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                  <text>��Vol. XXIII.

Octobre-Décembre 1921

FERl!N GOXZALEZ D.\~ Ll CHRONIOUE J,tONAISE
(Suile •.)

Il convienl de bien élablir a présenl l'affinilé des inlerpolalions qui, dans nolre chroniquc, sonl relatives a Doña Sanc~a,
avec les Généalogies qui figurenl dans les inemes manuscrils
A 189 el G I de l'Académie de l'Hisloire el que j'ai reproduiles
a la suite. Nous remarquerons d'abord que les Généalogies
énumerenl dans des termes prcsque identiques les lrois
mariages de coite princesse :
Domina Sanclia uxor fuit Ordonii imperaloris Legionensis.
Postea habuit virum Albarum Harramelliz, comilem de Alaua. Ad
ultimum fuit uxor Fernandi comitis.

Dans le lexle de Silos, il n'est queslion que d'une seule
femme d'Ordoño III: Urraca, filie du comlc Ferdinand (S 62
el 6'¡ de Silos, 69 el 71 de la Chronique Iéon. ). La rédaclion
de Sampiro (S 25, reproduile par la Chronique léonaise, S ¡o),
insiste sur la répudialion, simplement · menlionnéc d'une
fa\;on équivoque, el ajoule qu'Ordoño épousa une aulre femme,
Gehira, donl il eul Bermuda (II) « celui qui fol podagre ".
D'Alvar llarramelliz, pas un mol, pas plus dans Sampiro que
daos Silos. Du mariage du comle avec Sancha, pas davanlage.
Pourlanl, que la femme de Fernán González se soil appelée
Sancha, c'esl ce que nous apprennenl des documents ou elle
figure a colé de son mari (nous verrons Iesquels).
Quanl a Alvar Harramelliz, ce n'esl pas un personnage
imaginaire; nous le voyons menlionné dans une charle de
Valpuesta ', en 929, comme comte de Lantaron, forleresse
1. Voir B■ll. hilp., 1921 1 p. t et 77.
2. Barra.u-Dihigo, Rev. hi3p., Jgoo, p. 316; cf. p. 311 et 18o._C'e:.l é,idemmeot
ce document que l'auteur de l'arlicle Lantaron daos le Dice. geogr. hisJ. de Espaiía
(1ecc. 1, t. 1, p. ~ 10), anil en yue quand il ~ignale un Herrera Melliz comme comte
de LaoLaron en 929.

l

BuU, h.....

B I l3 L l O T E. ,:_ A C E N8T R A L
A. N. L

_______ u.

-----

�BULLBTl:S lllSPAJ'ClQUE

sur les fronlieres d. Alava vis-a-vis de la Gas tille. M. BarrauDihigo a relevé a ce sujel dans la Coleccion de privilegios,Jranquezas exeneiones y fueros concedidos rí varios pueblos ... de la
Corona de Castilla de González, "un comte d'Alava du meme
nom ... , mentionné dans une charle du 11 janvier 931 ».
L'ordre donné par les Généalogies pour les trois mal'iages
de Doña Sancha ne peut done tenh·qu'a une premiere condition,
c'est que l'Ordonius imperalor qui ful son premier mari soil
Ordoño II, et non prdoño III. Qr, que nous dil la Chronique
léonaise (au ~ 63), suivanl d'ailleurs Silos-Sampi\·O' Que le
roi Qrdoño Alfonso étanl venu aider le roi Garcfa de Navarre,
épousa sa filie, Sancha " qui lui convenait et lui plaisait ».
C'étail sa troisieme femme, au comple de ce texte (sous la triple
forme que_ nous en connaissons) : la premiere était, selon
Silos, Gelvira , nom que Sampiro corrige en Doña Munnia et

que la Chronique léonaise garde tout en ajoutant celui-ci ; la
seconde était Agaronla , d'apres les trois rédactions. Flórez,
qui parle de ces trois reines, pl~ce le mariage de la troisieme
en 92 3, l'année de Nájera. Si Ordoito II mourul en. 924, elle fut
presque aussitot veuve que mariée. Flórez (Reynas cathólicas, t. l,
p. 88 et 9 ) constate qu'il n'esl plus question d'elle apres la
9
mort du roi, a moins que ce ne soit d'elle que parle Luc de
Tuy quand il dit que Ramiro ll, apres son expédition contre
Madrid, revint se reposer a Léon, ou il étaitavec la reine Sancha
quand il appril l'arrivée d'Aceyfaavecunegrande arméemaure.
Nólons tout de suite que Luc a compris de travers el interpolé
d'une fa&lt;:on bizarre la phrase qu'il lisait dans Silos: il a pris
pour le nom d'un chef le mot arahe lalinisé qui veut dire
armée, et il a compensé la suppression des mots " a Fernando
Gundisalui » en ajoutant « sedente cum Sancia regina ".
SILOS (Florez, t. \.VII, p. 295).
Luc (Scholl, P· 83, l. 4&gt;)·
Legione uero consedenti nuntius
venit a Fernando Gundisalai ex

Legione uero eo sedente cum
Sancia regina nuncios venit quod

azeipha grandi quae properabal
ad Castellam.

Aceyfa cum grandi exercitu Maurerum properabal ad Castellam.

Pareille bévue nous averlil qu'il faut nous méfier de son
texte, au moins ici.

FSH'.'iAN GONZALEZ DA:-lS LA CHRONIQL'E LÉONAISE

271

La Chronic¡ue léonaise se contente d'ajouter au texle de
Silos !'Era DCCCC LXXI (année 933) . Pourc¡uoi Luc a-t-il
introduit celle mention d'une reine Sancha, qui n'est pas la
femme de Ramiro? Ne faut-il pas y voir une interpolation
maladroite provenant d'une addition marginale mal comprise ·
et qui pouvait se rapporter a tout autre chose qu'au roi de
Léon? Qui sait s'il n'y avait pas la la mention du mariage de
Fernán González avec la reine Sancha, veuve d'Ordoño 11 ~
Hypothese tentante·1
Quoi qu'il en soil, c'est peu av~nt cetle date de 933 que
Fernán GGnzález aurait épousé Doña Sancha, si nous nous en
rapporlons a M. Fernández de Béthencourt (Hisl. genealógica,
l. 1, p. 448) , qui dit « por los años 931 ».
En 94t, Fernáu González et sa femme, la comtesse Doña
Sancha, font une donation au monastere de Cardeña•, et ils
mentionnent dans l'acle les noms de leurs enfants, qui sont au
nombre de cinq : Gonzalvo Fernández, García Fernández,
Sancho Fernández, Muño Fernández et doiía Fronilde ,.
Mais en 929 , déja, le comteFernán González, dotant l'abbaye
de San Quirce, menlionne deux fois sa femme Sancha,· " uxor
mea Sancia 3 "; et en 919, l'acle de donation par Jeque[ s'ouvre
Je Recueil des charles de l'abbaye de Silos publié par Dom Férotin, est libellé au nom de Fredenando Gundisalviz et uxor
mea Sancia_4 ".
J. Muiíoz J Romero, Colección thfueros municipales t I p 2 5 d'aprfla B
A.11/igiiedades de Esp.i t, '11, p. 361.
' . , . '
ergania,

2 • Dolla Urraca ne figure pas, sans doute parce qu'elle élail mariée depu is
940
ª~vec ;Ordoño IIL (Saluar, Hist. de la ca!a de La.ra, t. I, p, 5o). Ni Nuñ.o 0 ¡ Doña
Fronilde ne sonl comptés au nombre des eníants du comte par Salazar qui a¡·oute
Doña Nuna (p. 5o).
'
3, Doc. publié ~r Dom Férolin, p. 1~, note, de son Hi.stoire di L'abbaye de Silos,
• Tome 1 &lt;.Par1s, 181n), p. t, Que d'ailleuTs Fernán González, en 919 , ftiL déj3
coml_e, de Cashlle, noua en auriona uno confirmalion dans un document de 1
pu~l10 par le P. Serrano dans le Becerro Gálico de Car/Uña, p. 3og-3 1 o, _ Sal~J;
~Hi.st. dt: la casa de Lara, t . I, p. 10) n'aUCguc pas de document antérieur a 937 oll
igure la comtesse Sancha, femme de Fernán González. Cf. Barrau-Dihigo (Rev ltisp
1 9° 0 , P· 3 18~, _qui cile l'opinion de José Barbosa Canaes de rigueiredo Castello iHanc~
dans 58. 1Voltew c~onologica dos Condes de Castilla, admettant que Fernán Gonzále.z.
fut co1!1le de _Cashll~ avanl mai gh. De Coltc année-13 le P. Serrano, daos son recueil,
produit plusieurs acles, ~ont aucun, en eliet, n'esL antérieur au 1 u· mai (p. 21 3). On
pc":L don~ ae demander 11 le &lt;1 ~'redenando camilo jn Castella, du document de 017
dé st ~~e ~1en Fernjin González . Généralement le patronymique n'esl pas omil· toutefo1s 11 test dans un acle du 28 mai 932 (p. r19 du m8me recueil)¡ el 111, « comil; Fre•

�BULLETl:'.'f IIISPANIQUl.

Si le premier de ces documentsest authenlique el exaclemenl
daté, il esl difficile d'admellre que la veuve d'Ordoño 11 ail
épousé Femán González alors que son second mari, Alvar
Harramelliz, étail encore vivanl (nous venons de voir qu'il
l'étail encore en 931).
Mais si le second ne comporte pas une fausse dale, il faul
toul de suite exclurc l'identificalion de la femme du comle
avec celle d'Ordoño U : la dale proposée par Flórez pour le
mariage de ce dernier avec Doña Sancha, 923, serail difficilemenl reportée avant 919.
Or il y a bien une fausse dale, el Don Férotin l'a constaté
lui-meme. Dans ce document, qui porte a la fin les mots :
&lt;1 Ego Fredenando Gundissalvet et uxor mea Sancia ... 1&gt;, la
date est ainsi libellée : « ... nolum die sabbato, 111 nonas
iunias, eraDCCCCLVII, rcgnantc Domino no siro Ihesu Christo
in celis el prínceps terre huius rex Ordonio in Legione, comile
vero Fredenando Gundisahel in Caslella. " L'éditeur fail
observer q~' e( il doit y avoir ici une erreur de copiste, car en
l'année 919 le lroisieme jour de juin tombait un jeudi el non
un samedi i,; et il proposc de lire « in non. iun. n au lieu
de « 111 non. iun.,. Sans doute, mais qui prouve que ce n'esl
pas l'era qui esl fautive? Le documenl, nous dit encore Dom
Férotin, n'esl pas l'original, mais un vidimus de 1 :a55 !
Ass11rément, a quelques années pres, une correclion de l'era
ne nous avancerait nullement, puisque Fernán González apparalt
ici comme marié avec Sancha du vivanl d'Ordoiio. Mais qui
prouve qu'il ne s'agil pas d'Ordoño III? A l'era DCCCCLVJl
il faudrait substiluer une em allanl de DCCCCLXXXVIII
a DCCCCLXXXXIII. Nous ne savons si a pareille époque
Doña Sancha élail vivante, ainsi que j'aurai i\. le dire plus
loin; mais nous ne savons pas non plus si elle étail morte.
Toulefois, celle correclion admise ou supposée admise,
denando io Caslella )l parall bien dé!!iigner le mCmc persoonagc que le &lt;( comile
Fredinando Gundissalbi,: in Caslclla , du ,documeot du 2! mai 932, ioséré a la
page 333. Jeuote que Gonzaho Fernández, dam ce m1'me recueil, ne parail plu1
apris 915 (p. u6), si ce n'esL par rérérence (en 931, p. 209). 11 faudrait d'autres
pillees oncore pour décider de la question, qui a une groHe importance pour le
problema qui 00111 oocupe.

FER"AN GOXZALEZ DA.:,s LA CBRO:,JQUB LÉO:'iAJSE

nous nous heurlons en sens inverse a une autre impossibililé, qui nous vient de la contexlurc meme de la Chronique
léonaise.

11 es! clair que la dale de 960 assignée par nolre Chronique
i, la capture el a la romanesque aYenlure du fameux comte ne
peut etre admise si la Doña Sancha qui le délivre sous promesse de mariage esl la veuve d'Ordo,io II. Et comme il y' est
di! que le comle ful pris avec ses fils, il sensuivrait que celle
Doiía Sancha esl dislincte de la comtesse signalée par des
documenls antérieurs.

11 y a, de loute évidence, une impossibilité irréductible a
concilier ces données contradictoires.
Au surplus, l'interpolaleur de nolre Chronique, tout en
s'inspirant des Généalogies, n'a pas du lout compris que
l'hérofae de l'avenlure ful la veuve d'Ordoiío II. 11 en a fail la
femme répudiée d'Ordoiío III : c'est dans le chapitre de
Sampiro-Silos consacré a ce prince, qu'il a inséré l'addilion:
Iste habuit uxorem Sanctiam, filiam regis pampilonensis, Sancii
Abarca, que ab illo relicta, nupsit comili AlaÚensium Aluaro,

deinde comiti Castelle Fernando Gondissalui.
Ce qui n'esl pas pour simplifier les choses, ·malgré l'apparence, c'est que les dales de la Chronique générale cadrent avec
celles ou les documents nous menlionnent la Doiía Sancha
historique, femme du comie. 11 convien I de faire abstraction
de celte lrompeuse concordance, que condamne formellement
la date de 940, ma,·quée par celle meme Chronique (S 728),
pour la morl du comte.
Ce qui complique encore, c'esl la Doiía Sancha, filie. de
O. Sancho de :\'avarre et femme de Ramiro II, donl parlent
le Liber 1/egum et la Cbronique de S. Juan de la Peiía , . Elle
parait procéder de la méprise signalée tout a l'heure dans
Luc ', et en loul cas se confondre avec , 0 la Doiía Teresa dont
la Générale (S ;01), comme Sampiro (suivi par la Chronique
Cf. Bull. lli$p,, 1921, p. 82,
Luc n'a peul-~lr-e íait que transcrire un tede erroné ou tronqué. J'ai trouvé
en tout cas la meme phra~e dans les mu. Hh 98 de la Bibl. \ac. el 2-~ de la Bibl.
Real.; ce dernier porte consedent~ (9$edtnte) au lieu de sedente.
t.

2.

�BULLETU. HISPA~IQUE

FEfl"iA,- GO"i'ZALEZ DA.NS LA C_HRONIQUE LÉONAlSE

léonaise) fait la femme de Ramiro II, la mere de Sancho 1 et
de Gelvira, mais de plus (la-dessus la Chronique léonaise esl
muelle aussi bien que Sampiro)la filie de Sancho de Navarre et
la samr de García el Tembloso; 2• Ja navarraise Doiia Urraca,
mere également d'un Sancho Ramfrez et d'une Elvira (affirmation toute spéciale aux Généalogies et a la Cbronique
léonaise) •. II y a done trois traditions louchanl le nom de
celte reine de Léon, femme de Ramiro II : il, s'agit probablement d'une seule et meme princesse sur la tete de laquelle
déja Flórez se résignail a accumuler deux noms, Urraca-Teresa,
et nous voyons qu'il conviendrait, pour tout concilier, de tui
en adjoindre un lroisieme, Sancha •. Nous avons vu, d'aulre
part, qu'il y a deux traditions touchant le lien qui l'unit
a l'hérolne de Castrovicjo 3 • C'est un personnage, en somme,
tres instable, a qui son intervcntion dans la légende a coüté
quelques avatars.
Je ne puis ici (et d'ailleurs je n'y reussirais sans doute pas)
reprendre les discussions de Flórez sur les femmes des rois
léonais contemporains de Fernán González; mais pour rendre
plus claire la question telle qu'elle se pose du fait des interpolalions successives . du texle pélagien de Sampiro et de la
Chroniquc léonaise au texte primitif de Silos-Sampiro, je
réunirai ici, en mettant e¡¡tre [ ] ce qui esta la fois dans le Sampiro de Pélage et la Chronique léonaise, et entre -&lt;&gt; ce qui
n'est que danscelle-ci, les passages qui concernent ces femmes.
On se rendra compte des additions faites au texte primilif
rnprésenté par la Chronique &lt;lite de Silos, tres pauvre, ou tres

sobre, en indicalions de ce genre (on sait que le texle original
de Sampiro s'cst consel'vé plus pur dans celle derniere que
dans la compilation allribuée a Pélage) :

1,

"Ramiro II épousa Urraca, les diplómes l'affirment

i,

Ordonius 11. - invenit reginam [domnam Munniam] domnam Gelviram, defunctam, [ex qua 'genuit Aldefonsum et Ramirum]
(§ 61). Tune accepit filiam eius (Garceani) in uxorem, nomine

Sanctiam, convenienlem et placentem sibi (S 63).
Froilanus II. - [duxit uxorem nomine Munnia Domna ex qua genuit
\ldefonsum , Ül'donium et Ramirum, et genuit Acenare, sed
non ex legitimo matrimonio] (S 64).
Aldefonsus lV. - filius domini Ordonii, [duxit uxorem ex qua genuil

Ordonium, nomine] &lt;Onecam, (Sampiro: Xemenam) filiam
regis Pampilonensis Sanlii Abarca&gt; (S 66).
Ranimirus II. - [ex Tarasia, cognomento /i'lorenlina 1 genuitSanctium

eL Geloiram] (S 69).
&lt;duas habuit uxores. Prima galleca fuit, ex qua genuit
regem Ordonium.
Secunda vero navarra fuit, que uocabatur i -rraca, et ex isla
genuit Sanctium Rainimiri et domnam Elviram 1 Deo devotam&gt;

(S 69).
Ordonius lll. -

i
.1

.¡

·' !

(Barrau-Dihigo, Revu~

hiJp. , 1900, p. 179).

l. E;L up quatriéme, Gimena, si nou, en croyons Sandoval (cf. Flórez, Reynas
Cath., t. J, p. 100),
3. On peut facilement les représenter:
P()eme et Chron, de 1344.
Chron. Gén. (Marden-Pidal).
Teresa, sreur de

·~

1

García.

=---~

Sancho.

Sancho.

1

Sancha,
comtesse de
Cas.llllc.

1

Teresa.

)

1

García.

Sancha,
comteue de
Castille,

~

&lt;habuit uxorem Sanctiam, filiam regis Pampilo,1

nensis Sancii Auarca, que, ah illo relicla, nupsit comiti
Alavensium Albaro, deinde comiti CaslelJe Fernando Gondissalui&gt;.
[Uxorem propriam nomine Urracam filiam íam dicli comitis

1

:1
1
1

Fredenandi reliquit].
[Aliam duxit uxorem nomine Gelviram 1 ex qua genuit Yerrnundum regern, qui podagricus fuiL] (S70).
Santius. - [uxorem nomine Tarasiam duxit, ex qua filium genuit
quem Raimirum uocauit].
&lt;qua defuncla, accepit aliam, nomine Godo&gt; (S 7&gt;).
Ordonius IV. - F_redenandus ... comes.dedil ei filiam suam uxorem,
relictam ab Ordonio Ranimiri (S 71) . lpsa quidem remanens
Urraca nomine alio se sociauit viro, &lt;.scilicet Veremundo&gt;

(S 7,).

Nulle trace, on le voit, dans ces texles surajoutés, de la
Do ita Conslanza, filie de Sancho Ordoñez, qui, dans le Rodrigo,
remplace dans son ·role de libéralrice notre Doña Sancha.
Ignoran!, bien enteodu, que le comle Fernán González avait
pour épouse une Doi'ia Sancho depuis de longues années au moment de sa capture, en 960, l'interpolateur de la Chronique

'!
•

1
1
1
1

• 1

1

�2¡6

BULLETIN HISPANIQUE

léonaise a cru se tirer d'affaire en attribuanl a Ordoño III une
des femmes d'Ordoño Il .
II a done imaginé que Doila Sancha, filie de Sancho Abarca,
el veuve d'Ordoño III en 955, puis épouse d' Alvar Harrameliz,
s'est lrouvée en 960 chez son frere García, libre de nouveau el
en état de se faire épouser par le comte .
S'il a opéré celle lransposition ', c'est qu'il n'avail pas d'aulre
moycn de concilier les données hisloriques que lui fournissaienl
les lextes memes sur lesquels il lravaillait, avcc la légende de
Fernán González, légende alors en voie de formalion, sinon
définitive, embryon de celle que nous lrouvons dans le Poeme
et dans la Chronique généralc. A propos des passages de la
Chronique léonaise qui concernenl le Cid, j'ai déja monlré la
légende ajoulant ses broderi;s a l'histoire,; el il s'a~issait
d'événemenls plus récenl~ d'un siec\e ! La déformalion devail
etre plus avancée louchanl Fernán González; el l'hislorien qui
voulait faire cadrer histoire et légende avait beaucoup a faire .
La critique de notre interpolateur s'est trouvée inférieure a la
tache. Qui s'en étonnerait? 11 fal!ait accepler le nom donné a
la libératrice : Sancha.
Avec son systeme, Fernán González en arrive a épouser la
femme de son gendre (cf. Chron . léon . § 72, note 1, et Généalogies, § 12, note 6). 11 a cru que dans les Généalogies (§ 12), a
l'endroil oú il est dit: « Iste Ranimirus ex alia uxore galleciensi domine (un blanc) habuil filium Ordonium regem »,
l'Ordonius re:c se confondail avec l'Ordonius imperator désigné
un peu plus haul comme maride Doi1a Sancha(Sánchez): « Domina Sane tia uxor fuit Ordonii imperaloris legionensis ». La
ful son erreur. C'esl au § 63, a l'endroit ou le texte de Silos
dil de celui-ci (Ordof10 11 Alfonso): « Tum accepil filiam eius
(Garceani) in uxorem, nomine Sanctiarn, convenientem et
1 . C'est a lui que l'erreur scmhle imputable, - et non a l'auleur des Généalogies
elles-memes, comme je l'ai dita la note G du S 1:1 desdiles Généalogies (p . 79 du
tiré :i parl), ol, il faut done remplacer Ordo1ío III par Ordofio JI. «11 est certain
qu'Ordofio II a eu une femme du nom de Sancha, qui Ctait filled'un roide t'lavarre)),
déclare M. Barrau-Dihigo (Revue ltisp, 1900, p. 79), qui d'ailleurs ne cite a l'appui
que le Codex de Meyá (c'est-11-dire les GénéaJogies) et le lexle de Sampiro (et Silos)
que nous rctrouvons daos la Chronique léonaise et queje discuterai plus Join, loucbanl Je mariage d'Ordoiio JI avec Sancha, filie de García.
2. Cf. Bu//. hisp., 19d, p ..~o, tiré 11. parl, p. 98.

FERNA:"I GO"ZALEZ DANS LA CHRO~IQUE LÉONAISE

placenlem sibi », el non au § 70, relatif au roi Ordoiío 111
_(Ramírez), qu'il eut fallu mellre l'interpolation « Iste habuit
uxorem Sanctiam ... i&gt; etc. 1 .
En fail, pour l'auteur des Généalogies, cetle Doiia San cha ful
la femme d'Ordoiío 112, el non d'Ordoño III . Au premier il
donne le litre d'imperato,·; au second, celui de re:c. ll suivait
sans &lt;loule un usage ou une tradition .
Élant données les dales admises par lui pour les regnes de
Sancho Garcés Abarca et García Sá;chez le Trembleur, il ne
pouvait du res le admelti·e que celle San cha 3 fiit filie du
second. Mais précisément le nom Garceanus que l'inlerpolateur de la Chl'Onique léonaise !l'Ouvait au § 63 empechail
celui-ci de confondre la Sancha de ce paragraphe avec celle
donl parlen! les Généalogies "·
Ce qui paralt cerlain, c'est que D01ia Sancha, femme de Fernán González, comte de Castille 1 était bien filie d'un Sancho :
Salazar (liist. de la casa de Lara, t. I, p. úo) cite un documenl
de 947 oú elle est appelée Sanctia Sanctionis.
M. Fernández de Béthencourt, dans son llisloria genealógica
1. L'addition du S 71, « Vnde cum Sanctia.,., etc., ne spécifie rien, puisqu'elle
porte seulemenl I Ordonii regis legionensis ,.
2. La Sanctia de Luc ne serail autre que celle-13.: c'est ce que supposaiL Flórez
(Reynas Cath. 1 t. 1, p. 99).
3. Une note marginale du ms. du Chronicon Silense dont 1\f. Santos Coco (Crónica
Silense, Madrid 1 1919, p. 48) a tiré son lexte pol"le: « lste Garsias regis Sancii Pampilonensis filius regnavit anuos XXXV et obiitera MVIII n1 ce que nous retrouvons
d'ailleurs, sauf le chiffre XXXVI, au lieu de XXXV,:dansles Gémíalogies{S1 2,cr. note 7);
cela donnait les dates de 93/1 ou 936 pour l'avi:nemeot de ce García Sáochez, et de 970
pour sa morL. Or la date assignée par le texte du Chronicon, reproduiL par notre
Chronique, pour la mort d'Ordoiío 11 est l'era DCCCCLXII, soil 92!1. García Sánchcz
a11rail done donné sa filie acelui-ci avant son propre avbnement. (Le texte silé'sien
le qualifie de rex: il a pu porLer ce litre, en clfet, avant 924, année de la morl de son
pCre Sancho.) 11 y avaitquand mCme quelquc in\"raisemblance 3. ce qu'en 924 il fLil
déj3. heau-p6re d'Ordo1io 11, d'autant qu'il n'élail mort lui-mCme qu'en 970. La difflculté subsiste avec le systCme chronologique de !.\f. d.e BÍ'thencourl. qui place Je
916 a 970 le rCgne du pCre de celte San cha, lequel serait García Sánchez ,111 (cf. plus
loin, p. ::q8, n. 1). Je rappellerai que les Géoéalogies fixenl aiu~i /les dates des rois
de Pampelune qui nous intéres;;ent ici (noler l'inlerrCgne de 924 ~ 934):
Sanctius Garsicz Maior cognomento Abarca 905-924;
Ganias rex cognomento Trernulosus 934-970;
Sanctius Quatrimanus 969 (~oit 970)- 1034 (10351).
4. Le texte de Silos est ainsi corn;u dans l'édition San los Coco: « lnterea nuntii
venerunt ex parle regis Garsiani .. . 11 Précédcmment, le lexte porte (p. 47): « Rex
vero Sancius Garsiani filius ... •• et la Chronique léonaise (S 62) C( Rex vero Sanctius
Garsia filius.,, )&gt;, soit Garsia au licu de Garsiani. Uans le passage qui nou~ occupe
il pourrait y avo ir eu primitivement de part et d'autre Sancii Garsiani ou S. Garsiani.

�FER:'&lt;IAN GONZALEZ DAiiS LA CHRONIQUE LÉONAISE

8ULLE1'l'.1 HISPANIQVB

y heráldica de la Monarquía espa;ro/a (l. I, p. 352 el :l57), dis-

tingue neltemenl les deux Sancha. La femme du comte, pour
lui, esl filie de Sancho Garcés I, el Reparador, qui aurait régné
de go5 a 926; ce lle du roi Ordoiio II serail filie du successeur
de ce Sancho Garcés I, a savoir García Sánchez III roi de
' serait
Pampelune, Alava et Aragon de 926 a '970. La seconde
done a la fois la niece de la premiere par son pere, et sa !ante
par son mariage avec Ordoiio 11, cousin germain (Bélhencourt,
t. r, p. 357) de son pcre. C'est « por los años de 923 » que
M. de Béthencourt la marie a Ordoiio II: pas de difficullé.
Mais est-ce par inadvertance, ou par une faute d'impression
qu'il date, p. 352, « por los aiios de 911 " (d'apres Moret, sans
doute), et p. 41,8, « por los aiios de 931" le mariage de la
premiere?
- II faudrait, au préalable, examiner le systeme généalogique
et chronologique adopté par M. de Bélhencourt•. La discussion n'est pas facile; ceL autcur ne produisanL pas ses textes .
Et je m'excuse au surplus de ne pasen lamer pareille question.
Je dais me contentcr de faire ressortir des contradictions qui
montrenl assez d'elles-memes les difficullés auxquelles les
chroniques donnent lieu. Seuls, comme l'a fait remarquer
judicieusementM. Barrau-Bihigo, les diplomes pourraient nous
lirer d'embarras ... quand la date en esL indiscutable.
Vlais je ne me propase pas de lirer au clair une question
aussi embrouillée que celle des premiers rois de Navarre, pas
1. Le voici, en ce qui concerne les princcs et princos!ICs qui nous inl(•renent dans
la. dynaslie dés rois de Pampelune:
_
Sancho Garcés 1, e!_ Reparador (goS-9~G).

1

1

García Sáochez III
(9,6-970).

-,.,-.;::....

---

Sancho Garcés J J,
Abarca
97o•995).
1

García Sánchez IV,
el Ttmblador
(995-999)
1

Sancho Garcés m, ti .Vayor
(1000~1035)

O• Sancba,
condesa de Castilla.

1

D• Sancha,
reina ~f': Loóo.

1

D• Teresa,
reina de ' Leónt

,79

memc ce lle des rois du x• siecle; je ne chercherai pas non plus a
fixer historiquement celle des alliances de famille quºils
contracterent avec les rois de Léon el les rois de Caslille. Je
me préoccupe seulemenl de savoir comment le rédacteur cm
l'interpolaleur de la Chronique léonaise a utilisé les Généalogies, qu'il considérait évidemment comme un texle incontestable. Simple pelil probleme d'historiographie.
·
Si done les Généalogies nous olTraient uft ter rain solide, nous
serions amenés a résoudre ainsi la q ueslion hislorique : la
femme de Fernán González, celle qui signe avec son mari el
ses enfants le document de 94 1, pourraiL etre la Doiía Sancha,
filie de D. Sancho (Abarca?)•, roi de Navarre, el successivemenl
femme d'Ordoi,o II Alfonso, puis d'Harrameliz, avanl d'etre
unie au comte ele Caslille Fernán González . - Deux difficullés
cependant toul au moiBs: 1° Commcnl est-elle déja, en 919, la
femme de Fernán González? 2' comment a-1-elle élé entenée
plus tard avec Ordoño II Alfonso et la premiere femme de
celui-ci, Munna Don na, ainsi que le consigne la Chronique
de Pelayo dans l'édition de Flórez, c'esl-a-dire selon le
m&amp;. F 134, mais non selon le ms. F 86, ou tout le passage
manque 2 ? La premiere de ces difficu!tés disparall d'elle-meme
si nous refusons de nous arreter a la date marquée dans le
vidimus de 1255 (voir p . 272). Mais la seconde?
En tout cas, cette Doi,a Sancha ne saurait elre la Doirn
Sancha qui délivra Je comte a Castl'Oviejo, a· moins: 1° que
l'événe'!lenl romanesque ou celle-ci joue le role que l'on sait
ne soit avancé d'un quart de siecle, et 2° que l'on ne supprim~
les fils qui figuren! dans notre Cl:ironique el dans le document
cilé. C'est beaucoup demander !
1. 0n remarquera que pour ce roi et. son successeut il n'y a pas grand'chose de
changé, en cequí touche 8 notre dliicussion, si nous admettons le systeme géoéalog1que ·cte U. Bét.hencourt, les dates élanl a peu prCs les mdmes, abstraclioa faite de
l'interrCgne. L'identification des deux rois seule change, maí&amp; les noms Sancho et
García resLant de part el d'autrc, on peut s'en tendre._Et c'cst bien pourquoi je n'entre
pas dans la discussion relativc aux rois de ~avarrc: nul besoia. Voir rinquiétanl
Lableau des Tariations des historiens ace ,ujol1 drcssé par M. A. Campión dans Enskariana, q• Serie, p. 1,96.
,. Cf. Bull. hisp., 19161 p. 150; tiré 8. part, p. 137. ll s'agit donc1 encore ici, d'uoe
interpolation. Mais d'autre part, on nous dit que Ooiia Sancha, femme de Fernán
Gonzá.lez, íul enterrée avec son mari a San Pedro de Arlanza. (BHhencourt. t. 1,
f· M8).

�,So

HULLETfl' HISPANIQUE

FERl'UN GONZALEZ DANS LA CHRO'i'IQUE LÉONAISE

Ainsi, dans la Chronique léonaise, les données fournies par
les Généalogies, de la valeur desquelles je ne discute point, ont
été tissées !anl bien que mal avec le roman qui se localisait
dens le Valpirre, non loin de la chaussée des pelerins ...
U ne chose me paralt éviden te, e·est que les Généalogies son!
indépendantes du texte de Sampiro-Silos.
II n'es! pas _dou!eux que les quelques dates• qu'elles comporten! aient élé jointcs apres coup. En príncipe, l'auteur ou
les auteurs ne paraissen t pas s'etrc souciés de préciser la
chronologie, mais uniquement de bien spécifier par des détails
hisloriques apparemmcnl noloires ou par des surnoms proba- ,
blement biep connus les personnages mentionnés. Or, une
généalogie est un sysleme, et pour etre juste, il faut qu'il le
soi! comple!ement. La moindre erreur de filiation le fausse a
fond. C'est probablement a cette difficulté que s'est heurté
notre interpolateur quand il a voulu enrichir de Jeurs données
le texte de Sampiro-Silos, sans se douter que peut-i\tre la conciliation n'était pas possible.
Quant aux tradilions auxquelles il a cherché a faire une
place dans le meme texte, elles étaient sans chronologie, en
l'air si l'on peut dire, et sans idenlificalion bien certaine.
Faice de l'histoire avec de pareils élémcnts était une entreprise candi de. A nous de ne pas nous y laisser prendre.
Ces éléments, il convient de les considérer en eux-me'mes;
c'esl seulement la combinaisoh qui en a été faite qui es! a
reje!er. Nous savons ce que fournissait le texte de S'!mpiro~ilos, ce qu'il y avait dans les Généalogies. Ce qui ne se trouve
ni dans l'un ni dans l'autre· vient-il d'une source écrite ou
d'une lradition orale, Nous ne pouvons le dire, mais il y a la
pour nous, une matiere des plus inléressanles. La fa9on dont
l'inlerpolateur a arrangé lesdits éléments esl facilement per9ue
a l'analyse: nous en ferons abslraction, pour réserver notre
attention aux faits allégués.
Non seulemen! la phrase « Iste habuit uxorem Sanctiam ... n
a été insérée a la place qui ne convenai[ pas, mais au s 7,
l'idenlificalion de la Sanctia qui délivra le _comte avec la filie

de Sancho Abarca, veuve d'Ordoño II, veuve ou ex-femme
d' Al var Harrameliz, puis femme de Fernán González, est arbitraire : elle 'n'est pas indiquée par les Généalogies.
C'est d'ailleurs dans ces interpolalions maladroiles que
réside _surtout l'inlérel de la Chronique léonaise. Nous y relrouvons en etTet l'écho de l'épopée, alors en pleine effervescence,
écho d'autanl plus facile a distinguer qn'il se marie moins
bien a la voix de l'histoire.
Mais nous y prenons aussi sur le fait la facon don! toutes
ces chroniques onl été rédigées, sans cesse agrémentées ou
loul simplemen! augmentées de délails mis d'abord en marge
puis passanl dans le corps du texte, si bien qu'il faut, en these
générale, se garder de les considérer comme représen!ant
respectivemenl l'reuvre de l'auteur sous le nom duque! elles
sont connues. Toules sonl, plus ou moins, des miscellanea 1 ,
el aucune ne mérile spécialement d'elre désignée par ce mot,
pas plus la Chronique léonaise qu'une au!re ', con!rairemenl
a ce qu'a imaginé de faire M. Santos Coco dans son édition
du Chronicon Sitense3.

r. Elles manquent dans le Medfonense.

1. Daas l'étaL otl DOus les donnent la pluparl des manuscrits et 011 elles ont été
édilées jusqu'il ces dernicrs temps. C'est seulement. pour la Chronique dile de
Sebastien ou d'Alphonse 111 que nous pouvons mainlcnant remooler, semble-l-il, au
texte primitif, dégagé des addilioos postérieures. Pour les autres · chroniques, ou
bien le tranil est 8 faire, ou bien nous nous trouvons en préseoce d'une miscellanea,
el c'est le cas, j'en com·iens, de la Chronique léonaise, mais c'est aussi celui de la
Chronique dite de Silos.
1. Au surplus, si non seulement chaque éditeur des Chroniques, m11is chacun
des criliques qui s'é'U occupent plus ou moins a fond s'ingénie a leur trouver de
nouveaux litres plus ou moins adéquats, il faudra bieotót renoncer a s'enlendre.
Ne vauL-il pas mieux conserver, autant que po;;sible, et quoi qu'on puisse penser
de leur appropriation, les noms sous lesquels les textes soot connus déj1l, soit par
le jait de l'éditeur, soit pour une autre cause. Cela, bien enlendu, a moins d'une
découverte qui donne le titre original ou le véritable auteur. Je ne crois pas que la
CliroDique de Silos ait été rédigée a Silos : je continue pourtaot a l'appeler Chronique de Silos.
·
3. M. Sanlos Coco ne s'esl pas laissé convaincre par mes arguments au sujet
du seos a donner a Domus Seminis. ll persiste done a prendre ces dem: mots
pour une sorle de périphrase équi,·alant a Silos. Ainsi il faut admetlre que daos le
parler d'alors 1 Silos désignait le monastere. comme on dirait aujoQrd'hui, par
exemple: ((ll est moine 8. Silos. • JI me semble que l'habitude, en latin tout au
moins, était d'énoncer Je mot monasterium, ou coenobiam, ou domus, ce dernier
surlout, comme daos les e::r.emples quej'ai rappelés (Bull. hisp., ~914, p. 17; p. 85 du
tiré a part), ou encore dans ces quatrains latins monorimes sur le monastere, la
• maison • de Roncevaux :
_
Domus ista dicilur Roscidee vallis ....
publiés plusieun fois, et en particulier par le P. Fila (Bol. de la Real Acad. de la Hüt ••
1885 1 p. 172). Avec non moins d'assurance, M. Santos Coco écarte toutes les objec-

�BULl,ETl:i

IIISPANIQUE

Revenons á l'hérolne de Caslroviejo. Si la Chronique générale (texte Marden-Pidal), en fait non pas la sceur, mais la filie
de D. Garcí:J-, c'est sans doule que la vraisemblance et l'intéret dramatique imposaient ce changement, vu la chronologie adoplée.
Sancho de Nava,-re, suivanl celle chronologie (S 69LÍ), •élait
morl en 908 (Era DCCCCXLVI); !'aventure du comle el de
Doila Sancha (§ 710) est placée en 928 (Era DCCCCLXVI).
L'héro'ine, si elle eíl.l élé la filie d'un roi morl depuis vingtans,
n'aurail plus eu le chai•me de la prime jeunesse. Assurément,
il lui fallait une cerlaine expérience pour mater le vilain
archiprelre ;' mais !'aventure étail plus charmanle pour le comlc
el le lecleur dans la mesure ou la libéralrice élail plus jeune.
On comprend c¡ue pareille considération n'ail pas arreté le
tions quo j'ai énoncées, pa.r exemple la constatatioo du fait que le Chronic(Jn ne
figu_re poinl dans le catalogue, dress.ó au unª siCcle, des lines apparteQant au
monastern, oU figure, par conlre, la Vita sandi Dominici, auS&amp;i bien que la Vitasancli
Emiliani; ou ancore le silence étrange gardé par le chroniqueur au sujet du sainl
fondateur de la ;\laison. 1\1. Santos Coco croit répondre suffi1ammenl. en citant le
passage deNicolas Antonio sur la Vie latine de saint Dominique, quel'auteur de la
Bibliotheca vetus n'esL pas éloigné d'attribuer au moine qui a écrit la fameuse
Cbronique. Mais \l. Sao tos Coco aurai(pu se rappeler que l'auteur de la Vie est
Grimald, asse1, coonu, sur.loul. depui~ les publicalions de Dom FeroliD et de !\f. Filz•
Gerald; c'est encare 8. lui, en fail, que :\l. Santos Coco nous suggilre de reconnaitre
la paternitó du Clironicon, simplemenl sur l'autorité d'une conjecture d'Anlonio
qui, comme l'a démontré Dom Férotin (Hist. de l'abbaye de Silo,, p. 2-4), a commis un;
confusinn, Cetle pateroitó reconnue, tout s'c:i.pliquerait: le maine qui avaH consacré
trois livres l. aainL Dominiquo aurait cru inul.ilc de rappeler1 fút-ce son nom dans
une histoire poli tique. Bel esprit de méthode ! Trop beau pour Ctre vraisembJable.
,Jem'étonne que Grimald n'ait pas, daos sa Vie, mis quelques vers comme daos sa
Chronique, qu'il y ail. 6ll un style Yraimenl bien d.ifférenl, qu'enfin nulle partil en
songe 8. employer, pour désigner son mouaslere, cellepériphrue pourtant f lrouvée ,,
de Domin Seminit, et qu'il ail próféré la plate désignation de monasterium &amp;iliense,
Pour moi, je ne puls que maintenir rnes objections, dont aucune certe, ne,m'csl
app~rue par clle•méme comme péremploirc quaod iJ s'agit d'ébraoJer une opio ion
pltuneurs fois séculail'e, mais qui, réunics, me paraissent peser au moins au11i lourd
que les contre-objecl.ioos du dernier édiLeur. Quant a l'établiuement du te.de
silésien, je ne puis que rendre hommage a la conscience el it la bonne préparation
donl il Lémoigne, ne voulant pas m'engager ici dans une diseussioo sur la móthode
employée el sur la valeur des manuscrils. Je les avai11 il pcu prCs tous énumérés
sioon tons décriLs; j'avais méme reproduit des pholographies réduites· et bici;
défl:ctueuscs, mais ~uffisanLes pour donoer une idée des écrituros el des différenccs
de mains (nol.ammenl entre F-181 el X- 190, quoi qu'eo pense M Santos Coco),
J'aurai l'occasion d'y revenir; je m'en liéns pour le mome.nt ace qui louche de plus
prils 8 la Cbronique léonaise, soit la ilfi!fcellanea pour M. Santos Coco, - P.-S. TouL
ccci élail. prdl pour le tirage quand je re~ois l'lnlroducción a la Hisloria Silense de
M. G6mez Morcuo, oll je vais (.p. n:1 eL -,;uiv.) c¡ue mes objeclions ont ou plus d'effet.
Oo rccoonail que la Chronique de Silos ne sor\ pas el ne peul pa. sortir de Silos.
C'est l'cssentiel. Car pour ce qui esl de faire de seminis un nom propre 1 je n'y ai
pensé que faut.ede mieux. M. Gómez Moreno n'a rien trouvé non plus.

FERNAN GONZALEZ OANS LA CURO'.'ilQL'E LÉONAISE

,83

P. Mariana (VIII, 5), qui place les faits auxquels nous faisons
allusion en 958, el marque la mort de Sancho de Navarre en
926, &lt;&lt; salutis anno nongentesimo vigesimosexto 1), ce qui donne
a l'intéressée au moins trente-deux ans, et combien avec !
C'est cel écueil que le chroniqueur a voulu éviler. Je dis le
chroniqueur: il s'agil de celui de la Générale; car celui auquel
11ous devons la Chronique léonaise dans l'état · acluel ne s'est
pas embarrassé pour si peu, encore moins que le P. Mariana.
Les Généalogies lui donnaient la dale de 92iÍ pour la mort de
Sancho. En 960, dale adoplée par lui pour fa capture du
comte, Doña Sancha aurail eu lrenle-six ans, sans compter le
reste ... Le rédacteur de-Ja Générale a eu plus d'égards pour elle .
Il estcurieux que cesoit acelui-ci que soient venus les scrupules, et non au poele. Mais le poete ne s'encombrail pas de chronologie. Parlant, sceur ou filie, peu lui impcirlait: elle ne pouvait, celle qui délivra de ses fers le comte de Casti,lle, celle qui
excita les demiers désirs (combien funestes) ! de l'archiprelre
chasseur, manquer d'etre jeune: elle l'élail nalurellement.
L'idenlification de celle vaillante navarraise, qui rappelle a
!'esprit le souvenir des rudes serranas de l'archipretre de Hila,
étant ou paraissanf impossible avec une Doña Sancha, filie ou
sceur d'un roi de Pampelune, faul-il rejeler simplemenl l'historicité de la légende, meme dans sa forme la plus .réduile,
celle de notre Chronique?
En 960, Fernán González, comte de Castille depuis plus de
quarante ans, élait probablement veuf de Doí,a Sancha,, donl
le nom ne parail point parmi les personnages qui confirmenl
un document du 5 juillet 963, et parmi lesq uels on trouve Fredenandus comes, Urraka regina (sa fille)3, G rsea Fredenandiz
(son 61s).
11 a pu alors, certes, promellre le mariage a une fille deroi
• 1. Les ~eu:i. _derniers documenl.s cilés par Salazar (Hisl. de la casa de Lara, t 1,
p. So) et ou elle figure soot de 947.
~- Becerro Gótico dt Cardeña, p. 13.
3. VeltVe d'Ordoil.o Ul el d'Ordoño lV 1 peu\•etre a cctte époquc remariée a,·ec
Sancho .\barca, si l'on ea croit. le P. Serrano, qui combaL l'opinion conlrairc de
Morcl (Cartulario del lrtfanrado dt! Col}(lrrubias 1907, p. :u.1 et. 38). D'apris la Chronique léooaise, son troisiéme mari aurait Cté un certain Bermudo « scilicet Vcremundo » (S 7,).

•

�•

BULLETIN HISPA '\'!QUE·

ou a loule autre. Ce qui est sur, c'est que les ·acles ne nous
fon! pas connailrc d·aulre comtesse de Castille, épouse de
Fernán González, que Dofia Sancha, et que le nom de celle-ci
dispáralt des documenls a l'époque oii nolre Chronique la

T.... E

S'appelait elle Conslance, comme veul le Rodrigo? La tradilion que représente ce poeme peut avoir des lrails historiques,

RO;\IAN DE SAINTE TIIÉRESE

marie avcc le comte.

a cOlé de défonnations évidentes,

comme le nom donné au roí

de Navarre, Sancho Ordonne:. l\lais Constanra n'est pour nous
qu'un nom de plus, et qu•un embarras de plus.
Tout en admetlant que Doiia Sancha mourut avanl son mari,
Salazar (llisl. de lit casa de Lara, t. 1, p. 5o) écarle deux documenls d·o¡, il résulterait que le comte Fernán Gomález aurait
eu une seconde femmc, du nom d·Urraca; l'un d'eux est de
965: pour le savant généalogiste, il s'agirail la d'un autre
Fernán Gonzále,, comte de Lara (cf. l. 1, p. 44).

Pour les raisons exposées par M. Sanpere y Miqucl (Rev.
de Arch., 1904, X, p. 380), on peut admeltre que les Généalogies furent rédigées en Navarre. n·aulre part, d·apres M. Serrano y Sanz (Noticias ydocamenlos hist. del COlldado de Hibagor:a
hasta /u muer/e de Sancho Garcés lll •, p. 48), les Généalogies
dans le ms. de Meyá - il en juge par les fac-similés de Palomares - scraient du début du x1• siecle; aussi, réagissant sur
une opinion invélérée, mais mal appuiée, en fa¡¡.¡¡ grand cas
(p. r59). Dans ces condilions, il est dillicile de ne pas tcnir
compte de ce que nous en retrouvons dans les Généalogies du
ms. A 189, el c'est le cas pour ce qui cst dit des unions conlractées par Dofia Sancha, filie de Sa11c/ius Garsie::; Maior cognomento Abarca, car cela nous le lrou vons dans le Medianense
comme le A 189 et dans le legiO/lense de Traggia '· L'addition
de a: Legionensis" a pres e, imperaloris 1i el de n comitem »
avant « de Alaba» n'a rien de lrouhlant.
G. CIROT.

( A suivre.)
1.

Madrid, Centro de Estudios hist.,

Memorias _de ln R. Acad.

1912.

~ la 1/ist.,

t. _IV. 31. Campion daas le ,·ol. cité, p. 4¡r,
compa~e le Leg,ontn.se d_o ~ rdgg,a o_t le l/edi11~eflSe; el ll. Serrano (ou,·r. ciló, p, ¡o),
2.

1
Je .1ledtarumst: avoclc e cod1ce de Leon n, q u1 o e~t autre que Je A 189, donl je venais
de pubUcr(1911) le conlenu (je veut. diro la Chron. léouaisc el les Géaéalogies),

PAR

M. EDMOND CAZAL'

En 1908, M. More! Falio, conslalail en ces termes l'une des
plus grandes !acunes de rl1isloire lilléraire d'Espagne :
Nous 11e possédons aucu¡¡ ouvrage importan/ sur la myslique
espagnole au xr,• siéc/e et /out fait prévoir que ce chapilre si
considérab/e de /' hisloire religieuse de la Péninsule ne sera pas
/1-.iilé de longlemps comme on souhai/erail qu·u pfit r, 1tre,
j'enlends par u,¡ esprit libre,
inféodé ,, te/le ou le/le lcole,
mais !léanmoins sympaWiique aux doctrines conlemplatives en
mt!me temps que Iris informé.

"º"

M. Edmond Caza) s'est cru désigné pourcette haute interpré-

tation. 11 a eu l'initiativc d'éludier ladoclrinedesainleThércsr,
non dans la lourde atmosphere d'une bibliotheque, mais au
creur meme de l'Espagne lhérésiennc. 11 a suivi les traces
de la carmélite d'Avil;,. a Medina, de Tolede a Séville, de.
Burgos a Alba de Tormes. Sur son passage, les couvenls du
Carmel se son! ouverts avec une hospitalilé toule caslillane
el M. Edmond Caza! en a profilé pour inlen•iewer sur l'amour
divin les earmélites de bonne volonlé. Le pcre Silverio de
Santa Teresa a bien voulu aider cet enlhousiaste biographe
de son érudilion et de son crédil. Toutes ces ressources pou,. L'élude écrite par ~l. Edmond Cual (Sainle Tltirese, Paris, OllendorO', 3,3 pag~s
in• 1 2), comprend oulre l'avcrlissc~~nt : 1• un~ _bio¡rraphie (145 pages)¡ 2•. uoe séne

d'éludes complémentaires: ,l/yst1cume, hysterie, auto-irotume. le prob~me de la
catalepsieet de l'exlraction du caur. Un plag~t malhear:,eua:: ~m.ur ThérAae de l'Enfant
Jés1U (35 pages); un appendice: La profemon de .sainte Therese, Le caur de samte
Thérbe. Bibliographie {8 pages).
2. les ltcluns de sainte Thértse. Bullt:lin hispaniqut de janvier-man 1908.

Bull, hilpan.
'9

�•
•
BULL6TIN HISPANIQVE
286
vaienl, en effet, nous offrir une étude magistrale 3. la fois
vivante et documenlée, imparliale el pénélranle.
L'échec de M. Edmond Cazal n'en cst que plus décevanl,
el ses erreurs n'en sonl que moins excusables. Commenl ·
Je lecteur de bonne foi, qui ne peul recourir aux sources
originales, n'accepterait-il pas avec confiance la déclaralion
du prologue :

J'ai cherché la vérité avec tout le calme qu'il esL possible de garder
devant une femme aussi passionnanle que ThérCse d'Avila et je
me suis efforcé d'étre un biographe exact, complet et, peut-etre,
impartial 1 •

Hélasl on esl toujours moins imparlial qu'on "': le croil.
M. Edmond Ca~al le sail mieux que personne, lui qui a si bien
défini les posilions respeclives de ses devanciers :
Cette vie exceptionnelle, ils l'ont fait servir 3. la démonslration
étroite et Corcée de leurs conceptionssur certains étals psychologiques,
de Ieurs doctrines sur les caractCres de l'amour divin, de leurs
hypolheses scientifiques SUl' l"hypnose et l'llxtase. La Carmélile
est une sainte 1 une. malade ou une folle, selon. qu'ils étaient aliénistes, médecins ou moines. lls n'ont méconnu que ceci qui est

capital : c'est que Thérese fut d'abord une femme, une ardenle
femme d'amour ...

Or, c'est bien un roman d'amourquenous aolferl M. Edmond
Caza!, un roman de voluplé, de sang et de mort. Et nous lui
en savons plus gré qu'il ne croil. 11 fallaiL pour obtenir ce
résultal des qualités vraiment originales et qui n'abondent pas
chez les thérésiens, je veu,c dire : un enthousiasrne optimisle
pour les choses d'Espagne, ¡•jmagination d'un-arliste el le
talent d"un auleur dramatique . Grace ces ressources, la biographie de sainte Thérese devient une brillante narration,
illustrée d'images vives, animée d'émouvanls dialogues,
rehaussée enfin par un dénouement d'outre-tombe.

a

1.

Sainte Thir!se, p.

A la vérilé, on aimerait connaitre davantage le caractere des
parents de Thérese et l'influence de leur éducation. Mais
M. Edmond Caza! esl pressé de nous présente_r son héro!ne:
Le Pére FranQois de !libera·, jésuite, qui l'a connue et qui fut son
premier biographe, dit qu'ellc avait un teint d'un blanc mat émou~
vant, des chevcux noirs et bouclés, un front large, uni et tres beau,
des ycux noirs prcsque tonjours vifs et gracieux, avec de la profondeur et de la gravité certains moments ... 1.

a

En réalilé, si l'on a tl!cours au lexle de Ribera; on constate
qae le leinl de Thérese, loin d'elre mal, élail « blanc et rose o.
&lt;&lt; Quant aux ·yeux, ils étaient noirs, ronds, a fleur de tete,
pas grands, mais si bien placés, si vifs el si gracieux qu'ils
obligeaienl chacun a rire des qu'ils riaienl toul en devenant
tres graves des qu'~lle voulait que son visage exprima! de
la gravité'. •
Edrnond Caza!, oubliant la réservc de l'honnéle Ribera,
agrandil les yeux de sainle Thérese par de suaves gradations :
Que n'oblient pas de ses amis la Carmélite? Tout cela, rien qu'en·
posanl sur eux'le velour.s profond de ses yeux 3.
Calme, souriante merne, a peine plu~· pille que d'habiltide~ veloutant

aforce de volonté le feude ses grands yeux noirs ... 4,

.i.

•••

:a, P. ~-

LE ROMAN' DE SAINT.E THÉRi:SE

1 •

l\lais celle idéalisation n'esl qu'une faiblesse . M. Maurice
Maindron n'en est pas loujours exempt, comment la reprocherait-on a M. Edmond Caza!?
Ce biographe .nous évoque ensuite, un peu rapidemenl,
Thérese dans son enfance inquiete, sa brillante adolescence
el son pénible noviciat. Le tableau qu'H nous faitdu monastere
de l'lncarnalion .rappelle les reveries romantiques de Calulle
Mendes:
A l'lncarnation, celte perdition devait etre assez facile. Autout des
murs du vaste jardin&gt; toutétait désert. Qu'un Don Juan o5at J'escaladc,
il ne risquail point d'étre vu . A la nonne amoureuse, au galant
t.P.~3.
-Rihera, Vid 11 di 3a,1ta Teresa, lib. IV, cap. 1, &lt;1 Los ojos negros y rc&lt;lon&lt;los s un
p:&gt;cu papujados ... no grand.es, pero muy bien pncslos y ,·ivos y graciosos, que fn
riycndo8e; se royan todos ... y por otra parte muy graues quando ella q_ueria mmlrar
en el rn~L:o grauedad, ))
·
3. P. i78 .
4. P. 186.
:.i:.

�,88

ernpressé, les bosquets offraient de discrcls refuges. Quant aux conséquences, pour si redoutables qu'elles soient, quelle amoureuse y pense
dans l'entraincment de la passion 1 ?

Aussi sommes-nous rassurés d'entendre M. Edmond Caza!,
dont l'intuiLion est infaillible, affirmer la virginité de sainle
Thérese.
A ces jeux, Thérese perdit tres certaiuement sa candeur, mais plus
certainement encare, elle n'y risqua pas sa virginité, qu'elle garda.

Apres ce témoignage d' &lt;e impar,tialité », le biographe, dans
son savoureux chapitre : !'Amante de Jésus, idenlifie, sans
discussion oiseuse, l'amour divin avec l'amourcharnel. JI oublie
que Jésas fait homme n'apparait a Thérese qu'a la fin de son
évolution mystique.
Par son amour, Théresc possédait Jésus fait homme, Pour taus les
sens de son corps, instinclivement a vides, Jésus était une réalilé tangible, visible, odorante, parlante et bruissanle, qui avait au baiser un
go\It déleclable et précis; une réalité aux formes vivan tes qu'elle
serrait sur son sein, qu'elle étreignait et sur la poitrine de qui, souriante et les yeux fermés, elle s'abandonnait,.

Une qÜeslion se pose cependant qui aurait du arreter au
passage M:. Edmond Caza!, expert en pbysiologie sexuelle .
Dés ·1ors, ce que Thérese appelle l'oraison ne sera pour elle autre
chose que l'acle d'amour sous sa double forme :le don etla possession.
Dans l'acte d'amour, chacun des amants se donne et possede, prend
et est possédé. Cet acte, en plus des extases spirituelles, produit une
jouissance cofporelle dont la profondeur, l'acuilé, l'intensilé varient
suivant les qualités physiques des amanls 3,

Apres cette définition péremptoire, on s'attendrait a ce que
l'oraison, si directement intluencée par le tempérament de la
Carmélite, soit parliculierement fervente pendant la période
de jeunesse. JI n'en est rien ·cependant. Apres nous avoir
déclaré que, a !'a.ge de dix-neuf ans, Thérese était déja un « brasier » d'amour, le biographe constate lui-meme que de 1538
a 1555, c'est-a-djre de la vingt-troisieme année a la guaranl.

2.

•

BULLETIN H!SPANIQUE

P. 43.
P. 55.

3. P. 5~.

LE ROMAN DE SAINTE THÉRESE

•

,89

tieme, la Carmélite abandonna l'oraison. A ,¡elle dale seulement (l'i\ge critique, précisc M. Edmond Caza!¡ et jusqu'a
soixante-sept a □ s, elle s'adonnait a l'auto-érotisme. Pourquoi
se serait-elle privée de le faire pendant dix- sept ans, alors que,
d'apres ce biographe, son tempérament, ses leclures, son idéal
religieux la ramcnaient vers des émotions dont elle avait déja
gouté la volupté? 11 semble au contraire qu'elle n'obtint la
plénitude des graces mystiques qu'apres avoir discipliné son
tempérament.
La réforme du Carmel appara!t bien dans la vie de sainte
Tbérese comrne le nrnud de l'action dramatique et il faut
rendre celte justice au narraleur qu'il a décrit, comme elle ne
J'avait jamais été, cetle lutte arden te des amis de sainte Thérese
et de ses adversaires.
Contre le Dieu éternel; contre un saint mort; contre le Pape et le
général de la Compagnie de Jésus bien vivants; conlre un évé.que 1 des
dominicains 1 des jésuites, des prétres séculiers, des gentilshommes
puisso.nts qui ne se montraient pas toujours 1 mais dont on sentait
l'infatigable acli•m; contre toutes ces forces du Ciel et de la Terre
conjuguées, que pouvait le provincial des Carrnes, la prieure de l'lncarnation, quelques centaines de carmes et de carmélites effrayFs par
la Réforme dorrt ils prévoyaient la généralisation, enfin une douzaine
d'hidalgos et leur clientele 1 ?.••

Encore, pour bien comprendre le caraclere de cette réforme,
faudrait-il écrire l'histoire de la réforme générale de l'Espagne
rcligieuse dont l'un des dirigeants les plus actifs paratt ctre
Pbilippe II.
A pres avoir célébré le triomphe de sainte Thérese et la fondation du couvent de Saint-Joseph, M. Edmond Caza! nous
décrit la « formidable né_vrose colleclive" des nouvelles carméliles en r.ecourant aux images les plus impressionnanles de
son laboratoire :
Ce sont les vio1ons et les violoncelles d'un orchestre dont les vibrations1 uniesen crescendo, se poussent, se soutiennent, s'exasperent,
éclatent en une tempéte h:irmonieuse et puissanto; ou bien, c'est Je
bouillon de cuJlure otl toutes les germinations s'enlr'aident, oll e}les.
1.

P. u6.

�BULLETJN BJSPA~IQUE

LE ROMAN DE SAINTE THÉRESE

croissent d'autant plus vite ~t fort qu'elles sont plus nombreuscs el
virulentes; ou encare, c'est l'alambic de vingL liquides amalgamés,
formant un gaz unique d'une énergie sans limites.,.'·

Mais enfin un cri gémissant s'exhala de leurs étres et ilsretomhCrent,
soupirnnts, épuisés, revenant de si loin 1 !

,90

Cependant, la fondatrice sort de sa relraile pour crécr en
Castille et en Andalousie de nouveaux monasleres. Le biographe
reconslituc celte campagne spirituelle avec un cnlhousiasme
communicatif. GrUce a lui, nous savons les épreuves nombreuses dont l'intrépide Carmélile tl'iomphait dans ces lointains voyages .
Malheureusement, le roman passionnel rcnait au chapilre
snivant 2 • Rien n'y manque, ni les homélies improvisées, ni
les portraits moins vrais que vraisemblables, ni les enlrcliens
romanliques de Thérese de Jésus et de Jcan de la Croix :

a

Et le dialogue la fois sombre et passionné &lt;lut se tcrminer ainsi :
Quand, O ma mere~ -- Aussilol que j'aurai la maison et les quatre
rnurs d'un monastere d'hommes. - ~1 'appcllcrai -je alois comme
aujourd'hui? - Non! Tout en vous sera renouvelé . Vous serez Jean
de la Croix 3, n
&lt;1

Et apres avoir expliqué l'amour divin dºaprcs sainle
Thérese, M. Edmond Caza) vcut bien nous éclairer en
quatre lignes sm· la fa~on dont le comprend sainl Jean de la
Croix.
Ne pas dormir. ne pas manger, s'exlénuer dans les agenouillcmcnls
de quaranle-huit heurcs 1 qu'étail cela, en vérité, puisqu'cn plaisant
Ace Jésus qu'elle aimait, il lui plairait a elle! ... 11 cricrait, il balbu•
-tierait dans ses ex.lases : « Jésus ! Jésus ! 1i Mais c'csl: &lt;t TbérCse !
ThérCse ! 1) que gémirait passionnément son creur !r.

ll faut voir avec quelle complaisance, le biographc, - si
.i'ose le nomme,· ainsi, - décrit les « ébals, de la Carmélile
et de son fils spirituel :
Cramponnés aux. barreaux. de la gril1e, face a face, la bouche
entr'ouverte, les paupieres mi-clases, les Jeux révulsés, ils se tendent
l'un vers l'autre, et leur ardeur est si violente, leur allirancc muluellc
est tellement irrésistible que leurs genoux ne touchent plus le sol!

Apres un tel tableeu, la fin du livre serait bien fade si ne
sortait de l'ombre le moine fatal qui va bientot jouer le role
de bourreau el transformer le romanen mélodrame.
Tous les biographcs anlérieurs a M. Edmond Caza! ont terminé leur récil a J°enterrement de sainte Thérese. l\lais l'imparlialitéde notre historien lui fait douter dela mort elle-meme.
11 nous ofire done un épilogue sensationnel en trois tableaux :
Thérese es/ enterrée .vivante, L 'arrachement da ca,ur el la mort,

Le marlyre posUiume.
Nous citons le passage le plus pathétique :
En Yiolant la sépulture (le P. Gratien) avait un but. Il y alla droit, ·
Sans pudeur; il enleva le drap breché d'or, écarla le large scapulaire,
passa les rnains sous le corps étendu, dénoua la robe, la fit glisser
d'un coup, avec les manChes qui se retourn8rent, avec la chemise
qu'il avait en meme ternps saisie. Les converses élaient tombées
Agenoux. Lui, il se penchait 1 de nouveau admiratif, devant le miracle
plus complet que jamais il ne l'eut revé : le bus te, nu jusqu'a la taille,
élait blanc, de chairs pleines et fermes, de formes nm·males, avec les
seins dressés comme s'ils eussent étévivants ! Et pas la moindre puan·
teur de cadavre, non! mais une odeur saine et néanmoins troublante
de femme exlremement propre, un peu grasse. En_ce temps de routes
peu sU.res, les moines eux-mémes ne dédaigoaient pas d'etre armés.
Pourquoi le P. Gralien, grand voyageur, n'aurait-il pase~ sa navaja?
ll sorlit d'une de ses poches le long couteau, l'ouvrit et la lamelarge,

effilée, poinlue, réfléchit en éclair les flammes des chandelles. Les
con\1erscs, rnaintenant apeurées, se cachaient le visage dans leurs
mains. Pour qui n'est pas anatomis_te, le cmur humain se trouve tout
a fait a gauche. Done, le moine n'hésita pas. Et sous le sein, il planta
le couteau . . ThérCse I ThérCse! tcréveillas-tu brusquement, unefoi§
de plus - la dcrniere-3. ~a piqllre et au froid de l'acier ?-Ouvris-tu
les )eux ~ Vis-lu le maine a la fois relors et lémérairc qui int:onscie1nment te tuail 2 ?

Je crains fort que la vision de M. Edmond Caza! n'inspire
mémorable, que l'Espagne ne nous pardonnerait jamais. En allcndant cette consécration populaire,

a Pathé un film

l. P. ! ',l',I.
2. P lii, cl1Jp. \"111, .!/1 chenenls¡1 :1ssio1111is.

3 P. 1¡1.
~. P. 178.

1. P. 191.
~- p, -.a3~-

�BULLETIN BISPA''UQUE

LE ROMA1'4' DE SAIN:TE TBÉR°ESE

nous examinerons la documentation du biographe. Mais il est
d'abord nécessaire de définir sa mélhode el son critérium au
point de vue de la psychologie expérimentale, de la lhéologie
et de l'histoire .

.

•
••
En écrivanl la derniere biographie de sainte Thérese,
M. Edmond Caza! a-l-il tenu ses engagements de n'elre ni
médecin, ni lhéologien, ni philosophe?
Des apologistes et des compilateurs religieux, des psychologues et
des savants, en redingole de lalcs, en soutanes de jésuites, en tuniques
raisin sec de carmes ou en robes blanches de dominicains, sont allés,
- ou ne sont pas allés, - a Avila. lis ont taconté ou commenlé la
vie de sainte Thérese selon une idée, un plan, un but précom;us. lis
l'ont racontée plutót mal. Ilsne l'ont ni bien connue ni bien comprise,
parce qu'ils ne voyaient a traven elle, que leur superstition, ou leur
foi, leurs lhéories, leurs systemes, .. 1.

Apres ce réquisitoire, d'ailleurs justifié, M. Edmond Caza!
est lenu plus que personne de n'avoir ni systeme, ni théorie,
ni superstition. On pourra en juger par cel averlissement
dénué de toul artífice :

,93

ramenant a la neurologie? Tel est bien le point de vue de
M. Edmond Caza! :
Taus les grands mystiques, fernmes et hommes, sont de grands
hystériques. La puissance de leur mysticisme est en fonclion directe
de la gravité de leur névrose 1 •

Celle explication, d'ailleurs un peu désue!e, réunit encore
parmi les neurologues contemporains d'illustres suffrages,
mais pour la bien défendre, il faut une mallrise de tout premier ordre. Les études spéciales des D" Richer et Eugene
Lcroy se limiten! a des observalions de clinique ou a de
simples hypolheses, sans cesse révisées, jamais définitives.
Alors que le D• Jane!, donl la consciencieuse observalfon fait
aulorité, hésite a recourir au mol d'hystérie, qui est décidé.ment d'un emploi dangcreux, M. Edmond Caza! ignore ces
timidités. A trois siecles de dislance, mais en quelques ligncs
péremploires, il diagnostique ayee une étonnante hardiesse
« l'asthénie de sainte Thérese, ses fievres paludéennes, ses
crises d'hystérie, et surloul ses allaques de catalepsie n.
Que serail-ce si M. Edmond Caza! était médecin? Peut-etre
alors prendrait-il ces grands mots moins au sérieux. Celle
foi, un peu nalve, en la science médicale, nous conduil au
précieu,x chapilre : Mysticisme, hystérie, auto-érotisme, ou les
problemes les plus complexes de psycho -physiologie sont
résolus en seize pages inclusivement.

Il n'y avait tout sfmplement qu'fl écrire ceci: &lt;( ThérE:se n'avait pas
la vocation religieuse. n Parfaitement ! Celte jeune filie n,était pas
faite pour la vie conventuelle. Si, a seize ans, elle avait épousé un
homme digncd'elle, qui l'ellt, ou rendue grosse tout de suite, ou emmenée a la cour de Philippe II, ThérCse serait devenue une trCs
bonne mere de famille, ou une tres puissante femme d'Etat. Elle n'aurait pas été malade. Daos l'un ·et l'autre cas, elle eut obéi ala logique
et ala nature qui veulent qu'une jeunc filie d'imagioation et de sang
chaud cesse d'6tre vierge le plus tót possible et qui exige .qu'une
femme intelligente, d'esprit indépendant et curieux de savoir avide
d'autorité, ne soit pas astreinte aux puériles pratiques superstitieuses
d'un couvent 2 •

. Dios, l'invocation: Baise-moi avec le baiser de ta bouche ! » est comme
un leit-motiv . .'Mais on connait assez maintenant l'amour de Thérese ,.

Las! Fallail- il abolir toutes les inte1·prétalions, pour se
rallier ensüite a la moins originale d'enlre elles, je veux dire :
celle du D' Charco!, qui a cru expliquer le mysli.cisme en le

Hélas, non! Apres celte lecture, nous le connaissons moins
que jamais! Si ignorant que soil M. Edmond Caza! de la
méthode d'inlerprétation allégorique, familiereaux théologiens

1

Sainte ThérCse insiste plusieurs fois sur le fait qu'elle s'unissait

a Jésus dans sa tres Sainte Humanité. « En ses Conceptos del Amor de

1.

P. 5.

I.

:i.

P. 29.

2.

P. :152.
Op. cit. J p. :i54.

•

•

�•
&gt;94

1.E ROMAN DE SAUl'TE THÉRi:SE

médiévaux, il n'a pas le droitde faire et primer a sainte Thérese
ce qu'elle n'a jamais voulu dire. Le lecteur qui voudra bien
ou vrir les Pensées sal' l'Amoul' diuin • connaitra l'inlerprétation
que nous donne la mystique sur le Can tique des Cantiques:
La réalilé n'esL-elle pas plus admirable encore ! ~e nous appro-

Si l'on est d'imaginalion pauvre, de nerfs calmes, de. sens lourdement
endormis, l'on n'y trouve que palhos et l'on s'endorL sur de longucs
phrases 1 •

chons-nous pas du tres Saint-Sacrcmcnl? Je me suis m6me demandé
si l1Épouse ne sollicitait pas ici de Jésus-Christ cetle faveur qu'il nous

fait plus tard ...
Apres cela, notre biographe peut inclure le sacrement de
l'Eucharisli·e dans son chapilre : Myslicisrne, hyslérie el au/oérolisme. Mais que devient son impartialilé?
Ce contre-sens prouverait - s'il en était besoin - que
toul historien d'une myslique «catholique orthodoxe • devrait
connallre la doctrine de ses Lhéologieps. Sainle Thérese (il faut .
bien en prendre son parli) demeurrr;t toujours espagnole
et catholique Pour comprendrc sa doctrine, il cst done nécessaire d'éLudier le Moyen-Age espagnol, c·esl-a-dire de faire
lant soit peu de théologie.
Les iecteurs, qui ne sont pas au cournnt de la terminologie ffiJStique,
sont priés de vouloir bien palienter un peu jusqu'au chapitre intitulé:
l'A manle de Jésus et de lire en suite le chapitre intitulé : Mysticisme,
hyslérie, aulo•érolisme 2.

a

N'en déplaise M. Edmond Caza!, pour expliquer la terminologic d'une mystique du xv1 e siecle, ce n'esl pas aux interprétalions médicales qu'il faut recourir) mais bien aux sonrces
lilléraires et historiques de celte terminologie, c·esl-3.-dire aux

théologiens caslillans c¡u·a lus sainle Thérese : Alonso de.
}ladrid, Francisco de Ossuna, Bernardino de Laredo et San
Pedro de Alcántara 3. )l. Edmond Caza] n'ignore pas que' son
hérofae a lu et relu, pendan! dix-huit ans de féconde assimi- /
Jation, le Tl'oisi.eme abécédaire spiriluel, mais il néglige eette
source essentielle :

•

,g5

BULLETU'f UISPANIQUE

Ce sont des livres ala fois décevants et forrriidables, les ouvrages
de mysliques comme un Fran&lt;;ois d'Ossuna et un Jean de la Croix.
1.

TraUuclion d, s Carmélih:s, l. Y, p. ~oo.

~- P. 3~, nole 1.
•
.
3. i\J. ,forel-Fatio a ót.abli celt.e nécessité dans son éLude rnr les f,tctures de samte
1'bérCse. Op. cit.

,.

M. Edmond Caza!, pour ne pas nous endormir, ferme ces
livres redoulables et préfere expliquer la terminologie mystique
d'apres les docleurs " Legué , et « Gilles de La Tourette n ou
encore d'apres le psychologue" Havelock Ellis n.

• ••
L'élude de M. Edrnond Caza! ne rentre pas plus dans le
domaine de l'hisloire que dans celui de la théologie. Certes,
ce biographe a mis a conlribulion les archives du Carmel el sa
biogn1.phic. en témoigne, mais quclle critique a t-il fail subir

a sa

documenlation? Quelles référcnces donne-t-il? Quelles
sont les sources de ses cilations? Sous prélexle qu'une édition
enriehie de tout cela serait onéreuse et réservée aux seuls
" nababs», M. Edmond Caza! s'esl limité a publier ses affirm~tions. Libre au lecleur d'alleren Castille et de recommencer
Ja campagne inlrépide du bi~graphe thérésien. Ribera est cité.
d'apres la défcclueuse traduclion du Pere Bouix et sainte
Thérese, d'apres celle des carmélites de París sans l'indicalion
de la page, du cbapilre, du ,·olume donleslexlraile la citation.
Le naL·ralcur en arrive -

ce qui est plus grave -

a uliliser

les textes pour improviser des dialogues passionnés et des
hon1élies fanlaisistes ou sa pensée se substitue plus ou moins
a celle de la Carmélile. )loins le slyle el l'équilibrc, c'est bien
l'histoire a la maniere de Tite-Live.
On comprend aisémcnl que Ollendorf, soucieux avanl lout
d'éviter les notes el les références, est responsable de la plupart de ces !acunes. Encore fallait-il qu'il lrouvat un_ auleur
complaisant.
Que si l'on s'en tient slrictement aux procédés de raisonnement, sans discuter la qualité de la pe~sée,-011 esl frappé par
de nombreuses cóntradictions. II est vrai - et M. Edmond
1,

P. 33.

�096

BULLETlN RISPA.NIQUE

Caza! ne s'esL pas trompé en le disant - que sainte Thércse
n'avait, a son enlrée au couvent, qu'un mínimum de vocation
rcligieuse. Mais cambien l'exagération de l'expression· nuit
a la vérité en la rendant paradoxale, c'est·a-dire suspecte :
ll cst une chose que tous les biogl'aphes el commenlateurs ont
paru ignorer et qui pourlant vaut qu'on en parle. Monialc arden te et
mystique, et cependant malicieuse et gaie; carmélite et réformatrice
impitoyable du Carmel; séduisante créatrice d'une regle suave, féroce
el logique; hystérique tourmentee par d'insatiables désirs et p3.mée
dans des hallucinations, des suggestions el des ex tases érotiques d'une
violence inouie, Sainle Thér'ese n'ajamais ea la vocation religieuse 1 •

11 semble bien que cette derniere ex pression est prise au
sens. le plus restreint: « Une nonnequi a vraiment la vocation
suit la regle avec calme et y trouve tout son plaisir.,,Quelques
pages plus loin, M. Edmond Caza! nous apprend qu'en 1534,
c'est.a-dire 0. l'fige de dix-neuf ans, ((Thérese et Jeanne, brasiers
ardenls déja, ne pouvaient que brCiler davanlage aux flammes
cachées dans le Troisieme Abécédaire et que loul de suite elles
découvrirent avec la plus vive émotion ,&gt;.
D'aucuns répondront sans doule que la vocation religieuse
des grands mystiques est bien cet ardent désir d'aimer Dieu
et que pour s'enflammer si vite a la lecture du Troisieme
Abécédail'e (« ce sombre pathos ", vous en souvient-il ?), il faille
vraiment ctre prédestiné ...
En r.éalité, si l'on s'en tient au témoignage de sainte Thérese,
aucune de ces deux positions n'est soutenable. Loin de nous
dire qu'elle était a Becedas « un ardent brasier », la carmélite
nous apprend qu'elle est restée de longues années sans comprendre ses lectures .

•• •
Mais que sont ces vices de définitions ou ces !acunes de
documentation a·coté de la sensationnelle découverte d'une
« Thérese enterrée vivante "? C'est elle qui a valu a Ollendorf
i.

P. 7.

LE ROMA.N DE SAfNTE TJ-IÉRESE

le succes lucratif de plusieurs éditions . ll est done nécessaire
de lui consacrer une élude approfondie.
L'on lrouvera dans le chapilre 11, parlie 11, le résumé du severe
travail de recherche et de classificalion documentaire, d'examen critique, de déduction logique et parfois syllogistique auquel je me
suis livré pour arriver ;\ la cerlitu&lt;le de la vérité.

Le caractere de ceUe documentation est surtout négalif.
111. Edmond Cazal-cette constalalion n'est pas une critiquen'a établi sa these sur aucun document nouveau, mais sur une
inlerprélation personnelle du ,premier biographe de sainte
Thérese, Fran9ois de Ribera, des déposilions faites a l'occasion
de la béatification, des cerlificats d'exhumation et de la tradition orate.
M. Edmond Caza!, frappé des nombreuses inexactitudes et
des conlradiclions d11 récit de Ribera, ému, non sans raison,
par l'enterremenl hi\lif de Thérese et les mystérieux appels
que deux carmélites entendirenl résonner .dans le cercueil de
la sainte, en déduit :
1 ° que Ribera dissimule un elTra)'anl secret;
2° que sainte Thérese fut enterrée vivanle a l'état
de
catalepsie.
Une découverte en amene une autre. Notre observaleur,
poursuivant son enquete, fait trois nouvelles constalations :
I o le cceur de sainte Thérese, vénéré a Alba de 'formes, fut
ealevé a une époque indélerminée ;
· 2º il porte a son sommet une cicatrice horizontale, &lt;( valve
d'un trou en estafilade ", que l'imaginalion espagnole a atlribuée a la transverbération;
3° un « inconcevable silence " pese sur le P. Gérome Gratien
pendan! et apres l'enlerrement de sainte Thérese .
Des lors, lout apparatt avec une lumineuse évidence. Ce_ne
sont pas les deux carmélites dont parle la tradition qui ont
arraché le coour de sainteThérese, mais le P. Gratien lui·meme.
Il a du le faire saos adresse, ce qui explique le coup de navaja
en plein creur. 0r, ce geste fut un meurtre par imprudence,
puisque Thérése vivait encore dans son cer.cueil 1•.•
Examinons successivcment les arguments précités.

�098

LE RO.HAN DE SAINTE 'l'HÉRESE

•99
Thércso constaten! que sa vieillesse, inévitablement déprimée
par une vie de combal et de nombreuses infirmités, paralt,
dans les dernicres années, s'ctre libérée de la névrose.
Ribera la décril ainsi sur le lit morluaire:

BULLETIN HISPA:'tlQUt

Les inexactitudes de Hibera sonl beaucoup moins {eqdancieuses qu'elles ne le paraissent. Ce hiogrnphe n'écrivail pas la
Yie de sainte Thérese, d'apres la nouvelle mélhode historique.
Ayant. recours non seulemenl aux lexles, mai" a la lradition
orale, il essa:yait de concilier les témoignages les plus no1nbrcux
el les plus frappanls saos les soumellrc a une critique minutieuse. Ses crreurs n'attendent pas I'enlcrrement el les cxhumations de sainte Thé_rese pour s'accumuler. Elles abondent dans
toul le récit de la vie et en particulier dans celui des Fondations
dont ilélait bien difficile, acetto époq ue, de conlroler les innombrables gestes. Sur ce sujet, je ren voie M. Edmond Caza! a la
biographie castillane du P. iligucl Mir (qu'il ne cite pas dans
sa bibliogrnphie). 11 y lrouvera les nombreuscs coneclions que
l'académicieu espag1&gt;ol csl obligé de faire subir au récit de
!libera. Cette sévérité, d'ailleurs nécessaire, devrait tenir
comple des contingences. Si l'on compare l'muvre de Ribera
a la pluparl des biographies castillanes, on se rcnd comple que
le premier historien de sainte Thércse s'efl'orva,'au contraire,
de réagir contre les tendances générales a l'inexactilude clll'onologique. Sainle Thérese ne nous offre-t-elle pas le meilleur
témoignage de celle insouciance, elle qui se lrompait sur la
date de sa naissance, de la mort de sa mere et dénon~ait avec
sa franchise coutumiere les défaillances de sa mémoire? Les
contradiclions que M. Edmond Caza! releve dans le texte de
Ribera sonl moins concluanles qu'il ne croit. Si !'historien
avait prétendu dissin1ulcr un monsLrueux secret, íl se serait
efforcé de le8 éviter daYanlage. Ce~ argumenl est done, en Soi,
de faible portée.
Tout autre e,t celui de l'enterremenl prématuré. Treize
heures de veillée mortuaire 1 sont insuffisanles pour un sujet

qui a eu des attaqucs de eatalepsic. Encare faudrait-il élablir
celles-ci. Le biographe nous rappcllc que, dans sa jeunesse,
sainle Thérese demeura quatre jours en lélhargie. Mais, a cette
époque, des symplomes caracléristiqucs précédcrenl el préparerent la léthargic. Au conlraire, tous les biographes de sainle
1. lforle un jeutli., le 4 octobre 158 :i, b. neuf he ures du soi1·, !lainte ThérCse ful
enternie le lendemain malio a di:1. heure11.

Des que la Sainte ful morte, son ,isnge parut plus beau qu·a
rorrlinaire; elle était sans aucune ride, quoique, a cause de son iige,
elle en ellt auparavant quelques-un_es. Son corps élait blanc comme
de l'albfi.tre, sa ch.air douce el maniable, ses membrcs aussi tendres et
aussi flexibles que ·ceux d'un enfant,.

Le D' Georges Dumas 11ous a jadis présenté a l'hopital de
Sainte-Anne une cataleptique dont les membres avait une
soup\esse exceplionnelle. Mais cambien de cadavres la présenlent sans l'inlervention de la catalepsie ! Qui d'eotre nous
n'a vu sur un visage aimé celte expression plus vivante_.que

la vie elle-me me el qui semble nier la mort?
Le troisieme argument est celui des coups mystérieux

•

entendus par deme carmélites daos le chmur du couvent
d'Alba.
Elles veillaient et priaient une nuit dans le chceur du couvent
d' Alba ... et brusquement les deux femmes trcssaillirent ensemble
ébauchant a la hite Je triple signe de croix. L'une et l'autre avaient'
entendu. Des coups, des coups assourdis et pourtant retentissants
jusqu'au plus lointain de leur conscience superstitieuse, des coups
rompaient le silence ... Les coups venaient du ca vea u. C'était tout
simplement l'Ame de sainte Thérese qui se manifestait 2 ,

Pour que ce témoignage ail quelque valeur, il faudrail :
1; Fixer la date de l'événement. Notre biographe !'ignore.
« Des jours passent. Cambien de jours ?... on oe sait pas. ,,
2' Établir que ces bruits ne sont pas des hallucinations.
Et c'est ici qu·apparait l'étonnante partialité de M. Edmond
Caza!. A l'exemple d'Havelo9k !Iellis, Leuba et la plupart des
psychologues con lemporains , il interprete les visions et les voix
des mystiques comme des hallucinations. Quels que soient le
nombre des témoignages, le crédit des témoins, les anlécédents du visionnaire, la cause est jugée comme•une expédence
1.

P. 269 ,

2,

P. 226,

�BULLETIN BISPANIQUB

300

de cli niquc. Tout l'appareil critique fonctionne alors pour
réduire les faits aux explications les plus rationnelles.
Faut-il, au contraire, pour les besoins de la these, que tels
bruits mystérieux soient vraiment les appels d'une catalepLique
enlerrée vivante?-M. Edmond Caza! se garde de les allribuer
a de simples hallucinations. Ces deux ca,rmélites seraient-elles
les seules qui échappenl a la« formidablenévrose collectivc»?.
ll n'en estríen, beureusemcnt.
CaLherine Baptiste, quelques jours avanL la mort de la Mere, avait
vu une étoHe d'une extraordinaire grandeur qui descendit du ciel touté

éclalanle el alla se placer au-dessus de l'église du monastere. De plus,
depuis longlemps privée du sens de l'odorat, Callierine Bapliste, en
baisanl les pieds de la MCre aprCs sa mort: avait recouvré la faculté
de sent{r et subodoré avec délices les suavités exhalées par la sainte

dépouille •.
11 va sans dire que la descenle de l'étoile est pour M. Edmond
Cazal une hallucination visuelle et les suavités mysliques une
ha\lucination olfactive. Pourquoi les appels funebres ne sonl-ils
pas des hallucinations auditives? Parce que M. Edmond Caza!
a besoin de les entendre pour ressusciter sainte Thérese.
Cependan t - el !'historien le reconnait lui-rneme - ces
indices, si émouvants soient-ils, ne peuvent faire naitre que
des hypotheses. C'esl !'examen « imparlial » du cceur de sainte
Thérese qui élablira la certitude.
Comme le fond terrible du drame est le creur, le cceur palpitanl de
ThérC:se, on n'en parle que sons le manteau. Dans les documents
officiels, rien ! Le P. Gratien n'en souffie mot. On ne le voit pas sortir,
ce creur. Tout a coup, sans que personne e-0.t dit oll il se lrou,·ait
auparavant, on ne le voit sortir, ala lumiére du jour public, dans un
récipient en cristal, qu'en 1671, plus de cent ans apres le drame,
quand tous les acteurs et confidents plus ou moins renseignés sont
morts dcpuis longtemps '·

D'apres la citation précédenle, on pourrait croire que la
Carmélile es! marte avant 1571. Or, a celle époque, elle était
encare bien vivante sans etre en catalepsie, puisqu'elle n'est
1.

p.

2.

P. :191.

LE ROMAN DE SAINTE TUÉRfSE

3or
marte qu'en r58,. Le cceur a done été découverl quatre-vinglneuf ans el non plus de cent ans apres le drame. Le seul objet
d~ .celte recti~calio'.1 cst de montrer a ]11 . Edmond Caza!_ qui
pretcnd co'.rr~er Ribera- combien il esl facile de se !romper.
La descr1ptwn du cceur, telqu'il es! vénéré a Alba de Tormes
est d'une précision toule réaliste:

'

Le viscere est allongé, racorni, complétement déformé sec et tombant en poudre peu_ a ~eu. Une cicatrice borizontale, val;e d'un trou
en eslafilade, se v01t tres nettement ason sommet 1.
·

Sans autres « faits" que les deux précédents, M. Edmond
Caza! prétend démonlrcr que l'enlevemenl myslérieux du cceur
el sa large « estafilarl.e " n'onl qu'une explication possible : Je
coup de navaja du P. Gratien. 11 a beau jeu de railler les
dévots qui croient au niiracle de la transverbéralion. Ce n'esl
pas sur ce terrain que nous le suivrons. Mais sans recourir
a l'inlervention du miracle, qui est une ques~ion de foi on

peu l examiner d'aulres hypolheses plus vraisemblables 'que
le geste du « moine a la fois relors el térnéraire "· Daos le
domaine des suppositions, les plu's prudentes sont les
meilleures.
M. Edmond Caza! allribue judicieusement les épines de ce
cre~r sa~ré a ~ne supercheric loute cspagnole. Pourquoi Ja
ma111 qm a ose planter les épines n'aurail-elle pas créé J'estafilade,. afin de concrétiser, a sa maniere, l'apparition du
séraphrn?
Le biographe aurait pu s'avancer davaritage encore el douter
de l'anthenlicité de la relique. Existe-t-il 1111 document du
XVI' siecle qui atlribue celle-ci a sainte Thérese? Sur ce SUJ'et
•I
'
lll a sceur Ana de San Bartolomé n'a rien dit ni )'historien
~iber~ n'a rien écrit. Quelque lhérésien du xvn: siecle a peuletre decouvert, dans un reliquaire anonyme, un cceur don! la
hlessure l'a fait r~ver. Par une association bien nalurelle
il a pu évoquer la fleche d'or qui blessa Thérese « jusqu'au~
entrailles ».. . ªien en tout cas, ni le moindre documenl
d'archive, ni la plus vague lradition orale ne permetd'allribuer

:1:17.
1.

P. 273.

Bull. hispan.

'º

�3o,

AULLETL."11 11.lSPANlQUE

LE R.OMA.N DE SAINTE TBÉRESE

la blessure a la navaja du P. Gratien. M. Edmond Caza! n'en
est-il pas réduit a inlerpréter l'absence du carme comme !'une
des circonstances tés plus suspectes de celle ténébreuse affaire?

diflérence appréciable : on chercherait vainement chez l'illustre romanciet· cette apologie toute personnelle ou M. Edmond
Caza! s'accorde délibéréme1it la consécration de la Science
et de l'Histoire :
Les graphies (antérieures) n'existent qu'en fonction de la conlinuelle

Quelle extraordinairc chose que l'absence totale du P. Gratien !
Logiquement, H eut dll présider a toutes ces .exhumalions, défendre
avec vigueur lajusle these du maintien du corps au Carmel d' Avila. Et
on ne le voit point, personne ne parle de Lui. Ol1 est-ilt En ces années
1583- 1588 1 sa vie est e!Tac~e, elle rentre de plus en plus dans l'ombre,

et cela au milieu de l'hostililé générale. Lui-méme, il lulle mal 1 sans
conviclion et sans force , sans intelligence et sans énergie ... Et un
jour, en 159~ , il sera ex.pulsé de la lléfm·me thérésienne ... On dirait
qu'une malédiction pese sur lui ! Pourquoi? Il est comme accablé par
un remords. Lequel? Mais surtoul, pourquoi ne p~rait il, de 1583

a 1588,

pendant ces cxhumations répétées) ... En 1085, il fait une

furtive apparition au chapHre de Pastrana et ensuitc pour reprendre,
aux Carfllélites d'Avila, la main de ThérC:se, qu'il emporta jusqu'8.
Lisbonne ... Et c'cst toul. .. je ne comprend~ pas 1 •

Nous comprenons moins encore que sur de telles hypotheses, M. Edmond Cazal ait osé porter un jugemení définitif.
Résumo.ns celte pénible instruction : Parce que sainte Thérese
,
a connu, dans sa jeunesse, le sommeil léthargique, !'historien
découvre qu'a l'age de soixante -sept am elle fut enterrée
vivante a l'état de catalepsie. Parce que personne ne parle
du P. Gratien depuis l'enterremenl jusqu'a l'exhumation
officielle, il en déduit que ce moine a ouvert la sépulture,
poignardé Thérese encore vivante et an·aché son caiur.
On ne regrettera jamais assez que la carmélite n 'ait été
exposée quelques jou;·s dans la froide église d'Alba de Tormes.
Cette précaution élémentaire ne lui aurait pas rendu la vie,
mais nous aurait épargné les macabres visions de M. Edmond
Cazal. Cerlaines indiscrélions, quand elles demeurent slériles,
ressemblent fort a des indélicatesses. 11 est des Lombeaux dont
on ne devrail pas essayer de se faire un piédeslal.

.

. •.

Ainsi, M. Edmond Cazal, sans elre spécialiste de théologie,
d'histoire ou ·de psychologie expérimentale, s'est serví de ces
Lrois ennemies a la maniere de \Vells . 11 existe cependant une

3o3

inlervenlion divine eL de la croyance au miracle, tandis que mon
travail est éclairé aux lumieres de la raison, d'une patiente et sereine
critique, d'une science enfin qui a particuliCrement distingué, étudié,
c!assé, rendu matiere banale de manuels neurologiqué3 les phénomenes qu'au xv1• si8cleon altribuait, avec une admiration pieuse ou
une horreur épouvanlée, 8 l'amour de Dieu ou al'incubat et succubat

de Sátan, selon que la patiente et le palient étaient puissants ou
misérables , .

Les résultats oblenus par M. Edmond Caza! sont, a la vérité,
bien dilTérents, mais n ·en présen tent pasmoins une réelle utilité.
1° Son livre a le mérile de réagir contre les fad.es apologies
qui ont di minué sa.inte Thérese au lieu de l'agrandir, Les chapitres comacrés a la réforme et aux fondations décrivent l'activité
de la Carmélite, comme elle ne l'avait pas été jusqu·a présen t.
2° La these de Leuba sur l'érotomanie de sninte Thérese et
les assertions d'Havelock Hellis sur son aulo-éroli,me avaient
besoin a·etre stnlhétisées dans un livre qui ea montrat toules
les faiblesses. Saos trop le vouloir, M. Edmond Caza! nous
a rendu ce se1·vice-.
3• Enfin, son insucces lui--m8me ofl're aux thérésiens relí~
gieux ou laiques un a vertissemenl précieux; la person na lité
de sainte Thérese est si vaste que sa biographie nécessile au
préalable la collaboration de · plusieurs spécialistes. 11 est
indispensable de préluder a tout travail de synthese par
l'ing1·ate exposition de la doctrine, l'in(liption précise des
sources el la définition de la terminologie thérésienne.
Apres ces Lravaux de bibliographie el d 'hisloire, les philo•
sophes el les médecins, les théologiens et les psychologues
pourront avancer leurs interprétations.
u C'est une grande cbose, nous dit sainte Thérese, que de
comprendre une ame ... "
G•sToN ETCHEGOYEN,
Membre de l'icole fran~.ii$e do Rome.
, . P. 208 .

�3o5

A PROPOS DE L ..\_ MQ;,iNAlE DE SÉGOYIE

A PllOPOS DE LA MONNAIE DE SÉGOVIE
•
Les premieres machines a frapper la monnaie furent aussi
mal accueillies par les ouvriers monétaires experts a manier
le marieau. et les coins d'acier, que l'avaient été jadis les
premieres presses a imprimer par la foule des copistes de
manuscrits et des enlumineurs de livres d'heures. u Ceci tuera
cela)) ; les Yieux artisans qui} de pere en fHs, se transmellaient
les secrels d'un métier difficile, ne voyaient pas sans déplaisir
les rouages d'un mécanisme se subslituer a la force habile de
leurs bras. Lcur amour-propre était en jeu, leurs intérets
malériels aussi. Dans tous les pays de l'Europe civiliséc,
rusagc des 1nouJins U monnaie ful aussi long a se généralíser.
On vit se dresser contre eux la meme opposition obstinée.
L'histoire de toules les invenlions sé double ohligatoirement
. du récil de la bataille qu'elles eurent a livrer, et des perturbalions économiques ou sociales dont elles apporlaieni le germe,
a l'insu de leurs auteurs . Par cela meme, et a cause de son
contenu psychologique, elle mérile de retenir l'intérel.
Je voudrais d'abord rappeler en quelques mols ce qui s'était
passé en France lors du changement radical de la technique
de l'art monétaire '. Au milieu du x11" siecle, l'autorité ro y ale
s'était émue de voir circuler dans le royaume quanlités de
pieces rognées. Les contours inégaux des Oans monétaires oll
l'on imprimait au marteau les lypes qui conslituaient la
marq,¡e de garantí~ apposée par l'Élat sur le métal précieux,
permetlaienl a une íoule de délinquanls d'emplir leur escarcelle de copeaux d'oretd'argenl, a rinsu des pouvoirs public,.
Henri II, par une ordonnance dalée du 23 janvier 1.550, interdit
le cours des monnaies rognées et prescrivit de les conyertir en
1. Voycz F. Uazerolle, la Monnaie (Collection des Grandes Jnstitutions de France,
Pari;:., 1907). Pour les délails techniques, v. Ch. Frémont: Origine et évolulion des
outi/s (P· 98 ctsq.), daas le,H• .'11émoire publié par la Société d'encouragement al'induslrie
nationale. Cf. A. bieudonné (Revue numismatique, 19 1 3, p. 42li), Lºorigine du balancier,
et F. ~fazerolle, les médailleurs Jran~ais du xv• au .tV!l• si~cle (passim).

nouvelles especes. La Monnaie de Par is se trou vanl insuffisante
a ce surcro1t de travail, la i\fonnaie de Nesle ful fondée. Avec
les coins de Marc Béchot on y frappa les gros et demi-gros dits
de Nesle. L'existence de cet établissemenl fut éphémere; des
dissensions, le manque de discipline furenl cause que des
l'annéc suivante il était réduil a l'inaclion.
C'est alors que, voulant en finir coiite que coute avec les
fraudeurs, le roi s'enquit d'instruments permellant de donner
aux pii\ces une forme régulierc, en assurant une frappe
_perfeclionnée . Charles de Marillac, ambassadeur á Augsboufg,
fil savoir qu'un orfevre de cetle ville avait inventé un procédé
ingénieux qui répondait aux désirs de Sa Majesté. Henri II lui
dé pecha sur-le-cham p le mailre de la Mo_n naie de Lyon flanqué
de Guillaume de Marillac, valel de chambre du roi, frere de
1

l'ambassadeur. On traila avec l inventeur, un certain Marx
Schwab, dit le chevalie,· du Saint-Sépulcre. On fil conslruire les
machines qui, a pres a voir été transportées a Paris, puis essayécs,

furent installées en 1551 au bout du jardiu du Palais, dans la
Maison des Étuves. L'établissement tira d'abord son nom du
moulin de la Gourdaine, dont on se servil pour metlre en
mouvement les appareils, d'ou Alonnaie de la Gourdaine; plus
tard, ou le connut sous le ti tre de .\lonnaie des Etut•es ou Mo111taie
du Jfoulin. Les instrumenlsimportés d'Allemagnecomprenaient
des laminoirs, des barres a tirer, engins tireurs ou filieres, des
découpoirs, des presses ou balanciers, des tenailles. Peu apres,
Aubin Olivier, un habile mécanicien fran9ais devait les
compléter pat· l'invention de la virote /¡risée, qui permellait de
graver une ioscriplion sur la lrancbe de chaque piCce, suppri1

mant par la meme toute chance de fraude .
La perfection meme des produils du nouvel atelicr, la faveur
du roi qui s'altacha (l leur personnel - Hemi 11 avait trouvé,
mis en présence des pieces d'essai 1t la figure et graveure
d'icelles tant singuliere, subtiile et excellenle que, sans grande
apparence de faulceté, il esl impossible de la pouvoir contrefaire, rongner ni alterer 1&gt; leur valurenl immédiatement
la jalousie de la Cour des Monnaies. Des l'abord, la guerre
étail déclarée. Et le dernier mot resta a la rouline. Di\s , 556,

�, 306

BULLETI~ HISPA.:~HQUE

A PROPOS DE 1,A MO:"iNAIE DE SÉGQVJE

la fabricalion monétaire se ralentit considérablement, on
employa la Monnaie du Moulin a frapper mcdailles, jctons et
pieces de plaisir, « L'hostilité de la Cour des Monnaies, dit
M, Mazerolle, avait réussi a arreter complelement la fabricalion
de l'or et de !'argent, qu'elle fil maintenir a l'llotel des

1570, et l'usage de la frappe mécanique ne devinl régulier
qu'en , 662, un siecle a pres les premiers essais,

Monnaies, malgré s-on oulillage imparfait. » En 1585, trenle-

cinq ans apres l'invention de la frappe mécanique, on ne
fabriquait plus pratiquement de monnaies qu'au marleau,
comme dans l'anliquité, au huiLiCme siecle a,1ant notre Cre.

'Nicolas Briol, sous Henri IV, essaya de réagir, les ateliers
furent transporlé_s au Palais du Louvre, dans la galerie du
rez-de-chaussée; puis, découragé par une opposilion persis-

tan le, Briol dut aller oíl'rit- ses services en Angleterre, en 1626,
Sons Louis Xlll, les agissemenls de la Cour des Monnaies,
toujours hoslile aux innovalions, furcnl cause que l'on éiablit
deux aleliers, la )lonnaie des Médail)es - c'élait l'ancien
balancier du Louvre - el la Monnaie des Especes, qui plus
tard fut lransporlée dans !'Hotel du quai Conti, devcnu, en
1878, nolre seul Hotel des Monnaies,
En Angleterre, de semblables difficullés se présenterenl sous
Je regne d'Élizabelh, C'esl en 1560 qu'nn Fran9ais ccllc fois,
nommé Éloi Meslrel, apporla a Londres une invenlion qui
permellait de lransformer l'oulillage monétaire ,_ Éloi Meslrel,
selon loute vraisemblance, n'avait fait que s'inspii-cr des
príncipes venus d'Allemagne el mis en praliq.ue a París peu
d'années auparavanl, Des 1562, on commenra a la Tour de
Londres d'utiliscr ses appareils; les rémllats íurenl excclfcnls
el la frappe parfaile, 11 en coula cher au malheureux inrenleur,
et son hisLoire fat plus lragique que cel le de ses confreres
pari•iens, Quelques années apres, il ful accusé de fabriquer
clandeslinement de la fausse monnaie, a l'aide de ses presses
mécaniques. C'est du moins la version officielle; j'aime

a

croire que des jaloux - &gt;Is étaient nombreux - ne trouverenl
poi ni ce délour pour se venger, Bref, Éloi ful pendo a TI bum,
en 1569, ses 1nachincs ne furent plus gu8re cmployées apres
1,

V. Herberl A. Grueber, Handbook of thi&gt; coins o/ Gnat Britain and [reland~

London, 1889, p. nxvrr.

A Augsbourg, en 1550, l'ambassadeur du roi de France
s'était h.ilé de poursuivre les négociations av~c les orfCvres

allemands, parce qu'on courait le risque, en en différanl
l'aboulissement, de voir l'i,wenleur vendrc sa découverte a
Charles-Quin!, qui, déja, l'cmployait a d'aulres lravaux:
« L'cmpereur, écril Marillac en juin-décembre 1550, pretend
se valloir de cesl artiflice, ayanl a cesl effecl faicl venir d'Espagne leur prcmier maislre en faict de monnoye, pour appren•
dre ce que ledict chevalie,- s~ail faire •, »
11 est done assez surprenanl qu'on ait atiendo en Espagnc
quelque quarantc ans pour faire subir a l'art monétaire 111
rórnlution inauguréc en France, IJ y a d'autanl plus lieu de
sen étonncr qu'on sail la passion de f\hilippe ll J'OUr l'architeclure el pour la mécanique, Aulour du roi prudenl, les Herrera,
le, Gianello della Torre, les Jacopo da Trezzo s'ingéniaienl
a invenlcr lea machines les plus merveilleuses que l'on eul
vues jusque-la, depuis les horloges savantes jusqu'aux appareils compliqués destinés a amener a_ !'Escorial les matériaux
du monaslere de San Lorenzo en conslruction, el a les mettre
en reuvre, jusqu'aux tours hydrauliques qui servaient au
polissagc el a la gravure des pierres fines'- 11 semblerait
nalurel qu'on ail installé a la mcme époque des machines
reposan! sur les memes príncipes et destinées a la frappe dn
numéraire, Pourlant ce n'esl qu'en 1582 qu'on en fit le projet;
el e'esl a celle date que Philippe II fil venit- d'Allemagne les
ouvriers spécialistes donl' il a vait besoi n, "(, Casto M• del Rivero
a fait réeernmenl l'hislorique de la Monnaie de Ségovie,
a l'aide des documenls conservés a Madrid aux Archives du
1 _V. P. de \"aissiCrc, La dCcout•erle d A ugsbourg des insiruments du monnayage moderne et Leur importa/ion en France en 1550, d'oprl!s lrs cUpéchts dfl Marillac, ambassa•

deur. Montpellier 189:i; Maurice Roy, La .ilonnaie du illoulin, in Rcvue Numismatique
11.PO~ p. 187 et sq. - L'achO\'cment du premier malér;el pl'rfeclio11né n'eut lien
qu'en 1553.
2. 0.1 me pcrmctlra de renvojcr a mon arlicle de la Rttuuc de L'arl ancien ll moderne (,i;,d), GiaMllo CW:l ~ T,1rre, lurloge,· de Charles-Qufot et de Philippe 11, p. 2p273. V. aussi Bralli. Pliilippe/f. París, 191-&gt;, p. 67; Felipe Picalo..,le. Apimtes para una
biblioteca cientifica española del siglo .\ l'I. Madrid, 1891 1 etc.

�3o8

BULLETI::¡ HISPAl'UQtE

Palais Royal•. J'ai eu la bonne forlune de lrouver naguere
a la Bibliolheque Nalionale de Madrid el a Si mancas quelques
textes qui me permeltenl d'ajouter plu,ieurs détoils a cette
excellente étude.
II s'agissail d'établir des machines hydrauliques, en d'aulres termes, des moulins, el l'on délibéra longtemps sur le
choix du cours d'eau propre a les aclionner. Le Manzanarés
ful éearlé pou'r les raisons que l'on suppose, el l'Eresma ful
élu. L'Ingenio de la Moneda ful done construit a Ségovir. Des ·
,583 Philippe II visitait les chantiers. L'édifice subsiste encore
de nos jours, transformé en moulin a farine, mais quelques
modifications furent apportées a l'ordonnance des batiments
sous Ferdinand Yll '· Le P . Sigüenza nous a laissé une précieuse description de la mécanique, je demande la prrmission
de la traduire. C'csl a propos d 'une visite du roi a Sé~o,·ie, en
septembre 1583 :
«Dela, [le roi] vinl a Ségovie pour voir cette excellente
invention pour [aire la rnonnaie, invenlion de l'archiduc d'Autriche 3 : l'eau fait mouvoir une roue, el celle-ci, des deux cótés
opposés, a l'aide de l'eau, en meten mouvement deux autres
(c'est la le principe des mécaniques d'Aristote) en passant
entre les deux axes ou roues de celles-ci (qui sonl en aeinr et
sur lesquelles sont figurées et gravées les armes royales, comme
nous les voyons sur la monnaie, !'une portant la face, et l'autre
le revers); une bande ou ceinture d'argent, de l'épaisseur
que doit avoir la monnaie, la laisse empreinte ou sculptée
sur ses deux faces, loul du long, formant des réaux, qui par
la suite sont découpés en rond par un aulrc tour, avec une
grande facilité . C'est une excellcnte invenlion, qui pcrmcl
1. Casto Ma del Ri,·ero, El ingenio CU la moneda de Segovia (extr. de la Revista de
Archivos, Bibliotecas J Jfuseos. l1adrid, 1919) .
~- On en lrouvera la dcscriplion, le plan el les pholograpbic1 dans l'ouuage cil6
de '.\J. del Rivero. Les archilecles furent Juan Je llerrerael Francisco de \Jora. AYant
la conslruclion del' Ingenio de la .lfoneda, il ex islait a Ségovie un atelicr monétaire
connu dé,ormais sous le nom de .1/oneda vieja.
3. 11 s'agit ici de l'archidu c Ferdinand d'.\ulricbe, second fils de l'empereur Ferdinand ¡ar, et par conséquent cousin gcrmain de Phi! ippe JI. C"est gratuitcmcnl que
le P. Sigüeo:za lui fail ici les honneurs de l' « inveotion t. Rien ne ,icot corroborer
'-eS dires. L'archidttc, en sa qualité de comte du Tyrol, avail sans doute patronné les
ingénienrs allemands, sans plus.

A PROPOS DE LA MO:'(XAIE DE SÉGOVIE

309

d'épargner beaucoup d'argent, de réftexion et de temps, mais
la nation cspagnole se soucie peu de ces in ventions, et les supporlc impaliemmenl; ce qu·on pourrail faire aisémenl el sans
lravail, il plall davanlage de Je fail'C a force de bras. On y a
travaillé quelquc peu d'argent, mainlenanl on en foil pcu, ou
plus du toul, pat·ce qu'on dit que cela présenle des inconl'énienls, ou parce qu'on n'en laisse pas arriver 3. Ségovie 1 • &gt;&gt;
On ne jugera sans doute pas sans intéret de me tire en regard
de la dcscription du P . Sigüenza celle qu'écrivit Jehan Lhermite, ce Flamand qui ful un temps cbambcllan de Philippe ll,
et qui rédigea ses mémoires sur l'Espagne en 1602, une fois
de retourcn son pays,.11 visita la Monnaic de Ségovicen 1596.
Sa description esl moins précise que cdle qu·on Yient de tire,
il insiste loutefois sur l'opération préliminaire du laminage,
la préparalion des fouilles de métal - ce qu'on appelail jadis
en France « ballre la chaulde n - par la les deux récils se
completen!:
&lt;&lt; Et encores que pour lors J'on n'y forgeoit nulle monno):e, si y
avoit il aulounes pieces apprestées 1 pour par icelles monslrer audict
comte [Charles de Brandebourg, vicomte d'Esclay, neveu du comle de
Ber1aymont] et ceulx de sa compaingnie, la maniere el la faQOn de la
forger et hallre:_, lequel se faicL tout par la violence d'eaue, en forme
de moulins et roues qui se gouvernent par ladite eaue, tellement que
pour forger le_s planches ou lames d'or, d'argent et de cuyvre, s'y for-

gent avecq ta plus grande facilité du monde; car ne faull que les
mettre sur l'enclume, et les y tenir fermes &lt;lessoubz le martillaige
1. Fr. J. de Sigllenza,'/li.,toria de la orden de S11n Gerónimo, 1605 (Nueva biblioteca de
autores españoles, t. XII, p. 463). Colmenares (J/istoria de la insigne ciudad de Segovia,
1637, cité par ,t. del Rivero, p. •~) doone une descriplion analogue, mais moins
détaillée, sauí en ceci que pour le déCQupage des piCccs. i1 meulionne un Lour: &lt;• lln
torno redondo, de macha y embra. ►) Cf. llaltasar Porrcfio. Dichos J hechos de el señor
rey Dan Felipe S(•gundo. Réimprimé Madrid, 17 118, XII, 103: ;e EdiOcll allí la casa. de
la mone:ia, coo su ingenio para balirla con el mo,·imienlo del agua, obra tan arlificiosa que en un dia se labran treiolo mil ducados de moneda de plala de preciosa
estampa, con bien poca gente. i&gt;
,. l,,e Passe-lemps de Jehan Lhermite, éd. p. Ch. Rueleilr, Anven, 1890, t. 1, p. ,83.
On notcra que les machines de Ségovic di IJéraient notablemen l des machines frao~aiscs, puisque celles-ci se compossicnt essrntiellement d e presscs ou balancier~,
analogues en principe au vnlo11t doot l'usage se généralisa plus lard. A Ségo,·ie il
n'esl question que de roues, mues par la force hydraulique, comme des laminoirs.
GrA.ce au P. Sigi.ienza nous avoos sur ce point un peu plus que de ,·agues indicalions. L'origioedu balancier doit etre cherchée dans la pres~e 8 vis dont se senil
Bramanl~ pour comprimer le plomb des bulles, el Benvenulo Ccllioi pour frapper
ses méda1lles. Comparez l'el:pression anglaisc: the mill and lhe screw.

a

�311

BULLETI~ HISPANIQL'E

A PROPOS DE LA MONNAIE DE SÉGOVIE

d'un gros vilain marleau qui se gouvernc par lesdictes roues, et en
donne dessus avec une si grande roydeur et force, qu'impossíble me
seroit de le dire; de ces planches ainsi forgées se faict la rnesme
monnoic en moins d'un rien, les passans par cel'tain instrument
dnquel elles sorlent loules .monno-yécs du coing, de l'inscriplion et
armes royales, nerestant autre q11e de coupper-jus chasque piece de
par soy, qui aussi se faict avecq certaine industrie f~rt facile, comme
par les mcsmes pieces de monnoye se peult veoir, lesqueJles ont, du
costé de l'éscu des armes royales, ung pctit pont contr.efaict a celluy
de Segovie qui est l'aqueduct, lequcl d'icy allions aussi veoir comme
une des choses plus rares et anciennes de la Yille. i1

lui qui avait fait venit' les ouvriers du Tyrol, par l'intermédiaire deGeorge Gerling, qui est qualiflé de&lt;&lt; son serviteur )J. Il
fut re1&gt;u a Ségovie par l'éveque qui !'invita a des chasses et
aulres parties de plaisir. A u mois de juillet de l'année suivaute,
l'ambassadeur retournail a Ségovie chargé d'une semblable
mission 1 •
Les machines étaient arrivées a Ségovie le 15 juin 1585; les
premieres monnaies qui y furent frappées: ,-ea/es de á ocho,
portent la date de 1586, et, comme différenl monétaire, l'aqueduc de Ségovie . C'ést Clemente Birago qui avait gravé les
coins. On connall ce Clemente Birago; il avail épousé une filie
du célebre Milanais Jacopo da Trezzo, .dont j'ai déja cité le
nom plus haut, médailleur et lapidaire fameux qui eut une
grande part u la construclion de !'Escorial. Birago exer~ait la
meme profession que son beau-pcre, il y gagna une renommée
universelle: on lui allribua l'invention de la gravure du
diamant. ll fournit a la Cour d'Espagne quantité de joyaux, de
gemmcs gravéés, de sceaux et de bagues . 11 mourul en 159,.
Quant" aux relalions de Jacopo da Trezzo avec Kevenhuller,
elles sont allestées par l'exislence d'une médaille a l'effigie de
l'ambassadeur qui porte la signalure de Trezzo '·
Nous avons des renscignement~ précis sur les condilions
memes du monnayage. On fabriquait alors une monnaie dile
de vellón, qui se composait de cuivre additionné d'un alliage
d'argent3. Le marchand se présenlait a la ~Iaison de la Monnaie avec un marc de cuivre, qu·il avait payé 3o maravédis
auxquels il faul ajouler /1 maravédis de frais pour la fon te . De
son marc de-cuivrc, il tirait 1 ,4 maravédis, mais il lui fallait
payer au roi 34 maravédis pour l'alliage d'argent, plus 24 maravédis de frais de brcrssage, et 12 maravédis de droits". Le marchand s'en tirait done avcc unbénéfice net de 10 maravédis. Un
assez nombreux personnel était employé a la mise en aclion

310

L'inventeur du moulin était en elTet un Allemand, peut elre
ce George Gerling, qui arriva en Espagne en 1585 avec toule
une éqnipe d'ouvricrs tyroliens, et que la morl surpfit presque
aussil6t, Barcelone. ll fuL remplacé par Magno Mayz, el voici
les noms de quelques-uns de ses collaborateurs. C'élaient
Martín Fagel, maltrc de la machine, Maestre Wolfo, Mathias
Smincer, Jacobo Sauroban, Ballhasar lllepull, tous envoyés par
l'archiduc Ferdinand d.,\ u lriche; Jorge Grayft, fondeur, Pedro
Ardebeco, e11Yoyé pour tailler les nou,eaux coins, Joachim
Lingue!, essaycur, liaos Liserburgher, Rrabian Holchar, qui
déclarent "qu'ils sonl ceux qui s'entcndenl le mieux a la construction et la conservation de la machine, el qui sont mariés
a des femmes du pays • ».
Philippe TI, lorsqu'il avait formé le dessein d'employer des
procédés modernes a la frappe de ses monnaie.s, avait eu
reeours a Kevenhuller, ambassadeur d'Aulriche, qui fut son
ami el son conseiller en mainte circonstance~ et en parliculier
lorsqu'il s'agit d'acquisilions d'objels "d'art, d'antiquités, de
médailles, de conslruction de batiments.
Le 4 juillet 1585, Kevenhuller, par ordre de Sa Majésté, se
rendit a Ségovie en compagnie de Jacopo de 1'.rezzo, du capitaine Tiburcio Spanochio et d'une nombreuse suite, pour
visiter la Maison de la Mo,;naie; il en passa l'inspection. C'est

a

a

1. Si mancas, Obras y Bosques1 Segovia 1 leg"aj(J 2. Je respecte ici l'orthographe donnés
par le scribo espJ.gnol aux noms a\lemanéis. Pedro Ardebeco est appelé quelques
lignes plus b:ts Pedro Harlepegue. V. le te'lle publié plus loin, n° :i. Cf. Casto M' del
R.ivero, op. cit. p. 26, 27 et c. On trouvera la, cilés aYec d'autres encare, les m~mes
noms, diversemenl défigurés.

1, V. les documcnls que nous publions ci-aprCs n" 4 E:l 5.
2. 'celle médnillocslreslóe ioconr,u }d'Armaad qui n'cn dil mot dans sorl ounage
sur Lt!s .\Jédailleurs ilaliens. J'en connais an moins deux exemplaires, l'un a u ~lusée
archéologique de :\!adritl, l'auLr.c an Cabinet des méd1illes de Paris.
3. Ccl alliage d'argent fut supprimé en 1596. Doc. n• 14 p. p. M. del Rirnro.
A cetlc date, toute la monn·aie de vellón du royauroe ful frappée a Ségovie. Le docu.
menl que j'ulilise ici date de 1594. (N" 3),

..

�..

3,,

de la machi ne. On complait parmi les« officiales mayores» un
teneur de comptes, et un &lt;e balan\ario &gt;&gt; 1 •
Comme le servicc des nouveaux appareils clifl'érait forl de
ceux qu'on employait dans les aulres ateliers monélaires (a
Grenade ou a Tolcde,'p?r exemple), on dul sen remetlrc au
clirecteur de l'entreprise pour la réparlition des sa\airc; suivant les mérites de chacun. Ce maitre recevail un tant pour
cent par marc de mélal el se chargeait de payer les gages des
employés. Chaquc marc de mélal monnayé coulait a Sa Majeslé i 4 maravédis, el lui en rapporlail 56.
On a vu plus baut qu'avec les machines élail arrivée d'Allemagne une équipe d'ouvriers spécialisles allemands. Pourlaul,
il est conslammenl queslion dans les lexlcs contemporains en
1ó90 d'un Espagnol, Miguel de la Cerda, qui aurail été l'invenleur de l'engin'. ll y a done ici une apparcnle contradiclion. 11 esl probable qu ·il s'agil d'un perrectionnemcnt apporlé
au malériel venu d'Augsbourg, ou d'un nouveau mécanisrne
destiné á le compléler. J'a i parlé plus haut de la virote bris¿e
due a Aubin Oliviel'. Peul-étre faul-il en rapprocher l'invention de Miguel de la Cerda, donl malheureusement nous ne
connaissons que le nom : tijera, les ciscaux. C'est a son sujet
que s'éleverenl les proleslalions de l'ancien personnel; un
documenl fort inléressant nous renseigne au sujet du conllil.
JI en ressort que les ouvriers de la vieille monnaie, dirigés
par un cerlain Juan Castellanos et ses freres, s'opposerent de
touies leurs forces a l'établissemenl des nouvelles machines,
del',, ingenio de Miguel de la Cerda 1i, et montrCrent un mauvais vouloir irréduclible, parce que, disaient-ils, s'il en était
fait usage 1 il n'y aurait-pour ainsi dire pas de ce cisaille»,
et qu'ainsi ils perdraient les !,oo ducals qu'ils gagnaienl par
la chaque année, en conséqucncc d'un accord passé avec le
trésorier de Ségovie. Qu'élait-ce done que la cica/la? On
désignait ainsi les déchels ou rognures de métal qui subsislaient, selon les anciens procédés, apres le découpage des
, . Ce dernier ter me est curieux a relevcr; il n'y avail pasa propremeot parler de
balancier,comme nous l'a,·oas vu toul al'hcure.
!L Voyez le docoment que nous publions plus loin, n• 1.

3,3

A PROPOS DE LA MO~NAIE DE SÉGOVIE

BULLETli'f HISPANIQUE

monnaies, ces déchets étaient le partage des ouvriers monétaires, qui les fondaienl et rcce~,aient pour ce travail une

redevance du lrésorier. La machine de Miguel de la Cerda,
plulot qu'a la frappe des monnaies, serrnil done, semble-t-il,
au découpage aulomalique des llans, supprimant radicalemcnt
la source des bénéfices escomptés par Castellanos et ses
collegues. Inde irre.
En novembre 1586 Hans Bella' élail entré au service de la
machine de Ségovie. ll en ful le surinlendanl jusqu'aux premieres an nées du regne de Phil i ppe 111. La íra ppe de !'argent continua en 1587 et, au cours d'une nouvelle visite otlicielle, Philippe 11, l'impéralrice, sa sreur, veuve de Maximilien II, le prince don Philippe, l'iníanle Isabel le et leur suite,
assisterenl au lravail des engins. Nouvelle visite royale en
1592, donl Jehan Lhermile nous a laissé le récit, en nolant
que l'on continuait en « une allre vielle mayson de monnoye
dedans la vi lle" a forger et batlre la monnaie a coups de marteau; les deux ateliers subsislaienl done l'un a colé de l'autre ,
avcc leurs_ personnels spéciaux et indépendants. Cetle fois
encare les innovateurs n'avaient pas eu le dessus, el malgré
la prolection royale, n'avaient pu supplanter sur-le-champ
Jeurs anciens collegues.
En 1596 la non velle Monnaie de Ségovie recut sa charle
conslitulionnelle sous la forme d'une "Instrucción para el
Gobierno del Ingenio» . M. del Rivera a donné minutieusement
l'hislorique de son aclivité. On y frappa des monnaies d'or,
jusque sous le regne éphémere de Lou,s l". Mais les progres de
la frappe mécanique íurenl tels que la machine de Ségovie
parul des le débul du xvm• siecle une anliquilé. Une ordonnancc de 1730 preserivait de ne plus frapper de monnaies d'Dr
el d'argent que dans les ateliers de Madrid et de Sévillc. c·'était
le cou p de grke porté a Ségovie. Pourtan t, on recommenca
en 174 2 a y frapper des monnaies de billon, comme aux premie,·s jours. Les helles man naies de cuivre de Chartes Ill en
son L a peu pres les derniers fruils.
JEAN BABELON.
1.

Ce llJ.ns Bella, ou Bellhac, íut aussi orren-e de Philippe II platero de oro

V. Documentos i11éd.ílos para la hi!loría de España, LV, 464.

'

•

�BULLE'rl.X HlSPANlQUB

1 '·
Señor, esta mañana vino a mi posada Phelippe de Bcnavides, y m~e
traxo una dozena de piezas de reales hechos con el ingenio. de Miguel
de la Cerda y acuñadas con el cuiio nuevo que ha hecho Clemente
Virago: 4 de a dos, 4 senzillos, y 4 medios, que todos van aqui porquo
me dixo que V. ~Id. le havia mandado quando eslu,·o ai que ~o
embiasse las muestras de los cuños. En eslando 1.iechos, dan a entender
los omciales que aun con el uso se liaran mejores. A mi solo se me
offreze que las rayas de las armas y de las letras serian mas a proposito
algo gruesczillas; dixele a I3enavides viendo que nadie pudiera ha ver
hecho como el esta moneda, y que hiziesse corlar luego otros pocos
que se havian acuñado quando estos [para que no quedasen mas que
lexir ]~. Dixome que se havia topado con un acuñador de la casa de
la moneda de Toledo, y que se los hizo acuñar antes que se fuesse
par.a que se pudiessen emhiar a V. ~Id. Tambien me dixo como esta
apunto todo lo que es menester para hazer la experiencia y prueva de
los mili marcos de plata conforme a lo que V. Md. tiene mandado,
y assi 1 en teniendo respuesta deste papel podremos [yr a la casa que
era de Jacobo 3. Juan de Ybarra ~l, por ha verme dicho Benavides que
'V. Md. lo manda assi. Pero hame parezido que tengo ohligacion de
acordar primero a V. Md. que quando hable en_ esla maleria, dixe a
V . Md. qne Francisco Baptista Veyntin me havia advertido que Juan
Castellanos y sus hermanos harian todo quanto pudiessen porque no
se use del ingenio de Miguel de la Cerda, porque usandose del, no
baria casi sizalln, y perderian asi los l1 c ducados que dize en lo
[rayado de la] memoria que va aqui 1 que entoni;es me dijo les vale
cada un año un concierto que tienen hecho con el thesorero de Segovia
para lo del fundir la sizalla que se haze de la plata que se labra en la
casa de la moneda de alli 1 y que se temia que el Sr Juan de Ybarra
eslava inclinado en el pleyto a las cosas de los dichos Castellanos 1 y
que como les yva tanto en esto procnrarian mucho ser ayudados de
Juan de Ybarra en el estorbo de lo del ingenio de Miguel de la Cerda,
-y yo dixe de passo a V. ~Id. que no creya que esto seria estorbo, pei'o
que si a V. Md. le paresiesse, adeJanle podrian )'r.los despachos por
Biblioteca Nacional de MadTirl. Ms. S. 86 1 fol. 4J6. Recueil de leltres et de
copies de lcltres coneernanl principalement la moneda CU vellón et la r.asa de la mon¿da
de Ségovie. Oo ignorC le nom Jo l'autcur aussi bien que celui du destinataire de la
leltre reprodujte ici.
2. Les móls en ilali&lt;¡n~ sonl de~ notes margiutles surajoulées d'une autrc maiR.
3. La Casa que era di.: Jar:ob·i c-L l'alelicr de Jacopo da Trezzo, sis a Madrid, dans la
rue qui [lorle aujourd'ln1i son nom. Jacopo da Trczzo mourut en 1589, mais aprCs sa
morl on continua d'utiliser son alelierpour le service du roi.
4. Juan de YbarraéLait le secrétaire qui avaitla cbarge des affaires de lamonnaie
1.

de SégoY-ie.

A PROPOS DE U. )IQNYAIE DE SEGOVlE

.

315

:Matteo ~asquez, que es secretario de )os arbitrios, y porque tambie,n
se offrcz10 en la platica recuerdo que Malteo Vasquei es thesorero de
la casa de la moneda de Granada, quedo en que la prue,a se hiziesse
entonces en T_oledo, y que despues se miraria en lo demas, y lo dicho
no es mas de para hazcr recuerdo dello a V. Mrl .. y en teniendo
respuesta deslo, luego yremos Juan de Ybarra y yo a la casa que era
de Jacobo ~le .Trezo, de que resultara tratar de los depachos que se han
de hazer SI ' . Md. no mandare otra cosa. Dios guarde a V. Md. Ea
Madrid. ,8 de Octubre 1590.
. Luego que llego de Sevilla el S· Juan. de Ybarra, me di.ceron Bena- •
mdes Y Veynlin que_ nos acadia brev, el examen del ingenio, aqui
despues hablo c~nmtgo, y de alli creo que resallo que tos mismos me
han vuelto a dezu· que les ha hablado bien en lodo lo que a ello loca
despues aca.

Los &lt;( oficiales de la nueva casa de la moneda»
Marlin Fagel, maestro del nuevo ingenio,
Maestre Volfo.
llathiaS Smincer .
Jacobo Sauroban.
Balthasar lllepult.
embiados por el serenissirno archiduque Don Fernando de Austria
Jorge Grayft, fundidor aleman.
.
Pedro Ardebeco, aleman, embiado por el S. A. D. Fernando de
Austna, para entallar los sellos necessarios al nueho ingenio de
moneda.
·
Joachin Lingue!, ensayador aleman.
Hans Liserbur~her y Rrabian Jlolchar, somos los que mejor entendemos en la fabnca y conserbacion des te yngenio ... y estamos casados
con mugeres desla tierra.
Pedro Harterpeque es el qúe obre los sellos.

Conforme á las ordenanzas del Reyno en las casas de moneda el
mercader, de cada marco de cobre, que le questa treynta mrs 4 p~co

�316

BULLE'flN HJSPANIQUE

mas o menos, con mas quatro mrs que le tiene de costa el fundir y la
merma I del cobre, haze ciento y catorze mrs. Su Magestad a de
haver de cada marco lreynla y quatro mrs de la plata que el
mercader dexa de poner, y ve)'nlc y quatro mrs de los derechos
de la labor de cada marco, y doze mrs por la licencia, que monta
todo setenta mrs, por manera que le quedaran al mercader diez mrs
de ganancia.
Por quitar algunos ynconvinienlos y que el yngenio quede del Lodo
asentado, parece conviene al servicio de Su Magestad se labre ladicba
moneda a un lanlo por marco, para que Su Magestad entienda pontualmente la costa que liene en esta manera.
De fundir la Sisalla de presentacion, con la merma della, costara
tres mrs.
Para hazer las herramientas que se gastan en la dicha labor, seran
menester tres blancas 'l.
A los officiales mayores, que son : iicrivano, balanQario y dos
guardas y alcaldes y alguaciles, an de tener sus derechos; parece
que se les podra dar tres blancas, la una, al scrivano, y las dos
rrepartidas entre los demás, cada uno conforme a la calidad de su
officio.
Por ser la orden de labrar moneda en el yngenio muy diferente de
otras casas de moneda, y que no se pueden trepartir los derechos a
satiE,facion de tantos officialés tan desyguales en abilidad, es mexor
pagar a cada uno lo que mereciese, y baver de estar la dicha labor de
la moneda a cargo de ta·persona que eslu"Viere el syrviente3 della;
parece conviene al servicio de Su Uagestad que a la dicha persona se
pague un tanto por marco y quel pague los officiales·por su quenta,
y que, mientras se labrare moneda 1 la dicha persona no tenga salario,
y qnel pague a los officiales assala_riados el salario que al presente
tienen, sin que Su Magestad tenga gasto en ello, parece que se le
podra dar ocho mrs por cada marco de moneda labrada. Por manera
que a toda costa montara lo que ~u Magestad paga por cada marco
catorze mrs, y quedara limpio para Su Magestad cinquenla y seys.mrs
en cada marco, que es la mitad de ganancia de todo lo que Su Magestad
mandare.labrar.
Qqeda a la quenla de Su Magestad el conserbar las rruedas, y el
canal, y pressa, y lo demas que toca a la fabrica del yngenio. C. N. S.
[signature illisible]. A XII de Agosto MDXCJIII•.

,:k

1.

Dcchet.

l.

1

blancas=

1

A PROPOS DE LA. MOl'fNAIE DE SÉGOVIE

1585, A quatro de Julio, por mandado de Su Mageslad, fue a
Segovia con Jaime 'frezo y el capitan Tiburcio Spanocbio y bastante
numero de criados y familia, a visitar la cassa de moneda de Segovia.
Aviendo dado cobro a las cosas de la cassa de la moneda, hizo venir
oficiales del condado de Tyrol, por medio de George Gerling su criado,
que avia acudido y atendido tres añós a esta profesion, y con esperanza
de el premio avía passado a España; pero, como las mas vezes las
mercedes de España caminan con pies de plomo, la muerte que le
cogio le privo de todo. Ullimamente, mientras estubo en Segovia, le
regalo y ospedo el obispo de Segovia, convidandole a diversas meriendas y cazas _en el bosque de Segovia, l1asta que, acabados sus
negocios, bolvio a Madrid a doce del mes dicho.

Año del Nacimiento de Christo de 1586. Por el mes de Julio bolvio
el conde de Franquenburg a Segovia, por mandado de Su Magestad
del Rey Calolico, donde le os pedo y regalo el obispo de aquella ciudad,
y a viendo concluido con su cúmission de la visita de aquellas casas de
moneda, bol vio a Madrid y dio cuanta a Su Magestad de lo que avia
hecho.
1. Biblioleca fli'acional. Ms. J. 150. c. Historia de Joan Kevenhuller de Aichclberg.
seplimo desle nombre, conde de Franquenburg, baron de Landtscroon y Sumcreck,
_ señor hereditario en Hallo Osterwilz y Carlsperg, cavaleri~ mayor perpetuo del
Archiducado de Carialhia, cavallero de la orden del Tuson de Oro, de los consejo&amp; de
los Emperadores Maximiliano II y Rudolpho Ú, gentilhombre de sus camaras,
erribaudoi de Sus Magcslades Cesa reas eó. mut:has occasiones, y en particular en Roma
y en la Corle de España 1 mayordomo mayor y sumiller de corps del Sereoissimp
Archiduque Alberto, y governador del condado de Goritia. En la qual también se
conlienen los mas sefialados successos y negocios que se tralaron y sucedieron en su
tiempo casi en Lodo el mundo. Sacada de sus originales y manuscriplos con tod
brevedad. » P . 5n.
1. Historia de Joan Keveohuller, p. 5&amp;&amp;.

maravédi. (Pragmatique de 1566, citée par A. Heiss. Descripción

las mORedashispano-cristianas. Madrid, 1865, T. I, p. 164.)

3~ Sic.; il s'agit évidemment du personnage qu'on eüt appelé en Franca le surin•
tendant.

Bull. hispan.

.

�CA.TALOGUB DES MANUSCRITS Da H, MOREL-FATIO

819

vembre 1856. - LeUre de D. Xavier Abadia a D' Francisca Bolh de
Larrea, Cadix•lsla, 18 mars 181 r. - LeLtre de D. Juan Agn Ceán
Bermúdez

CATALOGUE
DES MANUSCRITS DE M. M0REL-FATlO
(Suite

1

.)

Paula Pereyra, Madrid, j8 janvier 18t8.

avec une poésie, El soldado herido, datée du 9 février 1860. - &lt;1 Fragmento de Un matrimonie ci lq moda"; par M.. Lafuente (Fr. Gerundio).

- Coplas de El curioso parlante (Mesonero Romanos). - • Sonnet de
sainle Thérese au Chri•l crucifié ... Traduélion de J'espagnol olTerte it
Madame de Saint Auber par son respeclueux serviteur J . M. l\laury. •
&lt;(

178. D. Gonzalo Fernández de Córdoba, troísieme duc de Sesa.

a D . Francisco de

- LeLlre de J" G. de Escalan te a Fernán Caballero, R'onda, 3o septembre 1866. - LeLlre de Amos de Escalante, Madrid, 7 décembre 1863,

Lcttre de Pizarro i:t un inconnu. - Poésie de D. José Marcbena
A Cristo crucificado n. Copie íaite a l'Universidad literaria de

Sevilla. - Lettre de D. Fedcrigo de Madraza, écrile par sa filie
Isabclle, Patis, mercredi i , . - Lettre de D. Vicente de la Fuente

Extraits tirés de la Casa de Lara, d'Antonio Pérez 1 du Comines de
\' i trian 1 de sain te Thérese, etc.

aD. Santiago Tejada. -

179. Dante. Bibliotheque Nationale. Catalogue des a,uvres de Dante
Alighieri conservées au déparlement des lmprimés. Un exemplaire el
une épreuve. - La materia della Divina Comedia ... , de Michelangelo
Caetani, Firenze, 1897. - G. Parodi, La rirría e i vocaboli in rima
nel/a Divina Comedia, 1896. (Bulleltino della Sociela Dantesca italiana,
Firenze, mars-juin 18g6).
180. Autograpbes espagnols et !et tres espagnoles d' Alphonse
de Latour. Lettre de D. Pascual Madoz a « mi apreciable amigo

Guerra au marquis de rtfolíns, Madrid, 27 février 1866. - LeUre du
duc de Valencia. « Lundi i9. St•Lcu-Taverny. » - Trois lettres de

l\osano », Zaiauz, 14 juillet 1850. - u Epigrama Vicenlii Espineli
Hondensis. » - «Cuento &gt;l, commern;ant par: u Acostóse un buen
marido ... n - « Carla inédita del Venerable caballero D. Miguel

Mañara ... , 16n, » Copie de D. Francisco B. Palomo, Sevilla,
,3 avril 1857 (double exemplaire) . - Biographiedu Pcre D. Cayetano
Fernández y Caballo. - , Antecedentes relativos á la V. M. Francisca
Dorotea, fundadora del monasterio qomínico de N. S·• de los Reyes., »
(Archivo Municipal). - « Las cuatro SSSS. Fabula ... 4 set· 1860. » «·El Zarandito. Villan• de Navidad ... Copla.» - o Tonadilla ... Seguidillas. » - Deux lettres de D. Felix José Reinoso. - « La vela de
sebo. A mi querido amigo, el distinguido literato Don Ramon de
Navarrete. )) - Biographie de-D. Tomas Rodríguez Rubi. - Ordre de
la reine Isahelle II conféra+nt a Gas ton d'Orléans, corute d'Eu, la croix
de l'ordre de San Fernando, 6 février 1860, et lettre du général
Leopoldo O-Donnel au ministre de la guerre, 15 janvier 1860. Letlre de D. J. Juaquín de Mou Fernán Caballero. - « Felipe ,• ...
Madrid, 1849. José M• Diaz ». - Deux autographes de Juan Melénd~z
VaJdés. Antaine de Latour a mis: &lt;,de la main de Fern. Caballero.
Ant. de L. ». - Autographe de D. Agustín Durán. Madrid, ,8 no-

a

1.

Voir Bull. hisp. 1 t. XXlll, p . tS et

211 .

Deux lettres du mnrquis de Molins, l'une de

Londres, 14 novembre 1865. -

Lctlre de

ri. Aureliano

Fernández-

D. Antonio Sánchez Moguel, Sevilla, &gt;4 mars 1868; 11 février 1869
el 18 janvicr 187 r. -"--- Letlre du comte deCheste, Madrid, ,5 avril 1865.
- Lettre du comte de Allamira, duc dé- Monlemari Madrid, II fé ...
vrier 1858. - Leltrede D. Cayetano Fernández, Madrid, i,janvler 1866.
- Septleltresde D. Pedro Ant. de Alarcón et une poésie. - Quaranlequalre lellres de D. José M;• Asensio. - Trcnte-septloltres de O. Juan
,l. Ilueno et deux poésies, !'une El Pecho de Gorila, de D. Juan:\.
Gallego, et !'nutre /ti Pastorcito, Leyenda d l•'ernan Caballero, de Juan
J. Bueño. - Huit lellres de D. Eduardo Buslillo. - Sept leLlres du
marquis de Cabriñana el une note concernanL le poC.te Górtgora. Onze Iettres de D. Manuel Caflete. - Deux lnttres de D. Valenlín
Carderera. - Scpl leltres de D. Adolfo de Caslro. - Q11inzc lettres de
D." Antonio Cavanilles. lne letlre de Cavanilles a Fernltn Cáballero,
oll la romanci€:re a écrit: (( Quemela V. despues de leida. Feman. •

Trois Jetlres de .D. José M• de Cerrageria, beau -fils de Cavanilles.. Trente-deux lettres de D. José Fernández Espino et trois poésie9: de
l'auleur. - Vingt-deux letlres de D. Fernand de Gabriel y Ruiz de

Apodaca· et de Dª Elisa Lópei de Morla de Gabriel. - Onze letlres de
O. Manuel López Cepero et deux poésies. - Six Jet tres de O, Alejao-dro Mon. - Cinq lettres de D. Eugenio )luíioz, - Trois leLlres de
D. Guillermo Morphy. - Une lellre de D. Eugenio de Ochoa, une
letlte de D. C. de Ochoa. - Deux lellres de D. Eugenio de Ochoa a
Fernán Caballero et a D. Juan José Bueno, - Cinq letlres de D. Narciso Joaquín Juárez. -

Qnatorze leltres de D. Santiago de Tejada. _.

Six lellres de O. Francisco Mada Tubino.
t8t. Sainte Thérése (en huit paquels).

�3•o

C.I.TALOGOB D88 IU1'VICB.IT8 D'E K. MORBL-PATIO
BULLKTffl BISP.UIQVB

t.

Notes pour le mémoire intitulé : Les leclurts de 1ainle TMre11, ele., dan• le Bulhlin hispanique, t. X, p. 17-67, comprenanl:
lnlroduction, Bréviaire, Bible, Vies-de Saiots, sainl Jérome, sainl
Auguslin (lellre·de M. Paul Monceaux el de D. Ramón Menéndez
Pida!), Ludolpbe de Saxe, l"Imitalion, Fr: Alonso (\e Madrid, Fr.
Francisco .de Osuna, (letlre de D. Daniel Granada, du P. Michel
Ange, capucin, de M. Je.an Saglio), sainl Grégolre, Fr. Bernardino
de Laredo (Ernesl Cordonnier, , Notice sur les M_odu, faciendi, traité
médico-pharmaceulique en tangue espagnole de la premiere moilié du
JCVt- •Ücle e_
l 1ur son auteur : Bernardino Laredo. Tirage parl de
Jaaus, février 1900, avec une carie de M. Lebegue), Fr. Anlonio de
· Góevara, sainl Pedro de Alcántara. - Nolés pour les Lecture,.
2. Necroloula de ... Don Vicente de la Fuente ... por E1cmo s• D. Ale- •
jandro Pidal y Mon, Madrid, 18g8. - Henri Cbérot, S. J., Une nouvelle traduclion franfaiie des Lellre, de sainté Thérue; exlrail des
Étude1 du 20 juin 1901. - llenri Guerlin, L'art el le, saitÍts. Sainle
Thér;se, Paris, s. d. - Fr. Gerardo de San_ Juan de la Cruz, Otra
carta autógrafa de ,anta Teresa (Boletin de la R. Academia de la
Historia, l. LVII, juillel-seplembre 1910). - Fidel Fila, Una carta .
inldila de santa Teresa (Bolet. de la R. Acad. de la Historia, t. LVII,
novembre 1910). - Du m. Una ·carta autógrafa de ,anta Teresa que
po,e, el·Du.que de Gor. Nuevo estudio (Boiet. de la R. · Acad de la //u•
toria, t. LVII, décembre 1910). - Du m. Dos cartas autógrafas de
,anta Tere,a. Recobro y/otograjia cú la ,egunda ( Bolet. dt la R. Acad.
de la Historia, l. LVII, juillel••~plembre 1910). - B. Bernardioo de
Melgar y Abren, marqués de San Juan de Piedras Albas, Autógrafo
epistolar inédito de ,anta Teresa de Jesús en el que narra y detalla 1u
entrevista con Felipe JI. -Do, autógrafos inédüos de santa ·Teresa de
Jesús ... , 1obre perrona,, parente,cos y lugares. - Cuolro autógrafo,
i.nldao• de ,anta Teresa de Jesfu en lo• que narra 1 detalla ·vici8itude1
Í!'lportanles de,;, vida -Autógrafo •pistolar inédilo de ,anta Terúa
de Je,ús en d que reiteradamente alude a su padre DonAlonsoSánchez
de Ctpeda (Bolet. de la R. Acad. de la Historia. l . LXVI, mai 191fi;
t. LXVII, juillel-novembre , 915).
·
3. Laogue de llainle Thérese dans ses am vres,. en six cahiera. M K. Pielscb, Notes on Spanish Folklore, dan_s la Modern Philology,
t. V, o• ,, juillel •9"7·
4. Cours sur saiote Thérese professé au College de Fraoce en 19071909. CEllvres en neur cahiers; lellres en neuf cahiers.
5. Autograpbes de saiote Thérese. - La derniere leUre de,saiote
Tbérese, publiée par D. Manuel Maria Poli!, Quilo, 1901. Copie. Carta de sanla Teresa de Jesus al canónigo Gerónimo de Reynooa.
Copie prise par H. Léonardon ·¡ la Bibliolheque de l'.~cadémie de
l'Histaire a Madrid. - Leures de saiote Tbérese publiées par D. Fran-

a

cisco Herrero y Bayona, Madrid, 1881. ·Copie.--: Acle .de reooncialion de sainte Thérese a la miligalion, avec une lelfre de la Mere carinélite Mario ·de S'-Paul, Aoderlec,h t, 6 avril 191,. Copie. - Lellre a
Cristóbal Rodríguez de Moja. _Notes. - La Jettre de juin 1fi62, qui ·
accompagne la Vida, transcrite sur l'autographe, Copie. - Leltres
fausses. Notes. - Copie de quatre letlres de sainte Thérese conservées au monaslere d' Anderlechl. Les trois premieres onl été copiées
par une carmélite, 1~ quatrieme par moi. - Varios autógrafos
de ,~ Teresa de Jesús, reproducción foto/itogrdjica de su, autógra/o,•par Vicente de la Fuente. Entrega I et ,, Madrid 1884. - Deux
rac-similés de la Vida. - Fac-similé de la sceur Louise de la Miséricorde (La Valliere).
8. Vida, y virtude, y milagros de ·la bienaventurada virgen Teresa
de Jerús, par Fray Diego de Yepes, (:aragO&lt;;H, 16o6. Extraits. - Vida
de la Madra Tere,a por el Padre Francisco de Ribera, Salamanca,
,figo. Extrails. Copie par llené Costes d'.une lellre du P. Ribera
a la Mere Maria de Cristo, telle qu'elle se trouve dans la pnblication
de Herrero Bayooa. - Carta, de santa Terisa .de Jesús ... con nota•
de Don Juan de Palafo1 y Mendoza, Bruxelas, 1674. Ellrails. ·/,..,en/ario dé lo• bienes que qlU/daron e fincaron por fin e muerte del
1eñor Lorenro-de Cepeda. Copie de D. Alfredo Alvarez, avec une lellre ..
- Reforma de los dtscalfº' por el Fr. Francisco de Sanla María.
Extraits. - María de S' Josepb. Exlraits de lellres de sainte Tbérese
i, elle adressées. - Carmel. Bibliographie. - Habil el étiquelle des
Carmélite,; - Mere Anne de Jésus. Lellres de 1ainte Théres~ a elle
adressées. Déposition d'Anne de Jésus lors du proces de canonisatiori
de sainle Tbérese, d'apres Je ms. des Archives Nalionales de París,
L 1046, n• 6o. - Historia del Carmen descalzo por Fr. Gerónimo de
S. Joser, tomo J, Madrid, 1637. Extraits pris par D. Alfredo Alvarez,
avec une "iellre. - Teile de la Vida, d'aprcs les ceuvres de sainle Thérese, publié par Fr. Luis•de León en 1588 el en 158g. - Lettres de
Fr. Luis de León aux carméliles de Madrid. - Comparaison des
éditions ,!i88 el 1fi8g. - ,:anonisalion de· sainte Thérese, d'apres
le ms . de la Bibliolbequc Nalionale de París, Espagnol 3». Nic. de Ormaneto, éveque de Padoue ( Archives du Valican, Nunz.
Spagna, t. 8 el 10), peodanl son séjour a Madrid. Copie de Roberl
Micliel avec une leltre • .!.... Saintc Thérese el le Fr. Julian de Avila.
Edraits. - Testimonio del padre maestro F. Domingo Bañez ... sobre
¡., Yid11 i libros de la madre Teresa ... t591. Eitrails d'apres le ms. de
Ja Bibliolheque Nalionale de París, Espagnol 322. - Allusions a la
Vida de sairile Thérese. - Fray Gerónimo Gracián de la madre de
Dios. Eitraits. - Lellres de sainte Thérese, citées par D. Miguel de
·Lanuu, dans la Vida de Isabel de Santo Domingo, Madrid, 1638.
Exlrails. - Deux lettres de ~- Cuninghame Graham au 1ujel de la

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cai.len. - Conalitulion dea Cirmélllea. Trou miien. - Qudél 11!11'
la comapoada~ de Nia1e TWrile. Brouilloo lllCOlllpW. - El
ntmto d6 IOllla T,rua por 1). Ati¡el 11. de Bi11cl1, dana la Bo1illlt • •
~"""'1. bibfiofnirl 1 . 1111111#, jeDYitr,févrler 1909. - ieare da
1). Rrhmdo fedro,o l Fem6n Caballero ,ur un potirall 4e Nhlle
eop.. - P. lafoDd, Qa,/,¡ve• porlrmll u famUil,-.ü1aittr.
T~IIHC "'ltJ ~ a n , /wr, levete, Paria, 19.u.
8, llldell del DDDII de- penoq- qui te lrouvtnl dan• lea Iettrea a
fainll Thireee. Dauit c,arlóna et un douier de lícbn,
tfl. J). Carlat ~116m11 de Jqa Blat, CO!IIW dt ranlD •falu..
,.,.....&amp;ion au·Yolume dba Blwl#1 ,ur f/llpagtlr, Parli, tpoo, l. u.
• é!f. 'P• - Notea 1v le prinoe Emanuel de 8ahn llelm eur le am:
• lea'!_loñ, lllr lll dile de-1'1nF1111tai:IÓ, -t11r la COllllt. de Fer:.in N~
- Copie dff lellm.da eornlo de Fern6A Nállea u1illúe1 dau óe
YOiulJIO, - l,tltre de G. l\,ynaud. - Deiilt ldltel de A; d'Al'llelh;
tll, P ~ au RuiuU d# in1trutiotu donnJu au CIMboull·
.,.,., ~ mitúll,.,. ~,-,.,_ ,upui, lu lralUI df W11tpl1a/ilja1qtid U,
IUlíolalioll trcnr,u,,, publié. (1ar A. Morel-Fetlo et H. Léonardoil.
Pui,, •8t4-et, 3 volum1111.
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11. Utlératore. - 13. Romances. F1D1 el Btllü. 1$-14. VocabQlalra,
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l. ~ - de Lope. L''Pltre oommt!Mlllll par: Cllllldlo1 •i qoinM
4wlir1111poco,, TRDICl'iptload'unlmprlmé (Jlibliót~ue Uimallt
de ~dr141-88-11) • .- L'2pbre comm1111oanl per: Gaipai' ,u,iwiafl'f 1:1111 4oa oarlal, oopie, avcc une lellN ció ll. .\. Reatórt. _
M. l. Deluille le Rouls, - Noi. llU' 1- ipllnia. - Compee
~d11 ~ (»l'QI di ~,,. ,. YfC/11, L i Aku, par A•• Rqt.ori, cknt la
~ far ~ A e Pltiló_logw (cWdiR,tea). - B:e~talatio &amp;pon•
, -... - ~ Jlllio Colambtlrio, 1618, Traucription d'ua imprim6
... i. Biblaol~11• Nllloaalt de llldtid f· 1 &amp;¡34. - DórollO, ID de111

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Carpio, P - • .
1893. - HotJQ l\ennert, 1Apll de Y-,a'1 ooillifti&amp; BQllliag,o ,l ,,,..,

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~ JliMM i~ra, 4" Ülftlliol .,,.,.1e1te 4-m le a.lldül "i•n.tiV••
L llf. p. S18•M7. - Damaa-Htu.-rd, /A GatomuAie 8"
4t1
diau. dan• la ~ iruUP4Adatm, L V1 (1841). - A..-F. OlllMm,

14,..,,..

"· pq¡,,vl dMJn •""'9-nl, dan• le'Cof',.,pondoM du 10 mal 184D.

- DamaaeHinaÑ,

Lo,- de V1g4 (fltv•

imltl~, P• 756-7'/t•

~ di Vffdl Bl 0,,.U,0 a/A
"""""'"' dm1 la Z.U.clirifl,/IJr ro-•lina\rPlrilolofi,, l. XXV, p. 411•
4SS, ,;_ Georg Sleffen1, Rotroll-SlrldlfA l . hM • )lolroa al, naAaA11111' J,o¡,- da l',ga'•, Oppelln, 1891 (dMIAce). - Albert Ladwig,
ü ,..., Dramlll au daM KaroliagiullM&amp; &amp;ag,nknul, lledin,
1'98- - El'Jl!lll Mou\, UM ldw ll!Niw da LDJN ü fffa, dana lea
_.,,,,..uoJl,rtn 111. tmUe Picot, Parla, 1815 (cWdlcaoe). - Cllcb6
del fle.ibol161 du tD6aillire ialiln1': Lu OrigiMa ,. ,,..
V-,.,
18,\2). -

Hago A.lbeít I\Mlnerl, UMI'

Lo,.

*

dlll.,_ BeM• ~Jltlnfftt,. t. VU, p. 38,6S. - Blblioppble da Lope
ile Vep.. ojl!II IUl' le doc de S-.
&amp;tiúllea 111r Lope de Ve¡a (qa•tre rabien). - ·Lelr.ique d• IIIOII
iDIPl)llUII de tope de Vep (ua oahler). - Arlbur Ludwig ll&amp;lefel,
J,an ~ 1Co1NÑI• ,eiM Qaelle• úd NacltGfllnangM, llllltln,
igo,\ (dédicl&lt;:!e), - ldmund l&gt;ffl!r, Die Lop, d, V,go-t.ür,_,.,. lia
~ . Z1lrioh, ,a,, (dédlcacc). -IOl6 ele Arm" y ~
L a ~ u IApl da Yffll, Habana, 1884.
18'. liatrdi dl ■. Fr, GalooiáNlilll, lpreuVN de l'arllcle lnll•
iiil'~ d. P"flllOa di1 Glllthardin dans le Bal/elin ilalÑa, LXV, p. 111u-1. - Conoonlance de l:Millon lac. Corbinelll avec Ju m.orlfl del
0peniMIIUI. - l'lolea sur Gulccianlini. - Prologue de la trad1iellon
de la Sloria tl'llali4 de Guiccianlllli par I&amp; IOl Pbillppa IV, d'apn&amp; le
- ; de la BibliotMque Nationale de Madrid 164 1. TrallllCriplion da
11. F.. IIOUNel -et une lattre. - Lexique dea Jl!III• des Rilordi,

t

d'apna lea o,., IMdite.
tat. D. Lllh lle Bequettaa. ~paratlon au mémoire lnlitul6: lA
PI, ti, D. Llie de Req1111eiu 1 ZWg11, graAd_ COIIIIIIO_..,. G CadUII,
ilana le .Baltlfin / t ú ~ , t. VI, p. 1gó-~M - Note■ 1ur 11aq1111r·
ti - 114reuta. - Copie par D. R, llurlllo de l'lndl'llCÍIIII • nuutra
1,Jlorq Donll &amp;t,pbatúa P""ª ,a hijo Don Luú de B,qu,uu, do mi, ele
16:Billllella6que a&amp;lonale de Madrid G 15D. Carie de D, R. Milrilld,C~e d'u.ne lettre de Dolla Ettepbania l sou tUs, D. Lul1 de l\tqll►
--. d'apns 110 IDI, clu Bri\isb 'llu-m. - D. ConllllllllllO Dooifillo
Buh, bóa lM á Beq!IUflU, 8aíoelom, J88&amp;, - D. Fnncilco
.Bando, .Qoll l.ai,.ü R,,,_,,-,, lladlid, 1909, - l. L. l . . ~ •
,

�3,4

BULLErIN RISPAN'IQUB

Le/tres inédites de Don Luis de Requesens, Utrecht, 1859. - Lettre de
E. Castelot. - Leltre de D. Francisco Barado. - Letlre de D. Francisco Marti Grajales. - Trois letlres de D. José Enrique Serrano y
Morales. - Leltre de D. Manuel Magal!ón et les preuves de noblesse
de D. Juan de Zuñiga y de D. tuis de Requesens. - Lettre de D. Joaquín Miret y Sans. - Copie et épreuve du Testamenl de Doña 'Mencía
de Mendoza, marquise del Zenete, comtessc de Nas~au, puis duchcsse
de Calabre. Burgos, 3 jui!let 1535.
t87. D. Francisco de Quevedo. -Estebanille Gonzalez . Liste des
mots importants dans les reuvres de Quevedo. - Don Francisco de
Quevedo, Obras políticas, históricas y críticas, t. I, Madrid, 1893
(exemplaire annoté). - Suppliquedu duc d'Osuna, d'apres !'imprimé
de la Bibliotheque N'ationale de Paris, Oa 1 98 "'· - Lisie des personnages de la Vida y hechos de Estebanillo González.
t88. D. Diego Hurtado de Mendoza, Guerra de Granad,. Prépa•
ration au mémoire intitulé : Quelques remarques sur la Cu.erre de
Grenade de Diego Jlurtado de Mendoza, extrait de l'Annuaire de tEcole
pratique des _Hautes Éludes, 1914-1915. - Lellres de Mendoza de
1547-48. Recueil d'Aymon. - Sienne en 1552. - Quatre lellres de
Mendoza aZurita, copies de M. A. Pages dans le ms: de la co1leclion
Salazar, A. 1u (Bibl. de l'Acad. de l'Hisloire, a Madrid). - Liste des
personnes mentionnées dans la Guerra de Grana1Ja. - Archivo de
investigaciones históricas, año l tome II, n°~ 1 a3, 5 el 6, Madrid, 1911.
-J. Fesenmair, D. .Diego Hurtado de Mendoza, ein spanischer Humanist
des XVI Jahrhunderts, Müncben, 1884. - Lucas de Torre, Carla del
Bachiller de Arcadia y respuesta del capitán Saldzar, atribuidas á
D. Diego Hurtado de Jlend(fza, Madrid, 1913 (Revista de archivos,
bibliotecas y museos, mars•avril 1913}. - Du m. Don Diego Hurtado
de Mendoza no Jué el autor de la « Guerra de Granada ii, dans Ie
Bo/etln de la R. Academia de la Historia, t. LXIV, mai•juin 1914. Lettre de D. Ramón Menéndez Pida!. - Sept lellres de D. Lucas de
Torre. - Leltre de M. Ernest Mérímée.
t89. D. Francisco Manuel de Mello. Liste de mots importants
dans la Guerra de Cataluña. - Note sur la Guía de casados. - Re/a/ion
da Portugal en 168// (Bibliotheque Nalionale de Paris). - Letlres de
l'abbé Legrand sur le Portugal (Clairamb. 1028). - Notes sur D. Francisco Manuel de Mello et bibliograpbie. - Lettre de Charles Kohler.
- Deux leltres de M. Georges Mus.set. - Sept lctlres et neuf cartes de
M. Edgar Preslage.
t90. D. Gonzalo Fernández de Cordóba y Aguilar. Notes sur son
hisloriographie.
t9t. Christoval de Mesa (trois cahiers). Bibliographie et étude de
ses ceuvres. - Carte de M. Ch. Bémont. - Asajrae nobilissimi Turdelanorurn Baeluriae oppidi du.catusque emporitani breois descriptio ...
1

'

CATALOGUE DES YA:NUSCRtTS DE M. MOREL-FATIO

325

autore Henrico Coquo ... Copie dans le ms . de la Bibliotheque Nationale de Madrid par D. Antonio Rodríguez Villa.
.
t92. D. Gaspar de Guzmán, comte -duc d'0livares. Préparalion
au mémoire intitulé : P. lppolito Camillo Guidi, Caduta del con/e
d'Olivares /'anno M. DC. XXXXIII, dans le Bulle/in italie11, t. XII et
XIII. - Gazelte des Beaux-Arls. Le comte-duc ,tOtivares (Eau/or/e
de Velazquez). - Gravare au burin attribuee a Velazquez. - Carte
de D. Rafael Ballester, avec le portrait du comle duc d'Olivares
(g,lerie de Dresde). - La supplique inlilulée: Catholica, sacra y Real
Jlfagestad, altribuée a Quevedo, transcrite d'apres des imprimés el des
manuscrits de la Gibliotheque Nalionale de Paris, Dupuy, 591, fol. 181,
Oi 197 et ms. espagnol 449, fol. 15,. - D. Juan l'érez de Guzmán,
La labor polílico-literaria del conde-dúque de Olivares (Revista de
archivos, bibliotecas y museos, annec Vlll, aout-seplembre 1904). Ou méme, La caida de un valido, dans la Ilustración española y americana, année 1874, nº" 3!l et 33 . Copie. - D. Manuel Co 1meiro,
Discurso de los polilicos y arbitrislas españoles de los siglos _\ n y .\ v11,
Madrid, 1857. - D. F. Ja,ier de Salas, Informe sobre la obra: Les
mariages espagnols sous le regne de Henri IV ... , por Mr. J . T. Perrens
(Revista de España, 1v~ anné~, t. XIX, nº 74, ~5 m~rs 1871). - Notes
sur le comte•dnc d'Olivares. - Jlita e polilica. - Ferranle Pallavicini.
Carie de M. Arturo Farinelli. Leltre de Ch. Kohler. - Yirgilio
Malvezzi. - Vittorio Siri. - Caduta del comle d'Olivares. - La sloria.
-Notes finales. Table de la Caduta. - Leltre de M. R. Reuss. -Satisfacían que da el conde de la Roca a un agra,:io que se le achaca auer
dicho contra el conde-duque. Copie du ms. de la Bibl. Nac. de lladrid,
T. 195 p. 197. - Extrait des Archives de Simancas, secretaria de
Estado, legajo 3540, sur le comle de la Roca. - D. Juau Antonio de
Vera y Figueroa, comle de la Roca. - Extrail des Fragme[llos hisló•
ricos, pris par M11e Blanchard Demouge dans un ms. de la Bibl. Nac.
de Madrid. - Letlres de Madrid, en italien, mars elavril 1643. Copie.
- Leltre de ~l. E. Rouvy. - Nica~dro. - Minute du comptc rendu
de Martín Hume, trad. frarn;aise de J. Condamin et P. Bonnet. Carie
de M. James Condamin.
t93. D. Gregario Mayans y Sisear. Préparalion au mémoire
intitule: Un érudil espagnol au. xvnl° siecte. D. Gregario Mayans
y Sisear, daus le Rulletin hispanique, t. XVII, p. 157-»6. - Letlres de
~fayans de la colleclion Tiran et table de ces letLres. - lndex des
personnages de ces lettres. - Amis el patronsde Mayans. - Garriere.
Travaux faits ou A faire. - f:tat des lellres en Espagne. - Remarques
sur le slyle. - Ad versaires. Victimes. Ranc1.J.Des. - Bibliograpl1ie. En.seignement de la grammaire et du latín. - Diccionario de autoridades. - Philosophie. - FamiHe. Vie domestique. Oliva. - Droit. Mayans et les grands d'Espagne. - Leltres d'antiquaires espagno/s de
1

�3,G

CATALOGUE DES MA~U~CRlTS OE "M, YOREL-FATIO

BULLETlN AISPA:,-IQUE

la /in du Krul· sil~cle adressées_au comte de Lumiares, de.ns la Bibliotheque de l'École des Charles, t. LVII, p. 64-76. - José Ceva)los et José
Bermúdez, d'apres les ms. de lacollcctionTiran. - Carle de D. Julián
Paz. - Neue spanische Schriflen. Rechlsgelahrtheit und Polizey , dans
le Journal zur l(unstgeschichte, 1 í8o . - Correspondencia literaria de
D. Gregorio Mayans y _Sisear, 1771 -1779 (Revista de achivos).
194. Lettres de Carmélites. Lellrcs de la Mere )larie du S'-Sacrement, de la Mere Marie de S 1-Paul 1 de la MCre Genevieve de Sl-Bernard, '
de la ~!ere Marie de l'Immacult1e-f.onceplion, de Ía Mere Agncs de.

a

Jésus-Marie, du prernier monastCre de Paris,
Anderlecht 1 prCs
Bruxellell-, et du P . Séverin de Sainle Thérese. - Lettre de D. Antonio
Paz y Mélia, de D. Miguel Mir, lellre et deux caries de D. lllanuel
Magallón, leltre de 1\1. L. Lambeau, letlrc et une carle du comte
P . de S'-Phalle. - Em ile Gebhart, L 'originalité de sainte Therese,
dans le Journal des Déba/s du r3 novembre 1907. - Notes pour
servir l'article intitulé: CEuvrrs complfles de sainte Thérese de

a

Jésus, traduclion rwuvelle par les Carméliles du premier monastere de
Paris, dans le Journal des Savants de rnars 1911.
f95. Mystiques. Mysliqucs (ordre alphabétique). - Livres mystiques. - Dª Luisa de Carmjal, d'apres l'imprimé de la llibliotheque
Nalionale de París, Rés. 01 785. Extraits. - Mystiques (Mazarine). l\lystiques a la Bibliolheque d6 Versailles . Note de Ilenri Léonardon.
- Copi_e par Mn~ Lilia Cassis ele la bíographie de Fr. Francisco de
Osuna dans ]a Bibliolheca universal franciscana. - Copie, de la
mérne, de la biographie de Fr. Bernardino de Laredo, dans Fray
Andi·és de Guadalupe, llistoria de la santa provincia. de los Angeles.
- The science o/ To-nwrrow and .1/ediaeval .lfysticism by Mrs Cunninghame Grnham. - ,1a11rice Mignon, Sienne et Catherine de Sienne.
Nevers, 1907. - La vida de la seraphica santa Caiherina de Sienna.
Venundantur in monasterio sanctc Cn.therine de Senis civitatis
Yalentinc. - Traite du purgaloire de sainle Calherine de Gines,
Rome, _1899. - D. Fulgencio Aíán de Hivcra, La virtud al uw
y mistica á la moda, Mallorca, 1813, et M,drid, 1887 (Biblioteca
universal).
f96, Fr. Francisco de Osuna. Extrails de son Abecedario spirilual
et dn ,Yorle de los Estados.
197. Miguel de Cervantes (trois cahiers).
i. Liste des rnols imporlants du Casamiento engañoso et du Coloquio de lns perros.
2. Liste des noms de personne et des noms appartenant a la mylhologie de 1a Galatea. - Cervantes : militaires, soldals, jeu, coches,
destreza de la espada, médecin, gouvernement, justice, arbitristas,
jitanos, mots, expressions, versificution, provinces, rivalités entre
villes et familles, bandoleros, littéralure, poésie, langue, comédies,

espagnols, élrangers, marisques, religion, église, clergé, agueros,
astrologíe judiciaire, noblesse, caballeros, hidalgos, duegnes, donsi
trailemenl de merced, maríage; - Cervantes en Anglelerre. - Un
.faux autographe de Cervantes, dans le Bulle/in dtt bibtiophile, 1905,
n• 4 1 15 avril, p. 155-163 (exemplaire annoté). - Un second exemplaire, tiré part. - LeUre de M. C.-M. Briquet. - Lellrede D. R. J .
Cuervo. - Deux fac-similés du faux exernplaire. - Notes sur cetle
falsification.
3. Cervantes : généralilés. - Carie de M. A. Chuquet. - Émile
Gebhart, Hors de France. A propos d'éludes 1·écentes sur le « Don Quichofe, dans le Journal des Débats du 16 et du 21 juillet 1897. Bibliographie. - Une leLlre et une carie de D. Alvaro Verdaguer,
a,'ec une notice biographique sur D. Leopoldo Rius. - Lettre de
D. Fidel Giró a Murillo. - Novelas ejemplares. - Persifes. - Idées,
biograpbie, etc. - Notes sur Cervantes. - Minute du mémoire intitulé: A propos du /roisieme centenaire de Cervantes par Alfred l\lorelJi'alio, dans la Revue des deux Mondes du 1°'" juin 1916. - Epreu,•es
(exemplaire annolé). ~ Exemplaire de la Revue des Deux Mondes
(exemplaire annoté). - Andrenio, More/ Falio y el centenario de Cervantes, dans la Vanguardia, du 18 juin 1916 (deux exemplaires). C. R. Salamero, Un estudio de M. Morel-Fatio. - Laurent Tailhade,
Don Quicholle a París et dans les franchées par M. Ventura García
Caldero11(L'CEuvre littéraire). - Sainle Beuve, Don Quichotte (/\ouveaux lundis, 9 mai ,864). - LelLre de M~• Hélime Dournic . - Lettre
et -carie de M. René Doumic. - Don Quicholte traauil par César
Oudin. Notes bibliographiques. - Leltre de M. de llarchéville a
M. Émile Mayniel. - Cervantes dans le Calogue genéral des imprimés
de la Bibliolheque nationale. - Lellre de M. Léonce Celier. - Lettre
de M. Joaquín llazailas. - Deux caries de M. H.'Morf. - Lellre de
1\. J. Cuervo. - Pero ~ludo, Los de acá y los de allá (Sobre el centenario del(&lt; Quijote ii, dans El Universo du :.i3 mai 1905. - Préparation au mémoire intitulé : Cervantes el le lroisi/Jme cenlenaire du. « Don
Quiclwtte ._ par .l.lfred More! Fatio, dans l' Archio far das Stadiurn der
neueren Sprachen un'l Literaturen, t. CX.Vf, p. 340-361 . - Letlre du
marquis de Laurencin. - Lellre de D. José Ramón Mélida - El
marqués de Laurencin, Hommaje póstumo d la duquesa de Villahermosa, dans le Bolelin de lci. R. Academia de la /lisloria, mars 1906 . José Ramón Mélida, El legado de Villahermosa, daos le Correo du
3 janvier 1906. - La duquesa de Villahermosa, dans El Universo du
7 novembre 1905.
f98. Catalan (denx cahiers).
i. Copies prises a Palma de Mallorca en 1881 : Collalion du Desconort de Ramon Lull, d'aprcs des mss. de llayorque: Regiment de la
cosa publica ordenal per lo reuercnt meslre Francesch Eximenes

a

�3,8
BULLETIN BISP."\NIQUE

Poésie du

se_qle .\ v, fin,'i al presenl inedita, Barcelona, 1889. - Historia y succes

niz. -

·

.

u.e com e

rge , crontca de autor anonim del

/lamentable de Don Ja_yme de Aragd, comte de l'rgell, segon de aquest
n?':1', cognomenat lo desdil.cat. Copie du ms. de !'Arsenal 83o6 et collallon par M.. Amédée PagCs du ms. de l'Académie de l'IJistoire a

Madrid, copié par Diego de iloníar y Sors, · 163,. Préparation d'une
édtt1on de ce tex_te. -

Copie de diverse.s poésies catalanes, d'aprCs le
rns. _de Carpenlras, n'' 3¡¡. -- Eduard Wecbssler, Die Uomanischen

M~rtenl&lt;iagen, Halle, 1893 (dédicace). - Quatorze lellres de M. Amédee PagCs. -:- Deux lcltres de D. Bato lomé J\funtuaer. 1

Descriplion

par M. Amedée Pages, du ms. Bb 1n de la Bibliotheque Nationale
de Madnd. -

Note sur la liltérature catalane.

2. Copie prise a Palma de Majorque en 1881

a !'Archivo del

Patri-

monio el it I'Archive h.is.lorique de di\·ers documcnts historiques. _

Mort de D. Manuel '11la y Fontanals (16 juillel 1884): articles de
D. G~yet:no Y1~al y Valenciano y de _D. J?. Miguel y Badia. _ J?acstmiles d un~ P_iece,&lt;le moss~n Jordi de sant Jordi et du prologue du

ms. de

!~ 81bltotheque \'at,onale de

París, Espagnol »5, faits par

Joseph lastu. -lsop en catalan. Extraits. -

Descdption des mss.

Baluze &gt;34, ,38 el 039, de la Bibliotheque 'íationale

a Paris

conle-

nant des documenls historiques reJalifs a l'histoire de C;taloo-n~
recueillis par Hieronym PU)'ades. - Notes relalives a l'histoire d; la
langue catalane et des mceurs catalanes. - Lei;on d'ouverle faite a
l'É~ole ?es Hautes Eludes : langue el littérature catalane. - Préparatwn d une chrestomathie catalane: Lettre de change du ~ septem2
1
brc 4oQ, dans la llustracion espaffola y americana du 8 avril 1881
- Regimenl preservalia de la pestilencia composl per meslre Luy;
Alcanys. - Testameni d'En B. Serrad,ell de Vich. - Révolution de
16ft0. - Desconort de Ramnn Lull. Deu, lettres de M. Amédée Pages.

-

CATALOGUE DES MA~USCRITS DE J\I. MOREL-1''ATIO

(Yale~cia, &lt;499). Extraits. - 8pi/l de la vida religiosa(Barcelone, 5 5).
1 1
Extra,ts - La fl ,r l
t d'l' //
·

Proverb,s e d,t de pltilosojs per Jq{uda. Copie du ms. de la lliblio-

tbCque Nalionale de Paris, Espagnol, 55 et variantes du ms. de Ja

Bibliotheque 'íacional de Madrid, L. ,. Carie de M. Neubauer. Fragments del roloquis de m• Crislophol Despuig, caval/er de la ciutat
de Tortosa. Copie de certains passages de ce texte dans la co11ection
Baluze. - Psaum_e VI, d'apres le ms. Espagnol 5 de la Bibliolheque
::Vat1ona!e ~e Paris. -

Doctrina moral d'En Pac!is 1 d'aprt!s les mss.

de la B,bjwtheque Nalionale de París, Espagnol, 54 et 55. -Sompni
d'En Bernat Aleige. Extrails el notes pour l'édilion de. Guardia._

Textes Jittéraircs. Extraits de I'Arbre de sciencia de- Ramon Lull
d'aprCs le. ms. appartenant a D. Gerónimo Rosselló. - Proces~
instruido en 1345 contra el Gobernador Arna/do de Eril/ d'.apres la
copie de D. José Quadrado. - Costumes de Catalanya, d'apres le ms.
latm 10, 15,, f' 3 a 8'" de la Bibliotheque Xationale de París. 1

o~

Yicens Garcia. -

329

Extraits du Dotze·de Cristiá cl'Exime-

En/remes de los labradores . - _0rdonnances de Pierre IV. -

Poésies de Serafi .
f99. Jtaiie.' Notes d'ho!el. - Caries de savants. - Bibliograpltie.
- Carte de j\f. Ernesto Uagusa, propriétaire de l'hótel de Trinacria, -

Lettres de M"º Maria Pilrc. - Le,ltre de M. E. Pércopo . - Lettre
du prince Pietro Lanza di Scalea. - LelLre de M. A. Salinas.
200. Corresponda nce littéraire. 1871-1880 (deux volumes).
t. Années 1871-1878 : Academia de.Ja Historia, Adee (Aug.), Aguiló
y Fuster (D . Mariano), Asenjo Barbieri (D. Francisco). Baumgarten
(ll.), Boehmer (Ed.), Boíarull Sartorio (D. Manuel), Cam¡,illo (D. Toribio del), Cbabaneau (C.), Circourl (c'º Albert de), Coellto (Franc.
Adolfo), Delisle (Léopold), Dilthey, Elias y de Molins (Antonio;,
Escudero de la Peña (D. J. M), Fabié (D. Antonio ~!aria), Fernández
Guerra y Orbe (D . Aureliano), Fierville (Ch.), Féirsler (We~delin),
Fuensanla del Valle (m;, de la), Gabara (J .-B.), Gacbard, Gallardo
y Víctor (Manuel J.), Gatli, Gayangos (D. Pascual de), Georgi (Karl),
Gourncrie (J. de la), Graux (Charles), Grober (Gustav), Guardia
(J.-)1.), Gutierrez de la Vega (D . José), Heinemann (O . van), lleredia
/J.-i\J. de), Hoefler (van), Hofmann (Konrad), Jimenez de la Espada
(Marcos), Knapp (W. l.), Lasso de la Vega (D . Angel), Latour (Antoine
de), Lehr (Esnest), Lemeck (Ludwig). Litchtenberger \Fr.), Luanco
(D. José Ramon), Menéndez y Pelayo (Marcelino), Menéndez y
Pintado (Marcelino.), Meyer (Paul¡, Michaelis (A.\ Michaelis de Yasconcellos (Carolina), Milá y Fonlanals (D. Manuel) Ministerio de
Estado, Molinier (AngusLe), Molins (marquis de), Montoro (D. Rafael),
)lorel-l'atio (Arnold), Morel-Fatio (Caroline), i\forf (U.), Murillo (D.
Mariano), Muro (D. Gaspar), lfussafia (Adolf), 0clavio de Toledo
(J. )l.), Paoli (Cesare), Pasqualucci (Loreto), Pécoul (Augusle), Pella
y Forgas(José), Perojo(José del), Piot (Eugene), Puymaigre (comte de',
l\euss (Rodolplte), Revilla (D. Manuel de la\ Rocbat (Alfred), Rodríguez Villa (D. Antonio), Romero de Castilla y Perosso (D. Francisco),
Rouget, Sancho Rayon (D. José), San~ós (de), Tailhan (Jules), Tamizey
de Larroque (Ph.) Toreno(comte de), Tubino (Franciso Maria), Van
den llergb, Yasconcellos (Joaquim), Vida! y Valenciéno (D. Cayelano),
Viollet'(Paul), Vollmoller (Karl), Vuilleumier, Zarco del Valle (Manuel
l\emon).
2. Années 1878-1880: Academia de l,Í Historia, Arhois de Jubainville (d'), Asenjo Barbieri (D. Francisco), Asensio (J. 1\1"), Asociacion
de escritores y artistas, Baist (G.), Baumgarlen (H.), Bémont (Ch.),
Boehmer (Ed.), Boucherie (A.), Cámara (Fr . Thomas), Campillo
Toribio del), Caslan (A.), Cbabaneau (C .), Claude (C.), Claudia,
Coehlo (l'ranc. Ad.), Cornu (Jules), Costa (Joaquín), Delisle (Léop.),
Denis (Ferdinand), Oeprez (Michel), Ebbardt (Franz), Fabié (D. Anlo-

"

�330

CATALOGOE DES )U.'NUSCBITS DB 11, M.OREL..F'ATIO

BULLBTIN HISPA:,lQUB

nio M'), Fernandez Guerra y Orbe (D. Aureliano), Foersler (Wendelin),
Fuensanla del Valle (m'· de la), Gachard, Gayangos (D. Pascual de),
Gener (D. PompeyoJ, Graux (Charles), Grüber (G,), llarrisse (Henry),
Heredia (J.-~I. de). Hinojosa (D. Eduardo de), Jimenez de la Espada
(Marcos), Knapp (W. J.), Lande (Louis), Letourneur (J.), Majorque
(lellre au sujet de ll. Lull), Malleftlle (L.), Mariategui (D. Eduardo),
Mayniel (Emile), Menéndez Pelayo (D. Marcelino), Meyer (Paul),
Michelant (H.), Milá y Fontanals (D. Manuel', Morel-Fatio (Arnold),
Müntz, Murillo (D. Mariano), Mussafia (Adolf), Navarro (D. Felipe B.),
Nicolas (A.), Niemeyer ()!ax), Oclavio de Toledo (J. M'), Oechsli
(Wilhel ), Otiver (Bienvenido), Paillard (Ch.), Palomo (Fr. de B.),
Paris (Gaston), Pastor, Paz y Melia (Antonio), Pécoul (Auguste),
Pella y l'orgas (D. José), Pierson (Paul), Piñar (BJas Leoncio de),
Poullet, Rache! (Paul), Raynaud (Gaston), Hiant (comte), Rodríguez
Villa (D Antonio), Sanchez Moguel (Antonio), Sanpere y Miguel,
Schuchardt (Hugo), Sorel, Slengel (E.), Suchier (H.), Tailhan
(Jules), Tamizey de Larroque (Ph.), Thomas (A .), Vaesen, Viollel
(Paul), follrnotler (Karl), Withney (James L.), Yriarte (Charles),
Zarco del Valle (Manuel Remon).
20i. Carlistes. Notes sur les Carlistes. - Lellre du marquis de
Laborde. - Lellre de M. Albert Mousset. - Exlrails de Lichnowsky,
de Goben, de Rahden, ele. - Coupure de journaux. - Letlre de
D. Francisco Melgar. - Deux lellres et une carte de M. Albert
Mousset. - Carie de D. Gabriel Molina. - Bibliografía espagnola,
1"' mars 1915 (íactum de Sancho-, Marques). - Deux letlres de
M. l\.laurice Brillant, secrétaire du Correspondanl, avec une lettre de
D. Bernardiho Matin Minguez. - Deux lettres de M. Trogan 1 directeur
du Correspondanl.- Deux caries de Fr. José M. de Elizondo. -Leltre
de D. l\amon Menéndez Pidal avec une consultalion sur la parole
Requeté. - Indiscreciones, par D. Miguel de Unamuno. - Trois
lettres, une dépCcbe et deux carles do marquis de Cerralbo. - Lettre
de !l•• 1. Dáchelelte adressée M. Camille Jutlian. - Deux lellres de
D. Alvaro Alcalá Galiano. - Carie de D. Julion Paz. -Así nos tratan.
Pregunta y advertencia de Aforel-Fatio por el conde de Doña Marina.
- En desagravio, por Francisco Melgar, avec l'avant-propos en
minute. - Découpure de journaux sur l'allitude aliadophile de D.
Francisco )lelgar. - Porlrait et aulographe de D. Francisco Melgar
(America latina,, 15 mars 1oi;). - Deu1 leUres de D. Francisco
}lelgar. - Carie de F,. José M. de Elizondo. - Biblioteca de /a
banderti regional. Bio.1rajla de Don Jaime de Borbon. B. de Arlagan,
Barcelona 1 s. d , anc nne collection de limbres porlant l'effigie de
Don Jaime (Dios patria Rey). - Découpure de journaux. - D. Juan
Vá.sqnez de Mella, El úleal de España. Los tres dogmas nacionales,
Madrid, 31 mai 1915. - C. Irom, Espaiia, graripotencia. Prológo del

a

331

Excmo Sr. D. Juan Vásquez de Mella, Madrid, 1915. - El cardenal
]Jlercier y s1i cilebre pastoral. Opinión de Juan Vásquez de Mella.
Madrid, s. d. - LeUre pastorale de Son Eminence le cardinal Mercier,
archeveque de Maliñ.es, sur le palriolisme et l'endu,.ance, NoCl 1914. El cori"eo catalán et d'autres journaux sur la c~nfércnce du 31 mai 1915
de Juan Vásque,. de Mella.
202. Faucnnnerie eu Espagne. Brouiltori d"une étude sur la fauconnerie en Espagne, de M. Georges de l'rézals etde D. Ramon Zarco
del Valle: 11: l'un lient la plume fran('aise, l'autre les notes espagnoles ,.
- &lt;t Aulrefois, Bibliographie. n Leltre de D. Ramon Zarco del Valle á
M. G. de Frézals, Madrid, ,5 aoúl 1886. - « Aulrefois. llistoire,
chasseurs el faucons. 1) Cinq lettres de D. Ramon Zarco del Valle a
M. G. 'de Frézals, Madrid, 7 juin 1886 - ,. seplembre 1888. t\ Aulrefois. Langue et croyances. il • De nos jours )). Lettre en
anglais a M. ~ - Lilford, 22 février 1886. Qualre leltres de D. Ramon
Zarco del Valle a M. G. del'rézals, 15mars 1886-,6décembre1887.
- « Lois el coulumes . n - « Portugal. 11 - u Prouesses de faucons. n
- Coupure d'un journal: « La hazaña de un azor 11 1 par ~I . Gulierrez
Jimcnez. - &lt;t lconographie. » - 1t Document de fauconnerie des
archives d'Aragon. » - Lettre de D. Manuel de Bofarull a M. G. de
Frézals, Barcelone 1 18 février 1886. Leltre de P. Reman Zarco del
Valle 1, \l. G. de ~'rérnls, n septembre 1888. - «Autrefois, Arls et
lellres . 1i - tt Poésie. i - (t Libro de Cclreria de Cava de a¡;.or 1i,
Salamance, 1565. Extraits. - Documenls sur la fauconnerie extrails
des Archives du Pala is Royal de Madrid, de 159~ a 174,. - Documenls
ex.traiLsdesArchives de Simancas. Casa real, lcg0 44 1 45, 6oet Contaduria
mayor,¡, época, leg" 1017 et 1&gt;13. xv1• siecle. - Leltre de M. G. de
Frézals
D. Hamoo Zarco del Valle(?), 31 janvier 1886. - Sur
plusieurs dossier, il y a:« Vu et lraduit. S. O.» (M1" Sara Oquendo).
203. La guerre de i9i4-1918 (cleu;,; cahiers).
t. Académiciens franc¡ais en Espagne en 1916: u Déclaration de
M. Henri Bergsou » (Le Temps). - Mémoire de M. Aguero, ministre
de la République cubaine en:Altemagne, sur les visées de 1' Allemagne.
(Journal des Débats, 8 juin 1917.) - Alvaro Alcalá Galiano. La
verdad sobre la guerra. Origen J aspecto del conflicto europeo, Madrid,
MC}IXV (dédica.ce). - Altemands en Espagne. August H. Hofer
(Barcelona), Das Deulsehtum in Spanien, dans Der Turmhahn, juillel
1914. - La hora de la comida en la llamada &lt;1 Casa de los alemanes &amp; ,
en Barcelona, dan~ le Nuevo mando, janvier 1915. - Découpure de
journaux. - Leltrn de D. Rafael .\llamira. - D. Rafael Altamira,
Comrnent 1'ulformée en Eó:lpagne l'opinion favorable aux alliés, dans
le Petit Parisien du, juiu 1915. -Conférence de M. Rajall Altamira,
Pa•is, 19 ,3. - F. Martin Caballero, Impresiones americanistas, dans
le Boletin del centro de estudios amei·icanislas de Set•illa, t. 111, uum 8,

a

�33,

BULLETIN HISPA~IQVB

CATALOGUE DES MANUSCRlTS DE M. MORBL-FATIO

- Découpures dejournaux. - Lettres de M.. Quiñones de Lean, me
demandant d'accorder un rendez-vous au lieutenant-colonel Benitez.

Torra{xa, 15 janvier 1915. - Traduction en espagnol de l'article du
Correspondan/ el polémiques. - Cotare/o (D. Emilio). Le bénéjiciaire
de la prime par Pierre et Paul. - Cotare/o es germanójilo, daos El
Debate du 31 aoul 1915. - Rafael Altamira, Giner de los Rios ed1tcador, Valencia , s. d.- Lettrede M. G. Koechert. - Jnstilucion libre de
enseffanza. Programa, Madrid, 1910. - Lettre de D. Ram.ón Menéndez
Pidal.-'-Francisco Giner de los Rios. Datos biograjicos, dans la España.
- Gobineau et les races germaniques. Réponse de la baronne de Gulclencrone, née de Gobineau, dans le Temps du 8 janvier 1915. - Germania, Año I, núm. 3. Coupure de la Germania, año 1, núm. i. avec
« elocuentes manifestaciones para « Gormania &gt; del Excmo Sr. Mar-

- Armée espagnole. Extraits. - Azorin. Lellre et carte d'Azorin (José
Martinez Ruiz). Découpures de journaux oU a éclt Azorin. - Rafael
Ballester. Deux lettres et une carte. - Pio Baraja, De un germanójilo
d un suizo. aleman, daos I'lmparcial, ag octobre 1914. - H. Peseuxllichard, Un romancier espagnol Pio Baraja, dans la Reune hispanique, l. XX!ll (1910). - Basques. Euzkadi du &gt;7 el du 3o septembre
1914. Découpure du Temps. - Corpus Barga. Los personajes de

Francia hablan de España. Visita el Monseí'íor Baudrillart, rector del
Instituto catolico, dans La España, .lO janvíer 19 16'. - A la Belgique.
Manifes/e des catholiques espagnols, Paris, Pion, 1916. - Arturo
Campion, Bélgica, el 2 de mayo y los católicos españoles, Londres,
1916. - Jacinto Benavente, El año germanOfilo. Juicios y opiníoncs de
Vásqaez de Mella, Rodriguez Marín, Cotare lo, Carracido, Commelerán,
Satillas,Bonil/a y San Martín, Peñajlor, Ga_y, Saldaña. Año 1, 1916.
Deux arlicles de D. Jacinto Benavente, De Sobremesa, dans Los lunes
del Imparcial, B et :u février 1915 . - V. Blas.colbañez, Las atrocidades
alemanes . . Valencia, s. 'd. - Le romancier Blasco Iba,'tez dans le
Temps du , février 1915. - Breuil (l'abbé). Deux letlres de l'abbé
Breuil des ,1 el 27 seplembre 1915. La idolatría de lajuerza en Alemania y sus consecuencias par Enrique Breuil.-Calalans.Deux lettres
et une carie de C. ~lonloliu - Leltrn de M. Marius André. - Lellre
d~ M. Alfons Maseras, avec Los Parlamentarios Regionalistas al País
por Catalrtña y la Gran España . - Qualre lettres de M. Brutails . Lctl re de M. Cal melle. - Calalans fideles á la maison dº Autriche, par
Lichnowski. - Montanyes Regalades, janvier 1918, contre M. Bernard
Schaedel el D. Antoni M• Alcover. - La Barbarie a/lemande fiétrie aux Jeux floraux de Barcelone en 1915 ... texte catalan et traduction frant;aise, Toulouse, 1915. - Revue calalane, 9• année, nº 97,
janvier 1915, avec une leltre d'envoi de M. Alíons Maseras. « A Morel-Falio de I' Académie des Inscriplions et Belles Lellres .
Paris. » Manifeste. - Pere Corominas, Per l'amor de la Frant¡a.
Amb les uersions castellana y Jran9esa, Barcelona, 1914 (dédicace). Lellre de M. Alfons Maseras avec l'arlicle: Dans la Castille et dans
la Catalogne, par Eugenio Garzon . - Lellre de M. Alfons Maseras
avec le Manifest deis Catalans daos El Poble Calalá du ,7 mars 1915
(lrois exemplaires). - La propagande germanophile en Espagne, dans
l'lnformation, 6 mars 1915. - Manijesl deis amics de l'Unitat Moral
d'Europa. - Lellre de D. Jaime Massó Torrents D. Eugeni d'Ors.
- Marius André, Carta á Romain Roland. - · Resposta de Romain
Rolland, dans Et Poble Catalá, 25 mars 1915. - Les annales des
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a

333

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paz, dans España, 26 février 1915. -D. Ramiro deMaeztu, El caso del
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17 juillet 1915. - Úl guerra Europea. Palabras de algunos españoles.
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Lettre de la charnbre _de commerce espagnole

a Paris.

-

Carte

de l'Union fran&lt;¡aise. - Cinq cartes de D. Ramón Mefféndez Pida!. Lettrn de D. Ramón Martinez Sol. -Deux lettres de M. AlberlMousset.
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Découpures de journaux. -

Visite des Académiciens espagnols.. -

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Propaganda.- Don Santiago Gómez Santacruz, El Solar numantino ...
Madrid, 1914. - f:douard Harlé, La priorité de la découverte de
Numance, dans L'Anlhropologie, l. XXVI, 1915. - Miguel de Unamuno, LºEspagne, r Allemagne et la France, dans le Temps, du 16 janvier 1915. - Article d'Unamuno, dans la Iberia du 10 avril 1915.. Trois articles d'Unamuno : Deber cívico, La fuerza de la opinión,
Papeletas á la alemana, dans le l\'uevo mundo. - Pages acluelles,
1914-1915. L'opinion calholique et la guerre par P. fmbart de La
Tour ... suivie d'une lellre de Don Miguel de Unamuno, Paris , s. d. Unamuno y Zuloaga en Madrid dans España_ - Maurice Barres, Les

..

Bull, hi5pan.

•

�334

BOLtETffl HISPA.!'flQUE

afflnilés Jranco-espagno/es, dans l' Écho de Paris, du 8 janvier 1915du m. Les voix fran9aises de l'Espagne, dans l'Écho de París, du
g février 1915. - D. Julio de Urquijo, Lettre de protestation adres_sée
a ses collaborateurs de France des Études basques Sl-Jean-de-L1Jz,
16 janvier 1915. - Un traitre arr8le a A,-cachon, dans la France de
Rordeaux el du Sud-Ouest, du 29 septembre 1915. - Deux lettres de
O. Julio Urquijo, de Palacio de Setiaes, Cintra, 10 el 23 septembre
1915. - Minute d'une letlre de M. Morel-Fatio Urquijo du 18 septembrc 1915. - Trois lettres de M. Henri Courteault. -Deux lettres

.BIBLIOGRAPIIIE

1

a

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de París, 1"' juin 19 16 (dédicace). - Letlre de M. A. Olorgel, Propa!JOnde espagnole. - Carte de M. lmbarl de La Tour. ;;- Lettre de la
marquise Arconali Visconti . - Deux lettres de M. Boris de Krjefrki.
- Lettre de D. Ramón Menéndez Pidal. - Letti:e de l'Administraleur
de la librairie Berger-Levranlt. - Deux lellres de M. G. Cirot. Lellre de M. Guerlin avec une lettre de D. Felipe Alaiz: - Découpures
de journaux. - Bibliographie.
A. MOREL-FATJO.
( A suivre.)

Fernando de Los Rios Urruti, Vida e instituciones del pueblo de
Ando,·ra, Una supervivencia se11orial. Madrid, 1920, in-8•,
164 pages et une carte.

M. de Los Rios Urruti, professeur

a l'Université

de Grenade, a

beaucoup lu et il aous en fait généreusement bénéficier. Nous vo:yons
défiler sur les pages de son livre, comme sur un écran, en outre de
Léon, de la Navarre, de la Galice, des Castilles, les Grecs, les Romains 1
les Suisses, les Gerrnains et les néo-Germains, les Hongrois, les
Slaves, les Orientaux et le reste. Le droit comparé est une belle chose,
mais qui n'est pas sans danger; que 1 pour comprendre les institutions
de l'Andorre, on fasse appel aux institutions d'un autre pays, ríen de

mieux; encore fa'udrait-il choisir. Toutes choses•étant égales d'ailleurs,
plus l'exemple vienl de loin el moins profonde doit etre l'analogie.
M. de Los Hios invoque, en un passage 1 Aristote, Cicéron, Machiavel
et Montesquieu; je préfererais qu'il se référilt a la jurisprudence des
tribunaux catalans ou meme du parlement de Toulouse.
Cette réserve formulée sur la methode, voyons comment sont
présenlés les faits el les usages dont il s'agit.
Le premier chapitre est un sobre el intéressant aper9u du Milieu
socwl de l'A.,uf.orre.
Le seoond chapitre traite de la J,'ormati.on lústori,¡ue. En 819,
l'occasion de la consécration de la calhédrale, Je comle d'Urgel aurait
donné l'Evéqueles paroisses de J' Andorre. Peut-etrele comle reprit-il
partie de 5.es droits, car, en 1007, il cédait au monastere de San-Cerni
certaines redevances a percevoir daos les Vallées et, en 1133, il
abandonnait l'Eglise toul ce qu'il possédail en Andorre. En 1176, un
accord reconnalt l'Evique Je domaíne direcl sur les Vallées, Cependanli des le xi" siecle, les - prélals baillerent l'Andorre en lief aux
vicomtes de Cabóet 1 qui les transmírent aux Castelhon et a la maison
de Foix . Des contlits furenl réglés, en n78, par la Paréage: cet acte
attribua nommément au comte de Foix certains pouvoirs, que le
comte déclara tenir en fief de l'Evéque.
A pricri, cette these est claire, simple. Elle l'est meme lrop : ainsi
que j'en ai fait l'oboervation ici méme ', la réalité eot heaucoup plus

a

a

a

a

1. Bulletin hispanique, 1918, pp. r86 et ss. ¡ 19~0, p. 31r,

�•
336

BULLETlN HISPANIQUB

obscure et ernhrouillée. En dehors des textes ut.ilisés par l'érudit
professeur, il en est d'autres, plus nombreux, qui comportent des
conclusions contradictoires a son opinion. N'en point parler, c'est
tourner la difficulté, ce n'est pas la résoudre.
:Mais le récit n'esL pas seulementincomplet, il esterroné; la documentation offre des lacunes et le commentaire, deS inexactitude(graves.
L'acte de 819, - don! la v-raie date est 839 •, - a pour objet la
juridiction ccclésiast.ique et nullement le pouvoir seigneurial. Le texte
est formel, et, d'autre part, si on recherche de quels territoires il
s'agit daos celte charle, on se rendra compte que l'ÉvCque n'en a
jamais été le seigneur 2. Voil.i. done ruinée la base de tout le systeme
bistorique édifié par M. de Lo• Rios. J'en viens au documenl de r 133.
Par cel acte, Armengaud VI, comte d'Urgel, fail donationa l'tveque
de tÜus ses droits dans les vallées andorranes ; il concede aux
habitants «en l'honneur dudit comte et de ceux qui viendront, de
posséder ce territoire ad empramenlun 1&gt; 3 1 c'est-8.- dire qu'ils en
déliendraient le domaine utile, le domaine direct étant réset:vé a
l'Eveque 4. Voila, du moins, ce que l'auteur a vu. On me permettra de
comprendre les cboses autrement.
Propter hoc ego prelibatus Ermengaudus laudo et concedo vobis jamdiclis bominibus ut abeatis ad 5 empramentum in meo honore et amparamentum de me et de meis hominibus meisque successoribus 6.
Honor signifie bien-fonds, seigneurie. Je traduis done:

C'est pourquoi, je susdit Armengaud, je Yous accorde, a vous, ci-dessus
nommés, le droit d'usage sur mes terres, ainsi que ma protection, celle de
mes vassaux et de mes successcurs.

En d'autres termes, Armengaud cElde aux Andorrans, non pas le
domaine ulile sur leur tcrritoire, - a qui aurait-il appartenu, sinon
a eux? - mais un droit d'usage 7 sur le sien, , in meo honore )l.
_Toutes les déduclions de 111. de Los Ríos relativement au régime des
alleux tombent du coup.
1. M. Ferran Valls Tabernera fait celte rectification 'dans les Estudis univcrsitaris
catalans, 19 18,
•
2. Baudon de ri-Iony est, ª"ec raison, tres affirmalif (Relalions poWiquts des comtes
~ Foi::c avec la Catalogne, t. I, pp. 58- 59). En 839, les comtes ét.aient-ils assez indépendanls pour constituer des seigneuries?

,7.

3. F. de Los Rios, Vida e,inslituciones, p.
ti •• Meme ouvrage, p. ~¡.
'
5. Baudon de Mony (t. II, p. 11, note), dit que le texte présente

•

a cet endroU un
blanc, &lt;1 enviroo la place de trois lettres :t. Je lis adtmpramentum, en un mot.
6 Baudon de Mony, t. II, p. 1 , 1 et F. de Los Rios, p. 132 .
7. M. de Los Rios renvoie a une Elude sur la loi Straa, oU j'auraís défioi
aulrement le mot emparamentum. Mais: 1" j'ai indiqué plusieurs acceptions possibles;
2" la loi Strate porte emparamenlum, dont on _peut ne pas faire un synonyme de
adempramentam; 3" un méme mot a souvent, daos divers textes, des 1en1
différeots.

�•
336

BIBLIOGJiAPHIE

BULLETlN HISPANIQUB

obscure et embrouillée. En dehors des textes utilisés par l"érudit
professeur, il en est d'autres, plus nombreux, qui comportent des
conclusions contradictoires a son opinion. N'en point parler, c'est
tourner la difficulté, ce n'est pas la résoudre.
Mais le récit n'est pas seulement incomplet, il esterroné; la documentation offre des lacones et le commentaire, deSinexactitudes-graves.
L'acte de 8rg, - dont la vraie date est 83g •, - a pou~ objet la
juridiclion ecclésiastjque et nullement le pouvoir seigneurial. Le texte
est formel, et, d'autre part, si on recherche de quels territoires il
s'agit dans cette charle, on se rendra compte que l'Eveque n'en a
jamais élé le seigneur ,. Voila done ruinée la base de tout le sysleme
historique édifié par 1\1. de Lo, Rios. J'en viens au document de r 133.
Par cet acte, Armengaud VI, comte d'Urgel, fait donation l"J:;véque
de taus ses droil6 dans les vallées andorranes j il concede aux
habitants « en l'honneur dudit comte et de ceux qui viendront, de
posséder ce territoire ad empramenlun n 3, c'est-8-dire qu'ils en
détiendraient le domaine utile, le domaine direct étant réseivé a
l'EvCque 4• Voila, du moins, ce que l'auteur a vu. On me permettra de
comprendre les choses autrement.
Propter hoc ego prelibatm Ermengaudus laudo et concedo vobis jamdictis hominibus ut abeatis ad 5 empramenlum in meo honore et amparamentum de me et de meis homfoibus meisque successoribus 6.

a

Honor signifie bien-fonds, seigneurie. Je traduis done:
C'est pourquoi, je susdil Armengaud, je vous accorde, a vous, ci-dessus
nommés, le droil d'usage sur mes terres, ainsi que ma protectibn, celle de
mes vassaux et de mes successeurs.
En d'autres termes, Armengaud cede aux Andorrans, non pas le
domaine utile sur leur tcrritoire, - a qui aurait-il appartenu, sinon
eux? - mais un droit d'usage 7 sur le sien, « in meo honore l&gt;.
_Toutes les déductions de M. de Los Ríos relativement au régime des
alleux tombent du coup.

a

1.

M. Ferran Valls Ta.berner a fait cette rectificalion "daos les Esludis uniuersitaris

calalans,

•

Baudon de Mony esl, avec raison, tres affirmalif (Relations politiquas des comtes
ck Fou; avec la Catalogne, t. I, pp. 58 · 59). En 839, les comtM élaient-ilsassez indépendants pour constituer des seigneuries?
3. F. de Los Rios, Vida &amp;instituciones, p. 37.
4.• Méme ouvrage, p. 4 i.
'"
·
5. Baudon de Mony (t. ll, p. 11, note), dit que le texte présente a cet endroil un
blanc, e&lt; environ la place de lrois lettres :t. Je lis adempramentum, en un mot.
6. Baudon de Mony, t, H, p. 11, et F. de Los Rios, p. 132 .
7. M. de Los llios renvoie a une Eta/U sur la loi Slrat!, oll j'aurais défini
ª!1lrem~nt le mot emparamentum. Mais: 1"j'ai indiqué plusieurs acceptions possibles;
2 la 101 Strate porte emparamentam, dont on peut ne pas faire un synonyme de
adempramentu.m ; 3' un méme mol a souvent dan 11 d.h'ers textes des sen,
difl'érents.
'
'
2,.

•

1918.

Dans I'accord de 1 ,,6, M. de Los Rios voit la preuve que le
domaine direct [de l'Andorre] appartenait a J:Eglisel)1. Soit, mais
alors comment peut-on prélendre que les familles de Caboel el de
Castelbon avaient l'Andorre en fief? L'auteur, nous le savons, a oublié
des textes: il en res le encore trop pour que· sa démonStration puisse
etre admise.
Au sujet du Pariage, je signalerai, une fois de plus, deux ou trois
inadvertances. que j'ai déjA relevées a plusi_eurs reprises chez d'autres
écrivains. D'abord 1 le Comte tient ses droits de l'Eveque, non pas u en
fief &gt;) mais &lt;&lt; en fief honoré i&gt;.; ce n'est pas la mCme chose. Ensuite, le
Pariage n'esL pas une concession faite au Comte par le Prélat, qui
aurait retenu tous les pouvoirs non compris dans celte concession;
c'est un arbitrage qui énumCre certains droíls attribués a l'une 'ou a
l'autre partie et qui, pour Je surplt.Is, maintient le~dites partiesen )a
jouissance de ce qui leur appartenait déj3. Cetle disposition est
formellement énoncée dans l'acte 2.
L'Orgunisalion polilique fait l'objet du chapilre 111.
Le temps a effacé l'inégalilé proclamée par le Pariage, &lt;1 la souverai•
neté seigneuriale exclusive de l'Eglise,d'Urgel... Une adaptation poli ti~
que aisément exp1icable a donné lieu au modus vivendi actuel, qui est
une co-souverainelé 3. J&gt; Souverainelé seigneuriale. est un terme peu
juridique: la souveraineté est une chose, la seigneurie en est une
autre. Quand mCme l'EvCque ~erait nelternent le suzerain du Comle,
H n'en résulterait pas qu'il est le souverain. Toute une facedu prohleme
échappe á \l. de Los Ríos.
Nous apprenons en passant,6 qu'il existe chez les Andorrans &lt;( un
désir pro.fond • de supprimer les tribunaux ci\lils de tercera sala et
de reporter leur compétence sur les deux viguiers et le juge des
appellations. Comme le juge connait déjh des affaires civiles en
seconde instance, comme il serail appelé, en troisieme instance,
départager les viguiers, on cooviendra que voila une combinaison
impoisible.
(&lt;

a

r. Op. cit., p. 43.
M. de Los Rios écrit, p. 58:

&lt;( Exclusivamenle tiene el conde de Foix. derechos
de caraclcr patrimonial, quedando el resto de los derechos in legro a favor del Obispo
e Iglesia de Urgel.» El p, 92: u Quedando limitado el poder de los representantes
de Foix por este documenlo ,. Or, p. 160 de son livre, il a imprimé la clause suinnte
du Pariage: 1: Nec per banc presentem seu novam compositionem prejudicium
eliquod generetur episcopo Urgellensi ... nec· comili Fuxensi..., circa hec vel in
hiis que quilibet jam recipiébat. in predicta valle seu vallibus et hominibua de
Andorra; sel quilibet ea recipialpaci6ce et quiete, sine contradicto allerius, sicut
retroaclis temporibus recipere i:onsueverunt, etceplis superius declarati:;. » Ce n'est
pas tout: le co~le de Foi1 pourra conlinuer 3 nommer Un viguier, lequel excrcera
les ml}mes fonéhons qu'auparavant (p. 139). Tout cela mel en pleine lumi6rel'erreur
de M. de Los Rios.
3. P. 63.
4. P. 86.

2.

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338

339

BULtETffl BISP AlUQUB

IUBLIOORAPRI:r.

En somme, que! est, se demande l'auteur, le .statut de I'Andorre?
L' Andorren'est pas une Répuhlique, notamment parce que la puissance
souveraine est en partio exercée par des élrangers. Cela est incontestable; ce qui est moins heureux, c'est de mettre en parallOle u le droit
qu·Q l'Etat espagnol de nommer, en qualité de- patron, l'évCque
cl'Urgel et le droit qu'a le peuple franQais de désigner le chef du
pouvoir exéculH)) '· L'Espagne n'a rien voir en Andorre; l'Eveque
n'est pas le mc,ins dn monde, dans les Valh'·es, le représentanl du
gouvernement de Madrid .
L'Andorre est-elle une principauté? M. de Los Rios ne le pense pas :
la principauLé n'est pas une calégorie d.u droit médiéval. « Le litre de
prince d'Andorre peut llatter la vanité de certains 1 mais il ne saurait
se légitimer scientifiqucment ,. n
L' Andorre, juridiquement, est aujourd'bui ceci : u une seigneurie
avec deux coseigneurs. C'est l'u1time survivance d'un régime universellement abolí ; c'est le dernier écho du Moyen-Age et de la lui
vient un vir inlérét archéologique et humain 3,,
Le quatriBme el dernier chapitre porte sur l'Organisation administra'ive: cuarls ou scctions, paroisses, Conseil général. L'auteur exagere sur
plus d'un point l'imporlance de ce Conseil. Ainsi le Conesil don ne« des
réponses pour définir la coutume; or, définir la coutume, c·esl légifé•rer,
lorsque la réponse a une valeur de décision, commeil esl de lradition i&gt; 4.
N'y a-t-il pas lit une confusion, et bien f8cheusc? Légiíérer, c'cst créer
la loi ou la modifier; constater la coutume, ce n'est pas la fairc.
Les dernieres pages étudient l'au tonomie administrativa de~ Vallées ..
La question étant présentement a l'ordre du jour, on peut se dcmander
si le livre n'est pas une ceuvre de circonstance .. Celle considération
expliquerait bien des choses ...
Done, on raconte que l'Andorre jouit de J'antonomie administrative
et de la propriété des biens domaniaux. J'avais fait obsener jndis que
les Andorrans ne produisent pas de litre et que le probleme doit Btre,
en conséquence 1 résolu d'apres les regles générales du droit; ar, tant
en France qu'~n Catalogne 1 les droits ancien et rnoderne nssurent la
propriété des biens domaniaux au souverain ou au seigneur. non aux
populations. La réfutation est intéressante: la France, on objec.te
que ses altribulions sont limilativement énumérées par le P&amp;riage; nous savons que le Pariage dit exactement Je contraire. - Quant
l'EvCque, on lui opposc «des pratiqucs séculaires 5 n1 sans préciser
autrcment, et on avouera que c'est vague.

On pafle de dófendre oontre lesconvoitises « les richesses forestie,,.,
et hydrauliques' n du pays. 11 ne faudrait pas confondre: forets et
rivieres ne sont pas soumises aux me¡nes ri&gt;gles. Que les autorités
locales prétendent a la propriété des bois. c'est ~dmíssible. Le cas est
différent pour les ruisseaux et les mines : ici le probl6me juridique,
plus complexe, se double de diffieultés d'orclre technique inaccessible,
oux Conseils de cuart ou de paroisse ·el méme au Conseil généraL M. de
Los Rios peut en oi:oirn lo vieil Andorran que je suis : les , pratiques
séculaires » ou plutot les prétep.tions dont il se constitue !'a vocal entralneraient de1 consóquences piteuses. 11 impol'le 8 l'intóri\t m~me dei
VaJJées de rejetor ce régime que des imprudents prétendenlinstaurer.
Jé me resume. Si M. de Los Rios avait voulu donner des preuves de
son érudition générale 1 il aurait parfaitement t•éuS&amp;i; mil,is cela n'étaiÍ
pasen question. Sur le point particulier ·qu'il avait l lraiter, a savofr
l'hi!toire et les usages del'Andorre, le savant professeura áté trap vite et
il a pris la plumo avant que son lnformation fut au poinl, 11 eherche le
litre fondamental de la seigneurie andorrane dana un document du
11.• siecle qui ne se rapporte pas aux droits seigneuriaux; il prcte a une
charle de Ir 33 un sons et une portée que cette charle n'a pas; il se.
méprend relativem.ent '11 des clauses essentielles du Pariage de r!178.
Sur l'un des points prir1:oípaux, M. de Los Rios a pleinement raison;
l'Andorre est une seigneurie en pariage 1 une survivance des temps
passés. C'est la vérilé historique; mais alors il e•t de bonna logique
de laisser aux deux seigneun, 1,urtout en matí0ré législalive -et «,:n
matiere dornaniale, le bCnéflce de celle déflnition. u Le Conseil
général, dit l'auteur, pénelro 1a vie oi,-ile da l'Andorre el on nurait du
mal a trouver une fonclion a lnqucllc sa compétence ne s'Ctende
pas,. n Un Parlemenl qui légH6re et qui administre, qui dispose du
domnino 1 qui jugc, pnr surcroit 1 et qui cassé les sentences des
magistrats donl la nomination lui échappe, serait intolérable daos une
République. Dans une &lt;t seig:n,eurie 11, cela ne se oonQoit mtlme pat.
Ratificr les cmpiétements 1 les confusions de pouvoir 1 les Jbus de tous
genres qui se oommeltent conLro l'autorité des coseigneurs, ce n'est pas
do pragmatisrne ou de la démocrntie, c'est purement de l'anarchie.
Constalons 1 une fois de plus, que l'Andorre exeroe sur les travailleurs
un attrait périlleux et qu'il ne suífit pas de parcourir en touriste les
gorges des deu• Vallées pour parler congrument des usages locaux.
Sans doute, M. de Los Rios Urrutl défondrait d'autres theses s'il avalt
priA le tomps de 1e faire une opinion personpelle 1 a.u licu d'ernprunter
~ des Andorrans paasionnés et dépourvus de toute compélence histo~
riq~e des theses qui ne se p~uvent pas soutenir.
J .·A. llRUTAll.~.

a

a

a

r.
2.
3.
4.
5,

P. 89.
P. 91.
P. 93.
P. 108.
P. 125.

•

1,

P.

126,

a, P. 108,

��3b

BULI.J;TIN 111SPA1''1QUE

a
&lt;t

croyance )J,

N" 13: v. 1 : confusion de 'a9ara (9-y-r) ,, rendre to! ou tal» avec
:a9ilra (9-w-r) • briser n.
N~ T4: ajouter majzü'- entre« metrcl) et« baúl'»,
N• 15: v. 6: le poete dit ceci: mon seul désir esL de te satisfaire;
si je cherche en toi autre chose que cela, Dieu veuille me le refuser,
Nº 16 : v. 3, wara{aka, Jire wariiqaka. - v. 7: qilii « haine • el
non e granáeur n; il faudra done « les causes de la hajpe» la place
de « les causes les plus élevéos »; qila ost également mal traduit
n• 15, v. 1, mais il est bien rendu n• 17, v. 37. - v. ,6, ali- 'ilal, Jire
al- 'ita/. - V. , 1 : confusion de mukralu¡" (parlicipe ·passé de
'akraha « forcer, ohliger ») avec makrühu• (participe pasaé de
kariha «détester, abhorrer n). Le sens du vors ost celui-ci: u Ce n'est
pas de bon gré que je mo consola loin de toi, mais je suis forcé de le
faire ... u.
N° 17: v. 13, traduire plutót: • O Abou 'Ámir, ou est done cella
fidélité (amitié), aio1·s que le mauvais destin dormait profondément
et que Jp vie élait heureuse ... ? n. Le poeta reprocho son rival d'avoir
changé de sentiment a son égard, ainsi qu'on le voil clairemont par
les deux vers suivants. ,o : confusion de wafa' u• • fidéJité 11 avec wafdtun &lt;( mort u1 ce qui, naturellemeat, fausse le sens du
vers. Le poete dit lt son rivaL ,&lt;Jo n'ai pas éprouvé de joiede ta fidéliié
(dans l'amitié), ni de peine de ton inimilié,. Cf. v. 13 et i7 ou wafa'11,•
est également mal traduH. - V. n ; 'aradh ne veut pas dire « malchance "; il y a opposition ici entre jauhar « subs~nce n et 'aradh
« accidenl •· - V. ,3: traduire 'aja pa-;: ,, etre effacé n et non par
l(etre touffu n. --. V. 24: confusion de nidhiiJu,n e,. action de lancen1
avec nudhdhiilu 11 &lt;1 vainqueurs )) ce qui rend fausse la, scansion du
vers. - V. 39, traduire plutót: "C'est assez, pour moi, d'avoir
cueil_li les fruits au rooment voulu, et de t'avoir autorisé aramasser
les fruits lombés sous J'arbre "·
N· 19: v. 6 et 7. On n'a. pa"s Jait ici attention a J'opposilion que le
poete exprime daos ces deux vers. « Dis /,, celui qui a pris rnon aban·
don pour religion, el dont l'amour est pour rnoi une religion : O toi
qui es trap généreux (qui fais peu de cas) de ma personne, moi, au
contraire, je suis tres avarede toi ... "· (Cf, n· 4, v. 2),
N· ,o: v. ,, traduction assez éloigqée du sens que voici: " ... Et
je plante mes désirs dans le jardin de ton amour, et, comme fruits de
ma plantation, je cueille la mort! ».

a

•

a

v:

1

343

DIBLIOGRAPBIE

meme au prix de la vien. Le poote dit: tandis que je tiens heaucoup
ton amitié, toi, au oontraire, tu fais peu de cas de la mienne (cf, idée
semblable, n• 19, v. 7).
N• 8: v. 1: a9-9ubh' u, lire li9-r11bh'i,
N· 11: v, 1 _: mad'habu" veut dire ici « maniere d'agin et non

Nº

:;,2:

v. 7 et 8, voici le sens exact:

ll

11 m·a visité en se cacbant.

mais il est bien difficile que la splendeur de la pleine lune puisse iitre
cachée par les ténebres 1 En oITet, d6s qu'il s'avanc;a vers la prison ... ,
sa présence fut signalée par la parure (qui tremblotait) et par Je
parfum qui se répandait. .. n. (cf. idée identique, n• 37, v. 16 ou la
traduction est excellenle) . - V. n,jannahi, lirejannati. - V. 10 et
11,

l'idéedu po6teestcelle-ci:

&lt;•

De mémeque, parmi les astros du ciel,

seula le soleil et la lune s'éclipsent, de m~me le mauvais destin n'accable da ses grands maiheurs que les grands hommes (cf. meme
pensée, nº ~3, v. H),
N• ,3·: v. "et 13, traduire plutot, « L'ancienne joie de ses jours
ne reviondra plus, ni la félicité de ses nuits n'est plus attendre,
moments ou J'échange de salutations ne se faisait pas (comme main•
lenant) par un signe furtif, et
la visite de l'amie n'était pas un
danger. .. 1i. - V. :;i: r, traduire le tn hémisticbe i &lt;t Les vents ont-ils
prise sur les piantes de la torre ... ? n, najmu •
plante sans tige, cf.
n• n, v. 10. - V. 37, takl1n, lire takun. - V. 4,: "Tu es la beaulé
de lon siecle pendant ta vie, el, apres ta n1ort, tu seras l'ornement de
l'hisloire ... ll ....... V. 45, 'dsinun, lire 'asan u", autrement le vers serait
faux.
Nº ,4: 1, qanli, Jire qatlL - V. 10: hawa qabli « lomba avant rnoi •
el non« s'esl élov{i dovant moi lL - V. 11: t'awat du 1'r hémisliche
doit ctre placé au commencement du deuxicme. ~ V, 36, le vers est
fan,; il faudrn saos doute ajouter bihi apres ta/¡fü; il en est de meme
du vers 38, oii il faudra probablement ajouler min avanl ba'd.,.
Nº ~6: v. 7, remplacer ma par wamii aprc)s nakü.nu - V. ~9, traduire t'alama par «que de fois, il y a longtemps que ... • et non
par« il y a longtemps que ... ne pas ,,.
l'\ 0 ~9 : v. 1,, nuhzahu 1 lire nuhzatu; lire aussi (atan «jcune
homme, braven et non/atü'un ((jeunessen. Le poete dit: &lt;tLesjeunes
gens ignorent-ils-que je suis (moi qui suis Jalo.hum= leur brave) la
proie de la tyrannie ... ?». Sur jata•, cf. en particulier Tarafnh,
Mo'allaqa, v. 4,, ~ V. 16, 'innl, lire 'abi.

a

ou

=

Nº 3o : v,

10: tt

O toi qui veux, par ignaránce, me conduire vers un

autre que Jui (sache bien que) la lumiere de raurore rend inutile le
flambeau ii.
N" 3,: Y. 17: ne pas confondre jiddun 11 eífort, travail soutenu »
avcc jaddu 11 « bonheur 1 succCs ». - V. 19, voici le sens: toutes les
fois que le destin fait le mal, il le fait volontairemenl, mais si une fois

il fait quelque chose de bien, il le fait par erreur et comme malgré
lui. - Y. 26: &lt;1 On ne doíl pa, pleurer la mort de l'un d'eux, car, il
est imrnortel par les belles actions, les souvenirs qu'il laisse ... • · V. 70, fad'hahiru, lirefad'hdhiruhu.
N° 32: v. 3, 'asa'a, lire 'isd'atu. - V. 1:J, 'it'dfaha, lire 'a'fdjahü..

�344

,

BULLETIN HISPAlUQUE

- V. 18 : « Apres toi, les malheurs les plus considérables paraitronl
insignifiants (tellement ton malheur est grand) ... ,.
N° 33: v. 8 et g: e: ~oui, sommes inslruits par ce qui arrive aux
autres, máis nos ambitieux désirs nous séduisent, et nous nous Jais•
sons tromper; si la morl doit t\tre le terme de toul vivant, peu importe
que 1a v'ie soil longue ou cour_te ». - V. 15, 'anfas-, lire 'a'anfas~
(cf. n• 5,, v. 13).
N" 34: v. 8, traduire le~$ hémisticbe: (t Comme les nuils éclairées
par la pleine !une sonl au-dessus des (surpassenl les) nuits fajblemenl
éclairées ... n ¡ btdh ul- liyri.ll, ce sont les quatre ou cinq nuits oll
le clair de lune cst le plus vif1 tandis que dura ll"', ce sont le!f trois ou
quatre nuits sombres au commencernent et éclairées vers la fin par
l'apparilion de la \une. C'esl done par inadvertance que dura'u• a été
traduit par (t montagnes &gt;J. - V. 16, il faudra suppriffier 'a!! du
1•~ hémisliche pour que la scansion du vers soit juste.
N· 36: v. 7: « Si un jour quelqu'un, fut-il doué d'une puissante
éloqucnce, essaie de décrire ses hautes qualités, il sera comme un
muet (lellement elles sonl nombreuses). "
N• 37: v. 48: confusion de cha 'wu" « le poinl le plus éloigné,
extrémité )) 1 avec chii'un H moutons, brebis ,,, ce qui, naturellement,
-a faussé horribleme.nt le sens du vers. Le poCle dit ceci: « Demande
aux aulres rois qui le jalousent : quand done le cheval né de vil
étalon (non arabe) a-t-il prétendu dépasser aux coµrses le coursier'
de noble race qui arrive toujours le premier au but? &gt;) - V. 49,
'alaisü, lire 'ala!sa. - V. 51 : confusion de bahat u elle a rivalisé de
bea~té&gt; (3' fo;me de bahii « Mre beau ») avec blihat « elle ,·esl
rappelée n (1" forme, racine b-w-h); 'a!.!juhu" signifie &lt;( visages 11 et
non « apogée •· Le poete veut dire: « En possédanl Benou 'Abbad, la
terre a pu rivaliscr en beauté avec le ciel, car leuts visages sont des
soleils et leurs mains sont beaucoup plus riches et plus généreuses
que les nuages du ciel (qui donnenl la pluie). - V.-68: il s'agil icisi du moins il n'y a pas de faute d'impression - de qunyatu11 • acquisition 11 1 et non de qalnalu" (( filie belle, esclave chanteuse»: &lt;( Pour
lui, la louange esl la chose la plus précieuse qu'on possede "·
Nº 39 1 v. 10, ne pas confondre wa-raqqa « •.. et il devint mince,
diaphane n avec waraqun &lt;1 feuilles ».!
. N· 41: v. ,, 'arafab, Jire ·a~afat. - N· 4,bis: v. 9, jira, Jire
firüri.
N• 44 : v. 1 : « Tu m·as reviltu des plus larges vetemenls de la
maladie ... », c'est-3.-dire u tu m'as rendu tres malade )l.
Nº 45: v. 6, fadii veut dire « écho n et non &lt;&lt; mort ~- Lo sens est
ceci: &lt;e Tu as appelé la victoire, et elle t'a répondu : me voici; tu n'as
pas ressemblé a celui qui appelle et a qui répond l'écho (de sa
voix)».

•

345

BIBLIOGB.APBI.I

N• 51 : v. 14, al- 'ud' ru, lire al-ghadru. - V. 181 but'iinunn,
ire bal' nu'', etc.
Relevons encare quelques erreurs qui. se sont gNssées dans la
premiere partie:
"
Pag 27, note 1, vers t: • AprCs celte séparation, n'y aura-t-il
done plus, pour"'nous, de mayen de nous réunir, afin que chaque
amoureux puisse raconter 3. l'aulre ce qu'il a rencóntré (en fait de
souffrance ... ) l)
P. ,8, note,. Le jcu de mots csl impossible dans le mol Mochlari
planete Jupiter. 11 ne faul pas oublier que le participe muchlari
veut dirc uniquemcnt u acheteur n; c'cst muchlar&lt;i qui signifie
« acheté1&gt; ¡ or, Ja forme muchtarl est exigée ici par la rime, autrement
il faudrail supposer une licence poélique ( 'iqwa 'u") plus que rare.
J/. 42, note 3: confusfon de-'ahiibu (1~ forme) « j"éprouve de la
crainte, du respect n _avec 'ahiiba (4" forme au prétérit) « il a invité, .
On n'a pas réfléchi que le verbe haba fait l"aoriste 'ahabu avec
maintien de - a-.
P. 43, note 5, au lieu de lan, Jire 'an. ll faut done traduire
le i" hémistiche : • O vous donl il nous sera bien pénible de nous
séparer ... &gt;, et non pas e&lt; O vous qui vous étes montré bienfaisant a
notre égard, apres nous etre séparés de vous ... »; car, 'azza 'al&lt;i ne
veut pas dire « se montrer bienfaisant envers ... &gt;, mais seulement
« elre dur, pénible a...».
P. 97, note,. La pensée exacle du poete esl celle-ci: « Si le feu ne
brUlait pas ce qui l'avoisine, on ne reconnaitrait pas la bonne odeur
du bois d'aloes (que l'on brule en guise d'encens) ».
P. 101, note 1. Le seos du vers de Motanabbi ne parait pas completement rendu; car, au lieu de: « Et je n'avale, A me suffoquer, point
d'eau si je ne sais que vers cetle eau a campé une famille d'amis J), il
faudra plutOt traduire: et Et síje me suffoque en avalantde l'eau, c'est
parce que cetle eau me rappelle l'eau pres de laquelle campenl les
parents de mon ami e n, etc.
En terminant, nous prions l'auteur de .voir dans ces quelques
observations, non une critique, mais bien plutót la preuve que son
travail nous a vivement inléressé et que rious l'avons lu tres attenti•
·vement. Nous saYons bien qu'il est toujours délicat d'étudier un texte
arabe, surtoul_quand il s'agit de poésies, et qu'il est difficile d'éviter
dans le délail toute imperfection et faute d'impression. Nous reconnaissons done volontiers la valeur de cette étude et le méri te de son
auteur; nouS souhaitons qu'il poursuive ses ;echerches scientifiques
sur l'histoire des Arabes et qu'il n~us donne bientot f)e nouveaux
travaux qui seront certainement bien accueillis par les cercles
arabisants.
MICBEL FEGHALI.

=

a

�346

BULLETm RISPAlUQUB

BIBLIOGJlAPRIB

S'• Teresa de Jesús y San Juan de la Cruz (Bocetos psicológicos)
por Juan Domínguez Berrueta, Madrid, Beltrán, 1915, 69 p.
petit in-8•. - S. lean de la Croix '1542-1591) par Mgr Demi-

comme les autres personnages de l'histoire; et cela ne les rapeti&amp;se
point, au conlraire. C'est ce qu'a su mettre en lumiCr~ M. Domíngoez
Berrueta daos le Bocelo psicológico dont j'ai donné ci-dessus Ie titre.
S'il y a un élétnent qui nous échappe, qu'il soit divin ou, en défini•
tive, simplement inexpliqué, mettons-1~ en marge sahs discussion
oiseuse. Faisons, de méme, la part de la légendc en mettant celle-ci
part; et attachons-nous a ce qui est vraisemblable et sllr. Pour un
saint du xv1.. siecle, il me semble que ce n'est pas impossible. Cambien je p1·éíere un de ces épisodes qui marquent la conftance de Jean
de la Croix en Dieu pour ce qui touche aux nécessités Lemporelles;
par exemple celui qui se place
Grenade: les provisions arrivant
juste 3. point, sans qu'U veuiJle qu'on se melle en quCte. Tl faut
aussi le voir confectionner lui•meme la décoration des creches pour
la Noel, Baeza, et diriger la représentation de rudimentaires .autos al
Nascimiento; ou .supporter une·opéralion douloureuse, sans broncber.
Et cette lettre de la Mere Thérese, qui aurait pu elre citée, et ou elle
dit qu'elle s'esl fachée parfois contre lui: elle ajoute, il est vrai, q11'elle
n'a jamais vu en lui uneimperfection (letlre citée par Mir, ll, p. 96).
Thérese se ruchan\ contre Jean de la Croix, contre son Senequita :
voila des saints vivants, et non de saintes images en pierre ou en

muid, Paris, Lecotfre, 1915

(2'

éd. 1916),

210

p. in-24.

La helle collection « Les Sainls •, á laquelle appartient le second de
ces volumes, est jusqu·a présent assez peu orientée vers l'Espagne. Je
note le Saint Fran9ois de Borgia 1 par Pjerre Suau, et la Sainte Thérese
d'Henri Joly. C'esl lout, avec le Saint Jean de la Croix. Raison de plus
pour dire au moins quelques mots de celui-ci, a l'occasion de ~a
2• édition. Espérons que sur ce mystique nous aurons bientOt beau•
coup mieux, et sur sainle 'fhérese aussi. En attendant ne déprécions
pas les amvres de bon ne Coi, méme médiocres.
Dans sa préface, qu'il nous prie instammentde lire, et que j'ai lue
(aucun mérite: elle tient une page), Mgr Démimuid tienta nous faire
savoir que sa principale documen_talion lui a été donnée libéralement
par le P. Grégoire de Saint-Joseph, le lraducleur des Leltres de sainte
Thérese. Dont acte: l'auleur ne pouvait d'.ailleurs mieux recommander son amvre qu'en s'acquittant de cette dette de reconnaissance.
11 se concilie l'attention dCs le début d'une autre maniere: par la
critique qu'il fail des déposilions des témoins qui comparurent lors
des procE:s de béatification, touchant le miracle, par trois fois répété
avec des variantes, auquel le saint 1 enoore enfant, aurait dü son salut.
On aimerait peul-itre pareille indépendance par rapport a la tradilion
qui fait reman ter !'origine du Carmel au propbete Élie. Aulant valait
n'y fair~ qu'une allusion 1 puisquerien n'ohligeait, en somme, ada van•
tage. L'auLeur peut, il est vrai, faire valoir que cette tradition a dti
avoir quelque influence sur son personnage daos le choi:x d'un ordre,
aussi bien que ce qui est raconté de la regle donnée en 12 14 par
Albert, patriarche de Jérusalem et de l'apparition de la Vierge au
pape Honorius. Je dirai meme que le scepticisme, m6me le plus dis..
simulé, eUt été déplacé jci, aussi bien que la discussion sur l'authenticité de pareits faits. Et ce n 1est pas sur ces préliminaires que nous
pourrone juger le travail de Mgr Demimuid, pas plus que ce ne sont
ceux qui nous iqtéressent réellemen\.
Par conlre, on aurait aimé encore plus de réserves (il y en a) touchant les dires des témoins qui déposerent aux proces de béatification,.
ou propos des récits ..plus ou moins extraordinaires qui tendent
prouver des dons ou des pouvoirs surnatu.rels: telle l'histoire de cette
jeune religieutie de l'lncamation qui avail signé un pacte avec le
diable (p . 181). Tout cela est loin de produire la elarté 011 nous voulons voir.m0me les saints: ce n'estque l'ombred'une fantaisiepieuse.
Les 88ints penvent etre étudiés historiquement et d'une fa,¡on critique

a

a

a

a

a

bois I\

Mais ce qui nous attire surtout 1 c'est la partie vraiment historique, l'exposé de la vie active du saint; et nous y arrivons dbs le
chapitre II, avec la réforme des Carrries, dont il fut selon le P. Mir
(11, p. 57) la« premiere pierre fondamentale •. Nous suivons done Jean
de Yepes, devenu successivement Jean de Saint-Mathias-et Jean de la
Croix, á Duruelo (1568, il n'a alors que vingt-six ans)•, á Mancera
(1570), a Pastrana, a Alcalá de Henares (1570), partouL 011 il innove,
par son exemple et de sa personne, la réíorme des Carmes; .i. l'fncarnation d'Avila ( 1572 ), 011 il dirige pendan! cinq ans la conscience des
Carro.élites, oU, en m~me temps que sainte 'Thérese: it aurait eu, suivant une relation, les faveurs du ravissement (Mir, II, p. 223 et s.), et
d'oU vinl l'arracher la fureur des Miligés. Enfermé, a TolE:de, daos un
ignoble cachot, et soumis aux plus odieux traitements, qui justifient
assez les craintes de sainte Thérese .á l'égard du P. Gratien, il réussit
s• enfuir dans des circonstances voisines du:miracle (Mir, 11, p. 432 ),
racontées ici avec une sainte candeur qui en releve le piquant et le
fantastique. La re~anche des adveN3aires, qui emprisonnerent le
P. Gratien et le P. Mariano, l'abandon général ou sainte Thérese
parait alors tombée, semblaient néanmoins avoir eu raison de la
reforme. C'est it ce moment que la volonté de l'hilippe 11, signifiée au
nonce Sega, fit tourner le ven!, Bientot les Déchaussés eurent un

a

1.

Cf. Mir, U, p. 9$.

�348

8ULLETIN HISPA.!fIQUB

supérieur pour eux (sinon a eux, puisqu'il était choisi parml les
Mitigés), le P. Ange de Salazar. Puis, malgré l'opposition des Mitigés
d'ltalie, el grace a l'appui de l'ambassadeur d'Espagne, du cardinal
Sforza et du futur Sixte-Quint (cardinal Montalte), ils obtiennent de
· former une province autonof!le, dépendant, il est vrai, du général de
l'ordre des Carmes, mais gouvernée par un provincial de leur
observance (1580): siluation provisoire qui ne dura que jusqu'en
1587 1 oll Sixte-Quint, les constiluanten congrégation, leur donna un
vi"caire général encare dépendant du Supérieur de l'Ordre; et celle
dépendab.ce se termina en 1553, par la Bulle de Clément VIII, qui
promulguait l'entiere séparation des deux Ordres.
Pourtant, pas plus que-pour le P. Gratien, premier provincial des
Carmes déchaussés, chassé de l'Ordre en 159'.l, cette période d'ascension vers le triomphe n'est, pour Jean de la Croix, celle de la tranquillité. Apres son séjour au Calvaire, oll il est supérieur,
Baeza,
oll il est recteur, a Grenade, son élection comme membre de la Consulte fut l'occasion de dissentiments graves avec le P. Nicolas. Victime des rancunes d'un confrere, le P. Diego Evangéliste, il est relégué, avec·son assentiment du reste, au couventde la Peñuela, Ubeda
enfin, oll il est traité· comm~ un pestiféré par le prieur. Apres sa
mort, qui ne tarde pas (1591), Ségovie et Ubeda se disputent son
corps el se le partagenl (a aucune époque peut-etre on n'eut, en Espagne, ce point la passion des reliques). 11 ne devait litre béatifié qu'en
1675, et canonisé qu'en 1¡,6.
Outre le P. Nicolas Doria, deuxieme provincial et premíer vicaire
général du Carmel réformé, el l'odieux P. Diego Evangéliste, nous
voyons défilet d'autres fi¡;ures: le P. Antaine de Jésus (de Heredia),
C&lt;&gt;mpagnon de Jean de la Croix (les deux faisant, comme disail plaisamment sainte Thérese, un maine et demi, car Fr. Jean était tout
petit et Fr. Antaine assez bel homme) et prieur de Duruelo, le
P. Ambroise de Mariano, le P. Balthazar de Jésus, Jean de la
Mis8re, le P. Jér0me Gratien. Quel Sainte-Beuve nous fera revivré ce
milieu,
Mais la figure qui dominerait, c'est bien enlendu celle de la
Mere Thé,ése. C'esl d'ai!leurs peut-elre
cause d'elle que Jean de
la Croíx nous intéresse le plus (A ÍOrt?), vu ce que nous savons de son
autorilé sur elle ..
On comprend incomparablement mieux la grande réformatrice et
son reuvre quand, au lieu de la considérer dans l'isolement relatif du
premier plan,on s'attache a l'un ou a l'autre des grands seconds róles
qui lui donnent la réplique, si je puis me servir d'une image bien
profane. Suivre taus ses mouvements comme s'il n'y avait qu'elle en
sOOne, c'est bien: mais il faudrait aussi regarder les autres acteurs, si
l'on veut saisir tout entiere l'action qui se déroule. On voit alors,·sans

a

a

a

8IBLIOGIU.PBIE

349

rien rabatlre de l'initiative de la sainte, que le mouvement de réforme
a ~té assez ?énéral alors chez les 8.mc~ d'élile, qu'il était « dans l'airi&gt;.
D autres f~1t~ montrent aus~i que ce mouvement n'esl pas exclusiyeme~t parh_ d ~n has, du cceur de quelques religieux ou religieuses~
ma1s auss1 ,d ~n haut: Parmi ces fai.Ls 1 la venue en Espagne du
P. Rubeo, general de I ordre du Carmel, est un des prodromes lesplus
1mmádiats (cf. Mir, 11, p. 9 et suiv.).
,\. l'oomTe écrite de Jean de la Croix, i\lgr Demimuid, utilisant les
Lellres du P. B~rthier, consacre a peine le quart de son volume C'est
p~u, pour expUquer la protluJtion d'un mystique de cette envergure.
C est_pour~a~t un peu ~e cl arté sur&lt;&lt; les hauteurs oll ceux qui ne sont
pas _1llumm?s o~l pern_e a le suivreo, comme dit bien justemenl
~~: F1t7:maur_1ce-Kell)'(ltllérature espagnole, p. 259). Et ceserait assez,
s tl éta1t vra1 que loulc Ja doctrine de la Subida del A!onle Carmelo
tient en trois quatrains que commente notre guide mais oU pcrce
~urlout, l'imporlance des anlilhCses dans ccttc éthi~ue éprise. cl'absolu. C est assez, en tout cas, pour éalairer déjíl un pcu la vie in lime
de sainte Thérese. Celle crainte des -Ca\'eurS di\"ines, qui lransparait si
souvent dans ses écrits elle, n'est-ce pas ce que préche l'autenr de
Noc_he. esc~ra .del alma? Aussi b_ien la doctrine mystique résumée par
~Jg~ Dem~mmd a~ec une netl~le non trompeuse, j'espere, parait-dle
avoir son 1]1ustrat1on dans mainte pnge de la Vida écrite par la sainte:
on nous_ en donne du reste un exemple froppant (Vida, cb . XX:).
Est ce l'rnfluence de l'un sur l'aulre de ces deux saints~ Esl-ce refftt
de fa logiq4e mf:me des 'choses ~
~ogique et poésie sont cleux éléments essenliels de ce mysticisme.
)la1s Jean de la Croix ne verse pas la poésie uniquement daos ses
vers, oll la sensualité n'est que symbole, et dont la fraicheur a rnallirureusement quelque peu souifert de l'abus qu,on a fait, depuis, des
memes images et des mCmes gémissements :
1

a

1 Oh noche, que guiaste,
Oh noche amable más que el alborada,
Oh noche1 que juntaste
Amado con Amada,
Amada con el Amado transformada J
En mi pecho floridO,
Que entero para él solo se guardaba 1
Allí quedó dormido,
Y · yo Je regalaba,
\ el ventalle de cedros aire daba.

a

El aire del almena
Cuando ya sus cabellos esparcía
Con su 114ano serena
En mi cuello hería
Y
Bull. hi&amp;pan.

todos mis. sentidos suspendía.

�3$o

BIJ~ -

Ll poélle .. IIOUYII ausú datt&amp; .. prole, Mgr tHmlftlllld Clle · Ulle
image, qui, par la jullellJe, ·•11 moine apparenlé, MI • - leialaaanle: !'Ame compaÑe ·aa morceau de bois IOUltlia l faclloa _
du fe11.
lli la penaée de saiot Jean de la Ctolll. klaire la vle el l'o,utte
de •ainte Tbére.1&amp;, elle y trouve auHi tob cot,-ecllf, au molnt .
en ce qui 1oucbe la cootemplatiOD, La saiole ne conrnnil pa1
avec oelle-cl la perfection et ne la croit p11 lodi1pelllllble; l 11nuve
ce oojam,n, di\ l 1a plume 81 voloolien humorlalique el cité ptr
. M. Berrueta daos . IOn OpUICille : • DIOtl DOI llbte de gettltl tan
eeplrilual, que todo lo quiere hacer co111en1pltclon, d6 donde
diere ... •· Sana doute Jeao de la Crolx; en maliere de myetlélsme.
.,., un paychologue et un expériméJltal; mais Tb4Ñllé l"eel enoore
4-vanlagé.
•
.
. . .
Jean de la Crob esl úne dea figures ioléressantes, ma,1 ti a
~ttl auaai une des flg,ires loqulélantee du xn• siecle eepagnol.
Eet-ce parce quºon. l'.avait mal compris, ou parce qu'on avall
défiguré ses écrils~ Toujourt1 eat-11 qu'il n'a paa lnqul6té •~uleinenl de aon vivalll, mais aussl aprés ,a mórt, des gen, qu, lle
coosidéralont pn les queeliooa de doctrine a1ec l"ioaouolance deo ·
pblloaophes et né preoaieot pas a priori II d&lt;!!en1e des my11lquet,
comme oo le fait · Volooliera 11uJourd'bui par dlleltlhtl&amp;me. Dane 1t.
Corre,p0ndanu d4 M, Lollil Tro1110n, troi1iltn1 1up1rkur de &amp;lnl·
SWpice, édittle par J'abbé llerlrand (Paris, 1go4), oous liacm1 ceci Ala
dale de 16g6 :
Lo Jlvre du B. Seen de la Croix est boo, el on a bien éclálrd

lolilés lea

proposlllons qui ae trouvent daos ses ct,uvres, el que quelques pem,nnea
peu m7lllques n'apprOllvalent JIIS (t. 1, p. •67).
·

poa,an

La'. queslion est de sa,oir que! leste lºabbé Troolire ...
Quand il s'agil dºapprécier la • valeur lilléraire de l"~uv": n,
Mgr Demimuid 6'l dérobe rapid?~ent. 11 M conteole _de a_ter
des autorilés qui ne sont pas precitémenl modernea : V1llemun,.
1&gt;emogeot. 11 faudrait connallre toule lt lyrlqu~ espagoole du
xv1• siecle pour mettre A •• Pla&lt;:9 un lel ~ - Ce "61&amp;-la de•~!'
forcément échapper 1 quelquºuo qm y esl ao peu profane, ce qu il
· semble.
La plaquetle de M. Berruela i laquelle j'ai tléjll fakallusion, conlienl
deu, cooCéreooes luea a l'Uoiversilé de Salamaoque el consacréea
ruoe sainle Thérese, l'autre sainl Jean dela Croi1. 11 esl dºaillenn
questioo dea déu, sainls daoa !"une comme dana l'autre. La premihe
esl peul•élre la plus agréable, parce qu'elle fai, ne.oorlir dºune Ca~n
piqnaole le vrai caractens de la oaiale, La - • est pl'!ll&gt;I une

a

a

a

-•!Mi.....

...IQIJI

3&amp;,

~ • \111 li.tllhlltaÍe l iMII elll! 1k11U ljljlOfÍé tul fell-1gllffll6llt
~ ... ai6Ilflahlt !
4ot • ,,,... lfl,i/o Jtalldti, 481
:111■,l111o ti, lfdl81ftt lll!llor 11d Abdft!I, 1161Uf11 da Ullllli-teros •
..... -.11, - tt,lwe. de l'Ulli1'8fslW de llllllln1•aqué; da i&amp;65 l 1&amp;ea,
Gllllllll.,.,,., (M11411111 e, •m), l!i 1111 1911 COllllbe "6h;go •.
G. &lt;lUl.01'.
.

e-•

O ~ t ó 4b

,,.tl/idade,

cU Lula Pella Cru, noira edifáó

· ,o,.Jo,,,. d tk i 6bl I publicada por Edgar Pn!lllage1 éoimbn 1
lmpNBlll-cla tJaiTertldade, •fl•tlt 41 P•

t'bfifl'aa'e tillm¡i,lm6 par 11. Jlresiage ilait de,e11u prééque introu"ilflft. 0A ll'lill c611oalilalt ,¡ue deux exemplaires. 11 nous reoaeigne
jjlf U. ~ód6 lmporiaole de l'blsfolre d'Angola, c¡elle t¡u, va da 1 ~ 1,
dall! iL! l'appaílllon sur la c&amp;le al'riclloe de é:oroefüe Jol, dlt Jambeill,.lkrit, Jdstpi'l la d6Uvrsnoe de Loanda ~t Correia de Sá e lie..avides

ill 11141. C'eal le rkll d'un Wmoln ocule.lre. llaia il tend a aggraver
111 tAtta die HóllmcWs. !:11 outi-e, le catbollclsme exalté de J'auteur

r.11-. cléue bilervmlr fa tlrondeoce. 11 n'est paa douteux, comme
1'lll'lll6 Lata lells !=nu, qne la Colooie tu I altaqude 10 Dl41pria do
dftllc iltls pos, quaníl un lnl6iil COlllmun rapprochait lea l&gt;ro'fÍnoaelfni.&amp; et le l'ortul,ál conll'e fes Espagool1, ao moment ¡,deis oa del
~ 0 1 1 1 ~lent d~l eogapea, apreio l'aveoement de Jean W,
pllUt lé' nlla:bll1aeo:16Dt de la palx el la conctnaion d'une alliaoce
lllll'lliJé.

Pendtnt

les aonéee qu{ suMnnt, la prniaon d'Aogoja,

pf!Wa d6 ,16,tle ooolinttoícalióo

ávec la c6te, meoac4e d'un aouH¡yemeal ~ dee Sobu qui preoaieot le parti du vainqueur, harcelée
par les lacursloiu aubites de la reiDe Ginga, depuia Jonglemps en
molle oovarte, eut de la peine II se maioteoir aMa,;aogaoo. Tut6t
11N ■I CSlldl
Glllldllllh liDmllMtlW fflll. lal lm¡IIINII ud édlledll
■apsieur en nombre, tanlOI, pllllllé a • IIOIII flU MI felllllon1, elle
repmiall lelt armea. Let renforls de la mélropole -ne lui parve11alent
qll'l de ntilé láteñáll,s. 11 6tal1 plus qu'évídenl ctue la ltollaode Íe
rétuuit l U:á:liler l. claos68 du iralkl. L'am,'8 dea ageo!a de la
Connia,nle deo fndes occldeolalea, porteara de m-¡ea pacific¡uu,
an~t preaqae teaJoura de nouveaux -piélemeota, D'aolle

*

,-11,

r~.•·fr.-•

•• Je •'"""- de_poder '8 f6d11Íoa deo 06ra ül ál,Uoo Sa ; _ • la
Cllt (lfts,,o,.., da1II .. Jta1 8'fut • - • d'j¡,fnW61f - léolean dos

. . . . . ' .......... A.a l l l l - llflpltlftlltt 81 lrifde 11111H dfaf
..- _t.,_
de laCroiu,
Dom PI,. CbeTOller dau ua aulre, ialllul, «te Cono&amp;

•-••o

..... opillluel de IOjal ~ de la Crolu-1-U '1&lt;I llllerpoWh lhls Jo don aú mo1ao
..,._. 1111 f'mn...,. ,ta P.
1111 8. 81111-ld, "'-'- " .. f&gt;odM-

&lt;• • .........,1,1l)IIIUl-dl di 11. lewiNll-.

~
- IIIIIW • Mrl/t (....._., 11d~ o6 l'OII llóllWfl ;liñliun .,..__~P4-tlNla&amp;1eaaÑlaGni&amp;.

le

�352

353

BULLETlN •HlSPA!lilQUE

BIBLIOGRAPHIE

le roi de Portugal, craignant de rallurrier la guerre en Europe, s'était
prononcé officiellement pour le slalu quo. Cetle situalion équivoque,
que les deux gouvernements, _ponr des raisons dinrses, évitaient
d'éclaircir, dura sept ans . CoL·reia de Sá, en 1648, avait-il reyu l'ordre,
comme le prétend Cadornega 1, d'expulser les Ilollandais parce qu'on
manquait d'esclaves au Brésil, ou l'avait-on chargé Seulement - c'est
la version du Manifeslo das ostilidades - de se forlifier dans une
posilion d'attenle
Quicombo) Le lcxle réédilé par M. Prcstagc
ne fournit, pour trancher la question, aucun argument décisif. On
peut supposer, néanmoins, que le gouverneur était encouragé par des
·inslructions secretes prendre une initiali-ve donL la monarchie devait
le rendre responsable en cas d'échec . ll est a remarquer, en effet,
qu'il amenait de Rio de Janeiro 700 ou 800 hommes, ·qu'il résolut de
brusquer l'attaque, avec le plein consentement de ses capitaines, apres
un naufrage qui avait enlrainé la perte de :wo faatassins, en.fin que le
combat, mené avec une vigueur exceptionnelle, lui c01lta plus d'un
liers de son elTeclif. Dans la lellre ou Jean IV fail part de l'événement
au marq~is ·de Niza 1 son arnbassadeur, il s~efforce d'établir qu'il y avait
eu provocalion et rejette la faule sur ses adversaires . Ce qui se dégage
netlement de cette narration sans appret, éma-Ulée pourtant de quelques citalions de l'Arioste et de Guarini, c'est l'habileté de Correia
de Sá qui profita, pour surprendre la ville, de l'absence d'un corps
expéditionnaire envoyé contre les Portugais de l'intérieur, qui facilita
la r-etraite des v:aincus par une capitulation avantageuse eL réussit, en
employant tour a tour les pi-omesses et les menaces, a rallier les
Sobas . Tout nous porte a croire que le roi avait préparé savamment ce
hardi c&lt;:mp de main.
G. LE GENTIL.

main. Avec lui nous parcourons les quarlicrs délabrés , les ruelles
tortueuses . 11 évoque le passé des corporations, si prornptésjadis
8 braver l'éveque et la monarchie. Nous les voyons lransporter
leurs pénales de la ville haute a la ville l.Jasse, du fleuvc au largo
de S. Domingos, invoquer l'appui de Jean"l.11 contre les propriétaires
exigeants ou récalcitrants, batailler, pour le maintien de leurs
privilCges,\ avcc les forains et les colporteurs. Parfois ce sont les
fommes qui poussent le cri de guerre et lapidenl les agents du roi.
On peut suiyre ainsi, a travers les si8cles, la vie turbulente et
pourtanl laborieuse d'une pelite bo1lrgeoisie qui ne délCgue se.s
pouvoirs qu'él bon escient et qui défend son droit de contróle avec
une singuliCre Upreté. C'est dans les revendicalions du Conseil des
vingt•qualre, adjoint pour le surveiller au sénat municipal, dans les
démélés de la populace avec les almotacés, fonctionnaires préposés
a l'hygiéne, chargés de fixer le prix des denrées, qu'on découvrirait
les fondements de la démocralie, du libéralisme tel que l'ont compris
Fernandes Tomas et les frt!res Passos. L'auteur, d'anecdole en anecdote, retrayant l'histoire des murailles, des couvents, d·es hópitaux,
de la navi•gation du Douro, des transformations opérées vers la fin
du xvm· siecle par le corregedor de Alroada, passe en revue tous les
aspects du vieux bourg ecclésiastique, depuis le Moyen-Age jusqu'8
l'invasion napoléonienne. Nous souhaitons qu'il ras:;emble ces fragments épars, qui tous ont la saveur de l'inédit, pour en faire, dans un
cadre plus vaste, une véritable reconstitution archéologique, sociale
et Poli tique, dont il possede, d'ores et déjii, les éléments essentiels.

a

a

Carla~ de Passos, Lembran9as da lern,, chronicas hisloricas do
Porto, primeira sede, Porto, _1919, 202 p.
Ce livre· pittoresque 1 formé d'arlicles publiés au jour le· jour el
relevés d'une pointe d'archa·ísme et de régionalisme, rappelle, toutes
proporlions gardées, la maniére du roman historique. L'auteur
s'insurge, comme Garret et Arnaldo Gama, contre le zele iconoclaste
des municipalités entichées de ·progresa l'américaine. I1 a pris a tAche
de réveiller chez les Tripeiros, ses concitoyens, le patriotisme looal.
En attendant il leur enseigne, par une série de digressions humoristiques, le chemin des archives . Sa documentation esl de premiere
1. Outre la relation de Cadornega, compagnon de Correia de Sá et historiograpbe
de la province, consultar Gover110 gual de Angola, Repartü;ilo do gabinete, subJidios
para a historia de A.n1ola, eol/eci;M de documentos, restaw;a~o CU Angola, Loanda, 19.18,

5-1 p.

G. LE GENTIL

le Maroc, publié sous la direction de Marce! Monmarché,
2• édition, 3o caries et 21 plans, xv1-396 p. Paris, Hachette,
1921, 20

francs.

Dans la colleclion des « Guide, bleus • aucun dont l'apparition ful
plus désirable. Nous n'avons pas altendu, cette fois, le Baedeker. Ce
guide, c'est un Franc;ais qui l'a rédigé, sur lJDe documentatio.n réunie
par lui. On lui a laissé l'honneur exceptionnel de voir son nom
figurer sinon sur le litre, au moins au dos du faux-litre; c'était reconnaítre sa méritoire paternité. ll s'agit de M. Prosper Ricard, jadis inspectcur des Arts iodigenes 8 Fez, aujourd'hui chef du mt3me service a
Rabat. 11 a apporté a la confection de ce manuel le meme soin minutieux qu'il met depuis des années a la reconstitution, a la réhovation
de la technique des villes et du bled, ¡jour le plus grand avantage des
ouVriers marocains et par conséquentaussi de·ootre Pª)'S. La ,Médition,
qui est de 191 g, a été sans dou te bien vite épuisée: une seconde a d éj.\

�354

RIBLIOGRAPIIIE

paru1 avec Ja date de J 921. Elle a, de plus que la premi~re, 20 cart.es,
• plans et une cinquantaine de pages. Beaucoup d'additions onl été
faites. L'auteur, et pour cause assurément, avait óté tres succinct sur
quelqucs monuments: les tombeaux des chérifssaadiens8. Marrakech
•
par exemple; il a pu cetle fois fournir plus de details. Des remaniements, meme simplement typographiques, donnenl plus de clarté o la
description. Un tableau synchronique permetau lecteur de se repérer
plus facilement dans la chronologie de.J'empire marocain •. Un AperQu
religieux précede ce lle fois I' Aper~u artistique et littéraire, el/¡ 1' AperQu
adminislratif estjoint un Aper&lt;;u etbnographiquect linguistique, avec
un petitvocabulaire franco-marocain qui fait le pendanl du pelit voca•
bulairc marocain~fran&lt;;ais. Ces amélioralions scraient utilement complétées par une autre, dan, la 3• édition: un lexiquecxplicalifdcs termes lechniquesemployés daos la dcscriptlon des monuments, Jexique
dont M. Brutails a démontré récemrnenl l'exlr~me nlilit~, In plupart
des nulcurs employant les mols dans des sens différents, snrloul
quand il s'agit d'architecture 1 une habitude fAclJeu~e qui doit
remonler la Tour de Da bel.
Los plans Sont aussi clairs que le permellent l'étroilesse C'l l'enchcvCtrement des rues et rueJles, aussi bien que l'échelle forcément
réduitc qu'il a fallu adopter pour eles villes si ótendues. fonnées de
douhles bu triples agglomérations, cornmc Fez, Marrakech, Rabal. la
description des centres touristiques a élé clhis(•c en itinétni1es qu'on
fera bi'e n de suivre, de préférence aux indications des interpretes
(avec 011 sans médaillc), qui n'ont qu'unc idéc, mcner leur client
aux souk.s et gagner une pelite commission sur les achats qu'il pourra
fuiro .
.

Georges Hardy et Paul Aurés, Les grandes élapes de l'histoire du
Alaroc; Paris, E. Larose, 1921. 115 p., grand in-8•.

a

Le ~laroc et l'Aadalousie, pour ne pas dire ausfli la Castille et
l'Aragon, sonl a de multiples égards el ju,qu'a un cerlain point
le meme pays.
La partie dont nous avons assurné le proleclorai cst pour nous une
~aison de plus de nous intéresser a la péninsule ibc'·rique oll tant
d'aflinilés d,_c lout ordre, gJographiques, gáologiques, historiques, clhniques, linguistiques et littéraires, qucl q11e soit J'énorme écart de
ci vilisation actuelle, allirent l'obscrvation el donneront peut-étre Ja
clef de plus d'un problllme. Les éludes marocaines et les études hispaniques sont liées. Je crois d'ailleurs qu'on l'a bien compris ou
Moroc.
G. CIROT.
1. M. llica.rd a publlé en 1919 (Cas3b(anca, Sen ice lo~ographlque du ~hroc) une
plaquelto qui pcul rendre de• icrrices, quols que soienl h:s amcodemenls l y apporter: ,les dynulies marocaines en dix lablrau.r- et un gro1,hique. Lo grapliiquc, lorL irtgfnieux. doune une représcnlation de l'extenslon eL de la d nréo dc:1 dl11éren f('¡¡ rlyna s~
Uos.

•

355

BULLETJN HISPANIQUE

Ouvrage destiné aux maitrcs de l'enseignement primaire du l\laroc,
et conlenant l'essentiel au point de vuc hislorique et artistique. A signaler· ici, car il peut intércsser en Espagne, et i1 ne parait pas avoir
son équivalent en espagnol. Un expos{· sobre, des croquis simplifiés,
tout ytend a mellre en lumiCre "Ce qui est caractéristique et ce qu'il
iaut retenir.
G. C.

Angel Marvaud, L' Espagne au ,.,, siecle. Étude politique el
üonomique. Deuxieme édition, revue. Paris, A. Colin, 1915,
in-16, xv-517 p. Carie en couleur

a 1:

5.000.000, liors

texle.
Le livre de M. Angel Marvaud se divise en quatrc parlies: l'Espagne politique, l'Espagne économique, la Question sociale, l'Expansion espagnole au dehors.
La premiCre parlie cst la p]us longue. L'autcur y e-xpose loulcs les
questions qui intéressent la vie publique du paJS: l'étoblissement du
régime conslitutionncl et parlcmeritaire; - la justicc et radministralion pro,inciale; la ro1auté et les portis politiques; - le mouvement
régionalistc en Catalogne et en Biscaye; - le clergC et la question
religieuse; - l 'arrnée. U monlre la persistance des forces du passé,
l'iníluence des gucrres carlistes, les déformations suhies par le r0gime
représcntatif sous l'inlluence clu caciquisme, la puissnnce énormc du
clergé et de l'armée, seules forces organisées daos le pays.
La seconde parlie lraile des finances publiques, ele la poli tique
douaniCre, de l'agriculture, du sous i;ol, de !'industrie, du commerce et
de la navigation , du crédit, des Yoies de communication et de l'enscignement. On regreltera que l'auleur, dans ce lableau de l'Espagne
au lrarni1 1 n'ait pas tenu assez de comptc de la diHrsité des aptitudes
régiohales, dontil a su, par ailleurs, montrer lC's contrastes (p. 2 a 5;
p. 491 ). Le probleme agricole ne se pose pas dans toules les parlies
de l'Espagnc dans les mémes termes. ll y a des difTérences profondes
qui proviennent du so], du climat, de J'abondance ou de la rareté de
l'eau, du régime de Ja propriété, du gcnre Oe vie des habitanls. ,tames
contrastes dans le domaine industriel. Et la procluctivilé, suivnnt les
régions, s'en ressent. Mais, a tout prendre, J'inlention de l'auleur n'a
pas été de nous donner une clescription géographique de l'Espagne.
Tel qu'il esl, son livre nous fournit un état économiquc tres complet
et tres judicieux. Et les conclusions sont parfaitcmenl exactes (voir

�356

BIBLIOGRAPHJE

BULLBTIN HTSPANIQUE

notammenl ce qui a trait au régime minier, p. 308; 3. !'industrie,
p. 316; aux aptitudes commerciales, p. 337).
La troisieme parlie est volontairement résumée, l'auleur ayant antérieurement consacré la Queslion sociale une élude complete, . ll se
contente d'en reproduire les données essentieJles.
~ La qualrieme ré.sum~ ta· politique étrangere de J'Espagne et expose
la question marocaine. Un chapitre .est consacré a11 mouvemcnt
&lt;i américaniste n, question peu confl.ue de la pluparl des lecteurs
franQais. Enfin uneconclusion générnle résume !'ensemble du livra
et indfque les queslions qui se posent devant l'Qpinion. L'Espagnc
se rel8vera a.la condition de s'allaquer a l'ignorance, de renoncer
au particularisme el de s'eur.opéaniser. La France lui servira d'interm~diaire.
Le Livre de M. Angel Marvaud est done une enquete sur l'Espagne.
Ce n'est pas la premierc. Peu de pays onl provoqué comme nolre voisine la curiosité des franQais. fl serait utile d'en chercher les raisons:
question de voisinage 1 sans doule 1 et communauté des som·enirs
guerriers ou paci(iques; sentimenl aussi, que ce peuple idéalisle esl
a la fois tres dilTérent du nótre et tres rapproché. De la lanl de livrcs
publiés depuis lrois siCcles: le Journal du conseiller Berlaut (1669),
les Mémoire. de Saint-Simon, l'État présenl de l'Espagne de l'abbé
d, Vayrac ('718), le Tableau de l'Espagne moderne de J. Fr.
Bourgoing (1789), l'llinéraire descrtpli(de tEspagne du comle de Laborde ( 1809\ - pour ne citer que les onvragcs qui traitent du gouverneffient des hommes et de l'économie politiqne 1 . Le livre de
M. Angel Marvaud esl une nouvelle maille ajoutée a éetle chai:ne. ll
est un nouveau témoignage de l'intéret que nous prenons a nos voi•
sins el une conlribution a la connaissance de l'Espagne.
Mais il estdilférentde ses prédécesseurs. D'abord il.en estséparépar
tout un sif'cle d'Uistoire. riche en événements de toute sorte. Entre
l'Espllgne du comte de Laborde et l'Espagne d'aujourd'hui, il' )' a
toutC la période rnoderne: la JUvolution, les guerres carlisles l'apparition du parlemenlarisme, la perle des colonies. Une nouvclle
enquét~ était devenue nécessaire. Celle ci 1 loii:i de faire double emploi,
marque le chernin parcouru. Elle vient done a son h!:mre. Mais,
d'autre part, elle est conc:ue dans un esprit assez nouveau. jf. Angel
Marvaud ne nous don ne pas des im pressions de voyage, ni meIDe
une vue personnelle sur Jes choses et sur les hommes de l'Espagne.
L'ol'iginalité de son livre, c.!'cst qu'il e:xprime, bier:i plus que Je jugemenl d'un élranger, l'opinion eles Espagnols sur leur propre pays.

a

1

t. Angel l\larvaud, La Q[ustion sociale en Espagne. Paris, F. Alean, 1910, In-SG,
47j p. Cf. Bull. hisp., 1910 1 p 352.
:.1
On trouvera un exposé de cette lilléralure dans la premiiil'e série des belles
/~ludes sur l' Bspagne de M. ,1orel-Fatio, cha p. I : l'Espagne en France,

M. Marvaud, en efTet, a pu dísposer 1 pour écrire son livre, d'une
tres riche collecllon de témoignages. Au len&lt;lemain de la guerre américaine, il y a eu, en Espagne 1 une vérilable floraison d'écrits, de
livrcs et d'articles. L'opinion publique, tout au moins l'opinion de
]'élite qui pense, s'est trouvée, apres la défaile, en proie l'ioquiétude
et au pessimisme. Préoccupée de !'avenir, elle a cherché les causes de
la décadence et les moyens de l'arreter. Elle a fail son examen de
conscience.' Toute une école d'écrivains, histqriens, juristes, économistes surlout, dont les Joaquín Costa, les Altamira, les Unamuno
sont les plus clairvoyanls el les plus originaux, s'esl appliquée a
l'étude de ce prob!eme. 11s se sont qualifiés eux-memes de lt regenera•
dores )l. Comme au xvm" siecle, au lemps de Jovellanos. cCdanL a ce
goUt des idées générales, a ce besoin d'élaborer des projets grandioses
et de bdtlr la cité future 1 qui est un des traits de la race, les Espagnols
ont mulliplié enquetes, consultations 1 études.
C'est dans celte littératurc que.~I. Angel Marvaud a trouvé les éléments de son enqn8te. Non pas qu'il ait négligé de se renseigner sur
place et directement, ni qu'il ne d&lt;;mne en plus d·un endroit une vue
personnelle des choses. Mais cetle inlervenlion subjeclive est volon•
tairement limitée. Le plus souvent, l'auteur s'efface. Et c'est l'opinion
des intéressés eux-memes qu'il nous don ne. Sa méthode e!Zt érninemrnent objecl~ve.
Le livre y perd probablement en couleur et en pittoresque. Nous
n'y trouvons pas ce que nous avons été habitu-és a trouver chez
)~s visiteurs et les historiens de l'Espagne, la vive lumiere, l'od.eur du
terroir, l'anecdole. Mais ce n'est pas ce que l'auteur a voulu nous
donner. Ce que l'ouvrage perd en piltoresque, il le gagne en exactitude. Ce qui frappe d'un bout a l'autre de ces pages, c'est la sincérité,
l'elTo~t polir etre vrai, pour rester impartial entre les parlis, enlre les
Espagnols et nous. On appréciera avec quel souci de ménager les susceptibililés nationales M. ~Iarvaud parle du clergé et de la queslion
religieuse (p. 161-004), ex pose les atraires du Maroc (p. 44&gt; el 498),
ou les senlimenls des Espagnols pour nolre pays(p. 497-50,). Le livre,
il est vrai, a élé publié a.\'ant la guerre. Écrites quelques années
plus lard, ses concfusions eussent sans doule été un peu différentes.
Elles auraienl certainement conservé leur caractCre de haute impartiaHté.
Les événemenls decesderniCres anilées qui nous ont tenus si souvent les yeux tournés vers l'Espagne, imposent a l'auleur l'obligation,
non de refaire 1 mais de compléter son exposé. Comme il le dit trCs
bien (p. 499), nous mérilons de moins en moins le reproche
d"ignorer l'Espagne. ~lais il reste beaucoup a faire pour renseigner
l'opinion, le monde des affaires et la presse, d'ordinaire si mal informée. Cherchons done a nous mieux. connai:tre encare. M. Angel

a

�-UIQU•

11111
IIIJLl.ffla
~41&gt;1&amp; _ . y aider en 0001 donnanl 11118 nou'ffllle 6dltion de
-11-. U•l"'l1 nmdre UD meilleur -.Ice a
qo'il m
aYeC

lllU d e ~ el de bQane (ol,

la.,._

.

B. CAVAIÍ.I.h. -

, .•. Tai'all,

u

nuna rnoluoi41t,

.1

CBRONIQUE

vol. in-So, 233 , . . .

Baroelone, Benrioh el C0, 191!1,
· L'aulear de 04 livre esl un partiaan de la té«Wnllon iWrlque. Son
eapOir ell de voir, daut une lbérie llbrement uniflée la Catalope
oblenir pour ea tangue el ta cullure propre1, deo gara~lieo analogueo
l callea qu-i l'indépendance a valuea au Portugal, Ansai ae moatre'-il ,parliaan enlbou1iasle de la Société .deo nationa el comecre-t• il la
premin parlie de son livre, el Ja plua Iongue, l en jnalifler l'idée. .
S'il n'en fail pn une élndejnridique, il en raltacbe la créallonll lé&gt;Ule
une rbolullon morale, 1 une • nueva revolución » qui imposera aux
peuplea ooimoe aox lodividns un profond lravall de reforme el de
culture inWrienre,.
On lrouve done dans ce -livre une aynlb~se ingéniense de deux
idéea lres ditrérentes: l'une (p. g5. 163) eaHe droit de la Calalogne
• se rég'8érer, • libérer-dºnne centralisalion oppreSBive, complice
d'nn ·mercanlilisme dégradanl, sa langue el ea culture tradílionnelllll
aa¡aa faire d'ailleun ancun torl a l'unité de la péninaule !Mriqoe;
.l'aotre eal l'aplilode de la Sociéltl des oations garantir anx populalions ih'riquea la possibilllé de jouer lenr r61e daos le monde ooovean. La Sociélé dea nations ae presente d'aillenrs l Taoléur COIDIDI
foadée anr une pénélration tolljoun plus .inlime des denx cultnlalioe el anglo-eaxoone, qui onl taol·d'emprunb l se faire (p. S&amp;). '
Turull eat vl1iblemenl un de ces esprit• ouverb el entboaaiasle1
,vec_qu_i l'oo vondrait communier dan, l'npérance. Son livre fall
comprendre la proronde unité de dedx j&gt;roblemea. que l'opinion
fraoQaÍle n'i¡nore pu, bien qu'ils se posen&amp; ches noos A denx clasaes
d'11pnla tres ditrél,nll, celni da .;gionall■me el celnl dn ilroil .
inlern■lioilal.
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-Lea 4,t6p6t 4,IColnllú ~ ele ._¡pr:,.emn• liul,d•'fllll&amp; /AJ Í'Qllfllllll" le 8 ootobl'e • lardeau 911 - H
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JI tl~i,111C11. ,arlllalaa JICIÚI&amp; -di _ .....,d ¡ 11 i ~•

111# ..,...,,.. M-11.dlll , u ~ qaidoil &amp;Yoir liMI

¡...,.

la dioQled prile au -,rh de Siint-~ea.
J4' ~~ de Paria, l.ylia, Grenoble, llootpelliCr, Toialoaa,
IIIJOIIIIO ,1 Biarrilz t'Máienl fai&amp; rejriaenler. péu Ñancea ont 6té
fel!M, 1'111t I la Cba111hnl de commeiee, l'auir. l l'll6tal dé 'Jiih,
11, QIIJ!lrd, pmideal de k Cbambre de commeroe, fort de l'oplidoll
billl '-blle 4et Chambrea de Jonte la régloo, • montré l'ln1'1tt clwi•
· lllllií -' l111.IPUial d'une ent.eale ,commelCiale enlr6 lea c1eoJ. pa;p.
•· Plllll,rn, mm de Bordaaax, a teft .-!ir lea ~ fflldna
ea , ~ ,-r les traval(le,Jn eapepol,; 11, Telnler, dincteur clt la
~ ue c:hemlna de rer da MWI, .e 11. Maxwell, - , ~
a'ia6ral, an nom dn Oomiléd'eooonrapmenlau toarlame, 011&amp;, i-r du
~ prec:1111, ,fixé les icWes aur le mouvement lonriatic¡ne el lu
IIIOJIDS de l'enc3UNP,, · ton&amp; au moiD■ d11 ne i-• l'entraver. 11 -eil
cl'alr que le COl\t du IM!ll8fl0!"', ,1e,é l 61i franca pour alld en Espt,,
gne, tt aalaot pour revenir, el le d~t de 5o.ooo fl'lllCI pour tnnéblr en aatómobile la rronllire ..pa¡nole, ae soat guere de ualure
l esciler ce monvemenl ni daoa un sens ni daos l'aulr6.
D'aolres qnestions, d'ordre social, écooomiq11e ou unlversilaíre, on 1
616 IIOllletlles el i111Crlle■ ao pro¡ramme du congra. IJail la rélolnlloll 11 plas implll'tanle a 6lé Cltlle od'oovrir uoe con1ollalion entre
ie.
quaUIIN des intélits r.,...&lt;¡aia dan• le but el,, préeber
1eara ~ u deólerlll • d'euminer qnellet conceaaiona leur
.,.__l poealblea en •1111 d'arrlver l meUn fin l un 6tat de ten1Jon
~ p r lea clen,. nation1 rolsinu etamiea •· En conséqueaee, lea
11zk Olll~• ■ 1 lioo •,¡ pnmclMl de la "8loD ~ de
'9 lilt
4a W
el ao Comii! de np~mmt ~
U U 1\1111 I , ,:
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'o i P ol:,t 1 1 ■ .41rC ·114a,1erapproc1i-1de■ n!gio8'
'118 : •·• 11 er :r .tt 1 ;¡a1at.....,011:\411l6.illtt--4uit
__., t ~ - ·; ~ C P o
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•

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•11

�360

BULLETIN HISPA.NIQU:S

de rapprochement, afin qu"une confrontation des desiderata des deux
~ays p~r_mette d'élaborer rapidement, dahs un esprit de large concilia~100 re?1proque, le programme d'entente dont l'adoption pourrait
etrP. ut1lement recommandée aux Parlements et aux gouvernements
espagnols et fraiii;ais •·
Les séances ont élé présidées par M. Imbart de La Tour el M. le docteur Maure. Ont pris également la parole: MM. Thamin, recleur·
CarrCr~, directeur-fon?ateur de l'Amilié Jranco-espagnole; Oyarzun';
Chevaher, professeur a la Faculté des lettres de Grenoble; A. Marvaud, Falgairolle, Ilossfls, Dours, Tronel et plusieurs membres du
comité de Bordeaux.
Le congres de Biarritz aura lieu le lundi de la Quasimodo, ,4 avril
19,~. Pour les renseignements, on peut s·adresser a M. Alioth secrétaire général du comité de Bordeaux, rue Ducau, ?9·
C.

G.

Erralum: 19,0, p. ,98, l. 15, lire CXXX pages (et non XXX;
19", p. ,38, l. 4, lire mollaqd (an lieu de molqaya); l. 15, Pons
Boigues.

•

TABLE ALPHABÉTIQUE
PAR NOMS D'AUTEURS

B.t.BELO.'.'I (J.). - A propos de la monnaie de Ségo,·ie. . • . • . ~ . • . •
RisSBT (R.). - Gl, Burguete, Reclificacione&amp; hístóricas, De Guad.alele a Couad,mga (bibl). . . . . . . . . , . . , . . • , . . . . . .
l:hu1LLO!t (M.). - Les sources historiques de Zaragoza • • • . • . .
BsRnuim (J.-J.-A.), - Herder et le Cid . • . . . . . . . . . • . •
Paul Ferdinand Fricdrich Buchholz • . . . .
Spanicn, Zeitschri{t Jiir AU$land&amp;kunde (bibl.).
li«UTAtLs (J.-A.). -J. Puig y Cadafalch, L'A.rquileclura roínánica a Calalunya
(bibl.) . , , ,
.•..... , .•.
F. de Los Ríos UrruLi, Vida e instiluciones d.el pueblo de
A11dorra (bibl.) . . . . • . . . • . . . • , •
1, 77,
CmoT (G. ). - •·ernán González dans la chronique léonaise • . . , •
Cervantes el les fr(lres Tharaud • • • • • • . • • , ,
Chronique . , • . . . . . . . • . . , . • . . • . 171, 267,
Duque de Berwick y de Alba, Contribuci6n al estudio de la persona
del ll l duque de Alba (bi bl.) • • . • • • • • • • . • • •
Andrenio, Novela&amp; y novelistas (bibl.) • , . • • . • . . . . . •.
A. de Llano !loza d'e Ampudia, El libro de Caravia (bibl.) • . •.
R. de Orneta, Berrugade y su obra(bibl.) . • . . • . . . • , . .
Cervantes, Novelas ejemplares, Edición y notas de Fr. Rodríguez
Mal'Ín (bibl.). • . . . . • . . . • . . . . • . . . . . . • .
A.-C. Pires de Lima, Traditóes populares de Santo Tirso (bibl.) •.
Analecta Monlserrateruia (bibl.). • . • • • . • . . . . . . • . .
A. Castro y Federico de Onís, Fuero, leoneses de Zamora, Salamanca,
Ledesma y A.Iba ck Tormei; Galo Sáncbei, Fuero&amp; castellanos de
Soria y A lcafá de Henara (bibl.) . , . • . • . . . . . • . . .
Lope de Vega, Teatro, tomo 1, Prólogo de Alfonso Reyes {bibl.}. •
Eugeniusz Frankowsk.i, Hórreos y palafitos &lt;k la península ibérica (bibl.) • • • • . • . • • • . . • • , • • • • • • • • • • •
Miguel de Toro-:,-Gish11rt, Ortología castellana de nombres propios:
Americanos; Los nueuos derroteros del idioma; La ck11.xil!me
annie d'espagnol (bibl.) . . • . • . . . . . • • , . • • .
J. Domíngue1 Berruela, S1ª Teresa de Jesús l' ion Juan de la Cruz;
Mgr Demimuid, S. Jean de la Croi:,; (bibl.) • . . • • • • . • .
M. Monmarché (el Pr. Ricard), Le Maroc {bibl.) . • • . . • • .
G. Hardy el P. Au fes, Les 9randes ita.pes de l'hi!toire du ~laroc (bibl.)
CA.n.1LLEs(H.). - A. Marvaud, L'EspagM au XX• siecle (bibl.}. . • . • . . .
Cosns (R.). - Pedro M.exía, chronbte de Charles-Quinl (sui/e). . . . • • • .
ETCHEGOTElf (G.). - Lo roman de sainte ThérCse par M. Edmond Caial. . • •
FEGUALI (M.). - Aug. Cour, Unpoete arabe de l'A.ndalousie: lbn Zaidotln (bibl.).
LB GEl'ITIL{G.). - Le mom·emenl intelleciuel en Portugal.. . • . • . . . . .
V. Ribeiro, Sousa Viterbo e a sua obra ¡bibl.). . • . . • , .
Revista da Faculdade da Universidade do Por!o(bibl.).
Ántologia portugMsa: Frei Luis de Sousa, Vida d.e D. Prei
Bartolomeu doi mártires; Bernardes, Nova Flor_esta (bibl.).

•

3o4
,35
"9

,80

'"
161

,39
335
::169

57
325

153

,so
,69
2!1!i

245
251

346

353
355
355
95
285
34a.
49
163

246

�•

362

BULLITIN HISPA~IQUt

LB GEnrt (G.). - Edg. Prestage, O manifesto dai 01Widades de Luis Felis Cru/&amp;ges_
(bibl.) .•• . . . . • . • • . . . . . • . . . , . . • . 351
,
Carlos do Passos, lembranyM da terra (bibl.). , • . • , • • 35.1
MERUfÉE (E.). - llco~y 'fbomas Spanísh and Porluguese Romances of chivalry
(b1bl ) • • • , • • • • • • • • • • • , 1 ,
1~6
N, A. Corli1, lllfu.lstJ Q/Jijote y Fray Uri~fobal de
(hibt.) 1 50
,tiLLA.RDBT (G.) - T, Navarro Tomás, Manw:il de pronunciació1i española (bibl.). .
6g
Moa.EL-F.n1o(A.).-D.Jua,nAnlonioLlorente . . , • • • . • . . . • . . . 117
Catalogue dea livres de M, Morel,Fatio,
15, ni, 3 1 8
J. H. ,viffen. . . . . . . . . . . . . • .
.
1 4:J
PARIS (P.). - Bas-relief ibérique du Musée prol'incial de Cordoue, ~ ,
17 3
llrnET (G.). - Cbronique . . . . . . , . . • . • . .
•
268
R. R. - C. Moráo Bardón, lnvestigacione, acerca de arqu;olog.ía·y ~;eh.isio;ia· d~
&gt; fo región sal'?1antina (bibl.) . . . . . . . • • . . . , . . . . • , . ,
6i
R1c.tRo (1 r.). - R. Velazque1 Bosco1 ilfe4ma Aual1ra y Alam.iriya (bibl.) .
6,
R1cHARO (G.). Turull, La nueva rduoltloión (bibl.).
• • 1 1 • , ,
358
S.1.kRA.1Lu (J.). - Quelques sources du Cádiz de Galdós.
33

TABLE ANALYTIQUE

Fo~s;c~

DES MATIÉRES

l.
p.

ARTICLES DE FO~D.

Autiquilés. - Bas-relief ibériquc au Musée provincial de Cordouc
1 73-179.

(P. Parle),

1/isloire. - rernán Qouzáfez daos la Cbroniquo Jéonaiso (G. Cit'Ot}, p. 1-1.'i,
77-94, 269-28&amp;. - A propos de la monnaie de Ségodc (J. Babelon), p. 304-311.
• 1/islorillyraphie ..... Pedro Mefia, chrohlste de Charles-Quin, (suite) (R. Costes),
p. 95-110,
Hi.,t oire littét-aire. - Le roman de sainte Thér8~c,par M. Edmond Caza! (G. Etohegoyen), p. 285,303. - Herder et le Cid (J.-J,~A. Bertrand), p. 180-no, - raul
Ferdinaod Friedrich Bucbholz (J •. J .-A. Bertrand}, p. ,rr-116, - D. Juan
Antonio Llor~ntc (A. Morel-Fatio), p. 117-1 28. - Quclque!i souTce&amp; du Cddiz
de G-alriós (J. Sarrailh), p. 33-48 ....... Les sourccs hi&amp;toriques de Zaragata (M.11ataillon), p. 129-141. - Le mouvement intellectucl en Portugal (G. Le Gentil),

p. 49-56.

•

Bibliographie. - Catalogue des lines de M. Morel-Falio (A. Morel-Fatio),
p. 1&amp;-32, 2lM34 1 31$-334.

11. VAR[ÉTÉS,
-

NOTES, CHRONIQUE.

H~toire Wtiraire. - Cervai1tes el les rreres Tbaraud (G. Cirot), p. 57-59.
J. n. Wifl'en (A. Morel-Fatio), p. 142-143,

Unitiersités et enseignement - Programme des coocours d'agrégation el de certiflcat
pour l'année 1921, p. 60.
Chronique. - Albert Léon, R. Menéodez Pidal. Congres íranco-espagnol de SaintSébaslien, p. 1 72. - Cours de vaCances a Effirgo3, a Madrid; Melgar, Morel-Fatio,
Brutails, Imbart de La Tour, p. 267. - Comités Crani;ais de rapprochemeDt francoe&amp;pagnol, p. 359.

III.

BIBLIOGRAPHIE.

C. MoRb-BARDÓ.1, Investigaciones acerca de arqueología y prehistoria de la región
salmantica (R. R.), p. 61. - RIC&amp;RDO VEL.Í.IQCEZ Bosco, .lfedina Azzahra y Alamiriya (Pr. Ricard), p. 62, - DVQOB DE 8Eaw1cK Y D'8 ALB.l 1 Contribución al estudio
de lapersonadet 1/1 duque de Alba (G. Cirot), p. 66,-A:mRENI', }\"otJelasynotJe•
!utas (G, Cirot), p. 68. -T. NH' ARRO Tm.l\s, Manual de pronunciación española
(G. Millardet), p. 6tJ, - A. DE LuNo Roz&amp; DE A)IPUDI&amp;, El libro de Caravia
(G. Cirot), p. 76.
R. DE OaosTA, Berruguele y su obra (G. Cit'ot), p. 14~ . - HENRY Ta0&gt;us, Spanish.
and Portuguese Romance$ o/ chiualry (E. Mérimée), p. 146,- N.A. Coads, EL/al.so
Quijote 1 Fray Cristóbal de Fonseoa {E. Mérim6e), p. 150. - Ci1tU1t1'Es 1 Novelas

•

�364

BULLETIN Hl!PANIQUE

ejempla,.es, Edición y notas de FR. RooRÍGuEz M.rnb- (G. Cirot), p. 153, - A.-C. PrnES
uE LrnA., Tradi~Oes populare$ de Santo Tirso (G. Cirot), p. ,Sg.-Spanien,Zeitscltrift
Jür Ausland.skunde·(J.-J.-A. Bertrand), p. 161. - V. RrnE1ao, Sousa l'iterbo e a
sua obra (G. Le Gentil), 163. - Revista da Faculdade da Universidade do Porto
(G. Le Gentil), p. 167. -Analecla Montserratensia (G, Cirot), p. 169.

Gl BuRGuns, Rectificaciones históricas, de Giwdalete a Cavadonga {René Basset),
~35. - J. Pum y CA.DffALCU, L'Arquitectura románica a Catalunya, vo1. 111
(J.-A. Brutails), p. ~39. - A. CASTRO Y Fi::o . DE Otds, Fueros leoneses de Zamora,
Salamanca, ledesma y Alba de Tarmes; G~Lo S.hcuEZ, Fueros castellanos de Soria
y Alcalá de llenares (G. Cirot), p. 2fi4, - LoPE OE Vm::A, Teatro, tomo I, Prólogo
de ALFONSO llEYES (G. Cirot)7 p. :,45. - Antología portuguesa: Fnin l.u1s DE SouSA,
Vida de D. FreiBarlolomeu dos Mártires; BERtW\OES, Nova Floresta (G. Le Gentil),
p. :,46. - EUGEl'IIUSZ FRA.NKOWSU, llúrreos y pala/ilos de la pe11Íllsula ibéricu
(G. Cirot ), p. ,5 1 . - MIGUEL DE Toao GtsBBRT, Ortología castellana de nombres pro•
pios; Americanismos: Los nuevos derroteros del idioma¡ La deuxibme année d'espognol
(G. Cirot), p . 255.
p.

FERNANDO DE Los

Ríos

URatJT1,

Vida e instituciones del pueblo de Andorra (J.·A.

Brntails), p. 335. - AuG. Coua, Un poele arabe d'Andalousie: Ibn Zai"doun
M. Feghali), •P• 3~o. - J . Do)1Í:wuEz BERRUETA, Santa Teresa de Jesus y san Juan
dela Cru::: Mgr Demimuid 7 Saint Jean de la Croix (G. Cirot), p. 34f'i, - Eoc,
PRES'l'AGE. O manifesto das oslilidades de Laü Ji'elis Crw (G Le Gentil) p. 35,.
- Cu1,r,os nB PAssos, Lembrancas da tura (G. Cirot), p. 35,. - M. MON.\IA1tcm:i
(et PR. RtcARo), Le .Uaroc (G." Cirot), p. 353. - G. IÜ.RDY et PAuL AuREs, Les
grandf'-S étapes de L'histoire du Maroc (G. Cirot}, p. 355. - A. M.rnVAun, t'Espagne
au XX• siecle (H. Cavaillés), p. 355. - P. ~l. TuRuLt, la nueva revolución (Gaston Richard}, p. 358.

lV: GuAvunEs.
Ltinéraire de Feroán González, p. , , . - Manuscrit portugais de Paris (Cbrouique
générale, p. 85 . - Hórreo aslurien, p. :,5::1.

v.

PLANCHE.

Bas•relief ibériquc du Musée provincial de Cordoue.

30 novembre 1921.

LA RÉDACTIO!i, E. l!ERI\IÉE, A. MOREL-FATIO, P.• PARIS
G. CCROT, secrüaire; .G. RADET, directeur-géranl.
Bordeanx. -

lmprimeries Gou11:ou1LH01J, rue Guiraude, 9-11.

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                <text>Fundado en 1898, el Bulletin Hispanique está editado por las Presses Universitaires de Bordeaux. La revista, actualmente, se publica dos veces al año e incluye reseñas de libros y una lista de obras recibidas. Los artículos dan cabida al ámbito ibérico e iberoamericano, sin distinción de época, área o método y se publican en francés y español, así como en cualquiera de las lenguas de la península ibérica. Revista indexada: HCERES, ERIH, SCOPUS y WOS-AHCI.</text>
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              <text>Bulletín Hispanique, 1921, Tomo 23, No 4, Octubre-Diciembre</text>
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              <text>Fundado en 1898, el Bulletin Hispanique está editado por las Presses Universitaires de Bordeaux. La revista, actualmente, se publica dos veces al año e incluye reseñas de libros y una lista de obras recibidas. Los artículos dan cabida al ámbito ibérico e iberoamericano, sin distinción de época, área o método y se publican en francés y español, así como en cualquiera de las lenguas de la península ibérica. Revista indexada: HCERES, ERIH, SCOPUS y WOS-AHCI.</text>
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              <text>Université de Bordeaux, Faculté des Lettres et Sciences Humaines</text>
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              <text>Cirot, Georges (1870-1946), Secretario</text>
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              <text>Morel-Fatio, Alfred (1850-1924), Redacción</text>
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              <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores.</text>
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      <name>A Propos de la Monnaie de Segovié</name>
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      <name>Fernan González</name>
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      <name>Roman de Sainte Thérése</name>
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