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MADEMOISELLE

PRÉVOST ,

D SEU E DE L'OPÉRA (1723).
Tableau de ,1 E:AN fuoux (:1\usé.e de Tours ).

�LIBRAIRJE ILLUSTRÉE. -

JULES

TALLANDIER,

ÉDITEUR. -

Sommaire du

JOSEPH Ti.:RQL' A '.
.-\R \' ÈDE BARINE •

M

0.u!E

,l~lP.\111.

OLO:-iEL

LIE L'. î F.:-. NT •

R OL'S ET • .

I

Le théâtre nu XVIII• siècle : Danseuses
d'Opéra . .. . . .. .
Madame Récamier. . .
o fils de Charles IX . .
Louis X V et ses filles. .
La guerre franco-allemande : Premières
batailles. . . . . . . .
. . . . . . .

F ONT€ Nl!.LE . , •

, •

3
11
1J
11

BRANTmt e • . . • .
DOCTEUR C ,W,\N ÈS •
GÉNF.RAL DE M.ARUOT

(;. L ~:NOTRE. . . . •
;\lA l.' RICE MO:'iT É.Gl'T •

ILLUSTRATIONS

DE I.ARM•:s· 1,...,

v, ,NEno.s,

AnOLl'II E

--- 1

lfô rîl 1910.)

Correspondances amoureuses Deux âmes
de feu . . . . . . . . . . . . .
10
Beautés d'antan . . . . . . .
20
Les Indiscrétions de l'Histoire : Comment
une mode nait d'une infirmité .
Mémoires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2~
Les derniers jours de Charles X en France. .n
Les Épées de fer . . . . . . .
. . . . • 3ç

PLANCHE HORS TEXTE

Bo. REDON , 13oun&lt;;F.Ors. EMILE BoLTH,.'Y. CA LLO"" CH,!.VA NE,
01:11 1 , o.-nAo,
OERRET, S1MÉO" F RT, CLAl'DF. GALLr~1 .. 1to, B.ARON GtnARD. IIEtM , E\.'GÈ:;E
VELAZQUEZ,

7e fascicule (5

f-l ENRY B ORDEAUX •

D'APRÈS L&amp;S TABl.V.UX, DP..SSIJ&lt;S ET ESTAMPES Dl! :

LA.MY, LA CRET,

7 5, rue Dareau,

LE Do ·n .: ux, i\llle LE l\11Rr., DE · 1.c; Ï\ÉE,

TIRP.1! EN CUIAIEU

)L\OE:ilOl ELLE PRÉV ST, D N EO E DE L'OPÉR

YVO.".

T A.BLEAO OE J EAS l'I.AO~X

l'.llusèe de

(172:'i)

T o u rs ).

Copyright by Tallaodier 1910.

En vente
partout

'' LISEZ=MOI ''

Paraissant
le JO et le 25

1

LIBRAIRIE ILLUSTRÉE J . TALLA DIER, ÉDITE R

MAGAZINE LITTÉRAJR.E ILLUSTRÉ BI-IVIENSUEL
SOMMAIRE du NUMÉRO du 10 aoùt 1910

PARIS -

75, Rue Dareau , /4• arr, -

1.

PARIS

=--::....--

;,\ARcsL l RÉVOST, de l'Académie françllise. Le cahier de Gene1,ièvc.

Res~:
BAZl;'i, d~ l'.\ cadémi e françni,c. La cueillette des framboises . - Co,in l&gt;E
·o ,\JLLE • . Pay~age per llJ1. - ~ IJ MO \ )I llT J uu:s llf. G0N COUH.T.
Renée l\lauperin. - P,ur. BOL' RG!ff, de l'Acadi!m ie franç:u e. Terra•se , i\lAl'IHC.E BARRÈS, de l'Académie fran ç~ise. ~ieone.
Li.ON oe TlN EAC.
Une Originale. - ) n!i BRETO:--: . Les cJgales.
Go'Y DE MA P S NT.
Jllnot-Oriol . -· F R •~ ÇO I• m: N 10'.'\ Chair ' Oumi e . - T 11i OI.QR&gt;' ar. 81\ '·
\ 'JLLE. Les berger.s. - P.,u1, Ile SAI ' T-n CTOfl . Au XVUI· siècle. L uDo,·rc IIALÊ\.Y . Princes e. - E o110 ,n IIARA IJC l'RT. R.ichesse. 1
He:&lt;RI LAVE!) :&gt;: , d~ l'Ac.adem1e fr,mçabe, et , . L El\OTllE. Varenne .
I\L\'.TUl !ol l)E

En veute partout : Libraires, Marchands de Jou.rnaur, Kiosques, Gares.

Pour paraître le 15 aout :

ROBERT FRANCHEVILLE

FIN DU MONDE

T

•

P.t&lt;lx : 60 Cehtimes

lliustrations de A. BARRÈRE
). TALLANDlER, 75, rue DaTe.au, PARJS (XIVe)

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LE THÉATRE

AU XV/Ir SIÈCLE

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La Vie privée de Napoléon

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par BOUR~IE
E
son Secrétaire Intime

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J u LES TALLA DLER, 7S, rue Dareau, PAR!5, xtV'
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EN VE TE CHEZ TOUS LES LIBRAIRES

Dans leur délicieu e élude ur la Femme
au xvrrr~ siècle. mite d'e 'tampe ncllemcnt
burinée cl de pa tels chatoyants où l'on eot
palpiter la vie, le Goacourl ont .avoureruemenl thoqu • le· « b lies fi lles de vcrla mourante » à qui l'accès de planches de I' péra,
dL1.us-on de danse aux pieds. maillot de oie
rosé ajn Lé au galbe de. jamh , assurait
promolioo rapide dans la légion galante des
&lt;&lt; demoi elle
du bon ton o. J1 nous le~
montrenl prodiguant, pour conquérir un directeur aux prérogathe de pacha, la !lcw

de leur beauté et le aduclion de leur jeun · e, pui , n trois moi à peine, grâce aux
sommaires leçons d'un bauile homme, mi es
Ill -

H1sToR1.-.. -

Fasc. 17.

en état de paraitre dans un halll•t. Elles n'y
tiendront assurément r111'u11 place des plu
modesle , pni &lt;tu'elles ne seront, S[llon l'argo t tbéàlral, que de simples &lt;1 c ·pa lier Il
(aujourd'hui l'on dirail t&lt; marcheuses l&gt; ),
mais elles 'exhiberont au publi dégui ·ée
a en Ocur, en ro.yon, eo"eloppée de gaze,
couronnées de !!llirland.:s, demi-nue , le
corp vi ible à travcr le nuage écoUité, la
jupe de rubans, la petite Lenu.e de déœ e .... »
EL, dès ce moment, les aventure ,itndronl.
facilitée · par l'expo ilion permanente qu'e 'l
le Lhéàtre, par la mise en valeur llll la lumière arti1icielle de la ramre el des here
donue aux jolis minois fardés, par le pre.-

tigcaffriolaol el capiteux qu'exercent les fille
d'Opéra ur les beaux cignea.rs de la cour et
sur les gcu · de la haute Jinance. Le premier
pa e L!ail dans le dremio de la fortune par
c' peliL:; pied· de demi-dansense 11ue Ja
chorégraphie n~ surmènera gu re. et d.onL
lo " plus fréquent · comme le plu lucratif
éhats auront pour décor cl pour cène de'
courûue de oie el de drap de linon.
En cc galante -visées, les « espaliers il
étaient d·ailleur ' merveille11 ement ervis par
de usages di•s longlerup é1al,Ji et dr'iment
consacré ayanl force de loi Leur inscripl.ion
à !'Opéra éq·uivalaiL pour elle à l'émancipation totale, l oolte liberté de disposer d'elle -

�r

fflST0~1.Jl

------------------------J

m~m • ne comportait qu'une seuil' mai~ lr1•s
rigoureu e resLrictiou: c't!Lait qu'elles 11\:n
ahu as.e.ol point dan le s •n · de la verlu.
E1u.enl-elles, coulrti Loule vraiscmhla11 ·c,
manifesté quelque vell,füé d 'résme à l'é~:ird
,fo hauts per onnag affriandés par lenr p1a ·lique, qu'w1 ordre venu de Ye1· ailles ' ei'll
ans l:rrder mi. lion ordre. Non pa -. an'
doute, que œl ori.lre eût expre ·~émenl am·1ionné le droil &lt;l • eigneur. de l'entourarre
dll roi ur le « ·paliers » de l'Opfr,1, mais,
de mani,•re iruplicile il e\11 tiÏ Ucu fornri é
le dé ir nu noble soupirant, que le caprideu,
ou trop ,·erl1teu1. « espalier n n'i:ùl pa pu
-s'y souslrairu.
LI' étoiles de la dan. e ellt' -mènie &lt;1 L~uéficiaient J), il fout bien le dire, de cette proleclion da 11ouverain à ce qu'on pourrait appeler
la galautcrie ol.,ligatoi1". l1 11 mémoire précnté, en 1728, na cardrnal Fleury par Ferdinand de Cupis de C.-m~rgo, pèr' de la 1·étèlJre danseuse, en apporte la prcu 1•e. li. dr
Camargo cxpo.e dan ce mémoire 11ue, « ••enLilliommc à sdie (11rnrti~rs, ruiné el thargé
de sept t'nfants, il a voulu lrur donnrr un
étal qui ne les fjt poinl dér&lt;lger à leur no1,lc. , malheur r1u'1l considère comme plus
funeste qu1:1 la morl, el qu'oio i il a fait entrer à !'Opéra ses J rnx li lb lfari .... nne e!
opbie, comme daD ·eu e , ou la condition
11ue lui el son épou,;e lt' 1' condniraienl et
le y reprendrai4!nl .... » P1k, l'nlrant dans
le \1.f d1i la cause, ce:ll. Cnrdinal du \\'Ille sjè.
cle, uu H. Cardinù à double parlÎl:ole et
seize quarlicr . dJvefoppe cl moLin~ sa
supplique : 11 L'ainée, t[Ui d puis lrois nns
là l'Opéra, s'est toujour · parfailemenl bieu
comportêe, el ccuc couduile a été• ururer ellemenl admirée an~si bieu que a dan,e.
Mai., di!pui Irais ans, ~- Je comte de l!clun
a u ·é de séduction et de voie rg:ilemenl
iodi{l'ne de lui rt dn upplia.nt, aprè · avoir
ti
•
tramé
le ccrcl de {aire 111lt'rpo.~er
,I e~ 01·&lt;fres a1, 1w1,plfrrnt (f[U&lt;' !'011 dit ema111•r
d'une parl res1wt:111ble), paw· ne point répl'imer . a Lille quoi qu ïl y eùl eu oi:casion do
le f:iire · il a cru que la sou mi ion du suppliant à ces ordr s, quoique surpri par_ de
fau 1•xpo &amp;:, arnncerail es làcbcs dessem .
LI a o.-.é propo er au suppliant de consentir à
la déhaut'h de ·a tille, el lui a offcrl pour
cela de lui aliandonncr les ~ppoinlemenls
qu'elle a à l'Opéra. Le suppliant ayant traité
comme il le de,•ail celle propo ilion, cc comte
a lrom·é le moyen de .'introduir pendant
plu ieur. nuit · Jan la cham~rt: de ,e~ t~llcs;
enlio, l1•s l0 el 11 de ce mois de mai, 11 IL·s
a ni •véL'S toutes Jeux et lèS Lil'nl actudlcment en on hotcl fa Pari , rnc de la Culture~a.int-Gervai . Le suppliant, déshonoré ain i
que ses !illrs, poursuinait à l'ordinaire, si le
raYissenr était un simpJt: particulitr; el le
loi établie· lltlr ' a Maj té el e augu le

prédéce~ eur ,·rulent que le rapt .oit puni
de mort. Il v a double crime : deux sœur
enlcYéès, dn~I un~ Mée de dix-huil ans,
l'aull' d treizf'. Mni Je upplinnl ayant pour
partie une personne dn rang Ju omle de
lelun, e t obli 0 é de recourir au:c Mgislalrurs, et "~père de la Lonté da roi qu'il lui
fo ·_c rendre ju. lice et. qu'il ordonne à Monei ,neur le comte de Mcluu d'épouser la fille
&lt;1inée du u pplianl et de doter ln cadetle. Il
ne peut JJUC p.tr là réparer une injnre au si
sanglante .... »
M,1}rnl b seize q uarliers de leur p~re et
n drlpit du C'aractère sacré de leur oncle,
dou Juan de Camariro, évèriue de P:impelune,
qui. fut inc1uisileur général en Espague,
Marie- une et . ophit: ne furent ni ~pouséP',
rii JoLée. , Ju muiu. dans le .ens bonnète Ju
mol. Ell s con1inuère11t, l'une comme éloilc,
l'autre avec inri11imc11l moins d'é, lat, à faire,
eu pulilic ou dan. leur privû. les délice de
la cour el de la \'ille. L'ainée, aprèr avoir été
l'élève de cdle joli' Pré\'(&gt;.t doul le peintre
Jean [\aoux 11ous a lai· ci le portrait exqnis
que po ède aujourd'buî le mu ée ùe Tour·,
avait pris rang, a1·ec 5on professeur, parmi
les plus bri!Janlcs dan cuses de notre Opéra
au :x.1111" siècle : Théveuin, allé, .Aurore,
OuLhé Guimard. Il n'était point, pour ainsi
dire, d spectateur qui n'aspiràl à devenir le
rival heureux du ·éducteur contre qui M. de
Camargo a\'ail vainen1ent sollicité la protection et la ju·tice du roi. Les successeurs,
d'ailleurs, ne manquèrent pas au comte de
Jlt'lan. IL eùl t'allu, comme on l'a dit, un
hl toriographe ~pécial pour raconter toutes
les passions de celle belle dan eu.e. On ne
jurait que par elle, on ne rêvait qu'à elle.
Les femmt's elles-même étairnt conquise i
toules les modes avaient pri on nom :
coiffures à la Camargo, robes à. la Camargo,
souliers à ln. Carnargo. C'était de la frénésie,
c'était du délire ....
llais, au moment de .es uetès les plus
Pclat.anl , . lari.amm de Camargo ne régnait
pas seule sur ce que le lang~ge fa.dem:nl
mtthologique du Lemps appcla1L « l empire
Je.Terpsichore &gt;&gt;. Cn rnadri al de Volt~ire en
!ail foi, madrigal malicielll.donl le trait ~nal
semLle celui d'une épigramme à la pomte
galamm!'nl mouchetée :

un cnthmi~ia'rue prét:ur Pur de celui que
mériquf\ ré&amp;Prmil, pour le sièdc uivn~t,
à F:inn) El Ier - le ju~ement que Voltaire
et le pnlilic frnnçais parlaient sur œtte autre
reine de la dan e. Ca, lil-Illaze uous a conerv1l, d'. prè dei. lémoi1,:na~es c.onleruporains,
la très cul'ieu ·e physionomie d'une représenialion donné . en ÏHI, de l'autre cùlé de la
~fonchc, au bénéfice dt1 Mlle Sallé. u On ~c
b:1ttil à la porte i.lu th&lt;-ùti·t·; une infinité de
diletta11ti l'urenL ohlinés de conquérir à la
pointe de l'épée ou a coup de poÎn" le
places 11n'ils avaient achetées ~ l'enchère à
&lt;les pri:\ exoruitants. Au mowenl où la danbeme se prt&gt;parait à faire sa dernit:r~ ré,•éreace, des applaudissement éclalenl. de
loulcs p.-rl el sr·mhlent !!branler la salle JUSque dan ses rondement·. l'endanl que œ
to,merrt: grouda.it, uue rrrèle de bourse
plein1&gt;s d'or tombe ur le théà.Lrc; une pluie
de bon hou, sait le môme cbl:'min. Ces bonbons étaient d'une 1· pi•ce _iuirulière : de
guin~• ,d•bclh guinée~ en or, en fortnaient
la prali11e. ~111! allé mil dans sa poche, ou.
pour èlre pla autel, dan. un ac 1 les prem·es
Je la rccn11nais. ance de se· admirateurs. La
troupe légère des petits Amours qui entournÎt:nt la nouvelle Danaé rama sait à l'inslanl
le précieuses dragées, el deux 'at)TeS danant~ eole\•èrenl en cadence le sac ile la
recette improvi ée. (elle soirée valut à Mlle
Sallé plus de deux cent mille Cranes. u
Et. comme la Camargo, allé n'en était
pas plus à complet· se succès de jolie femme
Ill dtl ravageu e de cœurs que e Lriomphes
chorégraphiques.

r

lJe cette rapide esquisse, chapitre Lrop
sommaire 11' une histoire de la danse &lt;Jtti re le
à écrire, il re sort que, sous Louis le llienAimé, - œ qui ne préJ □ge nullcmeril de ce
qui peul aujourd'hui se pas er ' Ur lec illusLres
planches, - les « !,elle· filles du verlu ~ourante » trouvaient à !'Opéra une vér1la~le
terre promise où fleurissaîenl d'elles-mêmes,
pour LouLes, la galanterie doré~ e'., pour
certaines, le uccès aw~r ses gr1 e.rles, ses
enchantements el es apoLbéo e·.
Elle y troU\'aient, parfoi , autre chose
enco1•e : un duché ou un marquisat. C'est
ainsi q1ie Mlle Quinault, après s'être enrichie
des amoureuses lar.,esses do ûnnncii.&gt;r amnel
Ab ! Ca•nnl'l(O, que ruus ~le, brilla11l~.
Bernard. devint une légitime duch~ e de
,1ois 'I"" .'all~, grnmls dil'li&lt;. esl 111~i sanl~ !
:'ievers; que ~III Grognet fut marqui.e
Que , os l'~s oui lëgcrs cl •11w l s1v1B soul dou:r l
lWt: c;,l i11i,oi_tnhlc i,l mu, Îl\1/:i nouvelle :
J'Arg1ms; ~lUe Dufresny, marqui.,ede Fleuri;
J, ))mphes ,autenl cQ1rirne vous,
li Ue Le Duc, marqui e de Cour1·ox; .\Ille
f.1 ks lirèe1·s ,ln11seut c1&gt;mme die.
Grandpril, marquiStJ de enncville ....
On pourra, si on le 1•eut et sans grand
C!!Uc liellc .-:allé, que Lancrt!l peignit, en
un d ses meilleurs jour', dans UJ1 cbarma11L eifort, allonger d'autres 110m ·• ou plu fameux
ou plus di·crcls, Ci'llè fütc de ballerines
tlilcor de fête gaJanLe, ne rut pas moio
admirlic, en eHet, ni moins acclamée, ni blasmmée . El ce era le monument le plus
moin ndoré,HJ11c la éduis..1nte et triomphante ·ign ifti.:alif Jlt!.vé à. l.1 mémoire el à la gloire
Marimlllt'. El Lo11drc d,vait raLifier - avec de· pel.itcs Cudinal de jadis,
0

FONTEi ILLES.

Madame Récamier
PAR

JOSEPH T UR.QUAN

CHAPITR.E X

même, sa nature n'avait nullemeul tourué
do coté de la docilité. Il faut reconnaitre
(jUe la vicomtesse :w:ùt l'humeur as ez d1fHcile, que l'esprit de contradiction lui était
pettl-ètre plus familier qu'aux autre remmi:.,
et que, déïote, elle sembkùt parfois avoir pris
à cœur Je foire sur terre damner on mari
pour lui faire gagner le ciel. i le Genie '111
c/1/'i.·tianisme Pl les .JJal'f!Jl'S ne lui ont pa
valu le alut éternel, sa femme, ùrcmenl, le
lni oura fai.t avoir. Elle garda cependanL Loule
son âme à celui qui lui a,ait si peu donné dll
fa sienne, et on cœur demeura bon, es;;cntiellemeol bon, malgré des apparences contraire· qui l'ont fait mal juger par plu d'un 1 •
Mais elle avait tant souffert! Voyons : est-ce
&lt;1ue Fontanes, est-ce que Joubert urloul, le
grand Joubert, auraient ~on11é leur amitié
sans restriction à la femme de Chateaubriand,
si elle n'en avait pas été digne? Lenr letlres

con~latalioo fait!! de ses défauts, je ne pu.i
que renvoyer le Jt'&lt;:leur qui en vèut savoir
li e t lernps de dire quelques mot.t; d~
Jllus long aux exr:eUonl' el ~a1·ants ouvruges
llme de Chateaubriand. C'était une petite
de son historien '.
fomme de beauooup de bon sens, do bcnucoup
Était-ce pour la rassurer sur le rapports
d'esprit, &lt;rui av il la plumlJ au si :ùerte 11ue
qu'il a1•ait a\'ec Mn1e Hécamier'! ÉtaiL-cc dans
la lan1rue, et celle-ri l'étai! Leaucoup. Trop
l'e poir d'arrondir ainsi quelques angle •
as_urément, au gré &lt;le on illu Ire épomc, 1111i
assurément uu peu plu aigus rrne ne l'eüL
l'euL souhaitée ~ouvent moin allanlt!. Car
. ouJ1aité son mari, dc r:e caractère trop brelme de Cbate.1ubriand nait a. se plaindre de
lon 'l Était-ce simplement pour 1a dislraire et
pin d'une fredaine, qu'elrn ne réu ~i sail pa ·
lui faire plaisir? 1oujnurs e t-il que Chateauloujour· à ignorer, de la parl de celui 'lui lui
briand pré enta la vicomtes e li l' Aubaye-auxavait juré .fidélité au pied des autel ; - mai
Boi . Mme Récamier accueillit avec ~on plus
tout Achille n'a-t-il pas . on talon'? comme dit
graciem: sourire la femme de celui qu'elle
Chamfort. Le talon de l'auteur du Gé11ie du
accaparait peul-être trop et Mme de Chateauchristianisme élail d'avoir préci ément le
briand se montra aussi peu « grognon 1 »
chri ti.anisme forl large sur certains points et
qu'elle pnl. Dans le monde, d'ailleurs, elle
de n'être, en fait de fidc1itê conjugale, rien
avait moin d'expansion qu'auprès de son
moins que rigori te, - d11 moin pour lui.
mari et savait plaire.
Jlme de Clialeaubriand donc, qui avail aimé
Les relations entra ce deux femmes ne se
et aimait toujotw on mari
bornèrent pas /1 l'é,·haoge
avec pa ion, qui aYait p:,r
d'une \'isile : elles e conticonséquent, liMucoup ·uufnaèrent jusqu'à la worL.
ft!rl depuis son mariane,
!me de Cbali:aubriand n'én'était pas sou1·entmailresse
lnit pas jaJou e de ~Jme Réde son humeur. Comment
camier : elle ~a\,1il que Ja
l'aoraiL-elle été de a lanwquellerie de relie-ci, de
gue? IJ'une conduite absomème que les amahilitl!s de
lument irréprochable, cJJe
son mari, ne pou aieut être
e1ît ~lé parfaite si elle avait
que plat&lt;Jaiques el Loul en
eu un peu plu~ d'indulgence
surfac~ : dt1 ce ooté, elle
el de eh11rilécbrélienne pour
füit lranquille. Pcul-ètre
celui qui lui aY.iit donné lanl
même aimait-elltl mieux voir
sujel d't!.xeTCcr cc~ wrlus,
le volage all~r à I' Abbaye
si rares cht"z la femme. llailt
1p1'ailleurs : ne se dédomle pouvait-elle en 1·oraut sou
mageait-elle pas du on abanmar.icouri rsans ces e, aprè
don en meU,.,nt 11 conlribules « hellcs madame~ 11,
lion l'wépu.isablc ohligeance
comme elle Ji nit'!
do !me Hdc.alllier à imposer
Ilretonnr, largement
ses ami pour es bonnes
douée de celle lénacité que
œuvre ? on ambition était
l'on se plait :1 recon11a1tru
non seull't.tienl de raire le
aux fülc de l'Armorique,
liien, maÎg aus i d'être conmai' don!!e au point i1u·oo
nue comme femJTie à bonnes
n'eût pu raisonnablement
œunes : n'est-ce pas le
LF. llOl'OOIR D'lll\"F. C,R..l:'IOE DAIIE: F.N IU3l. - lJJ('r~s "" i.tessln Ju temp,. p3r M LE ,\hRF..
lui en souhailer davan13ge,
marécbalnt de celles IJUi
elle avait été "âfée dan.
ont llil peu à expier, soiL
on enfance par un ,;ieil
pour eUes (el cc n'éta.i t asoncle qui l'til ,a el qui lui avait lrus é faire sonl là, les siennes aussi, son Journal intime surément pas son c.."l.s), soiL pou:- le· autres?
tout cc qu'elle ,·oulait. Ainsi livrée à elle- également, pour pcrmellre de la juger et, Par la bienveillante intervention de 3fme fié1. D'nhord ~Dr &amp;fall1i1·11 do \lunlmuron.·y. cnmmr
2. G. [' \ILHÈb: Jforlamt de Cf1fltrrrubria11il, d'aprd,
siblc de lrou1•rr dC's ouvrages rlus documentés ea
on 1·Îenl dû le ~-0ir. 1-lo&gt;11Îlc p~r Vielor llnG&lt;I, 1./w~e!&lt; .u• ITémoires l'I ilti corre,,pmul,mi:r:
.1/ml,,m,·
inèmP tem1i. •rue d'illle plu- sèduiianle lecture sur
0•

uues, p. 206; par le baron Je Y1ornuLt.!ls, ,1J,·,11,,i~e1&lt;,
1. l i, p •.fü{i; par le comte u•1f,a,su!h1tJ.1;.. Jla 1ru11e..4e, I'· 171-ll'lO,

tft CILa.teaulwin11&lt;l, ll'llrrt illldites à .::. li,· Cl1111~rl
de c,,mserg1te~: - l..:l,a/t&gt;aul1riand, ~a (e1u111r ri
lfU 11111ÏB: Du nouveo1, sur J11ubert. Il e ,t imp .. ,-

l'i1lmlrc ècrit~in hr«'lon d sa fcm,m~.
3. ,, llntl' ile !;hat,•.uuli1·ia11d grogne. » Cbatea11ltt•i~11d 6 )fine Ri-mniJ!r. Il mai J 8t2.

�1t1ST01{1A
camier, elle olitcoait de ou criptio11 , de
ÎaVl'urs aJmini tralive~, des suh1en1ion. pou.r
des hospices, de ~(:cour pour d" prot~ié1:·
que la Ré"olulion avail rninh .... A1i-~i l'enlenle t;lai1-elle romplèlc entrti re deu .
femme : l'une c dait on mari, l'auLre s n
inftuence : on e lenait ur une aimable et
érémnnieu~o réserve el, de la orle, loul
!&gt;Hjet de désacoord était écarté.
Vers ce temp~, ~lmc lVcamier olHinl du

Laines fommP.s du . ièi-11: préi;i!Jcnl, f'ommr.
Mme de La.mlierl, lime de Tt:n iu, Mo11! 1;c 11 fl'rin, Allie de Le. pin1~.e aprèi ·a pirilut'lltpalromiè füne riu ll&gt;ffand. a\ai•ml ~ue url1•
élection:; à I' cadltmie française, elle e miL
en lèle de fa,re un ~cadémi ·ion.
Ellelanç..1, potJr commeoc r, la candidature
de 11. ~1a1hie11 de Monlmm•enc ·. "élait-il
pas dur, n'lLait-il pa ~fonlmorenc•, n'était-il
pas millionnaire, n'ét1lil-il pas l'un d~ J •u.x

mail pa ce qu'il n'etll pm!t-ètrt.: pa. fait pour
un ami ,~ritahle et méritant. li se cha1·gea
de la petite cuisine cilL•ciorale et s"év1:rlu.1 à
raire réu •. ir on ennemi intime.
Quoi qu'il en ~oit, nieu aidant, - il parut
loujour 'intéres er aux. affaires ~e M;, d_e
~fontmorcncy et, celte fois, son aid~ n e~1t
pa de trop, - ~lathieu fut guindé Ju.squ au
fouteuil acadtlmiq11e.
.
Ce fol une belle journée pour Mme fü!ca-

~J. de L:itou-::hP, &lt;le .on nom JI. Tbalmud,
originaire du Durrl' 11ù sa famille e continue.
au Blaue, par la dP•cendauœ de !le· dc111
frèr . Une grande Ji~tinction d'espril suppléait cht'z lui à de· é1uJ,,s faites un peu à la
diable, comme no le lit nus la Réroluûon,
le 1.lirecloire el le Con,ulat; une B'rau,fo dislinc1ion de m:1nièrer suppléait à qnel!rues
imperl'ectioos physique.. ~lme Héramier n'eût
peut-ètre jamai_ ~on•Té à prendre l'al'is de
cet écril'ain qui, mafol'é ~a fine se, s'.êtait un
peu jec I dans la lillérature commerciale en
écri,•ant l'llistofre ,/11 µ1•ocès FucLldès cl
quelques ouvrages dont le produit lui permit
d'acquérir son prtiL ermitage d'Auloay, tout
proche de la Vallée-aux-Loup ; mais la publication rru'il rit de Poe,i.es d'André Chénier
l'avait mis lout ù'un coup rn évidence comme
un délicat parmi les grns de !cure~. Taquin.
farceur. malicieux. mordant a\lec esprit,
1 r.
o. tbène de la Rochefoucauld en savait q11el11ue cho. r, - Lon flarçon amc cela,
pui qu'il avait d l'rl'prit, il foi.ait de ,·ers,
dt'S romans, de. article~ de journam, el
affichait hau(eruenl es opinions librralr~.
Mme Tiéëamier, .ans doule pour fermer la
bouche au1 ,oix lihtirale 1p1i wondaient
tonjour~ depui l'éleclion Je Mathieu, crul
habile de ,·onsulter M. de Latouche sur le
choix du pensionnaire d11 nournl académicien.
ll. de La.louche, 11ui emblail a"oir, en lillérature, une prédilec1 iun pour les femmes, car
c'esl lui qui, plu tarti, fanra Georrre ._and,
avait fait un jour un grand é.loqe de Mme Dc·bordes-Valmore devant Mme ltécamier. Celleci mit donc ce nom rn arani. liais certain
scrupul1• ne permirrnt pas à l'aimable auleur
de tant de jolies cho ·l•' rimée , d'accepler
une pen-ion qui n'était nullement aradémi,1uc, mal!!l"é son origine. F.lle mil tant de
nobbsc dans on refus que Mme Hframier,
luUan~ de bons procédé~, h1i fit accorder par
le roi une pen ion de mille Cranes.
Quaol à M. de llontmorency, 'lue so.n titre
d'académicien rpnail d'impro1'iser homme de
lettres, i I eut Jn sa•~&lt;' e de ne point écrire.
Cbarle ' X le cboi il pour gouœrneur du duc
de Bordeau . . ~[ai le paurre homme n'eut
pas loo t mp t, jouir de ces nouveaux honneur riui furent, on peut le dire, des honneur îuuèbrc . Il mourut subit~ment le
21 ,nar- 1 26, jour du vendredi sainl, à
l'égli e .. ai11t-Thomas d'Aquin, landi qn 'il
~lail a •cnouillé, abimé dans de pieuse méditation~. Celte m()rl, en ailligeant e amis,
fut regardée par eu1 comme une grâce d11
ciel. a füi · quelle I.Jelle mort l écrivit fa
duche. se Je Drogli • à Mme Rér.amier; ainsi
lui•mèmc l'aurait choisie, le lieu, le joui',
l'heure. La main de Dieu, de oe Dieu au\lcur dont il célébra.il le sai,:ri fice, esL là.! li
e·l à prés~nt avec lui 1... &gt;l
Toute à sa douleur d'avoir per&lt;lu un ami

si vieux dan~ .on alleèlion el daus on IL1hi1ude, ll1J adora[('Ur 11ui lui :n·ait envoyé tant
de lellres de ca11nnis.,1ion. Mme Récamier.
qui reccmit mille ·ondol,:anccs, u'oul,lia pa
de faire lt&gt;s ienne à s.i vcu"c, à c ·lie qui avait
plu qu'elle le droit de le plcurt'r. li p1lrait
r1u'cll11 rr~a de ce droil; mais ce ne fO.L san
rloutc cprn par artjllll de conscience. ~1. de
Monlmorcnc · n'iltait ronr elle qu'un contumace Ju maria!!è. li en étai! bit&gt;n devenu un
récidi,He depuis quelques année : aprè · la
morL du 61. unique de son cou in Adrien,
comme il n'y arnit plus de màle dan œlle
illu Ire mni ·on pour perpéluer le nom de.
Jlontmorency, ~lalhien . 'était remis 1, \'Ï1'l'e
avec . a femme, d1Hai sée depuis plu~ J'un
quart de siècle. ~l;1i · il u'cn riait rien r •,ulté.
Cependant le jeux &lt;le ba_ cule &lt;le la p0Jili11uc avaient mi à !.erre ~I. rll! Vill~le t&gt;l
porté lL de ~JarlÎ!rnac à la prbi&lt;lt·111·c du coni;cil. ChaleaubrianJ a,-ail pes,~ de. toute la
force de ,;n rancune cl de ~on ta len l sur la
machin· gonl'ernementalc pour amener ce ré-ultaL. Il fallnil reconnaitre un toi sen-ice L.
Chal •aubl'iand e timaiL1111'après 1'011lragc que
lui avail faiL le h1 roi il ne po111ai1 rentrer
aux a!Taircs •1ue ùans le &lt;léparlt'ment dnnl il
,11·ait été cha é. lfais 11111 mini t,·e maintenant ne se .oaciait de s'adjoindr • un collèrue
si inclépendanl: pa,. plu eo haut qu'en ha!&lt;
de la grandi" macbiue adtnini 'traLire, on
n'aime le la.lent. ni l'indépenJance. Ou caressa le lion, oo l':11naduu11, on lui lima le
n-riil'c· el, pour ·e l'attacher, on l'enchaina.
mais al'ec une chaine tl"or. On lui donna le
rappl'I de . on lrailemenl de 111inistrc depni:
le jour où il a mi L ce sti de I' êl rc. Il reçut de
ce chef, n ,u t·e M. Pasquier, la ·ornmc tit:
cent cinquante mille frarr('S sur le fonds du
mini ti!re dé affaires étrangères 1 . Ce ne fu 1
pa~ tout. \'oyant q11'on ne lui corùierait pas le
portefeuille 1111 'il voulait, il fit connaitre 'Jl' 'il
ucccpleraiL, en compeo.ation, J'runl&gt;a_, rtdc dl'
Ilorue. }lais la 1ilace étail OC&lt;"npc:e p;i_r le du·
ile L,lvul IJUi n'avail null • envie de quiller un
poste ah olumenl de son goùt pnur faire plai·ir à un homme qui n l'étai! nullemt~nl.
L'all'airn parais.ait t!iffit:ile l1 arranger. Mme
Rtlcamicr l'arrangea cepn1dant. Elle écrivit 1111
duc de L:n:il qn'elfo Lenail /t rnir Chatca11liria11d à [fome et ~ue, 'il 1·oulaiL bien lui
céder on amba • aùc, elle lni &lt;lonnerail /j ·
croi~ cp1'clle dit qu'dl' hLi « forait n donner)
en d1:domma_nemcnl celle de \ïenne, qui étail
plu importante Cela foil, Chateaubriand
écriril rlu 'il n ·acci-plerail Rome que dans le
cas où le duc de La,·nl 'en iraif &lt;le on plein
gré C'ed ain i 1rue toni s'nplnnit. Le duc de
Lu\'al partil pour Virnnc Landi. que Chatcauhriand, plein de joie, sr mettait en roule potu•
prendre pos.es ion du poste jadis donné au
cardinal Fe cb, auprè dm1uel il avait été secrélaire. Mme de Chatcaubriaud _partit avec

lui. Mm,• l11;can1i,·r lui lais.a l't'$pr!r.rnce, au
nioltlcnl &lt;lt•s adirux. ,p1'elle l1• \:Îendrait bicolol rvjoirulrc.
·ur toute la ro11t!'. Ji ton le~ rel.li. , Chateauhriantl lui écrit. Il lui fail parL de sp, impre~sions de voya 1', cfc ~s idée snr les é,éncmcnl. l'i la politi11m• européenne: il lni parlL•
ùc ~a je1111e ·,e, 1p1ïl lrou1e 1:nrcnoo ua peu
parto11I lti lo1w du &lt;"hemi11, de Mm' de Cu. tine qui 1',l venue t'xpirer Z1 Bn, de "llm d
llnras 'ILLÏ est alli!e mourir /1 ~icc. Dientôl, /1
Rome, il lui parlrr.1 d1• \Jnw de Tieaumont
dont l'âme planera plu d'une îo1s, comme
un voile c.f.&gt; deuil, .. ur se., jli'n~tl ··. l)e Ile.•
]il, ~hm• I\framil'r 11 ·l•. L pa:,. jalou. e : ce uc
. out qur de· ·on1'('ilir~, :ouienirs de mort ,
cl elle est. elle, Lien viwtnlt• à Pari· r,0mntr
dan le cœur tle l'amhn~sa&lt;leur. De ~lm de
Chalcauhria11tl. elle ne l't•st p:i. darnnla e :
elle e, l 11u 1ieu le d1it•n tic gm·Jc de ~on mari:
mais ~crail-{'C pour c('la 11u'el!e a Ju hargncu&gt;:
dan~ le cnracli\rc'! lfailleur-~. al'er Pile, elle
. ·entendra toujours. Mais Hrné? Lui J m ul'l'r,1-t•il lid~le an nrilicu d1•s capiteu:1es l\omai1w~? Eli crairrl bien q11r· nun el lni fait
part de 'e appr,:b nsion .. L'ambassadeur •11
ril : il lui rend l'Ompte d'nnP réception, cl'uu
1·frevimtmlo, ·ommc ou dit 111-has. el 'am1m~
à piquer a jalnu~ic par le rérit d'w10 petite
:wenlur '. oh! 1,ien anot.fim•, 11uïl a eue avec
urm .\nglai110 : il ll'rminc par cc mots on olateur : u , e ,·ou_ io,l',i~tt&gt;z pas : celte bizarre élrangère n'l!tait ni ,ïc1111c ni jolie. ,,
D'ailleurs, ~rmc de Chalr'a11brinnd "eillail s11r
lui, - a ·sez élroilement pour lui faire l'nir
:un intérieur tra!'as, ier el lui L'n foire Lt·ouver
d'autres phts agréable_~, ce 1pii, au fait, u·111ait
pas dirficilc.
Chaleauhriand écrirnil /1 ~!me ftér.un1l:'r
Lroi:,; foi. par 'l'maiur~ ..\,•cc ~ autre. dislnH·lion' - car il foil des ~ieu11c'&lt; •la ris la
Yifü, {otcrnelle 1 - cda l'aidait 11 pa, ·er le
lt•mps. Ile orle ,,u ïl S!' trom a, comme par
e11clrnnlt•U1è11t. au Lerme J ·1111 .,,jùur de• dühuil moi. qni n';n,Ùl eu, pour loulr om!ir(',
1111 • tirs traca. domestiqncs. 1lu Pll ju"t&gt;ra par
ce llt'lil an!11, relc,·i( ·ntrc plu~ d'u11, tians :i
correspoudaure; ,1 ~lme dt: t:hatcauhriand e 1
oragenso plu· que jamai . .le suis auj11urd'b11i
dans de ·1:ène · pnnr ùe doml!slir1ues. et cela
au milieu de rfü•~ dépècbes, de la mort du
pape el de: agitation· politiques de Pari~. ~
Tont cela amu. ail f\ew,, mais les cènes. non!
11 • anil eu, en ,,ffi.,1, l[Uélquc O:(Îlation à
Pari~. )J. d1: la J•'crroua1;;, mi1ti!&lt;lr•dl:', :dfair1•~
'tranrrè.rc , tll'aÎI l[é r~mplaré par (.., duc d1·
La\'al, 11ui n'avait [&gt;a- ncceptt&gt;, tnais a1ail rro11rr Ju mouvement po1tr écb:rnger :;on arnba,·~ade de Vienn wntre ,·elle de Londres.
~f. Porlali· étail alors den•nu, pnr intérim.
ministre des alfa.ires ctl'ann-i-rcs.
\ pr°' (n·oïr vu rl!unir un conclave sur h-quel il é&lt;-rivît des cho~e intéret-sanl ·, quoi-

1. Chateauhriarul ne ùissimulail poial d'ailleurs sN
besoins d'argent: q Comme il le ,lit, êcri,11iL ~piriluellemant :Il. de Coriolis à l'-bbè de Lli ~l~unrus, le
ùovembr 182à, il esl ,1111s 11lace, ia11,, lw1rneur.s,
11a1~ fortuuc ... , ce qui est inconteilllhlc, car il o'n de
place que la pairie el le miuislcre &lt;l'Elal, J'hoout•urs
que les Ordres du roi, la Cl'QÎX de 'aiu1-Lo11is, lo Le-

giun, el, Dieu me µarJonnP, 1:i fuisou-d'Or, _ck.-, cfe.
.\ l'cgor~ d_e la forlane, lrs l1111lcmenls 11rdi1101rcs ,et
cllraordrna,res.... , (Con·l!lip(md1111ce de La Me1111tu8,
t. 1. p. 213. ) , Chslcauhriaud voula,it d';bord di:&gt;
l'Brgenl pour lui; ,ensuite 5(/0 000 l'ra~cs 1mr «{! pQor
le Jo11.rmtl de, flebala, le lllre de rluc pour lm . ... »
( t. ,le \'it.rollcs à l'~bbé de ùi Ye,m~îs, l'uris, 27

janvier 1112K/· ll,id .. Jl· 425.
~- Ch~'.'&lt;:e i&lt;!r !'1sou1En, '.llé?wii:u, ~- YI, p. 107 .
.,. ! U antre '{De lime llecam1cr et.a.,e111 en lruin

0

LE

,\PPR~:TS Dt ,1 1,\Rl\l,t- -

Jïatrés le taNeim .te \'J(allmO)I,

,·icomte oslhènc de la nocbcfoncauld, genJrP. chef de la Congregali.on, el fort I.Jîen aYet
de llathreu el directeur des Beaux-Arts, on le roi? N'ava.it-ii pa élé mini lre'? Toul cela
poste d'inspecteur des Beaux-.\rls poW:- ~e Yalait mieux que d!' t~lrcs lillér_air~., c'é~il
fiancé de, a nièce. , f. f.b. Lenormant. Cel11.1-c1, hors de toule contcslat1011. Et puis · il fallait,
qui n'av:iit qu'à s'applaudir &lt;l'avoir, _comme à la rigu ur monlr r &lt;1n'un c?ndidnt sn1·ait
on dil, pri · la ballt1 a11 bon~ en cultivant l_a &amp;rire, ne pourrait-elle pas lllh1her Ioule une
connais ance de ~lme Récamier el en e fa!- coll dion d 'épîLrt'S 1:difi:m1_e clu noLlu. duc,
sanl bien ,;1mir d'elle, Ppou~a )Ille Améhe à faire pàlir celle ~c samt Paul, qui ont
Cyvoct le ter l'évrier 1 26. Le ~ariage ·e fit ponrlanl tra'l'ersé les 1ècl ?
A"ant donc taule" chances d'èlrc élu, Maà la chapelle de H.bbaye-aux-Bms.
1hie~
po ~ a candidature. /,;on or.,..neil d~&lt;:3~
me Récamier allait bientôt 'occuper
d'une petite alfilire dont la rét_15_ ile devail l'emportait drridément ur son . hum1ht~
au si lui donner une grande J01e. Elle se chrélienne. D'ailleurs Chateaubriand, ~m
mêlait parfois de politique el _di:igeai t un voulait to'"L ce que voulait Mme T\écam1er,
peu ses amis quand ils étaient num Ires. Elle crut sa genlilhommerie engagée dans une
voulut se donner avec eu-x une autre sorte de alfaire oi1 il ne s'agis ait pourLanl que de celle
dislracl.iolJ. e rappelant l'inOuence que cer- de Ma.Lbien. Et il fiL pour ce ri1·al qu'il n'ai-

mier. Elle était allée à la éance, mêlée à ce
hrillant public féminin d'Académi~, fleurs
pari ienne qui, ce jour-là, ~ent:uenl lo_ur
plus pur faubourg ainl-Gcrmatn. Et, le otr,
quelle joie, quelle îêLr: dam; le s~lon bien de
J'Abbaye-aux-Bois ! Mais que de cris, en rev~nchc, dans le parti libéral ! Ce (ut ~u po~nl
&lt;Lue le nou\'el académicien, pour faue lmre
le rlameurs, jugea à propos de se contente~
de l'honneur du rautcui] et de renoncer a
l'indemnité qui y étail altarJJéc. afin d'en
foire bénéficier un homme de letlrl's. Mme
l\écamier, oonsultée, ne pouYait q_u'è:re de
l'avis de M. le duc. Mais, avant d arreler le
choix du bénéficiaire de cette pension, elle
,·oulul consulter uu proressionnel de la plume,
A la Yallét~aux•Loups elle arnit connu

0

0

&lt;le 1111 prr&gt;1,ur r en L'tl 1n11meul, d'agréàhle diolrat•
lions., »(Gornl~ n'll.~•~~vrLu, Ma Jeumuu,, I'· Hia.)
M. d llaus,rounllc eta1l alors aHache ~ l'aml,,assadc
frnnçaisc de Horn~.

�'H1ST01{1.J/ -------------------------------------------J
que d'unu autre 1•11cre que n' le lit le pr1'. '-1dcul &lt;le Bros.sc , au sii•clc prfr,:«Jcnl, ~ur
eroblaLlc sujd; apr~~ a,oir ,n l'élt·ction d'un
nomcau pape, Ch:ilcaulirianJ. ·atisfoit, reùnt
à Partl-. Il alla an.' un j11ur &lt;le retard, v01r
Mme Htlc.unil'r. ·e~t 11\'C • ill'. éliloui.-~urucnt
de per~p •cti1•c ' l dans le plu piuomque
langa e 11n 'il lui soumit un projet qu'il &lt;·ure sait dt&gt;puis 1p1ch(IJC kcnp,. Il ':.1&lt;&gt;i~sail tout
. implcm,•nl, pour leur arnmr d leur ùonhcur,
de se retirer l1111: Jc•ux il llome et J\ liter
tranc1uillemcnl enser111.Jle cc CJUÎ leur re. tait cl
jour à Jé,iilcr clc l'C,: ·lleveau de leur ~i '· l)n
'in. tallerait Jan~ le petit palai~ Calfarelli, ur
le Capitole. Balla11che, J.-J. ,\mpi•re, leurs
autres :imb ') \ ic11&lt;lraicnlin.-1aller 11\'CC l'UI,
el l'on aurait ainsi la pins charmautc eolonie
française sur le lwrd · du Tibre. Hené a1ùil
mèmc achl'lé par aHn1 e dri- chevaux an~lai · qu'il , a\ait f,1il partir pour les prairie
d'handrc. »
Mme Bécnmier était aux an •c . c1 .l'ai été
heureo ·e de le retrouver, écri\'ail-elhi à .
uiètr, plu~ he11re11se encore ciue je ne le
croyai .... 1.',trrhre de _1. d1• Cliateanbriaml
r.u1ime ma ,ic, 11ui me cmblait prête à ·'éteindre. ll
Aprr aroir fait sa rour à fü11e Hécamier,
Chateaubriand 'en rut la faire au roi Charlc X.
pui.- monl:1 en r,alèche pour alll'r aux P}Téllt
prendr ' le c•au · de Caull'rct:,. Mai . arani,
Mme llframit&gt; r, pour lui ètre agrJahlc, am.il
Jonm: chez elle une l,.Tfantle . oirée où l'on lit
leclnre de a tra••édie de ,1/oïse. &lt;f lfür, écrivait Ballanche le 18 juin 1 29 à "me Lenorm:mL, il y a eu J'a ·. cmLlée la plu. brillante à
l' Lba ·e-au:c-lloi . Lafont, dti la ComédieFrançaise, li ail fort mal, parce que le manu crit 11tail niam.1i . ~bis :U. de Chateaubriand 'r.t-1 mi à lire lui-111èm1• : ain:i l'inltlrèt
a birn compen~é cc qui pournit mani1oer à la
lecture. Toutt-foi , madame ,·olr~ t,1nle était
;ur les épines: mai OI"t certaine que tout a
tté trè bien, que l'imprcs.ion a été ce qu'elle
devait toul uaLurcllemeOl être, c'e$l-/1-dirc
une impression de Ctlrnplète admiration. Parmi
le auditeurs je me bornerai à mus l'Îter
[mes .\ppony, de Fontan et Ga, ml. Couin, Villemain, Le Brun, Lnmartint!, Ln Touche, D1thois, , niut-)la.rc Girarùio, Vah!ry,
)Iériml:e, Gérard. le · ducs de Doude.rnvillc,
de Ilrorr lie, M~l. de ainte-Aulaire, de Daraotc,
0a ·id; Mme de Roigllt', Mme de Gramont, le
baron Pa 11uier, hnc t·t ~Ile de Barante et
mies de 'ainte-.\.ulnire, Du"a~-)lonlbel, etc. "
Oo voiL comme étaient con rues cei&lt; oirée
de la recluse de l'Aùba t'-,'lux-13ois. El « le
bon Ballanche », rellet de a douce patronne,
cnt ùrcmcnt . n plume lrl'mLlcr d'une l'aniteu e :motion entre ses doi"l tandi qu'il
égrrne à Mille Lenorrua11t le cbapelet de ces
noms cboisis d,m le Toul-Pari de leUres,
des arl cl du faubour., ainl-Gl·rmain ..1/oï e
n'eut pas grand ' uccè -, mai · l'autrur en rccueiUit des compliments aus ·i entbousiasles
que i ç'avail été la plu belle cho e de la
terre. Mme l\écamicr en enl .-a bonne parl et,
rougi anle, elle le recevait comme une
jeune pensionnaire qui les cO.t mérité . Pui
0

londi~ que ,·rm illustrt! ami roulail ,cr, le
PJrPnc •~, elle se ri•ndil 11 Ili •ppl', vil! ponr
ln1p1dle clic avait une prédilection Ioule particulière. ttallancl,e l'accompaonail : tenant
Ju \·al!.'l de chambre prc ·11ue , ulanl que de
rami, il lui rendait mille petit ,;cnicl! Jans
le choses pr.ilicyues du \·oyagt', où personne
cependant n'était main 1•alendu 11ue lui;
mai Mme f\écamil•r n sortait jamni cule
cl, pour rien, ne se 'crail mise l'II roule ,an
un ca"alicr.
.
C'est à Caulcrcl que Chale;inhriaml apprit
la formation du miui,trre Poli~nac.
cur1'
lerruinr •, il re\i1ll à Pari. .mie le regret de
n'aller pa~ plulûL à ltoml'. ,\lécontenl de M. de
Polirrnac, qui lui fit pourlanl quelques c.1jolerie~; mécontent dn roi, qui n rnulut pas le
rece1oir, il donna sa démission ,l'ambas adenr. C\Hnil la ruine de ~e~ projet de retraite
à l:ocne awc la peli te colonil· ùe l'.lbha eaux-Oui ; c'était Je plus la ruine pécuniaù-e,
l'i lime Mcamier eut à lui fair· oublier tout
cela, car Mme Jp Chateauhriaud étail trop
aucinte par ce dt:,a tre domc.stique pour pouvoir lu faire : lè aménité con olanlcs, d'ailJt&gt;ur , n'étaient pas dnn e corde·.

La Yie, i, l'Altbnyc..~am-Dois, était Ioule patriarc&lt; le. Quand li. cl ~lrne Lt&gt;normanl étaient
Il Pari , il· 1enai •nl diucr cùci leur tante.
M. Bécamicr. qui habitait chPz enl:, les
accompagnait, et Ballan ·b pualcmcnt. Une
douce •l parfaire cnlcntl' ré;;m1it entre tous
cl, après t, dmcr. on pa~,ait la ,uirée ensemhle . JI était rare que quelqu • ami· ne \'În~cat pas lapa: er avec eux. C'était le bonheur.
Tout ?t coup, cette \ie pai iblc reçoit u11
heurt : M. Tlécamier, allcÎnl d'une fluxion de
poitrine, meurt à l'.\bba~t.'-aux-Boi~ , où il
s'él:iil tait !rani-porter. C'élait le H) a l'ril 1 ·:-o.
)hue Récanucr, selon ce 'lu'a écrit ~[me Lenormant. u l'rut perdre une ,ecoade fois on
père », e,pres iou 11ui p ment être con i&lt;léréc comme conOrmant la Ji.lr(•nté naturellll
qui aurait ex.i 111 rnlr .lulielle Bernard el
,1. l\rcamier.
A eau. e de son deuil, Mmt: nécamier partit
pour Dieppe, en cellll année 1~:-')0, un peu
plus tùt que le autre années. Elle occupait,
a Jit Gliall·aultriaud, un appartement dout le
fenèlrcs ·ourraienl ur la grè1e. Lp· l&gt;ains
de mer lui faisaient tlu liien el conlribuaicnl
à lui con er1er cet air do jeun sse qui fo. distincrua si éton11amment jus11u'à on durnicr
jour. A llwppc. le jeune abbé Lacordaire \Coail parfois 'entretenir a\'CC die : on talent
nni, nnt, dont on c11mruen~,ait à parler, lui
avail l'alu d'être recherché par le petit cénacle. au i rcli ,,.ieux 11ue mondain, &lt;le l'.\.hliaJl"'
aux-Bois. ,bateau briand ,·cnail d'arriver à
Dieppe lor que la nouvelle de" Onlon1tat1ces,
puliliée le jour mème qu'il avaiL quillé Pari~,
·'t~·t-à-dire le :!11 juillet, lui rut annoncé :
.&amp;llaache, dcsccodanL à ce momeul de la diligenc , Ju.i apportait dt•· journ.,n . Il repril
sur l'llcure le chemin de Pari , aCTité d ,. plus
lune le presst'.'ntiments,
lnquiète pour lui, el crAignant que le people
ue ripostât il ce défi par Uml rilrolution, -

ce qui cil.ail facile à prérnir, - lluui Ht1camier, aet·ompagnéu d, ~!. Amv'•r •, le sui~il
:11=1lûl. \ "ainl-Dc111s, clic trom·a des l,an·icade . Elle dut nlor~ dcsct•ndre &lt;le Toiture rt
c'l'sl i\ pil"d, e,cortéc de ~a l'emme de chambre l'l de .\1. Ampère, qu'elle ~a:,na l'ihb,ryeau -Uoi·.
La monarchie dite l~,;itime était 10ml,:'
a\'er Chari", X. ne monarchie con. lilnlionnclle s'élc..,ait sournoi,cment ·ur lt· ruines
de cdlr-là el le duc d'Orlèans, sou· le nom de
Loui -Philippe, de1·enait roi de Frauçai~. On
p ·n e !Jil'n 11ue cc "rand - événements avaient
Loulm-er·é la petite ociélé d • l'Abha)e-auxUo1s. l ne femme n'a guère d'opiuio11 p,iliuque
bien à elle : comme les antres feruruel!,
~[me RtlcaUlier était le rellet &lt;le l'homme 11ui
avait pour le moment le plus Jïalluence ·ur
elle. Par on origine bour;;eoi e. elle avait
une tendance naturelle nu libéra IL me; par
s amitiés. elle tenait au rtl.gime déchu;
mais comme Cuateaubriand, au fond, était
libéral el nu .e gènail pas pour dire a la1;on
de pcn cr w- Loui · \VIII, nr Cbarlc X el
:ur la cour de Tuilerie., loul en regrettaul
le.s salons de ce « ducbcs • · ll où elle arail
l,rillé et qui allaient .o former, lime IlécalllÎer ne pleura pas rrop le rt:.,ime déchu :
i:lle n'aurait qu'à 1·ontinuer à l'aire re qu'ctllc
a1 ail tait sou~ 1 llirc ,toirc, . ou · le Con ulat,
. ou· la Reslanration, c'c ·t-à-&lt;lire courti~er
les pui ·sants, l't dl demeurerait pui ~ante
elle-mème. En lai ~a.nt aux ruuour -propres
bles ·é, et anx conl'Îrtions If&gt; t.e111p~ dti bouder.
de ~e 1 uérir el de lrou1·er un Liais honorable
pour e rallier, - n't• l-ce pa ain i qu 'éYolue
Cé ttu'on appelle une opinion politi,1ue? clic repeuplerait 011 alon de · g •n dbtingué ·
11ue la chute d' barle: X 1c11ail d" di;-perscr,
et qui viendraient fraterniser al'ec ceux r1ue
l'éléYaliou dç Loui -Philippe allait l amener.
llouée du do11 d'auirer cl J, retenir auprè
d'elle les hommes l plu tlminenLJ, elle conlinnerait à le · séduire par le· aim:iLlc cl
gracieux manège• que on e1p1:ri ·nec de fa
\'ie a,·ait portés à leur phi: haute perlc!clion ;
elle frrait \'l'nir chct elle le. hommes nouveau , le· jeune. talent • le ùlu Ire · du jour
et autant que JJO ·sihle ceux &lt;.le c.lt•main; fidèll.l
à ce programme, elle arril'er,,it l11en l, faire
célébrer .on impartinlité el à faire chantP.t
es louanges p.1r tout le monde, comme par
le passé.
l&lt;:n allendanl, on salon thait le refoge dl·s
rolèrn du parti torulié. Quellt• · inilpuiloalilr$
&lt;li ·cu,sion · 11ut'cci;é,éntlmt.'nt dt· juillcL 1 ;;o !
Quelles amèr ~ récriminations c•onlrl.l 1·ct in·011 cicnt Poli.,nac. tel aveugle Char le X, on
« unLécilc entourage n. celle tl impatience de
parJure &gt;&gt; Je la ChnruLre de pairs lJUe pou sait &lt;C une peur iulrépide ! » c· • l Chateaubriand 11 ui ·exprimai1 ainsi el füne Récamier
a,nil l,1 •u du mal à présider ctlS 'tfanr • orageu e qui transformaient ~on salon eu un
parlement au petit pied et y amenaient de
ai areur ·, de violence de lau"age, dei; éclat ·
pas ·ionnés i contraire à son goût ponr la
m~ure el la modilraûou. Car tout lo monde
n'était pa · pour le vaincu • 11 l' Abl&gt;a}e-au:1

�, , _ fflST0'/{1.JI

MAVJllK'E }ttCA.MIBJt -

!:loi cl li. Lnp'rc n' di~.imulail pa. se· mai· un miel 1·affiné, bénin. un mil.'! de lnhoe~poir dan le régime nouveau qui, pensait- ratoirc, dont la aveur origincllc avaiL di paru
il, ne serait 11u'un achcmincmeol \'ers un pour ne laiuir que la fadeur du ncrt•. Chagou"ernement pltt digne d'un pa~s comme teaubriand s'en conL('ntniL Il avait un peu
la France, où il y a tant de talents dh·er à vjeilli dL'pui ,on r •tout' dl! Rome, - et il J
meure en 1aleur pour la marche en arnnt de avait. i peu de temp 1 - dcpui cette année
l'humanilé, pour .e progrè, .on émanci- 1829 où l'hilarète Cha le-le vop.it &lt;4 toujour.
pation, sa liberté, . a dirrnité, on bonheur! jeune... , monler à oixaulc au., r.n•ec cette
M. Lenorm:mt, qui 1·o)"ait Mjà bon parti :'1 courtoisie parfaite et celw dé involturejoyeusc
tirer pour . on avancemenl dans la révolution qui ne le quittèrent pas, nn pelil e calier de
11ui venait de ·accomplir, était dan le
la rue de l'AbLaye, plus le ·Le qu'un mousmèmc idJes. Au ·si, dcrnnt eux, Cbatcau- quetaire de di.x.-n~·td' an t » La révo]utfon dl!
hriand :nait-il tJUC'lque peine à accorder .e
juillet, sa relr:iite des affaires, l'obli.,.alion où
opiniom ropli tes et ses tendances répuLli- tl'odieux embarra d'argent le mrltaicnt de
caines, on goùl pour la liherlé et son dérnuc.- renoncer à e~ rê,·cs de Louheur crépu ·culaire
ment pour le Bourbon . Lor ·quc l'accord ne ~ar les bord· du Tibre, le rendaient plus
pou mit •e faire entre Lou ces lutteur., on sotuhrc qne jamais. Le fond dïmmeur cha'en rapportait ?1 l'avi · de Mm flécamier. grine 11u'il port.lit dan le ruondo où il a\ ail
Quant à Ballanch '. devant ce é11focme11Ls qui tant aimé à aller; le et\Li rogue et har&lt;Tneu
a\'aient bouleversé ~es ysLème Je politique de son caractère preru1ilmt décidément le
et de philosophie, il semblait a\·oir donné en dc~~us : oo ton lui d,•vrnait bohiLucl après
loul ·a Jt!mi. ·ion. llt ne s'occupa.il cp1'à mellre avoir été d'ahortl une allectalion, une po e.
"es déception eu formult! .
Au i Yenait-il chaque jour faire bercer on
Chateaubriand flui, plu &lt;1ue lui encore. humeur à la douce mu ·ique de parole calavait donné a démission de tout. excepté man Le de ~fme Rècamic.r. &lt;4 Avant mon déd'écrivain, lança une brochure virulente : De part de Pari·, écri\·ail Ilalzac au docteur
la Reslauration el de la monarchie ile('live.
P. Méojère, j'ai vu ~l. de Chateaubriand chez
Puis. atec le produit dè cet ounage - car ~lme Tlécamier. ,le l'ai Lrou11ébien mau ,ade,
. a hotar-e était tonjour à . ec- et le produit bien chagrin'.» Cn n'était pa enleruenl un
de la vente de es épaulettes, "alon' d bro- moment d'humeur nuire comme il l a de
dt.!rie d'uniforme • il fut, accompagné de sa gen~, paraît-il, qui~ ont parfois ujél.s, c'était
fornme, e recueillir en oi se. Le duc de maintenant l'étal ordinaire de Ticoé. Aus i
Laval e retira en I ormandie el le antres ~I me néca.mier fai ait-elle ·011 pos il.lie pour
ru alisles de mar,ple allimml comme loi
dHraire l'illustre ennuyé; mais mLs Mary
houdcr dan leur· lt!rre , 'en remettant à la Clarke n'était plus là et, !fUOÎ ,,u·elle fil, la
l'rovidence, comme touj1iur$, du oin Je ré- pauvre l't.:mme n'y réus.i sait guèr,•. &lt;&lt; Le
tablir sur le trône le roi de leur rêve· .
~alon dt! llme Récamier, a écrit une des
0e retoru à Pari · et n'aiant plus de l'oner j!rande· monJainc Je l'rpo11ue, e rc. entait
tion pub)i41ue pour dévorer on at:liYité, do la ,•ieilll' ~e moro-e de Chateaubriand•. 11
Chatc.'\ubriaud alla plus que jam::ii cbci .1 uli tte ,•ieilli saute es aya Jes di traction
Jfrne nécamier. Qu'a11ait-t-il de mieux à fair ? liLLéraires. Dè qu'un homme avait fait paLe ' récrimination de a fl•mm • rexcédaient,
rallre un ou1,ra e dont on parlait, ou mème
malgré .on inaltarable pa1icnce; I!! r,:dm:- un article de journal ayant fait 11ucll1ue bruit,
tious qu'il a1ait éW obligi d'introduire dan· elle Lrournil in ·tanlanémenl un moyen de lt
chaque chapitre de on budget domestique
er,·ir tout chaud à ,on ilh1str ami, el c'est
n'étaient pas faites pour la rendre plus trai- ainsi qu'elle par1·enail à meltn• un emblant
table : les femme se plient facilement à une d'iulérèt dans la vie du grand blasé.
alwmt:nlation 1lans le ' dépen e , mais, nntl
.Parmi les hommes éminents de ce temps,
foi haLituées à un certain elal de mai on, on le plu. re.mar(Jnable était iocoote t.ablemenL
e t mal rnnn :1 leur parler de le restreindre. Balzac. 011 commençait à parler beaucoup de
La néce ité pourtant était là. et il follut bien cc jeun écril·ain qu'on renco111rait chez la
:;'·ré oudre. ~rai, eene fut pas san ai rreur : ,·icille Mme opbie Ga), chez sa fille lmc de
le pauvre Clmteaubriand tn ut quelque Girardin, chez Mme Uamelin, celte épave du
cbo e. El c·e L pour cela que, cbar1ue apr~s- Directoire, chtz la duc.be se d'Abrantès, ct·Ue
midi, on 1 vopiL e diriger ,ers l'.,.\J,bayc- épa\'C d • l'Empire, chez la comte e .Merlin,
aux-13oi . Il l' avaiL son heure, et tant •tue cetle t·rrnle ·pai;nole 11ui avait éJlOU.é un
celle heure-là durait, personne n'était admi · général de Napolcon, chez la ducbe· e de
dan le temple. Là régnaiL un demi-jour a- Ca trics, qu'on reconnai , ait i ai émcnt sous
vanl et my ·térieux : le rideaux à demi sou- les trait dr Mme dt.! Rochefide, héroïuc peu
levés enténébrairnl la pièce de ce clair-oh cur s mpalhi11ue de son superbe roman de Bàlpropre au recutillew nt et Javorable au i à h·i.t .... Baktc, alor ·, oe demandait pas micu:
un 11îsage que la jeunc ·se veut &lt;f11iller. L'il• que de répandre dons les .aloos de P.iri. .
lu tre écrivain entrai!, allait s'asseoir dans
· 'roman élaienl quelque cho~e d'ab·olu_on fauteuil, au coin de la cheminée : de son ment nouveau dan la lillératlll'e françaLc;
air élernelleme11t ennu é, il recevait l'encen
per onne n'a\'a.Îl jusqu'alors donné une telle
de sa grande-prêtresse el savourait le miel de inleosilé de vie réelle :1 des personnage ficses douces paroles : ce n'était pa le miel aux
2. 0alzac avait quiu.; Paris le 22 11011l 1832 })O•H
parfums ûpres el auvages de la mont...'lgnC, Aix-les•Uoins
ou il rlc,·uil rdrouver la ùucbe •e de
1

0

1. Philarcle Cu.o~tEs, fltmoir, ,, t. I, p. 180.

Ca lrics.

tifs; personne n'..t\'ail jamais scruté ain i ju.qn':iu tuf l'âme de ce. per onnage , le· mou'VemeuLs 11' pin secret de leur cœur. porlé ln
lumii·re dans les des ou· de leurs pa~sions et
de l~ul"s vice. ; per oune n·a,·ait si Lien encerclé
loul ccb dans un cadre autant fouillé que le
taLl!!a11. Au.si le jtunc maître tilait-il forl
di culé commi: Lout ce qui or •il, ~e ri:mt de
la rouLine el Lrancba11t fortement . ur le vulgair et le conn'UU. Il an1il de l'haud pnrlisan , mais il avait de plu chaud (•1111rmi :
le enra"é de la rouLine cl de la mlidiocrité
ne . onl-il pa loujour- µlus nombreux qut:
le pa , ionné du progrè. et du laient 1
En 1831 , llalzac érri\'ai l la Peau de clurgri n, ce rbef-d'œul'!'e où, malgré quelque.
erreur' de vue, une oh~enation vraie ri poignante du caractère humain charpente \'i 0 our •u~ement un roawn bien musclé. On en
parlait nvaut qu'il ne ffü terminé. (&lt; Votr •
neveu a dù rnu dire, mandait l'écrfrain à rnn
~diteur o· clin. que je me sui, n•nl'ermé el
tp1eje ue quittcpa ln Peau de rhngrin qn'cllc
ne soit finie. J'ai bien préparé le succè .
~me Récamier a réclamé une lecture, l'll orle
que nou aurons encore une immen e qnonLilê de proncurs Jans le faubourg SaintGermain. »
Cette lecture se lit-elle'? C'e l possihle,
mai il n·y eul sans doute point le grand
Lral:ila mondain qui l'ncnJra la lecture d,~
Moïse; pour ce petit foi eur d · roman . un
petit comittl êLait sulli ,rnt. Mrne Tlecamier ne
savait pa · alor què la po·Lérité placerait
Ralznc . nr le mème ranlT que l'auteur des
Alartyrs, et mème au-des ·us. mai pour de
qualitês Louit.!· différentes. Si elle l'avait su l...
En tout cas, lïdl'e seule de lir la Peau de
ch.Qgrin devanl Mme R•carnicr L 's amis
e1H été uue véritable ab rr;ition. ll:il:,ac 3U1·ail dù le comprendre. ,omwen t l il trace
Jaus ce roman le portrait d'une fomme, la
comte se Fédora. pc.r-onnilia11l l'é •oï·me el
« l'in ea'ibilité de la coquetterie l&gt; comm · il
ledit lui-même da.n unarticl . nr on propre
roman, cette &lt;1 lemme ,an~ cœur. type d ·une
~ociété sam 1·œur 11, romme le dit de son
rote l'hilarèlc Cha le dan on / nlroduction
a11.r l'oma11s et rrmles philo~ophique · de
Ba{:,ar · pour quehp.1cs lignes de e portrait.
it a l'ait poser de\•;mt lui füne llêcamît:r :
J'ex11uisc · fleurs Je flatterie ne cachent pa
assez de cruelle n•.1lités et de brutal' vériLés ·
le dill~rcnLe · b~poth~c · de la Ycrtu énigmalÏffllC de l'héroïne y .on examinées ,'.l\·ec la
lihcrlé du méfafo, 1·alpel en main, pourrait-on dir . Et BallaC auraiL eu lt' courage
incoo iùéré, peu é.ml, il faut en convenir.
de faire celle auLop ·ie pl_1 "iquc autani que
psychologique devant colle qui l'a,·ail in piri\1
Ce n·c Lpa admis-iblc.
moins 11u'il n'ait
pas é.ce portrait sous silence en li.anl 'On
manuscrit, ou plutot 4!Ue l'oun·a"c n'ayant
pa ' plu dan ce ~rclc où l'on n'a,·ail de •oùl,
malgré la présence de Cbaleaubriantl, que
pour le convenu el l'onctueuse fadeur, Balzac
oc l'ait ajouté après coup. Ce crail alors une
vengeance.
3. \'icom1e • o'AGonT, Mei Somn,i,,-, p. 338.

La ledure de lo l)eau de cl1&lt;19rm, si Plie
fut faite dans ce crnacle, n·y pouvait produire
qu'une très mauvaise imprc sion, nième ~an
le portrait &lt;le ~\&lt;dora. La preuve, c·e t qu'il
n'en esl auc1mi&gt;11wnt question dan le~ '011M11fr.~ el Correspowlancecle

.lime llécamier.

Le nom de ll:il1.ac, 11u'on u·y tro111·e pas une
·cule foi . étail po1irlant un nom hien •lorlcux
à épingler au milit'U de ceux que MUle Le~
norroont charcreail de faire cortège à a tante
dan · l'immorlalité. El si naime11l la Peau
de cltagl'in fu~ lue à l'Abhaye-aux-Bois, on
ne s'étonnera pas du peu d'enlhou ia me que
re puissant roman dut y Pxcitcr. Tout d'abord,
il eùt trop rappelé à ces sexa 11é11aircs qu'étaient
lime l\écamier et Cbatcaubri:rnd 11ue leur
Pea" tle chagl'in à eux, c'e,;t-à-dire cc qu'il
leur re·t...1.il encore de vie, se rapeli sait terriblement de jour en jour, el c'e Lnne cho,e
qu'il ne faut pa rappeler à des 1ieillar&lt;l.s.
En uile, les Lraits de la comt• se Fédora.
emprunté· à Mme Hécamier, 11e oui pa
ea\·eloppés d'a ez de voiles, Tout cda dernü
détonner étrangement dans le clair-ob cur
el l'almo pbère toute factice du salon bleu
de I'.\ bbaye. liais il est plu probable que
celte lecture ne se fit pas, il n'en fut même
jamai q11estion que dan· l'imagination de
llalzac.

pas malice, il était tout simplt-ment ra,'Î
d'avoir trotl\'é dan~ cet aLhé au pàlc ,·h.agc,
e\primanl la soulfrancc el ombre comme
celui d'un grand i111111i,i1enr du temps de
Philippe II, dans (' •t al1bé à la " racé de
damné ,, 1, un partcnair' pour ,e · inlcrminal1le pa rlies parlante· dr philn,oph:e llllo-démocraLique et néo-cbr :Lieuu '· Car, il faut le
dire. il 1rournil rarl'meot qnelqu'nn pour lui
domrnr la réplique: le honhomnw, avec .a
philu•ophi •, était si pt'u amu a11t !
La vie de ~lme Hécamicr continuait donc à
Lonrn •r dans le m~rne en·, lo11jour · unirorme, LOujolw à ~on ioùl, au milieu de
celle société d'odmiration mutuPlle, lor·que
tout à coup ell~ subit un heurt : Cbaleaubl'iand 1ient d't!lre arrèt.l dans ~a &lt;r ~olitudc o
de la ru,• d'En[er, l·omme prévenu de complot
contre la . ùret: d • l'État, rond nit /1 la préfecture de police cl incarcéré. '::i Femme \'Înl If.
voir dans sa prison, sa vieille amie aussi.
A la. suite do .Ume Récamier, toute la pelite
colonie de l'Abhaye-aut-Boi défila, en pèlt.'riuage. à la préfcc1ur • de police. Le pl'éret,
M. Gi$quel, ,waiL imité on prisunuier ù \'enir
dans ~ou salon. Bon enfant. CbatC'n.ul.irfand
arnit accepté t:l Mlle Gi,11uct lui foisait de la
m11,iq1w. Ue orle JJUl' t'e n'e:;I pa. san · un
rerlain rf' •rrl qu'il apprit, an boui d'une
quinzaine de j11nr , qu ·une or&lt;lo1111tu1Ctl de
non-lieu le rendait à la lilwrlé et i1 Mine 11{,ramier. Celk~ci (ut. du roup, reuduc à la
trant[IIÎllil :. ~lois pour pc:u de ti.:mp~. 1ne
terrible épid1:mie 111' dmléra 11t'la,,. Comnn'
,,l)è avail une ri-ay1:11r toute p:1r1imli;,rc du
lh:.1u, on 1•sprit u't·ul pin un munwnt d1•
repos : on cùt dit 1111'uu va..,uu instinct l'are1·tis ·ail 11uïl d,•vrul un j()ur J'i.:mporler. Le
11uarlicr Je la rue dl! -.l'rc. para.î,-~&lt;1111 plus
forlern1·11I éprouvé 4lfü: le. autr , MmP Ricamier •t11i11a 1'.\hl.ia.)!..'-,111x-Oois
l'i alla demander a,ile 11 un •
a1nîc de la reine Uorlen ·e,
Mmo aha&lt;&gt;e, qu·el11) avait connue NI Italie l qui habitait
rue de la Paix.
1 cudanl celle !pidémie, le
duc de I oaiUc 1in1 avec assidnité \Oir ~fme Héc.imicr. Il y
avait ~ept an 11u'il lui ar:ùl
été pr~sc11lé et, l,ie11 lllle beaucoup de e parent.li et allié
aient élr de son intimité, il
1i'a\3il pa · songé à profiti:r de
l'in,itt1ûon de la vmir ,oir.
Toul à coup il devil'nl as iclu.
!~Lait-ce rnument pour la ra:snrer, lni remonter le moral
el l'aider à traverser avec moins
d'appr :hçosions Cè temps d' :_
LE CILlTL\U DE .IIL\JNTEiSOr;.
pidémie '! Oh ! &lt;1ue aon pas !
)1. 11 duc do No;1i1les ne songeai L pa.s à celle épidémie-llt :
l'abbé 11 gros comme le bras ils na -'aimaient il ét...'IÎt allci11t d'une autre. li 'èLaiL avisé
pas. Ils dm'Ïnreat pourtant amis plus lard. Lout à coup qu'il avait une certaine connaisMme Récamier, elle, a,•ail tout bonnement sance de 11li ·toire et de· cho.e littéraires
rait accueil à La Mennais parce que c'étaiL un
l. r.xprcssion ,tu 11,pe Léou XII, patlanl de lui Je
tS21 1Lellrc du corili,1al Berndli au ,Jue Aclri~n de
sujet r.imarr1uable de [Jlus à meure dans 3 (..aval
llonlmnrcn ·v, flomc, 30 ao,\l 1 .4. Correspo11colleclion. Quant à Ballancbl', qui n'y , ·oyait &lt;1a11ce c/1 La fr-1i1111~. 1. 1, p. 1 i&lt;.)

mandie - pour continuer à foire dire que
lt• hommes les pin~ rcmar4ual1le · du jour ~c
di~putent l'honneur de ,mir t.1(-po el' leur'
hommages à ~es pied~. \u J.,meur:rnl. elle
ne I\! · attire. ce· hommrs, que pour régner
..ur eux, obtenir par eu:x le [J1curs du 11ou1·oir Pt de l'aûmîni Lralion pour ,e protégé~.
se ami·, ses parent , ,e crvir en uu mot de
leur inlluence pour maintenir la sienne. C'e l
airri qu'elle dem(·ure toujour· une puissance,
•1uel que oit lo régiro,i politique. Le di· i&lt;lcnce religieuses ne l'arrèlaieut pa plus qut'
le· dis iJenœ. d'npiniun. C'eût 11L~ fort hien
si, n'appartenant pa., par e. vartités, à un
parti 011 la tuléram.:e n'était nullrmcnt à
l'ordl'I! du _jour, elle al'ait éLci lil1ëralt&gt; par
e prit ,.raimenL largt' et ou1·crt : mai cc
n'était pas on cas. D'aillt·ur , cummu pour
donner un démenti à 41ü l'eùL accu ·ée de
pactisl'r a\'eC le gouvernement el les homme
de juillet. elle reçut à celle :po']Lte le marqui ·
d • Vérac, 16 dui; el la ducbe ,c de )louch •,
le duc de Noaille , &lt;Jlli lui avait 1:lé pr :~enté
à nome el qui lui amena sa Iemmc. Mai , en
H!nanl ain -i, ce duc avait son &lt;t idée de derrière la tête », comme on le ,·erra loul à
l'heure, et 1·t•nait plus pour l11i que pour elle.
Quant à Mme Récamier, elle était heu:reu •
de ponvoir con cner 1t son salon, grâce à ces
nouvelles rct·rue , une couleur de llaulc ari Lorra1ic, ce à quoi elle tenait par-dt $SU~ tout.
Cela n't•1npèd1ait en rien la petite cui~iirn
littéraire de Loui; le· soir : au co111rairp. n
jom· nallanrhe. qui élait un de . l's ral1at1eur~,
lui amène un Licau !riLicr, une piêre rare,
l'ahJ11: de La Uc11n::iï". Cc u'étail pa pour
plaire i1 Chateaubriand : bien que ce:. rlcu.
Breton , né dans la mème rue de 8aiut-}IJ!o,
à tr' · p II de distan1·1· 1'1111 di• l'autre, e dic11t 11 monsieur lt• vicomte 1l et 11 moru;icur
1

CHAPITRE XI
,rpcndanl, continuant à atlirer thez elle
11&gt; howme_ ll':. plus en me, soil dan le désir
d' 11 aruust&gt;r l'inamasaLle » el lui procurl"r
des di ·traction qu'elle 11'était plu. capal1lc de
lui donner elle-même, soit eulemeoL dan·
l'i11térêt de la &lt;&gt;Joire de $Oil alon. Mm&lt;' nécamil'r a\·aiL réu.s i à faire ve11i1· i1 L\Lharc le
général Lafayette et, faute de
Cabimir Perier, réfractaire à
se 1JOquetteries rancies, son
frère ainé .iu!!llsle Perier. la
nouvelle mooarcbic lui avait
foit 11uelques a1·ances pour en
faire à Chateaubriand ctes~aycr
de le museler. M. de Mont esquiou était venu chez elle de lu
part dt! Loui ·•I'hilippe pour parlementer aYec lui, mai an·
uccès : le vieux lui li:ur voulai L gardt•r ses coudées fraJJches . .lJme l\iicamiur lé regrctla
ans douLc : fidèle au systènw
qu'elle avait inauguré 10111
jeune, dan l'intérèl des affaire
de M. nécamier, elle continuait
à s'entourer d'homme connus,
dans l'inlérèl de es propre
affaire•. Cela montre un esprit
large, ouvert, libéral, l-0lérant. ..
oui. si l'on veut. Mais cela ne
mnntr rait-ilpa plutôLeL urloulancsorte d'é.
!!Uî-',me élroi 1. dénué ah$olumenl de principes
Fermes, arrêtés, rnlidt!s, et rapportant tout à
elle-même ou à la renommée dt! son aLon'!
F.llc oublie se con,;ction légi li miste - mois
Mathieu e. t mort el drien boude en 'or-

~

1

... 9 ...

�1f1ST0'/{1.Jl

------------------ ------------------------

et s'était soun•nu en mème temp.· que Mme
Récamier avait frul élire Mathieu de Montmorency à l'Acach1mie francai.e. , i le chol(,ra
Tai.ait qllelr1ue· vides p,irll.l.Î les quarante. ne
pourrait-elle pas lui rendr·e à lui, duc de
'oaille , Je même enice? Un Noaille· vaut
bien un ~lontmorency, que diable! D'ailleITTs,
sï] fallail, à la rigueur, exhiber quelquti titre
littéraire, il était 10111 prèl à prouv,·r qu'il ne
tenait c1u'à lui de s'r,n p.a,oiser. Il savait, par
traditions de famille, et po :daît dan les
archive de son ch;iteau de llaintenon, mi11e
cho8CS inléreasanlt'S ur ln mai on royale
d'éducation de Snint-Cn- et sur son iUn.slre
fomlatrice ~ltne de \fointPnon : o'é1ait-il pas
un peu de son dc\'oir, mènie. à lui cb1•r de
la mai.on de ·oailles, de [aire conn:1ilre. mais
comme il 1·oulail qu'on la.connllt, celle femme
qui fut fa demiere pas ·ion de Louis XIV?
Yec u,n peu de lPmps, un peu d'aide aus i,
il en viendrait liit'n à boat. .. es ami feraient
le reste. Il tallait dom: se créer des rdaliùn
dans le Jeures. Chez Mme Récamier, il rencontrait journefü•m,,ut Chateaul,riand, qui faisait ua peu la pluie et le l&gt;ean tcmp à l'Académie; Ballanche qui ne tarderait pa à )'
aller porter • c rè~erie étoilées rt panach~es
de pbilo ophie el de poésie; Ampère, qui l'y
suivrai l de prè_ . aY c on pa sau li liant él on
e prit 3Uc Î saulillant que ~on pas; DriJfaul,
ce parasite df' mai. on opul ute du ÎHUbourg. aint-Ccrmain, à qui ses platir udes parlée" et imprimée allaient valoir aussi bien toi
un fa11tc1lll . ou la coupole du palai Mazarin .... Bref, il ,. avait là Lout un ·lan littéraire au.p1el il ·était habile de e frouer et
dont il était pru1font de fidller les vanité ·
pour s'en mén,1~er la faveur. Eh! eh! ce
noyau poul'rail le pou ser à l'Académie, tout
comme un nulre. Et voilà pourquoi le noble
duc s'était mi lou Ld'un coup 1t fréquenter la
bourgeoise amie dl! nent:. C'était Jtiroger,
mais Alalhieu et Adrien Je llontmorcnc} ne
l'a1·aie111-ils pas fait avant lui? D'ailleur. il
avait besoin J'ellc, et. de son côté, elle serait
si lmurcnsc qu'un o:lilles ,lut preudre dans
on salon la i,lace lai sée ,·al·ante par un
,lontmore11cv !
Enfin le !Ïéau diminua et, comme Chateaubriand é•ail allé prendre un peu de repos en
ui se, Mme Recaiuier ·e Jé, ida à l'aller rejoindre. Elle romml!nça par c rendre au château d'A.rrnenherg où la n i11e Uorlcn c pa . ail le loi=ir· que lui m•ait fait · la t-h111e de
~apoléon. c·r, t à Constan,·e I ville ,·oisiue
d'Arene11bt&gt;r", 1pm Chateaubriand la rctrom·a.
lis passèrt'TIL lb nnc honnc journée que le

granit écrivain a immortali. t-le don es J/émoircs. li en fout reproduire le récit: (l Dan
la ville délahrée Je Cons.tance, notre :mùcrge
était fort aaie: on j faisait Ir· apprèls d'une
noce. Le lendemain de mon arrivée. ~lmc llécamicr voulul se mellrc à l'abri du la joie de
no hôlt: : uou nous eml.Ja~uihne sur le
lac, et, lraver. ant la nappe d'eau d'où s.orl le
Rhin pour dt!venir fleuve, 0011 abordàme i\
Ja grève d'un parc.
« Ayanl mis pied à terre, nous [r-ao bimcs
uae baie de saules, de l'autre côté de lar1uellc
nous trouYàmes une allée sablée circulant
parmi des bosquet· d'arbu_tes, des groupe
d'arbres el des lapis de gazon. Un pa\'illon
'élt:vail a11 milieu de jardin , cl une élégante villa s'appu_•ait contre une futaie. Je
remarquai dan l'herbe de veilleuses toujour mélancolique pour moi à cause des
rémiai cences de me diver et nombreu
automnes. ou nous promenà.me au hasard,
et puis nous nous as imes sur un banc au
bord de l'eau. Du pavillon des bocages s'élevèrent dlll&gt; harmonies de harpe el de cor qui
e lurent lorsque, charmés et $Urpris, nous
commencions à le écouler: c'était une cène
d'un conte de r ·e. Le harmonies ne renaissant pas jo lus à Mme Récamier ma description de aint-Golh,1rd; elle me pria d'écrire
quclque cbo e ur .e.. tablettes, déjà ~ demi
remplies des détail de Lt morL de J.-J. l\ou eau. Au-de sous de ces dernière paroles de
l'au.Leur d'Héloïse : « fa fomme, ouvrez la
fenêtre, que je voie enc-0re le oleil », je traçai ~ mols an crayon : &lt;t Ce que je 11oulais
sur le lac de Lucerne, je l'ai trouve su,• le

lac cle Consta11ce, le charme et I' inlelligence
tle la beaulf. Je ne peux poilit mourfr
comme Rousseat,; je ve1.u e11co,·e l'Oir longtemps le soleil, si c'est pri&gt;;; tle vous que je
'1oi, aclm,er ma t1ie. Que mes jours expi1·ent it vos pied . co,mne ces Mgues dont
vous aÏmC$ le 111ur1,rnre. - 2 ° août 1 3~. 9
L'azur du lac ,·eillnit derrière les feuillagt: ;
à l'horizon du midi s'amoocelaienl les sommets de l'A.lpe des Grisons; une hri e passant
et se relirant à travers les sau1es s'ar.cordait
avec l'allèr et le venir de la vague : nous ne
voyions per -onne; oou ne s:nions 011 nous
étions.
« En rentrant à Con lance, nous avon
aperçu Mme la duche se de- aint-Leu el son
!Jls Louis-Napoléon' : il venaient nu-devant
1. î•lu~ larJ 'apoléon Ill.

2. 11 n lais,é uu inh•re- nl ,·ul111110 : o,wmÙ$ et
ra111png11c.• 1/'u11 vieu.t ,.nldat tic l'/·,'111p1/-e.
:i. '.1111,• t:ocloelcl a laisse, c:IJc ~ns,i , rie; f,.mQires ,
en plusieurs volume~.

de ~tcne !\~ramier. 1&gt; On lui oll'rit rho pitalilti
dan le petit cbàleau de ~ olM&gt;erg, habité
par un ancien capitaine alll rbasseur~ à cheval de la garde imphialP, \f. Parquin '. mori
de Mlle Cochelet5, lec1ricc de la reine llortensc.
Le d1àleau était à une d.-.mi-beure Je
celui d' renenberg, demeure de la fille de
Josépbioo. Le 20 aoùt, aecompaani{e de Chateaubriand , Mme Récamier allait dîlltlr à
Arenenberg L, en or1anl Je 1able, la reine
leur chanla des romance de sa compo. ilion,
lut quelques fragment· de rs lémoires et
leur morilra un cabinet rempli de dépouilles
de l apoléon.
Chat.caubriand recondui.it fme Récamier
à Wolfsberg et repartit, de nuit, pour rejoindre sa fomme à Lucerne : il vinrent ensuite à Genève et lrne Récamier 1 y alla
trouver. De là, on fit un pieux pèlerinage à
Coppet.
« Mme Récamier, écrit Chateaubriand, a
reconnu tous lé lieux où elle croJait voir
encore son amie, ou as ise à 'on piano,
ou enlrant on orlanl, ou causaal ur la
terra e qui borde la galerie; elle a revu
la chambre qu'elle a,·ait habitée; des jours
écoulés ont remonté devant elle .... Jlu ebàteau, nou sommes entrés dans le varc; le
premier automne commençait à rougir el it
détacher quelqur. îeuilles.; le -çent s'abattait
par degré et lai sait ouïr un ruisseau qui fait
tomoer un moulin. Apr~ avoir suivi les allées
qu'elle avail coutume de parcourir U'CC lime
de Staël, ~(me Uécamier a "ou.lu saluer ses
cendre .. A ~uelqne di tance du parc est un
taillis mêlé d'arbre plus grands, et environné d'un mur humide el dêgrJdé ..•. Je oe
suis poinL entré dan le bois; lime Récamier
a cule obtenu la permis ion d'J pénétrer ....
Dans re moment lme Récamier, p~le et u
larmes, est sortie du bocage fanèbre ellemème comme une ombre .... Cette ,,e prée
même, lendemain dn jour do mrs d(h·otions
aux morl de Coppel fatigué des bords du
lac, je suis allé chercher, toujour avec Mme
Récamier, des promenadPs moins îréquenLéP$ •... 1 ou avons remonté el descendu plu.ieurs fois en causant œlle Lande étroite de
azon qui épare le neuve braJant du ilencicux coteau... uons avons parlé Je ces
tcmp , toujour pfniblesel toujour reg-reliés,
où les passions font le bonheur et Ill martyre
de la jeune •.... Mme f\écamier va nous
quitter, elle revient.Ira au printemps et moi je.
\'ais pa.- er l'lih·er ù c1voquer mes heures évanomes .... »

(A Juivre.)

.,. 10 ""

JOSEPH 'TURQU

Le

PILLA.G L, -

Gr.i-vure de

c .,LLOT.

BARI E

AQ.VÈDE

+

Un fils de Charles IX
J' rléans. Elle :.e fil aimer du roi el sut le
garder. Leur enfonl naquit le 28 mai 1573.
Vn an aprt!.'-, CLarle I.\., ~e entant mourir,
fai ail recommander trè tendre.ment son petit
garçon a on frère el succes ·eur, Henri Ill.
Le noul'ean monarques Ïnlére ·sa à ce neveu
du cont~ban&lt;le et prit uu bOÎll particulier de
son éduCàtion. cependant que la mère poursuirnit sa brillante carrière.
,rarie 'louchet proliLa de on -prestige aux
yeux ùcs bons courlisans pour l'aue un maCha des IX cl lllnrl en 1050.
A premiPre vue, il emhle 11 peine croya ltle ria"e avanlacreux. Elle épousa François de
qu'il u'y ail eu ,1ue d1·ux inte.rmédiaires entre Ba.bac d'Enlraguc , gournrueur d'Odéan~.
Berunrdiu dt! $ainL-Pie.mi, tJU • les parent,; de lis eurent deux- tilles, qui cbassèrenL de race
lieaucoup d'entre nou onl pu couoaitre, rt l'une et l'aulre. L'ainée fut la l'ameu,e marle lits du monarque qui a fa.il ]a Sainl-1\ar- •1uise de Verneuil, à laquelle Henri 1V sima
thélemy. Ce c()mmunrcations à travers les une promesse de maria"e que Sully déchira ;
siècle ne sont pourtant pa extrèmen1cnt on le raconte, du moi1\~. La caùelle, la marrare:. Il ne faut. daus une fomille, qu'un 4uihe d'Enlrague~, cul des avelllurcs hru~anseul mllriage nlrc ,·ieillard el trè:· jeune le . Le petit Charles de \Taloi • plu- tard
fille, pour que 1.. ur Jescendant· reçoi\'cnl les comle d' ..\uvergn' et enfin duc d'Angoulêm •,
échos d'un temps déjà l.Jicn lointain. Le mari uc reçul jamais de ces trois rcmel!e que de
de ma marraine était à Fonléuo~ · ses parents- mau,·ai · conseil • el l'on ne peul pas dire,
avaient vén1 leur jeunes e ous Louis :\.1\', el cependanl, que sa mère ou ses sœur l'aient
(ail ce qu'il était. Tou tes les lro1, l'uœn LJe ,
je ne suis pa c •ntenaire.
aventurières de haul rnl, l:mdi· que le pelit
Charles élait ué avec des instincls ba ·.
Dès qu'il fut as ez grand, Elcnri [l[ le priL
Cha.ries IX aYaiL t!U le duc d'A.nrrm1lèmu de auprès de lui. Le jour de l'assas ioaL du roi,
la belle Marit: Touchet, Jille de tète et d'es- on le couru L chercher l'un de. premiers.
prit. C'était uue pelile hourgl'&lt;&gt;i~e de la pro- Cbarle· de Valois assista à l'agoni •, eL il
vince; son père était lieutenanl au Lailliage as ure que son oncle n'oublia point de le

Bcrna1•di11 ile , aint-Pierre avail eu pour
marraine uue pt&gt;rsonne de qunlité, lme de
Bayard, IJUi afait connu ùan · a jeune· e
taule la &lt;'Our de Louis ~IV. On se pre sait
autour d't:lle daw les salon· pour l'entendre
r.tconter le · mnour ' du rot- ol,ûl ou ]es
aventures du la Grande lladt:moi elle . Parmi
les li.,.ure hi~torir1ue · (tu'elle se plai ait à
C
.I' •
évo11ucr e 1,·ouvait la ducbesi;e u !n&lt;•ouh}me, w1H'e da duc d'Angoulême, liàtard de

.,.

Il..,

recommander à ~on tour, Lr~ tendrem1ml, à
son successeur. - &lt;&lt; ,J'élai , dit-i l, au pied
du lit, tcnanl les pit!ds du roi, lequel, tirant
le roi de ~arnrre proche de lui et me montrant à ses pieds, lui dit : - Mon frère, je
vous lais e ma com·onne el mon neveu ; je
vous prie d'en o.voir oin et de l'aimer , t:e
que le roi de Navarre accepta de bonne grâce,
promettant à Sa llaje·té d'oL ervcr ses commandement . &gt;&gt;
Le lendemain, Henri Ill '51ait mort; Henri IV
régnait. a Le roi m'appcla le soir, poursuit
le futur duc d'Angoulème, rl, d'une lion té
très particulière, 11 me confirma le a ·surance de sa hien-vcilJance. jusques à vouloir
•JUU j'eus e une chambre dafü 011 logi et
ljUe j'y fusse entrcteuu ~onime du lcmp ùu
leu roi. »
Clioyd, dorlolJ, richement poun·u de bien
et Je titres, le fil dP. Marie Toucbet n'avait
qu'à se laisser ,~vre. U ae maiJquaît. au surplus, ni de dons naturel· ni de taleut .
A ne 1~ voir qu'en pns anl, c'était un n-and
seigneur très brillaut et lrè$ sédui anl. Il
était bien fait, bl'avc, spirilueJ et aimable;
11 a,•ait dtis ltillre , a\•aiL la guerre et y étnit
bcmreux. &lt;t Si li. d'Angoulême, a dit Tallemant, eût pt1 e défaire J.e l'humeur d'escroc
que Dieu lui aVllil donnée, c'eût été un des
plus grands hommes de son siècle. » Mais il
ne s'en défit pas; il 'en 1tarda bien, Les
escroquerie· étaient d'un bon rapport el elles

�~ - 111STO'l{1.JI
ne fai aicm pas trop mauvai· ménage avec
on rang à la cour Je france.

Clan · ces àgcs ari tocratiqnP~. il y avait
autant de codes de morale que de clas f'~
. ociale . Le m~me acte était crime on pécM
:nfol, selon la nai sance de celui qui l'avait
commis et le corps auquel il appartenait. Un
mauanl n'avail j.1mais le droit du rnl r; on
le pendait. Le soldat en avait le droil et
mèmc l'obli.,.ation, puisqu'il lui arrivait à
LouL instant, en France ou hor · de Franre,
en paix ou ('O guerre, de subsister anx dépen · de l'hahitanl. Il n'r avait pas Je rèµle
bien étaltlie pou.r J,, 01,lilrs. Quand ils a,·aienL
trop Lrig,rndé à main armt:e. trop assa.siné
leurs volé , la justice en ex,;culail un, de loin
en loin, pour l'exerupl~. Mais l'opinion de
leur ca Le, la seule qui complàt pour eux, se
monlraiL fort indulgente à ton les actes de
violence. C'est à peinB ~i elle avail un blâme
pour le gouverneur de Yille ou le cher de
troupes qui rançonnait l1!s campa!!Tle~ ou
détrous ait le pa ant· à on pro6 t per-onnel.
En revanche, l'opinion arisLocraLiquP. l,làmait la grivèlerie chez un genlilbomrue.
C'étaient procédés vils. à loi. ser aux manants el
aux lH)Urg~ois. Grivelu sig-nifie proprement,
d'après Liltré, « fairE' de pelits profits ecre.l~
el illicile ». U. le prince, le père du grand
Condé, élaiL \Ill griveleui·; il a,·aiL les maius
crochues et pralitluait l'usure. Au· ·i fut-il
peu con idéré de 1::s contemporairu , malgré
sa nais ance et son iutelligenœ. Le duc d'J.n"Oulèrne [ul un aulro griveleu.r el n'en eut
jamai honle; c'C! t par lui-mème que nou
connai sons une hi toire de jeu dont il aurait
mieux fait de ne pas se van ter.
Rentrant un oir au logi., il rencontra un
i:igneur de es .imi qui le prc ·sa de Yt&gt;nir
jouer. Charle de aloi 'excu a; sa bour.e
était vide. L'autre in~i la el. apercevant une
llagu~ à on doi"L, lui dil quïl pourrait jouer
son « diamant » en ~nise d'argenl. Ce ful
un trait dë h11nière. Charles u'avail pas dt:
diamant: mai on pouvail apparemment s'y
tromper. Il Leùla l'aventure, joua sa bague
ccmlre de l'argent et gagna « plus Je
jQ,OO0 francs en une heure ». li a mil eize
ans ; c·ttla promellai l.
Celte onecdole montre romhiennosarrièrepareuls aYaicat .raison de prendre un a maitre
à piper &gt;&gt; à leur entrée dan le monde. o Ils
di ·ent, rapporte un conlt!mporain, que c'e t
pour 'empècbcr d'ètre tron1pé . &gt;&gt; Les p~res
faisaient donner des leçon de tricherie à
leur fils, llls rrères ainés à leurs cadels, et il
n'y avait pas de temps ni d'argent mieux
cmploi-é ; on 11 'était jamais s1'1r, dans le'
compagnie les plus élêg:rntœ, des Jlen avec
qui l'on jouail. M. le prince trichait sans
cesse.
Le a maitre à piper » n'était pas sans avoir
ses inconvénients. La Lentalion était trop forte
pour les bons élèl'CS, el il 'en trouvait loujours pour)' snccombrr. Ils élnient mal vu ;

UN
un °1•11lilh11mmc tlevail laisser les piperie,
aux •ens de peu, ave · Jes autre· g,·hwlees.
Crpeudanl, il n'en était ,ou"ent rien de plu~,
nrtout pour le ' trè «rand .• ei1meurs: témoins cas deux prince' du ~an", le vi.eu:i:
Condé et le duc d'Angoulême.
Ce &lt;lernier avaiL paru d'ahord très dé1•oué
à Henri rv, qui l'avait pri ous ~on aile a1·ec
Lanl de ~ooté. &lt;'· malheur !ni vinrent d'avoir
tlt·outé les femme de Hi famille. ll e laissa
per~uader par ellt!S, an moment où sa ~œur,
la marquise de Verneuil, manquait le Irone
de hance, de jouer vi~-à-vis dn roi un rôle
analo!!Ue à Cèlui du spadas~in dans le Mtu·iage
(ul'cé de Moliue. On ~e rappelle qu'Akida
dit à • ganarellc eo lui pré ·eutant une épée :
« Il faut ciue ,·ou vous l1~LLiei ou que ,·ous
épousiez ma 1eur. » Mme de Ycrnt-uil lança
on frère sur u~nri IV, à ln lèltd'une con piration. Ceu~ lwlle idée mena l1 paune garçon
à la Ila Lille. Il fut mè,ue condamné à mort,
pour la forme: personne Dl' Yo11lail sa tète:
et il ne relroU\a la Jil,erté que sou Louis Xlll.
In truil par l'expérience on ne li' reprit
jam~i à comploter· il s'abandonna entii&gt;rement à son génie pour l'e croquerie.
1

Il était de\'enu propriétaire à Pari , par
héritage, d'un magnifique bolet qui a appartenu plus tard aux Lamoignon et qui existe
encore. On entre dans la cou.r par une porle
cochi-re située rue PavéP. presque à l'anale
de la rue des Francs-Ilourgeois. Le. hà.tirnents d'habitation onl au fond de la cour.
L'ordonnance en est superbe; c'est une des
belles chose qu'il y ait à Pari . An temps
dont nous parloru:. l'hôtel donnait pnr derrière sur de granùsjardin et avait des sorties
. ur qualre rues. Il fanl se rappeler celle
di position des lieui; te maitre Ju logis en
tira grand parti .
Les gens de oo humeur onl à l'ordinaire
deu,': hut : ne pa pal cr l'argent qu'ils doivenl, el faire enlrl!r d.an · four poche l'argent
qu'on ne leur doit pa . Pour ce dernier
ohjet, la guerre étail d'une t'e source ~ûre el
facile. Le duc d',\ ngoulème fit plu ieur c.1mp1wne ou Louis XIII et 'y distingua. On
ne lui reprochait 1rue d'abuser du pilla"'e el
du vol. C'était trop, mèmr pour le monarque
qui avait écrit à l'un de . e. géuéraux, campé
ur le ol français :
- Tnchei de phaner la poule sans la faire
crier.
niehelieu se char ea dl! faire ùes ol,serrnùon au duc d'Angoulème. Un jour qu'il
venait de lui donner le comtt1andemeot d'un
corps d'armée, il ajouta, en imitant ave., sa
main 11 la palle de chapon rôti » : « )lonsicur, le roi entend que vou · ,·ou absteniez
de .... » Il n'acheva point : le duc avait compris el . ouriail en bau ~anl les épaule, :
rc Monsieur, réponJit-il, on r~•ra LouL c11 qu·on
pourr.i pour ronlenler Sa ,llajeslé ! »
L'âge venant, il fallut renoncer à la guerre.
t. d'.Angoolême songea à se créer une autre
ource de revenus. Il installa un atelier de
,,. 12 ""'

faus,e urnn11aîc Jans Fon 1:h.llcau de Groshois
aux emirons de Corl.ieil. Il y faLriquail de
îau ~es pièce d'or &lt;lonl il était si fier qu'il
en apportait au uri11teudant de ficwnce
pour les lui faire comparer aux bonne ·.
!.oui Ill lui demanda un jour en public
combien lui rapportail a fou .e monnaie.
La question ne l'embarra ·sa pa plus que la
recommanda1ion de l\i1·belîeu : ,1 Je ne ais,
ire, répondit-il paisiblement, ce que c'est
que loul cela. Mais je 1mm une chambre Il.
ferl.n, à Gros110is, dont il me donne quatre
mille écus pnr an. Je ne m'informe pas de
ce quïl fait. D
n riait, el l'on se pas. ail
ra111 louis
d'or de main en main. Fabriqués par le fils
Je Cbarle IX. il dc,·enaient des curio ités.
, a nai sanoo lui permellail, d'aulre pari,
d'utili. f'r l'henreu e situation Je son hôtel
au milieu d'un quar1ier populeux. pour en
foire une caYCrne de wlrur . Paris élail
alor le paradis de malandrins. Il n'y a11ait
presque pa de police. Le· quelr1ues « archer )l on « sergents » dont di posaient les
« orncier· du Cbàtelet &gt;l, chargé du maintien de l'ordre dans Pari el de la écuriLé
dt&gt; rnes, n'étaient pa de force l1 lulter
contre le nuées de «ens sans aveu qui dé,,ali. aicol le passant en plein midi. A plus
forte rai on élaient-ils impui sanl conlre
l'engeance redoutée des pages et de laquais,
gens de ac et de corde, qui lraiLaienl Pari
en paI conqui et lrom'llienl leur coup fait,
un asiln inviolable dans les demeures de
grand ; la police n'avait pas le droit d"y
pénétrer; c'était l'un des privilPrres de la
baute noblesse, et de cenx aux•1uels elles
lcnaicnl le plu .
Ce droit d'asile tran, formait Pari. en coupegorge. Il n'y ,1vail pas nne seule rue &lt;Jill füt
sùre la nnit. Aucune n"étail bien éclairée, et
la plupart ne l'étai ut pa du tm1t. n ancien
règ-lemelll oblio-eail Je: habitant' à placer la
nuit un seau d'eau à leur porte, en c.1s d'incendie, et à accrocher une lanterne allumée
à leur ÎtJuêtre. On n'avait jamais mi. le seau;
(!li ne l'aurait pas retrouvé. Quaul à la lanLt:rne, le bour!!'eois l'aUumail quelquefoi l1i
jours d'émeute; en temps onlinaire, il 'en
di ·pensaiL.
Les rues qui entour.iienl l'hùtel d'Angoulème ~e tromaient particulièremenl ohscnres,
étant étroites, nia i qu'on en a pu juger de
nos jours par ta rue Pavée. Il n'y avaiL pas
dan - tout Paris de quarlier plus propice aux
guet-3pen . G\· l sur quoi 1aula M. d'.\ogoulrme.

li a\'ail beaucoup de domestiques, c:ouform~menL aux u.ages du temps, el il désirait
qu'il ne lui en coùtàL rien. Il leur promit
monts et merv1 illt!S pour leur gages; aucune
maison, parmi le" plu "'J'and~s, ne payait
es gens sur ce pieJ-là. « Cornllieo donnezvous à Yos ecrélaires 'I l) demandait le dnc
d'Angoulème à M. de Chevreu e. Il Gent
écus. » 11 Ce n'e t guère; je donne deux
cent écus aux mien • Il esl vrai que je ne
les pa)'e pas. 11
Ilallendit en uite que es gt:.ns réclamassent

leurs gages, el leur tiol ce di 'cour~, qui
L'âge an\il w1du ''· d'Angonlêroe extruordonne une haute idée ùe la vie ari!ilOCraùquc dinairemcnl frîleu.x. Il arnit presque tout
d'alors : &lt;t C'e ·l à vous à \"(Ill. punr1·oi1·; l'été un grand fou Jan a cuan1llre et rnulniL
quatre rue abouti ·senl à l'hôtel d'Augou- toujours a\'oir a femme :mpr'-s de lui. Elle
lème; \'ous êtes en beau lieu ; profilei-cn si se souml'ltail, et se lai sail rôlir toute vive.
,ou voulez. » il profit0r1•nl Ju 1, beau lieu » Ses oreille· pdaicut : mai elle ne c plai"nail
el trouvèrent toujours les port · de l'hùLel pa . PeuL-ètre l'aimait-elle. JI n'1~tail pa · inouverte pour les rece,·oir, en ca de &lt;liffi- di!lërenl: il avait un tour &lt;l'e. prît original et
cult is avec le guet. Le ParL ien se conten- une m:u1i~re à lui, de plu. agréaLI , de
taient d'appeler leur m3Îlrc le n "ieu:x pé- dire les choses.
Il mourut en 1650, a trè, chréticnnemenl 1,,
cheur i1, et la police , e îai ·ail ·ourde cl
annonça la Ga;:,el/e, et 011 peul l'en croire.
aveugle : il füit Ir fil de Cllarle IX.
Le 11 ,'i,'u" p1~chcur » ·avail bien qu"1l ne rait
cf,&gt;
pa reçu au Paradi - ·ans pa -· •porl, el il
llans les premiers jour dll mois de fé- a,·ail élé préoccupé toute sa ,·ie du souci d'rlre
nier 16,H . une nom·elle iugulière fit le eo règle pour Le grand ,·oyage. Ses g ntour de Paris en quclqll~ heures. Le « vieux avaienl failli une foi le lais. er mourir san
pécheur » de la rue Pa,ée 'étnit marié, ou ·onf . iuo. JI se f.ï.cha tout rou•re cl envoya
pluliit remarié; il tllait ,•eur depui · long- eu ui\le cherch r le curé. Ce tl.tirnier parti ·1e
Lemp~ el avait un fils déjà l,3rLon; lui-même duc d'.\ngoulèmc s'assoupit, el le· méderins
ètnil ilgé de soixante-dix :in pa ~é tout déclarèrent quïl fallait le faire rire pour le
prè de oixanle el onze, el il était c1 tout rén:iller, qu'il n') arnil plu d'autre remMe.
courbé, dit Tallemanl, et tout lropié de Troi de ses ofticier , troi · homme gra\'es
goulle ». En cet étal, il a,ail épou.é par s'altublèrenl de déguisemenls grol sque et
amou.r une fille de ,·ingl et un an ·, Ir~ 1, ·Ile ,inrent uxécuter une parade devant le mouel de bonne n3Îs,:mce, mais an fortune el ra.nl. Il éclata. de rire el îut samé. C'est lui
éleYée aux champs. Elle se nommait Fran- qui l'af!lrroe.
En 1650, il fallnl plier bagaae pour de
çoi.e de argonnc cl ayail eu un frère page à
l,on. Le bonhomme oul.,lia, en partant, d'a l'hôlel d'.\ngoulème.
Tous les badaud · de Pari' - autant dire su.rer l'a,·enir de :i jeune femme, qui ne posLous le ParisiPn - étaienL curieux de voir sédait rien. Louis '\i\', ou ,\nue d'Jntrichc
la nouYelle mariée. Olivier d'Orme son se fit pour lui, 1·inl au secour de la belle-fille de
présenter le jeudi 2 l avril el nota ses im- Charles 1\.. On lui fit une pen ion de
pressions dans son Journal : « C'e ·t une 20,000 îrancs, ~n·ec laquelle elle vé ·ut rorl
per onne belle el de bonne gràce, qui paraît auani.lonnée dao· le· dépendance des Filles
avoir bon e prit et qui, pour avoir êt.é Lirée de 'ainte-Éli abeth, rue du Temple. L'égli e
dn ,ill;)ge el n·avoir jamais ,11 la cour, 'rn rlu couvent existe encore; elle e Lpresque en
face du marché du Temple.
Jémèle fort bien. ll
La duches e wnaiL à la cc,ur une ou deux
on épol1X a,•ail eu plu de chance qu'il ne
le méritait. Il était tombé sur la meilleure foi l'an et y élail reçue avec di. Linclion. Elle
[tJmme du monde, qui •apport.a t::s caprices passait le re te du temp dans une profonde
avec une patience admirable, avec de l'll~- relrailr du [und de laquelle elle as ista à
toute la c ·onde moitié du di"l-seplième iècle
roï me quand il le fallait.

1X - - ,

FîLS DE C1111~I."ES

cl au commencem •nt du dix-huitième : elle
,·é1•11t jusqu'à prè de cent ans. l&lt;:n lü02, elle

fut du diner

Ùl'

noce donné par le roi pour

111 mariage de Ille de Blois a,ec le duc d'Or-

léan., le futnr ré 11enl. Quelques emaine
plu - tard, on la relron\'e à la noce du doc du
llaine. En i li!l ï, elle C! t au mariage du duc
de Bourgogne el au a fe lin royal 1&gt; qui uiL
la cérémonie. 'aint-Simon la cannai .ail :
- « C'était, dit-il, um· grande femme parfai1emenl l,elle cl hien raite encore, quand je
l'ai nie, qui avait 11ue1&lt;1uc cbo. de dou. ,
mai de lllllje. luenx. Elle représentai! ta
di"nilé et la "erlu, qui fut chez elle . an
lacbe el sans ride en tout genre toute sa vie. JJ
c·e.sl par ...,aint- imon quP oou . avons la
tris Lli lin de l'Îl' de celle charmante fl'mme.
La guerre de la . nc&lt;·cs. ion d"E ,pagni: avait
mi la F'ranco ù denx doi 0 t de a perui. Le
p~:,- était ruiné, la mi ère effroyable, le
Tré or vide; on suspendit le 1i:iyemenl de
pen ion . 11 lime d'Angoulême eul !,eau rPprC-.senter qu"elle n'a,ail au mondi: de ub istance que la sienne, le roi ne rut point toucb l
de la lais er monrir de faim, dont ëlle erail
très réeih•ment morle sans une l'ieille demoiselle qui lui était attachée depuis longtemps,
el à elle, qni uail un petit bien à douze ou
quinze lieues de Paris. IWe l'y mena, no
pou\'aUL plus payer son cou1 onl ni sa nourriture, cl elle a "écu plusieurs années chez
celle demoi elle Il. ses dépens, cl } est morlc
sans que le roi, ni
bàlards, ni les ricbe
héritiers des deux d U&lt;'S d·,\ ugoulème aient
pu !"ignorer, et san. &lt;Ju'ils en aient eu la
moindre honle. )&gt;
Elle mou.rut en 1715. d mi ~re autant que
de vieilles e, a. urèrent les "en bien renseignés. n comprend maiutenanl comment il
put se faire que la marraine de Ilernardin de
'aiat-PiHrn racoulàl à ~on filleul de oiré1t,.,
pa sées à Versai lie rltez le roi Louis XI Vavœ
la belle-fille de Charles IX.
1

ARVÊOE

•

Tou le .oirs à ix Ltcure llesdame inLerrompaient la lecture que je leur fai~ais,
pour e rendre avec les prin.,es chez Loni XV:
celte 1isi1e • 'appelai! le débofler d,i roi. el
élnil accomp;1"née d"une orle d"étiquette.
Les prince. e:- pa saienl nn énorme panier,
qui soutenait une jupe chamarrée d'or 011 de
broderie: ellei; allachaient autour de lenr
taille une 1on°ue •1ueuc, el cachaient le né«ligé dn reste du leur habillemenl ptir un
grand mantelet de taffcta noir, qui les enwloppail ju que sou le menton. Le che,aliers
d'honneur, le dames, le page , les écuyer ,
le huissier , portant de gros llambe:n1x, les

accomparrnaicnl chez le roi. En un in l:inl
tout le palai ·, babilnufümenL solitaire, e
lrouYait en mouvement; le roi baisait cbaqne
prin .e au f ronl, el la ,&lt;i ile était i i:ourle,
que la lecture, interrompue par ceUc vi.ite,
r commençait souvent au hnul d'un quart
d'hcu.rc: Mc ·dame~ rentraient 1·het elll' , dénouaient l s cordons de leur jup et de leur
queue, reprenaient leur lapi erie, et o\oi
mon livre ....
Pendant !"été le roi ,·enait 1111cl11uefois chez
le prioce 'se avanL l'heure de on del;oltcr:
un jour il me Lroma seul dans fa calJincl de
Madame Victoire. et me demanda oit était
Goe/te; el coinme j"ouvrai· de grand · yeux,
il renouvela ·~ 1p1 Lion mais saos que je la
cowpri e davantar1e. Quand le roi fut ~orti
je tlemandui tt Madame de qui il avail vonlu
parler. Elle me dit que t'~lait d'elle, el m'expliqua d'un grand sang-froitl 11u 'élant la

BAR1KE.

plus gras ode ses fille , le roi lui a1 ail donné
le nom d'amitié lle Coche, qu'il appclail MadameAdélaîJeLoqae, adame ophie Graille,
MaJ;1rne L'luisc (;!tiffe. Le piquaol dt' contrastes puu\'ail ·eul lairn lrou,·cr au roi quelque gaieté dan l'emploi de ruols emblallles.
Le gens de 011 inlérieur avaient remarqué
11u'il f'n savait Wl grand nombre, et on peusait qu'il Ie1 apprenait aver e. ma11res:;e ;
1\!nl-èlre au ~i i.-"était-il amusé à Je- chercher
dans les di ·Lionnaire . ' i ce façon · de parler
tri,·i:ile trabi aient ain i IL· · hahilud.es et le
goûts du .roi, es rnanièrl!., ne . 'en rf sentaient nullcmenL; sa démarche était ai~ée et
noble; il portail sa tête avi:c he~ucoup d
dignité: son regard , ~ans èLre évère, étai L
impo :ml; il joignait à une auilude ,·raimen t
royale une grande poliles e, el . aluniL al'ec
grâce la moindre bour"coi e ljUC Ja &lt;'Uriosilé
al tirait sur on pa ' sage.
1

i\lP K.

�,

Cliché A Blo&lt;lr.

LE GÉNiR.\T. R.\OUI.T A F.RŒSCllWILUR. -

Tableau .l'È 11L11 Hoonc-k'I'!" ,

LA GUERRE FRANCO~ALLEMANDE

Premières batailles
Wissembourg et Frœschwiller

Le 2 aoù! 1870, l'armèe allemande, complètement moltili ée et prèle à entrer en c.impu"nc, ,e trou,ait ra~ ~mhlée autour de
r.oblentz, de layence el dt: Lnndnu, en troi ·
g-randt&gt; ma e dont la force totale e montait
à 460 000 comhatlaal . Plarées re pccli,·ement sou. le.~ ordres da ~énéral de "teinmetz
l1,... armée,, du prince Frédéric-Charte de
Pru .c. propre neveu du roi 1 11° armée) et de
l'héritit•r de la couronne de Hohenzollern,
prince royal Préd~ric-Guillaumc (lll• armée\,
les force allemande , où étaient venu ~e
londre les contingents badoi.. ba\·aroi et
wurtember eois, a"aienl reçu de leur générali ime la mi sion de faire face à l"oll'en' ÎV••
française, i ce.De-ci se prod11is.,it dè le début
comme on le croyait, ou Lien de menacer le
11:1.nc gauche de nos forci• en"agée dan la
\"allée du Ma.in. i l'offen ive Irançai~e tardait,
a.u contraire, À e produire, les AJlemands

dovaient atlaquer TI"oureuscmcnl la l'ronlière,
et décr·ire ,·l'r l'oue. L un !:!rand mou verne nt
concentrique, pour rt'jelcr le Françai dan
l'intérieur du Lerritoire, cl le acculer soit à
Paris, soil à la fronlièrr belge. sort â la plat'!'
de letz. soit mèmc à la mer, suivant les
éventualité .
C'est en cxécntion de cc pion que les troi·
armr allemande , groupées . avamment de
façon à .c prè1er un appui réciproque. enta.
mèrcnl, le 5 août, leur mouvement en avant.
el se préparèrent à aborder notre frontière où
ix corp d'armée français, à peine or anisés
el manquaul encore du ·Lrict rié&lt;:e·saire,
étaie.nt di :éminés dao un dé.ordre qui o'accu. ait que lrop ncllemcol l'irrésolution de
leurs chef-.
Le 4, la 11[• armée e mil en marche à la
poinlr du jour. Ses cinq corps d"armée, fort·
de "150000 bommt:S, oetupaienl un frout de
20 kilomètre à peine el une profondeur a
peu prè égale, tandis qnl' le lroi corp.
0

.,. l4 ,..

d'~rmée de Mac-~fohon (!••), du g6néral de·
Failly (5• \ el du général Félii Douny (7•),
auxqm•I était dévol11e la 1.'i.cb11 de défendre

l', IMce, se trouraicn( ép.irpillé de arregueminr à Belfort, nr uuc ctendue d'au moins
50 lieues. Bien plus, une divi ion du l"'corps,
celle du nénér:11 Abel l&gt;ouay. avait élé lais ·ée
en pointe dan. Wi embo□ r". tonte ·eule.
an. appui po.-iLle, pour calmer, d,t-oa, le
inrrtiéludt&gt;s de l Ïnl&lt;'ndance Cl prottiger uuc
manutention cl des maga ·in 1 : encore celle
malhcure11,1' division, épuisée par de noml1re11 délacbcmenls, était-elle réduite à
·HlO homme , 1 bouch~ à feu •!L 6 escadrons.
Lr i aoùl, la mali née était .ombre et pluvieu e. Cne buée chaude el épai e COU\Tàit
le sol d"un manteau gri àlre, qui cachait le
l'ourmill ment des mass s allemandes. Soit
inhabileté prôfes ionnelle, soit impo sibililé
t. Coluncl CAsoSOE, llis/Qir~ mi'/ifoil'e co11lc111p&lt;&gt;raini:. !lori., Chnr1&gt;e111irr, Il$ 2.

______________________________

L.;c

GUE](](E 'F](.ANCO-.A.UE.MANDB - - ~

dt• \'Oir, une reconnais ance française, (' él'U- li Îif'rQ'. Les èOrps en~aµé ét:1ie11l le re el ft,
1ér ver" le abord· de la Lauter, rcnlra à n .YI• 7wussi11n.~ t•t le JI• ba11arois. L"ennemi
7 heures s~n avoir rien décomert des mou- n est e11 tuile. 51)0 pri~1.11miers sau hies\'l'ID nts de l'ennemi, t:t endormit le général
" ,ures, un canon rnlrl' nos main . . Lt! géDoua1 &lt;lan une . écurilé lrompeu e.
" néral de dirision llouay Lué. De notre côté.
Cette f11ute, hélas!_ allail être payée bien (1 le rrénéral de Kir chhach légèrt•mentatteint.
cher!
cc Le rérrimenl dt) grenadier. Ju l'Oi et le 5 e
lluil heure ,enaienl à p ine de 'Onner à 1c IorLemcnt éprouvé~. 11
l'horloge de la ville, nos soldats, en hra. de
Certe. , rien ne res emhle moins aux 'clachemise, étaieul di ·séminé tout autour de tants bullelios d~ la Grande Armée. ni mèrue
leur camp, les un pour prépai·er Ir rcu de la :iux cris de triomphe pou. é · plus lard par
soupe, Il' autres pour oelloycr leur arme
les Allemand ras::1urés. que ce 1,ulletio hàtir,
ou laver leur linge à la Laut •r, quand tout à où . e trahit une. orle de ~urpri~e a\eC le parti
coup un vctit nua"'C de fumé· blanche creva pri d1· e Jél'cnJr~• J'uu enivrement trop
. ur les lianle11t;: d,• èbwcigrn, situ~e. à nn prompt. D.rn · la réalité, les ré nllal da comkilomètre au nord de la \'illc, une d,1tonation hul de Wi. sem bnurg- JtaienL biro plus imporretentit, uivie hicnlàt J"une seconde, puis tanl,s que ne le lai, ail cnlr&lt;'voir celle déd ·une troisième. et sur \\ i .embourg, révcillti pè&lt;:hc, où pour la seulc fois peut-être, de
comme par un cauchemar, ·".,battit une pluie toute la guerre, une victoire allemande était
de fer el de plomb. C"étaienl le ballcl'ie. du annoncé; ~ans 1rac.as ni exagération, diminuée
l[• corp· bavaroi qui, voianl lïn.ouciancc tle
même, pourrait---0n 1lire, par l'étal-major
no malhenreu· , troupe , avaient ouvert triomphant.
brus11uemcnl ur cll • 110 feu meurtrier.
La vérité e. l, comme le dit M..\lfr~tl DuCelte rni1 brnlale du cannn, éclatant tout à lJUf'L. 11uc 11 l'èlîcl de ccl écliec fnl immense
coup Ù;ins le ilruce, el portant la mort dan· ci i•n Europe. La France demeura consterner,
no réi;imenl stupéfaits, c"était, di\ I • début, n l'Europe rlonnée, l'Allcmagnl'l ra\'ic C'l
le procédé a11Pmari&lt;l dé,oilé d'un seul ("Olip. 1, effrayée loul à la fois .... Toul manqm1it
Hes ma. e. pui aole·. appuyée par une for- ci (aux Françai ) : le soldat , le approvimidaLle arlillerie, amené&lt;! savamment ur i, sionnements, le. munition~. et pa un
un point déterminé, surgis_anl à l'improriste 11 grand capitaine ne e levait pour suppléer
des hois et des couverts, et écrasant des (c à tout ce qui manquait' ».
adver~aircs qui ne savaient leur oppo cr que
, i les Allemand~ n'onl pas eu, dè le pN'leur courage, voilà, en etfel. tout le secret des mier moment. l'intuition de cette situation
victoires prus iennes. Telle débutait 1a guerre, lamentable. c·ci;t que, par une hraYOUre admiteUt~ malbeureu em nt elle de,·ait se continu r rable, no oldat leur avaient donné le change
et linir.
sur leur pelil nombre l'l .111· noire manquP
Cependant les bataillons du général l)ouay de cohésion. En cela, bicu que vaincus, ils ont
courent aux armes. Ialgrê le feu ininter- rendu à la patrie uu précieux service, parce
rompu de 913 bouches à feu. ils tienmnt bon qu'il· onL tué toute hardiesse chei !'envahi el se font hacher sur placr plutt}t que d'abau• se11r. Turubé L désarmés, il. urent encore
donner un cnrnLat si inégal. \Vis embo1Jrg rr'e L en imposer am: vainqueur ; leur tière al Li Lude
pris qu"aprè une lulle acharnée, et la bau- leR a a1wé d'nn anéanti~ emcnl complet!
Le lendemain du combat de WissemL011rrr.
leur du Gei~sLcr", dernier réduit de la défense, voit périr cc qui re le de cc"lle poirruée la IJ I• armée reprenait a marche ver· tra,de héroQ. llan c •Ile jomnée, de 8 heures à honr". Le maréchal de Mac-\lahon, r1ui venait
2 b ure., 7000 Françai ont lu llé dl' e. péré- d'ètre im•e li par J'cmper ur dn conunandPrnenl cool rc 70 000 hommPs, un coutre dix, menl upérieur de 1,., , ;1• et 7° corps, alla
et 1•cpe11danl, le soir, 1;,:iO ennemi. é-taicol ocruprr, a vcc le 1,., coq1s, la posi lion de
étendu~ ·ur une terre san.,Janle, que leur Frœ,i;b"illcr. derrièrr la rh·c dr11Île de fo
nomhr1i ~eul ,•enuit de coni1uérir !
Sanër. li e péraiL a\'oir le temp · d'llppeler à
,, Ll' pcrli!s épromile · par le fü•mand
lui le:; Ùellx autre rorps d'armée dont il
H l"~
~ arnient tellf.'menl étormés rt leur avaienl di. po nil, êtrl' a sez forl ain. i pour couvrir
" donné uue idée si exagérée de force qui les roule de Yo gc epteutrionalcs, d, eri
11 leur nrnient résisté, qnP ln relrailc de la me11açant rlirectemenl Ill l1:111c droit de la
• divi ion Ooua} put s'effectuer an êlre Il[• armée àllemande, l'empècbèr de continuer on mouvement vers la capitale d".\lsact·.
" inc1uiétée 1 • »
~ow; avion llJ.lllh~urPusf'ment perdu un Mall1eureuseme11I, par uile de r(.)lar&lt;ls el
gén :rai, modèle de bravoure el Ùr ,·aleur mi- d'ordres mal donué . celle concentration de·
litairc; 'es service lui eu cnl mérité de forecs rrnnçaises ne put ·'eüecluer as ez tôt:
tomber en pleine victoire, mai il ne pourniL une division du 7° corps 1:;:-é1\éral Con~eilmom·ir sur Ul\ champ de bataille plus glo- OuménilJ el une dil'isiun de cuirassier (n-érieux!
néral de Doun main) pun•nl cu le joindre le
Le soir. le prince royal adre:,;,ail ce télé- maréchal. En orle quo tclni-ci n'eul en tout
que 1-5 1)0 hommes au maximum à oppo er
gramme à on père, alor à Mayence :
« Drillanle, mais san,,.lante \'Ïdoire aUJOUr- aux 150 000 du prin&lt;·e royal.
(( d'hui, ~ou m~ ICUX. Prise d'a aut d
Celuj-ci arniL connu dès le i&gt; au soir la
« Wi emLourg el de la montagne de Gebs0

1. Colonel
p11,·0Ïlll!.

C4llOXOE,

llisloirc 111il,la1rc r01,te111-

2. A~FnEn llnoon, Frœscltwille1·, Cltô/01111, Sttl1111
Charpentier, •J88ll.

t

po~ition &lt;le l'armée frani,;ai. e. \'i111lanl a1r~i
l~oru:t•nlrl'r Loule, ses troupes, dont qur.lqu sunes élaieut enrore as cz éloi•rn&lt;it , nrnnt
d'attaquer le maréchal, il s'arrêta el décida
qnc la journ~e du 6 serait consarrée à des
mou~em1•nl' préparatoires. A se· yeu, donc,
comme à c •ux &lt;le ~fac-~Jahon, la lutte définiLÎ\'e. ne dtivait ètre engagée que le 7. Le
ha ard en décida autrement.
C'ét.ail dan· un raçis ant pa\'sage. raîraicl.Ji
par un roi seau tout bleu, où e refiélaienl
le o~erni et le· au]~. que le deux a,]versair" a1;1it&gt;nt élaùli leur, camp1•menL face à
face, et ~rhanrrenient aux ava11t-postes quelques coups de fusil rtiperculé ' par 1,·s collines
hoisées, comme pour préluder par ces e. carmuuchcs san, imporlam: • à la ~:ln"lante
tuerie du lendemain. ('tmlus dans de:; Yer0er:, &lt;le· houlilounièrc el des vigne , on
apercevait de. villagr pimpants, a,:croc-hê ·
aux coteau, ou bai nant dam; l'eau, de fermes coquell(&gt;~, des mo11lin frais et rianl .
Au œutre, le clocher de Wœrth, orné de
faïenœs verres, étinedail au olcil.
11 Le pay age est gai, plein de rraicheur
11 et d'hori1on. charmants ; ltJ fond dn ,·aJlon
« e.l coupé ùe prairies et de champs labour 1 ·; les collines Je l'e~L . ont garnies
&lt;1 de ,ignes en échelle· el de 1·ergers; les
11 ondulatiom qui s'élèvent en pente· douce
" YCr )forshronn el fr~rhwil Ier :onl
11 émaillées de champ. de ta Lac, d · houhlonu ni~rc , de champs de lin et, pri'&gt; de· CJm11 mell , de bo quel ùc Lois de hêtre el de
(1 ehène. A l'horizon, le
collines e uccè,c dent, dédiuanl graduellement dllllS un
(&lt; moelleux brouillard ; au delà, on rèYe les
&lt;&lt; Ilots bleus du Hbin, et c·" t Je
beau
,, Oeure, en effet, qui coule à quelque heu&lt;1 ri: , derrière le rideau my-tériem et me• nnçant qu'étale la tor 1L de 11:i ,,.ucrrnn :;. »
Celle rinute nature, ces rillages paisihles
allaient êtrt.J le théàlre d"une dt'· plu terriltle luttes qu'enre~ri.stre l"h1 ·toi.re; et de
toul cla il ne devait re~ter, Il• lendemain.
que des ruines fumantes et de· monrrau, de
cadanrs éh'ndn, sur le sol Mchiqul'lé par
le obus!
Le G nol'il, vers Il bcu1·e, Pt ùemie du
malin, un grnéral de brigade allemand,
croJanl mir rhez le. Français ÙCèn:cr un
mouvrmenl de rdraile, ouvrit le feu ·ur les
troupe · du général Haoult, plac.ées en face
du village de Wœrlb. Cdle,-ci tll ripo,tarit
anwnèrcnt l'c&gt;nlré · en li"nl' de la division de
Lartigue, placée à leur droite, et le combat
dc\'int Lou! à coup si \if que Il!, Ba,·arois,
conraincu · que ln lutte était cnrragéc par
orJre du prince royal, marchèrent à leur
lour contre Je géuéral Ducrol, qui occupai!
la gauche de la ligne française. L'étal-major
alh•man&lt;l, doul celle bat.aille prémalurée dérangeait les plan , fit de vains effurLs pour
l'arrêter, el jml1uc ver midi ~emhla n·avoir
d"aulrc préoccupation quP celle d'empècher
un eogag.. menl général.
0

:;. É~11.i;

,\ lphunse

Disi.us. De

Lt!Ul.t!l rc,

1871.

F,-,.e~,.hwille,· à ['m·is.

�LA

1t1ST0~1A-----------------------Quand, à c, moment, le priuce roy3I l'lll rrumdanl un• dh·i ion d11 ye corp ·. 1· µénéral atrilcl1e au oldnl qui l,1 tenait l'aigll' d'or l'i
rrconuu qut Ionie lenlalÎ\1l &lt;!Tl ce scos J - de Rô.t•. oomman1fant le XI• ,·orp , èl 15 r.o- .a cra1'ale I rirolnre, t:indis 1p1e ln hampe,
1•iendrait inutile dl.!sormai . il donna J'()rclre loat'I· lué ou blessé re.t:iienl snr le champ bri ée en mille pièces, jnncht' dt• Fe~ îrn"d'aua,1uer ,·igourtu emenl partout à la fois, de bataille. J),•u 1·orp pru..,sirn 11aien L mcnt - tlpar· le ol cn,an°la11té: p1m, il donne
le
pr :-que enfüremenl dé,orn-nnLb.. Quant lt l'ordre d"entrainer hor~ de la gran
el fil approcher e., ré' •nes. Il •u heure
aprè. toute la lil 0 armée pru '. ienne, forll' nous, par suile de l'clfroyable Mpeme cle quelques survivants de &lt;:e combat uprêmc,
de cinq corp. d'arm11e, se rnait sur les pr1~1•ctiles faile p:ir l'armée alll'mande, el à poor li' promen •r d1•\·ant le rangs ennemL.
1.a relation officielle pru ·-il'rmc accu ·e,
fümes rrançaÎSl'S, d,:rl'nduPS par cinq di, i- eau n de l'opiniiitrt!lé ù~ nolr' ré i tance,
parmi
le- lropb les COIIEJlli · à Frmsch" iller,
nou,,
D\ion
malheureu~ement
à
Pnre~i
Lrcr
:-ion , en orle que charane d~ ces ,füi-,ion.
avait ~ ct1rnha Urt! un rnq1~ d'a,·mé allemand. dl' pl'rlcs imntPn'~ : 7/iO uflkiers et mie aiyle. Voilb, dan toute sa vérité, J'hisl,1,flOO bomm1• dont (i,{10O prisonnier , a\'ec loire d cette Cl,oquète. U oous semble qu'tlle
En dépit dt: l'admîral,le ténacité de no
généraux, de lïndomptahle coura"'e de no. :} pièces de cauon, t mitrailleu es el les ajoute plu, li la "loire des vaim·us 'JU'à cl'lle
de vainqueur ..
îanlassin$, de l'héroique dél'Oucruent de nolre oonrnis.
Quant 11 la _oi1• du drap au 1·:icl1 1 dan la
cavalerm, l'i~sne ne pouvait ètre ôouteu. e :
gr:rnn-e
de .-rœ·dmillPr, le :ili' ne l'ami! pn,
lbU,000 homme qui allaqut•nt doivenl
perdue
ans retour. 'elle noblr relique rut
Le drapeau du 36•.
fatalcnu•nl rnür à boul dti .'f5,000 t1ui •e
relruu\·éc nprr. la •rnt&gt;rre par un prêtre IJIIÏ
déf'enù •nL, si "'ranùe que oiL b bravoure, si
.\u momcnr de l'11llaque de Frœ.cb il- portait la chorité dnns ce p:i)i. dérn.tés, el
forte• 1rue .oient I' posil ion dt"! d 1fenr,.. lilné • ou r11.gîment donL elle a tic taiL l'hé:l'ur:. IJehorùés 'UT leur. aile riar une nn~ • 1er, le 50• de füne. pincé au nord-e l du
vill:ln-e,
avail
e
satf
d'.,rrêter
les
H,1varoi
..
roi~uie. Celui-d lui rendit le honneur ud'a saillant qui emblaii&gt;nl orûr de lem•,
prêrue., et . nlua en défilaul devant Pile le
mitraill ~ p.,r une CormiJallfo artillerie donl ,\rcaulé par le • nomlir , m n:icé d'èlr
le nomLrc el la pui allce a1·aicnl eu trop compl~lcmenl CD\"elopp1.:, ce réaimenl, qui sann donl l'avaient teinte en mourant les
rapidement r. i on de la nôtre, :maqués d1.: pe rà il d:rn s rrfle jou n1ée 1\ ,"j ofllciers el rrhe · tombés pnur la pairie ....
Eh bien! cc. oldal" c1ui • ~ haUaienl i
front, do Oanc el pr sq111' par d •rrière, les 1)00 homme , duL eufin céder le terrain.
:irm · iné,.ales 11'é1aienl p. s
Conduit 113r le commandant Laman, . l!\11 cr,lnemeot
soldat· de \lar-\labon, r~pou ~-, après di
culeJD,enl de. brave : leur probité émit ~ la
heurts d'une Lulle acharné!!, de toutes leurs officirr sup~riP:u encore del.out, t·e qui m;po ilion , 'ë réîu iènrnl dan' Frœ ch" iller. lail baltil n retraile flèrcmenl. en~eig-ne hauleur de I ur couragt•, comme le prouve
leur r1•Juil .uprème, et :.· · dt!fendireol JU - déployée, cl se replia sur le villa"e, où les l' nrcdote . ui\'."ante, emprm1tée ù ~f. Dick de
nôtre. luttaienL encore en dés péré·. lJan
Loulay.
qu'à l'épni. ment complcL.
11 l)ao
Hcicbshoffen, où . e précipitent
tte marche exécutée .ou une pluie de fer,
&lt;C
'e;;l ici, a écrit un de narral ur de
le porte-drapeau, hlE'~--ii. lomue tout à coup. pt1le-mèle les c ·atlron allemand à la fin de
11 r.cllc lullc de rréant. , c'est i i r1u'il faudrait
Le 13arnroi se pr&amp;:ipilenl al"CC de hourras la l•ataille, le eraenL-major ,·aweme.,tre
11 la plnmC" de grand:; historien, pour raîré11é1iq11e pour lui enlever son précicu · Ja.w1gue e lrOUl'e ,rul, avec un homme ile
n conter d1gnemenl J';1 11ooie iganlc,qne de
trophée;
déjà, les quelques Lm"e~ 4.11i l'en- I' corle, à la garde ùcs bagage du ~ l • de
u r1lbriment tflli n fuient po.inL. Oui, parmi
lourenl onl uccomhé, cl le drapeau Ya èlrt! ligne. Ltaqué" par les bu. ards pru i ns,
tt œs di:OOml&gt;re fomanl,, derrière ce bai
« tk;;hirées, ce· mur. ébra.nl11 , dan celle pri , quand, à lenr upr~me appel, une poi- le deux hrave e défendent héroïquement.
« églLe crénelée, remplie tout à la foi. de gn 1e d'homme!&gt;, ayant à sa !Ne qualrc ou ,Ja,·ogue lue l'ufûcier comrnandanl el ne .
cinq offici~~ •. e je Ile ~n a~ant, haïonirnlle reud qu'aprè avoir rt·çu sur l:i. tête et k
a Lles~ês alfolt..:S et di• comball:rnls furieux~
rua.in douze coup de abre qui le reoYersent
ha. P, et d t,.age I' él ndnrd.
~ au rnilicn dr.! Frœschwiller emhra é, 'a 1ite
nn CQnnais~ance.
.\lors commenœ une héroït1ue ody sée.
« encore, uhlimedc d1se puir, uue phalange
cc La Yl.!ille, œYaleureu1 soldata,•ail tourl1é
Dan
la
1rra11de
rut!
de
frœscbwiller.
oi1
la
« qni m urt el ne e re11d pas. C'esl rue à
)lulhou
e, pour de. oldal du l'éciment, la
petite
troupe,
toujour·
tiraillant.
'e
l
eulin
u rue, moi. on p:ir mai on, p.it!d à pied, que
« les Françai dispul ni le Ltmain; el lor. ()Ile enl?t.l le, Mlwuchent en même lemp·, p11r omme de 144 fran · 1111'il rapporta de cap« le· Allem:wd onl achevé hmr rude Llc- l"autre ctiLl. des bataillons allemanJ , qui 1i,·ité, a ·anL plutdl préréré ernprunt.er l'arviennenL de · mpar 'r du 1ill •t• par le .. ud. g nl qui lni étail née , aire, que de loucbi-r
G so!!Ile, il· l-:neot ce qu'il en roùtlJ, combien
n il Faut atrilier de halaillon, pour coucher Les projectiles pleur11rll ~ur le roupe 1·aleu- an préciemd(;pôl qui lui aniL été confié. l'i
"est-il pa aùmirahle aus i, ce \"olontaire
11 lt jamai.s par terre }p.; sur,·Îl'anls de Ma- rc11 qui se serre autour de ~on drapeau.
du
:;• zuua,· • qui mourut à l'amllul.anctJ de
1
L'oflicier
11ui
porte
celui-ci
lomLe.
et
o.vcc
ti lakoff el de Ma&lt;Tenla !. .. 11
Wœrth
el nr lt·11uel on Lrou1a une ornme
lui
presque
10a
·
ses
compagnons
d'armes.
li
Enfin, à -i heures d.u soir, le dernier ,mage
ne re le liienLôt debout que deux ofticirrs, de 5,000 franc., t1uel11ue bijoux et 11n poresl au -pouvoir des Allemands et no troup
se rl·plient. ur Hcich h.olîeo. L'annemi el.Lénué deu-s sapeur. cl une dizaine de soldat. : 1.t:r •uille conl •naot le tl!Slament que Yoid :
veut entamer une pour uile. LI trame de- mai;; ces dél.iri · d'un ré«imcnl lJlli s"esl halin « ,ham de partir pour l'armée du Rhin l!L de
vant lui, délmuchanl du: Yo " , la dîvi ion nolilern nt pendant Ioule la journée ne vcu- m'cXpo-er aux chance de la ~erre, je coolie
GujOl de usparl, du corps dt! Failly' 11ui' Jeol pas laiss •r tomber enlrl' les main· de à ce:- li,,.o· l'expres iou d~ ma ùernière vopar sa fière allilude, l'arrête m•t el . au,e les l't•nncmi ce qu'ils po~ Ment de plu acré et lonté. Orphelin, n'ayrull que des parent Lrès
déhri · de cc qui fol l'armiie de füc-~lahon. de plus ch •r. Jls e jet ten L dan· une nr:mge éloign ·· que je ne counai • pa , je désire, en
ouv •1•lu el 'y l,arricadenl; puis, allumant un ca de morl, que l'argent et les bijoux LrOU\é ·
~ Le ~oir dt! ce jour fatal, le prince l'oyal
ur moi oient ,•eré:o. h. la cabse des ecours
n parcourait à chel";il le champ de carma e, la de fagot., ils e:.saienl de brùlrr le dra
aUl
blessés. »
peau.
lmpo
ilile
:
la
soie.
mouillêt?
de
sang,
a .alué par l ·s hourr:i au,a••r - de ce· Germains loul étonué,.; d' ,oir 111incu U' ,ol- n~ llambc pas. Que [air11'1 Le ·ou lieulcnaol
u dais légendaires, el tonl fiers de 'èlre l'ibeL, prenant une r 'solution désespér11e,
Les cuirassiers de Reichshoffen.
o mi· si coutre un pour meurr 11 bonne fin arrache c ' frange~ i;.1ngl:m1' · Je leur hampe
à
demi
brid.&lt;e
el
le~
caeh
ou~
un
la
de
« celle lorieu Il b1 ogne'. »
Celle dJnomirialiou, qui rapt)1!lle un méfoi Céll' victoirt', il l'aYaient chèrement boi • Cepcndnnl le. Bm·arois e ool rué à
achetée : IO,tH2 des leur , dont 4 !) ofli- l'a. aut dP la grangr; la porle wle en éclat·• morable faiL d'al'OlCS et un aclc de .ublime
ci' , jim ·baicnl le sol qu'il Ycnaienl de el ur no,, brave d1l armé el impuissants dë1·naemenl, ei.l aujourd'hui Ldlcmenl popuconi1uérir. 1,e général de Kirsrhbach, com- tnm.Le une horde sauva , gris 1c par l'acbar- laire qu'on erait mal "enu à es ayer dll la
nerueut d la lull , qui rrappe san quartier r,bangcr. On peut ,•pt•ndanl dire, san rien
1••l~nt;u D~Qutt-, l•/1'. cil.
lout œ qu'elle trOU\'e dei-aul elle. rn of(icier enltm?r à la gloir• légitime &lt;l11 cuira icr~.
'2. Ibid.
... 16 ...

CTIARGE DE CUfR.\SSIERS FR.

11 L -

liLATOlUA -

Fase

1~

GUE~l{E FR,.ANCO-AL1-1!.MAND"E - - ....

Ç.\l ~ A RElCH UOFFE:\.

�-

fflST0'/(1.JI

----------------------------------------~

qu'elle est ab olumenl erronée. Au surplu ,
elle a produit une confusion regret1able en
laissant dans l'ombre une de. deux charges
accomplies, dans la journée du 6 aoûl, p11r
les régiments appartenant à la di\·ision
Duhcsme d'une part, à la dh·ision de Bonnemain d'autre parl.
Voici l'liistoire vraie, dans sa simplicité
grandiose, qui suffit à forcer l'admiration el
le respect.
Il était t heure. Le Xia corp' pru sien,
dt.ijà de ce côté de la ._,auër, l:mçai.l ses masses
épaisses à l'a aut des po ilions de notre
droite, défendue par la di.,..i ion de Lartigue.
on commandant, le général de Bo e, venait
de tomber grièvement hle é : es bataillon
désunis, "es compagnies rompues, décimées
pnr un feu terrible, ne gagnaient du Lerrain
que grâce à leur nombre, qui permettait de
remplai:er ·ans ce e le · rangs entiers disparus. Cependant il venait de ~·emparer du
village de Morsbronn, que le défaul de monde
nous avait cmp~chés d'occuper îorlement, el
comme cc village, iLué au pied des penle où
s'étendait nolr • aile dioîte, était à peu près
abrité de no coups, l'ennemi en avait profilé
pour e ressaisir el e reformer un peu .
Toul à coup, le général de Lartiglle, qui
n'avait pas ce é pendant tout ce temp de
lutter contre l'attaque de front, s'aperçoit que
des troup oombren
orlent de Mor bronn
el vont le prendre en flanc, peut-ill re le
Lourner. Il fait prier le maréchal de lui envoyer des secom- . Mais celui-ci a engagé
jusqu'à son dernier homme. A.lor LarLÎgue
demande à se Lroupes un , uprême effort el
làche de raire tète au danger crôi anL qui le
menace mainlenanl de deux côtés à la foi .
a }fais no soldats étilienl épuLé ! :ans
&lt;1 artillerie pour les protéger, sans réserves
&lt;1 pour les secourir, ils commencent à perdre
&lt;1 courage.
&lt;I Le général de Lartigue dut s·a,·ouer que
&lt;1 In coh' ion de on corps était brisée et que
(c e troupes étaient hors d'étal de continuer
&lt;1 la lulte. Il ordonna. alor la retrnile et
&lt;1 demanda au général Dubesme (commandant
« la division de cavalerie du t•·r corps) de lt.1
11 couvrir en contenant l'ennemi.
cc .\ussit6t la brigade Michel, compo ée du
&lt;&lt; 8° wfras iers (colonel Gu~·ot de la Rochère)
&lt;1 et du 9• eu.iras iers (colonel Wnternau ),
« vint se former au sud d'EberhŒ..:h, face au
11 ud. Malgré un Lerl'aio de plus défavo« rallies, elle priL es dispo iûons pour
c1 charger. Chaque régimenl se forma en
&lt;I colonnes p r peloton, le • cuirassier eu
« première ligne, le 9• en deuxième ligne, le
« débordant àdroile; en dernier liell venaient
« deux e cadrons du Sc lanciers.
1. ,.. DE~RiCA~ .,1~, La Gurr1c 1mJ&lt;Jem1·.
2. La Guerre (ra11t·1raltem1111de, par !t gTa.ml é talmajor prus iea.
.
.
.
;;. Le colonel Billet, bl ess~ . ful fa it pr1so111ucr.
l\enlr é de captivité eL ayanl repri le co~mondemenl
de fü1\ r égiment , i.l fol 1Mw01e111 assa. 1né ,la m unn
· mcutr, ii. Li niogcs. en 181 l.
4. {;ur,•,·e (rnnco -allemailtle (Grand ~lat-major

u Le général Michel, en t~le de a. brigade, fut aussi héroïque qae cclle de la brigade llihaute, enlraioanl ses cuiras. ier , chel, nefot malheureu ement pa au. si ulile.
« s'élance ur Mor ·bronn au cri de: Vive la Lancé ur un terra.in encore plus défavorable
(&lt; France! C'est alors que
'accomplit, à que les cuira sicrs de Mor bronn, ce qualre
1e tra,·ers une grêle de balles et sous le fou
r~giments furent écra és par le feu de l'enC&lt; écrasant de
baucrics de Cun.tou, celle nemi avant de pouvoir le joindre, et leur
,c charge désarmai légendaire.
sacrifice inutile, si généreu emenl aecept~, ne
(1 Nos camlicr , tombant
ur l'infanterie servit qu'à montrer leur bra\'ourc indomp(! prussienne, qui c reformait en a\lanl de
Lable et leur stoïque mépris de Ln mort !
(' Morsbronn, furent reçus par un feu terC'est au moment où le maréchal de Macce rible. Passant à traver les intervalles, il
lahon, inébranlable devant le Ilot d'ennemis
1, pénétrèrent dans le \'illage, se jetèrent au
qui e ruail sur lui de toute pari, cherchait à
« milieu des mas es ennemie qui encom- maintenir encore le combat am: la poignée
" braient les rue , el vinrent s'cn1asser de- d'homme qui lu.i restait. neux ,·ilJages,
" vant les barricade qui en interdisaient Elsas bau en, menacé de tous côtés, et
Frœsch\\ iller, où luttait en déi;espérée la
!( l'accès. li forent alors fusillés à bout porv tant. La plupart furent tués, blessés ou dilision Uucrot a,·ec les débris de la division
« pri . Ceux qui paniorent ~ ·ortir de Ilaoult, demeuraient seuls entre nos main .
LI était 5 heure du oir.
te Mor bronn eurent encore un engagement
« Dans la ituaLion où e lrom·ait l'urméc
« avec de bu·sard prussien et a,•ec des
franç~e, dit le colonel Derrécagaix, conti1( troupes qu.'ils rencontrèrent dans la plaine.
« Mai tout e poir de ralliement fut perdu nuer la résislance devenait impossible; le
maréchal dut pen. er à la retraite el aui
« poureux.
« l,es perles causées à l'ennemi par celle moyens de la protéger. D
~la sée dan:; un pli d · terrain, pr~s Je
« charge étaient in ignHiantcs, mais l'héFrœschwiller, la division de Donnemain ( (cr,
11 roïque e[orl de la Lri"ade Michel n'avait
« pas été inuûle. li avait arrêté l'élan de 2•, :i•• et 1• cuiras Îl'r ) , dernière ré erve de
l'armée, attendait de· ordre , r1uand le maré(f l'adversaire cl permis de dégager le 71(i du
« ligne qui dtail eompromi . Enfin, la did- chal accourut vers elle :
- « Général, en avant! cria-L-i], le salut
« ion de Lartigue avait pu se retirer en
de l'armée l'exige! ~
a arrière 1 • ,,
Puis, montrant l'artillerie prussienne qui
Au. moment où le 9e cuiras~ier~ s'engouffrait dans la fotalè rue de \lonbronn. le s'avanr-ait au grand trot po11r prendre uue
colonel Waternau eut . on cheval Lué sous position plus rapprochée :
cc Arrèlez ces ba.ueries pendant \'Ïn~l
lui. Le mar-!chal des logis cbcî Man art lui
donna le ien-. Le colonel put alors réuair les minutes eulemcnl, ll ajoula-t-il d'un accent
débris de son régiment et tenter une autre où perçait l'an,,.oisse dont il était déchir1•.
Alor le quatre beaux règimcnt ·, dont le
orlie par l'autre extrémité du village. Celle
ortie échoua, el le colonel, démonté une armures étincellent au soleil, rompent en
seconde fois, re ta au pom,oir de l'ennemi c-0lonoe et s'élancent. Mais le le, cuira si ers,
ain i que le maréchal de logis chef qui 'était colonel Leîoresticr de Vei1dœu1·re, rencontre
si courageusement dévoué. D'ailleurs, de la dès le début un fossé qui coupe son élau.
brigade tichel, pas plu que du (iQ lancier , Le 4t, colonel Billet:., obligé de faire un
immense détour pour trouver uo terrain
il n'eûsla'il rien à l'hcuro présenle.
« La brirrade Michel pouvait èlre con i- favorable, « est également dispersé par le feu
dérée comme anéantie, ain i que le U• régi- d'un ad\'er.aire qu 1 il ae lui e l mêm' pas
pcrmi d'apercmoir n 1 . La 2• brigade essaJe
ment de lanciers : hierl peu de leurs cavalier
durent rejoindre l'armée sains et sau_î *. \)
d'être plu heurcu e. Cril,Jée de balle et
lais ce n'était pas là le seul sacrifice que d'obus, elle est démolie en uo clin d'œil.
les cuirassiers, dignes héritiers des héros C'c· t là spectacle inoubliable, qu'on voit le
d'Eckmühl, de la Mo kowa et de Mont-Saint- colonel Lafutsun de Lacarre, commacdant le
Jeao, dussent accomplir Jan cette journée ;;• 1·t1ira. ]ers, la tête emportée par un obu. ,
sanglante. ix régiments, sur dix. qui exis- re ter en selle . ur son cheval embaU~. &lt;&lt; Ce
taient alor de celle arme. étai'!nt destinés à fantôme, balancé par la mort, chargeait eu
voir dao · uue cule bat.aille leurs escadrons tête de" escadrons, le sabre en main "' ! •&gt;
jonché , et le lendemain, le maréchal de
Les Allemands on l été forcés de rendre
Mac-Mahon pouvait dire tristement en . on- hommage à la bravoure uperbe de no régiueant à ces noble victimes du dévouement mi- ment de cuirassier . Ils l'ont fait en des
"lilaire : ~ Les cuiras ier ', il n' 011 reste plus 1 » termes qui sont le plu beau Lilrc de gloire
La charge de la di vi ion Bonnemain si elle de snrvi1·ant &lt;le e~s char,,.es immortelles :
« Les cuira sier françai · se jetèrent ar
1russ,en). Lo com~ndnnl de :'iégroni prit, opr/i- la
1ile sure &lt;lu cotonrl llillel, le commandemrnl du ,i •. no troupe avec une au1·age impétuosité et
5011 chc1·al rut tue eLil nllait èlrc pri~ tlJr le 58e pru • un héroït1ue esprit de sacrifice~. 1&gt;
sil'11 , quand le tro,npellc lllldoux sclln, sous le t ,,,
Quelle gloire d'arracher ain.i à des ,·ainde -l'cua cmi à pein e éloiguè de 100 mèlres, un aulrc
cl111nl qui sau ça lo comm9:11dM\- .
queurs aus i implacables un cri d'admiration
5. Gi'néral .\'1uCRT 1 R!c1l8 m1l1ta1re11.
pareil!
(l. Grand êlal-major alleroanil.
1, • l'épée

0

LtECTEN.Az; T- COL ONEL

R OUSSET.

0

CORRESPONDANCES AMOUREUSES
~

Deux âmes de Jeu
Par Henry BO~DEAUX

~fmc d'Épiuay, amante de francueil et de
Grin1m, écrivit ûes lettres d'amour qui sont
spiri!uelle ; lime du Cbàlelet, liée aYec Vol1:tir?, ~~is av~c le marquis de Saiut-Lambert,
~n cc_rmt 'lllt 6'1Dl cnau)·cu e~ et .a vante·;
npbtc .\rnould, qui aima au jour le jour
a\'anl d'èlrc füéc par l'arcbitectc
Ilcllanger, en écrivit qw, ous une
verve lllldiablée, cachent uuc scn!im~ntali~é . a~ôalilc. Cependant
Je non d1ra1 rien, prclrrranl m'attarder à ces deux amoureuse .
sœu.rs en pas ion cl en douleur,
Aime de la Popclinièrc et 3Ille de
Lc5pinas c.
'Elles se r · erublen L en ceci
11u'elle connurent 1c véritable
amour, étant nr les confins de la
juunessc. n n'a'imc pas à trente
ans comme à vingt, el cfü a1·aicnt
plus. de lronlc an.-. Leur à••e
,., ~c
tralul par quelque chose de Lrisii,
~e meurtri dans leur iru1llorat1ons do: Lendresse, et aussi de réigné à la souffrance. Elles a.mil
la ,ie déji1; eUc sarcnt l'amour,
ou ce qui on tienL lieu pour la
plupart de~ homme,, et comment
le &lt;·c.em· se donne, et comment
il oublie. Elles sont autrement
dntoU\·ante dan leur dé.espoir
que cc jeune amantes ([Ui ont
encore de longue, années à ètre
belles el d • irée ·. an, confiance
dan l\mmir, elles n'ont même
plu la l'oroe de Ml-..mdre leur
honheur fragill'. l~llc
ouffriraicuL, ~emblc-t-il, d'èlre bcureucs, par crainte Je la fin: mai·
celte souffrance-là c·l la sc~le 1p1 î
leur oit épargnée.
Mme de La Popclinièrc a1ail
élé comédienne au 1'hé:\trc-l"rauçais : on l'y surnomm,tiL Jli111iDa11co111·1, à eau c de a parenté a1ec l':rnle~r drarualique. )1. de La Popt:'liuièrl', f,,rJ~Jer général, ricùc, laid cl ~piritueJ, la relira du Lhéâlri!, cil fil sa mail rcssc puis
l'tipousa. Par ln griicc de sou accueii clic
aYait fait dur~ ·tucux. , alon de Pa ·sylc rc:1dcz\"OUS~~ J.~ mc11I_eure ociêté du monde,qu:md
elle s ~pn_l de I bvmme le plus égoïste cl Je
plus sedw ·anl du temp~, le maréchal de Hic~elicu. Cette ~1albeureu e pas. ion la p:-friplla dans la rwue. Le marélhal a rail Joué an
hoLel vo~ui uu sien_: ils communiquaient au
IDO)cn dune chemmée dont l'àtrc pi1olait 1•
1. .1Jé1Mir1·~ clt! .U•• 1lï,pi11oy.

Le_ma1·îdécouYriLla.ru e •t rc111·01·a sa l'emmr,
qui mouruL d6lais~éc de lou .
Pour comprendre cc qu'elle endura il rauL
c?tlll!lÎlre on amant. .Aucune biogra;hic Ill'
s encoo:.i.ùre Je L,mt d' avc11ture·. Il brille à la
cour, dan. le amha ·.adc, el dan le· camp.~.

Son r(ile militair,:. d:u1 · cc tcmp do défaite.,
e l glorieux (Fonteno), l\aucou~, Lawfdd,
défewc de Gùac;;, rntrPprise de llinorcp1 c,
campa"llt' de llano,·rc), surlout li c,iLé de
oubise. Il Mpfoic d.1 11 · les intrigue de: cour
llDè lucidité Je vicu"( courti,rn. fli ciplc cl
umi de Yoltairc, il ·e pi1p1e &lt;le libérali me
d;rn les idét:s, C1·pcndant celle 1ie pubfüLm.!
paraît fadé llaprrs de sa "ic galanlc. IL commence d'aimer à c1ualoric ans ; 1111ualre-,ingt11uaLre il se remarie pour la trojsième foi:; el
trompe a femmr. cornmc le. précédente . Ce
précoce tbéruùin fi.nit en ,·ieux marcltenr.
Hirnl de Uou .luan, il preud ses maitn!--es

j_u~cprc sur le. marche_ du trdne, ut quelqu lor, rnr_s la fin. le rebut des pas auL rù·. l
pn .l': !l'n. !ln ne lui ré.istc pas : amour,
vamle 011 cramtc. Il dé honore .rs m1cie1111l'..~
cl ce dé-honneur même c t recherché.
'
1:expliration de t.1111 de .uccès c I dan · .a
volonté de rt•r Cl dan a .vcltt:rc. c de cœur. C'c t un lypc
ngrandi du viveur. Cel Jtommt•
froid, calc.ulateur, avare jusrruc
d:ms . c · généro iltl:-,, r&lt;'IPou jus11u~ dans ses &lt;l&amp;auclic· ·, 1oujour.
maitre de lui, sans imaginalion,
ans m,1me un tempérament imp~Lueu1, di lîngué ùans ses manièrf' , préci dans ses paroles, 11c
1·o)a?~ que le fai!, incapable de
souflr1r moralemmt ou rnrmc de
, ·ntir la sonlîrancc de - :1111r,. ,
raisa11l de ·c conqmllcs un ali1m•nt dB , on orgueil: c'est le Vnlmont de· LiiJi:&lt;un~ ,&amp;1119r·r1·1,~es,
mais un \'almont plu · actir et
p_lu cruel ·acore, flllÎ o'()ûl pa ·
a1111é la présidente de Touncl, qni
ne .e fût pas liué par S&lt;'S Ici Ir&lt;'~
à. 111 ~1arqui ·c de l!tirleuil, et qui
11 aurait rencontré aucune cala trophe durant sa longue carrière.
l!oand elle se mc'lc de produire
dt• iuon Ires, la vie le réussit
mieux que la lilléralure: elle n'a
pas à se préoccuper d • la rraisemblam:c.
Commcnlsédu.isail-il '!Cel amant
élé ran L cl ec prenait b cœur · par
quelques parofes saus Jlammcs.
On soup~·oune plu · de feu iuLéricar chc1. c&lt;'ti.x qui livrent peu
d'eux-même~; on altnclic une
grande importance 1.t leur moindrc mol &lt;le cnsibili Lé. La plupa rl des femmes aiment la do01i.aation. adoren L e ·oumellre
I1 quelque force. l'ais la , unité 'en mt~lni~. : 01_1 cédait au duc de llichelicu parœ
qu 11 était entendu que personne ne lui résistait. r.e qui e l moin e1plieahle c'c t la
fi11t:lilé que lui gardè1·ent certaincs'amanlc, .
Faul-il croire 1p1 'on s'allac:be encore plu par
la souffrance true par le bonheur'? li ne diJvaiL
d'.mrwr _aucune joie u·amour. Il uc 1ivaiL que
J M/:IUCJI. ... a cruauté e pfoisait aux larmes
q~'ella foi ail rlip:mdre; il pratiquait le sad,,-me d_e la_ doule~r . Conquérant pJr amoul'propre, 11 dnul"uattlcaom de sesmai'IJ•es·e.
cl les humiliait avanl de les abandonner.
Vrainwut il faut renoncer à admirer cet

�HlSTO'J?,1.Jl _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _,.
homme à honne. forlunrs. ~ gluire c l Ïailc
d'infamies. On attache une cerlainc con ·idoralton /1 l'homme riui. a hraucoup Yéru :
ain~i celle c-.istenrc de l\ichelièu ·emlJie prcstigieu c par le nom br' de ics aventures. Mais
cc r1ui est le ccrel. de ,·ivrr. c'est de sentir
cl de pen-er, c'est de prolou"rr eu nousnièmes par l'im:1"ina1io11 et l'intcllig1•ncc lrs
s 11 atio11 que uou~ offre la ,ir, c·r I d'accentuer e11 nou · le caractère ù'Lnmanif~ dont
nos actes sonl rcwtu . On ne lil pas Lca11cou11
par cela eul qu'on ,,'~gite f'Xre·si1t•rnc1,f.
llichelicu n'arnil ni le d~ ir &lt;p1i c,allc 110.'
j1 ur . ni L'i111agi11alion 1p1i les t:for il, ui l,1
H:llslliiliti; 1p1i lès mulliplie par le érno1iu11 .
1l nè ~c Jép n ail point en ,·:iin . passion .
L:n ~oî1t dll dominer, une v,rnih'.· d' a1lun"• r sa
li ·te cl d'écra~er se rÎ',aux., tui h-nai,·nl lieu
de tempé.r:nnrnt. Tl n'eut (lue de pel;l • plaiir · s'il ne ,·,mnul que Je légers maut, ri il
Ju~ rt!chcrcl11!r la dLsipalion poa1· fuir ]\ n-

nnr.
E·sayc1, ùc Io comparer à Clialeauhri:ind.
-;ans doute cclui-ci fut cruel ùa1;s s&lt; u é0oï,rnr.
Mai· il pc11plaiL de soa"('S magnïir1uc.; le
cœurs où son amour habita il. li rcc:ulail I our
se~ :,mante. le limibs. J,i lajoir, .1,·anl ù'élcndrc au si pour clk~ le liorncs dti la douleur. La: réalilé ne conldllai.L po:uL on Ù~:ir
doul l'ardeur &lt;1Lait in1laic. \uc:unc ten JrcHc
hmnaine: 11e pouvait lC' rnml&gt;lcr, cl ..:baqu~
foi · il l! hàtait rnr • elle, com111c s'il ;ill.iit
enfin l'é~alcr ù ou rèrt•. t:c grand actif gardait loujour; présente il l't·~pril la pemée 1.h:
la. mort et Ùll l'inutilité ile !o 11. Ccll I ilmc
dcsr11du111l~l:l donn:iit lïllusir n tl"unc àrnc
ivre de la vie, dont la passion bri1lait autour
d'elle an j,1mai · la cou umcr dlc-rn,··n11•.
Non, Ghalcnuliriand, homme de &lt;lé~ir, ne c
peu L mellrc c11 pa rn llèlc a,·(' · 11ichdit·11,
homme d' j11lc.
C'c·l en de 1cllc:- mai11s que la [•:-.u1re
'1imi-Danco11rl élail towk~- :-Ït• · lcllres :,0111
Jos plaiutc:, im,~ionné•, uù celle cxp1·cs~iou

rnon •u:ur » revient a,cc io~i~tance. !&lt;,Ile veuse 11ui, selon le mot Jt! \larmonh-1, dé1ruit
ait 1111c rnn amant 11'e l p:ts capable de Lc;iu- ~li r ib'c maè11i11P. l.a di pense de toute e~plicoup J"a111our, CL lcndr JUl'lll l'ile lui d1I : cation dnn. rnn b~u~quc cliangemcn l Je l,•n&lt;t Aime-moi autant r1m• lu li· pourras .... u drc·sc:
il J'aime pour 1·h·rl', écrit-elle. - et
:-hakespca.rc a éc.ril dans le 8uir ,/ex llni, :
11 L'amour imploré r l dom,, l"amour 'lui jr. , i~ pour aimer. ,le ne sai pnr quelle fala_,,'ull'rc plu duo'\ encore. ~ Cel amour 11ui lilJ j'ai étJ usc.-plihlr, ll"uua aff, L'IÎou nou'offre, 1loulo11rcm:. cl lrÎSlt:\ an•c l'élan J'm1c 1·1·1le : en me cherd1a11l, Je ne aurais Lruuvcr
première 11as~ion cl l:1 rn1\l:111rolie J' 1111&lt;' Ùt r- 11i r1o.pl"tt11 r la caasc&gt;. n La fatalité, e'c• Lliien
cd,1 : il n'en faut 11b plu· pour justifü•r
11ièrt·, t' 1 tl'ut1\l 1,1111bc ilu:.i, cur ...
l'onl,li tl -~ morb.
~J. de 1:11ilwrlsc ch1rëcde ,t&gt;n;;cr le &lt;ll:funl.
\",,i1:i un jl'llllt' olïicit•r, lr~s IJicn ~c ,a
pc-rsonw·. ~piril1111, '11111 rn, du muuùc r•n 11 c'. l rit, cxréJ~ de ,•ètlc IP11drQss opiuiàlrc
Je fcmm i mûre. Il .ll plaint bienlr,t de •ou
1ml111l' 1,·111r~ 1p1'L11mnw de gutrr,·. JI ~·;1pp1•1lc 1~ cu1Hlc dl! 1:uilc1 t, iJ a ll'L'llh' an.: c~d\~ d'amour, cl 'upplir 1·omi,111emeul i,a
1ou1c, lè, fomruc 1101 les )C'lL\ Hir lui. 11 rn:1l1,rsse de ne pa l'aimer aulanL. lleu parle
11 s,111 ui,L·, cc ,irttoc r:i,•ori lie la forlu11e &lt;111e
~011µc priuripalt-inrnl à •1111 a,·&lt;'nir, prép11rP
t·d l'xsni yeuérnl ,!:· I ·c/i11m· qui ful estimé h•:,. l'cmmcs €c 1li p11lt•n1. ll ignore donc les
Ju gr:ind f1·t":déric. cl tf'lc IL· :ima1N11·s t.l':irl arJeut ~acrées 11ui dévore! l les cœurs, et
ruililairc nnsullrnt c,11rnrc ;111jourùl111;, 1 l l',rniour plu !ort ,1oe l:i.mort,puis11u'il ln [ail
&lt;'herche 11ucl 1uc mar:age t'i1ufol'l;1Llr 11j 1h: :, 011hlier'! C'e t tl11 grand amour doulouretn,
s:a canièrc. r: •si un ambilll'UJ. )Ill~ .lu'ic de i,re n.1~me de sa doulrur, q11e lm)lenL 1 •s
1.c~p:nl 'Se le rrncrnlr,·. C'c,t u11c f, w111c de lettres de Julie llL• Les pin a~ r . .\ l'heure même
uù ,on omant l'.,hando11oe cl fait uu mariage
hl'aoroup 11'cspri1 11ui n':,mte que Ir thosc
du c1.1•ur. \mie pui~ ril"alc ,1, llm •Ju llt•n:,111, ut"l tairn, die n'a qu-;: de tlt1u1·es plaioles pour
1•Ue n roimu dans I•: salon li..: n lll.'-t:Î cl , h,•1, l'l' l,m:rrc1u. Suu :imc rnrep~it &lt;le son chagrin.
cttc 1 ' homme lts plus intclligc·n • dl.' cdh: Elle aime, p,1rce qu'il lui fuul aimer. Elle
,;po•1ur. cl kur a ~ouflli• dan l.1 &lt;·umcrs:11io11 ni1nrr:iiL malgré on mépris. malgré :-:a haiuc.
un pl'u Je ·on ùmt! arJ, •nll', 1:11:rise Je s ·i,•m·,, Elle ;1illl•~ san ces c: comme i die co1111nt•nt;.1it J' aimt:r. Ell1• aim' « par delà le~ l'orl'C5
d Je vcrité. liai, r'e.sl l' 1 111è:11c lA tlljJS \Ill
thl HHI .ime et de on rorps ». Elle bénil
rau\TCl'll'llf toujour · cull.11111111:. _\-t-clll' aimé
J".\lc1ul.Jl'rl qui l'aJoraÎI ·1 011 11,• $ail, rnai · tin l'amour q11i foil H'lllir la vie, 1•1 lor crue Il
tout ca,; l. dt• .\lora. ,jeune E-&lt;p,1g-1111l de m11- 111orl l'i, 11l la prendre, peu de tcmp" après le
m~rfo~e ùc li. de Guibert, de sa. maiu &lt;léfailrilc, cl '1. JC' GuiL,·rt.
Elle s'i:prc11d de )1. J1· CuiliC'rt l' ll I ï1--I-. 1111l è 1p1i n'a plus la foroo de L, 11ir uac p!um1•,
1-:llc a ljllill'.111le cl nn an~, l'i 11·o1 jamai, été 1:'lc Ir c • ..:e· mol : &lt;1 Adieu, mou ami. Si
belle. Ct!pt nJ;u:L M. J · llor:i, ,ou andc11 j:1m:,i, j-: r~,·caai ' à h1 \Îe, j'aimerais encore
i1 l\·111p'oyer à ,·ous aimer .... 1&gt;
tilnJ!l1, n·1 icnl Jï~~paµnc pnnr r,1pou cr. el
U 1l1liu11 · l.1 lieaull; el la j •un •~~e •1ui u11inlomh.rninladc li llurdcaux. IJh· l,ri1lc d'~mour
11'1ai"1ll à ceu~ ,, rnonrcusc. Onl.tlions ltJ loo
et finit par t:nll.in1mcr &lt;•Il t·n,iJ partrn:iirc.
M. de,li1ra •',l mo11·,1'1I. M. &lt;l~ illora mr•url. :,eignanl cL pleurard ,fa 11u1•l 1uc ·-une· de se~
ll'l r~•. l'()llr 111• onus ·ut11·r11ir ,pic Je ·a
fln la c'roil m ,Jade Je Œ•Lle p,1·lc rl'U~llc, d
~·c~t d'inquiéludc i:.ur li. de (; IÎh('l'l ali~cul 1n, îo:1 cl de :,a. Juul,.mr. culnntée- rune par
qn'clfo r~l lonrmcntéc. L:i ~cni."Lililé ner- l'a11tre, el égale · l.'11 puis a11cc émotil·c.
(1

HENRY

Beautés d'antan
,l'ai YU madame la duchesse dll Yalenlinoi
[Diane de Poilier ] , à l'àgo de soixante-dix
an •. au si hcllc de focC', aassi fraiche et au si
aimable comme en l'àgc de trcnle an~ .... Je
vi cello dame, ix moi - avant qu'elle rnourùl,
si belle encore, lJUC je ne i,;arhe cœur de
rucher 11ui nn s'en fùL ému, encore qu':mpal'arnnt clic ••~Lait rompu une ja.ml)() sur 11:
pavé ù" rléans, allant cl .o Lemml à d1c,al
aussi dcxlremcot comme ~lie avail jamai
la.il; mais le cbernl lombà elgli a sous die :
et, pour Lcllc ruptur~ cl maux cl douleurs

11u'lllle endura, il eùl sembl~ riue sa licllc face
, 'en f11t changée ; mais rien moins l1ue ccl:1,
car o beauté, . a gràcc. sa majl:'.sté, sa belle
apparence étaient toujours pareilles f[u't.tllc
a,•ail lonjo11rs en. Et surtout elltl a"~it une
h'è grande l.,lancheur, et sans c farder aucaoemenl; mai - on dit bien que tou l s malin
efü u ail de quelques l.io1Jillons composés d'or
potable cl autre drogues, q_ uc je ne ais pa
comme lt! lion$ médrcim et les sublil-s apothicaires . .le rroi 11ue celle dame eùl cnrorc
récit cent ans, rpùlle n'eût jamui ,·illilli, îùt
du 1i age, lanL il étail liiN1 oompu'é, rùt du
coq&gt;~, caclié el ('Ouverl, tJlll il élaiL de Lonne
trempe el belle hal,iludc. G'eH dummagr que
1a icri-e courre ces Lca.ta i:orps!
.l'ai vu madame de , lareuil, eu l'àge cfo
t:enl an, nu,J11el elle mournt, au ·si d roi le,

DORDEAU'\

;mssi l'raichc, aussi di poslt•, sarne cl Lelle
c1u'c11 l'ùgc Je cinqu:mlu an,: ç'avail élé une
Lrè!- bellt! fera me en sa jeune ~aison. a fl lie,
tmdamc fa mar11uise de Mézières, ,ll'.iil élé
tdl1•, cl mo:irul ainsi, mai · non si iig~e de
,ingl ans, el l:i taille lui rap 1i ·a un peu.
Etle éLail lanto do madame de Oourdrillr,
remmc à mon frère aiocl, qui lui porlail pareille ,t?rln; car. encore q1ùlle ti1L pas~é
cinquanlc-troi • an el ai.Leu t[l1ator1.c cnfonl~,
on dirait c.Jmrne c:eux ,1ui la ,oienl sont de
mcill ur jurremcnl 11ue moi cl l'assurcnl, rrue
ces •1ualre fille, 1p1' elle a aupri-s ù"dlc ~o
monlrml ses :;œur~ : ain i voil•on s011rcnl
plu,i,•urs îruils d'hi~·er, et de la dérnièrc
sai-on, se para11rron11er ù ccu~ d"êll', el ~c
garder, et ~lrt• au; i lieaux et sa,·oureus,
,·1iirù plus.

Doc,.1:ettr CABANÈS

+

une mode nait d'une infirmite
Lc8 esprit· uprrficiels 0111 ,·itc fait ùc lcllrc· patente : ain:i naquit h• « jusl11urailler ce qu'il.- nomnwnl, dans leur dédain rorps à brevrl. ))
ou leur paresse de penser, 11:. « capricè u tlc
la mode.
~
.n· ne cherchent aucun aulrc pr,ltc'.\lc :iu~
Les e1 1ine111e11l..;. poliLic1nc on autres, onl
Ùc\·doppemcn! $UCCcs ir de celle forme cJ., &lt;'Il lc-ur r1tpcrc11s ion surl'é,·nlution tic la mode.
l'activiLé lmmainc, que la faulai~ic de ccu;
En mémoire du t:omb::i.t naval .oulf'Jlll
1111 celles rpû la r,: i · cnl.
,·irloril·ll$1'11lrnl p:ir la frt!;pte fr:i~&lt;::iisr, la
Il a cepcn&lt;lan I plu~ic11r~ a111.r1•s rai. un~ 1, flrlle-/'011/t•, con1r1• J' 1dt/rnilr en I ii8 nn
1•p' tra11, l"ort11alions.
inn,nl:1 une coilli1rr J,, ci1•1·011;1tloce, 01{ h·.
Et J'ubord. la rnotl1• csl liée aux cir,·c,n,·- rhe1c11x rrprb,cnlnirnt les l'agnes ('n courlancr.i 1•lintatùiq11es : la g:irdc-rolic des
ron,; s~r k ~ommrl clc ln tPlc 1:lail p~rthcl
ltonuue~ du Kord doit ~rn. il,Jcmcnl dillërrr
1111. 11~\ïrC, Ion Ir. \'l'ilt• drploiél', , :t\'CC ~un
ild cell~ des ?1éridio11aux. Sou· J,._ cieu\ plu. nll1r:11I de ru:\ts, de ,·ergots. ÙL· l'anon .. d
ou u10J11~ clemcnl • on ne portera p:i Il' m~me jn.. 1111'à J'équip:igc. Ir f1:mmt&gt; qni tn élai,•nl
Httemenl que dan li:.~ ~ll'pJlC'S t•ml1rum 1ts. alfu_LléC's ne poU\'aÎl'nl circ1il1·r que clan- d,·
L'in/lue11t·e t/11 peuple 1·011quém11I ur le t·hm e~ san plafond. Commr l1•s arfüks
peuple con,p1is apparait jn 1110 dan. le cos- chargé- &lt;l'c,frutcr ces chefs-d'œuvrc n'&amp;1ic11t
llnnl'. Le manteau. b lu11iqur. cl la cul ,Ile 1us toujours Ùi pônîhle·, la ,·ittimc Hail ·ouont fornu'• le coslumL• du r:auloi. et dn Jlrc- rnnl cond~m11éc a 1·~trr plu!':itiui·s !'maine
toa, ilprè rJUc lrur pays cul :,,: conqui, p11r 11udquefo1s, sans 11u'on pùt 11 lui ouHir la
les fiomain .
lèle 11, comrue on disait :ilors.
Le costume de l'ancien Romain cl celui de
On d~viuc 11uel élait on npplice! ...
la r.aulc romanisée i-e relro11rent, combiné ,
En 17.,!), 1'1'. prit nouvem1 pénètre partout;
dans le vèlcmenl dù moderne biglJlandcr.
nne :iffcctation de simplicitll gagne de proche
Quelles •1ue soi1•nL le l':triation du roslume dans la forme ou d:tns Ja dLposition de.
couleur , pendant plusieurs siècJes, elle . c
rapporlcnt loulr ~ nn lyp,~ primitif: le manle:iu ou la tunique; rt' somrnir 61 idcnt de J;r
conquête romaine.
En dép il tic la diflicnlté cl de la lcntcu r
de· communic.1tions, il .'e,l prodnil, bien
?1·anl n~lrc époque:: d'échanges rapides, des
1mporlahons de peuplP ù peuple. La mode a
louJours truuvr le moyen de pa. ser le Jt:L1•01ts, malgr6 fa barrière &lt;le· édit· ~ompluaire ,111 'un lui a parfoi.~ opposée.
Le co. turne français du L&lt;'mps des V:iloi
fut adopté par l'Anglt.&gt;lcrre, où il esl ruslé &lt;'Il
Yogue d~•JllJÎS l'a\"ènemenl de 11.enri \'Ill, jusque fort avant .om; le règne d'Eli·al,clb.
A la cour c1lën1inœ de Henri lll, on - 't•ngoua pour li•s mode.~ italicnnrs duc. aux lldJici~.
Lf' · clforls de Rirbeliru faillirent • e briser
devanl cc lloL d'1mpnrlalion étran"ère. Le
grand c.irdinal u·eut pa trop de L~ule son
(lklu! (l;ruudon.
autorité, pour nrrèler h• dt·!J)rdcmcnl d'un
LA • V!UISE •
luxe 11u ïl jug~ait excessif.
Duranl la minorilJ de Louis XIV, MazJrin, ( /'1w/r,1 il ,/'f:.,,u.1,\ SPrnnu. t;ir 1111 peint,, fo,o,rnu,
à l,1 1,,lcr/e .f,:$ n.r,11&lt;-,•i, /•'INet1c,•.)
comme son prédéccs cur, tenta d'endiguer le
courant .•\fois, dcl'cnu roi. l'illèl'C ouLlia hicn
1·i_te les leçon du maitre. Lr monart1ue avai 1 C'li proche, s'l'le nnt du l•n pruplc jusq11'au:x
lia le de montrer 41 u'11 tenai1 l'll main le rênes rn~rd1es du lrône.
de 1~ modt:!, comme cc•llcs dn pom·oir. Il s'in~arie-.\ntoinellc jou.c /1 la liergèr •, peugérna mèm~ù du1111rr le dl'.~iu d'un coslumP J;1nl qn'édosrnt les mode. r~'"olutiunnnires.
c_ulii·~rumut_ inédit. dont il accorda le pri1iC'r~L l'épo11uc de Ja coilfurr ii /11 Titus. rles
!,•gc a cerl:11n mcmhrc de la no!Jles~~- par lin11cles d'oreille. au Tius-Élat cl li h, Con-

d&lt;!s lionnels il la Clw1•/atle Cm•rlr,y.
L1&gt;s .llen1eilleuscs rl les focroynbl&lt;'.~ se
rapprorhenl davanlagc encore de l'étal dr
nahtre, idéal d11 ré~ime d\•,.alilé cl dr frnl~rniL1~. cl urtoul de grande Îiherlé.
l.1:: Î1'mmcs pnrai ·sent dans _l.1 rnc prrs1p11'
clans h, ro~lumc de leur mèrr l-:\'C.
Comme l'a dil un homu1e d',•spril, ln 111l•1·':••illeuse du [lirccloirr e prom1\nc :m,;,Cht1mpsEly,1:cs, v$.lne loul au plu. d'un chaj11•a11 cl
ù'11nc cci111urc.
Une jeune d:im~ h:iliitnn~ la ,il!,• 1•crirn.it
:ilors à une dt• se.., ami&lt;·: de pro,·ince : " l.1•5
ro11c· sont lcllr,, q11'il fa.ut ,:1re rri'·s /1 la
mod1• pour 11c pas 1·s LrouH'r indé,·t&gt;nlt'~. ,
, i I • co,p1c1t '~ ·,•n ré.jouis~:iii-nl . I&lt;•s
hy!!iénisle' protestaient.
1:hrniènc cl la 1uodc. a-t-on dil. ont étr.
d!! toul lemp:,:, il,•· ~œurs 11111wmi,;; '. Il serait
pcul-èlrc (XCi,!S ir de ro 1•r celle \·érilé en
axi11111r.
La moJ •, ccr~i;, a. élé som·1•111 mrurlrièr,'
rl 1,· médecins ont en quelque rai ·on
• 'dcrrr conlrc ses écarts, qnand la. sa11lé ùc
n·u\ &lt;loal ils :i,·aiL•nt la ga1·d1? s',n lronmiL
c111npromiH~.
Il fo11l Li1m comcnir, &lt;l'ailleurs, tj11'ils 0111
k, plus sou1Œl pr,kh~ Jan li: &lt;l ;sert cl 11uc
lPurs ag-rs n,wli,srmrnls n'ont cmpùché L•n
aucune fo ·on ln mode de. &lt;i uudilés µa~~es ,,
de coulinucr à fa.ire des \iclime .
[coulcz h•s paternelles c1 harlatinns &lt;l'un
hrmc pratieicu. à 1111i on :13e cl . :i ituation
duno:iitnl le droit de dicter dt' 11:irci!s a1·i::-.
,talgré kur n.iï,· • emphase, es objurgations
1100. Louchent par !1•u1· acrcnl de .incfrité.
// Par lfUl'l fatul prr,tigc, s ,{cric le nr llc~l·S~aru., lis fcmmei:, ce!Jc.~ urtoul 11ui pn:tcndcul :i uu Pwpire égal ur l\rn cl l'au!rr.
sexe, onl-l·llt•s con!-J)Îré, awc l'ai wosplièr1•, l:i
ruinl' ùc h!ur appas ~t la perte dù l1•11r sanlé,
,,n foulanL anx pieùs loll.l(~ h• lo:~ de la prudrn c, eu LramnL les imprc: . iofü du froid,
en affeclant une force que leur or"'aui ·a1io11
. ne coœporlffil pas;
1)
el 1eur c'd ucal.Jon
en un
mot, en bannissant de Jcur loilclle presque
tou les ·êtements dont la raison auraiL dû
les cou..-rir !...
,, .\insi, presque nues, c&gt;.po.6és au "ré de
YenL, -portée sur des chars décot11·er1s, elles
se rend •n I dans de ,as tes j.arains où elles rcslrnl, ju ·qu'à ce que les Lén1'brcs Ill· dérobent
aux rl' 0ard ·, 'I J' là i-;c ra semhlcnl &lt;lans dé:-.
..1Uc · de spectacle, dans de appariements où
l'air es! surcharo-é d'évaporation de miassli(11tio11,

ù;:

1. E11 m,•n l~nl. qu~ mus lrailion If sujel )llu.
1•nn(1•lèlemcnl, anJ11\11ons deu"\ rHrrence,, que nous
ullh,tiron• 11ln lm . Clmmtqrre mh!ira/c IS!l8
l'· lil2. cl 1902. I' 7"1.
'
'

�111S TO'J{TJI

______________________________.

me , dont le dan"er n'c l plu un problème
pour per onne, oi1 elle~ éprou\'enl une chalrur
de plu de viogL degr' au-des, u d celle de
l'air qu'elles YienoenL de quiller; oi1 le ' unes
e livrent à de danses d'o.utanl plu 1·irns et
pla répétée · que le froid les ·ahildan. lerepo .
« Au milieu de cc désordre , ln nuit ~•avance; il fout regagner a demeure ... le froid
p'.us vir en ce moment cri pc b urface du
corps dont les pore· ont ouvert ; il -erre la
poitrine L trouLlc ain i deux Fonction bien
importantes. la circulation et la re piration.
u Quelle~ précaution: la prudence a-t-elle
foil 1m•n1lreL. ln .irnple voile de mo11~seline c~t jeté ur hi- ép:tules el ramené sur kt
poilrinè .... &gt;l
Le I)r De~es arlz écrirait ce l1"ne!' n
l'an \ 1; quatre an· plu tard, un autre médecin I dres ait un véritable marLJroln"e de fa
roquelleric.
Ici, c· ·t lime de Too.illc. u morte à dixm•uf ans, en orlant d'un bal, après quinze
jours de couches, lai .ant 110 jeune é1ioux
incon olaLle 1 et une illu Lre famille aHs rejclon; là, c'e'l nne 'Ille de la Ch ... , mourant
nu moment oi1 un nœud cbcl' el acr~ allait
l'uuit· à un amant adoré. ,1 Dan le mèmc
ll'mp , ~Ule de ,Juigné, :hré de dix-huit au ,

CU&lt;ht Gt raudon.

LJ:'.

VERTC'GA m:.-.

l'fJrlrail j r :it ARfE·,\~N t D'.\t'T~l~ IJE -

(Tat,/uu Je
\' euzQrEz, a11 l'r:do .U .lf,1.trf.f,J

l ~Ille Chaptal, ;"tgée de seize, sont enlevées à
Ja tcndr!'sse de parents éplorés .
1. f.'..lmi ,leJ&lt; fe111me~, pur P.-J.-ll. D•c
U11s1~. p. 59 rl suiv.
\!. Qui ne ~e so11vic11t des I ers fo pocte :
Elle nimnit lJ·op 1,. l.1111. c·e. l ce qui l'a Luèc'I

,m-

. . . . . . . . . .. . . .

Elle Clil morLc a ,1ui1uci ans. 1, ·llo, hl'Ut'cu,c, adorée,
\Jorle :1.11 ,orlir ,1'un hol 1J 11i nom mit tou, f'n J,•uil.
(Les Orie11taln.
:ï. /,r1 lïe 1m le1111,s ri,•.&lt; lilwe• Pd:dw11rs par
,\nlnn1 llt;11AY ('l• êrli1io11,, t. Il, 11· '.!18-2111.
~- 1fi•t. clu Co$lm»e ,,,. Fro11ce, par Qr 11:nE11.n.

Plu loin, la prince e ru' e Tufaikin,
âgée de dix-sept :rns, rnemt 1t :tinL-Péter bourg, de l'épidémie de modes françai e ,
et pour :.woir offert e jeunes charme- à l'inclémence de la aison, ou le co~tumc qui
dépeuplera Pari · de jeune femme', si la
rél11• ion et l'exemple ne les corrigent pa,. 11
Celle épitaphe, inscrite -ur une tombe dan·
le cimetière des (!ualrc- eclion , rue de Vau,..irard, à la barrière de SèYr s. e t plus é1011ue1Jll' 1p1c tout cc que nou. pourrion
ajouter :
1 ~ nivôse an XI. 4i h•nre, da malin,
2L décl'mbrt• 1 11'1.
Louise LB Fen\ Hl•:
1oée de '.!:'.i an·,
lïcli111e rie /11 mode me11rlrifrei.

A,•anl les médecins, les sermonnair"s arnicnl
ton nt! en ,·ain contre les co lu me · plus ou
mo1n découverli, 'Ource de tant du maladie
1nortell . 1c i ,·ous allez à la foire de Lyon,
darne le prédicateur Menol, YOU, y Ll'um·crez
dl'- flamandt., de Lomhards, de Allemand·,
de ,\nll'lai , d~ Yénitieos, de- füpagnol , etc.
lt! quel rnu, reconnaitr z 11. l'iwtanl 1L leur·
babil .
1 Il n'en era pa. ain i de, Françai qui
changent tonjour- leur façon ùe ~e l'ètir : nt:jourd'hui i1; portent iles 1êlcmcnt long
demain des courts; ils é1a1enL ample$, le,voici étroib; l'hal,iL couvrait le con, il le dt!comrc à pr · enl. Étonnez-vous i dans celte
année on voit courir tant de ~alarrhe .... »
[11 autre orateur au ,Terbe véhément, Guil1:rnme Pépin, parlant du co tume de rem me~,
11 ilonL la variété e·t i !!ramie. dit-il, qu'ellcemlilcnt en a,·oir pour ho.quo jour de l'année 11, allribut• éèalemenl les catarrhes au
bru ·11u • cbangŒwnl des mode., r1uïl rend
re ·ponsable de Lien d'autre incomm?dilé ·.
&lt;1 Voyez ct•s manches de femme qw ·ont
tantôt si étroite , que le bras peu\"cnl h peine
entrer, tantôt si îolfomenl Jarrres, qu'elle
pendent jusqu'à L•rrc; &lt;'L éton~e1-1·ou • . i, ~es
"aine fcmmelelles 011l remplie~ m 11eUh:anl, de douleur, de tète de 1na111 de dents,
d· catarrhes •L autre mi ère· 3 • ,,

La mode a rési Lé à bien ù'autre as.au
et le bon ~eus n'n pa toujour triomphé de.
l1abiludes.
Philippe de Mé-tières, jurisrnn. nit el philo opht! du X''le siècle, reprochait à !'babil
co11r1 de troubler la dig liou, Lanl il c.ompr-imail l'e toroac: de ne pas orfisamm ·nt prési ner du froiù el par là &lt;l'occa~ionner Je
maladies mortdle ; de n'avoir pas mème le
5.

fi i.,I.

àe• (:1·oya nres, etc.. par F. • 1toL1\ ,

lo111t•II.

O. ~otre ronfri:rc, le Il' Il •o~ ,tic LyC1n1 a fait

uni• rt'marquc 1to,~t no.us _l ui Lai . ns_la ~cspon~abililè:
, ... l\olt"ll 1l~liule ct1ut 11 prcw1~··. cmt-1_1, d&amp;~ I&lt;'
jour ou, pour ,lis imulcr une 1nfirm1le, ~u h ' U t! abtlique1· françh ment les prèrognttrc. rn~ompalrhles
a~ec sfln étal de ~antë. ~~pol~on Ill n1u1l imposé à
s&lt;' itiinérnm:. comme uniforme, la tuni1plC' rnx lnn,r;
pans lomha11l par clc1anl.
.
..
, l'llc tenue, qni rompa1l u1ce ln lr~tl1lrnn drs
grenarfoor du premièr Bonap3rtr - ,p1i . eux, por-

mérite de l'éeonomil' , car, dcpuL que les
chau "c~ ~taienl en 1·u . elle_ éwieul dc1enues
uu objet de Ju e au i coùleux que les lés
d'élolfo employés o.upararnnt dans la roron des
robe.
En dépit de critiques, la noU\·ellc mode
prit fa\'cur : étant e,-. ntiellcmenl propre à
l'action, ell ron\' nait parfaitemenL ~ une
énérntion à qui le é1·énamcnl · ne lai . aicnl
pa le loi ir de . e rcpo r.
A une autre époque, ce fut la m11de &lt;les
lun"Ue cbe,clure .
L plu illui-tr _ pr :1ais de France el
d'.\n°lell'l're décrétèrent le refus des acremenu à ceux de leur, diocésains qui n'abat! raient point leur · rLe,·eux. Le concile de
llouen, en 10OG, étendit la ruêmc inlerdirtinn
à toute la prorincc de ~ormandie.
L'é1èi1ae de 'oion , ayant per:uadé aux
Tournai iens, dont il était aus~i le pasteur,
qu'une épidJrnie alors régnante a1aiL pour
eau l'aliondance de· chewlures masculine ,
plus de mille jeunes gcn · vinrent . e faire
exécuter par lui. L'tl\'i.é prélat profita de ce
qu ïl aYail le ci ·eaux à la main, pour écour•
ter les luniqu de ·eux qui le avail'nt Lrop
longue .
Par contre, en 1i61, Philippe le Bon fil
une forte maladie, pour lacruclle l m.éde ·ins
ordonnèrent qu'on lui ra~àl le tbef.
ReYenu en .anté, le vieux duc, qui a,·ait
j u q_ue-là con. crYé une trè bellû che,·elure,
fut toul honteux de se voir tondu de la sorte,
cl. dan la crainte qu'on ne se moquât de
!ni, il rendit un édit porlanl que tou les
noble de e État cm enl à e faire ra~er
à on e:emplc.
Plu de cin4 cen ts personnes firent au vu
de l'ordonnance, le acrifice du leul's l'hùvem;
mai c'était peu, en comparaison de c ux qui
ne c oumirenl pa .
Celle désobéis ance affecta d'aulanl plu le
prince, qu'elle semblait loi donner à entendre
,1uc on r~gae était fini. IL se rticba. Des commi~ aires furent chargés d'appréhender au
corp 1 récalcilranl • parLou L oi1 ils le rencontreraient, el d lenr pa cr, Lou gré, mal
gré, les ciseaux ur la Lèle '·
Cc n'est p:is la eule fois où le caprice du
monarque, ou de ceux qui l'approchaient, a
eu force de loi.
Le fill , de Loui IX avai nt des pieds
:norme : elles inventèrent le robes à. tra1m•.
La femme de Philippe lll éLaiL affiigée d'un
cou démc~urémenl long, ~ lon"' à humilier
une cigocrne
elle im:urinn la mode des

i, :

r111im11e mo11ta111e.~ ~-

Combicn d'autre mode qui n'eurent, en
nai snnl, d'autre but que de cacbrr une dilTormilr phI ique 0 : lei. les oulirr.~ ?, ln JIOl/loit•nL les pans rclr1c - n'ètltil pas alfair d1• 1uv,lc
tir l,OÙI
•
1 C't ltiil le r-ul ,èkmcnl su. eptibt,, de mnsqm•r
l'mlil'lnilé qui rcwl ('.t•rl in instroincnl inùispcn,.abl •
au mnladrs ntkirtls d'inllammJ1Lion de la ,l's i,•,
surtwl &lt;tttand ils 0111 tenus par l1· cxi~cnto'S ,1 li•ur
si tua lion à di 1111ulrr la rr,' q1wnce g,:11anlr de be ·oin
naturel . ~ Dr A. )lmo~, la orcelleric el~ ~cic11ée
des P,,iso11s a1&lt; xv,1• sitde. i:di1ion d• t911h p. n.
;t pcul-Nre nu tanlinel pamloxd, niai. le p ratl"'" n'a-t-il pas tuul1• le Rppllrc11r1•s J,, 1,, 'l'l!rÎlê,
le plu• gèui• r~lr rnrn l ·•
ou

c·

,

_________________________

COJKJJŒ'NT 1/N'B JIIOD'E 'NA1T D'UN'E 1N"Fm_Jll1TÉ ~

laine, in,·cnté par IJeari Planlllgencl, pour
dissimuler une excroissance du pied; les
J)l'l"l'11q11es in-folio, adoptées par Louis XIV,
pour y enfouir es nobles loupes : tandis que
nou ne. a11on' quelle infante d'E pagrte imaginait les 11aniel'.~, pour rétaLlir l'équilibre
entre se hanches di-ljetée .
Vers IS 5, quelques hommes de la Cour
~·étaient monlré· ornés de mahe11h·e. ou
Cau ses épaule , de t.inées à ùi simuler la dil'Iormité de leur buste'; el. pour cacher leur$
pieds plat., le mêmes imaginèrent de porter
de Lotte à hout larges cl arrondi-.
La belle FJronnii'!re ai-ail une brûlure ju te
au milieu du front'; pour fa ma quer, elle
li xa sur la cicatrice un hijou retrnu par un
lin lar'.el de soie.
~ u~ Uenri If. le. princes,c aueintc de
gollrc • counirenl de hautes fraises tuyau Lées
leur infirmité repoussante'.
ous Francoi li, hh hommes Lrouvèl'cnt
qu ·un ro vrntre donnait un air dti maje té
el les femm -'a\'isèrent aussitôt qu'il rn
élait de même d'un gros derril!re; 011 eut de
"ros ventre et de gros derrière postiches, el
celle ridicule mode dnra lroisouqualre an ~.
Les 111andie.~ bouffanlcs fureot imaginée
de ruème pour atténuer la déviation de.
~panics; la reine Anne d'Autriche en Yoolut
de cour Les, pour lai~ er ,·oir e bra , qui
:1aienl ù'un modelé remarquable.

moyen de cacher leur état. C'est sous Charte:

le Bel que ceue mode apparut pour h pre-

Le n. P. Da~uet di ail que « le paniers
a,·aienl une origine vicieuse, en ce qu'on les
avait porté pour la premi~rc foi alln de dégui er de. gro sesse crimincll . »
L'ing 1nio ilô des femme à dissimuJer fa
grosse se alla plu · loin; à cerlllines 1:po11ue ,
elle aùoplèrcnl un aju Lemenl qui le foi ait
pnallre toute· enreinl ·; de la orle, ccllc
rrui l'éL:iient ré llemenl avaient un excellent

mière foi ; elle dcvail durer 0 •
Vers l'année 1520, k femmes ne portaient
de ceintures que comme ornement d'élotfo ou
d'orfèrrerie, mai non pa .errées à la taille.
Ces ceinture , amplt&gt;., làcl1e , étaient po ée
à la hault&gt;ur de hanches, comme le erait
uuc écharpe tordue. D était de mode, alor ,
chez le• dame qui prétendaient 11tre bien
mises, de faire ~aillir le ventre, et ]a ceinture
tombait au-d ou du noml&gt;ril.
D'cx1ravagtu1ce en extravagances, dit l'auteur des .1llmoires d11 peuple {rmitni.~, ous
r.barle J. où fa houppelande rut la LoilcLLe
fondamentale de femmes, celles-ci en arrivèrcn tau point d'adopler ln fantaisie la plus
bizarre : C'lle fai~aienl valoir leur ventre el
emblaienl toute enceinte..
Celle mode eut une durée de rruaranle ans.
Elle rl)parut avec le surcol, à la fin du
:u-e ,-iècle.
a Le surcot de Uelhsabée, dit Hacinel. c:;L
la robe . ans œinlure, au corsage lacé, dont
la large et Jonrruc ouverture, lais ant voir la
chèmLe transparente, se prolongeait JU '([U'à
la naissance du Yentre, auquel il donnait le
volume d'une gros.e e de quelque moi~.
comme un encouragement ;1 la propagation
de l'espèce. » Apr&lt;! la rrucrrt! de cent au , il
s'::in-issail de rep npler la France.
Au 11v0 siècle, la même mode 7 se relrou,e
à Bàle, comme en Lémoirrnent les dessins
de Holbein, con. ervés an !usée de Râle et
qui représentent la 0 rande dame, la dame de
uoblessr, la bour.geoi l' et la cabaretière,
dans un co~tume qui a~uso fortement la
aillie du Ytmlrè.
La Palatine, dan
a Corre:-pondance,
pnrle des 1'0be baftan/es, ima!rinées par
Mme de Monte.pan pour dissimuler ses gro se ses. C'était aller à l'encontre du but: qua11d

'l. Dans une anLr.- cireon&lt;tan~~. tes hC1mm!'&lt;, en
vnulant nrrilin à là mode, foroul vidim , tic leur
COIJllClleri(•.
• 'M. llunlr,, li,c,ns-uol).3 tlnn le A,uu'.d(Jft's /1islnriquu ur la ,,,édeci,u: {l. Il , p. 1 3), parle, ,fans
,;,,n TmiU d'ftydr1111i,rü, &lt;l"un capitaine angloi., qui
,•xigec,il de se, oldals qnïf, ~crr:l$ ent lori leurs
jarrC'lièrcs, afin 1l'olfrir au\ yem u11c j,uulie mieut
fait ; moi! 1;f' c.iprice fut funeste au plu · grontl
11ornhrè; car ecs lig, lnr l'urN1t tausc qlll) plu,ieurs
dei inrenl h}dropiqurs, cl ohligvs d'2llrr à l'Mpita!
pour y ~Ire lraill!s; f'l11 ieurs m~we en moururent.
J"ai f'ttlcndu dire il \ . ùr ~na· •1uïl a,•uil ,·11 périr
it l'3rm,;c unr, multitude de solJals pa1· ta m~me eau e. •
2. On n. 1lonoi• une a11Lt·c , cr..1oa pour ex_pli&lt;1u,•r
,·elt , m0&lt;lf'. La bourgeoise que Frw~ois l" a, 1.11 n,ulu
1(~b:n\~h&lt;'1', r11 ton,ul, ùit-on, une 111,lignnliM lellr,
'lu'unc r_nignonue ,·cine blcur qn'.rll~ m, ail au frf!nl
!'Il l'Omp1l; cruel dum1ne1r• repart: cJrs IP. l~nll,·mam,
grtlce ~ Jï11Ycntion du gi?n lil bandeau à « la Fcr.rouni\rc 1 (
Rtl'III' du Deur-. fo11tle•, 1 t&lt;i, p.
3. On 1,rHeo1I q11c ,i la rci ne douairière dïta' il'.
la , cu•e du roi lh,rubi,rl. n one pr ·•,titcrtion marquée
po11r les .-ollil'l', dr pcrlt•J it plu~icurs raug~e., c'est
qu"ils lui ,;ervvnt à rndt~ru11cumm1•ui;c111 •ntdc goitre,
ilonl cil,\ seroil alfretcc comme 1A ploporldc prince.
el prim·cs•cs de la 1noisun. de ·uYOIC,
N'a-t-o n pas 1ti1 ,:galcmenl que nous dclions u la
prince~ ,fo f.aUc~, ls reine m,1rt• 11' lnirlrtrrro :ll'luetlt&gt;,
la morlc de la po1gn~e de main à la l1auleur du nez,
rommr on 1. prali~ue dans le monrlc? Ln princ,, c
ayant un furoncle dans l"~is,;cllc, dut ële,er le ura~,
pour donner Ir alutl;e lia11d: il son imitnlion, ge11tleme11 cl ladie r11 l.irenl ~ulnnt. C~t aete d"atlulution
dlltl moins co,llcr. •prè lnul, i l'amour-propre de
&lt;CU qui I accompli.seul, ljHC celui nuqurl s'ahni · ·
mit le L-our1i,3ns de 1,,iui,, XI 1. Ou ,nil &lt;pie Il' roi

nynat con.cnll à fo « gl'awli· opération ». et" l'ut à
qui pri&gt;•cnlt·rnit •lit inerpre ·ihlc à !'opliralPur, .111mais le, rhirorgirn n e11rcn l lanl d~ l,~ ••tnc ' \'. dans
notre Cabii1t&gt;l se, 1·et de l'ltistoir,·, le clupilre : La
Fi.,tule tl'1111 gr11111l /loi,
.i, tin a 1!ni1 &lt;]U r&gt; iint-Ju,l n'avait nJ01•lc b trnvalr 11uc pour ,li,,simulcr une mli1·111ilé 1l011t il éloit
nllcinl : il · ouffr~il tlc'S érruudles l!l il n'enlevaiL sa
c1·ava1c qttc lor c111ïl èlail seul; ma1B il ne voulait JIU
etrc surpris ,Ions ce ,lé hanillé (Cl', Les Curio.,lés
1'é,-nh1t101111airea, par CamiUt! L,cmi., r).
• aint-J usl ha.bile une crnnle •• (ail dir11 \ïclor
llugo ù un de Sl'5 pc1'SOnnal(es Q1111/rr-v111gt-t1·ei;c :
Le cabaret dr Lo r11e du Pao11).
Saint-Just était, &lt;lu ru.,fr, très . oignru\. rie sa por!;onne. (.;!Jaries ~Oflicr a coulti, qu'Jlanl ùo p., sage il
lrashouri;, il alla 1·ci1dre visilè il .ainl-Jusl, ce 1errible Saiul-Jusl ùonl le nom n'anll jama,s l'rappé
son orcilh, 1111'1'nlourè d'èpilh~les menat"anle,. " llon
cœur l,3t11l.Îl vioh•mmcnl. Cl jl' senlai mes jnmlies
,Jéfaillir quand j'cnlnû dans son cabinet. J' ami
nlor&lt; de 11111itri ·cr mon émotion. 'aint-Jusl ne pril
gorilr i• moi. JI me tournait le ,lo el se rnirail (!ans
ln i:laee ùe sa ,hcminéo, 1•11 aju lanl an•c un .;oin
précieux, &lt;llllrc tl~u,: g1ron,lolcs 1'11argê1•s ile hou,,ies,
h• plis ,le celle h:tule 1,t lari,rc i,1•~,alé, 1fons lnqucllt'
s.1 l~lc ,mmohile dail cxhon •êc comme 1111 o,tenso,r.
,mi,ant l'lllpr,•,-siou •·)ni11ue 1!1• Ciunille lle.muulins,
el 1111e 1'111,Linct 1fïn1ilatio11 de p~lil&gt;-maîlre rlu
temps cmnmcnrail ù mcllrc il la m0&lt;lt1 • • , "01thlio11
11a, qur l-ainl-Ju.t :nail ,lil : c L'npnh-nc·r r l une
inramit .•
Puis,,ue nou en ommr, nu cthapilre rio la cra,•i le,
cuJJ ignons iri un Mini! ig-r,oré : il c ratlachr i1 l'oriiriuc. déll .:1.ivntes, désonunis fam~11sM, ,1'1111 Je$ plus
hriltallG StlfiéLaires tic noire première si:i-ne.
t.'ftt'lrur ra •1uc51Îon se n•u1·011trnii tous les jour",

•

r.

rno.,

... 23 ...

cile les revêtait, la maître ~e du roi accusait
mieux encore l'état où elle e trouvait, el les
courtisan. ne s'y [rompaient pas,
L'usane de ·es robe., dénuées de reintnre
cl flottant m· le corp , . e ron erva à la ville.

Cliche G!raudon,

1°.'IF; Coll F .RE AC XVIII"
1/&gt;olr/r,Ji/ .te

IÈCLI,.

1,1 !•RINCE&gt;iof. bE? L.,~lll,ll,1.E, /1,Jr 1111 fei,1/rt

,11ro1111u,

a,1

111usi!e ,te l'crsames.)

Hour aull, qui les raille arrréableroent, mil
1r rieurs de son côté en les baptisant des
i ,rnoceutes 8 •
En 17lü. peu aprè la mort ùe Louis X.IV.
deux damr". « sou· le prélcxle qu'eUt"s
éloienl tri• · gra e. , el par con équcnL trè
suante~, e ris11uhenl lt' première ;1 porter
ur lu plnlc-l'um10

11"1111

umuihus.

aVCl'

un ,l,i uœ

lwuunes ,le li•Urc&gt; iles plu: y111p3lhi11ue . de !Jni

111111

teuon l'l1i,Loriell1•. Cclni-.:i ~lait nlors •lleinl ile l"lou,
,lan le rou, 1ru'il di. •Îmulnil &lt;Il' on mil'm ov~c un.•
cràYatr 1ilu un moins cU&lt;p11'1lrm,•11t enrnul,:e; 1p1ellc
ne. fui pas a , urpris&lt;• •1unml il i·c,,ït •1ucl•j11c; jour&lt;
aprè , )[. .... (j 'allnis imprimer ~on nom) pnr11111I
sw· la "'&lt;'•ne 1111r crarnlr ,,b~olt1meut ~nnl11 ne il Pelle
•111ïl porl:Ût Jui-m~rnr.
Un~ incommo,lilé pas,,,g,\ri, avail, une fuis dr plu •
ilnnné u11i•~an,·e il mm mmJ,, nou , elle.
5 E ·1uiis lti torique~ •w· /'ad~. 1•ar .,l\r-Fo,t.
U. Curiotit1•s lti.~toriq11cJ1 1111· les 11c1:um:ltrmw1••
par le l)r \\1now~••·
7. Voici ur_1c. pi~çc d1~ x1·1 siède, qui altc,t(• 'tll&lt;'
ce.lie mode ,cvr, ail au.,,, 1·11 1rom·e. Elle est c~lroilr
des J'm·it'li'd /1islorfr1urs et litt,rafrrs, d'f:d. fo111.1rn, t. Ill. p. 248-0:
Dr('~ dl'S duuws plu~ lior~
Ponr leur ~ro se se rarlwr
On lOÏl ln rue l'W(lC d1er
l'o1·lnnl tic larg&lt;i rnsquint :
Lit ma rehe.n L il gm fui pa.,q.
llenfori;ées par le ha ,
Cl'llc, •1ui tlPll't cul upporl,•nl
Sous le ruhc •111rllt• po1·tc111,
l)e!li)uels l'un, d~ cl.tnir, la nuil
l,cur S&lt;'rt :1 premlrc dcduicl :
l.'aulrc de crins el rlc hourr,
Autour leurs fe , •. ernbourr,•.
(P. l,E l.on:n, 1.a Xé11liüororugie, on L'.!1111,r,. du
Cocu~. comédie; Ah~I Langrlier, l5ï!l. iu-12. )
8. J;nc mue de chrunbrc claléc amplcmcàl,
Qui n'a point de ccinlnrc cl ,n nonchalammrnl,
Puur certain air d'enfant qu'elle donne au ,-isag,•
E I nommée i111mcrt1lr, Pl c'rsl du licl u'i:lgu. '
1 LM .Ilot.&lt; ,l la modr.

�1!1S T0'1{1.ll
1l1•s pa11il'r · dan~ l1•uh cliainl,r&lt;'., el t·um111r
t&gt;ltt", n'o.aient pas • n. Pnir le jour, elles . •

rh,lurcnl ù att·ndrr. le ·oir, ponr allrr à la
promenade de 'fhuillerics; l'! pour l!vilt'r
J' 'Oll'ée d portr· ordinaire., oi', il y a toujour:; beaucoup de li 1·réc, elle· cnlr~rcnl par
l'i nUl"cric.
« Comm ce· deux dames é1oic11t lr~s connu ;; à Paris, on 'acroutarua pru à peu à
leur. paniN:;, et lur·qu'on kur 1•n parloir,
dl • rJpondoirnl qu rien n'e !oit l'lu tommod1• ~ des femme. n-ra . es cl n•plelles pour
arnir de l'air, urlout 1•11 cl'l été où il fai·oil
l'Xlraord111air&lt;'nH'nl cLand 1 • &gt;)
Les udh· d:1me · rroya:cnt :woir l'ait ·c.inùalc; loin Jr là. l.'11movali11n rut lrou,·t'
i·h:trmanlr, l'l 1,il'.'ntfü luul1 ll fl!IDtnP.,
" .111 qu'am r1 mw• 1lè clmnbrc , l nus rui,ini,•rcs », l'Urcnt adopté 1o rno,fo donl no.'
tlem e1tra1·a;;:rnlt·s ,'é1aiPnl foil1·s incon•t:i,•mmenl le· m1rrninr •.
I.e JltlllÙ'I" n·,:1aic11I. au r1•.-l1•, 1p1't111r
rt'.r•Jition d1•: rerf11yntli11s qui n'a\'ail'IIL januis compli'•· •m1•nt di paru de· rn ~ \" i iu~
tlu n,itr '·
A peu prè de la même époque datrnl le
tnuraurc· , nommœs de~ cl'iatde.~, q11'on
mettait ou· le maote.1u pour I faire IJoulfor
davantagr•. Comme elle~ étai nl en toile
gommée, ullr fai•aicnt &lt;ln liruit au moi11Jrr
frôlcruenl: de l:1 leur nc,m.
Il · 1 ut un ~inguli r pr~jugé nu . i.:jel de
l'ama:; d'étoff.: qui chargeait!,•~ hancbc . On
pensait ri_uïl produi. ail un échaulli m1ml rapahle Je "llt ·r 1 teint. C'e L pour re 111 tif
que Jl.n d oul1ise, qui eut, jnsqù'à la fin
de sa \'ie, un ,oin exlrème de ,a hrauté. ne
l'u Lj,w1ais trou ée, comme les au Ire. [emrncs,
« du 1ieur. dit aint-2imoo, de . '6:·hauOer 1•
rl'io el de ·c rou~ir le nez. n
1'

La premi'r

rrros •ssc tic Marîc-.\atoi-

1wtlc l 177 ) arait opéré un ré\·ol111io11 as ez

heurcu~ • dan la mode : la rc:ine, Jc,·eoant
mère, a"ait abandonné la soie cl les étoffes
Lroché,·s, pour porll&gt;r de la hali · le e L dt•·
liwms; la.cour cl la Yillè se moilclè-rcnt ur li .
Nu- tard, en 17 1, lor d"unc noUl'ellc
1. Rcmcil rit• diffrr,•11/, •., 111,Hi~ll ,lu tw111~. \
I' ri'. rlu•, ll~ris •t, 1720. t:ilf par .\h, ,l',\1111 ro~11.
J:1•l'l(r rdlro8/ll'&lt;'lirr. pngc 82 rl li~.
:2. On lit, en clfot, 1le11s le J,mr,u,l ,!,• r~rdu1,, à
la ,Iule ,l'vdohr,. l ï2t: • Près1·ntcml•nt ks ,·crti,ga-

din, J1:..pui11 Pl ,l lt~lir ·" ,nnl introduit, n
Fnor.e ,uu · l,· 1lolll ,fo puuicn: c·c,l u1w mu il' ,1•n11t
311 s1· · ,11rs ,I,• la fa11,,e pml,·ur. a
3. Curi1Jsill'8 l,i,&lt;Mriqu,.R .~11r lrs arruurlirm1•11/.,,
de W, rEQW,Xl,
~- .\ la n3Î ·ance ,111 1l11c ,le" 'orruan,li ', aulrrml'ol
,hl l.cnu, \\ll;un porla 1 , bogue,i ti trnfatlle111e11I,
rnlllpo,~es ,le rc,wh,1 erurnl d'unr pÎ('fre &lt;·cnlr:dr
&lt;la11s ,rnulrc• pirrrcs furmanl chaton.
:,, ~uns lisuns, il ce ujel. dan5 lt•;, Mémoü·c, de
Pfo•·y, L Il : , La rei11e iltail ù I• premii·rè è1w1que
dr . gr ,si• · • ,11\ mall:1111e ln Dauphrne. l'i, lllillf ·,
e,1 qn'on n wl ~I écrit, bien loin J,, co1r1m ·llre ces
impru,\.-11 ·es, ,.!lu 1wus,a l'cxcës ile p1 éc:ution "i
lttin, &lt;J11'e1J~ r~illiL 1onll1~r 111ilml,1 ,Je l:t p 11r llc

Mnric-Anloin,:I 1r, les ~ mpathiei.
fi:minin&lt;' pour la l'cinc s1• mo111fe. ti•r •111 par
l'adoption &lt;l'une rol,' 11ui faisait paraî1rr cn'l'Înle celle fJUÎ ln portail: 1':1j11 temeut à ln
,/ra,rne ,L Ire.
Avec un pareil co turne, on avait le . eio.
à peu pr1\ nu. cl la jambe dégagée.
Le costume 'npp1•la 1 'Jllfll'l ,le te1·me, lu
ilrmi-tenne, ete., don la pfriode dr ln grosc. 'e. d larie-.lnloinelle
C'esl éi:ralcmcut au cour· d'une de ,es
!!l'Os~es.es, que la rrinu avaiL perdu une
partie de .e clPrcux. Cd acci&lt;l1·01 lui fit
adopter une co:ffurc ha ~c, que ·c uirnntr
11:ipli èrenl du nom Je roiffw·e h /'e11(11nl .
Celle coiffure cou i~t:iif en fri ure' _ur le
de1·:111l, accompagné d'un chionon qui retombait ·m· la 11nr1uen.
Toute le tète -·v accommod'•rcat à l'cmi:
elle devint le I pc J ~ invcnlion 11llt!ri1 11rtqui e ruccédt'•rcnt. on: diH·r · nom . JU qu'au Dir •ctoir1
gru;; 1·~-'c de

j.

1

1•

On . ail quelJe inllucnce c~erça Bou~scan
sur ,on si rel . La redin n-ote ri iLe annlaisc
c'est-à-dire Ulie redinrrolc tri'-· ou1·e1·te, fol
,doptée loul d'aborJ par les jeune· femme·,
pour c cooCormer au, pré •rplr. de Jean,f •rqm· , qui rec~mmaudait aux mère J'allai Ier lies-même l1:u1·s e11fa11l .
Plu Lard, on . 'habilla i1 l'angla.i c, ·ao ·
î-lr nuurricr. C'c!i-1 la rohc qu'on mettait
pour 11 lronchincr », c'c. L-/J-dire pour fairi·
llls longur· promenade' ù pieJ, rccommanùée pnr le doch•ur TroncLin, un de premier .inon le prcmitr q-ui fit consi lrr
pre ·que loul l'arl de gnérir en des précepte;
d'by'!iènc.
Le "rand air, rcxcrcirr, l'oci:upalion, milà
quelle é:aicnl le: lroi panacc' 4 Ju médecin génerob, 11 ·a\·anl 1·omnh! E rnlape cl
h1•au comme . pollon ».
Pendaal plnsienr srnta.incs, Tronchi11 fut
rlwmme de France le plu~ couru. C'étail de
la furcnr, du lirnali ·me. I.e: mrro (': enc1.1111braienl 11 re point J.1 rue oi1 il dcnwnrait,
que la circufotioo ,•n élaiL i111t•rrotnpnl
l.c•s marchande. de mod~ inYentrt!!nl, eu
1•

1111i1·c à ,on (,laL On . 'rn coa,au1èra par cc lr•Îl : lo
nlorlr Hoil alors 1lt• 11rcltargi•r lo li-l~ ries r,-m111e~ 111!
plumr, tell!)m1•11l. élevé . qul', lo1·si111·dr"." oll3ien1
1•11 1·.1rrn.se. à 11c111C p~uvoient-rll •. s ns.1•011·: o! lrnr

fallait e r 1urher l,ra11t-ou11 ,., m,\mc •·rll,•s •tui ntJ
rnulaic111 Ille' gâl~r l'i•difü,· clu ,·oilT,•11r 1l1•\';o1&lt;•11t se
tenir il g'Plll)Ul.
•
•
~ t.:n n1l11planl c1• pa11a ·b~ e uh1•rnnl, 13 rr111r contrarl~ peu à 1,cu_ l'hnh1lml~ c\1! pllr~•· ln mnlu au.~
ph1nws d,ml il ét,ul COf!lpt&gt; ·è, -~~Il ~UJ' JOUCr 8\'rc: soit
1111111' le f,1i1· jouer; ma,1s a~•SJ_lul 1111 rll_e tol_con_m~clll'
•1u'l•lle i!l!il mi•r1•, afrn J i,1•1teJ• ce L11· IJUI 1111 f,u,.-,,L
foir • au-de, u de ln li-lt' de

mùuremenL~ 11u'dlt•

crut 1lan1,rrreux, _clh'. u1,prima .. au. ,nisèricorde un,
11arurc ,p1'ollc m111a1l: èclle ,•1rcon l311CI' l'Onnm· hl
mi.\m~ clw,.,.,.,. lu u1,11fo des pluroc5.
(i. • Il u/'y n jn~qu à pr\rnl. i\crh-;iil flicl!-'1111, qu_t•
111whp1cs rcmêd g.!J1~rau:r 1ux,1uc1' on pu,~,c_ n,o,r
1-onflauc1•, comme 1~ rrgn:ne, le· exerr1c, s, lu d, trnrti n. le lt•mps cl Il oa!Ur('. t

~on honneur. 111w 1·oiffurr r1u'i:llt&gt; nppt•l1'n•11t
le bo11,1rl;, /ï,1or11/atio,1: on YO\'ail, ~ur le
ruhan, qui l'ornaient, un L'OlÎ · de poi~. io1itanL le hou Ion de la pclitu 1érol~.
Tronchin rut la raru forlane d'arl'Ï\'cr à
on ùeure. L'abu~ des dronu s avail mnlliplié
lu· d~ ordrr ncncux; la femm•'. au orlir
du maillot, a1·nil la poitrine cnli.-rméc dan:
une ct:riras,e &lt;['ti lui comprimai t les organe. :
il en ré ·ultail de m,lai~e , d,· . ouffrances
que, dan leur impubsancc à t·u dc,·iner la
cause, fos médecin du kmp. f]Ualifinicnl
dïmaginair1• . Le wfrile de Troncbin fut de•
~upprimcr al,,olument loul médicament Pl
tlu ub·tiluer à l'ar enal de: apotbicuirc de.
an-enLs pbi ifjurs cl naturels.
La ré\'olution que la Nn111•e/11, llelu1se fit
dan h· cœu r de la femme, Il' ordo1111.incc
de Troncbin l'acromplircnl dans .c bal,iLudc,, dau. ,a 1ic journnlièrl'.
, Troncl1i11 1 a écrit oncourl, fail ortir la
l'cmm d a p,tr · · eL de .r!, larwuenr,:,
presque de -~ con~litulion. Il la force au
mou\·emrnl, :rnx J',1Ligue. f,irtiriantei,: il lui
irnpo c de gros Oll\l'J"•' ; il lui fait froll r
se .alons Wchrr au jarJi11, . t' promrner,
courir, ù•.rtf111u'r. Il rend . e memlire à
l'exercic , on corp à la lil,erté, av c
rob nom-dies hapti 1:c · de on nom, porll!es
Licnlol dans Lonl Pari,, par lè promcncu es
appuy1,\c" rnr d • lonrucs canne , 11 Lronchinanl 11, comme JiL 1• tcmp3. 11
La n~not--e fu.t-ellc définiliYem 11 ,aincue
par le trai1emrnt nouveau? I.e ,ap ur. di. 1la1·11n J1l-,llc. à Loutjamais? Elle, chann?•n•nt
implcmcnl de nom. 'on· le llil'erloirl! el le~
ré!!im~· qui lui rn1·céd\rcn1, il fut de lion
ton d'a\·oir des &lt;r lan!!lleur· ».
Le mondaine de l'é1&gt;oque rurenL m 1me
la plai.anle idée d'arcomrnoder leur coiffure
a.i:c la p:\leur 011 la rougl'llr de leur l inL.
Elle· avaient le chaprau de. 11 jour: de
laogum1r » él n·lni « dl'· jours tfo sant In.
- " Je ·ui · l,icn malade nujonrd'hui,
di ail lïmpéralri,·e Jo éphine; d nnez-m11i
nn chape.11t de p •lit antt1. &gt;►
El comm on lui pr6ienl3il un d1a)lf&gt;au
pour une antr tout /1 l'ail cbanc •l:inte:
- « ~lai, 11 donc~ ·'e clamail-l'llù, rroyezrnus que je \•ai mourir?»
Ou lui ap1&gt;ortait nu aulrc ch11peau t1ui annonçait plu. de santé.
- « Allon , soupirait-elle J'un hm la n••ui:. anl · vou me lrourni bien robu le! 1&gt;
C'est la 1nème fo rpbinc qui. pour ,·1chrr
la laideur cl J'irré"11laritc de ses dcols, peut-être am. i ponr corriger une haleine
LNJl ... emhaumée,-ft l adopter par les dame~
de la Cour l'u ilge du mouchoir de dentelles,
qu'clll! lenait con tammcul ::-ur a houcb .
~c rl'tl'Ouvon;-nous pa là encore l'alliance
de la mode cl Je l'hygiène, el a-vion -now;
torL d'écrire que ce dcu.~ ·œurs ennemie
n'ont pa toujours v11l'n en rné inldligencr !

Hl

T

RIA

~c,

1

Doc rnun CABA 1ÈS.

Clic.hé

MADEMO[ ELLE
D,\. ,

PRÉVOST

l·,C.·E DE L' PERA 11~231.

Tableau de JE , R~ou, 1 '\lu éc 1.k Tour · .

J -Ji

81100,.

�Mémoires

du général baron de Marbot
CHAPITRE

xm

l'nr Fraoc.'Ris,• 1101,, ,li, ige n:•rs I.• pQnf ,111 1)01111111•.
-

l\écil, 1•rl'of\fS nu $11jl'l du •iilg(• ,Ir lhli,ho1ml'.

-

)[3,,~11a

1,·,m. -

a t:brbhrrg. ,ll'l·i,•fr ;, llïolk.

lncerlitmlrs ,1.,

~up&lt;i-

Lr martlt•lwl. apri•s nom avoir C'omplimrnlt:~. ordon11a de nrnrch,·r wrs lt• pont &lt;lu

Uanuhc pour coupt'r to11lc rrlrHÎlt• au\ n:f?Î11wnls 1•1rncmis r{lti St' Lro11rait•11J 11:tM Ra1i"l,or111c, t•I empêcher le prince Charles de leur
1•111·op·r des renforts. ~lais à peinr f11mrs-nons
rntrés dans la grande rue, qu'un nou11ia11
tlnngcr rint nous mrnaccr : nos obus arnicml
i1wcndié plus:t•ur:- maisons, cl le feu :tllail se
rommuni11nrr 11 11nl' trentaine &lt;le ,·oitures qnc
ll's ennemis av:ti('nl ah:rn&lt;lonnées après en
aroir emmrné les cheraux. L'incendie dt• Cl'S
c•bariols eùl certainemrnt emliarra~s~ le passage de nos troupes; mais, en se ~lissant le
1011g des murs. on cspfr1lil éviter cet obstatlc,
lor~11ue tout 11 coup le chef de bataillon en-

nrmi . que je pr,:srnlai au mart1èha1. ,°i:&lt;'ri1·
anie l'accent &lt;ln plus profond d&lt;-sespo'.r :
1, \'ainqm\ur,; Pl 1·ai11c11s. nous somme.~ 1011$
p:•rdus; res chariots sont remplis de poudre! 11
L&lt;" mar1:('hal pâlit, ainsi qur non, tous; mais
rc•1wen:1nl bicnlol son calme, en préscnct• &lt;le•
la morl qat· nous a,ions sous les. )CIIX, Je
mart1Cb:tl fait 011n-ir li'~ rang~ de fa colo1111e
rrany1isc, poser les rusils contre les maisons,
l'i ortlonliP aux soldats Je pousser à bras ces
YOiturcs, rn s~ li:s passant &lt;l~ mains en mains,
ju~qu'à. ce qu'elles aient tra1·ersé la roùlo l'l
soient hors dr la vil!\'. Le maréchal donnant
1"1•xerople, orfil'icrs, grnéraux et soldats,
chacun se 111il /1 l'œuvrc. Les prisomlict'3
aulr:chieos firent comme les Français, car il
y allait aussi pour eux: de la vie! ... Une grand,,
quanti té de charbons ardents tombait déjà sur
les fourgons, cl si l'un d'eux se fùt enflammé,
nous aurions tous été broyés et la rille cntièremcn l &lt;létruilc! . .. Mai; on Lm·ailla arec
lanl J'ardew·, qu 'cJl peu de minulc!- Ioules

lt!S ,oitnrC's de poudn· furt'nl poussées hors
dt• la place•, d·o11 on l,•s fil trainrr par Je~
pri~onniers j 11~'1 u·au grand parc ,le nolrt•
artillerie.
Le lerrilili· d,rnger q tu1 nous vrniou~ de
courir s'étant di~sipt1 par l"éloigtwmcnt d1·s
eaissom, le maréclial lit arnnt'cr la di,ision
&lt;lïnfanler ie jLL~qu'a11 Cl'lllrc tlc 1:i ,·illc. Arri1 é
sur ce point, Pl 1011lanl assurer t'Ontr(' ilcs
retours olli·n:-ifs les qunrtirr · qu'il ai-ait Mjà
pris. il fil, /1 l"l•xcmpli: des E~p1:mol,, rrrnper loulrs li:s rroisérs des principales rues.
Ces s~gcs di,-posilions pr:ses, lemarécbal prcscririt de continuer à Jiri!-(er la rolonne rers
le flQnt, cl m'ordonna dr me placer en lêt1•
pour lacon&lt;luirc. J'obéis, q11oiqnc la chose me
pariil fort &lt;litflcik, car c'était la première
fois quejcrnc lruul'a.is dans fiatisl.,oaue, doul
je ne connaissais par conséquent aucune ru&lt;'.
Cellé ville appartenant au roi de lfal'ièrc,
notre a□ié, les habitant$ &lt;léfo11és à notre eausc
nul'aient dù nous indiquer le ch~min du ponl;

�r-

mSTO']t1.Jl

mni, la craint&lt;&gt; le rch•nniL ch z eu'I'., r.L l'on
u'cn rnrnil ;111r11n. Tontes le porle;; el Ir~
ren~tre · it:ii1ml clo.-r. • et ll011~ ,:1i1m. 1rop
J&gt;r&lt;'~s \ pour I,•~ enfont·cr. c.11' 1I • rh,111uc rarr1•fo11r sortait•nt Je~ gronpc. 11',\ulrichi,•m;,
qni l'ai~aic11l feu . ur nou. tout rn se rl'tir. ni.
Le~ 1•11nemi' n'a\'aicnl d'autre r •traite (lU•· lt•
ponl Ju llan11lic; je rcu~ai,- donr. tpie f ' , rri,eraiii en h", ;uhanl: mai, il rëi,;nail ~i peu
d',,n, ·ml,l • parmi Jt.. Autrichien , que 13
plupart d li·ur, peloton. d,• tiraillt•ar' plan:.
dcvaul nous s' ·ufmniPnl à noire approche
da11s des direction· dinërenl•' . •\in i érr:1r;
au milien de ce dëd~lr de rue. ineonnuc , j •
n · s,1Yai~ p:1r oi1 J1ri;.:,•r la colonne, lursquc,
lo111 !, t'Oup, une pur le 'ount', une jeune
ft'rnm~ pàlc, li, ·eu liagard,, .-·,:Janre tonl
1•p1·rdue wr nous en criant : 11 Je • ui: Fran~·ai. I', snmcz-rnoi ! iJ C'était une mJr hnndc
de mode. parisienne qui. élaLlie ÎI Bali bonne
"t 1·r. ignant que IJU::ilit • de Française ne la
fit ru 1ltrnilt•r par les Autrichieos, était ,cnne
e j,,tt•r à l'~lourdic dnn le hra~ de ~es rompnlriotes. dè r1u'rllc o,.til t'lllendu parlt"r
fraU\'lli·.
E11 vo ·anl C!'tle femme, une idée lumineuse
m\:du ira :nr le parti qu nou pou~ion Lir •r
(le sa r,rnconlre. - " \'ons . a\'CZ où e, t le
o pont 1 lui di -j . - Ccrlaincment. - Eb
a bien, conJuisez. nous. foi, !!l'and 11,cu !
, :iu milirn d,· coup de Cu il! Je meurs de
" fr.i,cur d woai~ ·ou .. upplier dl' me don« 1wr quelque iooldal ' pour d ;J ndre ma
~ mni on d. n I quell,!j • r trc:t!Ïfütanl! ...
u
J'en ui · Lien f.i ·bé, mai: ,·ou n'y rcn" lr(•n·z qu'aprÎ!s m'a\'oir monlrJ li' poul.
" Que !leu, grrnadter prunneot madame
" ~ou le, bra · t•l la fa, enl III relier &lt;'0 lèl
« Je la Cl1lonnc !... » .\insi rut fait, mal•1 ré
le · pleur et le cri, de ln beUc Franç.'\i, e.
•111'11 duque angle de ru' je que ·tionnai. sur
la dir :ction 1p1'il fallott prendrt•. Plo · nou
:nanrion ver· le Danuhe, plus 1, nombre de~
tirailleur · au:,:mentait. L • balle ·ifllai,·at
au oreill · · de la erJinlive murchantl • d
mudt". qui, 11c .acbnnl Cl' (1ue t'était, parai ,ait hien moin touclu~ de ce peLit .ifll,•,nrnt
qm• tle~ déLornuiou · Jes fu. il . fais tout à
coup, un d •· grenadiers qui b ·outenaient
a anl eu le liras pcrré d'un halle, el le an"
a :ml rejailli rnr elle, se· genou,: 'alfai . 1m·nl: il fallut la porll·r. Cc 1111i \'enail d'arrher 11 on voisin m • rcnd::mt plu circon pecl
pour elle, je la fi pa.s rd •rrière le premier
pt•lotou. &lt;lont le.~ hommes la aranûs~aic•ol en
p:irlie conlr le. balles. Enfin nna: :irrivon ·
à une• p lit place en face du pool. L' nnemi
rp1i eu occupait l'autre rxlrt1mité. 11111si 11ue
le faubour~ dl· la ri ,·c gauche, nommé tndtam-hof, ap •rccraul ln colonnr. 1• met :ilors à
nou. canonner! .le 11co ·ai qu'il était iuutile
d't1 pos,•r plu · lonrrtcmp· la Pari ·enm·. et
pour trnir ln parole 11ne j · lui a1•ai donnt1e,
je lui rendi la liberté. Ma( comme la _pnt~vrc
r,,mme. pin morte 11u nve. ne aYa1L ou e
•a,·licr, ju lui propo~ai d'eutrer pro,·i.oirem1•11t daw une chapelle de la Vierrre iluée
au ut de la plilre : Plle ace pie, 1 ' grcnatfü·r l'cnli•wnt par-dcHu la fPlite grille crui

"----------------------rn défend l'!mtr·e, et t11lt1 eourl e meure à
l'nliri de projectile,. n , blouis~ant derrière ln stalm• de la Vicr"e, 011, je vou a,surc, elle I nait forl pen de place.
L• mar1..tchal, infnrnu\ qu • nou, ,tion, au
Lord du n. nu!J~, ga~nn l,1 lèll! de la ('olonn
et rccounul par lui-même l'impo. ibilit I do:&gt;
ra· cr li; ponl, les cnnr.mi, apnl inœndi,1 I,
fauhourg &lt;lr , tadt-am-hor, ur lt111ud il 'appuie à la riŒ au('hc.
P ndant 11ue l Fr31l\'3i donnaient l'as. :1ut
cl -·emparaient de 11:iti. honni•, . i batnillou.
autrichiens plar,is ur 1 • rempart , loin Ju
point d'au:ique, étaient rc lé forl tranqnillrmenl à rcrr:irder dan la campa n • '1\s ne
voyaient wnir per orme. Il. ne ortirent de
ll'ur lupide inaction f)U'en enlt•ndanL lirerdu
1·ot~ du pont. li· . acconrur1!nl: mai· l,•ur
rt•lrail 11, il coup1lc, &lt;l'aborJ par Mu , en
ccond lieu par l'incendie du faubourg, 1111ïl·
n':wraient pu lra,·er,-cr, quand mèmr. il
craienl parrcnu à pa.,~•·r le pont: il· furent
donc rédnit h mellre bas les arme·.
l.'Emptm ur fil I • jour même . on cntrfo
dan Rati. llf')one. el pre5cril·it au, lt·,,up
qui n'a..-aienl point rornballu d, se juin&lt;lr'
au'I'. malhenroox habitants pour luw•r contre
l'incendie qui dé1·orail la ,ille; mai • m !gré
ce pni anl scconr~. un grnnd nomlir • de
mai on rurenl hr1'1lée ..
Napolt'.'&lt;ln, aprè· a,nir Ti i1é cl récompen_'
le' blessés, glorie~ d :bri de deu première~ c-0lonnes dont Ir rfforl. avnienl échou &lt;,
oulul au . i roir la troisième t'nlonne, celle
qui a\'ail cule"u R tishonne ou c. yeux. Il
nou adre. a de · Lêmoi.,narrc de sali Tn "lion
el donna plu,icur~ J,;(·oralious. Le martld1al
lui nrrrnt rappelé me. ancien. et noU1eaux
lilrc. au !!l'nd de clH'f d'c cadrun, ~apoléon
r1lpondi1 : (( c:·cst une cho c q11e vou pou,·cz
1 consîdér r 1·omm • faite. 11 l'ui . . e lournant ver le maréchal Berthît•r · « \'ou· m ·
&lt;1 forez igncr cc hrcwl au premier tra,ail
« (jUP VOU . me pr ·~l•Ol(•rl'Z. 1/ Je n'arni ljll'à
me ritliciter. et ne pourais rai onoablerucnl
e·pérer qu !'Empereur o,pcndrail es important travaux pour cxpédiPr mon brt•vel
quelque jo1w plus llll; j't1tni d'.iillc,ur ·
t·nirr, de h;moi,.oauc de . :ttLfoclion 1111'
!'Empereur , oail d • me donner, ain i q11c
le maréchal Lann ,, l'i de. lou:m 11cs qu • me·
canui·adt• t moi rccc1ion &lt;le toute part .
Vous pen cz bien c1ùnnnt d• m'éloi~oer
du pont, j'~m1is fait retirer d1• la chapcll(• la
Pari:.ienue, qu'un offirier rc, ~mJui il ·hez
elle.
Le marél'hal, \'Oyant le· oldal occuprs
11 fùe pa . rr cclh• femme p:ir-&lt;IC! ~us la petite
grillt&gt;. me demanda commcnl dlr sr Lromail
là : je lui contai J'lii toire; il lu redit le soir
ù l'Empcrrur, qui rit beaucoup. el d 1clara
i1u 'il crait bit•n ai,e il1• ,·oir c •tl Jam .
J ,·ou ai déjà dil qu'au moment oit noa.
donnio11. l'a .au l, toulc la r:inde arm 1e,
ranrr1le à peu d' di. t.tn('e de la place, ét.a.iL
l 1moin de ce comb:il. Parmi le, nomLreux
!&gt;peclaleur~ se lrouv:iil le marècbal )!asséna,
ai11 i que es aid • de camp. dont l!. Pelet.
:iujottrd·bui lient n. nt énérnl directeur du
0

11

d,;ic;t de la ~uerre et auteur d'une excdlcnle
n•lalion de la campa!mr. de 1 00. Yoici t·
cpa'on lit dan~ rel ouua"C, à prupo de l'a . aut de R:iti. l,oone : 1 Le maréclrnl Lanne
« . ai~it une échelle el "a pour la plact•r luiu m,~mc; ~e. :iid•· de camp l'orrètcnt et
li lull ni contr • lui. \ l'a p1•cl de• ce noble
« dt!bal, la foule ile nos !!llerricr: e prél'Î« pila. enle,·a les chdl • et frnnchil l'r « pnc(• ... le coup, meurtriers . c perd1•11t nu
111iliru d'i•lh.: le, aide~ dt• ·:unp la pr~a c'•dl·nl. En un clin d'reil le, 1chelle, ont
1( po~t&lt;l'. , le f11s é ':l franchi... ur le omu met on voit p3railrt! le prerni,·r , 1• tPnanl
« p:ir la mai11, l.ahédo1ère et ~farhot; no
« rrrcnadier~ le . uirnnl. ... Il
C:e récit d'un témoin oculairee Lfort e,11 l.
il donne :ire• rai ·on u,w ~gall' pari dt' loir'
:1 mon cam:1rad' •1 à moi; mais l'autrur de
la bio&lt;rraphh• du malheureu l.:ih,:do~ ··rt' 11'3
pas été au. i juslr. Aprè~ a,·uir ropié I narration du ,,,:n ;rai Pelt&gt;l, il a J1l"é • propo. d'
upprimcr mon nom t•t ll'attrihuer li LahL
ùor,\re seul le mérite d' \trc monlt: 11' premier
à ·r saut de lhli Lonne. Je n':ii pa~ jugé
cooYen:11,le de réclamer: d'ailleur , l'ouvra,.'
du gl:néral Pclt·l constolr le faiL, f!Ui · p:1.. :i
nu· le. }t'II dt• cent dmtuaale mille homme ..
I\atbbonne nmit él: pri· le 23 a,·ril. Lï:mPl'r1•ur pa ·a le journée: du ~H el du 25
dan ct'lt ville, dont il ordonua de réparer à
'P. frai Lou~ le · dén11l . Pell dan Lque . ·apolé(ln, al'rompagné par le mar: hal l.anue.,
p:imrnrail les rUl'., j'nperçu la mar hnnde
ùe mode:- rran ·aise qne f a,·ai · cnutrainlt' la
veille à guider 1:i colonne d'ullaqu Yer~ le
pont. Je ln dfl$ignai nu maréch:il. Celui-ci la
montra 1t !'Empereur, qui, ~·apptorhaut
d'f'JI • lui fit en plai~anlant dl' complimenl~
sur . on co11rage, et lui enroya cn~uite un·
fort ltdle hnzue ·n ,ou,·enir de l'as aul tl1•
fülisbonol'. La foule, t:111l ci, il que milit:iirr, 11ui Pnlourait l'Empereur,. 'étant informée du molif de cette p lite ~cène, le fait fut
l :g/•rt•mr•nl dénaturé, r:ir on rcpr 1 enla celle
d:tllll' comm1• une lierofoe (N111çaise ,p1i, de
son wovre mouvement, Wail expo éc h ln
mort pnur a: ·urer k salut J1· es comp:1lrioti ·. C1• fut aio:i qu• la dios rut racontée.
non eulcmenl cllu l'armée, mai, encore
dan toute l'Allema!!lw, et I ar lt· ~énéral Priel
lui-mèn1e, trompé par la rni1 p11l,Jiqu1• .• i l:l
Pari ienne fut quel11ue lemp . ou. le feu de
l'i!nnerni, l'amnur dl' hi gloire 11'y ·1ail pour
rien.
Pendant le courL éjour que nous lïme à
rlalisbonne, le maréchal allacba à on étatmajor J. le lieutenant de La Bourdonnaye,
jeune ofllcier rempli d'esprit et fort lira\'e,
qui lui était recommandé par le 1nateur
Gu~héneuc, pèrtl de \lme la maréchale. ~J. de
L:1 Bmrdonna ·e e ùé olail de n'être arrivé
parmi oou 11u'apr l'a saut; mais il trouva
Licnlùl d'autr s occasions d montrer on
courage.
11 lui arriva même à ce ujel quelque
chose de bizarre. Les él~rran~ de l'nrmée
avaient adopté des pantalon d'une larg ur
Jl!mesurée, qui ne man11uaient pa de gr;)ce

lor qu'on était à cheval, moi qui étaient on nllaque aw i imprudente, il e1'1l prohnbleCHAPITR.E XIV
ne peut plu emùarra anl · à pied. Or, L3 mcnt été r1111,·01é nr les derrière ; ruai
llourdonnnyo aYait un de ce. pnntalons im- c'était Mas énn, l'cnraut chéri de la victoire, l.' f:mp,·rcur mr prapc,s,, 111• lcnlor m11· 1•11oëditi1111 d1•
mcn.e lor qu'au combat de Wds, le ma- t:I !'Empereur ·rut de,·oir _e borner à rp1clplu, pJrîll1•u•e.. - Je l'arrrplr et me !h!1out11t011r
1'3nn,•e. - llésullat~ t n•irl~ral11!• tir mon n 1~1,1;.
r 1cbal lui ayant prescrit de meure pied à 'J"C s1hèr oli er\'alion.. L'armé&lt;', moin
liun.
terre et de courir sur le pont pour transmet- indulgen1t1, crifü1ua hautement ~ln .. éo:i. Celm un ordre aux troupes, les éperon· de ce lui-ci, pour 'excus r, di ail que le -10,000
1~, jolie pelitt· , ill1• d · ~Jiilk. jturc sur le
hou jeune homme 'embarra ·.èrcol dans on ,\ulrichien. qui dérl•ndaicnt J!hcM,cr", ~ous bord Ju lb1111hc, r· 1 tlominér• p.1r un i111me11se
pantalon; il tomba, et nou · 1 crùme
le· ordre du gti11êral lliller. a}ant non lo:11 rorlll.'r ru forme d(• promouloirc, sur le haut
mort! ... Il se rele,·a forl lestement, et, YOU- de leur droite un pont , ur le Danube. à ~lau- du1p1cl ·'él'•re 1111 rouwnl 11«' 11,:n(,di,·tin·, qui
Iant courir de nou,·eau, il entendit le m:iré- tLau. en, il 111ait à craindrè 11ue, i J'on n'eût p:h,c ponr le plu:; L,•,rn cl le plu; rirhe de
thal 'écrier : o 1 'eü-il pas al, urde d11 ,·enir promplcment a1t.1qué c • corp,, an- atLt•ndr' la d1rétie11lé. ltc :ipp3rll•ment, Ju moua l~r,·.
~ faire la guerre aYcc six aunes de drap l':irrivéc des troupe qui 1• tournaient par
l'rril ùfroun• .ur une lr~s \':l,lt• fl1?ntluc le
autour de. jambes'! » L3 Bourdonnaie, qui Wei , Je général lliller pa~slt le Danube el cour et les_ J~ux ri,·c du llanul,t·. l.'l:ntperowhallaiL pour la premif\rc foi ou le
allat ·e joindre au prinœ Cha rie· rur la rhe reur cl plu~1cur· maré1·b:11u, au nmuLr ,le. 1cux du maréchal, désirant faire preu\'e de gau,·he. Mais c •tte uppo·ition .c fût-dl ,é1p1el était le mar1kh:il Lanne:, ~-étaLlircnt
zNc, lire alor. on sahre, coupe cl déchire rift 1e, il n'en rùl résulté aucun incoovéuicnl
nu mona. Pr', t•I nolrc état-m~jor logea cbcz
on pantalon à mi-cuisse , et, devenu plus pour l'armée fr:mçai. c; nu contraire, pui•r1ue
lt; ·uré de la ,illc. 11 •:lait tombé beaucoup
le. le, rcpr nd .a roursc, genoux et jam\ie
Loule le troupe: ·e trou\'aicnt alor.,; au ddà
d eau pcndanl la ·1•m:1111~, et la pl11il', ,1ui
nus I Q~oiqu 'on se lrou,·;it ou le · l,alle
du ll:ioube et que; nou~ n'eus ions pas ru 11n 11'avaiL pas cc .. é depuis ,in~t-11ualrc IH'urcs.
ennemies, le maréchal cl son état-major rirent .~ ni coup de fusil à tirer pour marcher . ur
continuait encore; nu,. i le llanubp t·t ~,· au larme de ce nou\'eau co. Ln rue, et, 11 .on \'icone par la ri\'C droite. clltièrcm ni dénorubreu nfnuent. élait:nt-ib déhorJé,. La
r tour, La Boardoooaye rut complimenté bllr pounue do défenseur~.
nuit 1enue, me camarade et moi, charmé·
sa présence d'e, prit.
.\u nrplus. le but que fo sénn a,·ait d:èlre :i.1:abri d'un au· i mauvai. tt•mp·. ouAprè a,·oir confié à une forl , garni on le pour ui,·i en allaquanl Éhchhcrg ne rut pas
pion nrucment avec Je cur,1, jo,·ial ar~o11,
~oin de garder fiati bonne et son pont, n:m- :illC'Înl. Le én~r:il lliller, apri• avoir reculu
r1ni nous faL ait les honneur· rl'uo ctccllrnL
pereur dirigea l'armée ur Vienne par la ri1·e d'une ou dt•ux marche· L1r fa ri, droit , alla
repa , lorsque l'aide de camp de ~er1icc
Jroile du llanube, pendant que le gro de
pas;.er lt1 fl.tnuhc à lein, cl, descenJanl re aupr\ d_u ~aréchal Lnnne. vient me pr1:vcnir
ennemi 11reoait la même din! ·tion, en lon- lleu\'C rnr la ri,·e gaucb,, il . e rt•ndit en toute
l(UC ccln1-&lt;:'. me dem.'\nde, et qu'il fout 11u, je
geant la rive gaucho. Je ne fatiguerai pas diligence Il Vienne.
•
monte à I m~tant mèm,• :111 cOU\'!' □ l. Je me
mire allention par le récit des nombreux
Quoi qu'il en soit, aprè a,oir traver,é b troU\aL · si him où j'élai., &lt;JU je fu' trè
combats que nous ·ùmes à lirrer aux corp
TtJun, brillé le pont de Jlauthau_en et fran- conlrari: d'èlre oJ,fi ..é de 11uitter un bon . ouanlrichien: qui cherchaient ;, .-'oppo. r à chi fa riviùre de l'Ens, l'armé de ~ap,,léon
r et no bon logis pour :iller me mouiller
notre marche \'ers la capitale· je me bornerai s'avança jusqu'à Mül~. sans qu'on sût si lr der •chef: mai. il fallait oMir !...
à faire obsen·er que le maréchal M éna, général Uiller e trouYoit enlre Yienne cl
Tou les corridor· 1 Loule · les . aile. ha. se
dont les circon tan
avaient tenu jusqu&lt;..--là nou . ou 'il avait lra,·er.;é le llanube pour
du mona~tt•re élaient rempli de •renadier,
le corp éloigné de tou.L en!!llrrement, commit aller joindre le prince Chnrl s ur la ri,•c
el de cha seurs de la. garde, ;ia quel le lion
l'imprudence énorme d'allaqucr, le 3 mai, g:iuche. Quelques e,piolls a· uraicnt que
vin d . moine fais3it oublier les Iali!!Ues des
le ponl J'Éhel bcro, ur la Traun, bien qu'il
· ltail au c1111I r:iire le prince qui arnit pa , : JOllf' pr :œdcnts. En arrivant dau. le· ,aloo.,
fùt dérendu par 40,000 homme appuyi:s à le Danube pour e réunir au gén :rat llilfor,
je rompri_ r1ue (étai appelé pour qnel,p1e
un chà teau fort. Celle attaque devenait com- et que nou rcncontrerion· le lendemain
grave motif, car genérau • chaml1ellans ofliplt•lcment inutile, plÙ ·que, :mnt qu'dl • l'Ûl toute la grande armi· • aulrichicnn" J:in une
d •r d'ordonnance. tau me r~p :uti~nt :
commence\ le corp;; du maréchal Lannr
forte po~ilion en a\',IOL de .'aint-Ptilten. Ilan
« L'Empercnr 1·ous a fait demander! ~ Qudav~il pa. ;.é la Traun à cinq lieue au-d • u
ce ca , nous de,·ion· nous prépart!l' à livrer 'Juc. -ufü ajoutaient:• C'e. l probablement pour
d'Ebcbl,er", et marchait pour prendre le. une !!rande bataille; dan le ca. conlr:iîre, il
\'OU · r •mettre votre bre,·et de 1·hef d·e.ca,\utrichiens p r derri re. Ceux-ci e ru,5enl fallait marcher rapid,-mrnt sur Vienne, afin
dron. • liais j n'en ru· ricu, cM j'en avais
certainement retirés le jour ruèmc à nc&gt;lr
d'y arriver a,nnl l'arml;e ennemie, qui se di- pa encore as ·cz d'importance nupri- du uu:ipprocbe, sans que Mas éna perdit un cuJ l'Î"Cail vers la capitule par la rive oppu. ,1e à
verain pour11u'il ru'emo)ùl chercher à parcîUc
homme. li all.aqua donc pour pa et uoe cdl, que 0011: ocèupion·.
heure pour rnc remellrc lui-m~mc ma nomiri,·ière liéjà pas1,·ée; il réussil, mais il co l
L'incertilud . de !'Empereur était rorl nation! Je !us donc introduit dans uue implus de I, 000 soldat · tué et ~. 000 hle é ·
gra.ude, faute de remeignemenls positif· qui mense el ma nifique galeriP, dont le l&gt;alcon
L'Empcreu.r Llàma ce déploralilc abus du l" mheut à mème de rl!Soudre le 1p1e,tion
donne sur Ir ll:mnl,c. J'y lrou~ai l'Empcr,·ur
.an,. de homme , el. an doute pour donner ain~i posLlc : le én~ral lliUcr a-L-il pa . t• le
dinant a\'ec plu~ieur maréchaux rl l'al,h1• du
une leçon à Mas énn, il 1iL partir de Wel
l),1011l,e, 011 ,e trouvc•l-ilencorc de,anl nnu:.
c_o~vcnt, qui a 1~ litre d'éyê11uc. En me voy,1111.
un.- . impie brigade de cavalerie légère, ou
tn:tl!qué par un rideau &lt;le ca1alcrîc légèr •IJUi, 1 Empereur qmlle la tahl, el 1, ',1pproch du
le, ordres du général Durornel, qu.i redc·- fu ant toujour ·, ne . e lai e pa approch r.
"rand bakou, .ui1i dn mar 1 ·h~l Lanne
ccndant la ri e gauche de la Traun, par~·int pour qu'on ne puis.c lui foire aucun pri.011- auqu •l je l'cnlc11di;dire à \'OÎX ba fC: r. L'o:xéà ~~bc.lshcrg an tirer un coup de pi tolet, nier dont on obtiendra il rruelque· éclaircis~c- 11 cuGon de ce projet eQt presr1ue impo ihle:
en meme temp que I troupe, de ~fa, éna munt ,?... Ilien n'était encore posilir, lor. •1ne
(1 co ,prail emoyer i11ulikmenl e br:iTe offil. cnlraien t, après y a,•oir uLi de perte. t·oo- le 7 mai nous arrh :'1mc: à ~lôlk.
«
ier i, une mc,rt presJJue certaine! - li ira
HJéra bles et eu den colonels tml el trois
C'est à Molk mes ch• · cnf:1111 ·, que j' ac- &lt;1 1re, J en .-111 · cerla111, rcpond le maréchal
~ulre:. bles é I Napolé n e rendil de WeL' à compli. cell Je lou tes mes action. de nucrrc n il ira; d'nilleur~ nou. pou von: IOUJOUr, lui
~:liebherg par la rile droite, c qui prouYa dont le sou,•enir me Oat11• le plus, parce !JUC « en faire la proposition. 1
!JUC la route étnil parfaitement libre. Arri,·é les dan.,.cr' que j'ami couru: ju r111'à cc
"e prenant alor· pnr la maiu, le mar{-cbal
snr le &lt;hamp de halaill , la ,ue de ce "rand jour m'étaicnl impo. é · pour l'1»alc11tion de
ouvre la fc11 1tre du 1~1lcon 11ui domine au
uoml,re J'homm
si inutilement Lué,, le ordre tlonné. par me· cher , landi' qu'iri
loin I Danube. doul l'immen c larn-eur, lrinana de douleur; il s'éloigna et ne ,it per• fut 1·nlr111t11i&gt;·eme11f &lt;l'IC je l.,ra1:ii la morl, ptt:e en ce moment p:ir llne tri',~ rorte inonsonne de la soirée!... i tout autre fJ uc Mas- pour èlre utill' à mon pa ·s, .crvir mon rm- dation, était de près d'une lieue! ... Un , , 1
1 11
·fon '-e ft'1t perrni d faire os ordre une pf'rrur, et llC!(Utlrir 1111 Jlt&gt;ll de Hloire.
des plus impêlueux agitait le llcuvc. dont
1

.,

•

•

,

'

�.._,

,,.- 111STOJ{1.ll
e111l'11d111ns mugir les \ '!l" lle~. li Tileuvait
à Lorrenl , l'L l:t nuiL était Lia plu.:; ol.i.scures:
on apcrn•vail rn:anmoin Je l'aull-..: côt~ une
immen·e ligoc cle feux de hivounc. Napo!ron,
le marh:Lal bnnes l'L moi t'•tanl ~cul· aupl'ès
Ju IJalcon, le maréchal me tlil : ,1 \ oilà d,•
/( l':mlrc cù•é du neuve 1111 c~unp aulricbien,
11 m[li l'Empcr•ur dé ·irc 1rè$ vivemeoL n« ,oir ·i fo corp, du gé11t•ral lliller en fait
11 partie 011 î 1 . e Irou 1·c encore ~ur celle
t1 rive. 11 l"au&lt;lrail que, pour s'en assurel'.
(( un homme de rom,· 1 ùt [c co,migc de tra" va.er liJ llanube, afiu &lt;l'aller c•n!ercr fTUcl« qrre sohlat ennl'mi, el j'ai nflirmé Îl l'Emc( percur L!UC: vou · iriez! )J Napoléon me dit
alors : &lt;( Ht•marqucz hii.:n que ce n'e l pa un
" ordl'e 11ue je rnus donltc; c'esl un désir
u 11ur. j'exprime; je reconnais que l'entreprise
t( o. t !l:i. ne peut plus pcrillcusc, mais vous
!\ liouH•l la refuser an;:, crainte dd me dé(( plaire ..Allez ùorn~ ri-Déchir qo.cl11uc!, in ·tanb
i1 Jan la pièce voi~ine, ('l rel'curz nous dire
11 l'r,1ncbemenl \'t•lrr décisiou. n
Ja•muerai qu'en entendant Ll propo ilion
du marreh:11 Lanne , une, sueur froide a,ail
inn11dé loul mon l'OrJJ ! Mai 1i l'in tant
mêmr, un sentiment que je ne .aurai· définir,
et dan.s lequel l'amour de la 1 loire cl dr mon
pal'S ~e mêlait peul~lre li un noble orgueil,
e1, llanl au dernier degr~ mon ardeur, je me
tli • : t:ommcnl l l' Empereur a ici nnc a.rml'.-e
d 1;i0,000 «ucrrier dêvoués, ainsi que
~:,.000 hommes Jc ~a .,arde, tous choi i
parmi les plas lira l'e»; il e t entouré d'aid~
de camp, d'oflicicrs ù'orJonrrnnœ, el cep ndaul. lùr~qu'il ··agil d'une e.tpédiLion 1nur
lnqnellc il faul aulani d'inLdligence que d'intr&lt;lpi&lt;lilé, c\J!!t moi, moi I qne l'E.mpereur et
lc !,rave mar,\:b:11 [.annes ohoisisscnt! ! !
« J'irai, Sire!m'rcriai-je~r111sh~~iter.J'irni !...
ti cl 'i je përi , jt• lèJUe ma mcrc à Vou·e Ma(' je li•! 1&gt; L'Emptrcur me prit l'oreiUe en
~, 0111e de satbfo.ction, cl le m(lré1•hnl me lendit
la m:1in C'n . 'éaianl : &lt;1 Ja.vais Lien raison
&lt;&lt; &lt;lti Jir~ à Voire fü1,jcslé qu'il irail! ... Voilà
~ ce qu'on .tpp Ile un brave ol&lt;lal 1 !... »
~fon cxpé&lt;litio11 é1a11L ain:.i résolue, il tal111L
.so11g1•1· il réunir les moyt&gt;ns pour l'exécul.t.'r.
!.'Empereur fü ap ptfor le général Bertrand,
sou ait.le uc camp, lé général Dc1rsenne, dr
~rcnadhirs de la ,,.arde, ai n i qnc le commanJanl du n·and quartic-r impérial, cl leur
nrJonna tl~ 111•llrc à ma. di.p&lt;• ilion tua.tee
,!ont je. rroirai · arn·r lie ·oi11 .• ur ma demande,
un 11iqUl'l dtufonl('l"Ïe alla tb~cbrr en Yillc
le bourg1fü' Ire . l,i 'J" ndic dt'' Lalclicrs et cinq
de ses mdlll'nr m~ll'l11h. ln r:.1poral Pl cinq
grenadier · :1 pi"d do la , ieillc g:irJe. parla.ut
lnus allema.nd. cl pri · parmi les plu~ ùravp ,
,1uoi1p1c 11· 'laril pa; encore &lt;ll;COrés, furent
au.s,,i appoliii el con ent.i rent volontairemenl à
111· ,tC('omp,1gncr. L'Empereur lllJ'al&gt;ord introtluire 11· six militaires, cl I ur a ·-ant promi-

11011s

L 1;,, l~moiguuge rlll' r\l un \,irn 1·ir plai ir, rl .i 1
pn · m'~cmr coiunm fü,ui.:hw, ~ui rn, ~il d'~lrc folicil/1
ponr &gt;1111 !·ou~age !QI'.. l _m3~••d1al ile Trirulce : • Il
foui quo JU ,11~ q,rn J e:.l1m~1 phi la lmmn"C qur me
1(unua cet howinr 4uc. ,il 111 rûl dnru1.i b mrillruri•
il,·· lrrr~s si unes, ci c11r,• que pour lors jt' ru~ bit.-u
(ll'll riche! C •H,• gloin• m,• lit cn0el' le cœur! •

leur rclonr ils rccnrairnl immé&lt;lialemrnl l:i croit, rrs hr:i,es ~eo~ répon&lt;lirt·UL
pur un (1 \'h.: l'Emper&lt;!ur! 11 rt alli•rcnt se
préparer. Qu:inl ,,ux cinq l&gt;alclitlf~, lorsque
lïnlerpri·te h1r eul cxpliqa ', r1u'il . 'agis~:iit
1la cond11irü una ho.r11ue de l'autre c(11,1 dn
D:rnnbe, iL Lomlièrcnl à genom ;,t se mirrnt
l, pleurer. Lt: syndic dt'.·clara quïl valait autant le- l"L1 ill,·r lout de suite 'lue de lii
enl'Ol"l'r à une murl cerlai11c: l'c.x1iéJitio11
êta.il alw1l11me11I impo~-~iblc, 110;1 seulemenl
à c:m e de la force Je· 81\lll qui retourner, Ït·nt la nl'f, mais aus~i p'lr&lt;'(' que k
nfflul'nls du Danube aTanl :imon.i d1n· ce
llfüYe un" grande ']UanLiLé de ·api11s noun~llcmenl :ilullus dan le, montagne ,·oi:ine',
cc arbl'l'.S qu"on ne pourrait 1:, iter d:in,
l"ob$CUtilé YÎendraie-nt heurlrr cl cl \foncer la
liarquc. U'aillt•ur , comment almrdcr sur la
ri,·c oppo~~e. on milieu des saules qui crèlL:rait•nl le haleau, et d'une inondation dont on
ne conuai $a.Îl ras l'étendue'!... Le·
nJic
t'Oneluail donc que l'opération était ma11:rîdlcmcnl impraticaLh•.
En,·:tin, l'Emp •rcur. pour Id ~éJuire, fit-il
1:11,lel' dl•,·anl t:haran d"eux H,000 franrs en
or: ctllc offrt:l ne pul IL·s déc:der, L C'Cjh'TI·
d.,nt, di~ahmt-ils, now ommos du p;111vrr
mali lot , lou père de famille: 1:el or as urt&gt;rail nnlrl' Furlune cl r lie de nos •ufanl ;
noir rcln.s duiL donc vous 1wo11v0' l'impo•sibililé de lraVl"l'•"r le Ileum en rc mom!:!nll. ..
.1 l'ai Mjà. dit : à la gurrrc. fa né ·es.ilé
d'ëparµncr la \"Ï1• d'un n-raod nomlœe d'hommes, 1 n su,·rifüinl celle de quelque. -uru,
rend. dans c·crtain 'S circ.on lnn~•:-, le chd·
de l":irméc impitoyables. L'Emperi!ur ful donc
inOtJxiLle. Les "renadicrc- rPçurenl l'orJre
d'emmener cc· paunPs gen mal•-ré eux. et
nous de. cendimcs à la ,,ille.
Le capui,11 qn·on 111'al'ai1 donr:é étai t un
humruc fol'I intdliirenl; je le pris ponr mon
inlrrprt!lc el le cbar6l'ai, chemin fai. :ml. de
dire au . ynd.ic des m:1tclols que, puisqu'il
éLail forcé de rnair a1cc nolll•, il de,ait. d:1ns
son propre in1érèt, nou" JésigniJr la meilleure
liarque (' I inrliqucr tua lt:s objNs &lt;loul il
fallait la g 1rui1·. Le ma1heureu:i. obtlil. Lout
c11 e lin.ml au plu · affreux dl;,rspoir. ous
"ùme. doue llllC e:~ccllcnl.e l!rnbarcation l'l
p1·imcs sur le~ aulrcs loul re qui l'ut à notre
en111rnancc. ~ou. a1ion deux Ml •re,;; m:iis
c.Jmmc il ne me parai: ail guère po,silile de
n~u.s pn s11r1·ir, je li~ preu&lt;ls~ ùe c,ibles Cl
c ,udrc :rn uout de chacun d'èux un morceau
de toile, d.ins ll•qul'l éL:til r11veloppci un gros
c.1illou . .l'u1ï1is va d:lli.s le midi d~ ln France
des pècbenrs arrJte.r leurs bateaux en l:rnraul
sur les aulos du ri1·a1re l~s roril~ ainsi rr~L
par&amp; , qui, s\'Illorlillanl :wtour de et'~
arbre , f:ùaien l ofüce d'ancre eL ari•ttaient
la nacelle. ,Ir c.iu,·ri ma tète &lt;l'un képi. le·
gr.·nadiers rr:n nL leur. lionnels &lt;le police,
car taule au!re 1·oi1Ture rùl été lrès mbarrJs. ante. Nous :tl'Îous des vh1r s, drs cordes,
d1:s hat·he de cies, une échcll~, enfin l&lt;,ut
ce r1ue la prévo1a11ce m'al'ait suggér6 ùe
prcmlrc.
~os rrépa ·a tir.s terminés j'allais donner le

(jU'it

"" 28 ...

,i,::nal du dép:11·1, lorsrpw les cinq hateliPr.
me uppliucnt en ~anglotanl de Je f,1=r1' œnduire ebe1, eux par rues soldats el d • leur
:ircordcr la ¼,'l'à.ce ll'aller. pour la Jt&gt;rnièrc?
Toi~ pcuL-ètrc, cmbr,,s f•t· 1,,ars t~mmrs el
l, m·, enl':rnls L.. liai s l'allL•ndri!'. rum1l qn'i·Ot
produit crtle se~nc ne pournnL tJa':imnindrir
le ·onr:i,1e d~jà :-i f;iiLlt&gt; tic ce malbeur!'lll,
,je rdu ai. et Eh bi, 11 ! ,lit alors le ·odic,
" paî ciuc nou n';1,•on~ plu. qu(' 'lue.lqm.'!11 in~l:mLs à vivre, donnez-nous cinq minutes
" pour 1-.:·comm;inJct• nos âmes 11 Dien, el
f-aitr,~ de mènu~ 11112 nous, car mu alli.:Z
&lt;&lt; aus i pfr:r ! ... ,, li·
e pro terni:renl lou ·;
) s "rcno.dit·rs el moi li!S imitàmes, rc qui
parut fo'.r, grantl pla\ir 11 cr. bra,·e~ gens.
La prière lrrmiu le, je fis ùi~trihuer à chacun
d'eux un vrrre de l'cxcel!enl vin de. moiw"~,
cl la ùartp1c fol poussée au large! .. .
J'avai~ rècommandti :1ux grt'nadiel'~ d'exécuter en siknce loull'S IPs vrescription. du
indic 111û lenail ],, go111•crnail. Lt&gt; courant
était trop rapide po11r que nous pus ion.i; Lraver-er directemcnl de tiilk à la ri l'e opposée;
nou, remontàmes dooc à la ,·oile 16 long de
la berge du flcma pendant prè d'une lie.ut•.
cl l,ien que le Ycnl el les rn!!Ues fi •enL bondir
le Laleau, ee trajet se iil san. accident. Mai.
]or 11u'il fallut Lieu s'éloigner do Lerrc, ponr
commencer la 1raversé1: à force de rames, le
mât qu'on abaltil, au lieu de veuir ·e placer
dan la lon"ueur du bat.eau, tomba de côté.
el ln \"oile, trempanl dans l'enu, olfrail une
grande r~ i tance au rouranl, ce qui notr fil
Lcllemenl pencher qu~ nou hlmes ut· le
point dëlrc ubmergé l. .. Le patron ordonna
de couper les càules el &lt;le jeter le m~I dan
le Jlenve; mai, les matelots, perdant ln lète,
e mirent à prier sam bouger! ... Alors, le
caporal, ûranl on salm•, leur di1 : ,, On peut
prier en travaillant! Si \'Ou 1ùbéi c&gt;z sur-lecb.amp, je vpus lue!. .. 1)
Ces pauvres diable., obligés de rho: ir
en Ire une mort incertaine et one morl po iLi,·e. prirent de haches, aidèrent le rrrenadil•rs; le mâl fut promplemenl coup: cl lancé
clan· le courant. ..• li h1it tcmp. , c-::t.r it pein
fùmcs-nou débarras és de cc dangereux. f:trdcau, que nou · r · sen lime une s.ecous e
i:pou1·:mtable: 1m des 11ornhreu1. :ipinsqn'c11tra1nait le nanu l.,e 1•enai l Je beur Ier le bateau... nous frémi me lous !.. . llcureu&lt;l'men 1, le bord:i •c n\:tait poio I èncore d~Ionc; :
mais la Lnrque r ;~i~tcrJit-clle nm. chars
r1u\.ll pou1·ait r,,l'rrnir de.~ au Ires arbres ~uc
uou 1ù1percciions pas et donl le \Oisinage
nou ét.iil ignalti par un plu grand bal::rncemenl des va!!llc•s?... l'lo irur.&lt; non · llmchèrenl, .an 11uïl en ré ult;1l de "ra,•e,; acciJcnls; rependant, le roura11t ilolIB pous.ant
:J\'ec force, cl no~ rame. gagnaol fort p&lt;!u ·ur
lui, pour nou raire prendre le hinis néœllsai rc :l la t1·a,·ersée du lfouw, je craignis un
moment qu'il ne uou cntrainô.l au Jelà du
è.:lmp ennemi, ce qui l"fü fail manquer mon
1'tpéJi1ioo. Enfiu, ~ t rcc cfo rame , nous é1ion
panl'nu nu trois quart· du lrajel, lor rioe,
1m1gré l'ob curilé, j'apcri:ois 11ne énorme
ma$se noire sur le, cam, pui lottL 11 coup
1

________________________

w1 îrôlcment aigu se fait entendre, des branchage 11011s a[!eiga.enL au v-isage, et la barque
'arrêl !... Le patron, 11u ·•stio11né, répond
11uc nous .,ommes ur un ilot garai de nule;;
el cl c peuplier!.', donl l'inon&lt;lation a presque
allcint le omm~L.... li fallut cmplo)f•r des
bacbc !1 fàlon pour ·oil\ rir un pass.1go à
lra\·cr· Cl's l1rancbc·; on ) parri111, d Ji,·
11uc 11ous eùmcs frantbî rel oL ladc, nous
tr0tnàmcs un couraul IJic11 u1oins furieu. que
dans le milieu du llemc e l alll!ignfmcs enfin
la. rire gnudie, cn Îacc du camp aulrirbic-11.

rive ,liait bordéll d'arhrc~ al{uatiqucs
trt· Loulîus 11ui. ,wnoçanl en forme de dùn1c
au-Jcs u do la lierge, en rcndaienl '111
Joute l'apprm be fort diîfi ,:ilc, mni · rp,i en
m~me lemp 'opp,1·aiunt ù. cc r111c ùu ramp
on '[1Ùl apercevoir noLrc barqur. L&lt;•s f,·tlX de
hivmrnc écloiraiPUl li! rivage, tout en nous
laissant dan. l'ob~curilé que les lmmcbe de
saules projclaicnt ·ur nou . .le bissai la
~arque courir le long du bord, cbcn.banl de
l'œil un endroit propiœ pour prendre lem.
Tout à coup, j'~perçoi · une rampe pratiquée
·ur la he.r!!11 par les ennemis, afin que le
hommes et les chevaux de leur camp pur-sent
ttrri1·er jusqu'à l't!au. L'a&lt;lroil caporal lance
alor, parmi les saules l'une de · }lierre 411c
fanis l'ait prëparer; la corde s'enroule autour
de l'un de ces arùrc~, cl la barque s'a.rrêle
contre la terre, à un on dem pi!!ds d~ la

Celle

.MtMOTJ(ëS DU GEN'ÉN,.Al. 'BAN,.ON DE

Jl1 ..JfR,BOT

.--.

bar11uc toucbn t !erre; nous fùmcs dont ohl i-

rampe. Je pense 11uïl était alors minuit. Lu,
Aulrid.iie11s 1 se lro11rnn1 ~fpar,.;.$ dcs,Friu:ç.ai ·
par l'immensité du 11:muhc di:hnrJJ, rl:iin1l
dans une si gra11Jc éc:urilé !Jlll', r:&lt;c&lt;·pté le
îaclilmoairc, tout dm·mait dan lll (':tmp.
li c,1 d'11~:ige ù lJ "11crr c 1p1c, '1'1cllc '1'1c
soit l:t di,wru.x- 11111 sfparu de l'ennemi, ll'S
canon· cl le· .euliucll · &lt;luhcnt lo\lj Htr:; [ai1 c
face ,•ër~ lui. Lne li:tllL!rio phicéc en .11·:inl du
camp él.tit donc tournée &lt;lu ,·11lc du fl,·uw·, d
des faclionnairl' l' p1·,1meunicnl snr IL• haut
du ri,..igC', d,ml Ir arbres cmpèlhaient de

YOilà :;ur la r:tlllpe .... Nous la mouton:. el je
me prép:irais à courir sur le facliunnoirc le
moins éloigné ,le nous, pour ll! Jésarrncr, li!
l'aire hlûlonorr ol le lrdincr .ur le h:i.Leau,
lon1u·un IJruil 111étallii1uc et u11 pl'lil tha1,t
il JcmÎ•IOÎx. ,·inrenl l"rappcr me urcilles ....
n homme porWuL uu tl'O. IJid11n dc l'cr1,lanc \cnrul en frc&lt;lonmnt pttisrr de l'eau.
1"\ous redcsccndoir prornpte111c11l ver~ Ji.
fleuve, pour nous ca.cl,t•r sous la ,0111le d&lt;!

vuir l'eÂtrème LnrJ, Lantli 11uc tlu Laleo.u
j'~percc,·ais à Lra,·cr lt·s liranrhl' li nr gr:inde
p1rlie de Li\'0ll3C3 .•lusquc-là Illl mi~~ion
:J.l'jÎL éLé plu heureuse ,pic je n'nurai, ru
l\•s1 êrcr; nrnis pour 1111c le résal•at ÎllL
complet, il fallail enlever un pri onriier, cl
une tellè opération, e\éoolée à cin•pwntc pas
Je plusieur milliers d'enncm: ·, 11u'un seul
cri pou mil réveiller, me purai~~aiL ùim difûcill· ! .. Cependant, il fallaib a"ir .... J'ordonne
dune au" cinq malcluls dc .(' cJud1c r au fond
de la h1r1pte, en le prtircnant que deux 0 nnaJ:,•r~ ,·ont fos suncillrr cl lueront iropitorahlement celui qui pr.,fércru une parole
ou cs.aycra dll se lcl'l'r. J.i p'.nce un autre
nunadier . ur la pointe du lnteau riui avoi.ine
la berge, el mella11t le saLre lL la m)io, .ie
débarque, ·miri du caporal et de dcmx grenadiers. Il s'en fallait de quehpie pi d riuc la

1,ranrbe &lt;jUi couvre I,\ l1Jrquc, et Jès ,p, •
l'.\uLriJiien se l,ai~~c pour remplir son hiJon,
mon caporal el les deur grenadiers le saisi' cnt à b rror~e, lui pbccnl ~ur la boucbt•
un mouchoir rempli de s:il1lc mo11ilU. l:l lui
mcllanl la poinlc de lenr ~ahrc au corp,. menacenl de le tuer ·ïl failla moindre résislaoce
ou cherche à pous. er un cri!. .. Cel bomm&lt;',
stapé[uil, obtiilcl se laisse condnireau ù:.tlciw;
uous le hi âmes dan5 les l11·as Ju gn·nadicr
l'lact! sur ce point, cl relui-ci lu fit coucher 11
plat 1·cotrc à rôlé des tnnlelots. PcudaoL cru'on
enlenit cet Autrichien, ·oo co~lume m'avait
[ 1il rceono~1trc que oo n\ilail pas un oldat.
proprement dit. mai. un soldat d11mesti11uc
d'officier.
J'aurai préf~ré prendre un comhallant,
parce que j'aurai eu des renseignements
plus positir ; néanmoin, faute de mieux,

;;rs de mardwr dans l'eau, mni · enfin nou

�~-----------------------

111ST01{1A
j'allais m · conleolt'r de celle cupturc, lon1uP. grand • clarté i.ur le. ,·aux du lleuve. Il 1tail etrnémi !... f,e colonel de hou ard me prêta
j' ap,·r oi~ au ommel Je 1. rampe dcu roili- ~\id nl c1u'on wuait d,: l'oul'rir en entendaul un ch ,al et me HL donner plu. ienrs cb:iriot,,
•romlcr l • c~uwn: ,m ,i je m di : tï:mp,·- ,ur I llU •1. j pla\· i le !!l' nadier , 1 m tair • portant cba.-un Le hout d'un Lllon au
reur
el lt: · marre bau ont ccrtainemcnl ur tclob el le pri:,onnier ; pui l,1 1etile · rarnil1 ·u duquel était u. pendu un ·baudron.
cc
bnlClln
i i\J mil ~avc•nt I anmu . ur b ri\·c vane e dirii-:; •·l ur Yïlk. PeuJ nt ce traj,•t.
&lt;:es homme, u'él ut plu. tiu'à quelc1uc pa:,
le caporal ayant, par mon ordr , qu ,tionoé
0 aud1e dan.
ll' r.amp ennemi el ronl d'·
il était impo ihle Je e rcmhar11ucr .an
1°
lroi Autrichi1•n , j'appfr 1·ec bonheur
,·«·u pour mon retour! » Cette p •n. éc c~al,•lrt! ,u. Je lis Jonc i;i,me à mes i;r·undi r
que
le ·nmp J' oi1 j ven.1is ùe l · enle\' r
0 e, je ne li
tanl
encore
mon
coura
aucun
de .. ca ber d,! nou\'cau, et !or ·que ce dcu
apparl
•nait 1111 corps du ,:uéral Hill •r. celui
allcntion
aux
boulets,
d'ail!Pur·
fort
peu
danutrirhiens c hai ··rent pour remplir leur
ercu car la rapidité du courant nou em- dont l'Ewpcrcur Msirail ~i vivement 1·ono, itre
va~e, d lira~ vi •ourctU, Il'· saL-i,. anl par
derrière, leur plon,,i·rcnt ln 1\te dan l't'.iu, portait 11\ec une l lie \Île: e que l • artilleur· la po~ition.
.\in i, plu. d,· Joule, le , :m:r I llillcr :wnit
p3rcc que. c1:s ·old t. a~:inl leur· 3hr •·, je ennemis ne poU\·aicnL pointer 11,·cc prédsion
rraignai 1p1'il n ,oulu ~ nl r t~i,-Ler: il rai- snr un ol,jd aussi mubilc, et il nurail fallu rejoint le princ, Char\Lo ,fo l'autre côté du
lait don le. étourdir. Pui~. à mr. ure 11u 'on èl bien malheureux pour r1u'il all igoi .eut llanuhe; il n • pou,·, iL donc plu, êlrt• que lion
noire c.mbar ·nlion; il e L Hai qu'un .cul Je li:itaille . ur la roule ,,u 0011 ocrnpion,,
11 r ·levait un, ,a l,ourb était rnuwrte r3r
L, ul t pomaiL l· hrL •r et nou plo11:,-:a clan · el , apoléou, n'nFinl plu· dernnl lui que ln
un mou ·hoir rempli d,! .:iltle, cl d • lame J
~ahr • pl r' •s ,ur ~:\ poitrine le routrnimai nl :1 le ouflr •, mai tou all~renl .e p rdre dan. r.naleric t•nneruie. pl. c~t• eu nvaut J , aintnou. ~uiue ! lb for nL ucre~Jwment rm- l I&gt; nulie. Je me Lrou\'ai Lient,it hor. de la Pohen, po111 il en toute ,:rurité pou." •r s&lt;'.
har..111 · ·ommc l'arnil ét: le dom . Li11u ·, 1•1 porttEe d '. cnnetni el pus roncevoir rc~pé- troupe· u.r \ïennt\ dont nou n'étions plus
je r montai à horJ, • uh·i du ~poral el dr" rance que mon 1'lllrrpri e aurait une b •u- qu'à lroi. p1:Lite marclt ~. t rcn, •Î!!llërr.u b ue. C pendant tou- le, péril n'étaient menl o!Jt1l11u , jo lançai mon rhe ·al au ·rrnd u •ren di •r:-.
.l11. 11ur-là, !Qul :,Hait admirahlc1m·nt bien. pa ncor , urmonh::., car il fallait rctrawr · r lop, pour les porlcr au plu ,i11,à l'Enipcrcnr.
li fai ·nit "t&gt;:tnJ jour quand je pmin. à la
Je fais lcn•r le matl'lol~ : il r(•prennent leur. le 11 uvc 11ui roulait toujour d · tron de
porte
du monast rc. J'lln tromai lits abord·
apin,
et
nou.
fùm
'
"
j
•té•
plu.
icur
fois
sur
ram, ·, el j' urdunn • nu raporal de détacher le
oh
lru
· par tout· la population Je la pclilc
uumer"ét:.• oit le, Lrarwh ·. de [l ' U·
liout de I cord qui nou, li ail au ri,a"e; &lt;l ' Il
vil!
dl!
~Wlk, au mili u de laquelle on cnlcnmai,, cil. 1•tnil . i ruouillœ, •l I fort lira"C du pli •r nou. arrèt.-rcnl lon ltmp~. Nou pardait
1
cris décbirauti; des fomruc:o, enfanh,
,inm
·
enlia
nou.:rapproch•·r
ùo
la
rÎ\'c
bateau tju ·ellc r •lt&gt;nail, m:tli ~ ln ,iol ·net• dn
p:treuls et alllb d , matelot nlen:. la vuilh•.
droi
,
à
plu
de
de111
lieues
au-de
sou.
Je
rourant, :u·ail ktl m •ni ri·, erré le nœud,
Mi.il\-. 1 i une nom ·li· crainte,int m'a nillir. Je fu · à 1'in lillll l'nlouré par Cl'.S honnc · ..,,,o,,
1111'il d ,,int impo. .ihlc d,~ la JJfoire .• 'ou
.l'apt;rçu: Je. feu Je Lhouac el rien ne me Jonl je ·:tlmai le· Ii \e in1111îé111des en leur
fùmes ohli;tL de ·ci ·r la •·orde, te •tui nou
Ji ·anl n fort maurais allemand : « \"o.- paprit dm\ ou lroi minut ·,. \fais le !'Oort~ donnait ln c •rtitude 1111 ïl• apparlin .. en I à un
renL el :imi · vhenl et ,ou ail z le:, ,oir Jau 1p1e nou foi,-i,111 . a ·anl imprimé uu "rand ré,.imcnl frnn~:aû, c, r l'ennemi 3,ait Je..,
qu •!que. in:tanl- ! » 1 o immcu ...e cri de j..,ic
ruou\1•m ·nt au c.îl,lc «font l'!!~lrémirê 'tait lroup sur le. deux ri\e~, et je · ,·ai · •1uc,
; :tant alor éle,é du cin de 1, foui•, l'offi,ur
c,·Ue
tli.l
droite,
l'a,·anl-!?3rdl•Ju
maréi
hal
entorlilléo autour J'uu ulr, k, l,r:111ch1•-. de
cier
françai: cbar" 1 lie la aord de porl e
L:rnnc
.e
trou,·ail
.
1
,
peu
d
Ji
t:tn
·edP
l,il~.
CAJl nrlirc ll"ili•r1•nl celll' 1111i l'arnisimi ni.
pr1~,·uta, l dè 11u'il me ,il, il 1:ourut, ain i
li en n: ulta un frolcrntnl a. ,ci liruyanl pour en face d'un wrp autri ·Lien pl.1c · à intqu'il
en :\\ail r~u l'ordr , prérenir l •" aide.
;illirer l'attention du fartionnairc. Cel bo1111ne l'ollcn.
d
·
camp
d'. r,·ice d'informer l'Emp T'ur de
otr
•
arwéc
de,aiL
au
Jou
1
,,
~e
porter
en
approcl,e, n'apf•r1•()il p:i-.. ln liar,1u ; m,,is
mou orrhéc. E11 un in lilul, tout c · qui ,e
a,,
Ill
:m
point
du
jour,
runi
occupait-die
v11,a11l l'a"it.iliou J •. Lra1:d1c cl le hruil
an;m,:nl ·r, il nie : u W,•r da'! 1 (Qui ,i.,.e'?) d1:j n· lieu, cl k feu. 11uc je \o)ai étai •nl- troo\·ail d:tns le p lai~ fut ·or pfrd · le hon
maréchal l.:inue ,int à moi, m'embra .. a corI' tic répon ·c 1... ~omcllc ~ommalion ,fo la il entouré~ J"aroi: nu d'ennemi '! Je craidialement cl me rondui~it sur-k-ch:11np au'
nai
1101;
le
courant
II
m'eût
cnlr;1i11é
trop
enlinPII' cnnrmit&gt; .... :'.ous :?ardon. e1wor •
ha , mai je ru tiré d mn l'fil'PI ité p~r lu prè · de n:mp,.r~ur, en '1.:Crianl : ' t.c ,om.
le ilencc 1•n 1•0111in11anl noire tramil .•.. J'éllli
dan, d1, rran,;e rnortdk,: car, opr,··, :l\·oir . on de plu ieur trorop •tic,, 'lui sonnaient le 11 • ire, je a,·3j · bien qu'il reviendrait!. .. il
il aml·nc twi pri5011ni rs du corp du ~1ln1..L
lira,é tant dt.! pfril.. il tût 11lé uairuenl l'rucl r,:,. '1 de la ra,·alcri~ fran ·ai e ..\lor ,, toute
« rai Jlillcr ! ... i, , 'apoléon 111c reçut oo nll
incertitude
ce~:anl,
now
fun
•
fort'
dt!
ram6
d'é!'bouer âu port! ..• 1:ntin, colin, la ,·orJc
peul micu,, et quoique je fu , mouill,: el
e.t coup;e d 11• l,alcau pou é au lnri•l· !... n•r la pl:11,:c?, où l'aul non: lit apcrce,oir
cro!lc
de toutr parl$, il po~n a main ur
\hi!, a pt:in~ ·i-l-il 1·11 Jcltor, d11 k1 vuùtc 11uc un illa"&lt;'• :ou e11 élion~ peu rloi 11 : -. lur·mon
épaul
, an oulilier sa plu ... r. nd
1,, :' aule. Fornmicut nu-Jc,su · de oou_, 11uc, 'lu'un co1111 de 11101i-rp1ehm ,c fil •ntendre, et
preo\e J · !-alhfaction, le t•inc~•mcnt de l'oune
halle.
ifll.i
à
nu·
oreille
!
...
li
él:ùt
é,ifrl ini par la lueur d ,, ku . d • hi\OU, r. il
ruillc. Je ou · l:ti~-e ju;i·r wmbien je fu
e,l ap rl'U 11ar le r.,ctionnaire 111trid1ien 11ui denl 11uc le poste fr. nçai uous pr,mnit pour
11u
Lionn,:!... L'Empcreur ,oulnl connaitr •
crie: ,lu,,· ar111e11! et Lire :-11r nou. !... l'er- un en b:trt:ation ennemie. Je n·.il'ni pas pr :rn
eu détail tout œ rp1i m',:1aiL advenu pendant
cc
a.
,
cl
ne
i,arni~
u·op
comm,·ut
nou.
par,onn • u·e. t allt!Îol: m i à n• liruit, tout1·,
ma périUr:n c rnlr •pfr •, el lor ·c1ue j' eu Ierle lronpr· Ju camp ~c 11•,.:nl pr{,cipitam- ,i •adrion; , nou · fair, rcoonnailr1 lor r1ut•
miné mon récit :a l!aje: té m • ùil : J
111cnt, cl 1,•:; arlilk1m, doul 1(, piètes !,ra- j'1•u , l'bcnreu~c p •u~é' de fJir pou,ser
• uis trè contcul de vou , chef 1l't-~rcJ1fro11
11ué • ~ur le llauuhe .·e trou,ai ·nl tonl . frtqn •mmenl p,1r me ,.ÎJ: gren dier lo cri
MarlJot!. .. »
Je
;
Ffrr
/'emJiCl'flll'
Yapole1111
!
...
Cela
ne
1•h1r;.:ées, me font l'honneur de tirrr )!! cauon
Ce~ parole 1qui,·n!:ml à un LreH'I. je fu ·
utfüait
certain~m
•nl
pa
·
pour
prourer
11u
•
,1J1 ma bar11u1· !. .. Mon cœur hond it tic joio
au
comble de 111 joie!... ro chambellnn ayant
au liruit dt! ·elle d 1tonation, 1p1i d,•,ail êlr.i nou ;lion. Fran ni.~, mai· dc1ait 1: pendant
aon&lt;1ncé
en cc momeol que l'Emper •ur était
t'11tend11c par 11:mpereur l p l" le mar '-eh::il :illir r l'allenlioo Je urticiH·, qui, 1•nlomé.
crvi, je com}'tai. allrndrc d~u1.' la galerie
de
Lcaucoup
d
oldals,
n
pom
Ît.&gt;nl
craindr,
Lnnn !... ~ft, y •11,c ·e portèrent 1er le rouqu'il fùl ~orti dll table, lor ·que I apoléon, m •
' •nl J • lolk, Joni, m;1lgrt.\ l'êloigm ment, je noire petit noruhr ' t cmpè b •raient ·an
u arni ~,sé d'ap1rccrnir k~ nomhr~u - •~ doute qu·onn 1iràt -;ur nou~. a1ant Je a,oir montrant 1du doigt l,1 salle à man er, m dit:
i nou ' étion · Franç.11 ou Autrichien~. En a Vou, di Jeunerezavcc moi. J, lu d'autant
roi éc · 1: !airé ·s. 1.111·~ furcul prolwhlemenl
plu llllll~ de cet honneur, qu'il u'ova.iL jatout ·s omerlt à lï1lcla11I ~ roui 1 lu1ni'·re dJ'et, Jl u Jïn tanb apr' , {étai rc- ·u ur le
mai. ·t' rail aucun officier de mon grade.
rÏ',a
•e
par
le
colonel
au
Lrin
el
le
\I·
de
houJ'un · ule m • parul augnw11ltr de 1irndté :
P •ntl ul le déjeuner, j'appri que l'Emporeur
c'était t.:dlo Je l'imm •nse ftJnèlrc du l.iakon , . ards appartenant au corp du mart!chal
•Lle rn:irûchaux n s'étaient pa. couché , l
&lt;JUi, râce à tt~· dimcn. ion~, pamllc, b 1:cll . Lanne . ' iuou, ru .i&lt;10 dtlharqué uned mi,1u·en
eutendanl le c:mon grond 'r ur la ri\ l'
lieue
plu
l,a
,
noo
lo1Dbion
•
d::in
·
k,pu.
te~
J 'un purlnil d' :glise, 111·1~ctail au luin u11c
11

1•

.Mi:M011(ES DU GÉJ'JÊ1(.AI lUJtON DE .M AJtBOT - ~

Tou. me. camarades étant ocrupé à porlcr
oppo. tir. ils 'étaient tou préci11ilé au bal- s rion. de anl Yienn , on lui ferait passer le
d,
ordres, j • me trouvai
ul aupr Ju
con! !,'Empereur m• fit r :péter Je quelle ma- a\nnl-po le:, afin qu'il pùl c rend.r • aupr'" mmkhal, lon1u'en entrant dan. aiut-Pi1lt n
ni'·re j'a\·ai :urpri le· troi prbonniers, l'i de . on maitre. Pui· . ·apoli'•o11, prenanl clans
1pa ,ant J vanl uu mon l'•re de rdi •ieu:e!-,
rit beaucoup de la fr:i}' ur cl de l'étoumunenl ~a ca ·lll • un rouleau de 1,0 0 fr(lnc , le nou' en ,imc .orrir l' 1,be ·e, une ros. e à
mil
dan
1
main
Ju
domc
tique,
en
disaul
:
c1u'iL vait-nt JO. éprouver.
la main, et suhie de toute
nonne.. I.e
Ou fiul enlin annoncer 11ue le chariots u Il faul honorer la ,·ertu partout où elle ·e
nint
·
femme
,
effr:i,éè
,
,•r1ia.ienl
dl'm:1111lcr
utnienl arrivés, mai ne pouvaient pénélrer a montre! ,, Enlia, l'Emp ·reur donnn quel- 11roteclio11. I.e maréchal le' ra: ura, el comlllc
11u • lr dirftcil ment dan 1 1.ournnl, tant 1 11u - pièrc d'or à chacun d d ux autres lc5 ennumi:- fupienl de tonie;; part et 1111c
ful!le Je· hal,il nts J .Miilk 'cmpr · 3il pour pri onnier . eu ordonnant 11u'on les r ndil no troupe.s occupaienl la ,ille, il crut pou,·01r le~ mntelot ·• l'i:ipoléon, trouvant cet cm- au .. i aux avanl-po le autrichien:, 11 afin de rnir mettre pied à lerrc. 1 o . oleiî br1'1 nl
leur fair oulilier la rraicur que nou leur
pre~~ ment trb naturd, ordonna de faire
tnllit ucc~dé à la tempèle de la nuit prrc 1ouvrir le portes cl de lai ~ r entrer tout le • a,•ion' 1·.au étl, et qu'il ne fù l pa dit 11ue d ·nlr; 1 mar.:Chal ,en. il de faire Irui lil·Ue ·
monde_ dan. la cour. P •u J'in tant oprè , le· « J~ ldals, même ennemi·, eu .enl par]", au "alop; il a\ait Ir\ rhaud. l'ablK's~ lui
grenad~e~. le: mal ·lot. el le. pri onni •r. u à !'Empereur J Frao1;ai: .an • r •~oir proposa J,, venir prendre tJUt•l,1u rafr:mbbfurent introduits dons 1 alrrie. (,'Empereur, " qu l,1u bienfait 1.
cruenl ·. li accepta, l'i nou. ,oilà tou le
ayrull_aupr'. de lui on interprète, fil d'abord
d,:ux
ùnns le ,·•JUn:111, au milil-u d'une l'ÎnCH PITRE XV
'}Ue~l1onr r le troi:. ·oldal~ autrichien:, el
'luantniue Je rcliôienM'- !... En 110 in~L:inl,
apprcnnnt n,t?c ·atistaclion l!Ue uon seulemeul
une talJle é\,:nanle tut dr!l.o;Jc cl un goùli·r
Il 11. ~ int•l'to11 ·11. - Pri ,1, IIJ•~·-•Î&lt;lll ,lu
le corp du g :néral lliller, mai le prince f.111rêo
splendid • cr i. Je ne , i· jamais un telle
l'r. [l•r. - \11••(111" ,, 1 r,·,l,lilio11 ,t,· \icnn~. - 'nu •
Charle. cl toute on armée e trou,·aicnl . ur
k"·111rnl 1':,111d, 1•11 .\1t,,,l,1;:-11&lt;',
profu. ion do irop , de c:ontiturc,, de LonIll rive gauche, il prc cri vil au princ • 13erthier
1,on · de toute:· ·orle , auxquc·l · nous fim1•
\prè
arnir
fait
le
bonli
ur
d
Lou,
rem
de d nncr l'ordr 1 à lout · 1 tronpe de '
bonnPur. Le r •lini,::11 t. l'II remplirent no.
meUrl! ur-le-cbamp en mard1e sur ainl- ,,ue la ba.r11ue a,ail ament: ·, . apoléon all .c
poche~ el en offrirent plu~icur: i·ai~~ s 311
P,ïltcn, uî1 il allail 1 . uivre. Pui~. fai anl pr,1parer à marc hcr ur ain1-l'ohcn, el je
'l uillai la le rie. Je trouîai 1~ · Ion de , r- maréd1al. qui les acci pla en Ji -~ni 11u"il le.
approd1er le l1rave raporal el le, ciur1 rnldal
1iorluail à . ', l·nf.i1,t, d la p:irl de n
de sa rrarJe, il plaç.:i la croi de la Légion Yice rempli de énér:iu cl d'oflicier- de b
dames.
llèla. ! il ne dnai L plus I re,oir, ·e ·
rd.:; tous me. c.aru:irad' y étai 'Dl au, ,i,
d'l.10m1eur . ur leur· poitrin , 1•. nomma
cher·
l'l1îa11r
!...
che,·~licr · Je l' Empir,, en accorJanl à rharun cl chacun m, ft:licitail, t:inl ~ur mon e,1iétli1.'Emp •rcur tl le mar .clml L:n111c cou bètion
que
ur
le
nou\·ean
•rat.le
que
l'Emp
rèur
un• dotation de l,~00 fran · d rente.
r ·nl c ,oir-là à. ainL-l'i,llcn, d'où l'armée ..t'
1oulc'.'&gt; Cl!. ,i ill •' mou. lal'he pleuraieul m·a,·ait accordé, en me donnant Jan. la con- rendit en dcu jour· à \ i •nm• . ."ou, arri,er-ation le titre de du'f tl'emulro,1. L • brede joie! Vint le tour d - matelots, :iu1quel
vet n· m'en fut nifamnoin. accordé que le ,àme d •,aut cette vill • 1 10 mai. du tri:
l'~mpercur fit dire 11uc le danger &lt;1u'il
moi uiranl, aprè' que je l'co~ encore achdé "rand malin. L'Emper ur e rendit inuné1lia11,aient courus étant Leaucoup plu grand
lemenl u tbàl •au ro,al de • h1i•nhr unn
qu'il ne l'anit d'abord pen. é, il était ju·te par uno nouwlle lil ·~•ure 1 "accu ·ez c pen• ·itu I à une llt.&gt;mi-licne d c lie ,il11! . .\in. i.
1
qu'il augmenhll leur récompen e; qu'en con- d:inl pa. l'Emp •reur d'io"ralilude : le éH - ,in t- l'pl jours :ipr ~un départ J · Pari~. il
n1•meut J · la u rre l'ahsorl1 11 rent Jan le
équence, au fü:11 de 6,0110 Iranc promi , il
moi
de ~i. ·t comme il me donaait tou- était au. port, · &lt;le la c:ipit:ilc d• l'Autrk!ll' !...
ail, imt en r e,·oir chacun 1~,000, 1p1i leur
jours le titr de romma,uln11l, ~;ipoltlon pcn- On a\'ait pcn é 1111c I princ Cb:irl •s, h.itanl
f11r •nt dt!li\•ré à l'in L:1111 m~me, eu or. flien
a marcb • . ur la riw gnucbr du l&gt;Jml lie ,·l
it 11ue, 001wanL dan~ sa. promc H', je dc,ai
ne ponrrnil exprimer le contentemi&gt;nt de ce
repa .. anl œ llcm·e par le pont de pitz, serait
me
con
·idér
r
couime
tel.
bonnes gens; il: bai ·aient les ma.in de l'Em1
Pendant le trajet de Môl~ à aint-l'é,lLcn, dan· Yil'nn&lt;: arnnl uol r • rrh 1•: muis cc
p ·reur el de lou le. as i:...tanl ', cn:;'écrianl:
1tail en rc tard ùe plu, icu~ juur:, •l
priocc
« :'.o_u rnilà rirh ! . . . 11 • apoléon, \O~ar1t n:mpercur t h: martd1al L:11111 m'adrc {-- la capitale ne " lroU\aÎt J.:fenduc 11ue par
leur Joie. Hl eu rianl dcmandrr au ·\ndic . i, rent en ore plusicur qu ,,tion sur les é1·éne- 1111 f.lilile ;;arni-.1in. La ,·illc d1! Vienne, p1 oà 1111 tel prix, il rccommcncernit un s~mblablc menl · de la nuit. Il 'arr~tèrcnl en foce Ju pr,•ntcnl ditt-. c l fort petite, mais cllo ~r.
voyage la nuit .ui'l'anle: mai cet homme ré- vieux chàteau de llirnstcin, ituJ ·ur la rÏ\i: lrou,·e utouréc tlïm1m:m faulionr" , doul
pondit ,,uc, échappé par miracle à une mnrt oppo éc. Ce lieu avait un double iutérèl. C'e 1 cl.iarun, isolém ·ut. c I plus \'3,te el pin
•1u'il avait con idérée comme certaine, il 11\n- au pied de colline où ,e lrome cc •ltàl au peuplé que ln 1illc. c faubourg, n'étant •nlr prendrait pa une par ill · course au mi- que fut livré en 180~ lè m{ornoral,le comb:il fetm: 1p1c dan. nu ~impie mur d' n&lt;.'cinlr-.
lieu d mùme péril,, quand bien mêrne que le mari:rbal Mortier, . éparé du rc le de lrop foilile pour arr"Lt-r une armée, l'ardiiduc
Mgr l'aLhé de \li,lk lni donnerait le moaa. - l'armL'tl françaii;e, outinl a,ec courage pour ~l,uimilil·n, qni commandait dan, \'iemll', le,,
tc.rc cl Il-. uumen.e propriél.é qui end ~pèn- :'0111rir un pa: ,il"C à lraî r " 1. Lroupcs abandonna et ,e r1'lira dan Li pl ( •. dcrrihe
dent. Le motelol' o rctirèreul, bénis. anl la ru ·se , cl dons le mo1en à"'l', I •' tour ùu le; ,·ieill · forliliealion., nvcc lou · le:, comgéné.ro itJ de l'empereur d J'ran~':lis, cl le· cbàtca.u de llirn. Lein a.raient crvi de pri on battant . C1·r ·odanl, !&gt;'il ·ùl ,onlu u1ilbcr le
gr nadicr., impatien de faire brill r leur b Richard CU?ur de lion. En examinaul t·t•, coura" • cl l ~ cllorl de la population •pli
décoration aux ·eu· de leur camarade , ruine., 1 n peusanl :\U orl du royal guer'ollrnit ;1 lui, il aurait pu ré i ter 11u~l,1uc
allaient ''luign ·r en emmenant leur troi · rier r1u'on y retint j longtemp. , .'aJJOléon temp .. ll n'en fil riell. cl, dh leur arri,1:1•,
tomba
d
n
·
une
profonde
r,hcrit'.
Pre
s
11pri,onni •~, lorsque Napoléon 'ap rçut 11ue
le lroup&lt;' frnnçai:e occupèreul le faul,our
le doml:'lique auLrichien pleurait à chaude· tait-il alor 11uc, cufl'rnté un jour p~r c
.an-. coup férir. Le marédial Lanne~. lroru11é
larm~ ! li li· fil ras-urer . ur le :ort 1111i I', l- ennemis, il lermin1:rnit a "i d II la cap- par un rapport in acl, crul qur I' ·unemi
lenda.i l; ce paU\rc 0 arçoo répondit en ·aonlo- tivité?
L, ruar • ·bal Lano, al·aut entendu plu- Mait au-.,i ab3ndounJ la \illc: cl ·empw, a.
t.anL qu'il savait bien qu le Fronçai trnid'em·oser le colonel Guéhéncuc prJ\'Cnir n:mlaicnl forl Lien leur· pri.onnicrs, mai· qu •, jcur~ coup. dt' canon ,cr-s ainL-Piilt,·n, ~e per •ur que nou ' oceupion, Yicunc; ••• pol~n.
portant ·ur lui une ceù11ure conlenant presque porta rapidement sur c&gt;ellc ,illc, dan l · rue
'tfail-nt 1•1Tectu~s plU:&lt;ieur · ini11atil'nl J';rnnonc •r c Llo "tande no11vel11•.
toute la rortu ne de ·ou capitaine, 11 crai "nait de laquell
1
char"e
entre
notre
annt-garde cl le peu de ordonu:i !t l. Guéh nem: de partir sur-le•
1
que ccl officier ne l'accu ~ t J'aroir d • erl
champ
p
111r
Pari:.
pour le vol •r ! C Ile pcn. ée lui arrachait le cavalerie ll:gtre que le •nncmi.s nvaicnl enMuis la place tenait toujours. el lor que le
cœur! L'Empernur, touché du dése poir de core sur la riw druite, l qui, trop faiLlc m r 1clial Lanne~ voulut · cnlr I à la tête
pour
nous
r
~
·i
ter,
e
retir:1
promplem
·Ill
cet hom1ètc homme. lui lit dire qu'il tUlil
J'1111 dhi!'inn, uuu. ft1rn,· rc~u à coup• de
libre 1•l ~111e, dans &lt;l •ux jnur~, cl'.., lfllC nous bUr Vienne.
11

�111ST0'1{1.Jl - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - canon: 11• ~cnéral Tlurr('au fol hic é, d pl11~icur solJ:iL- tu:~. r c rnm:chal fit re,e11ir
le Lroupc~ dan, le faubourg~. el aprè · ks
avoir ruLe à couvert &lt;lu feu de la plnrc, il
c•rnl clernir llll\'O)rr le co!ond Saint-Yar.,
,on • ldc de camp. pnrtcr uuc 5ommalion au
goU\erneur, en le f.. i~ant a1·compagn'r dt!
)J. de La G,ang&lt;', qui a~ail élé longtemp~
:illacM 1i J'amhas.adé rrançois • à , irnne, t'l
connais ail parfaitement les lot'al11é .. rn parlementaire duiL s'auncer ,ru!. ac&lt;•ompagné
d'un trompcllc: m1i~, au lieu dl! ,e conformer :, ci•! u ag,•, le colout:I . ainl-für. prit
!roi~ ordonnauces; JI. du La Grange en fit
aul.ln.t, de orle qu'i:m rompri!n:rnt lu lron:pell •, il· étaient 11e11(. C'était braucoup trop:
au~si le· ennemis crurent, ou lin·nl ,emhlanl
dl' croir&lt;', 1ruc ce groupe ,·,mail p!ulôl pour
c.·rnnùncr le forlifkaLion~ '}llC pour lrausmc:ttre une comwalion. ne porle :'ou1rjt
Lout à coup el donna pa$s;ige à un pelulon dè
housards hongroi:-, qui, fondaul le .il,rc à la
maiu lll' fos parlementaire,, les IJlcssfrrnt
tous grièl'c1nenl et le emmen~rcnl prisonnier· dans la ,·ille. Lrs ral'alier ennemi 11ui
commirent ccl arle dt! k1r1Jaric ap11arlt:11aienl
au t1igiml·11l de tu~ler•• le mèmc qui.
en 17!)~. avait ma -acré dt\·aol Ha tadt le
plénipotrn tit1irc fraG{'ais nobt'rjot cl Bon nier.
el grièvement blessé .Jean DcLry.
F:n apprenant avec quelle indinnil; Il'. ,\ ulrichlcns a1·aitnt 1·er·é le :tng de parkmenLa.irt:. envoyés par le maréchal Lannes, l'Empereur, ré,,ollé, :tee 111rut el fil \'CDÎr un gr.1ntl
nombre d'ohwicrs, pour tirer la nuit uivanle ur \'icunr. dont le. dd1m5curs omrirenl à l'in:;L-ant wème ~ur le r,1ubourg un
feu lerrilill!, 1111i dura vingt-quatre hl·u rcs,
au rh1ue d tuer leur,; concitoyens.
Le ll au m,tin, l'Empcreur rarcouruLle
cm iron: de \ïcnne, cl s·é1an1 npcrçu fJU"
l'arch:duc }faximilicn ornil comrni, l'ériormc
îaule de ne pa garnir de lronpes la promcn:1ùc tlu l'rater, il ré olul de ·'en emparer,
en jeLaut 1111 ponl ur IL· pclil hra- Ju U,,nuhe
q11i baigne le Pr:tlcr.
A cet cO~l, deu compa 11ni1•s Ùll voltigeur~
passèrc.ol d'ahord en haleau sur l'aulrn ri, c
et occupèrcnl le pavillo11 de Lu Lhaus, ainsi
1ue le boi \'OLin, d'où cl!e· prolé&lt;&gt;èrcnl l:i
construction du ponl, qui l'ut terminé pendant
la oui!.
Dès 11u 'ou appril dnns Vienne qu&lt;: lé Français, mailrl' du Praler, poumicnl mnrd,er
&lt;le là ,cr les ponts de ~ pilz, unic1uc moyen
de retrailc de fa garnibon, J'a~L..1tion ful lrè
grande; Je nomcaux él'éncment vinr nt
bientôt Lnwme111cr. En dfel, ,·ers dix heures
du ·oir, nos artilleur , abrilé par le n1.sLcs

cl stJlide · Làti111t•t1!:,, J~s ccuriL•~ im'pfriale~,
commencèrent . lancer de: olm sttr la 1illt',
cl bi 11!Ùl le feu SC ni:wir •stn cla11~ plnsit' (lr.
•!LUrlicr,, notamment à ln place Ju Gr.ilien,
la pins liclle do la rité.
On n dit, cl le g(,aéra1 Pd ·l :1 rtlpélé 11 Lori,
11ue l"archidut·he :;e Loui c se Lt·ou1•;1nl alur ·
malaclc dan. le palais Je . on père, le c1,mrrrnmfonL de b "nruirnn en a,ait fait pn;\'cnir
l'c1J1prrP11r des franrai ·, cl 1p1c cdni-ci a1ail
ordonné Je ('han~l'r l'l'mplaccmenl ù~ · hatlcric . Cela e~l 11n t'.ODlc fait à 111,1 ':ir car
Morie-L()UÎ~ · ne .c lrournil pa~ à \"iennc
pcnd..1111 l'auaquc, cl i l'ile y tti I élc, IL·s
gén traux aulric·hicn n'eus ·rnl ccrtninemenl
pas exposé la Jill~ de leur empereur aux
pfails de la gucrrl', for.qu'en qucl,p1cs minute. un liatrau poU1·aiL IJ tr.1n porter de
l'.iutrc côté du grnn I lira. du llnnnbe, 1'.!
qui, a1ec dr soin, conrenablc , n'eût pa·
aggravé a situation. Mai. il c t d~ ,,en· 1p1i,
voulant lrouw r du mp1·11ei!le11 r eo toulrs
cl1o·e., ~c onl plu it faire ~amer la \Îè de
l'.1rchiùt1 ·hcs e par Cl:lni dont clic dcYait
hirnlûl parlagl·r IL· trône.
~os e;l,u conl'nuaicnl à lir r ur la rillP,
lor •1u'au miliru &lt;le la 11uit. 'apoléon, bis$311l aux rrrnéraux d'arlillt•1·ie le .oiu d,!
&lt;liri ••cr le feu, se mil en marche pour retourner à cbœnbrflno. oi1 le marfrhal
Lanne. logeait ans i. Il faisJil un 5upcrl1t'
dnir ùc lune, la roule était ~cllt•: rEmpereu1·
parlil donc au galop ~elon .on ùaUtude. Il
montait pour 1:, pr •mièrn fois un charmant
hcval dont l · roi de fü,·ièrc lui ai ail hil
pré ·enl. M. le coml • de Cani ) , éruler de
N:ip.i1éon. qui par ses fonction. l1tai I l nu
&lt;l'cSSllyer le · mont11re$ qu'il pré.rnLait t,
l'Empt•rcm·, a)"ant a11s doulc né0lig 1 celle
précaution, aflirmail cependant 11uc le che,al
élaiL pm'{&lt;lil; mai au bout de quelques p1.,
le chcrnl 'ab.1t, !'Empereur roui• à terre cl
reste étendu, san - donner aucun ig-ne ùe
rie!... 'nu. le crùrn mort!... li n'étaiL
qu'érnnoni ; on s'empre a d, le rclevcir, cl,
mal,.,ré les ob erv.1lion du marcchal Lannes,
il mu.lut aclm·er le trajet à chcvaJ. li prit
une autre monture cl rcparlil au galop pour
~d1œnbrün11. _\rrivé dao la ..-a te cour de cc
palais, l'Empere .. r fil ranger c.n cercle autour
de lui le noml,rcux étal-major el l'c.cadron
tlc sa gard~, iémoin d • l'accident 11u'il
venait tl'eprouvcr, cl dAfendit qu'il en fùl
pnrl t_ C•J ccrcl c,mlié à plu de deux cenl
personne , dont la moitié étaient de impks
soldats, fut ~i religieusement g:1r&lt;lu 11ue l'atmée et l'Europe ignor~re11t que NapoU.011
avait foilli périr! ... L'écu ·er comte de Canisy
'altcndail à être sévèrement réprimandé;

m:11s Napol~on ne lui inllig,'n d'autre p1111:Lion q-ne celle il,i mon ter c!w 111e jo11 ,. l •
d1crnl ltavaruis, l'i, t.lè:; l • l·nÙL'JUain, M. Ùc
Cani. y aya11L élti jeté plusieu r Fuis pal'
tem•, laut fo l,êlc avait le· jaml!l's r.1ihle~.
l'EmpcrL'UI' fil grùcc ;1 rnn é(•uicr, cn l'cngagea11l h mieux c1.unincr à l'a\!'11ir le., cbcl'au.t
11u'il lui prcsrnlait
Apprrnnnt qnc .a relr:IÎlc t'•l,.iil llH'nncJc
par l • troupe. fr:1111:11:;c, 1milrcs~t's ùu Pr;,kr, •t ,orant ln rapitalc tl • l'.\utricùr sur le
poiul d'1\lrc t11•alen1rn1 im·endttc p 1r Les olm,.
l'ard1i&lt;luc MHimiliPn é1·a,cua \ïcn111· pe11da111
la nuit el se relira derrière le "raud hra J11
Uannlie, par le ponl de. pilt, 1ru'1I Jé1r11i il.
C'était p:ir te mème ponl CJUl' l'.,nn,:e rranrai,e avait Lral''l"l: le Danube 1•11 L
après
c1ue le,; nurérhanx Lanne. lL M11r~l s·c11
rurcnt emptir :~. au mol en d'urw ruse· 1111r j1\
rou. ai fail eonnailre en pnrl,,nl de la c.impaguc J'Au.ll'rlilz. le départ Ùtl l'archiJuc
llaiimilicn el de i.e troupe:- lai sait la ,illc
de Vienne ans Mfcn~e et limio i, la populace, qui d{,j comwcnçail à pillrr. 1.r.s autorité· dela Yilll'l. 'cmpre sèrcnldoncdc dépnll r
ver, .\ap'lléon le rc. pect,11,lc g,é11frnl (J'H1:illy,
l'arclJC1ù11uc, ain.i qul~ Ir pré-idl'nl ile· li:tals
el le, prînc.:ip:l.lL'&lt;- ma"islral , ailu Jïmp~urcr
la clémence et le ~cconrs du y:1in1{UCur. Au sitût, plusicur' ré••imc11l~ cnlrèr&lt;:'nt dan. b
place, plutùt en pro! cll'Ur qu'en conrp1é1·.n1l ·; la populace fut conknuc: on lai relira
s.rs arn:l«' , mai la g:JrJc !Jour,;coi,-e consena
le~ icnucs, dont clic a,·ail f:lit un Lrè · hou
usage f0Ur le main lien de l'ord.-c en 1, 03,
cl elle .c montra de noon!au digne de crllc
manJ11C de ronliance.
Le corps d'armée du marét:h3l Lanne fol
établi à \'icnnc ainsi que dan. 1' l'auùour"i..
cl ·on r1narlier "·uéral au palais du prince
Allrcrl de .~axo-'foschc11, 11ue ~(Hl mariage
a1'cr la &lt;'éli·lm' archiduchesse Chri linc,. "OU•
wrnante des Pays-[h, avait rendu le plw
ridle sci,•ncur de l'Empire aulriclticn. Cc
p~lai.s, ~i tlll: ur le rempart, prè- de la porlu
de Cnriutbic, était ,raimcnt magnifique. Lll
prim· ~lural l'a,ail occuflt: lor · de la campagne d' u lcrlitz, ruai le maréchal n 'J
nlra 'lu·unc eule foi pour 1p1clc1uc· irustants, préférant loger à ~chœnLriinn dan
une maison parliculièrc, d'où il I ouv:iil
plus focileroe.nl communitp1er arec l'Empt:rcur.
A nll:re arrivée dans Vi nue nous lrou,âme. mr. ainl-llar- t'l Je La Grangr,
ain~i 1p1c l'e t'orle quïlsal':iÏl'IIL eue on allant
parlementer" li ( Laient tou • ••rihcmenl
blcsst:s. Le maréchal fi L lraasportl!r ~I. ..,aiut~far au pal ai· du prînc,dl Ul' rt.

(A sriirre)

o:,,

ÜÉNEtlAL DE

.\L\RU0T

û.

LE OT RE
~

Les derniers jours

de Charles X en France
h mail~ hi,torlcn G. Lcnôtrc, dam unc de eu
r.tu&lt;ks sl curltukmcnt pTécisu tt palicn,nunt documcnlw où il "-lt re~ivrc devant nous, hclll'c par hnirc,
m.i.nutc par nùn1.Ltc..,. avc.c- un~ i-nltruitê n.isisrantc., lu
hommu du pus,, • ncoMtitui llàgu-crc. pou.- I• maison
Hachette ci k5 « L«tuns pout tou• 1, la dcrnihc
qu.iru:al ne que le rai Charlc• X pu•a sur n01tc sol
Françals, 1prù lu JoUTnecs Tivolut!onMiru de 18lo.
• Historia • • la certitude d'intfrcssu tri:s vlvcm&lt;nt
lre4 profondémcn1 ~ ... kctcun, en lu mclt11nl 1,. m,m;
de rdaire, i, la suite du roi en c,ôl, I• chemin qut:
celui-ci pllTcourut, li y a quatrc-vingis aru, pour ••11
alltr rejoindre à ChCTbourg le navire qui devait l'emporter en Angluorrc.

Per·onne ne s'était couché, au ch.lie.lu de
, ainl-Cloud, le oir du 50 juillet 1 &gt;30, Dans
la cour, le gardes du corp campaient, as is
sur des bolles de fourrage lenanl en main
la bride de leurs chevaux cllé ·; dans les
avenues. du ba porc. des trou~s bivonaquaienl · aux: antichambre c.'élail, malgré
l'étiquette, un Ya-et-vient cooûnucl, de confidences à Yoi1 bas e, de réllexion discrètement r.chau:;:ée des mines con Leroée~ sou
de 'ou rires de courtisans. 't1I n'o. ail dire :
Ja rctrnlulion lriompbr, la royauté e.-.t perdue:
roais on li ·ail celle pen ée sur lous les viages, ü1 'me ·ur ceux de, ,·alcts impa ible
qui, massé au lialcon du salon de la Vé,ité,
guellaienl le lueurs sinistres t.le Pari~, dont
oa percevait, au loin, dans la plaiue, la lragi1rue el continuelle rorucur.
llepui lruis jour la grande ,·ille était en
éruption. Le .27, jour où avaient paru les fone le' Ordunnanc.es, il y avait ru du tumnll • cl
-qu~lque dé ordre : peu de chose. Le 2 , il
111, -

lllllTORIA, -

Fasc.

lï,

faJluL bien reconnaître que les 11 uartiers pop11le?x e révoltaient. Le 29, le plus optim1·tes furenlforcés tl'a,·ouer que la ré\·olution
était déchainée. La journée du ~O ~'était
pa.sst'!e clans l'angoisse : les insurné étaient
•
de touLes les avenues; les
o
maitres
Lroup('s
royales démorali ées tenaient encore le pont
de 1a Seine, mais, d'un moment à 1'.1ulre,
Saim-Cloud pouvait titre envahi. ,on ~ans
précaulion , a,·ec mille détours, on fil entendre au ,·iPux roi Charles X qu'il fallait
p~rlir.
JI eut un moment de suLlime abnégation :
(C Je sui' prêt, dit-i!, à para.ilre dcvanl
Dieu.&gt;&gt;
Son 1il , le duc cl'A.ngoulèmc, ne se résignait pa.; mai lo dncbe se de BerrJ, sa
bclle-flll , supplia, très ardente et lriis émue,
qu'on san"ill ain i l'a,·cnir de on fils, lejeuue
duc de Ilordeaux, alur. enfant do dix ans i el
le départ fut décidé.
Il élaiL trois heures cl ùcmic du malin
1111and le signa l fuL dmint1• Quel,Jlles appel·
dll trompelles commandèrent aux cavalier· le
houle-selle. Qu:iLrecarro e~, si!c.ncicusement.
comme des chars fuuèbrcs . vinrent, pa1· la
rampe, e ranger de,·ant le perron, du cillé
du parc : la f-tmille roy:ile montn et. sous
l'e ·cor Le Jcs o-arJes du corps, 'éloigna, par
le avenues soml,re, 1•er les boi.:.
A sa • u.ile, lt!s quel~ues régimcnl encore
fidôles s'éuranlèrenl: le homme marchaient,
!"arme ha e, sous le. allées bordées de lilauchc· slal11es, seml,lable.s, dnn l'ombre, à des
1

fontùmes. A l'au!te, on traversa.il Yilled'Asray. 1)1ljà les fugitifs purent roir le mol
1·oyal ell'acé ur toutes les en eignes de c.al1:1reL . « Ce mol, t.rois jour auparavant, étai!
presque un moyen de fortune pour ces déùitaul oublieux. »
On panint à Trianon vers rinq heures : J,,
roi qui, cirn1uante nn auparavant, av.lit vécn
là ·es nnnée hcnrru,e , parrourul le piè1•e.
désru·tes, combinant une in Lallation; mais
bien ,ite on lui .fit comprendre que 'l'riano11
est encore trop \'Oisiu'de Paris. Ile nom·ca u,
il Iul décidé qu 'on ·~loigncrait - oh! pendant quelques heures seulement - et l'ordr~
de départ pour Rambouil!cL fut donné. La
rérnluLion nïrail pas j11sque-Jà, du moins,
troubler la quiétude du mon:ll'que.
La ducbcs c de Berry lr&lt;l résoluP, monta
en carrosse a,·ec on fils cl sa lîlle. Se exceuLricilés, parfois, détonnaient dans celle cour
austère. Ce jour-là, rlle portail un co turne
d'homma, unr reùin 0ote YCrle à rollet de
velours, un large pantalou..; ses cheveux, tordu par un pcinnc, étaient ramenés ur son
front qu'al,ritait un foutre élé"anl, !!llrni
d'une boucle d'or.
"
Quand on riut avertir le roi de l'heuré du
dJpart, on le trou1·a plongé dans un rerueiJ.
lement pieux et mélancolique. ,1 li lrarer.a
le aile solitaire~ du pa!ais de Louis XIY,
marchant avec beaucoup de lenteur et se reLournnnl, de distance en distance comme
attendri par quelque omcnir. &gt;&gt; '
A Rambouillet, fa journée &lt;lu J..-aoi1t l'ut
3

�fflST0'/{1.JC
Ion B.1rrot, de ~cl111nen rt l maréch:il l:lisnn. rleuxii·me était•nt &lt;1uelt1ue lnrture ncorr,
Il content 11ue toute la popubtion nlitie de awt la comr:ignie d •. Cc·nl- uÏ,N• . qui l,j ..
l'ari · c· . L1, • tout prorh ·, qu'un rumb t m ur- ,oua&lt;111nil ur le pa,é: J1• l mp. :, au Ire. J s
trier c I à rcdonler, qn • l'arm{ rO! le .cr, d:l nation lointaine. fai,aieul 11ppri•h 111J1•r
in{,~itahlcnuml mi ·e en Jfroule. Que I' uwnt nue a1tt111ue J.e nuit : le oflicicr . ui~, d1L
di mitlt: homm de bl•nne, Lroo
,·untre l'hirai,•nt t sp parta"cai,·nt le drapeau d la
l'élan de ui nnlt• mille ·,·olontaire , •ulliou- compa"ni . Il n·l cul pa.· un cri, m:ii~ J_e
ourdi· rumrurs, a. cz ,emlilalile · au Lrml
,ia . l , r ··,olu:, furicu !
de
la mer lointaiu11rl contenu " par lïn. tinclif
harle ~. ju 'tu',lor, ilencieu cl .nnr
·-pe
•t d 1, granùt• infortune 1p1e le 1·ie11\
"Cur, r1·I"•w le front. 'ndr •. anlau m rêd1.il
,
11:·11
•au
abritait .\u petit jour. k• tumull
laisou, el, le r•·" rdanl h1cm •nt :
" \[on, ieur. dit-il, jt• croi !1 ,olre lnlau1i'· : ·'apai, p u à peu· le ,ilcnce. par 1l1•!!ré,,
'im111• a à l:i multitude !,ara. ~i
je ·ui · 1m·I 11 Pl· li •r , ,·olre par11I&lt;· : ,t-11
nai que l'armée pari,ienrlt' qui _':n nec ,nit ·
rumpo:i\e d 11i ul mill,• hommi_, '/
- Oui, Sirr.
Le soli&gt;il était ltnul déjl, 11uaod 1• ~1111rLe roi 1111 ·ita pin cl au. jl.-,t fut 1fono 1
,,,t11•
fui ~onné. Le: commi~,aire~ dn "nav,·r•
l'ordr de ilép:irt. Oit allait-on'! \ul nr• h~
m•n1cnt pro..-i. oir · a,·ai nt, dur nl la unit.
,
ait.
011 ni1 13 rapiJ i pro••r ,! ,inn dt·, é~i•m•ulileno de harll'. \ qu'il congédiàl a n-ardr.
\'cr. di, heur
el den il'. les troupe
mcnb : le jour 1111~n1r., 11• roi. :t~d:mt ;1 la niet nu con n~t pour t,1.:orte qu a mai ou
, lotion, r •tirait , ordonnancr, du ~;, juil- royale comrn ncèr 01 , é,·acuer le jarili11,
militaire : 1 troup .e r, n i'·rent donc:, .. ur
Je
B
mbouill
l
I
prir
•nt
la
roule
de
~lainll.'let, eau , du a, astre : mai re r •trait fu L
la route d,i [Ir u , pour la dnnirr rerni:,
non,
l,ourg
situé
à
cinq
lieue
de
là.
I.e·
,oi. an~ dlet. Le l nd •main. le , ieu'- monarcp1e
tandis que le cou,eraiu Mchu, le front ùaos
eptua 0 t!naire r olul à aluli11urr .• on fil , l ure. ·ni nient. ·scorl \e. par le n:irde: du li•s 11HIÎll!o, cntenrlail la 111 , . dan, l'antique
orps. Dau la prcmièr a,ait pri place le
Ir Jnc J'J\n oui nu•, impopnl.iire et d'une
chapelle de ~laiulcnon . A di lieur( , l'urJre
n r,o iLJ mal din•. ne r na •1ue p!•11da11t une petit-fil·. d n la ~conde l'aïc,ul, • un t•nfont J.e drpart fui donn~. l..1 durl1 •.. c J'.\n::uul'l
un
ii
,jlJ:ml
:
c'Mail
Ioule
la
mo11an·bie
,,.
minute r. fut !.oui, \I\ , l • lrmp, cl':iltdi1 me p:irul la premiim1 au ,-euil Jn l'h;'1'luer à ~()Il tour l'II r:n nr de ,on n ., ·u, 1· l}uatr' r,: ....jm nt d'infant rie de b :i.rdt•, teau: die C:tnit en ~rand dl'uil, lt.· deuil qn·••lli:
le
rr,•nJarme
·
de
d1as.
e
•L
l'artillerie
lt!!!i·rt•
j unr du· J • Bord ;1u , à 1111i J u, roi , rn •
u·a~ail p3. quill•' Jl'pni. le f •mp!t•. n mur1
et• cir onslan&lt; • ol •nu .lit.~. Iran mir •01 leur 1'omposaiml a deroièr • · rm, c : un régim,·nl
mur con rul : • Elle pleur ! »
ùe
dra·•ons
rerrna.il
la
m
relie.
rouronnc, l qui pourtant oe devait jamais
La fille d Loui. \\' 1 pleurait en ·(Tet ù
A Mainlt•non, le bruit llu prochain 11a .n;e
régn r. L'h ur n' 1taiL plu oi1 le sort d'une
t?;l'W e. l:lrme. coulaienl ·ur . e joue.. rlle
1tait répandu. Il y n 1!1
d,,
la
Cour
en
Fuite
•
ranù, nation peul dépendrf' d'une ti'le i
tenJ it , • main J :g:1n1t:c, au, oflu:ier m~:1111 cb.\teau fam •111 1 dont 1 : •pl nd,·urs ré 11fragih·.
é · autour du perron · tnu ,1, 11rcs aient pour
1;. d d'altJir.alioo porlé à Pori~. n'I pro- ffil'Ul, en 1p1elcp1e orle, le r:111d . ou,·cnir~ • drpo, r un liai.cr, el l'on p,·rœ,ail, par111i
dui. il aucune impre ion. l ln s'inqui :tait ùc, lemp~ Il• plu glori1•11 Je la royauté. I.e 1 . anglots, I· voi rauque dt• la ptinre :1•,
eulem nt de: for,· Joui di. po,ail ,•ncor1• la duc de ·03iJle • c111i l'h. l,itait, donn ur-lt&gt;- Jisanl : « Me· ami , o, z hcurcu ! o Eli,·
famille ro ·al&lt;• : I'! 000 bomwc el 10 · l,11u- ch:11np de ordr el, à d ·11 heure du malin, avait un ÜCllX chapeau r· us i,&lt;rl.'U , une rol,c
1;hP.
f ·u. 1 capiLaJe ·'émut de cc 1oi i- tout · trou,·3 prt'•L pour reccn·oil' le ht,te · fripé • la mantille ù · t.rav&gt;rs; a mi c était à
nag . u. ·arreF ur , . uùitemcnt, J:im, la attendu ..
L nuit était calme et pure, la Jun,· à demi t•e point exemple' Je rOr[uellrrie qu"ell,· pamatiné•· du :ï ont, l Limbours hnttenl le
rai,~it nc'.,ligl-e: t·lle mont.a d. n_ on pr1·mi •r
rappel ; toute 1A jeun :- de. 1cole. , ra\i dl· ,oiléèj le ~ilence n'él it int trompu que par carr
a,cc son mari, o neu ro~ue, cri pé,
l'aubaine, ' rme Ala h:lte, qui dl' vi ux fu .. 1 s p3 · de d ux ri! iments d • c.'l ,·al •ri t{Ui en nniforru ùe cuira . Îiir, lrnhit bl •u, oc•lleL
défilaient
déjà
sur
le
ponl
d
·
la
,ille
;
les
sil. 11ui ùe pi1]116, qui ent' rc d'armml·~
cramobi, épaulcLL · d'ar •ent.
a emprunté ,1 au co lumicr de I' déon ou hourgeoi , re.h·eillé , pn té derrière leur ,oLa ,econd ,oilure reçut la duche s • de
au lu~é d'Artillcric. C' Ld'abord un immen c let ·, ou mu •ts ur leur· euil , virrnl én, Ill- Bt&gt;rr), a ·ant con m? ,on costume de dand~·ment
pa
,er
l'arlill
•rie
de
la
ard
•,
mi·
·lie,
dé ordre : on r ·quUtionne le fiacre , 1
allumé . .elle m rchr. guerrière rl morn , Pr' d' •Ile prirent place ~ delll enfan[!i. :
l3pi ·ii•rP • rnirr. le omnibu. · on enlève le
Madcmoi e11f!, fort ron •, 1 veu h, i. ,
cb •,au Je man'•ge : on cri•, on ··amu. e, Ir bruit sourd d ' · non , l'nspccl de noir 1·t le duc d BorJ.l•au , trè, aÏerL avec . a
on t, il. on baolc. Le rend M'OU · génèral cai · on , I' cld, t de cei torche. au milieu de, chcmis à coller li• rah:\llu , u.r un
lite
·cmlila.ient h tou.s l'appariiil d'un
est a I pla · de ln onr.ord •. On 'enl.i . • t 1oi•br
,. le J,Jeu. d:iir, on p utalon blanc boulon'IID
·oi
Fun
•bre.
vinnl dan Ull e; hriolet ; 00 p3rl n, dircrA lroi licore de la nuit parurent le. pr . nant ur lo ve le cl son chapeau !!TÎ • L roi,
tion, . an munition , :m \hre ui arg nL.
enfin, impn ibl • les joues cr •uses, les 1eu1
Gelle tn&gt;up
Ir.na anl a J)l'Ur ,ber 1 ,.,.... mi1.res ,·oih1re.• précédant cell où e trou. ci ~, l:i. bouche contra I t i il port. il on habil
vai
•nt
le
duc
l
la
dmhe
•.
e
J',\
ngoult'·m
;
néral l'ajol. qui, . an· ~1uipc111 nt, se lrou\c
blru,roup~militair•mc!lllavc de gro" f.pa.u•
un
autre
suhi
r,onten:inl
l'cnrant
ro~·nl
et
sa
rè1l11il :1 mprunl r au uaoquier l\othe-chilJ
l
·ll J"or, . or J 1ucl ~lait altai;b , ', côté
111h,·, la d•1cbe s de llcrry; enfin oninl
·l\s 1:paul IL'!'- de ,nn~nl d'Autriche.
dr croi . de .'aint-1.oui. d d la Vrrioo d'honrelie
du
roi
qui
·'a\'
u
3 jusqu'au 1 •rron du
r.' "t insi qu'on Lra1·crsc \"el" aille. : 1•
n ur, la pla1)11e en diamants Jn .':tint-EspriL.
:oir, l'expédition :irrivr :t lroi 11uarl' de clrnteau. La porli'.re 'ouvrit, et 'harle ~,
Pr: ~dé et nhie de !:!O.rd , du corp~,
li1·m· dt H:nnho11ill ·l, hara.· { . afütm~ •, Jau . lcutr ment, de ·ccndil : tou. le fronts étairnl et des .., •odarme d , ha c·, qn i devaient
découverts;
le
,i11u-,;
roi
parai·
..
nil
accalM.
la plu. éponvantahle conîruion : on ·amr · en
c a t·t était p •uch~e nr sa puitrin · cl pliait accompa ner le roi ju-r1u'au }1011l &lt;ln ,·o :t c,
plein.· champ-, , an pole asanr'·, .an
le oitur • DU p:i dt• . ch •,·a11x, prirent la
prendr ' mên1e le oin d plA&lt;"er IIIll' :;enti- son, le poid de~ n'•lle. ions 11. U monta :l\ec r ut de Dr u1, oi1 l'armée congédiée, ran t:C
u ·li·: on f, toie, on danse, on joue , 11 olJaL. peinel't&gt; calier qn'n1·aitjadi monl~ Loui ..\tr,
n l1ataille, formœil nue linne d• plu d'un
l)uel11ues coup~ de ru.il aurai nt •u rai -on el il futconduiLd:m l'apparlemcnlde Mme de quart d , li •ne dt loo"ucur. u pn gl', le
,laiutenon,
qu'on
lni
aniit
d
•:lioé.
de cet cntantilla . lai . à l\:lmhouill 1, ou
u première cour du cMteau ,r trom-ail tambour , ne.ore un" foi,, 1 ttir nl ux.
l terrifié.
champ , le drapealll blan , 'io linanl, r •nîroi commi ·aire. du ouyerncmenl pro- r mplic par Je l'Oilur , • l chevau de mo.in direnl nn dcrni r salut, l' ~ IJats pr: enet
1
..
Id
L
cm1ché
par
terr
•
Dan.
la
çi, oire nenn nt d'arrh!!r au ch:itcau. M t. Udi-

l11 ure : pour pa1 r le &lt;lt:peu , ile houch
ile a mai on ruililain•, 1· roi tl1• France 1•11
rut réduil ù nmJrc ,on ar C'lll •rie.. .. l&gt;i-jà
l'ommr.nç:iil l'e il nn-c . mi i•r •. ! •
[lan, l'ap,.,·~-mi,li, suninl h ducht'" · cl'. 110ouPm , qu la ré,•olulinn av il . urpri.:e 'Il
llour:?O!!n el 1111i. au mn~t•n d'un dél!lli emcnl, ,:l3il Jl;lf\CUUe :, r ·joindre ln cour îu::ith· •• J:n apcr..e,·nnt l:1 filh• J.e 1..oui \\'f,
1.harlt• · X 'a,:in~•;1 , r cll,, 1• lmc lenJ11.,
et de. . an loi . 1• ru ~lèr ·nt à Cl pr mi,•r,
,·ml,ra. cuwnl · : la prini:1•,H, •Il dcpui~
l11ni:temp tif' ph•urait plu .
a ·uu ,oil.1, j'l' père. nwnrn11·le, rlit-dlt•,
réuni rcllè foi pour loujnur~. J1
1,

1

"'Il

3.t ....

�--- 111ST01{1.ll
lèrcnt les arm1&gt;s, le. officier Iinrent l'dpée
has•e; et, ce suprême homma reu&lt;lu, lrs
troupes rr.. t ren! là, le· rang rompu., silencicu , at1enila11l de ordre.", el rrgarJant
'éloigner or la roule ensoleill~r. rer ogt•ntle-noi, le cortège •JUi emporLail l'anli11ue
mnison de- France.
Ilicnlôt rc l'C fut plu., an loin, qu"un
nuage de pou.- ·i~re qui, lui-mènir, peu à P"U
e dis ipa el di ·parut mu~ la . plemleur ilu
jour étinrelan!.
A elle mème heurt', ,( l'armée pari ienne li,
1'.;11np 1e 11 Cognièr, , apprenaic,an~ Jl!li brn,•o·
fréncltiqu • , que fa our avait tui el que l\am1..ouilkt étaiL désert. Ce fut un élan épique :
Loule cette jeunes e grisée de rire., de joie,
de liLerLé et de grnnd air, e ru3, renrer.sant
les mois on , foulant Je avoine el le sei~les, ·er. la r(~ idence ,o ale abandonnée.
chàLeau est \'ide, e.u eJli t ; on 'y di.pe r e; le~ afl'amés '6tablisscnt dan l
offices et impro1-i ·eotun1 balthazar»mon lre.
compo.é' des reliefs découverts dan le cuisines d l'e.~-roi el arrosé de.~ meillelll'~ vin
de e, caves; d'aulr e lanœnl dans Ie parc
el organi enl un ma. .;:1er des œrrs d biché.
t des daims; la plupart ~e contentent de parrourir les ru de la 1ille ivre dP joie el
lÏranL au ha·ard de coups de fusil en l"honneur de leur facile nctoire.
L maire de I\.ambouillel, forl ioqujet, prit
,oin d'indit1uer lout ha à Charras un fourgon
dételé ahaodoooé dans une cour ha se du
château, el auquel personne ne prèlait altenLion : ce fourgon contenait les diamants de la
Couronne, quatrc-rin"l million. de joyau.'t
et do picrreri '!
« Bi n, dit Charra • placidement, il raul
I.e: confier au peuple, ·e L le ~eu.l moyen
qnïl n leur arri,·e pas malheur. )1
· On confeclionna un pulit drapeau lricolor&lt;'
sur le1111el on écrhit en lettre· noires: Diammils de la Cour0t11U!j on phnla le drapeau
ur le fourgon, t tout rnt dil. Puis 1.10 fil
proclam r qu c ux qui vondr~icol rentrer à
Paris e11 acrompagnant el en gardant cc
Ion on . eraicnl conduits d:in le· Yoitures
&lt;lu roi. En un momenl, le.s Lerline~ dorées,
au~ arm rorat \ h:. carro ses capilooo :s
dt! lampas hl:mc el de Lroc.arù lleul'd •lysu
flltenl Lir~ de. remi es et pri d'a aul; on
barnacba les rhel'aU , on le allcla, et pompeusement oa se lllÎl e.u roule.
C'était uu . [_JCCLacle tout nou,•eau, o dans
la vieille hi"Loire ù fragile grandeur de ce
monde n, 1ue le !:,peclade J • celle multitude
hrupmle et déLraillée, s'cntas anl dan le
magnifique ,·oilure, du s:icre el e faisant
reconduire, aveo des "Uitlcs &lt;le soie, par 1
cocher de la Cour. « Uo bU\·ail, on chant.ail,
on donnait i ue, par les portièr , à la longueur d1r piqu et des baionnelle ; el cc
cortège, merveilleux par le contraste entre
l laquais en grande livrée, le harnais magni6ques, les housses doré s et les hommes
en guen,ille qu"i] milurait, ap~~s avoir loogé
au pa le quai de Pru y, 61, dan Pari . une
entr~e triomphal , ui vi de tout le 1.m·i
des écuri
royale , el . le! rendit droit au
1

" - - - - - - - - - - - - - - - - LES DElt.NJE~S JOU"/(S DE C1tAR,ŒS

Palais-noial où le duc d'Orléans, depui11 lroi~
J0urs, continuait • i-coutcr le barannues et
rl'cevoir les Mputatiow. Ce fut 1~ qu'on mil
pied , terre. el tau criaient ous le fenêtre
du prince qui l1ientôl ra roi: (( Tenei, ,oilà
l'O' voilure !... u
Bon nomhre de ceu qui oortèrcnt ain i
11ualrc-vio t.s nùllion, de diamants n'a\'aicnl
pa man"é depuis Tavant-mille, el n avaie11l
:'ils d ineraienl le oir.
0

''. d"' la Ro11ue, olîril a mai on : le roi dispo a d'une seule chaml1re au rez-de-clmuss~e,
li la porte de laquelle ~·in talla au. ilùl l'huissier de service, en co~lumll, comme à aintCloud. Au pre.ini~r étarre . c trouvaient dcu-x
chambre : da,,,_ l'not· rurenl logé fo duc et
la ducbe· e d'.\ngonlême: l'anlre rcçul la
doch se de Berry et 'C' dcm enfums. On
d.i1111 dan La chambr du roi.
La nait ÎUl san- incident. ; k lcnderuaiu.
au petit jour, on rl'prit 1::t roui, de l't• il : il
plem:&gt;.il, le ciel ctail ri • le Lem I' lourù.
C'ru 1. p:ir J roule· détremr11 1~s que le "OrtèµI'
ga,rna. Argentan, où l'on liL li:i.llr li l11titd de
Jln,·eton, di?rrière la ,; .. ,-~li.se • 11inl•Marli11.
be.ri s11e d'une forêt de clochctonseffrilés d'où
'échappe la flèche njour~~ des ,•ieille calhrdrales normandes. Les bourgeois de la ville,
IIHlSsP.$ dan le~ ru s, a~ i tèrent a\·ec uue
r peci.ueu e émotion au ùéfi11i du rom·oi de
la ruonnrchle moribonde : chcmux. hara tis,
c.walier· fonrbu.s el lrempi'•s, voitur •s boucn. · : l"a pccl mi~érahle t pileux d'unr Mroute.
Eo dépit Je ln h:11&lt;' 111'!: commi's:iire,, le
,•ieu\ roi ducida qu'il ••JOUrner.1il à ,\r.-.ent.:111
loure la journée du 9 aout. 'était un land_i.
!Je bonne heur1• on apprend que, pendanl la
nuil. est arrivé de Paris un courrier apportant la nouvelle que le duc d'Orlran a élé
proclam6 roi des Français; :iu~si, d" Je
matin, le habitants d'.\rgentan e prc.s cntils ur lo petite pince, devant l'hû1el de füveloo, e pt&lt;ranl aperrevoir l'un de· exil 1 el
u surprendre le ecret de es émotions ".
Bientôt le brait cour! IJU' &lt;1 il· ,·out aller à la
me sel&gt; : on a m r1réparer, ,lans le t:hœnr de
Sainl-. fartin. le. fouteuil. et le- pri,--Dien
ré cn•é aux !!l'iUld ·értlmonics.
En eflH, la porte de l'hJtel 'ouvre : le
go.rùcs du corps, en facLion ur le seuil, pré~enltmt Je nr1J1e·, et l'on voil, dcsccndanl
1 · marche du perron, fo ,·iea roi, ,..ra,•e.
avec a face longue et c. cbe\cnx wîs, l'air
indiOérent, .aluant de b main Tou . }, Iront
sont découvert ; la dud.1es e de Berry le . uH ;
elle a quiné . es hnhit, d'homme elle 11 \"air
simple CL û Lon enfanl »: son ms îai l u Il
gl'llod effort puur parailre ,ëricu1, mai~ on
devine à on vi age éveillé l'amuselllent ~u·apporlent c.lan on exi,hmc.e et'. nc1un·auti1~
euraordinnir s. Et 11uand p.1raiL ,) ~on tom
l:i duclws e d'lngoulême, c'e. l parmi la ruuh•
une rmu,mr de pitit: : la fille de Loui .\ VI
e~t livide; es yeux qui ool (,,nt pleuré sont
ans regard ' : ell • mord ses l~rn. pour ne
pa éclater, c&gt;laelle r,mmocn noir, mal ,êtue,
d'allure bru ,1ue, emble Lrarner dan. les pli ·
de son deuil tant de cal:islroplic~ et d • douleur que le· plu impa·. il1lcs . c 1•111t-11l
altendri .
0

'fondis que les « vainc1ueurs Il renlraicnL
ain i dan Pari·, alu : · par de~ éclat · de ri r~,
des rr,rrai11 joyem et des lmn1os, le v11inrus
pour uivaicnl 'Ur le· roule de 'orruanJie
leur e ode, dignement, à petites journées,
comme pour ne pa 11uitle.r trop tôt ce
royaume de France, depuis tant de sii!cle
~pam1ge de leurs pères, el q11i, disait un Yien.
djclon, est 11 de tous le plu dou apr\ celui
du cicl ».
La cour fulTiLive 1\L.a.il parvenue à Ilreui. le
4 aoùt, ver cinq heurts du soir; les hauitants par •s avec profu_ion de rnh:ins tricolores, firent au pro cril un accocil irrc pecluelll, pre que ho ùlc; pourtant Charles ~
obtint de séjourner là pour la nuit. L garde ·
du corps Livouaqui:rent autour de la mai ·on
qui l'abrita. Le lendemain, on alla ju qu'à
Verneuil, où l'on coucha.
Le l:i aoùt, on fit six lieue•, de Verneuil à
Laigle, où se lrou~c un grand cbàleau bâti
dan ]a noble manière du n11 siocfo, avec
de façades de brique , des pa,·illon
il1,rnl!!, d 1'curie monumentale-, lroi rang
de wm;ises dei:-crndant jusqu'à la Rille cl de
m..1gnifique: avenue de tilleul s iculaires.
Dan, celle belle drmeure, le roi rl1•cbo trom':i
uu asile; les rdes du corp el le "cndarnies
du~ cbo ·es campèrent au champ de foir •. Les
11r0Yi ions pour le homme foisai1·ul dl:faul,
et au i l fourrage pour 1 • chevaux; c u -ci,
pi!mlanl la nuit rongère.ut l'écorce des arbr
donL 1B promenade est plnntée. A l'au he, on
·aperçut que lo Yoiture da roi, autour de
hquellc on n'avait cxcmé nulle urveillanœ,
1\tait dt=tt!riorét! · 1 fteurs de 1) · pdnt • ur
le' ponneaux des portière ,!l'aient rtû gral1•

ti:e .

P •til cl' •nerucnt. mais grand émoi.
Le roi, donl l'altituJe était calme el qui
• portail a,·ec &lt;:Ol.ll"ll"e l'cn:emlilc de .on
infortune, o·cn pouvait patiemment tolérer
fos détail ". li .urn ait, pour lui eau er uue
irritai.ion lr~ man1née, d'un lérrer manquement à l'étit1uclle. Laigle, par exemple, il
fallut en hale fabriquer une Lahle cnrrëe,
• •Ion le u,a!rC~ de la cour, pour le diner de
cc monarque à qui échappait Il.Il royaume! Il
e plaignait surtout de l'irupatience de comm.issaires, le m:m;chal füison, l\l. de choncn
l dilon &amp;rl'Ol, qui s'in,.éniaicnt à h/iter le
YOJage; le roi 'obstin:ûl à la lenteur : il y
avail en lui le déchirement de la p3Lrie perdue.
Le 7, on fit h:ille, ver le • oir, à Le Merlerault. ho11rg dan une l.iellc vall ·:e, au milieu
d aros p:11.uraire ·. Un anCÎl'D garde du corp ••
... 36

r--

me

Après lrenle~hu.it heures de séjour, la
!Jmille t(lfale exilée quilla Argentan; on
coucha le 10 /\ Condé- ur- 'oireau; le H, ou
•lait à Vire. Le temps 'étail remis au beau
•l l"on avaiL repri l'ordre d • marche adopté

dcpui llainlenon. t;harlc X, touJour vêtu
d,, "On l1aLil à gro·se, épaulettm;, •1uitlail
chaque malin rn voilur&lt;J la ,ille oil l'on araît
pa é lé~ uuit: a~rh un · demi-li,nc de parcours, 11 montait à cheval cl fai ait ain i
Loule I roule ponr ne remonter en 1oilurc
que le soir, un pou avant d',1rriver à la rouchée. Le co1woi 'étendait ·ur prè d'un quart
de lieue de longueur.
C'é1aiL d'nltord une avant-garde, gendarmr::s
des ch:i_. e . a,·ec 1•urs chapeaux en bataille,
les babils hl •us à reYcr · écarlate~ i puis deux
comp~!mies d~s ~ardes, le juste-au-corp· hleu
Je_ro1 galonnll dargcnL. le c:u11ue b hcnille
uojr , précédant h1 preruii•re ,·oiture oit . e
Lrou,•aieul le jeune duc do Oordc,nu son
' el
gom·erneur, ~ · Lieux sou -"Onv •rneurs
~on ,al ·t de cb:unl.ire, 1. Je la \111:ite. Mademoi elle el sa .-rou1•ern:rnte, Mme la l.iaronnc
de CbarcLle, occupaienl la rcondt!. Dan ln
troi:.ièm . élaient la doche,, e de [bry ,IIYec
son prcnu~r écuyer, ·on ch mlicr d'honneur
cl fme b coml • de !Jouillé. Le 1p1alriè.ml'
c.,rro ~o contenait la cluche ·e d"Angoulèmè
1 Ume de Saiute--.!lnur&lt;'. ouycnl la duchc ;;e
J',\oguult!m de cendail de rnilure march4it
~ur le hord de l.a route, ou s";1 ·epit au reTers
d'uu fossé, t front dan le main , n comme
pour na pas quiller trop u,t ce royaume troi.
foi· fui.li à sa famiIJe u. Derrière sa Il rlin ,
·henmchait le duc d' nrroult!me :;ombre
arrilé, tacilurne.
'
'
En uile marchait la lroi ièine compagnie
de_ garde;, du corps, ui,ie par la voiture du
roi, un "rand carrosse doré, allelé de huit
thevaux, sur _le lrapontio duquel, en place
de ,·:ilets de pied absent , étaient échafaudée·
~ept à huit. houe de foin, en pro1·isiun. l.c
ro,, c1uaud 11 ne ·c teuait pa · dan a YOilurc
al'~c le capitaine de garde· de !ieJ°\'Îce. la
tuvait à clwl'al; pour 11ré·errnr .a tète gri c
d • · ardeur du olcil, il coiff.til. un ,iem
ehapcau d~ pJîll • lout fruis.t!, qui conlraslait
an:c .e. üp, uleuc · et ·e · croix. Le duc (11;
tfagm,c, _à che,al, pr:cëd:tit la quatrit&gt;m'
compa~me de. "ardcs, r1ui formait le cortèg1·
(1 oflic1el 11. Mai', derrière. rcnaient 1
••cns
,le ~uite, cin1J1iante on oi. aute c.1briolels et
rûuraons, toulenaul le "alet de chamhr
les cui,,iniers, les écuy1ir ·, le ervileurs J~
tuus ranns et de tous grndes : en,iroo c1uin2e
1!4lnb per onnes.
.\..in ·i 'effectu11iL ce dlU'nier rayage de la
monarchie, !ri ·te, ofonne] el lent. !Jan les
Yill~ues traversés, la curio ilé ùe p:t)Sl!D
avait d lJUelquc chose de gra,·e el de recueilli ».
I 1lu ieur" ofliciers retraité , fermier ou cbà1.clain· des. environs, pnrw· •nl ur la roule,
:iïudinant de1·ant ce· grandeurs hwniliée:-.
. cr Messieurs, disait le roi, gardez ce enhment pour cet cnfanl qui seul peut ,·ou,
sauver rou • u
Et il montrait à l:i portière de la ,·oiture
une Relile uHe Llonde. C't!tait l'enfant roJal,
eJ1 ellet, qu' [es y •ux h!!rchnient: c·e t à lui
(1a'al111ieot lolls les 1•œux. Il arri ,,a que, au
~-our· du long chemin. 4udques cri:; ho til~
s'l'1erèrenl, à J'adresse du roi on ùes courLi~~n ·; jamai il n'y eut qu'éHarJs el r ·pect

pour Ja duclw ·e d'.\ngoulème el pour fo duc
de Ilordeaux. L'infortun qui 'acharnait :;ur
la premi~re, la faible ·e el l'avenir inrt&gt;rLain
du second dé:,armaicnl lei, plu· prév •1u •
le ourire et l'air a.mu é du jeune prince
co11tra~L~ienl inrroli~remcnt, du re~te. dan
cc long défilé ùe granù.ioses mi ère et de
mine dé.,.olées. A Falai e, qu'on traYer;,a le
10 :ioû t à huit heure et demi , du matin, les
habi~anLS m~ ; sur le par1.:ours n'aperçur1ml,
derr, re la ntre, que le profil indéci du ,•iéu ·
roi, lrè- occupé !J. lire une d1:pècbe: mais l'll
revanche il· acclom.èrenl - oh! timidement
- le petit duc de Bord~aùx r1ui, penché en
ik•bor de la portière, rouge de plaisir el 10111
éliourillé, remerciait de la main el eumyait
au( dames des boojou. el de· Lajscr·.
I.e cortège ne 'arrêta pas à Falaise; on
nait préparé à la sortie de la \illc, dan· 1111
petit castel nommé la Lacelle, sur fa bruy,'u-e
Ju \' nnembra •. un déjeuner pour les pro crit~
Cl leur suite: Charles X o'accepla ']ll'un ,·errt!
d'eau; mai$ à une demi-lieue de là, à füelle.
nperccrnnl ur le bord Je la route une auberge
de piètre app:irenœ, il donna l'ordr •d'arrèter,
mil pied à terre et entra dan la ma· on.
Elit! ne oomporta.it qu'un!! pièce, qui étail
remplie de IJU\'eur , ouvriers ycnu pour ,oir.
o~ mois ·onneurs lrempanl la ·oupe; on nïnnta per oune à oi-Lir; la famille royale ·'a sil
sur des bancs de l,oi et prit son repas au
milieu de pay ans qni circulaient autour
d'eux.

I.e 1il!u~ roi a\·aiL une rai,on pour nulori.èr Co mam1uernen! ù l'éliqucuc. ~[. de
la Pommeraye, dépulé du Cahado , \'enail
tl'apporter de Paris l'imitalion de « prcs cr
I•~ rnyage ». Or le s0111·erai11 déchu ne up-

Clicha GiraoJon.
' 11.1..1&lt;1.t;, X

TaNe.111 ,fa ll•Ros lii'R.uu,,f.J/mee Ju LC1J1i•re.1

portail ,.de rece\•oir un ordre df' per onne;

t:w.t qu il_JouJerait celle terre de France. qui

cta1t la sienne, il 'y considérerait comme le
~nitre. "il se relirait, c'était pour ue pa·
aJoutcr au m:ilbeur de « ses pt!uplrs i, ; mais

X

'EN FR,.ANCE - . , .

il le lai ail ,olontairemcul et à sa b'lliise. Ile
qu~•I droit, d'ailleur , enrier . un Yieillard
11 celte unique el amère douceur de s'attarder
1111 peu sur le ,ol où il •'•Lait né et qni ·ans
&lt;Ioule, ne reufermerail pas sa tombe·? ... &gt;t
li. de la Pommeralé, devant celle indomptaLle fierttl 'i11clin11, et le roi Jonna l'ordre
de continuer le ,oyage à peLitc journées.
Tandi. que le repa , dnns la confusion do
!"auberge, s'achernil, la füle de Loui .'\'I,
écroulée .sur un banc do bois, le visage cou\'Crl de son l'Oile de deuil, songeait i elle avait
souvenir d'une autre maison de parans.
entrevue. jadi , aux jours de sa petile enfance; c'était ~ Y:1rennes, l'épicerie , aucc, où
elle avait. passé la nuit, avec son p'•rc, ·o
m ~re. a tante, :;on [rhe .... Elle sPulc :mni\'aÏl; Lou étaient ruorL, et de quelles morts!
De :,e · rem: sec·, Joat I cils étaient rcmgé·
par les lnrmes, clic regarJail' ceux. qui l'euLouraieot aujourd'hui : ,. 1·ieo roi dool
l'ob li.nation, aprl'S avoir perdu la couronne,
p:menait ;1 'auvcr la dignitt! de la mon,tr•
chie, son JlL'.U"Ï, .a nièce, le ,jcuue prince et sa
mère .... Quelle. lragérlies leur étaient ré::-ervée '! Pourquoi la rnal11 de Dieu s'appesantis·ait-eUe de la sorte sur celte race de:. Bourh?ns? Et ou regard \milan! suivait, par la
pièce, le duc de Burdeaus, dont on entendait.
parmi le silence. ·olennel , le rire clair el
les que lion:; curieu e ,
'\aï\'ement, jl "Uett11il le· homma •e . .\
llonle~ourg, où l'on fol le 1~ le paysan ~
prt?Ssa1enl autour de a ,oilure : on l'acclama.il, on voulait 11;1 voir, toucher ~es 111ains.
" Revenez ùientùt, mon ùel emant, triaient
les femmes.
- Ouj, oui, IJientëtt, &gt; répondait-il en
riant, t en écarlant, d'un joli ge-1e, s, cbe\·eux Lloud qui tombaicul sur on Iro11l.
(ln p:in'int à Valognes le J;;, un \'endrüdi,
par uue pluie battante. Lr ,,a te bdtel d •
,\1. du ~li1nildot étail réser,·é au, exilé: . 1.,
roi manif~sla le d'.··,ir Je ·l repo,cr pendant
11uelques J0ttr ; il l di~posait a,·cc la dnc.:hcs c d"Angoulème d'un grand appartement: 1~ dttrhe ~e Je 1!11rry cl a fille o cnnlt:utèrent de qu '•rue pièCè.S; Je duc d'Jn•oulême e loge.i dan· une aifo. Il ne re. liiil
pour le jeune prince •1u·un petit entre ol, audes u de •• r~ c~ : M. de Damas, ·ou gouverneur, 1 m talla tant bien que mal.
Uaus la cour, 1111'une grille sép,rait de la
rue, étaient les ,oituros: troi cais ons deux
cl1a.riot · et le trois !!rands carro. es' de fa
t~fllille roJale; on n'm·ait pas pri · Ta précaulfon de repnrer cclo..i de Lharle~ X don( lei:
portièr~ lleurdi·l}' t:Ps é.laie11t, d puis Laigle,
. :rros ·1erement linruou,llée: de hlan • D.
La. ar?c du roi ·e eompo oit enrorc dt!
~ept a 111111 cent· hom111cs : les bourgcoi · de
''.alog1~e. les héhergèreut. C'~tait, daus uu
\'Jlle s1 calme d'ordinaire, une cohue, un tunmlte dè la _IJOinte du jour ju qu'à la nuit.
füzas, le precepteur du duc de Bor.dcau\:
a1·ail. lrouvé ref_urre .dans un greni •r à foin ;
le dm1anchr Je· cm.q henres du malin il
entraiL chez l. de Dama. que le roi a:·ait
1•hargc! Je toute l'organi ali1.111 ùu roya"e, til

�1t1ST01{1J1 - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - Le roi décida qu'il L, ferait à cheval: le
qui se troum être, de la orte, le dernier mi- se rompent, le garde· ' C précipitent sur les
convoi
reprit on ordro de marche de· jours
main royale ; c'e t une confusion, un émoi
nistre de la monarchie.
précédents
; tous les \:Il uipages de suite resinexprimable
:
de
ce
rudes
poitrin
•
'échapTandis qu'ils travaillent eu emhle, le petit
taient ~eulemenl à \ alognes. A mi-route,
prince s'éveille et, d'une voix éclatante, :ip- pent des cris de douleur.
« Allons, me amis, fa.il le roi, caltnl!Z- d'une hauteur, ou dooouvrit la mer, et le
pclle « Damas! •&gt; Maza- entre dans le cahicortège, au sitôt, Ill halte. La
net; en le voyant, l'enfant
duchc ·e ù'Angoulème miL pied
éclate de rire et. le ai ·i :ml
à terre, et, :mivie de ,\hne de
par Je cou, lui enfonce de force
~ :iinte-~fau:re, entra dans une
la tèle dans •on oreiller. Le
forme
posée au Lord du cheprécepteur cherche à se dégamin:
c'était
fa dernière maison
ger lor qu'il sent une main
de France où elle de\'ait pé.n ''appuyer ur ses épaules. Il se
trer. Quand elle en sorti l, l '
retourne: Je roi c·t là, tr~
ycu.'I'.
rouge. , elle contcrnpl.t
amusé.
longtemp le majestueu · horizou
« A.h ! bon papa, cric gaid 1'01:éau : 11ui - elle remonta
ment le jeuno prince, allexen ,oiture et fo comioi rnprit ·a
vou -en. JI · a des puces ici. 11
marche.
on lit, eu effet, était &lt;1 un
[ne heure plus lard, à tranai chenil ».
ver
une foul Ltou.leu e d'tiu&lt;&lt; Que I u ·-Lu, mon enfant.
\·riers
el de pêcheur , en vue
répliqua le roi, tu en entira
des
bassin
&lt;lu port dont Lou
Lien d'autre . 1&gt;
les
màt
se
pavoi aient de
Le duc de Bordeaux déjeuna
llrunmes
tricolores,
les Yoilure ·
à'Ull bol de bouillon; on ap·
roples
franchirent
Ja
grille du
porta à sa sœur du chocolat.
vort militaire entre une douDeboul deîant une pelite table •
hle haie de troupes; tout de
1,oüeuse, les deux enfanlll ~•a,\ CW:RBOüRli : LE DÊf&gt;.ART ( 16 A001' 183o.)
suite,
les commis aire inmusaient à la faire basculer,
Yill'rent
le roi à franchil' une
D'1JprJs
une
lithogn1phle
:tu
temps.
(Cabinet
des
EsMmpe.s
.)
cc qui occasionnait, dan" les
pa
_erelle,
draptle d'étoile bleue,
tasses, une t2wpêle dont ils
qui
joignait
au quai le pont
riaient comme de fous.
d'un
paquebot
américain
:
Gl'eat Brilain;
vou
:
faudra-t-il
&lt;lonc
que
ce
soit
moi
lfUi
La cour de l'hôtel du Ménildol ét:ait cawmle roi leur adres~a un alut très froiu
brée de garde , d'officier , de r,urieux même. vou con ole 1 &gt;&gt;
Les gardes reprennent leur rangs i cha- el pa · a, sa famille le suivit. Tandis que
~\.prl&gt;s la messe à l'égli e parois iale, où le
'ccbaugeaît un dernier adieu, oo portait le
cun
dllS porte-étendard 'avance alors el,
roi reçut la communion, on revint à pied par
malles
à bord: Charles X. déjà anil disparu
incliné,
pré
ente
au
roi
le
drapeau
de
la
comles ruos. Dès que le roi fut rentré, par son
dans a cabine. 11 une dcmi-beure; tout
ordre la grille de l'hôtel s'ouvril. Une co- pagnie. Le roi en touche la soie :
fut prêt, le vaisseau ltendit se· \:Oilcs : il
cc )le ieurs, dit-il d'une voi.\. forte, je
lonne de garàes du corps - les douze plus
élaiL
deux heures el demie de l'aprè. -midi
prend
ces
étendard
,
vous
a1·ez
su
les
conanciens de chaque comparnie - le ofücier
el les étendard en tête, ·ouvrit un chemin serl'er sao tache· j' e père qu'uo jour mon quand on le vit évoluer, et, remorqné par
dans fa foule; leur tenue était aussi sévère petit-fils aura le bonheur de ,ous les ren- un vapeur, se diriger lentement yers la
mer.
1u'aux plus beaux jours de leur senice, à dre .... &gt;1
A ce moment les gardes du corps, restés
Puis
il
fit
un
ges
le
et
les
gardes
se
retiParis, lorsqu'ils traversaient la -place du Carrousel pour monter dan le appartements rèrent; le roi, brisé, YOulut. pourtant parai- à cbc\'al à la grille du port, • découvrirenl;
tre au balcon pour ndre ser un adieu à la d'un mouvement unanime ils tlélach1·re11l &lt;lu
royaux.
Ces fidi:les serviteurs montèrent d'un pa. roule: il 'avança, toutes les rumeurs s'apai- leur coiffure la cocarde blanche, puis, silenrythmé jusqu'au salon du roi; on n 'enlen- sèrent. Le 11ieillar&lt;I essaya de parler, mais il cieu ·ement, ils firent demi-tour lrill"er èrent.
&lt;la.il, dan le grand escalier, que le bruit des 11e put; il fil sign1o que la parole expirait sur la ville, remontèrent au pas la côte de Chere lèvres: il se retira, la tenèl.J•e ful re- bourg et, quand il forent arri\l!S ur la hautalon de bottes frappant sur les larges dalle·.
lermée,
et la mLLltiludc, . ilcncieasemeut, se teur, là. eulement ils firent halte el e reLa colonne se ranoea dans le deux grand
tournèrent : beaucoup pleuraient.
disper
a.
alons du premier étage, tendus en jaune; &lt;le
Le ,·ai seau qui cmporl:ail ln I icille moLe soir même, une main pieuse détachait
la. porte om'ertc, où 'écrasaient les derniers
narchie
de France avait déjà franchi les
de
leur
hampe
la.
soie
des
drapeaux
qu'on
courli ·an , on apercevait la l'énérable tête de
pas
es;
es
voiles onllées el blondes, sous la
plaça
dau
les
ha!!:1.gès.
Toul
était
ternùoé;
Charles X, le ,·oile noir de la Dauphine, le'
lumière
du
jour
étmcelanL, le pous "aient Yer ·
l'heure
de
l'exil
a.rail
irré\'Ocablemenl
·01mé.
fronts courbés du duc d'Angoulême, de la
l'.\.ngleterrc:
il
regardèrent le 1·ais eau s·cduchesse de Berry.... Derrière eux ~e lcloigner,
atteindre
l'horizon, di paraitre, « renaienl le duc de l\agusc, le baron de Damas,
passant
peuL-ètre
par le ilion qu'avait jadi~
C'e
L
le
lendemain,
lundi,
Hi
aoùt,
rnrl&gt;
M. de la Rochejaquelein, d'auLre encore. Le
crewé
dans
l'Océan
le navire des tuarl
dix
heures,
que
la
cou..r
fugitive
entama
sa
roi, sans mot dire, ouvril les bras ....
vaincu·.
&gt;&gt;
Toul à coup le:i sanglot éclatent, les rangs dernière étape.
G. :LE roTRE .

MAURICE MONTÉGUT

,

Les Epées de fer
0
LIVRE PREMIER
l li (.-mite).

Or, un matin de &lt;liruanch!!, le menJianl
apparut, !rainant a carcas e, sous Ja tour
d'Llar coët. C'était le ·urle:ndemain dtt conseil de - chef: à Locoal; déjà, à certains
indice , le souJhemeul prochain se pouvait
deviner. Cha&lt;1ue heure dm·ait apporter son
incident, vulgaire ou grave.
Turpin inttlrro••ea Ko:t \. kourn, selon on
habitude: el eJon on habitude, Koi A kourn
réponùit par des métaphores ib1llines, de
phrase obscures à de ein impréci es, t'acilemenl rétractables.
- Rien de nom-enu ~ disail 1~ comte.
d'humeur tranquille, cc malin-là, car la
guerre prochaine le rassurait; dan cette
tempête, levée aux. qwme coins d'horizon,
tout autre bruit 'allait perdre. - Rien de
nouveau, vieux garçon'?
Le mendiant désirrna le nord-oue t de on
ton" bra étendu, puis secoua la lètc.
- Uuoi? qu'e t-ce qn'il y a par là 1 diL
Turpin, habitué depuis longt.emp à es
manière ·.
L'autre, joignant les talons, présenta son
bàton à deux mains dans une parodie de
salut militaire et soufOa :
- Cadoudal[
lui, fit le comte.... Cadoudal e t
parti ... on ne sail où, chercher des armes,
&lt;le la poudre ....
- ,\sec Eveno ; qualre jow- 1 grogna Je

Yicillard imbécile 11uclt1 uc éclai.nisscmcuL que la mère de Bernardin; certains la présur ce qu'il avait cru surpreudre.
tendaient folle depuis la fin tragique de on
Le Hepo.e· l'inquiétaient an cesse; mari; d'autres la vénéraient, comme une
t·'élail la demeure de Uernardin 11ue sa jalou- sainte à &lt;ru i Dieu ac.cordait de Yisions.
~ie r uoutail: Bernardin. •[Uf' no. C aerneillail
Elle annonçait l'avenir; OU\:ent ses p.r 1tl' un . ourire in1:onnu /\ Tnrpin; Dernardi11, diction se réali èrent. Avec le recteur .\ llano,
qui apportait, 11 sa hcllr voi~inc, les rar,
elle tenait des conciliabule ID! lériem oi1
!leurs de on jar&lt;liu et les Jni otrrait eu de cho es surnalurc.llcs étaient révé!Je .
Turpin. resté crédule, superstitieux, malgré
galant hommage, arnc d · complimc11ts llatleu r el des ge Le. J'aJoration.
on .éjour à Pari , redoutait que cette vo antti
Si cette baraque a.rail pu brûler par _pénélràt ses sccrels. Il l'évitait. Mais donc,
quelque nuit sereine il aurail, lui Turpin, pour Loule ce rai on , qui parlait des ncassi té ~ sa deslrnclio11 avec 1111e joie de déli- po~es l'intéressait sur-le-champ.
Il secouait le vieus: pour eu faire tomber
vrance, en souhaitant. loul bas, 11ue les
habüanls re lassent enseveli dan le murs des paroles; et le vicm. racontait, en bégayant. qu'en pa saut par les Reposes, il avait
11eroulés, car il n'aimait pas nou plus maùamc
de Joyenne, la l1m\'e tlu décapité de Vannes. ·\·u. ouverte, une fenêtre 1a veille encore forElle se montrait uautaine ,is-à-l'Î - de "Cil~ rni!e; fenêtre de chambre à l'ordinaire inoccupée; qu'il avait, en bon espion, compté les
d'Jlar ·coi,ll, rcl'u~ail toutes relation enlre le
deux châtellu..t, bien qu , dan une époque, per onnagcs de la mai on; tous étaient passé
c ·lie &lt;Jui pa ail poul' Clautline eût fait quel- deYant lui, maîlr~ on valet , tandis qu'une
ques avance ·. lfadame ùc .Joicnne, i pen ombre allante, derrière celte mème fenèlre,
qu'elle la \:il, la traita d'évaporée el déclara dénonçait la présence d'un être inconnu, nouque l'air de la capila.le l'avait perl'crlie irré- vellement arrivé. Il avait interrogé ... 011 lui
avail enjoint de se taire .... C'était loul cc
parablement.
Puis, c'était encore une étrange per onne qu'il avail.

VICUX.

Turpin approuvait encore....
.
- Oui, oui, avec Evcno; le pœro1er bataillon; l'expédition durera quatre jours;
pui ·, après, la danse rommcncera.
Le mendiaul se mil à rire . Le Lemps de
&lt;ruel're étaient de tcmp de Lutin.
0
Il se tourna yer Ic ud, ù1diqua, dans le
lointain, le toit. pointus de bâtiments masqués de 1•erdure perdus dans les ,,aJ]onnement . Le comte tressaillit. Là était un
souci.
- Eh bien l quoi1 Qu'e t-ce qu'il y a aux
Reposes? Que fniL Jo)enne 1
.
.
Koz kourn ouvrit les bra ; il ne :1.va1t
rien ; mais pourtant .... Et il murmw·a :
- Un oi eau de plus, dans la cage ....
- Cc qui ,·eut dire'?
Alors, par bribe , par morceaux; Le Glohanic arrachait péniblement aux lèvres du

Le curé sortait .:k snu fresby°l&lt;'re, qu211d il se vitentourd p,1rune N1nd&lt;'dc sa rwae-es.Enu11em/n1ll r!,
le µ-étre jurtill' fut pouss~ cantre u11 mur.... Q11and li t•tl q11.Jlr• J 11sils sabatsser, Il tomba sur les ge11011.~. !,s
,nains tmdues, lu rem, au del. 1Jan$ et/le t oshire on l'at-attlt; u11 ç1111p d( luche fi/ l'on11e la mesure. (Pa~c4n i

�tHS T 0'1{1A
'l urpin rci pir.i. Il 'atlcnJàil lonjonrs à
calaslrophc, l'lti5toire du mcndwnl lui
p.1rul :am inlôrèl.
Qut1,1uc Cl.10uan, peru a+il. GeorgC's,
\llèore, Merder el GnillcmoL onl bien pas é
la auiL aux Bcpose., i[ y a Lrois jours ... c' L
ln rcfu"e de Lou· b parli•3n. Celle femme
11'1•. Lpa· i;atU.iile J'a\'Oir envoyé son nnri à
l"éd1:if.lud, il fauJra que le fil· uite le père!
Il haussa les ~paulcs et cha·.a les souci •
l\o e Uirol dt'srcnda il le marche du perron;
H crut rnir le olcil c le\er ur la nuil de
. on âme; il 'avança vers elle, chapeau La.,
cl lui tendit le bout d ·· doigts pour la conduire !t un \ lC U:C banc de pierre où elle 'a ~eyaiL volo11lif'rs &lt;lï1abiLudc. fülc repoussa la
main, rcl'u,a Je 'asseoir ;
Qu',111•1-vous, ma dière ;'11ue"?
Eli • ·arr \ta, le regarda fh1:ment cl rcparlit :
- Je m'em1,~Lc 1
11 rc.1:,ta coi. 11 sa\'ait qu'aux. heure· de crise
lout e s1i &lt;l'apai emcnl dl!mC'u rJil inuti],,.
r.~ cri e$ i.ilaient [ré11uen1rs. Il la rl'garda
s 'éloi 11er sou h, · arLr • :in o ·cr l:i uiu .
li jeta dan fo chapean de Koz .hl.ourn,
1tuelr1ucs O11s, el le com::éùia.
L'au1t·c i,'cn ful, d11pin:111 t, ver de nouYdles aumônes. Il élait a,·iJe et san autre
intelligence que c rtkcS du métier. fais de
es indie.1tions, mimées ou Lé••n1ées, &lt;leu1
incidences ·e dégnnc,1ienl : en premier lieu,
Cadoudal, avec Er no, élaiL parti "Cr lc NorJ,
Jan un but annoncé, 11u'il complail atteindre
grke à. des mo)ell m}·stéricux; en econJ
lieu. le château dl'" llcposesabritail un nouvrl
hôte qui ~e c:11:b.ait et dont on n'avou:iil pa ·
fa présence.

mulire, le }CUX clair:-, - cl fannlil(11e cl ronaanlc, ~coull'z liit!n, les hommes! \·ou
an pilié.
èl de lraitrP. devant Dieu, dei; làrhe:. dc'fanl pi· pour le ennemi ùe la tui qui ,·ant mus-mêmes; je devrais brOler vo. toits
tomberaient dans ce mains-là: ltur compt
el vou jctrr dan les namm(I-; pour celle
était Lon· Ja.c4ue Eveno, entre deux canti- foi , je me conlenlcrai de cet exemple ....
&lt;JIJC , recommandait froidem ent à c1!S homIl montrait Je corp élendu du prêtre a 111 s d'achever le Lies é·: il rrpétriiL trois
ermrnté, d'où quatre ûl•ts de ·ang 'échapfoi., afin de i:e mieu"t faire enl •ndrc :
paient el ·inuaicnl ur la route.
- Ou ne l'ail pas &lt;le prisonniers.
- Mais, pour rançon de vo exi,Lcnce·, il
F.t, penl-ètrc pour ra~surer le. derniC'rs 111e faut des che,·au1, de eharrelles et Jes
trouLles des con ·ciencr. , il ajont.ail :
!ntide . Lincz cc quo vou ayez et que trois
Oieu conduit rolrc brai;.
jeune "CD ,e prl!sentent; s'ils 011l fidèle·,
Celte précaution était l&gt;icn inutile; il avait il r •viendront: ,'il nous én-arcnt. il ·ont
oufllé ·on àme à ~e · ·ompa~nons; Lous, à morts. Allons, faite Yitc!
présent, r,h-aienl Je cruantë. $uperbes à la
Une heure plu~ tard, cnradranl six rnigloire du eigneur; ou nom de Jé u., ils lure~ à rnob on· , Liréo · cliacwic par dcut
1n:1,s, acroient.
gro choraux en n,•i:he. le Chouan 'cngali allaient : Georges, M rcier, En·no, eu "eaienl dans les gor,,.r. profonde de Cortète, seulement précéd~ de •1ucl11ue éclai- nouailles. Trois gar d'KJcrn marchai •nl à
reurs, marchaol ·ur le tala . lb suiqicnt l'a,·anl-garde, cnlre douze compannons 1p1i
1,,, rnlfor couvert., se gli saienL ous .boi ·, ne le quittaient pas de l'œil.
franchissaicnl les cour. d'eau, montaient el
- ~:a va! dit George .
~lereier ouril: Evcno e, inoa.
des endaient les pentes, de heurr.!, aprè de
heure ,,an balle, an. repo ·, nos 11u'aucun
A deux lieue au nord de ChHcaulin, la
fail1lildao 1't1llure Loujour· ~ alemcnl rapidl'. route qui va de celle ,•ille à Landerneau, pui ·
li é,·itaienl UenncbonL par un détour à à Bre L, en contournant la rade, de ccud :1
"auehe, fflaient ou Ponl- corfT, saluaie11t pic pour franchir un ruisseau eocais.é, el reÙl! loin Quimperlé, gro se •rarni ·on bleue, monte en uile les pente boi ées qui mènent
campaient ur la droite de Rosporden; le à Quimerch. C'c l là qu'était .ituée la poulendemain, il obliquaient yers l'intérieur drerie oil s·aJimenlaienl le- ar enaux der Lodes terre , lonrnanl, lr au larire, luimper rient et de Bre L.
,\ l'abri des cntrcpr,ises extérieure , l'élncl a menace, s'avançaient ver~ le nord, ou
Carhaix, lai ant 'caë1· au sud, et tombaicni. Llisscment trouvail un moteur parfait dans le
ruisseau rapide sur leq ucl il élait in tallé, rl
ver midi, au viJlarre d'Edern.
Il avaient coupé cinq riYière , \'Etel, le le lransport d1' se produits était facile par lu
Olaret, le corfl', l'Odet, !'Aulne, . oil à gué, rade de Landévennec. La position ·cmhlait . i
·oil ur la 0 lace, car il } avait re11ri.e de froid sùre, on était i loin de redouter une auaquc,
polaire; ils avaienL cou rcrL do1ue lieue par que la g:irde de la manurac1ure avait été conjour presque san provi.ion , battant la e- fiée. à quinte ,·éLérans, commnnd(i. pnr nn
011 allail Georg~'! Chercher du la poudre, rncllt&gt;. , fouettant le corps :nec l~ l,ra. aux serrrcnt cruadra:,:énaire. A1ec le · ou,·ricrs,
comme il l'a,ait promi .. Mais où cela'! C'était rare balle , aux bivouac du soir, autour sans armes, cc po le pom-ail compter ccnl
son ccret. La Ycillc, il arnit ordonné à Jac- d'un pamrc reo d'ajonc humide~, drga,,.eant cinq uan le t ~Le .
lieux cents Chouans, ~autant comme de ·
•1ue Evcno dP. rassemhler se~ homme en pl11. do rurnéc ttlle de llamme, piquant b
armes, sur la lisière du l!ois-Charlrcux ; il le:
chal ·, hurlant comme de lo1..1ps, à l'impro·eu:., ne dchauffanl pa .
y a1·aiL r,·joint, aYcti •1uclrp1es campag11on,,
Edern •lait, alors, 1111 hameau de tfül 1i ·te, en"abirenl l'c11ccinlc, •nroncèrt&gt;nl la
et tl, étai1·nt par1i.- le lon rr &lt;les cl,emms creux. clrnumr , un de c.cux-là que lt!ur :itualiun porte principale el Jeu~ aulrcs porte donn an plu Lol, é1 happ' de' pri oo • tl • i.-01i: . d: inlérc ·~ail dn ilrnmc national; le:. nant . ur I par ; le re Le ds la troupe garJail
llresl, Lraqu •. Cl rugi tir~. (,ror;.;es, Allè rre rt haLilanl , rc 11:s apathiques, inJolcnls, rési- le· haulcu r cl ~nrveillail le. alentour .
L'irrupliuo élail i soudaine que la ré,i ~forcier passi:rcnl, un soir Je lune, luul pri:
gné, peut-èlrc aux arrèlS de la Providcact•,
du Pont-de-Uai,, entre hàle.iulio cl Lanr.lcr- :rvaicnl ac:,()('pté le curé a ermenté que leur tanre l'ut à peu pr\ · nulle. Ct·pP11danl ll!s
11r.111 . Ut i'·1aiL f.1:il11il! une p1111drcri1.1 con iJ~- :rl'aiL impo 6 li! district.
vél •raru, raUié ', 1on l'-re11L un imulnere Je
rJl&gt;!c ']Hi al1111enlail le~ arnmaux de port!'.
li sortait de .ou prc l1yt;.rc, quand il se vit combat. Ilt'!lranché d:ms leur corp de "ardc,
1;eor"C nota ,·c poi11L pr!cî,; Jaw es .:.omc- Plll1111ré par une Lande d" • auvage 4ui sem- il Liraient par 1 l'enèlre . Deux ou Iroi
nir ·• Cd.1 potnail scrrir un jour ou l'aulrr. l,laicnt sorlir de terre. EYeno, ,p1i élai t ren- Chouau · culbutèrent: la ripo Le diminua de
~eigné, 'offrait une di tr,1c1ion. Georgeslaissa quatre le nombre de défon eurs; le er"ent..
Cc jour-là éL.1.it venu.
Via:.;t-ti1111 lieue PllYÎ ron éparaien l lt! l'aire. l~n un e minute, le prètre jureur l'ut était par terre, le rron t troué. Mercier s'élança
Pont-de-Buis do Lo1:o 1, Ji,lauce allonrrée co- pum. é contre un mur; il hurlai l de prièrci, entre les Iu il ; cc corn bal ~an i.:loire l';ll1••1re par les di'tour · obligatoire., la rnlcc~silé des menace . des imprécaLion~, menaçant de 1ris Lait el lui n:put!Jlait :
J'é,•iter le ville·, le cantonncmenls répul,li- l'CJ1ft;r qui l'o erail toucher. Mai quand il
- ncnùcz-rou. ! la Yi· :imc l cria+il aux
vil ,1ualre fu ils 'ab:ù ·scr il lomùa ur les ,,:Léran ; ,ou 11c pouvez. rien !
cains et Il!, !!rande rouir .
Lo· soldats jctùrc11t leur~ ru~ils. li . C
t;corge.~ pareil un lundi à l'anhc, en di nnl genou~. les main teudues le· )Cllx au del.
:1 ceux qu'il iai·. ail derrière:
IJJ11s celle posture, 011 raLallil; qnatre balle
·ompreaaienl pt•rilu . lis ;;ortircnl du JlO le.
- An rt•\'oir; à je11Ji.
mirent fin 11. e n-rimaces ; un coup de hache
- A pré enl, ÙÎl Eveno en e frottant ]Cl:;
11 compl.iit qu~llri! jour pour ,on expédi- lit bonne la me ure.
main·, aou alion \OUS fusiller, m - bons
tion. Alors. une cou rse l'olle commença. Ils
- Amen! dit E1· no, en pous anL du pied amis 1
~Laient cinq cents, des jeunes, de \'Îeux, tous le radavrc.
- Ètcs-You: rou 7 fil Merc ier en le r1•pousvolontaires, tirés ~u sort parmi le autre ;
'ferrifié , les paysan d'Edern souge.1icnt à ,a11L rudement, ce homm!'s ont ma pnrolc.
car chacun désirait n être; cinq ceuls ro- fuir; impos ible; le village était cerné.
Eveno ricaUJJit et faisait si..ne 11 .c eo1n1111 le , agilt's, courageux, mpfian ts. la mine
- Halte-lii ! cria Goorge de a voix clai- pag11011 . •

1111c

11

1

0

- Jeune homme, lai· cz-moi faire ... c·et Or. Georges cl sn lroupc lilaiPn1 de Glomel à
1111e petit,~ revanche de Qui!, ·ro11.... lloeùe T~é~aran~ec: l'i, pendant que l'ennemi pa.a1bsi mail promis la ,·ic à omlireuil. ... Ou :-a1t ?err1ère leur conrni, ils atteignaient le
peut patfoL iruitt•r !loche .... Et puis j'ai juré llorb1han saus oublier per onuc en roule.
&lt;le 11e pa foire de pl'i onnier ... allons, le~ . G~rg_e ' avait tenu parnle; il re,·enait le
gars 1
JPUd1 _sotr, el rapporlait la poudre qu'il avait
_Mcr,cicr, livide, cri pa le doigt ·ur la promise aux chefs de Chouan a ·semblé .
po,giwc de . on sabre :
E~e fut partagée entre le. légion·. A la
- (;es homme :,onU, moi; ilsse~ont r •uJus ma111er, 1 hameaux 'eniiévrèrrnt; le tem~ moi, j'abats le premier qui les louche.
mcs, les enfant . fabriquaient des cartouche •
- Oh! oh! fil Ern110, on \'a roir, mon pl'lil ! Le plomb ne manr1uait pas, les toitures des
A ect 111 ·1ao1 Cadoudal parut, il ~orlail du ch.'ilcaux, des é•Tli·c., s'offraient contre l'eupart.
ucrni.
, - (:1•or~c. 1 appda lll'rcier, en désignant
A Locoal, le comte Le Glohanic, chef du
Ernno, déharra --e-moi dr celle brute ou .... ,ic balai!lo11, rcçuL quinze cc•nts livres de
li n'ache~a 11a~ :
1:011d.r ·; trois c ·nt. fnrenL •·mployécs .ur
- Pi\'olt· t 1liL Cndouckù au cht'f du i •1 lm- 1heurP; pour ll' re~le, il tallait une cachette
t:1illo11: ,a-t'en, loat de suite. J'ai enleud11. ,ùrc. Le r cteur All::mo OUHit ou égli c.
.\f •rcit•r a. raison ..\ux 1oitun•s, le nar !
Dan une chapelle latrralt-, il dissimula Irs
E11e110 ne cédail pa · encore. la tète liais- sac formicfoble, ou une lioiserie dont la
Wt', il ongeait en se mordauL le · P·Yre., m: coulis e était masquée par 1111 confe ::Ïllnnal.
l,ou"eait 11.1s.
Xul ne d vail jamais on"er 11 le: allt•r cher- Qui dom· command1• ici? rcpril Cadou- cher là.
dal. Yeu -u1 que je te ca~sc ... de toute · le~
ept per 'Onnes connai.-.~aieul le ccrcl : le
faeons, pn)~an '!
recteur AUano, lo com1e Le Glohanic, lo ferIl leva le bras. Alor E1 eno recula.
mier l:ynourez, se dew: fils, es deux neL~ Chouan, chargeaü•nt le ,·oiture ·. Le · 1eu , Olic_r et Fanch, Maze cl JiLi; le prêtre,
ourner:;, anéanti , stupides, le. rerrart1aiCJ1l
le chef el cinq dé\'ooés ju qu'à la mort. 'l'oul
cn!e'i'er les baril , les ac de poudre, la •t~it bien ainsi. Cadoudal approuva. Dieu Yeilc~s. e,. bonne à prendre, contenant dù.-huil la,t ·ur sa poudre.
nulle ll\re ; no cr dan le canal les matérianx,_ le.,; in trnment' de fabrique qu'ils ne
Cependant, au manoir de Repo e , la rie
po1muent emporter. Toul cela fut l'atfüir1• s'ét~i~ moùill.ée. Madame de Jo)enne aYail actl'un in tanl: cl, la· aut derrière ell(• le: cue1lli Claucline a\·ec uuc exaltation ombre,
,-~i'.1c11 · . au!' e~ .lupéfail.5. la colonne exp,:- comme _un hôte presque allend11. Ce qu'elle
dtuonnaire repr1 Lla route du )lorbiban.
appren:ul de son étrange hi ·toire n'arrivait
• ~n pas ·an! par Briec Hiaint-... égal, E:rnno, pai; à l'étonner. Dan Bo e Dfrot, elle avait
a l1lre Je rompensalion, f11sillail encore deux. di cerné lïnlrigoe el le mensonge; elle di ail
curé jllfcur ·.
om·ent d'elle :
Cadoudal arri,·aiL à la haulrur ù Plm lien
- Ccllc rcnune ·enl 1, fagot.
11w111d il apprit ')He troi Ùalaillon. de QÙimTout de aile elle s'éprit de fa naie Claup,'.rlé_ couraicn~ :1 ~a poursuite. Mai les t·épu- dine, cl 1• voua à sa eau· . Elle l'cnloura
l,li1·a1n., pnr~1 · 1•n hâte 1•t ah· renseig11c- d'affcclion; pour la première foi· de a 1ic
111cnt , n • n,;uenl 1ruc\rc quel ch&lt;'min prendre; mademoiselle l,c Globnnfo v1tc11L scion so~
Lon. les ,·apport~ rccu1•illi; L;taicnl contra- rann-, dan le milieu r1ui conrenail 11 ses oridictoire~ ou incerl.1in ·; 1 Chouam lai ~.tient "Încs.
après ••ux 011 dl' parlis;ui - fidèle· ou de~
Oe un cùté, Ilernardin, jcuo1 1 ho111me foul'lmemi. lcrrol'i és, peu oucicux de ·c com- gueux e~ _~ponlanê, entit:: dès le début, c111e
promellrc.
la r 1fogrne des llcpos1• 10stallail en som·cEmbarrai,:,b par leurs charrclll!', engagé
rainc da.as sou cœur loojour ourert aux enJans des pente, défoncé s, l'-Oupécs d'ornière ·, thou iasme . Il se constitua son défenseur;
encombrées de nèige et de glace, ili annçaiènl .c jura, fût-il encore . eul à tenter l' culre11uand mèmc, ayant Lout contre eux. irardant pri e, de faire Lriompher son droit. de la
ll'ur Toi, el remettant au ciel le ~oi11 de leur réinstalkr nu milieu du re pcct de · foules
salut.
&lt;lan l'ancc traie demeure d11arscoël, où o~
Pour Loule. prt~ulion GeornC! en1'o,ail frère maudit, le premier depuis mille am,
1•n éclaireur dt•s olJats sans armes, ln hè~bc m'ait introduit la forfaiture. 1J re,a lar11cou le ralcau sur J'épaule, ,oirr un panier au 111eol à ilr. projels supt•rbe , dont la ,-anctI'on
hras, comme de boru; culli\'aleurs rer ,nan1 déünilhc était l'union trè lendr de deux
des c:hamps ou du marché. Si le Dieu . les races également loyale . li s complut Jan
surprenaient, le inLerro l'aicnt n11s mé- cc dénouement: el bien ou,·eut ses yen1 re~ancc, ai11,i 11u1• ,Jcs gl'n~ du pa, , i:em-ci llélaient sa pensée.
i. empre aient d'Jga1w la marche de colouClaudine, qui , depuis one année, avait
n~s ~épuLlicafoc par de
a,i · quïl c appris Lien de choses, 'en aperçut, certaifat atenl arracher.
nement. Celle constatation ajoutait un chaEnfin, les officiers Oleus réuni a Carhaix-. grin à ses mille douleur.. Elle ne voulait p~.
prusumant que le· ~forhihanai rentreraient ne . pouvait pa. èlrc aimée, pcn ·ait-ellc;
dao leur pays par Ponlc:allcc. comLinèrcnL mats, derant celle passion nai ante, elle
leur rnmn-emcnl sur Gourin •t Ll' Faoufl. s011/fril doublement de son passt• mystérie1111

raux

semenl trouble; elle regreua d'autant plus
.a déchéance, encore qu'elle n'en rüt pas respon ·aLle.
Madame de Joyenne, elle aussi, praéLra
sur-le-champ le · ecrct de on fil · toul
autre
Lémoin ·ans dout en eùt fait a~t.ml J·
•
mat celle mère, en plu , élait ingulièremenL
lucide, et vivait. extatique, les regard attachés sur on unique enfant. Après on mari,
le morl tragique, c'étail le cul amour qui
lui re tâl.
Et puis, elle avait à son t&lt;"ard d'aulrt!
raison d'allachemcnt fou, de tendre e déchirante . .'e ,·i ions, &lt;1u'clle croyail infaillibles, lui montraient nn a\"('Dir d'horreur et
des désert tlc de11il. Or, naguère, pour son
époux, tout en le poussant à la "Il •rre ainlc
elle avaiL, dans son rè1e, cn1re~~1 l'ctchal'auJ'.
~a_ confirmation. par le é,énemenl , de . :i
-1m lrc prophétie, l'affermis ail dans . a foi
de Vo ·ante; clic marchait, parJaiL. h.illucinéc.
Elle effrayait bien &lt;le gen .
Quand elle comprit 11ue Ilernardin allait
aimer Claudine. clics· Llri ta profondém ,nt.
Pourquoi. ce,- tentative~ de bonheur, pui Clue
fa mort el.ait au bout/ Et son sourire était
n~vr •, quand elte contemplait l'amourem
\Jbrant près de la tri Le amoureuse qui jouait
l'indifférence en démentant son cœur.
ur ces trois per onnarre , detu recélaient
u~e ~ngo~ e ;_ mais Joyennc pirouotl:iil poiLrmruL, 1.ac?ail la bride à sa ,jeune exuhéran~ei. d1sm~ de belles cho e ; parfois, s'arrèta1L ~nterd1t, et rougi ait un peu, n'ftanl
~as. lom de l'enfance. li chantait, il riait,
U_r.ut au mur, fai ait des appel de pied en
rcclamant Ia guerre; Cadoudal était bien
lo~g à donner 1~ ·i~ual; qu'est-ce qu'il attendait 1 Après la v1ctotre, Claudine renlrcrail 1c
front haut dans ]for coët. .. voyon·, George
dépêchons-nou ! . . .
'
ùr, un soir, apportée par le \'enL de mer,
les volées du tocsin ·onnci à la même heure
dans les r1ualre paroi es, firent bondir ur
leur~ ~ièges les hôtes de Jlepo es. Joyennc ~e
prétiptta aux fenètres. ur 1 , haulenrs, aux
4uatre point de l'horizon, de "rands feux de
genêt Cl d'ajonc. 'allumaient et montaienl
en flammes menaçantes.
La cloche el le flammes, c'étaientlcs deux
signaux convenus.
Déjà, de paysans armé ' couraient ur les
cheruin , entouraient le manoir, réclamant
!e~ chef. llernardin pous a un grand cri tic
)OIC:

-

En/.inl

li pas. ~ dans. a_ ct'!inlurc "a gr:mdc épée
de fer, prll son Iusil, sa pondre, se coiffa de
' On largo chapeau. JI était prêt,
a mère e jeta sur a poitrine· il l'embrassa longuement, se prosterna devant Claudine el lui bai a les mains.
. - Courage, les femmes! C'est pour le
Olen que nou marchons .... A bientôt!
ll s'échappait, hrusquanl les adieux triste
li d6gri_ngofa
marches du perron Lranlant ;
alor il levait son fosil et clamait à von.
pleine :

!è

�ffiSTO'l{1A

------------·-----------------~

- Hardi, les ga.r- ! Tous y Yoilà! Allons
reLrou,er Georges; ra scmLlemenL ! la !!llerre !
Gloire aux Blan~! Yorl am: Bleu 1
La troupe, ma ée dan- l'ombre, lui ré:
pondit par un hurlement faure, coupé du cri
répété de La ch01rntte; il prit la tête; sous
les mur· du manoir, les Chouans défilèrent.
Un grand bruit de . abot , d~1·alanl par_ les
chemin , [ai ·ant rouler les pierres, pers1 ta
Ionntemp après eux, quand ils e îurcnt
0
fondus
dans la nuit de l'b"n·er .. . .
Aux mèmes heure , Jac{1ues Eveno, le
comte de KerreL, Turpin, Le Globanic ralliaient leur hommtls el marchafont au rendezvous assigné. par C.adoudal. Avec Joyenn , ils
constiluaient la dtluxiome lémon La légion
d' \uray.
.
La reille, ,rercier était é!!lllement parb
orouper ses forces; les autre chefs chouans,
~uillemot, ol de Grisolle , aint-Régeant,
dn Bouay , Diger, Debar, Tréœs on prévenu
par lei courrier · poussaient ur le rout.e ,
à marches forcées, leurs compagnies épais.es.
Le lendemain matin, à L'aube, douze mille
partisans en armes allaient se trouver réuni
aux lande de Plumeruat, et ce serait l'instant d'accorder le violons.

Les liommes partis, les femmes pleurèrent.

dormait ur un lit, ico UI un coll're; et,
derrière la porte close, lt tr:l.l'cr le plaine
glacée , le vent du norù hacb:iit l'air à coups
de sabre, dans des charges réitérées.
.\lor:;, le idée 'Ombre , les noirs prcsentiment , la peur pour le · albcnls, crunpé
on ne avait où par ce. nuits reùoutaùlc , au
pi.re, par monts, au mi ux, ou:; boi'; toute,
le angoi s ùes mères, Loules le transes
de · ferrun ·, assiJcreaient ~ la l'ois la icille
pay anne, droite sur son e r.ali au 1 s bras
croi : en face du fauteuil vide d'.\lanik.
lli étaient parti cinq, combien en rc,·crraiL-elle '? Par moment, elle avani:A il la Lètc,
tendait l'oreille a.IL~ bruits e téricur , croyant
toujours urprendre un roule.ment lointain de
füsillade. Elle tr •s:;aillait; ~t.ait-c • ur l1•s
siens qu'on tirait de la orle?...
Et déjà, elle les perce,·ai l, livide. , le~ Ieux
l'ou , dans une fuite é&lt;:hornlée, Lurlant La
d~fnite, la mort, franchi·. anl d'un l1onù le
ravines, scalndanl le talu , dé,,rinrrolanl les
fondrière , pou és, par un iust.inct &lt;le bêtes
tra4uée , ,·er le gîte, le viUa~e, la maison ....
Elle se lijrnit pour 1 ur ou,rir la porte,
mourir a,ec eux ... ; pui , morne, elle retombait à on siège, reconaai ·anl son illu ion.
Cinq minute après. l'ob ·e sioo rccomm açait.
ou ,·en t, elle priait à voix hau le :
- )!aître de tout, au,e le père et les
enfan! ! laîlre de LOul, écarte do leur chair
le plomb qui lue; maître de tout, ce ont Le
ser,items; il · lutlenl pour la eau e, protègel · parmi Lou ; nnds-moi mon homme, m1:s
fils et les fil de ma sœur qui, mourante, me
les a donné . ,foüre de tout, penche-loi sur
les humbl ; aie pitié de mou cœur qui
tremble, pitié, pitié, cigneur !
El lle e iuoait comul ivolllent à !!rands
tour de Lra , Elle demeurait ain i, trëavanl dau · la nuit, sans s'apercevoir que le

A la ferme des Crnouvez, c'était la solitude
el la dé olalion. Alanik s'était, le premier,
jeté dans la campa!!lle, errant des. deu
main , en tra ·ers de on corp , on fusil LOul
chargé. Olier et Jili le suivaienl de près;
Fanch et Maze arrivaient ensuite. Le chien
Hok les prrcédai t tous: les oreilles droite ,
le nez sous le ,ent, les ,eux fixes, il avançait,
silenci u1., san un aboi; a queue droite
prolon••eait la Ü!!ne de ou do , ce qui indiquait la préoccupation. C't:Lait le meilleur
éclaireur de la colonne en marche.
Derrière eux, la ferme semblait vide; la
grande éza restait enle aveo Tina, et ico,
un gamin de quinze ans, dont elle était peu
ùre, en ce ens quïl louchait ,•ers la porte
et détalerait certainement i l'écho de la fusiJlade arrivait ju qu'à Locoal; per onne ne
pourrait l'empêcher alors de courir aux
Bleus; il n'avait qu'un bàton, mais il le maniait bien el 'exerçait lou le jours.
ur ce· trois délai sé retombait tout l'ouvra•re ; il· ,·aquaient san - goû l; les hèles,
attristée de ne plus voir leur monde, 'agitaient à l'étable qui étnit au si l'écurie. éza
leur parlait de a ,oix. rude :
- Allons, allons, vous autres!... oyez
sage ' ... n'ajoutez pas aux ennuis .... Oui ... ,
le maitre n'esl pas là ... , les gars non plus ... .
Vous les cherche~'! Us reviendront ... peutêtre .... Hevicndront-il , grand Dieu'!
Tina, à ces paroles, Uchait son balai, el
s'ai. e)ait par terre pour pleurer plu.,, à.l'aise.
ico, un doigt dans le nez, re!!ardait la route.
t:t les bêtes, compréhensives, qui sait 1 grognaient el gémissaienl, blàmanl la Jolie d~
hommes.
füi. 1,, veillées étaient lugubres. 1za
reslail de heures, immobile et solitaire à
contempler la da.n c du feu dans l'âtre. Tina

embu cad , 'enlié, rail a,•cc les soldat dan
la charge, -ou0rait cl gémis ait a~ec les
bic ~é , implorait Dieu a,·ce les morilionds.
Ame rude, c.ependant, mai accessilile. cl
ensiüve ur deux point ; sa croi·ani:c au c1d,
,on amour pour 1'bommu el le petits. . . .
La r1bine dans le chandelier de fer s elc1m:iait en crépitan~; alors la ncillc femme,
tournant des Jeux hacrards dans cclt~ ob~ct_1rité soudaine, gagnail à ti1lon on hl el i; Y
jetait tout habillée. ~lais son cauchemar ~ntinuait Jan l'omlire; el le mlme rerc~
pa. ail'-nt et rcpa . aient à lr:ner sa ccncllc
hallucinée! Ah I la uerre !

Le mèm" soirs, au manoir &lt;l · lleposcs,
Jeux aulres fcmrue veillaient, échangeant
elle aus i des propos lamentable:;,: madame
de Jol·enne, Claudiue Le Glohanic. Par les
époques de péril et d'alamlC , l cœu~ e
lient vite, urtoul entre deu.."&lt; ~tre Vl\'anl
étroitement ensemble.
Durant le lmvruc · journée de cet bi,·er
deux l'ois tragique, sn11 res e en tète à tète,
la vieille dame el la jeune fille, c pé~élranl,
réciproquement, en arrhaient l&gt;ien_ \11.e ??
:,uprêmes confidence ; ,imcs ap~ur •:s, rclugitie l'une en l'aulre, ell • e hvraienl sai1s
restriction; cua&lt;..'Une de ces bouches murmura
des a1·eu.."t tri tes.
Cne foi~, entre viogl autre , comme el~e
parlaient de l'ab cnl, l'impiltueuI._ che~al1er
rué vers l'aventure, comme Claudine e ;ilt.a.il à 1anter sa nobl e de cœur el sa plentlide bravoure madame de Joyenne l'iutcrrompit, en lui po'anl douœmcnl sa main
·èchd l'épaule....
.
- ton enfant, mon enfant, J • 1ou en
supplie, pour volr • propre repo , ri'aUcz pas
l'aimer, urlout !...
Claudine rougit \Îolemmenl; elJe cul uu
écart bru IJUe :
- Oh ! madame t
La mère de Bernardin la retint auprès
d'elle.
- , 'e nou elfaroucl1cz pas, Claudine!
Dieu m'est témoin que ce. rait mon vœu le
plu cher ... car you êl~ ditirue d~ lui •t n~
mai.on .e valent ... mai lelle baissa la YOL\
en larmo)'anl) mai .. . Bernardin e _L . déjà.
fiaot:é, héla · !. .. tian ·é 1t la morl. .. om, il esl
vuné à ln mort... je le ai~ ... je l'ai vu !...
A cc phrases qui semblaient insensJes. ln
jeune fille pous.ait ua cri d h\1rr nr, e11 étcuùant lt!- main, pour écarter les pcctrcs.
- .th! po11rq11oi dire œla1 C'e l tenter le
!iOrl, madame ....
- Écoulez, reprit l';1utrr, ~oudaincment
rcli,..ieu e el rtra,e ; reoulez et 1·ou juge1·e-l
apri~s. Uon enfant, est-ce un pririli•ge, e.1-cc
un :surcroît d'épreuve 1 le recteur Allano n'en
€ lts Bleus /es ,nterrogeairol sans ,n~Jiattce, ils ~·empressaient d'iJ!arer !J marche 41:S colo1111es repuNi- a pu dédd r. - mai , depuis des années,
caines tarde Jau,; aris. (Page-1r.)
j'ai ce don m~ t rieux de voi~ pl~s loin et
plus clair que les aulres. 11 ID arrm, à cer'apercevoir
du
froid
tains in. tant, d'a1oir de ,-ïsions surprrteu était mort; an
aigu qui tombait dan la salle et la glaçait nantes qui toutes annoncent l'avenir. C'e t
ain i ; les alhéP en riraient; les crOI~I.$
1:ntière.
Elle n'était plu là, son âme voyageait der- s'inclinent· mus sayez 11ue la paUl'rc reme
le LaqueL de Me mer l'échafaud
rière e aimés ; elle as ·i t~il aux alertes, aux avait YU
0

d;n

'---:------------------------------se cire. er devant elle: rxhnrtatiou du ciel à
purifier son :\me. ~loi, j'ai eu, poUI 111a parl,
d'analogue ré,·élatioo . La première, il ~- a
di\ an ; une nuit, éveillée ou endormit&gt;, je
rH! ais pas, mai~ quïmport.e'? j'ai enten1l11
un tunrnlLe de roix furien~t·; cl j'ai rn pa·t'f, sous un oleil arùeut, dan un Ilot de
11oussière, u"e bande d'hommes hideux, d,L
"UeniUés, coiffé. de liounct rouges el brandis ant de pil1ues; il criaient: « A Yer·aillc ! i, Il m·a scmhl,: qne j'étai au lllilieu
d"eux: jl' rc pirais kur· brucines chaude::-.
char~écs de ,in; je seotai leur forte oJeur
etj'eu, un lcl dégoùt 11uc le cœur me 1e1ai1.
Pui lout '('ffaça, l'appal'i1io11 11·avait duré
1111·une minute. Je n'ai compris 'lue ci11q am
:i11ri•s. IJillas ! me ü~ion. tle1 inrent personnullPs rt &lt;l'autaul plus terrifiant . Au début
de !a campa•'.uc ro ·ali ·Le. 11u:md les pa ·s;ul ·
offrirent à mon mari, Henri de Joycnne. le
1·omruandl:!Dlcnl d'nne lé;ôon, il m'a conultée du regard, n·aynnl de crainte que
pour moi-même. Jr. lui ai dit: &lt;t Y~! Lu 11.l
doi ! o Il est parti. ,Je sarni ecpendant 11uïl
ronrail à la mort; la ,eille, en pl in jour,
rua.rehaut ·ur la route, brusquement, le
paysarrc aYait di paru à mes rcu , et devant
moi, j';n•ai · la place du ma~ché, à Vannes:
un échafaud tires é. dont mon mari ruontaiL
le marches. Cc fut ainsi. Vou: ,·oyez que j'ai
quelque rai ·on de croire à mes pre · ·cutiment .
ClauJine. épouvantée, joignait le, waia ..
OUI-rait de- yeux énorme . La chàlehline continua
l}our 13eruard in ....
La jeune fille cria :
- Uuoi? lui aussi .. .'! mu awz ,u ....
-.l'airn.
ll} eut un ileuce; toute deux e reirardaient très p,'ile , l'une tremblante au rappel
de ses ~ran e sib~ lline ; l'autre eJfa,·ée, perdant pied, sentant sa raison trébucher dans
œ · frér1nentalions d'horreur. )fadame Je
Ju1cune reprit, la roix bri ée de larme· :
.- . Je l'ai vu... Stendu sur la lande' la
pu1lru1e roa 07c; les doi"l cri pé griffa.nt la
terre; morl; el le· :reu ouvert- dan un dernier défi .... En mrme Lemps j'entendais un
bruit de fusillade ....
Cl, udine, les main ur le oreilles, émi .sait ourdement.
- Petite, je ne eiu · pa · folle ... vous voyez
bien qu'il ne faut pas l'aimer .. ,.
Claudine ne répondait pas. 1lor , pour 1a
°:1ieu.\ con1ain re, la mère propbéti,1ue inSl ta:
- ll y a plus de six moi· que j'a.i m cela.
Depui · ce jour, je ne le perd , plus un in tan L
de . yeu1. Songez : mon fils unique, 1euu si
tard, a.près douze ans de maria,.e! je gra\'e
se.s traits dans ma mémoire; je le con ·idèrc
dtJ~à comme hor de terre et j'ai loutes 1•s
pern~ du monde 1t ne pa parler de lui au
pass(•. Il me emble qu'il n'cxisle plus réelJ m ~L; quïl e ·t uniquement dans mon sou,crnr; que e paroles, se , actes, sont actes
et .Par?le de làotôme, on di! rappels de rua
memotre h:.int •e de lui. Et j'en ui à souhai-

ter que ce qui doit arriver arri1•e, pOlIT èlre
défürée de angoi e, de mon appréhension ;
pour ne plu- 1·inc, C0IIlltle ,je ~i , dans l' l!lernelle veur du lendemain, courùée ou cell.e
approche d'un dés.~tre imminent. Tel est

,,1

17

Li:s i11s1Jrgès iev:IIJn1d par les f'lat11es. Au pusagi:,
fis i11ctnifofent les /u1me.:iux soumis à l.&gt; llepr1blfque
ou slmtlmient l111Jiff4re11ts. (Page ~-1·)

mon martyre .... 11 serait celui de qui s'attachera.i t à mou fils ....
El elle répéta :
- Yous ,oyez bien, enfant, qu'il ue faul

pa · l'ainm·.
Claudine releva la têlt'.
- Je l'aime! EL je pub l'aimer .an· que
1ous en preniez ombra"'e: car, dùl-il yivre,
je l'aimerais sans espoir, madatne · je l'aimerais silenciea ement, Loin de lui, sans
jamais amuer; \'OU aurez eule. Oui, fût-il
à mes pied je le repou serai·; car mon
trisle frère n fait mun malheur plus complet
qu'on ne pen e.... li l' a dans mon pa sé
d jom~ affreux. de honte auxquels j'ai survécu par je ne sai qneUe in linctive énrrgie.
Je suis \'ile. troi foi· vile .. . trois foi. indigne
de lui. de vous, de tou c ux qui sont re. té
sain el purs; je suis maudite: je uis perdull !
préscnl, clic clamait, farouche, les yeu '
sec , lasse sans doute de pl •urer sur ellemèmc. }fadame de JoJcnne l'arrêta dan ·a
confos ion.
fou enfant, 1uus ne pouvez pas être
coupabfo. ...
i ·011, je
ui üctime encore, mai~ je
ii'en uis pas moins tlétric.
- Dites ... tout, con eiUa la vieille dame,
en prenant les deux mains de Claudine dans
les siennes. Dites tout. Vous êtes seule an
monde eljc suis votre amie.
A.lor , d'une voix. confose. où se heurtaient
la colère à la honte, la révolte au désespoir
la nohlt~ fille du comte Gille et d'.\.nna de Pcnerven dévoila sa mi ère. Elle racontait l'a aut du comenL du Calvaire; le ma sacre

des Calvairienn . ; l'incendie, l\icroulcment.;
la bru ·que libération pirè que la captivité; la
rhafüon de bandits nccéù:mt ans transition
mu cantiques de la ebapelle, aux silences du
cloitre. Enfin, 1a marche triomphale, à tra\'Cr le~ üllageii, des Mar cillai ivres ramenant à Montpellier les ,iclime éperdues ùes
a11ciennes tyrannies.
Parmi œllcs-d, certaine prenaient gaiement leur sort; d'autre , ùont Clrlll&lt;lfoe,
lrcmbfaicnt ans rieo comprendre ... , ig-noranlc de l'heure qui allait sui He, ne achanl
rien de la ,;e, ·urtoul de c turpitudes.
Claudine a1ait alor dir-neul ans; elle élail
belle; un des chef de la bande fa remarqua,
'clforça de lui plaire par des «alauleries cl
ù '· rrâces de goujat de· fan bourg,; cil le
rcpou sa devant Lou ; il revint 11 la char e,
tncuaçonl. Indignée, elle lui jetait à la fa('e
·c · noms, ses titre:; i-on ch:iteau, es ancèlrcs; une rumeur de haine lui répondit.
Ce qu'elle cro ait une auvcaardo était dt&gt;,. •nu une cause de meurtre ou de pro cription. 11 n'y avait plu.s de Itieu, plu· de roi,
pins de nobl ', plu· d'anc 1tre · il y arait le
peuple; si elle le muait, elle était condamnée.
- Choi i ! lui dit on amoureux, la guillotine ou moi!
Elle répondit :
- Tout, au.f toi!
Il baus a les épaules et la fit emporter. Un
an, il la tint chez lni, e cla,,e et pri ·onnière;
·11e le haïs ait i lui, il l'aimait trop ; puis, un
soir, pl'Ofüanl d'un hasard, eUe lui mla son
ar«ent pour ub ·j Ler en route - el 'enfuit.
De 1ille en ville, Uc arrivait à Paris; et,
de Pari , par petite, journée·, perdant se
forces, épuisant ses re sources marchant le
plu · oment à pied, clle employait six semaine· à gagner Vanne . Lit, pour i:a stupeur, sa colère, on plus grand désespoir,
elle avait appris qu'au château d'IJarscoël H
exi tail une Claudine Le Globanic, que son
frère adorait. Alors clic i:lait partie, à travers la nuit et la neige, revendiquer son uom,
·es Lien , crier à l'infamie el rétlamer ju Lice. C'était tout.
- Concluez ! dit-elle à la fin d11 on triste
récil, en regardant madame de Joycnne :ivec
un sourire navN1nl. Celle-ci mul'mura, le
yeux. bai ·é :
- \'ous êle la plus malùeureu c des
créature ....
- Je n'eu sui pa moins irréparaLlemenL
déchue, répéta Claudine.
Madame d, Joienne ne r~po11dit pas. EL
loules deux demcuraien t la face pâle, en silence, accablée , hébétée· d cc 1:ri'cllc · renaienl de dire et d'enlendrc.
Au dehors, la uCÎ!!e glacée brillait sous la
lune; el les Yallonnemenls, tout blancs dans
la nuit, fuyaient vers l'horizon, comme de.
ilots gelés. Là-bas, derrière lès t'Ollines, les
Chouan ubi saient la desliuéc.
Ainj, d parLoul, de ch.âteaux, des chaumières, la lamenlation -'élevait, wùver ell ;
les église n dése01plis~aient plus d'un peuple de femmes, agenouillées dans les supplications.

�fflST0'/{1.Jl
ttlte (lh,I cl Ilrne, rep1· 1 enlanLS Ju peupll',
E11 ·e joi~nnnt am; troupes d,· lirrue. ,le
!!ardr nnlinn:1lc~ ~taicut 1noro ,• .. lk c côltt, adrl'.S"3ÎL'llt fi •~ c·tmrri,·r. h f\c1111"Q, à •'ante. ,
el Ùl'mandnient d1•s renforts.
i·cntrnin manquait.
Chez le. Illanr , l'or";llli~alion 'était rfn11Ile l'antre, c•ï·La.it plu~ chaud : cl pourtant.
il · avait dt S llollemcnb an~ t • •\ l'appel d • l:iri ·é • Cha1111è p:1roi .... · formait 1111e co~11 1a.r. orgr;', le5 in:urgé~ ·~1:iienl 11111 1s ur guie, CJ.tnduile pnr un 1·apitaini- Lie par11~ 1· _;
une Lautcur. 11• ~[au{,-Corhoanl, c1ui com- le· t:aiHon · comprennicn l chatiuu d1• dn :,
11uin1.1• paroi~ · · l1'11r~ ch,•î, 'ap~1:~~••111
m,111d • la roule Je LanJ1:1a11t !1 .\ura,.
li , 1 reconnurent, reçurent lt&gt; éon. i!!Ilt': ri, ,r · de rani u, 1111 de h:ilaillon. Le,. rln1 1ou
général' : p11Îs, de là. ·n11d,1in furic11x, dérn- 011 l j.,ions compr •nniont de Lroi!&gt; à ,i1.: ca11to11,
,·t tl1~ trente 1t q11aln•-11in;,?:t paroi~ e· - lit-~
lùr 'Ill p3r le, plaines, brandi ,an! l ur · rar'
ru~ik leurs r u nomhrru~, . lr1irs r urchr. colonel , d li ,utcnanls.-coloud~ 1'- n1111habitudle ; fonçant. tèll•s b:ibsn~.;, sur I s maudai1'lll.
1.' ho tilil,:. 'oil\ rirelll -ur-ll•-ruamp 1•1 1r
liour" , le pctilc · .. illes sans protection •.\11
11uc ,.,.:riu J"i·sc:.1rm11u ·h . On
l tait. l.1•,
pa . al?e, il int:endiaic.nl le liarne;iu, ~oumi
à I; f11Jpuli]i1111c ou ,impl ruent imliO" renl!: llan" g;1rJé, par dr nomlirmt, lirailll'ur., la
[usillaienl h• rrnttg;Jl ·; lout cda entre Jeux p •!il, armtle d,, Geor •e '1na1u·ail en lar~l',
·0-upleh du • ·a/l'e Ueyina ou du Yc.dllli colm1111•s. ..\11,~ilùl l!llif,\ éc. l;1 lèk d · la
llegis. Cc n't•tail. J'aillenr , qu'm1e .im11lc colonne Fai :i.it l'lt d ùispat·a1 s,ul ,lan Il''
mise en roule. lu Yin blanc al'a.lll 1.i ~oupc. fo,,ê,, L'll rPcliarge1111l , .. s arrm•·. l•m~"' ~'i11IA·r1•a J1i,. ll•s li r.iill 'Il~ ,uu lenaien I la rcph•p 1
l ls ·péraienl mieux..
Tou. 1 ro)·ali ,~. n•~ndanl, n'allai ·nl e rip&lt;1.sLaic11L l1 leur lour; le rrro · &lt;le la Ln.1111 1 '
H11n1.il cn ma11œ11Ha11I de mèml! •• \\et le
pn· de 1'a,•1111l i'I\CC 1111 égal enlhou·iasrnc;
s1,lè111c
J'arme porl:i!i11•~ &lt;lt· l\1pv1p1 •, 1·.•111
dau leur nrm, c il I arnit de tout : d Lrè 1V
llr:1\e., d 111oin ·11r,nei-, df', moin, tiuc c~ml1ranl mali:riel clc la luu ·Je arûllt•ri,•,
Tou le la cout rée êta il en arum·. L ville·, braY,i5. Geor"e~. cotre autres, d:1111; a lé!!ion, l' •mploi de 1·1, ku\ de ,·hau,. é' pcrmc~la'.l
occupée:. p:ir les Uleus, ·e couwaienl el -.c 1enail ou· 'll main quatre mille bomroe à d'arriwr ·ur l'crnwmi :Hl ptirte, con~1dcfortifiaient. Les campanne· , tenue par le
p•·u prè ; le pr{'Illit•r milL! ~lail cumpo,é de r-al,lc .. George c f1-lil·ita de 011 iu\'rntiou:
rs ,oldats , •nlaicul croît!'· l'I\Cor leur cvnChouan , ne formaienL 1111 qu'une immen e d: ' rl ur" Mcidés au pire, n':iynnl rir11 :,
cml.lu cade, aY, • la urpri c dcrrièr chaque perdre; de Jeune gcn~ rch Ile à 111 rc.lqui ·i- li:mrti.
Ln soir . il, ramp.1i1•11t ;1u harw•au &lt;l • Lol'lmi on. L, l\t!publicaim ne ·y risquaient Liou, Ha~péré · cl ..-iolenl ; enlin de marin
quelti~.
e11lr1• I •· uurc·,•. J,, Jeu\ rhièrpi,
de
C:trnac
a~anl
déjà.
·er1·i,
aimant
hi
poudre·
ctu'en force, rn 1:1lein jonr, pour de expJdice. trois catt!gorics forrnaie11l un cn.emhlc tfü 'r enlC!i : le toê LI' Arz, mm loin d'Eht•11.
tion au 1ml bien arrètê.
ln matin, les m:m·ht:s d'Aura)·, d'llenuc- compa1:t et r •. i ·tant; il. étaient éq1lip 1·, Le. ho.J.ita111. olaienL pau..-res, le chaumière,
1.,ont, de '3nne ét:,icnt re ·té· d • ert ; l - arm de ru il ; leur chef pou..-ait compter rar •~ •1 mi 11rabl "; la plupart de~ Chou un.
forent courber en pl tu air. t·ncore 1111ïl
pa_ san n' · avaient pr,inl paru. n cru.npril, sur u..
fü.i !e · 1roi mille :mires. que l · prc- ,·c11llil frai~, si lu SPI u,ail n:dl'.
cl. tout tle uite, on ïnr1ui~ta. Le r;iiu
l II lion numl1r • n•mpa hml aulour 111:
mirrs ne ufli nient p;1, ù encadrer, pap:111 ·
cliauffaiL.
r,:
.
.1i I'; 1111 r••rl'lP de ~Jntl. r,•11 en •mulaula
L "ttrnison~ Curc11l eon ·ignée,;. le pu. le
mari•;~, père, de 'fa1111lle, jeun'· µm · naïf .
Lou atterré encore pn1· fa d1:foit1 de Qui- 1• \icilles muraille, cle , ni111-i:ilda ; en for·r.,
doublé ; de ·ourrier · c1pé&lt;lië · aut dwr
LL•ron et le ma ,rnrrc. qni r,,rnieul ·11Î\·l1•, ·h•, ma,ure, ,,. lei.,nircnL de pnnr1m:, ell1·~
ruifü.aircs de Jiver canlonnemonl · j olé
011 bien, parlÎs.ao. louche., pa ~a111 du lihuw au, i; et le" omlm• J,:mesur(- ·- 1lè hornm .,.
dan: l " plain'~.
li :Lait 1:,•idc11L 11u'un mou,·cmt'lll se pr :_ all lifou. du l,lcu au !Jlan uhant IP prolil. ,,.'allongPrcnl plu, noiri·, sut· le ~ol ro.e.
Cadnud,1I. t'I Hohu, on lieult·n,,ut-colorwl.
paraiL. 11ar1icl Ut( "'t:nér,111 l.!ueelion. l'ui., ces trui · mille-là, s'ils rcprè,f'nlai •111 le
cul rèrcnl a11 pre li l1·n• uù !,, r1·c-tcur leur
p u à peu, le~ no111·ellcs unie· ou faus_C' · nomb1·c, ne rcpri··~c.nlair11l pa.s l;1 olidité.
llu les "r sou1c11L • \PLandt&gt;r au premil·r ollr,1il la Lai.tic r\ 1111 111ah•la. par lcrr,·, 1 ,,
rommcnœrwt b cin·ule1·: le jour suivo11L",
coup
de f ' 11. fieu à [l\'ll, ccpi:ndanL, il tk~ 1111i 1:1ail roi :11 l'II i: "jo1m-l;1.
dl : :ifnuèrl'HI.
:ur l pla,· •, attlnur dl!S l.tra,io•r~, le,; rhl'Î
l.'in urreclion . ·a1111011çait formidahle. La rni!!nl . ·a1r11errir.
C:idoudal :nait di1 i~ti ·e. for ·es en lnii, ,-ïu,tallèrcul commu ib pnrcul, ronp1:
\ endéc, l'A11jou, ,ou Cbarellc, 'cépe:iux.
~torllet, e dr aient frémi anis ; comme coq&gt;" : .1•rcier marcbail sur llenncbon t t•l .·1•lon lcnrh ,p11pathic • l'i11tl!ri·t com1111rri.
les Côtes-du-1 ord, ou. La. Vieuville, ou la Po11Liv ·, p. y où. !Jieu qa'Anf!c1in, il bahitail le bc~oin · du ·er\'ice. j)'un côlt1, l'on \O)ail
Normandie ' OU.S Louis dè Frollé. La. uerrc depui de ' moi • où il tltail 1·onnn, où. le. I~m1ardi11 de Joyl'rme .l\" -c Turpin Le ,lohapierre d • · chemin devaient ,.. le\'er a rn uii;; de l'aulrci é,èn• Je Ti.crr•L :,,. ·.\ .cl dt·
ci,ile hurlait dan. le yenl d'ouC'. 1.
Ma.i e'êlail le llorhihan qui a1·nîL donne lé ,·oh: Guillemot ·11r S:.arzeau. oi', i.l a1•ail à Fer en; ;t Ji:t pa ·, Ere.no, ·ans or•rucil, p:1rprcnüer itrnal de la ré,·olte, Georae r[Iti ·'en {ltire: Geor" s, ur \'ann en pas anl par 1ageaituo ta . Jo uoëmons a,w \lanik c;inouimpro,isail le grand or!!3.11i.al ur, le ch~I ,\urn , ou •n Louruanl Aura)·, •Ion !t•. t·ir- wt cl d'autres pay•:rn~: plm loin. 1 s j llflf'S
g1•11s, en cercle· !thi•lonnPs, dé1Jordaie11l du
uprème. 'ou e ordr s, le Chouan , rn.- ton~l:mc11 .
,ill:tg1!, par fo ch:1mp. l·I ur les roull•'.
A11r;11·
sf'
rnlll'ril
dl!
lroupl'~.
George·
l't\it.
·crnblés en "rand nomhrc, rcprl'nairnl l'ol'Tous conimcncère11l par mang •r •I l111Îl't',
et Hia ·ur 1.. droite, le. répuLlicain le uifem,ive el mcna~·aienl le. centr .
LJans le ci1é ·, l'rffn,i rut imru ·•Jiat. 1, , · rircnt; d'autre part, le' arnison de Yannc · c..1.r on :\\'ail 111àt• ·hé la journée •nlièrc, l,utlanl
·::mmçai •nt i sa rnc11utrc. Leur elli..&gt;t•Lir ,l' lt• pa~s à droite, à gaucht•: cl il faisait "ramr1,ourgcoi~. indigné · de œ 11011 vcl allentat :l
déJui il ain:;i : dL'II\ l1al:1illo11. d 11 10!1· r :.,i- faim ; qnnnl à la oi[, elle c~lail ilcrndlc.
leur érënil~, maudb ai,•nt IPs pay an~. leur
,.ans réc1ui itiun, lt• hal1i1ant.s mnknl
mcnl
lign .: Jeu Laraillnw du 77' ; 110
génfrnu 11rincipalemenl. On 1 - arniL sa.n
merci. Le temp affreux alJni nt renaître. bata.illou de ..-olonlairc. du ~fo.ine-tlt-Loire; oflcrt leur 1·iJrc ; l\•au-do..'-vie m:mqu:tiL rnri...
Encore wie foi ceu · 11ui se qualiliaieni mu- troi~ brigaJr, · de gcndarmeri ·: un dt.!mÎ-cbc:t- mcnl dnn.· le. gourdt~l&gt;: cela 'nrran,,.e:iil i1
Luellcmenl, e.l nou san qucl11uo raison, de dron de eha srur ·; 11n autre d hu~~orJ~ : mcneille. l n ° ranù liruit ùe 111:\d1qÎr('., r 111« bandits 11 cl &lt;le u l.Jrigantb 1, &lt;lenaicnt se p1u. la garde nalioualc hJ. itanlc. ll!s géné- plit l !:-Îknce uocturm•.
Am alentours. 1111 l'nrdun ile nlindlrs
rclrouvcl' fac à face, uh•ménl épar&gt; par raux Yillot ri )lich:m&lt;l a\ai~111 pri., dc droil.
la dircclion J lro11p · Ji"'l'llflil,h•,, l:t11di. avan 'L: v1,ill~il sur la tru11p:t"Ol'. Elle 11tnit
&lt;l •!, longueur J\½ié ..

lais, dan Uarscoët, la rhawou était
, nlrc; :.,•u]e, pa cctl • ~:,liée de lar111e . no ·
llil'Ol rcslait 1•almc, n'étunt pas 1•Ile-u1 \me
mcrut ée; Turpin éL'\il parti au ha~nr&lt;l de l;i
!!1.rnm·; cela n'avait pa le don de rémo11n11r. 1'anl tJue la ùalaillt&gt; ~c li1r1'raiL :m lui11,
tant que Ir coup. ,fo ru il n'rhrécberaicnl
pa~ lt· corniche du mnnoir, clh· se dé,inléres rrail.
A ('Crlains moments, ·11~ Sl,lll"'"ait n1g11&lt;'menl cJllC ~i Turpin 1toit morl, il lui erail
loisib\ • d'aliéner 1, J,•11,; domllinc de rr~ncn·cn et d" 1-larscoët, h,:rit~· l'un t l'autre
de es a1eux fic tifs; et, riche d'une fortune
n•la1.iYe, m.1i:,, à .e~ \cU\, sali,.foisantc. d
rcnarrner
P;,ris pour y• ~i, re à sa f!UÎ e; L'ari~.•
t&gt; e
cc 1'11ris 11u'1·1le rrgrdh il . an t·e si· ut qui,
lui, 1mrai :1 il •opaiscr. l.1 • Je discorde·
d1ile·. C'ét.iit tcnlaril, en ,tlrité .... Pour
cela, il u.rfi. ail 1p1e Turpin mottrûl.
Et. LouL ha·, lie i;ouhailai l co dt.iooucm nl rapide i, . a déjà lonrruc u,•c11turc.

1

ae

pai. ibh~. a: onpie .ous ln lunt., av. 1m ourne
dou comme un enfont qui dorl. Par inst.1111,
w1111e du large, une haleine puissante, plus
fr,,1de d pin· .irre, ra~sanl ur le' nuqnll..~,
d1· ·,in11i1 uu fris on nu · ôpault:, de nars.
C'dail 1'01•11:111 •1ui ré ·lam:iiL.
Lhrz lo recteur, cnlrt' deux pois de vin
l,lanc hrelon, de,·ant un quarl ier Je porc,
C,1do11dal, Ilohu et leur lultt! ,:cbongeaien
d6 ,11cs, formaient de~ n2u. , portaient de,
lo;ist. ·; dao· l'a lien Lion des dcm: aulr ,,,,
1:1-01-., ·~- la faci• ri rnine, Ji-;ail :
- .lu 11c :&lt;ai: pas e que mt' r 1~crve l'avenir ... je ne . ais même pas si, Jemain, je
coucbcrai sur lerre ou ous terre, moL j'ai
la r, n,iction profond d'avoir fait mon de,·oir ....
li prononc il ces p:iroles, simpl~ent, .an
emphase, le oulign:inl d'un ' le éner!!iquc
Je ~on gro Lra~ court. Le duux. autres nppromnienl d,· la lète: encoura é, il reprenait ;
i la n 1rité, curé, nou somme• plus
d11'l:tiens rp1 royali te .... i on nou~ laissait
noire Ilien, JO crois que l'in. urredion boiterait Yile J... deu-c jamh el que l,t'aucoup,
san. crier gare, rPlonrnf:'raienl il leur charru~', l'âme ·:iûsfaile .... 1'o- nnciens ne Y~nt.l .
r:iicnL pas nL que cehi le roi· de France;
ils nous arnirnl escamoté, ans aucune gène
el pour leur Lon plai.ir, les libertés, les capilnlalion mt!na ée par la reine Anne. Est-ce
t1ue nos père les aimaient, leur l'ame111
"Omwneurs q11i repré entaient le roi'! Les
11 E ~arts'! Le!l d".\iguillon? Tous a,ides
pillard , wl~urs titré;., Lo11rre:nu. de nos proYincc rcro.écs -ous leur loi'! , 1ous uons été
le, premiers à saluer d'un cri de délivrance
le l~tal g :néranL .. Ah I i la Révolution
11':i.vail p:,. 1'•Lé si L'tc ! ... C'e Lpar vous, les
lmiltes, que toul 'c. l rràt t j le jour où un
ncndarme ,ous a Lllis la main sur l'épaule, le
cœur de h lkctagne a ce é d ballr Jons
J':illcnlc. pni il a hondi, indigné, sous la
r,1,·ultc el v •r là ré~i,t:incc .... « Ilon !lieu!
11. cr Loucher ù l'au rel! ... E s:i)eZ donc, d ·
Henne" 11 .'ainl-Dricuc, ou de Brest 1i ."aiu1~fal11 L .. Non, mais cs~iryez donc ! » On di nit
rd.1. [L, oot o é.... Et , ,.iilà la guerre... I.e
roi 1•11 profite, c·esl entendu . ... Il îallait liieo
un ùrapenu pour se rallier .... Mni 11u nou.
fait [&gt;covem e. ou J' \rlois ... ou un autr ,
apr' tou1'/ :ous ne combnllous que pour
[lieu, contre la République, qui reut le ,upprimt&gt;r .... l:'e t leur pensJe. nu fond. Ah! je
rnudrai Li n a1oir ce qu'on rerail d'un
peuple "" cro}ance .... Le gou,·crncr par la
rai on'!... f,1i la rai on e L Ji eu table .•. elle
est humaine, d'al.ior&lt;l .... \'oyons. reclrur, el
Lol, l\ohu, voyez-lous cela, un peuple it qui
l'on dirail : a Souffro ur tarrc, le eicl e l
1iclc! Croyez-mus qu'il 'en conlenterail'! ...
- Général, interrompit le prètre, en m 11:içaot George du Joigl. .. pr nez gnrd !. ..
von· êles sur le ch min de l'béré ic! \'ous
emblez cvn idérer la relin-ion comme un
moyen de gouvcmcmenl; cc r1' t pa J: C'ela
qu'il 'agit. Oicu c t; nou l'adol'ons, ,an ·
but terrestre. !tor~ dl! !!1, pa d • .alnl.

- Je ai • cur~. dil Geor"eS, je sais bien;
mai je ne Yoi pa dt• mal à se .crvir d'une
l'frité pour éelairer ri\pre roule des hommes.
Et je di: que. i l'on {,1eînt la Lordie de l'ange,
ln colonne de feu du prophète, la lrou1&gt;e mortelle en marrhe e heurtera, s'étouffera,
·'écra cra dau- le déniés morne . el finira
par 'nller perdre :m &lt;li\ ·erl Je:- tén \bre_. Il
fout la foi. J'ai la foi, curé, ne l'oul,lîe1. pa .
- Je le sai., moi au i, mon frère, rëpli11ua lc rcc:tr•ur qui étail jeune; vou' êtes l'en'°'é du ciel... vou a,·C'z ,me mi sion ....
·~ Oui, appuyail nohu, l]lli fnl toujours
di-1·oué à 1:corge ; tu n'ai; 11u';1 parailre, cl
no. paysans conçoi11--nt tous le· e~poirs, tous
les orgueils. 'lu leur souFtks au cœur la ccrÛ111de de la vicloire, le dé ir des comb"t
pour la eau c sacrée ... lu 1 · emporter, tu
les soulève., Lu le. rn..-i: hor de terre, plus
haut. vers l'idéal ... po11r11uoi? p;irce quo lu
c leur homme, l'homme du pays ... Lo c. le
)Jorbihan m8me; lu r. le fri-re des caillou
monstrueux dr~s "rtJ\'es. Jes t'hènes tra11us Jr
l.i lande, de· cairns sini. ü'eH de Carnac : Lu
eq. comme e111, en lioi dur, en granit. Et
puis, il y a de l'anti1p1e en toi, du biblique
au:.i: Lu c· !aillé ~ur le patron des ju"CS
dl rllël: lu roppell Aod qui Crappail des
clem: mnim, ou Jéhu, amoureux de la. mort;
tu es né chef l
L coudes sur la table, a gro se Lêle dan.
le main • Cadoudal ne prote lait pa . Lui
aus i croyait en son étoile; il reprit d'une
,·oix lente, a ourdie :
- .le le ré~l e, je ne .ai· pa c-e qu'il
ad,iendra de moi, mai j'ai suhi la roule 11ue
j · 1foyfr suine. .l'étai~ préùestiné. Tenez,
&amp;outcz ceci : un jour, assi e sur le seuil de
• ,1 porte, 111a mère me teuai t dan ses bra ;
j'avai troi: umis à peine: on mendiant passo,

un simple un inspire de Dieu; il pos:i .a
main noire sur ma tête el prononça : u Celui-ci
causer:i de ,~rand malheur aux siens. &gt;I Ma
m&amp;c es L morte dans l prilion · de Ilr' 1,
mun pi-re rsl ruorL nn -~i... où son t me
Ir~re ·? Le mendiant ne 'e t pas trompé ...
mai - péri· enL les hommes si Dieu e I triomphant ; m!!ure r.aJoudal ponr que Bretagne
\ive! je n'en reux pas; 11lus ... .
Lon&lt;&gt;terup,, il p:irla de )a . orle, dan- la
pièt·e ohscure, l'elte salle de pre. h Lère oi,
llnttaient dl! rngue odeur· d'encens .... Parl'oi ·, d'an ~ru! trait. il vidait ·on \Crre, nw.is
an· goùt, di LrnilE'menl.
En l'écoutant, le cnre, les mains joint .
ur on ventre pnintn, ma.rmonnail de gro . es
litanies, el Hohu., fJUÎ élail leUré, prenait de!
notes, enregi trait de! ;omenir~. pour se:
futur mémoire . li . . ont préci i car ils
parurent plu. lard; car il Uf\'é&lt;:'nl, lui ....
ur la place, dr'rnnl les re111, Joyt•nne,
lLeudu dau son manteau, e plais.ut à inquiéter Le Globanic. Depui le déLul de la campa"ne, il _'attachait à lui, e con tiLnaiL . 011
gardien el tenmil de le faire eau. cr. Ce n'etait
pa~ facile. 'l'orpin, dr plus o plus sombre i,
mesure qu'il 'éloi&lt;rnail d'Hu coël, é\ilait les
entretiens, ou ne r :pliquail que par monoS)llabes. T.n présence de Bernardin l'irnporLunail deu: foi ; il ei1t prércr ~ rester ul
arnc ses pensées; et pui·, entre cent compagnons, c'eût été ccrlainerncnt le che,•alier
qu'il eût choi i le dernier apl't! tl)u .. On ~ait
11u'il Je dét~tait, un peu pour eau c. nn pc·u
tl'in Lincl. n a de c pre ~entimeols; 1 ·
eonsciMccs lrouhle au si sont naturellement
porlt: • à la méfiance.
Le jeun· l1omme romprennit parfailemenl
toul l'ennui &lt;Jn'il eau. ail it ·on camarade

• - SI 1'0//S 11 '.1 1•e.:; f.1-! rfr /11sils, j/ /alil les ,ft·ltr JJfS l~ Jc11; s'il Il)

.:Z

p.:J.1,

.
:fr j,m, Il /am lts fendre a coups de hac!tt, les t!/rlft r a cot11&gt;S dt /011rcl1', lt's
l.111/!Jrür a coups 1e Jaux, lts arichi:,11eltr a ,u11('S de coult.w: si ,·ous K'ave.:; 11I fourches, 11i Jaux, 111 cn11_
lta11x, rn11s les assomm~r•.:: a corifs de 1'.'il,&gt;11: si ,011s 11',ll'e::. f'iJS .te 1-.itc&gt;ns, tlranglt:•les a,•rc les Ji.~
Jo1(!1s 4u• Ulm vo11.s ,1 don Ms 1 • l rngc "6,1

�111STO'J{1.Jl - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - d'adoption et ·'en réjoui. ait fort; il rentourait d'amitil&gt;s perfides avec un malin plaisir;
l'autre se débn.ttail, mais force lui était bien
de supporter les poli te . e et le~ marqu s
d'inlérèt.
Ce oir-là, Bernardin, emprcs é, l'accablait
de bon conseils.
- Turpin, ne vou éc-arlcz pa dn feu!
\·ou allez prendre froid, que diable l Que dirait votre .œur si mu lui reveniez avec un
rhume de cervenu 7. . ~ne en pleurerait, la
pauvre fille, car rou vou adorez ton les
de111, n'e. t-c pa ?
- lion! bon! grognait 1'urpin; .i je n'allrape qu'un rhume cc cra pa .able encore ...
je . uL très bien là... tenez-von donc en
paix.... on ne peul pas dormir ....
- Yon ayez ommeil, vou ? reprenait Il'
che,·alicr ... ce que c'-1 1qued'avoirlecœurpt1r
cl pil de ouci !. .. Vou. ète admirable, Turpin; le vrai goldat chrtltien, 1 vrai bampion
de Dieu loujour · pr~l à lui rendre votre àmc,
aus i blanche qu'il vous l'a donntle .... Et
puis, il faut le Jire, vou mort, wu. ne lais.erei ni mère, ni lemme. ni enfant derrièr
vous ... vous ~t lillr de ,·ou même ... tout
fi fait libre .... Votre sœur ... 'l je sais bien ...
mai ba tel les jeune 1lle e consolent avec
un mari .... Mademoiselle Claudine e t a ,cz
b lie ....
Le comte Le Globanic e retenait pour ne
pa hurler .... TI n·avaiL pas envie de mourir;
il ne cro ·a.it à ri &gt;n; et lïdé ùu mariage de
Ro e, bien qu'impo sible e11 somme, le fai ail
écumer. n ne ,ovait q11e trop qu'elle se consolerait vite, , 'il ne r venait pa · · c'était son
perpétuel tourment; il élaitjaloo d'elle ju qu'aprè: le tombeau. Il répondait, 'efforçant
au calme:
- Bernardin, mon ami, vou lites in upportnhle: pourq11oi Ioule ces faribole '? ,' i
a suré qu'on oit d'aller en paradi , la mort
n'en re te pa moins un vilain pa sage. A
quoi bon remuer des pensé~ qui rendent 1
plu brave un peu làcbe .... Pui lai .ez
donc ma sœur ! Elle est bien où elle e l !
Elle ,•ous intére se lrop, vraiment.
Alors, hardiment, le chevalier ripo tait :
- Peut-être plus 4uc vous ne croJez,
Turpin .... On ne peut la voir une foi an
l'admirer; deux foL sans rêver de se dévouer
pour elle; Lroi fois an ....
Le lohanic, redres é, éclatait à la fin :
- Morbleu . finirez-vous?... C'e t inconreoant toute ce divagation à propos d'une
jeune fille ... ! Occupez-vou de ce qui vou
regarde et lai. ez vo voi.in tranquilles ....
- Eli c1uoi l Vous ,·ous fàchez, remarquait
Jo3•enne, l'air ingénu ; pourquoi cela? Est-ce
que nos deux mai ons ne se valent pas? Ne
ommes-nous pa de bons a.mi '] Alors '/
Quand je pen erais à votre œur, où erait le
crime? Elle pourrait choLir plu mal, en
vérité.
- C'e tune déclaration, monsieur? interrogeait le comte subitement calme en apparence, trop calme même ....
- i vous le voulez bien.... Je trouve
légitime de m'adresser à. vous; ... pourlant si

vous préférez que je la consulte elle-même,
je le ferai certainement dès notre retour, oui,
certa.ioement .... Et j'ai quelq11e rai~on de
croire 11u'clle m'accueillera an, colère el
8ans sérériLé ....
Turpin, devenu livide. :on"eait conru éroent à un as a sioat: mais, l'autre, dc,·ant
lui, souriait, prodiguait .e grâce,: d'oi1 faire
naître la querelle? Il renonça; 'en tira par
de propo religieu et graye :
- Jeune homme, ec n'e. l png le momrnt
de aventure mondaine . Noosn'arnn qn'unr
fiancée à cette beur : la mort probable ....
- Allon , bon! c'e t You qui m'en pariez à présent'!
- nemellon à plu - tard 1 egpoir~ terre tres et le désir hamains ... je reli n
que \'OUS m'aH•z ùit; ·ol·ez-en -,lr. je ne
l'oublierai pa . Et nou en rrparlrrow, en
temps plus opportun.
- • oit! con ·entait Bernardin, toujour
concilianL et cordial; nous en reparlerons ...
je vou en reparlerai m1~m un peu tous le.
jour .. .. Vous savez, il esl de ce ujet~
qu'on ne p ut éviter, r1u'on a besoin de
traiter pour sa propre ,ati faction .... Celui-ci
e t de ce nombre pour moi .... Je finirai hi ·n
par ,·ou convaincre de la incérilt: dl' mP
enlimenls, all z! ... ui, oui, nou
reviendron ....
En effet, pour la fureur croi saule du comte,
tou le jours qui uivirent. Joyenne l'entretint en confidence de • on invincible amour' el
de la belle Claudine. Et, devant on cœur, il
ue mentait pa, ; mai il y a\'ail, dn côté de
Turpin, erreur en la per onnc. Bernardin
évoquai l la vraie Claudine: Turpin comprenait forcément qu'il •'a 0 -i sait de l'autre;
tant el i bien 11u·en jouant la romédie, le
chevalier pomait re Ier vérjdique el charmer
a mtUnoire par s évoc:ition .. Pour l'ombrageu. amant de Ro e lfüol, l'ob e .ion tournait au supplice quotidien. li son"eait toujour à se débarras ·er de Joyennr ... une balle
perdue, ou tirée au hasard, une maladre e,
une erreur ... tant de chose le pouvoient ervir dans e rancune!! .... li y réOéchi ait.

Le roupe lorroé autour d'un haut bùcher
par E"eoo, Gyno1nez, et d'autre pa} an
encore, tous accroupi ou couché ur des la
de paille, de goémon , était farouche el piltore que. C u -là étaient bien prè de ancêtres, les hommes primitifs, - dur de chairs,
robu tes de corps, simples d'c. prit; impulsifs cl de premier mouvement; et ceux-là
n·aYaient pa. d'idéal compliqué.
Pour l'instant, contents de reposer, d'étendre leurs carca e , apr une longue journée
de marches et de conlre-ma.rche., con lents de
manaer, ayant graod'faim, ùe boire, ayant
grand'soif, il . e laissaient aller à une vague
torpeur, un relatif bien-être, dans la chaleur
de ajoncs crépitant ; un demi- ommeil les
engourdis ait en le lai sant lucide ; il
entendaient, comprenaient les voix. autour
d'eux, mai au second degré, pour ainj dire
par répercu sion.
Seul , Ernno, plein d'eau-de-,ie, Gynouvei.

..., 46 .....

demi plein, demeuraient actif dan la pen. ée,
I • lannarre et le rai onnement. Ewoo ine,
prèchait, elon son habitude. Il bredouillait,
d'une ,·oix. rauque, la lan.:,crue épai e, la gorge
brûlée :
- En vérité, je vous le dis leur ang c;l
agréabl' à Dieu! C'est racheter Ir~ péch~ de
son père que d'e1:pédier un républicain ....
Qu 'e l-ce qu'un républicain? c· e l un être
ans Dieu; sa.n foi, ni loi; sans cœur ni
àmc; san feu, ni lieu; ans sou ni maille;
un traitre à :on roi; un enn mi de .on prêtre,
un voleur de grand chemin, un a ,as in de
profes ion! Yon le a\'ez ,·us à l'œuvre. le.
républicain '! (Ju'cs.t-ce qu'ils font dans no
campagne.'/ Il brùlent le égli es, le. maison , les blés, le orges, les foins, li&gt;s bois;
il fu.illeul les hommes, éo-orn-en t le. enfants,
riolent le fil(~, le femme , les él'entreot
aprè .... en criant : t&lt; Libnté ! l) i ce n'c t
pa cela qu'il font, je \'CU. être chan"é e11
loup-"arou. Alors? C'esL bien simple! partout 011 on le r nconlr , il faut tir 'r de.. 11 ;
même 'ils dorm nt, même s'ils . ont hie~ és,
mème s'il .ont ans arme , même s'ils
demandcnLgràce. Si You:11·a,·cz pa de lu il·,
il faut le jeter ilans le feu; • 'il n'y a pa de
feu, il faut le_ fendre à coup de baclre, Jes
étriper à coups de fourche, Ir taillader à
coup dr faux, les déchiqueter à coup de
couteau; i vou. n'avez ni hache , ni Fourche , ni faux, ni c·outeaux, von: le a ommerez à coup de liàlon: si ,ous n'avez pa
de hâtons, étrao«lez-les - n 'e t-œ pa.,
Gynou\'ez~ - av c le cfu. doigts que llieu
rou a donné ! Grilli z avec vos ongle. ! Mordez avec vos dent , rurz de pieds, comez
des poin" ; mai qu'il aignenL, doux Jé u ;
mais qu'il aignent! el qu'il crèvent, Dieu
bon! qu'il• crèl'ent, ea criant: &lt;I Liberté! )&gt;
Gynouvez, oule\'é sur un coude. flatté
d'être mi en cause, appromail de la tête,
largement. Il prononra, la -voix chaude cl
vibrante de guin-ardant :
- C'e t ça I C'esL bien dit comme ça! ...
D'abord la uerre, 'e l la guerre. Quand on
e bat, c'est pour se tuer .... Je ne connais
que ça! Comprend pa les gens cr1i e1weloppent Jeurs balle dans du papier de soie et
retirent leur chapeau pour embrocher quelqu'un. Le loup ,onl les loup .... Fai$On
comme eux.. Quant à faire souffrir a,·ant,
c'e t inutile à moin· qu'on ait de rai on. de
se rcngcr ... auquel ca , c:'est permi., bi•n
ùr! ...

Il se tut un in tant, .ecoua ses grand
cheveux. gri· ur es épaules d'un bru. que
mouvement de la nuque: et profitant de ce
qu'E,eno allumait a pipe, il rcp1·it, l'air
extatique, [!lu s loin :
- Mai l'amu ant, c'est la surpri~e ... oh!
ça, c'est l'amusant! Lnc sentinelle perdue.
le oir, dan . la camparrne ... toute droite,
toute noire.... Ce oldat i olé a peur ... on
le de\'inc. Il tourne sarr res, e, lo ou à
droite, à anche. de tous 1ClS côtés: il écoute.
il regarde, il épie .... U e méfie du 1•cnt, de
l'ombre, du momement des feuille , du cri
du mulot. De loin, caché ou un buL 011, on

...

,

_____________________________________

,;ouit de a peur; on jouit de ~c dire 11u •, de
ci: ,'ÎvanL tout chaud, qui lre, ·aille tout enti1•r,
on \'.I faire un mort froid, raide du banl rn
ha .... C'c. t une cha ~e; il tauL être fol't,
agile, rapide; loot juger d'un coup d'œil: ne
pas perdre une seconde; autl'r ju ·te; tomber
droil ... nl' pa. l'aire de bruit, surtout! ... Le ,
plus simple est de l'étrangler, mais il faut
de. doig olide .•..
Et Gynouvez étalait complaisamment ses
m;iins noueuse', . è ·he-, noire. ; fahail rra·
11ucr, agitait ·e. long doigt·. comme une
arai,roée renverse se. palle ; la mimique 11
•1tail si farouche qu'nn IPger îriHou dans
l'a , istanec, parcourut le écbinr .
Il conlinua :
- Et puis, si habitué qu'on soit à la mauœuvre, il y a un danger, urtonl la nuit;
&lt;' e t de lui fourrer le pouce dans la gueule ...
car il mord ... et d bon cœur, je vous jure.
Moi•même, j'y ai été pris, et pa c111'un(l
foi ... , tenez ....
Alors, approchant a main droite, sa main •
meurtrière, du foyer qui la teignit en écarlate, comme il lui comenait, .\lanik, a,•ec
l'inde. de la gaucbe, dé·igoait le· trou marr1ués dans sa ,-iândc, coup de crocs; le sillons Yiolets zébrant on épiderme, déchirures
d'incisives accrochées an morceau vivant violemment arraché.
- Comllien donc que t'en a" tué, comme
~a? interrogea une voix dan l'oml,rP.
Le fermier hocha. la tête, . ongeur; un sourire sournois de .erra une econde se lèvre
minces· il murmura :
- Peul~lre hien une trentaine! ...
Un !!l'oguement général d'admiration lui
répondit, le louangea. PendanL une minute,
·ilcncicu cmcol, il 'enivra d'orgueil Autour
&lt;le lui, les pay ans, ses rrères, tète basse. •
considéraient leurs main , dan le secret
espoir d') reconnaître le qualités requi e de
l'étrangleur préde liné.
0

Au groupe le plus ,·oisin, la chanson était
autre. Solitairement, dédaigneusement, devant on feu particulier, le comtes de Kerret
cl de Fer en e chauffaient côte à côte, tous
deu. assis, le bu te droit, la mine hautaine.
L'aventure, entre C()S deux hommes, dépa ,ail le bizarre.
Le jour où Cadoudal avait accrédité Fersen
auprcs de Kerret, ce dernier, en ouvrant à
on hôte la porte Je !On lri.Le manoir, ne
avait pas au juste s'il introdui ·ait un îrère
d'armes ou un pri onnier. Il avait mille raisons pour haïr cet homme qu'il ,·oyail pour
la econde fois, à l'ingt an d'inter\'alle, mais
qu'il connais ait trop par sa réputation.
, ou,ent, ,jadis, plu- au courant qu'il ne Il.'
semblait des bruits de la cour, il l'avait envié
férocement, jalousé sans limites, maudit sans
rc.triction; el cela pour la simple raison que
voici : le comte Axel de Fer en figurait, exactement, l'idéal personnage, le eul en ce ha·
monde que le comte de Kerret eùt jamais
oubaité d'incarner. L'un était un rèYe et
l'autrela réalisation de œ rêve; mieux même,
la réalité. Or, seul en face de cet homme, •

Une sentinelle teri11-e, le soir, dans l.;i ca111p3g,ie., .. Ce sol:ûJI isolé a pe11r .... IL laur,re, sans cesse, k- cou â
droiJe, à gauche, 114 lous les c:(it,!s; il ècüUte, il reg:zrae, li /pie .... Il se méfie dt, 1•ent, de l'omtre, drt 111011ve•
ment ,ùs feullles, d11cri ct11 111r1/.ot.... • (Page 46.)

vère, avec stupeur, avait ,11 peu à peu tomber, une à une, ses rancune. injustifiée , se
haines préconçue , son arbitraire malveillance; el, passant .d'un :extrème à l'autre,
subis anl le charme de ce charmeur, nimant
en cet amant un souvenir aimé, senLanl Dotter en lui le· parfums de la morle,il en a,·ait
fait son frère, 'était voué à lui corp' et àme,
ne demandant, en retour, que de récits d'auIr •fois, à l'honneur de leur commune idole.
Fersen, comprenant et plaignant la pa _ion de , évère, en jugeant la profondeur,
acquie çait largement à on continuel désir;
il trouvait d'ailleur lui-même une tragique
joui ance dans cette évocation de beaux
jour· aboli de œs temps de grandeur el de
gràce, avant que la terre eût tremblé.
Et ces deux compagnon ressas aient à plaiir des sujets lamentable. qui leur noyaient
le cœn-r ou leur fai aient voir rouge et désirer
.,.,. 47""'

le meurtre. Réciproquement, par questions
et réponse . ils se dé espéraient. Pourtanl
leur singulière bi toire avait eu, jadis, de
gais commencement .. Ce soir-111, le· mains
tendues nrs le Oammes, ils en parlaient
encore pour la centième fois.
Kerret disait :
- Alors, vous n'aviez pas ,-ingt an , 11
celle époque ... ?
- Dix-huit expliquait Fer en. J'arrfrais
de aède, après ètre passé par Druns\\ick,
par Turin, par Strasbourg, où j'avais étudié,
tour à tour, le armes, la philosophie el la
Jan e ... tenez, mon Dieu, c'était en l 77;;.,,.
- Parfaitement, interrompit , évère, en
J 773 j' ayais vingL ans, moi .... Oh! je m'en
ou,ien bien!
Le comte Ax.el continuait, se laissant aller
à ses réminiscences :
~ C'était un heureux temps! j'ai été pré

�r -

1t1ST0~1.Jl _ _ _ _ _.:,.__ _ _ __ __ __ _ __ _ _ _ _~

senté à madame du Barry... pauvre femme ..
elle fut gracieuse... à M. de Voltaire... sa
vieillesse manquait de distinction .... Partout.
j'étais bien accueilli, fèté, pour ma jeunesse,
et pareequcj'étais étranger. La France, alor~,
était hospitalière... el galante.... C'était une
l,elle fille r1ui riait et chant.ail. Vous n'an•z
pas connu Trianon et Versaillés; la vie y
était délicieuse ....
- Jlélas. non! soupira piteusement Kerret. .. je n'ai rien connu de cela... j'étais trop
pauvre, de trop pelite noblesse et, quoique
Breton, pas asse:&gt;. étranger... ,·oyeM'ous.
Fersen sourit de son rare et froid sourire:
- C'est une critique; vous êtes subversiJ
à l'ancien régime, au roi lui-même....
- Si ,·ous voulez, comte, dit le Chouan;
ce n'est pas lui que j'aimais....
Fersen baissait la tète el ne répondait pas.
U songeait, évoquait des scènes lointaines.
Après un long silence, il reprit :
- li est pourtant étrange que cette même
soirée au bal de l'Opéra, au début de nos
tleux existences, ait, dela sorLe, inllucnté nos

deux destinées. C'est de cette soirée-là que je
meurs; c'est de cette soirée-là que, depuis
ungt ans, ,•ous ne vivez plus.
Kerret murmuro :
- La vie est une plaisanterie; le plus
souvcnl maul'aisc, \'Olrz-vous. N'est-cc pas
fou de ~ongcr que - réunis, jadis, une
heure par le hasard, dans cette foule en joie,
ces salins, ces ,·clours, ces lumic'ires - nous
nous retrouvons, portant le même deuil au
cœur, après un quart de siècle ou peu s'en
faut, à la tète d'une bande de loups, uniquement voués à la vengeance de nos morts,
de notre morte; et œla à la suite de l'écroulement d'un monde?
- Oui, l'écroulement d'un monde, répéta
le Suédois. llélas ! que rcste+il de la cour
de France?
- Un cimcti~re 1... prononça le IJreton.
N'importe .... Ça passe vite !
Soudain il portait son poing crispé 1t son
front blême el se r1h·oltait :
- Fersen, nous sommes des lâches; nous
d1•1·ions cmpècb,·r œla, nons, les gentils-

hommes! quille à ~ourir en route, et alors
nous n'aurions pas su ! ...
Le comte Axel se pencha vers son ami cl
lui souilla dans l'oreille :
- Trnpo~sil1lt•! tout Il' monde al'ait peur!
li appnra :
- Oui, peur!
Kerret répliqua :
- Je ne c~mprcnds pas.
- Yous n'nrct rien l'U, dit Fcrst•n: il ~
,naiL de '!U6i. ...
El il racQnlaiL Paris, les années tragiques
de f 791-1702-1793; Paris, tenant sou roi
captif', sa reine prisonnii•rc; les trainant à
l'échafaud, au milieu des gaietés faubouriennes.
li était rcnse.igné, loi; connaissait, une à
une, les stations du calvaire; il avait ,,u se
lézarder, fléchir, pencher, crouler enfin la
maison de France; il aYait assisté, témoin
anxieux, à l'agonie de la royauté; savait de
(tutll bruit cl de quel silence sonl faits, après
les catastrophes, les avènements subits sur
les Lraclilion~ mortes ....

(A sufrre.)

(llh1slralio11s .Je C ONRAD.)

1-,i;;s MAITRES OE L' E STANPE AU xvnt• SIÈCLE. -

~=======================:: .-:{f ~~~~~====:;;,-;;===:::::.J
LE "Li~EZ-Moi" u1s10R1QuE

L&amp;

RET OrR DU. 1$,\J•• -

Gr ,m1re de CLAtrD,I! IJALLIMAIW, d'Jtyês Cocnrn. (('ab/)le/ ,us t.slamtes)

Cllcb~ Girauoon.

MADAME ROLAND
Tableau J e I fr 1-:-h1Us ~\ usée ùc \ 'ersaillcsJ.

75. ROE DAREAU, 75
PARIS (XJ.Y'

arroud'.)

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                <text>La revista Historia Magazine Illustré Bi-mensuel fue creada por un ex librero que se convirtió en editor Jules Tallandier, En diciembre de 1909, se publicó el Léame histórico con el título Historia. La revista dejó de publicarse entre 1937 y 1945. La revista publica artículos y dossieres en los que participan destacados historiadores. Los archivos se detallan en una publicación bimensual temática.</text>
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              <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores.</text>
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