLons au passage l'artifice qui consiste faire dégage1·
Araceli le j ugement moral, la présomptiou d'i nnocence
n 'étaienl qu'implicitcs dans les termes d' Alcaide : « no
necesario más ... )l.)
11 Y~ sans dire qu'on ne pounail pas multiplier a l'infini

par
qui
fué
des

TonENO (p. 115 b-r 16 a).

GALDÓS

(p.

15).

Prendióse fuego, y los enfermos
Los enfermos, viendo que los
que quedaban, arrojándose por las • techos se les venían encima, se
ventanas, c.:~ían sobre las baJ·o- arrojaban por las ventanas a la
nelas enemigas. Entre tanto los calle. Otros se iban arrastrando
locos, encerrados en sus jaulas, y rodaban por las escaleras. Ardían
cantaban, lloraban o reían, según los tabiques oíanse lamentos, y los
la manía de cada uno ...
locos mugían en sus jaulas como
. . Dueños de aquella parle fieras rabiosas. Otros se escaparon
sentaron los enemigos su águilas y andaban porlos claustros riendo,'
victoriosas en la Cruz del Coso, bailando y haciendo mil gestos
templete con columnas en medio graciosos que daban espanto.
de la calle del mismo nombre.
Algunos salieron a la calle como
en día de Carnaval, y uno se subió
a la Cruz del Coso, donde se puso
a sermonear, etc ...
Le procédé d'amplification est tlagrant: c'est un travail volontaire qui, des sobres irul.ications de l'histoire, fait sortir tout le
piltoresque qui y était virluellement contenu. Mais ce qui est
particulierement curieux ici, c'est la dé marche irnprévue et vraiment créatríce par laquelle l'imagination du romancier utilise
celte image de la Cruz del Coso que le récit de Toreno lui
olfrait quelques lignes plus loin, mais sans líen avec la scene.
On pourrait établir une série ascendante, depuis des passages
tels que le précédent, ou la transformation estencore sommaire,
jusqu'a des créations beaucoup plus libres, dont les sources
historiques n 'ont fourni que le point de départ. c·est au terme
de cette série que nous trouverions les plus helles pages de
Zaragoza : le tableau des ruines de Santa Engracia (p. 7),
étonnante transfiguration d'une description précise, mais un

�IQO

BULLETl:"I HLSPAJHQUE

LBS SOURCES HISTORIQUES DE ZARAGOZA

peu seche; le récit épique de la défensc de San Agustín
( ch. XXII), pour lequel Alcaide n 'a donné q u'u n canevas assez
incolore; enfin la scene de Notre-Dame del Pilar (ch. VII), qui
est sortie de cettc simple phrase: &lt;&lt; La capilla de :'\uestra
señora del Pilar al anochecer estaba colmada de un inmenao
pueblo, que concurrió a desahogar sus afectos religioso•. &gt;A
11 est impossible de citer toutes ces pages célebres. Du res~,
nous ne nous sommes pas pt·oposé de suivre l'imagination de
Galdós en plein essor, réservan t nolre attention pour le
moment précis ou elle quitte le sol, 011 elle perd le contact
des textes historiques.
Nous permettra-t-on de mentionner pour finir un drame
d'Antonio Hurtado et Gaspar Nt'ii1ez de Arce, donl Galdós
semble s·etre souvenu en écrirnnt son roman~ \ous ne prétendons pas le ranger parmi les sources historiqucs de Zaragoza.
)fais il s'agit d'un drarne inspiré par le meme épisode de
l'histoire nationale, et Riba y García I omet de le ciler parmi
les reuvres littéraires se rapportant au siege de Saragossc.
La Jota rtragonesa• fit son apparition sur la scene de la Zarzuela
en 1866, I'année meme ou Galdós débutait dans la presse
maddlene comme critique liltéraire et dramalique. II est forl
probable qu'il vit joucr cctte piece. On ne peut tirer aucun
argumcnt décisil' de la ressemblance entre D. José Monloria
et D. Pablo Lizana: ce sont deux typcs rcprésentatifs de
l'Aragon, assez forlement styliséti. Mais la réceplion que
Montoria fait a Araceli et a D. Roque rappelle de bien pres
l'accueil du vieux Lizana aux .soldats qui viennent défendre
Saragosse :

LA

JOTA ARAGONESA

( A. l. Se. l[l).

Pablo.
Mas ai así tan mano a mano
seguimos aquí los tres,
1.
2.

GALDÓS

(p. 21).

Sepan que no me fallan
diez docenas de jamones colgados
en el techo de la despensa, ni
veinte cubas de lo añejo. . . Ea

buena tripa pondrá pues
ese sargento cristiano.
eNo hay un lomo que freír ?
No hay jamón que preparar?
o va en ayunas a entrar
y en ayunas va a salir?
Carmen.
¡ Oh ! no, eso no.

muchachos, entrad adentro y
mandar que frían obra de cuatro
libras de lomo, y que estrellen dos
docenas de huevos, y que maten
seis gallinas, y saquen de la cueva
siete jarros de vino, que yo lambien quiero almorzar ...

Pablo .

Pues dispón,
que hoy cuantos van contra
[Francia
dueños de mi casa son.
Ajoutons que D. Pablo Lizana a, comme D. José MonLoria,
un fils séminariste qui vole au secours de la patrie oppri mée :
il est vrai qu'il n'est ni amoureux ni romantique, et que l'intrigue du rornan se déroule dans un tout autre ordre d'idées
et de sentiments que celle du drame.
Mais il ne saurait etre question d'étudier ici les sources
littéraires de l'intrigue romanesque. Il faudrait entrer daos
le domaine des influences incertaines, des filiations discutables,
et nous avons seulement voulu montrer quelle base solide
l'étude des sources historiques peut donner a !'examen critique
des Episodios Nacionales. Elle devrait etre étendue a !'ensemble
de cette reuvre immense si l'on voulait quelque jour définir
dans toute son ampleur le talent de vulgarisation de Galdós,
démeler les formules diverses selon lesquelles il combine
histoire et fiction. A.u milieu de cette diversité, la cocilparaison
dégagerait sans doute les procédés fondamenlaux du romancier les démarches les plus constantes de son imagination
créa,trice, fournissant ainsi de précieuses indications a qui
voudrait analyser son art dans la tola lité de ses reuVI"es.
~l. BATAILLOi\.

Aparato biblwgráfico . .. p. 2 r 5.
La Jota aragenesa. Drama en !res aclos y en verso, original de Don Antonio

Hurtado y Don Gaspar Núñez de Arce. - llepresenlado en el teatro de. la Zarzuela.
el dia •~ de diciembre de 1866. - ',[adrid, imprenta de José llodríguez, Calvario,
18. - 1866.
Bull. hispan.

10

�.....

f( té _.._ ele lui -.YOlt Jli'N 1a rue '1llliall d-. GarcUuo, publWe
,ve remando de Berren: e wbloh I ha4 mvain-,ht for in ~
ooiW!on• nf'lll."'Dilh boob, bolh pllblic ud ~ato. t:'°51ioQ de

VAllIÉTES

a

J. H. Wi6'en.
. Sauf une cilation tres coorte dan1 la liltérature espagnole de
l'ickoor, ou le 118vant américain traite
dédaigneusement de .la
vie et de la traduclion du Garcilaso de J. H. Witren (trad. allemande
de N. H_. J ulius, t. I, 387 ), je ne vois pas que peraonne ail eJICOre
rend.ujusticea ce remarquable ouvrage, qui, vu 118 date (18,3¡, peot
pasaer pour une précieuse cootrlbulion de l"hiopmisme anglais
au x1x• •i~le. Le volume est inlitolé : • The woru or Gtlrcila110 de-"
Vega, 1urnam~ the prioce or caslilian poeta, ll'llnslated info En¡liah
~ene; wilh • critica) md historical us■y ob spaniah poetry, and •
bfe oí the author. By J •• ff. WiOen. - Loodon: Prinled for Horat,
Robinsen, and Co, 90, Cheapside, and 8; Pall-Mall, 18,3. »
J. H. Wift'en étail ·te frere de Benjamin Barron Witren J'6diteur
'
avec D. Santiago Usoz i Río, des R•/ormi11tu anliglJ06 &amp;pallot.1 ,
do?' .Ed. Boeh~er ~ poblié, en lrois volumee, la bio-bibliopaphie
(Bibliol/uca Wi8"e1W1na. Spanu1t. Reformar, qf lrDo Clllturi#
/rom ~520. Slrasburg el London. Truhner; 18¡4-19(14.) JI mooru&amp;,
noua dit sa filie, Mary laaline W. Witren : • in the noontide ól hu
career J. H. Wift'en was removed by death at the early age ot 45 In
May 18116» (Vie de B. B. Witren; Boehmer, t. I, p. 8.)
• D11111 aa préface, dal6e de• WoburnAbbéy,4 lb llonlh8 lh, 1825 ••
ll se récl•m• de D. José Maria Blauco (depaia !111 conYRnion au
protealanlisme : • the Rev. Blanco Wbite • ), et de J(. Heher. Voici ce
qu'il dit du premier: • I cannot forego lhe pleuure of ftnl acbnowl~ng the great advanlage I bave derived from lhe lr.iDd reviaion of
my MSS by the.Rev. Bla~co White. That genUeman'a dealre lo aid in
any thing lhat might seem to serve lhe reputation or bis counlrylhe country, whoae cualoms and instilullona he ha1 povtrayed wilh
1uch vivid inleresl, originality, and talent, joioed fo bis nalive goodnese of hes~, coold alone bave led-h_im fo volunteer bis -.ices, in a
-eon of sickness, lo one nearl7 a stranger and if I submil lhe
followiog pages to lhe public witb aoy degree of conJldence Íll ¡~
favour, it is from lhe m1ny improvements to wbich hie f'riendly and
judicious crilicisms have led. • Quant au 18COnd, le bibiiophíle Beber,

·••sez

.

t la 6litl l.la BWlotJaeip Nationale de
.,_(Yg. Ris. 41), etlla BlbliollMquede
¡E. 19&amp;-t).
Le contenu du l!YN eat le auinnt : • Ea-, on apani2h pietry •
(1"11a) • « We or Garcilaucu (&amp;5-167); • Versea on the death of
~ , (171-1.,S). Pulscha t.,logues, dN twgiea,desOdea et det
Sonnete, el, la In, DD appeodice, ou
dhe.-- traduotioDs :
d'abol'd J'éloge dee pelitei • - de t'archiprkre de mta, la proph61ie do Tage de Lula de Ltoa, - Abel Hapl'avail imprim6e, dau
la venlon arlglnale, den - plaa lb&amp; , Boma,u;ero • lii11Drla d6l rrr
• B,pdtl Don Bodrlfo, po,lnro tü lol Godo, en laig114ge '!'11111• i
, fllOJJIIDila , - AW Hago. Paria, 18111, - dea po/imM la~ dt
~ . etc. L'a...l aar la poéeie upagaole, qui
dee oritiJlllqD'ai, e "tabli_8D, del hons modMw •• eat rempli de citallou
a Jau de 11-. Sanllllalla, CutilleJo, etc., tradailel • aaglala, al
iJ :me ~ que Jea amateun d'aojollrd'hul feraial bien de a'en
111 plnr. Le Yle de Garcil8lo 811 ~te a'NIC 8andonl, Paul love, i1t
dOOllllen• de Berren Bembo, Zapata dua - lli,CllllanMI, • le
•
Smt - - - I n
8'ncbez lt (IIOJ&gt;Oa de IOD '11ilioll
ele ~ publiée en 1674. Toot cela indique che&amp; W-lh rz;:hn::ae ,ppriclable de la poÑú' 71p1poleat nne~ nfflMnbl
_._..,_ poor la ..._..pble do pMle.
Gudwlo par Henwa ·ea1

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v-m.

uy•

Y'

,

Pnncl-.

A.

11,.r.

'

�BlBLIOGRAPHJE

BIBLIOGRAPHIE
Berragaete y su obra, par R. de Orueta. Biblioteca Calleja,
Madrid, 1917.
L'auteur m'en voudra-t-il si je commence par pester contre l'idée
malencontreuse qu'on a eue de réunir dans le meme volume l'édition
castillane de son travail et la traduclion franyaise? Pourquoi n'avoir
pas séparé les deux? Pourquoi alourdir un livre qu'on voudrait
emporler avec soi comme manuel d'excursion aux sanctuaires disséminés qui servent de musée
cet artiste fécond? Cambien de fois
n'ai-je pas regretté, de mCme, que la Gula de Toledo du vicomte de
Palazuelos (comte de Cedilla) doublée elle aussi de sa traduction,
conslitu.1t un de ces fardeaux dont on hésile
bourrer sa valise,
et surlout sa poche ! Allons ! MM. les Espagnols qui écrivez pour
faire connaitre les merveilles de votre pays, ayez pitié des pauvres
voyageurs !
M. R. Orueta s'est fait une spécialité de la sculpture espagnole. J'ai
dit ici-meme l'intérel de son livre sur Pedro de Mena (Bull. hisp., 1914,
p. 492). Il a publié depuis, d'aulre part, une étude sur la sculpture
funéraire en Espagne et il en a annoncé d'autres .
·
Dans la présente ceuvre, il consacre un premier chapitre préliminaire a une esquisse de la sculpture castillane au d ébut du xvx~siecle;
un second chapitre aux influences qui se sont exercées ou ont pu
s'exercer sur Berruguete; un troisieme a une biographie, et un quatriCme au catalogue des ceuvres, y compris les dessins et les ceuvres
douteuses. Une ahondan te bibliographie est jointe au volume, qu'illuslrenl 166 figures hors texte. On voit qu'il y a la taus les élémen-ts
susceptibles de documenter lelecteur, qui pourra adcnirer en connaissance de cause et sur d'assez bonnes reproductions photographiques
l'étonnant Saint Sébastien (cinq planches) et les autres pieces du
retable de San Benito de Valladolid (Musée de cette ville), les retables
de San Andrés a Olmedo, du College des Irlandais a Salamanque, de
l'Adoration des Rois a Santiago de Valladolid, de la Visitation a
Santa Ursula de Tolede, de l'église de Santiago a Cáceres, les stalles
du chreur de la cathédrale de Tolede, les portes de la cathédrale de
Cuenca et de Santa María de Castejón a Huete, la Transfiguration
a l'église San Salvador d'Ubeda, le sépulcre du cardinal Tavera
a Tolede. Des photographies d'ceuvres italiennes (de Micbel-Ange, de

a

a

Giacomo della Quercia, de Donatello, de Ghiberti , de la Chapelle
Sixtine, du Laocoon) suggerent, avec les remarques de l'auteur,
d'uliles comparaisons. Des dessins et deux autographes completent la
collection.
Cet ouvrage de vulgarisation qui s'appuie sur de nombreux travaux
cités par l'auteur et sur ses études personnelles, ne peut qu'etre bien
rec;.u de tous ceux qui aiment a étre éclairés dans l'admiration de
l'art espagnol.
On appréciera sans doute. son prernier chapitre, oll il cherche a faire
saisir Les dill'érences et les analogies d'inspiration et d'expression que
présente l'art espagnol et l'arl septentrional, d 'une pa rt, et l'art i talien,
de l'autre, jusqu'au momenl otl parait Berruguele. IL y a lil un aper&lt;;.u
rapide et général, suffisamment illustré d'exemples pourtant, d'oll
ressort la personnalilé de la sculpture espagnole, encore gothique
alors, forternent impressionnée par l'influence franyaise, mais caractérisée par des tendances visibles et nettes.
On lira avec plus d'intéret encorc le second chapitre, oll avant
meme de nous donner les délails biographiques qui ne sont relatifs
qn·a l'homme, M. de Orueta s'attache a déterminer les influences
subies par l'artiste, particuliCrement comme sculpteur et occasionnellement comme peintre; ses affinités italiennes (Donatello, Brunellesco, Quercia, Gbiberti, c'est•ll.•dire les plus gothiques); ses grands
modeles antiques (le Laocoon); son principal maitrc (~lichel-Ange) ,
dont iL a la tendance a l'expression, au mouvement (spirituel avant
tout). Yoici comment M. de Orueta définit sa maniere:
Lo que a él lo caracteriza es el retablo de San Benito, el de Salamanca,
el de Santiago, el de Santa Ursula y el de Ubeda; esta es su manera pecu•
liar, en la que unos escasísimos planos bastan para componer toda una
figura; con grandes superficies completamente vacías, sobrias, sin el menor
matiz; exagerando la importancia de los contornos; bastándole dos o tres
surcos para dar la impresión de un ropage; dislocando a veces los miembros
y siempre alargando las figuras. Este es el Berruguete personal y vigoroso,
que sabe armonizar la técnica de su ejecución con las direcciones de su sensibilidad. Y lo mismo es el pintor : un contorneador expresivo. que rellena
sus siluetas como mejor puede; su interés y su arle está precisamente en el
dibujo de esta silueta, Lo que quiere es hacer sentir, y ha de enderezar sus
trabajos para que estén en armonía con sus deseos; por eso si aprende la
técnica italiana de su tiempo, no la emplea siempre, prefiriendo la tradicional de los góticos 1 • • •
•
Plus concretes sont les observations qui suivent, touchant la proporlion et l'anatomie des figures traitées par Berrugucle~ les malériaux
qu'il a employés (le bois de préférence), la polychromie, la disposition
1. P. 59. Si je reproduis le passage en espagnol, ce n'esl pas queje dédaigne la
traduction, qui me parail au contraire bieo faite, mais comme je ne suppose pas
qu'elle soil de l\l. de Oruela lui•meme, il me parait mieux de le ciler dans !'original.

�l46

IIULLBTlN HISPA:VIQUE

BlBLIOGRAPHIE

des ensembles. Ce que furent ses disciples, M. Orueta nous le dit sans
indulgence, comme il nous fait comprendre commenl Berruouete est
en somme un isolé daos l'art castillan (3. moins qu'on ne le r:pproche
du Greco, avec lequel il a réellement une parenté bien visible), et
méme peut-étre jusqu'li. un certain point un incompris, de son teIDps
d_u moins; _comment enfin il est le type achevé du style (( baroqne ,,,
s1 le caraclere le plus essentiel de ce style est la suggestion, et la
suggestion par le mouvement.
C'est seulement apres cet exposé doctrinal et d'ailleurs quelque peu
philosophique, que M. Orueta place sa notice biographique sur Berruguete. Né entre 1486 et 1490, saos doute a Paredes de Navas, celui-ci
alla en ltalie, d'ou il était déja de retour en 15,o. Y a-t-il vu les cartons de Michel-Ange? C'est ce qu'affirme Vasar\ selon lequel il aurait
d'autre part exécuté une copie en cire du Laocoon daos un.s;~ncours
ju,gé par Rapbael. En Lout cas, il semble élabli, d'apres M: de Oruela,
que Berruguete séjourna a Florence, oll il éludia les premiCrcs sculptures de Michel•Ange; P.Uis
Rome, oU il s'intéressa surtout aux
plafonds de la Sixtine et au Laocoon; ensuile probablement il alla
il Bologne, Milan, Pavie et Naples . C'est a Valladolid qu'il se fixa ,eut
ses ateliers, et exécuta la plupart de ses cornmandes, - avec le
concours de nombreux aides ou él8ves, selon loute vraisemblance sauf les séjours plus ou moins prolongés qu'il dut faire /¡ Tolede.' ou
le chapitre lui assurait également logis et alelier, et oll il mourut en
r56r, enrichi par son art et son Lravail.
Le catalogue qui suit ces notes biographiques est en réalité une
étude de chaque groupe d'ceuvres; il tient la moitié du livre. n serait
trap long d'en reproduire meme simplement l'essentiel: descriptions,
données historiques, discussions, bypothCses et conclusions sont traitées avec une ampleur suffisante pour l'édification du Iecteur qui veut
surtout se renseigner et non peser chaque assertion d'une main
érudite. Les observations sur le saint Sébastien de Valladolid sont
particulierement intéressant.es en meme temps que sinceres. Et
partout on sent que cet artiste au génie si hardi et si vivant, si turbulent, si l'on peut dire, n'a pas seulement séduit, mais troublé l'écrivain qui, en ces pages attachantes, a cherché. le situer, le classer,
a r ex pliquer .
G. ClROT.

a

a

a

Henry Thomas, Spanish and Portuguese Romances oj Chiva/ry.
- The reviva/ oj the romance of Chivalry in the spanish Península, and its ex/ension and intl!ence abroad. - Cambridge, al
the University press, 1920. -

, vol. in-8°, vm + 335 pages.

Ce volume contient, en sept chapitres, la matitlre amplifiée de six
leyons faites, en cg 16, a1"Université de Cambridge (fondation Normaon

•

Maccoll). L'auteur s'y est propasé d'éludier dans son développement
bistorique, depuis les origines jusqu'.\ sa disparition, la liltéralure
cheval.eresque, qui commence, en Espagne 1 aux approches du
xvte siecle, s'épanouit, puis décline au cours de ce dernier siecle, pour
disparaitre au debut du xvu•. Ce vaste sujet a été souvent touché
et méme traité, l'auleur le reconnait. Mais il ne lui parait pas qu'il ait
été exposé méthodiquement daos son ensemble, du moins en Angleterre. 11 n'hésitera done pas a employer, en les contrólant, les matériaux réunis, et il y ajoutera ce que ses propres recherches lui auront
fourni.
Les litres des sept cha pi tres donneront une idée suffisa11te du contenu
et du plan de l'ouvrage. Ce sont, a peu pres, ceux de Menéndez Pelay~,
au chapitre V des Orígenes de la /\'ove/a. Cha p. l. Le roman de chevalene
dans la Péninsule avanl 1500 [El cavallero Cifar; la (1 malitre de
Bretagne )l; les romans divers de la fin du siecle précédent; Tiranl lo
Blanch, etc., p. 1-41]. - Chap. II. Amadis de Gaule, et ses conlinualions [p. 41-84]. - Cbap. III. Les Palmerins [p. 84-118]. Chap. IV. Les pelils groupes el les romans isolés [E.pejo de principes
y cava/leras; El cava/tero del Febo; El caval/ero det Sol; Don BehanIS
de Grecia· Florando de Inglaterra; El invencible cavallero lepolemo,etc.
[p. 119-147]. - Cbap. V. La grande vague et le déclin de c~ll~ liltérature. [p. 14 7.18o]. - Chap. VI. Exlension hors de la Penmsule,
en llalie, en l&lt;'rance, en Allemagne, en Hollande [p. 180-&gt;41].
Chap. VIL En Angleterre [p. &gt;42-301] .
Suivent deux appendices . Dans le premier, l'auteur recherche lequel,
du Leanrlro el B'el espagnol, qui forme le livre IL du Lepolemo llamado
el cava/tero de la Cruz (1563), ou du Leandro i/ Bello italien (1560),
est !'original, et il conclut que le premier n'est qu'une imitation du
second. Dans le deuxieme appendice, il établilqu'Anlhony Munday et
Lazarus Piott, traducleurs anglais de l'Amadis, ne forment qu'une
seul, et méme personne .
L'ouvraO'e se termine par unebibliographie et un excellent index. Le
lecteur y ~rouvera done tout ce qui lui sera nécessaire pour se rendre
compte de la nature, du développem:nt 1 de l'influence de celte littérature, si populaire jadis, si oubliée aujourd'hui. Taus les éléments
d'un jugement éclairé lui sonl fourn\s dans ce consciencieux ouvrag~.
g¡ 1 avec cela, il a lu au préalable, je ne dis pas tous ces romans (Je
doute qu'il en ait le temps et la patience), mais 1 du moins, les plus
célebres d'entre eux, il aura toul ce qu 'il peut souhaiter pour les
apprécier en pleine connaissance de caus~ et po~r se forrnc,r une
opinion personnelle Car M. Thomas, qm a la s1enne assurement,
semble plus préoccupé de réunir des faits exacts et nombreux que de
discuter les qualités et les défauts, la valeur morale on liltérairede ces
ceuvres 1 comme M. Menéndez Pelayo, par exemple, aim e a le fain¡.

�r48

BlBLIOGl\APHIE

HULT.ETIÍ'C H15PANIQUE

Et je ne dis pas que celte méthode ne soit pas la bonne; elle nous
laisse toute liberté d'apprécialion. Je me permets seulementd'exprimer
un regret tout personnel, que certains lecteurs partageront peut-etre,
el d'essayer d'en indiquer les raisons.
Nous nous trouvons ici en présence d'un fait imporlant d'histoire
liuéraire, bien délimité, s'appliquant a un genre, a une forme d'.invenlion romanesque, qui a ses caracteres propres _et sa signification
sociale, et qui, du début a la fin, a persisté, a peu de choses pres, la
m6me. Cette forme d'art littéraire, ébauchée au siecle précédent,
s'affi.rme tout a coup avec une force irrésistible au xv1" si6cle, dans
la Péninsule. Elle séduit aussitot toutes les imagiaations; elle se propage d'une fac;on prodigieuse, a lel point quede 1608, date de l'Amadis
de Monlalvo 1 jusque vers la septitlme décade de ce siecle, il ne se passe
point d'année oll quelque nouvelle e, chevalerie 1) n'apparaisse pour
le plus grand plaisir d'un public insatiable. Toutes les presses d'Espa•
gne el de Portugal semblent incapables de le salisfaire. - Comment
justifier cette vague? Et comment expliquer qu'elle cesse tout d'un
coup? Certes, M. Thomas n'ignore rien des explicalions données
maintes fois, mais qu'en pense-t-il lui-meme? Nous aimerions qu'un
j uge si bien informé nous le dise, non point en passant, a l'occasion
de t~l ou tel roman, et en prenant, pour ainsi dire, la queslion de
biais, mais en lui donnant toute la place et la valeur qu'elle mérite.
Car, en vérité, on n'a pas dit grand'chose, quand on a remarqué que
cetle littérature était un fidele reflet, sinon des mceurs, du moins de
l'idéal des contemporains . L'idéal chevaleresque n'était-il pas le méme
au sitlcle précédent, et peut-i:tre meme plus conforme a la réalité
historique? C'était cependant un aulre genre de fiction romanesque
qui prévalait alors. Et s'il n'y a qu'une part de vérité dans ce truisme
consacré, il n'y en a guere davantage dans l'opinion - également
consacrée- qui attribue la brusque disparition du genre a l'influence
décisive rlu Don Quichotle, constatation plutOt que cause de cet effondrement. En somme, nous restons perplexes et hésitanls sur les
causes, évidemment complexes, de cette vague comme de ceUe ruine.
Et l'on en peut dire autant de la portée morale et de la valeur littéraire de ces livres tant célébrés· et tantdécriés « aborrecidos de tantos
y alabados de muchos más. » Les moralistes ne tarissent pas sur les
dangers qu'ils font courir aux moours. Taus se font honneur de rompre
quelques lances contre , le monstre 1L On trouvera leurs témoignages
soigneusement réunis au chapitre V. lis sont aussi nombreux que
séveres. Les 1&lt; trufas, patrañas y mentiras caballerescas&gt;) détournent
des lectures édifiantes ou utiles, des Livres saints ou des bons auteurs
de l'antiquité. Elles ~mplissent les imaginations de billevesées ridi•
cules, qµ'on tient pour paroles d'Évangile, et surtout elles induisent
au péché de luxure. Que l'on rendrait meilleur service en répandant

149

le·s sages lec;ons des Ptlres, ou lout au moins celles des Séneque, des
Livius, des Valérius, des Eutrope, etc., etc.! Et la conclusion est toujours la meme: proscrire, détruire ces livres funestes. Cet anatheme,
cel appel la répression qui revient comme un refrain, nous élonne.
Car, s'il faut le dire, lorsqu'il nous prend fantaisie de rouvrir quelqu'un de ces derniers, c'est plus souvenl l'ennui qu'H nous paraU
distiller que ce u savouretll poison, sabrosa pon&lt;¡oña n, duquel les
Vives ou les Mexía, les Guevara ou les Granada, s'eílorcenl a l'envi
d'écarler nos 1evres. Ces in vectives nous parailraient plus a leur place
si elles s'adressaient a H la Mere Célestine » et a sa scandaleuse deseendance qui pullulait en ce sitlcle, ou au théAtre, qui se permettail de
singulitlres libertés, ou aux Picaresques, qui allaient succéder aux
Chevalefles. Que les Amadis, les Lisuarte, les Bélianis et leur innombrable escadron empanaché aient troublé quelques cervelles, avant
celle du bon' Quijada, on le dit; que l'on eul retiré plus de fruil
des pieux ouvrages des proscripteurs, il se peut faire encore.
i\lais, enfin, ce ne sont pas des leQons de dépravation morale, de
bassesse ni de luxure que le bon Chevalier de la Triste Figure y avait
puisées. Sans doute, il s'y peut trouver Qa et ta quelques peintures un
peu vives (l'entrevue de !'infante Elisena et du roi Périon, trop bien
servi par la soubretle Darioleta, les circonstances qui précedent el
accompagnent la naissance d'Esplandian et quelques autres); mais,
en vérité, elles paraissent édifiantes a cOté de celles que la literatura
amena se permettait alors. L'idéal de pureté, d'inébranlable fidélité,
d'ardente mais généreuse passion qui se dégage des amours du
« Doncel de la mar)) et de l'exquise Oriana, comment ne pas le
sentir? Et s'il est vrai de dire que de telles lectures ont brouillé les
idées de Don Quichotte, reconnaissons en revanche que c'est pour
avoir eu toujours les regards fixés sur cet et Amadis, fleur et rniroír
des chevaliers errants » et sur ses pareils, qu'il a pu si bien épurer ses
passions, atteindre a une beauté morale, monlrer une générosité, une
compassion pour les misérables telles que l'on n'en trouve guCre de
plus désintéressées a cette époque. H Peut-etre, écrit Brunetiere, (ces
romans] contribuCrent-ils, en posant, sije puis dire, la religion du
point d'honneur, a réintégrer quelque idée de lajustice dans ce monde
nouveau qui était en train de se fonder alors sur l'intéret, comme sur
sa seule base. 1)
Et si nous nous rappelons, d'autre part, que des hommes tels que
Don Diego de M_endoza furent d'enlhousiastes admirateurs de ces
romans, que Charles-Quint se plaisait a la lecture de Relianis de Grecia,
et FraOQOis ler a celle de l'Amadis, que sainte Thértlse de Jésus
« s'adonna a ces livres de Chevalerie avec tant de passion l) qu'elle en
compasa elle-meme, que saint Ignace de Loyola, qui y goUtail meme
plaisir, «aurait pu, selon l'expression de M. Thomas, au lieu de ]a

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�160

BULLETIN HISPA:,'JQUE

Société de Jésus, nous donner un autre roman de Chevalerie &gt;&gt; (mais
au fait, n'est'."elle pas elle-m6me une Caballería á lo divino?), ~ous n;
po~vons. nous emp6cher de penser que ces livres n'étaient pas aussi
nmrs qu on nous les représente et que leurs éloquents proscripteurs se
complaisaient trap a des lieux-communs chers aux moralistes de taus
les temps. 11 faudrait au moins entendre la contre-partie. Malon
de Chaide, cité par M. Thomas, demande aux amateurs de ces romaas
quel fruit ils en retirent, et il fait lui-m6me la réponse: &lt;i Nous
Y apprenons l'audace et la valeur a la guerre, la bonne éducation, la
courtoi_sie vis-a-vis des darnes, la fidélité et la Joyauté a J'égard du
procham, la magnanirnité et la générosité pour pardonner a nos
ennemis. n Et c'est bien lllque]que chose. D'ailleurs, pour son compte
personnel, le trov spirituel auteur de la Magdalena tient que Cavalleria
et Vellaquer-ia sont deu-x termes synonvmes.
11 n'entrait pas dans les intentions
l'au teur d'l•tudier en détail ]a
valeur littérair~ de ces romans, leurs procédfs d'exposition, ]eur
technique, ni l'inllueoce qu'ils purent avoir sur la prose castillane.
C'est 13. en e!Tet un vaste sujet, rarement ou incompleternent trailé
jusqu'ici. 11 mériteraitdetenterun travailleur patient, ungramrnairien
doublé d'un homme de goUL. En atlendant, on peut s'en tenir a J'opinion autorisée de Juan de Valdés, lequel, dés, 535, estimait qu' AmadiR,
Palmerin, Primaléon élaient de bons modeles de Jangue. 11 y a des
raisons de croire qu'.i cOté et a la suite de la Célestine, l'Amadis
en particulier, a eu, a ce point de vue, une influence prépondérante:
On sait quelle fut la popularité de ces romans dans la Péninsule
et comment ils se répandirent bientót a travers l'Europe entihe. C'est
ce dernier sujet que ~1. Thomas traite dans les trois derniers chapitres. Ils sont parmi les meilleurs et les plus originaux de l'ouvrage,
et constituenl une étude de liltérature comparée, solidement do~umentée et, sur bien des points, nouvelle. Les renseignements bibliographiques sont nombreux; les renvois aux sources, les citations,
empruntées direclement aux lexles originaux 1 en un mot, t011t l'apparat critique donnent L'idée d'un travail personnel, qui, sans épuiser
peut-étre une si abondante matiere, n 'omet cependant rien d'essentiel.
lnutile d'ajonler, puisque l'ouvrage sort des presses de Cnmbridge,
qu'il est présenté de lelle fai;on qu'il ferait douter de la crise du
papier et du livre, en Angleterre du moins.
E. M.

de

Narciso Alonso Cortés, El Jaho Quijote y Fray Crisl6bal de
Ponseca. -

Valladolid, 1920. ,;; pages.

L'infatigable érurlit de Valladolid 1, pour se délasser sans doute du
monumental travail qu'il vient de consarrer a son compatriote José
L. Profilons de l'occasion pour dire que Valladolid vienl de lul rendre uo public
el &amp;oleuael hommage, comme a l'un de &amp;es fils qui lui font Je plus d'honneur.

BIBLIOOAAPHIE

15 1

Zorrilla, nous donne aujourd'hui la brochure dont le litre p_récede. 11 y
yeut démontrer que le pseudo Alonso Fernández de Avellaneda, auteur
de la fausse deuxiCme partie du Quijote, n'est autre qu'un religieux
Augustin, Crislóbal de Fonseca, dont le nom se trouve dans le prologue
de ]a premiere parlie.
Ce serait done. si je compte bien, la seizifJme candidature
a la paternité du faux Quijote. Le seul fait que l'on continue
a chercher prouve que l'on n'a pas trouvé. Ces échecs répétés ne
découragent point M. A. C. 11 revcndique l'honneur de ce faux - si
ho.nneur il y a, - pour son clienl, qui est ce Fonseca. Voyons son
plaidoyer.
U part d'une double affirmation. 1" Cervantes, dans la premiere
partie du Quijote, a attaqué le soi-disant Avellaneda, ou, tout au moins,
ce'dernier le crut, ce qui suffit a justifier sa riposte. 2° Cette attaque
se trouvait dans le prologue de Cenantes. - Pour établir la premiere
affirmation, il suffit de rappeler deux lignes du prologue d' Avellaneda:
"El [Cervantes) tomó poi' tales [medios] el ofender á mí ... » Acceplons ce texte, et ceLte S)'nlaxe, malgré les réserves de M. P. Groussac,
el remarquons que cette attaque paraíl vi ser aussi Lope de Vega, non
nommé, mais assez clairement désigné, assurc-t-on. Quant a la seconde
affirmation 1 a savoir que l'atlaque se trouve dans le prologue cervantesque, cela résulterait de la préface des r,;ovelas ejemplares, oU Cervantes déclare qu'il voudrail.bien se dispenser d'écrire un prologue,
tt parce que, dit-il, celui que j'ai mis. en tete de mon V. Quijote ne
m'a pas si bien réussi que je désire en écrire maintenant un second. ))
Allusion évidente, assure-t-on, it sa querelle avec le faussairede Tordesillas. Meme en admettan t ces deux « bases 1), i I resterait toujou rs it prouver l'équation: Avellaneda= Fonseca. Pour ce faire, :\l. A. C. remarque
que, de tous les contemporains, il n'y en a que deux !qui soient nommés dans le dit prologue: l'évéque de Moridoflcdo et Fonseca; encore
pcut-on laisser de cóté Guevara, qui est hors de cause, puisqu'il était
mort en [545. Reste le seul Fonseca 1 lequel, en effet, esl bien nomm(·.
Pour ma part, et U priori, je verrais volontiers dans ce fait un argument contre la these, car il ne parait pas dans la maniere de Cervantes
de prendre ainsi directement et publiquement a partie ses adversai!'es.
Lope de Vega n'est pas nommé, quoiqne, affirmc M. Rodríguez Marín
u en este y olros lugares Cervantes alude conocidamente d lope de
Vega, con quien andaba enemisLado en 1?04 y 1605. 11 Pent-etre, rnais
Cervanles 1 lui, répondant 8 Avellaneda, s'en défend, et en termes si
formels, qne nous serio ns félchés pour lui que M. Rodríguez Marín ellt
raison. « Ce n'est pasa moi a poursuivrc un prétre, que! qu'il soil, et
moins encore un familier du St-Office ... , car de celui-18. j'adore le génie,
j'admire les oouvres et les occupalions toujours vertUeuses. u - lronie !
réplique l'illustre éditeur de Cervantes, qui a Ju les fameuses letlres au

i

1

�BULLETIN HISPA!HQUE

duc de Sessa. - JI se peut faire, mais, alors, que penser d'une telle
eífronterie? Défions-nous de nos amis.
Quoi qu'il en soit, ce n'est point de Lope, mais de Fonseca qu'il
s'agit. OU est done l'attaque contre ce dernier? - Elle est daos la
satire contre les compilateurs, fes érndits de pacotille, qui émaillent
leur prose, a tort et a tra vers, de citations, de renvois a tous les
auteurs passés ou présents. L'ami (&lt; _gracioso y bien entendido&gt;&gt; i qui
encourage Cervantes a en faire autant, luí explique le procédé el lui
1
indique mCme les auteurs chez lesguels il trouvera tout ce dont il aura
besoin . Et quels sont ces auteurs ? Virgile, Guevara, Ovide, Homere,
Plutarque, César, Léon l'Hébreu et notre Fonseca . Ce dernier ne se
plaindra pas du rnoins qu'on J'ait mis en mauvaise compagnie.
Ce Fonseca avait écrit, en 1592 et 1608 respectivement, un lratado
del Amor de Dios, en deux parties. (( On y trouve résumé, dit l'arnt a
Cervantes, tout ce que vous-meme el l'homme le plus ingénieux pouvez
désirer. ,i Yoila l'allaqi.Je ! - J'ignore ce livre, je l'avoue, et tous
ceux de cet Auguslin. Mais, si j 'en crois i'ifénéndez Pela yo et M. Cortés
lui-méme, c'était une pauvre rhapsodie, ol1 l'on avait compilé, compilé
tout ce que l'on avait dit sur le sujet. Aucune raison d'ailleurs de le Jui
reprocher; car, puisqu'il appartient « la categoría de predicables i&gt;,
c'est-il-dire des répertoires qui fournissent aux prédicateurs leurs
matériaux, nous ne nous étonnerons pas des citations, réfél'ences et
lieux-communs qu'il contient. Parmi ces derniers, il en est jusqu'il
trois qui S!3 trouvent a la fois dans le prologue de Cervantes et dans
Fonseca. lls sont, il est vrai, des plus insignifiants. Quel moraliste n'a
pas dit quelque part: (e Diligite inimicos vestros, ou: Donec eris
.feli::t:... ? - « 11 y en a probablement d'autres. • - Sans doute: les
memes banalités sont du domaine commun. - Mais le Fonseca
s'est reconnu lui-mCmc sous l'allusion du prologue! - En 1608, en
effet, dans la deuxiéme partie de son Amor de Dios, le Pere Augustin
se plaint de ceux qui aboient aprés Jui : &lt;&lt; Nunca falla un gozque
que ladra d un pobre. » Ce roquet, c'est Cervantes, s'il vous plait,
Cervantes qui aimait beaucoup (c'esl prouvé par le prologue de la
deuxieme parlie du Quijote) les histoires de chiens. - Mais Fonseca
pouvait avoir d'antres ennemi-s, en supposant que Cervantes l'ait été.
Et précisément, M. A. C. reproduit, apres Pérez Pastor, un violent
pamphlet contre un autre livre de Fonseca, et il y a la aussi une
anecdota perruna a la maniCre de Cervantes. AL A. C. veut bien
admettre que Cervantes n'en soit pas l'auteur, mais « elle est, dit-ili de
quelque personne en relations étroites avec ce dernier. A moins que
(tout est possible), quelque autre ennemi de Fonseca, connaissanl
l'hostilité qui régnait entre celui•ci et Cervantes, l'ait écrite pour
susciter les soupt:;ons du frere Augustin contre l'auteur du Quijote. Et
c·est pourquoi il prit peut-etre le nom de Aligue/ Ponce de León. ,

a

153

BIBLIOGRAPHIE

- N'est-ce pas, en Ve'r1'te', aller bien loin dans la voie des hypotheses)
- t"
de la
M A. C. est bref sur les preuves que l'on pourra~ 1 irer .
com~araison du style, du vocabulaire et de la grammalfe. 11 a ra1s~~
de s'en défier. Cependant, a défaut d'autres, ,I ne faut pas ~rop_ •1•
. . deux pom
• ts d e compara1son tres prec1s
. .e
dédaigner. Nous avons ic1
.
texte d'Avellaneda et celui de !'Amor de Dios. Je répete queJe ~e
de ce dernier que ce qu'en citent Menéndez Pelayo et. . or s,
n'a ant u me le procurer. Mais je m'en rapporte a eux ~.our
m'i~a i:er qu'il n'y a aucune ressemblance entre les ,d~u_x .mameres
et les !eux slyles. Menéndez Pelayo, peu suspect de sever,1te pour les
mystiques déclare que le trailé de Fonseca est le plus pedant~sque,
Je plus dé;ourvu d'art, le plus illisible qu'il y ait. On ne peut meru~~
conlraire qu'Avellaneda, toul grossier, grotesque et mco;gr: qb
soit parfois ait une verve bouffonne souvent amusante. « a am to. ·1' ',,I • p · Groussac 1 dépose contre son gollt plus•·1que·t con r~1
e ha d e ecn
son t:lent &gt;) Si bien que l'on a peine a comprendre qui_ a1 P.ª ~
:
d
la bure de l'Augustin la souquemllr. banolee
::~~:t compte de Ja diversité des genres. Q~ant a
p a, ses aragones1smes1
,.
catalanismes ou valenc1amsmes,
il faut
la langue
.
.
J
.
'
,
•
t
le
soin
d'en
décider.
Non
ltcet
znler
nos
...
laisser aux specia 1is es
. .
l'
l .e
serais bien étonné cependant si, mCme a ce pomt de vue, ana ogie
apparaissait bien clairement.
.
.
.
J
oursuivrai pas plus avant. En voila assez, Je cro1s, pom
. us~fi:: l~s quelques réserves que j'ai du faire apres la le~ture de cet
) • .
1 "d
Sil'habileettrescompétentavocatquestM. A. C.
rnge_meux :.a:~:r.pas de peine a dissiper mes doutes. Et dans le
a rarsont, .
il sera démontré que 13. oll des hommes comme
cas con ra1re,
. d
t
tres •¡ 'I , dez Pelayo et lui - pour ne rien dtre es qua orze au
'
lt . n- enen
'
1
1 tót de l'éniume
'
o
'
0 nt échoué s'ils n'ont pu trouver le mot, e nom p ~
'd t qu'avec les moyens dont nous d1sposons, elle est
~·estl sbalns E~ua~ors il y a encore, pour les Cervantistes, de belles
tnso u e.
•
· , b 1·
a, o-arder son
lances a. rompre conlre cet t aventurero &gt;&gt; qui so s me e

::lS

~:1;:•~~~~;r:::~
f¡

masque.

E. M.

· '6 n y no ta s de Francisco
Cervantes Novelas ejemplares' Ed ,e,
. .
Rodrígu'ez Marín, 2 vol. de xn-346 et 342 pages. Ed1c1ones
de La Lectura, Madrid, 1914 et 1917.
L'accueil fait par la critique aux huit tomes consacrés da~~ la
. d I
Lectura» dite Clásicos castellanos, au Don QuyoU,
~o~l~ctwn e. a (&lt; i\l Rodrí~uez Marín, n'a pas été aussi unan!me~r.nt
ed1leebtl
des prernieres bénédictions qui ont
favora aenno~e
qu onpar"t
eu p. u l'au:urer
o

�154

BULLETIN HlSPANIQUE

155

8IBLlOGRAPHIÉ

a~u~ illi leur naissance. Objet d'attaqnes passionnément furieuses,
trai~e couramment de zorle el de plagiaire (voir Luis Astrana Marin
El ltbro de las plagios, Biblioteca Ariel), le directeur de la Bibliotec;
:Na~1on~l ~ pu ,se rendre compte que les grandes réclarnes plus ou
moms mteres~e~s et généralemen l aussi hátives que peu autorisées de
la presse quolld1enne ne garanlissent pas le succes définilif et durable
JJ n:en a _pas moins ~éduit plus d'un lecteur par des qualités qui man~
qua1:nt
Clemencm: la mesure dans la dirnensioo des notes, un
esprit agreable, une connaissance assez peu ordinaire de Ja Jangue de
Cervantes et de ses contemporains, l'absence de pédantisme enfin.
Cela. reste._ ~e~ erreurs, des Iacunes, des réminiscences inconscientes
ou, ~ncons1derees en16vent, soit, a ce commentaire une partie du
mente et de la ~aleur que son auleur eUt révé de voir reconnus; mais
da~s tout tr,avaiJ de longue haleine 1 n'y a•t-il pas toujours plus ou
m~ms d~ dechct pour· le panier? ~~t puis, il s'en faut que tout ce
q,u on lu1 .ª reproché soit inexcusable. Quand i1 dit que D. Quichottc,
aJoutan~ a son nom de la llancha « siguió la usanza que había visto
en los libros
~ballerías, por parecerse también en eso a Amadis
de _Cauta, ~el!an1s de Grecia, Celidón de Iberia, etc. &gt;&gt;, il me parait
v_ra1ment severe de le taxer d'inadvertance pom· ce seul motif que «no
Ste~pre los caballeros andantes lomaban el nombre del lugar donde
na~1~n /), et quelque peu in utile de ra ppeler en méme tero ps les dates
de '.1ranl lo Blanch, de Palmerín de la Oliva .. . Mais ce que j'ai &lt;lit
del reuvt·~ de long~e haleine est vrai également des critiques qu'on
peut en fa1re. Ce qm n'emp&amp;be que les critiques sont unechose excellente, sinon agréable pour qui en esl l'objel. Leur plus ou moins de
virulen~ ~te~t a~ tempérament de celui qui attaque et aussi sans
doute a
s1tuat10n acquise par celui qui en est l'objet: elle ne
prouve nen en elle•méme. El jusqu'il ce que nous ayons mieux le
co~1mentair~ de. M. Ro~ríg~ez Marín au D. Quij'ote aura la préfére~ce
s,m ceux qui ex1stent a present, et, cela quoi qu'on puisse penser de
l au teu 1· et de ses procédés.

ª,

?e

!ª

a

Son édi,tion des Novelas egemplares n'est plus I'beure actuelle une
º?.~veaute. Chacun a pu la manier et l'apprécier. Peut-etre y a-t-il
de¡a sous roche quelque suite au Libro de los plagios. Ce n'est pas
dans le Bul/etm hispanique qu'on la trouvera.
Daos u~ court et mordant prologue, l'éditeur exptique ce qu'il
enlend Catre: donner un texte authentique et en éclaircir le seos.
d'abord par une bonne ponctuation, et ensuite par les notes conve~
na bles.
Pour réaliser son premier objet, il n'avait évidemment qu'3. •
Lenir a l'édilion _prínceps (~fadrid, Juan de la Cuesta, i6i3); m,ú: ~:
:o~trefayon ~e ~1~bo~ne, 1614, n'était pas 8 dédaigner, tout au moins
a htre de cur10s1te, s1 ce n'est pour les acnendements possibles, ce qui

pourtant parait bien le cas parfois : nous ne savons pas, apres tout,
dans quelles conditions celte contrefaQon a été exécutée. Ce qui
est sllr c'est que R. J. Cuervo l'avait délibérément écBl"tée pour
l'établissement de son excellenle édition de la Bibliotheca romanica
(1908).
Pour l'éclaircissement du sens 1 nul doute que la ponctualion (souvent &amp;i mal comprise dans les impressions. du temps) une fois établie
d'une facon rationnelle, iL reste encore a faire comprendre nombre
d'allusions, de tournures désuetes. Cervantes est clair ... a condition
de connaitre la langne de son temps, et les choses dont il parle. Si
vraiment il y a des gens qui le comprennent sans l'aide d'un cocnmen·
taire (comme il semble ressortir des railleries de M. Hodriguez Marin)1
c'est qu'ils connaissent tout ce qu'on peut savoir sur l'époque de
Cervantes et le pader usuel de ses premiers lecteurs . Ce sonl des as.
Qui done chez n0us peut se v;inler de comprendre tout Molihe?
Il serait bien étonnant que les Espagnols eussent le privil8ge delire
comme cela leurs classiques, a livre ouvert. M. Rodríguez María
n'avait done pasa se tourmenter sur l'utilité de son travail: elle étail
indéniable.
La Colleclion des Clásicos caslellanos, en principc, comporte des
ceuvres entieres mais non forcément toutes les ooavres d'un meme
écrivain. M. Rodrígt~ez Marín a done été amené 8. fai,re un choix parrni
les Novelas. 11 a pris La Gilanilla, Rinconele y Cortadillo, La Ilustre
fregona (t. 1), El licenciado Vidriera, El Celoso exlremelio, El Casamiento enga,ioso et El coloquio de los perros L. llJ . füen a dire a ce
choix: les trois premiCres et le Coloquio sont les quatre chefs-d'ceuvre.
Cuervo, qui n'en avait pris que cinq, avait choisi les mémes, sauf la
Ilustre fregona et le Vidriera; et c'est bien ce dernier que, pour ma
part, je sacrifierais le plus volontiers. Je regreLLe, en tout cas, que
M. H.odrígue1. Marín ait dtl rnettre de cóté par exemple La Española
Inglesa, oll M. ~- González Aurioles nous a fait entrevoir des indications autobiograpbiques intéressantes sur Cervantes (cf. Bull. hisp.,
191 4, p. 121), et qui, par son caraclere romanesque, tranche assez
nettement sur les autres. Il sera bien facile a M. Rodríguez Marín de
parer, pour un tome ll[, cetle sacrifiée, ainsi que les autres Cendrillons
restées au logis.
·
Bien que la collection des Novelas ejemplares n'ellt pas eu son
Clemencia, elles n'étaient pas toutes restées sans commentaíres. El
Casamiento engañoso et le Coloquio de los perros avaient été édités par
llf. Ag. González de Amezúa ( 19a), dont M. Rodríguez Marín ne se fait
pas faute de proclamer le mérite etd'utiliser les remarques. Cela ne veut
pas dire que lui-m8me n'a pas su trouver quelque chose ajouler:
sur la tangue, par exemph~, a propos de prometer= asegurar, ajar
""" ahajar, que non debiera, acabarlo con ella, se comenzó a santi-

a

•

�156

BULLETIN BISPA.NIQUE

BlBLlOGIIAPHIE

guar, etc. ; sur les usages, tel celui des costumes lu xueux pour
les voyages, etc.
Pour le commentaire du licenciado Vidriera, M. Rodríguez
1\tarín s'est aussi trouvé devaneé, mais d'un an seulement, par
M. Narciso Alonso Cortés, qui, daos la Biblioteca &lt;&lt; Castilia 1), avait
publié en 1916 (lmpr. Castellana, Valladolid), cette nouvelle avec un
prologue et des notes. Tout en déclarant qu'il lui était difficile
d'ajouter quelque cbose de nouveau et de substantiel, M. Rodríguez
Marín a encere su ici instruire le lecteur gr.ice a sa connaissance soit
de la tangue, soit des faits auxquels Cervantes fait allusion . On ne
peut que lui savoir gré de faire remarquer (p. g), a propos de la ler;on
de Tormes que donne 1613. au lieu de del Tormes (1614), que« de
ordinario no se ponía artículo a los nombres de los ríos 1); p. 1 1, que
Jelice et infelice &lt;&lt; fueron comunísimos en prosa )) 1 (comme interese
du reste); p. 1J, que « de la cuesta de La Zambra 6 de zqmbara,
también hizo mención Vicente Espinel. .. »; p . 18, que marchar la
vuelta de équivaut a caminar hacia, ou dirigióse a (M. Cortés dita lort
&lt;1 lo mismo que volver))); p. :J5, que olvidarsele ... de est fréquent
dans Cervantes, comme acordarse/e .. .de; de meme quedando úe
(p. ,6), determinar de (p. 38); p. ,8, que tiempo de mutación signifie
les jours caniculaires (ce qu'avait oublié de dire M. Cortés), ele.
Quand M. Cortés avait mis la note el l'exemple utiles, M. Hodr.íguez
~-larín emprunte la note, non sans signer le reyu; mais il a parfois la
coquelterie de fournir un autre exemple: pour envite (p. 16), il cite le
Quijote; M. Cortés avait cité Espinel. 11 ajoute rl'autres textes a propos
de coches (p. 5o) .
M. Rodríguez Marin a naturellement profité de quelques corrections
judicieuses, - telles que celle (p. 63) de retablos pour re/ralos ( 1613)
ou teatros (1614), - apportées au texte par son devancier. Celui-ci
imprimait, conformément aux éditions 11 venga la macareta, li polastri,
etc. 11, mais observait en note que &lt;1 la palabra macarela del original
parece corresponder a maccatella ... » M. Rodríguez Marín imprime
décidément macatela. U reprend pourtant venéficas (p. 34), au lieu
de veneficios (1613 et 1614), admis par M. Cortés, qui pourrait dire
qu'il y a la un trape bien populaire. Pas plus que M. Cortés, qui
pourtant déclareque la correction exigerait t( que era )1, il n'a corrigé,
p . 48, (( que eran las de sus damas» ; il sernble en effet que que eran
se ra pporle a manos.
L'édition princeps a été généralement suivie par l'un et l'autre
édileur, mais celle de 1614, dont ils révoquent taus deux en doute
l'authenticité, leur a pourtant suggéré quelques modifications a la
premiere. P. 17 1 il me sernble que M. Cortés a raison de subslituer
poner, et non ponerse (16 •4Y, a poder (1613), puisqu'il y a déja se (se
babia de sentar). P. 31, M. Rodríguez Marín a raison son tour de

a

supprime-r viagero, (Jui n'est ni dans ,6i3 ni dans 1614, el d'emprunter a cette derniere la levan cinta au lieu de tinta (p. 58).
ll reste peul-Ctre des obscurités éclaircir. M. Cortés ne nous diL pas
oll esl le sel de la répartie de Tomas Rodaja certaine rope,·a de Salamanque: 1t Filia: Hierusalem, ele.»; M. Rodríguez Marín nous dit : 11 lo
defilios vestros quería decir que no lo eran del marido». Je croirais
plutót que le malicieux licencié fait allusion 3 l'origine juivc de celte
marchande d'habits. - Que veut dirc exactement (p. 47) « que es ver
a un poeta destos de la primera impresión.'»?
Les détails que je viens de relever montrent assezque laconcurrence
de ~l. A. Cortés, assurément redoutable, n'a pas gené M. Rodríguez
Marin et ne rendra pas négligeables ses éclaircissements au Vidriera.
Ces memes d~tails donneront aussi une idée de ce qu·esl le reste de
son édítion.
Pour la Gilanilla (t. 1, 1914), il a bien pu consulter un article de
M. Corlés, paru en 1908, et qui fait voir dans le romance de Preciosa
une actualité concernant les relevaitles de la reine a Valladolid; mais
il a laissé au meme érudit, plus intéressé, il est vrai, a l'histoirc de la
capitale oU il professe, le plaisir de découvrir daus les Fastigimia de
Thomé Pinheyro da Veiga un commentaire des plus curieux (cf. Bull.
hisp., 1918, p. 194).
Du Rinconetey Cortadillo, M. Hodríguez Marín avait déjil donné une
édition critique, laquelle il renvoie de temps en temps (Se-villa, 1905)
le lecteur désireux d'une plus abondante illustralion (cf. Bull. hisp.,
1906, p.116). El celoso extremeño lui avait suggéré un travail tendant
a l'identification du héros, en réalité débordant aux alentours : El
loaysade &lt;1el Celoso extremeño» (Sevilla, 1901). Enfiñ.. une étude sur
La ·segunda parte de la vida del Pícaro (Revista de Archivos, 1908)
avait exploré les almadrabas de Zahara, oll le Carriazo de la Jiustre
fregona acheva son éducation du picaro.
En fait, le commentateur du lJon Quijote était assez bien désigné
pour éditer les Novelas de Cervantes et donner au lecteur les lumieres
indispensables. Mais sa connaissance du parler populaire, en parliculier du parler andalou, est peul-etre ce qui l'a le mieux servi
et inspiré.
11 m'a paru intéres'sant de voir comment ont été lraitées les difficultés du texle par Cuervo et par M. Rodríguez ~tarín. Pour le
Rinconete, ce dernier a eu d'ailleurs dans plusieurs cas l'initiative de
la correction, daos son édition critique de 1906 a laquelle Cuervo
se reporte. De mCme pour un passage du Celoso extremeño.
La pluparl des conections apportées au texle de 1913 par Cuervo
(voir son prologue, p. 1 7-24) se retrouY.ent .dans le texte de la Lectura,
qui toulefois maintient"": l, p. 174, magate (Cuervo, p. ll5, mogate):
U, p. 269 « háceme la barba» (Cuervo, p. :J21, &lt;( hazme la barba ))J ¡

a

a

a

1

�Bl'Lf,ETIN HISPANIQUE

p. 287 1 tt de otros muchos pecados otros J1 (Cuervo, p. 229, supprime
le second otros); p. ,98, Porineos (Cuervo, p. ,35, Pirineos); p. 331
« santo Brial 1) (Cuervo, p . 253, u santo Grial ll). Dans plusieurs
cas M. Rodríguez Marín défend la lei;on par lui conservée: on en
jugara; l'hésitation y est possible, contrairement a ce que pensait
Cuervo.
D'autres corrections ont été proposées par ce dernier avec des
réserves. M. Rodríguez Marín maintient, I, p. 90 1 allende (Cuervo,
p. 75, alinde, bien séduisant, surlout avec la référence de Correas que
lui-mBme apporte)i ~ - 111 u a ti está)) (Cuervo, p. 87, « a ti te está»);
p. 148, c1 en el piadoso lugar 1L (Cuervo, p. 104 1&lt; en el Pedroso,
lugar ... &gt;); II, p. 107 1 asestó (Cuervo, p. r48, acertó correction de
Rosell). P. 3,6, M. Rodríguez Marín juge inutile l'addition de
por distinguirlo} que Cuervo (p. 250) avait cru, apres Clemencín,
nécessaire.
Avec Cuervo (p. 94) M. Rodríguez Marín lit (!, p. u4), pues la
recompensa de habérsela vuelto mayores albricias merecía» au lieu
de recebla. La correction, nous dit Cuervo, date du xvn" siecle et n'est
pas satisfactoria . En eífet. Je comprendrais recebía dans le sens de
11 comporlaiL )) et le maintiendrais volontiers, car merecía est un
pauvre amenclement. P. 116, Cuervo imprime: ({ el que, cuando
alguno de nosotros va -!J.uyendo por la calle . . . uno se pone en medion,
admettant ainsi une correclion ancienne, car 1613 n·a pas alguno;
,\1. Rodríguez . Marín remplace alguno par uno, qu'il supprime devant
se pone, ce qui rend la phrase claire, avec el que sujet (1, p. 177),
P. 138, Cuervo avait adopté la correction de M. Rodríguez Marín dans
son Rinconele de 1905: ua estas y a otros peores semejantes», (Lec•
lura, I, p . .2j8). P. 2.29, Cuervo avait corrigé 11 vuessa merced nen ltes
merced»; M. Rodríguez Marín supprime tout simplement vuessa (11,
p. ,86).
On voit qu'iJ reste, pour les nouvelles incluses dans la collection de
1a Lectura, assez peu de lei;ons sur lesquelles il n'y ail pas accord avec
le lexte de la Bibliotheca romanica; et pour celles-lil il est dilllcile
de trancher.
G. CIROT.

A. C.

Pires de Lima, Tradi9oes populares de Santo Tirso, separata da Revista lusitana, (vol. XVIII), Porto, 1915.

C'e,t en réalité dans le vol. X.Vil (1914) de la Revista lusitana
qu'ont paru les deux articles réunis daos ce tiré a partj une suite
a d'ailJeurs été donnée non seulement dans le vol. XVIII, mais aussi
dans les trois suivants .
L'auteur s'est attaché a recueillir les traditions populaires de Lrois
paroisses, Arelas, Palmei ra, el S. :\iartianho de Bougado, mais il ne
s'est pas enfermé strictement dans ce rayon.

159

klRLIOGftAPlltE

Daos sa premiere série cj'articles, parue daos les vol. \ \'11-\Vlll,
il a adopté les rubriques suivantes: formules et pratiques pour guérir;
amuleltes 1 bons et mauvais augures; sorcieres, sortiléges, mauresques
enchantées; superstitions di verses; provet'bes et expressions populaires; romancero ; cancionero; prlercs; coutumes.
La :¡" série reprend les m~mes titres, en ajoutant Janeiras e Reis
(noels); priores ironiques; légendes et récits; fables.
On voit qu'il y a, lil une mine de renseignemenls. Je ne releverai ici
que le romance de D. Carlos, qui n'est qu'une nouvelle forme du
lheme de la jeune filie qui va a la guerre, dont M. José Augusto
Tavares a donné deu:x. autres rédactions du Traz os Montes (Mac;mres
et Vinhaes) dan, la Revista lusitana (t. VIII), et sur Jeque! M•• Carolina Michaelis de Vasconcellos a trois pages pleines d'indications dans
ses précieux Estados sobre o romanceiro peninsular, Romances velhos
•m Portugal, publiés dans Cullu1·a española (1907-1909), complétant
ainsi le Tratado de los romances viejos de Menéndez Pelayo (t. 11,
p. 511) . Celui•ci en a reproduit du reste la seule rédaction entierement castillane dans son Suplemento d la u Primavera y flor de romances »de Woif (t. X de !'Antología, p. 119), ainsi que la rédaction mi-cata•
lane mi-castillane publiée déja par Milá. La rédaction castillane avait
été recueillie par D. Juan Menéndez Pida!. Menéndez Pelayo comptait
neuf variantes du meme theme, et on le relroQve dans le romancero
judéo-espagnol. M. Pit·es de l,ima note que la jeune filie qui lui
a fait connaitre ce romance lui en a donné sous forme de récit, en
prose bien entendu, une partie ainsi que l'épilogue. 11 oignale
enfin une autre variante
Montalego 1 sous le titre de Leila Mar•
ques . On sait que les différentes formes portent chacune un nom
particuJier. M. Pires de Lima donne une autre variante, sous le titre
D. Martinho, dans le vol. XX, p. 15. M. Cláudio Basto en donne une
de son coté, sous le titre de D. Carlos de Montaluar, dans le vol. XVll,
p. 57. M. J . M. de Cossío en a publié encore une nutre depuis dans le
Boletín de in Biblioteca Men.éndez Pe/ayo,
p. 71.
Ce seul échantillon du recueil des Tradi9óes d, Santo Tirso montrera l'intérl\t du reste, en ml\me temps qu~ l'attrait et J'importance
de la Revue si vaillamment et si consciencieusement dirigée par le
grand savant qu'est M. José Leite de Vasconcellos.
G. CIROT.

a

•~'º•

Boleiín de la Bihlioleca Jlenéndez Pela.yo (año 1, 1919).
Ne serait-ce que par un sentiment de vénl'fation polir le souvenir
qu'elle évoque, et de reconnaissance pour la fondation dont elle est
l'organe, celte revue méritait un~ bienvenue toule spéciale. Elle le
mérite aussi par l'intéret et la valcur des articles par lesquels elle
a \l,ébuté.

�160

.BULLETlN Hl SPAIHQUE

Citons d'abord Algunas omisiones del Qicionario de la A.cademia,
pa_r Ednardo de 1:f-uidobro,

a qui

nous devons un petil lexique

tres

ut,le, Palabras, giros .Y bellezas del lenguaje popular de la Montaña
(Santander, 1907); Un retrato de Fernando Vlf par Uoya, et Iglesias
de la .l!óntaña (San Andrés et Santa )faría de Cayón , San Miguel de
la Penilla , avec planches), par Elías Ortiz de la Torre· Santa María
de Piasca (ms. de 1519, faisant parlie d'une coHection d e plus de cent
volumcs relatifs auX églises et monasteres de la Montaña: c'est un
inventaire des biens possédés par le monasLere de Santa ~laría lors
d'une visite de l'abbé de Sahagúo a la date ind¡'quée), par Tomás
\laza Sola.no; - los papeles de Quadrado (D. José María Quadrado,
dont l\fenendez Pelayo cite souvent le nom , par exemple a propos de
Ja danza prima , Anlologia , t. X, p. 15 , et dont les papiers sont en
possession de sa bibliotheque); - Retrato de Don Pedro de Ceba/los
Sáiz (par Velázquez? avec reproduction), par OctavAo Bianqui et
Anníhal G. lliancho; - Los primeros versos de NuñeZ de Arce, par
Gerardo Diego Cendoya i - Sancho de Muñón. Documentos para su
biograjia (il s'agit de l'auteur de la Tragi-comedia de Lisandro y
Roulia), par Am:-ilio Uuarte; - La influencia de las ideas tradicionales en el arle de Pereda , par John van Home (traduction d'un arlicle
paru daos Jes Pub. of lhe Modern Lenguaje Association of America,
mars 1919).
Deux publications se détachent sur cet ensemble dója estimable. La
premiCre est intitulée Un nuevo poema por la móderna vla , par Miguel
~rtigas_. C'est l'édition paléographique et, annotée d'un po6me casL11lan, mcomplet par le milieu , et copié par une main du XIV SiCcle. ll
est en strophes monorimes de quatre vers qui se décomposent chacun
en deux oclosyllabes , ce qui en fait un type spécial du mesler de
ele.recia. lnspirée par le De contempla m.undi du pape lnuocent lll,
qu'elle suit a peu pres chapitre par chapitre, cetle reuvre esl anonyme, mais l'auteur s'intitule maestro et devait avo ir re&lt;;,u lei ordres.
Le litre latin est Liber de miseria hominis.
L'autl'e publication cst due )1. José María de Cossío: Romances
recogidos de la tradición oral (en la Montaña). Ce sont des romances
recucillis dans la vallée de Tudanca 1 arrosée par le ~ansa , familiere
aux lecleurs de Peñas arriba. A noler surtont une variante du
romance du Prisonnier, sur lequel il ellt fallu renvoyer aux Estados
sobre o romanceiro peninsular de M"' Carolina de Vasconcellos (Cultura española, 190¡-1909, p. 177-181 ); une du Gerineldo, dont il y a
de nombreux exemplaires dans l'Antologla de Menéndez Pelayo(t. VII 1,
p. 28'.i ; lA , p. 140,318; X, p. 32 , 16.2) 1 et oü l'éditeur releve entre
autrns traits l'expression inédite t&lt; mi camarero florido»; puis un
romance sur Bernardo del Carpio, pour lequel M. de Cossío renvoie
au Tratado de los romances viejos, non· saos faire quelques Considéra1

8

a

8

l'ITBLTOGRAPHTE

tions inléressanles; en fin une vel'sion du romance de Doña Angela
donl l'A ntologia (X, p. 136) &lt;lonne une version aslurienne , avec
variante dr Goviendes (Colunga), et qne M. C:ossío préfere U cette dernit're version ainsi qn'/1 la versinn calalane de ,1u.t.

G. r.moT.
Spanien, Zei/sclll'ijl für Auslandskunde, Orgcm des Verbandes
Deulsthland-Spanien, hrgg. vom ibero-ameríkanischen TnstiLul. - Hamboul'g, 1919, fase. /¡; 19-20 , fase. 1-2.
Sommaire:
1919 fase. ~lV. O. \.Vestermann: CEuvres de paix hispano-allemandes en temps de guerre, A. L. Mayer. Le sculpteur Francisco
Gi ralle. - E. Schafer. Fernand Cortes et la conquele d u Mexique. F. ~uypers. Une excursion a Tanger (été 1914). Nouvelles du monde
économique. - Nouvelles littfraires , t artistiques, scientifiques. ~ou vel lrs publications.
19?.o rase. 1-:1. A. Castro (Madrid) : ProgrCs de la science dans
J'Espagne contemporaine. - M. Artigas (Santander): Un poeme espagnol inconnu du Moyen-Age. - A. Salaza (Madrid), et ReifT. L'année
musicale 1918- 19 a Madrid. - G. Richert (Munich) : Tableaux
espagnols daos les musées allemands. - Nouvelles économiques, etc.
Tous, sauf la publication de M. Arligas, articles de vulgarisation.
~ous avons déj3. noté le fait. Spanien veut etre surtout un organe de
grand public, avant toul un agenl de la pénétration pacifique allemande. L'article le plus intéressant a notre égard est celui de Weste·r mann. R.ésumons-le. Alemania vendrá, l'beure de l'A.Uemagne sonnera, dis.ent les germanophiles d'Espagne, plus convaincus que les
Allemands. L'auteur a vecu en Espagne pendant la guerre eL s'est
occupé tres activemenl du rapprochement germano-espagnol. Il nous
raconte la créalion et le fonctionnemenl de l'OOuvre de secours aux
prisonniers de Barcelone 1 fondée en 1915. Cette ceuvre rec;ut de nombrPnx dons d' Espagnols germanophiles et« archi•germanophiles » 1 el
disposa mensuellement d'un budgetde 5.ooo pesetas. Au total, recettes
de ¡00.000 pesetas, envoi de 80.000 colis aux prisonuiers allemamls
des pa~·s alliés.
Pendant l'hiver 1915-1916 1 on institua des séries de cours et coníérrnce:'- i . Barcelone. Conférenciers de nationalité allemande, quelques
Espagnols parlant allemand. L'hiver suivant, nouveau progres. Les
cours sont donnés en allerñar::d, espagnol et catalan. 11 s·y organise
une ligue german&lt;respagnole, les Amicbs de Germania, un comité
composé de trois Allemands el trois Espagnols, une sooiété de conférences. cursos de ex.tensión universitaria. L'hher 1917, il y eut

�BULLETlr. HISPA.NIQUE

Bl8LIOGRAPHIE

16 conférenciers espagnols, ,Q allemands; par conséquent 30 confé~
rences, dans les plus beaux locaux. Puhlic tres nombreux plus
d'Espagnols que d'Allemands. L'année d'apres, nouvelle sé;·ie de
cours, la plupart en espagnol, cours de propagande. De plus, séries
de com·s fermés , cursillos, avec public restreint, visites aux musées
et bibliotheques .

étrangCre de l'Institut ,ibéro-américain, le Cuide en pays étranger
(Amérique du Sud).
Les résullats de cette activité ne seront visibles que plus tard. Des
mainlenant, nous avons le devoir, nous, d'ouvrir l'reil. Le Lravail de
contre~offensive fram;aise est en bonne voie et en de bonnes mains.
A nous de suivre l'exemple allemand, en sonlenant, de nos rangs
serrés et résolus, ceux des nOtres qui mCnent le bon combat.
J.-J .-A-. BERTRAND,

a

Au printemps de 1918, se crée
Barcelone la Société germano~
espagnole, donl le but fut de développer les relations intellectuelles
des deux. pays. Cette société compta, en quelques semaines. plusieurs
centaines de membres. A Tarragone se fonda lout de suite une filiale
do~t le, maire prit Ja présidence. Les cours publics ouverts pal' celt~
soc1été a Barcelone, cours de langue allernande destinés aux ou vriers
et petits employés espagnols, compterent dCs la premi8re année plus
de 100 participants.
La paix a fait ~uelque tort a ces inslituti~ns, mais l'auteur compte
sur la collaboral1on des sociélés hispano-allemandes d'Espagne et
germano-hispaniques d'Allemagne.
Dans le mCme domaine du rapprochement inlellecluel des deux
pays, signalons: 1° La rep1·ésenlalion de piCces espagnoles en Allema~ne, Los intereses creados (en lraduction) de Jacinto Benavente,
Vienne et
Berlín, La Ciudad alegre
confiada et El úllimo
minué, du meme auteur BerJin ·
'
'
'
:lº La création d'un prix de 1.000 francs a l'occasion du centenaire
de Cervantes. et de médailles en faveur des meilleurs travaux relatifs
a I'Espagne ou l'Amérique latine;
3• La publication de Deutsche IVarte ( Atalaya alemana), revue
commerciale hispano-allemande, hebdomadaire, organe de l' Union
économique allemande, section espagnole :\ Barcelone;
/4' La publication de la Deutsche Zeitung.für Spanien, birnensnelle,
Barcelone, de caractere tres varié;
5• L'inLér!\t que l'on prend en Allemagne au développement de
l'enseignement de la langue espagnole.
Les Allemands s'inléressent ii. toutes créalions de sociétés d'études
scientifiques ou de travaiJ économique,
toutes publications espagnoles d'ordre éconornique ou politique. lis se préoccupent des points
de frotlement et des possibilités de conílils futurs entre l'Espagne el
la France. Une bjbliographie tres abondanle, tres riche el remarqua~
blement renseignée (signée F. Krüger), oriente le lecteur allemand
sur les publications les plus importanles relatives soil aux choses et
gens d'Espagne, soit aux rapports intellectuels entre l'Espagne et
l'Allemagne, soit aux progres de l'hispanoiogie aUemande .
D'autres pubLications completent cette revue : la Cultura latinoamericana, revue trimestrielle, destinée a l'Amérique du _Sud , la
Bibliothek der Cultura latino-americana 1 les ou vrages de poli tique

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163

Soasa Vilerbo e a sua obra, notas bio-bibliographicas por Víctor
Ribeiro, Lisboa, Castro Irmiío, 1915 . 253 pages.
Parmi les érudits portngais de la derni6re génération , il n'esL pas
de figure plus respectable que Sousa Vilerbo. Sa vie nous apparait
comme un exemple de labeur probe et désintéressé. Son ceuvre
embrasse toutes les formes de l'aptivité nationale. On trouvera dans
le livre de M. Victor Ribciro un essai biographique tres complet,
accompagné de deux bibliographies, l'une qui suit l'ordre chronologique, l'autre qui groupe les publications par ordre de matieres. Un
syst6me commode de renvois avec numéros permet de les utiliser
concurremment. On peut considérer ce travail comme définitif et
comme indispensable. En effet la plus grande portie de J'oeuvre de
Sousa Viterbo est encare dispersée dans les journaux et les revues
sous forme d'articles dont il n'existe pas toujours de tirages 8 part.
En attendant qu'une réimpression les melle a la portée du lecteur
étranger, M. Victor Ribeiro nous fournit les moyens de nous orienter
dans ce labyrintbe .
On lui saura gré d'avoir fait revivre l'homme, sans craindre d'entrer
dans les détails familiers. Nous pénétrons avec lui au sein meme du
peuple 1 dans un milieu des plus modestes 1 auquel Sousa Viterbo dut
ses meilleures qualités et donl iJ euí le bon esprit de ne pas rougir.
De ces laboureurs de Rebordóes, de ces meuniers de Valongo, de ce
monde de petits commeri;ants au détail ou débuta son pere a Porto,
il conservait, tout en profitant, comme disait Renan, de la sobriété
intellectuelle de ses aleux, cette lénacité qui caractérise le paysan du
Douro et ce besoin d'action qui résistera meme
l'épreuve de la
maladie. Jamais son goU.t pour la vie simple et le travail silencieux ne
se démentit. Sa vocation s'était révélée, comme chez la plupart de ses
compatriotes, par des essais poétiques et romanesques, bien accueillis
dans la presse locale. On peut étre surpris du contraste entre la liberté
d'une improv-isation expansive et l'austérité qu'il afTectera plus tard
dans ses travaux scienlifiques. Cependant, comme le fait remarquer
1res juslemenl son biographe;jusqu'3. son dernier jour il restera poete.
Au séminaire de Porto , dans les hOpitnux oll il exerc;a la médecine,
au bureau de réd.action des grands périodiqnes de Lisbonne, dans les

a

�BULLETHf HISPnIQl"E

· BJRJ.IOGtHPHIE

proíessions qu'il ne fil que traverser, il étail guidé par la flamme intt'·rieure, par une sorte de foi démocratique, sacrifiant les intéréts matériels a ce qu'il jugeait atre une mission et un devoir. 11 refusa méme
les honneurs officiels par un geste U la fois digne et réservé. II ne se
sentit vraiment a l'aise que lorsqu'il ful nommé, sans avoir Osubir les
conditions du concours, proíesseur a !'€cole des beaux-arls. Déj/J il
comptait parmi les habitués les plus fcrvents des archives de la Torre
do Tambo. On nous le représente les jambes entrecroisées dans unealtitude conlrainte dºata:\ique, faisanl monter le:s infolio el les manuscrits jusqu·a son ceil de myope par un mouvement rl•gtilier el mécanique, tandis qu'il poursuivait, ele la mtme t·crilure serrée, d'interminables copies, dont il ne livra presque rien au public penelant dix ans,
el qu'il nºinterrompail que ponr décocher ll ses voisins et confrCres
en paléographie, quelque allusion mordi;mte oú l'on relrouvait, sous
lo. bonhomie du savanl, l'apfeté du journaliste incisif. Cetle assiduité
devait le conduire au mCme dénouement tragique qu'Augustin
Thierry. Dr-ja ses jambes íléchissaient et lui interdisaient non seulement de mo.rcher mais de se tenir deboul quand survinl la cécité.
Autour de lui ce ful nne conspiration de dévo1Jemcnt. Sa famil1e, des
secrétaires, eles amis désintéressés rencouragerent aexploiter une mine
dont la .richesse n·esl pas épuisée dü: ans apri~s sa mort. Une mémoire
prodigieuse l'aidail a diriger les recherches, a guider les bonnes
volonlés. Sa production n ·en l'ut point ralentie el su1· son lit de mort.
quand, aprCs dix ans d'épreuves, úne pneumonie rétoulfait, il songeait
encare a l'article qu·un granel journal de Lisbonne lui réclamait pour
le lendemain. Une parlie de la gloire de Sousa Viterbo revient a celle
qui fut son Antigone, qui soutinl ses pas chancelants, qui lut, copia,
rédigea , corrigea pour lui, que l'admiration des gens de lettres associa
aux honneurs éclatants que l'opinion di'·cernail a son J&gt;Cre. C'est a bon
droit qu'on a pu écrire, en faisailt allusion a M11 • Sopbia de Sousa
Vilerbo: ti Son exemple prouve de nouveau la capaciti'· inQ,éfinie
d'atfeclion el de sacrifice de la fernme portugaise. i¡ Ríen de plus
édifianl que celte carri8re ol1 les vertus familiales s'associenl ft la
probité du chercheur, au sens délicat de l'artiste.
L'activité de Sousa Viterbo s'est exercée dans les domaines les plus
Jivers. 11 est poele, non seulement 8 ses débuts, mais a sa derniere
heure, quand il appelle la morl pour mettre un termc ses soulfrances.
11 est journaliste et poursuit quolidiennement une propagan de socia le
et républicaine. 11 esl critique, aussi bon juge des conlemporains
comme Diniz et Anthero rle Quental que des vie.ux chroniqueurs. 11
apporte sa contribution aux études camoniennes, renouvellela biogra~ ·
phie de plusieurs classlques et témoigne d'une connaissance trCs
précise de la litté,·ature espagnole. Historien, il s'attache plus spéci:1lemenl U l'époque des grandes navigations et fait la part de )'orienta-

a

lisme . Médecin. i1 retrace l'hisloire des sciences oll ses co111palriote~
ont brillé. Professeur, il veille a la conservatioo des reuvres d'art.
prépare le catalogue des expo~itions rétrospectives, reconstitue la
biographif' détaillée des artistes, peintres el sculpteurs. lfais il est un
domaine 01 1 il ne crainl aucune comparaison, qui lni appartient en
proprei c'est l'hL.:.toirc sociale, celle des professions. Tous les métiers 1
depuis l'humble artisan jusqu·a l'arti~te éminent, défilenl dans ses
onvrages. On en a compté j11!:--q11·1\ 180. Dans cetle foule des charpentiers1 des calfats, des ma&lt;;ons, des laillcurs de pierre, des pelleliers,
des armuriers. des dorcurs, deb gra,eurs, des enlumineurs, des physiciens, des astrologues, des escrimeurs el des typographes, il regne.
a vrai dire, quelque confusion, qui tient surtout a la méthode adoptée
par l'émdit. Sonsa Viterbo avait tracé, entre la science el la littérature,
une démarcation infranchissttble. 11 se défendail, lorsqu'il prélendail
inslruire, du ~onci de plaire. C'est par s)·stCme qn'il a l'enoncé aux
exposés brillants. Ses attaches avec l'école positiviste, ses habitudes
critiques de médecin, une ~orle de pudeur qui le détouraait des
sncces faciles, l'obligCrent a arcentuer avec le temps sa maniere volontairemcnt aride. S'appuyant sur les principes incontestés de la méLhode hislorique, il repoussait les matériaux apportés par les écrivains.
que fausse lrop souvent le préjugé et roplique d'une mise au point
oratoire. ll dédaignait toul ce qui n'est pas le document originnl,
reproduil avec ses graphies exceptionnelles. Et dans l'exposition autant
que daos l'investigation. il restait fidele aux memes scrupules,
redoutant la banalité des transitions et la déformation des cadrrs
systématiques. 11 s'esl, par suite, effacé de son &lt;ruvre, préférant en
général l'ordre alphabétique, la forme du dictionnaire. 'folle part, en
elfet, il ne se croit obligé de replacer dans son ensemble connu ce
qu'il apporte d'inédit. ffoll le caract6re fragmentaire el composite
de certaines monographies. On peut regreller qu-·¡¡ n'ait pas essayé
Jui-meme d'utiliser les innombrable:,; matériaux qu'il accumulait.
Quelles furent les moours, les aspirations, les idées, l'originalité de ces
artisans et de ces artisles donl il s'est fait le biographe iníaligable?
Oans quelle mesure ont-ils contribué.a la formation de la nationalilé,
au progres des institutions municipales, 3. l'évolution de l'art? Quelle
part leur revienl dans la civilisation universelle? On trouvera de q uoi
répondre ces qucstions fondamentales dans la plupart des écrits de
Sousa Yiterbo. Mais il a dédaigné le plus souvent d'en extraire lc&gt;
pilloresque el d'en dégager la philosophie. Cependanl nul n'élait plus
capable de domincr celte vasle matiere, qu'u ne mémoire prodigien!-C
Jui rendait sans cesse présenle sous ses aspecls rnultiples. Or il a,nil
110 plan, une idée directrice, qui répondait a ses conviclions inlim('s,
qui s'accordait avec sa campagne humanitairr de journaliste. Plébéien
de race, il l'était aussi de cO'ur el, comme te!, a,ait la fierté de ses
1

a

�166

16¡

BULLETIN BISPANJQUE

BIBUOGf\APJIIE

origines. 11 voulait, par protestalion contre la gloire des artisles de
premier plan ou des capitaines de haute lignée, réhabiliter la foule
obscure, celle des artisa.ns mécoonus, du prolétariat anonyme. GrAce
Alui toute une partie, et non la moins importante de l'histoire nationale, est sortie de la poussi8re des archives oll elle dormait depuis des
si8cles. Aucune consécration officielle n'a manqué a Sousa Viterbo,
de son vivant ou apres sa mort . Il a connu les honneurs du bronze el
de l'éloge académique. On a célébré sa mémoire de la fay0n la plus
efflcace, en publiant ses ceuvres post.humes. Son influence n'a pns
cessé d'agir, tant sur les étrangers, auxquels il prodiguait, avec un
entier désintéressement, les conseils et les renseignernents, que sur ses
compatriotes dont beaucoup, avec le meme dédain du vulgaire,
s'efforcent de rendre la science peu abordable aux foules. Malgré
l'admiration d'une élite, il n'entrera vraiment dans la gloire que
Jorsque les résultats de son immense enqu8te démocratique auront
élé rendus accessibles, par un travail de simplification et de vulgari ..
sation, au commun des lecteurs. D1,1 reste la popularité, qu'il a
toujours négligée, n'ajouterait que bien peu O ses litres réels. Dans
un domaine oU tout est provieoire, il a su édifier 1 avec un acharnement 8 la tAche dont il est morl, un monument cyclopéen qui
survivra aux dentelles de pierre des chefs-d'reuvre trop soignés.
G. LE GENTIL.

dans une ville qui ful la patrie d'adoption de romanciers comme
Camilo et de poetes qomme António :'&lt;/obre. De plus on se rendail
mieux compte, apres les bouleversements inévitablei pour tout pays
qui fait l'expérience d1 un régirne nouvea.u, et surtout apr8s la derni8re
Lentative monarchiste, du besoin de confirmer, par une réforme de
l'éducation, le sentiment de l'unité nationale et la volonté d'agir en
commun. Ajoutons que le Portugal, depuis qu'il est intervenu dans
la conflagration européenne, est moins tenté de regarder la tradition
comme sus pecte. ll consid8re son passó avec plus d'indulgence et plus
de respect: il a repris conscience de son róle historique.
Certes il est imprudent de juger une revue d'apr8s les deux premiers
numéros, quand ils renferment des articles- inachevés, traitanl de
matieres différentes. On peut se demander toutefois si l'activité de la
jeune Faculté des lellres de Porto est orienlée dans le m6me sens que
ses ainées et ses rivales de Lisbonne et de Colmbre. 11 nous apparait,
a premi8re vue, qu'elle dépasse le domaine de l'érudition pure. Le lon
est donné par un article de M. Leonardo Col'mbra sur 1'induction, qui
tient lieu de préface. La plupart des travaux qu'elle publie ont, malgré
leur précision lechnique, un caractCre de généralilé. Les probl8mes y
s~nt envisagés dans leurs rapports avec la science européenne. La
revue, dans son ensemble, rellete des préoccupations philosophiques
et sociales. Elle se place du reste sous le patronage de M. M. Bergson
et G. Dumas. 11 ne nous appartient pas de suivre taus les collaborateurs sur un terrain oU seuls les spédalistes peuvent formuler une
opinion autorisée. Nous signalerons 1 dans le domaine qui nous occupe,
une étude en cours de publicalion sur les sources historiques du
roman anglais Torren! of Porlyngale et des extraits inédits du journal
d'António Nobre. 11 esta soubaitér que les cabiers de ce poCle, qui
rut le plus sincere et le plus touchant de la dernihegénération. soienl
pnbliés intégralement, car ils nous renseignent a la fois sur sa pensée
intime et sur l'importance qu'il attachait au purisme et a l'euphonie.
~otons encare deux articles conc~rnanl l'histoire coloniale de la
péninsule et contribuant a éclairer le probleme de l'Atlanlide. Le
premier, celui de M. -\.. A. Mendes Correa, discute les résultats fournis
par la géologie, la botanique et l'océanograpbie et aboutit 3. une
conclusion négalive. Le second 1 celui de M. Urbano Canuto Soares,
soul8ve la question des langues parlées par les premjers habitanls des
Canaries. On sait qu'clles difJ8rent d'une He a l'autre et l'on s'est
demandé si c'est une raison suffisante pour contester leur communauté d'origine. D'apres un chapitre inédit de l'historien Gaspa r
Frutuoso, l'archipel aurail été peuplé d'abord par des exilés am.quels
on aurait coupé la langue et dont les descendants furent obligés,
dans chaque ile, de créer de toutes píeces un langage différent, puis•
qu'il ne reslait de l'idiorne primitif aucunc Lrace écrite. Les Saudade I

Revista da Faca/dad.e de Letras da Universidade do Porto, ,,~ 1
el 2. Pol'lo 1920.
Cette publicatión marque une étape nouvelle dans le développement
des études littéraires en Portugal. On les avait longtemps sacrifiées,
pour des raisons politiques, a d'aulres disciplines. L'Universilé conserva, pendant la plus grande partie du xix• siOCle, le caractere que 1ui
avait imprimé la réforme de Pombal qui, par réaction contre le
formalisme des Jésuites et sous ]'influence dC' l'Encyclopédie, se
préoccupail de renforcer l'enseignement des sciences, sans perdre de
vue leurs applications pratiques. ll supprima la Faculté des arts et
c'est en 1871 seulement qu'il ful question de la remplacer. La fondalion
du Cours supérieur des lettres, qui dut son prestige aux travaux
remarquables de TheophiJo Braga, répondait 3 une orientation nouvelle des esprits~ La génération montante se passionnait pour les
études philologiques. On comprit bientót que l'enseignement de
l'histoire littéraire pouvaitavoir une répercussion sociale.De Lisbonne,
centre des idées nouvelles, il pénétraR Co'imbre, si0ge de la tradition.
Au lendemain de la guerre on ne formait 8 Porto que des médecins,
des jurisles et des ingénieurs. De bonnes raisons présid8rent l'an
dernier a la création d 'une faculté des lettres. Elle apparaissaitcomme
le développement normal de Loute université prospere. Elle s'imposai l

�168

Bl ■ LIOGRAPHII.

BULLIT(~ HISP.i.l'IIQt.11

da terra apportent, a coté de celte explication fantaisisle, des éléments
d'une valeur historique indiscutable. L'inlerprétation en •era racililée
par le soin que M. Canuto Soares a pris de rassembler ton• les lémoi-

monaslérfl de San Feliu de Guixola (16o6), par le bénédictin Alfonso
Cano, non signalée dans Muñoz; des copies de lravaux du P. Marlin
Sarmiento, en particulier • sobre el vegetable gallego seyxebra 11; vies

gnages concernant la découverte par les anciens et -

de sainles (mains du xvu· s.); « l\epNlsentaciones hechas por el Excmo
Sr. Conde de Florida Blanca a la Augusta :llagestad de Carlos lerceru
y lo ullimamenle expueslo al actual Soberano Carlos 4•,,, une Hisloire
de Montserrat inédile ( 1847) du P. filgueira; llcgle bénédictine el

qu'on nous

passe ce néologisme indisp,nsable - la redécouverte par les modernes
de l'archipel des Canarios. Cest d'ailleurs le propre de l'hisloire de la
péninsule, au moins a l'époque des grandes navigation:,, de poser de~
prohlemes qui inléressent la civilisation mondiale. On voil que la
/levi.da da Faculdade rle letras embrasse un horizon assez vaste. Elle

reste nationale sans étroilesse. F:lle coordonne, par un efforl de
s~·nthese, les résull.ats de disciplines dilférenles. Elle continue le
mouvement initié par les disciples d'Augusle Comle. Elle combat par
l'exemple le préjugé qui reru~e aux peuples de la péninsule les
aptitudes philosophiques. Ces tendances ne sonl pas enliCremenl
nouvelles. On les retrouverait dans plus d'un article publié Lisbonne
ou
Coimbre. mais elles nous apparaissenl iri plus clairement
affirmées. La nouvelle Faculté des lettres de Porto promel done de faire
oouvre originale. On n'attendait pas moins d'une ville qui a joué un
l'Ole de premier plan dans l'évolution économique, politic¡ue el
littéraire du pa~·s.
(;, LE GENTIL.

a

a

Analecta Montserratensia. \fol. l. Any 1917. Moneslir de Montserrat. MCMXVJII. Vol. 11, An~· 1918. MCMXIX.
Celte publication, qui paraitra annuellemenl, a justifié toul de
suite son utililé par des arlicles d'un grand inléret, parmi lesquels il
convient toul au moins de relever les suivants :

la

(Vol. 1). Manu:scrits de
Biblioteca de ,lfonts,rrat, par D. Anselm
M. Albareda. L'auleur, qui prépare le catalogue des manuscrit, de
l'ancienne Bibliothéque conventuelle, donne.la description analytique
de 71 numéros anciens ou d'acquisition récente, dont le plus, énérabJe
et le plus importanl, premiAre vue, parait etre le numéro 1, le Libre
Vermell, signalé par \'illanueva, sorti par bonheur du mona~tere a

a

l'époque des guerres de l'lndépendance, et rachele en 1885. Enlre
autres textes latins et catalans (xlV• et 'tV~ s.), il contient un Can&lt;:oner
monlserrati qui fait l'objet d'un article8 part: des miracles a l'invocacion de la Vierge per universum mundum (il ne s'agil pas des rniracles
de Montserrat, qui précedent el suivent; comme le premier est celui de
la rhasuble de Saint lldephonse,jc suppose qu·on y retrouve les miraeles recueillis par Gil de Zamora el publiés par P. Fila); &lt;'n loutcas il
serail intéressantde faire connaitreen détail celle colleclion dans une
des cotonnes des Analecta); de rudimentaires trailés de géographie,
d'aslronomie, df" monstruosilés humaines, d·enc~·clopédie (le toul en
deux folios). Parmi les autres manuscrits, je note une llistoire du

Constitution&amp; de l'abbr Cisneros(en castillan. mains du xv1• s.); Céri·•
monial el coutumcs de Montserrat (xv• et tvl" s.); « Exercilium el
devotiones fralris Pelri de Ortega,&gt; (1622): deux livres d'heures du
xv·-,VI· s. avec miniatures; copie des Exercice~ spirituels de sainl

lgnace (dat,&lt;e de Si-ville 16o6; divers e1emplaires de la regle de sainl
Benoit; anliphonaire du xr• s.).
C'est le P. Sui'iol, directeur des Analeda, qui s·est chargé d'i"•ludier,
sous le litre Els cants delt Romeas, lr.s chao l13 de f&gt;Clcrins conlenus
aux folios ,21•27 du Llibre vermell:
Por sa anliguilal és el monurnenl méM venerable que des del !M!gle uv
ens conserva uns canls queja alesbore!I cvcn lraditionals. !Pcr la factura
artística són un lestimonide diverses formes musicals,dcs de la aimplíssima
i unissonal del gregoriá, flns una perfecta polifonia a lresparls, o• tri plum••
passant, oi més, per la forma del ballet, del cánon, de la diafonía i del
Mo.lel Pcr qualque anolació meMdica é~ :el primrr documenl que usa a
Catalunya ccrta ~crminologla musical...
Ces chanls, dont deux en caLalan, sont au nombre de dix.. ll y
en avait s1jremenl d'aulres, puisque Villanneva en reproduit un
qui manque actuellement au recueil. De belles planches accompa•
gnent la transcription lillérale et musicale, et l'étude de chaquc mor•
cea u esl poussée fond, avec une science el un senliment arlislique
qu'apprécieront certainemenl les connaisseuns.
Le o~ Jaume Cullell, chanoine de la Seu de Vich, a donoé sa conlribulion en étudiant cette question : Vinf¡ueren a .Jlonserral monjas de

a

Morlle-Cassino a ,nüjans del segle XV, queslion qu'il résoul par l'allirmative.

Suivenl Te.ct,s calala11s del Llibre, pel 11. P . .\rchiver; Alguns
manuscrit, de l"anliga Biblioteca monlserratina communicats pel
D· O. Ramón d'Alós (d'apres le numérn 13.464 de la Bibl. 'lac. de
Madrid); - Reliqwes ijoies antigues de lfontserrat segons un manuscril recenlmenl rlescoberl ; - Fes/es lipi.ques (il s'agit de la fete encorc
célébrée annuellemenl a ~ontserrat, a la Saint•N'icolas, et rappelant
celle de l'Obispillo, donl Fr. José de la Canal signale, au lome \LV de
l'f:,p. sagrada, la représeulalion aGirone).
Le Vol. 11 conlienl d'abord uu magistral lra..ail de D. .\nselm ~l·
.\lbareda, La impremla de .llonlserrat (seg/es u·-u,•¡. Pour l'hislorique de e-elle imprimerie. les témoignage~ anciens sont rares. Le P.

�HUI.LETL'.\ HISPA'.\IQUli:

RIBI,TOGI\APHIE

Aluareda nol"' que Fr. Pedro de Burgos, A qui est·dü le choix du premier imprimeur (1498) et le premier rétablissement, en i5t8, n'en dit
mot dans son Libro de la historia y milagros hechos a invocacion de
Nuestra Señora de Monlserrate, el pas davantage Yepes, qui agite la
question de l'iníluence exercée par l'Exercitatorium de Garcia de
Cisneros, imprimé Montserrat (l5oo), sur les Exercices de Saintlgnace. C'est au P. Benet Ribas, maine el archiviste du monastere,
ami de Villanueva, collaborateur modeste et désintPressé de plusieurs
érudits du lemps, en particulier du P. Méndez pour sa Tipograf,a
Española, qu'il faut s'adresser pour reconstituer cette histoire; il est
vrai que d'autres travaux, énumérés par le P. Albareda, completent
les données (que des découvertes heureuses ont permis d'enrichir
encore); mais la plupart dt'rivent précisément des renseignements
libéralement fournis pal' le P. H.ibas ceux qui les luidema.ndaient.
L'installation d'une imprimerie a i\lontsel'l'at a-t-elle obéi ala n1!cessité de pourvoir de missels et de bréviaires les dix-neuf monasteres
dépendanl de San Benito de Yalladolid, initiateur de la réforme, et
auquel était atlaché .MontserraL depuis 1493 ~ Et si le choix tamba sur
ce dernier couvent, fut-ce pour des raisons économiques? Mais ces
raisons nous échappent, observe le P. Albareda 1 qui conside1·e par
contre comme.décisif a cet égard le rOle de García de Cisne ros, cousia
germain du grand Cisneros, el neuf fois réélu supérieur par Jes moines.
Les deux: premiers imprimeurs avec lesquels il eut contrat furent Jean
Luschner (décembre 1498-novembre 1500) et Jean Rosembach (16181621), aprCs lequel l'imprimerie fonctionna encare quatre ans.
La description, avecreproductions nombreuses(plusieurs en dimensions idantiques) des ouvrages parus a Montserrat, comprend: ,o les
incunables;~~ les imprimés de 1518•15i6, division qui se trouve correspondre aux deux époques otl les presses y fonctionnerent. Les
incunables sont au nombre de 17 ; le premier est le Liber meditationum Vitae Domini noslri lesu·Christi de saint Bonaventure (16 avril
r499). Le Jlfissale Benedictinum découvert au Chili et su,· lequel il y a
un article dans le meme vol u me des Analecta, doit etre de la fin de la
m8me année. Quelques ouvrages n'ont pu 8tre décrits ou mentionnés
que d'apre, les bibliog,·aphes antérieurs; quelques-uns le sont pour la
premie.re fois : tel est le ca.s pour le Miss ale Benedictin.um el pou r le
Directorio de las horas canonicas e&lt; postrimero de setiebre año de Mil
y qinietos ii.
•
Pour ce qui esl du Directorium (en lalin), sans date, et de l'Exercitatorium (traduit en latín par le P. Francisco de Torquemada), lequel
por le la m8me date que l' Exercitatorio en bastillan, 13 novembre r 600,
les objections du P. Albarnda aux scrupules d'Hrebler (n·· 151 et 235),
qui les oonsid8re comme postérieurs, ne paraittont peut-Blre pas tout
afait convaincantes. Le P. Ribas, auqucl se réff:lre l'érudit bénédiclin,

n'a-l-il pu mal interpréter lui-m6me la dale donnée a l'Exercitalorium,
et traduite littéralement de l'édilion castilla ne~
Parmi les impriinés de la seconde époque figurent de nombreuses
images pieuses. Quant a la grammaire de Lebrixa, le seul ouvrage
profane qui figure dans ce catalogue, le P. Albareda ne parait pas
tout fait rassuré cette fois par la mention tres succinctequ'en fait le
P. Ribas.
Le P. Suñol a collaboré a ce ,olume 11 en donnant un travail,
également des plus instructifs, sur la liturgia deis noslres impresos
(seg/es xv'-.rn'). Le caractere un peu spécial de cetle publication,
qui intéresse surtout les liturgistes, est malheureusement un obsl-aclc
assez sérieux. pour le profane qui voudrait en fairc une analysc
fidele et consciencieuse. Bornons-nous morlestement admirer, et
prendre bonne note pour le cas ol1 nous aurions nous renseigner sur
une question pour l'intelligence de laquelle il faut réellement !trc
quelque peu clerc.
Divers documents completent ce méme volume: Noticias del venerable P. Fr. Bernardo Boi/; Embaixada d'E8p,mya prop la Santa
Seu; L/etra del Rei En Joan f (r3go), etc.
Ces indications donneronl une idée, au moins sommaire, de ce que
sont ces Analecta, auxquels nous ne pouvons que souhaiter longue
vie et bonne récolte chaque année.
G. CII\OT.

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�•

CHRONIQUE
_ M. Ramón ~lenendu Pidal, en verlu d'un usage qui esl loin
d'etre banal en ~•rance, a re~u de l'Université de Toulom;e le litre de
docteur honori.'i causa. A. la cérémonie qui a eu lieu, a cette occasioo·,
le 18 íévrier. l'Universilé de Bordeau1 . invitée a se faire représenter,
avail délégué le doyen de la ~•acuité des Lettres, M. Dresch , qui. au
nom de ses collCgues, donl beaucoup sont hispanisanlll 3 des Litres
divers, a dil la haute estime, ou plulól l'admiration qu'inspire a lous
l'ceuvre du grand savant et de son école. En :;'associanl, comme
l'Université de Paris, 3. celte maniíe:;ldtion, l'Universilé de Bordeau&gt;:.
a monlré que les liens qui rall.achcnl M. \lenénde1, Pidal a l'Lniver~ilé
de Toulouse, le rattachenl a la France enti8re. On trouvera une relation détaillée de celle solennité dans L',lmitié .francu-espaynole,
publiée a Toulouse (2' année)
Le 11 mars a élé inauguré a la ~.,acuité des Leltres de l'LniYersité de Bordeaux un cours libre de langue el antiquilés basques,
professé par M. Albert Léon, docteur es lellres, professeur au lycéc
de Bayonne. M. l~on a expo::;é, dans sa le&lt;r&gt;n d'ouverture, les· travaux
des érudits qui se sonl appliqués a l'étude du basque, des ~·ran&lt;:ais
depuis Luchaire el le prince Bona parle jusqu'a Vinson, des étrangers
depuis Humboldt jusqu'a van i,;ys , Uhlenbeck, Schuchardl el Wcbster.
ll se propose, dans les leGQns suivanl.es, de lrailer du thé.ltre populaire
bas4ue. Le profcsseur a élé suivi avec beaucoup d'atlention el d'inter~l par de nombreux: auditeurs qui l'ont compris, mCme lorsqu'A la
fin de sa l~on il leur a adressé la parole en basque. 11 n'y a pas lieu
d'en etre surpris: Bordeaux a toujours eu une forte colooie basqne,
dont l'existence sutfirait a garantir le succes de cel enseignement .
......-. Une nouvelle occasion de manifester leurs senlimenls envers la
~'raoce a été olferle au• 1,;spagnols par le Congres leou du 31 mars au
4 avril i, Saint-Sébaslien. La présence d'un ministre espagnol (celui du
Travail) et l"accueil, inoubliable aulant qu'inespéré, que nous réservait la populaLion comme les autorilés dan'i la capitale du Guipúzcoa,
a Orio, Zarauz, Guelaria et Zumaya, oll le peintre Zuloaga a fait les
hooneurs de sa pittoresque demeure, onl comblé tous les vamx des
nombreux Fram;.ais venus pour consliluer définitivemenl les deux
~'édérations franc;aise el espagnole deS comités d'enlente. Nous ne
pouvons pour le m,Pmenl que signaler ces belles journées et les mar~
quer d'une pierre blanche.
7 avril 1921.
L.l RBD.lCTJOR ,~\IERI\IKE:-¡: YOREL - fATIO. P. PARIS
G. CIROT. secritairt: G. R..\OET, diruteur•géraat.
Bord•n1.--

lmprimeries Gou:.-OLll,ttOV, rue Guiraude,

1)-'

1.

��</text>
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        <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                <text>Fundado en 1898, el Bulletin Hispanique está editado por las Presses Universitaires de Bordeaux. La revista, actualmente, se publica dos veces al año e incluye reseñas de libros y una lista de obras recibidas. Los artículos dan cabida al ámbito ibérico e iberoamericano, sin distinción de época, área o método y se publican en francés y español, así como en cualquiera de las lenguas de la península ibérica. Revista indexada: HCERES, ERIH, SCOPUS y WOS-AHCI.</text>
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