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                  <text>~ - 111ST0~1.Jl - - - · - - - - - - - - - - - - - - - - - - - ~
selon l',igc ézo cl Tina, debout derrière le
grand cbef, lançaient des ordres, gourmandaient lt• serran te. . On les \'Oulut assi. e .
Elle~ refusèrent. On les lais a.
Les écuelle de bois furenL deux fois remplies, deux fois vidéei;, san qu'un mot
s'échappàt de ces la1·ges houcbes. occupées h
mieux faire qu'à di courir encore. Chefs el
pa) an , officiers et soldat , mangeaient
puissamment et lcn Letnent, goùtant l'heure.
Pour ces éternels proscrits dont les lendemnins étaient chimériques, une heure de
1· pos, un repas s:noureux arrosé de rieux
cidre, constituaient d'importanteh auba.ines,
de r1;clles joui sance ·, Ils .aYaient ce que
c'était qu'avoir froid, d'auLant plu froid
qu'on a Te Yentre ride; que percher au
ha ard, à J'ayenture, dormir d'un œil sur la
terre monillée, a1·cc la per pecÜYe d'êtr
ll\'eillé par un coup de fusil. Aussi lour haltu
fu•rilire dans celte ferme sûre, au milieu
d'un Yillage ami, d'une contrée tranquille,
leur wéscnce ~ C!etle 1:il)le abondamment
scn·ie pour leur bonheur, marquaient-elles
une accalmie dans leur ,jours d'orag , une
dél •nle très douce à l'élcrncllc crispation de
leur nerfs noué . ·

Comme le soleil lui ail plus fort, comme le
grand fen d'ajoncs morts urc.haull'ail l'almo phère déj!I épai se aulonr de ces homme
robuste·, Fanch, sur l'ordre de on pi&gt;rc,
ouvrit la portcgrandc. Alor , par l'embrasure,
on aperçut la mer wrtc, le colline fuyante
d'est à ouest, cl la masse restée sombre de la
forêt de Camors. J.c ciel devenait bleu, l'air
rest.,it presque doux; sur la place du Yillage,
les vieilles préLCmdaien t :
- C'csL parce que Georges est ici.
Après une ta e de guin-ardant pleine au
ra du bord, il e leva de table, dit à Mercier, Allè.,re, Joycnne et Cuillemol :
- Fumez si vous voulez .... moi, je vais
dclior,1;.
11 avait en horreur la senteur du ta.bac;
elle le rendait mnladc. Ce colosse avait des
susceptibilités de petite fomme.
Il ortit, 'étira au grand vent, faisant
rouler les mu cles de ses ura , ce qui était
un :-ignc qu'il était de belle humeur. Le
gar , re pectueu ~. l'admiraient à di t&lt;'lnce;
mai ce n'était pa le défenseur Je l'Eglise,
ie royaliste forvenl, le chef au geste intrépide
qui 'imposait à eux: mai , lolll simplemcnl,
l'hercnle breton, le compagnon miraculeu c-

(A suÎl're.)

(Illuslr.11io11s de CnsMn.)

LA VIE ET LES MŒURS A.U

ment roliu te qui lordnit dans ses doigts uu
écu d six li1'l'es, comme )1anrice de 'axe;
on bien immobilisait un poulain de trois ans,
en le sai is anl bru quemenl par les jambes
de derrière.
Ce exploits fnmcux comptaient bien plus
r1ue ses Tictoircs aux yeux des narçons de
vingt an •.
.\ \'ec le même pas é Je gloire el d'aventure guerrières, un chef débile le e,ï L lai és
indifférents. Ce. dieu de la force le impre. sionnaiL, corps el âme ; il suscitait la conJiance, et. par suile, le dévouement.
Il s'en fut, nonchalant, roulant a corpnlenœ.
GuiUemol l'avait suivi; il eu était jaloux.
ans amertume pourtant. Mais, i George
n'avait pas exi tt\ le roi de Bignan eùt été
le pins rigollfeu et le plu redoutable des
Chouans. Il se ré i!mail difficilement à la
econde place; omeut encore il défiait on
chef qui était son ami.
C• jour-1/1, il cédait une foi de plus an
,,anue espoir de l'égaler, i cc n'c t [, surpasser, au jeu l'ormidable des muscles; la
cène fut agreste et simple, pourtant stupiL
liante, corumejadis entre.les héros de l'Uindc.

x:vu•

s1tcu:. -

l'N HÔPITAi. P,\RlSl&amp;N

IIIAURICE

.\10~TÉGUT.

sous Lot.as XI! 1. - Gravure d'AllRA!IAM BOSSE, (Cabinet des Estamfe3.)

◄ 336""'

COMTESSE ADÉLAIDE DE ~HJLLEAU {FrLLE IYA J~E-~IARJE DE
Guillotinée le 18 avnl 1794 ur la rlace de la ConcorJc
Tableau de

0AsLoux

1:1ppartcnant

à M.

le

C'omte

DE

,.
Tmv1:: ).

MORAS)

�Sommaire du

I

6efascicule

[10 juillet 1910.)

BELLES DU VIEUX TEMPS
VJC(ll\TE DE HEL'fî

.

P.

•

lllè PAROlhl,L\'i.

(;tNEIUL DE MARROT
l\til'Hl E lJUMOl.Ll:\' •
.',lARQl:J" 01': L.1 • .\RE .
EMILE ÜJ.1.1\' ltlt ,

, ..

Belles du vieux temps ; Anne de Moras . . 3'3~
Mariages prussiens . . . . . . . . . . . . • • 3,H
Mémoires. . . . . . . . . . . . . . .
. 3 15
La. mort du marquis de Condorcet .
. 353
A la Cour de Louis XIV. . . . . . .
SSS
La dépêche d'Ems. . . . . . . . . .
. 3:6

O• 'f'n MAS\\'. EVANS .
.\l.l ll(!UIS DE .'.L1SSA , .
JOSEP!l TURQUA~ . . . •
'vt""TOR l1 uco .. . . .
T.iLU'. lt.l .IT DES Riüux'
FREDÉRIC ;\l \SSON • . •
de t'.·\ca :Umie fra11 çatse .

Le départ de l'empereur.
Début de campagne ..
Madame Récamier . .. .
En l 42 . . . . . . .. .
Madame de Cavoye . . .
o cousin de apoléon .

La France n'a pas voulu la Ouerre

C IUMPFORT . . . • •

Anecdotes

/r,mçaise.

.t~ l',l ,·aJdmfe

\DOLPTIP °l'IIŒRS

• , ,

. 357

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1) 0 Al&gt;RES

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BlBLIOTHÈQ E D' HISTOIRE A

1.25

ECOOTIQUE

La Vie privée de Napoléon
♦

*♦

Révélations Intimes
sur !'Empereur

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par BOURRIE
E
son Seérétaite lntirr.e
llluslrations d'après les estampes ef /ab/eaux
de l'époque

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A l'extrémité de la rue de Varenne, au
Les souvenirs du couvent du Sacré-Cœur ne
n conviendrait de raire appel à tonte le.
milieu d'une vru te cour formée par un poront pa les seuls qui -e rattachent à l'hôtel épithètes dont Mme de Sé,,igné décorait le
tail maje tueux e dre , 1111 des plus beaux de la rue de Varenne .• e vieux mur ont début de sa célèbre lettre pour écrire la vie
hôtels 11ui sub istenl e11coro de nos jour abrit ~ '4 v-io d'hôte. illustres et brillants : d'Anne de Moras. L'ascen ion. sociale si radan le Cauhourg Saint-Germain. Parmi tant Pe)'rene de Mor,1·, la duches e du Maine, la pide de sa ramille, es ucœs prématurés à
de parc détruilq, tan! de ,·ieux arbres abat- marêcbalc de Matignon, le fameux Lauzun,
on enlréc dan~ le monde sont autant ùe
Lu , parmi tant de omptacu es demeure ,
duc de Biron, jusqu'à ce qu'en1i.o, ous la curielll: aperçus ou plutôt de clarté éclalaotes
tombée· peu à peu on la pioche du démo- Terreur, les jardins accagés et l'hôtel mi au jet-ée ~urla société et les salon du v111• .iècle
lisseur et dont on a peine à retrouver trace à pillage de,inssent une suceur ale de la pri on qu'on se figure plus fermés qu'il, ne l'étl1ienl
travers Je oou,·caux lotis cments el les mo- du Luxembo11rg.
en réalité à ceux qui di po aient d'argent nu
dernes bàli.s. es, il e l resté presque intact
Le brillantes a· emblées où la duches e de mérite, oi, à celle qui e réclamaient de
avee se pa,rterres, es avenues et es quin- dn Maine oublià.it sa disgrâce en groupant leur e prit ou de leur beauté!
conces. ~e immen es jardin onl l'étendue autour d'elle le beaux e pril de on temp ,
A coté de ce d1:licates que. lions de·hitl-d'un parc et englobent tout le c:irré do ter- les fêles somptueuses et galante donnée · par rarohie mondaine, la rie de notre héroïne eu
rain bordé par le houlevard de lnvalid Ja Lmzw1 avant de dc,·enir général de armées
oolève une autre non moin importante et
rue Barbet-de-.fouy et la rue de Bah!lonc.
dt: la fiépublique, ses jardïns peuplés de qui n'a pa reçu encore que Fénelon a . udl
Con trait à l'épor[Ue de la Ré 0 ence par les lieurs raris une et d'œillet monstrueux la ré oudre, de olulioo compl't . Il .'aeit
célèbres arthitecle Aubert ot Gabriel pour Je fJ'I ïl uneillaiL d'un œil si jaloux, ' eraient de l'éducation des fille · .
rich financier Pcyreuc de Moras, il prnfûe, au1unt de 1ablea11.I intére anls à retracer.
Comrue on li'.! verra, l'éducalion de Mllu de
entre son imposante cour d'houncur et ses Ma.is parmi tou ces personna!!e célèbre ou Mora. rut aus i parfaite que po sible : loul ce
délicieux jardins, le élé(f:ml reJicls de es puissanLs, qui se succèdent rue de Varenne, 11ui était alors déclaré indispeu. able lui l'ut
avant-corps, le délicates culpturcs de son il e l une figure aux. allures plu modestes enseigné, on ]ui apprit le dernier mot du Lon
fronton où se joùonl des amours et dll ' f(Ui nous apparait in1111lièrcment touchanle ton, et les élérrance du meilleur /fOÙl. C\ilail,
déc se . t le: ligne· trè pures et lrè nohll'$ cl curieuse et qui mérite de retenir notre au ortir de !"enfonce, une petite pcr onne
de $(l deux superbes tar-.ades.
atlention par es étranges arnntures en nou , accomplie ; Lout au moins on pouvait le croire.
t l'anciunne ré idence de · dames du apitoyant par ~e malheur . C'est r.elle de la
el on instruction arait mèm été si cornacré-Cœur que 11 confiscation
.piète, qu'elle fut de taille à orde biens des ugrégations e·t
ganiser avec un art consommé
v('nue chasser de leur cou vent
son
enlèvement do couvent.
et drpouiller de tou Jeurs
Puis
au moment où l'e. ·culion
biens en même temps que de ce
de son plan semblait comprobeau domaine.
mi~e, elle sut l'assurer par un
IJans cette paisil1le demeure,
acte
d'énergie 11ui est peut-être
no filles, no femme el uo
le
fait
le plus surprenant dan
mères ont pa sé tour à tour,
celle
étrange
a"enturc!
etc'eslsou , beaux ombrage
Anne-Marie Peyrenc de Moras
que e sont lcoulées le preétrut née 11 Paris au moi de
mières année de leur jeune e.
juillet 1725 ; elle était fille
Sonl-cece , om-enirs iutimc
d'Abraham Peyrenr. de Mor:is
qui nou li nnenl au cœur ou
el de )larie-Anne Fargè . PcJculement l'intérêt qu'ofTre cet
re.nc élllit un de ces finanrier.
admirable pécimen d'architecintri anl el habile qui firent
ture'/ tonjou.rs e t-il qu'à mainde si_..hrusques el i colo sak
te~ repri ·c on 'e t inquiété
fortune. . ous ln Ré~encc. Cc
C-llehe
l.tvy.
dans le public à l'idée &lt;le voir
Lan!!Uedocicn, fils ù' un barbier
L'IIOl'El. Buio.· DANS SON ÉTAT ACTUEi• • PAÇAD&amp; Sl,'R LE PARC.
disparaitre ce modèle de l'art
de lillage, avail cl~bulé à Paris
charmant du xvm" iècle, el
comme simple garçon perruqu'on cherche un moyen praquier. Amhilieux avisé, détique de le sauver de la de truction, en y fùle du célèbre ûnaocier de la Réi:rence, qui, pourvu de crupule , hanté par l'idée de faire
in talla.nt le il:ge d'un ervicc municipal ou en 17'!. , fil tracer les jardins et éle1·cr l'Lùtel fortune, il abandouna bientôt le ra. oir {&gt;Our
pulilicquire pecteraiL ce majestueux en mblc. où notre héroïne p, a a première enfance. les afTaires et ~ lança dans la finance.

c·

moia

O F F ERTE A T O U S LES ABON N ÉS DU
"LISEZ-MOI"
hlslorlque

Par le Vicomte de REISET

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Ll7 nl':_ll DE110n~ENC , , C '. 11EALIER DF 1.'EilPT'XAS:-F., 1-'0'IT,.INE, FO ,\ (';O:'iAHD FIL ' , LLA DE (rAUT IIE~~'f
c;in11no&amp;T, U,rno (;Bo . li\c.1n&gt; • •\L\1.;1m :r. LEL01u, i\lA.um.-., DE li, i\ u :,

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d'A1111eMarie ,fr illt&gt;ra~, romir&amp;lc dr Co11rl,011, ftril par
oll e-mê1nc et atlrc sê '1_..Mlle .,. , 1wmiornmirc uu

ooul'enl du Cl,erclrc-Mitli. L.111 v&amp; ù&amp; IluNDT. 1741
in-12. - A11ciem1es mni.,uni &lt;le Pari~, 1ur Lui:un::
l(!me IV. - Ct qui r,:1/c lf,1 wm., Parù1, p~r 1•
, 1

1&lt;:oml(1 11-r. V1Lurnn~11E.~

�1flSTOR.1.ll
douze printcmp. de ~1111• d,. Moras o pouYaient, en eff•I, mellre ob,t cle , u. proj ·t
'JIii îor111 tirnt ,lt:jà autour d'elle de noml,reu ·
pn1Lcndanl . li u'élail p.1: r:irc. n l'lll'l, J
voir unir par de mari:tgt· de ,,!ritnl1k enf.tnl 11ui, la t:ér,tmonie arh ,éc, rèlllraienl
chacun ch z eut pour un t mp · Jéterminé et
· tlemeuraienl .;~p.-irl' ju•11u'à l't'poqne où
\pur à;;u p rmeltra1l leur 1·0.pprorl1crncnl pour
ln con ommation Jn roarin"e.
Tout c.• que Pari, comptait d' mieux
parmi la j ·une nobles • , vait déjà Je prétculion!- . ur celle j une héritit•rc a~ ez riche
pour rcdor'r 1• hl ,on Je cdui rpii • urait
I', ùr , e tl1• . c fair n;;r ;:r. L'ori •in· nn peu
fl: · •nte. de 1 fortune n't:1ail pninl puur
cfira yer lo cauJidaLs; le., m •, alli:inc •, , quoi
1111'on en Ji r, 1:1.:li nl J1ljà J'no 11 :1.g eourriul, et la .,•i;:1wuri · d \lora · :11·:iit Jéfinithcm al îail ouLli •r 1\·.H ne.
L~ cxcmpl •:, cl'nill :ur,-, ne m,111111:iieul
}Ill : n:,., nuucnl cncorl! Crozat ~·é1ail m1:taroorpbo. 1i en comte du Chatt"! et il 11· y ;l\.1Îl
pi · lon ·•lt&gt;mp, 11u•• I,! m:1rc111i. al de l\uulain\ilhrr~ :1Y:ti1 !lfac11 Ir. :,u,·,mir du n III di:
. , 111111 I Ileru~rd.
,\11110-\l,1rit·. oujel 11 • tant Je convoitise~,
n,ail Jou· J1• lmnne henre él: 1•nLour • •
11'11u111111:1!!C', cl pre~que 1•n ore à l'ù 11 e Ùt'
l'r111'a111·c•, li1liituél! il vuir . c former 11arL11ul.
an1unr i1·ct11•. une cour noml&gt;r II c, allc111il'c
tl " · moindre dê~ir . Parmi li! prclcoilanh
•111i ,emhl:iicnl 1· pin· cmpn·,,: il en étail
Jeu !&lt;Urtoul qui ~·1;tail'nl foiL r •mar11ul·r
Javanla •c : l'un ,:toit l1~ cvmt,· d,• Cr,•vcr&lt;1:ur.
l', ulre, le cütnlè Je la !loch •-Comlion, 11ui
:illait Lre le h,:ro J ccllt: dramatique a,m-

cdlc même clôture, le. élr~c Il lt-,, dam
u11 ha ard ior,p ' rr, le· an·olur', dan
,·i,aienl en p rpétu..t conlnct.
le-.qtwllc il . ri 1p1a lui fur ·nl pin Ï&lt;·ur foi
C:01,fortahlt menl lo,; · • d, os de· dmnhr •.
fafOrilhl1 ~ el le peu 1111'il a\"aÎt «agmi lui
p:irliculii'•re
• :cn·i par leur proprt' femme
permit de nouveau traite,, 11i1 il fut ervi p:ir
d
•
cltamlirc,
accompagnt~es par une· •OU\'llr•
• a l&gt;onn d1aoce. En mèm temp , son manantc,
tonie
r
•·jeune- Illies pournient mener
ria"e a1· la fille d'un fourni,,eur au ,·i1rr· ,
11uïl O\nil u st'.-ùuir1, :nait 11 ~ pour lui un à leur !!Té la tit• la plu. tranqnille t•l la plu
pm saut ppoinl; apr'•. 31'0ir é1·incé :1u dêhut a"réalilc. 'oumi,1• à une r~dc Je. plu
· · piètre pré! ·ndanl. le · p:irenlS n1·ait&gt;nt dû dou • •·• •Ile ~·11ccup:1ic11L nnn ~cul ·nient 11
. p:irfoîr • leur éducation, mai~ urtoul à
t:i.11ler de,•aot les pr u,e, trop vi,ible· d'un
i11dinati110 rr1·ipr,1,1u1•. 1•1 le Jnodc · • tr:1110111 arrtuérir le. 1:il1:nt · d'o!!n:nll'nl qui form nl
,:tnil de\"enu l'll('Ureu épou d'un rirh · le l'ltarme · cl Ir• "ruœ• J • b ft-mrnr.
appel1&lt;e par sa nais ·aucc ;1 bl'ilfor clan~ le
l111ri lJ4'•r
11111111!t• l'l Ù (•JI raire J'or1\t'nt '01.
U'aill •ur • avec h· .-, l~me J · Law et 1.: .
L1• p:irluir, fr :,p1 •nl: !) r la ,oriél; 1 plu
h,1 :mis J • l'a 1i11. on .:· :willnit p;iuHe cl 011
l&gt;rillantc.
:l.:lit 1111 ;a\1111 oi1 plu il'ur foi-:
··,•otlorm, il ricJ1c . . 1 i~. plu~ prnd •nl que
ch:vp1
rmai111'
()li \' •11:iil foire a ·,:1111 d'rl L
1, ,IU('O!IP ill
p r,•ils, le b llljllit.'r, ilôl
11u'il •ut forlllne fait·, mil , é ·11 • , ral,ri, !.r:lllCll •L d ·prit. Uans le. :IJ1ll:lrlc111cnl: J1·
pcn ionnairl' · ~·ori;ani oicnl J · . oup1•r d
c r •tira ,-a;;ewc111 d •· :1m ir · 1 ocrupa d~
Ùc. wllali in oil li"urail·lll parmi le run,·iH
lor1- .::e, loi ir· à :1r11u rir 3\'l'C ·1111 :ir,.enl b
1·m1.1Mr;ition qni arnil m:10110 1 à ~on pr mi ·r d , in\'it ;_ {lr:l.n!! r,. Ilien. pour ain,i dir1•,
a,, .. -;.,u 01110 roluri,.r unnail m, 1. l'achal 111• sèparail ù1in • le. jl'unc. till1• · J.,, t·l'lte
d'un li, r.. cqui • d1• 1 d11..l1t•,~e de llranca,. ~od,:t: s,iduisanl • dont ..Il· · cnl r •vu nil'lll :,
y rorlA un prompt rcmM. tl l'lll \ Île rail rlt;1,1n in ·1a11L :111t1Jnr d' li,·, h- c.1,;J:il ·, •L
oul&gt;lit!r :on ori"inc trop mod ·~le el ,a rorluo,• 1,,, plai. irs, •L I nfin, lnr~11u'clks ne · l' lro11\ai1•1ll 11:i · m(llt! •, dan l~ur, ,·ortie~ Wl'cSl rop rnpidr.. Ü •\(~Oil • cit;neur d~ \lor:i • •11llrie. prc. d ln l rrlt'.-~ous-.louarre, il a1•11uil &lt;1111 .• li•s nomlll'eU vbil •ur: admis 11 , 'otrcloul d' hori.l unP. 1fotr•1 e d • ron~ciller au llaml! d,• la Con,ul lion, .an-' a111·u11 •,li ·tÏJ1 ·lion
,.:rand C nwil l, quel'lu , an11 \,,. pin!&gt; Lard, Jl' xe ni J':i~. lCllr apportait•nl l'i ·ho de
r,tjnois an,·(: cl Jr fèu:•.
il Hail Ùc\' 1111 m:ulrc de. requètc•.
')roi. ann1:r, ~ pa~ ·èreul. ~Ille tic ltora.
C'c'l alor 'Ill il acbda les l!lrraÎn ' ,·a••m·
1ttail
tonjour nu romt"ol, ml'11:1n1 la m~n1t·
\'OÎ ins de l'htitel de l111·alid1: pour ' r. ir,·
1·011 truire une demcur' dil?ll • J • :1. nou1 •lloi vie que e, j •uo . 1· &gt;mpa"flf',, m;1i,,, pour eu
forlunc el de la brillant' ,iui:otion 'l" ïl avait intt:rrompr • la monotonir., 1'ré,1ucn1ail Il!' iùùan nt l'hùt ,} d1• 1. me tli.&gt; Vilr •rmc, oi1 &lt;•lit·
pu aueindr . Lo~rtn' n 17::i:! il nrnurul r!!.,relrournit li- h:1.l1il11J1·, le plu, lu\uru, . cl
p •d ; d honoré de lou , 11 jo1 •Mil à '"
le
Lrain le pins brillant. ~lmc d1• Mora. ,
dh rs · fun lion~ relli! d,· bd du Ctln,,•il dr.
•111:or jeune, tl."-ll't' rraid1 ' c•l agré;1Llc•, H'
la Jurh •s,1• de Ilonrùon. li bi·sail , "~ troi ·
nf:tnh, deux lils cl uu flll •, un Eorluo,• roo,olail de ,nu mi1•11'I: 111' ,110 ve111·a"t! en
tenant ra11ù 1\lal d · maison. Lancée à 1·orps
11 idéraLle 11ui mon lait à plu• dP. 11untre
million lanl en 1•lli!l.' mohilier. 11u'1·n lilr · · p •r,lu Jnn . Ill 1011rhillon 1lt!. 1lin·rlh mrnl:
,·t Je plai,ir ·, clic· · ,,uulail l'réot-.cup,:e :i,aut
de rcol in crile · au grand-li ne. i l'on •
loul Ùl' 01! pas 1wrdrt· un ·,•111 11'• jour &lt;k
r,•purll' à b dillfr('nn! de~ t mp èL '1'1"
l'un tienn • compte de la 1akur de l'ar"t'lll ù répiL que lui l:iis::i.il la quoranrninc apprnclu11tc. llans Cl't hcitel ta tucu ui1 dl• cXPrr.clle l:po&lt;tue, r • quatre million . NI r pr1~
çail l'llll,;pitalilé la plu, lar"1', on \O).tÏl
,mlcr icnl ai,~m ·111 tlouz • J nolr • mo11onit•
arflncr 1,, houlW , Je, pins 1·11 \"lie ;, la Yi lie
d'aujourd'hui.
•t
la cour. l.a m:ulres,e de runi. 1111. grallle de Mora. · \-.IÎ l 31or, nen r nn•, cll
1·i1•11 • :1 1011~ cl .. mpre,, ·e ~ plair1•, n' s •
,euail 11' ·nlrer au to111enl de •'olrc-llamc d •
h (.un~ol, tiou, ru· Ju Ch •rd1 ... \liJi, mai:011 pi,111ail pas Je trop dtJ rd ·nut•; la tait!• était
rr11,,11cnté1• par la meilleur • rtdl,le. :c 1•11 mème Ion jours miw. l. ,·li '.rt• al,ond, nie el délirnle,
lt•mp 1111c rc1101nmfu par la ~11pt1riorité de l!L 1,: j.•u un la ùan. • la 1·omédir 011 la 11111. iquu, au "ré de · 11omùrenx t·omiv "· •~
~l' étude ·. C • qn\:tail•Dl ~s mai 00:i :ou·
,-ut:ec.:Jaient tour à luur. 1, jrnn fl\:n·-io1111airi•
l'ancien r •~ime, t!' • l ce t[U nou poul'ons
diflkil •ment nou lhucr 11 pri,t•nl. l.1: cou- u ·a,·ail encor,• t1u1· tlouze an,-. mai~ runl"r ·
~&lt;m jeune :ig• elle pr •nail Jtljà à dmcun d1•
nrnL de L\ ompliou, cdui de Fon1,•1ra11l cl
~c
~éjour~ à la maison pall•rndle une brgc
[ •u Jt'I l'aatb :mont ou J e la I ré~ •nlnl ion.
parl Ol cc, , mu · ruenl.l&gt; ~an re ,c r,•noutou é":Ùcmcnl céll•br,·•• n'tilaicnt pa: . •uh•mcut, comme on pourrait le croire, de~ rl3.- Yel,:. , cl lo ,1u·c11 rc1p·•na1t le coul'elll de
la ru du• 'hcrche-llidi elle •mporlail ill't'C
bli ,ement d' :Jucalion. i~ r~ponJ:i' nl en
1:llr l'itn:i". d. l'è ·:ilon tOIIJOllr pt!Uplr Je
outre à une foule d • lie:. in.' ·ocitiu : li1•11
t1•s frmm • toujour par• e · •l Je 1· •s foll'S
de r po ou de r fu"c pour le fcmnw~ Ùtl
élJlou.i an
tlonl l'é ·l~l hantait . ·• rè, ~mond c1u·un deuil ou de revcr de for1uoe
JO. doute Il • , remé,uorail dan ,e · heur• '
obligeaient d s· ré[u~1cr momcul:u1:.m,.nl;
de :olilutle I,• pr mi •r, uc,·o\ 11u'tJlle \':JÏl
a,ile discret de frmrut• · 'par : ·' de li•ur
n:n1porllki, les hommages llnllcur 11u·un lui
mari 1111c d a\·ctJLur,·, trvp bru nnle~ ou
nl':Ùl prodigué cl J~ tel pe1bl'.-S J •vaicnl
l' é lol d'un procè. r ll'nfü ·nnl contraillnaicnt
sio!!lllii'rcmcnl troulilcr c •Lle lèle d'cufJut.
~ liir • quelque tcrup' datr une ~orle Je
Un se mnriaiL j •une il Cè l mp ·-là cl le
r •traite. C'était le mond • eu rat:l·our i. ll,m
Par

1

•

0

(•

0

11

... .,38 ...

·-----------

.JINN'E DE

.Mo~Jts - ~

eulion 110 proj tau ,i a ntureu que ltardi.
Ce pl:111, 11laLor I al'!? une audarc cl une
lt:mérité incroyaulc., tnpéfie d'éLonoemenL
lorq1ue l'on son"e qu'il al'ait ,:té conçu cl
m,)ri au fond 1l'un cou ·rnl, et l'on a pein à
t·111!1pr1•ndre 1(11 ·11111• pdil fille. dt• ,noin de
'l'•~nze an,. :iit pu faire prl'uve d'u11c pal' ille
prl'1oya11ce cl d'un .emhl:tblc -.anir-froid!
I.e dirnnnch ~- odohre 1;;;7. apr ;, la
m c•. ~Ille Jt• lora: 1111illaif. r-n ph-in jour,
rt tic I air lt&gt; plu;.; lranrtuillt&gt;, IL• couvrul de la
\'isitation. l'n ordr . uppo~é de M mhr.

1

lur1•.

ornricr Ji

IÎll"llé,

M. de Courbou ~·~tait

fait rcmar1111 r par :1. bra,oun pt'nJaul l.1

mpa.,oe d'ltali' oi, il aYait r,i ou lt•.
or,lr' du m:ir{-rbal J., llro;:lit · p:ir . a famiJI,,
il àppar1e11ail r, la plu. 1i1•illc nol&gt;l~~ • dï•pt1••
,,l ·on fr'.r1· purlnil l ltlre de mar4ui. de
Biénac
fort un , il c,l ,rai. était de. plu.
moJcq ('l ' IK1rnait ·on \in,•, J rente,,
mai . i c c: lifo11s élai,•nt i11îérit&gt;11r:: ' ceux d1:
,1. tle l.r'•wcœnr, il po,.1'·Jait en r,1·nnch un
10111-pni. :111L :tppui 11ui lui ùonnail ur son
rh·al 1111 •r1cu · \ 111t.1g • nnpr ··~ dt ln famille
de ~Ion . Cl• pr'•d1•u ;1ll.liliairc c.ilail le con11 •
1I • ln \lulh(•-lloudancourl dont il étail lt&gt; parent
en même ll:mp. 11uc l'ami I plu intim i. Or,
c' J1•r11it·r, •nncl cÎ:.\n ,ur b ul placé ct
s6111i'ant, pa. ,-ait. ;, lorl ou à iab.011, pour
:mur Lrioinph~ Je la vertu p •u :olid,• d •
llm • de )lura~ cl ~a liaison , 1 •c elle u·é1ait
1111 , •t•r1·l JK1Ur pcr,;0011e. ~ul, le ra. érh,:anl.
n pou1·ail don1. -.c lrounir •rl m1·ill1•11r•• po 1ur1• pour plaid •r la eau
t.l' :on cuu:;in le
jour oii il r,•rnil a demande.
li. dcCourl,on u· :uiil plu unj •un homm •,
il a, 11 alors Lr ni ...!Juil au p., ~t: el n se
targuail poiol ,1 hnbituL•II' façons dt• roué
11 lu m111.le; n luul' 1•irco11. lanre, :.on amabilité comme e · propm, r • tai1,nt •mpri'iut.
d\m c ·rtainc r: cne t,.. cour ntuur ' dti
troid •ur; l'cxœ .. iH• di. rr :1ionde on nhor,l nr
1ui nuc;:iit puurl u1 l l"' • :iuprès de · fcuuut•s :

,l

-

Au

CITATl:.AU DE' ·1·R1\~·o
· ·• ··

.

la rue du Cb,•rch1•-~liJi et nue ilc11 r .. l
.
.,
"'" ~
• 1'1113.1111• ' \ 11111"-· l·1r·1
•. c. J1. ,o~:11•1 à ~011 eouwn1.
IJu' ,~ l'."s :i-t-11 à l'bùtPI d,1 lura H , u,·l
dram1•_ rnll111,· ,·î11t-il louL à cour1 ru,:.d/1 ,
li r
C(•II I!• ' ·11 Il~ 1·l0ll 'I• C' l''l 1· 1 lill ..l) t1'[
'
'l I
•
c "llt"re
pn. . l , I' dl' iltrt•. rar les llll!01111'r • de I' .
.
.• •
·
' l'flll•plt;
c111bl ·nt a,01r. t"nor: ln "'
n•111:se
,111 1Jrll',f[UC
.. 1.
•
':13ll"Clll1·nt cl huml!ur il,, 'lml! de .Jura~.
1ni' rllplur • ,•n Ir• ntll' JPrnii·rc cl ,\(. ,!., la
. l111h,... IJ011tl.mcourt
vi11t-dl1· à t• rr111
n 1u1r
• ,
. .
d cet ~"•'llt•m ·nt luol intimt&gt; .11lfi1-il pour

-

, ,rJvme:lr
·
Dc1s
· • •··••
-~,

J'.., t·1•'5 Je eu , ·1.trl!II 01. L'Esn.

avaient fon·e d ~oi. ~nn~-'larie ·onipril que
Ioule J •mandc d e.xplu:all(IO ,erait inutile l!L
1111 • tout
in. i~tnure Je :1 J13rl dell!l'Url'I~ il
mprrl.lue. Eli o'ajouln pa· mèmc un,• par~l,·
lor1&gt;11ue ~hne Je )lora.\ coupant ,·ourl h l'enIr lien, }ui lai-~ cnlenJr1. 11u'ell • nait t1· 011_
tr .. · proJet, plu· 3\:intac u~ l10Ur ,on étahli. _
,l'm:nl' r.t qu'elle lui pr. ,mtrrait hil•ntôl li•
111ar1 qu'ell lui n,ail &lt;'hois1.
·
!_lien '!u'ellc n' Ùl quatori an, que d •puis
lro1 _mm~·. \Ille d ,rora a1ail plu~ de rai~11
1am: , rc•11ro111rr à '\Jrnc•• ,J ...' ·
.,s "· prtlj (,
••l_ d ,:périeno.• 1111e . on à e n pou1ai1 le.
1}11 . JU, &lt;pJ1•-!:1 ••lie ·11ail. Î!IOIJ Clll'lllfil"1:,, rlu faire UJ&gt;po~er; accablée par telle doulnumoins tolér • , , , h J•lu · l•r
• dU1 CIIC'I' ,1, reu,u . urpris ' elle donna lout d'aborJ libre
" c Ill
C• .L une h\'polh · '
:
s , uon Ilé uuéc J1• 1rai, .. rn- rnur . "OD chanriu, mai elll! Ill! rut pa
~13:•rc: mais t'l' qui r.,t i·rrtain. r ,.. 1 •1111• loul lon~u li . ' rl',-sai Ir cl, apri- .· :noir lon••u1'a coup )[. cfo CourLnn ~1· iil inh•rJir, 11 la llll'lll rélléchi, elle ~e décida li mcllrc 1l ai:-..

,r,ar~ ],,

.

F.. (Cal'llltl dtl fülaM[tS , )

a~rivr la will ' la mn111foi1 au chàleau d.,
Livry, pour pn~scr q11t•l11111•. jnuN- ' lit c.impa•:nr. .iupr, il'ellc. Ln je11111! fill nv:,it f4:
pr,•w·u_ue ~',1yoir i, fair• e pr/paratil'· po.ur
ce P?l1l d~plac1•mcnt, et une t·bai: de po t
dc:1~1L H•111r la prc11dre pour li1 mener ;1 ,1, tinalron.
La t·h,1~. , i·mhlait.
i nalurcll 'mie
• •
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,. 111c· 1)null .,,• •• 1
a !&gt;Up •rJCur'
IJC f1'l nul(,
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• ·cr 1&gt;arl1r
, . . • •L p•" 1111 ' seu
J •~lt•c •[Il'! ccr1l11re du hill •l pùt ~tre conln.'fo1le ne hu elllra do.ru;
pr'11 \nn \1 arie
. n•
l'iieur, cou renm·. mont· t.lans· ,I· •· l'-,
't
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1111 1e11 ail .t 1a porte · llle c:1a'1L o,cor
- ,.:
..,,., IJar
t goU\en1ante, Mlle Gort) qu·, l'
. J. J' •
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a coml · g11a11
·
. or ma1rc, l'l. à l·t
' ,0·1r s1· C"l
... me cl
'msouci, nle, nul n'eut JIU i;oupçonner &lt;1u'cll

d,·n· .

r

�1f1S TO'J{1.Jl

---------------------------------------~

tlr• • 'éloi••n, r pour n · plu. re1cnir.
L'ordr ' de déporl l donné, la l,crline
franchit la barri•, et 1 po Lillon • mènent
!!r, nd train. Ill de ,rora., qui c.,u_e 8\'ec
animation 3\' c .a ••onwrna.nte, 'eflhrc
d'o • upcr le plu po .. ihll! . on all.fnûon et l'on
d 1pas e ·ucœ sÏ\·eruenl Bern , puis Longjumeau el Arpajon an que llllc ,orrr .'aJl •rçoil' qu'elle uit la route de Dordeau an
li •u de elle de ~[rlun. .ependanl, ?1 Étréd11,
au moment du relai~ ell • regarde li la porti'•rl'
et '~I nn de ne pa. se reconnattr ; . a
surprise au"menl lorsqu'on nrri,·cà .Etampes
el liientôl elle · montre en proil' à la plu:
\'Î\'e inquiétude. c· t en rain qu • a oompa•rne de 1· yage e- aie d • 1 r11 s11rn r•t
d'attrlhner à un mépri e ou à un accide11t
chan 1emrnt d'itinéraire; la ,mvernanli•,
1JP plu. en plu i1111uiHe. menace de desœndrr•
d veut interpeller le pas~an ·. Oie de ~Iorn
romprcud alor que toute reinte .t dé ormais
int1til •, Au moment 011 Ille Gorn im•cctiw
1• po Lillo11 e.t . 'efforce de fair • arrèter la
rline. elle soulève l'an d('s cous_in de ln
YOÎlure el n Lire un pi lol l qu'elle braque
an· ·ourciJler sur sa compagne, aJJoléc de
terreur.
« ~ucbez. loi diHille, d'un ton î ·rmc,
qu tout CR que \'OU pourriez l nler pour
nlra,·er me proj Ls er:iil folie de voir,
1,:irt: cett • ,·oiture r l à me ordre I lt•
po,lillon. qui la rondui. e11l onL à mou 'nlirr&lt;· di rré1ion. llepni. plu i ·ur ,euuinr•
j'ai lonl prérn et combiné dons Je moiodr,·,
drtail :nec l'aide d'un foqnai qui m'e. t
allaC'l11! d,·pui l'enfatr · 1 dont d' il! 11 • j'ai
pri • oin d' acb terla fidélité :t le d ;,.011 ment.
·ous !1-0mm · mainknanl loin de I ari ·; rieu
ne saurniLm'em(xlcher decontinner ma route;
mon ilinér:lire l fi. é d' 1·ance el tous le:
nh::.tarl . 1•n ont rté oign usement I artés. ,,
Et aprè,. un mom •nt de ilenœ, an.
dt'·pal'lir de on altitude menaçante, rlle
rxplique froidem nt I but de son vopg :
1'111' ·l! rend au château de 1a fioche-Courbon,
011 t lie Ya retrou er ·on fiancé, qui ne lardera pa à devenir on épou .
« \ucunl! force humain ne saur.iît .orma· m'arr Ier dans la réali alion de œ 11uc
j'ai ré olu de faire, aJOute+elle. la moindre
oppo.ition de votr-e part à la plu pcLite
tentative pour me dénoncer ou me trahir,
,otre vie elle-même ne era plus en ûr té, el
pas une secondo. je ou le jure, je n'b · ilerai à foire ui.age de cette arme .... ~i, au
contraire, vou vou oum ,uez à ma. ,·olontt\
·o 1u. cerlaine qu , je vous rendrai justice et
que je aurai, san me montrer inn-rale, récompcns r ,otre dt:Youemenl. Libre à ,ou
de choisir el de décider de votre orl. En
attendant, je ne YOU quitte pa et nou ne
nou .- 'pareron pa une eule minutejo qu'à
c 11ue nou o ·ons r ndu ' a destination i la
cule chose que j ,·ou demande dîci là.
c'e L de garder le ileoce el de me suivre
avec soumis ion. Pour plu de prud nce,
durant tout Je cour de ce voyage, vous me
lrailurez comme \'Orrc ÛllC', ce qui déroutera
1 oupçous. &gt;I
ll'n:til

Épouvantée par ce pi ·tolet fJUC a terrible
él~v • lni a mi. u 1:, rrorrre, la m !beur use
femme la upplie d l'éparmer: &lt;l'une ,·oi
entrecoupée, elle prote.&lt;.te de .on attachement
an bornes el lui JUrc en tremblant d e
conformer ans re lrictions
e moindre
désir·.
Mlle de )foras alor con ent à détourner le
canon de .on arme; mai , pour évilcr Ion te
urprise, elle ne perd pa de vue la compa11ne forcé de ,on ,·oya e el urveill étroitement e ge-~ el s parole , tout en
poursuiya.nt hàtiv ment ~ route.
La oiture continue à hrùler le pa,·é, on
ll'aYcr. e . an · . ·arrêter Orléans, Bloi , Amboi. e el Tour·: le coffre de la berline onl
été garni de nombreu e pro\'lsron do
bouche, el c'e t à Poitier seulement qu' \nneMarie ~on ent à u p ndr on voyaae. Elle
e lime qu'à une pareille di'ta.nce elle t
as ez luin pour a,·oir dépisté toute pour uile
el elle
décide à prendr cJuelque repo . En
m me temp:, dallS l'auberge m~me où elle
·t de œndue, elll' écrit à sa mère une longue
lettre pour expliquer sa conduite et implol'l'r
son p11rdon. Elle le fait av une clarté, une
1o1Juenre dignes, peut~tre, de plu d'indulgence, et durant douze pag · ell plaide a
eau e de b mani re I plu. touchante,. Eli •
énumère !lt'S raison:. en fai,rnnl oppel ?l la
fois la l n&lt;ln·" e mal rncll , a la pitié .t
mème au l,on sem. La pièt·e c I a. se2 curieus pour lr r ppurtée i i au moiu · dan.
s parties e entie□e :

« [aman, pui que je &lt;:ai. qu • 1 sort d'une
jeune fille rie be e l do e marier, j'ai toujour
dé:,iré trom•er dao le mari que je prendrai ·
certain qu lil I el c rlain défaul . Je voulai · trou,· ·r en h1i un fond d'esprit et de raison; pourc-laj le ,;oui.ai d'un à e mùr; l'
voutai. qu'il eùl de la prodi.,alité, de la douceur, de 1a ~érité par con équent ni compliment·ur, ni adulateur. Je lui ,·oulai a ez de
implicité pour ne pa. e faire un mérite du
fa Le et d • fau:x air ; j lui voulai delanai .... nce an . me oucicr que son rang fùl plu
ou moin brilfant, mni je lui ,oulais surtout
de la bouté el de l'humanité ([llÎ lui f'i. sent un
plai ir ré •I du bien qu'il f rait el d pàn
qu'il \iLeraiL aux rren. à rrui il s&lt;.'rnit à porté
d'êtr utile. Je voutai qu'il ne r,u o1 ivrogne,
ui jou •ur, ni lanl de proîc,. ion; point h:iYard, p inl ournoi· i qu'il fùL capable de
w·onnai.! , ace et d'amitié, el qu'il en prit
ponr moi ur la connai sauce qu'il aurait été
à parlée d pr ndre de mou caractère, ·om.Jnll
de mon côté mon proj t 61aiL de n'épou · r
1,er:;onne an:, le connaitre.
(&lt; \foilàcequim'occupaitdepuis longtemps
lorsque j'ai rn ,c. de .ourbon qui logeait
alor ch l ,ou .... You l'avez am oé à mon
parloir, rous l'cnga cà~ à d , i. il - et it
d oin, pour moi, YOu m'a,iez même dit
de lui donner à dîner lor ·qu'il riendrail me
le demander ce dont il n'a pas cru, d'ailleurs, devoir apparemment profiter. Vou
nve.z emblé chal'mée de l'amitié qu'il me
portail; il m'a montré un intérJt ,éritable:
.... 340 ""'

il m'a paru que mon caractère lui plaisait ....
Le. sentiment que j'ai trour~ en lui me
. uflt ent pour lui 'lre ntla('héc ét rndlemr11t ;
j'ai pen.r. qu'il tallait que mon étalili ,cment
pi)t faire en premi r lieu le honhrur &lt;le ma
vie; 'il a peu de bien, j' •n ai a ez pour lui
et pour moi, i c• n'e.l pour virre dans le
fa te au moin Jans l'ai anct et le~ commodi t 1••
c&lt; Ma rai on approm·e mon &lt;l'OÙl et ne me
monlre en celui que j'ai choi i rien qui pui :-c
me faire repentir un jour, ni rien '(UÎ pui. se
déplair à ma famill ...• Cepi'odanl j'ai ail' li•
proj t de
·her me · ntiment: ~ \I. dl'
Courbou ju qu'au jour où \OU auriez pu
ajouter foi à leur ·olidit 1. Je me :erais tontentée d se frit toute l s ~cmain : , mai
·ou· m'arnz cnle~é tout d'un coup le eul
pl.1isir et la seule c.on. lation qui me oulenaittnl, par la(; arion rnLile de c · ,·isit ....
Vou m'a1•ez r !rnrdée comme une 1111fant ~an
force et san i,tabili11:: j'ai vu ~ubitemenl me
c pérance Lrompô •., j'ai ,•u nfin c1ue vou
d ·. pprouveriez me cntiment et qu j • ne
troul' raï- plu en \'OU que des oppo ilions
nu lieu il racîlitésquej'av:ii. lieu d'e.pérer ....
« Je pr ivj, que j 'allaÏJ; être exposée rombattre me. cntimenl ou vo~ rnlonlc:. Tant
qu je n'oi vu l'ora-re r1ue de loin, je n'ai pa~
p ·nsé à l'éviter; mai on m',. sur• que pe.11danl rnlre . 'jour à Lainville ,·ou av z tout
arrèW pour mon établi. etnenl · au si, en
m'arr 1la111 au parû que je prend., j croi.
al'Oir 1h·ité de&gt; grand malheur·.
n fo \ai· donc, je ,·oru le Ji en Lremhlanl,
lromer lf. de Courbon, lui apprendMJ m&lt;'·
. ntiment · cl lui offrir • la ro· mon
ur,
ma main l ma fortune.
a .\y z,maman,jevou cnconjure,quclquc
induJ 1cnce pour une fille qui ,·ou. manque
pour la premièrt' fois et qui ne vou · e1\t jamai.
manqu I ïl n'eùl été que tion dé la hose la
plus intére nle de ' \'ie.
u J'aime, rnilli le ·rim • qu.i vou ollcn e,
mai ne regardez pa mon attachement comme
un enlimcnl frnrrile, il y a dix-huit moi. qnl'
je l'éprouve dan le silence .... »
A celle longue mis ive, Ule de Mora , mu
par un utiment fJIIÎ l'honore, a,ait cru
J •voir ajouter un po t-, criptum pour décharer .a "0uvero3nle eL la .upérieur du couvent d • toute connivence Pt de toute rc ponsabiliLé.
o .le doi à Ill G rry, ma rrouvernanle, lu
ju ·lice dt• vou di 11u'elll• n'a u nulle pa1·t
à mon projet, ni à on écution. J a ni·
c1ue l'on a,-:iil almsé de ma con6ancc · c.e pourail ùtre elle! li oe m' 'Il n pa- fallu darnnta,,o
pour lui cacher me d . iru;. Elle uùllait
néce~ air, pour mon entr pri e et j • \'Oulai
l'emmener av1.-c moi; je l'iù clone lromp i
aiusi que Ille ))a.unay, la upérieur , et Loule
la conununauté, en lui monlraol une lettre de
vou · qu j'avai coulreîaitc, par laquelle ,·ou
me mandiez que vou 1·oulie.z me faire pa er
r1uelques jolll' à la campngoe, c1u'une chaise
à deux, envoy e de Lil•r ·, me ,·iendrait

"------------------------------ .JINN'E D'E .MO~AS

__ ,

p,: ·111lre au coun:nt et que Je n·av.ii. ,111·:1
Fam: me11 prêparatifs pour le l,·11rlrn1ain
rnahn .... l&gt;

oli,'ir : lorsr1m h• jour e lève, .\une-~lari • Je
~loras est nni au comte d1! Courbou par lrs
lien, du maria«,•.
foui. à la joie t.l'ètr1• l'1111 à l'al1lrc, le. deux
l.i! 1 ttrl' l cx~diée el, an. ,·onloir :·ar- jPune · époux ne doutent j1lu du m· 1'.s de
rèl(•r plu longtemp. à Poiliers, Mlle de . foras 1'Ur •utr 'pri c, et 1·'e~t ave1~ une impatience
r~mo~e (~ans. chai. e d,· po te; il lui larde :ms ces c !!l'arnlis. antt' 1111'ih· attcntlent le
&lt;l arriver a la Roche-Courbon, oi1 rllc va rc- cm1rri1•r qui va leur apporlcr leur pardon en
~rouY •r oa fianœ. lai · la di tance esl lonnue, mèm1 temp 11110 1c c;0ru;entemcnt rualernel.
il faut traver er la moilié de la Fran,·,i el le
L ur illu ion ne c prolou,. · &lt;l'U \re, cl l •t1r
voya e :c pour oil durant d'inlcrrrunahl
bonheur :;i 1, l,ori 111·ment acc1ub. dure 11
journ~es.
peinr• 11n .cmaine. L1• nol'Cmlir , une berLe :ïO oelol1r1• nfin, la ,·oitur • 'arr itc line de voya,.e . 'nrrèlt• inopinémrnt au p rron
dan. ln ro11r du château. Dan am·nu ,le
•l deux homme· en descPnd,,nt. .\nnr-Jl.tri •
réci1 de l'~poque on ne nous donne d~ rlêL-i.il
le:- reconn:i.it l pou · ·e un cri rJc j()ie : t~s
.11r ral'(·.ueil que 'M. ,le Courhon fit à la jeun
,leu 1i il ·11r: :ont SI'· oncle . \J. Far"è J1·
1~11 , mai nous po~ don. une curi1•11 e mis- Pui• l el 1. l'e rt!Ilc ile, aint..Cir .• 1111loute
.11e 1111'il ·'emprc ·:t!, &lt;lès on arrivét. cl'adr,·s- t111'il ne ,·i11nr1t•nt en amb:1 . adr•urs porteur,
11 :\f~_c de 1nm , et dans la&lt;1u lie il lui tl'un accomniodt'm1•11L. Tlt:•la. ! di·s les pr &gt;mi •r.
f~it J.. rec,.t plu· ou JUoin fidèle ile. c impre - mol.l, il faut eu rahallre; 111 lic•u t.11 parole!&gt;
don,, Yr31C OU rcinle. :
tic pai , ,1llend11e~ et (li!siré1~s, les ileu~
l1omrues à peinr• J,:h r•Jué, ~ · rèp n&lt;l,•nt en
11 ~Ion élonnemunt a étl: infini.
men:ite cl en violent . Il· ,il'nnenl, dé1·lae11 ll)y;Jlll raroitr ici
fadc-moiM•ll rnlr1• fille, co11clu111•
par n "0t1\·ernan1r, ni:ii. ma
surpri • a hicn au"menté
~uan~ t'll1! m'apprit ')lie ,·ou
l"Otiru:z a lenue! J'ai cm
n dcrnir pa. perdre un moment pour vous inform r d •
cet é1·énemeut; \OU. ronnai~sez
ma probité el mon allachcmenl, je ID fr rai un plai. ir
de 1ou. 1·11 donner de pr •uve
qud11u1• parti que YOII. prl··
nit•L .... \'oilà tout ce &lt;1uc je
~ai., car j 'ignon· ~i j8 uis bien
.'.li~• ou Fàcb6, .i je rèrn ou »i
j ,cille; j';û 1111 brouhah.r dans
!'imagiJJatioo qu'il fout que
Je calme pour biPrr lill timru r
C't! r1uc ,·e i a produit en moi,
et puur m'as urer moi-mème
11111• r · que je ,·oi
e 't bien
vrai ....
_ a La RochL'-Courbon, C&lt;1
..,o octolire 17:; 7, »

oh 1•r ·alion:. Di ntùl, dorant leur colère grantli:sautc et leur langa r imoleut, 1. clc ,ourbon à cOU tour 'irrilt!: il 1•ur d 1darc qu'il
l!'t maitre chez lui cl leur mon!r la portetJJI
leur cnjoi uant d · quiller sans r •tard oo
chàtcau. Puis, ur leur r fu: il appl'll à
l'aide. •I ce ·ont St' laquni et es gardl'.
qui elpul ·ent ces deux visiteur incommod s.
llcrrière eu , à défaut de pnnl-lcYi , 011 îerm
toute le. ,,rille, et on harricad le. U1 indrr.
i ue ·; mai: tant de préc.-i.ution demeurenl
inutile : 11ul.'l&lt;J1Je· b1~11res plu tard, '"· deux
oocl •s reYicnncnl PO force :' tél· de I, marérhnus.éc 11u'il ,ont allé. requérir; il fool
cofoucer le porte cl prnètrent dans la pla ·e .
où •• l'aide d'un ordrt· du roi n:&lt;ligé en bonnu
Corm", il· ·c font rcmettr , lion orr mal
gré, leur malh urcu c nièce, cn &lt;lépil de :c
cri l'l de a ré istance. ri entraincnl la
jeune . fille qui luttti dr•,espérémenl et la
condwt:cn l . ous I,onn
scorte au couPnt
de , &gt;r •. Là. uue étroite surv illanet!\it:11dra dé ormai rl'odr, impo ihlè tout, nouwlle tentative d'éva ion.
l,'nwnh1re, dau le momlt!,
arnit fait grand bruit; le · hérili~rc enrichie. parle . y Lème
de Law 11taicnt fort n \U' cl
fort r cberch ~ s: l'iuteruement de IUP dl' fora Jc,inl
donc en peu de jours le ujct
de tout lC' chronique .. Pt~utèlre, en
rc!?3.l'dant de pr'.·,
se fùl•on ,·ite aperçu que 1
plu prowpts à '1ndi•mW"
él..u~nt des prt1tcndant. é,·ineé
el qu , parmi ceux qui crièrent
lu pl11 ha.ut an ('.tndale, il en
'.t:til œaucoup CJUj • tr11111aic11l déçu, dan~ leur e poir
de ronlradcr une . i riche
alliance.
Quant à la mère. die · •
montrait iull·nilable, et c &lt;lécla.raiL ré:olue à nejamai · ratilier une union contractée dan.
de conditions . i anormale .
L'honorabilité de 1. de Courbon,
la di tinclion de a pet•
Puis rn, uré· !'un el l'autre
onuc, l'ancienneté de sa fr.
par ce. deux I llr empreink
mille, tout pourt.,101 ·cmUait
d'une :i entière soumi sion,
se
réunir pour rendre celle
d'une si ane tu11u e tendresse,
rignenr ine '})licable.
el en mèmu temp d'une .i
Le vieu cardinal de Fleun·
ferme résolution, ils se Mtenl
qui
tenait Jans e main
d'as urer leur bonhenr en le
bile le de lin ' de I France
légitimant par un acte irrévohé ita !p1elqu peu ur le parti
~blr. ne dou1,,nl point un cul
Il
preu&lt;lre; le rôlr de \lme de
m~~nnt que leur suppliantes
Co.11TE nE "ŒRLE, \\!BASS DF.l.R E • PùRT!iG L.
~lorn:.
dè!&gt; le drhut d, J'nITaire,
~\Rl:Cll.U.
Of.5
C,Ulf&gt;S
ET
.,IUIÊ[
DU
Rul,
DÉPl'TÊ
DE.
L~
•
BLE:
E
E:1
71l9,
pr1cre, n' I.Oucht&gt;nl le cœur de
ne lui parai sait point exempt
!!ARJE A As~'E-;\IARIE DF 1\1 R.. LF. r· H.\'.RŒR ljçO,
Mmo de lorn . Dans la nuit
de l1làme, et ln responsaLifüê
Tat-/4.;zu a11My&gt;nt l.-ltt.Jr/lent .i .11. t;, co~•T1 l&gt;E TER~fli.)
mème, l curé de Contré, la
d
faits ac pli!' par .. ue penparoi.se la plu vo1 me e t
dant de Ion" moi lui re,·enait
~andé no château et requis sur-le-champ rrnt-il bien haut. rrprendre 1 ur nirce cl se
pour une large parl. Le plus inlran~iacants
t.l e ?rc~r on mini-tèr . Le paune prèlrc relu cnl a Loul, c plicalion Q\W son ravis. eur.
étaient hienforcé d reconaaîLrf' qu'elle 3\0Ït
. 1ed abord quelrrues ümid, · remonlraucc.
c· 1 en 1ain r1ur lui-l'i lcnr pr,~~l'ntc l'acte clJ,....rnème, non eruemen t pei-mi mai · Fa,·orisé
lllai il u'o ré i ter ouvertement au ordre; de céléhnlion du maria"(', apri• amir Y;tincI · l'lllrl'\UCS J deux jeune nen et qu'elle
drt maitr ; moiti contraint cl moitié con,cn- me111 essayé de fü:rbir 1•ur rigu ·ur par une
UYail ain~i emblé prépar •r •L • pprouver de
lanl, il
la~· conraincr • el s , décide à atûLod \ Ollllli t) Pl par de re r. ·tucusci,
projets d'avenir. C'e t donc à hon droit qu'on

~e:

d~=

0

1

... 3.p ...

�111STO'J{l.Jf - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - : - - - - •
pouvail lui reprocher ou î111prud&lt;•nce. Ccprndonl, maJ!!T,i ·•s sêri ~use · nsidllratiou., Ir
prentit•r minislro e lai sa inllul'Hcer 1i.ir h•.
prolr tations indigné , de la famille d Mora ·
cl il se décida à lai ser l'nO'oirc uivrc on
cour ..
Effrayé de la tournure que prmaienl le·
cho e ·, Cou.rb1m s'était enfui. il a,•ait pu mgn r , • rl't('ment la fronli r el s'élail réfu ié
0

LU

JOUR."1.EES TRAGIQUEB. -

si donc 1p1ïls nbi!lscnl les plus grandes
ri•,ueur de la jw;1ice. n
Le prod•s t:e prése111nit mal pour l'uccu é.
La p •rfoction rntlmc avec lr11p1l'lle !. foit' avait
été combin 1c-, la pl'lh·oru:.1.ci• qu'on ara.il montrée, 1• aug-Iroitl et la réflexion déployés
pour mener à bien une pareille enlr •pri e
l1rc11l suppo er 11ue Courbou :1.\'ail ttJul fait,
LouL or ani ·' cl tout ordonné. EL ce qu'on lui

UN&amp;

a 'l'urio dans ]'bol 1 même de 1'11mba .adc Je
france dont l'amhas.sadcur, M. de , ennc lerrc. e LrouYail èlre on parcnl. Mai. i.:cl
asile mèruc allait bien vile luj ètrc retiré·
l'amba ·sadcur recc1aü l'ordre de co11,r1:dicr
au plu \'Ïlt: cel bùle compromellant, t'l le
malheureux Courùon c a}'ait rainemcnl du
cr 'dit de es ami pour rentrer en "'ràcc.
La plupart de lettre qu'il avait M\'Oy les
reslè:renl sans répon e. Quant à la princes.e
deConti,à Iaquclle il avait adr sé une lomrue
et upplianlc ~pitre, cllu lui répondit ur un
ton qu1 devait lui ôter l'emie d'implore.rjamai
on secour : ~ Pui'&lt;1ue vous ro11 vanlei de
m, connaitr , Mon ieur. lui écrivait-elle, ,ous
dere:t avuir que j · dél • te le crime el cem.
•1ui sor1L capable' d'en commellre; mon a1·i

stM.-ci;:

l&gt;U TH.lljU~ll l&lt;EVOLUTlONNAIIU,;. -

Gravt1re dt

reprocha le p!us, ,··cl,I d'a\'oir rnulu déga i:r
sa rt&gt;,pon~:1l11l1té, 1•n foi;nant !l'J 'lrt• ,1tr,111rur. JI en fut de mêr.nt• pour la ll'llrc aJrc ·~ée
â a mèrt• par anè 111' Mora. au cour,,. de . on
vQyage. On déelar:i ,,ue rt•llc IPllre dr doUJ.c
pa~ •:, d nt clta1111e t.•rmc était mp urt.i, ùunl
chaque mol citaiL oi •11e11 emcnl pe é, m.: pouvaiL avoir été écrite précipitamment . ur une
table d'auber••&lt;.&gt; par une enfant de quatorze
aru, et ce fut le malhcurcu Courhon qu'on
accusa d'en rwoir été l'in:riraleur. On alla
plu · loin, on arrèta lïostitulricc ou le prél • Le qu'eU • n'a mit pu re·Ler éLran ère au
complot, l'l ~r mil d1· Courban, )n mrrc, ~·llenl me, futcléclaréecomplicect jettfoeu pri:-.on.
Avec une pareille mnnièrc ù'cmi ager 1~
faiLs, Ir r: ullat de l'alfaire no 1io111•ait lai · l!r
0

... 3.p ...

d • uoul •, mai,; la l rril&gt;lti sé1•é1•ilé du jug •111rnl
rendu produisit malrrn• toul nn "ra11ù elTt&gt;t
dans le public. ,\ l'heure acttll'lle, où il e~l d"
mode d'éror111er à loul 11ropo ·, pour 'en iudi,ncr, le. ou,·cnir ~alanll de l'ancien ré••inw.
il • L bien peu ùe cw ([Ui
ùouieuL par
quel· . é,·èrc. ch.ilimcn ·. au milieu même du
nm• sii•cle, étai1•nl p1111i1is tl par illcs e cnpade , d cumhien étaieut ri •ourein•s Ir loi

BERTU.\Ut.T,

a'oprts

G!RAfü)L1.

élal,lir' pour 11• · r11priru roule pr :rnnir. llu
rt•_-; [J) ~Lupéfoit eu vupnt, •1ui!l,1ue· auné ~ à
pui11t• :1pri• · la l\égent:e, • une épOt[ll&lt;l où le
rdi11:bcml'11l de~ mœur pa~s • pour arnir •lé
11 sun ~pogéc, commenl on é,•issnil conlrr un
acte 11ue nou lrnilcrions aujonrd',hui de galanl badinage. 'ous Loui. XV, un enlèvement
n'était pa. un jeu, et même après l:i réparation du maria rre, e con~ciquence.~, on m le
voir, a1'aicnl de qu i fnire pi1lir et lremlJler
le plus amoureux, les plu fous el le. plu
l,n1c ·.
L"arrêt rendu porl.ail1prn Jecomledc Cow·bon aur.iiL c,; Liun~ cunliquc.~. l'l I • condamnait pnr C(mlumaèl! à 3\'0Ït· la Lèt • Lranclt«::t!,
la gouvernante au fouet, à la mar11ue de la
Ucur du lis l't it l'exil JI ndant nenr année .

ANN'I; DE

Quant au curé qui avait cimenté cette union
chndrstine, il éta.it r..ondamné au hnnnisse1111:nl perpétuel. auf pour J,, cQmte tle Cour•
Lon, rp1i avait échappé aux recherche de fo
poliœ cl rut e. · :culé . eu.Iemcnt en efligie t•n
J7:&gt;9, tous ces jugements curent leur complet
accomplissement. La malbcorcu~ in litulricc
fut fouclléo en publit·, pui. chassée de France
apr' aroir él: marqUL•e d'un fer rouge ·ur
l'épaule, cl l'infortuné curé fot banni pour
toujour après arnir fail ::imemle houorable.
C'était trop de pan·illcs émoliou pour
Mme de Courbon, fo mère; fa m:.ilheureu e,
alfail.ilie par une longue délention, uccomba
à a douleur san· avoir recouvré la liberl~.
Quant li \!me Je ~Iora:, ell~ était morte
a"ant d'avoir vu la fin du pro~.-. Le 11 fé\Tier J 7;; , dlc ava.il rendu le dernier. oupir
aptè arnir rédisé se:. dernières Yolont,is, cl,
liJèlc ju qu'à la dernière minute à on rc ~i:rllimcnt, elle Jé h lritail entièrement sa
lillt,.
Celle vengeance po Lhume parnL trop dure
11 beaucoup de rrcn., el elle inspira it DarLier,
dan on journal, uno r1!ne.1ion qru scmhle
résumer l'opinion publique : 11 Une fille déLo11rn 1e à r1ualor.w ans, écrh·ait-il forL judiieuscment, n'a point d • comentcment et n'c l
n•elletnenl pa. l,ien coupable.... »
Quant aa héro, de c•Llc tragique nvcnlurc,
jamais .il ne de\•aiL lui ~tr permi:, d. rentrer
en Franco; il mourut peu nprè
c ud:imnation, con~umé par le cba!!l'in el réduit, par
la conlil&gt;c.-\lion dé ~e~ hicn ·, à ln condition ln
plu pr • aire el la plus ru i éral.il .
A11 fond de son couvent de er1n, J1li~u
ous la discipline la plw; rigoureuse, me d
Moras dmait rc~senlir le rontn'-COup de ce.
aJJ're11. malheur:: une fiè ·rc malii;m•, qui
dégénéra ra p11lile ,t1role, la terrible maladi,
du. 1v111• :iètl •, b. mil à dcm doii.:t · dt• .a
perte. On la lrausporta mourante~ PorL-fioyal,
pui dl'u · an. plu· tord au comenl de llcll~'chass,i où ·a clauslralion Ùuîinl moins .é\·èrc.
el où qu lques vi île rt rJuelq1te dislraclinns
plu: mondaine:. ~inrcnl lllmp 1rcr pour elle l · ·
:,é1éril.és du cloitre. Treize an~ s'élaienl é ouJé èl la pauvre recluse scmhlail a,•oir r pris
goût à l'e,i tenœ n.anl des farilité que Iui
offrait la r~,.,.lc adoucie de cc couveut peu
sé" re, pour fréquenter L'elles de ses ornpagn~ qui ·1· :laient formé un ·alon. c· L là..
1. \!, Julc.a Ctm~tic, ,Ir l'Ac;,;1J&amp;ni,- fm,çai. e, n
11uhlié ur le n1,'111e uj l uu,• êh1rl,· inliluléc :
mfr.vt/111!111 1111 .\ l'/11 tr1,cl,• Le r11lumP, pt1.ru d1ez
licm.11! en l~R~, ,. t ~,pui~ l'!"l:l~mp, rpu~.:-.
t J" ne 1 n1 pH c,1,:. p~nn, mes rmrrc.~ "" lêlc de
te chapitre, ll esl que ju u·co a, ç01111u l"txi!tenco que

u,,

0

dans celte demi•r'lraite, qu'elle ,e vit r chcrrbcr par un jeune lieutenant au rérrinwul Je
Conti, dé.ircu\ d'unir . a d tinée à la .i •nntt.
~:ne avait .1t pcine vingl- ept ans, l'e·poir
d'un avenir plus heurcu, ,·enail 'offrir à elle;
elle ne rcpou II point
avances.
Ce nourrall prf-tenJanl était le comte Je
Merle ... a fortune n'était l:,'11Pre plu ronde fJlll'.
celle de JI. de Conrlton, mais il appartenait a
la mai on de Choiseul el s' :1ait particulièrement distingué it la canipagne de 1741-.
Le frère-~ de Mlle de ,tora , qui eussent
prl1fért1 peul-èlre la ,·oir r Ler célil1:ilaire,
• ·a ~renL un in 'Lanl de corn!,attrc ce projol.
déclarant que leur sœur pouvait a mir de plu
hau.te:i ambition -, puisque, main-ré la part que
::;a mère lui avait cnlen:e, sa fortune restait
encore con-.idéral,le; mai nulle ohjection
'~rieuse ne pouvait, omme toute, èlrc fle\'tîe
contr,• cc nouveau pr •Li-ndam. t't fo jeune fille,
que on àge rendait iudJpendante, pul celle
foi itnpo ·er a YtJ}ooLé nn rontcsle.
Le 17 r~vricr 17~0, le m1lri:i"C cul lieu
:.an êrlnt, et sm1.· pre ·que é,•eill~r l"altrntion;
le t('mps avait p:is ·é cr celte rl'lenti ~ante
3~i;Uturll tombait Jéjil dan l'oul,li. A pein •
rappela-Hm cc Yi •ux sou,eoir lors4ue C[ll
an· plus lard b jl'UDl' fomme fut pré-Pnlée il
la cour. En relatant 1• f 1it dan .·c.,, ~(émoire ,
le duc de Lul'ncs lui con acr.iil 11uelqne
lignl.'.! · pour nous tracer le portrait de l11éro111e
tic ce dramatiqn' roman : « Mme Je Merl ,
1p1i fut pré ·ei1Lée hier, nou dil-il, est fort
grn •, "a. ngurc plulùt hii.:n que mal, cl si on
luichercb:iitnnere , mhhnœ, c·c~là Uadmie
Infante, ducbes l' de Parme, qu'on pourrait
l:t comparer. 1 L:i peinture n'e t pas llalleu.~c,
c:ar, à en croiri· le· hiograpbcs, r.elle tille de
Louis XV Il 'étai I ni liclle ai a llrayan L,, bin1
(lu'elle ait eu longLcmp le prtlft:rcnccs du
afanl cardirutl de Bernis. !,rand', forle, hante
en couleur~, elle aYait le teint •r:lt.é par de ·
érnplion · Jlt&gt;rp,:Ludl ,, : « Uu uou :i cnl'U)f:
une g:ilen:,e ! o 11cri1,1it en parlant d'elle. il
·on .irri,·ée en Epagne, a !,elle-mère Y.li·,,.
hctb Farnl~se, qui ne l'apprél·iail guère.
~(me de terle, à celle ép(.HJU&lt;!, a,•uit rail la
p.iix: .IW!C tous lt•' irn · et c'était ·a belleœur, femme de son fr.7irc ainé, intendant
d'Auvergne. qui s'élail char fu de ln présentalion. Aime de fora , née Jléraultde 'échelle ,
apparlcna1l à une famille dtfjà pui sank l'l
lorsque mon lm oil cotï ·CllJenl nrhe1 ,1 étaiL prèt il

tire pul,li~.

Je me fais un !le,·mr ,lo remercier Il. J11lns CIBrl'lio
q11i, •pr{!s noir pri. co1111ms1.11œ ,I~ m n (,turlt•, a
l11cn mulu m·e11 fd1ciler el !l',•tr rnt !&gt;crupulr~ en
111'cni;11irca111 ,·hement à 13 r•îr • pnr-■ i!rc .

JJf 01{.AS

dont la nolori,lté Ùe\'.:Ul nrore croltrc, lorniuc
q1.11•l,1uc , 3r'lnffo plu - lard, elle pul compter
:1 ln foi. parmi s • membre le romcm 1 •rroriste, la duchc se Je Polignac, favorite de la
reine, et celle délicieuse Loui.c de Pola. Lron,
l'amie tlévouée dn comte d'Artois, qui lui Îlll
fidèle ju,qu'it la mort.
Grâce à tant de pui ant appui , le comlc
de ferle de,ail fairu une ma ?11ifü1ue carrièrl!
cl a\-an(W rnpidem 1H.
Après une aml1 · adc en Portuaal en 17!' 7,
il rentra drur l'armée en i 7 0, et reçul le
brcrnt de maréchal de camp. La Rérnlulion
le Lrou,·a dépulé Je la noble se en 17 9 mai
les évfoemouts se précipitaient, . :1 carrière
était finie. et en l 79~ iJ figure avec .a fcmmt
snr la li te des émi r: . La date nacle de ·n
mort nou· e t inconnu , ruais elle• dut suiu,,
Je près celle du roi Loui X I, cl sa frmmc
ne lui urvérul 11ue peu dt: rooiii. /ous 1•n
trouvous la preuve dan l'i1tll'rrogntoÎ.!•t! Je ,1
fille .iiuée, arrèlée comme !&lt;nspeclt!, •1ui compnrul le 19 germinal au Il {18 :i.vril 1704)
de,·ant le: t ribuaal rérnlutionnaire, el dëclara
qu'elle Jl·avait pl11c es p3renls.
o, son mariage :ll't~C ll. de Merle, Annc~Jarie de Moras a,·ait eu Lroi l'nfant. , dont
d11ux pt5rirenl de worl ,·iolenlc. La fille ainée,
marié an comte Pierre Je Voizin , fut la
seule qu'~pargna le bourreau; elle mourut t&gt;n
I 01, aprl&gt; avoir vu guillotiner son mari. Le;;
deux autre ' l'aYaient prtl~Mc dan· la tom lie :
~on frèrl\ \jfricole ddfcrlc. marqui. d".\uh 'ri,
mari(, i, uno Tholozan, rut ru ·illé le 2 juillet 17V8, et .\Mlaidc de Mrl'le, eoml~~se d1
bille.au, rnonta. ur l'échal'aud le 18 auil 17!!1.
Elle avait :ll: comaiorue de oorrespondanrc
a,·ec son mari émi1rrt1, el ce cul faiL avait
. u:tfi pour moli,er son arrèl de morl.
C'col aifüi f')Ul' .omlira Lou! entiêr tlan.s la
lourmcnle n:volutionnairc la de.,eendat1r
tl' \nn&lt;'-~larit• de ~Jorn:. Au rfrit de Lan! de
c:.i l:i trophc~ on f'. L lenlé ,fr. croirl! qur Lon:
le - sicns out élé pour. uil is pnr le ma lh~ur
q1ùlle scmblail porter en elle, •t r1ui 't~tai1
acbar11é • u.r -a personne dès le début de 011
cxi ·tl'nce.
La mort Je ~c deui mari . 1~ hannis. •ment de . e complice , la nrnlédir1ion d,·
e parents, la perte de . :i Liberté, J'arrcstalion de so.s enfant. , rien ne lui n, nil été épargné dt•puis a lra.gifJuC arculurc, cl après
ct&gt;UO louguc frie de calamités iocroiaLlcs,
elle s'en aUa mourir en e il, si oubliée tlc
tous qu'elle di pnrul ans lai. ~er ùe trace , •t
per~onne ne .e rappelle ni le lieu de ·a . épullurc. ui la dal.e dl' son trépa · 1 •
V1cmm: UE

RE[ ET.

�Mariages prussiens
,
Les Pru siens d'aujourd'hui n'ont guère
sujel de regretter le bon ie1u Lemps, . i l'on
'en rapporte aux cJocuments que Je zèle infaligahle de chercheur el de - érudits \'a déni ·her au Cond d'archiv où il demeuraient
ouhlilL
Quoi11uc moins ,iolents que leur successeur, le roi-,ergent, l'aima~!• omcrain à la
canne toujours le,·ée, le EJecleurs de Brandebourg exerçaient un contrôle éYi•re ~ur le
faits et gesle de leurs ujct · eL ré 0 laicnl leur
cxi tencc conformément aux prindpes d'une
discipline quasi militaire.
A voir le prescriptions minutieuses concernant, par exemple, la célébration de. mariage , on ne peut se d1ffendre d'un entimenl
&lt;l'admiration pour les Lravc habitant du
Brand •Lourg qui, ou le règne de Joacbimt'rédéric cl de ses descendants, fondaient,
malgré lout, unr famille.
D'aprc. un • ordonnance dont le texte a été
retrouvé, le ÎUtlli' époux :\\ait à remplir une
interminalill' érie de formalilés, dont Yoici
le principale: :
&lt;t i" Le vendredi pr 'céd:tnl le jour füê pour
la cérémonie, le flanc&lt;l doit se prr:~enter à la
mairie, porrcur d'une liste avec le noms de
toutes le per onnes qu'il a l'iolcntion d'inviter. Le magistrat, tenant compte dl! la iLuation d&lt;, fortune de Ja po ilion ociale et du
nombre des paren~ de l'inléressé, fixe le
chiffre des invitations. e sonl pas compris
dans cc dernier : messieurs les ceclésia tiqu •s, le maitres d'école, les sacristains et les
jeunes fille· 1ù1p.at pas encore douze ans
révolus;
2~ li peut ètre imité du monde en u du
nombre fixé, moyennant une redevance de i
gro che.n par pc1· onne, à acquitter par le
fiancé;
jo

Le invités babila.ol la localité même no

9° Le:- !!lll'Çon t le fül · ne doivent pa
doi"enl être wm·ié que la veille du mariarre.
L'invitation leur c~t LransmLe par deux èLre réuni à table. , ou peine d'une amende
homme , au.,quels il sont tenu de répondre de deux thaler , le · jeunes gen · de chaque
cnlégoriqucmeat oui ou non, d manière à sexe maugeul 11 part;
!O• Le eodrcdi qui suit la cérémonie, le
é\'ilcr des Irai C[J purr p 'rie. Toute c:ontr:1Yeolion à cc qui précrde entraine une amende jeune marié doit, sous peine d'une amemle
de deux llialcr ·, se rendre spontanémruL à
de dcu:x thaler ;
4° 'il c L rail, en ,·ue d'un mariage, une l'hôtel de ,illc, prèler .erment d fidélité
fournée spéciale, il esl défondu, ou peine Son \lte~se ~Jectorale, à . on pays cl aux
d'une amende d'un demi-ù1aler, d"emoyer au autorité municipales ùc la commuuc. ~t' dl._
clarer ferml:!lllcnt décidé à olisener le loi
dehors du pain frais el des gàteaux;
5° I.e mariaae doit e faire le mercredi: la du mariage el à ·e oumellr :m · pcicw
cérémonie religieuse a lieu à dt'U\. heures de lfU'entrain raicnl le infractions donl il se
l'aprè -midi. i le finne,é ou ~a roture u·e t rendrait coupable. u
On voit d'après cela que, pour e marier
pa là à l'heure fixée, les portes de l'égli e
doivent être fermée , elles ne sont ouvcrle~ en ce hon lielll'. temp~, il fallait en avoir
au retardataire que moyennant l'aequillc-- grandement &lt;·m•ie. Mais au moios. était-on
ment d'une amende de deu~ thaler ou lare- quille unciois remplie' toutes ce· formalités?
Que non.
mise d'un a e équi,al &gt;nl. La moitié de cette
L'eJ.i tence ultérieure &lt;les ménarre restait
omme r1nienl à l'église el l'autre au conseil
sou mi. e à 1m contrrîle des plu é,èrcs, ainsi
(à la ommunc):
6° Le sacri tain ne doit pa toucher à l'hor- que le prou\·e le mème document.
« Toul, fomme, y est-il dit, convaincue
loge en YUC de rendre service aux intéres~é ·;
Loule contra,·cntion it celle pr cripûon en- d'avoir frappé son mari est. sui,·aut le cas,
punie d'amende ou de prison. En outre, si
traine une amende d'un thaler ;
7° Après fa cérémonie religirnsc, le jeunes elle a de 1a fortune, elle est condamné&lt;' à
mariés ne doirnnt pas :,'êcarte1·: il fanl qu'ils douncr un hahillement en drap à l'huù,sier
a 'i 'lent au dîner, lequrl t servi au ·orlir du conseil. 'i l'homme est pusillanime au
de l'~li e et se compo c ile quatre plats, non point de ne point o ·cr porter plainte contre
compris les légumes, la garni111re de. rôti.&lt;;, 1a Cemmc qu.i l'a bauu ou maltrailé, il est
le beurre, le fromage, le fruits et les écre- passil.,le d'une double punition : il doit bavisse . Chaque inrractjon à ces prescriptions biller à neuf deux des bub,sicr: du conseil et,
en outre, subir un empri onn ment ou tcllc
est punie d'w1e amende de quatre thaler ;
0
Le le11deruai11. j udi, sou peine d'une autr peine lai ·t-tfo 11 l'apprécia.Lion du m:tamende de quntre thnl&lt;r, le par •n ts, frère , gisLral. 1&gt;
Si les deux épom avaient de Lorls, on les
sœurs el ami - de. jeunes mariés assistent
·euh; au repa de midi. Le même jour, li mettait J' accord en le enfermant en eml,lc
1lnns une cellule et ne leur donnant qu'un
deux heure de l'après-midi, les jeune geu
se réuni sent pour dan er; le autre· \ienncnt
eul lit, une citai ·, uue assidlc, une fourà cinq heures pour le r pas. Il leur est ser\'i chette et un couteau. Le remède, parait-il,
était au · i iufaillible que prompt.
le même nombre de plaLs que la veille ;
P.
.el:
I'!
~

..,

73,,.,

.

.

•\') .....

...

•~;. r"-\--' •
.,. ' .... ~.......
• ..
~ ~

01::

PARDIELLAN.

:N'APOLÉON IIAR.t.~GUE LES TROUPES ll,\\"ARObES ET \\liltTE:oil!ERGEUIBE$ A ,\UE..'l'~llERü (2U A\RlL

llk.&lt;}J.

o,-.1vurt dt! f-ONTAIN~. ,j',,1frès le l.Jtlei.111 Je DEllREI (MllsÜ de l'crsallles.)

M émoires

du général baron de Marbot
.

CHAPITRE X
J'ACCtUnpagno Lmnos Il LoetOUl'I', Bord •aur el Paris,
eu fui;.ant rouclion de collrrier. - Épl-orfe. - lléparl pour Au0,s bourg. - lloulou :i 1,on&lt;hltut.

ara•ro~sc pl'Ï , la mis ion du maréchal
Lannes était accornpliè; il e mit donc en
route pou.r rejoindrr !'Empereur lt Pari, et
l'accompagner en Ail ma!me. où la ouerre
a1er l'A.ulricbe parai sait imminrnl&lt;'. ·ou
parrourÙ1Ilc$ a,·ec no chcvat1 le Lrajcl ~ui
.épare I' ra"on &lt;le la Bida · oa. Le célèbre
parti an lliua ayant allaqué notrè e corte
dan. les Pyrénéc , auprè~ ùu Pampelune, le

domestique du maréchal, qui COUl'ait habituellement dcçanl a voiture, fol lué. Arrhê
à 'a.int-Jean de Luz, le maréchal troma c'3
berliue et y ofiriL une place à 1nr. de aint)!ars, Le Coutculx et moi. ,le fis ,·endre me:
cbcvan.x, et de Viry ramena mon dumc tique.
L'nn des ,·alcts de chambre du maréchal
ayant inlltilement teul~ de faire l'offü-e de
ourrier, cl le, po tillons manquant, aou ·
nou déçouâme . Le Coulcuh, .,ainl-Mar &lt;&gt;L
moi, à fc urnir ·hacun troi relais. J'a,·ouerai
qu'il m'en coùta beaucoup de courir la po te
à franc étri-r. ]or que j' ;tais à peiue guéri
de mes cieux liles~ur •s; mai· je l'Omplai sur
ma jcune--e el ma l'orle con LiLulion . .fe com-

mcnçai mon ser\'ice par une nuit de- plu
noires et sons un or;vre des pins ,,iolents; en
outre, n'étant précédé d'aucun postillon,
comme l'est d'habitude le courrier porteur
de dépêcb ·, je me jetai dans les maUYais
pas et pou. ais mou ehcraJ dan les lrou : la
berline me talonnait; enfin je ne conna.i ai
pas l'cmplaeemcot des maisons de po'le,
difficile à lromel' daw une nuit aus iohscurc
et par un temps pareil. Pour comble de
malheur, je du attendre louglemp le bac
sur les riv de l'Adour, en [ac de PeJ relioradc; aussi je me rel'roidis; je grclollais el je
~ou!Trai - beaucoup de ma blessure, quand je
pris plnce dan, la berline. Youi; vo 1~z par ces

�1l1STO'J{1.ll
dé111ils que tout n·e l pas rv e dans la vie
d'aide de c.1mp. 1ous pa àJnes quarantehuit lumre. ~ Lectoure, où le maréchal po édait les lii'llimont de l'ancien :l'êrhé, qu'il
aYail lran formés en cb.ileau des plu confortable .
Nous repdmes ensuite la roule de Paris on
courant chacnn à notre tour. Comme le marécnal voya«eait jour •t nuil el ne pouvait
supporter l'odeur des mets, nou éûon oùli0é do jeûner à pt.m prè pendant ix. relais et
de ne manrrrr 11u·cn galopant. Je fu donc bien
surpris, lorqu'uu . oir le maréchal me pria de
l'allendro au relai de Pétignac ou du Houlet el
d'annoncer c1u'il s'y arrêterait une heure pour
ouper. Je fus surtout trè· étonné en voyant
que la maison indiquée n'était pas une Mtellcrie. Mais,. à l'annonce do l'arrivée dn maréchal, le habitants font éclater la joie la plus
,·h•c. dre ent la table, la couvrent de mols
ucntlcnl et . 'élancent en pleuraol de joie
au-devant de sa voiture. Le marécha], les
larmes aux yeux, cmbra se tout le monde, y
compris les plu· petits marmot cl coml,le
le maiLrc de poste des man1ue de la plus
rendre amitié. Aprè dîner, il ordonne à SaintMar · de lirer de ·on portefcuilll! une upcrLe
montre n or et une cliaîne de même métal
fermée d'u11 gro · diamaul, offre ces liijom:
au maître el /1 la maitre c de poste, donne
" ou 400 francs am; scr,·aotes, cl 'éloigne
au milieu des plus tendres ernLra scinents.
Je cru que celle famille étail alliée au
maréchal: mai , dtl" que nou fûmes en ,•oiture, il nous dit : « Vous êta san doute
(( é1onné dt• marques d'intérèl que je donne
11 à ces braves gens: mais le mari m'a rendu
11 110 bien grand scnice, far il m'a sauvé la
11 vie en ... yrie ! » Alor le maréchal nou
raconla c1u'étant «énéral de 1fü·i ion, il diri"l!ail un nou~el a. :ml contre ln tour de ainl.Jean-d'Acre, rr11;1nd il reçut une l,alle nu traYCt'. du cou cl Lomha évanoui.
es soldats,
le croyant mari, e retirèrent en désordre
devant des millier de Turcs, qui lès poursuh•aieut en d1.:capiLanl ccu. &lt;iuïl pouvaient
alleindre, et plaçaient leur tèt
snr la
pointe de pali sad ! Un hrav capitaine fait
app l à ses oldal pour ramener le corps de
leur géuéral, l'cnlhe, cL llienlôl, épuisé, le
traine par une jàmlJe ju qu'à fa queue de la.
tranchée. Le sol était sa1lonnc.ux: la. tète dtt
général ne reçuL aucune meurtri . ure, et les
secous c l'apnt ranimé, il fut ojgné par
Ln_rr y, qai le rendit entièrement à la vie. Le
capitaine, a ·aul reçu une hies ure grave,
rentra dans se· ÎO)'Cr , obtint une petite pen·io11 et e maria a,•ec une femme peu aisée;
mai le maréchal devint une seconde providence pour cette famille; il acheta pour lie
un relais de poute, de champs, des chevaux,
une maison, et fai ail élever à se frais le 61s
ainé, en attendant que les autres .fu sent en
âge de quiller leurs parents ; aussi la .reconnaissance de ce braves gen égalait-elle celle
du maréchal pour son libérateur. Cet ancie11
capitaine perdit sans doute beaucoup à la
mort du maréchal Lannes, qu'il vit ce jour-là
pour la dernière fois.

M:é.JKO~'ES DTI GÉJV'ifR,.AL BA'l(ON D'E
Ofü coulinuùrne notre roule par un froid
toujnurs croissant, qui rendit on ne peut plus
pénible le trajet d'Orléans à Pari-, où j'arri•
\"ai enfin le 2 :mil horriblement fatigué eL
très oulTran L.
Je retrouvai ma mère avec un bonheur
mêlé d'amertume, ca.r clic Yenait d'apprendre
que mon frère avait étt1 fait prisonnier par
les guérilla espagnoles, et j'allais partir pour
une nouvelle campagne!
A peine arri\'é à Pari , le maréchal me condui it chez le mini tre de la guerre pour
avoir ce qu'il avait fa.il pour moi. ll oe manquait à. mon brevet de chef d'e cadran que la
anclion impériale· mais comme Napoléon
était alors très occupé des mouvements de
l'armée autriehieone, il ne demanda pas nu
ministre le travail p1·éparé et ne fit aucune
promoûon. Ua mauvais génie me poursuivait!
La capitale 61.ait très agitée;
Anglais,
non voyant eorragé ca E pagne, crurent
l'heure venue de soule\'er contre Napoléon
Loulle nord de l'Europe : ce projet était prématuré, car J'Empereur di posait encore en
Allemagne d'une influence immen e et de
forces considérables. ta Prusse n'osa bourrer·
les princes et rois de la Conîédération germanique m.irenl leurs armées au senice de
1apoléon, auquel la nus ie même envoya un
corp de vingt-cinq mille hommes. Malgré
cela, les AuLrichiens, soldés par l'Angleterre,
venaient de nous déclarer la. m.ierre. Leurs
armée s'aYançaient sur la Bavière notre
alliée, et ]'Empereur e préparait à se. rendre
eu Allcm.i.gne, où le maréchal Lannes devait
le uivre. Toutes le calèches étant retenues
par de centaines d'officiers généraux ou
autres j'étais fort embarrru;sé, car !'Empereur ainsi que le maréchal, devaient quitter
Pari· 11:: 15 avril, et j'avais reçu l'ordre de
partir un jour avant eu:c li fallul donc me
ré igner :1 courir encore un foi la po te à
franc étrier, par un très mauvais lump !. ..
Heureu ement, u.ne semaine de repos 3vail
calmé lïrritalion de ma blessure au coté;
celle du îront était dcatri ée, et j pri la
précaution de remplacer mon lourù coll.Jack
par un chapeau . Mon dome tique Woirla.nd
me uivit. mais, fort roauvai écuyer, il roulait îréqucmmenl à terre cl se bornait à me
dire en se relevant : « Comme ous êtes dur
au mali ... Oh! oui, ,ou êtes dur! ... ~
Je parcourus en quarante-huit htures les
cent douze lieues qui éparent Paris de trashourg, malgré la pluie et la neige. WoirJand
n'en pom·ail plus; il fallait changer notre
manière d'aller. D'ailleurs, je savai f)U en
Allemagne on ne courait pas la po Le à. franc
étrier, et nous n'étion encore qu'à moitié
chemin d'Augsbour"', notre lieu de réunion.
Je pus enfin trouver une calèche, et par la
îorèl oire, je gagnai Augsbour"', où je rejoignis plusieur de mes camarades. L'Empcreur, le maréchal, presque Loule · les Lroupe
étaient déjà en campagne. En courant la ville,
je réu ·si~ à acheter un cheval; je troquai ma
voilure contre une aulre, et nous parlimc sur
nos selles de vo age. Ain i, en queltrucs emaines, nou avions vendu no che,•au, à "il

les

0

prit, fait des débour é consiclérahlcs, et tout
cela p011r courir au-devant des halles et des
boulet qui dc1•aient ôler la vie à plusieurs
d'entre no11s! ... Qu'on nomme amour de la
gloire, ou hien Jolie, le senliment qui nous
excitait, il oou dominait impérieu emenl. et
nous marchions sans regarder derrière nous !...
Nous joignùne l'élnt-major impérial le
20 avril, pendant lo combat d'Abensber,.,, Le
maréchal Lanne , aprii nous nroir complimentés sur notre zèle, nou lança immédiat ment o.u milieu de coup de fusil pour porter es ordre . Les Autrichien , commandés
par le prince Cha.ries, frère de l'Empereur, se
retirèrent derrière le Danube, par Lands1mL,
au delà de la rivière d'lst1r, donl, selon leur
habirude, il négligèrent de détruire I s
ponts. Le lendemain, Napoléon fit atlllquer
Landshut par nolre infanterie, qui traversa
deux fois le pont sous une grêle de halles:
mai arrivée à l'autre exlrémiLé, elle fut arrêtée devant une immense porte, que l'arriùrcgarde ennemie défendail du haut de mur
de la nlle par une \ ive fu illade, el deux foi·
nos colonne~ Curent repoussée avec perle! ..•
Cependant, l'Erupereur, qui tenait infioimc11l
à prendre Land but, afin d'y pas cr l'lsar
avant que le prince Charles pût y préparer de
pin grands mo ·eo· de résistance, venait d'ordonner une lroi ièmc attaque, et ]es troupe
corn.mandée à cet eO'et se préparaient à mnrcher, lorsque Napoléon, apercevant le général
Moulon, on aide de ..:..1mp, ,·cnunl rendre
compte d'une mis ·ion qu'il lui a,•ait donnée
le matin, lui dit : « You · nrriwiz forl à _propo ! ... PlaCèz-vou à la tète de cette colonne
et eu levez la ,•illo de Laodshul ! ))
Une an si pérmeu e mission, donnée à
l'improviste, aurait pu élomier un homme
moin intrépide que le général Mouton. Celuici n'en fol nullement ému ; il abandonne on
cl1e\lal 1 el mettant l.irayemenl l'épée à la main,
il rail battre la charge, el s'élance le premier
sui· le pont à la tête des grenadier !... Mais
se trouvant arrèltl par la porte de Lanshut, il
ln fait enfonœr à coups de hache, pas e au
fil de l'éptfu lout ce qui rési.Le, 'empare de
ln -..•ille, et revient tranquillement rendre
compte à l'Empereur de lo. mi sion dont il
;ivait été chargé le malin !.. . Chose bizarre!
da11s la comersalion qu'ils curenl ensemùlr,
il ne fut pas dit un ~eul mot relatif à la pri e
de Land hut, etjam:iis l'E:mpereur n'en parla
an général Mouton .... Mai , après la campagne, il fil porter chez lui .un remar,ruahlc
lableau d'Hersent dans lequel ce général e t
représenté marchant à la tète de sa colonne !t
l'allaque de LandsbuL. Ce onvcnir de Napoléon valait mieux que les plus grands éloges.
CHAPlTR.E XI
Hemonle impro1,j!!tie. - &amp;pisodes do ln bal.aille d'Eek•
mfi~I. - Crunhnl de eavalerici de\'afll Uatisbo1100. Dé1vnle de L'ennemi.

L'armée îrança.ise, lral'er nnl !'Isar, ·e
dirigea sur Eckmühl qu·occupait le gros des
forces de l'armée aulrichièrme. llEcnperc.nr
et le maréchal Lanne pas èrenl la uuit à

Lunds-l1ul. Uue balaill1· parai~saiL irumi11..,ute
pour le lendemain. La 1·ille f'l '1os e1wirons
étaienr remplis de lroupn· et sillonnés rn
tous sens par d1· officiers d'état-major. alla11L
porter d ordres ou l't?l'enanl il· en porter.
Mes rarnarailes rt moi eùme dr lrê· nomhreuse cours1•s i1 faire. cl comme, par nil.c
de notre r;1piôc rnpge d'E,pagne en AlleJilllgne, nous ne po-sé&lt;lion · que de lr médiocre clieranx achetés nu b11sard, et ~ue ces
animaux se lrouvaient Lr~:. fatigués, W&gt;11s
prévoyions arec peine combien il nou sernil
dil'firilc de faü-c un han sor\ice dans fa bataiUe
du jour 11ha0l.
Je rentrais ,·rr» dix heure· du soir, rnnanL
de remplir une mission à trois ou quatre
lieue de Landshul, lorsque le m:u·écbal
Lannes m'ordonna d'aller porter un ordre au
gtlnérnl Gudfo, dont la diYision ·e trouvait
fort éloignce; jo deYais en. uitc aucnclre prè
de ce général que le maréeh;il arri1·at sur le
champ de bataille. lfon emh:irras fut très
gr:md alor , car le cheval que je verrai de
quill'r élaiL haras li; le maréchal n'avait pa
de cho1·aux ~ me prêter, el il ne e lrou1'ait
pa à Land hut de c.,1·aJcrie îrançai e à laquelle on pùl ordonner de m'en fournir un.
.Te ne pou rais entrer cbcz l' Empereur pour
dit-c au maréchal que j'étais à peu prè démonlé; ccpnndant. san, uo bon cour-ier,
comment porter un orilre dont allait peulêtre dépendre le alut do l'arméc'l -'e me
lirai de cet mbarras par une assrz mauvai e
action, je l'avoue, mai que mit situntion
?Wicile rendait peut-être excusable. Vous eu
Jugerez.
J'appelle Woirlnnd, mon dome-tiquc,
homme de sac el de rorde, r1ui rwnil rail son
apprenti.snge Jan. la 1t:gion noire d'Humberl,
't n'était emharrnss; de rie11. Je lui fois part
de me· perplexité, el le char"c d • se procurer a loul prix un clm·al... enlin il m'en
faut un!... Vons allez l'avoir, me répondit-il,
cl loul de ce pas, Woirland, orhrnl de la ,·ille
qu'entouraient dh·er corp de troupes de la
Confédératiou germani(1ue, entre dans leca.mp
de la caYalerie wurtembergeoisc. Tou· Je,
hommes dormaient, le! factionnaires comme
le antres. Woirland pa se tra11q1ullerneut
l'inspection J:e. cbcraux, en \'oil un qui lui
couvienl, le dtitache, et au ris11ne de e faire
assommer, si qnelqu'un l'.tperce\·nit, il le
conduit hors du camp. jette tout l'équipage à
Las, rentre en Tilli&gt;, place ma ~elle sur Je dos
de l'a1ümôll, et l'ienl me prévenir que tnul e!tt
pnîl! Les chevaux de troupe de la c.w:ilcril:i
wurlemlinrgeoise 11orlenl pour marque un boi ·
de cerf imprim~ snr la cuisse gaucbe; il me
fut donc très facile de rcconoallrc d'où provenait la noul'elle monture qu'amenait mon
Figaro. Il ne s'en défendit pa !. .. Ce cho1•al
1•enaiL d'ètre maraudé, ou, pour pnrler franchement, vole·. liais voJe-t: combien une iLuilLion difficile élar i! la conscience! Pour faire
taire ln mienne, je rno dis: (r i je ne premls
11 pas œl animal qui appartient au roi de
Wurtemlter_g, il me du\'ienl impo ilile ile
11 porter au général Gudiu lœ; ordr
(}UÏl
doit exémter au poiut du jow-, -cc 11ui peut
07

compromcllr · li: gain de la l1alnill c cf. nmcu ncr ln chute de la ronronne du roi ile \\ Ill'•
cc Lc.mbrr[; je lui rend· Jou· un er1·ice
te indirect en me servant d'un cl.Je,al 110 ~011
« armée; d'.iillc•nr~. puisque n:mpereur il
(( donné un royaume a cc prince, r.elui-ci
,1 peul bien lui jll'èle1· 1rn ('beval fille je r ·n(! tlrai aprè m·eo ètre scrYi dan leur inté&lt;1 rfü commun! ,i Je ne
-ai , rue. cher,
cnfa111 ', si un ea -uisle approurorail rc rai~onncmenl, mais, pressé par les circonstances, je
m'~laoçai en selle et parti. :m galop!
Uailre Woirland aYail choisi en connnis'eur; la bête érait excellente. One l'ulc
1•ho.e me contrariait. e\llo.it que le maudit
boi de cerI marqué sur la cuisse du cheval,
indiquant i;a prol'eoance, m'exposait à le 1·oi1·
réclamer par quelque officier wurt&lt;!mbcrgeoi,. J'arrivai enfin au point du jour aoprî-·
du crénéral Gud in, dont les troupes se miren l
en marche. Je le uiris jusqu"à ce 11ue !'Empereur et le maréchal Lnnnes nous eu enl
rt'.ioint, avec le gro, de L"armée. La uataillc
s'engagea, la victoire ne fut point ua moment
douteuse : le maréchal Davout s' · di.Lingua
ce qui lui valut plus lard le Litre de prince
d'Eckmiibl.
Mon cb.cvo.l [aisail merveille; mais son dernier jour élnil arrinl ! ... Au plus fort de l'action, le marl-chal Launes ayanl em·oyé un ,le
es aides de camp les moins expériml'nlés
porter au général aint- ulpicc J'ordre de
charger avec se cuira sier· sur un corp de
cavalerie ennemie, cet aide de camp s'expliqua si mal que le général prenaiL nn , toul
nuire direction que celle indiquée par le
mar~chul, lor que celui-ci, 'en étant aperçu,
m'ordonna &lt;l'aller me placer à la tète de fa
divi ion Saint- 'ulpice, et de la conduire i,
l'ennemi par la grande roule qui forme la
princ1palt&gt; rue! d11 ,•illage dl;:chmübL Pendant que le marichal Lim □es m'&lt;!xpliqoail se
intenrions, en examinant une carte &lt;(Ile le
~énéral Cervoni, lui et moi tenions chacun
&lt;l'un côté, un bonlel la lra\·ersa et étendit le
géné..-al Cervoni raide mort ur l'épaule du
maréchal, qui [ulcouverl du sang de son anû,
arrivé la veille de Corse, tout exprès pour
faire cet le campagne avec lui!. .. Le mar1,L
ebal, pé11étré de do1ùeur, n'en eonLinua pa
moins à me donner des ordres avec clarté, et
je couru vers le général Sainl- ulpice, auprès
duquel je marchai à la tête des cuira ·siers
sur Ecl-mü.hl.
Un régiment de Croates occupait les maisons de cc villarre; mai . au lieu de Lircr sur
nou par les croisées où ils se trom•aienL
hors d'attcinte des abres de noLre cavalerie,
cc hommes, quittant tupidemenl l'excellente position qu'ils occupaient, descendirent
bravement dans la rue, où ils espérai.:nt
arrèler nos escadrons a\:eC leurs baïonnettes,
en se formant en colonne errée. Les cuiras·iersCranç.ais ne leur en donnèrent pas le temps;
H. arrivèrent i rapidement que les Croales,
m·pris en dé ordre, au moment où ils SorLaient des mai:;on , furent enioncu , saLrés,
el jonchèrent bientôt la rue de leurs cadanes !
Néanmoins, il:; ne cédèrenl pas sans se dé11

.M A'(BOT

-,

feudre "aillacrune11l. Un de leurs Lat.iillon"
~urtoul opposa une vigoureuse résisLauce, cl
mon cbc,·al ayant rrru pt&gt;ndant la mèltle un
coup de baïonnette d:uis le cœur, fil q uclqucs
pas el tomba mort c·onLre une lrorne, d I sorte
qu'une de mes jambes re ranl µrise sous le
corp de ce paune animal, tandis que mon
grnou appoi·ait contre la borne, je ne ponvais Faire le moindre mouvement! En par il
cas, m1lhPur au cavalier demonlé I car personne ne 'arrête pour le relever; d'ailleurs,
on ne le pourrait pas. Aussi le premier régiment de nos cuira sicrs, aprè avoir hacbé
Lons le Croates qui ne s'empressaient pa de
jeter leurs armes, continua la charte el Lra\·ersa le villa 11e, suivi de toute la dhri ion au
galop.
li e L fort rare que des chel'aux à moins
qu'ils ne soient trè!&gt; fa.ligué ·, po ent le pieds
ur les corp:1 des hommes étendus par lerre;
aussi Loo le la di vision de cuira ~ier passai-elle ur moi san que je reçusse la moindre
atteinte. Cepeodaul, je ne l)OUYai me dégager, el ma situation ét.1it d'autant plus péni~
ble que, ayant aperçu, avaul la charge, w,
t.rès gros corps de cavalerie ennemie placé au
delà d'Eckmlibl, je prévoy:ù que no cuirassiers seMienl repoussés et ramené à traver ·
ce ,illagc, et je craignai · · que les cavaliers
autrichiens, vvulant Yenger les Croate , ne
me lh c.at un mauvais parti! ... Pendant le
moment de calme f]IIÎ succéda dan~ la rue
au tumulte du conù1at et du passa~e de la
cavalerie de la division -caint-Su1pice, j'aperçu. non loin de moi deux grenadier ennemis,
qui, apnl posé leurs fusil , relevaient lenr
camarade· Ll • ·és..le leur fai signe de ,,enir
à moi cl de m'aider il dé,,.ager ma jan1be; il:,
ohéissenl, soiL par bonté. soit par rrainle que
je ne le fa ·se tuer, quoique je u'eus ·e en cc
moment aucun Français à mes ordres. Leli
deux CroaLes, sachant nos cuirassier en avant,
su considéraient comme prisonniers; d'ailleurs, cette e pèce de soldats ré□échit peu.
Ils Yinrent, et j'avoue qu'en voyant L'un d'cm
tirer de sa poche un grand couteau pour
couper la courroie de l'étrier qui retenait
mon pied sou le cheml, je craignis qu'il ne
lui prit la rantaisie de m·cn plonger la lnme
dan le ventre, ce qu'il cri L pu faire san
danger. ~fois il fu tloyal, et avec l'aide de on
camarade il parvint à me remettre sur pied.
Je leur fis prendre mou équjpagc el je sortis
d'Eckmiihl pour rejoindre notre infanterie
restée en dehor .
Les deux Croales mo uivirent très docilement, . el bien leur en prit; car à peine élion nous hor du village, qu'un bruit affreux
s'éleva de.rrii!re nou . Il était produit par le
retour de nos escadron , &lt;Jui, selon mon
attente, étaienl ramené par les forces supérieures des ennemis, el ceux-ci, à leur tour,
. aLraicot tout cc qui restait en arrière. o·
cuirassiers, furieux. de e voir repous és,
cherchaient, en pa sant au galop auprès de
moi, à pointer les Croates qui portaient ma
elle. Ces dem: soldats m'avaient Seèouru · je
m'opposai donc à ce qu'on les tuùL cl leur' fi
signe de se coucher dans un .foss~, où le

�ff1ST0~1.J!

----------------------------------------·

sahres ne pouvai nt les atteindre. ,le m'y serais placé moi-mtmle i je n'eu. se \'.U Pn tète
du c-0rps autrichien des uhlans dont le
laure~ auraient pu me percer. Hcureu emcnt
pour nou ., la division .Saint-,'ufpin~ 11'a,1ait
que troi ou quatre ,·cols p;i à faire pour
,1Lre secourue; car
•n ln ,oyant r venir,
!'Empereur lan(.'a deux dhi ion de cavalerie
qui accouraient ropidement au-devant de
nous. fois i courte que fl\t la di lance que
j'avai à p rcourir pour 11t.. p:i tomber sous
le lance autrichienne~, elle rta.it immen~e

forl el gro e boite , lellea qu'en porlaicnl et ) , maréd111l I,11nn s, bien certain que
nlor · nos cuirassiers, sont déîa:,·orahles à lo eelui-{'i. nr ,·oubnl pa• se prive1· de me: ~('rguerre. Ln jeune ollicicr de l"escadron qui vicc · lll!n&lt;lant le reste dt• la bataille. me fora il
me sauva, ayant eu on chc,·al tné.. deux df' JH' 1kr un cl1t:',al par uu des rl1&lt;&gt;imenh francuirassier lui tendaient le, main~ pour çais qui o 1roun1ienl ,111pr·· 1fo lui. En clfot,
l'aider à courir ainsi ,rue je le faisai~; mai , il rn donna l'ordre: m:ii.· ('ommc il 11 'y asaiL
bic11 qu'il r,\l gr1ind, mince et infiniment plu" en cc moment que df's ruir:'t ~il'r dan nolr
lc.,le que moi, salourdcol raide chaussure l'em- voi,inagr,, on m'amena un animal éuorm ·,
pêchanl dl' remuera. l'Z ,i,erne11l les jaro.l1c , lourd el iu · pable de porter rapidement nn
il 11 • put ·ui1re le galop de · cb.crnu. ·, fn 1 aide d • · mp d'un point à un autre. Le marécoutraint il'ahandonner l • main seco11ral1l(•s chal en arnnt !ail l'oliscrvation, un colonel
,1ui lui élaienl tendue~. el l1Jn1ue uou re- dl' rbe,·âu-lé"e
wurlemllèr"eOi.' 1111i e

JJf É.M017f.ES DU GÉJ'Jt~AZ. 1JA]f.OJV Dl; .M'A](BOT - - ._

I

rst donc le diable! Ce matin il était !.!l'i , à
présent il c~r noir l. .. »
1,a bataille d'Eckmiih] avait commencé cl
e continua toul.r la jourm1c sur nn terrni11
accidenté, cou,,crl Je monlicull!. et Je bouquets de bois: mai . à mesu~e 1p1 'on a,·:mr •
dans lo directio11 du Danube, le pa}s se
Ù&lt;;cou1•re, s'apl:ttit, cl l'on cnlre Pnfi11 ,lnns
nlle immense r,Inin' 1pti . 'rtend ju qu'à ll:1l1shonne. Ll·~ ,\ttlrii·hit&gt;ns ont une des ml'illcuri• · ~Halerie. dP r Europt', mai, uu: pn:_
tl'xlc 'Jll'il foui la r,:s,•rlf'r jJOur ctrn,rir la
rl lraitc, dans le cas où ib i-!'raicnl l.,alln~,
il ne l'emploient pns, ou du moin · trt" p(\11,
wndaut le combat, t·e tJui amène leur défaite
,,1 néce:,ih' 1111 rc1rair qu'il: aU-raient pu
é\iler: mais alors leur casakriP con\re admiralllemeut bit-11 leur, momtimcnb rétro~radl•,. C'est ce 11u1 eul liru à l~dm111hl: car,
dès que le prince Chnrl 1•i I la hat:tille perdue pour lui, .-t son infanterie, repOu' ée du
pa ·s moulucu-x, exposée à faire une retraile
dillicile en plaine de ant les nombreux estaJrons fra0\'3Î., il fil prendre l'offen. ive à
toute sa carnlcrie, 4ui c pré cola brave~
ment pour nous arrètPr, pendant tflle le
fantassins, l'artillerie et les linl!tl e autrichiens c r •lirai •nt -iir Rali bonne. L'Empereur, de son eiM. fit avancer nos bou.s:trds
et ch.a eurs, outenu. pnr les forte division, de niul-.Sulpir.e cl Nan 0111y, au qneUc.,
le · ennl'tnis oppost·rent deux di,isions de
1111h111:: arme. Le carnlicrs lé!-(er: de~ ùiwr
parlis se j tèrcnl promptern!'nt rur les Uanc·.s.
I' ur é,it-er d' 1lre écrasé pm- ces îorruidahlc.s
ma ·.ses com·er1t1 de for qui, s'avanç;mt rapidement l'unt&gt; sui' l'autre, ·c cbo11m'mml, se
pénetrèrent ('I ne l'orrn/.rent plus qu·u,w
inuuen L' mèlée.
,
Ce combat, à la [oi, lerriLle et wnje lueux,
n'était 1:dairé •tue p:tr un faili]e crepuscule
el la clarté dc la June nais. ante. LeFI rrL
d•· eomhall:inb étaicnL couverts par les . on:
,pie rcfülaicnt plu~ieurs milli r de ca qm!
l'i de cuira.ss · ·, frappés à coups rrdoublés
par des l1r s pe ·;ml , qui en faisaient jaillir
Je 11ombreuses étincelles! ... Autrjch.iens 'l
~'ran\:;ii , chacun Youl.ait rester maitre du
cb3mp de bataille. Des deux côté1&gt;, même
cour:i,.e, mème ténacité, force pareille ,
lll3Î~ non pa égale arme défrnsÎ\'éS; car
ll•· Autrichien n'étant cuira. sé. que par dL',·.mt, leur do· ae se trom·e nullement garanti
tians une mêlée. li recevaient dan · le dos de
gr11uù · eoup de pointe port~- par lei cavalier
fram;ai· qui, aJanl deux cuiras e , et ne c:rai0nant pa, d'être l11csst1 par derrière, ne .'occupaient 11u'à frapper. tuaient un grand
nombre d\mnemi et n'é_prournient que de
li•"ères 11 rte '. Cc combat in : nl dura quelque: minute : enfin le:,, Autrichien., donl le
nombre dc~liles és el de morts 1tait immense.
f'urcnt conlrainls, malgré lenr Lrarnure, de
cé1ler fo lel'r:1.in. Dàs r1u'il' curent fait -volt
fore, il · comprirent encore mieux comljien il
c I défarnrable de ne pas ùtrc cuira sé par
derrière comme par devant, rar le combat ne
ÎUI plus qu'nnr l,ouclierie _t.,. 'o cuira ier
poursuivaient 1&gt; • ennemis en ,leur enfonçant
1

pour un homme à pied 1... Den.1 cuiras icrs
me placèrent alors entre eux, et me tendant
chacun une main, il m"enle,èrenl si bien
que, îai~:int de Lrès rrrande · enjambées, je
pus ·ai rc pendant Jeux minutes le (Talop de
leur · cberaux. C'était tout ce qu'il fallait;
car le ccours envoyé par !'Empereur arrivant
promptement, l • ennemis cessèrent leur
poursuiLe, et furent même rejetb au delà
d'Erkmiihl dont nos troupe reutrèr nt en
Po· c siou.
Il était lemp que ma cour e extragyinna.r
li que eûl un Lerm , ca r j' étai· hor · il'l1alcin"
eL n'aurais pu la continuer. J'eus lieu -de
reconnailr en celle occa i.on combien Je

Ylnrnes ur le terrain parcouru si rapid •ment,
uou trouvâmes le lieutenant tué d'un coup
ùc lance: on vo}ait qu'il arnit cherché à se
Mbarrasser de ses rrrandc bottes, dont l'nn •
!!ln.il à demi lircc. I $ p1•litc holl~ à la hou•
sarde ne m'araicnl oullemcnl 1rèn 1 par · •
qu'elles éf..'.lit~nl l 1rrèrc cl flexibles.
Dam I' !&gt;ipoir de ra\Oir ma clic et ma bride,
je retournai ·ers le fo~s,: où j'avoL cacbé les
deux Croate : je Il' a1wrçu. lranqnillement
couché·. Viu ieur~ cb:lr1•es a1·aicnt eu li •u
au-clessu d leur ,..îll', an, qu'il ciment
r ·n la moindr• ~gratigur ..le leur donnai
une Técompcmc el le~ li marcher deranl moi
ju,qu'au mamelon qu'o1:1:upaient !'Empereur
.,. 348,...

Lrourait d •rrière )'Empereur ·.impr · ·a de
faire a cour en prescri,ant à on ordonnance
de mettre pied à terre &lt;'l me rnilà de nouveau sur un exccllenl chc~,·al marqoé dn boi,
de œrf !...
L'obli •can&lt;:t! de re 1,011 colonel rl·nuu,elnil
un pl'U nie. rcnwrù pour la mauvai,c action
que j'avai c-0mmise le matin, mai · je 11•
faisais t:1ir en r pétant mou raisonnement
un peu jé.~1âfique. Le plaisant de l'a/raire,
c·e l riu·,,n porlanL un ordre à la ré ·ene,
je rencontrai mon dome~ûqne Woirland, qui,
s'éL:ml approch1i ùc moi pour me donner des
,frrcs dont se saco(·be étaieuL toujour~
amplement rrarni , s'écria : «Mais ce cLeval

leur snbr •s dan le. rein , et, sur l'espace
d'une demi-lieue. le Lerrain fut jonché de
cuirassier~ autrichiens morts on hie· és. Il
n'en ser:iil échoppé C[llC fort peu, ile nôlrc.
ne ·e [11 ·sent arrilLils pour charger plusieurs
lt.'.ltaillon · de gren:tdier · b.ongrois qu ïl enfonc reat el prir •nt pr ~'lue en rnli r.
Ce combat dL'l'idn .am:. appel uae ']Ueslion
d,1battue depui · longtemps, celle de l:'1 nécc,.~ité rie ruira:;sc · doubles: rar le nombre Je·
lifo~.'è :c Lrourn dl' /111i1 .\utrid1ien. pour
un Frar,~ais, cl celui des mort. de treizti
ennemis pour un Français!
Après i:etk terriLle charge, les ennemi ,
n'a}anl plu aucun moyen de rltsi ·Lan 'è,
ù 1loîgnèrcol dan 1 pla.s grand désordre,
vht•mrnt 1iour uivi. Ur la cltau, êe, où les
fupr&lt;l.' l'Oltrairnl pèle-mèlean•clL'~ \'ainqneu rs.
I.o mankb.al Lannes proposa i, l'Empereur
de profit~r d la déroulr de· AuLricbiens
pour d ~,ruire coml'lrlemenl leur armée, o
l':iccul:mt nu Dana.be, et en entranl nvec elle
dan Ral.i.sbonnc au milieu de la confusion;
mais les aulr · maréchaux a\ant fait ob·en,ir
que DOU étions encore à trois lieues de cette
pl:tce, que nolrt&gt; infanterie élai l h:ira ~i::c,
c!nlin qu'il I aurait danger à 'exposer aux
hasards d'un combat de nuit contre des
ennemis qui venaient dP faire premc de tant
de résolution, !'Empereur ordoan:1 de faire
ecs,;er la pouruite el l'armée bivouaqua Jan.
la plaine. Le' .\utrk-biens avouèr,•nt a,·oir
perdu cinq mill;• Lur, et quinze mille pri:1111niers. douze drapeam et seize pièce de ,·anon 1
ils ne nou~ prirent que quelques homme. el
nous en tuèrenl &lt;IuiDJ;e cent '. Les ennemi.
. e retirèrent dnn~ 110 tPI dé ordre 11ue, dans
la nuit. un de leur. rérrimcnts de co,alcric
errail autour de nos ramps sans trom·cr
auc·une i ue pour fair retraite, lor ·,,ue le
colonel Guéhénl'llC, allant porter un ordre.
U&gt;mha dtm ce corps, donl le chd, ap~s'ètre emparé Je la pcrso1111e de JI, Guéh,;_
neuc, loi dil : « ous élin mon pri onnier,
à présent je suis le 1•6 trr ! ... &gt;&gt; En clJ: L, aous
, îrnes arrin:'r ,uéhén, uc a\·ec le ré!!Ùncnl
autrichien qui ·'était reudu il lui. Cet épisode
amusa benur.oup l'Empereur.
Vous conce1·ez qu'apri:s un tel succè,- remporté par 1 armée française, les chevaux de
pri ù l!laienl noml1m1x dan. le camp; j'en
ncbel.ai lrois exrellt!n Ls pour 11uelque loui.,
et me trou\'llnl ain-.i parfaitement monté pour
le reste de la campagne, j'aba.ndonn:ü le·
deux ros·es provenant de me~ acquisitions
:mtérieurc · el rc&gt;ffi'O}ai a.lll \\'nrtembergcoi ·
le cbeYal qu'on rn'avail prêté.
CHAPITRE: XJI
l 'fanpcrvnr ,,,t Messé 1fo\lllnl llnti. ,01111,,, - J1•
muolù li; µrauu,•r à I'~ •~ut vcc Lubi•tloyt-rc, rt
nous pém'lruu.,, dam, l ~-illc.

Le prinœ Charles avait pro.filé de la nuiL
pour ga mer füli boun , dont le pont lui
cr,,1t 1t faire pa _er ur la rirn gaucb.e da.
Dnnul,e 'CS ba 11ages, ainsi 'lue la meilleure
p;:irtie de se troupe . Ce fut alors qu'on
reconnul conihien avait été grande la pré-

voyance de )'Empereur, lorsque dè· l'om·crture de la campagne, il a'", il ordonné an
maréchal Da1'out \'enanl de Hambourg et du
Uanorre, pour e réunir à la grande armée
. ur la rive droit· du Hnnube, Hi.r Augs.bour&lt;r,
de . 'a •urcr la possession de na li ·bonne et
de . on pont en y lai , aot nn ré 0 imenL Oa,·out
avait établi dan. celle Yi)I le H5• de Jip11e.
,·ommandé par le colonel CoutarJ, .on parent,
nuqucl il vouJaü donnf-r l'occ;i ion de se d,.tinguer pnr une helle défen:e ; mais Couta rd
ne put tenir et, aprl• · qu lques heure· Je
combat, rendit aux .\ulrichiens la place de
Ratü,honnc, dont le pont assura leur relraite
après ootr ,·icU&gt;ire d'Ec.:krnühl; antrem~nl
il. étaient forl'és de mctlre bas le armes. Le
colonel Con tard ayant Lipulé c1ue lui et l!!s
officier~ du 1\1)'' de ligne seraient seuls ren,·oyés en France. !'Empereur dt:crél:i qu'à
l'nYenir le officiers d'un corp réduit à Cil JlÎtulcr sui\Taienl le sort de leurs .oldals ce
lJUÎ de,·ait porter les cbets à raire une pla.ti ve rési.stnnce.
Cependant, !'Empereur ne pounil se porter
ur Vienne ~ans avoir repri · Ratisbonne i
autrement d · &lt;1u'il · 'en i;erait éloigné, le
prince Charles, lraYer.ant le Danube ·ur le
pont de celle ,·ille, eùt rnmen~ on armée
sur la rive droite el attaqué la mitre prU'
,lerl'ière. Il follait donc à loul prix se rendre
maitre dt la plaœ.
Le maréchal Lannes fol chargé de celle
mis ion diliicilc. Les ennemi avaient si
mille homm dans Ratisbonne et pom·:ûenl,
au mo}en du pont, en augmenter le nombre
à \OÎOrtttl. 11 · l'larèrenl beaucoup d'artilJ,•rie
sur le rempart:;, tandi que le fontas in
g:aroi ·aient les parapets. Le fortifications
&lt;le Ratisbonne étaient îorl ancienne·, mauvai,e , les foss, 1 , à sec et ml thés en IL'!!1.l.lll.es; ccpendanl, l,ien que ce ruoyens de
défon.e fo.senl insuifisanL pour résister à
un siège en règle, l ville él/lit en étal de
repou · er nn coup de main, tl'aut.ant plu~
aisément que la garoi on communiquait a,·ec
une armée de plus de qualre-,·ingt mille
hommes, el que, pour pénétrer dans la
place, il fallait de cendre a,ec des échelles
dans un fossé profond, le passer sous lll feu
des ennemis, escalader enfin le rempart,
dool le angles flmqués de canons ·e commandaient réciproquemeoL
!,'Empereur, ai-ant mi pird à terre, alla
poster sur un monticule Hué à une petite
portée de en.non dé ln ville. Ayant remarqué
pr' de b porte dile de Straubing une maison
q11'on avait eu l'imprudence d'adosser au
mur d11 rempart, il fit :tYanecr les pièr,cs de
do112c, ain i que les 0l&gt;11siers de réserve, et
ordonna Je diriger tous le feu:c. sur eetlé
maison; en 'éboulant dau le fo sé, clle
devait le comLler en partie el former au
pied de la muraille une rampe par laquelle
nos lroup • poarrll.Îè11t monter à l'as.nul.
Pendant que llOlrt• ar~llcm cXécntail CCL
ordre, le marécl)(l.l Lannes Cil approcher la
tfü•i ion )lorand aupr' de la promeo:ide qui
contourne la ville, et pour mettre se· lroup s
à l'abri du feu de l'ennemi jusqu'au momenl
0

�111STORJA

_________________________________________.

de l'aU.aque, il le plaça derri~re une immense
gran e en pierre, 'lu'un ha ard des plus J1eurem: semlilail a,·ou· établie en c lieu pour
fo.,,ori cr noire enl reprise. Des 1·hariots rempli· d'échcll~ prise· dan. les villanes voi in
l'urcnl comluits sur cc point, où l'on ét.iit
parfailcmcnt garanti conlre les projectile
que le~ Aulrichi,ms lançaie11L à profnsion.
l~n nllcndant que tout fùl prèl pour l'a saut, le 1naréehnl Lnnnc., s'étant rendu aupro de !'Empereur pour rece\oir ses derniers
ordre.-;, causait a,·ec lui, lors,1u'nne ball • cnnomie , lanrée probalJlcmenL du haut dr n~mparls p3r l'uuc de t ('arahine à trè:
longue portée dnnl ·c .cri• ni les Tyroliens,
\ 'Î11t !'rappel' t apoléon à la cheville du pied
droit!. .. La douleur fut d'ahord si vive 4ue
l'(~rnpereul', ne pouvant plus sc tenir d~boul,
fui obligé de 'appuyr r ur le maréchal
Lanne·. l.e docl ' Ur Larrey accourut el rcconnul que la ulc·sure était Corl lê;?èrc. , i
elle c11l été a-sez gm·c pour néccssilc·r l'opération, on eût certainement con~idJré cet
événement comme un trù.. grand malbr•ur
pour la France; ecpentlanl. il lui eùL pettlêtrc é\7.lé hitm des calamités! ...
Ct•pen&lt;laul, le bruit e répa11d dans l'armée
que !'Empereur rienl d'être hic . é ; officiers
el soldat accourent de Ioule~ part ; en uu
in tant, des milliers d'homme cntourcnl
•'apoléon, malgré le canons ennemis qui réunissent leur · fimx 1-ur cet immense groupe.
L'gmpereur voulut ou ' trairc e troupe'.' à
cc danger inutile, et tranquilfo,er l'itu1uiétudll d" cor~ éloigné,: qui s'éuranla.ienl déjà
pour venir à lui ; à p,•inr pan,,é, il mool.e à
cb.eval cl parcourt le front de toutes le
lignes, au milieu des ace.la-mations de ce
liraves i.,rucrriers, qu'il a1•ai1 $i souvt~nl conduils à la victoire!
Ce fut dan · celle revue imprm'isée et
pa "ée co pr&amp;;ence rle 1'e11aemi, que 'apoléon
accorda pour fo première foi de tlolafio11 à
d simples soldnts, en les nommant 1'11.eMlic1·.~
,le l'E,,ipire, en ruème tcmp que membres
de la Lé !i.on d'honneur. I.es pr6 enlation
étaient faites par les cbe[' de corp· ; mais
l'l!:mpereur permellait ceprndaol que le
militaire qui se cruya;ent des droits inconlc tables vins col le faire valoir ùevant lui ;
puis il décidait el juueait seul. Or, il advint
,1u'un üeux grenadier,. qui ~vait fait les
campagnes d'ltalie et d'Egypte-, ne ·'entendant pas 11ppelcr, ,inL d'un ton ncgmalique
Jl!mandcr la croil: : &lt;( Mais, lui dit Nnpoléon,
« qu·as-ln fait pour mét·iler celle récoin{&lt; pen e1 C'est moi, ire, qui dan 1e
11 désert dt! Jalla, par une chaleur affreu e,
11 vous présentai ltn melon d'eau . - Je t'en
11 remercie de uouveau, mais Je ùon de l'e
« Croit ne van.t pa la croix de la Légion
« d' honneur. &gt;&gt; Alors le grenadier, ju que-là
froid comme glace , s'exaha.ol jusqu'au paroxysme, s'écrie avec la plu grande ~Qlobiliti : 1&lt; Eh! &lt;'Amptci-Yous donc pour rien
&lt;1 sepL ble· ure reçue· au pont d'Arcole, à
11 Lodi, à Ca Liglione, aux Pyramides. à
11 " aint-Je;UJ d'Acre, à Austerlitz, à Friedu la.ud... onze campagnes eu Italie , en

a Ég)'pte, en AutricJhc, en Pru·. e, en Po(( logne, en .... » Mais l'Empereur l'inL&lt;·rr9-~pant, et contrefaisant en rian t la vivacité
de son lanE,'ll"e, s'étria : 11 Ta, ta, la, comme
&lt;&lt; lu t'emportes, !or que tu arrives aux painl
(( essenLid ! car c•e~t par là que tu aurai
11 dù cu1
111ue1u:er, t·ela 1·aul bien mif'ux ff1IC
&lt;( ton melon! ....1.. te lai cl1r,·alier de l'Em11 pire a"ec 1.200 rrauc
ile dotnlion ....
&lt;I Es-lu rnntrnl 1 3lai , ,. ire, je prél'rre ln
&lt;( ('. roix! ... -Tu as l'un et l'autrl', puisque
,, je te foi &lt;-lwrnlirr. - }lui, j'aimerai·
11 mieux la croÎl !. .. Jl Le 1,ral'e grenadier
ne :;orlaiL pas ~e là, et l'on eut toute orte.
de peines à lui faire comprendre que le Litre
&lt;le ch.e\·alier de n:mpirc enlrainait avec lui
celui do cbcvaliPr de la Léaion d'honneur. li
ne fut 1ram1uilli é à ce si1jet r1ue lor 1111c
l'Emperenr hù eut al Laebé la décoraLion ur
1a poitrine, el il parut inliuimcnl plu · ,on·ilile à cda qu'au &lt;lon de i ,-00 fran de
rente. Par celle familiarité, ['Empereur , c
faisait adorer Ju so:dat; mais ce lllOlen no
[lCUl ètre eomcnahlemenl cmploytl 11ue par
un cbd d'armée rllu lré pàJ' d • nombreuses
,ictoiN". ; il nuirait à touL autre général el le
décon idér •r:iit.
Le maréchal l,annc. ayant été pré1·enn que
tout était prêt pour l'ulta&lt;1ue, nou . re!Ournâme ,·ers fiatisLonnc. !JCnd:mt ~ue l'Empcreur remnnlait sur le monticule d'oi1 il
pouvait être té,uoin dc l'a~.aut. Les diwr.
corp· d'arm~e rangés au1ou1' de lui nuendaient en . ilencc ce qui allait ·e passer ....
1 otrc artillerie ay.111t complètement abauu
la mai on d.u rempart, ses délJri' tomb~s
dan le fossé formaient un talus as ez pruticaùlc, mai · dont le ~ommet était ucore de
huit i1 ùix piCl{ moÎllii élevé 411c le mnl' du
côté de la \'Ïllc : il fo.llail dom· placer des
éd1elles :ur ces dél'omhres pour rr.tgnet· le
J,aul du rcmparl. Elles éLaieut au i n,~ t&gt; aire pour d1•scl'ndre de la promenade clan ·
le fos é, car il u'çxi lait aucunt1 rampe de ce
côté. En arrir:mt li_ la grange dcrri~re laqu&lt;'llc
fo division 31oran , commandée pour l'allaque, était abritée du feu ùe la place, le
maréchal Lannes ~pnl demandé 1'inquantu
hommes de 1,onne volonté pour marcher à la
têlc d • la colonne et planter les échullc~, afin
de monter le preqi.icrs à l'as aul, il s'en
pré enta un nombre; inliniment supérieur
qu'il fallut réJuirc ~ celui prescrit par le
maréchal. Ces braves, condnil • par ùcs oîfici~rs choi~is, parteul 11,cc une ardeur admirable; mai à peine ont-ils dépa:sé les mur
de la grange 'lui li!~ abrilail, ,111 'a,satllis
par une grêl • &lt;le balle~, ils [urenl presque
Lous couchés par Lerre !... Quelques-un s:eulcment parvinrent a de cendre de la promenade dans le fossé, mai le r_,1non les mil
bientôt ltors de combat, et les débris de c11t te
première colonoa vin rent, tout nnglanL , ,
rejoindre la divi ion ùerdè11e la grange proleclrice ....
Cependant, à la ,oix du maréchal Lannes
et Ju général Morand, cinqMnle nouveaux
volontaire e présentent, prenpeut des échelles cl mnrcbenl ver les fossé · ; mais dè

""' 350 ...,

que, arrivés sur la promennde. il sont aperçu par l'ennemi, un feu plus lerriLle encore
qae le premier 11 '-truit presque entièrement
celle eronde colonne l... Ce deu:x écb1&gt;c
con éculifs 3Janl refroid i l'ardeur de troupes, per. nnnc ni! bougea plu lorsque, pour
la rroi ième foi ·. le maréchal demanda dcs
homme. de banne 1·alo1,tr. ! li aurait pu
1·omma11&lt;ler à uni'! ou plusieurs llOmpagnie:
de marcher, et certainement elle en PUL
olJéi; mai il sa,·ail 11ar expérience l'énorme
1lillërence qui exi te enll'«J ce r1ue le . oldat
fa.il par oltri .. anee ri Cl' qu'il fait p:ir élau.
Pour Lra-ver ccl imruen.e péril, des 11olonlaires élairnt intinilJ\ent préférables à une
troupe eommu111lée. Mai - vainement le maréchal rl·nonl'elltl son apJlel aux ph1~ bmves
de la bl'a11e cfüi ·ion Morand; ,·ainemenl il
leur fai t eihsencr que. !'Empereur et Ioule la
grande armé I contcmpl.,nl ; on ne lui
r(.pond que par un morne ~ilence, tant &lt;·hacun avait la con\'ictio11 que dépa. er le mu r
de fa grange, soa - le, feux de l'ennemi.
c'é1a it Murir à une" mort clf'/aine ! ... Alor
l'intrépide LaullL'' 'écriü : « ~:b Ilien! je
" vai ,·ons foir, voir 11u'avnnt d"ètre ma1, rérhal j'ai l!lé "rena&lt;lier f'l le ui ' en" rore !.. . 1J Il ~ai. il une échl'lle, l'rnlève, cl
wul la portrr 1·cr la lm\·hc .... :· 'S aides lie
camp ·hrrcheot à l'l'n empêcher, mai il
ré i:-te el . 'indigne con Ire nim.s !.. . Je mt:
permis :ilor de lui dire : « lfonsieur le ma&lt;c réchal, vous 11e voudriez pas que nou
&lt;&lt; fus -ions dé honorés, el nou le erion si
11 vous rece"ie.-t la plus légl're J&gt;lc sure en
u porlant une échelle contre le rempart ,
&lt;&lt; avant !"file 1011 ,os aid'!s de romp aicnl été
&lt;• tués! ... &gt;&gt; .\lur. , malcrré ses elforts, je lui
arrachai le Loul de rerhelle &lt;J11Ïl tenait et le
pbçai ur mon 1paule, pendant que de Viry
prpnail l'autre extrémité et '}UO no· crunaraÙl:lS, se réuui ant 1&gt;ar 1:oup!cs, prenaient
aussi de érhrlll' .
.\ la vue d'un mar~chal de l'Empire di putant an•c Sl'. aide de c·amp à qui monlt•rail le pr mier b l'a saul, un cri d'enthouia me s'éleva dnus Ioule la division! Officier.
el soldats 1oul11re11L marcher eu tête, el réclamant C.()L bonnem, il · nou pou saienl,
mes camarades et moi, en cherchant à s'emparer de échelle ; mais en les cédant, nous
aurions eu l'ai r d'avoir joué une comédie
pour citer l'élan des troupes : le 11in etait
tiré, il falfoil le boire, quelc1ue amer qu'il
pûl être!. .. Le maréchal le t'Omprit, ,et uou
lai a faire, Lien quïl 'n.ll"ndît à voir exterminer une ;;rande pnrt:ic de son état-major
r1ui dcwüt marclJcr en Lt:le de cette périlleuse
alla que !...
Je Yous ai déjà dil que mes camarade ,
&lt;1noique lou fort Lrave_, manqaaienl d'expérience eLprincipalem.,nldc ce qu'on nomme
l1• laet militafre. Je m'emparai donc sans
façon du commandement de la pPtite colonne : la gra,ilé de: circon tances m'i
autorisait, ül il ne me fut refusé par pc1·sonne. J'orgallisai d1Jrrière la grange le détachement qui d w1i1 uou suivre. J';iYai atlriLul: Ja &lt;le lruclio11 des dt&gt;u:... premières

�r-

111ST01{1Jl

11uerqne nou joinnirenl en un instant, nin.-i pn) nt au: c,il~. de la YOÎllC, la harrai,•nl
r.olonn · · h l'imprudenrc a,1
complètem nt!... Ant cri dl' , urprL · que
itui 1·. condui!'-3.i nt O\'Bicnl :ignlum 'r I lc5 11u' 1 autr,• aiù , d' ·amp .l l ri1111n, nie fil 11, omm nd:ml cnn ,mi, tout -un bataillon
"l'CJ!aJicr
;
enfin,
nn
rlnim
nt
de
la.
ct1'hion
soldat dont clk c compo,ait ni, cir :on~
s&lt;• r tourna, el les drrnH•rc .cclinn ·, d •ve1· fo,sé an pa d
sl:inc 11ui pr~-entait un doubJ.1 in '011\t'llÎl'Ot: \forand ·c diri ..e:iit
nu J., prcmiert•~. nou. couchi•renl rn
d'alturd, elle facilitait le tir de~ ennPuti , tou- t'OUr'e.
j
u 1... "o ~reuadirr le :1ju If' nl :n .i,
Le rhanc1'.~ de 1. !!uerre . onl parfoi~ hien
jour. inhniment plus meur trier ,rnr unu ma ~1•
1·t r.ommc rm n' i13it qu' un pa l · un. dc!hiznrr
,.,
!
...
L
.
Jeu
pn:mièr
,
colonne.
que c;ur de-; homme i olé ; en . 1cond lien.
:iulrc~, ju~ez qnd horribl rna,~n ·re eiH
no !!Tenodil·r char t: d'tkhellesn'a,, nt formé fran i,c&gt;. avail·lll 'té détruit a,:int d'arriver . uhi lt: premier coup de îu" il Liré l ... L
au pi ù de la hrèi·h , ta.ndi. que la lroi Ît•mc
qu'un ·ul roupe, el 'étant mhârrai: é: Je
iluation de;, deux pnrli. était tr ·, peri\l u e;
n'éprou,·n aucune 1 'rie; mon ami J • Yir~
un. 1 • :mir . ll'Ul' inarcb • n'av:tit pu êtr
s •ni fol allc.inr p:ir une h:ille 1~ui enl ,;1 un l'l'l'&lt;'ndanl 1• "rand noml,rl• d \utricliien.
a tZ rapiù • pour lei: ou ·traire l'romptcnwnt
boulon d
pt'fü, •.
ndant. i 1 , l'nne- l ·ur donnait un imm~fü, a vanta e, rar .'i l
nu lèu Je: .\utrichi1•1l:'. En cons: JUl'llCt.', j •
mi. placés sur Je paraprl eus,enl ,·onH•n~ feu \mqaga:iiL à bri\le-pourpoinl, notre
dh·idai que do \'iry et moi. qui portion l:i
JI •Lit· colonnr. ét.ail détruite, ain~i •1uu la
premihe échdle. partirion. d'abord cul: n a:, ·z de pré~cnce d'esprit pour fon&lt;lru b
compa!!OÎ J , nn mi: 110 non~ pnion an
ha1onndle
en
a\·anl
"ur
Lal1~:.lû)'èr
•
rl
ur
courant: 11ne la
ndc h:b1·1l • nou · ui,r. il
llonl d • no· ru ils: mai• le _11rplu: de 1•ur
à ,in pa · d1• distnnc• , ·t ain. i d uilc moi, il e:-l plu 11ue proL.1.blr qu'il 0011
eu wnl acc:il,I ~ ... p:ir leur nomhr • •l lu.:, on hawillon était dr.r,ig~.
pour li· • otr ,, ; 11u·arrhé, ·ur la prome;'.\1.1u_ f1)m1•, donc tri· beur 11 11u no
r •jet I d:111, le fo .. é; rno.i h•. ulri1•hicn.
m1&lt;.le, le. échelb :rraicol placée· à cin11 pil'd!&gt;
ad1er.aire.
ne po -,ml connaitre uotr petit
perdent lr;,, facil •ment 1:1 tètr : notn' audac'
l'une. d l'aulre, , fin d'é,iter lo cnnîu.ion;
nombre,etjem'emprt.
,ai de dire u chd de
cl la IÎr.icité J l'aU:111u 1·, ét nn r· nl tellc11ue, d • r.erulus don· le fos.é, on lai. er:iit
bataillon
11ut,
la
,-ille
étaul pri •· d'a ~ ul •l
menl. 'lu· n nou \'opnl ('ourir _nr la brt'!ch ,
1·• 1chell • numéro ,,air.· d . é , ntru le
ils rahmlirenl J':ihord h-ur f,!u et re:;~èr ni orcupl·.e par no· troupe • il ne lni n· tait phi-.
mur de la prorucn:tJr, pour qn • 1 . troupe~
hi nlol de Ûrllr. ~oo cult·menl pa une de qu'à meure ha. 1 rm : , 'oU · in d'êtrt!
pu. . nl nous uhn~ ~on retard; que te.~
l urs corupa"ni ~ ne m:irclu contre nou,, pa. · • · u fil de l'épêt '.
éch •ll numéro· i mpaÎl's seraient nlevr •:
Le ton d'a ~urance avec lequt·l je p riais
m:ili tout
'éloignèr •nt dan tr, dir t·tion
el l,ortte rapidement ,ur la br'o{'h1 où nou.
intimida
d'outnnt plu ra ilcment cet or6ri ·r
oppagéc au point que nous n·oious d'i•nle po'crion .,·ulcmrnl li un pi d de di tanCP
•ttt'il ntenda1ll tu111ull1• produil]lM l'arriv :e
t•ntr lie. , tant r.:iu.c du n dt: lar 'Ur le,·cr !...
li~ .. :h • d
ldal du re"imeul fr:u1ç.:ii
You . akl que l'att.'l11uc a,ait lieu prè, de
du p; . anc •1ue pour ahordcr 3\CC plu d'eo1 porte de !rani ing. Le ro3rt!t-h I Lann - qui, nou 3}3Dl uhi.s p.ir la hrrchc, accuu~t•mhlc I • b:ml du r,1uparl cl rcpnu •. er le.~
m'a ·:iil orJcmot: de la fair• omrir ou 1·0- raienl • forml'r d1!,·anl fa ~ot)te. Le coma.. Îr"1\ qui ·oudraienl nou prl'ripitèr en
fouccr, alin 11011 pi1l p~n,1trcr Jans la ,ilh1 mantlnnt ennemi h raogua .-on bataillon, el
ha·. C ,, e1plic.-11 ion. l,icn donné· el liien
aprè. lui a1oir espliqu; la ituation dau.
a\'CC h di,i ion . lor. ud; :iu. ,i, d~ ,1u j1• ,is
1
roml'ri ,, lt• m:m',·b:il Lann , 11ui le apsur le rtmparl m . cin11uant · •!l' undier-· lafJU •lie il ~ • trom· il, il ordonna de 11 Po er
prùm·ail, \:cria : « l'arkz, ml' liraw·
li•·
:irines.
Le
l'orup:i
..
nie
pl.1cée,
nu
houl
qu'allait bienlol joindr • l · rt!"iment enrn~é
en l'an ts, cl Rati. lionne e. Lt•nl ~ : ! ...
d1~
110 ru il: ub :ircnt, tnllis celle: qui, rt:upnur nou soutenir, el dont lo tete arrivait
A ee i!!llal, Je \'ir~ l moi uou éfançons,
dëjà dan. fo fo. ë où Je plu~ noml1reui-c· nic pr'· dti la port , rautre e tremiP de
trarcr ou la prom nad en courant, cl plon)(l rnûlc, étai •nt à l'abri de 110- coup , ·e
1·b Il . ;i • uraicnt le pa .. arr , j1• de cendi
"f'OOs notr • é h lit Jan: le [o.-~é. où nou
mirent à rndîérer. rcfu ·,·reot d · c rendre
d:in • la , illc an, plu. attendr . Lt1 momrnt.
d, •1·nd11ns. :No~ camarades et cin11nant
cl
pou -~•rent la ma. e du li. ta.ilion qui faillit
r rn dit.!r noo. _uivcnt. ... En vain le canon 'taic11t pn\ci •u _ ou. man·hon. Jonc ré o- nous renver
C p 'ntl. nt le· oftkier. Ji; r,ituéc à
J, 13 pl ce tonne. ln ru illnde roule, I • Lis- lomeut vers la porte de 'tranLin",
'
in
·nl
à
calm
r
leur troupe, el tout pal' i ·
œnt pru; de la Lr':ch ', et l , mon 1tonncIUent
aïen el le· ball .,, (rappenl 1 arbr • et lei.
~ail
.
'arran''.\il",
!or-que
I • fon!!U fil lté• l grand n wiant un La1aillon autrichien
mur ; comme il l fort dillicilc d'aju Ier
tlofère,
impatienté
de
cette
lenteur, rut ~u r
de infüiùu isol~,. 311ant lri:· · rapidement. ma. sé ou· l'irumPns•· voùle 11ui prét:i-Je 11• po1nl de tout perdre par un ac(;· de coli·re. ·
t e:pacé:· de ,·ingt en vin •l p , nou nrri- celtl' porte "ers la4uelle tou. te~ hommes car ai.i: :ml I comm ndanl utrichi1!n ~ b
faisaient face pour Nrc plu!&gt; ~ m ;me d' la
,·:imt• dnns le f .. :m qu'. ucun d bomJéfendre i le
rançais l'euronçaienl. Uni- gor e, il allail lui plonger on abre dan: le
m de la p •lite colonne fût bl · é !.. . Le.
corp , i m, r.amarad •s et moi n'cu~ ion:
échelle. dé:;i!!ll~
tl'avam:e étanl enleî • , 11uemenl préoccupé de la mis ion qu'on lui Jéloumé le coup. L ,, o\dats ennemi reprinou l porton 3U omm •l de - décombre. , ,·ait confié , le chef de bataillon nncmi. ne t ·nt nlor leurs arme , et uno.J sang! nt'
tcnanl pa compte du bruit qu'o11 eatendrut
de la ruai·on ahallue, et le appuyant corllr •
ur le rempart voi in, n'avait pa . m~me mêl 1 all:iit ·'enna ,er, ion.que u p rt de la
le parnpel, nou OOtL élançon , 'r le rem~
plaré un factionoair' u dl'bo · d 1 mùle, ,;illc rt'leutit extérieurement ou l . ,iolcnts
part! ...
pour l pr :\•enir d1• ce qui e pa .. sait, taul il l'OUp~ d hache que lui portaient le ~ap u n;
J• mont.,is en l ;'Ile d'une d pr 'mÎères
rro ·ail nirlllin 1111 1 f ram;;iis échom- de la dhision lorand, conduite pnr le ma·
t' hell · ; Lah:;do tre, ttui gra.i . ail ·elle
r ii:ut dan leur a11a11uc. ; :111 • i fnl-il . tn- r :chai L:iou • n pcrsonm:. Le soldnt. ennec·1il: de moi,!, ·ntanl que 1:1 l,a e t•n élnil mal
péfait
en nous ,o :int arriver pal' ,Juriète !... mi:, rompri:runt alor qu'il· all:iicnl. e lron:i~suj Ili· . ur le d 1comhr • , me prie de lui
troupe. de nr entre deu Feux, e r uùi r •nt, t nous
donner h main pour l .oulenir, .l 11ou, li 'lait pla,·é à la queue de
orle que, alaul fait d mi-tour en non. Ir · f1mc - tiorlir san rir111e de l rnùtc, rn
parwoon 1•nlin Lou li-s deux , ur le haut du
le. diri e:int \l.r la 1·ill , afin d1' 1lé.,a,1cr fa
r mparl, 11 1:1 , ue de l' mper •ur el de tonie \·oy-mt opproch •r, il ~e LrouYa face à fart? porte, ,pie noll omrim~, au mar ·01. 1. dont
l'armée 11ui nou ,:.llue d·unc Î11UD1:n~e nv . · 1. pt:til colono • françai.c, dont il lui l ·, tro111 · c pr :cipil rcnl comme un tor·
était illl(I ·il,1' d ju cr la force, car je
acclanmtiou !. .. C1• fol un d • pin· be:iu'.I'.
rcnt d;1.11 b plare.
jmm d,i mci ,i,, !... 1. 1. de ir cl d'Alliu- l'av:iis forroét, 1•0 deux pclotun l)UÎ, 'apGé:ï'..n.,1. oE M.\.RBOT.
(.tl s11il•rc.)

MAURJCE DUMOUL)N

,ers

+

La mort du marquis de Condorcet

0

1,

er.

En 1~\1:0 ,Condorr l dei iut ,u,,,(&gt;&lt;'cl.
Il ~1·a11 étc cep ndanL un répulilicain d la
pr~m1ère lwure; le prl'mier' il a-rail J 'monlrc 1~ néce . .ité d'unr. rharle ociale. cl le
prcn~1cr, commr. déput: au haillia e dt• Manre •• 11 a mil rédigJ une Jttelaratinn dt·" droit.
de I homme. L' pr •niirr au .i, il a,ail dv"a"é
du rh:io" d ,, billen::·éc ilcrile ou p:i;léc,
tl:lu la fièi·r' du moment, le prindp~, lo•ri~ue. d · .la démocratie ri de l:i fl{-pu Jilique;
•1 ~-n ;w:i~l ~~ le th :oricicn luriJ~ ri _iucère
cl il I a\'a1t 1!.lt! n,cc une hauteur el une am' pleur. dt,.'",&lt;= 1111! nm,, ~101111 nt t•m·nre au~ou~J bu, .. S lo"IIJUe, dP •agéc de loul prt:Juge, ~n fil tOHJour. un "°'• Leur et ur hic11
Ut·, potnl un pré ur ·cur.
.1 '. . ucc;., dn pbilo;;oph , la cél :urité acad,:m,_riu~ du mathématicieu n'a,·aiim t point
&lt;l • 'l•,·b
. acce. :i. • •. ,,• ca•ur, qu,· rut touJonr;;
ùle 3 la pllll', On le ,it Mf utlr • La 8am.
dr . i•r. J, ~Jan dt• camp:1"11e de réhaliilit.ation
~ll~I \ ~llatr Ill' UI pa. prohler: CO l ï 1
11 mtem11l 11:m~ le procè~ d, bll} ; cinq ;rn
l'Ju_. t.irtl. il ~am·a tl\cc du P,11 b ,·it des
lr•.•1 ro_u. Je Champa •np: au dl:IJut d • la
flc~ol~•.LJ~n, il fut un de fontlakur dé la
a oncle d' a mi des noir. » cl ,·n r{,di..,ea
11•;, ~1... 1111-.

.n

_'était dt!pt&gt;n : en hE'5ll"Ut' de pr ,e:
11. :mut produit a, ·c un ardt•ur tdl1i, que
,m~ l un ,olumcs pul1li1:~ onl lai. -: nt{anmom bl'aucoup de t' iJé inéditr. .
)_lem~r · _d h monfrip:ilittl pari!-icnne, il
a, Il fall lrwmpbl'r la théorie d • l'nutonomic
C?,m01 °;0-3 1e el • ~ uré la ,ic1oire de Pari· il arnit pré\U 1Ïnanitti el :;urt.out le rar:1ctt•r;
ter~poraire de l'œu,r de la on tituanle, il
ai il foudt'.)., aâéti dt: li n, ••I • 'étnil fait
ri•marqn_er par on action répu blir~iul! au
l~1tdc~a111 d~ la f,ùte du roi. Uépulé à la. L :.
gi l~ll\e, pu~ à la Conwntinn. c'e. t lui qui,
d_arll; li&gt; lr ,ail ardu el anonyme ùe. commi~,o~ • débauit la qu • lion con. Lilulionn1•llc
qu, ~c po. a ôtprè le lO aoùt, et la ra, ,
~1ue~t1?~ .de l ,,.~4'rrc: dan· le proœ· du roi,
11 .11 b · Jla pn~ a le ded:irer coupal,le i c'c,l
1~• enfin 11ui rédigea le proj •l de la Conslilul•o~ ~c. 1i!l:i 1•l le fameu plan J'in~Lruclion
&lt;[U 1 la 1mmor1afüô.
. C'ét:ii llàd lÎlr' deci,i~w• Ldecon1ic~
lion _r :publi~ine doul bien peu, en dcbor
de lui, pouv:11ent ·c lanier; cc :ont de. titre~
1JUC M L C· b
1 en un ·ohde
. ou• • ,t '" •c l pu,
~T.l"e, i, e ·po er ec talent et probité 1 • re
urent néanmoio de lit .. in uHi ant 'au
re ard. de intran ineanl..
ia~~ (~1'·"11 &lt;Jorre_l t!I 1" Ril'Dluti1111 (rrwç1tf1&lt;e l ,ol.
•n•, • ·h:r Akan,.
'

... 352 ...

Coodnrt~l'l n'avait pa. renom·é. à ~n indépen~nce, ~l l~· née• . it • de l'heure présent
nt'.. lm r, rais. aient p:t tell IJ.U 'il crùt nécc -a~re d_ •m~o .cr silenc, à l'c,pril critique qui
lm ava1! fml JU •cr a,·e' l.1nl de ju-le&amp;•I' l'um' ~: ~c la Con tituanlt•. 0.Jjii . nux Jacobin., il
_eta1l trouvé en antagoni:..m a1·ec I\ol.,c -p1crr •i se· par li · n · 11 \:•:hoppt!renl J oinl à ~e,
r~prothr,, pa· plu· d'aill urs qu, le, Girondmi-. cl, à l'hem-,Judnnt!er,il ~•trou,a.1•ul.
_ Apr les_jonrn · du :il m3i d du 1 j11111,
,11rl11ut apr • 1 coura•~euse. lt.&gt;tlrt&gt; ;1 e cornmeuant · où il f, il un l, hie.au fidèle d é\'é11ew1.•nts « déJi,ruré;; et exarréré 11, il de\'ÎUl
·.u:pect.' Bi~n que ni Ilobe~pierre 11i 1\lnrat ne
l ai1:mt _m c~•.l ,ur la li-Le d11 proscription , il
l·.o.mpr1l 11u ll était h•mp · dt! ; . f ir" oul,liPr:
l "~e spt~matiqucment pr :p:irt• de ~on
pr11~ct d(• ~ntilulion l'ayail érlair ;_ \ prè:
~,01r. 1·moye a lettre. 11 · l:t~teur. d, l'.\ü.ne.
11 quit~~ la Com·eotion •l r'di~ea, ,1 • concl•rl
a~·ec 1r,è · el Uuhanwl, le .fm11'11al dï11s/;·m·1~0,1 ncillft', qui ne lit pas d'oppo. ition
lrop ,·irf:.
Le ,oie 11&gt;- dél,~1 de la C11nslitut1011 J ,
1~!l:i, ~r: cnt~e par le Coruih~ de , alut public apr~s un~ 10:,nffi aute prépar:ltion, alor,
•1ue I, st ·n n arn11 m~m,, pa été di ·culé lui
fit oul:lier t~ntc prudcnet•. li lança un :1,·i.
au:r. i_ra1~ra1s wr la no111·ell1• Co11~1il11tinn
qm 101 ail . pré,·oir pour le pa,, soumii- à ce
nouveau régime uni' . t:rie de· ·ri e t Jo
mouYcmeuts 11unultucu . Il n·a,·ait pa. i!mé
sa brochure .• c, ennemi. ur •nt p rcc•r ou
anon}ma!. Le juillet l'i!l:ï, Chahot oL1int
contre lui un décret d'a,·cu ·,1 lion.
Condoretl uail •1noore ùc ami , parmi
le qu~L le célèbre C!·wani , ur le point t1
de,tlnir on beau·fr~rc. fi:ibnni. l'a~erlil •
..,ould, ccrélair • du ,omilô de 'ÎJr~t~ {lflL
raie, trouva -ride l;i mai. ou dt b rue de Lille
C~n~orcct était p:irU pour Auteuil. On -c :
pt!d_,a un. nulre ~o_mruis air •. Blancliard; à la
~a1 ·ou d .\ulcu1l 11 n.' rencontra qui lfme de
Condor~et : le pro, rit v 1~ail d partir.
o.!a1a1I ruanqUt! de 1mm pcu,etiln'araiL
dù d ·cbapper &lt;1u'i1 l'amiti' de Cabanis.
Cel~i-ci, uflicit·r municipal d' \nteuil, avi,c
li• .~am!, ~n ami ~" Condorcet, du danger
11u 11 ~ol.ll'all: le m:ure I mporis , rt·nmi , 1.
comm1&gt;_aire ùu Comité de ùreté :oérale :t
on adJOtnl, el lon:que lt.! auloriL :. apparais~.enl ~ t. .lme de Condon-et et lïntcrro ent,
Lah:iru • 1 à s ' cf)(· pour la tirer d'emunrrn : Cabani~ l de même chez Jean Je
Bry oî,. ondorœ~ a été vu; bref grâce à .
at?rm~ncmcnt.. a ' retards, dont le comm1va1re \fercicr ne Fut p tout foil dupe,

Condorcet. uidé par deu. :tmis de ' b.1ni ·,
Pin I et Ou w, put gagn'r l'a ile qu·on lui
a,·ait prépar: chl'l Mme Yerncl, rne " nan-

doni.
Mmo Vernet, à qui il :i,ail uffi de dit'
•1u'il &lt;1 tltni t t rlucu cl pro. crit » pour ac• epler un 11om·el bote. 1l0111 •lie ut.? . ut )t&gt;
nom 1111'apr
on en1r·, d1 i Ile, 1coait
pcn ion J, n~ Ullé nrn érarh'.e cl pllkiLI•. 1 11
lont.!a ,nndorccl dan~ un•~ de·~ ch:imhrc. du
premier étn•c d'un pa,illon donn:inl .ur 111111
ruur, r ndue plu di·cr;t, n•ore par 1111 ridca_o d ~r~nd'&gt; arbre:, t ,,1p ré dn orp~ d •
lom., l!alnl' par 1· pen,io1111nir .. haliilu b.
Un lm donna ln rhamhrc rni. iue de cdl J 11
"t'Omètr 'arr ·L A pe!ne i11 tall :. le pro. cril
eut. une .1lcrte; p.1rm1 le commcn,au de t
m:11,011 r Ir m·ait un député monla uarJ.
~ln~ 'Ol · 'il ,. ·n:iit à le rem·ontn•r. &lt;.:orulorn·t
.. 1.u~ p_crtlu. \(me Yernl'I 'ouuit :i ~farcoi:
celw-c:1 ft ~L' montra di!me d'un si uohle
c_ouliauce 11 , ,i. Îb Condorcet. l':i ura de . 1111
1lrnco, lui procura ùe. lhre llt le tint au
courant d · é1ém•m1•nts politiqm• .
Condorcet était bi,•n loiu ù croir a,uir
~r'JU\'c un a ile dt:fi.uilif: il arnit la .omictino
IDlim~ quï_l serait arrêté ous p u, l'l _00
11r m1 ~ ~u1n fut d'écrir · le plaidu ·er qu'il
compt 11 pr non· r di:1·a11t e,:, jnzes.
C'~ l l:i ,111- fi/ic11tio11 d •pui O Ion tl!.Olp
puh~,(,'; peu 11 peu la confiance rl!nait eu lui,
le~ .1unr passenl ans 1111'ou fo r chercbàt ·
un autre rand r · ·onfort lui ,·int.
En ,17 ~- il avait épou I la niète dt! Ju
Paty,_ oplue ~• Groucb •: dluavnit üngl-troia?"• _11 ·n a,-a1t quar11nte-de11 ; 11uoiqu'on l!ll
~•l iht, le ménage fut parfaitement beur•o .
Jt'U?e cl joli,•, l'Ïrituelt,. 1 °racieu,e, elt'• ,· 11 .été l':im • "' lïdolr du : Ion 11ue la r:.
1&gt;u!~llon .Je_ C_ooJor~·l,. lout autant 1111c c
~l•rll · lillcra1re~. 1a,ait amené à l nir dan
1hùtcl du quai Conti. Comp •me aimante
co!lahoratriœ intclü•• •oie de .
mari, ell~
lm donna un bonh ur an nuai!P •
_llans a r traite Condur ·•·l était prhé Je
,01r ~- femme; il était prhê au:~i J,~ nou,elle:- de : • fille.' ,1u'il adorait: t.or~,iue, ,tJC
le temp ·• 1 oubli sembla . • faire "-Ur le prosl'r'.t • M~c de Condorcet e ri. qua à l'aller
~otr, d ah rd .:011 un_ J~1 i~rm,ut, pni
l1liremeot.
pr,~,en1.e d1 ipa le idées noirb
du , \-. ~I; on intlucnct• lui fil u:pcndr
la ~eda~lt~n de a J11 fi{i.cation : en queliiue.~
moi - _,I i:cr11tt cet admirable Tableau det
progr- de I'" pl'it lw111ai11, oi1 il se urpa . a en lol?i11u rigoureu. e et en claire dialect1que.
Entre lemp ' vec une '.r :nité d'l!lipril

!n

�r-

,,

1i1ST0'/{1Jl

qui ronfonJ, il tra,ailla aux m:ilhérnati,111e .
cher('baun Inn ur.uni er ,1lk,cnlr pritlaconrectioo d • w:inu ·l· J~d "'O"Îque , et dao d ·
,w. émouYankï pnr 1 cqlimenl qui Je in,pir - rt,,ure ,r,111 /1olom1i; c:t.le Co11(i/ à 111" fille - chanta la 11 lo1r d n
femme el ·a tendr ~-e pour sou enfant.
t.'e:t au m11111,~111 où il · r pr uait à l'e ,~tencc qu'un ('01111 ,inl le fr, pp •r en pl •in
cu·ur et lui cnle,· •r lout · · '&lt;'· fore .

.ondorcd eo fnl a,-erti par d • leur navrante • mi - au jour, pour la premi rc fok
par 1. Cabl'n. Eli . onl :in date, mai. nou.·
.arnn,, d'autre p; rt, 'lu'rllc ont élt1 écrill'.'
au ù 1but J I i9i-.
1lu périr d • Faim et d, inisèr nrL prolil
pour Conùorcd ,111 l'almnùonncr lt1,.a1em~111
et opérer Je vropo délihér,: une épa1•at1011
111111 le cceur n·a,. il p:i con.enli: ralkrnatin· était cruell ml'nt tlr:im~tiip1c.

Elle
r ~,out e plic1u r ;1 Condorcet n•
qu 'clic attend de lui.
« ... f, • · loi ne me perrn llPnl p dt•
jouir, ai de di:po &lt;•r mème 11 t· • &lt;JUC 111,1
mi'&gt;r me lai,;.'-'· l Î\ moi· d'ab · rn·c allant
te r, n cr pour toul • propriélt: dan li, da:.~•
d1• émi,,ré,, pour r1ue notre enfant 111• perde
pa lti peu 1111'elle a, ile I nrres~nire &lt;tue)~
fa. ·,• d . rédamatiou.. pour 1 ~•1u Ill' J a,
1)1!5'.JÎII de r:1 ppui 11'1111 no111elle loi,. oil pour

___________________________

LI

À me Y!'Ul &lt;file jamai·. J'o.e &lt;·roir· que lu
c·oonai. assrz mon cœur pour entir IJUC les
liens qui uni ent ta , ie a la mienne ont
noir• molud ltachement. ,,
A I' ine ·'e t-clle r~~olue !i la péaihlc ('On•
fülenl'e, ,pt 'elli, reçoit 1·, 1 rs &lt;Ill· lie et a
fille unl in. pir~~ i! .on m ri: la 1·oilù. toute
r-rainti,e &lt;le la peine 11u'ell a faite l'l elle
a.jouit, d.m une orle 11 po. l- riptum :
a: Je me :Pr1irai 1lt tou 1· d :lai· po,~iltl ·, il n'y aura rien de prononté nrnnl :
moL. peut- •Ir ,li . Ju 'JU -là. r.' l 11J1e
. impl in,cripliou et ,J,,manJ · 11oi 10ml. •r:.tit
d'elle-mème i ell,· n' :tnil ·ui,i ou p:1r L,
prJ· n, . Il
1111 Iles •rue ru~~ nt le. prtcautions &lt;1u· •Ile
et'rt pri •s pour amortir k ,·oup 11o'dlo portait, Cond,,r · •t en nlil , hem nt 1, m urlri · ur,~. 'a n:pon · , dont 1Jou · 11 'a1 ous pa,
1• lext , m i. r1ue
dcl'inon· d:tn, la
·1.llJd.- lellre de
hnrne, fut la rérnlt
d'un m•ur ulcéré. Il •t· plaiznit ffU'&lt;&gt;n n'ait
pa :i. ·u compati à ~ malb~ur , il ,, plaiguil d ah1ir é11: ahandonné, •I rom me for Uéil
mo.rit,11 pr •nait mal~ré tout le de . u , afiu
qu·on ne ptll interprher Fàd1eu ·meut pour
loi la Jétermiualion d ~f ml! d • Condorcet.
il imagina d'écrire un· déclaration ulennl'lle
•jUi lïnnoceolùt.
Ouucrmcnl, a\'ec une infinie palie11ei&gt;, Olèr
le mot dont on u~c pour per ·uadcr un
malade, Mme d Cundorcel reprit ton; le,
arPUffiClll. ,,u·cne avait pr,:crJcm111e11l Mvelopp ·~ : c'c t r.onlrainlt, ··e. l rommandéc
p.u l'impérjcu ' né · i-ilu d au ·er a filll'
t•t de nopa périr dl• 111i ère qu'dle Jc111:u1dl1
1~ Ji" rce; c' l au ,i J, n, on propre i11térê1.
Quant : l'écrit j1t·tilic:-.1lif, die lë r pou,:r.
de lou te. ses force .
1
i à d l II ju.tc .je m :ritai · •1uel11u11
r ·proch . peu. -tu pen_..,, qu'un ~cril de loi
1

lHOJtT DU MA'R,QU1S D'E CoND01f.Cë1 _ ,

me ju 1il1.11'! .elle s ut

pr{\o)an e de ta l'ho pitalité pour 11uelquet jour . Le, . ·uard
part , erail le Ll:ime ladt d, ma conduite, et rcfn,1•r nt de l1i r •cevoir.
je Le ronjurc de I,• ilétruir •. 11 hu111ilie mon
~n. a~iJe, Cundor ·l erra 71
1œur aut.1111 r1u'il le décbird. i tu uccom- on ne a.il où : 1 7 rminal. il
bai~, 11ui ne ,errait d • ooun•:iu 1pie mon Clamart-lc-Vi;,nohl ,, mouranl &lt;l faim, e tr&lt;'' or, 11ue ma \'i • " 1 unie à ton sort. · ta
ou:, ne tenant pin· . ur ·. j mh . Il en Ira
p1•r~orme'? ui. rnon d1cr ami. elle l t' l unie à l'auber e Cr•. pinet ·t d ·m. uda à nrnrnrer.
:, jamaL 1•t je IH' mériL p:i le oin off nsanl Est-œ, c.:ornmc Il' veut la tr.idition, p:ir,·e
11ue lu as pri . T ·, m lheur, J ·rnrl'nl mon qu'il commo.nd un omeletle J'uu lrop grand
c i. lt'nre. Un le lit nutanl :·ur mon ,i..age nomhre d'œuf p1J11r re terop de tli · lie'!
,rue 1'011 n pu ,oir dan. mon immohilih: qo • E t-c parce 1111e a dhnard1 , . 011 1 n "c
j'étai.- pr.u occu · d, la cr inlc d' l'lr
parurent uspect 1 n 11' ·ait: 1' con,oma ·o iée. 11
matcur., tou, n,-culouc , pri dt• m :liaur ,
l.oin d, la ,·a lm••r, c •lit• 1 Ure a péra int "rr g ·renl Il' nourel bute.
u11 imagin.,tiou ,! 'f• ch
ne.
Il ,1; lara
nommer Pi, rre ïmon, natif
li l inr1ui 1 &lt;lt• mille chu es : du dan er de Ili! 1110111. 1alet d • 1·hAml1rl•, ncluellem.-nt
&lt;1ui mena la ftt:pnhli'lUl', d _ dan! ~ 11u" 'an~ cmplui · il n'uait ni certi 1 1if,, chi 1nc,
pcmcnt &lt;"-Ourir s.a t 111111e et a trlk, de. ni cocml1· • 011 pré~inL I comiti Je undlsiro, propn· , clê IJ Famine imminent , cl 1 uce rp1i l'apprJhe11Ja cl le qtH''-lioona. !lu
,nrtout de pen. r qu • 11· dimrrede i:a f ·rume, lui d manda 11u 1 • l 111 domi, ili: à P-iri ·;
;1\·l'r. on 111i"?itli•11r ami Cabani. pour t~moi'1,
il domr:i . a propre adr , c rul' de Lille, et
va ètr cho ,, faite. Pour !nul ,·?s r,1ison . rit a cornm,• r :rir 111· • 011 prnpr ~E'1·rrlairc.
pou, ~ p:ir un énenemtlll ')UÎ lui _·ra fatal, C:ardol. 11r le lilU. où il a · 1 J pui, cp1ïl
il e t:roil obliné de &lt;Juitlcr a rf'lraill!. fi t'II a 11uil16 Pari-, il ne clonm• &lt;1u · d~ r •11 ei •nt.'a1·î.-," lm • J • ConJorr l &lt;1ui. affolét&gt;, lui rn uls incnmplct cl co111radi1 loir ·. 1111 l'arécrit :
rêt. et. \'U on 1tal de r iLb • on l con1 fü,nd -moi le p(•U Je ,ie •l de paix 1111i
duit •~r une charrl'lte r1&lt;1p1i•ilionm:e 1t
me re lent en m jurant de re,h•r oi1 lue , llour~-f.: •alité, apr,~ J',l\·oir mir111tit•u,emcnt
rn m • mandant si on l'i ,oit du rn,~m œil .... fouill: - r •1ui e rlul lOule i1I 11'1•mpoi'.\e ,eu.Hu dom• plus ·,11oir oin de la ,ie?
on11cmcnl - et 1p1'011 eut confi 11ué sa
.\ i du moin · pi lié d,: la rnic1111e. Je t~ m , montre, on port ·-mine, on ç1nif, ~011 ra oir,
en l' n conjurant, contr mon cœur. 11
l'llorar 1ru·i1 a,;iit dan C µor.hl' • Il e l
Mme d Co0Jor1·rl :e beurln à une iJé1• donc [orl imprnlial,le qu'on lui eùt lai... ~,: a
lhe: lè :1 °m11i11al na Il :!5 mar 17!11} il farn •u. e ha oc rcnfrrmant le r doulahle
partit. Vêtu d'une 1~1rmag110J.•, coifl: d'1111 poison de Gah:mi~.
llo1111el de l11ine, il r1ui11n J., mai,011 de
lncar 'r • le 7 "ermiunl, on ~••ôlier, Pierre
\lm~ Y met. Le g1!omètr • · arrct. •111i l a :iil . imon, 1 tro1n:i , mort, le au malin, lorsêt,~ l'on comm ·n al. l'accomp:ii:na jn~11u 'à lô! (!uÏl p 11 ·tra dan 011 ·achot, nai mLlahleliurière de Jfoutrou..,,,, Cooùorl' t _ d1ri ca
mcnl luê p r . e fatigue ph) iqucs, les
\ r runteDJy-au -Ro e-. oi, il comptait dc- 111,inE' moral IJU i ra,aienl a ~.1illi, ·t les
marul r RI!. Sir rJ, qu'il ;nait jadb oliliur. d :boire· politi')ncs de re d •rni rs moi •
1

~ht·1u

)'-[ la cour de Loui X1Y

J..

GWLJEI( li&amp;

(l'lb(•RClT LE TROIVE lùRT O.\ . .S

t • plw clair de la forlun • Je Condorcet
n. i_ llli en kr · 11uc ~a pro cript1on m liait . ou .éque trc l en place 11uc 1:1 l\é1 olution a,·ail !iupprimtl . . l.o. r traite ljUÏl a1·M
lrOU\"éi' chcl ,fme· \ •rnel lui ,au\'ait l'e blenc , ruai le rendait incapabfo de •.;agner
rie.
L • ·ien. connur1ml donc Lientôl touh.-~
le an oi c~ de la mi ;-,r ; Mrnc do Condorcet
end.il S S h1jou , ch rrh. l r. ire de miafalurc ; la dtHre~ e fut bientot telle qu'il ne
re ta plu à sa femm1; d'autre moyen de . e
:,au ver, elle el a fill , &lt;JUe J demander le
dhorœ.

t·

, ïl.lll!&gt;" ·\l. ·· · •
\ l'lll$Q"'. U ! uu GE

Il · _ Gr,u•urt J~

.\u ~i a\:CC ffllCl mJ!lll :emenl. •lie rn!p~r
I • pro nit à eO\i :t"cr rr 1dem!'nt la 1luauon
qui lui C!' t foi te.
. .
, i Lu pomai:-. lui dit-clic \trc
Lratl
ùc t • malheur, par le~ doul •ur: qu 11 me
cau5e11t, je pari •rai de larm dan !' 11uell je p,. e me jour ~l qui me r~ r'.l
moin dé hirante pour mo1-m\m .... P~,·jc èlre a • z beurfü c aujourd'hui pour ne
pa. t"afllirr r n le pari, nt du nouveau malheur oi1 les intérèt de notre enf nt me ,ondnmnent probablement, démarche donl ?1"
main n'écrir pas le nom, won t·œur n en
parta,.cra poml I eu . J)

?'

B&amp;Rt1111.ut r, J'J/'r~, l~ Jessln de FM&lt;.ONAnh v1ts.

con~l'r1·cr q ueh1 u • propriété , ,oil pour
lrbapper à la ri!!lleur de. dllcr t cl&gt;alr · le
km mes dr ah cal- . .D
Tout au · ·i11il elle Il' ra,surl' :
a Celle • :p ration appar Ill , t.1ndi 11ue
rnun allachemenl pour toi, les lien 11u1 11ou•
uni nl sont indi .olubhi.-, e·l pour moi le
r..omhle du m lhcur ...
« J'o. e croire que lu n·:1, pn b ~oin de
lD.l parole pour être certa.i Il que le rcstr ile
m ,·i cn •ipliquert 1 . motif·; que, ra_rpro hé. , rien n ch.'lonera Jans not r • e:&lt;1 •
tence r ciproqu ', el que je porterai ncor•
un nom toujour, plu_ ·her l!t plu bonoraltl

mœor J~ bom111e &lt;!t de· femmr !-OUI cban~é . 1•111ièr 'lllcnl. Quand je di le_, mœurs.

j' eulend · le· fa~ns ''" faire, pui r1ue du rc le
le. mêm pa~,ion. ont dan. tou 1, lemp
rroduit les mè11ws l'lfcts : mat , par c emple, il e t œrt:ain riur. corn1m: le, fl•mm •
La mort J".\nne J'Aulrichc, mère du Roi parai·. :iienl e r ·p1•ctcr plu qn'à pn:Senl,
[ ltilitiJ, 11':ipporta aucun chang ment au
on les re. pectail au.-. i d ~ant.1•:e. Le jeune
aflair · , Joui Il ne ,e mêlait plu ; mai
homme le plu· déliaurhé n bumi1 poinl
11 • •n hl uu rand d.111 la cour, qui di:; cc lou le jours jusqu'à . 'cnh r •r: et 11uanJ
jour-là com111ença à chan cr de forc&gt;. •lie il liait i\'re. il allait ~fi' coucher. On était
princ ·-.e, 'JUi \'ait r.ouuu l0111 le momie, tt plu dc1irat ur le· plai · nleri ·• 'IU 'nn faien. avnit fil be. oin, a\oit parfaitement la sait le. uns de: autr ·' • la bonne compagnie
na, .:inc:c el le mérilt• d d1min, 1 . o plai- éll!it plue; êparé • d' la m~uraLe: l s gcn
ail à 1 di tioguer: lii•re tl polie en mên11
,1ui l'lllraient dan_ 1 monde .uaicnl plu
1 mp , Ile . 3\'aÎl ce qui s'appeJI, ttnir Ullt'
d'êrrard pour CPll. qui :iraient 11uelqne acquis,
cour mieux 1111 p•r. none du rnond . •l quoi- 'l n'étaient pa · ,i aisément admi en tout.es
que Yertueu souffr il nuim ;nec plai ir cet
ort~ de compaguies. Comme il n') ·ut plu.
air de galanteri 11ui doit i è1re pour la de mérit.c q11&gt; et:lui d1 fair L idùm nt s,1
ren,lre agr ;rihle el
maintenir la polite. c cour au Roi, cl que du jour Je la mort rie 1.
Jont en ce t,·nrp ·-là Lout 1 ruor1Jc: faisait ca~, Heine mt·re il pa a prc~C{ue toute ,a ,·ie ù 1
mai qui d •pui e·t devenue inutil ', el peul- camp sue, l'urLanité Cl la polite" e d I ille.
èlre m lme ridicule. n p ut dire que l ~
e relir\renl petit à J&gt;t!IÎl de la cour; ,1uoi

i:

J

'LI,·.

deu rl10: . tontril,11crcnt I.e uooup : l'un
que le noi ne vouluL ni ne .111 faire l., di·tinction 1pùl c-0nüen1 de Iain; d, humme,:
l'autre, qu' yanl un hu111t•ur n.alurelll'meot
p,:dantc et au:ti\r •, il mit in. cn.ihlem •nl h
rl•rurn · ~ur I pied d n'o,er pari r au homm Nl public. ,an: les r ·ndre plu· sages, il
lt• rend il pl us iin polie · : el parce q ne la na1nre ni: pt•rd point · druits, la lin il le ,,
rendue ell'ronté ·. Le. mini trc· •, d'un r.f'lté,
gen ... Je peu de nais. anet. pour élni"n •r tout
1, monde de affaire , lui pcr uaJèn•rtl qu'il
ne pou1·ai1 faire Ji, distintlion r&gt;ntre les courtisan· an' ,'a::ujellir à mille t;"ard~. 1
alTail,lir ,on autorité; 1 1
mlitr~, • , dt!
l'auln, dêd1iri·rcnt toute, le femme pour
1 rnir· valoir,
Lne leur ptrmirent p un
· eul re rJ, nfant '}n'cllè f i aient d ,,
Pnîanl · Lou le jour . Ce dame· a\':iient
pourtant mauvai. Il gr, ce de foire ,·aloir au
lloi 1·ur fidélité: r il l~, trn, il 011, la cl r
et p rsonne n'osait I rcgard1:r.
,\I.\RQUl~ Dt::

... 3.55 ...

DI J,\I

L.\ 1 ARE.

�ÙS DÉBUTS DE LJI G1Œ1fl(E f'~JtNCO-ALL'E.M.AJYDl: ~

BMJLE OLLIVIER- ADOLPHE THIBRS-D' THOMAS W.EVANS-MARQUJS PHILIPPE DE MASSA

Les débuts de la guerre franco-allemande

li y I aujourd'hui q_111r1t11t&lt;. anJ qu'un• c.lkoy ■ blc
gunr•, dont J.,. dn:ts n'ont p,u c.,.,é ~ o&lt;. ftirc.,cn·tlr,
oow; du formc.s dinrsu, à l'intiri&lt;ur du dw1t pays
qui ronl provoqutt ou ,ùbit, mlt lu é111H corüédirù
d'Allun.■gn• ■ u.x pdses avec la fl'lln.ce. A l'ocasion
de ee qmnnti,ê.m, retour d'un lri:s.tit. annive:naire, 1ii1loria croit dcvolr n,unir un cnscntblc de 1émoignagu
po,-ta.nt succf;!.sivcmcnt Htr lu or1gint.s du t:onfli1 cr les
tlrcorul.mcu tr1glquu clonl •'aecomp•g~èrcnt ,., dlfffrcntu ph:ufl. Comme tau• lu témoigrug•s hurru,Jru,
ceux-cl s,:ront plus d'un• fois, sans doute, vi&gt;ibllCJll&lt;.nt
inllucncû par du scntlrn•n.t• préconçus, des parti&amp; pril
d'ordre puticulin. M.a.!• Il &lt;.n Fur toujoun ain.si d&lt;!I
apports cJ.e contcmJ&gt;Oralns sur lu personnes et SI.Il" les
f■lts, cl cepend■nl eu apporl&gt; n'm corutitucntpasmolns
lu sources u,cntidlu où s'■llmcnle l'H i,toirc, quitt&lt;.
1 ux hlstorlens et à l'opinion a lu 11cc&lt;pler, tcctili•r ou
rc.jetu, •pri$ qu'ils ont éti ooumu à l'c.xarnc.11 &lt;agac..
et ,êilichl d'unt. c,-itlque. imputial&lt;.. Il devra donc en
ètro de même pol.ll" lu d&lt;&gt;c:ument&gt; que r&amp;$,cmbl• 11/Jloritr ,ur lu débuts d• la gu•rr• franco-oJl,mande.
li convient d'abord de cittr, pour ouvrir ce.lie Hri&lt;,

""cc page. de M . Emile Ollivier, u,tra!u de. l"Empirt libir&lt;1I, publié par MM. Gamin frens , ~• dan, la-

converti le compte rendu lé\érrraphi1.pie des
eonvcrsa.Lions de Benedt:lli rn?c le Roi. le
13 juillet, en une in ulte à laquelle le peuple
de l'honneur élail contraint de répondre par
un apprl à la bal.aille.
.
Le jl'une empereur de son ctité r~vend1quait fihemcnt pour Lou . le: Prnss_1en ·• le
mérilc ']_ue Bi murck para1ssa1t vouloir s a.tlribuer à hù seul. &lt;&lt; Dans le aan~es I M,
1866. 1870. a-t-il di! dan un de ses di cour (d~ccmbre l 90), quiconque sortait de
l'école pour faire son volontariat ou en_Lnir
d:m la ,·ie aclive était unanime sur ce -pmnt:
l'Empire allemand erail de no~,•eau res,tauré cl l'.\lsace-Lorraine r~conqw e. n
.\ peine q\lelquc -uns de 110s écrivains entendirent-il ce conflùence , le plus grand
nombre n'v prit pa garde .
Mais, aprè sou re1woi, Bi marck eut un
intérèt plu direct à convaincre e eompa-

quclld'anden mini&lt;1t&lt; de Napoléon 111 • nol.è
1., aveu" de BiJmarc.k quant au1 proccdes
employés par lui pour provoquer la dicl•ration
de guerre

La dépêche d'Ems.

Un soir d'automne, lt Varzin, dans
un ,,rand alon orné de la ·ta.tue
de Rauch., la Victoire diitribuanl des
cow·omw$, le prince de Bismarck
était a~si prè d'un poêle dans lequel
il jetail machinalement des po~1f's
de. pin. li lais a échapper_ une pl~mte
mélanc.olique ur a destinée qui parai.sait i ùrillante. LI n'avai~ foil le
bonh.eur depersonn ni de lui-même,
ni dll a ramille, . ni de qui que cc
fùL. li \'ous avez fait le b"nbeur d'une
brr-ande 11ation. lui ripo ta+on •. ~
Oui mai le n1alheur de combien •
rép~ndh•il. ans moi. t~oi grandei
guerres n'auraient pa eu.heu~ quatrcvin&lt;rl mille homme n auraient pa
pért de pères, des mères, de ~ur ·
ne ·eraienl pa plongé dans l~ deu_,l.. ..
)1:J.inlcnanl ,j'ai cela à rêrrlerave~Dieu. »
D'ordinaire, c'e t avec orgueil el non
mélancoliquemenl qu'il revenait sur se •rrandes inîLiath·es. U se e-0mpfai ail à expo er la
tactique générale, d'abord d~latoire tant que
l'armée n'ttait pa prèle, puis prorncante dè$
c1u'clle le fut, par ~aq_uelle il_ nou avai~ co~duit peu à peu à l exa pérat1on. li e~bqu~t
en détail le tour de main par lequel il aYail

PALAIS DE SAl:'iî·CLO0O (~AÇADE PRJXCIPALE).

triote iiuïl élail le vérikwle autcw· de.s événaments .ans lesquel l'unité allemande ne
se fùt pa ' constituée. Il repriL ~l?r l~s confidences de Varzin et les reprodw 1t lui-même,
les aulhenti4unnt ainsi, dan des disconr 011
des conversations répétés aussitôt el commentés par tous les journaux de l'Europe.
.,. 356 ...,

1( Cne de me
t.lcheia, dit-il 1t léna et surtout
à Ki iTI'"en. ét.ait d'aplanir le rhl'min pour le
glaive allemand .... EL cela m'a réu . i. ~f?n
vieux souYernin, àgé de 73 an e.o J 70, nuvail pa grande emic de faire la 1ruerro ù la
France· cependant celte guerre étn.it nécc saire pour créer l'empire a.Uernand. Il fallait
absolument faire la 911erre à la France;
seuleme11l nous devion. allemlre le ,110ment où. les Fr(l.)L('ai' 7Je1·dmient palienre.
C'e t ce que nous avons lai 1. ))
ll expliqua une foi· de plus. el celte foi·
sur la place publique, comment il s'y était
pris pour nou fa.ire perdre patieuce. « U es1
si facile, dit-il à l'un de se· inlerlocuteUl's,
de modifier com11lètement, sans le faVificl',
le ens d'un di cour·, par des omi .ions el
de· ra Lure . Je me sui· e sayé moi-même un
jour dans cetle partie en qualité de rédacteur de la dépècbe d'Ems rrue les ocialisles
me reprochent depuis vingt an . Le
roi me l'emo ·a, avec imtruction de
la publier dans sa teneur intégrale ou
pa.rLiellc, el lor que je J'eus &lt;&lt; compo ·ée », aprè force rature et roupnre , ~loJLke, qui était chez moi, s'écria: 11 Auparavanl 'était une chamade. maintenant c'e tune fan lare! ,,
Le commentaire d Hamburger
lVaclu·ichlen, connues pour reœ1•oir
les conlidence du cél~bre chancclit'r.
ajoutait encore ~ l'importance dn
récit. « Le prince mérita bion de la
patrie allemande en contraignant de
eelte façon la France à prendre lïniLialive et lt e.udo er la respon ab.ililé
de la guerre. i l'on avait a!ri aulrc111ent, la guerre n'aurait pas eu ]il'u,
!'Allt'tn;1gne aur.ut été dan la situnlion bumilianl d'avoir été pro,·oquéc
et in ·ullée pnr la France cl d'a,oir
reculé: cela cùl été un second Olmütz. La guerre lit.ail indispensable
pour fonder ruait~ allC1;11a~dc.
a i l'on avait lai. e échapper
celle occasion, on aurait 'été obliaB
de trouYer un autre prétexte, moin
adroit peut-être qui aurait aliéné à l'Allemagne le sl•mpathies de l'Europe. La
guerre de l 70 fut entreprise pour éviter
l'humilialion d'une pai. imposée el pour
empêcher l'avortcmenl de l'unité alle~ande,
qui" devait être glorieu ement conqU1se par
les comhal de tous les peuples allemands

contre l'ennemi hfréditaire. i M, de Ilismarck avait préféré une pai-x boiteuse lai sant
sub ister la ligne du ·:irein, la lleur de la
confédération d.e l'Allemagne du Nord se
serait probablement lletrie et n'aurait pas
donné comme fruit l'unité impériale. » (19 on
B Nol'embre 1892.)
Cette fois, l'émotion fut i universelle 11u'il
fallut bjea entendre. La clameur françai e
en foveur da bon droit de la Prusse parut
déconcertfo; nos journalll'. de Lou te nu.noce.
modéré et radjcaux, avec eux les jou.rnaux
étranger , s'accordèrent à signnler la portée
déci ive de ce récit et de ces commentaires.
On put croîrü 11ue 1a justice allait enfui prévaloir. Eifel d\m jour! D~s le lend,:,ma.in, la
rérélation était :1 peu prr·s comn1e non avenue; les anciennes injures reprenaient plu
ou moin leur cours; on recommençait à
allribuer la guerre fatale &lt;1 à l'homme au
cœur léger », qui, seul uni\'anl des milli Ires du 2 Janvier, est devenu le Luur· émjs:-aire consacré de la catastrophe.
I~l,HLF. OLL!YrER.
de L-l ~dem,e /ra11ra1se.

te 17 ••pltmbrc r 87,, M.. Thiers f111 •ppcli à dipose:r, d.cva.tu une. commission parle:rne.nta.ire, :SUT Ju cirCOPUlin&lt;U qui avai~nt ameni Ja. révolution du 1 ~pltmbn. Il prononça, ii propo, du voie dt la déclaration
dt guerre, lu parol..s qu'on va lire :

La France n'a pas voulu la guerre.

J'ai tout -vu, et j'affirme, la main sur la
conscience, que la France n'a pa roulu la
!!Derre. Quelques homme.s de cour, et, je
dois ajouter, pour rire complètement vrai,
quelques péculateurs de Bourse, très peu
nombreux du reste. entanL que les fautes de
J 866 pe nienl sur les affaire , el croyant
qu'il suffirait d'une campmme de six semaines pour rendre l'élan aux spétulation.~
dont il \ivaient, disaient : 11 C'est un mau•
-vais JtJOmenl à passer, quelque cinquante
mille hommes à sacrifier, après quoi l'horÏl.on sera éclairci, et les affaw.s reprendront. ,i
Mais c'étaient de rares exception , et, je le
répète, la F1·ance .ne voufa.il pas la guerre.
C'est un parli, aveuglé pal' ori am1üion et
par on ignorance, qui seul l'a voulue, nou~
l'a donnée et nous a perdus.
Deux amba sadcurs des gr:indes puissance~,
tous deux hommes d'e prit et très dirrnes de
Ioi, m'ont assuré que l'empereur le;r avait
di!, ea p.irlrml ùc J'aliandon 1fo la c:uuliJ;itu rt•
lloht:nzollern : 1&lt; C'c t la paix: je le rcgrcu,,
c.1r l'occasion était lionne; mai ·, à tout prendre, la paix est un parti plu 11r. Vous pouvez regarder lïucide11I comme lermiué. )l
Les principaux miuist.res m'av~icnl tenu it
peu près le même langage, et, malgré ces
assurance., dan la nuit tout tourna brusquement à la guerre. Je crois que la cour eL ses
familiers firent un pai ant effort, aidés des
bonapartistes purs, qu'ils int.inudèreot les
ministrc:i el triomphèrent de leur taiblt'n et

de celle de l'empereur, en _e ervant du prétexte d'un outrage fait à la France par le roi
de Prus e, dao son dernier entretien arec
M. Benedetti.
Quel fut le rôle de chacun dans ce triste
drame? Je ne saurais le dire, el je ne vcu:...
avancer ici que ce que j'ai vu. Mais tous ceux
qui ont pris part à celte funeste résolution
dcrraient être à jamais incon olaLle .
Au milieu de l'agitation générale, je n'avai vu o.i le maréchal Lebœut, qui, dan.
celle cri e, ne parut pas à la Chambre, ni
M. de Gramont, qui n· parut que très peu.
Le mnrécbal Lebœuf se croyait prêt: quant ù
M. de Gramont, ministre de affaire~ étraugères, je ue sais ce qu'il croyait, mai c.ertainemeut il ne fit pas prem-e de jugement politique dan une situation où, én manquer,
c'était perdre la France.
Le lenJe,main, arrhé. tous de bonue heurt'
au Corps lé 0 i lntif, nous r11mc. an.~ par
reue nouvelle dPsolante rp1c la guerre t'!ait
ré olue.
Je ne pouvais le croire, et je demandai· 11
lout le monde s'il en ét-ait ainsi, on jaruai~
ob1enfr une répon e tanl soit veu rab.011nable.
On me répondait confusément que le Roi
de Prusse avait l'ait à la .France, dan la pllrsonne de son repré,entanl, un sanglant oulrage . .le dema.odaL~ lequel . et on ae me
répondait que œs mots : r, C'est intolérable!
c·e t intoléi'al1le! »
1·ous avons opprisclepui ce que c'était que
ce prétendu out.rage. :\f. Benedetti l'a dit lujm1\111e, et. à îer ·ailll's, allant négocier 1111e
première fois l'armistice, une seconde fois la
paix, j'ai appri par des témoins oculaire.,
tout à l'a.il digne' de foi, ee tJu'avail été œt
oulragl', et la \·érilé, ln voici, à ce que .1e
eroi .
Mlf. de Bi ma.rck cl &lt;le lJollkc, aœouru
auprès du Roi, le Roi lui-mème, son fils, ln
1·our, Ir. Jlrincipaux mini lrc , les orénéraux
influent, et en!i n J, puMic ùe Oerlin lo111
entier, araicnt reconnu que !''étai~ une faute
que d'avoir palru11né, même d'une façon in i"nifianle, la candidature Hohenzollern, quïl
fafü1il réparer cette fo,Htü en ahauùonnanl Ja
randitfature cause de tant de trouble, mais
que si la France e:dgcait davanta~c. il fallait.
lui tenir !êle el accepter a.rce elle un du •1 JeYenu inéritahlc. C'e;;t, t•n clfet, le parti qu'on
a1·ail pris. liai.- nos l,on~Jmrti Les de Pari
a,·aient demandé cJUe le Roi de Prnsse prit
l'engngemcuL pour l'a,cuir de ac pin laisser
reparaitre ln candidature Uobcnzollern ; à
quoi le CulJinct pr11 sicu araiL r :pondu qu'il
n'était pa l'auteur de rPll e cru1didature, 4.u'il
l'a,ait connue. mai;: it. peine connue, el qu'il
n':mil pas à -'engager à l'égard d'unt.l détcrn1inalion qui .n'al'ail pas dèpendu de lui dan:.
lt• pré ent, et dans l'a1·e11ir en dépendrait eucorc main .
Il tltait éviùenl que celle exigence du gouvernem1.•nt fr:mç,'li. avait pour but de rendre
plus morlifünt la reculade du la Prus e, cl
rru 'en faisant une telle entrept'Îse contre !'orgueil pru ·sien, on .;: 'e\11oser1'it à une rési -

ta.net: qui amènerait la guerre. La faute de e
conduire ain i était d'autant plu· !.!'l'ande, que
ce dont on ne \'Oulait pas se contenter était
cependant un -vrai triomphe, qui serait apprécié comme tel par Ioule l'Euro]l{', el que les

, ·APOLtos
\Ci!llecllcni Je M. le

lII r..: 18:,0.
B.\RON DE BoORGOING. J

mortification de 1 66 nu.raient été presque
entièrement dfacLles sans coup férir !
Or l'outrage fait à I. Benedetti s'était r~duit à ceci : le Roi de Prns.e se trouvait aux
eaux. d'Em , maladif, agité, irrité par la
grande alfa.ire du moment. 11 prenait es eaux
du malin avec son fil , 101-sque f. Benedetti,
ne e contenta.11t pas des demande communi JUée au Cahinel pru sien, èt di:jà. refu ées,
a,·ait voulu rènouveler ses instances auprè~
du Roi dans un moment lout à foit inopportun. Le Roi, snn brusquerie. mai al'ec bri~, eté, lui avait dit qu'il ne pou1•ait rien ajouter
aux: r11pon,~ de :,e • Ministres, c.t l'a\'ail qaiUi}
·ans rien, du r ste, qui rùl le caractère d'une
impolite se. Il faut ajouter loulcfoi qae.
toute L\llema ne étant impatiente de avoil'
ce qui "-e passait, ~I. de l.lismarck lui a,ail
manùé la répon. e du Roi par le télé" raphc.
Tel e t le ~and ou lr~ge pour lequel 011 nous
demanda la rruerrc., et pour lequel il un vrai
triomphe, celui d'avoir fait reculer ln Pru SI.'
Ùcl':l.lll l'Europe, ou s11bstil 11a1I le plus affrcm
d~astre.
Tant 1111c ,je vi1Tai. je me rnppellrrai celle
ll'rriLJejourmlr. Le Corp légi lalif était réuni
d,'.s Je n1:1tin. el on vi11t nou lire la déclaration de "trl'rre fondée sur Ji,,; 1n0Lir que je
\Îco d'exposer. Je .fus saisi; fa Chambre le
fut co1mnl.l mni. On se r~arJait le uns 1 •·
autre~ :11ec une orle de stupeur. Les p1·in •ipaux mcmln:.:~ ùe la gnuche, 8U group:t11l :iuluur de moi. me demandèreot cc r1u'il fallait
faire . Craignaul l~• maurni c. dispn~itiom du

�. ______________________

111STO'J{1Jl

Î.ES DÉBUTS DE LA GUE1f/tE 'F]tANCO-JtU.EM.AND'E

la majorite à l'égard de la gauche, je tli' à
me collègues : u Xe vous l'TI mNez. pa:, el
laLcz-moi faire. 1)
Jp voyai. un or,we prêt à fondre sur no
tète . Mai j'aurais bravé la foudre, arec certitude d'èlrC' l'crasé, plulùt c1ue d'a sistcr impn:.-siblc à la faute qui allait s tommellre.
Jr me l rni brusqutlment, }• j:ülli:;, i je puis
dire. el, de ma pin ·e, je pri, la parole. De
cris furieux. reLeoLirenL aussi[r)l. CiD11uanle
éncrgurnèn • wc montraient le poio", m'injuriaient. cfüai &gt;nt que je déshonorais, que je
~ouillais mes cheveux blancs. Je ne cédai pa '.
l ►c ma plal'e. je courus à la tribune, où je ne
pu faire en\cndr.. que quelqm•s paroles c~trecoupées. Comnincu qu'on nous 1rnmpa1l,
1111'il n'~tail pa pus iblcqueleHoide Pru.sc,
~entant la gra\ilé dl' la po ilion, p11i qu'il
av;;it céJ,t i:nr le fond, cùl voulu nou faire
un oulragr. je demandai ln production de.
pi'•ec. nr le quclll' on !stl fondai! pour se
dire outro:,ré.
.I' étai~ i1r qu e ~i nons ,1gnio11~ , inglqualrP lwures, tout craiL expli11'1é, et 1~
p,ùx au,·ée. On ne ,•ouh1l rien rnte11dre, rien
~ccord,,r. s:rn[ lonl ,fois la réunion d\rne
commis ion, 1· 1union de 11nelqt1e. in~lanls,
où rien ue fnl l:cfairci. La séance cummença;
anJll la séance le L11mulLc. Je ru_ in.sulll- de
Louks part, , •l les dt'-putés tll'. centres, :,,i
pacifiques I jour: précédent , intimides,
entraidés dans le moment. s'c1cusanl de leur
raibles e &lt;le la mille par leur ,iolcnce d'aujourd'hui, "otrrtnl cette !!Uerrc, qai c,t la
plus malheureuse certainement &lt;1ue La France
ail enlr pri.c dan .. a longut• et ora~euse carrière.
ADOLPIIE

corumeuça 1t pt'eadre es me~ures pou1·
11uitter le palai de ~aiut-Cloud afin de se
meure a la tête d(' l'armée; la plus imporlantr, peuL-êlre, de ces me ures l'ut la dé ignaLion, par décrel spé ·ial, de l'lmpéralriœ
romme Régente de l'Empire.
Pendant dix-sept ans, la ouvcraiuc, rpù c
Lrom•aiL ainsi appelée à représenter . on pay~
aa milieu de vicissitude d'une grande lutte,
avait aidé l'Empereur 11 nouvel'ller et avait
parlarrè a pro ·périt.é; ella avait fait par son
intellii;ence, on e prit brillant, ·a gràce el
sa Leaut:, l'ornement de la cour la plus
pkndid'c de l"Europe, el son ardent patriotisme, n ·ymp:Hhie, qui jamais ne se dém niait, ponr le· pnu,•res el le· arili"és, la
rendaient dignr de lu i·onfinnce Pl de L'affection de on peuple.
on noble caracLi\re la quafüiaiL bi1m pour
la position qu· Ile allait occuper, et sa connai· ance de affaires du goU1ernemcnl,
CJU'ellc avail acqui. e n-ràcP t1 lïntér 1L qu'dlr
• avait toujours pris cl !l l'in. lruclion qu'elle
a,ail reç(le, lfl rP11 dail parfaitemenl :tple 1t
gouverner [, p-1~s qu'elle :iimait . i tendrement.
Elle a\'ail oun·nl pri part aux con cils Je
cabinet pendant le · ann(.,. de paix, et !'Empereur lui a~niL c~ pliqué le lllécani ' me des
:iffaire de l'Etat, et l'nvail initille à Lon . ses
·tères, car il voulait que l:'I mÎir Ju
Prince Lmpérial fùl capabl ' , en cas de

mr

THIERS.

;e,,.,.,,

On )f1irnoiru d• D' TMJma, JY,
r«&lt;.mmcnt
publl•• par la libr&gt;iri&lt;. Pion, nous dc11cl,on• le pu.!llg..
lUh••nt, où •• trouve nhué en ditall lc dr'parl de l'cmpenur d de •on fil&gt;, tn juillet 1870, pour le théâtre
dt 1• guerre. Lf. divou•m••• de l'-.utcur d&lt;.s Jlfi.moirn
à Napoléon IIJ ,1 à il famille devait 1rouvu bientôt
l'occuion ,;1,. n rnanlfuttr, puisqu• l'lmpéntrlcc y fü
o.ppd, lorsqu•, chassie du trô~ p•r la défaite des
arm«s impéTl.lu, ..11. eut ri~olu de fuir Paris c1 la
F nmce. Le mbne athlch&lt;mcnt se ra;1 jour daru le: court
urrait que nous npYodulsoru, pu une &lt;0mprihension
,oui• spich,lc, 1out• p•nonncllr., du uspon1ahilltéo du
$ouvnllin. Cct11&lt; p•g.. n'en constituc pas n1oiM, ~u.t
forme de • clloK vue •• un curi&lt;ux documtnl hlst11riqu&lt;.

Le départ de !'Empereur.

Lr 16 juifül, à neuf heures du matin.
u11c graode alliche contenant l'annonce ~uivante fal posée sur le · mur de la gare de
l'Est :
(1 A partir d'aujourd"hui {Hi juillet) le
service des \Oyageur · sur le ré au de la
Compagnie de l'Est era partiellement suspendu. Les YOJageur ~ont priés de ,'adres er
au chef de gare pour tout rense1goemenl
concernant le départ de Lrains. D
C'était là une preuve qu'on avait décidé de
Lr::in porter l'armée à la frontière.
..• Le 26 juillet, l'empereur Napoléon III

LE PRl:SCE IMPLRL\L F.IS 1870.

(Col~cuon dt M . lt BAkON PE 8ol'RGOl!&lt;G,)

ms

besoin' d. élever on
CJI \'UC de
Làchcs
érieu es que l'ayenir pourrait lui imposer.
Tous ceux qui ont étudié l'histoire de la
Oégence reconnaîtront que l'Lmpératrice se
rendait pleineineol compte de a responsa-

"" 358 ,..,.

hilit I el comprenait tout on dmuir ; il } a
peu dP per onne. c1ui lui reprocheraient aucun
de actes de sa courte udminL Lralion si elle
songeaient aux circon. lance difûcil dan
lcsquellc cllr. se c.:onsacra à la conduite de.&lt;.
affaires publir1ue~. Les rare 11ualilé de ~a
11ajesté étaient impuissantes à remrdier au
défaut organique du "Ollvernemenl, défaut
qai con i tait 1·11 l::i limitation du poul'Oir de
la Régente à llll moment où il aurail dû être
concent ré en a perl'.onnc l't oi1 elle n'aurait
Jù ètrc , oumi ·e à aucunt autre rolonté qu'à
celle de !'Empereur el des mini trcs.
En 1 5n, elle avait pu ·ar-quilt.er làcilemcnt et aYec ·uceè de e fonctions de
R~gcnle pnrce que, â celte époque, elle était
libre i tandis qo'en l870, mus « n:mp1rc
libéral », ·on inilintirn était brisée; elle
IÙl~Oil 3U('llllt' lim!rlé d"action, à eau e de
lïmmixt.ion du Corp légi lalir, qui • .iu lieu
de e contenter dr, ,on ràle de pou1'oir roordouné. e ayait d'usurper le. fonctions de
J'Exécutif el enlrarnit a.in i Lous les momi'mrnts de b Tiégenle.
Les république le plu parfaites, les plu
ùirnocraliqucs qui aient jamai. exi té cane ntrairot l'autorité en une cule per onne Pn
temp de gu rre. La Répul,lique romaine,
par c.iemple, rcmctt..,iL fo pomoir uprt\me,
au moment du danger, entre les main. d'un
eul homme - d'un dictateur - tandjs que
la nation françaie, l.iieu &lt;JUe "'Om&gt;ernéc par
un monarque con, Litutionnel, e sap1 de
limiter le pouvoir de la llilgenlr, rn ,:1ahfü!&gt;llnl une oligarchie, qui empiétai t C'on Lamment sur e.- attributions. 'i l'on rélléchil à
ce !'ails, on ne s'étonnera pa de résultat~
quïls ont produits.
L'E:mpereur décida à quiller aint-Cloud
le 2 juillet. J'nllai au pafoL dan la ruatint!e
d~ re jour pour lui dire adieu. l)e nuages
ohscurcis ·aienL le riel et il y avait dan· l'atruo.phère une lourdeur qai semblait pré :t"er
des malheur . La ,·eille au ~oir, l'J.;mpereur.
lïmpératride el l Prince Impérial. à ce que
j'appris, avaient reçu la communion de·
main . de Jgr Darboy, le ,·én 1rable arch.evèque dr Pari~, qui l'ut :issa - inr par le.
communard· rtueh1ucs mois plus tard. Pt'U
apri•s mon arrin:•e, J"Empereur, 11ccompa"11é
de l'lmpéralrice et du Prinre Impérial, sortit
de l'appartement de l'llllf!ératrke pour tmtr•r
dao · le grand salon, où étaient réunie les
per onne. t1ui étaitml l'enues lui dire adie u.
li alla de l'une ;1 l'au.tri', disant un mol
aimable à rharune en lui errant la main.
Lor qu ïl pri L conrr ~ de celle qu'il connais-sait iolimemcnl, de •· ministres el des
mem bre de la lllai ·ou impérial •, qui SI'
trOU\'aient égalemeat dans le gi·and aloo, il
me embla que a YOÎI ai-ail un fü.'Ctml
inaccoutum I de tendre e 'l sa phy ionomfr
une expression de profonde tristes e que jr
n'ya\aisjarnai ,ueencore. Comme quelqu'un
lui disait : &lt;c Oans quinze jours Votr füjc. lé
era :1 Berlin, 1&gt; il lui répondit graw:meul :
« .'on, n·e. pérez pas œia, même -i nolliomrue · heureux. » San doule il croyait
Loujonrs 11 a deslinée, mais certainement il

n'aYait plu:, la mème &lt;:oufiauœ Jafil on
bonheur. Quo1quo parai-saut parfaitement
calme, il était sûrement trè troublé. fo
remarquai quïl fumail un cii;are, ce qu'il ne
l'ai ail presque jamaiS'.
Yers dix heures, il entra dans sa ,•oiture
pour se rendre à la gare où il ueYail prt'nùr,
le train, et 411i C'L iluée au bout tlu parc.
1,'lmpératrire était à son cùlé, nervcu!'e,
s'efforçant de paraitre f.(aie, tenant dans sa
uwin rellj• du jeuue p;ince, dont lw yem

Lùrsqut:J le lraiu .s'ébranla, tontes le Lêlès
se décounirent el des cri de : &lt;c Vil'e !'Empereur! n relL'ntireot, 1tinon trè l'orl, du
moins neltement cl di linetemenl. Quelques
moments après, l'EmpC!reur et le Prince Impérial aYaicnl di paru à nos regards, el l'i mpératrice, ·efforçant de maîlri er se anglots, retournait il ce palai où elle avoil ,•écu
tant de jour~ heureux, où elle avait passé les
p1·emières . emaine · de so11 mariage à cc
palais qai, quelque beau qu 'il fûl, quelque

tai1·c~ de la cour, d'officiers en brillant u11i
formes et de cuira,siers de ln garde, et avaiL
éLé accueilli tout le long du chemin jusqu'à
la gare de Lyon avec un enthousiasme san
égal; loi-même, calme et plein de confiance,
il .aluait l'immen e foule. L'exaltation populair1• élail &lt;'omme un pré age, une assuranre
de victoire, qui donnait à ce &lt;lépMI l'appareore d'un lriomplie. )laintcn:rnL, accompagné
par qmihrues mumbre da son gouvernement,
par ~on état-major particulier el par un petit

Cticht .Br.t.un tl t••

Df:PART llts ll0B!LF..S

'i-t:tienL remplis ùc larmes à la pensée dl'
quiller sa mèrP. La 1·oilure pal'li t irnmédia1,,menl. Aprè~ arnir salué les per~onne réu11iei. dans la cour, l'Emperem· ~è mit :c n.'gorder &lt;lroil Je, anl lui, mais nn· rieu obserwr, à ce qu'il me ernhla.
J'allai a "N '. beaucoup d'autres pcr onnes 1i
la gare, où l'Emp reur nou reçut pour hi
dernière foi el dit adieu Il ceux d'entre nous
à q11i il n 'arnil pa p:irlé précédemment.
(!uand l"heure du départ du train fut arrh'œ,
il ·c lourna ,·ers lïmpéralrice, el l'embrassa
tendrement; pui , après ètre enlré dans le
wagon qui lui était ré-cr,·é .iinsi qu'à .a
uite, il .e tourna encore
et lui fit un si!me
•
0
de ]a main;
quanL iJ nou , nou. rcstion' là,
lthnoin. ·ilencieux et ému, .de celle sépara.lion reellcmenl louchantc &lt;le la famille
imp •rialc.

EN JC:J~LH 18;0. -

Tabltart .:fi\LvRED

DEIIOIU:NCQ.

~olide rp1"il emhlàl :ilors -comme s'i l àvait
rempli le Lut pour lequel il amil éli! crét; el
ét.ail a ·ol'ié dt&gt; quel11ue myslérie11 L' l'açon à
la fortune du gouvernerncnl impérial, - car
r'est 111 11ue fol proclamé, ru 1801, )'l~1IJpire
d' 'apoléon , - ae présentait plus, quelques
mois plus tar&lt;l, r1u'une ma se infomrn de fer
tordu cl de marhre calcine.
Je fu vh•eruent fr~ppé d'une différence
proronde que présentait Ct' ùéparl a,·ec celui
ile 18511. lor ·que Sa )laje té étai! allée rejoindre l'armée d'Italie. J'entends une dilféreoce au point de vue du moral tant de
l'Empereur et de sa suite que de per~oones
qui a sislaient à ~ départ . En 1859, les
me. étaient bondées de monde; il y avait
des drapeaux partout; l'Empereur a1·ait
quillé les Tuileries dans une voiture cmduite
par de· poslillons. entouré des grandli ùigni-

nombre dl' Jll•i·sounes de la maison impé,-iale
élilanl la eapitalc, !'Empereur s'en va silen~
('ieusemetll, pre~quc . e&lt;TÎ'lemenL, au-deva.ut
de sa destinée.
. Dans ces dcrr1ières, armees,' on a 1·a11porté
luen de paroles del Etnpl'reur qui montrenl
que l'i ue ùe la guerre lui scmlilait très
doulease ;_ mais la meilleure preu\'c qu'il
compreuml !Oule la gra,11.é de la iluation
c'e t le soin avec lequclil évita, en se rendan~
au quartier crénéral de son armée, le, dérnonslrali~a ' d 'en~housiasme a1·ec le quelle
la populallon pari 1enne !"aurait accueilli . 'il
a1·ail paru au milieu d'elle, démonstration.
auxquelles i_l en.tait ne pas p~m•oir répondra.
Comme Je men rclournm à Paris, mon
e_sprit était agit~ à ~a fois par_ la crainle el p~r
1e pérance, mais c est la eramtequi dominait
ru moi. L'al'enir de la France ne pom·ail

�,,, __ msTO'R.1.ll
paraître que sombre el incertain à une personne non pré-venue, el je m'attendais toul à
fait à apprendre que l'armée française avail
été repoussée. Mai la campagne fut beaucoup
plus dé a treu e encore que je ne l'avais
prévu, que je ne l'avais même cru po siblc.
Le soir du 28 juillet, L'Empereur, accompagné par le- Prince Lmpérial, arriva à M tz
pour y prendre le commandement en chef. Il
a,·ail quillé aint-Cloud, comme nou l'a on.
dit, l'e prit troublé par des doute eL de
triste pres. entimeots. Cc qui eau ait surtout
.on inqui 'tuùe, c' t qu'il savait que son
armée aurait à lutter contre un ennemi sup;;rieur en nombre et qui, au dfre de per:;;onnes en riui il ayait le plu de confiance,
po édait di: "randei- qualité · militaire . mai:
il sa,·ait aussi qu'il avait fait tout ce qui arnit
dJpcndn de lui pour rendre l'armé de la
France plus parfoiLe, el que, 'il arrivait
malheur à son pa)'~ par i;uile du nombre trop
faible de ses soldats ou de leur préparation
in urtisante ~ la guerre, on ne pourrait pas
s'en prendre à. lui aYec ju tice.
D'

THO.\!AS

\V. 8\' . rs.

Lo. marquis Philippe d• M•""a, anciu, chef d'uc&gt;•
drons, anden icuyer de Napcléon Ill, apparttn&gt;il, &lt;n
, 870, à la ouitc. de l'•m;:&gt;'-TC~T"- Il a noté dàil5 HJ Souvinlrs d 1mpro;don, pumi tant d&lt; pag" taUT ,i. tour
uqui••m•nl ,pidtucllu, dilicat&lt;.mmt émau ou pro•
fondé.mmt allTi,l&lt;CS, ctrt•ins détoib o.uxquels on ne
ma ..quc:ra pas de, trouver un ,id intérêt doc11m,ntairc .

Début de campagne.
Asant en le malheur d~ perdr1.: ma mère,
décédée en Touraine, à la fin du mois de
mai 1 70, je ne m'Îns à Pari què dans l
courant de juillet, au milieu de l'elfer\'esccnoe
caus 'e par la candidature du prince de llohe.nzollero au trône d'Espagne el par la déclaration qu'elle provoqua devant le Chambres. Il
t t1 mit eonnfrsauce 411e, pendant les néaociatiow. poursuivies pour obtenir des garnnlir contre une repri ·e éventuelle de celle
randiùature, déjà su citée en 1 69, M. Thier8,
quoiqu'il con idéràt co111m Au.l1i ant la
renonciation transmi e par le père du préhmdant, d.Esira faire officieu ement ~avoir à
!'Empereur que i, malgré tout, la "Uerre ne
pouvait pas êlre évitée, il appuierait à la tribune la demande de crédit militaire , afin
qu'il fo sent, comme i:l était dé il'ahle, ,·oté
lt l'unanimité.
En remer,·ianl M. Thier de sa communication el &lt;le ses intentions. l'Empcreur lui Ji l
répoDdre quïl n'a l'ait jamo.i~ doute: du patriotisme ùe l'hi Lorien du t:onsulal et d l'Empire. Celui-ci. malgré son exp~rience et a
fine se, ne semblait donc pa · croire toul
d'abord h la. duplicité. haut~meot avo11ée
aujourd'hui, de l'homme d'Etat prussien,
d'autant plu~ décidé ù humilier 1a France,
aJin de rendre la guerre inévitable, que le

armée allemandes étaient plus prêtes et qu'à
sa connaissance la nôtre l'étaiL moins.
Dan on lirre intitalé : /o. Vérité sur la
camJJagne de i 70, M. Fernand Giraudeau
affirme ave raison que, si apoléon Ul,
fidèle aux devoirs de sa nouvelle itnalion,
gouvernait encore, c'était en uivaol en toutes
cho es les résolution de es mini tres; que
son rôle ét.iil d'obéir dé armai arec eux à la
\'olonté du pa-ys, mai que, loin de dé·ircr la
ruerre dans 11n intérêt dyna tiqae, ce fut
bien à contre-cœur qu'il se résigna à. la subir
bOu la pression manifeste de l'opinion publique. Telle fat an i la comi tion tle ceux
qui eurent le douloureux honneur de le UÎ\'re
11 l'armée du Rhin, témoin des souffrance
phy iquc11 et morales dont aucune ne lui fut
épargnée ur ce chemin de la croix_ dont }Ietz
fut la première station, edan, le cah-aire.
Au début de la campagne, la suite de
L'Empereur se composait :
De généraux baron de Uéville, Edgar ey
prince de la Yoskowa, Waubert de r.enlis,
romte fleille, Favé el vicomte Pajol, aides d(•
c,1mp; du commandant llcpp et descapitain~
d'llendecourt, de Morcoart, de Tréce. son,
Gmman, Pierran, de Lauriston, offtrirrs d'ordonnanc-e;
Du "énéral de Cour·on, adjlldanl géné.ral:
Du lieutenanl-colonel Tascher de la Pagerie
rt du vicomte Lepic, maréchaux &lt;le · Jogis:
Du comte Davillicr, premier écuyer, et de
lrois clcu)·ers, savoir : Rainbeaux. le marqui:
de Caoi · et moi, auxquels étaient adjoint
le capitaine Favcrot de Kerbrcch, devenu
général de divi fon, in pecteur 11énéral des
r monte ·
De ~[. Franceschiui Piétri, secrétaire parliculier·, et de M..\miot, chet du er,1œ têlrgrapbique de a lfajeslé;
Du baron Larre-r, médedn en ch f de
l'armée, marchant Susqu'11 nouvel ordre avec
le quartier impérial, ain i que l'abbé Laine,
aumônier en chef;
De docteur~ Connean, Corvisart, médecins
ordinaires de l'Empcreur, el du docteur
Théophile A.nger. son chi 1·ur&lt;riea.
L • Prince T1npéria.l était accomp n-né :
llu commandant Lamel' e~ du capitaine
Clary, e offici r· d'ordonnance·
Ou capita.in~ comte d'Aure, éCU)'er adjoint,
en aueodanL l'arril'ée du titulaire, U. Bacbon.
it qui l'état de sa sanlil ne permit pa dt!
rejoindre.
Le cher d'escadron d'état-major Rouhy,
attaché au hure.au lopographlqu •, et le \icomlti
Pi1Jrre Daru, attaché au ·ecrél!lriat p:irticulicr
de a Uajesté, en 4ualité de courrier diplomatique. fai ·:i.icnl é"alcmenl partie de la
snile .
Le Pl·ince apo1éon ·•tait accompagné d
colonel Ragon et Ferri-Pisaoi, d11 . èapitaine
d' ca val •rie haron Berthier de Lasalle.

Etat des chevaux &lt;le selle el d'allelage, du
personnel el du matériel roulant f oui·ni
pcw le sen,ice iles écuries i111pil'ictle~.

CHEVAUX DE SELLE

L'Empereur. . .
Premier éCllJ•er .
Trois écuyers . .
Capitaine Fallerot.
rooms . . . .
Prince Impérial .
M. Bachon el capitaine d'Aure.
Grooms . . . . . . . . . .
TOTAL

6
5
9
2
5
4
5
5

des cbeYaux de selle.

HISTORIA

59

POSTE

Chevaux d'attelage . . .
TOl'AL r.f, ÉRAI, des chevaux

6~
101

PERSOMiEL

Pour l'Em pe.reur, aux ohevau de elle.
Pour le Prince Impérial. . .
Pour le ervice de la po t . .
1'onL des ,erviteur .

1!)

i1
;i9
6!:i

\'OITl!RE.

Pour le service de !'Empereur el du
Prince Impérial : une calè be, un landau, un char à banc , un wurtz, trois
four on· de baga"'e , ensemble. . .
Pour 1 tran port du secrétaire parti ulier, du ·heî du servire Lé.légraphique,
Je r aumônier et des médecin , deux
darences. . . . • . . . .
Pour les écuyer , 11n fourgon. . . . .
Pour le serYice ùe la bouche : un omuibus, une cara anc, deux pouri:oyeu es.
Pour le· baga es de la _elle et Je la
poste, u11e caravane . . . . . . .
Pour I s bagages des aid, de camp et
officiers d'ordonnance, du secrétariat,
de l'aumônerie et des mJdecin ·, troi.
caravanes. . . . . . . . . . . .
Pour le lentes de oflkie1 et du persoru1eJ1 trois chariots. .
ToTAJ. des voilures.

2

i

1

;-;

·,

22

Ce total général de cent un chenux, viagtdeux ,·oitures cl . oixante-neof erviteur: l'ut
réduit, le. 20 août, à Cbâlon , à oixantequinze che,•au.x quinze Yoiture , cinquanteepl serviteur ·. Quelque jour 11lu tard,
4.L1and le Prince Impérial se sépara de on
père à Tourteron, il re ta : rinquanle-quatrP.
chel'àu:x, di;.. voitures el quarant -cinq · fl'iteur .
En 1 59, pour la campaglle d1!.alic cl
pendanl Loule a cl urée, le ser,icc des écuries
- quoique le Prince Lmpérial ne ÎÙl pas
présent - demeura compo é de cent ,iogt
che,·am:, vin-'t-quatre voitures et oixante-huit
:eniteurs. Per ·onne alors ne on"&amp;\ à criLitJUCr le nombre d'équip,we affccl.é$ à l:t. uitc
de l'Bmpercur Yiclorieux tandis que, dau
l'amertnrue de. la défaite, on aJla ju qu'à. en
ntlribuer la eau. e à l'encombrement Je.
-roules par les ba"age. du souverain infortu11e,
main· l'ordre crui r,1°naiL el bien qu'ils
eus enl été diminués de moitié. ',-u 1 ic!isl
MARQIJlS Pt11LIPPE DE

\\A,._ A.

COMTESSE ADÉLAIDE DE CHILLEA

(FILLE D'.\

'E-MARfE DE

Guillotinée le 1H avril 1794 sur la place de la Concorde
..., 360,,..

Tableau de

DA:-;LoL:x.

appartenant il .\1. le

'omle

011:

TEime:~) .

l RAS)

�Madame Récamier
Pil

JOSEPH TU.~QUA

ft•u I' :pàulc du condamm1• \fai. , P t-re de~
plaie~ ii r ,ictim . que f u ·et a dit :

CHAPITRE VIII (.·11i1,, •

\ ~hnc Bée 111ier tout
arrivait d'aillcur à l'à e a
Jai!!Tl' ucun cl où 1•
victoire ur l1• Lcw1r
·
n'aura pa. perdu • ·
n1mple - on a 'ni
,
J':unour-pr
I
il\
1
in
i
h
,:a
:tl

· ·

n · ·lit•
' o dL
le un,i
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endl'I!
1111. e ·
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I d 1•urle Lnurrourric au
le

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1111

t;t phi•

lo p11rJ1• 1•0 i, , hc.t t•I 1·r11t•l upph • •,
il ,. 1 lrap1•:, 111&lt;1in., il t•n ~ •111 ut'rir.

Le jeune .\mp~r n'en \'oulait pa: uérir.
L •· dou pan. mi nl' &lt;p•e l'emorcdante. ir'•ne
:1 pplit1uail sur celt • plai • di :rie &lt;-tni •nt woin
faits puur I cic.1Lri r qui' pour I' •nlrctenir
toujours vh·e el ai •nant . Mme Ré :iruit·r, il
fout Liuo le dir • o rherehait pa éri u1-emcnl à "Uérir le malh~urcux rnfnnt. \ moins
que c II ftîl dao~ celle int ntion - mai· ce
n' d p~ prol hl - 11u'il lui prit la fontai ie
de lui faire l !lucr .1111 nom de J n-Jac,111
coolr c lui d'Édou:trd. Car :c:t un fait, dlr
1 mulot. J n-J· equ , le nom d,· Hou · u,
J, ce ru~tr , Je cc r 1volulioonnir · ,1ui i1ai1
... 361 ...

~i peu comme il faut.... \h ! li!... 'fondi
qn 'Édouard ! . la Lonn • heure ! , oilà un
nom dinnc J'un eotil jeune homm, ! 1.-J.
Hous~e 11. tout rustre qu'il était, !',nait Litn
nti pui,1JUt. dan ... , ·oul'elle lleloïsP,
cillé du dou nom d • Juli (I • i •11). il pfoç3
cclw •. i ai lilrmf'nl row:un qu,• d1. milord
~;dou rJ.
Docilr, le p:1mr amoureux ou· ih)l d . t'
11: hal,ill 1· du 0001 uc lui a\'ail Jonn: ;un
père, d jelH · Llr d~fro1111 au ordur . el
ùc . · fîu.bler du nom d'f.dowrd. , · n pl.
~t"ulèm nl :1 l'u~n e dr Jnlh•lle et de • ul
ioûruil '• in i pour tout on mondr•. lt- fil
du !!Taud Arnp rc n'c. l plu. qu'un •dou, rd
qu •lcou11ue, t•l Ball nche lui !cril : a ou.a\'on~ pris un part infinie, mon dt ,r
td uard .. .. o

�111STO"J{l.ll - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - ~
'élail bien ridicule, moi l'amour donn •
une L•lie colledion &lt;le ridicule. à l'êlrc le
plus intelligent! .. . :ans onger à rh·ali cr
J"mlelligenu a.\'ec l. Ampère, Mme fiéc:1mil'r
ne veul pa demeurer a,·ec lui en re;tc de
ridi1,;ulès. Elle, ·i calme, i mesurJe d'ordinaire, la \·oilà qni ·en adjuge une honm·
part. Et cela, ans circonstances atténuantes.
~ n content d'-0.rnir cbangé l~ prénom du
jeune .\mprre, elle veut ch:rnger son propre
nom à elle. Ob! c'csl l,ien impie : elle n'a
qu'à changer de mari, çoilà tout.
Eli • s'ét:iil en effet tcllemenl édrnulféc sur
ce nom 1.1'1~1louard, encore plu sur celui
qu'elle antiL ain i liapli é, qu'elfo en oublia
hien d · cho·e et finit par act·uei llir avec
fa,•eur les tendres déclarations rtne ·on a.uit11de avail provo1p1ées , Elle PUL la p~n ée de
di,•orcer d'aw!c sou m;iri, ltieJllùL octogénaire,
pour épouser le jouvenceau. l\f;nail• •lie pa.,,
d lt• cpl ans auparava11t. ·on"é au mème
r,!mM' pour se rl•m.ari r avec le prince .\ugusle de l 1rus.c'! Elle était bien un p u mùrc
11our le jeune l~ùouar&lt;l; elle aurait pu êlre ~a
m~re, el inème sa grund'mère. ,lais l'amonr,
on le ·ail, est al'eu,,le, cl Mme do lai!!, c1ui
avait trouvé le bonheur Jan on tlcrnicr es ai
Je vie conjugale, ne lui avait-die pas donné
l'cxr·mpl!! de Cf' li3i on tli propol'lionnéc en
épous:ml à cinqlrante ans passé le jeune lieutenant I\oeca, rp1i en avait vingt-troi ? Et les
·ottises des autres na . oni-tillc pas celh·s
Jonl nou nou aulori 011· hipocrilcmenl pour
fairP le nôtre:. '1

CHAPITRE IX
La mort du duc de erri (1:; ftlvrier 1820)
~eno.il de changer l'orientation de la politique
intérieure de Louis X:Vlll. Il)' eut un remaniement mini.Lériel. tf. Decaze fut renvoyé
et ChatcJAuLriand sembla d,h.,né pour un
portefeuille. lais eomrne !.oui -~HI a,•ail
pour lui une ,·iolcntc nutipnlhic, il fut qu tion de lui donner une amba ade. M. llathieu
de Montmorene ·, lLUi cooli nuaiL a oull'rir
dans ·es sentiments las plus in times de la
prépondéraut:e acquise d'cmhlée auprès de
Mme Récamier par l'illustre nuleur du Gênie
d" cltl'islianisme, accueillit avec enthousiasme un pro,icl kt1danl à éloigner de Paris
pow· bien des moi un ri1•al quïl ne pouvait
~•empêcher Je jalon er.11 employa donc toole
.on inOuenœ à le faire réo ir. Chateaubriand,
lui, ewl1lait s'en détacl1er cornplètemenL.
« Je ne dcmt1nde rien, tforivaît-il avec ulle
orgueilleuse wod Lie à Mme [\~carnier; j ne
olJicite rien; je ne Y ux mellre ni pa sion,
ni orgueil, ni taquinerie à. reI1IBer, mais au i
i e eolirai une nai joie le jour où il sera
arrêté que je ne ui bon à rien el qu'il fattl
me planter là .... » Mais lalhicu, qtû ne
devait enlir WlC vraie joie que le jour oi.t il
serait Jéba.rra é de la pré ence de Chateaubriand à l'A.bbaye-aux-Uois, tra\'aillait avec
acharnement à sa nomination d'ambassadeur.
li écrivait à Mme Récamier : « Je crois être
stlr de notre succès, aimable amie; je dis
1wtre, ca.r vou y avez rnL un enlimeot très

aim:i.Lle donl lt' premie,· intért•ssé Juil êtri'
toue.hé. . &gt;&gt;
L&lt;' 1( premier inl~re é », cc n' élail pn .
r111oi 'l uïl en di e, M. dr Chatc11ul1riand ;
c'étail bel el bien lui, Mathieu. La prem-e,
c'e. t que Cbate.tubriand ne bou[J'eail pa. ,
tandis que L dl' fontmoreucy faisait '1.éœarrhc. sur dcruarches, inl :ressail. M. P:i.sr1uier
l'L lt· duc de Richelieu à -on a[air&lt;'. et, rc
11u'il y amit de joli l'TI loul ccla, c'est qu'il
noyai! ou roulait [aire croire qu'il n'ams ail
111te p1r iuwrèl pour Chaleauùriand, tandi
1p1ïl obfüsait a un ,enlimenl moi11 recommandable, la jalousie. on zèle Pn6n l'em•
p &gt;rla rl Chatr1ubriantl fut nommé amhas•
.i.deu r à Berlin.
Ile Pru si&gt;, il t&gt;crivail fr~11ucmme11t à
:\lrne fiéramier, ~1ui n'avaiL pas le même empre cmenl i1 lui répoudre : pare. peulètre, coquetterie plutôt, oiln de prornqurr
chez lui un rain de jalon ie. ~lais ChaLeauhriand esl au-des u. de 1·ellt• me··cluint·rîc,
ain~i que tic tontes le$ aulrc.. Li~cz -plutàL :
il u'y a pa J~•u, emaines qu'il 1•sl à Il•rliu
et il :cnl: u .... .Au re ·te, je ai. déjà mon
métier et jC' ,·ous assure que c'e l rho c aist.!e.
Jr connai trcolr i111hécilcs qui .eraienL
d'excellent ::unlia .• adeurs. 11 Par a ~ociation
d'idée , san ùoutc. 1(• nom de 1. de! Montmorency \i1.ml .c placer sous a plume! :
&lt;1 Dites ou\'enirut amitiés à llathfou. H.rne de
C.lw.leaubriand ' plainL qu'cll • ne YOil aucun
de nos prite11ilus amis, c'c L son mol. tandis
•111e la petile opposition l:i soi,,nc cl ne la
quitte pas. C'e t une gaucherie et un~ in!!ra•
Lilll&lt;le de no :imls, m(li jcru·)' attendais .... »
Cependant lt• miaislèrc lni fait J s traca serios, ne tient :iucune de ses promesses ....
Cbateaubriand 'en indigne el ocril 1t Mme Récamier : il fulmine contre le "'OU\'ernement.
Mai · Mathieu, qui craint de le voir, comme
on diL, jeter le manche après la cog11ét• cl
revenir à Paris, court au minisLère cl upplie
qu·oo laisse l'amLa sadeur en rrpo .
~!rue Héeamier, qui .e \'Opit la centre de
tout ce cliquetis de grands noms cl de grands
intérèls, de pelile · disputes cl de petites
tr:ica erics, était am anges. Aux aoges au si
&lt;le ce qn'aucnn de se ami ne l'oubliait,. car
- Mnû1icu ne l'cùl peul-ihre pas fait Cl11tleaubriaud lui êcriL de n~rlin : lt J'ai vu
rhei le prince Auguste le de sin d'un' femme
appelée l'E:i:il, d'aprè rntre portrait. Cc
n·est pa vous, mai - il • al'ait a ~ez de vous
pour me faire faire de réflexion · tri le sur
l'exil. » )lathieu, qui en fait de plus tri' Ll's
encore .à la pen. ée que celui de Chateaubriand
pourrait cesser, cherehe à aplanir les dilïiculté qui se ~ont élevées entre L'ambassadeur
et son ministre. fai le Breton ne fait pa •
de concessions : « li est as ez singulier que
lathieu parle de l'humeur que prennent
œrtaine gens quand je leur parle comme je
dois leur parler .... Me eunemi onL bien
ignobles el mes amis bien taihle ·. ll li re,ienl
sur ce poinl dan la lettre suivante : « En
vérité je n'aurais pa cru que mes ami
fussent si sots ou mu cru sent si fou. 11 Et
enfi n, a}anl obtenu un congé, il écrit 11
""' 36J ,..

lrmc Récamier : Il ... Malbieu sera-t-il Lirn
ai c de rue voir'! J'en doute. 11
Il av,1it raison d'en douter, c:ir Mathieu l'nl
lrès mécontent d'apprendre à brùle-pourpoiol
que Chateaubriand venait d'arri\'er à Pari :
il la.i sa percer on humeur auprès de
.\Jmc Récamier. Celle-ci eut bien d rancunes
el de justes colères à apai er chez son illustt·e
ami. A son avis, il ne gardait pa assez cette
mesur de salon qu'elle appréciait plu que
Loul, après les litres eL le c~léLrilé , et elk
lrouvait qu'il a,·a.it Lort de · monlr~r plu.
l.lorume qu'amLa ·sadeur. Elle alfoiL Lien toi,
elle. ·c monlrer plus J'e.mme, mais dans la
plus haute el la plu belle acception de ce
mol, que fomme à la mode.
On sail qu'jl eut de oombreu e · corupir:ition mililaire ·ou · la l\e tauration. Le
complots de aumur, i mal condoits par le
ma.lbeureux géné1·al Berton, forent jugé· en
1 ~2. l)ans la première fournée d'acr:u. é se
lromuient lieux mor&amp;hau ·-de.-lo,.,.L, 'il-ejean, des cha sears à chel'al de I' rii'•gè;
Couder/. dl! cLa 1•ur à d1enl du Var. Crs
jeunes gens étaient digne · d1• tou l iuténH. Le
général Gentil • aint-Alphonse, commandant
l'école de ca\alcric, appeM comme témoin,
déposa en (1n·eur de leur lionne conduite; le
c-ilonel marr1uis dé Gastrie , du régiment où
sen-ait ,irejeau, témoigna de: excellente
(JllaliLé de ce sou -offic ier; on ne trou ra
nu si que de uoni)C notes or Coudert. &amp;lal 0 ré
toul, ils furent condamnés à mort. Comme
il aYait été question entre les conjuré de
renver,cr le:; OourLons, de proclamer le roi
de llome empereur sous le nom de apoléon Il
el d'établir un conseil de régence compo éd
Latayeu.e Benjamin Con tanl el Laîfi lie nvec
la Con lilution de i'i!l l, les jug , 'étaient
tnoulrés impiloyables.
irejean el Couderl e pourvurent en re"ision. Le familles des condamnés flre.nt des
démarche pour e concilier la biem·eillance
du roi el de· pouvoir public . Le frère d
Goude.rt fuL le prt&gt;mier qui songea à recourir
à l'inlerveution de Mme flécamier qui, par
se banles relalions, pouvait avoir la plu
heureuse inlluence. U alla droit à elle, excita
sa più.é el oblinl la pro01essede son concours.
Il faut le proclamer bien haut : Mme fücamit:r, en ccll circon tance, fol digne de Lou
l éloges. Comme pour le pauvre pêcheur
d'Alhano, elle montra qu'elle avait du cœur
el une bonté ,•érit.aLle. Elle , 'adre sa à tou
se amis eL leur demanda de 'intéresser au
condam.oé, Ellf' supplia Mathieu de hfont1110renc • çt lui amena I rrère de Couderl, mai.
Uathieu montra &lt;&lt; Jieaocoup de sécheresse ,, .
A.rnil-il encore de l'humeur contre celle r1ui
avait donné à Cba.tw1briand la première plare
~ans ses affection ? C'est infiniment probablë
et cet homme à l'esprit élroit n'était sans
doute pa [àché de fa.ire sentir à Mme Récamir.r qn'ilnmilassez d'importance pour qu'on
ne lui en préréràl pas impunément a.n autre.
Ce ont là des pauvrel4 d'âme qui ne font
pas honneur à ce Honlmoreocy tant ,·anlé.
« Mme Récamier m'a dit qu'elle avail trouvé
Mathieu bien insensible, a écriL 1c duc de

M ADAJfŒ
Broj;lie; il n'écoute pas les r:iisomu.:menls l'i
repous.e les émotion~. Le mélange de la
ltigi·relé et de la dévotion fait que :es ré-olutions sont !Qul 11 la foi~ étourdies et inéliranlahle .... 1 )1 Mais 1pte fai ail la charité &lt;;hrcLienne à cet homme incapable do la ·om prendre,
qui se croyait plu. chrétien C[UC persoillle l'l
n'était que dévot"? ... \"auée de se: heurter à
une au,si obtuse t·ompréltension de cœu1·,
d'esprit, de polilique. d'am.ilirl, de devoir,
d"bumanité, de LouL, 11he;: 011 hommC' qui
était en situation de tout obtenir, ~lm,, Récamier se rabattit sur le duc de Doudeauvill,·.
Elle y Lro11ra même ent.êlement Lè!i.,. Elle
·em11ressa dïntére ser alors ses autre· ami·
au malheureu.x. Coudert en Je,. rnpplianL dt•
faire ce qu'ils peurraienl chacun de son côté.
Le duc de Ill'oglie écri"iL à ,1me de Duras
11 nne lettre lrè pressantr 1, : on i.ail q1te h.&gt;
duc Je Du.ras, son mari était premier g-entil
homme ù, la ,·hamhre du roi. ,1. ut· Mnrrellus \'OUlut aller trouver
le roi, mai - il y dut renrmcer quand on lui apprit
LJUC Je soU\'ern in
avai L
déjà répondu à des ollicit.1tious « a1·cc une grando
dnret.é. &gt;&gt; .,r. de Ca LeUaue
relança M.alhieu qui l'écouta
&lt;&lt; arec ùi. traction et légèreté. n « lline llécamie-r.
répondit-il, a eu très arand
lort de me foire mir le
frère. C'e t Lrès désagr~able; pourquoi celui-11&gt;. erait-il plusintêre.santqu·un
autre? 1&gt; Cependanl le trèrc
de Coudert alla Irouver
Uenjamin Con tanl qui lui
promit son appui auprè
de Mme HJcamier. dont le
zèle tltait cependant fort
actif. Mais cette Mmarthe
rut connue ctGbaleauhrian&lt;l
ne di ·Jmula pa" à Mwe de
Castellane que le frère de.
ce jeunr homme, en ·adrcs anl Ît Denjamin Conslanl, 'étail. al'Aché comm~
libéral cl avait ainsi gâlé
ses affaires. Quant à Benjamin, ilcn\'OJn à ~lme Récamier, à qui: il n'écri\·ail
plus depuis six ans, une
lellre forL p1:e sanie. ~ Il
me parait, di ait-il, qu'en
en parln.nt â M. d.e Monlmo•
rency, rnus pourrez auver
ce pauuc jeune homme.
M. de :\lonlmorency aus i
a été en danger de la vfo.
quand i I l'ul arrèté. Je
crois que c'étail co Fr:rncbl'Comlé, après la 18 fructidor, eLde · hommes d'une opinion difl11rente de
la sienne ne balancèrent pas à faire tout c qui
dépendail d'eux. pour sa délivrance .... 11 On a
1·11 que lalhieu ne se ouvenn.il pa de œla.
t Duc

VE 1Jn,.1vWI!,

Suu,-euits, 1. Il, p. 271.

1'raduils devant un second c·onscil di:
gnerre, à Triu.rs, le deux jeune" gen forent
de nouveau condamnés, irejea11 à la peim· de
mort, Coudert it ci1111 ans de pri"on. Les démarches de ~lme Htieamier avaienl été l·l"ficaccs pour celui-ci, 11u'on déclara coupable
seulement de non-ré1·élation.
Le malheureux irl'jcan o·nvail plus qu'à
se pounoir rn gràc&lt;·. 1,endant le jugement,
il arail ex.cité touLcs le sympathie·. ~a jeunes e. sa bonne mine, l'éloge que se chers
a\'aicnl fait de lui, la dj,roité de son a!lilodc
émurent Lou· fos rœurs. Les dame de Tours
lui emoyèrent dans ·a prison dl!. gàterje el
&lt;le· lleu.r-. Ré olue· à loul raire pour le
auYer. elle ne trou\''.rent rien de mie\1X
que de s'adresser à lm Récamier doul les
relations d'amitié a1~c li. de .fo.nlmorenc}',
ministre des affaires élrangèrC's. étaient connues, el on la pria d'obteuir tlu 1·oi la grllrl'
du condamné. Ln famille de irl.'juan ,'adre -

'J{iCJl.Mll;~ ---,,

1laigna, t·dte fois, faire une démarche au1)ri- ·
du garde de. team, mais non auprès du toi.
Il faul le lui reprocher ; sa piété anrait bien
dil lui -uggérer que la honne religion, selon
le mol de la marquise de Cré11ui, consislt::
beaucoup moins dan ce qu'on croiL que dan.
re qu'on fail, et que l'humanité e t le premier de.. d voir . Et le lllalbeureux irejean
alla rt'joindre dans la mort le pauvre pêchelll·
d'Alliano, victimes tous deux de ln barbarie
des préjugés, des ministres el des souverains.
JnlieHl:! souffrit, el lonirtemp , de n'a,·oir
pa réussi à sauver retle vie humaine.
Cependant le bruit de sa bil,!llveillante inlen·ention et de se humaines démarcbP
s'était répandu dan· la France entière. L'année ·uivanle, un nouveau complot militaire,
dont les meneurs tombèrent dans une .érie
de guet-apens odieu-x. amena encore une
fou le de mal heureux devan L les ùon eil do
guerrr. Lr lieulcnanl~coloncl en rcl1·aitc
Caron fut fusillé dans le
fossés de trasbourg el un
ancien lieutPn:.1111, nommé
noger. ru l condamné à
mort. Denjamin Cons1an1
~cri\il à )!me Récamiër :
L

(1

.M,WA\IE Rfc.um:R
T.1ô~au ;Ju

B.rnoN G!los.

ait en même temps à elle; une tanle du
malheureux jelllle homme venait implorer sn
pitié et _on ympathique conoour .
Comme pour Coudert, Mme l\éc.anùer fut
parfaite pour Sirejean. M. de lontmorenc1·
..., 363 .,.

.le

ne me pnrdonncrai

pa • madame, de ,·ous importuner an ce e, mai
ce n·e t pas ma faut&lt;' 'il y
o ans ces. e de, condamnai ions à morl. Celle leu re
1ous era remi eparle frère
du malhcurcu. Roger.
tondarnné :Jl'P Caron. C'e L
l'hi loire la plus odieu e et
la plus connue. Le nom
eu] mellra ,,1. dr• f.hatauhriand au fail. lJ est assez
heureux pour être à la foi
le premier talenl du mini Lère el le seul mini. Ire
ùUS lequel le ~:ing n'ait
pas coulé. fo n'ajoute rien.
Je m'en remets à votre
cœur. Il est hirn triste de
n·;woir pr que à ,-ous
éc·rir · que pour des affaires
douloureuses. Mai~ 1ous
me pardonnerez, je le sais;
et je sai .que Yllllll 11joulerez un malheureux de plu.
à la liste de ceux lllle vou
awz O.U\'l"S. 1&gt;
~lme Hécamier associa
Cbaleaubriand à son œuvre
d'humanité el eut l'unmense joie de l'éussir. Le
Cliché Rraun 01 Cie.
roi !ITacia l'ancien Jieutenaol el sa peine fut commuée en celle de l'c•xpo ilion publique, qu'il u.bit
à ~letz, et en vingt an
lie t.raYaux forcés. Be11jamin Con tao L présenta le frère de Hoger à. Mme Récamier.
Chateaubriand fil toul le possible pour éviter que le condamné allàt au bagne de Toulon. où il él:lit envoyé, mais ce n'est qu'apr~s

�111ST01{1.ll _ _ __ _ _ _ _ _ _ _:.__ _ _ _ _ _ _ _ __ _
dell.l an qu'il obtint la remise entière de a tant leur impuissance, ne t ntaienl même pa
peine. JI a krit, dans se ~lémoires, l'épi- ln capture du fuailii. L'illustre Ballanche,
logue de œlte lamentaLle affaire: la note en martyr dé,·oué es aJait mai en ,;ain : il
l gaie. cr Quand le capitaine I fut mi
n lài ait peur 110 rolalile par sa laideur. Comme
liberté, il s"empr
de Mmoigner ~a recon- on dé. ~rail de réu sir, le erin, par un
nni a.nce à se hienfailclU'll. ln après-midi miracle de l'amour, ellfin de\'e,-rn in!lénieu ,
j'étais chez {rue Réœmier comme de coue pril avec l'énergi du désespoir à bw1uctume: tout à coup apparnîl cel orficier. Il Ler le marteau d la porte cochère. ju qu'à
nous dit, avec un accent du ~lidi : (1 "an
œ qu·on vint mmir. Palpitant il rola ,;er:
votre intcrces ion, ma tête roulait ·u.r l'écha- ·a hclle maitres -e et .e réîugia dan on ein
faud. 1&gt; Nous étion ·lupéfaits, car nous virt1inal r. ii
•
a,·ions ouhLié nos méri I.e ; il 'écriait, roune
Cependant le· ami de )Jme Récamit'r
oomme un coq: &lt;1 Vou · ne vous souven 'Z étaicml de plus en plas en f:wcur. La compa~?... ,1 'ou rai ion vainement mille hinaison mini lérielle du 15 décembre l _ l
c cuse de notre peu de mémoire : il partit, avait donné le portufeuille dei; àlfair ~lrauentre-choquant le: éperons de se bottes, fo. &gt;crcs à lathieu de Mo11Lmorency et, lroi~
rieux de ce que nou ne non . om·enions pa. m11i • aprè~, Chatcauhriand était nomm; amde notre Lonne action, comme :.'il eùt I u /1 lm •adeur . Londre . folgré Je plahr que
nou reprocher sa mort. n
lui fil cette nomination. il ne dut pa \·oir
~an. chagrin que ·011 chef immédiat était :-on
L'influenœ de Mm, fié ·a.mier •'tant nu ·i (l111i Mathieu. Enfin il •tait .ati fair de renconnue que son obligeance; on ne venait pa
lrer en aclivilé: J' d6 œun-emcnt, ou plulûl
seulement la olliciter pour au,; r de~ \ÎC:..~
on éloiaaement dl' alfairt· ·. lu.i pc~aiL d •pui
humaine~. mai on lui demandait son appni ttu'il arnil, ranrn1c pr{'Cédente, donné Liruy;1mponr 11ne foule d'inLérêL parliculicrs plu!- ou meot 'a démi..ion de minislre du roi à. Ber•
moin · importanl . EUc se prêlail avec une lin, lor-.'luc Dl. d11 Vifü] 1 et Corbière. t
im!pui able J.,iemeillanœ à tout ce qu'au ,ou- amL, . 'étaient rl'liré~ du mini l.è1·c. 1 (,onlait d'eUe. et il esl curieu de remarquer clr&gt;:. où il :irri\'a ·n a,Ti.1 1 22, il :wait un
que, dao. la ma. se de· solliciteur,, il y 1·ul plu :.rrand lh1::1tre pour foiru parade dt .e
ju·qu'à de membre de ln famille Bono.- talent·, mai ·es petites vauilé J firenl qu11lparle.
11uc tort il . on ju· Le orgudl. Elll's n'en firent
~Ile avait cependru1t queh1u • ennemi , ou lHIÏUt à c, •1mtimeut. pour Y-me Ri!camil!r.
plutôt quel11u.es ennemies, et, .tu premie-r Tl lui écrit souvent t'L ne JI •ut tout tl'aLord
rao de ct&gt;lle -ci la lameu ·e rrn · Hamelin
't&gt;mpech"r de lni l"nir pari de
impr ' .l&lt;qui ne pouvait lui pardonner le goùt qu
sion en ·e "ornn l, a,·cc le Lilre cl le train
M. de Montrond, ·on amant, anil témoigné brillant d'amb~oadeur dans celte ville J
jadi pour elle. USt,i ne perdait-die jamai · Londres où il avait eu Larll de y1ciuo à ne pa.
une occasion, quaad ou parlait de ., fme Héca- mouril' de fairn, mi éralih1 1't iunoré, tre11Lc
mier, de lancer à on adres e quelque mé- au , aupararnnt
chanceté qui n'ét.'ÛI pas, je vous l'O répond·,
L corr · ·pond.ance 'tait Jonc a . 1. acti1t·
trop emeloppée de soie el ile coton. « .\s ist• enlre Londrn · el J'AJ,La)l'•aux-Ooi~, quoique
Ili, ·ur le brn d'un fauLeuil, a raeonlé WJe lfme Bécamicr. comm~ loujour . hl un pt•u
mémoriali le, relevant son ,·oile verl de c.ôté soupirer e lcllre.". Chateaubriand ·en pli!ii1 la Récamier. el nous ruontrant on brun
"□ait plus ou moius doucement. Lais, .'il
n age qui avait !ail dire que, couchée dau · o'c l pa toujours content J'c11e, il est louses drap · IJlan , cl.le semlllait une mouche jnur. content de lui. « Je cnmmunce réu:--dans du fail, ses yeux noir ardents. •n dépit sir. poütiq1wment parlant, dan· ·e pays. J'i
de année. n'ayantrienpertlu de leur accent fo.i beaucoup de bien à no~ amis. Je commt&gt;Dè ·
créole: je la voi encore, sauLant de porte
à r6us ir, e1t politir1uc .... .l'ai donn; à notre
eu g1:néral à ,1. de Cbateaubrinutl en parli-- diplomatie un caract:&gt;.re qui comicnt à Cf'
onlier. Pui . pa sanl d'uu coup d'ail à Lrau nom de Françai~ que je porlr .. .. Le roi
Mme Récamier, lie commenta de la plu
rn'a reçu mer eillcusem nt.... andi~ que
plai ante làçon le droit de cetlc hcauté à j':irrann-e le. aO'air d - roynli 1 , au dchor~.
pr ndre ran_g parmi le po tes. ~ . ·on quu on 1~ défaitau ded:rn .... Je . ui. Ir,.~ bien vu
Jamai. , ajoutait-elle. rcllo merveille ùl com- ici ... . Je voudrais que m, · ami · de Pari eumi un hém.i tiche : j'ianore mêm i cil(' lis cnl un peu le 11ri de me.~ ser1'ÏC ' .... ,1 Il
pouvait écrire e11 prose. Pa d'indi~crétion li y en a omme cela à cb.aqm• lettre, moin p utcraindre qui jam:iis pill faire lir1'. un bill t êlr , par nri11•e hahi tudc diJ rnnité et d'admi ra.d'elle ! ln piranl le "1:11re bumai11 , cllll était lion Ji• soi fille part'e que Chatcauliriand ~ait
la grande-prêtre St' d'Éro . Elle régnait rnr que lt&gt; Femme ue clétè lent pa· ln fatuit~,
toute Ja nature. 1&gt;
même chei le aulres el ne croient au g~nic
cr Pour se .enLir profondément ému. il J 'nu ho.nune que 1orsqu'il I ur dit ~u 'il eu 11.
fallait lui entendre narrer le dés, poir d'un f1il-il le plu· grand ·ol qu la terre ail porté.
ranari qui, par distraction, 'éL'lil envolé. Et Cha.Leaubriand no lui di ~imnle pas qu'il
L'oi ·eau favori, di ait-elle, rnulail re\'enir ou p3. e on temp - à réparer le3 otli.ses du
mourir. Le mo eu? Porte ol fenêtre lcr- gouvernement, que la France ~erail perdue
méL'. ! De Monlmorcnc.l' troi •énération , eu'il n'était pa · là, el il aj oute qnïl a fail . a
t Cl1ale11ul,riand se 1rompe: l\o &lt;lr n'ùlait ou plupaix a\"ec \lnthieu. Il avai pour cela . es r:ii~

c,

I

ol

ri'n,uil l,to, que li,•otcn~nl .

2. So,we11ir$ de .llmt Jaubl'rl, p. I , ~,.

on , mai cette paix ne ful jamais sincère.
Un moi.~ après, en effet, à propos d'un
projet de COitnltJ'è · qu.i se réunir-.i plu tard ~
érone, Chaleaubri:11,d envoie lettr ' ur let1.res à ~hne Récamier pour qu'elle délermin
lathicu, mini tr, ile affaire. élran,.è'r ·, à
l'y CTI\'OJcr. &lt;( Ce Congrè., dit-il gnlammeot,
a l'immca e a"~ntag-c de me ramener à Pari~,
et toute cette politique ne ~ignifie uutrc
cho c, ·înon que je meurs du be oin de vous
voir. ll Mai comme, 'il meurt de tJU lrrnc
cho-e, c· 1 urloul Ju be. oin de. e taire voir,
moi.n~ ei1corci de füne fit!camicr qu tlu Con!!r{ " , i1 est ra.cieux pour . on ami \fatbi u,
•ru'il n'aim qu11 mrdio cmcnl. LL mande à
Mme Récamier: 11 .l '.ii soigné Jt&gt; · hle surës
Je .on arnou.r-proprc comme c lies de , on
a:ur. • Mai il ' l d'autr · llles~urcs d'nmour-propre et de cœnr que Cbateauhriand
nrnit à soi.-rnm-, et chez )hue Rêœmier ell~...
m~m.e. C·lie-ci avait appris - et )fathieu
n'était penl--èlre pa étranger 11 cette malicieuse intli crélion - que Chateaubriand ne
emlilait pn , à Londres, · • là.ire une idé~
liicn 111:Llo UL' la fiMlité 'IU'il de\ait ••artler non pas à ~~ femme, il ne 'a!!is ail paf tl\•lle
- mais ~ el'II' qui :i.vail &lt;l:ugné l'admettre /1
.-011 ami lié, el elle . 'en ploignail _amèrement.
(1 Tandi
11uc ,ou. mo f:tit &gt; une querelle
d' \Il mnnd pour j,, ne ~ai (JUi lui répond
l':unba ~. dcur, ~lmr de D... [de Uura I me
lounuente pour l'.\lihaJc . .,"'.ur c • point, jl'
rue ,-cm, coupable. RJcompen ez-moi doue
par de douce· parole•. et uu awu de vo~
lllJU ·tkes, iles maux que vous me faite.·
soulfrir. 'faut qlJ je viwai, je ,ivrai pour
\OU•.

En disant ccl11. Chatrauhrinnd était incère.
~I. de lnrœllus, alor rctnitll' Tél,Ür · d •
I' mha·:sadc de France li Londres, raconl
qu'il lui fallnt, pour plaire à on ambassad~ur, chercher à Londr une romance de
'triùell intitulée La p(11.· l'ielfe de bdle el
la lui faire entendre ur . on piano pendaol
lciur soirée de olitude. « 1 'était-ce pas dan.
a pensé , dit-ilt un hommage à Mme llé•
caDUer
. ...? 11
Chateaubriand t·ependant taisait faire par
Julie te démarche sur démarche. Jl tenaiL à
èlre envoyé au Congrès et il en \'eut terrible,.
ment à llalhreu qui le traîne d . emaioe en ,
semaine, et cela pendant des mois, sans
pr ndre de déci.ion. Exaspifré, il l'accu t'
d'incapacité, e doutanl bien au fond que la
j a.Jou ic y est aussi pour quelque cho P. Il dit
i1 .!me nécamier rruïl dono ra a Jémi ion :
« \li •u.\ YaUL n'être rien &lt;1u de enir de·
hommes aussi peu capablt&gt; de juger des évéoemt•ul et &lt;l'apprécier de amis. &gt;1 Qudquc~
jour· apr.,s, 011 irritation e t loujour au. i
\'ivo: (( Cc n'est pa un homme comme moi
que l'on ,·eut, écrit-il a,·c•· plu de franchi 'e
el ù • clair\'Oyance que de mode.lie, et UaLhieu t'l Yillèlc m'auront également trompé.
Je J,: plai.us •... Il tomberont , am applaudisments de taules les opinions et de tou le.
parli ·. oil jalou;;ie, soit confiance dans leur
propre force, ils nt maJ compri ce que
j'étai pour eux ... . »

�I

111STO'J{1A _ ___:.._ _ _ _ _ _ ___,.:,..._ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _.
Il le comprenaient au contraire fort bien.
Ils voyaient que Chateaubriand ne serait pa
,ati fait tanl qu'il n'aurait pas la première
place, c'est-à-dire celle de ministre des
Affaires ~lrang•res, et llatbieu n'anit nulle
cmie de la lui céder. \'étailree pa. assez
d'a,,oir ét1i supplanté par lui auprès de
)fme Uécamier'l... uant ~ M. de Vill&amp;le. il
ne tenait aucunement à conser,·er U. de Montmorency dans 1P. cabinet, el Chateaubriand
avait réussi à le comaincre que per onne
JUieux que lui, en rai on de on autorité ~ur
1 royaliste , n'était capable de luller contre
Mathieu et ses pwjet d'intervention en &amp; pagne. Il est bi n proliable que 1. de Villèle
lui promil &lt;lè lors le portefeuille de.s Allaire
étrangère· pour le jour oi1 il p:&gt;U rra.it décemment « débarquer u M. de Monlmorenci .
Enfin. le 3 epLemhr~, l'am ha.~ adeur écrit
11 l'1bbave-:i.u -Boi : (! I,'affa.ire ~ t raite,
mai aye~ quelle mauvai e gràce de la parl
de )lathieu !... &gt;&gt; Malgré son esprit assez peu
ouvert, celui-ci :ivaiL-il vu clair au jeu de son
ubordonné?
Lor ·que Cha Leauhriand arriva i1 P,1ri-, )foLhieu était Mjà. parti pour \ïenne où, plus
déYoL que diplomate, il manqua la ,•isiLe de
M. de Metlernicll pour en être allé fa.ire une à
l'église el à de con vent·. li se rrndail au
Congrès de Vérone el Chateaubriand dr\'ait l'y
venir joindre apr~. un pe!il éjour à Pari~.
Mme Hccamic.i· élail alor en villégiature i1 !.a
Vallée-aux-Loup , avec sa ni,ke el Ballancbr.
Elle 'empre a de venir à Paris voi1· son
illu Lre ami. Celui-ci ne pou\'aÎt, en elM,
daus les termes tr~ tendu où il se trourail
avec ~falhicu, propriétaire actuel de on ancienne terre de la Yalléc-aux.-Loups, se pcl'mellre d\ mettre le pied . li r. t, it parlir
de ce moment, fort piquant de relever, dan
la correspondance de ces deux rhau..x, qui en
sont presque il conleaux tirés malgré leurs
façool&gt; courtoise , la. mmière dont l' un parle
&lt;le l'autre. Mathieu ne dis imule guère son
déJain nou plus qu~ on animo·ité: il n
veut mèm, pa~ prononcet· le nom do l'ami détesté: (( Vous deviez donc revenir (de la Valléeaux-Loup ), écrit-il de Vienne 1t lime Hécamicr, pour \'Oir /'rt1TÏl1m1t .... li sL d:lfls
l'o1·&lt;lre des cbo,e po sible quo j'aille pa er
une cp1inzaine de jow·s avec lui 1t Yéronc,
bien à mon corp· di:tèndanl. je ,·ou ' a ure.
lloi-mèrue je ne ai pa pr :d écnenl ;1 quel
point cela lni plaira .... »
Il savait forl bien r1ue « cela » ne lui plairait que lrè médiocrement. Cependant il lui
écrivit « plusicur:· lettre forl amicales •&gt;
ain.i que le mande Chate.,uLrîand i1 Mme Bécamier. Et, 11 Vérone, ~ le premier aLurd ,
élé fort gracieux » . elou le lémoirrnarre de
~fo.thien en date du i 7 octobre. Celui-ci
etprimo en même temps ;1 !cul' commune
:unie l'e poir c1uc ceb durera, mai il ne
peut 'empêcher d';ijoulcr, en di ant qtie
Chateaubriand e· t singulièrement rcnFroané:
« J'ima"ine qu'il réser\'e tou ses frai· de
coquetterie, en l'ah ence de certaine dame
lllme Récamier), pour les ,ouverain q11i ont
ici nombreu . .... Je ~crais curieux de savoir

cc qu'il mandera d'iri à l'Abba)e-aux-BoL i
mai ·ou ne voudriez pa que je IL e u, a0 e
des privilèges de la diplomatie au point de
sali~faire complètement ma crrrio ité. ,J'ai
toujour ' l'espérance de le lai ser d'ici à une
qninzaine de jour s'.,,erlucr seul, on du
moin av!.'c r deux collègue I et d'aller moimême vou porter de e· nournlle •. Il a l.,ic11
l'allu lui demander de· vôtres, qnoiqn!.' no11~
11oûtion. peu Lou
Ir. deux ce :ujet de couver~ation. 11 - n Toul ce qu'il ,·ou. importe
&lt;le sa.mir, écrit de son ccité Chateauhriand le
1 , c'e t ·omrnènl je ui nnm votre ami :
nou ·omme rort poliment. &gt;) Cc qui ,·eut
dire qu'ils ont l'orL mal. Une .emaine apr,\i,,
la glace commence i1 . e fondr . Mme Réca mier leur a-t-elle donc onv01é l'ordre de ne
p!us se bouder? (&lt; ·ous so~1mes tt•r· bien
Pnscmhle, lui mande Chateanhriand · 11uanJ
on tt ,u quej'étai bonbmnme, on m'a pardonné le reste. » La pai~. donc, rè ne rntrr
cc. deux rivaux, mais pai.~ ar.méC': le mùii tre et son amhassad.:ur ont comm dem d'J~nes qui se re 0 ardenl de Lra,crs en grondant
l't ·ont. à tout moment, prèts n en venir aux
dent .
Jlathi u, le 12 noYcmbre, - ear le Cougr,·• e prolong , - écrit it lime Hécamil'r :
« Mes rapport avec le dernier arriw10t (i l n"
vent pa prononcer le nom de Chateaul,rianù)
~011l toujour~ bons et, dan tout ce 11ui tient
à moi, je ne pui pas m'c.o plaindre. Je· lui ai
montré con Lamment de la confiance et il y a
répondu par dtc mani~re~ eL une comer ·al ion a sei. al1andonnée qui ne nie permellenl
pa d'admellre le oupçon tiu'il pni~sc écrire,
i1 1ou ni à_ per-mme 1 dans un autre ~ens; ce
ser.tit nu acte de fau -~clé dont je le crois ,incapable. Mais je n'aime p.i heaucoup la po~i1ion °énérale où il · ·est placé ici : dt' la roideur cL de la aul'a erie qui mellenl le.~
aulr('s mal i1 l'aise a,·er lui et cornpliquC!lll
des rapport,: qu'il faudrait au contraire ,implifier .... Ou rc'tc, nou:. parlons peu de von :
c· t notre usage, comme ,ou ·arnz. 11
N'y a-t-il pa qu •lque dio e Je puéril a ces
den. hommes, dont l'un e·t ministre de.
.~lia.ires étrangère el l'autre a11\b; adeur.
dont l'un est un lo11tmorrocy •! l'autr Ghaleauhriand, de faire part Je I ur~ démêl ;s i1
la mè.me f~mrne, qui le mène tou · deux par
le bout du nez d lui Mmo11Lrer riu'ils unt
été l1ien sages el cp1'1l · ne se ont pas querellé· parce qu'elle le leur a défendu'! .'e
J,rait-011 pa deu enfant '/ C•l épisode de
jalousie est assurément ce qu'il · eu( Je plu$
piquanL at1 Con!ITès de Yéroue; mais comme
le dram ' 1 ou 11lutot la comédie, se pa ·sait
dan l'ùme de dem a ·leur , pa un de· diplomate$ pré eut n'en perça le m 1ère.
Eulù1, content l'un et L'aotrn de ce quïl'
avaient fait, il revinrcnl à Paris. Mathieu
reçuL le titre de duc en récompense de se
scrl'ice · , el Cbateau briand, crui le sui rit à t roi
emaines dïntcrvnlle, reçut de Mme l\écamier
es pl~s adorables ourires.
Cepet1da.nt ~1. de )!ontmorcncy, e trouvant

en désa 1:ord a"ec la majoritédu conseil, donna
SA démission. M. de Villèle, président du
Conseil, r1ui voulait, pour le remplacer, un
homme con idérable &lt;lu parti royali te, .ongea
au siWt:1 li. de Chateaubriand. A tou égard ,
c"était fort naturel. Au si ravi dan sa rancm1e et dans on orgueil que li. de fontmorcncy l'était peu, Cbateaub!'iand se lais.a prier
longlemp ; il faisait mille façon ..... JI fallu L
presque lui foire ,iolence pour 11uïl acceptât
1:e pou,·oir sur lequel il mourait d'emie ,le se
jeter.
M. de Villèle ne devail pas tarder li rcgreller
de s'Mrc adjoint l'illu~Lre écrivain pour collèll'ue. Quant à ~Jmc• Récamier, elle cul forl
/, raire ponr maintenir une app~rencc Je ·ourtoisio ntrc ~lntbieu el Cbateaulll'iand : il ne
pouvaient 1lfrid 1menl se souffrir, el il fallait
toute la îorce de l'habitude, jointe à une amitié amoureuse et au désir de chacun de l'emporter ur son rival, pour 11u'il ,·onlinuas en!
à endurer le déplai ir de se rencontrer cbcz
~lme l\écami\lr. M. de ~loutmorency étail
même tdlem ni ulcéré cru'il continuait à ne
jamai' pronon!'er le nom de Chateaubriand.
Quand il était forcé de l'écrire, il emplopit one
périphra e peu obli&lt;reante ou implcment le
mot il, qu'il ~onlignait : on ·enl qu'il se tienl
ii 1111atrc et r1u'il a besoin de recourir ~ loutell •i:, sourdines de . a correcte gentilhommerie
pour se conl ntrr de ·c mot il.
Chateaubriand, lui, est exubérant dti bo11hcur : il ne s'occupe pas plus de )lalhieu que
s'il n 'c1istnil pa . et 'il daignail prendre la
peine d'être jaloux de quelqu'un, ce ne _erait
pa de lui. 'es leLLres soul plus "aies, plus
"·11irituelle. el plu amicale que jamai . E11
voici un échantillon, écrit dan · le i:011p de [eu
de ses oceupations: u 6 juin. - Encore Conseil! l.r affair·e · me tueront, surtout i je
sui loo&lt;&gt;temps ans you. \'Oir, mai lundi
sera le jour de ma ùéli1rance. Demain pourtaut, dùL l'Europe aller au fond de l'eau, je
,ous 1·rrrai. ,\ \'ou ! A \'OU ! » li eût été
cependant hi, u enuu ·é 'il n'a\'ait pa · eu à
dire qu'il avail tanL d'affaires sur le bras.
li lui en1oie une ronl11 de petit billet
pour la lcnir /lu couran t des éYén mr-nls
dï.: pa rrne. Il ait 11uïl lui fait ain_i le plu
•n-and plaisir, car elle aime à iltre la premihe
à annoncer les nouYelle à es vi~ileurs · cela
lui donne de lïmporlance, à son saJon aus i,
et l'on '-Îent d,wantao-c. Elle est un peu moinlenant comrue ces coquette ur le retour qui
n'ont plus une bien grande conûanee Jan~ œ
IJUÎ leur re·t d charme· et de heau11: pour
retcuir ou amener Je galant el 'apcrçohenL
qu'il y l'aut suppléer par l'agrément de l'esprit, de la causerie, et par mille artifice . Cc
qui n'empêche pas ryn'elle ait de temps i1
autre bien du fil à rctord_re avec es &lt;1 liètcs 1&gt; ;
ces moulons sont parfoi enragés el il lui faul
alor u er de rigueur.« l.lemain à buitheure ,
lui écrit halcaubriaad, si You con.entez.
j'irai à la pet ile cellule, quoique vous ayez
été bien rude la dernière Fois. l) Que s'était-il
donc passé? Sc grandeurs lui montant à la
Lête, le mini tre au.rail-il eu pour la belle
1. Il. &lt;le Carumnn et Y. de la Ferronan. Chatcaureclu e dru velléité plus amoureuses qu 'amibristul l'l~it, de plus. accompagné de ept allachés,

""'366...,.

.M JIDJUŒ

-

-- .

me donne son bouquet en échan e et ,a
prrndre ma place au bras de l'ambas adeur
&lt;le Loui X'\11 [, tandis que j' occnpe la it.:nnr
~ous la garde de l'ex-roi de We tphalie. Elle
.e vil bientôt entourée de tom le représentant de puis~anccs étrangères, el moi de
lnu. le~ Bonaparte qui se lronvai.enL à Hom .
T.1ndi qu'elle ~·amu:;ail der ~aluts diplomati11m•s que lui allirait la comp~gnie de l';imLa~ adeur, et dont qnelqu -uns sans doute
n'étaient pas nouveaux pour elle, je m'étonnais, :1 mon tour pcul-êlr11, à la révélation de
regret cl J'cspérance fJUP d'ordinaire on ne
ÙL:\'oile cpt&gt; Jc.,:ml le ien5. \\·anl qu'on ne
pùl soupçonner l'échange 11ui aYail eu lieu,
nou reprime no premirrPS places; pui., à
une nou"elle rc.ncoutre. nou: les quittâmes
rncore; enfi n nons répétàmes ce jeu ju qu'l1
ce 11u'1l cùl cessé de nous nmuser, cc qui ne
tal'ùa guère, car tout ce qui amu e c~l de ·a
nature peu durahle. &gt;&gt;
fl fallut bien l' renoncer ù'ailleurs, car la
mèche aYail été ÔYentée el il m étail !'é'alté
une rertainc réserve dans la société ro,afütc
et dans la société honaparli te, ain i quë chez
le inenibre du corp diplomatique.
C11.\l t::AVU!11A:"ID EN l83~.
Après arnir tait a\'ec IJorten e plu· d'une
promenade aux emirons de Roml', lime RéD'après Ill lllhograj)/Jlt! dt ,\IHRI~c.1mier ne put s't:mpêcbcr de dire. avec un
sourire aimablement ironique, qu'elle ne lui
dan leurs excur ions. Dès le lendemain elles 1•onnai 'sait qu'un défaut, celui de ne pas être
se relrou1·aient au Col}·stle : 1~ prince Louis- as cz bonapartiste, - ce qui ne fait pa
~apoléon, fil. d'Uorlen 'C, s promenait a \'CC l'éloge de la belle-fille de .'apoléou, 1p1i, pal'
M. Ampère, tandis qu'elles devisaient toutes parenthè~e, ~nl'ait, comme la chauve-. ouri:e.
deux et se faisaient p,nrt de leur · impre ions. de la fable, èlre à. volonté ce qu'elle ,oulail,
)lme Réc~mier, ne .e déparlant pa &lt;l'une rat on oiseau, honaparti. te ou royaliste. liai ·
certaine froideur, la fille de Jo·épbin • cru! la symp1thie d'llorlen.e pour elle étnit ~indevoir lui donner des explÏl'alions sur .a con- cère: la preuve, c'est qu'cu mourant elle lui
duite eu I t:i. Elle essa ·a de se justifier de· lé!ma comme ourenir le roilc de dentelle
vanl elle, comme !.'11 • l'avait esbaré deYa11t qu'elle portait le jour de leur rencontre à
'apoléon pour • :i tonduiLe en I l ~. - et l'église Saint-Pierre.
l'éponge fuL pLée. ur ces défaillance q11i
Juliclle fll pari de celle al'enturc à el&gt; ami~
ne montraient ni un beau caraclère ni de
de Paris. Mathieu au sitôt d'en profitu pour
principe plus arrêtés sur le chapitre de la lui ad1·es. er u11 $ermon sur son imprudence
reconnai sance, llu'elle n'en avait .ur celui de poli1ique. ChalcauLriand lui écrit aus.i, mai
la fidélité conjugale. On organisa en nile il u'a pa le tnau\ ais goût de faire des ,erd'autres promenades.
mon : il se borne à décocher un hou peti 1
Mrne Récamier, dans un fragmcnl de Me- coup de grilfo à Mathieu et se moque de son
mofre: échappé à la destruction et puLlié pat 11"" deDair politi&lt;111e. Mai · qui donc ne croit
~lmc Lenormant dans es '01t11e11ir~ et Col'- p:is eu a1"0i1· plus lonlT que son voisin?
respondance, raconle un dirnrlis ·cmenl rpii Jl'ailleur ·, tous dcu1 'accordent sur 1111 poin1,
11ëLaiL pa· nouveau pour elle et 11u'elle ne ·e l'espoir de voir rernnir la voyageu e au plus
rd usa pa., bien qu'il fùL un peu enfantin vitt.'.
pour 'es quarante- ept ans, à un Lai ma 1p1é
ll ne faut pas croire pour cela que la pni
chc.z 'l'orlonia, le grand banquier romain. entre eux soit iucère. tt .l'ai cfîné l'autre jour
Elle s'y livra de compte à demi avec Jlortcn·e. chez ce ril'fll. écril Mathieu, à côté de lui. La
« ,!'arrivai au Lai, dit-elle, tonduitc par le conversation a clé facile .... fois il n'y a plus
rluc de Laval-~lonLmorencJ, Au miliea Je ,jamais rien de liion expansif, et le snjet rnr
lïmrnen e el Lrillanle cohue rpu remplissait lequel nou le omme · le moins, c'est peulles salons, je cherchai la reine de yeux el être \'"OU,.... ll Ce qui e comprend à merl'ap rçus enlLn acoompagnée du prince Jérôme vcil1e. El Chateaubriand qui, bon enfan1, ne
Bonaparte. Tout en pa anl cl repas anl l'une craipt pa.s de se brùle.r le doigts en écrivant
prè de l'autre, nous trouvâmes moyen de lo nom de 011 ri,ral, mande le même jour à
nous dire quelqui-s mol Pl nou eûmes bien- Ume llécamier des nouvelle de ce diner :
tôl organi é un petit complot. Dans un mo- tl C'e l ~éjà bien assez que l'on ne me reproment où la Ioule étail exces i1•e, je quitte tout che que ma perfidie emer ~lathieu. Vou
à coup le duc de LavaJ e1, m'éloignant de s::1vez ce qu'il en esL et cc qu'il en pense luiquelques pa ·. je détache à la bille ma "uir- mè.me; il a diné hier chez moi, à mes côtés. 1&gt;
Note.
lande; la reine, attenti"e 11 ce mouvement,
~fme fücâmier était donc ras urée : la

cales? 'ét.a.iL-il élevé quelque dilicullé ô. propos de Mathieu? î avait-il plutôt, comme le
dit ainLe-Bem'c, &lt;( 11ne pelile poinle de jalou ie au sujet d'une t.rè.' ,jolie el très pirituelle dame, }lmc de C... , rrui étai Lalor lr~s
fètée an mini ·tère de~ Affaire. étrangère 1 1,,
11 J al'ail an doul~ un peu de lout cela, mais
la joie d'!!tre rnini-Lre, le besoin qu'il a,ail de
,n-ourer sa gloire et son rang, fail vite oublier
à Chatcanbriand fo ~6'érité de llme Récamier,
itnoir1u 'il lui écrire : &lt;1 J1• nis bien la~ el il
me prend vingl foi par jour en\'ie de planl'r
tout là. n
Cc l'ut lime Récamier qui plmta tout là.
~;lie était très tourmentée de la dii·i 1011 11iguë
qui régnait eutr , ses deux grand ami • surtou l depuis l'al'rivée de Cl1ntcauhria11&lt;l aux
a/faire • llans sa passion pour les célébrités
dé la plume, de la poli1ique et du blason.
tenant 11 garJcr près ,l'ellc les deux homn11• '
ryui ti1aienl la gloire de , on salon, ne \'OulanL
pas non plus voir d1• trop près les infidélilés
du plus fou.,1ieus des deux, clic crut sa"e de
, 'ahslenler pendant quelques rnoL pour donnt!r
à ce_ ri1•alités le temp de s'assoupir. La vie
commcn~ait à de,·enir intenal.ile entre les
petite querelles de cc grands et elle sentait
11u'on 1m l'éconlcrail bienLùL plus. ,\ussi,
comme a ni/&gt;ce avait été alleinte d'une brondûtc qui trainait sous le cirl l;rumcu, de
bords de la eine, elle m prit pr'texte pour
quiller Paris et emmener la jeune fille en
lralic. Elles partirent donc le 2 nommhru
1'2::i, accompagnée. de L Hallancht! cl de
)L J .-J. Ampère.
Toul le long dn chemin, à chaque , ille,
c.ar on allait it petit.e journées, Mme Récamier recevait des lettres de ses amis. Cb.aleaubriand élait le plu a idu à écrire. Ans i
bien a\·ait-il un peu à ·e faire pardonner, car
on lui répond à peine et, dan un billet daté
Je Cbamh~ry on lui dit mo11 ·ie111·. «Lo monsicm· m'a n(acti, ripo, te au~ itôl le ministre;
1·ons reconnaîtrez que je ue l'ai pa mérité. »
11 e l hor de doute c1u'avanL de parlir
~lme llécamier les avait uppliés ù'a,·oir du
ménagement l'un pour l'aul.re tant que durerait sou absence et de la tenir au couranl des
moindres incidenl. qui pourraient sur!.!Ïr
entre eus.
ArriYée vers la lin du mois à Rome elle y
trouva. un ami, Adrien. duc de La\·al, ambassadeur de France, qui la con,ola de l'absence
de e autres ami.. Le noble duc montra pour
efle la plu empressée affection. li l'aida dans
la formation improYisée de son salon . car la
recluse de l'Abbaye-au-Boi n'aimnit pa
plus la soliLudc à Rome t1u'il Paris.
Ver· la fin de février, la duth~se de aintLeu, autrement dit la reintl llorlense, rinl à
Home. Elle y renéontra lime Récamier à
l'érrlise aint-Pjene et celle-ci ne cache pas
que cette relation compromellante l'emllarra ait quelque peu Yis-1Hi de ses amis
royaliste , du duc de Laval particulièrement.
Ne voulaut ni aller chez el!e ni la rece"oir
Mme Récamier avait donc une allilnde asse~
contrainle el très îroide. La belle-fille de Nat. r:a11seriu d,i lundi, 1. 1JV, p. 51"1

}(iCJtM1E~

poléon 'en aperçut cl en comprit le motifs.
Aussi lui demanda-t-ellc a,·ec instance la
fayeur d'un entretien. Mme Récamier aurait eu
mauYaise gràce à le refuser, el il fut convenu
qu'elles ·e rencontreraient comme par ba ard

1

�1f1ST0~1.ll-------------------------~
brouille entre ses deux amis demeurait entière
au fond, mais les debors étaient sauvegardés
et c'est à. quoi elle ten:i.it avant tout. Dans la
lettre de la semaine suivante, Inthieu di ail
en terminanl : « Je suis toujour avec un
homme de votre connaissance SW' le même
pied : obligeance sans intiu.ùté ni confiance
réciproque. 11
Le printemp rc"enu, lmc Mcamier ongea à revenir i\ Paris. Mai elle craignait,
prise entre. ces deux rancune non apaisée ,
de les envenimer in,·olontairement. (&lt; Si je
retournais à présent à Pari , écrivait-elle, je
retrou,,erais les a itations qui m'onl fail partir. i M. de Chateaubriand était mal pour
moi, j'en aurai un vif chagrin; s'il était
bien, un trouble que je uis résolue ù. éviter
désormais. ll
Voilà qui nou donne bien exactement la
nuance de ses -enliments pour Chateaubriand.
Uathieu l'avait sentie. c ttc nuance : c'est
pour cela qu'il ne pardonnait pas à. celui qui
l'avait remplacé au ministère comme auprès
de Ume Récamier, et c'e I pour cette double
rai on qu'il l'appelait « mon successeur. u
Ans i ne peul-on que louer Mme Récamier de
la sage déterminai.ion qu' lie prit de rester
encore six mois en Italie.
Tl y avait du plus, il faut le dire, une aulrc
raison à cette prolongation de séjour en 1talie.
\lme Récamier n'arnit pas échappé à l'influence de l'atmosphère mystir1ue de la ville
~ternelle et e.: enliments se compliquaient à
présent d'Ulle nuance religieuse. Elle en avait
tait part à Mathieu, qui n'était pa, tout à lait
élranger à ce nonvel état d't\me : il y a lonrrLemps qu'il préparait te terrain! Le duc de
Laval, informé, en av-ail touché quelque·
mots aussi à son cousin . .Et celui-ci était dan
la joie de son âme en VO)'ant à Juliette des
di ·po iûons pieuses qui la rapprochaient de
lui et annonçaient on triomphe déftnilif. Il
était aussi r:ni de la voir travailler à son
salut que d'autre l'eus ent été de la voir se
perdre, - à leur profil.
[me "Récamier &lt;1uitta bientôt Rome et,
toujours e.cortée de ses fidèles 13allancbe et
Ampère, alla pas erle re te de l'été à ~a pie .
Elle y arrila au plu Iorl de chaleurs, le
ter juillet 1824.
Mme H.écami r, à. Naples, vivait dan un
cercle assez restreint : l'été n'est pas l'époque
•tui ~,attire les étrangers . Elle faisait fréquem~
ment de e.~cur.sion matinales et des promenades le soir : la pré encc de Oalla.nche el de
U. Ampère donnait à la conversation 1111
intérêt d'érudition historique dont elle ne
lai ait pa que de profiler un peu .an
pre que 'en douter. li faut noter que c'est à
1 aples, durant cet été, qu 'elle fit la connaissance de BI. Charles Lenormant, qui venail

dernières, - et une certaine analogie dans
IP.s positions avec beaucoup de différences,
que le gens fJUi ne l'aiment pas e plai ent
trop à relever. J)
Mme Récamier promit qu'à son retour à
Paris aile leur persuaderait qu'ils s'aim:ticnl,
cl, en attendant. elle alla foire vi ite à l'ancienne reine de Naples, qui e faisail appeler
comtesse de Lipona et habita.il Trieste ous
Ill surveillance du gouvernement autrichien,
i;urvci1fancc lr~ adoucie par M. de M llernicb qui n'avail pas oahlié ses aimables relations avec elle sous l'Ewpire. Elle fuL accompngnée ju·qu'à Veni cpar M. Ch. Lenormanl:
ce jeune homme avi.Ül pas ·é ·omrnc elle l'bi11,r à Rome; il l'a\·ail. fréquentée, avajt J)lu à
Ull11 Cyvocl et avait été agréé pour ou fiancé.
li ·e séparitrent à YenLe : Mme Réc:u:uicr cl
:a nièce allèrent à Trieste taudis L[Ue !f. LenormanL partait pour Pari . Elles ne tardèrc•nl
pa à prendre le même chemin. llme Récamier y arriva au momc~nt où tout ce qu'cll
a1ait d'ami' élait à Heim pour le couronnement du nouveau roi Charles X.
M. de fontmorenc1 se demandai! commenl
st• pa ·serait la premièrecntrerne enlre lime Ré.camier et Chateaubriand. Contrairement à cc
qu'il pens:i.it, à ce qu'il e ·pérail peut-être,
to11l ·e pas a 1,ien et, loin de perdre la pré-rnicre place auprès de Julielle, !'écrivain de
iréuie s'y ancrll plu.. olidcment que ja,uai •.
ne là une recrndescenre d'airrreur chez Mathieu. el il y a un fond, de ·aûsfa.clion maligne dan c· in inualions, 11ropre à ex.citer
la jalnu. ie de Mme fiécamier : l&lt; Il me Clllble que les affaire de Yotre mrlancoliquc
ami n':t\'ancenl pas be(lucoup, peut-être d'apr~ ses dernières rscapa·de qui auron 1
déjoné les démnrcheb d'une autre amie. 11
Quelques mois plu lard, la jalou ie esl nellcmenl manifeste. A propo· de la Vallée-auxLoup dont le nom vient incidemml.'1ll ou~
.a phunc et où il tJSp'•re rcce,·oir on aimable
amie, ~lathieu ,e dépite à la pc,l'ée qu'elle y
S!!!'ail l( peut-èlrc capable de joindre quelquefois une antre pen ëe 4uc la sienne. Il
regrelte d'être éloign: ùe Pilri el ·eut qut:
cela contribm· ù faire lm peu baisser ·œ
a.cûons aupr~ d'elle. &lt;&lt; avez-,ou qu'une de
cho es qui rue déplai eHL de l'aLscnce, c'est
celle perpétuelle assiduité &lt;l.e l'ancien propriëlait'e 1 : et s'il \:l avoir une veine d'indépendance "énéreu e, s'il ,a écrire quelques bell
parres, comm.c il en est capnble el comme on
l'annonce, pour une cm e intéres ante, vou ·
en. erez peul-être prodigieu~emenl Lo•Jchéc l. ..
Ce que je trouve fort br;i.11 sons nn rapporr
grave, mai que jcn'auraisja.mais deviné, c'est
que a femme \'ous plaise. Je lui accorde de
l'e lime, mai je n'en ai jamais reçu une
ne pa5 vouloii· ,:~rire on noru
autre impres ion. »

de Iaireun intdressant ,·oyage dans la GrandeGrèce et qllÎ devait bientôt prendre place dans
ses affections de Camille. li suppléa un peu, en
attendant, M. Ampère, que le mauvais état de
.anté de on véoérable père rappelait en
France.
'111. Cha.ries Lenorma11l était jeune. érudit
eu antiquités grecques el romaines, rhaldaïque el égyptiennes, et il tenait à ce que
nul ne l'ignorât. Bien que tout cela dans~t
dans a tête d'une façon un peu désordonnée,
il savait en tirer bon parti dans le monde et
auprès de ceux qui distriLuent places et
fa\'eurs. Aussi li L-il en sorte de plaire 5
~Ime fléca.mier dont il n'ignorait pas le:i
hautes cl pui santcs relation . li y réus il,
urtout en 'occupant beaucoup de a nièce,
Mlle Cyvoct, donl la sanlé était main tenant
parfaitement rétablie; el lorsque Mme Récamier quitta Naples, elle l'engagea à la Yenir
,oir à Rome.
Elle v arrirn ver. la fin de l'automne. Le
duc de· Laval, donL le congé était &lt;!Xpiré, y
vinl peu de temps après elle. Que de cho:l!s
il a,ail à lui raconter! La mort de Loui XYHI,
l'avè.ucmenl de Cbarle. X, le intrigue d ·
cour. le commérage de alon sui· mil1e
;en qu'elle connaissait, parlicu]ièremcnl sur
Lhaleauhriund que pa~ plu · que Malhieu. il
ne portail d3o~ ·on cœur, m:ti ~rec lequel il
tenait, oc lüt-ce que par érrard pour leur
·ummuue amie, à conser-rer le debor d'uue
irr'procbablt' wurtoisie. Un homme du
monde, un di1ilomalc ne se l',\rhu avec
per. bnuc.
L'hiver. ave · es Cèle,, . amena bientôt une
gr, nde .iftlue11cc d'élran:.:e1• à. îlmne. )lnte Le·
norma.nt e plait à èlaler le nom ari tocrati.que de ceux qui Il liàrenL a\'eC a tanl . li
n' ·n faut relcnir i ·i ![ ue l duc de Noa.ill~ d ·
Mtoc wetchino, à qui elle fil une h.eurew.e
imprcs ion.
Malbicu conti11uail 11 écrire à Juliette : lé
princip:J ujct de se, lt!tlre était. n,\lurellement, l'étal de ses relation avec Cbaleauhriand. ~rme Récamier amil exigé qu'ullcs
fu senl bonne . Ell n'étaient pa · trop maul'ai es; ,'élaittoulce qu'onpouvaitdcmandcr.
1, TI n') a rien dïnlime ni de naimenl
confianl, lui mandait Mathieu le 26 janvier
1 25; el cela nu peut êlrc depuis notre ancieaue riraliLé et d'aprè ce que j'ai élé à
même d'apprécier dl' , ou amitié. même poüti11ue, pour moi. lL rc te la 1•olonté de ne pas
s~ brouiller, la ju lice qu'on c rend mnluel•
lemcnl sur certaines qualiL6., Je tout avec
de~ plm. e plu ou moin obligeantes m1
"racicu es, suivant le. dil'Crse circonstaocui,
- mais cela ·est urtoul refroidi depui · les
i. li s'ob5linc
déteshl!

a

jOSEPil
(A suivre.)

TURQUA

En 1842
llier, l:i juillet, ~[. le du!'. 1l'Orléan· c~l
mort par accident.
A œ suJet, ,pi.and on n,étHte l'hi toire ùe~
cent ri111111anle dernièrl'. année une remnrgne vient /d'esprit. Louis XlY arégué, son
.fil n'a pas ré,,"llé; Louis . V a ré,.né, son fib
n'a pru, régné; Loui XVI a régné, ~on fil n'a
pa régné; apoléon a régné, ,on fil· n'a ,,a~
régné; Charles X a réa-né, son !il n'a pa rémé; I.ouis-Pbilippe règne, son !ils ne rè}gnera pas.
Fait extraordinaire!, i~ foi. de ~uite ln
prérny.inœ humaine clési 1•m1 dan- lout
un peuple une tête qni derra régner,
el c·e~I précisément cell,,_là ffUÏ ne rèb'llc pa, . Six fois de suite la prévoyan&lt;'e
humaine t' t eu défaut. Le foil pe,·si tea"ec une reJoutaLle el rny.sttlrieu,c
ohsl ina lion. ne réfolu Lion ~ur\'ient,
un uniYersel lrumblement d'idées 11ui
cngloulil en quelques années un p,1c é
Je dix siècle. et toute Ja vie sociale
Ù lllle graudu nation; celle commoliun
îorniiù11Lle remerse tant. exceplé le
foit que nou- 1·c noo de signaler· elle
le fait jaiJlir 1111 contraire du milieu de
to11l cc qu'elle fait crouler; uu gr:mtl
empire :;'étaLlit. un Charlemagne apparait, un monde nomeau surgit, le
fait pcrsi te; il emùle être &lt;lu mon&lt;le
nouveau comme il était du monde ancien. L·empire tombe, ltls ,·ieille race
revirunenL, le Charlemilgne e dissout.
l'exil prend le M114u&amp;a.nl et rend 1"
pro ·crits; les rérnl11Liou se reforment
el éclatcol, les dpia ties chang1ml troi.
Foi , ]es é,,é11 1nent.s pa~ ent snr les
én'mcmenf. , le!" ilot.! p,1o enl sur le
nots, - toujours fo hit urnage, tou1
entier, ~'tins Jiscontinuité, sans modification, sans r11ptu1·e. T)epui 11uc les
monarchies e:d lent, le droil dit: le fil.i
alné du mi r.ègne toujours, et voilà
que, dcpui · cent quarante ans, le fait
~épon~ : l~ fili; atn.é d1!' roi ne règ,ie
JflJil.(J ! . :'le - C cnble-t-il pa. rrue c'e t
une loi q11i se r'\'èle· cl qui se révèle,
dans l'ordre inexpliçalile de faits humains, arnc ce d~trré de persîst.anee
e~ d? précision qui jmlfp1Ï1 pn:,l'nt
n a,·a1t :,pparlenu 4u'am. faits mHll:..
riels'! i\e ~_!:l'a it-i I p~ · :ffra~ :in t que
ccrtamc lois de 1hi,torre ~e manif,,slas~ent aux homml!s avec la mè111e ex:wtitudc. la même ri •id1té, et pour ain i ùir"
111 même dun•t~. que le. ,rt•andc · loi , &lt;lr ia
nature'?
0

li. -

""3ô8 ...

llrsronl,\ , -

Fasc.

1( ,.

rourledn · d'Orlé.'Ul mouraul, onjctaenhàte
quelques matela à terre el on fil le chevet J'uue
deille cb.aise-fautt:uil de p,lill •qu'on renyersa.
Un poêle délahré füit derrière la lèle du
prince. Des cas.crole_ el ,Je marmites el des
poteries grossières g-aruissaient quelque
planches le loug du mur. De "randesciAA.ille ,
un fusil de cba se, quelques images coloriee
à deux sous, clou!!c à quatre clou , représentaient Jfazagran, le Juir Errant, e.t l'auenlat

\ll'UX

hahut.s-armoir~. rl..'.lyaicut à gauche le

lit de mort du prince.
Le chapelain d1~ la reine. qm a· i&amp;Lait le

curé de Neuilh· au moment d~ l'c.xtrèmeonclion, e·t u~ fil· naturel de ·apoléon.
l'abbé... qui ressC'mble beaucoup à l'empereur. moins l'air de rr~nic.

Le maré&lt;.:hal Gérard a· ·isLaiL à celle agonie
en uniforme, le maréchal 'oult en
habit noir a\"eC a figure de ,·i il énîquc, M. Guizot en ha Lit noir, le roi
a11'c un pantalon 11oir el un habit
marron. La reine ét.,it en robe de soie
1ioletlè garnie de ~entelle nuirî',.
dp

20 juilfeI.

Dieu a faiL d.-1u don à l'homme :
l' • pt1ran~ et l'ignorance. L'igooran e
csl le meilleur des deux.
Cbaque foi, que ll, le duc d'Orléan ,
prince ro al, allait à \'illier~, ·1111 palai. d'~té. il pa sait devant une maton il'aspect ehéLiI, n'ayant que deux
étages el une seule îenètre à chacun
de es deux étage-, avPC une panvre
l,ot1tique peinttl en vert à son rez-dechaus ée. Celle houtique, .an Frmê1.rc ur la route, n'a1·ait qu'1me parle
11ui lai sail eotre,·oir dans l'ombre un
i,;omptoir, des IJalunces, quelt311e· marchandi$CS vulgaires étalées ~ur le earreau, au-dessus de laquelle était pt&gt;iute
en 1'lires jaune sale t·c!le in ription :
Ccnu1E11c1s o'tp1cERIB. Il n'est pas Lien
.ûr que ~I. le duc d•Orlt!ans, jeune,
insoucianl, joyt!ux, heureux, aüjamais
1·e;111~rq~é celle porte; ou, ,•,1 X a parîo, JeLe le. 1cux rn courant rapide1~1enl sur ce cbemiu &lt;le plai ance, il
I aura regardée comme la porte d'une
Jmutiqu1' miséralile, d'un bouge qud~0nfJUe, d'une marnœ. C'était la porle
de on tombeau.
Clirbè Giraudoa
~ujourd'hui mercredi, j'ai ,·j illl le
FERDL'llA.'il,, LiliC o'OHLi" X~.
1i_e~ où le priucc e · t lombd; il ) a préT3NtJ.Ju ,i'Js1,RE'.~- (Mu,,'t .ù l ' ersalllts.)
c1sement à cette heure une cmainc.
C'est à l't!~droil de la chaussée qui
rsl compri enlrc le viugl-. i\i,\me
de Fieschi. lu porlr11it de ·apolé,Jn et uu et le vingl- epli:'.me arbre à oauche, ,m
porlrail du duc d'Orléans (Louh,-Philipp&lt;·) en co_mplant le~ arbrê. à pal'LÏr de l'nnglc que
colonul-oréuer&lt;1l de bu ards ('Ompl1itai.eot 1, îa1~ le ehcm1n n1,e_c le rond-poiot de la porte
décoraliou de la mur,ülle. Le pav' étnlt un Ma,llot. Le dos t) :uie ùc la chaussée a vingt
carreau de hri,p1cs rouaes non peinlc . DC'u:,: et un pavés de lar()'em·. Le prince s'C'i;I brisé

�1f1ST0'1{1Jl

----------------------------------------~

le frot1L •ur le lroi ièroc cl le 11uatrièrne
patti à ,icaucbc, pr\. du bord. 'il 1•itt été
lancé dit-huil po111·e~ plus loin, 1I • rait
lo111l1 ur I t.errr.
1. roi a foit t.!11lcwr b dcu p:ivé taché,J,~ ~nir, cl l'on di Lin,.uait i:11!'-0re aujourd.hui, ru l;,ré ln lioue d'u111ijn11r11(-e plu,i 'li. c,
Je,- Jeux p ,·é nou \"C3U fraidl('llll'llt po : .
l-:!1 ra . ur lt! mur, 1•11tr1• le - J •111 arbre ,
p:1. :anl. 01Îl tra : ,11r le 11tilrt une noit
ave Ll dnlc: l::ï juillel 1 '1'2; à côtt= el
&amp;rit C(' mot : marlir (.~i,:).
Un lieu où 1• prince c.- t tonil, 1 on npt·rçoit
à droit.c, dan un• ,:clairrie, elllre I •, mai,r1n
cl lt arlire., l'ar · de l' ~lllil •. Du rnêm • t·ùté,
el , une porlce d • pi,told, :ipparail un rand
mur ùlam:. ulnuré de hangar, et dr. :rrarni ,
bordti d'un fo .é cl surmonté d'un ench Yèt.rcmc11l de l!ru1• -• de b ·Lan: el J'éd1 fnuJag • . ,e ,,nt lc.s Corlilil'.'ltion · de Pari .
Penda1tt 11ue je con. iJérais I d •11 p:u ~
cl la croi. truc&amp;. ur le mur, 1111e b nJe d'rcolièr-., Lou~ coiff( Je chapeaux dt• li; illl', m'a
entour: u!Jitcrnenl, el · ·- jcuuc , fr. ichcs
et rirtnlc: 6gur · - se ·ont group ·e ,. • une
curio ilé in oncinnle autour J11 lieu fat,1I. \
1111 ·l11uc pa plu. loin. unr. jeunt' •en-anLC
emhra · il el ear · · ait un tout ptlil enfant
u d, •rauJ- éclats de rire.
l,;1 m· i ·on où 1~ pri11ce a c. pir1i porte le
n° 4 bi cl cü ~ituéc entre une Fabrique de
a,·on cl un rgoli •r-m rd1,111d cl• Yin. La
h-OulÎ(}Ue du rcz~le-chau ,ét~ e l fcrm~ . .\u
mur. à droit.e de h port,•, e l ado-~tS un baoc
Je hoi, gru. i r ur l quel deu ou trois
vir•illl' femme. • r &lt;chauffai •nl u sol •il.
Au-de,. us de leur tète était collée, ur lcfund

Ma dame de Ccn,oye

LI! 15 juillet, qu3ml 1• prin · so1·til il
Tuih!ri pour la d1•r11i1•re roi . il ri·nconlra
ù\ h,&gt;rd I monunwnl humain 11ui ,.,-cille le
pin pui mm,•nl l'idé de la dur1 11•. l'obJli:que de f\hams' , ruai il put ~on"er 1p1'à
rellc même pl, ce n,·ait rit! dr1·,, • l'fr.haf:iud
de Loui · ~ VI. Il r •oconlru en uit . 1 monum~nt qu.i 1:,-eillt: le plu :plenJidcm1ml _l'idée
Je la gloire, l'arc J,, triomph de l~tnile,
mai. il put e 011 wnir 1p1c ou, cclt1• m 'me
,·01) Il• avait pa. ~é Il' t't'rt·.ueil Je ·ap1Moo.
pare,ir.
ho e sin~ulii·rl!; 1• prince est tomué à Cinq rcnh pa plu- loin. il ren,·onlra un
gauche, et l'autup.ir. a 1·11nstal • que l corp!'.i rhe111io ljllÎ doit .on nom -iui,tr 11 lïn urétait contu · Cl le cr,înc brî 11 ,lu côté droil. r,cûon du 6 octol,rc îunlt'ntê,, p3r l'hilippc\I. \'illemain (c' l lni-mème qui m • le É~alilé contre Loni · \ \ 1. Ç • ch •min 'appl!lle
la ru11111 J, la flùo/fe \u mom ni où il. ,.
di.ail ar,rnl-lûcr) c.t nrriHi pr'• du prin
une demi-lieurc
pcir apr s l'acci1lt!nl. •nlr'·rcnl, le cb,!,·au'( 1p1i rond11isai.e11t 1~
Toul: la r mille roi ale y était d 1jit. Ln vopnl petit-fil. d'~,,alité ,,'e111porkrcnl, se ruoleolr&gt;r li. \'illernain, le roi 1i11L lui ,irn- tèrtml, pour ain. i dir •, l'l au d II tiers de
mcnt et lui dit ; 'c l une chute rrucll •; il Ct!ll • roule fat, le, le prince tomba.
l' ·t Cllf'Ore ér· rwui. mai~ il n'a au&lt;110P fracLe duc d' rlénn, ,·app1•laît l'crJinanJ
lul't!, tou le: rnemlJr sonl souph• et en
cominc.
on a"ieul de. '.,pl•-. Philippe comme
bon état. Le roi ,11it rai. on; LOul \,· corp, du
~on
père
Pl son ai •ul d • franc,!, Loui. 0111me
prince 1Lail . ain d intact, excepté la t1•Le.
l,oui,
X\1.
Charl1· Ctm1me Cbarlt•· X. et
laquelle. an: déchlr11r1' ni ! '&lt;.ion cxt 'rieurc,
était bri•-t· • . ou la r•cau comme u11e ru;sietle, Henri i•o111me Henri V. ()an. on ade mortu ir•, on a omis (e t-cc 11 de ~rin1) ~on nom
mt Jit \ïllcmai11.
ici.lien de l\osolino. J'arnue 'lue j'ai re••relté
Quoi &lt;tu'o11 en ail dit, 1 prinœ n'a ni
pleur: ni parl1:. Le cràoe ét.ant frai:. sé cl le ce nom gracieu\ qui Nppèlail Pal,•rmc el
c•rn·au déchiré, ·('la était impo, il.il . Il n'y . amie I\o,nlie. On a craint ,j • ne i quel
a\'aÎl plu~ 11,t'tm rc le J1.1 ,ie or,.aoique. Le ridwuk Ro o\ino e:-.t cb. rmaol pour le. po '•les
mourant n ,-o~ail p.'1 • ne entait pa , ne cl bizarre p1mr le ùour·• oi .
0111Tra1l p, . Y. Villemain l'a ,·u culemenl
omme j m'en rcî"enai ,·er -ix b •ur du
remuer 11 · jambe· deu foi -•
soir,
j'ai rcma.rquu cetw afh he II gro ses
Le cdlé uchc du ch min c l occupJ par
des jardin t de m:ii ons de plai ance; du l •U.l'C! , coll çà el là ur le.! mu.rail! · : Fête
&lt;le Neuilly, le ajuillet.
cùtê droit, il n'y:, 11110 d s ma'lure~.

rnrt du bi\tl' "•'OIi, un • or:1111!1• nflich,: lilan1·he
pt&gt;rlunl ~ mol. : Ea11 mi1ufrnle h E:pril
Putot. Ile. rideaux do ralic11t hlanc à la
îen ·•tre du premi r ,cmhlenl i11Ji11m•r 1111 · la
mai,ou c L ent·or• h~hitét·. Forcn 1Ju1·•ur,,
allnllhl~ d1rii 11 march;111d J • ,·in ,·oi. in,
riaient et eau. nient bruyainm ut. lll'u pork
1111 Jdà, , ur la nlai~on n• Il, prc.qm· 1·i~-1t-1·i
l'endroit 011 le prÎnt.:è '1•st 111é, r. t p1•inte
c •li!'. l llsl'Î"11e eu lettr • noire : Clw1it1rlt!l,

MAURJ CE MONTÉG UT

,

Les Epées de fer

1

•
monter on père cl 1011 es amis 11 ch •val.
On chi&gt;rche partout : on Lrourn ,,ue CaYOJe
a,·ail eu l'aYMt.age. Elle tut i iou bée de ce
lémoignage d'affection qu'elle l'épou n. Jamnis
femme n'a plus aimé ·ou mari. Le cardinal
de Rich•lieu l fit son capiL inc d , ardc .
Quand la cour n'él.ail pa a Paris, elle l\'ail
loujour uo leur dan~ sa pocbt pour on
m:iri; el d qu'elle 1:nlcodail dir' que qu lqu'u n allait à la cour, lie lui donnait n let1.l'C; celle-là partie.elle~~ alla il foire un .autre;
el tel jour elle lui en a n,·o 11 plu de troi ·.
Un jour I • cardinal lui demanda lequel elle
aimait le mieu de lui ou de son mari :
• Ion. •innt ur. répondil--elle. \'otre Éminence
,c oe ni'en voudra poiotde mal, ~'il lui plait;
« mai· je lui avoue-rai l'ranclwmenl 11uej'aimr
11 mh•u. mon mari. \ou· ne me doonei: rp1e
• de l'inquiéludP, je . ui toujours en peilll·
ci pour \'Olr anté, M lui me donne du plai« ~ir. - ~foi lct1uel aimcri,~-rnu. mi•u ,
" ajouta le carùinol, que 1. J Cavoy mou,, rùl ou lout I rt" te du monde? -J'aiml'Q ra·
mit!U:s: q-uc toul le monde mourùt.
11 ~fai, que feri z-1ou Lou -deux Lonl euL 7,~ou ferion ce ,,u• \dnm •t t\'e Cru. aient. :.
Elle dil qu'elle :irnit toul le oin d

ladame de C.,vo1·e ·L fille de ..:érignan,
enlilhomme de qualité de Languedoc, qui
fut maréchal de camp en Calalo,.ne. Elle
épousa en premières noce un gentilhomme,
nommé La Croi 1, qui la lais_ veuve fort jeune
cl an - enlanl · ; elle f:tnil joli , spirituelle el
a ez rich . Cavoye, gentilhomme dt• Picardie,
peu accommodé, mais de beaucoup de cœur,
ét.ait M. de lonlmor ne_ quand il en Je~int
amonr •111. : il n' vail va- grand~ espérance de
rfo ir en a rei:h •rcLc, quand, a - nt été prL
pour · cond par un d es amis, il alla t·he.z
un notaire faire un l lament par lequel il
donnait 11 madame de La roix toul ce qu'il
pournit a\'oir au monde, et après alla dire à
un amie commune qu'il v nail dt• rendre à
madame de La Croix la plu raode marque
d'amour qu'il lui pou,·11il rendre; qu'on trou1· rait son 1 1.am,ml th&lt;'z tel notaire, 11u'il
• 'allail liaure, cl qu'il la uppli.ail d'a:; urer
la bel\ que, s'il mourait, il mourrail son
1. 1..-, chu , i. f""leu : imcnlion •~lai Îm•
rôt ur· l'L, apr'._ cela, 'en"•· Celtefomme
court le dire à m, dame de La Croi. , qui fi L p rtéc p:ir ~1111 arr,,' r&lt;', 1111i l'rxploilo.Ït par prhil'•~'t, 3~0 ,

\'1CTOR

HUGO •

affaire cl du mén.ige : u Qu, nd il re,·enait
• au logi , je le C3r
is; je me fai. ais Loule
u la plu jolie que je J&gt;OllVai. pour loi plaire;
• il n'cnl &gt;ndail parler de rien de fàch ui;
point de plaintes, point de cricrie, poinl
d'a.fl'aire . Enfin, e'éuiil comme.ile cre• ment n' · •th poml pa . é. »
Ce ma.ri mourut aYanl Ir ardioal d Rirhdieu. La pauvre&gt; mad. me de Ca,·oye en [ut
lerrililcmenl affiigé .
domc de Beonellc y
alla comme le autre , el. comm elle prit
con é : • Ilélas I dit l' Oli ê •, que je
i
• beurcu t&gt;, mon eruanl, i j'étais au i
u oi ·on qu Loi! je ne sentirni pa ce 'lue
o je s o .
Quoique chnrg 1e de beaucoup J'co[antc ,
elle fait i bien f\u'ell • ub i te honor blem nt; l!lle a eu la moiti~ du don Je ch i
Je ollicarrièr I d~ le temp · du teu cardinal
et cela lni nul bc:tucoup. Elit• la.il a cuur·
elle e l a.droite •t aimé· de tout le monde ,
pleure encore 'lunod on lui parle de on m:iri.
Elll• a cinquanle an , d, apr'• dou.te os~1.• . • • pour I moins, la
orne nu ~i belle
qu'à cp1inzc ans; elle n'a jamai: eu le visa"e
Fort' heJu, mai n11réabl ; pour le corp·, il
n'y •o aYaiL guère de mieux l'aile.
T LLE.\W .T DES REA

LIVRE PR E UER
Il (suite)
Guillemot, clan~ l'ansll' de Jeu mur,,
aperçut une roue d · cbarrctte, d1:hri. échout:,
.tprè quelque accident. Elle L:t:iil Lir"'e cl
ha~t , .raite d.,• bois durci p. r J, _ ns, le
plcm n,r Pl l 1!.111 du ci&lt;'I, enC11 rc\tie J'uno
ép~i-~ nr de li.·r rouillé. Il . c l,ai. a, la
- a1. 11, dl' ch:iquc ~ain. p~r un r voo du
mol ·u, cl, .an fair&gt; ; « Oun ! » J·un nir
mode. le, l'eoll'va au-de us de a ltlle 1\
maintint un !Jon moment, le jnmbt• · à pein~
ét·arlét&gt; ·, le. Lrn ri,.iJe •
Cadoudal ~ourit; il comprenait le défi
l':u;,·rptnil olonticr~ :
'
- Pounruoi fab-111 la? dit-il il Guillemot.
- Pour di" 1rer.
- Jeux d'i:nfants, répli1p1a le grand chef
dJJ:,ign 'Il\.
0 • ' eu gri•, mobile , il cbercbail
autour de h~i de quoi 1tonner on inonde, h·
pa . n. . homm_ . et f~mmc qui, dijà, ,o
~r~ -~1enl. curwux. , uhiteml'nt, . n face
~,Jaira .. \. cinqoanlc pa
t! dressait un
puit · nllqu~, . an piem· • branlante·: ln
m~r ,•Il~ er'. ela1t_ moitié d · •ell,&lt;c . .\ plein
do1gl~. Il I empoigna, fil un lë cr clîorl cl,
oudam. 1 rehord Ju p11i1. 'l'll'iOl:1i1 au
boat_ Je -,.~ bra ' dan un flot d1: plrilrnillt•.
o~urn_L toujour·. il promena son fardeau:
lrvJ._ f111 •• a11tour Ju Iron héanl Jécouro11 :
{' la
1 • •
'
ue.
•·. n. ·• gena,t pas plus qu'un• bouc Je
,Il . Il ~ ttrrêl:i de,ant Guillemot, lui lt&gt;nclit,
cornrnr
.
. 1111 plall'nll d . fnif'OCe , ln" ron d dc
pierre enormc, en j •tant :
- ,\pr~s loi, a\'anl toi l
L'aulre lit la grim 31,t! el recula.
- Tu · le Ji:'lli!e !
La foule
1l'en1ho11 1·~...·mo"• 1.ua Ila1't
• tréphmail
I ~
de_ m.:un,;
e· homme. a!rita1· l'D t I urs ch afu,. Gco_rgr,, leur Geor;;1·,, êlail foujour
e m~me. Sur le ruil de 1. fornu.: \Jli-,.,e·
-Ier t·1rr • Jo, l'nnc ap11la11di s-1irnl. •"·•-r " •
et
ris •
·' ", 1ou1·ez
1 • .en~b_:mté... ll tenaient le; cùtc• ;
1, \
JOt"naJenl Ir main,, ,·omn1c
d an - emmc
un• ctl:L ..
C.'l~imJ:il reposa. ln margt•lle :1 a pl t !
exacte• a\.''&lt;: un om minuli~•ux. Il riait ·n
dessous. (,mllernot, wxé. bourr;iil sa pipl'
f D~. les !uèru ., minute , une bande d'~nanl • de I autre côté Je la roule .• e hait. reut , cou11 · d,• boul1· .. d1• uei••••.
•
11udain,

1111 d • c •s projectik. Jaur:, an· intrnûon.
~ar une main mala.Jroite, rint fr.ipi r
1, •orge• h l'épo111lc. Jlan~ les !!roup&lt;·s. il )
cul un murmurP. J réprr,bation indig 111~.
~:~101t: ~e,.ant un ~uenl~l. ,le P~e-nrnJtislc•,
l.u • 1111, il {~lal.111 de JOt ; rama nul un
ta de nei"P. au 11:mi- J'un talus, il le p i1ri1
dilll&gt; ,e gro. ~l' · main:: et. , i-on tour,
l~mhard_a I L:nfanl qui. d":ilH&gt;tJ inr]uiet..
~ enhnrd1rrut hu•nliil et lui r •pornlirenL dû la
~èmdi!f.on_. Jo. cnm•n·) put tenir, il ,'l'n mèlr1,
\llll oulcmr ~on chd; d'nulr1• - l'imitèrent·
Lonl l • ,ill:tgc 'a,.:it.1i1: l:i hataillr di:,·cnai;
é_n ~raie; le. ùoul l,lanclll' · \'Olaicnt. se croi, am1l d:m, l':ur, \: ra. :rnl . ur 11• do 1
poitrin··, a~ milieu d~ cris, de. rir,~, dan
un l'Onf'alsJon ile ~a1clé poJ•ufair .
G orge., san: chapeau, en sueur, ,orifêram, mitraillait an répit ,c fut dan œll,
occupation que l urpril 11• 1·omte .\ el ce
per_o~uag • incor~nu au p;iJ- . qu, Jili G:,ril
a,a11, clé rc ~ourmtlre t'L ch1:rd1er ttr la grèl-,
de K rnillmc. Il ne pul l',1cber a surpris.•
11uand -on guirfo lui Jéclar.i qu • le
auJ
ch~f ~ • C~1on?n- ,élnil t·e gro- jeune homm
q111 . e.crnn3.JL la-ba., tète nu • le - niain pleines de nei •c, de la neinc da.os Je chc,eu
el dan sa Ir èrn harb1! rou .. e.

' "11 11 J •!111 •• a• \'lit.',{; •or"e. r,•11011\',tit au
romhat; il . approcha, . 1•ùiuanl ,,:, ltal,it: ,
s'e . uya11l le· main il s,• eulullf' · (1Ui
.
.
'
•
~ou dain "r.l\'I', 11 alun l'étran;er, ;1 troi p .
- Le comte .\. -l '/
- Le t(llllt1! ,hel, r~pliip1:1 )';1111re •. aluanl
à ·011 lour.
, - \'l.'uille.r. m • ui\'rc, mon ·ieur, r prit
1.aduud.il, nou t·aus.·rons .-ur la lande; c• .. t
ru plein air t111'•J11 ri que 11• moins J\~lre
t·nl ·mlu.
L, comlc Ad nccJnie ça 11'1111 i••nr de têl •
el ·ui,·it Ge&lt;,r··1·,.
"'
,\ '.ha cen1: JJ;ts du îilla e. ,ur la l:111dc,
l'llllr :t! de (?1 ntlb. ('Jl(·oM lat•h(,e ® IICÎ"'e
1011:!l•·lllJIS ils n111liuli·rcul ,ûte à col • .t llan~
et ' n:1111. On 1 · Yo~, it dt luin. lai - nul 11
pouvait ~urpr•nclre uu mot dé IN1r 1·ntrelil'n.
Le comte .! cl ét, it un homme de ')Uarantc an peul-ètrc, au vi.·~ge étnnn:unm nl
lr1 te; d'une allirante L auté : • rrait5 fui.-,
r "11hers. d . trait. dr. femme, la bl:inl'h •ur
~••. son leinl, ses ·eu . Lieu - de mer ·orupoa1ent uo t-usemble d une -·rand,· Jouceur ·t
pourlanl d'une grande énergie: .ses alhtte ,
on r~tume, CtJnlrc toute prudence, éla.ieot
reux.tl uo ourfü:m de Ver nilles: c'e L par
cela 4u 'il déplut . ur-le--cbamp · 11x ch fc,
0

�-

H1STO'J(1A
•

---------------------------------------~

comme au~ soldat chouan , tous à demianva"e · el qui, déjà, la ,·eille Je la défaite
d Quiberon, avaieul oui •rteu1enl murmw·c
conl re la pré cnce el le: préro!!a.Li1es des
hcnu eigneur fraichement débarqué. dont
le babil de ,,elour el de soie mépri aienl
leurs pe.1u.x de moaton el leur· guètr · de
cuir: le nou1·cau ,·enu r emblait aux émigrés, - rnauvais!' noie et mauvaise imprc sion. Que venait-il faire? ul n'en . a,ait
rien. Geor"i' devait le pré tmler au con~eil ...
oi1 il l'arlerait. En allendaot, il s'expliquaient
Lou les deux, face 11 lace. A certai us moment..
Cadoudal avançait, reculait, gesticulait. Aux.
premihes parole , il avait drt: é le· bra ,
sou· l'cmpircd'unu tupéfa 'lion an limit ·.
A l'i, trè· calm ·, loujour trè gra\'e,
h•vait cl bni~ ·ail la têl en sig1w d'aflirmalion r~it •réo. 'tendait la main, dan la po c
iln ·eru1 •nt.
C,-pendanl, de tous côté~. par le Lroi ·
roule:,. de· 11uatre point dr l"hori.:011 1 des
va.lier nr de Lidet nHligres, de piéton
en sauots, des hommes n carriole· grinçarllc , tou vûln en pa:. uns, el san armes
apparcnle.s, dtiuoucbaicnl. c pre aient, s'a emblnicnl ur la place, ~•., seyaient sur les
mnrcb de l'éali ·e, 1füc11taieut enlre eux,
le ye11 li és sur George , q11'il auendaienl,
mai: Jont aucun n'aun1il o é troubler la
confërence a1·ec l'élran"er.
En plus des chef arri1és le matin, il y
:nait là : Rohu, 'ol de Gri olles, Penan Ler,
le comle do Kerret, le comte Le l:lohanic, Le
mn1ier, le frère du Bouay , ontdoré, de
'ili, E1·eno, Saint-Béneanl, Biger, Dancourt,
~aint-Loup, et d'autres, tou les chef de
légion· rnorL1hanai ·es répondant à l'appel du
grand chef Cadoudal, de Gcoraes &lt;&lt; la Ti!lcllonde ».
Jadis, quand l'ni,,le dcplo)ée de lh1 Gue clin apparai ail dans le champ de Bretagne, po11r l'émerveillement de sires de
fiocliefort, de ll.ale'troit, de Penhouët Je
Tor -boitcu. , de Raoul de Coëttjllell, de )Jaurice de Trëzi•ruidy, dt! Jean de Baumanoir, de
Jean de Rieu -Al' r·ac, de Ra.oul de Kcr1•ou-1,
d' lirier di! ~fauny, d' Guillaume de 3foatl101Lrcber, cc.,, tomÎ1:icruon hautains du pui,S.'lnl conn :table Lou s·exdamaienl:
- .A Ier le! \'OÏci la Tète-Ronde, ".Ir' 1,
L\n"la1s!
Cinq ièclt' pin. lard, les frères d'arme
de Cadoudal le qualifiaient au~ i d oo surnom que leur" père., donnaient~ Uertrand du
Guesclin. [)an· l'un, c'était la mème nature;
l hez le· autre_, la mt1nw confiance.
- Voici la Tete-Ronde, ".lte au Ill o. !
Enfin, Gcor •es cl l'étranger dest:endaicnt
Je 1:1 lande ·ur là r utc, se &lt;liri&lt;Yeaicnt vers
l'é&lt;Yli~e; le prc111icr répiltail, h,1,·hant la tète :
(;'e l prodir•ieux t
Le econJ rt1pliq ua it :
C'e ·t la rérité, rien 11ue la vérité!
Elle n'e l pa toojours lJonnc à dire
ohsci·vait ,corge:,.
- 'i, mousie1u. ripostai! l'autre, lor;11ue
d'dle Mprnd la jw,licc.
ll :1pprochaic111. Alur · Je marclte· ùe

I'~ •lise, d l,a · mnr:, de pierre èche. de
talus &lt;lu chemin. où il étaient a. i • tous les
partisan· à la fui~ se le1·èrenl, :ms ordre,
an ignal, mns par leur cœur. l)es dellx
côté de la route, il lormaient une baie
tumultueu e; tout1' ce tètes brutale~ .e
Mcou1rircnt · tout ce· bouche noire. s'êlargii·eot dan un cri :
- Vive George !
~t les main· e lendaient, les Lra' · o laient, du rnème élan auva"e; le. bri9an1/
acclamaient leur ch r. Et lui, redre é, tète
haute, il oppo.ail a ma--e formidalile à ce
flot d'entbo11.Siasme, coupait. lenlcmenl, de
.a va le poitrine, la foule f[ui l'enH'loppail,
rilt,ondait à rbac11n en l'appelant par Oil nom.
- Je vou · uicne micu. :iin i !... murmura
l · comte A el. qui marchait à a s1ût .
Cadoudal ' l'elouro:i :
- Il y a Lcmp pour tout mon ienr.
Nou n'a,·on pa · de remords, nou :-a\011
rire.
Dan un cortè e de fnnaû4ues, il revint ~
l:i l~rme. 'ur le euil, il barra l'entrée de a
carrure et dé lnra :
- Ceux que j'ai convoqu ·, ceux-là ~olement. ...
li le Ot pa cr un par un, pui dit à
Gynou1·ez :
- Tire la porle et rc le devant.
l.,e comte Axel 1 par UM me ure spéciale,
ful adnùs au co1uil.
Geor"e s'assiL dan le faut uil d'Alanik,
montra d'un g ·te le uancs aux aulre ; et,
tout de ·uite, prononça :
- Oélibéron. .. . . Me . iew·s, je ,·ou ' préen te, sou ma garantie pl!I':sonnelie, el j'accrédite :1u1irè~ de vou I. le comte Axd de
Fersen ici pré ent; il nous t adre é par
no frères d'arme de . 'ormandie, par l.oui ·
de Frotté, prin ·ipalem.cnl; il l'Otk fera des
révélation grave~. J'ajoute, pour mémoire.
que Je comtl! de Fers •n, uédoi de oaissan )C,
a bi n mérité de la France en faisant él'ader
de Tuil •ries la fam, lleroyalc, le 20 Juin 1791.
~Lon ieur le comte, ,·ou parlerez, ·î ,·ou· le
voulez bien. à la lin du con, cil.
F •nm approma d'un ~i 0rne de tète.
La précaution pri"e par Cadoudal Je précii,er Je rôle du comte de Fer"en dan la chrollÎL[Ue rél'olulionnair~, JLaiL des plu' M"iLimc , des plu néce ·saires mème. l'armi les
a·si tnnls, cfü sur dollzc ignoraient profondémenl toul ce qui , 'élait pa é depu~ cinq
aru, en delwr, Ju district de Vanne . Oa J'a
dil : c'était dl.'. pa ··ans, parrois nobles
homm , m1is, pour la pluparl, san nulle
ouv rlure d',1me. Il- conn;,iissaieot leur l)icu,
lenr prèlr · el leur fomille; cela leur su fllsait.
Le nom de fi't•r ·un ]IJ · a an' e1citer ni
iutérèl nicurio. îté dall cet auditoire Ligarré;
un eul parti anen futému,mai àl'exlrème;
a l'enl ndre, le comte é\èrc de Kerret
s.'êl.til l&gt;rusqucmcnl bé &lt;le on barn:, d~venu
pàlè, les rnains lremblanlc . l't:nché sur
l'épaule d1· l'cnan lrr, il 'cllorçail d ' dé\'i~icr celui 1111e pré. tmtnil George .
"ai~ Fersen c 1•n:1it it contre-jour, la
,:1!11• élail !1 J'orJin:iirc obscur~•, il 11· · pnniul

pas. li r tomba ·ur on liane, •t l!aissa la
lêlt•, l'nir accahlé
Ouranl toul I cou il, il ne fit pas un
monvrnrn11l, ne pronon\:a pas w1e parole; el,
ponrl.inl, on inlluencc é1nil grande; .ouvenl,
il s'était fa.il écouter. li parai~ ail abasourdi,
as~ommé par un roup &lt;le ma . ue.
Nul n' fil allenlion, cor chacun, dan celle
a .cml,lée, renfermait :-ou on crâne de
préoccupation "r;we ; ha lourd:. pour fa plupart, . • xprimanl awc difficulté, ayant mille
peine à trailuire en parol!'s nne pen ée souvent conru.e, il arrirnient al'ec une formule
tonie prèle, appri ·e par cœur, celle qu'ils
croyaient bon11e, qu'il voulaient exprinwr;
el, jn qu'.111 moment 1f L'O fair pari à lou ,
il e ln récilnienl, par 1·i11ut foi , meutalemcnl, de peur de l'ouhli~r. Tou· et&gt;. Yisa •es
renfrogné n ·an,icnt pos d'antre eau.t•; cliacu11 répétait s:t h•çon .
Cependant, dnn. Je nombre. il y a1·ait.
comme partout, si11on drs oraleur', tout au
moins de~ bom1J1cs dnn · de l'Onœpls pon1.;Jn "s c·l de la faculté d'en démontrer la
Jogiriue d l'opportunité. C orge., l\ohu, ~h·rcier maniaient l"apo trophc en lempèk
Géor" · •urlcmt. dans dr·~ ctclat de ,nis. qui
dépa aient les murs. Le comle de Kt!rrct,
serré dan. son di cour comme dan. on
habit. di ·tillait lentem1•nl de' vé.rilé utiles;
Turpin Le Glohnnic, -uhtil, embrouiUait, par
mali~. les fils ,fo l'écheveau; on langaa était
alamhi11ué comme . e. con\'iclion .. Gnillemol
el E1·c110 ·1; dépen ·aient en d'ét,·rnelles me•
nac ; hor de là, il- r . laient mnct. . I.e
rl1c,•alicr tle Jo,·ennc inLrodui,ail la fantaisie
dan le· pin dranrn1ique conférences; certains e limaient qu'il n'était pa. .érieux.
{)'autres ncore po· l'daient de qualité Je
age e, de clairvoyance, ervi
par une
facile éloculion; mai it eux Lou , il formaient nnc infime minorité.... La ma ·.e
était oLln. e.
I.e calrnirti, le cru ifix, le ch,,pelcl, ohjrt
Je foi tangible·, le docher, 1&lt; doigt l •vé ,·ers
le ciel 11, !Pche indicalri , afü i, de Lomhe
anccslr::iJe , groupée. autour d lui, Lul des
pèlerin en route, témoin ur l'horizon, loul
cc 11ui ~mboli ail la reli!!'ion, la ramille, le
coin rie tcrr natal, l.rur entrait au cerveau
par le chemin 1111 cœnr; ne comprènaat 11ue
cela, ih 'y ratla baient avec une avengle énergie. Qui touchait à. leur crO)ances devenail
le pire e1111 mi. Alor il oubliaient la peur
in Linc1i,·e, la prudenœ réOéchie deleur race,
sautaient ·ur leur. fau~, leurs fourch1•s. el
.e riwicnl au combal. ...
r.eorge · continuait ;
)le sieur~, la Rép11l,litJUC, 11or foi~ ile
plu, par ·es chefs de di·lrict .• r commaadaul militaire, dan 110 viUC's COll')UÎS~,
trahit le. pacte· con. l'Î1lls; elle traqllc nai
prèll'cs; fu ilfo, au coin de. boi , coutre lo
droit ,le
n , uo· frères d'arm1• ·, aajnurJ'lrni p:tci/ié· . Encore une Iob. !!il!! m1•nace
sans trl&gt;, e no lemplcs, aos mai ·on , c·c~là-dir · notrè foi, ao· famille ·. r. mois 11rochain, par uile ùe la le1·ée en masse prescrite tll ordonuée, nos C'nfant. eronl incor0

(f,

- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - · LES É'P'EES DE 'FER, - ,
parés dans l'armée Je uandiL . Me ·sieur·, la
HrpuLlique nou accule i\ la oumi sion hidm
Oil à la. r1llnllc légitime. Laquelle chai issczrnus·?
Le plu, j,•uoe·, le plu ardenl~, se dr,rsèrcnt en tumulte, le. mains lcn\ •·. criant :
- La guerre!
.\lai les hommes de quarante ans, .oucieux, tri les même, bai saienl la lèle et ne
répondaient p~ . De ceux-là, le comte Turpin Le Glohanic. réclamant le .iltmce, lrnduisit les impression, ~ecrètc,, eu énonçant
les siennes.
- Ceorae . messieurs, la uerrP est chose
ral'e .... Ou pènl en parler librcmenl ici,
cJr lou , nou l'avons faite el nou la conn11î . ons. Heprcndre la camparrne, soit! ... avec
ttu_elles arme·? Je n doule pa qu'à votre
ion, Geor,.e , le ~lorbihan lollt entier ne se
dre c el réponde. \lais lt·s provinces vou incs
uou sui1·ront-ellc dafü noire in ·urreclion '!
Oien est liien haut el 1 Roi e L hiun loin ....
Le pri111~e , impuissanœ ou molle . c, peutèlre encore sous le toup dïoflucncc. uéfo te ,
nou l.iissent seuil\ à upporler la mi. ère du
lemp . Alors nou. allow recomrueno;{tr cette
guerre de lmisson ·. ù'embusl'ades, dont on
ue peul rien altcndre de ·érieux? ouvenezl"Ou : depuis lroi ans, d,rns no, diverses
rencontres a1'ec le· Bleus, nou · le avon di p:rsl'. , mi en fuiLe, qn:itre fois sur cinq ;
res11llal: nous sommes vaincus, nou avo11
dfposé 1~ arme·. Nous ue possl.'don pa
\'JO"t fo.al par ualailloo; nou:; n'a von· plus
de poudre. A no Ùàlon , à no fourche , le
Bleu oppo ent leur chevaux, leur canon ,
un parfait matériel de œmp11n11e. ~·est-ce
donc p3 aller - inutilement - au-dc,·ant
de_ nourelles_ échaullour~e partielles. qui,
me111e lernunées en nctoirc, nlll'ont de
uile de défaite? Il faul prévoir au i '(De le
sort p~ul nous èlre encore une foL largement
contraire, comme à Quiberon. Enfin, allon. Il?~~ u citer de nouvelle repré~aille qni
lt·g1llmeronl a11x eux il· l,andil de nourelle·
exactions'/ Certc , il e L beau dejeter ha d'un
coup d'épaule le collier de rorce qui nou
t!trao&lt;&gt;le ... ; mai· encore faut-il pouvoir espérer qu'on ne nous le vissera pa · demain sou
la gorn-e av~c un tour de plus .... Pouvon n_ou espérer? Oh! je sai ... je ai:. Lien qu ,
s1 vou ète. al'euglés, rie. t par l'éhloui semenl do vos visions futures, par l'éclat de la
gloire que vous vous promett•z .... Pr nez
•arde au mirage , aux déception ; prenez
garde urtout aux élerntdles ténèbres! Ceci
dit, il e. t compri pourtant que, de corps et
d_'àine. je reste des -vôtres; que si vous déCJdez _la gucrrr, je ~erai ur-le-cbamp votre
premier old11 t i tous le Breton sont solidaires; Le Globnnic ne faillira point !
Le co~p de fanfare de la péroraison adoucit,
su_,11tmdil les murmure oulevé· par le prcm1cres parole du comte Turpin. George se
dressa :
• - !roi mols en répon.e, trois inots
n11eessmres: 'l'urpin, ,·ou ète mal renseigné;
la Normandie, le Maine, le Poitou, la Vendée
allendent un signal et liment leur chaines en
0

. ourdinc. fie armes'! j'en tl.Î 1.. moiu. 11uc je
voudrai~ ... mai· suflisamment ponr fail'e
tète .... Troi · mille fwil 001 élé débarqués,
l'autre lundi, pnr une frtlgnte :tn .. lai e, ·nr la
~rève de Karhouél. De l,t poudn•? ,·oœ en
aurez à ga pilier, à n'en savoir que faire à
tirer aux moinraux. s:i r.ela vous amu~c. c·e~l
la Répuliliquc (fUi ,·ou la fournira .... Comment'? Faites-moi crédit troi ,jour . ,fo n'ai
qu'à l'aller prendre. [,e roi Loub Will ....
En pronon9&lt;llll cc nom, cc Litre, Georgl',
ri•garda Fer,en cl lit un ge ·te de vaguti
excu~e.
Le co111te .\xl'I avait rougi ,iolemmcnt.
m3i il e contint.
Geor es reprit :
- ... Le prinOPs ont le· yrn sur noua,
nous approuvent, Mon.~ieur ... le comte d',\rtois pro111et de nous joindre au . ilôt le mo111·emenl. enaagé .... Voici no chance_, Les ri·ques?, ous risquon~ de mourir pour Dieu. le
~1•i 1:t la Dr~la&lt;rne .... A d cœur inlrl:pid.-~.
11 y a de mow · beaux deslius !. ..
Vne acclamation alua celle tomb1.:0 de
phrases retenti ·ante, . Georges ·exalta ;
- F.t celle foi , nou · marcheron sur le·
,•ifles, car, rien qu'en forbihnn, nou· ~omme
douze mille ·olù.a1.- prêts à toul. :Vou emportcron d'a aut les garni on républicaines,
ce repaires d•oppre·,ioa. de l\'rannie: nou
planteron fo drapeau Liane ·au faite de.
cathédrale,._ reconqui ·es; cl li l.&gt;re . ur notrti
sol, minqueurs, pour le afoires nnie,
de l'hermine et des ly . nou" gloriilrrons
Dieu 1. ..
'ur Lou le J,ancs, les capitaines chouan
ge liculaicnt dan. un coup de folie; tous
parlaient à 1l foi ; les plu· àrrés, ga~nil par
l'e11thousi:1 me. colll'erli à la violence, criaient
comme les autres, les poings tendus. On
entcud,ùt la 1oix dt: Guillemot tJUi dominait
le ,·oix :
.A.S$('Z causé, c'e:st du tcmp· perdu ....
Bassemhlement let dan. troi jours aYann~ 1
On le emliroclicr,1, on le rô1ira, on les
mangera 1.••
- À la sauce blanche! amplifiait Joy rmu,
lapant des piPds pour faire du uruit.
Le Globanic, reculé prè de la l'hcminér.
han sait le épa11l ; il mépri ait ~eue démence, pré\·oyait des lendmnain.s lamentabl · ·
enfin, il 3\'ait es rai ·ons pour qn~ fo !!ller~

111Pner grand lapa:rc, r~juui qu'il étail à la
prr~peclivc de bataille .
Cadoudal lonilrua soudoin :
- Camnradr I que cen.1 qui onl encor
,les 0Lwr1·ations à fournir les fourni .• enl I li
ne laul pas c1u'on puise dire demain que
uou arnns escamoté vo décision , enl •ré
rotre vole en ~toulfanl le re,•endication •.
Le hru i I déc roi sait peu à peu , 'a p:iisa it;
lc:s Chouan. r1•1om1aicnt à foun, ban· , sïnlerrogeanl entre eux du reo-ard. Mais ceux
11ui, dè.~ longtemp , arnienl prép:ir · ou des
q_ue~tions ou des dist·our~, lt&gt;:- arnienl oublié
dau· leur pas.ion montante: ou, s'ils . 'en
,ouç .naiènl eucnrc., b ~itnient à lt&gt; · formuler, Ill-' lt•. jugl'ant plu de ciroon~l:mce.
Pourl:rnt, l'ainé dt!.' du Boua)'s, 1111i élail
oL~ e et de nature prudente, marmotta de ':I
place •ruelqucs mots iurompri'.
- Plu· haut! crièrent Ji ,·oi •
- Jo &lt;·ph Ju B-0uay , interrompit Georrre .
~i tu p:1rle , c\• l pour être entendu .•. lèl-c~
loi et ·oi · clair: on t'en prie.
fin Rouay , l'ainé, pou sé par .on l'rèrc, se
drc!'sa pé11iblemen! Lrommenca :
- Camarades ... LouL cela est liel et. bon,
mai~ 11ui ,·a nourrir le enfants et le. femmes,
p!!ndant qut.&gt; nua scron à la chas,c? Il n'y :i
drjà que trop d':1ffnmés, en t mp. lranqnille~
que :.era-ce tp1a11d 1• oommunications ·ervnt
conpéc a.,ee les marchés dl'~ villes'? ... qu'on
ne vendra plus rien, qu'ou ne pourra plu
rieu achel.('r ... en admellanl qn"on nit de
quoi?
Ce. gro~.e phr:,s ,, pleines de Lon ·ens
~n;t"érée par la ,1ulgair rai on, jetaient un
froid dan l':is i-;tance. Tou-; .e r lonrnère111
ver. Georges, inquiets de sa réponse. ll penchait la tête, semblait réfléchir ... la 11ues1ion
l'embarra~~aiL aussi.
Tl n'hé,itail pa' à prè ·lier aux hommes le
·acrificc d • leur exi ·tencc: mai. il ne pouvait
exi~er d'eux la mort de leur nichée. Comme
rlau: Lou. le mauvais ~a • il ~•en tira par la
violence el la colère . Il frappa la table d'un
coup &lt;le poiog formidab e, sons le&lt;1uel elle
"émil, cl clama, la face rrarfate:
- Dieu y pourmirn! Qn'e~t-ce que l'OUS
avez de plus en trwp ' de paix? Rien! Qu'avez,·oa à 1•endre, par cet hiver sans merci?
RiPn! Qu'achetez-,oa a01 ville., vou qui
n •avez pa le ou? Rirn [ Quel c poir de c:banl'cnnuyi'lt.
gcme11l heureux_ con ·ervei·vou ? Aucun! Eh
Cependant, par mille motifs, il nti voulait bien, avec la guerre uoo couperons le
pa sumblcr ·'y oppo ·er de parti pris. La convoi de raritaillcment de ·tinés aux garni\'Oyant décidée, il l'acceptait, forçant a . ons Lieues; il · aura du blé, du pain. Ce
mine: mai sa face bilieuse grimaçait malnrJ
era pour ,·o enfant ! Nou nlrt'roa ·, le
lui; ses yPux rougis, brûlés par on ne sait wnu:e creux, dan les cité~ reuégatl'S, ce
11uelles fatigues, erraient sur le· µroupes
•remer~ d'abondance; nous en sortiroo avec
turbulent : il s'allurnaienl d'une Uamn1e d s sa .. de vivre :sur nos rpaub. Ce era
oiauvai.e quand il s'arrètaient. ur le che- potrr ,·o enfanl t La c:rn1lerie enuemi silvalier de Jo,enne. A mrérnenl celui-là d' :1ait lonnera no plaines: à cotéd $ hom1ue morts
pas de es •ami ; pourtant, leur derneur1,s il y aura de che1·aux mort., de la viand~
n'étaient pas éloignées l'une de l'aulre; il~ toute abattue, et toujnur fraiche. Ce ~t&gt;ra
nlretenaicnt, en apparence, de relation de pour ,·o enfants 1 Enfin, Jan· cba11ue vilJatre,
bon ,·oisinage; mai~, de Le Glohaoic, qui ton le· moyens de ·ub~i lance ercmt mi· en
pouvait conna.lLre les enliments vrais'?
co~u~. JI y a des gens qui ont plu que de
Le chevalier, sans ·oupçonncr celte baine ra1Son; 11· parta•~eronl avec ccu.x. qui n'ont
111
térieu een arrèl devant lui, cooliuuait à pu à lenr suffi once, l'avenir r :ofora les
IIC

�, - 111STO'J{1A

--------

comptes. Et puis, ~ïl faut, a,·ant de tin·r on
épée, e làlt&gt;r le entra.illes, regarder à colf
&lt;le oi, derrière Mi, c'en e t fait de la IJretagne ! .Allez wm rnndre à la R6publique,
elle 1ou · nourrira 1
·ou la colère de son l'bef, du Bouays
s'était cllon&lt;lré; il e la.sait w· son banc, Mi
d.issimulail dan on groupe . •'e[orçail dè
di paraitre.
Encore uPe foi , un concert frénélique
avait accueilli l'apo ·tropbe de Geor"C : ce
n'était-plu l'heure de la sa.gesse, de la prérnyauce; ces fanatiques. 'entnùnanl le uns
les autre , voulaient la guerre à tout prix.
Georges comprit Ja cau·e ga m:e. Il n'en
avait jamai. &lt;loulé d'ailleur.. li conclut .ur
le vir :
- Camarades! que ceu:c qui ,·eulcnt
courre le llleu 1iiw.mt le. rnains.
Toute les cn.ailli, e lerèrent à l'unanimité.
Le Gloha.nic ot Je · frère du Douays an1icnt
donné l'exemple. Guillemot fouillait l'u , tJml1lée de. ieu1, prêt à tordre le cou au pri:micr
oppo~anl, ou mémé au premier hé itanl. Il
1ù:ut pa. à prouver a ,·igueur el a Ll'olalilé;
tou étaient pris de la même fièvre, cldaienl
au m:i!!Déli me ambiant ou cachaient leur
appréhensions ous de dellor de rureur
commandée.
Alor , George reprit:
- Unanimité! ni opposition, ni ah tention : la 0 uerre !
.'.;a \Dix de ha~ e éclatante couvrit le
applaudi · ment , franrbit le murs, bondit
sur le village. Tou L'entendirent; un fri on
passa. L, rieillards grave . les femme pàles,
les jeunes eu hre , répélaieut lou.s sur
de Looalilé~ difersc , de Lriste e, d'angoi e,
d'enLhou. ia me :
- La m1erre!
Le comte Alel de Fer en, Les bra croi é ,
di:bout contre la fenètre écoulait et conwmplait ces b11mme en délire ... , 'J'oul ce qu'on
lui avail rapporlé, Lout ce qu'il avail imagiué
se troU\'ail démenLi d'une part, dépassé de
l'autre par la réalité. On lui avait, à Loudre~,
représenté Je- Chouan comme des pa)'san ·
obtus, sauvages, au::r band sans di ripliue,
incapable d'un mournnenl d'en emble ou
d'un effort rai onné.
Obtus? san do11Le; auvages? à coup ùr,
elju qu'au paroxysme; san di cipline'l peutètre hier; aojourd'hui, non pas! Il vibraient,
~e pliaient, se dressaieot, à la \!OU d'un cbef
qui le tenait tou dan a forte main. Celuilà les pétris.ail à . a guise, en ferait ce qu'il
voudrait.
Mais à quels actes de !t!rociLé ne fallait-il
pall 'allendre dtl ln part de ces brules exaspérées'? Quels carnages allaient uivre i, en
efl'd, douze mille barbares comme ceux-ci
drvaienl se ruer demain ur le cités ouverte '?
Fersen, un à un, ditaillait ce. visages. Dans
leur folie, ils élail'nl !lfl'royaLles: Jacques
Eveno, sec el velu, en figurait le prototype,
sinistrement caricatural, tragiquement exagéré. 011s le impressions ressen.ûes, 011
masque grimaçait, .e co,wulsail, épileptique;
ses mâ.cboire , trous ées, décomraienl des
1

______________________________

_.

ans aucun acCl'nl, en langage sol,re el
dent jaunes de vieux cheval crevé; se yem:
pli és, bridé.. es )'CU au dur regard, .ous grave, le comte suédoi monolo•rua lon.,temp
d~ paupière an. cils, OambaienL, en rouge dan· la lupeur de homme :
- Me sieurs, je réclame par avance toule
éclair, d'une joie homicide. li se balançait en
avanl, en arrière, sur e deux jamhcsjoinles. \'OLre attention, toute volrll patience aussi;
le poinj! a111 banches, IP tor,e renvenf, car je vais bics (;'r en vou de allachements
comme dans un exercice d'a.souplisseme:nt; i[Ue vous croyez légili1m:s. Je mis ahai ser cc
san doute, il e tillait se préparait déjà pour que ,·ou avez éle,·é \'Ous-mèmes, dao un jour
le bonds formidaLle à Lravers la mêlée. Il d'erreur et de foi malencontreuse. Mais je le
iospirai.L l'idée d'un faurn plus que d'un [a.i au nom de la ju ·Lice el de la vérité, pour
homme. Il .uail la bra oure aveugle, puait le ,ou rendre, par cela mèroe, d'autre amours,
crime joyeu cmenl perpétré. a ,. ·Le, en peau d'autres dcYOÎr • ha és sur les vrais droits.
de mouton, gardait de tache de sang an- Me sieur , ce matin d'été oi1, groupés sur la
1. nde de Camors, devant la mer éternelle, on
ciennes.
Fersen eut un léger haut-le-cœur à penser le ciel, ce témoin, vous avel lei" vo épée ,
q11e c'était ce genre d'individu qu'il allail lui ju ·qu'à ce jour fidèle , en crianl : « Le roi
falloir convaincre et qu'il ollicitail c.omme e L morl, Yire le roi! » où vous a\'et acclamé
allié . il regreua pre ·que d'èLre venu; le Loui XVlll et joré de lui rendre son lrône,
courtisan de Trianon re pirail mal dans cette ce malin-là, .ans qu'aucun s'en doutât, \'Ous
odeur d'étable, ce âcres rcleuls de peaul'. éliez tous, me.sieur ·, de félons et des
d'hommes, de peaux. de bêtes, mêlées et con- trailres ....
Une r111Deur coupa celte accusation étrange;
fondues.
liai la grandeur dt! sa tâche lui in pira le rnmeur d'ahuri ,ement, urtout d'incomcourage nécessair~; il iovo,{ua toul ba la prében ion ab olue.
Fel'sen la laissa tombel' el reprit, la voix
Royale MortP, dont on à.me restait à toul
plus
haute:
jamai éprh.; et ce fut d'une voit ferme,
- Oui, Yons étiez félon et traitres, c.1r
an:c un maintien n uré, qu'il s'exprima
derant é t:hd de loup , quand Cadoudal 1·0\re roi n'était pa mort; car ,•otre nai roi
eut ohleou le ilwce el lui eut donné la pa- n'est pa mort I Le duc de ormandie, le
dauphin, Loui X.VU, que Dieu garde 1 'est
role.
Auloar de lui. le atlilllde., pourtant, n'é- échappé du Temple. Il vit, on l'a sauvé. Qui'?
taienl pas enooura"ea11Les. Les Chouans, ac- Louis de Frotté, ùont le nom , ou est une
croupi· le l,ma des murs, entassé· sur les r,araulie; avec qui? a\.'ec une dame de Beaubancs, accoudé , ur la table, Oairaient d'une harr,ai, , gr;lce eolin au concour' de Barras,
sur le tard apiloyé. Le eul roi, Loui XVII,
fils de Loui X\1 el de Marie-AnloineUe, ces
martyrs, par ma voix crie justice et réclame
le ien· !... oldat du roi, rg:connais ez
,·otre roi légitime; reoiez les u urpaleur ,
l'homme de Vérone, Provence, qui veut la
couronne au prix d'un forfait; d'A.rtoi qui
consent et se faiL complice pour monter d'un
degré ver le 'frone de France, ces deux
Crère an remords, ce oncles an pilié !
- Dei, prémc I cria Rohu, an milieu d'un
désarroi général.
- üe preuve 7 répliqua Fersen, la premi~re, Lui-mème : JL est!
- Où esl-il? demanda Penanster.
- Où est votre roi? répétèrC.DL d'autres
\'OU.

fl

y ::,·ail /011jo11rs .us go:1~/11reaux tte,,;int Je·comploir
dt la,bell., Perruquière, qui, sou, tretexte ;t,'atlen.dre
ltur four de lu~rbe, lui conbltnl dts douceurs.

(Page 3ï8,l

narine mépr' ante cet ancien tol de cour,
fieur11nt la hergam Ile. lis ne reconnaissaient
rien de commun entre eux et h1i ; enfin, ils
e déllaienL d'ins1incl parce qu'il éLail étranger.

- Loui XV!l '? ajoulaie:nl d'autres.
Lo comte de Fersen hésita.
- Je ne le puis dirll ....
- Pourquoi'? Par défiance?
- Folie! jeta Le Minlier.
- Allez le chercher, ricanait Mondor •.
- Ce n'e t pas sérieux, dit Allègre.
~lcrcier bau ait les épaules :
- Il y a procès-verbal de on inbumalion
au .llonilew· du U ,iuin ....
- 'ubslitulion d'cRhnl. .. voulut expliquer Fer en.
Guillemot s'annçail :
- Doit-on croire à la parol • d'wi étranger? Quand on a de nouvelle de ce calibre à
vou ervir, ou se dérange oi-mème ; Frotté
aurait pu se payer le voy:l're; el, ffa-il là
eucore t&gt;l con6rmà.l-il ceUe histoire, que je

douterai de sa rai~on. ~Ion ieur le comte de
S11ède, qne peul \'OU , fa.ire que ll'l ou lel roi
règne en France 'I Oe quoi YOU mèlez-vous'!
Quelle ont vo caution , vos garantie ?
- Monsieur le roi de Bi«nan, j'ai nommé
Frotté qui m'accrédite et riue w,us traitez de
fou ;j'ajouterai : La VicuviUe, i vous voulez,
que von ne re peéterez pas pluq, Mais, j'en
adjure ici l'âme de la reine morte, on fils est
sauf et vous le reniez I Je ne suis pas Fraricai '/ Ah! mes ieurs, mon cœur est enterré
en France ... mais rous ne .a,·ez pas ....
Dao l'olllbre où il était demeuré, le comle
1.:évère de Kerret murmura :
i, je sai·.
- Monsieur, rC'pril Allègre plu calme,
ceci n'est uullèmenl personnel, car je vous
lien pour un loyal genlilhomruc, mais vo11s
trouYerez naturel que notre premier mou,·ement soil un recul de défiant·e. Comùien de
fois lu Hépnblique, par Ùl!s tlmissaire , étonnamment habjle dans leurs rôles diver~.
n'a-HIie pa: lenttS de divi er le parti royaliste? Xou ommes de gen impie , vivant
à_ l'écart, sa_ns nul renseiguemenL; vous jutrer1ei mau"a' vous-même et le premier que
nous acception à prcrnière ,rue, san contrôle,
une révélation de sembla hie importance ....
Lais.ez-nous sourtlcr ... ré1léchir .... Ajoutez
dei; éclairci sement ... et, ·'il y a lieu, nous
seron a\'ec Yous. Mai~, accu er Provence,
d' Ar toi , c'est bie11 gra,•e, surlout à des
heure comme celle-ci , a dl' veilles de pri
d'armei:, quand toute divi ion est un péril,
qua1ld la foi doil demeurer entière. '011gez..y
et pardonnez-nous d'exiger d'autres preu1·es
11ue votre parole., encore qu'elle soit san
prix ....
Cadoudal, ados.é au mur dc.l'étn.Lle, regardant fi.m uent la terre, évit.ait de prendre parli.
- Tu ne dis rien, George·? lui lança Mercier ; que pen es-tu?
Georges rele,·a la tète.
- Je ne ai~ pas. AL de Fersen m'a donué
plus de détails qu'à vous el je reconnais qu'il
y a vraisemblance.... 'imporle ! Alfü!!rc a
raison. Ce n'esl pas l'heure de pareill; 'luerelles. Re tons unis devant les Bleus. C'est
ponr le fioi que nou · comhauons. Quel e Lce
C\~i1 on décidera plus lard, quand la Républi~ue sera renrnrsée; cuci me paraîl le plu
sage.
,Jacque Eveno Louscnla ses voi ins, l'onça
ver· la table el heo la :
- Nou nous haltons pour la royauté,
parœ que la royauté nous rendra notre Dieu
e~ no prêt_res, libérera nos fils de la con cri pt ton .. . mai le nom du roi, ça non· est égal.
Voilà!
- Monsieur, dit Cadoudal à Fersen, cet
homme, an rhétorique, a clit la vérité. Nolre
ca~se est plutôt celle de Dieu que celle du
ro,; n~us somme a \'eC le roi parce qu'il e l
avec Dieu. ans plus.
Fersen, déçu, se mordit les lèvres; l'e poir
lui ~chappait.
oill fü-il; assez pour aujourd'hui;
~ais j'arrherai bien à vous convaincre ... ctir
11 Je faut ainsi.
0

- Alors, ,ou r 'lei des nôtres? dil
Georges t'll le rerrardunt entre los )'eu\..
- J'ai l'honJll~ur de vous demander une
place au premier ran r de YOS soldats ..Je vous
rap1iellcrai que j'ai ùéjit servi, dan J'exp(:dition d'Amériquf', sous le drapeau de h
Francu, et rrue ten : . 31. Loui X\'! m'a\'ait
nommé colonel -propriétaire du régiment
Royal- 11édois.
Le "' age du grand cbd, as.omhri une
seconde, e dérida ;
- Celle place, ,je \'OUS la donne, M. de
Fersen; mais, eu effot, c'est une fanmr.
- c·e~t ain i que je l'entend,, l'l1pli4ua le
conile Axel en :;'inclinant.
- ,oyon· reprit George:. un Joigl .ur
le nez, dan une atLitude réfléchie, quel balaillon choisis ·ez-rno ? Vous ne désirez pas
avoir comme chef ce braye E\'eno 7 rous savez,
le deruier qui a parlé ... tenez ... là-bas.
- J'e.n préférerai un au tri•, répliqua ~im•
plemmt Je tom Le.
Georges repri L :
- Joyenoe e l bien jeune pour vous, hion
étourdi pour \'Olre •ra l'i té .... Mais Kerret. ...
Ab! Ker rel! voilà votre homme, oh! Luul à
foit. Il appela :
- Kerret!
Le comte Sé\'ère 01·tiL de .on ombre. ans
doule, il avail écout(,, entendu; il semblait
hé ilant, en proie à des pcrplexil~ .an
nombre. On eùl dit qu'en ~on e.pril 58 livraienl des combals conlradicloires. 11 s'approtba, raide el guindé e11core plus qu'a
l'ordinaire.
- M11nsie11r le comttJ de. Kerret, cl1ef :iu
3• bataillon dl! fa légion da ~lorbihan, je vous
présente et vous commi-sionne ~I. le comte
Axel de Fersen qui, désormai , ~er"ira sou
votre commandement. Vous l'honorel'ez selon
on mérite. Je v,ms quitte, mes ieurs ....
füGeorges, lai ant les deux aentilshommes
en présence, revint au groupe de ses capitaines.
- )fon ieur de Fer en, dit Kerret, après un
échan°e de salut cérémonieux, 1·ous êlcs
mon soldat; voulez-vou être mon hôte 'l J'habite, à deu1 lieues d'ici, un manoir sans
beaulé. Je suis pamTe; mai , telle qu'elle
esl, ma maison vous e l ouverte.
- De grand cœur. monsieur de Kerret,
,·épondiL Fersen, hcurl'UX de rencontrer un
bomme de son âge, achanl saluer, cl parai :-anl, enfin, à peu près éduqué dan ses façons
de dire.
Cependant, Georges di.loquait le conseil.
- Mc ieurs, je ,·ou rends à vous-même! ;
allez dans 1•os villages, assemblez vo homme ;
dan trois jours, vous aurez des fubils el de
la poudre; je vous l'ai promis. Alors le toc in
sonnera dans tout le ~orbiban. De grands
feux sur les hauteur vous avertiront qu'il
e.l Lemps de prendre la campagne. auf
conlre-ordre, vous vous dirigerez vers Locoal
même; j'y demeure ou j'y serai reYenu. Allez!
Tous sortirent en tumulte, se répandirent
sur Je routes, les uns à pied, en sabots, les
autres sur des bidets maigres, d'aulrei: encore

--

dans d, · carrioles grinçantes; de ces dernier~.
élaicnl le comle de Kerr L el le comte ùe
Fer •a 11u'il emmenait rommc un hôte - 01.1.
comme un prisonnier? - il ne le aYait pa
eueore lui-même.
Allègre, M!'rcier, Joycnnt&gt;, sur l'ordre de
Georges, étaieul resté près de lui. li y avail
beau temps r1ue Turpin Le Globanic aiaiL fil~
dans la nui! tomhante, pres~é de rc 0 abrner le
cbil!A!au décrépit où il vi1•ail a"ec reltc sœur
11u'il cbéri~!'ail avant tout.
Le Yillagc retomba.il nu calme, au ilence.
Dans le~ maisons, par les îcnêtres ou le.
parles ouvertes, on apercevait dè rude têtes
de pay$3n , les cheveux rnhatlu ur le rronl,
penchés ·ur de !atn: qu'ils aigni.aient, puis
1:mmancbaienl à rebour· ....
One hturC plus tard, dan la salle de la
ferme, de nouveau il y avait conseil i ton cil
privé, celui-là.
Ceol'ge et Jo)enne avaiunl été avertis par
Alanik qu'une femme iocounuc réclamait
d'eux j11 Lice et protection. Le chl!f des courriers n'u,·ail pas voulu en dire davantage. Pr&lt;&gt;rnynnL quelr111e lénélireu ~ bi,-toire, Georges
i'éLait adjoint Mercier, son ami, Allègre, ~on
camarade. Lous d~ux anciens pri ouniers de
Lire l romme lui-même, gfilJS de sens et d1i
cœur éprouvés. ,hec le cbevaLiel' Bernardin,
ils allaient con tituer une rnrte de tribunal.
Autour d'eux, l.i long des mm-$, la îamme
Gynom-ez se tenait debout. en ligne, par rang
d'importance. C'éLaienl 1 · témoins.
Dans la cheminée, un beau feu clair dansaiL en ronl1anl.
éza avait allumé les résine des grands
chandelier fait d'une li"e de .aule, de
chandeliers de cérémonie; leur ilnmmc ùrùlail droite et h:mle, comme des cierge devan l
l'autel.
- A1lons, dit Georges à Alanik, il e fait
lard; finisson -en a1•cc Lon hi toire; fai entrc:r
cette femme.
Ce dj aot, il grattait une tache de boue sur
sa guêtre.
Le fermier ouvril une porte :
- Jlademoisélle....
Elle parut. Cou,·ertc, du col aux pied , de
la longue mante armoricaine en drap rougegrenat, la mante de ~éza, la mante de jours
de fête et de proœs ion, elle semblait grande.
Du collet rouge, émer.,eait une rnte très pàle,
trè fine, immcn émeut triste. Ses cheveux
noirs aux rellels l'Oux, coupé court , « à la
victime , lui prètaient à prl'mière vue une
sorte de crànerie ma culine ... mais la fiène
des regard , lirùlés de larmes, contredisait
aussitôt celle irnpre sion trompeu~e. C'était
une créature brisée, exl~nuée, n'en pouvanl
plu~. que les quai rejuges, déjà émus, \'oyaicnr
devant eux. ·•ombrcmenl eL doulourcu emeot
belle, elle se Lonail droile contre la table, la
face éclairée au reflet du foyer. EUc allen~
dail.
- lladame, prononça Geor"es, la gorge
un peu sèche, on nous a dil que vous réclamiei de nou , je ne sois à quel Litre, ju lice
el proLcclion. E l-ce vrai?
Elle rougit, cherclia sa salive et répliqua ;

�--

111ST0~1.ll-------------:----------~

- C'e t \rail GC(lr:;?r , n'tileM·ou pas lé
ch,,r Ju Iod,ihan 1 N'.t\l':M·11u • pa droit de
contrôle el d'intervenLion ·ur tout r..c qui se
pa se rn!re Lorient et Vann .,'/. ..
Iadame, interrompit Cadoudal, il y a
mépri c; ,je ne ·uis qu'un ·oldat. Il existe
&lt;les tribunaux con. litu s dans les Yille que
\'OUS citez: la népublique ....
Ell coupa:
- Je ne reconnais pas la népublique et
n"ai 1p1e foire de se· décision 1... Georrres.
(\coulez-moi. Je ,·ous r~pèlc que c'est de vou.,
Je ,ou cul, que doit, que peut tomlier
l'arrêl qm me samcr:i .... George , vous me
i.:onnai · ez... wus m'avez counuc.... Par
grà.œ! ... au moins, demandez-moi mon nom.
Les chefs chouans 'entre-regardèrent curieux, pr1 d'une angois e à 1:ette requèl ·
·ibran le. Et pui la suppliante. était impiement adora hie....
- • oit, fil Georges., vos nom '!
EH, &amp;e pcnchn Ter~ eux, et, d'une 1oi1
éclat:inte, e1le jela co~e un déJi, comme
nn cri de comùat :
- Marie-Anne-Claudine Le Globanic, d
Locoal IJarsco""l, fille nohlé, née du comte
Gille et de la comLesse nna, demoi-elle de
Penerven; et jP ui ici pour réclamer ju lice
contre mon fr~re, Charles-Loui 'l'ul'pin;
coolrc lui el celle qu'il a in tituée en mon
liéu et place, en me folanl à on profil menoms, me. Lien- et qualité , ma ,ie entière,
pni qu'elle est moi-1në111e et c1ue je ne ,uis
plus rient Je veux mon nom.je Yt'UX \ivre ....
Ju tioo l jusLiœ ! justice l
Les qua'tre chouans, stupéfait.~, remués au
c:œur, s'étaient dre sés.
Il la contemplaient, celle ren:nante, celle
rt&gt;tendicatrica, inattendu per onnage dont
l'autre n'était qu'un double.
- Elle dit vrai! cria &amp;4, en étendant la
m~io.
- Tais-toi, femme! gronda G •nomez, la
repou ant daw l'ombre;· lais e parler le
gens in truits ....
- Cct·i éclaircirait bien des choses, murmura Joyenne, les yeux loujours füé Mu- la
jeune fille.
la journée des impo 'Lures, remarquait .Allègre; aprè · Proveoce, Le Globanîc:
apr~ lt: Dauphin, Claudine.
Mercier parla :
- De Turpin, loul est po sible ... explittuez-von , jeune ûlle. 'ous ne demandons
11u'à êLJ.'C eonvaincu .
- Oui, ré· uma Georges, c'est vrai qu'il y
am~· 1ère dans llarscuét et soupçon tout autour, mai· on ne condamne pa sans preu~es .... Parlez, cherchez; a,,ez-rnus un toit
précis, qucl11ue suuvenir probant 1
- Écoutez Lou ! dit Claudine, celle foi
rn dialecte breton .... Écoute, loi, Georges,
d'abord! ... Te souviens-tu?. .. il y a douze
an · ... ton p~re te menait, d'Auray, au collège de Vannes ... tu n'étai pas gai, dans la
carriole, où ton bagage dansait à l'arrière ....
Cadoudal eut un lé 0 er sursaut du buste et
s'intéressa ....
- Te om-it'ns-tu? ... surla route, un trèl;

- c·~t

,·ieu:.. ho01111c tirait uuc c11fanl par l~ main.
Ton père, r m:u'~uanl lt:iur fatigue. lem· J •manda 'ilf, allai!'nl loin rncore?... et le \"ieux
dil : u A Vanne D Alor . t&lt;m père, arrètaot
la carriole, nou fi L mon Ier à côté de lui, à
coté de toj, le vieu_x Ginouvez, le père d'Alanik. el moi, toute pelite fille. George , Lu
avais ce joW'-là nn pautalo11 Lrèll long, lrèR
1:i.rge; 110 veste de marin 1t col raballu, le
tout en drRp uleu et le bonnet hleu de.
~è\'es .... Tt~ ·ouvie11s-tu, George ? Le père
Gynom-e-.t e L morl un an apr ·.... EL cule,
jl! puis sarnir .... Qu'en di.-Lu, Cadoudan
Un p a blême, le gro homme repartit en
hrl'ton, à .on 1our:
- Je dis t(Ue je commence ~ croire. ...
Turpin e Lun coquin fiefîé.
Claudine repre-nait, toujour en idiome celtique
- Bernardin de Jo1cnne ! tu :nais quatorze aru:, moi, donzc; c' 11nit quelque. moi
a1•anl mon dJpart r Tu e pa sé à che,·al avec
des jeunes gens comme toi, sur la roule où
j'allais, a\'~ d'autres fille· ùe mon â"e; lu
m'a. re,.ardée el lu as bien voulu dire :
11 oyez celle pr1ite; pour une paysanne elle
a vraiment hon air! i&gt; fo t'ai répondu : u Tu
fais ernmr, mon ·icur de Joyrnne; la paysanne
s"appelle Claudine Le Glohanic; uu uom ltUc
lu saï· 11oble depui millè an . » Tu as levé
Lon chapeau a-rec une ré\'ilrenœ d'e:i:cu.e ....
Et nou étion très rouge Lou. les derr:.
Jo\·ennc S.'l.ltta de son hanc :
___: Claudine Le Globani ·• je suis ton che~
valiPr l Par le ·mg du Ch.ri t tu dis vrai!
Ta bouche esl siocère, ton cœur est droit.
]Ions, Ca&lt;loudal, appelle-la par son nom,
car, toi au i, tu es certain qu'elle parle sans
men on,,.c. El ,·ous, Allègre, Mercier, croi· znou ur parole, 1 la r • onnais, ez !
- Claudine Le Glohanic ! crfa Georges. à
rnix µleine, tes Îrères de Bretagne le Ml.uenl 1
Tou;; l'entouraient. lui serraient le mains;
alors, elle fondit en larme , les nerJ.s làchés;
elle s'ahatLît ur un banc. 1:ynouvez s'approcha d'elli:!, plia le genou :
- Pardon, mademoiselle 1
l)e quoi, AlaniJ.? sancrlotaitClaudine.
- o·a\'oÎr doulé.
éz:i. venait à son tour; elle cnvcloppa.it sa
fille de · lm . la berçait comme un enfant,
endormait sa douleur et elle répétait :
- .le n'ai pas douté. moi! Tout de suite,
pàlc cl qua i morte, j•~ t'ai reconnue .... Et
les yeux, tes yeu:l ... jl m'ont crié : 11 C'est
moi t ·za, c'est moi! n Relève la tète, ne
pleure plus; ce messieurs t'ont saluée par
Lou nom; tu e nol,le, sois fière! Tiens, reogard • Tina, Olier, Fanch, Jili, Maze, les
amis d'autrefois; ils s'inclinent, il aLLendent
que Lu leur donne les main . . .. Vois ce
deuxim.hécHe : Oanocl Mivet, el ico, c.e mioche; ils pleurnichent; ça s -permet d'avoir
du cœur .... Tiens, voilà Rok qui le tend la
palle; allons, ne pleure plu , souri ; mieux
que cela ... veux-tu rire! ... pour la vieille ...
à la bonne heure, merci !
- A présent, dit Georg , contez-non~
votre histoire; dépo ez devant notre tribunal,

no11~ sachion~ comment accu ·er et C&lt;Jufondr Le Gloh:111ic.
.'\lor:;. Claudine p:irb; èlle raconta.il a
misère 11' 1i avail duré hui! un née . .
O'al.iord. en quittanl [far colil, le comle
Turpin 'étail dirigé ver Puri.; ru route .
dan~ la succes. ion &lt;les po:-le et de relais,
chn· le· aulier,~cs, pn une fois il n"adrr.sa la
111rolc à cette enfant, cetle sœnr 1p1i semblait
ne point exister~ ses ycu:r.
A Paris, il y avait, à celle époque, rue
Saint-Hm1oré. un monastère &lt;lit de la « ,onrrptioTI 1) dont tes jarùin éLaieul va te , ln
oüt ude r!!cucillie. Mo~·ennant .i"l cent lines,
la l'han&lt;lclJeet le hois payés à pari, l"s dames
de La Conception rece\'a.ient de élève penionnaire .
te Glohnnic condui it Clllutlint&gt; 1t
conff'lll, où, peudonl Jeux an . il l'ouùlia. Ce
rut ponr elle w1e épm1ue rcJatfrement heureuse; elle èlait douce el rési,,.oée, ar.ceptait
l'exil, le cloitre, ayant redouté pire.
Ouellc vie, pendant ce temps-, mena le
comte Turpin? 1.We n'cu pournit rien sa"l'"oir;
il e. l prol.iable r1uïl tenta tl • ~e "li ser à la
oour où sa pelite noblesse, on mince bagage
ne lui permir nt pas de faire figure; d'où il
ful sans doute iicondoit. ProTincial privé de
Lont dan on e.nfanc:e, il dul e jC?ter avec
1,iolenee dan, ce (Jl.i'On appelait le- plaL~irs
de la ca11ilale. l'ari ' éLail moin &lt;-rige.anl
4uc Ver aille el accueillait plu wlonLier
1 a,•enluriers de tout poil qui s'y rnMienl
former aux ùt&gt;lles manières.
Ao commencement de 1789, Turpin arrirait inopinémenL au monastère Je la Cooception, exigeait ,iu'on lui fürùL Claudine .ur
l'b.enre; el, malgré sa rési l:mce éplorée, l'enlevait pour la seconde foi .
Les voy{lges recomml!m·èr.enl et dnrèrcnt
des semaines. L'enfant ne savait plu quels
éLnieot le pay ucœs if qu'ell• trayersail,
ni '1uel était le bul Ùè celle nou\'elle errance.
.\.Ill portes d'une grande ille, qu'elle apprit
plus tard être Montpellier, .'élcvail le cloitre
du Cah-aire, couvent sombre, d'aspect tri le,
toment ù l'csparnole, pluLùt maison de force
tiue retra.ile de Dieu. En effet, on 'enfermait,
rnr la plainte de&amp; ramille~, les filles de noble c, voire de bour!œobie, qui dès leur
jeunes II ou leur enrnnce, avaient commis de
fautes gra\·es ontre la cha.slelé, le hounes
mœurs; en un mot. des enfants vicieu e , ou
des \·ictime d'une haine c:icbée el d'intérèl ·
puissants. Claudine an ment.1 le norubre de
ee dernières. On -racontait 011verlemenl
qu'une fois entré là, on n'en sortait plus
gnère que le pied• en avant, •ntre 1p1atre
planches jointes. Turpin, san un reml de
conscience. an: 1m rrémi ·semen t, livra a
œur aux .alvairienn . religieu. es cloîlrées,
qui dirigeaient celle pri,,on. Que dit-il ,ur
on compte? que puL-il imaginer? cel:i reste
un IDJ~lère. lais Claudine, dtJS son cnLrée .
fnL reléguée en cellule et surveillée étroilcmcul. .Elle avait quatorze ans. Là, elle ouffrit
une inœssanle torture; le silence ét..,il de
règle ; quand elle voulut crier aLt secour:1, on
l'avertit qu'il existait sous wrre des cachot
&lt;(lié

L'ES ÉP"ËES DE FE~
po~ Jes révoltées; die :;e tut par terreur,
su. bit on . or!, cette discipline, comme nnc
fa1bl~. e opprimée p:ir une toroo SllO limite~.
111! an., rllc "'.écut_ li1, lès chm·cnx coup~s,
uoucI1e clo i:. a peme nonuie · réveillée à
lroi' beurt• de nuit par la clo~be des mati1'.es; ~~or:1nL. par contrai nie ce Dieu 1111 i
, 1ouLlJrUt; des heures el des hrnres à geuoux
~ur la pierre, parfois mèrne l, corps étendu.
fnrmnnt la croix avec le.~ bras ,&gt;moerLs; et tout
cela en pnnilion de ses faute. et pour châtier
a cbaîr mupaLlc.
C'e t de ce temps que celle Bretonne oima
moins la Vierge et les anges qui ne venaient
pas à son secours.
Comme elle atteiunail sa dix-neuvième
année, bru 1piement, dans le silence éternel
de cc cloitre sans écho, une clameur de
îurrnr éclata; des cri de lriompbe et des
chansons obs~lme montaient, vociférée par
d bouches ignobles, puant le vin.
C'él.àit une bande- de AfarseiUai , qui. passant par là, avaienl conçu, devant ce mar
éno:mes el ~~tte porle barrée de fer, le joyeux
proiet de Yl 1Ler les nonnes et déli \'rer les
Ù&lt;)!1nes filles qu'elle retena.ienl captives. L'e-sprit du lemp , d'ailleurs, les J encourageait.
A leurs sommations l'éitérées, le silence répondit eul; la porte reslail clo e; aussitdl le
siège Fut décidé; des coups de fu il crevèrent
les ,-iLraux de la chapelle; l'assaut n'allait
pas LarJ, r.
Les Calvairiennes comprirent enfin, m:ii trop lard, fa folie de leur résistance. Il n' ·
:n•ait pas de ecours à espérer, el la porle
lentement gli sa, tourna sur ses gond . vcc
de. huées, des ·lameurs de joie, le llarseilJais se précipitheat; Je mona 1ère !ut en\'abi ·
le religieuses, deYaul l'auLel, forent ma a~
orées en ta , par uo feu de ·alve sommaire ·
el les anciennes prisonnières, déclarée libr!!S:
e relrou\'èrent, au plcin air, ur Ja route au
milie~ d'une ~roupe de bandits qui les ~mport..uent en Lr10mpbe. Derrière elles, le cournnl hrillait.
A cet endroit de son récit, Claudine ne
parlait plus tJu·avec effort. Elle prétt:ndail,
dans . a stupe?r, _être re tée longtemps san •
con.science, n avoir plus de souvenir.. Oe
~ème, ur ce qu'elle ét.iit devenue, pendanl
1année qui s'était écoulée, dcpui sa délivrance jusqu'am jours présent , clle resta.il
muette, évitait de 'expliquer.
Le rôle de ·on frère, le comte Turpin, étnit
Lien délioi; elle avait prouvé, ll'oi fois
prollvé, sa cuJpaLilité, sa forfaiture son
infamie, on crime; cela dovait suffire ceu ·
qui l'écoulaient.
_Ils r pectèreot un secret qu'ils pressentaient_ lamentabl~; le fait étaient patent ;
Claudine conclua1t ur une interrogation :
Eh bien, George ·?
F.b bien, mademoi elle, vou serez
vengée, rétablie dans vos droits, je Je jure!
~n attendant, rnus dm·ez re ter cachée; car
si Turpin soupçonnait votre retour et voire
pcésenœ, si l'au/l'e urtoul en était a,·erlie
il y aurait cc.rtainemeut péril. Celle ferme es~
o~verle et peu sûre ....

à

--...

Q11at1.i Rose Dlvoi tllt devant ellt ces .f!W//lshommes,parte11rs Jes ('lut /;,eau•..,; noms ;u !".-lr,no,·,eUe J11 t .icsap"
J!Ol11lte .... Elle &lt;ll'Jft rii·é Jes nury11ls ('01drés. le /rlcvrne s,,,. l'orellle, l'~ù • en quart di! cfrailêrt ., dt /a
denttlle 1111 col.de 1~ de•tle/le a11.~ milns, fleuranl le b~njolu, t'am/:&gt;re 01• /,J ber-.amote .•.. !Page ~8,.J

- Georges, intèrrompil Bernardin de Joyeune, confiedane, s'il te plail, cetleJetme fille
i• ma mère. Dans nos murs, le dialile n'irait
pas la chercher, il s ·y piquerai l les doigts.
oit l dit CadtJudal aprèg avoir réllécbi.
Et, tout ha , il gli sait au jeun~ homme :
u Oui, à ta mère, mais pas à toi .... D
Joyenne fil une pirouette.
- Et d'abord, acceptez-\'ous ce retuge,
cet asile, Claudine Le Glohanic?
- Oui, répondît-elle an bésiler; je l'a.cœpte avec autant de cœur qu'il m'esl olfert.
Joyenne reprenait :
- 1e m'explique à présent pourquoi Turpin me fait grise mine. Il m'est arrivé d'en... 3:--7 -

voser les rore:l lleur de nos jardin.s à sa
sœnr présumée, ,je crois même lui a voir fait,
parfois, un Lrirt de cour; il fauL Liien s'acrupcr .... lié! li é! il en a pris 001bra21? ...
d'auLaat mieux que.... rarbleu ! le vieux
drùle est ja.lolll !. .
Et re1·enaut à Claudine :
- Mademoiselle, 1a nuit est noire, il est
trop tard pour gagner les Reposes. Demain, si
l' Ous ,•oulez, vo □ s parlirei. avec moi. AJanik
nons mènera da.n sa mcilleure carriole.
Elle acquiesçait de la tête; elle ouriait à
présent.
Elle se sentait reconnue, redevenue légi1ime : elle reprenait sa fierté, en dépit de
on long pas é si troullle ....

�111STO'J{1.JI

"-----------=----------------------- --~--

au avon d'or dans le hnl innocent de e faire d'une substitution poiuta conîusément de.r~
raser. Le diable l' • poussait; œ fut ~a perdi- rière les brouillard de .es perplexil~ . En }
rêvant, il fit prendre sou main des nouvl'llt's
lio11.
li y avait dem an 1p1'il avait quillé la de Claudine, loujour cloilrw ~ la Conception_:
Ilretagnc, six moi qu'il av:IÎt renone · d60ni- il apprit qu'en deux ans la petite fille etaiL
de9~on~ grande, d,m~nue fommP, el que E:'S
ti,ement, aprè~ cenl avanie , à Ggurerjamai
quatorze an- en parai~ aient dix-huiL. li murà la cour de Ver ailles. li trainait dan Pari
une existence oi ive, mnn"eail son argent mal mura:
- L'âge tle Rose.
à propos, ans rande .atisfoction , et sonL'idée se precisait. Elles étaient brunes
geait vaguement au retour vers le clocher de
to11 te les deux; arnient to11Les les deux les
Locoal.
Il approchait la qunrantaine: l'air de la ieux Lres grands et noirs; ceux de Claudio~,
en plu , étaient légèrement triés d'or, mais
c.1pilale Dl'.' l'avait pa embelli.
Malgré cela aYec ~on gilel de satin vert qui avait cela? L'expres_ion des deuxre~ards
d'e:rn, brodé de petite lleur roses, a\·ec es n'était pas la même. as!:urément mai le
lrn. de .oie gri , .es eulotles couleur puce, regard change avec 11'.'s tunes et les àmes
~un habit violet, on lricoroe galonné d'11r, il peuvent elles-rn~mes changer :u1 cours de
fil 'luel111.1e impression en entrant chez Di1·ot, ans, en cour de rouLP. li y a\·ail vingt et
pern111uier de bour..,eois. Ce nonveau venu qudc1ues mùis que Clnntliue avail quitté Losentait son gentilhomme, oo s'empressa. no e, coal; encore un c pace de temps égal, el 11tti
L'u urpatrice d'Uarsc.oët, la voleuse de enfermée dan a cai se, lui dlipêcha de loin diaLle, en Morbihan, erail susceptible ded1.nom , 1.i îaus e Claudine Le C.lohanic, s'ap- . on regard du dimanche, el le pro incial en tinguer madame Divol de mademoisdh: Le
pelait en réalité Ro_e Ifüol, née Taupier. IWe fui comme ébluui. Jamais il n·a,·ail vu deux Glohanic, et réciproquement, f usscnl-elles
était fille d'un écrivain public, tenant 1..:choppr ,eux . i noir., i rempli de la lionne volonté toutes deux en prisence. épreo1·e que Turpin
ne comp1itil pa lenl~1 A plu forte raison,
à Paris, au parvi Notre-Dame, el d'une ra- de mal faire ....
Ce jour même, ayaol confié sa tète à Divol qui émettrait un doute •ur la per onne le
"nudeu e de t11niquc Je . olda1s.
A seize ans, Mjà experte aux cho ·es cle la ra-pcclUCUl, il ne lui carha point qu'il vlail jour où il pré~euterail l'une à la place de
vie, elle avail accepté pou.r époux Jérome cMlela.in en [lretagne, a~·ant titre de comte &lt;'l l'autre, dans l'universelle bonne foi . . sans
Di\'Ot, peri:onnage mùr, établi barbier-perru- Ùl!l! aïeux chez les rois cdte . Il lais aiL en- c.a.use apparente de soupçon ? Les G-y~ouv~z,
quier, rue du Petit-Bourbon, à l't&gt;n eigne du tendre, en même temps, r1ue son bien argent peut-ètre.... éza, . urtout1 on les é,1tenut;
rie.n de plus facile.
ou terre, éla.il co11sidéral1lt•.
Savon-d'Or.
Mais !fUC raire d11 Claudine?
Pas
une
de
ses
parole
ne
fut
perdue
pour
G'e l pour cela q11e 'l'orpin, n'en pouvant
L'interrogation, souvent répétée, domeura
faire sa fomm{', 1&gt;n avait fait a sœur devant no e, qui n'avait pin d'oreilles que ponr c.el
quelque
Lemps sans réponse. Le ha~ard se fit
le~ hommes; an quoi, tant il était féru illustre client. Il rrvinl le lendemain et pui
complict'.'.
d'elle, il l'eùl épousée en plein soleil, en dépit les jour ui'"ant : on en cau,ait; les anciens
Un matin. comme Turpin dJjeunail nu café
des préjn:is brcl011 · et du pa é de la demoi- haùilué ,e dûclaraient jaloux: de ce nouveau
selle. De la .orle, la naie Claudine, peut-èl re, ri,•al · mais il o'a1·ai1 pas la mine à souffrir un de la Yeuve Laurent. en ha de la maison
mèrne où il hnbit:iil, de1•anl le Pont- 'euî, au
n'eût pa été condamnéti, dans la pen,~c ,le affront.
coiu de · rues Chri line et Dauphine, il surprit
,.
'il
srunhbil
assuré
aHr
le
hominc
.
avec
son rrère, au cloître perp:luel; mai il follul
1t ses côtés une conversation qui l'intére,- a
les
femmes
Turpin
bai
·.ait
le
Lon
ets'elTaraiL
pour son m~lh ur, qu'un OiYot exi r:lt.
Celui-ci ',1lait ma,jé par calcnl el san illu- très vile; madame Di\'ol 'en aperçut. Elle e fort.
es voisins parlaient ha ; mai il avait
ion. 1l s'était dit qu'avec une jolie ûlJc à -on dit que, puisqu'il éwil laid el qu'elle était
l'oreille ÛJ1c; et il les écouta san · vergogne,
belle.
pui
qu'il
était
vieux
et
qu'elle
était
comptoir, la clientèle Lriplcrail el resterait
reslé bien provincial, Hai Breton, indiscrel el
fidèle. nose lui. paml née tout exprès pour jeune, elle loi de\·ail de faire les premiers
curieux
.
remplir le ràlc amJllel il la de LioaiL. Il lui pa~. Yingt au.s le sépa.raienl, e~e le [raochiL:
Ce
voisins
étaient deux hommes très môr~;
en fit briller au.x ·eux le a~antage ; séduite, ù pieds joint . en rele\'ant .e- Jupe.. Ce qui
l'un
était
grand
el mairrre, l'autre petit el
,·etü
dirt!
&lt;Lu'el!e
le
rajeunit
en
lui
foisaul
elle consentit; t&gt;l c,•lte union. raiscmnahle au
gros; tous de111appartenaie0Làlacla seaistle.
comprendre
qu'aHe
le
&lt;li.sti11guait,
comme
on
fond, 11uoi11uc folle en apparence, ft•l con aLe grand disait, l'air attristé :
•
,
dil;aiL alor ; que seul, parmi es courti an
crée an, apparat.
- La pauvre fille y e·L morte apres trots
ordinaires,
il
a,•ait
u
trouver
le
chemin
de
Le prévision de Jérùme Oirnt e trou,·èan . li faut un tempérament de fer pour r600 cœur.
rent ju ·te et l'événemenl le proma Lien. La
Elle l'accablait de poli te es i à l'arrivée, sisler à celle di ,:iplino.
boutique du a von d'or d vint fameuse de la
Le petit objeuta :
rue de Canelle à la rne de Fo s ~ -Mon ieur- elle lui livrail . a m:,in 11uïl couvrait de petit
Enfin, était-elle èoupable7
bai
ers.
l}ivot
dt:tournait
la
tête,
ne
achant
le-Prinœ; les désœu\Tés 'y allardaicnt; il l'
Le premier !Jau a les sourcil~, leva le·
pat&gt;
encore
s'il
[alla
il
rire
ou
se
f
:icher.
avait toujour deux ou trois "odclureaux Je-M. le comte, quand il rut certain de ~on doirrts it la hauteur de son nez en rentrant le
''3 nt le comptoir de la belle Pt!rruquière, qui,
empire, n'bésila plu dan se projet. li ré- cou" dans le épaules; mimir1ue qui signifiait,
·ous prétexte d'attendre leur tour de barbe
lui contaient d~ douceurs el l'ac~blaicnl de solut d'enlever Ro e Oivot à a boutique à 11 coup sûr:
- Dieu eul le saül
011 mari, à e adoraleu.rs, de fuir av('C elle
laugouren es i:eillades. Elle y répondait harPois il vida son verre lentement, 1m clidiment, ne d •courageanl per onne 1 liernanl :nt bout du monde. U se cropil assuré de
gnant
des iem. Le econd repril :
~on
consentement.
li
ne
rt&gt;
Lait
qu'à
décider
tout le monde; car, si elle attendait une occaCe COU\'ent est terrible, alor ?
où
il
cacherait
le
bijon
ravi,
car
il
était
proion, elle s'c limait ~·a loir mieux. qtùllle pas1'errible!
Les Cnlvairiennes, dures pour
sade; à pré enl, elle était darne, e rengor- bable que le propriétaire volé pousserait queleHcs-mème
,
ont
impitoyables puur les mique cris au vours de l'aventure. Loco31geai!.
éraules
cn~lures
qui
leur sont livrées· Ioule
llarscoët
eût
été
un
l'efurre
précieux;
nwi
Cc métier durait depui Lroi belles années,
aœusées,
d'ailleur
,
cl
plus ou moin convain0 ré-sous
quel
titre
pré
en
Ler
Ilo
e
Uivot
à
l'a
I\ose en comptait donc dix-neuf, et on mari
cues
de
crimes,
de
vice,
d'inconduite notoire.
menL des grands ou des petits formant on
\ltonnail tous le jours de n'avoir même pa
' un Gouvenl à la mode :rncumne.
.
C'est
Montà teraner les yeux, quand un matin, par ha- eoto1,1rage?
pellier
n'est
pns
loin
de
l'Espagne;
les
l.larbaC'c
t
alors
que,
pour
la
première
[ois,
l'idée
sard, ~I. le comte Turpîn Le Glohanic entra

Cadoudal, ifO:mt un air de chasie, sortil
dans la cour; la journée an,iL é1é remplie; il
en repas.sait dan sa tête I • événements tragiques ou bizarre .... La . \'Ïe élail Laroque,
u1ai inlére _anle, en w;rilé.
Soudain ùan un coin de mur, il aperi;ut
deux oruhre. arrêtée · il 'approcha. C'étaient
deux amourcnrc qui can!;aiént à Yoix basse, en
se tenaul le. mains; ils e croyaienl Lien
euh,... i bien que, dans une ét~L·inte, leurs
lèvre ·unirenl.
- H111le-là ! cria Georges d'une voix trrrible; halte-là I le mangeur de baisers! le
mariag · ont défendus jusqu'à La victoire;
les jeunes mariés font de ma.uva:is soldat !
Épouvantés. le nmoureur. avaient foi dans
les Lénèbr : Georges ri-;vint en ria ni ....

0

ries de l'luquuition y suh i tent encore ... et
tenez ....
'1ai , alors. celui riui parlait se pencha vers
son comp11rrnon; il lui souflla daus l'oreille
quelque énorniité .~n doute, car l'autre en
semblait aba ourdi, rdusaiL de erl)ire.
Turpin n'en put rien sai.ir. 11 n'essaya
même pa , à la vérité. Un grand jour se lcl'ait
dans sou àroe épanouie; il en arait assez entendu; il eu sal'ait assez.
Ces deux é1ranrrer , à propo d'une inconnue, par une incohérence de la destinée. ,enaient de déeider l'avenir de Cloudine.
Rem,er é sur a b11rn1ue1te de maroquin
verL, le do à ln glace eu parlie détamée, le
comte Le Glohanic se répétaiL à lui-même
pour ne pas oublfor :
~ Les Calvairiennes .... Moulpcllier •.. discipline barbare ... la mort en trois ans ....
li se rrolla Je- main el command.1 de la
liqueur des lie • Le prohli•me qui, drpuis i
longtemps, bantair. sam rêsullat, jonr et nuit
sa cervelle, était rnfin ré olu. Il savait à présent que faire de Claudine.
Or, étant, en es actes, d'eiéru1ion rapide,
le jour mème, il l':irracbait ao couvent de la
Conception el, k lendemaia, cou.rait avec elle,
en po te le· roules de France, dans la direction de llonlpellin.
li était d'humeur d'autant plus somlire 4ne
ce voyage devait nécC$sairemeru durer lOuL
prè d'un mois; que c'était autant de jour
ravis à J'amuur de Rose el dépensés loin d'elle.
Il en faisait grief à la victime qu'il emportait
et qui, ans rieu sa,•oir de ce qui l'aUendail,
prévo •ait tou les mau el pleurait en silencP.
Entre cc frère cl cette œur, le tète-à-tète
des coches, ùes tables d'auberr1e, éta.il Lizarre
cl lugubre. Pa uo mol n'y Cul prononcé ....
Cependant, souvent, a\'ec obsLinalion, TuJ'pin
contemplait longuement Claudine; il cherchait
de ress11rnblances, de points d'appui pour se
futurs meHson"l' ; il en trouvait; il s'en réjouissait intimement el ne s'en montrait que
plu farouche.
!rri\'é à non1pellier un malin, il en reparlait le soir. Entre temp , il avait foré ~ux
falvairiennes 8a œur, Marie-Anne-Claudine
Le Glohanic d'Har.coët, fillt! noble, la chargeant de millll vilerue et turpitudes; l'accuant de vice eL de erime, a1·ec une telle énergie. un tel acbaruemenl, lui, .on frère, qu'il
était impossil1le à des i'ime~ .imples de douler
un moment de a véracité.
En courant e. po.tes ,·ers Pari , l'c:-spril
délivré d'un grand poids, il admirait lts pay•a.,.es, e. tlh·erli ,nit aux plai anterie dl·
postillon., renai. ail à la ,ie. à l'espoir·
chaque beure, cha4ue lieue le rapprochail dt!
Rose. li brûla le dernier relais.
En son ali,-e1100, relie-ci avail rêfléchi; elle
aYait ce qu'elle toulait et ne complait pas
marcher à l',l\leuglett,; et, ferme en ses dcsSl'Îns. œtlc bonne intendante de sa beauté
agençait l'avenir avec précision.
AtL"&lt; effusions de TurpiJ1, elle répondit en
grâce; à sa propo ilion tle Fuir la mai on du
~arb_ier, ella fit moin bon acC11eil; et quand
il lut offrit de courir le monde à ses cdté , la

main ùan la main et le yeux dans les yt•us.
elle y alla d'une grimiice. Toul ccla, c'ét;,it
dt&gt; la poésie; ella a,·ail l":ime positire. Ingénument. elll' l'iulerrogea :
- Mai •.. commcnl vivrons-no11 ?
Il ·ourit; cl'un ourire gri , ·ans Jonte,
t'ar il n'était pas Lèle, Jlairait la malic:c dans
la naïveté, voyait Yenir la prose. )lais il était
lrop avancé pour reculer; il aimait trop crue
femme pour ne pas juger beau tout ce qui
venait d'elle: pour ne pas lui pardonner surle-ebamp les 'gratiw1ure Je rellcoutre faite
à son amour-propre. Enfin, il dei-ail bien
'avouer •ru'a,ec :,on nœe, a\·ec a mine, il
étnil difficile qu'on l'aimfü ponr lui-même.
El donc il répondit, calculant . C' clîel :
- En acceptant de parta 11er ma vie, vou
accepl1tz en ruèine terups d 'U:t. fortune , par
Le Glohanic el Penerven.
Elle inùsla, déjà conlenle, mai dé irant v
Yoir plus clair :
·
- Comment 1 cxpljtruez-vou ....
Ce pathétique entretien nait lieu dan la
boutique du arnn él'or, au milieu de dix
per·onn s inlére ée. à .ai ir les parole des
deux conspirateur . Oi,·ot, ra anl de tra,crs
un grerfler du Châtelet, loucbail, dressait
l'oreille; et les client - ordinaires, lei. (olle11111nl épris, les sombremenl jalo1u, pa saienl et repassaient de1·ant la r~issè. tend.ml
le col, roulant tlc yeux; certain' afTL'claient
de parler Lrès haut, très fort, pour empèl'.her
Rose de saisir les propos murmurés du comte
tentateur. Jais celui-ci, s'accoudant sur la
tablette, se pencha ver la jeune femme en
di ant :
- Écoulez!
Alors, ans h,He, occupant ,;es doigts a
jouer a\•ec les llacons de cri tal qu'il voyaiL
d'!!\'ant lui, prenant tlrs altitud' indifférenl.t:s.
s'arrè.lanl par moml!nl pom dé i,,.ner de l'index, comme par moquerie, un pa anl dan·
b. rue, empruntant en un moi le cent ai-pecl

ùivers J'un courtisan ltiger. CJ;empl de ,.ruci
g-ra1·es, il récita on couplet f.ormula ~c.!
dé ir., établit de · chiffres, fil Jcs olîrt•· réelle .
A l"cnlcnJrc, r\o$e ne .onrcilla pa,: de son
côté, elle s'étudiait à la comédie; ouriait,
par de n la têle dl' on interlocuteur, à qnelque a111rc amoureux au fonù de la bouli&lt;]ue;
s'éventait de son mouchoir; se renversait en
arrière, après s'être penchée en a,anl; variant
a po e selon l'intérèl; pou sant l'hyymcri.ic
ju.qu'à Làiller légèrement. derriêre .a main
blanche, au,; dau {', le plu édaisante du
mrn·hé débattu.
Cc•pt"ndant elle &lt;'nrr&lt;&gt;i Lrail pr&lt;'nait honne
noir, calculait el délibér.1it a1·ec elle-même.
,\ la fin, conrnincue. elle acquie çaiC, ~ rendait, consentait~ tôut ... captivé par la per pecti,·e d'une an&gt;nture romanesque, ébloui!:'
par le miroitement d'une de ra~tueu e, L'O
comparaisou de la ienne.
Le hmdemain matin, sao. crit'r gare, elle
11uiltait la mai-on du harbi«r, montait dnn
une voiture tJlLÎ l'all.cnàair :tu coin de la rue
cl où e cachait Turpin; le chev:rnx: pnrlirent
au "rand trot. Madame Divnt, née T,,upier,
était devl'.'nue 11bîtemunl mademoiselle Claudine Le Globanic d'Uarsooël. C'était le 1{:) mars
1ï '9.
Une heure après,Divot, dé~!:' p ·ré, chrrchnil
partôul a remme, l:i réclamait à Lous les pas. anL.~. Un à un. le client · habituel , arrira.nt
Lour à lour, joi!mirent le1w lamentations aux
iennes. 1111·y cul qu'une rnix pm1r arcaliler
le comte.
Son ab encr, à partir de ce jour, confirm:i,
ans 11u'il ea fùl besoin, ct?s accn~alio11s i
Dil"ot continuait à hurler sa douleur ; bien!nt,
il cnnup · el, comme se pr11li11ues n'avaient
pins de raison pour prérérer on ra oir à tout
au Ire, elles l'almndonnèrent à sa destinée.
'
Oem mois plus tard, il fermail l,011tique:
ruiné, re.,rettaot ùe ·a îrmme la prospérité
riu'il lui aYait dne; ouha.ita.nt ,·e11"eanct-,

Ce vieillard, qui semM.:zll ave11gle el se lrai11:ilt srir Jeux ~âtons, 1•cra111oul, entmd.1il /oui, e/1 s'il élait nt!ussaire, 111(1rclraôl ~oris le soleil ou Ca pluie, a co11tre•ve11/ , 4,-,.,rant .ùs Jm,1·nt!es tr1Uères. W~ge 381.)

�111S TO']tl.Jl
mai. n'o ant gu re plu· que des :oulwit·,
car la noblt•,sc, /1 ·es il •ruirr ~ hPur, ·, eu
impos.ail encore li ce- "t'n, du commun.
La prise il!! la Ba Lille, ,mncnanL prc ·11111:
aœ :itôl. clinngl'i.l ses idé . à c
ujcl. Par
raneurw. il Jc,·inl uu nrd •nt pntriote rl s,•
prit à rouler confus~menl dan~ . :1 œrrnlle
inMci · dt• r poirs. dr reianch~, de réprèmille el de nm 0 canœ.
A mesure que gran,lir cl 'l'ufié\ra le cl rame
1·étolulionn11irc. ,o haine ,'affirma, e préci ·••, .c fît Lru~ante. Vil-lime di•,' !!"rand:, il
était M:i;n I a11 rq1ccl •t à l'amour 1lu
peuplu. li en prrilita.
t:,•~ndanl Ho c ~l Turpin n\·aiPnl d'ahord
san 1111pùétudc. ur la \üloulé 1Mdo.réc de lo
jeune fomme qui rnulait corm:lilr• la honnt•
,, i. t1mce. i L Jerueuri·~renl à Pari . Cc fu I l:t
11remirre conccs ·ion de Turpin, 1•11 au ndanl
le~ autre . Ils menaient •rand train.
celle même lportur, le notaire de Vanne ·
ommençait, par de· \·ente. 11cc si\·e~, à
mor,Th·r le lerre. dn pulit dorna.inc d'llar,coél. ce jeu-là, loul l'a,·oir du comte d ,ail
èlr1 di· ipé en 1p1at.rc an . ,tai le,. circon• l.aut:1• • le ~u\'·rent: Jè · le pr mi rc (meule , l'épargni• prit pcnr; l'argent • cachait;
Il' nolair•, mtl111e dan~ a provinr&lt;', n Lro1no.
plu. d'acquéreur · : et, p:ir hi force de.· 1 ho~c.•
Turpin re.~ta propriélairr.
ll folint mesurer le plai ·ir; l'épo!1ue d';1i1leur n'i!tail p ,~ farorable. LI dereua.il tlao,..creu1 de ·'ép,11wher ourcrtcnwnl.
Au délml d' l!•ur tll'l!nlure, les deux complice avaieut réfugié I ur de lin à Chaillol,
Jan. un pa\illon 11011\'i'llf'ment COil lruit au
bord du lleurn. Ils y étaient aussi •loignés de
fo rué du P&lt;.:tit-Bourl,on que . 'il· arnienl
hal,ité Rouen Cil , ormamlitl ou bien Troie en
Champai,rne. Il: 11 • .orlaic:nt 11u'en voitur1•, et
Je oir pour ·ourir le:- ralmret , les biribi ,
ou , monlri-r li la ,omédie. P.ti. un Lour''l·oi' de fo ri \l' ga uch1• ne rrétt lll'll tait eo Cl'
t.•ndroil ; lenr ,êcurill\ pcndanL un an, parut
lcllc que. hi nloi il ae .c cachaient plu ·.
Ucn, ans pa .l!renl an ac iùcnt, au,
alt•rt même. et dan. une e.'l.i. tencc qui r:l\'i ail llo~r. Ave· n soi-disant frère, •lie courail donc le~ bal , 1 s jeux, le - pectadc•.
11\·ait au dt•hor~. toujours mêlëe à la foule
inf.ouciaute; ·elle qui mal"re le coup de
tonnerre au dtl, le rcvolutioos ur l •rre,
pour~uit la ••aieté ,piaml mème; chante ~ou
!'échal'.tnd cl dao e ur fot ruine. ; ro11, ou
~arre; o·e11tend:111L pa · lai ·.. cr dé1 ier ,-a li11nc
pour le bon pliti ir dt! aulrc ; cc autl'c ·-ln
fu:s'nl-il le Nombre, la Forœ, la Mort ...
Entre temps, ·e lrournnl trop loin dn cenlre, du PJlni -fioy:11, de lit&gt;tll de réuniou.
l\o~e i•t 'l urpin dëmén~"l•aicnl. Il · habîtèr-nt
,tlur· me de 'ltlr •, Loujour cont!'nl,. du 'Orl.
Pour la ûll • du peupl • qu'était uiada111c
IJivot, e:s.--demoi elle Taupier, cet éternel
moll\ement, celle clrns.c à la j1Ji', li 1 urail
lïdéa.l de la nolJle vie, lé uprême amu emcol. Ell • s'en donnait. à plein cœur, semant
le é •11- ur a roule; mai" au début. ils
éLaienL de i · livr ; il ~ tombèrcnl à lroi ;
N, même ru.ni, e fi~enl plus rar· ·. On con-

--------------.1
tinuait pourl:1111 à rire, croyant fcrmeml·11t,
mah;ré le· é\iJL•nce~, l!U lou 1 ~ 'arrang •rait
bicullil.
Btus,pmmeut, le cnl tourna· ràcc aux
tran. po ilion.- "ocialt,,, de LrouLI • Lizarre:
·accusaient !1 lrur l'uil • dans 1• ba. -fond. ,
011 rny:iil monter à la ·urfoce tir larv • dti
C.'l\cruc, de · Ires Je ténèbre,; en arrivant à
l;i lumière, il.• e vêlaient de couleur in·oupçonnée • li y eul à celle éporp1e Je urp1·enants al'atar~.
in i, Turpin et Ro,L!, pen à prn rappelé
à lo prudenc;t', Iirenl-ils souV"clll rt;ft lté Jau
le rl'uille. pul,li,1ull. le unm d'un certain J,c
rù111e Oh·ot. Lun citol,m, r;ind patriote, 1p1i
rendait d'importan •l'nicc. li la c.'\u~e r •Hllutionnai.r1J.
Il· nll d,,ulèrent pas 'luïl 'a,.it de leur
borou1e et r1ue l'ab:uulon de sa r~mme l'eût
pou. é dan 1:.-elte voie nouvelle.
Il était à craindre, ('ar, à prh•nt, 11 était
pui. anl. .\!taché au Comité Je '11rveillance
en 411ali1..! d'agent en chef. il c,,mman,lait
11110 h:rnde de uoujats, enrilniml'Ltlé . CHIS le
nom de porteurs d'ordrl·.
Tou C! r b.1lloient du gihier pour la "llil•
lotinc J). Di\'OL œotralisail leur· indil:fltions
ou mieux I urs délations, ca foi. ail des r:1prorl , des mi:rnoiri- au Cnmil~: ceux q11'il
d I ignail montaient à l'ê~hafaud.
Ah! s'il aYnit pu rencontrer :,Ur son diemin I comlo Le lohanic d'Har cciil, ~Lilhntnme lirelon, 11u'tl cùl en plu· La pli é
« Chevalier ~u Poignard 1) pour la circo111n11ce, avec quelle volupté, en :unçenir des
anciennes barh • , ifTciit enl'Oyé au llawinwtional. surnom jo eux donné rar le père 011chc~11c à la •11illotino !. ..
EL qui sait i, dau celle promc11ade, pour
ne point éparèr ce que l'amour n,·nit um, il
ne lui aurait pas adjoint, comrue eompn1rnr,
l'épou coupable •tui, fa premil·.re, l'avait
renié?
A c:elle pensl-e Turpin s·a~~ombris ail;
mai Ruse c enlail défaillir. Elh: l1 Lail là ·llll
el rnluplueu. ,, auorail :o cl1air, cl, pour ecL1,
rrdoutait la mort. l'.:llè c-0mmeni;a donc à
1ro11ver que Pari~, monquant de sécurité,
manquait ti'n,.réml'Dl,
L · 1illl ·acre de eptemhre ad1evèrcnt
de la l•·rrifier: elle supplia Turpin de fuir
avt:1'. dle. Turpin 11e uemandait pa · mieux. li
· aiail cin,1 au quïl a\'~Ït 1111i1h: tucoal; la
tromformation de Clau1linc pouvait "admetLr '· li lui dit :
- C'e·t Li •n, noo. allons partir. Tu ~a
eounailre ceui: Rrelllb'lltt duol lu 1111 youlai'
pa e11le11dr pnrlcr; le laud.c., h•s dunl:ls, le'
,rèr , les égfoes La~-et·· qui ont mille a s;
mais c' t l.à, derrière no llllll' , entouré' de
pay au que nou erons le mi ux en st'1retû.
'l'u eras cl1àldai11e. 'ouvien -toi que lu c ·
rua ·reur ....
Ellt: coupa, riant tout de ttih: :
Oui, mon fr•re !
- Que Lu ne L'appclltl$ plus llose, mai·
Claudine ....
- ,a, jamais de la. l'ie !
Elle interrompait encore, pri e d'indi:.ma.,. 380 ...

lion .• \m, oon, die 11'cnte11tlail pH rt• nonc •r
à son noiu .•.. Claudine! c' 1t.'lil un nom d'
p:t~s:innl', de . nu\·:1ge, •l llo~e 11t:til i joli. ..
un nom dt! llc11r ... et 11111.~. die · avait droit,
à œ 110m. pn r la cou lt~n r Je .•011 tl'Îu l ; cl
11ui·, elle nf' rnuluit pas ro111~m.1 dl la .orle
avec on pa ,é, il IUI somh\Jit qu"cll • ne !-('roil plu elle ... ri puis. 1•111• ui: pourrait. pa ·,
d'11l,ortl; ell • i-tnil i11ca1 :,hic dt• tcuir un Id
rüh:. hllc ne 1011rnerni1 j:1111ais ln tèlt: si l'on
criait : &lt;l Cl.111diue 1 &gt;1 Elle l.t tournernit lroi~
f1w i,.Ï l'on nmrmnr:iil: " llosPI I&gt; Et /!IIÙ•.
elle ne ~0111:til 1t-1s.... no. dlu IÎtail. Il Sil
cil,• r,•.-terai t.
Turpin lai.:
!'r le flot: il conuai-~ it
fa dt1me. Qu;111d ell fut 1.::ilwce, il reprit,
Lr~: doux, tri•~ humlilP, dem:mJanl, par Loule
·on aIli Lude, pa.r on Lon de voi , s yeu ,
~l's g .· 1 •s, nulle e,eu . J'ill'i wr. il reprit:
- C'c I puur1anl ué1·1~:&lt; air1•, Jî,·ine amil1,
ah~olument né ·cs~airr.
Elle r :,,111111a ; •
- Je m'en tid1 !
Il ·'entèta, aPc des amendement.,; :
IJe..-anl li· mondé eule111c1ll, liil'n
Cllll'IIÙU .•• Ù;m 1'intimit11•••.
Elit! chantait :
ll u- l'intimité, ç~ m't,~l 1,icu égnll...
c' st pou.r le, aulr(· 11uïl faut arnir uo joli

ra ...

110111 ....

fais coru111c un bande d'égorgeur~. Tu1&gt;1'D1u rlc Yaillaru ou übr •~ sans-eu lot ' , pa ;..iient ous !t'ur.. tenèlr.t&gt;:. hu.rfont de chanb
d1: morl, elle pillit, rhan eln. Tw·pin dut 111
~outenir. Alor ·, l:i face lilème, les yen~
u1orut&gt;s, éteints, elle lui soufll.t :
- Parton~ toul de ~uih:. ,. •. oir; je ferai
lllu t 't&gt; qu'on toudro.... Clau&lt;line 'il le.
fdul. .. mai - parton. !. ..
En cflèt, il~ partirent l ·oir ru~me; IMnbll'rcnl jusqu'à Chartres, recroqu •\illé dan.
leur berline· et n'en ou,rirenl les pana •air\
411e le Iroisièrne jour.
ux derniers relais, il Lrùl~renl Vanne,, '
par prudeuce, 1•1 aiznèrenl .\ura ·: ce ful d •
cdte drmi""' ,ille qu'il · se rt&gt;nJircnl entin
au chàteau d'llar coët, ancc~Lrnlll demeure
d1) comte~ L Glohnnic.
Il ool l'e riu'cllo appcla ccllè&gt; bioo11u1·.
Bo c Oi1ot ne put cach1•r a déco1J\'enuc. Eli·
croyait entrm· dan quelque autre Yert-aillc~,
ell • pénétr~it Jau- un ch,Heau branlanl, un
nid ùe hibou , une raliilre; elle n °l!ll fuli · :iiL
plu de qualifit!f l'endroit. 'on mépri~ débordait en paroles. awèr .•
Pour on rrlour au pa) -, Turpin pa ~.id,·
m:rnvai c. h •ure . Cela continua plu. LarJ:
r,:pou ·c du lmrLier ne e résignait pas. lm
r .,.r Liait pre~11oe la houtiqu du "n,·01HJ'( r:
ell • r grettait .urtout. parmi le .olitud , 1
bruit, le mou\·cmenl de rues; on Paris
d'nulrcfui , rprnnd il ~tait snns colère.
Cependant, il ne lui déplait-ait pa. d'dlr •
dernuutJ, mèmc par le meoson"'e, fille nul.ile
et re peclée. 'on orrrucil 'en r 1joui ·.nil; elle
l"JJl bienlôl plu entichée de tilr' •t de prérogntive qu'uM duc.li~ ·c auLbcnûque. Elle
traitait les Plll' ans, Ill puuplc, arnc un uprème déJain, d:1.11 un parfait oubli, one

'----------------- ----------------- --incon ci&lt;'nce :1b,ol11c de ce qu'elle était ré .. 1lement, la ci11wen11c lJivot.
Pour e disÏraire, aux jonrs de pai • rlle
courait le rout" ·, 11 cbev:il, beurru~(l de
null cr de la pCtu~ ii-re; die Lravnsai1 le;;
rillag... , lp· :ourl'ih froncés. rt1ir dur, ""~
r(lpondr,: :111 • .alul:. C'était dl•r:111L cctlo noit•
Yelle .!audine qÙe . éza 1}TIOu1ez refü. :iit de
r, connllitr ·a (;Jndina.
Ce nmu aspt1r:1il la nolile pern1q11ii•n': h
I' nlendrl', die érlatnit. Gl:iudine lui I''' ait
d~jà, m!l,i · t:lodin:t l'elllplis · il de rage.
- G-1-o, 10; d-i, di; n-a, na!
Klle épel.iil cc s llab,;:;, lt!S jrtail au nez
ùe Turpin.
- ,Ulnn:, ,a.-), appell,'-moi ta Glo-glo, la
di-di, la nn-na ! C'e l breton, c'c, l délicicllx,
c•e~l idiot!
Turpin tendait le do , courbait lt1 tète. li
1ùm1iL jnmnis osé la contrarier en ricu cl la
m~nagettil d'àulanL plu , à pré ent, 11ue le
1 d liais. aient. L'arePnt l'i! foi. ail rare à
IIarscoët; la vie y était fa;tidie11Se; à quoi
·'occuper'! Seul'", 1,, pris d'nrm ·, de
lemp 1l au Ir • ,ccouaienl le. enuourdi s(,~
m(•nl , crt·ai nl 11ul'lque,. &lt;li Ira ·t1ow.
Mais, du rcité de Locoal, h•s colonnes républicaint&gt; m· 'aventuraient jmnais, a •:101 tout
à) perdr• l rit·n à g.'t~m•r. clon l'i-xprcsion d Tnllil•n ou Ùll Hlad, r1•pr :~entaut.s de
\'onnes. c' ~!ail Pfl!JS 11m11'l'i. li ne m~ritruL
ru~me pas la réprc ,io11; le jeu n'('rt \'al ail
pns la handclle; 011 lai ait lès bame:\Ux di éminé entr ,\uruy et la mer 'en1.ras~cr à
leur gui ·c, ni&gt; leur demandanl que Je. silence
el l'immobilîté.
.\ œ prix, iLi pontaient garder leur l"'ln
dicn, lcnr, curé · cl crier : !f Vh'e le roi! »
la porte clo~e. Cda ne faisait de nrnl à perl'Onne; (")Ur le· r dtür , on eùL u,é d
l,otaillon : CL aprè. la victoire, lout efü été à
n·ommenc r. On lrs MgUge.ail. no. e n':t\'ail
mème pas l'émoLion Je alerte .
Cependant, dan-. le mouvement de 9:i-!I \,
11\'CC son frère, elle e joi,mit 11ux Chouans,
hébergea d ,s capilaine. , pred10. la uerre
:ainte avec une éloquence fauliouricnnr qui
étonna lei pay an • l,.llè étaiL plus ro~àl.istc
1p1e le roi, ne parlait que de droit fü in; elle
invoqnail aint Louis, Henri l\', Louis :!Y,
k ancêtre . adjurait J'hermim• de ccourir
Il' ly .
Ctlll' p rruchc avait é1:out.: Turpin. F.llè
jac:i-sait tl:m r ton: pa.rfoi., pourtant, il y
a,•:iit faus~c note.
~i li, cbc~ chouan· seni Liaient hésilrr
d1•rnnt un p3rli e trème, brus11umn nt, cil
chan,,eait de langa"c, se tlépt'n·aiL en 1n,·ce,.
Ûl'c.~, le, c\1lcul:1il tle lmtl ,n 1,n,., Alor·, sa
wl uhrlit I ra" u • r, ppelait plulol I C, rré
du lelllple que Ir parquet Je \"cr~ail!r•~. , bis
1~. brarc f:!l'OS qui l'entcudnil'nl étail'nl mal

,·olon tier. ur la hrauté de li·ur àme que ur
la grâce de leur l•sprit el l'élégance de leu r
corp~. Il' ét:iient coura"eLU el fidèle a urémCJ1l, mai· ro . ier. el b.alourd ..
Quand Rose Oi"ot eut deY:1111 rllc ce. g&lt;'n-

0

rrn,ei nn; .

IJientdt ce rôl , 1'1 nn11w1
agui r , lor que e· Glohanic lui représentait li,~ chàtel:1in~ de llrt!lagne, il n'en
pr 'ci~ait pa~ la ré lie couleur, couleur hrunr
indécise, co=r c .li de ln lerre r~u'iJ, ,~ultivaient eu -mênu ~- n s"npp&lt;'sanli~ .1il plus

SI c'itlail 1 11dq11e Jélachttnt711 r-r!public,,11 ;u'{I r,:nco11lrall &lt;1.Jns wn ,·oy,&gt;f,!t, ~ur-~•chtJmf le vlirlll.lr 1

alnurdls~ail sa ma.-cht,geign.,11, g!mt55ait, p/e11r;ztt
111L&lt;fr~. (Pll~C JII, }

Lil hommc~. porlrur · de plus hcau"t" noms
de !'Armor, ell écar11uilla I • · )CUI. et ferma
le. narinl1.• Us 1.!tai nt ,·d u~ de peau d.e
mouton., comme leurs o[Jàls, entaient
l'l!taLlc el le lard rancP.
Or, t·llc :irait rênf dt.- mar1pris poudré , li•
lril'.tlrne ur l'orl'ill1.•. l'épilti ~ eu quart de
cj1•adièrc u, de la dcntl'lle au ool, lie la dent Ile aux 1n.1ias, flenran le l~njoin, l'arnLre
ou la bergamolP..... Elle était fort d t-appoinléc. l Il seul, parmi co -ci, la comola
1fo autre et lui fournit de quoi rèver le
oir: ce l11L le cheiali(•r [krnnrdin de Jo1 •noc,
on voi:i11, dont les \În"L ao · lurhuhmts •l
uperbes l'impre ionnèrcnl 1cndreml'nt.
Comme elle. a'al':lit pa l'habitude d1• di:lsirnuler lll'(IUC'Oup sP enlimcnf • le mnlheure1n furpin remar,1ua !Ji ntol cet ,hnoi de
jeune femme en présr.nce d'u11 Jtluue homme:
il s'en a soml.Jril, prlL peur, et fil tuul p()ur
11carler rinlru~.
Une autre peu ·éc le lourrnrotail eucore, et
cdle--1/1 ans relàcbe, jour el nuit. Qu'était
Jernnue l:i. vraie Claudine? 1, couwuts de
, fonlpeUier ,:Laient-il, r ,L t lo.• inacces, ihle« au fnrc•nr~ popnlairr, '/ Ou liien la
foule daw un jour Je i;:aictë, 1:0 arnit-cllc
hri é les portes, ere\·é le. mur , dilli1•ré le~
carliYe. , en criant . );il, •rlé 1
iu uernier c.i ·• il [ llail . 'atknJl'l' à mir
repara1trf', un jo11r ou l'nulrc, en son pays
natal. l'a11th,·nli1Jne demois lie &lt;l'Har-r H. Et
,,ud i:auJalc, et quels dan°er· 1
\ cei. perspcctiw , le Lri ·te comte s'al,reu\·:iil de mélancolie; mai il ne lois â.it rien

... 381 ....

Les ÉPi:es

DE

FER

Iran pirrr de . e inquiétude..~. rcdo11t:in1
a,·ont tout l reproche., lt!~ menace·, l'acrimonie el l'amertume de maJnnrn Ro~e, Joni.
il n' 1tail, dl'pni. loujours, qu lt• lr
lnunblc r~dan•, ré•igntl ~ou. a loi. Pourtant, saus cesse 1•n rvcil. il iUonnnit lr
riinl •s , 'en(Juérait 1fos nouvellè , recueillait
tou · le· l1rui1s.
ltaq11c matin. il :e di ail:
- f.sl~· • 11ujourd'lrni '1
Étai t-eu cc jour-là !]_n'il s'tm allail apprendre la .-urrnnuc J'une étr;rn,,êre, boule\ersant la ccnlr ·e par se r1•vendicnlions,
ameutant la foule, criant à tout ent ·ndeur
s nom , se titr '. riu'on lni arail \'Ol_é ,
imploranl I ri:clarnant j ustic~, a n'f' d •s
preuves, ù l'appui d11 bien fondé de ·c · prét1.&gt;nliofil 1
lors, 11udlc cout ·uance oppo ·er '! Quelles
d :négation yaJables pourrait-il fournir dt!vant
1'11\e11glant éclat d,i l:i grand n!rilé? Et
qu'adviendrait-il donc de lou: ces 1h·énem ·n~ '! Qu :erai1•nt .on dPsti II et •·elui d&lt;'
la l'au e Cl:mtlin •?
•
Le trouble de- lcmp le ra"tmlit un p u:
il u·y a\·ait plus de ju liœ i-n Dretn~n,; nul
ri'êtait plus t•n p11i ·,ance de la di. tritmer;
mai' il crai '!lait 11· conseil dr · Chounn&lt;:, ùonl
l'arrêt était parfoi~ limtal.
Il •ntretrnail une police .pédale, des
espions mrrvci llen. : l.: · mendiants, 1, cbemineaux. qui allaient el Yonaicnt à tra,er ' Je
,·illages, étaienL, de la moindre nom-Pllf', le
premier _a,erli , et . 'en faisaient les colporteur à ,·iu I lien,• à la rondi'.
l.'nn J'eu., .urtour, nomm11 Koz ,\.kou.rn
(\'ieil o ) a cause de a maig~•ur el de son
à e très avancé, vimit à sa dérotion et lui
:-i••nalait tous les II on dit » comme tou Je.
l'ai ·.
,e tieillard, qui ce-mblait aveugle el SC
!rainait sur deux Mlou vopit Loul, cnlendail tout, cl, s'il était m:Crs. aire, marchait
sou le .oli&gt;il ou la pluil•, li contri&gt;-v nt,
dn ranl de journée.~ n1 tière~. · pieds nus,
,emelé d'une orle de corne épais~e, J1ro1:iicnl
le-~ ronces, écra. airnt le 1·aillo11x:;
· bra
~ec ·, nou ·ux, ses srmdes main· noires, crispée•• ur le h:'tton. projetaient son Lor e eu
o,ant, dnn un élan r-0bu. Il'; les jamL1•s uivaient lanl hien r1uc nml; et celle carcasse
Ji[ornte, rt'lte machine désarticulée, drvalaiL
I • pen1t·,. ITa\is. ail le collin •~. d'un mou\l'ment é~i-1 dan son M. or,lre calcul i.
:i qut'l1j11'un ·ur i • ait ù 11iv1•au d'horizon,
lt• mendiaut au sitot .uspemlait ·on allurl',
s'arr~tait au l,ord du 1·bomin, el, dwpt•lu La~.
lu nune confite récitait d~ patunôlres.
Pari'oi ·, le pas aul s~ foi ·a il rccormaîtrc
jet.ut 1111 hr ( m l d'ordre; Roz A.kourn . ;
rcûr • sail nlor, fr:trlai! !ru, lirou aille Je
ses cltel't•u~, L.ii ~ail orill •r la lueur faurc de
: • ·em de vicu. loup et livrail lt&gt;s ,r •ret,,11rpris : J• Bln1s 1:taieu l là ... iroienl 111.. ..
Lenr no111Lre'/ Tant d'hommes .... L ur proj,.t? C&lt;'lui-ci.
1. • cbl!mine.,u . er\·ait la catU,e ~ sa manière; l'e n'ét.aiL p11 le moin utile parmi le,
dévou~. obscurs.

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MADEMOISELLE

PRÉVOST ,

D SEU E DE L'OPÉRA (1723).
Tableau de ,1 E:AN fuoux (:1\usé.e de Tours ).

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                <text>La revista Historia Magazine Illustré Bi-mensuel fue creada por un ex librero que se convirtió en editor Jules Tallandier, En diciembre de 1909, se publicó el Léame histórico con el título Historia. La revista dejó de publicarse entre 1937 y 1945. La revista publica artículos y dossieres en los que participan destacados historiadores. Los archivos se detallan en una publicación bimensual temática.</text>
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              <text>Historia Magazine Illustré Bi-mensuel, 1910, Año 1, No 16, Julio 20</text>
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              <text>La revista Historia Magazine Illustré Bi-mensuel fue creada por un ex librero que se convirtió en editor Jules Tallandier, En diciembre de 1909, se publicó el Léame histórico con el título Historia. La revista dejó de publicarse entre 1937 y 1945. La revista publica artículos y dossieres en los que participan destacados historiadores. Los archivos se detallan en una publicación bimensual temática.</text>
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              <text>Jules Tallandier Editor</text>
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              <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores.</text>
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