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                  <text>-

1flSTO'J{1JI

----------------------------------------~

rœur plu léger ». Duraal Loul le re le de sa
promenade. il sauta cl riL comme il n'avait
jamais fait : il n:mail d'apprendre que on
papa n'était peul-èlre pas un mon trn. EL ù ·
rclour au château, il dit fièrenient à Collin,
un aulrc de ses mealors : « Ohl si YOUS
sa\iez ! .L Forcsli et moi, no11s avons lony11emenl 11a1·lé de la Fl'ance ! ~
Le grand souci de llielricbslein él.ai.L d'halJiluer son éPYe à penser cl à s'e-xprimcr en
allern:md. On l'appelait, d'ailleurs, Fran:..
« Jè ne ,·eu:x pas être Allemand, criait le
pelil pos édé .... J'aimerais micu,c ... je n'o.c
pa diN quoi!. .. Je veux rc ler Français! ))
lai- le moyen ùe luller conLre 1anl de pMagoguc acharnés à s1 germanisa.lion I La joie
du gouYcrneur e l grande, quand, le i 8 noVllmLre i&amp;J 7, n con talc que le prince Franz
parle couramment l'allemand; dix an plus
tanl. ré ultat magnillque, (« il est tout à fait
iac.1paùle d'écrire correctement u.nc lettre en
fr:mçai ». lais quellll peiae oa s'est donné,
pour en arriver là ! Il .t fallu coufisqacr tous
les objets, livres, effet clo toilelle où se
lrou\'cnt gravé.es te :iigles irupériales; il a
fallu rcnYoyer d'Autriche tous les ser..iLeu.rs
français, el même le pclil Emile Gohereau,

un gnmin de :.ix ou sept ans, fils ùu Yalet de
chambre de l'ex-impératrice. Alors on vil
celle cho~c sublime : pour entendre quelquefois parler ùc ce pa arloré sur lequel son
père avaiL régné, Fram1 écoutait aux portes;
quanù Dietrich tcia eau ail a\'cc les domc ti(jUCS ou avec des étrangers, Je fil, de 'apoléon
se cach:iit sous un mcuLle, espérant que par
surprise il allait entendre prononcer le nom
de son père; il lisait en sec.rel, s'iastrui rut
e11l; mai ceque e ma1Lrc lui easciguaient,
il 'efforçait de ne pas l'écouter. Parfois, à
bout d'amieu e curio ilé, éLouffaal de ne pas
savoir, il questionnait avidement : &lt;&lt; Dil.es•
moi, de1mmda-t-il un jour à Collin. dilesmoi. s'il ,·ou · pla.ll, po11rquoi on m'app lie le
roi de Rome. - Cela se pa • ail encore au
temps où 1otre père arail un 1:,rrand royaume.
- EsL-œ r1ue Rome a apparlenu i1 mon
p~e1- 1011, Home appartenait uu paJie. Et où est à présent celui--ci1 - Le pape?
Toujours à Rome. - EL mon père il est aux
Indes. je croi ? - ~foi · non; pa du 1oul.
- E t-ce qu'il est en Amérique? - Pourq11oi serait-il en Amfrique1 - M:ii · enfin. où
est-il, vrai.ment? - J ne puis pas vous le
dire. -Onm'a dit un joarqu'il avait été eu

ngleterre el qu'on l'en nvaiL chas é. - C'est
là wre erreur. Vous savc~ bien, mon prince,
combien ouvenl il vou arrirn de mnl comprendre cc que vou cnlcndc.1 dire. - Oui,
c'esl nai, excu ez-moi. - Je puis vous li su.rer que momieur , 1olre père n'a jainai · élé
eu Angleterre. - J'ai entendu dire aus i
qu' il était dan la misère. - Comment. dans
la misère1 - Oui. - Comment cela seraitil po ible 011 mÈme vraisemblable? » _\ ces
mots le 1·isage de l'eufanl s'illluuiaa de
bonheur : « C'cs1 1·rai, dit-il, c'e L Li ·n cc
que je pensai . 1&gt; Et il pru;sa aus·ilcil à un
autre sujet. Il en av, il pour hien longlcmps
à méditer, et j:imai ne Juj en a,·aiL-on, ur
11l011 iew· son père, lanl appris.
Oe lou les traits touclinnls ou lrairiqucs
c111 ·a recueillis 1. de WyzC!wa en fcnill •taul lll
journal des préœplcurs du prince, cclu.i-là,
.aas doute, est le plu. m1,•ranL : l'cufanl du
ma.ilre du monde rayonnail de joie à la révêlalion que &lt;&lt; s011 père o'ét..1.il pas dans la
mi ère ,, , el il e résignait 11 11'en point
sa,·oir d:rv_intage .
Oui. ccrlc , 11 cél •füoyalilc supplice moral
on préfère les coups de Lrit[UC du cordonnier
'imon.

LE

"LisEz..Moi'' u1s10R 1QuE

T. CT.

J.,A v1E DE P .uns

sous

LA RESTA~RATION . -

UNE PARTIE DE DAMES AO CAFE L.utBLIN, VERS 1lho. -

·T,blear1 ,1t B01LLY. l l/u,~~ Co11Jé, Clr.mliJ/f'.)

..., 144 ,,.

PHlllS DE LA TO R-DU-PIN DE LA CHARCE
Tableau de LEGRIP. (J\lusée de rersaille .)

�JULBS TALLANDIBR, ÊDITEUll. -

LIBllAIIUB ILLUSTRÉE. -

Sommaire du

75,

20e

rue Dareau,

fascicule

(20

PARIS (XIV•

arrt)_._-=

septembre 1910.)

HEROS BT HEROJNES DE FRANCE
li ENRI

lll)UVR ,tY , ·

, · 1co11TE OF.

Rn

F.T

)( "• Dl' ('\~LllS , ·

1 ,::

Lamballe. . . . . .
· · · · · · ·
La vie d'une Dauphine.

1C
1."11

ll t:l,l.l)
•
'fl:.C&gt;I H&gt;I( Ille. \\ YLI:.\\ ,\. ,

1,'&lt;t
1fo

JlAHQ lS l&gt;'AR w;;~ Oll.

J\1.émoires . .. . . . . . . . . . . - . . . .
Le artifices de la toilette : Les • mouches
Aux Tuileries . . .
·Le siège de Stra bourg . .

liÉNERAL DE :\IARllvr
DOCTE UR
.\llA"H !&lt; ,
VI CTOR

Héros et héroïnes de ~rance : l\llldemoiselle de La Tour-du-Pm . . . . • . . . . . .
Belles du vieux temps : La prmcesse de

II L"&lt;.o , · ·

L' nll.C'l'IIFI. H01 ~SEI

II E1'Kr Oonu~~A.u, • . .
LL DOHI

ll .1Lt. l 1.

li . Ll:.:v,11n. . . . . .
0

..~,

Lb~

MAURILE l\loNT-i'.: r,t'T .

-------------

1LLUSTRATIONS

Correspondances amoureuses .
otes et Souvenirs . . . . . . .
a Montausier . . . .
Les deuils d'un roi . .
. . . . .
Quelques figures de femmes aimantes 011
malheureuses : La reine Caroline-l\tathilde
et Jean-Frédéric Struen ée
Les débuts d'une favorite . .
Les Epées de fer . . . . . . .

Mademoiselle de la Tour-du-P in

PLANCHE HORS TEXTE
TIRi E: EN CAMAÎEU

PI11LIS DE 1.A TOI . R-fJU -1'1:'-J l&gt;E L\ .lL\RCE.
T All L'P.A~

En vente
partou t

SOMMAIRE du NUMÉRO 122 du 25 septembre 1910

I'

Les s urviv nt~ de ln guerre Fronco-Allemende npprcndront avec plai ir que
l'on prépare actu elle ment un brevet dédié Au., Défenseurs dt1 Territoire 1870-11
et destiné à perpétuer a u s ein des famille , Ja part pri se aux opération de la
guerre pnr le titulaire de cc brevet.
·est une œune d'art co mposée par un arli · te distingué, imprimée ur papier
Whatman grand form~t. pouvant ùrr:, encndr..e et mi e à 111 place d'honneur de
la maison
Le nom du titulaire, l lndicution de s a fonction ou de son régiment seront
imprimé, sur te brevet.
Tou~ les inlé ress és tloivenr envover leur nom et adresse à. lu Librairie
J. T ,H,L-' • DIER, 75, rue Onrcau, Paris (XIV•).

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Cl'lk:tu collectinn
i bien:\ la je unessc&lt;1u 'nux grande. pcrson.nes e\ d,ml

QUILLER COUCH

POLICIER
Prochainement
PH. OPPENHEIM
Paraitra ensuite
A.-K. GREEN

1

LE COMPLOT

\

Préface de J .- H ROS Y jeune

LA J\\AI

Au moi dejuillel 1r.fl2, la Fronce élail
guerre, depui qualrc an bientôt, a1•cc la
plup_arl de. aulres pays d'Europe. Elle arnil
:1 faire face ~ la pui sante coalition connue
.on~ leuom de füme tl'Augsbourn, qui avait
réuni contre e1le !'Empereur, 1 prince.
d"empire, la uède, l'E pan-ne, pui· la Tlollandc, t à laquelle Guillaume d'Orange arnil
apporté 1'appoinl de l'Anglelerre el &lt;lë .a
flotte, !or qu'en Hi 8 il s'était emparé du
Irone de on beau-père ,Jacque IL En outre,
dcpui deux an , le duc de ~ a 1·oie, dont le
concour était loin d'être né,,.lirrable, en rai. ou de la situation géographit1uc de e· ÉlaL
qui fai ail de lui, comme on di ail, le cc portier des Alpe », avait adhéré à la lirruc.
La prLe de Philipp-burg, de ~Ion · el de
amur, la de trnction de principal · ville
du Palatinat, la victoire de Fleurus, le dé aslrc de la llollo"tle avaient déjà marqué le
pha ~ le plu importantes de cette lullc,
1pii 'était jusque-là duroulée hors de no.
fronli1•re , 4uand Vi 'tor-Amédée de arnir,
r:ommandanl en per onnc une armée d'inv:i~ion comptant 55 000 fant.1 ·sin· cl 10000 ravalier , pénC:tra par le col de Var~ d,m · la
1·allée daupbino1 e du Queyra .
Mai le duc allait trouver en là.ce de lui
loul à la foi un général habile, tenace t
rélléchi, icola de Catinat; de troupe chez
le quelle la 1·aleur cl le bon cntrainemrnl
de\'aienl , uppléer à 1'inféri()rité du nombre:
et, enfin, de population · animées du patriotisme le plu ardent. ,\u · i, de cette inl'ur ion
ur notre territoire, il oc resterait aux alliés,
aprè deu moi de camparrne, que la atisîaction toute relati1•e d 'a,·oir, an pouvoir
'y maintenir, envahi li! l&gt;auphinê.
«'0

(Brevet commémoratif)

=-=-

J E,s HICH E f•I \/. d·• l',\ cademit rr:111.;a1,c. Ma~ame André,- - \IICnEL P!10VI ' S. La pa sagère.
~\1 c11 ►:1.
HU,\\ . 1:e _Perm, d~ cho~se_- ,
1 EcOsTE DF. L ISLE , Méd aille antique. R&amp;"t l!AZT'- , de I A,atlem1e fr.1n,31;.c
,\. :Xi;,,c ~. ..:_ P n;~Rt: L Tl, de l' cadcmic ir:rnçnisc. Aziyadé. - Jo~t-)1\~I\
oe. l lERL~l&gt;I,\. Le ydnus.
J. \tAR'-1. auverngc. , "" 1u,·F. B.\HHE~.
de IAcadcnue française, En E!,p gne.
C11AR1.t: · f&gt;OLE): 1'._c f•a1:cé ~rofessionncl.
L, os DIERX. ur la plage.
MAR cu1 F. 11'1:AIRE. Lomorc
de l'amour. - ALl'11os 1,; DAL'DET. Notes sur La "'.'e.
~ o nt:•SE ~L,Tnien
L
·
Prière
du
matin.
,\~DR,
TIil, HIE 1. Le locher de
\IJ L,
DE
•
- ,.,_,.
'
•
•
\
C \ LS L
Vireloup. - TnH&gt;t&gt;ORt:: DE B.\'\\ l LLE. Lapins.
, L rRFD J , 0• • · a
Châtelain ~.

f)lu sèc de \'ersailles}.

TERRITOIRE f 70- 71

le IO et te 25

MAGAZINE LITTÉRAIRE ILLUSTRÉ BI~MENSUEL

-==

I.E"'"

.

Paraissant

'' LISEZ=MOI ''

"'

ET LA BAGUE

ment à Catinat, dans se~ •ampagnc , d'emprunter ~ur on rrc:diL personnel les fond .
nécc . airès aux diffi:renl .. ('n·ice· de l'arn1 :,
d'Italie. En IH\12, celle arm :e allaiL t'!lre
privée d'artillerie de campagu : non que lé~
pillee fis enl défaut, - le roi en po sédait
un nonibr suffi ant dan · les ar ·enau,c de
(~renolil~ cl de Pirrncrol, - mai parce fJUP.
l'argent manquait pour Jou 'r le attelages à
l'eatrepri ·e, suil'a111 la pratique de l'ancien
régime. Pour la même rai on, l:1 cour ne
pouvait fournir à l'armée le. équipa,,es néccsaire.-; pour trancporter ·c- vivr dant- la
plaine du Piémont, 1l parlir de n1a~a in d1•
la base d'opération. llrcf, anlant par !'in ·u.rnance de
moyen. c111e par le plan général

0

+
ur le conditions où e trouvait notre
armée, au moment de l'agres ion n-crmanohispano-lombardc de WY2, un offi&lt;·ier françai , M. Jo eph Perreau, a fourni de détail
préci · dan une intôressante étuâe : CQ/inal
el l'im•a.sion du DaupltiM, qu'a: publiée
11aguèr la Librairie Chapelot « Toutes les
re ources militaires de la France, dit-i 1,
avaient fléchi depui la mort de Lomois.
L'effectif normal de hataUlons était descendu
de O hommes à 6..10 el H00; les c cadron ,
de lüO à 120 chevaux. La cour n'envoyait
plus régulii:rement d'argent pour la solde cl
In ulJ i tance de lroup . 11 :irriva fréquem-

armr&lt;., IJien qu'elle ne r-0nrînl gut&gt;re : h
lacli1f11l' de montagne, flui demande i rwu
de• cal':1lcrie. L'infaolcrie de cellf' armfo pr{,&lt;:entail une curieu e Ji,crsit• d"ori!!inc ri
11'aspccl. Comme noyau, de régiment:- fran1:ai · permanents, fort de trois, de deux on
J'un bataillon : Catinat, , our hes. Qurrn.
La Marine, Navarre. Leur· soldat., rccrul~s
par l'cnrûlement îOlontaire cl Vl)ués pour une
longue période de leur \'ie au métitr tic.
:irme:, e reconnaiilsenl à leur pre lance auLanl et mieux qu'à leur uniforme .... Ali!!llés
h côté de cc brillanls ba LaiUon. , voil'i d ·s
r,.:giml'Ot 11ni n'ont d'autre unil'orme 1p1e le
eu lumr de ouvriers el Je pa ·. an· de diver c p1·ovinces du royaume. Ce . ont les milie' pro,·iucialcs, espèce de rrardc nationale
mobilisée, le\'éc par réqui ilion. A la pri. e
d~ qu3rtier d'hil'l!J', les régiment de mifü·e
:taient liceo1·ié , cl les mili ·ien rentraient
dan le1trs paroi se •. Les régiments étaient
rassemblé de nouveau au prinlemp el diriés sur le, points oiL ils c:laient appelé à
.iirvir. En 1602, l'armée d'llalic complait d •s
milices d',\lençon, de Champagne, 'de Prove111· . el. urtout, du Dauphiné .... Enfin, Je
forces auxiliaire éLaienl :tppdé :, à l'oct:asion. à oncourir à ln défen e du territoire.
C'étaient les compa nie franche' qui formaient la µ-arnison de sùreté de places tl1·
gu ·rre, ou le commandement immédiat des
gouverneur , le troupes de la marine 111atiounrle dans les port &lt;le Prm·eocc, el les
milice. locale , véritable "arde nationale édentairc. IJes troupes placée. ·ou: fo~ ordrt•~
de Ca Lina 1, u11t• partie étailemploy1;e à l'o· ·11palion des pay contJUÎS cl à la. surveillance
&lt;les méconleuts t.le lïnlérieur : protcstnnts C'I
nouveaux ronrerti·. La fraction di ponible
pour de opération ::u.·t.iye · ne dépassait pas
~O 000 homme . »
111·, ll1 :; amh. le. ho tilités commenc&lt;'•rent.
Le comte de Scbomber 0 , 1'1111 de · lieutenant
de \ïctnr-A.mêdée li, mit le sil•ge tlev;im
Cùûteau-Que ra ·, dont le "0111·r1·oe11r, M. de
Lescb • , lht . ommé de se rendre. \ l'ol'ticier cbargti d la ommalion, ce n-011verrll'ur
r11rio11diL hra\·emcnt ; 1! Vou · de,·cz 1·onnaitrf'
le Fran!·ais; non. Yous reccvron comm1• il
c•cmvie11l. » El Catinat 1ml accourir i1 lt!mp
pnur dé"'a~el' la pclüe place forte en contraignant ~cbombcr .. à Je10r ~ n camp.
llans le mê111e niom nt, le du de . :i.1·oie,
:me 20,000 ·oldat · , inrc ti ait Eml1run. Le

l\.JCOLAS OE CATINAT.

Crt·a1•u1·e de LP.CLERC, d 'atrès Il• laNeau

dt JOLLil'CT . (,IJ11sée ,te l 'ersJilles.)

dèS opérations. Catinat se ,·oyait condamné à
la défèn ive .... Le Iota! d • force. mi e à sa
di pos.i tion rcpré en Lait 27 c cadrons et
77 balaillons. C'était la proportion admi.e au
x111f si!'l'le entre les lru11pes des difii:renll'

iRom::n a:let~té c' e l'anfl:tit)

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JO

�•

1f7ST0~1.J1

marqui. ùc Larr •y, cl1er de la ga rnison, dispo. :iit, pnl'lr loul elfoctif, d'environ ~,000 !.tommes, el, pour toute artillerie, d di_X petits
canons, sur lesquel · troi setùemenL étaieDl
munis d'atl'iils. Encore ce:. trois canons ne
. ervitcnl-ils llUe rarement, parœ que, sni,•ant la relalion de l'in.,.ênieur Robert, « on
n'avait de houlets que ceux qu'on lai ail
cl.laque jou_r, qui ne ,·alaieut rien, el ce11.r
que le., cm1Pmis 1WU$ e,11,oyaitmt 1). Etnhrun
linl néanmoins j11s1p1'au 15 ao1'1l, el fil une
ù.o.lbnse hJroïquc. Jla1s, ce jo11r-l:t. le gomern •ur dul se résoudre à capi tuler. Le duc &lt;le
Sn\'oÎe émil la prétcntiun ile retenir prisonnir·res de guerre les troupes décimées. i( Mes
soldat· et rnoi, répondit Larrey, nous ne
manquons ni d'épées ni de cœur. PluLÙL que
de con ·cutir à une telle capitulalion, nou
non. en.evelirions sous les murs de la plare. »
Victor-Amédée 11 céda. « La garni on obtint
le · bua.neurs de la guerre : ellr ùcvnil ·ortir
avec armes el bagage , tambour Latlanl,
drapeaux Mplo)és, 11:ille en houche et mi·cbc
allumPP. La capitulation lui interdisait de
ervir. prnùant le reste de la campn11nc,
conlte le duc de Savoie et ses alliés . Exception ittait laite en faveur du marqui. de Larrry, qui i:taiL lais ' libre de . enir de .a
personne arec 'IUalre aides de camp. » C'est
ûans cc. conditions qne, le Hi aoi',t, les d(L
l'ctLseurs d'Emlmrn qoiltèrcnt la place.
Quaire jours plus tard, l'avaul-garde des
alliés pénétrait dans Gap qu'elle incendia
aprr l'a,·oir mise au piU::g1•. La calht'dralo
cl s pl ccnL l[U:llre-vingl-dix-huit mai ·on
(sur neuf cent cinquanl-0-lrui~ ,1u'en r.ompl.:1it
l:i ville) furent l1r1\1ée.•.•.
Ce fut ta dernière &lt;&lt; victoire &gt;1 des eiwaliisseurs.
Pendant qn · Victor-Amé.déc U, :llleint de
la peLilc vérole, était imm1Jlii!isé à. Embrun,
Catinal arnit pris à Pallon, ur le · escarpements qui dominent la Durance, une position
d'où il courrait llriauçon et Grenoble et mcn:1ç:ùt les d,·rrière- de l'eaaemi. Dès lor , el
jusqu'à l'heure 011 le · alliés, talunnrs par
l'arm1:C l'ranç.aise, durent hallre en retraite
~ur le Piémoul, les deu. partis tlcmeur~rent
dans une expectative prudente.
♦

Mais, con tate )f. Jo.eph Perreau, c tandis
que le · "'ens de guerre restent l'arme au pied
sur lrms po ilion , &lt;le nouveaux acteurs entrent en scène. Ce sonl le montagnards dauphinoi ·, ce sonl le propres fils de la terre
Tiolée par l'étrangi'r. el, à leur tête, &lt;·omme
dans nolrt! épopée nationale de la guerre de
ent ans, une héroïne .... l,a chasse en montagne et se dantrers, les t1·adition · erwore

vivaces des guerre· religieuses du x1•1r ii·ch•, ,:taienl CU"\'.-mèmes de. nomeau convc1'tis ou
enlrctcnaienl, chez fo, populations du llan- des protestants. C'est en les e\hor1:m1, par
pb.iné, des aptitude.~ hclliqucusc '. Sans l'ares conseils cl son c'templc, à faire lem d1•ler de b no hies se, qui, dait es châlem.u et ,·oir, qu'elle a acquis ses litres le n1icu\ \'l:_
es mai ·un fortes, con errnit encore Je véri- riO,: à la reconnaissance 11alioualc. 11
taLles ar enaux, il n'était pas un pays.ln LIUi
c:IJo'
ne pùl monlrer, accrot'hé au manteau de sa
cheminée, une arquehuse de chas e ou 4uel•
Le rôle joué par Phifü. de La Tour-dn-t'in
que hallebarde rouillée, hérila"e d'un \•ièux de La Charce, au com" de la. campagne de
T&gt;lll'ti.an de Lesdiguières ou de la Lirue. flans l 0\12, c tr!luve ainsi d1:fir:ù de La façon Ja
les parties du territoire que de · oL~t:wlc. na- plus juste et la phis hautement honorable. Il
turel protl!gf'aieol contre l'alleinte immédiate ne nou. eu parait pas moins int,:res ·a11t de
de l'imasion, la population prit spontané- citer des appréciation qui furrnl porlé~ sur
ment le' armes. Il } eut ainsi une \éri1able elle par ses contemporains, d&lt;'·s l • lemk,
lc,·éc Cil niasse tians le Trièves, au nord de la main des événement .
forteresse du n~,oluy, et dan. les monlagm·
« Mademoiselle de La Charce, disait le
du Diois 'el des Baronnies, à l'ouest du ro~s,, Nerc11te de France, a empêch1l la Msertiu11
~Il nucch·. A lelll' lrte, les monl~nard. mi- des peuples depui le environ· de Gap jus•
rent les rares gentilshommes q11i n1• ser1•,iient tiu'au, Oaronnies; elle s'est mise à leur tète,
pas conime ollîl'ier dans le· Lroupe royal&lt;!s
a fait couper les ponts, garder fo. pa&lt;: age ·,
œux qne l'âgerctenail dans leurs patri- emp&amp;bl les rnncmis de pénétrer an Jelà &lt;le
moines, el m1~me, comme d:rns les Baron- {;ap. Celle amazone, ayant inform1: les g11m;nie , une femme.
raux de tout ce qu'elle avait fa.il, en rut ap~ La Jeanne d'Arc d:iupbinoise, Philis de
prOUl'ée el complimentée, 11L de four aveu clli:
Ln 'l'our-du-Pin de l.a Charce, rivai! a,·e1· . a fü armer tout ce qu 'elle put &lt;le mon&lt;le pour
le .crvice du Roi et de la province. »
m1\.re, la marquise de l,a Cha1'Cé, dans leur
domaine: de. Baronnies ou bien à Nyon~,
En scptemlire HiHS. 1. de L:irrei écrivait
c11el~lieu de ce pelÎL pay du Dauphiné. Sa à I'hilis de La Tour-du-Pin : « Vou ras ufamille 'attribtHI.Îl une ori~ine commune r:Hes si fort le pays, l'année dernière, que
avee la maison de La Tom-du-Pin, dernièr,· nous vous devon. la tranquillilv r1ui s') crmhranr,be de la d~ua:tic indépendante de
serve. ll Et, sur l'avis de cc m~nic marquis
llau11liins du Vicnnoi. . A l'i:por1uc de l'i.ma- de Lal'rey, le roi lui accorùâ une pt•nsion de
sion, soa père i-Lail morl: es f1·-.res ser- ~OOIJ livres, pui. fil placer :111 lré.~or de , ainlvaient loin des Alpes. En leur alisenct', ma- Hi:nis son portrait, l'écusson &lt;le se armes,
demoisello de La Tour-du-Pin assuma, 11 son :pfo el sou pistolcl.
l\:.,ard des vassaux de sa famille, le dc,·oir
Lorsque, ballant en retraite sur le Piéféodal de prolection tl de conunandetu •nt. mont, Je ennemi., 11 ln fin de 'èpkn1h1·c.
« Par calcul, les alliés épargnaient géné- curent rvacué les plaines et les ,·alhte &lt;lu
rah:mcnL les pr11leslant.s cl les nouveaux con- Oaupl1iné, l'hili revin1 près de .a mère. à
,·erlis. !Cette campagne, rappclon -le, ne ~ions oi1 elle dc1·ail mourir onze ans plus
suivair que do ~ept ans la rérncntiun do l'édit tard.
Quant à Catinat, il rcr11t en 1695 le MLon
de Nantes. J Schomberg avait soin d'envoyer
des po lus tle sau,egarde Jans leurs formes &lt;le maréclml de France. l( Loui X.IY . anctionet h:ur rhâlea11t. InutilL• baLHetés : ·ourd.!: naiL ain. i la Jt:gitirno el dural,I • pnpul:1ri11:
aux a,·anccs des Lr~ilres, les prol.estanls du qrri a pcrpêtoé, surtout dan les Alpes, IH
l)auphin.1 tromp~renL ù la lois les espérances nom de ce grand homme de guerre el de Ci'
Ùcs coalisé cl les craintes de Louis 1.1V. lle- ).ion citoren : « Chemin de Cnlinat », 11 Crête
foulanl dan Leur cœur des ressentiments de Catinat )/, « Pré de Catinat », (&lt; Camp dt!
trop lt.lgilime•• iL lt1moignèrenl d'un patrio- Catinat f&gt;, tels sonl les noms dont la Lraùiliun
tisme supérieur à tout eloge et confondirent décore le chemin· qu'il a tracés, les crêtes
qu'il a défendue le. positions qu'il n 01·absolument leur cause avec celle des aulre
habitants de la province, ayec œlle des autres cupées, et même parfois :comme il arrive
pour le camp du lloU\, dans le Queyras,
Franra.i .
a Parmi les proleslanls et les nouveaux celles qui ont élé inaugurées par ses pr1idéconvertis du llaupbin ', les plus apte à por- cesseurs. o
ter les armes prirenl du service dans les
Et, le 4 oclolire suivant, le « Père La
troupes ro)1ales; les autre se joignirent à la Pen éc ,, - comme l'appelaient ses oldal
levl'e en ma. se des populations. fademoi elle - triomphait de alliés, ur leur propre
de La. Tour-du-Pin était une uonvelle con- Lerrain, 'par l'éclatante victoire de La Marvertie, el la plupart d.e vas aux qu'elle arma saillc.
llENRI

RQU\'RA Y.

VICOMTE DE R,EISET

La

•
princesse

Si elle n'avait été ai Carignan ni Lamballe,
la Princesse eûl comptct encore parmi les
plu sédui antes, el lorsqu'elle MLut::1 Il. Yersailles, elle apparut alll. yeux de tous commu
une nouvelle dame de heauté. lmpossil.ile en
elfeL d'ètre plus etquise que cette merveille
de charme, de vertu et de bienveillance :
,rarie-Thérè~e de Savoie-Carignan, Princt' se
de Lamballe.
Sornci:s. Ga.,si,•r : f'ic de la f'n11!!esse ,le
1.amballe, 1Kl4.
\'ouz,..r, ; .1/o,lame tle t:11,·,gmm, Pd11u.M1' tle
Lnmballr, llllà.
Lescu re : La JJ.ri&gt;ic~mc dr. /,anrballe. l~ôi.
L,,,...u,·e ; Ciw.-csrwntla11re seCl"èlt• ·m· ln r•il/e ri
ltL COii/". l 8(itl.
nu,ul ; S(1u1•tmirs de la 1'Prreur, 11111.
G. [J.,,.,ul . ladauu- ,la Lrw~lmllr, rno::..

de Lamballe

l\é!) d'une mère allemande el d'un père
italien qui lui avaient donné également la
he:mlé et la grâce de leurs deux races, elle
étail venue en Franc" à dix-sepL an pour l'
épouser· le prince de Lamballe, fils du dm: de
Pentbièvre, qui allait réunir sur sa tête les
biens immenses d~ due du ~faine et du comte
de Toulouse, tous deux enfants légitimés de
Louis XIV et de · rmc de Monlcspao.
.\. IIOIN,in• : Louis

xvr.

11!76.

Cmntcss~ il~ Boiiruu ; l[b1111irr• . 101)1.
Mm,· C~rnpan : M~111 oin•,, , LSi~.
Il3rou d,, la ,\f1Jri116r1c : Saut-mirs d'é migrafiou
tir la ~forquiu de Lttge de J'olwlt&gt;, IMHO.

,l/t11·ie-. J11lui1Wle, 19(1(;,
ll.m,. lie l,11 R'-'C livl,•rî,• : llidoirt: de J/a,·ie-,Ju /r,1l!IO~.
Il . Sd1l1•,iuger : La JJuchcm: de Polig111IL·, Jl!!\11 .

)lnum'&lt;' IJouU')·: Âulàurde

uclte,

A,·ec une grâce naùc-, la jenae princesse
nous a raconté dans son journ:1!, que la pi61é
d'une amie, compagne de ses mamais JOurs,
non a consrrvé, les déLuts de on mariage
tl sa première entrevue avec son fiancé :
« Liu jour, dit-elle, mes parenLs me lii·enl
appeler et l:1, en présence du roi Charle Emmanuel Ill et de l'envoyé de France, on
me demancfo si j'aimerai à devenir la com8. cl J. '1e G1 ►rn·11m•r ; Ditf(1irr de. M«rie.- lntoi

,rel/1•, 187 .

Giranll ,le .SI Purg,•au : Lr-~ 4X /.!1carlier3 fil' f'ariJJ
IMO.
'
\'Lt• ,le \'ilfohr"~me · r:c qui reill~du 11r11.i: Paris
Haroiuw &lt;i'llht•1-skir:idt : JUmr,fres. 1l!:ï3.
·,
Ila('h:iumuul: Jll/!moi,·es u·crel•.
AIJ1h . J'AuJna.)' , Lei OQwuHers d;- Paris.

"••her · !IUmoirrs, 1~22.

�L.A

'fflSTO~l.Jl - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - pagn du prince de Lamballe : (\ Oui, répondi -je, il ne m'in pire pa plu de répugnance
que Lout autre 1 n Celle répoo e ingénue
amusa beaucoup l'assemblée.
« J'entrai à peine dan ma dix_-huilième
année lor qu ·on me conduisit par d chemins de lleurs à l'autel acré qui me promettait le pins grand des Lonheur· el qui trop
lÔL devint pour moi l'autel de mon .acrificc!
a ....• Je qmllai Turin. On avait tout
préparé pour me rece,•oir avec la plu grande
pompe dans l'hôtel de Toulouse et dan le
palai de fümhouillel. Parmi ceux qui , inrcnt à ma rencontre était mon &lt;!poux ]uimème que je u'a,·ai jamais ,•u. li désirait
tant nùpercevoir incognito pour la prcmiî.•rc
Fois, qu'il partit de Pari au~silcil qu'il [ut
informé do mon arril'éccn r•'rance et 'annor11;:i
en 11ualité de page du prince ùe Lamballe.
Comme il a,·ait granJi depuis 110'011 m'aYait
montré on portrait, j'y rus trompée t le
reçu à ce Litr . Jai· le prince, qui me trouvait plu: :1 son gré qu'il ne s'y était attendu,
cul as ez de peine à ne pa e trahir luimème. Dans le trajet ju qu'à Paris, je fis
connaitre l'intérêt que m'inspirait le prétendu
page. 11 ,l'e·père, lui di -je, 11ue le prince .rue
permettra de di po er de on page, car je
l'aime beaucoup. » Quelle fut ma urprise
quand Je duc de Penthièvre me présenta le
prince de Lamballe et que je retrouvai en lui
ce meme pa"e pour la1uel je m'étais senti
une sorte d'inclination ioYolootaire! Nous
nou ruimcs tous deux à rire et le expressions nou manc111èrenl pour rer1dre no' enliment •. C'était. réellement aimer à première
me. »
Celte juvénile impatience du prince se présentant à sa fianc~e sou la li,rée d'un page,
cl le doux émoi de la princesse en apprenant
sml nom, toul ce joli roman qui parait à
peine uaisemlilable, emblair11t pour ce jeune
couple autant d'a SW'anw de bonheur, cl
pourtant celle fraiche idj'llc ne devait pa
a"oir de lendemain. Moins d'un an après, l
prince de Lamballe, \ictime de ses folie el
de sei, débauche , uccombaiL dan les plu
cruelles oufüan~. d1sespér1: de quitter à
,,ingt ans celle vi qu'il a1ait follement ,,.aspilléc el qui aura il pu lt1i ètre si douce!
La princesse de Laml aile, mariée presque
enfant, épouse avant d'ètre femme, restait à
dix-huit ans ~eu,e, ans être mère cl an
espoir de le de,·enir ! Elle pleura pourlant ce
mari qui n le méritait guère, comme s'il
a,•ait été le meilleur des épo11x, cl e retira
aupr" de son beau-père, le vertueux duc
de Penthiè1re, ré olue à consacrer désarmai
sa vie à embellir la sienne el à adoucir on
chagrin. Elle a,1ait été le modèle des épouses,
elle :.illait ètre, dé ormais, le modèle de la
piété filiale.
Ce fut l'amilié de la Reine qui vint éclairer
d'un rayon de joie l'existence de celle jeune
princesse qui n'avait eu que des larmes à
verser depoi · on arrivée en l&lt;rance. Pleine
de compa ion pour ses malheurs et attirée
par cette nature i douce el si auachante,
farie-.\.ntoinclte ul vile apprécier le charme

de celle âme d'élite et, rn même tcmp ·,
trouver le chemin de son cœur.
Aus~i, désireuse de re serrer ces lien
d'affection réciproque par une intimité de
chaque jour, lui avail-elle donné la place
enviée de . urintendante de sa mai on. füis
la làche étail trop hurdc pour les frètes
épaule de la princesse de Lam halle; la cabale
el la jalou ie eurent bieotôr rai on de celle
jeune remmc, incapable d'une pen.éc mauvai ·cou d'un sentiment intéressé cl qtlÎ ne
pouvait se ré·igner à onpçonner chez persoon_e le mal que on âme irréprorhablc ne
sav:ul pas commettre.
En bulle à des rivalité· et de! iolrig,n&gt;. de
loul genre, sa faveur el sou crédit diminuèrent peu à peu au milieu de diHicultés
san ce e renaissantes, el elle se Yil enfin
supplantée dan · l'all'ection de la Beine par
une nouvelle favorite, la comlcsse Diane J,
Poli 0 nac. Douloureusement hies ée dans . on
ami Lili i tendre el si désintéres é • pour a
~ouvcrainc. la jeune princ e ne se permit
aucune plainte, mai~ elle se relira à l'écart,
an éclat el sans ostentation. ne parais~anl
plu guère à Ver. aille que lor que le devoir
de sa charge J néce· iLaient impérieu. ement
sa présence.
fietirée à ceaux avec la mal'qui e de Lai:
Cases, sa dame d'honneur, el le chevalier de
Florian, qui é rivail ses pastorale et ses
fables, la moiti; de a vie e pa ·ail à faire
dl!S heureux autour d'elle et r'est b. la charité
.cule qu'elle avait voulu demander des con olauon · à son ch..1"rin.
La diminulioa de a faveur n'avait point
altéré pour ln ncinc, ui ' OH amitié ni son
dt!vouemenL. Mari~Antoincllc, i cruelle0

'

L,1

P.RmCESSE DE LAMBALLE,

(• Desslntie quel.}ues heurts a)•Jnt s.1 mort, d'af, ris
11&lt;:rlure, tar CiABRtf.1.. , )

ment !rappée de Loules parts, retrouva dans
l'infortune son amie des beaux jours au i
fidèle, au si courageuse qne si jamais aucun
nuage n'était venu troubler leur mutuelle
a(Teclion.

Au moment de là fuite à Varennes, la princes e do Lamhalle avait quitt6 la France chargée d'une importante mi sion à l'élranger oi1
elle se trouvait en ùrelé; mais la nouvelle
de lïnfüccès &lt;lu Yoyarre et l'annonce des
nouveaux péril couru par la famille ro~ale
ne firent que hâler e préparatif· de retour.
C'est en vain 1ru la Heine l'a"ait suppliée
à maintes reprise , dan. des lt&gt;llrcs touchante , de renoncer i'c rentrer en france :
a Xe 1·cl'enet p:1 , de o-ràcc, mon cher crrur,
lui écrivail•elle, ,·ous ête. une bonne el vraie
amie, je Je en bien, an ·si 1-ce au nom ÙI'
mon :rnùtié l[Ue je vou défend de rcwnir
ici. Adieu, ma r.:hère Lamballe, croyez que
mon affection ne ce·. era qu'avec la vie. »
(Juelques jours 11lus tard elle lui enrnyail,
montée en hagne, une houclc de ·es cheH!HX
de1Pnu blanc en qu l11uc,· ~emaines. avl'c
celle touchant inscription : « lllanchis par
h~ mal beur! Il cl elle ajontaiL dans son la.ronil[Ue hillèl : « Xe rc,·cnct pa . dan · l'éU1t
où .ont les affaires, vou · auriez trop à pleurer sur nou ' ! ,1
Mais, pour la première foi , Ume de Lamlia\lc était re. téc sourde aUI ordres de ~a
' ouvcraine et malaré les prières de ~es ami
qui s.ayaienl e11 ,ain de la retenir, elle était
actourue san retard, in~ouciante du danger
qu'elle prévoyait, sans le redouter pour dl~
même. Avant on départ, elle a,·ail mi
ordre à es affaires, el son testamcul. c1u'on
ne p ut lire sans émotion, montre 11u'cllc
n'avait oublié personne, pa mème ru petits
chiens auxquel elle lai sait nue pen ion de
150 liYr pour qu'on pdl oin d'eux ju qu'à
leur mort.
l la fin d ·octobre 1791, t&gt;lle avait rruitté
Aix-la-Chapelle pour revenir prrndrc héroiquemenl son ser iœ aux Tuilerie t elle ne
devait plus jusqu'lt la fin quiller laric-.\nluinetlc.
Au I août, el1e est au1 c,Hés dl' la Ileine
et lor-rrue ln famille royale c t cmo~ée au
Temple, elle demande à 'y enfermer avec
elle. On ne l'y lai se pas lougtc.mp . Dan Ja
nuit du 20 aoùl, Ume de Lamballe est enlevée de la pri on du Temple avec lme el
. llle de Tourzel 11our ètrc conduite i1 la Force.
C' &lt;-tait pour elle la dernière étapr.
Connai ·artl les dangers que courait a
belle-Olle, le duc de Penthièvre avait tout
leoté pour la ·amer: mai. taudi qu'il réussis ·ait, grâce à la conni,ence d'un "ardien. à
délivrer Mme de Tourzel et a jeune fille, la
fatalilé voulut &lt;rue la jeune princP . 1•, craignant un pièrre, e rcîu âl à SUÎ\TrC celui qui,
au nom de on beau-père, waait lui apporter la vie et la libert6. Le 8 eptembrc, clic
fol conduite drvant 1 Lril1unal révolutionnaire cl eut 11 uhir un court i11lerro!r.lloir •
qtù e termina par un oi-disant acqnitlcruent.
&lt;( Élargi sez Madame! » avait d ;claré le président. La prioccs. e, se croyant sauvée, ,•oulut
quiller la salle, mais, au moment où dlc
allait [ranêbir la porte', ·Ue e trouva en face
d'un amas d ' cnrps sanglant qw ohslruaient
le pas a"e. Une borde ù1• misérables étaient
là, menaçant.:, qui l'accueillirent par tlPs

huél's 1•t um: bordée d'injw·,•s, Yomi sanl
rontre la firinc le. plu · l'U'ro aLl accu. alion . Et, comme la mallieurcn.r, alfolée 1•L
cbanccla11tl' à la rn1• des hottrrPaux coU\'erls
de ang, c rcfu~ail éncrgiqurment ù nfp~lcr
apri-~ 1•ux lt1~ indiguc~ outrage~ dont il cou\'raient le nom de M:iril'-Antoi11elt1·, l'un d'eux
o a porter la main ~ur Plie. Elle LomLo à
genoux à. moitit! l'.·,·aoouie, dan· une marc de

Laient dénoué dan cet horriLle lulle et il en
L111nlia, dit-on. uu billet de la Reine qu'elle y
Umail caché el qu'on retrouva, plus tard, maculé de son saog. Son allachement à MarieAotoinelle avail été son seul crime!. ..
liai la mort n'étaiL pa assez pour de pa1·eillc Lêtes fél'oce l Ce corp délicat paré de
tant de gràces et ùe beau lé, fur dépouillé de
• es vêlement l.imli · que le nègre Delorme

,\IORT DE MAD.4.ME DE LA.li.BALLE

:sang. au milieu mt;me di:s cadavres Hcudn
·ur le sol. Celui qui lui por'la le premier coup
rut, Llit-011. un mnl:\lre nommé Delorml•,
combléjadi d,, 'es bonté·, qu'elle avait fait
~lc,cr cl in~lruirc l'i que sa ruan\"aise conduite l'aYail forcée, plus lard, j cha scr de
chez t-ll«•.
Le miséraLlc, ivre de vin et de carnaae,
s'approcha en dcananl de a bicnfaitrioo el
lni arracha sa coiffe légère d'un coup de
pique qui J'aueignil à la nuque.
Ce fut le signal du mas ·acre : deux de
meurtrier , touché de tanl tle gràce, dejeunc.se el de douceur, voulaient l"enlramer pour
la 'au ver et l'avaient prise , ous chaque bras;
ils tomJièrcnt à leur tour frappés par le mulàtre, et l'affreuse troupe d'a !&gt;a ins e rua
sur elle à coup de salJre. Ses cheveux '1.,I..

-

1 49

...

reur; aprè, une halte faubourg Saiot-Auloinc
chez un marchand de l"În qu'on força à boire
à la s:rnlé du sanglant trophée dépo 1.1 à mème
son comptoir, 1a l'Coconlre d'urt perruquier
aperçu sur la plac.e de la Baslille à la porte
de a hou li&lt;p1e leur u g-"éra l'idée de par r
cette lèle dtljà ouillée de ang, de vin et de
pou sière. Le coillcur Lreml,Jaat tut arraché
de 'OD échoppe. el le malheureux, lerrori é

Table.il/ de MAx:LIIB . FAIVRI,.

tlpoo&lt;&gt;eait le aug qui l'inondail pour en [aire
admirer la blancheur, el l'exposer au in. ultc ob5cène d~ la populace. - Pui la tète
fut détachée ·ur une borne avec ua couperet
de houcber, non ans avoir fail ubir au c:ida,Tc les plu abominables souillure,. La poitrine fut ouverte, et ce c1..eur qui n'a,•ail
jamai battu que pour les plus noble sentiment fut arracùé avec le' enlraill · pui.
porté eu t1·iomphe. Taudis que l'un dos bourreaux brandissait celle lèle gracieuse el charmanie dont la. longue chevelure blonde 'enroulait au tour de oa bras, l'un des mi érable
a. assins s'aYisa d'une proposition 4:ui rallia
tous les uffrage : a Porton·-la à I' utricliicrllle, &gt;&gt; s'éeria-t-il, et la bande hurbnte
avait marché vers le Temple.
Rien ne devait mrutquer à cette ·cène d'hor'"4

P1{11YC"ESSE DI; L.JIJKBALŒ - - .

?e

pa~
menace: de more, dut procéder en
frem1ssant à la funèbre toilette'.
'ne dernière fois, , ur la tète fraîchement
coupée, dont le sourire avait été s.i doux et
le regard si tendre, le fin. cbe,eux blond.
s'enroulèrent en boucle gracieuses . ous un
nuage do pondre odorante et, pour remplacer
le rouge de gr:màcs parure de Versaille
l'un des meurtriurs, d? son _doigt sacri!'.,,e:
Lre~pé . dans l_e sang, vmL anver en ricanant
les. Joue'. ~àhes de on inaocente victime.
P,ms la_ Silll tre dépouille, plaotée an bout
&lt;l une pique, fut promenée dans Pari el portée
jusqu'au Temple sous les fenètres mèmes de
la Heine.
-~Lliréo par le cris de la foule bw-Iantc au
Jllllieu ·_desqucl_s elle di tinguait le nom de
s011 amie, .Mar1e-.\nloincttc crul, dit-on, 1lil

�111STO'R._1J1
instant rrn'on lui r!'nclail .a fid,·l • cnmpa•mc,
mais tlr\'anl l'borrC'ur du ~pcl'laclc, .-.Ue tomhn
évanouie et rc la en syncope prod,uil plu~icur heures.
\'er~ le soir. des inconnu· rccncillircol les
rcs.Lr~ de cc pnm'rc corps souillé et panlelanl
'I'" f,"l~ail :;11r un trottoir, al,andonné par les
a ~as.in · prè. dn 1:ranù-Chât •let ur un mon1·1·au do ~:1darn.i:, t!t l'cr "C-yclirent .en tonie
Làte 11rcc la Lrte •1u'on aYail rctrom·éc oubliée
1, la porte d'un cabarcl.
l,1• duc d • 1\·nlhiènc ne sunécut pas ;t
cd horril,lc malheur; de~ amis d,:rnml lui
:t\'aicnl porlé de lon°ue , houclcs de son infnrtu1111e L •Ue-lillc, cl ce fui en pressant ur ~on
e&lt;l'nrla 11\nndc cl opulente rl10\Clur,• 11uc, &lt;1uclr111es mois après, il rendit le dcrniar ·oupir.
l,'anti1ruc hùtrl de la Force, 'Jl'i erYil ùc
sup11lérucnt au. prbon~ de l' \b!Ja ·e l'I .lu
Cli.Uclct, dcvmmrs in~urn . ante., el qui vil
jadi. se rlérnulr.r dans ::;c· mur~ tau! de .1·èn1:~
tl'horrcnr. n été démoli l•n 1 ~,O. Mai le
vi1:ll\ arlircc; du grand parc qui entouraient
lïiùpilal Trou~ c.iu, rue du tauliour"' Saint,\nloiuc, étaimt longtemp demeuré ·· dehouL
el c'e I sou1, leurs omLra"CS sfrulaires qu'on
1·01ait encore récrmmenl 'éleHn une petite
thapcUc datant du xvm' ièclê.

Il j a qurlq11c années l'anliqu • futai • n
été aballuc, k · 1-ieux hatimcnts ont ,··té Ji, rés
à la pioche ùe · clémoh scu1" et ix rues nou,eUes onL été trncées sur le 1,a. to endos. Mais
la Commis ·ion du ,icux Paris a .amt• do la
de trucLion la chapelle à laquelle se rattachent de luguhn·s souvenir•. C'est là, dit-on.
en effet. que fut cnseYdi en hlte au milieu de
la nuil, par de pieuse~ main·, le corpt- d1.:citpité de l'in!ortunée princesse de Lamhalle.
)lais ce n'e!&gt;l qu'une tradilion qu'aucun Lextc
ne rend certaine, et l'on ignorr mème si c'esl
dans l'enclos attenant à la chapelle ou .bièn
dans le s:mctuaire que le coql · :i été
inhumé.
·
Ccpend~nt, si l'on ne :;ail pas exactement
oil repose Jari~~Théri! c de Carignnn, on 1·on.,
naît PO revanche "a r(, idence préférée, l'anl'ien hiilel de Lamballr, qui . ubi.iste encore,
oublié et presiJllC inconnu, sm frs hauleurs
de Passy. C' •si en tre le~ 11uais cl la rue l\a)'•
nonaru •1ue se lroU\·e rctlc vieille demeure
aux harmonieuses proportions, Ùmtl le fronlon arrondi cl le balo Ire. de pierre garnii;ent les toitut·e à l'it:ilicnnc. Elle se compose
d'un rez-dc-cbaus éc, d'un pelil. entresol surliais~é comme on les aim~il au xvrn• siècle,
t't d'un premier éltt"e éclairé par de hautes

fl'nêtres aux hakons de fer délic~l mcnl ouHagés. Sur la fa1·adc ornée Je fines ~culpture lisenl les initiales du comte Alcxnndre
de lu Force qui îul le premier pos e.. cur du
domaine. L'intérieur des appartement n
conser1•é de nomlireu'.'C ,·e. fige· du passé :
cbcminéeJ; de marhre, oir 'l'nroulenl drs lis
. )'mboliquôs; hoiseries ou lrumeaux surmonté~ de la couronne royale.
ne larges Laies qui éclai rent le vasU'. ·alon,
011 décom·re tout le parc qui ,e dérnull' majestueux sur le lianes de la colline. a\'er M'S
laùyrintbc·, se.: tapi ,·ert cl ·es charmill •s,
et urtout ses arlircs admiral,les qui dateol
do prb de den siècles. Un perron à rampt•
0111Tagée Jom1e acd•s dans les parterres, cachant dans sou souba~ eruent une \'asle grollt•
de roc.1illt•.
c·c:I dan~ celle mystérieu~ • retraite 1111c
liien ,nmenl. ~an~ doute. )lme de! Lamballe
duL 1·enir s'as eoir -el rêver: il semhle 1p1 ' i1
chaque pas on P1·oqnc son imagr.. et partout,
dans cc parc ~olitairc. le "0U1·cnir l'.'L r... 11:
vi nul de 1•elte dou1·e prince~se dont la tc\fe
blonde el ·ourianlc, hi sé!! sur le haut d'une
pique, devait devenir, da.us un JOur tragi11ue, le hideux cl sanglant 1ropbée d'un
triomphe de mn sacrcurs !
V1co.urn oc RhlSET.
\\',\GRAM (llio:JI. -

raillerie cl la malignilé du t)fo de la cour,
d'autant moins qu'elle n'en cntênd:ût pas le~
vie d'une Dauphine J· fines es. En ll't•t, j'ai vu les ,itrnugers, cem
mème dout l'c~prit JJarai.~ait le plu tourné
au:i: manière îrançai.·cs, 11ueh11wl'ois déconeertœ par noi re irouir cc,ntinuelle. et maM.1darnc fo da1111hinc 1 étail non t-eulcmenl dame la Haupbine de :woic, que nous avons
laide, mah- j ch11,1uante C(lle Sanguin, l'îl- eue enfant, 1ù1 jamai pu !\} accoulnmcr :
wyé par Il· lloi en Ba,ièrc dans le Lcmp~ elle dii;ail a sez ou\'ent i1 madame de Jfainqu'on traitait son rnariag •, ne· pul s'emp1l- lenon, quelle appelait sa tante par un badii1age plein d'amitié: (1 'la taule, on se moque
&lt;·her lie dire au 111,i au retour : &lt;1 'ire
:,auvci le premi,•r rou p d 'œil. 11 Cependant· ù~ tout ici. »
Enfin h•s lionne · el les mauvaise qualité
.\lonsCÏ'•ncur l'aima, et peul-être n'aur~it
de
madamr la [lauphine de Bavière, mais
aimé •1u'l'llc, si la mauvaise humeur el l'enurtout son att:icherncnl µour D· ola, lui
nui qu'cll • lui eau a ne l':waienl forcé ;1
d11'.!rcbcr deh ctntsolations el des amu cments donnèrent un rroùt pour la retraile p u. con1·rnable aux premiers rangs. Le Roi fit de
ailleurs.
l.c Roi, par un conde ·condar1ce donL il se vains etîorls pour l'en retirer. Il lui proposa
repentit, avait lai ~é auprès de ma&lt;larue la d marier celte fille r, un homme de qualité,
llauphinc une femme de chamlire allemande, alin qu'elle pùl ~tre comme les autres dame ,
élevée arec elle, el à pcn prè ' ùu même manger avec cil c1uand l'occasion e pr •ni,ge : ,·elle fille, 11ommée Bc.s ,,la, ."ans avoir Lerait, el la suivrr dar1s ses carro ses; mais
rien de mauvai ·, fit Lcaucoup de mnl à sa la Dauphine, par une délicatesse ridi oie,
répondjt qu'elle n· pouvait y con cotir, parce
mailr~:.e et beaucoup de peine au Roi.
que
le cœnr de lkgsola serait partagé.
Elle fut eau ·c 1p1e madame la Dauplùnc,
Cependant
le noi, soutenu des conseils de
1
par la libcrtL qu'elle eut de l'cnlrelenir et de
rarler allemand avec elle, se dé,,oi1Ln de madame de Maintenon, el porlé par lui-même
lonlc autre convcr ation, et ne s'accoutuma i, n'être plu, renfermé comme il l'avait élé
jamais i, cc pa! -ci. l'eut-èlre que le· bonnes avec sci; maitres es, ne se rcbula pas; il crut,
qualités do œllc prince- c y contribuèrent : à force de bons traitement , par le Lour
ennemie de la médisanœ el de la moquerie, galant el noble donl il accompagnait es
elle 11c pouvait ·upportcr ni comprendr )a bonlés, ramener l'esprit de madame la Dauphine, et l'obliger à Lenir une cour . .le me
1. \Jan,••,\1111e - \jd.,i rr Ju IJm,ërc. 111ari,:,, i 11011soumn~
d'avoir ouï raconter, et de l'a, oir
wi •nrur, lil~ ,I,! L•JUÎ" XIY, lt- i mur, tU80.

·1

..,.,.
... 15o ....

encore rn, qu'il ;1llait rp1dqucfoi · dl'i l'ilr,
~11ivi ùc ce ip1ïl ~ avait tl plul' rarl' en
l,ijoux. cl en étoJTc~. dont elle l'rennit c·c
1111 •elle voulait; le reste c·omposait plw,ieur:lots, 1p10 les Jlllc d'honneur cl les da111c:11ui sa tromaienl présente , Liraienl au s&lt;,rl,
ou hii.:n ellt•. a.1·aicnt J'bunneur Je les jom•r
:tl'eC clic, el même am• le l\oi.
l'enda11l 1p1e le hoca fnl à la mode. et avanl
•tllt' le Roi, par a i&lt;agessc, c11l déîendt1 uu j ·u
aussi dan•rcrem, il le tenait chez madame
faDauplùne; mais il payail, 11uand il perdail,
:rn l;ml de !oui· que le particulier:; mcltait•nl de petite pièce .
l)e faron tl'agir ~i aimables, cl dout toute
autre belle-fille aurait Hé cnchanlée, îurcnl
inutile pour madame la Dauphine, et elle }
répondit si mal que le Roi, rebuul, la lai~m
dans la .olitude où elle l'Oulait t1lre, cl toute
la cour l'abandonna av •c lui.
Elle passait a vie renfermée dans de petit;;
cabine~ derrière son :ipparlemcnt, snn. vue
et an air; cc 11ui, joint ù son lm meur natur llemcnt mélancolique, lui donna des vapeurs.
Ces vapeur , prise pour de maladies
effectives, lui lirenl foire des remèdes violt•nts;
et colin cos remèdes, 1,caucoup plus que ses
maux, lui. eau èrent la mort, après qu'elle
nous eut do1iué trois princes. ~Ile mourut
persuadée que "a dernière couche lui avait
donné la mort, et elle dit en donnant a bénédiction à )J. le duc de Berri :
.\li!

111011

fils,

•JUC

les jonn ,ml lcul
~IADA!Œ DC

i-11..r

Ù l;1 111~1'1! !

C.\YLU .

TJNeilU J'IIENRI (;HARTlliR.

Mémoires

du général baron de Marbot ·
CHAPITR.E XX I (suile).
:'-lapoléou, q1u tenait habituellement it dis~
~es cheFs ,1u'i~ estimait le plu , so familmr1 ·rul par e. ccption avec l'u.o d'eux el se
complaisait même parfois à exciter sa rranchi"e et se reparties. li eu était ain ,j de La,alle, Juno~ el Rapp, 11ui disaient à !'Empereur
toul cc qm leur passait par !a tète. Les deux
premier , qui se ruinaient tous le:; den.'- an
allaiunt ~in i r~cont~r leur fredaines à Napo~
léon. qm payall tonJour: leur' deues. SnintcCroh avait trop d'csprü et de l.:uue ponr
nbu~er de. la faveur dool il jouissail • néan~
rnoin. , lorsque. l'Empcreur 'J'y pous'.ait, il
,wa1t ln repartie prompl!' et incisil'e. Aimi
.Napoléon, qui prenait trè ~ouvent le bras du
colonel pour marclier dans les saule, de l'île
de Lobau, lui ayant dit d.i ns une de leurs
11ombreuses courses : « Je me souviens
11 qu'après Ion dud a\ec le cou~iu de ma
L~n~

1!

f:mnw, ju voul:ti te faire fu ·iller; je con-

« ,·1ens que c'cùt été une faute el un bien
« gramJ dommage '. - c·e ·t très vrai, ire,
&lt;1 répond aiate-Croix, etje ~uis œrtaio 'Jll'à
&lt;1 pr~ eol 11uc \'otrc llajcsté me connail
&lt;! mien,, E.lle ne me donnerait pa pour ur1
« de cousrns de l'impératrice.... - Corn« ment, pour un! di donc pour tous! ... 11
répliqua !'Empereur.
Lrn autre jour que ainle-Croix as.i. tait ;iu
lever de Napoléon, celui-ci dil, en buvant uu
grand Yerre d'eau fraiche : a J, }lénsc 111i'cn
&lt;I all~maud Scbœn brünn signifie bell,· (on~ lame; on a eu rai on de donner ce nom à
« cette ~ésidcncc, car la ource de son parc
cc prodwl une can délicieuse, dont jo bois
c, loas les matin ". Aimes-lu au si l'eau fr,u&lt;&lt; cht, Loi'/ Ma foi, non, Sire. je préfère
&lt;1 un bon rcrrc du Yin de Bordeam. ou de
« Champagne. ,, l,'Empcreur, se tournant
alors vers sou 1nlct Je chamlire, lui dit :

« Vo11s cmerrcz au colonel cuul l,out •illcs de
11 ~1ordcau~ et _nul~nt de champagne. &gt;&gt; F;n
cflet, Je soir memc, pendant que les ai,b de
camp do Mas éau dinaient au hivouac sou·
une Laraque de feuilla,,es, nous 1·îmes nrri,·cr
d_ans l'ile plusieurs mulet des écurh•s impér1.Jles, portant à ·a.inte-Croix deux cent· hon~illcs d'cxccllenl via, a1ec lequel 11ous bûmes
a la ·anté de l' En1pereur.
CHAPITRE XXII
t•r••puntif, l'ail• en ,·ac •l'un 11&lt;111\ ..,,,., pu ·,i.'{c tl u JI,,_
nuite. - .\rr,~latiou tl'1111 rs11iun. - Ualuille ◄ le
Wmgram. - Pri~c tl'Entersdurf. - Cumhal sur le
Tlu sl11u·h•

Plu le momc~l &lt;lu u,mvcau p:ts age du
IJanulJCl approcba1l, plus 1r. Aulrichhms ,urveillaienl J~ ril'cs du petit bras de ce llcun·
qui no11s séparait d'eux. lis forlifiaienl même
l!:rucrsdorf, cl si quelcpe groupe &lt;le 111 ilitairi~s

�111STOR.1.Jl
f r:u1çai~ li pprocuail lrt•p Je la parlir d1• l'ile
s1lué,• l'U Lice de re honr"', le. po Les ennemi~ fai air ni fou ur eu. : mai lor. q11 ·on
s'arnuçait i olémcnL, ou :iu nombr Je dc111
ou lroi 1wr ·onne • il ne liraient pa .. L'Empercur Ul: irait "oir Je prè le- pr~paratif~ dt.i

(! el je Jcmarul1• ,1uc Votre Maje lt.: H•nille
, Lien m"orcorder romrnc rrcoruprnsc Ir.
« comm:m&lt;l1:me11l des dc1n mille cinc1 cents
u grenadier· 11ui doi,cnt ahoru1&gt;r l • · prc« mier sur la rire ennt!mic! - Eb hi•~n, lu
,1 l'aura ! •• rt1pli11ua ';ap1Mon, auquel celle
noble hardiesse plut in1iniU1cnl.
Le proj1&gt;t de pa :iµc étant uéfinili1·emenl
niµlé, la uuil cln i au .1 juilll'I fut Jésirrnéc
pour l'atta11ue.
Dan lïntcr,•allc qui 'écoula a,,ml celt1•
••po11ue, d •1,11 gran• t:,ëw•ment se prnJui!-.Ïrcnl Jans notre curp" d'armée. l,c général
de dil•isiou Ileekcr ••lait un hou officier, r111oi1ruc a. -cl p.1re,-,,cu : mai 11 avait le lorl Je
toul critiqm•r. Il se pcrmil ,Jonc de d~.sapproll\·er hnutcmcnl le plan d'ullnL[UC conçu
11:ir Xapol 1on. Celui-ci. en ayant été informé,
1lrJonna :i.u génér;1l Je r 11lrcr e11 Franc1i.
'\ou· v,•rron le gt!nt!J'ai Lie kcr ·e ,·-.:n••cr Je
celle disgrùcc eu t~ lfJ. Le "éuéral Fririon
dc,·int d1cf ù'ét.al-major; c'était un homme
c.1paLle, d'un excellent cara ·lèrn, mai.~ manq uo.nt de la ferme! 1 tiu'il falliiit auprL·S J'un
homme Lcl qu )fos,éna.
Le ccond rn:ncme11L foillit pril'cr !'Empereur du concour. Je Massena, 11our l:t liataillc
rp1i sc préparait. I' n jonr oil :Xapoh:011 cl le
maréchal p;1rcouraie11t l'ile de Lobau. l • chc1•nl de et' dernier 'étont aùallu clans 1111 trou
caché par Je hnutc_ herbe:-, h· rnuréJ1a\ fut
a sez "rii•v m1ml hl •~,-é a unt• jamLc pour ne
plu pouioir .c tenir en selle. Cc conlrclcmps al'lli•Tca d'anlant plui; l'T~mpenmr que
la ·,énu avail la ('onfiaue,, de troupes cl
connai ·ail iiarfailt·mt:lll )I' ll'rrain ur ler1uel
no11· Je,101b coruliatlre, pui~ttUt: c'était c lui

s ·n ·r ~011 commamll'menl. &lt;lér.lara11l 1l11'à
l't".r.mplc du maréchal ùe .':i. e à 1ontenui.
il ,e lerait porler ur le champ do bataille
par de:. grc11adicrs. Un JJrancard fuL 6lahli i1
n·l effel: mai , ~ur le oh er"ation · que je
11ri · la lihcrlé de faire au mnr,:chal, il 1:ompriL que 1·c moyen de lran11ort ·emhlcniil
l'l'llllClllÎ.
lln a dit 1p1c. pour y parwnir. ans courir
préteutieut el pl' ;spnlPr:tiL moins Je s&amp;·urit11
de dan.:cr, il était dé!ruisé en soldat et
'lu'U11e calèche lérri•rc llUÎ. trainée par 1p1as'était placé en fadion. Le fait a été inrxoclrc bon che,aux. transporterait hicu 11lu.
l1•111cnt rapport: : V()ici cc 1111 i se pa ·a.
rapidemL·nl le nrnr ·chai d'un point Il. ull
L'Emp1•rnur ,·1 11• rnart!chal ~la ,1;na, r&lt;~
autre. 1pw nc pourrai ·nt le foirt• Je. homme:.
,ètu- de c,1potcs ,le erg •uts, cl uivi • de
Il rut com·cnu IJUC ,ru~M:na irait Ur le champ
Sainte-Gn11x co 111m6 en simple soldat, s'a,·ande bataille dnn. . a call!d1 • découverte, a anl
tmprès de lui -011 chimrrrien. le doct1&gt;11r Bri. .-rr •nl JU~11u·au l1ord du ri\'ll"ll. Le roloncl se
dé:;babillr ,iomplHcrneoL et ·1.: met dan· l'eau,
1. Celui-ci, bien 11ue plac,1 p,tr étal parmi
taudis rp1e , ":ipol 1on cl Ma ·séna, pour éloiles non-wn1ballnnls, 11e 1oulul pa · quiller le
maréch:11. parce tp1'il !allait t&lt;lllou,·clcr h&gt;ule ·
:.,"11l'l' tout .OUJJ~Oll tlc re~pril de· l'IIOCIUÎ$,
1~~ benn•~ lt-s co1111&gt;re.~
r1ui rL'Couvrait&gt;nl , a
r1uitteut 11.!ur. capote., comme 'ils Sl' proponienl Je e baigner, l'l examinent 3lori&lt; Lout
j,1mbc cl il . ·acrtnitt:l de ce oui périlleux
11 leur ai e le point uù ils 1u11laie11t jPll'l' de~
a\Cl' le 1i!us "ra11d ,m -froid, an m1Jien del'
pont: et op,lrer le passa"!!. Tt!lle Jtail l'habiboulet , nofl scnlcmcnl l'"nuaul 1P~ deux
jour~ l[UC dura la bataille d!J Wa!!Tam, mai~
tude de rnir no · olJals rnnir par t.r'•s pelits
, roupcs ·c ha.itrnCJr en cc lieu, quo le \.utriencore peuJaut le. Jh·crs comunLs 11ui . 'cu·uivirt•nl.
1•bien_ rr;.ti·rrnt tramp,ifü!mcot couché;; snr
. "3pv!L:On .arail 11ue le - ennemi ·auenl11erl11~. Ce lait prouv • 11uï, );1 guem! 1,•.- cher~
daient à lr 1·oir d,:JJoucher de l'ile d Lobau,
doivcot s1:1•1'rerucnt prohiber cos csp~ce de
t!n pa. sanl t'Dtre Es liugeL \spcrn, ain.i qu'il
trhes •1 ce dési!l11.1Lions de points nculres,
l':n-ail foit au moi. d • lllllÏ, cl qu'il- ,enaienl
que lrs troupl's Je· deux 11arti étal,li~scot
Je con~lruire d11s retrnnchl.'ruunl · Jan· l'insom,,nl pour h:ur convenance respct·tiv1'.
tervalle •Jui sép:ire c·e., Jeux 1illa,... ; or.
L'Cmpereur, a~·aol alor, rê~olu dl' pa, er
romm • il sentait ans i combien il imporlail
le bra · du lleuYe a cet enJruit, décida qne
de caclicr aux Autrichlem le projC'L con 11
vlusieur pont y craicnt con truit ; mai.
par lui de le- tonrnrr, eu lra1·crsanl le pl'lil
romme il ,itait plu~ que probable que, dès
bras Ju Uauubc d ,,·anl Enter Jorf. il faisait
11uc le, po tes cnnrmi· domu.! raient r,;\'eil,
.Ur\'eilll!r lout ce qui eutrail dam, l'il • de
les 1ro11p : :mlricliienncs plat·ées à Enzers1,oltau par le· !!t':l11d' ponb qui l'uni ·~aic11l i1
JorI accnnrraicot pour \,'oppo cr à l'i:tal1lil&gt;Eb1md11rf. Ccpl·r1Ja11t. 1·ers le~
l'IDCnl dl• no · ponts, il fut
deruier jour~. le· prép:tralifs
com·cuu 1yuc l'on flirait d'abord
ind1~pe11~a blt's :n11ic11l d :,oil:
trans11or!Pr d 'UX mille cim1
cc sccrel à tou les les pcr 01111cs
cents "r •nt1Ji1•r~ ·ur.J'nutrc riH•,
placér d1111. l'ile: ranis, comme
él 11u·en ~- arrih1nt. ib iraient
on pen. ait avoir la •rtilui.lc
attaq\lcr Euzer,ùorr. afin IJIIC
qu'il ue ··y trourait que de
la garnison nin i oc •upéc ne p1)l
mililaires fran~·ais ou dr. do,·c nir lroubler no tr:11aux cl
rue tiipies d'officiers, 11pnl
s' oppo. er à n~lr • pa · arre. ~:el~
chacun une. ~arde de siircll\
Ilien :irrèl1\ l Empcr &gt;ur d1l a
011 (' Cl'O rail 11 l'abri de i111•e~\(asséna : &lt;1 Comme cdlc pr •1i :011011 des ('ll!Jt•!UÎ • : ·'était
11 mière culonn · era. é~·id1!tnun erreur. Le prince Charles
&lt;&lt; ment trè,, expo•~e, pui que
était parvenu Il. inlrotlnire 1m
« cc sera contre clic que l'cncsJJion parmi nous. et d :jà cc!
11 nemi d1ri •era d"abord tou
homme
pr 1parait à l'awrtir
,
-e
·
effort
,
il
faut
la
compo1
IJlle non' dc.:don. r~llilqu •r par
11 s •r Je 111 1_ meilleures troupt• ·
b:111.erJorf. lonp1'unc lellr~
« •l choisir pour la corruni111a11011yml'.
1:critc •n l1011groi •t
,, der 1111 colonel ltr;nc cl in3dm. ée à 11-:mpcrcur. fui ap" tc\li"L'llL - ~lai . 'ire, cela
portée à son mamelu~ 1\011,1 ID(' r •yicnL !
'frria aint '~l:.111 par une p •Lit, fille bi1•a
,1 Croi1. Pour11uoi dJJnc ?
mi , qui ,c borna à lui dire
IlIVOlJ
l&gt;E
\Al'&lt;ll.to1'1
StR
LI::
CJI.\MI'
Dt;
ll.\TAIU.lé
DE
\\",\lôlU)I
,, répundil rJ~mpercur_, ch;1r11~6
1111e celle lcltrt· éh\Îl impor(NUll D 5 ,lt: .l ,IUll.LET ltlOI),)
" de l'r' irlc, et 11ui llUl'alL
la.11/e el ld-~ pre~ser ! Un crut
Gr,nur, J',\ uBERT, ;t',rfr,!5 le t.1NeJU ,t',\oo~r•œ Rœu, 1,\frisée de 1'•·•·$.1ill&lt;'S,)
,c proLal,l •meut l'ait la dcd'ahorJ qu'il /;igi. sail d'une
u mamlu ,pie pour cnlr:lllll'r
dem:u1de d'argent ; mnis les
11 !a rdplÎIJUC.
• Pou_rquoi '!
1[
rcpril le ·olon~I, m:us p,He&lt;; . que. &lt;le tou'. -ur lequel a,·ai( !'U lieu la balai\[ d'Essling, inlerprl'lPs, aiant traduit ln dépècbe, se liàà laquelle le m1rérhal avait pri, unu parL ·i tèrent d'en donnrr connai~sancc à l'Empe11 Je ofllciers &lt;1 u, ont daus l Ile, ce l moi
11 'lui Jepni · six .crna.ines ai ~upport~ le p!us glorirm:1!. ~fa ·séna lit :tlon, preuve d'une rf;lur, r1ni ~e ren&lt;l1l à lïnstanl daus lïle de
LolJau, 1111. ù~:,; son arri1·éc, il donuo l'ordre
,1 de fali,.ues, étant con tammenl
ur pied gl'ande force J 'lunc ; car, malgré les vive
« jour cl ~mit pour faire ex ·culer vo ordre~, suulfrnwl'.' · •1uïl 1111rouv il, il ,oulut con- clc • o pendre le lrarnU\ de lou genre·, d,i
11

�111STO'R._1:JI - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - 1,lÎrc Jurrucr en rang!', non suulemcnt le:-, imruen e forlercs~c, arm1it. Je cent pièce' de
troupe·. mai les ~ta(~-mnjors. le admi.ni:;- trro calibre el de ingt mortit&gt;rs. Trois soLrateurs, le: boulanger-, boucher, c,,nll- lides pont. ur piloti., d~[cudu p,1r d c tanicrs, cl mème l dome 'Li11uc:, 11ui devaienl e.1des, as.11r~ienl le passa"C &lt;lu grand Dachacun se placer derrière leurs maitre . Ces nube entre Eber~dorf el l'ile. 1&lt;:nfin, cm était
disposition- prises, el \or-qu'il n'y r.ut plus eu mesure de jeter plu ieurs ponts de moinun 'eu) indil'idu hors d~ ran!!S, !'Empereur dre dimen ion sm le petit hras, le seul qui
fit annoncer aux troupes qu'une. pion 'était nous . éparàl ùe la rive nauchc.
~li· é dan. l'ilr, e·pérant qu'on ne pourrait
Pour confirmer le prince Charlc dan · la
le découvrir au milieu des :ï0,000 hommes pen èe qu'il chercherait encore à pas ·er l'Olrt•
r1ui ?} trouvaient; qu'il fallait donc, à pré- }::S Jing el
spern, J ·apoléon ordonna. le
sent f)Tll! !oui le monde était à son rang, que 1" juillet au soir. Je faire rccoaslruil·e penchac,in regardât es voisins de droite et ile dant la nuil le petit poril (JUi :l\ail smi à
~auche. I.e ,'Ul'Cès de cet ingénieux:moyen fut notre reJraitc apr~s la liataille d'Es~ling et de
Q1 taniam:: ar, au milien du plu profond jelcr sur fa ri, · nppo éc, &lt;lans li! hois. deux
. iknce, 011 l'c1londi L deux. oldal , ·' écrier : Jirisions dont les tirailleurs dc,•aicn1 attil'cr
~ Voici un inconnu! » On arrêta CCL homme,
l'nttenliun des c11ncmis sur ce point. pendanl
on le •p1eslioona, cl il arnua •"èLre dtl!(Uisé qnc l11nl e pr 1parail pour notr1• att:u1uc sLu·
l'n r.1111..'lssin françai: al'CC le enct de~ ruorL
Erucr dorf. .
L,ii..,é · !'Ill' le champ ùe lt:it.aillc d'Es:1in~
l ln ne comprend pa, cnm111c11L le· prince
C' mi,érahlc était né à l'ari . cl parai ~ail t:barlcs. qui ;wail l'ntunré E. . lin" et ,\ p rn
hi •n 1:Jrvcl, i11~1ruil mc1me. La pa ·ion du jcn d'immenses 'fortifkatiun~, a1'11i1·~ Je c-ent
I'. )aDI ruim\ il al'ait lui la Fra,we pour &lt;hi- rinquantr honchr 11 rtu, ail pu rruire qur
ll'r les pour~uile, de se créanciers, ~•était '.'lapoléon \ic111.lrait le. all..'l.tJu1·r de front :
réfogié en .\utridu:, où, pous ·é par le dé~ir c·eù1 été prendre le taureau par le: cornes!
de . e procurer de· mo}en de jouer encorn,
Les journées dn ~ el du j e pas·èrenl en
il 'était offctl po11r ervir d'c pion à l'étal- prt~paratif de part et d'autre.
major autrichieu. Pendanl la 11uit, une très
L'armée françai'e, tra\·ersant le grand bras
petite nacelle le transportait de la ri"e gau- du Oanuhe ur le troi 'ponts d'Î~her.ùorf.
che du Danube à la rfre droite, à une lieue ,e mas. a dan l'ile Je LQbau, où l'CmpcrC'ur
au-dessous d'ÉLcrsdorf, el venait 1e repren- réunit 1:10,000 homme~. Le prince Cbarlc ,
dre la nuit uivante à un _ignal com·enu. Il de ~on coté. rassembla des forces éirales !;Ur
av.lit déjà fait de Lrè fréquent Yoyages de cc la rive gauche, où les troupes autrichiennes,
genre, entrant dan• l'ile de Lobau el en sor- placées sur deux liane , formaient un arc
tant, eo se mèlant, vêtu en oldaL, au:-. nom- immense, afin d'envelopper le~ -parliL's tic
lJrr.ux détachements de no troapos qui allaienl
l'île ile Loliau qui leur faisa.ienL face. ,\ la
éonslamrncnl à Ëber dorf pour chercher de
droite des ennemi , la pointe de cet :ir s':ipvines ou des matériaux. Craignant d'ètre re- puyait au Dauube tt Florisdol'r, Spitz et lcdel1uar(1ué s'il restait seul, l'e.pion e portait sée. Leu.r centre (}C(;Upail le~ ,·illages d"E sloujours :ur les lieu.\ où il } avait foule el ling el d'A,pern, fortement retranchés et
tra"aillail au, retranchements a\'l!è les sol- nouvcllcmenl reliés l'un à l':iulre par des
dats. Il achetait sa nourriture chez les canti- ouvrage armés d'une nombreu~e arLillerie.
nier·, passait la nuit auprè de camp , cl Enfin, la gauche de l'arc formé par l'armée
drs le point du jour. muni d'une bèche aulrichienne ~e trouvait à Gro8 -Enler ·dorI,
comme s'il allait rejoindre des lra\·ailleurs, ayanl un fort détachement à ~lühllcitcn. Le
ii par..:ournit l'ile eu Lon sens, examinant le
prince Charlc uneillail donc exactement
ouvrage , qu'il dessinait à la h.tte, en l'e tou_ le points de l'ile de Lobau par où nous
couchaut parmi l · osiers; pui . t., uuit ui- pouvions déboucher; mais comme il était
rantc, il allait faire un rapport aux Autri- per uadé, on ne ait pourquoi, que l apoléon
chien~ el revenait pour conlinucr ses oLser- l'attaquerait par son ceutre, en passant le
raLions.
petil bras duUauubeentre Essling el A pern,
Cel homme, traduit devant un con eil ainsi qu'il ,l'avait fait au mois de mai, le géde guerre, fut condamné à mort. JI e:t- nérali sime a,·ait concentré toutes es Forces
r.rimail un ,1r repentir d'avoir erl'i le en- dans le vastes plaine qui -'étendent depui~
nemis de la France, ce q1û portait !'Empe- ces \illageli jusqu'à Ilcutsch-,\agr:un et à
reur à commuer 11 peine, lorsque, dan· l'e - Markgrafen-~eusiedcl, gros bourg situé sur
poir de décider , apoléon à lui accorder la ,·ic, le ruis eau de Russbach, dont les rives, forL
l'e: pion propo.n de tromper le prince Charles, encaissées el domin 'es par d ' hauteurs,
en alla11t lui faire un fau. rapport sur ce offrtnl une excellente posilion défen ive. flu
t[U ïl amit ,·u dan. l'ile, et de ro\lemr dire
reste, le prince Charles avait peu de troupei
aux fi·ançai ce que fai aient fo Autrichien . à sa droite, cl encore moin à ,a gauche,
Celle nom•ulle 111famie indigna rnmpe1·eur, parce qu'il avait prescrit à l'archiduc ,lean,
qui, abandonnant le coupable à a fatale des- :;on Irèrll, commandant l'armée de Hongrie
tinée, Je lais a [miller.
de quitter Pre bour" avec les ;:;;,,OOO hommes
Ccpenda11L, le jour de la grande bataille dont il di po 'a.it, et de se lrouvcr Je 5 juillet
approchait. Xnpoléou avait réuni autoul' au matin à lJnwr-Siel,enhrünn, pour s'y red'Ebersdorf toute l'armée venant d'Italie, le · lier avec la gauche de ln seconde ligne de la
corps d · maréchan\ Da,·our, Bernadotte. la grande armée autri,·hicoue: mai~ le prince
garde, _et Lrausformé l'ile de Lobau eu u11c Jean n'exécuta pas cet ordre.
0

Il'aprèl- I • · in!-lraction. de l'ompcrcnr
Xapol~on, l'rmnrc françai e 1·om.nie11~a ~ou
atla()1lc le ~. juillet, à neuf heures du ·oir.
I u or3gu épouva11taùle ~datait en cc mumenL; la nuit étrüt de plu ou~curcs, fa
pluie toml.,:iit à torr nu;. et le bruit du tonnerre se mêlait ;1 celui tic notre artillerie,
qui, garantie des houlet5 eon mis par un
1:paulemmt, dirigeait tou
es f1•11x sur
Es~liorr el Aspcrn. afin de confirmer le prince
Charle dan· la pcn ée que nous alliou~ d~:1.iouchcr sur ce point; aus;i cc l'ut là 1111'il
porta Loule .on altcnLion, on 'inquii1ter
aucuucmcnt d'Enzer ·dorf, ur lc']uel nos
prmeipales fore&amp;; e diriucaienl.
llè~ r1ue le pt'cmier:,; conp ue cano11 ~c
lir,•nt catcmdrc, le marrclinl ~lasg11nn, trl·s
,1111l1rïint encore, f111 placé dans um· prtilt·
1-.1li·d1c décomcrt1', ,111c se oid(•s de c.1mp
c11lorm1ienl. cl il ,c fil conduire rcrs le poiut
sur lequel tlcrnil commènccr l'allaquc. L'Ernp1 rmr nou · rejoi•mil hicntiit; il rtail Lri·s
~ai cl di l au maréchal : N ,le Hri~ rncban11:
•&lt; ~e ccl ora" : quelle belle nuit pour nrm~ !
,, Le .\ulric l1ien ne pcu\·ent rnir no, prép~1 ratiJs de passage eu face d'EnzcrsdorJ', cl
&lt;1 ils n'en auront connais ance lllle qua11d
« nou. aurons enlevé ce po te c enlie!,
v quanti no ponts ront placé· el u11e partie
« de mon armé formée sur la ri\'C quïl
« préll•ndent défcml r .... »
En cflèt, le brave colonel ainlc-Croix,
aprt· avoir fait débarquer en silence l ,,
~.:,oo grenadier , prit terre ur la ril'e ennemie en face d'Enzcrsclorr. l n régiment de
Croate. hi1·ou,1q11ait ur rc point. \ttac1'1é
à l'imprO\'Î. tt', il 'e dél'end néanmoins 31'Cc
acharacmeul à la ba\nunelle; mais 110 "t••nadiers, animés par la voix de :ainlc-Croix
11ui 'était jeté au plus fort de la mêlée, cntoncenl le cnuemi , et ceux-ci e retir nt en
désordre ur Enzer~dorl. Ce gro liour", environné d'une muraille cr :nclée, précëdé
d'une digue taillée en forme de parapet, était
rempli d'infanterie, tandis que de llt'.-ches en
terre couvraient toutes les entrées . .Enlever
ce hourg était d'aulant plu _difficile que 1,,
fou avaiL incendié le maison , et que la garni on pouvait être d'un moment à l'autre
oulenue par la brigade autrichienne du gl:..
néral Nordmann, placée un peu en arrière,
entre le bour 11 d'Enzersdorf et œlui de Jfühlleiten. Mai aucun oh Lacle n'arrête 'ainlcCroi , 11ui, marchanl à la tête de ses grenadiers, cnlèrc le ouvrage extérieur::-, polll' uit
les ennemis l'épée dans les r ins et enlre
pèle-mêle aYec eux dans le redan qui couvre
la porte du Midi. Celle porte ét.iil ferm!.!e;
ainLe-Croix fa faiL enfoncer 011s uuc grêle
de balles, c1 ue la g:irni_on lanç.ail par l&lt;'s
créneaux &lt;lu mur d'cnceinL1•. lie foi' mailr, Je ce pos age, le colonel cl ses braves
oldal se précipilcnl dan lïoLérieur du
bour". dont la garnison, ~Jfaiblie par les
énorme· perle qu'elle rient d'éprouver, ·e
rMugie dan' le chàtcau; mais 11 la ,·ne &lt;le
échelles que Sainte-Croi, fait apporter pour
donnN l'a. aul. le commandant a11lrid1ien
demande 11 capituler. lin i, 'ainle-Croi,,

'------------------------- MtJK011fES
a1111ud cr lu•au lait d'arwes fil 11! pin~ ~ra111l
honneur. resta maître d'Enzersdorf, à lo
irrancle sali ·faction de n:mper'11r, doul i·cllc
eaptnn! crvail mer,·eillruscmcnl le., projets.
Il pre~rri,il à lïn la11t de jrter huit po11L~
sur le petit bras du llan11l&gt;1!, cotre l'ile d,•
Lohau cl le bourg d'Enzersdorf,
Lei premier d, ces ponts, d'une cnnstrucLio11 ju qu'alors inconnue, avuil été i11v, oti·
par !'Empereur. li paraissait 11"èlre c11w d'nm·
. cule pièce; crpr&gt;udanl. il c tromait di\'i~é
1•11 11uatre sections 11u'unissaienl Je, ,-barujères, ce 1p1i lni permettait dt• contourner
1•1 Je ·ui\l'e les ~iouosité:; du rivage. Arrhé
.tian le hras du IJM1ube. nn de ses hout.s fut
lixé :mx :irhn• de lîle de Loll:iu, tau&lt;li~ 1111':1
l':1idr: d'uu c.\ltle porté par u11 ba1rau. on dirirr,•ail l'a11fre r.,trémité ,·e ,.. la ri,·e opp11~1:c.
l'onss,· pnr h· cunranL. CP pnnl J'un 11n1n·cau
"r•11rc:. lo11rnanl ,ur lui-même, lit 1111 à-droite
1·11111pl ·l, rl put ·enir à lï11:;La11t mèmc·. Les
,cpl aulrè. l'urenl eumplèlemml établi un
11uarl d'he11n· aprè,;, rc· &lt;1ui permit Ît :-lnpoléon clc faire pa~ser rapideml!nl :,t1r la riw
µ-a11d11· le~ rnrp dt· Mas ·11na. 1ludinul, BernadoU.c, llavoul, ~Iarmont, l'armée ùu priucc
bigcne, hi~ réseT\'e d'artillerie, toute la
cavai ri&lt;', enfin la gardt•.
Pendant que !'Empereur 'empressait de
profiter des avantages que lui offrnit la pri ·e
du hourg d'Enzersùorf, le prince &lt;:harle ,
toujuur · pcr u..'ldé que ·on adver,;airc voulait
d i1iou ·h r entre Essling el Aspern, pcrdnit
so11 Lemps cl ses munitions, pour jeter une
['rèl • de Loulcls el d'oLus nr la pnrlie de
l'ik &lt;le Loh:i.u :,Ïluée en l'ace tl • ce, den\ villa~e·, pensant qu'il faisait éprOu\·cr de ~randcs perle au, troupe· f1·:i11c_:ais1is, 1p1'il ~uppo~aiL être .arrgloméréc · on cc lieu. Cc~
projcelill's ne produ.i,ircn! aucun ellel, rar
0011
n'a\'ions sur cc poinl que quclqut'~
éclaireurs di -per ·és el protérrés par de · épaulem,•nt · eu terre, landi · que le ~ro de uns
lronp~ ·. mas~é d11 cùté d'Enzt•r. dorf, tra,ersait le pl'lit liros du llanubt! el se mas ·ail ,nr
la rivti gandre. Le générali~simc aulrichil'O
fu L lupéfail. le ;1 juillet au matin, lorsqu'en
. • dirigrant sur l'nudcn champ dr bataille,
entre Essling et , -pern, où il comptait nous
coml1allre a,·ec avantage, ;m momenl où nou~
déhouchcrions de lïle de Lobau, il s'aperçut
qne ·on aile gauche était tournée par l'armée
l'ran~aise qui marchai! d1;jà ur nclL'-CJ1&lt;rang,
dont clic nt• Larda pas à s'emparer. urpri ·
:,;ur s:1 rrauche et menacé ur ses derri~res,
le prince Cha.ries ful obli é, pour nous faire
l'ac&lt;i, d'exécuter un immeo 'e momemenl
rétrowade ,·er~ le i·uisseau de Bu · ·hacl1, en
rcculanl coustamment dm·anl ~apol~on, tandis '11.le nos divers corp d'armée se plaçaient
11 leur ordre de La taille, dan. lïrnmcn. c
plaine ou,erle devant eux.
Afin de n't1lrc pa surpris par l'arri\'éc du
pl'Încc Jean, dans le cas où celui-ci, venant
de llongrie, paraiLrniL sur notre aile droite, à
L' ntcr- iebcnhrûno, !'Empereur envol a en
obscrv:ilion sur cc poiul trois fortes divi ions
de r·ayalerÎl', ai11 i &lt;1ue plu ·icurs bataillons,
soutenu· par de l'artillerie légère. Cc. troupes
1

DU GÉJYÉ](.111. 'BAJ(_OJY DE M.A](B07 - - - .

étaient ,:onsidért:l':&gt; co!llmc hors ligne et destinées à :irrètcr le premier effort du prince
Jl'nn jusc1u'à l'arri fr dP. n!sencs. Quant au
gros de l'armée, sa droit •, formée par l •
corps de llaYout, se porta sur Glinzendorî el
le llu ·- !inch. L, centre était compo é par le~
Bavarois, les Wurlcmbergcois, les corps
d'ùudinot. de llcrnadotlc, t l'armée d'llalil'.
La gaucht•, aux ordre. de Ma ~n:i, lon"etùl
le petit bra du Danube. dan la direction
d'Essling el d" .\spern. Chacun de Cf'S corps
deYail enleYcr CD marchant le villaf!es qui se
lrournienl de\ant lui. Lo ré erre c compo. ail
du eorp de Marmont, de troi' di,i~ion de
cuiras~ier ·. d'une nombreuse artillerie cl dt:
t.O\llc la garde impJrialc. Enfin, le gtlnéral
lll1"ni,•r, a\'Ct' une dhLion d'infanterie et de
nomhreux a.rlillc11r ·, restait à la garrl1• dl' I'ilr
Je Lohau, ,•n a,anl de laqu •ll • on rc1lablil
l'ancien ponl, 11ui IIOUb a\·ail 1 ,Yi lor d •
la hataillc d'E,:,;Jiu••.
\ la plu· horl'ibl · de· nuit: a,ail suretdt"•
l:i plu~ lwll · J1JU1'11ér. !,"armée [ranç:ii.P, eu
grnridc· Lerme tlc parade, s'ayancc majci;Lucusc01enl dan, 1'11rdr1• le plu. parfait, pr6cééléc
par une imml'nse artillerie qui écrase tout ,·e
ffUC l'ennemi tente de lui oppo cr. Les r~giments dont e compo ail la !!auche autrichienne, précédée par le .,énéral Nordrnnno,
furent le premiers cxpo é à nos coup .
Ch:1 é · d'EnzersdorI ri de .lliihU,~hcn, il.
c.sayèreut dl défendre naschdorf. ·mais ils
1

1

,'\l.\llÉCllAI. hAVOt:T 1 l'IUNCE D'ECIW.0111..

&lt;,m ~•111·c J~ l.ADŒREI',
,fapr,'s le ,~111ca11 drGAUTOJ;kOT,(,IJ11s~~lfr Ver . .li/1,.&lt;.)

furent rrpoussés, •l le général ~ordmaun
périt &lt;lau- le cncuLat. Cel omcicr était Abacien : aucico colonel des housards de .Bcrdicn), il auil pai-~é il renncmi rn 179:i,al'l'C
une partie de son ré•rimcnl, en mùmc lcrup

que flumourie:.:, cl s'était mis au ser"ire ùé
l'Autriche.
La marche de l'ac•rnét· l'rai1çai c n· :pro11,aut
:incune résistance tiéricu e, nous occup,imm;
~ucœ sivement Essling, ,\spcrn B1·eitculéc,
Ra chdorf et , iis enhriinn ..Ju qu'i1 cc moment, la première partie du plan Je 'apoléun
~wait réussi, puisque se troupe renaienl de
franchir le dernier lira d11 llanube cl orcnp'aiP1it 1 . plaine:- de la rin· ·.,au ·hë. C•pcndanl, ri n n"rtait encore décidé, ta.ut que
nmL n'avions pa, battu et enlamé érieu.scmcnt l'ennemi. Celui-ci, nu lieu de rr1rnir
Ioule, ses forces sur h! ruis c;m clc Rus~Im.rli.
rumruit la fautt• énorme rie les tlhisor, eu
opfranl. a retraite p:ir dem: lign&lt;· LJ•i• Jli\-cr"enLc~, l'une sur Mark·•r;1fc11-~eusiedcl, d,·r~
rii:rc Je nussb;1cl,, el l'a11tr1· sur l"s hauteurs
dl' lamer ·dorf. oil le, lroupe · d · l'nilc drnilc
a11trichi nue se lrnuvaient é\id •mmrnt trop
,:luii:;111:.es du champ dt· hotaillc.
L:t po ition qui lmrtle 1 !lus. hnrh c.,t l'orlt·,
domine la plain,· el Sl' truu1e prnlégfr p;1r rr.
ruisseau qui. bien 11un peu large. forncc un
très bon olistacle. parce 11ue ses hord~ ,:tillll
très e carpés, l'infanwrie ne peul les franchir
rru'nY&lt;'C dirficnllé, et qui• la 1·a\'alerie et !"artillerie n'avaientd'aulre pas~age qne les 1•onb
situé. dans les rillage. occupés par ks Aulrid11cns. cpcndanL. comme le Hussbacb ,:lait
la clef de la po itinn des deux armées, apolénn r: olut dl' ,'en emparer, cl fü en con~éciucnce allaquer Markgrafcn-Neu. iedel par
Jl:l\'out, 13:mmersdnrf par Oudinot, et llcut.;;ch\\ a,rram par Jlcrnadolte, tandis que Ir prince
F,11gène, . el'Ont!ô par ~facdoualJ cl Laumrc1ue,
pa,. ail le rui~. eau entre cc· dcu:... villa~es.
l.'arlillt·rie l~gèrc de la ;;;u-dc ,:eras;1 par son
fou let m:1Sses anlrichienne ; mais la mar6chal Jlernadottc, à la tètl' de~ Sarnns, lil uni•
auai1uc i mollr sur Wagram, cp,ïl or. r1:us il
pa~. I.e · généram ~lacdonald cl Lamar,1uc.
franchi:. anl le 11us hach, mirent un momc·nl
eu p '·ril le ccntr ennemi; m;iis le prin ·~
Ch,irlcs, 'élançanl bravemmt sur œ poi11l
a\·ec ses ré ervcs, contraignit no· troupes à
repa er le ruis. eau.
Ce momcmenL s'e écula d'ahord a\•ec; le
plus grand ordre; mai la nuit ét.rnl survenu•, no fantassin·, qui venaient den; ·btcr
ù. une attaque do front faite par les chcvaulé:tcr autricl1iens. a}anl aperçu sur kur~
ùerrière une brigade de eavalcrie fra11çai. 1·
amenée à leur S'COur par le 9éoéral aime,
se crurent coupés; il en r 1·ulla un peu dt:
dé ordre 11ui 'aggrava par suite &lt;l'une méprise: quelques bataillons ~axons Lirèrenl. ur
J; divi ion Lamarque. Cependant, le lroubl!'
oeca ionné par ce acciù nls rut promptement
réparé. L'alli.ll1ue faite par le ruarécbal lh1dinol
13anrner ·dorf f11t au ·. i repoi1s-éc; llca,aiL été faite sans en emble. Le maréchal
Darnut e11l a,ait èU de. suœès, car, :iprO:•a
a\'Oir forcé le pa · age ùn l\ll' 1Ja1•h el Lonrnu
\farkgraîcn-Nensicdcl, il allait 'emparer de
ce bour". malgré une défrt ·e des plu opiniâtres, lor que la nuit l'obligea à suspendre
:on au:u1ue, d peu J'inst:wts après l'E111pcrctll' lui ordonna de re,cnir ur ses pas, afin

·u,·

�111ST01{1.Jl
de ne pas l'uxposer, en le lai sanl i olé au
ùeh'I J ce cours d'eau.

CHAPITRE XXIII
lku~iëml! jouruc~. - AIL&lt;!rnatives tlu ~-omhal rl
1l1füill) ,lu princ,• Chnws. - Cmsii.l 1rutions 1fücr.- ••
ur J11 bataill~ ,lu Wegraru.

Tels l'urenl le prineipnux tl1•11nemcnt de

"-----------------------Hus bacb jusqu'à llelmhor, d'où elle se dirigeait par Sauring vers tauwrsdorî, un voit,
dis-je, que la ligne ennemie for mail ain. i un
angle rentrant, dont le smnmet se Lrou\ait
é&lt; a.lemcnt à Tlcutsch-Wavram. C'était donc le
point essentiel, dunl chacun des deux ad1·ersaircs dé irait .'emparer; pour y parl'Cnir,
il voulurent l'un et l'autre lourncr leur
ennemi par .on Jlanc gauche. Mais le pri11cc
Chari . ajaut h r.tucoup trop étendu .son

mise · en action par le dcru armées s'éh:,ail
à plu de douze rents.
L'aile gauche de · Aulrirhirm , cunduitc par
le prince Charles en personne, pas anl lu
ruisseau du fü1sshach, déboucha ur troi:
colonnes vers Léopold &lt;lol'f, Clinzen&lt;lor[ et
Crn hofen; mai fo maréchal Davou! el la
ca\·alcrie de GrouchJ opposèrml une virn
ré·i ·tance à l'ennemi, •t l'amicnl mème
arrêté, lorsque 'apoléon parut 1, la tète ù'une

•

Cliché Fh,rillu.
LE AIARÉCHAL ?IIASSÊ::'s'A A \VAGll,Ui, -

la ,jo11 r11éc du ;&gt; juillet, qui ne fircnl que pn:...
parer la bataille déch,·e du lendemain. La
11uit se passa fort tnrn&lt;1uilleme.nL; l'armée
françajse, ayanL toujour· il a droite trois
divi ions de c,tval rie en observation à Léopoldsdorf, an,ü sa droite 1·érilable-rers Grosshot'en; notre centre étaiL à Adcrklan, el la
gaucbc en r tour à Breitcnléc, cc ,1ui donnait
à notre lign" la formeù 'un angle. &lt;lonL Wagram
élait le ommet. Le Lente de l'...,mpcreur el
de sa gardetltaienl un pou en avant de [laschsdorî.
i on jellc un coup d'œil ~ur le plan de la
hat.1illc dt• \Y:wram, on YOil que la droite
eruwmiC', parlant des cnviî-on d Kampfcnt.l.od, longeant cn·rütc l:t ril'C gauche du

T.it,l~.JU J'E11ci::N&amp; CHAPERON.

armée, éLait ohligé de Lransruellre par rrl'Ît
des ordres qui étaient ruai compri ou mal
cx~utés, tandi' r1ue l' Empereur. apnl des
ré.~ervcs ous sa m(IÎD, donnait de· inslruc~
tion positives dont il pouvait voir et sllrveillcr
l'cxéculion.
Le li juillet, à la pointe du jour, l'nclion
recommença plus ,·i1·emcnL 11ue la veille;
mai , au grand étonnement de Napoléon, le
prince Charles, qui, dans la journée du 5,
'était borné ase défondre, venait de prendre
l'olîensive cl .de nous enlel'er A.derklaa !. ..
Uientôt la canonnade se prolongea ur loutl'
la ligne : de mémoire d'hornm on n'avait 1·11
une aus i nombreuse arliUerie sur un champ
de bataille, car lu Lola! de LoucLcs à feu

irumen c ré ·eri·e. En vo, anl le cvllÙJat 'cuga,;er à l'ext rèmc droit~ de sa liane, wr
Léopold dorf. l'Empercur avait cru un moment que l'archiduc Jra.n, arrivant dr Jlongrie, venait de joindre la arandc armce conrmie. Non .-.•ulemenl le prince Jean n 'a1·ait
pa paru à. nolre droik, mai on a su ùepui.
11u'il e trouvai! eu cc moment à Pre bourrr,
à huit lieue du champ de bataille; au~si
l'aile gauch autrichienne, prhée du secours
qu'elle avait espéré, se rcpc:ntiL bientôt d'èlre
venue nous attaquer. En elfcl, acca.Lléc par
des force su péricure , cl UJ'lOut par l'arlillerie, elle éprouva &lt;le· perle~ considéra file •
et fut r~j etée au delà du Hussbacù par 1~
uia1'éd.1al l)aroul, qui 1:ranchit ce ruisseau

a,·ec une partie de ses troup • . el marcha par
les deux ri,es à l'allaque de Markgrafeneusi ... del.
L'Empereur, ainsi ra~suré nr .a droite,
re,icnl an rrnlre a,·rc ·a garde, el tant.li· r1oe
R rnadolte attar1ue Wa"ram, et q11'0udinol
marche sur Raumer dorf, il ordonne à ~las~én:l dcreprondrc .\derklaa. Cc village di pnt :,
pris et repris, ri' lé enfin aux grcnadi r.
au lrichien , conduit à une nouvt•lle :llLaque
par le princr Charles tJUÎ lance eu même
temp · une forte colonne de cavalerie contre
les axons dn corp de Uiirnadoltc et le met
dan. une déroute i complNe 1y11'il e jetèrent
sur le lroupl's de . las -éna, donl il. troul1lèrct1t momentanément le bon ordre. Ce
mart'-dml tl1ait touj,,urs ,Jans sa caH•che. Lé
l'11nemis, en apcrcC\·ant an milieu Je la halaille
l' lle voiture attelée de 1p1atre chevaux hlanc ,
comprirent qu'elle ne pouvait ètr occuptle
que par un pcr onnagc fort important; ils
dirigèrent donc sur elle one grèle de LouleL.
Le maré!'hal et ccu. qui l'enloaraient coururent les plus nrands dangers; nous étions
entnu1•r- de mnrt · cl de mourants; le capitaine Harain, aide de cump de Ma-~éna, cul
un bra emporté, et le colonel aiole-Croix
fut blessé par an boulet.
L'Empereur. arrirnnt au galop ur ce point,
reconnut .que l'archiduc, cberchnnL à le tourner cl même à l'emelopper, faisait a,•ancer
l'ailedroitcqui occnpail déjà. üssenlirrm, Léopoldao1 • tadlo.u, el marchait sur A pern,
menaçant ainsi l'ile de Lobau!... apoléon
monte pour un in tant dan la calèche, auprès
de Mas énn, afin de mieux être aperçu des
troupes. A son a pecl, l'ordre e rétabli!; il
prescrit à Masséna de faire un changement de
front en arrière, pour porter sa. gauche à
,bpcrn cl faire face à llirschstaLLen; puis il
fait garnir par trois division de 3Iacdnnald Je
Lt•rrain que lluiue las éna. Ces divers mou, ..mènl. 'opèrent très rérulicremenl, qnoi11ue
foi!~ sous le canon de l'ennemi. apoMon,
prolitaol nlor de lïmmen. e avanlttge que lui
donnti la r,:union rle e · principale' force· ur
le ccnlre, îail avancer. pour soutenir )lacdona.ld, m,11 seulement de fortes ré erves d'inf:mterie, d'tu·lillerie cl dt! cuira ier ·, mai
encore la garde impériale, 11ui, mas ée ur
LroÎ/ fümus, vicnl se ran,,11('t derrière ces
lroupcs.
La position des deux arm~es oll'l'ait en oo
momcut un spectacle fort bizarre, r.ar leur
lignes opposées aYaient pri la cnnfiguralion
de deux kllres '/, mjses à ooLé l'lllle de l'autre.
En c1fet, raile ,.,auche des Aulrichieu , placée
à Markgrafen-~eosiedel, reculait de,·ant notre
droite, tandis que les &lt;leu, centres se maintenaient re ·pecliîe&gt;ment, el que notre aile
gauche battait en retraite le long du Danube,
devant la droite de~ ennemis. Les deu.t partie· paraissaient donc avoir des chance' à
peu près érrales. Cependant ce chance. étaient
toute en faveur de ! apoloon, d'abord parce
qu'il était plus que probable que le village de
forkgrafen-r eusiedel, n'offrant d'autre moyen
de ré. i:tance qu'une vicille tour fort ifiéc, ne
ponrrai l tenir longtem p· contre le· effort::; d11

JKÉ7rl011{l!S DU GÉ.NÉ,tAl B.-Uf.ON Dl: .MA1(,BOT - - - . .

maréchal Davout, qui l'attaquait avec sa vigueur accoulnmée. Or, il étail facile de prévoir qu'une fois llark"rafen- ·eu, iedel pris,
la •auchc des Autrichien se lroU\'anL débordée, et n'ayant plus aucun appui. reculerait
indtlfinimenl et e éparerait du cenlre, tandi.
que notre aile gaul'bc, quoique hallue en ce
moment, e 1·approcherait par , a marche
rétrograde de 1'1le de Loliau, dont la formidable artillerie dernil arrêter la droite de
Autrkhicns et l'empêcher de pousser plus
loin se succè.. En second lil'U, 'apoléon
occupait une po ilion concellll'ique, ce qui
lui avait permis de garder une gra11ùe partie
t.l.e ses troupes en ré erve. toul en faisant face
de dhers cM1L. tandis que le prince Charles,
a-yant été obligé de ùeaucoup étendre 011
armée, pour exécuter son !!rand mouvement
excenlr-iquc, au moyen duquel il espérait
non envelopper. ne se trouvait en force s111·
aucun point. L'Empereur, ayant remarqu'
cette faute, était d'un calme parfail, bien qu'il
lût sur les risages de son entoura"e lï.11quiélude causée par 1a marche victorieuse de
l'aile droite ennemie. En effet, celle-ci, poussanl toujour · le corp de Masséna de,·ant elle,
c trouvait déjà entre E- li.ng el Aspcrn, ·ur
l'ancien champ de bataille du 22 mai, d'où,
apr' avoir écra é la divi ion Boudet par une
Lerrible charge de ca,•alerie, elle menaçait nos
derrière;,.
MaL le alarmes cessèrent bientôt, el le
uccè des Autrichiens fut ùc bien eourle
durée, car les cenl pièces de gros calibre
dont la prévoyance de 1 'apoléon avait arml!
lïle de Lobau ouvrirent un Feu terrible et
foudroyèrent la droite des ennemi , qni, sous
peine d'être exterminée fut contrainte d'arrêter sa marclie triomphante et de reculer à
on tour. Ua~ éna pul alors reformer ses
di\'isious, dont les perte.5 étaient considérables.
Nous pen àmes que Napoléon, profitant du
désordre que la canonnade de l'ile Yenait de
jeter dans l'aile droite aulricliienne, allait la
faire attaquer par ses réserves : le maréchal
)las éna m'emoya même lui demander des
instructions à ce sujet. Uai' l'Empercur,
toujours impassible, les yeux oonstarnmr.nt
fixés vers l'extrême droite, sur Markg1·afen•
'eusiedel tlontla positionéle,ée cslsurmonléc
par une Laure tour, qu'on aperçoit de tou ·
les points du champ de bataille, attendait,
pour fondre ur la droite el 1e centre de.
em1emi., que DaYout, aprè avoir battu leur
aile gauche, l'eùl rejetée au delà de Markgrafen- eusiedel, défendu Lrè · vaillamment
par le prince de lles-e-Hambourg, qui y fut
blessé.
Tout à coup, on voit la fumée de canon
du maréchal Uavout dépasser la tour de
forkgrafeo-1 eusiedel .... Plus de doute, la
gauche ennemie est vaincue!. .. Alors l'Empereur, se lournant vers moi, me dit : «Courez
dire à ~las éna qu'il Lomhe sur touL ce qui
est devant lui, et la bataille e·t gagnée!. .. il
En mème Lemps les aides de camp des divers
corps d'armée ont expédiés , er leurs chefs
pour leur porter l'ordre d'une attaque g tnérale eL imultanée. Ce [ut en c moment
1

solennel que l'empereur ·apoléon dit au
général Lauri. ton : C&lt; Preuez cent pièces
d'artillerie, dont oixantc de ma garde, et
allez écra er les ruas c ennemie -. &gt;&gt; Cet te
formidable batterie aJant ébranlé le Autrichiens, le maréchal Be ièrcs les fait charger
par ix réaimenl d8 carabinier. el de cuir:.isiers, &lt;p1e soutenait une partie de Ja c:walerir
de la garde. Eu vain le prince Charle · forme
~es troupes en plusieur· carrés; il ont enfoncés. perdent 11:lurs canon et un Lrè~ grand
nombre d'hommes. L'infanll•rie de noire
centre s'avance à son tour, conduite par Macdonald; le villarre de Siissenhrïmn, de Ilreilcnlée el d'Aderklaa soul emportés après urn.!
vive rési lance.
Pendant ce temps, non seulement le maréchal )las éna reprend le Lerrajn que notre
gauche venait de perdre, mais poussant lr1•s
vivement l'ennemi, il le rejette au delà de
tadlau el de fiagràll. Enfin, le maréchal
Davout, se rai ant soulenir par Oudinot, occupe taule. le hauteur du Hu sbacb et s'empare de lleutscb-\Yagra.m !. .. llè.&lt;; cc moment,
la balaille fut perdue pour les Autrichiens;
il~ se mirent en retraite ur toute ln ligne et
. e retirèrent en fort bon ordre dan la direction de ln ~lora~ie par canring, tnmersdorf
el lrebcrsdorf.
On a reproché à l'Empereur de n'aYoir pas
poursuivi Jcs ,·aincru; avec sa vigncur habituelle; mais la critique n'est pas fondée, car
plusieurs motif des plus !?'l'aves durent empècher Napoléon de lancer trop promptement
se troupes sur les traces de· ennemi .
ll'abord. dès qne ceux-ci eurent tra,·ersé la
grande roule de forane, il' se trouv~rcnt
dans une contrée tort accidentée, entrecoupée
de coUines boisées, de ravins et de défilésquj,
dominés par le mont et la forêt de Ri amherg,
offraient aux Aull'icbicns d'excellente. positions défen-ives, positions d'autant plLL · diIliciles à enlever que le prince Charlc· les
occupai! avec des forces très considérable.-.
formée de tous ses ha.taillons de grenadier
el de plu~ieurs divisions qui n'avaiPnt pas été
engagées; une nomhreu ·e arlillcric protégeait
cette puis ante arrière-garde. On de.-ail do11c
s'allendre à une lr~ vh·e ré istance qui, en
se prolongeant, amènerait un combat de nuit,
dont les chances, toujours incertaine', pouvaient compromellre la '"ictoire déjà obtenue
pa.r !'Empereur.
En second lien pour qne l'armée françai e
fttt réunie le -1 dan l'ile de Lobau, il avait
fallu, dès lei"' juillet, mettre en mouvement
les corp alors cantonné. sur le haut DauuLe
ou rers la llongrie, el qui, pour se trouver
au rendez-\'ous général, avaient dù faire de.
marches forcées, auxquelles venait de succé•
der sans repos, t:t par une très grande chaleur, une bataille d'unenuiL el de deux jours.
'os troupes étaient donc exténuée ·, tandis
que le Autrichien , campés depuis plus d'un
mois auprès do l'ile de Lobau, n'a\'aient eu à
supporter que le fatigue de la ha La illc : tou,
le nvantage eus enl été par conséquent du
cdtJ du prince Charles, si nous l'eu, ions alla•
qaé dans la forte position qu'il venaiL de

�111STO'f{1.ll

---------------------:----------------------·

prrudrc :.ur &lt;les hauluur.s d'un :ici'\ dirllrilc.
Mitis unt• Lroisièmc coosidéralion, Lieu plus
puiss:mle, modéra l'ardl'ur de Napoléon el le
d(.lermina à lai ser repoi.er se~ troupe::. cl à
les réunir Ul' le Lerrain qui a\·ai I se.ni de
t·bnmp de Lai.aille. il venait d'èlre averti par
les génfraa:c dl! ,/1 cavalerie légère, platù•
pnr lui ('TI obscr1ati1Jn à Léopold~dorI, au ddà
de ·on extrême &lt;lroite, de l'apparition d'un
1:orps &lt;le 5:, à rn 001) e11nemi1; qui, arri,•1rn t
Ùt• llt;ngl'ie, ous le commandement du prince
Jean, dêuoucbait V\'r- Unlt'r-~iehenLriin11,
r'!! t-i1-dirt sur nos derrièrl! actuel , d!!puis
le chaugerne.nt de front op.Jré par les delf\:
armées. Les fortns résene. méirngéc· par
l'Erupureur auraient ,ans Joule suffi pour
repousser el battre 1 prince Jean; cependant
il fout 1•eeonnalLre que la prudence ùovail
porter ,\apoléon ;\ ne pas cngoger es troupe·
contre le~ positions formidahle, qne le prinœ
Charlc parai~~aiL r1~olu il défendre avec
acharncnienl. lorsque lui-mèmu pou,•ai l rlrc
altattué ur Sl' deri·ières par le prince Jean.
à la lè!P d'un rorps nombreux, 11ui 1ùnail
pa encore Liré un coup de fusil.
L'Empercur ordonna donc de cc. scr la
poursuite de l'ennemi, et fil établir les 1,j.
rouar. do son arm6e de manièri• f]u'unc pari il'
faisait face du cùlé où e Lrom-ail le corps da
print·e Jean, 11u'il s'apprètail à Lieu reccrnir,
s'il osait 'awnlurer dan la plaine. fais
celui-ci, craignant d'entrer en conlacl avrr
nos troupes victoricusrs, se Min de haure en
rctrailt: el de rcg:M1cr la llon,. rie. Il e.•L proliahle 11uc ~i J apohlon ei1l poursuh•i les ,·ai ncus avec ~on activité ordinaire, les trophées
de la bataille de Wagram cu_scnl élé plus
aoml,rcus; mai· cependant on ne peut que
louer sa e_îrcouspeclion. en oon idérant les
motifs qui le décidèrent à ::'arrèlcr, cl s'il
eût loujour. agi avec autanl de prudence. il
aurait évité de uien grande. calamités à la
France el à lui-même.
D'après 1a détermination de !'Empereur,
son armée vicloricusP pul enfin avoir quel')llP.S heures dr repo ; elle prit position : la
•raurhr 11 Flofrùorf, Ir• ,·cnlro en avanl J,,
1

r:érnr. ùorl', et la Jroite an Jelà &lt;lu nw~L,ach,
Les lentes &lt;l,• l'Empercur furent dr1~:;,ée.
enlrc Aùerklaa cl fiasch dorf. Le quarlicr
général de Mass?ria fut placé à Léopoldau.
Napoléon fil rétablir l'ancien ponl de Spitz :
l'armée f11l alors en communication directe
a,·ec Yieone circou ·tance ra,orablc au tr:insport de. hlC'ssés dans les hdpilaux cl à l'arri' a«e des ,•ivres cl m1111iliuns de ~uerre.
Les Autrichiens onl adressé de lrl•S vil's
reproches !1 l'archiduc .lean sw· les rctarùs de
~a ma:rcbe et la nonchalance avec laquf'llc il
11xécuta les ordres du prince Cb:1rlcs : ces rcproclic · ·unl mérités. l~n etld, ù~s le '~ j11ill1•l
nu soir, l'al'cLicluc Ch:ir1e: ,:CJ·hit /1 ~on frhe
de quiller J'r '·bourg sm·-lc-cb:lmJJ pour 'è
rendre ?i Untcr-Sirhl•nbrwm cl s'y lie1· 11 la
gauche des lroupr'- autrichiennes; mais, hien
11ue le prince Jran ent reçu cet ordre le j juil1·l à qu:ttrc heure~ du matin, il ne se mit co
marche qu11 onze heure du ,oir. cL sa marche l'ut si leu te que, bien 11u'il n'cùl que huiL
lieues à taire, il n'atlri.,11it Uutcr-Siebenhri'm11
•rue I in~t heurrs aprè .-;011 départ de l'res1,our", c'c:;L-à-dirc le tl juill •L, ~ .cpt hèure
Ju soit, au momen t où la ualaillt• ,:1;1il pt'rùne
pour le · Autrichien~, r1ui ~c Lrou,aic11l déji1
eu pleine retraite.
L'archiduc Charles 110 pardonna jamais :1
·ou frère la oon-111:{~c:ulion Je se.-; ordrrs : h·
prince Jean perdil on comma.11dcmc11t el fut
1·cl~g né en lyric 1.
Faule de pour uite, le. perws Jes Anlricbien l\m•nt 1,ieu moin co11. idér:ihl,,. 1111'elb
u':iurai,ml pu l'êlrè. Ils a,ouèrenl cepcnJa11l
vingt-quatre m.illu tués ou L!tsi-ês : trois de
leur~ généranx: étaient morl$. L'un d'entre
~u:r, Wuhassowitz, officier d1• Lrr. gra11d mérite, s'était ili tingué en comhall:uH en Italie
le génl:ral Bonapartl'; les deux autre , i'ordmann et d'Aspre, étai 'ni de. Franra.i porlanL les a.rme contre leur patrie. 'c.Ion les
bulletin·, nou fîmes ,·ingL mille prisonniers
1. Ap,·li 1Jnnranlt' ~ns ,r,iiil, le rmnrc r~parut
sur ln sci1111J tlu m11111I,• •·.n t. 1R : 11•,; rùvoluLi1111m1ire~
ntlc•1111ml~ 1., 1wm111i•1·,•111 v1,·~ire g,:11érat ,le l'Empire
j.("r•o~riiquP.

cl l!nlev:lmes !rente canons; mai: je croi' r·e
calcul fort exagért:; 11011s ne 1wîmes que ,1uelques dtapcau:.. r olrc perk en tués ou blr.sst"s
fut :'i peu près t;.,.ale à celle des cunemi . L ·
généraux Lacour, l~authicr et La :ùle, aiu i
que sept colonel , furent Lués. LM ennemis
avaient ru dix gënéraux ble sés pnrmi 1~ IJUcl était le prince Cha rie·. Le nombre &lt;les
ndtre • l'TI l c•ompri!nanl le maréchal Bc~sii'•res,
s'éle,•a à vin,rt et u11. Parmi les douzt&gt; ooloncL bhi~ és, ·en lrouvaient Irois 11uc l'f.mpercu r ali-eclionna.it le pin~ : 0aurnesutl, Corhineau llt Sainlc-Croii. Les dcu1 premiers,
t{Ui apparltmaient au\ chasseurs t1 ebernl rlc
la g:trde, perdireut chacun une .iamlie: l'l::mper •u1· le· coml,b de bienfaits. (Juaol it
..,ainte--Croix, dont un Loule! avail frcîlé le
liLia, , a bic ure n·~lait po.s dangùrr.u,c; S(· •
amis s'en r :,jouirent, el ccpcnd.'.1111, . 'il ctll
été ampul~. il virrait peut-être P11r,1re, ainsi
ttuc son gloricui.: fr~rc Robert, dont llO!'
JamlJ • est t•c Lée ·ur le i.:ltamp de bataille de
la Moskova l
Bien 11uc • ainlè-Criti.\. 11c frit e11lo11cl &lt;1ue
depuis dcu:c mois cl o'eùt pas cnMrc \'În"tscpL ans, l'Emp1•rear lP nomma ~énéral &lt;le
Lrigade, comlo, arec ,in•rt mille fra11cs de
rente, grand-croix de l'orilrc de llc~,-e et
commandeur de celui de Il-Ode. L' soir mèmt
de la ùalaillc, l'Empereur, voul,mt rfrompcn cr les lions i;rrviri&gt;s Je lacdonal&lt;l, Uudi,
not cl Marmont, rrmil à rùatun d'eux
Lùtou de maréGhal; 111~is il n'11tait pa en son
pouroir de leur u1H1JJL'I' les talents de clicl's
rl'arrnél' : r.oura.g&lt;'UX el hous "t1néraux d'e.rec11tim1 ,

entre les màin de l'Empcr•ur, i1

,C'

monlraicnl emLarrnssés lol'~qu'ils étaient loin
de lui, soit ponr 1•onccrnir uu plau de campa0ne, soit ponr l'exécuter ou le modifier,
elon les eirconsLmces. On prétrndil dam;
l'armée 1111e l't!mp1•rc11.r, nr po1m10t n•n1placer LarnJ , aYait rnulu en avoir l::i monnaie; cc j11gcment é~il ~évère, UJai - il fout
rcronnaître 11ue c11 trois rnarécb:iux nircut
une part souvent m:ilheur~use dan~ les r:tmp:agncs quj alioutirertt à la drnt~ tl1• Nnpoltion
PL /1 la ruine du pay:.
GliNÉRAL DE

MARTIOT.

Ooc:teur

Les artifices de la toilette
Les mouches
c:f,&gt;

l)' où vinl lïJée am; femmes d'appliquer
sur leur vi,1,agc ces découpures de
talletas noir, qui simulaient au du1,ut les rarmlîcations dru, verne des
tempes'! Quelle l'ut, c11 un mol,
l'oriµ-ine des ,,ioudw~"I
llne ordonna.nco de métlccin 1 :
l'elfol produit par œrlain emplMrc
pour calmer le mal de Lèt •, sur la
figure d'unc femme aux pâlru couleurs. enco1ir.1g~ ses amies lt eu
essayer.
Ce n'esl pas la eule foi • d'ailleurs. où nou a.urons à cons tater
les liens étroits r1ui unissent la mode
cl ses caprices aux prescriptions
J'Esculape.
ffautrt•s praendent l)ue c·c~t L:i
Juchesse de Ncwcasllc, s1111 • lu r/•gne
de Cbarle li. tp1i a111•,1it imt1gi11é
dr rrcouvrir d'uu lioul d '~lotli•
noirt' des boulons •ru'cllc n,ail autour de la lmucbe. llne rirnlc, 'é1.alll apcrtm• que la blancheur Je
son teint PO était rcleYêc, el qu'elle
l' gaguail je ne sai · 11u1d piquanl,
~e ruil en devoir d'tm faire nul/lut:
d'où l~s mouche, , •(Ui régnèrent eu
despotes pendant plu~ d'nrl . ièdc..
Comme il fallait s'y ~ll1•ndr,•. le ·
ûrmlils ont fait u1re incur,;iou Jans
le passé pour! rclroun·r œt ac1ie,oire de la Le.1ul~ f~mininc el.
comme ils ne e résin:ncnt pas a.b,émPnt à faire buisson ereut, ils ont,
une foi de plus, triomphé.
L'usa"e des mouches ét.1it, à en
croire l'un d'eu.xt, connu rnème à.
Rome•. Les patriciennes de la Ville
éternelle avaien1 dans leur ar ·enal
de petits emplàti·es noirs et arrondis, nommés .11.ple.nia, qu'elles appliqna.icut,
comme une sorte de semis, su.r la peau.
1. N'a•I-OJt pas dit que l'usage de La. poudre vc.nait
de la Pùlogue, où l'on s'en servail pour caeb11r les
clfels d'uue maladie qui ùtL.achu aux ehenm.,,; maladie coooue sous le nom de plique polo11ni.~~ ?'
~. Con:;lanho J~lŒS, 1'oileue tl'wu, Rrmu,.;11 1!;,
j, l)'aprês le 531'8.Dt ll&lt;Frr11.m1 ISubfoe 1)11 r1ialù1t!1'
d'tt11e dlllfle romaiue), les aucions eurent recours a11x
mouches. lis ètaien.L lriis sujets aux boutons: on veul
w~plC?r. dru~ les onv!ag~ des _médecins grecs, jus&lt;Ju;I ymgl-trois dimumrnn.lton~ dill'érenles ,Je bon taus.
li lll111ldonc naturel q[!'d songel1,se 111, comme plus lar,I
les coq nettes du wn• s1êcle, àlcs dissimuler. Tl&lt; se sCt\'Îreul donc du pe.Libempl,itres noirsdécoupéscn cruis,ont .
Lll_ cal{ibltf l1aron de Pêtrone el les peLIL• e.œplâtro. •le
cu.rr minoo alit/a), dqnt parlcO,·iile dans l".'1rllf aforer
senaieut p u~ phialemt,ul pour les moui d'1eu1. (t:f'.
fe livre de Ilœltiger, Jdil. ,le 181:5, , ot1.1 p- •.\All-2).
,t.. Les I'cr: e ·elle, r.l,es a11rn1cnl elé des prn-

Martia.1 fos ùésigne clairement dan, c·e ver :
/~/ 11111111·,·11xr1

«

li111m/ .,/1,//,mfr111 11,/111,ia fr,111/rm.
uomhr,•u.,,•s ton. lelt.,111 ,OIi front SU·
1poJrlJ&gt; •·

n"~ llll.JIJèbte,

LA .)IA~QUISE D.\NGtAU A SA TOlU.TTF.,

D'aprts une i:slampe du Xl' Il' siècw.

l.lcs.monchesderaientsimuler les petites taches
appelées communément« grain debca.ut~ 4 ».
mi!.lrs à raire usage tles mouches. En rt!ll lilé, il ~•agit
plulol ,te lnlou•ge,, en l'e :pèce. ~ne de mouche~, nu
sco. 01i les moJ,mies enleudrnt cc mol (.Le Livre dM
rollertio1me-11r1, par A. MAZE-StNCt.E:H, I
â. Nou.,, :ivous un térnoignagnc formel de l'habitmlit
q1r':1\.1ient flëjâ le..1 rcmmes, riu Lemps tir. Hen1·i IV,
,le s'appli'luer de~ mou~hc.,; ur le Yi!ag,•, el ,·c témoignage, c' csL uelui du ilnuphin lui•mèrue (l~ r,)lur
roi Loui5 ~lit ). Ce 11assuge du Jo11mal d' lltf1·oard
ne )ijissr aucun ,Ioule à cc ujal : 11 Le ~t; j~nvi,;r,
lon,li. Tl 3voil une p tite eolirn1rc au win de Ill
lèvre iltoilc; je lui lis m •Ure w1 vctil cm11làt re.
lui &lt;liuat s'il lui plnio!oit [)3S que je lui lisse meLlrc
une petite moud1e : Uw mo1td1~, ,lit-il, en nillanl,
h11-' J,• ,,,m.r p11• Nre beau; r.'ett mad,w,, la pl'i11cesNe dl' Collly 9 ,,; 11ul à 80n vi&amp;agr tlei, pctilt,
,oour./,es J!,Ollr &amp;e {afr~ belle. t Jr111nml rl'llérocml,
L f, p.. ~O. l'n couplet satirique, tC('l~•1l11il J111r T~l-

Parfois, '.au lieu d'emplàtrcs, oo ûgurait
de petits ronds noirs avec un pinccna, en
leur donnant la forme J'un croi.ssant (lu1rnla

.~pleuia).

Mais. objectcrn-t-()n, on ne li l
pas Martial et Ovide dan: les Loudoi rs; nos 61égautc ont d'autres
chats à foncller.
Il csl présumable. en effet. L[IIP.
rc n'est pas lt lïmilalion des Homains cpte le.~ jeunes eigneurs dn
lemps dè Loui · XIII eurent tout à
coup la faut.ai ic de se mettre des
moud1e.
Car ce ne sont pas scnlemenl les
rammcs • qui ·c11 parùrcnl : les
hommes PU . -m~me · se mirent à e!l
porter. " Il sera encore permis à
uo, galnnd d' la meilleure mine.
disenl les LoiJ' rie Ici ynli111tr1·1r
/'i-twrai.~r (lfili1), de porter dcruoud1es ronde: et longues, où
ùien l'emplaslre noire assez grant.lu
ur la temple, ce que l'on appelle
l'e11.~ei9nP d11 mol de tlentsn; mai ·
pour ce que les cbe"em la pcuveni
cacher, plusieurs a\'ant comrnrncë
tlepui peu &lt;le la pÔrter au-de. ou.
du l'os de la jonë, nou, y arnns
trouvé beaucoup de l.,ien- cance eL
d'agremm1l. Que i les crüiqucs
nous pensent reprocher que c'l! l
imiter les femmes, nous les estonnerous bien lor ·que nous leur rc pondrons que nous ne çnuri1111 ·
l'aire autrement 11ue de uivrt'
l'exemple de celles que nous admirons et que nous adorons". »
Cinq ans après, on \·oyait enool'C
« iles aLhés frisés, poudrés, le
visage couvert de mouches, tous
les jours, dans un h.aLiL libertin,
parmi lei; cajoleries des Cour eL
de· 1'uileries ».
On portait des mou~bes mème dan~ les
couvents. Mmu de Mazarin, plaidant en
lemanl des l\ëaux [t. rv, p. ,31i5), 11ll1JSle que le:. dam,.
to rendi!.ieuL à. l'église. ~i,1 i • mnuehècs » :
l'orlei-en à l'œil. à la. temple,
Ayez.en le rront chamarré,
Et, snns craindre ,•olrf cure,

Porle'~-m j1uq14" dQ11~ le.temple.
G. A lo tin du x~1• .i(,c)c, on ~oignait les mnu.- ,le
1!&lt;111~ en nppliqUAuL •11 1· le, tempes rle mi:;nons on111Liltrc éternlos sur du lnlÎ&lt;!.h. ou ,lu velouN. li o,•
l'llllut pns longternpi; à une coquelt~ poul' remnntuer
que ces tacl1e noires raisuien1 rc,;-,1rtir la. blaoclieu1'
de. sa 11eau, et 'lue si le rem.;1fo èlait inefficace co11Lt·e
roJontalgie, il Jouissait d'w1e rf'rtu Lien autremeut
prr.ciewe, celle d,• duriner de l'~cl~l 11.u viS11ge le 111 m
f'a1Hi. Le, 1m1ucl1c11 fireut nin.i leur enlrr.c dari;$ lu
numJe C,11 l'ie p,·irte d'nu/refui, : I,!'~ soius de

toilottc,

va.r A_tr. )'1u.,51,lts',)

1'. /,,.~

T.m .1

111· ln

.

,

l,alft11t;,rtr,

•

l'ari,. AuhPy.

�- - 1f1STO'J{1Jl

------------------------------------------~

sépnrntion, s'é1,1it réfugiée chez les religieuse de . ainLe-Ma1·ic. dan 1. rue ~aintAntoinn. • on mari étant \'enn lui rendre
visite, e.lle le rcruL avec le ,·i age couvert do
mouches.
Le taffetas qui servait à faire ces petit emplàtres éLail découpé le plu hi-larrement du
monde : en croissants de lune en étoile , en
fi&lt;&gt;urc de fleurs ou mèmede bêtes et de personna1?c , de orle que le ,isa 0 e donnait une
véritalile représentation d'omlire chinoi es•.
La placequ',lle$ ocrupaienl élaiLvariahle';
il y aYail cependant des lieux d'élection.
On en comptait sept principaux : au coin
de l'œil e· plaçait la prissionuée: la 9alanlr.
:111 milieu de la .1oue; la l&gt;a,.,eu"c, au coin de
la houcbe; sur un boulon, la rcctllrusl'; sur
lt n z, l',·ffnmfée; la co1111etfr, sur le~
l1·1'rl:S.
Une mouche ronde était nommée l'a.-.~a,-1~ine.
lln moment. les remmes portèrent à la.
lempc droite de mouche de velonrs cle la
grandeur d'un pelÎl emptàlre : l'on vit un
jour sur la tempe d'une jolie remme ce ingulier cmplà.Lre entouré de ùiamants:..
t. tre fort mourhée êtait dn meillca.r ton.

onl joui de loule leur ,·orrue surtonl Jans h
SN:undl' moitié ùu xnr' $Îède.
ne Jeure en prose mi'lé • de ,•cr , dntée
dr HW 1, aous donne la plu, curieuse iaforrualion sur leur u age à œtle époque.

lni• urh,ul wy,•1 rurieu,e
Et rlil'firilc oo &lt;lcrnier roint,
Et garJc7. •k n'en porter pniut,
(,lue ol ,·h.iz ln l.011nc raisPu~c,.

l'n autre couple! de hi même chanson nous
révèle que les mouc.hes rondes, dit, a. ·saxsi nes, ~LaieaL les plus recherchées :
\'nu ourir1 1.._,~11 ~lrr frisi•c
l'ar n1mraus lomlm11t ~nr 11• oiu,
Snuia: 1uu? .flmour.-,,i.., n.J1. n.,u1l11r

~·ou,

CltcM Glraudon.

PORTRAIT llE L',\CîEGR }ÈLYOTTE

I.!! 1,lu~ p~rr11i1 ~jv,temo.nl
~11• c.llcs n auruit point ile ;:rricc.

EN COSTUME UE

~.1t,/ea11 de Cn.

La grande YademoL elle. parlant du maria e
de Louis XIV, nou~ révèle qu'elle acoommoda
une cassette. que ~I. de Créqui devait remettre à la jenne Reine, de la part du Roi.
n C'était un assez grand coffre de calambour, garni d'or, où il y avait Lout ce que
l'on peut imaginer de bijom d'or el de diamant , C'omme des monlres, .des he11res, ùes
gants, de miroir , de balles à mow·hc.~, à
mettre des pastilles, petits llacon de Loule
sortes, d'étuis à mel!re des ciseaux, coute:11u,
cure-dent , de petits tableaux de miniature à.
melLre dans un lit, de croix, de chapelets I L . . La dévotion faisail alors Lon ménage
avec la coquetterie.
Les rigori tes vo ·aient cependantd'nnassez
mam•aL œil celle singulière mode.
Ma sillon, prêchant à Versailles devant un
auditoire ù'élik:mte péche re 'C , ne crninoit
pas de prendre un jour pour Le:te de 01.1 sermon le mouches dont elle paraient leur
visage pour en rehausser la blancheur.
Il ci·ut tuer la mode en . 'écriant sur un
ton ironique: &lt;&lt; Pourquoi n'en mellez-vous
pas parlout'l » Le con eil tut suivi sur
l'heure : les coquettes en mirent en tous les
endroits où elle~ n'ayaient pas encore on"é
d'en mcllre 5, el ce fu t :iin i que oa(1uirent
les mouclicli à Lo AlasHil!on.

demeurai! rue Saint-Denis, i1 fa !'l'1·l" dt&gt;~
mouchn 7 • C'étail 'e di qualifier que d'aller
aiUeur .
Cne chanson, citée par 'l'allemnot dt$
Réaux, bien avanl la Jale précilée, recommandait déjà d'aller à la bonne adre se, celle
qui n'est pas au coin &lt;lu quai :

nrnm-:.

Con,:[. (.l/11s.:e du Lo111're.J

C'est la fi'uise,m• tir. mouc1,e.~ qui vante a
marchandise.
Écooton son ,piritnel boniment; on ne
saurait mieux 'cmploye1· à gagner le honne
grâces du client :
n Nous en avons à lout prix et pour toute
orle de gens.
a J'en ai en mon rarLiculier de toute les
foçons :

UP

,crci ~ru/&gt;r,: pri$CI!.

Les plus grande &lt;lames sacrifiaient,\ c1·Lle
mode ah urdc.
Le porLraiL de ~farie-Aooe--Chri t.i..ue-\ïctoire de llavièrc, fiancée au daupbia en 1(i, 0,
nous la représente aYec troi mouches, l'une
au fr nt, l'auLre au milien de la joue, la
lroisièroe prè du nei
li n'est pas une femme élégante, dn resle,
qui ne poss4idàL un de ces petiis coffrets,
dont le co,wenle était doublé à l'i ntérieur
d'un pelil miroir, et qui contenait tous 1•
accessoires de la toilette noctnroe el malinale.
Le mouche y tenaient naturellement leur

place.
)lais, en ortanl du lil, il lui folloit ,lrs ,•aux,
De~ pornm~1lcs, ,lu Llnnr, du 1•crmillc111, iles 11~~11,:
"He a1'nil, in~lgré moi, ,lcd11ns une ~~~rtl,·,
['ou.Ire , pille, lours bloud.!, gomtn!', mmuhPs. pinc!'llr&lt;,
1l11ci11e!, opiat, eilsencc Cl parrtuus,
lit: J'c~u ,l'nnge, ,lu llùt 1irgin;il. il t.! l'Blt111,
1,1 mill.e ingr~dicu• il peu pr~ de 1~ sor1,•.
Qtu' I,\ dinLlP o SH.m ,Loule in, ,•uti. .

Pnur ailourir les yeui. pour r~rer I,• ,·isage,
l'.,ur mellrc sur le f'rlllll, punr plan•r su ,· lu s,•in.

El (Hmrvu q11'11ne ndroitc mnin
Les ~arlte l,ien m.eUrc en USllge,
011 ne le, rnH jamais en ,·ain.
i la mouche r,L mis~ n pruli&lt;Jli~,
Tcl golrnt qui nous rail la niqne,
, 'il n'est ;urjum·,l'hui pri,, il Ir ·rru il,•,nain,
(Ju'il ~,,it i111lifli•rr-11t on 1111,I l'~h ,, le, , uin,
A 1~ fiu lu 11m1wh.- 1,· p,qH1!.

Les mouches, que Scarron ne manque pa
de mentionner dans son Epître bu1·lesque,

« Au resle, m.tdcmoiselle, ne rnus ima~nez pas que m mouches ne soient dilféreules que par la taille ou par la fürure ; elle
ont en parliculier des 1J1mlité qn.i le font
distinguer le unes des âutres; et je vous
adverty qne parmi celle -ci on trouve de fines
mouche el que toutes ensemble onl l'inclinat:uu des al1eilles qui ne se posent d'ordinaire que sur de " !leurs 11 •••• 1&gt;
Oh I qu'en termes galants ces choses-là
sont dites t
La bonne faiseuse de mouches, en 16!H,

Mt)CXl,IV, 1•· 1R-19. Le !lerme,· trail rlu gnlonl, 1lël'cinl dans c Jlanqrrel ,les Jh1srs, fait voir c1ne lea
1c11nc~ gc11; ile 1·e l,·mps-lâ. le ,füputuicnt au,: bt,llès
'dans l'1w1 de s,: mell,•è dc,s mouche. ;
!.• mouche à la te.mpe ~ppli'{l'êe,
l'o1i1bral!;ewt ,l'un peu de no,ri:eur,
Donn3i\ 1lu lustre i sa blauche\lr.
1.. Qou:tt.t:ru1.
2. l'arm1 les lots rie la {,Qlrrir d'omo11r-, pnùliëe

\er ·IG54, flgnre un lrailcl cxccllenl de la situation
dès mouches sur le visage tl •s dnmr~, 01•,;c iles ol,,cr,•afîons e&gt;:~cles rlc leul' grandeur et ile leur lii.nn•,
selon les lieux 0(1 elle, sont placées.
:1 .• 011l'e11irs de Fdlicfr, par 1\Tme de Genlis.
4. J}U'111oire8 de Mlle de M,mtpensier. t. fil,
p. 1â6.
!i. Rimmel rap110rlc, dmis son /,j1•re des Parfums,
- el nous lui 101• on 111 respo1JS.1bil1l6 de son ussrrl.Îon
"'1

16o .....

Ce n'Hail pa uue pPtite affaire que de
savoir bien placer les mouches.
Tant.ôL c'dtail un boulon ou une tumeur
qu'il fallait adroitement dis imuter· t.anlôt
un signal &lt;p1'on plaçait tout près de ces petib
trou qui, au dire du cardinal ùc ficmis,
donnai&lt;,ot taul de gràcc au SOID'ire &lt;le la f:nori le royale :
J,ii J, 1nne 1'0111p:1tl11ur
\ 1leux jofü 1ro , ur lit joue,
Où Ir plai!ir St· joue.

Ou sait que Ume de Pomp:i.dour usa des
mouches dans une singulière circonstance.
La femme qui dicLa.il au Roi se. volontés ne
'imagina+elle pas d'envoyer à un chef d'ru·mée de îa Lrucùon traté!!i.que 7 Elle écrivil au maréchal d'Estrées Ulle lettre renformanl loul le plan de la campa"ne •l où let.
di1lëreals points qu'il deva it. attaquer 011 c.ltL
- &lt;1u'nnc duchesse Je ~!'\\ta,il, portail au front uni'
l!IOUchc !i!(lll"U~l
,·01,lnre alld~c_ detJUlllre,d,1&gt;\•a11 ,!
H. Mam1scriJ,;• di, (,,m,·llrl llliLl. olt• 1 Arsen.11 1,
rill'S par MAZE•!:iP.~cnm. OJ). dt.
1. /..e lii•r-1• ro1m11Q,/e de, Admw·• (par A. 011 PnADEI. n~ Ut.i.o:n ).
8. /,(1 femmr. j,1,ge el Jllfflie, .11,te li', scènl' Ill.
dl,'., pllr 11,v~nh. 11,ct. de r.-u11e11blcmc11f, art. C11sselle li. 1, r• (;(H.). )

une

" - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - 1-Es ll'R.TT'FTCES
fendre étaient indiqués par 1fo r.nouch s 1 • apparureul Vénus el les Amours, pourvus de
Le maréchal se œntenta de rire de la fan- leur allril,ut . On les fabriquait alor en
lai ie de la maitresse rox:1.le.
1·eruis )larlin incrusté d'or et d'argent.
Le malheur ïut qu'il n'en rit pa seul cl
Clo e , on L-lirait des tabatières. L'intérieur
qu'on s'en divertit beaucoup dan son entou- se di,i e Oil lruis t'Ompa.rtiment dont deux.
rage. Le hruil en étant veau aux oreilles de ·ont îermés d'un coul'erde à charnières; le
Ja mar11ui e, celle-ci ne pardon.na jamai au Lroi&lt;ième, uù l'on retruu\"e, encore a sez soubra\·e homme de guerre de s'êtr ruoqué vent, des parcelle, de rouge, contient le pind'elle en compa1rnie.
ceau qui ervail à l'é1endr•.
lme de Genlis, 11ui rapporte cette histoire,
Il en est qui n'ont r1uc deux comparline fut pa ' la ùernièrc à recourir à un arlitice menls; d'autre n'en ont ttu'un seul. Elles
qui pouvait donner l'illu,ion du rajeuni e- .-oal parfois enform ·c daus &lt;le· écrin de
mcnl. Elle a, du reste, elle-même conté avoir cuir Yurt et or.
dit un jour à un homme de lellres. 11u't!.lle
!;ne de- plu curieuse, qu'il nous ait élé
nv:iit aùmi à l'honni'ur de lui voir appli- donné de voii: e L en Îl'Oire, lég'•reme1H colo&lt;1ucr deul:. ou troi.; mouche ur
1.1s Jullcs cl ~ur son m1•nton:
11 Eb bieu, ljn\m diles-vou 1 no
me prendriN-Yous pas pour une
jeune personne de ~•inol au ? ,,
C'était prol.,ablemenl exagéré, mai
quelle fcmmr, tJn telle ~iLualion.
ne prendrait . on dé"ir pour la réalité'?

C'e t da!.tS les premi~re année
du x,111•· itjde (JU&lt;' l'usage de ·
mouches • 'ét.iit un peu partout~
g 1nérali sé.
'foutes les dames possédèrent
alors leur boite à mouches, plu
ou moins riche comme décor et
comme allr1Luts, selon la position
de celle qui s'en crvait.
"\ous a,·ons eu fa bonne fortune - grâce 11 la parfaite obligeance de M. ùe Montesquiou &lt;l'avoir sous le yeux toute une
collection de ces exqui biLelol · • :
hoites Hard de. époques Louis Xllf,
LouisXIV, Louis X"\1 et Louis XVI;
boite à poudre, poires à poudre.
souffiels à pomlre, tampons à fard ',
plaques ;i .fard ·, de Louis XV au
premier Empire; boites à mouche
de dill.;renle formes rt d'ornement Yllriés.
Ces boîtes, géu6ralem-1nt plates,
p:i.rfoL ovales, Je plus ·ouveul rectangulai.res, sont en or ei,elé. ,..n
argent, en êcaille ciselée à relief,
en ivoire culpté. en émail de a-xe
011 en laque noire.
Sous Louis XJV, les artistes r
représenlaien l des cènes m ~ LhU:.
logiques.
• ous Loni XV, des sujels gracieux, entourés d'ornements rocaillti; ous Louis X,\' L,
1. Diclio11nnire de:s étiquettet tif fo Cour par
~lme dl' G•nlis. N_ou r~pr&lt;1duiso11 ci•apro!.S le' pas,ag&lt;1 ~ID. lue!, extrait de I OuH&amp;1,&lt;1• ole Mine de U,,nlis:
,oici, sur les moucltcs, uue an~dote qul\ l'on n
i,alcndu cu11ter il l',•u 11. le marér hnl tl'&amp;,,t.rëe5. Cc
:;-rand gènérul, étoot à l'armfo. rt', ul une lettre de
~,nc., Je Pompadour quj lui con~e.illail un plan Je
ca~1pagne; l'I pour dt's1guer les brui oil ,·lh• ptoposa1t de ~e potlcr succc:,:;1veroenl, ~lie h•ti a1•uil ma!'•tuës llfec des rnoucloes colle.es sm· le papier à viguella de ~a lettre. Le mari'dutl S! disp1&gt;1154 de uÏHi•
ce irulanl pfou de campagne, mais il ne pnl ù n,pèc~er •!e le montrel' et rai·. consèq_ac11 L rie sen mlll]uer.
l:P IJUI fut ca.use de la hnU1c que lime ile Pompadour

Ili. -

HISTOIUA, -

Fasc:.

1u.

DE 1..JI TOTL'ETTli

Elle ·'ou1•re eu deux parlies : l'une douLlée d'un miroir, l'autre orn~ &lt;l'une pcinLnre galante.
Vn papier jauni, reµlié à l'inlérieur, porte
celle inilication : 11 Cette boile lut expo ée
au Mans. on t i2, dan une exposition
d'objets d'arts cl d'o.nliquitr, a,·ee cetlc mention : une boëte /1 mouche , en h·oire, à deuxcompartiment·, a\·ec le deux portr(lils de
Loui· .\IV et de Marie-Thérèse. ))
La boite à mouche :i fait longLemp · partie
do la corbeille de noces; elle était au nombre
de:; bijoux qu'on distribuait à la Cour dans
certaines circon tances. Par les gazelle" mondaines' du 1emps, nous S3\'0ns qu'il s'eu
rencontrait plusieurs dan· la casselle que lL de Béchameil envoya,
la veille de on mariage, à sa fümcée. Mlle Le Ragoi · de Bretou"iUiers.
La description de la :iarniture
de loilelle offerte, en 1680, par
LouL XIV à la Dauphine, mentionne lroi boites à mouches en
Yermeil ".
Berain el Marot e.a des inèrenl
un certain nombre.
Parfois, ces sortes de boite~ at'..
foclaient ln forme d'un quadruple
louis, é,·idé à l'mlérieur : cette
dernière ré,•élation non e t îaile
par Je ,1le1·c111·e gahlnL de Bour-

rié, el diicoroo de &lt;leu'\: p1·ofils entre des
palmes et des fleurett&amp;.

sault.
Au x.n □• siècle, les boite à
mouche sont d'une richesse peu
ordinaire.
Au mariage du dauphin, fil de
Louis ").'"V ( l 743). la fille de Philippe V trouYa dans sa corbeille
une boite à mouches, ea laque,
de 540 livres, et une auLre « assortissant l'étui de pierre bleue n,
d'une valeur de 600 livres.
.\u second mariage da. dauphin,
deux ans plus tard, ûgurenl a quatre boîtes d'or /i mouches o Talaut ensemble prt de 4000 1i1Tes.
Dans la liste concernanl la réparlition de présents, les quatre
boites à mouches viennent aprôs
les quatre lemmes de cbambre 1
dans le même compte; el, un peu
pin bas, un autre a..rlicle concerne
Mme de Pompadour, qui reçoit,
à cetle oœasion, une boite à Dlouches émaillée et uue boite de laque.
Mme de Pompadour nous l'aYo □ s dit plus
haut, en fit d'ailleur un con tant usage,

ro~~ul. ~ntre _lui ~L qu'elle gurdu jusqu'à sa morl. •
!. ~111gl_1t 11_11 11u eo_.~nglelelTe les mouche, a1·aicnL

ptir&amp;c, ~o grand llnlJit,

l&gt;.L\tf; DE &lt;!t:ALITÊ E:-( COIFFURE ,\

.\ ,1orw,

D'atré.ç 1111e &lt;1.~1.i1,1te d11 X f"Ji' stèrle.

un,• •~riuhcn11on pohbqne l Cr. )lor,,r6.,ri. La lïe
priril: a Pertite, p. 4tH. 11. 1.)
3. Ceu ~ollerhon O&gt;L la prapri,Ha ,le ll. 11 lotz, 1e
i:ranJ pufnmenr.
4. lfercwv, mars 1679.
5. La du.chPssc tfo Berry se eou,·rail la lii:'or1• rie
m~uchw. ~(ad!IJlle 3viH !,~au la chapilrer. die euteuJo1tne pas 1·cnu11œr 11 tel arllfice, t'n dépit de toutes
le remo;utraucc .
u '.foire rluc'hL'SSC tle Berry, écri1·ait Là P~latiac,
le I" 0tlol.Jr_e 1?12, !"'l plu. rone, cl ~lus imperti•
uenle ~11c Jnllu11B. H1c1· die ,·011la1l me r11lir~ucr,
... 161

...

m11.is ji, lu, ai dit m~ fntl)ll ùe peu,n. Eli~ reoail trés
n,•ec quulnrt,· poînc;ous Je.~
,,lus Lean\ diom"nl.,; ,lu mon&lt;le : tout t•IH,t Liei,, bllnr
qu'elle a,~iL sut· b figure tlouir mo11d1cs qui lui
nllaieul horrihlemmot mnl. Quaml elle orrivn ,lr1anl
moi, je lui Ji, , ._ lladnrne, •om n,ilâ ù menciUe.
mais •! me s~mhle qui' ,·ous ave1 trop llo moud1cs,
,·cla 11 ~ pD,; 1 llir assez !tau l. Vou.; estes ln premilmi
parsonoe du cc pay,-d : tela Jémllnrle u11 pc•,r µlu;
de g,•31·i të qnc iJ'1Hr'e moucheté,• cumme le~ comédiens rur le tlotlilf re. ~ tllH lil ln ,noue N ,Jil : .,. J~
•ç:iys 1111e rous 11·11~1t!z pa.s le~ mou.ches cl l[Oll vo113
le. trunve, mal. nms co1J1m~ Je les lroure lori bil!ll.
d •1ue je ne rnux plaire qu'à ono, .. ,, u
l[

�H1ST01{1.Jl

r -

ain,i que l'atlestent les comptes de son Cvurnis~eur haùiluel 1•
l'arrui les llijom envo~lk à la fü:ine d'Espa,..nl!, le , no'"emure l 7 l4, et prése.nlé, par
le duc Je ~ainL-Aignan, e trouvaienl, entre
autres préseJtls : (C trois bol/es d'or !1 mellre
Je· moucl.ies u, ne valant pas moins de
10\0 Livres.
Quand il Iul de bon Ion de mettre du
rouge, les fommes à la mode se enirenl de
hoile à Jouule comparlimcnl : l'un de Lint à
reL"evoir les rnoucb_es, cl l'aulre, le fard.

Elles pouvaient ainsi, étant en visite ou à la
ville, remcHre du rouae ou remplacer une
mouche mal mi e, sans reco11rir i1 leur coiffeur ou à leur soubrette.
Ces boîlcs, d'un petit volume, renfermaient, comme nous l'arnns dit, une glace
afin de pouvoir se mirer.
En l 747, la corbeille de la dauphine MarieJosèphe de axe renfermait deux. Loîtes d'or
il rouge el à mouches, valant, l' uoe 840 lin~,
e1 l'autre, 7-14 livre.. Une antre, de laque
carrée, a\'ail coùl{i i 02 livres. Tou Les ces

1. Pnr le r.iun-J11un111I tle Lazare IJvun, nous
P1•1•rcMn•. 11ut&gt; 31ml' d • Pomradonr n,·nit, sui· 11
lùÎlellc, • 1111 cy~nc {•mn!llti forrunnt.• •Ill~_ ho~t~ /1
111u11che, ,, cl 'I" ,,tt,, ou,L pn1e ,·e l,1Jou ,llfJ 111,res.
'.!. Sou~ lo. Hè,·ululiou cl princip11leru~111 wus le
lliriwtou·,•, ,;u •lui f:iirtJ •·rai...mhlrohlemc11I n•atr" ,tes
rnuut'l.es: eri louL ra•. on ~e l'anlail. llam ln rollP.C•
IÎllll ,hlnilt' pl1ts l1a11t, IIOUS 01011. \ll 1111 pol ~ rouge
n,•eo, "" l1vup11~11,,, n,·,•r l'éliqneflr de • l.n CilOfl'nnr
\ :1 il10111, fol11•ir1na11te #fr ,l,i roU!l'i' 1'l hl~m· wgëtal

~uprrfin, rnr ,Ir ln Loi, en faeo ,le ln Fonlni11r
11• 1'251, !, Pari,. b
'
. 1\. ll'npri•s le r,cil •~c ecrlni,r 1·nyogcu,·s, les îu11is1enn1•, r lrra,rnl [w1n,lrr ,11r t,, jnn&lt;'s. o~cc u1iu
ùè1'oclion ,la 1101~ , r gnllll 011 1ln snl'r&amp;n, ,h, lonk&lt;
petites lcuillrs 1ra,·hrc, 1t··~è r,.111r11L ,lcnt,•li&lt; • ·, •111i
,lonnr11t à lc111· phr~ionomil' qu,,hp1c dJQsr ile tn';
1uqna11I rt rio Lnul a l'u,t uri1ti1rnl.
.llu1 ct•I;, rc,scml,IP µl111til u11 lnlm1•i:•· •11ù. ,h-, 111011~he: .

boiles proven.aienl de chez l'orfèvre-Lijouticr
du Roi le sieur Iléhnrt.
La boite à. rouge el 11 monr,hes otT~rle à la
jeu be archid uchesse Marie-!nloineue, • urpa, sait en beauté tout ce qu'on avait vu
j1Jsqu'alors; elle était en or « émaillé bleu
Lransparenl, avec ua cartel émaillé peint
dessus. ,1 Elle élait facturée t 200 lhres !
Les mouches ne dew1ient pas survivre à la
fi évolution 1 •
Il semble Lien que, depuis lor , elles aient
complèttmenl disparu\ à moins qu'on O&lt;'
veuille renarder comme une ré urrection
cet te babitude qu'ont certaines coquette de
se poser plus ou moins adroitement des poiols
noi r ur la fio-ur e à l'aide du crayon d'argent.
Aprè$ Loul, \'application en esl plu ai ·é1•
et 'ed autrement gracieux; à re double
point de rne, c'esl assnrémenl nn progrl:is.
Docrnun .-AR.\ :'\l~.

Aux T uileries
~r11tcmb111.•, 1 .\.1

Je n ai Jam ai· rn, me disai l le roi.
rp1'unl' ~cule t'ois l\obcspicrrr. en cbambre
(dt111s 1111c clrnmfn•r, ile 1irès, m,is je ron•
s&lt;'nc l'c!1.prcs~ion mèroe du roi ,. C'était Jans
un endroit appelé ~lignol, prè de Pois y,
11ui cü le i:ncore. Cda appartcnaiL nlor~ à un
mhc fohricant cle clrnp Je Lou\'icrs oppclr
li. llecréleau. C'était en q11alr&lt;)-rin 1•l-onze ou
douze. )1. Llccréleau mïmila nn jour 11 Yrnir
diner ù Mignot. J'y allai. L'heure ,·enur . 011
e mil à taLlc. Il y a.va.il fiobc pierre cl
Pétion; je connaissai Leaucoup Pélion, mais
je n'a1•ais jamai · vu flobcspierrc. C'était liic11
la figure donl lliraheau r11•ail fait l~ portrai l
d'un mol, un dwl qui boit du 11inQig,.e. li
fut très mau ade et de serra 11 peine les
dent., labsnnl à rr...-rel échapper une parole
de temps en lcmps, el forl àcre. Il parai.sait c-0n1ra.rjJ d'èlrc venu, et qoe je fu se lù.
Au ruilieu dtt ùincr, Pé1io11. s'adressant à
~l. Dccrtlteau, -'écria :
)fon cher amphiLrron, maricz-llloi Jonc ce gaill(lrd-Ul ! Il
moo!rnit [\ol,csp.ierre. nohe pierre de s·c~clamer : - Qu'est-cc rp1L' tu ,·eux dire, Pé1ion1
- Pardieu, Ûl Pétion, je 1-eux dire quïl
fa.ut que 111 Le maries . .le veux te marier. Tu
es plein d'àcreté, d'h) pocondrie. et de fiel,
d'humeur noire. Je liile et J"atrabilc. J'ai
peur de tout Cc!la ponr nou ·. li taudrJÎ! lllllJ
-

fcmm~ pour l'onJrc lcmks c1·~ :.unerlume ri
faire de loi 11n honhommc. - llulw. pierré
bocha la lèle l'l voulut rairn un ~on rire, mais
ne parrinL 1p1'à fa.ire uné grim:tcl', - C'est
la seule fois, repril le roi, que j' a;e vu l\obcspicrrc en cbaml,re. llrpui je J'ai rctroun:
11. la trilinnc de la Con\'lrntion. li ~tnil ennuycH\ au nprème drgré. parl:iiL k•nrrmenl.
long,wment cl p0:,Jmme111, el étaiL plus
IUJ.n ,adr, pin àt're et plu amer 11ue jamai~.
On rny,it hie11 '(Ill! 1'{,1io11 nr J'a,·ait pa
mari1i.

\n 11 lai:; mai il n'aime pas la guerre, il faul
céJcr aux Anglais. Tenir tète en cédant.
Arrunrrcz cela. L · d&lt;.?1n..ième arromli semen!
gournrnc Jacques Le[ehne, ,lac11ues Lt&gt;folffre
gouverne Guiiol; un peu plus lr druxi~me arroudi enumt gouvernerait la France· ..le di i1
Guizot : )foi tJUC craignez-rous1 Aye.: doue du
courage. oyez d'un avis. - Ils .on t là lous
p;lles et irnmoWos el ne répondent pa . Oh!
la peur! Mon icur llugo. c·c·t une• c:lra11g.,
rbose que la p iu· du l,roil qui c fern dehor !
l'ile pren&lt;l celui-ci, puis celui-1:i . pni cehii-lt1,
('1 elle faille tonr Je la lalilc . .Il~ ne suis pa~
mini lrc, mais si je l"étnis, il ml.' semble qut~
j .. n'aurais pa peur. Je rerrai le Lion l'L
_j'irais clroit de\:ant moi. Et q11el pins grand
hut'! La tivili.atina par la paix!

Lé l'Oi me Ji a.il jeudi Jcmicr: - M. Guizot a de grandes qi1alilés el d'imrnenst•
Mfauts. (Chose liizal're, M. Guizot m'avait
dit pnicisément la mfüne cho e du roi hi
mardi d'auparavant, en rommem;anl pai· le
Le duc d'Or\6.an · me contait il l a 11ueh1ut•s
dé[a11l .) li. Guizot n au plu· haut degrii, et
année
qu'à l'époque IJUÎ uivit immédiateje J'en e~lime profundémcnl, le t·oura!IB de
l'impopularité chez ses adversaire"; il ne l'a ment la révolution de .Juillet, le roi lui fiL
on conseil. Lo jeune
pas parmi ses ami . Il ne sait pa· se brouiller prendre séance dan
momentanément avec _es parti an , cc qui prince a .hait aux déliLérations des miélail le grand arl &lt;le U. Pill. Dam celle affaire ni Ire . t:n jour, M. ~lérilhou, qui était ,.,arclc
de Taîli, comme dan l'affaire du droit de des sceam, 'endormit pendant que lci roi
,1sile, M. Guizot n'a pas peur de l'opposi- parlait. - Cha rLres, dil le roi à on ifü,
L"érnillc M. le gn rde des sœaux:. Le duc d'Or1ion, ni de la pre se, ni des radit:aux, ni de
carlistes, ni Jes dynn tiques, ni de cent mille léan obéit i il était a,. i à cillé de )f. Mérihurleurs de cent mille carrt'fours de Franc,!; 1hou, il le pou e doucement dn couùe; hl
il apeurtlcJncque LdcbHe. Que diraJ::ic'lues mini ·1re dormait profondément: le prince
Lefd1vre'! El Jacques Lefebvre a peur du recommence, le mini trc ùormail wujours.
deuxième a,rrondissemenl. Que ùiralcdeuxième •,nlh1 le princ:e po e a main Slll' le grnon ùc
arrondisscmen L? Lecleuxièrne arrondissement L Jérilbou 411i s'éveille en um.u L et dit :
n'aiml' pa le. Anglais, il faut tenir ti!tc aux - 11 Fini~ donc, op hic I Lu me cbalouiUc.s ! »
V1cTOR

HUGO.

Lieutenant-Colonel ROUSSET

Le

.
s1ege

Lorsyne, aprè la bataille de Frœschwiller
la Ille armfo allemande fut di rigre dn Rbit~
ur fa lleuse, la divi ion badoise J'ahandonua
cl ~lJa, ous l?s ordres du général de Wcrdcr,
11111 rcmplaçan le général de Deyer, ministre
de la guerre grand-ducal, meltre le siège
devan L_ lrasboul'". Dès le 9 aotit, un parlementa 1re, en"Voyé èll a,·ant, était Yenu sommer
la place, s~ns succès; J.e 1 J, le tètes de colonnes L:tdoi es apparais aient devant le front
septeulrional, et, le lcnJcwain, elles ou-

'

dp

de Strasbourg

''l'aient les premiers travaux. d'approche.
. lrashourg, ville forle do llrcmier ordre,
assi e dan . une plaine qu'arrose l'Jll, all'ccle
la forme d un triangle allongé, donl le om~et, tourné vers le Rhin, est occupé par la
c1ladc~.e. Ento_urée de terrain plats, protégée
par 1mondai.Jou de l'nt, elle présentait,
e~ _1870 ~ne force de résistance relativement
"?rieuse! d aulanl plus que de1·ant ses basLions existaient un certain no01bre d'oU\Tanes
avancé reliés au corps de place par de ~-

poonièrcs; le front nord, en particulier était
couvert par deux fortins. llalbeureuse~cnt
sou 1~ .double rapport de l'armement et de'
appro~•1s10naemenls, la place se 1rom-ait dans
une situation au si précaire que Loutes le·
?Ul:e , et manquait alisolumenl des 1.Hérn6J)t.s
mdi pensaLles à une résistance quelque peu
prolongée. on artillerie, forte d'em"Iron
250 ho1~che à Ceu, comprenait Lous les calibres, même •les plus démodés , et n' ava1·t ,
pour 1a 'errn, que les dépôts des 5• et

�r-

----------------------------- l.'l;

111STO'R..1Jl

20• régiment , plus onze compagnies de pontonniers, assez étran"ères par étal au ervice
de canonnier•. En fait de troupe du génie,
il n'y avait dan 1a ville que huit sapeur ,
san matériel 1 ; l'infanterie comptait le 7°de
ligne, la.i é dans la place par le mnréchal de
Mae-llahon, le dépôts des i8~ et 96e, avec
œu. des 10"- et i6•· bataillons de cba~seurs,
plu· un certain nombre de fuyard "enu de
Frœ chwiller . .Avec ce dernier , on forma
deux ré ,iment de marche, l'un d'infanterie 5 ,
l'autre de r.avalerie 1 • Enfin, apr~s la relraite
de l'armée d'Al ace, on reçut encore quelques
détactiements da 7-i• el du 78~, un bataiUon
du 21•", 450 douanier el 90 marin : œoxci, envo)·b pour monter une flottille qu.i ne
rut point organisée, 'employèrent an service
Je· pièces ; il, étaient comUlllJldé par le conlrf'-amiral Ktdmans et le capitaine de vais~eau llupetit-Tbouors. La garnison était donc,
en tout, forte de 7 000 fantas in:;, 600 ca.,,alier, 1 600 artilleur.; aprè le 9 août, elle
s'aatrmenla de pompier de la ville, de trois
L.i t:üllons de garde mobiles avec di:c balleries
eL de :; 000 garde nationaux avec une batterie; elle atteignit nJors le chiffre total de
15 000 homme.: environ•.
Lè ouverneur de la place était le géru!rtll
de di,·isioo Uhricli, du cadre de ré ene 7, qui,
dè le 7, con ·tilua son comeil de d :ren "e, et
lui e:r.pos:t la itualion de :ressouro s existante~, con ·istant en 1 0 jours di• pain,
tiO jour de ivres et quelqu1: viande sur pied.
On pom·ait à cc moment considtlrer ce ressource comme uffi ante , car si l'~ventualilé
du iège ne parais ait pai; douteuse, du moins
il êtait encore perrui d'e pércr qu'une armée
d~ campagne ,iendrait au bout de peu de
temps apporter son Sl!cours; aucun des membre du 1:onseil ne croyttit, en effet, à fa soudaineté de no désastre. ni à l'irréparable retraite que l'armée du maréchal de tao-Mahon
él.a.it alors en lrain d'accomplir. Néanmoins,
c' rlaines précaution. furent prises; ordre ÎUI
donné d'enfermer les approvisionnements
sou de abris blindé , d'occuper les ouyrage
av:mcé , de déraser le abord- &lt;les glacis et
d'élal&gt;lir ur fa plaLe-forme de la cathédrale
un ob er\·:ttoirc pou.r 'érenLer la marche de
l'f'nnemi. Malheureusement, c'est à cela que
se bornèrent les mesures de défen e; on ne
rhercha pas à augmenter Je périmètre fortifié
par l'établis ement d'ouvrages dn moment ou
de batteries avancées; on 'en tiut aux rempart e1.i tants, a:l.nS onger à . e ménager
qu lque e. pace. pour manœu.vrer. La dé[ensc
se condamna ain i à la pas ivilé, c'e t-à-dire
qu·eue se fixa à elle-même 1a limite qu'il lui
il-tait impossible de dépasser 8 •
Le 12 au matin, le avant-garde badoi e_,
,~ni avaient pris position entr les dem rout

de Sa,·erne et de Haguenau, derrière le
ülltl"e de Kœnigsboffen el de chiltigbeim,
engagèrent le feu nec les ouvrage avancé ·
le 14, une batterie ennemie, construite pendant la nuit au ud de la route de averne,
dirigea sur eux un tir précis qui les fil beaucoup . oulîrir. D'autres batteries, sucœssivement établie en face du [ront nord-est, se
rnirenl ensuite de la partie, et, jusqu'au
une canonnade ininterrompue laboura lunette.
el ba lion. , &lt;lémolissant les pièces îranç.'lise ,
qui n'élai.ent pas de force à ré isler, el allumant mèmc çà et là de~ incendies. La garnison de la place, pendant tout ce temps, a,ait
fait quelt1ues reconnaissances vers les po ilions ail mandes, et outenu des escarmouche
sans grand intérêt.
Jusqu'ici, l'ennemi s'était born~ à des Mmonstrations el à des menace dont l'effet
était à peu près nul. I.e 19, il essaya de
mo)'en plu rigoureux el démasqua six nou-velle · batteries, dont cinq, po.;tées ur les
hauteurs d'Oh rhausbergen, )littelhausbergen
et Niedel'hausberi;en, bomh rd:iient le front
nord-ouest; la sixième, établie à l'ouest de
Kehl, lirait sur la citadelle. Celle-ci eut beaucoup à souffrir; néanmoins elle ripo'la avec
énergie et incendia !,,,ehl, mais elle ne put
protéger ni le quartier aint- icolas, qui la
r lie à la ville, ni l'arsenal qui la borde au
sud. Dans la nuit du 24, l'incendie se déclara
dan, les Lâliwents de l'ar enal; S5 000 fusée
pcrcu!anteg qui s'y trouvaient renfermées
sautèrent, et il fallut les remplacer en hùte
par des fu.œs en !Joi &lt;lonl la plupart ne
purent êLre utili ée . Cette même nuit, les
oltu!l badois incendièrent le musée, le temple
neuf H la biLliolhèque, détrui anl ains.i en
quelques heures des merveilles rarissimes
tiu'ou a,•ait mis des iècles à rassembler! Le
feu. de ·l'ennemi aueignait une extrême violence; le! incendie· s'allumaient partout, la
morl frappait, dans le ru.e et les mai ons, le
habitants affolés qui ne trouvaient plu d'abri
nulle part!« La place faisait touL . on pos ible
pour contre-battre l'artillerie ennemie; mai
les boL1ehtl à feu en Lalteric sur le rempart
et dans les ourrages avancés commençaient
déjà à onffrir beaucoup. et d'ailleurs leur
ligne detirélaient trop courte pouralleiudre
le "ros es pièces allemanJes qui e lrouvaienl hor · de leur portée. En outre, l'ennemi,
très habile dans toutes les opciralions grandes
el petiles, &lt;le celte guerre infernale, avait eu
oin de tirer avec dt&gt; pièces de 11 volantes,
que leur déplacement continuel, au milieu de
la nuit, ne permeltait point de pointer de la
place. llarrivait ainsi que le lir de l'assi~geant
était toujour juste, a sa.ré, concentré, pr.éci •
terrible, tandi que celui de l'assiégé étailiodécis, Oottaot el trop som•enl sans action• 1&gt; .

Les artilleurs badois, qui a,,aient déjà détruit tant de monuments vénérable· qui
a,·aienl, au mépris du droit des gens, bombardé l'hôpital militaire el impo é on évacuation, n'hé itcrenl pas à prendre pour objectif
de leurs coup la cathédrale, ce joyau unique
de l'art gothique, dont la plate-forme con,lituait pour eux un observatoire aênant. Dè
le 25, ils en entamèrent la de tructiou, espérant probablement par ce vandalisme rl!volLant hàter la soumi ion de a ·siégé. ; ce qui
tendrait à le faire croire, c'est que. le 2ft au
m:itin, un parlementaire c pré entait au
général (;brich et demand:iit la reddition de
la place, menaçant, si elle u"était pa accordée, de reprendre le bombardement à midi.
Cc n'étJil point de ·a parl une vaine l.iravnde,
oa.r il n'était pas encore Je retour dans se
li!rne:, que déjà la canonnade reprenait, plus
inten que jamais. et foudroyait de projectiles
l'hôtel même du géué1·al Uhricb.
Cependant les ruine et le· morts s'accumulaient à ce point que fa municipalité commençait à faiblir 1°. Le '1.7, elle demandait au
"Ouverneur fauLori,aLion d'aller implorer du
gé1firal de Werder uuc uspension momentamie dll feu, sous la condition pour die de
verser JOOOOO francs par jour de trè1·e; on
pewe quel accueil dut faire le gén1•ral Cl,rich
à une propo.ition au si exlravagantc. ll paraitrait cependant que on refu. soule"a dan
ïa population de tels enlimeuls qu ·on put
craindre un instant des émeutestt . Le fait
certain est qu'une partie ~ongea à émigrer (il
était hien t.,rd !) et sortit de la ,·illc; elle ·
fut r jetée à coup. de fu il par les Badoi ,
Alors le conseil municipal re"int à la charge
auprès du général, toujours inutilement. Le
brave Uhrich, 'il se bornait à ré·istcr pa sîvemenl aux efforts de l'ennemi, an emploier
utn ammenl ses fore mobile , dont le rôle
était limité à quelque, embu cade ou sortie.
rapprochée , opposait du moins une fermeté
rare aux inOuences déprimantes d'&gt;nt il émit
entouré, el 'entèLait noblement dan e qu'il
croyait être toul ou devoir.
vrai dire, il
a.vail de la mi ion de troupe a iégée· une
intuition trop étroite, en ce en qu'il ne leur
demandait pa autre ch.ose que la cou lance
et la ré ignatiou dont il était le premier à
donuer !"exemple; il ne se doutait pas, ou ne
paraissait pa se douter, que lapa sivüê ne
mène à rien el qu'il faut une acti"ité vigoureuse p0ur tenir tète à un assaillant décidé.
Il n'a,•ait pas uifisammenl médité l'exemple
de Todleben, arrêtant pcndanl de lonas moi
devant les remparts de éba topo! une arm..:u
formidable, bou culant chaque jour ses travaux d'approche, inquiétant sans ces e ses
a1,ant-postes, llmilant con tamment
progrès . C'est en 1'eillanl nuit et jour, eu fai ant

1. 1,., ré~imenl d,• pontonniers ,ruil 1lcsliné il
l'ormi!e tlu llhù1, màÎ if ne reçul ~ns à lcmps l'ordre
d1• roule le c:oncrmanl.
2. Haron oo C..s"r, Jo111"11al ,tu siège de ' /l'a •
liut11·g, Pa1·i•. 1871, page 14.
3. Commundë par le hrutcnant-cofoncl Rollel, clu
4i•, ble!'é à Frœ,d,willer.
,\. Commonclé pllT le ,•lier d'~seadrons de crlay, du

après I rœschn•illrr. ,1· ri0fugicr en ull,· • ' Lra&amp;bourg,
•
.
O. Baron no C.'- s. lo,. cil., page Ill.
7. Ubricli {Jean-Jacque -Ale is), u~ eu 1802 à l'hal$h(&gt;ltro, entra fi. aiut-CTT en 1818, cnmballil en Espagne en t82:i, en Al~iquc jW!l)U'en H141, Ill Je,·int,
1•11 1848, colonel du j• lèger. Gtlntirnl de brigade
ca '1832. il commtnda t:n Cri111èe la brigade de la
,nrde, lit la campagne d'Italie comme géoêral de
ù.his[u11 el pmu au ca.dn• de r~rrn t,JI f8lil.

~. L,• cot'llili1 de JHen~e étnil aiusi t0fITJJ0,ti : P ri:~ideut : général Uhrich. fembrc, : génèrnl de briR1de Mo,-enu, adjoint au gou verncur; colonel Fifre!,

2• lnuriel'!',

~. Cf liattillnn. Jai. é eo guruisou il Uogu •nau, dut,

L

rn,

,les ponloroni~rs; l'.ulonrl Sr,-ba!ier. ,lu géniu; coloud
H/ol ,lu 7•; intendant nullta,re, de /,avale/le.
tl.' Uaruo Dtr C~W!, loe. cit., IJ31{ îi!i.
to. La chaleur de, inc~ndies élllil !J graude que de.~
~ilelles en 11lomJi de projectile~ fondireol au pure i
houle!~. {Ibid., pOfCll 511.,
11. 11,id,

de· orties rréquentes, en élargissant Je plus
po,siLlc le cercle d'investb emcnt qu'une
place a des chance de la •• er la patience de
celni qui l'as iège el de l'amener peut-êlre à
renoncer à 'es projet , Quant à la bravoure
inerte qui ne dépasse point la ligue des remparts, elle est honorable, rien de plus, el ne
ufût point à empêcher, ni même à retarder
la catastrophe finale. Cette braroure, le général Ghrfoh en a ùonné le preuves les plu
éclatante ; mais il n'a malheureusement pa
su foire plus.
C pendant le général de Werder s'apercevait de l'inanité de se· procédés d'intimidation .• i nombreuses que fussent les ruine~
accumulées pendant CL'S cinq jours de bombardement sauva"e, si cruel qu'aient été le.
deuils qu'il avaient provoqués, la place ne
parais,ait pa ébranlée encore. Le énéral
alle1uand songea donc 11 combiner avec ses
procédés d'intimidation d'autres méthodes
plus lentes, mais ans. i ~ùre , et entama le
siè~e rtlgttlit.!r de la rille qu'il iùtrnil pu réùwrc par la terreur. Le 2~ août. la première
p:irallèle fut 01nerle dcranl le front d'allaqm•
primitif, (!Il arnnt de kœnig~hoffen; elle devait 'élendre en ar Je cercle, &lt;lepui le ,illage
11 droite, ju ·r1u'au canal de la Marne au Rhin,
à g;iurbe. La garnison rssa)ll de ,'opposer
a.ux lravaui de l'ennemi; 11° 7° tendit quelque· 1·111bu~codcs, fü des pri onniers, mai m•
réus:-i poiul 1t comhlrr la lr:inrhée. llè: le :i 1.
eelle-c1 élait t'Ornplètcn1e11t am tnagt~'. l't Ir,
chemiuemenL amorcés pour conduire à une
~econdc parnllNc. Le' Badois agi saicnl avec
nnc· . urprenanlu a&lt;·tivilé · peu •ènés par la
garni~on, ocrnpt-~ n parti par ailleur à ln
plu Lrish' heso•rne I il~ gagnaient snns c se
du terrain, 'approchaient ùes ouvrage av:rncés que les ballel'ie · de pasition criblaient de
projectilei;, et le. rendaient prrsque inleoaLle ·. On aurait loulu foire :aulcr les galerie
de mioo rawnnant li l'extérieur de ce ouuage.' pou;. boulevcr cr le. tr:n.mx d'approche; le génir n'en aya111 pa les moyen·, il
fallut ~c conlcnler de les noyer 1. Alor · le aénéral brich, cffrnyâ dll l'imininenco du péril,
ordonna qu'wie sortie :;eraiL faite, ·ur loul le
fro~t t·ompris enlrc le Contnde el KœnigshoOen. ,\falhcurcu cmcnt, on ne . uL point
s'asl!u.rer le hénéfirc dt• la ~urpri e, cl le 87"
clut rentrer e11 "ille, a. ·ant lais 1( au pird des
tranchée:; imiolées 1:i;"l tles • iens.
\près celle échauffourée fàcheu e, le ùomlu:irdemenL continua arec une intensité toujours croissanlP, délruisanl les mo1mmmts,
les casernes, le Lhéàtre, l'arsenal, la citadelle,
. 1. Des bl,mle 1fo pillor,16 /élnie11 l org,ni•ées en
\Ille )Jour ,okr !lall5 les rumes; le génJrnl Lhric~
dul prendre contre t-!le!i ,I~ mesures de riguèur.
'll~ro11nu CA l':, foc. c,t., page i4.)

J·

ibid ., po~ 45.

"· llnpporf &lt;Ï:1 g.xl Ullric/1 a11111i11i.~trc drl11 Gurnt.
}. R11pport du qi'11érol Ulwid1 "" 111irii.1tre de fo
G11e1•re•• -

ral

I.e, casc!rnc élnienl l;r1)léc., ùil Je géni'-

Ulmd1: la pu1e,• ,,·1111ait n

l'i,,trrieur 011r.uw

casw,a/p. el, fJOUr "abriler d'urrn mnnière fort in.-.urfi!anlc, les lroupes tlurenl c.oupea· les arbres des rem•

incendiant le faubourg de Pierre et une partie du faubour 'alional, bouleversant le~
remparts et les batterie que le ellbrts des
as iégés ne réussi saienl que Lrès imparfaitement à remettre en étal. Quant aux travaw
d'approche, ils progressaient d'autant plus
vile que le feu de la place diminuait plu rapidement. Le f 1, Werder aulori. a une députation suis e à pénélrer dans Lrasbou.rg pour
emmener celle des bouche" inutile qui voudraient la suivre; 2,500 per onnes. femmes,
enfanL~ el vieillard·, purent ain i abandonner
leur- mai'on dévastées . .A. cette date au~·i,
on commença à être défrnitiremenl fué en
ville ur l'étendue de no premiers désastre:
et sur le peu &lt;l'e poir qui rc tait de se ,,oir
secouru. La délégation ·nL e confirma la
nouvelle du désastre de Sedan. que Wcrder
avait dejà fait connnitre. D'autre part, le baron Pron, préfel du Bas-Rhin, reçut avi officiel que le gouvernement de la Défense nationale avait pounu à son rcrnplacœienl ;
avec beaucoup de noble l&gt;C el de dignité, il
déclara qu'il resterait à on po le jusqLL'à ce
que ~011 ucce seur ait pu rejoindre. ll ne rut
pa intité dan celle abnégation patriotiq11e
par la municipalité, qui crut d voir_ c retirer;
aussitôt le général Uhricb in tilua uoc commission administratiro, à la tête de lnquelle
il plaça le profe eur Kü s. de la Faculté de
médecine, nu homme tout dr prohité et de
dévouement, dont le souvenir ,·il encore au
cœur &lt;les , lrru bourgeois.
Cependant l'ennemi avançait toujour"; Il'
canon continuait ans trèYe son œuvrc dc.sLructrice. et déjà la plupart de ou.r.iges
avaocés, romplètement intena.bl , a\"menL dti
èlre th-acué . La population semblai! perdre
tout courage, et, le 19 ·eptcmhrc, la nouvelle
commission municipale ai-ail derechef demandé que l'on ce ~at une résL tance qui n •
pouvait aboutir qu'à de nouvelles ruine cl it
de nouveam: deuil . Le coru;ei\ de défèn e déclara qu'il ,•oulaiL tenir jusqu'au hont. Le
lendemain, entrait dans la place le nouveau
préfet, )f. Valentin, 1111i venait d'inaugurer
ses fonctions par un acte de grand couraf!e i
parvenu ous un déguisement jusqu'à Wi sembourg, en lra1·er~ant le grand-ducl1é de
Bade, il ava.il, sous le feu do l'cunemi, franchi
à la nage le fo · é do reinpart Pt pC!nélré en
ville par un bastion à demi ruiné. li arrivait
pour a· i ter au dénouemeol du dramè, dont
l'écbéanc n'étajt pins maintenant (fll'une
allairc de jours.
füpui · plus de vingt-quatre heure~, une
br':che existait en effet nu corps de ln pince, au
parts.. 'en faire ,le· hlindag,•s wu lc..&lt;quel elles cherd11ûe,1t uo refo_gc fort inètlica.:.:. ) - t Lorsque le
gënéral de Wcrdcr, ,·omme11dan1 l'année assirgl'anle,
me ,il y1'.1)ir avec la ~arnison. l'ranÇ11ise, il mil pied il
terre nrn,i que on Plal-m3JOr, t, a,·cc une courl?~-Îe •JUÎ ,:ie 'élnil p3.!i dèment,ic poo,tnul le ~Our,; du
Sie~. _11 1·mL au-deva.nl de moi, m'embra a en voulant bien 1·cconuailre que lo dëf•u11e n 'arail pn N ·,
~an, gloire. Le géu.!r;I tle IYerder s'opp11!11 à ce que
,non élJll,m•jor el moi, ainsi tJue les officier san •
l.rouptl, défiliuns ,ie,·illlt lui. o lbid. )

S1"EGE DE 811(A'SBOUJ(G -

nord do la porte de Saverne ; la troi ·ième pàrallèle était entamée, el d'elle partaient des
travaux de ape qui mordaient déjà snr 1•
chemin com·ert. L'ennemi aurait voulu s'épargner le· difflr.ulté d'un a aut, et pou.r hâler
une reddition dontfé1·enlualité e faisait plus
pressante d'heure en heure, le grand-duc de
Bade avait, dàns une lettre d'aillcw' forl
courtoise. fait appel aux entiments d'humanité du gén 'ral brich. Jfai celui-ci, de son
ccité, Yenait de répondr a,·ec beaucoup de
dignité que le de"oir devait primer ch1'1, lui
tont autre sentiment, cl, de,·ant celle fin d11
non-recevoir, Werder avait ordouné de rendre la brèche praticable t•I Je pr •:parer le
pas,,agc du fo é. Des tonneaux à bière, ré
qni itionné dans 1• · lira ~erie, des environ. ,
llervirent ù con truire des ponts ,·olant.. qui,
en dépit de. efforts des rares défcn l'urs
resté sur le rempart, furent lancé, le 27.
L'a. aut étaiL donc immiueul, et la garni on
avait ù'aut.ant moi11 de chance ' de le repou erqu' li· :tait épLli ée, fort réduite, et nwnacée d'être prise à revers par une autre brèche
praticable existant dans le flanc d•un ba ·Lion
voi in. En pr cnce d'une situation pareille, le
gén~l l!hrièh el ~on con cil de défense ne
crurent pas pouvoir prolon,.er une ré i tanct•
à ce point dé espérée. n Il voulaient épargner à lrasbourg, qui amit déjà tant sourfcrt, lt: · horreurs d'une ville qui eût été prise
d"assaul à coup s1k el peut-être eût été pillée
eL saccagée•. n Le drapeau parlementaire fol
donc hi~sé, el la lc•llre ui\·ante écrite au
"énérnl de Werdcr:
Stroshourir, le '!.7 Sl'pkmhre IR10.

ftlo11)!ie11 r le lie11tena1tl rJé11ét•&lt;tf,
la tésistanœ rie t·rasbow·g ei;/ a,·,1

,1

l'ivée à so11 Lenne. J'cti l'honnem· ile 1·e111etLl'e à volte disc1·élion la 1•itle , la cit(Ule/lr
et la garni otL.
« Je demandercu pow· ln, l'ifle, xi c,·iœllcmenl e1wo111•ée déjà, fe l1'aitenient le plus
,Jou.r possible el la con~t'rvatio11 de seii pro1n·ie"tés parliculiëres; pour fos lwbitanls,
la vie et le.~ biem sauf~. la liberté de s'eloi911er, pour la gar11iso11, rien que le lraileme11/ que vo11:1 jugerez dù à du .~o/rfots q11i
011/ /ait leu,· deroir.
a. Je l'ecommande ù votre lmJ11a11ilé les
b{e1&lt;.~és el les m.nladcs qui 011 f 11cturllcmen t
da•1s le.~ bôpila11x el ambulnnres ... , ~le. »
Le ·iè~e de 'trasbourg a\'ail duré ciuquan!e jours, dont lreute-nl'uf dt&gt; hombnrdement inœssanL La garnison compL1il
2,500 homme hors &lt;le èOmhat, la population avait perdu
bahitants 1 . C'e l donc
1à un défen,e houoraLle, à laquelle on ne
aurait reprocher que sa pas i1•ité tactique, el
ans i, malbeurerrsement, l'oubli regrettable
par lequel le commandant supérieur n perrui:.
aux .Ulemands de 'emparer d'un nomhreu\
matériel qu'il leur a laissé intact.

rno

LlEUTE~A. 'T-COLONEL

..,. 165 ...

ROUSSET.

�""--------------------------

Correspondances amoureuses

L'amour en ménage.
L"amour-passion, elon 'te.ndhal, est tourmenté el précaire. c·e. L l'amour à l'état de
cri 'e ,'iolenle, qui ne peul se maiatt:nir à ce
parox me, qui e L destiné 11 quelque tragéJic. Il doit finir par la ruorl ou par une catastrophe. Qo.and il meurt de lui-même,
comme une terrible maladie dont on ne
croyait pas guérir, ce dénoucroenl csi plus
tri-Le encore, par tout cc qui 'y mèlc d'ironie.
A côtê de cet amour do ûène,esl un autr,
.imour dont les roman et la littérature ont
peu d'occasions de s'occuper. Il n"est ni agité
ni inqu.iel.i il n'a pa l'excitant des oh tacles
à vaincre, de ri1aux à écarter, des dangers à
courir. Aucun appareil romane que ne l'entoure. Aucune poésie, aucune imagination ne
l'emhelli sent. Calme, Jurable el sacramentel.
il se tran·forme peu à peu a1·cc l'âge, et
trouve mèm.e un charme dans celle Iran for-

mation naturelle. Mon Di~u oui! c' 1 t l'amour
oonjuaal. Je n'cn.is pa le nommer. Loin de
se las er. il s'augmente de la vie pa sée en.
. emble, des imperfeclions et de défauts qu'on
a surpris, parce que ce ont des créatures
humaine qui aiment, el non pa ce· sortes
Je fous qui voient tout de travers el qu'on
appelle des amants. Parfoi il retrouve tou
les élans de la passion et se réjouit de celle
jeunesse réapparue; le plus souvent il est fait
d'amitié et de Lendresse. Il est fidèle et sûr,
el 01: redoute rien du Lemps, ·i mortel aux
autres amour·.
L'eqire sion de cel amour peul être charmante. J'en appclle à tous teux. qui onl relrOU\'é, dans le tiroir· de vieilles commode
familiales, de lettres de grand'mères rangées
a\'cc oin par leurs maris, el qu'il n ·a,·aienL
pu ·e décider à ilétruire. Rien de ces enthousiasme ou de ces exubérance , qui fonL sourire cem qui ne les éprourent pas et les
de1·inenl passager , ne le. vienl troubler :
elles sont cordillles et affectueuses, même
pas ion née· de tendre e i et à ces doux: témoignages se mèlent toutes s~rtes de p lils délails
sur la ,-ie de tous les JOur el J étal de la
mai on. Ile t touch:m.t d'y constater ceL empiétement de l'existence quotidi1:nne qui veille
sur no rêves pour les ratlacher à la terre.
)fais ces lettres-là, on ne les · publie pas.
Elles parait.raient froide à ceu.."C qui cherchen l
les émotions des li,•res plutôL que celles de la
vie. Et puis le foJer a .un caracLère d'intimité
«tui inspire une juste craint~ de la publicité.
J'ai cepèndan~ sous les ye_u, une _corresponpance qui peut nous servir de modèle, celle

7

.

1

.k

de ~Jme de a.bran 1:t d~ li. de Bourfier 1 :
elle est conjugale par anticipation. Le den.1.
épistoliers ne sonL pa, mari et femme, mais
ils e sonl promis de l'Atre. Des rai ons toute
matérielle los onl seule~ rclenw. Leur cœurs
se ont donné ans esprit de retour : n'est-cc
pas le consentement sacré des parties qui st
l'e ~ence du rua ri age? li arnnl cp1 'ils 'épouseront dès qu'ils le pourronl. Des époux il·
ont la conllancc el te ton simple qui répudie
Lout art Je ·e faire valoir si habituel à qui
veut éduire. En fme de 'abran je oulignerai encore le caractère des vraie li't-ançaises.
Elles font le meilleures épouse 1ru11atl elle~
le l'culcnl bien, elle qu.i, à leur profonde
lenJresse mêlent de l'enjouement et un
charme intelligent, rptl sont soumises arec
joie à leur maris, et qui manifestent devant
la ,-ie et le do,n,.,ers celle peur très féminine
qui e t flatteu c, puisqu 'ell~ donne à l'homme
une occasion de protéger.
Sur la toile de ,rme Vigée-Lebrun, lime de
,ahrQn montre une gràce exquise, nonchalante et chilfonnée, souple et lasse à la fois.
dan l'attitude et sur le vi nge. Elle e la -ise,
le bra droiL appuyé sur un cous in, la partie
droite du corp· un peu ellàcée. Comme elle a
bien l'air d'une amoureuse, avec ses grand
yeux noirs tout alangui ·, ce ourire lemJ.n: de
sa bouche relevée aux angles. et celle auréole
de cheveux blonds et bouclé qui la font
re semhlru- vaguement à l'un de ces jolis
épagneuls souple et l'rôleur _, avides de caresses l
Elle avail eu une enfance allristéc et orpht.'line, qui la condui it à accorder sa main à
M. de Sabran. Celui-ci comptaü bien cinquante ans de plus qu'elle, mais, toute petite,
elle s'était habituée à èlre gùléc pur lui. La
morL rompit bientôt ce mariage sans amour :
elle resta veuve avec dclll enfants, Elzéar et
Delphine. Elle avail vingt-sept an quand elle
rencontra 13oufUers et l'aima. TilnL de désirs
de tendres e s'él:l\ient amas é en ce ~ur
très tendre! Elle mena.il une exi,lcnce paiiblc, occupée de peinture, de musique, de
poésie, et encore plus de ses enfants, voyant
le monde an l.ieauooup s'y plaire l'biver à
Pari , dans son conforlahle bdtd de la rue
aint-Uonoré, l'été au château d'Ani près
de Laon. L'aveu de s011 amour lui échappa
malgré clic. Elle allendait à Anisy le chevalier dont les aITaires n'avançaient guhe auprès
d'elle; un orage terrible retarda d'un jour J"arri1·ée de on visiteur : inquiète, elle lui avait
écrit, et sa leure laissni t devine1· son ecret.
1. CruTespo11da11ce de la coml1Msa dt llbra11 t&gt;I
d1, c!Jevalict· tle Dou(/lel'l(l71S-l18 )· - l'ion, ,1~,t.

Boufflers al"aif dix ou douze ans de plu.
1111e son amie. S11 jeunes ·e connul de oragl's
nu~si violent CJUC celui auquel il dnt le bonheur. Il quiLta le hniuair1• de ninr- 'nlpirc
pour des chanson do beaucoup d'es;prit, mai
gaillardes et impie~, et troqua le petit colle!
pour la croix de chevalier de Malle qui lui
vnlail un l.iénéfice Je quarante mille linrs lie
rente. On ait r1u · ce5 croix ne redo11Lairr1l
rien Lant que le églises, car les chevalier de
Malte perdaient leur bénéfices en e m:irianl,
ruai non point en courant l'arnnture. Bourllers fit mille folies el le para d'agrément.
C'était le caprice cl l'incon tance en peronnc.
Il e di ait impo~ iblc 11 fixer, mème rn
peinture. Mme de aLran opéra cc prodigr.
el il eu fut le premier . urpri . Sa conquèlf',
si laborieuse, le conquit lui-même pour 1~
vie. Plu lard rencontrant des obstal'les dnn
s:i carrière, il écrira avec Lonne humeur à a
maitresse : 11 ' i le difficulté , m·amicnt
rebuté, tu ne serais pa à moi. »
Remarqu11z qu'il étaient libre Lous k-.
deu:,; lorsqu'il s"aimèrenL i'iéamnoin , il~
a.llen&lt;lirent vingt ans pour légitimer leurs
amours, de 1777 à 1797. L'êlcrnelle ,1uestion
d'araenL les éparail. l\Ime de ahran avail
nne large aisance, mai Boufllers, le jour de
ses noces, perdait le quarante mille linc ·
dn bénéfice, et c'était tout son avoir. Or, il
ne voulait pas vivre aux dépen de ·a fernruC'.
« Si j'étais jeune, lui écrivait-il, si j'étai
riche, il y a longtemps que nou porterîous
le même nom; mais il n'1 a qu·un peud'honneu.r et de considération c1ui pui se faire
oublier man âge et ma p:nmcté : ma gloire.
.i j '1m acq uier ,jamai , sera ma dot el t.l
parure. u Cel aneicn Jèlard est Wl homme
d'h.onncur. lfalgré les plai irs, il a gardé w1c
time délicate et vigourimse. Et, chose plu
rare, il l'ait ce qu'il &lt;lit. Il fuit un mariage
dont il ne se trouve pa digne eacore, el,
malgré les larme de sa maitres e, il sollicite
le poste périlleux de goul'erneur du Sénégal.
En ce temp -là on admcuait qu'un mèmc
individu pùl a1•oir en pariage de qualités
di,·cr ·es, et r1u'un homme d'e prit fùt gou1·erneur d'une colonie. li y a quelquefois de
singulières re~sourccs chez les gens do plaisir.
Ils dépen enl mal un fonds d'énergie et d 'ardeur. En voici un qui a pa.sé Loule 'a jeunesse à jouer, souper et Jaire la fète. Toul
d'un coup il rérèlo de remarquables dons
d'aelil'ilé el dïnilialhe : il remue toules
choses dan· son gouvernement el ·ccouc al"C(;
honhem le bureaux dêjà. doués de la l'orrc
d'inertie. 'ou humeur seule 11e change pas.
lloulevardier qui se fait colon, il garde sa

•aicté el son entrain. sa conliancc dans le
ha,ard el so11 espril d'nvenlure. Tandis que
sa ,·aillance l'enlraine à mille lieue du bonheur, il ouril encore, el, ur le bateau 11ui
remporte, il écrit à a douce amie : ~ .le
l'aime plus 11u'on n'a jamais aimé ur !erre
ni sur mer. &gt;&gt;
Il passe trois ans au énégal, et, quand il
revient. la RMvolution éclate, ajournant on
projet de rnaril1ge. Il faiL émigrer lme de abran cl ~iègc,
comme dépul~. à l'As emblée
consliluaule. A l'expiration de
son mandat, - qui en ce terup
était fort dangereux, - il rejoint on amie. Le roi de Prusse
lui oltre une concc. sion de terre
à coloniser près de la Pologne.
C'était presque ans ·i loin que
le ~énécral. Il y ,·a aYeC Mme
de Sabran qu'il épou a enfin h
Breslau. Ils preuaienl le même
nom : depui1- vingt ans ils
avaient le mème cœur. L'automne de beaux homme est
beau, dit .Euripide; celui de
:imanls qui s'aiment toujnur ·,
mèmc en exil et parmi le brumes du Nord, est d'une grani
cl douce bC'auté. En J 00,
M. eL ~me de Boumer· revirent
fa France; Paris 11u'ils avaient
orné, l'un de on espril, el
l'aulr&gt;de a grâce, les retrouva
en ohcYeux blancs, mai si ain1al)les qu'on pouvait les croirr

Co·,r~ESPONDANCES A.MOUl{EUSES - -

·ua,enl il e~l si tri 'le Ill si découragé qu'on
e t emu. CependanL clic saiL que les homme ·
e la senl vite, urtout le ien; elle craint
d'Jtre insipi&lt;lc el fatigante en lui di ant trop
qu ·eue l'aime, &lt;'t ·'ingénie à lui raconter des
anecdote· intér&lt;nautes. Mai à la lin elle se
lai.se toujonrs aller à l'amour : c'est une
a\·alnnchc &lt;le mon cœur, mon épour, mon
111,iveril, lll?1l âme qui termine es lettres.

esl peu accoulurué à vaincre. o .Ne rcce1;a11l
pa Je réponse à .es lettre , elle donne un
tour airuaLle à ·on chagrin : clic compare ~a
corrc ponilance avec BouCllérs à relie de la
maréchale de 'oaillcs avec la ~ainle Viergi';
encore l:i maréchale arait-elle plllli om•l;'nL
des n:pon e' : quand ~[. Je ~oailh-' était de
bonne humeur, il le lni l'ai ait.
I.e monde ne la. distrait guère &lt;le R:i pcin&lt;'.
Le dclll plus grand remèdes
pour guérir d'aimer, le lcmp~
el l'al&gt;scnce, ne pemenl rien
sur son cœur. l,;n jour q1ùlle
se prom(lne à l'alibaic de BelleEl pérancc oi1 il y u ,le gro~
moines, elle découne une fontaine d'ouhli : (t )falheureu,ement, - diL-elle, - elle 11c

coule plus, car i;'iLait fait d,·
' mou amour pour Loi . ~ Elle
jalou e toutes celle· 1iui ·al"cnl
oublier el no • ou /Trent pa · : à
13 comédie, dl • e lrnu, 1: nu
~oir n eàté d'une uncieonc maitre e de Iloufllcr 11.ai folàlrc
et s'amuse arec deux otlkicrs;
elle 'étounc que celle-,·i, c&lt; t[Ui
a connu ce pamrc .\fricain 1),
pui . e en aimer d'au Ire , elle
envie on boubctU·, tille qui ùépcn e a vie à .o Ù~'e péror et
'tul pourlant aime loujour · damnlage. Et c'est e ~ai d rnir
par quelle Yariété d'émolion:,
elle sait éviter à ·on ammt les
jérémiades. Pourlanl sa jeuuesse s'en va: elle suppliu i'Jl1poudré .
'e111 d revenir, afin qu'ils conSans Mme de Sabran, Uon[nai~senl enoore 11uelques ueanx
lltir aurait lini ans doute eu
jours, avant J'ètrc touclté:vieux marcheur. Elle mit de
par 1':ige. La sloire. la for
l'ordre el de la dignité dans
tune, l'honneur, oh! mon Dieu.
celle l"ie déréglée. Elle ne lui
&lt;1u'e L-ce 'lue Lout cela aupri•
donna pas de l'énergie; il
de la jeune se el de l'amour,
en avait plus qu'elle. Mais
senle beauté de la terre, el 1pie
dle lui -pcrmiL de d 'plo5·er la
te 13onmcrs e I dime fou d,·
icone, un peu rouillée pa1•
tourner le dos au l,onheur !
le manque d'usage. Il vil la
Mai ce reproche 4u'clle lui
cendre de on pas ù, el se
faiL se fondcnl Lieu vite dan ·
re.f11 une ,·ie pour l'amour d'efü.
!'attendri sementet le · larmes:
Le grands viveurs nou rérllu respecte 1a déci~io11 de son
servent de C'S surprises. L"aamanl, die en conçuil mèmc
rncrlumc qui monte Je ,oC,11.-St,.RŒ l.)l SOIR,
de l'admirai ion pour lui; s~11l11luplé:,: morte~ eL Je tenace désir
ment elltl esl femme, la grnndc
de l'amo11r 'iocère en soul les
Gr.11•1,re .fe ÎEY ·oN~ILRES, r!apres le de3Sill ,il: ,\l,11JRl\.;E Lt:LO!R.
qu~lion pour elle t 'esl l'amour,
instrumenl ·.
cl clic ne comprend pas très
Je voudrais Jeuillcler avec
!loin leur lettre '. je me contenterai de tomner Et. de son cùlé il en fait aulanl. C'e L ~uÏl.i Lieu qu'on s'occupe d'au lre chose dans la ne.
Elle n'e t pas du tout de son temp· léger
les pages en m'arrêtant parfois. Pendant les s'aiment bieo.
deux voyages de Donfllers au énëgal, Mme de
J'ai dil qu'elle était ·piriluellc. Elle conle par sa profonde scnsibililé. Ain,î elle ::.'cx'abran écrit tous le jour à son amant, que arec cette fines e particulière aux femmes, ta ie devant la nature, ol 'isole de la $Ociété
déjà elle appelle son mari, cl celui-ci fait de d'autant plus charmante qu'elle esl sans aree une facilité surprwanle: deux singulamême. C'est le journal de leur vie de Len- apprèt. Se récils de cour, - l'aveulure du ri lé au '-1111· siècle. ,\ de· l'l~tes de nui I elle
dresse. Malgré quelques histoires de ménage, et collier de la reine, de )1rne de la Molle, etc., est toute impressionm!e par le mystère réqudques red.ites, el fo per'Ï!&gt;Lance de mèmes - oot ex.cellen~. BoulTicrs devait fo trou.ver p:rnd u dan · l'espace avec le cfa rlé · Je la
plaintes pour celle même cause : la sépara- liiiarre~ au Séné,~al : l'éloigntm1cnl enlèl'C lune et des étoiles, el ver l'ab cnL vant es
tion, la comtesse de almm écrit bien, avec tan.L d'intêrèt aui petites chose . Du m:1réch.il pen.sées, élarrrie" par le recueillement el
cc mélange de sentiment cl d'esprit t(U 'on ne de oubi e, le vaincu de Rocroy, aux pri es l'exaltation que nous nrsc la beauté de·
rencontre gu~re que chez les écrhairu de a1'CC la morl, elle écril plaisamment: t&lt; li n'y cbo es.
France. ans doute le sentiment domine; cl a pa · d'apparcnc&lt;· qu'il ail le de us, car il
Ln tienliment uercc a peine, cl c"i:!bt l:.i

�1f1STONJA
coufi:inœ. Elle ne l't:ut pa · toujour : au début elle avait peur, la réputation de BoufOe.rs
étant de nature à inqui~ter une C mmc. Peu
à peu elle 'est tranquillisée. Maintenant oJle
croit eu son amant, elle croirait en lui.
même s'il n'était pas au énégal, dont le séjour est toutefoI ra uranL. La certitude
d'être aimée la soutient. Un oir, elle invite à
ouper M.mc de Boi gelin, la œur de Boufflers, avec laquelle elle ne sympathise pa .
Un ,•aisseau est arrivé de la colonie; elle n'a
pas reçu de lettre et tremlile quïl en so.iL
panenu à Mme de lloulTelîa. Jn tement on
le apporte ù celle-ci pendant le ·ouper. La
pnurre maître ·e c t bien jalou c; elle a emie
de pleurer et pourtant elle fait bonne conte,
nancc, à ca11se du monde. Quand ses inrités
unt parti·, elle a une crise de dés poir. So11
ami l'a-t-il oul,lié 011 l'aime-t-il moin que
sa sœrrr '? Pui elle pense qu'il ne peut pas ne
p.'.I l'aimer, elle ras emùle Lou le témoignages qu'elle reçut de ·a tendre. e, et elle
goûte une sorte de béatitude, telle qne l'llmonr divin la peul enlir. Elle $'èndorL enfin,
rêve de lui. et le lendemain reçoit es lettres.
C'est faire un grand éloge du journal de
Bouffiers de dire qu'il n'est pas iniërieur il
celui de sa femme. Lui esl de la race de
Henri 1\1 pour l'e prit el la vaillance mai
on cœur ·'c t altendri. Quand la négt'esse
qui le soigne le mit di trait elle hù dit: « Tu
pen e loin. » Cependant il e t homme d'action: il aime la vie, urtoul si elle esL dangereuse. a dëcision d partir a atisfah snll
honneur, mais aussi son goùt d'av otures
![me de ahran ne partageait point du
LOul ce goùt d'aventure . « Au fond, je suis
une bonne femme, u - dit-elle, - et c'est
\Tai. Elle e t le type de la compagne 4ui aime
la ,•ie paisibl el régulière, mais qui par
amour !!St capable de l'exi lt'nc:e. la plu
agitée. C'e ·t une t·ande épreuve que le ciel
lui oclro)'a CJ.l lui fai a.nt aimer son amant
\'O)'ageur. Le bonheur ciu'elle rè\-ait \tait -Ï
impie. Elle en a vu l'ima, e il Pouilly: une
bonne mère de faruille entourée de huil enfants qu'elle a nourri , tous g:ro·, gra cl
frais à. plaisir, 1Ù1)ant a[foire qu'à pen er à
eux et à on mari qui ne la 'JUÎlle jamais,
el coulant c jour am crainte de imporLun el ùes mai,/res~es.
Voici donc un liomme el une femme, c:barmaals tous dem:, mai,;, - il faut bien le
retenir, - d'c pl'it positif et pratique, ans
l'ombre de mystici me daus la lète, nullement idéaliste; - tlui nou donnent une
hrranùe leçon de tendres e. l,e rêve de l'éternité dan· l'amour, ce rève de e donni:r touL
entiers et pour toujours, qui cnfüme le
amants. au nom de qui tant de p;irole · pa sionoées el \·aines ~ont pro11ouc' dan le
monde, ils 1~ réalis.enl san éclat,
phra e , aYi:c de douoos larmes et de ourires. Elle lui écrit de France : ~ Mon entant,
i lu pen ·es eomm moi, Lu m'aimera toujours, indépendamment des attraits de celle
belle jeunesse. fl a quelque chose au ciel.

f'taton. le P,wiicr .llciliù,de.

2. ainle Uru, e. foluplé.

daru de oi qui vaut mieux encore, et qui
peut nou. faire goùler ju.qu'à cenl :rn el
_plu le bonheur d'aimer et d'êlre aimé; l'âme
ne vieillit point et j'ai Jan&lt;&gt; la mienne un
foyer d'amour pour l'éternité. 1&gt; El ur la
terre d'Afrique il lui écrit: o Aimons la ,•ic
et ne craignons pns la mort, car les àmc. ne
meurent point et ·'aiment toujours. &gt;&gt;
li s'aiment non point dans fo ~eauté qui
est passagère, mai pour ]eur âme immortelle. Platon, notre vieux maitre, nous a
e pliqué, il y a des siècles, que celui qui
aime la ·1,mle beo.ulé du corp u'aime point
véritablement: il aime uoe chose qui appartient à l'aimée, cl non point l'aimée rllemême, et c'est pourquoi il e retire quand ln
jeune ·se se fl~LriL. ocrale dît à Alcibi:ide :
t&lt; La beauté de ce qui est à Loi commence à
passer, au lieu que la tienne ne commence
qu'à llt&gt;nrir '. "
Cooli1mer d'aimer après l:i .1eune;-~e. c·e t
montrer qu'on a 11i1né ce qu'il y a de plus durable daŒ l'ohjet d'amour, el peul-être dïmpfri able.

otre cœur.
lline de 11hran rè\ail pour sa fille Delphine d'une vie sans ora~cs qn'el le-mème
n'avait point connue. « .le désire pour on
bonheur, - écrirnit-ellc à Doufilers, qu'elle n'aime jamai autant que je t'ai aimé
et que je t'aime. 11 fais avec ses :yeux noir
el sa belle chevelnre lilonde, elle avait lérué
à sa fille toute sa faiblesse de cœ.ur. De,·enue Mme de Cu tine, Delphine de Sabran Yit
mourir on jeune mari s.ur l'échafaud, et plus
tard elle aima Chateaubriand. on cœur fut
deux foi' brisé par la vie el l'amour : comme
elle se remettait lentement de :son premier
d~uil, elle se livra à la p:ts ion de oot amant
dont la la itnùe était aussi grande que le
désir. Ainsi sa ùestinée fut plus douloureuse
que celle de sa mère. Elle étail plu belle
encore : il faudraîl les rythmiques paroles de
Chateaubriand pour c~lébrer la splendeur de
es lourd- cheveux blond doré qni lui cou'iraicnt les épnules, el la 0 d.ce de sa petite
Louche amoumu e.
Par elle nou pénéLrons Jan une ociété
nou,•elle qui garde le charme du xvrne sièc.l,i
el
ajoute nne mélancolie venue de tant de
ruines. La Ré11olution nous donne comme en
raccourci de tableaux 1·éhémen ts d'humanité
"énérale. Les hommes connais ent l'incertiLud • du lendemain qu'ils tendeoL à oublier
dao, les temps ordinairec. Leur actes en revèlent plw; de hùle pin d'énergie et plus de
vérilé. L'amour wisine avec la mort. On
aime ju que dans les pri on , el chacun dé~
·ire emplo ·cr dès ce oir « la Œràce passagère de la vie 2 • » Car demain peut faner
cette gràce. Le danger exalte la tendre c :
l'amante qui frpute une tête chère au bourreau risque la sienne. Parfoi c'est la mai5. Edmond et Jules do Goncourt, llistoin: tle la
sot'Ît'lé (rf111çaù~ son la /1trol11/Î011.

tresse qui se charge de prévenir son amant
de la condamnation. On lit de ces lettres héroïques : « Ion ami, préparez-vous à la mort.
Vous ête condamné, el demain ... . Je m'arrache l'âme. Mais vous savez ce que je ,•ou ·
ni promi 3 • i&gt;
Cette époque de tourmente hû e des traces
dans l'expression de l'amour. lfüe donne à la
société t1r\•inmlc de l'ancien régime une parure de grâces sérieuse el douloureu es dont
les PauLine de Beaumont el les Helpbine de
Custine ont tout emLellie . A la ociété nournlle elle commnniqu une énurgie de vivre,
une ardeur d11 désir, une violence de sentiments que l'épopée impériale exalte encore.
El la géuéralion roruanlique, conçue en présence ùe la mort, manifeste dan la frénésie
de son lyrisme cette même puissance de pa sîon : il lui manque, pour la molhcr, les circon 1ances de trouble et de dangers ....
Le entimenls humains sool toujours les
mêmec. 'cules leur expres ·ion et leur qualilé changent. Pour retromer dan, l'exprc~sion et la qualité de l'amour noire temps
confus, inquiet et énerv~. je cherche, à traver l'amas des mémoires et des lettres, de
âmes de femmes très diiftlrcntes. qui pui sent
en alle ter la diverBité el le manque d'équilibre . La anté de notre ètre est dans l'harmonie de nos deux natnres pby ique el mo~
ra.le. C'est celle harmonie qui semble brisée.
Le deux coursiers de notre attelage, pour
employer l'image de Platon, - l'amour de
cho es clu ciel el l'amour de choses de la
terre, - l'emportent tour à tou r el, au lieu
d'une lignt' droite, nou parcourons une li!rne
bri ·ée qui tantôt nou rapproche de la &lt;i région upérieure des essences », et tantôt nou
entraîne dans le précipices. 1"olre époque
fréuétique parait fancée à toute vite e sur
d'interminable 111011la9nes 1·usses. Je n'emprunterai à notre temps que deux exemple ,
forL dissemblables mai pareillement exces-

HlSTO RIA

~ifs.
Le Rée il d'une ~œur i nous offre nne très
belle expres ion de l'amour dnns le mariage.
chrétien. Il faut avoir déo-ager ce livre de a
liède atmosphère fémiuirne, de l'émotion
facile el ûlanJ.reu e qui l'enc:omhre · ain~i
élagué, il demeure exalté d'une tendresse
my·lique et humaine eusmnble, pudique dans
on exultation nu lieu de la voi.:iférer comme
font les auteurs mystiques espagnol·, fort
comme ces vins anciens et dnlieat dont IR
douceur dis imole le degré d'alcool. L'âme de
li me Alexandrine de la Ferronna1 s en fai l
l'unité. a vie e t toute simple. Elle aima on
mari, qui mourul dans ses bras ~prè deux
au.s de mariage, el dès lors elle vécut ea fai·ant le bien et répandant la paix autour
d'elle.
Albert de la Ferronnay · et Alexandrine
d'A.lopeus se fiancèrenl en ILalie. Pour bien
comprendre l'état de leur cœurs, imaginez
une de ces tièdes soirées de printemp contemplée d'une terra·se italienne sur le golfe
4. L~ Récit d'u11e œu1·, pa,· Mme Cra1en, née de
l,a Ferronays. 2 vol.

Cll&lt; M Oi modo n

PHILIS DE LA TOUR-D -PIN DE LA CHARCE
Tableau de L EGIUI . Mu. ée d.i Versailles .)

�,

_____________________________

de Naples : le Vésuve s'aperçoit dans la brume
palpitante el violette du crépuscule, el la mer
est fleurie de pâles lumières; toute la beauté,
toute la caresse de l'espace, entrrnt par les
yeux dans l'àme, se fondent en elle, lui donnent celle plénitude de vie qu'on croit à peine
pouvoir supporter. Les deux jeunes gens sont
IJrès l'un de l'autre; elle a cette grâce délit-ale,' si douce à regarder; lui a sur son ,isage
ce charme trop fragile de ceux à qui la mort
convient en pleine jeunesse, tant il semble
impossible qu'ils laissent d'em; une image
qui ne soit pas tonie jeune. fü s'aiment, et
leur amour s'élhe jusqu'au cicl, où paraissent les premières é1oiles, car leur amour
est tout imprégné d'une pensée divine. Ce
sont de singuliers amants : il faut un effort
pour les suiue, mais cet effort mérite d'être
fait. Souvenons-nous qu'il:: sont très purs
tous les deux, et que dans l'adolescence la
beauté cl l'amour produisent une excilatioo
mystique d'une intensité que plus tard nous
ne retro1J\'ons dans aucune passion: rien n'a
ralenti ni usé encore notre désir et ne l'a fait
douter d'aspirer à une joie infinie. SoU\·euonsnous encore qu'ils sont religieux et ennohlissent de leur piété leur amour.
.
l'n soir de bal, il lui demande une bague
1111'elle avait au doigt et qui portait cette devise incrustée : G'l's/ pou,· la 1•ie. - &lt;&lt; Oh!
- dit-elle, - c'est trop court, la vie, n et, en souriant, ellt· refuse de lui donm·r ce
bijou.
Plus tard elle se rappellera cei,; paroles :
plus tard, quand Albert sera mort, et qu'elle
sentira en elle son amour tonjours Frémissant,
amour immortel qui a aitlc la foi à croirr à
l'immortalité n. Peu à peu, agrandie par la
tendre.~sc, épurée par la souffrance, son àme
s'élèvera jusqu'à cette sérénité qui permet de
considérer de si haut les malheurs humains
r1u'on y découne une occasion de louer llieu.
1,,,s années ont passé. EHe revient du cimelièrll où son Albert est enseveli. Sa sœur Paulirtc l'accompagne. Le soir tombant dore les
branchus des arbres. Elle est jo)OU~e. Pauline
admire sa résignation, et em'ie ~on amour de
Dieu. Ellé lui dit : - a Comment veux-tu
que j'aie à cela du mérite, même celui de la
foi, quand je pense au miracle qu'il a fait
dans mon àme, quand je sens qu'après avoir
tant aimé et désiré le bonheur de la terre,
l'a,·oir eu, l'avoir perdu, et avoir 11111 au comhle
du désespoir, j'ai aujourd'hui l' àme si transformée el si remplie de bonheur, que tout
,·elaquej'ai connu et imaginé n'est rien, rien
du tout en comparaison?... » Pauline esl
surprist' de I' eot.endre parler ainsi : &lt;• Mais si
un remettait là, _Ùel'ant toi, la vie telle que lu
l'anis rihée aYec Albert, t•l qu'on te la promit pour de longues années'? ,, Elle répond
~aus hésiter: , Je ne la reprendrais pas 11.
Ceux à 11ui l'émotion religieuse csl rermée
ne comprendront pas cell•! parole ou la d1.I..
clarerool inhumaine el contre nature. Les
passions de l'humanité sont plus vuriees qu'ils
ue l'imaginent. Il faut croird 11uo la foi et la
charité sont une source sacrée de délices in1. C.cttrn d'Aimlr DucUc (Calmllllo-Lé,y, é,ul. .

C01QtESPONDA1YCES .JIMOU1(EUSES -

comparables. Des àmes de femmes, brisées
par la vie et l'amour humain, y ont trouvé la
pai1 et la joie, et nous l'asi.-nrent....
.\vec .\imée l)csclce nous nous retrouvons
sur terre. Ses lellres à « Faofan o1 - qni
était 110 capitaine de cuirassiers -- nous linenl une femme de noire temps. Oh! bien
de notre temps, par ses attrails el ses dégoûts
i.;uccessifs de la chair, ses ,lésirs ardenls vers
le bien et ses faibksses subites d'énergie, son
détraquement maladif et aussi sa sincérité.
Petite actrice, elle avait traîné une jeunesse désenchantée parmi la vanité des cabotin~ et les liaisons de hasard. Comme elle
approche de ]a trentaine, Alexandre Dumas
l'entend à Bruxelles et la fait engager au
Gymnase : il pressentait sa deslin11e glorieuse.
Elle est alors 11 une de ces femmes dont toutes
les Femmes disent qu'elle est laide el à coté
de laquelle toutes les jolies femmes semblent
insignifiantes et pa~senl inaperçues 1 • » Elle
alimente en elle le grand désir d'une tendresse que son passé désillusionnauL n'a point
connue: cependant elle a peur de l'amour,
et voudrait « distribuer en miettes ce tout
immense qu'elle ne peut pas donner à un
seul Il. Aussi elle fe laisse bientôt prendre à
la passion de Fanfon : c'est un homme lo)'al,
franc et sain auprb de qui elle se sent toule
réchaufl'ée. Leur liaison dura jus1[u'à la mort
de l'actrice. Ce qu'elle [ut, on l'imagine :
très ballottée, tri's séparée, profonde el douloureuse.
Tandis qu'elle incarne. avec un succès
qu'o11 n'a pas oublié, la petile àmc parisienne
de Fro11/i·o11, ou la passionnée Pri11ces~e
George~, tandis qu'elle hrClle, en vh·ant ses
rôles, la frèle flamme de sa propre vie, el se
relèl-e de ~s chute~ anciennes par la passion
de l'art et son fidi:le amour, eJle connait
encore ces déchéances décourageantes de
ceu1 sur qui pèsent de troubles sou,·cnirs.
Son passé la repousse et l'attire. A fanran
11ui l'interroge avec celle malsaine curiosité
des amants jalo11:1, clle clôt la bouche de
celte mélancolique parole : « Songe q0t· j'ai
le mème chagrin 11ue toi. » Cotte crise morale el physique la détraque lottlo : soulîrant
des nerfs et prise de honte subite, rlle ne
Yeut plus des caresses amoureuses. Elle aime
encore, mais se refosc à scr,'Îr d'instrument
de plaisir. Ce pas~é qu'elle rachNe par sa
vie de tra,·ail et de loyauté, ,•oici qu'elle le
rappelle à Lout le monde, 11 Fanfa11, à
\lexandre Dumas qui est son ami et son
maitre. Puis, tandis qu'elle se dérobe aux
baisers de son amant 1p1'elle aime, elle se
donne un beau soir à un inconnu a,·ec qui
elle a soupé, et, tremblante de sa propre infamie, n'a de cesse qu'elle ne l'ail criée sur
les toit~ en sollicilant une pince à l'asile
Sainte-Anne ot1 l'on reçoit les mies repenlit's.
.l'ai dit que l'amant était bon el fidèle; il
pardonna; loogtempsil ne rut •1u'un ami. Sa
tristesse était grande comme son amour. Ces
..-crs de Byron me reviennent en mémoire :
- a En te wyant céder à ta nature, ne c-rois
2. Dunm.

- ,

pas que je t'aimerai moins, oh ! non, et peutêtre même, qui sait1 Je t'aimerai encore da-

-.antage'. l)
Nous assistons dès lors à l'éléntion dll
cette àme qui s'est retrouvée. Dans une lettre
magnifique, Dumas la réconfort.ail. « Tl faut
~ crtler slli-même, - disait-il.
c'est à
vous de ,·ous mellre au monde, de vous enfanter dh·inement. n Par delà notre naissance
à la lumière est la naissance de notre être
moral: sur elle nous devons veiller, il nous
faut prendre conscience de la vie, nous connaître et connaitre le bien .... Quand ellt: rut
près de mourir, jeune encore el parée dllS
grâces que l'art distribue à se~ triomphateurs,
son amant, appelé en bàte, put reconnnitre
en clic une créature humaine toute purifiée
par la sonlîrance el le goùt de Dieu, au lieu
de la pauvre fille qu'il a,·ait Mcom·ertc un
jour.
Comment écri,ent-ellcs aujourd'lmi, femmes ou jeoncs filles? Comment aimenl-l'lles,
épouses, maitresses ou nancées? Nous rnudrions savoir le secret de toutes celles qui
passent devant nos yeux, ~érieuse~ ou légfres,
hardies ou timides, el nous demandons à l'art
qui révèle l'esprit d'un Lemps de fixer la ,·ie
qui s'en ,•a toujours. Ces femmes, distinguét!~
et froides, si élégantes, que nous admirons
sur les toiles de Jacques Blanche ou de la
Gandara, écrinml-elles comme dans /1ei11/s
par eu.1·-111ê111es, et leurs mains distriLuentelles tant de cruautés el de caresses ensemble?
C.ette jeune lillt-! si parîailcmcnl séduisante, - que j'ai ,ue sur un pastel de c1•t
exquis peintre de femme, mort toul jeuoe,
l,ncicn lloucel, - celle jeune fille au teint
mat el délicat mis en valeur par le corsage
vert pâle, aux ioux c:hargés de langueur,
tristes el comme ayant ,·u trop de choses,
aux mains fines el souples dont on $('Dl la
gràce et le mouvement sous les gants de
Sut!de, Parisienne d'aujourd'hui, un peu coquette et déjà blasée, el qui peut-être ~ous
son apparence nerveuse cl Jasse cache un si
grand désir de tendresse, - érrit-elle des
lellres simples et passionnées comme la douce
Sainte-lfarie-des-Fleurs de f\ené lloîlesve, ou
des lellrr.!s à la Marie Ba~hkirtseff qui mèlait
à son cabotinage une si touchante ardeur rnro
le Beau'?
Ile ces mystères est composée la sensibilité
de notre époque. ~lais ton tes les aventures
amoureuses se ressemblent, et Inules sont
différentes. Michelet rencontra un jour au
bord de l'Oi:éan une petile fille qui puisait de
l'eau el c1ui lui dit: «Uonsieur, la mer, c'est
bien singulier. On a beau y pre11dre toujours,
il en rl'ste toujours autnot. » L'amour est
comme la mer: on peut y puiser ~ansjaniais
amoindrir celle source éternelle où se rarrai'cbissenl les hommes. Le momemeut des
'"agues ne èhangt pa~ : il ne varie que dans
les yeux qui en retiennent la beauté, ou par
SC$ effets, heureux ou terribles, selon qu'il
aide les marim dans leur na1•igation ou les
:\. ByrHH, Sa1·da11apale.

�H1ST01{1Jl
,oue au nau[-ril"c . .Ain i e ·t encore l', mour :
d'un même entimenl il fait des id~\les ou
des Lragédie , selon les à111e limides 011 vigoureuses {p1ïl hercc ou IJUÏI exalte. füis à
un certain degré d'intensité, d'un lemp i,
l'aul ro, il ,·aril:l à peine son expression. Julie
de Lc~piua·se, malade, s'adre e à M. de (;nilierl comme, cent ans plu lard, .\.imée Desclée, mourante, écril 1i on amant. - 11 De
tous le.~ imir111ts ile ma 11ie, i77i. - Mon
ami, .ie souffre, je vous aime, et je vous
allend$, » Jit l'une, et l'aull· • ·oupire en
1871- : • Mon ch.er Fanfan, je croi qu'on me
nuvcra. ,Je vous aime el je vous attends. n
G'esl là sa derniûre leure. i le· correspondance que j'ai cboi·ies se rt: semblent, eule
la profondeur de leur tendresse réunît ces

amoureu es, venues en des temp ditférenls
pour allester qu'un sentiment sincère n'a
point d'nge. el que les cœurs humafos batt •nt toujour' .cmbJ:ihleme.nl.
·n enliment incère et spontanP : là e:t
fa beauté de l'amour. 11 triomphe de hypocrisie ocialc , il rend fade el déri oires les
coquelleries et la parade mondaine, et détestable celle avarice de ~oi-mème qui rmpèd1e
d se donner tout entier. li agrandit la vision
de la vie humaine, cl il édaire d'une lumièr~
di,ioe le cœurs où il dernend. li .tpporte la
joie. Mai il apporte aus i la douleur. Pat·
cela encore il csl bon. Ca.r la douleur est la
vraie parurr. de notre âme : selon nolrr nature elle înit g rtnCl' en nous ln pitié ou forLille l'éner"ie; elle nou lil·re à l'immense an-

.,.ois~e quj plane sur le monde. res enlie par
les seul· ~Ires homains qui savent que toul
finit sur la terre el riu'avant d~ mourir il fauL
encore connaltre la mort en soi.
De tout ce ulanc troupeau dc femmes &lt;jUi
ont aimé, el parfanl onl pleuré, pas une n'a
regrellt- l'olTrande de douleur qu'elle a faite
à l'amour. Une enle a déploré a \;C, et
c'est Ninon de Lendo dont le cœur n'a point
balla. Que ces correspondances amoureuse ,
d'où moule la fiè1•re, nou inspirent le goiH
de e.ntir la 1·ie, sincèr ment et de toute notre
âme. Eui1·ron -non du ,·in précieux que
\'erse l'amour, car il faut louel' !!J.·.·mdemenl,
pour leur exemple d'bumaniLé, non pas ceux
qui furent aimés, - ceu_X, au contraire, qui
eutenl un cœur el le do11nè1· •ni.
11 I!:'.\ n \'

no Il. DE,\ L, X.

Notes el Souvenirs
ftlardi 12 ~t'Jile111l&gt;1·e l 71. - Uier, à la
Ch.amhre, el pendant que n'importe qui, ur
je n sais rruel ujet disait n'importe c1uoi,
je regardai.s t:nmbelta. Je ne l'a,·ais 1ia. YU,
depui le moi de novemùre, à Tours, pendanl la guerre. 11 était assis à l'extrémité
d'un banc à "auche. □ a\aÎt soo. air bo11 e11fiwt, on air'd'aulrefoi , son air du lempsoi1
il n'était rien. Il a quelque méri Le il garder
ceL air-là, car Gambella e l aujourd'hui une
sorte de petit .oun·r.iin. li o consmc !-es familier , PS courtisans, son état-major de
Bordeaus. et de Tour·. on per onnel adminislrati[ et politique. Voilà le plus sérieux.
dan"er du temp présent! Dem: meules affamée., a1·itlc ds préfecture cl de ou -préfecture·, les destitués de ('plembrc 1 70 et
le· de 1itués de [éuier 1871. allendenl, a~cc
une égale impatience et une égale avidité, la.
rc ·tau ra lion de celui, Empereur ou Président, (l'ii leur r1.mdra l~ur place . La politîc1ue est en train de d1.ivenir une affaire, un
mélicr, une spéculation. Ces malheureux réroquës me font penser à ce capitaine Jacbel
11uc le comte d'E:.tourmel rencontra en
Italie.
&lt;t Le capitaine ,Jachcl me ùéLaillail, un
« jour, li.: agrément· que lui rapportait le
« commandement du château d'UrbiteUo.
« Indépendamment du traitement Ûle, me
,, dit-il, on jouil des di,·er lié11Mice attachés
1c ~1 la place; on a du bois, de la. chandelle el
11 de la consid~ralion . o
Je parlai· tout à J'bcu1·C', du Lemp où
Gambella ..n'élnil rien . .l',mi lorl. Gambetta

n Luujoms été quelque cho c. C'éln.ÏL en 1 li~ dcnlielle cl ounil la .éanœ. Celle sonneur,
ou I ti5. Gambeua u'a,·aiL pas vingt-cinq ans, toujours la même, c'e I p ul-èlre un jour
ru3is les Cinq le traitaient déjà avec une ex- r:arnbeua riui la l'era carillonner . Ainsi va le
trême deîérence. Ils étaient, au Corp lrgis- mondel
Bien oment, en ce temps-là, il m'esl arlaliL le, représentants de cinq circonscription électorales. Gambetta élait, par uoe rivé de orlir du Corp légi-latif, en compasorte &lt;l'acclamation populaire de Ioules les gnie de Garobt•U;i. Nou not1 en allioa , c·u
ptrrlotes politiques du riuartier I.Hin, le re- petite troupe, quatre ou cinq, au soleil conprésentant de ln jeune e des Écoles. li était chanl, après la séance, très lcolcmenl, le
de ln Chambre sans en être. JI assistait à long dtl quais. El touL Je loug des quai~.
Lnu tes les ém1Cê , el. lorsque Picard ou Jules aveo beaucoup d'e prit et beauroup d'éloFavre étai\mt à la Lrîhune, ils jetaient, de r1ueuec, ,ambclla nou re/ài8&lt;til la séanc ·.
Lcmp· en temp.·, en l'air, à la dérobl!r. de Voilà ce qu'il aurait fallu dire, cl comment
petits regard - du cùté de Gambell:i, qui leur il aurait fallu le dirr. 11 n'~lail pas loujour ·
envoyait des signes d'tmcouragement et d'ap- con Lent de, Ci,1q. Il les accusait de Liéde11r
et demoUesse. Abl ~'il a.vail été là! li s'aniprobation.
Un jour. oui. c'étail l1ien en 1865. PicarJ mait, $'écbau1Jait, 'emportait, jetait à pleine
devait park-r. La allc élail comLle, archi- ,oit de relentis antes liraJe . Les houquicomLle, et PiearJ était au désesPoir.11 n'a"ail 111 tes 1tonné' nous regardaient pa5scr. Uu
pas de ùillet pour Gambetta, lequel allait et jour, il nou lit, sur le quai Yoltaire, devant
,.. nail, agité. dan la alle des Pas-Perdu . le 1foni/e11r officiel, un admirable discours
Pas de place pour Gambetta! Que Jirait la sur la liberté de la prc se. Et, tout à. coup,
jeunesse de Écoles? lln député dela majorité, au milieu de œ dLcours, de l'autre côté Lie
1. de Montjoycm, ,,int au ecours de Picard. l'eau, .orLirenL&lt;les Tuileries el Mfilèrenl sur
li 'en alla troUl'er M. de ~forny el lui de- le quai du Lom,re les grandes calèches de la
cour, att... lé~ à la Oaumonl, a,·ec leur- qualre
manda un petit coin pour le jc1me ~mi dt:
chel'ànx, leur jockc} , gnlonné., cl les piCiuq.
- Il u'y a plu de place que dans ma tri- riueur , cl l'écuyer de sefl'ice, au pE:IÏL galop,
bune, rJpondil M. de Uoroy. Je yais y faire près de la portière. C'étaient !'Empereur (•t
placer . 1. Gambetta. On m'a beaucoup parlé I' Impératrice 1fUÏ s'en allaient au hoi,; de
Ooulogne. Gambetta salua leur pa. sage d'une
de Iui. Je oc serai pa fàché de le voir.
El Gambetta fnl inLrodui l dans la lril&gt;unc ,•1ll.lémcnlc apo lrophe. Il n'y a'1'3.il que la. larde ~I. de Mornl, lequel, la lorgnette à la g/.'ur de la Seine entre !'Empereur el le jeurni
main, examinail le petit avocat du lluarlicr avocat qui devait gouveruer didalorialcme-nt
lnlin. Après c1uoi, il agita la sonnclle prési- la franœ aprè la chute de l'Empire.
Lunov1c HALÉVY.

La Monlansier
PA.R

G. LE OTRE

ltaw un alon de npparwmenl • pril·és de
Louis .X. V, au château de Yllr ailles, un panneau Ù1~ boi eric moliile donne accè, u une
sorte de réduit grand à peine de lroi pieds
en carré - la place d'un homme assis ur
un tabonrel. C'est, lt proprement parler, une
armoire 11u'éclaire mie barbacane si bien dissimulée entre deux pila5Lrc. de la façade qu'il
~sl presl{ll.e impossible de l'apercernir de
l'e1:térieur. On apprlle celle armoire l'écoule
de Loui- T Le roi se mettait là pour
regarder, san èlre ,·u, le g-ens qtü tra1erstti.cnt la cour; cela. la.i fai,ait une &lt;lisr raction.
Dans ce gigant q uc pal ai· où les galeries
su.ccèdent aux enfilades de :dons, où l'on
0

peul faire près de lroi lieue- san. passer Jeux

fois dan la même ·a1te, le mail.J•c n'avait
bien à lui qne cc placard: il s'y Lcnail les
mo.in · • u l'le genoux, -ans bouger, le nez à
la 1·itrl', el rien ne l'ait micu~ comprendre cc
CJ u.e del'ait èLro l'~cra ant ennui de ce pauvre
bommc
oisif cl la sé Je tout. Chacun 'in"'é• •
C
ruait pourtant à l'a.muser. Comme il aimait
les ~.iil!a.rilises. on avait imaginé de lui
emr, chaqlli! ~emain&lt;', \Ill pclit tableau détaillé de la iluation eL des elploil des pcrsoru1es galantes de Paris. Lit police 'employait à l:t confccliou de cc. rapports, el cc
rama de ~ouillures était rêguUèrcmeut
ofü:rl at1 roi, 11ui s'en réoréail eL aimait a )
0

.... 171 ....

rencontrer lês nom· cJ ,, gcntilsholllmo · dt!
·on entourage. Peur-êlro tro ait-il trouver là
une excuse à on incontluitc.
Ce procè.~-verbaux, rnagnifü1ucmwt calligraphi6 ur beàu papier, sonl comené~ à la
liiLlioLhèque del' Ar~enal; il . onl Lromsé · tlc
manière alerte, san · crainte du mol rru, et
pilDfilltés au g-oùl du palais l,la é rL1ti &lt;le\aÎL
dégu ler ·t•lte étran,,.e lillrraLHre, En voiei
un, daté Jn 24 scpleruhru 1756; uou~ l'expurgeon pudiquemenl - ce qui le réduit
d'une bonne moitié.
b 1fo111ui 11llt1 Bruucll de t\lonla11,i('r,, u~ , arn11'homai,;-du-Ltnl\Tll1 est àgëe de ,·i11gt-huil b lrnu le

�111STOR1.Jl

---------------------------:--------------~

paraLle 1t celle qui brùlait les planche!&lt; i'. la
CellP bonne personnu 11m montrait pour ~eille de la Ré\•olution. Celle llontansrer,
le· aventures galante de . i heurettses Ji po- simple comparse, est ,rr:mdiose en son •enre;
silio~ n'était pa , comme elle aimait à 'en avec se· fraicltes couleur·, se· veux \'if: au
pré"aloir, la fille d'un a\'OCal : elle s'appelait cil· ooi1· Lrè épai •• on nez ;elrou é, son
ourire gaillard, on parler basque. la ,•oilà
\larguerite Brunet et était née, en 1750, à
Bayonne, tl'w1 modeste épin~lier•. On \·ient partie en guerre pour son bien-aimé 'Nem•ille:
de lire le récit de se dobuls et, san doute, eUe obtient pour lui, du duc d'llarcourt,
lancée en si l,on chemin n'cùt-elle jamais gouverneur de Normandie, la direction de
conquis une place dans l'histoire, si un des tous les théâtres des lrois ,,Jnéralitb de
tournants de la route ne lui eùt ménagé une Rouen, d'Afonton et de Caen'; elle s'éverltle
rencontre : celle d'un comédien dt! ,inglième de t.elle ·orte qu'elle-même se fait accorder l.i
ordre, Honoré Dourdon, diL 'eIDille• : faveur d'ouvrir une :iall • à \'er 3i1Je , rue
de alon: elle 'in inuc chez h!· Campau,
11 .~ncun talent 11, mais portant le co tume
fréquent~ chez ~Ule .Bertin, la fameuse mo11 à ravir 11 1 de la fatuité, la jambe hien l'aile
et un imperturbable aplomb. Ce belles qua- diste, flallo Léonard, l'illustre coiffeur · ou
lité Loumèrent la tète de la ~Iontan ier et parle d'elle chez Mark'-Antoinette qui wul la
Nemillr daigna se laisser aimer, comptant ,•oir el I] ui se qlis~e, un oir, dan. un~ loge
bien ne rien y perdre : il nourri .ait unr "rillée de la petite snlle de la rue de atory :
ambition, œlle de jouer les premiers rolc à on jouait le, ,1/oisso,weur.~ (Il le acteur rn
cène, se mcLLcnt à tremper une soupe au·
13 Comédie-Française, el la Montansier a\·ait
tant d'ami qu'il ne j11ge..1it pas impossiLle &lt;le choux d'un parfum ~i franc, si rustique, que
rnincre. grâce au crédit de la dame, les obs- la jeune reine, férue do toutes les pai ·anlades c1ui ·· ppos3ient à la réalLalion de on 1u~rie., ne peul retenir un mélancoliqur :
rèl'e : en quoi il fut déçu, du reste, la fo1·- Ah/ que ça sent ban! On l'eut.end de coulisses, el la directrice, :iux ilguel des imLune lui rrser\'anL d'autre~ triomphes.
pre. ions Je .:'a lfaje Lé, se permet de faire
avoi1· qu'on a 'l'é e,·1•é ltt parl de la reine.
- Ce ·oir-là, la ~Tontan ier mangea la soupe
l.}u'on harponne au hasard dans le paodL'- :ivcc la fille de .llarie-Tb.érè. e, honneur 11uc•
moninm pari ien de la fin du wm• si~ele, on n'avaient jamais o. é omhitionner l plu;;
... .\ujoutù'hui cN1x &lt;Lili composent pnoc,p~le- est sùr d'en tirer une fi.rure étonnante de hautains scigmmrs de France. C'est ainsi
m~nt ~a pàrli~ ~ont: lu cotnle d'faparbils, Ill relief et d'ori!!inalilé : ces geu -lit avaient le
qu'elle con1J11it le privilèlTe exdu. if de Lou~
marquis ,le ouHe, 1~ niar11ui$ de foa"ac, 1c ched:ahle au corp : ils appartenaient lt unP les spectacles, bal~ et l'èles de Versaille. :
nl:ier de llc1.0us, le ma,·quis de " ignclai, le
géuéràtiou évidemment née pour se mouroir clic en profila pom construire, en prolongem;1rqui~ 1lu \.imenè~, le i:omtc de Vilh.wagaiun,
dan
l'épopée et dan. lâ féerie: la nôtre ment du chàteau royal. race au plus br!
~!. de Pnysègur. le jeune rlnr de l:i Trémoille,
scml&gt;le
résenée au plus morne de nudir endroit du parc, l~ grand théùtre qui ttb il&gt;te
11. de \ïa1·111e. fils du c(lnseiller Ju roi, JI. Thiencore et 011 commença a fortune.
ro111: de llontre •ard cl nombre d'autre,, do11l le~ ville- Pl \!Oilà qui doit ras~urcr le~ esprit
Entre temps elle dirigeait se lroupe de
aoms oui échapp,i à 1a 'l'igilanco de 3Jme AulJoU)' inquiets, hant.é de l'appréhm ion de cat.,el de la d;unc Castoldy, !la fille. au.xqt1clies nuu, cly. mes sociaux: pour les "'rands drames, il _ ormandie, car reuville manquait de qua~omrne en partie redevable de
lité d'ordre nl!ce. saires à 1111e
l'énuméralion que nous venonô de
i lourde entrepri, e. Lui au ~i
faire : llll demeurant, fo demoiét:ùt épique à sa façon : on ne
~le Yuula11sier nu ·'en Mfrllll
peut guère Oltvrir les chronipas ... elle cherche les occasion,
ques scnndalewes ou les red'1Hendre ·e~ conqutite, du pôll
cueils de No1welle.~ à la m(lin
arctique au pôle antarclique : cetin lemp sam; y renconLr{'r le
pendant 011 doute qu'clli: thé.saurécit d'une f' capadc de ce
risr ; loul l'écl,,t qui l'environne
turbulent imprc aria. Jaloux
e l lri:l · ,nperficie1, el quoiqu'elle
C( romme un tigre », non sans
ait loujn11rs 1111 cnrtn·,e de remise
motifs, pcut-èlrc. il était s~n ·
au mois, un laquais. une f1mune
de cbamhre cl un~ i:oisinîère, ou
ces e sur la route de Rouen ;1
ne l:t croit rien moins qu'i, son
Yersaille pour surveiller la conaise .... On soupe chez elle WDS
duite de sa maitres ·e; mais les
les jllurs el orJiuail'emeol on ne
bonne fortunes l'arrêtaient en
se sépare qu '11 1roi ou quatre
chemin, car il ne e piquait pas
bourcs J.u nMtio. Ces surlPs de
de fldélilé, et ln Montnnsier.
µartics. son l singulièl'emcnl ùu g1ni t
soupçonneuse, cour;iil la poste,
du 1nan1uis dB Somr&lt;i, 11ui ~·)
dé \'~r ailles il Rouen, pour
livre tout entier....
LE CAFÉ DE L.A ROTONDE, AU PAL us-ROYAL. /Yaprës u11e anc:ie,we tslampe.
rêlrouvr.r l'incon tant el le raLa demniselle ùe \lulllilll~iet· .., t
mener dan les voies de la
d'une loille orclinaü·c, médiocrevertu. C'était, dan, le aument bm1 faite, blanrhe de peau,
les i·eu., assez bien, le ne;: un p1·11 gt-os, la faut des acLcur de taille el jamal plu , ans ber"C , de scandaleuses algarade. , des dnes
bouche l!L le pa1·l~r ag1·éable , de hi iorge, doute, la France oe réunira une troupe com- bruyantes de rupturC', suivies de réconcilia-

:ms, originaire d!' Pro,·cnc11, et, ~i on ~·cul l'en
cl'oire, 11llc e I fiHc d'uu avocat. Dès l'année t74',
elle élnil déj~ connue ur le panî tic Prtri•: mai
la lr,1clition ne nou dit pai. qu'eUI! l e1't1 li\jl
quelqoe conqw'le lil'illa101(_•, quaod &amp;!. Burs,.m,
coo,ciller :1 la Lroi,ièmo de, enquête,, demem:nnl
pour lors ruu thi üimlé, s'lm accommoda. ' .:
crorHnL a1111é de celle Hlle, ,rui " loujour:i élé
accort~ et délit.!e, il 5'allarlrn à elle; en 171-!I,
uommë a l'inlendance de la 11artinique, il 1'1111mena avec lui. :\omhrc ù11 tours qu'cllt! lui joua
lirenL IJU'i, la lin il s'en dégoùln cl l'ahamlonna
entièremrnt, aprè., c.epead,ml ~•être •fUÎlles cl
repris plu icur fois.
Elle fnt s'établir m'ltrchandc de modes a ~oinlOomiague: le cli111al u'hmt pu~ propre à fai1·1•
foNnnc dans re "filll'e,.. elle pril le parti de
l'13Hmir eu F1 ance. Elle reparut donc sm· noLI·e
h&lt;mzon au tommenccmenL 1le raunér t 751 èl,
comme elle conn~i«~ait rléjà la c,11'le ilu 1rJ!~• elle
n'11ul g;ir,lr d'! arrirer a,·ec l'cité1i1rnr d'une fortuue délul.it·~e. Ueni,. graml· nêg1·e.,;, habilles de
bleu, c1m la su1vaÎL•n1 p:1rloul. un laquais, dem.
femmes de cham.Lro ri un c:,rros, e de remise au
mois l':mnoncèn:nl sur lé to11 rl'uuc Ir riche
Américaine cl, 1a la faveur d'1111 ,i bel .ippareil,
elle lroU\·:1, sui,·anl l'usage dt• Puri. , du nérlit cl
des dupes. Ye1-rier. lapissier, 11u1 u·c I cependant
pas :i meure dam celte cl:t'! e, commencu nfanmoin par lui meubler un apparlement rue aiul11Dnoré chez le rba,rcnilicr qui foil le coin de la
rm~ ~Puvc du Luiembôurg, ;1u troisiètne. ~'ét.ail
un j'Cll haul pom· une princtJ,~&lt;' comnw f'lle:
mai:; comment faire'! Il ftilkiil se loger.

l. Bibliothèque d l'A1'Senal, papier~ de la BllSLillc .
Rappo,1s de Meunier.
I!. r ~h.ÏJ'ie de BaJonnc. fü).rait r.lu regi,lre qui
constate le! unis a11ces pendant t•~•méu 1i311 : - Le
Jix-neul'ii:ma décembrn a ë1t1 baptisée par moy suw.signé, Marguerite Brunet, oêe la veillr, tille légitime

la main jolie, amu..,;mlo el 'ênonçunl bien 1.

ae ,Tneque

Brunet, .:piuglier, et ile Marie Cspdeinelle
son ép&lt;&gt;use , de.meur11nl maison d'.\ngla, rue Faure;
puriun Jean l\abaou lie). tourneur, 1lcmcurnnt
maison tle lloracin, n,c Orbe, ma.. rniue ~larguerite

D'.\pezlegu~· ile Laborde. rue Luc, laquelle n'a cy
igml. pour 11e savoir écrire, te qn'onl fui! le pi&gt;re el

le parrai!' ~, cc ID&lt;1.Y . S\gn~ Rri;met père, Jc,in Raheon

(sic 1 et S,amt-~lutin , VIcatre. ,
.
_
.
3. Il était oé à Doue-la-Fontaine, le .:,1
17j0,
1. Le comt!dir11 Yeu11i/Je tl lo .lf011lamier, par
{;. llippeau.

mo,

LI .M01,1T.JINS1E1(
Liom tapageuses : coup- d'épée, incarcé-

---.,

rations au For-l'l&lt;:\'èque, enlè\'ement d'ae,.
trices, poursuites mou\lementées. telle titail
l'existence normale de c l hi lrion 1• Une
correspondance secrète dt&gt; l'époque notn
que ses a'"entures n ont rendu c-éli&gt;bre par
loute l'Europe re 9rugew· ,le ,,ieilfes folle$ 11 ,
el les archives du cb1)teau d'lfo.rcourt ctinser,enl de Lien précieux documents sur on

de !!'randcs clameur~, Cl' dont ils ne s'émurent point d'abord, tant la clro.e était pn~~éc
en habitude. ~lais quand on vit sortir Neu.. mc, en peignoir, le üsage co1n·ert de sa\lon
cl hurlant : (i 1 l'a sas in! » les gens commencèrent n s'attrouper; de la mai on sorlaienl d'autres cris : « Au meurtre! &gt;&gt; et,
comml on
pénétrail, on trouva • ur le
palier Halot, à moilié mort et couver! de

L'affaire, pourtanl, n eùt point dépassé les
proportions d'un assez banal fait-divers i
tous les merlan., de Rouen n'ens.enl pris le
parti de leur r·onfrère. Est-il utile de rappdcr qu'on appelait ainsi le. coiffeurs de ce
Lemp -là dont le vêtement. , toujours couverts de poudre, évoquaient l'idée d'un pois.son roul I dan là farine et prêt pour la friture? - llonc les merlan: s'insurgèrent : il,

étonnant roman comique. Entre r.ent antres.
1111 fait ~t à citer.
Le 1.5 mars 1782, à Rouen. Halot. le
:za,rçon perrn&lt;prier qui chaque jour rasait
'emille, Tint, à l'heure ordinaire, sonner à
1~ porte de on client. Il n 'étail pas entr~
depuis cmq minutes qae les voi.ins entendirent chez le comédien llll bruit de lulte et

san ,, ce qui n'emp~chaiL point Nem•ille de
jurer .-ur on honneul' el sur celui de son
associée que le perruquier avait tenté de
l'é,,orger. On ne démêla jamais lequel des
deu:x avaiL assassiné l'autre, quoique le pauvre
ilnlot, porté à l'hôpital. eût toutes les apparences d'nne viclime et que enville estimâL
prudent de di~paraître pendant la bagarre.

marchèrent sur le palai , au nombre de deux
ou trois cents, 1·rianl ,,engeance et demandant
la trle du com.étlien. Les gens de robe
n'étaient pas rassurés; rha1l'1e jour, ainsi
que le faisait remarquer le commis aire
llenard, &lt;1 ln vie des magi lrat· était confiée
a11 ra oir de_ ces messieurs u et on en était
vcnn à redouter uo égoraemenl général des

1. • De l'tr8câlles, le 10 dt!rembre 17111. - l,e
sieur de Ne mille. ,lirecl&lt;'ur Je la Com~die de Roueu,
ronuu d~ns toute l'Europe par ses course - lhêàtr11les
et par srs aventure~, ne11t rie donner nne pnu•elle
prou1&lt;• de s• crânerie. JI foil ordinuirrmenl dt'ln
wyoire,; pu mo!s .le RoJ!en ici ; il _lw6 e rhcz la )loutausicr. wn anc1e11ne nmre, d,r~tlr1c&lt;' rfo notre spt'ctacle, el parHrulièremrnl prorégée de la l\eme. ~olre
roue intmdui.Ïl 13 nuil une jeune pnulett,, de• nutre
troupe. La \lunlan,ier e cloufo. ou rut a1erlir ,le
~eu. inlicltllîl!I (lu chi 11u,· ls JalOU!•Îe v~ill · t,mjuurs.

F:llc ,a t'rapprr il la po1·te du parjure -;\cmill,•; celuici 11 • r,:po111l pus. Elle mc•n~r,• cl(• taire cofonc·er la
purle s'il ne ,·eul p11s oun,r. lmpaticnlc tl11 Lintnmurrc, il ~r lève furieux, pn,ncl ~na &lt;'péc, el l'e11rrincc,
en 0111·r.wl la Jll)rle, dans le bras ,le la Yonlansier.
~s cria ut le tumulte attirent le muucfo. Un saisit
l'histrion i11hnmoin qni a ,·onlu donm·r la Jll(lrl â "Il
hicufaitrici.', celle à qui il ,loil l'exi!lei,ce donl il
jouit. il est ,n pri'l011 ri t'alfair,, ,c p1111rsuil ,iisou-

dout.lP aime du mla~c. amolli!' par une n111i~1h•
lc111lres~e el Il fair ~01111,itcr ln rd1w puur •1u'ell~ dni 11ni\t ~·int, 1,·l••&lt;l'r rm Ja,cur ,lu co11p:ihl,,. Cetl1• pr111r~se n rêpn11ilu qu'ell~ ne protégeait pas lt•s ns;~~s,ns,
Tot)I crci ,l'~I 1l'au1,11_1!L r,tus (1111c1tt• pour le sieu.r

r~usemrnl.

La prume llonlansier ._•est

laissh, malirré lt·

Ncu11lfo qu uyunl ÙeJ&amp; JOll nornbrP il,• maurai l'S
affaires sur .on compte, celle-ci pourroil êlr.1 la dnrrrii•rc dt! ce ~,Uf!eUt' clc• \·icill('g folle .. , Corrr$J1&lt;11lda11e~ sec,·lle i11ëdile Stcr /,vuis XI l ,:/ fllnrirfotoi11rltP, publir11 par Jl. cle

Leseure.

�mSTO'R.1.ll

------------------------------------------·

parltimcntaires : Lon nombre de juges no un pèle-mèle e\lral'a a11L ') ·nconlraient
Lendaienl plu ' r1u·en lremblnnt le cou aux l)ugnon cl Barra I IP pèr• lluchèn!' el le duc
frater menaç:rnu et l'on vil de corrects con- &lt;le Lauzun. flulie~pierrc cl ~lllr ~laillard.
Piller ié&lt;rer sur les fleurs de lis avec des , aint-(:eor"e ri Uautnn, Yolange et le duc
lmbc. de bu.il jours. Jamais procès ne fut d'Orlé.'lns : « An bout du mttmc canapé dl'
plu rapidement jngé et l'arr2I, comme bien . oie bleue &lt;le ciel. us~. fané !'L déchir :, où la'
on peu ·e. donna pleine safofaetion au-x per- maitresse du lieu coml,inail on spect.u:le de
. ruquiers : il ordonnait à ln maréi.;bau sée de la emnine a,·rc Yerlruil, . on régi· eur, le
i.;oarir sus à ~euvillo et de l'appréhender comédien Grammont organi,ail a\'ec UébcrL
J't:mrute d11 lt&gt;nch,rnain au'- Cord liers. u
morl ou vif par tont le roiaume.
L:i llontansier, mal :,ruérie du coup d'épl;C
Ce fut le beau lrmps de ln ~lonlan icr :
qnc on brutal ami lui arnit nllongé !roi, commi! clic e lroul'ai I à l'iltroil dan. la petite
mn·~ auparavant. l'nl pourtant la Lonté &lt;le :aile d..,, Beaujolai., elle faisait 6Je\'rr ur un
so'liritl'r r ncore pour lui l:i clhnence dP la l1'rrai11 Jt• l'ancÎl'n hôtel Lou,·oi , rue nil'hrritine et I'arrel re'-la ~;1,ns elle!; mai,- 'rmill«- lh•u, le plus supcr~c d Il' plu. vrt. k 1hê1Hre
uc· r •parnl /1 llourn ']Ile rlrux :111 · plu lard; de Paris : l't•mpl:irrnwnt· srul al'ait roùl1!
r•nrorr m• put-il ~·~ maintenir m~lgr: l0111 11i0. 700 fore.'; dt•s omme~ t:norm s pasle néd1l de s;i m:.iilre.. e. dont le •éni nct·:.1- snir,nt par . e mains: elle 1:tail d«!l'l'nlle, en
J1Jr,1ur ~n&lt;lis.ail a,ct· l'àg . 1'r -\:1ai1-elle 11uel11ue . orle. l.1 reine &lt;lu Pnlai~-nopl d.
p~, mi~ •11 h'tc i!'ob1v11ir l:i drrl'clion de ton~ dans le. ht&gt;urr~ dt• d1,cordc que· 1ra1·er. ait
le· 1hi.\:,tres du ro,aume. movrunaut quoi Pari~. rite a,ail 1,• suprème tall'nl de plaire
dl , . 'rn"a"eail i1 ~~u1enir, d'u ~ . 11hw•nlion ù to11 • le · parti . ,\ rel te épol1ue 11ui marqna
annuellt• ,J,, 1.'10000 lirn•s. l'Ophn qui p ~ri- le premier av,•nemcnl aux affaire des airrri:,
dit ai1 '!
dl· · péJants et de prétentieux, 1•111· I'l' lait
°"ul ,Ioule qu't·llc n'rùl ri1n.s. i i1 111c111 r honne fille, a.cc11eillanlc, cnjom1c, .an· prudeà bien ee(Li-· gÎ"aOlt• que ,mtrrpri . mais la rie : elh· po, sédait surlou! ce d1111 ine~Limol1le
Hérnlulion J'arrèla dan. oa e sor : apr~s le · et lcicn françai · dtJ l'e. prit d'/1-propos. Dieu
jonru le· J'octobrr 178!.l le roi 11uilla Ver•
·a it s'il eu foll:tit alor pour ~ard,•r soit équisailles, mil(Tré 1P~ upplications de la 'lon- libre ur ln corde raide tle la popularité! Et
t.cnsicr qui &lt;lép,kb:i ses comédien , - elle 11uc de Jél,oircs II dépit de lanl d'aJresse !
avait 1011lt's lt•:; auùal'ri-. - pour l ntt•r J'nrLe 10 aoùt a\·ni l port,1 aut lhé;'ILrc un
rid er Ir rniturr · J1 la cou.r. L' '
·
1-oap 1
; ib luU:a)eal pourla.al; m1is le
◄
ra n in ·rpnr:d1lt' de la pcr, onnc 1·oyaJe 1&gt;
din1:inche 2 ·epll•mlm.&gt;. il lt•ur follnt h' n
1•t Lransféra à Paris le sii'gc de ses s&lt;-ances: r1•rml.'r leur porlc' ; le m · ·acre tic~ prison,·'riait la r11i11c de\ ,~r,ailles. t•I la , 10111:m ier, njprs à l' .\bhayc arait commenté ver. troi:
,·omprenanl• 11uc le · h('nm jnur dt' ,nn hl'urr~ de l':iprè·-midi. L&lt;' lendemain, Pari·
Ll11.:.Hr1' étaiN1l pa . .:-~. se tl~dar;1, i1 snn tour, l:lnil dans la ~tu peur : on luail dans tou le.
Il i11~1lparnlik Je I" \ .cmliloc D, Elle avait
11unr1icr~. Comme la reeclle. pour !Mn de:
alors prr~ ùe soixanl • an.; m:ii• le orl lui ~oir ', s'annonçait nulle, la Monlan. icr, ~entant
J'é~enail encore Lien des années d'exi~tenœ qu'il fallait, a toul prix, trouYcr du nou1·cau,
ri clc avenlurP~ en comparai-on dl' que,11 •
réunit e- pen ionnaires, acteur . dan cur ,
dc,ait Sl'mhlt&gt;r l,i1•11 fade le rouwn dt• s.i jru- mu ·icicns, décorateur., ouvrier,; el mathini h' , mil i\eu,·ilfo ù leur lèle d 1 , expédia
nc•. St'.
ver J' ·emblée qui . iégait en p&lt;'rmanence
~
depuis le rnatiu. Lt' •ens con ternés rcgarIl I avail, a l'c.drrmité il11 Palai -lloval un Jaient pa er celle troupe .iiitanl de chaspeél;dc dr marionneue qn'exploitnÙ l!ar- peaux rarubanné-, chantant de · airs patrioJ1,ur-Lebmn cl qn' on appelait, tlu nom d' ln tiques et em:ml, par ~a bonne leuuc et sa
rue ,·oi imi, le· &lt;( Beaujolais ~. La cènr 1\tail rdncrie, un peu de réconfort sur la ,~lie lerpelitr. la salle ,:troÎh', lt&gt; plafond ba . La ~Ion- rifiéc el muette . o\11 ,tanège, on parlementa
avec Ir- hui· iers : là ha.rre s'ouvrit deî30l
1011 . iel' ac:hct:i pour:, ;o 000 livre celle l1nles coinl!diens, et l eurillc, lrès di!!lle, tlonna
ra1p1r 11uc l'architecte l,011i~ tramforrna 1'11
lecture
d·un pelil di cour:; p3r lequel il anun 1hé.\tr1• conforta LI~ f'I. par miracle, pre que
11onçail
aux représcntnnl de la nation que
1
va~li'. qu'on inangur,1 lc 12 ,nril 171!0 •
(;rand l'ut le ~urrh iles comédiens de la Lou le, ernploy · de la dcmoi ·elle )JontanMnntan. if'r : Parj , qui tout nti r Yi mit au , ier, au nombre de :-:i, donl I~&gt; .eulemt'nl
l\1lai~-Ro,al, fah\il fête à celte femm e Jool élaienl armés, ollicitaient « l'honneur J e
la pcr on~alilé iulriguail el. en qui, d'in lincl, former etllre en · une compagni désirm e de
il . entait mw ,j parfaite inldligence ùe ce qui ~ r joindre aux volontaires de la section des
l'amu,c. Elle e drpensai l clo urille façon : )loulin pour marcher à la r cnrontrn de.
lnrrée a ,·ec :\'.eu ,i.lle dan· un appartemc11L voi- ennemi qui menacent la patrie el la liberté &gt;l.
.
füraull de échelle , qui pr&amp;,idaiL, répondit
.. ino dn Ùléàlrc cl dont lP' renèlres omra1enl
. ur le jardin • an ces e rrrouillanL d'une foule à l'oraleur; l'A. emblée ,·ota, par acclnmac1ti'rnüérn1ie11t lt~ plaisir el la politique. elle Lions, la me11tion honorable el admit la
arail ouœrl &lt;c ~es salon » : on J jouait, on troupe aux honn~ur de la éanœ. Le 1-4 ~epLem bre, après un nonwau défilé dcrnnl le
)' complotait, on y nouait d · intrigues. Oan
5. Yoir la. Revue d'ar/ dra,1u,tir,1u, janYicr ·18!l1,
l. ï oir 1ï11lcrmériia.fr,. ,Je., cherrhrur ri tll'I
1

rurirll-f, ~Z'&gt; juillt!l l8tili.
~. 1,r. 1•,J11lral fnl pa•~.; (e "l ilécenibrc 1791 ,
,le,-~nt _\I ll11m• 11 ri Robin, 1101111re• io !'~ris,

juin 18\);j, Falier. l,e lhéâ/r1• {ra11ç(tis eu liel-

par-

yil/ue.

~- l.a .!ont.an ter tint uu•Prl ~on

pcNncle

de

repr&lt;:,cntarfü, le bataillon de la llu!lc de
Moulin partait pour Châlons et, pn.r l"s me.
remplie· Jr· foule, w comp:.ignie )Ion Lan icr
n·était pa , ,,omme ]1icn on pen e, l moin,
applaudiè. Qurlle réclame pour la dir1•ctrire !
Le Pari ien rcconnn.i!-.aient, très gaillards
son, le l'O tome militaire, te· arli te aimrs.
Yol:tnge, Clauzel, Ga l'au dan, Dnire. se, le
dans 'Ur e\'c. lP. le chef d'orche. lre Gilbrrl,
le premier violon Del.lemme: à la tête de cc
hataillon sacré, le capitaine. 1·1I\ille ,e re&lt;lre. -~iL de loulf' .a tnillr : il était cerlaim•menl
flt.'rsuadé qn'à on .cul a prcl l'armée prui;~icnnc e-.,;écutcrnil un momemenl de sauw1p1i-J&gt;CUl général; mai~ !,, dieu de la 1ruerre
cll ordonna aulremrnl : :iie111ille. 11\anl ~oulu
s,i rnonlrcr dan~ loulc sa gloire aux hahi1nnl. de neim . im:tgina de pa · er une r ·,n ·;
p1r malheur, nn premier mou\'ctnenl cle on
1·hP1al d1• Lataill,•, il glis::i 11 terre .i maladroiteruenL qu'il se démit Ir Lras; on IP ramns~a gei"naul, et Clauzel le remplaça don~
le ro:nmandemenl dè la troupe.
lln a fait de celte t•,rnpade de. pen~ionna1rl' di! la ~lonlan~icr à l'arrn,:t' de nuruouril'I., des r,:('its éminemment pillOl'e tp1cs,
11rni. lr1\s fanlài.i~tes: celle bauJo d'orli. lc·&lt;'
\'Olant 1111 secour~ cl,• la patriP r11 J:111 11rr.
1lr, s. anl -e:, tréteaux n1 pkin camp rl JOUnnL
11• vnudc1 illc rntrc drn,: l,ntaille~ .... Le njel
11(:,it trop 1l'nta11l pour 11'Nre pas amplj(jé
par le ch1·&lt;1Ui1111c•ur . •\ nr ùn rapporlrr
,111·anx rares documents aulhentiquc. \ la
cl111. e se rédui ;1 à · ~ropurtions moindre ,
m.,is trè. houoraliJC'. ponr I co 1..ld.ie11s, en
1'L' ens qu ·011 11·cntcnuil plu:, parler âCtJ ;
sans doute ils lirent leur devoir. l'OlllJUC 11 s
r·amaradt&gt; ; ou ail seulement que llufre r,
à .femru:ipcs, mérita d'èLrc nommé ol'ficier
1fordonnnnl'e du génél'al ~IoreLon-Cha~rillant
et que la troupe comique, ainsi qu'dl l'arnil
jnré, ne 11uitta pa l'armée al'a.nl qnt! l'ennemi
f1'tl repou sé bol'!; cle fronlil•rc~. En apprenan l l'entrée de Dumo11rie1. ~ llru.xelleR, la
,Ionlan~ier courut rejoindre -c pensionnaires.
nh·ic d'un Lrain de four•Tons l'lcar.,.(,~ cle 1:u~lnme l't d'accessoire .. Le8jamicr J?U;;, cUe
iuauaurail ea Belgique cc qu'elle appela.il 11 • a
proparran1te », car !!Ile ét.,il parvenue à p1•ruadcr au:-. comités du gou,crnemcnL qu' Je
repré ·enlation. du Tableau pa-rlrml l'i cln
Desespoir de Ja,Tixse aJlairnl électriser les
populations flamanJes, fanatisées par clix
,i1•1 le clr ervitude'; celte plaisanterie coûta
100 000 franc 11 la I\épubUque, el la note e1'1 l
élé hi n pin ' tlleiée . i fa « 1&gt;ropagaudc »
n'a\'ail été uhitcmenl inlcrrompue par le r&lt;'Lour offen if de:- .Autrichiens, auquel- uccéda
la .econde inva.ion. LI fallut en hâte rc•!ragncr
le l'alai -Bo ·a 1.
)lai, on sila e à ui1Te celle femme e. lr:iot·dinrure i, trarer lïnexLrical1le dédale de
.es entrepri. e : un sorte de liène Yon~
prend à feuilleter son do ier. On I' L r11
pl eine Terreur cl la voilà prèle 11 inau aurer
son °rand ùtéùtrc de la rue Richel ieu ; jamai
1

Brmellé rlepuis le~ janYier 1i0:i, ju-q11ï1 l'ùque.s 111cl u,il·cmr11l c regardonl cr,unme 1r(:s unportanl Jo jouer
ve11da11t lu ,emaine sa.intèclùcporlcrcc p1rmirri-oup
ml\ obu~ rc ligicm JonL le pay c.sl inrcctê •·

'--------------------------------------- lA .MONT.JINSŒ~
·on acli,itt.l n'it été plu folle : déjù on équipe

les décor , on imprime le · affiches. on annonce l'ou"rrlurc, quand la Commune de•
[',tri~. l'Stimant qu'il y a là un mngnifiqu,
]oral. prèt 11 tllr•· e,plnilé, 011 !'Opéra e lro11r1•r,1il bic•n i1 l'aise. ('OJlli que lt.&gt; nou,·rau
thé.llre et. pour .'é1 iter le~ r~criminations dl•
la propriétaire, Jéceme contre cllt• un mandat
d'arrèt. La ~lo11l111dcr e. t m prison, enfin!
Elle ,a ~c reposer ... ? Ab! que c'c L la 1:onnaitre mal! - Supplication~. mémoin•s, factum-;, menacl' '. cri dr rage' .... Ellr amen le
si bien le. ]1acfa11ds qu'on ;·0~1• l'C'n10 ,,r à la
~11ill0Liuc : au !I Th 'rmidor, la rnilà dchor,:
un 1,1 l'i1·1•: l'llt· actionne b ConH•nlio11 11alio11alc rl r~c!amt&gt; 7 n,illion. d'iudt•runilé. , &lt;'pl million,! s' 11:ria Bourdon de l'OLe; pour
ri' prix-là on aurait une esr:idre ! 1,
On prétend •111 •rllr: en Loucha huit. ... mai~
en a • ignal. , el cc&gt;lle déri,ion fouetta -,a coli&gt;rc : jusqu'à la fin de . a \'Îe, elle ne se las. !'ra plu de crier n11 vol, et Je l'e jonr l'ile
s1• &lt;'l'Ul ri,·he ,le. Lou~ les millions riu'(•lle ri•damait.
Elle amil failli l'r.lre bien darn1lage : 1·ar
il s\-n fallut de Ir;,~ peu 1Ju'elle ue d1•1înt
impératrice : et l'on se prt'nd prP~que à
regretter que les fées ne l'ail'nl pa · er,,ie
ju ·qur.-111; ÙÎll l1lé la plu belle comédie de
l'hi,Loire, quelque cho e comme une Sn Maje.~té Sans-Gêne à élîarcr les si~•clc. à "enir.

[.1 ,

l;ALF.RlES

DE

'l en a rnit rédé une partie it narra·. &lt;lewm1,
depui. le 9 thermidor. le lion de Paris, el
doal elle étai( l'amie (( de tcmp immémorial o.
Barra. n\'ait beaucoup d'amies de ce ~enrc el
cc n'fil.l pa · un [rail à nérrliger pour l'bî:,toire
de mœur rt11·olutionn:iires (JUe de ..-oir
l'homme le plu~ inll Ul nL du gou\'ernrmf111I
logé, en °11rçon, cbrz une actrice.
Li Monlan~ier arait ~!or. ·oixanle-cinq an~:
mai,; Pile portail .on ;)tre ~ a,•e1·. l'arnnla~.,
qul'. donne u11 certam emhonpoinl, de la 1?:t1ie1é
l'l de la prél'rnaucr Jan le manièc'('. ». B,1rr,1~
rece,·ail ,-uuwnl la vi. ilr de cc jeune orlieier
1•n disponiliilité c1u 'on ,·oi Lsur,.ir. i11(h•ita ùlemcnt fa111èlit1ue N gaurhe, dan. tou les
ri'cili de l'époqur, l'L 1111i n'ét:.iit autre fJUC
Bùnaparte : il ,cnail drmandcr à ·CJn protecteur, lanlôl un emploi, lantiit du drap pour
.''hal1illt r, tantôt un dinl'l', cl Barra. le trailait en garçon ~ans con équencc qnoiqu'1l lui
reconmit « de la cap:tcité ». La )lontan.ier,
qui fréquentait .an cérémonie chez . on loc:ilaire, t&lt; en dé. habilP de roisioe ». Lrourn
gentil cc pt•lil militaire, et \'Oilà Barra. imaginant dt• faire uu sorl 11 Bonaparte ca 1
mariant a\'Cc lu comédiennes xagénaire, mai.
ril'he alor: de plus d'un million. an. complrr
Ir· créances .... La question d'argent ~rnl,lait
intéres. er ,cule le jeune orlicicr el. ra. ·uré
·ur ce poinl, il con. enlil à r11voir sn conqn ~lé
&lt;1 pour les accord ».
1

1

llO!S, Al

PAL.11s-Rou 1.,

\f:R

1IJ?O. -

Gr,nure Ju

-- ...

nola11l a1'1•c un SQiD mioutieu Lous le~ incidents de nature à rendre odieux ou ridicule
t·elui qu'il haïs ait de Ioule l'ardeur de sou
am hi lion déçue: « J' ·nga"e le. foturs éponx
ponr le jour m 1nic; ib accepLent lou. deux
a1·ec un empres m 'Ill t:' gal.. .. je erai · au
moment d'édaler de rire, mai, il faut gardt'r
son érirux. Je pla,·e à table .\Ille Munlan. i ·r
à côté de mrli, je Ji!-- 11 Bonaportr des mellre
, i. -à-,i~ dè n 11 : li• diner 111• :,;e pa,-,c pa~
s:111, 'JHC lou le deux ai1•nL leur, rrgards
lixé~ l'un ur l'aulre ... 1 'ous nou · lernns tic•
la hie: l1&gt;s !iancé · 'approchrnt. .1• mettent à
eau cr Lrè particulièrem nl; je m\~r.irlc afin
d,: ne ra do:ra ngcr lïntércs ·nrJI coll0t111e ~
m:ii Mjà, ~an \'ou loir . urpremlre leur.
parole·, Je le.· cnLcnt.l, dire de cc mot 1111i
fprnienl croire à l'intimité d'une r.onnai . aare
rrnri1·nne : a Xou · fcrom tt•l'i, non~ feron..:
cela: 11ou.~ à c'ha411e in·tant. Uouaparlr parle
d • a famille qu'il esprre faire connaitre n
)Ille )fontan i~r: sn mi•re, 1011s ~e frères
apprécieront une fomme :m. 5j dislin:;née : il
veut, au ~itôt qur c:ela rra pos iLle. la mt·nrr en Corse. - Bref' l'affaire vn S&lt;' conclur,':
mais snrvinl li• 13 Vendémiaire t-l le l'ulur
César, enlrCJYO)ant l'avenir, rompit hru~quf'm~nt a1·ec a future. o
Pour Loul dire, Cl' projet m:.1lr1monial nou
. emblc n,·oir Ciisté surtout, - l'l r~lrospectivemenl - dan J'imti~iaalion de Oarra-', li

1 .:,l,rnd

.te$ Es/Jmfe.l.

A ,;a ,ortie de pri on cUc amil repri - po ~e ion de . on appartement &lt;ln f'alais-Ro~·al

Plus Lard Barra., :ügri et envirux., s'est
1·omplu à lra1·er un réril de ~ fiançailles ,

lui donne tant d'importaarP, 11 apportl' 1t wn
réril t,tat dè ménagement· maladroit et d•'

1. _.Jfl11rnirr ju.ttifirnt,{ /Mt ifl rit11g,•1111r .l/011• Ou m·arc11,•: 1l'n1nir connu I" vru,1•
Gnpl'I, ,l'ami.- ~uiri nnmo11ri,•t 1•11 llt•l!lifJt11•. 11'a1•nir

1111P salle rul' ,fo la Loi•"'~ l'argent fffl. Ani:lui, cl ,le

,ii,l!réditi' te~ n,signal.:s en Bt·IA"ique, ,rnoir foil 1,:ilir

n 1linnRJ,,, r•lt'. • L, ?tl,1111nu,ier fol intAf•tér1\p à ln P,•lit,•

11111111'/'. -

n 'I'

urr C.ipel, 11'11rüi1· vontn i11ecndi1·r la hihliotbi•qtw

Fon,•. I.e 1:ï !Ill• ,iJ11~. :111 Il, 11013 lrn11,fi-r1111 i la pridu 111P&lt;'IS, Arrl,m•s1/,· ln P1·1'/1•r/11rr. dt [•n/i, ·I',

•011

�1f1STO'RJ.ll
pesantes préparations qu'il parvient à le rendre
suspect. 11 est Trai que. bien lonrrtemps avant
ln -pul.tlicaLion de- Jlémoites du heai1 Directeur el au temp' dr l'Empire, même, le lmut
courait dao Pari du mariage manqué de
iapo!Jon avec la Montansicr ..•. Mai narras
était bien bomme à semer cette perfidie 1 •
Ce que la ~fontan ier aura toujour de
commun avtc Napolé.Cln, c'est l'impo- il&gt;ilité
où elle met le;; chroniqueurs de coolt!.f sa vie
en quelques li"'ne : le dossi ·r (]Ue je feuillette est à peine entamé el ceci explique pourquoi les biographe n'ont jamai consacrtS à
cette femme-Protée que des notice déplora!Jl~me11L ét:ourt~e ou fantai~i Les : l'in-octavo
'impo.erait.... lais &lt;1uj lirait un volume ur
la Montan irr'? Notez qu'à l'époqne oit nou

voici ulle n'a que oixante-cinq ans et qu'tille
va vivre presque cc1llrnaire : elle plaide; elle
crée un norrvenu tbéàtre, le Yariélé · elle
obtient ur le Grand Livre une inscription de
rente de ::i.OG2 livres; elle manœuvre avec
l'habileté d'un équilibriste entre ,;es créanciers,
ses comédiens, ses débiteur , tous les rre11s
que gêncnl ses succès ou qu'importune sa
renommée; elle ép,111se euvillo, - le 6 septembre• J800. - Elle e t dans la misère
pendant ix. moi , red1n•ient millionnaire pendanttroi nns; de Mo cou l'emptll"eur lui envoie
par décret 500.000 francs dont, le lendemain,
il ne reste plus rien; mais six mois plru- Lard
elle e réinstalle dans son appal'tement du
Palai -Royal, remi à neuf el meublé de
fraiches oieries.
Il y avaiL en 1 60, au lhéâtre de Rouen,

r•u un,• iu!ll'ription oie a062 fr1111c, ,h, reutu s11r Il'
1. ,l(rmo•'re.1 tle lJorr&lt;r,. 4, J, p. 242. Voir aussi
,11~me ~uluml!, au~ .4ppP11dice,, n• VIII. LI' projet, lirnnd l.i,·re. qu'elle lut 11hligèe rl'~hamlouncr à ~"tld 111ur1aye de. /Jo,wparte el de ,1/lle .l/011ta11ûer. Co3 , crèaudrrs. Ponr iml,,mnité des glnoe. ca,,1•c · dnu;
to1'rl111f'r3f;•', llUt(UCI ;e çoruploisnil~l'idcmm,•ul llurras, '"" llniàlro tlu P11lnis-lloial, l'l p11ur prix ilell porte,
r1u'rlle n,·nil fait foire à Je ,alll' d11 Gr3n&lt;I Op~ra rl
o~cup,• don, St!s llt'moir • autnnl ,k plaoc que t,• réci4
,lr lo ré1oluti1111 ,lu I tl1l'r1nitlor .••.
tlui n'él.llif!nl pn:t:AlnlprÎ•e dan !P. paiement, elle ovail
,
em1111Jê au l\ui ,lt, lui nrcord .. r tou, Ir nu~ uni'
2. Lr ,·omédltm Nl'u.1•1'lle et ltt fo11la:nsirr.
reprèsl!nl11lio11 il s1ln heuë.ficr, 1 \'IJpérn : elle avait
3. Jlémoire~ de l'twl dt• Kock.
4. f,e J111m1(1l Iles Tlté1i1rl'&amp; du 16 juiUrt 1 20
olur,;
do 11un(rp.,·i1,Jtl•hUil au.. M. Ir \!UOJlr clP
Prad~ ojuu,•na une Mci,i,m sllr sa di.,mantll' •l l'un
tiuhlin r!'l llrLicl~ uèci•nlngi1Jut' : • - \Jarg111•ritc Bruprétend que sn n111la,Ji,• n'a eu ,l'autre cn11!.e que et'
ucl-.\lflnl311sier, veu, ~ &lt;11• ll1111or~ lio11nlon-Xruvill •,
ri•C~ tle 1~ pnrt du minhln•. \.lire- 111•oi1' ~ccvmµlt
est mort~ le 1!l de ,·,• m~is à rlige •li• q11Uln-vi11e;t-tfü
l&lt;&gt;llll]l!l, Jen,ir de la reli!!Îna. e lP n'n prononcé quP
nn,. Elll! ••,! morte prupri~t,,re ,1'1111 c;iuqniùn1e. il&lt;'
la snlle Je, l'a,.itllés, houlcv111·ù '.llnotruarlrl', l'llUS(ruit~ qucltJnllll pm,lc~. - • Ie Îai,,,,, ~-l-ellc ,lit. tlo oump~r dl1&gt; el 2 · anciens a~tcurs 1lcv-n113 3CS 15socit'.'5,
breu:t Cl'èsncier,; je drlsir~ 'J"'on fos e ronn3itre nu
l',m,, 11aic,tt1•Jll ,le la nlle a~ l'!Jlllira, rua de Richefioi la pusiliou ùe mes nlfo.1rcs, cl ·. M. accordera
snn
Joulo (1 me~ créandor, ce •1ue je ,l~mo11dai, pour
lieu, l'ile rc~l. eu 1•erlu ile [3 lvt du 24 l'timoirc ~n
8 millions p~rtie n'-ignat:s de l'an Ill el le SW'plu~ eu~ et pour moi. 11 - lli.bliut/rèqùe tle l'A1·$c11al.

r'"~

,1.

un vieil artiste, M. Prud'hon, qui se souvenait
a.voir été présenté. chez Brunet, cinqu;uite
an auparavant, à Mme Moatnnsier-Neu,ille ;
il se La rappelait 11 de taille assez élevée, ap11l
con ené, malgré on grand âge, toute. ses
farullé · et des reste, de beauté; elle avail
été brune, sa ligure était encore agaçante,
son nez relrou sé, ses yeux trr vifs awc
de cils noir très prononcé : elle agis. ait
el parlait avec un iocro ·ab le ~ans-façon;
elle ornil à quatre-, ingLs ans le diable au
corp 1 , .
C'est bien elle. A celle époqun el] ét.ait
amoureuse d'un danseur de eorde Forioso;
ce fut, sinon sa dernière passion, la seule
du moin. &lt;1u'on lui connut po térieurement
il l 15. On la rcncunlrail souvent, trawr ant
le Palais-rlol·al à l'beur de midi. Elle ,·enail
1l pied de Terne où cil, avait une mai. on
de cnmpagne : elle al lait, trollin11nt, \'ètue
d'une robe jaune serin, avec des souliers à
cothurne, un cachemire aux couleur criardes
jeté en écharpe ur ses épanle , 11t, ~ur la
lète une espèce de turoan àla mode de l 790l.
Elle mourut, tr' pieu llmenl, da.n sa maison
des Ternes, le 15 juillet 1820. Apri\~ al'oir
longuement entretemt le prêtre, elle appela
Mlle Lillié. sa vieille amie de lhéàtre, et lui
6t connaitre ·e dernières Yolonlés'.
Elle léguait Ion ses créanciers au roi Je
France.
0

G, LE. ·oTRE.

Les deuils d'un roi
1i 11. - PendanL que Louis IV 1pr-ouvait tontes les disgràces Je la guerre, il eut à
soulenir les plus grand malheurs dome tiques. IL vit, en moins d'un an, s'éteindre
troi · généralions: le Dnophin, sou fils unique,
meurt le U an-il 1711 ; le duc de Ilourgogne,
devenu dauphin, meurt l'année suivante, le
iK îivrier. n'ayant survécu que six jours à sa
femme, morte h: 12: h-oi semaines apr · , le
' mar~, le duc de Bretagne, l'ainé de leurs
fil , les suil au Lomheau : Paris ,il le même
,·bar funèbre renfermer le père, la mère el
l'enfant.
Le duc d'Anjou, aujourd'hui Loui· XY,
unique rejeton de 1a ligne directe, fol h deux
doigts de la mort: la duchcs e de Ventadour,
s:\ gouv('rnanle, par nn amour d'au!aol plus
courageux qu'elle o ait e charger ile l'événement, éloigna le. médecins, et, pleine des
icl,;es îune le qui na:Îl saieot ,le La.ut de morls

prkipil.ées, lui donna du contre-poison. Qu~
ce remèJe ait ét~ n~cessaire ou non, on eut
le bonheur deconsener un enfant i précieux
à l'Ët.at.
Le public ne trouva rien que de naturel
dans la mort du premier Dauphin, attaqu •
de la pelile verole; mnis il n'en tut pas ainsi
de la mort du duc, de la duchesse de Bourgo"ne el du. duc de Bretagne : enlcYé tous
trois presque au même insta.ol, on ne doutait
poin.l que ca ne Iùt l'effet du poison. Fagon,
premier médecin &lt;lu l\oi, el Boudin, médecin
des E1üants de France. le disaient sourdement, avec une timidité apparente et concerlée, qui n'en élait que plus l)IJ.fSUashr. Maréchal, premierchirur "ieii, sou.Lena.itlecontraire,
et oilail plusieurs exemples récents de pnreilles
maladies; mais il paraissait moins persuadé
lui-même, c1uc chercher à console!' le Uoi, en
écartant des images noires.
Le jeune duc d',\njou, faible el langui.ssmt,
qu'on d.i~it arraché à fo mort par un antidote, semblait prouver que le pèrr et la mère
avaient péri par le poisou. On ajoutait que }13
premier accès de la maladie de la duchesse
de Bourcrogue avait été nne douleur l'ive à ln

tempe, suivie de la fièvre, après une prise de
tabac d'Espagne; que, sur cette décfaration
de Ja princesse, on mlil inutilement cherché
la tahalière, ']Ui ne s'était plus trouvée. Ces
·oupçons, répandus dans tout lt royaume,
tombaient uniquement sur le duc d'Orléans,
deprns r~genl, el formèrent bientôt un cri
d'accusation publique. Il en fut si consterné,
qu'il demanda au Roi de se constituer prisonnier avec llomhcrl, cé.l~bre chimiste, dont il
avait pris de leçon·, ju qu'à ce que la calomnie fùt démontrée et détruite.
Le Roi, pr(jvenu par les ennemis de son
neveu, fut prÔ' d'accepter ,;a proposition;
mais il lln Iut détourné pa.r Marécl.utl, qui eut
le cou.rage de représenter tiu'uo tel éclal ne
servirait qu"à tourner en cerliludes, dans
l'imagiruition du peuple, des soupçons 11ui se
détruiraient d"cux-mèmcs; au lieu tiue la
ju tificalion du duc d'Orlé,m laisserait toujours à sa réputation la tache d'une accusation indigne de lui, el que la ilémonst.-ation
de on innoœnce pa erait encor poar l"indulgenœ d'un roi qo.i ne veul pa déshonorer
on sang. L'affaire en rcsta_lù, mais les soupçon onl subsislti 1o1iolemps.

D'CCLOS.

·La reine Caroline-Mathilde'
el Jean-Frédéric Struensée

Le mariage
Lorsque, dans les derniers moi de l'année
1704, ln prince se CarolineMathildet, sœur du roi Georges Ill d'Angleterre, apprit que
on frère venait de la fiancer
au prince héritier de Danemark,
elle fondiL en larmes, acca
hlée d'un chagrin si profond
que, longtemps, on crut que
ni les cares es ni les remontrances n'auraient le pmlVoir
de la consoler. La princesse
Amélie, sa tante, lui ayant dit
&lt;1o'elle lromerail bientôt l'occasion de réaliser un de ses
.rêves les plus che.rs, qui était
de wyager : «Je de\foe à quoi
vous faite allusion, réponditelle; mai je donnerais tout au
monde pour pouvoir restl!r où
je suis, au lieu de devoir aller
vivre si loin, au près d'un pTince
que je n'ai jamais ,'ll ! u L'enfant, -elle avait à peine treize
ans et demi, - finit toutefois
par se distraire de son chagrin;
elle voyait eucore devant elle
trois ans de répit, le mariage
apnt éLé fixé à l'été de 1767;
et, en attendant, chacune de
ses journées hLi était une fête.
Au chàleau de Kew, elle avait
na jardi a à elle eu.le, où elle se
plaisait à planter et à entretenir
toute sorte de tleursexotiques.
Elle aimait aussi à apprendre
par cœur des vers, anglais
et fri:mçais, parfoj · dti lo.ogs
rôles tragiques qu'elle déclamait aYec un ·érieux et une
flamme e1traordinaires. fais
u.rlout c'était ln musique qui l'amusait et la
pa 'sionnait : soit qu'elle chantât elle-même
les beaux ilir~ de feu ~I. llamdel, eo s'aooompagnant sut" le clavecin, ou qu'elle allàt entendre, au Palai~ de ,aiot-James, les tours
de force d'un enfant prodige ëÙ.zltourgeois, le
pelit Mo2;nrl, qui taisait à ce moment 1~ délices de Londres.
1. A Qu,w11 of Tear,, Carolint- 1/atilda,
Que.en of De11111ark aud Nqrway, pa.r\V.11. Wilkilli
~ ~ol. in-8•, illusLrè!o. Londres, Longlll11ns and C•. '
! Il. -

HtST01'.IA, -

FASO,

zo.

Pou.rlant on chagrin n'était qu'endormi :
il se réveilla tout entier quand, an mois de
juin J 766, on, lui dit que son fiancé, qui
dans l'intervalle était del'enu roi, désirait
a,•ancer d'un an la date du mariage. L'admi-

CAROLll\'l&gt;•i'IL\THJLDE, REINE DE DAN'E.IIARK.

JYa.pY4S le taMeau rù Jo

0111. REYNOLDS,

rahle el excellcnl sir Josbua Beynolds, qui
eut alors à peindre son porlrait, a raconté
plus ta.rd que jamais aucun portrait ne lui
avail coûté autant de peine, parce que, dîsaitil, « la pauvre jeune prince.~se ne cessait
poiol de pleurer u. es grands yeu1 bleus
étaient plein eneore de larmes coutf'nues, le
soir du l"' octobre i 766,. pendant que, dans
la Cbambre d11 Conseil de aint-James, l'archevêque de Cantorbery célébrai.t son mariage,
par procuration, en présence du roi el de
... 177

...

Loule la cour; l'unissnnl à un prince dont elltl
contiunait à ne rien savoir, sinnn que son
nnion a,•ec lui devait ·ervir à le détacher de
ses sympathies 'françaises, pour l'amener au
projet d'une alliance du Danemark avec
l'Angleterre. Le lendemain, au
petit jour, elle eul à se mettre
en route pour sa nomelle patrie. Sa mère, personne sèche
et dure, ne put 'empêcher
d'être tristement émue en la
vol•ant partir d'aussi mauYais
gré. Elle lui domm, au demier
moment, une bague oii die
avait fait grHer ces mot
« Puis e-l-eUe vous porter
houheur ! D Et l'on rat:onte que
la jeune reine litait si p;Ue et si
t.iéfai1e, si manifestement dés~
espérée, ,ous l'elforl qu'elle
s'imposait pour paraitre gaie,
que, lout le long de la route,
jusqu'au port de Ila:rwich, les
dames de sa su.ile pleurèrent
autour d'elle.
On la plaiguail d'autant plus
que, depui· longtemps, onn'avail pas conou à la cour de
Londres nne priucessc aussi
douce, a u.ssi charmante de cœur
et de manières, ni aussi jolie.
Le vieux l\ey.oolds se désolait
de. n'avoir pas pu lui rendre
justice, dans le portrait qu'il
avait fait d'elle; mais ce portrait n'en suffit pas moins à
nous donner une idée de la
gràcieuse et touchante beauté
quj bientôt, à Copenhague el
dans tout le Da.nt!lllark, allait
lui valoir le su.rnom de 1r la
l\ose angfoise l) • , ous de magnifiques cheveux blood·, d'un
blond doré avec des reflet·
d'argent, elle avait des yeu~
bleus d'une tendre se exquise, un nez finement arqué, et le teint de blonde le plus
délicieut que l'on pût rêver. Seule, sa Lèvre
inférieure, déjà un peu forte, rattachait sa
figure au type « bovin D Lrès particulier que
nous font voir tous le porlraîts de ses frères,
comme aussi de sa sœur ainée Augusla de
Brunswick ; el eocore ce dé[au·t, assez Seu ible
sous l'e1pression mélancoUquedu portrait dt!
Reynolds, avait-il vile fait de s•effacer dès
que sa petitehouches'illo.minaitd'un sourire.
El

�1!1S T OR._1.Jl
cacher . ou · les l.;1 hl· pour leur pincer le· c·ier. En vain, maintenant, e]l 'humiliait,
jambes, mais, pin particulièrement encore, domptait toutes ses r~pngnances, s'offrait à
à errer, la nuit, dan· les rue de Copenhague, partager les iguol1l1:s plaisirs de Christian :
où il cassait le "itre , attaquait les passant , celni-ci l'insultait à découvert, la raillant de
a grossesse, ou même excitant es compaet se colletait avec la police.
De telle orle c1u'il ne fallut pas beaucoup
de temp à ln paU\'r )lathilde pour découvrir
que e, . ombre!' pres. cnlimenls ne l'avaient
point trompée. Pendant le grand hal de noce
qui ruL donné, le 17 novembre, au palai" de
Cbri tian hor , le roi linl al&gt;!olument à faire
pénétrer une troupe de e · camarades dans
le appartement· privés de la j1•une reine. Au
reste, dès le . urlendemain de la œrémonie de
son mariage, il avait publiqnemenl conseillé
:1 un de ses amis de ne jamai ·e marier, lui
a suranL que c1 l'él3t de célibntaire était hien
plus agréable o. Lne aulre rois, comme on
lui si"nalait l' é1 idente trL tes ·e de Mathilde :
« Ué! avait-il répondu, que m'imporle? elle
doit
avoir le spleen, , oilà tout! » l.'omba ali
deur français h Copenhague, O ier, troi
emaines après le mariage, écrivait à VerLe a roué du ord »
ailles : « Ln prince· ·e anglaise n'a gu~re
C'étnil nn jeune garçon de dix- ept ans, produit d'impression sur le cœur du roi;
mais, eùl-elle été encore plu.s aimable, tout
court de taille, mais olidemenl bùli; trè
Gf.OR~ES Ill, ROI D &amp;'i(.J.ITERRE.
Llond, lui aussi, et avec un petit vîsage poinlu porte à croire c1u'elle aurait éprouvé le m~me
JJ'afrès I~ taN~au cl.'A. RAMSAY
qui n'était pas déplai ant. li ne manqua.il pas sort, car le moyen, pour elle, de plaire à un
(Gra1•ure
du Caéi~I des Esl12mpes.)
non plu de bonté, au fond de on cœur, ni homme qui croit 11uïl u·l' 1 pas de bon air, à
un
mari,
d'être
amoureux
de
,a
femme?
»
même d'un certain esprit, imprévu el volontiers c~niqne, rappelant on peu c lui du roi AuLan11uet du couron.ucmenl, le ic• mai l 7G7, gnons à lui raire la cour. li s'était choisi une
Louis XV, a\'ec qui d'ailleur· Chri ûan Vll le roi éta.il hrc en se mettant à lable; délais- maitre ,,e attitrée, une gros e fille qu ·on apée, mépri. ée, en Lourée de visages indifféaYait encore d'autres trail commun . Malbeupdait ij C.,1lierine aux ·uloLtcs ù, par&lt;'e 'lue,
reu cmenl, sons de apparences de ,·i!?lleur, rents ou hostiles, la reine l.iai,sail l ' 1eu
dans
son enfance, elle avait seni cher. un
il était njet à de. cri. e,; d'épilepsie, qui pour cacher l'&gt;es larme ; el, dans une tri- petit tailleur: il dansait a1ec elle au~ hais du
n'nllaieut point tarder à lui troubler la rai- bune, le· chorbte de la chapelle royale palois; api·~ quoi ü allait par les rues, avec
chanlaieat un h1mne ,lonl rnici quatre ,·cr :
son : sans compler qne, éle,·é au hasard, une liste des bour"eoi. e de la , ille dont elle
a mère était morte quand il avait deux ans. ,1 Ilien du tcmp se pass1:ra ayant que les a1•ait eu 11 :,.&lt;; plaindre, pénétrait dan les
cnfanl du Nord recommcntcnl à pleurer; el son père 'était empressé de e remarier,
car, la.nt que ,·iHa Cbri tian, tant que vivra maisons de ces femme , ,, brisait les meuliles,
)fatbilde. - il n'J aura,. &lt;lan le royaume, t:l les jetait ur la chau ·ée. A·ant u que la
rien 11ue de la joie, - el touL homme pourra rdne. dan· on abandon s'était liée d'amitié
avec sa première dame d'honneur, \lmc de
demeurer en paix 011 _a, tente. 11
Mais je n'tn ûnirais pas à ,•ouloir citer des Pie ~en, une exeellenle fcmIDe dont le cœur
'était ému au spectarle de tant de gentilles e
exemples de la façon abominable donl, aprè
et
&lt;le tant de souffrance, Cbri tian u'eut pas
son arril'ée en Danemar~, la charmante jeune
de
repos qu'il n'eùl con.,.édié celle amie de sa
femme fut Lra.iléc 1H1r on mari. Peul-être
femme.
li finit par la chasser, sans l'omLre
Christian cro-yait-il récllmnenl que le « bon
d'un
motif,
et tnit à sa place la propre sœur
air» et sa dignité d'homme lui ordonnaient
de
on
favori
Holck, qui ne se ca.chait pas de
de traiter .a femme d'une tdle façon? Peula
haine
pour
elle.
Eufin, au moi· de mai J768,
èlre y était-il encouragé par se foyoris, dont
sa faiblesse naturelle le condamnait à subir il annonça son inlenlion de quiller le Jlanetoujour la domination'? Ou bien encore, mark, pour alhir se divertir en Anglelcrr et
peul-èlre, il re sentait le besoin de c vcn11cr eu France; J\fathild le upplia, à genoux, de
de la désapprobation dédajgneu e qu'il li ·ait, la prt'ndrc avec lui dan ce voyage : et cela
dans les l'eux de la reine Mathilde pour la encore lui fut refu é. Chr~tian l'au lori.a im•ro sièreté de e mœll1's el de sa teoue. Le plement à faire revenir lmè de Plcs en dufail est que, sans ces. e da\'ant.age et plus rant son aù ence· puis, an premier relais, il
cruellemeut, il lui iulligeait les aD.ront les lui écrivit q_uïl révoquaiL son autorisa.Lion.
La seule excuse de ce mi.érable e l que,
plu scandaleu.1.
sans
doute, dès ce moment, on épilep ie naLe g2 juillet l 707, il lui signifia que, pour
CnRtSTIA.~Vll, )tOI DE DANEAtARK.
tive
cl
Loule espèce d'excès l'avaient rendu
la punir, il ne célébrerait pas le jour de sa
D'aprés le laNl!all d'A~GELICA
fète. Le mois suivant, il lu.i refusa durement fou : à moins encore d 'admeltre qu'il ait élé
• (Gra v11re cl11 Catind dt!S Esl:impts .)
la fareur, qu'elle ollicitail, de l'accompagner fou de naissance, ce qui ei pliquerail l'étrange
dans son voyage à travers le Holstein. Et el iuquiétanl sourire qu'on voit déjà dan un
portrait officiel peint, en i 760, par Wichman,
- la mauni.e inflnence de ses compagnons quand, au retour du roi, ~fo.thilde, très fati- pour être offert en hommage à la cour de
guée
d'une
gros
esse
dfüicile,
prit
la
peinede
de jeux al'ait fail de lui un véritable saul'arre.
Londres. liais, comme je l'ai dit, la folie
ri se dh·erlisnit à lancer du thé bouillant au faire huit lieues pour aller à sa rencontre, il s'est toujour accompagnée, cbez lui, d'une
i a"e de dames d'honneur de sa cour, à se n'eut pas une bonne parole pour l'en remer-

Aprè, une lougue et pénible Ira ver ée,
suivie d'un \'0}age lugubre ou dfs ratales
d' oeigc. la rc:ine )falhildc arriva, le 2:i octobre, dan' la ville danoise d'Ahona, où, p:irmi
de nouvelles larme·, elle dut se séparer des
dame et servante anglaises qui l'avaient
escortée. ~ai s • larmei; séchèrent, l'espoir
et la confüince lui revinrent au cœur, lor que, le malin du 2 novembre, à l\œ~IJlde,
- le aiot•Dcnis du Danemark, - rite vit
pour fa pr •mière fois son royal ~poux. Car
non eulemcnt celui-ci, ~légammenl vêtu à la
dernière mude de Ver aille. , •'était ingénié
pour la circonsurnce à prt&gt;ndre le port et les
façons les plus raffinés : à peine eul-il aperçu
la jeune reine que, ravi ans doute de se
tronYCr en po e sion d'une femme aus,i
belle, il s'élança vers elle, la :iis-il dan ses
lm1 , et la couuiL de bai er .

11

0

�msTOR..1.ll
rene amère et sarcaslit1ue qui, maintes loi~,
lui a ,,atu d'être pris porir un pri.&gt;fond observateur ·e plaisant à cacher son jeu. El jamais
cette v~ne 11e p:iraît ·'èlre an --i ahondammcnl déployée qne pendant le fantasLirp1e
séjour de dcuI moi qu'il fit à Londre , îorl
mal accueilli de la Conr, mai fèlé avec enlhou iamie p:ir la villè entière, qui l'M•ail
·ul'nommé n le rou du Nord », et ne e lassait pa d'admirer ses e_'l:cenlricité . Enuuyé
d'a\'Oir à subir des réceptions solennelles, car il n'était venu expr~sémenl que pour
&lt;1
'amu.er », - il di ait à son mini tre
Derni,tor[, en arrivant à Cantorbér) : « Le
dernier roi de Oam~mark qui esl rntré à
Canlorhéty a réduit la ,ille en cendre . , i
l'on rappelait cela aux habitant , peut-être se
décideraient-il à mt: lais ·er pa~ er sans cérémonie? » a belle-mère, la prince·. e-douairière de Galle", ayant fail mine de lui reprocher sa rroideur pour sa fenime, il lui rtlpondit en lui demandanL de· no11\lelles de lord
Bute, que l'oo aYail aulrcfoi accusé d'ètre
son amanL A11 Lbéàtre, il applaudi sait avec
alJ'eclillion taules les allusion ' contre le
mariage. Ellorsque la Yieille tante de Mathilde,
la prince . e Amélie, qui elle-même rall'obit
de lui, s'enhardit à lui de.mander pourquoi
il De s'entendait pas mifU.X a,·ec sa genLille
femme : « Pourquoi? répondit en Français
cet extraordinaire mari, pom·quoi? Elle esl
·i b1ontle! Il
Contraint à partir de Londres, d'où
Georges Ill raw1it presque chassé, il se traosporl.a à l'aris, et y poursuivit la même e"Iistence. Alais, qaanJ il ro\'inl à Copenhague,
le J4 jamier 1760, ~lathilde, toujours au si
désireuse de lu.i plaire, lui prodigua les Lémoigoages de son indul 11ente affection; et lui, le
m3.lheur ·ux, dè ipi'il la revit, ce jour-là, il
'éprit d'elle, en devint pa sionnément amoureux pour le reste de a vie. ,hait-elle
changé, mûri, pendant son absence? Le repos
et le séjour au grand air l'avaient-ils encore
rendue plu· jolie, - comme nous le ferait
croire un portrait, piLoyable et charman1,
que l'on peigni L d' el h:: il peu prè ' vers ce
lemp·'I 011 bien le revirement n'était-il que
l'c1lèl d'une nouvelle crise, dans l':lme de
plus en plus cllancelanle et déséquilibrée de
Christian? Celui-ci, en tout ca , e trouva
cooqui au premier regard; et l'on peut dire
que, désormais, il n'eut plus d'autre rêve
que d'obéir 11 l'exquise jeune femme naguère
dédaignée. Hélas! il rapportait avec lui, &lt;le
Paris ou de Londres, un mal fàchenx 4u'il
communiqua bientôt 11 sa chère ~Jathilde; el
ellt en fat à la fois si elrrayée el i dégoùtée
que, pendant que son mari s'enllaiL dans
sod amour pour elle, jamais plus elle ne
pnt i-'empêcher de ressentir pour lui un mélange profond de mépris et de répulsion.
Tont œ qui Yenait d,e lui, tout ce qui l'a\lait
approché, lui [aisait horreur. Longtemps elle
refusa de se soigner, un peu par d~espoir
de vivre, mais surtout pour n'noir pas à
r(!Cevoir auprès d'eJle le nouveau médecin de
la i:our, un Allemand, que 1o roi avait ramené
de son voyage, et qu'elle savail être son con-

L.A
fide11t préféré. Ce n'&lt;'st que sur lm ordre
form el, :1près JI! seinajue de rési ' Lance,
qu'elle "e ré igna ~ ubir sa visite. C'était, ce
médecin, un grand el gros homme de lrentedeox ans, d'a1•parence cnmmuue et mtlme
a sez laid, avec un énorme nez busqué sou
un fronl fuyant : mais beau parl~ur, mielleux, insinuant et, du moins 1t l't'nlendre, le
plus " avant du monde. Il s'appelait Jean•
Frédéric Lrueosé .

Ill

Un

•&lt;

surhomme

u

l11ut lemps li senir les autres, était de s'élever
ju 11u'à un rang où le re le des hommes se
truracruit forcé de le ser,·ir à son tour. Au
retour de on voyage en France, il raconla à
on rr~re qu'il était allé voir, :1Fonlainel,leau,
la chamLrc oit Chri tiue de uède avail jadis
dem.. nré avec )lonaldeschi; ajonl:mt qne la
pen ée de celle visite lui avait été inspir~e
par un r1h'e où lui ét:iit apparue la reine Mathilde. Et, comme son frère le regard.ail a,,ec
étonnement : « labi oui, reprit-il, tout est
possible lt qui sait oser! »
On ne possède guère de renseignements
préci ur là façon dont il s'est emparé du
cœur et de l'esprit d,i ln jeune reine, toutes
les pièces de ·on procès à ·anL été détrnites,
ou étant tenues ·~orèles dans les archh·e
danoises. Mais d'excelleul.s ohser\'ateurs. el
qui l'ont connu de pr~s pend:ml les trois ans
qu'a duré sa toute-pui sance, s'accordent à
affirmer que l'empire qu'il a exercé _sur la
jeune femme présentajt tous les caractères
d'une fa·ciua1ion magnétique; et l'bypothèse
parait d'nulanl plus \lraisembla.ble &lt;rne. par
aillour', on a la preuve certaine que Struenséc lui-mêrue n'a jamais éprouvé l'ombre de
tendresse, ni de pi lié, ni de reconnais ·ance,
pour la mnlbeureu ccréalore donL il disposait
à son gré. i ·ou , savons mème que Mathilde
'efforça d·abord de luuer noblement contre
celle inlluence qui !'envahi ait. Sur une
fenêtre de 011 oratoire de Fredericksborg,
elle écrivàit, avec le diamant d'une bague,
celle touclmnte prière : 11 Seigneur, fais que
d'autres dc,·iennent !!rands, mais garde-moi
innocente 1 1i Puis l'ile céda, se li1-ra tout

On risquerait, je croi , de se méprendre
tout ;i fait sur le role joué par • lruen é ,
ans~i bien dan la vie de la. rl!ine Mathilde
(1ue dan · l'histoire politique du Danemark, si
l'on ne commençait point par se rendre
compte de l'origine, du caractère, et de la
po 'iLion sociale de ce personnage. ou son
tilre de médecin, il avait lo111our été, et
continuait d'ètrc, un domestique. Né d'une
ob cure Camille d'ouvriers el de pasteurs, il
s'était élevé dans des anlich.amlJrt?s, s'ingéniant à obliger des client , nobles ou riche ,
au moyen de mille petit· ervice plus ou
moins hono1ables. J\ecommand~ par un de
ses maître~ au roi Cbrlstian, lors du départ
de celui-ci pour I' ngleterre, il avait été
admis li l'accompagner, mais toujours plutôt
en qualité de domestique que de fonctionnaire;('( c'était encore par toute sorte d'huml11c complaisances qu'il a,·ail réussi à se
füser dans b familiadt; de son nou,•eau entière.
Au moi de juin 1770, le prince Charles
maître. 11 avait d'un domestique la tenue,
les fa~\on de parler, et les entiment : aussi dr Lie se, beau-frère du roi, étaol venu à la
plat devant ses upérieurs qu'il était insolent cour de Danemark, avail demandé à la rcine
avec e, égaux. di simulé, indi crel, el d'une Malhilde de l'accompagner auprès de sa
làcheté sans m1rn malgré ses air de brnache femme. Toul à coup, dans Ull corridor, Malhilde aperçut lruensée; au itôl elle se
dès que le danger avait fui. lnteH,gent, li
coup sil r , il parait bieo to ule.Fois n' :i voir troulila, pâlit.. murmura vaguement it son
jamais eu qu'une intelligence de domesti4ue, beau-frère : 11 J tl me retenez pas I li faul que
c'est-à-dire habile seulemenL à 'approprier je m·eu retourne! &gt;&gt; A.près 11uoi ell(:l s·enfuil,
le idées d'autrui. sans même s'efforcer de lai sant le prince forl embarra é. Â. tahlc,
les approfondir; el l'on ne \·oil pas qur la pendanl Loule Ja îl ile de Charte de lfo:;sr,
m1&gt;decinc ni aucune autre science l'ait jamais Strucn ée 'as~eyait loujuar en fac1• d'elle :
intére sé autrement r1ue comme un moyen et, dès que leurs yeux 5e rencontraicut, on la
de e renùre indispensable à se protecl.èurs. voyait saisie d'un tremLlen1ent ner1·eu . Il la
trailait d'aillcur , dès ce momeul, el en préMal cette iirne dl' valet awiit été rongée, dè
l'enfance, d'une alilbiLion monslrueu e. À sence de toute la cour, avec ce fantastique
1ringL an , pendant qu'il admini. lr3it des cly - sans-gène qui allait, pendant deux ans, devetère aux bouliquiers d'Allona , 8Lruensée nir pour toute la ville un sujet de risée ou
rêvait déjà de pré idc.r aux destinées du Oa- d'indi«nation. « Eh ~ien? lui di aiL-jJ, \'ous
nem.ark. De la lecture de ll.ou . cau et des n'entendez pas cc qu'on vous demande? ...
Hon-, à qu.oi pcnsez-vou ? Pourquoinejouez~ philo ·o phes &gt;l de son temp , il ~ 'éLai L déd uh une doctrine qui ressemblait fort à celle vous pa ? » li l'empèchait de recevoir aucune
que Nietzsche devait appeler plus tard a la lettre, de parler à personne. Quand la vieille
morale des maîtres 1&gt;, mais aecommodée à ses princesse douairière de Galles vint, exprèl , à
babiludes personnelles de domesticité. Il la frontière danoise pour re,,oir sa fille, truens'était dit que, tous les dogmes reliorieu1 sée défendit à celle--Oi de rester seule avec sa
n'étant décidément que des ml'nsonges, el mère; et, en ellet, clle exigea qu'il îùt prétous les principe moraux. s'effondrant du sent à tout l'entretien. on mari, ses frères,
même coup, l'unique devoir de tout homme ses enfants même, rien n'existait plus pour
était dt conquérir, à n'importe quel prix, la elle; à toute heure du jour. on la. rencontrait
plus grande somme de plaisirs dont il était chevauchant dans la. campagne avec truensée,
œpab~ ~ el son plaisir, à lui, instruit de 011 bien assi e à table entre lui et le pauvre
◄

18o ....

r?i, qui, derenn 11 pré cnt tm1I à fait imltécilc_, tremblait dt:vanl Plie tanJis qu'dle trpmbJ~n deyant son amant. SirôL c1u'ell~ e trouvait seule, dans sa chambre, elle s'affals.ait
ur un ofa, ef fondait en larmes . ._iJ bPanx
yeJU avaie~l ~ri~ une lh:ilé vide, nn air d'égare~e~t qm r~1sa1l mal à ,·oir. li n'y a pa en
1·?rtte un lr:111, dan· tout ce 1111e l'on rapporte
delle 11 c~ m~mcnr ~e a 1ic, r1ui n'éveille
tout d~ su1le I image d une de ces ~ugge lion
bJpnn1u111' dont, précisilment, Jp Mesmcr
el lrs Caglio. lro 1enaient alors de rappeler au
monde la possiLilité.
Quoi qu'il en oil, au re.Hr, d,•s mo1ens
employ; par Struenséc pour Ja domine~. el
pourdewmirainsi le maitre ali ·olu ùu rovaume
le fair est quïl y avait réussi au d,·lh de tou~
ce qui- ~on. a_mbition a1·ait pu espérer. li avait
renrnyé m1m~tre et F:h•ori~, s'était fait nommer,. t?ur à tour. « maitre &lt;lès requètes » et
« mmure du cnbinot privé o, avait ohtenu
que le ~kr~ts porlant sa sq;naturc n'eussent
pas hc.orn d être signés du roi. Et, rn,turellrment, il s'était mi dès le premier jour à
décréter de réformes. Ce ritformes. dont
plu~ie~r~ arnient une porrée expre sément
au~rell"1e11se. lu:i ont même valu, par la
s111te, dan 11.'s pay scandinaves et en Allema_gne, une ré~utation de grand politi&lt;Jue.
Ma, • ~ail' vouloir conlesler le mérite humanitaire de 11ue.lques-unes d'entre elle. , q~·on ·uppose. d'ailleurs lui :woir été io pirecs par fa remc Mathilde, - j':woue qu'il
mti_ ~t'mhlc dirôcilc d'auacber une importance
sér,_eu e à dll~ dl'Ci ions aussi brusques, amsi
rad1calei., et gui, si elles ;il'aient été appliquées, auraient bouleversé du jonr au leode':'ain loute la vie d'un peuple. ta aohle . e el
1, arm6e,. le clr-r11 é. la propriété, la famille,
Struensee entamait tout cela d'un seul Irait
de plume : plus ardt&gt;nl à son œuvre de destruction que n'allaient bientol l'être les révoIutionnair .. s frauça.is, et travaillant sur un
Lerrain infiniment moins préparé d'a,•ance.
L~ comme partout, l'impression qu'il nous
faat (el il la faisait déjà an-x plus réfléchis de
ses_ contl'mp~raius) ci L celle d'un domc tique
qm_ se serait emparé, par . urpri~e, de la
mai ou dt~ ses maitJ'es, el qui, ~ou• prétexte
de réformes, assouvirait un ,icux fonds de
rancuue, amai-sées ù l'office.
Le. trois ans de s0i1 rèmc ont otlrrl un
pectacle qui, dans ,.l'autre, conditious, aurait
pu aisément devenir sinistre: mai, en foil,
il paraü avoir éLé surtout d'un comique el
d'un impré1·u llX traordinaires. Le prl'mier
mini:.lrt• dictait à sou souverain, pour èLte
envoJées à l'impératrice Catherine, des Jeures
ticritel! en style, d'auti.chambre, où Christian
app •lait son impériale sœur « Voire llaje Lf 1&gt;,
et signait ingénumenl: «J'ai l'honnenr d'èlm,
ladame, de Votre Majesté le très humble et
obéissant • ervitrur. » Toute la noblesse du
royaurn.e s'abstenant oigncusement J'assisler
di!sormai aux fêles de la cour, Cl'S fètcs n'en
avaient pa. moins lieu. pins fréquentes et
plq, . somptueu , es (Jue J.tma1 : mais on n'y
vo ·ail figurer 1111e le, l,ourgeoi du Ja ville
avec leur famillr . C'est ai11si que le prince

1('E-17VE CAR,OUNE-JK AT1lll.DE I;T ]E.A7V-'F]('ÉD"I;'lf.1C STJ?.TIENSëE. - - ,

royal
frère
reine
iaiuc

de Suvde, durant sa vi~ilc à son beauChristian VU. avait trouvé le roi et la
assi 1t ta.hie en compagnie d'une doude dames, qu'on lui avait pré entées

c'est ainsi 11u'une troupe d'aveuluricrs, ayaul
il leur tête lu reille Juliana, t•conde femme
du pêrP de Chri tian \Ill, comprirent ~ue le
moindre eflt&gt;rl leur sullîrait pour renver.er
une fortune aus~i mnl dért•nduc. Dan la nuit
du lô Jamier l 77~, Jnliana, profilant tlu
dé ordre d'un bal ma qué, parvint à s'introduire auprès de Chri. Linn, lui montra une
fausse lellre oi1 ' Lrucn fu t&gt;l la reine étaient
cen é a,·oir formé un complot pour le tuer,
et arrach:i de force au malbeurem: fou l'or
dre de f:1ire empri onner la reine et le mini .
tre. 'ur fJuoi, les conjurés allèrent saisir
lruen~ée, qui dormait dans on lit, lui signifièrent 011 arrestation, et le firent mene.r
à la cit:ideUe, rniùgré ses . upplicaLions el e
gémissemeuts. Pms il s'emparèrent de la
reine Mathilde, avt:c mie violence, une grnsièreté, une cruauté scandaleuses, el l'enl'ermèreol à la pri ·un d'El ·rneur, da11s une pièce
sans fen, où, pendant des semaines, seule.
privée de \'l!temenL, à demi morte, elle resta
~oumise all régime de voleurs el des assasin •.

lV
Le dénouement.

Désormais, le drame n'allait plu, comporter d'épisodes comiques, ?1 moins que quelcomme « le· épouses des principau nérro- qu'un ne trouve la force Je sourire d, l'écœuciant.s de Cnpcnhag.uc ». L'ambassadeur
rante b:1sscsse des avflm, 011 plutût des déo-lais Keith écrivait à ~on père : a CettP cour- nonciations, de trucnsée. Celui-ri, d'abord,
ci n'a pas la moindre ressemblauee arec avait fout nié, comptant toujour ·ur la faaucune nuire qui soit sous le oleil. u Et -.:cur de la reine, dont il ignorait le sort. lln
l'bonoête Sui ,e [leverdil, l'ancien précepteur matin, .es jug ', par manière d'épreme, lui
de Chri. tian VU, re,,enu en Danemark après révr:lcnt que Mathilde e~l empri tmnée,
Jeux ans d'absenoo, non raconte, dan· ~es qu'elle ne peut plus rien pour lui, el tJue,
curieux Jlénwires, que « le ton de la con- même. il a chance de s'innocenter en di ant
VPr~ation el l'allure générale de récrptions, tout ce ~u'îl .ait contre elle; et, non ~euleà la cour de Copenhague, évoquaient irré ·is- ment, au itôL, Je drôle reconnait qu'elle a
tiblement l'idée d'une troupe de dom~tiques été a maitresse, mai , oh 1inément, une sede grande mai on installés à table pendant maine de aile, il e. met à la charger des
un voyage Je leur· maitre 11. Parfois, au accusaûons les plu. em orahle. , affirmanl
cours d'une de réceptions de la reine (où que c'est elle ~ui l'a H Lenlé ~, séduit,
Strueosée aidait invariahlement Mathilde à obligé de force à devenir son amant. On lui
faire les honneurs), on voyait apparaitre tout fait ~igner ~c d~clarationi;, on les cm11orte 1i
à. coup le roi, en rohe de chambre, et qui, la pri on, où Mathilde, inwlfére11le à sa prosans saluer per ·•Jnne, se mettait à débiter un pre du~linée, ne ces~e point de trembler et de
poème français; aprèi: tiuoi, il ·en rt!lournai t prier pour son Lien-aimé. Et alors s·ouvre
dans es appnrtemenls, où ·on chambellan une sc·ne si tragique, d'une barreur si poiBrandi, l'homme de !-itrurn ·ée, lui donnail le gnante à 1a l'ois èl si . impie, r1nc pcul-èlre
fouet comme il un enfant.
aurait-on de la p ine à en renc:oulrer l'é1piiEl cette comédie aurait pu se prulon"er Vllonl dans aucoo autre Jrarne. inventé ou
indéfiniment, - car k pauvre roi était ;ns réel.
cesse plus épris de sa femme, qui au ces_e
Les juges montrent à Mathilde les aveu.1
e soumellait davantilge à l:i l'Olonté de son de ~lrucn~ée. « Si celle cool~ssion n'est pas
C\uy Dla nietz chl!en, - si bieutot l'inrrai- vraie, madame, il n'y a point de mort a ·ez
semhlal,le làcheté du fl . ur-1·al~L » n 'am.il pa
crudl!l pour œ momtre, qui a osé vous comom·ert les yeu1. el rendu le courage à es promettre d'une tellll façon! 1&gt; La reine fréennemi . Chaque l'ois que des ouvriers, ou mit, . pâlit, li\ve sur les juges « un regard
des soldats, ou des marins, ayant à . e plain- aJfol~ 1&gt; . ElltJ se rend compte de h gravité
dre de quelque uouYe.lle me:.ure prise contre suprême &lt;le 111 répon e &lt;1n 'elle va faire: son
em par 'trucni:ée, menaçai1ml celui-ci de ra~g. son honneur, _sa 110 même sont en jeu.
représailles violentes, le pui $ant mini lre J\fa1 . on amour fimt par l'emporter sur tout
pâlissait, tremblait de Ions se. membres, el cela. " Si je confirmais c1ue es paroles de
se hàtail di? révoquer les me. ure en questruensée sont vraies, dit-ell e, pourrnis-j~
tion. La cho. e Îl11il µ~r èlre snu de tou : e l
aul'er sa ,;c par ce moi 1:: u1 - En tout C'a~,

;n-

..,

18 1 ....

�111ST0'1(1.J!
madame. répond le président de la commission, \"Otre a,•eu errul compté m sa faveur,
et modifierait sa situation! Yous n'avez qu'à
i1,'ller le papier c1ue voici! Il La. reine jeta les
yeu Ill' ce papier où, d'avance, on avait
écrit l'aveu de son adultère. « Eh! bien,
oit, s'éc"ria-t-elle, je sim1erai ! » Elle prit la
plume que lui tendait le juge, signa sa condamnation, et « elle tomba de tout son long,
évanouie, sur k's dalles ».
Elle ne fuL point mise à mort, cependant;
et trnensée le fol, mal~é l'infamie de ses
dénonciations. Voyant que ce système de dérense ne sufû ait pas à lui sauver la vie, le
t&lt; philo ophe » avait en uile imaginé de se
convertir. Longtemp il édifia, par sa piété,
le digue pasteur prépo é au soin de son àme.
tais cc syslème-là, non plu , ne lui réussit
pas : il rut publiquement dégradé et exécuté,
le 28 avril t 772, en compagnie de son proLé~ Ilran:IL, le cbaml.iellao tl'lÎ 'amu ait

à rouer de cour le roi Christian VII.
Quant à Mathilde, elle Îlll sauvée par
l'excœ mème de la haine de ses ennemi .
Ceux-ci, avant de procéder contre elle à d'auLres mesures, avaieut commis ['jmprudence
de faire proclamer son divorce: ce qui fournil à l'amlia sadeur anglais Keith l'occasion
d'exi1rer, sou la menace d'un bomliardement
de Copenhague, que, étant redevenùe une
prince se anglaise, elle fût remi e au pouvoir
du roi Georg!ls 111. Elle reçut, de celui-ci,
l'ordre d'aller vine au ebàteau de Celle, en
llanO\Te, le lillu même où ét.:1it née, jadis,
son aïeule, - sa sœur d'inforlum:, - l'ar.
dente el charmante ophic-Oorolhée. C'est à
Celle qu'elle est morte, troi. ans après, d'une
fièvre prise au chevet d'an enfant qu'elle
avait recueilli par charité. Elle est morte au
moment où de· amis inconnu , Anglais el
Danois, e,vaicnL formé le projet de Lui reudre
lè Irone : projet qui n'était pas sans avoir

maintes chances de ré.us ir, car le pauvre
Chri tian VII continuait à r8t,,q,elter, et à appeler Je tout son cœur, la compagne dont on
l"avaiL séparé, il ne savait pourquoi. Du
moins, dans ses intervalles de lucidilé, a-t-il
toujours alfi.rmé, jusqu'au bout 1 que Caroline-Mathilde était innoœnte; el c'est cil
qu'affirmaient au.ssi, sans cesse en plus grand
nombre, à la cour de Copenhague, à la ville,
et dans tout le royaume, ce1U qui se rappelaient la grâce, la douceur, les longues souffrances de la jeune reine. Elle-même, pourtant, a signé l'aveu de sa faute; el il ne parait pas qu'elle l'ail jamais sérieusement
rétracté. Mais je ne crois pas que personne,
en présence d"une de tinée telle que fut la
sienne, puis e s'em~cher d'éprouver le sentiment, toul cbrélien, ex.primé aulrel"ois dans
ce beau ver de l'an de· poèt.es qu'elle aimai!
le plus:
E1 e'est .!:lre innoeenl que d"êlre malheureux 1
TEODOR

DE

W)'ZEW A.

Les débuts d'une favorite

Janvier 1751. - )1. Chaum1in, garde
des ceaux, a songé à plaire el à s'impatroniser près du roi; il l'a cultivé, il a releré la
forlune de ceux. qu'on appelle Jfor111011sel ;
ce sont nos jeunes seigneurs qu'on sait èlre
aujourd'hui de petite taille, mai bien poudrés, èt encore plus de pefü mérite. Us cha sent avoo le roi, ils oupentdansse cabinets,
et cela peul a,,oir son crédit.. .. M. Chanrelin
·'e~t acquis plusieurs pelits roués dans ces
Marmousets; il s'est servi de l'occasion de la
dernière •!llerre pour avancer leur fortune;
cc gens-là lui sont toul dévoués. Mai voici
davantage : Le roi avait envie de tâter d'une
a11Lre fomme que la reine; on l'a fixé sur madame de Mailly. Après bien des faux bruits sur
cela, il se ont réali és cl foudés. Mademoiselle de Charolais y a aidé par la commodité de sa maison de rtfadrid du bois de Boulogne et de la Muette où le roi soupe souvent.
Il m'esL arrivé de me promener de grand
matin, à cheval, dans le bois deDoulogne, de
trouver d~ traces de roues fraiches de la nuit
dans certaines rottte étroites el toujours fermées de barrières, lesquelles vont de la
luette à Madrid. ~lai depuis que lagrosse af.
faire est consommée, Mademoiselfe n'y est pl us
de rien el les deux: amants font leurs aJfaires

tout seuls. Le garde des sceaux ayant su le progrès deceu.evolontédc~a \lnjesté,est devenn 1~
seul con eiller de b ll:ully. Celas est accompli
dans les entresols du roi ; un nommé Laiure
en est le concierge; il a sous lui un second
qui amena au roi cette_dame, c'était l'bh·er
dernier. Elle parn.l derrière un para vent; le
roi étail honteux, il la tira par sa robe; elle
dit qu'elle avait grand froi~ a.Ill _pied~. elle
s'as~l au coin du feu. Le roi lm pr1L la Jambe
et le pied qu'elle a fort joli. ~om~e elle avait
ses instructions de ne pas résister a un homme
si timide, elle dit: « Eh! mon Dico, je ne
savais pas que Votre Majesté me fil venir ici
pour œla, je n'y serais pas venue». A.u bout
de deux rendez-,•ous, elle lui parln. de sa mière qui est graude; l_e roi .~ni d~nna libér~lemenl quarante loms qu 11 a•all sur lui;
seconde libéralité; mais à la troisième, il lui
a représenté qu'il n'avait à sa disposition que
l'argent de a cassette, qu'il avait dessus cela
beaucoup de charges Îl payer el qu'il n'y suffisait pas; on sail d'ailleurs que tout c? qui
s'appelle :Bourbon est avare. Cela a fait du
cha!!rin parmi les amant .
C'est là où M. Chamelin les aLtendait; il a
fait dire au roi, par madame de Mailly, que
le garde des sceaux était un habile homme,

qu'il s'engageait à faire la îortune de madame
de Mailly sans que cela parùt ni au cardinal,
oi au reste du ministère; qu'il en avait les
moyens par son département des affaires
étrangères, puisqu'il lui pa sait par les mains
des mémoires el des fonds, soit pour des présents, soit pour des affaires ecrètes, et, pour
mettre à tout cela un air de règle, qu'il fournirait à la dame quarante louis par chaque
rendez-vous; ce qu'on a upputé devoir bien
aller à cent mille livres pa.r an.
Ce qui est eerLain, c'est que, depuis cela,
M. de Mailly, que je n'ai jamais vn aller
qu'en fiacre, esi venu chez moi avec le plus
joli équipage et du roeilleu.r godt. Madame de
lailly a une chaise à porteurs du mème
vernis que les cabinets du roi. Elle cache son
ai ance, mais on la voit s'échapper; elle ne
paraîL guère le soir, elle mèDe une vie dillërente, elle s'échappe par des pnrtes secrèles;
les cabinets du roi onl cent issues pour é\'iler
le scandale, la .Muetle, des équipages obscurs,
les après-soupers, etc. Il faul savoir que les
~fa.illy onl toujours été ci-devant la faim et la
soif mariés ensemble.
On se dépêche d'arr-anger Compiègne pour
que la reine y aill0, et par conséquent la
petite Mailly.
MARQUIS

..,

182, ..,

D'ARGE SON.

MAURJCE MONTÉGUT

,

Les Epées de fer
®
LIV~E DEUXIÈME
1 (suite). ,
n malin. lkrnardin pënélra chez sa mère
plus tôt que d'habitude; il s'assit gra\'emrnt
et commença :
- '.\1ère, j'ai à vous parler.
La vieille d:11ne comprit sur-le-champ c1uelle
crnit la nature de l'entretien; elle s'en
altri ta, connaissant, l':!'lllle part, les impo sibiliLé~. hnntéc, d'autre parl, de .es éternelle
appréhensions. Pourtant, d'une voix douce,
déjà. prise d'émotion, elh• répliq11il :
- Parle, mon enfant; comme toujour ,
je suis 11rêle à t'entendre.
- ~la mère. reprit le jeune homme, les
yeux droits (car devant celle mère, il n·arnil
jamais re srnti ni crainte ni embarras), ma
mère, vous devez saroir ce que je vrux ,·ous
dire: vous y voyez clair, à votre bahitudc.
J'aime Claudine; je croi eu être aim~; tout
me l'a.sure, tout me le crie; sPs regard , ses
gestes, se' nttitudes, sa mélancolie; oui, tout,
sauf es parole~, c•ar jamais un a,•eu oe s'est
t!cbappé de sa lioucbc. Elle est fière, elle est
farouche: c'e ·lune Le Glohanic du bon temps.
Mère. voulez-vous confe~ser eo cœur superbr?
Plaider ma cause devant celle :\me inquiète? ...
,le rou · lo demande. El i je le tais. c'est que
je ne doute pas une seconde ,1ue vous-mème
n ·ayez déjà, bien à. l'a,·aoce, prévu et désiré
cette -union que tout indifJlle, r1ue lOnL coneille, que tout justifie.
Au début, madame de .Joyerme :wnit écouté
son fils sans mar4uer par un signe, ni Sllrprise, ni plaisir, ni mécontentement; impas. ible, elle le laissait aller; mai·, hru.quemcnl, au milieu de la conlldenc.e, elle pâlit
affreusement; ses yeux s'agrantlireul; el,
fixement, elle regardait de ant elle, comme
si, dans ln lapisserie dés murailles. elle percenil quciqul' cbo e de terrifiant.
La vision, l'alfreuse vision, une fois de plu
emplissait ses prunelles hallucinées : Bernardin, étendu sur la lande, ses doigts griO'ant
la terre, la poitrine rouge, mort en pleioe
jeunesse, en pleine beauté.
Ce ne fut qu'un éc.lair; mais elle acc1•pla
cel averti scment du riel. EL quand le chevalier, auquel al'aÎL 'cliappé ce trouble d'une
seconde, termina sa requête, elle s'était ressaisie. Sa décision était pri e. Pour rien au
monde, il ne fallait attrister œl enfant marqué par le Lrépa ; elle répondit donc :

ui ... je SaYai .... J'avni. bien vu.
Certes, cela de\•ait arrh·er. Vou êtes tous
deux jeunes. Lou deux be:in..·c el les évûnemenls qui ,·ous ont rapproché . •f' sont monlr ;, complice .... . Eh bien, c"est convenu; je
vai interroger Claudine; et, cc soir. oui. ce
soir, elle le répondr~. E -Lu contf'nL?
- Merci! cbant.1 Bernardin en alliranL la
pamrc femme dans ses liras: merci trois
fois; mai$ je n'avais pas douté de votre bon
,·ouloîr.
.J.prè· quelques mols, celle foi indifférents,
il l' retira. A.lors la mère, liùrc enfin de .a
douleur renonn•l~e. de son horreur grandie,
tomba ur un siège, la face entre les mains.
Un instant après, elle appelait Claudine :
- Écoute, lui dit-die, et soi brave, car
c'e·t alfrenx ....
La ,jeuue fille pàlit, pressentant le désa tre.
- Assieds-toi, reprit madame de Jorenne,
là ... près de moi. Voilà. il est venu, "tout à
l'heure, me prier dïntcrcéder auprès de toi,
pour lui ... pour on amour; de le demander
ta mllÎn, à toi, puisque lu es eule au monde.

lléla ! par la franchise, par ta volonté au;;si,
ma réponse était dicl.ée ... je devais essayer
de combnure cet amour ... c'eût été inutile,
sans doute, mais plu. lard :n•ec le temps, et
g-ràce à tes propres refus, peut-être erait-on
panrenu à le décourager, il e.t sî jeune, on
ne sait tia:. llJla ! ,ie n'ai pas eu le loisir de
lui répondre. Toul d'un coup, sans que rien
m'y préparilL, là. da.os celle tapi ,erie, en
plein jour, ,J'ai vu ... tu sais'/ ... J'ai ru. ... lai,
fusillé sur .1a lande ... .
Claudine ·~tait dres~ée, la face dêcompoée, lragirrue; elle ne put r1ue halbutit•r:
- Encor-!
- Oui, encore! répéta madame de ,Joycnnc .... C'est ain i . .• . l)ieu ne veut !Jas qu"on
doute.
- Oi1•u? fit la jeune fille d'un ton énigmatique .... Alor'" ... Que dois-je faire?
- ri ne faut pas lui causer de peine ... petite ... lu comprends bien ... ne rien lui refuser .. ..
la phrase ét.ail a.mlii ,uë; cerle , relie qui
la prononi;aiL était bien loin de lui donner le

Une ru1'.1eur s'dle,,ail de l'a.11/re côle au pm1t. q'llaU'II eux. BienJiJI ils app1Jrurenl, hâves, deguenl!ié.t; /es )'eux
èleln!s, p,-0/011.J.~ 4am de, ca,er11es, mutile~. /Jkssés, malldes- et reu tiom/orewc. Dev.2111 le C1/v.2tre, sizlu.2n
le g•I~: fis avalent enlonn.! le Stella Maris; /1mrs voix è/Jienl rauques, toriséts, Wintat11es, n'a/laleiil pas
Jmqu a l'echo. (Page 185.J

.... 183 ...

�r-

fiST0'/(1.ll

lt&gt;nir .'Ï fort •nlre mr. Lra que la morl
sen· lJIII! lui allrihu:1 t·1 llc 1p1i 1't'l.'1mlail, el - eu écoulnnt ni bl:1,ph'•mc implcnwnl n'osera ra. r 11•nir prendre ... Oil bil'II, Jll'lllénon ·~. crul pt"rJr, la rai~on.
1
qui inlcrrompil :
- Toi, toï! uu • Le Glohanic. une tille ètr , ô joil' ! ne pouvant plu , 11011 pa rcr.
- ·on, ri 11, c' ·t 111011 inlention !
11011 cmportera-t-clle cni;eml,Je wr l' ouhli .. ,.
La ,i &gt;ill,: d me 1•011tinnail, . an. · i:,ir la d'l1:ir~toél. parler nim,i'/ 'I o a,- uoff ·rt, oui, Et c:e: ·rait le 111ico~ de tout , 1 ni •
t-rP- une raison'! Et moi, j :ouffre, je
nuance:
f.11 • di~ail C l:i. !:'l ra e nrdente.
- li fout train r cdn en Ion •11&gt;11r .... I.ui rourli• ln l le. j,: m ,ourn ·, j':t 'l*'·
fou,, e1tntiquf', tnliévrh•, harrnnni
Claudine
sïrr1I
il;
ell1!
int
·rrompit
;
proniellr pour plu, 1, rd: 11u nd tu · 1•1":I..
- \'nu~ èlc. une , inte. je .uis une plll' !,elle dan · ;&gt;a foi l~onr s,1~c.
~tahli da 11. ton n m, If• titri: . ... nui, ga)1 dam de fo)· •nnr, Ir. main jointl's, la
i;ncr du tc-mp ... c'e t .,ffrcux à dire, le ll'lllps f Ill Ill!' , •••
ron
·idér,11l a,ec lerrl'Ur. a1· (', admiration. hll •
- n • femme~ oit! mème une fl'OlIDt' ....
qu'il ruetin• !
eut
la ré1·élalion . ubil, de ,1•nlimeul m ,téEl .-elle m~re. ,hionnaire, l1i1•0 que r 1si- t:: t-1.: tiue le~ f1 mm . de ton rang n portent rÎl!\ll ,1u· •Ile n • puuvail comprendn• , ;nai,
gn :eau volonté. ddlieu l: ·lalaiL en .antrlot . pa · eu el!t· -mèm.e , ln . nuwgard1, Je leur dont elle p •rCe\'a
•
•rr:111deu r.
inné. an rherrher
oil 1 dit ClauJiu •: 0011 m ntiron. cc wrlu "! ... n'ont-cl! ·
Et,
oudain
eau
e humaine.
ou r ruellron. d'un al't'. ord mutuel, plus h~u,, le dé •oùt dt: la foule, d la uil- ouLli nt une cc
iplinu
d cicu\,
vou t moi, l maria e à an tcmp. i11Mkr- lur rharn ·lh•'! E•l·Ct' 11ue l'ronnr.ur n'c l cil allira v •r. cil
did
·
at11ourt·u.e.
111in '... t je ·rai jo~ u. • d •\anl lui ... j' p:i~. h 1. 11011. , 1111 eulimrnt naturd ,iu'on et loi murmura,
ul ;
li!?Ur mal pomoir n pa. exi. l r? ...
,·ous lt• prom t, •... foi· je II m conl •nt rai
- Tais-toi, tais-toi, pelitl' . que j1: ne
1:ul
rue,
r
'pliqua
la
œur
dt'
Turpin,
pas Je c •1, • m, dame .... Ob! non, 11011 ! ajouj ,oi. •1ue ou, oulilieL mou pa il. \'otre ·:icbt' pa , au moin~ l. ..
t -t-dlc d'un• voi. plu ha ·
L• mèruejour. prune der
· 'S ù' t'
Dieu l mon fr~rc! ont wulu 11u • tolll cela
Mal ré I • d~ ordre th• .. id \c ·, madatn
où.
la
lumir1e
'aunrde
et
ne
,·eut
r
'. .
rour moi Il fùl plus 11u'un rt•grel : je ne
J • Jo, nue. •Ue foi:, 'intl!f'~;-,a :
tlr
•
comme
un
pluie
·
li
- · Qut •u1-tu Jire. p tite.1 Qu 1' J~ - pui ra· dir• un remord ....
!!OUlt' , l11mÙ.1Ît •n rrso
rie • tu n'a jamai. été roup l,lc.
eim: c1111ç.oi ·-tu?
'ïmporl , j • ~ui perdue! Et ,·011 me d':udoi~l'. "Ur le reu·
La i~un' till •, d'un n te rnlonl ire, . oua
1l
•
croyez
. sez tupidemenl ,;rnilt!U. pour allo- plu. ncorl' l ~ manoi
• 3 l ÏI! brune 1111
lourd bc,· •ux encoinintime
dr.,
cbo,e
·
o
cher quelqu, pri
e qui r l de moi? Je
brait.nl &lt;le nuit.
.I'
'
me
mépri
e,
j1•
n
compte
plu .. :i votre fil .• dan~ une sali d
- Je n,• pui pa ,ous lt: dir ... ,·,,u n
iul
rt&gt;i- , • • étai, ol
mon {.lieu à moi. peul tromer 11uelqu' j ie
IDl. comrr ndriez pa..
de autre •
- .\h ! 111 a· des ~ecr
pour moi, pré- &amp;n · m . hras, je le, lui oon Ve • dtllite.
Tonlé la journt . Claudio a,·, il nlOPchi à.
vcc
cn·bantemenl:
donn·
•
•nfln.
nou
ras
- nt ? pronon~-:a la m~r ,le ~ruardin, an.-c l:i
r.c 1p1'ell J_îrail le .oir; au ar!!Uml'nlS, d'appri. P; aimante, aimée, radieu e !
tri te intonation d'un dou rcpro be.
paren \'l!ridii111e, u:ceptiblt• ' Je Lromp,'r
- El l't:nft:r, l'euirr1
- Soit! répliqua Claudio , se r,•drc . ant
U rnurJin, de contrnter son d1Ur, l'.11 obteJl I C011113Î , m Jarne, en \"Î(.'11
datL un alliLUde J d'·h, écoutez-moi, mi
nant :i p.ati1•11ce. Et, de fait. 1I ;lai ni nomPui , cban~eant d ton ,
lle cntêt
je ·ai, ,·ou épounnt..r.
hr ux à fournir el rai. onnalil .. Elle n'avait
- l\ien ne peul plu m'épouvanl •r, mur- d'amuur pr :chait a pas ion :
pa de nom, pa dc rlalit: hile; l'ile n'c\i~- .\h! \:à, ,ou n'a\·cz donr jamai niméL.
mura m, dame de Jop!nn •.
1 il pa. ; on n'i·pou l • un fanlom • rnt\'ou me dire· ,1ue Bt&gt;tn:irdin '"a mourir, et
- 11 doil mourir, u\• ·H· p '?
ell • rl'COnnu • publir1uc-mrnt par Geor e. l
,·ou
· m'épouvantez au poinl que je voui.
- H~fo,,!
par ·c pairs, par I p uple a.. mLlu, toute
croi ..• il va mourir, cl moi qui le ai j'of- Jlientul '!
une procédure• c[ectil"e devenait néte, ·aire,
frirai ' comme adieu le bout de m doi&lt;Jt. à
- Oui.
p:ir la suite, à. a r '•intégration J n fa ,ie.
se
lène .... Bonjour, lionsoir. \'a mourir!. ..
- J dni 1011! raire pour r11ndr jo}'eu ..e
Quel m:ici trat, l(II ,f prillr consentirait à
Je t'oul,lit•rai .••. J n'ai pa lecœur:ii11 irait.
s dernière h,~ur1•:; ... '!
unir un feiume an· id ntité. m·me ~ un
'1\ doit parlir. il m' •mporl ra! J · 1• r&lt;le- ,hi l'en pri1•.
,·ntilhomm' 11ui .'en porterait arant? ucun
rai, en moi, dan mon u,· nir, dans mes
Il m'.iim1'. ?
m.
"Îstral, aucun pr ll't•.
yeux. dan · m. chair. Cro) nœ , cru pole
- l'rofo11d;rn •nt.
Tout ela, pour être concilié, d maodnit
- Eh ltit&gt;n, quelle c~t. pour un amant, la di,in • prvju és humain,, j'ai cba .. tout de, DJl)Î .• de. un. pt•ut lre, par C.' l~mrs
cela; r1u· .1--c• que to11l cda d•,nnt mon
plu rande juie au mond •?
troubl~ oi1 le pou~oir~ puhli. 1$1 Îl'Ut rra.iLa ,·i ill Br •toun h' ita. Ceti pa ail sa amour'! Vous me r:vollt&gt;1, ,ou., madam , ch meut in uillé el rc i.,ient ·nos df1't dan~
qu. nd ,ou. vou r ',i •n •1.. 11uand 1·ou. prècompétrn :. Claudin r 1 pondit pour lie.
1, canton. n nrm •. , r1·otn· Jïu urr ·ction.
- La po. , . ion de la r,,rum aiméé .... ch,,z la ré i mation. D• quel droit ,·otre l&gt;itiu
hl p11i;, ce n'tlt:iit auère l' :p01p1e d l'l:Clavou prenù-il votr• llls?de qucl droit m'a-l-il
t Cl' ll'II! je COIIlJllC lui offrir. \'oil !
111r.r hien haul res tilr • 11ob1li ire 110 • la
jeLt' • J Il la mi ill'~, la don leur t 1 b nt•'!
lad:1mc de Joyt•nne fut lopJfnile: dl
füpublilpte n,ail alwli .au rê, r, ; c't~tail
compr nait nlln. EUe e dn! .a d'un flan. Et nuu~ alll'n l,, rcmerri •r? non pa !
d n..... reu1 Je ·arnrml!r omit•,-,• n l'ay. d~
Eli, ,,' arn'la, balctanlt&gt; le ru in · • la poimal"ré c • · cin11uanle-&lt;'ioq 11nnl' ; l d'un
trine.
poi dl c nliuuait. la voi plu . Jonce. Chouan ....
doigL 1,•vé montrant le ci 1, Ue nia :
l'out ceci, - nvr · avoir rcmercii- Bernar•
et peu à peu, Ile voix c foi ail tendre :
- \lalht.ur •11. e ! el llitu 1
&lt;lin du i;rand honnPur 11u'il luj r. i,ait, après
- Si l'· irué t.loil muurir. qu'il nicur aLa 11101/,cur,•11,;e r • ta p i. ,bl .•
li f:iit dan on rève. comblé dau , •. d :,irs: arnir juré 1ptc son unic1ue e poir re tail cdl
- ()i,,11? d •puL le doitre, nou ne nou
11u'il ail u illi Ioule . ,.. n ur de I l~rre à union menw, - elle l'eJpliqu:iit clairem ul,
•ote[!_dun, plu~.
d'un1i roi lent . po, e, «tui 'tonnait ma&lt;l in•
portée de a main, c-.ire ·.t! •. J · n r a-ard
\lor", l'inti 1.ible cro1·anle - la uohl
de Jo •11111·, dr111l le~ oreillu g:irc!nient, en
dome do p:t d
h·aire•• Je égli c •t diu Jan :-a roule ~i br~ve: ruai. non. a roi•rt• n
Ir. 1eut pa , $, m~rr. ! 11 m'avail dit que 1 •s tilho, la r nodicatîon vibrante du m, tin.
d '.bt'. , la "ieille ha.Li111é d . m:m·h . de
ll !,oul J •1·, ul cll · , h• jeune br mrue i-c:oul'au tt•l, ct•lle :) mc !,ornée w 1. terre, illi- mère avai ni imer mieu~ qu ' pt:r. onue au tnil, t 'te l,a . • e, eu J0uanl a1·ec la l,ouclt: d
mitée \'er. le$ rieu , c •lie femmt• nux •hev •UX wonJ .... lloiu qu moi! ... l'oor le ,oir . a •inlw-e . ll n'a\· 1l p3 }wrcl, • i Ivin, lui:
blnnc • qui n'a,ail jamais Mpa~ t \'nnn el .'011rirl', j'irai pit&gt; d. nu ~ur de fonte rou- n'auil pa pr1h u tnu ce oh,ta ·lt~ • loutf.!'
yui, inspirt:e par Ir an e,, li ·:iit d311 l'. ve- !!Î · ; pour L'enlemJre chanter. j'arracb ·rai. ce ohjet:tion ; il ~·m irritnit, mai ne pounir; ccll • chr 1licnn • doul b foi •uidnit toute m _eu1 ; pour 11u lu oi le plu heureu
niil • •inpècht•r d' r u r •connaitr • la ju. l · ·e.
la ,·ie , celle Bretonne pour ,,u i b pr I t.!DC , de de~ homme,,, je m,: donnerai entière•, . an
ouci du p,:chc.l. Et pui , qui ,ait7 je . urai le Cepc:nJaol, au milieu dt t·~ rnntrc.:-temp!:1. un •
Uicu, comn1~ ·a maje t1I. elllpli,. 111t l'unher
1

ra ,

r

0

c·

1

.... 184 ...

gr1111Jr. il1111c1•ur lu C()Usul:iit; Claudine ,nit
a!oué · a lenJrc: . ,, : Claudine n,ail acn·plé
d ~Ire r ·mnic .... li :-oupîra :
.
!;'est hien Ion" 1... 1 pui ·. )11uèr1·rnenl. il
tlJOUta,•L •Ile plira,c tJUÎ. pour 1.... Utrt •
r •l n~t propb :tit1uc : • Ou a le lemp d'
nwur1r, d'ici là! ,
lai ~I udinc . '·tait 1 1é&lt;&gt;, lui tenJail Je.
thHa mam.; plongeait •t·,' Ut dan t
ut
av ·c une e pres.ioo :p ·rd~1m ni Jê&gt;&lt;ir ·use et
t ntante .... Ce. dru main oOi•rr , , c r '"ard
11m teur, Bernartfiu I •. connai ~ait;
nndain
et malgré lui, il évoqua lï111a' • Je l'autre'.
de la fau·?' Claudine; ci 1· rontraria • mai
l~ ,en at1011 fut br v •; il du ,a l'inlro ' t•
d un C-Oup de tète, "' répomlit p11r un re1rard
seml,1.,1,1 • oit tout et it pronri:.

nrficc .... l)p- " 1tmi!&gt; •m nt éclat Ïlml J •1anl
le muribo11Js, tram · ju,qu' la 11 rre natal&lt;'
pour) dormir l'O pnii. uu hi n dan, la euntata[ion d' 111. •ncr. .Î!!llificalÎ\'e.. ,:.,~ Jit :
- Tinn, 1oi -tu?

Il

A Locoal, le rclour des bomut · rau~a dl'.

dram • . Il'• qu'tb furent n1111onré par d,•,
g llllll llt'l'~lU~US en luUt! de l:i. campanoe,
l~11t_c: 1 · mai on~ s, vidèrent; •n un clin
d, œ1I. un• foule J ft mm~, t3, ~icill rd et
d enfouis, toul œ qui rc~lnit d'haliitanl . 1111
1 chaume. , l'n11r111 n:r:, t. pont ptlr 011 la
lrou1ic II m1r h • d •n1it déboudu r.
Séza, Ioule droi~c, . é1·~re, un bra _ pas •é
autour du cou Ji? Tina an 1eu.c, se tenait ur
v_iru., l'"tmfJrls ;lu ..i.111oi,· ~ h"a-r,t ~t :irt sai 111
on .euil · la f1•rme a\' c lt• moulin cornwau- us
solaJts en. ort t St~ fo ssés, u l 'I Jr, s'ttall clurrf{tt
dait le pont. Ln mèrt• cl la fille mouraient
m l'JSe, n ~" /Jle11I f:u lfl OIU$ ft11f.Jts. !Page 1U8.)
tout debout d"an oi- •; mais la YÎcille, h'lm•
dan .on.oreu •il, di. imulait a pur; Tina.
- Hien.
fa face decompo é·, regardait Vl'nir avc • des
reu r,.u,.. l'rt, d"cll •. icn, le main dan
- L· prr•?
- ~on.
• · poche . e phait qu •h1u lra~ :di•.
- Lu- c11fanl '!
flcpuis des rnoi , lti ,illa o était re~té ·an.
- ,·on.
n m lie &lt;· •rlaioe ; mille bruiL arnienl été
La rudP. pa) annc frL011ua de tnuh! a
col~urlé, pa: dt&gt; _,01·a ,,·ur • de: ngaboudt-,
1_na_1s an rai ·ou ni preun- ; et tous, d'ailleur , ,~haïr doulnur•u .
,•laient Lrop l'3 uronl · p1111r ~lr ,·t'ridi,1u ••
. eigneur, ce ·r it trop l
Eli• re •11rdait le ciel· ~ico la rnpp1·la ur
l'a un Lrépa. , parnii le· ccut e11f3nt · du
cloch,!r,
rai_t eh: a'.111oncé; on ne pouvait terre :
- Jili_l )(azt: ! je le:; ,oi .. ,... flanu, ~li,cl
•~ honnti JUSII
,pc·r r un l I miracle. .'e
nus i . •.
sa ·haut ri,•11. on crni!!n, il tout.
. :
•'~-i~ cria
oudain • .'i'l&amp; trc~ · iltit; une rumeur
s'1\l va.il de l'aulr • e&lt;iré du poraL. C'étai nt
- 1. mien ? l'homm •? b I Lit '!
- :oui dit, ico, impa ilil •, ili- 11· ont
eux. Bienltit il apparurt!nl, hà,t~, dé,.uenillé.; les 1eux el inL, profonds d:io-. des pas.
La f~mlllè, la mèru Il '.chit d, · jarrl!I ; clle
· wruc : mut il 1 , lil • ,f~. malades - el
p ·u noiuhr1•u .
1·u~ml nu_ l'hamliranl de l.t l'orle; eJI
Ili•,, nt le
kair , alnnnl le gile, fü atll·ndtl la u1t •, comme un supJilicié allend
a,·aient entoun le • lei/a , /fi,.;$; leur · ,·oL le cou1°au.
Jili ! ,raz" ! JI no l ~li\-d !
ét.tienl ra1111ne., hri. t;es, loi11Laine:, u'nllaienl
,'ico a,ail rai ou; un 11 un il,- écu •r •èn•uL
ju,,1u'à l'êd10.
l'uspi 1•t d • celle h, ode de mi érable,.,
e dé·•:i~èrl'nl de I mêlée de follt• rc •on:
sa'.1' roun;1ilre t'lll't1re ceu1 11ui 1:1 1·om IIO- ~a!~ am· .. ,, ·'a".inc renl, 1, ilanl, d · ·harnt: ,
~awnt. un anslol Je pitiJ · 'l'.011, lt• l"(l'.'Ur ü,ide de · mau ~oullcrL. d'émotion au, i
devant le dé. espoir 1p1 'il a llaienl prol'Oquer.
d~ mer'.
Ile loin, éz leur jet :
- 1. • pauvre petits! le paU\Tcs petit
- \l.-.11il. '!
t:11 . l! ruai ni ,ur eu • J •• tir icnt Ju
~roup1i, le cmporlail•nt 1t•1· · I •· mai. on:;
- Il 1îll '•mpM a de rSplil)u •r Jili,
tiè,lt&gt; . • 1 ~ lit prép, , 1 • li· sr lai '-aient fa.ire, nmcbant \'c-rs :i tante; la f
dt~ la l'Ît•ille
'illumina. EII . reprenait conhnnœ. Eli
humLI • · L Joux un peu :10011 ·-, couime
J1•. gc~L :1 ui se :elrounmt da11. un pn · · qu'ils ajouta, a.lleod,tul pre que uue lionne r t.
out qui lie rrè Jeune cl dont ils uut oublié pou~e :
- Olier'! Fanch '!
le œ11tunll· .
D' nom~ étaient rrié. nve, des actions de
Jili lni · 3 ln ll\le, \laie recula. En nrrit\r ,.

n':

ra.

\lhd •I O.ino dierd1aiPnt une conlc·nan('1'.
l,, ~icill r :péta. la voix r,,de~cnu tremblante:
, - Olier'! F1111rh '?
- \1 ~ rrètl'~ 1 ourtla Tina. le ru:iin,
joint" .
fa tout deu fi111i1ml d'un rr.gard éperdu
1. houclP J Jili d'oi1 devait tomber la ,il•
ou la mort.
- Tante. rc•prit ,li11 l~l'sril. ln rnlunté Je
Ilien Il«'
di,rnl • pa · c u -111 11 revi •nd rool 1&gt;lu.
'rz hurla, la hou hc noirr, Jécou,ranl
dr, g ·1wiv' ;-an Jeots · 1•11 • hurlait lon~m
mcnl, . ur nnt: rn~mc note déchirank. Tina
Q\'IIÏI tourné :ur dlc-m ·me, ronum~ sou un
eoup d1• feu, et. 1 hra lcudu .. :mut él~
clluil' dan. la . ·11le, lout . entim •ni perdu.
.\ut1&gt;11r dl' tel11' m,.,n• fQII , prololl"t'31ll ;;a
c)om,·ur dt1 ù,~-a lre. on ,•nm u1n. 1,.,.. •1ue•t11111~ monlt'tt•nt. lulerro.,é, dir dcnwnl
t~:icuu de on rci1e:. Jili iei, lue li,, plu: toit;
\ln •l,_ph~ prè. ll,1110, le. qualr rarontaienl
d • l11,11&gt;1r,·,, fourni·. ai1!lll tl~, ~daitl'i: c111?ul.. Oui, Fan ·h, Olit'r, a,aîcnt 't fait
pr1.onnicr. et ru~illtls, !ile é, J~n un ro ,.:
J'Eh-en.
· '
...
.A ~·lie :tffirmarion, rt:p,~lfo par ,1uatre
,·011 d1flêrt•nte , uru: nnnPur l,!ronda de douk•u~ .et ~t! h Îtic. · ·· Elle . 'annou~·ait Lieu, la
pac1ficat_ion Le, fnume. plt&gt;ur,1it&gt;nt; 1 , \"i u
re~r tt1ic11t l •ur for&lt;'-c: les nf:1111. naicnL
hâte dt: grandir.
- 1::1 G)nuun.•z'!
, Gl ~•?u,·e,,_i{ rl1a~ ·ait. C't• t r •quP réponJ~t Jilt ~ ·r1 n · un oml.lr .ourir·. Le
pere ,·ait fa il un vœu ; uc pa, rt•paraîlre
Jc,_nnt s.1 fen11111•, ue pa. rentrer dan ~a
m:-mon, a,~nl J'a,oir w foi rnnaé cliacu11
~c I'. fil~ m1irt : Cl' \'Œll, il était en traio de
1urcompltr.
..,a1~ ,ouri. ùe traité., J,. reJditiou J 'arnw ·, il courait le pai,, filant in. pl'r~u ~ur le
Il•~ tl dèla ·bemPnb répuhlirnins. Il rampait. :uu ). f1&gt;u••èr ', l'lllr,1 le ''l'mt1 lors
le Jonci ri::i~1• ' e ra ·liait au i:œu de:
riwbcr
' dl's
\'Jt'UX arbr • 31·,,., 1
1,·1
t
1
•
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·'
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1 1()111 e
e. ara1~nt•l'~: m~lheur an ·oldal •111i :'t.lt·arlllll : 1111 • htn., qui lrauiait Pli m11 re, ipii ··;,sp1L en ~•h ·rnin; IJliJc on iolirmc, il rivait
lem~~ ;-orl; une e,pèce de ,·ampirc lui
tomh~~I 3111 ~p:iult&gt; , le culbutait dan lu
•re et lm lai. ,ait au rou J • ilion !,leu
d,• l l!lranolellll'lll. comm, une Î"'ll.'llt1r •
\' T
,.
ot a ce •1ue raconl,1it JiJi . ux pa ,an: aux
pa~~:1'.111 .' i1ui_l'~nutai:·111, hout·h l •nte;
~n. p,1~fo1,, lm r ·ponda1t•nt rilr de• lt'damatwn · d eullioo ia ' Jill'.
--: tilt ,~J ·-tu• S :,::.1 '! Tun bomm ' n.:nge
h: hl. .... E11tentls-l11?
Elle C?I ndail p •ul-tHrt•; elle ne ourcillait
pa . llro1te rnnlr1' , · port ,• 1 \t.ux ,lU l'i~
.l
1 s lira . toml • le loug Il u i·1)rp' 1
. '
• C lll.llOS
~n pe1! treml,laotP.,, ell , ~c rappefo it ; die
t:IOl]UU1t •C• fil.. il Lou lu~- •.. ,~,. , Ut•pu1.
' • l•
~rce:in du ~cr Jll lfll'à );\ Cl'Înlurc de nu•rrc.
t:~I , 1' i·o ~• t ; elle 1 . écoula il. l~lle ne vou~1 t pi, :ort1r &lt;le c Tl ~e. sa !uni trop ce c ui
l allc11J.11t ,IJ11 la rJalité.
l

!

pou::•

�msTO'R.1.ll - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - ~ - - - - - - - - - - - - - - - . i
pen ion d'ho ·tilité~, malgré Lous con. enlie,
par la douce conje&lt;-1.ure d'as~assinalS partiels,
Lous les jours répétés. Le détail mnplo.cerait
le gros; celle perspeclive ravissait le· jeunes
fille·; le gamins de douze ans Lrépignaienl
d'enlhou5ia me.
Le soir. à la ferme, la veillée fut lugubre,
olennelle aus i. Toute les résines flambaient
dar.s les chandelier de fer, dau le· chandeliers de bois: le.s parents, le· ami. , les Yoiin • ceux qu'un deuil per onnel n'affligeait
pa eu -mèmcs. ,e pres aient èhez éza,
apportant leurs nafres doléances, leur e.sai
Lrulaux Je con,olation qui ne fai·aient quo
redoubler son mal.
A.sise ur un escabeau, elle le- écoutail
p:irler le~ uns après les autre , somenl tous
à la foL. li s'étaient insLallé ur le banc:,,
sur les coffres, têle. dures, profils maigres;
le front baissé, la voix sourde, ils débitaient
( ,urs antienne • évoquaient Jli ·u, Jésu • la
Vierge et ses anites.

Que de fois k p:,sçant albrJé n'eut-il f'l1S s11Ntement l'inluillon. .:l'une frise nu J'assa~stn'l D'!Wtres, "" pleill

Jou,.

Ji~,,

dat1s un
disert. aprrcev.1le11l so,idalll le ca11011 J'u11 /11siI dresse ,fans la J,roussaWe; fltuis 1~ plus
nornbrew, ttJienl es pèlcr'l11s sur{&gt;ris .i l1mfwo~iste par une aU:z:;ue 1'rus,1ue, roulês a11.i conlre-/Jas u11 co11le:iu dans la gorge ..•. (Page 18ç.)

Il fallol bien, pOllrtaot, retomber à terre.
on cœur s'y brisa; de c 1·eux, re Lé:; ecs
jusqu'alors, des pleur enfin coulèrent; elle
_'abattit dan les bra~ dt! i;es voi ines empre ée aulour d'elle; r.illcs-ci l'emportèrent;
elle c lai~sait raire, inerL&gt;, n'apnl plu, de
volonlé.
ur la place de l'Église, 1 Chou:io , au
milieu d'une foule avide, raronlaienl leur
cxploils.
Dans lou t~ les boachr la cbangon éLaiL
la même. 'i l"on était n1i11cu, si l'on déposait les arme., c'é1:1it la fau1e dl' ' chefs;
les chef étaient ,·endu ; lrs cbds avaient
trahi. li en exceptaient Cadoudal; mais
le généraux ,endé~n ou normands ne
lrouvaienl pas grâce danl- leur juge11,eol,
"cépeaux, Puisaye, Frout!, La Yieoville
avnienl làché; pourquoi?
ne e contenlaienL pas de c
nccu ation à de
per:.ounalité lointaines. ils soupçonnaient
plu prè . Le comte Le Glohanic leur était
plu que su pcct: il av ail abandonné on IJataillon, dtux jours avant la dislocation, le
laissant indécis, sans ordre, livré .à toute les
alternative ; un commandant de ce gabarit méritait une corde au bout d'une bramhe; on
était revenu comme on a1•alt pu, au ha$al'd,
::.o.cbaot bien q_u'il y a1•aiL un itinéraire de
prescrit, mai ignoraut lequel; cl 'e ·posant,
de la o-rle, à violer les convcnl ion., à être
recondlù à coups de fusil. Turpin s'en mol)U!lÎL bien; ur un bon cheval, il courait le
roules, ras urê pour a peau; à présent, il
buvait frai , dan _on manoir. 'importe!
il îerail bien de ne pas trop c montrer à Locoal, les pierre pounaienl ~oler toutes eules.
füis il -y aY ail de l,ra ,·es i;en , tout de

ns

même, 11ui n'avaient pa accepté la pacificatioa. l\é ·ignunt leur' rrrad . ,lac11ues E\'eno,
th ère de Kerret, :wec le comte de Fersen
qui amil du bon, Guillemot revenu en hâte,
Alaml.. Gvaouwz. d'autre· encore, conLiauaient 1~ campagne à leur compte; l'embu ·cade i olée, la guerre de bui sons, la
guerre de partisans.
On verrait!
lh donneraient du fil à retordre aux Bleus:
il connai saieul la manigance, savaient profiler de lout, de fa négligence d'une sentinelle, d'un défilé, d'un bouquet d'arbres; il
hareèleralent, canarderaient hJ,- grenadier• urpri ; cl quand ceux-ci, a)anl fini d'élernucr, chercheraient &lt;l'oit leur tombait cette
erise de tabac, il 11'y auraiL plu personne.
Egaillé , mes enîa11t ; enfuis . ur la droile
pour revenir ur l.i gauche, îugilil~. insaisi sables, comme feux follets. Le· troi· couleurs
en pâliraient de rage.
Cam. 11ui péroraient ainsi, le.s rares survivant sains el saufs, J1U\-aient en même
temp Pour rafraîcbir leur· gosier ·, ce qui
inœndiait leurs dL(:Oors. C'étail aYec des
prolestalion de haine, des proclarualioo de
ven •eance fn ture que ces étrru.I ues pa.ci fiés
c-,élébraient leur r tour au gite.
Leurs divagations homicidt!S ne surprenaient pas l'a.s istanœ; elles y trouYaient
au contraire un complai ant écho ; malgré les mort , le Ille' é , les di.parus, malgré la dure leçon dtlS évêaements, ce hameau
pouillc1n:, qui rcpré entail, à lui reul, exactement, la l.!relagoe cras eu e et fanatique,
nourrissait ,a rémlte d'un espoir de revaurhe.
Il se consol:iil, faute de mieux, d'une ·us-

Le fauteuil d' Alanik demeurait ride; nul
n'eût osé s'y assPair; mème ab.enl, le chef
r1:stait l'objet de la 1•énération. Tina, le yem.
gonflé , la gorrre brisée d sanglots, reposait
sa Lêle doulourt&gt;use sur le bois d'un lit; et le
groupe de nc1·eux et des servilenr , embarra és de survi,·re, se tenait au bout de la
pièce. dan' la partie la moio. éclairée. éza
ne les re.,ardail môme pa . Malgré elle, leur
pré·ence, leur échappée à la mort lui parai saienl injustes.
Dès que Jili Gesril, qui avail di·courir,
lui eut conté les fait , répété le détnils, expliqué ponr11uoi Grnouvez n'tltait pa revenu
avec le autres, elle ~e dé.intéres.a de lui; el
pourl.a!lt, naguère, eJI,• aimait ce neveu presque autant qne e. flL el le lai sait voir à
l'occa~ion. Mais, ce soir, elleju 0 eait les différences; elle etil donné dh. Jili pour un Olier
ou un Fanèb.
Elle y son°e:11l, tandis qu'un vieillard, au
ehet hr:mlanL, feiliol'tail à la ré ignation: ü
él.alt pre~quc centenaire. embrouillait par
10. taut· J,. fil de se· idées. A ln fin,
éza
orti t de sa torpeur :
- Merci. l'oncle ... ,·on parlez bien, ,·ous
avez r.iison Pour ,ous. i j'al'.iis votre age,
je serais de volre a1•i ·.... Quaud la roule est
courte, tant pis i elle e t maUl'aise .... Uai
moi, j'ai cinquante-deux an ; je puis virre
cnwre des jours nombreux, puisqu'on dit
que le chagrin ne tue pas ... el je ne me rnis
pa · virre dan' une mai on nns enfants.
Dans sa douleur, eUe oubliait Tina. Il est
de ces momen~ où le morl · comptent i;cul .
Elle reprit, l'haleiue ifflante :
J'avai pourlant prié ... oui, tous le jours.
tontes le nuits; j'a\ ais prié Dieu d'écarter
le malheur, de secourir les siens. On ne peut
pa prier plus que je n'ai prié ... prié de toul
mon cœur el de toute mon âme .... Dieu n'a
pas entendu .... You dites que je les relronveraï! oui, oui. certainement... j'y compte ...
ça ne 5uffit pas l. ..
Aprè une pau e. elle reprenait, bru quement enfiévrée. eL s'adr sanl à tous :
Rappulez-vou Oli&lt;,r, rappelez-vau
1

L 1:;s
l&lt;'~ncb ! Olier étail fier et braYe. Fanch était
d1mx et cares .int. Je n'ai jamais eu d'eux
que du co11Lenlement. ... [1s étaient 1,canx,
mes enfants; je les· ,m1is: portés leur· neuf
mois sao malaise: quand ils étaient nés, je
~•a,,ais crié r1ue Je joie. Pendant vinµl ans,
ils ont mangé, près de moi, à Célie ta.hie,
rlorrni prè · ùc moi dan· ce lit. Celte rable.
je ne m'y a~scoirai plu~ .... Ce lit re·tera clos
jusqu'à ma mort. Olirr! Faneb ! petill ... oi1
ête -vou ?.. . C'esl moi qui vous appelle,
entendez-mu ln 01ère?. .. l"Olre vieille que
vou~ aimiez hien !
Jili, relevant la tête, sortit ùe on ombre;
l'in piration, fréquente dan ce cer\·eau bizarre, lui pous,ait Je~ parole, nux lèvres.
- Tante, ils sont ici ... près de 1·ou ,
aulour de vou , parmi nou · ! li ·onl ici,
dans la mnison où ils ~onl nés, ililns b aile
où ils ont Tée11. .•• Leur âmes étanl pures
sont libre:, dan l'e. pace, ont la permis ion
divine de visiter Cl'UX qu'il· ont aim:s. Où
,·oulez-\'ous que .oient leurs âmes si ce n'est
ici même, évoquées par \'Otre douleur, votre
amour, pnr les regrets de tous. Croyez-moi,
Leurs noms répétés les ont appelées dans la
maison ùe leur enfance; imi il.iles, mais préentès, elles nous écoulent, et loul'neut autour
de nou ....
Le jeune homme qui parlait ainsi, aYec es
Ion~ che.veux ~ur les épaules, ses yeux hallucinés dao sa face creuse et pàle, rappelail,
juscp1'au ·aisi·.ement, le· apôtre prècheurs
d 1·itraox de l'Égli e, le· prophètes de
l'.\nt'Ïen T.: lament, cnnlemplé. dan le
imal!•'~.
A l'entendre, tou ·frémirent; uul ne doula.
Chacun cruL senûr sur sa juuc le frôlement
d'une nmLrr, un son.l'tle de l'au-dclil. Séza,
clic-même, -vaguement, len&lt;lit le bras pour
acrneillir œs lant aimé~ faolômc. ; et Tina,
rcùrcs ée, cherchailsoa le plafnn&lt;l · qndque
vision d'aile I,l.i11d1e.
~fais, dans le. ile11ce d'une all,.• nt.e peure11~e,
la mère redt•venait immoltile, io Cllsiblc en
apparence aux my tiques af1irmal1on; de on
11e1•~u Jili. ï.clui-ci s'en coatri la. li reprit,
d'un ton de plainte :
- Tante! ù tante! prenez g:irde à Yous ...
vous nous Pn voulez, à Maie, à moi, même à
Da110, même à füel, à nous loas. parce que
nous sommes YÏl'ant,, quand ,·os cnfauls ont
morts ....
La vieille pay anne lressaillil · le reproche
porlait Jlli1le. Jili continuait :
- Vous nou;, en voulez, je le sen , je le
voi·. El pourtant, rien n'est do nolrc faute.
ous avons combattu comme Yos enfants, !i
tôlé d'eux expo és au même péril .... SouYent
notre sang s'est mêlé au leur; il a fallu le
ha ard d'un combat qui nous a séparés, pour
que nous n'ayons pas parta"é leur destin;
pour que nou · ne soyons pas tombés dans 1~
même fossé sou les halles dés Bleus. Xous
aimion' Olier el Faocb comm~ des frères;
leur mère nous reproche l'air que nous respirons l
Alors, Séza seatit fondre son oœur. Elle
attira Jili dao.s e· Lras, el de nouveau ses

larmPs coulèrent; pui elle appela Maze,
l'étreignit à oo tour, et tendit se.~ deux mains
noires à Mivel el llano, qui, confondus d'un
lei honneur, se mit't1nl à heugler. Jili Gesril
coupa la ~cène et l'~moi gPnéral; il criait :
- 1'ao1c 1 ilcouLez bien! si nou · sommes
revenus, ce n'est pa, pour lonrrtemps. " ous
avon .. juré, nous au i, cumrne rnlre b.omme,
comme I père ùe ,·os enfant . Demain, nous
reparton:;, oou, reprenons la plaine: nous
allons rejoindre Gynouvt•1,, Eveno, Guillemot,
Kerret, Lous le~ irréconciliés .... Et 11 v aura
encore de belles îu illadcs, des culh~tcs de
Bleu dan· la bruyère rou••e... et si c'est
ootre tour d'y chanrcr, o tante! vou di1·ez :
11 Mes neveux 001 rejoint lllPS enfanls .... »
Et nous tous, de 1/i-haul nous ,•eilleron .ur
TOU •

Ainsi parla ,lili G1• ril, 11u'on airnail pour ba
beauté et poui- sa grande éfoquence. A. l'ouïr,
lout le monde pl urail; ce n'éLail donc pas
fi11i, le ma . acres, les embu cades le
alarmes? li fallait donc encore al'Oir 'peur
pour les autre el pour soi?
.certes, il avaient rai on ceu1 11ui refusaient de ~e soumettre et de liner Leurs
arme ; mais il y a des rai ons pire que de
folies. Le meurtre attire le meurtre. Locoal,
~ans la guerre, jouait un trop grand raie. On
JOur ou l'autre, la Répuhli11uc louchrrail de
ce coté-là; elle enYerrail deux bataillon
pour brùler Jp rep~ire et rPjeter dans le fou,
à conps de baïonnelle, le: loup , le louv~,
les louvards, les louveteaux; Loule la portée
maudite qui lui mangl!.l.it If' sien ..
Le lendemain, Maze et Jili parlirent; ~füel

Gui!le~11ot a~or.JJil le Bleu, et /lrusq,uinent, ~ son
,~rrib/e bâ/011, fi l'abalt.til mort à ses pieds ....
(Page 190.)

et Dano les ,oulaient ~uivre; Sézas'y opposa;
il Jlaienl uéccssaires à la ferme, tombée à
\'abandon; déjà, elle se reprenait à la vie;
les serviteurs alléguèrent leurs ermcnl ;
el1e les en délia par sa seule volonté.
Le deux frères Gesril reprirent le buisson.
Ils .ivaient conservé leurs fusils el 'en

ÉPÉcS DE FE~

all:iient, une hache à la ceinture, une gourde
an côlé.
Autour de Loc.oal, la cumpagne élait déserte: les routes s'étendaient à perte de \tue,
olit,1i.res, vides de voyageurs; il n'y avait pas
de mam'aÏses rencontre' à redonLcr; jamais
les Bleu~ n'avaient pou é jusqu'à cr repli de
la côte; les dl!nl frère· marchaient au milieu
du chemin. le fusil à la bretelle. le mains
dans les poi;bes, sifilanl un air rt!li1;11cu .
La matinée élait Lrè, belle, donnait emie
de vivre: le oleil, doux encore, dan le gri
bleu du cid, glissait des transparrnces sous
des vapeur rouss~, et la terre, séchant de
rosée, fumait à ras des labours devenu presqu!l noir.
Toul d'un coup, fazc s'arrêta net :
- Quelqu'un!
Jili, la main sur les yeux, scruta l'horizon;
au loin, trè loin, deu points marchaient au
devant d'eux.
- lieux. ètre,, ! dit-il. Aprèli un in tanl, il
ajoutait :
- Il y a une femme.
- Ue amoureux! chanta ~fa,m.
- Pa dangereux. en tout i.:a ! affirma
Jili .... All.o,r, ils àoronl plus peur que nous.
~- co~tiuuèreill leur rour. e du mème pa.s
rapide. Bientôt les arri1·anls de1·inrentdi:,1incts.
Maz,, qui, décidément, avait des yeux. d'aigle,
.ur ·auta :
- Turpin Le Glolianic ! annonça-1-il, et sa
prétendue sœur.
- Turpin? fil ,Jili ... s'il nous demande
de nournlles de soa bataillon, je me charge
de lui en donner ... .
,\faze reprit :
- C'est pour courir après cette .,.ueuse
tpJ'il nous a làcbés. Lll tbair le tient. 0
- Peu irnporlc la cause; un chef qui
ab_an~onne ses soldals, mi!mc aprè leur soum1s~1on, est un traitre ....\b ! ah! ils nous
onl ms ... ils n'en mènent pa large .... Us
hésileul, lu vois? ... Us onl bonne envie de
tourner les talons .... Non. il font face ....
C'est elle qui le Yeut, an~ doute .... Passons
ans le· voir, Maze, tu m'entends!
- Comme lu voudra l dit le frère ainé
qui, acceptanl la "Upériorjté intellecluelle de
on cadel, lui oWissail w)lontier ·.
~es mains toujours dans le poche , sifOant
toujours leur canLi4uc, ils passèrent donc
devaol Le Glohanic el Bosc DiYOt ans tonrner
la lète, san mil.Ille la remuer en gui e de
salut.
Turpin qui, après J'alarme d'une minute
les a~ai _t reu~nnus, les regardait venir el 'a p~
prètrul a le mterroger. De\'anl leur a Ltilude
~ fut d'abor~I .tupéfail; ptti la coll!re le prit;
J oulrao-e lui eta1L Pnsilile surtout en présence de Rose. A ces deux hommts dont il
oevoyait plusquele dos, il cria rageusement:
- Ué, l gar ! vos chapeaux ont vi sé ?
vous ne aluez plu· vos chefs? .. Volk-îace
s'il Yous pla1l, je vais vous apprendre la poli:
te, C.
Les deux frères se retournèrent· Jili à
trois pru, jeta dans le visage cle son intcrpellaleur :

�.._

111STOR._1.ll
Pas laHL de bruit, mnn~i1•ur le comte.
Vons O\"rz abandonn~ vo solilat.:; el ros comruiindemenl&lt;.; vous n'êtes plu' rien, qu'un
traitre ou un lâche; peut-litre loo Ji,· Jeux t
Turpin bondit .ous le ·oufllel; l\o·e le
considérait, les Je11x mi-c:o , aruusk de la
'cène, charmée par la beauté robuste de ers
jeunes paysans: il mil 1:\ main à son épée;
}[aze, qui ju tlu'alors n'a,·ait pa hou né, l'arrêta d'un imple p;estc. U ahais ait on ru il
el teoail monsieur le comte au bout du canon.
C'était net, bref, compréhen iule. l urpin
fut convaincu. fi làc.h, la f!arde de sou 1lpé •
el e contenta de crier, lu pain tendu :
- Sail! c'est bien... nous nou · relrouTeron ... frère Gesril !. .. je vou· tradui
devant Il' conseil de Chouau ....
- C'est lui qui te r ra pendre! jeta brutalement Maœ, rclemnl sou arme.
Et ·nr cette dernière prom~,e, les deux
pay. ans s'éloignaient.
- Venez, madame! diL Turpin, !,'efforçant
au calroe.
Mai~
C n'était pa
dupe, elle l'accabla.
- Là, c'esl malin! ,·ou .ou èle fourré
tous I~ Chouan à do· ... on va rire .... Yous
aviez bien besoin de filer avant les untrc ...
ce n'est p, très noule. ,;a, dites donc!
- C'était potlT' vous voir plu loi, pins
vile, Lallm_ti_a Le Glohaoic, décidément déconcerté,. car tout concourait à sa coufusion.
no e édala de rire.
- Ab! non .... Je vous en prie, ne m'en
collez pa &lt;lE' ce calibre .... Ehl bien, i c'füil
pour cela rai on de plu • vou auriez pu
m'épargner celte joie et vou épargner celle
honte. Sâvez-vous que votre gros Georges e l
capable de mal prendre la chose?... \Tous
yoilà propre.
Turpin haîssait la tête. Ce ujt!l de con,crsation pour lui éLail îàcheux. De loin, Jill,
11n moment arrèlé, l'observa d'un re•rard :
- li ~e chamai!lcnl à pré ent .... As-tu
bien ni f3 fomruc?
- Oui, fü ~(aze.
- Elle est belle ....
- Moin belle que Claudine ... .
- Ah I pour sûr t appuya .lili ... n'importe,
c'est une belle fille!. .. qui csl-ce'l
ne gueuse de Pari·.
- Ça ,-a faire un joli j!'rabu~e 'luand
Claudine reparaitra entreGeor~eset Jo~rnne ...
la têle de Turpin, ce jour-là!
- Ce jour-là e t bien long à venir ....
- Dame l l
événement n'y prètent
guère ... oui, c'est lent, comme tout ce qui
esl ju te!
Après cette paro!ti profonde, Jili avar1Çdnt
les lèvres
re11Jit à siffler, el son îrère

no

l'imita.
Où allaient-ils ~in·,, légers, alerte , la
conscieace a sui ée, l"àme tranquille7 Au
guet-apens, à l'assas iuat. Tt&gt;ls étaient le

temps.
Au plus direct, par !es rbamp ~ans culture, par les Laillis, ils ruarchaîent l'ers un
hut; peu à peu, ils ralenlirenL leur allure:
)laie urveillait la droite, Jili la gauche;

ils C:piaièllt. I.e cri de la cbouefte rell'nlit
derrière un rocher. lis r1ipondirenl en lc11ant
leur fusils i1 deux mnin au-&lt;les us de li&gt;ur
tèt1-; si 1 nal et gesle de pas 'C.
llrusr1ucmenl, derrière l'angle d'an bois,
1 château, ou mieux, la rermc Fnrtilire de
Kerret :ipp:irut tout entière. U· étaient arri1· · .
On moment plu tard. au centre d'un
groupe de Chouans en arnies, il s'as eyaient
all milieu de Kerret, ferse11, Eveno, Guillemol, Gynouve.:; et re dernier, d' unt' voi trop
rude p ur Pire naturelle, le inlerro"1•oit ur
Séza, ~ur Tina, ur fa rerme el le moulin,
~ppliqunnl 1tout on effort à oe pas Lrnhir
d'émotion.
La virille :il lait bien? lanl mien l. .. Elle
n'était p:i morre du t:oup ... en apprenant. ..
la chose? Don... bon! Tina'? roajour~ la
même, jtilie el bonne? ... 'fr~ Lien!
En parlant. il frottait, comm~ jatlis, de,·ant le fo ·er de la l'crme, I:\ rude i'cbine de
on chien llok. a sis entre e-, pieds, cl qui
remuait la queue pour fêter les d1•ux fr1•res,
ses ami .
Depuis queh1ucs scruaines, il . emhlait
'attris1er, llok: pe1tl-être ei)t-îl acceplé, lui,
la pacification. la longue il regrettait sans
doule la mai.,011, et . éz;i qui lui donnait sa
oupe, el Tina qui l'eml1ra . ah sur le nez;
ans doute au i l'écu.rie et l'étable, les :rnimaLU , ~e · c.imarade , h• chernl ré i!!Tlé, le
bœuf placidl', l'âne jovial; qni ait'? peul-être
encore le gro • porc irrévérencieux; ou bien,
plus clair"o~aat que le;; hommes. pressentait-il implemPnl le~ Jrame 11ui allaient
.uin&lt;', la mort dP ètres el la lin de tout.
Le manoir de Kerret était précicu emenl
i1u, pour 1111 rendez-vous d,· parli·an , un
centre d'opPrations; la mer dt.ait proche. de
vasles lande s'étl'ndaienl :ilentour, découwrk. arilcs· nn bois lrès toun'n l'isolaîr,
prolon"Pail sa rlrfense, et le prnté,.eail, du
côté de lïolériPur. r.onlrc un déploiement de
forces importanlPs; enfin, se vieux remparts
e drP,saient •o1id.-~ l'Dt'Ore: se to. !&gt;és, oi1
l'eau 'éL1it I hangée en va e, n'en étaient
pa moin. perfide ..
Les b:iliment~. trè r.uu.;idéraùli• • en
grande partie· t1bantlonnl!' par l!!s dernier·
Kcrrel, pnnvaient a llriler une troupe nombrPus,·, ,ans •1ue ri~n en 1ranspirùl: il !
avait d~ cachette dari l'épaisseur des mur~,
de· cacbellrs derri,•re IP.s fagots entassés
dan· l1r ~range:;; par un couloir souterrain,
on ga!r1l.1il la campagoe d'un coté, fa grève
de l'autre. :aguère Kerr~I )' avait rt?célé sa
part de poutln• et de munitions; il ea re tait
utl1sammcnt.
L'ar&lt;&gt;ent, re ·sort obligatoire, enl été rare.
absent mème, si le comte dt• fersen n'a,aiL
é1é présent. Il avail apporté, dan i:on portemanteau, mille luuis l'il or; n'en avait pa
dépen é ciaquanle; tant 11u 'un ne serait pas
bloqué, la ·ub.istance étail doue assurée.
Contre un iège. le., précautions étaient
déjà prise ; du blé, en grain ou moulu, des
pro\•Uons de Lout genre, étaient entrés de
nuil dan- L'antique masure; de loin, elle
avait l'air d'une ruim•, braulante au \enl;
,,. 188 ....

il l'allai1 du canon pour en ,·enir à hout
Ile là, les Chouans irréduclit,l , 1 irr 1concili,: comptaient r,, yonncr dan· 1entour;
intercepter les convois, enlever le, pnJrouilles,
les rondes, les c couade, en rm·onnnissanco
au environ:&lt; d'Auray, di tanl de deux lieues;
supprimer les i olés, le téméraire~; et,
goutte à goutte, tirer encore du sang de·
vein de la République.
Le programme était simple. Il n'y nvaiL
plus de ehe[s; le roi de Bin-nan, commandant
la première 16gion, avait résigné ses pouvoir
pont:mémenl. E\'eno. Kerret, moin pon.sé
en grade, a,•aienl suivi oo exempl •. Tou
• oldal. ; chacun pour oi. La con ignc éLai t
unique: Tuer partout, sa retrouver le soir,
si possible, au manoir; après troi jour d'aheace an av1 , on serait considéré comme
morl, ou pri onnicr. lai il était entendu
qu'on ne chercherait pas à en sawir plu, Jong.
Le sacrifice était fait de exi.Lemll!s; uul ne
d!!rnit espérer de secours pendant ou aprci
l'al,,arade; chacun agissait s,..u(, re,poa~able
de lui-mème, à la gràce de Dieu. Pour ui\·i,
traqué, on de,·ail tourner le do au commun
refuge, Pl ~e perdre dan le buisson ; pris,
oo était muet, même ado-sé au mur d •vanl
les fusils braqués. ~i i1aelq11e expédition en
ma e tli::\"aÎt ètre tenwe, elle serait discutée
en conseil; Ions le Chouan aurnieol droit à
la parole, la majorité déciderait.
Sans b'en douter, ce.s royali.les se 1·on~tiLllaienl en République . Alors, Lirant chacun
de sou côté, les partisans s'éparpillèrent. Gynom'f"Z ·en fut le premier, ro1wéde remords
&lt;1uaud il ne clicmwit pa ; Jili el ~la1c euimême' se éparèrtJul, l'un filait il droite,
l':m1re à gauche.
Et, durant des jour. el de jours. d'horril,lcs
exploits q11i re~ cruhlnicnl ueaucoup à des
forfaits, 'ac&lt;"omplirent. Fersen, dan le
récentes batailli&gt;.s, aYait ceul foi prou11é sa
~plendide 1,ra \'Oure; mai , d1:meuré gcnlilhorumc délical comme aux ùeaux jour~ où le
soleil de la France .e leva.il à Yersaille , il
réprouvait celle guerre d'assassius. Il se fixa
an manoir, où il .c chargea d'as.urer les
suh i. tance et soicrna les bl~sés; beaucoup.
L1entôt, s'y rabattinnt.
A présent, t'(JUS l'aimaient et l'estimaienl;
d'ailhmrs s be11ux habits de ~alin, de velours,
rehaussés d'or et de dl'nttllc qni, naguère,
par le rappd de· émi•rrés, avaient in piré la
Jéllance, n'cxisUJillut plu qu·à l'état de sou,,enir. li était contrai11l, lui aus i, d'l.'ndo ser
la peau de mout.on, ct: qui ·le rendait méLmcolique · n'ayant plu. du poudre, il portait. e
che1•cux blonJs roulés, la queue ~errée dan
un dernier ru ban.
ans son amilié grandi. santepour le comte
, ère, il fù t dt:Jà parti, eomprenant que
l'époque n'éLait guère propice à la reroru1ais.ance de on }!une roi dépo séd~. 11 attendait
Je~ tivéuemenls, 11révoynnt trop une :olutîon
brève. a froide raison ju Pail la folie de ses
compan-nons; un jour ou l'autre, ils eraicnl
cernés, pris en ma se, 011 I.Jien toruueraicot
i olément, succe· ivemcnt, repoas~és el vaincu dan lenr quotidienne tentative .

_____________________________

Il l'. pérail fJUe l\errPI ~urvivrail aux dernier el c-0mplait alors le décidrr à se réfugier
en ~uèdl', ju qu'à des Ll,mp~ meilleurs.
[li.e.olol, on amLul:mce orcupa es journées,
emptelôi sur c nuit : de, t:houa.n rcrnnaicnl
éclopé . trainant la jamb , ou outenant d'un
hm leur autre uras cassé. La partie était
dan•:6reu e à jouer; car, peu s1\r de a pacificat100, lloc;be couvrait le pays de rrollpes
sans cesse acti\·es.
Les districls de Vannes n'avaient pa déarmé dan· leurs farouches rancune ; au
rn,lpris dr.s traité~, à chaque in ·tant encore,
de brigades de gendarmerie pou,saient des
incur ion, dan le villages, îouillaielll 1.. s
chaumièrt' pour y cberuhcr les armes cachée ;
et les gPndarme , chaque foi , ramenaie11L des
sn~pect . anciens soldats de Geor"es, ou des
prètre réfractau-c .
81,tnche ou bleue, la mauvaise fui était la
même, ne différait que de couleur. Pui les
allaque · ioœssante , rn1·stérit'use , mais trop
évidentes de rebelles fournis, aient de~ prétexte , une orle de légitilllité aux me ures
réptès ive , aux. actes de farouch!! sévérité,
comme aux exécutions sommaire .
Ce n'était plu la guerre omerte, mnis one
lnlle sourde, b~pocrite, perfide, peul-être plus
atroce encore, ·an généra ilé, sau pitié ni
merci; elle était cependant hérolque en ce
poiol c111e les uprême comb11Uants du par1i
ùes li. u'étaient plus qu'une poignée de vaincus
contre une nrmée victorieu e. Les guerre
civiles offrent seules &lt;le ces Lragiques entêtements; les animo ités y sonl quasi-p •rgonnelles et chaque parti.au marche pour a con\'Ïction. lclnlsde Jlocbeet.oldals d!l Cadoudal,
ils se haïssaient Lou· comme frères ennemis.
Pourtanl, il y eut des fou qui crurent à la
paix, surtout du coté répuLlicain; les un •
parce que c'étaiL là leur plus cher e~poir; les
autre , par uae forfanterie de par1i, un orgueil
de vainqueurs déclaranl les ,aiucu · à jam:ii ·
écra~é ·.
Si le premier apparteuaient. ru général,
à la ·ociété bourgeoi ·e et mûre. les econds,
au contraire. se composaient plutôt de très
jeun• geu , de militaires; el ils furent, ces
fanfarons, les première victimes tombées aux
embu cades.
Alor, que de foi le pa ant attardé sur
les routes aprè le crépuscule, n'eut-il pas
subitement l'intuition d'une présence d'as-as in qui le suivait dan l'ombre? Il entendait rôder ln bête autour de lu.i, se sentait
menacé sans s.woir de quel llanc; il s'enfuyait, hagard, si la terreur ne Lili coupait
pas le jambes.
D'au Ires, en plein jour, dan nn lieu désert,
apercevaient soudain le canon d'1m fusil dressé
dans la brou saille; mais le plu nombreux
étaient les pèlerins urpri à l'improviste par
une attaque brusque, rouit! aux contre-bas,
un couteau dans Ja gorge ou bien le col rompu
sous le garrot de dix griffes humaines.
C'e t que tous ceux-là étaient connus des
guetteurs du chemin pour leurs opinions
r•publicaines, ou portaient sur eux, en évidence, quelque igue distincti! qui les cla.s ait :

-

...

Un SeJ"ge~1/ 3t!S 1•ôltll[_t!urs Je /.J Rêf,1thliq11eilail Je1•J11f lui; sur so11 uniforme, il por/Jit ,in gra,,a manttau b~u
trodt d or. que J!h, pour surc,·()rt ,le colbe, reco11nul sur-le-champ Cetall Jaf!rez ,1 rtxls .• . A celle vue JtÛ
Gesrll fut bou:eversé comme rlev:znt un sacrl/ige, une trojanalian.". Il se jetiuur ,1re.us ... Tout d 5 1Î k
vol/ige11r avail liré sou sarre. (Page 190.1
•
e u e

cocarde au chapeau, ceinture l.ricolora · bien
mieux encore, 'il exhibaient de uniformes.
cela supprimait toute hésitation ....
El puis, quelquefois au i, il y eut des
erreur . Plus d'un blanc pur re la sur la
lande, le nez au ciel, démoli par un frère
uniquement coupable de s'être trompé ou
d'avoir bu un coup de trop à la bouteille. Et
les autres Blancs de meltre l'accidenl sur le
compte des Bleu etde crier vengeance.
A ces cent attentats, le· rancunes s'envenimaient nrore.
De justice nulle part; partout le mensonge
systémaliqutJ au service d'une eau e. Les
habitant des villes, ralliés au Directoire, déclaraient les roule impraticables, quand elles
"" 18q ....

élaienl peu sûres; Juraient que Cadoudal
n'a,•ait pas dés,rrmé, que di:r mille insurgés
tenaient le buisson; le royaliste , à leur tour,
effrayés parfois des cruauté, de leur inventaient 1a légende des faœ Chouans à ]; charge
de la R~publique. D'un &lt;·amp à 1'aulre, on se
rcnvoymt la balle :
- Drigands!
- Bandits 1
i tous étaienl e-xarrérés, pa un o'élait de
sang-froid. Un vent de vertige chavirait les
cenelles, Bien~ mal? on ne n~ait plus.
E~eno, Guillemot, Kerret, Gynouvez furent
horribles, sao détente, sao faiblesse· on eul
dit impul if,;; comme 'ils obéissaiei'it à la
voi~ des Furies. Plus chevaleresque • aus i

�r -

1!1STO'R._1.Jl

------ - - - - - -------- ------ - - ---- --- -------~

Coup nr coup. d, yjJe, , fir1•nl J n~
rr cbar1ue crim •, il regardait lt. ri1•l, il
larouch • Le~ deu1 G•,ril, lrohi partoi- ,
leur
ran!?. ; il• fi"ure~. r.l non Ùt 111uindre ·,
dan, 1 nr dur ,1,1 ,·ou lue, pnr leur. cœur trop appelait:
di. parurPrtl à jamai ·.
1
li~
r
I
nnch
!
ble
-,·ou
,·on
lent.
?
jeune , m l h bitult-., mai rcpri au. sitôt
lin oir. n1, le cinq h ure~, rom me le
,e pèr élail le pire $llU\'a c de ton·. 11 n'l
par l'e pril implacahlc.
.
oli•il
de . ·plcrubre, ri :..Jiné dan. lt• riel, ·ou0
Qud temp ! quel I'• · ! .u picion, d; ola- a,·ait plu. ni politi,p1e, ni reli ion, dan. ..on lait tl • 1'11r fo111lu ~ur d~, n:ippe: d'aLur, ,lili
ca
·.
11
a
b,ail
urùquemcnt
par
,eni;inœ.
li
tiou ; et I dél, Lion 11ui ail icnt venir ... de
Gr.,ril, tout ·cul, 1 l'horizon, la d'une journ 1e
av il promi · vÎO"l victim ,1pialnire. au
act • alrorc , rommi !\OU le couvert d'idée
pleine. ··a~. it. m:11• ré 1p1ïl ,·rntàt frai , au
peut-clr • , • i,:rc1L ,, · une folie univer~·•lle ru.)ne d" e, rnfants · il (:l'Ut lt lrictement
0
on vœu. ed~pêrhaot dan "a lic-o n : pn·-~é rev r· cl"un ro~.é, ~ur I bord de la roui·; el
dont le princiyc étoil peul-être a ' . Confu·,1u'il étaiL de r •venir à ::i femme, à la petite, n' ·:ml rien 11 faire, ,·oulul neuo,er . on fusil.
ion.
li le clémontait, .oi"n«·n m~nt, piè · à
Gnillcmot,
fiant 11 ~a for1'.C prodi,.,il.'H ·e, en leur di :,nl ,•nfin:
pÏ'œ
'lnand, derrière ltts vallonncmPn~,
- La dell • t' l p:t)ée!
prom nait n pl ·in jour
Ct1rrurc. insolr.nt
une
,·oi\
r.ncorc loint.1Îl1e ~·ét1.wa, pur cl proApr ·, il r •uonrerail nm L. taill' • comme
au co,irOO' d bour'. réptM conqui aux
fonde. tian. l;:, rr ·ru culaire ih:ne •
G
,rge
hu-m,
me,
pui
r1ue
Il·
lemp
étaient
lois nou H~lle~, ou . impl('mcnl tièd , ou inJili lt•va la tèl l'l émula. Qui ·nait l:i?
contraire,.
dilléren .
D
n Ill v •nt, il ai il la moiti: d'nn couplet,
n chien fiok le econdail bruemenl dan.
Et I pa}sath r •venu ,lu mnrrb 1, 1 moisair l parol~ · 'était un• roml1 enfontiue, en
e
.ini,tre
ulrepri.
.
Un
jour,
.\lanik
onneur · renlr ni l1,ur nrnh!r • IM, ,·ouicnl
' tait rué nr un gendarme, par hasnrd au si paloi Je Vanne , qui n,• pou,·ait être clLrnté
oudain urrrir de la hruyt'rc el ,;e d~ ,, er
qui! par un gar. du pay,;, un ami, .:in. nul
de\anl eu un grand dial,le tout noir, qui ,c ,; our ·u 1p11· lui, qni a\'all r,· 11 le hoc :m
doute, un fr ·•1· • Et Jili r •prit al O"ne.
broncher
t!I
r
'pondu
lurit•u
nwnl.
Cela
tour◄
jelail ,1 ln l tt~ de chuvau.x, •t qu • liounail
Le chant nr :ippr,1chait; e!I pa. ronn:ii nt
nail
ID.31
pour
le
fermier
de
l.ocoal,
quand
1 !!l!n . .'i c 1U-ci n s b tai nl pa de
~ur
la route . è ·h ; le ne'" u d' lnnik, le:
crier: 1 \ i, · le roi! 11 ils nj-:,aienl hi 'otùt, le l\ok, d"urJinair , el par ordre •. pl'Ctateur. ch ,·eux ur le· \'CU • front bnŒ.é, cootinaail
utanl ur le do . du olùa.~ \' ,·nil coitt:, lui
cr ne îr.1t-a _ d'w1 roup de pcn-bn , au lond
~on tr:1,·11il.
plu. 'inlér er; l, nt il
de leurs clu1rr •ne:, ou ur l1·11r~ "erhr.s fr:,iche. d ~rnraol ln n1111ue À lwlJ,,. d,•nt · ; G}nouwz, était · •rtain que, toul i, l'heure, pa rait
qu'il!' t •i•1 11aie11t d'ecarlalt·: le f1·mmt. n· it,,ient ce jour-là. n'eut 1p1'à donu r und, rnier con1&gt; J,•,11nl lui un Chouan authentique, un ·oldat
de poucr.. li félicit.a son chien.
pa plu · ép:mm :e, qne le enfan .
.'était on , •ul ami, on t:amarade fidèle, Ju roi, p•ul-èlre un aucicn ompa..,non
lai où ,a joi était vr imenl rand ,
qui
ne .;'écartait j:uuai · ; pourlant, un rualiu, J'· rm s.
c'était 11uand ·a bonne fortun • lui fai ail ren. l~i , comme l , rhauteur n'éL: it plu 11u·à
il
Je
vil li\er, l qu •ue droite; il eut henu
cootr •r un oldal hlt-11 nr a roule; il ~ 'en
quehp1e.
pas, ~oudain, à la vi ,ille ronde douce
pprocb:iit, ~imulail b ~i ille .c, la Iati ne, l'app Ier, le .iltler, il n • m·enail pa . Ut:Con- el nahc, uc ·'d,, .an tran ilion. dan· ·a
c
rté.
\
1
niL.
orlit
du
làilli
,
insp
'
.
·la
l
l'ar ab lem nt, courhanl . a t:üll • boitant lvurhouclu~, .·uhitem •nl nfi 'née, le terrible r •îrain
chemin.
demeul, tr· in:inl la j:imh :.
dt•.
journée, r ·volutionnair :
Une · rriol y p;t i1, el dan celle L' rriol
Le ntcu, J ,anl œ -ôem. tout ul, an·
La patri• e l n ,Jan.cr,
arme~. et mal en point. n • ~·nlann."lit guère. il aperçut ~u. sèche el droite, 'l ina, hl anche
, lil1ge1•rn11 , j uu ftllcll !
Guillemot l'ahordait, le aloait poliment, la cl ltloudc, 11ui 'en afüicnl au lllarcbé d',\uray.
1.a ,,,ln e 1 1&gt;11 rl•nlftr 1
Le chien al10)ail, ulJil apn" le dwval,
voi. c be,..rolante, lui demandait le rb min
Tons le· ~rçou ,·ont g' cl a"cr!
,on
mi,
pour
l'arr
•ter
...
d' urai nu Je Vanne.; et l&gt;ru'1111cm tll. d •
, C Cnt!~ l'3 ')Ill.' l' •lran~ r
, tza, Tina, rcronuai -:mt la hète familière,
ît~nnc tMlur ,w11 conter Oeurdlcs ...
011 ti•rrlLI • lt,\fon, l'ahalt.a il mort i, ~c~ pit:d~.
tiraient la bride Pt re•mrJai,•nl al ·ntour. Ell
Il .;eol pour vou
•l'lter !
vidait ·es pat•h •, l.ll s'en allait.
La p lrie 1 ~11 dat1 r •••
aperçurent
Al.rnik,
d
l,onl
ur
l
r
mblai.
•
.1 t,uillcmot était lourd et lirutal dan, e
Oonsoos la Car,nag1111I
tendin.:ul ck 11:i.rt el d'nutre ~ mai
bomiridc ·, J.lcquc. Ewnu · :ipportait des raf- bras
\Ï
111 oo, ,·ive le ,on,
r•tcnu
par
on
œu
mal
rempli
encor
•
l'épou
,
füm m_ ln Cnrm ■l(nvle,
finement . (Jo:rnJ il l 11, il un ennemi au_
\ï.-e I,· on du r.an1&gt;11 I
défrn e nu houl dt&gt; son fn il, il le foisail a c- lo p?-rc, aprè un 0 rand ~' le &lt;le tendre ~e. se
rcjela
,
r~
le
couvert;
:on
r-ifilemenl
ai!!IJ
nooill r, récit r .c pri'•re•, chanter de. caoLe wuplet éclatait ayec une c.:omidion fati1(U"'-, l'awrLissait der ommanùcr !-On àme rel ntil de nouvc:rn, cl Rok, à rc rel,. 'élança rouche; il ttt.ait évident que celui 1p1i I lanç.1il
d
·rricr
·
lui.
1.
•
•
d
ux
fcmm
,
lr
•mhlante
,
au ·•inueur, pui l'emo.aitdonn•rdun I à
n•prircnt leur ·lieniin. :·,a dit .impl ment: ;iin,i l' pproumil .-an. r,~scr, •.
terre, a,· · :a b néJictiun.
Jili Ge. ril Lontlil ur :e d,~u pied ; r je- li a jur ~ Je ne pas reparaître devant
K•rret, plu .. loyal, allaqunit 1• homme en
tant on ru il qu'il
it tic 11 t,armt!r luinou.
a,anl
d'ayoir
ven"é
ll'
·
p
·tit
.
Attcn&lt;loo
rac , lutlnil corp. à corp.-, triomphait, mai:
même, il lira 3 hach Cl lit r.u:e , lïu ol1•nl
el
prion
..
o n an ri~qu ·s ni Lies ures.
Le , ir de œ matin.•\I· nik G ·nomez étran- musicien de ch min r.r u . u ,cr"L:Ol de
('.e troi oorupagnoo~ &lt;uni ,ai nl parfois
gla ~uci:e hcmenl d •u pa sants dan 1 volti ·ur · Je la füpul,liqn était d ·,·ant lui;
el ·'en allaient, dt&gt; nuit, inrcndil·r de village
mème entie.r. L'un 'était d~noncé en chan- sur '-Oil uniform ,, il portail nu •rand in n11ui 1m1ieal a TOt!illi le: lll1•u~. ,1ai 1 · prètr
teau bleu, brodé d"or, que Jili. Pour urm1i1
a·~ermen1: 1 •·vienlencor•leu vi timesde lant trop haut la lfu rseiflnist· i l'autre, qui de colèr '. reconnu l ur-1 ch:1mp. c·,:1.ait
pr~dill.'ètion, ll!urs mc,rceaux Je choi . Il le~ était i.re, tréhucliail tout pas, enjuranl par
tou. le ainls cl lou · l · diable , comme un Jaifrez r • i .
penJaicnl gaiem nl, a la porte de lt&gt;ur pr
[), mob, il a\'llil int, iocofü1:icut, dan
p:
ie.u qu'il était certainement.
b~·tt're, par l pie1I. , au..J ~u d'un feu d •
un
lit d'hôpital, puî 'Hait, uu m:itio, réveillé
J1nouve2: compta es mort , ur . es doig
paille, et les grillai nl J • la .(lrle, n ouci
encore raid • a,·cc . aû faction; cela fai ait lucid , "c plai •. ci •alr~t'. ·, m:ii i faibl, d
de leurs h11rl men~ d'a onit•
i blème · el d , moi eue re a\'3Î nL p:h. ',
AIMil4 Gynouvcz, cet artisl du meurtre, dix-:;epl. Encore trois cadanes, el il serait libre avanl 11u'il pùt r. llier, ,•,tlidl.l, .on ancien
continuait l'eu•r ice qui le pa~.ionnaitj il de r•ntrer chez lui .•\h! quel coup Je guin- r ciment. Eufin. d'aplomb ur i: jambe ,
r 'nt.ail d • ,;olupl farouch•, l\ enfoncer ardanl au retour! Il ·'en lédtailleslune par robu t • de 110uv • u il y reparai~ ait. Ce fut
e!&gt; onnl . dan une chair palpitante; '- voir, 3\·am·.e. « Euh ! 1
Ahmik Gynouvez ne ful pa le ul à ren- une fèt.e.
~us le carcan Je ·e long· doi •ls i. pé , des
Le én'•ral \iillot, pour ~a belle t·onduile,
contrer
quelque r I ist,mce dan le ooml.Jre
·eu virer touL blau , une langue ,;otelte
le
nomma on -{lffici ·r et lui p •rmil, au nom
jaillir d'une uclœ noire el râl ole; ~ cnlir de pa5sanLS a saillis· à for de triompher de la République, d,i porlt•r, ·ur a tunique
.an
péril
réel,
Le
Chouans
finirent
par
se
mourir entre i-0 main , dont il au mentait
Je manttJ.111 co11qub Je Crt1louJal; oo manluao
ou diminuait
plai ir l'inf roale pr · ·ion, croire invincibl ; el c-.' t à ~ moment que qw, 1wndaot 11u Jall're:i: luttnil a\er la mort
de lhre~ virro11relll [ails pour vivr longL mp . la fortuno les abandonna.

n

,~o

... 190 ...

était r • tri ac,:roché à Oil d11m:l rappel n l llr!(•ux 1p1'i_l contemplait •n rêve. :\ ;,, : t·nl. il
· Pn par.ut or ueill usemeut, ain.i qu' d'un
lropb !e.
,\ c1·1te vue, Jili 1;1·. ril Fut lioul, \er,:
~omme _tle\'ant uu ncrilt"'C, une profonatio11;
il a\ it autant (1,, o11llra1H •111 de olère
dan ~on ~motion.!,' rnatfleau d 'G •ôr3 •s, dra~au, hque, ét 11 u. 1 -arr t rHmr t ,. G,_ ril
et lt•~ 1,ynou"~• r.c, ru. Ires, •JUe Je z:iïrnph,
1. voile ~o 13ml, pour 1;, lill1• J' \milc:ir.
Il ·1· J •t~ ,ur Are: i" i1ui l' :ril:I J"un aul.
'I oul d' mle le voltigeur :t\:tit tir. ~on ,al,r ;
un pa\.-an armé d~11 la camp:agn •, c'ét:1il un
Chouan, 11.n a. a 111; le deYoir, l'iQlércl pcr. uuuel éfall il'en d-harra&lt;:,cr la route ....
\lor,,, il ·cr "ardèrent au !,Jane de. •eu. ,
ram:i. Sl· _ur c11. -même., en trr~l pr t '
bondir. C'était un duel.
'
Héla ! il. a\ai~nl ,·iol!t an lou le ,li! .
lou. le dcu . ,·airnl tir:: fi •ures d'enfant.,
.an . ~:irhc, ~an 111~11~tacbe, faih'~ pour t
O~lr, • de h"urc Jol11:. et pure qui t.:aull:Tll. Ju trouble au fille : lou 1• d u
r~'!1unienl J,• JlCn ï:c-: nu-dessus de leur r.on~•~on, • î c le m me eulhou ia. mt, i l'idë.,l
et~1t t·t111tr:ulictoirc; il, étaient Ill. J,i ln
me'.11, h'_rre: il éLaÏ'nt l'a" :nir; 'iJ,,. 'l'nlretua1cnt, ,I._ priv::ii1•11t la patrie du dPu oul,l :
n~:ml ,; ·i l'un ét.:iil raimJIICur, il 'app lait
Cain, 1autre ,\l,cl: il.· :rnrafonl dil e comprendr1:: 'aimer cl m:ircb •r côte a t·tile ver
les cblrn. ~b cur . . . • on pa ! pour Bi u
el pou~ la hherté, "loir• du ci l, joie J la
terre. il~ th •rch ii·ul à _·é.,or:.. •r.
_l.eur fur ·ur ,lll"llll'lllàÎt l'flcorc à ;;c con;ider ·r J:m le 1, lonuc1111:nl de la prernièr
:1Uaqu ; il· étaicnljnloux l'un de l'autre. el
.
d m i 111
, '
.·e r •connaiss,111L
ce. d' \!!ale
be_aulé, ù,• !,ramure p,1reille, ils .e haï·s, i nt
ffileu · Il· fi .. urai nt tlcu pri1wiJ •s en pré. en~e cl 1JP11_, rivalit • . ll'i. le rc.z-i//a R,.9 i. ,
el 1 • 1 Ça'""· nlauc, Bleu, irrb·uneilialil~.
Le rrim était plus liant, rbcz le roi:, chez
1 ' pr Ir .... , cl chet 1• · tu •ur, tic roi· cl
~hcz le· lu1!urs dt• prètre ·; eux re. Laient
mnoc.enL • jouets an mnius des autr .
Ce, '!eux irr pon ·111) !s , 'at1;11111~re111 folle~1e11l. E~ale~ient ri!'ïlur ·u • ,1galt 1tknl, ,.ile:,
11 •e b11ça1cot, parai •nt ,t,, coup formid; ~le. i la lmche tournoyait ur I front de
~lh.; 1• . abr~ décriYait de~ 11111uliuet · d'r.cbir'
a I entour tl Jallrt!l; l,i ntùt, il 'e ·sonffü,._
rent.; !ou deux i11 naicnl déjà, un Lra
euta1l_lc,_un_,i épaule enta.m' • LI, ·ur pour
eux Ill 1gniflantc • Haletant • il., d m1rt:I1l
plu férocement opini.llre', chacun voulant
fr.tpJ r ~vant d'être fr pp:. né,,li• e.,nl .a vie,
po~r rmeu~ il nner L1 mort. Ge qui de,·ail
arrmir arrn .
1

(lllustr.iilo~s Jt

Jili, ,lu Ir, nch, ut d .a hache. fonolil le ronl apr la pr,.mièr • fusillade cl alor. C4'.!
c~ùne d,· Jaffm,, lundi~ 110, cl'lui-r·i, d'un der- srra p_,rtie r .mi~c, loul à rct·omnwoù!r; il.
m r coup d 1111inl1•. lui lnl\w it ln puilrine.
œnn~• ·si'."! li~ p:1~·- • u1r.-•111 ni qun nou ; il
soul in ·,11 ,, altle .
Il tomLl•rent l'un ·ur l'autre l't 111ourur1'nl
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"rtllrd .• I&lt;'. r.har!(:c:mt, pour .-·.1m11 ~·r di&gt; 1~11r
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g nt 1, rcntur : ; L, de la orti1, . • :taicut ,lu hniss?ns :_je suis prèl 11 en faire le r-rli: 1 ur cœur . 1:ilbc-rl Boure Ji. it :
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                <text>La revista Historia Magazine Illustré Bi-mensuel fue creada por un ex librero que se convirtió en editor Jules Tallandier, En diciembre de 1909, se publicó el Léame histórico con el título Historia. La revista dejó de publicarse entre 1937 y 1945. La revista publica artículos y dossieres en los que participan destacados historiadores. Los archivos se detallan en una publicación bimensual temática.</text>
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              <text>La revista Historia Magazine Illustré Bi-mensuel fue creada por un ex librero que se convirtió en editor Jules Tallandier, En diciembre de 1909, se publicó el Léame histórico con el título Historia. La revista dejó de publicarse entre 1937 y 1945. La revista publica artículos y dossieres en los que participan destacados historiadores. Los archivos se detallan en una publicación bimensual temática.</text>
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              <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores.</text>
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