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                  <text>LE

ms T DR,.1.ll

LA

VIE

ET

LES

MCEURS

AU

XVl.ll

"LisEz-Moi"

H1sroRIQuE

SIÈCLE.

LE DÉJEUNER
Tablt!aU de Bouc111~1t. (Must!I! .:/11 Louvre.)

.... 191 ""'

L'INFANTE CATHERINE-MICHELLE, FILLE DE PHILIPPE II
Tableau i.i'ALO. '"0-.'.A. ' CHEZ

OELLO. (.\lusée du Prado, .\ladrid.)

75, Rt:E ÜAREAU, 7.1
:.utlf

'xlv• arrouJ .,

�LlB~AIR.IE ILLUSTRÉE. -

JULES

TALLANDIER,

Sommaire du
p Ir?.

llr,:.._R, Rot ;u:-.
,1e l"Jn,li/11I

Etrno:rn

I r
10:\Ull RT ,

Jt 11o.s

1m

•

ARH. llE BARl:\E • . , , ,

fascicule

2 Ie

La Femme au VIII• siècle: L'amour .
Princesses et grandes dames : Christine
de Suède . . . . . . . . . . . , . . , . . .

1~,q
20~

Jll•• PE

Anecdotes . .. .

211

Après Sedan . .

215
2JI

LDOL \RD FoLRXlFR • •
i'llAURJCE :.\lo~'Tfot/T. .

Lo seconde Madame Danton (Mademoi elle
Louise Oélyl. . . . . . .
Louis Ill le Pudique .
Les Spées de fer . . . .

Gf;;,t.1 . , . ,

Gr.r-.'ÉRAL 01::

·

.,Lrnnor .. Mémoires .. . . .

'LA.RETIE, . . , .
Je l'Ac.JJémlt jri111 ,·J1. a
l:m10:-;1; P11.o:-. . . . .

Tl f,O
nr.o::;, AtmERT
J .. J, BEn'iR-OJ.. Li.. ,_coun. BE~TII ULT, Bo1L1.r,
Ann,111.\11
Bos:5E,
C ~11,10:--, C ,.,. ·ovA, H , c11F.z LOELLO,
Co'llnAD,
JI( "'" 0,1\ 1'1 1111\'AI 1,T, JACOll IIOCf':-,iAGF.L , LECUAJ10, lhPPOl,\'Tl' L!iCO~rn,

NTO.' IO llono, P1GEOT, AoOLPnR
,J.-13. DE TROY ,

L'lNFA i\'TE

\TllETII\E-MI 'IIELLE, FILLE OE PHILIPPE ri

T ABl.EAU o",\1.. oNSo •:A:-.~ REz CORI.LO (Musée du Prn,Jo, ,'1ndrid).

Copyright by TaJJand1er 1910.

En vente
partout

'' LISEZ=MOI ''

Paraissant

SOMMAIRE du NUMÉ~O 123 du

10 octobre 1910

Cu.,Rl 1-s-JfasnY lllJl CIi. Une faute profitable. -

PIERRE L~TI. de l"Acn9enii_c
1ran~ni ·c. Aziyadé. TtPIIEN Lll~G6AHD. Octobr~ . - l'RA&gt;&lt;ço1~ r•~ ~IO'\.
Odette. - Jut.ES RENAHD. La promenade du chien.
. LJLL\ -PRLD·
11O:\1\\E. Prière . - 1\lARcE1.u: TINAYHE. L'ombre de l'amour. - Pw,
,\l ,\RC.l ERITTE. \ ' ieille . - ~!me A1.N10:-sE IMUDET. Le, premi~r fe~. :j(&gt;SfP1ttN
OULi\ltY. Dans les vignes.
. Ji:.,;1 RIC~EPTN, de l .\.::idt'~l~e
lran,aise. Mad.ame André. - Fv.RXAXI&gt; C,HE(,11. Hnb1tude. - II EMI .1:,\\ EDA '\' de l',\cadèmrc françai e . Première récréation . - Ro t:!&lt;loxoi; R • 1A:0- O.
Auto~ne . - ALFRED ,\PUS. La bâtelninc.

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) . TALLANDJER, 75,

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DU TERRITOIRE 1870- 71 ,,
(Brevel commémora/if)

Les survivant de ln guerre Fra.oco-Allemandc apprendront avec plai Ir que
l'on prépare actuellement un brevet dédié AuK Défenseurs du Territoire 1870-71
et destiné il perpétuer au sein des familles la port prise ou&gt;: opérations de la
guerre par le titulaire de ce brevet .
' est une œuvre d ' art composée par un arti te distingué, imprimée ur papier
Wbatman grand format , pouvant êlr! cncaddc et mls3 â la place d'honneur de
la maison
Le nom du titulaire, l'indication de sa fonction ou de son regiment eront
imprimês sur Je brevet.
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J. TALLA DIER, 15, rue Dareau, Paris (XIV·).

LIBR,AIR,IE ILLUSTRÉE J . TALLA DIER, ÉDITEUR,
PARIS - 76, Rue Dareau , f..f • urr. - PARIS

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c elte colkclion réunit les meille1irs roman5,C:Onvenant :t IOU ,
au,si bien a la jcu!'esse qu'aux grànde pcrsqn,n~ ci dont

paraissant le f&gt; et le 20 de chaque niois

l'int~rèt r&lt;:nouvelê pa sronne les lecteur · parues rc,c1t. unique:..

HlSl'OR.IA a la bonne fortm1e de pouvoir offrir gracieusement à ses abo~nés
un gravure extrèmement rare, introuvable da.os le comi_nerce, reproduisant
uq chef-d'œuvre d'un des plus grands maltres du xvm· siècle :

WATTEAU : h'Emba.tiquement pouir Cythè11e
dont 1\ n'existe pas, malheureusement pour le public, de copies gravées facilement
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A.- K. GREEN

LA MAIN ET LA BAGUE
/Rom an adapté de

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Jouis TALLANDlER, 75, rue Dareau, 1-'ARIS, uvVeuille:r. m'abonner pour un an à. partir Nom... _ _ _ _ _ _ _ __

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Vient de Paraitre

QUILLER COUCH

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FERGUS HUME

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l'anglais,

LE ROCHER DU MORT
!Roman adapté de l'anglais)

L'OMBRE MYSTÉRIEUSE
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Prénoms _ _ _ _ _ _ _ _ __

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Afin d'é-vilerdes erreurs, priere d'ecrire tr~s lisiblement toule.s l~ ùtdicalio,u.
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ARNOULD GALOPIN

-H.-R. WOESTYN

---

LA TÉNÉBREUSE AFFAIRE
DE OREE

PARK

Victor llurro, dan l'une de ce· puL.antes
et aisis-antes vi ions d'histoire qui compoent la Lége11cle ,le' siècles, 'e t plu à nou
montrer, prè d'un ha . in de jardin de
l'E curial, une toute p Lite infaoLe d'Espagne tenant au bout de e. doi •I une belle
ro e l1trgement ouverte. Le soir vient et le
oleil dt&gt; end dan un ciel radieux oi1 ne
pa e :11,cune brise. L'enfant, oubliant la
du~ttne qui la rrarde ad.mire la lleur el lui
sourit. Acelle petite lillti, or ueilleuse comme
une petite reine, parce qu'elle n'a jamai \'ll
le hommes qu'incliné et courbé devant
die en ré,·érenc
d courli au , il emble
que celle rose fut uniquement créée ponr
rodorant régal de
narines princières, le
délice de se joliQ Jeux. Mais, tout à
coup, un grand ouflle accouru du
couchant a fait fri onner le feuillag et pa sé rudement .ur la fleur
du domaine royal. A présent, il ne
re ·te plus entre les doigls de l'infante
qu'une lige entièrement dépouillée ;
et, pareil à de petits e quifs roses,
les pétales ilollenl à 1a dérive sur
l'Atlanllque en miniature que représente le bassin soulevé et agité par la
iJru que rafale.... Pendant ce temp
derrière une fenèJre de l'énorme palais, un homme rève, un homme
noir, tout en eruble terrible el me quin, froidement féroce cil sinistrement méticuleux, qu ·oo a pu urnommer &lt;&lt; le Tibère Lure:mcrate ». Son
œil pa se par-dessus parc et jardin ·
il embra se l'étendue aride qui fait
à l'E ·curial une ceinture de rocher
el de pierraille ; il croit, au del:i,
·ur l'immensité verte de !'Océan, voir
son Armada - cent cm4uante ,·ai seau , dern mille ·ix cents canons
- anéantir la flotte ana'iaise et conquérir au roi d'Espagne la monarchie
unh:er elle.... faî , ur celle (r invincible r, escadre, fa temp&lt;'le éclatera,
rlTroyable, dtl\'a. tatrice, et a-a.lion~, galères, caravelles vont s'en aller i'i la
dérire, Ill-bas, à travers I' céan furieux, - comme ce pauvre pétales
Je 11 ur, arrachés aux. doigts d'une
enfant, qu'englouLi ·ent l~ ernhlants de r mou · &lt;l·uo « miroir d'eau».
En celle vision :m ilhétique du naufrage
de deux &lt;l armadas », où la ature, au gré de
son aveugle caprice, fait la leçon au.."&lt; vieux
0

_ _ _ __ J

,

MYSTERIEUX

OFFERTE A TOUS LES ABONNÉS DU
"LISEZ-MOI"
qiatorfque

"AUX DÉFE

le 10 et le 25

MAGAZINE LITTÉRAIRE Il.LUSTRÉ BI-IVIENSUEL

=

Vte• amoureuse de Philippe II

TJRf.;E llN CAJIAÎRU

A

Ho1mK ,

la

PLANCHE HORS TEXTE

D'A.PRÈS LES TABLEAOX, Dl!SSINS ET El,TUIPES DE :

LE JJ:U:-.E,
WEU.1.CII-ÜE 'FO1'TAI, 'E"', Tllfüit:/1,

(5 oclobre 1910.)

jll. E~

------------

ILLUSTR_ATIONS

HomrnT Liu•ic.11rn, MoRF.Ai;

1
LES DESSOUS DE L'HJSTOJ RE

Les dessous de !'Histoire : La vie amoureuse de Philippe lJ . . . . . . .
1()3
Le mari de Madame Sans-Gêne. .
19~

Dl' .\foRA • •

75, rue Dareau, PARIS (XIVe arr').

ÉDITEUR.. -

I

T

MO SIEUR PINSON
111. - His-roru,.. - Fasc.

POLICIER.

.

EN YENrE CHEZ rovs LES LlBR.lllREJ

:i,.

roi.s et aux future· rein'·, ·ans grand profil
d'aillcnr; pour celles-ci ni œux~llt, llurro, eu
d~s ·iuant le portrait moral de Phiüppc Ir
, tixa.,énaire, a dépen é autant de \'ene viol nte rra ïl a mis de grâce exqui e et de
ebarme délicat dan· . on évocation de l'in•
filme à la ro e. Et la préi.ence de la mirrnonnl!
pri,we,~e dan cet admiral,le dipt)'que l'ail
~or,nrr que le terrible roi ne fut pa
ulcml'nt le père de don Carlo et de Philippe Ill
ma.i, •rue, de "e diffêrente uni ou • 1t:1ril11uc ou non, 11 e11t d' ,111tr' cnfanl.. de ·tiu.é d'ailleur. à ne laisser qn · une traee f1Jl'itive dans l'histoire. Cela mime, c.ir d'un Ici
Lomme rien n'est indillërent. à se préoccuper
dti a ,ie conjugale, infiniment moin con.nue

PITTLlPPE Il, ROI o'E P.\G)IE:,
T~Me.111 d'\NTO~IO MORO.'

que a vie politique, et qui mérite pourtant
d'être coutée, ne fût-ce qu'en un rés11mé relativemP.ot bref. C'est ce que nou allon
faire ici eu prenant pour guide M. fomeron,
l'un des historiens qui ont le mieux étudié.

coordonné et reviviüé les documents cl'arclihes du xv,e iècle relatif, à l' E patrne. el
donl la belle llisloil'e de l'ltilippe li, qui
fut éditée par la maison Pion, forme quatre
volumes in-oclJ.vo.
ct&lt;-

Le premier mariarre de Phiüppe Il fut célébré le i5 mai t543. Voici comment M. Il. Forneron relate e prélimiuaires, es débuts el
on dénouement :
« La fortune de Charte -Quint paraissait
décliner, quand Philippe fut associé aux oucis
de ,on père, dès J'àae de quinze ans, comme
régent de J'E palTne. La situation financière
s ml,lait · urtoul dé espérée L'empereur ,ongea à se procurer de fond · en propoant une alliance de famille au roi de
Porlug-Jl. Déjà, au plu fort de a
lulle contre la France, il avail épou.é
1 ahelle de Porlugal pour pa ·er es
lansquenets à l'aide de la dol de celle
prince~se, qui 'élevait à neuf cent
mille écusd'or; à cette seconde époque
de détrt!·se, il demanda une nouvelle
dot au Portueal, el régla le mariage
de son fil Philippe avec la lille du
roi ,lean Il[ de Portugal, qui avait
épou_é une ,œur dé Cbarle -Quint, el
ttui n·é1ait pa olJügé, comme son
beau-rrère, de di iper les richess •
tirée d'Amérique pour entretenir Je
gen de guerre dan,; l'Europe entièr .
Celle jeune .fille, .\tari~ de Portugal,
était rieuse, vin!, un peu gra, e, â ée
de sei2e an comme Philippe. l'lii~
lippe, à peine plus grand 4 u'elle, e
tenait droit el 1c ne perdait pas un
pouce de a taille 11; il avait une the,·elure jaune, le front large, l'œil l,leu
et ,if, le menton proéminent. fa!;ré
sa gravit: précoce, il témoigna une
ccrlaine impatience de connaitre sa
fiancée et galopa avec le duc d'All.i
el quel11ue fa,•ori pour rejoinJre l\·~corte qui l'amenai 1. Il se cacha dan le

,illoge d'.Aldca Nueva del Campo :
n La princes l! élait ce jour-là fort
jolie dame, Yètue de velour cramoisi, avec un manteau castillan de
même étone, cl une toque bl,rncbe orn :e de
plume » ; elle 'ta.il accompagnée de quatorze dames d'honneur et d'un nain « de taille
mon Lrueusement petite 11 . Des fêle omptueuses célébrèrent le mariage de « l'hé-

�'LJJ.

R1ST0~1.Jl - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - ri lier du monde, l'espérance du iècle ».... l.ùt que son lils, par celle union, acrp.1îl à auprès d'elle une de ses suivnnte , lady ClaLe contraste entre oette all~~rcs,e bruyanlc et l'E pagne de nouveaux su.jets et de nouvelles rence, l'avait reçu: a Le saint Sacrement y
la triste destinée de cette union in pire de armées. Pressenti par l'empereur, Philippe étoil; la reine me déclara comm , depuis que
l'intérêt pour celle prînces~e qu'accueillait répondit : • Je n'ai ù'autre volonté que la je lui avoi présenté Je lellre de Votre Maje té, elle n'avoit dormi, mais avojt toujours
tant de joie : les ujets répandu au delà des
pleuré el prié Dieu c1u'il la voulust inspirer c~
mers, donl Marie de PorLu11aL deiaiL être la
conseiller; se mellan L à genoux, elle dit le
sourerainc, ne connaissaient pas encore tous
Ve1ii, creator SJJÎrilus; mistress Clarence et
son mariage, que déjà elle était morte .... E1le
moi fismes le semblable. Âprè que la Jilc
a traver é la jeunes e de Nülippe comme une
daOle fut relevée, se sentant con.eillée de
aimable apparition vite oubliée : elle laissa
Dieu qui lui a déjà fait tanl de miracle à on
pour souffrir après elle, pour mourir jeune,
endroict, elle me donna le mol de mariage
son fils don Carlos. u
pour on Altesse devant ledit saint acreCe premier veuvage semlile en réalil~
ment, ·entant absolument son inclinalion
n'avoir ~~ r1u'un demi-veuvage, comme le
tendre 111. Si elle avoit invoqué le Saint-E premier mariage officiellement conclu et conprit, j'avois invoqué la Trinité pour l'inspirer
sacré n'a di) prendre que Je second rang dans
à cette dé~irée réponse. »
l'ordre numérique Jes unions de Philippe 11,
lluH mois 'écoulèrent entre ces accords
car le prince d'Orange a pu dire ; «Du terop
par ambassadeur et la célébrai.ion du maqu'il feignit épouser l'infante de Portugal, il
riage. Ce ne fut qu'à la mi-juillet 15M quo
sa 1,ait ètre marié à doi1a Isabelle Osorio. de
Philippe
quitta l'&amp;spagne, a,·ec une su ile
laquelle il a eu deux ou lrois enfants, donl le
dont fai aient partie le ducs d'Albe et de
prt)mier se nomme don Pedro, el le second
ledina-Cœli, le prince d'Eboli, les comtes
don Bernardino. »
flamands de Uorn et d'Egmoul.
&lt;&lt; Quelle que soit, dit, à œ propos, l'histoLe 25 juillel, étant depui plusieurs jours
rien de Phi lippe Il, l'époque du. « brevet
à Southampton, Philippe apprend l'arrivée de
d'~pou e donné à ls1,1belle pour mettre à
la reine à Winchester. u li part à cbe,•al pour
comert ~on honneur », ltiS relaLion se proCtlcM G.ira.udon.
la rejoindre. Une pluie « cruelle» el oontinue
on"èrcnl plu ieur années an que Philippe
)lARI&amp; TUDOR.
e oit abstenu d'en nouer d'autres. Il était Ta/:,~att d'ANTUN!O .'tloRO. (.\/usé~ &lt;lu Prado, /,f;i ,trld .) rend les chemin impraliCM&gt;les. Il n'arrive
qu'à six heures du soir; il descend de cbev~I
connu comme « très emporté dans a passion
pour enlrer ii l'église, où il entend le alut.
pour les dame », et comme a extraordinairement empressé ~ :rechercher leur com- vôLre; au si je m'en remets entièrement à. Il ne se prt.! ente de,•ant .tarie qu'à dix heure
wus : ce que wus avez décidé e fera. 1) du soir. Il l'embrase« selon la coutume de
merce».
C'est, en somme, le cas ou jamai· de citer )farie ne se décida p3s aussi promptement. là-bas »; il lui parle en espagnol, elJe répond
l"adage: Lill père, tel fils, dont la justesse fut Vainement le fin diplomate Simon Renard, en françai . Le mariage e t célébré le urlendémontrée avec une force toute particulière uu Franc-Comtois que l'empereur avait chargé demain; l'érèque bénil le lit nuptial, el on
de mener celle négocial1on, représentait à la les laisse. « Ce qui suit, eux seuls le savent,
lors du premier voya"e de Philippe dans ll•
Flandres, où, pour la première foi , il pril reine &lt;l'Angleterre le prince « comme un dil un documenL conlemporain ; tout cc que
Haiment el complètement conlact avec l'em- veuf mùr el gra1•e, père d'un enîaol de huit nous prétendons, c·e t qu'ils nou donnent
pereur, de qui, pr' que toujours, il a\'ail vécu :ms ». &lt;&lt; an attendre la fin de ce propo. , un prince. » Les Anglais, au grand r.andalc
des E pagnols, soutiennent mème que Phiéparé. A Bruxelle , Charles-Quint s"enferma elle jura, nota Simon Renard, que jamai
plu ieurs heures chaque jour ayec son fil . elle n'avoit senti esguillon de ce qu'on ap- lippe n'a pas d'autre rùle dons leur pays :
Philippe l'écouta, l'interrogea, prit des note . pelle l'amour, ni entré en pensement de vo- « Nous n'avons besoin de lui que pour cela;
« L'empereur versait le trésor de son expé- lupLé; que si le prince vouloit e tre volup- que la reine ait des 6L, et il pourra s'en rerience, enseignait à concilier la fourberie el tueux, ce n'est cc qu'elle désire, pour n'estre tourner d'où il vient. »
« A peine les époux ont-ils fail leur entrée
les crupules de la conscience, indiquait les de tel aage. »
à
Londres,
que de nouveaux étonnements et
«
Elle
ne
se
faisait,
ajoute
M.
Forncron,
ressorts inconnus qui mouvaient tant d'hommes
ous sa main. Égaleroenl patients au travail aucune illusion sur les charmes qu'elle avait des ùéceplions blessante surprennent les
et charmé3 Lous deux de ce entretiens, le conservé . Elle avaiL été jolie; trop de mal- Espagnols. Ce sont les ministre qu.i e1pliheurs et d'émotions n'avaient pu pas er für quent comment, dans ce pays, le roi n'a pas
père el le fils avafonl aus i les mêmes goût
po11r Les d1verllssemenls de la galanterie : ce corp délie.al an lai ser des ravages. Pc- d'autorité : le ministres donnent les ordres
ainsi l'empereur coudui ait chez sa sœur, 1.-t Lile, frêle, ridée, couperosée, avec les che- et aouvernent. Ce ont les hommes du peuple
reine de Hongrie, son fils Philippe à un ban- ~'CIU rougt•s, les yeux gris, le nez larrre, la qui huent comme un symbole dïdolà.trie la
'tuet &lt;( où ils furent servis ùe vingl-qualre voix rude, elle était alleinte d'une maladie croix rouge en !orme de poignard dont c t
dames accousLrées en nymphe el dées es Ile cœur qui lui donnait des étouffements, décoré le manteau des chevaliers de Saintpastorales ». C'est probablement au milieu troublait les mouvements du sang, amenait .Jacques, qui déchirent ce manteau dans la
de ces fêles c1ue Philippe connut Caterina des crises de plusieurs jours. Les médecins rue, et qui, « en parlant du Pape, disent
Lainez : il la ma.l'ia plus tard, après avoir la déhilila.i.ent encore en la soumetlant à de qu'il esl un homme comme eux ». Jais, de
enfermé dans un couvent, à Tolède, la fille fréquentes purgations et saignées, el en ne toutes les vexations &lt;ru'il doit supporter avee
la laissant prendre de repas qu'à une heure patience, les importunes tendre ses de sa
qui était née de œtle liaison. t&gt;
ou delll. après midi, bien qu'eJle se levât de femme semblent encore le plus à charge à
~
grand matin. Elle patlail cinq langue~, el Philippe. 1« La reine e t très bonne perEn 1555, Philippe dut se préparer à uu jouait du lulb aussi bien que sa sœur Elisa- sonne, écrit le confident Ruy Gomcz, mais
beLb. Elle était douée de celte doucenr natu- plu vieille qu'on ne nous disait. [Marie était
nouveau. mariage:
Le roi d'Angleterre, Édouard VI, venait relle qui n'exclut ni la dureté ni la violence, de douze ans l'ainée de Philippe, qui avail
de mourir. Sa sœur Marie lui succédail. quand des passions s'agitent. » Enfin, le alor vingt-six ans]. olre-Seigneur y pourCharles-Quint, qui avait Jui-mème projeté, 51 octobre 1555, Simon Renard informait voira, lui qui jusqu'à cette heure a dirigé
trente ans plus tôt, d'épou el' la fille des son maitre de ce qui s'était passé, la veille tout ee qui se rapporte à celte union. » Ce
Tudor, alors dans sa huitième année, vous au soir, dans l'oratoireoù Marie Tudor, aianl n'est pa que Philippe manque d'égards

envers la pau\-re femme : au contrnirc, « ~a
conduite est fort correcte aYec elle, il ne lui
témoigne nul mauvai gré de ce qu'elle u'e·t
pas propre à éveiller des passions, et il
r.herl'he si J.,ien à lu. satisfaire, que l'autre
jour, comme il étaient seuls, elle lui l•.mait
des propo' d'amour, el il répondaît en
Lermes con,epablcs. 1&gt; Le souple Ruy Gomcz
devient tout à fait irrévérencieux quand il
écrit, &lt;1uelques jours après : « li me semble
que , i elle prenait le coslume el la coiffure
de femmes Je notre pay • elle semblerait
moins vieille et moins délabrée; à dire ,rai,
on a grand be oin de l'aide de Dieu pour

par Philippe, qui avait remarqué que la
chamhre de la jeune fille prenait jour sur un
corridor, à llampton-Court; il pou sa la vitre,
a,·ança un bras; la robuste Anglai e saisit un
balai et frappa cc bras d'une telle force que
le roi dut se relirer. o
Mais, depuis quelque temps déjà, une
gros es e de la reine Marie a été annoncée,
au grand enlhou ia me de' populations. EL
la future mère, à présent, e~t toute à la penéc de ses couches. « Elle choisissait le l)erceau, les nourrices, préparail ju qu"aux
lettres qui arn1ouceraien1 au ouverains de
l'Europe la naissance de l'enfanl miraculeux.

11 - - ,

trait ûrés, lès yeux hagards, « plusieur
fois le jour, demeure longtemps atd e à
terre, le genouils aus'i hauts que la teSle »;
elle use son liyre de prières aux denx page
qu'elle relil en les pressant de ses doi:;Ls
impatients. Le livre existe encore, froissé à
la place de l.t priùrc pour la délivrance dl:IS
fommes ent.eeintes el à cd.le de la prière pour
l'unit.é de rÉglise.
n mari parle de la
r1uitter pour ·e rendre dan les Pays-Bas, el
il ne e lais e retenir que par le instances de
'imon Renard. Elle a rè1•é d'être aimée : elle
se senti olée entre son mari c pagnol et C'
sujet anglais; elle ne roit 11u'ingralitude.

CUcbd b1aun tl
PIHLll'PE

1J

RECEYA.:IT l:NE DÉPUTATIOll'. -

c~.

T.1/:lleaJJ d~ SANTIAGO ,\RCOS.

porter ce calice. Heureusement le roi com- L'intervention de la Providence ~tai t trop
prend fort bien que ce mariage n'a pas ét: claire pour que cel enfant nef tit pas un fils;
contracté pour se plai irs .... » \'ainement les lctlres le Jisenl : (c L'heureuse déliuance
~tarie recourait aw artifice de la parure. d"un prince, dont nous rendons humhlemcnl
aux robes à longue traine, alll manches l'en- gr;\ce à Dieu. D Le. mois. "éc.oulent, les doudocs, aux broderies d'or et d'argent, au
leurs semblent commencer. !. celle nomelle,
bijoux Jan · les chi,·eux et ·ur la gorge, elle les cloches onnent dansLondre , les fcm\tres
ne pouvait empêcher son mari de perdre tout s'illuminenl, le navire ti.rent le canon; un
prestige aux }'eux des Aoglai pour le peu de 1'e Deume l entonné à Saint-Paul, des . ercas qu'il fai ait d'ellej il n'était pas fidèle mons tiennenl les fidèles altenLifs dans les
davantage à on épouse espagnole Isabelle églises; des prêtres assemblès à llamplonOsorio, et l'on chansonnait dans les rues ses ColII't récitent de prières perpétuelles ?t côté
aventures avec une fille de boulanger .... Il de la chambre de la reiue. Au bout de quelavait voulu adresser aussi des galanteries à 4ues nuits, ils se lassent : la crise se prola belle fadeleine Dacre : c'ét.ait une des longe; on s'étonne, on s'in'luiètP., on n'ose
fille d'honneur de sa femme, qui était vigou- dire à la reine que cette fausse grosse se
reuse, solide et si grande qu'elle dépas ait de n'est qu'une maladie rare. Les semaines
Ja Lète toutes les femmes de la cour; elle fut s'écoulent : Marie attend toujours sa délisurpri e un matin, à sa toilette, le buste nu, vrance ; elle reste oufîrante, recluse, les
... 195 ...

... 194 ...

'Y1E AMOUJ(l:USc DE P111l1PPB

Toul 1a trahit ou l'ahaadonne. Le miracle qui
lui semblait assUJ"é, le fils promis e t reûré
par Dieu. Qu 'a-l-elle fait pour être frappée?
Elle est chàtiée parce qu ·elle a cessé de per~écuter les hérétique . L'évèque de Londre ,
Bonner, le lui persuade : elle a comrni le
crime de aül qui rcrusait d"e terminer les
Amalécites; et aussitôt clJe donne l'ordre de
reprendre la persécution. Cinquant.e personnes
sont br1Hée vivantes dan Je.~ trois mois qui
suivent sa déceplion; elle e reprend alors à
l'espérance, el, durant Ci'S Lroi mois, elle
continue à attendre l'enfant. ... Philippe. qui
a renoncé de bonne heure à celle ilJu ·ion,
tourne déjà les yeux vers ses autres Étals;
apr~ aples et la Sicile, son P.Ùre lui a cédé
le Milanais, el se dispose à riUil~tlre entre ses
mnins, roynume à royaume, durant le. ~eroiers mois de l'année i555, la totalité .de se:.

�1-flST0'/{1.Îl - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - ~
po ·es ioa ; il Jui annonce .e. projet d'al1dication et l'appelle à Bru~clles. Prompt à aisir celle occa ion de fuir l'Angleterre, Philippe s'cmbariruc; la .cène des adieux à la
pauvre reine e L déchirante. lfarie pleuru en.
,oyant Philippe em bras t·r ses sui,·ante le
unes après le autres, pui de cendre l'escalier; elle . 'accoude à une fenêtre, elle uit de
se yem; troublé par les larme la barque qui
'éloigne sur la Torni e.... »
Il convient d'njoulcr que, . i Philippe, en
fuyant la rtecile conjugale, s'applique à cacher
à :,a Ièmme son empres cment à la quiller :
« il a au si la maladresse de le lais cr conrn1ltre à e ennemi : le na,ires îraoçai
ai:,is~ent quelque jours plu Lard le lettres
qu'il éc1·il en Espat1ne. '011s ne les avon
plus, mais le prol011otaire de Noailles, qui
les a lues à Fontainebleau. pré,·icnt son frèr12
((""• ~elon ce lettre , a la royrm a lànl ensomdt! ce 1,eau jeune prince .on mary que
de lui a\'oir faict croire un an entier c1u'elle
e toit gro · e pour le retenir prè d'elle, donl
il e trouve à présent si confu el fasché,
qu'il n'a plu délibéré ùe retourner, promettant à tous e. serviteur que sïl pt!ul e tre
une fois en E pagne, il u'eo orlira plu à i
ma mai e occasion .... 11
Mais les année· d':ipprenli ar1e de son
métier de souveraiu alhienl bientôt prendre
lin pour Philippe. Charles-Quint, fatigué,
aU:iibli, goulleux, vieux ~ cinquante-cinq ans,
cl résolu à se retirer au monastère de Ynstè,
ahdi11uaiL en fa\·eur de son fil . Et re Fu Lla
politique du nouwau roi c1ui r:ipprocba Philippe Il d Marie t.l' Angleterre. &lt;1 Il avait profilé, dit ~(. Forneron, des mois où to11l ce
11ue nous avion d'hommes de guerre 'éloi•
&lt;&gt;n::til :nec le duc dt.! Gui e ver le fond de
l'llalic, pom organi er contre nous une ar10ée formidable. a première pensée, en obervant qu'une guerre de France devenait
imminente, fot pour sa [emme, qu'il avait
oubliée depui le moment où il anit pu espérer que l'a1Jiance anglaise ne serait plu
utile à sa p0litique. Oès qu'il vit la nécessité
&lt;lu secours en navires et en gen de guerre
que pouvaient lui prèter les Anglais, il s'embarqua pour Londres, non an quelque appréltension de l'accueil qui J'attendait. Pendant le viugl mois qu'il venait de pas er à
OrtHelle , depuis son départ d'Angleterre
(aoùt 1555-mars J 557), il avait conservé ses
babitu&lt;les de .-.alanterie : la reine Marie ne
les irtnorait pa~, el 11 pour avoir entendu pl11sieurs petites visitalions que ledict sieur roy
fait par delà de plus jeunes dames qu'elle ll,
elle 6tail entrée dan une profonde « altération » .... Mai celle jalousie même oourri .ait sa pas ion : la reine m• avait que parler
dn mari ab cnt on ae l'enfant qui lui était
rerus •; t&gt;lle passait ~e journées seule avec
sa uivante, Jane Dormer, qui a,;ait épousé
aussi un E pagnol, IP comte de Feria, parti
également pour les Pa) s-Da,; ou !Jieu elle
s'échappait dan la campagne, entrait chez
les pa~ .ans, cherchait les enfonls, les care,·ail, demandait à être marraine de ceux qui
àllnienL uaftre. &lt;1 Elle a loujou 1· gein L, la
0

paum1 femme, dit l\uailles; les tribulation
lui furent au i ordinaire aliment, depuis le
temps de sa ieune.se, que le pain me.me. 11
1'oule cc lrislesses 'évanouirent lor qµe
Philippe eut reparu. Au ~i Morie lui fournilelle huil mille oldats et de l'arnent anl)lai •.
Il répondit à ces marques de tendres ·e par
un départ immédiat. il étaiL arriré le 20 mar ;
il e rembarqua le 5 juillet - el Marie ne
le revit plus.
« Dédaignée de son mari, dont elle déchirait le portrait avec ses ciseaux, dans de
ace&amp;· de jalou ·ie, elle dépJri.sait, triste, ridée, la oix aigre. Elle demanda une dernière entrevue à l'homme qu'elle a,•ail laol
aimé. Philippe envoya à sa place le comte de
F~ria. .. . t&lt; On m'a reçu, écrivit celui-ci,
comme un ÙOOlJlle qui apporlerail les bulltlS
d'un pape morl. ... » ept jours plus tard, le
17 uovemhre l.jj , Marie fait célébrer la
mes e p1 ., de son lil; elle se dres e au moment de l'élévation, et retombe morle .. .. Un
émiss:iire de l:i princesse Élisabeth, sa œur,
soulè,·e pendant qu'on allume le- cierges, le
drap du lit, arrache du doigl qni misait
LrcrnLler la our &lt;1uelque minute· auparavant l'aru1eau d'or à émail noir que Philippe
y avait glis é le jot1r de sou mariage, et le
porte, comme ga••e de l'all'ranchisscruent el
de la pui sance, à la princes e Élisabeth .... ~
~

À peine veuf, Philippe Il pour~ui11it, avec
la ténacité qui lui tirait propre, la politique
d'alliance hi pano-britanni11ue à laffuelle son
père s'était attaché en faisant de lui l'époux
de farie Tudor. Par l'ioterméJiaire du corole
de Feria, il demanda la main de Ja nom1elle

Cllcllt Gira.udoo.

L'isrANTE

lSA.8tLLE-CL.1.RA-EuGi.N1E,

FILLE 1o1;: PmLIPPE l r. -Tai'/e.Ju :I.~ S,Nc nf:t

Coeuo.

(M"sùd.11PraJo, .,fodrlJ.)

reine. Mais, les pourparlers C_!I/W'Js n'a ·ant
pa abouti, cc fut une autre l~lisabcth, mais
une princesse de la maison de Valois, celle-là,
qui ·uccéda conjugalcmenl à la princesse Marie
dt Portugal el à la reine Marie d'Angleterre.

Le 22 mar J559, Philippe. représenté par
le duc d' lbc, ilpoosait à Paris la fille de
llenri Il el de Catherine de Médici . u mois
Je janvier sui1ant, aprè un interminable
voyage, Élisabeth, q_ui n'avait p3.5 quinze ans,
rejoignit, à Guadalajara, le mari qu'elle ne
cono3Î.ssail pas encore, el qni l')' altendait
pour l'emmener en grand apparat à travers le
royaume. Dès son arri\"l!e à Tolède, la reine
fut attPinLe de la petite vérolt!. Par une cbance
rare, l:lisaùcth orlil de celte crise san y
lai cr la fraicheur &lt;le son teint.
« Quand l'intimité fut enfin tilaùlie entre
la couvale cenle el on mari, une lellre lais~e
voir que la jeune femme se ·outnet a\'eC ré-pugoance à des importunit · qui la blessent:
au -i notre amba sadeu1·, l'évèquc de Umoges,
ne cache pas à Catherine que &lt;&lt; le roi a a.scz
de bonnes cognoi sance· eo celle vil11•, qui
pour cela ne le font pa eslre mauvais mary. ~
Pour à demi ra ~uranie que rÙl celle dernirre
appl'éciatiou du prélat, Catherine n'en devait
pa · moins ïnquiéter fort des « cognoissances » dont, eu prernit'r lieu, il parlait,
œr ex.erçant sur ·e euîants uue t,1ute-pui sante aolorité morale, elle aYait compté user
de l'inlluence amoureu e de sa fille, pour do•
miner elle-mème . on gendre el l'as ujellir à
. a politique. li lui fut bienlÔL démoutré ,pie
Philippe ne erait ni mari fidèle, ni gendre
docile, et que toujours il é ·bapp rail à l'emprise de sa volonté. 1'euf an plu~ tard, en
octobre 1568, Élisabeth mou.rait, ans avoir
pu ervir, inconsciemment ou de propos délibéré, le plans el les combinai ·ons de sa
mère.
Elle lai sait deux filles : l'infante 1 abelle
el l'infante Catherine, dont le grand peintre
anchez Coello, en des toiles admira.hie~,
nou a conservé le traits.
Celte foi encore, le veuvage de Philippe
îot court. En 1570, il prenait pour lèmmc
une prince-, e allemande, Anne, tille de l'empereur Maximilien. Ain i que les trois première , celle-ci devait disparaitre au bout de
qul!lques années d'union, el ceux de es
enfant qui lui survivaient allaieot bientôt,
à l'exception du futur Philippe lll, la rejoindre dans la lombe. « Oon Fernando
mourut a1•ant l'àge de sept ao»; don Carlo
(den. ième du nom), ne vécut que deux ans;
don Diégo, le troisième, .ix an ; J'iuianlc
doùa Maria, lroi ao~. L'Escurial était à peine
ache\'é qu'il s'emvhssail di; cercueil . Philippe, avant d'avoir soixante ans, y fil déposer
dix-5epl cadavres. Il les rangeait en orJre
dan l'ossuaire, ne changeait rien au.i r~gles
11ui épui aieol le urvivanl , eL erigeait une
rtlsignalionofficielle. «ra d marques d'émotion, écl'iva.it-il dans Loule les villes à la
mort de son fils don •ernando; rien que de
action de gràce au Tout-Puis ·anl pour la
faveur qu'il a faite à l'infant. o
. .. Aux parole que nou veuou - de citer,
uou n'a,jouteron rien. Une teUe con igne
&lt;l'insen ·iLilité rés1tme rnute la \'Îe du roi
Philippe li - el l'explique.
PAUi. DB

MORA.

EiSTRÜ: DE L'ARMEE FRANC,IISE A 0A..'iT7.IG

,

•

· · -

Gravr,re ~•'A, OHF.RT, J •"'trés le lar/ea11 J'AooLrn~ Ram:-.. (M,mie de Vtrsailles.1

Le mari de Madame Sans-Gêne
PAR

HENR.Y ROUJON
de 1'111s/i/11/.

La popularité dont le théâtre fait briller la
marécbale Lefch,•re ne doit pas elTocer le souvenir de son mari. Le prince con orl de
l\fme San -Gène mérite d'èlre honoré pour
lui-même. Cel homme si brave était tout à
fail un brave homme et le contraire d'un
naïf. On 'imagine trop complaisamment
qu'il était d'esprit un peu oourt,; les historiens caricaturistes Jui feraient j~uer volontiers le rôle du l\aruollol de l'l!:popée. Ce
pay an alsacien était au contraire confit en
finesse. Uoche, dont il avait été serg,ml instructeur, lui écrivait de Bonn, à la date du

l 5 germinal a.n V : « Les avis que Lu peux
me donner, mon cher Lefebvre, seront touj~urs de eux que je suivrai le plus volonlier . Tu sais que ta franchise t'honore autant
~ mes yeux que la valeur el les talent ,.
Eclaire-moi donc ur les homme que tu
appelles des flatteurf'. Tu m'obligera . ~ , i
Hoche a\'ail a sez ,·écu pour de,·e1rir empereur, il n'eùl pas manqué de nommer Lefebvre membre du Sénat conservateur A.
défaut de Ilocbe, Napoléon , e chargea de ce
soin.
Lefebvre est pour la postérité un « sympa-

thiqne », ~arec: que, devenu mart!chaJ, préteur du_ enat, duc el millionnaire, il re ta
peuple Jusqu'à 1a moelle de o . Les grandeurs ne le Jirenl changer ni d'âme ni d'orlbo-gr~phe. ~-t-il prononcé la magnifique parole:
qu on lui prête : « Je uis uo aucètre ! )i '!
U'esl d'une rédacùon un peu Lieu lilloraire ·
il a dt) dire quel,1ue cho e comme cela, mai;
aulremente~ mieux. Uo vrai mot de lai, c·cst
sa d~cla_rallon a,ux ingéni~m· du siège de
~'.111tz1g ..« ,le n entends rwn à vos afiaire -.
Ficbez-mo1 un trou. et je me chnrge do passer!

»

�1t1STO'Jt1.ll _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ ___.
Ici, il n•y a pas trace de lillératnre. C'e t que Suchet prononça à la Chambre des pairs,
dn LefehHe pur.
dans la sMnce du J2 juin t 82t, !"éloge funè-Ceux qui aiment à déboulonner les renom- bre du maréchal Leîcbne, il donna lecture de
mées insinuent rnlontiers que l'honneur la lettre du comte de Kalckreuth à son vaind"a,·oir pris D:mlzi&lt;&gt; o'appa.rticnt pas à Le- que11r. Le « NPslor de l'armée prus ·icone »
febne, mai· à Chas$eloup-Lauliat. [l e L age, ùxprimait ainsi : ·
en ce!. délicates matières, de ·en rapporter à
1&lt; Mon ieur le m:u·ét:hal, je ne fais~er:ii
la compétence de ·apcMon. La correspon- point partir M. le sénéral Jarrl. dont j'ai
danre de l'empereur, t&gt;n rendant justice à tout lieu de me louer, sans remercier Votre
&lt;'.bar.un, lai: e au m:irrchal Lefcbue lo meil- Excellence de cet accompagnement et dt!
leure 11art. &lt;1 .Je comptl', écrivait le muitre,
que pour mon bou•p1el du t•r mai. vous
rn'enHirrez le, clef· de Dantzig. » Et l'empereur :ijontait, .achant bien à qui il parlait :
« C'est lorsc1u'on \'clJL f•Jrtement faincre qne
l'on foit pas.-er . a vigueur dan. Ioules le.
âme·. » l.debire roulait fortement ètre vainqueur. Parfoi , un peu embarras ·é parmi
la.nt de technicien , il avait c heures d'in&lt;lécbion et d'aagoi e. Le réconfort lni venait
avec le courrier impérial : « Jt: vou croyai
plu de caractère et d"opinion ... Chn ez de
ebex \'OU , à coups de pie&lt;l au c... , tous ces
petits critiquelll'S.... 'c prenez consciJ que
de Cha seloup cl de La Riboisière, el moquezvou du reste.... e doutez jamais de l'e time
que je ,·ou porte. » ilême après la victoire,
1 maréchal tremblait comme un conscrit de
la peur d'a1·oir mécontenté l'apoléon. fi avait
pourtant reçu ce salisferit d'une simplicitc
ublime : « Je vou fai mon compliment dr
la prise de Danlz.ig. ,, Mai ' vi -h-vi du
,·:tincu. le général pru. ien Kalckreulh, il
crai!!Ilait d':11oir exagéré la chevalerie. Le
oldal de ln Hén,lution •'était piqué de gentilbommerie em cr un vétéran de la guerre
:it~RECILU. LE:FEBVRE. nue D&amp; DANT7.IG.
de cpt an . Le comte dé Kalckreulh, élève
n·aprls lt taNeau .Je M- DA~1~-MIRVA ULT.
de Frédéric, jouissait d'un bon renom dan
(N11sée ,te Vtrsallles .)
l'a.rmée françai ·e. En t 7!l5, il avait permi
1au:,, Ma ençais de sortir de la place avec les
honneur de la guerre. a généro it6 avait toute le bcmtésquevous m'avez ma.aire tées.
autori ·é le défilé de ces troupe • que Gœthe Je ne les oublierai jamais, mon icur le marévil pa ser devant lui, « érieuses el mécon- chal; j'allacherai désormaJs le plus grand
lt•nles, mais non aLallues ni humiliées . Une prix à votre amitié .... Je répète aus i ce 11ue
colonne de fürseillais, petit , noirs, bariolés, j'ai dit/t M. le général Jarry, que je uis bien
détmeaifüs, s'avançait à petit pa ·; on eùtilit aise de ne pa aYoir connu Voire Excellenc
que le roi Edwin aYail ou1erl la monta!!lle el principalement aYanl le iège; il m'en aurait
lùclu: sa jo)'euse armée de nain . Tout à trop coùté Je m'occuper à vous taire du mal.
coa p. la mu~i1rue fil entendre la Marseillaise. .Joui ez, monsieur le maréchal, partout où
L'dlèt l'ut sai is ant et terrible. » Xou dti- se tourneT!lnt vo pa • de ,o succès, de,·olrc
viuos à Kalckreutb, alor q_u'il capitulait dans pfoire bien méritée, dans une félicité inaltéUanlzig, une égale oourtoi ie. Lefebvre lé rable. Quand je reverrai de Français, detraita mieux encore qu'il n'avait traité les mnuder de no11velle de Votre Excellence sera
layençai~. Le , ieux. seibrncur pru5~ien, rompu toujours une que.~Non initiatitie. C'est ainsi.
dt!pu~ l'enfance au"( façon. françaLes, prit 111ou rl'sp1•rlal,le ad\crsaire, qne je mu fais
congt- de l'ennemi 1mi. rp1e lrndremenl. Lors- uws adicm. n
1

ne.li rc cette lettre, ad ress~éP par 11 n soldat
de anciennes "Uerre à un héro, de l'armée
nouvelle, ne trouvez-,·ous pas que cela repose
dl! articles de M. ller1·é? Lefebvre, ow .a
rude écorce, se sentit atteint en pl&lt;'in c(Eur.
ToutL•fois la terreur de u'ètre poinl approuvé
par l'empereur troublait sa joie. ~apoléon
avait Lien envoyé un mol d'ordre de générosité, « voulant donner à l\akkreuth une
marqne particulièrl' d'e time, due à son ca~
ractèrc el à la conduite qu'il a toujonr tenue
av11c les Franr;ais 11. Mdis que di mit-il t&gt;n
apprenant fJUe la "arnison pru. itwne av.Jil
été 11utorisée à garder .e, fu,ils'/ Lefeb,rP
él•ri\·it 11 l'empereur pour expliquer ,a conduite. La réponse ne comporte aucun blâme;
à peine un regret s'y lai~se-t-il deviner : r&lt; ,le
n'en suis pas moins très sati fait de vos serYices. Je vou en ai déjà donné des preuve
que vous apprendrez aux premières nouvelles
de Pari et lJUi nevou lai~ eront au('llndoule
sur le c.1 - que je fai de vous. »
C'était le duché. Le man:chal el Jfme ~anr.Gène ne l'a,·aient pas ,·olé. Un imbécile quelconque complimentait le nouveau dnc de la
magnificence de on c-0stume : a M,1 roi, oui,
monsieur, lui dit Lefebvre, mon bal,il e l
uperbe. ~fois il y a ,iugt-cinq an· qu'il e:t
commencé el il n·y a pas longtemps qu'il est
fini. l) Thiéhnult raconte, dans ses lémofres,
un autre trait qui montre chez le duc de
Dantzig bien de la malice, sou la honhomie
du garde-françai,e. Un parasite, &lt;tui dinait
chrz Lefeb,•re, s'e. tasiait sur la omptuo ·i11i
du repas, ur la richesse des mcultle , ur la
vaL ·elle et ur le couvert. Le vieux .old:il
madré sentait l'envie percer à cha11ue mot.
o Vuu Youdrict bien, s'écria-L-il, avoir tout
cela I Je sui · tout prêl à vous le donner.
Allez vous mettre de l'autre côté de ma cour;
je vou tirerai dcu · cents coup de fusil; si
après r.ela YOU vivez encore, tout ce que vou admirez ici sera à vous. » L'imrilé trouva
que c'était trop cher. 11 Moi, lui dit le maréchal, j'ai gagné tout ce que \'OU vuyez au
prix de dix mille coups de r11sil, 11ui m'ont élé
tiré de plu pr,i · que je ue vuu · le tirerais. »
L'imité per~ii.la i1 rcfu er.
Le mari de Mme ans-Gène, aw&lt;' quelques
,•ertn , avait donc de l'esprit par-dessus le
marché. Quel!Ju'un di aità Rapp : « Vous ne
manquez pns de Jioe se. vou , avec \'Oire
,ti age innocent. &gt;&gt; Happ répondit : 11 ll) a
un Lomme qui en a da,,anlane. C'est le mar~cbal Lefeb,·re. - Pourquoi donc? - Parce
!JU 'il a l'air encore plus bête fflle moi! 1&gt;
ROl J 0~,
"• I•1,.,w.,.

IIEi'&gt;RY

La Femme "au XVI/Je siècle
L'amour.

+
.Jusqu'à la mort dP Loui XIV, la France
semble travailler à dhiniser l'amour. Elle fait
de l"amour une pa ion théorique, un dogme
entouréd'nne adoration qui
rei;scn1ble à un culte, Elle
lui attribue une langue sacrée qui a le raffinements
de formule de ces idiomes
qll'invt•ntent ou s'appr0prienl les dévotions
rigides, ferventes el
pleinesdepratiqne .
Elle cache la matérialité de l"amour
avec l'immatérialité
du senliment, le
corps du dieu avec
on âme. Ju. qu'au
dix-huitième siècle,
l'amour parle, il s'empresse, il se déclare,
comme s'il tenait h peine aux en et comme
'il était, dan l'homme et dans la femme,
une vertu de grandeur et de générosité, de
courage et de délicate e. li exige toutes les
épreuves et tonte, les décenœs de la galanlerie, !"application à plaire, les soin , la longue volonté, le patient effort, les respects, les
. erments, la reconnai ance, la. discrétion. Il
Yeut des pTières qui implorent el des agenouill1' ruenls qui remercient, el il entoure es
faiblesses de tant de convenances apparentes,
se plu grands c.1ndales d'un tel air de majesté', que es faute , ses hontes même, gardent une polite e et une excu e, presque un11
pudeur. l'n idéal, dans ces siècles, élève à lui
!"amour, idéal tran, mis par la chevalerie au
bel esprit de la France, idéal d'héroismc devenu un idéal de noblesse. J[ai' au dix-huitième iècle que devient ..:et idéal? L'idéal de
l'amour au lemp · de Louis XV n'est plu rien
que le dé ir, el l'amour e t la Tolupté.
Volupté I c'est le mot dt1 dix-huitième
siècle; c'e t son secret, on charme, son
âme. fi re pire la volupté, il la dégage. La
volupté e l l'air dont il se nour.ril el qui
l'anime. Elle est ·on almo pbère el on
souffle. Elle est son élément et son inspiration, sa vie el son génie. Elle circuit: daos
son cœur, dans ses veines, dao a tête. EUe
répand l'enchantement dan es goût , daw
ses habitudes, dan sei; mœurs et dans .es
œuvres. Elle orl de la bouche du temps, elle
sort de lin main, elle s'échappe de son fond
intime et de tous ses dehors. Elle Yole sur ce
monde, elle le possède, elle est sa fée, sa
muse, le caractère de toutes ses mod~, le

~tyle de tou es arts; et ritn ne demeure de
ce temps, rien ne snr,il de ce .ircle de la
femme, que la ,·olopté n'ait créé, n'ait touché. n'ait con er~é comme une relique dl'
gr~r..c immortelle, dan le parfum du pl;Ù$Ïr.
La frmme alors n'est que volupté. La voluplé l"bahille. Elle lui met au pit&gt;d ces mule
qui balancent la mnrche. Elle lui jette dan
1 che,·eux cette poudre 11w fait .orlir,
comme d'un nuage, la phy·ionomie d"un ,;_
age, l'éclair des yeux, 1a lumirre du rir1:.
Elle lui rdèrn le teint, elle lui allume lr
joues avec du rouge. Elle !ni baigne les bras
avec des dentelles. Elle montre au haut de la
robe comme une promesse de tout le corps de
la femme; elle dévoile sa gorrre, el l'on voit,
non seulement le soir dans un salon, mais
encore tout le jour dans la rue, à toute heure,
pa~ser la femme décolletée, provocante, et
promenant cette séduction de la chair nue el
de la peau bJanche qui dans une ville caressent
le~ yeux comme un ra-yon et comme une fleur.
L'habit cl le délail de l'habit de la femme,
la ,·olupt~ lïm•eute el le commande, elle en
donne le dessin el le patron, elle l'accommode
à l'amour, en rai ant de ses Yoiles mêmes
une tentation. Parures et COIJ.Uetlerie , elle
les bapti ·e de noms qui semblent attaquer le
caprice de l'homme et aller au-de\anl de ·e
sen~ .

Ainsi parée par la volupté, la femme trou,•e
la volupté partout autour d'elle. La volupté
l11i remoie de tous le· côté son image, elle
multiplie sous ses yeux le formes galnntes
romme dans un cabinet de glaces. La rnluplé
chante, elle sourit, elle invite par les choses
muettes et habituelle· de l'intérieur de la
femme, par les ornements de l'appartement,
par le demi-jonr de l'alcove, par la douceur
dn boudoir, par le moeUeux des soieries, par
les 1'e11eille11ses de alin noir dont le ciel est
un grand miroir. Elle étale or les panneaux
des aventures toujours heureu es, qui semblent bannir d"une chambre de femme les
rigueurs, mème en peinture. Et, teuant la
femme dans une odeur d'ambre, elle la fait
vivre, rêver, s'éveiller au milieu d'une clarté
tendre et voilée, sur des meuble de langueur
coavianl au:r paresses molle , sur le sopbas,
sur les lits de repo , sur les duchesses où le
corps s'abandonne i joliment aux. attitudes
lasses el co11UDe négligées, où la jupe se rele1•ant un tant soit peu lai e voir un ltout de
pied, un bas de jambe. L'imagination de la
volupté est l'imagioaLion de Lou les métier
qui travaillent pour la femme, de tous les
luxes qui veulent lui plaire. Et la femme
1, Angola, voL 1.
2. Corresp1md1nce secr~le. punm.

sort-elle de ce logi où tout e t tendre, coquet, adouci, caressant, mystérieux? la ,·olupté la suit dan une de ces YOilnres si bien
inventées contre la timidité, dan un de ces
vis-à-vis où les visage· se regardent, où le
re, pirations e mêlent, où les jambes s'entrela.cent 1 • 1
La femme se répand-elle dans le sociétés1
C~userie, propo · aimables, équivo11ues, comphwenl , anecdotes, charade. et loaogripb ·
à la ~ode•, voilant dan le plu grand ruonôe
le c}msme sous la 11atlerie, l'~-pril du tcmp
apporte snns ce.se à la femme fédlo de fa
galanterie et le fait ré onner au fond d'elle.
L"t!.i-prÎt do Lemps l'assiége, il éveille es sens
à toute heure; il jette sur sa toilette, il lui
met dan les mains les livres qu'il a dicté el
qu'il applaudit, les brocburettes de ruelles,
les op~ cules de ]écrèreté et de passe-Lemps,
le pe~1ls roman où l'allégorie joue ur un
fond libre el danse sur une gcntilJe ordure,
les con_tes de fée égar~ de licence el de polissonnerie, les tableaux de mœurs fripon,, les
fantai ies érotiques qui semblent, dans un
Orient baroque, donner le carna,·al des ,Ili/le
et wie Nuit à l'ennui d'un ·ultan du Parc
aux cerfs.
Puis, c'est autour de la femme une poé 'Ïe
qui la courtise, qui la lutine; ce sont de
petits vers qui sonnent à son oreille comme
un baiser de la mu e de Dorat ur une joue
d'opéra. C'est Philis, toujour Philis qu'on
attaque, qui combat, qui e défend ruai... des
regards, des ardeurs, des douceurs. • J'inspire là-des us en me jouant, 1&gt; Jit l'Apollon
de Marivaux.
Poésie de fadeurs qui embaume et qui
entête! R~mleaux de Marot retouchés par
!loucher, 1d ylle de Desb.oulières ranimées
par Gentil-Bernard, poème où les rimes 'accouplent avec un ruban ro e, et 011 la pen ée
n'e t plus qu'un roucou·
lernent l Il semble que
les lettres du dix-huitième siècle, ageno uill~es
devant la femme, lui tendent ces tourterelles dans
une corbeille de fleurs dont
les bouquetières offraient l'hommage aux reines de France.
La femme se met-elle au clavecin? chante-Hile, Elle chaule
celte poé~ie; eUe cbarlte : De . es
ll'ait.s le Dieu de Cythère ... , ou:
Par un baiser ur leii lèures ,flris ... , ou :
Non, non, I.e Dieu ']Ili fait aimer· 3 •• • , cban~on paTtout goùtée •,jctéc:s sur toute · le tablettes,
3. Chois ne chanson mises e.u mu iqut pnr li. de
1.alwrde. Pan·i, l)elon11d, 1iJ3.

�..,

1l1STOR..1.Jl
dédiœs à la Dauphine, el auxquelles le Lemps
tr~uve i peu dll mal q_u'il mel ur les lèvres
de Marie-Antoinette le refrain : « En Llanc
Jupon, en blaoc cor cl 1 •••• »
La volupté, celle volupté universelle, qui
se dégage des cho ·e vivante
comme des ebo es inanimée ,
qui se mêle à la parole, qui
palpite dan la musique, qui
est la voix, l'accent, la forme
de cc monde, la femme la retrouve dan l'art du Lemp
ph.: matérielle et. pour ain i
dire incarnée. La latue, le
tableau sollicitenL on rerrard
par un agrément irritant, par
la gràce amusante t piquante
du joli. ,;,OU Je ciseau du sculpteur, sous le pinceau du peintre, dans une nuée d' Amours,
loul un Olympe natt du marbre, sort de la
toile, qui n'a d'autre di"inité que la coquPllerie. C'est le siècle où la nudité prend l'air
du dé babillé, el où l'art, ôtant 1a pudeur au
beau, rappelle ce petit Amour de Fragonard
qui, dans le tableau de la Chemise en.levée,
emporte en riant la décence de la femme.
Que de petites scènes coquine , grivoises l
que d'impureté mytbologiq11es ! que de Nymphes srruptdeu..~e;, que de Balanroires mystàieuses I Que de pages spirituellement immodestes, écbappéc au arand Uaudouin et
au pelil Que,·erdo, à Freudeherg, à Lavreince,
aux mille maitre qtii a\'enl i bien décolleter
une idée de Collé dan une minialu.re du Corrége I El la gravure est la, avec son burin
le le, vif et fripon, pour répandre ces idées
en gra1•ures, en estampes vendues publiquement, entrant dans les plus honnêtes intérieur et meltantjusqu'aux murs de la chambre des jeunes filles', au-des. u de leur lit
el de leur ommeil, ces image impures, ces
coquelles impudicités, ces couples enlacés
dans des liens de tleur , ces scènes de tendresse, de tromperie, de surpri e, au ba
dP quelles ouveat le •ravcur a-ppelle dan un
titre naï( le l'lai -ir par , on nomG !
Quelle résistance pouvait opposer la femme
à celle volupté qu'elle respirait dan l.oute
rhoses et qui parlait à tous ses sen 7Le iède,
l[UÏ l'assailJait de tentations, lui laissait-il au
moin pour le repou ser, pour le combattre,
celle dernière verlu de son sexe, l'honnêlelé
de on corp : la pudeur?
li faul le dire : la pudeur de la femme du
dix-huitième siècle ignorait bien des modesLie acqoLe depuis elle par la pudeur de son
sexe. C'élaiL alors une vertu peu raffinée,
as ez peu respectée, et qui restait à l'état
brut, quand elle ne se perdait pas au milieu
de impressions, des scnsaiions, des révélations, à l'épr uve de quelles Je siècle la oumellait. Il y avait dans Jes mœurs une naïveté,
une liberté, une certaine gros ièrelé ingénue
4ui en faisait, dans toutes les classes, assez

lion marché. Comme la pudeur n'entrait point
dans le,; agrément· sociaux, on ne l'apprenait
!ruère à la femme, el c'est à peine si on lui
en lai~saiL lïn Linct. !:ne fille déjà grande
était Lo11jours regarJêc comme une enfant, el
on la lais ait badiner avec de hommes; on
tolt1rait mème SOU\'ent qu"ellc r,u lacœ par
eux, ans attacher à cela plus d'importance
qu.'à un jeu'· La jeune fille deyenue femme,
un homme que vous montrera une gravure
ile Cochin lui prenait, sur a chemise, la
me ' nre d'un corps. ~fariœ, elle recevait au
lit, à la Loiletle où elle s'habillait et ou l'ind1:ccnce éta.it une !!'l'àce, où la liberté qael'l ucfois ùégénérait en c1ni me 8 • Dans l'écho
dt• propo d'antichambre, dans la parole de
1•icux parents égrillards, une langue, encore
chaude du franc parler de Molière, une langue
expre ive, colorée, sans pruderie, apportait
à son oreille les mols vifs de ce temps sao
p:êne. e lectures n'étaient guère plus sé"ère : de main en main pa saient les recueils
polissons, le Jllaranzal,itiiana, dictés par
quelque grande dame à La plume de Grtcourt 0; la Pucelle trainait or les tables, et
les femmes qui se respectaient le plus ne se
cachaient pa de l'avoir lue et ne rougissaient
pas de la citer 1. La femme gardait-e1le, malgré lout, une Yirgiuité d'ùme? Le mari du
temps, tel que nous Je de sinenl les ~lémoires,
était peu fait pour la lu.i lai ser. ll agissait,
là-des us, fort cavalière.ment avec sa femme,
qu'il formait au:x docilité d'une maîtresse;
cl, s'il avait bien soupé, il donnait volontiers
à ses amis le spectacle du ommeil el du
ré,·eil de sa femme 8 • La femme se tournaitelle Yers l'amitié? Elle y trouvait les confidences galante , les paroles d'explfrieoœ qui
ôtent le yoÜe à l'illusion, dans la compagnie
de qaelqaefemmeaCûchéecommeMme d'Arty.
Elle allait à une repré entation de prol'erbe
gaillard sur un Lhéâtre de société, à quelque
pièce de haute gaieté pareille à la l'erité
dans le vin, ou bien à un de ces prologue,
salés des spectacles de la Guimard auxquels
les femmes honnêtes ~s istaieol en loges grillées~. Elle es oyait « les jolies horreurs » d
·oupers à la mode 10 , elle affrontait les chan~ons badines à la Bourners cou rant le monde
à la fin du siècle u. Puis, pour achever de lui
enlever le préjugé de ces mi érables délicate es, la philosophie venait : enlrainée à
qul.\lque souper de comédienne fameuse, à la
table d'une Quinault, dans la débau ·be de
paroles de Duclos el de ain t-Lamherl, au
milieu des paradoxes grisés par le champagne,
dans la helle ivresse de l'esprit et de l'éloquence, la femme entendail dire de 1a pudeur : « Belle -vertu! qu'on attache sur oi
a,·ec des épingles n ... ~
C'est ain, i que peu à peu, d'ilge en âge, la
!acililé des apprl)ches, les spectacles donnés
aux sens, l'irrespect de l'homme, les corruptions de la société et du mariage, le en eignemcnl s, les ystàmes de pure nalurc, alla~

quoieotetdéchiraienl chez la femme jusqu'aux.
derniers re tes de celte innocence qui est,
dans la jeune fille, la candeur de la chai;teté.
dans l'épouse, fa pnr11té de l'honneur. us. i
le jour où l'amour se pré cotait à sa pensée,
la femme ne troU1·ait pa pour repousser celle
pensée de force per oonelle; elle appelnit vainemeot contre la tentation de ce mol el &lt;le
ces images la défen e, lo révolle de sa pudeur
physique. Et l.iienlôl, dans cet intérieur que
dé ertail le mari, (Jllel e.lîort ne llli fallait-il
pa pour gar&lt;lei· re qu'elle croyait avoir eucnre
de pudeur rnQrall', di-vanl tant d'exemples
pnhlics d'impudeur ociale, devant tant de
ménacres auxquels l'amour ou l'babitude ·ervait de contrat, tant de liaisons reconnue ,
consacrées par l'opinion pnLlique: lime Belot
el le président de ll'inières, HénaulL et
Mme du DefTaud, d' .\lcmberl et Mlle de Le~pinasse, Mme de Marchai el M. d'.\nci,illiers, etc., - jusqu'à Mme Lecomte et
telet que personne ne 'étonnait de trouver
en emble chez la rigide Mme 1 ecker !
Facilités, séductions, mœui·s, ho bitudes,
mode , tout conspire donc contre fa femme.
Tout ce qu'elle touche, tout ce qu'elle rencontre et tout ce. 11u'elle voit apporte à a
Yolonté la faibles e, à son imagination le
trouble et I' amolli 'se ment. De Lous côtés se
l(:1•c autmIT d'eUe la tentation, ool'- eulement
la tentation gro sière et matériell&lt;', touchant
à la paix de ses sens, irritant les appétits de
sa fantaisie et les curiosités de son caprice,
mais encore la tentation redou1able même aux
plus vertue~es et aux plus délicates, la tentation qui frappe aux. endroits nobles, aux
parties sensibles de l'âme, qui touche, qui
attendrit doucement le eœur a,·ec le larme
qui montent aux yeux.
n e t un charme de l'amour, tout plein de
fraicbeur el de poésie, ~ l'épreuve duquel
le dix-hoiti~me siècle soumettra les lemmes
les plus pures, comme pour leur donner l'assaut dont elles sont dimes. Le péril ne sera
plu repré enté par un homme, mais par un
enfant. La éduction e cachera spus l'innocence de l'àgc, elle jouera presque sur le
genoux de la femme, qui croira
la combattre en la grondant, et
qui ne la repous era qu'une fois
blessée : ainsi, dans l'ode antique, ce petit enfant mouillé et
plaintif qui frappe avc.c une voi:c
de prière à la porte du poète ·
pui , a sis à son feu, le mains
réchauffée à es mains, l'enfant lend on arc, l'arc de l'amour, et touche on hôte an

1. Corre pontlo11c~ ·ecrètc, ,·ol. Il.
2. Enlretiens do Pal~i;--Royol. Pari,, Buil80JI, t 7~6.
l). Vovéz la plancl,e de Queverdo tlédièe à }f. le

5. Voy ci dnn d',1rge11 on la fo,;on donl il l'St reçu
par Mme d~ Prie à s~ tm\elle.
.
6. Mèmo1rcs Je Richelieu, \'OI. H n.
7. Correspondance inéilile de Mme ,lu Deffand.
Michtl Uvy, 1859, vol. l.

8. Mtinioires dé (me d'Épinay, ml. 1.
!l. lléionircs (le la ll épubli~u(,! des lettres, vol. V.

cumto J~ Sninl-Marc.
4. Les Contemporuiaes, par Rètif, p041im.

..,. 200.,..

,,a-

cœur.
Prières d'enfant, larmes d'enfant, blessure d'enfant, n'c L-ce
pa la jolie histoi.re de Mme de
Choiseul avec le petit musicien
Louis, si doux, si serrsihle, si intéressant et qui
joue i bien duclavecin? Elle ,'en amuse, elle
10. Correspondmce secrète, vol. VIII.

11. llémoires Je la République de!i lellres, \'ol. XXVI.
l'.l. 'lèm'lires de :ltme d'Épinay, vol. l.

_______________________________

LA

l'aime à la Folie comme un joujou; elle a pour
loi la passior111ctte qu'une lemme a pour on
chien . Pui le petiL homme ora.ndi ·ant en
grâces, en intelligence, en douceur, en . cnsibilité, un matin vienl où il faut lui défeudre
ces caresses enfantines 1J11i hientol ne ·eront
plus de .on ;)ge. Alon plus de joie, plu·
d'appétit : il ne dine pas. Le cœur oros, il
1·esleassis a11 cl:iwci.u tle Mme de Choi~eul, si
triste qu'elle laisfe tomber sur sa petite tète
t·e .mol ile cart: ~e : 11 ~on bel enfant. 11 A. ce mol l'enfant éclate;
il fond en larme., eu sanglots, en
reproches. Il dit à Mme de Choi. eul qu'elle ne l'aime pin , qu'elle
lui Jéfend de l'aimer. li pleure, il
se lait, il pleure encore et 'écrie :
(C Et comment vous prouver que
je vous aime'? 11 li veut se jeter et
pleurer sur la main de Mme de
Choiseul; mai Mme de Choiseul
'e t enfuie déjà pour dérober son
allendri emenl, ses la, mes, son
cœur, à oo doux affiigé qlli semble implorer l'amour d'une femme
comme on implore l'amour d'une
mère et d'une reine, agenouillé, et
c:iressnnt le bas de sa robe. Et
comment se défendre de pitié, d'indulgence, les jours suivant ? Il a
la fièvre; et, comme il le dit à
l'abbé Barthélemy, cc son camr
tombe ». Il rest1&gt; en contemplation, en adoration, laissant venir à
ses JCUX les pleurs qu'il Ya cachPr
dans une autre chambre, Il 'opproche de Mme de Choi cu l, il
em.bra e œ qui la louche, et
quand elle l'arrête d'un rl"gard, il
la upplie d'un mol: l\ Quoi! pa
même cela'? &gt;l Tanl de candeur,
Lnnt d'ardeur, tant d'audace ingénue, un enfantillage de pas ·ion i
naturel et qui est la passion mème
finiront par mettre sous la plum~
de Mme de Choiseul le cri du
Lemps. le cri de la femme : « Quoi
rru'on aime, c·e l loujours bien fait
d'aimer. » Kt 11eut-êlre dira-t-elle
plu- naiqu'ellene croitelle-mèmelor qu'elle
écrir:. : c&lt; Jfe · amours avec Loui sont à leur
fin; leur terme est celui de son voya"e à Paris,
el je l'y renl'oie à Pâques. Ain 1 vous voyez
!(He je vais être bien dé œu,'Téc 1 • 1&gt;
~tais on rencontre dan le dix-huüirmejècle,
à cùté du petiL Louis, de plus grands enfants
et qui menacent les maris de plus pres. Ceuxci ne ont pas encore hommes, mais ils commencent à l'èlre. Le dernier rire de l'C11fance
se mêle en eux. au premier soupir de la milité. lis ont le grùce~ du malin de la vie, la
llamme de la jennesse, l' impalicncc, la légèreté, l'étourderie. lis ont pour plaire l'âge où
l'on obtient une compagnie, l'àge où l'on
,•oudrait avoir une jolie maitre se el un excelL CorresponJaace iueditc de lme du llclliual,
Pm·i,, 1850, vol. li.
2. Contes moraux de llarmoatel. ~lerlin, 1765,
~ol. 1. lt Scrupull'.
3. La l\éunion des Amours, J'llr fürivaux, 17~1.

'Fl!JH.ME AU

xnne STÈCT..'E

-,

lcnl che1·al de bataille. Ils séduisenl par un Chérubin! le démon de la puhcrté du dixmélange de Iri,·olité et d'héroïsme, par leur bu.ilième sièclci.
pr,au h!anche comme la pl'au d'une femme,
A côté de ce dang~r, que d'autre danger
par leur uniforme de ,oldal que le fen ,·a
Lapû er. Il badinent à une toilette, et la pour la rnrtu, pour l'honnrur de la femme
pénsée Je la fomme qui les regarde le uit dans la grande rtl...-olnlioo faite par le dix-huidéjà à travers li! batteries, les escadrons tième siècle dan Ir cœur de la Fran cc : la
ennemis, sur la brèche minée où ils monle- passion remplacée po.r le désir 1
Le &lt;lix-hllitième siècle, en di. ant : Je l!Oll~
ronl avec un coura"e de grenadier. Et lorsl]u'ils partent, quelle femme ne se dît l.oul aime, ne veut point faire entendre autrt'
cbo e que : .fe 1•011s rlé.~û•,:. A110Îl'
pour les hommes, e11le1•et pour
les femme , c'est tout le jeu, cc
-ont tout s les ambition · de ce
nouvel amour, amour de caprice,
mobile, changeant, fantasque, ina.'1ouvi, que la comédie de mœurs
personnifie dan ee Cupidon
bru1·anl, in~olent el vainqueur.
qui rut à l'Amour passé : n Yos
amants n'étaienl que des benêt •
il- ne a,aient que languir, que
faire des hélas, et conter leurs
peines atL't échos d'alentour. J'ai
supprimé les échos, moi. ... Allons,
dis-je, je vous aime, voyez ce que ,
vous pouvez faire pour moi, car le
temps est cher, il faut expédier
les hommes. Mes sujets ne disent
point : Je me meurs, il n'y a rien
de si vivant qu'eux. Langueurs, ·
timidité, doux martyre, il n'en
est plu question ; fadeur, platitude du temps passé que tout
cela... Je ne les endors pas mes
sujets, je les él'eille; ils sont si
vifs, qu'ils n'ont pa le loisir d'être
tendres; leurs regards sont de
dé. irs; au lieu de soupirer, ils
attaquent; ils ne disent point :
Faites-moi grâce, il la pre1menl :
et voilà ce qu'il faut'. »
Le siècle est arrivé II nu nai
de. choses », il a rendu (1 le mouvement aux sens ». Il a suppriLA TOILETTE:.
mé, et s'en vante, le· exagération ,
GtïlYlfft de .\!ORE:AU LI! JEUN&amp;. (Cannet des Estampes.
les grimaces el les aJl'ectalions'.
Avec ce nouvel amour, plu de
mystère, plus de manteam coubas à elle-même : Il va partir, il va se battre, leur de muraille dans lesquels on se moril va mourir! comme la Bélise de Marmontd fondait! Du bruit lie ses la(Jllois frappant à
écoutant le; adieu du charmant petit offi- coups redoublés, le galant éveille le quartier
cier : u Je vous aime bien, ma belle cousine! où dort sa belle, et il laisse à la porte son
ouvene:z-rous un peu de votre petit cousin : équipage publier sa bonne [orlune. Plus de
il reviendra fidèle, il vous en donne sa parole. secret, plus de dù;crétion : les hommes
'il e;;t tué, il ne reviendra pas, mai on vous apprennent à n'en aroir plus que par ménaremettra sa bague et sa montre 1 !... »
gemenl pour eux-mêmes 5 ! Plus de grandes
Amours d'enfants, amour de jeunes gens, passions, plu de sensibilité: on serait montré
un po~te va ,·enir à la. Jin du iècle pour au doigt. Quelles railleries ferait de vous
immortaliser vos danger et vos enchanLe- l'amour libre, hardi, el, comme on dit, 9remen Ls; el faisant lomLer les larmes du petit 1wrlie,· \ s'il YOU voyait garder l'habitude
Louis sur l'uniforme de Lindor, Beaumarchais d'aimer languis amment, et celle « bigonou lai · ·era celle ügure ingénue et mutine, terie &gt;&gt; de langage avec laquelle autrefois
011 'nnissent les ensorcellements de l'enfant,
l'homme courlisait la femme! Que de mépris
de la jeune fille, du lutin et de l'homme : dans ce mot : inclinations res11ectables 1 ,
t T.a Nuit el le 3fomml, ou les Jfa(Îlrt:r ck Cyt/ttrc. Collection compl~le des œu1·rrsde CréLillon le

!Us. l.m,dru, 17i2, vol. I.
5. Bihliotluiquc des petiL, maitres pour servir lt
1'lii•loirc du "hon ton el de l'l!l:trÛmcment bonne eom-

!201 ,..

pnguic. ,fa Pn.lnÎR• Roynl, ri,,:; la Petite Lolo
111a.-clln,,dc dt ga/a11ltriru, à la FrivQ/ilt'. li4.2. '
li. Dialogue entre l'Amour et la c!rilil. ~f,'l'rnre de
Franr~, lllMf~ t720.

7. '1émuires de Besem al.

�111ST0'1{1.Jl _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ __ _ _ _ _ _ _ _ _ __
donL on ltaptise Ct"S 11uelqocs liaisons où le
goüt succ.ède à la jouissance, et dont la durée
scandali~c la société qu'elle gêne! Le respect
pour la fl'mme? oiTcnH' pour ~es charmei-,
ridicule pour l'homme! Lui dire à première
nie qu'on l'aime, lui montrer toute l'impreiision 11u'elle rait, lancer une déclaration, quel
ris11ue à cda? N'e:.t-œ pns un principe partout répété, uu fait affirmé bien haut par les
hommes, qu'il suffit de dire trois fois à une
r,,mme qu'elle est jolie, pour qu'elle \"Ous
rem~•rcie à la prvruit•re fois, p-0ur 11u 'ellr vous
croie à la seconde, el pour 11u'à la troisième
•·lie vous récompense? Les façons ainsi supprimées, les 1,ienséances ~11irenl les façons 1 •
cl l'amour connait pour ln prt&gt;mière fois ces
arrangemenll&gt; appelé.~ si netlemeut par Chamfort~ l'échange de deux fantaisies el le contact
de dl'ux épidermes »; commerce d'un genre
nouveau, déguisé sous tous ces euphémismes,
pa.~.•ades, frmlaisies, iJ&gt;·reu1•es, liaisons oit
l'on s'engage sans grand goût, où l'on Ml
conLente du peu d'amour qu'on apporte,
nnions donl on pr1h·oit le dernier jour au
premier jour, el dont on écarte les inquiétudes, la jalousie, tout ennui, tout chagrin,
tout sérieux, Lout engagement de pensée ou
de temps. C&lt;'la commence par qucl11ues mols
dits, daus uu salon pleiu de monde, à l'oreillle
d'unu Iemmo par 11uelque joli liomme qui
prend en badinant l.o. permission de reYenir,
11u'on lui , accorde sans y all.-1cher de ton.~équence. Dès le lendemain, c'est une visite en
négligé, en polisson, à la toilette de la dame,
Honnéc el déjà flattée des complimenl.S ~ur
sa beauté du matin; puis la demande brusque
si elle a fait un choii dans sa société, el le
per~iOage sans pitié de tou~ les hommes
1111'tille \'Oit. « Cependant, vous voilà libre,
lui dit-on en revenant à elle. Que faites-,·ous
de cette lilierté? » L'on parle du besoin de
perdre à propos cette liberté : « Si ,·ous ne
do.nniez pas votre cœur, il se donnerait 1out
seul. » Et l'on appuie sur l'a,·antage de trou,·er dans un amant un conseil, un ami, un
guide, un homme formé par l'usage du
monde. L'on se désigne; puis négligemment : a Je serais asse7. votre fait, sans tout
re monde qui m'assiège. » El faisant un reLOur sur la rernme que l'on a dans le moment : « Elle m'a
engagé à lui rendre
quelques soins, à lui
marquer quelque empressem~nl; il n'ef1l
pas été honnète de lui
refuser. Je me suis
prêté à ses \'Ues ; pour
plus de célébrité à
notre aventure, elle n
voulu prendre une
petite maison: ce n'était pas la peine pour
un mois tout au plus
que j'avais à lui donner; elle l'a rail menbler à mon insu et lrès
galamment. ... » Et l'on raconte le souper
11u'on y fil avec tant de m)'stère, el oi1 l'on
·eilt été en tête à tête si l'on n'y a-vait point

amené cinq personnes, el si la dame n'en
avait amené cinq autres. cc Je fus galant, empressé, et ne me retirai qu'une demi-heure
après que tout le monde rut parti. C'est assez
pour lui attirer la vogue.... n Et l'on ajoute
11ue l'on peut prendre con~~ d'elle sans avoir
aucun reprol'be à craindre. lei l'on ne roauq ue
point de parler de ses qualités, de son snoirYÎHe, de la différence qu'il y a de soi aux
autres homm~: on ,·ante la ùélicates~e qu'on
s'est imposét• de se lais~er quiller par égarJ
pour la vanité drs lemmes, et l'on conte,
l'omme le heau trait de M vie. •1ue l'on s'est
enf&lt;'rm~ trois jours Je ~uite pour laisser à
celle dont on se détacl1ail l'honneur de fa
rupture. La fomme, qu'on étourdit ainsi d'impertiuenccs, se récrie-l-elle 1 " En honneur, lui
dit-on sans l'écouler, plus f) pense, cl plus
je voudrais pour votre intérêt même que vous
cus~iez quelqu'un comme moi. n Et comme
la femme d~dare que si elle avait l'intention
de Faire un choix, elle ne ,·oudrait qu'une
liaison solide et durable : a En vérité? dit
vivement l'aimable homme, si je 11• croyais.
je serais capable de faire une folie. d'être
sage et de m'a.Uarhcr à mus. La déclaration
est assez mal tournée, e·esl la première de
ma vie, parce queju~11u'ici on m'a,ait épargné
les avances. Mais je vois bien que je rieillis.... 1&gt; Là-dessus, un sourire de la. femme
qui pardonne, et qui avoue trou'"er àl'homme
qui lui parle des gràccs, de l'espril, un air
intéressant el noble; mais elle a besoin d'une
connaissance plus approfondie de son caractère, d'une persuasion plus intime de ses
sentiments; à quoi l'homme répond quelquefois d'un air sérieux que, bien qu'il soit
l'homme de France le plus recherché et un
peu las d'ètre à la mode, en considération
d'un objet qui peul le fixer, il veut bien
accorder à la femme le temps de la réOexion,
,ingt-quatre heures : « Je crois que cela est
bien honnête, je n'en ai jamais tant donné'· ll
- Et cet engagement, qui est à peu d'exag(ration près l'engagement du temps, cet engagement finit par ces mots de l'amant : « Ma
foi! madame, je n'ai pas cru ln chose si sérieuse entre vous et moi. Nous nous sommes
plu, il est nai; vous m'avez fait l'honneur de
votre goùt, vou~ étiez fort du mien. Je vous
ai confié mes dispositions, voni; m'ayez dit les
,ôtres, nous n'ayons jamais fait mention d'amour durable. Si ,·ous m'en aviez parlé, je
ne de.mandais pas mieux, mais j'ai regardé
\OS bontés pour moi comme les effets d'un
caprice heureux et passager; je me suis réglé
là-dessus•. o
Les femmes se prètèrenl presque sans résistance à cette révolution de l'amour. Elles
renoncèrent vite ci au métier de cruelles &gt;&gt;.
La lecture de la Calprenède, lecture ordinaire
des filles de quinze ans, ces romans de Pharamond, de Cassandre, de Cléopdtre, qui
gonflaient les poches des fillettes•, Lous les
1. Les ÉgMements ,lu cœur et de l'e.1prit. Œurrcs
!Ill Crébillon le flls, ,ut. 1.
\l. Co11lea mora_ux de Mnmont~t, l 765, vol. (.
/,' l{ru reuz Pi11Qrce.

3. Œu'1'u do )larî1·1m:. Par16, 1113(1, ,·of. IX. Le

SJHctat,ur (rirnraia.
"'" 202 ,..

..

füres qui façoonaienl le cœar et l'esprit de
la femme dès l'enfance, la femme ne tardait
ras à les oublier dès qu'elle entrait dans le
monde, dès qu'elle respirait l'air de son
temps. Le siècle (JUi l'entourait, les conseils
de l'exemplb, les moqueries de ses amies
plus avancées dans la vie, lui cnleva.ient
bientôt Je goüL et le souvenir des amour!l
héroiques; leurs lenteurs, leur~ Lremblaots
a\'euk, leurs nobles dépits, leurs transports /1
la suite &lt;l'innocentes faveur~. leurs raffinements de délicatesse, leur quintessence de
~ém:rosité el de galanterie, s'effaçaient dans
~a mémoire. Elle perdait ,itt! toutes le~ illusions du romanesque, ces tendres rèwrie~ et
cos langueurs du jour, ees insomnies el ces
fièvres de nuits, ces beaux tourments du
premier amour qui, les jours d'ahsenœ de
l'amoureux d'abord entrevu au parloir, lui
arrncruiieoL de si douloureux soupirs, après
les soupirs une apostrophe à II ce cher P)rame 1&gt;, après l'apostrophe un monologue où
elle s'appelait &lt;t fille infortunée »1 Puis
c'étaient encore de nouveaux soupirs suivi~
de nonvelles apostrophes à la nuit, an lit où
elle était couchée, à la chambre qu'elle habitait : grand roman qu'elle se jouait à ellemême jusqu ·au jour 5 • Mais comment garder
w1e imagination si enfantine et s'eofinmmer
:1 de tels jeu't, au milieu d'une société qui ne
s'attache qu'au matériel et à l'agréable des
passions, qui en rejelle la grandeur, l'effort,
l'exagération naïve el la poésie ennuyeu~e?
La femme voit autour d'elle le persiOage
poursuivre el déchirer ce qu'elle croyait être
l'excuse de l'amour, son honneur, ses \'Oilcs,
ses verlus de noblesse. Par tous ses professeurs, par ses mille voix, par ses leçons
mue lies, le monde lui apprend ou lui fait
entendre qu'il y a un gra.nd vide dans le~
grands mots et une. grande niaiserie dans les
grands sentiments. Pudeur, vertu, amour,
tout cela se dépouille à. ses yèox comme des
idées qui perdraient leur sainteté. La femme
arrive à rougir des mouvements de son cœur,
des élancements de tendresses qui avaient
transporté son âme de jeune fille dans Je
songe dt:s vieux. romans; et la honte se mêlant en elle /J la peur du ridicule. elle se dllbarrasse si bien des préjugés el &lt;les sottises
de son premier carnctère, que, re,·oyal\l, son
amoureux de cOu\'enl, l'homme dont ln pensée la lit pour la première fois si heureuse et
si confuse, elle l'accueille avec un a.ir de coqucllerie folâtre, une mine impertinente, le
rire de la femme la p,us aile; on dirait
qu'elle veut lui faire entendre par Loule son
altitude la phrase de la jeune femme de Marivaux : 1 Je vous permets de rentrer dans
mes fers; mais vous ne vous ennuierez pas
comme autrefois, et \"OUS aurez bonne compa~nie 8. 11
Quand la femme avait ainsi surmonté les
préJugés du passé el de la jeunesse, quaod

r

,. Corre!p&lt;)adance de Mme du Dl'ff•nd. - !lémoirrA
d'un royagctir qui se repose. par Outens.

à. IF.uvre~ do Marivaux. vol. )X. Pii:ces dH1chée~.

/'re111iére /,cltrr de .Il. de 1/. co11lr1u111/ 1111r tu-m-

ture.

6. Œuvres de )tari.,aux, •ol. I'\.

�111S TOR._1.JI
rlle était arrivée à cc point de coqucllerie, il
1ui r •stail hien peu de ·crupnlt&gt;s à dépouiller,
•l elle n'était pa. loin d'ètre dan celle di'&gt;po. ilion d'âme qui fai. :iit dé irer el chercher
à 1a femme du l!•mp cc que le
temp, appelai! « un a0àirc ~.
nir11lùt, auprè~ d"elle à sa toilcllr, à rn promenade, an ~r,·clacle, on ,•oyait un lu,mme thaflue jour plu. :i~~id11, cl qu",·llè
foi.ail prit•r à Lou~ le. smrP rs 011 rlle rlait i111 itét•;
rar. à u11' première affaire.
la rt&gt;mme étail ,•nrorc parmi
ces prude 1pli ne pom,tÎl'flt
prendre ur ellrs d1! . e ,1,:_
,·id,•r nu liont lle qninw
jour de oin~, et dont un
moi. tout entier n'achcYait
p:i. 1011jonrs h déCaite. Cda
flni~sail pourtant : un ,oir !:'lie se montrait
n,·ec .on c::walier en crrande lo"e à !'Opéra',
el décfarait :iin~i . a liaison. . Plnrt l'u. n~e
adoptl! par le fcmmr du monde ponr la
pré. entai ion offici,•lle tl'1111 ~mant au public.
~fais, au boui de peu de lemp--, la dé illu ion venait. la jeune ft&gt;mmc s'ét.,it trompée dan oo choix· il n'y av,1il point dan
l'engagement auquel elle ~·était Ji,•rre de~
c·on,·l•nances . urfi anlP~ pour I'} alla,:h,•r, et
la rc1nme d_onoail à l'l111mm • lt: congé que
nou a\'lln vu tout~ l'hPure l'homme donner
11 la Î1•mm1•. Elle di ail au j~une homme
qu'elle avait cru aiml'r À peu pri&gt;. ce qnc
~lme d'E:;parh:O.· rli~ail à La111.11n, d1ml J\:du,·alion 11·é1ai1 point e11core faite : 1c Crnyez1n11i, m1.10 petit cou in, il n,i r1:u:;siL plus
d'èlre romane •1ue, cela rend ridicule Pl
voilà tout. J'ai eu bien du goîll pnur vou ,
mon enfant; ce n'e t pa ma faute . i vous
\'avez pri pnur une grande pa.sion, et si
von~ vous ète, per uadé que cela ne . •r.iit
jamai fini. Que vou importe i ce goùL c t
pa . é, 4uP j'en aie pri. pour un autrP, on
r1uejc rc te sans amaut? Vou avei beaucoup
d'avanta•Tes pour plaire au· femme. proritezen pour leur plaire, el ,oyvz com·aiucn que
la perte d'une peut toujo1m, être réparée 11a1·
une autre; c'e l le moyen d'ètre heureux cl
aimaule 1 • »
On e qnillail romme on 'était pri . On
ava.it été htmreux de s'avofr. on était enchanté de ne s'al'Oir plu: l, Alor· • 'ouvrait
&lt;levant la femme la carrière de. expérience .
Elle y entrait en • ·y jetant, el eUe y roulait
dam le ch111e., demand:inl l'amour à des
caprice , à de~ goii.~, à des fantaisie,, à loul
ce 1p1i lrompP l'uruonr, l'étourdit el le las~!',
plus nauée d'in.pircr dl' dé~ir que du re pect. ranlol qnillant, 1,,nrot qnillét', et prenant un iimant cumme un ruoubl,~ il ln mode;
si hicu que l'on croit enll!ndre l'avr u de son

cœur dan la répon. • de la Gaussin à qui l'on
demandait ce t{n'elle ferait . i on amant la
qnittail : c( .J'en prendrais nn autre. 11 D'ail!curs qui sonr1erail à lui demander davanta"e
par ce lcmp. oi1 c·c. t une • i grandP cl i
1toonaole rareté 4(u'un homme amo11reux,
11 n homme « à préju~és de pro,inc • &gt;&gt;. un
homme entln « qui \'eut du enlimcnl 1 »? li
esl conl'enu qu'à !renie an~. une frmme &lt;c a
Ioule honte hue n, et qu'il ne doil plu lui
ri• ·Ier qu'une certaine éll1i,:,rnce dan lïndér,pm•e, 1111c orr;ke able dan. l:t chut , el ~pri)s
la clmte 1111 liadina:.;e tc11Jre ou du moins
hounèle r1ui la au,·• de la dégradation. ln
reste de dignité aprr l'enlier oubli J'ellrmème sera loul ce qu'elle mcllra de pudeur
dan. le liucrlina"e ~.
Bientôt, par l:1 liherté, le cbangement, la
g:ilauterie de la femme va prendre Jan et•
iccle les allurrs el le air de la débauche
de l'homme. La femme ,a \'Ouloir, ~elon
l'ex-pression d'une fonune, &lt;( jouir de lu perte
de.a n1pntnlion°. o Et des femmt! auront,
pour loger leur pl:'li ir, de. pelitP mai on
pareilles au"l prlilcs mai on· de. 1·01uf•, ùe
petites ruai!:nn · &lt;lonl dit! ft:ront ell ·-même.
le marché d'achat, dont elle· choi iront le
P•&gt;rtier, afin 1111e t1111l y soit à leur dé1•oliôn
el que rien ne I,~ gène i elle "eultml aller
tr11mP,t'r leur atrtanl mème 7 •
La morall! du lemp est indulgente à ces
mrrur .
Elle encourage la femme à la francbi ·e
d la galanlerie. à l'audace de l'inconduite,
par de prini:ipes commode el appropri'
à se. instinct. îles peo. ée· qui circulent.
&lt;le la philo opwè rl1gnnrtle, de, hal,iLndcs
et de doctrine conjurées contre le· prtlju,,.é·
de toute sorlc et de loul ordre, de ce i:rrand
cbangemcnl dan les e prit qui l;branle ou
ren11tll'Clle, dans la ociété, toute le vérités
moral • il 'élève une théorie qui chert:bc à
élargir la con~cicnce de la femme, en la orlant - de pP.titesse de on exe. c·c t Ioule
une autre règle de ·on honnêteté, cl comme
un déplacement de son honneur qu'on fait
indépcndanl de n pudeur, de ,c. m 'rites . de
se' devoirs. Modestie, bienséance, le di1-huitièm ·iècle lra.vaiUe à dispenser la femme tl
ces misères. Et pour remplacer toule les
l'erlus imposées Jusque-là à on caraclère,
demandée. à sa nature, il n'exige plu d'elle
que le· verlus &lt;l'un hoouète homme~.
En mèruc lcmp l'homme commence à
donner t1 la remmP- l'idée &lt;l'un h1mhPnl' qui
n, lai aucu11 lien à dénouer. Il lui c po e
une théorie &lt;le l'amour pn1 faikmt&gt;nl indiquée
dans une nouvelle ,pli la rémme par son
Litre : Poilll de le11demai11. A eu croire la
nourdle dol'lrine. il n\ a d'e11 11a"eme11ts
ré1,J.·, rhilos11phi11uentent 'pa rln111. C( &lt;JllC cem
ftn, l'on l0rttrac.:11' avec le puLlic ~n le lai -

1. l,1• Cou l'e ;ions do Ct&gt;mlr de •··. 11~r feu li. 1111rlo.. Àm~ler&lt;lam. liîfi, vol. 1.
:i.. ;lli·rnoires ,1 .. ,1, l" duc ,le LBuzun. p,,. i1, 1~~l!.
7,, Mél1ul{e! mililuire , litPrdires ·l s1•11lim1•11•
l~tre~ p11.r le prince ùc Ligne). Drude. lï!J:l-1811,

6. Rèfü:xions nou"clles sur le. femme., pàr uriè
&lt;la,oe rie la cour. Pari,,, 17~7.
i. AJi'le cl Théodore
lt Dialogues 1nllruui tl 'nn pl'lil mnilrc philo.ophe
,., ,l'une l'emme raiS11m1ohlc. J,r111d1r • 17H.
!). L; r.otcrît' ,le, Antifa~ounidr~. J /lr,1,u/te3, 17;;9.
- Ili toir&lt;•1lcla.FWci1~. Am11,~rd11m, 17,i I, - L'bl1•
dl' la Fèlicitl!. Â Babiole, 1746. - l'ormulairc du
cèr~monial en usage tians l'ordre de h1 félicilé, 114:i.

10I.

VIII.

4. Conte mnr11.u&gt;. par Marmonll'I. 176:ï, vol. 1.
!'ï. Lr uplta. - Œurnis corn piète tic Oorat, l 70117 9. Poi11I rie le11demai11.

ant pénétrer dans oo errets el en commellant avec lui 11nclt1ues indiscrétion ». lais,
hors de li\, point d'engagement; setùemcnt
quelque regrets donl un .ouvenir ngréable
sera Ir r!PdomUJa l'ment; et pui on fait, dn
plai~ir an ton Ir~ le J ntenrs, le traca · cl la
lJrannie dt&gt;s proci:dé J'u ·a"c.
Lr!I ophisme commod,•., les apologie de
la honte, l •s Jeçom dïmpnd •nr flottrnl dans
le ternp~, ÙPi:cendenl Jes inlclligenr·es dan
le- cœur ' f'nlr,·cnl pe11 i, P"II le l't'll!Ords 11 la
femme frlairée, ruhar&lt;lir, éLnnrdie. rnnvién
aux r,wililt1 par le. s~~lèull'~. lPs iMr. qni
tnmlwnl du pluf-l haul de cr. 111111111,•. qni
s'échappent des houc•lll', lê · plu~ 1·,:li•hr • ,
d1•s .\mes les plm; grandes. des génilll. Ir,
plu· honnêtes. Et l'amour proclamé par lr.
naturali me el le ma1,:rialism1•. prnli,prê par
fll'lv1(l in avanl ·ou maria!?"e arec \1111• &lt;le Lirroeville, glurihé par Ruffon da11s sa phra e
r.uneu e : , Il o· a de Lon dan. l"amour que
le phy,i11uc, n - l'amour ph siquc finit par
apparaître, chci la femme mèml', dan· a
brutalité.
0

An bout de relie philo nphie nouvelle de
l'amour, on enlrevoit, 111rnnJ on lève lt&gt;,;
,·oil~ dn sièclP, un d,eu 1111, volant el l,hrl'.
Fèté dans l'ombm par rlt!s adorateurs ma. qué·; el l'ort I' rçort ,a:.mrmcnt de iuilialions. dct mystère.• le lit!ll tlt! confréri . rcr~h' . dan~ de .. orles de temples où la. lnttrn
du l'Amour, e retqurna111 comme d:ins I&lt;&gt;
conte de llorat. montre 1,: dieu des Jardin .
On sai il à. demi des mols, d"s si~nes de rallit:mcnt, nne lan;rnc, des li,te, d'affiliation.
!Je ,·oteries PU cote1·ie-, des nntif11ço1mie1·.~.
ennemi de façon et de. r.érémo11i1:, ftui ~c
rt!unis ent une foi· le moi· à certain jour
préfix, on peut sui ne à t:ltoo la filière de
cet étrange franc-maçonnerie jusqu'au centre, ju &lt;JU'a11 cœur, ju qu'1t « rI:-le dP la
Félicit~ 11, c·e. t là ,p,'tisl la rolonie et le
grand ordre, rürdr • &lt;le la Félit.:ité «(oi cmprunle à la lllarine tonte. &gt;1' formes, son
cérérnooial, sou dictionnaire métaphorique.
·e chan on· de rl!ceplion, es inmc:itions à
~aiul icolas . •11ai.lre, JWll-011, chefd'escarfre.
vice-amiml onl les grade des a.. pirants,
de arliliés, qui promellent, en étant reçu ,
de porter l'ancre amarrée ur le
creur, de contribuer en tout ce
qui dépendra d'eu au bonheur,
à l'agrém nt et à l'avant.age de
Lous les chevalier· el che\'alières, de ~e laisser conduire
dans l'bl de la Félicilt' t•t
d'y conduire d'autr- matelots !)Uand ils en connaîtront
la route 9 • Plus cachés, pl us jaloux dcleurscrrond mvslère cl
Je leur grand erme·;ll qu'll
oc nlv\lenL point anx. aniliés
prntiquant , chan"etwl de lorol, et di persan! ouvcnl la
~ociélé pour l'épurer, le· Aphrnilite., qui
liaptisenL le homme :mie des noms de
l'ordre minéral et les femme avec des noms
de l'ordre végétal, disparai ent avec foru

secret pre que tout enlier. ~[ai· il resle Clair cle lune. C'c t le mailr du genre; et de déploiemenl, qui ravissent u~e [emme ~l
d'une autre socioté u de lëlicité ,&gt;, de celle il n'a qu'un rival, I. de Guines, qui afûcbc l'cnlèvrnt d'elle-même pour la. Jeter au dei baulemenl el avec de démonslralions si ,·ouem~nl Je l'amour: ce n' st qu'un cœur
société qui ,'appelait de ce nom qui la
1,Îgnific : la so ·iété du Moment, il re. te en- résenée · tout à. la fois et sj IT:Jlante on all:i- aimable, charitable, 'npiloyanl à e heure ,
aimanL ce qui le touche doucore, en manu crit, le rt&gt;glcment, la descrip- rhement spirituel à Mme &lt;le llonlc ·on•. Lion des ,i!ITles de reconnaissance. lo rogi Ire Pelile ecle, aprè · tout. el qui ne fut, ver fa cement, 1 s émotions larde affilié· et leur· nom de plaisirs, uo code. réhabilitation de l'amour, 11u'uu mou1•ement moyantes, le_ théorie senun formulaire, une ronslitulion, où l'on peut ùe mode. [,'on ne . ait même si elle euL la 1imentale ,- les mélancolies
incérité d'un enrrouement; el bien des doute• qtù le carcs cnl comme nne
voir ju,qu'à cpwl point la mode avait pou ·,é.
dan· le rangs les plus hauts &lt;le cet! oci~I~, viennent ur ,·e méritoire essai de plaloui. me mu ique tri le et un peu
l'onl,li el le débarra de Loul ce que ln galan- en plein dix-huitième iècle et ~ur la c-0nYÏl'- rloigoée. Il y a dans ce cœur
terie avait eu ju que-lll l'haliitude de meure tio11 de ses adeptes, quand on voit comment Lien plus d1m.nginalion que
clan l'amour pour lui faire garder au moins finit la derni~re &lt;le ce liai on. platoni1pws : de pas·ion, bien plu ùe
une politc' e. une eoquellerie, une bumn- Mme de !ont• on dei-inl 1a femme du dnc pensée que d'amour. Lared'Odéan:, el 1. de Guine ·, renonçant net à man1uc n'a point échappé
ni1ê !
à un ou. enateur qui ,•il de
A l'autre cx.trémilû des idées et du monde son amour, obtinl par elle une amLas·ade.
prè la femme du dh-buide la rralaulerie. en opposition à ces sociMé·
lième
.iè le : « Les femmes
Que l'on \'ruille ccpendaul e repré enter
de cynisme, il se formait. dans un coin de la
dece
temps n'airuenl pa
l'amour
du
dix-huitième
ièclc
.clon
la
plus
hante ociétt\, une secte qui trom-ait de bon
air de pro.crireju qu'au désir dan l'amour. jusle ,érité: que l'on cherche es traits con• a wc le cœur, a dit Galiaoi,
l'ar une réaction na(ul'clle, Je. •xcè de l'a- stanls, sa physionomie ordinaire el moyenne elles aiment avec la lèle. 1) EL il a dit vrai.
mour phriquc, fa brutalité du libertinage, en dehor· de l'e agération el Je l'exception, L'amour, dan· loul le iècle, porte lt&gt;s si"fü!S
rejelaient 11n petit nombre d'âmes dulicntc , du pamphlet, de la alire qui 'échappe de d'une curiosité de l'espril, d'un libertinage
el de nalure, inon éle,•tle, au moin rine, ,·ers tou les lirre du lemp et qui force toojour· de la pensée. Il parait être chez la femme la
recherche d'un bonheur ou du moin la pourl'amour platonique. Un groupe d'hommes l un peu la n:rité, ce n·e L point dans ce excè
de femmes, à demi caché· dans l'ombre di - ou &lt;lans ce alfectalion que l'on Lrouvera son suile d'un plai ir imaginé dont. le be oin ln
crèle de alon , revenait doucement aux co- caractère le plus général el ses couleurs les tourmenle, donl l'i1111Sion l'égare ..\u lieu de
quetteries du cœnr qui parle à demi \'Oix, plu propre : l'omour d'alors n'est essentiel- lui donner le ali faetfon de l'amour senaux douceur de J'e ·prit qui soupire, pre ·que lement ni dnn ces r-.;trémités &lt;1ui le linent sud et de la fixer d~n la ,·oluplé, l'amour
à la carte du Tendre. Ce petil monde mMi- au ba. ard de· rencontres, ni dan ce enga- la remplit d'inquiétudes, la pou·~e &lt;l'es ais
tail le. projet, il fai ail le plan 4'un ordre de gl'meoL qui le nourris.ent de pur sentiml•nl. en es. ai , de tentatives en lcnlalives, auitanl
l.t Pel'séverance, d'un temple qui ;1uraiL eu li con islc avaul loul duos une certaine fo1•i- dcl'ant elle, à mesure qu'elle faiL un nouveau
lroi. autels : à l'llonneur, à !'Amitié, l'Hu- hté de la fomrue désarmée, mais gardant le pa, dans la honte. la tentation des corrupmanité 1 • \iasi, au commencement do siècle, droit du choix, enlranl, ans idée de cons- tion pirituelles, un mensonge d'idéal, le
lor qu'avait édalé a première licence, la tance, dans une liai on san promesse de caprice insaisissable des rêves de la débauc.:our de ceaux a,·ait affeclé de restaurer l'As- durée, mai voulanl au moins y êlre en- che.
Aussi les plus grands scandales, les plus
trée, el jeté aux ouper du Palais-Royal la traînée par la pa ion de lïnstant, par un
grand
éclat de l'amour, sont-ils des entraiprote. talion de. e. devis d'amour el l'm:,,titu- goût. li consiste dans cette dispo ilion innement
de tête, entraînemenLS particularisés,
gulière
où
la.
vertu
&lt;le
la
femme
semble
tion rnmancs1111e de l'ordre de la Moue/te à
caractéri
és p:ir un mobile qui n'a rien de
éprouver.
comme
la
Yie
chez
Fontenelle
moumiel.
u Le entiment », c'e. t le nom du nouvel rant, une 11rande impo.• ibilité d'être; aLan- sensnel : la vanité. Le femmes rési lent as ·ez
ordre olt qnelques personnes de marque 'en- Jon n:ilurcl, IaiLle e, apathie, dont on souwnL à la jeunesse d'on lihéruhin agegagent. Il se de;;si11e ici el là, de loin en loin, trouve l'a\'eu et l'accent dans et&gt;lle confidence nouillé à leur pieds, aux anrémenls d'un
des ligures de g,ms à grands sentiments, affi- fémioine : « Que voulez-vo11s 7 11 était là, et homme dont la per-onoe leur plaît entièrechant une d61iratessc parliculière de goût, de moi aus i; nous Yivions dan une e pèce de ment.
li ~ul arriver qu'dles oicnL forte conolitude; je le voyais tous les jour·, el ne
ton, de manière•• de principes, et gardant,
tre les périls de rhal1ilude, de l'intimité.
a\'ec le~ tradition de poliles e da grand iè- voyai que lui~ .... &gt;l
L'amour du dix-huitième siàcle esl à la de la beauté, de la force, de la grâce. de
cle, c.omwe une derniiire Heur de chevalerie
l'esprit même coolre les mille séductions
me
ure et à l'imarre de la femme du temp~:
dans l'nmonr. EL pour aecepter 1 · hommage ·
de leur pnssiou porc, Yoici de femmes qui il n'est ni plu!: large, .ni plu profond, ni &lt;]Ui ont fait de toul 1cmp l'homme redoulaplus b.aol. Et qu ·est celle-ci 'I [nlerrogez-la, blo à la Cemme. ~fois il est une séduclion
11e mettent point de rouge. des femétudiez-la;
relrouyez, par la déduction, on contre laquelle elles csuyent à peine llnc déme. pâle , allonuée sur leor cbai,e
être
et
son
type en reconstiluanl . on p~t'~on- ftinse, une fascination qu'elles ne avent point
longue, la figure :enlimcntale, préJcsliu 'es pour ainsi dire au rôle nage moral et ·on or!!:lnisme physique : rnlte fuir: qu'un homme à Ja mode parais e, c'est
d'être adorél.l · de loin et cour- femme produite par la ociélé du dix-hui- à peine i oo lui lai era la faligne de se baisfü,ées rcligieu emenl. On aper- tième sitcle ne diffère guère de la femme ser pour tamas er les cœur , tant l'amour a,
çoit lime de Gourgnes donnant formée par la civilisation du dix-neuvième. dans la femme de ce temps, la bassesse de
arnc ses pose indolente el sa Elle est la Parisienoe, celle Parisienne gran- la vanité! Qu'un homme à la mode parai. e,
grâce languis ante le ton à la die dans &lt;CS milieux e1citants qui hâlent et elles ,e li\Teront à lui Lont enlit:rcs; elles
confrérit:. El près d'elle, cet homme forcent la pnlicrtr, mùri ent le corp, avant l'aiùeronl de leur amilié amoureu e, de leur
acrrén.ble, aur ycu. noirs, au teint l'àrre, et frmt ces organisation alanguie: et intrigues, de leur inlluence; elles le Porte0
p:He,
au\ cheveu nén1·rges' el sans ner1em,11. aaxquclles est défendue la forte ront dans le meilleur courant de la cou r.
roudre, se lient ce cbel'alicr de santé de ·en et tlu tempérament. Ilien donc Elles seront lii!rCS de le servir, sans qu'il 1•
Jaucourt, \' ~ri table héro · d'un de ce côté qui soit impériem. Montons au remercie, fière d'Plre renvo1tles comme elle
roman tendre. tourné pour cœur Je la Iemme : les mou\'emeots, les ont été prise . Et n'arri,·eront-ell · point it
instincts n'y ont pas plus de ,•igueur. d'élan, accepter, comme une dfolara Lion, la lettre
"tre le rê,·e de !ri. femme, Loul plein d'bi ·toires de reYena.nLs cl que le i '-cle appelle ~i d' mportemenl. Il n'y a poÎ.11.l au food de circulaire envoyée le même jour par LétoJolim ent de ce nom qui emble un porLrail . 'ui de ces irrésistibles besoins de tendresse, rière ~ toutes les &lt;lames ttu'il ne connaissait
3. illémoircs cle Tilly, vol. l.
&lt;.!. 'lêmoire., de Mrne de Genlis, vol. J.
1. 11èmoircs 1IJ ln Rilpubliq1n di, lellre , roi. \l \
◄

2o5 ...

�1t1STO'J{1A - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - : . . -..
poîot encore•? Nou som\Jl.eS loin de œ temps
des billets galants el raffinés 1rui fil la fortune de la mère de Mootcrif en lui emprnnLanl sa plume amonreu.e et d~cate 1 • Qu'il
e donne la peine de "l'aincrc, cel holllme irrésistible, l'homme à la mode; et l'on vi:rra
demander !l"lce aru plus pures, aux plus vertuen es, à celles-là qui avaient jusqu'à lui conservé la paix de leur
honbeur el de leur ,·crtu contre
toutes le tentatives et toutes les
oec.a ions. Qu'il "Veuille, et Mme
de Tourvel elle-même sera per-

due!
Qu'il s'appelle I\ichclieu, il traversera tout le siècle, en triomphant oomme un dieu et rien que
par son uom. 11 sera ce maître
qui devient une Idole, et devant
lequel la pudeur n'a plus que des
larmes I La femme ira chercher le
scandale aupr~s de lui : elle briguera la gloire d'être affichée par
lui. Il y aura de l'honneur d,m
la houle qu'il donnera. Tout lui '
cédera, la coquetterie comme la
vertu, la duchesse comme Ja princesse. L'adoration de la jeunes!'P,
de la beauté, de la cour du Régenl, de la cour de Louis XV, ira
au-devant de lui. comme une prostituée. Les passions des femmes
se battront pour lui comme des
colères d'hommes; eL il sera celui
pour lequel Mme de Polignac et
1a marquise de Nesle échangeront
au bois de Doulogne deux coups
de pistolet i. Il aura des maitresse
dont la complaisance étoutfera la
jalou~ie et qui serviront jusqu'!i
. es infidélité , des maîtresses dool
il ne pourra épuiser la patience, et
qu'il essayera vainement de rassaier d'humiliations. Celles qu'il insuJtera lui baiseront la main, celles
qu'il chassera reviendront. D ne
complera plus les portraits, les mèches de
·cheveux, 1~ anneaux et les bagues, il ne les
reconnaitra plus: ils seron~ pêle-mêle dans
sa mémoire comme dans ses tiroirs. Chaque
malin il s'éveillera dans l'hommage, il se
lèvera dans les prières d'un paquet de lel1. !lélaoges militaires, lill.éraires et scnlimcnlairc&amp;
pa1· le _prince de Li~eJ, vol. :XX .
~- ~lcmoire1 uo ù Argenson. Ja1111el1 101.
:;, ~lér:noires lie Richelieu, ,•ul Il .

cet homme, d'où il sort; peu lt1i importe sa
nais!lance, son rang, son étal même : que la
mod le couvre, c'esl assez pour 11u'il b.onorr·
celles •pl 'il accepte. Que cet bomme soit u11
acteur, un chanteur, qu'il ait nooro au,
joue le rouge du théàtre: ·'il e l couru. il
sera un homme, un 11aînqueur / Les plus
grandl's dames et les pins jl·unes l'im·iteront, l'appelleront,
le prieront, lui jeueron L sous
le IClll leur avances, leur humilité, leur reé011nai . ancc. Elles
l'aimeront ju:qu'à se faire enkrIQ('r, pres11ue jusqu'à en mourir,
oom~ la comtesse de , taimille
aima Clai l"\aP. Elle. se l'arrache,..
ronl comme ce deux marq11Îsps
se di putant puùliquemenl lidm
dan une loge de la Comédie-[Lalienne 6 • Elles en ,·oudront arnc
la fureur éhontée de la comte. . e
rameuse criant de,•anL tou
et Chassé 1 Chassé! » ou bien avrc
la volonté fixe, l'entêtement résolu. la fermeté douce de la bollesœur de .lme d'Épinay, Mme d~
Jully. Et quel mol échappe à ct&gt;ll,._
ci. !or que demandant à Mme d'É·
pinny d'être la complai~anle ~c
ses amours avccJélyolle, Mme d'Epinay s'exclame: « Vous n'y pensez pas, m.n œur ! un acteur de
!'Opéra un homme sur qui tout
le monde a les -yeux Jhés, et qui
ne peut décemment passer pour
votre ami! ... - Doucement, s'il
vous plait, lui répond Mme de
Juil), je vous ai dit que je l'ai..
mais, et vous me répondez comme
si je vous demandais i je ferai ·
Lien de l'aimer 1• 11
Mais ce n'élail poinl eucore
l~A 6.lESTE,
as ez que la profanation du scandale.
Grai·ure de No1tud 1.1? JEUNE. (Caélne/ des Estampe,. )
Il étaiL réservé au dix-Lnitièm(~
·iècle de meltre dans r amour, don L
cffieurerad'un rega rd, il hàillera :sur ces lignes il avail fait la luLLc de l'homme con tre la
brûlantes et suppliantes qui lui lomberooL femme, le blasphème, la déloJauté, les plaides mains comme un placet des mains d'un sir et les satisfactions sacrilèg · d'une comédie. li fallait que l'amour devînt une tacministre 1
tique,
lapa sion un art, l'attendri.ss&lt;-menl un
El si ce n'e t point Richelieu, cc sera un
autre. Car peu imporw à la femme d'où vient piège, le Jésir même un mu~que, a1iu que
ce qrri re tail de conscience dans le rœur du
lemp , de incérilé dans C$ tendre es,
i. \lémoire,. ;le Richelieu, ml. YI.
5. Mémoire. ,le la Lli!puhlilJlle des lcUres, r11I. Will.
~•étoignil ous Ja risée :oupr 1me de la paro(i, O•rre.pooù~ncc secrète, , ·ol. X.
die.
7. M~moires Je lime J'Épiua}, \'Ut. 1.

tre ; il le jctLera sa&amp; les ouvrir avec ce
mol dont il oufllcttera l'adresse: leltre que
je n'ai pa.i eu le t~1117&gt;s de lire; on retrou~
vera à sa mort, encore cachetés, cinq hilleB
de rendez-vous, implorant le même jour, au
nom de cinq granùes dames, une heure de -a
nuit 4 ! Ou Ilien, 'il daigne les ouvrir, il le·

EDMOND ET JULES DE

(A suivre .)

GONCOURT.

PH!SE UE CREUTZENACIJ PAR LES TROIJPl:'.5 SUÉDOISES (DÉGE.\UlllE 1631). -

Christine de Suède
J•AR

A R.V È D E

BA R,IN E

La reine Chrisûne de uède, fil1e du grand dans es lettre , ses pièce$ diplomatiques, ses
Gustave-Adolphe joint l'étrangeté à l'éclat, recueils de ~laximes, son autobiographie, ses
un air d'énigme à un air de roman. on siècle notes marginales jetées çà et là, nous finis..
ne sut comment la juger. Pe11 de créatures sons par la comprendre, et nous comprenons
humaines ont été plus encen ées et plus inju- en mtime temps les jugements contradictoires
riées de leur vi~ant. On remplirait plusieurs des contemporains. A mesure quecelte physiop:tgcs avec les seuls Litres des odes, harangues, nomie ambiguë nous line son secrel, elle nous
panégyriques. pièces de théàlre, où Chri tinc inspire des sentiments ambigus comme elle.
est portée aux nues eu prose el en vers, e11 Uu c t amusé el révolté 1 séduit el écœuré.
allemand, en italien, en ]atin, en suédois, en
frauça is. La liste ne serait pas moinlj longuo
des pampblets, mémoires et épigrammes, où
Christine naquit li tockholm, le 8 déelle est tr.ainée dans la houe. Aujourd'hui
encore, elle embarrasse par un mélange, cemlire 1626, deGustave,,Adolpbe etdeMariepeul-être sans exemple, de grandeur et de Éléonore, fille de l'électeur de Brandebourg.
ridicule, de noblesse el de perversité. On est On ,,oulait un prince, et les astrologue
en peine de décider si elle fut sincère, ou si l'avaient promis. Les songes avaient confirmé
ellè ·e moqua de l'Europe. On ne l'est pas l'arrèl des astres. Quand l'eo[anl viol au
moins d'expliquer pourquoi la comédie tourna
1. Jïe de /11 rewr Clffi11ti11e, faitt par elle-111è111e,
l. UI de1 Mé11ioiru w,u:emalll Christine, elc,,
soudain en drame.
publiés per Arckcohollz, biblio1hécllire do landgnive
La lumfüe se fait cependant peu à peu; en cle
Ues,e-Ca sel (Amsterdam et Leipzig, -1 vol., 175-1écouLalll Christine ellt..'-même nous parll!r 1700), La •a,,te corupilaliou d' ArcJ..eubottz contient la
... 207 ...

'""2o6 ....

D'afrls :me gra1•11re du ternf.s. (CJtlnet des F.st:impe5.

monde, il parut bien que les étoile· et les
puissances mystérieuses qui envoient les rèvcs
ne s'étaien_t trompées qu'à demi, el que la
nature avait réellement essayé de fa ire ua
garçon. Le nouveau-né était .i velu, si noir
il a~·ail la ,•ou si rude et i forte, qu'on cru~
Yoir un prince.
Ce n'était par malbeur IJU'un garçon manqué, el qui .resta lel toute sa -vie. Gu ta\'cA.dolphe .e consola vite, mais la reine ·a
femme prit cette petite taupe en horreur.
Elle ne pouvait lui pardonner d'être une fille
et un laideron par-dessus le marché. Christi.n;
insinue dans son autobiographie I que l'aversion cle sa mère contribua à multiplier les
accident aulou.r de son Lerceau, et que c'est
miracle si elle en fut quille pour une épaule
plus haute que l'autre. Dans tout ce que nous
ptuJ&gt;:llrl des cl?cumenls eu _Lout. genrr. dont se sont
i;er!l8. succes.;1vemeol los lustor1cns qui on( parlé da
Cltr1slu1e. Gr1uer1; a cependant ~oll!p!élé Artkenholti
avr 11uelqu~s tJ?llllS da.ru C/ir14t111a, Kfü1igi11 vo,i
Si:liwedt11 und 1/ir /lof, 2 -vol. Bonn, 1837 .

�111STORJ.11 - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - . avons de Maric-Éléoaorl!, rien n'autori e ua
pareil oupcon.
La r •ine était extravagante et plcurnicheu.e;
ce n'était pa une méchante îemmc. r.u ~tavedolpbe la défini snit uoe p rsonne « sans
con eiJ », et le mol était juste : elle n'avait
pas l'ombre de en commun. on époux en
était néanmoins très amoureux et lui pa ait
volontier . on ineptie et se éternelles cènes
de larmes, parce qu' •Ile était belle et cc d'une
humeur fort douce ». 11 l'aimait de la manière
nn peu haut.aine dont le hommes d'esprit
aiment le otles, e plni ·ant à la voir parée
et ne lui parlnot de rien. Il avait rai on,
pui. que la reine l'adorait el se trouvait parfaitement contente de son lot. Elle vivait
entourée de nain , de bouffons et de gen de
peu, occupée de recett pour con erver son
teint, à. l'éC.1tL de tout, ignorant tout. livrée,
au.x bas es intri"oes de es dome tique .•\vec
e ~uperstitions, es idé, d'an autre Lemps,
. a cour barbare de mon tres et de parasite •
elle reprérnntait le moyen àge à la cour de
Suède, au xmc ·ècle cl sou Gustave-Adolphe.
n douceur ne permet guère de croire qu'elle
ait e. say6 de tuer ou d'e lropier sa fille, 11our
la puoir de ne pas être uo fils; mai elle fut
une mère déplorahle, donl il est juste de
tenir compte à Chri tine. Celle-ci illi dut ses
plu gro défauts, c! aucune qualité. Toul ce
qu'elle eut de bon lui vint de on père.
Gu Lav -.ldolpLe a lai é un souvenir lurnine11I. C'était tout à fait le héros, tel que le
conçoit le peuple. Rien ne lui a manqué de
ce 11ui frappe les icoaginations. Il sortait d'un
Nord lointain et encore mystérieux, qu'on se
repré enlait hériss~ de glaces et perdu dans
la nuit; trente an plus tard, Huet et Naudé,
arrivant en uède, 'éloanaienL nafrement d'y
voir des fleurs, du solei I et de. crrises, I.e
roi lui-même parai~ ait une érncation de la
mytlJologie candiua,·e. L'empereur Ferdinand
l'appelait a le roi de neige », et ce surnom
lui eyait à merveille. C'était un géant Llond,
à la bnrbe d'or, au leial blanc el Oeuri, donl
le yeux gri lançaient des éclairs. Il élail
prompt à la colère. terrible dans le combat,
doux dans la paix et la posses ion de luimêmc; •'était alors le bon géant qui rit de
tout. Comme les Asc•• compagnons d'Oùin, il
aimail à Loire avec les braves el à donner de
grands coup' aux. jours de combat. Plusieur·
hi torien du temp l'ont blâmé de faire le
oldat; ce n'était plus guère l'u a1re pour le
·ouverain et Ie- chef: d'armée . Christine l'a
défendu chaudement. « La mode d'être héros
~ bon marché, dit-elle, et à force d'ètre poltron, n'avait pas encore commencé . A présent, on n'est plu héros qu'à proportion
qu'on tl t grand pollron. » Raisonnables ou
non, le charges formidables de GustaveAdolpbe ur le cliamp de bataille le paraicat
aux yeux de la foule d'une auréole ingulièrement brillante.
'es mœurs d'ancien preu.t étaient ai;sociées
au goût des letlres.11 parlait plu ieurs langues
et se faisait suivre au camp d'une bil.lliothè&lt;Juo
de choix. Il avait médité sur les cho es humaines, sur l'ambition, la pa sion de fa

"loire, le geme des batailles, le orl des
peuples, el il a1·ait conclu qu'il était un Mau
pour la, uè&lt;le, riue tous le· grands roi sont
de Iléaux pour leur peuples et tous les
Œraods hommes &lt;les n~aU\ pour 11ueli1u'un.
&lt;1 Dien, di ail-il, ne s'éloigne jamais de la
médiocrité, pour passer au. cho es extrèmes,
~ans chùlier quelqu'un. C'est nu coup d'amour
envers les peuple 11unnd il ne donne aux rois
que des :ime ordinaire . 1&gt; Il e t vrai, continuait-il, 11ue les princes médiocre attirent
par cela mèmo des maux à leurs sujets.
11 Mai ce· matu ont bien léger , il ne peuvent être en aucune considération, si on les
compare à ceux que prodni ent les humeurs
rl'on grand roi. Cette
sion extrême ,1u'il a
pour ln gloire lui faisant perdre tout repos,
l'obli"e oéce airemenl à 1'ôler à se sujet .
C'e.l un torrent cpii Ùésole les lieu1- po.r où il
pa .• e. 11 Pour lui, Dieu l'avait clll·oyé gagner
de bataille dan un moment de colère conlre
la 'oède, et il plaignait la , uède, san admettre toutefois que le ciel p1'1t e dédire : i
la victoire hésitait, il descendait de cheval, se
mettait à genoux el appelait à haute voix le
a Tlieu de· armée· &gt;l. Ce Dieu lui prouva
qu'il s'intéres ait à lui en l'enlevant dans la
splcoùeur de fa force el de fa jeunesse. au
milieu d'une L taille "agnée. IJ quiua la cène
du monde en héro , conune il y ét.ait entré
lai, ant l'Europe étourdie du bruit tle on
génie et de ses ,·erlus. a fille Christine lui
ressemblait par l'intelligence. Elle eut au.si
son amour de la gloire, mais san savoir distingm:r la vraie de la faus e.
Elle n'avait pas Lout à fait six ans lorsque
son père fut Lué à Lutzcn, le 6 novemLre 1632.
Le que Lions de régence et de tutelle avaient
été réglées &lt;l'avanœ par Gu tave-.\dolphe. li
avait ordonné premièrement, sur toutes
choses de ne laisser La reine sa femme se
mèler de rien, pas plus de I'éclucatiou de a
fille que des a.lfaire de l'État. li ne pouvnit
penser sans terreur à ce qui se pa serait si
lfarie-Jl;léonore a\"ait le droit d'exprimer de.
volonlés, et il avait recommandé à tool le
monde de l'exclure de tout. C'étnil in.cril sur
le regisll'es do énat, c'était dit dans les
in&amp;truction.s au chance.lier 01en liern. Le roi
y était revenu dans ses lettres, pendant la
campagne . .Au moment de lh•rer bataille /t
Lulzen, il en écrivait encore à son ministre.
narement époux amoureux vit aussi cJairt:•
ment Ja bêtise de a fi:mme.
Il avait placé Christine ous la tutelle du
conseil de régence. Le sénal el les étals devaient aussi s'intéresser à celle éducation, et
tou ensemLle lravaiiler à ce qu'une petite
lille très maligne devint un grand prince, car
le roi avait recommandé de l'élever en rr:i.rçon.
Lui-même y avait pourvu en lui nommant un
n-ou verocur, dont Christine vieillie persi Lait
à Ll'ou,·cr lé choix lrè heureux. &lt;&lt; ll avail
été, tlil-ell , de tous le plaisir du roi, conlident de sa.~ amours CL compagnon de toutes
ses courses el débaucLes .... Ce gentilhomme
était excellent en tous les exercices, homme
de cour, mais il élail fort ignorant; de plns,
fort colère et emporté, fort adonné aux femmes

,,a

""'zo8,..

et au ,·in dans sa jeunesse; et ses 1•iccs 1te
l'ont pas 11uitté ju~1111'à la mort, riuoiqu'il .e
l'tîl fort mt•déré. I&gt; t:e modèle de gouverneur
de pl'inces~e étail ecoadé par un sou -gouverneur égaJemenL ivrogne, et par un précepteur, docteur en théologie, !'bonnète Jeau
MaUhiœ. Le chancelier O.xcn ticrn avait la
haute main ur le palai . Par malheur pour
Chri line, il étaiL retenu en ,lllema;ne lur de
la mort de on maitre. Le autre régents
n'osèrent pa tenir téle à la veuve de GustaveAdolphc, el Marie-Éléonore eut le Lemp de
faire de ~.iennt! . Il ne dépendit pas d'elle
•1ue a fille ne devînt folle.
La pL'rle d'un époux était une Lrop belle
occasion de pleurer pour qu"elle n'en profitàl
pa· avec édal. Elle résolut de se signaler par
une douleur doat il erait parlé dans le monde.
Ce fu_reul des délu•~c et des hauts cris. le
joar el la nuit, Jlèndnnt des semaines, dl!.
mui · des ann~ . Elle avait rait t,mdre de
noir son appartem1mt. houcher les fenètres
avec des draperies noires, de manière II qu'on
n·J voyait goutte'~, et elle pleurait, pleurait,
pleurait, à la lueur de llambeau.t de cire. Une
fois le jour, elle allait &lt;&lt; vi..:,itn » une boite
en or, su pcndo.o au t·hevet d,: son lil el où
eDe avait plaetl le cœur de son épo·". el elle
pleurait sur la bo1Le. A d'autres ruv:n:'nls,
c'étaient de !!l'andes Jamentatious qui résonnaient lugubrement parmi cet appar il ruoèhrc.
i la reine n'avait eniermé avec elle que .c
nains et e boulfon., on ne . 'en seraiL pas
mis en peine: c'était leur affaire; mai elle
s'était emparée de Chri tine, qu'elle gardait
l1 vue et couchait dan son lit, afin de la faire
pleurer avec elle, cria avec elle, el de pa ser
leur vie ensemble dan le noir. Elle pou sait
de hurlement \dès qu'on faisait mine de lui
ôter sa lille. Los régent hé ilaient, ·e con ulf aien t, et cep.,ndanl le Lemps volait. Le rrtour
d'Oxensliern défüra Ch.ri tine. Le chancelier
;.e bâta d'écarter ~faria-Élé~nore, qui fa.t larmoyer dans uo de ses ehàteaux, et dont le
nom ne reparait plus désormai que de loin
en loin accompagné d'une mention de ee
aenre : « La reine pleura pl usi,mr heures ; ...
la reine pleura toute la nuit; ... la reine ne
pouvait 'arrèter de pleurer .. .. 1)
Chri tine avait subi trois au le cauchemar
de la chambre noire, Je b Loile d'or el des
cri e de sanofots à heure fixe. C'étaiL trop
pour une enfant nerveuse. Uarie--Éléooore est
responsable d'une partie de excentricités de
sa fille.
Les régents, le énal et les états purent
enfin s'appliquer librement à leur grande
œuvre et donner le rare exemple d'un monarque élevé directement par son peuple,
selon des programmes di cu tés par le peuple
et en me de gouverner un jour elon les idée
du peuple. Cltrhine eot pour précepteur la
nation en1ièrc, puisque les état de u~de
comptaient un quatrième ordre, l'ordre des
paysans. Pour achever de rendre le eus sin~lier, la uède él.ait à celte époque a ez
arriérée, el celle nation d'illelt.rés se trouva
brûlée d'une Ioi qui n'a jamais été égalée,
1.

Av.tobiograph ie de Christine.

C1ffl.1ST1NE DE Sui3D'E - - .

mème de nos jour·, dan la ,·ertu toulc-pnissanlc, myslique et marrique de l'instruction.
Pendant dix anné~, la Suède vécut dans l'allenle et l'angoi se de· progr de sa sour~
raine en thème latin et co mathématiques. Le
hrnit de se uccès d'écolière e répandait
ju qu'nu fond du rol·aume « el éveillait, a
dit un hi toricn 1, les plus joyeu,e spérances
pour le bonheur futur du pay D. La reine
apprenait le grec, c'était de l'nllGgrcsse . .Elle
li ail Thuc,dide, c· ;lait du ra,,issemcnL. Les
étrangers l~ traitaient de petite aYante, c'était
un !Joahem puLlic.
Un a conservé quelt1ues-uns de! de,·oirs de
,hrisline el on en a imprimé une rollection.
Le compo ·ilions [rançai e re. cmhlenl h
celle qu'on foit de no jours dans le. pensions de demoiselles. Il y en a une ur la
Patiente et une sur ht Com,la11ce. Uue troi. ièmc, en forme de lettre, contient des condoléance. à. une d:irue, ur la mort de on mari.
L'élèrn Christine a,,ait voulu y mettre de belles
idée! cl s'était embrouillée. « U fauL penser,
disait-elle, que, comme il e t impossihle à nn
prisonnier de ue q11ilter pas a"l"e~ profit sa
prison ici, de même le ~me rru1 soul en ce
monJe comme en prison res!ientenl par cette
é\'asion premièrement le contentement d'une ,·ie libr, de regrels
el de soupirs : el ainsi la morl e t
l'assurance d'une heureuse vie. &gt;)
Chri tiue avait seize ans quand elle
composait ces chef -d'ce1nrc, que
de. a1lmirateru· imprudents ont
transmis à la postérité. Les même
enlhou·iasles s'extasiaient sur ses
thèmes latins, qn 'ils déclaraient
remplis 1c d'i•léganres &gt;&gt; . J'ose 1
tromer du latin de cuisine, et j'o e
ajouter ipw œla étail tout ~ fait
indifférent pour la pro pérth! dn
rovaume.
"Le o..,ouverncment n'était. nullcment de cet avis. n pensait C..'t3.Clctnunt le contraire. Que de,iendra1l la SuMe i la reine fai ·ait
des suléci me. 1 On accumulait les
pr :cauûon pour éviter un ·i grand
malheur. I.e hou , lotthi:i' étai l
oblin-6 de 1enJre complo de e·
t,
•
1
lnçons. Ln rt:gence sa.~a.it que, e
';!6 févriet· 16:59, la reine aYail
commencé les Di,,/ogues f,·anrai.s
de Samuel .Bernard : que, le
;m mars, elle avait appri - par
cœur le di cour· de Catou, dans
Salluste, et, le G auil, 1e disoour.
de Catilina à se soldats; qu'elle
,:Ludiail l'aHronomia dans un auteur du rnl"siùclc. incapillile de lui
donaer de• opinions hérétique sur
les mouvements de ln terre: qu'en
histoire elle a,·ail débuté par le
Penlat:U,p,e, auquel avait s~ccM1 .
une Guerre de Thèbes, el quelle hsart très assidûment un vieux li He suédois, rooommand_é
par Gus.lave-A dol plie oùl' art de ~o~veraer ~t3.J.L
réduit un mn.,imes. Lne commn,100 de scoa'1. Graucrl.
111. -

HlsTOllLI., -

Fasc.

21,

leur s'as ur:iil avec d.ili.,.tJnce que les loç.ons
étaient hien sues el faisait passer des examens
à la reine. Les état votaient des in tructions
« sur la manière dont Sa Majesté pourrail
être Je mie~ éle"l"éc el instruite !) , et profitaient de l'oce,, ion pour im'iler le· rr 0 ents à
ne point donner à a llajesté Jes idées « prr1j udicinblcs à la liherlé et aux circonstance
des états et de· _ujt't~ du royaume ».
Jamai él~ve ne tut soumi 11 11n colraî1lemênl plus vigoureux:, el ja~ais él~ve n' •n et~L
moin- be oin. La petite reme avall une fac1liti'• remarquable cl une ardeur pa~ ionnéc.
Elle voulait tout sa\'oir el comprenait tout.
Elle •n ouhliail le Loire et le manger, se pri,ait Je ommeil pour trav:i.illel', mettait nfin
sa tète à une tcrril1le épreu,·c. Chri tiue n'eut
, raiment pas de Lo11heur en i-ducation . .lu
sortir de l'horrible rl,amhre noire de sn mère,
elle tomba "ur de fort honnête gens qui
crurent leur de\'oir intéressé à l!D faire un
phénomène et, pour comble de malheur'. y
réussirent. Per onne ne ·'a,i n qu'une pehte
fille a besoin de jouer à la poupée. Moins elle
était enfant, plus on ·e réjouissait. Jamai
une déleale, un repo.. D'un hout de l'année
à l'aulre, un lraYail Iorœné, haletant, coupé

GusT ,H'E·ADOL PIIE.

D'après u1ui gr,wure du lemps. (Gab!net des Estampes.)

par des exercices du corps violents et excessifs.
Elle ue ~randissait pas, avait l ang en feu
et manqua mourir plusieurs fois; mais elle
,~vait huit langues, en remontrait à ou professeur de grec, parlait sur la philowphie el
... 209

Ir,.

aY:i.it une opinion slll' le5 femmes. C'elail
réellement mt petite savante, et, comme
elle aYait gardé l'esprit trè vif,, pétillant ~c
malir,e, qu'elle a,·ait de. mols d u~e drtîler~e
impayahl~, on fut longtemps à ~-apcrccY01r
qu'on avait forcé le re orl, d_eJà. un peu
faussé par les alJ~tirdités de Marre-El~nore.
L:t ui·de admira sans défianc·e son aunahlc
prince!· r et se complut dan . ou œ~v1·c. . .
QuP pnuvait-011 lui souha.1te1• quelle '! eut
point'/ Elle ~arnil par cœur le caléch1.mr
luthérien et citait de ,·er!;el. comme un
évêque. Un avait rêvti d'en fair(1 _un gar~o~ :
elle avait dépa sé le bul. Elle était éhouriifor.
elle avait les mains ~ales, le- vêtement en
dé. or1L:e elle jurait et ·acrai_t c~°:'me un
mo1m1uctaire, mais elle montrut d1v1neruc~t
à d1ernl. Luail un li~ne d'une balle, couchn1L
sur la &lt;lurc et méprisait profondément le"'
femme , le~ idée de femme , les travau · clri
femmes les conversation- de femmes. Qoaod
1
elle pa sait au "alop, liLre el hardie. en.
chapeau d'homme el justaucorps, le~ ?~veux
au vent et le vi age Mlé, la. uMe u rl.111~ ,ra_s
encore sûre d'a.,·oir nn prmce, elJe n ctml
plu sûre d'avoir nne princesse. a ~~rr.:
d'adolescent aida.ii à l'illu ion. Cbrislmc
a \ait les traits accentués, le nez
fort et busqué, la l/1\-re inférieure
un peu pendante, de grands liean ·
)'CUX IJleu clair où 1)as. aient des
Oammes. Ellë avait aussi une
voix d'homme, qui s'adoucis ·ail
aux 01.·oasions. [le taille, elle était
petite et de travers. mais nvcc une
ai_sancc, des mouvement lestes
qui en fai aient le plus joli l{amin
&lt;lu momlr. Le peuple en r{IOobit.
Ni !Ps &lt;&lt; cinq grantl vieillard· »,
aim,i qu'elle appelait les régent ,
ni l'hClnnêle ~allhiœ, ni le gourerneur ivrogne, ni l'aom1\nier de
la eour, ni aoeun de tous ces
hommes de cour, d'épi-e. dtJ robe
et de scicoce, qui l'l'ntouraient du
malin au soir, ne oupçonn~ri&gt;nL
le volran caché sous la r•amincrir.
11~ nuraient l'rémi d'horreur ~'ils
avnicnl pu lire les aveux de l'.111/()/Jioy ,·r1phie.
.
.
llans ce morceau pr1k1eot, L,cn
1ru 'inachevé, Christine e dresse
à elle-m1!me 1111 autel. C'était l'uage du tcmp . Le "OÛ l était aux
portrait., et l'on disait nu pul.ilit,
a1·ec une entière c.1nde11r, le Lien
(!l le mal ctu'on 11ensa.it du ,oi.
sans craindre d'appul'er un peu
plus sur le bien que sur le mal. Il
y avait au fond moin. d'o~gueil,
il y avn.it sortoul un or 1n1c1l plus
innocent à s'c.mhellir ainsi am
,eux de la foule, cru'li lui jeter
ses ,-i.ces au "isage, elon l'e-xcmplc donné depuis par [\ousseau. On ne peut
reprocher à Chri tin~ que d:m•oir (,;gèrement
11Lusé du droit de faire valoir les beautés ùu
modèle.
Elle s'étend avec un sérieux qu'on n'o:; -

q

�r--

1flS
, T0~1.l1-----------------------

l'tlÏL plus a,•oir de nos jour sur son cœur

« grand et noble dès qu'il se sen Lit », on
ûmc &lt;&lt; de fa même trempe » el- « tant de
h aiu talents &gt;I qui la dé ignaient à l'admiration du monde. Passant ensuite aux défauts, selon la poétique du genre, elle 'en
accorde d'abord dr très royaux, convenables
à son rang el ne rabaissant point une créature supérieure. « J'étais méfiante, dit-elle,
soupçonncu c, de plu ambitieuse ju qn'à
l'e cè,:, J'étai colère el emportée, uperbe
el impatiente, méprisante et railleu e. n
Ju. qu'ici, tout va hièn; mais elle ajoute
quelques lignes plus ha's : « De plus. j'étai ·
incr '• dulc et peu dth·ote, et mon tempérament impélueu ne m'a pa donné moin de
penchant à l'amour qu' pour l'ambition. 1&gt;
Elle proteste qui? llicu, &lt;Jui ne paraît pa
'être préoccupi1 de son incrédulité, l'a toujours pré ervée des chut, . auxquelles l'avait
destinée la na Lure. « Quelque proche. que j'aie
été du précipice, s'écrie-t-elle, \'otre puissante
main m·eo a retirée. »Elle n'i 0 nore pas qne
la médisance l'a « noircie ll, et 'clle 'accuse
à ce sujet « d'arnir trop mépri ·é les bienséance de son "CX.C D ce qni l'a foil paraflro
ouvuot plus &lt;r crimindle u qu'elle ne l'tit.âil.
Elle conte e qu'elle a eu tort, 1 mais elle ne
peut 'empêcher d'ajouter que, i c'était à
refaire, eUe e moquerait ncore da,,antage
de· bien &amp;nce., : « Je uis .. : per uadée 111ie
j'aura~ mieux fait de m'en émanciper loul à
fait, et c'est L'unique fail,lessc · dont je m'accuse; car, n"t.antpa uéepourm'yas ujeuir,
je de,·ai • me mettre cntièr1·ment en li Ler té
là-dt' u. , comme ma roodjtion et mon Lmllleur l'e igeaient. »
1
,
Le· ujct tr' · luthérien. l'l Lrès religieux
de · Cbri tinr crop.ient • enrorc plu fermement qu'Ûue princesse (( incrtlJul et peu
dél'Ole ll, à la main dirinequi relire 1es jennrs
impmdcntes du précipice. Manmoin., s'il'
a\'aicnl 11 à quel point ce bras irrésistihle
'lait nécessai,c pour outenir el s:iuv r leur
petite reine, i1 auraienl été épouvantés. Leur
vin, lrur jurons, leur gro siè.rcté dr demibarbares s'alliaient à la gr:tvilé d'm·prit 11ue
donne h rcfüion proleslanlu sérieu emcnt
pratiquée. Us mettaient Dieu de part dans
Lou leurs actes, Je manière qu'ils le sentaient san ce -e à leurs côVs prêt à ecourir, prêL a.us i à anéantir, ior-c1uc Gustave-Adolphe fit ses adieux aux états avant de
s' embar11uer pour l'Allemagne, ils chan tèren L
ensemble 11: Psa1une : 11 Rassasie-nous le
malin de la ..,r,îce, ... nous serons joyeux tout
le jour. » Ces g1~n -Là prenaient la vie au
sérieux, Cbristinc n'y vit qu'une mascarade.
C't' t po1m1uoi il ne purent s'enl udr longt.emp , malrr1•él'esprit, le charml!, le courage

lement.arisme applh[llê à l'Mucation d'une
jeune filk

Les "élats a,,aient toujour recommandé.
très sagement, d'en foire avant tout une
bonne uédoi e, dre· ée aux rn..'lnières cl couLumes du pa ·;;, « tant po r l'e prit &lt;1ue
pour le corps 11. Le séna Lel la · ence étaicrrl
d'accord sur c.el article avec les états. Le Lut
qu'ils se propo aient Lous étant aussi n tement défini on demeure stupéfait . mol n.
choisis pour l'aueindr . Plus on consid're ]a
uède de Gustave- dolpbe, moin, on nçoil
que des étude· li outrance et Wle cultutt. raIlinée aient paru la voie la plus propre li en
faire aimer et adopter les mœurs.
Un grand prince l'avait comblée de gloirt•.
mai le guerr s de Gustave-Adolphe, en rendanL la uède redoutaLle, ne lui avaient pa
permis de s'adoucir. Rude il l'avait trouvée,
rude il la lais a. A son a,·l!nemenL, en 1611,
l'ignorance était épni se; il e1i tait une seule
et médiocre école, à Up al t, el peu de jeunes
gens, p r diverses raison , fréquentaient li-.
·uru\'er_ité.~ étrana res. La bour~eoisie n'était
pas as ez riche. La noLle_ c iiêpri ail l'instruction, elon une tradition à laquelle lt•s
aristocraties européenne onl infinimnnt de
pdne à. renoncer; un grand nombre de magi tral,; pouraieol à peine signer leur nom.
cl d'excellent génl:rau:x n'en savaient guère
plus long. Gu tavc-.\dolpht• fonda ùe écoles
1 fit venir un libraire d' Ile.magne, mai. il
ne put impronser des maitres, et la fac-ollé

LA

REINE M.ARŒ- U:ONORE.

el la ciPoce de celle fùle extraordinaire. Il
manquait :, la ,OU\'eraine un ·eu) don, le
seu mo1·al, el elle était tombée sur un peuple
11ui ::.c serait plutùt pas é de tous le autres.
A dix-huit a.os, les étals la déclarèrent
majeur~, et la régence lui remit le pouvoir.
On àlla.il voir à l'épreuve ce que valait le par-

Gravure.le J~cos llamu.~. (Cabinet des Esl1Jmfcs.)

i. 1:Univcr-ilé d'Up,;al a i·té fondée en Ui6. A
lèporiue doul 110~ parl1,11s, elle efoit déd.1uc au _point

ile n'~lrc p.lœ guèrn qu'une école 01•diuaire. Gust11•eAdotphe la 1·éorga11iM.
,

de m~decine d'Upsal se composa quel'(ue
temp d'un seul profes eur, ce qui suifi ait
du reste pour le nombre Ms élèves. Ln mal
général à cette époque, le pédantisme, !lori -

--i

210 ..,.

sait autant que lè permettait la r t:
savants; le dôctcur Pan race et Trî
auraient lrouv,1 à tiui pari r.
La seule théologie pro pérail dans ce d L
ert intellectuel. Un clcr : pl ~n de ~.'•le t:..
cbisail el • ·1 le peuple a,·cc uuo! orl •
de r_...... ,. __u'à le tontraindre, W, lgrt'• ,;a
---•,-....-• des plaintes puùlique contr,
mons. Le peuple ajoutait
· •nait le · mi11e superslient la po&amp;ie dan l'exispelüs. t nd J 'k petits . unt trè ·
pam·res, très igoorant!, l •111'il onl la vie
tri te et dure.
Le mrour· étaient primiti\"1'-' coaune les
idées. Les députés Je l'orJre des pay.an,
a5sislaicnl aux élaLS en haillon . Le. logi dtis
grand. t!Laienl ùadigconné de Liane et grossièrement meublés. Au mumcnl des repas,
on tendait un baldaquin au-des us de la
table, afin d'empècher les toiles d'araignées
c Lomb •r dans 11!5 plats. Le scniœ de table
é ·t en harmonie avec le mobilier; au fe Lin
de noce do Gu tave-.\dolphe, on man"'ea
dan Je fa vai • elle d ·étain, el encore elle
était
pruntée. La nourriture était gro·ière; même chez le roi, presque point dc
superlluités, telles que sucruric el pàû scries; rien 11ue dl' la viande, et l'on rcssrrvail les rc les. La m~re de Gu lnvc-Adolphe
achetait elle-même son vin et faisait allendrc
1~ payement au marchand. Le prince CharlesGustavc, qui régna après Cb.ristine, eut unt'
longue correspondance avec sa mère pour
décider s'il serait plus avantageu1 de se faire
faire un habit Je tous les jours, ou de sacrifier un de ses ha.bit du dimanche. Un voyageur (fluet) rapporte q11e la monnaie était de
cuiHe, et« au.si grosse que des luile ». i
Je détail est exact, il est caractéri tit1ue.
On n'al'ait qu'un luxe, l'ivrognerie, mai
on l'avait Lien. Au maria11c de Gu La,cAdolphe. on bul cent oix:inte-dix- cpl muid:.
de vin du Ilhin et cent quarnnle-r1aatre
charge: de bière, ans compter les autres
p~ces Je ,,in et l'eau-de~vie. Les grande,
r~jou.i sanccs con istnient à s'auabler devant
drs bouteille , à jurer son saoul, e jeter 1~
verres à la tête el rouler ou la table dan
une mêlée linalc. Il n'en allait pas autrement
à la cour que dan un cabaret. Per onne, pa;
même un évêque, n'avait le droit de refa ·cr
de rendre raison le verre à la main.
tockholm gardait une fl 11ure de capitale
de demi-sauvages. De loin, on n'apercevait
que Jes monuments et de palais, dont les
Loits étincelants, formés de !!l"andes lames de
cuivre, dominaient de petits monticule ,erts.
C'était des tours massives, des minaret tUJ'cs,
des clocher de toutes forme , des palai it
colonnade~ grecques, enfin l'as embla11e le
plus baroc1ue el le plu pillore que 1. De maisons point. On approchait, el l'on découvrait
que les petits monticule verts étaient ks
maison , construite en Loi. et recouvertes Je
prairies. ll esl bon, en pareille matière, de
citer se auteur . 1 ou lais ons la parole au
trè véridique Huet, evêque d'Avranche , qni
2. C.h. Ponsoomilbo, St!bastim lJourdon,

,

____________________________________

visita • tockholm en 1052. « Les Fenêtres,
dit-il, ont encbrtssées dnn~ le toit, qui luimême est Fait dr. 11lllnclu&gt; et d'érorccs d'une
e pèce de houleau qui ne pourrit point, el est
recouvert de gazon ; ce dernier mode de couverture était, au t~moignnge de \'irgill', appliqué en Italie aux chaumi~re · de
pay ans. On sème alor sur ce gazon de l'n\'oine ou d'autre graines
dont les racines le font adliércr
rortement au toit. inlii, le faites
des mai on. -ont d champ de
\'e.rdurc et de lleurs, et j'y ai ,11
paitre de montons et dC'-~ porcs.
Les· toits, dit-on, ont fait de cette
manii-rc, lant pour 11ue le mnions, qui ont formée· J • matière·
résincu -es, ne s'emlirasent pn au
1:ont.ict do la foudre, que pour
,tvoir, en lclllp de guerre et nu cas
,,it on eraiL ass.ién-é cl hlor1 ud par
l'ennemi, Jes piîlllrages pour nourrir le. troupeaux. 11 Stockholm
pomait se vantl•r d'ètre une capital!! uniqut: au monde 1 •
li aurait fallu à ln Suède un élan
vigourcllx pour rattraper le• Étals
de l'Occident, cl le règne de G11sLave-Adolphe lui avait interdit pour
longtemps Jcs grand clîort pacifiques. Le héro savait hien cc
qu~il disait, !or qu'il as urait e
officiers étonnés que Dieu fait
« un coup d'amour envers les peuple . 1piand il ne donne aux rois
que des Omes ordinaires ». li lai s:1
son royaumeépuisé&lt;l'argent, abimé
par des passages coutinaels de
troupes, écra~é d'impots, etsa mort
ne termina point la guerre. on
confident politique, Oxen tiern, la
continua, el Je .ort des campagnes
de,,int intolérable. Le paysan n'en
pouvait plus. Tourmenté par le _oldal, tourmenté par le noble, tourment t par le collcctcu r
d'impôls, el ne lroman1 ni appui ni pitié
chez Le tout puissant chancelier, il se révoltait,
gâtait encore plu se - 3ffi1ires et émigrait de
désespoir. ne partie de la uède était retombée en friche.
Pour gouverner cc peuple simple, on forma
une reine nourrie de fine lilléralure, épri, e
de poésie, connaisseuse en li,T!!S rare el manuscrit . Pour gouverner ce peuple pieux, on
forma une reinc imprégnée d'antiquité pa ïcnne
et de philosophie. Pour gouverner ce peuple
pauvre, on forma une reine adorant }e5 Leaox
meuble , les tableam, le totues, les médailles, lès pompes royale . Poul' habiter celle
contrée âpre, on forma uue reine q11i r~,·ait
des paysai;es du Midi el de ciels il.1liens.
Pour as urer ce calme profond des idée , on
forma une reine de l'e prit le plus curieux, le
plu inquiet, 1c plus audacieux, le plus indiscipliné, le plus agitant qui fut jamais. Pour
clore celle ère d'aventures, on rorma une
1, U11 ~~•anl i~landais IJ11Ï êcrinit au ,:,•11• 1iécle,
Jnuas Anrgrim, fait une Jc"t'ripûon toule seml,lal,le
des maisuus de SQII pays. (llt&gt;ipuf,. [1&lt;/111,d., cap. ,·1 .)

reine virilP, qui .jngeaiL le mal'ian-e dégradant
pour la femme el ne ioulait poiot :woir J'enfan !. , mai :ipprendre la 4twrtl'. El lor~q11 'il
, e J,:cotl\'ril r1ue la raillanle S11ède, 101:ile el
dé muée, mais rusûqu~ el fanatique, ennuyait
Christine, la. uède demeura 6louuéc cl seau-

C111(.1ST11YE DE SUÈDE -

nos 11ni nai~ ent prince Cl ùe · rois f[U i
nai:-~l'nl pay~an : el il y a uae canaille de roi~
comme il y en a une &lt;li' fa11uiu .. » A ·aol décomerl un Suédois de ha se naL anœ qui
avait des lalenls, elle 1~ nomma amba&amp;:ndeur
et sénateur, et l'impo a no ënat a,·ec ces
mots 11u'on dirait empruntr!l à
lleaumarchai.s : (( alviu crait
sans doute un homme capable s'il
étaiL de gr:.m1le famille. ll
Même· . urpri
ro politi')ue
étrangèr1·. On lui nvait t,mt va1!hl
~on csp1•ît upéricur, qu'l'llc h1it
r1:$nluc à n suppnrlct· nucn11 guiJc.
!Elle Toulai t la. pai~, en quoi il semlrlc qu'cile n'cùL pai; si Lort, l'l
,•lie prcs a le Irait: Jl' WcslpLali •,
mnlgrë Oxen_-tiern. Le 1·iPi1 homme
J'Élal fut oltligé Je reconnaitre
,1u'il a1·ail lrOU\'P .on mailrc. JI
avait a!Io_ire à un1- fille irnpérh,u.e
el ne craignatH pas la lutte. 11 Lt·
pas.ion., disait-clic encor•, ont
le sel ù1~ la \'Îe; on n'est bem"ux
ni , malheurc~x q1!'à proportio11
f)U on lrs :t v1olrnlce • 11

pil)'

III

dalisée. Christine a eu assez de torts de son
côté pour qu'on insi ·te sur ce qui peut l'excu~er. On l'avait élevt'e pour rb.!ncr ur Florence,
el il fallait régner ur tockholm et se· toiles
d'arai!!née . Ce ne rut pas tout à fait sa faule
si cela loi sembla dur.
Oxensliern avait été le vrai souverain de la
,__ oède pendant la minorilé. A lui reven~it
dQnc la meilleure parL de tant d'imprudence-,
el ce fut aussi lui qui en recueillit le · premiers fruits amers. Depuis huit aus, il passaiL
tous le jour trois heure à enseigner la
politique et les alîaire ~ )a reine, et, Jcpuihu.it an , il trouvait en elle une &lt;-lè\'C docile
et reconnai sante. Cbri tinc prit le pom·oir :
adieu la oumission ! Cc petit page en japons
avait ses idée sur le gournrncmenl, cl cc
n'étaient pa du tout celles qu'on lui a,•ait
profc ée~. Oxeustiern l'avait nourrie cle la
plus pure lraditioo aristocratique, cl elle avait
de opinion qui enlaforH le ruisseau. EU
outenail que le mérite est tout el que la
naissance n'est rien. c&lt; 11 y a, disait-elle. des

li étai t clair qu'elle étalili nit
son indépendance. Ce qn'd1e complait en faire fut hicntùl non moi11 ·
clair. Elle écrivait : &lt;1 Il y a des
gens anxquels tout est permis l'l
to11t , icd Lie11. » Elle st&gt; ran"l':t
parmi ces gens, cl se comporta en
1:onséquence. Elle e limait qu'au
fond, les solti.es oot moins d'im~
portance qo'on ne' le croit. Les
âmes faibles s'allardenl seules au
regret des faute· pa. ·es. LN;
àcnc fortes n'oublient jamais
(1 qu'il y a si ptu dti diOëreucc
entre la sagesse et la folie, que celle diff:_
rence 11c mérite pas d'èlre considc:rée, vu
le peu tlè Lemps que duri~ celle vi:e l&gt;.
Qu'est-œ qni c. t sage et qu'e!:iL-Ce rp1i r. l
l'ou'l Au lieu de perdre notre lemp à regarder en arrière, regardons en avant : n li
faul compter pour rien tout le pa~sé, et "ivrtl
toujour. sur noure.lux l'rai . » Précepte commode que la reine Chri 1ine a toujours pratiqué. Quel que fùt lu passé, elle liquidait
avec sa con~cience et vivait sur nouveaux
frais. Elle) mettait même un air de bravade
qui irritait la galerie et qui lui a ,a.lu d1• •
jugements sévères. On aurait voulu 11u'ellr.
parÎII quelquefois se ouvcnir de Cértaiue
cho es .
Ou loi a aussi beaucoup reproché la dynastie
de . es favoris, 1yu 'elle inaugura à peine émaacipüe. On a prononcé à c' propo~ dc très gro mots. Lu ujel est délicat, l les pamphlets
où ile l ressa éonl lai' é sub her, malœré
tout, as·ez d'incerlitudes, pour que la verlu
de Chrisline ail trouvé &lt;1udi1ues défcaSt&gt;urs s_

2. Entro a11LrP• Arckcnlrolu el Graucrl, qui conrlcun~nl ini:ërn11m•11l qu'ils out clé iullueni;é p.'.ll' le
J~sir ,le µrendre le conlrc-pictl des tlcri ,sn1.- fr~oçsis.

\rckcnholti l'llpl,or(P dtln~ une note do suu tom&lt;' 1\'
qo ·un hiolurien suëdois de ;,on L1•inp,i, l;i()~rw,,11. (11 •
a ,tJclaré qu'il éLail !'Uul i, • prt'le111lrc 11110 Cliri, 1

C11R1sT1NE ne Sdm::.

Gravure ,te

CMrPJO)I. (CJbilltl

..,. 211 ...

,

dts Esl:m1('ts.)

�~ - 111STO'J{1.ll - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - Comment est-on jamah sf1r de rien dan de
œrt.aioe choses1 Qu'elle ail eu heaucoup d •
favori. el qu'elle les ait volontier cboi i
parmi les hommes jelllles el aimable , voilà
qui n'e_t pns niable, puisque cela se pas ail à
la face du ciel. Que la plupart des conlemporain · en aient cm le témoignage des pamphlet ou celui de leurs propi:es reu:x, voilà
qui n'e. l pas moin aet1ui . Qu'il faille prendre au sérieux le passage de l"Autobio91·aphie
sur lo pn:cipice souvent coloyé , toujours
évité, voilà qui esL d6jà infiniment moin
. ùr. Que es got'al viril · lui aient été une
protection, roilà qui ne l'e. t plus du tout.
D':mlrc patt, il est très vrai r1ac les appare(l(',es ne sifrnificnt rien avec une femmr
comme Christine, qui s'habillait en homme,
vivait avec des hommes el avait des valets
pour femmes de chambre. Au urplu , chacune l libre d'en pen er cc qu'il lui plaira.
Il c t un reproche auquel Christine ne peul
échapper dan aucun cas . Elle a dil quclque
part : &lt;1 L'amour de gen qu·on ne . aurait
aimer importune. » li faul compléter sa pensée do la façon suivante: &lt;t Uamour des gens
qu'on ne aurail tJlus ai.mer imporlune. »
Elle le leur faisait bien voir et cbamœait par
trop le temcat de fa,·ori. Au début, elle les
adorait, Je cornhlaiL de dignités, d'honneurs,
de lar esses, témoin Magnus de la Gardie.
premier de la érie, qui avait vingt-deux an»,
une jolie figure, « l:t mine ha.tlle )) , el qu'elle
fit ambassadeur, colonel, sénateur, grandmaitre de .a maison, grand trésorier. Au dC._
noùment, elle se débarrassait de ce pauvre
garçons an. aucun ménagement, témoin le
même Mngaus de la &lt;:ardie qunnd la reine le
rempla~a par Pimentrl, ambassadeur d'Espagne. Elle lui" refu a une derniure audience
et écrhit de a main, en marge d'une histoire
de son le.mp : a Le comte Magnus était un
ivrogne el un menteur. -r, Dans aucune occa- ·
sion elle n'appliquait plus rigoureusement a
maxime, de compter pour rien le passâ el de
,ivre sur nouveaux frais. « Ceux qui profitent
dè Loul, disait-elle, sont sages et heureux. »
En matière de favoris, elle profilait de tout
I'•• &lt;Jui lui Lomhait ous ln ma.in.
Lo règne de La. Gardie fol all i à Lockbolm le remo &lt;le la politique française, de
l'e Jlril fran&lt;;ai', de la littérature française,
de modes françaises. Le traité d'alliance
al'ec la France fut renouvelé ( J 651). La reine
lit la part du lion à la France dans la foule
de savant , de aens de lettres, d'artistes,
doul elle composa sa fameuse el upcrhc
cour. Naudé avait lé oin de sa bibliothèque.
Saumru e pa sa plu d'llD an auprès d'elle,
non ans "être tait prier, car il était pénétré
&lt;le son importance autant qu'écrivain du
monde. Descarl • se Jais a altirer, pour on
malheur cl celui d la cience. Christine le
faisait venir 11 cinq heures du matin, en plein
hiver, pour causer philosophie. En trois mois,
De carle ful mort. Bochard, l'orienlnlisle,

amena son ami Huet, le fulur évèrpie d'.\..nanche . ébaslicn Bourdon. anleuil, Fran~oi Pari ·e, le graveur de médaille , l'archltccle Simon de 1a Vallée, travaillaient en
uède pour Christine. on secrét.airc de·
commandements étah Chevreau, qui fut depuis précepteur do duc du Maine. es cp1atre
secrétaires ordinaires étaienl Fraoçai . Franrais le médecin t le chirurgien. Françai une
nuée d'hommes Lrès di,ers par la nais ance
et le mérite : érudiLs, philo ·ophes, grammairieus, fabricant d'odos el de di. tiques, cuistres, inlrimmts, beaux gentilshommes, charlatan. en tout genre, alel de Lout grade.
.Parmi c derniers, une mention e l due à
Clairet l'oi · ·onnel, homme de "énie s'il en
fut, premier valet de chambre de la reine cl
dépositaire de e · ecrels. Poissonnet ne sa~
vait ni lire ni écrire, et chaque foi: que sa
maitresse nvaiL quelque affaire difficile, Ue
l'en chargeait. Elle l'eO\·oya au pape, à Mazarin. Il ét.ait célèbre pour tirer le secret des
autres et ne jamais lai er ~chapper le sien,
tout çont.raint qu'il fùl de SB faire lire es
lettres et de dicter les répon es. Mazarin, qui
se connaissait en intrigants, était plein d'admiralion pour Poissonnet.
Des saYants et des I rivain. suédoi , allemand , hollandai., complétaient une cour
Térilablemenl unique, et dont Cbri line était
l'à.me. Les soins du gouvernement ne lui
avaient pas fait retrancber une minute à.
l'étude. Les heures données aux affaires
étaient remplacées par des heures prise sur
Je ommeil, la toilelle, le repa . Elle en
était arrivée, de retranchement en retranchement, à dormir trois heure , à din ,r en
oura0 au, et à ne se peigner qu'une fois la
semaine. Encore sautait-on souvent une semaine. A l'écolière tachée d'encre avait uccédé une reine tachée d'encre, les mains
sale , le linge déchiré, qui a,·ait beaucoup lu
Pétrone et Martial el tenait les propo' le plu.
salés, rouis tout à fait savante, éloquente, sachant discttler et raisonner. !1 Elle a toul vu
elle a tout lu, elle ait tout », écrivait. Naudé
:\ Ga sendi (19 octobre 1652). ~leneille des
merveille , elle n'était poinL pédaota! Elle
haï ait la pédanterie, dix fois hni sable clm
la femme, el dont son esprit la sauvait presque loujour , même en dissertant avec des
pédants sur des ujets pédant . a réputation
se répandait en Europe d'une manière à remplir son peuple d'orgueil, si on peuple n'a~
,·tÜL commencé à s'apercc,•oir que les reine
trop brillantes onl de inconvénient .
ous ne nous doutons plus de ce qu'était
la dépen e d'une cour pareille. De nos jours
on a le savants chez soi pour rien. Ils étaient
moin idéalistes il y a deux siècles el demi.
L'honneur de leur visiLe c payait à beaux
deniers comptants, el Christine était libérale.
C'était un ac d'écus, c'était une pension,
c'était une chaîne d'or, et la reine ne e contentait pas de gorger ]es avants de sa cour.

Ceux qu'elle ne pouvait 1oir, elle leur écrh·a.it
du moin , cl c'ét;\icuL encore de · p1:nsions et
de chaines d'or. L'Europe était remplie de
angsue qui suçaient ln uèdc, et un profonù
mécontente.in •nt grondait dans le 11~· . Les
.'uédoi~ ne pournicnl soan-er sao arn!!1'tume
à ce que devenait l'argenl •tn'ils avaient c;ué
a\'CC angoisse. Leur cœur e remplissait d'11ne
ju.'te colère à la vue &lt;le cc, étranger qui
. 'étai nl abattu sur le pay comme ·ur 1m
proil", et &lt;JUÎ encourageaient chez la reine tou
les goùts ruineux. Le peuple mourait Je faim,
et Christine dépen ait des Iré.ors en collections.
On lui a fait un grand mérite de ces collectious, et il est vrai qu'elle· étaicn L fort belles.
'a bibliothèque pa ail pour n·avoir point &lt;le
rivale en Europe; le manu crits, à eux: cul ,
étaient au nombre &lt;le plus de 000. Le œuvres de maitre et le pièces rare abondaien L
dans le cabinet des tableaux, dans celui des
médailles, parmi les statue • les ivoire et les
cudo'ilés. Cependant, l'amant de follrilll et
des arl' ne ûenl aucun compte de ces merveilles à Christine, parce qu'elle! avniL !orm:
.e collection en parvenue à coup d'argent,
sans patience el ans vraie tendres ·e. a bibliothèque el es mu ée faisaient un peu
partie da décor pour on rôle de iemme
extraordinaire. Elle avait payé deux manu. crits 160 000 écus 1, mais èlle laissait voler
les !rois quarts de sa bibliothèque ,an s'en
apercevoir. Elle possédait onze Corrège et
deu flaphaël, mais elle avait fait découper
'I.! plu belle. toile pour coller les têtes, le~
pieds et les mains Jan le compartiments de
~es plafonds . .A.prè, cela, un collectionneur e:-t
classé.
On retrouve au fond de se goùt les pin.
nohlc ce be oin malsain de faire parler de
soi qui l'a perduu... e admirateurs les plus
ferrents avouent ~a 'elle ,mlh une vauitô
e:rnrbiL1nte. Gelle philo ophe adorait ln flatterie et respirait a,·cc béatitude Lous les encens qu'on voulait bien lui o/Trir. Elle ne dédaigoaiL poill.l. de tenir elle-même l'encensoir,
et elle t1 lait frapper un nombre incroyable
de médailles où elle e t repré~entée en lline.rve, en niane domptant le- fauves, eu Victoire ailée ·e couronn~nt de lauriers clc.
Elle encourageait les faiseur de panégyriques
en pro e et en vers. Elle constatait à ses pi·opres yeux son importance en accablant d'avis
indiscrets el imporluns princes et politique ,
Retz el Mazarin, Condé el Louis XI\', le roi
de Pologne et le roi d'E,pagne. On la recevait mal, elle recommençaiL. a tcnl.1live
pour eulrcr ea corre pondance arec le roi
d'Éthiopie esl un amusant exemple de s:i
manie de célé!Jrité.
En 1055 errait par l'..\llemagne un malheureux noir qui cherchait ttuchiue chose cl
ne pouvait expliquer quoi, puisrpte personne
n'entendait son langage. Un sal'anl d'Erf-url,
Job Ludoll, auteur de travaux sur l'Éthiopie

line n'avaiL p,a frlncbi les bornes de Ill èlwlelè ~1. Pour I instrueliou ,les biLliopl1iles, "oici les
litres 11 ces ùeux m11cuusc:rits, aclietè pour le comptt&gt;
11,• Christine par ).;a~c 'iossius. C'(•tail l'//i.,to,re

eèr.l~•iastique de Philostorge et les Ba/Jylon.iq11,:g de

Le s1&gt;Coud pa ~il pour êLre rœuvro d'un raus•
sairc. On ne tlit pa, si le premier contllllail le
texto de Philosturire, ou l'cdrnit qu'en a J,H111i,

17

Jlllllblique.
l,e deu"C: manusui1s appertinr.,nt apros la mort
de Chrisline à la hihliolhèc1ue du 'iatican.
.,. ZIZ -

Ph~tius.

,

_____________ ------------------------

et la langui' ltbiopienne, se trouvait alors 11
tockholm. il assura i1 Christine que le noir
était Éthiopion, cl Je cherchait sans doute
pour le eoruplimenler de ses travaux ur son
pays. Il ajouta que le oyageur devait se
nommer AkalaklUs. C'était une occa ion unique de répandre a gloire en Éthiopie. La
rt'Ïne écrivit une belle lettre en latin à son
11 très cher cou in el ami » le roi d 'l~lhiopie :
(;om,lHl[JllÏJ/eO 1/M(l'O C(Ll'Ùlt.,jmo. enrJe111 {/l'tl-

tia JEO,inpum reyi, etc. Ell" lui ~ouhaitnit
toutes ·orle· de pro péril~ « à l'entrée de

et que Je mari.ige change les idées des filles;
mais il avait fallu renoncer à celle branche
de salol.
Les prétendants n'a,·aient pas ma.nqus.
il en était venu des quatre points c:irdinaux, de puissants et de modestes, de vieux
el de jeunes. Cbri tine les avait tou éconduits et se déclarait résolue à re Ler fille.
Elle ne rnulail pas avoir un mailre, el la
pensée de la maternité lui était odien c. On
a vai L trop réu. i à lui ùter ,on . cxe. Comme
le!; mini tres, le sénat et les états insi ·taient,

Coll.llAT PRts DE "'ISl::LOCll (AOUT 1636). -

leur t:ouunerce de lettres ll, el 1•ecommandait
Akalal..tu :1 a bienveillance 1• Le p,up1et Cul
expédié au noir, en llemagne. S'il le reç11l
el cc qu"il tm. fil, per onne ne l'a jamais sa.
L'hdoirc dit seulement qu'après avoir couru
l"A.llemagnc pcnd:mL plus d'un an, il partit
découragé et ne rc,'mL jamai .
La uède en étail H,, froi sée par la préférence donnée aux étrangers, pressurée pour
de dépenses qui lui parai ·saienl sottes, réduite à e consoler par la pensée que sa souveraine était forte ell grec et coID.Illenç:ùl
l'hébreu. LonglellljJS le pa)'S avait pris patience en se dis:ml que la re.ine se marierait,
'l. La mimlle de celle ldlrt: t!XÎ•laÎl IIU ,i~clll tlcrllier tian, les archifts do Suii.tle.

CH~1ST1'1Y'E DE SUÈD'E ____._

perdait la pourpre; que le sai~t-pè_re l'ava!t
nommé on métlecin el le voulait faire cardinal. li exerça dès lors la médecine. 'es confrères le traitaient d'ignorant ignorantissimc.
On serait en peine &lt;le dire à quoi ils s'en
apercevaient, dan l'état où étaiL alor la
&lt;.:ience. IlourdcloL baragouinaiL la!in tout
romme un autre. Il di.s· •riait tout comme on
autre sur lâcreté de humeurs et les agitaùon de ln bile. Il sa.ignait et purgeait tout
tomme un aulrtJ. 'ous en parloo saYamment; nous avons ·ou le ~-eux une de e

D"après 1me gravure du lemps. (Cabinet aes

Esla1ntes.)

consultations, en quatn· pnges in-,1uarto et eu
latin.
Les confrères curent beau glo er. llourdèlot fit son cheruit1: il avait le. femmes pour
lui. C'est le parfoh modèle du médecin de
dames au nue ièclc. Il était aimable el badin, fertile en bons mols et ami de divertissement . li avait de secrets admirables ))OUr
les eaux. de toilette, chanta.il la romance,
lV
iouait de la guitare et cuisinait joliment. li
l!ourde1ol, donl les uédois parlent encore était sans rival peur organiser une fète ou
al'eC colère, étail fils d'un harllicr de Sens. a inventer une mvstificalion. Du re te, un ,-rai
avait éLnùio pour être apothicaire. 'était mis Gil ma , convai~cu qu'il n'y a d'antre mo1·ale
à courir lo monde el avail passé ('ll llalie. 11 uc de se pouB er dans le monde t:l tJ ue les
Certaine petite affaire l'ayant ohligé à rentrer grand scrupule' ~ont un la.xc, malséant aux
e.n France précipitamment, il conla qu'il l petits compagnons. Plein d'c prit et de drô-

elle leur déclara 11u'elle abdiquait (% octo~re t651).
On la •upplia de rc ter. Elle n'y consc.nLil qn'à la condition r1u'on ne lui parlât plu
mariage. Trois mois après, Bourdclol en•
trait en scène, et la uède n'avait plus qu'b
se voiler la face.

... 213 ...

�111ST0~1.ll - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - ~
krîr, malfaisanl comme un sin,.c, souple
11u:ind il le pournil, ne cro~anl ni à Dieu ni
à dinLle, heureux. de ,ivre, de rire el de mentir : \Oilà Dourdelot.
11 arail c:Lé recommandé à Chri l[ne par
;iumai e. Depuis lonrttomps, la reine se ~enLail malade. La nature s'était ré1·olléc contre
re rêo-ime harhare de dictionnaire et de !!l'Ïliouillagc. , san :iutre déla l!!Hènt que d'écouler les professeurs d'lipsal disputer en
latin. CbrisLino ,·•tait ronrrée d'abcès et min1c
p;ir la fihre. EJle ne dormait ni ne rna11rrcai1,
i."J,nnoui . ail coaLinuellement •t e cropil
perdue .• os médecin. ordinaires ne voy~ienl
goutte à on ruai. Elle manda Bourdelol,
qui fit prc11l'e de coup d"œil. li ôta Lou~ le
livres, ordonna I repos et la dislraclion,
et di.sipa le. rco-rcls de $a malade en lui asur;mt qn'à la tour de France, les Ît'mmes
~:wantes pns ·aient pour de créatures ridicules.
Cllri ·tine !âla du traitement et le troUl'a
tlè snn goùl. Elle a remellail à rne d'œil, Pl
le remède était agréable. Elle s'amu.a un
peu. bc:rncoup, pa ionnémcnt, emop1 promener ,a,·ai1L, ministre cl sé □ alcur, jet,,
~es dictionnaires par-de. 11 les moulin l'l
n1n•priL de .rall1·:iper le lemp perdu. Elle
avail ,inBl-cioq ;u1 · : c'étaiL Leaucoup dt! r, -

adolcsoent s'amu5ait éperdument arnc les
nièces de Mazarin. Cbri Linc passnit les jour
en partie de plai~ir ! Christine dan ait des
ballet- [ Cbri tine e dé!!U.Ï ait! Cbrisl.inc h •rrtaiL les saranl, ! Elle oblirreait Uocbar&lt;l à
jouer au vola111, 'a.udé à danser le danses
antiques sur lesquelles il a,,ait étril &lt;le savant mémoire , Meihom à chanter les a.irs
grecs qu'il a,ail retrouvés. cl eJI • riait aux
6clats de la ,·oix Fau e de l'un, des postures
:;rot •.·que~ on de la maladresse de !"3I.ltre.
jour, :1 Upsal, 1 ~ prol'Ps~cur voulurent
di,pulcr &lt;levant ell,, 1 clo11 l'u.age. Ch ri. lino
courut se jeter rla1r soo carro ·sc et s'e r, fuit.
Youlait--on lui p:irl&lt;'r affnire '? Point; plus
J'affair&gt; . Lui demander audience'? Impo :.-i !,Je ; elle a vai l nn pa de Ln 111:L à répéter.
Lui propo·aiL-on de pré ider le con cil'! Elle
se auvait à la campagne et fermail a porte
aut mini lres. Cha1p10 heure ,oyait croitre
·a fougue de pl.iisir, el Bourdclot l'excitait
. an· n:làrhe. Il iUl'enlait sans cesse de nuu,·cnu\ jcuJ, &lt;l • nomclle · fêles, Je aouveam:
tour à jouer am a1a11ts. Il couronna H! '
méfaiLs en admini!!lrant uue médecine 11 la
reine lt~ jmtr où Bochard &lt;ll•1·ait lui lire ou
public des fragments de sa Géographie ~acréc.
l.:t Soi:Je. cruL :la ouvcraine folle. Le bruit
lar&lt;l.
e re11.111dit que l'e.prît de Chri.tin! s'all'aiElle ne d~ ·e. péra pas cl eut raison ; pe11 hlis ' ail. Aurun Je .i! homme' d"Et:11, pa ·
ile femme· );C 001 auLauL amusér!&gt; 11uc plus Oxcnslicrn r1uc les aulr' , rùwaii prévu
la rri11c Chri.·tin1~. Le palni royal se lran - la r6aclion. Aucun ne s'était jamais dit qu'à
forma comme pur un oup de l1agucllc. moin. d'ètre dc,·rnue imbucil • à force d'excès
t.:'t:lail auparaYaut une Sorlionne; Hourddot ùe tra,·ail, il vientL-ail un morne.ni où une
eu liL un petit Lonrrc, du lcrups où Loui~ :X.Ir lillc jeuuc et arJt·ntc ,·oudr,,iL respirer cl

rn

&lt;·xisLcr, oi1 elle &lt;lécou1•rirait qu'jl · a autre
cho.e dan la ic &lt;jue d'être rat de bibliothèque, que la jeune. e nou a él!! doanétl
pour être joyeux eL le ·oleil pour en profiler.
Il arnienl cru que cola irait Loujoor aiu i;
qu' prè, l"bébreu, elle app renJrait l'oral,c,
après l'arabe l'élhiopien, et qu'elle ne demanderait jamai d'antres plni~irs. Un dénoûment
aussi facile à prévoir et au si natu rel le:·
frappa de surpri c, ulant 11ue de douleur . li
y al'11iL un mois que la reine u'amil tenu un
con~C'il ou reçu un sénateur: elle :wait ré11ondu hallcl à Ion' le discour de l'amhassadenr d'.\ nnlcterrc sur une affaire; l'université dTpllal boudait depuis l'aventure. dll carrosse.
C'était prolbndémenL aflligeanl, mnis cucorc plus incompréhl!Il iLle.
Leur étonnement était comique; leur chagri II était fondé. li n'est pas agréable pour un
pa · de tomber sous lafùule d"un Ilourdclot,
el le ûls &lt;l u harbier de en régoaiL san partage au palai . La reine ne VOJail que pa.r c
l'cux. EUe lui di ail Lout. Elle le co11SultaiL
sur loul. llourdelot étail derenu un per·on11agc politique! Il di posait de l'all iance de l.1
·uède et était en train de l'oler à la France,
pour d rai Oil' à lui connue , et de la donner à l'E pagne. Quicouqne lui portail on~hrage était écarté. On peut croire qn'il n'a\'ail
fM · Je triomphe modcslc. ' es airs Yainquc.urs
de dindon foisant la roue achcYaicnL d'cxa pérèr lt!s uédois, mai· il s'en moquait. li ~c
entait solide, el il l"était en e.Oèt, car il a.mu.ait Chril,tine, el Christine n'en demandait
pa da.,•antage pour le moment.

(A suivre.)

~

Voici un joli mot de la romlcsse Amélie
de Boutller. Quoiqu'elle ait une conduire
irréprochàlile, clic e permet quelquefois tlcs
plai •;mtcri • ur Je~ ridicules de son mari.
l'n jour &lt;tu'l'llc 'en mor1uail co présence de
sa. belle-mère : 1c \ous oubliei, lui dit celle
Jernièrr, que vous parlez de mon !il ' , - 11
L-St uai, maman, répondit fa comtesse Amélie;
jr. croyais ne parler r1ue de votre gendre. 1J
~ Quel domma~c que \I. de Lauzun ne
~acbc pas apprécier la fem.mll an,.élir1uc et
charmante 11ue le ciel lui a donnée!. .. 11 a
d'ailleur l.aut d'cxcllllcnlc· qualité cl lanl

d'esprit!... (!n lqu'un se moquait de ·oo
go11t pour mademo iselJ Laurent; il co11\·Înt
11u'cllc n'esl poiul jolie cl qu'elle joue fort
mal la comédie. &lt;t ~lai , :ijoula-l-il, si vous
saviez comme elle est Lèle el comme cela c.st
commode! On peut parler devanl ene des
chos les plu importante. a\'ec une sdrelé 1. .. »
qf&gt;,s.

M. de .. csl d'une avarice extrême.

N'a anl point tenu de mai on dan le cours
de l'~lé. cl ,a glacière ~c trouvant cucore
Loule remplie au mois de jan,·i~r son maitre
d'hiHel lui dcmauda ce 1p1'il \'Oulail que l'on
Ül de tout crne glac •. « Eh. Lien! réprmdit
ll.tlc ' '"•,qu'on la donn · au1 pannes. »C'e 1
le premier acte de charité ,1u'il ail jamai · fail.

r. de (,douchcle ·Lextrèmcmenl a.nglom::uie. Llicr, il étail à chcYal à la portière de

~

AR\'ÈDE BAR!NE.

la \'uiture du roi LLouis À\-1J, &lt;1ui allait à
C:hoi ·y. Il avail fait de la ploie, et ~f. de
Nédonchel, lrollant dans Ja houe, éclnbou sait le roi, qui, meltaat la tête à. la portière,
lui dit : « M. de édonchel, vous me crottez.
- llu.i, ire, à J'anglai e, 1&gt; répondit &lt;l'un
air lrès satisfait de lui-même L de Nédonchd, 11ui, au lieu du mol crolle~, avait entendu vous ll·ollez. Le roi, sans connaître
celle erreur, ~·est conLe.nté de 1e,·er la glace,
en disant avec une bonhomie très a.ima.Llc :
&lt;&lt; Yoilà un trait d'anglomanie qui e l un peu
fort. »
~ M. dc Bu -y esl loujour amoureux de
sa. femme. 1 n jour, aprùs lui avoir reproché
le tou froid et les manières cérémonie.us•
qu'elle a con Larnmenl avec lui, il la conjurait de le tu Loyer : « Eh bien! répomlit-ellc,
va-l'en. »

l\iADA.ltE

..

ESPION . -

DE

GE. LlS.

Tableau de

J.-J.

BBRNE•BELLECO~R.

Mémoires

du général baron de Marbot
CHAPlTR.E XXIV
Le l(t:Lléral Losa.lie. - Incridenls de la ùnlllil le de
Wa1:1r:im et obscrvntiun.s di,·crses. - Disgrâce rie
IlPrn3dot le.

Le général La aile, tué à Wagram, ful
~ivemeul regrdlé pa,.r l'Empereur ainsi que
par l'armée. C'était l'officier de cavalerie légère
qui entendait le mieux fa guerre de avantpo tes et po sédai L le cou(l d •œil le plus sÎlr .
Il c1-plorait en un instant toute une contrée,
el se trompait rarement; aussi les rapports
qu'il Iai 'ait sur la position de l'cn11emi ét.aicnlils clairs et précis.
Lasalle était un bel homme, spirituel, mai
qui, quoique instruit et Lien élevé, avait
adopté le genre de
po er en sacripant On
le voyaiL toujours buvant, ju.ra.nl, chantant à
lue-tête, brj~anl lout, et dominé par la pasion dn jeu. Il éLaiL excellent cavalier cl d'une
lm.vourc poussée jusqu'à la témérité .

Cependant, bien qu'il eùt fait les premières
guerres de la fü11'oluüon, il était peu connu
a,·ant la célèbre campagne de i 7!l(j en Italie,
alors que simple capitaine du 7• bis de housards, il se fil remarquer du général en chef
Bonaparte, à la !intaille de Rivoli. On ait
qu'elle eut lieu sur un plnlcau lrè éle"é,
hor&lt;lt! d'llll côté p:ir une partie rocailleuse
très e·carpée, an has de lariuelle coule !'Adige, que longe la. route du Tyrol. Les Autrichien , ayant été Latlu par l'infanterie trancaîse, s'éloignèrenl du champ de bataille par
tou[es les issues. Une de leurs colonnes espérait s'écbap~ en gagna.nL la vallée li travers les rochers; mais Lasalle la suit avec
deux escadrons dans ce passage difficile. Ea
Yain on lui représente qu'il est impossible
d'engager de la t.axalerie sur un terrain au i
dangereux; il s'élance au galop dans la descente, ses housards le uivenl; l'ennemi,
étonné, précipite sa retraite, Lasalle le joint
.... .215 .....

cl lui fait plu,icur~ mil lier· de µriso tmier
sous les ·eux &lt;ln général Bonaparte el de l'armét: qui, du hauL de mont voisins, admiraient un tel courage. A compter de œ jour,
Lasalle fut en trèl; grnndo faveur auprÙl; de
Bonaparte, qui l'arança promptement et l'emmena a,ec lui en Ég)pte, où il le fit colonel.
Dans un des nombreux enga..,cmenls qui
eurent lieu contre les mameluks, le cordon
qui retenait le sabre de Lasalle à on poignet
s'étant rompu, cet officier met bravement
pied à lcrre, au plus fort de la mêlée, et,
saru s'étonner du danger, il ra.mas!ie son
arme, remonte lestement à cheval et 'élance
de nouveau ,ur les ennemi ! Il faut avoir
a sisté à un combat de cavalerie poul' apprécier cc qu'exige de conra 1c, de sang-froid o-L
de tlc. térilé l'exécution d'un tel acte, .surtout
en pré cuce de cavaliers tels que Ie mameluks.
La alle était intimement lié avec une dame

�111STO]t1A
française de haut parage, cl pendaal 110n
séjour en Egypte, leur correspondance l'ut
snisic pur l •s An.,faL, puis injurieu emcnt
irupriméc el 1ml:iliée par leur omerne.ment,
dunt l'acte fut gon6ralemenl blâmé, même
en \ngfol&lt;!rre.
L ~clat nlrainn le dil·orce
di! la dame, t Lasalll· l'épousa à son rèlour
•'n Europe. Dernnu officier général Lasalle
fol ,rus par !'Empereur à la Lè!c de l'avant~arde de la randc armée. li e dhirwua
Jam, la c.impag11e d'Au t rliu et urlout
dan· celle Je Prusse, où, avec deux ré·•imelllS
dt, housard., il eul 11'.iudace wouïe de e préenter dc\lan1 la pla · forte dt~ teltin cl tic
la omruer de "c ren&lt;lrl'! ... I.e• goU\·•rncnr,
,·ffrayé, s'timpre,:a cl,• lui apportcrlc clt•ft- 1...
,'i ce tJerni r •• •n fât cni pour fermt•r Ir.'
(lOrll· de a fortcrt·ss ·, Loule la. ca\·aleri • de
n:urop· u·aurait pu la prendr1, ruai' il n'y
~oug-. pa · ! !Juoi qu'il en soit, la rcddiliou
dL• , Mlin hl le plu· •rnnJ honneur à La ail ·
l'l acrrul ioftuimcnl l'affe •Lion que lui portail
rnmpcreur. li lr gâtait 11 an point uaimPnt
i11crontl1le, rianl d,• toutes es fn·daines cl ne.
lui l;i so.nl jamai pa ·cr t' dettes. l,nsalle
était sur le poinl d' 1pou cr la dame ùi\lorr ·,
J(lnt j :\Î 11arlé plui:; haut, cl apoléoa lui
arnil rail dunm•r deu cent mm' francs ;ur
~a ca . elle. lluit jour apri•, il 1~ rcncot1lre
.un Tuill!ric et lui dcmnTidc : &lt;t .A quand la
u 1111c •?-Ell • aura lieu. Strc. •111:i.ndj'aurai
&lt;&lt; de qaui ad1etcr fa corlJeille el le meuble .
&lt;1 Curumunt! mais je l'ai donné &lt;l •u~ cent
« will, rran · la sNuaiue Jcrni:-.re .•. qu'en
« a~-lu l'ait? - J' •n ai employé la moitié
u à pa1cr me· delles, cl j'ai perdu le re le
« au jeu! ... &gt;J n pareil :n-cu aurait brisé la
carrière tl • Loul autr nénéral; il fll ourir ·
rnmpercur, 11ui, ·e hornanl à. lir•r as ·c1. forlcm(•nt la mousta.cht• de Lnsall •, ordonna au
111:trêchal Duroc de lui cloD.Jlcr •ncor dl'U
rcnl mille frani:s.
A la fin de la halJlillc de Wagram, [,asnllc,
donl la dh-i ion n·arnit p:i encore éLé •n Ta,,. le, YioL sollicil •r JI' ~fa•• i.ina l'aulori otion
de pour uivre l'ennemi. L1• maréchal y cooti •nlit, à condition 11ue cc ,erail a1•t · pmdi:111·e. lai à peine l.asaU a+il pri' les
ùc,:ml , rl)t'il ap(?J'çoit une l1ri«ade d'intanlt·ric cnnPmie r1ni, rc• ·Lée en arrjèJ'c cl crJ"ée
de pr •, ·, ~c hiH.1it de ga,,.ncr le bouru de Léol'olJ.au, alio d'y obl 'Jill' nue capitulation en
r'•glc, tandi · qu'en plaine elle re&lt;loul il la
furie du ,·ai111tueur. Lasalle devine le projet
du génêral aulrichi n, cl craii;na11L qa 'il
u'échappr :, sa ca\alcric, il parle :, ses
hommes, 11'.ur montre le soleil prêt i1 - coucher : ,, La bataill · m. linir, •écri1:-L-il, et
1c nous sommes les
•uls qui a'ayon, pas
11 conLriLu • à la •ictoire!
\lions, :nhcz11 moi! ... Il 'élan· ,le saLn•illamaio, sui,i
Lie uomhrcux Mcadron , et pour empêcher
le bata.illous {'illlemis d'entrer daus le ho11rg,
le uéncrol o duigc dans J'espace trè r i;l!l'ré 11ui c. i tait encore ente&gt; Léopoldau el
la tète de colonne Il,· ennemi . C•u,.-ci, se
1·0 anl cou~ d ' l'asile c1u'ils
p •rnienl
ga;;ncr, 't1 rr 1lenl Cl commcncenl un feu
roul:int d · plu vifs. oc balle atteint La0

.aile 1i la t~lt•, l'L il tombe rniJ · morL! ... a
divi:iion t'rrtlit une centaine de cavalier cl
eut hcau~np de hl•~ ·és. I.es L,ltn.illons anlrir.bicn. ·ounircnt un pas ·a,;,· cl oœuJ)i'.rrnl
le ùour"; mai· à l'approche J1· no dh-ision
d'infanteri(', il· mirenl bas le armes. 11 le
ch,·f déclarl:reut 11ue telle a,aît été leur
iol •nlion, eu hl'r&lt;·hant un rc•fugc Jan
LL1opoldn.u. La char"c• e1écutéc par l,asalfo
était ùouc inutile, et il pa a l1il'n chcrlïwertion de on nom an lmlleli n !
. a morl lai :a un ,rand vide duns la ca,·alt·rie légère, Jont il :nait perf,-ctionné 1\ldution militair •; mai·. sou un autre rapport.
il lui a\'nit Lenucoup nui, ..ar lt• mas~ ◄.!
iuiitant le~ lravcr$ et le. riiliculc. de d1ef·
1111't·llc· ai111L•11l, pnrc,• qu'il · les c-0ud(ii~cnt
;1 la Yidoir ·• les e cruplcs domn~s par le gt:n :_
ral Lmmlfo forent pernicieux pour li! cnrn1 rie léghP, 011 la lr11ditiua s'en es! lonuLemp
pcrpêtu,~ •. Un n · c serait 11a. tru cha .cur,
cl ·urloul hou ard, si, prcnnnl 1• cult'l1r •
Lasalll' pour modèle, on n'eùt été. comme lui,
_aos-p~ne, jurcu r. lapa"cur el l,menr ! ... lliun
d1· officit'.rs copièrent le· dt:fant:, de cc uéoéral d'avaut-gnrtlc, mai· aurun d'eux n'acquit
le grand •1ualilr qui le lui fabienl pnrclonuer.
Lor qu'un comb:i.t a lieu 11 •n&lt;bnt l'été, il
arri, c smnent q uc les uLus el le• bourr1: de
fll!iîl metlt'nl le feu aux blé~ Mjà uuirs; wai ·
\\"n•rrnm ful, d tout · l bataille.· de l'Empir ·, celle oi1 l'on vil le plu d'incendie: de
t',e neurc. l.'nnn :e êlail précoce; il fai,:iil une
chaleur all'r,•u. e, cl 1~ terrain ur lequel
nous comLalliuns éla.ÎL mm immense plai11e
cnli rcmcnt comcrlc de oéri!ah. A la cille
ù'èlre moi ~onnéc:., le~ rli(:ollc · . \:nllammaient lr" litcüemenl; cl lon1 ue le rcu prenait ·ur un point, il s~ propageait avœ une
r:1pidilé oll'ra ante pour les d •u · ~rm · , ùoal
les momem •nts furent omcnt cntra,é: par
ln néces ité d'éviter le lléau ileslrucleur.
Malheur au lroupe ' 11ui c lai. aient attcindr ! La poudre contenue dans le~ "iberuc. cl
le uaî 011s 'enüanmiait et portait la mort
dan le r.\ngs. Un voyaiL donc de Lataillon',
cl même des r lrrimcnt enlier~. s'élancer au
pa,' Je coursu ponr é\·itcr l'incendie, et 'il"ncr
des cmplnct•lllcnt où le bl · eût déjà été
brùJi; ma~ le· Lomm·· rnliilc pouvai&gt;nt
~ •ub profil r de e' rcîuge. Oua.at au:t mililtûr • •!Tihemenl Lie ·é , un i;rantl nombre
1i-rireuL dans Je:; Jlamrues, el, parmi ceux
t!UC le feu n'attcigniL pas. beaucoup passèrent
plusieur jours sur le charup de bataille, où
l1.1 grande hauleur des moi, on cmpèd1:i.it de
les ap1m:c,oir. lls ,écurent pendant ce temps
de grain de hlé. L'tmpercur lit par ·ourir la
pl ine par de nombreux détachcrnenl · de c.'\rnlerie, suivi t1" ,·oitures qu'on avail pu
troU\'er dan YiellD ·, el les hic· ·é · furent
relevés, sans ditiocLion d'amis ni d'ennemis.
liai ceux sur lesquel lïu ndie avait pa é
·uccomb '•renl pr l}Ue I u , · • 11ui tit dire
aux -ol&lt;lat.s 11 u•J le feu de pailk :wait tué pr que aulilllt d'hommes que le fou du corulmt.
Le deux jours 11uc dura la ba.laille furent
remplis d'an iété pour l · habitants de
... 216 ...

\ïmnc, 11ni n'étant . •par· d • armd~$ 1111e
par le Danullc, non eulemeol eulcndoienl le
c.111on et la fusillade, ru:iis ,·oyaient parfaitement les m.1.nœuvre:. d
comballanb. L ·
toits, les clocher de Vienne, el surlouL le·
hauteur qui domim·nt celle \illC et la ri"o
droite, rt.ait•nt l'ouvert par la population,
qui, selon le~ pbas Je la b:it:iille, p;i::ail
de J:i. crainlc à l'e~p,rranee. Quel rare cl m(lgnir.que panorama le· pecliJ.t •ars aYaicnl
·ou. les ·eux!... Troi · cent mille homme
..:omhattanl dan une plaine immen e!
L:: célèbr cl spirituel fold-marér:ha.l prince
d • Ligne, ,1uoit1uc tléjà bien â••é, avait réuni
fa haute ociLlté de \ ienne dan sa maison de
i:ampag[ll), iluile au point lo plus élovê de,
collu1e", d'o1'1 l'œil cmln·assail tout le champ
J • hataillti. Son expérience Je la "Ul.'rrc et
ï&gt;n m,pril supérieur lui l,renl prompt m.c11t
1·nmprendre le projet Je , 'apuléon 1•L le
faut,· du prince Chari,•~. dont il pr,:dit la
&lt;léraile. Le: théncmenl de la journée tln ;,
laissilrent l'affaire imléci e; mai· lor que,
dans celle du li. les Yiennois , irenl l:i droite
&lt;le l'armeL· autrichienn13 refouler notre nilc
gauch . qui perdit licaueoup de lermiu, une
jrtie frénaliquc éclata parmi en. , l'L, l'aide
de no lofl'.'U -\'U •s, oou a11erceviou · de·
millier d'hommes et de fewmes 1tgilaot
leun chapeaux cl li!ur· mouchoir , pour
è11·itcr en1·ore le con rnne d, leurs troupe·
victoricu~1·s ur cc poin L. mai ·ur •: poiu l
se-ulemcnt. Aus i le prince de l,igne ne pnrlll"c.'lit-il p~ l:i joie d • Viennoi·, et je tiens
d'une pcr ·oonc qui e trouvait alor l'h •z cc
,·ieux guerrier, 11u'il dit à :,es invités : &lt;t .Ne
« ,·ous réjoui . ez pas em·or1!; dan moins
11 d'un quarL d'heure le prince harle .cra
« battu, car il n'n pa de l'é.~1•r1ws, rt ,on.
« rayez I masse~ de 1·elle· &lt;le npoléon en- _
&lt;1 combrcr la plaine •... &gt;) L' é\'61cmcnl j w,tina celle prédictioo
Comme il faut, avant tout, r ndrti ju~Lice
à chacun, même it es cnnl'mi., je dirai,
apr~ avoir crilÎquJ 1,. marH"Du1re. fait&lt;•:; par
le prince Charles 11 \ngra.m, 11ue
fautes
ont infiniment nll'nu.S•· par l'espoir 11u'il
devait avoir dan l'arrivée du prince Jean
u1·ec un corps de :ij à '~0 000 homme·. ,1ui
pouvait déhouch.er ~11r uoll'e ~•ile ùroil et
m 1mc ur nùs derrière . Il faul aus::.i comr..llÎr
11ue l'archiduc Cbnrle. montra heauooup de
viaueur dan l'exécution du pl:ui 11u'il a,ait
conçu, cl fil pr me d'un g1-;111tl courJ"c personnel, ainsi que de beaucoup d'aptitude 11
soutenir le moml de ses troupe:. J'en citerai
un exemple remanluahle.
n ~ail qu •, outre le colonel comm.iadaut,
•baqu• rl,!imenl n 1111 eolonelpropl'ièl11i1-c,
donL il porLe le nom; c'est baliitudlcmcul
un prin ·e ou un ot'lîcicr ênéral, à la mort
dm1uel le régiment est donné à un autre,
de sorte que cc corp. chaugcut souYent de
d :nomination el ont obli"és &lt;le quitte!' le
nom qu'il' onl illu.Lré ur ,·ingt champ. dti
LrtlaiUr, pour •n prmdrc un uonveau 1otalcmcnt inconnu. Ainsi, 1• dr~1gons de Lntour,
i célèbre dan · le prcmi' res guerre de la
Révolution, et dont la gloire •'éLeodnil da.u

HISTORIA

L'J FA TE C THERfNE-f-y11CHELLE

FILLE DE PHILIPPE II

Tablenu J'.\LO, . S \.·c11 EZ . )ELLO. i.\\u ·ée du PrnJo, \ladi·id.)

�'------------------------Loule l'Europe, durent, à la morl du général
Latour, prendre le nom du générnl Vincent,
ce qui, en détruisant une belle tradition,
blessait inûniment l'amour-propre de ce régiment, donl Je zèle fut considérablement alfaiLli par ce changement Or, il advint, à la
prenùèrejournéc de Wagram, que le prince
Charles, voyant le cenlre de son armée sur le
point d'ètre enfoncé par le corps d'Oudinol,
voulut essayer de l'arrêter en l'altaquant avec
de la cavalerie.
Les dr:igons de Vincent se trouvaient sous
sa main; il leur ordonna de charger : ils le
llrent mollement, furent repoussés, cl les
f rançais avançaient toujours! Le prince lança
de nou,·eau contre eux ce même régiment de
\ïnccot, qui recula une seconde fois devant
nos bataillons I La ligne autrichienne était
percée! ... Dans ce pressant danger, le prince
court ,·ers les dr;igons, les arrête dans leur
fuilc, et, pour les fairo rougir de leur peu de
,•igueur, il leur dit à haute voix : « Dragons
&lt;&lt; de Vincent, on voit bien que vous n'êtes
&lt;1 plus les dragons de Latour! » Le régiment,
humilié par cc reproche sanglant, mais
mérjté, ayanl répondu : &lt;c Si, si, nous le
« sommes encore! - Eh bien! s'écria le
&lt;1 prince en mettanl fièrement l'épée à la
« main, pour vous montrer encore dignes de
« rotre ancienne gloire, suivez-moi_! l&gt; Et,
&lt;1uoique :tltcinl d'une balle, il s'élance contre
les J&lt;'raoçais. Le régiment de Vincent le suil
avec tme ardeur inexprimable; la charge fol
terrible, elles grenadiers d'Oudinot reculèrent
en subissant de grandes perles. C'est ainsi
qu'un général habile et énergique sa.il tirer
parti de tout ce qui peul ranimer le courage
chancélant de ses troupes.
L'allocution du prince Charles cnlla à un
si haut degré les dragons de Viucenl, qu'après
avoir arrêté les grenadiers d'Oudinot, ils fondirent sur la division Lamarque et lui reprireot 2 000 prisonniers cl cinq drapeaux qu'elle
venait d'c:nlc\'cr aux Autrichiens! Lt! prince
Charles [tilicila les dragons en leur disant :
et A présllnt, vous porterez avec orgueil le
&lt;t nom de Vincent, &lt;JUe vous venez de rendre
« aussi glorieux que celui de Latour ! » Ce
régiment fut nn de ceux qui, le lendemain,
contriLui•rent le plus à mettre en déroute la
division d'infanterie du général Boudet.
La bataille de Wagram donna lieu à w,e
foule d'épisodes, dont le plus important n'a
été rapporté par aucun auteur, bien qu'il
produisit alors une très grande sensalioa
tians l'armêe el dans le puLlic. Je veux parler
de la disgràce du général BernadoLte, que
l'Empcreur chassa du champ b_atail~! C&lt;:5
dcu x illustres personnages n al'aJcnt pmais
eu d'atleclion l'un pour l'autre, cl depuis la
conspiration de Rennes, ourdie par !kr°:atlotle contre le gouvernement consulaire, ils
étaicnl forl mal ensemble. Malgrr cela, Nap1lléon, devenu empereur, a1·ail compris Bcrna&lt;lolle dans la première promotion de maréchaux, el le créa prince de Ponte-Corvo, à
la sollicitation de Joseph Bonaparte, dont
Ilcrnadolle avait é11ousé la helle-sœur. Mais
rien ne put calmer la haine et l'envie que ce

JKU 011f.ES DU GÉ1VÉ1(A l. ~ON DE

général avait conçues contre fütpoléon, qu'il
flaltait lorsqu'il était devant lui et dont il
lilàmait et critiquait ensuite tous les actes, cc
tille l'Empercur n'ignorait pas.
La capacité et le courage dont Bernadolle
fit preuve à Austerlitz auraient porté l'Empereur à oublier ses torts, s'il ne les ctil aggra,,és par la conduite qu'il ûnl à la. ha.taille
d'léna, où, malgré les sollicitalions des généraux de son armée, il laissa ses trois divisions
dans l'inaction la plus complète, et ne voulut
jamais porter secours au maréchal Davout,
11ui, placé à une lieue de lui, soutenait seul
de\'anl Anerstaëdt les efforts de la moitié de
l'armée prussienne, commandée par le lloi
en personne! Non seulement Da,oul, abandonné par son camarade, résista glorieusement, mais il battit ses nombreux ennemis.
L'armée cl la France s'indignèrent contre Bernadotte. L'Enipcreur so borna àlc réprimander
très fortement, ce qui réveilla un peu le zèle
de ce maréchal, qui fit a,;s~:i; bien à Jlall
ainsi qu'à Lubeck. Mais, retombant bientot
dans ses habitudes de mollesse et peut-être
même de mauvais vouloir, il n'arriva à Eylau
r1ue deux jours après la bataille, malgré les
ordres qu'il avait reçus.
Cette nonchalance ranima le mé&lt;:ontenlemcnt de !'Empereur, mécontentement qui ne
lit que s'accroitre pendant la campagne
de t809 en Autriche, oit Bernadotte, commandant un corps d'armée composé de

?c

.i.\lAR!iCIJAL OUDINOT, DUC DR llEGGm.
Gr.:ivure de Prr.EOT, d'.1prés le lable;:i11 de Ro1u,RT
LEF&amp;VRE, (il/usée da

Vernifllts.)

troupes saxonnes, arrivait toujours trop Lard,
agissait mollemenl, cl critiquait non seulement les manœuvres de !'Empereur, mois la
manière dont les maréchaux dirigl!a.ient leurs
troupes. Cette attitude acheva d'irriter Xapo-

.MAJf_BOT

-

- .,,

léon. Néanmoins, il se contenait encore, lorsque, le 5 juillet, première journée de la bataille de Wagram, le peu de 1·iguem el b
fausses dispositions de IJernadolle permirent
aux Autrichiens de reprendre le village de
Deutsch-Wagram, dont la possession était
d'une très grande importance.
D paraît qu'après cet échec Bernadotle
aurait dit à un groupe d'officiers « que le
« passage du Danul,c et l'action '!IIÎ s'en était
« suivie ce jour-là a,·aient été mal dirigés, et
" que s'il eût commandé, il aurait par une
« savante mar1œu11rc, el pres1p1e sans com11 bat, réduil le prince Cha.ries à la nécessité
1, de meure bas les armes 1&gt;. Cc propos fut
rapporté le soir même à l'Empcreur, qui en
fut justement indigné. Telle était la disposition des esprits entre Napoléon et Dcrnadollc,
lorsque le li juillet ,it recommencer elllre les
ooux armées l'engagement mémorable qui
devait décider la victoire, encore incertaine la
\"Cille.
~ous a,·ons vu qu'au plus fort de l'action,
les Saxons, commaudés par Bernadotte cl
mal dirigés par lui, furent repoussés, el que,
chargés par la cavalerie ennemie, ils se jeLèrenl en désordre ~ur le corps d'armée de
Masséna, qu'ils faillirent entrainer dans leur
fuile. Les Saxons sont braves, mais les meilleures troupes _peuvent être mi~es en déroute
et essuyer une défaite. Or, il est de principt•
qu'en pareil cas les chefs ne dohent pas chercher /1 rallier ceux de leurs soldat.li qui soul
à la portée des sabres et des hafonnettes ennemis, parce qul'- c'est une chostJ à peu près
impossilile. l,es généraux e~ colonels doivent
donc gagner promptement la tète de la masse
des fuyards, et, faisant alors demi-tour, se
présenter en face d'eux, leur en imposer par
leur présence, leurs paroles. arrêter le mouvement rétrograde, reformer les bataillons et
résister ainsi à la poursuite de l'ennemi.
Pour se conformer à cette règle, l.lernadollc,
dont le courage personnel ne peul ètre mis
en doute, cède au torrent de ses troupes en
désordre, el, suhi d'un nombreux état-rnajor,
il s'élance au grand galop dans la plaine, afin
de devancer les fuprds et de les arrêter.
liais à peine est-il sorti de celte cohue, dont
les cris Jedétresserelcnlissaicnl au loin, quïl
se trou\'e face à face avec l'Empereur, 11ui
lui dit d'an ton ironi(fue : • Est-ce par celle
« r,,w,111/e 111anœw1re 11uc rnus comptez ré&lt;&lt; &lt;luire le prince Charles à la nécessité de
« mettre bas les armes 'L. » llcrnadottc,
déjà Corlement ilnl1l de voir :;011 armée &lt;lans
la plus complète déroule, le fol encore plus
,•ivcmenl en apprenant que l'Empertiur él.all
informé des propos inconsidérés 11u'il al"~Îl
tenus la veille. 11 resta stupéfait!. .. pui:;, w
remella.nl un peu, il cherchait à balliutit•1·
quelques mols d'explication; mais l'Empere.11r,
d'un lon sévère, et la parole haute, lui dit :
« Je vous rcfüe le commandement du COr]'S
« d'armée que vous dirigez si mal, ruon1&lt; sieur!... l~loignez-vous de moi
su r-lc1• champ cl quittez la grand&amp; armée daus les
« vingt-quatre heures; jt! u·ai &lt;rue faire d'uu
c1 brouillon tel que rou~ !... u Ce.la dit, Napo

�-

111ST0~1.ll----------------------•·

poléon tourua le dos au marécb.al et prenaot
momenlancimenl le commandeinènl direct
des ·a:1:011,, il rétablit l'ordre dans leurs rangs
et les ramena contre l'ennemi !
Dan loule autre circon ·lance, Ocrnadotle
cùl été ccrtaioeruenl désolé. d'un lêl 6cfo.t;
ruais comme son e1pulsion avait été prono11CL~ au moment où il galopait , en lèle des
fuprds, ce qui pouvait, laisser pl:i ·c 1t la 'médi~ance au sujet de ·oil courage, Lien que a
retraite pr~cipitcc eût pour but ù 'ullcr arrêter
es oldats, il comprit combien . sa ' fâcheuse
itualion en était aggraYée, el on assure que,
dans sou dé espoir, il voulut se précipiter
sur les Lafonnetles ennemies pour se donner
la mort! ...
es aiùes de cmnp le .retinrent et l'e1oignè,.
renl des Lroupes s.uoimes. Il erra Joule la
journée sur le champ de bataille; enfin, ver
le soir,' il · 'arrèta derrière les ligues de 1101r
nilc "àuche,.au \'j}Jarre de Léopoldau, où e
ofliciers le détermin~rcnt à pas ·cr la . 11ni L
dans le JOli petit chàteau' qui se trouve en ce
lieu. füi à peine y éL'lit-il installé, rrue ·
Uas~éna,. dont le corps d'armée enveloppait
l.éopoldau, ,oi1 il a_vait ordonné Je 11lacer son
qunvlier général, ,1rrh·e pour occuper le chàluau. Or. , comme il est d'usage à la rruerre
que les lllnréchauI et crénéraux 'é1.&lt;1hli sent
au (•entre de leùrs troupes, et.ne vont jamais
prendre logement.dans les villatrcs où . e trou\'cnt' lus •.ré imcnts commandés par · un Ue
lcurt: éamarades,· Bernadotte roulut céder la
place à llasséna·. Celui-&lt;:i, qui ignorait eucorc
la mésa-..·enture de son collègue, le pria instammimt de r1:ster et de partan-er le 11itc
avec.lui,: ainsi qu'il l'a vaicnt i ~ou,·ent pratiquf dan ' les guerres d'Italie. Bernadotle
nc~pte; mais peod:wt qu'on arrange le logement; un officier témoin d.e la scène qui avait
eu lieu entre l'Empereur et Ilernadolle ,int
la racooter •à Jas éna, qui, en apprenant la
disgràcc éclatante do son camarade, se ra,'Ï c
cl Lro.11ve que la maison n'e t pa o.s ·ez vaste
ponr recevoir deux marécha111 et leur- état rnaj'or· . ·Voulant cependaoL simuler la généro ité, il: dit à es aides du camp : &lt;&lt; Cc logc11 I11Cnl .m'appartena.it de droit; mais puisque
u ce ,pauHe Bernadotte est dans le malheur,
« je doi le lui céder; cherchez-moi un aulrc
&lt;c gite, fùl-ce une grange ».... Puis il c fait
replacer eo calèche et 'éloigne du cbùh!au,
san revoir ui pré,•enir Uernadotte, qui l'ut
lrè' affecté de cet abar1dou.
'on exaspération lui fit commellrc une
nouvelle faute Lrès rrrave car, bien q uc le
commandement des troupes axonnes lui eùt
été retiré, il leu.r adressa un ordre du jour,
Jans lequel il exaltait au plus haut poiBl
leurs exploits, et par conséquent les sien ,
sans attendre, selon les usage milita.ire , que
le chef suprême de l:amiée eùt fait à chacun
sa part de gloire. Cette infraction aux: règlement accrut encore la colère de !'Empereur,
Cl IJernadotte fut obligé de so retirer de
l'armée. li retourn:1 en J;rance.
Parmi les incidents rcmartJualilcs auxquels
la ùatnille de Wagram donua lieu, je dois
citer lé combat de deux régiments de ca,,a1

lerie., qui, Lien que senant dans de· arm1fo ·
oppo ~es l'une à l'autre, appartenairnt au
même colonel propriétaire, le pl'mcc •Al hert
de Saxe-Teschen. Celui-ci a.mil épousé la
célèbre archiduch se Chri linè d'Autriche,
gouvernante des Pay ·-fü1s. Al·anl le titre de
prince dan les deux Êta , il po . édait un
1·égimenl de housard en axe el un de cuirassiers en Autriche. L'un et l'nulrc porlaie11l
5..on nom; el d'après le~ usages de ces deux
Etats, il nommait à tou les emploi d'oî1icier dans ce corp . C-Omnie ,depuis _de longue années l'Autriche l'l la • axe viiaiènl en
paix, lorsque le prince Albert avait un offi~ier
à placer, il le mettait iudi Linctement · dans
celui d ces deUI: ré!!iments où . e'trou1•ail une
vacance, de orle. q~·on voyait des·mcmLrc
d'uue même famille ervir;les uos dan-.lc.
hou ards a1:on du prince ,\lbërL, •.èl. Je:
autres dan le cuira.··i1•r a.utrièhÎt.fü d'Albert. Or, par une circorislance .d1:ploraùle et
fort exlraordinairc, cc · deux n:,,iment ~c
lrouv&lt;'rcnt en prclseol'c ·ur le cluimp de Ùa•
taille de \\anram. oi1, slimulés•par.Jedevoir
et le point .d'honneur, il· ·e chargèrent mutuellement. Chose remarquabfo, les cuirassier · rurent enfoncés par les bou nrds, 11ui
combattirent avec la plus grande Yigueur,
tant ils étaient désiren · de réparer soils Jes
yeux de Napoléon el de l'armée l'rançai c le
&lt;louhle . échet qu'a,,ait éprouvé l'inîanterie
saxonne I:.. ,Cell~-ci, quo_iflllc . ayant fait
preuYe de courage dans ruain4!S circoMtance ,
n'e l pas, à beaucoup près, aussi solidement
constituée, ni au i in ·truite que la ,·avaleric,
qu.i passe avec raison pour une des meilleures
de l'Europe.
CHAPITRE XXV
Ce qui U1°ad,·111l ù la baln,lte dci Wagram. - Orollille
avec ,ia •i!n!, - I•rise d'llullaL1·üm1 cl c11Lréo is
Guulersdorr.

Après awir lu le récit des épisodes donl

j'ai cru dc1·oir accompagner le récit succinct
de ln bntaillc de Wa"'ram, vous désirez probablement ·avoir ce qui in'ad,,iJH de per onncl
dans ce terrible conOit.
J'eus le bonheur de n'être pas hle!;sé, quoirp1e a ·ant été sou\'e11t trè expo é, surtout le
second jour, au momenl où l'artillerie ennemie faisait comerger presque LOU6 se' feux
sur la calèche du maréchal Mas éna. Nous
étions, à la lettre, sous une grêle de boulet~,
qui abattit bien du mon&lt;le autour de moi. Je
couru aus i de trè grands dan"ers . lorsque
la cualerie autrichienne ::\l'ant enfoncé et mis
un déroule la division Boudet, le maréchal
m'em·oya Yers ce général, perdu dans la foule
de dix mille ruya,·d· , que la cavalerie taillait
en pièces !.. . Je fus encore sou vont rois en
péril lor que, pour porter des ordre , j' étuis
obli"é de pas er auprès des incendies partiels
11ui, · ur une infinité de points, dévoraient les
moi, ·on dan la plaine. Grâce à de nombreux
détour ·, je parvenais à é,,iler les tlamme ,
mais il était presque impo iblc de ne pa
traverser les ctiamps, mr lesqacl les cendres des pailles consumées conservaient en-

core as. ez do chaleur p.our exCQricr les pieds
des cbmau,. lieu des mièn înrcnt pour
quelque Lemps mis hors de service par ,les
blessures qu'ils y reçurent, et' l'un d'eux
ouffrit tant, qu'il fut ur le point de me
roub dans ces débri de paille mal éteinte.
li:ntin, je m'en tirai aru autre accident raYe.
Mai.\; si ma per onnc échappa à l'incendie,
ain i qu'au plomb el au rer des ennemi , il
m'arrim un dé~agrémcnl dont les suites me
rurcnl Lieu l'un!l tes, car, le eCQnd jour du Ja
I.JataiUc, je me hrouillai presque complùtemCllt
a.Ycc M:;1sséna. oici à quel ujel.
Chargé par ce maréchal d'une mis ion
anpr~ de !'Empereur, q11e je n'avais pu rejoindre qn'avcc les plu grande peine , ,ie
re,·en:ù • aprè avoir , îait plu de. troi lieues
au aa]up . ur les cendre encor(! brûlante dt•· .
moi '.ous cun uméc . Mon che1·al~ exténué
de f, ti~•w cl. le jamLe. à moitié hrùlre , ne
pouvait plus marcher, lorst1u'cn arrivant auprt: · de ~[ns~éna, je le trouvai. dans un liien
"'rand embarra . Son C()rp · (armée, vivement pous é •par. la droite des ennemis, ballait eu r •lr(li Le le long du Da nuite, et le fan~
ta. ins de, la. divisi~n lloudct, chargés et
eufonc,é. par la cavalerie au trichienne qui le
sabrait ~ans, rel~chc, co_uraicut pèle-mêle dans
l'immcn ilé dé_la plaine! Ce fol le moment le
p.la ('ri.Liqu tle la bataille. •.
,
L_e_marérbal, d4 haut de ;i. calèche, royaiL
le dangtlr imminent qui n()u , mcna~:aiL, et
prcpail a\'OO ca.lpie des di position pour mainlenii: en bon ordre les trois divisions d'infanterie qui n'avaient point élé entamées. Pour
œla, il a mil été obligé d'. euvoy(lr tant d'aid~s
de camp ver ses !!énéro,ux, qu'il n'arait plus
auprès de lui que le jeune lieulenant Pro per
Ma séna, son li.L, lor qu'il s'aper!tul que les
soldat de la dhision Boudet, toujours pou ruivis par la cavalerie autrichienne, se portaient ver le troi divi ions qui combattaient
encore, el allaient, en e jetant dans leurs
ran"'s, les entrainer dan une commune déroute ! Pour prévenir celte catastrophe, le
maréchal voulut détourner le torrent des
fuyards, en faisant dire aux généraux et officiers de le diriger vers l'ile de Lobau, qui,
armée d'une nombreuse artil1erie, offrait aux
tronpcs débandées un asile as uré. La mission
était périlleuse, el il était plus que 11robable
que l'aide de camp qui irait au milieu de
cette nutltilude désordounée sera.il attaqué
par quelques-uns des cavaliers ennemis qui
la sabraient. Le maréchal ne pou\'aiL donc se
r: oudre à exposer on ms à. un danger au si
imminent; cependant, il n'arait que cet officier nuprès de lui, et il fallait bien que ccL
ordre fùt tran mis !
Je sur\'ins fort à propo pour tirer Mas éna
du cruel embarras dans lequel il se trouvait;
aussi, ans me donner le temps de re pirer,
il m'ordonna d'aller me précipiter dans les
&lt;lan qer qu'il craignait pour son fils. Mai
s'apercevant que mon cheval pouvaiL à peine
se ·oulenir, il me prêta l'un des siens, qu'une
ordo11na11ce conduisait en main. J'avai Lrop
le sentiment des devoirs militaires pour ne
pas comprendre qu'un maréchal ou général

"-----------------------ne p~ut s'a. trcindrc à suivre le règlement que
se· aidrs de camp ont fait entre eux, pour
marcher à tour de rùle, quelque p6rilleuse
que soit 1a mission; il faut que, dans certaines cirçM, tances, le chef puisse employer
l'officier qu'il juge le plu propre il fai re
exécuter ses ordres. Aussi, Lien que Pro pcr
n'eût de toute la journée fait une seule cour ·e,
et que ce fùt il lui de marcher, je ne tis aucune
observation. Je dirai mllme que mon amour-

CoMBAl' n'HoLt•.WRUNN. 1 •

propre m'empèchanl cle pénétrer le véritable
motif r1ui avai t porté le maréchal à me donner
une mi sion aussi difficile que périlleuse,
lorsqu'elle devait échoir à. un autre, j'étai
fier 'de la confiance qu'il avait en moi l Mais
Mnsséna détruisit bientôt .mon illu ion, en
me disant d'un ton pateliit: c&lt; Tu comprends,
l&lt; mon ami, pourquoi je n 'en\'oie pas· mon
&lt;1 li! , bien que ce soit à lui de marcher .. .. Je
11 cra.in · qu'on ne me le tue ... lu comprend .•.
« lu comprend,;? .. : » .l'aurais dù me taire;
mai:.. indigné d'un égoïsme aussi peu déguisé,
,ie ne pus m'empêcher de répondre, et cela
devant plusieurs généraux : « Monsieur le
&lt;! maréchàl, je part.ais croyant aller remplir
« nn devoir; je regrette qu.c vous me, tiriez
« de cette erreur, car je comprends parfait~
&lt;t me.ut, à présent, que, forcé d'envoyer l'un

11

de

\'OS

MiM011(ES DU GÉNÉ~Al BAJ(OJ\I DE M A~B01 -

aide de camp à une mort presque

&lt;&lt; certaine, vous préfériez q11c ce soit moi

plutôt que votre fils, mais je pense que
vou auriez pu m'épargner celle cruelle
u vérilé 1... » Et sans atleudre la réponse, je
m'élan~~ai au graud galop vers la division
Boudet, dont les caYaliers ennemis faisaient
un affreux ma sacre 1. ••
En m'éloignant de la c.alèche, j'avais entendu un COlllillencement de discussion entre
&lt;1

&lt;i

Grai•ure

/te LEUIARD,

~atres le t:sNeari

- ~

plut : à $a place, j'aurais agi de m1'rnc. Cepi•ndant, j'aurais dé1;iré t1u'il fùt hieo loin de
moi à. œ moment critique, car, lt moins de
l'avoir vu, on ne peut e faire une idée
exacte de ce qu 'e L une mass!! de fantassin,
dont les ran!!S ont été enfoncés par la cal'alcrie, qui le poursuit avec vi~neur. et dont
le sabres et les lances font un terril1le ra,·a•~e au milieu de cc pèle-mèlc d'hommes
époumntés, courant en déso rdre, an lif'u dt!

d'HIPPOLYTE L EC0~1n: . (Mustt

Je Y.,rsMlles.)

le maréchal cl son fi l , mais le bruit du ·e peloLonner el de e défendre !1 coup de
champ de bataille et la rapidité &lt;le ma cour c baïonnette, ce qui sorait pourtant facile et
m'avaient empèché de saisir leurs paroles, moins dangPrcux que de tourner le &lt;lo · en
dont le seus me fut bientùL expliqué; car à ÎUJant l Pro per Masséna était très hrave : le
peine avais-je joint la division Boudet, et péril ne l'étonna nullement, birn 11u'à chaque
commencé à faire tous mes efforts pour di- instant nous nou trouva sion dans ce 10/111ri,.er cette masse épouvant~e l'Crs l'ile de l&gt;ollu face à face a\·ec de~ ea"alier ennemi· .
Lobau , que j'aperçois Prosper . lasséna au- Ma position devenait alors fort critique, parce
près de moi!. .. Ce .brave garçon, indigné de que j'avais une triple lâche à remplir : d'acc, que son père m 'eft t expo é à. sa place el bord, parer les coups qu'on portait au jeune
,·oulù L le réduire. à l'inaction, s'était éclia11pé Mas éna, qui n'ayant de sa via manié un
à l'improviste pou.r me suivre. a Je veux, me sabre, s'en erv-ait très maladroitenienl; en
à dit-il, partager au moins les dangers que
second lieu, défendre ma personne: enfin,
« j'aurais dû vous é,·iter, si l'a~cugle ten- parler a nos fanta5sins cn dé!&gt;ordre pour leur
4 dresse de mon père ne l'eût rendu injuste faire comprtn&lt;lre qu'ils devaient :,;c rendre
&lt;&lt; cmer ,·ous, puisque c'était à moi h mar- ver:! l'ile Je Lobau, cl non sur le di,'isious
« cher! ... »
qui_ ::-e Lrou,vaient encore en ligne. Prosper et
La nol.Jlc simplicité de ccjcune homme me moi ne reçumes aucune .blessure. Dès 11ue les
... 219 ...

�111ST0~1.ll
ca,alier autrichiens aou vo aient décidé à tmit au contraire, celui-ci m"embm-ra a fort au ~oir · mai· il uc me ·crait pas po. ~ililc
nous Jéiendre énergi{JuemenL, ils nou quit- pa1· sa pré· ace.
d'expliquer les cause·~ du retard 1111ïl mil, le
Le deux officier d'ordonnance de ]'Em- 7 ilU matin, à suivre les traces tl1• emwmis.
taieol pour aller frapper les fantassins qui
pereur, qui ,enaient d'être témoins de la On a prét&lt;'11Ùu IJll'a ·ant dt•,anL lui la roule tic
n'opposaient aucune rési tance.
Lors(1u'une troupe et en dé ordre, le ol- scène enu-e le maréchal cl son fils, l'ayant Bohème et colle de 31ora,,e, qui loulcs dcu~
dat e jettent mout01memc11t du côté où ils racontée 1t leur lour au grand quartier gé- abo11Lis ·ent an pont dé 'pitz, près de FlovoienL courir leur" camarades; au si , dè- que néral, Napoléon en fut informé, et a Maje té, ri dorf, n;rupcreur, avanl t.le 1;'éloi"ner du
j'eus transmis l'ordre du maréchal à un cer- étanl renne le soir à LéopolJau, où e trou- cliamp de bat.aille, lOulail avoir quel ét;.ùt ?,
tain nombre d'ort-icicrs, el r1u'il · euren t crié vait l'état-major de lia séna, fit appeler peu pr.._. Je noml,re d~ troup&lt;· quel· prince
à leur~ ,.. 11 de courir vers lïle de Lobau, le Pro per et lui diL, a lo prenant amicalemeul Cbarle avaient engagée· slll' chacu11e de cc·
torrent des fuyards .e dirigèa sur ce point. par l'oreille : fl C' ·t bien, c'c t frès bien. routes. et quïl allemlait le rapport dei; 1·eL' géfll:ral Boudet, que j' avai eoftn trouvé, &lt;c mon cher enfant; voilà comment de jeune: connai~ anœ· faite. à te ~ujet. füis il e~t à
parvint à rallier
troupes, ou la protec- « ••en~ tel que toi doiYcnt ,lr1buter dan· la remarquer que les recollllai anccs ne dontion de notre artillerie, dont le feu arrêta le
&lt;c c.1.rrière 1 1&gt; Pnis, se tournant vers le ma- nent en pareil ca que des renseignements
ennem i· .
réd1al, il lui rlit à voh lm~ ·e. mai de ma- Lrè imparfaits parce qu'elles ne peuvent
~la mis ion ailliii terminée, je r111ournai 11i1•re à être c11LcnJu par le ién~ral Berl.ran1I, aperce,,oir tf' qlù se trouve au d •là de: arrit•rc•
ver· 1· maréchal atec 11ro per; mai · YOu- Je 1p1i je le lious : « J'aime mu11 lH•re Lonil' gm·dos enueruic:;, 11ui les arrêlcnl au bm,L
« autaul 11ue ,uus chérL.t'Z votre lih; mai~, d"un demi-lieue : c'c ·t ce 1p1i arriva aux.
bul prendre le chemin le plu courl, j'eus
lïmprudcncc de passer auprr d'nn bouquet « lorsqu'il él.ail mon aide de camp en Italie, nôlre . On p,·rtlit Joue inutilemcul un lt•mp,
de boi , derrière lequel ét.iient po té une &lt;&lt; il foisait on :cr1-ice comme I" autre , rL précieux; !'l puisqu 011 a,ail vu la veiUe l1·icentaine de uhlans aolrichiens. Ils •'élanœnl « j'aut·aL craint de le déconsidérer, en e~po- colonnc, enncmfos s'euga~ ·r sur les deux
à l'improviste sur nous, qui gamoos la 11 .ant l'un Je es cama-rad s l, sa place. n
route·, il auraiL fallu le pou~uiHe lt 7 au
La réponse 11uc j' avaL eu le tort di• faire 1, malin, dès l'aurore, ur l'une ou :ur ranlre ;
plame à toute· jambe·, erl nou dirigeant ver·
une li"□C de cavale.rie française qui venait )fam1na, le LJ;imc que l'Empereur lui inni- nou · a'l·ion as cz dt: troupes ùbponiLI •~ pour
dans noire direction. Il était lemp ! car l'es- geait, ne pouvaient 11oe l'aigrir emw · davan- êlrc en force ur• tou Je point . Quoi qu'il
tage contre moi; aussi. à compter de cc jour. eu soit, l'Empercur ne lit c111nmenœr la
cadron ennemi étail sur le point de nou
joindre et nous serrait de si prùs i1ue je crus il ne me lutoia plui;, el f(Uoique o lt'nsi!,l '- poursuite qu'à deux heures de l'aprè -midi el
un moment que nous lliun être tués ou faiL~ ment il me traitàt fort bien, j~ compris 11uïl ne rranchil, de ~a personne, 'tilt' troi~ pt&gt;lites
prisonnier . liais à l':ipproche ùes nôtres, les me rra rdNait Loujour · 1·auc11n&lt;' : vous verrez lieues, pour aller cou&lt;·hcr au 1·hàkau de Ynlki-rsdor[, ùu hauL dl11p1cl rempereur 1Lluuhlans firent derui-tour, 1t l'exception ù'un 1111e mes pré\i ion se vér1fièrenL
Jamai~ les Autrichiens oc r-omha.tLircnl de- triche avait, les Jeut j,mrs pré éd nt ·, obofficier, ttui, parfaitement monté, ne ,·ou.lut
pas nou quiller san. avoir déchargé ses pis- puis an'c autant dc- ,ig,wur qu'à \\ agram ; . crvé le mou,cmen t 'de'- ar mecs l,ellirréran Irs.
L'Empcreur confia au général Yandammc
LOlct sur nous. Une halle tra,ersa le cou du
le soin de gardllr la I illt: de Vienne. Le gécbe,·al de Prosper et l'animal, en balança.nt
nJral Ilé•rnicr rc.onn donc dans l'ile de Lobau ·
fortement la tête, inonda de ;mg la figure du
Ondiool prit posil ion 11 ""gram. d 1.lcjew1e Ma ·éna. Je le cru. l.&gt;I' ~. et me prédonald 1l Flori:dorL Après aw,ir aiosi assuré
parai à le déîcndre contre l'officier de uhlans,
e tlcrriè1· s, ~apolfon fit i,.uhrc 1'1•nnemi
lorsque nous fûm 0s joints par le éclaireur
.ur la route de fora1·ie par J,.s corps Je \fardu rélTiment îraoçai · qui, tirant leur mou monl el de Davout, cr sur œllc de Buhèmcf{UClons sur l'officier autricb.ien, l'étendirent
Jlar ,1a séua. Enfin, l'armé• tl'I ta lie cl la
mort sur la place, au moment où il s'éloirrardc devaient marcher en Ire c deux grandl'.
"□ait au •alop.
roule dan la direction de Laa, prèl à ~c
Pro per t:l moi tetournàme auprè · du
pur ter nù. besoin · •r~ il.
maréchal tpii jeta un cri de douleur en vo~•ant
t., plus forte partie de l'armée autrichienne
~on fü couvert de ang .... liais en apprenant
s'étall engagée SUl' la route de nohèrue, que
ttuïl n'était pas Lle é, il douna un libre
sui,•ail le corp de Masséna. llnis le prince
cours à sa colère, el en présence de plusieurs
(:harle avail trè~ bien utili ·é la uuit du 6
généraux, de ses aides de camp, et de deux
au 7 el une partie de ce jour, que "apoléou
oflicier d'ordonnancedel'Empercur, il gronda
lni aYail lai. sée, el tou. ses bagage , charfol ,
vertement son fils et termina sa mercuriale
cai sons et l'artillerie étaient déjà loin et hors
en lui disant : « Qui ,•ou · n ordomié, jeune
de notre atteinte, lor qu'en &lt;.[U_Îllanl le champ
(1 étourdi, d'aller vou
fou.rre1· dans cette
de bataille, nou rencontrâmes le· t1claircnr.
« h3t::,nrre?... » La réponse de Prosper fut
de l'arrière-lTarde ennemie, au défilé de Lanwaimenl ublime ! « Qui me l'a ordonné'? ...
gen-E112er dorf. Par :;a lon•rucur et ·on rcs« mon honneur! Jo fais ma première caruserremenl, ce pa.sagl! aurait été fatal au
1&lt; pagne; je ui ' déjà lieutenauL, membre do
prince Charles si. ln "'cille, nou~ eu ·sion pu
u la Légion d"honneur; j'ai reçu plusieurs
le pou er ju que-là. Après :n·oir traversé le
o décoration étrangères, et cependant je n'ai
défilé, oous entrâmes dans une ,a~te plaine,
1c eneore rendu aucun service. ,l'ai donc voulu
::'&gt;lARJtCIIAL
.'tl.Acoo~.u.D,
DOC
DE
'l'AllENTE.
au
ceotre de lac1uelle ,c 1rou1•e Korne,1bourg.
11 prom·er !t mes camaradu
à l'armée, à la
« Frnnce. que si je n11 suis pas de tiné à vr,wure de P1GEOT, d'aprts lrlailleau ,j~ CASANOVA, Cette petile ,'illo, n)ant un mur d'enceinte,
ltait occupée par neuf bataillon de Cl'oate '
11 avoi1· les talents mililaires qui onl illustré
(J\lu$ée de VQ'S.lilles.)
Ill de cha seur tyroliens, l l'on aperceîaiL,
11 mon père, je ·uis du moin , par ma valeur,
sur les deux. flancs, de fortes ma es de ca,·a&lt;&lt; digne de porter le nom de Uasséna!. .. »
Le marL:Chal, voyant que tou· ceux qui l'en- leur retraite même tul admirahlepar le calnw lcrie et une uombrcu earlilleric. Ainsi po tée,
et 1 • hon ortlre qui ) r' Tncrcnl. Il e L,rai celte arrière- •:trde nous allcndait avec un
louraient approuvaient le· nobles sen liment
de on li Is, ne répliqua pa '; mai sa colère 11uïls curent l'ttv·aotage &lt;le 1,ou,uir Cjllitlcr le calme imposant.
li faul, an Joute, cire cntrcprcnaul à
conccnl.rJc relomba prir1cipah•u1t:nl sur moi, t·bamp Je liataille san: être ponr uh i. · j'ai
qu'il accusait d'avoir nlraiué on lils, r1uand, donné le motif~ 11ru r •tinrent ~apol :ou l G la guerre, urlout dc1•ant un ennemi déjl1

'----------------------hattu; nranmoins, un 11c doit pas forcer IC's
ron. ,:1ruoncc' de cl'Lle r~glc ju.1111'/1 n13.11,1ucr
Je pruùence. Les généram c.l la cavalerie
franç.'lise onl souvent lrop fe"tllél'ttires : il
renouvelèrent ici la faute que ~tonthrun a\•ait
commise au moi de juin devant Raab,
lor que, ne voulant pas attendre l'infanterie,
il niena :e esi;adron trop près Je celle place.
dont le canon fil un Lrès grand ràvagc dans
leur rang . Malgré celte é1·ère leçon, le
général Bruyère, qui avait remplacé La ·aile
dans le commaudemcnt de la division de cavalerie lénèrc attachée au corps de Mas énn,
ayant pri le devants en sortant du défilé,
n'allendit pas que notre infanterie l'eOL passé
nu i et ftlt formée dans la plaine. D~ployant
ses escadrons, il s'avança \"C.rs les ennemi.,
qui restèrent impas ihles, le lais l'-renl appro•
cher ju qu'à une portée de canon, el qui,
ounanl alors un feu terrible, lui firent éprouver de grande perle ! ...
A cette 1·ue, Masséna, qui arrivait en ce
moment à. l'entrée de la plaine, se mit en
fureur et m'em·oya vers Brnyère pour lui
exprimer son extrême mécontentement. Je
trouvai cc général très bravement placé à la
tète de sa division, . ous une grêle de boulets,
mais bien peiné de s'être tellement aventuré,
cl fort embarrassé du parti qu'il devait prendre. Eu effet, s'il chargeait la cavalerie an-

Mi!MOTJt.'I;S DU GiNÉI(JU. BA7(0N DE

1ril'hiennr, deux foi~ plu~ nombrPu~e 1111e la
:;Ïcnnc, il l'ai ·ait hacher sa dhi~ion; d'un
autre côté, 'il ho.ttail en retraite pour 'éloi•
!mer du cauou el , e rapprocher de notre
infanterie, il était cerlaio que, dè que ses
régimcnls auraient fait demi-tour, la cavalerie
ennemie s'élancerait sm eux et le~ pousserait
en désordre ur nos bataillons, à leur sortie
du défilé, ce qui pouvait a\"oir le ré. ullal
les plus rrrave !. .. Re ter où l'on se trouvait
et y allendre l'infanterie, était donc ce qu'il
y avait de moin mauvai ; au i le géuér:tl
Bru ·ère m'al'aut fait l'h.onneor de me dt'mander mon a,is, ce fut celui que je me
permis de lui donner . Le maréchal, auquel
j'avais été en rendre compte, approuva ce
que j'avai fait, mai je le trouvai dan une
colère noire contre le général .Bruyère, cl il
s'écriait à chaque instant : « Est-il croyable
« qu'on fasse tuerlantde bra,·esgensaussi inu« tilemenl !... &gt;&gt; Cependant, il presse l'nrrivée de la division Legrand, el, dè, qu'elle esl
formée hor~ du défilé, il fail attaquer Korneuhourg par le 21i• lé«cr, qui 'en empare,
pendant que )a cavalerie ennemie e I repoussée par les escadrons de Bruyère, qui
c-0urenl à la chnrge avec joie, les dangers
d'une charge étant infiniment moins grands
que ceux ré ultmll de la canonnade à laquelle il étaient soumis depuis une demi-

Après Sedan

GéNÉRAL DE

apoléon à gauche. du côlô d'une seconde
fenêtre qui s·ou\Te par cottl, dans la mai-on.
Sur la cheminée de petits objets de porcelaine dorée à l'or a/le111a11d, espt'•ce de composition métallique , péciale, 1:'L nne image
r&lt;.'pré~enta.nl, 'aiut l'intent {le Paul J)l'êcJ1a11t.
Ces deu-&lt; pasteurs d'homme out pu là conLemplcr lïmagc de quelqu'un qui du moirt$
ne sut jamais ce que e'e ·t c1ue 1•crscr le sang
des autres.
La femme du logi · a fail encadrer rl a
appendu à la muraille le cinq pièces d'or
que 'apol.lon lui mit dan~ la main quanJ
I' enlrotien Îlll fini.
Cet entretien achevé, l'empereur était prisonnier. llismarcl en parlant lai "a des cavaliers de planton à la porte, et quand la
YOiLure partit pour le ch:Heau de Bellevue, oit
1 apoléon devait voir 1e roi de Prusse, &lt;ll!ux
cuira siers galopaiunl en tète el deux busards de la mort uivaient par derriiirc, sabre
au pojng, m·ec leur ossements et leur cràne
d'argent, croi és sur leur sabretache et leur
kolpack.
k

I06

illARBOT.

nastœ ,,. t:ne lai.ile ronde. rec-0uvcrtc d'une
toile cirée, séparait r.e:; deux homme ; plac6;
devant la fcnètre, les yeu\ nr ces camp:ume
où la morl a,•:ùl fait son œuvre il, ·e lcnaienl, Bismarck à droite &lt;le la chcmiaél'.

JULES

.,. 221

--

lwurttl Le général Brnyrre fil mer,·eille durant co combat de mains, ce ()Ili u'om~èrbn
pa le maréchal d~ le réprlmander Iortemeal.
Le juillel, ~[asséna, ayant qualre diriions d'infanterie, une de cavalerie légère,
une de cuiras iers cl une nombreuse artillerie, couliaua la ponrfüile de l'arrière-garde
ennemie. Il n'y eul cependant qu'un petit
engagement, et nous occupâmes la l'ille de
tockerau, dans laquelle no troupe. s'cmpari.•renl de plusieurs magasins autrichiens
coutenanl une immewe quantité de provisions de houche, surtout en vin , ce qui
excita une joie de plus vive·. Le corp d'armée de ~fas,éna conlinuanl sa marche Le 9,
sur la route de Bohême, f u.t arrèté &lt;lovant
llollabriinn par des forces nombreuses. Il
s'en uirit un comhal très vif, dans lequel le
général Bruyère, mutant faire oulilier la
faute qu'il aYait comnri e devant Korneubourg. dirigea ,a düi ion avec prudence,
mais exposa beaucoup sa peronne; au si
fut-il grièvement blessé.
La malheureuse ville d'flollabriinn, à prine
rebàtie, à la suite de l'incendie qui l'avait
déLruite en 18.05, lorsque les Russes non en
di. putaienl la po,session, fut de nouveau
réduite en cendre , et ensevelit encore un
graud nombre de blessJ· sm1s ses décombres.
Les ennemi se retirèrent avec perle.

(A suivre.)

tinrent, est celle dont la fenêtre 'ouvre à
gauche de la petite maison. 'foui d'abord, le
vainqueur et le Yaincu s'entretinrent un moment deYant la porte, assis chacun sur une
chai e, Napoléon coiffé d'un képi d'officier
général. les épaules couvertes d'un manteau
Le lieu le plus ai issant de ce coin i tris- à revers rouge, sans épét&gt;, - le général Reille
tement r.élèlirc des Ardennes, c'esL la maison l'avait portée au roi de Pru se; - Bismarck
du ti seur, sur la route de Donchery, la pe- bollé, casc(llé, sabre au côté. De officier géLile mai on où l\apoléon el Bismarck ement néraux. caosaientlout has_à qudques pas de là.
Au haut d'un moment, comme il fai ait
l'entrevue fameuse qui précéda ln capitulation et rrue le chancelier de Guillaume a ra- un peu frais peut-être, les deux interlocuooutéc dans une lettre auto~raphiée même en tt;Urs \'oulnrenl entrer dans le logis. li y a
deu entrées: l'une à droite, l'autre à gauFrance.
Pctito, à un seul étage, avec un modeste che. Ils vrircnl, derri~re la. maison, l'escalier
verger par dP.rrière, lo. maison du ti. seur a L de la partie gauche, un petit escalier de bois,
située à gauche, sur la route, lorsqu'on vient roiùc et tournant.
Au premier el unique étage ils arri,·èrent,
do cdan et quand on contemple le panorama
immeuse de ces environs de la ville oi1 Je conduits par la. femme du lo.,,is, et, ouvrant
canon de Bazaine eùl peut-être fail une trouée la porte d'une chambre a scz étroite, ,ituée à
dans Jes armées ennemies, si le commandant droite en entrant da.os l'humble appartement,
de l'armée de Metz eût tout tenté alors pf)t1r ils ·eoferml•rent là après avoir faiL "igne à la
femme de 'éloigner.
romprl' le cercle qui l'enserrait.
Elle se Lint tout pr~~ pendant qu'il parOn ne peut s'empêcher ùe se dire: et Si
llazaine était venu! » liais cc n'élaiL point Jaient. Leurs voix étaient basses. L'empereur
qazaine, c'ét:dt le prince royal qui acoourail. avait l'air écra é. C'e L dans celle conversaEternelle fatalité! c'est Grouchy qu'on attend, tion que Napoléon rejeta sur son peuple la
responsabilité de la guerre que ses familier
c'e.l Olftchcr qui arrive.
La chambre où l'empcrellr et Rismarck se déclaraient nécessaire « à l'inlt!rêt de lu dy-

M A'lt,BOT

CLARETIE,

t'Ac11d,111ie fra11ç,Hse

�,

-c

La seconde Madame Danton

1•

1

(Mademoiselle Louise Gély)
l 'ar Edmond Pll.ON

.,t JlT. G. Lc11ntre.

Jl~rmi œs femmes de la füt\'olution, tout
i ttrdcmmenl belle' cl 11ue le goût de l'amour
cl de la mort n'c[raye p:t , 1t cllfé d haut:1ine comme ~Jme l\oland, des fougu&lt;&gt;uses
comme Théroigne, de· Roioaiuf"~ comme
Charlotte Confoy, en voiri une 11u'on ne coon.ûl pa. Lrop. ·a Jeunesse cl sa grâce, !&gt;Ï
doue ·, si dèlic:tte , a line Lt!Le à la Greuze,
son refTard
mouillé dHttme ceu:t dr per0
1cncl1es à l':1t1hc loucheront l • plu rudes.
Enfin, le fatal d~ lia riui. pendoqt un nn, lia
sr_,; jours . i tendre. à ceu1. - si tourmenté
- du plus violent des homme. , la sorte dl'
m, •1he qui l'en,eloppa en. uite jusqu'à la
di~crélion pendant le loue. cours d'n~e vie
plu paisilile, au!ITT!enlent encore l'aLLr_.11L_ que
la candeur ile l'ù~e. la beauté na"hc fa1~a11ml,
chez celte jeune femme, i inlére. ,:ml.
Uans ('P milieu J'héroïnc. &lt;lu passai;e du
Comml\rcc où ,enaic11L Y.in Jlohcrl, Lucile
[) ,moulin., où finl p nl~lrc Théroi ,ue,
elle a pa é un peu l'Ommc une nfaut lrc&gt;Ulllanle. Cc, discussion· :ipres, l':iccenL rréuétiqnc des Ji:.cou1'" ré,olu~io~n:Ul'ei;, le" jo~~anxieux vécus dans une [ebr1lc attente, vorla,
pour Hie Gél)', ce 11ui ·ucœda, d~- le début
du. mariage, au cb:trmc Lranqu1llc de la
famille, aut 111œur~ pah;ibles ile ::on milieu.
Dnnton, au leudem:iin de la mort de a
premii&gt;re femme, cùt eu liesoin pri'ls_de lui,
pour soutenir son couraae, pour gmder sa
vir, pour aider se pas de colossal aveugle
iiLernelletnt'lll confianl, d'une ·econdc l}ahrielle Clurp •nlÎN, An lieu de cela, au lieu
d'une COUlpagne de sa fiè\T • et de se. lra\aux, de _a lutte el de ses espoirs. ce fut une
fillelte, pre,que un enfant, que Danton
trouva.
Délicate él jolie per onnc, ~lie Loui e
,1y éprouvu-l-elle, pr de llanton, comme
Michelet l'a Jil. de l'élonncmcul et un peu
d, peur 'Lien plus q~o de l'a~our~ Ceci 11'e_ l
pas ab olu. ~me Lom ll G~ly aima on mari;
eUe l'aima, comme ln liane, dan' la torêl
profonde, aime le _chène r?l;u te qui 1:él~ve
an ciel el qui souL1eul a vie. On a écr1l que
Danton mo11rut de cet enlacement et que le
poids franilu de cette petite main, pendant
un an de tisa \Ïe, sur sa rohusLe épaule, suffit
à l'accaulcr, à le laisser san [or i devant le$
attaque·. Ce q11i ·c.mble bien plu· ·rai ·•e 1
,1uc la mort de la paU\TC Gabrielle Charp n1. J\oun llow11n, l&gt;1111tm1.
'.!. 1i~ur.1M, 1,r,. ft:llltllel tle la Tlil1•n/11l1111r.

lier awiil urpris . Danton, J'a,·aiL Lri 11 de
chagrin et de dé iwrance. CollP premicre
ép1&gt;usc, c-..i1ail pour lo tribun une allianra
heureuse :nec la dcsti~éc. Onnion pui sanl,
llanlon nutoril:J.irc, maître des Cordelier~ •t
de la Convcnlion, • Danton n'avait jamai ·
pleur~. ,'on dfrlin date de . n dot1lenr.
111c G~I n'a pa,, f.iit lclllt le rn~I dont
Danton est mort; m11i~. derni~r ,. nue û,ms
la maison de ccl homme, Ile n, dc'i·tml
J'hi Loire, porlP tou l le poids de ses faible ·e,
cl de es &lt;léfaillan·e~·. L'hi Loire n'e t rajuste : Mlle l,ouîso Gély a été le sourire Je
cctL fin fonèbre; elle a orné dé a grâce cl
réchaufl'é de son cœur ce granù cœur qui
souffrait. Toute lit longue \'iP de paix oL de
bonheur fntùr qu'elle ,écut plus Lo.rd, aux
côP d'un nutre homme. ne ufûra jamai · à
compcn.ser pour nou. celle :umée lra!!'i11uc,
~ponr:mtnl.11 •et l!f'lle, oi1- pe11Jnr1l dix lonfTs
moi - elle fut Mme !Janton.

Il
no croire :ib·olnment le crayon lr:iineux
'I" ll.1Yiù, son ennemi, dc,·ait tracer de lui
plu tard, au procè de gcrmianl, on peul
dire de Danton qu"aH!C on rroul ru ·:ml, sn
l~vre el son nez modelé à coup de corn de
taureau ou col Jar •e el puL nnt toujour' 11
décou,•erl, il offrait le t~·pe le plu inouï de
laidcW' qu'on ait jamais YU ju 11ue-là dan la
llévolution. Grêlé comme Mira.beau, il savait,
ùnn la di cussion el lorsque sa colère emportait ·a violence, jouer plu 11ue lui encore
Je ressource de a di. gràce. Sorte de g :ant
terrible, "de &lt;c ~argantun » de hnkespeare
cr jm·ial el gr11ndiose 1 1&gt;, ri loutcnscmble lion
el homme• », il anùt, par l'audace cl le
bruit de n roiJ. le mouvemcoL de sa figure,
l'éclnir de
yeux, faire reculn ceu:1 qui
'opposaient l1 lui, l, drn de nprèmes mom nts, par l'aspect terrible 1ru'ofrrait son
\'isnge, pétrifier de crainte et d'horreur les
ennemi de la patrie. Lui-même disait 11ue sa
face était me 11 hure » cl que sa tète, clouée
comme cell • de lédu e an bouclier de la Ré,·olalion, forajt dao. 1~ romLa tremlilcr
1 s tyran!t l, par son eul aspect, reculer les
roi de l'[urope.
Le peuple, que riea n'effraye, aimait cc
mon Lrc à son imac.e. cet ètre colo al en
qni toutes ses [ureur · cL es ,L!"piralion devenaient t.iloiJUentes; mais, au1 bancs mêmes
de I'. ssemhl ( , à la Gironde, au centre et
jusqu'à la lontagnc, rctlc laideur sublime
::,. &amp;

Crllo figuT0_r-cpou1o&gt;111Le rt alr&lt;icc. P (~l1nc Ro-

u o, ,1lr11wirrt ).

""2:i2 ,..

avnil e ennemi . Le pins inquiétnnt, le plus
mortel de Lou , 1tl rrucl et benu aint-J 11- l
devait, an plu pénilile moment de sa c;1rriHre, se r:iire lem iuterprè!e el llétrir pnur
eu ce Danlon dont, dit-il dur ment, u la
li!!llrc bitleusc i&gt;ponvanlc la liberté ». Ponr
lés femmr~ - qu'il ador.iit pourtant ·t 1111'il
:t\·ai1 séduire nial 0 ré n laideur - la r{-pulion se manifestait encore plu in linctivl', ,
.fmc Roland nlleint au r.omlJle de l'injuslice,
en ne ju"canl Danlon' qu'à lra~ers le \isnge~;
~lme Je IluJfon, par qui fo duc rl'llrléa"n ·
essa ·a do le éduire, n'osa 'approcher dt•
lui qu'en r,•rmantlc. eux; qu:inl 1t la p•Lih:
Du play I plu. tord 'IIIC Le Bn 1 'llll' lmtl P:'1nis. êmmcnn un jour, chez le tribun à
elle ·'écrie rrissonnnnle : « Dieu qu'il, 'élah
laid 1... 'a fi ure me fil ldleruent peur 11~/
je priai in. tomment Mmi: Pani.' de ne p:r:.
me ramener clan celle mai on ►• o Une ~cul,·
n'éprouva pa , à on ~ ppa:rilion, celle Lcrr •u r
cra.inth-e; ce fuL ·a. première femme, Gabritille ChnrpL•ntier. Fille du limonadier du
Ca(i clu. Pctnia.· ·t, sur le quai de l'J~col,·,
non loin du l'ont-~euf, grnnde et heUe brun,:
« d'allure 1111 peu pa)SWDe 5 », die fut to11 L
de . uirc conr~ni e par ce Champenoi. à la
voii vibranle, nm. di cours ,ponlané , ùc
qui le cœur irnmen e hallail déjà d'inslincl
du rythme de la né olution. 'l'out de suite,
clic "raima. n Il t hien laidl n lui dit-on.
« Qu'importe, dit--elle, i moi je le ,oL beau 1 »
,~u. i l'épou n-t--elle. Ce fut un imple et
beau marfoge oi1 le lucre n'eut poinl de part
cl que bénit liienlùl la Tenue de deuxeufants,
« l'un com;u (ou le wit par les dates) Jn
moment .acré qui sui rit la pri e de lo. na~tille;
l'anlrc, de l'année 91, dn moment où Mirabeau mort et la Consûtuante éteinte livraient
l'avenir à Daolon°. »
Exubérant, d'appéûls impérieux, pas ionné
de la [emrne comme de la République, le
pui ·sant tribun éprou\Tait, tel Antée, après
es luttes terribles. le besoin de loucher la
terre et, dan les f~tes du cœur, de retrouver
..es for . L'n.mour otail le pain de cet
homme. , a cnsnaHté insatiable et farouche
commandai! es acte ; il se guidait sur elle,
cl c'était la faible se el le mal de Danton
que œ côté rnlnéra~lc ·par oit le pins
nu Lères de e h'1.cb
ennemis pouvaient
l'attaquer. 'l'ont, d~ cette riche nature, se
ubordonnail au grondement intérieur, nu
bouillonne1UenL secret d'un sang impétueux.
La moll e inome, la nonchalance fol.ale

'hros:·

17

PoL. C.C C,1111·1"11lfu1111el Leba.,.
ri. r.. LDornr.. Paris rt1111ll&lt;lto,wa11·c.
O. \l,cnnn. Les fnmnr:, dt• (1, llt'1••1lll/u111.

.\,

TLYA.~

______________________________ LA

SECONDE JKADAJIŒ DA1VTON ~

dont Oanlon donna les preu,·es \·er l:i fin Ùl!
sa \-i~ témoi!!'lll'nl à qut:1 point cellr. lutrllc
des sens écra~:ùt son génie . En vain s'clhirçaiL-il, par des actes Sé\'èrcs, ain. j qu'on put
en juner par le jours du Champ-,dc--Jars,
par ceux. du 20 juin el du iO ao1il 92. rar
le missions de Uelgique, de !,riser les lic&gt;ns
de cPlte domination. L'étonnante Yigucur
dont il avait faiL preuve
am: dil1iéik moments, lom,
Me avec le faits qui l'avaient fait naitre, ne le~
dépa . ail pa • Parfois le
géant, piqué par de sourd1• · ~tta11ue ·, avail de terriMe · réveil:-. Il allait.
comme Alcide armé de sa
rude mn ne, Crappan~ Je
l'un it l'autre. mai. ùl.
olîort eux-même pro,·oquaienl sa p:tresse, énervaient ou cour:tge et l'on
eùt di! alors qur. l"henmu:
somweil, dans fa paix de·
uhnrop ·, sou - de bnisers
d'amante, était l'onitiue
d •·ir 011 il •en1rourdî · ait.
Tant riue, dans son ombre immen. c, marcha, dévouJe rompa.gne de a dc,tiuée, cette bonne Gahriellc
au large, el nobles trait ,
d'une nature puis·antc

u'effra)aie.nl p:r lr,1p la mix tumultueu r.,
le ollurt!' brui.ni et les sourcil. frflncés tin
tribun ,·îolcpt. Lucile . urLoul l'aimait, ce
1·ompagnon de Camill , ce grand Cordelier
dont elle raillait la force, 11ue - par un
sobriquet tendre, ao • 'Oiré de Puis ou
d'Arl'Uuil - clic appclnit .l/nriu cl qui em•
!,lait ponr clic, dans sa mâ le st~lure, 11ucl11uc

_1. I:&amp; mm;! ,I~ Gabrielle. éwul _les Jarflliius : l.c5
Guon,Jws, Il !!'-'ri!- .Cullul d llerhm;, i 11 li 1b11ne du
Clul,, mil fa,1 p,•rn· une ciluyenue ')lie ù.. us regrd•
tons, 11110 n1111s plcuron lITTJ~. _Ah I payuU!· lui le 1ril1u1
de 005 larmes : ~lie en ~ t h1~11 Jlgn", b ~imèrcusll

femme du citoyen Danton.... Danton él.til dnus ln
Uel.i:i•fllll; ils unl fOlile d~ Sor] absenl'(\ le lklw !
Il l'onl rrpn!s1mt11 çomm, rlca1~aul, dft11.S les juw-nfos tles ~ et 3 !ieptcmhrc, les ricLime~ qu'on tlr.vail
êguriror.

chiremeol 11u'il épromnil ~ voir 011fl'rir celle
qui lui était . i chère, mahrrJ l'appréhen.ion
d'on redoutable malheur t:jui le laissait accablé d'aogois!)e, flantoo n'hésita p, entre son
dernir d'épau et celui qu'exigeait - par sa
pré!;enco aux armées du ·ord - la p3tric en
danger. Il p:trlil - mais la morl dnns J';lme
- après aYoir serré une dernière foi dans
.es bra. pui6 ·anl . cette um·
bre de sa femme, ce fantome de Gabri •lie. Et 111,
dau la maison, !me n cordin pleurail, le enfants
pleuraient l!l lni-mèml' avaiL
éclat~ l'D .aoglut:; quand ln
pauvr mnbde, , condamnant ~ans r •1:ours, av·i1
elle-mèmc choi. i, pour scrYir de mère am f'ulurs orph lins, une joli• personM
,1ui o':i.,•ait pa · ~~ize n11s,
l't!nfant délic.'lte. douce cl
cll:1rwante d'un hui. icr~
audicnder des lmreaux de
la marine qui avait connu
Danton lor de oo mini Lère.

Quoi do plu dfr3yanl
l{Ue ce..~ mortel. adieux '!

(Juoi Je plu· Joulour u
11ue cell&lt;' séparation? Danton n' 1tait pa· ,cul' et,
dt~a, il était lian(:é. 0 •j;•1 il
comme étaiL la "iellnt&gt;,
lui fallait assoder en Iuî l:i
Danton ne dél'aillil point,
Iraiclie el cfairc image de
« li aimait k femme·, il
celle jolie fül, à. cellu - j
est irai, a dit de lui dicbcfatalement pàlt, - dè Galct, néanmoin · surtout IJ
brielle mouril.nle. Frapp1~
~icnne. u Créature de leudao le doux ,e&lt;·reL de ~
d.rc ·sp cl d~ Cid :lité, Gaforœ obscure, le terril,lt!
brielle, durant loulc a \"Ï1•,
colosse, comme un Ho11
s'elforça d'ndoudr cc rndl!
blessJ, .cnlaiL en lui
caractère; elle rolllut pour
lremLlcr et rn••ir sa douOanton un foyer de bonheur:
, leur1. ·•
clic lui doona deux fils, die
Tout ce qu'on pènl dir(',
essuya sou fronL cb.:irsé de
ici, de Ille Grh, c' ·,
Ja.rm d'orage el, pour le
qu'elle ne vint à ·lui qne
rendre heureu:c, pour atLé- -r,1Nt.Jf/ .te DOltLV, gnari: t,ir TRESCA, ou le Pd11/re IJ retrcsenlé Lo11tse GdlJ" et JllllfJllle DJ.11/011, dé:.ign 1c de c('llc-là mèmc
nut•r mieux les amère ranq11i la préwla dans le cœur
cœur · des lnllt:. politiques,
de hanton. Un ne pouviliL
elle tenta de grouper, :intour dc ;;a persoone, gigant qu.e fr1•re de son nesmoulin. Toute bien conaailrel'unequ'en connaissand'aulr1\
toutes les affections d'ami sCirs el dé\·ouo ·, la nuit lerriLle du !J àu 10 :io1"tt, Lucilo
d'une famille bonnète. ccondée, dans œtte l'avail passée. à veiller et pleurtr au bruit
Ill
tâche, par Mme Recordin, mère du conven- loiol.1in de l'émeute prè.~ de Mme Da.oton.
tionnel, par l'une de ses bellcs-sœurs, la
Défendu par l'amour qn'aùritait a mai. on,
lllle Louise Gély, au moment do devenir ln
bonne Mme Dan ton 'elforçaiL d 'elfacer, dan
par celui de ses ami , pnr l'amour plu. ,·ast
.econde épouse de Danton. a'nvnit pas dixk
la mesure do -CS forces, du cœu.r d son cl pl.os dangereus am i qui mon lait du peu plu,
ept :111s. La planche que Tre.sca gra,·ad'aprt·,
mari, toul ce qo'avaiL laissé de péniLlc le il ne paraissait pa- &lt;{'Je Danton pùl faiblir. .Bailly et où elle est montrt.!e en. eignant l'uint!
diivoir écrasant où il ·e dépcosaiL. Mme Vi ·- .liai·, héla ! les honneurs forent ratais à .a
des dc11 fils du conventionnel I ré,ilatrict•
tor Charpenlier sa sœur, artiste au talent Yie. Quand Je député, appelé au mrni tère de
de on frai 1·isage, de se. bi!au. el grands
délicat, égayait de sa prés oce ces rares cl la JusLice, quilla ce dernier pour revenir au yt!œ , &lt;le sa hou be aimnhle, de ~es rmûn. podouces soirées du passage du Commerce 11ue petit apparie.ment modeste où l'allendait sa telée el douce , de toute la vive allure qui
Danton disputnil au club ou à ln tribune. femme, il trou~a œUe-&lt;:i déjà frappée à mort
éman.1il. d'elle. Vêtue d'lllle roJ1e de atio
Mme I\obert venait .:iussi; et Lucil De mou- d11 mal qui fa minait.
d'une grande élé•?anœ et dont la forme épouse
liru ! C'étaient là de cbarmantc.s femme qua
Yinl la mis ion de Belgique. Malgré le dé- son corps YoluptueUI, le front délicat .ou
• ou êfl(llll n r •çu le coup de I moN en tî~nn
tlt!IS ,~ journlll_x retle nlr1J1.· impul11tio11. Clln,;
qui ·nrnl o:oml,wn rctl fcnune auneil O3nlun
p1i1u·1•nl fi fai11iunc idce de •a sou!Trnncc. » (Da 11 t, 111 '
par ,\1.1111;0 Dlnuu.11,),
•

�msro~1.J1-----------------------J
dotn li•1ue~ et
fnul1-s. L1• knd1·main ( 1:; juin 17!.'l:i), t•n ·a- d · 1•nfan , ,nuée au
11,· m li 111.h u , li·, 1111in l 11 ro11 1111 • C'•1ui, durant dix mois, , · pour~1mr • a,·cr:
1 ·til 1,i,•1ls rh, u,s,: d' • ouli •rs J'(tollr, i·bt·ll•i. ,, 11. aucun apparnt. an" • t. a111i. ,on appar~nce pai. ihlc .• ou· l'heureux :isp1•cl
pp111é • aupr~~ d, J'in~trumenl d'opliqu1:. Ln ·roi~, Camille cl F, lm•, l'a~ Liant ain:;Î &lt;l'un bour 11roi. bonheur ••\ .\rci · surtout, t:
qu' uu r·1 chique. le mariaµ fut ~l~l,r •
Ile in truil 1';,11fa11t 11ui n'1:tai1 pa d'ell .
où llanlon • t 1 inoitr , nw bord. du doux
dan une m. n. ard , dc,ant une taLle trans\io,i prnch :~. :1u-d1 11, de la tabl d'étude,
lleuvc 11u'il défia 1'niant. Mlle ,,1l) l:ii ..~
for1u,~ en autel n1• Pa,.:i. · du 11mmcrce,
att.-nfüe 11 ,lonn r I h~on,
p rail, 1,ien
ocr son cœur ~ ln ronhanœ roba le 11uïn piùau~ la mai,on funèbr oi1, quatre moi a,·aul
plu «1u 1 m;.re 11011velle, pr~ du l lit
rail la rn; 1 {,ner· i ch- on ~ri. n 01 aui.
ce jour l,rillant d pr irial, le prrtr, de b
• ntoin , 1111 :!rand ~:ur ainée. ai. loul rn
lr:wan: c·li:impt~tr •s, 1111 oin. du er"n d &lt;l11
rlh rc pir, i111111,·en c•l charme, lont e. l p:irni .. ,. 'ainl-.\ndr1L1k-.\rl nnr,•111 chrr~ l mais n, luin du turuult" alh· u, d nl ,,irait
l'hcr le 1•orp&lt;t in:miu1t: d~ 1:abri1•1lll. tout a
P:iris. ·llc. .. •nl leotcmeol 1liminu •r en cil,! b
l~«('r, tnul •,t jnli 1•
g-.1rdi! 1'1·111preinlt, cu111m l'intinw rc r •L du
ll'c ·pr · ~ion ·iw el Pnjouér, elle illmuin
primili\'e rrainle !JU't:lle o.,ait d llanlon .•\p-!oint: in lmnh1·nr. ta p r,i.l:1111 furmll d,
de l'frlal de
H'llt tout• la \'Ïeille maison.
flll • à lui de : main~ rr.1.~ill':. •1ue pou,· i1r
lll'Î nu 1pou.
l Clll'tlrt ,·i.iLI• à l'a:pr·&lt;:l
l~ll • dc•m ·ur • ,,n· deuil de la Cour du omell •l1il'n r Joui rde l'a, nir'!Qui pourrait l'ai,L, cb:11111,r · • a 1d11i ,1,· m 1111I -~ di.po,(,
' 1•11, rcn it - par elle I' mour. &gt;t
l indre. à tra,·cr · 1· co\11-:e, dan. s • e.~péranp. r t'lle, au t3in d,· miroir·. à tonl ce 11ni
. u ri· .•\lerll. l ,émill, 11le, h II u ~ l'I
cc · d n l · r 'vc h •ur ·ux 11ui mont.ail pour &lt;'ile
r ·lléln w1 peu de• c:rll!: vi • d femme. UrncepeuJanL a,. i rr inlivc, la milà Lli II petite
J roleau mùri ch..ir" 1 d court. ~i:!HOùri,,. ulc l .olir • \'oici, ~:irdé~ p:ir ll:111ton
fille èl jolim nt · illell , un peu prO\in ~.
li• Vl.'rrn 1,ii rll1• 1ml, li• lil oî1 eJJ, "é111il hlc~, de. clmnp , de la riP cl d la petite
mnis i ,ponu1w'e et i ù«~ irabh• ! .\h ! 11ue
,·ill1• bmuhl oi, il.- é1ai ol aim~ ·t
tian~ lt!! aflrc:; dn mal; l . ar111oire abondPnt
11.,nton ùnl l'.1imer cl rpie errant cootr lui
in i pn ,heul l · moi dan~ la clair
il 1011. ce,. ouwnirs : « 1111 d~. haliil11: d'in- dan~ I •!, momenb d'an"oi .e - ctl friChnmpagn ••. Retenu par da dou · lieu: J
dicmii.&gt;. un autn~ de 111011$~1·line r:i · ~c, "nrni
,·nl • jcunc fem111e, il dut, plu d'une foi,.
Oeur· loin de l'an~ml • LJ\chc qu'il ·,11ail tr 1
1•raimlr , tian
robu l étr •inle. de bri ('f ,le III m~. un autre par il. troi. d ,hobill de 1 • •, Il nlun r.entait lli.lcliir
rbolution,.
k, lien. lé,. r J •1 s lira , · m;iin déli- tnil d . C ton, garni, de mou'. ,•liue. tlD juron .'on foer~ic fond il au fr11 d on amour. une
tk l,at.in. un 1•efu de . tin hl u garni d' molle· : im111en. • nvabi · _ait ~oo être, 1m rt•· t, • œlt poitrin fragil · où ri •n maJ~ré ~a
anarlrc d • France, un pil•rrol t1 al ·m nl de
force 01' p(lll\ il pn~ er d1! ~ou l'ruportement.
,1ùt ~ forci•. , •nlrn.vail :a rn:irch . Et il
ali11 Lil•u ... un rha1 u J,, .oie et un autr,
Toul foi·, co1nme il la d(,,ir il! (',&lt;,mm" la
êla.il . 1111,lahle à un pui salit scla,·e : ·n
dr ~slor... • 11ui ~ont, actroC'hé., là, dan.
· :nu ·lé, r.omnll' la n •rv'tt e r1ice d • celle
-oumi ion n ail qu1•lq11' b ; • ùïmmerM'
la pou Îl re el l'ombrC!, comme :rntanl d •
oul'le lilfo ~·cul, i •nt à lui, dominaient e.
d J, désc.spc:r:.
lt1nwin d'nn pa . : d'nmonr 'l dt: fidélité,
l'arfoi- le hruit de l gu, rr ou celui de
en. ! ommt: il étnil pris au ·l1arme naü d
ronime autanl d'écho du 13 form di. rm•ll ·
1l11u ùe c · !:rand. j'«·u, pur.·! .ommc cl!e
la 1ril11rne arrhait ju c1u'i1 lui; on le ,·01ait
11ui I•· h:iliitu. l&lt;.l 1P d u jt&gt;un · · nfant. de
ltail •n lui - ,lé}à . i ln. , .;i Fatigu :, i , i1.•u
al«, hondir orom • un grand fauH. \'l d1 r-~abri• Ile Charp ntier : Antoine et FranÇJ1isch••r ,•ncorc, mai dans le vain . il nrc, à
h tr •ni -&lt;1ua1r . n · - tri que le dnu l' til
(:~r" · . ne. 001-il pas là au i, 1·oi111ettcrncnt
,io d se rntcau d'.\rci. Joni l'arom gri:ai,ir l'enn mi, • le bro~er &lt;lu poid d • ~a
p:ir~ pour lt!ur no11\èll1• mèr1•?
fnrlc 1tr•inte .. lai:-, I' ·nneini :tait loin: cl
~nnl lui r\cillail lt• co·nr. i j1'une, dl 1
Banlon, le voir, n'èpro11\·enur1m rc:trrl.
il .&lt;tait plt:in de ru •; il était 11 Pari· cl d. n ·
rajeuni ... ail, i mutin• à fa foi 1p1c J n u,·
'nn rnd • oplimi,nH' n · lui vmuct P"" de de- IP · comitr ·. ll1! rase Je ne pournir l':tll1•in-,·t , i hardi•, apr1· tant 11 · jour-. fatal • lanl
muurt'r longtemps nttacM ?1 l •s plaindre. En
d, r "rel! cl tant d,· li uih,, elle ,:tait fo prin1lre. dan l'appétiL J nicide où il
11 'p n:im •nnnt Loui~ ·, 'lu'a-t-il ùunr fait J.e plus
ait, Uanton, awc uni&gt; ~ourde t•I I rrilia•1h•
t:mier l,onh ur de on déclin, la ro~ • aprii
111w d1• •r c nfonner nu I œu d,· , clic 11ui h·,
nrJeur. :1r ·i::nail I • :c:ul Ire ,1ui pùt lui
le· larrn , h· r you aprè tou lo orage .
('llfanl '? a ~lourant . Gauri Il' il\"ait pr '.pare,
fair alo~ 1•ntir (r ;:ni'il d,• ln ,h. 1.-• feu
.\us. i, conune il la convoita dt• qu'il 1'1•ut
,oulu ~ , :on,I mana"e '· 1: JI f liait bien
Ùlè tim?uiblc d .a ruùe pa.,ion lni~ait d'un
:ip!!rçue ut com111 •, p ,ur l'ohlcnir. il :icctpta
- de la parl d"nm: famille hostile -- le, c1i- 11u tout, ùan. r,,rdr- J' ,:,_ ,ie el J:111 ~3 t."'f.·hl ,om~r' à d1:1 ·une d àpr s el magniJ :p odan • ol~il la morte.
fi,111e lèl&gt; où, :,ur un ,•in d'enlànl, il ·h 'rh• plu contraire :1 ~on cœur !
u re.n ·• il ne w111lil, pa qu'au· ·eu d,· · cl13il à trouver l'ouhli d • toul . qui - jadi ·
L ~ parent. de la jeune fille, dcm ur •
cnfaulr 11• dmi h'tl UHlU\'aÎ•• Loui,c a l\•·pril - a\'ail fail .o :,:randl'ur. ,\in i 011 Ji:. r mnl•rr loul t·r, uls roynlist ,, pcnsèr ni
a l'. rr•~ter courl c11 lni présentant un o\,~taclc oroé, li!! rnuni ·re · dom·&lt;· cl finro. : c lie 1·0- poir, en la prov041no11I mi •n , aidail a vol(U'il roy:iienl im-urmonlahle i&gt; : ln néCt•,,il ·. 11uellc. •sl aus,i une ~nvanlc; ét Léupohl 1upt :. 1:1, 1u1c 11ui1 d'a,, t1!!l • oit Lrùlai1Jnl
lloill), 1•11 nou · 1, r prt: entant dans :a pl:mch
J ~ mond, qu ïl a,~il I onnn ol1,r11rd,..nit
de I' ~ou 111cllrc aux cl"ré111onic. t:llholiquP .
îamcll.1' o • u • • d'in,truire 1'1111 d · d u
p ur lui, d~ ,on ,·nilc dt• c.:11Jr ·, dan. 1.
a Tout lu momk écrit lit·hclct, a,nit «pw
li1 tlt• l&gt;:inlon, , trahi I • côlê J,:jà m:111ifc:t • tit.J, alc.iw où il ~e rl'fuginit, I,· l·icl limllanlon, le vrai ltl, d t1id1•rol, 11 • ,·u)ait ip1
J,. Lionne rnu-ur bour"eoi 5, de doct • l'l
mp r titiun dan le diristfani~mc cl n'adnrait
pide-, 1· ri ·1 ,i pur de la palri •.
haut .ou i de œt ouu,·clle mère. Tout. &lt;lan
11ue la n 1ur '· Cela, on le .ail, n'arrêta pa
ccll• jPun per onne, n·e, 1 pa &lt;1ue frirnlilé.
IV
llanLon. , nn d • ir ébit le mailr !, el il lui
:111111, ,menl et ch:irme; un p ·u d'autorité ne
oli.,.it. Il Il aurait {&gt;:\î il d n la flamme! , dit
mr ~icd point :1 la grlce. cl Hl
ély Pro:-t rê dnns l'un de, ~rauJ faul ·uil~
Mich •let. I.e fait •· 1 qu'il · pas~a cl pr '1 ra
lloilly nou 1 révi-le- sait unir l'undt l'aulr1• J'l trcc:ht d · · on . :ilon de lra1·ail 11,, h rn •
lui-m ;me - comm 011 il qu llercul • préet 111èl1•r, pour plaire, à .on enjou,,mcnl uu de. ord li r , Ir, 1,ictl au fou, l'a·· à J'; tr ·,
para n l,1\chl'r - c·dtc apotboo ·c ù . a frépeu d "ravi té. : ou. le craion frivul ', a mou~ il eml1lail, dan 1• :il ·nCl~ tl tian la p:ii do
né i '· I.e d I lin de on autorité ur ln l"\érnluoir, 1101• lhnton atkndit. ln• latnp' 1, pcin
tion, ·ur . • pa.rli~nn t ur lui-m me nu ·i reu di.: contour· ile l'a.rlÎ. l du temps •. c
montre, ,i~il,le acore. dao I tua d · r •lit• \ÎI 'dair. it, d,,vanl lui, ur 1:i t hic d • lioi,.
datt• J • rnnnwnl fatal oi1, ninut on p . .},
j un frrnru dont lurdiu i1I pu • 'in. pir r ,le. mon '.t?all · cfo papi ·r d,•. ropporl , Je,
llanlon mrba .a for· , l1111nilia on orgueil
jadis, un peu de l'altitude d • d •moi elle.
hro1-hl1rt· , Ùl'~ lt:Llr,·,, et cc I' t.11 111111111ro du
:011. la main d'un pr'tre. Y. d Kéra\'cnan,
fraoçai,•.
il'·mml
'!l.
l'i1•11x Conlrliu oit :uuilll • ~ tr ,· •r. 'foprèlre réfradair'. Jilu tard curé de Saint,\ Paru , p:uo ,,.e du Comme , , ou à Arci. - rile, 3\:ail comvaré le rt nue ùc llolte.-piPrtc n
t!erinain.Jel-•Pr: , ciblinl 1:111 - • lon l
ur-Aub , c' e l la ru ·me ,i doue occup c
rit'· - Dnnloa 'a •cnoulltH, fit l'a"eu de e
5 , 1. co11w11lio1U1cl, romlll• lolt h• cr.i11I _ luuU nar•l
fmul , ,-t~l nn uatari lr. ar,t ·nt, Ill&lt; ulfc,
li 1, c•lm J . )luu• Il ntun 1111·• srfllîl- 'Trc. •n.
t. c Llt,illY, ·••ni , 11 Ir ·. r il,lc •I grim•~•DI tU
1111i Cul 'pri ounier plu, llonl. 1vr. lui, • ' tnl •1u
~- t:. Lr "'1111., l'nrÎ• rn•u/11/iounn,rr.
l'f.mrir , l'IÏl uu m~r\Clllf'll\ • l•ir "" 9:,. ( 11 m;fJpulnu. ~n. :i. J:.. •·th .... • p!trl Il n~ n• -.1• ,1, :1rl1r1·~.
:i, llfl't'llf1tirt1 d11 '2S firrirr li 1:i ([111,l, 1I
u:r , J)i,-rct..irr,,, Il en vail eu pr~réd mm nl cl 1
1 la, ll!l'!t 11, l'l ,1., 1 n,11nrr ,.
1 Corrar,1, notair• à ParjjJ.
nulr : en I i 1111 le ,l ', lit·i •111 110rlrnll rit• l.u il•:
1. ~h JIii.ET. LI' fr111rn,. d~ /11 Il ,..,fut11in.

eu~

l

0

1

:;

,

_____________________

1....A

SECONDE MAD.AME DANTON - - ..,

Pani partit, en h,ile. , in. i '111 'il ét..,it ,-,•nu·
ir sou t'C ci1•l uln~ur. 0, ·e )'CUX a\'ÏJ1•·
lui du L·ran rom3in. [ lin , , L"· el là
~1,,r,, ''.ne é. ritoir• êl tl' fllan~ de I Ud- le .,ra11J ~ord licr ch •reliait fo di,in lia.nquet le liruil tic e p3•, J' hord di llnrl. ·a ~
11u 11 anal rêré. ~lai: 1oki qm·, moin com- !-(111rJi1 pt!ll :1 peu, •a~na la nuil. m urut.
flllll nJoutmr•nl au d · orJr •. Par la porle
plet •1ue · lui dl•. irundin~. à a Lan,1u •t \fai111i•n:1nl, la lrçon nch •v&amp;-..\lm llanton,
ouverte et donn3nl ur la ail• à mnn r J
1Uiout, parlait au "arçon.-. \b ! u·est-(·e
1:1 Cour du om111crc , D:11111111 vo,aiL Loui,, IIOU\ •~u ~aucoup n pr •naicnl pa part. Qu
pas_ 11u'en jupon d'indiennll huu'lu •t.,, n
~I , p •n •h/ . ur le. fub/r., ou
1/ai on poul'a_11 ~mr Fabre pour n'~tr · point lâ. pr1•,
r11~tiq11e, f'fl,i'Ï l'r 1 ~ enl.onl : Antoiue el d, l111, :i ci· moment upr m '1 l)ue C j,:iit pl'llt manl l t d • drap, 1 m inlien ra\ •t
• ran i~-G •or ·,; deb 111 • cô~ tl'eu , on ll~ranl! l1e_rui. uiro e L ,·cnlù~e. n, pMi - 110 111, clic l'lait ain i 11u'11n nière dili cnl
ne,cu, un ;:arron de ueur n,. cnri u.x L sa1ent.1ls point ton deux Jan. d froid r,1- 11u·uue ,Mlil'ale p lite "nu, rnanl, d'en~,n ,
, E ténu'., dl' _la jo11r11 • r mplic de jeu cl
.1ll ntif, uivail t. cUruon lralion: un•
n- ch~I '1 El , mill .'! rIJ ·ita11l. ain. i qu'il émit
Jul , u-Je. us d' la chemin&amp;!, du tk-tac lm-mê1ne, nr. ·e !il-rait-il poinl au ·:i au· fai- d ~Indes, Antmnl! c·I Françoi. -G11&lt;1r••1• · . en1111al de s.on bnlanciPr n lhrnail Ir· 1·oi1. char- ble, f •mm' '1 I.e, mol· dur. de • int-Jn. L: lntt•nt 1~ sommeil venir. llicnlcit, ment:. par
o 1~ l. -~,e , b:mdon ile la cbo.1• pu bl11p1 . .. . » lrur m1·rt\ J.an la nui: d lampes, wr~ le
ma.nt es tlc relie femm • c itui e cl di:
dou . rt·pu~, 11 n r 'la plu~ d',•ux, au front
1ro1 enfant . Calhcrinc . lot.in et Marit• Fuu- allo1r.nt•1ls tro11ver leur ju,Lificatioo ailleur
ac al,!~. ,1u, le p&lt;iiJ 1· cr d •
erot, lt! .e"anles, at·be\·ai.ml tle ,le, •r\ir, 11u· n a c mluile? EL il t!lait ainsi mal"r 1 rll} 1 hunune
1. •
•
C
oo ·hand bonheur.' qu'une deu uat er, tr Ji&gt; .....
t, du S ,,te h·nt d leur 1,ra. nu., d' mpor- l'intimité d
Pui·•
fut un liruit ourJ. nou eau,
tcr le, m
1 ni_,l'llc.,, l fruits de- "ra~1lc fo~cc humaine abattue cl .Ju,·age....
(.;n brwl de coup frappé, le redr" bic-n- cuntre cette. po_rle 11i1, depui. le commenet.,._
meuré. ·ur l t. hie. JJ1n I cadre d, cdl
haute taille. u chue. l •s en- ment Ju ·01r, 11 e~hhil qu ,ifil,cnt frapporte ou~crh•, 1rarn1ui1J,, t Jan la p~nom- lôl d loul
hre, il cmblail 11ue c fût, 11 .emlilé comme [ nls, dans la ph • 1·oisine, rele,·ilre.nl la ~er Lou l ' averlls l'llll'nl m "léril'u. d '
dan un Lnhleau, loul le bo11hP1tr de .a ie tête· Calberin Jotin alla omrir. Un homme 1om~re .•'!~Lou lui-rm!me, celte foi . nlln
l'ntr~ en coup .Je _,·enl, hal tant, prc , 1 o~1r1r. C eta1l un envoyé de RoLerl l.in&lt;let.
que Danton vo ·ait ....
femme, en[, nt , alor., étilient i prè de ·oultlc court. C étatl P ni . an Joutt• il était L !tom.me, gr,111d et m:ti"rc, cnveloppti dan
on ,œur! Et d'autr'· enco 1yu'il eiil ,·oulu ,·e?t'. ~n l_ulle, l~avcr ,1 ob ·tad, ·, épié, le,_ pli - nomLreux d'un manteau, parlait à
la: \lme n~ordin t·l son air Je bonhomie um, ~ ~ tanœ; 1l :i ail couru, d puL le., ,o1 h., e el lr mblante:
- Le Comit :, di. ait-il, fora cerner lt• pa~
~omtlt' JU que-la, d'une ~r•ule traite. En
us la baul l,onneL de • prclîÎO e, e , ur
a", daru nn moment. le rue. d.. s Corde11u'il aimait tant, \lm• Victor Charrcaticr ·a wot • 1•nln.'COUpt: , rapide,, effra anb, il prélier , de l'École de an1l1 du
helle- œor, juH1u'à la vit•ille forJ rdinet n'offrirout plu t1·{ sue.
rnerilc Uuriot, une ,·raj • Ch. mPart z ! li en est l&lt;•m p. i npenoi. L' cl'!le-U1 el qui l'abrem •.
cor .
·nlanl a11ta11L Ju vin notai que dl'
- P rtir, Ji_ail Oanlon, bnkon laiL Je nourriœ '! Et d'nulrt',.
qu~m •nt, irrité Je et: mol, partir 1
J'autr · . eu re de- ami. que bcrE t -œ qu'on (•mpurlc I I tri à
·haient se,; y u : Fabre d'É lanla · mrllc d1•
ouli r, l
tiue, ce ai compar.non de on
Et, déjà, l'l'll\'O} t, prt -.; Je
pou"oir, uu ,·oluplu ux comm,• lui,
fuir, appU)t1 coolrc fa rampt' aumnis plu. rêvrur et plu, idyllique,
d ,Il ,le rc~calirr q11'édair.1il
1111 poNe ! Hérault de , écbelll•s, un
Dauton, 1p1i l'cmpli ,ait de !"éclat
ci~ de,anl ,ertc , mais i fin, i;Ï
d sa ,·oix indiml:c, regn11nail la
d·,oué, i L n, l'ari$L&lt;K·rate de
ru • 1~ ·. porl
e&lt;:r' te. l'L clo,e. ,
n parti; Philippraux, L.1croix
3U m1li .. 11 de: péril. imi-ihl . et
J fl.'llrioh'~ ! [ moulin , le cœu;
il' .on cl'ur, l'enfant terri Lie d •
m na~nts, Jevt'oail lui-mt'mc une
forme éperdue t mourante ....
50n e pril. le plu chn el le plu
L~ · h.. ures pa. aienl, p ,ante«.
oimé l_ li le l·ùl ,·uulus là. pr ~
Lou,i-: ,él ·, au bruit 1111':miit foit
d• l111, tom, •l Ioule., as.emhlé
ll:111100, rc, nait, k Jeu hl coupar . 1•s oio. , don cc oir d'ntj._. _Oe loin, l'ar la porlt• 0111,,rlt&gt;,
tenlr, anlonr de .a Jli.'D.t;e. Ccll,...
Il ni ,on a mari a . i au foyer
ci, pend nt cette nuit du tO rrminal, lui ml,lail plw lourd
de . a • bambrn Je tra\ il, le corp
1wnch • n·r. l'àlr~, al,îm~ dan c
11u'?n au&lt;"une dt•. b ure· p1'il
rc%: _iow,; de: ll'mp~ à aulr., il
avait véruP•. Ah! torp ·ur. le d1a:~&lt;'r, brandir le glah·c et ·ccourr
:~rtn1t do celle_ immolti lité pour
la Lorcb • ! füre un ol,•il d11 feu sur
'!"onn •r avec Holenc,; pui. , on
l enl!ndail p 1u •. t•r d, prufontl,
1 111ondt: en marcl1L· l lllumin1 r
soupir
l prononrrr J
paroi,
Loull Enra r.r Je on souflle et d
-onéclal 1 ,plu. rampJ.nl, reptilt&gt;
entrecoupé , '·
J I' rnhr1. ! Tc liliêrtr, Ô C.0111Pr.- Je ui. ~août d homme!-,
di.:nit-il.
1ion ! .\p1 Ier Ion r· '"• 1) dl:.
m •n I' ! faire de~ la fü:p11 l,li11 ue uo
Pui~ av amrrlnrne:
ra ·onnernent ,i b •au 1111e le moud1•
- J'ni trop .eni · 111 rie m'c l 3
l&gt;A. TO"I,
entier ,·iendrail ·y rédtnulJer le
Por1,~u g111! r.11· ~ /; Uot,iu/ 1111 Music C.-,r11J11J/tt
d1aqr ·' ....
cœur ! \'oilà le rê,·e allit·r qui \i• ait
lmlîn, allaut wr: la fenêtre. il
alori. dan- 1 grand Oanlou.
.l111bhit qr..'il I ùt la vi ion dl.'
h! ij'clai Danton! a,:iildiL oubcr- 1inl ,1ue loul étail pr l coutre l&gt;anloo à 1 oru~~ • , Cri. oun l J'1:ffroi en •n. crotanl lt:
biell un jour.
1)rch:.' 1100 I' rr ,station :l.ÛL pr l\'ue. Oan- OIF• •re. I.e JllOt .an ..lanl, 1 mol rurièllX
- [lanlon dorl; il se ré1eillera ! a oit r L lon. ,1 un g • te d fi,·rté, d · d1:dain, rra la de Camille:
pondu le colo , •.
m in de 11.1.ni ; pui- à ,oix haute:
l'auvrc rêwil - héla •1 _ ,1ui brillait cc
on, non, dit-il. fi n'o eraienl ....
11

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1

Il . 111.iulin• \!lu~êl• t:am1nale1); en c pris ul, ,li,

Ill. -

Hl&amp;TOIIIA,-f-'asc.:.1.

i

�1f1STO'J{1.JI - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - J
- Allnuls-moi, lle'bert, je
dan.~ un momrml ....

si11s

it toi

eu,seut pu c prolon6er encore - le~ chants
sourd do la nuit, rappel des voix de la rue,
l'éclat des abrcs et dl' mousquets. ,tai cela
au . i s'apaisa à me nre que le prinlemp ,
dans le soleil de l'aube. entra. par Ioule les
portes et par toute les croisées. La nuiL funèbre mourut, le, bruit' s-e di sipèrenl, cl
rien ne 1e,la plus dans la mai on muette,
que le vide immense lai ·sé par l'homme qui
n'y étajt plus!

voilà qu'il .e reprenait il Je ltallmlier oudnin, comme i, Lei w1 dt!mcnl, il eilt de la
mnin donné rendez-vous à ccux de. hi&lt;leu\
îantùme!:i qui hantaient a \'Ue.
11 lJ':,utrcs fois il se rele\'ait 1,rusquemenl,
se promenait à srands pas el, prenant dan~
se hra,,, 1 fil .. de sa œur (demeuré pr~s de
lui) il l'cmbras. ait avec 'motionl. »
ElfraJée du désordre où elle ,•oiail Danton,
Loui e accourut à lui, les Joue pâlies d'angoi e, se beau · bra. olTcrls. "oudaiu la rue
'eroplil comme d'un l1ruil d'hommes armé ,
des porte.\, grincèrent, les marches gémirent.
Toute laetfe d'effroi. 13 jeune femme tordait
se brns de désespoir ; Ue enlaçait Danton;
elle se liail à lui avec emportement; elle baignait ses mains a,'ec des larme chaudes.
Bientôt les pas obscurs qui en,·aLi;;saienL
toute la petite maison se rapprochèrent au
point qu'on eill pu les compter. JI r eut au
&lt;l~hor un arrèl Lru ·11ue sur le palier puis
comme de· poings fürieui 'ahatlanL sur la
porte, de cros e de pistofe1 ou des pommean:x. de sabres. Oo ctît dit que toutes les
forces du menrtre, déchaînées enJin, ,•enaicnt
battre :m euil en une marée d'orage. Pui
ce tu l l'éclat d'une voi brève et Iortc é1·cillanL l'écho dans la li \de nuit douce :
- Au nom du Comité de llreté r
l ces mots connus, qui tombaient . ur lui
a1·cc le froid d'un glail·c, Danton eut, comme
1100 bèle Lie . ée 1raq111fo au gite, un « ab 1 11
rauque el sourd, un gémissement breI. Pui ,
redre sant sa taille avec autorité, il délia
douce.ment les Liras qui J'cnlaçaien l, boudiL
,·er. la porte, ouvrit a,·ec fraca el vil, Jan
l'escalier, /1 la lueur des torches, d soldat
en nrmes, pui mêlés à eux, les hommes de
Robespierre .
Il moment il resta à le contempler tous.
Enfin, ~datant loul à &lt;0up d'un rire épouvantablç, il fut le t'Mne immense qui rugit
d~bout, dan le terrible orage, Mais ·on indignation - à ce moment nocturne et 11 l'm ·u
du peuple - ne trouva pas d'écho. Étonné
Cflle tant de silence accueilliL Le bruit de sa
voix et n'en fùL pas ému, Danton comprit
que c'était pour lui le ruoment inéluctable.
Le des Lin a1•ail sonné; rien ne pouvait plus,
tlès lors, cmpècber son accomplis ement. Il
avança d'un pas, au-devanl du palier, ,it
briller l'acier lreml.Jlanl de. Laïonnettcs el sous les carmagnoles - le yeux durs des
hommes ,·cnu pour l'arrêter. Alors, .ans
forfJDlerie el sans indignation, il écarta les
rangs, marcha d'un pas rapide t'l se fora aux
gardes ....
Une longue heure aprèil, quand ~Ime Danton, tomLée é\'aoouie aux bra, de Catherine
Molin el de Marie Fougerol, reprit enfin es
i;en , elle écoula longuement - comme s'ils

Deux an. ne 'é~ienl pa écoulés que, le
21 germinal an 1V, dans tout l'apparat d'une
J!OCe bourgeoise et cossue, le citoyen ClaudeEtienne Dupin ~pou ait, dernnt l'él.at civil,
cclle qui u'était plus que la veuve Danton. De
huit an plu àgé que a fiancée. ClaudeÉtienne Dupin, homme de mœurs irrépro-rhable , de goùts purs el lilléraires, avait su,
non sans adresse, se plier, pendant la Révolution, à Loule les circonstance capables de
senir, sans les comprometlre, e· de ein
ob cur . lnspecleur des commi moultrnrs de
boi . dès 17 9, il tle\'enaiL peu à peu, et grâce
à !"apparence de son ci,i. me, secrétaire du
parquet de Paris. En ·I 791. for' de nouvdle
diYision' géographiques, Claude-Étienne [lupin était not11mé chef du ccrétariaL du département dr la ,·ilf11. PJ'omu, Je i 1 norembre 179S, crélaire aénéral à la mème dircr-tion, il devait garder ce poste jusqu'en
i 791 (an V). « Ilien que lié, a-t-on dit,
.wec I principaux révoluLîonoaires, Dupin
n'était rien moin qu'eulté, et, il usa plu
d'une foi, de on crédit pour arracher des
victimes à l'échafaud. »
Caractère sérieux autant qu'esprit prudent
et timoré, Dupin, apr, germinal el thermidor, arait senti grandir on modérantisme.
Épris d'idylle champêtre, d'étude el Je la
paiA publique, ce ,avant honnête lrouva dan
les bureaux un refuge protecteur ecmtre tou
les excès. Et, il apparait l,ien qu'aprè · le
deuil cruel qui la frappa jadL, après l'épouvanle où l'a\'ail laissée le Mp:irl de Danton,
cet homme affectueux, raisc,nnable et simple
devint, pour Loui e Gély, le ~eut grand ami
capable, par le dé1·ouemenL et par l'amour
di·crcl, d'eOacer lu pcr:,ista.nl souvenir du
pas é. Le seul lorl donl Dupin ail pu se montrer coupable fut, -elon le D• Robinet, d'a,oir
mi , dès le début, «pour condition à on mariage que Louise ne prononcerait jamais le
nom du Conventionnel et que, ·i elle avait
des enfants de son nouvel époux, ceux-ci
ignoreraient loujour rnn union avec le régicide 1 • 11
Ironie d'un ccaur certe candide el bon,
mais craintif à. l'excès! Ce qui est gra,é dans
l'âme a,·ec les trails du sang ne saurait s'effacer. EùL-clle pu 11,re encore durant cent

D• Rou".r. Pr1..:u dta lJar1 roniste,.
La de: re11da11re de Da11lo11 (llc•ue
l.t1 //é o1Jlulio11 franr;a, c,l. A propos d cette dcsrendance. njOlitons qui', seuls, otoine cl f'rlUl~Oi!i-G r,orµ-1)8
lla11l11n, les fils Je !:ahri1•lle Cha.rpaulier, ln J&gt;l'rpé.luèr~ut.11 app1•rldes rcclwrcl.Jc,pourmi1ics par ~I. ·. rJin, ju110 de paix à Ard .,...~ur-.Auhc, el L-onJirmëcs ùe-

puis, que le Coovenlioimcl. lor~ dl' on arre talion en
gèrminal, ne l.issail nullcmcnl Loui·c Gilly enceinte.
3. c 0111to11, mené, traîoé aimi , l'avowul avec une
11ahelè cynique. CL doulour •u•e (!ont il faul bien ml!,lifil'r l'e1:prebsion. (ln l'accusait de conspirer : a Moi,
dil-il, e' t&gt;sl impo .i~le 1.. . Que ,·ouJei-,,ou que faioc
un bommJl qu,, el1111uc nuit, s'acharne I l'amour. »

1.

~ - I)• fü&gt;P1~ ET.

V

annlie~, 1'6pou e nom'e.lle &lt;levait - à tout
jnmnis - n-arder la lll~moire de bOU premier
deuil. Le mois l,ien ehoi i de 6es noce récente , par son nom récond de lous le e poir , de tou • les re1;rrets, ne ufû ·ail-il point,
dans la coïncidence d'un anniver aire, à ranimer en elle la pen. ~e du mort'? Le 2t germinal an IV pouvait-il èll'acer le Hi germinal
an li? Ah l douleur, se souvenir des heure·
d'angois e el de torture; écouter à nouveau
les écho· lointain · de l'init1ue proci&gt;s; enten•
drc Danton clamer, devant ves juge maudits,
l'acharnement qu'il mettait à l'a.imer •; se
rappeler les mots brûlants qu'il avait encore
et pre c1ue sur l'échafaud prononcés pour
elle : « 0 l,ien-aiméè ! .. Ma bien-aimée, je
ne le verrai donc plus !... 1&gt; Hevoir les nuits 1
Ilevoir le jow-. ! La mai on enrahie par les
assassins ! on père et sa mère, les enfants
en larmes! Pendant tout le long cours de
l'affi-eux procè , connaitre, par les témoin •
les prolestations, le· lon!.!S cris de douleur
pou sé par l'accusé I En lin se remémorer le
moment suprême! n soleil au si beau que
celui de cet an IV avait brillé alor ; le radieu1. printemps avait paré de se fleurs le
cruel 'upplice et dan le panier infàme
avait ronle celte lête elirannte et douce
qu'elle avait .ouTenl rafraichi~ de es larmes,
réchaulTée de se lèvres et que - dans le
heure· d'amour - elle av.iil vue i belle cl si
tran ·figurée!
I 1ui ·, ç·aYail été le calme, uu calme cnYa•
hi aut, tyrannique et doux; la (]Uiélude amil
succédé à l'orage; la source des larme$ 'Plait
tarie. Enfin, comme rour ello.cer lout ce qui
durait en ellu des souvenir- Ju mort, Ant.,inc
el Fra11çois- eorge •• les deux ûls de Danlon,
lui avaient été enlevé ·. Le 22 me ·.idor an Jl,
Claud11-Louis Thuillicr, juge de paix de la
ectiou Maral, dooidait, en eOi!t, &lt;1u' « à la
ui Le de la condamnation à la peiue dti morl
prononcée contre Dantou par jurreruent du
tribunal rêYo]utionnaire, le 16 rrcrminal an U,
la lu telle desdits mineur· serait déférée !i
François-Gérôme Charpentier, beau-pcre du
condamné 4 ».
Une seule fois encore, le 7 thermidor an ur
de la llépublique françai e une el indh i ·ihle,
à la foée des scellés faite 24 rue lies CordeJicr ditle de l'J,;cole de sanie, par Jourdain,
commissair , devaol llesgrancre ·, gardien, un
la présence de Charpentier el de llarc-Anloine
Gêly, tous deu1 bcau:t-pèr du décéJé, Loui e
a l'octa ion de re,·oir, lels qu·on les lai sa,
dan Je déiiordre de l'alfreux déparl, l'humble
salle à mann-er, la chambre toujours ou,,erlc
et le aloo de travail où, sur les chcnêts de
l'àtre, tombe encore la cendrti qu'a li onnée
Dnnlon dans la nuil fatale. Puis, l'inrnataire
achevé, les enfant partis, cette veu,·e de dixhuit ans enveloppe d'un dernier el doulourew:
rerrard 1a LièJe intimil~, le recueillement ému
( M1c11 nu. ) EL le Rapport de Saint-Just : c Le mol
veitu fa lsaiL rire llanlon : il n'y avait. pa! de ,!!rtu

plus solide, ùisaiL-il plaisam111e1ll, que cellr. •tuïl 1lepl11yni t, loulc1&lt; ICl! nml5 1 a,·ec Ra l'cmmc. •
l Edroil du regi tre tics ,folibèratioos du l'A,lmi•
nistraliun ccolrale ùu &lt;lèparlemenl tic l'Î 11~--ct-Oiso.
énncc puhliquc tlu 8 ni1ose an l V.

�Lf

..,. __ H1STO'R,1.Jl
des -0bjc1 aimé , des cho. es muette,; el douces
qu'elle a connues longtemp . Eli~ pas e, _à
nouveau el pour toujours celle ro1 , le seUt l
d~ la demeure oil Dinton a vécu, où Danton
l'a aimée et que es pa lremblanls ne franchiront yilu 1 •
Enfin les décades passent; et les mois, les
année I Lr printemps de l'an lV a d':ulorable fri sons· aux violettes de ventôse uccèdent l'ancoli~ et le muguet de boi . Germinal, mois divin, éclate el ras.~érène les h~mide champs d"birer. Germinal, fèlc au ciel
et mouvement dans le cœurs ! Geruûnal1
mois des noces l Germinal, mois d'ouhli I Le
jour du 2L qu'on dit èJ,re celui du gainier c'est-à-dire de corbeilles et des vans de
semeuc - Mme veure Dantou devient
Mme Dupin 1
,
. .
[e.dn d'origine, Claude-Elieone Du_pm, _a
l'esprit probe et discret de sa race, a3outa1t
d'étonnante· dispo iûons aux art et aux
•cienœs. mi des pllintrcs el des culpteurs,
l'était au si des avants. L'antiquité celtique avait pour lui l'attrait vénérable d~s
àge , et c'étaiL on bonheur, pendant es loisir , d'en di ertcr to11t haul avec quelque
fidèles, à l'ombre des healll arLr de son
jardin de Pas y._ Le avant_ philolo••u1i_Ja.~-~?es
Le Briga.nt, celllsant passionné, vtllatt ,_1 ~ter
souvenl, dan· a petilê banlieue, on pai 1ùlt!ami. C'est le bon Le Brirranl, déjà vieux el
chenu, qui amena chez Dupin son voi i~ de
Passy, l'illustre )talo-Correl de la Tourd An\'ergne. Agé déjà lui-même, u é par les co~1,ats cl les deuils de la guerre, le brave ofücier occupait a relraile à des recherches
analorues à celle de ces Messieur .
- J'ai appri' dit-il un jour à Dupin en
,-enant le visiter iio11r la première fois, que
lu étais un bon Gauloi. et je viens te voir 1 .
Liés par le.s mêmes goûts, Lou lrois de'itnre11 t amis. L assiduité de leurs cœur ,
én-alemcnt paisibles el de ~allcment éga(, _etit,
•an le. circon tance , fa1L de leur am1hé la
plus duraLle de Ioules. M:ns on s~it comment, en l'an V du Directoire, le va1llanL ta
Tour d'A.111•ergne, malgré son ân-e et ses services passés, quilla PJ.ssy, vint se pr~enle~,
en place du fils_ de Le Brit,ant, à. l_arm~e
d'Helvétie, el lrou'ia la mort, le 2 JUlfl su1vanl, d'un coup de lance emtemi, en avant
de, eulbourg.
l,a fréqueulation de ~s hommes . al'anl~.
de ces sane• au\. di.cours nrntis el qu'aucune
violence n'em?rJrtail jam 1i, c mlra-sta étra11gement, chet lime Dupi11, avec l.t fré~é·ie
e , lt :e de jad~. Un1 cendre douce eL ttède:
étonn mm,mt fine, co01m1nça tle tomber. a
me..urt! qu'elle prernît Les habituJes pti ·thlës
dti se~ uouveaut. hôte~, ur ce cœur encore
tout ,·tbranL du p,1ssé. Hais le fon caché de
ses vivants ourenîr continua de ùr1\ler .ecrèt1Jmenl en tJllei rien n ~ p,ll l'éteindre jam,is. La p.!nséc de D1nton r1'e l pa de celle.

il

t. « Le beau-pr.re 1•l la li '\lt'-mèrc de Onntnn, _M. Pt
)lm~ élv qui babila1eol cncon•, longlc,np· apre,. la
1n3ism1 1rt{m~ où llanto11 av•il v~cn. pa~"ll tht _Co m ,
rncree. rBcoulaicnL à Y.. Eugontl. lle.•po1s, leur ,1eune
parent, ,k qui je liens le d,11~1!, comm •nl Donlon
,i,·ail..., c·csl-11-.lir ~n l)\lur.ieo13 honm'.!Le, atloroul

qu'un ordre suffit à pro cri_rt'. Ce n'est p~
impunément •1ue )!me Dupm, pendant dix
mois de on adole r,enee, avait reçu les rudes
caresses d'nn pareil bomme. a chair et so_n
camr el jusqu'à on e prit, encore tout vibrant d'elle , en gardaient l'empreinte. Et
pas une occasion n'échappait pour Loui e main-ré la défense de ~[. Oupin - de re susciter Cil elle la terrible im:ige. Un jour c'é1ail
un voyage 1111'elle fai ait à Arcis sous prétexte dïnlérèts l'appelant près des enfants;
une autre fois encore c'était une visite à
Mme Charpentier, le peintre de ln famille.
11 J'ai donné deux séance
au portrait de
votre papa, é ·rit cette dernière aux deux fils
de Danton. Je l'ai habillé en gro· !.,leu ce qui
lui va bien mieux que cet habit amarante
qu'il avait. J'ai travaillé aus-i à la tète ....
Mme Dupin, qui était venue voir votre portrait et à qui j'ai montré celui-là, a lrouYé
qu'il était t.r\ res emblant 5 ~....
•
Ainsi, voilà le ecreL: Louise Gély, à ,,mgl
an , e l devenue Ume Dupin; mais, à dixhuit an , un autre a, pour la première fois,
parlé d'amour en elle. Un autre - ~ne orle
de Titau terrihle et tendre - a l)étr1 son être
de sa chaude baleine. De a rude ardeur. un
colos e effrayant, un dllr meneur d~ J&gt;l'uple ·,
l'a tenue serrée di1 moi contre lui. Et c'e t
le bouillonnement irrésistible et dou~ d~ oo
cœur immen'e qui, parfois, renait dans son
cœur à elle, animtl sa pensée, é1reil1e e ouvenir , et, sur sa petite vie terne, sur la
cendre n-rise de ses jour nouveaux. rallume
0
•
1
le grands feui de sa passion morte.

Vl
eul, l'éloignement de Pari , de la vieille
cité de la Révolution, toute onore encore des
grands fails de la veille, devait atténuer en
Loui e les regrets de Dantou.
Entre le monts de Poitou et le plaleau de
Gâtine bordé par l'.luoi ' el les bois de l'AnaoumJs, il e l un pay d'eau.x. el de plain.e ,
~ers la Rochelle el Niort, « petite Hollande
répandue en marais et canaln: ' D. terre
d'hommes opiniâtre et de rudes cultures.
Cou verte de grand labours el de guérets propices aux embuscades, la Plai,ie, à perle de
vue, s'étend, peuplée de petit vi)lages, coupée de courtes et belle ri,'ièrt!s, Jusque ver
l'Ollénu. Au-delà, e L la Yendt!e. En 1 00
celle terre est encore toute secouée des convulsion· de la gurrre civile. Au soir, daus les
chaumières à la veillée, devant l'âtre, il n'est
pas rare d~ l'ent.cndr~ encore,. entonné en
ourJine, ce Ch a,1t des blancs qm e. l comme
la .Yar ·eillaise d~ La royauLJ :
Aiu: 11 r,11~1 , l'•lilev in, I for1112, uu b4lai~I'"'·' 1
,
Jltt,.&lt;1/, •~, ""rc-lv~. les•:1,I:1 deur /Jlu1 ruJ11',1
,11,Uons

,·q,

Jadi ,, de ce Jur Poitou, Uenri de L1rocheia'luelein e t monlé ver· la vieille Bretagne.
·oe,Tanl le armée de Hoche. beaucollp de
sa fcmrn~. etc .... • (JuLK◄ Gwan1K. Ca 11till8 De1mr1uli1ur
h
2. G\ Olllf.1, Dirr1s, prè.aeJ ~\11 Œ,_,m·es
U/lle.5
de 11. le i,,u-011 GA. E. Vupm 1Pam, 18:,9 ),
:'&gt;. o• l'\omsb'T. /,l!t (13rlrrrit~ d, Da111011. (Revue
la Ri!11.il11 tio11 {ra11çnise1.

rut

... 228 ...

Chouans et de ÎPndéens, repoussés par le l'eu
meurtrier de Bleus, ont regagné pêle-mèle,
traqués comme des bêtes, la Plaine et le
Marais. De pareils ouvenir ne s'oublient pas;
el, parmi les départements du nouveau régime. il en e l pea d'ans i d\fficiles à administrer que celui de Deux- èvre . L'élément
royali. te
c l encore \'ivace; les prêtres
réfraclaire y romentenl le trouble, et le feu
de la ré1•olte, loujour· mal éteint, couve encore au cœur des paysans. Ce coin de Poitou
est un pays rude, entêté dan le passé, difficile
mai an si plein de reRsource , de riche·ses
naturelle , de •rands el beaux laheur •
C'est là que, par arrêté du 2 nivôse an VIII,
le Premier Con ul envoya comme pré[et
Claude-Étienne Du.pin.. Dupin arri1•a dan
iort le 27. « Le lendemain il se préscnla
devant Je citoyen qu'il allait remplacer et
dépo a, su.r le bureau, une lellre du mini lre
de l'Intérieur à l'admini tralion des Deuxèvres, sa commission de Préfet et un arrèté
portant que le secrétaire gêuérau des administrations centrales eraient provi oirement maintenu a, a
L'enLrée dans iort se fit sans bruit et aos
apparat. Ume Dupin a que le dépa,rl~menL
de Deux- èvre · a me si dignement et si ~racieusement orner les fêtes du pay pendant
treize années Il, accompagnait son mari.
La vue du htlîroi, des deux grosses tour
du donjon, de l'église Notre-Dame, de vieux
b.ôlel du xvie siècle en bordure des rues, des
anl ic1ues mai -ons de bois des bords de la
èvre étonnèrent une jeu.ne dame encore
habituée aux palai de Pari . Du moins l.es
vieilles pierres, les façades usées des demeure~, le calme apparent des quai . et des
places lui promirent-ils l'_ou.bli, _la pan:, définitive . .,\ coté de son peut Aret en Champagne, pourlanl, quelle di.lli!~ence ! ~à-b~
l'Aul;e iu;t rapide, les êlres actifs, le
grisant. [d l'eau est plus lenle, le peuple gra,'e
cl duu.l( la vie aime le silence. Dt Danton à
M. Dupin il -y a le même écart : l'un c'était
le feu du cœur un amant terrible, un to.rrenl
1
passionné de bruit et d'orage; Dupin, lui, _a
le îroiJ évère, la probité, le goùl au travail
des gens du Poitou.
_
Tout de suite (on le senl à se note ), 11
sera pris par les boi , par le pa1sage. Ce
rive Ile la Tboue, de la Dive, de la èvre
niortaise, moins v1Jrtes, moi.os agrestes que
cellt:' de sa ~Ioselle natale il en goùlera les
bord monoLone·. (t Las laboureurs poiteYins
qui cbautenl en pressant leurs llœ~r- de
l'aiguillon° » ne ont pas san. a1_1alog1e ~vec
es par an de Lorraine. Au ·_si atmera+ü 1I
visiter ltmr canton , à vemr tauser, avec
eux, d'agriculture eL d'élevage_, ~ 'cn9ut1rir
Je l'étal des moi ons, de celu.1 des fuir!! el
marchés aux mules cl atU bœu.fs, du nombre
des moulin . es tournées à Lraver le villeil
et village , au hasard dès hameaux, acquer•

,,n

t

N1&gt;fre F,•1mct.
. .
.
;;. Jou:!. Ro,:11,Ro, Ilistoi1·e de l'ad11111uslrat1M d~•
}hmsLEî,

perie11re t.111 dr11tn·ttme11f des Deu.i:- "V(CS, depu,11
1iOO jusq1i'à /11 H.t!rolut1011 ,ie 1830 ,"tort , 181-li),
t;. CL.-ET'. 1)01•1 • i'Umnirèll 1/e la 11ciétt rfe,
A11tiq11airt~ lie F1·a11ee / IXl1 .

ront t( uu degré de célébrité locale•. o Ce
préfet ne reslera pas dans a préfecture. Il
ira de l'un à l'autre, intére a11t les I.Jommes
de cette vieille contrre hostile aux faits récent , aux idées neuves. c·e t par l'amour
des champ • de la n.atu.rc et des fleur que
lJupiu a trouvé le chemin de ces cœurs ennemi'. Ici le ro11tcs, reboi ées, re\'erdi ·enl
par es soins ; là il promet des primes à r.eu.
qui donneront les meilleures cultures, les
fruits le- plus lieaux, qui produiront des
.emi · jusqu'alors inconnus. e· discours
agre te et poétiques 1,anteot les richesses
locales, le ouvenirs des grand noms de la
provin , CClU de la Quintinie, de Mme de
llaiutenon cl de u Jacque~ Deli le qui s'était
dérobé au lumuhe de Paris pour e livrer à
es poétirpies inspiration sur les Lord délicieux de la 'èue. »
En l'an X, lor de la tète annive.r-aire de
la fondation de la Répn hlique, ~f. el ~f me Dupin
présidèrent les fêles, les concours de chant et
de poésie. Toute la belle .ociété niortai ·e se
rendit, avec ux, a au jardin holanique pour
y planter l'arbre de \'erlu chiqur ». Pendant Loule la durée de son préfectorat, Dupin
ne aé~ligea jamais aucllJle des occasions de
s'approcher du peuple, de se mêler à lui.
de le gagner, par Ioules le martrnes de sa
ho111é simple el cordiale, au.x idée du régimP,
O~s Brumaire, Oupia est acquis aveuglément à Bonaparte. Chacune des graTides dates
de I"histoire impériale et con ulaire prend
pour Lui l'éclat solennel (une ftlle. Le plus
inouï à constater, c'e t qu'Etienne Dupin, par
son zt'le et sa tolérance, enlrainera tout un
peuple, jusque-fa réfractaire, à célébrer partout ces d,1 t~ mémorables. &lt;1 Citoren géntlral.
êcrit-il au Con ut après )farenao, j'ai l'honneur &lt;le vous présenter le actions de grâce
que je vien de recueillir pour vous. Que
n'a"ez-,..ou pu entendre ce concert Loucbanl
de béuéJictions s'élever au milieu des raines
de lanl de \•ille et de bourg désolés. Pa.rlonl
on chantait vos triomphes, partout la vicloire
de llarengo cxcitail l'allégres e; on ,·ou proclamait le sauveur des Françai , le pacificateur de !"Europe! ... Le' bon· habitants de
ces contrées m'ont fait prometlre de voug
olîrir l'hommage de leurs seotimenls .... ~ ,1
Ceux-ci, à chaque fois, ~e montraient plus
enthousiaste . Tou le faits saillanls de la
grande épopée impériale : victoires sur Jeroi de l'Europe, entrée de Napoléon dao· les
capitale , naissance du roi de Rome, union
avec fa rie-Louise auront dan les Oeux- 'èvres
leur répercussion.
nai dire une femme était la joie de ce!;
fêtes, c11 était l'âme vÏ\'ante; c'était Mme Dupin. li sembla que, pendant treize année., ce
cœur délicat, cet esprit charmant n'en enL
plus d'autre amLilion que de se plaire aux
bals et aux réjoui· ·ances. Par arrêté du
L J l\!CHABb,
2• .1. 811'.ltAh~.
:;_ 'ht lltLU .

ibid.
ibi(I.

4. Ci..-Et. Dcn5. ,lUmoires tle /11 Socit!lt d~
A111iquaim1 t.1, Fr1111ce (1821 ) .
!'), , 11arjolrl. terme ,-ïrilli, pclil bomme qn1

SECONDE .MAD.A.ME DANTON - - ~

15 août 180H, • apoléon, sur le bon rap1 ort
du mini lre de l'lnlérieur, aYait créd baron
le préfet Dupin. Celle qui jadis, dans le sombre
couloir de Cordeliers, mèla a jeunes e aux
fureurs du moment, celle qui connut Lacroix,
Desmoulins, Philippeaux, que Danton serra
sur son cœur de lion, devenue une petite
baronne impérinle, , eml,la un momenl immoler les regrets, le ou vemr des années
mortes, alll: vanités d'un litre cl d'une situation. Lors du passage dtJ Napoléon à Niort,
en j 08, l'idolâlrie publique éclata partout
tu Lransporl et en acclama lion ·. L"Empereur
re\"enaiL des Pyrénée ; llmpératrice l'accompagnait et, arnc elle, les maréchaux Ilerthier
el Duroc, les nénéraax Nansouty el B••rtrJnd.
Napoléon e monLra bielll'cillanl pour li. Dupin
el le l1L orficier de la Lé1,.rion d'honneur.
« L'impéralricc, écrit Jule Richard, reçut la
,·i ile de )!me Dupin ~ la,1uclle elle s'intéressait beaucoup. o
Une proteclioo si maniîi&gt;,te, ajoutée au
zèle el à l'hnhilclé du liarou Dupin, étendirent
encore une popularité unanime eL touehante.
Dispen alcur de grâce , le nouveau préfet
reç.ul loutes les demande en réinté!1Tati,m de
lilre et de biens de vif'ux émigrés ; c·r I lui
qui amni tia, an nom d,.. l'Empereur, .M. Au•
gu te de Larochejaquelein, frère cadet du
célèbre général, et, par celle mesure sage,
aida les vieilles haines des partis à 'éteindre.
llientôl, grâce à ~es soins, c'en fut fini de
l'opposition ourde et rancunière. LI&gt; hobereaux poite1•ins, l~ daml!s \·endéenocs, « Clorindes qui sui1•aienl, jadi , Charelle à cheval i&gt; l, se montr~reu1 moins acerbes, étalèrent
moins de morgue. EL. œ ne fut pas le moins
pir1uanl de ce cba1wemeot que l'altitude
qu'olîrirent alor certain salons légilimi les,
ouvrant devant lllme Dupin, devant l'ancienne
vcme du r,:!gicide D:rnton, leurs porte accueillantes.
Curieux. des u ages locaux, des coutumes
gardées pieusement par les âges, le haron
Dupin en lolklori le "entimental, aimail à
recueillir partout, dans son département, le
traditions acrrcslcs, les ouvenirs villageois.
Une contrée, parmi toutes celles si belles
qu'il admiiù trait, lui étaiL spécialement
chère : c' e t ce pa)'S de. Gàtioe, cmpri. onné
de monts, fertile en pàturoges, où, dit-il joliment, « chaque champ est clo par des hait&gt;
fort élevée de bo111, d'auhl1pine , de troènes,
d'épines noires. de nénier.;sauvages, dù ronces
el d'églantines entrelacées de chèvrefouiJlej. »
A certains jours, Dupin ayec Mme llupio,
enchantés de ces cité·, en messidor urtout,
tandis que 1 champ doré· ondulent ous la
taux, gagnent les Lord heureux de la Thoue,
tout Le paJs en deçà el au delà de Parthenay.
De solides chevaw. le mènent; les Lem~s
plantées de maïs et d'orge, le champs de hlé
m11ris les accueillent à mesure quïls entrent
en Gàtine. Le bon pn} au qui les reçoit aux

relai accompagnv le lroL du petit équipage
de so.n chanl local :

fait l'cnJcndu. 11.'une homme élégant. l Lrm11l.

plus de .~ix mois ~.c soulTran~Cl!. ~t il eul le coungc
d~ se ra,re cumluwe et tl ass1&gt;ter a la séance de rentr,•1&lt; de la Cour 111:s compll' (doo l il èlaiL devenu
CIIIN)iller maitr~· le mercrr,li ~ novemùre, six ,jours
U'3nLu morl .... o Ct •. -1\r. Uc1·1~. Œu111·1•111postlum1~,
nolice IJio,;. par son IJ!B.

1

6. CL.-F:T. D11r1N. Soticestir' q11eb1ue1 {1!11/f et di1•ertiueme111, p11pu/111re. drt dt'p&lt;lrlr1u«11t &lt;le, Deu.c·èt•res (Mém. de la ~•x:it!II! d11t A11tiquairr1) (18W).
7. J. Ili u.,nn. ibi1.
• R. • li. le lnrl!u Dupin csl morl à 00 on•, après
... 22.9 ...

0 l'étiiil un p'lil marjolet !
0 l'èl~I un 1i'lit marjol1&lt;t 1
Ohl ohl oh! olil
Qui onguail ,,oj,- ~• mie.
OIJ ! oh ! oh! oli !
Qui ongu~il voir su mie.
:\Inn cati~!, nrnn 1rinch l, me mt•~•unns,
Me mr.gna11s p'lit marjol.it3....

Le chant onore se mèle au trot des pelils
chevaux vifs, aux cla11uements de fouet du
postillon. Bienlôt le ·oir s'incline au-de sus
des campagne': les c1iamp épar., les monts,
le plaleaux, le chaumes, tout cela se fond à
mesure que les Icax: 'allument sur les toit
d •s fermes. « La nuit "enue, l · mois onneur e ras emblen l par troupes; une fille
cuante. plein go:il.'r; tous lui répondenl ur
le même lon, el l'on rentre ainsi au village.
Puis, les cris de fou, iou et les sons rau4ues
du cornet nononccut la îi!te de Cérès 6 o.
Une .1utrti Iois (ain i CJu'il adviul dan l'été
de l'au XH), le bruit du voyage de li. Dupin
'e l rép~ndu, dépui i'\iorl. Une e corle, formée des jeunrn rrens de Parthena1, vient audc,·ant da préfd à plu~ de trois lieue de la
ville. « A . nn entrée une troupe de mu iciens
et !es I.Jal1ita111 de Ioule les clas es l'attendaient; d~ jeunes filles, vêtues de blanc,
nlourèreul l1m, llupin et marchèrent à ses
cotés. Mme Dupin ne pouvait cacher sa joie;
sou émotion élait edrème, el elle pleura 1 • »
Et ses larmes élaicnt de douces et chaudes
larme . Sa beauté charmante qui s'augmentait d'elles ne s'était jamais fait YOÎr aussi
sen iLle à ceux qui la conoai saienl. a modestie cxqu.ise. on maintien touchant .firt'Dt
,·ivemenl impression.
n regard d'eufanl
naïve qu'a ai i llo.illy a,•ait gardé alors son
ingénuité. Rien ne survivait plus, dan ces
grand yeux purs, sous l'eau des larmes 1.Jeureuses, des sole.ils do sang qui les aveuglè.rcnl
dan les anciens jour!. ..

VH
Uai11tenant lme Dupin est uoe maman
âgée. Ils ont lointain" le jours où, conduite
au lrol de ses cbevaux poilc\·ins, elle enlrail
au hruil de. flùle! et de. mu elle., menée
par des filles en blanc dans on cher Parthenay. l,e iou iou que les gars chantaient pour
la moi ·son ne retentissent plu it e oreilles
d'aïeule. Elle a qualrc-vingts au. maintenant,
« ma.man Oupin »1fille a deux grand enfants
el ces enfant eux-mème en ont d'a11Lres à
Jeur tour. Depuis le il no1'em ~re 182 ,
1. Du pin est mort 1 . Pour elle, elle e t .i
vieille 4u'on ne sait pas trop si elle existe
encore. « Nous ne . a\'on. p:is si elle est
morte », écrivent dès 1846, dix an avant
on dernier jour, dans un mémoire cunnu,
le deux fil de Danton.
De toute. les femmes qui Tirent les grand

�1f1S T 0'1{1.JI
faits de jcldi., ~fmc Dupin es! la dernière.
Loorrtemp bcaucnup ont sumfou, mai.
pa aulant qu'elle. Ainsi Mme Dupl&lt;' i (i ouhliée, Jlencitmse, rerhcr ·hnnl l'ombre, o'cutr'ouvranl a port quï, de rares OJUÎ: 1 u;
ain~i imonne Evrard, Chorlolle RoLe~pierre;
ainsi l'une des flll · du mcnui ier lluplay, la
pamre el douce ·l'lf\'e de Philippr Le n ·.
n Je la Yis peu :n-unl • a morl, dî! )licliel 'L, l
l:t trou Ai charmante enmre de ,·i,·acilé, de
cbnleur, de cœur. » M. Yiclorien ·:mlou, q111
la rcncoolra, vers 18i5 ou 1816, « à. une
p 1i1 • sauterie ùe jeune· narçou •l fille. de
·on ûge, rue d'En!er, ch~ ~tmr de Doi ·monl 11, se sou,i •nl Ir~ hien d'avoir dansé
avec elle. C'ëtait, ajoulc-t-il, • un• dame
nH11e de noir, iigéo, mai de tournure encore
jeuue• Il, Toul~, si l'on en croit ceux_ qui les
approch1'•rcnt, étaient tlemeurt!e fiJèl , au
grtlllds noms di pal'ns, au
rand· fait. ïyano~. ,lalrrré Il'~ coup du ·ort. l'âge cl IL•
maladies, elle 'oh linaient à Yin-•. Uernic
témoins d'un lemp Jirlicil · t lointain, ellr
avaient "ardé, m:11 •ré Lou i.~s re,-ers, le 1iranl OUVl'Hir de$ homme~ élonnaul~ qu' •lie~
avaien L aim i,. Le grondement lerrihle Ol' la
Gom-cntioo, le houi!Jonncmcnl tl l'timeule,
1. lt-, t! Cw~o:rrt, C:. D1m110,i/i11.1.
2. Sn;f"-' E-11,,L. /,,. COlt('l'lllio,wcl J,e 1/,u (pri:f.
dt.,. Sar.Jou).

les rri · &lt;le. oldn , les chant de- ,ictimc~,
l'h •mne ardent de "ictoirc· gonllnienl en •ore
- aprè: 1:int &lt;le deuil et d'an11,:es - les
cœurs bri~6 de ees femmes. Ah! les hMne ·
pl'lile:- .icillc - cJUÎ a,aienl vu la mort et qui n'füient pa mort !. ..
La Jernière d~ toute , Mroe VCU\'C Oupin,
cnt, il 1•s force faiblir, les ans l'accaLler.
L lorriùc :1r: de 1 56 ,·it décliner en elle ce
1p1i resta.il •ncore Je dernit•r&lt;;l ,·igucur. IlienLol 11° joues e creusèrcul, le lhr1•~ ,'amincirent, et, dan· la face cireu e Je la ,ie1llc
a,eul ne Jl·m,.mrèrenl ,·ivant que cc· ni:anJ ·
)Cil pur~ 1p1·~Y"ait aimi! Da11ltin, qu'a1·nit
pt•ints Boilly. DIII il rol,e anCÎ('nne, son
~cha1l rumauLi11u1•. ·,JU, . e · Luucl, s !Jlancli,· .
c qniw cl ,énérablcs, elle eut, malgré Le
pt&gt;ids, la lassitude de l'à re, une ''l:pr .,, ion
de jeune raoù'm(lman ju •1l1'au1 deruit'r.
joun;. ~on Lonh,iur était, dan. sa lucidit{-, de
~, ~ouvenir, san · Je trop gL"aods efforts. des
m••r,·eilleu1 :ile de on heau Poitou, de la
clm!:ie &lt;t au li'•vrcde. Pàquc · 11, de~ jeux de la
•.,inl.Jll.:\ll, d brn~illel-~ ou rcu:r: de fouJère ile
la Toussaint. du chant d'amour tle: ,·illagt•oi~ :
l'i•l•H 1111 p'lll mnrjolel !
0 l'ôLail un p'liL marj,1let [
Uh I olil ob I nt,!

Qm

OD:j"llllil

\Uina 111ie...

Le dernier sou{l]e qui virnit encore dan

,on 1•.œur u ; allait :;'~c:hnpper J't,1\1•. C'étail
le 2 juillet 1 ;,Il. Entourée dll son fils, de
rn lille et de son gendre, l \'ieille oclog~naire
allnit s'étdndre itv c le olrll du JIJUr. ne
d •rnière foi le nom de \I. Oupi11 .'échappa
de ses 1hr •. ; mais, il apparait birn que ·e
ne [uL pa le ·eu\. En de\:à tics SOU\·enir · pré·enl à tous, d'autres ph,:;- vien encore,
d'autre plu· dornioaleur ~cmhlai nt lent ment surµir el s'imposer du rouJ de leur
p;is é lointain. llientnl . es Jeux eu -mêmt&gt;~,
·ou le voile de l3nl dïmagr:.,; qui ·'; rem:onlraient, la \·irenl ndain r •vh·rc en tin soleil
de feu. la lête doure el terrible qn' ·lie , \·nit
connue. Comme, i l'atroce couteau ùu t6 l'f·
minai ne ra.ait pa. [ranch lp, elle était lrislc
cl "ravé el la i:onsiJéra1l: les ,·i3n s ,erle
d'.\rci · en formaient ln courowm. Enfin le
jnur bais.~a. Il lui semlil.\ qu'nllnit rerommenc.Pr m,ore, 11 e, rc ..arJs drmenb, la
terrible veillr, où, rue d~s Corùclier , hlollie
conlre la poitrine géante de llanlon. elle
éc&lt;,utait monter. ùan le noir ilenc•!, le pa~
Je ·oldats. Les hruil~ ùcs :il.ire· el des
haïonnclle heurl..1nL la porte an!c un furieut.
clan, -voici que, Loul à coup, elle lt's cnteudniL · ses mains d'aïeule lremblèr•nL; .on cri
de ,ieille femme u ée n,. rut plu-: 'lu'une
plainte. Cellé fois-ci la mort ne \enail que
pour elle.
Bm10;,;:o PILO, r.

Louis X Ill le Pudique « Deury le Grond, dil le chevalier de
Méré, trou,·oit Loo tout ce qu'on lui di·nit de
facétieux, cl le feu ro~• [Louis :llll, qui e
plaisoil a. ez à dire de bon~ mo , aimoil
encore mieux que l'on se défendi l a.gréablemcnt. •

Cependant, Je

CIi

roi ami de· bonne ri-

po tes, pa un bo11 mot n'esl rc Lé. li fu~

impopulaire comme Henri Ill. et comme lui
il en porla la peine. Au a_ntres on prêta de
l'e.prit; à ceux-U1, on ne Fait m rue pas honneur de celui qu'il· onl eu.
Ce que Richelieu ~il don_s son Tt: !amcnt
politiq11e, sur le pla1SJnh:rtes de, rm pins
cruelles dans leur boucbe 4ue dans toul.e
autre, doit être :.1 l'adresse de son maitre.
Ce sonl d belles paroles, comme vous alle:i.
voir, eL c1ue iiréfise a eu grn-nd lorL d'e_nlever a.u c:irJinal pour I prêle~ au ~éarna1~,
Le Dui/J{e à qualre, qui ne uljam:11 r tenu
un bon mot contre personne, n'était pas
d'bnmeur à s.e faire à lui-mème celle gra,•e
leçon du Jlence ;
« Le coup~ Ll'épée se guéri entai émeot,

mai· il n·~n est pas de m~me d,: ceux de 1·
l:lDAUC, particuforcmcnl de elle d roi;,
donl l'autorité rend les coup pre que an
remède, ·'il ne vient d' •111-mème . Plu
une pierre e. t jetée de haut, plu· elle lait
d'impression où elle lomb . »
Loui Ill, d'apr·· ce que uous a dit )léré,
en aurail lancé Leaucoup du celle ·orle dan
le j:irdin de ses amis: mais, encore une fois,
personne ne le a rama,.ée . L seuls faits
qu'on raconte de ce princ sont presque tous
ridicule ; le cul mot.~ &lt;tu'on répète de lui
out odieu ·. Par bonheur pour sa mémoir ,
il n'est pa bien diî6cile de prou,·er que les
un· et les. aulre soul im·enté. L'avenlur
du billet quo mademoiselle de Ilauteforl ~cbe dan on sein et que la main pudique du
roi n'o e aller y prendre, ~l un conte fabri11u • par l'auteur du mauvais li He : fnt1"i911es
galante; rie fa rom·. dans lequel ü e trouve
pou.r la pr mièn fois.
'an cdole du volant qui va e nicher à la
même cb rmanle place, et que le roi n'o e
repreodre qu'avec des pincelle el en fermMl
le 1eu-r, n'est pa certainement plus \'raie :
c'e t une invention du prédicateur qui, fai,ant l'orai ·on iunèbre de Louis -w. ne crul
pouvoir trouver mieux pour exalter par un
clerople la 1·ertu la plus célèbre de ce chaste
roi. On s'en est bien moqué dan le e91·ai-

siu11a. « n prédicalenr, y est-il dit, faLoit
li? panégyri,1ue de Loui ·111, el en le louanl
de sa chn. lt!té, il en rappnrLoit cet exemple
avec une grande exagération : « C prince.
« Ji oil-il, jouant un jour au volant a\·ec une
« dame d~ sa cour, et le rotant étant tombé
« dans le ein de la dame, la dame rnulut
u ,10 'il viol I' prendre. Que fil ce cba Le
« prince pour éviLer le piège qu'on lai teno: Joil ~ li aUa prendre les pincelle au coin
u de la cheminé , etc. 11 Cela eroiL bon à
mettre dans un Asiniana, C'e.sL ·e motruer,
d'amuser un grand auditoire de ces hagatelle ; au· ·i un gentilhomme se 11•\·n el cria
hautement : « Il alll'oil ui1m mieux fait de ne
a. pas me mettr à la ln:r:e, » ce qui fit rire
Loule la grande
emblée. » Qucl étaiL ce
prédicateur? reut-èlre le P. Jo eph, peul-être
sainl Vincent de Paul. qui, slll' ce poinL-1~
surtout, servaient, par la colère de leurs sermons, la. pudeur chatouilleuse du roi. Ulol,
dans ses R,keriC$, flebus, rtc., dontLancdot
possédait le manu ·crit, apr~s avoir fait une
lrès pirituellc di serLalion sur le « beau
tétin &amp; , parle d l'horreur qu'en a"ail
Louis Xlll, et qui le regnrdoit comme damnation el lui mi.soit même des a\'anies oo 'Lui
faisoil, ajou te-t-il, que le P. J o eph el iocen L de Paul ne tarissoient pns en invectîves
ur celte pal'tie de l'ornement des belles D,
EDOUARD

.... 230 ...

FOURNŒR.

MAURICE MONTÉGUT

,

Les Epées de fer
LIVRE DEUXIÈME

I 1 ( ·11ite).
l~yno11w1, s'approcha, riuut lrl'S luml, très
fort d(' l'esprit de ~oldats: ce qui Gl que
ceux-d le con~idéri·rcnt ur-le-champ comme
un bou républi ·nin et un ,rai c:unnradc. n
demeura près. d'eu , landi-- qu'ils con1in1taient
leur plai,;.mlerie sinistres, en chan"eant de
victimes.
C\Hnit un elforcmcnl sur tout le dmmp
du ru.ardu!· car p ut--ètrc, parmi ce: flAYSll.ll',
à l'air hénin cr. jonr-1:,, c trou,·ait-il en réalité iles con cirnce~ peu tranquilles. Groouvez
~cmlilniL 'amn,cr de plus en plus; si bien
11ue le ·oldnl~ 11 ~e ênèrcnt pils potrr p:1rler
&lt;levnnl lui.
- (a, c'e·l de la Lb 1,ue, dit l'un, mai ,
dnnaiu . oir, te ~era plus ·érieux.
- Oui. fil un aulre, il y a de chance
pour qu'on mnrchc.
- On en p11rl•.
- .\lai ()Ù fa 1
- Va le demander au 1inéral, il te le
tlira p '111-è!re, ricana un ser,rC'nl; on irn 011
il y a d1• hibou • rnilù tout ....
Alanik fil on profil du rcnsPi•Tn&lt;•menL;
une t•ronde apr' , il c perdait dnn la. foule;
un quart ù'heurc plus lard, il !!lait sorti de
la ,·ille tl arpentni l la roule. Il :illait prévenir
Kerret cl le· :mlrllS de ·o tenir en gard11
Par un opportun h, ·ard, le oir de ce
jour-là la bande presrrue enLière e trouva
récrnie au point de ralliement. o.r l'avis de
Gfnouvei, on délibéra, li y avail des chances
pour quele manoir fùt dé i"né aux de ccnti:·
militaires. n étoil mèmc urpr •na.ut que le
dHricl de Yann , n'eût pas agi pl~ Lùl. Que
fallait-il fair•'! rnen&lt;lr • el livrer Lalaille, à
Lous ri ·411es, 011 •&lt;enrnlcr :rrant quel' ennemi
parùl 1 Jierrel parla le premier. li Jit :
- Qu'est-ce que nou youJou '? démolir
des Bleu', sans ouci de notre peau. Lt' Bleus
vicnncrll. Atteudons-1 ; emlmsquou.-nou
J, ns le hoi qui nou couvre, tirons de. sus,
1iuaud ils seronl eu _plaine ... 'il sont Il mhreux. nou nous raballrons dans nos mur~ ;
la plac • e t bonne ; nnu y tiendrons oo c1ue
Dieu \·oudra; et aprè , si tel 't le de Lin,
nous Lrépasscron. de compa nie pour notrt:'
cause el no croyance". ~loi. je Lromc cela
Lrès bien.
G11illclllot étira ~ grands hrn', bâilla largemeu l ; puis lais a tomber :

- , oas les rece,·ron , non~ le~ rt•roniluiron., r.ro , e 1111 ,lcrrièrc, comrnc nous avons
t.léjà fa.il. D'abord le rlicf. tlt• districts, qni
onl tirs imhécilt!S, •onl morceler l'action,
envo~·pr l1•nr. olda.ts par pelit.s paqu LS; vous
, crrei que no, lion· IÎSÎleur r•ront Jeux
renl Il. rein . On les mall!!ern, j'ai em·orc
foim.
._
El Je Q0U\"C.1ll il 1~·1ma. Eveno. Ùrl' é à
:1Jn lour. beugla :
- l'as d'illusions! nous finiron. pnr perdre
a? jeu 11ue non;; jouou . lis ~onl trop. Eh
luen, alors, 1r11'noru;-nou à risquer Je plus
1·n re~tanl iri '1 lli&lt;'n. Si notre b ure c L veuue.
le COLUjll esl l10n, 1• arrêts d • Dien ont
irrévocaLlcs ; pour ma pari, j'aime cnicu
linir dans la bataille, face /i l'enncmj, rn soldat du Christ, que Je tirer la lnngne an Lout
d'1,1ne cordi!, c,: qui ponrrnil UOLŒ nrrÎ\'er annl
1 'oël. ;\!tendons les Bleu .
Ahuiik Gyuou,·ez, Pncore :is.ombri par La
mort de Jili Ge-ri!, approuvait à son tour;
1 autre-- ~rsonna"e important· ~e ralliaient
tous à l'avis les anciens grand. chef., quand
FcrsPn pri1 la parole :
- Parfait pour '1OUS, le ,·alides i mais

non :i,·on. ù · ùlc-- , des m:11:id ,; qu'il
nous faut rem-oyl'r au plu: vil•. , i 11011s
étions \'ainru , il· r.iiimt ru ill1: don leur·
lil.
- c·.. 1ju~lc. rl•pril l1i1Î\'Cllle11( E,·e110, un
doin-t dan la narine gauche; je 11' • m•ai pns
:onn-{,.

Alors il fui CO!ll'C'llll f}llC le, vin°t plu~
jeune hnmmc de 13. ' bande ~·mpnrlcr~ienl
:un: prclf'bain: nllage... sur Ùel1 lir.rncard ·• les
tlü soltlals couchés dan· l':imlmlancc Maze
ful de ce. jeun• geu ; malgr,: srs revenùicalion-, 11 dut partir. Alanik lui ,onfOa en tlcr11i1·r :

- Tu embrasseras la femme, lo. p1•lile;
cl. i je ne rcn•nrti p:i ·, ln leur di ra. qu •
Ioule lu famille leur dn11ne rendez-1•011s à la
droite d Dieu l Va 1
·Qnnnù le uprème. comba11ants, r':.olu
aux pire ré.~i ·tances, se trouv~renL ·culs,
eotr ~iu~, il c comptèrent. [ls liL'lieul un
peu plus ùe qualre-vin.,ts. Le plan ù'attaqne
el de défense Fut rapidement concerté; il
était · i mple · édaiter les route , pnrdcr le
bois., proleclion na lu relie; sous son abri,
liraillt·r ju. riu'/i Hn de cartouche~; :ipri·~, se

�H1STO'J{1A - - - - - - - - - - - - J ·ter dan le manoir; lenir tant qu'jl y aurail
du pain, du plomb cl de la poudre. Ensuite,
liler vers la mer par les souterrain , ou .e
l'aire Luer sur place, en Yendant cher sa vie ..•.

Cela au choix.
Tout ceci froidement arrêté, chacun 'en
rut à ses occupalion., comme si rien n'était
de nou,·ean ni d'e traordinaire; les éclaireurs
se disper.aienl déjà sur fa lande, au cas où
l'ordre de marche de-;ancerait le jour prém.
Cette nu il, peut-être la dernière pour la
plupart, cette mrit qui ÎUL tranquille,
cl
&lt;le Fer en el Sé1èrede Kerret la dépensèrent,
selon leur ruanie habituelle, à &lt;lcsérncations·
et cc fut, pour eux, la veillée des fan tome .
D tout cc que di ait le COllJle de Kerret,
res.ort.ait Jepuis quelque temp une inimen&lt;:e
la ·silud •, un ianrnense dêgoù1. Il comprenait
que la lullc erail v:iine, et, pluldl que de e
1·Podre, se oumetlre, il pr férait en firur. li
arait accomplt sa làche de .oldat copienst..'meol. Il a\'ait droit au r;,pos, à la rPtraitc; il
complait le prendre dam la tombe.
tilors, unefoisenrNe, il .011hait:iitenterulre
pro11oncer le nom de Celle dont la fugitive
rencontre a,ait désole &amp;a vie; dont ln mort
l'a\'ait rendu fou, lui a,·ail fait prodiguer la
mort; q11i, loujour , influe&gt;nce aulorjlaire et
n~ra le, avail balln la me ure au nlhmti de
. on cœur. li suppliait :
·
- As: ·l, 11arlt&gt;1.-moi de la Heine au Temple,
à la Conciergerie, d dernier, jours. C'e t de
circonstance.
Fer en répliquait :
- Je 1·ou. ai tout djt., _, C'élail irumen ément trisle: misère du corps, mi~redeJ'àme,
rien ne fut épargné; plw de Linge, plus de
vêtements, pas de remède dan la maladie,
peu de nourriture, el si !ITO. ièrc ! Oh! oui,
toules les douleurs, toutes les ~oulfrances.
toutes lei; an oisses des pauvres, la Hévolulion, de ses deux larges mains ouvertes, les
lai a tomber sur ces têtes rabais ·ées, impitoya Llcment : la Heine, Mme Ëlisahelh, le
enTanlS Je France!... les femme ' n'avaient
plus de larme ; c!ll!S c entaient perdues,
abandmwées, :eule: coutre tous; un peuple,
toute la France, tourné Yer le Temple, de sa
voix, faite de miJlion de voix, enflée, !!TO ·ie
par l'irresse du ,'Îl1 et l'ivre se de la haine,
insultaiL, bafouait, outrarrcait, c.tlomniail
celle reine, relie femme; il la martyrisa il
a\'ant de la t11cr, déclùrait Je camr aYant d'abattre la tête; héri ':til de mille affronts, de
mille douleur., son chemin de la guillotine ....
Quand le uédoi commençait ainsi, il en
avait pour longtemps avant d"épui er ses souvenir·, ses fureur et ses indignations. 'il
faibli sail parfois dans son récit farouche i
sa voix lléchi sait, ,emblnil annoncer l'arrèt
de a mémoire, d'un mot, d'un cri, d'une interrogation et d'une e. clamation, Kerrcl rallumaill'incendie, provoquait Je torreul.
ournnt Fer en tombait dans de rcdiles,
se répétait d'un jour a l'autre, el parFois au
jour même; . évèrc s'en apercevait-il? peutêtre; mai il n'en Jai sait rien paraitre. Pour
lui cette tragédie était toujour noU\·elle; elle

le faisait Loujour!) 1res·auter, palpiter, crier,
hurler, broler ses main jointes, mordre au
sang es lèvres, el e frapper le Iront de es
Jeu poings fermé . Lui, dont le calme sini tre était légenda.ire, il ne pouvait tenir en
place ii l'ouïe de ces crime et de celle agonie;
il bondis ait, l'épée au poino-, appelant lout
liaul les régicides. [le t proba1le qu'il était
en route i;our la folie; mai il n'eut pas le
tcmp· &lt;l'J arrher. Son henre sonnait ....

Apri&gt; la nuil sans troubles, la journée du
lendemain pa a . am incident~. Le rcn eignemenls rapportés par Gp10uvez .i· cunürmairnl jusque-là. Il était doue rai onnablc de
pré,oir l'alerte et la bagarre pour le oir

m~me.
Un p:i ·san, d'apparence inofi'eoshe, fut
d6pêché sur la route de Vanne ; e'étoit
un des n1eilleurs coureur parmi cc Chouan
:igilcs; il revint au crépu. cule; Jemoui:cment
e préparait. Avant troi heures, .elon toutes
prévisions, le 8leus paraitraient i;ur 1a lande.
Aus itôt, le gro des combattants occupa
le pelil Lois; et. couché dan le lai Ili., le
f~il · cbarirés, uella l'occasion.
Le cri &lt;le la chonelle ·trida sur la hauteur;
sous la lune, le parti ans perçurent une
masse confuse 4w ·'a\'ançait en ordre .•\
bonnP distance, Guillemot, qui arnil pris le
commandement, ·ria d'ouvrir le Jeu.
C'est alors que le répuhUcaîn , alués de
la orle, hésitèrent w1e seconde; puis, à la
,·ou. de Gilb rl Boure, e déployèrent eo tirailleurs, aprè avoir riposté d'en.emble par

Mau, les veines du ro11 fOnflùs, souffla Jans un
è11o n11e coquillage ; ,l en ti,-a 11n fruit stride111 de
sirène. (Page ~3.1.) •

une lu illade nourrie, dirigée ur Je taillis
perfide.
Mai les Chouans, retranchés derrière les
arbres, reslaient invisibles, tandis que les
Bleus, à déco11vert, offraient encore, bien
qu'e pacë , des ci~le trop marquées.

...
- A plat ventre! cria -uma Me Ire, YOpnl
lomLer e · homme· autour de lui.
Couchée, l'inFanlerie républicaine éprouva
moin de perles, el, de san •-froid, rectifia
on tir. A leur tour, quelque Blancs culbulèrent dans leur ombre, ou le ploruù qui
le cherchait.
Ce[lt'ndant Beaupoil el Mnrva, a,·ec leur
ca1·alier , déaivant un grand cercle, tentaient
de tourner le bouquet d'arbres. Des fenêtres
du manoir, on le · fusilla. Ils durent élargir
leur mouvement, derrière les bâtiments, l,ornanl leur action à couper ln retraite aux
fn~:trd , s'il s'en présentrul.
Bru qaement, sur un appel de trompctle,
las old..11 de ligne se rcleyaienl, cl, par ~
loton Ctiupés d'intervalles, e jetaient ur lé
ùois, dan~ un a aut furieu&gt;;. La Lataille devint 1lprrmenl tumullueu e, plus horrible
dan · celle nuit, incerlaiue ' ur la &lt;lune, p1·c&gt;fonde ou• la l'euillée.
Ce fut Je t'&gt;ur de Laïonnclles, des Fnux
emmanchée.., à t('bonrs, tir foun.:hes, d'cnlrer
en danse; les . abrt•s s •he&gt;urll•rent am had1t&gt;&gt;' .
Parfois, un lllanc, u11 Bh•a, k,; 1,1icJs prb ,.hm~
une racine, les jambe l'mpetrée dans la fougèr , butait, trébuchait et chutait lourdement,
avec nn fracas ùe ferraille. Il n'avait pas le
temp de se releYer, ai ail le' hra:, en eroi.x,
cloué au sol d'un coup de poiole au do·. Il)'
eut de pi. toletades à bout portant; d, corp~à-corp désespér: , où le couteau joua on
rôle; des méprises aussi; de· fratricides, dan
Ja 1uerie aveu.-,Je la boucherie enraoée.
Pourtant le · républicains avançaient, nettoyaient le co11vert; le" Chouan &lt;léloo-és, rejetés . ur l'autre li.ièrc, e comptèrcut du
rerrard; ils étaient diminués de m01tié.
- Au cLàteau ! cria l\erl'eL entraînant
Fersen ; tous deux élaienL comerts de sang
sans ·avoir si c'était le leur ou celui de.
autr .
La poignée de rnr11.rnnl frantbil en quelque bonds l'e paœ libre qui les .éparail de
murailles; mais ils furent fouetté au pas age
par le carabines des hu sard , el d :; cbasseu't'E avancé à leur bruit.
Jl. se jelèrenl dans le manoir, tir~rent b
lourde porte, soutenus par la monsquelerie
de lenètres enrore garnies de veilleur apo té . L'huis retomba. fi était temp . CeUI qui
re Laient au dehor n'avaient qu'à fuir Yers
le !!rèves ou étaient perdus.
De ce nombre fut Guillemot; il avail disparu. Plus lard on sut qu'il avail pu s'évader
&lt;lu péril en se frayant, grâce à sa force, un
pa age au cœur de la mêlée. Après une charge
d sanglier, Lê Le basse, il s'était tro11 vé seul,
derrière un amas de rocher .
Il sou!Oa, et comprenant, par le feu redoublé qui partait d11 manoir qu'il demeurait seul en arrière, il jugea que, tont perdu.
il n'avait plus qu'à garer sa peau, si miraculeusement préservée.
Et il étai l parti, an plus de hâte, a travers la campagne, du coté de .Bignan, on
village.
.Â.utour de Kerret mbsistaient Fersen,
faeno, Gynournz,plw lrC'nte Chouans, presque

tous éclopés; derrière Il' vieux remparts, il
pouvaient Lenir encore et faire aux emwn1i
des trouées larn-e,. La poudre ronfla dur aux
meurtrières, aux crète. Jes mur , aux Ienêlr' , ob·truécs de rwnée. füis l'aunqu
cessait. ij était évident que le~ républicains,
ralliés par leur chef, allaient attendre le jour
pour liner l'a ant. Il de.v:iicnt s'être établi
à l'em-er du boi- el cerner la position, s'il:,
étaienl encore suffisants en n-0mhrc; il tltail
it pré umer qu'au cas contraire, le commandant a\'ait dépêché des courriers réclamant du
renfort. De tonie les faç.ons la. ituation étail
désespérée - à moins de 'écliapper par le.,
outerr..ûn .. l\'uJ n'y ongeail encore.
Le feu éteint, GilLert Boure ras~ mbla ~es
honulll's ....
Les morfs Cl le hl ',és, héla:! dépa~,-aient
les pr'1·i~ioo . La ,ictoirc coùtail cher, encore
qu'l'lle ne ît1t point déci ive.
Le capitaine · uma ~[estre 'attrista.
- Et nou ommcs en paix! murmuraL-il: qu't&gt;sl-ce doue que la rruerre'!
Gilbert Boure, tirant a moustache, répliqua;
- Ça ne finira jamais .... On ne peul pourtant pas ,e fairl:l ma,sacrl'r tou ; ces brule~
e haltenl comme de diables, ils ont cela
pour eux. Quelle réception, lout 1i l'heure,
dans lo bois! ... A -lu Jamais YU cela daus la
guerre Plran èrt'?
• 011, fü le t.-apitaine; c' c I unique. Ce ·
liouarr -là croient r1ue le paradi. les au end;
c"t:,st une Iorce. c·c~L beau, la foi!
Ce &lt;lisant. le deux officier reprenaient
1ï11,-pectio11 de lrur cadres; un instanl aprè ,
fü•,01 poil lt.'s rrjoignil, puis llann.
- l'iens, Jit le premier, nous . ommt'S
encorP Lou les tiualre de ce monde ... ? Quel
sabbat!
- "oi:; lranquille, répondit larva, qui
paraissait mélancolique, cela ne durera pas.
'es camarade le regardèrent, urpri ; il
n'étail pas coutumier des proph,t1ir, Iàcheu. es.
li comprit lenrs regard. 1•1 lai,~:i tomber :
- Oui, c' ·t nai; j'ai de la boue au
cœur ... jt! Dt! ai:. quoi; t·omm • un prc !.enliment que c'est bientol mon tour.
Ileaupoil décrocha . a gourde de a c·elnlurc
el la luj tenùil :
- Boi un coup: ça ~e p:t · era.
Marnl obéit. but lrois gorgées pleine·, et
rendit la gonrJe.
- .\lions, diL GilLcrt Boure en souriant.
pour un moriliond. lu ne sifnes pa mal!
Le liC'u tenant sourit aussi; m:tis son sourire étai l pàle.
.à.u manoir, ça n'ét.ait pas plus gai; la fièyrc
tomL.îe, l coups reçu · comruenç:\il'lll à
brùler les l'bairs refroidies. Depuis un in lant,
l\crrel, retirtl à l'écart, le dos contre un
mur, ne soufllai I plus un mol; bru qucment,
~es jambe crdèrent; il s'affalait, tombait
ass.i , les pieds en avanl; sa face était devenue c.-ireusc et hlanche, es yeux se rénùsaienL Fersen se précipita au secours de son
camarade:
évère, ffU'aw•z-\'ous "t
Kerr 'l eut le temp · de murmurer :

- Vne ballr ... je crois .. je ne ~ai" où ...
J:in le cùte, ... .
Et 11 s'érnnouit.
En un tour de main. se habit-. furent
arra&lt;.'hé~. son torse ùécouverl. Le" Chouans

, - Toul se deco111•re. d nous voict /orcliS de co11clure : comte Turpin, ~•011s ries 1~ tl11s lâche et le
f&gt;l11s vil des lrornmes ! • (Page 236.)

consterné l'entouraient à &lt;li-lance; trente
exclamations .ourdes, n'en fom1ant qu'une
seule, montèrent quand la plaie l'ut à l'air.
Tous ces hommes, ayant fait la guerre, s'y
connaissaient en bles ures. Fer en le pr ·mier
ne s'illu ionna pas; son ami élail touché à
fond.
Par quelle force d'inOcxihl • volonté, par
quelle fam-e énergie était-il rc-té debout, le
coup reçu? arniL-il, aprè , caché son mal,
continué on r&lt;ile d'hôte el de rapitaine? Ceci
reste un de c~s mystères inexpliqués de l'béroLme humain.
Toute la nuit, le uédoL vtiilla, pansa on
camarade, ahrem·a a fièvre, apaisa son délire. Le pauue Kt&gt;rret dh-aguait désespérl!ment. Le dernier é,rfü•ment , où il avait eu
sa pari, se confondail•ul. dan. sa cer\'elle deux
fois malade, aw le scènes de la [\évolution
qui lui a,·aient été tanl de fois retracée. CL
dépeintes. Dans son cauchemar, il proté"eait
la reine, présente en son manoir, contre les
quatorze arméès de la Républi&lt;1ue. À un certain moment, le roi, res uscité. lui pa ~il au
cou le cordon bleu du 'aint-E prit et le re-merciaiL &lt;levant toute la cour. EL il lui répondait, san plus d'émoi :
- ~ire, ce n'est pa. pour ,ou , mai pour
elle que j'ngissai ain i 1. ..
En uite, tout se mêlait, se di lo~uait, dans
une incohérence .... Ce ne fut plus que lambeaux
de pbra es sans suite el sans s.ignificalion.
Assis près &lt;le lui, Fer'en sonrrcail. Cet
.... 233 ...

Lomme• qui gisait là allait mourir, et, en
mourant, brisait le dernier lit'II lJUi le rallacbait, lui, Fer en, /1 la terre bretonne. Pour
la ca.u e du llauphin, rien u'étail plu: à tenlPr; tout était iunlile, du moins inopportun.
Il a\'ail fait cette décou\'erte, qui l'aYait bien
·urpris, e·c t qu'en réalité le Chouan ne se
souciaient guère des roi au uoru de quels
iJ, li,•raienL leurs bataille . Le principe eul
comptait, non la personnalité· puis les prince
ne passaient que lrès loin aprô- Dieu el ·e
prêlre , iodéniaL!es causes des plus lm!riques
effets.
A.lor ·, il allait être libre; que ferait-il ?
l;ne immen e las itade, un dnule unil'er,el
lui paralysaient l'àme. Il revit en mémoire
sa patrie 1•éritablc, celle uède presque uuhliée, con idéra ce fantôme a\'ec man uélude
el fut tenté par lui. Uui, 'il échappait à celle
dernière afl'aire, si qtwlque halle rilpnLlicaine
rie e ch:rrrreait pn de cond11. ious finale • il
retournerait là-bas, vers le nord, dans les
poy nu Lère 11ue la nrigc rend ilcncicu . Il
repo'erait a deslinée trop longm·menl
11gilée el chercherait l'i11Jilférencc.
L'au Le pointait; il po11rai1 èlre six hllttrl!S;
oudain, une expia ·ion retentit au dehors; un
feu de aIve aballait sa grèlc • ur le m:rnoir:
l'attar1uc cornmcnçaiL · les hurlements des
Blanc. répliquèrent aux hurlement· des
Bleus; leurs fu ils ripo ·tèreul; et loul de
suite l'acharnement rtiprit comme la 1·eille.
dans des démonstrations de pire sau1·agcrie.
Mais Ùe\'anl la mai 17 reur de la riposte Pl Je
la fusillade, Gilherl Boure jugea sur-le-champ
que l'adver aire était rédu.it à rien et qu'un
petiL c.lfort enlèverait la po itiou. li ordonna
l"assaul ur les flancs du rempart, el char ea
le premier.
Les camlicr avaient mis pieù à terre cl
secondaienl le fantassin. ; dan, celte course
aux. murailles, Mar1 a qui donnail de toul
cœur fut cueilli, dans son élan, par un halle
cbouannc. Il la reçut d:ms la bo11cbr, fol tué
ncl el s'ahatlil à la rem·erse. le )'eux clos, la
face p3i ible.
Dei.mpoil L'avait vn Loml,er, il en pleura:
le cha · eur mérita.il le rc~r •l de tous;
c'était un oflici r d'une splendide brayoure,
odieux aux làcbes, t:ommc un ri\'ant reproche.
Beaupoil jura de le \'enger el 'élança plu
vile; mai on commenç11il à ai-oir bien du
monde à \'Cnger.
Le rempart fut enlevé sans grande rési!;tance, les Drelo, étaient fonrhu , blessé ;
cl, pour se donner du sang, du cœur, avaient
bu Loule la nuit.
Eveuo, ivre, comme lui seul savait l'être,
acculé dan un angle du mur. se défendit
longtemps a\·ec sa hache; il beuglru!, ce îaisant, on cantique ordinaire. Autour de lui,
des cadavres gi aient. One baïonnette le piqua
contre la pierre; il roula. On le rru L mort.
Gilbert Doure entrait dan· la cour a,·ec uma
Mestre; comma il pas ail &lt;levant l'ancien chef
du premier bataillon d • la légion d'Auray, le
commandant le reconnut:
- t&lt;:,·eno, dit-il, bonne affaire!
1

�- - - R1STOR..1Jl
Et il pou. ~a du pied

((U'il croiniL n'Mre

- Elle ,·ou. atknd; 1•lle ~e pL'ncbe pour
rnns rrrryoir.
Et, plongrant ·a main dan a [IOÎtrin , il
feu à huul portant, pui~ relomha awc un lira un mé1billon o,·ale 1111'1I présenta, ainsi
&lt;r ab ! .Il triomphal.
qu'un crucit1 • à re mourant. dont l'unique
Gilbert Roure, frappé en pl ine poitrim•, reli!!ion M'ait él l':imour.
gli. n ,!an~ h urn: du cnpilaine ~uma foC'était le lemp:- tle~ portrait c·ach~s, de
t.ro (1ui, les 1cu · fou,. 'l'oilél' de formes. ne
miniatur• p,,inle , rpii trompaient l'ab n · ;
pul 11uc l'y rcŒllrrlcr mourir .•\lors, apprlanl oi1 s'a.rrêtnicnt le
u1 monillés des détenu ..
B •aupoil, qui répondait à la nouvelle de la u Cr· \lc•.irur,, di1sail l'ndminLlratcnr Permort de Unurr. pnr l'nm1onee ù • la morl Je
ol dl!S hôt do • ~inl-Lazar ,, :c CllO ·olcnl,
Marva, ,11111a )l6Lre, devtJnu enra •é, impla- nv •e de&gt;· porlraib, d'ètr,• pri1·é d or1&lt;r1cal,l~, comm:mda d'no voi. ùe tonnl'rre qui naui. cL 11e s'o.po~oivcnl pin qn'il, sonL en
porta .-ur tout If' champ d'action.
pri.:on. » 1,e mar1p1i. de Bau '"ancourl corn- Lo fou! le fou! brùlrz la lmnqur ... le parni:sait Jevanl le Lriliunal rénilntionn.airc
port:,nt, ùan no m6daillo11 d'or, l'image de
feu!
On ap,•rccvait de· faaots de Loi. mort Jan. la prim· ~~e Lanhaumi~ka, pendue à ·on
u11e gran~e nn\·erl •. Le ba.ard drrnnaiL répu- cou .... C'étail h· temps ....
Ltlicnin.
Quand le \eux Je 1hi'&gt;re rencontrèrl?Ill cc
Ccpcod:int, cillllme l'.n. nul lmltait 1 · Lijou pré· nt.J, tout son corp · Lre.~~aillil; Qon
mur,, Fcl'scn arnit ~ai ·i Alnnik G 11011\·ct par bu le se redrcs:a, il Lendit les deut brn ,
un bras; il ronnai~:ail le fcrnüer mieux que onlilianl la douleur.
les auLrc., •l cel111-ci le re. pl'ctait. li lui dil
- lle.rri .... merci! balliutiail-il .... Je.rci ... ,
~irnrnenl:
à prê 1:!Dl, JC UÎ:. pa ·é.
- Ginnm·œ, il faul "lun•r Kerr'l ... il re~-·
li ltnail le mlidaillon dan. ,e · deux main:
pir • encore ... on oe penl le lm ~er tomber lr •ml,fant · &lt;l'agoui,•. I lh:ait es regard · Mjà
entre leur~ moins .... Aid~z-moi ....
tronLlcs, , 'd]'orçant d'en pcr('er I LrouillarJ
Gynomel r:poudit:
pour conlempler, une derni~re foi~, la face
- Comment'!
idolù lrée d'une reine de ce monde; mai · peu
- Par les soulerraim !
h peu es !raits perdirent leur conlracLion voGioou,·e~ c !!l'atta la tète:
lontaire, e no èr •nt dan de la nuit, .e yeux
·e.,L Jéserler ....
C1:?rroèrenl; un !arbre fris ou lui parcourut
A cc moment, La rnix du capiltüuc orJon- le corp. ; en même temps es doigts se disoaiL l'incendie .... Fer en e11 prolita.
teod.irent, •'ou"rirent, lais~a11l choir ln di\·Înc
- IL est inuLil Je griller ici ... loul e·l imngc ....
perdu!
Et le comte de Kerret. allongé urle aLt,,
'l noun•.i; c •dai 1, , u foi ,ait cnm·aincrc; lrrpa a Jan· on r '\e.
enfin, il murmura celle phrase, 1111i ne rut
e lut Alanik 11ui rama ·sa I médaillon et
p compri e par le oomle ~uédois :
le remit aFer en. Le Ierinicr raronlail plu
- Aprè lont, j'ai cral'tlle· mes 1•i11gt !
tard que, ,111s le muluir, il ) avait aperçu le
Il con.enlit.
porlrail d·unc trè jolie dame, r1ui parai sait
Eolr • &amp;c. main· tl celle de Fersen, Kerret altière el ht!llemeal parée.
fol t!mporhl ur uu matrlas de varech. lai.
Comme le dernier de Kcrrel c. pirait ·ur
41nand les dernier· partisans aperçurent C4.l la grève, les toi! de son manoir crevaient
grou[!e en roule, comprir •nL cc départ, l'ins- sous l'incendie; el, bient1Jl, les mur.. édifié.
tinet de la vie se ré\·eilln chez eu . Barrica- par son dit- epti~lllc ancêlre, nli:lieot cr.oulcr
dant l&lt;'s portes qn~ le DJ,u n'assiégeaient t1 leur tour, aholis..~~nt uI1 témoin du passé,
plu , occup«:· quïls étaient à lfomber leurs lai ant la place net le aut ronces du l'avenir.
fa cine , 1 Chouan ballir •nt en retraite, à L , fanfares répllblicaines .aluiirent &lt;l'un
la uile de leur hôte moribond, et filère11l, rl.fr.1in ai celle 11n de la picrr .
rar-d ou tel're, . •r· lt'. grè\'l' re•t; - 'l- Toul e·t con ommé. Jil Ft-rsen à ylencieuses. buigmfos d'eau calme, iudillërenlo
nouvez ... que faileS•îOU ?
atu •1oerelles de:; hommes.
- Je retourne à tocoat par le · plus cou ri
IJl'rrii•re un rocli\lr, f.}nou,·e,: cl Fem n chemin ; j'ai sas-né mon repo~. "i von· ,·ou lez
dépo \rent le corp &lt;le 'é~·èrc d' Kerret. m'y i;uivre7 ...
Yi,·ail-il em-ore 7 Il ne Lougc:1il plu . Fersen
ui, dit Fer.en. j'accepte. De là, vou
épia le soume, le surprit 1·ger. mais e .l1 - me ferez conduire 11 Kerm.lbüe. Dcu1 foi par
lanl.
mois, un bateau, parti d s iles anglai.c ,
A.lors .\lanik r&lt;•mplit son chapeau d"eau croi.e en vue d11 la cole; ce bateau m'atde mer cl la fil couler sur la Lillo livide du tend ... ce l dans Lroi jour· qa 'il doil rnnir ....
ch f breton. A celtll aspersion, il cntr'ouvril
- Bien, répondit G-l'nouvèz; tout cela esl
le I'UJ:., rtwanut Fenen, lui ouril.
[iicile ... je 0011.Jlai:· de· chemin' où le pa- A.mi, rnurmura-L-il; i \'OU a\"&amp; de
triole n'ont jam.'li pa é. En route moncommi ~ion pour elle, i.l faul me les donne.r. sieur le comte ....
Gyuou1·&lt;'z 'écarlll, se entant indiscret.
FerstJn, 11 genou\: dan 1~ sable, !t côté de cet
Trois jour· plus tard, en effet, un mo.tia,
homme qui l'a,·ait Lanl ba'i auldois 1xmr Fer en arpcnlaitla grève de Kcrvelbüe; ~foze,
uieil l'aimer apr , Fers •n lui répouù.it, my
qu.' lanik lui anit donné pour gu.ide, martique, contre son orùinaire.
chait auprè de lui; en douhlanl ua peLit
Ct'

r1Ius qu'un r11davrc. ( r, cc cadavre, soudain
r&gt;dr's~é, lira u11 pi:tol •l de sa rt·intnre. fil

"----------------------------------prnmontoir,,, il ap •rçu.renl un lé"cr n:11ir ,
louvoyant au plllS pr'-,.
liate, Ir \'einc du 1·011 i;on!lér,, sontlln
dans nn énorme co11uillagtJ; il en lira un
bruit . trident de sir/111e; cl ce hruiL [ut perçu
du l.ialeau étran•Tcl'. Un canol se détacha, Yint
au nble. Fer. en . erra la main &lt;le, Maie et
• 'embarrp11,.
En \O ·rml fuir la rive, il eut l pr • . cntirncnl, justilié pnr l'avenir, qu'1l Ji~ait pour
jamai~ adieu à la terre de France.
Ill

Turpin 1. • Globani cnlnit, autour de lui,
gran&lt;lir ln rancune el l':11limo. i[l;,
Comme Rose DiYol l':n·~il pn:\"\J, il m ait
n tout lcpa)' it dos». C!.!u qui jusqu', ce
jour étaient re t 1s inùilJ'lrenb au lourbes
hisloires du pa· l', onrtls nnt acca.ation
rifüér'e~. naguère, de '.z:1 entêtée, n parJonnaienL pas au comte d'a\·oir a l:id18 n
snn bataillon amul le Liceuci1&gt;mc111, le li"ranl,
de lo orle, à de· incertitudes qui pomaien t
eau r :i perle. Tout le inonde él il d'accor&lt;l
pour ·'écarter du maitre d'Uar~coiôl; pour
lui r ru er le alu I de rem•ontre, &lt;1uan,) la
rencontre 1:tait iné\itaLlc.
llosc, iuconune à la plupart. h:mtaine et
mt:pri ante avec Lou., parlagcait amplement
c Ile défaH!tu- unj\"IJr~elle. Le ch!llenn s'isolail dan la r ;prvl111tion; le- &lt;;Cr ·î1eurs, 11ui
n';ivaieot jamai été dé,·ouo., de,·cnaienl ournoisemcnt ricanPu r , in oient' par derri~re,
réc.alcilrarit, en face.
Le deux « monlrés att doigt D, nerveux el
en iùI , comprenaient à mer,•eille rc·Uc• ho. tilil~, mu~,uc encoré, d l' • pril pulilic. Il·
enrageaienl dans le11r olilude ,onbail:ùenl
d'impo ·iLlc vco e:mccs, Je ehiméri11ucs repré.~ailles.
Ce qui redoublait la colère de Îlll·pin,
e'i1ail la popularité de lleraardin dt! Joyenne.
Celui-ci avait toujours été aimé di.: paysans;
a conduite dans la guerre, .a folle bravoure
lui crê, i nt de nou\·e.,u.x Lilr ,, à l'affe ·tion
comme a11 respect de tous. Partout où il pas,ait, on lui faisait fète; on l'accucillaiL les
main tendues, le -visage ou"erl : il 11ait
l'eufanl de~ villag , le seigneur préféré.
Tu.rpîo n'en douta.il pas: i jamai · la querelle éclat.,il entr le. deuxch.He.,ox, il . ert1il
seul de son côté; Joyenn aurniL pour lui
Lons les hommes, toutes le femme · la lutte,
dans ce condilioo~, 'eraiL trop iné•!àle. El
llo e elle-même, en ce cas. ne craiL-elle pa
la premi-..re contr lui? Il e m,56ait d'rllc.
Pui le retour d · G~oouve1. à sa forme lui
con liluail un nou,·el ennemi, redoutable,
celui-là, par ·on inOueuce, a farouche
énergie.
De plus, _i Cadoudal reparai sait quelque
jour, il !!tait à pr1h·oir 'lu'il e montrerait
sans gril cc pour on ancien . n bordonn~; el
quand G or •e êl.1iL sans gràce, il éta.it san.
pitié. La poi-ture de,·enail mauvai _ ; d·aulre
part, faute d'argent, el dao le danger des
roules, l' · happement était improticahle. li
fallait demeurer, ubir, en allPodant....
1

Quoi? Il n . "ail pa. tr11p.
Oan llarsroël. le heure lr:iinaienl, pénible . Bose, exaspérée ù'm11ui, pcurt!U. e devant le périls qu'elle pré"O"cnit, n augmentait l'amertume. Eli• aceaolaiL 'l'orpin de reproches in~sant • &lt;le• oorpétndle,, rùcrimiualion~ .
Quelle était .:'l vie dan-. ce nid de hiboux,
Loule scnle au milieu de. campagnes, 011 hicn
en Lête à tèlij ,nec lui, t"'c •tui n't:Lait pa' plus
gai? F.l quelle ùétrc · e ;lait la. ienne l ·onrrie
romme nue pa)- anne, elle ,;eraiL bientôt
forcée d'eu aJoptèr le ·oslumc . .:e! roLc~,
apportées de Pari. . hi 11 qne noml,r ,use
aJor . ,·Jl lroi::- ~ns. fanéô, usée. , 'eu allaient
en lamht·aux... les wlunrs etaient pelél , les
satin· t&lt;raillé., Ir :,oit· déteinte , le: fourrure' ·n.n · pùil.
Et les robe légère· &lt;le l'été, enwMe 1
ul"enirs ; li i.us Iran parent . ::aze., linon,
mou ·scline, chl11 , llollanls, écharpes ,oporeuse., ceinlurc. prm·or,.intes. ,'es pil'd~. nagu~re err • dan: un salin c.1rmin pâle, allaitelle le, chau er dan· la paille des • alm1s'!
• s •r.1nds eh:ip1·a11x- noirs, ruu:-sis à pré.:enl, l1.: é'.land d'or de,·enu rnrdt1Lre ; ell
n':ivail plus Je cht m1 ·c., di: d I haùillé , de
lionncU;.; plu· de lm, plu de mou 111tir:,
plu de galaol · tablier ; la ba1i le, la denlrllc, comme la soie, Haienl cédc au lrrnps,
el plu vite mtimc.
Était-ce Loul 7 Oh! non! (lo·c. voluptueuse
el làcb~, avar cl faslncu ·e. prnd.igu d'argent h la gloire de ·a cliair, no~e (un tel nom
oblige) adorant les parfums, le !nrds, le
onguents. les pelits pot , les peli.l flel'ons,
tout cc qui jadi ne lui coùtail rien tfan la
l&gt;oatique du iwnn d' r, no c ,i,·ail à préenL, ( st-œ ,ivre?) pri,·ée de hergamole, de
poudre à la maréchale, à la mu. eade, d·amidoa de Uollande. Comment être hcllc ans
ecla? ...
.\io·i, le' p:irfum!-, le. enleur~. les :1rom ,
suc· Je !leurs, é\aporé .• é~11noui ! Rose
lfü·ot avait ép11i c ~a provi ion. il
avail
ueau.xjo11rs, de eetle eau de
qui r nd
le teint frais cl empêche de vieillir.
Qui J"cill re,·&lt;&gt;11nue à quatre no de 1792?
Elle illliil noire, brùlt1e: embrun , oleil de
gri!vc , rent du large, lonl niait con. pire!
contre .son visa e. C'é111i1 une llo,e brune, à
pré enl, el elle était dé~oléc.
Gonrmandc, elle l1tait réduite à uccr de
mémoire les • ucres d'orge, à la heroamote,
lionbou ordinaire du feu roi Lanislas fobriqué par Moutonneau, de la rue du Cor{.
Yais, plus que toul, cc qu'elle regrettait.
e'~l11il P:iri lni-mème, ·on hruit, ~on rnourcment, on Pal:.ii,;-fioyal, ~c ihéàtrc , sc11 bals.
es tripots, se. promenades; lit, elle était à
l'aise, se scnlaiL re pirer, e:i:istah dans ~Oll
mi lreu. son cadre... mais /1 pré. en L!.. . Si
l'ennui, en biiill:ml, la poussait à la fonètre
hiver comme été, ce qu'elle a,,ait de,•anl les
·eux éutil solitaire el morne : Lindes, dunes.
grè.,·c , la mer iJJ imitée I Beau pectaclt!, en
vérité, pour qui connai ail le boulevard du
Temple, Yet"ailles, i vo11S muiez!
C'est cc qu'elle sons-tJait; c'll!, l ce q11'elle

Jè,ait. c 'Ill loi· l'heure, à Turpin 11ui ne av:Ùl •1ue répo11Jr • el bni ~ail le nez, Et
qnand, uprèm,-,111cnl rél·ollée, elle lui demandait dire km ·nl quelle ccimp ·n :ilion il
complaiL lui offrir pnur ,a beauté perdue. ~a
jeune,s e camol1; • à son profil, .es années
d'ex.il t'l de sé&lt;1 □e lration, comme Ioi·t&gt;r de
Ioule sn personne? car, il S.'tYait hien, elle ne
:'éL1.il pa' do11111'e. mnis vendue, il r !-lait
coi, ·aclrnnt sa l,011r e ,·ide; n' sul1 h.l.anl
alors que du produit Je .,.3 terri\ qni n'élnil
pa géntlreu e.
Ah l cnlre ces deux ètre , liés par nn pacte
amor:iJ, riYé 1'11ll à l'nulri: par la forre des
t~énPifü•nl.:". 11m·l • entimen! · bizarre., di-

LëS 'EPEES DE FE~ - - ,

v •r.s, oppo é, m 'm ! nmonr ltain •u d'une
part; de l'autr!', haine ou,·crtc; $OUmi c,
ponrlnnl. à certaine~ minule:, 1nir hal1i!!lde
ou par tempérament. ... llaL, le rc,,tc dn
Lemps. toujours &lt;'Il arrêt l'un Jern.nt J'aulrc,
il fa surn•illait, plein de Jéliann·; elle le rnillait, pleine de mépri ; lïm·ecth-ait; 1 J.iafouail sur sa laideur. sa pau\'r•tr, .on ale
pays, (:· !!lieux d'nra· 1trei,; I.! pous~ail i1
boul, joycu:e tle le nlir sauter ~uus ses pi11ùre , pàlir snus ' oufflet .
li avait emie de la liattr1!, mais n·o ait
pas. li rêva de l'as. a~siner; moi~ comment
C\Îster !i!lllS ell ·" n li l'avait d.1n le sang D,
c,;mm,, elle dis;,it elle-même: ell&lt;' en abusait.

r.eon

.-1 /J c/,1rlf! Nanc/te Jes hmes d'e/~. Il sorla// ses louls .te !Dn cllare,111 cra.sswx, les conslJl!rail a,·u Jts &gt;'e11x
,.i~is, les rru1ni:it. lts c~rcssJI/ awc Jts dol,rtsamo,ireu.r, 11c te Lzssa11l 1&gt;.zs de la l'Jlt~I du con/.u·/, d.11 son musica.i com"'e uri ch,i:ur Je siirafhfns.. .. li y lrountl .1e:; h·resus. oies Jofes. dei 1·C1l11ptes f11 .:onm1ts jusq11'al1ms, (Po~c 2·8.)

�1f1ST0~1.ll
1ar 11n hasard ex plical,le rn , ji1urs lumu ltul•ux et lrouJ,J, , j11ruoi" le nom d
Jél'ôme Dhot n'ét;1it venu aui or •iile de
Turpin: il a, oupçonuail p. s cd c prti e11œ
à r 'lllflUr; l'eùL-il reneoatrt!, le l'.J•demnl
harLicr, qu'il 11el'P1Hpa N'oonnu; car, jacli r.1. é lui-même, au temp où il ra ait les
au trt&gt;., den~nu nn p rsonnag poJjûque et
qua~i-111i1it11ire, il porLait maintenant. à la
mole du jour, d • mou ·tach,•_ énorme; 411i
lui J•arrai1:11I la faca el le rendaionl méoonnai, ahle.
\L ! .i, par urcrnit, llo c el Turpin •~cnL connu ce p !ril tout proche, lt•ur l 'rr ur
.'en f t x~pcréc ju _qu' 1 dêmcnce. F.lle
ét:iit dt~à rande, ' pr 1.ent que. Ul:m~ et
Bleu., 1011 ceux 11ui 1, en iroun:iient, de
pr",, tomrn de loin, n'éuient que haine
:ourde ou haine tl; I rd .
Le ·oir, l\o:e , Larriendail dans sa chambre; Turpin raisail lui-mêm •un rond, allenlil ' !Out autour du chillt-au, pui fi•rmail o
port
doublt: . rrure, à lriplt&gt;. ·•rrou .
.\.Jar ., il r :pirait un peu, rcmell, it u l •n•
dcu1ai11 la r prise 1.h·s i111111it11ude •
\fai · p rfoi -, ao milieu de I nutl queltJue
Lruil insolitu dan la c.arupn!.r11e endormie li,
foi it Ire • aut"'r Jans leur alcôve, ]p lfnail
an ieu ju ·qu'à I', uLe. El nrpin, rl:m .
insomnie. , n'arrivait pa à di Lin u •r ce qu'il
redoutait 1• t&gt;lu , J la un·cnue da eor~s.
a ec 1.' - th,m n , uu d'une ·i~it ·oudaine
ù'un Ct&gt;mmi:-;.-aire rë11uLli · in, a I lète &lt;l'un
bataillon Bleu.
Il .,,j,·ait Jan, Cl! coutinueJ état de Iran ,,,
quand il plul à Joyerme dele venir redoubler.
Gcor e , trar(l1é, m, l"r: l'amnistie, de château en rh hau, J r rn1 en fürme, de ,iJJJ gc
en \'Ïlla , , rel.a rdai t for&lt;"i:m1.•n L . n ·i il· a
LOf~)al; le b . , li ·r 'impatientai!.
, opn I ouler le · jours :ms résnll.u, il
r,: oluL do hr11 qul•r les événement.:, pnr une
inlcneution dir cle. Cel il ·te brutal, dr,rmi:
lono-tcmp., il le mcditait, mai. il oompt il
na ll!\rc le foire concorder ave • l':mivée de
Caclondal. Pui~que cclui-·i, san. •· · emp\r.h 1, n, pouvait eO-cctheml'nt r ·p,.mdr • à
011 nppel, n'y Len:mt plu~. il alloü rwir eul :
dli.,nJrail qul pourrait.
1~1, dan re hnt, un matin. T11rpi11 Jc:,il
descendre Ol' cbc\'a) au milieu d,, a co,i r,
pui pénétrer délit, ·rém 111 dans llaNX&gt;él; il
Faillit en rlrnogler de roli•rr, f:inl la eeousse
ful riolentc. Ro • étnit ac onrue, curieu ,
t'mprt'. ée; il lni ordonna de rc azn •r a
('bam br ; lie hou , a le. ,:paufl,~ et n' n fil
rien.
f~,rnanlin, 1,ou cul nt une C'r\'aole, entrait cléj:1: bien qu'il , \•fforç:il au calme, à la
court.oi ie, il :laiL éndrnt quo lui au-.i
n'a il p:i lout . on sang-froid. " défiant di!
n violen ·t•. il ex:i •éraîL ln poliles. e; elle parut ironitJU .
L' Glohanic le r o-arJail ns mol dire, san
r lpondr à
sn lui d'ancien courli,-011 de
\'lll"t; ill . ; n . , u unlraire, multipliait I •
17

0

r .\' 'r

OCl'S.

- Eb bi n ! mon ch r comte, diL l'llfin
Joye11n ·, on dirail n;Ûmenl, à ,·otre min,;,,

que ,·ons n'êl ,, p enchnnh; de me rnir...
pa. , i it(' promi e 1... Ne ru 'au ndi"MOus pa. L.
Turpin ra\'ala sa ~ali c cl, d'une rnix r 11qu •, r 1pli11ua :
- Je n' \'Ou· allC'ndai pa .... Jen~ uis ni
content, ni r.l1·h: de \'OU, ,oir.... u'y a-l-il
1 "c ·t-ce

pour \olre. rnice?
1e,:mt l'éul(,tion ,i:ible do mailr • d· l' ·ndrnil, Dernardin, p:ir oppo ilion, '-l'lllil uhitcmcnl - nerfs nouil · ·e ch!lendre cl ~·a. ~r,uplir. e ful Ju Ion 1· pin naturel qu'il
pLrnsa cc 1111i nit :
- Le Globanic, nreHou donc i courte
m,:moire? l\c \ou · u,·ienl-il plu · de no.
bons entreli.cm,, quand nous éLion fr re ·
d'.1rm ? . 1! ,011 ai-je pas, alor..• c nl Jniconlié •}Ue j'aimai olrc .œur, Clautlin '! ...
I.e , i ag 1fo Ro 'C Di1ot, a lm ~o. resplendit d'or,,.udl à œ propo . Turpin ~erra lrs
poin,..,·.
Jo)· itn continuait :
- ... Que je l'aimai , (~a "oix. '.•nn ) d'un
amour immen~e, rou, san mélan"P, . :in
ré C'rvo, qui n'admet pa d'obstacle ... '! Toul
cda, l'nn z- ou donc oubli 1 comrue ba!!akll1• :-an import~nce? Quoi qu'il en oil,
aujourd'hui, je nis ici pour 1·ous le r:ippeltir,
pour l'onfüruer me: ai1•u et. je r ph&lt;',
ob •nir la répon qui hmr com-inll. A pr ·,_
senl, j' vou :coule, :i.vecmc dctuorcille~ ....
Le Gloh nie, perdant toute pr l ·enc,· d'e ·prit, en n aot con ·cien &lt;', ._e tourna Vllr Uo e
t lui li,sn :
euil11•z di r
HIii
a r,1 en ri 11.
111 la grimac· • et arda le ~ilenr.e..
\lur_, Bern:irJio, &lt;écbau0a.n1. imulanL
l'emportement d·uue p.,i;~ion onlrariée cl
Jcçue la le • rnmcr ée, l'œil 0 mhant .ou
lo. ourcil rronc :,., déclara :
orn!e Turpin, nrnlITd noire amitié
p:i . te, J,
menirs 11ui nou lient. je ui
olili é de reconnai1r- lJU' n
moment ,·ou.
,·ous jouez de moi. J,3 maunûse foi ~ l Uarant.e. Madcmoi. lie ne peut démentir ce
111J'dlem'adiLil y aqueh1ucsjour-; ce qu'elle
m r ~péterait i ,·ou n.. liez pas I' 1 Pren z
rJ •! rotr. déd~in pour moi con litue Ull
uulr, "'e, je 11'en upporll' pa ..... Que me reprochez-,·ou ·? Puurrruoi w'érnrtt·z-niu de
parti pri ?
Ln iluation était à ce point bizarre que Le
Glohonic, loul eu ne oupçonn.ant pa 1 ~-1..
ritaLI iuttnlion Je SOQ ,i. iteur, n'arrirait
pas lt c convaincre de la ffi!lilé. li murmura,
i11co1bcierum nl, maforé lui :
- Mon i,·ur, ce .cz ces plahanleries ....
Joy1::n11e lla.mba de plu belle :
- Pla,·nnteri •.• niooi..ieur'1\"ou .ave;:11ue
je n'ai 1amai menti i eh Lien, je Jéclar , d \anl Dieu, j' fai. serment d rnnt ,·ou;; 11ue
j'aime ~otrc ,œur plru 1JU1· 111•N)Ulle au
monde c1ue je snis cm 1'1r • aim I i que je
l'épou crai rnalgr,: mu ... malgré le di.ibl •
\olr ami!
!\ose . '1•od1m1lait de plus en plu . Elle fil
un r:i~ w1-. Bcrnnrdin. Turpin la saisit p:ir le
bras, la tira en arrï•rc ; pui • 1/h:hanl tonte
1

0

no •

.... 236 ...

m~ ure, n&lt;' pou,,ml l'Ollh·nir plu: Ion emp·
1a ra e lJUi l\itoulfürl, il da.ma, d ,·cnu lividc,
les ·c111 11gla11ls, hidru , il dama :
- l&lt;.:t IDQt, je ,·ou r ·pond 1rue jo ui· le
mnitre ici; tjUI' je 11 'ai de. rtlÎ'on, h fournir à
1 ·r onue ! Que jl" ll(• wux pa. de Jnyenne
dnn ma fomill •, . :'lrJ~ plu. J'cxplicnlinn , et
411c, aim:rn1, :iim I peu m'imporlc, je ,011
pri" d',·n finir •l de me rain• œlle r l'e : de
,·id •r l.1 plac·i• .... ...,inon ....
- inon?
Vou. ,&lt;'rr,•z.
- Vo1L ru cha .. ri'?
- Oui.
'rsl ln gu"rr •'!
i vo11 voulez ....
Joyenne ~ 'ét.ait calmé comn1e p;1r mirachi;
il ajout.a. ué ..Ji"cmru1ml :
- Ce devait ètr: , ini.i. i 'ous ne ommc
pis !nit pour nou: cotc-mlrl'.
nrpin s'étonna d ce oud in d,an;!emenl
de Ion el cl'atlitudc; il
C%.:ilait d1:j:1 ù .:i
belle ém~r••1t&gt;, . ft~uranl avoir iutimidé,
dompté cc Ir'· jeune bomm1•. Mais il n' ul
pa. le temps de 't!pnnouir. C•lui-ri, 'ndr •s_n11l • Bo,, a,ec uuc J1:rnièrc tl'Mr•nre
pour sa qu:tlité d femru •, prononç.,il :
- Mad moi eUc on madame, je rnu prie.
de nou - 1 i. · r ·n lêh; à tête monsieur et
moi ... , il Joil écouwr ,eul ce •1u'il me re, le
à dire .... . o · z lntn11uillc, dan, in,1 minute:;
je \-'ou le n ndrai pour ton jour· ... , . ïl pl:iît
à Dieu!
.:'ur c •Il pbra · • mr~1Jricu~e, il accomp11~nait fto •• troubMc, jw,t1u"!t la ort.i . Elle
e lai. sait faire; è rrlir.1 intriguée, in11uiiltc,
m,i n'oanl r1H ttr. Elle n'alla pa· loin ;
derrière 13 parle, elle pr' il l'or illt. d pul
sai!&lt;ir clair&lt;.&gt;mrnl le . uit' de l\·ntretieo.
De plu· en plus dé,i11111he, Bernardin re,inl à 1. Glohariic.
- Alor,-, comme ç.1. mon cher comte. c'e,1
irr ··rocal,I"; lOU - me rcfu. cz ·otr, sœ.ur?
- Joye.rml', th Turpiu, 1 dent serrée.~,
je le rr•pète, aHeM·ou. ·&lt;!n l
- Toul à l'heure. PL :111, 11 1. ir de retour.
Je ,·enx d'a l,ord mus offrir qucl1fU '· !clairci ·. ements m!ces. nire . llar rnel, à ,·rai dire.
LLte.n luin de ParL, t1' • t-ce pa 1 et il _ !
naturel d'e. p~rer quu ce qui e pali c l/1-bas
n'aura pas d'écho 1&gt;3r id ....
\. cet exorde d"un nou1· au "rnr I l',,m:int
de Ho Ire· ·aillil impcrceptiblernenl. pri~
d'in1111iét11Je i le jeun!.! homme con i1mail.
toujuur.- léger :
- A plu tort ra.Lon ehcore, quand il
'agil de }Jontpelli r ....
Turpinhlèmit au poinl 1p1e le hJ.,nc: &lt;le e
·eu parut j:iune.
- Et d'un COU\' •nt, d'un cloitre, fermé dn
côté de 11 Lerti?, toujour oumt du œtr=
ùu ciel pour y lai, cr ru ulcr le âmes déli,i-é • .... \'011 "ou figuriez que J
mur
séculaire Tarderaient leur ecrcl, le ,ôtre,
ecr •t d "infamie? non pns !. .. tou l e décom rc
un jour et nous 'l'Oici forcé de contlu.re :
Comte Turpin, l'OU · êtes le plus lâche I le
plu - il d Lonuu !
' ou relie apo lrophe 1. ncée en tcmp itc,

" - - - - - - - -- - - - - - - - - - - - - - L Glohanic rccn.w. pli· t&gt;n d •n. ; qui donc
,·ail i hi1'll ren l'igné Joyen[ll•? lai n·luiri Ir. don1in:1nt d11 lout . :i taille, l'écru anL
' la rucnaœ arJcnte de rnn gt, te, c ·,s:ut.
cou
;i)n jen, cl l'arc.11ilait :
- Has Ür1•1-vou:; ! je n'aime pa ·, j n pui.
aimer celle îcrnmr, llUÎ ,·it i i. dont j'ignor · le
nom, qui n' 1 pa· ,·otr .œur. u10~~-:i_eur.
niai l1ie11 rnlrl' mn1tre.s e I Cellu que J ,um •
la ,raie Claudine d'llarscoël, ,·olée p.1r Yous,
,lépauill ! par mu , ~acrifiée par \'OIi • l e_11
1irt~t ·, ch, :r. moi, dan mes mur_-, depm·
tantôt i moi Le (·1mve11l clu Cah·aire n
rendu \'li ,ictime .... J, la ferai reconnaitre
Jc\'aut tous; Gcor e. 1·ient dans cc but; il
:,, il. comme moi! If autre. a,·ent aus~i ; le,
: ·nouvei, hoik, l\za, cbe-t 11ui Claudine
~•en int frapper, mourante. Ah! "CÎ rou
confond, ,·ou. f"t&gt;D\·er e?... Yotrc nttilude e·t
COl'-Of Uh 3\'eU ! \'ous VOU
croyi Z ÏI jamai,
dt-1iné de ]a tri. te Cfaudin : vou compli .z
. ur l'impuuil \. •rrrurl r· serait trop l'Ommrxle, si le trim i. pouvaienL re Ler · chr·
ain i I foici le rand jour, \'Oici Ir. chàtim ni.
Vo!b ile prk ... I.e c.on cil tl\!s Chouan ,·11.
d fcid" r de wu,. o ·cz ·rtnin rtu'H er ·an
pitié, comme wm" Le I11le ,·ouii--mêrnc.. Ce
&lt;:rra ju tic ; mu tes p rdu !
•
•
L comte Le GI hani ·• , l,a,-ourJ1, atlt:rr .
~cnlanl .t,. jamhP ,e tléroù r ·ou lui, ju ca
d'un ·eul coup d'œil l'éwndue du d ·a Ire.
C'étnil la lin d tout, l'1foroulcm nt. L'hmre
onnait, l.anl redoulk. de dL'lrge :i.cca1.ilanl ,, de convicLions tragiqu ~. des xpi3lion ·11prèrn11s.
caucbeinars de mill"
nui~ devenait!ltt réalité. immédiate ..
a "acilln: ferma le· )eu ; puis. ,ouJnin,
. r idi~, ot, relronvanl un d ·rni ·r cour "C
Jan: la t'rlituJ,. de I rlt!, il ,·oulut tirer
son ép,' •, l'i.11,ëe de fer 11ui ne lcquillait pa,,
~I i Joyennr, l'rmpoi manl par llTI hl'll,. 1·
dé.arma comm un nfaot :
,
- J n'am·plc pa dedud a, c ,·ou . 011
apparlr'Ilez au Lrib~nal J •' Cho~a~~,
Et le rlunalier Jet.a, pnr b lcnelrl', 1epre
du comte Turpin, (!UÎ fon d'humiliR_tion, do
dé , poir el d'impui. :mec,
roul:111 ·~1r_ le
ol. ha"ard, :pileptirp1 . Joyenne le coru 1de-r:i1
une ~econde, 11: cœur oulevé de d :goût, pur·
orût i1 pB lent . 'a t.\che était rc1nplie. .
Héla I il uu pré,,o ·ait n:11èrc ~uelle _11\-:nl
éw :,OIi impnuleuc,• ni quïl . •rtall de ·'''ni'~
Je dcu. m~in ·ou .tl'rèl de morl et celui
de. sien,.
Il r •tiril J&lt;Ull cl11;1··1l el i,'eu all:.t, pai'iL~i•;
la.i~saul derrière lui l't:pouv1111tc a,·l•(! '." ha111e
combiucr l,·ur ,·en•• ·am: · l la ru,m du
I'~ 'S,
lln,e rentra. Turpin 'étailr&gt;lc,·é pour lolll1,er ur nn . iè c; il )' hal l:tit. Elk &amp;\'ait LouL
•nlend u, efü ét:iÎI füidu, elle aussi; e a. péréc
d'avoir t;té jom:1:, terri liée par lcl&gt; m,:naccs ~c
ra,·t·nir; 1\ pr · enL, •Ue Jél t.1it llern:trdm
llu même cœur c1ue Turpin._ El_lll c l'.lanta
&lt;lcvaul celui-ci, L, la VùÎX lur1eus ·• 1nter-

- rom,

1 ré ultnt de ,·o~ bel! - prom ,. _.! ••• Tétai. heur1·use, - tranquille, en
tout cas. - d in ma LoulifJne, :ll'ec J ;rùmc.
l) ·jeum·· ,, n'
venaient q111 mil faî ienl
la cour. J'a.urni5 pu vhre à ma gui e, •Jl douceur, an - éclat. i,ans drame. Vous ète l'enu
m·y chercher. Yom, m'in·ez offert la joit.&gt;. l_a
ri hl"~ , de l'or. Je· cbàlcaux, uo nom 01di anl glorient .... Yol,:, ilet \ra.il. .. On_Jl.'vail loujour rire. loujour~ chant,•r. ,on.
vous vantiez d · mire habile!~, ,·o. pr~cautions ,11aienl ,i Lien pri e . ... El moi, stupide je ·ou· ai UÏYÎ. pré~t•lll, •tut? \ -l-il
arri:•r1 'o Breton·, vos saul'ages (die n'étnit
pl11s royaliste), ,o Choua!1 • e' sl lOUL dir:,
. e touroPnl conlrl, non . , otrc ·œur •l ortie
de a Lombe. Vou .-crez fusillé ou pendu;
r gen ont i mp1ac.,li! •s ; •l moi ! el mni !
• '1. Jc
\'Otr
,mpli I Quel . era mon u.1 ttu
n'oe y ·ongerl entour•· de Lrign11J, .an,
secou~ po . il,le, nou pon,·on. compter no
dernier jour. l faire no h,lamcnt..
Turpin, elfomlré ur :on i~"'e, le· regard·
da.ru; l • \;dr, ne hou e:til toujonr p . , Elle
'en.ra;::e.,, le coua par l'éJ, ul '·
- Maj · r~mucz donc! r,t &gt;s,-vous 3s t~l
làch, ! Alor vou • all 'l non - la' "er :b ·a.s~incr
comme ·cla'!... \'ou èlc ' un homme, ponrlanl, un chef Je Chon on · ! \h I c' 11' ~L pa:
étonn:inl &lt;1ue le r :1111l1lic;u11s füll~ liait nl _ur
Loult! ln li ue .... Gonlre des ,aldols comme
vous, de~ enfant. 11fri rai1ml. uelle houle!
i \'Oth ,·ou té ·i •n ,z pour ,·ou • . m· ·i-mo1
tout au moin. ; vou mil l • Jc\·~z hi •Il, j •
pens •! El dir~• quu, &lt;l gai •l~ Je cœur,je ui:
ro, :
,·enue we fourrer dans • gu pi •r. dnn ce
_ ÊtPs-rnns c.onlt&gt;nl 1
pays de loups! Paris vn.lait mi~ux.' même aux
li re tait muet; elle monologun, pcul-èlr1: plu rnaurai jour ; (IU pou,a1l $ · cacher .• :.
ruoi!'I. 1.onr lui &lt;JUC pour clk:-même :
lei'! on • l ,•u d, p rtoul .... 11 1·a falloir
0

0

0

mourir l.., Oh! ,·ous, c'e 5 t t,:en rcr~ain/ oh.
moi, r.'e.:t bien probable .... Granil !lieu .. ,
Elle 'apilorail ur on ·art, . e ~1 tln_1l a
gémir, ~\:pou" aLant un peu plu. ,ma mer
l:t i111atioa. Turpin. li! \'Oyant prèle an
J:irme , . ortit de a torpeur.
.•
_ rai -toi, dit-il: ril'n n' l perdu···· .J 1
ré0édû; J'ai lrouvé.
a dtlS UIOJ!ill" ••
Ro·o Uivol ecoua la tète, mal convaincue,

ny

défi.une:
- '1'11 di ,·ela ....
- Jt! di· 1 vdrit.t!. l.l'abord, on peut [uir •
- Où'l commcnt1 le Bleu
nl partout,
le Blancs nous laiss •ronl-il allur'I
i l'on ne peul p:i f11ir, r~pon~it lcnwmenl I noble ·ei n"ur d'llar~coët, tl rc·t

l'i

an tru cho e.

- Quoi?
ll la 1hhi :igeait, hésitait , conl1er 011
. ecr t à cette àcnc incon i La.nie; pui.-, pour
la ra ,urcr, p ur é ilcr se· cri.. , pleur.,
il décida· brutalement, ile pliqnn :
- Ou p~uL tourner ca' aq,w, p1s er à la
Rép11bli,1uc, dénvn ·r tout l,; pn}'' t:omm:·
rt!bdl,: le· OI n l'Î1mdro11l, nou · ·erM J~livrJs. ~ettlewunt il fau1 e pre er.
Rn.-e Ui,·ot n'a,ail p1: uue uoble nature;
die t:l.nit cou Lumière d •' plu ,il".,, pcn éCj;
dfo n rr yait à rien; . c mo pi lit ·mt.-rn J,,
roi r1ue ùu llir cloirP, et pourl~n_l •lie ~rl!,-,:mt,,, e,itom. q111lc. Turpin . oumlll en ll1:;:111t
c la. Ellr lui répli11u.1 impl •menl :
.

- J'avai- une p1une opinion de toi. mai:
Lu Jopa:s, tonles Ill" ' idJ . . ~·e,l ,dég_outant!. .. Enfin. j c •la put nou tirer J alf,ur •,
comme ç:i. mi me re" rde p1 ·• füi 1•itc.
- J'y ·on I dit-il; ~oi· c,1lmc; 1 i~ ~-moi
ao-ir,
'ur œs bonnes paroi ·, il alla dans la cour,

�1f1ST0'/{1A

__________________________________,.

rama ser son épée. Ellt était Ùans ln houe. et
c'était . ymboliqnc.
Le soir même, Torpin, silo! la nuit tombée, poussa, loul cul. une reconoa.is ance
dan ' la campllbtne. Pour .ortir du ch:llcau,
h:ili rnlrc la mer el le village. au bout de la
prc, •4uïle, il n·y avait qu'une longue roult&gt;,
élroÎll' au délml, qui "élar,çi . ait \'ers le pont.
Ut .-e rmnai't l'ac .;-. ' de Locoal; le pont
b:trré ou occupé, on ne pa. ail plu~. C'éLail à
la foi' une Llét'en e CL un dan&lt;Tt&gt;r. nn pou,·aît
empêcher I' nnemi &lt;l'entrer. L\mnemi pou,·ai l \"OUs empêcher de sorlir. Ce pont, ur la
lerte mè,ne, était néces ·ité par de sa.hies
mou\'ant~, infllLr&amp; aux m:m!es, où qui e
risquait . 'enfü.tit an retour; endroit maudit, illustré pnr cen Llégendes; eutre :;es pile ,
il rcrnnail de à rues.
Tul'piu 'approcha du ponl: il était libre ...
per onne ne paraissait ni d'un côté ni de
l'nulre. li re pira. La Iuile otail po sible. Il
revint au château.
Il.o'e l'y atlendail, prète au dépnrl; elle
avaiL en perspeclive, i l'é1•a ion réu i~ ail,
une nuil d'errance à travers cliamp , el l'inconnu du voya e. Pér-il partout. Elle était à
h foi na\"rée el furieuse.
Elle uiviL J.e Glohanic; il •'en allait, ans
arme apparentes, pour ne pa éveillt&gt;r le
oupçoo . Mai~, outre on épée fidèle, sou
son manteau, il cachait des pistolet.•
prè une lougue marche, et dix alerle
fausse . ils arrivèrent en rne du pont à lrois
cent loi ~s du moulin de Gynou\cz. Il était
loujour déserl. Mai c1uand ils approchèrent,
il leur eml,IA, dans la uuiL claire, voir mi
mou\·emcmt d'oin.Lre ..
A tout ha ard, ils s'avançaient.
Bru ·quement, ."élevant gra1•e ddll le .silence, une "oil les avertit :
- Qui va là 7 CeUI. qui e carhenl pour
orlir du village onl de mam·ai de ·ein .
C'était Alanik qui mont~il la garde. Turpin
se rejetait en arrière; Ro·e Divol courait drjà
vers Uarsooët: il · y rentrèrent, conl'us, humiliés, désc_ pétés au i.
A.us ilot la ûlle de Paris, liicbo.nt o. bile
encore une foi , criait à son amant dét t t :
- .\lion , lini·son -en! J..ppeUe 111 Bleus,
qu'il \'1enneot, qu'ils fo,iUcnt tous ces
ruetU-là. Joyenne le premier: el 110 'il nettoient les roul.rl ·.
Appeler les nleu~, c'était ai é à dire ;
mal$ dans la . ilualiou du comte Le Glohanic,
c'était plu· ditticile à faire. Communiquer
avec Vanne~, avertir les chefs du di !riel,
oui; comment'? Turpin n'nHitpas un homme
de couf1ance ; el pu1 , en eùt-il dix, que
ceux-là, dé·ormais suspcct.s, n'auraient pàS,
eux non plus, le l11i:iir de gagner la campagne.
Alor ?
Il s'n · ombril. Rose remarqua ce nouveau
nuage au Iront de son complice; Pl, maintenant, alarmée de tout, précipitamment, elle
l'interrogeait.
- Qu'esL-ce que lu as'?- Qu'est-ce qu'il y
a encoro1 Ne me cache rien ... j'aime mieux
savoir que me faire des imaginations!. .. Toul
cela finira mal, je me tourne le sang.... Eh 1
1

0

bien, parlera ·-tu, au lieu de rrrrarJel' la
lunel.. Parle donc!
11 rnàrbonna :
- )lai non, rien dl' grave ... seulement
j'ai he oin d'un courrier, d'un courrier sûr,
el je ne ais pa trop &lt;1ui employt'r,
Au premier abord. la réponse parut, en
effet, san irnporlnrtce li Ho ..,.; elle chercha
dans s:i tête quel iudhidu pourrait faire !'office? Et alors, en cherchant, elle •'aperçut
•1u'elle ne trouvait pa et que ce marn1uc de
.erdteur~ fülèlcs était ,,.ros de con équenœ.
Elle rronça es noir sourcils, tapa du bout
du pied ln Jalle en murmurant conrnlsivement prey1ue ;
- Comrncnl faire? Comment faire 1
Uni anl leur efforts, ils s'olistiuaient,
s'acharnaient à inveulcr des cbo es, de
hommes même; rien ne les satisfaisait, car
ri n n'était satisfaisant; ils tournaient incessamment dan iin même cercle, en lomhaienL
nui redites, rabàchaieul de otlise .
l)e rrucrre la e, au milieu de la nuit, il'
regagnaient I ur chambres, rem ttanl au lendmnaîn.
L'aube pointai!, quand Turpin, qui dormait
d'un œil, fut éveillé progre irnrnenl pal' une
sorte de compl.iinle, pourtnnl plutôt berceuse,
p almodiée à voix b1 · e el monotone, ous sa
fonêtre. Dan le trouble de l'éveil, il n'y faîbail guère attention; d'autant plus 1111e la
chan~on. jadis tout au moins, lui élail coutumière? Peu à. peu, il la perçut, di tincte, y
prêta une oreille consciente; et, subitement,
bondiss:mt de on liL, il criait à Rose qui
sommeillait encore :
- Ro e I au\'i{ ! nous ·01Dme auvés 1
Elle se dre:;. a, car ~es peurs . ecouaient son
indolenC'e; el balbutia le ye.u gros de songe:
- Quoi? Qa'esl-ce que c·e t? 'auvés?
CommenL '/ Par qui?
Turpin dé igna la Ît'Oêtre; il J''1u\·rit; l'antienne se précisa, toujours rabâchée, par la
rnème rnix doh:nle; c·r.~it l'Ai•e il/al'Îri et le
[ 1aler No.jlel', récités sur un lon laroenlable.
- Koz A kouro I dit iruplement le comle.
Rose approm'a d'un sirrne de tète, elle
avail compris.
C'était le diable qui leur envoyait ce chemineau dii;paru depuis des moi , qu'on croJ·ait
ruort; ce chemineau •1ui n'avait qu'une -vénération au moode. singulièrement placée :
Turpin Le Globanic; qui n'était capable de
LlévouemPnt que pour un homme ici-La , ce
même Turpin; ce chemineau. que le paysans
de Loc-0al, des villages voisins, jusqu'à t
passé Vannes a1·aient l'habitude de voir circuler librement parmi eu1; que 1ml ne ongerait, pa mème un sergent bleu, à arrêter
en route; el &lt;]ui, de la sorte, llt pour toute
ces causes, pouvait ètre chargé d'un me age
el le porter au but ans dJfaillanee et an
accident.
Penché à sa renètre, Turpin lui cria :
- C'est bon, tais-Loi! alleods-moi, je
de cends.
1,e vagabond uspendit ses ljlanies et 'as it
ur une pierre; du bout de ses deux bàtons
il troltait, creu.ait la Lerre, Loujours quelet0

... 238 ...

Leut, dépenaillé, avec la mèml! face cmbrom!'ail!ée, jaune ou;; la cra e, où senl des yeux
vivaient.. ..
En robe de chaml,re, le cheveux emmêlé·
et dres és ur la tète, comique et laid, Turpin
le rcjoignil :
- Eh hicn. vieux garçon? voici bien longlemp· qu'on ne l'a ,·n !
Koz Askourn braula la têle; un oupir de
·oufill!L de forge ·exhala de a mai 0're poitrine; el sou air ful si naVl'é que le comte dul
s'en apercevoir.
- Tn as eu des malheur 1
Le ,·ieux répondit :

-

Oui!

En effet. A force de voler les mort , Dla.nc
ou Dieu , de butiner, grappiller, rapiner,
marauder sur le champ de balaillc, de fouiller
les décombres, voire le' cendres des manoir
incendiés, il avait, peu à peu, ama.sé un
magot, qui, pour lui, représentait la fortune.
li possédait, cachés dans on vi u, chapeau,
alourdi par les pluie , roussi, br1ilé par le
so) ,il, pelé par le Lemps, galeLU par luimème, dix loui· d'or, rama sé dans le sang;
mais qm luisaient el onnaient clair; dans
·oo bi ac, iJ po sédait, en pièces d'argent,
une somme à peu près égale; chaque pièce
oigneusemcnt emmaillotée de cbiil'ons ou de
papier, pour qu'elle ne Lintàt pa au choc, et
ne e trahit pa en route.
Avec cela, la Yie était belle; tous les oir.,
couché ur la lande, à la clarté blanche des
lunes d'Jté, il sortait ·es Joui de son chapeau
cra seux, les cou idérail avec de yeux. ravi ,
les maniait, l~ caressait avec des doigts
amoureux., ne se las ant pn de la vue et du
oonlact, du on mu.ical comme un chœur de
séraphins; il 'en saoulait, 'en dnlci6ait et
'!!n héati6ait; il y trou,ait des ivres· s, dei;
joies. des voluptés inconnue. ju ·qu'alors. Il
aima ·on or comme un jeune homme sa première maitres e; la possc ion le comblait de
délice .
Pr, ce fat celle pa sion qui le perdit. La
plu simple prudence Jui con ·eillait de ne pas
porter sur lui ce magol compromeltanl, cet
injustifiable trésor. I&gt;epnis longtemps, il avait
résoltt de le confier à la terre ou de le cacher
au creux d'un arbre mort, d'un rocher ·olitaire; dan un endroit connu de lui seul, à
l'abri de· convoiti es et de curiosités.
~lais, chaque jour, il reculait, remettait au
lendemain; TIil pouvant se décidPr à se séparer
de ces beaUI Joui d'or, où il admirait encore
le portrait de ·on roi; il lui emhlail que,
san eux, il n'y aurail plus de oleil au ciel,
plu de gaieté sur terre, plu d'e poir nulle
part; et il tarda i lon"temp qu'un beau
matin le guignon s'eo mêla.
Ce jour-là, il passaiL par Kergaël, bameau
pouilleux et dé olé, où les habitant !am~
ligues, à force d'avoir le dents lornme , ressemblaient à de loups. Les enfant , hâYeS el
décharnés, de race mauvaise, étaient cruels
d'instinct, lorturaien t les bètes et se mordaient
eotre eux. La misère, la di·clle enrageaient
ces gens-là; petits cl grand n'avaient jamais
eu, un seul jour le ,•entre plein el rebondi.

,

________________________

- rr

Le \'agaùon&lt;l, uu peu soulagé, moralement,
dm •· Hthreusc , secouaient, déd1iraieul le
llé. hérité , ib hais~ait!nl. Quoi? Tuut.
par
.es coa.fiùcncc ' l CO:P réconfor~é
Le hommes, dan. la guerre, :ous .lncque · chapeau recéleur .... Puis, ((lland il. ful ~er- un repas pour l11i s~lencl1?c, . e r~pr1l :i la
Eveno 'étaient montrbi particulièrement uin qu'il étail vile, la meule gro sie e Jeta vie et "roroa de satdact1on. As I Mtr sa
0
0
1 •
~
rêro~~ , prodinuanl
la souffrance comme une sur Koz A.kourn.
0
on I.Ji ac luî [ul pri de force, oun•rt, pierre, enlre .on écuel c nde el ~a ta~ e ,
rernnche. Les fom(l)es, derrière eux, dan les
demi pleine, il essura sa barhe d un _revers
combat· lim!s am. alentours, acheYaienl les renversé, \.'Ïdé dan la l,oue; el des chilfo11s, de manche, et leva des yeux reconna1s,anl:,;
Je boules de papier, lourde d'argent, s'uparblessés.
Il se ballaient pour le rama er, snr le comte Turpin, debout devanl lui.
c· ~tait un rama ·is de brutes obtuses, pillèrl'nt.
- Ça ,•a mieux1
d'ùmes aveugles, mue· par les pires nppélils, se prenant au. cheveux, e rrriJJanl nu visage.
- Oui, gro 0rnafo "ieillard; ça fait dn bien.
les inconscientes rancunes des miséreux ans Le· femmes se montrèrcnL les pins tolle. et
Turpin E-ongea; c'est le moment.... Il
les
plus
enragées;
tout
ce.la
sans
u_n.
mot,
lrève; dans lenr éalise nue, ils glariûaienl un
Lou·
a, as ur:i sa parolr, et, d'un air détaDieu, an le comprendre, par terreur, par rien que de cri , des grognement 1mstre
ché,
pr_oposa :
operstition, comme le nègres d'Afrique et trioruphant .
- Ecoute... le paysans l'ont pri lon
Et
le
,ieillard,
éperdu,
\·oyait
ain.
i
s'en
vénèrent le olcil. u, le craignaient, ce Dieu,
argent'!
ne l'aimaient pa . Peut-être concc\·aieut-ils aller à jamai on or, .on argent, on seul
- Oui.
l'enfer, mai~. à coup sùr, ils ignoraient le amour, on unique joie; il upplia, pleura;
-- Tu !car en veux?
ciel. La charité, surtout, restait, pour eux, on ne l'écoulait guère.
-Ohl
Quand
tout
fut
partagé,
comme,
dan
lettre clo e.
- 1 n Youdrai bien retrouver lon argenL
Chez ces sauvage , le vol s'appelait l'occa- sa colère démente. il menaçait ses voleurs et te "enger d'eux'?
sion; le meurtre, la loi de fort : ils ne res- de la colère de Dieu, du diable, du loupAvec plus de force encore, le vieil homme
pectaient que la violence, sans notion de garou, des fée un pay-an po'a hrntalemcnl cria:
droit, ni de justice. li étaient le de ccndants la main sur a maigre épaule :
- Ouil
- Va-t'en, ou gare! Tu as volé, on le
tationnaires de ces Celtes complu-, p1mdant
- Bon I répondit Turpin; 11 y a peut-êtro
vole.
Tu
n'as
rien
à
dire
...
file
à
présent!
de . iècles, aux humains sacrifices; ln vie, à
un
moyen. La somme i1ue tu as perdue, ·urLe chemineau hé'ita .... n ne pou1ait se
le~1r !eux, était Lrop douloureu:.e pour avoir
toul
en ce temps d'assignats où i'argl'nl el
décider à lai .er derrière lui sa fortune extorquelque pri ·.
. .
l'or
ont
centuplé de valeur. est trop cou idéD'ordinaire, cependant, il· accue1lln1cnt quée .... Mais il était seul ~nlrc cenl bri- rable pour que je pui~se la rénnir; mais j'ai
sans méchancdé les chemineaux, tous réputés gands, doublés de cent harpios. ur. une d~r- cinq beaux louis, tout neuf:;, qui seront à to!
un peu orcier , par pear d'un mauvai- sor~. nière malédiction, il rama1 a on ln~sac ..,,ide si tu veu. m'obéir el faire quelqne chose qm
S'ils ne leur donnaient rien, ils leur souhai- el s'éloigna, lremLlanL .ur ses béquille , des te v~gera Jes Chouan'.
.
.
LaienL bonne chance plus loin, ne les moles- pl •ur coulés des Jeu·,:. .
Le i·eux bais,és à terre, le mendiant re·Dao son do courLé, 11 reçut une volée de
taient pas.
taiL sans réplique. Enfin, htkitant, il dit:
~lai ce jour-là, Koz A kourn jou:i. de mal- pierres, on le recondui ait. A l'orée du vil- Quoi, le quelque chose?
heur; comme. deboulconlre un mur d'égli e, la~e, il cracha sur la terre et reover_ a le
Turpin prit .on parti :
se deux L~quilles sou les bras, sou chapc:lll pouce, en prononçant des mot my-ttk1eux.
- Porter une lettre au comité de Vanne
L, vieille , inquiètes, ec,mèrent la tète. Le
i1 la main, il récitàit tm11 haut ·es prières. un
:1
Blad,
retiens ce nom, 'il csl prü!le.nt; au
namin de Ji-: an , plus irrévérencieu , plus ,agabond sorcier, évidemment, aiait voué ~e commissaire du pouvoir exécutif si 81.ad n'est
villa"C au malheur, c11 appelant les mauvais
hardi que les aulres, s'approdia du vieil
pa là.. ..
homme, f'l, d'un "C te brusque, pour le irénie~ ....
Koz A kourn rél.léd1il:
° Ce qui reste certain, c·e L que, quelt1ues
plai ir de mal faire. lni al'rac~a son_ chapeau.
- Je ,·eux bien .... Mais ne me dites pa
moi
plus
lard,
il
fut
incendié
par
les
Dlcus
Le mendia ni, un moment mterd1l, pou sa
ce
qu'il y a dans la lettre... J'aime mieux ne
tout à coup un cri tcrriLIP. Cc chapeau. c'était et ltrùla d'un bout à l'autre; pas uo chaume pa. avoir.
.
aas'&gt;i sn hourse, ln cachette de ses louis. son ne fut é1&gt;argné.
Le comte fit une grimace; c'était dlljà le
"nr le chemin, Koi; Askourn, dé~ormai
trr or. li se précipita. roulant sur s · ~éh\àme
... et de j Las l
sans iimc, :;'en alla, re .as ant ·a douleur.
quille., à la pournile de cel œfant m:iud1~li
reprit
:
Cet or, cet argent, qu'il avait gagnf pièce à
Iais cclui-ti êtail déjà loin; à ceut pa • il
- ,Je n'ai pas: besoin de te dire que celle
pirce, au ri.que, pour chac,u11e, d ~ ~p
agitait triomphalement le trophée conqui~.
d ru il; qu'il a\'atl couserrn_ sur lu1-meme, \ellre ne doit pas être interccipl~e; que je
Sur le seuil d~s portes basses, de hommes'.
au mépris du dan;:1er, car St quelque gen- m'en remet en pleine confiance à ton inLeldes femmes, regardaient saos a~prouver m
comme à,-ton dé\'Ouemenl.
darme .'était a,·i é de vi ·îter . a besace, c'élail Jirrence
0
.
blâmer indilTérenls. oudain, du v1euxcouvreKoz Askourn I tnlerrocnp1l :
le brancha"e assuré; cet or, cet argent qui,
chef ('abossé, roussi, miséraLle, ecoué vio- Votre lettre sera portée; j'en répon&amp;.
de on e.i..;~Lence Mjà i longue et toujm1rs
lemment dans l'espace, une pièce d'or '1khapJe
\'ous doi cela; vous m'a,ez accueilli loutlls
mi!,éreuse, a,·ail con tilué le scnl bonheur,
pait, tombait à terre. Alor , d'autres ~~ins,
cau~é la seule inessc, t.-et -0r, cet argent, les [oi que je suis venn. Je me rappelle.
qui avaient rejoint leu: ~,maradc ~c Jetereot
parti, envolé, Ji. paru, ra,i par le crime des \'oilà toutl
snr le chapeau, le îouil\ercnl en ha_l~fec étonnement, Le Glohanic constata que
.
A pré.sent. Koz Askourn ne cr1a1t pl~s, hommes ; il ajoutait : des Chouan 1
la
charité,
mème !aile avec de arrière-penOn revirement se lit alors dan~ se.,; opin'avançail plu ; cloué au sol par le d~espo1r,
sée
,
n'était
pas pt'ine perdue.
nion obscures; ü détesta les Blancs cl penil regardait, hagard, pré-voyant le desaslre.
- C'est IJicn, diL-il, en posanl, malgré
Un enfant, le plus rapide d~ns sa bcso.~e, t·ba ver les Bleus.
C'ét..iit dans ce· di po·itions qu'il arrh·ail à sou dégoùt, la main ~ur l'épaulci du vieux
ubitlllllenl hurla de joie; tr~1s autr~s p1èc~
vermineux; je vais écrire la lellre, te 1a donLocoal: c·é1.ait ce &lt;JU 11 racontait en phr:u.~s
d'or Lrillaient daw ~a ruam. li n en ava1l
diffuses, c:onîuses, répétée ·. au ~ml~ Turp1~ ner .... T'a-t-on rn Yenir icïl
jamais ..,71 , mais c'ét3;Î_t joli. à cont_em~lrr;
- Nou .... Personne ne fait attention à
qui l'écoulait palieminenl, pwsqu 11 avait
presque à la fois, les s1 dermerll Joui s évamoi .... Un a l'hnbitude.
besoin de lui.
- Parfait .... Resle à boire, à manger endaient Je leur catlieHe.
Quand fo mendiant lcrmioa le récit de ~a
Aussitdl, ur le seuil des porl!!s, lt&gt; h~~core,
si tu veux. Dix minule:s, et je reviens.
man vaise aventure, Turpin le consola par de
mes, les îemmes grouillèrent! ,c préc1~1Eo
haut, Rose lui di.ait :
bonnes paroles, pui:; lit quérir à 1)0ire et à
Lèrent : de\·ant l'or, il. devenamnt fous; tls
- Vous vous liez à œl homme')
manger, l'abreuva, le ga\'a, sachant Lien que
l'arrachaient au.t enfanl:i, avec de menaces,
- Pourquoi pas?
par son è tomac passait la route de son cœur.
des coup1&gt;, des vociférations. Des mains cro.,. '239 ..

�ms T O'l{lA
Avec ua écu on le fera parler.
- ,le lui donne cinq louis.
Rosl· fit la moue.

C'e L cher.
C'e L pour ;ou
Alors, vous rroyez? ...
ui, je croi à la luyâuté d'un mendiant ... , je ne ferais pa cet honneur à tout
Je monde?
ur ce, Turpin s'a .it de\·aol une table,
écrivit sa lellrc. li avait d1i la méditer à
l'avance, car il traça le -vingt ligne d'un eul
trait, sans hé italion, sans po·er la plume,
an· raturer.
H plia le papier, mil l'adre se, cl alors il
chanta :
- Le temps sont changé· : vive la Répn~
bliq1,1e !
kose le con ·idérait, inlcressée. Il sentit
peser sur lui ces deUI yeux oh liués.
- Qu'est-ce que tu as?
- Rien.
- Ou'c t-œ qu tu regardes?
Alor , eUe repartit, songeuse:
- Je regarde commente t fait un monstre.
lerci, cria Tlll'pin, en éclatant &lt;le rire.
lllusl,11/ions

Librairie Illustrée Jules
A présent, il était r 'solu à la lutte, el

comm il avait quelque accoutumance au

TA.LLANDIER, Éditeur, 75, rue Dareau, PARIS (XIV")

entant du peuple dt! armées du Morhihan;
il fut d'aborcl repoussé, éconduit; mais, à
force de pcrsi tance, il obtinL son renseigne-

danger, cet ancien oldat &lt;lu roi, sorli de es
transes na-ruère chiméri11ues, se redres ait ment.
devant lt!s menaces insta11le., ouple d'esprit
Blad était en conseil. à l'hôtel de ville, avec
e~ de corp di po , prêt alll ré islancc opi- les membre du di trict, les commi,sa.ircs
Dlâlres, à toutes les ru ~, à toutes les infamunicipaux et le commi . aire du pouvoir
mies,
comme à toutes les bravoure ·1 traitre exécutif, Jérdme Divot. On ne troublait pa
•
a son passé, sanf à Ro e.
ces assemblées olenncllc .
Un ÎJ1Stanl plus tard, Koz Askourn recevait
li ne s'en rendit pas moins à l'hôtel de
d'une main la lettre criminelle, de l'autre, ville, in ista prè du portier, 1e convainquit
Je, ci?rr louis, Puis, gaillardt-menl, après de, de l'importance de a mi. sion; tant et ·i
merci, dt!S bénédictions t!t des aluts sans bien que Blad, in•erti, donna l'ordre d'intronom_bre, il s'en fut, béquillant ur la route, duire ce chemineau plein d'enlèlcment.
clopmanl, sautelant, avec des vivacité de
La solennité du lieu, Je bariolage des cosreptile; passa le pont, aos que nul ne fît
tu mes dans l'augastu assemblée, la pose Lhéàallention à lui, s'engagea dans la camp:igue .... lrale de chacun de s membres, n'eurent
Derrière un cahairc, il s'arrêta 'assura
pa le pnuvoir de troubler l'antitrue philoqu'il était bien eol, s'agenouilla, ~lissa son
sophe des roule ; quand Blad l'eut inf Prrogé :
or sous une dalle, rabattit la terre alentour•
Que veux-tu, citoJen mendiant?
puis! fa poitrine débarras ée d'un poids,
n répliqua implemenl
repr~t sa route. La leurede Turpin? Le vieux
- C'est vous Illad?
avait seul dans quelle partie de on individu
- Oni.
il l'avait dis imu lée.
- Jurez-le.
Ver cinq heure du oir, il arrivait à
- Je le jure,
Vannes, 'enquérait dtt ciloyen Blad, repréBon ; voici pour vous!

il

iÜ CONRAl).J

(A suivre./

L'INVASION. -

Tableat, de GuumoN.

ÉDITION DÉF"INITIVE

lAURICE

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HlSTOIRE GÉNÉRALE

L'ACADÉMIE FRr.NÇAlSE
PRIX NÉE)

(GRANO

DE LA

OUERRE FRANCO=ALLEMANDE
(l870-7l)
Par Je V-Colonel ROUSSET, ancien Professeur à l'Ecole supérieure de Guerre
Nouucksart!.teadont lu
œuvres aon t reproduite'•

dan.o J1ouvr&amp;gc

.• : : ANKER::
• • RAOUL ARUS
; : LOVlS BAADl:R
: :
; BA.ROERl:i:

, •
••
: :
: :

• •

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BA.RTIIOL0I

: :W. UJ&lt;AUQUES)."E . :
{l, DE nEAUIŒPAIRT-:
LOUl'l Bli;:'i'()IT·L/.1' \'
: : JEAN HENX]lR : :
: BERNE-JIELLECOUR !
: ; : BERTlllF.R ;
; ;
: : GEO Bltl!TRASD; :
ALBltRT
BHTTAN!LR
Cl'ST.AVE BE"rTIJ,;GER
Bf-KIBTRfT
: : : A. Rl.OCII : : :

l
: : r..toi. soxsÀr : · • '
: : BOUTIBON1'E : :
; IUJll.R BOUTlr.NV :
. .
: : BRAlL: :
. •
: :

: BREYDi;;L :

: : Cll10T: :

:
.
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•
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. • : CLARI
•• GEO. CONRAD : :
: LÉON COUTURŒR :

LA VlE ET LI;:

lfCEUR&amp;_ AU XYU" )IÈCL.E. _

L~.s
~

VIS1TES

n L',\ccoucah;. -

Cliche Giruud.on.

GrJVUrtd"ABRAJIUI

Boss8. (CaNurl lks:Esim1/'U, )

AllA~E ans one passé el le souvemr de 1870 est plus
présent que jamais à l'esprit de Lou,. L'Alleruagne donne
à la commémoration de es vîcLOires un éclat plu-; granc1
que de coumtne: la question de l' A1· ce-Lorraine est
poU:r clle à !"ordre du jour et, cet amornnc, elle rc,·iendra plus
actuelle tl plus brulante au Parlement allemand. Le Couvemeruent français livre au public les riè-ce, officielle,; et doclUllemaire~ des sept années qui ont préoêdé l'année terrible, pièces qui
expli1uent et éclairent la ntarcbe des èvènemeuts qui ont causé
cette malheureuse guerre,
Le moment e,,-t donc particulièrement opportun de publier une
n uvetie écl ilion du rêcii dramatique et ,aisissant êcrit par le
L1-Colonel RoussXT et de donner à son HI TOIR E GENERALE
DE LA GUERRE FRA- 'CO-ALLE'~JA,&gt;,;DE (1870-71) sa forme
définitive. La clarté de ~on style, l'impartiaHté Ile son juge.
ment, l'exactitude et l'eachainement des faits font de ce livrç

• :

: CIi. CRÈS :

: :

: :

: DAUBEJL :

: :

: : A. DF.liODENC~ : :

d'histoire un livre de lecture unique, plus attachant qu'aucune
œuvre romanesque. C'est de l'histoire vécue écrite par un soldat,
témoin et acteur doublé tl' ua littêrateur qui ~ait évoquer et
raconter.
L~ Lt.Colonel Ro(,-SSl'T a tevu entièrem.ent son œuvre, il l'a
compulsée à nouveau en. tenant compte de~ révélations que tel,
années om apportées, des écrits publiés par le bistorieus spêciauz
qui ont pu j\'ter une lumière nouvelle sur certains poi.uts, en
réformant des appréciation~ que l'éloignement des év6ne111ents
permn de juger avec plus d'impanialité et plus de sùreti.
L'édition définitive de !'HISTOIRE GÉNÉRALE DE LA
GUERRE f'RANCO,ALLEMAN"DE ( 18jo-71) du V· Colonel
Roussin est donc le résultat d'un labew: d'environ vingt
ann(•es auquel s'ajouteo.t la compétence éleYée, l'érudition militaire ~olitle, qui firent de l'auteur un des plus éminents profes:,eurs il l'Ecole Supérieure de Guerre.

L'Iiiustration est un véritable musée

: :

: : LO U IS BRAUN :
• .
E,. BRlSS!CT
,
• A!IDRÉ BROUfl.l ET
; ; : B1!1A~D : 1
: : CAM PIIA vs,;N :
: E:U~r.'l! t:ltAfE,kON
: : : : CltAl'U : : :
: IIENRr e 1tARTIER
CHATRON IŒ
,
: A. CRlCOT : ,:
• .

q

Le texte a demandé 20 ans de travail

S

I le talent d'écrivain du 1.1.Colonel RousSE.T a rendu son
test~ all,;!;:i palpitant qu'un livre d'ima!(lnation, l'illu tra't ioa ,le sou ou,-rage, â laquelle ont coop~ré tontes le-;
célébrités arlistic111r;; contemporaines, a complété l'œuvre
et c'c,1t un véritable mus&amp;- que nous offro11s au public.
E11 effet, ont pris place dans J'Hl~'TOIRE GÉNÉRALE 11E
LA GUERRE FRANCO-ALLEMANDE, reproduite, par les proc(,dé, le!- plus modernes et les plus ])&lt;!ffoctionné,., toutes les
toile célèbres. les pei1u11res signées des plus granos noms de
l'art. C' est la confirmation vivante de la narration
A côté des u-•Nres admirées et admu:.i.bles de nos gr~nds
artistes, des coUectionnrnrs pa · ionm' nous ont autorb.:-s à
pui;;Pr dans leurs précieuses richesses: pui eo Allemagne, en

Voir pages suivantes: Mode de Publlca.tion -

Alsace-Lorro.ine même, llll voyage de recherches nous a procuré
tout un en:&gt;tmble dt pièces inconnues jusqu'ici et d'un intrn:êt
primordial.
Les grands pànoramas de Neuville et Oeta.me, les peintures des bataille;;, les portraits de tous les per onuages
m8ês aux évé11emeuts, les monuments commémoratifs, les
&lt;:arte.~ el les plans, les types militaires français et allemands de
l'époque, tout cela, tiré en noir dans l'ouvrage ou formant des

Planches hors texte en couleurs
con~titue un ensemble complet., mêlant dans une évocation
commune l'image des faits eux-mêmes avec celles des hommes
qui y ont joué un rôle particulier.

Prix de Sousr;;riptlon -Médaille cornmémor_atlve
et Brevet "Aux Défenseurs du Territoire (1870-1871) ••, offerts gracieusement au.x sousr;;rlpteurs.

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Ce qu'est l'Ouvrage

Son Mode de Publication

La reproduction des peintures et des tableau, des toùes
célèbres gui illustrent !'HISTOIRE GENERALE DE LA
GUERRE FRANCO-ALLEMANDE (r870-71) ne pouvait souffrir
aucune médiocrité. li fallait aus i adopter un format qui par
l'ampleur de ses dimensions laisse aux œuvres Teproduites
toute leur valeur. L'impr~n en caractères neufs est faite

L'ouvrage comprl!lldra au minimum 60 fascicules enriohis d'au
moins 1.200 gravures, tablea11x et batailles, panoramas, partraits,
cartes, plan&amp;. monuments commémoratifs, etc., etc., dont au

sur très bcan papier couché, format in-40,
L'ouvrage paraitra sous
la forme d'élégants
asc1cu es e oma aire~
comprenanL chacun .r6 -pages illustrées d'environ 20 gravures dans
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œuvn1 oont rci,rodwtc1

dam 1'o.i,np
(Suite)
: : JI::AN DELAIIA VE: :
: ; PAUL IJRLANCE : :
• .
DELAUNAY
•.
RJtlœ DF.SVARREAVX
ÉDOUARO DETAILLE
: : : J tllDIBR : : :
: : GUSTAVE DORt: ;
OUJARDD,•DL\UMETZ
: : A, DlJMARESQ : :
: : : D tJPRA Y : : ;
: : C. 1'11.Ell'SJlRC : :
: : NILS F'OllSBti:RC : :
: LOUIS GAIi.DETTE :
: :JULESGIR.ARJ)BT!:
: : CR.ATEVROLLE : :
: : P. CROLLERON : :
• • M. GUINDON
. •
DAOAMARD
, •
• . EIIIIL llÜNTE:,1 , .
.• : : HYON:: : :
. . : JSANN"IOT : •.
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• • M. LXCI.ERQ
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. • : : LEDRV: : , •
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: : CARL RŒCHUNG::
: : ROLL: : : :
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: : 1, IONEL ROYER : :
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: LUCIEN SE:RCENT :
: : TH, SltYMÔVR : :
: : NICOLAS SICA RD : :
MAUFUCE TOUS AINT
: : B, UHUIA . N : :
: : JAMES WALK'FR : :
: A. VON WERNER: :
: :

h bd

f · ]

moins

: :

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: : : .tl!,nt:E~ : : :

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Réductinn a'une double p!aacbc en coule11rs tirée hors l&lt;"h:·

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Rue

JULES TALLANDŒR, ÈDITEUR
75. RUE DAIU:AU, P.ARlS-XIV-

BULLETIN DE SO USCR,IPTION
N°

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Gare la plus proche
Je, soussigné, déclare m'inscrire à Wl exemplaire de !'Histoire générale de la Guerre franooAllemande, du L•-Colonel RoussE.T, au prix de - 40 fr. - 52 fr. - (Raye, le '(wix inu.ti~) qui

souscnpteur qui est anc1e11 comnattant dei.lrt0-71.
Je déclare avoir pris part à la Gut"rre FrancoAllemande de 1 870-71, et certifie sincères et exactes
Je· déclaration ci-dessou ;pour la remise imprimée
à mon nom du brevet intitulé : "Aux D8'8n1sur1 du

Territoire 1870-187/ ".

m.e sera livré sous la forme suivante :

Nom

En fascicules hebdomadaires (40 fr.) - En deux volumes brochés (40 fr.)- En deux
volumes l'eliés (52 fr.). (Rayer les ,,,ots inuûles et laisser s.,bsi.ntr le 1110/U P,,t/ér~.)
Je m'engage à payer le premier v~ement rle Cinq francs - Quatre francs (Raye, le prix
i,mtile) du 1•• au 5 du mois prochain et le complément à raison de Cinq francs - Si1 francs

Prénoms
Litt&lt; et date

(Rayer Ill prix inutile) tous les deux mois.
La médaille grand module en bronze argenté me sera envoyée aussitôt prête.
A
..... _ • le
19;
SlGNATURB
Remplir, signer, détacher el adresser le bulletii ci-dessus à la L1brairia lllustri&amp;,
Juin TALUIID!Ell, Editeur, 75, Bue Dateau, PARIS-XIV•.

IÙ

le général Coffinières responsable de cette
effervescence, Jui en :fit des obser,·alion;:;
« assez sèches ~. et celui-ci répondit par
l'offre de sa dém.ission 1 , qui ne fut pas
acceptée d'ailleurs. Alors Bazaine, qui
ne se montrait jamais nulle part. même
dans les ambulances, finit par mander
à son quartier général, le 1 5, les commandants de la garde nationale, auxquels il
donna l'a.surance qu'il n'y avait rien de
vrai dans les bruits répandus, et que ses
relations avec l'ennemi se bornaient à des
échanges de prisonniers. C'était le jour
même où le génfaal Boyer quittait crsailles ponr revenir à l\letz !
Inquiétudes de l'armle. D'ailleur:;
l'inquiétude à laquelle Ja population était
en proie avait maintenant gagné l'année
elle-même. Jusqu'alor on s'y était. malgré tout, bercé d'illusions consolantes et
on avait espéré que la situation se dénouerait, un jour ou l'autre, par un acte de
vigueur. Mais les bmits fâcheux auxquels
donnaient lieu les départs successifs du
généra] Bourba.ki et du général Boyer
commençaient à semer partout l'anxiété
et le découragement. « Les journaux, si
surveillés qu'il fussent, traduisaient le
mécontentement généra]. Le maréchal
Bazaine n'y était pas ménagé ; sa conduite
militaire, ses manœuvres politiques étaient
vertement blâmées. Ces journaux, répandus dans les camps, servaient à
éclairer les plus aveugles sur la véritable
situation de l'année et sur les causes qui
l'avaient am.enéee. " Il devenait évident
que cette sortie, possible et presque facile
au début, exécutable encore, quoique
dans des conditions infiniment moins favorables. jusque vers lc milieu d'octobre, on
ne la tenterait plu maintenant. La perspective d'une capitulation, à laquelle nul
n'avait song{: d'abord, était indiquée par
plusieurs officiers comme l'i sue la plus
probable de la situation actuelle, et une
violente irritation était la conséquence
de cette nouvelle et cruelle -perspective.
ussitôt, des concilîabu)es se formèrent.
où il fut décidé qu'il fallait à tout prix
essayer de se soustraire à l'opprobre d'une
reddition. Deux jeunes officiers du génie,
les capitaines RosseP et Boyenval, le capitaine Crémer, aide de camp du général Clincbant, des géné raux et des colonels se
réunirent, pour examiner les moyens de
faire une trouée. Mais le maréchal avait
été prévenu ; il fit arrêter le capitaine
BoyenvaJ et ]'interna au fort Saint-Quen-

en chef. pour lui exprimer, au nom de
tous. et par une démarche respcctueu e, le
désir universel d'échapper par un coup
de force à la menace d'une capitulation.
Le maréchal les reçut avec affabilité et
letfr donna même l'assurance qtlil était
dér.idé à ne pus cC1pit11le,, 4. ~ Le généra.!
Boyer, dit-il, essayait en ce momenl à
Versailles d'obtenir, non une capitula·
tion, mais une convention ,nilitafre qui
permît à l'armée de quitter honorablement
la place. Dan· quarante-huit heures on
serait fixé à cet égard, et on connaîtrait
la solution, qu'il espérait favorable. Si
toutefois le gouvernement pn1ssien se
montrait inflexible, on reprendrait la

lutte et on marcherait par les deux rives
clc la Mo elle. dans la direct.ion du. sud. ,
A l'observation faite qu'il serait peutètrc bon de prendre d'ores et déjà des
mesures pour être pr 1 t à agir, le cas
échéani., aussitôt aprês le retour du général
Boyer, il répondit qu'il s'était déjà préoccupé de cette éventualité et que ses dispositions étaic11t prises. 11 termina en disant
~ que sa situation à Ja lête de l'armée était
peu agréable, et que si un autre, quel qu'il
fût, voulait s'en charger, il était prêt à la
lui abandonner, en lui remettant SC- pouvoirs$ ».
Cette réponse, malgré son ariparente
franchise , ne réussit pas à calmer l'anxiété

tin.
Les officiers supérieurs gui faisaient
complot, si complot il y a. se
résolurent alors à aller chez le commandant

partie du

naissance

Arme (régiment, bataillon, batterie ou administration
quclconque1 dontie faisais partill tfl 1810·'11.

Gradé .

Récompense
A ....

NÈGOCIATIONS ET CAPITULATION

--- 191

, le ·-·-

StGNATUU

1. La rapitttlatioti d~ MftJ:, par
1nbEs DF !\'OR1'1':Cli, pag . 6r.

le général

CoFPI-

2. Â1'f1Wt dt Melz, 1870, par le général flELîfiNY,
page 57.
3. Cc!tû,Ià même qui devait finir si tristement
cl.uns la Commune de1Paris.
4, ,1Tt/z, ,amf:,avie et nlfoe1'ations, page 312.
5. l bid., page 3.13.

C•f&gt;J•nght r896 b_;, .IJo.,sscd, 1 aMdo11 S.

UN1&gt;

SURPRJSJ': ,\l.'X EX\"ll{ONS PE

1\IEu. -

Tableau de A

DE

o,.

EUVl1.Ll!.

Voir page 4 la Médaille commémorative et le Brevet" Aux Défenseurs du Territoire (1870-71) "
offerts gracieusement auJC souscripteurs.

Spécimen d 'une pa.ge extrai te de l'ouvrage

�GRACIEUSEMENT il est offert
tous Les Souscripteurs à l'ouvrag du L1-Colonel ~OUSSeT
l.J

PROFILS DE SOUVERAINES

E

~

Médaille en Bronze argenté

Catherine de Russie

(CRA D MODULE O,OS c/m)
(Composée sp(·c-J:lleroent par Georges LEM AIR&amp; ~- uM1r d 1n • 1U
offic1 lies d la bine, du laroc et J. 1 . t m~ Col i3l : Gran,1 l'ru:,
Exp itioo nrv
l.lc t• uo W·daillc d llouneur du
on 190
Hors Concour.·, ~1ernllre d u ' ury du alon d Artist l•ranç:11 .)
~ tproduction do la faco de la mfdullo
(Crand•ur iuturc),

P

Par Paul de
&lt;;3
Rrproducrio11 J u rnen dt lo m6d •ill•
(Grandeur 01turc) .

. L, lhniu
OUR Pf'rpélllCr le

UV nir de !'Edition déli.-

du superbo ouvrage du L' Colonel
ROUSSET, il n 1re frap
r· r
ins
de l'éditaw- une m,ldaill d 1,rand ln Iule
(o.o, c/m) q ui era otlerte à tou~ )Ps ~ou, cri pt un;.
' l un \·t'rit hie chef-d'œuvre d'art, tJ:Pcull'· pllr
un fl te d'I l:J" nd tal,n , Georges Lema.ire, l'au.
teur d mida!ll"5 officwll
de a Cbme, du lai:oc
Jlltive

et ,1 la l\IM

m...

Colonial~.

l ,n face r prf nte,
et noble 6gur d

,•rnholi '" par une grand

femm&lt;', la Fr

11œ

lJN BREVET,

1

1910,

qua-

r h 10JGSA.l,t

r nn t nus apr • 1 douloureux ivf nemcnl de la
guerre, oère 1:t ton!'CÎfflte de sa fore • ~ revers
n'ont p - arr t sa m
tt1 av nt
1 I' 111,e
t rnM 1 70-71 ,j 1l,cond• •·n et
hfrotqu el
en sacrinc · Jnuule,. ,·mbl rlonuer plus de lu tre
;\ u présen t loneux.
!me
\ure r,n,,·ocattkl', la
·
•
cep ndan
·un laive, tandis '1
n-t1cnt les t
leur~ national , Pli
pos(·e, ,i elll' 1-l;iit :ittaqul-e, , dNen,lrt'
,., . ,c toute l'Md ur et le courag dont

u'IION S HK r'r m

DËVOI! )IF.NT,

preuve daru; 1 mo ment diffici1 .
\ u r ·ers d, la
, Ille, en uergue
mots
Ç ""• P,og,t,, ho1Ul.'fll li, cbamr d bat ail le où
l'ucL1,i1 • de on gèni~ lw a touymr., as, ur la
v k tc,ire el où Il-. no1nbrtux lnurl r remp&lt;&gt;rt6;
ju u'1c1 lui ar nfr nt une gloire •tf'melle. J::n
tour (! trOp
et urmont • du dra~.au tncolore,
emb me de la palrie t'l de l'hon1, ur oô\llonal ,
u n I', nouehe pM'ruetlra ile l(l'ave r li nom ~t pré num di, l'beml'II X pos
1:ur de ce charman t o uvenir cccnmemorat , .

EST DÉL[VR.B GRACIEUSEMENT

Aux Défenseurs du Territoire (1870=71)
L

so criplt&gt;un à l'ou.vmge du L 1•Colone1 ROUSSET, qw appartiennrnt à la gfo ra tion M 1870 .71
et q ui ont 1, mêl d'une ~nïrc qtieltu1H ue à la
gul'!Te contre 1' ..\llerna •n,, recevront
titre gr CJ.eux
un b,ev t spécial ment déd
E

AUX DEFENSEURS DU TERRITOIRE (1870-71)

Les thll e. d ce br \. t r ummt le fair &lt;'ne drer
cl le con rve,- p1clbemen1, nu,
la pl ce d'hnrm&lt;'ur de
leur mai on. E n le regardan t , ils auront le souv«- uh ·-111 11
des action- auxq11 Il ils nt pris part, d
et ,l'htr i,me
qu'il. ont pu aecomplir dm la ~pbère d lellr m 110n ou
dent 11 ont ét tdnoin ·.
eu e piêce con ti1Uera pour e1tx un tr 111oig11al(l' 11 bon •
neur t clr dévou~ment p~tuant au &lt;,ein de I ur famillt,
aux veui; d lc
mi • le uv rur du d ,·oir 'fl.ltrlot1qlk::
qu'ili ont accompli aus. heure - difficil, de la tourmen te.

Ce bn,-•ct , dcs,in par Maurice Tous alnt. a c&lt;t6 corn•
gr,wé pour Hre t':itclu,.i,..erumt r, .ervé aux ,ou,-

~ ri

cripteur. qui ont pri part à I gn!ff .

l mpnmé en grand format, ur beau papier gcnr Japon,
~ 50¼ et
l lh,ré

avec gran,les marg , il rues ur~ 65~
t out prl-t à être en clrê.

jpt .ur; 1'01.TVnl&amp; du L'--COlonel ROUSSET
qui, par leur s.it notion d'aoci a. participants à ln guerre
de 1870-71 out droi t à ce brevet , devTont prfoi r d·un
maniere Ires li,ible I ind1catiow&lt; uivante« ,
L

• om, prénom:: , d te el h u de

T- ICTOR

Les nom, prénom,, et qualite milita.ire seront imprimé;; par les som

rlll', OUT ri. li.

l

p·
I •
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l'im • Ill peut "e ju:.tili •r par l'iml L
cillit. faronche de ce prin ·•, rait pour
I • rorp d narde plu 11ue pour le
tronu ~ il 'e1rlique encor
"er •Jue courait Calh rinP, e
n.:....,wr un mori qui la h
rJpudialion ét il immi1ll'11lc
r ' u · ment du czar t
cbu
Jall 1it opter.' Eli
pa
ré.:.olution fut prb
accomplie, a,
une rapidi
rante.
1.'in. urreclion rom, n •:r1 ue du · juilll'l 1762 et nn d • plu men illeu
roman. de !'hi. loir . Gelle jeun
fomine, ihadée, la nuit, du Pa.Lai.
d'Ë1é, uù dort l'épou
'clle v J,:_
trôn r, 11ui e j ·Ile d
une H1it11re,
ent son coin ur
fomme de
cbambr , o prt1senle Jcvnn
n·ern , tml ve
soldat ,
rhe
I' rrnt,, entraine le prup
fait
ncrer, entre d ux revue. , marche en
bataill conlr le czar i1ui
r 1v ·
pri onnier et monte au tron , co
à l'a. aul
11 coup d , feu,
une "
ng, rappelle le, enc
ri~ re de J' A.rio 1 •
C
nt 111lit d'eté Lran -

de l 'Ed1t.elll'.

ur le bre,·et de chaque titulaire.

la poitrine . ou es d,•u • nou . "i Catlll'rine
11 'ordonna pas e~pressément celle alroce lu •ri,,,
Il ' l'in pira p r .on . ilrnœ el I' pprou,-a par
1 faveur dont •Il• cornlJla l · . icairC':-. l.tl
lcutkmain, à . uo dinl't, on ,·it 1•11lrer ( rlolf,
l'étuulli-ur, écb \elt\ cou, rt J pou Ï•r ,
],, h.11.ii dcchir •. ' UIIDl le an • li\-iJe dt!
);011 crime. ,
eux é •ar{-s él'h u ,'-r,.:nl :nl'I!
ceu de l'impératrice un éclair ini,tr . 'Elle
~ 1 \a en ~ih1 , pa 3 dan un
bind où
il ln . ui1it : 1JU •lque · in. tan1 apr\ , 1•11
r ' ntràit calme, :ourinntc, d
r"mellnit
!.'llit-m •11L à tahl . Pol brel'e :ile11ti1mt,,. Jlf•
tilfl ,·om•ii:ii I litia, dit Tacil,·, ramntnnl la
mort d • llrilaunicu ·.
0

·
a

III, - Hisro1u1,. - Faee. :a.

1·mp1•rh.'I.Ît
. C:11lwrinc de ré •ner lra11,1uille. 1'11
11 1-apen.
J'rn del,. rra, •a. D• conjur · ,
pou ,:, d3n l'omhr p.ir la main d , la polictJ, A)nnt lcnlé de I • défür r, •s dl'u ~crllit•r l1• poinn:mlcrent, Ion 13 cm1~i;.:11c 11u'il
a1ai1·nl l'l..'Çlll'. Plu~ tard, ,'llbt•rirll' rai. it li '\t'r 11 Rnm , par ,\le i. Orlull, re é,·utl'llr
ordinnir• d,• .e. haut œuvre~. nue fi.li• Je
la narine Eli :ihetb, n; J'un maria e cland tin, ou. prétexte 1111'clle a,pirait à l't&gt;n11•irc. L:i jeum: princ •::e, allinic ur un v is• au ru -e, élaÎI liée dt! cbam •s, jet: à 10111!
de I cl cnrl•rm~ dan la fortcr ,. de l' 'ter. hnurn-. Qud11uc moi :ipr· ·, la 'é,a débordait par ordr • el la noyait d, n on cachol.
Cc out J I oul,licll J c ri- u ,
m,hqu · par une farad, Joni le d~
cor oriental ll,louit de I in lïrna ·~· Lion. Guerre l11•ureu. l·~. conque!,
1mmrn~l' ·, :mn ion infinit ; la llu. ·ie doit, Ca1h rioe~onénormih: inou
granJnur. Rc•r rd!· tl pr~ ,
uca• r ndio~ pr nnent souwnl un•
Je crime . La di olution ,aJ, la Polu •11 •, opé · • comme
par un ctnpoi,.,01111cwent p(1liti11u le
mas !'éd V r mi , le l'"Or cm 111.
eu ma., de :ou ·3roff, •o 'fur1111it•,
r~volt ni ln con, ·icrKe el . oull'nml 1,
ur J l'h' loir, lu&gt;nnêt
Le 1am ux JI! r •dig: de a 01ai11,
11ui eulhou. iasrnait Vollaire •t attendri .ait Diderol, u ~ . ou1i 111 p l'ci .
tu n. C
tal,l..: tl • la loi &lt;111 'cfü~
pu. ait à l'.1dmir11tion cr 1dul dt· l'Europe r ·,l''-reot ! ·lire morte. I.,a peine
dc mort ~ il abolie , mai le knouL
r •mpla\:ait la bacl1c el l'appli11uait en
JéLitil. En l î6 t, une cou pi ration militaire ay. nl été décou ·erle, on élud
1 uppli · en labsant I
njurt
mourir J1 raim l'll pri·on . 'Fout l'ut
illu.ion ou m •n n11rre, dan reli e légi lation philo_ µl1i,J11e, promu! ~é,
ju ·qu ou~ le. tente de Kalmouk •
t.'aflicht promellnit la ju ti r, l'butnnnit :, 1 toi :rnnrt·, le pro,.r.imm
Ju ir le; lllitÎ . le \-ÎCU drame IUO.CO \Î((•,
thar t1 d'cxactiou et d • bastonnadr s, alli'li t
loujour · on tui11, dan l'intérieur dti l', 111pite. Qu'on . ligure un1i pa01e J fonte 1piicu collée au mur .san:•lanb Ju Kremlin.
Les député · de· Samoièd , corn·oqu · · ·•
l'a .emLlée que la czarine réunit à aint-rl:_
0

P OT

Gu1•ùrt

Ju1~11 ,

LJŒR.

Hl . •

l( at tntt .us l~slam~s)

up -d'ùnt.

' la houcb1•rien parai. enl ·la. ~i'I'
1
u mrur lre &lt;l • Pierre 111.
L
e Lu.cr, c fit ri,.audièrc. u
l'empoi onn., d' rd, d n un v ·rr&gt; d'caude-vie. Puis, C()mme il t.1rd,1it lrop à mourir,
deu. de conjur t l'étr nglèrent , cc un
n;ell , tandi qu'Aleli Orlo11' lui écrasait
ri

R"production r!duite du bren• "Aux fU/•nJ•ur~ da T,rritolr• 1810•11 '

I:irJ :e Je chi li_ nlion à la
nthcriu Il
, au fonJ,
ine. a,iatiqu
plu gi . n~
•, prc c1ue m
rueu , par

,
J
d

p

œ.

Emploi militaire penrlan t la guerr (anne, régiment ,
ction d'ndmm ·· tratioo ou autr , rmidc, récomf&gt;&lt;'JJ"")·

'

/1 Gm11,/1 a Jit J,. prim:e dl•
lui Jfo•rn ra pe
; la po tér1lé unÏ\c
nfirmcr. Sou ou

Ce n' • l pru l • eu) forf it Jom tique dont
al.berine pui: c i}trc accu é •. L&lt;! lraJiliou.
de I· f miUe d Atridc cmLlai •nt p é
Ju pnlai- d'.Argo, dan c lui de CL:tr'. Le
jeun , han YI, Jétrôné, dè on litlr •au. par
l=:lisaLl'lb, \'égétail, depuis vin l nn , dao
une forteresse. Celle omLre de pr :1tmdanl

16

�ms ro'J{1Jt
.\'llnarc-11•• ne Jit pa · tant de nom, de fL•mmcs
Ler Lourg d,:mn,qui•rcnl. aw1· 1111 • ruile moitié dt• 1'1•mpir,• .... , m t·xcnr,ion 011 Jl3
lor. ,1u"il lit r lit'. de dou Juan. , oltikoll, l'oc.11•
rèf,
coùtail
trrnh.!
million.
à
la
1'
1
1.
!&gt;ic
fraudii , l'hyfk ri,i · de t'' fiu~,e ri.:forni.1l11\\sJ.i. , 1ro~:11toff, llrloll, \\ï ot:-li, ~•n.aff
mée.
ror : • ,·011~ ~umnw~. - ,lirenl-ih, - Je·
,i\111
chil.off. Zaw.,Joff,..h. Zorill, Korsakolf,
1':m i a..,{ ;111 ,rul point de ·uc. tic la polihomm .... ,impie,; IIOll't' il' t•,l (1 rup,'' 11 r.1irc
Lam!
J..r", J111tcmkin. {ermnlor, . lowonoff.
p:iilre 110 · rt·rtnl",; nuu. 11·a,on. p:!!- br· nin ticph', Calh&gt;rio Il rut, toul au moin ·, une Zou huO' ;.e rur •nt cl'w le· dl'f. de lîlr cle cc
randc
fommc
d'allair,·s.
\.
siJu
•
nu
tra\ail.
J · rod•·. ~l;iis foi Le., pour les ournrn,·ur.
ré"imenl d · IM&gt;udoir. lh•rqu, \'OU nou, tlo11nct, d ·
rière eu. , dan. l"ob,curilé,
loi. 11111 Ir ,•mpêcbenl dr·
on cntrnrnil toute un• snlunu oppriuwr. ·ou~
date,que pa i'"r qui J~ltl ·,
ron C(J11hi11I : il ne uou.·
1 main 011 "11, ko. wr
[,1ul rien d, pin .. ,,
l':ilrth' Je la c.zarine. on
L l'll1l,li·1111! fr;irpanl du
~érail élai L 1rnc ra ern ;
r~gn dt! C:1lheri11 rnl . on
1111 p Il[ dir , ~n
trop
rn,a ..e fonta~m
d'h_ pcrl,ol •: 1p1't!llc ~ul la
de· Crim1'· op :r
m:11lre. ,e d une armt•t:.
œnl li •ue , mi t•n ,nue
C1· • .:and, te puLlic dt.'p r Pott·inkin, :IH' l'art
\Ïnt hi1•111ii1 oftirii•I. L'éliJ'un pr1JJ1gi1•u el loul'Jlll'lle ri: 'l1•n1enla r ordre
p11i · 111 nmfooi,.te. Cl'nl
~t 1.. m,uch· d
• 1 ,ri1111uaule lrain •au. rn~ail1• . l,"hotnm '}Ili lui
lai,•nl . ur l;1 nei•• ; c1u~nd
n,·ail plu ~tait im il ·, à Jin r
la uuil lomhail, di: hùcb,•z. 11111• ~ii!ille ronfidc11k.
d1 •r llarnhu ·anis illumiLn 1.'larin,• arrh, it au mima;ü,111 •ml"nl ln
lwu du n·p3 .• el ,amin, ·1
rn
·11 p:ilai. impro,·i~é
Il' 1•nndidal à :-011 !il. Lor,,u
nit à l'hm1uc ~lape,
•tm: !'in p ctiou Hait T ous une ha•ru lie d"1•nrnr~hle, un r garJ i11îor~
cba11L •nr. Il· :nuh:is d ·
m:iit la du '"Il• : la. ultan~
pill
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récrie reduuùla dl· pompe l'I rnultiplin
l.1· pr mît&gt;rjour, ilrece1·ail unpr1l •nl J · nl
l'Ét..il.
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Cat.horiuc . 'emharqua -.11r
li•,,•• pour I arra11°er ·on pl'lil 111ti11:1~ t. milll' roultle ; clm11uc moi .., ilcn lr01t\'aitdou1
lt• Hon:Lb;,
n rrul re1 ·
·
•-.mille ur a l.llble d' toilell •. Lê mnrécb I dt!
t •nda1~l le
'a nali·re
dt: I:ll,• aimait œtle cipr . ion ,l'une m111l ,ti,· ln cour était 1•b t"é de lui , ,nir nne 1: bl' de
or urilln1 ., • ,1ui a . irnibil :111 r;111~ imrlll
~ie, frappait, dt: r· m , J
de
,·in,,t-quall'e couvrrL el J fournir toute:.
eau du Ueuve. Qua.lrc-vin
\:,- d"un • tharohrc 1• •0111 •r11cm1•nl d'un im- :,e, tlépen . . Cette l!lran •e fon ·lion avait se
oorlai •nt, portanl d • · or
•n- nw11 ,, 1:mpir '· t n l,011 St'U. 11.,1if &lt;·t nli,lc la
ont! s el s , crvilud : cr chambellan Jc
i,:nil'lll a oa vi:,iti II ol11m1
de pré cn:iil d1· · {i{'l:ré céréLra.les parlicufüir,·.
1"111nour ne pom-ail, dè. lors. quiller d'un
au d ,pole . ~1&gt;.- plao• elaienl dém ·,uri:.•
c.,nots et de chulmlpl's 1·0
ni.,i. t&gt;11r ,·ait I •. rc Lreindr • à ln portée du p:i~ . a mnilrc,-C; il lui était dt!fcnùu d • .ortir
L , di 11 u1 i
lhmrie el
du pliai. n~
permis-i n. Lor qu"il éuit
Po· ,..j bit•. L• cornpa igank,qt11· qui, dan
lanJ. 1 del'
'or décor,
cnn
•édié,
il
rece\·oil
une indemnité ma ni,on ,-prit, :lt!ndail la (\us ·i ùn f\o. ph11r
lirN: ·r d"
-c.omique
litp1c = sa f ,·eur 11rolon~é • lui nlail u11 dé-~ux
m1·!'!- du ,fapon, e r ·1ré&lt;:i,_, il 'l se ferl •ur · lroup
fri_ •
· :1
Lor&lt;lcmenl Ù' larg •.. ·. C'était la fable rt~
lr,wcr un t•ulilàde d'id)
r
. lll3Îl mrm · u lw,oin 'on caraclèr •, tnill t lnurnée : Danné mi. selaiL . ur · ,, amant eu
lie lernp, en l••mp-., un roi ou uo cinpcr ·ur. toul J"u1ll' pit•c1•, :1:iil inllc ibl •; auc:ml ca- plui, d'or. Un a le budget de l'alcô~e d' C Jo!ll•ph ll ou 'la ·
orlail J'un&gt; ,·illt&gt;, la. troplw nl' 1'1•1il ébranM: il était 11 l\:pr •urn 1lwrine: en tr•nl ~nnlre an. J règne, ce
comm • d'une cou!
l \ nail _e joindr · au Ùt! plis, Ion r,I, rc1,•r .. l\icn ne la llatln il J - noutrrc de lu ure en loulil un &lt;l,•tui-milliard.
,·orl'-JTl'. L1~ rmnt
égur el 1• prinr;' Jt• rn11tn:?;l' ,,u·u11 mol du prin(· dll l...i~nc •111i
l"n grand \'lJile d, dignil I el de hiensé,wœ
1
Li Ill'. d •u dti;va
an ai. 11,or,•1•1.!s par 1'11\i1ÎI dL•dart;t, a imp rlurl,ahlc ». •Il• rt pé- Jrap. it up(~heml'nt lle \Ïe déhortlée. La
lail ,ouv~nl t:1• 1not-ll1 , a He 1w • h•11lcur
l'.\rwiJ • du · 1 ·orJ, l\•nhrai ·nt d • llallcric
011ore, t!a prollln anl maJl'.-IUt·u~enPnl l ·.- f1•m111e galant nlendaiL r1:. ter !'-ou,·erairw .
r.111uise.. Ce fut le voyage d'une fé , pl..manl,
:était l'otl~n~er que de ri. rruer dernnl Ile
llalit·,. 1 i\io i, - lui disait-die, - j'ai
à tlo d'bippogrilfc, ur un miras• n perle
un
mot 113._ardé. C lle o
e d'homm ~ faiJune de J"im-per-tur-ba-Li-li-lé ! •
de , ne.
sait
la
pl'Lil·
bouche
au
moindre
propo' lil,erC• spl,irn b:tb) lonit-n, à \·i g de , ·111iraLe pt-clade avait . on rc,· r ·. Cinquante
tin. P •ndant le voya"e de Crimé ,, 1 • comte
mi,,
~·
Lermin
it
par
une
crou1
de
1,
·1e.
Le
mille hommt.' · uaicnl péri tlau, 1, marai
de . 'œur, prié par- t"lle de lui dire tl' ver,.
tithrcu ,le l\ht!r on pour improvi r une ri- mol &lt;l Tal:inl •rie i:,,t trop faibl • :ippli,1ué rm
a.11111ur Je Calherin li. 'el, re. t)J)J.lile plutcil rntarna un conte un P,Cll lihr , daru le •111ll
m 'el ·lice. I.e comte ile t!"
monlr
du lcwp'. li \'Ïl . · p1t_-~io11omie pa"~ r .ouà la polpndri thibé1aine. Elle eut de am nl
Je· "fOUpe! de p · · ·
Il• , aux
dainemt•nl d'une gaieté ouriaotc à un air
à
n"t•n
1,tu'
linir,
de'
a
j
·une
e
jn.:;c1u·au
lon&lt;Tuc. barbes h1r1
tionuanl
J •rnie.r jour. Elit• ti\ cul, pnr del~ toute limite _:vrre. Elle l"iotcrrorupit par une 11uc lion
autour de l.io. lllt'
•
:in ,
bru ·que el ch a"ea de coml'r' tioa.
leur. "ill gt:' mi:é
e
·ou, bounèle, à l'à"e • n . •xc ois te_ line, clfoPour Lre ju ·te, il faut dire au· i que .e
~ortie Ju cerclt! m,
1e
uva ruèm , e rait ngée. L., lLLe d • · Farnri
capri~ n'intluèr nt jamai ur sa politique.
en
lilr
remplirait
la
colonne
d'un
calcndriel'.
en {ace d'une dil1d te all
ravnrreail la

CA17Œ1f.1NE DE 'J{USS1E --..-.

EU~ domina l&lt;mjour I p:i · ion~ J'en li~L
dr la h:iutcur de sa tète. B:icdianle i1 rroitl
elle n l11i sa jamai le \În de l'or•ie monte;
tl • se. veine. ju qu'à on cene.1u. EH• élllil
d la raoo de c amuon~s du 'Thermodou
11ui, pour mieu
tir ·r ùe l'arc,
r,011pai nt

1,. Jn .Jroil, la pla ' où ~•11;11 te la 11èc•ha.
tn.1, clwz ell1, le ~ir I de la volonlé «Il'
l.. o ririe, dt• Jn rai,un d'Ctal re. la in.c~ud
el iurhranlahlP.. n fa,·ori n'était, à . ·eu •
11u"u11 in. trumcnl cle plai-ir, 1p1el11ucfui
,J,
rè!!Tlt', Ior,11n , comm. Potemkin, il ét..1it or-

gani rour le t·ommandement; mai, 1011jour ·
un in trument ,,u·ellc rnulait t nir nii- . a
mnin. L:\ \ie prh :e J, Cntlwrine 11 nur;1it tu~
trente cour Li. anPs; ,•lie n• ni!',. pa u11 parcelle de Force à l'âme impi,riPu. IJUÎ la maitrisait!

0

.\wc_ le r:rul d"un l'i1·dt• el plu,, la fi_ur
C,1 •1l1&gt;'tJllt!l, 1h•lqu de Limonr;., l'abl I Jp • l_i'él'.1•e él:iil clc oorp~ rohu le; son creur
X\ 1 1! d~ _a~tJ de a.11alhi'·1ncs l'L dr.
l~adt111, illi11r. , btmntil1l grammairien . Il qui ~l:111 e C&lt;'fünt, on inlelli!(rncc or&lt;l111airc, MIii
pat1r."Hi 1p1r., ·t • pr:,t•nll&gt;. Jét,. rra s :ll dr•
1 honnL'ur d apprendr• la rc;lc de;. participé, J~li?Pment ,ain t'l droit. Gr ce au . oin d
rl,•l,!Ïl', , con11111.; l"un • d pin, intére~~anle
à un fils de Frnnc,~ \alul uu fautl·11il à l'Aca- 1n.l,hé d • lhd,u11 illi,•r,, il devint bon bumat1 l"hi loir,·
ù 1rni r_rançai. "· D ux père j :,uil ,, le 1~i,1e, possudant liicn le latin. parln11t l'i li~~l
~-e m~lit•r d~ rtii 111• pn., • pniul p~ur èlr,: r. fkrtlucr ri l,i I'. t:rou,t, pr lrê. ~min •nt-. l oil mand l'l J'an,glai_-, i1i-trui1 en lai toire, ~l.
fa .. 1lc en 11otrc t·mp. ; mai oug1'-l•un
cornm_c on ·a1L. pa. ,ionné pour ln g,:oà r 1 t(Uè dut circ la lârl1 · pour c,·lui
rapb1 . Par tnalllt'ur, ,
facull ls
1p1i 1· premier du l 11 • ulc~{, dnn
'anranli.. nient dan. une orle de
d idé , peu di,,t•mbl· hl J, c, Jl,.
parai sie moral1', une ap111lti1', une fad'un Philipp '-Auguste ou iJ'un Luui. 1. •
~••nlahl • alnni • 1l!'rn•u • Joni J , nc ,it, à lïruprovi te. a. ailli par le
l• mr11I portail au comhlc ~a 1imidi1é et
plu_,. épou~nlaLle tourbillon d'utopi ,
a gaucberfo noturdlc . Il a,·ail un
polsUqne · t tr:ntr •usemenl séduisante.
doulourcu. p •nt·banl • se lais l'r conet . i auda ieu ~ que le plu a, anvaincre de~., propr n11lli1r, qui n'rtnit
'." s de no conlrmporain n'onl rit'n
pa réelle. Il se croyait un homrn d
m ente.' de mi u d • lm ·tif! Q11clplu m 1Jio r • et 11 "avait l'll ~oi
1y11c rho. P comm la lulll! J'unr
aucun,· cMliance Il .1! jn,.tail Juide. c.,ra,·ellt' Je hri. tophc Colomh
mèrne tri• inférieur à ~on frèr puiné.
b •urlant, en plein O, 1:an, dan la
ldu_tnr Louis XVIII. compagnon d.
temp •te, un de no· lormidolil,· ·
se: ehldl',, •1ui m~nirc~Lai_l de 3plicuiras,: moJ rn ...... apol,:on, a lud . :iu bel e:pr1t. 1n JOur c:iu'un
sistè de fochia,•el, . ' n serait p •uth:ir:m. ueor orticiel complimeutail le
ùtre Lir t; mai un au lr !
li uphm ur se. qualitt pr occs :
L.i cala lrophe éwil ratale. I.e
. « V~u. vou, trompez mon ·i,·111·,
pamre prince, tk tin~ à c débattre
rcponJ1L-1I ,nl·e unepointed'arncrlum •
ntre,. l'in o_luhle prolilèn11•, 1 rdit,
œ n·e~L pa moi, ·'c: l mon frèr• qui a
lor ·11u il avait omc an , ·ou pèr ••
de l'~pril. ,
homme a ~i ur droit, à l'intl'lligence
L'i_nllu~n • de :Y. de la \"a11g1J\'on.
mncrt,·.
l .'lme 1·1•rtu u,c, m:ii · qui
au h u d"elre e cit;1th·e, r ,,1:i ~nn't!t.inl rien Jan l"État, a,·ail ,ofontai:
_ta?1.~e11t Mprim. nte, el Cl' fut pour
rcrnent réduit on ui. li•nc•· à celle d'un
I J11ml1cr de la couronne 1111 irrrparahl,
h~am g1mtil homme pai. ililc rt ~ie11•
m !heur.
f~'\I. nt. !"3 r,.m,m:, tari Jo~~rb ' d
. ~es. indications, ,i prél'ieu. • po11r
Saie, ~ourut. u ,1 dcu nns plu: tard,
1b1~toir ·, oou. onl lou rnic.- par l •
el la lâche J él ,cr le futur roi d
\'Olnm que • J. lariu, :"pel a couFranc•, orpb lin à tdi ans. inœmlg
ané à l'étude dr la \"Î,•, &lt;lu caraclèn!
to~I cnticre au grand-pi&gt;re, Louis XV'
et du r gn de Louis :XVI. • J. Mariu
qm, OCl.'u ailli•urSc, oonscicnt du re .. t
~ pet, l'un de ron n·a11mr. au d ;_
de 50Tl indignilJ moral•• "en d,l~iulépartmwnl d ma110,-t"riL di• la Uibliore. ~ ~mpll•te".1enl.
J .11. r; ,1icr, rcinire
tb~qu •national·, :1, pour Ira er I por~ •put · sa
lite enfonce, l1! dauphin
lrml du re laur;1lPor d,· ln liht•rté fraua,·a!l pour_gou~t'rncur lt• due Je 1B Vaugu}on, co?p,.lrèrcnt ou, i à l"éJu1· lion du jeune çai c, utili~é. avc aulnutd • savoir 1p1e d"in·'?c11:11 am, de on p1•re; ·"H il un ,a.illml ofli- ~rlrl •; mais il: dur ni l1it•nttil quiller la déf ml~11e1•, n mhre &lt;l do 'Umcnl · ju. qu "à
c!er, Lrè • pi:-ux, mais d "esprit :1roit, ambi- 1' rance, pa.r uite de b disper ion de leur pr '•nt tm-onnu • el IJOi ont in ulièrement
beu ,_par. u1Le aimant l'intrigue el la coterie. ordrt; J'lllibé oldtni les remplaça, brn\'C r(h~lnteur. (LotlÏ$ JtYJ tt1ule ltislOrique
Le pn•œplcur ét.'\il, ou la ùir •ction de ~f. tlu homme, qurl,p1e plu ri.,ori•le.
un 101. in-12.)
'
111.: l.0111.

1

�....-- 1t1S T0~1A
Qo'apprcnoit,-011 ~ ce jeune prince, qui,
quelques annt'.~s plu,; tard allait · trouver
att. prise avec les plu- téméraire· novateur~'?
On lui en~ei •nait que lor~qu'ü crail roi, il
de,aiL décid • eu maitre, on opinion rùl-elle
coalraire à celle de tous; on l'instrui:aiL des
rapports des cho ·e · d'État a,·ec la religion el
le droit naturel, de Lraditiow Je b mon.1r.
chiu françai ·e el Je e loi fondamentale ,
. uiranl les 1héorie de Bo- uel et de Fénelon.
G' loi ne comportaient poiol Je Te:,Lrictions à
I' •xercice du pou,·oir suprême ei:clusivemenl
ré.ervé à l'autorité ro ale. C'était la tradition
du pou\'oir aùsolu, telle que l'· ,·aie11I C(lnçuc
Charles Vil, Loui Xl. l\ic-holieu et Louis ll .
L'élè, notait, dan· · • lle/le..rion arec M. le
duc de la ·augu1on, celle règle t!S entiellu :
d TouLC espèce de pouvoir ri-side ur la t~le
du roi ·eul : il 0'1 a ni corp · ni purticulier
cp1i pui ·se »e maintenir ùan · l'indépendance
de son auLorilé. » 1 'éta le l,agage que ùe
r Iles mas.im pour le prinœ qui I premier
en France devra lutter contre une A emblée
révolu1ioonair , a\·ide à le dcpouillér de toules
es pr lronalh·e .
Par fatalité, le dauphin était. ·tudieu~ cl
appliqué : il recueillait cei le~on comme
parole d'év:maile, et 'en pénétrait conscienricu cmeul. Lui fil-on lire eulemenl l'Esprit
dt$ loŒ ou le Co111,·ul social'! Prit-on la peine
de l'avb.er que de nou,,..ellci. idée' nai aieul
el ~e propageaient par le monde1 Je ne le
p •n e pas. 'l'andis que lt.lus les esprits, en
frauœ, 'engageaient ·ur une route, celui du
futur roi ·uhail obstinément le chemin op•
po é. el ·es coudueleur · ne l'nverlircnt même
pas qu'il y en avail d'aulre .
D'ailleur ·, rien l~-.dcdaas que Je théorique.
Loui X\' n'iniLinil pas oo pelil-fils au1

affaires. Que lu.i eùL•Îl apprL, d'ailleurs? Les
UJini Lre tennient é alemenl le dauphin à
l'écart; el c'lui-d .c ré-ignnil à cetle nullité
politil(Ue dont s'nrrangeail oo apatl,ie; dans
ce Versaille. omplu1:us el uébraillé, il vivait,
à dix- ·ept ans, d'une vie automaûque, macbinalemenL ennu}·eu e, twant ses comptes,
cba·.anl beaucoup, lisant le plus po·sible,
•'occupnnl de 001111 s reuvre5, suimnt dévotement les orfiœs. El puis, le grand-père entre
tenait publiquement une mailres.e indigne .
une tille dès rues don.t il 3\':til foit quasi la
reine: de France. On ne pou,·nit J'Pn blàmer,
pui qu'il t!lait le roi, el que tout ce que le roi
décide e I re ·pectable. Afai. celle cohabitation
cou~lru1Lc avec la courtisane choquail le pieux
1.nti1I1ents du dauphin; il ·eurc.rmail dan· ·a
forge, préférant à la compagnie des belle·
dames de l'eulourage ro1al, celle du cr•
rurier Gam.lin ou de valets de chiens, ùevaol I qu •l ·, au moin , il n'était pus timide.
Qulllld on eut décidé qu'il pnmdrail fommc,
quand on eul décou,•ert pour l11i la plus jolie,
la plus ,·ive, la plu coquette, la mieux douée,
la plu· inappliquée aussi, el la pk élOurdic
ùcs prinœss ·, il ne ·e entit aucune joie de
celle union immioeole; il la regardait comme
une Lcrrible corvée, el sa sauvagerie pré\•oyaiL
el redoutait à cette occasion Loule une longue
érie de contraintes cérêmonieuse . n goùt
pour la cba e n'nUaiL-il pns s'en trouver
••êné?
Ou ail comment et pourquoi, dè:. :.es premières enlrevuru; avec sa femme, il se conlent.a d'une courte et bru que causerie, promeuaut de remettre à. une époque ullériture
des marques plu ,•ives de son al!Achemcnt.
Pourlanl le déaoûl commun que causait aUI

"""

Larmes de reine
l lili~. - Pcnd.·mL que fo Roi [Louis ' V]
se lais ail aller où 1)5 ù6sir le m naienL, la
l\cine ouOrait Leaucoup. Ell ne arnil rien
de c qui se passait; ou lui cachnil, par ordre
de la Tieint&gt; mère, Ioules les galanteries du
!loi. ·a do.me d'honnenr. qui était fidHe au
lloi et à elle, se contentait de faire sou de,·oir
de tou coté , el ne lui disait rien qui la pùt
aflliger; mais I • cœur, qui ne se trompe
point el que la vériLé in lruit, lui faisait telle-ment connaitre, ans le avoir précisément.
11ue mademoiselle do La \'allï·re, que le f\oi
aimait alor~ uniquement, était l cause de ·a
~ouffrance, 11u'il ét.1it impossible de lui cacher
son malheur. ,\, mon retour d'un petit vo}agc
que je fi en cc temps-là en ormandie, je
lrou\aÎ la Reine en couche de madame Annel~li aLcLh de France. Un soir, comme j'nvai
l'honneur d'èLrè auprè d'elle à la ruelle de
:;on lit, elle me fil igne Je l'œil; et m'a1ant
montré" mademoiselle de La Vallière qui passait par ,a th.ambre pour aJler souper chei: la

comte.se de 1l' on , avec 11_ui elle nvait
repris qu •lque liai on, feinte ou eritable,
elle me dit en e:-.pagnol : Esta do,uella •.·oii
lo. Cll'l'a1·arlus tle tliama11le, es e~ta que el
Jlei quiere. (Cette tille qui a des pendant
d'oreilles d • diaruanl3 esl celle que l · l\oi
airut•.) Je fu.- forl urpri.e de ce d1:.cours 1 car
ce secret était nlor · la ~aude affaire de la
cour. Je répoudi à la Rdne quelque cho ·ri
qui confu.émenL ne voulait dire ni oui ni
non; el alin de lui donner de la force pour
l'avenir, JC làchai du lui per uader que Lou
les maris, aos cm; er d'aimer leurs femmes,
sont pour l'ordinaire tous infidèle~ de celle
manière, ou font ·embl:mt de l'êlre pour
saû faire à la mode qui le ·eul ainsi. La Reine,
11ui comprit ans dou1e que uous ne devion
pa lui rien avouer, ne répondit pas à ce qm:
je lui dis, mais elle u'en ful pa moin Lri le.
Je Ius dire aussilôt ~ la Reine mère ce peût
'Ccrct, cl l'assurni que la 1\eine était plus discrète el moio ignorante que l'on ne pen ait.
Ilful aisé de juger par là que loules les larmes
qu'elle répandail alors, et à ce qui scmLla.il
i;ur des 1,agalelles qui ne le méritaient pa ,
v!illaient ans doute de ce qu'elle sentait un
mul dont elle n'osait se plaindre. La Lendresse
qu'elle aYaiL pour fo I\oi faisait naître sa ja.... 2-44 ""

deui: jeunes époux la présence Je la ra,·orîlc,
- ile l4 crétllure - ftl onitre entre eui:, à
défaut d'amour, 11uelque confiance; il parlaienL d'elle lor 11ue, par aventure, ils se LrouYaient seuls- et f. de la VauguJon ~oulait
aux portes. Ce que ·•o)•ant, le dauphin relournail à sa forge et à ses chiens, el retombait
dan a sauvagerie mélancolic1uc.
Il l' a, dan notre hi ·taire, peu de cène~
ègalnnt en tragique celle qui ·e pas a à Ver•
aîlle · le {O mai 1774. Louis XV a •oni. ·
dan la cb,1u1br' royale du premier étage du
chàteau; comme la maladie esl conl;igieu, e,
le dauphin el la dauphine n'ont pu approcllr·r
le moriliond; ils attendent dans l'autre nile
du cbàlc.iu; de minute en minute on leur
lrancmeL de nouvelles : c'est la fin ; Jru, courli '30 allendent lo dernier. oupir comme um:
délinance. Le dauphin &amp;I:' promène à grand
pa,, uetl.1nL les rumeur avec une tébrilë
impatienc~. priant à haute ,·oix le ciel d'éloigner l'heure de on avèncruenl : le trône lui
foil peur. Cl Il me cml,le, dit-il. quo l'uni"er va lo1nbcr sur moi. n Tout à coup, lu
llamme d'u oe hou ie, allumée ur l'une de~
fenêtres de la vharuLrt: du mourant, 'êLeint ....
'est le i nal convenu. Aussitôt un granJ
cri de II Yivr le r·oi ! D retentit dans k gaforie eL Je corridors; par les escalü!r·, c•c~l
une ruée -vers les nouveau mallrèS; &lt;:t'!UX
qui les premiers, i:n ·e bousculant, arri\eol,
trouvent Louis _'Yl el Marie-Antoinette à
genoux. o Mon l)ieu l répèlenL-il en sanglotant, gardez-non , protégez-nous; nous régnons trop jeunes I u
11 ,amble qu'à cc momenL-là, le nouveau
roi de vingt ans eut l'anguis ·ante ,i!iion de
toulcequ'il lui fallait ~Yoir, de tout ooqu'ou
ne lui aîait pas appris.
T.G.
lomiic., el de celte dernière oai snit son chagrin.
La premièrcannécdu mariage Je la R•in•,
le lloi aroil été tendre pour elle, el fort ~msible à la légitime pa .ion qu'elle nvait pour
lui. Aussitôt que l'amilié du lloi ,•iuL à dirninucr, celle qui en élail l'objet 'rn aper\·ut
bien vite; cl.le n•eut poin I besoin de confident pour l'a,·ertir de ce ecrel : avant fJIIC
d'en connaitre la cause elle en scnlil le elfots,
el di ait ouvenl à 13· Reine a mère, en pleurant ex.ce sivemenl, que le fioi ue l'airnail
plu . Qunud enmile elle fut quasi certaine de
ce changement, par la cannai ance qu'elle
eut de l'amour qu'il avail pour mademoi·clle de La Vallière, clle ftil longtemps dan
un étal pitoyaLle; il emblail qu l1Jucfois 11uc
on cœur \'Oultlt sortir de ~a place, tanL il
était agité, montrant par celle émotion qu'il
ne pouvait èlre content sans êLre réuni
celui même dont elle e plaignait. Le !loi
voyait à peu prè · toutes ses peine ; lllBÏS ne
pouvant e cbao,,.cr lui-mème el ne le voulanl
pa, noo plus, il ·en consola il par son indépe.ndanee qu'il meUail à touL u age, eL dont
il savait e faire ua remède Cacile à tous ce
p(llils maux.
MADAME DE

MOTIEVILLE.

Mémoires

du général baron de Marbot
CHAPITRE XXV (ruile).

_Dans la nuit du 9 nu iO, le maréchal
m envoya Yers l'cmperellr, pour lïnrormer
du romhal d'Hollabrïmn. Apres une lomrt1c
m?~rhe _par J_ cbwnins d travcr c, of je
~.eg-~raJ ~lu.1~11rs foi~ dan~ l'ob curilé, je
,101nn1 enhn Napolôon au cl,àtenu de Vol~
ker dorf, qu'il ocmpait ùcpui. Je lt•nd main
de la balaill~ de Wagram . . _ a \foj té venail
d'appr~ndre qu'une grande partie de l'armée
autr1cb1enn0, quittant la roule de :'\ikolsbourn
•l ùe \lor:n-ic, e P?r_lait ver· Laa, pour ;
pMser la îaya el reJoindra le prince Charles
ti. Znaim, cl elle a\ait pre crit au maréchal
llarmout de la suî,re dans celle nouvelle

direr,tion. L'F:mpereur la prit lui-mèm" le 10
an matin tandis f!UP Davout continu:iit dP.
~ousscr vers . !k?) bourg, dont il s'empara.
J en !u~ réexpédie vers .\fass,lna, auquel Je
por~• 1o~dr~ de ~arche~ r~pidement ver~
Znmm, ou 1ecnem1 para,~. tUl Youloir conrentrer ~es principales force. et e prépartr
à une uou\·ell bataille.
Pendant celte journée du 10, l'arrï•regar.de rmemie battit con. tnmment en rrLraite devant le co.rps de ,1:ména, . ans osrr
nous alle°:'1re, car die iwRÎl éprou,·é ,k
pertes con 1dér3ble la \'eillc, :i llollabriinn.
compter de ce ruoment, le désordre .e mit
dan, . e. ranw: i au si fimes-n u un tri•s
grand. nombre de prisonniers. Ce même

.... 'l45 ...

jour, le prince de Liechtenstein s.e présenta
comme parlementaire à no$ avant-postes.
char épar le généralissime nolrichien d'alln
propa l!r u.n armistice à Nnpoléon. . l:uëna
le l!t :u.~ompagner pnr un do •ps officier.-:;
mai · peoJant qu'il. g:J1?nai~11l Wolkersdorl'
dan~ 1:esPoi~ &lt;l'i Lrou\'er encore Napoléon:
ce~m-c, s éta,t porté à Lan, et le parlcmenla~r • ne pal le joind rc &lt;Jue le leodemaio au
?'r Jerant Z11a1m. Co re1::rrd coùta ln 'l'Ïe ;1
bien dtls homme de, deux partis! L'arrirrega~d autri~bicnne, npr"" , 'être retirée deµms le u1.1-t1a .ans combattre, oou di 18
1 soi~
. I' eo t r~e
' du bourg de Gunsterdorf.
-ru
Une ,·ive e:m nnnde s 'élant en,.agêe, un boulet
traver a la calèche de \fo ilna, et un second

i

�1l1STO'l{1.Jl
tua un de chevaux qui la Lrainaient. lleurl!U 1•rne11t le mar~clial venait de metrre pi d
à Lcrr' cinq minuit:~ avaul cet accidl•rtt! Les
t&gt;nnemi,, repous~és, nous cédèrenl enliu
Gunter dorf, où MU pli . à.nie la nuit.
11 esl indi. pensahlo à la ~uerre d'avoir de
e pion~; Ma ' ~11a se .errai! pour cela de dl!llx
fri•rc juifs, homm s Lrt&gt;s inLelli 0 -enls, qui,
pour donner de · noul'Clle~ exacll!S el recc,uir
plus d argml, ;waicnl l'aud.i.œ de , c •li 'st'r
parmi lts colonnes autri_chicnncs, s_nu · p~éte:1.lti de vendre Je. frutl · el du ,,n; p111 ,
re:,l:rnl en arr1èrt', il attendaient l'arrin!C
des Françai · cl vm1ail't1l faire leur rapport au
maré1·h:1!. Cl"lu i., i, pendant bou ,·otirt ~éjuur
1t llollaLrünn, avait 11ro111is uue f11rle ~ommt•
à l'un de ces ,lnif~ ~ ïl lui remPlluit, lt:1 ltrndè111ain au oir, l'étal :ippro i11rntil' dt: · furn•s
ennemi~ · en•!lll-:'tll'S ur la roule que nou.·
~ui,·ion .. Alléché par l'applil du gain, l'l,raélilt: prt•nd Jes cberuim; dlitourmi~. marche
tonie la nuit, rraauo la tèll! de l'arm •e t'Onernic, pé11è1re dans uu Lui , el, gri111pa11l utt
omrot&gt;l J' un arbrt; touffu, il se lilollil ùan
le feuillage, d'où, l-fül ètro ap rçu, il dominaiL la ~ranJe roult', et, à me~ure tJue le:
colonne· Mliluienl devan l lui, l'e. piou iuscri,1tit .ur un calepm à 11udlë armll eus LruUjll!S
appart.t:uail'nl, la rorœ J.:., c,,cad ron ~t dt!
bataillons, aiu ·i c1ue le numbrt: dt!S pièces.
Mai:-, au moment uù il 61:iil ainsi oecopé, un
ergrnl de chas t&gt;Ur" e11_l1u J,rns fo bo!s pour
,•y rl'post&gt;r c1udques UJ~ta111., cl \h; 11t se
cul11.:hor préci~émcu ~ au-de ~~us ~~ l'~rb~~
surlt•quel e trou,·a1t Je Ju:J, ~u1l navatl
(l(&gt;iul aperçu.
cette ,11e, le pion, ah ·olom •nl saU, nt probahlt&gt;meut qudque mou,e-ment pour se cacber; le ca.lepiu lui échappa d1;5
mains el ~int LoruLcr à coté du ergeul 1Ctilu1ci lève la L~lc, el vopnl un homme au milit!-u
des bau les l,ranthe -, il le coucLe en joue, en
lui ordonnant de de cendre. Le malbi:ureux
Juif forcé d'obéir esl cooduil dcvaul uu
' autrichien, ' qui, ~ la vue duc·all'pm
.
général
accu aleur fait tuer ce m1. érable à coup de
baïonnette. li gi ait sur la grande roule
lorsque, quel&lt;[ue· b~u~es après, l'armée françahl a.rri,·a ur ce pomt. llès rprn le second
Jui.t qui marchait al'ec nou · en ce momunl,
ape;çul le curp de on f_rère ~ pou~sa des
cris atîrem,: puis, .e ra\l ·ant, il fouilla les
poches du mort. M:1 is n'y_ ayan~ ri':11 Lro_m é,
il pt! ta conltt: les enuenns qw lm av31ent,
dbail-il volé L'argent dont son frère était
Pourvu;' finalement, p_o?r av?ir ~u moin ·
,1uelque part d soo her1Lage, 11 pr1l tous l_e~
,ètemen\s pour les vendre phr tard. Voila.
,1ui peint bien le caractèr • juil!

CHAPITRE XXVI
Cr,mhul ,le Znnim. - t.~9 cuirs ,icrs ,te GuLl.o11. Je ,uis hl~ - 1 en Jparanl 1... eou1batllmls. :ii. ,t' Aspre. - ~oUl'ollu hrouill a,·P1· ,\fas•éna. l\t:lour ~ PPrÎ:!.

Le i I juitlët, jour néfaste pour moi, le
corp de Ma éna parut dernnt Znaï_rn ver!)
diJ.. beur~ du m::ttm. eL nous apl;rçume~, à
une dcwi-lieue our uuLre droite, le· &lt;lt\'Ïsious

MiJK011(ES DU GÉNÉJ(_Al.. BAJ(ON D'E
d11 manll'hal ~Jnrmonl réunirs ur le plnlt--au
de, 1'e,-wit1.. Cm, Lroupe· venaient de Laa p;1r
la roule de 13rünu. A ruid1, !'Empereur et sa
~ar,lt' arrivèrent à Zukerhandcl, et l'armre
Jltalfo n't•11 !1ait plu. qu 'à queh1ues lieue .
La vilk• dt• ZMiw, entourée J'uu mur fort
solide, , t i1mfo :..ur un i:ot♦·nu c"u\·erl d1i
virraullles, nn ha. duqu.-1 coulrnl la rivi\rc
Je Taya et le fort rui~ eau dt: Li.cbcn, qui
"jrll~ dans la 'l'n~a nu•d, •;..011 de 1' . wit'l.
Ces il~n: cours d' •1n1 environnent donc une
partit~ du cot,&gt;1111 Je Zr1aïm Pl en font uu · po:ition l'clraucbée par la nalurc, car, prt'.qu••
~11r lou Je~ poi11t~. le~ rivei- sont bérissres
Ùt• rncbt&gt;rs escarpils, d'un aet'l'S fort diflicile.
te ~ul ·'ijbaii-sc au vilhtge ù'Olilas , q111• Iraver e la roule de Vienne par la11uclle .irrirnil
le 1·orp, tic Ma,sllna.
Le prin1·e Ch;irlc. , ne n:ccvaut pas d •
répon:-.c à a propo:iitioo d'armi~ticc, et ue
voyant mdme pas re,•euir son parlemt'nlairi_.,
pr11 la r;~cilnt1un de profiter J,. lionne ' po,itioits ljDÏl occupait, pour ri 11uer encore les
chance· d'une bataille. Ea con~équence, il
forma son .irmée ur deux. ligne~. don la
prt-1uière appuyait Hl droite à la Ta1a, pr\ ·
d,· 1-:lo~lt·r-flrut·k, avait son ccnlre Pa face de
Te,wiLz et d~ Z11kerl11mdel, l prolon••eait ~a
ganclie jusr1u'à Kukrowitz. La econde ligne
occupait Znaïm, le GalgeuLerg cl Brenditz;
le ré er,•es étaient en arrï re. Une nuée de
tirailleur défendait 11 vignolile situé entre
Znaïm, le Li cht'n et. la 'l'aya.
Dè on arrivée devant OLlass, Mas. éna fil
occuper ce village, ain i que le double pont
CflJÏ pas e sur la rivière et l'ile dite des Faisans. La division Learand, qni venait des\ n
emparer, e porta sur AIL- challersdorI l!l
Klo.ster-Bruck, vaste et ancien couveut tran ·lormê en fabrique de tal.iac. .Nos lroupe.
éprouvèrent sur ce poml une ri; islaocc d'autant plus \'i\te que notre arliUcrie ne secondaiL pa lcnr· cUorl ; ue pOU\'anl. en èlfot'
pa er dan~ le ,,ignes, elle élaiL obligée de
tirer dn liard de la ri,·ière, c'e t-à-Jire de
bas n haut, ce qui rend le feu inœrtain el
presque nul. Le maréchal, retenu à Obla
dans a caloche, regrellait vivement de ne
pouvoir monter ~ cheval, pour aller voir par
lui•mème ce qu'il -y avait a foire pour remédier à cet io,·onvl1oient, lorsque je me pcrrni · de lui dire que, ayanl eJ ploré le_ environs avant l'attaque, je c1·oyais qu'une ball rie part.'iOt d'Ol,las , longeant la. rive droiltJ
de la riYière et allant e po Ler au-de sus du
village d'Edelspilz, pourrait rendre les plu
grands service . llas éna trom·a J'avi util.i;
il m'en remercia et me chargea de conduire
ix canon au lieu indiqué, d'où, dominant
et prenant à rever le troupe qui défendaient K.lo ler-Bruck et Ah- challersdorf, ils
firent un tel ravage paruli les ennemis, que
cenx-ci .. 1iandonnèren1 promplemenl ces deux
poste~, donl rto truupes ùmparèrcnt. Le
maréchal .e félicitait du bon effet produit par
cett balleri c, lor 'que j' accomu lui pro·
poser d' en cond11ire une autre à Küeberg,
point culminant de Ja rive gauche, mais ctJ-pendantacccssiblo t'TI rcuforça11t le altda~..- .

LP. maréchal y con cnlil, cl, aprè ,1uelq11e ·
e.Obrt , je r~u . is à foire monter huil pièce.
à Küeberl{, d'oi, letir- boulets, fouettant en
pie.in ur le ligue:. autrichiennes ma , ées en
avant de Z11:111t1, le eureul liit:ulôl forcée ;1
. e réfugi;,r dcrriù•e les mur de celle villl';
anssi je ne doute pas que si la Lalaille eùl
cunlinml. la hallerie tJUt! nous a\'iOu. placée
, ur le Küel,rr" u'eût élé rurt utile à l'armée
fnin&lt;;ai.e; c'~l 1•0 occupant cc point anm de
l'artiUorie qu'on p~ul r~Juirc proruplem 11l
la forlc po,ilion de Zuaïm.
Pond.111l la ,ive cano11nad8 dont je viens
clc pai-ler, u11 orag&lt;• épo11v.i111ahlc fomlil .11r
la conlréc. l!:11 u11 in ·ta11l, Lout ci-t iuun,i,,.
La Taya dJlwrJc, lrs armrs ne pe111·e11I plus
fain~ feu. Pl l'on u't•1lle11d plu uu ,eu! •·out,
dl! rusil. Le. tro11,M; ùu ~énéral Le"rand ~e
réfug-icnl dan, 1'.lo,kr-llrud,, à 'clrnllcr,-dorf, cl pri11cipule11wnt da11, lc.s numhren~e~
ca,•t'. creu~ée~ uu miliru u~' vign1•.s Juul lè
coteau P'l couvert. }Li· pendant 11ue nos
soldat \Îdcal le~ Loimt' • an - e pré11~cnper
de · ennemi· 1p1'il · i:upp0:,cul ahri1é · dan· !Cl;
mai:011 de Z,1afo1, le prince Charlel', prévenu
. an. doute dt: 1·..ite négli,.éncc. et ,·oul:.ml
eouper tonie relrai(e à la &lt;livi io11 Lc•rraml,
fail ·ortir Je la villti une colo1in..: du ruille
grenadier 11ui, 'élanyml au pa &lt;le course
ur la grandt: ruuteahando1111éep:ir nos gcru-,
traver cnl Alt-.', h~ll,•r~ lorf cl arri\'rnl au
premier pool d'OlilJ!-~ ! .11· 1lc~cc11Jais en c&lt;i
moment du Küeberl,( el tl'Eùclspiti; j'J étai
monté en passant par Neu- dullen ·durf, à
côté d'OIJla 'S, où j'avais pri les canon que
je devais cœ1duir-e; nn.1i~, "" revenant ~cul,
il me parut inutile de fa1re ce détour, pu.i quu
je .avais que tout le Lerrain compris entre la
Taya el Znaim éLait oc ·upé par une de nos
divi ion d'in(anteric. Au i, dè que je rus
nu p~Lil pool qui ~pare Edel pil1, de nie de
~'ai!;an , j'y pa sai La 'raya pour gagner 1•
11ranJ · ponts placé· sur la grande roule t'II
foce d'Obla s, où j'avais laissé le maréchal.
Je -venais &lt;le monter sur la cbau, sée qui unit
cc deux pont· lor IJUC, malgrd l'orn°e, j'enLend:1 derrière moi le bruit de tiomhreux
11a~ cadencés; je tourne la 1ère, et qu'aperçois--je?... Une rolonue cle •!l'eoadier" :mLrichicn qui n'était plus qu'ù ,•ingt-ciuq pa de
moi!. .. ~loo prernier mouvement fut de
courir ventre à terre, aûn de pr,h•enir le maréchal el les nombreuse troupes qu'il a,·ail
auprès de lui; mais, à mon très grand éton•
nemeol, je trou\·ai le pont le plus voi.:.in
ù'Oblass occupé par une brigade de cnirassil!rs français. Le 0 éuéral Guiton, qui la commandait, sachant la divi ion Legrand de
l'aulre c.ôté du JfoU1·e, el ayant rPçu un ordre
ineiact 1 s'ava.nÇilit traaquillemenL au pa !
A peine avais-je eu le Lemps de dire :
11 Voilà IP.s ennemis!. .. .11 que le général les
aperçoit, mf't l'épée à la maia, eL criant :
« Au galop! » 'élance SUJ' les •'renadiers
autrichien . Ceur-ci, mou pour uou atlaqu r à l'improvi ·te, furent Lcllement ètouu~.
de l'êlreeux-mème:là l'in tanloù ils ··y alleudaient si peu, que le. premier rangs eurent
à peine le Lemps c1~ crvi cr la baïounelle

rt •Tn'en un clin d'œil les !rois Latail1011 de
"rt'tlildier. fur,.nl lill,irafement roule.~ par
terre, . ous le" pied · de chevaux de nns cui-rassit'rs !.. . l'a un des homme , ne re l:i.
debout!. .. Un seul fut Lué: Jous les autres
furent pr1~, ain.i que les !roi~ canons qu'ils
avaient amërhL pour l'Onlrilruer à la défonse
de l'ile des Fai. an cl de- pont .
Ce rt'lo11r nfff'n ,ir aurait eu des ,é~ullal
Lrès fâcheux pour Jlou , i le prince Charle,
l'eùt exécuté a"ec: une troupe l1eauc011p plu
nombreu~P. t•o fai~ant en même temps alla!Juer la divi ion Le/!fand di. pcr~ée d,111 h·s
"igne·, el qui. n'apnl plu~ de retraite par
le · ponls, eùl éprouvé un très grand écht&gt;c,
car la Taya n'1\1ait pas guéaLlc. Moi h.• gécnéral outricl1ic11 fü un faux calcul, n se llatlanl
qu'un millier d'homme enrniés pour s'emparer de l'île de' Fai.an. pourraient . 'y
maintenir cuolrc le 011arrues de troi d • nos
divi-ions, el contre les efiorls 11ue la divi ion
L,•graud, :ittaq-uée f'lle-même. n'eùl pas manqué de faire polir s'oll\'rir un pa age . .\in i
pri. entre deux feux, les mille !!rCnadicrs
auLrich.ien , enfermé dans l'ile de~ Faisam,
eussent étt: réduits :1 ruellre bas les armes. LL
est nai que dan œ combat nou · aurions
perJu Leaucoup d'homme , dont la ,·ie fuL
épargnée par l'attaque inattendue du généra l
Guiton. Les cuira sier , enhardis par le . uccè et ne connaissant pa le terrain pou•..
1\renl leur charges jus'}U'nux. portes de
Znaîm, pt·ndant que les fanta sins du rrénéral
Legrand, attiré par le lnmulle, accouraient
pour k•s "eco11Jer. La vi11e Fut ur lei point
tl' ètre enl •rée .... ,\lais dPs force ·upéricure ,
secondée.&lt;: par unu nomlircu:-.e artillerie, eonlraiW1ire11 t les Françai. à redescendre Jt1s4u'à
Alt-..'cballersdorf et l\lo lcr-Drocl., où Ma séna les fil ,-outenir par la divi ion d'infar1L·rie du gém\ral Carra- ainL-Cyr.
L'Empercur, placé ur I •' hauteur' de
Zukr-rhandd, ordonna à ce moment au marrchal Marmont de d1;boucher de Teswitz pour
se lier 11 ln. droite de lJa. éna. La bataille
'engageait io'en iLlemenl. Pour 'en rapprochPr, Napol 1on vinL 11 Teswilz. ?ilasséua
rn'ayanl envoyé vers 'a Majccle pour lui rendre complc de sa posilion je revins a,·ec
l'ordre d'enle,•er à tout prix la ville que noire
hallerie de Küehcrg foudroyait el que lé
marécha1 Marmont nllail a .aillir au· i par le
mlion de Lcchen. Ue toutes pari on 1.iauait
la charge, el le liruiL des t.ambunrs, assourdi
par l'effel dll b pluie, se mêlait à celui du
tonnerre .... 'o lroupcs très anim~e· ~·avançaienL bra\'emenl conlre le~ nornhrimx bataillon qui, po Lés en av.int de Znaïm, les alleadaienl résolument; quelques rares coups de
fu il partaient seulement des mnLons. Toul
faisait présager un sanglant comLat à 1a
baïonnette, lorsqu'un orücier tle !'Empereur,
art'il'anl à toute bride, apporta à .\la séna
l'ordre d'anèler le comuat, parce qu'un armistice vc.nait d'èlrc conclu entre 'apoléon
el 1e prince de Liechtenstein. Au sitôt, le
maréchal, qui 'était beaucoup rappr01:hé des
troupes, prescrit à tous le ofllcicr · de courir
anuont.:tlr celle oom·elle sur les dirnrs poinLs

de la liglle, et me ùési!!l1e nominativrmen~
pour alll!r ver~ celle de 1111 • hrigad,• · 'llli ~e
lr01n·e le plu prè · d11 la Yille Pl a lé moins
ù'e •pace à p.1rconrir pour en l'enir aux main
arnc l'ennemi .
Arrivé derrière cc•s ré:;ômenL, en rain je
,·1•11x parler~ ma voix c L dominé p.ir les
Cl'Îs de : c1 Vin! l'Ernpereur ! 1&gt; toujours préeuneu.r, du combat, el déjà les troup • croisaient la l1aïonnell !. .. Le moi.udre rctar,I
:ill:lit donner lien ù l'unr de rcs lf'rrihlr:
m~lées d'infanterie qn'il est impodblc
d'arrèler dès 11u'clle sont t.nga.,re . Ju n·hésile donc pas, &lt;:t p1t: ant par un inlervallP je
m',1l111we entre le~ deux lignes prèles ;, se
joindre, cl, !put rn criant : &lt;c La paix l la
pni ! •.. » je fais avru• ma main !!':rnche signe
d'arrêler, lorsque. toul à coup. une lmlle
partie du faubourg me frappe au poignet!. ..
Quelque·-uas de no ol"ti1·h•r,, comprenant
cn(in que je port.ais l'ordre de uspl'ndre les
l10slililés, arrêtent la marche de leur cumpagniei;; d'aulr , hé itaicnt, parce &lt;JU'ils voyaient
venir à eux le hat,ùllon.· autrichiens qui
n'étaient plu &lt;1uï1 r~nl pa ! ... Are mome11l,
un aide de camp du prl11co Ch;1r), arrive
é alement enlre les dl·ux li"ncs, ch1•rchant 11
pré,•enir l'nllaque, et reçoit au si du faubour,,.
une b:1lle 1p1i hti traverse l'épaule. Je cour·
YCr cel oWcicr, el, pour Lien faire cumprendre aux d ,ux parti l'oLjet de notr n,i -~iou,
nous nous c1ubra, ons en ltimoignage Je paix.
A celle vue, lc:s ofliciPrs des deux nation,,
n 'hésila11t plu,:, comrnamlent /laite! .'C nrou•
penl aulour &lt;le nrm~, l'i appreanrnl qu'un
armistice ,rient d'èlrè conclu. On
rnèle. on
se rélicile mtrl11&lt;•llerne111; pni. les,iuLTichiens
retournent à Znnirn cl nos lroupe · rers l"'s
positions r1u'eJlcS Oècupa.il Dl a,•anl 11u'un
battit la cliarrre.
l,a commotion J 11 1·ou1) qne j'avais ri&gt;tn
a rait été si forte, que je croyais a,·oir le poi•
gnet cassé. lleurcn emenl, iJ n'en était rien;
m:ii ln balle aYait fortement !thé le, ncr( qui
rattache le pou e au poignet.
Aucune de mes nombreuses hie~ ur • ne
m'a fail ~ulmtl soullrir : je f u oLligé de
porter le bras eu écharpe. pcudanl plus Je ·i.x
moi . Cepe11dan1, ma Llc·sure, quoiqut!
gram, l'étail J,j Il muins
celle de l'aide
&lt;le camp autridüen. C'était un loul jeuue
homme, plein de courage, cl qui, malgré cc
qu'il av,i.il éprouvé. ,,oulul ab:.olumcnt "enir
u1ec moi auprès de )las éna, tnnL pour ,·oir
œ vieux guerrier si célèbre, 11ue pour accomplir ll1I mes:-age dont le prince Charles 1'111•ait
chilrgé pour lui. Pendant le trajet 11uc 1wus
îimes CD$emblc pour gagm•r Klo~Lttr-llruck,
où \fasséna s'ctaitéta.bli, l'officier aulrichien,
qui perdait beaucoup dé aog, ayanL été sur
L~ point Jo ;nw111ouir, je lui proposai de le
rccouduire à Znaïm; ruai:, il per isla à me
uh•re pour être pan é par le' chirurgienIrançais, qu'il disait être bien plus baliileque ceux. de on armée. Ce jeune homme
'appelait le eorule d'A pre et était ne,1eu du
g~néral de ce nom. tué à '. agram. Le maré-chal Uass 1na le reçul Lrès bien el lui ÛL prodiguer Lonles sorLes de oin ·, Quant à moi, le
0

1

•roe

.MJl~:BOT

~

maréchal, me vo ·anl hles.é de nouvrau, crut
dl'voir joindre e ·ulfrogcs il · uî de Lnus
lt&gt;s officier~ el mèmè dt• olJats de la lirigade. CJIIÎ fai,aieril l'~loge dn dévou1·mPOI
arec le&lt;JUcl je m'étai~ ,:iaucê •,ure li!:. deux
armiif' · pour 1hilt1 r l'effusion du san~.
Napoléo11, étant venu l'er. le ~nir vi~iLcr 11•
bivouacs. m';1Jrl! ·a de "il'· téruoi~in;w. de
.ati ·faction, en aj,ml:mt : ci \oa~ ~lPs lilr.~sé
bien souvenl, mais je rhompt·n~t·rai \'1,lrP
zèle. 1&gt; (,'Empereur a,•ait furrn1: lt• projd de
t'l'l:er l'ordr,· militaire d1• · î'mi~ Tnisn11~,
dont h•s c-lwv:1li&lt;•r dl!,·aÎl•nL a1oir au 1011i11s
i-i~ hle~~nrr~. Ill j'appris plu· lard que .'a
~lajeslé m·11\·ait iu. rril au noml1rl' ,le~ officiers rp1'il jnge:1il cli nes de rcc·ernir celle clécoraliuu, donl,je r pnrlt'rai plus loin. L'EmpPreur rnulul voir ll. d'.\ pre. qui a,,1il monlr 1
le mèmc d~vouemcnL que moi, cl le charrrèa
de compliment, pom· le prince CharlP .
Comme, loul en se l'é.licila11l t\Ue les cuirassiers fu ,enL arrivé . ur l~ pon~ à l'in. ta.nt mèmc où Il' grenad ier auLricLil'rl
allaient _'ea emparer, ':ipoléon 'étonnai!
qu'on eùl cmoyé de la gros -e cavalL·ric au
delà du lleuve, sur un coteat1 où il n'y a1·ait
d'autre passa~e qu'une grande roule encai sêe
entre d"-' • , i"nohle., prrsonne nl' ,·,,1dul aYoir
dunné Ct'l l&gt;rdrt•, qui ne prowu:ût ni du
maréchal 11i il11 cli ·J' J'~1a1-111aj(lr. el lt!
gtiuéra l Je cuiras i,•r:: ne pou,,1111 dt!.i.,aer
l'of!i cier 1p1i le lni :Hail transmis, r.mtcur di&gt;
tdlt: beureu~c f:1u1.C l't! ·ta ini:onnu.
J\:nd~ut l,• pe11 ile 111ir111Ll' · q11t• le i;-rrnaJirr· oœt1pùrt•11L l'ile Ji:~ Vni ·a11~. ils y prim1I
1.roi de no· générau , : F1·ir11111, t'nèf cJ',:1aLmajor de ~l.1.ss1:11a, b,ou,ki l'l S1alw11ralh,
au1quel ib cnlev~rt·nl Pll un lo11r do m:1i11
leur hourgc.-. cl leur, 1:p,,ro1L-&gt; 1l'argent. Ct·s
généraux, JilliHé. à 1'111•la11l mèmti p:1r ,w
cuira: iPr , rirent iil':iuc.oup de leur rourLc
·a pti,itil.
,fo vous ai dil qu'avant d'avoir reçu ma
hic.. ur~. el im111édia1eme11t aprè la Lt'lle
charge &lt;ll• ' cuiras icrs, le maréchal m'avait
ordonné d'aller rendre compte de ce l1e:iu fait
,t'armes à !'Empereur, t0l1jour~ placé à
Zwkerhandcl. Comme l'orage avait l'Pndu la
Ta a iniranch.i ·al.ile à gué. je Ju · la pa ~er,
eu face d'Ullla ·, sur les ponts dt! lïlll dt'
Fai ans, pour gagntr Zukerhandel par
Teswiu, d'où les lrOU(l1&gt; Ju ruar~chal ~larmuat dJbouchnienlen ce murne11l. L'arlillcrie
enaomie faisait un feu terrible ur die-:,, de
orle qua le terrain qui arnkiotl la riYiè.re
élait labouré par 1 boulet , el cependant il
n'J avait pa · mo}en de prendre un aulre
chemin, à moÎl1s de faire un détour con,,idérahle : je pris donc celte dir •clion. J'étais
parti d'OLla av c U. le cbd tl'cscadrou de
T.illeyranù-Nrigord, qui, après avoir porté
1111 ordre au maréchal Ma · éna, retournait à
l'~t~t-major impérial dont il faisait partie.
Cet.. ofhcier a.va.il déjà parcouru ce trajet, et
il s'offrit pour me guider. Il mard1aiL derant
moi sur lè petit enlit:r qui longe la rive
droite de la Taya, lor &lt;1ue, La tauonnnde ennemie redoul,l,1t1l d'inten ilé, nrm accéléron
la rapidité de noire course. Toul à coup, un
0

�_,_ 'H1STO'J{1.ll

M"BMOT'lf.ES DU G'Éf'Nt'R,,.AZ. JJ~O.N DE

n1audiL oldaL du train, dont le cheval était
,-!Jar •é de poulets el de cana rd$, prod11it de
sa maraude, sort d'entre les saules qui bordent la rivière, et, .e plnçanl ur le sentier
à 1Juelques pa · de . de folleyrand, .e lancl'
à h,ute l.irid ; mai un honleL a ant tué. on
ch1m1l, c~lui du 1. d • Tallt'1rand, i1ui le !)uivait de près, heurte le cada\re de 1:et animal
el 'almt complètemenl !... En voynnL tomL&lt;'r
rnon compagnon. jt• mr.fs pieJ à terre pour
l'aidr•r à • rcl1•wr.

sa reconnais~ance dan. le termes les plus
chaleureux, el lorsque, arrivés à Zukerhandel,
j'eus rempli ma mission auprès de !'Empereur, je fus en louré et îélicilé par tou le·
officier. du ~nnd étnt-major. \1. de TallCJrilnÙ leur avait appri ce c1ue je wuab de
Fair1 et rép 1ta il ans (•e.• e : « Voi111 ce qu'i:m
« appelle un r:1ccllenl r.a marade ! 11 Quelquei
an111k~ plu~ lard, lor~11uc je n•Iin. de l'e il
a111111el m'awlÎI r·ondomné la RP. tau ra.lion,
1 et.• Tnlleyrand, alors l,!éotlral dt' la g:ml
1,

M. d' Aspre, étanl Lrop souffrant pour suivre

son armée, resta à Znaîm. le le vi. auvent;
c'était un homme dl' br,'lnroup d'esprit, quoique lin peo exalte.
~l.t l,l ~i-ute me rai.ait he,aucoup .oullrir:
jé ne pou1nis foire (IUCllll ~ervice 11 t_bernJ.
1.u éna me chargea donc de Mpêchc- pour
l'Empcrenr, en m'ordonmml d'aller en posh•
à Vionnc, oi1 il ne tarda pa · li n•nir s'élahlir
:ive son étal-maJor. l\os gens et nos cbeva11~
r' 11'irent à 7.naïm, à tout évt'-nemrnl. l.:i

oificiers, j'eu du moins la ati faction de
lrouver chez la comt . e de tihar, chez laquelle j'étais log~, tous les oin que réclamait ma po ition : je lui en ai comerré un,•
bien \'ire reconnaîssaoce.
J'a\·ai5 retrouvé à \'ienne mon bon ami le
général de Sainv,..Croi~, que sa hie 'sure ri.'tint plu. ieur mois au lit. Il lo~eait dans le
palai Lobkowit;i qu'occnpait ,1as:én:i. 1•
passais ehaqu" jour plui;ieur hrur ~ avrt lni,
et l'in·trui~b du m1't'onlrnlement que le•
111ar1;.frnl parai S11il urnir con~u contre moi
Ùt&gt;pui · l'inrident dr Wa11ram. Comme il av:iiL
une très granJe inlluencr ur Masfiéoa, il lui
fit hiPutî1t sentir combien son attitude à mon
é;:;ard avait étd prnible el ble ante. , ei; bon
office , a.in i qul' ma conduite Il Znaïm, me
wmirenL n{in ns ez bien dans l'esprit cln
marécl11tl, lor •1ue, par un excès de franchL ,
je Mrrui .. is le ré. ullat obtenu, cL ra,'Îvai le
mau\·ais vouloir du maréc·hal à mon érrard.
Voici à '}llel ujet.
Vou. savez que, hies ·é attt jamlies. à la
suite d'une chute de cheval l'(u'il avait faite
1la11 l'ile dP 1,ohau, M:is.~tlna fut ouliué de
monter en cal~che ponr diriger ses troup,.•
pcmlant la halaillr de "agram, ainsi qu'a ni:
t·oml1at.,; q11i la . ui1irt·nt. On nllnil don1: alleler ùe cbP.vaux d'arlillerie à ct'lte voilur ,
lor qne, s'él:lnt aperçu 11u'il étaienl trop
lnng~ pour le linion, el n'avaient pas assez de
li:wl tian leurs mouvements, on leur substi1 1 • •jn:1tre chi vnux des écuries d11 maréchal.
p, i- p~rmi I pin. Ù\lciles, el parfaitement
l1;1bilut' au bruit du canon. l,es dctl\ soldnt
du train désignés pour conduir&lt;' lia .éna
albient . c mettre en selJe, le 4 j oillel au soir,
rp1and le cocher et le postillon du maréchal
dédarèr •nt que, puisque li:ur maitre se. er,·ait d, s propre ~heYaux, c'était à en1: à
les diri cr. Malgré tonies les oh ervation
qu'on put leur Faire snr le~ dangers auxquels
il · •:.po.aienl, ce deuxbomme· per istèrl!nl
?1 ,·ouloir conduire leur maitre. Cela dil, et
comme s'il' fût agi J'une jmple promen;1de
au boi. de .Boulogne, lu cocher monta :-or le
sil•gc, el le postillon sauta 11 ohcml !. .. Ce.
deux intrépide enileurs furent pcndanl
huit jours ci:110 é ~ de très grand danger ,
~ ::rtout à \ a~ram, où plusieur. centaines
uï1Jmmes furent tués auprès de leur cal&amp;:hr..
A Gunter~dorf, If' b1mlel qui lra,ersa ttllr&gt;
YOilurc perça la redingote dn rot'her, el nn
a11lrl:l lioulct 1ml le cheval •rnc montait ft, po~tillon !.. . Rien n'intimida cc.s Jrux fidôh•s
dom~stic1ues. dont toul le corp. d'armée admirait le dé1·01wmen.L. L'Emper•~ur mème les
fêlidt11, et dan. une de ses fréque11tes apparitions auprès de ,tasséna, il lui dit : 11 11 v a
11 ,mr le champ dé bntnille 300000 comlml,, ta ots : eh liicn [ avez-vous queL soul les
11 dein plus braves? C'est votre •.ocher cl
&lt;&lt; votre
postillon, c;ir nous sommes lou ·
11 ici pour faire notre rlez•ofr, l.:indi
que
« ce deux hommes, n'étant tenu à au1, rune obligation militaire, )JOUl'nienl 'e 1!m,, pter de wnir s'expo. er à la mort· il
&lt;i 011L donc mérité plu· L[U'aucun au tre l o
l•ui , 'adn· ,-:ml au.x conducteurs de la voi0

!\LI.RlAGE OF. c'IAPOLÉON F.'I' OF.

.\lARŒ-LonsE:.

Là cho·e était difficile, car l'un de e pietls
élatl en"(llTé dans l'étrier sou le venir,· du
d1c1·al. Le . oldat du train. au lieu dP nou
prêter as.istance, tourul e 1,lotlir parmi le
arhrPs, el je re·tai seul polll' accomplir une
làche d'autant plu pénible qu'une grêle de
houlel lombnit autour de nou ·, et que le
tirailleurs ennl!IIli , poussanl le.-, nôtres, pou,·aient veuir nou~ ·urprendre ! . . . 'importe! ...
je n'abandonnerai pas un camarade dans celle
Îàchcuse position!... Je me mi- donc à
l'œune, et, apr'•s des effort inoui , j'eus 1.,
!Jonheur de relever le cheval el de reploccr
M 11..: Talleyrnnd en. f'lle; pui · nou · reprirne.
noire cour~e.
,l'eus d'autnnl ph1. de mérite en celle circOn~lance, que je voyais mon compagnon
pour l pr-mière foi~: au. cj m'cxprima-l-i 1

I.E: l A \'lllL lttlO. DANS 1.A C HAPELLE 011

LOUVRE. -

royalt&gt;, me reçut n. sez froidement. Tout,·~
fois, lorsque ,•inut an, upr~- je le rctrou 1•:ii
ù lilan, 011 j'accompagnais Mcrr le duc d'Orléan , je n lui en tin~ pa · rancune. el 0011
nous . erràmes la main. C'est dans ce voya!!ll
que je rer1co11trai à Crémone L d' k,pre,
de,·enu général-major au ervice de L'Autriche,
aprè nvoir .cni l'Espagne juS&lt;10 'en l ;ill.
Depui , il a commandé en econd l'armcle
tl'ltalie, sou. 1 célèbre !Il.'lrét·bol Hadclzki.
~hi. r enons à Znaim.
Les Autrichiens érncuèrent celte ville, et
on établil le quartier général dr. Massénn,
donL le oorp d'armée forma un camp Jan
IL's f'O\ irons. L•anni.sli.cc :n,ait livr I pro,·isoirc,mn L i1 1 aroléon le tiers de fa monar bie
autrichienne, Labile par 000000 d'âme~:
c'était llJ1 immense !!llge de pai~.

D'ilfrès le laNtiltl Je Rocr.n, (.Musü dt Versaf/1('$,)

conclu ion d • la pni.t train:1il t•ll lougucur·.
• 'apoléon voulaiL écra er I' ulriche, qui rc~
îs.l:\Îl d'autant plu qu'ellr espérait le secour des Anglai. Jescendu en Oollan&lt;lc I,•
:iO juillet el déjà ma1lrPs de Flcminguc.
En apprenant cet évéuemcnl, le ~rand
·hancelier Cambacérè~, qui gouvernail fa
Frauce en l'absence de !'Empereur, fit marcher l Lroupe. disponible ver le Lord.
de l'E caut el en eonün le commandemenl au
maréchal Bernadotte. Ce choix déplut bcnncoup à _"apoléon. Du re te, les n lai·
retirèrent pr qu~ au itôl. Le conférence
r prirent avec la m1'me lenteur; nous occupions toujour' le pa •·, el le qu, rli r g 1nêr;1)
de Mn éna resta à Viennedepui. le iâ juillPI
jnsqu·au 10 novembre. Privé, par ma blcs!'ure. de agréments que :elle villu offrait aux

Lure, il s'écria : &lt;t Oui, vous êtes de111
« bra,es !... »
Napoléon nurait œrt.ainemrnt ré ompen é
te gen ·-là, mais il ne pouvait leur donner
que Je l'nl'gn,1, et il crnignit prnbal1lemen1
de. bic er 1•• u. C'liptihilité de , I stnn. pour
le ~ef\'Îœ duquel ils hravaienl tant de périls.! ...
C'était en effcL au marécli11l à le faire. d'autant plus 'Tu'iJ joui sait d'une forlutll' colo~ale : ~00 noo fran ·:,; en ,1ualill: dP. chef d'arm,:e; 100 OOfl Crane_ comme duc de l\ivnli.
rl 50U 000 frnnr 1·0111111e prinet• d'K~~li11{; :
au total, "''li{ rent miffr /'mncs Jlar ,111.
Cepcndaul. Ma t!11a lai sa d'ahord s"cfrouler
ùcux moi. ·an· annoncer à 1:e~ homm ,- s .
intPntion à leur égard; 1►11is. un jour que
plusieurs de se aides de camp, au nombre
desrp1eJ j'étais, e trouvaient rrhtni auprè·
du lit de ainte-Croh, )Ja. séna, qui le Tisi lait
(rétJUrmment, entra dan l'appartt"meot, cl
toul en causnnl avec nous ~ur les événemPnts
de la rompa1me, il se lëlicit.a d'avoir suivi le
r,on!&lt;Cil 11ue ,ie lui avai~ rlonné d'aller ~ur le
champ de bataille en ralèche, plutôt que dl!
'l Faire porter par dc grenadier. ; il fut
alor tnnt n:iLurellem nt cooduiL à parler de
son cocher el. de son pnstillon, rt lo11a leur
. nn •-Froitl et le courage dont ils n'avaient
e. s • de faire preu,·e au milieu des plu!': gr:inJs
péril . Enfio, le maréchal termina en di anl
que, voulant accorder à ces braves gens une
bonne récompense, il 3llait donn"r à cbacW1
d'e11
francs. Pui:, s'adr~sanl à moi, il
eut le courage de me demander i ees dN1
bomm ne ~eraient pa~ . a [i!,fails !...
J'aurai dù me tair •, ou me borner à propo. r une .ommc u.n peu plus forte; mai~
j'eus le tort d'èLre Lrop franc, el rurtont de
l'.!tr avec malice; car, hien que j'eusse parfaitement compris que llnssénn n'entendait
donner à chacun de ce · gen que 400 Irancs
1,ne fois payés, je répondi. qu'aYcc.400 francs
de rente iria.gère. 11u 'ils ajouteraient à leurs
petites économies, le cocher et le postillon
seraient sur leurs vieux jour à l'ahri de la
mis~re. Une ti•rressc dont un l'ha eur imprudent allaqur les petits n'a pas des y ux
plus terribles •rue le devinrent ceU.I. do Ma slina en m'entendant parl!il" a.in ·i; il bondit
ile son fauteuil en s'écriant: (1 \laihcureux! ...
11 vou voulez donc me ruiner 1. .• Commenl !
~ 40 (ranri. ,l~ rer,le z•iagère I Mais non,
a non, non!... C'e. t ,iOO franc, une foi. don~
" ·né ! ,1
Lo plupart de mes camarades gardèrent un
pruJcnl $ilence, mais le général Sainte-Croix
ct•lc commandant Lianh·ille dédarèrenl ba.utcmènl C[lle la ré{,'Olilpcn~e fi ée par Je maréchal ne.serait pas dignede lui, et qu'il fallait
la chan 111•r en une rmle 11iagère. Alor.5 fa.:sém ne e cootint plus : il courait furieux
d ns la chambre, en r •n versant Lou l ce ~u i
c trouvait . ous s11 main, même le gro.
meulil , el ·'écriait : ~ \'ous ,·ouJez me
11 ruiner! ... 11 Puis. ~ .ortanl, il nou dit
pour adieux : • Je pré(érerai. vous roir fuillcr tou , et recevoir moi-mèrnc une LaUe
r1 au tra,·er · du bras, plutôt que de signer la
&lt;c dotation d'une pension viagère de itOO franc

rno

.., !149 "'

.M.A1(130T

o pour qui qne ce rn.1.. •.\liez tous au
di:iblc !. .. »
I.e lendemain, il revint parmi nou , tr1\s
1•almr. en a11pnrenc1!, rar per.onne ne savai1
di... imuler comme luii mais. :1 l'ompter de ce
jour, le gént&lt;r:il, ninte-Crui .• son nmi. prrdil
brnnconp de son offcction; il pril Lignh·ille
en guignon, ri lai en donna des preuws
l'a.on le 'UÎ\"aul en Porl¾,11'3.1. Qu:int 11 moi.
il m'en rnulut encore plus qu', m ,,. r.:im;,.
rades, parce qne j':m1i Ir• prcmirr parlé tl,·
MIO fr:mc,, de rcnlt'. [)e hum·lit• en lio11eh1•.
la noul'clle de r.:1&gt;l incid'!nl arrh·a am oreill1•.
&lt;l1! n::rnpc&gt;reur; an .i, un jour que Ma sfoa
din3it a\-ce :apoléon, :':i 'laj té ne CC$~a d,•
le plai anter ur ~on amour pour !"argent !'I
lui dit qu'il pensait néanmoins ri.u'il nvait fait
une honne pe1uirm au · deur braves sen-il.l'or. qui conduisaient ,a cnll-cbe à Wagram ... ,
Le maréchal r 1pondit alor qu'il leur donnl'rait Il charun 400 franc.~ de rente viagèrP,
ce qu'il fit 'an r1u'il 1'1)1 besoin de )ni pemer
le hr:i d'une balle. a colère rontro oons
s'en accrut eor.:ore, el il nous di~aiL souvent.
a ,•fi• w1 rire ardoniquc : « Ah l me. raillards,
11 i je uimi· vo. bo,r avis. ,ou· in'auriPz
« liienlol ruiné! ... »
T. 'Empereur, voyanl que les plénipolcntiaire autrichiens reculaient con~lamment la
conclusion du traité de paix. se préparait :1 la
guerre, en fai ant venir de France d'importan~ renforts, dont il arrivait tou: le.-, jour
de nomhrem détachemco , que Napoléon
inspecta.il lui-même à fa parnd,, c1uolidilm11l',
pas ée dam la rour do pal:iis de '-lurnhrün11.
Ces revues alliraient beaucoup de curi1:u1,
qu'on laissait trop facilement a11procber;
aussi, un étudiant, nommé Frédéric Slabs,
fils d'un libraire de Nauulbourg et membn:
de la sociét • secrète du Tugen,.Lund (ligue de
la vertu), profita de ce défaut de surveillance
pour e glis cr dans le roupe qui environnait
l'Empereur. Uéj~ deu rois le général llapp
l'avait imité à ne pas s'approcher aussi prb,
lorsqu'en l'éloionant nne troisit•me Iois, il
.senlit 11ue cc jeune homme avait des armes
cacb :e · ous es habit . tab, rut arrêté l'i
a.voua 11u'il était renu dan l'intention de turr
l'Empcm~ur, nftn de délivrer l'.\llemaonc i.11•
on .iou.,., 1 'apol&amp;m voulait lui foi ,/'1:i ·it!
el le faire Lrait r comme atteint de démence·
mai les wédccins apnl affirmé qu'il n'étoi~
pa. fou, et cet homme per~H.anl à dire IJllt' •
• 'iJ . 'éubappail, il chercherait de nnm·eau à
accomplir l'atleulal qu'il :wail depui lon••lt!1np fonçu, on l'emoya nu con.;ril tic guerr~;
il rut condam11é, et !'Empereur l'aLandonnn
à ~on malheureux sorl : , labs ful fo illé.
LI' traiLé de paix 3)':lnl ,:té • ignt! le J ~ octolir •, l'Empcrcnr tp1it1,, l'Aulricht le 2~.
lai sanl au major général et aux m:irécltall\
le oin de présider au départ des lroupes, qui
ne ru, enLîèrerncnt C!O'• tué que qrnnzejours
apri\ . Afas ·ém au tori ·a alors c · officiers ii
rentrer en Franœ.
Je qnittai Vienne le IO novemhre. J'arai,
?chct~. une C.'lli!che, dan - laquelle jt• ,·oyage:ii
JUSqu a tra bourg avec mon camarade Ligni,illc, donL ln ramille habitait le.s environs.
11

�r-

1flSTO'J{1A

.l'a1·~i JaL sé en arrière mon dome tique,
chargé de conduire l'un de mes ·hevnu. à
Pari . Je me trouvais donc ~cul à , tra bourg
1•L craiorn:1i· de me mf'llre .,ml en roule, car
mon bra cltail très enllé; l'onnl1i du pouce
Vtlnail de tomber, et je souffrais au &lt;lelà de
Loule expre'sioo. .l'nperçu
beureu ·emcnt,
dao l"hôtel où je log i·, 1~ chirur ,ico-mnjor
du 10° de cba .. cur. , qui -voultll bien me
pan.er, et 1111i, d •vant .e r•ndrc à Paris, prit
plac1i dan. ma Yoit11n•, en m'a. ·uranl · •s
oiu. p •nd;rnt le traj l. Ce dorleur quitlaiL le
sen-ice militaire, pour 'étaLlir 1t ChantillJ.
où je l'ai rrn1. vingt nnnéc. aprè~, à la tnlile
d, ~I l • lluc .rnrl t•1n , c•ocnme cornm~ndant de la gardl' natio11ale. J'arrivni néanmoin~ à Paris en a :.ez mamais étal; mai
les lions . oin de ma mere, eL le repo dont
je joui-~ai enfin aupr\· d'elle, h:\t~rcnL rua
gut;ri. on.
.\insi . e l rmina pour moi l'annc!e 1 09.
r, -i vous von rappelez quu je L'avais commencée 1t A.storna, en Esp:igne, pendant la
campagne conlre 1 ,\nglais, apr~ laquelle
je pri part au siège de arag11~ e, où je ret:u
une Lalle au tr_.,ers dn corp ; si ,·ou • con idércz qu'il me fallut ensuite lravcr·cr une
partie de l'E. pagne, toute la France el l",\llemarrne, assister à 111 !Jal.aille d'Eckmiihl,
monter à l'assaut de [btisbonne, exécuter à
li:ilk le périlltJ1L pa saae du Danube, combatlre p ndant deux jours à E slin», où je
Iu } les é la cui, e, me tro1n r en.,agé pendant .oixante beur' à la bataille de Wagram,
nlin être ble ti au bra au combaL de
Znaim, YOUS couviendre.1 que ccUe année av ail
été pour moi bien rcrlile en é,•t!Jtcmenl et
m'arniL ,u courir bien des d,mger !

CHAPITR.E XX VII
1&amp;10. - le avroturc dan uo l,al ms~quil. - Crtlll•
timl ,1 l'or,lre ,lès Troi~ foi,1111 .. - M~riago. tic
l'E1111oen•11r UN' liri,~J.uui!&lt;? ,l'A.ulr1,h...

Il est un écueil qu'évitent rarement les
personnes qui écrivent leur propr hi toirc,
c·e l la minutie Jcs d ~lails : je cMe d'autaal
plus à cel en!raincmenl, que vous m'l' avei;
encoura"é aprè avoir lu ce qui prérède.
L'aimée 1810 'ourritpour moi ·ou d'heureux auspice ; je me trouvais à Pari · auprè
dema mi-re, et ks hie.sures que j'a'l'ai r çues
pendant le &lt;lcux derni re campagaes êlai :nt
par[aitement guérie • ce •tni me permettait
d'aUer dnn le monde. Je me liai plu intimement avec 1. et ~[me De brière dool
j'épousai la lille l'année suinntc. Mais, avant
d'o.rrirnr à œ 10oment heureux. je dus Imre
la péniLle campa"ne de Portugal, où je courus
de bien grands danger·.
L'Empereur 1·c1)ait d • nommer le maréchal
Ma .éna géuéralî sime d"une armée formidable, qu'il se propo ait du diriger au prinLemp · ur Li Lonne, occupé en ce moml!Ill
par les Anglais.
ous fai ion donc no pr 'paralif d • départ: mlli comme, elon leur habitude, les
Françai prtHudaicnl aux combats par les

pliii·irs, jam.ai· Paris ne fut plus hrillauL ']llB
cet hi,er-1 . Ce n'étaienl, Lanl à la cour qu'/1
la ,·ille, que rêtes el bal· ompl11eu1. au:x.quel:
mon grade et mon litre d.àide de camp du
prince ù'E·:lîn•• me faisaient toujour inliter.
L'Empcrcur, 1lonaanl d'immllnse. traitements
riu grand:; dignitaires, exigea.il IJlL'il' fi sent
pro pérer le commerce en eJcitant le luxe par
cle granJe· réunions. Pr~.que ton con idéraieul donc tomme und voir 1·vl1P m:rnih1• de
fairè ln IX!Ur au maitre : c'élail à qui surpa-set·ai l les :lll lrc.. Mni. celui 11ui . c d i~tingua ÎL 1
plu dans Celle lnlle dt&gt; ra te étail l. le comte
Mari' ..:.alchi, aml,a,sn&lt;lcur de ~apoléon mi
,l'Italie a11prè de :\apoléon cmpcre11,- ,le.~
F,·a11çais. Cc di11lomnl&lt;', qni occnpnit le Ld
hôtel sîlué au. Cliamps-ÉI St'é , a.u coin de
l'a\'e1111e ~lontairrne, :wait imaginé uu amu~emeot, sinon no11vca11, au moin lrÎ!. perfectionné par lui : c'élàicnl des bals co ·tumés et
ma.~11ués: et comme l'étiquelle se ·erait oppo ée à cc qu'on e tra,estit à la cour et chez
les grand· digoilaire , 1. \!are. r,1lcbi n1•aü
le monopole de cc genre do plai ·ir , el e
bal • lr-, con ru~, réuni saienl Lou te la haute
société de Paris.
L'Ernp r ur Jui-m •me. dont le divorce avec
Joséphine nmail d"ètre prononcé, t donl le
mariane a1·cc ~farie-Loui e d'Autriche n'était
point encore conclu, l'Ernprr ur ne mani1uait
pas une de ces [~te; on di-ail même cru'il en
donna.il le programme. Caché sous un imple
domino noir. porlant un ma que ordinaire et
donnant l bras au maréchal Duroc, dég-ui tl
&lt;le la même façon, 1 apoléonse mêlait à la
foule el, 'amusait à in1rit,'1let l dame , qu·,
pres11ue loales, avnienL la ligure Mcouverle.
Il c·t vrai que celle Foule se compo it de
personne slÎr cl connu, , d'abord 'f)nrce
•1uc, a,·aut de faire e invitalion_, lf. Mar sml ·hi en liOUm ·ltaiL 1:i liste ou mi11islrc de la
police, el 11ue !"adjudant de place Laborde, i
c 1èlmi à c ttc é1wq11 par l • talt!lll a1èC
lequel il flaimil un con pir:1tcur, c tenait à
l'entrée des appal'lement , daus fosquel peronnc ne pénétrait san se démasquer dcrnnl
lui, déclarer on noru et montrer . on billet.
He nombrcu a~cnts dégui é pat·couraienL le
bal, et un bataillon de la garde 'm'Ïrounait
l'bôtel, dool il gardait toute· le· i ue ·. )fais
ce précautions indispen,ahl étaient ùiri,,ée·
avec tant de ménagement· par le gén~ral
Duroc, qu"une foi dan les salons, les imités
ne 'aperœvaieot nullement de ceLte Slltl illance, qui ne gênait n rien I' 11pan ·ion de
leur gaieté.
Ju oe manquai jamai aucune de ce réunion , où je m'amusais beaucoup. C pendant,
j"y :prou,•ai une nuil un désa rémenl qai
troubla forL le plai ir que je goùlai . L'aventure mérite, je crois, de vous être racontée.
Mo. mère étai l, à je ne ai tt ad d 'gr\
alliée au général de diüsion • abuguel d'f'.spagoac, cou in do l'ancien gou vcroeur de ln valide · sous Loui
V : il e trait.aient de
parents. Xommé, ons le Consulat, gouverneu_r de l'ile 'l'abago qui appar! 11ai1 nlClr à
la rance, le général ahu,,uet l mo11tut,
lai anl une v u1·e 4ui vioL habiter Paris.
.. 250 ....

C'élait une trè l&gt;onne femm , mai d'un
c:1ractcr, un peu airrre · au· i ma mère et
moi ne lui taisions-non. ,pie de très rares
1·i. ile . Or il , ùvinL cp1e pendant l'bil'er
de 1 JO j • trouvai dw;i die une d e nmie
que je ne connai,.ai:; pa· encore, mai dont
j'a,·ais bi&gt;aucou1l entendu parli&gt;1•. \lme \'. ...
était une femme de fa plus haule taille, n ant
pas &lt;.! la cinquantai11L•. 1ln di ·ait 1p1'ellt• a\aÎI
ét 1 îorl lielle. mni il ne lui r •sin il de• on
ancie11nelieanléqu•dei cb.el'eui mag11ili,1uc,:
e!I, avait ln Y1li el le· ge. t · d'un l1ommc,
rair haut.,io, la parole hardie; c'titail un \rai
dragon. \'euw~ d'un bommo qui , l':tit ,,ccupé
un emploi éhivl, mais qui al'ait alm.é tic la
confiance que le ~011vt.&gt;r01Jrueut avait placée
en lu,. elhi arniL vu lirp1ider sa pension dans
des condition' ~u'i&gt;lle truuvaiL beaucoup lrop
raiLles. Y•nue à l'ari · pour réclamer contre
ce lp1"dlP appdait une inju Lice criante, et
,·oyant ses prétention repou~, 11es par le mini Lère, elle 'adressa "ainemeol à lou · les
princes et prince. t' de fo r.imillc im(*ériale,
et ~e décida, en dé e. poir de ca11se, à parler
à l'Empereur lui.même! foi. l'audience lui
aytlfll été refu.li , celt lemme oh,ûnéc :--ui,,ait sans œ'se Napoll~on, en chcrcha11t à pénétr r dan low les li ux où il ·e rendait.
Ayanl appri qu'il e rendait au bal de M. llarc calchi, elle pen a •jllB ~ di1llomate 11,~
refu. erait pas de recevoir la \'cu\'e ù·un b1 B1111
aulrt'fois haut placé. FJI nvail donc '.c111
bravement a ~!. Mare. calchi pour lo prier de
l'inviter, el J'amba: adeur ayant porlé sur sa
liste le nom de celle d:3,me, qui :wnit éclmppé
aux im tigation de la police, \!me X...
venait de recevoir un 1,illel pour li! 1ml, qui
devait a mir lieu le .oir même du jour oi1 je
ln ,·is chez Mme ahum1et. La conwr nlion
lui ayn11L LicnlôL oppri que j'irai, à celte
fèle, elle me dit qu'elle •efllil d', utant plu.
beur'u.rn dt! m'l' rencontrer r1ue, n'lial~itanl
pa· ordi11aircmcul Pari·, elle n'_y connais ail
LJne très peu de per.ormc , d nL aucun• n'allait chez al. Yarc.calchi. Je répondi · par des
polit s·c hnoales, d'u·agc en pareil ca , el
j'étais bien Join de pen ·er 1p1'il en ré'ultcrait
pour moi un ùc plu grand désa'?Témcols
11uefaiejamai: ,:pron,·d !. ..
La uuit \'eJlUl', je me rends .à l'ambas ·ade.
Le u:il .e donnait au rei-d~bau ·ée, t.: ndi'
que dans les appartements du premier éta"e
se lroumi •nt les tables de jeu el le :;alons
de conver ation, Il y a\ait foulo, lur que j'arrivai, autour des nombreux quadrille de
dan eur ·, paré de. co tn m~ les plu magnifique.,; . .Au milieu de ,:elle prof11Sion Ùè oierie , de ,·elours, de plumes et de broderies,
apparut tonL à coup un colo -e fémfoin, une
cariatide, vèlue d'une simple rob~ de calicot
blanc, rebau ée d'un corset rouae et t'bam:i.rréc de nomùr •u ruban de 1:oulcur du
plu mauvais goù.LI. .. C'éLail lme '\ ... , qui,
pour montrer a belle ch velure, n'a1aiL
trou1·é rien de mieux que de e co lum •r en
bergère, a1anl un. petit chapeao de paille .ur
l'ort&gt;iUe et deux "normes Lre .es qui lui ball.aient I talons! . .. La tournure IJizarrc de
celle dame et l'étrange sirnplicilé de la t.ui-

�111ST0'1(1.JI, - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - J
eue av o laquelle elle paraissait dan une (( avec nou , afin d't:1oigner le oupçon. de.
aussi brillante réunion avant attiré tous les • personnes qui pourraient sunenir. »
re!!llrd~, la curio-ité me fÙ porter les yeux de
L'Empereur •a~sit alor sur un fautenil
ce côlé. Je vermis walbeureu. ement d'ôter tourml wrs l'an"le dei mnrs du salon , Le
mon m11s11u . ~fmc :X ••. , fort emharr.1·. ée !!énéral el moi, noos en prîmes denx. nul rc.,
dans eelte foule inc~mnue. '"int il moi, et, rrue nnu. plaçàm do~ à do afec le siea, ùe
sans plus de raç.on , 'accroche à mon bra
Façon à le couvrir. Nnn faisions face à la
en di. :rnt à haute rni : « J'aurai enfin un porte d'entrée. Le général conser,•a on mu. qn
chevalier!... » J'aurais voulu pa rr c.elte el m'eng:vrea à cnu ..er comme si j'étai avec
rltrarl«e hergèrP. nu grand diahfo d'enfer, d'au- 1111elipies-uns de mes amarade . L·Emperrur.
tant plus 11uP . e · confidence, imli~rl'I 'li me ,'t1Lant d11ma~rp1é, Jeuum,Ja au ~érn:ral ,lent
foi~airnl craiudre WlC s ~ne aHic l'Emp reur, mou ·hoir • avec. 11• quel il essuya la ueur
f'.l\ qui m'c,,H fortemP.nl rompromi-:. Je cherqui inondait sa figure l'I son cllll, pui ·, mr'.
chai doncl'occa. ion dr me débarras crù'ell , frappant léœmnent nr l'épaul , il me priu
lorsque le préte-xte se présent.a de lui-mème. (ce fui son e1prcs_ion ) dn lui a\'Oir un raml
J'ai dit qu'à leur entrée dam le bal, prcslJlle ,·1me d'eau !ra1che et de le lui apporh'r rnoitoutes l •. œmmc c démasquaienl, Cé qui mème. Je conrns promptement au buffet ,ù'un
rendait la réunion bien pins agréable. Quelque
ùe salons voisins, pris un rerre et le remplis
homm Faisnient de même pour éviter la d'e.'\U à la ghce, lais au momenl où je le
chaleur, t l'on tolérait cela lant que leur porlai. vers la pièce où e tronrnit .. apolêon,
nombre n'était pas trop considérable, parce je fus o.cco té par Jrux hommes de h:mte
t(Ue ïL ea. ·sent eu Lou le \isage décou,·ert, taille, dé,..uisé~ en Éco ais, dont l'un me dit
il aurait été érident qu'en ne voyant plus qur tout ba · à l'oreille:« ~fonsil'ur le chef d'e l'.:\den'C hommes masqués, ç'aurait été l'F.mpe- ft dron farbot répood~il de ln salubrité de
renr avec le "éoéral Duroc. D , lors, l:1 réu- « l'eau qu'U p!îrle en ce mnmrnl? 11 Jr rru
nion auroit perdu toute c pèce de «:barme ponmir rarfirmer, car je l'av11i: prise daru
ponr Napot,;oo, qui, dans son incognito, se une des nombreu es carafe urvanl indi ·Linccompbi ail à intri!!1ler certaines persona •c; et Lrment à toute le personne qui . 'oppro11 écouter ce qui e di sait autour de lui. Or, chiiienl du buffet. Ces deux individu faisaient
au moment où je dé irais le plus vivement certainement partie des agents de la sîireté
m'éloismcr de Mme ... , et où beaucoup di. éminél; dans l"hôtel ous cliver tr:n·esti d'hommes avaient, ainsi que moi, la ligure semenl , et dont ph1bieurs surveillaient condécouv rte, les jeune secrétair attachés à stammenl la per·onnc de !'Empereur, san Je
l'amha :ide de M. Marescalchi parcouraient gèner pnr une a. siduité oli équieu•e : iL
le. alles, en nous invitant à remettre nos marchnicnl à di tance respectueu e de lni,
maa,quc~. Le mien était dan~ ma poche, mais pr~t à voler à ·on secours en cas de hcsoi.p.
je frignis de l'a,;oir lai .. é sur une ban◄JU elte
apoléon reçut avec un si vif plaisir l'eau
d1• la sall • roi im., el, ous pr ;texte d'aller le que JC lui apportais, cru , je hi cru., en proie
chcrrher, je m'(,loign:ii de lïmportune ber- à un oif arden · ruab, à mon •rand étongère, en lui promettant de rernnir atl plus nement, il n'en LuL qu'une trèl petite gorgée;
puis, trempant tour à tour les deux mouchoir
lôL!. ..
le ,•01anL enfin Mharrassé de ce terrible dan l'eau à la dace, il me dil de lui en
cimchemar,je me hâtai de monter au premier glisser un sur Ja nuque, tandi qu'il en plaça.il un sur sa ligure, en répétant plusieurs
étage, où. apr1' a,·oir Ira ver é les pai. il.lie
alon. de jeu, j'allai m'établir à l'extrémîté lois: a Ab!quec'e tboo! ... que c'e tbon! ... »
des apparlemenu;, dans 1me pièce isolée, fai- Le génl1r:tl Duroc reprit alor la comer ·1tion
l1lem ut éclairé par le demi-jour d'un • lampe avec moi. Elle roula princip~lement 11r la
J'àlb.1tr . Il ne . 'y trouvail personne. Je me rampagne q11c nou l'caions de faire en udémasquai donc. el, tout en prenant un triche. (,'Empereur me dit : r&lt; Vous voo y
r.x.cellent sorhct, je me reposais. en me félici- &lt;c ête. bien conduiL, urlout à l':is ·aut de
tant d'avoir échappé à Mme • ... , lorsque « Rati bonne t au pa aae du Danuhe : je
den:t hommes ma qué.,;, à taille courte et et ne l'oublierai jamoi et. ou peu, je v u.
•rro. se, enveloppés Jans de dominos noir:;, « donnerai um~marqu êclataulc de ma sali ~ faction . &gt;&gt;
entrèrent dnns le petit salon oi1 je me trouvai
seul. n Nous serons ici loin du tumulte, »dit
Bien que je ne pusse comprendre en quoi
l'un d'eu ; pui· il m'appela d'un ton d'auto- consistait la nouvelle récompense qui m"ét.ail
rité, par ruon nom tout court, en me faisant ù Linée, mon cœur nageait dans la joie! .. .
liai ,ôdouleur! laterriblehergt\re, Mme · .. . ,
ignc de venir 11 lui. Bien que je ne vi e pa
b figure de c•l individu. comme je me trou- paraît à. l'extrémité du petil i-alon! o Ab!
vais dans un hôtel qui réunissait en r, mo- ic vous voilà, mon. ieur ! .Je me plaindrai h
ment tou les princes et dimi1airr.s de l'Em- « votre co'.l~inc de volr(' peu de galanterie!
pire, je compris à l'in tnnl c1ue l'homme qui, 11 s'ér:ria-1-elle. Depuis que ,·ou m'atez ahanpar un geste ausj impératif, appelait à lui « donnée, j'ni été dix foi ' ur le point d' tre
un officier de mon "tlld1.1 , devait être lln rand « t!loulféc ! J'ai quiLté la aile de Lal : on y
per onna e. Je m'a1·:mçai donc, et lï~connu 11 ' t ufToqué par la t·halenr. Je wi!o. ,1u'on
me dit à demi-Yoix : « Je suis Uumc, l'Em- « est Lien ici, et je vai m ·y reposer. 11 Cela
a pereur est a\'CC moi ; a
lajestê est lr&amp;
dit, elle 'as.oil aupr"s de moi.
cc fatiguée· accablée par la chaleur, elle désire
Le général JJuroc .c lul, et apoléon, ayant
« se repo cr dans ceue pi/lce. écartée i re tez toujours le do tourné el la ligure dans h•
11

.... 252 ....

mouchoir mouillè, gardait la plu rarfaite
immobililé. Elle s'accrut encore lorsque la
hergèrr, &lt;lonoant un libre conrs à on inlempérance de langue, ~an e . oucier dl' no·
"oisins, qu'elle pen ait m'être lotolemenl
étrangers, me raconta f]ll'ell a,,ait cm reconnailr plu icurs fois rl.ios la fouit&gt; le /ie1·trmnage. 11u' •lie chr•rchnit, mais rp1'il lui avaiL
lité icnpo 'ible ile l'nhord1•r. , Il fanl ponr1« tant 1roe je fui parlll, di nit-die; il faut
" ahsolum&lt;'nl c111'il double ma pen inn ..l~
1c :ai.· hien 1111'011 n rbt'rché ~ ml" nuirt'. ~ou~
&lt;I prélexte qui!, Jnn. 111:i jeune. s1~, j'ai eu ùes
a amanl: ! Eh! 11arblru I il. uflil d'écoutrr un
11 in 1ant c r1ui r Jit !~-bas, dan. l"enlre-&lt;r deu: d,•s croisé.es, ponr comprendre que
a clucun y e t avec c:a &lt;:bacunr. ! D'nilleur-,
« ses œn;s n'ont-elles pa· des amant. L.
u N·a-l-il pa de. maîtresse , lui? Que vient« il faire ici, si ce n'e t eau er plu. lihremenL
t&lt; nvec de jolies l'emme 'I ... On prét1.md qne
u mon mari a volé; mai~ le pam're di.i!Jle
u ')' e t pri. bien Lare! et Lien mahldroiœu menL l D'ailleurs, ceu qui accusent mon
a mari n·ont-il·
1•ofé au-:si '! Est-l'e par
à héritage qu'il out u leur hôtel el leurs
11 helles terres? Et lui, n'a-t-il pas volé en
u ltalie, en Égypte, partout? - ~fais, ma« dame, permettez-moi de vou faire ohser\'er
« que ce que vou ditc!S là est forl inconve11 rnml, et que je sui d"autant rlu. surrrLc:
~ que ,·ous teniez d tels di cour que je
11 ~ous ai vue ce malin pour ln pr mièrc Cois!
o - Bab! ~ah! je di la rérité devant tout
« 1 monde, moi! Et 'il ne me donne pa,·
« une bonno pension, je lui dirai ou lui
11 ~cril'ai son foil trè · r•erteme11t.. .. \hl ab 1
« je n'ai peur de rien, moi! D J'ét:ii · ur le
gril. t:it j"aurai. volonlier changé ma ilu~tion actuelle contre une nttaque de ca~nler1e
ou l'a, aul d'une br~cbe I Cependant, cc qui
auénuail un peu ma douleur, c'est que lt•
l.,a,-ardarre de ~lme X... devait me di ·culper
:mprè de mes dem: voisin , en leur apprenant que ce n•,tail pa moi qui l'avais amenée au bal, crue je l'avais \'Ue œ jour-)~ pour
la pr mivre fois, et m'étais éloigné d'elle
au ilôt que je l'açais pu.
J'étais cependant îorl inquiet ur la manière dont ünir3it cette pénibl cène, lor$que
le général Duroc, se p~n hant \'ers moi, ~e
dit: 1 Empèebe~ celte lemme de nou su1,re ! » Il sel va; !'Empereur avait rrmis son
ma!que, peodnnl qtlC [me X.•• riéhlatérait
conLr lui, et en passant dmanl elle, il me
dit : ~ farhoL, les personne qui le portent
, inlérèl apprennent a,•ec plaisir que ce n'est
« que d'aujourù'bui que lu e-0nnais c~lle
« r/u1rmm1lP be,.gère. quu lu ferai b1~P
« d'envOl'er pa1tre Sel moutons! ... » Ct•la dit,
apoléon prend le !,ra~ de fü1roc et sort rti·ec
llli. ~[Ille X..• , . lupéfaile, et cropnt le. reco~naitre veut ·élancer ver eu1. , . .. Je compr1.
que, ~ialare ma force. je oe pourrais re11•oir
ce co!o~se par le bra ' , maL je la saisi~ p3r ·a
jupe. dont la taille se déchira avec u11 _grand
crnr1uemenl' A ce hruit, la bergère, crrubrnant
de se trouver en chemi e, i elle lir:iil dans
le sens contraire, s'arrêta Lout court en di-

ra

MUOJJt.ES Dll GEJYEJl(At ll.AJl(OJV DE
snnt : « (.;'ust Lui I c'e Lfui! ... 1&gt; et m'adres~a
do ri[s rpproche,; pour l'aroir em~cbée de le
. 11hrt: ! Je les supportai patiemment, ju qu'à
cc que j'tm e aperçu a11 loin l'Empereur el
lluroc, accompa,::né. à di lance par les deux
Éc.:ossais, so,Lir de la longue! enfilade Jes salons et ga&lt;&gt;ner l'csralieriiuieonduisaiL au bal.
.lugeant alors que fmc X... ne pourrait les
rctrou,·er dans la foule. je fis à la bergère
unu Lrès profonde alutatiou, san mol dire,
el m'éloignai d'elle au plus vite! ... Elle étaiL
furiuusc et prête à t.itouO'er de rage!... Cependant, en seul.auL que I bas de son vêtem ·ot allait l'abandonner, elle me rlit : « Tàc1 cbez nu moins de me foire avoir qnelqnc ·
(1 11pi.uglcs, car,ma robe va tomb r !. .. 11 Mai
j'1!1o,i si courroucé de c, exœn tricité.s que
je la plan Lai là, «JI j'avouerai même que j'eus
la mécban1·el~ de me réjouir de l'embarras
dan let111el je la Lùssais ! Pour me rernellr •
de· émotions eau ée~ par celle ~!range el
p11nil,le aventure, je me hàtai de quiller
rl11Hel ~larc~calcl1i el de rentrer rhe.z moi.
J • passai unu nuit des plus agitées, 1ourmi:nl~ p:ir de· rè\CS il::IJl lé.quel· je me
,·oyais poursuivi par l' ffr-0nléu bergère qui.
malgré mes remontrance • insultait horriLlc-mcnl ('Empereur 1. .. Je .courus le lendemain
chct sa coo.ine ' huguet, pour lui raconler
le extravagances de sa compromettante amie.
Elle en fuL indi,.née, et fil défend.ru a porte à
~lme X... , qui recul peu dejonr· aprè l'ordre
de r1uiLLer Paris. J'ignore ce qu'elle est devenue.
On sait que l'Empercur a sistail tous le
Jimancbe à une messe d'apparat, après la11uelle il y avait 1?1"3nde réception dans les
appartements de Tuilerie . Pollf y être admis, il rallait avoir aueint t:erlain degré d:ins
la bi~rarchie civile ou judiciaire, oo bien èlrc
officier de l'armée. A ce ûtre, j'a,•ais me.
entrées 1 dont je ne faisais usage &lt;(U 'une cule
foi par mois . Le dimanche qui suivit le jour
où la 1.,ène dont je .;.en.s de parler avait eu
lieu, je ru dan une grandt: perplexité ....
Ile,· is-je me pr :~enter au. ·i promp!cm.:nt
devant !'Empereur, ou fallait il lais cr écouler quelques semaines1 Ma ruèr •, 11ue je con,ult.a.i, fut d'a,i que, puisque je n·a,,ai ri n
11 me reprocher dan celle aO:ùre, je de::1·ai
aller aux Tuileries sans avoir à témoigner
d'aucun embarras. Je uhi ce conseil.
!.es personne qui venaient faire leur cour
formaient sur le chemin de la chapelle une
double baie, au milieu de laquelle l'Emp&lt;'reur pas ail en silence, co reodru1t les alo ts
qu'on lui adres ait. Il répondil au mien par
llll 'ourire bienv illant qui me parut de hon
8t1NUrc cl me ra· ura complètement. Après
la messe, 1 'apoléon, tra,·er~nl de nouveau
les salons, où, d'après l'us.1ge, il adr "ait
r1uclques parole· aux pcr oone qui s')· trou"aienl, 'arrêta dev3nt moi, el, ne pouYnnl
'e:s:primc.r lihrement en pré·ence de nomLrcux auditeurs, il me ùit, certain d'8tre

compris à demi-mol : « On assure que ,·ous
11 étirz au dernier hal faresealchi ; vo11 y
« êœs-vou beaucoup amus(,L. - Pri. le
◄1 moins du monde, ire! .. , - Ali! ah! re1&lt; prit !'Empereur, c'esl que si les bal mas" qués offrent quelque aventures agréable ,
« ils en présentent aus.&lt;.i de fàcheuses; l'e 11 enliel est de bien s'en tirer, el c'est pro◄1 hablemeul ce que ,·ou· nurei fuit. »
lJès que !'Empereur se fut éloigné, le Qénéral Duroc, qui le suivait, me dit à l'oreille:
a Avouez que ,·ou avez été un moment forl
c1 embarras é! ... Je ne l'étais pas moins 11ue
« 1ou , car je ·ui. responsable de toute~ les
11 invitations; mai
cela ne se renouvellera
« plus; notre impudente bergère est déjà
a loin de Paris, où elle ne r ,~endra jafl mais!. .. u Le nuage qui avait un moment
troublé ma tranquillité '•tant dis. ipé, je repris
m" haLit11de · el ma gaieté. J'éprouvai bienlot une ~· vive atisfo.ction, car, à la r&amp;eµtion suhanle, !'Empereur ,·oulut uien m'annoncer publiquemeol r1u'il m'amit compri ·
au nomine des offici1:rs qui de-Ya.ienL recevoir
l'ordre des Troi.~ 2'oüons.
Vou· serêz :.an - «Joute bien ai s d':içoir
11uel11ues renseignements sur cet ordre nou\·c.1u, dont la cr~lion, annoncée par le 1Yo11iteur, ne ful jamais mise à. exécution.
Vous avez qu'nu quinzième siècle Plùlippe
le Bon, duc de Bourgogne, établit l'ordre de
la Toi on d'or, qui , donué séulemcmt à un
ptitit nombre de grands personnages, devint
célèhre dan la chrétienté el fut très recherché.
A la mort de Chari~ lo Téméraire, dernier
&lt;lue de Uourgo«ne, sa fille, aiant épousé l'hérilit!r prb:omptif de la mai ·on d'Autriche, lui
apporla eu J,,t ce beau duché. el, par con é11uent, le droit de conf~rer la Toi on d'or.
llès la etondti gén•1raLion, l'emper ur Chnrlfs-l!uinL, après arnir réuni à la couronne
d'A.utriche la couronne d'Espagne qu'il tenait
de ~a mère, jouit enc..-ore du même pri,ilè••e.
liai apr'• lui, nonobstant la éparalion de
se États d'E pagne et d'Allemai,rne, de·
prince de la m~on d'Autriche ayant continué lt rég11er sur cc dernier par, ils con~enèrenL an conte talion la grande maitrise
de la Toi on d'or, quoiqu'ils ne complasse11l
11lus 1~ duché de Bourgogne au nombre de
l~ur, pos c ion..
li n'en [ut pas de même lorsque, sou·
Louis X[Y, la branche autrichienne qui régnait en Epagne . 'étant éteinte, un prince
françai monta ur le trône de ce beau Jill}'•
L maison d' ulrii;he prétendit conserver le
JroiL de conférer la Toison d'or, tandis que
les rois espagnol éle,,aicnl la même prélenlion. Quelque bons e:;prit sont d'a"is qu'ils
n'en :1va1ent le droit ni les uns ni les aulres,
puisque la Bourgogne rai ait désormai partie
de la France, el qu'il;paraissait natUJ"el qu'un
ordre d'origine bour ui nonne f1H donné p.1r
nos rois. 'éanmoins, il n'en ÎUl pa ainsi ; la

JKJUt.BOT

-

.,.

France 'al, tint, tandL que les souvera.im
d'Autriche cl d'E pagne, ne pouvant se mct.lre d'acrord, continuèrent, chacun de on
côté, à distribuer dei; décoration. de l'ordre
en litige. n y al'ait donc la Toi ou d'or d'Espa •118 et celle d'Autriche.
L'empereur apoléon, a1a.ut à son avènement trouvé les cho es eu cet étot, résolut,
comme po~sesseur réel de l'ancienne Dourgome, l!'obscu.rcir l't.lclal ùc ce: drui ordrn.
rivaux en créant l'ordre des Trois 1'oiso11.·
,l'or, auquel il donnerait u.oe lrès grande
illnslralion, en rei;treignan~ /1 un pe tit nombre les membres de ce nouvel ordre, 1;t en
oumeltaot leur admi.sion à Jes condiliuns
ua ée sur de glorieux crvices, car la première eiigeait qu le rt\cipieudaire eiit au
moins quatre hll!.'lsor s (j'en avais ulori; i ).
Ue grand · privilèges et une dotation ccmsidérahle étaient attachés à c llc dt.koration.
Par un sentiment facile à ·omprendre, apoléon \'ouluL que le d~rct par 1 4uel il Fondoit l'ordre des Troi · Toiwm fùt datt\ de
·cbœnbriinn, palais de l'empereur d'Autriche. au moment où le armée française\-,
" nant de •agnt:r la. hataille Je \ ·a gram el
de com1uérir la moitié de e;; Ët.ab, occupaient l'Espagne dont le roi était it Valença~.
Ge dernier priucc [ut probahlcmcnl i11,-c11ible à ce nouvel outrage, qui Jtail peu Je
cbo e aupr\ de la perte de .a couronne;
mais ü n'tm fut pas de même de l'empereur
d' ,\ utriche, qui fot, dit-on , tre" peiuê en
apprenant que 'apoléou allait ternir l'éclat
d'un ordre fondé par un de se· aïeux, et nu11ucl les princes de :;a maison anacbaienl uu
lrès grand prix.
Malgré les oombreu. félicitation •111e je
recevais de toutes parts, la joie que j'~prou
mis ne m'empêcha pas de bUmcr intéritmremrnt la création de l'ordre de Trois Toi oru ;
il me semblait que l'éclat dont l'Emporcur
roula.il entourer la nournllo décoration u1::
pouvait qu'amoindrir celui de la Légion d·honneur, doul l'institution uvait produit d'aussi
immenses résultais! ... ~éanmoin·. je me fêlicilais J'aioir été trouvt! digne de !aire partie
do nouvcl ordre. Mais soit que ·apoléon ait
rainl de diminuer le prestige de la l.é&lt;•ion
d'honneur, soil qu'il ail loulu être agréaLle
à son futur ~au-père, l'empereurd·Autriche,
il rcnon~:.,, à fooder l'ordrll de Trois Toi~on:,
Jonl on ne parla plus, après l'union de l'cmJ)ereur des Franc;ais arnc l'archiduch · c
, larie-Louise.
Le mari:icre civil fut célébré à Sainl..Cloud
le I"' açril, et la cérémonie rcligicu e cul lieu
le lendemain à Paris, daru la chap •Ile ùu
L&lt;,uvre. J'y assistai, ain ·i qu'aux nombr.iu.·c
îêtes donnees en réjouh11nCI.' de ce w~morable événement, qui demit, disait-on. assurllf la couronne sur la tête de Napoléon, et
qui, au contra.tre, conlribua si puiss:unmcnt
à , achute! ...

(A suivre.)

GËNÉ!W. DE

MAR BOT.

�"-----------------------------

LA GUERRE FRANCO-ALLEMANDE

Combat de Bagneux.-Châtillon
Par le Lieutenant-Colonel ROUSSET

Au Ueu1CA&amp;nt-Colond Rll11nn u àla tplcndid&lt; rdi!lon illUJtricdc ,on H.,toiN tùir11lcJ,laG.,rr•frn&lt;0•
•llniuJ,

(1870-1871)

qw

K

publi&lt; actu&lt;ll&lt;m&lt;n!,

nous cmprun!on, le ,icit 1ou1 à la foi• vlbran! &lt;I lmpar1i1l du &lt;0mb11&gt; qui se livr,tcn1 IOU• lu murJ de
Par,,, au c:oun de la journ« du 13 octob,c 1870.

c llans la m11l du 1::1 au l:i oclohn·, t:rr1l
le gt&lt;néral \-inoi, iJ. mi111til tm quart, le
t:ï• corps reçut Ju quartier général l'ordre
d'entreprendre uM ~raode rt!COnnai~nce ~ur
Je plateau de Châtillon. A11c1111 autre detail
s11r la durée el le but de l'opéralion "" noui
ela11l ilo,wé, nons dùmes supposer 11u'il s'agbsait sans doute de s'a,surer seulcrnl'nl ~i
le~ troupe.~ ennemies occupaient toujour) îorlrmeot le plateau. Cet ordrt&gt; fut expédié au,-sitol au général Blanchard; mais comme la
nuit était Lrès obscure, il ne put, à cau~e de
la difficulté des chemins, lui être remis au
lycée de \'ann:), où était ~on 1r11arlier général,

q1t'n11rè1deu.r liturn du 11rnlin. et il e11 était
quatre 11uaod il pm•inl aux gén~raux de la
~lariousc el Su~hicllc.... li ful décidé quo
l'attaque commrncerait à neut heures. 011
n'a,ail poi!ll lrop ae temps pour relever tous
les petit~ postes et les ~rand'brnrdes, prt:parcr
l'artillC'rie et réunir les troupes nJce!'Saires,
qui occupaient un front si t1lcuJu '. »
Celle citation surtit à montrer la façon dont
l'opération était prtparêe. li est donc inuule
d'insister sur ce sujet ; mais il est nécessaire
de connaitre Je.~ motifs qui avaient dicté ou
3ouH"roemeot une 1l,'.cision auN inopinée.
Les mouremtnLs exécutés du 1" au lO octobre par les Allemands, et qui pro,•euaient
de l'arrivée de noU1·eaux corps ou du remplacement de ceux &lt;JUÎ partaient vers Orléans,
avaient fait suppo~er au général Trochu r1ue
1. Gcnrral \'1~01, Sr ·ge de l'aria, page l?Ol

l'ennemi préparait une atta,1ue conll'i! 112
fronts i-ud de Paris. Cc~ rronts furent, en
consé11urnce, renforcés on :irtillerie. Puis
bientôt de nouveaux O\'ÎS arriièrc•nl, dono:u1I
les motif· réel~ de cc., allées el wnm·,. mais
ne pré,·iMnt pas sul'Jisammcnl l~s nouwllcs
disposilion5 des force~ ennemies. En outre, le
bruit conrul qu&lt;' les Prussiens se di~posaient
à liner le 11 octohrc, jour anni1·er~airc de la
bataille d'léru. uo as,aul général. I.e gom·erncur ,oulut èlrc miens éclairé, el donna
l'ordn~ que l'oo sa1l.
Positions ocCUJlées pal' fen11emi. - Lrs
po~itions 11n'on allait aborder dans œtlc jour·
née du l:i étaient gardées par le lie corps
barnrois, 11ui avait ses deux divisions nccolécs,
entre la vallée de la Uièvre et Meudon. A l'aile
droite, les avanl-po ·tes de la ,t.n divi,1on, partaol du cours de la JlièHe, pass:i.icnt en a,·anl
de Bourg-la-Rein~ et suivaicnl la li,ière norJ

dp, ,·ilta~b de Ha!!11et1\ et de CM1illoo. (Un
hataillon O(·tup:iil charun Je ces villag1•,, nn
lroisi1•me lennit t'ontena1•a11"t-noses.} .\ gau1·be,
la :Ï" Jivision 11tcndail ses arnot-poste~ 1lepuis
Clià1illon jusqu'à ~Jeudon t•n pas,ant par &lt;:lamart el 1~ li~11\re nord de$ bois. {Elle arnit
dPus compagnies dan!! l'ouvrage de Chiltillon
rl'lourné contre nous.} !Jeu" lignes de J,:ft•nse
succcs,in~s av:iienl été orzani,-ées ~ur le front :
d'al,ord l:t ligne des avanl-po~te~. renforcée
par des tram·héc~. de, lrnricn&lt;les, des aliati~, etc,: ensuite une po,ition principalt'. con~lituée ~ur la crète Ju platJ&gt;au cl dunt lt·
rentre de rési,tancc était la redoute de Châtillon. Eu outrt', mmme t,,, point~ d'appui de
la ligoc d'avnnl-poslP, o\11aii·nt pas distants
de~ forts d'lss,·,
de ,amus et de \lonlrou"c
•
0
dt: plus de 1,:100 mè1re~ au m.,,imuru. les
Bn:iroi~ y a,nicnt con,truil pour leurs ~rand'gar,les de, .1l1ris blindé:,; l'llfin, ils &lt;étaient
;ipplitJutls à errer des rhc1111ncmcnls J{,fi16s,
ponr leurs rnlnnne~, !'Oire les po~lt•s a~aud)',
et lé:. points de ra,q?rul,lt&gt;ment Jé,ii:mé~. C'c,t
niu,i 1Ju't111 dll'min relianl 11.-lgncux fi la Croixd,·-llerny a"ait rté ou,crl ~ lravers le parc de
~l'tlUX el d,m~ le vallon au sud d1• Ua;tn&lt;'nt.
.\ t ••s a1anlage~ ré.,ultanl pour J'ad1crsaire
d'aménagcrumb jmlicicui, il faut :iu~,i ajouter ceux que lui assurait la situation doruinnnlc, par rapport à l'attaque, des dcu't village~ de Bai:rn•u, el de Ch.Uillon, cl l'étendue•
de, champ de tir qu'il~ n"ait·nt Jnant cu1.
L'c11lè1emcnl Je ces lignes n'était donc pas
rhos!' aisée, l'i l'oo pt.•u t YOir, par ce~ cousid1iralions, combien il élail regrettable qu'on
n·e,1t pa~ pu consencr la po,,ession du plateau de Châtillon.
/Jispoi;iti,m~ d'at1&lt;11111e. - Dans le peu de
temps dont il disposait pour prendre ses
1li,posi1ion, et donner d~~ ordre~. le général
\'ino~ décida 1p1c l'atta11ue se ferait sur quatre
colonnes: les deux extrême~ étaut d1ar~
•lu faire des di\'ersioru pour maintenir l'i:nnem i sur ses posi lions.

COMB.AT D'E 'BAGNEUX-CHÀT11.t01Y - - ~

Ter le., lmupe~ 1•111,emfos d,1 llourg-la-ltein".
l.r1 ré~er,,e !Jt!nùale él ,il cor1slilu~e par la l1ril(,1d1• llumoulin. p11,t1:e derrii•rn le fort d11 \10111rnus:e, t·I a!anl N11·nrt1 ,lerri..n• elle le régiment
d..s rw,ltiles 1l0 la \'l'ndile.

l,,•lout îormaitunefîedif de 2:i,000 hommes
environ, disposant de 80 pii•ce~ de canon.
Colonnes e.r:trêmex. Prise dt• Clamart. Yo1011s tout &lt;l'abord le rôle joué par le, rolonnc., extr,~mr.,, qui, dans celle journrr.,
1ùurenl que fort peu à s't•ngnr;cr. Au ~ignal
de tien"&lt; coups de c~non tirés 1i neuf heures
Ju malin par 11• fort de V,1mc,, tout le mon1le
s'~t.,il mis i:n m11u,·eme11t à la fois. Le colond
l101ticr s'empara de Clamart sans coup f{,rir,
cl fil mellre Ir. Yillage en t•lat de défen~c par
~es ,apcurs, tandis qu'un bataillon ,:tnil co\'O)é à Fleury pour counir la droite de la
C!&gt;lonne. Pui~ ,._.,, liraillt·ur,, ;,;'a\'ança11t vers
l1• sud, di,·rrh?•n•nt à gra1 ir h·s penlt•, du
plaknu dtl Chàtillon et n:us!Sirenl même it
donm·r la main à la droite Je la col111111e
,w,hil'llc. Mai,, malwt! la protection de leur
:trlilleril', ils furent bil'Ulùt arr~tés par Je.,
troupes b:11·ar11iscs postées sur la po,ition
prim·ipale de déli-usc établil• à la lisière nord
du bois, et p,·ndaut toute la journée tirail1;•rc11l conlro clb. La situation se prolong,•a
ll'lle quelle, ~an rJsultals appn¼:ialilc,, ju..&lt;tu'an monw1l (trois heure~) où, comme un
Ill wrra plu, loin, fut donné l'ordre du la
retraite: la rnlonoe Polli•:r sc relira alors
en lion ordre et rentra dans ~es cantonne
nwnts.
Ln colonne de la Charrière, à l'extrême
i:;audu.•, ne fut rnème pa~ engagée; elle couHil, en avançant un peu, le flanc gauche de.,
troupes du général de la llariousc, qui avaient
pri~ llagneu,, cl cc rut Loul.
Colonne ,Je gauche. Atll11111e el p,-i.~e tic
Ll11g11cu.r. - A ~aucbc, l'alfairt! avait élé
plu:- chaude.•\pr,·s· cJuc le fort de Montrou~e
eut, en délrui)aul les oh~lacles a,,mcés do
Ragm•ux, prép,tré l'aclion &lt;le la coloanii de la
~lariouse, celle-ci s'était portée vhement 1m
1• , 1 dl'oilc, 2 bal:lillunl- ,iu l:i• ,le m:1rchc, a,·anl. Les mobile., de la Cùte-d'Or d~boucht'un6. cowpai:ni" d,• chasseur.., a compa~oie, de
rrnt d(\ la maison )lillaud, alant à leur gauche
garrlu.•ns ile la paix, une batterie cl une S&lt;'clion lu bataillon de l'Aube, el suivirent d'abord lu
de génie, sous IPs ordre~ du lieu1011anl •Colonel chemin de Cachnn à Bagnl'ux; profitant aYcc
Pollier, ,lu l~• ,le marclu~, amie ni pour olijf'dif• a~sez d'adrc..,se de Lou!- les ahris de terrain,
Fleur~ tt Clamnl.
hait::,, fossés el carrières, ils pan,inrent ain,i
~• ,lu cc11ll·t", le gênérnl d, Su•bitlh:, à la tète
,lu 14•de m:ul'llt' cldu ~• (i;1l~illun du l:i•, ,l,,\ail ,ans subir trop de perles jusqu'aux premihcs
11lla,1ucr Chillillon, ayant eu ré.•t&gt;n~, ,IU l'etil- maisnns du "illagc, s'en empari•rcnl el prirent
\unws, le 4:!' tif! ligne el le t- halaillun dc, pieu dalb la harricade qui barrait le du•min
mnl,il1:, ,le l'lube.
•
de Cachan. ll.ti, là ils commencèrent à éprou;-,• ,1 y11uch~. le régiment des mobile~ ,Je la 1cr une viîe ré.,isiaoce: malgré l'appui de
1:t,1e-d'llrct lo, I"' hat1i1Jun des mqhilcs de l'Auhe, notre arlillerir, placée éll aYnnt Je la Grangt.'sous le :ommanilcmenl tlu !!•:nttral de la )l.trious(', Or), les mobile~ n'am1çaicnt que très lente111,ird,a1cnt oonlrt• llagnl'tll, soutenu, en arriere ml'rtl, cl il fallut les faire appuyer par un
p;ir Ir, S5• tle ligue, qui, nn·t· un dëlarhemenl de
l,ataillon du 5&amp;• de ligne, qui s'était rapproU) !;IJr&lt;:urs, étai! po,;té à l:i t;r:rn~e-Or) •.
ché.
Ce bat.aillon se porta r~olument sur la
1 l:.ul'.u• à /'trirème !ln11chr, fa ùri1,,a1le ile
la Charrière (1ltri~ion ilt• Caus.,a{le) ~u tenait parlic droito &lt;le Bagneux, fit al.taure par lcij
&lt;'ntre Bagucu~ l'l la ma,-,,u \!illau&lt;l, puur nlN'r- ~apt:urs du génie les clùlures ou portes ùarri..1•. Oo. ,oil r&lt;?mloi.. n pëu, i1_i comme i Chc1ÏIIJ, on
• •·lait pre&lt;&gt;cr1111t, ,k rc.spt:d••r I u111lé1les lu·11• 1ai.:•••11w,.
:!, " Lo ..,i.l.i I.e Gouil, ,ln :;;,•. e11fo111;a11 avl'c

,l,•u1 110 ~èb e.,1mrmlt•$ l~J 1••rlt's ,l'une mai,on où il
f~ttul t!ix prisonnÎt'I'!. Le s,,ldal Gleny, du ru~me
rrguueul, enlra,1 seul dans une autre. el for~••l i
remlro les armt·~ lruis Baurois, dont le&lt; compagnom

~·enrui aient au plus I ile.-. {Géllh-11 lltcaoy, l.a. ~(rme
d, /'aria, r•11c :129.)
;;, /.1, f;uer1'r {rtmeo-ailrma11dr, 2• partie, JI. 17â.
1, 1;1h1éral l11t:11UT, l&lt;JC, cil., J'3gc 3i0: c Je donne
id 1, re uillanl onkil'r, di._q1l fP. gouv.•menr Jan; lf)n
ordre Ju jour du leud~main, Jt:t reg,-,:15 que l'ar[llée
parugera tout c uhère. •

.... ~ss ...

cadéc~ qui entravnicnt ~a marche, el, entrainant a,cc lui les mobiles, SI! lança daru: l'intérieur de Ragneux, oi1 il fit prisonniers une
qnarantaine de solilats bavaroi!. 1 • li arriva
sur la place de l'é~li e en même temps tJlle
les mobiles de la Cote-&lt;.l'Or et que les mohiles
de l'.\uhe, qui, de leur coté, vmaient ile
con11u~rir la portion sud-esl du ,·ill:ii.re,
ee~ dernier;;, co effet, a1·aie11tgag11é Ba;;m·ux
à travcr~ champs, et rnle,é 1, s mai,oo~ placées sur le wrsanl ~ud-csl du rnteau, 11 en
dépit du feu &lt;lirigé tians leur Oanc: par dl's
cont1n;;,·n1~ l,a,aroi, embusqué. derrière la
levée &lt;lu chemiu Je fer de Sceaux 1• JJ Malheur,!U~emeut, à l'insL1nt même oi1 ib enlevaiPnl
la dernit·rt? barrie.1tlc, non loin de l'église, le
brave commandaol de Dampit•rr,•, qui les
conduisait, tomhail morlellenwot frappé' . Il
était onte heures em·iron. B1g11eut se trou"ait
tout enlier en notre pouvoir, et ses d~fcnscur,
avaient dû se r1•plier sur um1 position d1·
rclrailt• à cbti,al ,ur la route d1• 1-'onlenal el
occnpt.le par un bataillon Je ré,enii 1 • ~o,.
troupe.,; s'é1alilir1:nl alor,. solidl'mcnt dan, lii
village, barricadant le~ rues cl crénelant lt•.s
murs ~ur les lisières 111li faisaient face à l'e11nemi. En même temps, d1:ut liatteries arri"ai~nl ,.ur la plaœ Je l'égli,.c t·t des pièct!S
étaient éJablie,i puur en61er b rue~ par J,;squellc, l'ennemi puurait accédt•r. Mais les
Allemands, occupml encore les maisons el
les jardins eotro Jlagncut et Chàtillon, continuaient de là ,à e,éculer sur nos ~oldats cp11
cssaynicol de dél,ouclwr du premier de C('s
"illa,;es une fusillad .. meurlri~ro. On dirigea
con Ire eu-.. le tir d,: l'artillerie; puis lei; dcu"
aulre,; bataillons du ;jf&gt;e, qui s'uançaient dé
la Gran~e-Ory, reçurent l 'ordro de les déloger;
mais nrrêtés par les diflicultPs Je terrain,
pris en O:inc par le feu des tirailleurs emhusqm'.-s dans les première, maisons de Cbàtillon.
ils ne purent y pancnir et furent bit•nt,il
contraiol.li de se refugier dam; Bagneux.
Des tentathes réitérées, faites alors pour
déboucher &lt;lu village, échouèrent successivcmenl. Les lrois bataillons baYarob qui occupaient Fontenay-aux-Roses, Châtillon el toutes
les maison., isolées situées au nord et à l'est
de ces villages, faisaient convcr~cr leu.rs feux
sur les tirailleurs français el les rejetaient
dans 11:igncux, landb qu'en arri1·rc ]a 4e dhision hnvaroisc, mise sur pied di-s oos premiers mou,·emenls O, accourait avec son artillerie pour les soult'nir.
La ~itualion snr œ point re~l.a donc da11,
le 1tlatu quo. J.11 brigade Dumoulin était,
cuire temps, Yenue se masst•r Jcrrière 11.ign,.ux, où un de sr.;; bat;lillons (&lt;lu Hl" du
marche} aYait m11me pénétré. Quant à labrigade de la Charrière, elle était depuis quelques instant.:; dt1plolèc au sut! du pont du
che111in de fer de Sccaut, sn gauche à la
gran,lt• route, mais s'abstenait de touteattn1prn

:1.

/,a Guerrt franc&lt;HJllem1wdt, 2• ranie, p. 17:'i
6. Jltos lluil lll'ur,·1 1lu mallll, le. avaul• JI\J5les rl Ir~
p~lroui111•s d&lt;l 1'1•n11cmi anienl 6iguol{· lff prèsenr~ ,Je
JJW;tJI ,-on,iMraLlcs au nord de la m,i,on Plid11&gt;n,
et J-,, lrouj&gt;e~ en 111uu,ernenl J~ cc poiul dan, la
direction de Bagneur, (/,a Guerre franœ-,,lkmandr,
2• parlie, page 11:;.)
•

�111ST0'1{1Jl

----------------------------------------~

contré Bourg-la-Reine et ses occupants1 •

Col.Qnne clu cenlte. Attaque de CM.tillon.
- Cet arrêt dans w1c offem;ivc qui avait si
bien débuté, était dù uniquement à la conservation de Châtillon par l'ennemi . Là, en efl'et,
nous avions subi un échec, el, par suite, nos
Lroupes de Bagneux se trouvaient soumises 11
tles feux de Oanc qui leur interdisaient tout
mouvement en avant. Voyons donc ce qui s'y
était passé.
Le général de Susbielle, chargé d'opérer
de ce coté, avait di"isé ses troupes en deux
oolollnes. L'une, destinée à l'attaque de front
et placée sous son commandement direcl,
4;0ruprenaH une compagnie de chasseurs, deux
bataillons de march11 (un du 15e, un du U •) ,
une batterie d'artillerie et une section du
génie. L'autre, chargée de procéder ~ une
alla4ue de flanc contre la lisière est du village, était constituée par les deux bataillons
rcstadts du 14°, sous les ordres du lieutenantcolonel Yanche. Le village de Chàtilloo était à
cc moment occupé par cinc.1 compagnies ha,·aroises •1ui en garo.illsaienL les lisières el tenaient le réduit, formé par l'église, une grande
maison ,·oisine et les barricades adjacentes.
A neuf heures précises, le géuéral de Sushielle fait ouvrir le fou conlre les premières
maisous de Chàtillon par deux pièces d'artillerie postées au sud du fort de Vanves. Les
chasseurs à pied, s()ulcnus par le bataillon
du 13°, s'emparent de ces maisons et pénèlrcnt dans ln grande rue; mais ils trouvent
toul à coup devant eux une barricade élevée à
eo\'iroll 200 mètres de l'entrée nord du village et sont obligés de s'arrèter. Aussitôt le
général Je Sushiclle, donnant l'ordre à ~es
deux pièces d'a"ancer, f.1it ouvrir contre celle
barricade un violent feu à mitraille; les llavarois, décimés, l'évacuent, et nos soldats en
prennent possession, tandis que l'adversaire
se replie dans la partie sud où débouchent ses
renforts. Une autre ùarrioadè, située dans une
rue perpendiculaire, tomlie également enLrc
nos mains•.
t:ependanl nos progrès étaient lents; de
toutes les maisons, des barricades encore
au pouroir Je l'eIUJPrni, partaienl des feux
croisés qui arrêtaicnl les assaillants et les
empêchaient d'accéder à la rue de la Fontaine,
tnenanL à l'église et barricadée elle-mèmè à
son extrémité. D'autre part, la préparation de
l'allaquc par l'artillerie avait été à peu prè.s
nulle, puisque seulement deux pièces -y avaient
coopére et que les gros canons des fort~
n'avaient pu tirer que quelques coups avant
quu notre infanterie ahordàt le village. Dans
ces conditions, le genéral de Susbielle songea
à faire appel al.il'. sapew·s du génie, et demauda
à leur chef, le capitaine de la 'faille, de lui
ouvrir un passage à travers les maisons.
Aussitôt les sapeurs se metlenl à l'œm·re.
A._ coups de hache el de pioche, ils pratiquent
1. La Guerre fra11w-allema1ule, page 17:t.

des brèches dans les murs de clôture, daus
les haies des jardins, cl arri\·ent ainsi, venant
tlu nord-est, jusqu'à la rue de la Fontaine;
mais ils s'aperçoh·enl qu'il n'y a pas possibilité de la tra,·erser.

2. En dirigeant celte. attaque, legéoérlil de Susbielle
1•eçul un coup de feu à la jrunlJc giiuçhe. c Celle blcsstll'e, heurPusemenL sws gravité, dit le général Ducrol,
ne l'empêche p3s de diriger nos jeunes soldats qui, a
la vue Je Leur ~néral ble!Sé, redoubleitl d'ardeur. &gt;
Loc. cit., page 333.\

Les défoui;e:, do l'église l'tlnfileol ,tans Loule
son ét11ndue, une grêle de balles la ~illonne de
Lou les parts.... Alors le capitaine de 1~ Taille el
los sapeurs poursuivent leur mnrcllo d'habilalion
en habitation, Lrouenl les murs, brisent les cloisons el se prolongent sur Je côté gauche de la rue
dtl la Fontaine en se taifünl à coups de pioche
une sorl.e do galel'ic. Trois compagnies du 42• de
ligae, sous les ordre~ du commandant Charpentier.
marcheal pas ù pas derrière les sapew·s; trois
comvagnies de 14• ile mi,rchc, senanl do réserve,
les ri!mplacent 11 mesure qu'ils avancent. Toul en
gugna11l du Lerrain, on rail le ÇOup de feu par lrs
portes, les fenêtre~, avec les Allerrurnds, qui. de
l'aulre côlé de la rue, nous suivent 1mrallèlen1enl
de mai~on en maison. ()ans celle lul le pied (1 pied,
l'ennemi, qui occupail au~si les habitations à traver~ letiqueUes nous cheminion,, perd &lt;l.u monde;
nombr1t de ses tués el de se, blessés encombrent
les drnmhres, •1ue nous enl~voru; une à une; plusieurs Bavarois, cachés dans les caves, se rendent
uu lomheul sons nos i:oupss.

Tandis que, grilce à cet heureux expédient,
nous progressions un peu dans Chàlilloo, la

colonne du lieutenant-colonel Vanche a,·ail
p,is comme axe &lt;l!! sa marche le chemin qui,
parlant de Montrouge, passe elltre ce village
et Bagneux el pénèlre dans Châtillon par le
nord-est. Mais elle avait, dans cette attaque,
subi des pertes :-ensibles el perdu son chE'f,
grièvement blessé. En outre, en arrivant dans
le 1-illage, elle était arrêtée nel par les foux
du réduit et la grêle de ~alles qui partaicnl
des maisons siLuécs dans la pal'lie haute du
pays. « A gauche, comme au ceulrc, nous
étions arrèlés au milieu du village, par des
obstacles qui se multipliaient à mesure que
nous a\'ancions'. »

Fin &lt;le l'action et ord1·e de retrr,ite. Cependanl la lutte continuait à tra,·ers les
maisons. Des fractions importantes du it2•,
qui formait la réserve, étaient venues appuyer les assaillants; deux pièces installées
presque dans le village tiraient contre le réduit. Mais, de leur côté, les Bavarois recevaient des renforts sérieux; cinq compagnies
nouvelles, accourues de Sceaux, prenaient
position dans la partie sud et dans le réduit,
s'y établissaient solidement et tentaient même
quelques retours oJfenills, grâce auxquels
elles nous reprenaient plusieurs maisonq.
L'artillerie ennemie couronnail le plateau et
entamait une lutte fort vive avec les rorts,
qui ne prenaient le dessus qu'avec peine~Une dernière lentati,·e, faite par le ue de
marche pour s'emparer du réduit de Chàûlloll, sans la possession duquel il fallait renoncer à pousser plus loin , venait d'échouer,
et nos pièces de campagne, dont un caisson
3. Gt\néral Docn01·, foc. etl., pagii 5:U.
4. Ibid., page 336.
5. Cependant, ii gauche de C:hâtillon, une batterie
bavaroise qui chercbail à étaulir ses piéces de ral'Oll il
lil'er sur Bagneux Cul hew·eusemenl couleuue par une
seule pièce de~, placèe au 1aillant sud-ouest au fort
de Montrouge, el chaque fois qu'elle se mellah en

avait sauté, blcssanl et 1t,1anl autnur de lui
des hommes et des chevaux, étaient oùligécs
d'abandonner la position avancée qu'elles occupaienL aux ahortls du village.
Ce:, allllques réitérée~, én~l'giques, mai~ :;;lns
sucet\s, l':iccrois.~emcnl perp11luel des ma,,,c,, énnemie~, l'épuisement des lrou1i.:s, tout ,lit qu'il
faut l'eooncer à enlever d'a~aul celle po.ition
inexpugnable.... Le général de Susbielle veut cependant encore lenler de l'arl':lcher à l'enm'rn.i
par Je feu; il s'enlrelenait de:; moyens incendiaires ;) prendre avec le capitaine du génie, dan~
noe maison siluèo à 1p1el4ues mètres ~eulrment
de la place ùc l'êglise, riuand l'ordre ,le ces,:er le
combal hii fut apporté, à !roi~ b.eures Ju soir, pa1·
le capitaine Del Cambre 6 •

Ce n'est pas c1ue le général Vinoy n'ei1t été
Lrès Msireux de conserver Basrneux, que nous
tenions solidement avec IJUalrc bataillons de
mobiles 7 et trois d'infanterie. li jugeait Lrès
utile la pos~ession Je ce village, fort pt-u distant du îort dtl Montrouge, el comptait eu
faire le point d'appui d'une reprise ultérieure
de l'olfensive, soit le limdemain, soit plus
tard. ll l'a,•ait même, dans celle pensée, fait
organiser duîcnsi\'ement, aussilôL tomhé enlre
nos mains. Mais il ignorait les iulenlions dn
gouverneur à cel égard, car l'ordre de mouvement n'en soufllait mol, et, à uue dépêche
emoyée au général Trochu un peu après onzu
heures et ainsi conçue :

« l\ous sommes 111al1r~ de Bagneux, je pruntb
ries mesures pour nous y maintenir; voulci-vous
lti conserver'!

J&gt;

Il n'avaiL reçu, à une heure cinquanle-liuit
minutes, que celte réponse assez confuse :
« Blanchard tiendra Jans le has Chàtillon, aaiM
dép1U1,er la l'Oule de Clamart; je lui annoncu
que vous le soutiendrez de Bagneux par volru
cauou, qui devra tirer euLre lo 1tilcgr:1pbe et 1~
hanl Chàlillou. Sous cette rroteclion, Ulanchu,I
féra sa retraite 11ua111l il le juyern ù 71ropos ou
quand vous le direz. Il

Ce n'était point là répoudre à la question:
c'était tout au plus laisser entendre que l'on
&lt;&lt; ne tenait pas à conlirmer la lulle 1usquï1
l'enlèvement de la bau Leur de Cbâtillon ~. »
L'embarras du commandant du rn~ corps
était donc le même, quand, vers deux heures
et demie, le général Blanchard, usant de la
lal.ilttde à lui laissée, rendit compte qu'cu
présence de l'accroissemenl et des progrès de
l'artillP.rie ennemie, il prenait ses premières
dispositions p8ur se retirer. Il n'y avait plus
qu'une chose à Jaire, le suivre, el c'est l,
quoi se décida, une demi-heure plus lard, le
général en chef.
La retraite s'opère en Lon orJre. Dans CLàtillon, nos troupes se retirenl lentement en
suivant le cheminement pratiqué par les sapeurs; pour ralentir le mouvement de l'ennemi, elles établissenl des barricades avec
des tonneaux, du_ bois de chauOage, el reculent progressivement de l'une à l'autre, teba.tterie, la précision du tir du fort la forçoil ~ussiltil
(Général VIMY, /oc. cit, page 215.)
6. Gênéral Dijc1101 Jtx;. cit., ~e 339.
7. Trois de la Côte-d Or, un de I Aulie.
S. Général v1~11Y, !oc. cil. , p11,ge 21 i .

à rétrograder.

.... 256 ...

CATHERINE II, IMPÉRATRICE DE RUSSIE
Tableau de ROSLTX.

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                <text>La revista Historia Magazine Illustré Bi-mensuel fue creada por un ex librero que se convirtió en editor Jules Tallandier, En diciembre de 1909, se publicó el Léame histórico con el título Historia. La revista dejó de publicarse entre 1937 y 1945. La revista publica artículos y dossieres en los que participan destacados historiadores. Los archivos se detallan en una publicación bimensual temática.</text>
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