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----------------------------------------~

contré Bourg-la-Reine et ses occupants1 •

Col.Qnne clu cenlte. Attaque de CM.tillon.
- Cet arrêt dans w1c offem;ivc qui avait si
bien débuté, était dù uniquement à la conservation de Châtillon par l'ennemi . Là, en efl'et,
nous avions subi un échec, el, par suite, nos
Lroupes de Bagneux se trouvaient soumises 11
tles feux de Oanc qui leur interdisaient tout
mouvement en avant. Voyons donc ce qui s'y
était passé.
Le général de Susbielle, chargé d'opérer
de ce coté, avait di"isé ses troupes en deux
oolollnes. L'une, destinée à l'attaque de front
et placée sous son commandement direcl,
4;0ruprenaH une compagnie de chasseurs, deux
bataillons de march11 (un du 15e, un du U •) ,
une batterie d'artillerie et une section du
génie. L'autre, chargée de procéder ~ une
alla4ue de flanc contre la lisière est du village, était constituée par les deux bataillons
rcstadts du 14°, sous les ordres du lieutenantcolonel Yanche. Le village de Chàtilloo était à
cc moment occupé par cinc.1 compagnies ha,·aroises •1ui en garo.illsaienL les lisières el tenaient le réduit, formé par l'église, une grande
maison ,·oisine et les barricades adjacentes.
A neuf heures précises, le géuéral de Sushielle fait ouvrir le fou conlre les premières
maisous de Chàtillon par deux pièces d'artillerie postées au sud du fort de Vanves. Les
chasseurs à pied, s()ulcnus par le bataillon
du 13°, s'emparent de ces maisons et pénèlrcnt dans ln grande rue; mais ils trouvent
toul à coup devant eux une barricade élevée à
eo\'iroll 200 mètres de l'entrée nord du village et sont obligés de s'arrèter. Aussitôt le
général Je Sushiclle, donnant l'ordre à ~es
deux pièces d'a"ancer, f.1it ouvrir contre celle
barricade un violent feu à mitraille; les llavarois, décimés, l'évacuent, et nos soldats en
prennent possession, tandis que l'adversaire
se replie dans la partie sud où débouchent ses
renforts. Une autre ùarrioadè, située dans une
rue perpendiculaire, tomlie également enLrc
nos mains•.
t:ependanl nos progrès étaient lents; de
toutes les maisons, des barricades encore
au pouroir Je l'eIUJPrni, partaienl des feux
croisés qui arrêtaicnl les assaillants et les
empêchaient d'accéder à la rue de la Fontaine,
tnenanL à l'église et barricadée elle-mèmè à
son extrémité. D'autre part, la préparation de
l'allaquc par l'artillerie avait été à peu prè.s
nulle, puisque seulement deux pièces -y avaient
coopére et que les gros canons des fort~
n'avaient pu tirer que quelques coups avant
quu notre infanterie ahordàt le village. Dans
ces conditions, le genéral de Susbielle songea
à faire appel al.il'. sapew·s du génie, et demauda
à leur chef, le capitaine de la 'faille, de lui
ouvrir un passage à travers les maisons.
Aussitôt les sapeurs se metlenl à l'œm·re.
A._ coups de hache el de pioche, ils pratiquent
1. La Guerre fra11w-allema1ule, page 17:t.

des brèches dans les murs de clôture, daus
les haies des jardins, cl arri\·ent ainsi, venant
tlu nord-est, jusqu'à la rue de la Fontaine;
mais ils s'aperçoh·enl qu'il n'y a pas possibilité de la tra,·erser.

2. En dirigeant celte. attaque, legéoérlil de Susbielle
1•eçul un coup de feu à la jrunlJc giiuçhe. c Celle blcsstll'e, heurPusemenL sws gravité, dit le général Ducrol,
ne l'empêche p3s de diriger nos jeunes soldats qui, a
la vue Je Leur ~néral ble!Sé, redoubleitl d'ardeur. &gt;
Loc. cit., page 333.\

Les défoui;e:, do l'église l'tlnfileol ,tans Loule
son ét11ndue, une grêle de balles la ~illonne de
Lou les parts.... Alors le capitaine de 1~ Taille el
los sapeurs poursuivent leur mnrcllo d'habilalion
en habitation, Lrouenl les murs, brisent les cloisons el se prolongent sur Je côté gauche de la rue
dtl la Fontaine en se taifünl à coups de pioche
une sorl.e do galel'ic. Trois compagnies du 42• de
ligae, sous les ordre~ du commandant Charpentier.
marcheal pas ù pas derrière les sapew·s; trois
comvagnies de 14• ile mi,rchc, senanl do réserve,
les ri!mplacent 11 mesure qu'ils avancent. Toul en
gugna11l du Lerrain, on rail le ÇOup de feu par lrs
portes, les fenêtre~, avec les Allerrurnds, qui. de
l'aulre côlé de la rue, nous suivent 1mrallèlen1enl
de mai~on en maison. ()ans celle lul le pied (1 pied,
l'ennemi, qui occupail au~si les habitations à traver~ letiqueUes nous cheminion,, perd &lt;l.u monde;
nombr1t de ses tués el de se, blessés encombrent
les drnmhres, •1ue nous enl~voru; une à une; plusieurs Bavarois, cachés dans les caves, se rendent
uu lomheul sons nos i:oupss.

Tandis que, grilce à cet heureux expédient,
nous progressions un peu dans Chàlilloo, la

colonne du lieutenant-colonel Vanche a,·ail
p,is comme axe &lt;l!! sa marche le chemin qui,
parlant de Montrouge, passe elltre ce village
et Bagneux el pénèlre dans Châtillon par le
nord-est. Mais elle avait, dans cette attaque,
subi des pertes :-ensibles el perdu son chE'f,
grièvement blessé. En outre, en arrivant dans
le 1-illage, elle était arrêtée nel par les foux
du réduit et la grêle de ~alles qui partaicnl
des maisons siLuécs dans la pal'lie haute du
pays. « A gauche, comme au ceulrc, nous
étions arrèlés au milieu du village, par des
obstacles qui se multipliaient à mesure que
nous a\'ancions'. »

Fin &lt;le l'action et ord1·e de retrr,ite. Cependanl la lutte continuait à tra,·ers les
maisons. Des fractions importantes du it2•,
qui formait la réserve, étaient venues appuyer les assaillants; deux pièces installées
presque dans le village tiraient contre le réduit. Mais, de leur côté, les Bavarois recevaient des renforts sérieux; cinq compagnies
nouvelles, accourues de Sceaux, prenaient
position dans la partie sud et dans le réduit,
s'y établissaient solidement et tentaient même
quelques retours oJfenills, grâce auxquels
elles nous reprenaient plusieurs maisonq.
L'artillerie ennemie couronnail le plateau et
entamait une lutte fort vive avec les rorts,
qui ne prenaient le dessus qu'avec peine~Une dernière lentati,·e, faite par le ue de
marche pour s'emparer du réduit de Chàûlloll, sans la possession duquel il fallait renoncer à pousser plus loin , venait d'échouer,
et nos pièces de campagne, dont un caisson
3. Gt\néral Docn01·, foc. etl., pagii 5:U.
4. Ibid., page 336.
5. Cependant, ii gauche de C:hâtillon, une batterie
bavaroise qui chercbail à étaulir ses piéces de ral'Oll il
lil'er sur Bagneux Cul hew·eusemenl couleuue par une
seule pièce de~, placèe au 1aillant sud-ouest au fort
de Montrouge, el chaque fois qu'elle se mellah en

avait sauté, blcssanl et 1t,1anl autnur de lui
des hommes et des chevaux, étaient oùligécs
d'abandonner la position avancée qu'elles occupaienL aux ahortls du village.
Ce:, allllques réitérée~, én~l'giques, mai~ :;;lns
sucet\s, l':iccrois.~emcnl perp11luel des ma,,,c,, énnemie~, l'épuisement des lrou1i.:s, tout ,lit qu'il
faut l'eooncer à enlever d'a~aul celle po.ition
inexpugnable.... Le général de Susbielle veut cependant encore lenler de l'arl':lcher à l'enm'rn.i
par Je feu; il s'enlrelenait de:; moyens incendiaires ;) prendre avec le capitaine du génie, dan~
noe maison siluèo à 1p1el4ues mètres ~eulrment
de la place ùc l'êglise, riuand l'ordre ,le ces,:er le
combal hii fut apporté, à !roi~ b.eures Ju soir, pa1·
le capitaine Del Cambre 6 •

Ce n'est pas c1ue le général Vinoy n'ei1t été
Lrès Msireux de conserver Basrneux, que nous
tenions solidement avec IJUalrc bataillons de
mobiles 7 et trois d'infanterie. li jugeait Lrès
utile la pos~ession Je ce village, fort pt-u distant du îort dtl Montrouge, el comptait eu
faire le point d'appui d'une reprise ultérieure
de l'olfensive, soit le limdemain, soit plus
tard. ll l'a,•ait même, dans celle pensée, fait
organiser duîcnsi\'ement, aussilôL tomhé enlre
nos mains. Mais il ignorait les iulenlions dn
gouverneur à cel égard, car l'ordre de mouvement n'en soufllait mol, et, à uue dépêche
emoyée au général Trochu un peu après onzu
heures et ainsi conçue :

« l\ous sommes 111al1r~ de Bagneux, je pruntb
ries mesures pour nous y maintenir; voulci-vous
lti conserver'!

J&gt;

Il n'avaiL reçu, à une heure cinquanle-liuit
minutes, que celte réponse assez confuse :
« Blanchard tiendra Jans le has Chàtillon, aaiM
dép1U1,er la l'Oule de Clamart; je lui annoncu
que vous le soutiendrez de Bagneux par volru
cauou, qui devra tirer euLre lo 1tilcgr:1pbe et 1~
hanl Chàlillou. Sous cette rroteclion, Ulanchu,I
féra sa retraite 11ua111l il le juyern ù 71ropos ou
quand vous le direz. Il

Ce n'était point là répoudre à la question:
c'était tout au plus laisser entendre que l'on
&lt;&lt; ne tenait pas à conlirmer la lulle 1usquï1
l'enlèvement de la bau Leur de Cbâtillon ~. »
L'embarras du commandant du rn~ corps
était donc le même, quand, vers deux heures
et demie, le général Blanchard, usant de la
lal.ilttde à lui laissée, rendit compte qu'cu
présence de l'accroissemenl et des progrès de
l'artillP.rie ennemie, il prenait ses premières
dispositions p8ur se retirer. Il n'y avait plus
qu'une chose à Jaire, le suivre, el c'est l,
quoi se décida, une demi-heure plus lard, le
général en chef.
La retraite s'opère en Lon orJre. Dans CLàtillon, nos troupes se retirenl lentement en
suivant le cheminement pratiqué par les sapeurs; pour ralentir le mouvement de l'ennemi, elles établissenl des barricades avec
des tonneaux, du_ bois de chauOage, el reculent progressivement de l'une à l'autre, teba.tterie, la précision du tir du fort la forçoil ~ussiltil
(Général VIMY, /oc. cit, page 215.)
6. Gênéral Dijc1101 Jtx;. cit., ~e 339.
7. Trois de la Côte-d Or, un de I Aulie.
S. Général v1~11Y, !oc. cil. , p11,ge 21 i .

à rétrograder.

.... 256 ...

CATHERINE II, IMPÉRATRICE DE RUSSIE
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Sommaire du
Profils de souveraines: CatherinedeR,ussie .
L'éd ucation d'un prince .. . . . . . . .
La!m~s de reine. . . . . . . . .
. . .
Memoires. . . . . . . . . . . . . . . . . . .
La guerre fram;o-allemande : Combat de
Bagneux-Chiitillon . .
. . . . . . . . .
La mai on du tisseur . . . . . .
. . . . .

PAUL OF. 'Ar:.'T-\ ICTOR ••

T. ri . . . . . . . . .
.,1,., r&gt; • Mo,1e~n.u.. .
litNÊRAL DE ~lARllOT •
L'-COI. ONEL Rot• SF'r .
JUI.P.~ C'LŒETU-: , . , • ,

.te l'Ar.,,tbll /4

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rii·ro, le t2 de li!!lle prot' :&lt;C le ntOU\' m1·n 1,
et la bnuerio qui l'accompagne n'a même po. ·
à faire ,eaLir ·un action. Le~ Bararois réocrup nt la li Ît-r • nord du village, :m .. it1Jl que
no oldats l'ont quill :.c, mai ans cherrher
à eu dtiliouchcr.
nu côté de Fleury cl Cl3.lllatl, l'opération
'c:&lt;{,cutc de mème.

•

l'éteindre par le: gro canon de forts, cl il
firent demi-tour, el. par des feux de mous.
reprenaient l'ofleosir · :iu for et i1 mesure que quelcric el d'artillerie, le, rcj •li•r nt en dés.0011:s leur abaudoanion · le L
errain; en même ordre dan · Uagneu~ '· A quatre heur cl
Lemps, la j• divi ' ion bavaroise 'appro bail d mie, tout le monde ltail à l'abri; cul le
de Clamart. fort heu reu. cmenl, 1• obru· d, c..rnon de. forts tonnait t!ncore, lançant
l'ennemi ne Furent pos très meurtrier~, et rrro · projectile. sur 11' parli~ euncmis Ill!· on
·011 iafantcrÎI', "ênée par les barricades que
apercevait çà et là .
nos -oldats arnient con. !ruiles, ne progr a
P,•1·1,•.~ et co111·/11~ir,,1. - Les p&lt;'rlc · élaicnl
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25 octobre 1910 - -

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la forGt d'octobre .
luc~1.1.1l T L'i,\ YRE, L'ombre de l'nmour.
G 111·

de la GUERRE FRANCO=ALLEMANDE
1870-71

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Afin d'tlliùrdes erreurs, prière d'ecrire très lisiblement toutes le.s i11dicaliu11s.

L'OMBRE MYSTÉRIEU E
(Roman adapté de l'anglais)

ARNOULD GALOPIN

A--- - - - - - - - - -

La Prime gratulte me sera envoyée d.e Dipa.rtemeni - - - - - - - - suite par poste rcçOlillllaod~e.
Bureau de Post,,.__ _ _ _ _ __

LE ROCHER DU MORT
/Roman adapté de l'.inglals)

PARIS, I.IV".

LA TÉNÉBREUSE AFFAIRE
DE GREE

H.-R. WOESTYN

1\ Bagneux il avail élé néce aire de prendre quelques précaution·, en rai.on de l'exÏ-•
Lcnc d'un gr:md parc, i;ilué au nord du Yi llage, très l!n . o.illie par rapport à celui-ci et
clo de mur d'oi1 l'ennemi aurail pu ·ingulièrement ruol • ter notre retraite. Le qénérnl
Viuo avait fait orlir 401) marius du for t dt'
Moutrou"e, ons les ordre. du rn.pitainc de
rrégatc d'.\ndré, :m.&gt;c mis ion ù'ahattro
mur danrrereux. La précaution n'était po
inutile, c.1r le. füwaroi--, ,·o ·nnL notre monvcm ut r 1trograde a~ai!!nl amené sur le
plateau toute l'artillerie de leur li• corp , qui
Lol1t ·oit la plnine malgré les elîorls fait pour
1. T.11Cuun:(rm1co-flllm11md", 2 pirlie.pag.-,170

Slfi,rATtlRE

A.Jo11ccr O rr. 5U pow l'e.avol de la prl11:1r,

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par l'adYer aire 1 ».
0$ Lroup
pnrent donc e retirer .a.n
encomhre; la brigade 1Jumouli11 rentra au:x
llnu te ·-Bruyèr . en pn anl derrière le fort
Je "onlrouge; la bri,rndc de la ,harrihe sP
maintint à la maisou .llillaud, ripostant énergiquement au feu de l'artillerie ennemie par
celui de e. l;,'illeri . Qwnt aux oc upanl
de Bagneux, il quittèrenl le ,·illage au mo•
ment ruêmr 011 le marins fini . aient de jeter
hn les murs du parcj ces marins fermèrent
la marche cl couvrirent la retraite. Le Bavaroi ayant voulu sortir du village et se lancer
!i nolr pour. uile, no colonnes . 'arrêtèrent,

altei 0 nnienl, pour nous, 5 oîlicier et.~ bommes tués, 9 officier et 7'20 hommt' hle sé
u Ili paru ; au total, Wi homme · hor de
combat. [,es lhvaroi avaient .\ officier et
!JH oldats llll' , 6 oHiciers el 109 oldat~
hl ·és enfin 61 pri onnit:.r : en Loul,
JG6 hommes hor de combnt. Ici, comm à
Chc\'ill ·, les lr011pes dn l:i•· corp· amical u
à allaquer direct meol des localilés fortifléei;,
que l'artillerie n'avait pt! , au préalable, ·uf6 ammeut ntamé'. Mai ces lornlités ne
con,tiluaient qn'nne a,·ant-1igoe· par uire,
elles étaient moins fortement retranchée, el
au i plu faiblement gardée 11u les posi•
2. 1,~né.r~I füc11or. /nr. ,·il., page li1.

17

�H1S T O'J{1.J!
Lions principtùcs de l'Htt), Cht&gt;vill) •L Thiai •
En outre, chM1ne atL.111ur a,•ait comhin,; dein
opérai ion ~irnullant de front el de Jlanc;
et si fnil,le qu·ail étc son action, l'ol'litlrrie
avait laul :oil peu conpéré. Enfin, Ir~ Lrnupc,
du génie a,•a1!'111 été pour l'infanterie de précieux auxili;iirc , •l c·e·t à l1!urs cl1t•mincmenl à trol'(•r, le~ m::ii on., autant 110•~
)Purs Lrav;;iux de fortificatton rapide. qu'on
devait d'avoir pu prendre pil'd dans Chàtillm1. c.. s cfo·t!rscs coosidêralion · e. pl1qurnt le
ucc ·~ relatif r1ui avait couronné une ::u:Lio11
cx~culi'.·c ~:ins 1m l lhlfini. ~an ohj1•tlil' d~ti•r-

miné, el entachée ,Ji,~ mêmes erreur. lactiques 1p1e le maJbeareux combat de Chevilly.
Quant aux lroupt•~ clic&lt;: avaient montré
de: 1pinli1és dt! vi!!ueur el J'e11train a. urémenl fort remnrquabf.-. Toul· , au%i bien
celle, de la ligne que celle · de la mol1ile,
riralU•rl'nt tl'ardeur èl de courage; Loule; .c
comportèrent é1:,':lleinu11L hic11. Cependant, si
l'on prul dire avec 1• géuéral Ducrot «tu !':'lf1':iire du 1:i ortohre a ~ttt \i"otirr•usem1•nl
•xêcultle, il. l'mLlc diffirile d'admellr1•,rommll
il le foi 1, 1p1'dl ail clé bit:n coneuc .... Peut-

1, ■ l,t&gt; .1,:011&gt;1-r111•11r ,1,· Pnris, 11rri1•r (i /11 (,11 ,t,. /11
Îlll//'llr',• ~11,· Ir 1/li'lllt, /)1• (fi /11//1•, fol li~mnin 11,•
uulr~ r,•lraih• t'I ,111 rt'luur ,1lr,•11,if ,j ,iguur,·11\ q111•

no11, :,vion; np,•r,:. Il ~,lrr,,a rt~ dt~h•nr,.11••·• Ci·lwilutiun, n11 moltilr q11i ·.:l3Îijfll lr.'· lir:1wu1r•11I l,~1 lu • 1 1:i,,11:ral \'1~10. for. , il., pngu ':!IX,

ètrc qur i le gouverneur s'était tromr ~ur le
rhamp d lin taille 1, il aurait mieux compri.
Ioule l'imporlanre 'lut&gt; pomail a,oir. pour
l •· opérnlioll.' ultéricu rc , la ,·onserr:i lion d
&amp; 1wu,, et il aurai! olor · profit· d • l',n·an1.a"c acqui: sur re point pour l!S. O)'Cr, le lendemoin. de rrprendrr. pied l&gt;Ur le plnteau de
Cbàlillon. La tcntati,e faite li 15 au rail, cl'
ce fait, élé lo~ique, fécomJP nième, ut l'on
n'aurait pas 'Il 11 rcgreller lt.1A rwrlf• qu'elle
aurait pu ,·oùtcr. Mai fa.ire prc.11dr1J dt" Yilfa ..es pvur le. é1·acuer rnsuitr. de son plein
gré, esl une opération qui ne ~c jus1ifie
gut•rl'. l'ûl-cù par le désir cl1! s·a ·. urtJr fJTIC
J'eniwrui n'a pa. quillé ~c~ p ~ilions Jerrirre
eux!
muTr.:&gt;..\'.'\T-Cnr.oxEL RO 'SSET.

La
CPt le maison du tis_eur t était, en réalil!.!,
la maison d,, deux li. serands . Le~ fri!n•
Fonrnai~c. •111i lrn\·aillnient lit en commun,
mari,{:: l' w1 cl 1':ml rt', loue; deux hcurt•ux,
Quand \:1poléo11 et Bi mn.rck 11renl p~u1 par
Lit, I' humltloi logis rie, int, du jour an lentlcmain, qucl11uc d..10M¼ oowmc un nwnnmcnt
Li ·lori411e. li en cst des pierres comme des
lincs : /,11/ll:'11/ ~un 1,1/a J&gt;t'ftre. Ou Iil :ilor
aflluer Jan la m31so11 les urieux, le vbileur , l · coureurs tlè champ de hal~ille, fo,
touri::;te , le· \n«bi. . Toul ce mo11de pa~ail
pour visiter la l'lwmbi•e de /'ent1·evue, el jeter un coup J'œil :tll\ cinq louis lai~.és par
l'empereur. el à 1'irn,1gc clc saint Vinrent de
Paul. Quelque amateur de i·eli'JllÎi1' hi loriqnc:; propo~icnl même 1lacboler le · ciml
pioc1• d'or •11c.-idrées l ùc le pa)er lrè ·
t b1· r. Elle. ne . ont pa ' à vènd.rri, r~pondail le ùssf'ur.
Et on se contentait de vl'Utlrc de· photographies Je la nrni on, exécutée· pur llecwr ll11~. on. lc pbotograph1• Je la plac1• d'Arm ·.
Cela 11e faisaiL lu compte 11ue d'un cul d
frère Fournai.-e, de Cl'lui thez qui Ri mard,
et l'cmp reu r t•Laieul ,•ulré~.
- La mai 'O n e L 11 nou dPux., dL,ait alor~
l'autre. C'est par hasarJ 11u'i/:; sont mootês
à gauche, c'est-a-dire cb z loi. quand i/.1
pouvaient loul :11ni bien monter à d1·oill',
c'c l-à-dirn chez moi. Part.'lgeoo donc le
proOts do l':m!ntare cl mcllon en commun
les gain noU1·eaux ~mme nous O.\'ons mis le
Ira vail p3 é !
1. \'oir, d,ur le fnsci,•u le n" 21 ,l'/liatorin., l'nr•
tklc : .lp,-è &amp;da11.

maison du lisseur
- C'cat 4uc dall~ c, · Clllll pièw d'or, pas
- Point clu loul. répondait celui d'
unu
ne c rcs~embl . Il y en a une de '\:ipofrères Fournai,c riui a,·ttit r&lt;'ru les ,i ilcur.,
c'esl chez moi qu'il· sonl wnus. C'esl pour Jéon I• , une de Loui · \ \'11 [, une de Char le,; \,
une de Lonis-Philippc, el l~ tinqllième &lt;ltJ
moi qu'e ' t l'nubaine. Chacun pour soi et 1a11
:\"a.poléon Ill. Les cin'( Jcmier. r ••ne. !
pi· pour loi l
t,•.· t'Ïnt/ 1ltr11if·r~ règ,u.~ ' Le mol Ille
Le. femmes :ms i :'en mi'laie11t. On -'irritait, on 'ai:,;rissail. Après bien dl' onni'. '. frappa. c·e L le ha ard r1ui a fait que lXapod'affection. lajalou· ie divisait ces hons cœur~, léon ITI, prcn:uü dan· a. poche cin~ pit·e ~
t.l'or, ail tendu ain i cinq pi1'.ces ùitrércnles.
t&gt;l en fin dt• complu 011 brisa le 1iCt1$ d'auCc ha anl a parl'oi · dPs rcnco11lrcs intrefui •.
Aujuurd'hui,•, un petit mut· d~ pierre :~- cropblc • ironiques, dfrnynnl · . Le· d1•11x
rh , 'élève au milieu de la m:u 011 Je t,~- mots d"ordre pour la ;arde &lt;lu palais de. Tuiseur •t èpore leur. deul logi·. lis co11l1- leriPs, mols d'orJr • fixé.-i d'avarwe. scluu
nuenl ù vivr(• rt\tc ~ cùte. - il Je l'aul bii&gt;n. l'babîLud1•, pour le ~ seplt!mhn• 1 70, 'ltlicnt
lcur toit ei.l là. ~lai· ib ne ,e parh•nt poi11L {le croira-t-on·!) . 011/1 l 'P1l1m.
Le cinq pièces d'vr données par ~upocl k Fournni 'ù ccui continu à travailler rL'1rarde ovec en1ie le Fourillli, e qw pfül, ~i lê"n Ill, el se tromnnl résumer !t la foi~
,.
.
.
,
'
com,w le I.e ·tam1ml des cirur
•oes, cela
bo11 lut ~cmlilu, fair• Je:' lTOllOIUtCS eu .c
crois.1ot le. bras ou en ne s'cu ·crvanl que slupéfill. L'tirnpercur aya.nL rt•çn de f. Jlurt!
pour rmpochcr les pièce d'argent qui tom- de fur ancien, il o' l pa, êll)nnanl que ùes
pi/\1•e · du rl:1le:· diver,' fi"uras ·,ml dans Je~
hr.nt chez lui d1•puis La guerre.
Comme jr rentre à !-cdan, dernière élnpc rouleaux. rllais Le de Lin vpulait-il cs,-a11!r d'une
a\·anl Pari de ce \oyagc à lrnrer- les rhamp: l'unèbre ironie en r,luni~ anl clans la rnènu:
de boluillc oi.t j'ai d1erché, bui. ou pur buis- main, en r:ipproch:rnl dan · fo même cadre
son, le 011\'enir ile 1lf1S mort , cl oi1 il me œs pirces de monnaie cle cinq monarchie,
. emùlail aller d'une lloque de Silli" à u11e donnce à l ...1 ferunw d'un tisserand pour loi
llaquc de ~:mg, mon cocher me clil loul tl p~y&lt;•r l'ltospitalité d'un moulent - l'l cela
qunra.nl huit he11r
eut •men l a,·au~ qne la
coup:
lléplt~lique
1
·inl
.uct·éder
ao\ !-Oureraro · donl
- .\ve~Mous .,,u le ci1111 pièce, d'or que
fo ffi•ne Lomhaieul de doi"ls du dérni1 r
~apoléon a donnée,; à la femme du Lis cu.r?
emprreur!
- Oui.
Pourquoi faire des roman , invenll:'r Ù&lt;'~
- .\ vez-,·ou~ rcmnr,tué nnc cho c '/
1rogédics,
cbercb •r l'impo siùle. l't!tonnanl
- Lnqucll ·?
et lt! llavrant, •ruand il a ca drame éL.oroel.
'.!. Ce5 ou•'l!nirs $)11! ertr11i1S ,h! ,·o!nmo .= f:ii1tJ &lt;:el incroyable roman, celle impos.ihilrlé vi11.71' apl'è8. /, Al•are el /Q 1,~r,·nme tlep111.&lt; l tm,·aut • : - l'Ui Loire '?
nr.ricm.

r,.

1

JULES

CLARET1E,

Je l'Ac,.Jrmle Jrmpfse .

... ~58 ,..

Christine de Suède
Par ARVÈDE BARINE

1\" (. uile),
La con ternation était au camp des savants.
Pour la plupart d'entre eux, un .ouci égoi te
était au fond d r •gret '. Ile gro es wmme.
d':wgenl élaierll i1 pré col dis ipées en fêtes.
Il !!Lait à présumer que la part dl!S savant en
sllr.cil diminuée. Le~ plu · désinlére és rc~enlaienl amèremmiL le d 1"0ÛL J'èlre upp!:'loté par uu houffon. Tuicbard écri,iiit à
Vos ins 11u'iJ avait tant de
d1agrin &lt;1 depuis le cban~ernent arrivé D :i la com
dti guède, qu'il avait hàle
dt! partir, de peur d'en
mourir 1• Le Lou Huet était
encore nawü oixanle :m
après 1 , au souvenir de u C4!
d,1 ·olam :ih:mdon des lettres 11. La nouvelle fil
promplemeut le tour 1k
l'Europe. 1ln se n\p lait t}ue
l'incompatablc Cbris tin e
avait quille les éludes sérieuse pour • livrer n,I
/1((/ir,·a el ina11ia sous
l'inllucnce d'un charlatan\
el qu'elle reniait la philosophie pour adopter ttuc
horrible maxime : a TI importe plus de jouir quo de
roonaitre'. ,1
Ce fut er · cc lcmp qu •
llenseradc déclina une invitation de Chri~Line. soil
tju'il e11t \'COL du gr:mJ
. cbm1rremcnt, soit pour &lt;l'autrl!.S raison ·. La répon.e
que lui li L l:'1 reine est un,
de ses meilleures lellrcs,
snn~ èlrl' liien l,pnne. L,,
plume ~ h, mni11, Chrisli11e a,ail J., 1,ndinage pe. aul et tortillé. - Elle écrivit à llrn-.erad,• : Q Louezvou · de \Olrc l11 ►11ue furlune 1111i ,·ous empèchc
d'aller c11 Suèdl!. 1n e. prit
'i cléliclll IJUC li· vùlrn . 'i•
rùt morfondu, Cl \'OU ~l'ricz retourné enrumé spir1ludleme11t en ,otre cn•ur.
011 ,ou aimerait trop !i
l'aris avec un1: barbe quarrée, une roube Lie Lapon ec 1~ chau. ure de
même, renmu du paI- de rrima. ! .Je m'irna1•iue que rel 1lquip:'lge vous l'et•ait l1·iompbcr
1. L~tlrc ,l11 'lli ~vr1l lfi:,èi,
':!, Jfi'mofrt'\ . lln..i n n:,-u 11uafr&lt;'-1În11:H► nLe ~n~.

de "ieilles. ·oo. je mus jure que ,·ou· n'n\·ez
rien ù regreller. lju'auriei-vou ~u en .:'ui'!dc1
Notre glace y t telle qu'elle rail chez
\'(ll1s, excepté qu'elle dure ici ÎI mois de
plu~. Et outre été, quand il e met n foreur,
c~l î viol•nl, 11u'il l'ail trl."mblcr le pam-rcs
11 •ur' ffUÏ e mêliint dr r ,,, mhler au jasmin. n Ben~eradc afanl l"espril poli el µalaul, que peut-il souhaiter, étant Jan· la plu~
bel.le cour du monde, auprès d'un prinœ

aJJ "1 ,l.r.r (),(li flflULI

•

•

nr;.J/,'Ja~'t ,~
.,(Jurtl Ji,1,uJ ,,/;,, l"JhL· t 1rl11l!,

,. l1,la,r
C

,

,

jeune qui donne de si hautes c pt1ranCl'. de
~a Yertu ·1 ... C11nti11uez à ,ou~ immo1t;iliscr
nu Jherlis emNtl da cet nim:1hle prince el
:;_ Ll'llr,• J,, l'lu•tor,eu lln111 •lé , nlu1s i lk1111us 11;;,~).

clonnez-vou" de •nrde de mériter cet exil. .1 ,
,·oudraih po11rtont que par 1111ch1ue criwe
vou pui 'sîez mériter 110 eml1la~le cMLimcnt, afin que 110l rè .'nède pilt voir cc 11uc
la France a de pins gala.ni el de plus .,piritucl n.... 11
Ct·pend:ml la coli•re Je fa Ctlllr clc ~uèd1'.
~:1gnaiL li! p11ys, pour qui l'inll11enr1• Je Hour1lclol e lr;1dui ·ail par un surcroiL ile mi· -.r,i.
Curisûnc étail ualurellc.m1•nl désordonné!', et
la détresse fin:rncièrc n'arail ces -é d'augm1•nll'r ~011
. on règne. Les inve11tio11 galan1c de Dourdclo~ 1111rl~eol le gaspilla •e ::111 comhle. Les rolfre · de n)n l
éLaicnl vide , on ('rédi t
~pui é. La Hotte n'était
plus c11trcl1•1lm•. lin amha :-.ideor faillit ne p~s FllrLir faute J'ar •cul. On en
flait aux delle - criardes et
au ex pédi •ni , mèm • au
palai · : les dome ·ti11uc
u·avaienl pa été paJé de
1•urs gages depui · près de
den-x ans, et la reine 11'a1·rut pu ·c proC'.urer nn •
omme de 1000 thalers,
pour un \"Oy:igc uro1enl,
qu'en mctlanl .a \'aÎS~e.lle
d'argent en gage. Cela sent.ail partout fa ruine, el l'on
n'en étai t que plus .iprc à
presser la rc11 Lréc de l'im~
pùl; mais on avail beau
tordre le pay an midois, il
n'en orlail plus 1·ien. \'oici
qui e l à la grande gloire
de ce p,mple. Qu •lque cui.anle que ftil so mibi'•rc, il
rn ~tait moins touch 1 que
ù'appr,·ndre que .sa jeune
reine déhitail à pré,cnt
m.illt&gt; iu1pictés. à l'c.,cmple
de Bour&lt;lelol. C'en itail
Lrop. 1 'lan 11ag-c de.~ grmnls
J,,\'inl mt•naç.,nl. l'l Dollrùclol fut conlra i11l de sé
foire c,corler pour sortir
dan· l1•s rmi!\. Chri. tinc
c-0mpri1 11u'il était pruJ' ·nt
de ré.der .
jleut-ètre en avait-elle
asse.zdu pt•r ·onnaf:C. Quoi r1u'Ü en oit,' il ~\•a
,tll:t dau · l'été de 105:i, chvgé de préseols cl
1·e1·ommandéàM:izarin, 11ui i:rutd1:1&lt;iirà ln pot . .ll11.r1111r. M 1:1iri tine.
Il,• ln liu 11i· 11;:,'.!.

:i.

•

l '

�C111t,1ST11V E DE SUÈDE -

'ff1ST0~1.ll - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - ~
li tique dc lui donner une abbaye. Il 'impro,i~a
abbé tomme il 'était improvi docteur, etdi,·crlit Pari du pecla ·le de son importance.
« Noll'c m;t/lre Oourdelot, écriva.il Gul' Palin à
un ami, se fait ici porter en chai$e, suh-i de
quatre !!rands estafier, Il n'en av:.lil par cidevant ,,u trois, sed e pauris tliel&gt;u.· qttarfüs accmisil. li , e vante d'avoir fait de mirad s en 'uèdc. ll Christine domeura en
corre pondancc avec lui tant qu'il vécut. li
lui donnait les noul'elles de Pari et elle le
consultait sur . a santé.
8-nlln il ctail parti, et 1• pays, débarra sé
d'un joug honteux, reprenait h:i]eine, lor qu'un nouwau ouci fondit sur lui. La reine
fai ail emLaller
meubles~ se liues, se
objets d'arl. Un ne fut pa lon••temps dans
l'incerlitudesurse projets.Let I f'évrier iGj1,
Christine réunit le sénat el lui annonça son
intention de remellr la couronne à on tou~in Cha.rie -Gu Lave. Eli 11jouta 11u'il était
inutile celle foi , d'e-sayer de la dissuader
de on d sein; " qu'elle ne e mettait point
en peine de loul ce qu'on en pou,·ait dire·
que c'était une résolution prise, dont elle ne
re départirait pas; que pour cet effet cUe ne
demandait point leur a,·is, mai" enlemènt
leur onoours r,.
a Cc di cour dit un vieil historien, jeta
un tel étonnement dans les esprits, ,rue l'on
rl, ·avait que répondre à a Majesté. 1,
'olre iècle est accoutumé à \'Oir le orl
ùe trônes remi ' au caprire d peuples el de.
rois. li ne s'étonne plu· des révolutions 1ù
dus abdication , el le discour qu'on -vient de
lire pa erait aujourd'hui pour un trait
d'e prit. li en allaiL tout autrement au
u·n• siùcl1.1, où l'idée monarchique n'était
pas encore éncr\'ée. On estimait alors qu'un
ouverain cl une nation sont lié· ensemble
par nn devoir nrnlucl, que ni l'un ui l'autre
n'ont le droit de déserter. li · a entre eux un
contrat portant la ignalure solrnneUo Je
Dieu, pui ·que Dieu a cboi i et façonné le
prince auquel il donne le peuple. Charlc Quint avail abdiqué, cl on ex-cmple fut comparé à ccfai de Chrbtine, mai leurs deux
actions forent lrou,·ée. très différentes.
Charle.-Quint était àaé et infirme. CbarlesQu.inL se relirait dan un couvenl. Il n'était
pas ùr, d'ailleurs, que Charles-Quint n'eùt
pas eu lorl; on racontait qu'il avait regretté
la couronne. Christine était jeune et robuste.
Elle ne ongeait pa à 'en evelir Jan la
retl'aite, el elle fai ail onner trop haut la
beauté d'un acte auquel l'humilité ied mieu
que Ja forfanterie. D:ins ces conditions, l'abandon du trône devenait un désordre public.
Elle 'en doutait un peu el 'attendait au
blùme. )uelqne jours après le coup de
tliéâtte du 11 Février, elle écrivait : • Je ·ai
que la scène que j'ai repré entée n'a pu êlre
compo ée elon le · lois communes du théâtre.
Il est malaisé que ce qu'il y a de fort, de
m;\le et de vigoureux puisse plaire 1 • ll Elle
di ait aussi : « Je ne m'inquiète point du
plainlile. l) Ce n'était pas Yrai. Elle abdiqua
1. Lettre dt1 28 fhri er Hl:\~ 1i Chauul. ancien am1,ossadcur de l•rance ~ lockholm

en pilrlie pour ùtr~ applaudie du parlcrrc,
Eli· avait troi autres motif : el! n'avait
plu le sou, on métier de reine l'cnnupil.
la uède cl le. uédoi l'cnnu aient.
L'opinion du p1rterre e l ré umée dans les
deux fragments . uivanl : « Dan quel Lemps
vivon -non , bon Dieu, écrivait Vo iu à son
compatriote Hein ius. Le reines dépo ent l.i
ceplre cl venlenl vivre en particulière ',
pour elle· el pour 1~ lfuse . !) fin Ut, d':iutrr
part, dans les ,11e'moire.~ du fooL&lt;&gt;lat : « Il
e pa sa dair l'Europe, celle .innée, une
cho e extraordinaire, qui fut la Jémis ion de
la reine de Suède: de on royaume. Celle prince SI" avait l'e.prit forl léger, et elle . 'élail
abllldonnéc à fo. lcr.111re des poètes el des
romans; ... el pour faire une véritable vie de
roman elle résolut de renoncer à sa couronne. &gt;&gt;
En uèdc même, les entimeu fur~nl ce
qu'il de"aieot être chez un peuple trè.l bon,
incapable d'oublier que ChrHini:&gt; était la fille
de Gu Lave-Adolphe. On fit des in tanc~s
pour la retenir el on pleura à la cérémome
de l'ahùication. On aeeueiHiL généreo ement
ses demandP.~ d'argenl, qui n'étaient pa petites; Chri line . e fa.i ail a surer Je- rercnu
de -va.te· domaines et do plu ieurs rilles,
montant en emhle à environ :iO0 000 livres.
On arma une flolle pour la tran·portcr ayec
honneur où il lui plairail. Ce. devoir rempli. , les cœur· commcntirenl à r détacher
de l'inrrrale. Elle continuait à commander :
on lui insinua q11'clle n'était pl1ts la maitres c. Elle témoign!lil une joie indécente de
quiller la 11èdc ; le peuple r mit à dire
qu'il fallait l'ohliger à dépenser ses rC1enu
daru I pay~. Chri Line apprit ce propo,, et
son impatience n'eul plu de horncs. On lui
avait préparé une sorLie Ju reine; elle s'enfuit en aventurière.
Elle s'était l'ail précéder de c.s collecliou ·
el y :n•ait joint sa vahelle d'or el d'argent,
les meubles el lès pierreries de la couronne.
On raconte que .on uccesseur u·a,ait trouvé
nu palais que d us: tapis el un 1•ieux lit. Une
fois loin de tockholru, la reine de uède
renvoya ·a ltite, se coupa les cbe\·eux. prit
un habit d'homme, de. hotte , un Fnsil, et
annouça qu'elle allait en Flandre, à l'armée JL'
Condé, a faire le coup de pistolet o. On n'eut
plu d'elle que de nom•ell . intermittente .
Tantêit on la perdnît de vue; tantôt elle irrnalait on passage par quelque exlravagance
qui la dénon~it. Arri,·ée /1 la limite de la
Nor\·è.,.e, elle franchit la fronlière d'un saut,
avec des hurrahs de joie d'èlre enfio hors de
Suède. Un peu plus loin, elle rencontra sans
le sa10ir la reine de Danemark, qui la guettait dan une hôtellerie, dégui ée en servante.
Quand les grande James, en ce 1emp -là,
daignaient mépriser l'étiquette, elle ne la
méprisaient pas à demi. (Jn snl enfin que
Christi.ne s'était embarquee dans un porl,
tandis que la Jlolle l'attendait dans an autre.
Son intention était d'aller e montrer à r Europe, afin de recueillir les applaudi · ement
'2. J,r tlre Ife Whilt• lt,ck,•, a111hi155~tfour ,le
il la rour ,!(l ui•,lu,
..,,, 2 60 ....

t "rnwr ll

qu'elle était sùrn de mériter Je lanl de manière .

•
\'

Elle tléharqua en Danemark, prit un faux
nom, monta à. cheval à la manière des
uommcs et piqua sur llambom.,., accompagnée de qualre gentil homme et de quelque alets faisant l'offk~ Je femme. de
chambre. &lt;&lt; Elle alla comme une vagabonde,
dit encore Montglnl, de province en province,
voyant tontes les cour · de l'l~1uope. 11 On
croirail a, i·ler à la tournée d"un cirque ambulant. Clu·istinc donnait çà el là une représenta lion. Elle improvi ait pour cos occasion~
une uile ro1alc, rama· éi• on ne sait où, rc"~lait un costume &lt;le nala cl faisait une entrée
solennelle J:ins une ,-ille, l'ecevanl le bonnuur du à on rang avec une fierté qui charmait la foule. I,tl populaliou accoor.iit, car •Ile
élail une dtis eu rio ités de b chrétienté. Elle réJ&gt;ondail aux harangue otlicielle · avec aisance
et à-propo ·, à chacun dans ·a langue, prê idait
en grande . ouveraine le fêtes qu'on lui offrait
et enlretenail les a,•ant- en confr~re . &lt;1 Elle
parle de toute le cho es humaines, écrirnil
un uudiLeur, non en prince se, mai en philosophe e JJorlitu•. »
Elle coupait la pièce noble d'inlermrdes
comiques de a îaçon. Tantôt elle . e meWlil
à fail'e &lt;&lt; di ver es nrimace à b mullitude qui
la suivait pour la voir;; ». Tan Lol elle changeait de costume dans le carros -e même,
a,•cc l'adrcs.c d'un clown, pour dérouler le·
L:idaud , qui ne s'y rcconnaL aient plus.
'l'anlôt elle lâchait quelque juron au moment le plu solenn l, ou qucl11ue plai anlerie graveleu·•, digne d'une jeune pers:onnc
qui savait Martial par cœur a ,·ingl-lrois ans.
Tanlùt Plie prenait ~oudaio une posture de C:l·
haret Ill érlatail Je rire au nez du gr:ind personna"e qui lui p!lrla.it. Â Brux.elles, où elle s'attarda plusicur moi,, elle mena un Lei carnaval, que La« pui ante main 1&gt; qui la retirait,
à l'un croire, de tou les précipices, eut Iurt il
faire. On n'ôta jamais de la tète de beaucoup
de contemporain qu'à Bruxelles au moins,
Dieu, occupé ailleurs, l'avaiL quelque[oi~
laissée rouler au fond de J'abime. Quoi qu'il
en soi!, la sottise faite elle reprenait C$
grand airs de reine. Le parterre riait i le·
Joges commençaient à siî1ler.
La pièc.e jouée el la toile baissée, le costume de gala renlntit dan son coffre, la uite
de renconlre s'é\'moui nit, el il restait un
jeune cavalier a ez ràpé, crui semait les
josaux de la couronne de uède chez tons les
usurier du chemin, courait les hôtellerie,
en taparreur el se di ertis ail à. dépi ter le
curieux. On l'attend ait à droite, il tournait à
gauche. On croyail le tenir, il se Jérobail
pendant la nuit. Il paraissait, di pnraissai~,
reparai ail, jusqu'au jour Oll il lui preoa~l
fantaisie de remettre des jupes, de redevemr
reine de Suètle et do donner une aulre reprécnlation.
;i

Cnlleclir&gt;11

,if tlic,

/11[1 •

loe. 1 ru!., 1.umlrcs, 17 ,2.

l'npers n( Jo/,11 Th111~

Elle en donna it Hambour'•, à Anver , à
BroxeUe~, à ln pruck, 011 elle renouvela brillamment l'affiche en abjurant le protestantisme. Elle l'avait déjà abjuré ecrètemenl à
Rruxclle , daus la nuil de oi\l Uia4. C'est à
ln pruck, le J oo,·embre llij5, qu'elle fit
profession publique de calhi;lici me.
lin a discuté à perle de vue, el non ~an
aigreur, sur le motifs do sa con\'ersion.
L'é\'énc':IlenL étail d'une extréme importance
pour l'Eglise romnine. De Lou · le· néophytes
que l'Énlise pouvait convoiter, il n'en étaiL
Jlas alors de plu e11\'ial111l que la propre fille
de Gu ta,·e-Adolphe. JI est naturel que Rome
ail pour uivi la corn·cri.,ion de Christine avec
un zèle particulier cl toute l'habileté dont
elle Jtait capahlc. li l'est également qu'ayant
réus ·i, elle ait allriLué on triomphe à la
puis~ance du la ~érilé el présenté l'abjuration
J'lnspruck comme un dlet de 13 !!t:ice divine,
11ui avait ré,,élé la naie foi tl une hérétique.
li c~t encore naturel qu'après uni' ,·icloire
dunt le lJruitavail rt?tenti d:m. tout• l'EuropP,
rempli anl d'allép:res e le cœur des fidèle~,
le saiot-sii'•ge ait jeté le manteau de Noé sur
J, faibles ·es de a néophyte et feint de croire
à la sincérité de ses convirlions. 11 se fiait
aux nnn \es, à l'habitude, à mille circonstances qu'il se chargeait de faire nalt.n:,
pour ache,·er l'œu,rc ébauchée, el il oLtiut,
eu cll'el, avœ le temp , on langage auquel on
ne pourrait reprocher que d'êlr~ hyperbolique dans ses glorifications de l'Eglise el Je
la foi catbolique 1 • Ce que Chri ûne pensait
au fond étaiL chose secondaire, PL il ~cruble
hien que lè pape l'ail compris ainsi.
• On conçoit également que les protestant.:,
irrités aient ae('ill;e Christine d'h)'pocrisie,
plulôl que d'admettre la .incérilé de sa con,·ersion. Il· pulilii•renl partout CJUC, loin
d'avoir été attirée dm; .a première jeune se
par la religion romaine, ain:i que le prélendttienl les catholiques, et d'avoir 1léposé la
couronne pour ètre libre d'aller oi1 b ~ràœ
1'11ppcfoit, Christine ne croyai L à rien el
n'avait ahjuré que pnr calcul. A les cnLendre,
la pompe d'I11:c-pruül, n'a\'aÎt d'auLrc but que
d'intéresser le pape et les roL c.1tholiques
à la reine de uèdl.l, afiu d'en tirer de l'argent am. heure de gêne.
A prl!Sent qu'on eu jarre san passion, il
faut cumcnir que les apparence donuenL
rai on aux p1·otesta1ll . Christine changea de
reügion de l'air dont ('Ile chan"eail d'habit,
pour ébahir la foule. Après l'abjuration secrète de Bruxelles, elle écri\'Îl en uè.de, où
l'on avait depui. longtemps des soupçons :
~ Mc occupations sont de bien manger et de
hi n dormir, étudier un peu, causer, rire et
mir les comédie française, italieune et ei.pagnolc, el passer le temps agrraLlemcnL Enfin, je n't;coule plus lies ~1•r1iwm .... ~ Elle
déclare ailleurs qu'elle s'e t convertie J)onr
ne plus entendre les pasteurs, qui l'cnnu-yaienl
trop. Les sermons étaienl sa gro ·se objection
théologique à la religion réformée. A ln pruck. on remar,{ua son indîfférence pendant
la ci;rémonie de 'abjuration. Le même jour,
1. .,urloul tla.w Je Jf«.1:imeç,

dans l'après-midi, on lui olfril la comédie;
on prétend qu'elle 'écria : « llcs ieurs, il
e i bien juste que ,·ous me donniez la comédie, après vous avoir donné la farce. » Le
pape îut, sans aucun doule, lr~ bien rcuseigné sur le prix de sa conquête au poinl de
vue spirituel, mai il ne s'occupait pour l'in tant que du point de vue terre lre. Au sortir
d'Lnspruck, Christine se dirigea vers Rome,
où. OD lui préparait une enlrée triomphal~.
On voulait marq11er par une réception éelataule que sa corwer io11 était un grand événemenl politique et religieux. La congnigation
de rites régla jruqu'au. derniers détnils de
la fête. Elle arrêta que les carro ·es des cardinaux, prêlat, amba adeurs, noble· romain , iraient au-devant de la reine de uède,
attelé de si, chevaux el :1ccompag11és de
.nitcs nombreuse . en riche li~rées; 11ue le
carrosse du gouverneur de Home i;erail doublé
d'or el d'argent, pour une valeur de ;;ooo écu l
et entour~ de c1uaraule per 01u1cs ruag11il:quement baLiJlée ; que chaque dame romaine aurait une uite de trente- i:t persouoes, dont les costumes coùleraient de M,O
à 600 èeu chacun. La part de dépense du
·:ûnt-p~re e monta à 1 :iOO 000 écus . A l'arrh•ée de la reîue de Suède, les tailk•ur.; de
Rome traTaillaienl depui ·ix mois à habiller
le cortège.
L.c 21 décembre l{\;,fî, Christine ful affermie à jamais dan,, la pènséc qu'elle était 1~
premier pcrsonnago de la chrétienté et la.
femme uni1111e entrt: toutes les femme . Le
canon tonnait, les lrompette· sonnaient, le
troupes faisaieul ln ha.ie, les Lo11ti11ue · étaient
fermées, Rome eu fête, l'air rempli d'acclamations. t:n cortège d'une ricbes .. t: inouïe se
déroulait Je la pol'te tli-1 l'OJIOlo à ailllPierrc, el eu tète Je et: cortège, le point Jt!
mire de tous les re •:ird., l'oLjet de Lou les
empressements, 1111r pelilc d ·mi-Los. uc en
a culotte chamarrée », montée à c:difourchon ~ur un cbc1•al Llanc el pialfant. entre
deu. c.1rdiu:mx.. Elle gagnn niu,i ~ai nt-Pierre,
oil le haut clerb'É vint la rece\'Oir à la porte el
la cornlui il nu pape. Elle remercia le ·ainlp1·re. « [l répondit que ::.-a conversion était
d'un si grunù prix que dan le ciel il se cél1.,L
brait là-des u de plu grandes l'èle: qu'elle
1ù11 1osniL sur la terre. » Le compliment
étail "ala11L; il y avait de quoi Lourner la lête
d la plu· hwnlile, el Christine n'était pa·
humble.
Home de,int dè lors ~on éjour de prédilection Elle l réunit ses collections, l' habita
de plu en plus, el sur la fin n'en bougea
guère, protégée des papes, qui étnieol résolus
à ne pa. s'en dédire et à se parer jusqu'au
bout de la fille de Gustave-Adolphe. Elle
e.xerça leur patience. Sa teuue ét,lil décillément déplora.Lie. Le pupe avait cru bien fa.ire
d'ordonner aux cardinaux de l'entourer. Le
curdinau1. ne lui en imposaient pas, et elle
entrainait les cardinaux. Il ne ~u faisait pas
de bruit dans Rome, il n'l· a,•aiL pas un • andalc, à la messe ou à la comédie d:rn la
rue ou sur la promrnade, qu'on ue fût sùr
d'aperrevoir la reine Christine et on esca-

dron de robes rou,.e·. Les fra ques se uccédaient, et au si les jeunes favoris. En même
temps, elle éLaiL insolente aYeC la noble· e
romaine, insatiable d'houncur., toujour
brouillée arnc 1cuelqu ·un et oubliant alors
qu'elle ne régnait plu . Un jour que le cardinal de ~fédici lui a\•ait déplu, elle braqua
des canons ur la porte de on palais el tira
elle-même à boulet. Les trace des Lonlel
se -voyaient encore au ièclc dernier. &lt;&lt; Ln
patience, disait-elle, esl nne vertu de ceux
qui manqucnl de courage cl de force . " Elle
·e îaisail un point d'bonneur &lt;l'èlre saus
patience.
Le ainL-siège n'avait pas pins dc sati faction du coté cle la reli!!ion. Elle criait sur les
toits cm aversion pour les entretien. pieu~ et
le livre de dél'Otion. Le pr mier qui lui
avrut parlé d1• mac~raûon avait été reçu de
façon à n'o cr jamai )' revenir. Elle allait
peu aux offices el y pa ait le lemp h rire
nu. Ltclal avec es l'ardinaux, en la présl'nce
même du pape. C'ét.ait intolérable. A lïs ue
cl'w1e cène Je r,e genre, le pape lui remit un
chapelet, en manière de doux reproche, et
l'exhorta à s'en servir Jans ses prière . Le
do. à peine tourné, elle s'écria : &lt;&lt; Je ne veux
pas être une cafarde! » Le saint-père e rahaLtit à solliciter de légère démon !rations
de piété, pour ln foule. On alla dire de sa
parl li Lhri tine : 11 Un ,lve JUoria en public
est plu mtlritoire c1u'nn ch:ipelel dan· Je
particulier. 1&gt; 11 ne la réduisit que !or 11u'clfo
n'eul plu le sol.
Les Jlna.nees de Ch.ri Linc étaient encore un
autre souci pour la cour de Rome. La nMe,
outrée de l':tl&gt;jurntion, engagée d'nilleur
dan des "'Uerre ou dans des difficultés intérieures, payait mal. CbristiHe dépen ait sans
compter, ou prétexte « qu'il y a 11111' maniëre de profusion qui est éc•onomic , . Elle
avait un train royal. Elle rc:tahlissaiL e~ collections, fort entamées au w:parl de Suède
par es m·ant étrang1•r~. La bihlioll1è11ue
av ail été bon leu ·t•menl pillée: sur plus cle
OOU manuscrits, il 11'en arriva que le quart
à Rome. ous possédons nue Jeure où Vos.ius mande à neinsius, avec une dé imolture
admirable, qu'il est en train de 'approprier
non pnucos libl'llo~ mriol'es de la hibliolhèque de ln :e1·e11issimœ 1'egi1t.e, Il fallait
de grosses sommes pour réparer ce pertes.
li en fallait d'infinies pou.r fournir à un
désordre dont rien ne peut donner l'idée. ix
moi' après son entrée à Rome, Chri tine était
barcélée par e créanciers. Elle s'adre sa au
pape, qui paya et crut l'heure venue de la
mater. il lui ollril 2 000 écus par mois, ?t
condition d'être -age. C'était trop Lot. Cl1ri tine s'emporta, tempêta, rnvoya le reste de
ses pierreries diez un prêteur ur gage, iJui
en donna 10 000 ducats, el s'embnrqua pour
Mar cille. Elle se savait attendue avec impatience en Fraacc. Chacun était curicu .· de ,oir
cette personne ingulière, urnommée jadi
la ibylle du Septentrion el la dixième Muse,
et qu'on appel:ûl ~ pré enL, louL unimeut,
la &lt;( reine ambulante ~. Le voyage de France
fut le deriùer grand succès de Christine.

�C11~1ST1NE DE SUEDE -

111S TORJ.Jl
\1

fü1.arin n. ,·ait ordonné de lui rendre de
grands liouneurs. Les maghrab lui pré~cnlaicnl les clé des ville. , le. pr ~lat.s et gouverneurs la complimentaient, le poètes la
haranguaient, lè · viUe · la traitaient marrnifiquemenl, le. habitanl.l! couraient rnir la
lu•le curicu c el "émerveillaient de on chc1Lif
tiquipagc d'étudiant en voyage. A L)on, elle

linuail : 1t .:'On corp lacé par derrii.•re, de
hiai', e.t quasi fait comme nos pourpoints;
~:1 1.:hemise sortant loul a111our au-de . u. de
·a jupe, qu'elle porte as e1. mnl atlachtle et
pa trop droite. Elle e ·t 1oujour · fort pouù rée.
avec force pommade, el ne mel qua i jamais
d•&gt; gant.s. Elle estchnu · éc comme un homme,
dont elle a la \'Oi:t et qna i toutes le' actlons.
Elle alfocte fort de faire l'amazone. Elle a
pour le moins autant de 11loire el de fierté

rencontra le duc de Guise, dépulé pour la qu\io pou,·ail arnir le grand Gu tave on p1're.
rccc,•oir au nom du roi el l'amener à Com- Elle est forl ci1•ile et fort care sanie, parle
piègne, où ;,c lrournil la cour. Le duc écri,il huit langue , el principalement la française,
à 11.u ami : &lt;&lt; Je veux, dans le temp que je comme i elle était née à Paris. Elle ail plus
m'ennuie cruellement, penser à rnusdiverûr, 1p1e toute notre Académie jointe à la ~oren vou envopnt le porLrait de la reine que honnc .... Enfin, c'e t une per ·onne loul à.
j 'ac rom pagne. fille u'c ·L pas grande, mais foit extraordinaire .... Elle porte qu(•lquefob
elle a la t:tille fournie t!l la croupe !arec, le une ép~e avec un l!Ollel de bufl1e. ~
1,ra. beau, la main blancl1e el liien faite, mai
Christine étaiL « forl civile» c1uand t&lt;lle le
plus d'bomme que de femme; une épaule roulait, mais c'était au prix d'une contrainte
Lnu te, dont clic cache i bien l défaut par la qui lui pesait. Elle ful au bout de 'a èivililé
ùiiarrerie de on baùi t, a démarche cl se
&lt;levant que d 'èlre à Compi ~11ne. La grande
actions, qu'on en terait des gageures. 11
Mademoi elle la vi ita en chemin el. fut gagnée
t;ui ·c décril'ail ici le visarre bien connu de d'abord par se llattel'ie et sa mine hautaine.
Christine, :n·cc son nez aquilin et ses heaux. Elles furent en emble à la Comédie, el la
)'el1x, a perruque &lt;1 fort bizarre », d'homme grande Mademoiselle om•rit tout à coup de
par devant, do femme par derrière, el il con- grands yeux : «Elle jurait Dieu, raconLe-l-clle,
""' z62 ...

se couchait tbns sa. chai e, jetait se jnml.Jes
d'un côté el de l'autre, les pa ail sur les
bra de a chaise; elle faisait de po tures
que je n'ai jaruai ,·u faire 11u'à Triçelin et à
Jodelet, qui sonL dem: bouffons .... Elle répétai l les vers qui lui plaLaicn l; elle pari:.,
sur beaucoup de matii&gt;res; et œ qu'elle dit.
elle le dit assez agrcablement. Il lui prenait
de rêveries profondes, elle fai ail de grands
,oupirs, pui · loul d'un c up elle revennit

comme une personne 111û 'éveîlle eo surau.t : elle e L touL à îniL extraordin:ûre. i1
Chri Line confia à Mlle de Montpensier
qu'elle mourait d'envie d'ètre à une halaille,
et « qu'elle ne serait pas contente que cela
ne fùl arrivé )) . C'était une de es marottes.
Elle envia.il le lauriers du prince de Condé et
rèîa.it aux moyen d'être général d'armée.
Le 8 -a11tembrc 10:rn, elle l1t son entrile
dans Paris par le fauhourg ainl-A.ntoine,
escortée de pin de mille carnlier . Elle portait un justaucorps d'écarlate, une jupe de
femme, un chapeau à plume., et elle ét.,il
mont.ée en homme sur un grand cheval blanc,
des pi tolets à l'arçon de sa sclle et une
canne à la main. La bourgeoisie avait pris les
armes pour la recevoir, el le peuple formait

autour d'elle une « pres e ruriemc l), qui se
rcnouH•la cha11ue foi. 11u'elle sorlil daw
Paris. 1ln la mena communit•r à Notre-llame,
où elle parla et remua tout le 1cmp de la
mes.e. Elle visita les monument.sel Je l,ibliothèques, reçut le savants cl 6t aùmirrr sa
comia.issanœ de cbo es de la France. Elle
.a1·ait le détail dei&gt; famWes el leur ,mnes,
les intrigve · et les galanterie' de la cour l'l
de la ville, les goflls, les lr.iraux, le occupations ile chacun. Elle partil enfin pnur
joindre la ruur Il Compiègnu. Anne &lt;l'Autriche
rinl au-de~ant d'elle. Mme de Motteville, rpii
accompar.t"nail la reine-mère, nous a lnissé le
récit de la rencontri:.
Christim• de. eeadil de carros:c au millen
d'une bousculade de curieux, qui obli,,ca les
deux reines à s'écarter. Louis XIV donna la
main à l'élran"èrc el la m!.'na daus une maison. Mml' d · ~folleville le~ sn i,·ni1, san~ 11011voir détacher es yeux de l'élrang-c figure
conduite par le roi de France. 1, Le cheveux
de sa perrmiuc, écrit-elle, étaient cc jom--là
dt1frisé : 1~ rnnt, t!n dc.ccndanl &lt;le carrosse,
1c.~ enlc,·a; el comme le peu de soin 11u ·elle
,waît de on teint lui en faisait perdre la
hlnucheur, elle me parut d'nbord comme une
l~gypûennc dêvergondée qui, par basa.rd, ne
serait pas trop ùrune. En re 11ardanl celle
princesse, tout ce qui dan cet instant remplit me~ 1eux me parut extraordinairement
étrange, et plu c.ipahle d'e0"ràier que de
plaire. » Mme de ~lotteülle ùépei.nl l'éLrange
attirail de la reine de uède. habillée de tra,·ers, sa nro~se épaule sortant cr tout d'un
côté », ·a jupe trop courte décounaol ses
s&lt;luliers d'homme, el elle ajoute : « Aprè.
l'a,,oir rcgrtrdée avec cette 3pplicntion que la
cnrio~ilé in~pire en de telle occasion , je
commençai i1 m·a.ccoutumer à son habit el à.
sa coilîure, à on vi ·rtge .... Enfin, je m'aperçus avec élonnem nt qu'elle me plaisait, el
d'un inst..,nl à uo aulre je me Lrom·a.i cnlièrecncnt ch:mgée pour elle. Elle me parut plo ·
grande qu'on nous l':n·ail dite , et moin
ho ue; mais ses mains, 11ui avaientélé louées
comme belle., ... étaient _i crasseuse , qu'il
était impo. silile d') apereevoi r lludque lteauté. &gt;) Ces lianes sont un Ll!moignage rrappanlde
l'ascund:ml Je cette fantasque créature. Quand
cllc voulait pl.aire, dlc plaisait, en dépit de
,es coslUllle · ridicules, de se allures ma~cnlincs l!1 de sa cras. . eulement, ce n'était
jamais pour longtemp ; les sentiments qu'elle
inspirait élaient mobiles comme ·on humeur.
A Compiègne, elle ell"raya le premier quart
d'heure, intéressa et am.usa le second. Elle
eut de l'c ·prit, des rc:parlies gracieuses : on
l'admira. Le soir n'était pa 1·enu r1u'on l::i.
redoutait à can.e de v • imperli11enr.e~. Elle
emprunta les ,•alct de chambre du roi pour
la déshabiller eL la srn i r « dans les heures
les plu, particulière· n, et cela choqua. il y
euL un retonr en ·a fa1·cur le lendemain matin, quand elle reparut frisée et débarbouillée,
vive el gaie. Elle diverti ·ait extrêmement le
jeune roi et était, malgré tout, c.n beau chemin de plaire, lorsqu'elle fuL pfre d'un de
es accès de juron~, impiété · et jambes en

l'air. li fallut s'ncc.ouluml'r à des manières
au. i nouvelles. La cour décida tinalumenl
que la reine de 'uède lui représealait le.
Mroïoes de roman· Je chevalerie aux jour,
de la mauvaise fortune, quand Marfise et
Bradamaulcont leur,-. plumets drfrisés cl pendant,. et ne ma.ng:cn t à l.eur faim que si quel11ue roi les invite à ouper. L'air affamé avec
lequel Chri tinc 'éLaiL jetée en arrivanl ur
unr collation, ajoul1: an mauvais état de ~
nippe . autorisait ces roruparaisou . Le 'Ufl'rage hésitaient encore ou, plutôt, ·e divi. aient; Chri. Line .e perilil par une malaùre se. on indiscrétion nalurdl.e la pou sa à
con eiller Louis XI\' ur une question ùiilicale.
Le roi était amoureux. de ~Jarie ~foncini, el
leur roman déplabait à la reine-mère. Christine enrragea Loui · XIV b en faire à sa Lèl&lt;',
el /1 épouser celle qu'il aima.il. ,\nue d'AuLt iche e hàta d' congédie1· la reine de uèdl·,
qui n'aîail nulle envie d prmir.
li fallut obéir. Christine s'en alla voir 'iinun
de Lenclo:;, qu'elle accabla de romplimcul..
Elle parnt faire plu. de ca. d'elle que d'aucune rerume 11u'ellc eût encore "ue, ·aus
doute à cati . de l'absence de prt&lt;ju 11é· dont
la carrière de ïuon donnnil ln preuve. hri linc ,·oulut même lui per;uadcr de l'accompagner chez le pape. Par bonheur, J'iiuoo
avait trop de monde pour ~e prêter à une
démarche incon!?Tue.
La reine reprit la roule ùïL,lie. ELie coucha
une nuit à &amp;lonlargi , où la grande füdemoiell&lt;' eu l la fa niai ie de ln rc1•oir une dernière
foi' el e fil annoncer à di1 l.ieu.res du soir ....
« On me "int dJre, r:l!!onte Mlle de Montpensier, de montlll' seu le. ,Je la trouvai couchc1e
dans un. )il oil mes femmes couchaient toute
le fois que je passais à )lontargis, une cha udelle sur la table, et elle avait une en ici te
autour de la tèle comme un honnel de nu il,
et pa;; un cheveu : elle , 'élail fait raser il n 'l'
avait pas Iongtcmp~; une chcmi e formée
-an: collel, arec un i;ros nœucl couleur de
feu; s1$ draps ne venairnl 1p1 "à la moitié de
son Lit, uvec une ,·il aine cou ver turc \'e.rle. Elle
oc me parut pa · jolie on cet état. &gt;J Le kndl-'main, Maderuoiselle ruiL Christine en ,·oiture.
La reine de Suède voyagea.il dans un carra se
de fouage, que Lol.Û~ XIV lui avait fail donner
Cil y joignant l'argent pour le pa1er.
Elle trouva la peste à Home, pa a qu •lques
mois dans le nord de 11talie et revint en
France, où on ne la désirait plu~. Ln curio ·il.é
était .aûsl'a.ite. Lo bruit courait qu'elle était
chargée prtr le pape de ménager la paix a ,·cc
l'Espagne, el Mazarin n'aimait pa, 1 donneuJ" · d'avi_. EUe nrriva en o tobre 1657 à
Fonl:iincl,leau, où fa cour tù~tail pas, logea
au cbàteau, cl fut priée de ne point pa scr
pin avant jusqul nou ,·cl ordre. Alor sun-inl
un é~éaemenl mi ·térieux, f[UÎ nou jette hrusquement, .ans aucune préparation, de la comédie dao Je drame. t:ae autre femme se
découvre à uos yeux, que rien n'avait fait
pre sentir. La joyeu e Christine, prodigue et
folle, La perle de la bohème, devient, en un
jour fatal à sa mémoire, la anglante Christine, implacable el féroce. Un ombre renom

·'allache à celte f1rrure piltorcsrrue, qui n'appelait jn:;qu 'ici que le . ourire. 'ou pou von
dire adieu à l'ancienne Christi no; nou ne la
reverron plu .
\' Il

La reine de Suède avait a.mené à Foulainehleau deux jeune· ·eîgneur:; italiens, le marr1ui, Monaldeschi, grand éCU)'er, l'arnri de la
vciUc, et le comtP 'culinelli, capitaine des
garde , fa,ori du jour. ~lomilde·cbi était sollèmenl jilloux de on succe5 ·cur. li se ,·engL•a
par dei; lellre. ur Christine, où il maltraitait
Ja femme. Il arniL ag"ra1·6 .a faute eu imita.ut
l'écrilure de ~cntinclli. C'est du moins ce qui
semble re ·~orlir du peu qui perça. Le myslère n'a jamai · été 1,icn éclairci, car l'uni'lue
confident de la reii1e a,ail été le ,alct d'
chambre Poi ·onnel, el Lien habile 1p1i eût
pénétré Poissonnet! Qnoi qu'il en soit, le
li novembre l ti57, à ncu r heures el uu 11uart
du malin, la reine d, Suède envol'a chercher
un relirricut de Fontaiuelilenu, le père I.e Bel,
prieur des Triuitaires. Elle lui fil prometlrc
le secret et lui remil un parinel cachelé, ~ans
adresse qu'elle.,, réserrnit de réclamer quand
il lui plairai 1.
Le samedi sui,·ant 10 noveml,rc, 11 un ·
heure après miùi, la l'cine envoya chercher
de nouveau le père Le Dcl. U prit à lout
hasard le pJquel cachelé el ful inlroduit dan
la galerie des Cerfs, où il trou.va la reine.
Bile étail , ers le milieu de la ••a.lcrie, eau ant
de cho es ii1différenles nYec ~lonalde,-.chi. Au.près d"eux c tcunil dl'boul ,'eutinelli, et un
peu en arrière d 11x sold.ats italiens. Le père
Le Bel avoue naï~emenl. dans la Iklatiou
quïl a écrile de celle tragédie. qu·aussitol
entré il commença d'al'oir peur, parce que le
valeL de chnmbre tJUi l'al'ait aml'né l'rappa
bruyamment la porte derri~re lui. ll s'approcha pourtant de la reine, qui changea dr Lon
et de mainlien c11 l'aperce1,1nt cl lni n:clama
son paquel d'une voix haute. Il le lui remit.
r-:lle l'ouvrit et en Lira tle. ltHtrc·s qu'elle Lendit
à .\lonalde chi. en lui demandant a1•ee violence
'il Je,; reconn:iissait. lfonaldcschi pâlit, trembla, e.. aya de nier, finit par a1•oucr c1ue les
lettres ëtaicnt de lui. cl se jcLa aux pieds de
·a maîtresse l!D implorant son pardon. Au
mème instant, enûndli et se; deux .oldats
tirèrent ll!ur · Î'péei;,
La 'cène qui sui\1lcsl clfroyaLle. Il ne fout
pas perdre de I ue c1u'elle dura dem. heure~
et demie. l ou· d!&gt;.vons celle précision de renciorncmenl au père Le Ilel, à quj, par u 11
phfoomènc assez rréc1uenl, aucun détail n' •ehappait Jan !"étal d"borreur eL dl! terreur
où il i•tait plongé.
A la vue des épées, Mo11alde chi ~c lc1a cl
pourèho ~a la rcin • dans la galerie, parlant
&lt;C ~ans rdà.che Il pour se ju tifier, et même
avec « importunité ». Chri ·Li.ne ne témoignait
ni enaui ni impalience. Le père Le Del remarqua qo'eUe 'appuyait en marchant cc ur
une carme d·ébène à pomme rondo ». Elle ~e
lais a supplier un peu plu d'une heure, s'approcha alors du père Le Del el lui dit a1œ

�111ST0~1A----------------------~
tranquillité : 11 Mon père, je vou lai ·e cet
l1omme nlrc les main ; dispo ez-le à la mort
et a1ez oin de ~on àme. »Le religieux., &lt;c au si
effrayé que i la en tence avait ~té portée
contre lui-même &gt;&gt;, ·e jeta au pieds d la
reine, demandant ràce pour l'infortuné proslern ~ à es côtés. Elle refusa froidement et
passa dans son appartement, où elle e mil à
eau cr et à rire, d'an air paLihle el d~agé.
Mona Ide chi ne pouvait croire ccu ce f Ol
fini. Il e trainait à 11enoux, pou sant des cris
et suppliant , bourr •am . nlinelli en , ut
pitié. Il . orlil, maii,; il m·inl tout tris te cl dit
n pleurant : « Marquis, pe.n e à Dieu et à
ton ;l me ; il fout mourir. 11 fonalde cLi,
« hor de lui 11, em·oya le pl!re Le Ilel. qui
anglotail el qui SI' pro tema dewml Christine
en la conjurant « pa1· l , · plaie du nuveur n
d'avoir miséricorde. ,lie, c1 le vi 3"6 ercin
et sans altération, ... l11_i témoi rna combien
cll • était fàc.hée de ne poo,·oir lui accorder
a demande. »
Ccla dura une autre heure. Pendant une
aulrc heure, le malheureux. refu a de e ré i;,_'Iler. Il commençait à e confe rr, el pa.i
l'au 11oi · élail trop forle. 11 criail, il suppliait
qu'on rctournàt encore une foi intercéder
pour lui. L'aumônier de la reine étant ur\'Cllll il se jela sur lui comme ur un auveur
et I' xpédia chez la reine. Ce fut ensuite catinelli, qui retourna implorer ceUe barbare.
Chri line .e moquait du « poltron ll qui a\'ail
peur de la mort, et elle congédia enlinalli
a,·cc
mots horribl • : ~ Afiu de l'oblirrcr
à ·e confcs cr, lilessez-le 1• » •ntinelli rentra,
" pou a 1&gt; fonald chi 1&lt; contre la muraille
du Lout de fa galerie, Otl esl la peinture
int-Germain• 11, et lm porta un premier
t·oup. fonaldc chi n'aYaiL pa. d'armes. Il
para de la main, L lroi doigt. tomb'•rent sur
le plancber. Le miséraLlc reçut tout sanglant
l'aL~olution • et une boucherie dégoût..,nte
commença. Le marqui amil une cotte de
maille que les épees ne purent percer. e.
bourreau.\. le lnrd,.rent au ~i age au col, à la
tête, où il purent. Percé de coups et n'en
pouvant plu·, Monald chi entendit ouvrir
une porte, aperçut l'aumônier el reprit espoir.
fi e traîna jusqu'à lui en s'appuyant au mur
et le renvoya encore demander a grâce. Tandi que le prêtre sortait, entinelli acheva a
victime en Lm perçant la gorge. Il était troi
heure lroi quarls.
L'effet produit ur le public fut irrémt-L
diable. Les cœurs se soulevè.renl d'horreur.
Tant de cruauté froide , pour un homme
qu'e(]e avait aimé, pa.rul une cho c auvagc.
On ne e représentait pas sans une sorte
d'épou\'anle cette jeune femme causant de
fulilités, à deux pas du lieu où son a.mi e
débattait et agoni ait, "interrompant poliment
pour refuser n grâce et repr naal son discours avec éréni.lé. Que de Cois, pendant le
reste de a vie, on lui jeta la mort de Monald chi 11 la face! Elle ne comprit jamais cc
qu·on pomait lui reprocher.
A la nouvelle du meurtre, Mazarin dépêcha
11

t. Molleville.
2. Rel1dio11 1111 père Lo !lei.

Chanal 11 Fontainebleau pour ngager la. reine
de uède à ne point paraître à Paris, de peur
du peuple. On a retroU\•é, il n'y a pas loo~Lemp 3 , ln répon e de Cbri tine au cardinal.
La lettre e t de ·a main, écrite de lraver
avec un air de furie, tachée d'encre el prc que illisible :
Mon con ·in,
cc .\1. Chanut qui est un de· meilleur ·
amis que je pense a\·oir, vou dira que tout
ce qui me vient de Yotrc parl t rern de moi
a,·ec e lime; et, s'il a mal réussi dan le
terreur paniques qu'il a voulu nsciter dan
mon âme, ce n'esl pa faute de le avoir
repré ·entée au i effroyable. que son éloquence est capable de les fiourcr. Mai , à dire
vrai, nous autres gen du ord ommes un
peu farouches et naturellement peu craintifs.
Vous e.xcu erez donc i fo communicaLion n'a
pa u touL le succè que vou auriez dé iré;
el je vou prie de croire que je ui capable
de tout l'aire pour vou plaire, hormis de
craindre. Vou avez que tout homme qui a
passé trente an · ne crainL guère les orcier ·.
Et moi, je trouve beaucoup moin de difficulté à étrangler le gens qu'à les craindre.
Pour l'action que j'ai faite aYec Uonald chi,
je ,·ou di que, i je ne l'avai faite, je ne
me coucherai pas ce soir ans la faire; et
je n'ai nulle rai on de m'en repentir. (Id,
quelques mot:; ifli ibles). oilà mes senti•
ments sur ce sujet· s'il vous plai enl, j
erai ai e · i non, je ne laisserai pa de 1 ·
a,oir et serai toute ma vie ,·olre aJfcctionuée
amie.
&lt;1 Cnn1sr1:rn. 11
(C

propos, le lendemain de la mort Je Monal~
de chi. Ton les · ux regard renl Christine,
qui rougit perdit contenance et c força à
rire, d'un rire cootTaint. Pr que aussitôt,
elle fit une révérence à la compagni et 'en
alla, reconduite avec forte salut par « mon.eigneur le chancelier » et tou ' les acadfunicien . Ce forenL les adieux de Pari à Christine. Elle se remit en roule le lendemain,
avec de l"argent donné par lazarin, el retourna à Home faire. enrager le pape.

Cet le lettre ne raccommodait rien. On la.issa
Cbri line ·e morfondre trois moi· 11 F'ontai11chlcau. l•:Uc envoya demander une irnilation
à w-omwell, que le tragédie,; eflàroucbaienl
peu d·orùinairc, cl qui « feignit Je ne pa
comprendre u. Elle ' nlêta à venir aux jour
gra à Pari (l'é\'rier 165 ), courut I lieu.
puhli~ affublée en m:tsc111e, rut traitée aycc
la dernière froiùenr par la reine-mère et
11romplemcnl écondnile. La veille de son dé-.
part, clic ·int assister à une séance de l'Académie françai e'. L'Académie, prie au dépourvu, commenea par épui cr la pro1ision
de petit ver de e poètes : de madrigaux
Je 1. l"abbé de Boi rohert; un (&lt; sonnet ur
la mort d'une dame 11. de 1. l'abbé Tallemant; une a petite ode d'amour ,, de M. Pellis on · de ver. du même « sur un saphir
qu'il ayait perd11 el qu'il retrouva depuis ».
n eut recour, ensuite au dictionnaire pour
achever de remplir la éance. On l'ouvrit au
motjeu, et« mon eigneur le chancelier 1), se
tournant ver la reine, dil d'un air aimable
que le mot « ne déplairait pas à a Majesté,
cl que ~ans doute le mol de mélancolie lui
aurait été moins agréable o. On lut ensuite
cet exemple: Jeu x de p1·ince1o; qtâ 11c plaisent &lt;J1i'i1 ce u.t qui les font. C'était un à-

C'en était Fail de la brillante Ch.ri. Linc. U
lui re tait plu · de trente a.n à viHe, el ce
long espace fut une lonmw chulr. Elle br::trdait la pa ion d' 1Lonner Je monde, el elle
a~ait 13ré J'étonnemenL. Elle s'ob lina à le
rév illar, el ·e rendit insupportable. Le
monde n'e ·t pas tendre aux vieille héroïne .
On commençait à traiter la reine de uède de
« pel 1e 11, à murmurer le nom d'a,,eolurière el d'intrigante. On e demandait a,·ec
défiance pour qud ervice Mazarin lui avait
donn 1 200 0 0 füTc . On • 'intéressait de
moins en main à celle van-abonde r1ui frappait aux portes an vergo!!lle. Elle était loujonr crainte. parce qu'elle était habile el
an crupule; elle n'était plu
Limoo, L
c'était justir.e. li son retour de France, elle
commit un :u.:tion plus criminelle encore, et
plu ba c, que le meurtre de Monaldc chi.
Elle n'eut pa. honte - elll'.! l'ancienne .onvcraine de la Suède, clic qui n'avait jamais
trouvé chez son p uplc que dévouement el
bonté, elle qui avaiL déserté son po le pour
aller courir le grandes rolltes, - elle n'eut
pas honlc d·envoyer cntinclli à l'empereur
d'.illem..,gnc a\'ec le mes age que voici ;
« Que pui que Charlc -Gustave, roi Je uède,
no lui payait pas la pension tipulce de
200 000 t1cw· par an, et la lai saiL mamJUer
de l'argent néce saire, 1le priait l'empereur
de lui Youloir prêter 20 000 bomm - sou ln
conduite du gfoéral Montecncnlli, moyennant
quoi elle pérait de r.onquêrir la Poméranie
(suédoi e), où olle a\'ait nombre de partisans.
Elle s'Jlll réservait les revenu a \'Îe durant,
et, après a morL, la Poméranie retournerait
à I' mpire. ,, .\in i, elle offrail d faire la
!!11erre à sa patrie, t&gt;I de la démembr , pour
une question d'argent, parce que la uède,
qu'elle a\'ait contribué à ruiner, oe la payait
pas enclemeal ! C'est d'une créature qui n'avait rien de royal dans l'àme. Elle appartenait à cc ryu'elle-mème appelait la « ·auaillc
de:; rois 1&gt;.
La négociation n'eut pa de suites pour le
moment, an · qu'on en ache bien la cause.
Le pape fil de son mieux pour remettre
ou peu de dignité dans celle existence d~voyée. ll donna à Cbri tine une pension de
19 000 écu , et l' joignit un intendant pour
lenir ses comptes et diriger a mai ou. Le
choix de a aintelé était Lomhé ur un jeune

3. J,a lcllre a été relrouvèc 3ui arehi••e 1111 mini t~re des ~[!'aires étrangères par M. A. Geoffroy,
qui ra publiée dans lo, nee1tEll de.s initrnctio11s

do1111écs au.t amba,.satleims el 111illidrcs de /•'ra 11r~
llll Su~de. raris, 1885.
4. iUémofre.i de Conrart,

HISTORIA

Pasc . .!.J .

CATHER]

E I 1, IMPÉRATRICE DE RUSSIE
Tableau Lie ROSLIN.

�CH1(1sn1-11; DE S tœDE - - .

c.,rdinal, llece Azzolini, «1,,,1 homme» d'une la fille dn grand Gust.ll'e y ;,!artlait, malgré
« phriooomie benreu,e •, ~piritucl cl ins- tout, un parli. Ainsi s'e:xplit111e sa seconde
truit, hahile, souple, intéres~tl, qui œ pa~siÛI tentative de 1Uli7, ,p1i aboutit à un affront
l:t plupart du temps en de~ entretiens amou- encore plus sanglant. Le sénat et la régence
reux •. Lt· succès de l'intendant fut fou- arrêtèrent : a de 11c pa!i sounrir ni permettre
drol·an1. JI fut le ,/ii•in, l'i11co111par"ble,
l'a11gt'. Chrislinc le comparait à son héros de
pr&amp;lilcction, Ale.modrc le Grand. Azzolini
paya sa faveur par de réels senices. Il réforma la maison de la rrine, arrêta le coulage
et le pillage, dégagea les pierreric.~ l'l la vais~elle. Il ne put faire cept.•ndant que 12 000 écus
fussent assez pour trnir une 1.--our et acheter
des rarelt:s. Les liraillements continuèrent
ne,· la Suèdt·, et les négoriatious avec les
finnncicrs, Pt les ai0rreurs à propos de choses
d"argenl. Les corresponJanc•~ de Christine
avec ses gens 1.1"affaires laissent une impression de haras~emcnt. TouJours des expédients,
des compromis, dtis habileté.~. Jamais le ton
de la bonne maison, dont les affaires sont
claire~ el qui n·a besoin de personne.
f.'csl un grand malheur pour une princesse
d'en être ;mx expédients. Christine avait un
autr~ chagrin, que plus d'un lui avait prfdit
1iuaod elll! abdiqua : elle regrellai l la couronne. Quand elle cul bien joui et ahusé de
C ,Ro1s.\l. U•.1,;1:; .\uous,.
sa lib1·rlé, rassa~ié les cours tl la po11ulace
r,r,nu,c J~ CLOIJWU • •fatris Vûl,T
de la ,ue de son jnslaucorp~. elle eut envie
de •1uelque chose de nom·eau. Que faire Cl..'-pendant'? Quel coup de lbé,\tre imaginer? à Sn \lajeslé la reine Christine Je rentrer en
Elle 11°avait pas renoncé a être un grand gé- cc royaume ou eo quelqu'une de ~t•s pronéral, mais il y avait peu d'app:m•ncc que ,·inccs, à l'exception de la Poméranie, de
les souverains lui conlias~nl leurs armées. Br~me et de \'l'rden, encore rnoins qu'elle
Elle songea à redevenir reine, ou roi , au vienne (1 la cour de Sa llajcslé ». On envoya
au-devant tl\•llt•, sur la roule d,! Sloc·kholm,
choix dès peuple.~.
En 1600, elle apprit la mort de sou r-0usio un courrier qui la joignit à minuit pa~sé. Il
cl successeur, Charles-Gustave. Il lai~sait un lui npport.1it des conditions si dures cl ollb1enfant de 11ualre ans, Charles XI, très débile san1es qu'elle demancla dt's ehe'"aux à lïosau dire deChrbtine, Lri'!s bien portant d'après 1.ant et sortit de Suèdt! pour n·y plus rentrer.
les élals de Suède?. La reim• p.1rtil pour Stock- D'après une lcttrc' de PiPrrc Je Grool, amholm, sous prétexte de veiller 11 ses pensions, bassadeur de Hollande en Suède. là .,u~si la
Lrawr$a rapidement l'.\llemagne, entra à mort de ~fonalJcschi pesait lourdement sur
Hambourg le i8 août (tMO) cl fut supplitle sa gloire.
Elle s'en fut passer :m retour par l1• duché
par lt• goU\erucrnenl ~uédois de ne pas venir
eu ~uMe; quels que ru~scnt ses projet~, il de llrème. où cllt&gt; 1·i~ila un c.1rup suédois
était dans sa destinée Jl• semer Je vmt cl tic co11111rnndë par Wrangel, qui :n-ail scrri sous
récolter L., tC'mpètc, el le gouvernement re- ,on père. t:brbtine vnulul leur monlrer à
doutait sa prilsent~e. Pour toute réponse, elle tou, &lt;'è qu"elle sa,nil foire. Parée d'un friobrusqua son Mbar11uûment. La régence lui ~ant unifor111e el 111011têe sur nu ùon che"al.
rendit le~ plus grand~ honneur!' cl 1:-c mil sur clle caracola à tra\crs les rang, 1•l c-0mmanda
ses gnrdr~~- F;l\c fut impérieuse. imprudente; la manœmTc. Il ,·a de soi ,ju'elle h1 comclic froissa la nation i&gt;n affichant son catho- mandait tout de tra\·ers. Le ,·ieux Wrangel
licisme. On ful dur, insolcnl, on démolit sa riait el r~par.\Ît !1 mesure :;es erreurs. Chri~
chapelle, on chas~a son aumônier et i,cs do- Line continu~il sans se lrouhler, 0.1r rien ne
rue.,tiques italiens. Le clergé su1.:Jois lui Ünl lui p11rob.;::1il plus sérieux 1101· ~a "ocation de
faire des reproches, el ses yeux cnnlemplèrenl capitaine. Elle était justl!lllNII en intrigue
l'orgu,-iH~•use Christine pleurant de ra~e. Elle pour se faire nommer roi de l'olognC', et ses
envop aux rials une l 1mtesfatiou. où elle agents arnicnl ordre Je faire valoir J'avanrést•r1ail ;es droits au trône en ca.s ,Je mort tage de ln posst:dcr à la t~t.e de~ arm,~cs. « Je
du petit Charles XI. t.es élals la lui reOIO}t."- protfslc. écrÎ\'3Ïl-&lt;·11c, tJUO la St·nle esp1lranc1'
rent une beurc après rl la :;ommèrenl de si- de cdlc satisfarlion me fait :-OIIWlitcr la cougner une renonciation formelle, ~ous peine ronne.; de Pologne. 1
J,'a,cnture de Pologne est la p)u!I liizarre
de perdre sa pension. Un assure que la colèr!!
d'une
existence tis~uc de bizarreries. Le cbeIde Chrii;Liu~ 1'l! ,·oil dans sa signature. On la
pous:sa colin hor;, de Suède à force Je tmcas- d'œu\ rc de ln carrière de Chri~tine ~,l assuirément d'a,oir peNuadé au pape d'appuyer sa
~crics.
Unti semblable r~·plion l'aurait dégo1iléc candidature an lrvnc lah-sé \"ac.,ol pnr !"abdià jamais de la Suède, si ello u'n,·ait su que cation de ,leau-Casimir. Los pièces relatilcs à

la né~oci:ition ont éti&lt; publié1•s; jamais les
aul1•11rs Je fét•ries n'ont imcnté une diplomatiu d'une fantaisie au.;si ,u~rbe. Le pape
aynnl rcoommantlé Christine à la diète polonaise par un bref où il vantait « sa piété, sa
prudence el ~on intrépidité tout 11 l'ail rnûlc
et béroï11ue ». Chri,1in1• t:Cri1·it au nonce :
" Quant au poi11l de la piété dunt le pape fait
mention dans son bref, il ,•ous plaira que je
,ous dise «JUC je Ill' pt:nse pas à l'alltt~ucr
)JOUr moi auprl·S de c·cs gens-li1, c.'\r j'c~limc
ne pas mtlriter cet tlloge, surtout auprès
d'eux. » La ,lii!te polonaise, effarre d"un priltendant aussi ioatlèndu, se hàln de préseoler
pèle-mêle les ohjectioos qui lui vinrent :1 l'esprit; Christine cul réponse à tout. On lui
oppo~ait wn .\-Cle1 Ell•! serait roi, cl 110n pas
reine, el commnodernil l'armée; on ne pouvait pai, exiger Ja,·ont.1ge. La rnurt Je Monalde.,chi '/ « Je ne suis pas d'humeur, répliqual-1!1le, à me justifier Je la mort d'un Italien a
me,-l-ieurs les l'olonais. 11 Ifailleur:c- elle lui
avait fait « donner tous les sacrements doul
il t1tait c,1pal,lc, a1·ant que de lll faire mour ir ». On craignait ses rivacili•s '! « Pour les
coups de hiiton à un ,alcl, quand jP les aurais fait donner, je ne pense pas qu,, œ f1îl
un grand chef d"exclu~ion. Mais ,j cela suffit
pour exclure les gens, je ne pense pa~ «J ue
les Polonais trournnt jamais de rois. o La
diète ne fol pas persuaMe, el la candidature
de Christine resta sur le carreau.
L'cnlrl'(lti!;c de Poloé!oe était un pas dr.
clerc à ajouter à tant d'autres. Chri,tine ne
les craignait pns, ,·on,·aincue qUt: le monde
e~l à ceux qui osent ,,t qui hasardent. a La
'l'ie est un trafic, Ji:;ait-clle; oo ne saurait !
faire de grands gains $ans s'exposer à de
grandes perles. • Elle passa le: tronti de Pologne aux profits 1-'l perles et n'y songea plus.
Ellr a,•ait bien compté 11roct.~er dt• mt!llw
pour l"alfoirc dl! foulaineblcau, mais clic ~c
hcurlail ici à un obstacle inalleodn : la consciètW? 11ubli,1ue. L"obstacle l'irritait ~:ms la
lrouliler. Elle s'étonuail de 1~ retrouH•r partout. Apr«'s la France, la :-iuèJc. \prb la
Suède, la Pologne. Qu'est-cc qu'ils nv:ùcul
donc lou,- 11 lui rcprodicr la mo-rl de Monaldc,chi '! C'était pour tant hitm simple. « Il faut,
écrÎ\·ail-ellc. purùr dans la forme Je juslir~·
quand on peul; ruais quand on or peut pas,
il fout toujours punir comme nn peut. »
Elle plaignait son siècll· d"a,·oir des sentiments assez b:1s pour s'inquiéter de la
mort d'un dome~lit111e, tué ~nr l"ordre d'une
reine. De Lemps en temps elle ,-clat.1it, pour
(aire taire le murmure importun &lt;JUi mont.1il de tou le, parts vers ullc : « Éni\-CZ :,
Heinsius dt~ ma part. .. que toutes les fariboles qu'il 1.lcril au !-Ujet de Monaldeschi
me paraissc•nt au~si ridirules ~l té1m!rai rc~
en lui qu'cllts le sont en ellet; el 11ue je
perwcts à toute la ,\estphalie de croire
~Jonaldeschi innocent, si I"on ,·eut : «Juc tout
ce qu'on en dira m"e:,I fort indifférent. ,
Cette lellre est du 2 ao1H 16H2, ,i11gt-dm1
nns après le crime. El le murmure oc se
tai~ait pa,. 11 ne ,e tut jamais.
On ,1 dit que l'ombre de Monaldeschi s'était

�1t1STO'J{1Jl
,·iril. Elle n • ·mirc,ait l'a~tronomic '}ti'ai u- l:i mai 011 1ll' Christine eu hahiL de d ·uil,
,hri IÎnt~ elle-mème ·ur ~on lit de parade.
jcuie à un• ccn~ure r ligieu c, et vo11l:11L
qu'on ·hangedt le.. pa arrc 11ue Rome décla- encore plu~ belle que dan· l'églisu : on lui
rait hJréLique~. fl'antre part, . on impulsion a\ait ajonlé un um.nle.111 ropl, \'iolel el bordé
rut peu favorahlc anx nombreu es acadé- d'hermine. Derrière le lit, une pompe êt·l3mie
fJt1' Il• fonda ou palrnnu:1. 1::t,it-il hien 1.nnte : rnnd:- :eignrur~ et cardinau1, offlLe :t•con&lt;l ,o ·age en .., uède cl rit les a,encier. el arcbevè:1ucs, écu}er · el \alcl ·, car•
ture d , Cliri!&lt;tine à traver · l'Europe. ·on utile de réunir Lie prélat . Lie~ moines el de
érudit , pour propo:el' à leur rêll •;don tk ro~ses Jor '· t ebel'au&gt;. r.aparaçonn 1 , un
point qu'elle n' ,)t encore de · dl.'mangeai1,on
ujcts tri· 11uc c,•ux-&lt;:i : a 011 n'aime qu'une rbatoicment d"étoile. cl de broderies, un
d'aventures. En 167~. elle rc,;ol ~ la cbar~e
[ois
en a vie. - L'ninonr igo dl' l'amour. ondoiement de plume'-, un fouilli~ d liué'
nuprè, J~ la cour de \'iennc, afin d'obtenir
d · troupe· pour arracher la Pomt'.•r:mie à la - J1 rend élo11uenL les ''l'n · non éloquent-. g-alonnt1e.&lt;:. d'uniforme· )m,dé · et d'ornements
Suède el la donner !t J'cm1lirc. e. honlt•uscs - Il inspire la cha. lcté el la t•mpértUll~•. d'égli e. c· :tail au·. i lieau 11uc lij jour tl
in~tan •~ , rrolon"l"rrut plu d'un aonœ. - On peut aimer n~ jalou:ic, mab jam:ii, l'entrée de Chri Lin, à llome. Le peuple
:.&lt; :loulbit d • même pour la voir, •t le co, llepousséc par l'empereur, elle : , tourna du ·an· erainœ. •
En 11, , elle enlia cl t•ut un éry ·ipèlc. l1unc &lt;le liro1•Ml faisait déèiMment lrès Liea:
c&lt; të de la francc, l'i •111i &lt;•111• . u:;"ill'à de profü1'r d • embarra de la , uèdc pour l'ohlig1•r c·i:t.,it un i:wcrli-.e1mmt. Eli,• l'entendit el ~l' il e.i.chait l:i taille énorme et l'épaule trflp
à abolir les loi contre la rcli"iou catholique. llàla de mellro le h'ml_)5 à profil pour prL- baote. c·~wil un r.nlcrrem •nt tout :1 fait
'ui-raiL Je pri auquel :a füje lé . uédoi e pnrcr sa derniè•rc n•prih•nlation. Le co tnme rt:u si : /'fn1J •lit,•, cil'rs!
Ce lut son cri ju que ùan · 1., morl, ,,t elle
estimait se, rensei.,oemenl cl ses 11ctils r- la préoccupait. Elle nmlail qu'il f11t neuf de
vic ,,. (Leltrè. et dép~ehes &lt;le JU 7i\ et I I.Î n.) forme. richt· l wg11li •r, alin d'étonner une n'en a,·riil pas eu &lt;l'autre da11s La 111.', L'.111lnN'ayant poi11L réussi non plu· arer la Franc~, 1lcruiërc loi· le ~r(•clalcnr . Elle inventa uni: l,iogra11hic r ~ 1 me dttj1t le, applaudis emenl
elle làtail de nouveau la 11èdc, ur le bri.hl ·orle 1l'hnuiL qui t •naiL &lt;le la jupe Ldu man- pour Cbri Line an maillot, qui 11c plcurail
1r:i11 et le Ill faire • d • brocart à fond Ll:wc pas au} vi.ai:e~ nou,e11ux et ne . '•ndormait
tJUC t:harl~ \ l 'i-l~il lu~ .en lomhant ~e
cheva l ( lti82), Jors11u on appr11 IJ.Ue CharlesXl l1rocbé à lieurs el ,mires ouHage d'or. !f,lrni pas aux bar,lll"ue·: l 1la1uliie, t'Ït'rs! Applnun' :laiL pa mort. rlu~ lard encore, 1i soi ante J'arrrém nt- cl de houlons à 1·amw1illes d'or, di~H!l l'écolittre de génie, fa cav:ilih incoman pa és, Chri tint! ,•oulut quiller Home açec une frange de même au ha· . EUe pamb!t•, la ;;a1·ante unir1uc au monde, le moparce qu'on , mé-conna.Lsait ses préron-ativcs l'es aya dew111t .a cour. la v illc de \01•1, narque sans ril"nl, à la foi m1Ue t•l femcll~,
ro :i.le , Elle 'ét:iiL querellée à ce propo. marchant dan la chamhrt! pour juger de gr:ar1d polifü1u . granJ Jiplomalc, "rand iréavec lnnoccnl X.I, pap• fort é,·onome, qui ne l'cfÏct. Le M lumi; allait I.Jicn; Di •u pouvait néral et grande amonreusc-. ,\pplaudis l'Z le
joyeui étudiant, houncl ur l'oreille, l'n1•cndépensail, d'nprè la Jé ..l!n&lt;le, qu"un demi- ber la toile et la tme mourir.
di\·in régis eur lui 1lonna lrui · moi ile lurit-r hardie cl atl roi le, la reine Lragi11ue
éru pnr jour pour la table el le_ r te .. '.ne
pcn ion de 12 OOU (,eu· :1 une reine 3uss1 111~ répil pour ·onnèr que la comédie axail peu~- qui t11e comme au l.icau temp· &lt;les royautés,
commode lui parut un abo : il .upprim(, la êtrc une uile dan. l'autre monde, pui · tl la huifü•me nti&gt;rl'~lle du monde, le graTid
11rodigt! de on -ièclc : i'lm11l1f1•, â1"1d
pen ion, Chri tinc resta pourtant, faULC de frappa le troi. coups. On élaiL au moi
IA pi œ marcha tri: bien ju:11u'à Sainl•
d'anil t(iX9. Chri tine ··alfaiLli,- ail rapid •
, avoir où a.lier.
Pierrc.
Là 011 mil la morte da.o une bièr ,
ment.
Q11and
elle
ftll
llor·
d'iJtal
ile
discuter,
Le tcmp~ d c11.valr:1&lt;l • étail pa.:é. La
qu'en
de
cendit da11, nn cn,,cau, cl Chri!\line
Je
c.1rdinal
Azzolini,
son
i11tenda
nl,
Jai
pré\'oilà li"tée, celle rrin n1gaho11de. la rnil1t
enta un le lamenL11 im1t-r, l':b ·ur:ml 11 1111ïl attendit ce qne dira.il la 110 térilé.
,·ieillc, 11 forL gra .e cl fort gro se », le
Le· sulfra"llS se parln"èrenl tr~ inrg;1lcétait a van L~"cu:c pour la mai on ,le , a Mam 'nlon douLlo, l •. cbc~eux. coupés court
cl héris.ës ». Elle porte to11jour· ·on ju. tau- jesté ». Chrh,tine ,i;u:i :in lir1·. Le le.la- mcnt. Quelque· uns la J ircoJircnt, éblouis
corp~, sa jupe courlC' et ·es •~n soulier:. ment inslitu:iiL Aaolini h'.·gatairc unhcrsPI. pnr tnu t de qua.lités éclatantes. L vluparl la
« l ne Cl'inture par-dcs,u~ le jnsta.uct1rp,, Le;; mrlllile d le · collcctioru valnicol Ùl! rondamni'rcnl. indi.,.no~ de s:1 rërocitê. de sr
laquelle brid • le lm du ventre el n fait am- millions. l::llc :rpira peu aprè , le 19 avril l li, !I. mœnr: indécentes cl de ·1• lâches trahi 011
i le mort~ ,·oient, elle dut ètru colltcnle: pour de l'argent. Aujourd'hui, rn rl•mmmt !:•
11lilmcnl voir la ro11deur 1• u 11 nr peul ~Lu.
l'aPolhéuse1lucimplil!mt!,tl
• fuLébluui :tOll'. pou iè1·c &lt;le vieux dutumenl: où e~I cnfowc
être 1111e ·lion de culolle · &lt;"hamarrées. \in 1
On lui mit le hcl babil de hroc:irt à camic- l'cxislenœ &lt;l la raine Cbri tim•, on ne wil
tourné et a,·coutréc, elle a l'air encore plus
petite L encore mom rerome qti'aulrcfoi·: tilll! d'or, une couronne royale • ur la tètl', plus · "em. brillanl , la joie de on ~onrire
Un ·'expliqne l'embarras de llalien , qm 11u sceptre dans . a uiain tle caJa HC el on la el sou b'l! ll' gamin. n n'entend plu, S('s
discutaient sur 011 sc-xe, ne poU\·anL se mena Jan $Oil l'a rro'sc &lt;le g:il,1 ju qu'à ripo ·L spirituelle el elfronlées. Oa 110 imbil
résoudre Il en faire ni un homme ni uni· J'éali l' ainlc-florolhée, ~::i paroi se, nù on plu l'attrait de sa rrrùce élJUi\'oquc de rarafemme. Adieu l'amazone! 1,a. SO.\'ante a re- l'éÏcndiL sur un lil de parade. Trois cents lier femme. Et 1'011 u deYanl les yeux ln lk·paru , il n•, a plu· plac-0 ttuepour e.lhl. \11 llamheam: de circ hlanch · inondaieol ln n.ef lation du p~re Le 1kt, la corre~pondancc ,nec
moment de .a l11·ouille nvec I' aint- irge, de lwnière. L'éoli~e élail Loule tendue de }fontccuculli cl l'empereur, le· propo. ition •
Chrbline a,·rul encore eu une '"clléiLé uer- deuil 1 ornée d'écu :-un !'l de La ·-teli ,( · en de lli?li-11177 à la.Franc&lt;', les; pre_ Ji.eu rière et parlé dl' desœod r' clan~ la rue à la fau 01arbre l,lauc, 11 qui fai.ail allu.,io11 à fa :-ions dïotérêl ate · L'l ui:de. i le Lalrnt
tète de se· gard&amp;i. Li&gt; pape lui épar!!lla ce vanité de la vie el à la certitude de la mort Il. de Chri tine, ni son inldligcncc ·opéri •u re,
Vers le oir, des hommes char"èrcnl Je Lit de ni .a science, ni son conranc, ne pem·en L
dernier ridicule en fei:rnaot d'ignorer se
parad ·ur leur· ,tpau]es et l'on se mil en alors la aurnr d"un juge.ment l •rrible : die
hr,:nndes.
li ! aurait beaucoup à dir ·ur la · ,·ante. rout pour Sain1-Picrrc. L a,anb cl le e l en dehor. d • l'hum:rnilé con cirntc el
responsable. Ce corp dé, i; renfermail uuu
Elle 1i1.ait de ce philo ·opbes qui croienl aux arti.ks ou,raicnl la marche. Vunaienl en
àme
contre lit ile, ne di ecrunn l pas le bfrn et le
suite
I
H
conrrëri
,
17
ordr
',
rdigieux
alm:macb". L 'o ·eu pait trop d'alchimie el
d'astrologie pour un esprit qui ,·oulait être nUI) nulrcs fr'&gt;rcs por-laal de cierµe·, les mal. a brillante Christine, qui eut prc 11ue
clergés de aintc-DoroLbée et de ainl- Pierre, du génie, élnil un monstre au moral.
1. \.li,;iin , Numra11 1•11yagr d' ltalit·, 1. Il.

a, isc au lit Je morl de Chri ·linc, comme
l'ornLrc de Bnnco au l,anquct de ,tacbcth.
C'c t pure iov&lt;•nLion d'c'pril romane que.
Elle ne pen a mèmc pas à c lie \lltilJr..

0

4

ARVÈDE BARINE.

Noies et Souvenirs
,1/nrdi, :! ' 1101·1'111[1rc le 71. - Voluire,
le. 1 ' février 1760, écrivait à madame. [)u
llelfonJ :
(1 J'ai1m: encore mieux avoir des rentes
ur l· Fraoet• que ,ur la l'ru se. , otre de,ûnée est d , Faire toujour-&lt; de . olli ·c. t d
nous relever. ou~ ne manquerons pr •:11ue
jamais une occasion cle nous rni11cr el de
11011 • faire battre, mai~. au bout Jo quelques
années. il n·, parait pa'. L'industrie de ln
n:ition répare le balourdise. de mini ·L~r .- . n
Puis e I' i111l11sll'ie de lrt uotirm justiUrr
encore nne fois la coul.iancc de \'ollaire! llan
celle Ulèm, lcllre, je lrouve celte autre
pbra r. à propos- du .uraod Frooéric :
1c Pui que vous avez. matlamc, I •. po ste·
J • ce roi tt ui a. pillé Lanl de ver, el lant de
"ille~, etc. n
l;;t, le m11rne. jour, Yoluùre éc.rivail à 'l'hi1,L
rot :
u Le philo ·ophe de ~ans-~ uci pille r1uel•1ucfois des vc • , à ce qu'on dit· je voudrai·
bien qu'il ce sàt dè piller de:; ,,iJles, ell'. n
Et, troi. jour. aupara,·anl, Voluùre é rh.tit
au comte d'.\r enlal :
rt Parlez-moi donc do, poé·ics de cet
homme qui a pillé Lanl de ver· t Lanl de
\·ille , elc. &gt;l
Et de lroi ... l Yoltair, ne e génail pa. pour
se 11illcr lui-111cm '· Quand il :l\'ail lromé
une joliu phrase, il ne lui déplaisait pas
1p1' Ile couriit lti monde, cl il la tirait à plusicur. x-emplaire avec Je lérrèrt!, variant s.
Il l aurait une piquanle 11tude à faire 1-ou
co tiln! : Vollairc el .1lérw1é1• co111·1isàm.
l&gt;ans sa corrrspondance, Vollllire gémit s:in.
CC' e .ur le/, dure obli•mlion du. métie.r de
&lt;:ourt1•a11. « Ma destinée, Ji1-il 1 était de courir de roi 1 11 rui, Litn rruc j'aima e la liltertti
avec idol.itrir. n
Et. en 110\·~1ùr' 17:52. J11 pala.i de Fonlaioe~leau, il écrit à M. de Formont :
f&lt; J'nuraL dû employer une partie de 1nou
l ·m~ 11 \"OUS écrire &lt;'l l':m lre à corri cr
Za'ini, mai. Jt'. l'ai perdu tout e11tier à Fon1:J.inel,leau à faire des iJUcrcllcs rnlra le actnces pour des pr miers !'file , t entre la
Beine •1 le· princesses pour faire jourr d
comedie i à former de grande. factions pour
des l1agatcllcs et à hrouiller toute fa cour
pour Je· rien·.
Or, j'ai sou,·cnir d'a oir 1ntenJu lérimtle,
0

1

1

,cr· 1S:i , teuir e artemenl le même lanll arrhai.1 de c: môme palai" d FonLainehleau. Il arnit dû. jouer des charade •
foire de wrs ponr l'lmpératrirc Ji11er sur
l'berLe; il a\·ait reçu Ufü grosse a\'Cr-c et
pris un gro · rhume. &lt;1 .If,! j&lt;' 11'f'°t1m flfl1&gt;
fait, nou_ di. ait-il, pour i,· métil'r dt• co11r1i.rn1t ! 1&gt;
Or, Volla1ru a ccriL oLsolumcol celte même
phr.1. • dan une lettre à ~laupcrlui : 1;·1u11!
ir la r1m1· .1111: êlrt· courti,a11. enlumcnt
Voltaire ne di.~aiL pa la vérilé, tanJi 11ue
Mérimée était parfai1.cmc-11t _incèrc. Volla.i.r •
1•tail eonrt~·:ui; il avait le "Olll et la ,·ocation,
les rail,le • e d les avidité du mélier. ~Iérim,1c, lui, ne demandait jamai rien. Il a1'ait
pour l'imp,1ratrice Eugénie un iucèr :iltachemont, t•t c'était cela seulement qui rappelait et le relen:iil à fa cour. li ·e &lt;:.\hraü
quelquefois conlrr les servitude de l'rltir1urtle, mnL il f:illa.it, ouÙlc que coûte, c
résignrr. li n'aimait ni le pape, ni le jéuitcs, ni les rrèlres, et cependant, à Compiègne et à Fontaiuel)leau, la m
était de
rigueur, le &lt;limnnche. [érimée , la m ~·e!
.Je croi, bien 110.c la cam,e principale de la
eolè-re de \lél'imt!c contre le pape était nne
colèr · d'érudiL. Ill a une Libliolb~que admirable au Valican, L celle Libliolhèque e t
impitoy:il.ilcment formée aux curieux et am:
chercheurs. Mérimée se tlisnil : « Sj le pape
1ruilt.ait Home, -'il abandonnait le \'alican,
lou · l'e livre , lou ce;. manu crit · seraient
à nous. J) Condamné au sp ct.acle de 1, cour,
\lérimée 16cli:1iL de s'en amu,l'r. Il écout.1i1,
regard.1it, ol.iser\'ait, prenait de nolc.. Tous
le papiers de \fériméc onl été brùltls, rur de
Lille, Jan les inccndi1:1 de la Commune, el
de Ltil'n curi •u. cho es 1&gt;nl été p,•rdne · pour
l'hi:;tnire de rc lemp . ~ffriuufo, à Compiègue, impro i uil de charad . , et. ~e fai~ant
comédien de s:ilon, donnait dans cc~ cbarndes
la réplique à M. Je Mornl'; il ne lui déplaiail pa·. d'ailleur, de vil'-r parmi ces "randes dame et parmi œ. Lelle p r.-onnes Fort
adinirJ •- par lui.
Voltaire n'rLaiL, I, la cour, qu'un olliciteur; il • 'cllor~'.ait do placer ses petit. 1liN•1·tissrmrnt~; il s·a •ilail pour f. ire jouer se·
tragédie·; il accabla il les princes ·es de madrigam, car, di ait-il, il n'y c1 point &lt;le
"3"C,

,le'esse &lt;lo11l le TLe: ne ·oil re;oui de l'odeur

dt l'cuccu,\; il demandait &lt;les fa,cur , Je
l'argent, de: peo.ion , il intrinuait, mrndiail.
D 'onlninebleau, le oclolire li~;&gt;, il
écrivait à la prt¼Sideu!e de Bcs. ic}re :
11 Je me ui · trou,·ti pr&lt;•~que loujvur, en
l'air. m:mùis. anl la ,,ie de eourti. an, 1,ournnl
inutilement après one pclite fortune qui . Pntbl:iit ' pr ·. éntt•r à moi cl qui ·est éufuie
hi II l'ile dès t1uej':1i cru la lcnir. ii
Mêm 1.im ·nia lion . I,· l 7 01•lobr J 725.
Il a ~tel trè bien r, \'li par la Heine. RHr :i.
pleuré à Jlnriamie: elle a ri i, lï11rlis1·1•ef.
Elle lui pari sourenl. F.lle J'appelle son paunc Voflairt•. (1 U11 ·ot, dit-il, .w: 1·011frnfl'mil
,le erlu. » ,t:ii il l'lll &lt;JUc les lou,uigcs sont
peu de cbo. c, riue le rôle d'uu poi-Lc à 1a cour
n'est pas sa:n quelque ridicule, et il ajoute :
a JI n'e t pas permis d'être de cc pay -ci ~ns
oucun établissement. On me donne lou~ les
jour~ des e ·pérance donl je ne me repais
guère. l&gt;
Le• 1:i no1emLn• 1725, ;iprè. plu de deux
mois du séJOUr à Fonlo.i11 •Lleau, Voltaire écrit
encore :
a La Heine est l!lujonr a ,:lhSinêe d'otl •s
pindarique , de sonnel5, d'épitre et d'épilhalamcs. Je m'imagine qu'clle a prrs le.
poèt pour les fous de ln cnur, et eu ceci
elle a grande raison, car c'est une gra11dc
folie à 1111 homme de Lellr . d'èlr ici. ii
C1&gt;rument, en. lisant cetle lellre ·ur les
fmu de ln cour, conimenl ne pa: pensL·r à ln
.hambre Mi:ue, celte nou1elle un peu vi1·e,
écrite pour l'Jmpéralrirt&gt;, rl signée : ,J/é,·imée, l,011/f'on tle , n. .lfoj1•,it,:? Méri.mJe lit
&lt;:CUC nou,cll à l'lmpérntricc, el, le 1~ndc~
main, reçoit la vi~ile d'un amùa sadtur cnvOJé par une grande-duche e de !lus. ie, laquelle voudrait noir, dle au~si, une lecture
Je ln Clu1111b1'1' blertf'. Rcfu de llérimlle. 11
répond r1u 'il c l bouffon de a ~fojcsté el ne
\'a pa. !ra\"ailler eu ville. n demnnde, d'ailleur , la pcrnû · ion, on la lui rtccorJe, cl la
!ITande-duch •- e a sa lecture.
11 étrrnelle rt!~tilion de la comédie humaine! Et 11 • nous avi ons pas de dire que cc
sont là choses du pa· é, qu'il n'y a plus de
cour en France cl plus de courli ans. Plu de
cour, oit; mai d, coarti:ans, il l t,n a autour de U. Thicr et autour de M. Gamh li.a.
Seulement, il ne s'nppellent plus Yollairc &lt;'l
~Iériméc, cl c'c,t grand domma"c.

Lu»ov1c HALEVY.

�LA

La Femme au XV/JJe siècle
L'amour.
l 'uite.)

C'e l dans

rPllC gucrl'l' l'l cc jl'U dl•

ra-

mour, sur cc th1J;itr1• de la pa.s ion se dunn. nl
en ~peclacl • à •IIL'-mèmc, que c · ~i~t•lc rth'èl •
rwul-être .es 11uahtes le plu,
profonde , -i.•, rr ~our&lt;·c Ir.
pln. ~l•cri'llf'_ el comme uu
rrénie dt• duplicité Lou! inallendu du c.irncti-re franç:li." .
ue de grands diplomate ·,
que de grand. politique .an~
nom, plu lia!Jiles •1ue lluboi , plu. in~inuanls 11 uc
llerni · paru1i celle pclill'
band d'hommes 11ui font de
la ~ul'lion de la r~mm1, le
bul de leurs pen~ées el la
/?rande a.Ifair • de leur rie,
l'idée cl la carrii•re au r1uellrs ils sont voué l !Ju_ll
tPlude., d'arplicillion, de . cienre.' de rl""
lle'-ion I lluc "'rand arl de comédien! quel
art de cc· dégui ement,,, de ces lravesli . . c•
ment·, dont Faubla garde le ouvenir, el
qui cachent i Lien 1. de Cu line, qu'il peut,
babillé en coifl~•use, couper, san être rc•
connu, le che,·eu.x de la femme qu'il nim1: !
Ouc de comLinaÎ!-Ons de romancier cl de lraLè~ te! Pas un n'attaque une femme san
,woir fait œ qu'ou appclll nn JJ/a11, sans
arn1r pa ·é uue nuil à -se promener l ~ rc:
tourner la po iûon comme un aul ur q111
nou, 011 intrigue Jn.n&lt; sa lèlf', Et l'alla11oe
commenctle il' sout ju. qu'au boul cc comédiCI1 étonnants, pareils :, re füre du
Lemps dan les,p•~ il ~·y n pa: u_n sc~ti~~nt
exprimé ,1ui ne ' 01t fctnl ou d1. ·un,!lc .• lou
kur ffct , lou leur · pa, .ont re"ll!S ; el
'il fanl du pn1bélit.1uc. il~ ont mnrri.ué d'n\'11.nce lt• momcnl de &lt;é"anouir. Il · sa,·enl
pnsscr, pa.r des grad:1tion de I_a plus _,in•rolière finesse, du re ped à I atlcndrMemcnl. de la m~lanoolie an d 1lire. IL excellent à ca1·hcr un ourire ~ous un ::.oupir, à
écrire ce qu'il ne scnlcul pu:, à metlrc de
~ng-Eroid le rcll. aux mols, à le~ déranger
3\'CC l'air de la passion. Ils ont U" rc!!:!rd
r1ui semblent leur échapper, de gestes, de
cri. amourcu-x qu'ils ont médités dans lt• cabinet. U parltul comme l'homme q1ù a~_c,
Ill l'on dira il que leur œur éclate dans cc qu 1l
décla.menL, tanl ili unl habile à foire tremhler l'émotion dan le11r parole comme tian
leur rnix, tant leur organe ressemble à leur
âme, tant à force d' èlre tra,,aillé iJ a acquis
de ensihilité factice. « N'omettre rien, »
1

1. M,lmoire ile Tilly, , Q[. JI

rrinc de France; el pour 110 mart~1•, pour un
Lauzun •1u'on cha se, comptez, dan. le confe$sion. du siècle, tous le lit:ro heureux de
l'a1ent11re. IJe Lriompl1e en triomphe , de
r,i(Qneml~nts de cynisme ea JélicaLe. e" d'i~pudeur, la galanterie brulai' linit _par a,?ir
&lt;les principes, une manière de phrlo oph1e,
dc.s mo cns d'npolorric. On mil en théorie sa,anle l'art de . ai ·ir le monu:,1/: el il ~e trouva
des beaux esprib pour Mcider qu un lém1L.
raire n,·ait au fond plus d\;nard.s pour l:i.
femme que le timide, cl l:i rcspectaiL plu .
effocti-.cwcal en lui épar,,n:uil le Ion" upplice dts conces. ion uccessive • el la bo~le
de rnlir Lju'clle se manque, el de ::,e le dtre
iuutilerucnL 1 •
,1ni · il , L un genre de victoire e limé sui,érieur :, Lou I aulr et ~arl_iculièrem,unt
r~cberch1I par l'homme : la "lctoirc par 1 cspri L. Les ralû.ués, les mailres de la édoction, ne trounml que là on nmu emcn~ toujours nouveau el la joui sam:c d'une. vér1_La1Jle
cODlfllêle de la femme. m~ , par I bab1tu_de
el le uccè , , ur fo · Lru quer1c et 1 • violences. ur les urpri es qui \'ont au.i; sen ,
il · fonl avec eux-mème · le pari d'arriver ju qu'au crour de la femme ans m me es ai cr
de la touchrt, et de lriompber aL.olument
d'elle an parler un momeut 11 a s1.milllilité.
C'e Lsa L11Le, ~a tête ale qu'il· remueront,
&lt;1u'iL troul,leronl qu'il rempliront de caprice CL de Leutalion, jusqu'à cc qu'ils ?ient
umené par la toute sa personne à une di poition de complaisance iinprêvuc pr que
involont.'lire. C.n tèle-à-tèle. p ur cc homme . .
e~! une Jutlc, une lutte an brutalité, ami
·a11s merci, d'où la femme doit ·orlÎ..I· humili ' C par leur intelligence, domp~c el soum!:l'
par la •upériorilé de len.r rouerie, uon pomt
aimante, ruai \·aincuc. Qu 'ils a.ient la pc.rmi sion d'une entre,110, l'occasion d'un dialogue : il e.mblequ'il allient le , ang-Iroid
du chas eur au coup d'œil du
capitaine pour alla.4uer la
lemme, la poursuivre, lti
pon &lt;'r, la ha.Ure de phra es
en phra es, de mots èn mot·,
la débusquer de défen es en
.Jéfeu , ·, rétrl,clnourdemenl
le cercle de l'attaque, ln pre:-:er, l'acculer, l· forcer cl la
Lcuir enfin, au b ut de la conversation, dans leur moin,palpitante l •cœnr batt.anl, à l,oul
de sou!Îlecommeun oiseau alLrapeà l:J. cour e!
C'cs Lun spect:tcle presque effrayant de le \·oir
s'cmpar r d'un • coquette ou d'une i~pru2. tl:.uncs rompl lilcs do rèbilwn le fil . lP Ila~ard
denle av c de l'imperlineJJce el du persilloge.
du com 1111 f eu. - L a N11it el lt Momcnl .

c'c t le préceple de l un d'cu'.l. ~t ,érita._h_lemeul il· 11'oulilienl rien de r.e qUJ p ul 1, 1re
vi~rc~ Ir. en-:ihilités de la fpmme, captiver
on intérêt, amener en elle un amolli. erutnl
ou uu 6ncr1·ement, toucher am: fibres le
plu · délicates de ,on èlrc. Ils mettent a1·ec
em: et Jnns leur calcul, dan lcnrs chance.,
la température mênrn, •t la détente qu'np1111rtcnl aux en: de la femme la doue Ul'
d'une almo ph 'or, phn·ieu e, la tri Lesse l
l'nlamrui. ement d'une soirée grise. Il nnl
crupuleu , cxncls, :ippliqu6î. Ce n'e. t pas
seulement vi -11-'; de la femme, c' ·~I vi -à1·is J'cu:t-mèm, qu'il· tiennent à hirn jouer
d•pui la premii)rC wC1. ne ju qu'à la drrnil-rl'.
•\vanl tout, ils ,·eu1enl c ali faire, 'applaudir, plu lier dr orlir de leur rôle contents
d'm1x que con1enl de la f•mmc; car, à l_a
ton ,ue cc · virtuoses clc la éJuction ont fatl
enlrer ,dan I ur jeu un amour-prùpre d' arLi Le. lis onl fait plu : il , ont apporLé la
con, cieuce de v~ritahles comédiens. EL pour
faire l'illu ion complète, pour achever de
Lroublcr cl d'ém uvoir, il en est qui ajustent
j11sc1ue ur leur visa&lt;1c le 01 •o ongc de Ioule
leur per onne, qui se griment, qui e pliilrr.nl, qui se dépouclrenl les cbe,cux, t1u1 ,
pâli sent en e pri,·ant Je 1·in. n en est même
qui, pour un rcndez-vou déci il, se n!ettcnl
du désc. poir , ur la fi nure comme oo s J met
du rouge : :me de ln gomme araLiquc déla ·ée, ils ~e funL ur les jones de lmce de
larme mal 1:::- u ·écs ' !
ll'aulr vonl droil au rait. llu jour 011
l'homme pour plaire n'eut p.1. besoin d'ètre
amolll'&lt;'tU, il pensa que dan &lt;le cas pre;;sés
on le di,pcn erait mèwe d'être aimaLle. vcc
t·elte pensé· tomba le dernier honneur de la
femme, lu re pecl ([Ui l'entourait; et l'amour
n'eut plu· houle d, lit -.iolcnce. L'in olcnce,
la surprise. cle1-inren1 d s p~océdt!s h 1,. ~od~;
leur usa."e ne marqu,1 pas 1homme d mlam1e
ni de Lasse se, leur ·uccè · lui d11n11a une
sorte do Loire. La remme même, b!'ulal~
ment iu ultée, troma comme une humiliation llatlcu dans cc vil moyen de. ·ciduc-tiou.
Que de hru,,1ues allal1ues pardonnée ·! 11ue
de liai ·on , 11ui ouvenL durent, c-0mmen -tes
,·ire.ment par fin olence, dan~ nn carrosse
Jonl le cocher est pr1:l'ic11 pour prendre par
le plus Ion~. faire le ourd, el mener le chevaux au petil pa ! « [ne o.veulure, dt!_ re
chose 1111'00 ,·oil lou!:i le' jour, une m~ t•re
enfin, » c'e t toul ce que le monde du le
lendemain de ces tours d'audace. La Yiolence
ne fait-elle pas écolo dans le meilleur monde?
Cn jour elle o e bien toucher à la robe de la
1

""'268 ,...

1

1

FEMME AU

l~coutez-le : 11ul'I manège étonnant! hmai5 mi;;l"re~, et sur I'inc,m venanl'c d\':I.i~er, on
l'in~olcnce d · idée· ne ·•e~t :-i jolirm•nl ca- point oîr ih en sont, 110 a1eu tj_u'il n'a pa~ ,:ou
ehée sou" le mérto"emenl des termes. l~nlre besoin Je l'aire pour en \ 'llir la 1• Ht•ruscr
c qu'il: 11en. eut N ,. • qu'il: di~m1, if,. n • J. 11~ l'amour, mi dan: I', p u pr•~~ li" l'amett1•nl gu~re, par éµarJ ponr leur i11tr•rlo- ttmnr, jusqu'au mot 1p1i ~l :t Jcrnit:•rt• illucntric'o, qu'un lonr d'entorlilln"1', voile. lé,.er :iou l!l -a dernière pudeur, I:1 " 1 la ,Hisfoc«pii re, emLle :i celle !lne rulte d,! cltarnhre lion ~uprêm de l'amour-propre cl ùe la rnnde l.tlfeta.s a,·ee laquelle, dans le~ château , tai~ie de l'homme du temps.
le: hommes YOnl rendre , i,ile nu dame
dnns leur cbamhri!.
C',•;t ici l]ue l'on comult'nœ i1 loucher le
• 'c:,; 11ser !out J'aburd tl'èlrc incommode, fond ile l'amour &lt;lu ùix-huilii'-1111: sittle el ~
feinilrl~ de croire 1p1'on t.ltlrange nmi pcr ·onue percc\'oir l'amertume dt! 1 f;.lbnteri1•s, le
necnpée, nier du hout drs lè,·r~ ks 1,unnes poi ·on qui s'J carh,1. i'i'y a-t-il pl déj/1 dan,
fortune qn'ou ,·ou pr~tt•. pai. en con\enir. et! rl'fu · d' •. cusf•r la femme ~ ses proprc.s
en en demandnut le sccrrl, cal' on en ,~sl 1em., 1lans l't'lle imput!iquc Loo111: foi de la
honleu ; pi,}l1er la cnrio;.ilé de la l'emm, sur .. éduclioa. lo malnai: instincl de~ dcruitir
une f•rnn1e de e· amie qu'on a eur·. •I lui plaisir:,; de la corrnplion'! Sur l:cllc p 'nie
détailler de. vieds 11 la tête comment ,..l[t e: t d'irouic el do per~ina"e, l'amour c faiL hien
t'III/J•fr ~ ètrc indiscret à plaisir comme • i
vile 1111 point d'honneur cl un(• jouissance tle
l'on aHlÏI peur, pa1· le• silence. de. 'engagt•r la méchanceté; cl la u1éd1anœlé ,lu frmps,
pour l'a,·enir h la cli. crétion; pat!C'r de l'oul.ili rel!..; mêdrnncclé i fine, ·i aigui. l:e. i cxen sage cl cil ·r le nom d'une fr•mme l{lli 11ui. r, entre j u.rpi\111 ru~ur Jcs Îiai ou.~. Il ne
dcrnii'r •men~ a éré forch ·,lc \()11 · rappel1:r suffit plus ;1 b Yanilé du p•lil-maître de
que ,·ou,; l'aviez tenùrcmt"Ut aimt:e, faite de
ftl'rdre une fommc Je riîputalion; il fout 1111ïl
protestation· de rcsp cl, d manquer au rc - pui. c rumpr1· en ,füa.111 d'un ton fos!e : 11 Ob J
pccl dans le mt1mc mome11l; .'Jtonner de· fini. et trè· Hui .... ,le l'ai forcée d'adorer nwn
nru.anl 1)111' le public a donnés /1 ln fomme mérite, j'ai pri. mille plaisirs n,·r1: die, d je
awc la11udl · un c:iu. e cl lui donne-r la la11- l'a.i quilléc en confoud:mt soo ' arnoar-prolerne magîqth' de leur ridicules; définir 111 pre ! , i&gt; La •rrande lllod.u e,l dr• /'f/l'OÎ1· 1ine
di1l'érenee qu'il y a nlrl' aimer une li:mme femme p~r c:1priec, pour la rp:iiltl!I' aullll'nliet l'a rnir; e\posrr li'. bienfaits de ln philtl- quemeuL •. lf11e . ource d'appétit. mau,·.1î;,
sophie 1110Jer11c, le IJonheur J'êlrc arrivé à la s't•st ouverte dnn· l'homme i.i femmes, qui
suppre,sion J · grimaces du Ja femme ,, d • lui I' il r clu.•rchcr, 11011 pin culcmenL le
nllect:1lious dl! pruderi,,, l'a1anlage tle l'e rrain déshonwrnr, mais les souffrnncr.s d' la fomme.
commode où 1'011 ,u prend 1111anJ on ,-c plait. C'est 1111 amu~ mcnl 1p1i )uj ,ourit, dr. pous. cr
où l'on se 11uille quand ou ·l'nnuic. où l'on h raillerie ju ']U'il la L.,le• .sure, d" lai scr 1111c
.t! reprend pom se r1uittrr encore, ·an jnplaie où il :, m.i • un bai. cr, dtl riiire :ai~'Tll'r
mai,; •• hrouilln~ montrer 11,nt ce •1u'u "3"'n.é ju qu'au Lout œ 'fUÎ re le• de remords à la
l'nmour 11 ll1! plus , 'pxa~frl'r, à perdre st'. faiLlc~~r. El sitôt qu'il a renJu une l'cmme
nrand. :tir· Jp lerlu, à èlre roui ~implèmenl folle de loi, 11u'U l'a. ~elon l'argot g;tlaru du
cel 1.:tlair, ce r.:a11ricu du moment 1111e le trmp.
lcrup·, ,,o,1lir1~,. au cflru111l'I', c'r•:l un pbiappr.llt! un go1'1t: PL par le ton JonL on dit tout . ir pour lui de hti rairc uni! scène de ialo11~i1'.
ecl:i, JMr le tour rare Pl dé 'a!!é &lt;1u'on }' met, Pl ~ur s:i défc1re dc '1importer cl de . '1:lnipar le . nurirc . upéri1111r ljU'on jellc dr lia11t gner. ,ll'u .an· pilit!, où ~c révèfout, dnus
sur loul •. res chimère , tltounlir . i for! cl j
une :orle de gr,îrf' t(tii fait peur, la crnauti:l.
11 fond l:i fomine qu'un peu d',mdarc la trou,·c tl'e-sprit de J't:pof]lrn et la profon&lt;l«'11r dt: ~on
. :rn r1.1sistanc1•, - c'est le ~and art •t le m,tlrtim1"e moral! l::t quoi de plu. piqu:mt
rand nir, une façon de ~éd~clion ,raimn1l 11uè Je parler 11 une femme de l'amant qu't,(le
llatleuse pour la l':tnitJ de l'homme 11ui n'a ,1 eu, ou rru'elle a cnéorc, au moment oil elle
eu rt't.nnr., dans toute celle oourle afüùre, ~ J'onhHe le pin~; de lui 1·app •lcr . r, d •voir ,
rien i1u'au res ource el aur on d11 moim cc qu'on est com·enu d'enlenclr
arme de l'esprit. Que l'homme pa1· là, Jor5qu'clle ae peul plu ne pa y ruoncnn enr. ju.qu'nu Lout on iro- r1uer; de ,·oir :;es ourcil se froncer, se reuie, 11ue dans la reconnail&lt;. ~nce gard. &lt;lc,·enir sérères, ses JCUx enfin se remmême il !!llrde nn peu d'imp •r- plir tic larmes, au porlrait qu'on lui trac d'
tinence; et il anrn le J&gt;laisir l'homme q,ti l'adore &lt;·l qu'r.Ue trompe'! On
d'entendre l:1 femmt• , e ré• bi n encore ~i ta femmt? ,·icnt d'enlerrt-r
reiller Cl orlir Ùt• ré"'t1r, • l'homme 1111\ille a aimé, c'e ·t un tour charment n\'ec ce l'ri di: ·a h1101e: muul, npri?~ avoir triomphé de ce cha:?rin
a Au mnim dites-moi •111e
tout chaud, d, rem~ltre le mort ur 1è tapi~.
vou m•aim1•z ! » lanl il e. t de le rc"retter, de dire d'un l&lt;m nttenùri :
resli3 pur Je Ioule allcctalion 1, Quelle prrle pour vous! n ~, d'enlou~r de '
riel •nJre·st•. EL ce mol même son ombr-e la remrnc éperdue! C'est alors
quelafllllllll. •luidemandcrour . euleruc11l, apri•s de telle. prcu" ·. . qu'on a
llxcusrr son nha..i~,erncn t, il Je droit à ce cornplim1•nl tlalleur : ff En vérit.é,
lui rcru erri. en la raillant galamment sur 1•ou èlcs sinl!llli' remenl m :chant n! &gt;&gt; - un
celte Iantai ie de c&gt;ntiment qui lui prend ·i
1. t}.um~s rompliltrs dr t:réhil Ion le fil-, pauim.
mal à propos, ~ur le ridituJe, pour une p r'.l. l.1: t,rdol atl les etc. lomlrrs. 111!1.
·ormc d'esprit, de t,1nl 1mir à de pareilles
ZI. LI!&gt; 1.:onfes ions du comte tl ·~, p r fluclo9 ,
1~

XY1Tl"

SlÈCLë

mot 11u'il serait pre,que indéceul de 11':trnir
rû rnfriœ, ni r ·1.1, qu:in&lt;l on •Juilt une
f,,ntllll' !
A mesure 1111c l • sii•clc tieillil, qn ïl a ·c11111pl1 l .on rarncl~rc, qn'il
crl'll.c . e. pa -~iou , 11u'il r.iffinr. :es apprlti1·, fJUÏl ·euJnrcil 1•t ~,, Mn,irn1c dnn la
.-échercs:e · ,11 la s n:·ualil de
lêle, il cht•rc~e. p~us ré~ol1\men t rio 1:e culé 1:is u11nssemenl Ile je ne ais 11uel: ~c.ns
Mpri\l'és Pl 1111i ne se plai .. ent
11u·au mal. L:i mfrh:mceté.
1ri1i «'•tait l':is,aisonrwrne11l, derient lc "énie de l'amr.ur, f.t, ·
,, noiroeur!, n pa seul de mode,
cl la 1, !,1·éll:r~l · e 1) éclale. Il
.e gli. ·.e ù:in le relation;;
d'homme. :1 femni •s quel,{IIC d10. e cumme
un politique impitoyable, (;(1mtn • un ·l lt!mC
rl:g1i: ile perdition. La corrnptim1 1leYi •nt un
arl é;r,11 l'U cruauté~, en 111a1111ui·s de fui, t'll
lrnhi:1111&lt;:, • l'art des 13rarmi1••. Le n:rn1l1iavt,lli me entre Jan: la gal:u11erie. il la domine
et la "OUVCtn,:. c·r l l'heun• ni1 l.:iclo~ •!trit
d':ipr~ nnlure !s!'S Lioisou.• ,la11fjl'Nll.·1•.~, cc
Jiu• ad111irid1le el e ·écr.ihle 11ui crt à b morale nmoureu$e de ln France du ùix-huiLièmc
sii'.·cle c~ 1111'e,l le Lraité du / 1ri11c,· à. la moral politique de l'Italie Ju ~eizième.
Au · heure.s Lrnuliles •1ui pr1icMc11L ln fü:_
volulion, au milieu de c(:t\' ,o i1:1é lra1t•r~1•e
'I p,~11étréè, jus,,u·au plu~ profond de l';"mw,
par 1· malai ·e d'uu ora!!c flottant l'i m1•11:i!_::tnl, on \'oil .1pp.1rnîlr1i.- puur rempl:tC('r lts
petits 111aîfrps ),émillants l'i i111p1•rlim•nls ,Je
CréLillon fil.. Je., ra111I · m:iitr •s d,~ la pern-r:ité, 1~. ro11ê, accurnplis, lo., hH,•s torks &lt;l1•
l'irtrn!oralit,: lh1!oritJ111t 1•t prati11u1•. r. lwrnrues S11Rl san · Clllrailtcs. ,an. nmurd:, "aib
faihJ,,,,c. li: onl l'amàliili1,:, lï111pu&lt;l1·nc1'.
rhypocrije, !:, f11rn:, la patience, la :-nih• de,
rrsolutiun:, la con la11c:e de la volonté, h féconùilt; d'irnai,:i11a1i,m. li t·&lt;&gt;1m:ii»P11L la pui,;. ance d,, l'1lCC3!&gt;Ïoo, le lmu Pff'l d'un acte dt•
vertu nu de l1ienrai,ance l,i1.•n pla"•'· l'n , ge
d1 s femmes d,· chambre, d, · rnlct. , Ju ,c..1ndale, Ioule: Je~ arml's délo 3alr.~. Ils ont c.i !culé da ·:mg-froid tout ce qu'on hnm111e peut
se permettre~ d'horreurs D, d ils ne r cult&gt;nt
devant rien .. 'e pou,·a11L preudr • d'a.saul,
ùnw un secr,&lt;Laire, le • cret d'un cœur de
femme. ils se prennent à regretter 1111e le talent d'un Giou n'i:-ntre p dans l',1ducalim1
d'un homme 'Jui · · mèlti d'intri!!l1c.'. f,cur
zrand principe r,t de ne j~m~i finir une
a\mlnrc JVfilll d'o"oir en main Je quoi LI,• honorer fa femme'. il~ ne sédnis,.111 qu lt01tr
perdre. il. ne tromp◄ ·nL qu · pour C-Ortomrre.
l.,enr joi ,, leur ho11hrnr, c·l'-~l de faire n expirer la vertu d'une ferun11.: dan une lenle
agonie t de la fixer ~ur ce ~pectacla »; et il,
·'nrrêl.euL à. moiti,: de leur \'ictoirr, pour lairP
nrrèll!r relie 11u 'i).- ont nttaquéc à cb~qu - J egr1:, à chaque talion ùe la honte, dn dt!~es1

.t. Œuvre. tomph1t1'S dl'
d Chcn11•r. l , 0111/,-rJ
•·llr&gt; ft'lrr11rl JM,i .Yourtt", 1'1111 dC' fo ,•iriti• 1771'
:, . ŒuHM dr 1; n .. hillnn le fol,.
'

�111S T0'1{1.ll

LA

rEJHJflE AU

poir, lui fai1·e sarnurer it loisir le sentiment d'elles dan· le sens moral, qu'elles dépa sent
de a défaite, et la conduire à la chute as. cz &lt;le l011 le la tète la ~lessaline antique. Elle·
doucement pour que le remords la suire pas créent. un effet, elles révèlent, elles jncarneot
à pas. Leur pa5.l'--lemp·, leur di tradion e11 !'lies-même une corruption supérieure à
dont ils rougissl'nl pr ·11uc. lanl elle leur a lo111e Je, autres et c1ue l'on erait tenté
peu c.oîité, est de 'ubjugucr par l"autorilé une d'appeler une corruption idéale: fo lil..,ert.io:igc
jeune fille, une rnfant, d'emporter son hu11- des pnüons méchante:, la Lu rnre du )fal!
neur en J,adin.int, de la déprnwir par désœuEt que l'on ne croie pas que ces lypes si
vrement: et c'est pour éllX cumme ü.Oe ma- complets, ·i parfait·, soic1ll imaginés. Il· ne
lice de faire rire cet te fil le des ridicules de ~orle nt pas dll la tête de Laclo ·, il ne sont
sa mi!re de a m~re. coudiée dan la cham- pa, le rtiv d'un romaocict; ils sont de iudibre à ccité et qu'une cloison épar!! de la vidunlilés Je ce monde, des pcrsonn.ige · vibon le el des ris(.cs de son san" ! - Le dix- ,·auts de celte ociét~. Lc:s autorité du Lemps
buitihnc .iècle a marqu • 111. à cc• dernier •ont là p()Ur allcsler leur res emhlance et
trait, lel dernit•re~ limites dé l'imanina.Liun pour mettre or ce porlrail, le initiale de
dans l'ordre d la ftirocilé morale.
leurs noms. Le scnl cmharra est qu'on leur
La femllle é!!ala l'homme. i elle ne le dtl- trouve lrop de modèles. Valmont ne îniL-il
pa .a, dans ce lilierliuage de la méchanceté pas nommer on homme Iarncux'l M. de Chaigalante. Elle r1~réla un L~pe nouveau. où .cul n'a•t-il pa commencé sa ~randc carrière
tnull'. les atlressl.' , tous les dons, touhis les par ce nllo ù'bomme à bonnes fortune , de
fines ·es. Loule lr sort;'· d'e;.pril de on méchant impitophle, de roué consommé,
se:e, se touruèr ·nl en une .orle de cruauté marchant à on Lut a,•ec l'air étourdi, n'a,,anr1%lchic qui donne l'épouvante. La ronerie ç-:ml ni un pas, ni unr parole sans un projet
s'éleva, dans qud11ues femmes rares et nho- contre une femme, s'imposant aux femmP.
mi11a~k, à uu degré presque atanique. ·ne par le sarc.%me, les menaçant de on esprit,
fa1rselé naturelle, une ùi · ~imulalion ac(JUbe, en triomphant par la peur'! liai que parleun regard à mlonté, une ph •·ionom.ie maî- t-on de Choi eu!? Laclos n':irail-il pa sous
trisée, un mensonge sans effort de tout l'èlre, le yeux le prototipe de a création daus la
une ohser...-ation profonde, Ull coup d'œil pé- figure effrayante du marquis de Louvoi , dans
nétrant, la domination d~ ens, une curio- la. ligure de ce comte de Frise s'amu ·ant à
·ilé, 1111 dé ir de cience, qui ne lear lai. aienl torturer Mme de Blot? - Et pour ln Iemme
voir dan l'amour que de foits à méditer et que Laclo a j&gt;llinte el à laquelle il a attribué
ù recucillîr, c'étaient à des faculté· et à de· Lanl de gr:1ces et &lt;le re•sources infernales,
ci ua.lilé si redontaLlcs que c~ femn1es avaient n'en :i.vait-il pas rencontré l'orin-inal, el nll
dù, dès leur jeunes.e, ries Laient et une pol.i- l'avait-il pas étudiée sur le vif? Le prince de
tii[ue c.lpal.iles de faire la réputation d'un Ligne el 1'illy n ·arnrmenl-il pas, d'après la
mini Ire. Elles avaient étudié dans leur cœur confidence de Laclo , qu'il n'a eu qu'à dé hale &lt;'œnr de: autre ; elle~ :mlieut vu que biller la con-cienœ d'une grande dame de
Grenoble, la marqui e L. T. I&gt;. P. JI., qu'à
chacun J porte U1J secret c~clié, et elles al'aienl
résolu ùe faire leur puissance a,•ec la détou- raconter Sll vie, pour trouver en die sa mar·\'crte de ce secret de chacun. llécidtie à rc.- quise de Merlcuil '?
pL'ctcr le· dehor et le munde, à ··cnvclopprr
A quoi cependant de"ail aboutir celle méet à se couvrir d'une bonne renommée, elfos chanceté dans l'amour, c.lonL nous aYOns
aYaicnL sérieusement cherché d3n le 111ora- essayé ile 'UÏvrc daa~ le -i ~clc. J'effrontcric,
lisles et pe é aYer elle -mt~m s ce 11u'ot1 pou- la profondeur, les appétits croissante; et in~avait faire, cc qu'on devait pcn er, cc 11u'on liahles'l llevait-elle s'nrrèlcr avant d'arnîr
de"ait paraitre. Ain i formée. , secrète el donné comme une ruesuru épournnlalile de
profonde , impénétrable et invulnerahfos, se., ext.è. cl de on extrémité? Tl est une
elles apporteot dans la 0 alanleric, dan, la logique inexorable 41ui commande au."t rnauvengeance, dans le plaisir, dans la haine, un vai e pa sions de l'humanité d'aller au bout
cumr olc .ang-l'roid, un esprit toujours pré- d 'ellcs-mème -, cl d" éclater dm· une liorreur
sent, uo Ion de liberté, un C)UÎ$me de •rande finale et absolue. Cette logique avait assigné
dame mêlé d'une haut.aine élégance, une sorte à la méchanceté l"Oiuplueu e du dix-huiti,·me
de lé,,èrelé implacable. Cc; femme perdent siècle son couronnemenL monstrueux. Il y
uu homme pour Ill perdre. Elles èrncnt la a,·ait en dans les esprit~ une lrop grande habitentation dans la candeur, la débauche dans tude de la cruauté morale, pour que cette
l'iunocenoe. Ellcsrnart~riscnLl'honnèle femme crnauté demeuràt dan la tète et ne de ·cendît
do11L la. vorLu leur déplait; et, l'ont-elles tou- pa~ jn. qu'aux sen,. On a-vail Lrop joué avec
chée à mort, elles pou.sent cc cri de vipèrc: la souffrance du cœur de la femme pour
(1 A.hl ryua.nd une femme fr:ippe dans le rœur· 11'êLre pa tenté dt' la faire oulfrir pins sûre~
d'une autre, la ùle ure est incurable.... ,&gt; ment cl. plu visiblement. Pourquoi, après
Elles l'ont éclater le dé honneur tl aos les axoir épui é les lorlures sur -on ôme, lie pas
familles comme un coup de foudre : elles les e. ·aycr ur son corps? Pourquoi ne pa ·
meltenl aux main des hommes les q ucrclles chercher tout crùment dan. son sang le
el les épées qui tuent. Firu.res éLonnanles jouls ance que donllaienl se.s larm~? C'e 1
qui fa 'CinenL et qui glacent! On pourrait dire une doctrine qui nait, qui e formule, docL.\ TOlLEl'TE !POUR LE BAL.
ür.tl•'tfr~ de BP.AOVARLE:T, d'a.pr~$ Dli TROL

rrabfn~, .ftS Estampes.)

1. c·vsl uni' curi•JW c hi loirc l[UO C'I' 1Un1111r.· tl •
Cr...t,illou ~l 11,• àlllo ,le hllliml. lAJ suc,·ès ,hiR rom~n
de Cr\lJil1011 lils à Lt1111ire t.:.!l tr·l 'lu',mr j1·11n,· An~l1ise, il'11111• 11ai,sanr1• dis1i,11:11~•~, ~11~111 lri.,· ,-.. tir,\i

•'l Jl11' ln-de,,us tri•s dchol(!. su moule ln L,1Lr pour

l"l-eril·uiu, el que, pcJur le ,•nir, Pile foil le ,o)age Je
l'm·is.
i-;111' renrontn• l'auL,·ur ,lu Soplut t•hci :lluw tlP

XV111e

SlÈCl.E

trine vers far1uelle too t le jècle est allé san"
1i, savoir, cl qui n'll L au fond que la mtttérialisalion Ùt! ses appétit ; el n·était-il pa
fatal que ce dernier mol ftil dit, que l'érélhi me de l:t térorit: ,'afnrmàL comme un
principe, comme une ré,·élntion et qu'au
liout de cette décadenœ rnffiuée et "alante,
aprè tous ces acheminements au supplice de
1a femme, u11 de ade YÎlll pour mettre, ayec
le an•~ de guillotines, la Terreur dnns
l'Amour'?
C'en est assez : ne descendons pas plus
bas, ne fouillons pas plus loin dao les cnlrailles pourries du dix.-huitième iècle, L'histoire doit 'arrêter à l'abime de l'ordure. Au
delà, il o' a plus d'humanité; il n'} :i plu
que des miasmes où l'on ne respire plus rien.
oil la lumière s'éteindrait d'elle~même aux
main 11ui ,oudraient la tenir.
Remontons \'Crs c.e quj est la,ie, ,er cc qui
est le ,jour, ,ers ce qui e ·t l'air, \'Cr, la ·atur,•,
1-er. la Pa:c: ion, 1·cr. la Vérité, la santé, la fort~e
et la grâce de aOectionshumain!'s. Ans i bien,
aprè· cel11· loagne exposition de tontes le
maladies el de toutes le hontes des plus
noble' parties du. cœur, nprès cell · démoustralion des plaies cl de· corruptions de
l'amour, on a besoin de secouer es dégnùls.
11 semble qu'au a.il bàto de sortir d'une
atmo phère mpoi onnée. L'àme demande
unè hauteur où elle reprenne baleine, un
souflle qui lui rende le ciel, un ra.l'on qui la
défü•re, une image qui la con oie, el oit elle
retrouve la con cience de ses in. lincls drc,its.
de ses pnr" attachements, rie ses élévations
tendre , de se imm.orlellcs illusions. de sa
vitalité divine. li t!Sl Lemps de chercher le
vérit.ahle amour, de le retrouver, el d.e montrer ce qu'il garda d'honneur, de incérilû,
de dé,•ouemeut, ce qn'il lmpo:)a de sar!'ifices,
cc 11uïl coûta de douleurs. ce qu'il arracha
de vertus aux. faible se de la femme dan un
siècle de caprice, d • li!Jtlrlinnge el de rou~rie.
Pour n'avoir pa. eu Ja ruèml' puhlicilé, la
même popularité que la iralanterie, vour
apparaitre au second plan des ave1llures du
lemp , hors du cadre dl!S
mœurs gi.'·oérales, de théorir
régnan1es, de$ haLitude morales et de la pratique journalière, l'amour Yéritable n't'n
n pa moins eu a place dan
le dix-huitième iècle. Uue
l'on prenne en ce temp
l'homme yui a le mieux peint
l'i mpudenre di; l'amour en
vo!!l.le, l't11égance de on cynisme, la politesse de son
lilmtinage, Il' rom:mcit:!r qui a
écrit le 011/ia, les Égarement.~
du rœu,- el de !'esprit, la uit
et le Mo111ent; que Lrouvc-l-on derrière on
œuvre el au tond de a vie? une ffij" Wriense
pas.ion, un booheur el une religion voi!éi;,
l'amour de Mlle de Stafford•. - Voilà le
:1in1e.\la11rc.eu t.o111bcsuLitei11c11l am&lt;&gt;11rr11•c, l',ipousc
secrètement cl 1·eno11cc llOnr lui à son 11um, il a
f:1111ille. à w p.~lri,•. Crèl11 Ion vif à Pari• J~u, 1~ ~lus
~rru11(e rctr:üt,- en mo'.•mp 1em11• r1uc 1la1JS l"uuion la

�. ___________ ___
,

r-IDSYO'l(,_1.Jl - ~ - - - - - - - - - - - - - - - - - - - . . . . . . . . 11'une ferum qm~ rel amour tle Ill d, L ·pisi1•dr : il n affiché le ,rand:il , mab il a connu la plus douce. 1 on âme, a vie c t dans
na se, il monlrt a11~~i le 111alai e et l'a piraeetlc
r
:pon
e:
rl
celle
éd
action
de
sa
perramour.
onne est le char111c de . n mémoire. Elle 1.ion de c•e temp . li nhèle la ~rcrèLe oulfrancc
Il si an commencement du ièdc une
de ce pt•lil no1nhre de per,unncs ~upèricures,
femme 4ni n•lru11n: les hrmes de l'mnour. aime, elle n'a pu r,:si Ler 11 l';1mour, et elle
Lrop ricl1eme.nl ilom:e pour cc ~i~dc, riui
1e poor la \'ertu. l'ima"c
,·cul
.
'en
arracbrr.
1
Elle rcud :, l'amour on honneur, . n poésie,
ont, prcsc111 du premier coup, tool pou sé
de
la
,·ulu
ne
llù
est
apparol'
que
dan
ln
en lui renùaul le Ù•1voncmenl N la pudeur.
jusqu':rn
bout, épui é d'un Lrail les .a,·eurs
Elle bi se an euil du dix-huitième • i ,de un pas.sion, d dle n'a connu \p devoir qu'apr-.~
du
monde,
el gmilÛ jusqu·:111 fond lout ce
de ce tendre ou,·enirs dont le 1'Il'Ur humain La faute. Elle 1~ débat, elle . nccomhe, elle
rp.te le plaHr, le honheur, l'acli"ili.\ tle la
recommence
à
·e
combattre.
Elle
craint
Loul
fait es 11gende- el ,er. lcBt1uels le· amousociété pouvaieul ll'ur donner d'occupation cl
reux de Lou les siècles vont en p leriuage. cc qui l'approchl! du chevalier, el elle se
trome malh •urcuse d'en ètre illoign: '· Coupèr leur apporter de ph'•uitnde.·Arri"ée. en •1nelElle lèrrue /1 l'nvenir un d · cc.: humhll1
f\Ues pa. a la fin de· cho,es el à. leur déioû l,
romans l1ui sun·ivent au temps, el, cachés nu vif un,• pas~ion \ iolcnle ... c'e t efl'royable; Ille ée- dans Ioule IPs partie cle lt:ur êlre
la
mort
n'est
pn·
pire
...
.
(!
.Je
doulli
,le
m'en
sur les coté' de l"bi toire," ri on ombre, loin
par l · ,ide que leur e pril n fait Je Lous l
de la politique cl de la !!Uerrc, semblent de,; tirer ln. vie au,·e, n écril•cllc à l'amie qui la côtés de la vie commune. ell •· Jécomrent,
d1ap11lle 1111 l'imagination c. repose du bruil soulienl, la console, ln con'eille cl l'c~horle;
Jan rclle atmo. pht!re tlr. ~cchere.sc •I cl'édu grand tbemin, oublie ce f(Ui passe el ce t'I die fait pour . e vaincrt• des elfort. qui la goi·me, w1 irr · ·i •tilJle L furieux. besoin d'nidtlçhirent.
'on
ctmlr
saÎ"lll'
goutle
à
"OUtle.
qui m1'urt, se recueille, 'attendrit el e raC'esl un re"tet i douloureux. une honte . i m(lr, J'.iimcr nvec folie, a,·ec lran. porl, .:1vec
fmcbit. ...
. in ·ère, si ingénue •1ue Ill remords prend dése·poir. Elles 1·eulent rouler dans l'amour
C'l'sl en plein • licence, en pleine Jl6genci',
cbez
('Ill· pai- moment un caracli•rc ang:.. comrur dans un torrent, ·1 plonger Loul enque ·elle femme aime :lin ·i. C'esl en pleine
li/:rr.·, et le ·enlir passer ile tout son poids
Il :nenl'.e qu'elle montre tn l'ile les plus nobles Jique. el que le r•penlir lui donne comme
ur leur cœur. Elle· l':noucnl, rllc:, 1· proel },- plu tond1anles vcrlus de l'amour. une econde innocence. a beauté ~.'1•n \'a, clamc'11L bien haul : il ne s'a •il pas pour elles
sans
c1u
'elle
son,,.e
à
la
regretter
j
elle
perd
t.:'e:l au milieu J •s scandales du Palâis-Lfoyal,
Je plaire. tl'êlre Lrouvé'. l1ellcs, .piriluelle ,
au LraveTS de cbanron · de roués, que s'élhe ·e. force el . a sanlé, cl le lai e aller saw d'avoir oo grand honneur du temp , l'hon('elle pl.:1i11lc, ce ,1;mis. emenl, ce cri Je sour- les retenir. La maladie l'apaise èl l'approd1
neur d'une pr(•férence, de jouir de. chalouilîrance el de tendr e, le ·ri d'une •~olombe de la gr;lce. Le s, crilice la lue; mai elle lcmeols d, la , nnité: elles ne veul('nl que des
espi.-re
en
Ill
mi
éricorde
de
Dieu
ljUÏ
voit
e:t
ble ,ée dan · un boi • pl in de alyres! c· est
ru,·('è. ùc cœur. C'tist luur orrrueil et leur
tout pr:I. de lm~ de Pat:ilière, à se ôté , l,onne rnlont . fü crpt&gt;odanl qut&gt; d'amour alîair• que d'aim •r. Toul ce qu'elle ambique
,\ïssé Fe donne tout entière au che- encor• pour cet homme aurrucl elle c.icbe . b tionnent. c'est d'être jugc&lt;'.s capable· d'aimer
valier d'A die. ,Il' écrit : « ll y a bien d('s maux, dont elle n'ose regarJ1•r les •eu~ plein. el diune de onlTrir. Elle ne font que répéeus qui irnorent la salbfa ·lion d'aimer a, c de larme de peur de trop 'aLtenJrir, et dont ter : « Vou,, ,·errez comme je .ai bien aimtJr,
a- z de délicalcs. e p&lt;&gt;ur proférer le bonheur elle !!Crit de on lit d'aganit• : « li rroil 1yu'à je ne fai- qu·aimer, je ne ai. qu'aimer .... »
de co tJUc 001111 aimons au nôtre propl'e; » el Force de lib :r:ililé,, il rach~ter:i ma ,1e; il Èlre rerou l ·, all •ndries, pa . .ioWJécs, Yôili\
loule ~a l'Îe n' ••l qu'u.n acriflce au bonheur donne , toute la mai on, jn.qu'à ma ,,.1chc à le di!:ir li c Je C•' ;)mes impatient._. cl'écbapJ.e r.c qu'dle aime. ,\iméc &lt;lu d1e,·alier, elle qui il a donn,1 Ju foin ; il donne à l'un de pe:t· au. froideurs tle leur siède. Loul 1•mpre ·s'impo e le devoir et Je courage de rcf user la quoi fair · a1&gt;pr •ndr • un méliPr à son cnfaul, ~ sécs !1 se débarms,er du monde et à foire •n
main qu'il lui olirr. : •• Non, j'aime trop ,a l'autrr pour avoir des palatine cl d ruban , ell~~-mèmes une pen ée uniqnc. Et comme
gloire, 11 1lit-elle, en d ~tournanl h•s ru\ de à loul cc qui se reuconlrn el . c pré ente à ~néralemeol · femml'!,, b l'b urr de l' ·nc • trop h1•au rèw. &lt;1 l'\endr•' la ,·ir si douœ a lui; cela ,·ise qua i à fa folie. Quand je lui lanet• ·I de la p1·Pmlère .i nnP.sse, n'ont poi11t
celui qu'elle aime t[U'il ne lrou,•o rien do ai demandé à quoi eda était Lou : à obliger eu fo nmollis~cment et les ravi~~ement~
pr.;ft\r:ihlc à celle &lt;lourcu:r l&gt;, elle ne connait Lout 1·e qui ,·ous environne à avoir oin de rdigit•u,, comm(• cll ,,. onl rési 1~ .:1ux tcn&lt;l"autre arl oi d'antre ambition. L:1 douceur, vou::- 1• ,1 l1ui· un prêtre vient; ellr e détachu dr · es et au émoûon; de la pi :lé, rllc:..
J • la terre elle .ouril au bonheur ck qui1l •r
c'est le mol qui de on creur lomlic ·an
ce
mi ·ér bic corps, elle 'élève vers l Dieu arri\ent à l'amour comme lt une foi. Elles )'
ces c sou .a plume, eL donne à toutes .c,:
que
soo cœur ,·oit toul bnn : c'est l'amour apportent l'a" nouillement, nne orle de dérnleltrc•s leur immortel atx·rnl d cal"f' e.
lion pro ·terml •. Ce àmr' de pure rniron llUÎ
Comme \lme Je 1? •rriol lui dem:mùaiL un qui meurt eo état de 0 ràL'C. Et il semble n'ont eu jusqur,-là de sens moral, de conjour i lie O\'OÎL en orceh\ le chevalier. e!IL· qu'à la fi11 du si~de, quelque chose de celle
rien el de maitre que l'intclli~ence, ce
à.Ille de f,im1ne, qui 'rnvole i:ommc une
àme ùe -vierge. reparaitra dans la robe blanche àmes ·i fière:, habituée à Lanl de caresse ,
un moment i vnincs, perdent au, itôl qu'elles
de Vir•rinie.
Apr ~ s'èlre montré chez "Ile Aïssé dans sont Louchées le entirueul de leur valeur cl
son jour LP.ndrt·, dan ·on émotion douce et de leur place dans l'opinion, cl elle- se pr;recueillie. dt.1ns nne la1rueu.r pa ·io1tnée, cipitent à d humilités de Madeleine el de
l'amour parait al'ec éclat chez une Ji:!m011.1 eourLisane amoureo c. Leur amour-propre,
ce grand res:orl de tout leur être, elles le
d'un t mpéramcnl tout contraire : )Ille de
Lespin,'l..s.e. Clwz celle-ci, l' scnlimenL c. t mettent sou les pieù de l'homme aimé; elles
une ardeur d~vora.11Le, un feu uiujuurs agil :, prennlllll plai:Jr à le lui faire fouler. Elles se
toujour· ra,ivé 11ui e retourne, c remue t'l tiennent auprl' ' de lui, comme devant le dieu,
·:vritr ans r '· e ur lui-mème. Il llit d'acti- del •ur existenc', _oumise· el e mortifiant,
\'ilé, d'énergie, de violt•nce, du lureur, de baisant la tète, ré·ign.:es à tout .ans plaitlll',
.
d~lcbnîncmenl, de toul cc que la passion avait pi- s11ue joyeuses de soulîrir .
Cette
soumi
·sion
ab
oliie,
on
la
trouve
s1
de trop ,iril el Je Lr p oragem: pour l',l me
d'nnl' Aïs é. Il dure eu 'u anL, et interro,.ez• mariJllee chez Ule de Le ·pinas e qu'elle p.:1rait, de son amour, un cm·aclèrc encore plus
lui rrpondit simplement, 11aï1•cmenl : &lt;&lt; Le le; il vous p:1lpilm1 sous la main comme 1· accu é que le transport el' la \'iolence. Com•
tharm dont je me uis servi est d'airul'r {!ln fort ballemenl de cœur Liu ,li -huitième menl reconnaitre la moitre e d'un de preièe}e. Car cc n' •. l pa~ seulement la. fièvre
malgré moi el de lui r ndre la "ie du mond •
1111. {f»rr~~po1Jd1mcc d,· Gr,mm, ,·ol. VII. Jonni~l
enfanl rut dr· lo liui,;on •hr rnmauci,•1 1·l d,•
plu pnrr~it,• tvrc 1'&lt;-ltr aéatur1), ,lour•, aimnnli•, 1'11ni1\11e
c?l h\111oires de Collé, ,·ol. 1. 1
l'i\ng
11:11·. ,,,1111 •1or le;; mnn~ni, proJ!ti1i ,le 1•ar,·111
1. L,•Ure,; 1\;.- .m • \ï, ' ;, llml' Cnl11111lt•'ni. l'tll'Ï,&lt;,
-••n&lt;f.,,, lai•l" el luucl,c. p,·11 riclrt• ,,1 111 ,ml J'un1•
,lv fa ii,•uv,i•dlr c1L•se11L fo•l ,lëclnrcr I,• ruJti.i){,,

,me

p•·11,io11 ,lr mill~ i-,•11,; ,p1i' lui ft1S11it mvlnr,I ·1a1To1·1l
•·I 'lu'il l'"YGit romm,, cl rp,aml il 1,nu1•11I. 'n !,'11~m,

mo11rai1 _en11:itl . .-t lo mi,rr l'i.ail murie n•Jnl l"•nn,•o

18\û.

Il t. - JhSTORI/. -

fa1u:.

3l,

LA F~MJK~ AU

XV111°

S1ÈCl.E - -,

�filST0'1{1A

______________________________________ ,.,.

mier salons de Paris dans cette femme qui
se fait si petite dan l'amour qui demande
si limidemenL el à rnix si basse la moindre
place dans le cœur de son amant, qui re-

'·-------------------------------

mercie si vivement du ton dïntérèt avec
luquel on -veut bien lui écrire, qui s'excuse
si doucement d'écrire trois fois la semaine?
i peu qu'on lui accorde, elJe le r~'.OÎl comme
une faveur qu'elle ne m~riLe pas; et elle se
trouve froide dans la reeonnai snnce alor'
même qu'elle y met toutes ses tendres es.
l\ien ne la sort de cette attitude courbée et
suppliante. et toutes les marque d'amour
qui lui ont données ne peuvent l'enhardir à
celle confiance qui fail qu'on exige ce qu'on
dé ire de ce qu'on aime. Elle s'abaisse sans
ces e devant Af. de Guibert; et l'abandon
qu'elle fait de sa volonté dans la sienne,
d'elle-même en lui, e t si absolu rpi'elle ne
se trouve plus à !'nuis on de la ,oci~té, à
l'accord du ton el des ~entiments du_ monde.
Le plai..ir, la dissipation, les dbtraction
qu'elle rencontre encore autoru d'elle n'onl
plu rieu à ;;oo usage; et devant cet amour
11ui la remplit, le jugemeaL public lui parait
si peu, qu'elle e t prêle à braver l'opinion
pour continuer de Yoir M. de Guibert et de
l'aimer à tou les moment de sa ,•ie. Il " a
en elle un élancement prodigieux, une élc~aLion suprème, une aspiration constante· el
de toute e pensées, de toutes les forces de
on à.me, de toutes les pai sances de son
cœur, il s'échappe ce cri de lenJr" e et de
délire: - une pri~re qu_i tend nn baiser!
o De Lou, Les instant.~ de ma vie, 1774.
llon ami, je soulfre, je vous aime et je vous
attends. »
L'ainour aLsorbé dan son objet n'a pas
dan l'humanité moderne de plu· grand
exemple que celle femme rapportant à soa
amanl tous ses sentiments et Lou ses mouvement;; intérieurs, loi donnru1t es pensée
Joni, scion sa délicate expre ion, 1c elle ne
croit s'a urer la propriété qu'en li&gt;$ lui commu_niquant », se défendant toute chose où il
n'e t pa , salisfaite de ne vivre qne de lui,
dépouillée de n per onnaliLé propre et comme
morte à elle-même, ~e refw ant à parler, fer-

mant la po.rte aux vi itcs de Diderot, à a
eau erie qu.i, dit-elle. force l'allenlion, et demeurant seule ans lines, ans lumière, silcncieu e, tout entière à jouir de celle âme
nouvelle que M. de Gui.hel't loi a créée avec
les trois mots: &lt;1 Je vous aimr, » et si profondément enfont·ée dans cette jouissance,
qu'elle en perd la faculr I de se rappeler le
passé et de prévoir l'-al'cnir. EL quand le pauvre homme qu'elle a !!l'andi de tout on
amour pas&amp;e de l'indifférence à la bru1alité,
quelles lulle , qu ·Ile souffrances, qnellllS
révoltes d'un moment, sui ries aus itôt d'al.Jai ement et de ou.missions pitopbles ! riuel
douloureux travail pour réduire un cœur qui
déharde à la mesure des arrangements, des
commodités de M. de Guibert I Il faut l'entendre solliciter de lui de confidences d'amour, el e vanter, la ma.lbeureuse! de n'avoir
pa lJ oin d'être méniJnée. Quel role quellt!
•ic. le lon" marlyre ! Lui demander de l'abandonner à elle-même, se raccrocher à sa pasion, affirmer qtùlle en e t maitre. c. retomber dan les coan1Liorr du dé-espoir,
tou les soir s'abîmer dan celle musique
d'Orphee qui la déchire, lous les oirs écouter œ: (! J'ai perdu mon Eur!dicc ! » qui
semble remuer au fond d'elle la sonrce des
larmes, du regret, de la douleur; solliciter
de cel·homme un mot, un mot de haine 'il
le veut, lui promellre d&gt; ne plu· le lrollbler,
de ne jamai exiger rieo, -'oceup r de le marier richement, de le douner à une autre
femme jeu_ne el bellt!; pour ceL homme,
marcher, courir, visiter, intriguer, malgré la
Iaihlesse el la toux ; à la pièce de cet homme,
prier le succè à deux genoux; mendier,
auprè de la charité de ceL homme qu'elle
ert de toutes façons, ,l'numûne de ce dont
elle a besoin pour ne pa.s mourir de douleur;
se rattacher encore une foi à lui, implorer
son portra.it., chercher à lui faire entendre
rru'elle meurt, ans trop atlaquer a sensibilité, le supplier de se rcncoutrer avec elle à
quelqut:i diner, lui répéter : C( Quand vou
-verrai-je? ombien vous verrai-je? o lui
écrire de œ lit qu'elle saiL èlre 011 lit de
mort: t( Ne m'aimez pa .. mai oulfrez que
je von aime et vous le di e cenL foi ; 1, c'est le long, l'etfroyable marl}Te de celle
femme si bien prédèSlinée à être lo modèle
du dévouement de l'amour, que on agonie
Pra comme une lran.s6rruratioa de fa passion. [)'une main touchant déji, au froid de la
tomùe, elle écrira : « Les haLLemcnLs Je
mon cœur, les pulsalioo de mon pou! , ma
ré piratioo. tout cela n'est plu- •1ue l'elîet de
la passion. Elle est plus ruarqnée,. plus prononcée que jamai , non c111'elle ?il plus
forle, mais c'est qu'elle va 'aoéanltr. emblable à la lumiùre qui re,·it avec plus de
force avanl de 'éteindre pour jawai 1•••• 11
La passion ! elle n lai sé · dans œ temp.
assez de grand exemples, assez de traces

i'aris, Colli'r,,
~puvelles l.ellres de Mlle de Lespinasse,

j'ai contm des fomm,•s qui aHuc11l des glande,, enftn

1. Lellres de Mlle de laespim1S.Sc,

1800. -

Pnria, Jl111·arla11, 1820.
2. Uo per,;cmuu~c ridicul~, nommé Balol, ijl connu
par ses .:omparai90ns rur,lhcureuses, disait. en IHS,
eu p41'lanl de la guilrîson du c.u,œr do Mme ·de b

~opcliuîilre :

1

Cc iruêris_om ~ont asse:c commune~;

1c

qui avaitmL le eio rumine u? ill!C
c..i•pg111&gt;ll•, D
lèlra nous appren~ 'lue lu medcau_a_ la mod' pour
les maladies du se111 des r,:mme, e1J11I t~ bourreau
de Pari ,

adorai.iles pour racheter toutes les échm:.ses
do iècle. Elle a été dan qodqu s cœurs
élus comme une vertu, comme un · aintelé;
elle a été, dans bien des àmc Iaiblei , comme
une excuse et comme un rachat. Que de
beaux mouvemeal , que de généreux élans
elle a i11 ' pirés même à celles qui ont cédé à
l'amour à la mode, el dont les fauLes ont
fait éclat au mili~u de l'éclat des mauvai e
mœurs ! Que de pages elle a dictées à l'adultère, encore toule c11auJe aujourd'hui, el
dont l'encre jau_nie emhle montrer une
trainée Je sang et de larm • 1 A.près le lettres d'une Aï ·sé à un chc1•alier d'A)die,
d'une Lcspina se à un Guibert. qu'on écoule
c • · deux lettre d'une malheureu.e femme
qui aima, avec l'impudeur de _on ~emps,
l'homme aimé par oa temp ·; qu on li e ce
leUres de madame de la Pop-elinière à flichelieu : quel ba.i ers de feu l quel retour incessant de ce mot: 111011 i:œw·, répété ton~
jours et toujours comme w1e litanie péné-tranle, oonLinnr, machinale, pareil an ge Le
d'une mourante qui e cramponne à la vie!
La flamme conrl dans ces lignes, une llamme
qui consume et purifie; et n'est-ce pas la
Passion satwaol l'Amour dan le scandale
même de l'Amour?

« Mon cher amant mon cher c.œur pour« quoy ro'écri -tu i froidemenl moy qui ne
!(

r~pire que pour toyqui t'adores mon cœur

« je sois injuste je le sens bien tu a . trop
&lt;(

d'affaires et qui oe te lai sen I pa la li ber té

« de m'escrirc qui Le tourmentent j'en ui •
ure mon cœur mais je "n'ay pas trouvé
dans ta letlre ces expres ion el ces senlici ments qui partent de l':lme cl qui font
(&lt; autant de plai ir à escrire qu'à lire je sen
« w1e émotion en t'e erivant mon cher amanl
« qui me donne presque la fièvre qni m'agite
(1 de m1rme. Je n'ay pu_ apprendre que le
u courier n·estoit pa party ans m'aban(1 donner à l'e crire encore cc periL mot cy
« pour rjlparer ma lettre froide et enragée
&lt;• que je ray t. criL hier je ens plus le mal
(1 que je te tai
que les rlus VÎI'~ douleu_rs,
,c je t'aime san pourn1r le dire oomL1en
« mon cher amant mon cœor tu ne peux
1, m'aîmer assés pour seolÎr comme je t"aime
« mon cl1er cœur
cc je me meur de
11 o'estre pa
nec
« toy, mes 0 landes
ci n; mnl pas bien
&lt;1 elles gro sissent
" du double• elj'en
1( ai de nouvelle je
&lt;( commence
c&lt; peu à m'iu(( fJUÎétèr pour
&lt;&lt; cela seu 1e« rnenL ~r le
« fonds de ma
,, santé est in« vulnérable ce ne sera œpeodanl rien à ce
&lt;1 que f e père. urtouL fiés wus eu à moy
&lt;( et ne vous inquiestés pas. Mon cht!r amant
(( Lon absence me coùlera la 1•ie je me dé cc

(1

« esp'•re. Je n·ay jamais rien aimé quP- toy

« mon cœur j,. uis la plu malheureuse
a du monde hélas, mon cher rœur m'ni.me·

,, tu de mesmes de bonne ro~• je ne le crois
11 pas vous ne scntés pa, ·i vivement je le
,, scai . Mais au moins aimes moy autant
&lt;! (1ue ru le pourras.... 11
11 Jfon cœur, 1•ous m'aimrs mieu:t que
tout ce que 1•ou a1·és aimé , ccla est-il
u \ray je crain. toujours 11ue œ ne soit la
•11 lmnté de vo tre cœur qui ,·ous
c&lt; dic1e ce cho'es la pour me conte $Oler el me raire prendre pa11 lit'nce mon cœur que tu per~ Je
c1 cares e cela esl irréparalil .
,c J'ai oublié de vou , dire hier que
« l'on foil mon porlraiL mai mon
« cœur jll ne puis ,·ou en cn,1 voyer de copie,, le peintre e t
u un nommé ~(arolle qui pratique
•&lt; dans la maison toute la jour11 née, de plu je ne eroi' pas
cc c1uïl mil res~emble, \'OUS avés
11 rai on ma. phi ionomie a trop
11 de variantes c'e l pour mon
rc frère si cependant il ,ous conu \'lent 4uand vous l'aurez rn à
11 ,o tre rètüur il ne era pa dif,c ficile que mon frère vous 111
11 donne il sera bien ai e ùe m'en
u faire le sacrifice mais vou n'en
u aur~s plu nlîaire en tenant le
11 modèle mon cœur que je vou
« désire je dounerois un bras
« pour ,•ous arnir tout à l'heure
11 ouy je Je donnerais je vou jure
r, je vous dé ire avec lïmpatieoce
u la plus vive et elle s·augmenle
" chaque jour à ne savoir com11 ment je fera - pour attraper Ja
11 nui L el la nuit le jour puis la
lin de la semaine du moi ah
11 mon cœur quel tourment ma
1 vie est afl'reUct', Vous ne pOUYé
11 l'imnuiner je ne l'aurois jamais
,1 pû croire il n\ a aucune di,, n~rsion pour moy n'en parlow
" pa darnntage cela vous afllige
" san me con ·oler et rien ne ,ous
,, ramcncra plutosl mon eœur je me llalle
11 11uclque foi· 11ue si je vou mandois ,·ené,
11 mon cœur à qudque prix •file cc fut vou ·
&lt;1 ,iendriés mai ' il Iaudroit que je fu.se !rien
malade pour vou propo cr de tout quitter
&lt;&lt; je voLLS exhorte au contraire it resti:r mais
I&lt; moo cœur le moi as que \'OU ponrr : je
« rou_ ,•n prie 1 • »
11

€sl-te là tout l'amour du lemp 1'/ ~on.
l'arrni le ' amour~ bi-loriqucs de ce iècle,
n'avom-nous pa un amour plus pns ionné
~a~s a pureté 11ue celui dt! Ume d la Popelm1èrE'. un amont plo nol.Jlemcnt dé-voué
1•ncore qu.e celui de Mlle de Le$pinas e, un

.!· Lettre

autograph~ tic ll_mc d~ la Popeliuicre

o

llitl1dieu. cQllsenées ~ t, Lihhotbêqua de Rouo n.
Cnilrclion Leher,
-~· A ces ~moura un livre tout 11oul'ellcmrnl pu-

blic: Corrrspo11d1mc~ de- la com /e:;rsc de

abran

Ut

amour ~nfin pin:; cita rc que celui de la paune Aïs.é? Et, cel amour, c'est dans l'orgueilleuse maison de Condé que nous le
lrou,ons.
La princesse de Condé, à la suite d'une
chu Le où elle •'é1aiL démi là rotule, e tro111·e
aux eau1.de Bouruon-l'Archambault, en 17 ti.
La Yie d~ eaux su pendait les ex.ig-ence- da
l'étiquelle et des pré~entalions, et la princes e, qui a rait vingkept an , cause, drjeune,
e promène avec le, baigneurs qui lu.i agréent.

FEJKJJŒ AU

XY7T7e

STÈCI.E _ _ .,.

de penser tout à son ai e à ce qu'elle ajme. »
page. elle répète à l'homme aimé :
« \"ou èles toujours a1·ec moi, ~ous ne m
quitrez pa on in lant. il Ici elle se refuse à
lire Werther qni lui prendrait de son inLérêt,
« tout on intérêt étanL ponr on ami, tout
son cœur, toute son àme. » Là, elle se ràche
preaque d'ètre lrouvée jolie, -voulant 11u·11 n' '
ait que son ami qui oime a figure.
Et toojour au rnilicu des fèLe de Chantilly el de Fontainebleau le re souvenir d'Archambault re1•ient dans ce rel ra in :
Oh! le;; petites maisons tle.~ t'Î.yncs !
Aimer à di tance; aimer 1111
homme 11u'elle n'a guère l'espérance de rencontrer plus de trois
ou quatre fois dans tout le cour
de l'année, et enrore, ou les regard d'un salon; airnC'f Je cet
amour désintéressé qui e repait
de souvenirs et de la. lec1ure de
quelques lettres, cela ufllt à. celte
nature de pur amour qui écrit :
&lt;&lt; Je $CD mon cœur qui aime,
cela fait un bonheur, je m~ livre
o. ce bonheur. » Et la femme
n'est-elle pa tout entière dan
ce portrait tracé d'eUe-mêmc au
milieu d'une autre lettre : a ,le
suis bonne et mon cœur sait bien
a.imPr, voilà tout. »
Chez ce fier ang des Condé,
c'est un phénomène que l'humilité de cette prince· e dans l'amour,
la belle et ,·olontaire immolation
qu'elle fait de son rang et de a
grandeur, étonnante ahnégaûon
avec laquelle elle remet son bonheur aux mains de ce petit officier, lui disant: ,1 ~fou ami, le bonheur de ,·otre bonne e r entre
vos main , c'est de vons qu'il
dépend à présenr; lïn tant 011
vous ne voudrez pas qu'elle en
jouisse, la précipiLera dans lln
ahimti de douleur. ll li l" a dans
ces lettres un adorable art féminin pour s'abaisser, se diminuer,
se faire pour ain i dire toute petite, pour hausser l'homme aimé ju ~u'à
la prince ·~e. l)eux mois et demi. il dore,
mouillé de larme heureu es, ce randide rah,lchage du ~ je l'OU aimo )) Oll la remmc
ne cherche à faire montre ni d'i11tellige11ce,
ni d'esprit, mai· biPn seulement de on cœur.
Elle ne lais e '-d1apper de a pensée réfléchie
que par hasard et comme 1i on in u une pa ,e
comme celle-ci: &lt;&lt; ~nu , mon ami, nous nai"sons faibles, nous ayons besoin d'appui ;
notre éducation ne tend qu'a nous faire entir
que nous sommes escla,•e · et que nous le
serons toujours. Celte idée s'imprim~ l'orlement dan no âmes de~tinées à porter le
joug; celuj qu'on impose à no. cœurs pnrail
doux; d'ailleur peu de sujets de di traction,
1'.0ulrariées perpélneJJement dans no goùl,-,
nos amusements-, par l préjugés, les bienséances et le usages do monde, nous o'arons
.\ chaqitP

r

UNE RCPTUtu:.

D':iprès

U/1

dtsSill de

Moa~'. A.U LE ,JKUNe.

Parmi le' hommes qui lai olîrént le bras el
gu.ident ·a marche mal as ·urée, à Lrawr!&gt; la
pierraille Je~ vignes, se rencontre lln jeune
homme Je 1·ing1 et un ans. Une phrase que la
princesse laisse un jour tornher sur l'eunui
des grandeur· amène l'inlimité entre ks causeur, el au uout de trois jour. l'intim11é e ·t
d~ l'amour.
La saison finie, oo e sépare. La prince -~e
écrit. Elle écrit dts lettre Ioules pleines de
oeuûlle · es de cœur presque enfantines, mêlées à des tendre ses mssLiques de t) le r1ui
semblent mellre la dévotion de l'amour clans
sa correspondance. A. chaque page elle se
plaint de ce grand monde, a qui l'empèd1e
at•ec Te comlr de 81111{//t'rs ajoul~ u11 ternir~ d pu;.
sionnanl chapitre, !1u chapilr~ &lt;j~Ç racun\e m1cu quu
toute r,arolc cet ad,eu de la lin d ~fie lettre_:~ .\tl1eu,
mon t'JIOui, 111011 ~ma11t, mou ami , mon u11n •rJ, mon
lime. mou llieu ! 11

f

�Jt1ST0~1.Jl - - - - - - - - - - - - ' ---------------~
de Jil)re que no cntiments, encore sorumes.- un homme, son proche parenl · que, pendant
nou ol1ligée de les renfermer en nou - deux an et demi, Lou deux avaient cru tiuc
même : tout cela fail quo nons nou atta- c'él~it de l'amitié el s'étaient livré· à ce senchon , Je crois, plus fortement ou du moin
timent, mai· que, depuis ix mois, les complus constamment. » Le senlirucnl éprou,·~ bats qu'iL avaient à .oulcni1· leur prouvaient
par Mlle de Coudé 1';l 011 senliment i vrai, i
sincère, si profond, si pnr, ,i extraordin:iire
dans la rorruption du iècle, que ceux. ùe a
famille qui l'onl percé ou les lroublùs, le'
faciles rougeur., les a.b~orplions de l'amoureuse, tunl Condé qu'ils ont, en ont au fou&lt;l
d'eu:-.-rnrmc une ccrètc compas ion.
lin jour, son frère, le duc de Bourbon, . ·approchait d'elle, la. fixait 11uel&lt;JUC temps, lui
errait 1 s mains, el l'embra:sait a,·ec des
Jeux rouge. , la plaignant délkatemcut avec
son érnotiun. Le prince de Condé lui-mème,
malgré l'ailècluerue ruerre faile d'abord à
ce penchant, un momenl gagué, donnait pr&lt;&gt; 'que le. main au passage du jeune officifil
de CMabiuier~ dan Je gardes française ,
pas'a e qui de,·ail lui ou1 rir l'hôll·l de Condé
el Ch::rntillJ. Mais, au momenl où le rêve
des deux amant allait se réaliser, quelque
combien ils s'étaient aveuglé sur l'e,pèce de
allusion alarmaient la crainlive princes e. Des ,entimeot qu'il avaient l'un pour l'aulre;
elle ajoutait qu'elle adorait cet homme,
scrupul «malgré l'e.x.lrêm.c innocence de e
sentiments n pour li. de la Gcrvaisais nai - qu'elle ne e si..ntaJt pas le coura"'e de ne
saienl en elle. Elle tomLait maladr de ces plu le YOir, qu'elle comptait ~ur 'a force
comliats intérieurs. Dan cet ôtal d'Jbranle- pour ré i ter, mai ... , pui toul à coup elle
ment moral. une femme de sa ociélé ,•enail interrompait celle confidence par celte apo /1 lui raconler que depui. trois an, rlltl aimail lrophe qu'elle jetait à la prjnce. e: &lt;&lt; Vous
1

~

Madame Dalot
lia.dame Dalot esl fill'! d'un .impie bourgeois ,i'Agcn, q1li la laissa en fort ha âge
riche de cinrp1ante mille. écu'. Elle a,•,lil encore a mère qui a1 ait aus i du bien. La
chambre de l'édi l était alors à Agen. Viger,
• cou eillel' huguenot, ougea 1l épou cr la mère,
l't à faire éruuser fo fille à on fil ; mais la
fille était i jeune c111'on ne put que les accorder. Klle eut de l'aversion pour ce garçon,
el elle n'avail p:is encore douze an qu'elle
devinl aruourcu e d·un jeune ltomme de h
ville. nommé l&gt;alot, qui élait bien fait et
cntreprenanl; elle con entit qu'il l'enle,~àt ;
mais rela n'était pas ai é; ca.r maJa.me de
Vi«er, a mère, la garJait soigneu eroenl.
éa:nn1oins, il gagna une ~ervantc qui l'averLil
de loul, cl madame Je Virrer étant absente,
il l'ut inLroduit dans la maison lroi heures
avant le jour.Comme il allait à làtons, au lieu
de sa maitresse il enleva une jeune rùle qui
couchait a,,ec elle. li était déjà a ez a1·a11t
dans la rue quand il reconnut son erreur· il
fallut donc retourner. Par bonheur il était le
plu fort, el encore il avaiL eu la prévoyance
de mettre des tire-fond aux portes voisines,
de peur qu'on ne vint nu ecours. Il sorût
avec la demoiselle par un trou qu'il avait fait
faire à la muraille de la ,ille, el se retira
1

ête. bien heur,use, vou ·; ,,ou ne connais. ez
pas tout c'cla ! »
Celte apo Lrophe, le con eil que celle
femme réclamait d'elle, réveillaient la prince se de son Joux rêre. La relicion lui parlait. ,t., ,;ctorieuse d'ellc-mème, la fulurt:
upérieure d~ dames de !'Adoration P~rp_éLuelle ècrivait la lettre r1ui commeore :un l :
u Ah! riu'il m'en coûte de rompr le silence
tiue j'ai ol,•er,é i longtemps! Peul-être vai~je m'en foire haïr1 haïr! d riel, mais oui,
qu'il ce~ ·e de m'aimer, ce qnej'ai tant crainl,
je le désire li présent.. qu'il m'ouLli~ el qu'il
ne soit pas malheureux. 0 ruo11 lheul Que
-vai -je lui dire~ EL ceprndant il faut parler,
el pour la dernière fois! »
Elle lo suppliait de ne plu l'aimer, de ne
plus chercher 11 la voir cl lerminail par ce"
ligne suprêmes! &lt;1 Voilà la dernière lettre
que wus receHez de moi ; faite ·Y un mot de
réponse, pour que je ache i Je doi désirer •
de ,rivre ou de mourir. Oh! Mmme je craindrai de l'ou"rir ! Écoutez, si elle n'est pas
trop dcchirante pour un cœur scn.ible comme
l'est celni de ,,otre bonne, oyez, je t•ous en
conjure, l'alùmlio11 de met/l'e une petite
ctoù: ,11,- l'e~weloppe; n'o11bliez pas cela, je
ous le demande en gràce. »
Aioj f.ioiL, en ce dix-buitième iècle, ce
roman qui a l'ingénuité d'un roman d'amour
d'un Lout jeune siècle.
EDMOND ET JULES DE

GONCOURT.

dans un ch~leau 1l'un homme de qualité. Là, mourut bientôt aprè . Elle disait qu'elle
il fuL aS'iégé dès le lendemain, et il tint le n'avait point de pew: du Roi ni des princes
siège tant qu'il eul des ,·ivr~. ne helle nuit -iuand elle parla au Conseil, mai eu lemenl
qu'il faisait fort obscur, il se s:iu,;a avec sa du cardi ual de Il ichelieu, el qu'il la faisait
maitr se en Rouergue, aprè l'a,·oir de cen- trembler.
doe par une fenêtre; cc fut chez M. d'A.rpa11 pril une vi ion à elle el à. deux veuve
jon, qui lui donna retraite dan une de se
de qualilé ùc faire un couvent comme celui
maisons i mais le crédule Vi"er lui fai -ant des chanoine. ses de ~[iremonl, et elJos disaient
peur, il e dégui·enl en pélerin el prennent qu'elles altendaient des bulles du pape pour
le chemin de Notre-Dame-de-Cralll, En ce cela. Celte îemme avait élé fort Ldle el fort
voyage, la pauHe pclile eut bien de la peine à galante : elle eut une fille de Dalot, dont elle
s'empêcher d'ètre reconnue; elle était dé- était J'urieu emenl jalouse, car elle avait vin°t;;niséc en bornme. Enfin, ils passèrent en trois Oil \firigt-quatre ans de plus que sa fille,
a voie et -'allèrcn t jeter aux pied clc la prin- qui n'était pa moins beTie qu'elle aYaiL été à
ces e de Piérn1ml, aujourd'hui Madame de cel âge-lit. La fille de oo tùté n'étail pa
avoie.
moins galan Ie, el olle haïs ait a mère comme
Elle les prit en alfection et fil in.struire la peste. Toute deux onl peste , mais ne
la dame en sa créance, car elle était bu,.ue- manquent poiul d'esprit. Dan le· dernier.
note. Viger, qui al'ait des nmis à la cour, fit tronble , le comle d'llarcourl coucha. dit--011,
tant caver le cardinal de fücheliru, 11ue la avec la mère. Un paae de ainl-Luc, qui cherprinces e l'ut ohligée de la renvoyer à Pari , où chait le comte, ne le lronvant point dans tout
elle[utmise cbezieumadamela comte se., .. le lo is de madame Dalot (on lui avait dit
[1626]. On dit que M. le cardinal en devint qu'il y était) . ouït du bruit en passant près
amoureu1, et que Ualot ca eut bien de la d'un cabinet; il prête l oreille, il entend
jalousie. Par arrèt du Conseil, elle ÎUL mise madame Dalot qui disail : « Ah! mon prince,
dans un t:ouvenl, a6.n d'être en lilierlé de dire que lai le ·-vous? que voulez-vous faire'? »
si Dalot l'avait enlevée de gré ou de force, et Parmi cela, il y avait un bruit de chai es;
si elle le voulait toujours pour mari. Quelque peu de temp aprè oo ne dit plus mot; il n'y
lemps aprcs, étanlinLroduite au Conseil d'en avait que les chaises qui parlaient. aint-Luc
haut, elle dit que IJalot l'avait enlevée de son fit faire le con le ao pagode van t tout le monde.
consentement, que c·éwt son mari el qu'elle Le prince de Conû en conta un peu à la fille;
n'en aurait jamais d'autre. Ils retournèrent Sarrazin un peu davantage et quelques autres;
en Savoie, d'où, je ne sais par quelle aven- mais ~I. de Caodalle pouvait bien avoir mis
ture, ils s'allèreat établir en Guienne. Dalot l'aventure à ûn.
TALLEMA T DES RÉAUX.
01

MAURICE MONTÉGUT

,

Les Epées de fer
0
LIVRE DEUXIÈME

-

Citoyens représentants, ciro1ens direc-

leurs, ce hameau pourri m'a déjà été si•rna!P.
Je ~ernaode. qne re...:pédition j11 licière ~Oil

1J1 (suite).

Le ponilleu\ \·enail d'extra.ire la lettr Je
Turpin du fond de ou sabot cas û. Le reprê~ntant ."LLffoqué_ recola d'un pa puis e décida, prit le papier du bout des doiet .
- Qui l'a chargé do m'appo;ter celle
lellre?
.- _Un inconnu, en plein champ ... je ne
sais r1co.
Blad lut et, tourné vers le comcil, p1·0nonç.1 :
- .\(essieurs, ceci von concerne comme
moi; c'est une délation.
- La c[Uinziètn aujourd'hui, fit un membre da di lricl.
~fai ,lérôme Divol s'intéressa.il déjà :
- La lecture!
ntad communiqua :
- Voici : &lt;t Citoyen tept' ent:mts, ciloyrns commi safres, re pectueu des Irailé con enlis, soumi à la pacificalion comme
Hl_'&lt;- décret_ de la République, je m'indigne à
voir ce c1u1 m'entoure cl vous ignale le hameau de Locoal comme un centre de révolte
et dïn. urrecùon per istanle. Les homme
ont gardé leur arme·, leur munitions. lb
co_u-r~nt l~s ~pa~es et massacrent le répuhhca.m 1sol&lt;•s. Leurs clmf sont le ci -devant
chevalier Dcrnardin de .Jovenne, lo fermier
Alanic_ Gynonvez; deux ra:natiques dévoué·
au.x roi comme aux rr ~Lres. l.&gt;e plus, Geor1res
Cadoudal est attendu d'ici peu. C'e t son
refuge habituel. Uue promenade militaire de
ce cllé, demain, dimanche, à l'hl!ure do la
grand·messe, devrait avoir d'bcu.rcox résultats. ~eue lettre pouvant êlre ioterceplée je
ne stgne pas de mon nom mais de cette
qualité, que je revendiquerai, près de vou ,
/1 notre heure : Un ami des lois. »
Jérôme D.ivot, à l'ouïe de ces phrase • a.e
leuail plus en place; a11 mot de Locoal il
a1·ait lres~ailli; dllpui , il parai sait aLLeint de
la dan e de ainl-Guy, trépi!mait comme un
dindon or des plaques de fer rouge.
• a v~ngeauœ, sans cc se reculée, qu'il
redoula1t parfoi de voir lui échapper, sa vengeance, il la Lenail eaJln ! Locoal, Ha.rscoël
Turpin Le Globanic, tout cela e mèlail fai~
sait partie d'un tout. ... "i Lt1 Glohanic n:élait
pas dlh.igné, H ajouta.il, Jui, JJivot. Je m1
autorité, oo nom-là aux deux autre· .... .Ah!. ..
Et il cria, au itôt que Blad e tut :

- Dirnl, cria Dlad, lu a appri à parler
dan le clubs; le idée que tu e primt!s uc
. ont plus de ce temps; on a marché depui

~éc1dée, et Je ~emande encore d'en faire par- Marat.
tie el de présider, là-bas, le tribunal qui y
- A recnlon~ ! llL Divol. Pui . f' redre.~sera établi. J'ai me· raisons.
sant : « Citoyens, je réil,'re ma dema.ndl' !
~a majorité l'appronva; on le craignait. Locoal est un centre de rl'bellion, un repaire
Mais Blad, que sa sitnation mettait an•des u · de brignnda"es, un refage de super titions et
de là~etés, Riad penchait pour la clL!mence. d'arislocralie. Il faut nettoyer rPLIP c·awroe,
- C1to ·en , songe1.-y.... quelqu'un l'a enfumer ces loup ! Je prélrn&lt;l. hariliment
dit tout à l'heure ... , c'e. t la quinzième dé- que penser anlremcnl e~, faililf':~e. ùé ·innon(.;iation de la journée. i on écoutait cPs Lért1t des rho es puliliques, si ec n'c L pas
tror zélés délaLeur , il Faudrait fu iller, par Lrailri e et pacte avrc l'ennemi. A pré"enl,
petits morceaux, la Brrt:1gne tout entière.
wlon , si vou le voulez hil'n. u
Une voix cria :
Blad était 111ou de tempéramrnl. n"3imait
- Pourquoi pa ?
pa • les \·iolences; c'e t pour 1es épargner à
Blad bau a Je épaules :
Yannes qu'il les tonsenlit à Locoal; il lai sa
- Parce que la rai 011 et l'humanité s'y faire.
opposent! Parce qu'on est la, à la fin, de
Sou la pres ion de Jérômr ni,01. fnnrtiontuer .... Je connais les intention, du Dire~ naire redoutable, le 1·ote n'élail pas douteux-.
loirc : il con ei lle la man uétude, la ooncilia- Locoal fut condamné et tous les pom·oir ·
Lion; Pari e l Î1tti 0 ué de la guillotine ....
accordés /1 JérômP. 11 exu ltail.
- C'e l pourtant, interrompit Dirnt, une
A la 6n de celle &lt;léliliératiou, il chercha Kas
belle invenlion! Comment, an- elle, aurait- .\. kourn, voulant le que tionner. Le vieillard
on Cait pour expédier Lou les ci-devant? Je avait disparu; pendant la discu sion, il s'était
me le demande. 'e dites pas de mal du faufilé, san rien dire, par la porte entr'oulfoulin-à-Sileace !
verte el s'était échappé. H devait èlre IOÙl.

1

Le poull/.e!'X, vcnaft ife~t.-~ire la le/Ire Je Turpin au /011/J. d.e so,. sabot t.1s:re. Le repr.!senlanl recula d ~n p,s
• - Qu, liJ cllargéàe m apPorlercetlt lellr~? • - Un i11connu, en pldtt ch.Jmp••• f• nt sais-rien .... ,
CP&lt;11&lt;e ~;;.)

... '-77""

�r-

111S10~1.ll

________________

Divot ne s'en souciait guore. li a,,ait d'autres
préoccupa Lions.
.
li e somint bru quement que deux officiers - le tapitaine Numa ~te~tre, 1~ lie?teoant de ca,•alerie Deaupoil - expr1ma1l'nl
chaque jour leur inexlinguihle haine pour ~es
Chouan qui a,·aienl massacré leurs am,~;
qu'ils diiclaraienl que, paix. ou "Ucrl'e, 11
fallait du sang aux lames de leurs sabrei;, et
n'attendaient qu'une oc~sion pour de 1,ellf•.
repr&amp;aille .
n les manda leur propo a, ou . a direction le commandem •nt ,le la colonne expédi1ion~:iire, qui fut rompo)é.e de ,olontaire du
Maine-el-Loire, soldats sans crup11le , de
gnrdes nationaux, recrutés dans le goujat d.-s
ports. bons 11 toules les besogne·.
,
.
uma Me lrc, aatrefoi de c·œur et d esprit
énéreux, accepta au hésiter; Beaupoil, a,·ec
enlhou iasme. Les événeJD nl avaieotprofondément modülé ces hommes, urtout le rremier; l'idée qu'ils pouvn.i1mt ~e ll'ouver fa&lt;:8
à face avec Georges les enchanta._ L? partie
était belle à jouer; ils ·y compla1 :uenl par
avanee.
.
Mai Divol nageail dan la félicité. Penche
sur les cartes, il avait cent fois émdié le plan
du département ; connaissait le lieu.x comme
s'il y était né; il avait où se trom•alt exactement ce manoir d'Har,coët, refuge de Rose;
qu'en barrant la presqu'ile, on en tenait déjà
les hôtes prisonniers, e1cepté par la mer;
mais le pêcheur de Locoal n'avaient que des
bateaux légers capable lout au plus de Iran-porter des pas agers de la terre à quelque
autre na\'ire, insuffisants pour un échap?ement au larn-e ... el il n· • aurait pas dena,,rc
en vue .... L'é,·asion était donc impo ible.
Il n'avait qu'à ouvrir el qu'à fermer_ la
main, il empoignait d'un coup le deux obJe~
de sr iooubliahles rancunes, celt~ fem~eq~1
avait été la sienne; cet homme qui la lw a"rul
ravie, en le jetant à la ruine. Car, sans. la
Révolution, il était bien perdu .... Son patr11;
tisme s'exaltait encore à celle pensée. .. 11
glorifiait le circon tances. .
Il .oigoa sa tenue pour la~ournée~u~endemain. Il entendail être terrible, mai, imposant. 'foute la nuit, il repn a son ràlc, prépara 'es altitude . Il comptait montrer à ces
gens-là ce que la népublique_ el l'u age ~t&gt;S
pou~oir · avaient fait de l'ancien perruquier,
t.anl méprisé par eux.
. .
.dee'
Puis, au coITT de ses reOexron ·, une 1
lui ,·int qui le fit sou.cire; ses moustache le
métamorphosaient; avee une cravate un peu
haute. il dis imulerail encore le bas de son
\ isa"e • dérruisé de la sorte, il ne se révélerait
0
0
'
•
qu.'au momenl
des confus1.ons
.up:èn~e- : C.e
serait un beau coup de thé.âtre qut srdu1 tlll
son i111agina1ion.
. , .
r ce dimanche malin ou 11 parul deYant
sa tr~upe en armes, à la vue de ce singe empanathé empètré dans se bottes, rravalé pardessus ,; bouche. le mou taches héri sét!s
ju qu'aux yeux, jusqu'aux oreifü: , un mo~"emenl de gaieté fil onduler les ran?s'. Mar
Lous savaient que si le personnag~ eta1l lal'gemenl bnrle ·que, il était non moins cruel ;

que. ou sa direction, ils allahmt marcher à
de belles tuerie , piller, vfoler, mtis:.acrer.
incendier à leur ai e; cette per$pect.ive les
contint dan leur irr •vérence · puis Oi"ot leur
fit di Lribuer de larges rations d'eau-de.,·ie,
fampées sur place; emplir jus_qu'~ll g~~lo.t le
"Ourdespour la roule. ll lessmgna1t; c cla1l un
père .... Toul compte fait, il l'accl:uuèrent.
li pou a on gro cheval pa~ihle, le s~ul
nr lequel il e p1h k'nir en équilibre, el cria :
- En avant!
La colonne mohile sortit de Vanne à l'aube
naissante; par malchance, la plu.i\! commença, fine, snr le fouJs gri.. ,
C'étaitl'aulomne, oetobreetse' Lrouillard
Jans les taillis clairsemé , les fouille , sur
les arbre plu noir , prenaient des Lons d'or
rou , ou de rouille, ou de cuivre; les routes
défoncées, coupée d'ornières pleine' de boue
ou d'eau ale, s'ébc.ulaient en terre molle el
cédaient ous le pied •
Le Bleus barbotaienL. faisant jaillir l'eau,
sous lenrs lourds soulier · à clous, sous leurs
sabots ferré · car la ri!!l.leur de· temps ne
permettait pas de tenue uniforme et rérulière;
on • 'habillait, on se cbaus ail à l'aventure,
dao l'uniqne préocrupalion de e couvrir le
corp et de ne pa rnarcher pied nu .
Tl a\:ançaient quand même, alertement,
rapidemPnl, le cœur chaud d'avoir bu, et
entant l,allotter à leur flanc, d:ins leur
gourd,, une provision de courage. .A,·ec-0ela,
comme cela, on ,·a loin.
Quand il l1L grand jour, il éprouvèrent le
besoin de chanter ; il traversaient des landes
incul!es, dé ertes, à travers lesquelles la
rQule sinuait à perle de vue, ans un chaume
en bordure , ·u11s une fum~e ur l"horizon.. n
pouvait I aller de a romance, sans cra1~le
d'avertir cen qui ne devaient pa~ètreaverhs.
Bientôt la tète entonnait la JJa,•seilltâ.~e,
tandi qu; le cenlre heuglait le ~Il im et la
queue la Crmnagiiole. Il ·. en ay~1t pour tous
les goùt . Le bataillon enLLer avait la gueule
ourerle. Nu.ma Me tre, lleaupoil, Oanquant
Di,•ot sur son bidet, Divol lui-mème, chantaient comme les autres.
L·expédition s'annonçait bien; c'était une
promenade ; certes mes idor. eûl mieux Yalu
que brumaire, un peu de s0!~11 ~ue be_aucoup
de pluie, mais malgré l~ul, 11 n ' avaü pas à
se plaindre. D'autant mieux ~ue la fin de ceL~e
tournée patriotique 'ann?nçait else présentait
comme particulièrementJoyeuse ....
Les chants mon laient; après une heure de
musi11ue, cc bra"es gt:~s e,ur~t oif;. on
décrocha les gourdes el I on s oO'rlt d~ re_ga·
lades. L'i Yressc commença sourde el 5ourn01se,
en attendant mieux; dejà de" lueur mêcl1antes
pointaient dans œs yeux striés de sang: la
brule prenait on élan.
. .
Am: abords des ,,illan-e, , les répub11carns
se tai aient. y entraient, y défilaient, muets,
farouches; regardant de droite et de gauche;
désirant, appelant tout ha l'inci~ent ou(ra"e
ou jeL de pierre, qui leur aurml perm1 la
bonne repré ·aille.
. .
.
ur leur pa · aae, la rue était vide, le maions fermée , po~tes cl volets clo ; l'habitant

.,.

• e cachait terrorisé, à l'idé~ J'une vi ite
domiciliilire, de fusils découverts ous le
fumier.
C'était de ces délits ,,ue l'on r~glait sur
l'heure el dont le condamné. ne réclamaient
jdm~j •
.Aussi. du plu loin que la lronpc en.marelle était signalée, la solitude el le 1lente
em·eloppaient les l1111ne:nn. Elle fos traversait, ·e ré ignant 11 l'inaction momentanée,
oor tous étaient pre ·.é d'arriver au l,uL
- llornmage qu·on n'ai! pas le ~l'mp~~
murmurait Divol. Ça pue le Chouan a plein
nez par ici, a ver u_n sale golll de roi ...•
· mna Me ll'c roulait drs prunelles é,·ère .
Beaupoil grondait. Tou ·les de1u, à la .u!t.e
des événements, étaient devenu . ans p1L1e.
lis mépri~aient Oh-ol, mai approuvaient ~e ·
projets, et l'encadraient san répugnance. :'\a!!lJtlre iL lui eu· enl tourné le do~.
Déjà les républicain a~aient f~a~clü_ Mériadec ' ainte-Anne , Brech·1 i6 eclirigea1enlsur
•
li
Le Cranic; il avaient couvert cinq eu sen
quatre heures, au pa rompu,l"armcà volonM,
ans grande fatigue: 11uand: brus~uement, la
Providence leur offrit une d1 traction.
Dès le début de l'insurre •Lion, Cadoudal
a,·aiL interdit les mariages, il di ait alor :
« jusqu'à la victoire; » la fatalité voulut que
cela linil par signifier: ju tJ\t'au désarmement.
De ce reLard dans la sanction de amours
pay annes, plus ~•un avai~ gémi, plus d'une
1wait pleuré; m:11 le bru1L et le mouvement
de la guerre a,·ait noyé, dan leur en emble
formidaLle, ces tri tesses personnelle . .
.
Aprè la pacificalion lous les pro:°11s qm
u_n:ivaieol recherchèrent leurs prom1, es · et,
dan chaque paroisse, on e mariai~ éper~umeut. Ala suite de grandes coan1ls10ns, c est
fa détente ordinaire; la \'ie reprend ses droit~;
l'homme a besoin d'oublier le pa é, de préparer l'avenir: quand tout a paru somlirer,
tout recommence.
Or. auhameandeLeCranie. laveille, a,aient
été célébrées six noces à la fois ; toute la population était en fète; depui vingt-quaLre heures, on avait hu, mangé, dan é sur la place
de l'égli e; le ménéLrier _n'ét.a.it ~êr~ de ccndu de .on tonneau; aYail cenl fois mclé ~c
mème air sur son violon tout chaud, tandis
que le binious larmoyaient joyeu emm~I.
Partoi , de. ·oups de fou, - pacifique~
ceux-là - des appel de trompe, augment.aient
tumulte et redouhlaient la fièvre
populaire.
.
.
.
Le cidre et le guin-ardant an1enl circult!
librement autour de tables; carlessix époux,
et les six épouses, 'éuiienLréuni pour traiter
leur amis, qui comprenaient le hameau tout
entier; el, malgré la misèrP des jo~r , tous,
heureux d'èlre encore sur terre apr •s la.nt de
périls, avaienL régalé leur monde avec libéralité.
Les pay ans étaient h1r~ , d'une ivres _c
quatre fois renouvelée, la rai on perdue, délirants de gaie lé brutale,. pour l'i~ tanL i capables, la minute suivante, des pll'es éclats ,~e
colère. 11 , faisaient un tel vacarme qu 11
n·entendirenL pas venir le Bleus.

le

Qaand ce111-d parure.nt, Je · jeuM gen ,
les .i1-un fille · , par groupe tumultueux,
as iégeaient les mail!ons de nouveaux n,arié ,
leur offrant, comme r~reil, apr la nuit de
noces, une . aubade cha.rivariq11e. C'était la
coutume. el )'on n'avait garde d"y manquer.
A l'aspect de !roi. couleur fai anl irrup-lion t.lau la rète, il l' eut une tupeur int.lirihle: le ilence e lit effrayant; pui une
explosion de ré~olte, des huée~.
Alors, quoi? Ça n'était pas fini? prt'.-~ la
paix. pendant la pait, on venait encore les
lronl,ler dans leurs pauvres joies? (lue voulaient, que cherchaient ces inlru. ? il · lomhait:&gt;nl mal. .. les cer,,eaux fumaient d'alcool:
l'heure n"était pas a.tu oumi ion pa. sh·e~ •...
De huées'! l'ne huée plutôt, la 1•oix. d'une
foule; chacun y allait. Je a note ; la haine
accordait le partie , l'en emble ré onna ju le,
affirmant quoi? la menace el la ré olution
belliqueuse.
C"étail folie; celte bourgade comptait cent
homme à peine; le bataillon hleu, formé
pour la circon_tance, en pouvait alirrner quatre fois autant; mai qui ré.lléchis aiL dans
cette mêlée d'ivrogne '/
Alors, les paysan nouls el les républicain
ines e me urèrent de ·eux.
Oivot eut peur; et ayant peur, de1int plu
fèrucc encore. Il marchait en tèt.e. ne soupçonnant aucun péril; il fol cnt-ouré; un Chouan
sui it son che1'al par la bride, un autre lui mit
le poiott 011s le nez. lJ clama.. h]êrue, éperdu:
- A moi, la llépuhlique !
En une seconde, l:leaupoil, Numa .\lestre, à
coup de plat de abre, et vingt soldats, à coups
de crosse, le dégagèrent, le protégèrent, en
l"en"eloppant.
Mai" alors, de lollle la rue ordide, des
pierres, des ordures volèrent; les sifilets, les
vorilëralion décuplées se m~lèrcnt aux hurlements; • ur la place, un gar épaula . on fu il,
chargé à blanc, 11 a Divol. Celui-ci ,11 le g~ te
et s'aplatit, embra ant l'encolure de on cheval; le coup partit, ·ans autre effet que du
bruit et dela Iuruée; mais qui donc raisonnait?
Gètte bravade imbécile fut le signal d'une
bagarre. Numa Mestre commanda : (( Baïonnette au canon! » réservant, cependant encore,
la l'u illade; mais, comme le pay ans, décidément dément·. se jetaient sur le ' fusil ,
s'efforçaient de les arracher Ulll mains de·
meu mal à l'ai e dan la place étroite, Di,•ot
n'hésita plu ; d'une voix de tête, lëlée, suraiguë, il glapit :
- Feu! Jes e1ûant ! Feu ! Ilalnyez ! Balayez! Feu!
Au iLôt, comme - on le sait. - la colonne
e compo ait de bandit , amoureux de la mort,
une mousqueterie à volonlé 'égrena, s'e paça,
prolongcfo, ·uccessh·e, et disper a les a' aillant .
Quelques-uns re, taienl pourtant, mai le
nez à terre ou tomLés ur le do , face au ciel.
J"rôme Oi,·otrespira; ce fut d'un ton redevenu calme qu'il put dicter es ordres.
- \menez-moi do11c deux de ces bougresl~, qu'on sache un peu ....
Les premiers appréhendés lui fnrea! con-

du.il ; il Je. in1enogeait, maje lueux et
~è\·ère :

de la répres ion à la r,trnndeur du délit. .l'é•
pargnerai le 1illage; mais, pour qu·h raverùr
,·ou sarhil'Z et n'ouLliiez pas quel ar..cneil e l
dù :11u trois couleur , comme exempl• ....
Jtlrùme Divol, dans l'oppression de,; poitrine.. l'épou1·anle générale, su pendit son
di cou~, ména~eant es effets. en bel arti te;
il prit un temps, pui. •"ndressant celle foi à
Deaupoil :
- Lieulenant, prenez vinnl hommes et,
là. contre l'église, fu . illez-moi ces joli
cœurs-là.!
Un cri d'horreur, de colère dé.,11 porét&gt;,
jaillit de. gorge. dan~ la foule. Les soldai .
amusé.s, c regardaicnl entre eux, ecouanl la
tète : « Étonnant, Jérôme! Pas lianal, Divol 1
Il en a de bonne , le eilo eo commis ·aire 1 »
Et, spontanément, deux cents polir vingt s'ol~
frirent
Il y eut une nouvelle bagarre, encore 110
jeu de haîonnettes; le· six. condamné~, stupides, furent pous ·és, trainés, jetés au mur
de celle église, où le prètra, la veillP, avait
béni leurs mariaaes.
Uue détonation formidAble ret1.:otit. Il roulèrent tandi que leur jeunes lèm.mf':. - si
peu femmes encore, - maitrisée dans les
bras de leurs pères, de leurs frères, hurlai.en!,
les mains en l'air, veuves après une 11uil.
Numa llestre fit un gc te; le. tambour
battirent, couvrant la réprobation, le malédiction , les oulrag s; et la troupe, reformée,
régulière, orlit du ,,illage d'uu pas égal cadencé, militaire.
Derrière eux, doutant de leur , ision, de
leur mémoire, les pny an regardaient saigner les cadavres sur la place, le cadaues
au milieu de la rue; 11'arrirai•nt pa à comprendre que de telles catastrophe. pn ·sent se
produire en au si peu di: tempi; ....
Au loin, le bruit diis tambours 'en allait,
décroi. sa.nt · la colonne des Bleus serpentait
à lraver la laode, ur la route boueuse. Il
ne pleuvait plus. n doux soleil d"automoe
cherchait à gli ser un regard à traYer les
nuées plus léarres; le vent de mer fouetta les
visage·.
.Alors, sorlie des rangs, nne voix prononç.i :
- Dans une heure, 11ou eron h Locoal.
Uivot entendit, rem!!.l'cia d'un signe l'oLJigeant inconnu qui lu rea,;ei!!Dait; pui ·, r levant es moustaches., il le· bérissait encore,
remontait soigneu. emeul on amplr cravate
de satin noir par-dr.ssus son men ton. U enLrai t en cène pour le dénouement.

« Que voulait dire cet nceueil au drapeau
de la fiépuliliq-ue? Etaient-ils soumi~. oui ou
non ') ,,
Les deux pay. an . 1111 p u dégri é , hochaient
la têle, cherchant, à p.ré, nt, à ·e lirer du
lllauvais pa ; et l'un dil :
- Voilà : on se marie, ·ii garçons, six
filles ... on se rtljouit .... ans faire de mal. \'nus
arri1t'z ... on ne sait plu •... Et pais on a. bu
ferme.
Di"ol s'intéres, a. ;
- Ah! uaimenL.. on ~e marie? ix garçon , ix fille~. Eh! bien. qu'on m'amène les
ix garçon' ... je veux les complimenler moimème.
La foule, ,•oyant qu'on parlementait, s'était
rapprochée; houleuse, mai contenue par la
peur renaissante avec la raison, elle écoutait
A cet ordre, il y eut un recul, un silence
sournoi de méfiance el de con ternation. ' u]
ne bougea. Di\'Ol devint pourpre :
- A·yez.vous entendu? Allei me chercher
le six mari~s, ou le ,'Î!lage brtHe ....
Devant celle menace qu'il avaieut sérieu e,
les paysans .e décidèrent. On le vit frapper
aux portes des mai.ons où les noul'eaux mariés avaient été retenus par le bras de leur
femmes loin de ]a bagarre, à l"abri du danger.
Dans chacune se passa la même cène, le
refus de l'époux, la résislance épouvantée de
l'épou e, accrochée à son homme et ne le cédant pas
Ce fut presqueJe force que, un par un, iJ
comparurent, trainés derant Dirol. TêLe Lasse,
il· gardaient tous la même altitude. Les hras
collés au corps, le re"ard en des ous, fué à
terre. Cerle', il avaieut de mauvaises figures,
avaient dû commettre, au cour de la campagne, des forfaits impunis; mais, cependaul,
ils ne méritaient pas, peut-ètre, le sort qu'nn
hasard leur allrihuait.
Divol le considéra du haut de son cheral
el les railla d'abord :
- Ah! c'e t \'ouslesamoureux,Jesa.imé ?
Eh bien, clics ont un fichu goùt, vos fommes! Regardez:-ruoi ce mu eaux-là?... ontils assez laids, ma parole! Vous n'auriez pas
pu vou débarhouiller pour le Jour de vos noces? ... Aht les "ilain moineau~ 1
Le soldats riaient. appla11di saient. Le
commissaire du pouroir exécutif, radieux de
son succès, continua, mais sur un autre ton.
Tourné ver la foule, par.de sus la tète de
ix "ar:. elfrqodré , il jeta :
- Paysan , je devrai vous pa -.er tous
par les armes, brûler votre repaire; car \OU
IV
ète les ennemis de la RépuLlittue en rébellion contre ses lois. La pre1IYe 1 c'est que vou
- u, ont es ayé Je fuir, dit Alanik.
avez dan le mains des fusils qui devraient
- J'en étai ùr, fil Jol·enne; heureu enous être füTés depuis de moi • Vous vous men L, Lu veillai .
en servez auj urd'bui, pour vos réjoui sances,
- Oh! répondit le fermier, je n'ai pas eu
soit! Qui nous dit que, demain, vou ne les grand mal ; de ma porte, ou voit la route et
tournerez pa conlre nou '? Oui, je de\•rais le pont.
ètre sans pitié, taire la place nette par le Ier,
- Us e ont retiré ans mot dire?
par le plomb et la flamme ; mais la Répuans un mol, et tout de uite .... Jls rm
lJlique entend, à l'occa ion, se montrer ma- voulaient pas être reconnq ; il se figurent
gnanime, proportionner justement la .évérité qu'ils ne l'ont pas été.
.... 279 ....

�~ - HlSTOR.1.Jl
- ncorges denail bien ,·cnir ! ·oupira le core quelque ou&lt;:i lntur an mailrti d'IlarchPvalier.
coët.
- Ob 1 oui I npprou\a r.~11ouvez ... lui seul
De celle animo. ité n-éoérale, Rose lli\lot rcpeul nelto •er tout cela ....
cueilfait
part. a bau leur,
mépris
Il: eau. aient. l'un d1~vant l"aulre - k
.:n11ienl dt!jà la é les paJSllns au Lemps où il ·
bras croi,ii~, k jambe. êcarl~es- ~ l'entrée
de~ Rl'po, •.. Enlr • ce deu · hommes, la confiance était profonde, absolue, has,;e sur des
éprem·e · répétées. ur une longue expLlricnce;
rui il. 111,1ienl, n plus, un point oommun
au cœur : lrur Jé,·olion à Claudine.
Gvooun:z ne avail comml!lll racbi:l r ·es
dwi111:es du prrmicr jour; ~ sa nzerain
cnliu reronuue, il prodiguait s.in ces c les
man1u d'une affection p11 · ·ionnée, toujours
•n é1eil. qui l'en rageait lui-mêtne el toute .a
rnaLon ; tlza ne parlait que par Ck1uJine.
PcnJanL la ,unrt', .ou,·cnl elle était mon1~ • aux flppo~es, Yoir ut fille, e foi1 conoler par 1•lle, dan_ sa peur pour l'homme el
les p lits.
Elle amenait Tina. déYouée die :iussi,
J'instincl el par imitation.
Alors. Ioules deux, Jroile • de1·anl l'béritièn! &lt;les nnci.cn · sei ..neur , leur Glo,lwa,
écoutaient, recudllie · c" paroles chnntante ,
'es cncouran-eme11t., se· ras ·urantc conjecture ·: el ùn alltaienL réconlort.ées.
Pui , aux jour. ~omlire , quanti lei enfants
paru/ iievanl .~a lro11te t n armes, tm~11aché,
du clocher élaienl re1· •nu· diminué de moiti:, Divol
empefrt .ta11s su en/les, crJ••.JI~ p:,r-.J.c!;s11s l:z /&gt;Ouche, les 1/IOUSl:J&amp;hes hHisskS Jusqu'.JU.t re,ix, jU$•
clamant la mort des leur~, - &lt;l'Ol1cr, de
;iu'Ju.,; oreil~s. (Page 1.; 8.)
Pa.nch, ·urtriut, - c"ét.ail Claudine 11ui, certains soir , bravant le péril &lt;les rencontres,
ét.a.il dcl&gt;ccndue i1 la forme. apporh!r telle
mère, au cœur truué Jeux foi·. de coura"eu, l:i tenaîenl pour une Le Glob,t0ic légitime,
avérée, authenli4u , mais pervertie , l'étran' " aÎs d'inutile consolation.
•cr. Uepuis que des soupçon: ,u son idenEl l'llo ;n•ail pa é des veillées lunbrue:,
parlanl dan le _1lence des Hr otcalilé : 1ité commençaient 11 circuler et prèna.ient
. ·elTorç.10 t d'inspirer celle foi dans la vie lous lus jours un peu plus rit: con istance, oo
qu'elle proies a.il si peu; sc méta morpho anl b détt.ist:iit un peu mifüx_ a\CC llC r'·scntiment d'arnir an doute, été trompé par
en prêl•beu~c d'e. poir, eUt•, la dêsolét:.
Au rmour d',\lanik, ma\ .. ré la mort de Jili, cil ; tou · l:C grieC :iccumulé - promella.icnt
la mai. on a1•ait repri une apparence acûvc; J'énergiques rc\ancbcs. On alle111lail l'ocpour son homme, "éza a\'nit ravalé ·es pleur,,, ca ion.
ne ,ouh\111 pas l'allristcr encore du repl'ocbe
u seuil de Hl'po e,, Claudine parut; il
vi1,tnt de sa face douloaren~e.
Eu lre le , Reposes cl le. moulin. le · com- .cmblail, à la füir, 1111'dlc l'ùt autre; a démunication~. mal •ré la tli tance, .c cunli- marche était plu lente, plu~ graYe; elle avait,
dan l'oxp ion du lllia"e, celle placi.dilé
1111aienl .111 · interruption; le cbâlea11 donnait
le mol d'ordre à. l:i. ferme; la dernière. oon- dt:s àml!s .alisfoitc-.
A sa vue, Bernnrdin _'(,caria.il d'A.lanik,
·iirn :tait : Empi1eher h tout pri:t Turpin Le
Gloh:.mic d'échappt•r :m jo,.cmcnl tptl l'al- s'emprc. ail ,·ers elle, tenJ,,ît le· d ·u main
1l la foi , souriait au ·i, tria · donné, tr~ intcndnit.
.\Jauil o·y avait point failli; il ét.ail, d'ail- Lime, lui ouhaitanl du liouheur a cc dé.Ilot
leurs, condé en cela pnr le ...-illa e entier. Je jou.rn le. Elle répund:iil par un sourire
emblaLle ; les mèmes vœ11x el surtout la
~an fournir d"e plicaliou. , il a\·ail obtenu dix
même adoration des yeu . révélant tant ù~
e ·pion~ volontaires, le jour où il a,•ait tlécla.rc
que Tuq1i11, déchu &lt;le ·es droits, riurail à rë• d1ose..
i Gp1omez n'arniLété pr 1 ·cnl, ile l propondre de ~a conJui le dernnt Gcor"e ; qu'on
1.,ablll
11u 'il eus ·cnt prolon°é, en la resserLle,rait le ·1in-eilll'r tllroitemenl. lui Laner
rant,
leur
clrcinl .
l ' roule ; et, cc jour-Là, le cbd illlpopulaiN
La jeune fille, ou mil!u~ ln jeun femme,
ne lronvn pa nne voix pour réclam!'r eu a
faveur, crier à l'arbilraire, el l'ai· 'rtir !i s'en vint au fermier à son tour: il ïnclinait·
elle avait grand air, repri . depui • peu, Je
propo .
Pui la présence de la Haie Claudine am tontes le· llcrl6. 'foujour~en1barra .é devant
Repo e• fini sair p:u- se ùivulgucr; san cer- elle, il ricanait, don ail d'un pied sur l'antre,
titude ur :-ia per onn , le pay an du Locoal, tortilbnt son chapeau; cc Chouan ·ans peur,
an · pitié, était timide; il di ail, pour dire
à force d'mùuction , tournaient autour d11 la
Ytlrité; if - de,inaienL qu là sü pr ·1Jarail en- quelque cho ·e;
07

- U11rs. madt'moiscllr, c' t-il hientc)L
11uc \"OU r.cnlrez dans Har~cuët 7 Vou nou»
offrirl'z u11c ~anlé, ce jour-là 1...
Elle 11: tonsidérnil le yeux mi-clu., l,ien\'eillarrte. mai loint'1ine .... Elle Yinit dan,
une atmo~pbèrc Je rêYc, entre la joie et le
Jé~e poir; ne savait plu · quelle était la
réalité, d • la morl mi,nar:inll'. de l:1 vir prodiguée. Poussée par le Ycnl. elle allait devtml
lie. ignorant où.
Enfin, ellt• rép&lt;mdail :iu fermier par Je
douce- banalités; le cliargt•:iit. pour :.a lemme
el sa fille d'a.ff Lueu~es parolr.-, le renvuyail
ra,·i. Ellr arnil "e do11 cl1• s'attirer le
cœur·.

G..-nouvrz iffia son chü·n et 'en alla. De
IQin: Joyc•nne lui criait encor• :
- Alk-nt..ion aux roul ,, ! ~unl'lllc le
pont!
EL de loin, nus i, le papa11 agirait ~a main
:m bout de son bras étendu, en t• ouant la
tête, ec qui . iguifiail :
.
,OJeZ trarn1uille ... liez-vou à 11101.
.Bernardin s'en reüut ~ laudine. Un hanc
d, pi ·rr • êtail procbc, dan une encoi·•1wre;
il prit laj,•une fille par b Laill1: et l'y entraina.
11 tombaient as ·is l'un à coté de l'antre, el
In main dt• l'amant aimé n'arail point (Jllillu
le oor.-, ge Je l'aim • airuant1.
Ch1tcun cherchniL ou imng • dan, le prunellt' d l'autre; il i.; tuirèwll •'li cuxmè1m•s, raclieu1. mêlant leur ,ouflll': pui ,
:iprès une pause, lentemcul unir •nt leurs
lèu · : oublia.nt la terri:', le dani.:er. , h°!"
frères félon 1•· roi·, le' rêpuLliq,;c,.,: bornant l'e pace au lieu oît il - iltaient, I• lt•mp~
i1 leur Tcncontre, et leur d,:sir à la proehai11c
nnit.
iulollr d'eux, il se fai.ail, dan un ::ra.ad
calme, un grand .ilenœ. Lf' malin1t1•~ tle cet
uctobrc r ·lcuaicnl d • · ùouœur d' sepleinbrc;
pa de 11i5e, des rluie. lénèr $, toil,• d'aci r
line imprégnée el traversée Je ouùain~ e. sah
de so)Pil, Celle année-là, Ll's méfaacolies de
l'aulumne n'étaient pa - mélancolique · ; par
conlrasle , u drame de homu1es, hi nature e
plaisail à de langueur oi'ÎY , à d pnr ·es
heureu · ; elle refu ail cl'a\'ancen rs l'hiver.
fü en.usaient à Yoix ba. e, de quoi 1 d"euxmèmcs. Ob! non pas de leur personnalil~
antérieure et tragiques, du ch •f des Chr,uan
ou de la noble fille découronnée d'llar,coët;
non, non, ceu -là étaient hitm ouliliés; ils
causaient d'un Brrnardin amour u,i; &lt;l'une
lnut.line; d'une Claudine amoareu e d"un
lkroardio; cl le premier racontait, en détail.
ce quïl pensait, cc r1u'il souffrait, r1uand il
n'a\·ail plu Je ·ant les yeu la chère image;
el la seconde dépeignait a tris~. ,e cl son
ù~ wunérnent, q_ua.ntl, par ha$ard, cite e
Lrouvail ule.
U· ét.aienl graves et puérils, é •oï,te à
deu., déinlércsés de tout. occup: d'un
nuage, ,ournis cl révolté , rid.ieuhi, el ·ulilime .
Il arri,•aient ju teà. C('tle éporruc où l'runour
même i.e transformait. Entre l'amour qui finil
a,'ec Louis XV al l'amour qui va noitre aprè..~
la R~l'Olution, il y a la difl'érence du rire aux

larmr. : du plai:.ir à la souffrance. On ,,a
rèver, on ,,a compli•1uer, rp1inte sencicr, dépro\•cr, par une morliide po{,sie, c~ qui n'était
Jadi~ qu'arrré:ible pa.,~temps.
L'amour va devenir le but de la n.e; il
l'emplira. A llicheliou, Lauzun, des Grieu.
nième, ,·ont suret1der 'erlher, Manfred el
Bené; un àme nom·elle ·e rt!"èl ': ~pcrdumenl, olitairP, .:i elle o'e ' l pas acs·ouplée. Il
se prépare déjà, cet :imonr roronne1 que, 4ui
de,iendn romautiqoe pour finir en pas.ion
délirante, dont s011ffrirn le di -nenvi\m · iècle
à na(lre; une tri '!esse e li se d,rns les joie
couqui.r,q; une joie_ 'éprOU\'C à. .oulTrîr d'm1e
cerlai ne foçon.
On :i des scr11p11les, on a des rernord . 1)
ces &lt;l 'fiente e , le,,; am::wl. Je la Uuhorry
n'ayaienl poiut l'embarra •. E~l-ce mieux?
Et-ce plu mal? 011 ne .ail p:1.!, C'c t aulre
chose. Le iolluence de Jeru1-Jacqu Ilou eau, ùe Ilt!rn.1rdin de aint-Pierr • ne ont
pas .!lran,.èrt!s à ces alan!!Ui · cmc11t,; on
convie la nature à ces fètes des cœur · ; il leur
faut c décor : d ' bois , de champ • la
mer ... de lae: urlo11l.
El cet r.lat nouveau n'e·l pa locali é, n'c l
point 1mrticulier aux oi iYe., aux ongeur de
Pari .... Il a péuétré partout, parce quïl e l
l'idée du jour, l'air du lemr~; il ~e propa"e
·ourd m nt, an qu'on ·ache par où, ni
comment; il narne la pro"ince, même. ou milieu de. merr • &lt;lu [rnC3Ji de arme . Ou
mieaY, peul-ètre, ce ont les guerre- qni
dispo~enl ]('s csp1·its aux alarmes. am: ·onge'
creu ; l'ébranlemclll cérébral de la oolère et
de la peur e prolonge en défaillanct•, en
mièvreries ner1•eu es; Les ames tri l~· font
l'amour triste.
Derriere leur~ londe.l, leur rocher le ch vaJ.Îl!r de Joyeuue, la demoiselle d' llarscoël
n'étaient pas à l'abri de celle angoil-se euümenlafo. an le ;avoir, il la nhi saient;
peut~tre ajoutait-cl.le encore au charme éLroiL
Je leur · crète union.
Eo debor de cause réelle ·, i éLaient,
tour à tour, fién-eu emenl ewtés ou ·ombr..menl aballllS; tantôl rôdeur di · iinulé :
tantôt radieux complices. Toul était é1JuiYoqm·
dan lt&gt;ur ·itoalion; jamai ooncour tle circonstances ne cré:i plus d'amhi.gu.ïté aul.our
de deux être . Et, dan leur ca , il , a1•ait autant de folie que de rai:.on.
•
Au Init· ptéCÏ' emèlui &gt;nt I vt ton propbéli&lt;1ue•. Elles pe aient, d'un poid· égal.
sur le · · véoements et la condu.ite d âme ·.
C'était, pour c s personnagcS exc •p1ionnels,
dans ce pays de uper tiliou, de. br uillard 1
de fanlômcs , une e lra O"anle Cllnfu ion
d'ab urdité· acceptée. et de réalité Lrop préci e . !archer droil ùan · ce cbao den:ruùt
impn il,le, I 'y lais.ai nl aller.
- Bnoardin!
- Cl utline!
li s'appefaient aiosi, r1;pétaienl ceol foi
leur nom pour le plai~ir de le prononcer, a~
l'enkndre. Nnélr l'un &lt;le l'antre, il pensaient ala foi ... , e répondaient a nnl dt!.Lre
quesLiono' ; cela o les étonnait plu .
ClauJrne accueillait les jour an \'ou.Joir
0

mis~ion qu'elle 'était prci;crite. Elle charmait, ravi- ail, en ·h:mtaiL cc re" te d'une ,·ie
qu'elle pré"oynil hrt'!ve; offrait à ce condamné,
dt;jà m:irqué par la mol'l, Inules le~ volupté·
humaine!, les terrestr délices qui fooL e11\'Ïahlcs encore le frn lei, plu 1ragi,1ues et
le' plus court· de ·tins.
Pour elle-même, si elle de\ait urvivre au
drame, , ~c, nouv(&gt;lle ou!Trances, ,,If' accumulait le 0111·enir . afin d'«m peupler c
future solitude . l'arfoi , avec llfl!! oh~ûnatiou
donlouren:c, rllc conlcmplail ou amant à
genoui devant elle; il uc 'en doulair •uhe;
·Ile l'apprenait par cœur; cll • gra"ail dan
sa méruoire lt• traits de celle jcnnc tète
qu'elle tenait dan H' moin , qu'elle baisait
aux yeu , avec l'ail'reu~i= pensée des tpnraLions ratal . d •· arrachement~ prochr .... El
la r1holl · alor loi durci· ail ltlS Lrait .
JI J'inlrrro"e.:iit :
- ,\ 11noi on e:-tu?
E\·a,ivc, die ·en tirait facilement par 1111elquc mensonge; l'évocation ~ •nie de on pa.ssé
ne surn. ait• •lie p:1 - à l'as.ombrir ainsi'! IL la
croyait: il la cro}ail en cl!la, comme en tout;
car jamais confiance ne fut plu nveu"le.
tant lui-mi!mll d'intelligence moyenne, il
lui recouna.i sail une âme supérieure, 'exta·iail à l'enteudre. alor qu'elle t'iprimait la
plu impie perde.
- Oi1 va. -Ill ·hercher ce tp1e Lu Ji
Elle ouriaiL, puis répfü1uail :
- Plus on a oulîcrl el plu on a
d1does!
Il n'in.i ·tail pa , cnr le ·ujct étail pénible.
ll •~nra eait à r. pptler - san · counnître le
pire - le. anci, 11111;,, tortures dti cdle qu'il
- aimail; sa haine pour Turpin 11'a1·ait pa.
d'autre ourœ.... lmpntit&gt;mmrnt, il al1cudail
le jour du règlement Jcs comptes, dt•cidé, .ile tribunal de· Chouan. ne raLait p::is ju ·lice ain. i rpùl l'enlenùail, - à vc-11 cr, dt :.o
main, cette anrienne dctime qu'il arnit lra\'tstie en glorieuse idole.
)lai., en r·e J0Ur, il t'hassaH les furieux.
projet· suggéré· par la haine, se plongeait
tout entier san mtihmgi:, en la mol1 • douteur ù' amour. partagée.. El Lou deux
.~'allardaicnt ur le Lanr, le main~ join1es;
riant, ia1érienrem.enl, aux sou~enir~ de la
Yeillc, aux espérlmces du soir; comidérant,
llllil la 1
·oir. la roule cp1i fui·ait cltwanL eux
du colt de la mer.
Peu /1 p u, ce1wndant, l'O?il de Bernardin
s'intéres~n : un point noir venait d'l' surgir
qui !!ra ndi sait, en :'approcb.ant, rapide. Il
marmotta :
- Qu'est-ce r1ne c'c 'Lque celui-la'/
Cbmline rC'gart!a.it à . on tour; ruais ell
T~ùt.is. ,. Ils ga1:Ull~111 tous lil m. me i1ltflI1j": lt·s
t-ras collës au corps, le nl(ar.1 c11 .Jefso us ~ries.
n'avait pa. (P" t •rébra.ntl' · prunelle tl11 chf'[
ils 11~afwt J~ m;riv.:ilscs jig11r~s, ... (J&gt;:ige 279.)
chouan. Entin, il reconnut l • per-onnnae qui

&lt;'akuler rpJellc l'Jl serait hr ~omme; ils 1:taienl
le. l1iemenu ; apr \ œu -lb, elle en souhaitait de S(!mblabll' ·, el n'allail pa. plu loin.
Eli() repou . ait l'a,•enir, 'accroi·boit au
présent.
\lais trop sourent, Uernnrdin la rappelait
aUI. lurreur: du lendemain; c'éLail lorsqu'il
lanç.,il ( lui ~uî oc sa\·ait pa ) dans de
proje1 uperl., ,, pour Je:. bonheur futun-;
11u'il prédisait la paix rewnquise, apr~. une
derni~re guerre terminée en victoire; la
royauté rétablie, lrt llrel:t~ulihre, les Chouans
honorés. Alors on serait heureux, rich ·, élevés au prl'.m.Îer rang p:ir la rl!t'onnni sam·e
d,•_ princ,:,s; cl le jour où Claudine reprendrait oo 1'l'aÏ nom ·eraiL au· i celui où la
noWesse bretonne , apr~s mille aventures,
brillerait d'un nouveau lnslre el d'un nom-eau
crédil.
lai: la jeune fille, à ce· projeetion ur
des féllciré au, i chiméri&lt;1uc que lointaine.•
r6pondalt Yaguement , sans témoigner de
fièvre ui d'enlhoIDim,me, ni mèrne de croyance.
Bernardin lui reprochait on manque de loi,
on peu ,.rauacbcin ut à I cause.
- T11 c une maumi c royali le.
Elle secouait la lèle.
- .'on ... m~is je n'ai qu'un roi ... qm
n·c l pas loin d'ici.
Et
se jetait dnns ·e hrn . \ aincu, toujours charmé, que poumit-il r~pondre'? LI
'enchantait dan œ.t amour; de c.i'lle jeune
eristence réiugi: en lui; il épi.ait ·ur ce cher
visage, qu'un grand cœur gênére1U colorait
ll'un san par, le reflet immédiat Je
pro-

~ne

0

llr\Tl!llrul.

pr senlimen~. ~i queh1ue idée ecrète lui
îai"ail fronœr les ,ourcil , touL de 11ile, ur
t~ vis:ig.-. auné -e peigoaiL une angoi se. Étaitil !!ai? elle resplendi ·ait.
.Ah! ccrte., elle acoorupli sail dnu Ioule
sa beauté, da to11le sa arandeur. cette folle
... 28! ...

.

a

- Le recteur ... annonça+il. la Hrix ennuyéc.
Claudine c 1 1·a.
- Vien plu· loin • répondit-elle; il csl
inutile de l ïodigocr encorn !
Il approuva d'un signe de tète· et tous
ùeu. •'écba~pèrent derrière la \'ieillc wu-

�1f1STO"J{1.Jl - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - raille, se courl,anl un peu au niveau de la
crfüe san se l:lober la main ; landi que,
&lt;lan le Loues du chemin, pataugeant h plein
pieds, la soutane troussée, le chapeau enfoncé
m· le cràne, le prêtre 'a\'ançait à contre
vent, lançant el ramenant d'un geste de fauc·heur son grand bâton noneu ; ilhouettc
énergicp1e, robuste encore malgré l'age ....
Le recteur .Allano, pr~Lre réfractaire, cnré
tle Locoal, détestait le péché; c'était on devoir assur 1ment; ·ela fai ait partie de sa
mi bÎon ur terre.
Or, non seulement il le délestait, mais il
le devinait· et certain péché, principalement
celui qui donne de l'e, prit aux fille . Aucune
ne trou1·ai1 gràce de\•a nt e yeu"t lerriLles, i
a consciPur:e n'était pas en repo . Quand il
passait dcYant les fermes, dans le rues du
village, il regardait fixement les femmes, el,
i elllls rougi saienl, baissaient la Lêle, cherchaient à fuir sous celle inquisition, j) les
arrêtait d'un geste, d'un cri :
- .lnuaïkl Dcrc'heed I Fantaou! Lu te
sauves? tu. a péché;_ tu sans le i,écbé ! Rappelle-Loi n~criture : Eve an i se au1•ai1 devanl Dieu!. ..
Au milieu d'unefouleallirée urles portP.,
il accusait de la faute, menaçait dtl l'enrcr les
filles effarouchées, humiliée , furieuses, qui,
scion leur tempérament, fini saienl par rire
ou par pleurer.
Il ne se trompait guère dans ses accu ations .... San doule, les âmes simples, qu'il
conie _ait ainsi, au YOl, se prêtaient d'elle mâmes à leur confusion; et, par le trouble
témoi né à l'a pect du recteur, e dénonçaient
les premières sous ses yeux perspicaces; malttré tout, il rèlirait crrand prestige de cette
clairvoyance, et souveut la crainte de son audacieu1 regard retint à la vertu des îemme
hésitante qui n'étaienl point bien ar&lt;lemmenl
tentée..
En debor · de ces incurion dans les
consciences, .AUano était un prêtre de foi
primitive.
11 expliquait tout par la ré1·élation; ne
suspeclaiL pas le anciens miracles, en allendait de nouYeaux; réduisait l'esprit à lalellre,
n'admettait pas la restriction, foi ·ait d'une
légende un doame et con idérail le rite
comme la discipline de Dieu. La terre'? L'antichambre du ciel, rien d'aulre. La vie humaine·? négligeable; une épreuve. La morL?
Dne délmance · heureuse, avec les acrements.
En ce temps de batailles, il exhortait: il
tHe\·ait sur sa tète le crucifu comme un drapeau i prêcbait la rési tance aux loi l(UÎ condamnaient l'Église, aux hommes qui chassaient lùs roi , Cl'S rcpréscotan[ de la di11inité.
lléfractaire, il accabla.il de ses mépri~, de
ses oulrage , les curés jureurs; les prèl re
mariés le fai. aient tomber .en conl'lllsions. La
guerre de chouans lui parais ait sainte: il
réprou11ait, pour la forme, les massacres, les
incendie , les violence.. Il ne doutait pa '
d'ailleurs que 1a cause du Cb.rist ne trioruphàt.
Ce fanatique avait une grande vénéraûon
0

pour madame de Jol·enne, l(n'il affirmait être
Il entait bien qu'il y arait du m);;lèrc
visi!ëe ifes anrre . et faisait de~ Reposes son dans cette rrravité, ce dJJain de tout. ce détarefu 11e de prédilccrio11. Bernardin, habitué à chement des ohjets rt de êlres, sans comlui depuis ~on nfance. l'accueillait, sans pm alions f' pérées dans l'au delà. On n'est
t'Jlort, tl'un alut grnciculC ; et, IJien qu '11 pas !i ce point indill'Jrenl dons la vinglï•me
n'auachàt point une toi a,,rugle à ton se
année sans de pnis ants motifs, ~ans d • eprèch~, Ioule se orai~1&gt;11 , en ,·oyant ce rous e, profondes. fi allendail des confidenYienx prêtre assis 1t cfüé de sa mère, il luj ces, à défaut de confession. Elles. ne "inrcnt
emblait qu'il complétait l'cnsemhle el Fai ait pa.,
partie de la mai on.
Il remarqua ùicntôl que Claudine ne proLe cl.it'valii•r était trop jeune pour tli cerner nonçait jamais le nom de Dieu, du Chri. t, ni
ce que pom:ail aYoir d • néfaste cette influence de la Yierge; r.acboo dans le chùtean, elle ne
cxnltée sur une âme mi·s1iqut', natnrdlemcnt pou rait se rendre à l'égli·e; impossihilit~ maencline au:x plu folle pcrsuasinn..
jeure; ruais elle n'en témoimait pa de regrets:
Réunis, ces &lt;leu: chrétiens du moyen :in-e, le recteur Iui proposa un jour de dire la me se
aux m prit.! imilaires, incomplets d'un côté, pour elle, aux fiepos&amp;;. Elle refusa doucement,
exagér4. de l'autre, se outenaient, s'exci- genrimcnl, mais refusa, all 'guanl qu'on ristaient aux pire diYagalion . Us avaient à la quait de 12 sorte d'allirer les soupçons. Ce
fois I'obtui;e crédulité de l1•11r:; p:iy an et 1 s n'était pas un argument valable; et, la prccxtati4ucs envolées de Aum lin el des }Io- miùre, en le fournissant, elle n'a"ail pas J'air
nique. Sans ce .• e préoccupés de la présence d' - croire.
de Dieu, il ne faisaient que pa ser au milieu
Allano devint sombre. li confia on cbanrin
de hommes: Lous leurs inrérèts étaient placé
à madame tic Joyenne, qui soupira, leva le
au ciel.
yeux au plafond en joignant les mains.
Peu de jour· aprè l'entrée &lt;le Claudine
- Recteur, le secrets de Claudine ne sont
aux fieposes, madame de Joyenne, qui n·a11ait pas les mien .... Je ne puis rien dire .... C'est
p:1s de secrets pour son ordinaire confident, ,•r_a.i .... Elle est, pour l'instant, détachée de
lui avait révélé cette présence; le vieillard, l'Eglise .... J'espère, je ..rois q1ùlle 1 revien,comaincu dè' le premier mots, célébra ce dra. Mais elle a beaucoup soullt&lt;rl. .. inju teretour en effusion~ religieuse .
ment. .. cela va de soi. Elle n'ei,l pas ré ignée.
Ro.c Ifüot, pas plu que Turpin, n'était Un peu de bonheur la convertirait bien vite ...
des amis de l'autel; jamai elle n'en prenait mais, hélas, le bonheur n'e t pas de notre
le chemin; et celte impiété, rare dans !"épo- monde.
que, ,candaJi ail la foule. QueJle joie à reconAllano dul se contenter de cette homélie
naitre que la femme impie de Harsroët étaiL cpi'il appromia dans la forme; mais, quant au
une Fausse Le Glohaoic, ni noble, ni même fond, il fil ane réserve :
lketonne sans doute .... Quelle facilité à l'ba- Elle a beaucoup souffert. .. ? C'ru I une
hiller en sorcière. qui , par e maléfice , rai~on de plu pour be réfugier en Dieu.
retenait, corrompait, affolait l'àtne du mal- A qui le dites-rous curé ... '/ Ce n'esl
heureux, tombê entre e rilfos, pour sa pa moi qu ïl faut prêcher. C'est elle!
damnaLion. C'était elle la seule coupable, la
- Je n'ose pa., a voua-l-il après nn si~enll"cau ede ruine Jans celle vieille maison ... lence.
el\ , l'étrangère! ~ p.i)~ dégageait sa re pon- Vou n'osez pas? Pourquoi?
sabiliré.
- Ab! "oilà !
Le rt'Cleur complait, an contraire, dan la
lJ se rrrattail la tête. dans un ge te familier;
véritaùle Claudine, dont il se rappelait l'en- il restait paysan malgré on caractère.
rance tlouce el pure, rencontrer une pieuse
- Voilà quoi'!
servante du Christ, très humblement oumise
- Eh bien, elle n'est pas corume tout le
aux \'Olont.és d'en bout.
monde•.. Elle a grand air ... elle me rappelle
Là, il eut une surpri e.
. a mère, la l'Omlesse Anna, une bien noLle
La jeune fille accepta liùrement, 'ans com- dnme, qui me donnait de sou quand j"étais
ponction feinte, le nclious de grâce du nn gamin. J'ai peut-être plus de respect pour
prêtre; die lui répondit avec reconnai, sance, elle qu"tille n'en a pour moi .... De,·ant etle,
mai comme à un homme ordinaire. Rieu je me lrouùle; j'oublie me discours préparés
dans ses parole , dan s0n auilude, ne témoi- la veille; mes conseils illftlClueux; elle a tant
cna cc re pecl attendri, œlle émotion débor- de 1·boses dans le~ Jeux ..
dante cpÙUPnda.it d'elle le mini tri-, de Dieu.
- Dïnoubliabll's rancun , monsieur AlIl en augura mal, dr l'aùurd. Encore une lano... a vie fut un martyre ...
qui, à trop '{,carter du clocher, avait perdu
- Il o'y a pas de martyre ~ans la foi,
de yeux le coq rl_e aint-Pierrr. [I se jura dl! madame.
la ramener à l'Egli:-e, y mit Lous e oins,
- ~~ !-ce bien certain, curé'!
mais y perdit sa peino.
- .le vous l'.iffirme.
li 1i'éLait pa de r,,rce a\'Cc cetli;: auditrict&gt;.
- Alors, je vous croi ..
Quand il parlait de l'enfer, efic souriaiL;
AvPc madamt&gt; do&gt; .loy,'llne, il avait toujours
qaand il parlait du ciel, elle ecouai t la. tête. el facilemcnL raison. Elle restait, elle au si,
l.!uc pensait-elle réellement derrière es re- pa} annc; ses aïeux étaient de ces noble
gard · calmes~ Il e le tlemanJaiL • ans pou- homm~ t(Ui lahouraienll,mrcbamp une épée
voir se L·épondre. Elle l'intimidait, l"eO'r:iyait au coté; li Lrés uaais pau ne , 1•ivan l de la
un peu.
tPrre avec. implkité; Lta bme la foisait ans

''---------------------------------~--orgudl; el pui les considérations d'ici-ha
n'a1·aient pas de prise urelle: enfin, d'E'$prit
peo...,onple. elle préîérait se lais,er com-aincre.
P.indant de· moi , Alla.no Técut quotidit&gt;nnemeot it coté de Claudine. Elle 'habiluaiL à
lui, mai ne se livrait pas. conscn.ut la di.tance, demeurait unP foigmc.
Quand le prêtre, le soir, aprè- quelque rérit de bataille, q,1elque nouvelle appri e de·
soldats chouan , appelait, les hra levés, la
bénédiction da ciel ·ur Jes nrme · des champions catholiques. i madame de Jo1ennP e
pro ternait. dans des altitude re&lt;'11i&gt;illie.,
mademoi Pllt• Le Glohanic ne courhait pa · la
tète, ne joi!!llait pa les main . Elle écoulait,
pensive, lointaine, mal per uad~epeul-être de
la clémeuce du ciel. de la justice de Uieu.
Et le prèlre se désolait de celle indifférence
qu'il del'inait ho'tik
Dans se· veilles, dan se· m~ditation , il
recherchaiL constamment par &lt;1oel chemin il
pourrait « ramener au bercail la brebis égarée». Il demandait au Très-liant de inspirations ,ictoriense ; improvLait d'irréfutable
plaidoyers; le apprenait par cœur, pour n'avoir pJa. qu'à les réoi Ler.
Le lendemain, de11ant Claudine, il en perdait le fil, n'en savait plu le premier mol,
el sa peine eu redoublait.
Hautaine et renfermée dans son rên~ habituel, la jeune fille ne s'aperce\'ait même pas
des an"oisses de cet inhabile prédicateur.
Ellecroyaitqu'ila,ailcompri sa l'olooté, on
écarl farouche, tiu'il renonçait.
L'anxiété du recteur redoubla au retour de
Jovenne.
"Dès les premier regard qu'échangèrent
de11ant lui ces deu. jeunes gen lrop beaux
pour ne pas tenter le diaLle, il prévit l'amour inévitahl et trembJa que, &lt;levant les
oL 1acle qui les séparaient. la nature, un
beau oir, ne les urùt sans ·acremenl. a
gros,e raison, œ jour-là, fut clairvoyante.
Il les épia an trêl'e; notant à chaque oouYeJle rencontre, dans leur ,•oix, dans leur
geste, le progrès de leur intimité. llienlôt il
consl:it.a l'évidence. Le scandale habitait la
maison.
Alor·, il n'y tint plus, il avertit à demimots madame de .Joyenue Pour son indirrnation. elle ne bondit pas sous les insinuation .
avait-elle donc? Souffrait-elle la faute? Elle
cssapil, mais mollement, de le dissuader.
- Que leur reprochez-vous 1 que Lrouyezvous à reprendre dans leur conduite'? ... Je ne
vois pas.
Il éclatait.
- Je lrom'e qu'il ont l'air de deux
époux! ... Je sens le p~ché !
Elle se refu ait à en entendre davantage.
- Laissez cela, monsieur le recteur ....
Vous sarez bien que .Bernardin ne doit vas
vivre ....
- Ceci est entre les mains de Dieu; mais
voulez-von. donc qu ïl meure damné 1
l!;t. subitement, abusant de son a cendant
sur cette ,·iciUe femme peureu e, il fulminait:
- Vous êtes aYetigle ou complice I Ces

Les slxconJa17u1és, stuplJes . /urenl rousses, trainés, fett!s

.:ih mt1r de etlte tglise . ... Une détonotu1n fonnfdal-le
retenti/. Ils ,-ouUre11t ... ,\"11ma Mestre /Il 1m gest~; les la1nb011rs b"111renl, couvrant b répro/Jal/011, ks 111.ilè•
dlcllom;, les 0111,-.iges; el la troupe re/orrnèe, regultl!re, sorm du 1·illage a·,111 pas tg;zl, c:zdtmcé, militaire.

Pn:?c :1ï9.)

TUalheureux. vont à l'enia 1 lin jour viendra
où vous pleurerez des larme de sang au sou,·enir de 1·otre complai aoce. Vous devez empêcher .... 11 le faut, Dien le veut 1
EUe e dé olait :
- Empêcher quoi 7 ,os supposition sont
pcul-1\tre gratuites .... Tiien ne prouve ...
- Oh I madame, regardez-le ·!
Il les regardait, lui ; tres aillait de colère,
a,·erti par son in Lincl; il a,·ait, une tois,
plongé se., Jeux dans les yeux de Claudine,
ainsi qu'il agissait pour les ftlles du ,,ilfage;
mais, ce jour-là, il était tombé sur deux yeux
volontaire , résolus à garder leur secret, deu:i:
yeux rebelles, dont l'expression hautaine l'avait

rite rappelé aux humilités de sa condition.
Al'CC Joyenne, il perdait son temps. A l'inqui ilion de ses prunelles actives, le che11a1ier
répliquait par un:
- Qu'est-ce qu'il y a, curé?
Et pas ail, nonchalant; trop heureux pour
,·ou loir être distrait.
Le curé, naYré de son impuissance, se rattrapaü, le dimanche, ,m prodiguant e foudres dans un ermon \'engeur, promellant la
torture éternelle aux libertins comme aux
filles mal gardée . Tant d'éloquence, en ce'
jours, était presque inutile; la guerre amit Lué
l'amour; les jeunes gens étaient rares au pays.
Madame de Jo-yeane, cependant, protitail

�"7ST0~1.ll----------------------de la hortne parole, l'emportait en elle, mais
ne la répandait pa .
Telles furent les eules ombres, si vaguement perçue·, dans l'idjlle de Bepo.e, la
balte fleurie ..•
Bernardin el Claudine fuyant l'approche du
prêtre, avaicn t di paru derrière le_ bâtiments.
JI avouai!:
- C'est horrible à dire, apres lar1t de dé. a Lr , tant de mort!, maisj" n'ai jamai · été
au' i complèt~ment heureux!
Elle le coottlmplait, pa . ionnée, farouchement d ivouée; ell pen ail (! C'e t mon œu' re ! » el loin de e repe11 tir, loin de re.,.retter,
elle était fière et jugeait qu'elle avait hicn agi.
Parfois, cependant, ur1e conjectnre la venait
. urpr ndre: iles ombre vi ioo , le· sanglante prophétie de madame de Jo}'enne 11 •~t, ienl qu'b.allucinalions el dirngation·? i
llernardi11 de\'aÏL sunii1·re au1 é,•éncmenLl et
nombre d'année' encore, que de1iendrailalor
on roJe, à elle'! Forcémcnl, fatalement, il la
réclamerait pour épou e, appellerait la sanction Pgale nr leur amour pruen, né de l'in 1incl et de la nature : ne pourrait pa comprendre, non qu'elle s'y refi.isàt, maî 11u'elle
ne lu :,;Ouhaitàt pa plus ardemment qur luimème. Que ferait- lie en ce alternalfre ?
EJJe chas ail cc· pensée..... i Beroardin
duvait vivre, qu'importait Je reste'/ E t-re que
le re le comptait'! Pour ellr, il serait toujour
lemp · de onrrer à l'échappement; avec la
mort on arrang1: tout. Et, satisfaite, elle e
reprenait à ses dou: soins d'amour.
Elle était lPndre:
- Bernardin, a·-tu r marqué rJUe, lor,,_
qu'on aime, tout semhleaimer autour de soi'?
llegarde, les mouette en criant se pour uhent
ur la mer; k lourd chevaux de labour ont
des gaieté· ,ubites; ce premier jour d'aulomue olfrenL des joie de printemp : mai ·,de
tout cela je ne m'aperœvrais guère, .i mon
cœur, lui a.ussi, n'avait sa chanson.
Il était naïf:
- Bien sù.r ... c'est bon de \'Ïne, comme
cela; le Lemps ,·a vile .... Tu ne ai· pas'! Eh
bieo,j'ai oublié la guerre, moi, qui l'aimai ;
il me semble qu'à présent elle m'ennuierait.
Tien .•. rnL-tu, la meilleure chose, le grand
bonheur, c'est le silence, ÎI deux ... s'écouler
vivre ... Quand on est vieux, on doit se somenir de ces cbo e -là ... on doil les regretter ... .
ous en sounnes au bon temp de la \'Îe .. .
plu lard c'e l déjà moin bit&gt;n.
Elle i:tait rèveusc:
- Plu Lard?... oui, peut-t\lrc .... li y a
cependant des geus qui e onl ai1oés Loule
la vie ... on le dil. .. mais c'est trop beau pour
être vrai. c·e. L mon grand rève de oir doré , Bernardin ... d'autant plus magnilit1ue
qu'il e t bien impo sible. Yoi--lu cela? Les
Reposes , llar coët, • en louré de moi sous
lourdes, du bonheur de pay ans; et nou ,
da.ns Har coël ou le Repo es, acceptant lu
jours avec érénitt1 ; ue oous enlaol pa "ieilr ,. , no &lt;·œurs re t' jeunes· toujour' beaux
l'un pour l'autre· lon11temp ' rnbustes, ~an
"Oulfrance, seulement averti que le temps

marche par le enfant grandi en nombre
comme en taille .... L'exi Lencc calme, introuLlée, san haine, ans injustice, comme elle
devrait ètre pour tous, si Dien était bon.
11 t:lait orgueilleux :
- Pour,'Jlloi pa ? qui te dit q-u'il n'en sera
pas ain i? ·e l'avow-nou pas mérité? toi,
par te· malheurs inju ·les, par lei' mille souFÛ'ance , moi par la part que j'ai pri c au1
cho es de la rruerr[' . Tu as été a sez victime
pour devenir, à ton tour, l'idole heureu e el
vénérée. Je me ni assez battu, pour m'a eoir dans la 11ai1 el raconter mes faits d'arme aux nutrcs; no mai on unie font un
domaine vaste; la terre n'est stérile que faute
de Lrarnil.. •. Toul œla, c'e l de l'e poir ... de
l'espoir rai onna bic 1. .. ~ou . erons J1eureux,
va 1
Elle était incertaine:
- Peut-être !
liais, en elle-même, elle entendait un glas;
el cependnnt, ou es ·eu:t, le jeune homme
parlait. allait, ge~Liculait, si vivant, irésolu ..•
\:Omment croire?
-Alor, continuait-elle, c'e t.11ni, la guerre,
l'a[r use guerre'? .... 'r1us n'avon pas 1·écu
tou ce jours-là ... .
Il répondait, 11 regret, presque avec un
remords, contredi anl ainsi de rée nt arûrmalion :
- Oui, je pen e que c·e.t fini .... Achaque
insurrecLion nous perdon inutilement de
hommes et iJ n·y a pa. deré·nltau ... mais le
pays tout enlier e la sera de la République,
dt: la guilloûue, de la Fu illade, de la mort,
réclamera la pai universelle, la écurilé des
citoyen , el rappellera es roi . C'e t ain,i que
ça finira; la contre-révoluti(ln se fera d'elle-même, san nom-elle lutte , san efl'u ion de
sang ... var écœuremen1, par fatigue, parce
qu'il faut bien à la loaguc que l'ordre remplace le désordre et qu'un pays ne vit pas
éternellemf'nt dans les éclairs ella tempète ....
Elle ét:1it crainli,·e:
- Oui ... lu a rai oa ... mais d'ici là... qui
·ait ?...on peut redouter encore d&amp;; violences ...
C'est l'babiLnde des Illcus, quand ils oot
igné de. traités, de le violer le 1eBdcmain.
Tu ,·oi , Georges e t inquiété, ne peut circuler lihremrnt. l'onrquoi? De quel droit l'emp!lcbe-H&gt;D '? N'est-il pas garanti par la pacification '? ... Tu no répond pa 1. .• Uéla , c'est
que, malgré tont, le dan••er uhsistc ... il est
partout..,.
· ·
Puis. étendant la main du côté d'llar'coiH:
- Là, peut-être. ajoutait-elle.
- Là I crfai t Jm,enne, bondi . anl ur se
pieds ... qu·il y 1·ieime! Mai c·esl vrai que
George e,t bie11 lonn .... Tiens, parlons d'auLre cho.c ....
Et tou deux, comme de enîanls qu ïls
é1aîe11L, se replongeaient aux d~lice" de leurs
fµ_ûlité · t'lltrCmêlaienl leur doigts, rrravement, d'un air .érieux: ·appuyaient l'un à
l'autre, péuélrés l'un de l'au!!'~; imtallé ·, on
eût dit, pour une éternité; mais le moment
d'aprè déraorrcaiL la po e poul' sen ir un
nouveau caprice.
Cumml', - par un dece phénomènes con-

nu de solitaires, - le silence redoublait
dan· un arrêt universel, cou cnti par la nnture, toute· voix uspendue ·, le,jeuue homme,
se entant, dan cc silcnc1•, plu· . enl avec la
jem,e femme, plu près d"elf ,, n'en étanl
distrait par aucun brniL du rnond&gt;, all ndri,
impré"né de molles e, - par un J;e ·oin d'adornLion, e lai sa gli er à terre devant elle:
et, Jans un abandon de Loul son èlre, po. a sa
Lète ·ur es genoux.
Eli e penchait ,ut· l11i, dan· um: µlénitude
de po e ion, proteclrice et maternelle, enveloppant son amour Je e Lra .. Il arailfermé
les yeux, c laissait bercer •...
EL elle, l'éternelle doulourcu. e, arrêta,
marqua l'heure dans on ùme, pour en faire
un éternel ,ou venir, les temp. accompli •.
)ls re-Lèrent ainsi lon«lcmp , étroilerueol
unis: groupe complel, superbement égoi te.
dan le dé intérêt des ex lériorilt•,.
Cettes, j[ ne pom-ait pas les comprendre,
ce dur recteur ~\llauo, ce rude pl'èlre qui
n'aimait que Dieu; ,i·ioonaire durnnt l'autel:
fanatique, sur la lamle, au prèchr. de! liOlda1-;
lui rrui ·oubaitait la "'Ucrre, toujo1a la guerrP.
el cachait, dan son il0 1i,.\ mille livre de
poudrn, ré.ser,·e de l'avenir, formidable Iré or
11u'ua autre eûl redout t.
Le oir de cc jour-ln, un amcdi, à la
ferme de: Gynouvez, la veillée as cmblait
celle famille sombrement diminuée. i des
hommes araie11l disparu, rien n'arail bougé
ou le cltaume éculaire.
Les habitudes \:Laient reprises, malgré Jes
deuil ; il faut bien vivre. Le père, dao on
lourd faute1riJ en bois de cbène noirci eL piqué
par le temps, frollnit durement, de :a main
,ècbe, la rude échine de .on rand chien;
é1.a. garnis ait &lt;le filasse sa quenouille; .,taze
tressait un chapeau de paille; Tina, dan u11
tricot, maniait ses Jongues aiguille , tandi
que Fano, llirelet ico, ce gamin, fahrit1uaient
de gro .e corbeille, avec des brins de feurre,
e!leerclé de ronce fendue .
Le chandtiliers de ré inc éclairaient à c.lemi
la :;aile l,a.s-e; comme il foi.ail très humide
au &lt;le&lt;lans ain ·i qu'au dehor • un grand reu
d'ajoncs sec llarnbaiL dans la bnule cheminée.
Tou étaient à I ur pl:tce coutumière·, mai
un IJanc enlier élait \·ide.
Olier, Fanch, Jili ! Un 110 aupara\'aut, il·
étaient 111, ,.i..,oureux, joyeux fails pour ,iYre.
A préscnL, Alnnik Gynouvcz n'avait plus de
fil , plu de po ·térilé · Je dernier, il porterai 1
son nom. Et Jili, qui savail de chan on ,
donl l'.ime était Yi branle 1 par Li aussi dans le
granù tout.
C'est à .onger à cela •. an Joute, que le
père, la mère occupaient leur ·ilence.1ujourd'hui, pour faire parler ce bouches, après
lanl ùe san lot ou de cri de fureur, il faut
d événements grave , I, urpri es de l'oocasion; à moins cependant 11ue quelqu'un ne
prononce oudain le nom t1·un dLpt1ru. Alor
le langnes se délient, le · omenir abondent.
Pré cnts, Olier et F'anch! pré,ent, Jili ! voici
qu on parlait d'eux. C'était la mère.
'za mai111enanl, pour le trois mort.,

---------------------------n'a l'ait qu'une ~lprehsion: (&lt; Le enrao · ! 11
fil. de . a chair. Ill d sa œur, clfo le confon&lt;laiL snrr distinction dan. sa tendre_- ·e po thurne. (&lt; Le' t•nfants ! »
Il y (l\'ait. dans un coin, derl'ihc la por_t.c,
accroché. aux mur , de · Yêtemenls qu il
a"Vaient portr~ jadis; des Làton:; .'lu 'il a,·~enl
tenn:,, de 'Vlf'U. l'hapi•aux qm le av,uenl
coillë . C';taienl des relique~. On n'y Louchait
pa• . Il eùl pnrn à S1,a qu'en les d 'plaçant
clic allait Lro111Jler ~es mort., le chas -rr Je
leut mai ou; 'luehp1e cho e d'eux habitait.
encore dan ce· objet·. ll était dou de 1~
froler à Lou Le heure; dt&gt; le. fair' pnr·ticiper à
la vie commune· c'étai nt des liens. fais,
dans un coffre, AIAnik tcuail enf'crm le les
Lroi · ceintures en anglantér &lt;les troi soldats
da roi: 'él.a.ieut &lt;les mcmeoto.
Avec cela, pa de pardon et pa d'oubli
po iblc. Le jour ,icndrait.
éza, ouilain, clamait :
- Ella rentrée des joncs, qu'c t-ce qui va
la faire? On n'esl pa a cz maintenant qu'i!s
ne ont plu IH .. .Alor qui? Il ,,a fallo~r
emha.ucher de. "'arq ... il faut pourtant du bois
J&gt;our .. e cùauO'!'r, l'hh•er .... Ah l le1m lira·!
où ont leu1·s brit ?...
- :\ul ne répliquait. Elle e Lai ail 1p1C11Jues
minute~. puis reprenait le fù, iuinlerrompu
d:ur a tête. de e même pensées; parlant
de Jili, d' lier. de Fanch, en le..• appelant : ll11,
E11.,1:, car leur- noms étaient to_ujours sou enteodu ; pour elle. c'était ains1. .
- El les emnil le ! le lemp' va ·nte .... EL
la moisson ... ·r Ah! c', L alor qu'on verra •..
qu'on enlira 11uïl · sont parLi•, eux! Us
étaient forts et conr:irrcux .... Il y a du danger
dans l'aYenir ... la terre ~ouJfrira 1
A. quatre et c:inq rcpri ·es, clle ràba~ail e
dire· complai ·ammcnt: clic u'ennuya1l pa ;
'
.
Lous pensaient
comme die; aux. mem~s
·ho~e
qu'['lle. Alanik il la fin ,oufila _ou ll'I •
,
- Femnw, lai ~aller. Le l,ol.S sera rentre,
les ·emaille· 3et·ont faite , les mois ons engrangt!C ; toul aura. on heure, mais 11' enfonls ne rerien&lt;lron l pas l
De la bouche ùu cb f, char1ue "parole étai~
graYc, portail plu- loin; à ce rerr~e~ formule
en plainte, à ce émissement du v1e1l ihomme
de !!lierre une anrroisse erra le cœnr ·. ~éza,
la quenouille droile. le contemplail, :rnxieu · ·_;
Tina, son tricot sur le~ •enont, rcçarda,L
fucmen t les llamu1es du fovcr; les tro1 · er\Îteur b.ü ·saienl le nez su~ leur· :corbeille •
Jetant loin di::. lui tm chapeau de :raille .11
dt&gt;mi Ire· ·é, Maze ·e leva bru~qucmcnL. Uepw
la mort de Jili il était sujet à de bru qu~
cri es, de accès de douleur l"urieuse. Il :\\ail
tant aimé son cadet, en était i lier, . a~s
ombre de jalou ic ... au contraire, il le pronail
partout.
. .. , .
Au milieu de la salle, il pteun:ut lourdement,
mâchanl de mot. :
.
·?
_ Qu' l-ce que je foj ici 7... Ow, mol·
'est-cc pa · boa Leux d'êtrele euJ. ur c:iuatre?.. ·
Bon llieu ! l'oncle, dites-le donc, JC ne ~e
sui~ pas pourtant caché dan la ,bata~e, .J~
ne me suis pa aplati sou l'a'l'erse, Je ~ ai
mème pas salué les balles .•.. Elles ne l"OulaienL

p:1 de moi •.. peul-ètrc ponr cela ... pas a $~Z
poli, an. doute 1....\b t malheur! quand Je
passe dan le. me on m regarde .... Je le
sens bieu; qu'e,L-cc qu'on p•nse'I Qu' t-ce
que di ent le gens? « Oi1 c L ton frère·!. mi
sont te: cousi11 qui étaient te. frère aussi?»
n a ,ilaine figure à 'en reYeair . anf _apr~ ·
lanlde rencontr 1. .. Oui, 11u·e ·1.cc que Je fais
ici?
Alanik, simplt'Olent, prononça :
- J'y . ui · J1ien, moi!
Maz• le regard11 !heme11t, ~ans ~nlcndre,
s.10 comprendre, l"c~pril ailleurs; puis, la
réflexion 11:mant et les sons lni restnnt dans
l'oreille, il di Lingua et r 'pondit:
- Yous, l'oncle, cc u·esL pas la mèmu
cho e .... Vou a"cz femme et 6lle, et la fNme
à conduire, uue 1llace dan la ,~ic .... Vou
feriez un !!rand trou ...• lloi, qui ·'en apt·rce,rait?
'l'ina cria doulourou cment, a\'et un "e te
qui protestait. Elle grm1di:.;~it, 1'ina; ses
eize an . dPpas~é ·, elle d •1c11at1 belle fille.
D.ipui · 1 retour ~e Maze, reportao~ P?ntêLre ur ce seul un1vanl toutes le ailccttoos
qu'elle a\'aÎt pour les autres, ~Ue ·e montra!t
envcr lui, - l]Lii s'y prèlait,
compla1ante el trè douce, comme i quelque Lenùres e particulière comm~nçait 1i !leurir dans
un coin de ·on cœur.
Alanik la surprit dan on émotion ; il
ecoua tri'temeut la tête. ~faze continuait:
- Oui, t{lÜ 'en aperceuail? personne! li
y a tellement de tristesse ici qu'un peu pl~s
u'y paraitrait guère ... allez! Onemliauchcr~H
u.n "llr ou deux de pins pour rentrer I l,o~_s,
t•t les blés, ·'il en pou_ e, et tout sera J1t.
La bdle allàire !
·za, monillanl ~un fil, le lilàma fortement:

- Cc que 111 di,- c~t fatu; ce 11ue lu d_i ·
est mal: a-t-on pleuré ,li.li?. mèm~ :tpre
Olier? mème aprè Fanrh ? Ai-Je d1~lm!nlé
daa Illon cœur la pa1·t de chacun il ma ,n1;Lffranrc 'I Non! Et toi! q11•e~L-cc que tu dis?
que wux-tu? Tu L'e hallu; tn a - nif rL Ion
san". Dieu 11' na pa · rnnlu. Courbe la tète
el Lais-toit Ne va pa. Le plaindre_ i;urlout,
patC' qne lll rus épar 0 rré .... Tu as ~1n 11 t ~n ..
attcntl le;; jour ... elle pou c nlr, l ht•rhe
de l'oubli!
- Jama1. ! fit ~azc.
GynoU\'Pi l'inll'rrornpil :
- Tais-toi, llaze Ge ril, notre ne,·eu; lu
ne cou nais rien 11 la vie .... Au pt·intemps prochain, tu y reprendras goOt. Un jour, ln
fi! mariera., tu îera.- des enfant ; c'est par
toi que . e conlinuern la ramille. ~:1 1pmn_d
no11 irons rclromer le.· nôtre~, ~zn cl mot,
nou • te laisseron · la ferme et le moulin.
Dans ce temp~-lù, tu trourera qu'on peut
nvre ....
- Et Tina? interrocrca Maze, inlcrloriué.
- Tina? rîpo la. G)nouvez, c'e t elle 11ui
sera ta femme 1
A celle prl;Ùicûon inallcndue, il y eut une
urpriso. La jeune fille roune du col au ~heveux s'était auvée dan la cour. )lazc. ricanait bètemcnl, l'air niai , plein il'embarra , à
voir ainsi tlécOU\'l'rL, de\anl tous, 110 repli de
~on â.me qu'il croyait bien cad1é. S1faa,_gra\·~•
• 6rieu 'e, con:;cntonlc, mai t ri'le, se hgurmt
l' a,·enir : ,, Ainsi donc... oui, la ,ie allail
reprendrt!... nn Il'· aulre. _'? 11 CPh~ l'illonnail
douloureu ement. Tina, qm re11tra1l, la rap,
pela dan. l'bmrc pré ente; doucement, la
vieille d.i t :
- 'i c'est le dé ir de Lou , ·e · l'hos -là
~eronL; mai· il ne faut 11:i t·r1 parler à pré-

•
.
la
r la ro11te toue11se. JI 11e pleu?ail plus. Un doux solei
l,atolonnedes Bltuss~rpenlall a lrave,s}aà I nd~/7,s,U11!es tlurligtres;ll w11l dt m.tr foutlla lei vlsa11es.
d'aulomnt cl1erthall a glisser ,.n reg,m,
ra,oe p

( age ~79-)

�---- 1f1STO"R._1.Jf,

_________________________________________

sent, saebez-le bien; il ne faut pas de la joie
autour de' tombes; il no faut pa J'nflliction
autour de· nid nouveaux Vivez en trl'.•re el
œur; dans un an oa ,,erra ....
âlor , sans o erse tendre la main, an se
regarder même, lt&gt;s deux jeunes gen · les
deu:: fiancés reprirent chacun leur place, l'un
loin dtl l'autre; laze ramassa son thapeau de
paille, Tina on tricot ùe laine. Le silence
retomba dans le Cl'épilemcnl des ajoncs secs
dévoré par la llammc.
Par la porte ouverte, on apercevait, après
le moulin, les mai ·on du rillane, où aussi,
m.1lgré les vides, wie reprise d'exi lence se
-manifeslttil. Le vent était mou, l'automne ti&amp;le
encore; c~ue oirée sans rigueur parai i;ait
•annonCtlr des jout· tranquilles. ,
Coin perdu de la terre bretonnr, confin du
Morl1ihan, i ·olé par les flots aux matins de
tempêt · ·• endroit olilaire. oublié fatalement,
lieu an hi toireju 1u'alors, ce hameau avait
droit à l'espoir tl • suhsi Ler encore, avec son
pauvre pcnple., mi érable toujour · dù puranl
son blé uoir à la lerre rocailleuse, pres auL
son cidre une année sur quatre, l'ann~e des
pomme·, revètu de hailions par-dessu de. la
en\ se, pouilleux, ,·er~neu,, fanatique, pillard, ivronne e.l très chrétien.
Ce homme , échappés aux. batailles, et i
surpris d'en être écltappés, au poiol que,
chaque soi 1·, ils se là Laient les· côtes pour
s'assurel' qu'ils étaient bien vivants, ces
homme se cro1aient humblement le oldals
anonyme de Dieu, à l'abri de tonte enquète,
méprisés par la délation.
lis se penclla.ienl sur leurs épouses complaisantes, dont les y(!Ul avouaient leur désir
d'ètre mère·. li fallait bien que le monde
contiauàt; que le· videsfos entcomblé· ;que
les berceaux compeo a senl le tombe ...
Ain i, tou , réinstallés dan leurs anciennes
places, leurs ancienne habiLude , oubliaTIL
déjà 1.3. nuerre, ils uni aient leur \'Olonlé,
leur fol'ce, pour [aire renaitre et reconsliluer;
l'universel instinct les poussait au travail,
dan la écurité; la. loi normale reprenait a
vigueur; la vie on cours ... Or, quelques
h ure plu tarJ, DiYot, avec e hommes
allait sorlir de Vannes.
Dan· llarscoiit, le même soi,·, la - c~ne
1:lait loul au Ire. Fiévreu emcnl, Turpin el
Rose préparaient leur ù ipart, leur bagage.
Car, ainsi que le di ail T11rpi11 lui-même :
(! Àp1'ë-~ cela. il n ·1 aurai L plu.! qu'à Gier a1·ec
les llleus. 1 ll ne fall.1il pas compter jamai. ·
repara.iLrc au paIS· De loin, il ferait vendre
chàleau et terres, ,i Claudine le lui pllrmettait. .. surtout. si, par ha a.ni, elle au · i di parai.. ail d:m l'échouJJouréc ùu lendemain ...
ce à quoi l'on pourrait aider eu douceur.
Celle perspective de fuite s3n • retour enchantait parlicul i•rcmenl fiose. Enlia. clic
.econerait ·e pied · ur le seuj( de l!e mnnoir
maudit; n'1mtendrait plus, Ja nuit, ronOcr
e hiboux, grincer es girouellcs, ne verrait
plu , tout le long du joul', ses murailles lépreuses, ses fenèlre de pri on, sa mi b-e et
sa nudité.

Ou[ 1 quel soupir à la a1·Lie 1
Où qu'on allât ensuite, en Ârl'•leterre, en
i\llt:magne. elle serait mi.eux, vivrait avec des
hommes el non avec des loups. i l'argent
manquait à Le Glohanic, elle n'en avait cure;
elle l'abandonnl'rait à son ort el se tirerait
toujours d':ilfoire a,,ec sa beauté. Elle avail
ses projets, mais hé ilait pourtant. dans ses
plan de scducLion future, entre un prince
émigre et un membre du Directoire, comme
Darra • par exemple, qu'on disait d'accès facile au::t jolies flll~s. Elle Yerrail cela pin
lard.
En aueodanl, elle vidait le tiroir a,·ec
enlrain; de lemp à antre elle interpellait le
comte. ur a demande curieu e, il loi avait
récité Il:! texte de la dénonciation qu'il savait
par cœur. La signature avait lolleme.nt réjoui
l'ex-perruquière; et maiotenanL. à tout propos, elle rriail :
- Ué ! L'ami des /oi,;/, .. Dis donc, l'ami

des lois! ...
Il répondait eo souriant jaune; la gaîelé
nerveu e de son unique idole n'arri,·ail pas à
le dérider. on pas qu'il rc!!Tettâl, pa mème;
mais il redoutait. Quoi'? Des u.rprises ou des
contre-Lemps.
Avee la fiépublique, oo n'~tait jamai sùr
de rien; il uffi ait du caprice d'un oflicier
en belle humeur pour èlre jeté contre un
mur avec Ï."t balles dans La peau, san préte1le, - ou sou prélrxte qu'on portail,
entre lus épaules, une tête qui ne lui re1•enait
pa ; ça 'était vu.
Et puis, malgré on dernier aclt&gt; de oumission, Jo comte Le Glohanic d'lfar~coët
n'était pas moins un chef chouan, servant
naguère sous Cadoudal ....
EL 1t propos de Cadoudal.... S'il prenait
fantaisie à celai-ci de tom!Jer dans Locoal
ju te au bon moment, a\·ee deux ou trois
cents compagnon 1... Le drapeau tricolore
pourra.il être obligé de rétrogrider sur \'aunes
P.n bon ou mam·ai ordre; el alors, lui Turpin, oui Turpin que deviendrait-il donc en
celte occa.ioo?
L'idée de Cadoudal, principulement, loi
était jnsupporlal,lc. Georges renseigné ur
son compte, c'!itail la mort des traitre , fus.illé dan le dos. ou pendus par les pieù ,
avec, wr la poitrine, l'écriteau: Juda , De
l'écriteau, il ne se souciait gu~re; mais le
reste l'impiiélaiL.
Pendant qu'il remuait c' s perspectirn gradeu .,, ·, Rose Dirol, endiablée ùan- sa !Je ogne emplis ail les acs de voyan-e.
- Il faut un prtit bagage, avait dit Turpin.
ois tranquille, l'ami des loi., rëp[jquait-e.lle, il ne sera ni gro ui lourd ; pour
ce que nous pos édon., il n'y a point d'emunrras. J'ai Lrois chemises el toi dc11~; toute_
les cinq soul vi illes; on yoit au traver~ .. .
pour moi, pas.e encore; mais pour toi, c'csL
incournnanl l
Elle riait, retrouvaiL son bagouL du Paris,
a verve populacière.
- Ah l La oourse, ma bour e. notre
bourse .... C'e t moi qui m'en char•re; il
nou· resle cinquante écns .... Danton les dé-

"'"a86..,.

,,..

pen ail à son d1aer ... n'importe! c'e t a sez
ju qu'à Londre~.
- JI y a des bijou~, murmura le comte.
- 'l'u crois, l'ami des lois? ... Oui, il y a
me.~ bijoux ... mais j'aime aulaut les garder .. .
en ouvenir de loi. .. je les ai hier1 gagné~ ... .
- ,Je le le rendrai djx fois. quand nou
seron auprès des prince ... ils ne laisseront
pas un Le Globaoic dans la misi:re.
- J'y compte ... cher comte! li Pàques ou
à la Trinité .... Va-t'en rnir s'ils ,,ennent ...
mai un Liens Yaut mieux que deux lu l'aura .
Tu peux vendre la montre, si Lu veux ; elle
ne marche plu depuis Ilenri IV... el les breloque ,alenl ix liHe ... n,•ec le cachet 1i
tes armes, mon gentilhomme: Lon sceau. noble sei~aenr.
- Rose, grondait 'furpin, ce n'est pat-l'heure des pl.ai anteries.
- Vaut mirux 1·ire que pleur •r, mon petit père; j'ai l'œ.il ec .... Qu'est-ce que tu mets
là. dans Les poches 1
- Rien, répliqua Turpin, contrarié d'al"oir
été vu.
- Quoi 1 répéla-l-elle voloal.aire. Je veux
savoir!
- Eh liien, deux pi lolet.s chargés.... li
faut tout prévoir.
La 6Ue ·'arr~ta de rire; a &lt;&gt;':tieté tombait.
- Alor , tu c,ain' quelque cho e.?
- 'on, répondit le comte, la ménageartl
jusqu'à la dernière minute, mai' c'est une
habitude de soldat ... ; a\'ec cela, je uis plus
tranquille.
Elle hau sa le épaul •
- Tu es irumpportal1le aYec le idée
noire$!... Nous crieron - : « Vive la RépublilJUe ! » et tout sera dit.
-Peut-èlre, fit Turpin. i:an enlbonsia me.
L'heul'e R'avnn911it. li songeait ·ioistremenL; à pré 1::nt, il concentrait ses haines ur
deux tètes: Bernardin et laudioe.
Joyenne1 les républicains l'en di:ùarra eraient; mai Claudine, a œur, uni! femme,
pourr:iit être épargnée ; celte idée le tourmeo lait. Elle était la eau e de tout. Depuis
sa naissance malencontreuse, elle avait été
pour lui li: détriment. l'où tacl1::; elle était
au. i la peur Pl le rPgret; non pas le regret
d'un cœur qui .e repent, mai le regret d'un
c pril 11ui calcule. Tl se reprochait d'avoir été
làche; na [jeu Je l'enfermer dan. un cloître,
il aurait dù, quand elle était enfoui, la. rayer
à jamais du nomùre ùe vi,ants. C'eùt été
facile; depui la Drinvilün , l'art de poisons
subtil. n'était poin! aboli. Qui e sera.il inquiété d'elle, à Pari par exemple? encore
mieux à l'élrao"er, où il aurait pu la conduire pour plus de 'écurité?
La \'OÎX de Rose l'arracliiliL à on mauvais
rèrn.

- llé ! l'ami des loi ·, lu dor 7 le bagages
sont prêts !...
Il lrcssaol.ail, approuvait de la Lêlc.
- Tu rt'as rien oublié1
- Je ne croi pa ... , ta 'œur héritera
du reste!
f\o ae était san piûé. Celle dernière dérision répondait à. ~es ecl'i!tes pensée~. l'i!n-

"-----------------------------------pres iormait e.ncore, comme un malll'ais présage.
.! l'éAli.e du villa~e. au clocher de aiutYnnn Vadezour, l11cure !IOnna très lcnlc,
d'une voi. enrouée, as ourdie par les siècles:
onze coup retentirent, di ûnc!s, dans le sommeil des campagnes; jamois le son de Ja

vieille horloge o'avait paru si tri I.e, si lugubre, au maître d'Uarscoët, dont l'u.niquc recour r ·tait un éternel e. il.
Dun son àme dépran!e un sentiment. jusqu'alors inconnu rrli sa, pour sa ,;tupeur.
Les ~ou,·ei1irs d'cnfonoo. la mémoire des ancêtres, la piété de la terre natale l'eflleurèrcnt

"É PÉES Dë FE~

- -...

une seconde. 1l e $t.'ntil mnudit, hor de.

loi , dé ormais sans refoge, voué au mépri
partout. Celle îaihle se l'irriL:iiL encore. Il la
chassa d'un effort violent; et. pour se rnlfürmir. e bien pro11ver que tout étail Jini, sans
réscr,·c. sans espoir, il prononçait:
- Dans dix heures, Ils ronl là 1

(A S11Îl're.1

(Illustra/ions Je CoNMD .)

US

MAURICE

'10 TÊGUT.

Au camp de Compiègne
-

1698 -

Un pectacle que je peindrai pendanl qua- ques mots. J'ennrioais fort les contenances :
rante an comme aujourd'hui. tant il me Loules marqnaient une surprise honteuse, tifrappa, fut celui que du hauL du rempart, le mide, dérobée~ et loul ce qui était derrière
roi donna 1t toute son armée, et à celte io- la chaise et les derru-cercles avaient plu le
nombrable foule d'assistauls de Loo étals. )'eux sur elle ,1ue ur l'armée, eL tout, dans
tant dan la plaine que de u le rempart un respect de cr:iinte el d'embarras. Le roi
mit souvent son chapeau sur le haut de
même.
Madome de lainlenon y était en îace de la la chai e, pour parler dedans, el cet exerplaine et des Lroupes, dan sa chaise à por• cice si conûnucl lui devait fort la ser le
leul',, entre ses !rois glaces el ses porteurs rein .
~ton eigncul' était à cheval dans la plaine,
retirés. ur Je hàton de devant, à gauche,
étail assi ·e madame la Duches e de Bom- avec les princes es cadets i el Mgr le auc de
gogne; du mème cùlé, en arrière et en dcmi- Bourg ,me. comme à tous les autres mouvecerde, debout madaroè la Duchesse, madame ments de l'armée, avee le maréchal de Boufln princ.e e de Conti et toutes les dames, et llen, en îouclions de général. C't\t.ait sur Jes
derrière elles de homme . A la glace droite cinq heures de l'.lprès-din~e. par le plus beau
de la chai e, le roi, debout, et un peu en ar- temps du moude, et le plus à -ouhail.
li 'j avait, vi •à-vis la chaise b porteurs, un
rière un dt!mi-cercle de ce qu'il y avaiL en
sentier Laillé en marches roides, qu'on ne
homme &lt;le plu di tingnt!.
Le roi était pre que toujours découvert, cL wyait point d'en haut, et une ouverlure au
à lou, moments e baissait dans la glace pour !Jout, qu'on a,·aiL faite dans cette vieille muparler à mad;ime de Maintenon, pour lui ex- raille pour pou,·oir aller prendre le ordres
pliquer lout cè qu'elle voiail et le rn:isons de du roi d'ea bas, 'il en était besoin. Le cas
chaque cbo·e. A. chaque fois, elle avait l'.hon- arriva : Crenan envoya Canillac, colonel de
nêtelé d'o11vrir sa glace de &lt;tuaLre ou cinq Rouergue, l(Ui était und~ régiment· _qui d~
Joigts, jamais de la moitié, car j'y pris garde, fendaient, pour prendre I ordre du r01 sur Je
et .i'avoue que je fus 1)lu · atlea.lif à ce pec- ne sa.i quoL Canillo.e e met à monter, et &lt;l •Lade lJU ·b celui dt:s troupe . Quelquefois elle pa se jusqu'LlD[IBU plw que les épaules. Jele
vois d'ici au i dislinclemeul qu'alor~. \ me-OUl'rail pour quelques r111csLions au roi, iuai
ure11ue la tète dépassait, i_l avisait ce~_le t~ais~,
pre ·'lue (oujours c'étail lui qui, san attendre
qu'elle lui parhlt, ~e baissa.il tout à fa.il pour le roi el toute cette a s1slance qu Il n avait
l'insltuirr, et 11ueiquefois qu"elle n'y prenait point vue ni imaginée, parce 11ue son poste était
pas garde, il frappait contre la "laœ pour la en ba_, a11 pied du rempart, d'où on ue pom-ail
faire ouvrir. Jamai il ne parla Llu'à t:lle, hnr· dêt:0uuir ce qui était dessus. Ce spectacle le
pour donner des ordres l!O peu de mols el ra- froppa d'un Lei étonnement qu'il d~meura
r1,Jrnent, el quelque r 'pauses à madame la courL à regarder la bouche ouverte, les yeux
duchesse de Bourgogne, qui t:\cbail de se fi es el le vil,n°e sur lequel le plus grand
faire parler, cl à qui madame de Maiutmon étoon ment était. peint, JI n') all personne
montrait el parlait par ignes de temps en qui ne le remarquât, el le roi le ~il i bi~n
temps, sa11s ouHir la glace de deYanL, à tra- qu'il lui ùit a,,ec émotion ; « Eh h1en! Ca01LYer· laquelle la jeune prince e Lw criait 11ut:il- lac, montez donc. » Canillac demeurait, le roi

reprit: « Moulez doue; qu'est-ce qu'il a? o
Il acheva donc de monter; et ,·iol au roi, à
p:ts lents, tremblants. et passant les yeux à
droite et à gnucbe, avec 110 air éperdu.
Je J'ai déjà dit : J'étais à lroi§ pas du roi,
Canillac passa de,•anL rnoi, el halholia fort
bas quelque chose. 11 Comment dites-vous?
Jit le roi; mais parlez donc. » Jamai il ne
p11L se remeure; il Lira de oi ce qu'il put. Le
roi rpri n·y corn pri L pas grand· cho e, ,; t bien
qu'il n' n tirerait rien de mieux, répondit
aussi ce qu'il put, etajoula d'un air chagrin :
&lt;f Allez, mon ieur. » Canillac ne e le liL pas
dire deux foi·, et reg:l!ma. on escalier et di parut. A peine était-il dedans, que le roi,
reuardanl aulour de lui : « Je ne ai pas ce
qu'a Cau.illac, dit-il, mais il a perdu la tramontane. et n'a plus u ce qu'il me ,·oul:.iit
dire. » Personne me répondit.
Vt•rs le moment de la capitalatioo, ma•
dame de ~laiulenon apparemmenl demanda
permission de ,'en aller. le roi cria : (! Les
porteurs de madame! » Us vinrent et l'emport~rent; moin d'un quart d'heure après,
le roi se relira, ·suivi de madnme la duchesse
de Bourgogne el de prcs1rue tout ce qui était
là. fllu~ieurs c parlèrent de yeux el du coude
en se retirant, cl puis à l'oreilltl bien bas. On
ne pouvait rc1•cuir de ce qu'on venait de voir.
Ce fut fo mème elît'L parmi tout ce qui était
dan la plaine ..Jusqu'aux -oblats, demandaient ce (lUC c'était que celle chai e à porteur ·, c t le roi à louL moment bai sé dedans;
il înJlut doucement faire taire les o!6ciers et
Je, questions des troupe .
On peut juger de ce qu'en direnl Je.:. füan•
ger , et do l'effet •1ue fil ur ·u1 un tel pectacle. U fit do bruit par Loule l'Europe, et y
ful .aussi r!lpandu lJ ue le camp même de Compiègne, arnc Loule sa pompe cl ~a prodigiem.e
splendeur.
SAI, T-SIMO, 1 •

�1l1ST0'1{1.Jl - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -

C\lch~ r,1r.1uJon.

L\ LECTURE

D:ui · u11 roman, Plzilis, sous ce riant feuillage,
De deux p.:irflil am.•nils lit le fenire propos·
(ir,n11u J~ N. C. Coc1m1, &lt;hf&gt;rês lt l.rNtau de Dl! TROY,

D:rnwn en l'ecoitlcml :iff'ecle rm '\'Ji11 repos,
Hai son cœur en secrel tienl le mème lanf{:1-ge.
(CaNnd dts Es/Qmf(s,)

LE D • DE 11.A[ TRE ( Loci -PmuPr1,-Jo r-:r11 1&gt;'01tL1:• ,. !'-. Ptt.:. TMW ÉGALITÉ)
ET L.\ D CllE 1~ DE ll.\RTRE' (Lo I E-\niL,ïDE oe BoL1 nu \'&lt;-PE-.;TmbVREl.
AVE· l.ELR FILS \h:Ê {t.E FUTl R

(Gravure Je ,\. o

Lou

- Plrlt. lPPI::

1.1..r-Aus1s et 11.

l rr

tT LA PRIN( 1. SE .\D~L ÏDI: o't)RLÉANS,

□ EUIA'.\. u'aprc. le

t:ioleau Je C. LE.n:1:-.TR&amp;.)

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                <text>La revista Historia Magazine Illustré Bi-mensuel fue creada por un ex librero que se convirtió en editor Jules Tallandier, En diciembre de 1909, se publicó el Léame histórico con el título Historia. La revista dejó de publicarse entre 1937 y 1945. La revista publica artículos y dossieres en los que participan destacados historiadores. Los archivos se detallan en una publicación bimensual temática.</text>
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              <text>La revista Historia Magazine Illustré Bi-mensuel fue creada por un ex librero que se convirtió en editor Jules Tallandier, En diciembre de 1909, se publicó el Léame histórico con el título Historia. La revista dejó de publicarse entre 1937 y 1945. La revista publica artículos y dossieres en los que participan destacados historiadores. Los archivos se detallan en una publicación bimensual temática.</text>
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              <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores.</text>
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